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         <title>Volume 1</title>
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    <head>A</head>
    <p>
    A est la première Lettre de l'Alphabet François. Elle répond entièrement à la Lettre <i>A</i> des Latins, qui est, comme Jules Scaliger l'a remarqué, le premier son articulé que la nature pousse, le premier cri des Enfans, &amp; qui n'a point besoin d'autre mouvement que de celui d'ouvrir la bouche.</p><p>C'est inutilement que la plupart des Grammairiens comparent la Lettre <i>a</i> des Latins &amp; des François, avec l'<i>aleph</i> des Hébreux &amp; l'<i>eliph</i> des Arabes ; parceque ces deux Lettres n'ont aucun rapport avec notre <i>a,</i> si ce n'est qu'elles sont les premières dans l'Alphabet Hébreu &amp; dans celui des Arabes ; mais elles ne sont pas des voyelles comme dans la Langue Françoise. Quelques Auteurs disent que la lettre <i>aleph</i> n'est ni une consonne, ni une voyelle ; mais qu'elle répond à ce que les Grammairiens appellent <i>esprit.</i> Et c'est ce qui a fait dire à Vossius que chez les Hébreux l'<i>aleph,</i> le <i>he,</i> le <i>heth.</i> le <i>hain,</i> ne sont point proprement des Lettres, mais des <i>esprits</i> ; ensorte que l'<i>aleph</i> est ce qu'on nomme communément <i>spiritus lenis,</i> un <i>esprit doux.</i> Ils ajoûtent que pour parler exactement, il faut dire que ce sont des Lettres qui servent d'aspiration, <i>pneumaticae litterae,</i> comme la Lettre <i>H</i> en notre Langue &amp; dans la Latine ; que c'est de cette manière que S. Jérôme s'explique en parlant de ces quatre lettres, lorsqu'il est exact ; ce qu'il avoit sans doute appris des Juifs de Tibériade, qui avoient une connoissance parfaite de la Langue Hébraique ; mais ce sentiment, ou est faux, ou n'est qu'une question de nom. <i>L'aleph</i> Hébreu, <i>l'eliph</i> Arabe, &amp; <i>l'olaph</i> Syriaque sont de vraies consonnes, aussi-bien que le <i>he,</i> le <i>heth,</i> le <i>hain</i> &amp; toutes les Lettres aspirées. Voyez ce que nous dirons au mot Aspiration &amp; au mot Esprit.</p><p><i>A</i> se prononce du gozier, ce qui ne rend pas ce son désagréable, s'il n'y a de l'affectation. Covarruvias dit, que le premier son que l'homme fait entendre en naissant est le son de l'<i>a</i> ; ensuite il distingue &amp; dit, que les garçons font entendre le son de l'<i>a,</i> &amp; les filles le son de l'<i>e,</i> chaque sexe faisant entendre le son qu'à la première Lettre du nom des premières personnes de même sexe qu'il y a eu dans le monde.</p><p>Le son de l'<i>a</i> est ordinairement un son clair. Quelquefois il est obscur &amp; long, &amp; alors l'<i>a</i> pour l'ordinaire est marqué d'un accent circonflexe, comme âne ; l'<i>a</i> a encore le même son obscur, &amp; est long devant un <i>s</i> qui ne se prononce pas, comme dans ces mots, <i>blasme, asne, aspre</i> : il est vrai qu'aujourd'hui on ôte cette <i>s</i> ; &amp; pour en marquer le retranchement, on met un accent circonflexe sur l'<i>a, blame, âne, âpre.</i></p><p>Le son de l'<i>a</i> est un de ceux que les muets forment plus aisément, sur tout quand il est un peu nazal &amp; obtus, comme <i>an,</i> parceque pour former ce son on n'a pas besoin des muscles &amp; des autres organes de la bouche, qui manquent ordinairement aux muets ; mais de ceux de la gorge &amp; du nez qu'ils ont.</p><p><i>A</i> devant un <i>e,</i> avec lequel il fait une diphtongue, n'a point de son, &amp; ne se fait point sentir, comme dans le mot <i>Aeole,</i> &amp;c. Dans ces mots là on supprime l'<i>a,</i> &amp; l'on écrit comme on prononce <i>Eole, équateur, équinoxe,</i> &amp;c. Et non pas <i>Aeole, aequinoxe, aequateur,</i> &amp;c.</p><p><i>A</i> devant un <i>i,</i> ou devant un <i>y,</i> avec lequel il forme une diphtongue, <pb n="2" facs="bpt6k8542165/f42/full/1200,/0/native.jpg"/>a différens sons : quelquefois il se prononce comme un <i>è</i> ouvert, comme dans <i>maison,</i> &amp;c. quelquefois comme un <i>é</i> fermé, comme dans <i>pays, paysan ;</i> lisez &amp; prononcez <i>péis, péisan,</i> &amp;c. quelquefois comme un <i>e</i> muet, comme dans ces mots <i>faisois,</i> &amp; les autres personnes du même tems, <i>faisant,</i> &amp;c. Prononcez <i>fesois, fesant.</i></p><p><i>A</i> devant <i>o</i> &amp; ne faisant qu'une même syllabe avec l'<i>o</i> &amp; la consonne qui suit, conserve le son qui lui est propre, &amp; absorbe celui de l'<i>o</i> ; exemple, <i>faon, Laon, paon ;</i> lisez &amp; prononcez <i>fan, Lan, pan ;</i> la même chose arrive à l'<i>e</i> comme dans le mot <i>Caen,</i> ville de basse Normandie, que l'on prononce comme s'il étoit écrit <i>Can.</i></p><p><i>A</i> devant <i>u</i> se prononce comme un <i>o,</i> comme dans les mots <i>Auteur, autorisé, authentique.</i> Dans la dernière syllabe d'un mot cet <i>au</i> se prononce quelquefois comme un <i>o</i> long, à cause de l'<i>s,</i> ou de l'<i>x</i> qui suivent, comme dans <i>animaux, chevaux</i> : les autres consonnes ont le même effet, &amp; allongent la prononciation d'<i>au.</i> Exemple, <i>badaut, saut,</i> &amp;c.</p><p><i>A</i> devant <i>y</i> a le meme son que devant <i>i</i> ; il faut seulement remarquer que l'on met aujourd'hui un <i>i</i> dans presque tous les mots où l'on mettoit autrefois un <i>y,</i> comme dans <i>plaie, paie, futaie,</i> &amp;c.</p><p>Il y a quelques personnes qui se sont fait une règle de conserver l'<i>y</i> dans les mots où il est devant une voyelle, &amp; où il tient lieu de deux <i>ii</i> voyelles, comme dans les mots <i>payer, envoyer</i> &amp;c.</p><p><i>A</i> devant les consonnes a toujours le même son qui est clair, si ce n'est devant un <i>s</i> qu'on ne prononce point ; car alors le son de l'<i>a</i> est obscur &amp; long, &amp; devant une <i>m</i> ou une <i>n,</i> devant lesquelles il a un son obtus &amp; nazal, comme dans <i>amphibologie, anse, enfant,</i> &amp;c.</p><p><i>A</i> après les autres lettres, à la fin d'un mot, a toujours un son clair ; mais s'il est au milieu d'un mot sa prononciation changera, &amp; le son qu'on lui donnera sera clair, ou obscur, ou obtus, bref ou long, selon les différentes consonnes qui le suivront, comme on vient de l'expliquer.</p><p><i>A</i> s. m. C'est le nom de cette lettre, ou du caractère que nous appellons <i>a.</i> Un grand <i>a,</i> un petit <i>a,</i> un <i>a</i> bien formé. Ce nom est du genre masculin, comme celui de toutes les voyelles Françoises. Cette lettre sert de corps à un Rebus en cette manière : On range plusieurs <i>A</i> de suite jusqu'à un tombeau, &amp; ces paroles font l'ame du Rebus, <i>Amis jusqu'au tombeau.</i></p><p>Cette lettre <i>A</i> étoit aussi chez les Anciens une lettre numérale qui signifioit 500. comme on le voit dans Valerius Probus. Voyez sur ces prétendues lettres numérales ce qu'on en a remarqué sur la lettre <i>e.</i> Il y a des vers anciens rapportés par Baronius, qui marquent les lettres significatives des nombres, dont le premier est :</p><p>Quand on mettoit un titre ou une ligne droite au-dessus de l'<i>A,</i> il signifioit cinq mille. Les Romains l'appelloient <i>lettre salutaire,</i> parce qu'on s'en servoit pour déclarer innocent celui qui étoit accusé. <i>A</i> vouloit dire <i>absolvo,</i> je l'absous.</p><p>Cette lettre a diverses significations. Cependant il en faut éviter la rencontre trop fréquente dans une même période. Quelquefois cette répétition rend le discours rude &amp; moins agréable.</p><p>C'est quelquefois un substantif masculin. Cet <i>A</i> est mal formé. On dit par une façon de parler proverbiale : il n'a pas fait une panse d'<i>a,</i> pour dire, il n'a pas formé une seule lettre, &amp; figurément, il n'a fait quoi que ce soit. On dit aussi dans la conversation familière : Il ne sait ni <i>A</i> ni <i>B,</i> pour exprimer un ignorant.</p><p>C'est aussi la troisième personne du verbe auxiliaire <i>avoir.</i> Il <i>a</i> fait de l'éclat mal-à-propos. L'imagination du Poëte n'<i>a</i> pu vous peindre si belle que vous êtes. Voit. La vérité, qui <i>a</i> des bornes, <i>a</i> dit pour vous tout ce que le mensonge, qui n'en connoît point, <i>a</i> inventé pour les autres. S. Evr. Dans cette signification l'on n'y met point d'accent, ni quand il est précédé de la particule <i>y</i> ; car alors il a la force du verbe substantif <i>être.</i> Il y <i>a</i> un Dieu. On ne lui donne pas non plus d'accent quand il est nom ; mais seulement quand il est préposition ou particule ; car alors on le marque d'un accent grave, <i>à.</i> Au moins ceux qui se piquent d'exactitude dans leur écriture en usent ainsi ; mais cette exactitude n'est plus maintenant d'un grand usage ; &amp; l'on remarque que les Etrangers qui apprennent notre Langue par principes &amp; par l'étude, sont plus exacts là-dessus que ceux qui ne la savent que par l'usage. Les Italiens sont plus exacts dans leur Langue à marquer les accens, que nous ne le sommes dans la nôtre. Ils font bien, parce que les accens marquent dans leur Langue une différente prononciation, au lieu que dans le François la prononciation d'<i>a,</i> quand il fait seul une diction, étant toujours parfaitement la même, il semble que nous ayions plus de droit de négliger les accens.</p><p>Cette lettre exprime presque tous les mouvemens de l'ame ; &amp; pour rendre l'expression plus forte, on y ajoûte un <i>h</i> après, comme dans l'admiration : <i>Ah</i> le beau tableau ! Dans la joie : <i>Ah</i> quel plaisir ! Dans l'indignation : <i>Ah</i> le scélérat ! Dans la douleur : <i>Ah</i> la tête ! Quand on se sent affoiblir : <i>Ah</i> je me meurs ! Dans la contestation : <i>Ah !</i> Monsieur, pour ce vers je vous demande grace. Boil. Dans l'étonnement : <i>Ah</i> perfide.</p><p><i>A</i> étant une préposition est formé du Latin <i>ad,</i> &amp; on l'écrivoit autrefois ainsi, <i>ardent desir ad ce mon coeur allume.</i> Cretin. <i>qui l'avoit meu ad ce.</i> Continuateur de Monstrelet.</p><p><i>A</i> sert souvent à décliner les noms propres &amp; en marque le datif. Ce Livre est <i>à</i> Pierre ; cet évantail est <i>à</i> Agnès. Presque tous ceux qui ont composé des Grammaires Françoises ont mis la lettre <i>A</i> au nombre des articles, quand elle est employée devant les noms propres pour en marquer le datif. Mais ces Grammairiens ne parlent pas exactement ; car on ne met point d'articles devant les noms propres. Quand donc la lettre <i>A</i> jointe à un nom est la marque du datif, c'est une simple particule ou préposition ; &amp; lorsqu'on y ajoûte <i>le</i> ou <i>la,</i> ou la simple lettre <i>l</i> avec une contraction, c'est alors un article joint à cette particule, &amp; qui est la même chose que <i>ille</i> &amp; <i>illa</i> des Latins. Il en est de même de <i>au</i> &amp; de <i>aux,</i> ou comme l'on écrivoit autrefois <i>aulx.</i> Notre Langue a changé la lettre <i>l</i> en <i>u.</i></p><p>On doit raisonner de la même manière sur la particule <i>de,</i> qu'on appelle mal à propos l'<i>article du génitif,</i> car c'est une simple particule, &amp; quand on y joint l'article on dit <i>du,</i> qui est le <i>del</i> des Italiens &amp; des Espagnols. L'Auteur judicieux de la Grammaire raisonnée a fait cette distinction de simple particule &amp; d'article, lorsqu'il dit, p. 48. <i>On se sert d'une particule dans toutes les Langues vulgaires pour exprimer le génitif, comme est</i> de <i>dans la nôtre.</i> Il ajoûte p. 49. en parlant du datif : <i>Les Langues vulgaires marquent ce cas par une particule, comme est</i> a <i>en la nôtre.</i> Au chap. 7. de la même Grammaire il a très-bien remarqué, que presque dans toutes les Langues on a inventé de certaines particules nommées <i>articles,</i> qui déterminent la signification des noms. Il dit de plus, parlant de l'article <i>le,</i> que le génitif &amp; le datif se fait toujours au pluriel &amp; souvent au singulier par une contraction des particules <i>de</i> &amp; <i>à,</i> qui sont les marques de ces deux cas, avec le pluriel <i>les,</i> &amp; avec le singulier <i>le ;</i> au pluriel on dit toujours au génitif <i>des</i> par contraction, pour <i>de les ; des Rois,</i> pour <i>de les Rois</i> ; au datif <i>aux</i> pour <i>à les ; aux Rois,</i> pour <i>à les Rois.</i> On se sert de la même contraction &amp; du même changement d'<i>l</i> en <i>u</i> au génitif &amp; au datif singulier, aux noms masculins qui commencent par une consonne ; car on dit <i>du,</i> pour <i>de le ; du Roi,</i> pour <i>de le Roi ; au,</i> pour <i>à le ; au Roi,</i> pour <i>à le Roi.</i> Dans tous les autres masculins qui commencent par une voyelle, &amp; tous les féminins généralement, on laisse l'article comme il étoit au nominatif, &amp; on ne fait qu'ajoûter <i>de</i> pour le génitif, &amp; <i>a</i> pour le datif ; <i>l'état, de l'état, a l'etat : la vertu, de la vertu, a la vertu,</i> Gram. rais. pag. 53.</p><p><i>A</i> quand il est préposition se met ou devant les noms, ou devant les verbes. Quand il est mis devant les noms, il sert à marquer 1°, La situation : <i>à</i> droit, <i>à</i> gauche, être bien <i>à</i> cheval. 2°, La posture &amp; le geste : <i>à</i> genoux, <i>a</i> bras ouverts. 3°, La distance : <i>à</i> vingt lieues de là. 4°, La qualité : de l'or <i>à</i> tant de carats. 5°, Le prix : <i>a</i> dix écus. 6°, La quantité : l'eau est <i>à</i> la hauteur d'une toise. 7°, La manière : il est habillé <i>à</i> l'Espagnole. Il faut dire <i>a</i> coups de trait, <i>à</i> coups de canon ; &amp; non pas <i>a</i> coups de traits, &amp; <i>à</i> coups de canons. Menage. 8°, La fin : les fraudes <i>a</i> bonnes intentions ne manquent point d'approbateurs parmi les dévots. Port-R. 9°, Il se met après les noms qui signifient nécessité, utilité, difficulté, possibilité. <pb n="3" facs="bpt6k8542165/f43/full/1200,/0/native.jpg"/>Dans le Traité de l'Examen, votre but à été de prouver que l'examen de la Religion, tel que vos freres le veulent prendre sur eux, &amp; tel qu'il seroit nécessaire par leurs principes, est impossible <i>aux</i> uns, difficile <i>aux</i> autres, inutile <i>à</i> tous, s'ils n'établissent une infaillibilité avec laquelle il ne sera plus besoin d'examen. Peliss.</p><p><i>A</i> signifie, successivement : Pas <i>à</i> pas. Il se sent mourir peu <i>à</i> peu. Il signifie, avec : Je l'abandonne <i>à</i> regret. Les douleurs <i>à</i> grand bruit sont d'ordinaire suspectes d'affectation. M. Scud. Ce poste a été emporté <i>à</i> la pointe de l'épée. Peindre <i>à</i> l'huile.</p><p><i>A</i> est plus élégant que <i>par</i> dans certaines phrases. Il ne faut point se laisser prendre <i>a</i> l'apparence, ni <i>à</i> l'éclat trompeur des grandeurs humaines Flech. Ne vous laissez pas conduire <i>à</i> vos passions. <i>A</i> signifie, selon : <i>à</i> mon avis.</p><p><i>A,</i> cette lettre s'emploie aussi fort souvent pour marquer ce que l'on possède. C'est un homme <i>à</i> carrosse, <i>à</i> équipage.</p><p><i>A,</i> préposition, se met aussi devant l'infinitif des verbes ; en quoi la Langue Françoise diffère de la Latine, &amp; ressemble à la Grecque, &amp; aux Langues Orientales, ainsi que nous le montrerons au mot Preposition.</p><p><i>A</i> se met quelquefois absolument devant l'infinitif de quelques verbes, sans être précédé d'aucun nom qui soit ou exprimé, ou sousentendu, &amp; alors il se peut résoudre par le gérondif. <i>A</i> voir ses airs dédaigneux ; <i>à</i> dire le vrai, cependant, l'opinion de Calvin ainsi adoucie, ne renferme pas moins une contradiction formelle. Peliss. <i>A</i> tout prendre l'assemblage de ses traits, qui sont beaux en détail, ne fait point une belle personne. Fonten. C'est comme si l'on disoit, en prenant tous ses traits ensemble. Passer tranquillement la nuit <i>à</i> bien dormir, &amp; le jour <i>a</i> rien faire. Boil. Il y a aussi des occasions où il se peut résoudre par <i>quand,</i> ou <i>lorsque. A</i> ne prévoir rien on est surpris, &amp; <i>a</i> prévoir trop on est misérable. S. Evr. <i>A</i> raconter ses maux souvent on les soulage. Corn. Il se met aussi devant l'infinitif de quelques verbes sans être précédé d'aucun nom exprimé ; il y est seulement sousentendu : &amp; en ce cas il se peut résoudre par le terme <i>de quoi.</i> Donnez-moi <i>à</i> manger. Servez-nous <i>a</i> dîner. <i>A</i> se met encore devant l'infinitif au lieu de <i>pour.</i> Je suis homme <i>à</i> ne contraindre personne. Mol. Il est d'humeur <i>à</i> se moquer de tout. <i>A</i> bien prendre la chose. <i>A</i> ne point mentir. Il a aussi la même signification de <i>pour</i> devant quelques substantifs, comme, Prendre Dieu <i>à</i> témoin, Prendre quelqu'un <i>à</i> partie.</p><p><i>A</i> se met encore devant l'Infinitif des Verbes, avec un nom substantif, &amp; signifie quelquefois ce que l'on doit observer. C'est une chose <i>a</i> taire : &amp; quelquefois il désigne à quoi une chose est propre, ou à quoi elle est destinée : Bois <i>à</i> brûler : Cela est bon <i>à</i> manger.</p><p><i>A</i> se met devant les noms, comme préposition, &amp; signifie <i>vers,</i> ou <i>du côté de.</i> Je me tournai <i>à</i> trois ou quatre Chevaux-Legers. Bussy.</p><p><i>A</i> est quelquefois préposition, mais rarement. Il est <i>à</i> la ville, <i>aux</i> champs. Cela est <i>à</i> la mode.</p><p>On dit aller <i>à</i> Rome, quand on fait le voyage de Rome. Mais quand on est à Rome, il faut dire aller <i>dans</i> Rome. Les Ambassadeurs vont <i>dans</i> Rome avec un grand équipage. Bouh. Quand il s'agit d'une simple demeure ou fixe, ou passagere, on dit <i>à</i> Paris : mais s'il s'agit d'autre chose, il vaut mieux dire <i>dans</i> Paris. Il s'est fait un meurtre <i>dans</i> Londres. On dit, aller <i>à</i> la Chine, aller <i>au</i> Japon, <i>au</i> Péloponèse, <i>au</i> Pérou, <i>au</i> Brésil, <i>au</i> Mexique, <i>à</i> la Caroline, &amp; ainsi de la plupart des contrées de l'Amérique, contre la règle commune, qui veut qu'aux verbes de mouvement on mette <i>en</i> devant les noms de Province, ou de Royaume, qui sont le terme de mouvement, &amp; <i>à</i> devant les noms de villes ou de petit lieu. Bouh. Cependant les François établis à la Chine &amp; dans les Indes Orientales disent plus communément <i>en</i> Chine qu'<i>à</i> la Chine. Je n'ai pû trouver l'occasion de passer <i>en</i> Chine. Il y a quatre ans que je suis <i>en</i> Chine. Je ne prétends pas que cet usage doive prévaloir à celui qui est établi en France, de dire <i>à</i> la Chine, &amp; non pas <i>en</i> Chine : j'avertis seulement d'un fait certain, sur lequel on fera telle réflexion qu'on jugera à propos. Quelques Grammairiens ont prétendu que <i>A</i> est le plus souvent adverbe, non seulement de temps &amp; de lieu, comme, il vint <i>à</i> une heure imprévûe aborder <i>à</i> terre ; mais encore qu'il se joint à presque toutes les phrases adverbiales. Malheur à nous si nous consacrons ces victimes purifiées <i>à</i> la hâte, &amp; sur le point de recevoir le coup mortel. Flech. Être <i>à</i> couvert, Vivre <i>à</i> discrétion, &amp;c. Car si on y prend garde de près, disent ces Auteurs, la plupart des exemples qu'on donne de son usage pour marquer la préposition, se réduisent à l'article du datif. Mais ce sentiment est faux, &amp; contraire à ce que l'on a établi ci-dessus touchant l'usage de l'<i>a</i> dans la déclinaison des noms. Dans tous les exemples qu'on vient de rapporter ici, il est vrai que la phrase entière est une phrase adverbiale, c'est-à-dire, une manière de parler, qui équivaut à un adverbe ; mais il n'est pas vrai que l'<i>a</i> qui en fait partie soit un adverbe : c'est une véritable préposition. La preuve en est claire, tout adverbe signifie quelque chose tout seul, par lui-même, &amp; indépendamment de ce qui précède ou de ce qui suit, au lieu que dans ces phrases l'<i>a</i> ne signifie rien de lui-même, &amp; s'il n'est joint à ce qui suit, comme toutes les autres prépositions.</p><p><i>A</i> est souvent une particule indéclinable, ou préposition, qui sert à la composition de plusieurs mots, &amp; qui augmente, diminue, ou change leur signification. Quand elle s'y joint, quelques Ecrivains redoublent la consonne ; comme <i>Addonner, Affaire, Attrouper :</i> d'autres retranchent cette seconde consonne comme étant inutile &amp; superflue.</p><p>Il seroit difficile de déterminer tous les différens usages de la préposition ou de la particule <i>à.</i> On les remarquera dans la suite : il s'en présentera des exemples presqu'à toutes les pages.</p><p><i>A</i> est la marque de la Monnoie de Paris. <i>A</i> est dans le Calendrier Romain la première des sept lettres qu'on nomme <i>dominicales,</i> comme elle étoit dans l'ancien Calendrier, avant l'établissement du Christianisme, la première des huit lettres nundinales. Un grand <i>A</i> au revers des Médailles est la marque de la Monnoie d'Argos.</p><p>L'<i>A</i> a servi à quelques devises. Un <i>A</i> avec ce mot Latin, <i>Ordine potior</i> ; c'est-à-dire, le premier en ordre pour marquer, dit l'Abbé Picinelli, que la Foi &amp; le service de Dieu, qui s'est appellé <i>Alpha</i> &amp; <i>Omega,</i> sont les choses du monde les plus précieuses, &amp; qui doivent passer avant tout le reste. Un Italien, à la mort de sa femme, prit pour devise un <i>A</i> &amp; un <i>C,</i> avec ces mots <i>Neutra juvabit,</i> ni l'un, ni l'autre ne servira ; peut-être, dit l'Abbé Ferro, dans son Théatre de Devises, pour marquer que la puissance humaine ne pouvoit rien là.</p><p><i>A A.</i> C'est le nom de plusieurs petites rivières ; les unes dans les Pays-Bas, d'autres en Westphalie, d'autres en Suisse, en Allemagne, en Livonie. Ce nom a été donné à toutes ces rivières, à cause de sa signification. Originairement il est Grec ; , dans Hésichius, signifie <i>Amas d'eau.</i> D' s'est fait , en ajoûtant un , de même que de s'est formé <i>specus.</i> De est venu le nom Latin <i>aqua,</i> d'où s'est formé en François d'abord <i>aque,</i> &amp; ensuite <i>Aigue,</i> qui nous restent encore l'un &amp; l'autre dans quelques noms propres de lieux, comme <i>Aigues,</i> nom de plusieurs villes de Gascogne ; Aigues-belles, Aigues-caudes, Aigues-mortes, Aigues-perses, &amp;c. De-là enfin est descendu le nom <i>eau</i> en usage aujourd'hui ; en retranchant le , comme il avoit été ajoûté d'abord.</p><p><i>A A A</i> Les Chymistes se servent de ce signe pour signifier, <i>Amalgamer, Amalgamation,</i> &amp; <i>Amalgame.</i> Voy. <i>Amalgamer.</i></p><p><i>A</i> subst. Nom d'une petite rivière de France, qui a sa source proche de Fontaines en Sologne, &amp; qu'on appelle <i>A</i> parce qu'assez près de sa source, elle forme une petite Isse qui a la figure d'un <i>A.</i> On l'appelle aussi <i>Connon</i> &amp; <i>Baignon.</i></p><p><i>A A.</i> subst. C'est le nom de plusieurs rivières. Il y a apparence que c'est le nom général ou appellatif, qu'on a fait nom particulier &amp; propre ; car, selon la remarque d'Icquez, <i>ea</i> en vieux Saxon veut dire <i>eau</i> ; &amp; <i>aa</i> en langue Islandoise veut dire <i>rivière.</i></p><p><i>A A,</i> ou <i>A A S.</i> subst. autrement <i>fontaine des Arquebuzades</i> C'est une source d'eau vive dans le Bearn, laquelle est excellente pour la guérison des coups de feu. Davity.</p><p>
    </p>
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    <head>AAHUS</head>
    <p>
    AAHUS , s. <i>Aahusium.</i> Ville de l'Evéché de Munster. Ce nom vient d'<i>Aa,</i> petite rivière de Westphalie, sur laquelle cette ville est située, &amp; de <i>Haus,</i> qui en Allemand signifie <i>maison.</i> Cette ville apparemment a commencé par quelques maisons bâties sur l'<i>Aa.</i></p><p>
    </p>
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    <head>AAR</head>
    <p>
    AAR , ou AHR. subst. <i>Aara, Abrinca.</i> Rivière d'Allemagne, qui a sa source dans l'Eiffel, traverse une partie du Diocèse de Cologne &amp; du Duché de Juliers, &amp; se décharge dans le Rhin, près de Lintz. Maty. 1712.</p><p>
    </p>
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    <head>AAR</head>
    <p>
    AAR , Arula ou Arola, &amp; non pas <i>Arosa,</i> comme on a imprimé dans Maty 1712. Grande rivière qui traverse toute la Suisse, depuis les confins du Valais jusqu'à la Suabe. Elle <pb n="4" facs="bpt6k8542165/f44/full/1200,/0/native.jpg"/>a sa source proche de celle du Rhin, au mont de la Fourche. Id.</p><p>Ce nom pourroit être un ancien nom Celtique, qui viendroit de l'Hébreu , <i>Naar,</i> qui signifie <i>fleuve.</i> C'étoit assez la coutume des anciens peuples d'appeller leurs rivières simplement du nom de fleuve. Ainsi <i>Nilus,</i> le Nil, vient de ; &amp; souvent le Nil &amp; l'Euphrate, dans l'Écriture, sont désignés par le nom appellatif , <i>near,</i> fleuve.</p><p>Il y a aussi une Isle de Dannemarck dépendante de celle de Funen, qui porte le nom d'<i>Aar.</i> Corn.</p><p>
    </p>
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    <head>AARBRER</head>
    <p>
    AARBRER , Terme ancien qui n'est pas aujourd'hui en usage. Ce mot se trouve dans le Roman de Perceval, &amp; veut dire se cabrer. <i>Esserre se, erigere se, pectus arrigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AARON</head>
    <p>
    AARON . s. m. Aaron. Nom propre qu'il faut prononcer comme s'il n'y avoit qu'un A. Il signifie <i>Montagne,</i> à ce que l'on croit communément, ou plutôt <i>Montagnard.</i> D'autres l'interprètent <i>Enseignant,</i> ou <i>Concevant. Conception</i> seroit mieux. C'est l'étymologie la plus vraisemblable.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AB</head>
    <p>
    AB , Cinquième mois des Hébreux, qui répond à notre mois de Juillet.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AB" />
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    <head>AB</head>
    <p>
    Ab , en Langue Syriaque, le dernier mois de l'Été. C'est le même nom &amp; le même mois que celui dont il est parlé dans l'article précédent. Il ne faut pas confondre ce mois avec un autre nommé <i>Abib,</i> qui répond à notre mois de Mars. Celui-ci étoit un mois des anciens Hébreux, &amp; se trouve dans l'Ecriture, au lieu que <i>Ab</i> ne se trouve que dans le Thalmud &amp; dans les Rabbins.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABA</head>
    <p>
    ABA , s. <i>Aba,</i> ou <i>Abae.</i> C'est le nom d'une ville de la Phocide que les Abantes y bâtirent, &amp; qu'ils nommerent du nom d'<i>Abas</i> leur Chef, sous la conduite duquel ils étoient sortis de Thrace. Quelques-uns disent que c'est cette <i>Aba,</i> &amp; non pas <i>Abaee</i> ; qui fut ruinée par Xerxès. Je ne sai sur quoi fondé M. Corneille l'appelle <i>Abée.</i></p><p>Étienne le Géographe met encore une autre <i>Aba</i> dans la Carie, &amp; Ptolomée une autre dans l'Arabie, au 86e degré 30 minutes de longitude, &amp; au 30e de latitude.</p><p>Étienne place encore une ville de ce nom dans l'Italie. Ptolomée la nomme par un changement ordinaire dans le dialecte Ionien, qui met l' à la place de l'<i>a</i> long.</p><p>C'est aussi le nom d'une montagne d'Arménie, d'où sortent l'Euphrate &amp; l'Araxe, &amp; qui fait partie du Mont Taurus. Les Géorgiens l'appellent <i>Caicol.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="9" id="1" type="">
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    <head>ABA</head>
    <p>
    ABA , ou Anba, <i>Pere,</i> titre que les Églises Syriaques, Cophtes &amp; Éthiopiennes donnent à leurs Évêques. Au reste, il faut dire <i>Abba,</i> &amp; non pas <i>Aba,</i> &amp; la preuve en est le synonime <i>Anba</i> ; car ceux qui savent le Syriaque n'ignorent pas que le <i>nun</i> n'est mis là qu'à la place d'un <i>dagesch,</i> ou de l'un des deux <i>beth,</i> BB.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="10" id="1" type="">
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    <head>ABACHER</head>
    <p>
    ABACHER , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Abbacyrus.</i> Ce nom est moitié Syriaque &amp; moitié Grec, composé d'<i>Aba,</i> Père, Abbé, &amp; du nom propre Grec, &amp; signifie l'<i>Abbé</i> Cyrus. On n'en a fait qu'un mot <i>Abbacyrus,</i> dont les Cophtes ont fait S. <i>Abacher,</i> &amp; les Italiens, <i>S. Appassara.</i> Chastel. 5. Janv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="11" id="1" type="">
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    <head>ABACO</head>
    <p>
    ABACO , subst. masc. <i>Abacus.</i> Ce mot se trouve dans Rouillard pour signifier l'Arithmétique. Les Italiens disent aussi <i>Abaco</i> pour exprimer la même chose. C'étoit une petite table polie, sur laquelle les Anciens traçoient des figures, ou des nombres. Elle servoit à apprendre les principes de l'Arithmétique. Ils l'appelloient <i>Table de Pythagore.</i></p><p><i>Abaco</i> chez les Italiens, &amp; <i>Abacus</i> chez les Anglois, signifie aussi l'<i>A, B, C, Abécé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="12" id="1" type="">
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    <head>ABACOT</head>
    <p>
    ABACOT , ornement de tête que portoient anciennement les Rois d'Angleterre. Il avoit la forme de deux couronnes par en haut. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="13" id="1" type="">
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    <head>ABADA</head>
    <p>
    ABADA , s. masc. Animal farouche du pays de Benguela, dans la basse Ethiopie. Il ressemble à un cheval par la tête &amp; par le crin. Il est un peu moins grand. Sa queue est pareille à celle d'un boeuf, excepté qu'elle est moins longue. Ses pieds sont fendus comme ceux du cerf, &amp; plus gros. Il a deux cornes, l'une sur le front, &amp; l'autre sur la nuque. Les Nègres tuent ces animaux à coups de flèche, pour en prendre la corne, dont ils font un remède.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="14" id="1" type="">
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    <head>ABADDON</head>
    <p>
    ABADDON , s. m. C'est dans l'Apocalypse, c. 9. v. 11. le nom du Roi des Sauterelles. S. Jean explique lui-même ce qu'il signifie. Elles avoient pour Roi l'Ange de l'Abyme, qui s'appelle en Hébreu <i>Abaddon,</i> en Grec <i>Appollyon</i> () &amp; en Latin <i>Exterminans.</i> Tous ces mots signifient le même chacun dans sa langue ; &amp; Abaddon vient de , <i>abad,</i> perdre, exterminer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="15" id="1" type="mythologie">
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    <head>ABADIR</head>
    <p>
    ABADIR , ou ABADDIR ; car Priscien, qui nous a conservé ce nom, dit l'un &amp; l'autre, &amp; même ABDIR, selon la remarque de Vossius, <i>De Theol. Gent.</i> L. VI. C. 39. terme de Mythologie . C'est le nom d'une pierre que Saturne dévora. Car soit parce que son frere Titanus ne lui avoit cédé l'empire du monde, qu'à condition qu'il n'éleveroit point d'enfant mâle, soit parce que les destinées portoient qu'il seroit un jour détrôné par un de ses enfans, il les faisoit tous périr. Enfin Cybèle, ou Ops sa femme le trompa, &amp; lui fit avaler cette pierre, au lieu de l'enfant dont elle étoit accouchée. Vossius prétend que ce mot vient de , <i>Bethel</i> ; car il faut remarquer que les Grecs appellent la pierre que Saturne dévora, au lieu de l'enfant que Rhéa avoit mis au monde. Vossius donc après avoir dit que cette pierre avoit été en grande vénération parmi les Israelites, jusques-là que quelques-uns étoient allés jusqu'à lui rendre des honneurs divins : ce qui fit que ce lieu qui s'appelloit <i>Bethel</i> auparavant, fut nommé depuis <i>Bethave,</i> Maison de mensonge, par les vrais Israëlites, qui curent ce culte idolatrique en horreur. Vossius, dis-je, ajoûte : Pour les Payens la connoissance confuse qu'ils eurent de cette pierre &amp; de l'histoire de Jacob, leur fit dire que c'étoit cette pierre que Saturne avoit dévorée au lieu de Jupiter, &amp; ils la nommerent du mot Hébreu <i>Bethel.</i> Puis ajoûtant un <i>A</i> au commencement du mot, &amp; changeant <i>L</i> en <i>R,</i> ils ont fait <i>Abadir.</i> Il falloit ajoûter, &amp; changeant encore le <i>th</i> en <i>d.</i></p><p>Tout cela n'est pas fort évident &amp; paroît bien forcé ; ce n'est rien cependant en comparaison de la seconde étymologie. Toute cette fable de Saturne sont, dit-on, des Mystères qui se découvrent par le moyen de la Langue Phénicienne, qui étoit alors en usage. En Phénicien <i>Aben,</i> on mettant un <i>Aleph</i> devant <i>ben,</i> comme font les Arabes, signifie également un fils &amp; une pierre. Le mot <i>Achal,</i> dans les Langues Orientales, signifie tuer &amp; manger : de sorte que pour dire que Saturne tuoit les enfans que Rhée lui faisoit remettre entre les mains, on a dit qu'il mangeoit des pierres. On a appellé ces prétendues pierres <i>abaddir</i> : ce qui est un mot formé de ces deux, <i>Aben-dir,</i> qui signifient <i>l'enfant d'un autre</i> ; car <i>dir</i> peut être la même chose que <i>zar,</i> c'est-à-dire, <i>alienus</i> parce que le <i>daleth</i> &amp; le <i>zain</i> se changent facilement, &amp; que l'on n'a aucun égard aux voyelles dans les étymologies Orientales. En vérité il faut avoir l'estomach aussi bon que Saturne pour digérer toutes ces choses. Comment s'ensuit-il que parce que les Arabes disent <i>Ibu</i> pour fils, les Phéniciens ont dit <i>Aben</i> ? Dans quelle Langue Orientale <i>Achal</i> signifie-t-il <i>tuer</i> ? Comment prouve-t-on que ceux qui ont les premiers inventé cette fable parloient Phénicien ? Est-ce Cadmus &amp; ses compagnons qui l'ont apportée en Grèce ? Mais quel est ce Saturne qui tuoit tous ses enfans, &amp; dont ces Phéniciens racontèrent les avantures en Grèce ? Comment s'ensuit-il enfin que parceque le &amp; le se changent quelquefois en Chaldéen, &amp; dans des siècles bien postérieurs, ils se soient changés de même dès le commencement en Phénicien ? On ajoûte, les Grecs nommoient cette pierre : ce mot vient de <i>batal</i>, ou <i>batil</i>, comme écrivent les Arabes, qui veut dire <i>faux</i> &amp; <i>méprisé</i> : ce qui convient fort bien, dit-on, avec l'histoire que l'on vient de rapporter, puisque les enfans que Saturne faisoit mourir n'étoient pas de Rhée, mais apparemment de quelque esclave. Tout cela convient très-mal avec l'histoire qu'on vient de rapporter : car selon cette histoire c'étoient les enfans même de Rhée que Saturne mangeoit. Enfin <i>batal,</i> dans le sens qu'on lui donne, est purement Arabe, il n'est point Hébreu : grand préjugé qu'il n'étoit pas non plus Phénicien. Quel mêlange monstrueux de prétendu Phénicien, de Chaldéen, d'Arabe !</p><p>Bochart, dans son <i>Chanaan,</i> L. II. C. 2. nous fournit encore une autre étymologie. Il dit que <i>Abaddir</i> est formé du Phénicien <i>aben,</i> pierre, &amp; <i>dir,</i> sphérique ou rond. Il tire cette derniere signification non seulement de l'Arabe, mais encore de l'Hébreu, où , <i>dur,</i> ou plutôt <i>dour,</i> signifie <i>pila,</i> une balle, &amp; , <i>dor, margarita,</i> une perle, &amp; par conséquent un corps rond. Il montre que ce nom convient à la pierre , ou <i>abaddir,</i> parceque Damascius &amp; Pline nous apprennent qu'elle étoit ronde. Il faut louer les efforts de tous ces Savans, pour nous éclaircir une antiquité si reculée, <pb n="5" facs="bpt6k8542165/f45/full/1200,/0/native.jpg"/>sans se livrer aveuglément à toutes leurs opinions. Je m'étonne que personne n'ait dit que <i>Abaddir</i> venoit de <i>abad</i> perdre, &amp; <i>dour</i> habitation, demeure. Car cette pierre fut cause qu'il perdit le Ciel, son séjour &amp; sa demeure.</p><p>Priscien rapporte qu'<i>Abaddir</i> étoit aussi le nom d'un Dieu. Isidore dans ses gloses, &amp; Papias, témoignent la même chose. Et S. Augustin, écrivant à Maxime de Madaure, dit que <i>les Carthaginois avoient des Dieux nommés</i> Abaddirs. Il semble que ce nom n'étoit point un nom propre, mais un nom appellatif qu'on donnoit aux Dieux plus grands &amp; plus considérables ; car <i>Ab-addir</i> sont deux noms purement Hébreux &amp; Phéniciens, signifiant <i>Père magnifique</i> C'est ainsi que les Grecs ont distingué les Dieux &amp; les Démons, , &amp; les Romains, <i>Dii majorum gentium, &amp; Dii minorum gentium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="16" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ABAEUZ" />
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    <head>ABAEUZ</head>
    <p>
    ABAEUZ , s. m. &amp; adj. Terme de Coutume . Biens <i>abaeuz. Bona vacantia.</i> Il en est parlé dans l'ancienne coutume du Poitou. Ce sont, dit Ragueau, des biens vacans, ou les biens de ceux qui vont de vie à trépassement, &amp; ne délaissent aucuns parens ou lignagers qui leur doivent ou veuillent succéder, auquel cas lesdits biens appartiennent au Bas-Justicier, en la Seigneurie duquel lesdits biens étoient au temps de son décès, si le défunt n'avoit testamenté, ou autrement ordonné de ses biens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="17" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ABAJOUR" />
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    <head>ABAJOUR</head>
    <p>
    ABAJOUR , s. m. Terme d'Architecture , <i>Spiraculum,</i> espèce de fenêtre en forme de grand soupirail, dont l'embrasement de l'appui est en talus, pour recevoir le jour d'en haut. Il sert à éclairer les offices &amp; les étages souterrains. Les Marchands ont d'ordinaire un <i>abajour</i> dans leurs magazins ; la lumière sombre qui entre par là efface moins le lustre de leurs étoffes. On appelle aussi <i>abajour</i> la fermeture en glacis d'un vitrail d'Eglise ou de dôme, qui se fait pour en raccorder ou réunir la décoration intérieure &amp; extérieure.</p><p>Ce mot est composé du verbe <i>abattre</i> &amp; du nom <i>jour,</i> &amp; signifie une chose qui abat, c'est-à-dire, qui diminue, qui affoiblit le jour, ou la lumière, ou qui le fait descendre du haut en bas. On fait aussi des <i>abajours</i> en appliquant aux fenêtres ordinaires des planches de bois, qui joignant la fenêtre &amp; la fermant par en bas &amp; s'en éloignant par en haut, font que le jour n'entre que de ce côté là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="17" id="2" type="botanique">
   <index type="head" value="ABAJOUR" />
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    <head>ABAJOUR</head>
    <p>
    Abajour . s. m. Terme de Botanique . <i>Spiraculum.</i> Les Botanistes se servent de ce terme d'Architecture , pour exprimer certaines ouvertures qui sont placées sous le chapiteau du fruit de quelques espèces de pavots. Tournef. <i>Elem. Bot.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="18" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABAISER" />
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    <head>ABAISER</head>
    <p>
    ABAISER , v. act. vieux mot qui signifie appaiser. <i>Sedare, componere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="19" id="1" type="patissier">
   <index type="head" value="ABAISSE" />
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    <head>ABAISSE</head>
    <p>
    ABAISSE , s. m. terme de Pâtissier . C'est la pâte qui fait le dessous d'une pièce de pâtisserie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="20" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABAISSEMENT" />
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    <head>ABAISSEMENT</head>
    <p>
    ABAISSEMENT , s. m. Diminution, retranchement de hauteur. <i>Depressio.</i> L'<i>abaissement</i> de ce mur, qui ôtoit la vûe à cette maison, l'a bien égayée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="20" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABAISSEMENT" />
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    <head>ABAISSEMENT</head>
    <p>
    Abaissement , se dit figurément en choses morales, pour signifier humiliation, diminution de crédit &amp; de grandeur. <i>Dimissio, submissio</i> L'<i>abaissement</i> devant Dieu est le plus nécessaire des devoirs du Chrétien. Cette pieuse Princesse travailloit à humilier sa grandeur par des <i>abaissemens</i> volontaires. Flech. On approuve tout ce que disent les Grands par un <i>abaissement</i> intérieur de l'esprit, qui plie sous le faix de leur grandeur. Port. R. Le mariage des cadets apporte d'ordinaire de l'<i>abaissement</i> dans les grandes Maisons. P. de Cl. Les ambitieux veulent exciter des mouvemens de terreur, de respect &amp; <i>d'abaissement,</i> sous leur grandeur. Port. R. L'<i>abaissement</i> de courage est malséant à un Philosophe. On s'en sert quelquefois pour exprimer une diminution de merite, ou de réputation. Il déchiroit la réputation de ces grands hommes, comme si leur <i>abaissement</i> contribuoit à sa gloire. Ablanc. Il signifie aussi un état d'avilissement &amp; de misère. Jesus-Christ a paru sur la terre dans un profond <i>abaissement.</i> Ce triste <i>abaissement</i> convient à ma fortune. Racine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABAISSER" />
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    ABAISSER , verb. actif. Faire descendre en bas, ou diminuer de la hauteur. <i>Deprimere. Abaisser</i> les voiles. <i>Abaisser</i> les fumées du vin. <i>Abaissez</i> ce mur. <i>Abaissez</i> ce luth d'un ton, d'un demi ton. <i>Abaissez</i> la voix. Nicod.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABAISSER" />
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    Abaisser , signifie aussi, Diminuer le prix. <i>Minuere.</i> Le bon ordre de la police a fait <i>abaisser</i> le prix du blé ; c'est-à-dire, qu'il est diminué. Ce mot en ce sens n'est pas du bel usage ; il faut dire <i>rabaisser.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Rabaisser">Rabaisser</ref>.</p><p>On s'en sert figurément dans le même sens. L'envie <i>abaisse</i> par ses discours les vertus qu'elle ne peut imiter. S. Evr. <i>Abaisser</i> la Majesté du Prince. L'usage, comme la fortune, chacun dans leur jurisdiction, élève ou <i>abaisse</i> qui bon lui semble. Vaug. Les grands noms <i>abaissent,</i> au lieu d'élever, ceux qui ne savent pas les soutenir. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="3" type="fauconnerie">
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    Abaisser , signifie aussi en morale, Ravaler l'orgueil de quelqu'un, le mortifier. <i>Abjicere, reprimere, contundere.</i> Les Romains se vantoient d'abaisser les superbes, &amp; de pardonner aux humbles, S. Evr. C'est ce que Virgile fait dire par Anchise dans le 6e Livre de l'Enéide.</p><p>En termes de Fauconnerie on dit, <i>Abaisser</i> l'oiseau, lors qu'ayant trop d'embonpoint, on lui ôte quelque chose de son pât ordinaire, pour le mettre en état de bien voler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="4" type="jardinage">
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    Abaisser , en termes de Jardinage , signifie couper une branche près du tronc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="5" type="">
   <index type="head" value="ABAISSER" />
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    Abaisser , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; signifie alors s'humilier, se soumettre, se ravaler. <i>Abjicere se.</i> Il faut s'<i>abaisser</i> devant la Majesté divine. S'<i>abaisser</i> à des choses indignes. S'<i>abaisser</i> jusqu'aux plus lâches complaisances. L'humilité n'est souvent qu'un artifice de l'orgueil, qui ne s'<i>abaisse</i> que pour s'élever. Rochef. On le dit encore par respect d'une personne éminente en dignité, lorsqu'elle semble rabattre de sa grandeur, en descendant jusqu'à des personnes fort inférieures. Le Prince s'est <i>abaissé</i> jusqu'à moi, en prenant soin de ma fortune. P. de Cl. Les Grands ne s'élèvent jamais plus haut que lorsqu'ils s'abaissent, dit Costar, en écrivant à Madame Servien. Il avoit tiré ce passage du Paneg. de Pline : <i>Scilicet qui verè maximi sunt, hoc uno modo possunt crescere, si seipsi submittant, securi magnitudinis suae.</i> De Roch. Il signifie aussi la complaisance, ou l'adresse par laquelle on se conforme, &amp; on se proportionne à la compréhension foible &amp; bornée de ceux à qui on parle. Un Prédicateur habile sait s'<i>abaisser</i> à la portée de ses auditeurs. C'est quelquefois un artifice de l'orgueil de s'<i>abaisser</i> avec excès, pour s'attirer des louanges. M. Soud. Pline dit en parlant de la bonté de Trajan, qu'il se familiarisoit avec ceux qui l'approchoient : Celui qui tient la première place n'a qu'une voie pour s'élever, c'est de s'<i>abaisser</i> lui-même ; parce que les Grands n'ont rien moins à craindre que de se ravaler en s'<i>abaissant</i> de la sorte. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="6" type="">
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    Abaisser , avec le pronom personnel, veut dire quelquefois s'affaisser. <i>Subsidere.</i> La terre s'est <i>abaissée</i> : ou décroître, La riviere s'<i>abaisse,</i> le vent s'est <i>abaisse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="7" type="">
   <index type="head" value="ABAISSER" />
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    Abaissé, ée , participe passif. &amp; adjectif. <i>Depressus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="21" id="8" type="">
   <index type="head" value="ABAISSER" />
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   <index type="pred_domain" value="Blason" />
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    <head>ABAISSER</head>
    <p>
    Abaissé , en termes de Blason , se dit du vol des aigles, &amp; du vol en general des oiseaux, dont la représentation ordinaire est d'être ouvert &amp; étendu, en sorte que le bout de leurs ailes tende vers les angles ou le chef de l'Ecu : mais lorsque ce bout est en bas, &amp; vers la pointe de l'Ecu, ou que les ailes sont pliées, on l'appelle Vol <i>abaissé.</i></p><p>On dit aussi, un chevron, un pal <i>abaissé,</i> une bande <i>abaissée,</i> quand la pointe finit au coeur de l'Ecu, ou au dessous, &amp; ne monte pas plus haut. On dit aussi qu'une pièce est <i>abaissée,</i> lors qu'elle est au-dessous de sa situation ordinaire, comme le chef, la fasce, &amp;c. Et ainsi les Commandeurs de Malte qui ont des chefs dans leurs Armoiries, sont obligés de les <i>Abaisser</i> sous celui de la Religion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="22" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABAISSEUR" />
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    <head>ABAISSEUR</head>
    <p>
    ABAISSEUR , adj. est une épithète que les Médecins donnent au second muscle des yeux, qui les fait mouvoir en bas, &amp; fait regarder la terre. On l'appelle aussi l'humble. <i>Humilis,</i> Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="23" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABALOURDIR" />
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    <head>ABALOURDIR</head>
    <p>
    ABALOURDIR , Vieux mot, &amp; hors d'usage, qui signifioit autrefois, <i>Abrutir,</i> rendre stupide. <i>Hebetem reddere.</i> Il se trouve dans plusieurs Coutumes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="24" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABANA" />
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    <head>ABANA</head>
    <p>
    ABANA , s. f. <i>Abana.</i> 4° <i>Reg.</i> v. 12. Riviere de Syrie, qui prend sa source dans le Liban, arrose les murs de Damas du côté du Midi &amp; de l'occident, &amp; va se jetter dans la mer de Syrie. A l'endroit de l'Ecriture que j'ai cité, elle est appellée Rivière de Damas, aussi-bien que le Pharphar. Au <pb n="6" facs="bpt6k8542165/f46/full/1200,/0/native.jpg"/>reste, quoique le texte Hébreu porte , <i>Abana,</i> aussi-bien que la Vulgate, cependant le <i>Keri,</i> ou Variante, Porte , <i>Amana,</i> &amp; les Septante l'ont ainsi écrit, : ce que le P. Montfaucon n'a point remarqué.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="25" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="ABANDON" />
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    <head>ABANDON</head>
    <p>
    ABANDON , s. m. Mépris, délaissement de quelque chose. <i>Derelictio, destitutio. Neglectus rei alicujus.</i> Il n'est point du bel usage. On ne le trouve guère que dans Moliere, lequel dit, en parlant des coquettes qui renoncent par nécessité au monde qui les quitte :</p><p>Il n'est supportable en ce sens qu'en termes de pratique . Le débiteur a fait l'<i>abandon</i> de tout son bien à ses créanciers. <i>Abandonnement</i> vaux mieux.</p><p>Les Mystiques ont nommé <i>abandon,</i> la sainte indifférence d'une ame désintéressée, qui s'abandonne totalement &amp; sans réserve à Dieu. Cet <i>abandon</i> n'est que l'abnégation ou renoncement de soi-même Fenel. Les Quiétistes ont abusé de ce terme dans un sens impie &amp; très justement condamné. Tout bon Mystique est toujours bon Chrétien, &amp; par conséquent son <i>abandon</i> ne va jamais jusqu'à l'indifférence pour son salut, ni au mépris des bonnes oeuvres, ni à la négligence dans le service de Dieu, &amp;c. Les excès sont détestables, &amp; bien éloignés du louable <i>abandon</i> que les saints Mystiques ont enseigné &amp; pratiqué.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="25" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABANDON" />
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    <head>ABANDON</head>
    <p>
    Abandon , se dit d'ordinaire adverbialement. Il a laissé sa maison à l'<i>abandon,</i> au pillage. <i>Direptioni permittere, dare.</i> On a dégarni la frontière, on l'a laissée à l'<i>abandon.</i> On s'en sert peu, excepté dans le discours familier : mais il n'est pas assez noble pour le style élevé. Du Cange dérive ce mot de <i>abandum</i> &amp; <i>abandonum,</i> qui se trouvent en plusieurs endroits de la basse Latinité, disant que <i>bandum</i> se prenoit souvent pour <i>arbitrium, pro re de relicta ad arbitrium primi occupantis.</i> Pâquier le fait venir de ces trois mots <i>a ban donner ;</i> c'est-à-dire, exposer une chose à la discrétion du public, &amp; la laisser à quiconque voudra s'en emparer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="26" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNEMENT" />
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    <head>ABANDONNEMENT</head>
    <p>
    ABANDONNEMENT , s. m. Délaissement, cession de biens, de terres, &amp;c. <i>Desertio, derelictio.</i> L'héritier bénéficiaire est déchargé envers les créanciers par l'<i>abandonnement</i> des biens de la succession. G. G. L'<i>abandonnement</i> d'héritages n'est pas semblable au déguerpissement : car l'<i>abandonnement</i> d'héritages se fait par le tiers détenteur assigné en déclaration d'hypothèque, pour s'exempter de payer la dette à laquelle l'immeuble qu'il possède est hypothéqué. Le déguerpissement au contraire ne se doit faire par le détenteur que lorsqu'il ne veut point reconnoître le cens, ou passer titre nouveau d'une rente foncière, &amp; d'autres charges réelles de pareille nature. Voyez Loyseau, de la Distinction des Rentes, Liv. I. L'<i>abandonnement</i> de biens rend un homme quitte envers ses créanciers, sans qu'ils puissent rien prétendre aux biens qu'il pourroit acquérir dans la suite. Il signifie encore l'état d'une personne dont le monde s'éloigne. Dans la désertion, &amp; l'<i>abandonnement</i> général de ses amis, il se livre tout entier aux chagrins &amp; aux réflexions de la solitude. S. Evr.</p><p>Il se met aussi pour résignation, vertu par laquelle nous nous remettons de tout entre les mains &amp; à la conduite de Dieu. A moins d'un <i>abandonnement</i> entier dans la main de Dieu, la vie se passe dans le mécontentement &amp; dans l'amertume, Ab. d. l. Tr.</p><p>Il signifie, Débauche, prostitution, quand il est mis sans régime. Le pécheur est dans un grand <i>abandonnement,</i> lors qu'il ne sent plus de remords.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="26" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ABANDONNEMENT</head>
    <p>
    Abandonnement est aussi un contrat maritime qui se fait lors qu'un Marchand, ou autre particulier, à qui appartiennent des marchandises chargées sur un vaisseau, les abandonne au profit de l'assureur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNER" />
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    ABANDONNER , verb. act. Laisser à l'abandon. <i>Derelinquere, deserere.</i> Dieu n'<i>abandonne</i> jamais les siens au besoin. On a <i>abandonné</i> cette ville au pillage. Il a <i>abandonne</i> le soin de son honneur. Dans les plaisirs on <i>abandonne</i> son coeur &amp; son esprit, on se découvre tout entier. P. de Cl. c'est-à-dire, qu'on s'y montre avec moins de précaution, &amp; c'est là qu'on connoît les moeurs &amp; les inclinations des gens. Le mérite ne sert de rien quand il est <i>abandonne</i> de la fortune. B. Rab. C'est le génie de l'erreur, qu'aussi-tôt qu'elle se sent pressée, elle reprend ce qu'elle avoit <i>abandonné.</i> Peliss.</p><p>Il signifie encore livrer en proie. La ville fut <i>abandonnée</i> à la fureur du Soldat. Elle n'ose <i>abandonner</i> son coeur à l'amour. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    Abandonner au bras séculier, c'est Renvoyer un Ecclésiastique devant des Juges laiques, pour donner une Sentence de condamnation à peine afflictive sur un cas privilégié.</p><p>On le dit aussi de l'Inquisition. Lorsqu'elle a prononcé sur le crime d'hérésie, elle livre les coupables au bras séculier, parce que l'Eglise n'ayant point la puissance temporelle pour infliger la peine de mort, elle implore le secours du Juge temporel, qui ne manque point d'exécuter les Arrêts du saint Office. C'est ce qu'on appelle <i>abandonner</i> au bras séculier.</p><p>On l'emploie avec le pronom personnel pour exprimer un homme qui est entrâiné par ses passions, qui en est devenu l'esclave, qui s'y prostitue absolument. <i>Tradere se, committere se.</i> Quand les gens austères viennent à goûter les voluptés, alors la nature lasse des peines, s'<i>abandonne</i> aux premiers plaisirs qu'elle rencontre. S. Evr. Il s'<i>abandonna</i> à la tristesse &amp; à son désespoir. Il s'est <i>abandonné</i> à la colère &amp; à ses desirs. On dit aussi s'<i>abandonner</i> à la Providence, s'<i>abandonner</i> à la fortune, pour dire se confier à la Providence, à la fortune, &amp; attendre tout de Dieu, ou du hazard &amp; du bonheur. S'<i>abandonner</i> à la joie ; c'est-à-dire, en goûter tout le contentement, &amp; en ressentir tous les plaisirs. S'<i>abandonner</i> à l'oisiveté ; c'est-à-dire, s'éloigner absolument de toutes les affaires, sans vouloir s'occuper d'aucun des exercices honnêtes de la vie. Il faut s'<i>abandonner</i> à son feu, &amp; ne rien refuser de ce que l'imagination présente. Bouh. Il se trouvoit malheureux d'être <i>abandonné</i> à lui-même, &amp; à ses propres pensées, sans avoir quelqu'un qui pût le plaindre, &amp; lui donner de la force. P. de Cl. Il est plus sûr de s'arrêter à l'autorité de l'Église, que de s'<i>abandonner</i> aux foibles efforts de notre misérable raison. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNER" />
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    Abandonner , signifie encore, Quitter, jetter là. <i>Abjicere.</i> Il <i>abandonna</i> ses armes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="4" type="">
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    Abandonner , signifie encore, Quitter un lieu, en sortir. <i>Deserere.</i> Il a <i>abandonné</i> le Pays. On lui fit <i>abandonner</i> la Ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="5" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNER" />
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    Abandonner , signifie encore, Laisser, donner. Dans une Traduction en Prose, où l'on <i>abandonne</i> tous les termes de la Langue au Traducteur, il demeure souvent au-dessous de l'Original. S. Evr. Je vous <i>abandonne</i> cette affaire, je vous en laisse le maître. Je vous <i>abandonne</i> à vous même &amp; à votre propre conduite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="6" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNER" />
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    Abandonner , signifie encore, Exposer, commettre à. <i>Abandonner</i> quelqu'un à la haine publique. S'<i>abandonner</i> au danger de perdre la vie pour la Religion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="7" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNER" />
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    Abandonner , signifie aussi simplement, Quitter, laisser, renoncer à quelque profession ou à quelque personne. <i>Abandonner</i> une entreprise. Son crédit &amp; sa réputation l'ont <i>aban</i>donné. Les plus sages ne sont pas toujours maîtres d'eux-mêmes, &amp; il y a des momens où leur discrétion les <i>abandonne,</i> c'est-à-dire, qu'elle les quitte, ensorte qu'ils se laissent aller à l'impatience de parler. Ce Marchand a <i>abandonné</i> le commerce. Ce Magistrat a <i>abandonné</i> les affaires pour vivre dans la retraite. Les personnes vaines <i>abandonnent</i> aux ames communes le mérite d'une vie suivie &amp; commune. La Bruy.</p><p>Dans ce sens il se dit de la résignation que nous faisons à Dieu de nous-mêmes &amp; de tout ce qui nous touche. Il faut s'<i>abandonner</i> à la Providence, à la conduite, à la bonté de Dieu. Il <i>abandonne tout</i> à la Providence. Il a <i>abandonné</i> sa vie, son honneur, entre les mains de Dieu.</p><p>On dit en termes de Fauconnerie , <i>Abandonner</i> l'oiseau ; pour dire, le mettre libre en campagne, ou le congédier tout-à fait, &amp; s'en défaire entierement.</p><p>On dit proverbialement, N'<i>abandonnez</i> pas les étriers ; pour dire, servez-vous bien des avantages que vous avez, ne les quittez point. <i>Utere fortuna.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="27" id="8" type="">
   <index type="head" value="ABANDONNER" />
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    <head>ABANDONNER</head>
    <p>
    Abandonné, ée . part. pass. &amp; adject. <i>Derelictus, destitutus, permissus</i> Le mérite ne sert de rien quand il est <i>abandonné</i> de la fortune. B. Rab. Biens <i>abandonnés.</i> L'amitié généreuse court aux personnes <i>abandonnées,</i> pour essuyer leurs larmes. M. Esp. Il faut que vous soyez les plus <i>abandonnés</i> calomniateurs qui furent jamais. Pasch. En ce sens, il signifie, <pb n="7" facs="bpt6k8542165/f47/full/1200,/0/native.jpg"/>des gens déterminés, &amp; qui ne gardent aucunes mesures pour noircir la réputation d'autrui.</p><p>On dit absolument au subst. C'est un <i>abandonné</i> ; pour dire, un homme perdu &amp; débauché, qui ne donne point d'espérance de conversion. <i>Corruptus, depravatus.</i> On dit aussi une <i>abandonnee ;</i> pour dire une fille prostituée. Je ne veux point brûler pour une fille <i>abandonnée.</i> Mol.</p><p>On dit aussi <i>Abandonne</i> des Médecins ; pour dire, que la guérison de quelqu'un est désespérée. Un homme <i>abandonné,</i> signifie un homme sans appui &amp; sans secours. <i>Abandonné</i> à son sens réprouvé. C'est une expression de l'Ecriture, pour désigner un homme qu'on laisse à ses égaremens, &amp; à la perversité de son coeur. On ne doit pas attendre des lumières bien pures, de ceux que Dieu a <i>abandonnés</i> aux ténèbres inséparables des grands crimes. Nicol. On dit aussi, qu'une cause est <i>abandonnée,</i> pour dire, qu'elle est déplorable &amp; insoutenable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="28" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABANTEENS" />
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    <head>ABANTEENS</head>
    <p>
    ABANTEENS , <i>Abantaei.</i> Les peuples d'Argos sont ainsi appellés dans Ovide. Met. XV. v. 164. du nom de leur Roi Abas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="29" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABANTES" />
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    <head>ABANTES</head>
    <p>
    ABANTES , subst. masc. &amp; plur. <i>Abantes,</i> peuples de Thrace, qui passerent en Grèce, &amp; y bâtirent une ville qu'ils nommerent Abée, dont nous avons parlé. Xerxès l'ayant ruinée, ils se retirerent dans l'Isle de Nègrepont, qu'ils nommerent <i>Abantide.</i> Ils ne laissoient croître leurs cheveux que par derrière, de peur que leurs ennemis ne pussent les prendre par devant, &amp; les terrasser. Ils tenoient, dit-on, cette coutume des Curètes, qui s'étoient établis avant eux dans la même Isle. Boch. <i>Chanaan, L. I. C. XIII.</i> prétend qu'<i>Abantes</i> &amp; Eubéen signifie la même chose ; l'un en Grec &amp; l'autre en Phénicien. Eubéens en Grec, signifie celui qui nourrit &amp; engraisse des boeufs, de , &amp; <i>Abas,</i> , en Hébreu, signifie engraisser. Il ne faut point confondre les Abantes avec les Abéates. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="30" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABANTIDE" />
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    <head>ABANTIDE</head>
    <p>
    ABANTIDE , subst. fem. <i>Abantis.</i> C'est le Nègrepont. Voyez <ref type="search" target="head:Abantes">Abantes</ref>. Il semble qu'en François il faut dire <i>Abantide,</i> &amp; non pas <i>Abantis,</i> comme fait Maty. Car les noms Latins &amp; Grecs en <i>is,</i> dont le génitif est en <i>idis,</i> nous les avons terminés en <i>ide,</i> les formant du génitif. Ainsi de <i>Colchis,</i> nous avons fait Colchide, de <i>Propontis,</i> Propontide, de <i>Mareotis,</i> Maréotide, &amp;c. Aussi, si nous n'avions que l'autorité de Maty, nous douterions moins ; mais M. Corneille met <i>Abantide,</i> ou <i>Abantis.</i> Après tout, cela ne fait point encore l'usage, &amp; lui-même, dans le même endroit, a dit <i>Thesprotide</i> de <i>Thesprotis.</i></p><p>On appelle aussi <i>Abantide</i> un pays de l'Épire, ou les Abantes furent jettés, aussi-bien que les Locriens, après la prise de Troye, &amp; où ils s'établirent. Voyez <ref type="search" target="head:Pausanias">Pausanias</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="31" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ABAQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>ABAQUE</head>
    <p>
    ABAQUE . subst. masc. <i>Abacus.</i> Terme d'Architecture . C'est la partie supérieure, ou le couronnement du chapiteau de la colonne. Il est quarré au Toscan, au Dorique, &amp; à l'Ionique antique ; &amp; échancré sur ses faces aux chapiteaux Corinthien &amp; Composite. Dans ces deux ordres, dit Harris, ses angles s'appellent cornes ; le milieu s'appelle balai, &amp; la courbure s'appelle arc, &amp; elle a communément une rose en sculpture au milieu. Les Ouvriers, dit Mauclerc, appellent aussi <i>Abaque</i> un ornement Gothique, qui a un filet ou chapelet, lequel est la moitié de la largeur de l'ornement, &amp; que l'on nomme le filet ou chapelet de l'<i>abaque.</i> Harris. Dans l'ordre Corinthien l'<i>abaque</i> est la septième partie de tout le chapiteau. Id. Andrea Palladio appelle <i>abaque</i> la plinthe, qui est autour de l'ove ou quart de rond appellé <i>echime.</i> Il sert comme de couvercle à la corbeille ou panier de fleurs qu'elle représente. On l'appelle autrement tailloir, parce qu'étant quarré, il ressemble aux assiètes de bois, qu'on nomme tailloirs. Il s'en met en plusieurs sortes d'endroits. Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>buffet, crédence,</i> ou <i>table.</i> Etienne Guichard remonte plus haut, &amp; tire <i>Abacus</i> &amp; de l'Hébreu , <i>extolli, elevari,</i> être élevé : de sorte que <i>abaque</i> signifie proprement une chose élevée pour servir de siége &amp; repositoire de diverses choses : ou bien de , terre, poussière bien menue, parce que l'<i>abaque</i> étoit une table où l'on étendoit de la poussière bien menue, sur laquelle les mathématiciens traçoient leurs figures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="32" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABARE" />
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    <head>ABARE</head>
    <p>
    ABARE . s. m. <i>Abaricus.</i> Nom de peuple. Voyez <ref type="search" target="head:AVARE">AVARE</ref>. M. de Cordemoy &amp; le P. Daniel écrivent <i>Abares.</i> C'étoient les restes de la Nation des Huns. Sigebert ayant appris les courses du Roi des <i>Abares</i> alla au-devant de lui dans la Thuringe. La seule figure de ces Huns avoit de quoi épouvanter des gens moins intrépides que les François. Ils étoient pour la plupart d'une taille qui approchoit de la gigantesque, d'un regard farouche, &amp; d'une laideur à faire peur. Ils avoient de grands cheveux rejettés en derrière, séparés avec des cordons &amp; par tresses, qui rendoient leurs têtes assez semblables à celles de ces Furies qu'on nous dépeint toutes hérissées de serpens. P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="33" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABAREMO TEMO" />
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    <head>ABAREMO TEMO</head>
    <p>
    ABAREMO TEMO . Arbre du Brésil. Il est d'une hauteur médiocre ; il croît sur les montagnes ; ses feuilles sont d'un verd triste, &amp; petites ; il jette des gousses d'un rouge noirâtre, &amp; courbées en différentes manières. Son écorce est couleur de cendre ; le bois au-dedans est d'un rouge enfoncé. On attribue à ses feuilles des qualités astringentes. Son écorce, qui est amère, si on la réduit en poudre, ou qu'on la fasse bouillir, sert à faire des fomentations, qui guérissent les ulcères viretères, &amp; même les cancers. Pisor.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="34" id="1" type="">
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    <head>ABARIM</head>
    <p>
    ABARIM . <i>Mons,</i> ou <i>Montes Abarim.</i> Vulg. Montagne de l'Arabie, à l'Orient du Jourdain, vis-à-vis de Jérico, dans le Pays des Moabites. C'est l'avant-dernière station des Israëlites dans le désert, &amp; le lieu d'où Moise vit la Terre promise. Nombres XXVII. &amp; où il mourut. Deut. XXXII. Une de ces montagnes s'appelle Nébo, &amp; l'autre Phasga, ou Phisga. Montez sur cette montagne d'<i>Abarim,</i> &amp; considérez de là la terre que je dois donner aux enfans d'Israël. Sacy. Nomb. XXVII. 12.</p><p>Ce nom est purement Hébreu, &amp; vient du verbe , <i>abhar</i> passer ; d'où se fait , <i>ebher,</i> passage, &amp; au plurier , <i>abharim,</i> les passages. A la manière dont les Septante ont traduit au Livre des Nombres, Chap. XXVII. v. 12. ; ou comme d'autres exemplaires portent : . Il semble que ces Interprètes aient cru que ce nom avoit été donné à ces montagnes, ou parce qu'elles étoient au-delà de la montagne Nébo, ou parce qu'elles étoient au delà du Jourdain. Ni l'un, ni l'autre ne paroît vrai. Le premier sur-tout ne paroît pas soutenable, puisque Nébo, qu'ils appellent , ou , étoit une de ces montagnes. Maty prétend qu'elles ont eu ce nom de ce que les Israëlites allant prendre possession de la Terre promise, passerent par ces montagnes ; mais il semble certain qu'elles ont eu ce nom avant le passage des Israëlites. La véritable raison de cette dénomination, si je puis parler ainsi, est que ces montagnes étoient vis-à-vis d'un gué du Jourdain, &amp; que dans les cols de ces montagnes, étoit le grand chemin qui y aboutissoit, &amp; par lequel on passoit de l'Orient dans la Terre de Chanaan. Il est encore moins raisonnable de chercher dans le Syriaque une étymologie à ce nom, &amp; de dire que dans cette Langue il signifie <i>froment</i> ; car outre que c'est en Hébreu &amp; non en Syriaque que ces montagnes sont nommées <i>Abarim,</i> c'est que froment en Syriaque n'est point <i>abhar,</i> ni <i>ebher,</i> mais , <i>abhourro,</i> qui assurément n'auroit point au plurier <i>abarim.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="35" id="1" type="">
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    <head>ABARIME</head>
    <p>
    ABARIME , ou ABARIMON. s. <i>Abarimon.</i> Grande Vallée que forme le mont Imaüs dans la Scythie. Plin. L. 11. C. 2.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABARO</head>
    <p>
    ABARO . s. <i>Abarum.</i> Bourg, ou petite ville de Syrie, située dans l'anti-Liban, apparemment dans un col ou passage de cette montagne ; car c'est la signification de ce nom en Syriaque &amp; en Arabe. Voyez ce que nous avons dit sur Abarim.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="37" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABASOURDIR" />
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    <head>ABASOURDIR</head>
    <p>
    &#9758; ABASOURDIR . v. act. Etourdir, consterner, jetter dans l'abatement. <i>Et comme il est le maître, &amp; qu'il a du crédit, d'une seule menace il nous abasourdit. Com. des Fables d'Esope.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="38" id="1" type="">
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    <head>ABASSE</head>
    <p>
    ABASSE , ou ABASCE, s. m. &amp; f. <i>Abassus, Abascius.</i> Habitant de l'Abassie. Les Esclaves <i>Abasses</i> sont recherchés en Turquie, à cause de leur industrie &amp; de leur beauté. Les <i>Abasses</i> enferment leurs morts dans un tronc d'arbre creusé, dont ils leur font une bière, qu'ils attachent ensuite aux plus hautes branches d'un grand arbre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="39" id="1" type="">
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    <head>ABASSI</head>
    <p>
    ABASSI , ou ABASSIS. subst. m. C'est une monnoie d'argent qui est ronde, &amp; qui a cours en Perse &amp; en Orient, qui vaut environ dix-huit sols six deniers. Il faudroit écrire Abbassi, parce que ce mot vient d'<i>Abbas</i>, nom de deux Rois de Perse, au nom desquels cette monnoie a été frappée. En leur montrant un <i>Abassi,</i> qui est une monnoie d'argent de la valeur de deux réales de Castille, ils firent espérer de la récompense à ceux qui leur voudroient servir de guide. Wicqefort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="40" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABASSIE, ABASSINIE, ABASSINS" />
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    <head>ABASSIE, ABASSINIE, ABASSINS</head>
    <p>
    ABASSIE, ABASSINIE, ABASSINS . V. ABYSSINIE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="41" id="1" type="">
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    <head>ABASSIE</head>
    <p>
    ABASSIE . s. f. <i>Abassa.</i> Pays de la Géorgie prise en général. Il a la Mingrelie au Levant, la Circassie noire au Nord &amp; au Couchant, la Mer noire au Midi. Quelques Géographes la confondent avec l'Avogasie ; d'autres les distinguent &amp; mettent l'Abassie au Levant, &amp; l'Avogasie au Couchant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="42" id="1" type="">
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    <head>ABÂTER</head>
    <p>
    ABÂTER , nom d'un des trois chevaux qui tirent le char de Pluton, selon Bocace : il signifie noir. Le second s'appelle METHEUS, obscur, &amp; le troisième NONIUS, tiède.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="43" id="1" type="">
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    <head>ABATAGE</head>
    <p>
    ABATAGE . s. m. <i>Caesura, caesurae sumptus, impensae,</i> Signifie entre les Marchands de bois, la peine &amp; les frais pour abattre les bois qui sont sur pied. C'est à l'acheteur à payer l'<i>abatage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="44" id="1" type="marchand de drap">
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    <head>ABATANT</head>
    <p>
    ABATANT . s. m. Terme de Marchand de drap , espèce de dessus de table qu'on élève au fond d'une boutique &amp; à chaque bout des magasins, &amp; qui s'élève ou s'abat, selon le jour que l'on veut donner au lieu où l'on vend la marchandise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="45" id="1" type="">
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    <head>ABÂTARDIR</head>
    <p>
    ABÂTARDIR . v. act. <i>Depravare, corrumpere.</i> Rendre sauvage, corrompre, gâter, altérer la nature de quelque chose, la faire décheoir de son premier état. La misère &amp; l'esclavage ont <i>abatardi</i> le courage des Grecs. La trop grande avidité des richesses a <i>abâtardi</i> les moeurs.</p><p>Il ne se dit guère qu'avec le pronom personnel, &amp; signifie Dégénérer, s'avilir, se corrompre. <i>Degenerare, depravari</i> Toutes les bonnes choses s'<i>abatardissent</i> avec le temps. Les plantes d'Orient qu'on apporte en Europe s'<i>abatardissent,</i> &amp; perdent beaucoup de leur bonté. Cette maison s'est <i>abâtardie</i> dans l'oisiveté ; elle ne produit plus de Grands Hommes. La vertu Romaine s'<i>abatardit</i> si fort, qu'elle ne put résister à la force des Barbares.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="45" id="2" type="">
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    <head>ABÂTARDIR</head>
    <p>
    Abâtardi, ie part. pass. &amp; adj. <i>Corruptus, vitiatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="46" id="1" type="">
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    <head>ABÂTARDISSEMENT</head>
    <p>
    ABÂTARDISSEMENT . s. m. diminution de valeur, de mérite, de bonnes qualités. <i>Corruptio, depravatio.</i> Les délices d'un Pays causent l'<i>abatardissement</i> du courage des Peuples. Ils sont tombés dans un honteux <i>abâtardissement.</i> Nic.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="47" id="1" type="marine">
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    <head>ABATÉE</head>
    <p>
    ABATÉE . En termes de Marine se dit du mouvement d'un Vaisseau en pane, qui arrive de lui-même jusqu'à un certain point, après quoi il revient au vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="48" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABATEIS" />
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    <head>ABATEIS</head>
    <p>
    ABATEIS . Vieux mot qui signifioit autrefois Forêt. <i>Sylva.</i> Il est hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="49" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABAT-JOUR" />
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    <head>ABAT-JOUR</head>
    <p>
    &#9758; ABAT-JOUR . s. m. Fenêtre dont l'appui est en talus, telle qu'on en voit dans les magazins des Marchands, pour recevoir le jour qui vient d'enhaut, &amp; pour faire paroître les marchandises plus belles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="50" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABATOS" />
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    <head>ABATOS</head>
    <p>
    ABATOS . s. <i>Abatos.</i> Isle de l'Égypte dans le Palus de Memphis. On y conservoit le sépulcre d'Osiris ; &amp; Lucain dit, L. X. qu'elle étoit vénérable par son antiquité ; le lin &amp; le <i>papyrus</i> y croissoient. Ce nom signifie <i>inaccessible,</i> &amp; vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>je vais.</i></p><p>Il y a eu encore au-delà de l'Egypte &amp; de l'Éthiopie un lieu ou plutôt un rocher de ce nom, dont Sénèque parle. Nat. Quest. L. 4. c. 6.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="51" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABATTEMENT" />
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    <head>ABATTEMENT</head>
    <p>
    ABATTEMENT . s. m. Foiblesse, manque de force. <i>Defectio virium.</i> Ce malade est dans un grand <i>abattement</i> ; les forces lui manquent. Il n'est guère en usage au propre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="51" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="ABATTEMENT" />
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    <head>ABATTEMENT</head>
    <p>
    Abattement , se dit figurément en Morale. <i>Infractio animi</i> Cet homme est dans un grand <i>abattement</i> d'esprit depuis le renversement de sa fortune.</p><p>En termes de Blason on appelle en Angleterre <i>abattement,</i> ou <i>abattement</i> d'honneur, une marque accidentelle ajoûtée à l'Ecu, pour faire connoître une diminution de dignité, à raison de quelque qualité déshonorable, ou de quelque tache dans celui qui la porte. Cela se fait, ou en ajoûtant quelque marque de diminution, ou en renversant tout l'Ecu. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="52" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABATTEUR" />
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    <head>ABATTEUR</head>
    <p>
    ABATTEUR . s. m. Qui abat, qui fait tomber. <i>Eversor.</i> Ce Bucheron est un grand <i>abatteur</i> de bois. Acad. Fr. Ce qui se dit encore dans le figuré &amp; populairement de celui qui vante ses prouesses, ou qui se glorifie de faire beaucoup de choses au-dessus de ses forces. Cet homme est un grand <i>abatteur</i> de bois, ou de quilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="53" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABATTIS" />
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    <head>ABATTIS</head>
    <p>
    ABATTIS . s. m. Démolition, renversement, ruine. <i>Eversio, demolitio.</i> Il y a eu un grand <i>abattis</i> de maisons par le tremblement de terre. Il y a plusieurs <i>abattis</i> de pierres dans cette carrière. Les carriers appellent ainsi la pierre qu'ils ont détachée, soit celle qui est bonne pour bâtir, soit celle de rebut. Il fut fait un grand <i>abattis</i> de bois en cette forêt par la tempête. <i>Dejectus arborum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="53" id="2" type="venerie">
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    <head>ABATTIS</head>
    <p>
    Abattis , signifie, en termes de Venerie , le chemin que se font les jeunes loups, lorsqu'en allant souvent au lieu où ils ont été nourris, ils abattent l'herbe. <i>Luporum trames, vestigia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="53" id="3" type="">
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    <head>ABATTIS</head>
    <p>
    Abattis , se dit aussi d'une grande tuerie de bêtes. <i>Caedes pecorum.</i> Ce Chasseur a fait un grand <i>abattis</i> de gibier. Ce Boucher fait un grand <i>abattis</i> de bestiaux tous les ans. On dit aussi en cuisine, faire des potages d'<i>abattis</i> d'agneau, d'<i>abattis</i> de poulets d'Inde, &amp;c. pour dire qu'on les fait avec des bouts d'ailes, foies, &amp; autres menues parties &amp; issues de ces volailles. Les Bouchers appellent <i>abattis,</i> les cuirs, graisses, tripes, &amp; autres menues choses des bêtes qu'ils ont tuées.</p><p>Les Règlemens de Police, portent, que les Tueries, ou <i>Abattis</i> des Bouchers seront hors les Villes. De la Marre. En cet endroit, il semble signifier le lieu ou un Boucher tue ses bestiaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="54" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABATTRE" />
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    <head>ABATTRE</head>
    <p>
    ABATTRE . v. act. Renverser, démolir, faire tomber, coucher par terre. <i>Diruere, evertere.</i> J'abats, tu abats, il abat, &amp;c. <i>Abattre</i> une maison pour la rebâtir. Ce Lutteur a <i>abattu</i> son homme sous lui. Ce Chasseur <i>abat</i> bien du gibier. On <i>abat</i> les noix avec la gaule. On dit qu'il <i>abattit</i> avec sa baguette la tête des pavots. Ablan. Les Moissonneurs ont <i>abattu</i> trois arpens de blé aujourd'hui. Les Bouchers disent <i>abattre</i> le cuir d'un boeuf, pour l'écorcher. Les ennemis en se retirant ont <i>abattu</i> le Château &amp; les fortifications de la Place. Il lui <i>abattit</i> l'épaule d'un coup de hache. Ablanc. Saint Pierre <i>abattit</i> l'oreille de Malchus. Un habile Oculiste a <i>abattu</i> la cataracte qui me couvroit l'oeil. Il signifie quelquefois, affoiblir, débiliter. Son corps est atténué &amp; <i>abattu</i> par la vieillesse. S. Evrem. On dit aussi que le café <i>abat</i> les fumées du vin, les vapeurs, pour dire, les rabaisse, les dissipe. On dit aussi que la chaleur, le vent, la poussière s'<i>abattent,</i> pour dire, cessent, tombent, diminuent. On dit qu'un cheval est sujet à s'<i>abattre,</i> pour dire à broncher, à tomber. On dit au jeu du Trictrac, <i>abattre</i> du bois, pour dire, <i>abattre</i> des Dames, afin de caser. Nicod dérive ce mot de <i>à bas,</i> adverbe local, composé de <i>à</i> &amp; de <i>bas.</i> Il pourroit paroître plus ancien. On lit dans la Loi Salique, tit. 45. <i>Si quis hominem de barco abattiderit ;</i> c'est-à-dire, <i>Si quelqu'un abat ou fait tomber un homme de dessus un arbre.</i> On lit aussi dans les mêmes Loix, tit. 38. <i>Battiderit.</i> Ainsi les François avoient déja fait <i>battere,</i> ou <i>battidere,</i> &amp; <i>abbatere,</i> du Latin <i>batuere,</i> dans le même sens que nous disons, <i>battre,</i> &amp; <i>abattre</i> ; &amp; c'est de là que ces deux noms nous sont venus, selon Chifflet, dans son <i>Glossarium Salicum,</i> p. 125. &amp; 135.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="54" id="2" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="ABATTRE" />
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    <head>ABATTRE</head>
    <p>
    Abattre , en termes de Marine , signifie Décheoir, dériver, s'écarter de la vraie route. <i>Declinare, deerrare.</i> Ce qui se fait par la force des courans, ou des marées, ou par les erreurs du pointage, ou du mauvais gouvernement du timonier. On dit aussi qu'un Pilote <i>abat</i> son Vaisseau d'un quart de Rumb, ou d'une autre aire de vent, quand il vire ou change sa course, &amp; gouverne sur un autre Rumb que celui de sa route. On dit <i>abattre</i> un navire, pour dire, le faire obéir au vent, lorsqu'il est sur les voiles, ou qu'il présente trop l'avant au lieu d'où vient le vent. On dit le navire <i>abat,</i> lorsque l'ancre a quitté le fond, &amp; que le vaisseau obéit au vent pour arriver. <i>Aller à la dérive,</i> s'appelle aussi <i>abattre :</i> c'est quand on va de côté au gré du vent &amp; de la marée, au lieu d'aller en droiture. On dit aussi, <i>abattre</i> un vaisseau sur le côté, lorsqu'on veut travailler à la carène, ou en quelque endroit des oeuvres vives.</p><p>En termes de Fauconnerie on dit, <i>abattre</i> l'oiseau, pour dire, le tenir &amp; serrer entre deux mains pour le garnir de gets, le poivrer, ou lui donner quelque médicament par force. On dit encore, que l'oiseau de proie s'<i>abat,</i> lorsqu'il s'abaisse vers terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="54" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABATTRE" />
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    <head>ABATTRE</head>
    <p>
    Abattre , se dit figurément en Morale, pour vaincre, dompter, renverser. <i>Comprimere, reprimere, dejicere, sternere, prosternere ; abattre</i> l'orgueil de quelqu'un. Quand la mort <i>abat</i> la plus florissante jeunesse, alors on reconnoît la vanité des attraits du monde. Il signifie aussi accabler, &amp; se dit des troubles &amp; des afflictions de l'ame &amp; du corps. <i>Debilitare, frangere.</i> Ce changement de fortune lui a <i>abattu</i> l'esprit &amp; le courage. Il s'est laissé vaincre &amp; <i>abattre</i> à la douleur. Quand il se met avec le pronom personnel, il signifie perdre courage. <i>Dimittere &amp; contrahere animum. Contrahi <pb n="9" facs="bpt6k8542165/f49/full/1200,/0/native.jpg"/>ac dimitti animo.</i> Il ne s'<i>abat</i> point dans l'adversité. Ablanc. Se laisser <i>abattre</i> dans la moindre affliction. Id.</p><p>On dit dans la conversation, <i>abattre</i> le caquet, pour dire, réprimer la fierté &amp; la présomption de quelqu'un, le faire taire. <i>Loquacitatem, linguam comprimere, coercere.</i></p><p>On dit proverbialement, petite pluie <i>abat</i> grand vent, pour exprimer que quelques paroles flatteuses appaisent un grand emportement. On dit d'un homme qui fait bien de la besogne, &amp; d'un Juge qui expédie beaucoup de procès, qu'ils <i>abattent</i> bien du bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="54" id="4" type="">
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    <head>ABATTRE</head>
    <p>
    Abattu, ue part. pass. &amp; adj. <i>Dirutus, eversus</i> Maison <i>abattue.</i> Bois <i>abattus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="54" id="5" type="">
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    <head>ABATTRE</head>
    <p>
    Abattu , dans les Ouvrages des anciens Praticiens veut dire, <i>abattu. Remissus, deductus, detractus.</i> En toutes choses qui sont comptées pour héritages, li coûts devoient être <i>abattus.</i> Baumanoir.</p><p>Figurément il signifie accablé, vaincu, terrassé. <i>Debilitatus, fractus, victus.</i> Jupiter ne pouvoit rien voir de plus beau que Caton, se soutenant dans un parti <i>abattu,</i> &amp; demeurant ferme parmi les ruines de la République. Bouh. L'esprit <i>abattu</i> par les soins rongeans de la pauvreté, n'est guère capable de mouvemens nobles &amp; élevés. S. Evr. On voit l'orgueil à ses pieds <i>abattu.</i> Gomb. Il signifie encore, être languissant &amp; sans courage. Je me sens tout <i>abattu, Languidus, debilis.</i> Quelques-uns ont écrit <i>abbattre,</i> &amp; <i>abbatu</i> par deux <i>bb.</i> Une Religion qui sans autres forces que celles de la persuasion, de l'humilité de la charité, de la patience, &amp; des souffrances, a vaincu le monde, subjugué la raison humaine, dompté l'orgueil des Philosophes, <i>abbatu</i> l'audace des Princes, foulé aux pieds la chair &amp; le sang qui lui résistoient, ne peut s'être établie que par une suite de miracles de votre main. Peliss. L'origine de ce mot montre qu'il ne faut qu'un <i>b ;</i> mais quoiqu'il en soit, de la manière dont on l'écrira, il ne faut prononcer qu'un <i>b.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="55" id="1" type="">
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    <head>ABATTURE</head>
    <p>
    ABATTURE . s. f. <i>Dejectio, dejectus, eversio,</i> Vieux mot qui s'est dit pour <i>Abattis,</i> action d'abattre, &amp; pour ce qui est <i>abattu. Abatture</i> de gland. Monet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="56" id="1" type="venerie">
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    <head>ABATTURES</head>
    <p>
    ABATTURES . s. f. plur. Terme de Venerie . Foulures, menu bois, brossailles, fougère, que le cerf abat du bas de son ventre en passant. <i>Depressio virgultorum.</i> On connoît le cerf par ses <i>abattures.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="57" id="1" type="">
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    <head>ABAVENT</head>
    <p>
    ABAVENT . s. m. est la charpente qui se met dans les ouvertures des clochers, qui est ordinairement couverte d'ardoise, qui sert à abattre le vent, &amp; qui n'empêche pas que le son de la cloche n'agite l'air de dehors, &amp; ne se fasse entendre au loin : au contraire, il envoie en bas le son des cloches, qui autrement se dissiperoit en l'air. Ce mot est composé du verbe <i>abat,</i> &amp; du mot <i>vent.</i> Pour le verbe <i>abattre</i> il est formé de <i>abas,</i> comme qui diroit <i>à bas mettre.</i> Et <i>bas</i> vient du Grec , qui signifie <i>profond, bas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="58" id="1" type="">
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    <head>ABAZÉE</head>
    <p>
    ABAZÉE , Voyez <ref type="search" target="head:Sabazie">Sabazie</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="59" id="1" type="">
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    <head>ABBASSIDE</head>
    <p>
    ABBASSIDE . s. m. <i>Abbassius, Abbassida, ex Abbassi familiâ.</i> C'est le nom d'une famille qui a donné plusieurs Calyphes aux Arabes. Elle est ainsi nommée d'<i>Abbas</i> Oncle de Mahomet, duquel ils descendoient. Ce fut la centième année de l'Hégire, que Mahomet, arrière-petit-fils d'Abbas commença à publier ses prétentions sur le Calyphat. La Maison des <i>Abbassides</i> a donné trente-sept Calyphes à l'Egypte, depuis l'an 132. de l'Hégire, jusqu'en l'an 656. pendant le cours de 523. années Arabiques, ou Lunaires, deux mois &amp; 23. jours. Voyez <ref type="search" target="head:Herbelot">Herbelot</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="60" id="1" type="">
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    <head>ABBATIAL, ALE</head>
    <p>
    ABBATIAL, ALE . adj. Qui appartient à l'Abbé. Logis <i>abbatial.</i> Dignité <i>abbatiale.</i> Mense <i>abbatiale.</i> Messes <i>Abbatiales</i> : ce sont celles que les Abbés doivent célébrer. <i>Abbatialis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="61" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABBAYE" />
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    <head>ABBAYE</head>
    <p>
    ABBAYE , se prend quelquefois pour un composé des Religieux, &amp; de l'Abbé. Voilà une <i>Abbaye</i> bien réglée, où l'Abbé vit comme un simple Moine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="61" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABBAYE" />
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    <head>ABBAYE</head>
    <p>
    Abbaye . s. f. <i>Abbatia.</i> Monastère érigé en Prélature, ou Maison de Religieux ou de Religieuses, régie par un Abbé ou par une Abbesse. Les <i>Abbayes</i> sont d'ancienne fondation, comme les <i>Abbayes</i> de Cluny, de S. Denis, de Sainte Géneviève, &amp;c. Il y a des <i>Abbayes</i> en Commande ; d'autres <i>Abbayes</i> Réguliéres, ou en Règle ; d'autres qui sont sécularisées, possedées par des Chanoines séculiers. Les <i>Abbayes</i> sont des Bénéfices Consistoriaux ; il n'y a que le Roi qui y nomme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="61" id="3" type="">
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    <head>ABBAYE</head>
    <p>
    Abbaye , se prend quelquefois simplement pour la Maison &amp; le Couvent. C'est par rapport à l'Architecture, un logement joint à un Couvent, &amp; habité par un Abbé. Dans une <i>Abbaye</i> de fondation Royale, il s'appelle le <i>Palais Abbatial.</i> Vign. Voilà une <i>Abbaye</i> bien bâtie, une <i>Abbaye</i> qui tombe en ruine. Il se dit aussi dans ces phrases &amp; semblables, non-seulement pour le Palais Abbatial, mais pour tous les bâtimens, tant de l'Abbé que des Moines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="61" id="4" type="">
   <index type="head" value="ABBAYE" />
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    <head>ABBAYE</head>
    <p>
    Abbaye , se prend aussi pour un Bénéfice, &amp; pour le revenu dont jouissent les Abbés. Il a obtenu pour son fils une <i>Abbaye</i> de dix mille livres de rente. Henri de Coilli ayant été élû Archevêque d'York en 1141. Innocent II. ne voulut point qu'il fut Archevêque, s'il ne renonçoit à l'<i>Abbaye</i> Fleury.</p><p>Quoiqu'il y ait eu autrefois des Laïques qui ont joui du revenu des <i>Abbayes,</i> on ne doit pas pour cela leur donner le nom d'<i>Abbe</i> ; car c'a été dans des temps de désordre &amp; de nécessité que les Princes donnerent ces <i>Abbayes</i> à des Seigneurs de leur Cour, pour soutenir les dépenses de la guerre. Charles Martel est le premier qui l'ait fait.</p><p>Toutes les <i>Abbayes</i> de France, à la réserve de celles qui sont Chefs d'Ordre, comme Cluny, Cisteaux, &amp;c. sont à la nomination du Roi. On doit joindre à celles-là les quatre Filles de Cisteaux, qui sont saint Edme de Pontigny, la Ferté, Clairvaux &amp; Morimont, qui ont aussi conservé le droit d'élection. Il y a outre cela cinq <i>Abbayes</i> qu'on nomme de <i>Chezal-Benoît,</i> qui sont à l'élection de l'Ordre de saint Benoît, tous les trois ans, par une longue possession. Ces Abbayes sont Chezal-Benoît en Berry, saint Sulpice de Bourges, saint Alire de Clermont, saint Vincent du Mans, &amp; saint Martin de Séez. On a souvent agité la question, si cette possession exclut le Roi de son droit de nomination à ces Abbayes, &amp; cette question n'est pas encore aujourd'hui vuidée. Les Moines Bénédictins qui ont eu de puissans Patrons dans le Conseil du Roi, jouissent encore aujourd'hui paisiblement de leur droit d'élection.</p><p>Comme le Roi n'a son droit de nomination qu'en vertu du Concordat fait entre Leon X. &amp; François I. il y a eu quelques difficultés sur les <i>Abbayes</i> de Filles, parce qu'elles ne sont point comprises dans le Concordat. Il y a même un Article de l'Ordonnance d'Orléans qui porte que les Abbesses seront élûes par les Religieuses des Monastères, &amp; même qu'elles ne seront que triennales. Mais cette Ordonnance n'a point été exécutée. Le Roi nomme également aux <i>Abbayes</i> de Filles &amp; à celles d'hommes. Il y a cependant toujours eu des disputes sur les <i>Abbayes</i> de l'Ordre de sainte Claire, qu'on prétend être à l'élection triennale des Religieuses. Et de fait, je ne sai s'il y en a de cet Ordre auxquelles le Roi nomme ; mais il est sûr qu'il y en a auxquelles il ne nomme point, &amp; où les Religieuses élisent leur Abbesse tous les trois ans.</p><p>On dit proverbialement, pour un Moine l'Abbaye ne faut pas ; pour dire, que faute d'une personne qui ne se trouve pas dans une assemblée, on ne laisse pas de se réjouir, ou d'exécuter ce qui a été résolu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="62" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABBÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ABBÉ</head>
    <p>
    ABBÉ . Ce nom dans sa première origine, qui est Hébraïque, signifie <i>Père.</i> Car les Hébreux appellent <i>Père</i> en leur Langue, <i>Ab,</i> d'où les Chaldéens &amp; les Syriens ont fait <i>Abba,</i> &amp; de <i>Abba</i> les Grecs ont formé , que les Latins ont conservé ; &amp; c'est delà qu'est venu le nom d'<i>Abbé</i> en notre Langue. Saint Marc &amp; saint Paul ont gardé le mot Syriaque ou Chaldaique <i>Abba,</i> pour dire <i>Père,</i> parce qu'il étoit alors commun dans les Synagogues &amp; dans les premières Assemblées des Chrétiens ; mais ils l'ont interprété en ajoûtant le mot <i>Père.</i> C'est pourquoi <i>Abba Pater,</i> au ch. 14. de S. Marc, v. 36. ne signifie pas <i>mon Père, mon Père,</i> comme il y a dans la version de Mons, &amp; dans celle des Jésuites de Paris. Il est mieux de traduire avec le Pere Amelotte, <i>Abba, mon Père ;</i> ou plutôt avec M. Simon, <i>Abba ;</i> c'est-à-dire, <i>men Père.</i> Tel est le sentiment de M. Simon, &amp; de quelques autres Interprètes avant lui, comme Emmanuel Sa, Bèze &amp; Lightfoot. Leur raison est qu'il y a dans le Grec , &amp; non pas Mais d'autres Interprètes non moins habiles, tels que sont Mariana, Luc de Bruges, Cornelius à Lapide, Grotius, Louis Cappell, &amp;c. prétendent que cette répétition marque l'affection &amp; la serveur avec laquelle Jesus-Christ prioit. L'Interprète Syriaque a été dans ce sentiment, quand il a traduit , <i>Père ! Mon Père !</i> lui qui n'avoit pas besoin d'interpréter, <pb n="10" facs="bpt6k8542165/f50/full/1200,/0/native.jpg"/>ou d'expliquer le mot Syriaque <i>Abba.</i> Très-vraisemblablement c'étoit aussi la pensée de l'interprète Arabe, lorsqu'au lieu de , dont il s'est servi en saint Matthieu, Chap. XXVI, vers. 39 ; &amp; en S. Luc, Chap. XXII, vers. 42, où il n'y a que <i>Pater,</i> ou <i>Pater mi</i> ; en S. Marc, où il y a <i>Abba Pater,</i> il a employé , interjection plus forte, &amp; plus propre à faire sentir avec combien d'ardeur &amp; d'empressement J. C. prioit. La version Ethiopienne suppose aussi que J. C. dit ces mots ; car elle traduit <i>Wajaba, Aba waabouy</i> Et il dit, <i>Père !</i> &amp; <i>Mon Père !</i> D'ailleurs, dans les explications ou interprétations des mots, l'Ecriture met toujours , ou bien ; c'est-à-dire, ou <i>ce qui s'interprète ;</i> &amp; non pas simplement comme ici. Voyez <ref type="search" target="head:Matth">Matth</ref>. I, 23. Marc, V. 41, XV. 22, 34. Jean I. 39, 42, 43, IX. 7. Act. IV, 36, IX. 36, Après tout, dans une version je mettrois, <i>Abba, mon Père !</i> Déterminer si c'est-là explication ou non, c'est le fait du Commentateur, &amp; non du Traducteur. Quoique ces deux mots <i>Abba, Père,</i> soient la même chose, tant dans S. Marc que dans S. Paul au Ch. VIII, de l'Epît. aux Rom. vers. 15 ; &amp; au Ch. IV, de l'Epît. aux Galat. vers. 6 ; il n'y a cependant point de pléonasme dans cette expression. Les Évangelistes &amp; les Apôtres ont conservé dans leurs Écrits plusieurs mots Syriaques qui étoient en usage ; &amp; comme ils écrivoient en Grec, ils ont en même-temps ajoûté l'interprétation de ces mots en Langue Grecque. C'est sur ce pied-là qu'au Chap. XIII., des Actes des Apôtres, vers. 8, où il y a dans notre Vulgate, conformément à l'original Grec, <i>Elymas magus,</i> Mess. de P. R. &amp; le P. Amelotte ont fort bien traduit, <i>Elymas ;</i> c'est-à-dire, <i>le Magicien.</i> Ces autres paroles qui suivent immédiatement après (<i>car c'est ce que signifie Elymas</i>) confirment ce qu'on vient de dire, touchant la signification de <i>Abba Pater,</i> ce qui a été remarqué par S. Jérôme dans son Commentaire, sur le Chap. IV. de l'Epître aux Galates, où il explique doctement ces mêmes mots <i>Abba Pater.</i> Le nom de <i>Ab,</i> ou <i>Abba,</i> qui dans les commencemens étoit un mot de tendresse &amp; d'amour dans la Langue Hébraique ou Chaldaique, devint ensuite un nom de dignité &amp; un titre d'honneur ; les Docteurs Juifs affecterent ce titre, &amp; un de leurs plus anciens Livres, qui contient diverses sentences, ou apophthegmes de leurs Pères, est intitulé <i>Pirke Ab-bot,</i> ou <i>Avoth ;</i> c'est-à-dire, <i>Chapitre des Pères.</i> C'est par rapport à cette affectation que J. C. dans S. Matthieu, Ch. XXIII. vers. 9, dit à ses Disciples : <i>N'appellez personne sur la terre votre Père : car vous n'avez qu'un Père qui est dans le Ciel.</i> Saint Jérôme se sert de ces paroles de Jesus-Christ contre les Supérieurs des Monastères de son temps, qui prenoient le titre des <i>Pères,</i> ou <i>Abbés.</i> Il dit, expliquant ces paroles de S. Paul, <i>Abba Pater,</i> dans son Commentaire sur l'Épître aux Galates, Chap. IV. <i>Je ne sais par quelle licence le titre de Père, ou Abbé, a été introduit dans les Monastères,</i> Jesus-Christ <i>ayant défendu expressément que qui que ce soit prît ce nom, parce qu'il n'y a que Dieu seul qui soit notre Père.</i> Mais comme Jesus-Christ a plutôt condamné la vaine gloire des Juifs, qui prenoient la qualité de <i>Pères,</i> que le nom de <i>Père,</i> il n'est pas surprenant que les Chefs ou Supérieurs des Monastères l'aient pris dès les premiers établissemens des Moines.</p><p>Le nom d'<i>Abbé</i> est donc aussi ancien que l'institution des Moines. Ceux qui les gouvernerent prirent le nom d'<i>Abbés</i> &amp; d'<i>Archimandrites.</i> Ce nom s'est toujours conservé depuis dans l'Eglise : &amp; comme ils étoient eux-mêmes Moines, ils étoient distingués du Clergé, avec lequel cependant on les mêloit quelquefois, parce qu'ils tenoient un rang au-dessus des Laiques. S. Jérôme écrivant à Heliodore, nie absolument que les Moines soient du Clergé : <i>Alia,</i> dit-il, <i>Monachorum est causa, alia Clericorum.</i> Il reconnoît néanmoins que les Moines n'étoient pas exclus par leur profession des Emplois Ecclésiastiques. <i>Vivez,</i> dit-il, dans sa Lettre au Moine Rusticus, <i>d'une manière que vous puissiez mériter d'être Clerc, &amp; si le Peuple ou votre Evêque jette pour cela les yeux sur vous, faites ce qui est du devoir d'un Clerc.</i></p><p>Les <i>Abbés,</i> ou Archimandrites, dans ces premiers temps, étoient soumis aux Evêques &amp; aux Pasteurs ordinaires ; &amp; comme les Moines vivoient alors dans des solitudes éloignées des villes, ils n'avoient aucune part aux affaires Ecclésiastiques. Ils alloient à la Paroisse avec le reste du Peuple ; &amp; quand ils en étoient trop éloignés, on leur accordoit de faire venir chez eux un Prêtre pour leur administrer les Sacremens. Enfin, ils eurent la liberté d'avoir des Prêtres qui fussent de leur Corps. Souvent l'<i>Abbé,</i> ou l'Archimandrite, étoit prêtre ; mais ces Prêtres ne servoient qu'aux besoins spirituels de leurs Monastères. Quelque pouvoir que les <i>Abbes</i> eussent sur leurs Moines, ils étoient soumis aux Evêques, qui avoient beaucoup de considération pour eux, sur-tout après les services qu'ils rendirent aux Eglises d'Orient. Comme il y avoit parmi eux des personnes savantes, ils s'opposérent fortement aux Hérésies naissantes ; ce qui fit que les Évêques jugerent à propos de les tirer de leurs solitudes. On les mit dans les fauxbourgs des villes, pour être plus utiles aux Peuples. S. Chrysostôme jugea même à propos de les faire venir dans les villes ; ce qui fut cause que plusieurs s'appliquerent aux Lettres ; &amp; se firent promouvoir aux Ordres. Leurs <i>Abbés</i> en devinrent plus puissans, étant considérés comme de petits Prélats. Mais quelques Moines qui se crurent en quelque manière indépendans des Evêques, se rendirent insupportables à tout le monde, même aux Évêques, qui furent obligés de faire des Loix contr'eux dans le Concile de Chalcédoine. Cela n'empêcha pas que les <i>Abbés</i> ou <i>Archimandrites,</i> ne fussent fort considérés dans l'Eglise Orientale, où ils ont toujours tenu un grand rang, &amp; ils y ont même été préférés aux Prêtres. Ils ont eu séance dans les Conciles après les Evêques.</p><p>La dignité d'<i>Abbé</i> n'est pas moins considérable aujourd'hui qu'elle l'a été autrefois. Selon le droit commun, tout <i>Abbé</i> doit être Régulier ou Religieux ; parce qu'il n'est établi que pour être le Chef &amp; le Supérieur des Religieux : mais selon le Droit nouveau, on distingue deux sortes d'<i>Abbés ;</i> savoir, l'<i>Abbé</i> Régulier, &amp; l'<i>Abbé</i> Commendataire. Le premier qui doit être Religieux &amp; porter l'habit de son Ordre, est véritablement Titulaire. Le second est un Séculier, qui est au moins tonsuré, &amp; qui, par ses Bulles, doit prendre l'ordre de la Prêtrise, quand il aura atteint l'âge. Quoique le mot de Commendataire insinue qu'il n'a l'administration de l'Abbaye que pour un temps, il en possède néanmoins les fruits à perpétuité, étant entièrement substitué aux droits des <i>Abbes</i> Réguliers ; en sorte que l'<i>Abbé</i> Commendataire est véritablement Titulaire par ses Bulles, où on lui donne tout pouvoir, <i>tam in spiritualibus quàm in temporalibus ;</i> c'est-à-dire, tant au spirituel qu'au temporel ; &amp; c'est pour cette raison qu'il est obligé par les mêmes Bulles, de se faire promouvoir dans le temps à l'ordre de Prêtrise. Cependant, les <i>Abbés</i> Commendataires ne font aucunes fonctions pour le spirituel ; ils n'ont aucune jurisdiction sur les Moines. Et ainsi ce mot <i>in spiritualibus,</i> qu'on emploie dans les Bulles, est plutôt du style de Rome qu'une réalité. Les plus savans Jurisconsultes de France, &amp; entr'autres du Moulin &amp; Louet, mettent la Commende <i>inter titulos Beneficiorum</i> ; c'est-à-dire, entre les titres de Bénéfices. Ce sont des titres Canoniques qui donnent aux Commendataires tous les droits attachés à leurs Bénéfices. Mais comme ces provisions en commende sont contraires aux anciens Canons, il n'y a que le Pape seul qui puisse les accorder par une dispense de l'ancien Droit. Voyez le mot de <i>Commende</i> &amp; <i>Commendataire.</i> Voyez aussi les <i>Acta Sanct. Benedict. saec. III. p.</i> 1. <i>praef. p.</i> 89. &amp; suiv.</p><p>Les <i>Abbes</i> Commendataires étant <i>Séculiers</i> n'ont aucune jurisdiction sur les Moines. Quelques-uns néanmoins prétendent que les Cardinaux, dans les Abbayes qu'ils ont en commende, ont le même pouvoir que les <i>Abbés</i> Réguliers. On donne pour exemple Monsieur le Cardinal de Bouillon, qui, en qualité d'<i>Abbé</i> Commendataire de Cluny, a le gouvernement spirituel de tout l'Ordre de Cluny, comme s'il en étoit <i>Abbé</i> Régulier. On répond à cela, que Mr le Cardinal de Bouillon ne jouït pas de cette jurisdiction spirituelle en qualité de Cardinal <i>Abbé</i> Commendataire, mais par un Bref particulier du Pape. Mr le Cardinal d'Estrées, <i>Abbé</i> Commendataire d'Anchin en Artois, ayant voulu jouir de ce même droit à l'égard des Religieux de cette Abbaye, en a été exclus par un Arrêt du Grand Conseil, daté du 30 Mars 1694. L'obligation principale d'un <i>Abbe</i> Commendataire est de procurer par toutes les voies possibles la gloire &amp; le Service de Dieu, dans la Communauté dont il se trouve chargé. Ab. de la Tr.</p><p>Il n'y a que les <i>Abbes</i> Réguliers que l'on benisse ; les Commendataires ne l'ont jamais été. Cette bénédiction, qui s'appelle <pb n="11" facs="bpt6k8542165/f51/full/1200,/0/native.jpg"/>aussi consécration, se faisoit autrefois, en les revêtant de l'habit appellé <i>cuculla,</i> coulle, en leur mettant en main la crosse, ou bâton pastoral, &amp; aux pieds la chaussure appellée <i>pedales,</i> ou <i>pedules,</i> qui étoient des bandelettes propres à entourer le pied. C'est de l'<i>Ordo Romanus</i> de Théodore Archevêque de Cantorbery, dans sa Collection des Canons, &amp; de la Vic de saint Anselme, que nous apprenons ces particularités. Le pouvoir que quelques <i>Abbés</i> ont de donner la tonsure n'appartient aussi qu'aux <i>Abbés</i> Réguliers ; mais ils ne la peuvent donner qu'aux Religieux. Le P. Hay, Moine Bénédictin, dans son Livre intitulé <i>Astrum inextinctum,</i> assure que les <i>Abbés</i> de son Ordre ont une jurisdiction comme Episcopale, &amp; même comme Papale, <i>potestatem quasi Episcopalem, inno quasi Papalem,</i> sur tous leurs Religieux, &amp; que c'est pour cette raison qu'ils confèrent à leurs Moines la tonsure &amp; les Ordres mineurs. Il se peut faire qu'en Allemagne les <i>Abbés</i> de l'Ordre de saint Benoît jouissent de ce privilége, mais ils n'en jouissent point aujourd'hui en France, bien que quelques Abbayes prétendent avoir ce droit en vertu de leur exemption. On dit même qu'Innocent VIII. a accordé à l'<i>Abbé</i> de Cisteaux le pouvoir d'ordonner des Diacres &amp; des Soudiacres. A l'égard de la tonsure, Innocent III. répondant à Robert Pullus Archevêque de Rouen, qui l'avoit consulté, pour savoir si les <i>Abbés</i> pouvoient donner la tonsure à leurs Moines, il lui dit qu'il n'y a pas de difficulté, puisque le septième Concile l'a ainsi réglé. Il paroît par les actes de la Vie de S. Convoion <i>Abbé,</i> qu'autrefois les Abbés pouvoient tonsurer des Laiques qui n'étoient pas Moines. Le second Concile de Nicée permet aux <i>Abbés</i> de faire des Lecteurs ; &amp; plusieurs <i>Abbés,</i> par des concessions particulières, ont eu du saint Siége le privilége de donner les quatres moindres Ordres. P. Martene.</p><p>
    </p>
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    <head>ABBÉ</head>
    <p>
    ABBÉ s'est dit quelquefois même des simples Moines, qui n'avoient aucune autorité ou jurisdiction. <i>Abbé</i> est pris dans ce sens dans la règle de saint Colomban, C. 7. où il est dit qu'il y avoit mille <i>Abbés</i> sous la conduite d'un Archimandrite.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABBÉ DES ABBÉS</head>
    <p>
    ABBÉ DES ABBÉS , <i>Abbas Abbatum.</i> C'est le titre que Ponce <i>Abbé</i> de Cluny prit à Rome au Concile l'an 1116. sur quoi Jean Cajetan Chancelier du Pape lui ayant demandé, si les Religieux de Cluny avoient reçû une règle de ceux du Mont-Cassin, ou s'ils leur en avoient donné une ? Il répondit, que non-seulement les Moines de Cluny, mais aussi tous les autres qui sont en Occident, ont reçû leur règle des Moines du Mont-Cassin. Le titre d'<i>Abbé des Abbés</i> doit donc être donné à l'<i>Abbé</i> du Mont-Cassin, repartit le Chancelier. Voyez le Liv. 4e, C. 62. de la Chronique du Mont-Cassin par Pierre Diacrf.</p><p>
    </p>
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    <head>ABBÉ DES ABBÉS</head>
    <p>
    Abbé Mitré , <i>Abbas mitratus</i> C'est un <i>Abbé</i> qui a droit de porter la mitre, &amp; les autres ornemens qui distinguent les Evêques de ceux qui leur sont inferieurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABBÉ DES ABBÉS</head>
    <p>
    Abbé en second , <i>Abbas secundarius.</i> C'est le Prieur du Monastère, celui qui gouverne le Monastère sous l'<i>Abbé,</i> &amp; en l'absence de l'<i>Abbé.</i></p><p>Il y a des <i>Abbés</i> mitrés ; c'est-à-dire, qui ont droit de porter la mitre. Harris dit qu'en Angleterre les <i>Abbés</i> mitrés étoient exemts de la jurisdiction de l'Ordinaire ; qu'ils avoient une autorité Episcopale dans leur district, &amp; qu'ils étoient membres ou Lords du Parlement ; (quelquefois on les a appellés <i>Abbés</i> souverains, ou <i>Abbés</i> généraux ;) que les autres <i>Abbés</i> étoient soumis à l'Evêque diocésain pour le spirituel ; qu'il y a eu aussi des Lords-Prieurs, qui avoient une jurisdiction libre, &amp; étoient Lords du Parlement. Edouard Cok dit qu'il y a eu vingt-sept de ces <i>Abbés</i> &amp; deux Prieurs qui ont eu séance au Parlement ; mais le nombre n'a pas toujours été le même, &amp; dans le Parlement qui fut tenu la vingtième année de Richard II. ils n'étoient que vingt-sept en tout ; c'est-à-dire, vingt-cinq <i>Abbés</i> &amp; deux Prieurs. Harris. Il y a aussi des <i>Abbés</i> crossés ; c'est-à-dire, qui ont droit de porter la Crosse. L'<i>Abbé</i> Régulier des Bénédictins de Bourges est crossé, &amp; non pas mitré. On dit qu'il y en a qui sont mitrés &amp; crossés ; c'est-à-dire, qui ont permission de porter la Mitte &amp; la Crosse.</p><p>Il y a eu chez les Grecs des <i>Abbés</i> qui ont pris la qualité d'<i>Abbés</i> Occuméniques, ou universels, à l'imitation du Patriarche de Constantinople. <i>Abbas Oecumenicus</i> La règle de S. Benoît parle de quelques Moines qui se vouloient arroger la qualité de second <i>Abbé.</i></p><p>Quelques Abbés ont été appellés <i>Abbés Cardinaux.</i> C'étoient les <i>Abbés</i> en chef, lorsque des Abbayes qui avoient été unies venoient à être séparées. On a aussi donné quelquefois ce titre d'<i>Abbe Cardinal</i> à quelques <i>Abbés,</i> purement par honneur, comme le Pape Calixte le donna à l'<i>Abbé</i> de Cluny. Ponce, <i>Abbé</i> de Cluny, dans un Concile tenu à Rome en 1116. prit la qualité d'<i>Abbé des Abbés</i> ; mais il ne fut pas approuvé, &amp; l'on jugea qu'elle convenoit plutôt à l'<i>Abbé</i> du Mont-Cassin, le premier de l'Ordre de saint Benoît.</p><p>On trouve dans le VIe, VIIe, &amp; VIIIe siècle des <i>Abbés</i> qui n'étoient pas Prêtres, mais seulement Diacres, ou Soudiacres. Et saint Benoît dans sa Règle, ordonne, qu'ils aient néanmoins le pas devant les Prêtres. Vers le commencement du neuvième siècle, Eugène 1. ordonna dans un Concile de Rome, que les <i>Abbés</i> fussent Prêtres. Cependant on en trouve encore après ce Règlement qui n'ont point été Prêtres, &amp; jusqu'au 16e siècle ; car Christophe, Abbé d'Otmars, mort en 1576. ne fut jamais que Diacre. On a quelquefois donné la qualité d'<i>Abbé</i> aux Curés Primitifs. Selon M. du Cange les Paroisses avoient ordinairement trois principaux Officiers ; l'<i>Abbé,</i> ou le Gardien, qui est présentement le Curé ; les Prêtres, ou Chapelains, &amp; le Sacristain. Les Prêtres étoient chargés du soin des ames &amp; de l'administration de la Cure, &amp; l'<i>Abbé</i> avoit l'oeil sur les besoins de sa Paroisse, &amp; sur la conduite des Prêtres. Il y a eu des Evêques qui ont été appellés <i>Abbés</i> parce que leurs Evêchés étoient originairement des Abbayes, &amp; qu'ils étoient même élus quelquefois par les Moines, comme ceux de Catane &amp; de Montréal en Sicile. Enfin, quoiqu'il n'y ait proprement que les Moines dont le Supérieur soit apellé <i>Abbé,</i> les Chanoines Réguliers ont aussi donné le nom d'<i>Abbé</i> à celui qui est à leur tête, &amp; comme leur Général. C'est l'<i>Abbé</i> de Sainte Geneviève de Paris qui est régulier depuis le Cardinal de la Rochefoucault.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABBÉ DES ABBÉS</head>
    <p>
    Abbé de Cour . On entend par là un jeune Ecclésiastique poli, &amp; dans les manières &amp; dans les habits : cela marque du dérèglement, &amp; quelque chose de prophane. Bouh. On y joint une idée de délicatesse, de volupté &amp; de galanterie. On suppose d'ordinaire plus de science du monde dans un <i>Abbé</i> de Cour, que d'étude de la Théologie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABBÉ DES ABBÉS</head>
    <p>
    Abbé se dit aujourd'hui, sur-tout parmi le peuple, de qui que ce soit qui porte l'habit Ecclésiastique. On fait aujourd'hui très-bon marché de la qualité d'<i>Abbé.</i> Les moindres Ecclésiastiques se l'attribuent, &amp; même ceux qui n'ont aucun Bénéfice, ni espérance d'en avoir. C'est un fantôme de vanité insupportable. de Roch. On peut dire que l'usage a prévalu, &amp; que ce n'est qu'un terme de civilité de la part de ceux qui le donnent, &amp; nullement une preuve ou un effet de la vanité de ceux à qui on le donne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABBÉ DES ABBÉS</head>
    <p>
    Abbé se dit aussi de quelques Magistrats ou personnes laïques &amp; séculieres. Chez les Génois il y avoit un principal Magistrat qu'on appelloit <i>Abbé</i> du peuple. En France il y a eu plusieurs Seigneurs, sur-tout du temps de Charlemagne, à qui on donnoit le soin &amp; la garde des Abbayes, qu'on appelloit <i>Abbacomites.</i> Autrefois on appelloit aussi <i>Abbé</i> le Grand Maître de la Chapelle Royale.</p><p>Dans les anciens titres on trouve que les Ducs &amp; Comtes ont été appellés <i>Abbés,</i> &amp; les Duchés &amp; Comtés <i>Abbayes</i> ; &amp; plusieurs Seigneurs &amp; Gentilshommes, qui n'étoient aucunement Religieux, ont aussi pris ce nom, comme remarque Ménage après Fauchet &amp; autres. Les Rois mêmes n'ont pas dédaigné de porter le titre d'<i>Abbé</i> qui n'étoit pas moins honorable que celui de Duc &amp; de Comte. Philippe I. &amp; Louis VI. &amp; ensuite les Ducs d'Orleans, sont appellés <i>Abbés</i> du Monastère de S. Agnan d'Orleans par Hubert Historien de cette Abbaye. Les Ducs d'Aquitaine ont porté le titre d'<i>Abbés</i> de S. Hilaire de Poitiers. Les Comtes d'Anjou celui d'<i>Abbés</i> de S. Aubin, &amp; les Comtes de Vermandois celui d'<i>Abbés</i> de S. Quentin. Louis le Bègue &amp; ses enfans sont fort souvent nommés <i>Abbés</i> dans l'Histoire de ces temps-là.</p><p>On appelle aussi <i>Abbé,</i> celui qu'on élit en certaines Confrairies &amp; Communautés, particulièrement entre les Ecoliers &amp; les Garçons Chirurgiens, pour commander aux autres pendant un certain temps. A Milan dans toutes les Communautés de Marchands &amp; d'Artisans, il y en a de préposés qu'on appelle <i>Abbés.</i> Et c'est de là apparemment qu'est venu le jeu de l'<i>Abbé,</i> dont la règle est, que quand le premier <pb n="12" facs="bpt6k8542165/f52/full/1200,/0/native.jpg"/>a fait quelque chose, il faut que tous ceux qui le suivent fassent de même.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABBÉ DES ABBÉS</head>
    <p>
    Abbé se dit proverbialement en ces phrases. On vous attendra comme les Moines font l'<i>Abbé</i> ; c'est-à-dire, en mangeant toujours ; en commençant à dîner : en un mot, on ne vous attendra pas. On dit encore, pour un Moine on ne laisse pas de faire un <i>Abbé</i> ; pour dire, que l'opposition d'un particulier n'empêche pas la déliberation d'une Compagnie, ou la conclusion d'une affaire. On dit en proverbe Espagnol, <i>Como canta el</i> Abad <i>responde el Monazillo ;</i> &amp; en François, Le Moine répond comme l'<i>Abbé</i> chante ; pour dire, que les inférieurs tiennent le même langage, ou sont de même avis que leurs supérieurs. On appelle par raille rie, <i>Abbés</i> de Sainte espérance, ceux qui prennent la qualité d'<i>Abbés</i> sans avoir d'Abbaye, &amp; quelquefois même de Bénéfice ; ou de Sainte Elpide, qui veut dire la même chose ; car signifie Espérance en Grec.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="65" id="1" type="">
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    <head>ABBESSE</head>
    <p>
    ABBESSE : c'est le nom qu'on donne à une Religieuse qui est Supérieure d'une Abbaye. <i>Abbatissa</i> Elle a tous les mêmes droits sur ses Religieuses que les Abbés Réguliers ont sur leurs Moines, parce qu'elles sont revêtues de la même dignité. Leur sexe ne leur permet pas à la vérité de faire les fonctions spirituelles qui sont attachées à la Prêtrise ; mais il y a des <i>Abbesses</i> qui ont droit, ou plutôt un Privilége, de commettre des Prêtres pour ces fonctions. Elles ont même une Jurisdiction comme Episcopale, aussi-bien que quelques Abbés Réguliers qui sont exempts de la Jurisdiction de leurs Evêques. Voyez <i>Exemption.</i> Autrefois les <i>Abbesses</i> étoient électives : aujourd'hui le Roi les nomme toutes : ce n'est pas en vertu du Concordat, car il n'y en est pas fait mention. François I. &amp; Henri II. ont obtenu des Indults pour nommer les <i>Abbesses.</i> Aujourd'hui les Bulles que le Pape donne pour les <i>Abbesses</i> portent que le Roi a écrit en faveur de la Religieuse nommée, &amp; que la plus grande partie de la Communauté a consenti à son élection. Cela se fait pour conserver une image de l'ancien usage. Pinson. Le P. Martene, dans son Traité des Rits de l'Eglise, dit que quelquefois les <i>Abbesses</i> ont entendu les confessions de leurs Religieuses : il le prouve par les actes de la vie de Sainte Burgondofere. Il ajoûte, que quelques <i>Abbesses</i> s'étant attribuées en cela plus d'autorité qu'il ne convenoit, on avoit été obligé de réprimer leur vanité, ou leur curiosité. On lit dans le Droit Oriental, que Marc, Patriarche d'Alexandrie, consulta Balsamon, pour savoir si un Evêque devoit accorder aux <i>Abbesses</i> la permission qu'elles demandoient, d'entendre les confessions de leurs Religieuses ; à quoi Balsamon répondit que non, quoique Saint Basile, dans ses petites Règles, permît aux <i>Abbesses</i> d'entendre, avec un Prêtre, les confessions de leurs Religieuses. Saint Césaire, Evêque d'Arles, à écrit une Règle pour le Monastère de Sainte Césarie sa soeur, où il y a de fort beaux Règlemens par rapport aux <i>Abbesses.</i> Elle se trouve dans Bollandus, Tome I. p. 730. &amp; suiv. C'étoit une coutume assez ordinaire dans la seconde race de nos Rois, de faire les filles des Rois Religieuses &amp; <i>Abbesses.</i> P. Dan. Selon le Concile de Trente, Sess. 25. Chap. VII. les <i>Abbesses</i> doivent être élues en présence de l'Evêque, ou d'un autre tenant sa place, du Corps, s'il se peut, du Monastère, âgée de quarante ans, ou au moins de trente, ayant huit ou au moins cinq années de Profession. Une même <i>Abbesse</i> ne peut régir deux Monastères. Les François fonderent autrefois des Abbayes sans qu'il leur en coûtât beaucoup : on cédoit à des Moines autant de terres incultes qu'ils pouvoient en mettre en valeur. Ils travailloient à dessécher, à défricher, à bâtir, à planter, moins pour être plus à leur aise, que pour en soulager les pauvres. Ces lieux arides &amp; déserts devinrent agréables &amp; fertiles. Il y avoit des Abbés si riches, qu'ils pouvoient mettre une petite armée sur pied : ce qui fit qu'on les invita aux assemblées du Champ de Mars, &amp; aux Cours plenières. Le Gendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="66" id="1" type="">
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    <head>ABBEVILLE</head>
    <p>
    ABBEVILLE . <i>Abbavilla, Abbatisvilla.</i> Nom d'une Ville de France, Capitale du Comté de Ponthieu dans la Picardie, située sur la Somme, environ à cinq lieues de son embouchure, patrie des deux Sansons, célèbres Géographes. Son nom, qui signifie <i>Maison de Campagne de l'Abbé,</i> lui vient de ce que ce n'étoit autrefois qu'une maison ou ferme qui appartenoit à l'Abbé de Saint Riquier. Hugues le Grand l'ôta aux Moines de cette Abbaye, dit Hariulphe, l. IV. c. XII. pour en faire un Château qui arrêtat les courses des Barbares. Il en donna le commandement à Hugues son Gendre, qui après la défaite &amp; la mort du Comte de Boulogne, épousa la Comtesse Adelaja sa femme, &amp; prit le titre de Comte, qu'il laissa à sa postérité. Ce fut sous ces Comtes qu'Abbeville, de simple ferme, devint une ville. L'Histoire Ecclésiastique d'<i>Abbeville</i> &amp; de l'Archidiaconé de Ponthieu en François a été faite par le P. Ignace Jos. de Jesus-Maria, Carme Déchaussé. Il y a à la fin un Catalogue des Auteurs d'Abbeville &amp; de l'Archidiaconé de Ponthieu. A Paris, 1646. in 4°. Les Mémoires de l'Académie des Sciences donnent à <i>Abbeville</i> pour longitude, 19.d 30'. pour latitude, 50.d 5'.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="67" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABBOI" />
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    <head>ABBOI</head>
    <p>
    ABBOI , Voyez <ref type="search" target="head:ABOI">ABOI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="68" id="1" type="">
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    <head>A. B. C</head>
    <p>
    A. B. C . on prononce <i>abécé,</i> s. m. <i>Rudimentum.</i> Alphabet de la Langue Françoise. C'est aussi un petit livre qui sert à apprendre à lire aux enfans. Cet enfant est encore à l'<i>a b c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="68" id="2" type="">
   <index type="head" value="A. B. C" />
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    <head>A. B. C</head>
    <p>
    a b c . signifie aussi le commencement d'une science, ou d'une affaire ? le principe d'un art. <i>Prima Elementa.</i> Quand on pense avoir pénétré les secrets de la nature, on se trouve encore à l'<i>a b c.</i> Renvoyer quelqu'un à l'<i>a b c,</i> c'est le traiter d'ignorant. C'est dans le même sens qu'on appelloit l'Empereur Justin . Ce mot est composé des trois premières Lettres de l'alphabet François, comme le Grec, qui lui répond, des deux premières. <i>Alpha</i> &amp; <i>Beta.</i> Les Espagnols l'appellent <i>Cartilla</i> ; les Italiens <i>Abaco,</i> &amp; les Anglois <i>Abacus,</i> qui vient du Grec , &amp; s'est ainsi appellé, parce que pour commencer à apprendre les Lettres aux enfans, on les figuroit sur une tablette, ou sur une carte en forme de tablette, comme on fait encore dans les Ecoles de Mathématiques pour les figures qu'il faut montrer aux Étudians. Ou bien il s'est formé des trois premières Lettres de l'alphabet, comme le mot François <i>A b c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="69" id="1" type="">
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    <head>ABCASSE</head>
    <p>
    ABCASSE . Voyez <ref type="search" target="head:Abasse">Abasse</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="70" id="1" type="chirurgie">
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    <head>ABCEDER, </head>
    <p>
    &#9758; ABCEDER, (S') v. n. Terme de Chirurgie , se changer, se former en Abcès. Tumeur disposée à s'<i>abcéder.</i> Chirurgien dentiste. tom. I. p. 201.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="71" id="1" type="">
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    <head>ABCÈS</head>
    <p>
    ABCÈS , s. m. Tumeur contre nature, qui tend à corruption. Amas d'humeurs, ou de sang, qui se forme dans une partie interne du corps. <i>abcessus, vomica.</i> Le peuple l'appelle <i>apostume.</i> Cet homme est mort d'un <i>abcès</i> qu'il avoit dans le ventre. Un <i>abcès</i> qui perce ou suppure en dehors est capable de guérison. Voyez <i>Tumeur</i> &amp; <i>Aposthème.</i> Quand un serin est attaqué d'un <i>abcès</i> qui se forme sur le croupion, vous le prenez dans vos mains, &amp; avec une pointe de ciseaux bien fins, vous lui coupez adroitement la moitié de ce bouton blanc, puis en faites sortir le pus en le pressant un peu avec le doigt, &amp; y mettez aussi-tôt dessus la plaie un petit grain de sel fondu dans la bouche, &amp; cela fera sécher entièrement le mal. Si vous vous appercevez que votre serin souffre un peu, par ce que le sel le cuit, vous pourrez une heure après, ou environ, mettre sur son mal un petit morceau de sucre fondu avec la salive ; cela adoucira l'acreté du sel, &amp; achevera de sécher la plaie. Hervieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="72" id="1" type="">
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    <head>ABDALLA</head>
    <p>
    ABDALLA , s. m. &amp; nom propre. Quoique ce nom ne soit pas François, mais Arabe, comme on le trouve souvent dans des Histoires ou Relations écrites en François, &amp; qu'il vient de paroître encore tout récemment un Roman intitulé, les Avantures d'<i>Abdalla,</i> il ne sera pas inutile de dire ici ce qu'il signifie. Il est composé de deux mots Arabes, , <i>Abad,</i> qui veut dire <i>serviteur, celui qui honore,</i> du verbe <i>abada,</i> adorer, honorer, servir, &amp; de <i>Alla,</i> Dieu ; ainsi <i>Abdalla,</i> c'est serviteur de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="73" id="1" type="">
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    <head>ABDARA</head>
    <p>
    ABDARA . <i>Abdera, ae,</i> ou <i>Abdara.</i> Nom d'une ancienne ville d'Espagne, dans la Bétique, sur la Côte de la Méditerranée. Elle avoit été bâtie par les Carthaginois. On la place ordinairement dans ce que nous appellons aujourd'hui le Royaume de Grenade, à peu près où est Adra, qui, peut-être, est Abdara même, dont le nom s'est corrompu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="74" id="1" type="">
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    <head>ABDERE</head>
    <p>
    ABDERE , s. f. <i>Abdera, orum.</i> Ancienne ville de Thrace. Plusieurs Savans croient qu'elle fut bâtie par <i>Abderus,</i> ou bien par Hercule, en mémoire d'Abderus, qui avoit été <pb n="13" facs="bpt6k8542165/f53/full/1200,/0/native.jpg"/>déchiré par les chevaux de Diomède. Leurs garants sont Philostrate, Étienne de Byzance, Scycmus de Chio, &amp;c. Mais Solin &amp; Méla, disent qu'elle fut bâtie par Abdera soeur de Diomède, qui lui donna son nom ; &amp; sur les Médailles de cette ville, on lit d'un côté , avec la tête d'une Héroïne. Voyez Mr Spanheim, p. 562. &amp; suiv. Elle fut rebâtie par timésius, qui y conduisit une Colonie de Clazoméniens ; &amp; ensuite vers la 31e Olympiade ; c'est-à-dire, environ 650. ans avant J. C. les Téiens, Peuples de l'Asie mineure, ne pouvant souffrir la domination des Perses, passerent en thrace, &amp; s'établirent à <i>Abdère.</i> Quelques Auteurs veulent que ce soit Asperosa, ville maritime de Romanie. Elle a encore été nommée Astrizza.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="75" id="1" type="">
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    <head>ABDÉRITE</head>
    <p>
    ABDÉRITE , s. m. <i>Abderites, Abderita.</i> Qui est de la ville d'Abdère. Les Médailles de cette ville ont une tête rayonnée, avec ce mot . Les Abdérites étoient si stupides que leur stupidité avoit passé en proverbe, &amp; qu'on disoit un esprit d'Abdère., <i>Abderitica mens,</i> pour un esprit grossier, pesant, stupide. Cicéron <i>ad Attic. viij. ep.</i> 7. appelle un projet mal concerté, sans vûes, sans prudence, un projet Abdéritique. Abdère néanmoins produisit de grands hommes, témoins Protagore &amp; Démocrite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="76" id="1" type="">
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    <head>ABDIAS</head>
    <p>
    ABDIAS , s. m. &amp; nom propre. C'est le nom du quatrième des douze petits Prophètes, que les Protestans appellent communément <i>Obadias,</i> faisant passer la prononciation Hébraique dans les autres Langues : ce qui est, à mon sens, pécher contre le premier principe des Langues, qui est l'usage. Car de quelque manière que l'on prononce un nom dans la Langue originaire de ce nom, il faut le prononcer comme il est établi par l'usage qu'on le prononce dans la Langue dans laquelle on parle, ou l'on écrit, &amp; il n'y a pas moins d'absurdité à vouloir dire <i>Obadias, Jeschejahu, Jechezchiel,</i> &amp;c. au lieu de Abdias, Isaie, Ezéchiel, qu'il y en auroit à vouloir dire, <i>Miriam, Jehoschua, Jehohhanan, Petrus, Alexandros, Julius Caesar, Pompeius, Hyeronimus, Quintus-Curtius, &amp;c.</i> au lieu de Marie, Jesus, Jean, Pierre, Alexandre, Jules César, Pompée, Jérôme, Quinte-Curce, &amp;c. Aussi tous les Traducteurs François de l'Ecriture, &amp; ceux même de Genève ont dit <i>Abdias.</i> Au reste, ce nom vient de , <i>abad,</i> servir, honorer, &amp; , <i>Ja,</i> abrégé de Jehova, nom de Dieu. Ainsi il signifie serviteur de Dieu, ou de <i>Jehovah.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="77" id="1" type="">
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    <head>ABDICATION</head>
    <p>
    ABDICATION , s. f. Démission, acte de renonciation à une Charge, à une Magistrature. <i>abdicatio.</i> Il faut remarquer que <i>l'abdication</i> diffère de la résignation, en ce que l'<i>abdication</i> se fait purement &amp; simplement, au lieu que la résignation se fait en faveur d'une tierce personne.</p><p>On dit, L'<i>abdication</i> d'un fils rebelle &amp; désobéissant. Dans le Droit Civil l'<i>abdication</i> est opposée à l'adoption. L'<i>abdication</i> n'étoit différente de l'exhérédation que dans cette circonstance : c'est que le fils abdiqué étoit exclus de la famille &amp; de la succession paternelle, par un acte public pendant la vie du père ; au lieu que l'exhérédation n'avoit d'exécution qu'en vertu de son testament. Les causes de l'<i>abdication</i> étoient les mêmes que celles de l'exhérédation. <i>Harris,</i> dans son Dictionnaire Anglois des Arts, dit qu'on trouve qu'<i>abdication</i> s'est dit encore d'un homme libre qui renonce à sa condition pour se faire esclave, ou d'un Citoyen Romain qui renonce à cette qualité &amp; aux priviléges qui y étoient attachés.</p><p>On dit aussi au Palais, faire une <i>abdication</i> de biens, quand on en fait un abandonnement entier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="78" id="1" type="">
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    <head>ABDIQUER</head>
    <p>
    ABDIQUER , verbe actif. Renoncer à une Magistrature, à une Charge, s'en dépouiller, l'abandonner. <i>abdicare.</i> Dioclétien &amp; Charles-Quint ont <i>abdiqué</i> l'Empire. Il se dit aussi absolument ; ce Prince à été forcé d'<i>abdiquer.</i></p><p>On dit en Droit, <i>Abdiquer</i> un fils, pour dire, l'abandonner, le chasser de sa maison, ne le reconnoître plus pour fils. C'est l'exhéréder, &amp; le priver de tous les avantages attachés à sa qualité de fils. <i>Est quasi negare filium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="78" id="2" type="">
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    <head>ABDIQUER</head>
    <p>
    Abdiqué, ée , participe passif &amp; adjectif. <i>Abdicatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="79" id="1" type="medecine">
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    <head>ABDOMEN</head>
    <p>
    ABDOMEN , s. m. Terme de Médecine , qui signifie la partie extérieure du bas-ventre, depuis les cuisses en remontant jusqu'au diaphragme. <i>Abdomen</i> C'est, dit Harris le plus bas des trois ventres du corps humain, appellé proprement le bas-ventre, qui comprend dans sa capacité le ventricule, les boyaux, le foie, la ratte, la vessie, &amp;c. &amp; qui est couvert en dedans d'une membrane, que l'on nomme <i>Peritonoeum</i> ; sa partie inférieure Hypogastre, <i>Hypogastrium</i> : sa partie de devant est divisée dans l'Epigastre, <i>Epigastrium,</i> les Hypocondres, le droit &amp; le gauche, &amp; le nombril. Il est terminé en haut par le <i>cartilago ensiformis,</i> à droit &amp; à gauche par les fausses côtes, en bas par les vertèbres des reins, par les os du Coxendix, <i>l'os pubis</i> &amp; <i>l'os sacrum</i> Il a dix muscles, dont il est couvert, &amp; qui servent à pousser hors les excrémens, &amp; l'urine, &amp; le ftus dans les femmes. Nous rapporterons leurs noms propres chacun à leur place. Selon M. Dionis l'<i>Abdomen</i> est la partie antérieure du ventre, laquelle se divise en trois régions, dont la supérieure s'appelle épigastrique, la moyenne (il veut dire celle du milieu) umbilicale, &amp; l'inférieure hypogastrique. La première commence au cartilage xiphoïde, &amp; finit deux travers de doigt au-dessus de l'umbilic ; la seconde commence où finit la première, &amp; se termine environ deux travers de doigt au dessous de l'umbilic ; &amp; la dernière descend jusqu'à l'os pubis. Chacune de ces trois régions se divise encore en trois parties, une moyenne, &amp; deux latérales. La partie moyenne de la région épigastrique est appellée épigastre, &amp; les latérales, hypocondres, dont l'un est à droit &amp; l'autre à gauche. La partie moyenne de la région umbilicale se nomme umbilic, ou nombril ; ses parties latérales sont les deux lombes. Le milieu de la région hypogastrique s'appelle hypogastre, ses côtés sont les iles, ou les flancs. Il se dit quelquefois, mais improprement, des parties contenues dans le bas-ventre. Les Grecs l'appellent , &amp; les Arabes <i>mirach.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="80" id="1" type="">
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    <head>ABDUCTEUR</head>
    <p>
    ABDUCTEUR , adj. m. <i>abductor.</i> C'est une épithète que les Médecins donnent au quatrième muscle des yeux, qui les fait mouvoir en dehors, &amp; regarder de côté pour marque de mépris &amp; de dédain : c'est pourquoi on l'appelle aussi <i>orgueilleux,</i> &amp; <i>indignabundus,</i> ou dédaigneux, <i>fastidiosus.</i> On le dit aussi des muscles du pouce, &amp; d'autres parties du corps qui se peuvent mouvoir en dehors. <i>L'Abducteur</i> est le troisième muscle de l'index. Il prend son origine de la partie externe &amp; moyenne de l'os du coude, &amp; passant sous le ligament annulaire, il va s'insérer à la partie latérale &amp; externe des os du doigt indice, qu'il tire en dehors vers les trois autres doigts. Dionis. Ce mot vient du Latin <i>abduco</i>, qui signifie Emmener.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="81" id="1" type="anatomie">
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    <head>ABDUCTION</head>
    <p>
    ABDUCTION , s. f. <i>Abductio</i> Terme d'Anatomie . Le mouvement d'<i>abduction</i> est celui qui fait que les doigts s'éloignent du pouce. Dionis. Et dans les muscles des yeux le mouvement d'<i>abduction</i> est celui qui éloigne la vûe, ou l'oeil du nez, &amp; fait regarder par dessus l'épaule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="82" id="1" type="">
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    <head>ABEATES</head>
    <p>
    ABEATES , s. m. <i>Abaeatae</i> Habitans de la ville d'Abée. Corn. Ce sont les habitans d'Abée du Péloponèse. Ceux d'<i>Abée</i> de Phocide s'appellent Abantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="83" id="1" type="">
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    <head>ABÉCÉDAIRE</head>
    <p>
    ABÉCÉDAIRE , s. m. Qui est encore à l'<i>abécé. Elementarius.</i> S. Jerôme &amp; S. Fulgence, 3. <i>Mythol.</i> CX. disent <i>Abecedarius, a, um.</i> On se mocque d'un vieillard <i>abécédaire,</i> qui est encore à l'a b c, qui ne sait rien. On a donné le titre d'<i>Abécédaire</i> à un Livre de Pierre d'Alva sur la Conception de la Vierge en vingt-un volumes, dont la première Lettre A contient trois gros volumes <i>in fol.</i> imprimés à Madrid en 1648. Il est intitulé, <i>Abecedarium Marianum.</i> S. Augustin, dans ses retractations, Liv. I. Chap. XX. dit qu'on appelloit <i>Abécédaires, Abecedarios,</i> les Pseaumes dans lesquels les premières Lettres de chaque strophe, ou quelquefois peut-être de chaque vers, suivoient l'ordre alphabétique. Dans l'Écriture, le CXVIIIe Pseaume &amp; les Lamentations de Jérémie sont de cette sorte ; par où il paroît que les Hébreux ont été les premiers Auteurs de cette espèce de Poësie, inventée apparemment pour aider la mémoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="83" id="2" type="">
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    <head>ABÉCÉDAIRE</head>
    <p>
    Abécédaire , signifie encore, suivant Danet, le Maître des petites écoles, qui apprend à lire aux enfans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="84" id="1" type="">
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    <head>ABÉCHER</head>
    <p>
    ABÉCHER , v. act. Donner la béchée à un oiseau qui n'a pas encore l'adresse de la prendre de lui-même. <i>Escam ingerere.</i> Ce mot vient de <i>à</i> &amp; de <i>bec</i> ; c'est-à-dire, mettre au bec. Nicod.</p><p>En Fauconnerie on dit, <i>Abécher</i> l'oiseau ; pour dire, lui donner une partie du pât ordinaire pour le tenir ou pour le mettre en appétit, dans le dessein de le faire voler un peu après.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="85" id="1" type="">
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    <head>ABÉE</head>
    <p>
    ABÉE , s. f. Ouverture par où on laisse couler l'eau d'un <pb n="14" facs="bpt6k8542165/f54/full/1200,/0/native.jpg"/>ruisseau ou d'une rivière, pour faire moudre un moulin, qui se peut fermer avec des pales ou lançoirs. Il en est fait mention dans la Coutume de Loris, Chap. X. Ce mot peut venir de <i>baie,</i> ouverture. <i>Foramen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="86" id="1" type="">
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    <head>ABÉE</head>
    <p>
    ABÉE , <i>Abea.</i> Ville du Détroit Messenien, ou Mansertin, près de Phares dans le Péloponèse. Elle fut ainsi appellée, dit Pausanias, d'Abbas fils de Lyncée &amp; d'Hypermnestre. Quelques Auteurs la confondent avec Ira, l'une des sept villes qu'Agamemnon offre à Achilles. Iliad. IX. Il y avoit un temple fameux où Apollon rendoit des Oracles ; les troupes de Xerxes le brûlerent. Il y eut aussi dans la Phocide une ville de ce nom bâtie par les Abantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="87" id="1" type="">
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    <head>ABEILLE</head>
    <p>
    ABEILLE , s. f. Insecte volant, grosse mouche qui a un aiguillon fort picquant, &amp; qui fait le miel &amp; la cire. <i>Apis</i></p><p>Swammerdam en fait la description, aussi-bien que des bourdons appellés <i>fuci,</i> qui sont les mâles. A l'égard des <i>abeilles</i> qui font le miel, qu'il appelle, <i>apes operariae,</i> il dit qu'on ne peut découvrir si elles sont mâles ou femelles ; mais dans le Roi &amp; les bourdons les parties qui servent à la génération sont très perceptibles. Jean de Horn, fameux Anatomiste, a fait voir les oeufs des <i>abeilles</i> dans la femelle, que l'on nomme ordinairement le Roi. Elles ont un tissu dont elles sont enveloppées, qui est ourdi de même que celui des vers à soie. Swammerdam montre aussi des rayons de miel où l'on voit les appartemens du Roi &amp; des autres <i>abeilles</i> : on y découvre sensiblement les poumons composés de deux petites vessies. Leur gouvernement ne consiste que dans un amour mutuel, sans qu'elles aient la moindre supériorité les unes sur les autres. Les <i>abeilles</i> servent d'aliment aux hirondelles, qui ont l'adresse de les prendre en volant. C'est pourquoi lorsqu'il va pleuvoir, &amp; qu'il y a peu de ces petits animaux dans l'air, les hirondelles descendent vers la terre pour y chercher leur aliment : d'où est venue l'erreur de croire qu'elles prédisent la pluie. Il y a aussi des mouches d'eau, qui portent les aiguillons dans la bouche, aussi bien que tous les autres insectes aquatiques. Aldrovandus les décrit sous le nom d'<i>abeilles amphibies</i> ; &amp; Jonston les appelle <i>abeilles sauvages.</i> Il y a une espèce d'<i>abeilles sauvages</i> qu'on trouve dans les jardins &amp; dans les bois. Swammerdam en fait voir de six sortes. Il y en a qui ont des cornes fort longues ; d'autres dont le corps est velu. Mouffet les appelle <i>abeilles solitaires,</i> dont le nid est fait de gravier, de sable, &amp; d'argille. Il fait voir aussi sept sortes de guespes. Il y en a aussi de bâtardes, qu'on appelle <i>pseudophecae.</i> Hoefflnagel en a dépeint de 24. sortes, entre lesquelles il y en a une mouche à trois queues, en latin <i>vespa.</i> Il y en a une que Goedart appelle <i>gloutonne</i> &amp; <i>dévorante,</i> que quelques-uns nomment <i>musculeux,</i> parcequ'elle dévore sa proie avec les dents. On voit dans l'Abissinie une espèce particulière d'<i>abeilles.</i> Elles sont plus petites que les autres, noires, &amp; sans aiguillon ; elles ont leurs ruches cachées dans la terre, &amp; font du miel &amp; de la cire d'une blancheur extraordinaire. Maty. Les <i>abeilles</i> des Antilles &amp; de l'Amérique méridionale sont plus petites que celles d'Europe. Il v en a qui sont grises, d'autres brunes, ou bleues. Ces dernières font plus de cire, &amp; de meilleur miel. Elles se retirent toutes dans des fentes de rochers, &amp; dans des creux d'arbres. Leur cire est molle, &amp; d'une couleur si noire que rien n'est capable de la blanchir. En récompense leur miel est beaucoup plus blanc, plus doux &amp; plus clair que celui d'Europe. Elles n'ont point d'aiguillon. Lonvillers. Le P. du Tertre ajoûte, qu'il est impossible d'aprivoiser ces <i>abeilles,</i> qu'elles sont toutes sauvages. Il convient du reste, à cela près, qu'il assure qu'il est faux de dire que leur miel soit plus blanc que celui d'Europe. Celles d'Ethiopie aussi plus petites que les nôtres, &amp; sans aiguillon, font leur miel en terre, elles entrent dans ces ruches souterraines par un seul trou très-petit ; quand un homme en approche, cinq ou six le bouchent de leurs petites têtes si juste, qu'on ne s'en apperçoit point sans beaucoup d'attention. Elles sont noires ; mais leur cire est très-blanche, &amp; leur miel très-doux. <i>Ludolf, L. I. C.</i> 13. Voyez Meursius dans sa Creta Liv. 1. Chap. 15. sur les <i>abeilles</i> qui obligerent les habitans de Rhocus d'aller s'établir ailleurs ; sur les <i>abeilles</i> de l'Isle de Crète, qui quand elles veulent doubler un Cap, prennent de petites pierres dans leur museau pour leur servir de lest, &amp; pour n'être point emportées par les vents. Là même L. 11. C. 7. &amp; sur celles du mont Ida qui nourrirent Jupiter.</p><p>Le Roi des <i>abeilles</i> est femelle, &amp; jette environ six mille oeufs par an. Il est deux fois plus gros que les autres <i>abeilles.</i> Il a les ailes courtes, les jambes droites, &amp; marche plus gravement que les autres. Il a une marque au front, qui lui sert de diadème &amp; de couronne. Pline dit que le Roi des <i>abeilles</i> n'a point d'aiguillon. C'est là-dessus qu'est fondée la réponse qu'on fit au nom d'Urbain VIII. après son exaltation. Il portoit des abeilles dans ses armes, un François fit là-dessus ce vers, en faveur de sa nation :</p><p>Enfin, on répondit au nom du Pape d'une manière fort ingénieuse &amp; fort convenable à la qualité de pere commun des Chrétiens :</p><p>Quelques-uns prétendent qu'on remarque dans la République des <i>abeilles</i> une régularité &amp; une subordination admirables ; qu'on y voit une distribution bien réglée des emplois ; un ordre, &amp; un concert aussi parfait qu'entre des esprits qui conspirent à l'exécution d'un même dessein. Ce que Virgile dit que les piqures des <i>abeilles</i> leur coûtent la vie, parce qu'elles laissent leur aiguillon dans la plaie, <i>animas in vulnere ponunt,</i> n'est point véritable, &amp; les naturalistes n'en demeurent pas d'accord. C'est le seul insecte né pour l'utilité de l'homme, à ce que dit Pline, Liv. 11. En quoi il se trompe, car il devoit du moins ajoûter le ver à soie. Il raconte plusieurs merveilles des <i>abeilles,</i> aussi-bien que Mathiole, touchant leur oeconomie, qui sont telles, que le Philosophe Aristomache employa 60. ans en leur contemplation. Quelques-uns croient qu'on peut faire des <i>abeilles</i> par art. Lorsqu'on tue un boeuf en Eté, &amp; qu'on l'enferme dans une chambre basse bien close, pour le laisser pourrir dans son cuir, ils prétendent qu'au bout de 45. jours il en sort une infinité d'<i>abeilles.</i> Les principaux des Anciens qui ont parlé des <i>abeilles,</i> sont Aristote, Hyginus, Virgile, Celse, Marc Varron, &amp;c. Et parmi les modernes, outre ceux que nous avons cités, un Anglois nommé Majow en a fait un Traité intitulé <i>Monarchia foeminina,</i> seu <i>Apum Historia.</i> M. Maraldi de l'Académie Royale des Sciences y donna en 1713. un savant mémoire sur les <i>abeilles.</i> Il est dans les Registres de l'Académie, &amp; sera imprimé dans l'Histoire de cette Académie. On dit pour le moins aussi communément mouche à miel, que l'on dit abeille. Voyez Mouche a Miel.</p><p>On a souvent fait entrer les <i>abeilles</i> dans des devises. Une <i>abeille</i> avec ce mot d'Horace, <i>studiosa florum,</i> est la devise d'un homme appliqué à des ouvrages d'esprit. Elle conviendroit encore mieux à une femme savante. Une ruche, &amp; <i>Labor omnibus unus,</i> convient à une société de gens qui travaillent de concert. Et avec ce mot pris de Virgile, <i>Ore legunt sobolem,</i> on l'a appliqué aux Prédicateurs. Et ceux-ci à des Savans, <i>utile dulci,</i> ou <i>E pluribus unum.</i> Ephèse a une grosse <i>abeille</i> au revers de ses médailles. Les <i>abeilles,</i> si l'on en croit M. Reger, étoient le symbole des Colonies, aussi-bien que celui de la sagesse. <i>Sic vos non vobis</i> fut appliqué à Charles V. lorsqu'il fit la guerre pour rétablir le Duc Sforce dans le Duché de Milan. Une <i>abeille</i> qui voltige sur les fleurs, <i>Ut prosim,</i> pour marquer un homme qui consacre toutes ses veilles &amp; ses travaux à l'utilité du public. Louis XII. entrant dans Gennes parut avec un habit blanc semé d'un essain d'<i>abeilles</i> d'or, au milieu duquel étoit le Roi, avec ces mots : <i>Rex non utitur aculeo,</i> le Roi n'a point d'aiguillon, pour faire connoître aux Génois qu'il leur pardonnoit leur rébellion.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABEILLE</head>
    <p>
    Abeille , est l'une des douze constellations australes qui ont été observées par les Modernes depuis les grandes navigations. Ozan. Elle est composée de quatre étoiles de la cinquième grandeur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABEILLE</head>
    <p>
    Abeille , se dit quelquefois figurément de ceux qui parlent, ou qui écrivent élégamment. Xénophon a été appellé la Muse &amp; l'<i>abeille</i> Athénienne, à cause de la douceur de <pb n="15" facs="bpt6k8542165/f55/full/1200,/0/native.jpg"/>son style. M. Scud. Mais ces sortes de métaphores, qui sont fort bonnes en Grec, ne sont point tolérables dans notre langue, ou du moins ont besoin de quelque adoucissement. C'est avec cet adoucissement que Mlle. Scuderi s'en est servie, elle ne dit pas cruement que Xénophon étoit l'<i>abeille Athénienne,</i> mais qu'il <i>a été appellé la Muse &amp; l'abeille Athénienne, à cause de la douceur de son style.</i> Voilà trois adoucissemens. 1. <i>Il a été appellé,</i> &amp; non pas il étoit. 2. <i>La Muse &amp; l'abeille Athénienne :</i> ces deux mots servent à s'expliquer l'un l'autre. 3. <i>A cause de la douceur de son style.</i> Cette raison approche encore la métaphore &amp; la rend plus intelligible. C'est à peu près de cette sorte qu'il faut se servir en François de la plupart des métaphores, &amp; il est bon de donner cet avis sur-tout aux étrangers. Comme les sens figurés &amp; les expressions métaphoriques frappent davantage l'esprit du Lecteur que les expressions propres &amp; simples, il arrive souvent que ceux qui étudient notre langue dans les bons Auteurs, remarquent avec attention ces sortes de mots, &amp; en remplissent leurs recueils. Ils sont ensuite portés à croire qu'on peut s'en servir en toutes rencontres, parce qu'ils les ont remarqués dans un bon Auteur ; mais cela demande bien de la précaution, &amp; un discernement que l'usage seul peut donner. Une expression métaphorique bien placée est d'un grand agrément, mais elle ne vaut rien hors de sa place ; &amp; sur tout en François, il ne faut point s'en servir indifféremment, outre qu'on ne doit point transporter dans un style grave ce qu'un Auteur n'aura dit que dans un discours enjoué, ni détacher une expression hardie de tous les adoucissemens qui l'accompagnent. Cette remarque peut servir à toutes les pages de ce Dictionnaire.</p><p>
    </p>
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    <head>ABEL</head>
    <p>
    ABEL , s. m. <i>Abel,</i> ou <i>Abela.</i> Petite ville des Ammonites, qu'Adrichomius met dans la Tribu de Gad, &amp; Josephe dans la demi-Tribu de Manassès, au-delà du Jourdain, c'est-à-dire, dans le petit Pays qu'on nomma depuis la Trachonite ; elle étoit à sept milles de Philadelphie. Les Septante l'appellent . Elle étoit dans un pays de vignes. Ce fut là que Jephté defit les Ammonites. Liv. des Jug. ch. XI. Son nom, qui est Hébreu, , signifie <i>pleureux,</i> &amp; non pas <i>affliction,</i> qui se dit en Hébreu <i>Ebel.</i> Jephté prit &amp; ravagea vingt villes depuis Aroer jusqu'à Mennith, &amp; jusqu'à <i>Abel,</i> qui est planté de vignes. Saci. M. Corneille dit aussi <i>Abela.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABEL</head>
    <p>
    ABEL , s. m. est aussi le nom du second fils d'Adam &amp; d'Eve, qui fut tué par Cain son frere aîné.</p><p>Josephe, dans son premier Livre des Antiquités Juives, ch. 3. dit que ce nom signifie <i>affliction</i> , &amp; l'Auteur d'un Dictionnaire imprimé depuis peu en notre langue en dit autant. Josephe ne savoit point l'Hébreu ; car s'il l'eût su, il est impossible qu'il n'eût pas fait attention que Abel s'écrit en Hébreu , qui signifie <i>une chose vaine, vanité ;</i> &amp; non pas , qui signifieroit effectivement <i>affliction, pleurs.</i> Ce qui a trompé Josephe, &amp; beaucoup d'autres avec lui, c'est qu'ils ont trouvé le nom d'Abel écrit avec un <i>a</i> ou un <i>alpha,</i> au commencement : ils se sont imaginé qu'il y avoit dans le Texte Hébreu un <i>aleph,</i> qui répondoit à cet <i>a</i> des Grecs &amp; des Latins, &amp; ils ont cherché la signification du nom d'<i>Abel</i> dans , qu'une légère connoissance de la langue Hébraique leur eût fait chercher ailleurs.</p><p>
    </p>
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    <head>ABÉLIENS</head>
    <p>
    ABÉLIENS , ou ABELOÏTES, ABELONIENS, s. m. &amp; plur. <i>Abeliani, Abeliotae, Abelonij.</i> Nom de Paysans hérétiques qui habitoient un bourg proche d'Hippone. Le dernier de ces noms vient de celui qu'on leur donnoit en langue Punique ; les deux premiers sont ceux que S. Augustin leur donne en Latin. Ces hérétiques se marioient ; mais ils vivoient avec leur femme dans la continence, &amp; sans avoir de commerce ensemble. Ils adoptoient un jeune garçon &amp; une jeune fille, à condition qu'ils se marieroient, mais qu'ils vivroient aussi en continence ; &amp; ils ne manquoient point, dit S. Augustin, de trouver dans le voisinage des pauvres qui leur fournissoient leurs enfans pour qu'ils les adoptassent. Quelques Auteurs croient qu'ils se fondoient sur cet endroit de S. Paul, 1. Cor. VIII. 29. <i>Que ceux qui ont des femmes soient comme s'ils n'en avoient point.</i> S. Augustin n'en dit rien. Un auteur moderne, qui avoue que ce Père est le seul qui ait parlé de cette Secte, dit que ces gens là régloient le mariage sur le pied du Paradis terrestre, prétendant qu'il n'y eut entre Adam &amp; Eve qu'une union de coeur. Ils se régloient aussi, poursuit-il, sur l'exemple d'Abel ; car ils prétendoient qu'Abel avoit été marié, mais qu'il étoit mort sans avoir jamais connu sa femme. C'étoit de lui que leur secte avoit pris son nom... Voilà, dit-il, ce que S. Augustin nous en apprend. Il n'y a pas un mot de tout cela dans ce Père. <i>l. de Haeres. ad Quodvult. haer.</i> 87. Il ne parle ni du Paradis, ni d'Adam &amp; d'Eve, ni du mariage d'Abel, ni de sa continence. Il dit seulement, que quelques-uns disent que ces Sectaires tiroient leur nom d'Abel fils d'Adam ; mais il ne le rapporte pas de son chef, ni comme son opinion. <i>Hos nonnulli dicunt,</i> &amp;c. Il est cependant assez vraisemblable que c'est en effet là l'origine de ce nom &amp; qu'ils furent ainsi appellés, parce qu'ils n'avoient pas plus de postérité qu'Abel, à qui l'Ecriture n'en donne point, &amp; qui par conséquent n'en eut point ; non pas qu'il eût vécu en continence dans le mariage, mais parce que très-vraisemblablement il fut tué avant que d'avoir été marié : on pourroit dire certainement, puisque l'Ecriture n'en dit rien, &amp; que peut-être Cain son aîné ne l'étoit point encore lui-même quand il le tua. Un autre Moderne dit, qu'il y avoit une fable répandue dans tout l'Orient, qui disoit, qu'après la mort d'Abel, Adam fut 130. ans sans avoir de commerce avec Eve ; que c'est un sentiment des Docteurs Juifs ; que ce conte avoit eu cours, même parmi les Arabes ; que c'est pour cela qu'au rapport de Gigejus , <i>thabala,</i> en Arabe signifie s'abstenir de sa femme ; &amp; qu'il est le plus trompé du monde, si cette opinion n'avoit point pénétré jusqu'en Afrique, &amp; donné occasion à leur nom. Il est vrai que les Rabbins disent qu'Adam, touché de la mort d'Abel, fut long-temps sans user du mariage, &amp; jusqu'à ce qu'il engendrât Seth. Si quelques-uns disent que ce temps fut de cent trente années, c'est une erreur manifeste, &amp; contraire à leurs propres Chronologies, qui mettent la naissance de Seth à la 130e année du monde &amp; de la vie d'Adam, comme on le peut voir dans les deux Seder Olam, &amp; dans David Ganz. Car comment auroit-il eu Seth à sa 130e année, si Seth n'avoit été conçû que 130. ans après la mort d'Abel ? Aussi Abarbanel dit, que ce fut 130. ans depuis son péché. Car il croit, comme beaucoup d'autres Rabbins, que Cain &amp; Abel furent conçus immédiatement après le péché d'Adam. Mais soit que l'on prenne sa pénitence &amp; sa continence depuis son péché, ou depuis la mort d'Abel, ce seroit la continence d'Adam, &amp; non pas celle d'Abel que ces hérétiques auroient imitée ; &amp; si c'eût été de cette fable que leur nom leur fût venu, on les eût nommés Adamites, ou Adamiens, plutôt qu'<i>Abélines.</i> Le <i>thabala</i> des Arabes ne prouve point que ceux qui à l'exemple d'Adam n'usoient point du mariage fussent nommés du nom d'Abel. Car 1°, ce <i>thabala</i> ne vient point du nom d'Abel, ; s'il en venoit, il s'écriroit par un , &amp; non par un . Il ne faut point dire que ces lettres se changent aisément ; car les Arabes ne l'ont point fait. On peut voir tous nos Interprètes, aussi bien qu'Eutychius, &amp; Abulfaragius, qui écrivent tous le nom d'Abel par un , aussi-bien qu'en Hébreu. 2°, <i>thabala</i> vient de <i>abala,</i> qui comme l'<i>abal</i> des Hébreux, signifie être en deuil, en affliction, &amp; s'abstenir en général du plaisir à raison du deuil, de sorte qu'il vient de l'<i>abal</i> des Hébreux, comme l'a très bien remarqué Golius, &amp; après lui Castel. Ainsi il est plus croyable que les hérétiques dont nous parlons s'appellerent <i>Abéliens,</i> parce qu'ils ne laissoient point de génération non plus qu'Abel. Cet hérésie fut toute renfermée dans un seul village, &amp; ne dura point, comme S. Augustin le remarque. <i>Est quadam haeresis rusticana in campo nostro, id est Hipponensi, vel potius suit. Paulatim enim diminuta in una exigua villa remanserat ; in qua quidem paucissimi, sed omnes hoc fuerunt.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABÉLISER</head>
    <p>
    ABÉLISER , verb. act. Vieux mot, qui veut dire, charmer &amp; ravir. <i>Allicere, delinire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABELLINAS</head>
    <p>
    ABELLINAS , <i>Abellina vallis,</i> grande &amp; belle vallée de Syrie, entre le Liban &amp; l'Antiliban, dans laquelle est Damas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABELLION</head>
    <p>
    ABELLION , s. m. <i>Abellio.</i> C'est le nom d'un Ancien Dieu des Gaulois. On a trouvé vers Cominges dans l'ancienne Novempopulanie trois inscriptions antiques qui font mention <pb n="16" facs="bpt6k8542165/f56/full/1200,/0/native.jpg"/>de lui ; Scaliger les rapporte dans son L. 2. sur Ausone, C. 9. &amp; Gruter. p. 37.</p><p>La première est,</p><p>DEO ABELLIONI MINUCIA JUSTA V. S. L. M.</p><p>Les autres n'apprennent rien davantage de ce Dieu. Bouche en son <i>Histoire de Provence</i> T. 1. p. 61. croit que c'étoit un Dieu qui étoit adoré en quelque lieu qui étoit anciennement nommé <i>Abellio.</i> Vossius <i>de Idolol.</i> L. 11. C. 17. croit que c'est le Soleil ; qu'il a été ainsi nommé du nom Bélus ; que les habitans de Pamphilie &amp; ceux de Crète appelloient ainsi le Soleil, comme le témoigne Hesychius ; que les anciens Romains nommoient aussi le Soleil <i>Apello,</i> au lieu d'<i>Apollo ;</i> que ce nom se pouvoit être formé du mot , qu'ils avoient pris de l'Isle de Crète ; que c'est ainsi que pour <i>hemo,</i> on a dit <i>homo,</i> &amp; pour <i>bonus, benus,</i> d'où est resté <i>bene.</i> Quoi qu'il en soit de la chose, le nom <i>Apollo</i> ne s'est pas fait de l' des Crétois, mais de l' des Grecs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABEN-EZER</head>
    <p>
    ABEN-EZER , Nom de lieu dans la Terre Sainte, situé entre Masphat &amp; Sen. C'est là que les Israëlites furent défaits par les Philistins, &amp; que l'Arche d'alliance fut prise. Ce mot qui est Hébreu signifie <i>la pierre du secours ;</i> venant de , <i>aben,</i> pierre, &amp; , <i>ezer</i> secours. L'armée campa près de la pierre du secours. Sacy. Israël campa près d'<i>Eben-heser.</i> trad. de Gen. &amp; les Desmar. Il ne faut point écrire <i>heser,</i> par un <i>h,</i> mais <i>eser.</i> Il est mieux. C'est en Hébreu un <i>ain.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABEONE</head>
    <p>
    ABEONE , s. f. <i>Abeona.</i> Déesse du Paganisme, à laquelle les Romains se recommandoient quand ils se mettoient en chemin pour s'en aller. S. Aug. <i>De Civ. L.</i> IV. <i>C.</i> 22. Ce mot est formé du verbe <i>Abeo,</i> je m'en vais.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABERCE</head>
    <p>
    ABERCE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Avircius. S. Aberce,</i> ou Avirce Marcel, Evêque d'Heraple en Phrygie, a été célèbre parmi les Grecs, vers l'an 230. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="97" id="1" type="">
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    <head>ABERHAVRE</head>
    <p>
    ABERHAVRE , Embouchure de rivière ; c'est de là que vient le mot havre, du mot Hébreu <i>habar,</i> selon Bochart. <i>Oslia fluvii.</i> Ce mot n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="98" id="1" type="">
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    <head>ABÊTIR</head>
    <p>
    ABÊTIR , v. act. <i>Hebetem, stupidum reddere.</i> Rendre un homme stupide &amp; semblable à une bête par de mauvais traitemens. Son fils est tout <i>abêti.</i> Nabuchodonosor fut <i>abêti</i> par un juste jugement de Dieu. Les yvrognes s'<i>abêtissent</i> par l'excès du vin. Les afflictions, la solitude <i>abêtissent</i> les gens. Ce verbe est quelquefois neutre. <i>Hebescere.</i> On dit cet enfant <i>abêtit</i> tous les jours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="98" id="2" type="">
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    <head>ABÊTIR</head>
    <p>
    Abêti, ie . participe &amp; adjectif. <i>Hebes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="99" id="1" type="droit">
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    <head>ABEYANCE</head>
    <p>
    ABEYANCE , s. f. <i>Abbeyantia, abeyantia.</i> Terme de Droit . Littleton le définit ainsi. Le droit de fée simple est en <i>Abeyance ;</i> c'est-à-dire, il est tant seulement en la remembrance, entendement &amp; considération de la ley. Car moi semble que tiel chose &amp; tiel droit que est dit en divers livres etre en <i>Abeyance,</i> est a tant a dire en Latine. <i>Talis res vel tale rectum, quae vel quod non est in homine ad tunc superstite, sed tantummodo est &amp; consistit in consideratione &amp; intelligentia legis, &amp; quod alii dixerunt, talem rem, aut tale rectum fore in nubibus.</i> Edouard Cok dit que selon les Jurisconsultes les choses sont en <i>abeyance. Quae nondum sunt definitae, aut sententia comprobatae, sed sunt adhuc in expectatione ;</i> c'est, ajoûte-t-il, en donnant l'étymologie du mot <i>abeyance,</i> que <i>beer</i> chez les François &amp; les Flamands signifie, <i>attendre avec empressement quelque chose.</i> Ce mot <i>Abeyance</i> est ancien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="100" id="1" type="">
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    <head>AB HOC ET AB HAC</head>
    <p>
    AB HOC ET AB HAC . Mots empruntés du Latin. On s'en sert en style familier pour dire, Confusément, sans ordre, sans raison, à tort &amp; à travers. <i>Temerè, inconsideratè, inconsultè. Discourir ab hoc &amp; ab hac,</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="101" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABHORRER" />
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    <head>ABHORRER</head>
    <p>
    ABHORRER , v. act. Avoir en horreur, détester ; avoir de l'éloignement &amp; de l'aversion pour une personne. <i>Abhorrere.</i> C'est un mélancolique qui <i>abhorre</i> le mariage. Un tyran est un monstre que tout le monde <i>abhorre.</i> Tout animal <i>abhorre</i> la mort. Un Chrétien doit <i>abhorrer</i> le blasphème. On dit aussi, S'<i>abhorrer</i> soi-même dans l'agitation &amp; dans les remords d'un crime.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="102" id="1" type="">
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    <head>ABHORRÉ, ÉE</head>
    <p>
    ABHORRÉ, ÉE . part. </p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="103" id="1" type="">
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    <head>ABIBON</head>
    <p>
    ABIBON , s. m. <i>Abibon.</i> Nom propre d'homme. <i>Abibon</i> étoit le puîné des fils de Gamaliel. Baill. Ce mot est Hébreu, formé de , <i>ab,</i> pere, &amp; , <i>bun,</i> ou <i>bon, comprendre,</i> être intelligent, &amp; signifie <i>Père de l'intelligence.</i> Mr. Baillet l'appelle <i>Abibas.</i> Quoique ce mot puisse absolument se dire, il paroît mieux de dire <i>Abibon</i> comme le Martyrologe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="104" id="1" type="">
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    <head>ABJECTION</head>
    <p>
    ABJECTION , s. m. Condition servile qui fait tomber une personne dans le mépris. <i>Abjectio.</i> La fortune a réduit ce Gentilhomme dans une grande <i>abjection.</i> Quelques-uns ont écrit <i>abjection</i> d'esprit, pour dire, Abattement d'esprit. Le mérite des premiers Chrétiens, des premiers Religieux, a été de vivre dans l'<i>abjection,</i> dans l'humilité, dans le mépris du monde. Il est mal aisé de comprendre que la profession d'un Chrétien n'étant dans la vérité, &amp; dans la croyance de tous les Saints, qu'une <i>abjection</i> &amp; une humiliation continuelle, on puisse condamner l'usage des mortifications dans les Religieux, qui ne sont rien que des Chrétiens obligés de tendre à la perfection de l'Evangile. Ab. d. l. Tr. On ne se sert guère de ce mot que dans les livres ou les discours de dévotion ; mais il y est fort en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="105" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ABIENHEUR, & ABIANNEUR" />
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    <p>
    ABIENHEUR, &amp; ABIANNEUR , s. m. Terme de coutume . <i>Depositarius, Sequester.</i> Ce sont en Bretagne les Dépositaires, les Sequestres ou Commissaires d'un fonds saisi. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Hevin sur Frain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="106" id="1" type="">
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    <head>ABIENS</head>
    <p>
    ABIENS , s. m. &amp; pl. <i>Abij.</i> C'est le nom d'un Peuple de Scythie, qu'Homère appelle les plus justes de tous les hommes, . Iliad. V. Quelques Auteurs les placent dans la Thrace. Quoique les Abiens aimassent leur liberté au dernier point, &amp; qu'ils l'eussent toujours conservée depuis Cyrus, ils vinrent se soumettre volontairement à Alexandre, lorsqu'il étoit à Maracande.</p><p>On rapporte trois ou quatre étymologies de ce mot. 1°. On dit qu'il vient du fleuve Abien, <i>Abianus,</i> sur les bords duquel ils habitoient. Si cela étoit, ils eussent été appellés Abianiens, <i>Abiani</i> plutôt qu'Abiens, <i>Abit</i> 2°. On le fait venir de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>vie,</i> comme qui diroit des gens qui ne vivent pas, <i>quorum non est vita vitalis,</i> parce qu'ils vivoient dans le célibat, ne se nourrissant que de lait, &amp; demeurant toujours dans des Chariots. Le célibat entier d'une nation paroît une fable ; comment se fût-elle perpétuée ? Bien d'autres chez les Scythes menoient une vie encore moins humaine, qu'on n'appelloit point pour cela <i>Abii.</i> 3°. D'autres tirent ce nom de l'<i>a</i> privatis, &amp; de , un arc, parce qu'ils ne s'en servoient point. 4°. Enfin, &amp; c'est ici ce qu'il y a de plus probable, d'autres veulent qu'ils fussent ainsi appellés de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , violence, force ; parce qu'ils n'usoient point de force, ni de violence, &amp; n'avoient jamais fait la guerre, à moins qu'on ne voulût attenter à leur liberté. L'épithète que leur donne Homère confirme ce sentiment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="107" id="1" type="">
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    <head>ABJET, ETTE</head>
    <p>
    ABJET, ETTE , ou ABJECT, cte, adj. Le dernier est plus en usage. Méprisable. <i>Abjectus, vilis, contemptus.</i> Il se dit surtout de la naissance &amp; de la profession. Une naissance <i>abjecte,</i> un métier <i>abject,</i> un homme <i>abject.</i> On le dit aussi de l'esprit, du courage. C'est un esprit vil &amp; <i>abject,</i> une ame basse &amp; <i>abjecte,</i> qui n'a aucune élévation, qui ne pense à rien de grand. Le commencement des autres arts est bas &amp; <i>abject,</i> mais celui du parasite est illustre, &amp; commence par l'amitié. D'Ablanc. Par les exemples qu'on vient de citer, on peut remarquer que le terme <i>abject</i> marche rarement seul, &amp; sans être accompagné d'une autre épithète qui lui sert de commentaire &amp; d'explication. On le trouve seul dans Vaugelas : La gloire qui s'acquiert sur des ennemis <i>abjects</i> perd bien-tôt son lustre. Ce mot vient d'<i>abjectio</i>, <pb n="17" facs="bpt6k8542165/f57/full/1200,/0/native.jpg"/>qui signifie, Jetter par mépris abandonner une chose comme inutile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="108" id="1" type="droit romain">
   <index type="head" value="ABIGEAT" />
   <index type="src_domain" value="droit romain" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ABIGEAT</head>
    <p>
    ABIGEAT , Terme de Droit Romain . L'<i>Abigeat</i> est une action qui consiste à emmener les troupeaux des pâturages pour se les approprier. Celui qui n'enleve qu'un mouton ne commet point le crime d'<i>abigeat,</i> mais un simple vol. La distinction de l'<i>abigeat,</i> &amp; du vol simple n'est pas connue en France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="109" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABIHAIL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ABIHAIL</head>
    <p>
    ABIHAIL , s. m. ou f. selon qu'il est nom d'homme ou de femme. Car c'est le nom de plusieurs personnes dans l'Ecriture. Quand il est écrit par un , on l'interprète Père de lumière ou de louange. Et quand il s'écrit par un , <i>Abihhail,</i> Père de force, ou Père de l'armée, ou de douleur, ou la force du Père. Leur Prince est Suriel fils d'<i>Abihahiel.</i> Sacy. Nomb. III. 35. Il faut lire <i>abihhail.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="110" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABIMALIC" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ABIMALIC</head>
    <p>
    ABIMALIC . La langue d'Abimalic c'est la langue des Africains Bèrebères, ou anciens &amp; véritables Africains naturels du pays. On la nomme ainsi, à ce que l'on croit, de l'Auteur de leur Grammaire nommé Abimalik, qui n'est apparemment autre chose qu'Abimelech, c'est-à-dire, <i>Père de Roi,</i> ou <i>mon Père Roi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="111" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABIME, ABIMER" />
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    <head>ABIME, ABIMER</head>
    <p>
    ABIME, ABIMER . Voyez Abyme, Abymer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="112" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABIMELECH" />
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    <head>ABIMELECH</head>
    <p>
    ABIMELECH , s. m. <i>Abimelech.</i> Ce nom, qui est Hébreu, composé de , <i>abi, père</i> ou <i>mon père</i> &amp; de , Roi, &amp; qui signifie par conséquent <i>père de Roi,</i> ou plutôt, <i>mon père Roi,</i> comme qui diroit <i>mon Père &amp; mon Roi,</i> est 1°. un nom propre d'homme dans l'Ecriture. 2°. C'est un nom appellatif, ou comme appellatif, qui paroit commun à tous les Rois de Gerare, comme celui de Pharaon l'étoit à ceux d'Égypte. Car le Roi de Gerare, qui reçut Abraham, s'appelle Abimelech ; &amp; Achis, qui reçut David, est aussi appellé Abimelech dans le titre du XXXIII. Pseaume. C'est un nom très-convenable aux Rois de ces premiers temps, qui furent les Pères ou les Chefs des Familles, en sorte qu'on pourroit les appeller Pères &amp; Rois en même temps. Il est croyable que ce fut là un des premiers que les Rois portèrent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="113" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="AB-INTESTAT" />
   <index type="src_domain" value="jurisprudence" />
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    <head>AB-INTESTAT</head>
    <p>
    AB-INTESTAT , Terme de Jurisprudence , qui se dit de celui qui hérite de droit d'un homme qui n'a point fait de testament, &amp; qui avoit pourtant le pouvoir de tester. <i>Intestato.</i> On ne dit point d'un mineur qu'il est mort <i>ab-intestat ;</i> mais on dit d'un fils qu'il est héritier de son Père <i>ab-intestat.</i> Il y a eu un temps où l'on privoit de sépulture ceux qui étoient décédés <i>ab-intestat</i> : ce qui donna lieu à un Arrêt du 19. Mars 1409. portant défenses à l'Evêque d'Amiens d'empêcher, comme il faisoit, la sépulture des décédés <i>ab-intestat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="114" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABJURATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ABJURATION</head>
    <p>
    ABJURATION , s. f. Renonciation solemnelle à une erreur, à une Hérésie. <i>Erroris confessio ac detestatio.</i> C'est aussi l'acte en forme, par lequel on justifie que l'on a <i>abjuré.</i> Son <i>abjuration</i> est signée de l'Évêque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="114" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABJURATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ABJURATION</head>
    <p>
    Abjuration , se dit aussi dans l'Histoire &amp; les Loix d'Angleterre, du serment qu'un homme qui a commis un crime de felonie, &amp; qui s'est réfugié dans un azyle, fait de sortir du Royaume pour toujours. C'est S. Edouard le Confesseur qui en fit la Loi ; mais depuis elle a été changée. Harris. Selon Boyer, il signifie exil perpétuel. Ce mot vient du Latin <i>abjurare</i>, qui dans Cicéron &amp; dans les autres bons Écrivains de ce temps-là, signifie, nier quelque chose avec serment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="115" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABJURER" />
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    <head>ABJURER</head>
    <p>
    ABJURER , v. act. Renoncer solemnellement à quelque mauvaise doctrine, à des maximes erronées. <i>Errorem damnare, detestari.</i> Cet homme a <i>abjuré</i> les erreurs de Socin. On dit simplement &amp; absolument, il a <i>abjuré ;</i> pour dire, il a changé de Religion, il s'est converti. On a dit autrefois, <i>abjurer</i> sa Patrie ; pour dire, quitter la Province pour n'y plus retourner, comme font les bannis &amp; les proscrits. <i>Abnegare</i> Voyez <ref type="search" target="head:Abjuration">Abjuration</ref>.</p><p>L'usage de ce terme n'est pas restreint aux matières de Religion. Il sert à exprimer qu'on renonce pour toujours à certaines choses, &amp; qu'on les abandonne. Il a <i>abjuré</i> la Poësie. Scar. Elle a <i>abjuré</i> tout sentiment de pudeur &amp; de vertu. Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="115" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABJURER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ABJURER</head>
    <p>
    Abjuré, ée . part. pass. &amp; adj. <i>Damnatus, abjectus, repudiatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="116" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABLAB" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ABLAB</head>
    <p>
    ABLAB , s. m. Arbrisseau de la hauteur d'un sep de vigne, dont les rameaux s'étendent de même. Il croît en Egypte, &amp; subsiste un siècle, également verd en Hyver &amp; en Été. Ses feuilles ressemblent à celles de nos fèves de Turquie, &amp; ses fleurs qu'il porte deux fois l'an, au printemps, &amp; en automne, sont presque pareilles. Cette plante produit des fèves qui servent de remède contre la toux &amp; contre la rétention d'urine. Les Égyptiens s'en nourrissent. Voyez <ref type="search" target="head:HABLAB">HABLAB</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="117" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="ABLAIS" />
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    <head>ABLAIS</head>
    <p>
    ABLAIS , s. m. Terme de Pratique en quelques Provinces. Dépouille de bleds. La Coutume d'Amiens défend d'enlelever les fruits, &amp; <i>ablais,</i> quand ils sont saisis, sans donner caution au Seigneur de ses droits. <i>ablais,</i> dans les Coutumes d'Amiens &amp; de Ponthieu, sont les bleds coupés qui sont encore sur le champ. <i>Segetes detectae in agro jacentes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="118" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ABLATIF" />
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    <head>ABLATIF</head>
    <p>
    ABLATIF , s. m. Terme de Grammaire . Sixième cas de la déclinaison du nom &amp; du participe, qui exprime un rapport de séparation, de division, ou de privation. <i>Ablativus Casus, auferendi casus.</i> On dit aussi <i>ablatif absolu,</i> quand il est sans régime. On l'a nommé autrefois <i>ablatif égaré.</i> On dit populairement <i>ablativo tout en un tas</i> ; c'est-à-dire, tout ensemble, avec confusion. Le mot d'<i>ablatif</i> Latin a été fait <i>ab auferendo.</i> Priscien l'appelle aussi <i>comparatif,</i> parce qu'il ne sert pas moins à comparer qu'à ôter, parmi les Latins. Les Grammairiens prétendent que les Grecs n'ont point d'<i>ablatif.</i> L'<i>ablatif</i> est opposé au datif, parce qu'on se sert de l'<i>ablatif</i> pour exprimer l'action par laquelle on ôte, comme on se sert du datif pour exprimer l'action par laquelle on donne. Il n'y a pas en François de marque fixe &amp; certaine dans la Grammaire qui distingue l'ablatif de tous les autres cas ; &amp; nous disons qu'un mot est à l'<i>ablatif</i> par analogie avec la Langue Latine. Ainsi dans ces deux phrases, <i>La grandeur de la ville,</i> &amp; <i>Je viens de la ville,</i> nous disons que <i>de la ville</i> dans la première est au genitif, &amp; dans la seconde, à l'<i>ablatif</i> ; parce que cela seroit ainsi en Latin, si les deux phrases étoient exprimées en cette langue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="119" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABLE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABLE</head>
    <p>
    ABLE , ou ABLETTE, s. m. Petit poisson plat &amp; mince, qui a le dos verd &amp; le ventre blanc. <i>Alburnus</i> Il se trouve dans les rivières. Il semble que ce mot vient d'<i>albus</i>, &amp; qu'on dit <i>able,</i> pour <i>albe,</i> à cause de sa blancheur, par une simple transposition de lettres assez ordinaire dans les Langues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="120" id="1" type="peche">
   <index type="head" value="ABLERET" />
   <index type="src_domain" value="peche" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABLERET</head>
    <p>
    ABLERET , Terme de pêche . C'est une espèce de filet carré attaché au bout d'une perche, avec lequel on pêche les <i>ables,</i> ou autres petits poissons : ce qui est permis par plusieurs Coutumes. On l'appelle en quelques pays, <i>carré. Rete quadratum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="121" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ABLOQUIÉS" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ABLOQUIÉS</head>
    <p>
    ABLOQUIÉS , adj. plur. Terme de Coutume . Celle d'Amiens défend aux Tenanciers de démolir aucuns édifices <i>abloquiés</i> &amp; <i>solivés,</i> dans l'heritage qu'ils tiennent en roture, sans le consentement de leur Seigneur. Ces mots viennent apparemment de <i>amovere à loco &amp; à solo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="122" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABLUTION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ABLUTION</head>
    <p>
    ABLUTION , s. f. <i>Ablutio.</i> Qui n'est en usage en François que pour signifier cette goutte de vin &amp; d'eau qu'on prend après la Communion, pour consommer plus facilement la Sainte Hostie, ou qui sert à laver les doigts du Prêtre qui a consacré, ou dans quelque autre cérémonie Ecclésiastique. Faire l'<i>ablution.</i> De là vient qu'on appelle aussi <i>ablution,</i> le vin que l'on mettoit dans un calice pour le donner aux enfans, à qui l'on administroit autrefois la Communion sous la seule espèce liquide. On voit cette coutume dans quelques Rituels voisins du douzième siècle. La ressemblance de cette action avec l'<i>ablution</i> que prennent les Prêtres à la Messe, lui a fait donner le même nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="122" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABLUTION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABLUTION</head>
    <p>
    Ablution , se dit aussi chez les Religieux qui portent des habits blancs, de l'action de les blanchir &amp; de les nettoyer. <i>Lotio, lotura.</i> Il y a des écriteaux qu'on met dans les Cloîtres pour marquer les jours d'<i>ablution.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="122" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABLUTION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABLUTION</head>
    <p>
    Ablution . Les Médecins &amp; les Chirurgiens appellent <i>ablution,</i> une préparation du médicament dans quelque liqueur, pour le purger de ses immondices, ou de quelque mauvaise qualité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="123" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABNAQUIS, ISE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>ABNAQUIS, ISE</head>
    <p>
    ABNAQUIS, ISE . s. m. &amp; f. <i>Abnaquii.</i> Peuple de l'Amérique septentrionale, entre la Mer de Nord, le Lac de Champlain, &amp; la rivière de S. Laurent. Maty. Au reste, je ne sai pourquoi Maty &amp; Mr. Corneille écrivent <i>Abnaquiois</i> J'ai toujours oüi dire <i>Abnaquis</i> par les François qui ont été en Canada ; &amp; un Auteur de Dictionnaire, qui les <pb n="18" facs="bpt6k8542165/f58/full/1200,/0/native.jpg"/>appelle <i>Abnaquiois,</i> avoue néanmoins qu'on les appelle aussi souvent <i>Abnaquis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="124" id="1" type="devotion">
   <index type="head" value="ABNÉGATION" />
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   <index type="macro_domain" value="Religion" />
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    <head>ABNÉGATION</head>
    <p>
    ABNÉGATION , s. f. Terme de dévotion . Renonciation à ses passions, à ses plaisirs, à ses intérêts. <i>Abnegatio.</i> L'abnégation de soi-même est nécessaire pour la perfection Chrétienne. Il n'est guère en usage que dans cette phrase, &amp; pour signifier un renoncement de soi-même, &amp; un détachement de tout ce qui n'a point de rapport à Dieu. L'<i>abnégation</i> &amp; la haine de soi-même recommandées dans l'Evangile, ne sont pas une haine absolue de nous-mêmes, mais de notre corruption. Fenel. La pauvreté religieuse renferme une <i>abnégation</i> &amp; un renoncement sincère à tout ce qui n'est point Dieu, &amp; qui ne peut contribuer ni à sa gloire ni à son service. Ab. d. l. Tr. Vivre dans une sincère <i>abnégation.</i> Id. Ce terme vient du Latin <i>abnegare,</i> qui signifie désavouer, ne vouloir point reconnoître une chose comme sienne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="125" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOI" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ABOI</head>
    <p>
    ABOI , subst. mas. On disoit autrefois <i>abay.</i> Le cri d'un chien. <i>Latratus.</i> Ce mot est factice &amp; formé sur le son des chiens qui crient, ou abboient. L'<i>aboi</i> des chiens fait connoître le lieu où est le gibier. L'<i>aboi</i> des mâtins est leur cri, quand ils sentent le loup, ou quelque chose d'étrange autour de la maison. Au premier <i>aboi</i> que fait le limier, le loup sort de son liteau. Saln.</p><p>On dit proverbialement, tenir quelqu'un en <i>Aboi,</i> pour dire repaître de vaines esperances.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="125" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABOI" />
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    <head>ABOI</head>
    <p>
    Aboi , se dit aussi de l'extrémité où est réduit le cerf sur ses fins ; car alors on dit qu'il est aux <i>abois,</i> qu'il ne peut plus courir, qu'il manque de force &amp; de courage. <i>Ultima cervi deficientis necessitas</i> On ne s'en sert dans ce sens qu'au pluriel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="125" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABOI" />
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    <head>ABOI</head>
    <p>
    Aboi , se dit figurément de l'homme, &amp; signifie l'agonie, ou la dernière extrémité. Il est réduit aux <i>abois</i> ; c'est-à-dire, il se meurt. <i>Animam agere, expirare.</i> On dit aussi qu'une place est aux <i>abois,</i> lorsqu'elle ne peut plus tenir, &amp; qu'elle est sur le point de se rendre ; qu'un procès est aux <i>abois,</i> quand il est presque jugé ou perdu ; qu'une fidélité est aux <i>abois,</i> lorsqu'elle est presque vaincue, &amp; qu'elle est prête à succomber. <i>Extremae, summae angustiae.</i> On y voit tous les jours l'innocence aux <i>abois.</i> Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="126" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOIEMENT" />
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    <head>ABOIEMENT</head>
    <p>
    ABOIEMENT , s. m. Le cri du chien. <i>Latratus.</i> Les longs &amp; affreux <i>aboiemens</i> des chiens ont troublé mon sommeil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="127" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOILAGE" />
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    <head>ABOILAGE</head>
    <p>
    ABOILAGE , s. m. Vieux mot qui se trouve encore dans quelques Coutumes, &amp; qui signifie un droit du Seigneur sur les abeilles qui se trouvent dans les forêts de leurs Châtellenies. Il a été formé d'<i>aboilles,</i> qu'on disoit autrefois pour <i>abeilles.</i> Ménag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="128" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOILE" />
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    <head>ABOILE</head>
    <p>
    ABOILE , s. f. Vieux mot qui veut dire une <i>Abeille. Apis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="129" id="1" type="negotiant en egypte & de relation">
   <index type="head" value="ABOKELLE" />
   <index type="src_domain" value="negotiant en egypte & de relation" />
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>ABOKELLE</head>
    <p>
    ABOKELLE , s. f. Terme de Négotiant en Égypte &amp; de Relation . C'est le nom que les Arabes donnent à une Monnoie d'Hollande. Elle vaut moins que la piastre, &amp; les Arabes la nomment ainsi, à cause d'une figure de Lion qu'elle porte. Cependant au lieu de lui donner le nom de Lion, ils lui donnent celui de <i>kelb,</i> qui signifie chien, soit par mépris pour les Chrétiens, soit pour marquer son bas alloi. Herb. Ce nom vient de , <i>ab,</i> Père, &amp; <i>kelb,</i> qui est la même chose que l'Hébreu , <i>Chaleb,</i> qui veut dire chien. C'est un Arabisme. Les Arabes disent <i>aba,</i> Père, au régime de tout ce qui a, qui possède quelque chose, dans le même sens que les Hébreux disent , <i>fils.</i> Ainsi <i>aboukelb</i> est une monnoie, qui a un chien gravé, qui est marquée d'un chien. Car proprement il faudroit dire <i>aboukelb,</i> mais on dit vulgairement en Egypte <i>abokelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="130" id="1" type="">
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    <head>ABOLIR</head>
    <p>
    ABOLIR , v. act. Mettre quelque chose hors d'usage, l'abroger, l'annuller. <i>Abolere, abrogare, refigere.</i> Le Magistrat a <i>aboli</i> cette méchante coutume. Le Roi a <i>aboli</i> une telle Loi, une telle procédure ; il a entièrement <i>aboli</i> les duels. Il signifie encore, Détruire, anéantir. Le temps a <i>aboli</i> les plus beaux Monumens de l'antiquité. Il n'y a que le Roi qui puisse <i>abolir</i> un crime ; c'est-à-dire, absoudre le coupable, &amp; l'exempter du châtiment. On dit aussi <i>abolir,</i> ou effacer la mémoire &amp; le souvenir des choses passées. <i>Oblitterare memoriam. Abolir,</i> ou bannir la superstition. <i>Superstitionem tollere. Abolir</i> ou révoquer les impôts. Le temps qui consume tout, <i>abolit</i> tous les jours les noms &amp; les titres qui sont gravés sur ces magnifiques monumens Bouh. Ce mot vient du Latin <i>abolere</i>, <i>ita extinguere &amp; delere, ut ne oleat quidem</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="130" id="2" type="">
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    <head>ABOLIR</head>
    <p>
    Abolir , se dit aussi avec les pronoms personnels. Les Mandats Apostoliques se sont <i>abolis</i> par un non usage. Il ne faut pas souffrir que les bonnes coutumes s'<i>abolissent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="130" id="3" type="">
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    <head>ABOLIR</head>
    <p>
    Aboli, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Abolitus, abrogatus.</i> Loi <i>abolie,</i> Crime <i>aboli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="131" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOLISSEMENT" />
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    <head>ABOLISSEMENT</head>
    <p>
    ABOLISSEMENT , s. m. Abrogation, extinction. <i>Abolitio legis.</i> L'<i>abolissement,</i> ou l'abrogation des Loix se fait par l'établissement des nouvelles. L'<i>abolissement</i> des coutumes arrive par le temps, &amp; par le non usage. L'<i>abolissement</i> des cérémonies Judaiques a été l'effet de la Prédication de l'Évangile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="132" id="1" type="chancellerie">
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    <head>ABOLITION</head>
    <p>
    ABOLITION , s. f. Terme de Chancellerie . <i>Abolitio criminis.</i> Lettres de pardon du Prince, par lesquelles il abolit entièrement un crime qui n'est pas remissible par les Ordonnances, sans même qu'on soit tenu d'en expliquer les circonstances, &amp; de les rendre conformes aux informations, ainsi qu'il est requis aux Lettres de grace, qui ne s'accordent que pour les cas remissibles. <i>Absolutoriae litterae.</i> Les Lettres d'<i>abolition</i> doivent contenir cette clause : En quelque sorte &amp; manière que le cas puisse être arrivé. Celui qui obtient l'<i>abolition</i> de son crime se met au nombre des innocens, &amp; reprend son premier rang, Liv. III. ff. <i>de accusat.</i> De Roch. Quoique la parole d'un Roi soit un fondement inébranlable ? néanmoins en matière de crime de Lèze-Majesté, il faut toujours faire entériner les Lettres d'abolition au Parlement. Matthieu, en la vie de Henri IV. Liv. V. De Roch. L'amnistie est une <i>abolition</i> générale de tout ce qui s'est commis durant la Guerre Civile. Un vrai acte de contrition emporte l'<i>abolition</i> de tous les péchés : en ce cas il signifie absolution. Les Lettres d'<i>abolition</i> pour les Gentilshommes, sont adressées aux Parlemens ; &amp; pour les Roturiers aux Baillifs, Sénéchaux, ou à leur défaut aux autres Juges ressortissans nuement aux Parlemens, pourvû, suivant la Déclaration de 1681. que les crimes aient été commis dans leur ressort. Le Roi n'accorde point de Lettres d'<i>abolition</i> pour les duels, les assassinats prémédités, le crime de rapt commis par violence. Ordonnance de 1670. Tit. XVI.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="132" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABOLITION" />
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    <head>ABOLITION</head>
    <p>
    Abolition , signifie aussi la destruction d'une Loi, d'une Coutume. On a eu bien de la peine à faire une entière <i>abolition</i> des superstitions Payennes. L'entière <i>abolition</i> de l'Ordre des Templiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="133" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOMASUS" />
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    <head>ABOMASUS</head>
    <p>
    ABOMASUS . C'est l'un des estomacs des animaux qui ruminent. On en compte quatre. <i>Venter, Reticulum, Omasius</i> &amp; <i>Abomasius.</i> Harris. Ce mot est Latin, &amp; vient d'<i>Omasus,</i> ou <i>Omasum,</i> qui se trouve dans Pline.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="134" id="1" type="">
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    <head>ABOMINABLE</head>
    <p>
    ABOMINABLE , adj. m. &amp; f. Horrible, détestable, exécrable, <i>Abominandus, detestandus.</i> Le repas d'Atrée &amp; de Thyeste fut un repas <i>abominable.</i> Neron étoit un monstre <i>abominable.</i> L'hérésie d'Arius étoit <i>abominable.</i> Le parricide est un crime <i>abominable.</i> Il se dit par exagération de tout ce qui est très-mauvais. Une phrase <i>abominable.</i> Une musique <i>abominable.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="135" id="1" type="">
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    <head>ABOMINABLEMENT</head>
    <p>
    ABOMINABLEMENT , adv. Exécrablement, horriblement. <i>Abominandum, detestandum in modum.</i> Il en a usé avec lui <i>abominablement ;</i> c'est-à-dire, d'une manière détestable. Il écrit <i>abominablement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="136" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOMINATION" />
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    <head>ABOMINATION</head>
    <p>
    ABOMINATION , s. f. Horreur, exécration. <i>Abominanda, detestanda res.</i> L'Eglise a cette opinion en <i>abomination.</i> Le Seigneur a en <i>abomination</i> les sanguinaires. Saln. Ce scélérat est en <i>abomination</i> à tous les gens de bien. Ce mot signifie aussi la chose, ou la personne même abominable. Ce brigand commet tous les jours mille <i>abominations.</i> Il est l'<i>abomination</i> de tous les gens de bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="137" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOMINER" />
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    <head>ABOMINER</head>
    <p>
    ABOMINER , v. act. Vieux mot qui n'est plus guère en usage. Avoir en horreur. <i>Abominari, execrari.</i></p><p>Ces mots viennent d'<i>abominari,</i> comme qui diroit, <i>ab omine rejicere, rejicere tamquam malum,</i> rejetter une chose comme si elle étoit de mauvais augure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="138" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONDAMMENT" />
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    <head>ABONDAMMENT</head>
    <p>
    ABONDAMMENT , adv. En abondance, fertilement. <i>Abundanter, abundè, copiosè, cumulatè.</i> Cette source donne de l'eau <i>abondamment.</i> Ce champ me fournit <i>abondamment</i> de quoi vivre. Le Parasite ne sème, ni ne moissonne, &amp; trouve tout <i>abondamment.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="139" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONDANCE" />
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    <head>ABONDANCE</head>
    <p>
    ABONDANCE , s. f. Foison, grande quantité, affluence de plusieurs choses en un même lieu. <i>Abundantia, copia.</i> La commodité des rivières amène l'<i>abondance</i> à Paris. Le luxe, les plaisirs, enfans de l'<i>abondance.</i> Cail. On se lasse des plaisirs, &amp; l'<i>abondance</i> engendre le dégoût. <pb n="19" facs="bpt6k8542165/f59/full/1200,/0/native.jpg"/>Ablanc. L'<i>abondance</i> n'est pas toujours la marque de la perfection des Langues. Bouh. Tu épouseras une femme gentille, qui fera venir l'<i>abondance</i> chez toi. Mol. Il étoit dans une heureuse <i>abondance</i> de toutes choses. Patr. Il fit un fonds dans les années d'<i>abondance,</i> pour passer celles de stérilité. Gomb. Il a <i>abondance</i> de bien, ou des biens en <i>abondance.</i> L'Auteur du Dictionnaire Oeconomique rapporte plusieurs manières, ou secrets de faire une grande <i>abondance</i> de bled, de crème, de pèches, de poires, &amp;c. On dit aussi, <i>abondance</i> de droit. Dieu verse sur nous ses graces en <i>abondance.</i> Une année d'<i>abondance.</i> Pour exprimer qu'une grande <i>abondance</i> nuit quelquefois, ou rend les gens fainéans &amp; inutiles, on a fait plusieurs devises. L'une a pour corps un arbre, dont les branches se sont rompues sous le poids des fruits dont il étoit chargé, avec ce mot : <i>Inopem me copia fecit.</i> L'<i>abondance</i> m'a appauvri. Ou bien une chandelle qui se fond à un grand feu, au lieu de s'y allumer, avec le même mot. Une chèvre bien grasse : <i>Sterilescit obesa.</i></p><p>On appelle la corne de la chèvre Amalthée, la corne d'<i>abondance. Copiae cornu.</i> En Sculpture &amp; en Peinture, c'est une figure de corne d'où il sort des fruits. L'Architecture de ce Palais est ornée par-tout de cornes d'<i>abondance.</i> A l'égard des Médailles on observe qu'elle se donne à toutes les Divinités, aux Génies, aux Héros, pour marquer les richesses &amp; l'<i>abondance,</i> procurées par la bonté des Dieux, &amp; par la valeur des Héros. Quelquefois l'on en met deux pour marquer une <i>abondance</i> extraordinaire.</p><p>L'<i>abondance</i> est quelquefois représentée sur les Médailles, sous la forme d'une Divinité. Elle tient à la main des épics, &amp; elle a à ses pieds un pavot entre des épics sortant d'un boisseau.</p><p>On dit proverbialement, De l'<i>abondance</i> du coeur la bouche parle ; pour dire, qu'on ne peut retenir certaines choses, &amp; qu'on est pressé de s'en expliquer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="140" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONDANCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ABONDANCE</head>
    <p>
    ABONDANCE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Abundantius.</i> Il y a plusieurs Saints de ce nom. Celui que le Martyrologe Romain appelle <i>Abonde</i> le 27. Février, s'appelle <i>Abondance,</i> comme il paroît par le Martyrologe de Saint Jérôme, &amp; ceux qui l'ont suivi. C'est une erreur de Galesinius d'avoir mis <i>Abondien</i> pour <i>Abondance :</i> ce qui a fait mettre <i>Abonde</i> à Baronius, sans appercevoir que son propre manuscrit de Saint Cyriaque avoit <i>Abondance.</i> Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="141" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONDANT, ANTE" />
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    <head>ABONDANT, ANTE</head>
    <p>
    ABONDANT, ANTE , adj. Qui a abondance. <i>Abundans, affluens, circumfluens.</i> Un jardin <i>abondant</i> en fruits. La Langue Grecque est fort <i>abondante</i> en mots &amp; en phrases. Cette maison est <i>abondante</i> en biens. Ce Prédicateur est <i>abondant</i> en paroles &amp; en comparaisons. La Perse étoit alors paisible &amp; <i>abondante</i> en toutes choses. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="141" id="2" type="arithmetique">
   <index type="head" value="ABONDANT, ANTE" />
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    <head>ABONDANT, ANTE</head>
    <p>
    Abondant , signifie encore, grand &amp; ample. Une pluie <i>abondante.</i> Une maison <i>abondante.</i> Une <i>abondante</i> nourriture. La profusion des louanges est aujourd'hui si <i>abondante,</i> qu'il est surprenant que tant de gens en soient si avides. Port-Royal. Un nombre <i>abondant,</i> en terme d'Arithmétique , est celui dont les parties jointes ensemble par addition, font un autre nombre plus grand que celui dont elles sont parties. Ainsi 12. est un nombre <i>abondant,</i> parce que ses parties, qui sont 1, 2, 3, 4, &amp; 6, font seize. Harris. Mais 10. n'est pas un nombre <i>abondant,</i> parce que 1, 2 &amp; 5, qui sont ses parties, ne font que 8.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="141" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABONDANT, ANTE" />
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    <head>ABONDANT, ANTE</head>
    <p>
    d'Abondant , adv. En outre. <i>Insuper, praeterea.</i> Il lui a dit cela d'<i>abondant.</i> Ce mot viellit, &amp; ne se dit guère qu'au Palais, Vaugelas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="142" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONDE" />
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    <head>ABONDE</head>
    <p>
    ABONDE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Abundius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="143" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONDER" />
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    <head>ABONDER</head>
    <p>
    ABONDER , v. n. Avoir beaucoup de quelque chose. <i>Abundare, affluere, circumfluere.</i> Ce pays <i>abonde</i> en froment, en vin, en fourrages. Cet homme <i>abonde</i> en richesses, en esprit. Toutes sortes de délices <i>abondent</i> en ce lieu. Voit. L'eau <i>abonde</i> en cet étang. Cette Famille <i>abonde</i> en honnêtes gens.</p><p>On dit figurément, Qu'un homme <i>abonde</i> en son sens ; pour dire qu'il est attaché avec opiniâtreté à ses opinions, &amp; qu'il ne veut jamais s'en rapporter au sentiment des autres. <i>Pertinax.</i> On parleroit mal en disant, <i>Abonder en son sentiment,</i> quoique <i>sens</i> &amp; <i>sentiment</i> soient ici la même chose. Vaug. <i>Tout</i> abonde <i>en vûes &amp; en considêrations politiques.</i> Ab. de la Tr.</p><p>Il <i>abonde</i> en malice, en mauvais raisonnemens. L'Ecriturè dit que la grace <i>abondera</i> où le péché a <i>abondé.</i> On dit proverbialement, Ce qui <i>abonde</i> ne vitie pas.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>abundare,</i> qui vient de <i>unda,</i> &amp; qui se dit en premier lieu des rivières quand elles sont grosses, &amp; ensuite par rapport de toutes les choses qui sont en grande quantité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="144" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONNEMENT" />
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    <head>ABONNEMENT</head>
    <p>
    ABONNEMENT , ou ABOURNEMENT, ABONNAGE, ou ABOURNAGE, s. m. Traité ou convention, par lequel on <i>abonne</i> ; c'est-à-dire, on vend ou on rachète à un prix certain une redevance incertaine. <i>Clientelaris juris venditio,</i> vel <i>redemptio.</i> Ce mot vient de ce qu'on met de certaines bornes &amp; limites aux droits incertains qu'on pourroit prétendre. Paq. On disoit même autrefois <i>bonnes</i> pour <i>bornes,</i> ou limites. C'est pourquoi on disoit <i>abonner</i> un héritage, pour dire, y mettre des bornes. Ménag. Il est <i>abonné</i> à tant par an pour tous droits Seigneuriaux. Ce Marchand est <i>abonné</i> à cent écus par an avec le Douanier, pour les droits d'entrée de toutes ses marchandises. Il se dit avec le Pronom personnel. Je m'<i>abonnai,</i> je me suis <i>abonné.</i> Par plusieurs Coutumes les roussins de service sont <i>abonnés</i> à un écu. Les <i>abonnemens</i> avec les Sous-Fermiers des Aides sont obligatoires, pourvu qu'ils soient rédigés par écrit, &amp; il est défendu d'en recevoir la preuve, par témoins. Ordonn. de 1680. sur le fait des Aides.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="144" id="2" type="palais">
   <index type="head" value="ABONNEMENT" />
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    <head>ABONNEMENT</head>
    <p>
    Abonner , ou abourner, v. act. Terme du Palais . Estimer &amp; réduire à une certaine somme d'argent un droit qu'on recevoit ou qu'on payoit en espèces, &amp; dont le prix étoit incertain. <i>Clientelaria jura vendere,</i> vel <i>redimere.</i> Dans l'usage ordinaire on dit <i>abonner,</i> &amp; non pas <i>abourner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="144" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABONNEMENT" />
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    <head>ABONNEMENT</head>
    <p>
    Abonner , signifie aussi, Aliéner, changer : c'est quand un vassal aliène ses rentes, ou change son hommage à quelque autre devoir. <i>Abalienare, commutare,</i> Voyez les Coutumes d'Anjou &amp; du Maine. L'ancienne Coutume de Tours portoit <i>aliener,</i> au lieu d'<i>abonner,</i> qui est en la nouvelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="144" id="4" type="">
   <index type="head" value="ABONNEMENT" />
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    <head>ABONNEMENT</head>
    <p>
    Abonner , est aussi quelquefois neutre passif, &amp; l'on dit Je suis <i>abonné</i> à tant avec le Fermier des Aides ; c'est-à-dire, Je suis convenu avec lui qu'au lieu de lui payer à chaque tonneau de vin que je ferai entrer, ou que je vendrai, la somme qui lui revient, je lui donnerai par an ou par mois, une telle somme pour tous ceux que je pourrai faire entrer, ou vendre. En cette forme on le joint quelquefois au pronom personnel. Je me suis <i>abonné.</i> Il s'étoit <i>abonné.</i> Vous vous seriez <i>abonné.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="144" id="5" type="">
   <index type="head" value="ABONNEMENT" />
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    <head>ABONNEMENT</head>
    <p>
    Abonné, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Venditus,</i> vel <i>redemptus.</i> Champart <i>abonné,</i> ou <i>abourné.</i> Les Coutumes font aussi souvent mention d'hommes &amp; de femmes serfs <i>abonnés,</i> de quête <i>abonnée,</i> d'aides <i>abonnées ;</i> c'est-à-dire, fixées.</p><p>On dit, aussi des Meûniers <i>abonnés</i> au Seigneur, pour avoir permission de chasser, &amp; de chercher les mounées dans sa Seigneurie.</p><p>On dit aussi, Taille <i>abonnée</i> en la Coutume de Nevers, &amp; <i>abournée</i> en la Coutume de Troyes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="145" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONNI, IE" />
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    <head>ABONNI, IE</head>
    <p>
    ABONNI, IE , part. pass. <i>Melior redditus, effectus.</i> En sallant les viandes elles en sont <i>abonnies.</i> La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="146" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABONNIR" />
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    <head>ABONNIR</head>
    <p>
    ABONNIR . v. act. ou n. Rendre, devenir meilleur. <i>Rem meliorem facere, meliorem fieri.</i> Les Cabaretiers trouvent moyen d'<i>abonnir</i> leur vin par les drogues qu'ils y mêlent. On le dit aussi avec le pronom personnel. Cet homme s'<i>abonnit</i> tous les jours depuis qu'il hante les gens de bien. Les affaires criminelles s'<i>abonnissent,</i> quand on les fait tirer en longueur. Les fruits s'<i>abonnissent</i> en meurissant. Ce mot se tire du Latin <i>bonus,</i> bon. Il n'est en usage que dans la conversation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="146" id="2" type="potier">
   <index type="head" value="ABONNIR" />
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    <head>ABONNIR</head>
    <p>
    Abonnir , Terme de Potier , signifie, Faire sécher le carreau, &amp; le mettre en état de rebattre. <i>Siccare, indurare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="147" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABORD" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ABORD</head>
    <p>
    ABORD , s. m. Entrée, accès, approche. <i>Aditus.</i> Les <i>abords</i> de cette place sont dangereux. Toutes les côtes d'Angleterre &amp; de Hollande sont de difficile <i>abord.</i> Le commerce fleurit d'ordinaire dans les ports qui sont de facile <i>abord.</i> Ce mot est composé de <i>à</i> &amp; de <i>bord,</i> signifiant rivage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="147" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABORD" />
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    <head>ABORD</head>
    <p>
    <pb n="20" facs="bpt6k8542165/f60/full/1200,/0/native.jpg"/> Abord , se dit aussi de l'accès qu'on donne aux personnes qui ont à faire à nous. Le premier <i>abord</i> de cette femme est froid, &amp; dédaigneux. Ce Prince a l'<i>abord</i> doux &amp; gracieux. Sa bonté inspiroit de la confiance à ceux ausquels l'impression de ses grandeurs pouvoit faire appréhender son <i>abord.</i> Le P. Gail. Ce Juge est rebarbatif, il a l'<i>abord</i> brusque &amp; désagréable. Il se dit aussi de la présence, de la vûe. Son <i>abord</i> importun me fait fuir. Préparez-vous à soutenir avec fermeté l'<i>abord</i> de votre Père. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="147" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABORD" />
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    <head>ABORD</head>
    <p>
    Abord , se dit de l'affluence des personnes, ou des marchandises qui arrivent en un même lieu. <i>Appulsus.</i> Constantinople est une ville d'un grand <i>abord.</i> Il y a un grand <i>abord</i> de Pelerins à Rome pendant l'année du Jubilé. Il y a un grand <i>abord</i> de joueurs, de beau monde dans une telle maison. L'<i>abord</i> des Marchands étrangers se fait en la maison des Consuls établie dans les échelles d'Orient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="147" id="4" type="">
   <index type="head" value="ABORD" />
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    <head>ABORD</head>
    <p>
    Abord , signifie encore, Arrivée. A notre <i>abord</i> dans l'Isle nous fûmes attaqués. Ablanc. Son <i>abord</i> dans le Royaume allarma tout le monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="147" id="5" type="">
   <index type="head" value="ABORD" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ABORD</head>
    <p>
    Abord , se dit aussi d'une attaque d'ennemis, soit par mer, soit par terre. L'<i>abord</i> des François est à craindre, on ne peut soutenir leur premier <i>abord.</i> L'<i>abord</i> fut rude quand on eut accroché le vaisseau. <i>Impetus, assultus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="147" id="6" type="">
   <index type="head" value="ABORD" />
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    <head>ABORD</head>
    <p>
    d'Abord , tout d'<i>abord,</i> de prime <i>abord,</i> à la première vûe, sont des phrases adverbiales. <i>Primo aspectu, prima fronte.</i> Du commencement. <i>Principio, initio.</i> Aux tables de Perse on sert d'<i>abord</i> le fruit &amp; les confitures. <i>Tout</i> d'<i>abord</i> a une signification plus forte. Quoique je n'eusse point vu cet homme il y a long-temps, je le reconnus tout d'<i>abord.</i> Cette nouvelle me surprit d'<i>abord.</i> Au <i>premier abord</i> ils se regarderent fièrement. De prime <i>abord</i> est vieilli, &amp; se dit moins aujourd'hui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="147" id="7" type="">
   <index type="head" value="ABORD" />
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    <head>ABORD</head>
    <p>
    d'Abord , incontinent, aussi-tôt. <i>Statim.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="148" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABORDABLE" />
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    <head>ABORDABLE</head>
    <p>
    ABORDABLE , adj. m. &amp; f. Accessible, accostable. <i>Ad quem facilis est aditus.</i> Cette côte n'est pas <i>abordable</i> à cause des écueils. Cet homme est si glorieux qu'il est <i>abordable</i> à peu de personnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="149" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ABORDAGE" />
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    <head>ABORDAGE</head>
    <p>
    ABORDAGE , s. m. Terme de marine , qui se dit lorsque deux vaisseaux se heurtent, ou s'accrochent pour se combattre. <i>Appulsus.</i> Aller à l'<i>abordage,</i> se dit de l'action d'un vaisseau qui en a joint un autre pour l'enlever. Faire l'<i>abordage</i> en belle ou de bout au corps ; c'est-à-dire, l'éperon dans le flanc. L'<i>abordage</i> de franc étable, est celui qui se fait par le devant, &amp; en droiture, pour s'enferrer par les éperons. L'<i>abordage</i> de bout au corps, c'est mettre l'éperon dans le flanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="149" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABORDAGE" />
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    <head>ABORDAGE</head>
    <p>
    Abordage , se dit aussi du choc de deux vaisseaux du même parti, soit lorsqu'ils vont en flotte, soit lorsqu'ils sont en même mouillage ; ce qui arrive par la violence des flots ou des vents qui les portent, &amp; qui les font dériver les uns sur les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="150" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABORDER" />
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    <head>ABORDER</head>
    <p>
    ABORDER , v. n. Arriver en quelque lieu, spécialement par mer ; prendre terre. <i>Navem, classem ad portum appellere.</i> J'<i>aborde, j'abordai,</i> je suis <i>abordé.</i> Les Marchands <i>abordent</i> de tous côtés à la foire de Beaucaire le 21. de Juillet. On ne convient pas qu'Enée soit <i>abordé</i> en Italie. Il n'est pas sûr d'<i>aborder</i> à cette côte, parce que la mer se retirant, les vaisseaux y demeurent à sec. ablanc. Il ne put <i>aborder</i> à cause que la rive étoit escarpée. Id. Ils <i>aborderent</i> en des pays inconnus. Vaug. Il signifie, Arriver en foule. Les présens <i>abordent</i> chez moi de toutes parts. Ablanc. Il signifie encore, Entrer, parvenir. Nous ne pûmes <i>aborder</i> de la place, parce que toutes les avenues étoient gardées. Il fut impossible d'<i>aborder</i> jusqu'à l'autel à cause de la foule du Peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="150" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="ABORDER" />
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    <head>ABORDER</head>
    <p>
    Aborder , signifie aussi, Venir à bord d'un vaisseau. On a contraint ce vaisseau ennemi de mettre pavillon bas, &amp; d'<i>aborder. Accedere.</i> On dit de deux vaisseaux qui s'approchant en droiture, s'enferrent par leurs éperons, qu'ils s'<i>abordent</i> de franc étable. On dit, <i>Aborder</i> au port, sur les rivières : mais en termes de marine , quand on veut dire gagner le rivage, on ne dit pas <i>aborder,</i> mais <i>mouiller, toucher, rendre le bord.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="150" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABORDER" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>ABORDER</head>
    <p>
    Aborder , v. act. signifie, attaquer l'ennemi hardiment, tant par mer, que par terre. <i>Aggredi, invadere.</i> Les vaisseaux dans les batailles tâchent toujours d'empêcher qu'on ne les <i>aborde.</i> Ce bataillon <i>aborda</i> les ennemis avec une contenance ferme.</p><p>On dit aussi, Qu'on n'oseroit, ou qu'on ne peut <i>aborder</i> un lieu, à cause de la situation, ou de quelque autre obstacle qui le rend inaccessible, soit des voleurs, ou des bêtes farouches. Quand ce dogue est lâché, on n'oseroit <i>aborder</i> de la basse-cour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="150" id="4" type="">
   <index type="head" value="ABORDER" />
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    <head>ABORDER</head>
    <p>
    Aborder , signifie aussi, Approcher quelqu'un pour lui parler. <i>Adire aliquem, congredi cum aliquo.</i> Ce Ministre est si honnête qu'on l'<i>aborde</i> facilement. Il l'<i>aborda</i> avec ce compliment : Les Grands doivent soulager le respect &amp; la timidité de ceux qui n'osent les <i>aborder.</i> M. Esp.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="150" id="5" type="fauconnerie">
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   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ABORDER</head>
    <p>
    Aborder <i>la remise.</i> Terme de Fauconnerie , qui se dit lorsque la perdrix poussée par l'oiseau a gagné quelque buisson : alors on <i>aborde</i> la <i>remise</i> sous le vent, afin que les chiens sentent mieux la perdrix cachée dans le buisson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="150" id="6" type="">
   <index type="head" value="ABORDER" />
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    <head>ABORDER</head>
    <p>
    Abordé, ée , part. &amp; adj. <i>Appulsus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="151" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABORENER" />
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    <head>ABORENER</head>
    <p>
    ABORENER , v. act. Ce mot se trouve dans le Roman de la Rose, pour dire, Abhorrer : il vient d'<i>abhorrere.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="152" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABORIGINES" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ABORIGINES</head>
    <p>
    ABORIGINES , ou Aborigènes, s. m. &amp; pl. Il y a quatre principales opinions sur l'origine de ce Peuple, qui feront en même temps connoître celle du nom. 1, Aurelius Victor les appelle <i>Aborigenes,</i> comme si l'on disoit <i>Abeorigenes,</i> vagabonds, de <i>ab</i> &amp; <i>erro,</i> j'erre çà &amp; là : &amp; il prétend que ce sont des Scythes, qui vinrent demeurer dans cette partie de l'Italie : Festus est aussi de ce sentiment. S. Jérôme dit qu'ils ont été appellés <i>aborigenes,</i> parce qu'ils n'avoient point d'origine, de <i>ab</i> &amp; <i>origo,</i> origine ; c'est-à-dire, parce qu'ils étoient originaires du pays, &amp; non point une Colonie venue de nouveau, ou comme dit Denys d'Halicarnasse qui rapporte ce sentiment, mais sans l'embrasser, , parce qu'ils furent les chefs de la postérité qui habita ce Pays. Virgile semble être de ce sentiment. <i>Aeneid.</i> Lib. VIII. v. 177.</p><p>Car Servius remarque, que <i>ab origine Reges,</i> est mis pour <i>Aboriginum Reges.</i> Et Pline, Liv. IV. dit, qu'on appelle les Tyriens <i>Aborigines Gadium,</i> les Aborigines de Cadix, parce qu'ils en étoient les fondateurs. 3°, Denys d'Halicarnasse croit qu'ils sont appellés <i>Aborigines,</i> , de ce qu'ils habitoient les Montagnes, comme qui diroit , <i>à Montibus.</i> Virgile semble favoriser ce sentiment. <i>Aeneide.</i> Lib. VIII. v. 321.</p><p>D'autres, dit Danet, en suivant la même opinion, le décrivent de <i>ab,</i> Père, &amp; de <i>ori,</i> caverne, ou lieu creux. L'origine est Hébraique, mais il falloit dire, <i>har,</i> ou <i>hor,</i> Montagne, Père des Montagnes : fils des Montagnes, , seroit plus dans le génie de la Langue Hébraique.</p><p>Quelques Auteurs prétendent que Cham, qui étoit le Saturne des Egyptiens, ayant ramassé divers Peuples errans, les conduisit en Italie. Tite-Live &amp; Denys d'Halicarnasse assurent que les <i>Aborigines</i> vinrent d'Arcadie sous la conduite d'Oenotrus fils de Lycaon. Genebrard prétend que ce sont des Phéniciens, ou Chananéens chassés par Josué. Outre les Auteurs que je viens de citer, voyez Suidas, &amp; les Notes de Portus. Jean Picard, dans sa Celtopoedie, Liv. V. prétend que les <i>Aborigines</i> étoient une Colonie Gauloise. Il se fonde non seulement sur Caton &amp; Solin ; mais encore sur Timagène, fameux Historien Grec, dont Suidas nous a conservé le témoignage, &amp; sur Ammien Marcellin, qui dit, que les <i>Aborigines</i> parurent d'abord dans les Gaules. Danet &amp; Maty écrivent <i>Aborigenes,</i> mais Mr. Corneille écrit <i>Aborigines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="153" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="ABORNER" />
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    <head>ABORNER</head>
    <p>
    ABORNER , v. act. Terme de Géométrie . Donner des bornes à une terre. <i>Limites ponere, statuere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="154" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABORTIF, IVE" />
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    <head>ABORTIF, IVE</head>
    <p>
    ABORTIF, IVE , adj. Qui est venu avant terme, ou qui ne peut pas acquérir la perfection, ni la maturité. <i>Abortivus.</i> Il ne se dit guère que des plantes qui ont des fruits <pb n="21" facs="bpt6k8542165/f61/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>abortifs.</i> On le dit pourtant d'un Enfant en cette phrase de l'Ecriture : Il vaudroit mieux être <i>abortif.</i> Et on s'en sert aussi souvent en Médecine. Ce mot vient du Latin <i>aboriri</i>, qui signifie, Venir avant le temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="155" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOUCHEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABOUCHEMENT</head>
    <p>
    ABOUCHEMENT , s. m. Entretien de bouche, de vive voix, conférence. <i>Collocutio.</i> L'<i>abouchement</i> des Grands Princes à été souvent nuisible à leurs Etats. On a plutôt terminé une affaire par un <i>abouchement</i> d'une demie heure, qu'en trois mois de négociation par lettres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="155" id="2" type="anatomie">
   <index type="head" value="ABOUCHEMENT" />
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    <head>ABOUCHEMENT</head>
    <p>
    Abouchement , Terme d'Anatomie . La rencontre &amp; l'union de deux vaisseaux, des veines &amp; des artères. <i>Venarum, arteriarum concursus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="156" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOUCHER" />
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    <head>ABOUCHER</head>
    <p>
    ABOUCHER , v. act. Aborder quelqu'un, lui parler tête à tête, conférer avec lui bouche à bouche. <i>Colloqui.</i> On ne peut <i>aboucher</i> cet homme là, tant il a d'affaires. Il signifie aussi, Faire consérer une personne avec un autre. Je les ai <i>abouchés,</i> &amp; ils ont terminé leurs affaires. On le dit plus volontiers avec le pronom personnel. Il faut que ces chefs de Parti s'<i>abouchent</i> ensemble. Les Rois de France &amp; d'Espagne se sont <i>abouchés</i> pour la Paix des Pyrenées en 1659.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="156" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABOUCHER" />
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    <head>ABOUCHER</head>
    <p>
    Aboucher , se dit aussi dans les Arts, des tuyaux qui entrent l'un dans l'autre, qui se touchent, qui se communiquent. <i>Tubum cum tubo jungere.</i> On le dit particulièrement en Médecine des veines &amp; des artères, &amp; autres vaisseaux qui ont de la communication, dont les orifices se touchent. <i>Confluere, conjungi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="157" id="1" type="menuiserie">
   <index type="head" value="ABOUEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABOUEMENT</head>
    <p>
    ABOUEMENT , ou plutôt BOUEMENT, s. m. Terme de Menuiserie . On appelle assemblage d'<i>abouement,</i> celui où la plus grande partie de la pièce est quarrée, &amp; la moindre partie à onglet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="158" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOUGRI" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ABOUGRI</head>
    <p>
    ABOUGRI , ou plutôt, RABOUGRI, Terme dont on se sert dans les forêts, pour signifier des bois de mauvaise venue, dont le tronc est court, raboteux, plein de noeuds, &amp; qui ne pousse guère de branches. <i>Arbor retorrida, perusta, scabra.</i> Le bois <i>abougri</i> n'est point propre pour les ouvrages, &amp; est sujet au recepage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="159" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOUQUEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>ABOUQUEMENT</head>
    <p>
    ABOUQUEMENT , s. m. En fait de salines, c'est une addition de nouveau sel sur un meulon, ou monceau de vieux sel, qu'on appelle <i>vache. Recentis salis ad veteris cumulum accessio.</i> L'Ordonnance défend l'<i>abouquement,</i> si ce n'est en présence des Officiers Royaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="160" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOUQUER" />
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    <head>ABOUQUER</head>
    <p>
    ABOUQUER , v. act. Faire un <i>abouquement</i> de nouveau sel sur du vieux sel. <i>Veteri sali recentem addere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="161" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ABOUTÉ" />
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    <head>ABOUTÉ</head>
    <p>
    ABOUTÉ , adj. Terme de Blason , qui se dit de quatre hermines dont les bouts se répondent &amp; se joignent en croix. <i>Vellera velleribus in crucem obversa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="162" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOUTIR" />
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    <head>ABOUTIR</head>
    <p>
    ABOUTIR , v. n. Finir, tendre, se rendre, terminer à un certain endroit, en toucher un bout. <i>Terminari.</i> Cette maison <i>aboutit</i> au grand chemin. Tous les rayons d'un cercle <i>aboutissent</i> à son centre. Cette Pyramide <i>aboutit</i> en pointe. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="162" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABOUTIR" />
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    <head>ABOUTIR</head>
    <p>
    Aboutir , se dit figurément en Morale, de la fin que les choses peuvent avoir. <i>Spectare, pertinere.</i> Ce procès a <i>abouti</i> enfin à une transaction. On ne sait où <i>aboutiront</i> tous ces grands desseins. Cette grande recherche n'<i>aboutira</i> à rien. Ce long compliment n'a <i>abouti</i> qu'à me demander de l'argent à prêter. Les murmures alloient <i>aboutir</i> à une sédition Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="162" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABOUTIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>ABOUTIR</head>
    <p>
    Aboutir , se dit aussi en Médecine, d'une plaie qui vient à suppuration. <i>Suppurare.</i> On met des emplâtres, des cataplasmes, pour faire <i>aboutir</i> des bubons, des abcès, des froncles, des tumeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="162" id="4" type="plombier">
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    <head>ABOUTIR</head>
    <p>
    Aboutir , en termes de Plombier , signifie, Revêtir de tables minces de plomb blanchi, une corniche, un ornement, ou toute autre saillie d'Architecture &amp; de Sculpture de bois. <i>Plumbeas lamellas operi sculpto superaddere.</i> On se sert pour cela de coins, &amp; autres outils ; mais ensorte que l'épaisseur du métal n'empêche pas que le profil ne se conserve. Quelques-uns disent <i>amboutir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="162" id="5" type="jardinage">
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    <head>ABOUTIR</head>
    <p>
    Aboutir , v. n. &amp; n. p. avec le pronom personnel, se dit en termes de jardinage , pour signifier que les arbres sont boutonnés. Ainsi nos Jardiniers disent : Nos arbres s'<i>aboutissent</i> fort bien cette année. Les poiriers s'<i>aboutirent</i> très-peu l'année passée. Nos péchers sont bien <i>aboutis.</i> On applique ce mot aux arbres par rapport à aboutir, qui signifie à l'égard des animaux, faire comme une espèce de tête, un abcès ; en Latin, <i>Caput facere</i> ; parce que les boutons des arbres naissent comme de petites têtes. Liger. Peut-être aussi que les Jardiniers qui n'entendent pas tant, de finesse, l'ont tiré de bouton, &amp; l'ont dit au lieu de boutonner. Je doute que nos Jardiniers sachent ce que veut dire <i>aboutir</i> en termes de Médecine. Arbres bien ou mal aprêtés, bien ou mal préparés, bien ou mal <i>aboutis,</i> sont termes qui signifient la même chose. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="163" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOUTISSANT, ANTE" />
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    <head>ABOUTISSANT, ANTE</head>
    <p>
    ABOUTISSANT, ANTE , adj. Qui touche par un bout. <i>Terminatus.</i> Cette pièce de prè est <i>aboutissante</i> à la rivière par un bout &amp; par l'autre à la varenne.</p><p>On dit au substantif, Ce champ a la forêt &amp; deux grands chemins pour ses tenans &amp; <i>aboutissans</i> ; ce sont les bouts, &amp; les côtés par où il tient à d'autres.</p><p>On dit au Palais, Donner une déclaration d'héritage par tenans &amp; <i>aboutissans,</i> quand on en désigne les bornes &amp; les limites de tous les côtés : ce qu'on appelle autrement les <i>bouts</i> &amp; <i>joûtes. Fines laterum &amp; capitum agri.</i> Une saisie réelle de biens roturiers doit contenir tous les tenans &amp; <i>aboutissans.</i></p><p>On dit figurément, Savoir tous les tenans &amp; <i>aboutissans</i> d'une affaire, d'une entreprise ; pour dire, en connoître parfaitement le secret, en savoir le fort &amp; le foible, toutes les circonstances &amp; toutes les dépendances. <i>Singula causae capita, ordo rei &amp; series.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="164" id="1" type="couture">
   <index type="head" value="ABOUTISSEMENT" />
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    <head>ABOUTISSEMENT</head>
    <p>
    ABOUTISSEMENT , s. m. Terme de couture . C'est une pièce d'étoffe que l'on coud avec une autre qui n'est pas assez longue pour aller jusqu'où l'on veut. <i>Productio.</i> Cette pièce est trop courte, il y faut mettre un <i>aboutissement</i> pour l'allonger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="165" id="1" type="charpenterie">
   <index type="head" value="ABOUTS" />
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    <head>ABOUTS</head>
    <p>
    ABOUTS , au lieu de BOUTS, s. m. Terme de Charpenterie , qui se dit des extrémités de toutes les pièces de Charpenterie &amp; de Menuiserie mises en oeuvre. C'est dans l'assemblage de la Charpenterie, la partie du bout d'une pièce de bois depuis une entaille, ou une mortoise. <i>Materiariae structurae extrema.</i> Les Couvreurs disent aussi, un <i>remanie about.</i></p><p>Tous ces mots viennent de <i>bout.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="166" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOYANT, ANTE" />
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    <head>ABOYANT, ANTE</head>
    <p>
    ABOYANT, ANTE , adj. verb. Qui aboie. <i>des chiens aboyans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="167" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOYÉ, ÉE" />
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    <head>ABOYÉ, ÉE</head>
    <p>
    ABOYÉ, ÉE , part. Il n'est guère en usage qu'au figuré. Un débiteur <i>aboyé</i> de ses créanciers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="168" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOYER" />
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    <head>ABOYER</head>
    <p>
    ABOYER , ou <i>abayer,</i> v. n. qui se dit pour exprimer le cri des chiens. <i>Latrare.</i> Les chiens <i>aboient</i> quand ils sentent des Larrons. Il se met quelquefois activement : Ce chien <i>aboie</i> les passans.</p><p>dit Sar. sur la descente d'Orphée aux enfers. Ce mot vient du Latin <i>adbaudare</i>. Ménag. ou de <i>boare,</i> Latin, qui vient de , Grec : ou est un mot factice, qui imite le son que fait le chien en <i>aboyant.</i> Nicod.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="168" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABOYER" />
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    <head>ABOYER</head>
    <p>
    Aboyer , se dit figurément des hommes, lorsqu'ils s'attendent à quelque chose, qu'ils la desirent &amp; la poursuivent avec avidité. <i>Inhiare.</i> Cet avare, cet ambitieux, <i>aboie</i> après cette succession, après cette Charge. Ce chicaneur <i>aboie</i> toujours après le bien d'autrui.</p><p>On le dit encore de ceux qui font crier après eux. Un Avocat demandant à quelqu'un qui lui disoit des injures, pourquoi m'<i>aboies</i>-tu ? Cet autre répondit, parce que je vois un voleur. Ablanc. Cet homme est si méchant, que tout le monde <i>aboie</i> après lui. Un Satyrique <i>aboie</i> après les vices. C'est un médisant qui <i>aboie</i> tout le monde. Ablanc.</p><p>Je tiens qu'originairement <i>aboyer</i> &amp; <i>abayer</i> sont deux mots différens, qu'<i>aboyer</i> s'est dit seulement au propre du cri des chiens, ou de ce qui lui ressemble : &amp; qu'<i>abayer</i> s'est dit au second sens figuré, &amp; est composé de <i>bayer</i> ou <i>béer,</i> qui signifie, regarder attentivement, ou attendre impatiemment ; ce qu'on fait ordinairement avec une bouche béante : mais que par abus l'affinité de ces mots les a fait confondre, &amp; prendre l'un pour l'autre.</p><p>On dit proverbialement, <i>Abayer</i> à la lune, pour dire, crier &amp; pester inutilement contre une personne au-dessus de soi. On dit aussi, tout chien qui <i>aboie</i> ne mord pas ; pour dire, que ceux qui menacent souvent ne font pas grand mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="169" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABOYEUR" />
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    <head>ABOYEUR</head>
    <p>
    ABOYEUR , s. m. <i>Latrator.</i> Qui aboie. Un chien qui est un grand <i>aboyeur</i> est importun. On appelle <i>aboyeurs,</i> une sorte de chiens pour le sanglier qui aboient devant lui sans l'approcher.</p><p>On le dit aussi singulièrement des hommes qui crient, &amp; qui pressent avec importunité : Voilà bien des <i>aboyeurs.</i> Il y a des <i>aboyeurs</i> à ses côtés. Abanc. Jamais bon chien <i>n'aboie</i> à faux ; pour dire qu'un homme sage ne menace pas sans raison, ou qu'un habile homme ne manque pas son coup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="170" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRACADABRA" />
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    <head>ABRACADABRA</head>
    <p>
    ABRACADABRA , Terme Barbare, qui se trouve dans les Lettres de Voiture. C'est dans la 192e Lettre à Mr Costar, qu'il lui propose, en riant, cette recette pour la fièvre.</p><p>C'est-à-dire, <i>Abracadabra,</i> &amp; au-dessous <i>Abracadabr,</i> &amp; à la troisième ligne, <i>Abracadab,</i> &amp;c. Mr Voiture a raison de se railler de cette recette, &amp; on auroit de la peine à croire que personne y eût jamais ajoûté foi, si l'on ne savoit d'ailleurs de quels excès l'esprit humain est capable, lorsqu'il s'abandonne à la superstition &amp; à l'amour des nouveautés en fait de Religion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="170" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABRACADABRA" />
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    <head>ABRACADABRA</head>
    <p>
    Abracadabra , étoit une inscription qui servoit de caractère pour guérir plusieurs maladies, &amp; chasser les Démons. L'Auteur de ce caractère superstitieux vivoit sous l'Empereur Adrien. Il reconnoissoit pour Dieu souverain <i>Abracax,</i> ou <i>Abraxas,</i> duquel dépendoient plusieurs autres Dieux, &amp; sept Anges qui présidoient aux sept Cieux. Il leur attribuoit 365. vertus, autant que de jours en l'an, &amp; débitoit d'autres pareilles rêveries. S. Jérôme, dans son Commentaire sur le chap. 3. du Prophète Amos, écrit que le Dieu est le même que les Payens adoroient sous le nom <i>Mitra</i> ; &amp; l'on trouve aussi des pierres gravées, où la figure d'un Lion couronné de rayon a pour inscription , ou . On trouve chez les curieux plusieurs pierreries, sur lesquelles est inscrit ce nom <i>Abracax.</i> C'étoient les Gnostiques, les Basilidiens, &amp; les Carpocratiens qui faisoient graver ces pierres, qui avoient des figures fort singulières, &amp; qui représentoient quelquefois des Anubis, des têtes de Lions, de Dragons, &amp;c. Les Anciens qui en ont parlé sont S. Irenée, Liv. 1. Ch. 24. de la dernière édition, Tertullien <i>de Praescript.</i> Ch. 46. S. Epiphane <i>haer.</i> 24. <i>num.</i> 7. <i>&amp;</i> 8. S. Jérôme à l'endroit que j'ai cité, Théodoret <i>haer. &amp; fabul. Liv.</i> 1. Ch. 4. S. Augustin <i>haeres.</i> 4. S. Jean Damascène <i>haer.</i> 24. Tous ces Pères n'attribuent la fable du Dieu qu'à Basilides, &amp; aux Basilidiens. Parmi les Modernes Macarius &amp; Chiflet ont fait des traités sur cet . Baronius, Gassendi, Du Gange, le Père Hardouin dans une Dissertation particulière, le P. Mont-faucon <i>Palaeogr.</i> L. II. Ch. 8. Feuardent, &amp; le P. Massuet dans leurs Notes sur S. Irenée, en font aussi mention,</p><p>Le mot qu'on a écrit ici, <i>Abracax,</i> doit être écrit en caractères Grecs, , parce qu'outre que ceux qui l'ont autrefois inventé parloient la Langue Grecque, on n'y trouvera pas le nombre de 365. si on l'écrit en Latin : cette faute, qui est dans la plupart des livres, vient de ce que la Lettre Grecque <i>Sigma</i> a la figure d'un C. Latin dans les anciennes inscriptions. Si donc on veut l'exprimer en Latin, il faut écrire <i>Abrasax,</i> &amp; en lettres Grecques courantes, ou ordinaires, . Au reste, Baronius a eu raison de soutenir dans l'Appendix de son second Tome des Annales Ecclésiastiques qu'il falloit lire , &amp; non pas . Car dans tous les Pères Grecs qui en parlent ; c'est-à-dire, S. Epiphane, Théodoret, S. Jean Damascène, on lit . Il n'y a que dans les Latins qu'on trouve <i>Abraxas,</i> &amp; <i>Abraxan,</i> à l'accusatif. Il est vrai que dans S. Irenée on lit ; mais nous n'avons qu'en Latin le chapitre où il en parle, &amp; si y est écrit en Grecque, c'est aux Copistes Latins, ou aux Editeurs qu'il faut l'attribuer. Or il est très-facile qu'on ait transporté le &amp; le . Il paroît même, surtout par S. Jérôme, que c'est l'usage qui avoit fait la transposition. Pour les pierres, je n'en ai point vu qui eussent . S'il en est, comme on le dit, je ne doute point que ce ne soit ou un mauvais usage que l'ignorance avoit introduit, ou une faute de Graveur. C'est ainsi que l'on trouve au lieu .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="171" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRAHAM" />
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    <head>ABRAHAM</head>
    <p>
    ABRAHAM , s. m. <i>Abraham, Abrahamus.</i> Nom propre d'un saint Patriarche fils de Tharé, ou comme l'on prononce en Hebreu, <i>Tharahh,</i> &amp; Père d'Isaac, ayeul de Jacob, &amp; par lui Père de tous les Hebreux, qui sont souvent appellés les enfans, c'est-à-dire, les descendans d'<i>Abraham.</i> Dieu tira <i>Abraham</i> de la Chaldée, &amp; le conduisit dans la terre de Chanaan, où il entra à l'âge de 75. ans. Ce Patriarche s'appelloit d'abord <i>Abram,</i> qui signifie <i>Pater excelsus.</i> Après les promesses que Dieu lui fit d'une postérité nombreuse, il lui changea son nom en ajoûtant un , <i>hé,</i> au milieu, le nommant <i>Abraham.</i> Les Rabbins trouvent de grands mystères dans ce <i>hé,</i> , ajoûté. Nos Interprètes expliquent ce mot en plusieurs manières. Les uns disent que , <i>Abraham,</i> est la même chose que , <i>Père de multitude ;</i> c'est-à-dire, d'une nation grande &amp; nombreuse. D'autres disent que c'est , <i>Multitude forte, puissante.</i> D'autres croient qu'il est composé de trois mots &amp; , ce qui signifie <i>Père d'une grande multitude.</i> D'autres enfin, que c'est une contraction du premier nom de ce Patriarche , <i>Abram,</i> &amp; , <i>amon,</i> d'où l'on a dit ; c'est-à-dire, <i>Pater excelsus multitudinis</i> ; Père Haut ; c'est-à-dire, glorieux d'une multitude, ou d'une nation nombreuse. La foi d'<i>Abraham</i> est célèbre dans l'Ecriture. Dans le même style un enfant d'<i>Abraham</i> est quelquefois un homme fidèle, plein de foi, qui imite la foi d'<i>Abraham.</i> Les Arabes. disent <i>Ebrahim,</i> &amp; les Turcs <i>Ibrahim.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="172" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRAHAMIEN, ENNE" />
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    <head>ABRAHAMIEN, ENNE</head>
    <p>
    ABRAHAMIEN, ENNE , ou ABRAHAMITE, s. m. &amp; f. <i>Abrahamianus, Abrahamita.</i> Nom de Secte. Les <i>Abrabamites</i> nommés par les Arabes Ibrahimiah, du nom de leur Auteur <i>Ibrahim</i> ou <i>Abraham,</i> parurent sur la fin du second siècle de l'Hégire, &amp; au commencement du IXe de Jesus-Christ, sous l'empire de Nicephore en Orient &amp; de Charlemagne en Occident : ce fut dans Antioche sa patrie qu'Ibrahim renouvella la Secte des Paulianistes. Cyriaque alors Patriarche d'Antioche, lui résista puissamment. D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="173" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRAHAMITES" />
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    <head>ABRAHAMITES</head>
    <p>
    ABRAHAMITES , sont aussi des Moines Catholiques du IXe siècle qui souffrirent le martyre pour le culte des images sous Théophile ; ainsi qu'on le peut voir dans le Continuateur de Constantin Porphyrogenète, L. III. C. 11. &amp; dans Cedrenus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="174" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRAME" />
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    <head>ABRAME</head>
    <p>
    ABRAME , s. m. Nom propre d'homme. <i>Abramius.</i> Sozom. L. II. C. 16. M. Chappell. 4. Fév.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="175" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRAMEZ" />
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    <head>ABRAMEZ</head>
    <p>
    ABRAMEZ , s. m. Nom propre d'homme. <i>Abraames.</i> Chapp. 14. Fév.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="176" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABREGÉ" />
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    <head>ABREGÉ</head>
    <p>
    ABREGÉ , s. m. Sommaire, épitome, racourci ; discours dans lequel on réduit en peu de paroles ce qui est ailleurs plus ample &amp; plus étendu. <i>Epitome. Abrégé</i> de l'Histoire Romaine. Mézerai a fait l'<i>abrégé</i> de sa grande Histoire en trois volumes <i>in quarto.</i></p><p>On dit aussi, Un <i>abrégé</i> des merveilles du monde, quand on veut bien louer une chose, ou une personne qui a toutes sortes de perfections, &amp; où on trouve tout ce qu'on peut voir de beau ailleurs. <i>Orbis miraculum.</i> Les Anglois disent que Londres est l'épitome, ou l'<i>abrégé</i> du monde. L'homme est appellé <i>microcosme ;</i> pour dire qu'il est un <i>abrégé</i> des merveilles de l'Univers. L'amour est la plénitude &amp; l'<i>abrégé</i> de toute la Loi. Port-R. Voici l'<i>abrége</i> de toute la sagesse, &amp; de toute la folie. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="176" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABREGÉ" />
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    <head>ABREGÉ</head>
    <p>
    Abrégé , signifie aussi abréviation, retranchement de quelques lettres dans un mot, pour écrire plus promptement, &amp; en moins d'espace. <i>Compendium scribendi.</i> Il est malaisé de déchifrer les <i>abrégés</i> qui sont dans les Bulles, &amp; les signatures de la Cour de Rome. Pelis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="176" id="3" type="organiste">
   <index type="head" value="ABREGÉ" />
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   <index type="macro_domain" value="Musique" />
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    <head>ABREGÉ</head>
    <p>
    Abrége , en termes d'Organiste , se dit d'une certaine réduction des touches du clavier de l'orgue, qui a été inventée, afin que chaque touche qui n'a que deux pieds de long se rapporte à chaque soupape des sommiers, qui sont longs de 4. 5. ou 6. pieds ; ce qui se fait par plusieurs barreaux, pointes &amp; chevilles : d'où vient qu'une marche du clavier fait souvent parler un tuyau fort éloigné. En examinant une orgue, on connoît que les <i>abrégés</i> sont bien faits, lorsque le clavier n'est point tardif à donner le vent aux tuyaux, lorsqu'il se ferme aisément, &amp; qu'il n'est pas besoin d'enfoncer beaucoup les touches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="176" id="4" type="">
   <index type="head" value="ABREGÉ" />
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    <head>ABREGÉ</head>
    <p>
    <pb n="23" facs="bpt6k8542165/f63/full/1200,/0/native.jpg"/> En Abrégé , adv. Sommairement, en peu de paroles. <i>Summatim.</i> Pour profiter de la lecture, il faut recueillir en <i>abrégé</i> ce qu'on trouve de plus curieux dans les Livres. Contez-nous la chose en <i>abrégé,</i> sans tant de circuits &amp; de détours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="177" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRÉGEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABRÉGEMENT</head>
    <p>
    ABRÉGEMENT , s. m. Accourcissement. <i>Contractio.</i> Ce mot a été renouvellé, parce qu'il est très-commode. Le P. Bouhours le condamne pourtant dans cette phrase : Ceux qui ont voulu introduire l'usage des tables, semblent avoir été trompés par l'<i>abrègement</i> des paroles &amp; du papier. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="178" id="1" type="">
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    <head>ABRÉGER</head>
    <p>
    ABRÉGER , v. act. Rendre en moins de paroles, ou renfermer dans un plus petit espace ; racourcir, resserrer ce qui est trop diffus. <i>Contrahere. Abréger</i> son discours, dire succinctement. On a <i>abrégé</i> le temps de son exil. Cette traverse <i>abrége</i> le chemin. <i>Viae compendium.</i> Les jours de l'homme ont été <i>abrégés,</i> &amp; réduits à 120. ans depuis le Deluge. Les excès <i>abrégent</i> la vie. Ablanc. Ce mot vient de <i>abbreviare</i>. Nicod.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="178" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABRÉGER" />
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    <head>ABRÉGER</head>
    <p>
    Abrégé, ée , part. &amp; adj. Racourci, le plus court. <i>Contractus.</i> Chemin <i>abrégé</i> pour aller à la gloire.</p><p>Pour <i>abréger,</i> Façon de parler adverbiale ; pour dire, enfin, pour conclusion. <i>Quid multa, ne longum sit.</i> On dit aussi, <i>Abrégez,</i> quand un Supérieur est ennuyé d'un discours trop prolixe qu'on lui fait. <i>Contrahe.</i> On le dit aussi en un calcul de jettons quand il y a trop de jettons sur une même ligne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="179" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRENONCIO" />
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    <head>ABRENONCIO</head>
    <p>
    ABRENONCIO , mot Latin, qui signifie Renoncer. Le Peuple s'en sert en François, lorsqu'un homme me de mauvaise foi quelque dette, ou autre chose qu'on lui demande. Un tel avoit promis de payer cent écus, mais quand on les lui a demandés, il est allé à <i>abrenoncio.</i> Ce mot est tiré des exorcismes qui se font en baptisant, ou en faisant l'eau benîte, où l'on dit souvent, <i>abrenoncio.</i> Le Peuple s'en sert encore quand on lui dit ou qu'on lui fait quelque chose qui lui déplaît, à quoi il ne veut point participer ; &amp; ce mot a de l'énergie, &amp; marque quelque horreur, &amp; comme Harris l'a remarqué du mot <i>abrenonciation,</i> un <i>renoncement,</i> un <i>abandonnement</i> entier ; tel en un mot que celui par lequel on renonce au Démon, d'où ce mot est pris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="180" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRÉVIATEUR" />
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    <head>ABRÉVIATEUR</head>
    <p>
    ABRÉVIATEUR , s. m. Celui qui abrége un livre. <i>Qui epitome conficit.</i> Mr de Sponde Evêque de Pamiers est l'<i>abréviateur</i> de Baronius. Mr Bernier a rendu un grand service au Public ; il est l'<i>abréviateur</i> de Gassendi. Les <i>abréviateurs</i> sont cause qu'on se peut passer des originaux. Il faut du bon goût &amp; de l'intelligence pour être un excellent <i>abréviateur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="180" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABRÉVIATEUR" />
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    <head>ABRÉVIATEUR</head>
    <p>
    Abréviateur , se dit encore de deux sortes d'Officiers de la Chancellerie Romaine. Les <i>Abreviateurs,</i> qu'on appelle <i>de parco majori,</i> sont des Prélats à qui le Régent de la Chancellerie distribue les Supliques, &amp; qui ont des Substituts pour dresser la minute des Bulles. Et les <i>Abréviateurs de parco minori</i> ont le soin de dresser les dispenses de mariage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="181" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRÉVIATION" />
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    <head>ABRÉVIATION</head>
    <p>
    ABRÉVIATION , s. f. Écriture en abrégé, qui se fait avec des marques &amp; des caractères qui suppléent les Lettres qu'on retranche, &amp; qu'il faut deviner, quand on veut écrire plusieurs choses en peu d'espace, ou avec diligence. <i>Scribendi compendium.</i> Les signatures de la Cour de Rome sont pleines d'<i>abréviations.</i> L'écriture Gothique étoit incommode à cause de ses <i>abréviations.</i> On ne sauroit lire les Ecrits des Rabbins, qu'on n'ait une explication des <i>abreviations</i> Hébraiques. Les Copistes, ou les Ecrivains Juifs, ne se contentent pas de faire des <i>abréviations,</i> comme les Grecs &amp; les Latins, en retranchant quelques lettres ou syllabes dans un mot. Ils ne mettent d'un mot que la première lettre ; signifie <i>Rabbi</i> signifie , ou , &amp;c. selon l'endroit où il se trouve. Souvent même ils prennent ces premières lettres de plusieurs mots de suite, les joignent ensemble ; &amp; en y ajoûtant des voyelles, ils font un nom barbare, qu'ils donnent à la personne qui porte les noms qu'ils ont abrégés de la sorte. Ainsi Rabbi Schelomoh Jarhhi, en jargon d'abréviations Hébraiques, s'appelle <i>Rasi ;</i> Rabbi Moise ben Maiemon, <i>Rambam ;</i> &amp; de même en d'autres dictions que les noms propres. , par exemple, est mis pour , <i>Donum in abdito evertit iram.</i> Mercerus, David de Pomis, Schindler, Buxtorf, &amp; d'autres, ont fait des explications de ces espèces de chifres, sans lesquelles on ne peut aborder les Rabbins, sur-tout en commençant. Les <i>abréviations</i> de l'écriture s'appelloient <i>Notes</i> dans l'Antiquité. On les appelle encore ainsi dans les anciennes inscriptions Latines. Plusieurs ont fait des collections &amp; des explications de ces <i>abréviations</i> Romaines. Une des plus amples est celle de Sertorius Ursatus, qui se trouve à la fin des Marbres d'Oxford. <i>Sertorii Ursati Equitis de notis Romanorum Commentarius.</i> Tous ces mots viennent du Latin <i>Abbreviare,</i> dont l'origine est <i>brevis,</i> bref, court, qui vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="182" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABREUVER" />
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    <head>ABREUVER</head>
    <p>
    ABREUVER , v. act. <i>Adaquare.</i> Donner à boire aux chevaux &amp; au bétail. On <i>abreuve</i> les chevaux deux fois par jour. Anciennement on disoit <i>abeuvrer,</i> &amp; par transposition de lettres l'on a dit <i>abreuver.</i> Dans une vieille chartre de l'an 1343. il est parlé de l'éponge dont J. C. fut <i>abeuvré.</i> L'Auteur de <i>Flandria illustrata</i> rapporte une lettre très-ancienne, où l'on trouve <i>enbuver</i> les chevaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="182" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABREUVER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ABREUVER</head>
    <p>
    Abreuver , signifie aussi, Humecter &amp; imbiber d'eau. <i>Humectare, imbuere.</i> Il faut <i>abreuver</i> ces tonneaux, cette cuve, avant que d'y mettre la vendange. Ce drap est <i>abreuvé</i> d'eau. La terre est <i>abreuvée</i> par les pluies. <i>Abreuver</i> les prés, c'est les arroser, y faire venir de l'eau par le moyen des saignées. Les porosités des corps sont <i>abreuvées</i> par des humeurs crues, épaisses, froides.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="182" id="3" type="vernisseur">
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    <head>ABREUVER</head>
    <p>
    Abreuver , verbe actif, terme de Vernisseur . On dit dans ce sens, que la première couche de vernis ne se met que pour <i>abreuver</i> le bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="182" id="4" type="agriculture">
   <index type="head" value="ABREUVER" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
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    <head>ABREUVER</head>
    <p>
    Abreuver , Terme d'Agriculture , faire entrer l'eau dans un pré. Les prés ont besoin qu'on les <i>abreuve.</i> Nos prés n'ont pas besoin d'être <i>abreuvés,</i> à cause des pluies fréquentes qui les arrosent. Liger. Il semble qu'on ne le dit que des prés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="182" id="5" type="">
   <index type="head" value="ABREUVER" />
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    <head>ABREUVER</head>
    <p>
    Abreuver , se joint avec le pronom personnel. En ce cas il signifie boire, s'enyvrer. <i>Inebriari.</i> Ce jeune homme étoit si bien <i>abreuvé,</i> qu'il bronchoit à chaque pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="182" id="6" type="">
   <index type="head" value="ABREUVER" />
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    <head>ABREUVER</head>
    <p>
    Abreuver , signifie figurément, instruire, prévenir quelqu'un par quelque chose, &amp; l'en remplir. <i>Imbuere.</i> Il l'a <i>abreuvé</i> de cette opinion. J'en suis <i>abreuvé</i> dès ma jeunesse. Tout le monde est <i>abreuvé</i> de cette nouvelle. Souvenez-vous de ces sources immortelles où vous vous êtes <i>abreuvés</i> des saintes eaux de la Sagesse. Patru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="182" id="7" type="">
   <index type="head" value="ABREUVER" />
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    <head>ABREUVER</head>
    <p>
    Abreuvé, ee . part. pass. &amp; adj. <i>Imbutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="183" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABREUVOIR" />
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    <head>ABREUVOIR</head>
    <p>
    ABREUVOIR , s. m. Lieu où on abreuve les chevaux. <i>Aquarium.</i> Mener les chevaux à l'<i>abreuvoir.</i> Il se dit plus précisément d'un glacis le plus souvent pavé de grais, &amp; bordé de pierre, qui conduit à un bassin, ou à une rivière, pour abreuver les chevaux. Dav. Il se dit aussi de l'endroit d'un ruisseau où les oiseaux vont boire. On prend des oiseaux à l'<i>abreuvoir,</i> en y mettant grand nombre de petits gluaux. La vraie heure de tendre à l'<i>abreuvoir</i> est depuis deux heures du matin jusqu'au soir, demi-heure devant le soleil couché ; mais le meilleur temps c'est sur les dix heures jusqu'à onze, &amp; depuis deux heures jusqu'à trois ; &amp; enfin, une heure &amp; demie devant le coucher du soleil, que les oiseaux viennent en foule à l'<i>abreuvoir.</i> Chomel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="183" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABREUVOIR" />
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    <head>ABREUVOIR</head>
    <p>
    Abreuvoir , en termes de Maçonnerie , se dit des intervalles que les Maçons laissent entre les joints des pierres, pour y faire entrer du mortier. En ce sens l'on se sert plus souvent du mot <i>godet. Rima.</i> Les Anglois se servent du mot <i>abreuvoir</i> dans ce même sens.</p><p>On dit proverbialement d'une plaie large &amp; sanglante, que c'est un <i>abreuvoir</i> à mouches. Il lui a porté un coup à la tête, &amp; lui a fait un grand <i>abreuvoir</i> à mouches. Ablanc. On dit aussi qu'un bon cheval va bien tout seul à l'<i>abreuvoir,</i> quand on se lève de table pour prendre soi-même à boire au buffet. Ces phrases sont du style burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="184" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ABRI" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ABRI</head>
    <p>
    ABRI , s. m. Lieu à couvert du soleil, du vent &amp; du froid, où l'air est moins agité. <i>Locus ab aëris injuria defensus.</i> Ces espaliers sont à l'<i>abri</i> du mauvais vent. Ce lieu est à l'<i>abri</i> du soleil. On se met à l'<i>abri</i> quand il pleut. Ce mot vient de <i>apricus</i>, quoiqu'il signifie tout le contraire. Ménage veut qu'il vienne d'<i>opericus</i> inusité, qu'on a fait d'<i>operio,</i> je couvre.</p><p>On le dit fort souvent en termes de Marine . Mouillage, ou ancrage à couvert du vent. Cette rade est à l'<i>abri</i> des vents du Nord. Ces Montagnes mettent ce port, ce mouillage à l'<i>abri.</i> C'est un bon <i>abri.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="184" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABRI" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ABRI</head>
    <p>
    <pb n="24" facs="bpt6k8542165/f64/full/1200,/0/native.jpg"/> Abri , se dit figurément en Morale. <i>Perfugium tutum à &amp;c.</i> L'étude des cas de conscience n'est point un art de s'aveugler, pour pécher à l'<i>abri</i> des Loix. La Plac. On s'en sert particulièrement pour exprimer un lieu de refuge &amp; de sureté contre les inconstances du sort, &amp; contre les revers. La solitude est un bon <i>abri</i> contre les coups de la fortune. Il est entré au service du premier Ministre, c'est un bon <i>abri</i> contre ses ennemis. Il est à l'<i>abri</i> de la persécution. Son amitié me doit servir d'<i>abri</i> &amp; de consolation dans mes disgraces. Sa vertu s'est maintenue sans tache à l'<i>abri</i> de son peu de mérite. Vill. Dieu l'a retiré des agitations du monde, &amp; l'a mis comme dans un <i>abri,</i> pendant que tout est dans la confusion, &amp; dans le trouble. Ab. d. l. Tr. Dieu est le maître des Monastères. C'est lui qui doit faire les vocations de ceux qui viennent y chercher des retraites &amp; des <i>abris</i> contre les orages du monde. Id. Il arrive des tentations qui nous arrachent des <i>abris,</i> dans lesquels nous nous étions réfugiés. Id.</p><p>Si dans la pauvreté l'on est à l'<i>abri</i> des inquiétudes des richesses, l'on n'y est pas exemt des soins rongeans de la misère. S. Evr. Boileau parle de certains Abbés dont tout le métier,</p><p>On dit aussi adverbialement, se mettre à l'<i>abri</i> de l'orage. Etre à l'<i>abri</i> des coups. Ce criminel ayant eu avis qu'on le vouloit prendre, s'est mis à l'<i>abri,</i> &amp; s'est sauvé en quelque asyle. On dit aussi d'un prisonnier, qu'on l'a mis à l'<i>abri,</i> qu'on s'en est assuré, qu'on l'a mis en prison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="185" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRIC" />
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    <head>ABRIC</head>
    <p>
    ABRIC , s. m. Quelques Chymistes Anglois nomment ainsi le souffre. Harris, Boyer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="186" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRICORNER" />
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    <head>ABRICORNER</head>
    <p>
    ABRICORNER , v. act. <i>Inducere ;</i> Borel dit que ce mot vouloit dire autrefois <i>charlater ;</i> c'est-à-dire, engager comme font les Charlatans ; gagner, obtenir ce qu'on veut. Il cite une vieille traduction d'Ovide, où il est parlé de ce qu'Ulysse fit pour obtenir qu'Iphigenie fût sacrifiée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="187" id="1" type="confiseur">
   <index type="head" value="ABRICOT" />
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    <head>ABRICOT</head>
    <p>
    ABRICOT , s. m. <i>Prunum,</i> ou <i>Malum armeniacum.</i> Fruit participant de la pêche &amp; de la prune. Il est doux &amp; agréable au goût. Il est un peu rouge &amp; jaune en meurissant, &amp; pour cela on l'a appellé à Rome <i>chrysomèle,</i> comme qui diroit <i>pomme d'or.</i> Il meurit en Juin avant les autres fruits, &amp; pour cela on a appellé chez les Médecins ces fruits, <i>mala praecoqua ;</i> c'est-à-dire, <i>hatifs.</i> Il y a trois sortes d'<i>abricots.</i> Les <i>abricots</i> ordinaires, qui ne meurissent qu'à la mi-Juillet. Les <i>abricots hatifs,</i> qui se mangent dès le commencement du même mois ; &amp; ceux qu'on nomme <i>Le petit abricot,</i> qui vient à la mi-Juillet. Chomel. Ménage fait dériver ce mot de <i>mala praecoqua,</i> ou <i>praecocia ;</i> d'autres du Grec qui signifie mol &amp; délicat, ou du Latin <i>aperitium,</i> parce qu'il s'ouvre facilement. Mais Mathiole dit que les <i>abricots</i> retiennent le nom que les Grecs leur ont donné, qui les appellent <i>Bericocia.</i> On dit que les <i>abricots</i> en Perse sont un poison, &amp; même qu'ils sont si dangereux en Piémont, qu'un seul a quelquefois donné la fièvre : &amp; néanmoins la Framboisiere soûtient, qu'ils valent mieux que les pêches ; car ils ne se corrompent ni ne s'aigrissent dans le ventricule, ou l'estomac. Et d'habiles gens prétendent que les <i>abricots</i> ne sont pas plus pernicieux en Piémont qu'en France, &amp; qu'ils ne sont fiévreux que lorsqu'ils sont verds, de même que la plupart des autres fruits. Il y a une espèce d'<i>abricot</i> qui est tout blanc dehors &amp; dedans, qui s'ouvre net, &amp; qui est de bon goût. Il y en a un autre qui est jaune, &amp; plus rouge que les autres, lequel est le mâle, dont le noyau tient à la chair, dont le goût est exquis, musqué &amp; extraordinaire ; son amande est douce comme celle de l'amandier. Un des plus habiles Botanistes qui soient en France, nous avertit qu'il ne connoît point ces deux espèces-ci d'abricots, &amp; qu'il les croit fort extraordinaires, si elles ne sont pas supposées.</p><p>Les <i>abricots</i> verds sont les premiers fruits qui se confisent. On les prend tendres, avant que le bois du noyau commence à se durcir. Ils s'éverdument dans l'eau claire, y mettant un peu de bon tartre pour détacher la bourre qui est dessus ; puis on les essuie chacun à part, pour ôter cette bourre, &amp; on les confit, mettant seulement livre à livre de sucre &amp; de fruit : si c'est pour manger en compote, il suffira de demi livre de sucre à une livre de fruit. Les abricots en leur parfaite grosseur se confisent pelés &amp; sans peler. Voyez dans Chomel la manière de faire les compotes, les marmelades, les pâtes, &amp; les confitures d'<i>abricots.</i> On dit non seulement une marmelade d'<i>abricots,</i> une compote d'<i>abricots ;</i> mais encore des <i>abricots</i> en compote, une assiette d'<i>abricots</i> en marmelade ; des <i>abricots</i> confits.</p><p>Blanchir, ou faire blanchir des <i>abricots.</i> Terme de Confiseur . C'est la première façon qu'on leur donne pour les confire. Elle consiste à les jetter dans l'eau bouillante, après leur avoir ôté le noyau. Il faut prendre garde qu'ils ne se lâchent trop dans l'eau. Ensuite on les tire proprement avec une écumoire, &amp; on les met égouter sur un tamis.</p><p>Peler des <i>abricots</i> verds. Terme de Confiseur . C'est leur ôter la bourre, ou la première peau, pour les mettre en confiture ou en compote. Cela se peut faire en deux manières. La première est de mettre les <i>abricots</i> verds dans une serviette, &amp; suivant la quantité que l'on en a, broyer du sel à proportion le plus menu que l'on pourra, &amp; le jetter sur les <i>abricots,</i> que l'on arrose ensuite avec une cuillerée d'eau &amp; de vinaigre. On peut les laisser ainsi dans la serviette, ou les sasser bien d'un bout à l'autre de la serviette, jusqu'à ce que la bourre au premier feu soit tombée. Il faut ensuite faire tomber le sel, les jetter dans l'eau fraîche &amp; les bien laver. L'autre manière est de faire une lessive avec de la cendre de bois neuf, &amp; lorsque la cendre aura bouilli, jetter les <i>abricots</i> dans cette lessive parmi la cendre, &amp; la faire bouillir, jusqu'à ce qu'ils se débourrent &amp; quittent leur première peau, en les frotant doucement avec les mains. Si l'on n'a point de bonnes cendres, on peut faire une lessive de cendres gravelées. Enfin, on les lave comme à l'autre manière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="187" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABRICOT" />
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    <head>ABRICOT</head>
    <p>
    Abricot Hatif , petite espèce d'<i>abricot.</i> La chair en est fort blanche, &amp; la feuille plus ronde, &amp; plus verte qu'aux autres ; mais pour cela il n'est pas meilleur. Id.</p><p>Les <i>abricots</i> ordinaires sont bien plus gros, &amp; ont la chair jaune, &amp; ne meurissent que vers la mi-Juillet. Il en faut mettre aux quatre expositions pour en sauver, quand il vient de gelées pendant la fleur. Id.</p><p>En Angoumois il y a un petit <i>abricot</i> à amande si douce, qu'on la prendroit presque pour des avelines. On laisse souvent les noyaux pour les manger. Cet <i>abricot</i> a la chair blanche, &amp; est très-bon en ce pays-là, il n'en naît guère qu'en grands arbres ; &amp; voilà ce qui a établi la réputation de sa bonté. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="188" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRICOTÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>ABRICOTÉ</head>
    <p>
    ABRICOTÉ , s. m. Dragée faite d'un petit morceau du fruit de l'abricot entouré de sucre. <i>Prunum Armeniacum saccaro conditum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="189" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRICOTIER" />
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    <head>ABRICOTIER</head>
    <p>
    ABRICOTIER , s. m. Arbre qui porte des abricots. <i>Prunus armeniaca.</i> Ses feuilles sont semblables à celles du tremble, un peu pointues par le bout, dentelées en leur circonférence, &amp; sortent quatre à quatre, ou cinq à cinq. Il jette des fleurs blanches comme le cerisier, d'où sort le fruit en forme de pêche, ayant au dedans un os, dans lequel il y a un noyau, tantôt doux, &amp; tantôt amer. Pour avoir un <i>abricotier,</i> on prendra d'un jet qui aura poussé dans l'année, des greffes ou écussons qu'on appliquera sur le prunier, ou amandier, ou sur le noyau d'un pêcher, soit à la pousse, à la S. Jean, ou à l'oeil dormant. Ces greffes d'<i>abricotiers</i> réussissent plus surement quand on ne prend pas les écussons sur une branche, qui ne vient que d'être coupée tout nouvellement sur un <i>abricotier ;</i> il est important de ne greffer que le lendemain. Chom. Les <i>abricotiers</i> qui n'ont qu'un an de greffe, pourvu que le jet soit beau, valent mieux pour planter que ceux qui en ont deux ou davantage. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="189" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABRICOTIER" />
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    <head>ABRICOTIER</head>
    <p>
    Abricotier , s. m. <i>Armeniaca Malus,</i> ou <i>Prunus Armeniaca. s. f.</i> Arbre d'une moyenne grandeur, dont les feuilles sont posées le long des branches alternativement, semblables à celles du tilleul, mais plus arrondies. Ses fleurs sont composées de cinq pistils disposés en roses dans les échancrures du calice, qui est un godet découpé en cinq parties. Le pistil devient un fruit charnu, presque sphérique, <pb n="25" facs="bpt6k8542165/f65/full/1200,/0/native.jpg"/>d'un côté silloné de sa base à sa pointe, &amp; qui renferme dans sa chair un noyau osseux, un peu applati, &amp; ne contenant qu'une amande, douce en quelques espèces, amere en d'autres. Les espèces d'<i>abricotiers</i> se distinguent sur-tout par la variété de leurs fruits.</p><p>Il vient d'assez bons <i>abricots</i> en grands arbres, où ils se trouvent tous tanelés de petites marques rouges, qui réjouissent la vûe &amp; éveillent l'appétit par un goût bien plus relevé qu'ils n'ont en espalier ; mais l'espalier leur augmente la grosseur, &amp; leur donne un vermillon admirable. Les meilleurs sont un peu sucrés, mais d'ordinaire pâteux. On commence d'en avoir dès l'entrée de Juillet, principalement d'une petite espèce qu'on appelle l'<i>abricot</i> hâtif. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="190" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRIER" />
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    <head>ABRIER</head>
    <p>
    ABRIER , v. act. vieux mot qui signifioit protéger, défendre, mettre à l'abri. <i>Defendere.</i> Mézerai l'a employé. Je dis au Comte qu'il n'oubliât de rejetter ma robe sur son lit, en manière qu'elle les <i>abriât</i> tous deux. Montaigne. Il seroit à souhaiter que ce mot pût revivre. Les Jardiniers s'en servent, pour dire, mettre une couche, une fleur à l'<i>abri</i> du vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="191" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="ABRITE, EE" />
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    <head>ABRITE, EE</head>
    <p>
    &#9758; ABRITE, EE , adj. Terme de jardinage . Qui est à l'abri. Les fruits gelent souvent parce qu'ils ne sont pas bien <i>abrités.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="192" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRIEVER" />
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    <head>ABRIEVER</head>
    <p>
    ABRIEVER , verb. neut. Ce mot n'est plus en usage. Dans le Roman de Perceval il veut dire <i>arriver. Advenire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="193" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABROGATION" />
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    <head>ABROGATION</head>
    <p>
    ABROGATION , s. f. Action par laquelle on annulle, ou on change une loi ; on supprime une coutume. <i>Abrogatio.</i> L'<i>abrogation</i> de la Pragmatique Sanction s'est faite par le Concordat entre François I. &amp; Léon X. en 1516.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="194" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABROGER" />
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    <head>ABROGER</head>
    <p>
    ABROGER , v. act. Casser, annuller, mettre hors d'usage. <i>Abrogare.</i> Il ne se dit guère que des Loix &amp; Coutumes. Les anciennes Ordonnances sont <i>abrogées</i> par les nouvelles. Les coutumes s'<i>abrogent</i> par un usage contraire pendant un long espace de temps. Ce Prince entreprit d'<i>abroger</i> les Priviléges de la Nation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="194" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABROGER" />
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    <head>ABROGER</head>
    <p>
    Abrogé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Abrogatus.</i> Les Loix <i>abrogées</i> n'ont plus de force.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="195" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABROLLES" />
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    <head>ABROLLES</head>
    <p>
    ABROLLES , s. m. C'est un nom de rochers qui s'étendent l'espace de 50. lieues dans la mer du Bresil, vers la Capitainie du Rio-grande. Nos François ont formé ce nom sur celui que les Portugais ont donné à ces écueils, <i>Abrolhos,</i> composé de <i>arbrar,</i> ouvrir, &amp; <i>olhos</i> les yeux. Ces rochers sont très-dangereux, &amp; il faut bien y prendre garde pour les éviter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="196" id="1" type="">
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    <head>ABROTONE</head>
    <p>
    ABROTONE , s. f. <i>Abrotonum.</i> Lucain, L. IX. v. 920. a dit aussi <i>Abrotonus</i> masculin. Herbe, ou plante fibreuse &amp; odoriferante. Elle ne peut supporter le froid, &amp; vient mieux dans une terre maigre &amp; sèche. Il y en a de deux sortes, mâle &amp; femelle. La femelle se dit en Latin, <i>Abrotonum foemina,</i> ou <i>Santolina,</i> &amp; selon quelques Auteurs, <i>Cupressus,</i> Cyprès. Elle est toujours verdoyante, selon Théophraste. Elle étoit d'un grand usage dans la Médecine, ce qui a fait dire à Horace, <i>Abrotonum aegro non audet, nisi qui didicit, dare, &amp;c.</i> On dit aussi par corruption <i>Brotanne</i> pour <i>Abrotone,</i> mais ces deux termes sont peu usités dans la Botanique, &amp; ne se trouvent que dans d'anciennes &amp; mauvaises traductions de Livres de plantes. Il faut dire Aurone. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="197" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABROUTI" />
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    <head>ABROUTI</head>
    <p>
    &#9758; ABROUTI , adj. Bois abroutis, rabougris, ou rabourgis ; ce sont des bois malfaits, parce que, dit-on, les brouts ou bourgeons ont été mangés ou broutés par les bestiaux. Noel. <i>Mémorial. alphabétique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="198" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRUS" />
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    <head>ABRUS</head>
    <p>
    ABRUS , Voyez Pois de Bedeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="199" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRUTIR" />
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    <head>ABRUTIR</head>
    <p>
    ABRUTIR , v. act. Rendre bête, stupide. <i>Stupidum ac bruti similem facere.</i> Le vin l'a tellement <i>abruti,</i> qu'il est insupportable. On le dit aussi avec le pronom personnel. Les esprits foibles s'<i>abrutissent</i> dans la solitude. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="200" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRUTISSEMENT" />
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    <head>ABRUTISSEMENT</head>
    <p>
    ABRUTISSEMENT , s. m. Stupidité grossière. Etat de celui qui vit en bête. <i>Stupor.</i> Quand un vieux pécheur est tombé dans l'<i>abrutissement,</i> il ne s'en peut retirer sans une spéciale grace de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="201" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABRUZZE" />
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    <head>ABRUZZE</head>
    <p>
    ABRUZZE , s. f. <i>Aprutium.</i> C'est une des quatre parties générales du Royaume de Naples. Elle a au nord le Golfe de Venise, au levant la Capitanate, avec la principauté ultérieure ; la terre de Labour au midi, avec l'Etat Ecclésiastique qui la borne aussi au couchant. L'Abruzze se divise en citérieure, ultérieure, &amp; Comté de Molisse. Elle occupe une partie du Pays des anciens Samnites. Le mot François s'est formé de l'Italien Abbruzzo, &amp; celui-ci du Latin, <i>Aprutium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="202" id="1" type="">
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    <head>ABSCÈS</head>
    <p>
    ABSCÈS , voyez ABCÈS.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="203" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSCONSER" />
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    <head>ABSCONSER</head>
    <p>
    ABSCONSER , v. neut. Se cacher. <i>Abscondere, abdere se.</i> Vieux mot qui n'est plus en usage. On dit encore en Picardie, Esconser. Le soleil s'est <i>esconsé. Esconsement</i> du soleil. <i>Occasus solis.</i> Nicot. On trouve en Latin barbare <i>absconsa,</i> absconse, pour signifier une lanterne sourde, dont la lumière se cache, <i>absconditur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="204" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSENCE" />
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    <head>ABSENCE</head>
    <p>
    ABSENCE , s. f. Retraite, éloignement, soit du lieu, soit de la personne <i>Absentia.</i> L'<i>absence</i> nous fait connoître le prix des choses que nous perdons. <i>Vix bona nostra aliter quam perdendo cognoscimus.</i> Petrarq. De Roch. Les souvenirs dans l'<i>absence</i> sont plus vifs en amour, qu'en amitié. M. Scud. Le portrait de la personne aimée adoucit les ennuis de l'<i>abscence.</i> Felib. Les longues <i>absences</i> éteignent l'amour, mais une courte <i>absence</i> le ranime. St Evr.</p><p>On travaillera à cette affaire tant en présence, qu'<i>absence :</i> phrase de Pratique, dont on se sert contre ceux qui ne comparoissent point aux jours d'assignation. Pour marquer en devise les douleurs de l'<i>absence,</i> on a peint une tulipe sous les rayons du soleil, ou sous un soleil caché d'épaisses nuées, ou au soleil couchant, avec ce mot Espagnol : <i>Sinsus rayos, mis desmayos.</i> Sans ses rayons je tombe en défaillance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="204" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSENCE" />
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    <head>ABSENCE</head>
    <p>
    Absence d'esprit, signifie Distraction, quand on songe à une autre chose qu'à celle dont on parle. <i>Mentis aberratio, avocatio.</i> On s'en sert aussi pour exprimer, ou pour excuser une faute, ou une bévûe, ou dans la conduite, ou dans la conversation. On l'attribue à un défaut d'application. Cet homme a des <i>absences</i> d'esprit que ses amis ont de la peine à justifier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="205" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSENT, ENTE" />
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    <head>ABSENT, ENTE</head>
    <p>
    ABSENT, ENTE , adj. &amp; s. Qui est éloigné. <i>Absens.</i> Les <i>absens</i> pour la République sont réputés présens. Mépriser les dangers <i>absens.</i> Ablanc. Tant qu'un amant est <i>absent,</i> il est où il aime, &amp; non pas où il vit. M. Scud. Les <i>absens</i> malheureux sont en peu de temps effacés du souvenir du monde. M. Esp.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="205" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSENT, ENTE" />
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    <head>ABSENT, ENTE</head>
    <p>
    Absent , en matière criminelle, est celui que l'on ne trouve point, &amp; de qui on fait le procès par contumace.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="205" id="3" type="">
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    <head>ABSENT, ENTE</head>
    <p>
    Absent , en cas de prescription, est celui dont le domicile est situé hors du ressort de la jurisdiction où sont les héritages.</p><p>Celui qui est <i>absent</i> du Royaume, avec intention de n'y plus retourner, est réputé étranger : mais il n'est pas pour cela réputé mort, ses héritiers ne laissent pas qelquefois de partager ses biens, par provision seulement : mais sa femme ne sauroit convoler à de secondes nôces, qu'elle n'ait des certificats authentiques de sa mort. Voyez les Decrétales de Greg. IX. Liv. 4. &amp; M. Louet, lettre C. n. 22.</p><p>On dit proverbialement, que les os sont pour les <i>absens</i> lorsqu'on dîne sans eux, lorsqu'on ne leur laisse que les : tes des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="206" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSENTER" />
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    <head>ABSENTER</head>
    <p>
    ABSENTER , v. n. qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Se retirer, s'éloigner de la présence des autres. <i>Abesse.</i> Ce Prince s'est <i>absenté</i> de la Cour. Il s'<i>absente</i> de ses amis avec peine.</p><p>s'Absenter, signifie encore, S'enfuir, se cacher, se mettre à couvert. <i>Abire, evadere, discedere, aufugere, proripere se, abdere se.</i> En ce sens il marque une cause facheuse de s'éloigner. Il s'est <i>absenté</i> de la ville, à cause qu'on avoit decrété contre lui. Ce Marchand s'est <i>absenté,</i> a fait banqueroute.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="207" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSÈS" />
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    <head>ABSÈS</head>
    <p>
    ABSÈS ou ABSCÈS, Voyez <ref type="search" target="head:ABCÈS">ABCÈS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="208" id="1" type="architecture & de liturgie">
   <index type="head" value="ABSIDE" />
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    <head>ABSIDE</head>
    <p>
    ABSIDE , s. f. <i>Absis</i> &amp; <i>absida.</i> Terme d'Architecture &amp; de Liturgie . C'est une voute, car en Grec, d'où l'on a <pb n="26" facs="bpt6k8542165/f66/full/1200,/0/native.jpg"/>fait <i>abside,</i> veut dire <i>arcus, fornix, arc, voûte.</i> On appelle aussi <i>abside,</i> le Sanctuaire, ou la partie de l'Eglise qui est séparée du reste, &amp; dans laquelle est l'Autel ; on l'a appellée du nom <i>abside,</i> parce qu'elle est en voute. Du Cange. Le corps de S. Gilbert Evêque de Meaux fut inhumé dans l'Eglise Cathédrale, sous les degrés de l'<i>abside. Hist. de l'Egl. de Meaux, tom.</i> 1. <i>pag.</i> 92.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="209" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="ABSIDES" />
   <index type="src_domain" value="astronomie" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ABSIDES</head>
    <p>
    ABSIDES , s. m. Terme d'Astronomie . Ce sont deux points de l'orbite d'une planète, dont le plus haut est nomme <i>apogée,</i> &amp; le plus bas <i>perigee,</i> ou le plus près de la terre. <i>Apsides.</i> Le diamètre qui les joint s'appelle la ligne des <i>absides,</i> qui passe par le centre de l'orbite de la planète, &amp; par le centre du monde. L'excentricité se prend dans la ligne des <i>absides ;</i> car l'excentricité est la distance entre le centre de l'orbite de la planète, &amp; le centre de la terre.</p><p>Il s'est dit aussi quelquefois pour des Oratoires secrets qu'on a autrement appellés <i>Doxologia, Doxalia,</i> noms Grecs qui viennent de louange, parce qu'on y chante les louanges de Dieu. Ces mots sont encore en usage dans les Pays-Bas, &amp; signifient ce que nous appellons en François Choeur ; un lieu au delà de l'Autel, où les Religieux chantent l'Office séparés du Peuple, &amp; sans en être vûs. Voyez <i>Act. SS. April. Tome</i> I. <i>page</i> 694.</p><p>Il y avoit quelquefois plusieurs <i>absides</i> dans une même Eglise : ainsi l'Auteur de la vie de Saint Hermenland qui écrivoit au huitième siècle, dit que ce Saint fut enterré dans l'<i>abside</i> méridionale de la Basilique de Saint Paul à Nantes. <i>Absides</i> alors ne peut, ce semble, signifier que deux choses ; ou ce que nous appellons Chapelles, qui étant voûtées étoient chacune une petite <i>abside</i> séparée ; ou dans les Eglises bâties en forme de croix, on appelloit <i>abside</i> méridionale le côté droit de la croisée qui regardoit le Midi, l'Autel étant toujours à l'Orient. Ce second sens paroît d'autant plus probable, qu'au même endroit le même Auteur distingue <i>abside</i> d'Oratoire, qui n'est autre chose que Chapelle. M. Chapelain écrit <i>apside,</i> conformément à l'origine de ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="209" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSIDES" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ABSIDES</head>
    <p>
    Abside , est aussi le nom que l'on donnoit autrefois à la bière où l'on mettoit les reliques des Saints : on l'appelle aujourd'hui <i>chasse.</i> On appelloit <i>absides</i> ces sortes de bières, parce qu'elles étoient élevées, &amp; disposées en voûte. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="210" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSINTE" />
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    <head>ABSINTE</head>
    <p>
    ABSINTE , Voyez <ref type="search" target="head:ABSYNTHE">ABSYNTHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="211" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSIRTIDES" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>ABSIRTIDES</head>
    <p>
    ABSIRTIDES , ou plutôt ABSYRTIDES, s. f. &amp; pl. <i>Absyrtides.</i> Isles de l'ancienne Liburnie, ou de la Dalmatie, vers l'entrée du Golfe de Venise. On les nomme Absyrtides du nom d'Absyrte fière de Médée, qu'elle y tua, &amp; dont elle sema les membres sur sa route pour arrêter, à les ramasser, son père Aëtes, qu'elle fuyoit avec Jason. Quelques Auteurs ont cependant appellé Aegialque ce frère de Médée. Lucain semble n'en reconnoître qu'une qu'il appelle <i>Absyrtos,</i> &amp; Brebeuf <i>Absyrte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="212" id="1" type="grammairien">
   <index type="head" value="ABSOLU, UE" />
   <index type="src_domain" value="grammairien" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ABSOLU, UE</head>
    <p>
    ABSOLU, UE . adj. Souverain, indépendant. <i>Cujus potestas summa.</i> Prince <i>absolu. Summus rerum Dominus.</i> Commandement <i>absolu.</i> Il a obtenu cela d'autorité <i>absolue.</i></p><p>Il signifie aussi, Sans réserve, sans restriction. Les Ambassadeurs ont quelquefois un plein pouvoir, un pouvoir <i>absolu.</i> On dit qu'un homme est <i>absolu,</i> impérieux, pour faire entendre qu'il veut être obéi, qu'il ne peut souffrir qu'on lui résiste, qu'il veut fortement ce qu'il ordonne. <i>Imperiosus.</i> On dit encore, Parler d'un ton <i>absolu ;</i> pour dire, parler d'un ton impérieux, commander avec hauteur. Une conduite ouverte &amp; familière gagne mieux les coeurs, qu'une autorité sèche &amp; <i>absolue.</i></p><p>On appelle, <i>Jeudi absolu,</i> le Jeudi saint. Ce nom lui en venu de ce que dans l'ancienne Eglise c'étoit le jour auquel on <i>absolvoit</i> les Pénitens publics, comme il paroît par la lettre d'Innocent I. à Decentius. C. 7. Flodoard L. 1. de l'<i>Hist. de Rheims</i> ch. 14. Eloy de Noyon dans ses Homélies <i>in Coena Domini</i> ; Hincmar dans la vie de S. Remi ; l'<i>Ordo Romanus</i> ; le Livre <i>de Divin. Off.</i> dans Alcuin, le Concile de Châlon sur Saône C. 47. &amp;c. De là vient que ce jour s'appelle dans les vieux titres, <i>Absolutionis dies,</i> Jour de l'Absoute. Voyez <ref type="search" target="head:ABSOUTE">ABSOUTE</ref>. Le P. Morin prétend néanmoins que ceci ne doit s'entendre que des Eglises d'Occident, &amp; que dans les Eglises d'Orient, &amp; même dans celles d'Espagne &amp; de Milan, l'<i>absolution</i> ne se donnoit que le Vendredi saint, ou même le Samedi saint. Mr Godeau a dit la même chose ; mais d'habiles Théologiens prétendent qu'ils se trompent.</p><p>En termes de Grammairien , un terme <i>absolu,</i> est un terme qui ne se rapporte à rien autre chose. Il est opposé à relatif. Un Ablatif <i>absolu,</i> est une locution détachée &amp; indépendante, qui ne régit rien, &amp; qui n'est régie de rien. <i>Dictio ab alia minimè pendens.</i> C'est à l'imitation des Latins : <i>Deleto exercitu : L'armée ayant été taillée en pièces. Tout bien considéré,</i> en matière de Religion, le plus sûr est de s'en tenir aux décisions de l'Eglise. Port-R. <i>Absolu,</i> en termes de Philosophie , signifie, ce qui ne porte ou ne renferme point l'idée d'une relation, ni de rapport à autre chose ; &amp; il est opposé à relatif. Homme est un terme <i>absolu ;</i> au contraire, Créature, Père, sont des termes relatifs, parce que l'un emporte un rapport au Créateur, &amp; l'autre à des Enfans.</p><p>En termes de Théologie quelques Ecrivains, ou Catholiques, ou Protestans, le prennent encore dans un autre sens, &amp; l'opposent à déclaratoire. Ainsi dans la doctrine Catholique l'absolution de Prêtre est <i>absolue ;</i> il remet <i>absolument</i> les péchés ; mais dans la doctrine des Luthériens &amp; des Anglicans, l'absolution du Prêtre n'est que déclaratoire &amp; ministériale. <i>Absolu</i> signifie encore ce qui est sans condition ; &amp; une promesse, une proposition <i>absolue,</i> opposée à une promesse, ou à une proposition conditionelle.</p><p>Nombre <i>absolu.</i> Terme d'Algèbre en matière d'équation. C'est ce que Viète appelle <i>Homogeneum comparationis,</i> &amp; qui fait toujours un côté ou une partie entière de l'équation, &amp; est toujours une quantité connue. C'est encore le rectangle, ou le solide dont on cherche la racine inconnue. Ainsi dans cette équation <i>a a</i> + 16 <i>a</i> = 36. le nombre absolu est 36. lequel est égal au produit des deux racines ou valeurs de l'<i>a ;</i> c'est-à-dire, à <i>a</i> multiplié par lui-même, plus <i>a</i> pris seize fois. Equation <i>absolue,</i> en termes d'Astronomie , est la somme de deux équations de l'excentrique, &amp; de l'optique. Harris. Voyez <ref type="search" target="head:EQUATION">EQUATION</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABSOLUMENT</head>
    <p>
    ABSOLUMENT , adv. Souverainement, avec une autorité absolue. <i>Summo jure.</i> Il commande <i>absolument</i> dans la Province. Il signifie impérieusement &amp; décisivement. <i>Superbè.</i> Cet homme parle <i>absolument,</i> &amp; en maître. Ce mot vient du Latin <i>absolvere</i>, en tant qu'il signifie achever, parce que celui qui commande <i>absolument,</i> veut que la chose s'exécute sans trouver d'opposition.</p><p>Il signifie quelquefois, Tout-à-fait, entièrement, sans réserve, &amp; sans restriction. <i>Prorsus, omninò.</i> Il le nie <i>absolument.</i></p><p>Il signifie encore, Nécessairement, de nécessité absolue. Il faut partir <i>absolument,</i> &amp; sans repliquer. On dit vouloir <i>absolument,</i> pour dire, Vouloir déterminément, &amp; à quelque prix que ce soit. Je n'en ferai <i>absolument</i> rien, &amp; toutes vos remontrances ne m'y feront point consentir. La nature ne se laisse pas conduire au hazard, &amp; n'est pas <i>absolument</i> ennemie de l'art &amp; des règles. Boil.</p><p>On dit aussi en Grammaire, qu'un mot se dit <i>absolument,</i> quand il est sans régime. Par exemple. Il faut prier sans cesse : le verbe <i>prier</i> est mis là <i>absolument,</i> parce qu'il ne régit rien. En Philosophie &amp; en Théologie, <i>absolument,</i> outre les significations déjà rapportées, signifie encore. 1°. De soi même, par soi-même, sans rapport à aucun autre, indépendamment de tout autre, &amp; il est opposé à <i>relativement.</i> L'Homme pris ou considéré <i>absolument,</i> est un animal raisonnable. 2°. Sans addition, sans restriction, sans modification. Cela est bon <i>absolument.</i> En ce sens on y joint souvent <i>simplement.</i> Cela est simplement &amp; <i>absolument</i> bon. <i>Simpliciter &amp; absolutè bonum. Absolument</i> &amp; simplement universel. 3°. Par une puissance, une vertu extraordinaire, au dessus ou hors du cours ordinaire de la nature. Les accidens se peuvent <i>absolument</i> séparer de leur sujet. 4°. Quelquefois <i>absolument</i> en morale veut dire, Souverainement. Dieu, la dernière fin de l'Homme, est <i>absolument</i> bon. 5°. <i>Absolument</i> signifie sans condition. Dieu ne promet point <i>absolument</i> le pardon, mais à condition qu'on sera véritablement repentant de ses péchés.</p><p>En Géométrie <i>absolument,</i> se prend encore pour Entièrement, parfaitement. Ainsi on appelle <i>absolument</i> rond, ce qui l'est entièrement, parfaitement, pour le distinguer de ce qui n'est que presque rond, comme la cycloïde &amp; la sphéroïde.</p><p>
    </p>
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    <head>ABSOLUMENT</head>
    <p>
    Absolument , se dit d'une chose dont on parle en général, <pb n="27" facs="bpt6k8542165/f67/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; sans entrer dans le détail. <i>Universè,</i> ou <i>generaliter &amp; absolutè.</i> Cet ouvrage a quelques défauts, mais il est bon <i>absolument</i> parlant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABSOLUTION</head>
    <p>
    ABSOLUTION , s. f. Jugement juridique, par lequel l'accusé est absous &amp; déclaré innocent. <i>Absolutio.</i> Il a obtenu un arrêt d'<i>absolution</i> en matière criminelle. Quand les opinions sont partagées entre la condamnation &amp; l'<i>absolution,</i> on renvoie l'accusé absous ; cette jurisprudence est fondée sur les Loix de la Nature &amp; sur le Droit Civil : c'est le sentiment de Faber sur la Loi 125. <i>De div. reg. jur.</i> de Cicéron <i>pro Cluentio,</i> de Quintilien <i>declam.</i> 254. de Strabon Liv. 9. On dit aussi, <i>Absolution</i> d'une demande civile, quand on en est déchargé.</p><p>L'<i>absolution</i> des censures est la troisième partie d'une signature de la Cour de Rome, qui porte <i>absolution</i> des censures qui pourroient empêcher l'effet de la grace accordée. On appelle aussi, en Chancellerie Apostolique, une <i>absolution à saevis,</i> une grace accordée par une signature particulière à celui qui a assisté à quelque jugement de mort, ou qui a commis quelque cas qui le rend irrégulier, &amp; incapable de posséder aucuns Bénéfices.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABSOLUTION</head>
    <p>
    Absolution , terme d'Eglise , acte juridique, par lequel un Prêtre approuvé, comme Juge, &amp; en vertu du pouvoir qu'il a reçu de J. C. remet les péchés au Pénitent, qui est dans les dispositions nécessaires. Il faut dire <i>absolution</i> sacramentelle, plutôt que sacramentale. Menage. Ceux qui par l'<i>absolution</i> sacramentelle eussent été en la grace de Dieu. God. Les Luthériens ont retenu l'<i>absolution</i> sacramentale. Boss. L'<i>absolution</i> qu'Hincmar envoya par lettre à Hildebold Evêque de Soissons n'étoit qu'une espèce d'indulgence &amp; de bénédiction, &amp; non une <i>absolution</i> sacramentelle, puisqu'il suppose d'ailleurs que l'on doit se confesser au Prêtre en détail. Fleury. Et que non seulement il le suppose, mais qu'il avertit Hildebold de le faire. De plus, dit-il, je vous avertis par précaution, ne doutant point que vous ne l'ayiez déja fait, qu'outre cette confession générale vous ayiez soin de confesser en détail à Dieu, &amp; à un Prêtre, tout ceq ue vous reconnoissez avoir commis depuis le commencement de votre vie jusqu'à présent.</p><p>Le P. Amelote de l'Oratoire, au <i>liv.</i> 9. <i>ch.</i> 3. de son <i>Abrégé de Théologie,</i> dit en parlant du Sacrement de la Pénitence : La principale force du Sacrement, ce qui en est comme l'ame, &amp; où réside principalement l'influence &amp; la vertu de Jesus-Christ jugé pour nous, c'est dans le Sacrement d'<i>absolution</i> que le Prêtre prononce par ces paroles : <i>Je t'absous de tes péchés. L'absolution,</i> ou les paroles de l'<i>absolution,</i> sont la forme du Sacrement de Pénitence, ainsi que l'enseignent le Concile de Florence dans le Decret <i>ad Armenos,</i> &amp; le Concile de Trente Sess. XIV. c. 3. Cette forme est absolue dans l'Eglise Latine &amp; déprécatoire dans l'Eglise Grecque, ainsi que l'on peut voir dans l'Euchologe des Grecs imprimé à Venise en 1638. dans la censure de la Confession d'Ausbourg faite par Jérémie Patriarche de Constantinople, &amp; dans l'Instruction de Clement VIII. sur les Rits des Grecs imprimée en 1595. Arcudius prétend néanmoins que la forme de ce Sacrement est absolue chez les Grecs, aussi bien que chez les Latins, &amp; que ce sont ces mots : <i>Mea mediocritas habet te veniâ donatum.</i> Mais les exemples qu'il en apporte, ou ne sont point des formules d'<i>absolution,</i> ou sont des formules d'<i>absolution</i> d'une excommunication, mais non pas de l'<i>absolution</i> sacramentelle. D'ailleurs, Arcudius avoue lui-même que plusieurs Prêtres ne disent point la formule qu'il rapporte. Enfin, il faut juger du Rit Grec plutôt par les Euchologes, que par les passages de Gabriel de Philadelphie, &amp; des autres particuliers que cite Arcudius. L'<i>absolution</i> sacramentelle n'est pas déclaratoire seulement ; elle remet véritablement les péchés. Le P. Seguenot de l'Oratoire ayant dit dans ses <i>Remarques</i> sur le livre <i>de la S. Virginité</i> de Saint Augustin : Qui diroit que l'<i>absolution</i> n'est autre chose qu'un acte judiciaire, par lequel le Prêtre déclare, non simplement, mais avec autorité, &amp; de la part de Jesus-Christ, que les péchés sont remis, &amp; en prononce l'arrêt juridiquement, celui-là n'avanceroit rien à mon avis, ni contre le Concile de Trente, qui semble même avoir donné lieu à cette interprétation, lorsqu'il s'est expliqué sur cela plus nettement, ni contre les anciens Théologiens, je dis même Scholastiques, que la plupart des nouveaux ont quitté en cette matière, comme on les quitte maintenant eux-mêmes. Dieu veuille qu'ils nous le pardonnent, comme on leur pardonne. Toute cette Remarque fut justement censurée par les Théologiens de la Faculté de Paris. Cette doctrine est Luthérienne, contraire aux paroles précises de Jesus-Christ en S. Jean Ch. XX. v. 23. <i>Ceux dont vous aurez remis les péchés, leurs péchés leur seront remis ;</i> condamnée par le S. Concile de Trente Sess. XIV. Ch. VI. &amp; Can. 9. &amp; contraire à la Tradition. Voyez Tertull <i>de pudic.</i> S. Cyprien <i>de Laps.</i> &amp; la troisième lettre de Pacien. Voyez le mot de <i>Contrition.</i></p><p>Le Jésuite Dandini traite fort mal les Grecs sur la manière dont ils donnent l'<i>absolution</i> aux pénitens. Un homme, dit-il, au <i>chap.</i> 7. de son voyage du Mont Liban, s'étant confessé d'un péché commun &amp; ordinaire fut renvoyé par le Confesseur, qui refusa de l'absoudre, à moins qu'il n'appellât sept autres Prêtres. Ceux-ci ayant été attirés par quelque argent firent étendre à terre le pénitent, comme s'il eût été mort, &amp; ils lui donnèrent enfin l'<i>absolution,</i> en récitant de certaines prières. Ils ont accoutumé de demander de l'argent pour l'<i>absolution,</i> &amp; de la refuser quand on ne leur en donne point. Car ils prétendent qu'il leur est dû quatre ou cinq écus &amp; davantage pour les péchés communs &amp; ordinaires. La pénitence qu'ils donnent pour les gros péchés, c'est de défendre la Communion pour quatre ou cinq ans. Peut-être font-ils cela par mépris, &amp; par l'aversion qu'ils ont pour l'Eglise Latine, qui l'ordonne tous les ans.</p><p>Mr Simon, dans ses <i>Remarques sur le voyage du Mont Liban,</i> imprimé à Paris, justifie la pratique des Grecs dans le Sacrement de Pénitence. Si les Grecs, dit-il, diffèrent de donner l'<i>absolution</i> aux pénitens, ils suivent en cela l'usage de leur Eglise, qui est très-ancien : ils ont leurs livres Pénitentiaux qui les règlent, &amp; ce n'est point leur caprice qui leur fait imposer une pénitence plutôt qu'une autre : mais ils suivent les Canons, &amp; ils appellent <i>faire le Canon,</i> ce que nous appellons ordinairement <i>faire la Pénitence.</i> Ils éloignent souvent leurs Pénitens de la Communion pour un an, pour deux ans, &amp; même pour davantage, suivant en cela les anciens Canons. Si les Grecs ne passent point leur Canon, ou leurs anciens livres Pénitentiaux, Mr Simon a raison ; mais il est certain qu'ils y ajoûtent souvent beaucoup, &amp; qu'il se glisse parmi eux bien des abus dans l'administration de ce Sacrement.</p><p>On ne doit pas aussi traiter les Grecs d'ignorans &amp; de superstitieux, parce qu'un Confesseur refuse de donner l'<i>absolution</i> à un pécheur, s'il n'a auparavant fait venir sept Prêtres qui donnent tous ensemble l'<i>absolution.</i> Cette façon paroît étrange à ceux qui ne consultent que l'usage présent : mais si l'on remonte jusqu'aux anciens temps, on trouvera que cela s'observoit même dans Rome. Le Pape Corneille assembla les Prêtres &amp; les Evêques qui étoient alors dans Rome pour délibérer de la Pénitence qu'on devoit donner à quelques Schismatiques qui rentroient dans l'Eglise. Il n'est donc pas surprenant qu'un Papas ou Prêtre Grec, délibère avec plusieurs de ses Confrères touchant la Pénitence qu'il doit donner à un homme, qui étant engagé au service d'un Latin, étoit tous les jours dans des occasions prochaines de pécher contre les cérémonies de sa Religion.</p><p>On ne doit point aussi tourner en ridicules les Prêtres Grecs, sous prétexte qu'ils font coucher par terre le pénitent, &amp; qu'en cet état ils récitent sur lui des prières en forme d'<i>absolution ;</i> car les Grecs se confessent d'ordinaire assis. Ils se contentent de se prosterner deux fois, à savoir, au commencement, quand ils demandent la bénédiction du Prêtre, qui invoque sur eux la grace du S. Esprit, &amp; à la fin quand ce même Prêtre prie Dieu qu'ils puissent accomplir la pénitence qu'il leur impose. En un mot, il ne faut point condamner tout ce qui est conforme à leurs anciens Livres Pénitentiaux, &amp; ce que Clement VIII. n'a point blâmé dans son Instruction sur les Rits des Grecs. C'est une erreur de dire que dans l'ancienne Eglise on n'accordoit l'<i>absolution</i> aux Pénitens qu'après une satisfaction publique. Il n'y avoit qu'un petit nombre de crimes énormes &amp; publics que l'Eglise soumît à la pénitence publique, comme l'idolatrie, <pb n="28" facs="bpt6k8542165/f68/full/1200,/0/native.jpg"/>l'homicide, &amp; l'adultere. C'est encore une erreur de dire que jusqu'au VI. siècle de l'Eglise on n'a accordé l'absolution qu'une fois. C'est la pénitence publique qu'on n'accordoit qu'une fois, &amp; non pas l'<i>absolution</i> en général. Il n'y a jamais eu que Novat qui ait porté les choses à cet excès. Les Novatiens &amp; les Montanistes n'alloient point jusques-là. Ils accordoient la pénitence à tous les péchés légers &amp; médiocres. Il n'y avoit que les grands péchés que Tertullien appelle des monstres, auxquels ils prétendoient que l'Eglise ne pouvoit, ou ne devoit point accorder l'<i>absolution</i> après le Baptême. Cela est évident par Tertullien <i>l. de Pudic.</i> &amp; par Origène, <i>l. de Orat.</i> qui tous deux étoient infectés de l'erreur des Montanistes, &amp; par ceux qui ont combattu les Novatiens, comme S. Ambroise, <i>l. de Poenit.</i> &amp; S. Pacien de Barcelonne, <i>ep.</i> 3. &amp;c. Quelquefois même, dans la pénitence publique, on accordoit l'<i>absolution</i> &amp; l'Eucharistie avant que la pénitence fût accomplie. Pour les péchés qui n'étoient point soumis à la pénitence publique, M. Godeau, qui croit que l'<i>absolution</i> se donnoit régulièrement quand la satisfaction étoit achevée, avoue pourtant que souvent, &amp; pour des raisons assez légeres, elle se donnoit immédiatement après la confession.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABSOLUTION</head>
    <p>
    Absolution <i>ad cautelam,</i> C'est une maxime que l'excommunié par sentence demeure en état d'excommunication, nonobstant son appel : ainsi pour éviter les inconveniens qui pourroient arriver, l'on demande au Juge l'<i>absolution</i> que les Docteurs appellent <i>ad cautelam,</i> laquelle n'a d'effet que pendant l'appel, &amp; ne se doit accorder qu'avec beaucoup de circonspection. Cette <i>absolution</i> ne se donne qu'après que le condamné affirme par serment qu'il exécutera le jugement qui sera rendu. Voyez Eveillon, <i>Traité des excommunications.</i> Quelques-uns croient que l'<i>absolution ad cautelam</i> ne se donne que par provision à celui qui a été excommunié, dans la crainte qu'il ne meure subitement, ou par quelque accident, avant qu'il ait pû se faire absoudre. Mais ce n'est point par cette raison ; car elle se donne moins en faveur de celui qui a été excommunié, qu'en faveur de ceux, qui par une conscience timorée feroient scrupule de fréquenter l'excommunié : or cette <i>absolution</i> leur sert de précaution, pour les assurer qu'ils ne participent point à l'excommunication. Bouchel. On dit aussi <i>absolution à cautele</i> ou <i>à caution,</i> &amp; tous ces mots se trouvent dans les bons Livres. La première fois que l'on trouve qu'il est fait mention de l'<i>absolution à cautele, ad cautelam,</i> c'est dans une lettre du Pape Célestin écrite en 1195. à l'Evêque de Lincoln, où il lui ordonne de publier une suspense par tout le Diocese d'Yorck, &amp; à Géofroy qui en étoit Archevêque, en l'avertissant cependant d'absoudre ces personnes <i>ad majorem cautelam.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABSOLUTION</head>
    <p>
    Absolution , en termes de Bréviaire , est une courte prière que dit celui qui officie à chaque nocturne des Matines avant les bénédictions &amp; les leçons. On appelle <i>absolutions,</i> les encensemens &amp; aspèrsions d'eau benite qu'on fait sur les corps des Princes &amp; des Prélats qu'on enterre avec grande cérémonie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABSOLUTOIRE</head>
    <p>
    ABSOLUTOIRE , adj. Qui porte absolution. <i>Absolutorius.</i> Il a une sentence <i>absolutoire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="216" id="1" type="medecine">
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    <head>ABSORBANT</head>
    <p>
    ABSORBANT , s. m. ABSORBANS. pl. Terme de Médecine , qui est tantôt adjectif, tantôt substantif. <i>Medicamina ad absumendum nata.</i> On appelle <i>absorbans</i> des médicamens terrestres &amp; poreux, qui s'imbibent aisément des sels acides &amp; alkalis, &amp; qui boivent les substances aqueuses ou sulphureuses. Les os calcinés, la corne de cerf préparée, l'yvoire brûlé, le corail, les yeux d'écrevisse, &amp;c. sont de véritables <i>absorbans.</i> On a confondu quelque temps les <i>absorbans</i> avec les sels alkalis, sans doute à cause de leurs effets &amp; de leurs propriétés ; les alkalis absorbant les acides en amortissent l'activité. Le quinquina est une sorte d'<i>absorbant</i> qui guérit les fièvres intermittentes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="217" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSORBER" />
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    <head>ABSORBER</head>
    <p>
    ABSORBER , v. act. Engloutir, dissiper, consumer, emporter. <i>Absumere.</i> Les eaux <i>absorbent</i> presque toute la lumière qu'elles reçoivent du soleil. Roh. Il est peu en usage au propre, si ce n'est en parlant des animaux voraces : mais il se dit au figuré, &amp; il emporte d'ordinaire un mauvais sens. Les droits de la Femme ont <i>absorbe</i> tous les biens du Mari. Le frais d'un scellé <i>absorbent</i> les plus clairs deniers de cette succession. Ce goinfre a <i>absorbé</i> tout son patrimoine. La voix est <i>absorbée</i> dans les voûtes. Ablanc. c'est-à-dire, qu'elle s'y perd. La question de l'infaillibilité de l'Eglise <i>absorbe</i> toutes les autres controverses. Claude. Ce mot vient du Latin <i>absorbeo</i>, signifiant le même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="217" id="2" type="">
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    <head>ABSORBER</head>
    <p>
    Absorber , se dit en jardinage, des branches gourmandes qui naissent sur les arbres fruitiers, &amp; qui ôtent aux autres branches la plus grande partie de la nourriture dont elles ont besoin. Il faut être très-soigneux de retrancher les branches gourmandes, crainte qu'elle n'<i>absorbent</i> la substance nécessaire pour nourrit le teste du corps de l'arbre. Cette branche a toute <i>absorbé</i> la sève, ou le suc nourricier. Liger. Il se dit avec le pronom personnel. Comme tout passe &amp; s'<i>absorbe</i> pour jamais dans l'éternité de Dieu, les choses périssables ne valent pas la peine d'être considérées. Ab. de la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="218" id="1" type="">
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    <head>ABSORPTION</head>
    <p>
    &#9758; ABSORPTION , s. f. Action d'absorber, engloutissement. Mr Descartes ne nous fait-il pas appréhender que notre tourbillon, infiniment plus grand que la sphère du feu, ne soit absorbé quelque jour, lorsqu'on y pensera le moins ? Et quand par cette <i>absorption</i> le Soleil sera devenu Terre, &amp; que peut-être en même temps la matière subtile, qui est enfermée dans le centre de notre terre, ayant forcé &amp; rompu les croûtes qui la couvrent, l'aura fait devenir Soleil ; si les Livres de Mr Descartes subsistoient dans quelque autre tourbillon, où il y eût des hommes, ne regarderoient-ils pas comme des fables tout ce qu'il dit de notre Monde ? <i>Voyage du Monde de Descartes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ABSOUDRE" />
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    <head>ABSOUDRE</head>
    <p>
    ABSOUDRE , v. act. Décharger d'une accusation, de la peine d'un crime. Remettre un crime commis. <i>J'absous, tu absout, nous absolvons, vous absolvez, ils absolvent.</i> Imparf. <i>j'absolvois.</i> Fut. <i>j'absoudrai.</i> Subj. <i>que j'absolve.</i> Part. act. <i>absolvant.</i> Part. passif, <i>absous. Absolvere. Absoudre</i> un Pénitent, lui remettre ses péchés dans le Tribunal de la Confession. Dans le doute il est plus expédient d'<i>absoudre</i> un criminel, que de condamner un innocent. Court. On l'a <i>absous</i> à pur &amp; à plein. On dit aussi dans le discours familier, en parlant d'un défunt, que Dieu <i>absolve,</i> c'est-à-dire, à qui Dieu fasse miséricorde.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ABSOUS, OUTE</head>
    <p>
    ABSOUS, OUTE . part. &amp; adj. Affranchi, ou déchargé de crime. <i>Absolutus,</i> Quand on est <i>absous</i> de la coulpe du péché, il reste encore communément à satisfaire à la peine qu'il mérite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="220" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSOUS, OUTE" />
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    <head>ABSOUS, OUTE</head>
    <p>
    Absous , se dit aussi en matière civile. Un défendeur conclut toujours à être renvoyé quitte &amp; <i>absous</i> de la demande qu'on lui a faite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="221" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSOUTE" />
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    <head>ABSOUTE</head>
    <p>
    ABSOUTE , s. f. Absolution publique &amp; solemnelle qui se donne au Peuple. <i>Absolution.</i> L'Evêque en fait la cérémonie le Jeudi Saint, ou le Mercredi au soir dans les Cathédrales. L'<i>absoute</i> se fait aussi par les Curés dans les Paroisses le jour de Pâques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="222" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="ABSTÊME" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
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    <head>ABSTÊME</head>
    <p>
    ABSTÊME , s. m. Terme dogmatique . Qui ne boit point de vin. <i>Abstemius.</i> Pline dit <i>vini abstemius,</i> L. XXII. Et Apulée a fait <i>Invinius.</i> On s'en sert en Théologie, pour parler de ceux qui dans la Communion ne pourroient prendre les espèces du vin, à cause de l'aversion naturelle qu'ils ont pour cette liqueur. Mr de Meaux s'est servi de l'éxemple des <i>abstêmes,</i> pour défendre le retranchement de la Coupe. Les Dames Romaines dans les premiers temps étoient <i>abstêmes ;</i> &amp; afin qu'on pût s'appercevoir si elles buvoient du vin, les Loix de la Civilité Romaine étoit qu'elles donnassent le baiser à leurs Parens, quand elles les abordoient. Plin. l. 22. c. 24. Aulu-Gelle l. 10. c. 22.</p><p>Ce mot est formé de la préposition <i>abs,</i> &amp; <i>tementum,</i> ancien mot, qui signifioit du vin. Cependant à l'endroit de Pline que nous avons cité, &amp; dans Horace L. 1. Ep. 12. <i>abstemius</i> semble être pris pour un homme qui s'abstient de quelque boisson, ou même de quelque mets que ce soit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="223" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSTENIR" />
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    <head>ABSTENIR</head>
    <p>
    ABSTENIR , v. n. Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Se défendre l'usage, se contenir à l'égard de quelque chose, se priver de quelque plaisir. <i>Abstinere, temperare.</i> Conjuguez, je m'<i>abstiens ;</i> je m'<i>abstenois ;</i> je m'<i>abstins</i> ; je me suis <i>abstenu ;</i> je m'<i>abstiendrai ;</i> je m'<i>abstiendrois,</i> &amp;c. Ils sentent, à chaque péché qu'ils commettent, un avertissement intérieur de s'en <i>abstenir.</i> Pasc. Il faut se garder, &amp; s'<i>abstenir</i> de se mettre en colère. Ils disoient qu'Auguste s'étoit <i>abstenu</i> de la qualité de Dictateur. Ablanc. Il faut s'<i>abstenir</i> du vin pendant la fièvre. Les Chrétiens ne s'<i>abstenoient</i> de viande pendant leurs jeûnes, que pour mortifier les sens. Du Pin. Les Juifs étoient obligés de s'<i>abstenir</i> de leurs femmes pendant certains temps. Il ne se peut <i>abstenir</i> de <pb n="29" facs="bpt6k8542165/f69/full/1200,/0/native.jpg"/>jouer, de parler. Il faut s'<i>abstenir</i> de manger des choses défendues par la Loi. S'<i>abstenir</i> de certaines expressions. Peliss. On le dit quelquefois absolument. Il est plus aisé de s'<i>abstenir</i> que de se contenir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="223" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSTENIR" />
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    <head>ABSTENIR</head>
    <p>
    Abstenir , se dit aussi en matière de récusation de Juges ; &amp; quand la Cour la trouve bien fondée, elle dit pour adoucir l'expression, que le Juge s'<i>abstiendra,</i> c'est-à-dire, de rapporter le proces, ou d'y opiner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="224" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSTINENCE" />
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    <head>ABSTINENCE</head>
    <p>
    ABSTINENCE , s. f. Vertu morale par laquelle on s'abstient de certaines choses, en vertu d'un précepte moral, ou d'une institution cerémonielle. <i>Abstinentia.</i> C'est une espèce de la tempérance, &amp; elle se confond quelquefois avec la sobriété. Le grand jeûne, dit S. Augustin, est l'<i>abstinence</i> des vices. Les Athlètes, pour se rendre plus robustes, vivoient dans une <i>abstinence</i> générale de tous les plaisirs. Dac. L'Eglise a enjoint aux Ecclésiastiques l'<i>abstinence</i> des femmes : elle a marqué aussi certains jours de jeûne, &amp; d'<i>abstinence.</i> Il se dit aussi de la simple modération dans l'usage des alimens. On fait des <i>abstinences</i> par un pur régime de vivre, comme de vin, de salines, &amp;c. La diète &amp; l'<i>abstinence</i> sont nécessaires, pour rétablir l'estomac affoibli par la débauche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="224" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSTINENCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ABSTINENCE</head>
    <p>
    Abstinence , signifie quelquefois une simple privation de manger de la chair. <i>Abstinentia carnium.</i> L'<i>abstinence</i> des viandes assaisonnée de dévotion, &amp; accompagnée de la prière, est un des moyens les plus efficaces pour avancer notre sanctification. Boss. L'Eglise ordonne simplement l'<i>abstinence</i> le jour de Saint Marc, &amp; non pas le jeûne. Les Mercredis sont des jours d'<i>abstinence,</i> chez plusieurs Religieux. Les dévots font aussi des <i>abstinences,</i> &amp; des macérations volontaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="225" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSTINENT, ENTE" />
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    <head>ABSTINENT, ENTE</head>
    <p>
    ABSTINENT, ENTE , adj. Tempérant à l'égard du boire &amp; du manger. <i>Sobrius.</i> Les Peuples du Midi sont plus <i>abstinens</i> que ceux du Septentrion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="225" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSTINENT, ENTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ABSTINENT, ENTE</head>
    <p>
    Abstinent , s. m. Nom qu'on donna à certains Hérétiques qui s'éleverent dans les Gaules &amp; en Espagne au 3e. siècle, pendant la persécution de Dioclétien &amp; de Maximien, parce qu'ils blâmoient le mariage. Les <i>Abstinens</i> étoient les mêmes que les Hiéraclites, selon Baronius ; &amp; selon d'autres c'étoient des Encratites, nom Grec qui signifie la même chose à peu-près qu'<i>Abstinent.</i> Quoi qu'il en soit, tout le monde convient que les <i>Abstinens</i> étoient une branche des Gnostiques &amp; des Manichéens. Ils faisoient aussi profession de ne point manger de viande, comme étant de soi mauvaise, &amp; ayant été créée par Satan. Voyez Philastrius <i>haer.</i> 83. Ces Hérétiques furent nommés <i>Abstinens,</i> à cause qu'ils s'abstenoient de l'usage du vin &amp; de plusieurs viandes. God.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="226" id="1" type="medecine & de chirurgie">
   <index type="head" value="ABSTÈRGER" />
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    <head>ABSTÈRGER</head>
    <p>
    ABSTÈRGER , v. Act. <i>Abstergere.</i> Ce mot vient du Latin. Terme de Médecine &amp; de Chirurgie . Purger, nettoyer une plaie, ou ulcère, c'est la nettoyer d'une quantité de pus. Cela se fait par le moyen des amers, comme l'aloës, la myrrhe, &amp; les herbes vulnéraires, qui absorbent un acide lequel ronge les fibres, &amp; tuent de petits vers qui se forment dans les ulcères, &amp; les rendent difficiles à se sécher.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="227" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSTÈRSIF, IVE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>ABSTÈRSIF, IVE</head>
    <p>
    ABSTÈRSIF, IVE , adj. Qui purge &amp; nettoie. <i>Smegmaticus, smecticus.</i> Médicament, purgation <i>abstèrsive. Smegma.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="228" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="ABSTRACT, ACTE" />
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   <index type="macro_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ABSTRACT, ACTE</head>
    <p>
    ABSTRACT, ACTE . Terme de Philosophie . Il est un peu barbare en François. Ce qu'on détache par la pensée de toute autre chose, afin d'en avoir une connoissance simple, &amp; par lui-même. <i>Species abstracta per mentem.</i> La quantité est un terme <i>abstract,</i> quand on la considère en elle-même, &amp; sans être attachée à un corps, quoiqu'elle ne puisse subsister naturellement sans lui, ni lui sans elle. La blancheur est un terme <i>abstract,</i> quand on la considère détachée d'un sujet. De la connoissance des <i>abstracts</i> on parvient à celle des concrets, qui est le terme opposé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="229" id="1" type="mathematique">
   <index type="head" value="ABSTRACTION" />
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    <head>ABSTRACTION</head>
    <p>
    ABSTRACTION , s. f. C'est une action de l'esprit, par laquelle on considère quelque partie d'un tout, sans faire attention aux autres : ou un détachement qui se fait par la pensée de tous les accidens ou circonstances qui peuvent accompagner un Être, pour le considérer mieux en lui-même. L'<i>abstraction</i> est l'action ou l'éxercice d'une faculté, ou puissance propre &amp; particulière à l'esprit de l'homme, &amp; qui distingue entièrement &amp; essentiellement son ame de celle des bêtes ; faculté qui consiste en ce que l'homme peut, en élevant ses idées au-dessus des Êtres particuliers, en faire des représentations générales du tout de la même espèce, auquel tous les Philosophes donnent le nom d'universel. <i>Actio animi speciem aliquam abstrahentis.</i> On considère par <i>abstraction,</i> lorsque dans un mobile on considère le mouvement, sans faire attention au corps mû. Si mon oeil me représente de la blancheur sur une muraille, je puis par <i>abstraction</i> considérer cette qualité de blancheur en elle-même, &amp; en faire un attribut général de plusieurs autres choses différentes, comme de la neige, du lait, &amp;c. Cette qualité, quelle qu'elle soit, considérée ainsi à part &amp; sans le concret, ou le sujet auquel elle est inhérente, est une qualité considérée par <i>abstraction.</i> Harris. Ce sont les Mathématiciens qui, qui considérant la quantité sans matière, supposent dans leur empire d'<i>abstraction</i> des indivisibles sans parties : mais il n'est pas permis aux Physiciens de faire ces sortes <i>d'abstractions,</i> ni de sortir des bornes de la matière. Bern. La Métaphysique considère aussi les Êtres par <i>abstraction,</i> &amp; c'est proprement son objet. En Arithmétique nombres <i>abstracts</i> sont ceux que l'on considère précisément comme nombre, sans les appliquer à aucun sujet. Harris. En terme de Mathématique , la Mathématique abstraite est opposée à la Mathématique mixte ; le premier terme signifiant purement la Géométrie &amp; l'Algèbre ; &amp; le second l'Optique, la Gno monique, la Navigation, &amp; les autres parties, dans lesquelles la Physique est jointe à la Mathématique. Id. Pour bien juger d'un homme, il faut faire <i>abstraction</i> de tout ce qui nous peut préoccuper, ou pour, ou contre lui. Rien n'est plus digne de compassion que ces Fanatiques, qui se font une piété à leur mode, &amp; qui, sous le prétexte d'être tous spirituels, trouvent le secret de faire des <i>abstractions,</i> &amp; des séparations, qui n'ont jamais été imaginées, que de ceux qui ont renoncé à la vie de l'esprit, pour s'abandonner à celle des sens. Abbé de la Trape.</p><p>On dit qu'un homme est dans des <i>abstractions</i> continuelles, pour dire, qu'il rêve continuellement, qu'il est appliqué à toute autre chose qu'à celle dont on parle, ou qu'il a sous les yeux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="230" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSTRAIRE" />
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    <head>ABSTRAIRE</head>
    <p>
    ABSTRAIRE , v. act. faire une abstraction, un détachement de toutes les qualités d'une chose, pour ne considérer que son essence. <i>Abstrahere. J'abstrais, tu abstrais, il abstrait ; nous abstrayons, vous abstrayez, ils abstraient.</i> Quand on raisonne en Algèbre, on <i>abstrait</i> la quantité, le nombre de toutes sortes de matières &amp; de sujets. Il y a plusieurs temps de ce verbe qui ne sont point usités, comme l'imparfait, le prétérit indéfini, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="231" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSTRAIT, AITE" />
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    <head>ABSTRAIT, AITE</head>
    <p>
    ABSTRAIT, AITE , part. &amp; adj. se dit figurément en Morale d'un esprit qui ne s'applique à rien, qui n'entre point dans la conversation ; qui se sépare &amp; s'éloigne des choses sensibles par le moyen de l'esprit : d'un homme qui détache ses regards de tous les objets qui l'environnent, pour ne s'attacher qu'à la contemplation de celui qu'il a dans la pensée. <i>Abstractus.</i> Cet homme est <i>abstrait,</i> dédaigneux, &amp; semble toujours rire en lui-même de ceux qu'il croit ne le valoir pas. La Bruy. On dit qu'un homme est <i>abstrait,</i> quand il ne répond pas à celui qui lui parle, parce qu'il songe à autre chose.</p><p>On dit encore des raisonnemens <i>abstraits,</i> pour exprimer qu'ils sont trop subtils. <i>Argumenta tenui filo diducta.</i> Ces idées sont <i>abstraites,</i> &amp; ne tombent point sous l'imagination. Malb. C'est une Philosophie <i>abstraite</i> &amp; chimérique. Port-R. pour dire, une Philosophie trop dégagée des choses sensibles, trop métaphysique &amp; trop difficile à pénétrer. On ne doit pas confondre la définition d'une idée <i>abstraite</i> &amp; arbitraire, avec la définition des choses qui éxistent réellement. Le Cl. Il est aussi subst. La rondeur est un <i>abstrait,</i> &amp; le rond est un concret.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="232" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSTRUS, USE" />
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    <head>ABSTRUS, USE</head>
    <p>
    ABSTRUS, USE , adj. qui est caché &amp; inconnu au commun du monde. <i>Abstrusus.</i> L'Algèbre, les Sections Coniques, sont des sciences, des matières fort <i>abstruses,</i> où peu de personnes peuvent pénétrer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="233" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="ABSURDE" />
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    <head>ABSURDE</head>
    <p>
    ABSURDE , adj. masc. &amp; fém. Terme de Philosophie . Ce qui choque le sens commun, qui est impertinent, incroyable, impossible. <i>Absurdus.</i> Proposition <i>absurde.</i> Quand on suppose une chose <i>absurde,</i> on en tire mille conséquences <i>absurdes.</i> Il prouve une chose <i>absurde</i> par une chose plus <i>absurde.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="234" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSURDEMENT" />
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    <head>ABSURDEMENT</head>
    <p>
    ABSURDEMENT , adv. D'une manière absurde. <i>Absurdè.</i> C'est conclure <i>absurdement,</i> que de dire, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="235" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSURDITÉ" />
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    <head>ABSURDITÉ</head>
    <p>
    ABSURDITÉ , s. f. Qui contient quelque chose d'absurde. <i>Absurdè dictum aut factum.</i> Il s'ensuivroit de grandes <i>absurdités</i> <pb n="30" facs="bpt6k8542165/f70/full/1200,/0/native.jpg"/>d'une telle supposition. La plus grande des <i>absurdités</i> est la contradiction. Quelle foi peut-on ajoûter à des gens qui proposent sérieusement d'aussi grandes <i>absurdités ?</i> Le Gend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="236" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSUS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ABSUS</head>
    <p>
    ABSUS , s. m. Herbe qui croît en Egypte à la hauteur de quelques doigts. Ses feuilles ressemblent à celles du triolet ; &amp; ses fleurs blanches, &amp; d'un jaune pâle, produisent une semence noire, renfermée dans de petites cellules. Cette déscription est tirée de P. Alpin. On doit ranger cette plante parmi les Casses, &amp; la nommer, <i>Cassia sylvestris, Aegyptiaca, tetraphyllos.</i> Bauhin l'appelle <i>loto affinis Aegyptiaca</i> Pin. 332.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="237" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABSYNTHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ABSYNTHE</head>
    <p>
    ABSYNTHE , ou ABSINTE, subst. masc. &amp; fém. selon Malherbe ; &amp; selon Vaugelas, toujours masculin. On le fait plus ordinairement féminin. L'Académie Françoise le fait féminin. Ménage veut qu'on écrive <i>apsynthe</i> par un <i>p,</i> sans doute à cause de l'étymologie. Plante médecinale. Les Botanistes anciens ne faisoient mention que de quatre espèces d'<i>absynthe</i> ; savoir, la vulgaire ou Romaine, la menue ou pontique, la marine, &amp; la santonique ; mais les Modernes en distinguent plus de trente espèces. Voyez Bauhin, Tournefort, Plukenet &amp; Barrelier. L'<i>absynthe</i> vulgaire, grande <i>absynthe,</i> ou <i>absynthe</i> Romaine, a ses racines branchues, chevelues &amp; éparpillées. De ses racines s'élèvent ordinairement plusieurs tiges, hautes de trois à quatre pieds, blanches &amp; garnies de feuilles semblables à celles de l'armoise, branchues des deux côtés. Ses fleurs naissent à l'extrémité des branches &amp; des tiges, &amp; sont disposées en épi assez long, blanchâtre, &amp; garni de petites feuilles qui soutiennent les fleurs ; chaque fleur est un bouton composé de plusieurs fleurons dorés, &amp; renfermés dans un calice écailleux. Ces fleurons sont portés sur des embryons, qui deviennent des semences menues, oblongues &amp; nues. Cette <i>absynthe</i> vulgaire est la plus en usage dans la Médecine. Plusieurs croient que c'est la barbotine qu'on appelle <i>semen sanctum</i> ; mais Mathiole dit que c'est une plante bien différente. Quelques-uns prétendent que l'<i>absynthe</i> est l'aurone femelle. L'<i>absynthe</i> menue, petite <i>absynthe,</i> ou <i>absynthe</i> pontique, est beaucoup plus basse ; ses tiges sont plus menues ; ses feuilles plus petites, plus finement découpées &amp; moins blanches. Ses fleurs ont la même structure &amp; le même arrangement que celles de la vulgaire ; mais elles sont un peu plus petites. Son amertume &amp; son odeur ne sont pas si insupportables que celles de la vulgaire. La marine se distingue de la pontique par ses feuilles plus épaisses, moins découpées, &amp; par son goût salin. A l'égard de la santonique, on a confondu sous ce nom diverses plantes. Voyez <ref type="search" target="head:BARBOTINE">BARBOTINE</ref>.</p><p>L'<i>absynthe</i> est stomacale, apéritive, fébrifuge, bonne contre les vers &amp; pour les vapeurs, les coliques, la jaunisse &amp; les pâles couleurs. On la prend en infusion dans du vin ; c'est ce qu'on appelle <i>vinum absynthites ;</i> en extrait, <i>extractum absynthii ;</i> en syrop, <i>syrupus de absynthio.</i> On l'emploie dans les fomentations &amp; dans les cataplasmes pour arrêter les progrès de la gangrène. On ne se sert que des feuilles &amp; des sommités de cette plante. Du vin d'<i>absynthe, vinum absynthites,</i> Colum. Liv. XII. Ch. XXXV... Et de l'eau d'<i>absynthe, aqua absyntithes.</i> On a aussi donné à l'<i>absynthe</i> le nom d'<i>alvine,</i> ou d'<i>alvyne.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="237" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABSYNTHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>ABSYNTHE</head>
    <p>
    Absynthe , figurément, signifie Douleur, amertume, déplaisir. <i>Dolor animi.</i> Mais je ne voudrois pas hazarder à l'employer au pluriel comme Malherbe, qui a dit, adoucir toutes nos <i>absynthes.</i></p><p>Ce mot vient d', particule privative en Grec, &amp; ; c'est-à-dire, <i>impotabile,</i> non potable. Et les Comiques Grecs la nomment en effet , parce que c'est une plante si amère, qu'on a de la peine à boire une liqueur dans laquelle elle aura trempé. Quelques-uns le font venir du Grec , <i>toucher,</i> , &amp; veulent que ce nom ait été donné à cette plante par antiphrase, parce que nul animal n'en peut goûter, ni la toucher, à cause de son amertume. Cette étymologie n'est pas vrai-semblable, &amp; il est étonnant que d'habiles gens aient pû l'hazarder ; est aspiré, &amp; <i>absynthium</i> ne l'est pas : on dit , &amp; non ; l'un a un, , &amp; l'autre un , &amp; le premier n'a pû se former du second, ni de . D'autres le font venir d', qui veut dire désagréable, <i>indelectabile,</i> &amp; qui s'est formé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , plaisir, <i>delectatio,</i> à cause de l'amertume qui rend cette plante désagréable. Cette étymologie paroît plus juste, &amp; justifie en même temps l'orthographe d'<i>absinthe</i> sans <i>y.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="238" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABUNA" />
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    <head>ABUNA</head>
    <p>
    ABUNA , ou ABOUNA, s. m. Terme Arabe qui se trouve dans les Relations, &amp; qui signifie proprement, <i>Notre Père.</i> L'on s'en sert en parlant des Religieux Chrétiens Arabes. Ainsi ils disent <i>Abouna Ephrem ;</i> c'est-à-dire, <i>Notre Père Ephrem,</i> qui est la même chose que si nous disions <i>le Père Ephrem,</i> en parlant d'un Religieux de ce nom, ou <i>Père Ephrem,</i> en parlant au même. Selon Portel, il faut dire <i>Abana,</i> , &amp; l'Interprète Arabe l'écrit ainsi Math. VI. 9. On dit cependant, <i>Abouna,</i> .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="239" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABUS" />
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    <head>ABUS</head>
    <p>
    ABUS , s. m. Dérèglement, ce qui se fait contre les règles, le bon ordre. <i>Abusus.</i> Il y avoit des <i>abus</i> dans tous les ordres de l'état, qui ont été réformés par Louïs le Grand. Les Conciles, les Ordonnances, tendent à réformer les <i>abus</i> contre la Discipline &amp; la Police. C'est le Grand Constantin, qui, en introduisant les richesses dans l'Eglise, y a introduit en même-temps les <i>abus,</i> &amp; le relâchement de la Discipline. Port-R. Ce Ministre a réformé les <i>abus</i> des Finances ; ce Président les <i>abus</i> de la Justice.</p><p>Ce mot se met quelquefois absolument pour rejetter ce qu'un autre a dit :</p><p>Vous croyez réussir par-là, <i>abus, abus</i> ; vous n'en viendrez jamais à bout.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ABUS" />
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    <head>ABUS</head>
    <p>
    Abus , signifie aussi, Mauvais usage d'une chose. On commet bien de l'<i>abus</i> dans la distribution des aumônes. Les <i>abus</i> qu'on fait de l'Ecriture ne naissent pas de la lecture innocente du Peuple. Gomber. Le Concile de Trente a défendu les <i>abus</i> qu'on fait de l'Ecriture ; c'est-à-dire, les mauvais usages, les applications qu'on en pourroit faire à des choses profanes, mauvaises, criminelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="239" id="3" type="">
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    <head>ABUS</head>
    <p>
    Abus , signifie aussi, Erreur, mécompte, tromperie. <i>Error.</i> Si vous croyez que cela soit, c'est un <i>abus ;</i> c'est-à-dire, C'est une erreur, un mécompte ; vous vous trompez. C'est un <i>abus</i> que de croire telle chose, pour dire, que c'est se tromper. C'est un <i>abus</i> que de s'imaginer de réussir dans le monde sans avoir de puissans patrons. C'est un <i>abus</i> que d'exhorter un jeune libertin à songer à la mort ; pour dire, cela est inutile, on n'y gagne rien. C'est dans ce dernier sens que Mr de la Fontaine a dit fort élégamment dans ses fables :</p><p>c'est-à-dire, que quand un Roi veut quelque chose, il faut lui obéir, quand même la chose seroit très-difficile, &amp; paroîtroit impossible. Les Mahométans vivent dans l'<i>abus,</i> ils suivent les <i>abus</i> de leur faux Prophète. Dans ce dernier exemple, il signifie tromperie, &amp; se prend activement. Il se dit plus ordinairement dans l'autre sens qui est passif. En Arithmétique, quand la preuve ne se trouve pas bonne, on connoît qu'il y a de l'<i>abus</i> dans le calcul.</p><p>Appel comme d'<i>abus. In abusu dicendi juris ad Regium superius tribunal provocatio.</i> C'est un appel qu'on interjette au Parlement, des sentences des Juges Ecclésiastiques, quand ils entreprennent sur la puissance séculière ; quand ils jugent des choses qui ne sont point de leur Jurisdiction, ou quand ils jugent contre les Saints Canons &amp; la Discipline de l'Eglise. Les appels comme d'<i>abus</i> ont été introduits autant pour s'opposer aux entreprises de la Jurisdiction Ecclésiastique sur la Jurisdiction temporelle, que pour mettre ordre aux attentats de la Cour de Rome sur les libertés de l'Eglise Gallicane. Il est certain en effet que l'entreprise des Evêques alla si loin, qu'ils se rendirent les maîtres de toutes les affaires civiles sous des prétextes de piété, &amp; qu'ils dépouillerent presqu'entièrement la Jurisdiction séculière. On ne peut point déterminer tous les cas où l'on peut appeller comme d'<i>abus,</i> parce qu'on ne peut pas limiter toutes les contraventions dont les Ecclésiastiques sont capables pour relever leur autorité. Bouchel. L'<i>abus</i> ne se couvre point par quelque sentence, par quelque possession, ou prescription que ce soit. Quand l'Official juge du possessoire des dîmes inféodées, du possessoire des Bénéfices, <pb n="31" facs="bpt6k8542165/f71/full/1200,/0/native.jpg"/>il y a <i>abus.</i> On appelle comme d'<i>abus,</i> des unions des Bénéfices, des Réscrits de Cour de Rome, des fulminations des Bulles d'excommunication, quand elles sont contre les loix de l'Eglise reçues en France. Alors la Cour prononce qu'il y a <i>abus.</i> Quelquefois l'on convertit l'appel comme d'<i>abus</i> en appel comme de grief. L'appel comme d'<i>abus</i> a commencé d'être en usage du temps de Philippe de Valois, lorsque Pierre de Cugnières son Avocat Général se plaignit des entreprises que faisoient les Ecclésiastiques sur les personnes &amp; la Justice séculières. Au lieu d'appeller des usurpations, des entreprises du Juge Episcopal, on se servit du terme d'<i>abus,</i> comme le moins dur, pour exprimer qu'il abusoit de son autorité. Pour se venger de Pierre de Cugnières, les Chanoines de Notre-Dame firent mettre au côté du Choeur un petit marmot, que par dérision ils appellerent Pierre de Cugnet. Le Clergé étoit alors si redoutable, que les Laiques n'eurent pas tout-d'un-coup la hardiesse de reprendre leurs droits. Enfin, François Premier, par son Ordonnance de 1539. sappa les fondemens de la Jurisdiction Ecclésiastique, &amp; le remède des appels comme d'<i>abus</i> a été si fréquemment mis en usage, que la puissance Royale se trouve rétablie dans tout son lustre, &amp; remise en possession de toute son autorité. Voyez Pasquier dans ses Recherches Liv. 3. C. 33. Févret Avocat de Dijon a fait un fort beau volume de l'appel comme d'<i>abus.</i> Les appellations comme d'<i>abus</i> ne se relèvent qu'au Parlement, &amp; ne se plaident qu'à la Grand'Chambre : suivant l'Edit de 1606. &amp; 1610. les Appels comme d'<i>abus</i> devroient être scellés au Grand Sceau ; mais en conséquence d'un renvoi de Mr le Chancelier le Tellier en 1678. on les prend au petit Sceau, en y attachant une consultation de trois Avocats. On appelle comme d'<i>abus</i> de l'exécution du Rescrit du Pape, &amp; non du Rescrit même, pour ne blâmer que l'Impétrant ; mais on appelle comme d'<i>abus</i> de l'octroi d'un Evêque, ou de la sentence d'un Official.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="240" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABUSER" />
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    <head>ABUSER</head>
    <p>
    ABUSER , v. n. Faire un mauvais usage de quelque chose. <i>Abuti.</i> Il ne faut pas <i>abuser</i> des Sacremens ; <i>abuser</i> de la bonté de Dieu. Il n'y a rien de si Saint, dont la malice des hommes ne puisse <i>abuser.</i> Port-R. Alexandre tua Clitus qui avoit <i>abusé</i> de sa patience. Vaug. Que seroit-ce que justice &amp; piété, que des noms vains dont on <i>abuse,</i> si après cette vie il n'y a plus rien à espérer ? Gomber. Ce Magistrat <i>abuse</i> de sa charge, de son pouvoir, de son autorité, quand il en use pour ses intérêts particuliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="240" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABUSER" />
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    <head>ABUSER</head>
    <p>
    Abuser , signifie encore, interpréter mal la pensée de quelqu'un, &amp; y donner un mauvais sens. Vous <i>abusez</i> de quelques paroles ambiguës qui sont dans ses lettres. Pasc. Les Hérétiques <i>abusent</i> de l'Ecriture, ils en corrompent le sens. <i>Abuser</i> de l'Ecriture, c'est aussi en faire de mauvaises applications.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="240" id="3" type="">
   <index type="head" value="ABUSER" />
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    <head>ABUSER</head>
    <p>
    Abuser , act. signifie aussi, Tromper, séduire. <i>Fallere, decipere.</i> Les faux prophètes, les Charlatans, <i>abusent</i> les Peuples. Les meilleurs Arithméticiens s'<i>abusent</i> quelquefois en leur calcul. Notre amour propre nous <i>abuse,</i> nous fait suivre nos passions, qui nous <i>abusent,</i> qui nous trompent. J'ai pris cet Auteur pour un autre : je me suis <i>abusé</i> en le citant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="240" id="4" type="">
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    <head>ABUSER</head>
    <p>
    Abuser , signifie plus particulièrement, Suborner une femme, corrompre une fille, lui arracher les dernières faveurs. <i>Vitiare, comprimere.</i> Il faut être bien malhonnête pour <i>abuser</i> de la femme de son ami, pour <i>abuser</i> de la fille de son hôte. Etoit-il juste d'emprunter mon nom, &amp; ma ressemblance pour <i>abuser</i> de ma Maîtresse. Ablanc. On s'en sert aussi dans un cas plus odieux. On dit que Néron avoit <i>abusé</i> plusieurs fois de Britannicus. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="240" id="5" type="">
   <index type="head" value="ABUSER" />
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    <head>ABUSER</head>
    <p>
    Abusé, ée , part. &amp; adj. <i>Falsus, deceptus, corruptus, vitiatus, compressus tus, compressus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="241" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABUSEUR" />
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    <head>ABUSEUR</head>
    <p>
    ABUSEUR , s. m. Qui abuse, qui séduit, qui trompe. <i>Deceptor, veterator.</i> Mahomet a été un grand <i>abuseur</i> de Peuples.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="242" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ABUSIF, IVE" />
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    <head>ABUSIF, IVE</head>
    <p>
    ABUSIF, IVE , adj. Où il y a de l'<i>abus. Errori obnoxius.</i> Une union de Bénéfice sans cause véritable &amp; importante est <i>abusive.</i> Un jugement d'Official contre un Laique, &amp; pour cause profane, est <i>abusif.</i> En termes de Grammaire , prendre un mot dans un sens <i>abusif,</i> c'est le placer mal ; c'est en faire une mauvaise application ; c'est le prendre improprement, <i>impropriè, contra usum &amp; loquendi consuetudinem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="243" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABUSIVEMENT" />
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    <head>ABUSIVEMENT</head>
    <p>
    ABUSIVEMENT , adv. D'une manière abusive. <i>Per abusionem.</i> La Cour en infirmant les sentences des Juges de l'Eglise, prononce : Mal, nullement, &amp; <i>abusivement</i> jugé. Il y a plusieurs mots de la Langue qu'on prend quelquefois <i>abusivement,</i> qu'on dit improprement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="244" id="1" type="joueurs de quilles">
   <index type="head" value="ABUTER" />
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   <index type="macro_domain" value="Jeu" />
   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>ABUTER</head>
    <p>
    ABUTER , v. n. Terme de Joueurs de quilles . Ayant mis une boule à 20. ou 30. ou 40. pas du quillier, c'est tirer à qui jouera le premier, en jettant chacun une quille vers la boule, ensorte que celui dont la quille est la plus proche de la boule, ait l'avantage de jouer le premier. <i>Sortiri, experiri quis prior ludat.</i> On <i>abute</i> avant que de jouer aux quilles. On a <i>abuté,</i> &amp; je suis le premier.</p><p>Ce mot est formé de la préposition Françoise <i>à,</i> qui dans la composition se met souvent pour la préposition Latine <i>ad,</i> &amp; a sa signification, &amp; du mot François <i>but,</i> tirer au <i>but.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="245" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABUTILLON" />
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    <head>ABUTILLON</head>
    <p>
    ABUTILLON , s. m. ou guimauve de Théophraste, sub. f. <i>Abutilon.</i> Plante annuelle qui s'élève depuis deux pieds jusqu'à cinq. Ses tiges sont droites, rondes, revêtues de duvet, branchues &amp; garnies de feuilles drapées, blanchâtres, taillées en forme de coeur, semblables par leur figure à celle du tilleul ; mais bien plus grandes, &amp; portées sur des pédicules qui ont quelquefois plus de demi pied de longueur. Ses fleurs sont semblables à celles de la guimauve ordinaire, mais elles sont jaunes. Son fruit est une tête applatie ordinairement par dessus, canelée &amp; composée de plusieurs graines membraneuses, assemblées autour d'un poinçon. Chaque graine en s'entr'ouvrant laisse tomber des semences taillées en forme de rein. Ces semences sont adoucissantes, &amp; recommandées pour la gravelle. L'écorce des tiges sert aux Isles d'Amérique pour faire des cordages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="246" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABYDE" />
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    <head>ABYDE</head>
    <p>
    ABYDE , ou ABYDOS. s. m. <i>Abydus.</i> mas. &amp; f. &amp; <i>Abydon</i> neutr. Nom d'une Ville maritime de Phrygie, vis-à-vis de Sestos, dont elle n'est éloignée que de sept stades ; c'est-à-dire, d'environ une bonne demi-lieue. Si l'on en croit Virgile, on y pêchoit des huîtres. 1. <i>Georg.</i> v. 207. C'étoit la Patrie de Léandre. Les Habitans d'<i>Abydos</i> étoient mols &amp; efféminés. On disoit proverbialement : <i>Ne touchez pas sans précaution à Abydos,</i> pour signifier, qu'il faut éviter la compagnie des gens débauchés.</p><p>On disoit encore en proverbe, <i>un banquet d'Abyde,</i> pour marquer un festin facheux, parce que c'étoit une coutume parmi les Habitans d'<i>Abydos,</i> de porter leurs enfans autour de la table, quand ils faisoient un festin, afin qu'on les baisât. <i>Abydos</i> a eu un Evêque suffragant de l'Archevêque de Lampsaque. <i>Abydos</i> &amp; Sestos sont aujourd'hui ce que nous appellons les Dardanelles dans le détroit de Gallipoli. On l'appelle encore aujourd'hui <i>Avido</i> &amp; <i>Aveo.</i> Mais Monsieur Wéler assure qu'on ne voit point de marque d'antiquité près de ce Château, &amp; que les ruines d'<i>Abyde</i> se trouvent à une lieue de-là du côté du Nord, où est effectivement l'endroit le plus resserré du Détroit ; &amp; il juge, avec quelques Auteurs, que le vieux Chateau de Natolie est bâti sur les ruines de l'ancien <i>Dardanum,</i> ou <i>Dardana,</i> d'où est venu le nom de Dardanelles, que porte ce Château, conjointement avec celui de Romanie, qui lui répond. Maty. &amp; M. Corneille, disent <i>Abydos</i> &amp; <i>Abyde ;</i> d'autres disent seulement <i>Abydos.</i> Xerxès fit un pont sur l'Hellespont qui joignoit <i>Abydos</i> &amp; Sestos.</p><p>Il y avoit encore une Ville de ce nom en Egypte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="247" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABYLA" />
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    <head>ABYLA</head>
    <p>
    ABYLA , s. f. <i>Abyla, ae.</i> Nom de Montagne &amp; de Ville. <i>Abyla</i> étoit dans le détroit de Gibraltar sur la Côte de Mauritanie. C'étoit une des Colonnes d'Hercule, &amp; Calpe l'autre, sur la Côte d'Espagne. Quelques-uns ont cru qu'<i>Abyla</i> Ville, étoit <i>Alcudia,</i> &amp; qu'<i>Abyla</i> Montagne, étoit celle que les Espagnols nomment aujourd'hui <i>Sierra de la Ximera.</i> <pb n="32" facs="bpt6k8542165/f72/full/1200,/0/native.jpg"/>D'autres plus vrai-semblablement veulent qu'<i>Abyla</i> Ville, soit Ceuta, <i>Septa,</i> Evêché dépendant de l'Archevêque d'Evora, &amp; que la Montagne de même nom, soit une haute Montagne proche de Ceuta, que nos François appellent le mont des Singes, &amp; les Hollandois <i>Scheminckellerg.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="247" id="2" type="">
   <index type="head" value="ABYLA" />
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    <head>ABYLA</head>
    <p>
    Abyla est aussi le nom d'une Ville de la Coelésyrie, qui donnoit son nom à une petite Contrée dont elle étoit Capitale. Cette Ville s'appelloit aussi <i>Abyla</i> de Lysanias. La contrée d'<i>Abyla</i> étoit enfermée de l'Antiliban au couchant &amp; au midi, du fleuve Abana du côté de l'Orient, &amp; elle avoit au Nord la Chalcide. Il en est parlé en S. Luc C. 3. v. 1. où il est dit que Lysanias étoit Tétrarque de la Contrée d'<i>Abyla,</i> ainsi qu'a traduit le P. Bouhours. Monsieur Simon a mis le Pays d'<i>Abyla.</i> Le Port-Royal a mis <i>Abylène.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="248" id="1" type="">
   <index type="head" value="ABYME" />
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    <head>ABYME</head>
    <p>
    ABYME , s. m. Gouffre profond où on se perd, d'où on ne peut sortir. <i>Gurges, vorago.</i> Il y a d'horribles <i>abymes</i> dans ces Montagnes, dans ces Mers. L'Océan étoit jaloux de voir fonder ses <i>abymes.</i> Ablanc.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie la même chose, &amp; qui est formé de l' privatif, &amp; de , <i>entrer, pénétrer,</i> en changeant le en ; ou plutôt de , d'où est venu . De sorte qu' signifie ce que l'on ne peut pénétrer, ce qui n'a point de fond. Dans l'Ecriture il se prend pour les eaux que Dieu créa au commencement avec la terre, &amp; qui l'environnoient de toutes parts, dont il est dit, <i>Gen.</i> 1. 2. Les ténèbres étoient sur la surface de l'<i>abyme.</i> Il se prend encore pour les cavernes immenses de la terre, où Dieu rassembla toutes ces eaux le troisième jour, &amp; que Moise appelle le <i>grand abyme.</i> Gen. VII. 11. C'est encore en ce sens que ce mot est pris en beaucoup d'autres endroits, comme <i>Job</i> XVIII. 14. XXXVIII. 16. <i>Psalm.</i> XXXIII. 7. &amp;c. Le Docteur Woodward, savant Anglois, dans son Histoire naturelle de la terre, prétend qu'une partie des eaux est enfermée dans les entrailles de la terre, &amp; qu'elles forment un grand globe dans son centre ; que sur la surface de ces eaux est étendue une couche de la terre ; que c'est-là ce que Moise a appellé le grand <i>abyme.</i> Et il prouve ce système par un grand nombre d'observations. Il dit que ces eaux de l'<i>abyme,</i> ont communication avec celles de l'Océan, par des canaux qui aboutissent au fond de la Mer. Il suppose que ces eaux de l'<i>abyme,</i> &amp; celles de l'Océan, ont un centre commun, autour duquel elles sont placées ; que cependant la surface de l'<i>abyme</i> n'est point de niveau avec celle de l'Océan, ni en égale distance de leur centre commun, parce que celles de l'<i>abyme</i> sont la plupart pressées par la terre, qui les arrête &amp; qui pèse dessus ; mais que par-tout où cette couche de terre qui les enveloppe est percée, ou poreuse, ces eaux y pénètrent, y montent, &amp; remplissent toutes ces fentes, qui leur donnent issue, tous les vuides, tous les pores de la terre, de la pierre, &amp; de toutes les autres matières qui sont autour du globe de la terre, jusqu'à ce qu'elles soient arrivées au niveau de l'Océan.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYME</head>
    <p>
    Abyme , se dit figurément en Morale des choses immenses, &amp; infinies, où l'esprit humain se perd quand il raisonne. La Physique est un <i>abyme ;</i> on ne peut pénétrer dans les secrets de la Nature. Les jugemens de Dieu, les mystères de la Religion, sont des <i>abymes</i> dont on ne peut sonder la profondeur. Il a été précipité du faîte de la gloire dans l'<i>abyme</i> du néant. Ablanc. Le passé est un <i>abyme</i> qui engloutit toutes choses, &amp; l'avenir est un autre <i>abyme</i> impénétrable. Nicol.</p><p>Il signifie encore, Un fond immense, une abondance extraordinaire. Par son imprudence il s'est plongé dans un <i>abyme</i> de malheurs. Cet homme est un <i>abyme</i> de science. Le coeur d'un avare est un <i>abyme</i> que les torrens &amp; les fleuves ne sauroient remplir. S. Evr. Nous avons besoin de profonds efforts, pour nous retirer de l'<i>abyme</i> de misère où le péché nous a plongés. Port-Royal. On dit aussi, C'est un <i>abyme</i> de maux, de souffrances, de malheurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYME</head>
    <p>
    Abyme , se dit absolument des enfers. La rébellion des Anges les fit précipiter dans l'<i>abyme.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYME</head>
    <p>
    Abyme , se dit aussi des choses qui demandent, &amp; qui consument des sommes excessives, dont on ne peut juger avec certitude. On ne peut certainement régler la dépense de la Marine, c'est un <i>abyme.</i> La dépense de cette maison est excessive, c'est un <i>abyme,</i> On dit en proverbe, qu'un <i>abyme</i> attire l'autre, quand d'un mal on tombe en un plus grand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="248" id="5" type="blason">
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    <head>ABYME</head>
    <p>
    Abyme , Terme de Blason . C'est le centre, ou le milieu de l'Ecu, en sorte que la pièce qu'on y mot ne touche &amp; ne charge aucune autre pièce. <i>Scuti centrum, scuti pars media,</i> ou <i>partium aliquot scuti medium.</i> Ainsi on dit d'un petit Ecu qui est au milieu d'un grand, qu'il est mis en <i>abyme.</i> Et tout autant de fois qu'on commence par toute autre figure que par celle du milieu, on dit que celle qui est au milieu est en <i>abyme,</i> comme si on vouloit dire, que les autres grandes pièces étant élevées en relièf, celle-là paroît petite, &amp; comme cachee &amp; abymée. Il porte trois besans d'or avec une fleur de lis en <i>abyme.</i> Ainsi ce terme ne signifie pas simplement le milieu de l'Ecu : car il est relatif, &amp; suppose d'autres pièces, au milieu desquelles une plus petite est abymée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYME</head>
    <p>
    Abyme , est aussi un Vaisseau fait en prisme triangulaire renversé, qui sert aux Chandeliers à fondre leur suif, &amp; à faire leur chandelle, en y trempant plusieurs fois leur mèche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYMER</head>
    <p>
    ABYMER , v. act. Jetter dans un <i>abyme,</i> y tomber, se perdre, se noyer. <i>Mergere, demergere.</i> Les Ouragans <i>abyment</i> les Vaisseaux. Ce terrein s'est <i>abymé,</i> il y avoit dessous une carrière. <i>Subsidere, sidere.</i> Il est quelquefois neutre. Cette Ville <i>abymera</i> un jour à cause des abominations qui s'y commettent. Alors il signifie, Périr, tomber dans un <i>Abyme. Hauriri, absorberi.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYMER</head>
    <p>
    Abymer , se dit figurément en Morale, pour dire, perdre, ruiner entièrement. <i>Evertere, pessumdare.</i> Les gros intérêts ont <i>abymé</i> ce Marchand. Ce chicaneur a <i>abymé</i> sa Partie, il l'a ruinée de fond en comble. Il a <i>abymé</i> cet homme-là. Il se dit plus ordinairement avec le pronom personnel, &amp; plus au figuré qu'au propre. En ce cas il marque un grand excès. C'est un voluptueux qui s'<i>abyme</i> dans les plaisirs. Acad. Fr. c'est-à-dire, qui y est entièrement occupé, &amp; qui s'y abandonne sans aucune réserve. On dit, Il est <i>abymé</i> dans la douleur. Port-R. parce qu'il en est tout rempli &amp; tout pénétré. C'est un contemplatif qui s'<i>abyme,</i> parce qu'il s'applique profondément à la contemplation, soit dans la prière, soit dans l'étude. Il signifie encore, se jetter dans quelque embarras fâcheux, s'engager dans une affaire malheureuse. On dit aussi s'<i>abymer</i> devant Dieu ; pour dire, s'humilier profondément, reconnoître son néant devant lui, <i>deprimere se, minuere.</i> On dit, en matière de dispute &amp; de raisonnement, Ce Docteur a été <i>abymé</i> par son adversaire, qui l'a réduit à ne rien répondre. On dit encore, C'est un homme <i>abymé,</i> pour dire, c'est un homme perdu de crédit, de réputation, de biens, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYMER</head>
    <p>
    Abymé, ée , part. <i>Demersus.</i> Il y a eu plusieurs Villes <i>abymées</i> par les tremblemens de terre. Un Joueur, un Marchand, un Plaideur ; en général, un homme <i>abymé,</i> est celui qui a perdu tout son fonds, qui est sans ressource. <i>Bonis eversus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ABYSSIN</head>
    <p>
    ABYSSIN , ou plutôt, <i>Abassin,</i> ou <i>Hhabassin,</i> comme prononcent les Arabes, qui appellent un Abyssin , <i>Hhabasch,</i> ou , <i>Hhabaschi,</i> &amp; le Pays qu'ils habitent , <i>Hhabaschath.</i> Ainsi ce nom ne vient point de la Côte d'Aben, qui est la Côte occidentale de la Mer Rouge, le long de laquelle ils habitent ; ou si c'est le même nom, ce sont ces Peuples qui ont donné ce nom à cette Côte, au lieu de l'avoir pris d'elle.</p><p>Les principaux Auteurs sur les <i>Abyssins</i> sont Jean Léon &amp; Marmol, <i>Déscription de l'Afrique.</i> Franc. Alvarez, Balthazar Tellez, d'Almeida Jesuit. <i>Hist. de la haute Eth.</i>Ludolf. L'Hist. de la Comp. de Jes. T. 1. L. 15. T. 11. L. 1. T. IV. L. 5. tom. v. L. XXII. Louis de Urreta Dominicain, <i>Hist. de l'Ethiopie</i> en Espagnol. Marmol, L. XC. 23. <i>Joan. Nicol.</i> Pechlin a fait un Livre <i>De habitu &amp; colore Aethiopum,</i> imprimé à Francfort en 1684. Le P. Ureta, Dominicain, rapporte d'autres étymologies dans son <i>Histoire d'Ethiopie,</i> p. 3. Strabon dit, L. XVII. qu'<i>Abassie</i> signifie en Egyptien, un Pays inhabitable entouré de déserts &amp; de Montagnes impraticables, de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , qui vient de , je vais ; comme qui diroit un Pays où l'on ne peut aller ni pénétrer. D'autres disent qu'<i>Abassie</i> signifie une terre puissante, abondante en hommes, en fruits de la terre, en mines &amp; en richesses. Mais cet Auteur rejette avec raison ces opinions, &amp; s'en tient à celle que nous avons rapportée d'abord. Ce sont les Peuples de l'Ethiopie, qui est aujourd'hui nommée <i>Abassie.</i> Ce sont les Arabes qui leur <pb n="33" facs="bpt6k8542165/f73/full/1200,/0/native.jpg"/>ont donné ce nom, que les <i>Abyssins</i> ont rejetté long-temps comme injurieux, &amp; qu'ils ne prennent point encore dans leurs Livres, parce qu'en Arabe il signifie un mélange, un assemblage de plusieurs Nations. Ils s'appellent Ethiopiens, <i>Itiopiavian,</i> &amp; leur Pays <i>Mangesta-Itiopia,</i> Royaume d'Ethiopie, ou d'un nom plus particulier encore, <i>Geez,</i> ou <i>Beera Agazi, Pays de liberté,</i> ou <i>Medera Agazian, la terre des Libres,</i> ou <i>des Francs ;</i> car ils se donnent le nom de <i>Agasi, Libre, Franc,</i> &amp; au pluriel <i>Agasian, Libres, Francs,</i> ou bien Gens qui ont décampé, qui sont venus d'un endroit éloigné, de sorte qu'ils s'appellent ainsi, ou pour se vanter d'être libres, ou pour marquer qu'ils ont passé de l'Arabie heureuse, où est l'ancienne Ethiopie, dans les Pays qu'ils occupent, &amp; dans lequel ils passerent pendant la servitude des Israelites en Egypte, si l'on en croit Eusèbe, ou vers le temps de Josué &amp; des Juges, selon Syncellus, p. 151. Ludolf croit que ce sont les Homérites, ou Sabéens, appellés autrement par les Grecs Axumites, ou pour le moins une Colonie de ces Peuples qui passa la mer Rouge, &amp; vint s'établir dans l'Afrique. Etienne le Géographe appelle <i>Abesins,</i> , un Peuple de l'Arabie ; &amp; son Commentateur croit que c'est le Peuple qui a passé en Afrique. Si cela est, ce nom est très-ancien ; &amp; ne leur a pas été donné à cause de leur passage. Les <i>Abyssins</i> sont Mores, olivâtres, ou noirs, selon les diverses Provinces qu'ils habitent. Maty.</p><p>Les <i>Abyssins</i> pour le temporel sont gouvernés par un Prince qu'ils appellent <i>Negus ;</i> titre qui répond à celui de Roi, &amp; qui peut paroître avec probabilité très-ancien, puisque nous trouvons dans l'Ecriture un Roi d'Egypte nommé Pharaon <i>Necao,</i> &amp; dans Herodote <i>Necus.</i> Linschot dit qu'il se nomme aussi <i>Belgian,</i> que <i>Bel</i> signifie très-haut &amp; très-parfait ; <i>Gian,</i> Prince ou Seigneur ; que le nom de David est un surnom, tel que celui de César, que les Empereurs Romains portent ; &amp; que les Ethiopiens le nomment <i>Talac,</i> ou <i>Avia Negous.</i> Il se dit être de la Tribu de Juda, &amp; s'appelle fils de David &amp; de Salomon, dont ils prétendent que la Reine de Saba eut un Fils duquel ils descendent, si l'on veut en croire leurs fables. Ils prétendent encore avoir été convertis à la Foi Chrétienne par l'Eunuque de la Reine Candace, baptizé par saint Philippe, <i>Act. viij.</i> 27. Pour le spirituel ils sont gouvernés par un Evêque, ou Métropolitain, que leur envoie le Patriarche Cophte d'Alexandrie, qui réside au Caire, de sorte qu'ils suivent en toutes choses la Religion des Cophtes, à la réserve de quelques cérémonies qui leur sont particulières. Le Canon 42. du Concile de Nicée, dans la Collection Arabe &amp; Ethiopienne, dit en termes formels, <i>qu'il est défendu aux Abyssins de se faire un Métropolitain de leurs Savans ou Docteurs, à leur façon &amp; selon leur bon plaisir, parce que leur Métropolitain dépend du Patriarche d'Alexandrie, auquel il appartient de leur donner un Catholique, ou Métropolitain.</i> Le P. Vanslèbe, qui a rapporté ce Canon dans son <i>Histoire de l'Eglise d'Alexandrie,</i> Chap. 9. a remarqué en même temps qu'en 1670. les <i>Abyssins</i> comptoient cent seize Métropolitains, qu'ils ont reçus des Patriarches d'Alexandrie, depuis Frumentius leur premier Evêque, qui leur fut envoyé par S. Athanase.</p><p>Ces Peuples ont témoigné en plusieurs rencontres vouloir se réunir avec l'Eglise Romaine. David, qui prend la qualité d'Empereur de la grande &amp; haute Ethiopie, &amp; de quelques autres Royaumes, écrivit à Clément VII. une lettre pleine de soumission ; mais il est constant que les Ethiopiens, ou <i>Abyssins,</i> n'ont eu recours à Rome &amp; aux Portugais, que lorsque leurs affaires ont été en désordre, comme on le voit dans les Histoires des Portugais. Jean Bermudes fut fait Patriarche d'Ethiopie, &amp; consacré à Rome à la sollicitation des <i>Abyssins.</i> Ils feignirent même de ne vouloir plus avoir d'autres Métropolitains à l'avenir, que ceux qui leur seroient envoyés de Rome. Mais aussi-tôt que leurs affaires furent en meilleur état, ils rejetterent ces sortes de Patriarches, &amp; envoyerent au Caire pour avoir un Métropolitain de la main du Patriarche des Cophtes.</p><p>Alexis Menesès de l'Ordre de Saint Augustin, ayant été fait Archevêque de Goa prit la qualité de Primat de l'Orient, &amp; en cette qualité de Primat des Indes, il prétendit étendre sa jurisdiction jusques dans l'Ethiopie : il y envoya des Missionnaires avec des lettres pour les Portugais qui étoient en ce Pays-là, &amp; il écrivit en même-temps au Métropolitain des <i>Abyssins.</i> L'Histoire de ce que Menesès a fait dans les Indes pour la Religion a été imprimée à Bruxelles en 1609. &amp; elle mérite d'être lûe.</p><p>Cet Archevêque &amp; plusieurs autres Missionnaires se font trompés, quand ils ont accusé les Ethiopiens de judaiser, parce qu'il y en a plusieurs parmi-eux qui se font circoncire. La Circoncision des Ethiopiens est fort différente de celle des Juifs, qui la regardent comme un précepte, au lieu que les premiers ne la considèrent que comme une coutume qui n'appartient point à la Religion, comme le témoigne Claude, Roi d'Ethiopie, dans sa Confession.</p><p>L'on circoncit même parmi-eux les filles, en coupant une certaine superfluité qu'ils croient nuire à la conception. Voyez Urreta Dominicain, <i>Histoire d'Ethiopie,</i> L. 11. Ch. 6. Les Cophtes observent la même chose. Il y a bien de l'apparence que cet usage de la Circoncision, qui est fort ancien chez ces Peuples, n'y a été introduit, que pour rendre les parties qu'on circoncit plus propres à la génération. Marmol assure néanmoins qu'ils observent la Circoncision comme un Sacrement, &amp; qu'elle se fait le huitième jour dans le logis, &amp; par un Prêtre ; ce qui a bien plus l'air d'une cérémonie de Religion, que d'une simple opération de Chirurgie.</p><p>Leur Canon des Saintes Ecritures est tout semblable au nôtre, &amp; l'on y voit Tobie, Judith, Esther, le Livre de la Sagesse, l'Ecclésiastique, Baruch, &amp; les deux Livres des Machabées. Ils honorent &amp; prient les Saints ; ils prient pour les morts, Ludolf lui-même l'a remarqué, L. III. Ch. 6. ils croient la présence réelle, &amp;c.</p><p>Les Ethiopiens ont une langue particulière, qu'ils nomment Chaldéenne, parce qu'ils croient qu'elle tire son origine de la Chaldée. Quoiqu'elle soit différente du Chaldéen ordinaire, elle a cependant beaucoup de rapport à cette Langue, aussi-bien qu'à la Langue Arabique, &amp; il semble qu'elle en soit formée. On l'appelle Langue Ethiopienne ; mais elle n'est pas la même que l'Ethiopien d'aujourd'hui. Leurs Liturgies &amp; leurs autres Offices divins sont écrits en cet ancien Ethiopien que le Peuple n'entend plus. Cette Langue a des caractères particuliers, &amp; elle n'a pas de points voyelles séparés des consonnes, comme il y en a dans l'Hébreu &amp; dans les autres Langues Orientales ; mais elles sont attachées aux consonnes mêmes, ensorte que dans l'Ethiopien il n'y a point de consonne qui ne porte avec elle sa voyelle, &amp; ne fasse une syllabe. Voyez <i>de Moni, Histoire de la Créance &amp; des Coutumes des Nations du Levant, chap. XI.</i> On peut voir aussi l'Histoire Ethiopique faite en Latin par Mr Job Ludolf, dont nous avons aussi la Grammaire, le Dictionnaire &amp; le Pseautier Ethiopique. Jamais Européen n'a si bien entendu cette Langue que lui, &amp; n'a eu plus de zèle pour la faire connoître en Europe.</p><p>Les <i>Abyssins</i> servent toujours parmi leurs mets trois plats, dans l'un desquels il y a des poires coupées en forme de croix, dans l'autre des cendres, &amp; dans le troisième du feu. Ce sont des mets pour l'esprit, &amp; destinés à les faire souvenir de la Passion du Sauveur, de la mort, &amp; de l'enfer. Leurs Pretres portent toujours une croix à la main. Maty. Les <i>Abyssins</i> ne fortifient point de Places. Ils ne mettent, disent-ils, la force d'un Pays que dans les bras &amp; les armes des Combattans, &amp; non-pas dans des pierres &amp; des murailles Voyez Ablancourt, traduction de Marmol, L. I. de l'Afrique, C. 20. &amp; L. X. C. 23. Les <i>Abyssins</i> ne mangent point de cochon, ni de sang, ou d'animaux suffoqués, ni le nerf du jarret, que les Juifs appellent le nerf defendu. <i>Ludolf, L.</i> III. <i>C.</i> 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="250" id="2" type="">
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    <head>ABYSSIN</head>
    <p>
    Abyssin, ine , adj. <i>Abyssinus.</i> L'Eglise Romaine, la Grecque, ou l'<i>Abyssine.</i> Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="251" id="1" type="">
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    <head>ABYSSINIE</head>
    <p>
    ABYSSINIE , s. f. <i>Abassia, Abyssinia, Aethiopia superior,</i> ou <i>interior.</i> Grand Pays dans la partie méridionale de l'Afrique au-dessous de l'Egypte, connu des Anciens sous le nom d'Ethiopie ; &amp; dans des siècles plus voisins du nôtre, sous le nom d'Inde moyenne. On le renserme aujourd'hui entre le 62. degré 50. minutes, &amp; le 73e. d. 40. min. de longitude, &amp; entre le 7. &amp; le 16. degré 9. min. de latitude septentrionale. On comptoit autrefois dans l'Empire d'<i>Abyssinie</i> 36. Royaumes, &amp; 14. Provinces principales. Mais en 1537. les Galles, Peuples situés au midi de l'<i>Abyssinie,</i> en conquirent plusieurs Provinces. Ce Pays est arrosé de trois grandes Rivières principales ; le Nil, qui y prend sa source, le Tagaze, ou Tekaze, &amp; le Maleg. Ces Fleuves le rendent <pb n="34" facs="bpt6k8542165/f74/full/1200,/0/native.jpg"/>très-fertile dans les endroits où ils coulent : ailleurs ce ne sont souvent que des rochers &amp; cavernes affreuses. Il y paroît souvent des sauterelles en si grand nombre, qu'elles obscurcissent l'air, &amp; ravagent toutes les campagnes où elles s'arrêtent. Il n'y a point de Villes considérables dans l'<i>Abyssinie</i> ; mais les Provinces fertiles sont toutes semées de Villages fort près les uns des autres. Voyez Ablancourt traduction de Marmol, L. I. C. 20.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="252" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACABIT" />
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    <head>ACABIT</head>
    <p>
    ACABIT , s. m. Bonne ou mauvaise qualité d'une chose. <i>Natura, genus.</i> Les Rôtisseurs s'en servent en parlant de leurs viandes. On le dit particulièrement des fruits &amp; des légumes, selon qu'ils sont de bonne nature, de bon plan, &amp; de bon terroir. Des poires d'un bon <i>acabit ;</i> ce qui veut dire proprement qu'elles sont d'un bon débit. Quelques-uns le disent aussi des viandes &amp; des étoffes. Ménage dit que le Peuple a dit d'un bon <i>acabit ;</i> pour dire, d'un bon achat. Boursaut a dit <i>acabie.</i> On le dit quelquefois des personnes par métaphore.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="253" id="1" type="">
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    <head>ACABLEMENT, ACABLER</head>
    <p>
    ACABLEMENT, ACABLER . Voyez ACCABLEMENT, ACCABLER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="254" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACACALIS" />
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    <head>ACACALIS</head>
    <p>
    ACACALIS , s. m. C'est le fruit d'un arbrisseau qui croît en Egypte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="255" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACACE" />
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    <head>ACACE</head>
    <p>
    ACACE , s. m. <i>Acacius.</i> Nom d'homme qui est originairement Grec, &amp; vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>malice,</i> comme qui diroit <i>sans malice.</i> Plusieurs personnages fameux ont porté ce nom, parmi lesquels il en est qui ont bien fait du mal à l'Eglise. <i>Acace</i> de Césarée, surnommé <i>le Borgne,</i> disciple &amp; successeur d'Eusèbe, se rendit fameux au IVe. Siècle par ses inconstances en fait de doctrine. <i>Acace</i> Patriarche de Constantinople, &amp; successeur de S. Gennade, est le premier qui ait voulu l'emporter sur les Patriarches d'Alexandrie, d'Antioche &amp; de Jérusalem. <i>Acace</i> de Béroé en Palestine, Evêque savant, vertueux, zélé, &amp; qui n'abandonna jamais dans l'Episcopat les pratiques de la vie Monastique dans laquelle il avoit été élevé dès l'enfance, fut cependant un des plus grands persécuteurs de S. Jean Chrysostome. <i>Acace,</i> Evêque d'Amide en Mésopotamie au Ve Siècle, homme d'une piété rare, &amp; d'une charité extraordinaire, vendit les vases sacrés pour nourrir les Esclaves Persans que Théodose le jeune fit dans la guerre contre Varanes. Le Patriarche d'Antioche successeur de Basile en 458. est le moins recommandable des <i>Acaces. Acace</i> Alexandrin, Capitaine dans les troupes de l'Empereur Adrien, fut pendu pour la Foi. Nous avons quelques Ouvrages d'<i>Acace</i> de Mélitene. Quand on parle de tous ces <i>Acaces,</i> il ne faut point dire <i>Acacius.</i> Au contraire, quand on parle du Rhéteur <i>Acacius,</i> fameux sous l'Empire de Julien, on ne dit point <i>Acace.</i> Ce sont nos Livres sur la Religion &amp; nos Auteurs de l'Histoire Ecclésiastique qui ont fait qu'on a donné une forme Françoise à ce nom, dans le premier cas, au lieu que dans l'autre il est resté Latin, parce qu'on parle peu de ce Rhéteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="256" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="ACACIA" />
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    <head>ACACIA</head>
    <p>
    ACACIA , s. m. Terme de Botanique , qu'on donne à divers arbres, quoique fort différens entre-eux. <i>Acacia.</i> Il y a un <i>acacia,</i> qu'on appelle aussi <i>cassie,</i> ou selon Mr d'Herbelot <i>Gagie,</i> en Latin <i>spina Aegyptia,</i> qui croît en Egypte, &amp; qui est un grand arbre épineux, dont la fleur est jaune en quelques-uns, &amp; blanche en d'autres : son fruit, qui est contenu dans des gousses, est semblable au lupin. Cet arbre nous fournit la gomme Arabique, &amp; un suc qu'on appelle le vrai <i>acacia.</i> Les Arabes appellent cet <i>acacia</i> d'Egypte <i>Om Gailan,</i> la mère des Satyres, ou des Démons des forêts. D'Herb. Il y a une sorte d'arbre qui croît à Malabar, &amp; à Cranganor, qu'on appelle aussi <i>acacia.</i> En Mésopotamie près du Tygre, &amp; dans les déserts d'Arabie près de l'Euphrate, on donne ce même nom à d'autres Arbres, qui sont pourtant différens. Il y a encore un <i>acacia</i> du Brésil, &amp; un de Virginie. Il y en a un autre différent des précédens, qu'on appelle <i>acacia</i> de l'Amérique, ou <i>acacia Americana Robini.</i> Cet arbre étranger n'est devenu commun en France que depuis 1650. Les premiers pieds qui ont paru ont été élevés au Jardin Royal des Plantes de Paris par Vespasien Robin, qui en a reçu le premier la semence. Monsieur Tournefort l'a nommé <i>Pseudo-Acacia vulgaris,</i> pour le distinguer de l'<i>acacia</i> des Anciens, ou <i>cassie,</i> arbre d'un autre caractère. L'<i>acacia</i> d'Amérique s'élève fort haut ; son tronc est assez ample : son bois est très-dur, jaunâtre, cassant, &amp; couvert d'une écorce brune. Les jeunes branches de cet arbre sont moëlleuses, garnies de quelques épines courtes &amp; d'un rouge obscur, Ses feuilles sont comme rangées par paire sur une côte terminée par une seule feuille : elles ont un pouce environ de longueur sur un tiers moins de largeur. Ses fleurs sont légumineuses, blanches, d'une bonne odeur, &amp; naissent en épi. A ces fleurs succèdent des gousses, à deux cosses courtes &amp; applaties, entre lesquelles sont renfermées des semences brunes applaties, &amp; de la figure d'un rein. Cet arbre donne de l'ombre, &amp; n'est pas difficile à élever. Il fleurit en Juillet &amp; Août. Ses racines ont un goût de réglisse. Ses fleurs distillées sont bonnes pour les vapeurs. Son bois est cassant &amp; se fend trop aisément pour être employé aux gros ouvrages de menuiserie. Le nom <i>acacia</i> est indéclinable. Deux <i>acacia</i> au pluriel. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="256" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACACIA" />
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    <head>ACACIA</head>
    <p>
    Acacia , Voyez <ref type="search" target="head:CASSIE">CASSIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="256" id="3" type="pharmacie">
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    <head>ACACIA</head>
    <p>
    Acacia , Terme de Pharmacie . C'est le nom d'un suc épaissi qu'on apporte du Levant dans des vessies. Il paroît noir extérieurement ; mais étant cassé il est haut en couleur &amp; d'un rouge foncé. On le nomme <i>acacia</i> du Levant, <i>Acacia vera</i> en Latin, pour le distinguer du faux <i>acacia,</i> autre suc épaissi &amp; extrait des prunelles. C'est un excellent astringent d'un grand usage en Egypte pour arrêter les dévoiemens, les dissenteries, les pertes, &amp; pour se préserver de la goutte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="256" id="4" type="">
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    <head>ACACIA</head>
    <p>
    Acacia (<i>Germanica</i>) d'Allemagne, est le suc tiré par expression du fruit de prunier sauvage, qu'on cuit en consistence d'électuaire, &amp; qu'on substitue à la place du vrai <i>acacia.</i> On appelle aussi <i>acacia</i> d'Allemagne, l'arbre même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="256" id="5" type="">
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    <head>ACACIA</head>
    <p>
    Acacia , s. m. Nom qu'on donne à une espèce de sachet, ou de rouleau long &amp; étroit, qui se voit dans les Médailles, à la main des Consuls, &amp; des Empereurs, depuis Anastase. On ne sait pas trop de quoi étoit composé ce rouleau, &amp; il n'est pas aisé d'en deviner le mystère. Les uns disent que c'étoit un mouchoir plié, que jettoit celui qui présidoit aux jeux, pour les faire commencer. D'autres disent que c'étoit un rouleau de mémoires que l'on présentoit à l'Empereur ou aux Consuls. Monsieur Du Cange, dans sa Dissertation sur les Médailles des Empereurs de Constantinople, qui est à la fin de son Glossaire Latin, a traité de l'<i>acacia</i> pris en ce dernier sens. Voyez sur-tout le n. XIII.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="257" id="1" type="">
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    <head>ACACIEN, ENNE</head>
    <p>
    ACACIEN, ENNE , s. m. <i>Acacianus.</i> Secte d'Ariens, ainsi nommée d'Acace de Césarée leur Chef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="258" id="1" type="">
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    <head>ACADÉMICIEN</head>
    <p>
    ACADÉMICIEN , s. m. Sectateur de Platon, qui est le fondateur de l'<i>Académie.</i> Les <i>Académiciens</i> tenoient qu'il ne faut rien affirmer, &amp; que nous ne savons qu'une chose, c'est que nous ne savons rien : <i>Unum scio, quod nihil scio.</i> Ils prétendoient que l'esprit doit demeurer en suspens, parce qu'il ne peut se déterminer que sur des vraisemblances, &amp; sur des apparences qui le peuvent tromper. Platon avoit pris de Socrate le fonds &amp; la substance de sa Doctrine. Au reste, en apprenant à ses disciples à douter de tout, c'étoit moins pour les laisser toujours flotans, &amp; suspendus entre l'erreur &amp; la vérité, que pour s'opposer aux décisions précipitées des jeunes esprits, &amp; pour les mettre dans une disposition plus propre à se garantir de l'erreur, en examinant sans préjugé. Mr Descartes entre les Modernes a adopté ce principe des <i>Académiciens ;</i> mais il y a bien de la différence dans l'usage qu'il en fait. Les <i>Académiciens</i> doutoient de tout, &amp; vouloient toujours douter. Monsieur Descartes commence par douter de tout, mais il declare qu'il ne veut pas douter toujours, &amp; qu'il ne doute d'abord, qu'afin d'être ensuite plus ferme dans ses connoissances. Je ne prétends pas décider ici s'il y a bien réussi, &amp; s'il s'y est pris comme il faut : je dis seulement que c'est-là son intention, bien différente de celle des <i>Académiciens.</i> C'est à ce propos que les Partisans de Descartes lui appliquent ce qu'Horace a dit d'Homère :</p><p>Dans la Philosophie d'Aristote, disent ces Messieurs, on <pb n="35" facs="bpt6k8542165/f75/full/1200,/0/native.jpg"/>ne doute de rien, on promet de donner raison de tout, &amp; cependant on n'explique rien, que par des termes barbares &amp; des idées confuses &amp; obscures ; au lieu que Monsieur Descartes commence par vous faire oublier même ce que vous saviez auparavant, &amp; ensuite vous mene comme pied-à-pied dans mille belles connoissances, qu'il vous fait découvrir, &amp; qu'il vous rend si claires &amp; si évidentes, que vous n'en pouvez plus douter. Voilà ce que disent les Partisans de Monsieur Descartes ; mais avant eux Aristote avoit dit que pour bien savoir une chose il falloit en avoir bien douté, &amp; que c'étoit par le doute que toutes nos connoissances devoient commencer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="258" id="2" type="">
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    <head>ACADÉMICIEN</head>
    <p>
    Académicien, enne , s. m. &amp; f. Qui est reçu dans une Académie d'Arts, ou de Sciences. <i>Academicus.</i> On a ajoûté un féminin en faveur de Madame des Houlières. L'Académie d'Arles lui a envoyé des Lettres d'<i>Académicienne.</i> C'est la première de son sexe à qui l'on ait déféré cet honneur en France ; car en Italie la chose n'est ni nouvelle ni extraordinaire. Il y a des femmes dans l'Académie, ou <i>Ragunanza</i> d'Arcadie à Rome, &amp; la Reine Christine en est comme la Fondatrice. Voyez l'Histoire de cette Académie publiée depuis quelques années en Italie par Mr Crescembeni, qui en étoit pour lors le <i>Custode,</i> ou Président. Voyez aussi l'Histoire des Femmes savantes dans Mr Ménage &amp; autres Auteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="259" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACADÉMIE" />
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    <head>ACADÉMIE</head>
    <p>
    ACADÉMIE , s. f. Lieu délicieux, ou maison de plaisance, située dans un Fauxbourg d'Athènes à un mille de la Ville. Ceux qui ont fait venir ce nom de Cadmus, parce qu'il sut le premier Instaurateur des Lettres chez les Grecs, se sont trompés. D'autres disent que ce mot est composé de deux mots Grecs, , qui signifie <i>remède,</i> &amp; , qui veut dire <i>Peuple,</i> comme si les <i>Académies</i> étoient le remède du Peuple. Sa véritable origine vient d'<i>Academus,</i> ou <i>Ecademus,</i> nom propre d'un Bourgeois d'Athènes, dont la maison servit à enseigner la Philosophie. Il vivoit du temps de Thésée. C'est dans sa maison située dans le fauxbourg d'Athènes, que Platon enseigna la Philosophie. Cimon l'orna, &amp; l'embellit de fontaines &amp; d'allées d'arbres, pour la commodité des Philosophes qui s'y assembloient. On y enterroit les grands hommes qui avoient rendu de signalés services à la Patrie. Depuis Platon tous les lieux où se sont assemblés les gens de Lettres, ont été nommés <i>Académie.</i> Sylla sacrifia aux loix de la Guerre les délicieux bocages, &amp; les belles allées que Cimon avoit fait dresser dans l'<i>Académie</i> d'Athènes, &amp; employa ces arbres à faire des machines pour battre la Ville. Cicéron avoit une maison près de Pouzzol, à qui il donna le même nom : c'est là qu'il écrivit ses Questions Académiques &amp; ses livres <i>de Naturâ Deorum, de Amicitiâ,</i> &amp; <i>de Officiis,</i> dit Mr Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="259" id="2" type="">
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    <head>ACADÉMIE</head>
    <p>
    Académie , se prend aussi pour la Secte des Philosophes. On compte trois <i>Académies,</i> trois Sectes Académiciennes. Quelques-uns en comptent même jusqu'à cinq. Platon fut le Chef de l'ancienne. Arcésilas, l'un de ses successeurs, apporta quelques changemens dans sa Philosophie, &amp; fonda par cette réforme ce qu'on appelle la seconde <i>Académie.</i> On attribue à Lacides, ou à Carnéades, l'établissement de la troisième ou nouvelle <i>Académie.</i> Quelques Auteurs ajoûtent deux <i>Académies.</i> Une quatrième fondée par Philon &amp; Carmides ; &amp; une cinquième fondée par Antiochus, &amp; nommée Antiochienne, qui allioit l'ancienne <i>Académie</i> avec le Stoïcisme. Voyez sur tout cela les Questions Académiques de Cicéron ; personne n'a mieux débrouillé les différens sentimens, ou plutôt les différentes méthodes de traiter la Philosophie, dont se servoient ceux qu'on appelloit de son temps les partisans de la nouvelle, &amp; les partisans de l'ancienne <i>Académie.</i> L'ancienne <i>Académie</i> doutoit absolument de tout, &amp; alloit même jusqu'à douter s'il falloit douter, se faisant une espèce de principe de ne jamais rien assurer, &amp; de ne jamais rien nier, de ne tenir rien ni pour vrai, ni pour faux. La nouvelle <i>Académie</i> étoit un peu plus raisonnable, elle reconnoissoit plusieurs vérités, mais sans s'y attacher avec assurance. Ces Philosophes s'appercevoient bien que le commerce même de la vie &amp; de la société est incompatible avec ce doute absolu &amp; général de l'ancienne <i>Académie ;</i> mais cependant ils regardoient les choses comme probables, plutôt que comme vraies &amp; certaines ; &amp; par ce tempérament ils croyoient se tirer des absurdités dans lesquelles tomboit l'ancienne <i>Académie.</i> Voyez encore Vossius <i>de Sect. Philos. c.</i> 12. 13. 14. 15. &amp; Georg. Hornius <i>Hist. Philos.</i> L. 3. C. 20.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="260" id="1" type="">
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    <head>ACADÉMIE</head>
    <p>
    ACADÉMIE , s. f. Assemblée des gens de Lettres, où l'on cultive les Sciences &amp; les beaux Arts. <i>Academia.</i> En France il y a toutes sortes d'<i>Académies</i> établies par Lettres Patentes dans Paris : l'<i>Académie</i> Royale des Sciences, pour cultiver la Physique, la Chymie, &amp; les Mathématiques : l'<i>Académie</i> Françoise, pour la pureté de la Langue : l'<i>Académie</i> des Médailles &amp; des Inscriptions : l'<i>Académie</i> d'Architecture, pour les bâtimens. L'<i>Académie</i> de Peinture est une belle école de Peintres &amp; de Sculpteurs. Et l'<i>Académie</i> de Musique est établie pour les Opéras. Il y en a même d'établies dans les Villes particulières, comme à Ailes, à Soissons, à Nismes, &amp;c. Il y a à Toulouse l'<i>Académie</i> des Lanternistes. Il y en a aussi dans la plupart des Villes d'Italie, dont les noms sont curieux à cause de leur bisarrerie. A Sienne on appelle les Académiciens, <i>Intronati :</i> à Florence, <i>Della Crusca ;</i> à Rome <i>Humoristi, Lyncei, Fantastici :</i> à Bologne, <i>Otiosi :</i> à Gènes, <i>Addormentati :</i> à Padoue, <i>Ricovrati,</i> &amp; <i>Orditi :</i> à Vincenze, <i>Olympici :</i> à Parme, <i>Innominati :</i> à Milan, <i>Nascosti :</i> à Naples, <i>Ardenti :</i> à Mantoue, <i>Invaghiti :</i> à Pavie, <i>Affidati :</i> à Cesene, <i>Offuscati :</i> à Fabriano, <i>Disuniti :</i> à Fayence, <i>Filoponi :</i> à Ancone, <i>Caliginosi :</i> à Rimini, <i>Adagiati :</i> à Cita del Castello, <i>Assorditi :</i> à Perouse, <i>Insensati :</i> à Ferme, <i>Rafrontati :</i> à Macerata, <i>Catenati :</i> à Viterbe, <i>Ostinati :</i> à Alexandrie, <i>Immobili</i> : à Bresse, <i>Occulti :</i> à Trevise, <i>Perseveranti :</i> à Verone, <i>Filarmonici :</i> à Cortone, <i>Humorosi :</i> à Luques, <i>Oscurri :</i> Mr Pelisson en a donné ce Catalogue dans son Histoire de l'<i>Académie.</i> Mascurat ajoûte les <i>Sileni,</i> à Ferrare : les <i>Agitati,</i> à Cita di Castello, mettant les <i>Assorditi</i> à Urbin. On a dit d'un Perroquet :</p><p>Il y a encore à Florence une <i>Académie</i> de Physique nommée <i>del Cimentò,</i> où l'on fait plusieurs expériences Physiques &amp; Astronomiques. Elle a été établie par Laurent de Médicis, &amp; est souvent citée par Francisco Redi Médecin. Au reste, l'<i>Académie della Crusca</i> à Florence est différente de l'<i>Académie</i> de Florence, laquelle est plus ancienne que celle <i>della Crusca.</i> On les a souvent confondues, &amp; le Tasse même s'y méprit d'abord. Il attribua à l'<i>Académie</i> de Florence la critique que quelques Académiciens <i>della Crusca</i> firent de ses Ouvrages dans les premiers temps de l'établissement de cette <i>Académie.</i> Voyez tout cela fort bien débrouillé dans l'<i>Aminta diffesa</i> du savant Mr Fontanini. Il falloit aussi ajoûter l'<i>Académie</i> des Arcadiens à la liste des autres. Car quoique ces Messieurs ne se donnent point le titre d'Académiciens, &amp; qu'ils affectent de ne se servir que de termes conformes à la qualité qu'ils prennent de Bergers d'Arcadie, cependant on appelle <i>Académie</i> ce qu'ils ne veulent appeller que <i>Ragunanza,</i> ou Assemblée, parce qu'effectivement on se propose à peu près le même but dans leurs Assemblées que dans les autres <i>Académies,</i> qui sont établies pour entretenir une noble émulation parmi les Savans, &amp; sur-tout parmi ceux qui cultivent la Poësie, &amp; ce qu'on appelle plus particulièrement les belles Lettres. On a depuis peu établi à Venise une <i>Académie</i> de Savans ; une autre à Dublin, une autre à Oxford, qui travaillent à l'avancement des Sciences. Il y a eu une <i>Académie</i> en Allemagne, établie sous le titre d'<i>Académie</i> des Curieux des secrets de la Nature dans le Saint Empire Romam. L'Empereur lui donna sa protection en 1670. Elle fut établie dès 1652. par le Sieur Bauch Médecin. L'une des plus fameuses de toutes les <i>Académies,</i> est celle qui est établie à Londres, sous le nom de <i>Société Royale d'Angleterre,</i> qui est composée de plusieurs Savans de qualité, qui nous ont fait voir plusieurs beaux Ouvrages, &amp; dont on a vû aussi d'excellens Journaux, sous le titre de <i>Philosophical Transaction.</i> Au reste, quoique ces <i>Académies</i> soient dans l'approbation commune, elles ne sont pas toutefois dans celle de ce grand Chancelier d'Angleterre, François Bacon, ni, pour le dire vrai, dans la mienne. Car je vois que du temps de Léon X. que l'on doit comparer à celui de l'Empereur Auguste, ces façons d'exercer la jeunesse avec tant de montre, de pompe &amp; d'éclat n'étoient <pb n="36" facs="bpt6k8542165/f76/full/1200,/0/native.jpg"/>point en usage, desorte que l'on pourroit dire avec Pétrone à tous ces MM. les Académistes, <i>Pace vestrâ liceat dixisse, Primi omnium eloquentiam perdidistis,</i> &amp;c. Mascur. Charlemagne établit par le Conseil d'Alcuin une espèce d'<i>Académie,</i> dont il voulut être lui-même, &amp; qui étoit composée des plus beaux Esprits, &amp; des plus Savans de la Cour. Dans ces conférences Académiques chacun rendoit compte des anciens Auteurs qu'il avoit lûs ; &amp; même ceux qui en étoient, prirent chacun un nom de quelque Auteur ancien qui étoit le plus à son goût, ou de quelque homme fameux dans l'antiquité. Alcuin, dont les Lettres nous apprennent ces particularités, prit celui de Flaccus, qui étoit le surnom d'Horace ; un jeune Seigneur, nommé Angilbert, prit celui d'Homère ; Adelard, Abbé de Corbie, s'appella Augustin ; Riculfe, Evêque de Mayence, se nomma Dametas ; le Roi lui-même prit le nom de David. P. Dan. Il paroît par-là que Mr Baillet n'étoit pas assez instruit, quand il a dit que c'est en suivant le génie des gens de Lettres de son temps, amateurs des noms Romains, qu'Alcuin s'est appellé Flaccus Albinus.</p><p>On dit aussi <i>Academie</i> en parlant des Ecoles des Juifs, &amp; des endroits où ils ont des Rabbins &amp; des Docteurs pour enseigner aux jeunes gens de leur nation la Langue Hébraique, leur expliquer le Talmud, leur apprendre la Cabale &amp;c. Les Juifs n'ont eu de ces sortes d'<i>Académies</i> que depuis le retour de la captivité de Babylone. Les <i>Académies</i> de Tibériade, de Babylone, ont été fameuses.</p><p>Quelques Auteurs ont employé ce terme pour signifier aussi ce que nous appellons Université. L'<i>Académie</i> d'Oxford est si illustre, que son Chancelier est toujours un des premiers Seigneurs du Royaume. Larrey. Ce n'est pas parler assez juste. Il est vrai que M. Harris, dans son savant Dictionnaire des Arts, définit le mot <i>Académie, une espèce de hautes Ecoles, ou Université, dans laquelle de jeunes gens sont instruits dans les Arts Libéraux &amp; dans les Sciences ;</i> mais il parle Anglois, &amp; explique ce que signifie ce mot en Anglois. De même en Latin on appelle <i>Académie,</i> ce que nous appellons Université, &amp; tout le VIII. livre de Lymnaeus <i>de Academiis,</i> regarde les Universités. Mais quand on écrit en François, il faut distinguer ces deux choses, qui dans notre langue sont fort différentes. <i>Académie</i> est une Assemblée de gens doctes, qui tiennent entre-eux des conférences sur des matières d'érudition. Université est un Corps composé de Docteurs, de Bacheliers qui aspirent au Doctorat, de Régens qui enseignent dans les Colléges, &amp; de jeunes gens, ou Ecoliers qui étudient sous ces Régens. On peut cependant appeller <i>Académies</i> les lieux où les jeunes gens étoient instruits &amp; élevés. Ainsi l'on dit que pendant que les Romains étoient les Maîtres de la Gaule, il y avoit des <i>Académies</i> à Autun, à Bourdeaux, à Marseille, à Narbonne, à Tours &amp; à Trèves. Le Gendre. Mais en parlant de nos temps cela fait un équivoque qu'il faut éviter, en distinguant ces deux choses, <i>Académie</i> &amp; <i>Université,</i> comme en effet l'usage les distingue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="261" id="1" type="">
   <index type="head" value="L'ACADÉMIE DE PEINTURE" />
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    <head>L'ACADÉMIE DE PEINTURE</head>
    <p>
    L'ACADÉMIE DE PEINTURE , fut établie par le Roi il y a plus de 50. ans. Le Cardinal Mazarin en fut le premier Protecteur ; &amp; M. le Chancelier Seguier Vice-Protecteur. Elle est composée d'un Directeur, d'un Chancelier, de quatre Recteurs, d'un Trésorier, de douze Professeurs, d'Ajoints à Recteurs &amp; à Professeurs, de Conseillers, d'un Secrétaire, de deux Professeurs, l'un pour l'Anatomie, &amp; l'autre pour la Géométrie &amp; la Perspective, &amp; de deux Huissiers. On y est reçu, ou comme Peintre, ou comme Sculpteur. Les Peintres y sont reçus selon leurs talens, &amp; avec distinction de ceux qui travaillent à l'histoire, &amp; de ceux qui ne font que des portraits, ou des batailles, ou des paysages, ou des animaux, ou des fruits, ou des fleurs, ou qui ne peignent que de miniature, ou qui s'appliquent à la gravure, ou à quelque autre partie qui regarde le dessein.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="262" id="1" type="">
   <index type="head" value="L'ACADÉMIE DES SCIENCES" />
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    <head>L'ACADÉMIE DES SCIENCES</head>
    <p>
    L'ACADÉMIE DES SCIENCES . <i>Regia Scientiarum Academia.</i> Elle fut établie en 1666. par les ordres du Roi, mais sans aucun acte émané de l'autorité Royale. En 1699. le Roi lui donna une nouvelle naissance, en lui donnant une nouvelle forme. Le règlement est du 26. Janvier 1699. En vertu de ce règlement l'<i>Académie</i> est composée de quatre sortes d'Académiciens, les Honoraires, les Pensionnaires, les Associés, &amp; les Elèves ; la première classe composée de dix personnes, &amp; les trois autres chacune de vingt. Les Honoraires doivent être tous regnicoles ; les Pensionnaires doivent être tous établis à Paris ; des Associés huit peuvent être étrangers ; les Elèves doivent être tous établis à Paris. Les Officiers de l'<i>Académie</i> sont, un Prèsident, qui est nommé tous les ans par le Roi, un Secrétaire, &amp; un Trésorier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="263" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACADÉMIE DES MÉDAILLES ET DES INSCRIPTIONS" />
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    <head>ACADÉMIE DES MÉDAILLES ET DES INSCRIPTIONS</head>
    <p>
    ACADÉMIE DES MÉDAILLES ET DES INSCRIPTIONS . <i>Regia Numismatum &amp; Inscriptionum Academia.</i> Elle est établie pour la recherche &amp; explication des anciens monumens, &amp; pour consacrer les événemens considérables par des monumens semblables, tels que sont les Médailles, les Jettons, les Inscriptions.</p><p>Il y a aussi une <i>Académie de Politique. Regia Rerum Politicarum Academia.</i> Elle est composée de six personnes, qui se rendent certains jours de la semaine au Louvre, dans la chambre où sont les papiers &amp; les mémoires qui regardent les affaires étrangères : ils lisent les choses qu'on leur met entre les mains suivant les ordres de Mr de Torcy, qui fait connoître au Roi leur capacité &amp; les progrès qu'ils font, afin que Sa Majesté puisse les employer daus les affaires, selon qu'Elle le jugera à propos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="264" id="1" type="">
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    <head>ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE</head>
    <p>
    ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE . <i>Regia Musicae Academia.</i> Voyez <ref type="search" target="head:OPERA">OPERA</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="264" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE" />
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    <head>ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE</head>
    <p>
    Académie , se dit aussi des maisons, logemens &amp; manèges des Ecuyers, où la Noblesse apprend à monter à cheval, &amp; les autres exercices qui lui conviennent. <i>Epheborum Gymnasium.</i> C'est ce que Vitruve appelle <i>Ephebeum.</i> Au sortir du Collége on a mis ce Gentilhomme à l'<i>Académie.</i> Newcastle dit que l'art de monter à cheval prit commencement en Italie ; que ce fut à Naples que la première <i>Académie</i> pour monter à cheval fut établie, &amp; que Frédéric Grison, Néapolitain, fut le premier qui en écrivit, ce qu'il fit en vrai Cavalier, &amp; en grand maître. Henri VIII. fit venir en Angleterre deux Italiens écoliers de Grison, qui remplirent le Royaume d'Ecuyers. Gui Allard dit que Pluvinel est le premier qui a établi en France des <i>Académies</i> pour apprendre à monter à cheval. Il étoit du Dauphiné. Neucastle dit aussi que le plus célèbre Ecuyer qui fut jamais en Italie, étoit à Naples &amp; Néapolitain, nommé Pignatel ; que la Broue monta cinq ans sous lui, Pluvinel neuf, &amp; S. Antoine plusieurs années ; que ces trois François, qui firent leur apprentissage sous Pignatel, remplirent la France d'Ecuyers François, qui étoit auparavant pleine d'Ecuyers Italiens. Il croit que la Broue a été le premier qui a écrit en François de l'art de monter à cheval.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="264" id="3" type="peinture">
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    <head>ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE</head>
    <p>
    Académie . Terme de Peinture . C'est ou le dessein fait au crayon après le modèle, ou la copie qui aura été faite d'un pareil dessein. Cette <i>Académie</i> ne m'a coûté qu'une heure de travail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="264" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE" />
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    <head>ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE</head>
    <p>
    Académie , se dit abusivement du breland, ou des lieux publics où l'on reçoit toutes sortes de personnes à jouer aux dez &amp; aux cartes, ou à d'autres jeux défendus. Les Juges de Police sont obligés de veiller à ce qu'on ne tienne point des <i>Académies</i> de jeu. Voulons que les Ordonnances de Police pour chasser ceux chez lesquels se prend &amp; consomme le tabac, qui tiennent <i>Académie,</i> brelands, jeux de hazard, &amp; autres lieux défendus, soient exécutées. Ordonnance de 1666. Ces lieux, que l'on appelle fort improprement <i>Académies,</i> mais beaucoup mieux du nom infame de brelands, tout homme d'honneur doit les éviter, &amp; les loix les condamnent. De la Marre. Cet Auteur montre dans son <i>Traité de la Police</i> L. III. Tit. IV. C. 2. &amp; 3. que non seulement les Pères &amp; les loix Ecclésiastiques, mais les loix Civiles chez les Payens, ont défendu ces sortes d'<i>Académies.</i> Les Maîtres de ces <i>Académies</i> étoient si infames &amp; si odieux, que s'ils étoient volés ou maltraités dans le temps du jeu, ils n'avoient aucune action en justice pour en demander réparation, <i>L.</i> I. <i>Praet. ait ff. de aleâ. &amp; ibi gloss. Ulpian.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="265" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACADÉMIQUE" />
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    <head>ACADÉMIQUE</head>
    <p>
    ACADÉMIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient à l'Académie des Arts &amp; des Sciences. <i>Academicus.</i> Les Questions <i>Académiques</i> de Cicéron. Les exercices <i>Académiques</i> continuent en une telle ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="266" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACADÉMIQUEMENT" />
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    <head>ACADÉMIQUEMENT</head>
    <p>
    ACADÉMIQUEMENT , adv. D'une maniére Académique. <i>Academicè.</i> Cette question a été traitée <i>académiquement,</i> pour dire, suivant la méthode des Académiciens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="267" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACADÉMISTE" />
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    <head>ACADÉMISTE</head>
    <p>
    ACADÉMISTE , s. m. Ecolier qui fait ses exercices chez un Ecuyer, qui apprend à monter à cheval, à faire des armes, à danser, &amp;c. <i>Equestris disciplinae tyro.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="268" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACADIE" />
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    <head>ACADIE</head>
    <p>
    ACADIE , sub. fém. <i>Acadia.</i> Grande Province de l'Amérique <pb n="37" facs="bpt6k8542165/f77/full/1200,/0/native.jpg"/>Septentrionale, entre le Fleuve de S. Laurent &amp; la nouvelle Angleterre. Elle a environ cent lieues d'étendue. Les Anglois la céderent aux François par la paix de Bréda en 1667. La France l'a rendue à l'Angleterre par celle d'Utrècht, en 1713.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="269" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACAJA" />
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    <head>ACAJA</head>
    <p>
    ACAJA , autrement, Ibametara. C'est un des plus grands arbres du Bresil, dont Pison parle, l. IV. c. 16. &amp; qu'il distingue de l'Acajou dont il avoit parlé, c. 6. Il paroît cependant que ce n'est qu'une espèce de l'Acajou ; car il appelle aussi cet Arbre <i>Acaja iba,</i> comme celui-ci.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="270" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACAJOU" />
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    <head>ACAJOU</head>
    <p>
    ACAJOU , sub. m. Arbre d'Amérique de la hauteur de nos pommiers, branchu &amp; chargé de beaucoup de feuilles. L'écorce de son tronc est ridée &amp; cendrée. Son bois est rougeâtre, ses feuilles sont sèches, fermes, luisantes, arrondies, &amp; ont cinq pouces de longueur sur trois de largeur. Les extrémités de ses branches se terminent par un bouquet de fleurs panachées de rouge &amp; de verd, d'une seule pièce taillée en entonnoir. De plus de cent fleurs qu'il y a quelquefois sur un bouquet, il n'y en a que trois à quatre qui nouent ; c'est le pistille de la fleur qui devient un fruit de la figure d'une poire grosse comme un oeuf d'oie, qui en mûrissant est tantôt rouge, tantôt jaune, &amp; tantôt également teint de ces deux couleurs, &amp; dont la grande acreté diminue à mesure qu'il mûrit. De l'extrémité de ce fruit pend une semence ou amande bonne à manger, revêtue de deux écorces, dont la première est gris de souris, &amp; l'autre brune, entre lesquelles est contenue une liqueur huileuse, très-caustique, &amp; dont on se sert en Amérique pour emporter les dartres &amp; faire tomber les cors des pieds. Le suc de cette poire, qui soutient la semence, quand il est nouvellement exprimé, est blanc, laiteux, &amp; d'une acreté si grande, qu'il prend à la gorge, &amp; qu'on ne peut le boire qu'après qu'il a fermenté &amp; qu'il s'est éclairci ; pour lors il est agréable, &amp; a le goût du vin. Il coule du tronc de l'<i>Acajou</i> une gomme pareille à celle qu'on nous apporte du Sénegal ; mais elle est en plus gros morceaux ; elle se fond dans l'eau comme la gomme Arabique. Thevet, Pison, &amp; la plupart des Voyageurs nous ont parlé de cet arbre.</p><p>Il y a d'autres arbres qu'on nomme dans les Isles d'Amérique <i>Acajou</i> rouge, <i>Acajou</i> blanc, <i>Acajou</i> à planches, <i>Acajou</i> à canot ; mais le caractère de ceux-ci ne nous est pas si connu. Monsieur Louvillers de Poinci, dans son <i>Histoire naturelle des Antilles,</i> le décrit plus exactement &amp; différemment de ceci. Voici ce qu'il en dit. Il y a trois sortes d'arbres qui portent le nom d'<i>Acajou.</i> Mais il n'y en a qu'un qui porte du fruit. C'est un arbre de moyenne hauteur, qui panche ses branches jusques à terre. Ses feuilles sont belles &amp; larges, arrondies par-devant, &amp; rayées de plusieurs veines. Il porte des fleurs qui sont blanches, lorsqu'elles s'épanouissent nouvellement ; puis après elles deviennent incarnates, &amp; de couleur de pourpre. Elles croissent par bouquets, &amp; elles exhalent une très-douce odeur. Ces fleurs ne tombent point jusqu'à ce qu'elles soient poussées par une espèce de chataigne faite en forme d'oreille, ou de rognon de lièvre. Quand cette chataigne a pris son accroissement, il se forme au-dessous une belle pomme longuette, qui est couronnée de cette crête, qui devient en mûrissant d'une couleur d'olive, pendant que la pomme se revêt d'une peau délicate &amp; vermeille au possible. Elle est remplie au-dedans de certains filamens spongieux, qui sont imbus d'un suc tout semblable, doux &amp; aigre, qui désaltère grandement, &amp; que l'on tient être très-utile à la poitrine, &amp; aux défaillances de coeur, étant tempéré avec un peu de sucre. Mais s'il tombe sur quelque linge, il y imprime une tache rousse qui demeure jusqu'à ce que l'arbre fleurisse de nouveau. Les Indiens font un breuvage excellent de ce fruit, lequel étant gardé quelques jours, a la vertu d'enyvrer aussi promptement que le meilleur vin de France. La noix qui est au-dessus étant brûlée, rend une huile caustique, de laquelle on se sert pour amollir &amp; même pour extirper les cors des pieds. Si on la casse, on trouve dedans un pignon couvert d'une tendre pellicule, laquelle étant ôtée, est d'un très-bon goût, &amp; a la vertu d'échauffer &amp; de fortifier l'estomac. Cet arbre ne porte du fruit qu'une fois l'an, d'où vient que les Brésiliens comptent leur âge avec les noix qui croissent sur cette pomme, en réservant une par chaque année, laquelle ils conservent avec grand soin dans un petit panier qui n'est destiné qu'à cet usage. Si on fait une incision au pied de cet arbre, il jette une gomme claire &amp; transparente, que plusieurs ont prise pour celle qui vient d'Arabie. La semence de l'arbre est en la noix, qui produit aisément étant mise en terre.</p><p>Les autres <i>Acajous</i> sont des arbres propres à bâtir. On en fait cas à cause de leur hauteur &amp; de leur grosseur si excessives, que les Caraibes tirent souvent d'un seul tronc ces grandes chaloupes, qu'ils appellent Pyranguës, qui sont capables de porter 50. hommes. Il pousse plusieurs branches fort touffues, &amp; qui sont un ombrage fort agréable, &amp; même quelques-uns tiennent qu'il contribue à la santé de ceux qui s'y reposent. Il y a deux sortes d'<i>Acajou,</i> qui ne diffèrent qu'en la hauteur de leur tronc &amp; en la couleur de leur bois. Le plus estimé est le rouge, qui outre ce qui en a été dit ci-dessus est de bonne senteur, &amp; fort facile à mettre en oeuvre. Il ne se pourrit point dans l'eau. Les armoires qui en sont faites donnent une bonne odeur aux habits, &amp; les préservent des vermines qui s'y engendrent, ou s'y glissent, dans les coffres d'une autre matière. Ces propriétés sont cause que quelques-uns ont cru que cet arbre étoit une espèce de Cèdre. On en fait de l'escente pour couvrir les maisons. L'<i>Acajou</i> blanc est semblable au dehors à l'<i>Acajou</i> rouge ; mais il n'est pas tout-à-fait si haut. Il est facile à mettre en oeuvre, quand il est fraîchement coupé ; mais si on le laisse à l'air il se durcit en telle sorte, qu'on a bien de la peine à s'en servir. Il est sujet aux vers, &amp; se pourrit en peu de temps. Si on fait une incision au pied de ces arbres ; ils jettent une grande abondance de gomme. Voyez aussi l'<i>Histoire des Antilles</i> du P. Du Tertre Tr. III. C. 4. §. 4. &amp; C. 5. §. 6. &amp; Pison L. IV. C. 6. Il l'appelle du nom que lui donnent les Sauvages, <i>Acaja Iba.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="271" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACALIFOURCHONNE, EE" />
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    <head>ACALIFOURCHONNE, EE</head>
    <p>
    &#9758; ACALIFOURCHONNE, EE , adj. qui est à califourchon, terme bas &amp; peu en usage. Le rustre s'étoit <i>acalifourchonné</i> sur mon cheval, &amp; déja comme sien le talonnoit de bonne grace. Cyrano.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="272" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACANGE" />
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    <head>ACANGE</head>
    <p>
    ACANGE , s. m. <i>Excursor, Praedator, Velo.</i> Espèce de Soldat Turc, qui ne fait qu'aller en course pour butiner. Les Turcs les appellent <i>Akingi,</i> nom qui vient du mot Turc <i>akan,</i> ou plutôt <i>akin,</i> &amp; signifie <i>proie, butin, course.</i> Meninski. Les <i>Acanges</i> sont des volontaires Turcs, qui ne reçoivent point de solde, &amp; ne font la guerre que dans l'espérance du butin. Gratiani. <i>Hist. de Chypre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="273" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACANTE" />
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    <head>ACANTE</head>
    <p>
    ACANTE , ou ACANTHE, sub. f. <i>Acanthus.</i> On croit que c'est sur la figure du feuillage de cette plante que Callimachus, Sculpteur Athénien, a formé ces ornemens du chapiteau Corinthien. Les Botanistes modernes reconnoissent, avec Dioscoride &amp; Pline, deux espèces d'<i>Acante,</i> dont l'une est sans épine, &amp; l'autre en est armée. Celle qu'on nomme ordinairement <i>Acante</i> molle, a ses racines rougeâtres, longues, assez tendres &amp; visqueuses. Ses feuilles sont grandes, larges, lisses, découpées assez profondément en plusieurs segmens, qui sont encore recoupés en de plus petits lobes, charnues, d'un verd obscur &amp; luisant en dessus, &amp; plus pâle en dessous. Entre ces feuilles s'élève une tige haute de trois à quatre pieds, de la grosseur du doigt, garnie vers sa partie moyenne de quelques petites feuilles, au dessus desquelles se forme un bel épi de fleurs, mais très-piquant ; chaque fleur est d'une seule pièce applatie &amp; découpée par le haut en trois, retrécie &amp; terminée par le bas en un tuyau court &amp; en forme d'anneau. Quatre étamines chargées de leurs sommets tiennent lieu de la lèvre supérieure de la fleur. Le calice est formé par quelques feuilles, dont la supérieure est voûtée, &amp; semble suppléer au défaut de la lèvre supérieure de la fleur, soit par sa situation, soit par une teinte de pourpre dont elle est colorée, &amp; que les autres n'ont point. Le pistille qui s'élève du fond du calice &amp; de la fleur, devient un fruit de figure d'un gland, &amp; partagé en deux cellules, qui contiennent chacune quelques semences, applaties &amp; jaunâtres.</p><p>L'<i>Acante épineuse</i> se distingue de la molle par ses feuilles plus finement découpées, &amp; dont chaque segment se termine par un piquant assez roide &amp; fort aigu ; le verd est aussi plus obscur. Ces deux espèces ne changent point par la culture ; &amp; l'une ne dégénère jamais en l'autre. On doit done être très-assuré que ces deux espèces sont très-distinctes &amp; très-constantes.</p><p>On a appellé l'<i>Acante, branca ursina,</i> branche ou branque ursine, à cause de la prétendue ressemblance de ses feuilles avec la patte d'un ours, &amp; <i>branca hircina,</i> à cause que ces mêmes feuilles se contournent en quelque façon comme les cornes <pb n="38" facs="bpt6k8542165/f78/full/1200,/0/native.jpg"/>d'un bouc ; mais ces dénominations sont assez mal fondées. Le rapport qu'ont les feuilles de certaines plantes à celles de l'<i>Acante</i> ont aussi donné lieu à quelques Botanistes d'attribuer le nom d'<i>Acanthium</i> à plusieurs chardons, ou plantes épineuses, &amp; celui de <i>Branca ursina Germanica</i> à la Berce, en Latin <i>Sphondylium,</i> plantes souvent de différens genres. On dit que plus l'<i>Acante</i> est <i>pressée,</i> mieux elle pousse. C'est ce qui a donné lieu d'en faire une devise, qui a pour mot : <i>Depressa resurgit,</i> pour exprimer que la vertu tire des forces de l'affliction. L'Abbé Picinelli en fait aussi le symbole de la pénitence, avec ce mot : <i>Tabida curat.</i> Elle guérit la corruption.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="273" id="2" type="architecture">
   <index type="head" value="ACANTE" />
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    <head>ACANTE</head>
    <p>
    Acanthe , Terme d'Architecture . Ornement dont on embellit les chapiteaux des colomnes. <i>Acanthina folia.</i> Un chapiteau taillé à feuilles d'<i>acanthe.</i> Felibien. La feuille <i>d'acanthe,</i> qui a été le sujet de l'invention du chapiteau Corinthien. a aussi donné le nom à cet Ouvrage d'Architecture. Il y en a de deux espèces : la <i>cultivée,</i> &amp; <i>l'épineuse,</i> on sauvage. C'est de cette dernière, qui est la moins belle, que se sont servis les Sculpteurs Gothiques, qui l'ont mal imitée. Pour l'<i>acanthe</i> cultivée, qui est plus refendue &amp; plus découpée, &amp; assez semblable au persil, elle est la plus parfaite. C'est ainsi qu'elle a été taillée aux chapiteaux composites des arcs de Titus &amp; de Septime Sévère à Rome, &amp; au Corinthien de la Cour du Louvre. Sur les Côtes de Barbarie cette plante sert de haie aux jardins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="274" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACANTHE" />
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    <head>ACANTHE</head>
    <p>
    ACANTHE , s. f. <i>Acantha.</i> C'est, selon quelques Anatomistes, l'avance de derrière des vertèbres, appellée autrement épine du des. <i>Spina dorsi.</i> Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="275" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACAPATHI" />
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    <head>ACAPATHI</head>
    <p>
    ACAPATHI , s. m. Plante de la nouvelle Espagne, qui porte le poivre long. Elle a son tronc contourné à la façon des sarmens ; &amp; le tronc a des feuilles qui ressemblent à celles du poivre blanc, mais plus longues &amp; aiguës. Son fruit est rond &amp; long ; sa graine ne mûrit jamais assez sur la plante, &amp; ne parvient point à la perfection qu'il faudroit pour être semée. C'est pourquoi on la cueille dès qu'elle commence à rougir. On la met sécher au soleil, où elle mûrit. On la mange sèche, &amp; verte ; &amp; elle donne un bon goût aux viandes. Voyez <ref type="search" target="head:POIVRE">POIVRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="276" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACARER" />
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    <head>ACARER</head>
    <p>
    ACARER , Voyez <ref type="search" target="head:ACCARER">ACCARER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="277" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACARIÂTRE" />
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    <head>ACARIÂTRE</head>
    <p>
    ACARIÂTRE , adj. m. &amp; f. Qui est d'une humeur farouche, aigre, difficile, opiniâtre, &amp; qu'on ne peut gouverner. <i>Morosus, acerbus, pertinax.</i> Je ne puis traiter avec cet homme-là, c'est un esprit &amp; une humeur <i>acariâtre.</i> C'est une femme <i>acariâtre,</i> qui crie jour &amp; nuit contre son mari &amp; ses domestiques. Il a aussi autrefois signifié Fol.</p><p>Sylvius dérive ce mot de <i>Saint Acaire,</i> parce qu'il guérit les <i>acariatres.</i> Ménage veut qu'il vienne du mot Latin <i>acariaster ;</i> &amp; Nicod du mot Grec , signifiant <i>caput,</i> comme si on disoit <i>acaris,</i> un homme sans tête &amp; écervelé ; ou plutôt, un homme têtu &amp; opiniâtre. <i>Capito,</i> ou comme dit Prudence, <i>capitosus.</i> D'autres le tirent du Grec , qui signifie, opiniâtre, ennemi de complaisance, dont les moeurs &amp; les paroles sont désagréables, &amp; tirent vers la folie. Borel le dérive de <i>cara</i>, vieux mot François venu d'Espagne, qui signifioit un visage refrogné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="278" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACARIÇOBA" />
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    <head>ACARIÇOBA</head>
    <p>
    ACARIÇOBA , Plante du Japon, que les Portugais appellent <i>Erva do Capitaon,</i> herbe du Capitan. Elle vient dans les lieux mols, &amp; le long des ruisseaux &amp; des fontaines. Sa feuille est ronde, lissée &amp; assez épaisse ; sa fleur est d'un gris blanchâtre. Elle a beaucoup de racines qui sont blanches, &amp; serpentent à terre. Elles sont longues, distinguées par des noeuds, bulbeuses, &amp; pleines de suc. Elle est chaude &amp; aromatique, &amp; très-agréable au goût. Ses principales qualités sont dans ses racines. Elles sont apéritives, &amp; guérissent les obstructions du foie &amp; des reins. Pison L. IV. C. 50.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="279" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACARNA" />
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    <head>ACARNA</head>
    <p>
    ACARNA , ou ACORNA, est un chardon à fleur large &amp; jaune : ses têtes sont oblongues, garnies d'épines ; sa semence ressemble à celle du Carthame. L'étymologie est , plante épineuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="280" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACARNANIE" />
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    <head>ACARNANIE</head>
    <p>
    ACARNANIE , s. f. <i>Acarnania, ae.</i> Province de l'Epire en Grèce, qui avoit à l'Orient l'Aetolie, dont elle étoit séparée par le Fleuve Acheloüs ; à l'Occident le Golfe d'Ambracie, que nous nommons aujourd'hui Golfe de Larta, &amp; au Midi la Mer Ionienne, &amp; les Isles d'Itaque &amp; de Céfalonie. On l'appelle aujourd'hui <i>Despotat,</i> ou <i>Petite-Grèce,</i> ou <i>Carnie.</i> Les chevaux d'<i>Acarnanie</i> étoient estimés chez les Anciens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="280" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACARNANIE" />
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    <head>ACARNANIE</head>
    <p>
    Acarnanie , est aussi le nom d'une Ville de Sicile célèbre par un temple dédié à Jupiter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="281" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACARNANIEN, ENNE" />
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    <head>ACARNANIEN, ENNE</head>
    <p>
    ACARNANIEN, ENNE . s. masc. &amp; f. Qui est d'<i>Acarnanie. Acarnan,</i> &amp; au plur. <i>Acarnanes.</i> Les <i>Acarnaniens</i> ne faisoient, dit-on, leur année que de six mois. Les <i>Acarnaniens</i> se faisoient couper les cheveux par-devant, apparemment pour ne donner point par-là de prise à leurs ennemis dans les combats.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="282" id="1" type="">
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    <head>ACARNAR</head>
    <p>
    ACARNAR , Nom de la dernière étoile du Fleuve Eridan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="283" id="1" type="">
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    <head>ACARNE</head>
    <p>
    ACARNE , ou ACARNAN. Voyez Pline &amp; Rondelet. C'est un poisson de Mer qui ressemble en figure &amp; grandeur au rouget. Il est blanc, couvert d'écailles argentines ; sa tête est grosse, son museau aquilin, sa gueule petite, ses dents menuës, ses yeux grands, sa chair bonne à manger. Il purifie le sang, &amp; excite l'urine. <i>Acarnus, acarnanus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="284" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACAT" />
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    <head>ACAT</head>
    <p>
    ACAT , s. m. Vieux mot, au lieu duquel on dit aujourd'hui <i>achat ;</i> comme <i>acheter,</i> au lieu d'<i>acater ;</i> &amp; <i>acheteur,</i> au lieu d'<i>acateur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="285" id="1" type="poesie latine">
   <index type="head" value="ACATALÈCTE" />
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    <head>ACATALÈCTE</head>
    <p>
    ACATALÈCTE , adj. Est un terme de Poësie Latine . Ce mot veut dire, à quoi il ne manque rien à la fin. <i>Acatelectus.</i> On appelle un vers <i>acatalècte,</i> quand il a tous ses pieds, &amp; quand il ne lui manque aucune syllabe, parce qu'une syllabe toute seule ne fait point un pied dans les vers Latins, chaque pied ayant au moins deux syllabes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="286" id="1" type="poesie">
   <index type="head" value="ACATALÈCTIQUE" />
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    <head>ACATALÈCTIQUE</head>
    <p>
    ACATALÈCTIQUE , adj. Terme de Poësie , qui se dit des vers qui sont exactement parfaits, &amp; qui n'ont pas une seule syllabe de trop ou de trop peu. Ainsi le définit Monsieur Harris. Pour parler juste, &amp; selon la force du mot, il faut dire que ce sont les vers auxquels il ne manque point de syllabe à la fin, au contraire des vers <i>catalèctiques,</i> auxquels il manque à la fin quelque syllable. Car ces mots sont Grecs &amp; viennent de , <i>cesso, desino.</i> De-là , <i>à qui il manque quelque chose à la fin ;</i> &amp; avec l'<i>a</i> privatif , <i>a qui il ne manque rien à la fin.</i> Par exemple, dans la Ve. Ode du Ir. Livre d'Horace, chaque strophe est de trois vers, dont les deux premiers sont <i>acatalèctiques,</i> &amp; le troisième <i>catalèctique.</i></p><p>Dans la Poësie Françoise on peut appeller <i>acatalèctiques</i> les vers de sept syllabes, tels que sont ceux-ci composés sur la mort de M. le Dauphin &amp; de Madame la Dauphine, morts à quelques jours l'un de l'autre.</p><p>Et de même les vers de trois syllabes :</p><p>Ou ces termes de Marot :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="287" id="1" type="">
   <index type="head" value="A CAUSE" />
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    <head>A CAUSE</head>
    <p>
    A CAUSE , Préposition qui gouverne le génitif, &amp; a cause que, Conjonction, qui veut après soi l'indicatif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="288" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ACAZER" />
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    <head>ACAZER</head>
    <p>
    ACAZER , v. act. Terme de Coutume . C'est proprement <i>donner en fief, inféoder. Infeodare.</i> Voyez Caseneuve, dans son <i>Traité du franc-alleu.</i> L. I. Ch. 11. Du Cange sous le mot <i>Casare.</i> De Lauriere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="289" id="1" type="">
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    <head>ACAZER</head>
    <p>
    ACAZER , dans la Coutume de Bourdeaux Art. 101. signifie aussi <i>Bailler à rente.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="290" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ACAZEMENT" />
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    <head>ACAZEMENT</head>
    <p>
    ACAZEMENT , s. m. Terme de Coutume , il a les significations de son verbe, &amp; signifie l'action par laquelle on donne <i>à fief,</i> ou <i>en rente.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="291" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCABLANT, TE" />
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    <head>ACCABLANT, TE</head>
    <p>
    &#9758; ACCABLANT, TE , adj. Qui accable, ou qui jette dans <pb n="39" facs="bpt6k8542165/f79/full/1200,/0/native.jpg"/>l'accablement. Un fardeau <i>accablant ;</i> une tristesse <i>accablante ;</i> une nouvelle <i>accablante,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="292" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCABLEMENT" />
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    <head>ACCABLEMENT</head>
    <p>
    ACCABLEMENT , s. m. Bouleversement, accident par lequel une chose succombe sous une charge excessive. <i>Eversio, oppressio.</i> Pendant ce tremblement de terre il y eut un <i>accablement</i> général dont personne ne se put sauver. On ne l'emploie point au propre. Il est plus en usage au figuré. Il signifie embarras, langueur, abattement, redoublement d'affliction, multitude de choses. <i>Oppressio, Moeror</i> Je n'ai pas de ces heures de chagrin &amp; d'<i>accablement</i> qui vont jusqu'à l'ame. Voit. Il est dans un grand <i>accablement</i> d'esprit, de douleur, &amp;c. Il est dans un grand <i>accablement</i> d'affaires ; pour dire, il est chargé d'un nombre infini d'affaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="292" id="2" type="medecine">
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    <head>ACCABLEMENT</head>
    <p>
    Accablement <i>de pous.</i> Terme de Médecine . Dérèglement de pous, lorsque l'accès commence, ou redouble, <i>Venae inordinatae.</i> Dog.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="293" id="1" type="">
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    <head>ACCABLER</head>
    <p>
    ACCABLER , v. act. Faire tomber une chose pesante sur une autre, qui l'oblige à succomber sous un poids excessif. <i>Opprimere.</i> Il a été <i>accablé</i> sous la ruine de cette maison. Les Ennemis l'<i>accablerent</i> par leur nombre. Leur multitude pouvoit <i>accabler</i> notre valeur. Sarras.</p><p>Cambden dérive ce mot de l'Anglois <i>cablu,</i> qui signifie, Opprimer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="293" id="2" type="">
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    <head>ACCABLER</head>
    <p>
    Accabler , signifie aussi périr de quelque façon que ce soit dans quelque renversement général de l'Etat. Il y eut à Rome bien des gens <i>accablés</i> sous les ruines de la République. L'Empire Romain courant à sa ruine, entraîna avec lui les belles Lettres, qui se trouvèrent <i>accablées</i> sous le poids de sa chûte. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="293" id="3" type="">
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    <head>ACCABLER</head>
    <p>
    Accabler , se dit figurément en Morale de gens trop chargés d'affaires, de dettes, d'impôts, de malheurs, ou d'infirmités. <i>Obrutus negotiis, aere alieno, doloribus oppressus.</i> Il est <i>accablé</i> de chagrin, de gens qui l'importunent. <i>Accablé</i> de vieillesse. <i>Accablé</i> de sommeil. Ne vous venoit-il jamais aucun scrupule sur tous les éloges dont on vous <i>accabloit ?</i> Font. On <i>accable</i> la nature en la chargeant d'alimens, ou de remèdes. On dit d'un homme excessivement civil, qu'il <i>accable</i> le monde de complimens. Si un ouvrage est trop chargé de pensées, leur nombre <i>accable,</i> &amp; lasse l'esprit. Nicol. Jesus-Christ afflige les ames qu'il aime, mais il ne les <i>accable</i> pas. Abbé de la Trape.</p><p>On le dit même en bonne part. <i>Accabler</i> de présens, de bienfaits ; pour exprimer qu'on est comblé de graces &amp; de faveurs. Il se dit aussi avec le pronom personnel, s'<i>accabler</i> de travail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="293" id="4" type="">
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    <head>ACCABLER</head>
    <p>
    Accablé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Oppressus, obrutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="294" id="1" type="">
   <index type="head" value="s'ACCAGNARDER" />
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    <head>s'ACCAGNARDER</head>
    <p>
    s'ACCAGNARDER , verbe neut. qui ne se dit qu'avec le pronom personnel, S'accoquiner, mener une vie fainéante, libertine, ou débauchée, soit en s'attachant au jeu, au vin, aux femmes ; soit en demeurant au com de son feu, au lieu de prendre un honnête emploi. <i>Inertiae, ignaviae tradere se.</i></p><p>On le dit aussi activement, La mauvaise compagnie l'a <i>accagnardé.</i> Il est du style familier.</p><p>Nicod dérive ce mot de <i>cagnard,</i> qui est un lieu à l'abri du vent, ou exposé au soleil, où les gueux s'assemblent pour fainéanter, qu'on appelle pour cela <i>cagnardins,</i> &amp; <i>cagnardiers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="295" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ACCARER" />
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    <head>ACCARER</head>
    <p>
    ACCARER , v. act. Terme de Palais . Confronter les témoins, &amp; les criminels. <i>Testes cum reo componere.</i> On se sert de ce mot principalement dans les Provinces voisines de l'Espagne ; &amp; il vient de <i>cara</i>, qui en Espagnol signifie la tête, ou le visage de l'homme. Ainsi <i>accarer</i> les accusés, c'est les mettre tête à tête. Il envoya prier la Reine de ne faire mourir ce malheureux, qu'il ne fut premièrement <i>accaré</i> à lui. Brant. <i>Accariation,</i> c'est la confrontation des témoins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="296" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCAREMENT" />
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    <head>ACCAREMENT</head>
    <p>
    ACCAREMENT , ou ACAREMENT, s. m. Confrontation. Voyez <ref type="search" target="head:ACCARER">ACCARER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="297" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCARON" />
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    <head>ACCARON</head>
    <p>
    ACCARON , s. m. <i>Accaron.</i> Ville de la Palestine, &amp; l'une des cinq Satrapies ou Gouvernemens des Philistins, où ils garderent quelque temps l'Arche d'Alliance, après l'avoir prise. Ce n'est aujourd'hui qu'un Village. Postel prétend que c'est le <i>Protus Jamnetorum,</i> , de Ptolomée. On y adoroit l'Idole de Béelzébuth, qui est appellé le Dieu d'<i>Accaron</i> au 4e. Liv. des Rois C. 1. v. 6. Elle est à 3. lieues de la Mer, &amp; à 5. de Jaffa. Ceux de Geth envoyerent l'Arche de Dieu à <i>Accaron.</i> Saci.</p><p>Je ne sai dans quel Pline l'Auteur d'un de nos Dictionnaires a pris que <i>Accaron, Achoron,</i> &amp; <i>Acharon,</i> sont les Dieux des mouches, selon Pline L. X. C. 28. Ce Chapitre n'a que trois lignes, que voici : <i>Invocant &amp; Aegyptii Ibes suas contra serpentium adventum : &amp; Elei Mylagron Deum, Muscarum multitudine pestilentiam afferente, quae protinùs intereunt quâ litatum est illi die.</i> Il est vrai que quelques Mss. au lieu de <i>Mylagron,</i> ont mis <i>Myiacoren ;</i> mais c'est manifestement une faute.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="298" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCASTILLAGE" />
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    <head>ACCASTILLAGE</head>
    <p>
    ACCASTILLAGE , sub. m. Terme de Marine , qui se dit en parlant des Châteaux qui sont sur l'avant &amp; sur l'arrière d'un Vaisseau. Et on appelle un Vaisseau <i>accastillé,</i> quand il est accompagné de ces deux Châteaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="299" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCEDER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ACCEDER</head>
    <p>
    &#9758; ACCEDER , v. n. prendre part, s'associer, terme en usage à l'égard des Traités. <i>Acceder</i> à un Traité, l'approuver &amp; le signer comme partie intéressée. La Chambre des Communes résolut de prier le Roi de lui faire délivrer une copie du Traité conclu à Vienne entre l'Empereur &amp; Sa Majesté, avec les articles secrets &amp; séparés, &amp; l'acte par lequel les Etats Généraux des Provinces Unies ont <i>accédé</i> à ce Traité. <i>Gazette de Fr.</i> 21. <i>Févr.</i> 1734. Il fut stipulé que la guerre contre les Suédois ne se feroit point en Poméranie, ni dans aucune des Provinces de l'Allemagne ; &amp; que les Ennemis de Charles XII. pourroient l'attaquer par tout ailleurs. Le Roi de Pologne &amp; le Czar <i>accéderent</i> eux-mêmes à ce Traité. Voltaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="300" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCÉLÉRATION" />
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    <head>ACCÉLÉRATION</head>
    <p>
    ACCÉLÉRATION , s. f. Action par laquelle on avance une affaire. <i>Acceleratio.</i> Il a obmis plusieurs demandes qu'il avoit à faire pour l'<i>accélération</i> du jugement de son Procès.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="300" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCÉLÉRATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ACCÉLÉRATION</head>
    <p>
    Accélération , se dit principalement en Physique, de l'accroissement de vîtesse dans le mouvement des corps. On recherche avec soin la cause de l'<i>accélération</i> du mouvement des corps qui tombent, &amp; pourquoi ce mouvement étant fort lent dans son commencement, augmente &amp; devient très-rapide vers la fin. Bern. Galilée est le premier qui a trouvé la proportion de l'<i>accélération</i> du mouvement. Ce n'est point la pesanteur qui fait l'<i>accélération</i> du mouvement des corps dans leur chute, car on a remarqué qu'un poids d'une livre tombe &amp; descend avec la même vîtesse qu'un poids de cent livres. Bern. Supposant qu'à la même distance du centre de la terre la gravité agit uniformément sur tous les corps, &amp; que le temps qu'un corps met à descendre soit divisé en parties toutes égales ; si après que le grave par son poids est tombé vers le centre de la terre pendant la première de ces parties de temps, sa gravité cesse d'agir, ce corps tombera également, avec une vîtesse egale à la force de la première impression ; c'est-à-dire, que pendant chacune de ces parties de temps, il ne parcourra qu'autant d'espace qu'il en a parcouru pendant la première : sa gravité donc ne cessant point, mais agissant toujours, il s'enfuit qu'au second moment ce corps recevra une nouvelle impression pour descendre ; sa vîtesse sera donc double de ce qu'elle étoit au premier moment, elle sera triple au troisième, quadruple au quatrième, &amp; ainsi des autres. Par conséquent les vîtesses dans l'<i>accélération</i> sont comme les temps. De plus, parce que l'espace que décrit un mobile dans un temps donné avec une vîtesse donnée est le rectangle fait du temps &amp; de la vîtesse, un corps grave étant également &amp; uniformément accéléré, l'espace qu'il décrit au commencement du temps de son mouvement, est justement la moitié de celui qu'il auroit décrit, si dans le même temps il s'étoit mû avec une vîtesse égale à celle qu'il a en finissant. De-là il s'ensuit, 1°, Que l'espace parcouru avec la vîtesse de la fin dans la moitié d'un certain temps, est égal à l'espace décrit par un corps accéléré dans ce temps-là tout entier. 2°, Que si un corps en descendant décrit un espace dans un certain temps, dans le double de ce temps-là il en parcourra quatre fois autant, dans le triple neuf fois autant, &amp;c. Ou autrement si les temps sont en progression arithmétique, 1, 2, 3, 4, 5, les espaces <pb n="40" facs="bpt6k8542165/f80/full/1200,/0/native.jpg"/>seront 1, 4, 9, 16, 25, &amp;c. 3°, Puisque l'espace décrit dans la première partie du temps est 1, dans la seconde 4, dans la troisième 9, &amp;c. si vous considérez séparément l'espace parcouru dans la seconde partie ce sera 3. Et si de 9, qui est l'espace décrit dans la 3e partie du temps, vous en ôtez 4, qui est l'espace décrit auparavant dans le second moment, il restera 5. Puis donc que les parties du temps sont toutes supposées égales, les espaces décrits par un corps grave dans sa descente, seront comme les nombres impairs dans leur ordre naturel 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, &amp;c. 4°. Puisque les vîtesses acquises dans la chute sont comme les temps, les espaces parcourus doivent être comme les quarrés des vîtesses ; &amp; les temps &amp; les vîtesses pris ensemble seront en raison sousdoublée des espaces décrits par un corps qui tombe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="300" id="3" type="">
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    <head>ACCÉLÉRATION</head>
    <p>
    Accélération , se dit aussi des étoiles fixes. Cette <i>accélération</i> est la différence qui se trouve entre la révolution du premier mobile, &amp; la révolution solaire, cette différence est de trois minutes &amp; environ cinquante-six secondes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="301" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCÉLÉRER" />
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    <head>ACCÉLÉRER</head>
    <p>
    ACCÉLÉRER , v. act. Diligenter, presser une affaire, une entreprise. <i>Accelerare.</i> La succession échue à ce jeune homme fera <i>accélérer</i> son mariage. Il faut s'en servir sobrement hors la Philosophie. Les corps graves en tombant <i>accélèrent</i> leur mouvement en certaine proportion qu'on fait voir dans la Statique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="302" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCENSE" />
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    <head>ACCENSE</head>
    <p>
    ACCENSE , s. m. <i>Accensus.</i> Je trouve ce mot dans quelques Dictionnaires, mais il n'est pas François. Jamais on n'a dit l'<i>Accense</i> d'un Conseil. Il faut dire Huissier, Officier d'un Magistrat : où s'il s'agit de milice, Soldat surnuméraire. Car il y avoit deux sortes de gens qu'on appelloit <i>Accensi</i> chez les Romains. Les uns étoient des Officiers des Magistrats ; c'est-à-dire, des Consuls, des Préteurs, des Proconsuls, &amp;c. &amp; les autres étoient à l'armée des Soldats surnuméraires, pour remplir la place des morts ou des blessés. Les premiers se nommoient <i>Accensi, ab acciendo,</i> dit Varron, parce que leur emploi principal étoit de convoquer le Peuple. Les autres parce qu'ils étoient ajoûtés au nombre compétant ; <i>quia adcensebantur,</i> ou <i>accensebantur ;</i> c'est-à-dire <i>ad censum adjiciebantur,</i> ainsi que l'explique Asconius Pedianus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="302" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCENSE" />
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    <head>ACCENSE</head>
    <p>
    Accense , subst. f. Terme de coutume . On écrit aussi <i>adcense, &amp; accense. Accensa, datio ad censum, locatio accensiva.</i> C'est ce qu'on appelle <i>louage</i> ailleurs.</p><p>On appelle aussi <i>accense</i> un héritage, ou une ferme qu'on tient à certains cens &amp; rente, ou à prix d'argent. Cette métairie est une <i>accense</i> d'une telle Abbaye. Tenir un héritage, une maison en <i>accense.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="303" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ACCENSEMENT" />
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    <head>ACCENSEMENT</head>
    <p>
    ACCENSEMENT , ou ADCENSEMENT, ou ACENSEMENT, Terme de coutume ; on trouve ce mot dans l'ancienne coutume de Paris, il veut dire la même chose qu'<i>accense,</i> c'est l'action d'accenser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="304" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCENSER" />
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    <head>ACCENSER</head>
    <p>
    ACCENSER , ou ACENSER, v. act. C'est ce qu'on appelle <i>louer, Locare, ad censum dare.</i> Il y a encore des Provinces où l'on dit <i>accenser</i> une maison, pour louer une maison. Ce mot vient d'<i>ad censum</i>, en sousentendant <i>dare,</i> donner. <i>Adcense,</i> &amp; <i>adcensement,</i> ont la même origine, aussi bien qu'<i>Accenseur</i> qui suit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="305" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ACCENSEUR & ADCENSEUR" />
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    <head>ACCENSEUR & ADCENSEUR</head>
    <p>
    ACCENSEUR &amp; ADCENSEUR , s. m. Terme de coutume . C'est dans la coutume de Berry <i>celui qui donne à louage quelque chose. Accensator, qui dat ad censum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="306" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCENT" />
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    <head>ACCENT</head>
    <p>
    ACCENT , s. m. Inflexion de voix, prononciation qu'on a contracté dans la Province où l'on est né. <i>Sonus vocis.</i> Il faut se garder soigneusement d'un certain <i>accent</i> populaire, qui rend les plus belles choses désagréables. M. Scud. Il est bien difficile de se défaire de l'<i>accent</i> Gascon, ou Normand. On connoît le Pays d'un homme à son <i>accent.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACCENT</head>
    <p>
    Accent , signifie aussi un certain ton de voix qui est souvent une marque de l'intention de celui qui parle, &amp; qui fait donner une bonne ou mauvaise interprétation à ses paroles. On offense souvent avec des termes flatteurs ; mais l'<i>accent</i> fait tout. Quand on dit les choses d'un certain <i>accent,</i> elles ont un sens bien différent de celui qu'elles ont naturellement.</p><p>
    </p>
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    <head>ACCENT</head>
    <p>
    Accent , signifie en Grammaire certaine marque qu'on met sur les syllabes, pour les faire prononcer d'un ton plus fort, ou plus foible, &amp; pour marquer les diverses inflexions de la voix. <i>Accentus, voculatio.</i> Les Savans ont observé que l'usage des <i>accens</i> étoit inconnu aux anciens Grecs. Ils ont été inventés par les Grammairiens, pour fixer la prononciation de la Langue Grecque. Le Cardinal du Perron dit que les Hébreux appelloient les <i>accens</i> , <i>taam ;</i> c'est-à-dire, <i>gustus,</i> parce que c'est comme le goût &amp; le relief de la prononciation.</p><p>Il y a trois sortes d'<i>accens.</i> L'aigu, qui relève un peu la syllabe, la <i>bonté. Acutus.</i> Le grave, qui la rabaisse, <i>là. Gravis.</i> Et le circonflexe, qui est composé des deux autres, &amp; qui étend le son, <i>extrême. Circumflexus.</i> On le met sur la plupart des syllabes longues dont on retranche une <i>S,</i> comme <i>trône, pâle,</i> &amp;c. Il y a des Provinces qui ont leurs <i>accens</i> particuliers. Deux des plus marqués sont l'<i>accent</i> Gascon, &amp; l'<i>accent</i> Normand. L'<i>accent</i> Gascon est un <i>accent</i> aigu, qui se fait trop sentir. L'<i>accent</i> Normand est un <i>accent</i> émoussé, grossier &amp; pesant, qui assomme les oreilles. Les Gascons aiment leur accent jusqu'à la folie ; c'est-à-dire, jusqu'à le garder à la Cour même. L'<i>accent</i> Normand est trop grossier pour favoriser la vanité de l'esprit : l'<i>accent</i> Gascon la favorise par je ne sai quelle élevation qui ne déplait pas. Vign. Mar. Il falloit dire plutôt, parce qu'il marque de l'esprit &amp; de la vivacité. M. de Segrais, qui étoit de l'Académie Françoise, &amp; qui avoit passé sa jeunesse à la Cour, a toujours parlé bas-Normand, &amp; conservé son <i>accent.</i> Ce qui donna lieu à Mademoiselle de Montpensier de dire à un Gentilhomme qui alloit faire le voyage de Normandie avec M. de Segrais : Vous avez un fort bon guide, il fait parfaitement la langue du Pays. Vign. Mar.</p><p>Les Hébreux ont l'<i>accent</i> de Grammaire, de Rhétorique, &amp; de Musique, ou plutôt, l'<i>accent</i> de Grammaire &amp; de Rhéthorique, car l'<i>accent</i> de Musique n'est point différent de l'<i>accent</i> de Grammaire qu'on appelle aussi <i>accent</i> Tonique, parce qu'il donne le ton à la syllabe ; &amp; l'<i>accent</i> de Rhétorique se nomme <i>Euphonique,</i> parce qu'il sert à rendre la prononciation plus douce &amp; plus agréable. Il y a quatre <i>accens</i> de Rhétorique, ou <i>Euphoniques,</i> &amp; 25. <i>Toniques</i> ou de Grammaire, dont les uns se placent dessus la syllabe, les autres dessous. Les Grammairiens Juifs, suivis des autres qui ont écrit des Grammaires Hébraiques, les distinguent en <i>accens Rois,</i> &amp; <i>en accens Ministres,</i> ou <i>serviteurs.</i> Les premiers sont ceux qui font une distinction grande ou petite. On les appelle <i>Rois,</i> parce que les autres se rapportent à eux, leur servent, &amp; qu'ils sont dans leur Empire ; c'est-à-dire, dans la phrase que ceux-là gouvernent, &amp; qu'ils terminent. Les seconds sont ceux qui ne font point de distinction, mais qui montrent que la phrase n'est pas finie, qu'il faut rapporter le mot ou le membre sur lequel ils dominent à ce qui suit. Parmi ceux qui font distinction, &amp; qu'on appelle généralement <i>Rois,</i> on distingue encore un Empereur, des Rois, des Ducs, ou Chefs. Tous ces noms sont métaphoriques, pour marquer une distinction plus ou moins grande. Celui qui domine sur toute une phrase complète, qui termine un sens entier, s'appelle Empereur, cela revient à ce que nous appellons un point. Celui qui domine sur un grand membre de la phrase, qui termine un sens, qui n'est pas cependant tout-à-fait complet, s'appelle Roi, &amp; c'est à peu près comme nos deux points, ou notre point avec une virgule. Enfin, celui qui dans ce grand membre en gouverne &amp; en coupe un plus petit, qui fait aussi un sens, mais imparfait, se nomme Duc ; c'est, si l'on veut, notre virgule. Au reste, l'<i>accent</i> Roi devient quelquefois Ministre, &amp; le Ministre Roi, selon que les phrases sont plus ou moins longues. De plus, l'art &amp; la combinaison des <i>accens</i> est autre dans la Poësie Hébraique que dans la Prose. On dispute beaucoup sur l'usage de tous ces <i>accens Toniques,</i> ou de Grammaire. Un grand nombre de Protestans, sur-tout parmi les Luthériens, soutiennent qu'ils servent à distinguer le sens. Le commun des Catholiques, &amp; les plus habiles Protestans, croient au contraire qu'ils ne servent que pour le chant, ou la Musique ; car les Juifs chantent l'Ecriture Sainte dans leurs Synagogues plutôt qu'ils ne la lisent. Je crois qu'ils sont faits pour marquer ce chant ; mais qu'on a réglé ce chant sur le sens des paroles, &amp; sur l'attention qu'on a voulu qu'on fit à certains mots ; qu'ainsi les <i>accens</i> Hébreux en marquant le chant, marquent aussi quelque distinction, mais que ces distinctions en si grand nombre sont souvent inutiles ou trop subtiles. Ainsi parmi nos Ecrivains Latins &amp; François, &amp; parmi ceux qui nous donnent des éditions des anciens Auteurs, il y en a qui mettent une fois plus de distinctions de points, de virgules, <pb n="41" facs="bpt6k8542165/f81/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp;c. que les autres. Quoi qu'il en soit, il est certain que les anciens Hébreux n'avoient pas ces <i>accens,</i> qu'ils n'ont été inventés que vers le VIe Siècle par les Docteurs Juifs qu'on nomme Massorètes, &amp; qu'ainsi ils n'ont point une autorité Divine, quoi qu'en disent quelques Protestans. Les plus judicieux même parmi eux conviennent de ce qu'on vient de dire. Voilà en peu de mots ce que l'on peut dire de plus clair &amp; de plus raisonnable sur une matière fort embrouillée, &amp; sur laquelle on a écrit, &amp; l'on écrit encore tous les jours bien des volumes. L'<i>accent</i> en Musique est une inflexion ou modification de la voix, ou de la parole, pour exprimer les passions &amp; les affections, soit naturellement, soit par artifice.</p><p>Il y a de grandes disputes parmi les Savans sur les <i>accens</i> qu'on trouve depuis plusieurs Siècles dans les Livres Grecs, soit imprimés, soit manuscrits. Isaac Vossius, qui a composé un discours sur ce sujet, prétend que ces <i>accens</i> ne sont point anciens, &amp; qu'autrefois il n'y en avoit point d'autres que de certaines notes qui servent à la Poësie. C'étoient proprement des notes de Musiciens pour chanter les Poëmes, &amp; non pas des notes de Grammairiens, telles que sont celles qui ont été inventées très-long-temps après. Aristophane le Grammairien, qui vivoit vers le temps de Ptolomée Philopator, fut l'Auteur de ces notes musicales. Aristarque son disciple enchérit dans cet Art par-dessus lui : &amp; tout cela ne servoit que pour apprendre plus facilement aux jeunes gens l'art de faire des vers. Le même Vossius montre par plusieurs anciens Grammairiens, qu'on marquoit en ces temps-là les <i>accens</i> Grecs sur les mots, tout autrement qu'ils ne sont présentement dans les Livres, ce qu'il justifie aussi par des exemples. Voyez sa dissertation <i>de accentibus Graecanicis.</i></p><p>Henri Christian Hennin, dans une Dissertation qu'il a publiée pour montrer qu'on ne doit point prononcer la Langue Grecque selon les <i>accens,</i> a embrassé le sentiment d'Isaac Vossius, qu'il a poussé encore plus loin. Il croit que ce sont les Arabes qui ont été les inventeurs de ces notes, ou pointes, <i>acuminum,</i> qu'on voit sur les mots, &amp; qu'on nomme <i>accens,</i> &amp; qu'ils ne s'en sont servis que dans la Poësie. Il appuie ce sentiment sur le traité de Samuël Clarck <i>de Prosodiâ Arabica,</i> imprimé à Oxford en 1661. mais il ne paroit pas avoir entendu la pensée de cet Auteur.</p><p>Hennin prétend que ces anciens <i>accens</i> inventés par Aristophane s'accordoient parfaitement avec la prononciation de la Langue Grecque, au lieu que ceux d'aujourd'hui la détruisent. Il ajoûte que les nouveaux Grammairiens Grecs ne les ont inventés, que dans des temps où la Langue Grecque commençoit à tomber, voulant empêcher par-là la mauvaise prononciation que les Barbares y introduisoient, &amp; il ne leur donne que neuf cents ans d'antiquité, ce qu'il prouve, parce qu'il ne se trouve point de plus anciens Livres manuscrits, où ces <i>accens</i> soient marqués. Lisez sa Dissertation imprimée à Utrecht en 1684. sous le titre de <i>Dissertatio Paradoxa,</i> avec celle d'Isaac Vossius qui y est jointe.</p><p>Wetstein, Professeur à Bale en la Langue Grecque, a opposé aux paradoxes de Hennin une savante Dissertation, où il fait voir que les <i>accens</i> qui sont dans les Livres Grecs, soit imprimés, soit manuscrits, ont une bien plus grande antiquité. Il avoue que ces <i>accens</i> n'ont pas toujours été marqués de la même manière par les Anciens, &amp; il en apporte en même-temps la raison. Comme la prononciation de la Langue Grecque n'a pas été la meme chez tous les Peuples, il n'est pas étonnant que les Doriens les aient marqués d'une manière, &amp; les Aeoliens d'une autre. De même, ajoûte-t-il, un même Peuple a prononcé différemment sa Langue en différens temps. Tout ceci se peut confirmer par l'exemple de notre Langue. Il rapporte deux raisons qu'on eut dès ces temps-là de marquer les <i>accens.</i> L'une est qu'on écrivoit alors tout en lettres majuscules, toujours également éloignées les unes des autres, sans distinction de mots, ni de phrases. L'autre est de distinguer les mots ambigus, &amp; qui peuvent avoir deux sens. Il prouve ceci par une dispute sur un endroit d'Homère, rapportée par Aristote dans sa Poëtique, Ch. 25. C'est ainsi que les Syriens, qui ne marquent point les <i>accens</i> toniques, quoiqu'ils aient des <i>accens</i> distinctifs, ont encore inventé certains points, qui se mettent ou dessus, ou dessous le mot, pour en faire connoître le moeuf, le temps, la personne, ou le sens, &amp; qui étoient très-utiles lorsqu'on écrivoit le Syriaque sans voyelles. Cette Dissertation, qui est pleine d'érudition, a été imprimée à Bâle en 1686. sous le titre de <i>Dissertatio Epistolica de accentuum Graecorum antiquitate &amp; usu,</i> à la fin de ses Discours Apologétiques pour la véritable prononciation de la Langue Grecque.</p><p>Il n'est pas possible de fixer exactement le temps auquel les Grecs ont marqué les <i>accens</i> dans leurs Livres. Mais on peut assurer que Hennin &amp; Isaac Vossius ont un peu outré cette matière. Wetstein a aussi trop étendu quelques-unes de ses preuves. De plus, on doit demeurer d'accord que les <i>accens</i> ne sont point marqués dans les Livres Grecs qui ont mille ans d'antiquité. Mais il ne s'ensuit pas de-là que ces <i>accens</i> ne fussent point encore dans ce temps-là en usage chez les Grecs. Cela prouve seulement, que la plupart des Copistes les ont négligés, &amp; c'est ce qui fait qu'il est très-rare de trouver d'anciens Manuscrits où ils soient marqués. C'est la remarque que M. Simon, qui a lû un grand nombre de Manuscrits Grecs, a faite dans son <i>Histoire critique du Nouveau Testament,</i> où il dit : L'Exemplaire Grec &amp; Latin de Cambridge, qui contient les quatre Evangelistes &amp; les Actes des Apôtres, &amp; qui est au moins ancien de mille ans, n'a aucuns <i>accens.</i> L'Exemplaire Grec &amp; Latin des Epîtres de Saint Paul qui est dans la Bibliothèque du Roi, &amp; qui n'est pas moins ancien que celui de Cambridge, a à la vérité des <i>accens ;</i> mais il paroît qu'ils y ont été ajoûtés après coup, parce qu'ils ne sont point de la même main que l'écriture de tout le Livre. George Syncelle, ajoûte M. Simon, fait mention d'un Exemplaire Grec de la Bible, qui étoit écrit avec une grande exactitude, où l'on avoit mis les points &amp; les <i>accens.</i> Syncelle dit que cet Exemplaire lui étoit venu de la Bibliothèque de Césarée en Cappadoce, &amp; qu'on voyoit par l'inscription qui étoit au-devant du Livre, qu'il avoit été copié sur un Exemplaire qui avoit été corrigé par le grand S. Basile.</p><p>Hennin ne paroît pas exact, quand il assure que les <i>accens</i> sont une invention des Arabes, qui fut perfectionnée par Alchalil vers le temps de la mort de Mahomet ; que les Massorètes de Tibériade, au milieu du sixième Siècle, adopterent cette invention, &amp; que celui qui perfectionna les <i>accens</i> fut le Rabin Juda ben David Chiug, natif de Fez, dans l'onzième siècle. Il se peut faire à la vérité que les Juifs aient emprunté leurs points voyelles des Arabes ; mais comment auroient-ils pris de ces mêmes Arabes leurs <i>accens,</i> puisque la Langue Arabe n'a aucuns <i>accens,</i> ni dans la parole, ni dans les vers ? La poësie est très-ancienne chez les Arabes, &amp; long-temps avant Alchalli Eben Ahmed, qui l'a seulement réduite en art, marquant les mesures des vers que nous appellons en Latin <i>pedes,</i> les pieds. C'est ce que Samuël Clarck a fort bien expliqué dans son Livre intitulé, <i>de Prosodiâ Arabicâ.</i></p><p>A l'égard des Juifs, on peut croire que les Massorètes de Tibériade ont ajoûté les <i>accens</i> au texte Hébreu de toute la Bible. Ceux qui disent que le R. Juda de Fez perfectionna les <i>accens,</i> n'ont avancé cela, que parce qu'ils ont crû que ce Rabbin a été le premier Grammairien des Juifs. Mais ils se trompent ; car R. Saadias Gaon, qui vivoit long-temps avant Juda Chiug, a composé une Grammaire Hébraique, On trouve dans l'<i>Histoire Critique de l'Ancien Testament, Chap.</i> 30. un Catalogue des Grammairiens Juifs, à la tête desquels est ce R. Saadias. M. Simon dit en ce lieu-là : <i>Après que les Juifs de Tibériade eurent ajoûté les points voyelles &amp; les</i> accens <i>au texte de la Bible, les Docteurs des autres Ecoles commencerent à les imiter. Ils mirent ces points &amp; ces</i> accens <i>dans leurs Exemplaires, que les Particuliers decrivirent ensuite.</i></p><p>Les <i>accens</i> des Hébreux ont quelque chose de commun avec les <i>accens</i> des Grecs, &amp; des Latins, &amp; ils ont en même-temps quelque chose de particulier, &amp; qui ne se trouve que dans la Langue Hébraique. Ce qu'ils ont de commun, c'est qu'ils marquent les tons, à savoir, quand il faut élever, ou abaisser la voix sur certaines syllabes. Quand un Juif habile lit le texte Hébreu de la Bible, il chante plutôt qu'il ne lit, parce qu'il le prononce selon les tons qui sont marqués par les <i>accens.</i> Pour ce qui est de particulier à cette Langue à l'égard des <i>accens,</i> c'est qu'ils y font la même chose que les points &amp; les virgules dans le Latin, dans le Grec &amp; dans le François : ils distinguent les sections, les périodes, &amp; les membres des périodes. Le mot <i>accent</i> vient d'<i>accentus</i> ; &amp; ce dernier mot, selon Covarruvias, vient d'<i>accento,</i> verbe fréquentatif dérivé d'<i>accino.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACCENT</head>
    <p>
    <pb n="42" facs="bpt6k8542165/f82/full/1200,/0/native.jpg"/> Accent , en Musique, est une inflexion, ou modification de la voix, ou de la parole, pour exprimer les passions &amp; les affections, soit naturellement, soit par artifice.</p><p>Les Poëtes &amp; les Amoureux se servent quelquefois du mot d'<i>accens</i> au pluriel pour signifier la voix, ou les cris. Les <i>accens</i> plaintifs. Les derniers <i>accens.</i> Il expliqua sa passion par ces tristes <i>accens.</i> Pousser des <i>accens</i> funèbres.</p><p>Rien n'empêche même de s'en servir en prose, &amp; M. Pelisson a dit fort élégamment aux Réfugiés : Pendant que toute la terre pleine de son nom (du Roi) &amp; des charmes de votre Patrie, apprend à parler François, vous tâcherez de vous former avec peine aux <i>accens</i> de quelque Langue étrangère qui ne laissera pas de vous faire entendre à toute heure ce que vous avez perdu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="307" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCENTUER" />
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    <head>ACCENTUER</head>
    <p>
    ACCENTUER , v. act. Marquer les syllabes avec des <i>accens,</i> pour avertir comment il les faut prononcer. <i>Syllabae accentum apponere.</i> Les Romains n'<i>accentuoient</i> point leurs syllabes en écrivant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="308" id="1" type="">
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    <head>ACCENTUÉ, ÉE</head>
    <p>
    ACCENTUÉ, ÉE , adj. &amp; part. pass. Cet <i>é</i> est <i>accentué,</i> il le faut prononcer plus fortement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="309" id="1" type="">
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    <head>ACCÈPTABLE</head>
    <p>
    ACCÈPTABLE , adj. m. &amp; f. Ce qu'on ne peut raisonnablement refuser. <i>Accipiendus, quod potest accipi.</i> Ces offres, ces propositions sont <i>acceptables,</i> &amp; ne doivent point être rejettées. Cela est du style simple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="310" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="ACCEPTANT, ANTE" />
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    <head>ACCEPTANT, ANTE</head>
    <p>
    ACCEPTANT, ANTE , adj. Terme de pratique . Celui qui accèpte, qui agrée ce qu'on fait en sa faveur. Dans tous les Contrats on dit, qu'un acquéreur, ou donataire, est présent &amp; <i>accèptant.</i> Dans les cessions à un absent, le Notaire prend qualité d'<i>accèptant</i> pour le cessionnaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="311" id="1" type="">
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    <head>ACCÈPTATION</head>
    <p>
    ACCÈPTATION , s. f. Consentement de celui qui accèpte, qui reçoit, qui agrée. <i>Acceptio.</i> L'<i>acceptation</i> d'une donation est nécessaire pour sa validité : c'est une solennité essentielle. <i>L'accèptation</i> est le concours de la volonté du donataire, qui donne la perfection à l'acte ; sans quoi le donateur peut révoquer son don. Si le porteur d'une lettre de change n'en fait point faire l'<i>acceptation</i> dans un certain temps, il n'a plus de garantie sur le tireur. Savary.</p><p>En matière bénéficiale l'<i>accèptation</i> doit être faite au même-temps de la résignation, <i>&amp; non ex intervallo.</i> L'<i>acceptation</i> est réputée faite par un Gradué nommé, quand il a demandé à l'Ordinaire qu'il lui conférât le Bénéfice. Bouchel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="311" id="2" type="theologie">
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    <head>ACCÈPTATION</head>
    <p>
    Accèptation , en termes de Théologie , se dit de la manière de recevoir les Constitutions des Papes, ou de l'acte par lequel on les reçoit. Il y a deux sortes d'<i>accèptations,</i> l'une solennelle, &amp; l'autre tacite : l'<i>accèptation</i> solennelle est l'acte par lequel on reçoit, &amp; on accèpte une Constitution, en condamnant ce que le Pape condamne. L'<i>acceptation</i> solennelle se pratique plus ordinairement dans les lieux où les erreurs condamnées se sont élevées, dans ceux où elles se sont répandues, où elles ont causé du scandale, où les Livres condamnés ont été imprimés ; dans le Pays où sont ceux à qui la Constitution est adressée en particulier, quand elle ne l'est pas à tous les Fidèles. Quand une Constitution a été accèptée expressément par ceux qu'elle regarde d'une manière particulière, elle est censée accèptée tacitement par les autres Prélats du monde Chrétien qui en ont connoissance ; &amp; cet acquiescement est ce qu'on appelle <i>accèptation</i> tacite. Ainsi la France, la Pologne, &amp;c. ont accepté tacitement la Constitution contre la Doctrine de Molinos ; &amp; l'Allemagne, la Pologne, &amp;c. ont accèpté tacitement les Constitutions contre la Doctrine de Jansénius Evêque d'Ypres. Enfin, quand la plus grande partie des Evêques a accèpté une Constitution expressément, ou tacitement, les autres sont obligés de l'accepter &amp; d'y adhérer, en ce qui regarde la foi &amp; les moeurs, &amp; il n'est point nécessaire que l'<i>accèptation</i> du Corps des Pasteurs soit solennelle pour que les Constitutions du Saint Siége soient des règles du sentiment des Fidèles. Procès verbal de l'Assemblée du Clergé en 1705.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="311" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCÈPTATION" />
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    <head>ACCÈPTATION</head>
    <p>
    Acceptation d'une lettre de change, est la promesse par écrit de l'acquitter dans le temps de son échéance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="312" id="1" type="">
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    <head>ACCÈPTER</head>
    <p>
    ACCÈPTER , v. act. Recevoir, agréer le don qu'on nous fait, ou la charge qu'on nous impose. <i>Accipere.</i> Il a <i>accèpté</i> une charge difficile à remplir. La loi est censée <i>accèpter</i> pour les mineurs, &amp; elle supplée à leur intention dans les choses favorables. Courtin. <i>Accèpter</i> un legs, une donation, une cession. <i>Accèpter</i> un combat sur un défi. <i>Accèpter</i> la paix, les conditions d'un traité. Il faut remarquer que ce mot est moins étendu que recevoir ou agréer, &amp; qu'il suppose quelque traité ou négociation. On le dit pourtant quelquefois lorsqu'il ne s'agit point d'affaires. Les Juges ne doivent <i>accèpter</i> aucuns présens des Parues ; pour dire simplement, Recevoir.</p><p>On dit, j'en <i>accèpte</i> l'augure, pour dire, je souhaite que cela arrive comme on me le fait espérer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACCÈPTER</head>
    <p>
    Accepter , se dit des Constitutions, Bulles, ou Brèfs des Papes, comme on l'a expliqué au mot <i>accèptation.</i> Un Arrêt du Conseil du cinquième Juillet 1714, le Roi y étant, déclare un Mandement d'un Evêque comme non fait, &amp; non advenu, parce qu'il introduit une nouvelle manière d'<i>accèpter</i> les Constitutions du Pape. Il y a cette différence entre <i>accèpter</i> &amp; <i>accèptation</i> pris en ce sens, que l'on dit également bien <i>accepter</i> ou <i>recevoir</i> une Bulle, ou Constitution, au lieu qu'on ne dit point <i>recèption,</i> mais toujours <i>accèptation</i> d'une Bulle, ou Constitution.</p><p>On dit aussi, <i>Accèpter</i> une lettre de change, pour en empêcher le protêt, lorsqu'on la souscrit, &amp; qu'on promet de la payer.</p><p>On dit aussi au Palais, <i>Accèpter</i> les offres de sa Partie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="312" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCÈPTER" />
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    <head>ACCÈPTER</head>
    <p>
    Accepte, ée , part. pass. qui a les mêmes sens que son verbe. Les offres qui ne sont point <i>accèptées</i> sont sujettes à révocation. En matière de Bulles &amp; de Constitutions du Saint Siége, quoiqu'on dise <i>accèptation,</i> &amp; non pas <i>réception,</i> on dit cependant <i>reçu,</i> &amp; non pas <i>accèpté.</i> Cette Constitution est <i>reçue</i> en France. On n'encourt point en France l'excommunication, &amp; les autres peines portées dans cette Bulle, parce qu'elle n'y a point été <i>reçûe,</i> &amp; non pas <i>accèptee</i> ; au moins dans l'usage ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="313" id="1" type="commerce">
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    <head>ACCÈPTEUR</head>
    <p>
    ACCÈPTEUR , s. m. Terme de commerce . L'<i>Accèpteur</i> est celui qui a <i>accèpte</i> une lettre de change. L'<i>Accepteur</i> devient débiteur personnel après l'<i>accèptation,</i> &amp; est obligé de payer, quand même le tireur viendroit à manquer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="314" id="1" type="jurisprudence romaine">
   <index type="head" value="ACCÈPTILATION" />
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    <head>ACCÈPTILATION</head>
    <p>
    ACCÈPTILATION , s. f. Terme de Jurisprudence Romaine . Quittance qu'on donne sans recevoir de l'argent ; déclaration qu'on fait en faveur de son débiteur, qu'on ne lui veut plus rien demander, qu'on a été satisfait d'une dette, ou qu'on la lui remet. On trouve dans le droit une certaine forme prescrite pour l'<i>accèptilation.</i> Ulpien a cependant décidé que l'<i>accèptilation</i> n'est point aux paroles ; &amp; qu'étant du droit naturel que chacun remette ce qui lui est dû, en la manière qu'il lui plait, elle ne dépend point des formalités.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="315" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCÈPTION" />
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    <head>ACCÈPTION</head>
    <p>
    ACCÈPTION , s. f. Considération qu'on a pour quelqu'un plutôt que pour un autre. <i>Respectus, discrimen, delectus.</i> Les bons Juges ne font aucune <i>accèption</i> des personnes. Cette expression nous est venue de l'Ecriture où le Traducteur Latin rend par <i>accipere personam,</i> &amp; <i>personarum acceptio,</i> ce que l'Hébreu exprime par , <i>connoître</i> ou <i>considérer le visage, y faire attention,</i> ou par <i>assumptio facierum,</i> ce qui signifie faire distinction des personnes, avoir des égards, des considérations pour les unes, qu'on n'a pas pour les autres. On s'est servi autrefois aussi en ce sens du mot d'<i>accèptation</i> ; mais <i>accèptation</i> est plus propre pour les affaires, &amp; <i>accèption</i> pour les personnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="315" id="2" type="grammaire">
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    <head>ACCÈPTION</head>
    <p>
    Accèption , Terme de Grammaire ; sens auquel un mot se prend. <i>Significatio, notio, intellectus.</i> Ce mot a plusieurs <i>accèptions.</i> Dans sa première &amp; plus naturelle <i>accèption,</i> il signifie, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="316" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCÈS" />
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    <head>ACCÈS</head>
    <p>
    ACCÈS , s. m. Abord, entrée ; facilité d'approcher de quelque personne, ou de quelque chose. <i>Aditus.</i> Heureux celui qui a <i>accès</i> auprès du Roi. Cet homme cherche quelque <i>acces</i> dans cette maison, quelque connoissance qui lui en facilite l'entrée. C'est un homme dans l'esprit duquel il est impossible de trouver aucun <i>accès.</i> S. Evr. L'<i>accès</i> de cette côte est difficile à cause des rochers. Le facile <i>acces</i> est une partie du devoir du Prince. Louis XI. donnoit des Audiences <pb n="43" facs="bpt6k8542165/f83/full/1200,/0/native.jpg"/>publiques à tous ses Sujets ; son <i>accès</i> étoit doux &amp; charmant, sa présence étoit agréable, <i>Matthieu en sa vie</i> L. 3. Deroch.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="316" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCÈS" />
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    <head>ACCÈS</head>
    <p>
    Accès , se dit aussi, en parlant de ce qui se pratique dans le Conclave, lorsque dans le scrutin aucun Cardinal n'ayant eu le nombre de voix requises pour être elu Pape, on redonne des billets par lesquels on marque qu'on se range du côté d'un de ceux qui ont été proposés au scrutin ; les billets du scrutin, les billets de l'<i>accès.</i> Après le scrutin, on alla à l'<i>accès.</i> Il fut fait Pape à l'<i>accès.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="316" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCÈS" />
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    <head>ACCÈS</head>
    <p>
    Accès , se dit aussi en Médecine des retours périodiques de certaines maladies, qui laissent quelques bons intervalles. <i>Accessio, accessus.</i> Il a eu un <i>accès</i> de fièvre, de goutte. Il lui prend quelquefois un <i>accès</i> de folie. En ce sens il se dit aussi seul, &amp; sans ajoûter le nom de la maladie. L'<i>accès</i> a été long &amp; violent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="316" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCÈS" />
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    <head>ACCÈS</head>
    <p>
    Accès , se dit aussi au figuré &amp; dans les choses morales. Il signifie alors, mouvement intérieur &amp; passager, en conséquence duquel on agit. Il a des <i>accès</i> de dévotion, des <i>accès</i> de libéralité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="317" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCÈSSIBLE" />
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    <head>ACCÈSSIBLE</head>
    <p>
    ACCÈSSIBLE , adj. m. &amp; f. Ce qui peut être approché. <i>Ad quem facilis est aditus.</i> L'humeur farouche de ce Juge fait qu'il n'est <i>accèssible</i> qu'à peu de gens. Il étoit <i>accèssible</i> à toute heure &amp; à tout le monde. Le Gend. Cette place n'est <i>accèssible</i> que par un seul endroit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="318" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="ACCÈSSION" />
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    <head>ACCÈSSION</head>
    <p>
    ACCÈSSION , s. f. Terme de pratique . L'action d'aller dans un lieu. <i>Accessie.</i> Le Juge a ordonné une <i>accèssion</i> de lieu, pour dresser procès verbal de l'état des choses. Il signifie aussi l'union d'une chose à une autre ; en ce cas c'est la même chose qu'accroissement : s'approprier un fonds par droit d'<i>accèssion.</i> Le droit explique diverses sortes d'<i>accèssions,</i> en vertu desquelles une chose jointe à une autre accroit au profit du propriétaire de la chose à laquelle l'autre a été unie. La pourpre par voie d'<i>accèssion</i> appartient au maître du drap avec lequel elle a été confondue par la teinture. Inst. P. 2. T. 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="318" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCÈSSION" />
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    <head>ACCÈSSION</head>
    <p>
    Accèssion , s. f. L'action d'accéder à un Traité. Il sera permis aux autres Puissances d'entrer dans ce Traité : le terme d'<i>accèssion</i> sera d'une année. Merc. <i>Juin</i> 1725.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="319" id="1" type="college">
   <index type="head" value="ACCESSIT" />
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    <head>ACCESSIT</head>
    <p>
    ACCESSIT , Terme de Collége . Récompense qu'on donne aux écoliers qui ont composé presqu'aussi-bien que celui qui a emporté le prix. Un tel a eu le premier prix des vers, &amp; un tel le premier <i>accessit</i> ; c'est-à-dire, qu'il est celui qui a approché le plus près des prix.</p><p>Ce mot est Latin, &amp; vient de ce qu'après avoir donné les prix on nomme ceux qui en ont approché le plus près, en disant : <i>Ad hos proximè accesserunt.</i> Il se dit &amp; de la personne &amp; de la chose ; c'est-à-dire, de l'honneur d'être ainsi nommé, &amp; aussi de la récompense qu'on donne à ceux qui sont ainsi nommés, car on dit : Il est le premier ou le second <i>accessit,</i> il a eu le premier <i>accessit</i> ; &amp;, voilà mon <i>accessit,</i> en montrant le Livre qu'on a reçu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="320" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCÈSSOIRE" />
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    <head>ACCÈSSOIRE</head>
    <p>
    ACCÈSSOIRE , s. m. Dépendance du principal, suite de quelque chose qui est plus considérable. <i>Accessio.</i> Les depens, qui ne sont qu'un <i>accèssoire,</i> montent souvent plus haut que le principal. L'<i>accèssoire</i> doit céder au principal. Persée fut le principal acteur de la guerre, &amp; Gentius n'en étoit que comme l'<i>accèssoire.</i> Ablanc. La caution dans le contract est un <i>accèssoire</i> qui fortifie le contract, &amp; par cette raison il est condamné comme le principal obligé, parce que l'<i>accèssoire</i> tient de la nature du principal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="320" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCÈSSOIRE" />
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    <head>ACCÈSSOIRE</head>
    <p>
    Accèssoire , se prend figurément pour un état fâcheux. <i>Status acerbus.</i> Il étoit dans un étrange <i>accèssoire.</i> Acad. Fr. On ne s'en sert plus en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="320" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCÈSSOIRE" />
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    <head>ACCÈSSOIRE</head>
    <p>
    Accèssoire , pris comme adjectif se dit de ce qui n'est point de l'essence d'une chose, mais que l'on y joint comme un accompagnement. <i>Adscitus, adventitius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="320" id="4" type="">
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    <head>ACCÈSSOIRE</head>
    <p>
    Accessoire , en matière de Pharmacie, veut dire un changement qui arrive au médicament par des choses extérieures, &amp; qui augmente, ou qui diminue sa vertu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="321" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCHO" />
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    <head>ACCHO</head>
    <p>
    ACCHO , s. f. <i>Accho.</i> Ville de Phénicie. Elle fut donnée à la Tribu d'Aser, mais cette Tribu n'en chassa point les Chananéens, ou Phéniciens, non plus que de quelques autres lieux dont il est parlé au Ch. 1. du Liv. des Juges v. 31. Quelques-uns veulent que ce soit la même qu'Acé, ou Ptolémais. Bochart, <i>Chanaan,</i> C. 2. dit que c'est Acon, que Jacques de Vitry dans son <i>Histoire d'Orient,</i> C. 25. écrit Accon. Voyez sur cet endroit les notes d'André Hojux, p. 461. de l'édition de Douai 1597. &amp; Fuller. <i>Miscell.</i> L. IV. C. 15.</p><p>Etienne a tort de chercher dans la Langue Grecque l'étymologie de ce nom ; encore plus Josephe de le faire venir d', <i>principium.</i> C'est un mot purement Hébreu, ou Phénicien, , que quelques-uns interprètent <i>compressus,</i> ou <i>confractus</i> ; mais dont nous ne savons pas au vrai la signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="322" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="ACCIDENT" />
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    <head>ACCIDENT</head>
    <p>
    ACCIDENT , s. m. Terme de Philosophie , propriété accidentelle, ce qui survient à la substance, &amp; qui ne lui est pas essentiel ; qui peut y être, ou n'y être pas, sans qu'elle périsse. <i>Accidens.</i> Un <i>accident,</i> ou un mode, c'est ce que nous concevons nécessairement dépendant de quelque substance. Roh. La blancheur est un <i>accident</i> dans une muraille, parce que cette muraille peut subsister sans la blancheur : au lieu que la blancheur ne peut naturellement subsister sans qu'elle soit soutenue par quelque substance. Les Cartésiens disent que l'extension constitue l'essence de la matière, &amp; que les <i>accidens</i> ne sont que des modifications, qui n'en sont point distinctes réellement. Ces sentimens sont rejettés par les Théologiens, comme contraires à ce que la Foi nous enseigne touchant l'Eucharistie. Ce n'est pas nous, Nos très-chers frères, qui avons imaginé cette distinction de substance &amp; d'<i>accident</i> ; c'est Platon, c'est Aristote, qui n'avoient aucune part à nos disputes : nous ne faisons qu'emprunter leurs termes, pour mettre hors de tout équivoque les termes communs. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="322" id="2" type="">
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    <head>ACCIDENT</head>
    <p>
    Accident , Evènement fortuit, hazard, coup de fortune. <i>Casus.</i> Malheur imprévu. <i>Casus adversus.</i> Il y a des gens à qui la faveur arrive comme un <i>accident,</i> ils en sont surpris les premiers. La Bruy. C'est par un heureux <i>accident</i> que cet homme a été garanti du naufrage. Quand il est mis seul, &amp; sans adjectif qui en détermine le sens, il se prend presque toujours en mauvaise part. Il arrive quelquefois des <i>accidens</i> d'où il faut être un peu fou pour se bien tirer. Rochef. C'est dans les hôpitaux que se rassemblent toutes les infirmités, &amp; tous les <i>accidens</i> de la vie humaine. Flech. Je suis fâché de l'<i>accident</i> qui vous est arrivé : cela s'entend de quelque avanture désagréable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="322" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCIDENT" />
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    <head>ACCIDENT</head>
    <p>
    Accident , signifie aussi les circonstances, &amp; les incidens d'une action. Quand Sapho veut exprimer les fureurs de l'amour, elle ramasse de tous côtés les <i>accidens</i> qui suivent, &amp; qui accompagnent cette passion : &amp; remarquez que de tous ces <i>accidens,</i> elle choisit ceux qui marquent davantage l'excès &amp; la violence de l'amour. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="322" id="4" type="">
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    <head>ACCIDENT</head>
    <p>
    Accident absolu . <i>Accidens absolutum.</i> C'est celui qui subsiste, ou qui peut au moins surnaturellement &amp; par miracle subsister sans sujet. Tels sont les <i>accidens</i> du Pain &amp; du Vin dans le Sacrement de l'Eucharistie : car l'Eucharistie étant un Sacrement ; c'est-à-dire, un signe visible, de la Grace invisible, il faut nécessairement qu'il y ait quelque chose de sensible. Ce ne peut être aucune substance, il faut donc que ce soient des <i>accidens.</i> De plus il se fait dans l'Eucharistie une véritable conversion ; c'est la Foi de l'Eglise Catholique, la Doctrine des Pères, &amp; la décision des Conciles de Rome, sous Grégoire VII. de Latran, sous Innocent III. &amp; de Trente, Sess. XIII. Chap. 6. Or en toute conversion il doit y avoir quelque chose de commun, qui demeure après le changement le même qu'il étoit avant le changement ; autrement ce ne seroit qu'une simple substitution d'une chose à la place d'une autre. Comme donc il n'y a aucune substance qui demeure, il faut que ce soient de purs <i>accidens.</i> Enfin, le Concile de Constance a condamné comme hérétique cette proposition, qui est la seconde de Wiclef, dans la Sess. VIII. <i>Les</i> accidens <i>du Pain ne demeurent point sans sujet dans le même Sacrement</i> (de l'Eucharistie). Et quoique le Concile de Trente ne se soit point servi du mot d'<i>accident,</i> il a néanmoins défini la même chose au regard des espèces, qui dans le langage de tous les Théologiens ne signifient autre chose que les <i>accidens</i> du Pain &amp; du Vin. <i>Car que sont autre chose les especes après la consecration, que des espèces sacramentelles &amp; des</i> accidens <i>sans sujet ?</i> dit le Concile de Cologne en 1539. Part. VII. §. 15. On peut voir encore dans le Concile de Basse le discours de Jean de Ragusio, Procureur général des Dominicains. Quelques Théologiens ou Philosophes reconnoissent pour <i>accidens</i> absolus tous <pb n="44" facs="bpt6k8542165/f84/full/1200,/0/native.jpg"/>ceux qui restent dans le Sacrement après la consécration ; la quantité, la couleur, la saveur, &amp;c. D'autres disent qu'il n'y a proprement que la quantité qui soit un <i>accident</i> absolu &amp; sans sujet, que les autres ont pour sujet la quantité. Le premier sentiment est plus conforme à celui des Pères, &amp; à l'ancienne Doctrine ; car les Pères ont reconnu des <i>accidens</i> absolus autres que la quantité, &amp; ailleurs que dans le Sacrement de l'Eucharistie. S. Basile, dans son Homélie VI. sur la création, enseigne, que la lumière ou plutôt la splendeur, la lueur de la lumière, , est différente de son sujet, comme la blancheur du corps blanc, &amp; qu'elle a été au commencement sans ce sujet, ayant été créée quatre jours auparavant, ce qu'il regarde comme un miracle de la toute-puissance de Dieu. S. Grégoire de Nazianze dit la même chose. <i>Orat.</i> 43. Nicétas aussi-bien que Procope sur la Genèse approuvent ce sentiment de S. Basile. Les Cartésiens ont imaginé tout ce qu'ils ont pu pour détruire cette Doctrine des <i>accidens</i> absolus ; mais ils n'ont rien inventé qui satisfasse. Ils disent que sans qu'il reste rien, Dieu fait sur nos sens les mêmes impressions que faisoient le Pain &amp; le Vin avant la consécration. Mais c'est là rejetter la Doctrine de l'Eglise, &amp; au lieu d'une vraie conversion, ne reconnoître qu'une simple substitution. D'autres soutiennent que tous les corps ont beaucoup de matière hétérogène, d'air &amp; d'autres corpuscules renfermés dans leurs pores ; que quand le Pain est détruit, cette matière, qui n'est point du Pain, subsiste ; que Dieu par miracle la conserve dans le même arrangement, qu'elle avoit dans les pores du Pain, avant qu'il fût détruit ; qu'ainsi elle doit produire les mêmes sensations que produisoit le Pain. Mais on répond à cela que c'est encore là n'admettre qu'une pure substitution, &amp; non point une véritable conversion ; que d'ailleurs dans les principes mêmes des Cartésiens toute cette explication doit être fausse ; que l'espace qu'occupoient avant la consécration les parties solides de la substance du Pain &amp; du Vin, ou demeure vuide après la consécration, ou se remplit de quelque autre substance, qui n'est pas du Pain, ni du Vin ; que soit qu'il demeure vuide, soit qu'il se remplisse de quelque autre substance, ce n'est plus le même tissu, ni le même arrangement de parties, puisque ce n'est plus du Pain ni du Vin ; qu'ainsi selon les Cartésiens mêmes ce ne doit plus être les mêmes sensations. De plus, que les parties du Pain n'étant point disposées, ni figurées de la même manière que celles du corps de Jesus-Christ, les pores ne peuvent être non plus disposés de même ; que cela étant il ne se peut faire que la matière interceptée dans les pores du Pain &amp; du Vin, &amp; conservée après la consécration dans la même situation, réponde exactement aux pores du Corps de Jesus-Christ ; qu'en plusieurs endroits elle tombera sur des parties solides ; qu'alors il faut de deux choses l'une ; ou que pour conserver toujours le même arrangement de cette matière, il y ait pénétration de plusieurs de ses parties avec des parties solides du Corps de Jesus-Christ, ce qui n'est pas possible dans les principes de Descartes ; ou que la disposition &amp; l'arrangement se change, &amp; que ce ne soient plus les mêmes sensations, ou impressions sur nos sens, ce qui est faux. <i>Voyez la lettre d'un Philosophe à un Cartésien de ses amis.</i> La substance corporelle ne se peut séparer de ses <i>accidens.</i> Qui vous l'a dit ? Etiez-vous du Conseil de Dieu, quand il tiroit du néant les substances &amp; les <i>accidens ?</i> Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="322" id="5" type="philosophie">
   <index type="head" value="ACCIDENT" />
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    <head>ACCIDENT</head>
    <p>
    Accident , en termes de Médecine , est la même chose que symptome, &amp; se dit de tout ce qui arrive de nouveau à un malade, soit en bien, ou en mal. <i>Symptoma.</i> Le remède travailla de telle sorte, que les <i>accidens</i> qui s'ensuivirent fortifierent l'accusation. Vaug. Cette plaie se pourra guérir, s'il ne lui arrive point d'<i>accident ;</i> c'est-à-dire, de fièvre, d'inflammation, ou d'autre symptome.</p><p>Par Accident, manière de parler adverbiale. <i>Fortuitò.</i> Elle marque une chose arrivée par malheur, ou un évènement qu'on ne devoit pas naturellement attendre. Le Prince a l'humeur bienfaisante, &amp; s'il fait du mal, ce n'est que par <i>accident.</i> En termes de Philosophie , <i>par accident, per accidens,</i> signifie ce qui ne suit pas de la nature d'une chose, mais de quelque qualité accidentelle qu'elle a, &amp; il est opposé à <i>de soi ; per se,</i> autre manière de parler semblable qui marque ce qui suit de l'essence &amp; de la nature d'une chose. Ainsi le feu brûle de soi, <i>per se,</i> &amp; entant qu'il est feu, &amp; non pas <i>par accident</i> ; mais un fer, même chaud, ne brûle que <i>par accident,</i> par une qualité accidentelle qui lui est ajoûtée ; &amp; non pas de soi &amp; entant qu'il est fer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="323" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCIDENTEL, ELLE" />
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    <head>ACCIDENTEL, ELLE</head>
    <p>
    ACCIDENTEL, ELLE , adj. Qui n'est pas de l'essence d'une chose, ce qui est indifférent à un sujet. <i>Adventitius.</i> La blancheur est <i>accidentelle</i> au marbre, la chaleur au fer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="324" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="ACCIDENTELLEMENT" />
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    <head>ACCIDENTELLEMENT</head>
    <p>
    ACCIDENTELLEMENT , adv. Qui est joint à la manière d'accident. Ce n'est qu'<i>accidentellement</i> qu'un homme est blanc ou noir ; grand ou petit. On ne s'en sert guère qu'en termes de Philosophie .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="325" id="1" type="relations">
   <index type="head" value="ACCISE" />
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    <head>ACCISE</head>
    <p>
    ACCISE , s. f. Terme de Relations . C'est une certaine taxe, ou impôt, qu'on leve dans les Provinces-Unies sur le vin, la bière, &amp; sur la plupart des choses qui se consument. On condamne à de grosses amendes ceux qui fraudent les <i>accises.</i> Ce mot vient du Latin, disent les Jésuites d'Anvers, <i>Acta Sanct. April</i>. T. III. p. 738. de <i>accidere,</i> tailler, parce que c'est une taille, un retranchement. On trouve en Latin moderne <i>Accisia,</i> pour la taille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="326" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCLAMATION" />
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    <head>ACCLAMATION</head>
    <p>
    ACCLAMATION , s. f. Clameur, bruit confus, cri de joie, par lequel le public témoigne de l'applaudissement, de l'estime, ou son approbation par quelque chose. <i>Acclamati.</i> Le Roi entra dans la Ville parmi les applaudissemens, &amp; les <i>acclamations</i> du Peuple. Ablanc. Les Soldats ne purent retenir les pleurs, ni les <i>acclamations</i> dont une multitude exprime ses mouvemens. Vaug. Aux avènemens des Princes, &amp; à leurs premières entrées dans les Villes, les Peuples ont accoutumé de faire des <i>acclamations</i> &amp; des réjouissances publiques. Dans le Code Théodosien, L. VII. il est fait mention des <i>acclamations</i> du Peuple Romain aux entrées des Empereurs Auguste &amp; Constantin. De Roch. Voici quelques formules de ces <i>acclamations</i> que l'Antiquité nous a conservées : Que les Dieux vous conservent pour nous, votre salut, notre salut. <i>Dit te nobis servent, vestra salus, nostra salus.</i> En vous, O Antonin, &amp; pour vous, nous avons tout. <i>In te omnia, per te omnia habentur, Antonine.</i> Lamprid. Lorsqu'Agrippine entra dans Rome les Peuples crioient qu'elle étoit l'honneur de la Patrie, le seul sang d'Auguste, le seul modèle de l'antiquité, &amp; faisoient des voeux pour ses Enfans. Tacit. <i>Annal.</i> L. III. C. 4. Lampridius dit qu'à l'entrée d'Alexandre Sévère les Peuples crioient <i>Salve Roma, quia salvus Alexander !</i> O Rome, soyez sauve, puisqu'Alexandre est sauf. Les Hébreux crioient <i>Hosanna.</i> Les Grecs , c'est-à-dire, bonne fortune. De Roch. Voyez <ref type="search" target="head:Just">Just</ref>. Lipse <i>Elect. L.</i> II. <i>C.</i> 10. &amp; Lymnèus <i>Jus Public. Imper. L.</i> II. <i>C.</i> 5. Anciennement on se servoit d'<i>acclamation</i> &amp; d'applaudissement dans les Eglises, comme dans les Théatres ; les Magistrats, les Evêques, s'élisoient autrefois par les suffrages, &amp; les <i>acclamations</i> publiques. Ce Répondant soutint ses Thèses avec de grandes <i>acclamations.</i> Les <i>acclamations</i> devinrent fréquentes sous les Empereurs Romains. Le Peuple leur en faisoit qui étoient pleines de souhaits &amp; de voeux pour leur prospérité, leur santé, &amp;c. Voyez sur cela M. Brisson dans son Traité des Formules. Le Sénat, l'Armée, leur en faisoit aussi, &amp; l'Histoire est pleine d'exemples de cette coutume. Dans les Conciles on s'en est aussi souvent servi, soit pour souhaiter de longues années aux Empereurs, soit pour opiner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="327" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCLAMPER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ACCLAMPER</head>
    <p>
    ACCLAMPER , v. act. Terme de Marine . C'est fortifier un mât par des clamps ou des gemelles, qui sont des pièces de bois qu'on y lie, &amp; qu'on y attache pour faire plus de résistance au vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="328" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOINTABLE" />
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    <head>ACCOINTABLE</head>
    <p>
    &#9758; ACCOINTABLE , adj. Vieux mot. Gracieux, accostable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="329" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOINTANCE" />
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    <head>ACCOINTANCE</head>
    <p>
    ACCOINTANCE , s. f. Vieux mot. Hantise, commerce, ou familiarité qu'on a avec quelqu'un. <i>Commercium, consuetudo.</i> Il ne se dit guère qu'en mauvaise part, ou en badinant. Il ne faut avoir aucune <i>accointance</i> avec des gens de mauvaise vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="330" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOINTER" />
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    <head>ACCOINTER</head>
    <p>
    ACCOINTER , v. act. Vieux mot, &amp; hors d'usage, qui <pb n="45" facs="bpt6k8542165/f85/full/1200,/0/native.jpg"/>signifioit, Hanter quelqu'un, faire amitié, société avec lui. <i>Habere commercium, inire consuetudinem.</i> Il s'est <i>accointé</i> de cette fille, pour dire, il la voit un peu trop familièrement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="331" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ACCOISEMENT" />
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    <head>ACCOISEMENT</head>
    <p>
    &#9758; ACCOISEMENT , s. m. verb. Calme. Terme de Médecine . Il n'a d'usage que dans cette phrase, l'<i>accoisement</i> des humeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="332" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOISER" />
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    <head>ACCOISER</head>
    <p>
    ACCOISER , v. act. Vieux mot, qui signifioit, Adoucir, apaiser. <i>Placare, mulcere.</i> La tempête après avoir duré six heures, <i>s'accoisa</i> un peu. La sédition fut <i>accoisée</i> par l'adresse d'un tel Magistrat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="333" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOLADE" />
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    <head>ACCOLADE</head>
    <p>
    ACCOLADE , ou Accollade, s. f. Embrassement, caresse qu'on fait en sautant au cou de quelqu'un en l'embrassant. <i>Amplexus, complexus.</i> Les amis qui ont été longtemps sans se voir, se font mille embrassades &amp; <i>accolades.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="333" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOLADE" />
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    <head>ACCOLADE</head>
    <p>
    Accolade , se dit aussi de l'embrassade, &amp; d'une cérémonie dont on use quand on fait un Chevalier, lequel on embrasse en signe d'amitié ; &amp; en ce cas on dit, donner l'<i>accolade</i> aux Chevaliers. Grégoire de Tours rapporte que les Rois de la première race donnoient le baudrier &amp; la ceinture dorée aux Chevaliers, &amp; les baisoient à la joue gauche. Après l'<i>accolade</i> le Prince donnoit un petit coup du plat d'une épée sur l'épaule du Chevalier, qui entroit par là dans la profession de la guerre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="333" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOLADE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ACCOLADE</head>
    <p>
    Accolade , dans un compte, c'est un trait de plume qui joint plusieurs articles pour n'en faire qu'un.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="333" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCOLADE" />
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    <head>ACCOLADE</head>
    <p>
    Accolade , se dit aussi de deux lapereaux qu'on sert, qu'on présente joints ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="333" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCOLADE" />
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    <head>ACCOLADE</head>
    <p>
    Accolade , Ordre Militaire, ou de Chevalerie, en Angleterre. Autrefois il n'appartenoit qu'aux Chevaliers de l'<i>Accolade</i> de porter l'épée &amp; les éperons dorés. Justiniani ne dit rien de cet Ordre dans ses deux volumes des Ordres de Chevalerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="334" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOLER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ACCOLER</head>
    <p>
    ACCOLER , ou Accoller, v. act. Embrasser quelqu'un en lui mettant les bras sur le cou pour le baiser, le caresser. <i>Amplecti, complecti.</i> Ce mot est composé de <i>col,</i> &amp; vient de <i>ad,</i> &amp; de <i>collum,</i> Il se dit le plus souvent en riant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="334" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOLER" />
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    <head>ACCOLER</head>
    <p>
    Accoler , Embrasser le cou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="334" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOLER" />
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    <head>ACCOLER</head>
    <p>
    Accoler la cuisse, <i>accoler</i> la botte, signifie, Saluer quelqu'un avec grande soumission, avec respect, comme quand on va au devant d'un homme qui arrive, jusqu'à l'endroit où il descend de cheval, &amp; qu'on s'y trouve pour l'y saluer : ce qui est une marque d'infériorité. <i>Ad genua advolvi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="334" id="4" type="pratique">
   <index type="head" value="ACCOLER" />
   <index type="src_domain" value="pratique" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ACCOLER</head>
    <p>
    Accoler , en termes de Pratique , signifie, Faire un trait de plume en marge d'un compte, d'un mémoire, d'une déclaration de dépens, qui marque qu'il faut comprendre plusieurs articles sous un même jugement, &amp; les comprendre dans une même supputation pour n'en faire qu'un seul. <i>Multa in unum redigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="334" id="5" type="jardinage">
   <index type="head" value="ACCOLER" />
   <index type="src_domain" value="jardinage" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ACCOLER</head>
    <p>
    Accoler , en termes de Jardinage , se dit des branches d'arbres, des séps de vigne qu'on attache à des espaliers, à des échalas. <i>Alligare.</i> Il est temps d'<i>accoler</i> la vigne. Les vignes ont besoin d'être <i>accolées,</i> afin que par ce travail donnant plus d'air aux raisins, &amp; empêchant qu'ils ne penchent trop à terre, ils puissent parvenir à une maturité parfaite. <i>Accoler</i> la vigne, est un terme fort bien inventé, car en la liant, il semble qu'on l'arrête par le cou. Liger. Cet Auteur fait entendre que ce mot ne se dit que de la vigne ; &amp; en effet je ne l'ai jamais oui dire d'autre chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="334" id="6" type="">
   <index type="head" value="ACCOLER" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>ACCOLER</head>
    <p>
    Accoler , signifie aussi, Joindre deux lapereaux ensemble pour en servir une <i>accolade. Componere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="335" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ACCOLÉ" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>ACCOLÉ</head>
    <p>
    ACCOLÉ , ou Accollé, ée, part. &amp; adj. En termes de Blason , se prend en quatre sens différens. On le dit des animaux qui ont des colliers ou des couronnes passées au cou. <i>Torquatus.</i> Ainsi on dit, un lion de sable armé, lampassé &amp; <i>accolé</i> d'or. On s'en sert aussi en blasonnant les armes de Navarre, qui sont, De gueules aux rais d'escarboucle <i>accolés</i> &amp; pommetés d'or.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="335" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOLÉ" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ACCOLÉ</head>
    <p>
    Accolé , se dit aussi des choses entortillées à d'autres : comme d'un serpent à un arbre, ou à une colonne, ou de toute autre chose qui est entourée de lierre ; d'un sep de vigne à un échalas ; d'une givre, &amp;c. <i>Alligatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="335" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOLÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Blason" />
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    <head>ACCOLÉ</head>
    <p>
    Accolé , se dit encore de deux Ecus qui sont joints ensemble, &amp; attachés par les côtés. <i>Scutum scuto annexum, adjunctum.</i> Ainsi les Ecus de France &amp; de Pologne étoient <i>accolés</i> sous une même Couronne du temps de Henri III. ceux de France &amp; de Navarre depuis Henri IV. Les Ecus de Léon X. &amp; de François I. sont en tête du Concordat en deux Ecussons <i>accolés :</i> ils le sont pareillement dans le Sceau dont il est scellé. Les Femmes <i>accolent</i> aussi leurs Ecus à ceux de leurs Maris.</p><p>On dit aussi que des fusées, des losanges, &amp; des macles sont <i>accolées,</i> quand elles se touchent de leurs flancs, ou de leurs pointes sans remplir tout l'Ecu. On se sert aussi de ces termes pour les clefs, bâtons, masses, épées, bannières, &amp; autres choses semblables qu'on passe en sautoir derrière l'Ecu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="336" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOLURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ACCOLURE</head>
    <p>
    &#9758; ACCOLURE , s. f. Lien de paille, ou d'autre chose, dont les Vignerons se servent pour accoler les vignes. L'<i>accolure</i> n'est pas une marchandise bien chère.</p><p>Ce mot signifie aussi l'action d'<i>accoler.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="337" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODABLE" />
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    <head>ACCOMMODABLE</head>
    <p>
    ACCOMMODABLE , adj. masc. &amp; fem. Se dit en matière de différend ; qui se peut terminer, ajuster, pacifier. <i>Quod componi, conciliari facilè potest.</i> Cette querelle est venue de rien, elle est foit <i>accommodable.</i> Les différends de Religion ne sont guère <i>accommodables.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="338" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODAGE" />
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    <head>ACCOMMODAGE</head>
    <p>
    ACCOMMODAGE , s. m. Travail ou salaire de ceux qui rhabillent, qui apprêtent, qui accommodent quelque chose. <i>Operae, laboris merces.</i> Quand on porte des viandes au cabaret, il en faut payer l'<i>accommodage,</i> les sauces, l'apprêt. On a tant payé au Tapissier pour l'<i>accommodage</i> des chambres, quand on a déménagé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="339" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODANT, ANTE" />
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    <head>ACCOMMODANT, ANTE</head>
    <p>
    ACCOMMODANT, ANTE , adj. Qui est facile, complaisant, qui veut bien ce que les autres veulent, qui se conforme à leur humeur. <i>Commodus.</i> Vous aurez bientôt conclu votre marché avec cet homme-là, il est fort <i>accommodant.</i> Votre humeur si égale, sociable, &amp; si <i>accommodante</i> me charme. Cost.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="339" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODANT, ANTE" />
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    <head>ACCOMMODANT, ANTE</head>
    <p>
    Accommodant , signifie aussi, Ce qui nous fait grand bien, qui établit nos affaires. Un gros billet de lotterie, une succession inesperée, sont des choses fort <i>accommodantes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="340" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ACCOMMODATION" />
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    <head>ACCOMMODATION</head>
    <p>
    ACCOMMODATION , s. f. Terme de Palais . Accord qui se fait à l'amiable. <i>Compositio.</i> Ce procès est si embrouillé, qu'il n'y a pas moyen d'en sortir que par voie d'<i>accommodation.</i> On ne s'en sert plus. Il faut dire, <i>accommodement.</i></p><p>On le dit aussi figurément de la conciliation des Loix ; des passages des Auteurs qui semblent être contraires. <i>Conciliatio.</i> Le plus grand soin des Commentateurs est de trouver l'<i>accommodation</i> des textes de leurs Auteurs qui se contrarient. Conciliation est meilleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="340" id="2" type="philosophie">
   <index type="head" value="ACCOMMODATION" />
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    <head>ACCOMMODATION</head>
    <p>
    Accommodation , Terme de Philosophie . <i>Accommodatio.</i> Connoître par <i>accommodation,</i> c'est connoître une chose par l'idèe d'une autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="341" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODEMENT" />
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    <head>ACCOMMODEMENT</head>
    <p>
    ACCOMMODEMENT , s. m. Ajustement, ce qui rend une chose plus commode, ou qui la met en meilleur ordre. <i>Conveniens rerum dispositio, collocatio.</i> Je ne louerai point votre logis, que vous n'y ayiez fait tels &amp; tels <i>accommodemens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="341" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODEMENT" />
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    <head>ACCOMMODEMENT</head>
    <p>
    Accommodement , signifie aussi, Réconciliation, accord, traité pour finir un procès, ou un différend à l'amiable. <i>Compositio, reconciliatio.</i> Ces parties sont en voie, en termes d'<i>accommodement.</i> Cet homme n'est point chicaneur, il est homme d'<i>accommodement ;</i> il est porté naturellement à l'<i>accommodement ;</i> il entre volontiers en <i>accommodement ;</i> il écoute tous les moyens d'<i>accommodement.</i> Dans les <i>accommodemens</i> l'on cherche d'ordinaire des termes foibles, pour l'honneur de celui qui fait satisfaction. Bouh. Cet acte d'hostilité a rompu l'<i>accommodement</i> qu'on avoit ménagé. Ils ont fait un <i>accommodement</i> plâtré. Acad. Fr. Il se prend encore pour un tempérament, &amp; pour un biais de parvenir à un <i>accommodement.</i> Il y auroit un <i>accommodement</i> à proposer, si les intéressés y vouloient consentir ; c'est-à-dire, un moyen, &amp; un adoucissement pour les concilier.</p><p>Un négociateur qui a ses ordres de la Cour, feint cependant quelquefois de se relâcher de lui-même, &amp; comme par un esprit d'<i>accommodement.</i> La Bruy.</p><p>On dit proverbialement, que le meilleur procès ne vaut pas le plus mauvais <i>accommodement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODER" />
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    ACCOMMODER , v. act. Rendre une chose facile, commode, la réparer. <i>Aptare, reparare, reficere.</i> On a donné ordre pour <i>accommoder</i> les chemins. Il faut <i>accommoder</i> cette selle, la rembourrer, la rendre moins dure, &amp; plus commode.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , signifie aussi, Arranger, mettre en ordre, en bon état. <i>Componere, concinnare.</i> Il a pris grand soin d'<i>accommoder</i> sa chambre, son cabinet ; d'orner, d'<i>accommoder</i> son jardin, sa maison.</p><p>On le dit aussi des choses qui regardent l'ornement de la personne. <i>Comere.</i> Cette femme est toujours deux heures à s'<i>accommoder</i> ; c'est-à-dire, à s'ajuster &amp; à se parer. Ce Barbier <i>accommode</i> bien la barbe, la perruque, les cheveux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , signifie aussi, Préparer, apprêter, assaisonner. <i>Parare, apparare, instruere, condire.</i> Ce Cuisinier <i>accommode</i> fort bien à manger. On est fort bien <i>accommodé</i> dans cette hôtellerie ; c'est-à-dire, on y est bien traité, &amp; bien servi. A quelle sauce voulez-vous qu'on <i>accommode</i> ce poisson ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODER" />
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , se dit aussi en parlant de ce qui est à la bienséance, au voisinage de quelqu'un. <i>Convenire.</i> Cette terre <i>accommoderoit</i> bien cette Seigneurie, parce que l'une relève de l'autre. Ce Prince est mauvais voisin, il s'<i>accommode</i> de tout ce qui est à sa bienséance ; il l'usurpe. Votre Bénéfice m'<i>accommoderoit</i> fort, si vous vouliez le permuter contre un autre qui vous <i>accommodat</i> aussi. Vous ferez aisément marché avec ce Curieux, tout l'<i>accommode.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , signifie presqu'en même sens, Traiter, acheter, prêter, permuter. Si vous voulez m'<i>accommoder</i> de cette terre, je l'acheterai. Si vous voulez m'<i>accommoder</i> de quelque argent, vous me ferez plaisir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="6" type="">
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , signifie aussi, Débrouiler ses affaires, les rétablir, faire fortune, gagner du bien. <i>Reparare, restituere, rem facere.</i> Cet homme s'est bien <i>accommodé</i> dans cette Charge : il étoit gueux, il a bien <i>accommodé</i> ses affaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="7" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODER" />
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , signifie aussi, terminer un procès, une querelle. <i>Componere, controversiam dirimere.</i> Quand les gens sont las de plaider, c'est alors qu'ils sont disposés à s'<i>accommoder.</i> Ces jeunes gens étoient prêts à se battre ; mais on les a <i>accommodes.</i> Acad. Fr.</p><p>On le dit aussi des Loix, des passages des Auteurs &amp; autres choses qui semblent se contrarier, &amp; que l'on cherche à concilier. <i>Conciliare.</i> Comment <i>accommodez</i>-vous cette Loi du Digeste avec cette autre du Code ? Comment <i>accommodez</i>-vous la dévotion avec la coquetterie ? Il y a des dévots qui <i>accommodent</i> la Religion à leur intérêt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="342" id="8" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODER" />
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    <head>ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; signifie, Etre facile, commode dans la négociation, dans la manière de vivre. <i>Fingere, accommodare se ad voluntatem, &amp;c.</i> Il y a plaisir de traiter avec cet homme-là ; c'est un homme d'un esprit aisé, &amp; d'une humeur agréable, qui s'<i>accommode</i> à tout. En ce sens on dit aussi, qu'un homme sage doit s'<i>accommoder</i> au temps. <i>Servire tempori, &amp;c.</i> C'est-à-dire, se conformer à l'usage, aux lieux, aux humeurs, à la volonté, à la capacité des personnes à qui il a affaire, pour vivre en repos, &amp; dans l'estime publique. La science d'un homme sage est de s'<i>accommoder</i> au temps. Le Gend. Il faut que la raison s'<i>accommode</i> à la sensibilité de la nature, &amp; que dans les extrêmes déplaisirs elle lui laisse verser des pleurs. Cail. Pour être heureux par les passions, il faut que toutes celles que l'on a s'<i>accommodent</i> les unes avec les autres. Fonten. Les soupirs &amp; les langueurs ne s'<i>accommodent</i> point à la fierté d'un Héros. Cail. C'est-à-dire, qu'ils ne compatissent point ensemble. Il faut s'<i>accommoder</i> aux choses, quand les choses ne s'<i>accommodent</i> pas à nous. Un sage s'<i>accommode</i> aux vices de son siècle. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="343" id="1" type="">
   <index type="head" value="s'ACCOMMODER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>s'ACCOMMODER</head>
    <p>
    s'ACCOMMODER avec la particule <i>de,</i> signifie trouver une chose bonne, commode, ou du moins ne la trouver pas mauvaise, s'en servir, en user volontiers. <i>Convenire, uti, adhibere.</i> Je ne saurois m'<i>accommoder</i> de ce valet, pour signifier, je ne puis m'en servir. On dit, Qu'un homme ne s'<i>accommode</i> pas de toutes sortes de personnes, pour dire, que toutes personnes ne lui plaisent pas ; Qu'il s'<i>accommode</i> dans un lieu, pour exprimer, qu'il s'y trouve bien. Je ne m'<i>accommode</i> point de la solitude, ce genre de vie est trop ennuyeux. Le P. Malebranche pensoit trop subtilement, pour s'<i>accommoder</i> de pensées qui sont naturelles. La Bruy. Socrate, dont la vertu n'étoit point farouche, s'<i>accommodoit</i> de l'innocente joie des festins. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="343" id="2" type="">
   <index type="head" value="s'ACCOMMODER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>s'ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , avec le nom personnel, signifie encore, Prendre sans façon, s'approprier les choses un peu hardiment. <i>Usurpare, vindicare.</i> Cet homme s'<i>accommode</i> de tout ce qu'il trouve ; c'est-à-dire, il s'en saisit, il s'en empare. On dit aussi, Voyez comme il s'<i>accommode,</i> pour exprimer qu'il prend ses commodités avec beaucoup de liberté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="343" id="3" type="">
   <index type="head" value="s'ACCOMMODER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>s'ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , se prend quelquefois à contresens, &amp; en mauvaise part, &amp; signifie, Maltraiter, ou de paroles, ou de coups ; gâter, mettre en désordre &amp; en mauvais état. <i>Male habere.</i> Il est tombé entre les mains de voleurs, d'assassins, qui l'ont <i>accommode</i> d'une étrange manière. Il est tout couvert de boue, le voilà mal <i>accommode.</i> Bon Dieu ! Comme il s'est <i>accommode.</i> En quel état il s'est mis. On dit populairement, Je vais l'<i>accommoder</i> de toutes pièces. Ablanc. Dans le jugement de ce procès il a été mal <i>accommodé</i> ; il y a eu de sévères condamnations contre lui.</p><p>On dit aussi par raillerie, d'un homme qui s'est enyvré, Qu'il s'en est donné, qu'il s'est <i>accommode</i> de la belle manière, pour dire, qu'il en a pris avec excès.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="343" id="4" type="">
   <index type="head" value="s'ACCOMMODER" />
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    <head>s'ACCOMMODER</head>
    <p>
    Accommoder , se dit proverbialement dans ces phrases. On l'a <i>accommodé</i> tout de rôti, pour dire, on l'a fort maltraité. On dit aussi, <i>Accommodez</i>-vous, le Pays est large ; pour se moquer d'un homme qui se met à son aise, qui prend ses commodités sans beaucoup de cérémonie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="344" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMMODÉ, ÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMMODÉ, ÉE</head>
    <p>
    ACCOMMODÉ, ÉE , part. &amp; adj. <i>Compositus.</i> Un procès <i>accommodé.</i> Un homme riche &amp; <i>accommodé. Dives.</i> Un homme assez <i>accommodé</i> des biens de la fortune. Masc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="345" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNATEUR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Musique" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ACCOMPAGNATEUR</head>
    <p>
    &#9758; ACCOMPAGNATEUR . s. m. Celui qui dans un concert joue de quelque instrument de Musique, en accompagnant la voix des chanteurs. A l'aide de cette nouvelle méthode on peut devenir savant Compositeur &amp; habile <i>Accompagnateur,</i> même sans savoir lire la Musique. Mr. Rameau. <i>Merc. Fév. 1732.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="346" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNEMENT</head>
    <p>
    ACCOMPAGNEMENT , s. m. Action par laquelle on accompagne. <i>Comitatus.</i> L'<i>accompagnement</i> du S. Sacrement, quand on le porte aux malades, est une action pieuse, &amp; qui édifie. Dans ce sens l'on ne s'en sert guère que pour des cérémonies. Le Prince de C. fut chargé de l'<i>accompagnement</i> de la Princesse. Ac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="346" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNEMENT</head>
    <p>
    Accompagnement , se dit aussi de choses qui accompagnent, ou pour l'ornement, ou pour l'agrément, ou pour la symmétrie. <i>Adjuncta.</i> Il ne manque à cette maison qu'un bois de haute futaie pour son <i>accompagnement.</i> L'<i>accompagnement</i> d'un thuorbe avec la voix est fort agréable. Cette chambre est belle, mais elle n'a pas ses <i>accompagnemens.</i> L'harmonie dans les pièces de théatre ne doit être qu'un simple <i>accompagnement.</i> St. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="346" id="3" type="organistes">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNEMENT" />
   <index type="src_domain" value="organistes" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Musique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNEMENT</head>
    <p>
    Accompagnement , en termes d'Organistes , se dit de divers jeux qu'on touche pour <i>accompagner</i> le dessus, comme le bourdon, la montre, la flûte, le prêtant, &amp;c. <i>Concentus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="346" id="4" type="blason">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNEMENT" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
   <index type="macro_domain" value="Blason" />
   <index type="pred_domain" value="Blason" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNEMENT</head>
    <p>
    Accompagnement , est aussi un terme de Blason , &amp; se dit de tout ce qui est autour de l'Ecu, pour lui servir d'ornement, le pavillon, le cimier, les supports, &amp;c. <i>Stipatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="346" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Musique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNEMENT</head>
    <p>
    Accompagnement . s. m. L'action d'accompagner dans la Musique. Apprendre l'<i>accompagnement,</i> savoir l'<i>accompagnement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    ACCOMPAGNER , v. act. Marcher de compagnie avec un autre. <i>Comitari.</i> Un Religieux doit être toujours <i>accompagné</i> d'un Frère. Cette femme jalouse <i>accompagne</i> par-tout son mari.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    Accompagner , signifie aussi, Conduire quelqu'un par civilité, &amp; pour lui faire honneur. <i>Deducere.</i> Ce Président a <i>accompagné</i> cette Dame jusqu'à son carrosse. On envoie des gens de qualité aux Ambassadeurs pour les <i>accompagner</i> à l'audience du Roi, pour les y conduire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    Accompagner , se dit aussi de la suite, du cortége, de l'escorte qu'on donne à quelqu'un, ou pour l'observer, ou pour lui faire honneur, ou pour l'assurer en sa marche. C'est en ce sens qu'on dit <i>accompagner</i> le S. Sacrement, quand on le porte aux malades. Rodolphe, Comte de l'Hapsbourg, <pb n="47" facs="bpt6k8542165/f87/full/1200,/0/native.jpg"/>rencontrant à la campagne un Curé, qui portoit le S. Viatique à un malade par des chemins très-fâcheux, lui donna son cheval, &amp; <i>accompagna</i> le S. Sacrement à pied. C'est à cette action de piété qu'on attribue son élévation, &amp; celle de la maison d'Autriche, dont il est le Chef. On a remarqué que le Roi fit quelque chose de semblable peu de temps avant que le Duc d'Anjou parvînt à la Couronne d'Éspagne. Ce Seigneur marche toujours <i>accompagné</i> de six Gentils-hommes, &amp;c. Les Maréchaux de France envoient un Garde à ceux qui ont querelle, pour les <i>accompagner</i> par-tout. Quand le Roi alla à la conquête de Flandre, il étoit bien <i>accompagné,</i> il avoit une nombreuse armée. On envoya un corps de cavalerie pour <i>accompagner</i> ce convoi, c'est-à-dire, pour l'escorter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    Accompagner , se dit aussi de ce qui orne ou décore quelque chose, &amp; qui lui sied bien. <i>Condecorare.</i> Ces deux pavillons <i>accompagnent</i> bien ce bâtiment, ils font une belle symmétrie. Cette garniture <i>accompagne</i> bien son habit, cela est bien assorti. Lorsqu'elle joue, le thuorbe <i>accompagne</i> parfaitement son chant ; mais sa personne <i>accompagne</i> encore mieux le thuorbe. Le Ch. d'H.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    Accompagner , se dit figurément en choses morales, de ce qui est joint ensemble. <i>Consociare, Conjungere.</i> Il <i>accompagne</i> tout ce qu'il dit de tant de graces, &amp; de tant d'honnêtetés, que cela gagne les coeurs. La colère &amp; l'emportement <i>accompagnent</i> d'ordinaire le jeu. St Evr. L'admiration qu'on a pour les actions glorieuses, est souvent <i>accompagnée</i> d'un secret dépit de n'en pouvoir faire autant. Cost. Il a <i>accompagné</i> le compliment qu'il lui a fait faire, d'un present considérable. La fortune a <i>accompagné</i> Alexandre en toutes ses entreprises ; elle l'a suivi par-tout. La vieillesse, par les infirmités qui l'<i>accompagnent,</i> ressemble plus à la mort qu'à la vie. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="6" type="musique">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
   <index type="src_domain" value="musique" />
   <index type="macro_domain" value="Musique" />
   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    Accompagner , en terme de musique , se dit de celui qui joue du clavecin dans un concert, ou de celui qui joue de la flûte, ou du violon, ou de quelque autre instrument, pendant que quelqu'un chante. C'est une science particulière, de bien <i>accompagner</i> une voix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="7" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    S'Accompagner , v. n. p. Mener quelque gens avec soi pour quelque dessein. Il se prend le plus souvent en mauvaise part. Il s'<i>accompagna</i> de gens de main pour faire ce coup-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="8" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    Accompagné, ée . part. pass. &amp; adj. <i>Comitatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="347" id="9" type="blason">
   <index type="head" value="ACCOMPAGNER" />
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    <head>ACCOMPAGNER</head>
    <p>
    Accompagné , en termes de Blason , se dit lors qu'autour d'une pièce principale, comme le sautoir, la bande, la fasce, le chevron, le croissant, le lion, l'aigle, &amp;c. il y a plusieurs autres pièces qui sont auprès en séantes partitions. De Neufville Villeroi porte d'azur au chevron d'or, <i>accompagné</i> de trois croix ancrées de même. On le dit particulièrement des croix, sautoirs, chevrons, pairles, &amp;c. quand ces choses sont également disposées dans les quatre cantons de l'Écu qu'elles laissent vuide.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="348" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPLIR" />
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    <head>ACCOMPLIR</head>
    <p>
    ACCOMPLIR , v. act. Faire entièrement, mettre une chose en un état où il n'y ait plus rien à desirer ; lui donner sa perfection. <i>Perficere.</i> Notre Seigneur a <i>accompli</i> toutes les prophéties ; il a fait tout ce qu'elles avoient prédit. Cet Officier a bien <i>accompli</i> son devoir. Dieu lui donna des enfans pour <i>accomplir</i> ses desirs, &amp; les lui ôta pour éprouver sa résignation. Felib. Il a <i>accompli</i> sa promesse, ou son voeu ; c'est-à-dire, qu'il a exécuté tout ce qu'il avoit promis. <i>Promissa exsolvere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="348" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPLIR" />
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    <head>ACCOMPLIR</head>
    <p>
    Accomplir , se dit aussi de ce qui est fini &amp; achevé. <i>Absolvere.</i> Ce garçon a <i>accompli</i> le temps de son apprentissage. Cet exilé a <i>accompli</i> le temps de son bannissement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="348" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPLIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCOMPLIR</head>
    <p>
    Accompli, ie , part. &amp; adj. Achevé, parfait, <i>Perfectus, absolutus.</i> Le temps est <i>accompli.</i> Il a fait un bâtiment fort <i>accompli.</i> Ce Seigneur est <i>accompli</i> ; pour dire, il a toutes sortes de perfections &amp; de bonnes qualités. Il faut avoir 25 ans <i>accomplis</i> pour être en majorité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="349" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOMPLISSEMENT" />
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    <head>ACCOMPLISSEMENT</head>
    <p>
    ACCOMPLISSEMENT , s. m. Exécution, succès, ce qui rend la chose accomplie. <i>Perfectio, absolutio.</i> Nous avons l'<i>accomplissement</i> de nos voeux ; c'est-à-dire, tout ce que nous avons souhaité. Les instructions de l'Eglise tendent à porter les fidèles à l'<i>accomplissement</i> de la Loi de Dieu. Port-R. Lycurgue ordonna que les nouveaux mariés ne se vissent qu'à la dérobée, afin d'empêcher le dégoût qui suit l'entier <i>accomplissement</i> de nos desirs. Ablanc. Voyez un heureux, &amp; quelle sérénité l'<i>accomplissement</i> de ses desseins répand sur son visage. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="350" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCON" />
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    <head>ACCON</head>
    <p>
    ACCON , terme de Marine , est un petit bateau à fond plat, dont on se sert pour aller sur les vases, lorsque la mer est retirée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="351" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCONDUIRE" />
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    <head>ACCONDUIRE</head>
    <p>
    ACCONDUIRE , verb. act. Amener. <i>Adducere.</i> Il ne se dit plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="352" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOQUINANT, ANTE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ACCOQUINANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; ACCOQUINANT, ANTE , adj. verbal , qui accoquine, qui attire. Le feu est <i>accoquinant.</i> Une vie <i>accoquinante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="353" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOQUINER" />
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    <head>ACCOQUINER</head>
    <p>
    ACCOQUINER , v. act. amuser, attacher, s'<i>accoquiner,</i> v. n. p. Se plaire, s'attacher à une vie coquine, fainéante, &amp; libertine ; s'amuser, s'accoutumer à quelque chose d'indigne. <i>Tradere se inertiae, ludo, voluptati, &amp;c.</i> Il ne se dit que dans le style bas &amp; satyrique. Il s'emploie plus souvent avec le pronom personnel. Cet homme s'est <i>accoquiné</i> au jeu, s'est <i>accoquiné</i> avec cette femme débauchée. Un artisan qui <i>s'accoquine</i> au cabaret est toujours gueux. Depuis qu'on s'est <i>accoquiné</i> à gueuser, on est fainéant toute sa vie. La lecture des Romans <i>accoquine</i> l'esprit ; pour dire, elle l'amuse, elle l'attache. Nous verrions les femmes courir après nous, sans tous les respects où nous les <i>accoquinons.</i> Mol. Le feu <i>accoquine,</i> il rend les gens paresseux &amp; fainéans. On le dit aussi de quelques animaux domestiques. Il ne faut pas qu'un chien de chasse s'<i>accoquine</i> à la cuisine. Ce mot, quand il est joint avec le pronom personnel, régit le verbe à l'infinitif avec la particule à : Quand on s'est une fois <i>accoquiné</i> à faire des vers, l'on ne peut plus s'appliquer à autre chose. St. Evr. Ce mot vient de <i>coquus</i>, parce que les fainéans se plaisent fort à la cuisine, ou plutôt de <i>coquin,</i> dont nous donnerons l'étymologie en son lieu, &amp; signifie proprement devenir <i>coquin,</i> soit en général, soit à l'égard de quelque chose en particulier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCORD" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    ACCORD , s. m. Consonnance ou union de deux sons agréables à l'oreille. <i>Consentus, consonantia.</i> L'octave, la quinte, sont de bons <i>accords.</i> Ce Musicien ne joue pas une pièce, il fait seulement des <i>accords.</i> L'Organiste joue le plein chant du petit doigt, &amp; des autres il fait des <i>accords.</i> On dit aussi, qu'un luth ou un autre instrument n'est pas d'<i>accord,</i> quand il ne fait pas les consounances justes qu'on desire, &amp; que les cordes ne sont pas montées justes au ton qu'elles doivent être.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCORD" />
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    Accord , signifie aussi cette union &amp; cette proportion qui est entre toutes les parties de l'Univers, qu'on appelle l'<i>Harmonie du monde,</i> qui en établit le repos &amp; la stabilité. <i>Consensus &amp; convenientia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCORD" />
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    Accord , signifie encore, Paction, convention entre les personnes qui traitent, qui conviennent de quelque chose. <i>Conventum, pactio.</i> Ces parties ont fait, ont passé, ont signé un bon <i>accord.</i> Ce changement s'est fait d'<i>accord</i> de parties, de concert. Un bon <i>accord</i> vaut mieux qu'un méchant procès. Il faut remarquer qu'on ne dit un <i>accord,</i> que des affaires légères &amp; particulières ; &amp; que dans les grandes on se sert du mot de <i>transaction</i> ou de <i>traité</i> : &amp; <i>accommodement</i> est le genre qui se dit de tout cela. L'<i>accord</i> diffère de la transaction, en ce que les transactions se font moyennant quelque chose donnée, promise, ou retenue ; &amp; l'<i>accord,</i> qu'on appelle en Droit <i>nudum pactum,</i> se fait sans se rien demander l'un à l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCORD" />
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    Accord , se dit aussi de l'union &amp; de la bonne intelligence qui se trouve entre ceux qui vivent ensemble : en ce cas, il signifie une conformité d'esprits &amp; de volontés. <i>Concordia.</i> Ce mari &amp; cette femme sont bien d'<i>accord.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCORD" />
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    Accord , se dit aussi de l'accommodement qui se fait entre des personnes qui étoient mal ensemble. <i>Reconciliatio.</i> Un <i>accord</i> se doit faire sans tant d'exactitude &amp; de chagrin ; on le rend plus assuré. <i>Bellum finire cupienti opus erat decipi,</i> dit un Ancien. Il faut souvent se laisser tromper pour sortir d'affaire. De Roch. Les <i>accords</i> qui se font par nécessité ne durent pas ; le repentir les suit, &amp; fait renouveller les querelles en peu de temps. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="6" type="">
   <index type="head" value="ACCORD" />
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    Accord , signifie aussi, Consentement. <i>Consensio.</i> J'en suis d'<i>accord.</i> Les Protestans sont d'<i>accord</i> avec nous qu'au moins à l'égard des vérités Chrétiennes, &amp; des promesses générales de Dieu, il faut avoir une certitude entière &amp; parfaite ; être au moins infailliblement assuré qu'on est dans la voie du Salut ; autrement ce ne seroit pas Religion &amp; Loi Divine, mais opinion &amp; connoissance humaine. Peliss. Tout le monde demeure d'<i>accord,</i> tombe d'<i>accord,</i> est d'<i>accord</i> de cette vérité. Ils demeurerent aussi d'<i>accord</i> <pb n="48" facs="bpt6k8542165/f88/full/1200,/0/native.jpg"/>avec nous, que, &amp;c. Peliss. J'en tombe d'<i>accord.</i> Je ne voudrois pas me servir de cette manière de parler. J'aimerois mieux dire : J'en demeure d'<i>accord,</i> qui me paroît plus propre &amp; plus en usage : <i>Suite des Mots à la mode</i> C'est aussi le sentiment de Mr Andry, qui reprend le P. Bouhours du trop fréquent usage de, Je tombe d'<i>accord,</i> dans sa manière de bien penser. <i>Réflexions sur l'usage présent de la Langue Françoise.</i> Il faut, dit Mlle de Scudery, que vous demeuriez d'<i>accord</i> que la critique en général a fait mille biens au monde pour perfectionner les Sciences &amp; les Arts, &amp; qu'elle est aussi ancienne que lui. <i>Conversations morales.</i> On dit absolument, <i>d'accord</i> ; pour dire, J'y consens ; cela est vrai ; Je l'avoue. C'est ainsi que dans un Dialogue avec Pégase on a dit :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="7" type="">
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    Accord , signifie encore, Conformité de sentimens, <i>Consensus.</i> Tous les Philosophes ne sont pas d'<i>accord</i> sur cette matière ; c'est-à-dire, qu'ils ne sont pas du même avis, ni dans le même sentiment là-dessus. Toute puissance est établie de Dieu, vous en êtes d'<i>accord.</i> Peliss.</p><p>Tout d'un <i>accord,</i> adv. Tout d'un consentement, d'un même avis.</p><p>On dit proverbialement d'un homme facile &amp; de bonne humeur, qui consent à tout ce qu'on veut, qu'il est de tous bons <i>accords.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="354" id="8" type="marine">
   <index type="head" value="ACCORD" />
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    <head>ACCORD</head>
    <p>
    Accords , ou étais, en termes de Marine , sont de grandes pièces de bois dont on se sert pour soutenir le Navire que l'on construit tant qu'il est sur le chantier. <i>Tigna.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="355" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCORDABLE" />
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    <head>ACCORDABLE</head>
    <p>
    ACCORDABLE , adj. Qui se doit ou peut s'accorder. <i>Dignus veniâ.</i> Cette grace n'est pas <i>accordable,</i> le crime est trop énorme. Il est peu en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="356" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCORDAILLES" />
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    <head>ACCORDAILLES</head>
    <p>
    ACCORDAILLES , s. f. Il n'a point de singulier. Cérémonie qui se fait pour la lecture des qualités, ou pour la signature d'un contrat de mariage en présence des Parens, quand les parties sont d'accord. <i>Sponsalia.</i> Il est populaire &amp; bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="357" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCORDANT, ANTE" />
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    <head>ACCORDANT, ANTE</head>
    <p>
    ACCORDANT, ANTE , adj. Qui se peut accorder. <i>Ad concentum aptus.</i> La Musique consiste à bien choisir les tons <i>accordans,</i> &amp; à les distinguer des discordans. Il y a des voix <i>accordantes</i> &amp; discordantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="358" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCORDE" />
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    <head>ACCORDE</head>
    <p>
    ACCORDE , s. f. Terme de Marine . C'est le commandement que l'on fait à l'équipage de la chaloupe, &amp; aux Rameurs, pour les faire nager ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="359" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ACCORDEMENT" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>ACCORDEMENT</head>
    <p>
    ACCORDEMENT , s. m. Terme de Coutume . C'est l'<i>accord,</i> la composition, le traité que fait un acquéreur avec le Seigneur censuel pour les droits censuels des lods &amp; ventes qui sont dûs audit Seigneur. <i>Pactum, conventio.</i> Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCORDER" />
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    ACCORDER , v. act. Mettre des voix ou des instrumens de Musique en état de faire des consonnances, ou des accords dans la plus grande justesse ; les mettre sur un même ton, pour en former un concert agréable. <i>Concentum inter instrumenta musica efficere. Accorder</i> un instrument, c'est monter les cordes au ton où elles doivent être, pour faire l'harmonie. On est plus long-temps à <i>accorder</i> son Luth, qu'à en jouer. <i>accorder</i> sa voix avec un Thuorbe. <i>Cantare ad cordarum sonum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="2" type="">
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accorder , se dit en Grammaire en parlant du régime &amp; de l'accord que les parties d'oraison doivent avoir ensemble. <i>Concordare.</i> Le substantif &amp; l'adjectif se doivent <i>accorder</i> en genre, en cas &amp; en nombre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCORDER" />
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accorder , signifie aussi, Accommoder, mettre d'accord, établir la paix &amp; l'union entre des personnes. <i>Controversias dirimere, componere.</i> Il a <i>accordé</i> son procès. <i>Accorder les</i> coeurs, &amp; les esprits. Ces deux frères étoient en querelle, on les a <i>accordés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="4" type="">
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accorder , se dit en matière de Doctrine, &amp; d'opinions : alors il signifie les concilier, &amp; en lever les contradictions apparentes. <i>Conciliare.</i> Les Théologiens font tous leurs efforts pour <i>accorder</i> S. Matthieu &amp; S. Luc sur la généalogie de Jesus-Christ. Cl. &amp; on les a très-bien <i>accordés.</i> Rien n'est si aisé que d'<i>accorder</i> l'Ecriture avec l'Ecriture, lorsque l'on croit avec l'Eglise Chrétienne, &amp;c. Peliss.</p><p>On le dit aussi des choses, <i>Consentire, convenire.</i> Les qualités contraires ne s'<i>accordent</i> pas ensemble, elles sont incompatibles. Le chaud &amp; le froid ne s'<i>accordent</i> pas. Ce que vous dites ne s'<i>accorde</i> pas avec ce que vous m'avez dit autrefois. <i>Accordez</i>-vous avec vous-même. <i>Accorder</i> la liberté de l'homme avec les decrets de Dieu. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accorder , se met aussi avec le pronom personnel ; &amp; alors il signifie, Convenir, être d'intelligence &amp; de complot. Ce Juge &amp; ce Greffier s'<i>accordent</i> à tromper les Parties. Il marque encore la conformité des esprits &amp; des humeurs : Les jeunes gens n'ont pas de peine à s'<i>accorder</i> ; leurs plaisirs communs les unissent. St Evr. Calvin voudroit bien <i>accorder</i> Luther &amp; Zuingle : mais il ne peut s'<i>accorder</i> avec lui-même. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accorder , se dit aussi de ce qui peut subsister agréablement ensemble, &amp; généralement de toutes les choses qui ont de la convenance, &amp; du rapport. <i>Concinere.</i> Cette garniture s'<i>accorde</i> bien avec cet habit. Le plomb s'<i>accorde</i> bien avec l'étain. Le vinaigre ne s'<i>accorde</i> pas avec le lait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="7" type="">
   <index type="head" value="ACCORDER" />
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accorder , signifie aussi, Donner, faire une grace, octroyer une demande. <i>Concedere.</i> Le Cardinal Ximénès n'<i>accordoit</i> jamais ce qu'on lui demandoit, pour n'être pas troublé dans l'ordre du bien qu'il vouloit faire. Flech. Ce Prince lui a enfin <i>accordé</i> l'Emploi qu'il sollicitoit. Le Pape a <i>accordé</i> cent ans d'indulgence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="8" type="">
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accorder , Consentir, <i>Concedere.</i> Je vous <i>accorde</i> cette proposition.</p><p>On dit aussi, <i>Accorder</i> une fille en mariage, quand les Parens donnent une fille à celui qui la leur demande ; ou quand les parties en signent le contrat. <i>Despondere.</i></p><p>On dit proverbialement, que des gens s'<i>accordent</i> comme chiens &amp; chats ; pour dire, qu'ils ne peuvent compatir ensemble. <i>Dissentire. Accordez</i> vos flûtes ; pour dire, convenez de vos faits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="9" type="">
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accordé, eé , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe. Un luth <i>accordé</i> ; une proposition <i>accordée</i> ; un procès <i>accordé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="360" id="10" type="">
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    <head>ACCORDER</head>
    <p>
    Accordé, ée , s. m. &amp; f. Qui s'est engagé par un traité pour mariage. <i>Desponsus, desponsatus.</i> C'est un <i>accordé</i> ; c'est son <i>accordée.</i> L'<i>accordé</i> qui refuse d'accomplir le mariage, est toujours condamné aux dommages &amp; intérêts, proportionnés à la qualité de l'<i>accordée</i> ; parce qu'elle est offensée, &amp; méprisée par le changement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="361" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCORDOIR" />
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    <head>ACCORDOIR</head>
    <p>
    ACCORDOIR , s. m. Petit instrument qui sert à accorder les instrumens de Musique. L'<i>accordoir</i> d'une orgue est fait en forme d'un petit cone, dont on affuble les tuyaux en les pressant, jusqu'à ce qu'ils soient assez étroits pour les faire descendre aux tons qu'on desire ; ou en poussant la pointe du cone dans le tuyau lorsqu'on le veut élargir &amp; le faire monter. L'<i>accordoir</i> d'un clavessin est fait comme un petit marteau.</p><p>Ces mots d'<i>accord</i> &amp; d'<i>accorder,</i> selon quelques-uns, &amp; entr'autres Nicod, viennent du Latin <i>ad cor,</i> comme si on disoit, que deux personnes sont amenées à un même coeur ou à une même volonté. Mais il y a plus d'apparence qu'ils viennent de <i>corde,</i> &amp; que le premier sens d'<i>accorder</i> vient de ce que deux cordes qui se touchent en même-temps, forment des tons qui s'unissent agréablement : d'où vient qu'il y a des consonnances en Musique qui s'appellent <i>tétracorde</i> &amp; <i>hexacorde,</i> qui sont la quarte &amp; la sixte ; ce qui a été étendu aux conventions, qui font agir les parties de concert. Le mot <i>accord</i> est assez ancien. Le P. Papebroch, <i>Act. Sanct.</i> Mai, T. I. p. 64. cite un vieux mémoire dans lequel on lit : <i>Fit tractatus &amp;</i> accordum <i>cum quodam auri fabro istius Urbis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="362" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCORER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ACCORER</head>
    <p>
    ACCORER , Terme de Marine , qui signifie, Appuyer, ou soutenir quelque chose. <i>Sustentare, sulcire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="363" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ACCORNÉ, EE" />
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    <head>ACCORNÉ, EE</head>
    <p>
    ACCORNÉ, EE , adj. Terme de Blason . Animal qui est marqué dans un Ecu avec ses cornes. <i>Cornutus.</i> On le dit seulement quand elles sont d'une autre couleur ou métal que le reste du corps de l'animal. Têtes de vaches de sable, <i>accornées</i> d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="364" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCORT, ORTE" />
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    <head>ACCORT, ORTE</head>
    <p>
    ACCORT, ORTE , adj. Civil, complaisant, qui se sait accommoder <pb n="49" facs="bpt6k8542165/f89/full/1200,/0/native.jpg"/>à l'humeur des personnes avec qui il a affaire, pour réussir dans ses desseins. <i>Comis, urbanus commodus.</i> Les Grecs l'appellent . Ce mot vient de l'Italien <i>accorto</i>, qui signifie la même chose. On a dit autrefois <i>accortise</i> &amp; <i>accortement</i> : mais ces mots ont vieilli, quoique Pasquier témoigne qu'ils étoient nouveaux de son temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="364" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCORT, ORTE" />
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    <head>ACCORT, ORTE</head>
    <p>
    Accort , signifie encore adroit, habile à trouver promptement divers expédiens. <i>Versutus, callidus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="365" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOSTABLE" />
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    <head>ACCOSTABLE</head>
    <p>
    ACCOSTABLE , adj. m. &amp; f. Civil, qui se laisse aborder facilement. <i>Facilis, comis.</i> Ce sont des personnes peu <i>accostables.</i> Voit. Ce Conseiller est sort <i>accostable,</i> il écoute paisiblement les Parties. Ce mot est hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="366" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOSTER" />
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    <head>ACCOSTER</head>
    <p>
    ACCOSTER , v. act. Approcher de quelqu'un pour entrer en discours, pour lui apprendre, ou savoir de lui quelque chose, ou pour nouer amitié avec lui. <i>Accedere.</i> On conj. je m'<i>accoste</i> ; je m'<i>accostai</i> ; je me suis <i>accosté.</i> Ces mots viennent de <i>ad,</i> &amp; de <i>costa,</i> côté ; comme si l'on vouloit dire se mettre à côté, ou aux côtés de quelqu'un ; c'est-à-dire, se joindre à lui, se mettre à ses côtés. Il est allé hardiment <i>accoster</i> cette femme, &amp; lui demander son logis. Ce mot n'entre que dans le discours familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="366" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOSTER" />
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    <head>ACCOSTER</head>
    <p>
    Accoster : signifie aussi hanter, avoir familiarité avec quelqu'un. <i>Frequentare.</i> Il ne faut <i>accoster</i> que d'honnêtes gens. Ils se défioient tellement les uns des autres, qu'on n'eût osé s'<i>accoster</i> de personne. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="366" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOSTER" />
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    <head>ACCOSTER</head>
    <p>
    Accoste, ée , part. pass. &amp; adj. En ces mots l'S se prononce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="367" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCOTAR" />
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    <head>ACCOTAR</head>
    <p>
    ACCOTAR , subst. mas. Terme de Marine , est une piéce de bordage que l'on endente entre les membres du vaisseau, pour empêcher l'eau de tomber entre les membres, ou entre les pièces qui le composent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="368" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOTEPOT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>ACCOTEPOT</head>
    <p>
    ACCOTEPOT , s. m. Petite pièce de fer courbée en demi-cercle, qu'on met au pied d'un pot, ou d'un coquemar, pour empêcher qu'il ne tombe. <i>Fulcrum.</i> D'autres disent <i>appuiepot.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="369" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCOTER" />
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    <head>ACCOTER</head>
    <p>
    ACCOTER , ou ACCOTTER, Terme de Marine ; c'est approcher une chose d'une autre. <i>Admovere.</i> On le dit des huniers &amp; des perroquets, quand on fait toucher les coins ou pointes des uns des autres aux poulies destinées à cet usage, &amp; qui sont mises exprès au bout des vergues. <i>Accôte,</i> est le commandement pour faire approcher une chose de l'autre. Ainsi on dit à un petit vaisseau pour le faire approcher d'un plus grand, <i>Accôte</i> à bord.</p><p>Ces mots viennent aussi du Latin <i>Costa,</i> Côte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="370" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOTER" />
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    <head>ACCOTER</head>
    <p>
    ACCOTER , v. act. Appuyer en mettant quelque chose à côté d'un autre qui la soutienne. <i>Fulcire, sustinere.</i> Il faut <i>accoter</i> ce coquemar, de peur qu'il ne tombe. Il faut s'<i>accoter</i> contre la muraille quand on n'a point de siége. Ce mot a la même origine &amp; le même sens primitif que <i>Accoster,</i> qui vient de <i>costa,</i> côté, comme on l'a dit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="370" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOTER" />
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    <head>ACCOTER</head>
    <p>
    Accoté, ee , part. pass. &amp; adj. Appuyé. <i>Fultus, nixus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="371" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ACCOTÉ" />
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    <head>ACCOTÉ</head>
    <p>
    ACCOTÉ , ou ACCOTTÉ, Terme de Blason , se dit des pièces qui sont posées à côté d'une autre pièce de l'Ecu. <i>Adpictus, appositus.</i> Le Prête-Jean d'Ethiopie porte d'argent, à une croix haussée de gueules, chargée d'un Crucifix, <i>accotée</i> de deux fouets de cordes emmanchés d'azur. Il se dit particulièrement de toutes les pieces de longueur mises en pal, ou en bande, quand elles en ont d'autres à leurs côtés. Ainsi le pal peut être <i>accoté</i> de quatre ou de six annelets ; quand il y en a deux ou trois de chaque côté. On dit la même chose de la bande, quand les pièces qui sont à ses côtés, sont couchées dans le même sens, &amp; qu'il y en a le même nombre de part &amp; d'autre. Quand elles sont droites on nomme alors la bande <i>accompagnée</i> de deux ou de quatre fleurs de lis, ou autres choses dont il faut énoncer la situation. Quand ce sont des pièces rondes, comme des tourteaux, des besans, on peut dire indifféremment <i>accoté,</i> ou accompagné. Le P. Menestrier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="372" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOTOIR" />
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    <head>ACCOTOIR</head>
    <p>
    ACCOTOIR , ou ACCOTTOIR, s. m. Ce qui sert d'appui, de soutien à quelque chose. <i>Fultura, fulmentum.</i> Je suis si las, que je cherche un <i>accotoir.</i> Il est bas, hors de la conversation. En particulier c'est un morceau de bois plat attaché dans les confessionnaux, ou dans les chaises-à-porteurs, pour servir d'appui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="373" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUCHEMENT" />
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    <head>ACCOUCHEMENT</head>
    <p>
    ACCOUCHEMENT , s. m. Enfantement, délivrance d'une femme grosse. <i>Partus, puerperium, partio.</i> Les travaux de l'<i>accouchement</i> sont une des peines du péché originel. Voyez Mauriceau sur cette matière. Il y a un traité Latin du terme de l'<i>accouchement</i> des femmes, par Peysonnel à Lyon <i>in</i> 8°. Il entreprend de concilier toutes le contradictions apparentes d'Hypociate sur ce sujet. Il prétend que le terme le plus court de l'<i>accouchement</i> naturel, suivant le sentiment d'Hypocrate, est de 182 jours, ou de six mois entiers &amp; complets, &amp; le plus long de 280 jours, ou de 9 mois entiers &amp; 10 jours, &amp; que les enfans qui viennent devant ou après ce terme, ne vivent point, ou ne sont pas légitimes. Cette opinion est contraire à la Loi, qui déclare qu'un enfant peut naître onze mois après la mort de son pere. Peysonnel répond que cette Loi doit s'entendre d'onze mois, en comptant la fin du premier mois &amp; le commencement de l'onzième, &amp; non pas d'onze mois entiers &amp; accomplis. Bartholin a fait un Livre des conduits extraordinaires par où sort le foetus ; il rapporte différens exemples d'<i>accouchemens</i> fort extraordinaires. Il y en a où le foetus est sorti par la bouche, il y en a où il est sorti par l'anus. Voyez Salmuthus, obs. 94. cent. 3. Le Journal des Savans d'Allemagne sur l'observation 108. de l'année 1670. Degori <i>Diction. medical.</i></p><p>.</p><p>On le dit quelquefois figurément des productions de l'esprit. <i>Partus, foetus ingenii.</i> Socrate disoit, qu'il faisoit l'office de Sage-femme, &amp; qu'il aidoit à l'<i>accouchement</i> des esprits. On dit proverbialement ; Après avoir long-temps attendu l'<i>accouchement</i> des montagnes, il n'en est sorti qu'une souris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="374" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUCHER" />
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    <head>ACCOUCHER</head>
    <p>
    ACCOUCHER , v. n. Enfanter, mettre un enfant au monde. <i>Parere, eniti.</i> Il régit l'ablatif. Cette femme a <i>accouché</i> d'un beau garçon. Elle a <i>accouché</i> d'un faux germe, ou avant terme. La Fable raconte que Jupiter <i>accoucha</i> de Minerve. La même nuit qu'Olympias <i>accoucha</i> d'Alexandre, le Temple d'Ephèse fut réduit en cendre. Cet homme, à cela près qu'il n'<i>accouche</i> pas, est la femme, &amp; elle le mari. La Bruy. Il est quelquefois actif, &amp; signifie, Aider à une femme à se délivrer de son enfant. <i>Adesse parturienti.</i> Les Chirurgiens savent mieux <i>accoucher</i> les femmes, que les Matrones. Cette femme s'<i>accoucha</i> elle-même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="374" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOUCHER" />
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    <head>ACCOUCHER</head>
    <p>
    Accoucher , se dit figurément des productions de l'esprit. <i>Edere.</i> C'est un bel esprit, qui conçoit, qui invente facilement ; mais qui <i>accouche,</i> ou enfante avec peine ; c'est-à-dire, qu'il s'explique avec difficulté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="374" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOUCHER" />
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    <head>ACCOUCHER</head>
    <p>
    Accouchée , s. f. Femme qui se tient quelque temps au lit, pour se remettre des douleurs de l'enfantement. <i>Puerpera.</i> On fait des visites en cérémonie aux femmes <i>accouchées.</i> Vous êtes parée comme une <i>accouchée.</i> En l'Amérique il y a des Peuples où les maris font les <i>accouchés</i> à la place de leurs femmes. Herrera. Lorsque les femmes <i>accouchoient</i> dans le Bearn, les maris se mettoient au lit, &amp; les envoyoient à la charrue. <i>Scalig. in verbo Bearn. fol.</i> 49. <i>&amp; Scaligerian.</i> de Roch.</p><p>Il y en a aussi dans les Antilles, &amp; même dans les Indes Orientales, &amp; à la Chine vers l'Isle de Formosa, qui font la même chose, comme on voit dans le Recueil de Thévenot.</p><p>Au Pérou les femmes <i>accouchées</i> ne gardent point le lit ; mais après s'être lavées, elles se remettent à faire leur ménage ; &amp; si quelque femme les assistoit en leur accouchement, elle passeroit plutôt pour Sorcière que pour Sage-femme. Voyez l'<i>Histoire des Incas.</i> Varron, <i>L.</i> 11. <i>de Re Rust.</i> raconte que les femmes d'Illyrie portoient leurs enfans par-tout, après être <i>accouchées,</i> &amp; ne demeuroient pas un moment au lit pour cela. de Roch.</p><p>On appelle proverbialement, les caquets de l'<i>accouchée,</i> le babil &amp; la conversation des femmes qui visitent celles qui sont en couche. On dit aussi tant d'un homme que d'une femme, qu'ils font l'<i>accouchée,</i> quand ils se tiennent au lit par mollesse, &amp; sans nécessité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="375" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUCHEUR" />
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    <head>ACCOUCHEUR</head>
    <p>
    ACCOUCHEUR , s. m. Qui aide aux femmes à se délivrer. <i>Adjutor partûs.</i> Maintenant les Chirurgiens <i>accoucheurs</i> sont fort en vogue. Autrefois on ne se servoit que de Sages-femmes ou de Matrones pour <i>accoucheuses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="376" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUCHEUSE" />
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    <head>ACCOUCHEUSE</head>
    <p>
    ACCOUCHEUSE , s. m. Femme qui aide à accoucher. <i>Obstetrix. Habile accoucheuse,</i> On dit plutôt Sage-femme. Acad. Fr.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>accubare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="377" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUDER" />
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    <head>ACCOUDER</head>
    <p>
    ACCOUDER , v. n. s'appuyer sur le coude <i>Inniti eubito.</i> Tristement <i>accoudé</i> contre une cheminée. S. Am. Il se dit plus souvent avec le pronom personnel. On met au rang des incivilités de s'<i>accouder</i> sur la table ; de s'<i>accouder</i> devant ses supérieurs. On ne s'en sert guère que dans le discours familier. On conj. Je m'<i>accoude,</i> je m'<i>accoudai,</i> je m'<i>accouderai.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="378" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ACCOUDOIR" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>ACCOUDOIR</head>
    <p>
    ACCOUDOIR , s. m. chose destinée pour s'accouder, ce qu'on met sous les coudes pour s'appuyer. <i>Cubiti fulmentum.</i> En termes d'Architecture c'est la même chose. qu'<i>appui.</i> C'est le petit mur qui est élevé entre les deux pieds-droits d'une croisee. On appelle <i>accoudoir</i> l'endroit inférieur de l'ouverture d'une fenêtre, sur lequel on s'appuie, on s'accoude. L'<i>accoudoir</i> d'une fenêtre, doit aller seulement à la hauteur de la ceinture. Vit£ve appelle un <i>accoudoir, pluteus,</i> qui est un appui, ou parapet. Il se sert aussi du mot <i>podium,</i> qui est un balcon, ou saillie. On dit aussi ironiquement à une personne qui en incommode une autre en s'appuyant sur elle. Allez chercher plus loin des <i>accoudoirs.</i></p><p>Ces mots viennent du François <i>coude,</i> qui s'est formé du Latin <i>cubitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="379" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUPLAGE" />
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    <head>ACCOUPLAGE</head>
    <p>
    ACCOUPLAGE , s. m. Voyez ACCOUPLEMENT ; c'est le même, &amp; il est le meilleur. <i>Accouplage</i> ne se dit que par le Peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="380" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUPLE" />
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    <head>ACCOUPLE</head>
    <p>
    ACCOUPLE , s. f. Liens dont on attache les chiens ensemble. <i>Copula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="381" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUPLEMENT" />
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    <head>ACCOUPLEMENT</head>
    <p>
    ACCOUPLEMENT , s. m. Assemblage, jonction du mâle &amp; de la femelle pour la génération. <i>Copulatio.</i> Le Peuple croit que l'antechrist naîtra d'un accouplement sacrilége &amp; incestueux. On croit que la cause des monstres d'Afrique vient de l'<i>accouplement</i> qui s'y fait des animaux de différentes espèces. On ne le dit en parlant des hommes, qu'en l'adoucissant par une épithète qui sert de correctif : c'est un heureux <i>accouplement.</i> Il est plus propre en poësie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="381" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOUPLEMENT" />
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    <head>ACCOUPLEMENT</head>
    <p>
    Accouplement , se dit aussi des boeufs qu'on attache ensemble sous le même joug. <i>Jugum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="382" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUPLER" />
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    <head>ACCOUPLER</head>
    <p>
    ACCOUPLER , v. act. Associei, attacher, joindre ensemble deux choses de pareille nature. <i>Copulare.</i> On conj. Je m'<i>accouplai,</i> je me suis <i>accouple.</i> Ces personnes sont mal <i>accouplees ;</i> leurs humeurs ne compatissent point. Il étoit défendu par la Loi de Moise d'<i>accoupler</i> un boeuf &amp; un âne pour labourer. On s'en sert dans un mauvais sens, &amp; d'un ton railleur. C'est un Mercure de profession, qui sait <i>accoupler</i> les Amans avec leurs Belles qui ne sont pas inhumaines. Comb.</p><p>On le dit aussi du menu linge qu'on attache ensemble avec du fil pour en faire des paquets, de peur qu'il ne s'égare, quand on le donne à blanchir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="382" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOUPLER" />
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    <head>ACCOUPLER</head>
    <p>
    Accoupler , se dit encore des oiseaux, des animaux qui se joignent, qui s'apparient pour perpétuer l'espèce. Les pigeons s'<i>accouplent</i> au mois de Mars &amp; de Septembre. Ce pigeon cherche avec qui s'<i>accoupler.</i> Le temps d'<i>accoupler</i> les serins arrive ordinairement à la fin de Mars. Vous prendrez pour cet effet une cage neuve ou fort propre, afin qu'il n'y ait point de mittes. Hervieux. Il y a des serins si mauvais qu'ils tuent les femelles qu'on leur donne pour couver. Il faut leur donner des femelles bien fortes, &amp; qui soient, si faire se peut, d'un an plus vieilles que ce mauvais mâle, &amp; accoutumées à demeurer ensemble. J'ai enseigné cette manière d'<i>accoupler</i> les mauvais serins à quelques-uns qui m'ont avoué qu'ils avoient réussi. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="382" id="3" type="architecture">
   <index type="head" value="ACCOUPLER" />
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    <head>ACCOUPLER</head>
    <p>
    Accouplé, ée , part. &amp; adj. <i>Copulatus.</i> On appelle, en termes d'Architecture , colonnes <i>accouplées,</i> les colonnes qui sont deux à deux, &amp; qui se touchent presque par leurs chapitaux, &amp; par leurs bases. Il y a aussi des pilastres <i>accouplés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="383" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCOURCIE" />
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    <head>ACCOURCIE</head>
    <p>
    ACCOURCIE , s. f. Terme de Marine . Passage que l'on ménage dans le fond de cale, &amp; des deux côtés, pour aller de la pouppe à la proue le long du Vaisseau. <i>Fori.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="384" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOURCIR" />
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    <head>ACCOURCIR</head>
    <p>
    ACCOURCIR , v. act. Rogner, retrancher, rendre plus court. <i>Curtare, resecare.</i> On conj. J'<i>accourcis.</i> Il faut <i>accourcir</i> ce manteau, en rogner un doigt. Il faut <i>accourcir</i> ce livre, en retrancher la moitié. Il faut <i>accourcir</i> les étriers d'un point, resserrer l'estrivière. On dit aussi <i>accourcir,</i> en parlant d'un discours ; c'est-à-dire, l'abréger. <i>Contrabere, coarctare.</i></p><p>On dit aussi, <i>Accourcir</i> le chemin, quand on prend quelque faux-fuyant qui abrége le chemin, qui le rend plus court. <i>Uti via compendaria.</i> On dit aussi, que les jours <i>accourcissent,</i> quand le soleil a passé le solstice d'Eté, quand les jours deviennent plus courts. <i>Decrescunt dies.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="384" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOURCIR" />
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    <head>ACCOURCIR</head>
    <p>
    Accourci, ie , part. &amp; adj. <i>Contractus, decurtatus,</i> comme son verbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="385" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOURCISSEMENT" />
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    <head>ACCOURCISSEMENT</head>
    <p>
    ACCOURCISSEMENT , s. m. Ce qui accourcit, ce qui abrége. <i>Contractio.</i> Le passage qu'on a ouvert par ce parc est un grand <i>accourcissement</i> de chemin. <i>Viae compendium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="386" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOURIR" />
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    <head>ACCOURIR</head>
    <p>
    ACCOURIR , verb. neut. Venir promptement, &amp; en hâte en quelque lieu ; soit qu'on nous y appelle ; soit que notre passion nous y porte. <i>Accurrere, advolare.</i> On conj. J'<i>accours,</i> j'<i>accourois,</i> j'<i>accourus.</i> Je suis <i>accouru,</i> j'<i>accourrai,</i> &amp;c. L'armée est <i>accourue</i> en diligence au secours de cette Place. Toute la Noblesse <i>accourut</i> au bruit du canon, pour se trouver à la Bataille. Ses amis sont <i>accourus</i> en foule, pour le féliciter de sa nouvelle dignité ; pour honorer son entrée. Il se dit figurément des personnes qui se portent à quelque action avec beaucoup d'ardeur. <i>Accourir</i> à la vengeance. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="386" id="2" type="chasse">
   <index type="head" value="ACCOURIR" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ACCOURIR</head>
    <p>
    Accourir , v. act. Terme de chasse . Resserrer, ou plier le trait pour tenir le limier. Saln.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="387" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="ACCOURS" />
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    <head>ACCOURS</head>
    <p>
    ACCOURS , s. m. Vieux mot, que Nicod explique par subvention, affluence d'advenants. <i>Accursus.</i> Il s'emploie encore en termes de Chasse . Ainsi l'on dit : La Chasse de sanglier se fait à force, aux <i>accours,</i> aux chiens courans, levriers, &amp; avec limiers &amp; abboyeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="388" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUSINER" />
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    <head>ACCOUSINER</head>
    <p>
    ACCOUSINER , v. act. <i>Consanguineum appellare.</i> Appeller Cousin, traiter de Cousin. <i>Accousiner</i> quelqu'un. Il se dit avec avec le pronom personnel. Ces deux Messieurs sont parens ; car ils s'<i>accousinent.</i> Ce mot est populaire, &amp; a vieilli.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="389" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUSTIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>ACCOUSTIQUE</head>
    <p>
    ACCOUSTIQUE , s. f. signifie l'art qui traite de l'ouïe &amp; des sens. <i>Ars quae de sonis agit.</i> Ainsi l'on dit dans les <i>Mémoires de l'Accadémie des Sciences</i> de l'an 1711. L'<i>Accoustique</i> n'offre qu'un article sur les systèmes tempérés de Musique. Journ. des Sav. Ce mot est Grec &amp; vient d' <i>j'entends.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="390" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOÛTREMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ACCOÛTREMENT</head>
    <p>
    ACCOÛTREMENT , s. m. Habillement, parure. <i>Ornatus.</i> Il ne se dit que parmi le Peuple, ou dans le burlesque. Quand cet artisan a marié sa fille, elle lui a coûté cent écus pour tous ses <i>accoûtremens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="391" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOÛTRER" />
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    <head>ACOÛTRER</head>
    <p>
    ACOÛTRER , v. act. Vieux mot, qui signifioit autrefois, Habiller, orner, parer. <i>Ornare.</i> Il y avoit des singes qu'on avoit <i>accoutrés</i> en charlatans. Ablanc. Charles VIII. accorde à la Duchesse Anne par un Traité de 1491. qu'il lui sera donné 60000 livres à ce qu'elle puisse tant mieux <i>accoustrer</i> aucuns ses affaires. Il n'est plus en usage qu'en cette phrase figurée. Cet homme en une telle occasion a été mal <i>accoûtré,</i> pour dire en raillant, qu'il a été maltraité, ou bien blessé. On diroit plus proprement, <i>accoûtrer,</i> &amp; préparer des peaux. Ces mots viennent du Gaulois, ou de l'Allemand. On appelle en quelque Cathédrales, comme à Bayeux, <i>Coutre,</i> le Sacristain ou Officier qui a soin de parer l'Eglise ou l'Autel, &amp; en Allemand <i>Kuster,</i> Sacristain, Du traité de Charles VIII. dont nous venons de parler. Le P. Lobineau juge qu'<i>accoustrer</i> pourroit bien venir de l'ancien mot Breton <i>cost,</i> dépens, d'où a encore été formé celui de <i>custus,</i> cousts : mais il se trompe, il vient de <i>Kuster</i>, comme nous l'avons dit. Voyez <ref type="search" target="head:Coustre">Coustre</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="392" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOÛTUMANCE" />
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    <head>ACCOÛTUMANCE</head>
    <p>
    ACCOÛTUMANCE , s. f. Habitude que l'on contracte en réitérant plusieurs fois la même action, en la faisant tourner en coûtume. <i>Consuetudo, assuetudo.</i> On est souvent emporté par la force des mauvaises <i>accoûtumances</i> qu'on a contractées dans la jeunesse. L'<i>accoûtumance</i> de prendre du tabac est difficile à surmonter. Ce mot qui commençoit à vieillir du temps de Vaugelas s'est rétabli peu-à-peu, &amp; plusieurs bons Ecrivains s'en servent. Bouh. <i>Habitude</i> est plus doux, &amp; je dirois plutôt, il fait cela par une mauvaise <i>habitude,</i> que par une mauvaise <i>accoûtumance.</i> Corn. Je ferois difficulté de me servir de ce mot, <i>accoûtumance,</i> en parlant, &amp; encore plus en écrivant : <pb n="51" facs="bpt6k8542165/f91/full/1200,/0/native.jpg"/>mais à cause des exemples qui se trouvent dans les meilleurs Auteurs, il ne faut point le condamner. Un esprit abattu &amp; comme dompté par l'<i>accoûtumance</i> au joug, n'oseroit plus s'enhardit à rien. Boil. La jeunesse change ses goûts par l'ardeur du sang, &amp; la vieillesse conserve les siens par l'<i>accoûtumance.</i> La Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="393" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOÛTUMER" />
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    <head>ACCOÛTUMER</head>
    <p>
    ACCOÛTUMER , verb. act. &amp; neut. Pratiquer souvent une même chose ; contracter une habitude par la fréquente réitération du même acte. <i>Assuefacere.</i> On s'<i>accoûtume à</i> tout, au travail, à la peine, aux douleurs. Il ne faut pas <i>accoûtumer</i> les Peuples à prendre les armes, &amp; à murmurer. On <i>accoûtume</i> les boeufs au joug. Les enfans qu'on <i>accoûtume</i> à être applaudis, conservent l'habitude de juger avec précipitation. Fenel. Le Peuple est <i>accoûtumé</i> à la servitude. C'étoit la <i>coûtume</i> des Sénateurs de mener leurs enfans au Sénat, pour les former de bonne heure aux affaires, &amp; les <i>accoûtumer</i> au secret. Bouh. Il faut <i>accoûtumer</i> les enfans à faire le bien, plutôt par leur propre inclination, que par la crainte. Port-R. Nous sommes si <i>accoûtumés</i> à nous déguiser aux autres, qu'enfin nous nous déguisons à nous-mêmes. La Rochef. L'étude de la critique <i>accoûtume</i> l'esprit à chicaner. St. Evr. Il ne faut pas s'<i>accoûtumer</i> à la fainéantise. Il ne faut pas <i>accoûtumer</i> son ventre aux purgations, de peur que la nature ne se rende paresseuse.</p><p>Quand le verbe <i>accoûtumer</i> est joint au verbe auxiliaire <i>avoir,</i> il demande que la particule <i>de</i> précède l'infinitif qui le suit : J'<i>ai accoûtumé</i> de faire, &amp;c. Quand il est avec <i>être</i> il demande la particule <i>à</i> : Je suis <i>accoûtumé</i> à souffrir. Mais <i>accoûtumer</i> seul gouverne toujours <i>à</i> : Je m'<i>accoûtume</i> à prendre les choses sans m'affliger : <i>Accoûtumez</i>-vous à hair le vice. Corn. Il faut modérer la légèreté de sa langue, pour l'<i>accoûtumer</i> à ne se point précipiter dans les choses obscures &amp; douteuses. Port-R. On dit que Démosthène déclamoit au bord de la mer pour s'<i>accoûtumer</i> au bruit du Peuple. Mes malheurs m'ont <i>accoûtumé</i> à envisager la mort sans crainte. P. de Ce. Il faut s'<i>accoûtumer</i> aux outrages de la fortune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="393" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCOÛTUMER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ACCOÛTUMER</head>
    <p>
    Accoutumer , se dit aussi des choses inanimées. <i>Solere.</i> Il n'a pas <i>accoûtumé</i> de faire si chaud en ce mois-ci. Il y a des terres qui ont <i>accoûtumé</i> de rapporter deux fois l'an.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="393" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCOÛTUMER" />
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    <head>ACCOÛTUMER</head>
    <p>
    Accoûtumer , se dit aussi des choses qui sont tellement tournées en nature, qu'encore qu'elles soient incommodes aux autres, elles nous deviennent en quelque façon nécessaires. Les Lapons sont tellement <i>accoûtumés</i> au froid, que quand ils sont arrivés à Hambourg, ils s'en retournent, à cause qu'ils trouvent qu'il y fait trop chaud. Les Indiens s'en retournent quand ils sont arrivés au 30. degré, parce qu'ils y ont trop froid. Relations des Lapons &amp; des Indes.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est <i>accoûtumé</i> à une certaine chose, comme un chien d'aller nud tête ; comme un chien d'aller à pied.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="393" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCOÛTUMER" />
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    <head>ACCOÛTUMER</head>
    <p>
    Accoûtumé, ée , part. &amp; adj. <i>Assuefactus, Assuetus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="393" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCOÛTUMER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ACCOÛTUMER</head>
    <p>
    Accoûtumée , signifie quelquefois, Ordinaire, ce qu'on a coûtume de faire. <i>Solitus.</i> On a tenu l'audience aux jours &amp; aux heures <i>accoûtumées.</i> On lui a fait son procès en la forme &amp; manière <i>accoûtumées.</i></p><p>A l'accoûtumée, adv. De la manière qu'on avoit accoûtumé. <i>Ut solet, de more.</i> On a raccommodé ensemble ces amis qui étoient brouillés : ils vivent maintenant <i>à l'accoûtumée.</i> Ce mot n'est en usage que dans la conversation commune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="394" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCOUVÉ, EE" />
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    <head>ACCOUVÉ, EE</head>
    <p>
    ACCOUVÉ, EE , adj. Qui se tient au coin de son feu en fainéant, en paresseux, sans vouloir en sortir pour travailler. <i>Alsiosus, iners.</i> Cet Artisan passe tout l'hyver <i>accouvé</i> au coin de son feu. Il est bas &amp; vieux. Ce mot vient de <i>incubitare</i>. Nicod.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="395" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCRAVANTER" />
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    <head>ACCRAVANTER</head>
    <p>
    ACCRAVANTER , v. act. Ecraser ; accabler sous un poids excessif. <i>Onere obruere, mole opprimere.</i> Si vous lui faites porter ce fardeau, c'est le moyen de l'<i>accraventer.</i> Cet homme a été <i>accravanté</i> sous les ruines de sa maison. Ce mot est composé, &amp; dérivé de <i>crever.</i> Il est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="396" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCRÉDITER" />
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    <head>ACCRÉDITER</head>
    <p>
    ACCRÉDITER , v. act. donner du crédit &amp; de l'autorité ; mettre en réputation, &amp; en estime dans le public. <i>Commendare, auctoritatem dare.</i> Il n'y a rien qui <i>accrédite</i> davantage une personne que la bonne foi. Un Chef de parti est obligé à caresser un scélérat, qui s'est <i>accrédité</i> parmi le Peuple. M. Esp. Est-ce un prodige qu'un sot riche, &amp; <i>accrédité ?</i> La Bruy. Il se joint souvent avec le pronom relatif. Ce Président s'est <i>accrédité</i> dans sa Compagnie par sa capacité &amp; son intégrité. Ce Ministre s'est fort <i>accrédité</i> à la Cour par son zèle &amp; par sa prudence. Les Marchands s'<i>accréditent</i> en vendant fidèlement.</p><p>Il se dit aussi au fig. <i>Accréditer</i> la calomnie. <i>Accréditer</i> le mérite. Ce mot vient d'<i>accreditus</i>, qui a été fait d'<i>accredere,</i> dont on s'est servi dans la basse Latinité, pour signifier <i>prêter.</i> Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="396" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCRÉDITER" />
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    <head>ACCRÉDITER</head>
    <p>
    Accrédité, ée , part. pass. &amp; adj. <i>auctoritate pollens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="397" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ACCRÉTION" />
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    <head>ACCRÉTION</head>
    <p>
    ACCRÉTION , s. f. Terme de Médecine dans M. Harris. Ce mot est Latin, <i>accretio,</i> augmentation, accroissement. Et dans le sens que l'explique M. Harris, nous disons en François <i>Excrescence.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="397" id="2" type="coutume">
   <index type="head" value="ACCRÉTION" />
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    <head>ACCRÉTION</head>
    <p>
    Accrétion , dans le même sens d'accroissement, est aussi un terme de coutume : on le trouve dans le titre de l'art. 282. de la coutume de Normandie, &amp; dans le Commentaire aussi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="398" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROC" />
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    <head>ACCROC</head>
    <p>
    ACCROC , s. m. Déchirure d'un habit, rupture qui se fait quand on est arrêté par quelque chose de crochu, &amp; de pointu. <i>Scissura.</i> Il est difficile de passer à travers des ronces &amp; des haies, sans qu'on se fasse quelqu'<i>accroc.</i> Il se dit aussi de ce qui accroche, de ce qui déchire. J'ai rencontré un <i>accroc</i> qui a déchiré mon habit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="398" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCROC" />
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    <head>ACCROC</head>
    <p>
    Accroc , se dit figurément en choses morales de ce qui arrête, de ce qui retarde une affaire. <i>Mora, impedimentum.</i> La mort d'une des Parties est un <i>accroc</i> qui empêche l'instruction de ce procès. L'accusation qu'on a faite contre cet homme est un facheux <i>accroc</i> qui peut ruiner sa fortune. Il est bas dans ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="399" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROCHE" />
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    <head>ACCROCHE</head>
    <p>
    ACCROCHE , s. f. Embarras, retardement qui arrive en quelque affaire, à cause de quelque difficulté qui y survient. <i>Impedimentum, mora.</i> Les oppositions à ce decret sont des <i>accroches</i> qui retarderont long-temps notre payement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="400" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROCHEMENT" />
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    <head>ACCROCHEMENT</head>
    <p>
    ACCROCHEMENT , s. m. Action d'accrocher, <i>Unci immissio.</i> Il n'est guère en usage au propre. Quelques-uns s'en servent au figuré. Il y a des gens qui se font descendre des plus nobles familles sur des ressemblances de noms, ou par d'autres <i>accrochemens</i> visionnaires. Cail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="401" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROCHER" />
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    <head>ACCROCHER</head>
    <p>
    ACCROCHER , v. act. Attacher quelque chose à un crocher, à une cheville, à un clou, à une agraffe. <i>Unco suspendere.</i> Il faut <i>accrocher</i> ce sac à sa cheville. <i>Accrocher</i> sa montre à sa ceinture. Ce mot vient du Grec , qui signifie le bout de la main, parce qu'elle sert à <i>accrocher.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="401" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCROCHER" />
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    <head>ACCROCHER</head>
    <p>
    Accrocher , signifie aussi, Attacher à quelque chose de ferme. <i>Unco astringere. Accrochez</i> ce bateau avec sa chaîne à l'anneau de ce pont. Avec le pronom personnel il signifie, se prendre à quelque chose Nos braves s'<i>accrochant</i> se prennent aux cheveux. Boil. On dit qu'un homme qui se noie s'<i>accroche</i> à tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="401" id="3" type="marine">
   <index type="head" value="ACCROCHER" />
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    <head>ACCROCHER</head>
    <p>
    Accrocher , en termes de Marine , signifie, Arrêter un navire, le joindre, ou s'y attacher en jettant le grapin pour venir à l'abordage. <i>Harpagonem in navim injicere.</i> Ces deux navires étoient <i>accrochés,</i> il y eut entre-eux un rude combat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="401" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCROCHER" />
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    <head>ACCROCHER</head>
    <p>
    Accrocher , se dit figurément en choses morales, &amp; dans le style commun. Il a trouvé moyen d'<i>accrocher</i> son affaire au Conseil, en l'y faisant retenir pour la juger. Ce procès étoit prêt à juger ; la partie l'a <i>accroché</i> par une chicane ; c'est-à-dire, qu'elle y a apporté du retardement par quelque incident. <i>Liti moram injicere.</i> Ce prisonnier alloit sortir, mais il a été <i>accroché</i> par une nouvelle recommandation. Il signifie encore attraper, emporter par finesse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="401" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCROCHER" />
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    <head>ACCROCHER</head>
    <p>
    Accrocher , se dit proverbialement en ce phrase : Belle fille &amp; méchante robe, trouve toujours qui l'accroche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="401" id="6" type="">
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    <head>ACCROCHER</head>
    <p>
    Accroché, ée , part. &amp; adj. <i>Inuncatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="402" id="1" type="">
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    <head>ACCROIRE</head>
    <p>
    ACCROIRE , v. n. Il n'est en usage qu'à l'infinitif, &amp; se met toujours avec le verbe faire. Faire croire à quelqu'un une chose fausse. <i>Imponere, verba dare, ludificari.</i> La plupart du Peuple est si sot, qu'on lui fait <i>accroire</i> tout ce qu'on veut. Vous faites <i>accroire</i> à une infinité de gens que ces points ne sont pas essentiels à la Foi. Pasc. D'autres prétendent que faire <i>accroire</i> n'emporte pas que la chose qu'on veut persuader soit fausse : mais seulement que celui qui la dit, a dessein de tromper. Vaug. Ce mot vient de <i>accredere</i>, qui a été dit en la basse Latinité pour signifier <i>prêter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="402" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCROIRE" />
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    <head>ACCROIRE</head>
    <p>
    Accroire , signifie aussi, Tromper. La plupart des valets en font bien <i>accroire</i> aux maîtres qui se confient en eux.</p><p>Il signifie encore, Concevoir de la vanité, s'enorgueillir ; prendre de la fierté d'un mérite qu'on n'a pas, présumer trop de soi-même. <i>Multum sibi arrogare.</i> Les favoris des Princes sont sujets à s'en faire <i>accroire.</i> Cette femme est belle, mais elle s'en fait trop <i>accroire ;</i> elle est trop vaine de sa beauté. Je ne hais rien tant que certains esprits qui s'en font extrêmement <i>accroire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="403" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROISSEMENT" />
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    <head>ACCROISSEMENT</head>
    <p>
    ACCROISSEMENT , s. m. Augmentation d'un corps. <i>Incrementum, accretio.</i> Elle se fait par l'addition de quelques parties qui sont propres à la nature de ce corps, &amp; c'est en cela que l'<i>accroissement</i> diffère de la raréfaction, dans laquelle les parties qui augmentent le corps, ne sont pas de la nature du corps qui se raréfie. On juge de la fertilité de l'Egypte par l'<i>accroissement</i> du Nil, selon les degrés de hauteur qu'il marque dans la colonne qui est élevée pour cela dans le Calis. Les chênes reçoivent de l'<i>accroissement</i> jusqu'à 100. ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="403" id="2" type="agriculture">
   <index type="head" value="ACCROISSEMENT" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
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    <head>ACCROISSEMENT</head>
    <p>
    Accroissement , Terme d'agriculture , s'entend de la manière plus ou moins belle avec laquelle croissent les végétaux. Ces arbres en peu de temps ont pris un bel <i>accroissement.</i> Le tuf est cause que nos arbres n'ont pris qu'un petit <i>accroissement.</i> Liger. L'<i>accroissement</i> des plantes se fait par la jonction de plusieurs nouveaux atomes, ou particules. Comme il y a des moyens d'avancer l'<i>accroissement</i> des plantes, ainsi qu'on le peut voir au mot <i>Avancer,</i> il y en a aussi de le retarder. On le fait premièrement en coupant les sommités des branches, lorsqu'elles commencent à pousser. 2°. Par une transplantation trop fréquente. 3°. En leur donnant de l'ombrage. Chom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="403" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCROISSEMENT" />
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    <head>ACCROISSEMENT</head>
    <p>
    Accroissement , signifie aussi, Aggrandissement. L'<i>accroissement</i> de son parc, de sa maison, lui a beaucoup coûté. L'<i>accroissement</i> de sa famille lui sera une occasion de nouvelle dépense. De la Mare dans son <i>Traité de la Police</i> L. I. Tit. VI C. 3. &amp; suiv. a marqué tous les <i>accroissemens</i> &amp; embellissemens de Paris depuis les Romains jusqu'à nos temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="403" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCROISSEMENT" />
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    <head>ACCROISSEMENT</head>
    <p>
    Accroissement , se dit aussi figurément en choses morales, &amp; signifie l'augmentation, la prospérité. Les passions ont leurs <i>accroissemens,</i> &amp; leurs relâchemens. Sa fortune fait tous les jours de nouveaux <i>accroissemens. Accroissement</i> d'honneurs &amp; de dignités. <i>Honoris amplificatio.</i> Les envieux s'affligent de l'<i>accroissement</i> des richesses, ou de la gloire d'autrui. M. Esp.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="403" id="5" type="jurisprudence">
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    <head>ACCROISSEMENT</head>
    <p>
    Accroissement , terme de Jurisprudence ; c'est un droit par lequel une portion vacante est jointe &amp; réunie à la portion qui est occupée &amp; possédée par un autre. Cela arrive entre collègues, ou entre membres d'une Compagnie, entre légataires, ou par la mort ou l'absence d'un associé, ou d'un confrère. Une chose léguée conjointement, <i>tam re, quàm verbis,</i> à deux légataires, appartient pour le total à celui qui survit le testateur, par droit d'<i>accroissement.</i> L'alluvion est une autre espèce d'<i>accroissement.</i> Il y a des titres exprès dans le digeste qui traitent du droit d'<i>accroissement.</i> Ce mot vient d'<i>accrementum</i>, qui signifie la même chose, d'<i>accrescere, accresco,</i> accroître. Le droit d'<i>accroissement</i> n'a pas lieu dans les contrats entre vifs, tels que sont les donations, à cause que les Donataires étant saisis de ce qui leur a été donné ; c'est-à-dire, de leurs portions personnelles &amp; viriles dans les choses données, ils n'ont par conséquent aucun droit aux portions des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="403" id="6" type="">
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    <head>ACCROISSEMENT</head>
    <p>
    Accroissement , se dit aussi de l'augmentation qui se fait lorsqu'une rivière porte un morceau de terre &amp; le joint à un autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="404" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROÎTRE" />
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    <head>ACCROÎTRE</head>
    <p>
    ACCROÎTRE , v. act. &amp; n. avec le pronom pers. Augmenter la grandeur de quelque chose, la rendre plus étendue. <i>Augere, amplificare.</i> Il a acheté deux maisons voisines pour <i>accroître</i> la sienne. Il est borné de chemins de tous côtés, il ne peut s'<i>accroître.</i> Cette Ville s'est fort <i>accrue</i> par son commerce. Ce Prince a <i>acru</i> son Royaume, il a reculé les bornes de son Etat. Il est aussi neutre, &amp; signifie, devenir plus grand. <i>Crescere, augescere.</i> Son revenu <i>accroît</i> tous les jours. Ce mot vient d'<i>adcrescere, adcresco</i>, ou <i>accrescere, accresco,</i> accroître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="404" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCROÎTRE" />
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    <head>ACCROÎTRE</head>
    <p>
    Accroître , se dit figurément en choses morales. Son amour, sa colère, s'<i>accroissent</i> au lieu de diminuer. Sa fortune s'<i>accroît.</i> Sa gloire, son crédit, son pouvoir s'<i>accroissent</i> tous les jours. Dans le monde les vertus sont affoiblies par les mauvais exemples, &amp; les vices <i>accrus</i> par le libertinage, &amp; l'impénitence. Flech. Les richesses ne font qu'en <i>accroître</i> la soif. Vaug. La Paix <i>accroît</i> le pouvoir de la Justice. Malh. Tes Discours superflus <i>accroissent</i> mes ennuis. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="404" id="3" type="droit">
   <index type="head" value="ACCROÎTRE" />
   <index type="src_domain" value="droit" />
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    <head>ACCROÎTRE</head>
    <p>
    Accroître , en termes de Droit , se dit de ce qui tourne au profit de quelque associé, ou confrère, par la mort ou par l'absence d'un autre. La part de celui qui renonce à une succession <i>accroit</i> à ses cohéritiers. En toutes les Compagnies où il y a bourse commune d'épices, de droits, &amp;c. la part des absens <i>accroit</i> aux présens. Si un Testateur associe dans un même usufruit plusieurs personnes, celles qui meurent, celles qui abandonnent, celles qui n'acceptent pas, le laissent entier aux autres. C'est tantôt un droit d'<i>accroître,</i> tantôt un droit de retenir, &amp; de non décroître. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="404" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCROÎTRE" />
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    <head>ACCROÎTRE</head>
    <p>
    Accru, ue , part. &amp; adj. <i>Auctus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="405" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ACCRUE" />
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    <head>ACCRUE</head>
    <p>
    ACCRUE , s. f. Terme de coutume . <i>Additamentum, adcretio, augmentum. Accrue</i> de bois, est une espace de terre dans lequel un bois s'est étendu hors de ses limites. Voyez les coutumes de Troyes, de Sens, d'Auxerre, de Chaumont. Rag. Ce mot a la même origine qu'<i>accroître,</i> &amp; <i>accroissement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="406" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROUPIR, S'ACCROUPIR" />
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    <head>ACCROUPIR, S'ACCROUPIR</head>
    <p>
    ACCROUPIR, S'ACCROUPIR , v. n. p. Il se dit, pour exprimer la Posture de celui qui abaisse son corps presque contre terre en pliant les genoux, en sorte que le derrière touche presque les talons. <i>Sidere, in clunes residere.</i> La plupart des Orientaux <i>s'accroupissent</i> au lieu de s'asseoir. Il y avoit une vieille qui étoit cachée &amp; <i>accroupie</i> derrière un buisson, qui entendit tout leur entretien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="406" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="ACCROUPIR, S'ACCROUPIR" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
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    <head>ACCROUPIR, S'ACCROUPIR</head>
    <p>
    Accroupi, ie , Terme de Blason , qui se dit d'un lion quand il est assis, &amp; de même d'autres animaux sauvages, quand ils sont assis. <i>In clunes residens.</i> On le dit des lièvres, &amp; des lapins qui sont ramassés : ce qui est leur posture ordinaire quand ils ne courent pas. D'azur au lion <i>accroupi</i> d'argent, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="407" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCROUPISSEMENT" />
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    <head>ACCROUPISSEMENT</head>
    <p>
    ACCROUPISSEMENT , s. m. Etat de ce qui est accroupi. <i>Incubitus.</i> L'<i>accroupissement</i> d'un lièvre en forme. Ce mot est peu en usage, &amp; est composé de <i>croupe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="408" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUBE" />
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    <head>ACCUBE</head>
    <p>
    ACCUBE : Vieux mot, qui vient d'<i>accumbo,</i> &amp; qui veut dire, <i>Repaire, lit. Lectus, stratum.</i> Borel. Ils tendirent pavillons &amp; <i>accubes.</i> Rom. d'Artus de Bre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="409" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUBITEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ACCUBITEUR</head>
    <p>
    ACCUBITEUR , s. m. <i>Accubitor.</i> C'est le nom d'un Officier des Empereurs de Constantinople. L'<i>Accubiteur</i> étoit celui qui couchoit près de l'Empereur. Chast. Ce mot vient du Latin <i>Accubitor</i>, qui couche proche d'un autre. Il vient du verbe <i>accumbo,</i> je couche proche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="410" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUEIL" />
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    <head>ACCUEIL</head>
    <p>
    ACCUEIL , s. m. Traitement, réception qu'on fait à une personne qui arrive, ou qui nous aborde. <i>Acceptio, exceptio.</i> Il se prend en bonne, ou en mauvaise part : l'épithère qu'on y joint la détermine. Je me suis laissé tromper par l'<i>accueil</i> hypocrite que m'a fait ce rusé Courtisan. M. Scud. Les grands gagnent l'amitié des Peuples en faisant un bon <i>accueil</i> aux personnes qui les approchent. Il m'a fait un <i>accueil</i> froid, &amp; désobligeant : j'en attendois un <i>accueil</i> plus favorable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="410" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCUEIL" />
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    <head>ACCUEIL</head>
    <p>
    Accueil , seul &amp; sans épithète, se prend d'ordinaire en bonne part. Il signifie la manière civile &amp; honnête dont on reçoit une personne, &amp; le secours qu'on lui donne. Faire <i>accueil</i> à tout le monde. L'<i>accueil</i> qu'a fait ce Seigneur à cet infortuné Gentilhomme en le retirant dans sa maison, lui a sauvé la vie &amp; l'honneur. Son <i>accueil</i> charme tous ceux qui l'abordent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="411" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUEILLIR" />
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    <head>ACCUEILLIR</head>
    <p>
    ACCUEILLIR , v. act. Recevoir ceux qui ont à faire à nous, ou qui nous rendent quelque visite. <i>Accipere, excipere leniter, amicè.</i> Il l'<i>accueillit</i> avec des témoignages d'une grande tendresse. La première pratique de la civilité est de bien <i>accueillir</i> toutes sortes de personnes. On conj. J'<i>accueille,</i> tu <i>accueilles,</i> il <i>accueille :</i> j'<i>accueillis ;</i> j'ai <i>accueilli ;</i> j'<i>accueillerai ;</i> j'<i>accueillerois,</i> &amp;c.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>adcolligere</i>. Ménag. J'aimerois mieux l'éviter en disant, Il m'a fait un bon <i>accueil,</i> ou si vous voulez, il m'a reçu très-favorablement. <i>Accueillir</i> est douteux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="411" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCUEILLIR" />
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    <head>ACCUEILLIR</head>
    <p>
    Accueillir , signifie aussi, Donner secours, protection, retraite. <i>Praesidium ferre.</i> C'est une grande ingratitude de méconnoître dans la prospérité ceux qui nous ont <i>accueillis,</i> &amp; qui nous ont secourus dans notre misère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="411" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCUEILLIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ACCUEILLIR</head>
    <p>
    Accueillir , signifie encore plus particulièrement, Recevoir dans un Bateau, dans un Navire. Ce batelier n'est pas loin du port, il faut lui crier qu'il vous vienne <i>accueillir.</i> On envoya une barque pour <i>accueillir</i> ceux qui se noyoient après le débris de ce Vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="411" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCUEILLIR" />
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    <head>ACCUEILLIR</head>
    <p>
    Accueillir , se dit figurément en choses morales. <i>Occupare, adoriri.</i> Il ne faut pas se laisser <i>accueillir</i> par la nécessité ; c'est-à-dire se laisser presser, &amp; accabler par la misère. Nous n'étions pas loin du port, lorsque nous fûmes <i>accueillis</i> par la tempête ; c'est-à-dire, battus &amp; surpris par l'orage. Le P. Bouhours blâme <i>accueillir</i> dans cette signification, d'autres soutiennent qu'il est bon. Il vaut mieux chercher un autre tour. L'Académie. Françoise ne fait aucune difficulté sur ce mot, dans la dernière édition de son Dictionnaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="411" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCUEILLIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUEILLIR</head>
    <p>
    Accueilli, ie , part. &amp; adj. <i>Acceptus, exceptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="412" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUL" />
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    <head>ACCUL</head>
    <p>
    ACCUL , s. m. l'L se prononce. Lieu étroit &amp; bouché d'où on ne peut sortir quand on est poursuivi par les ennemis. <i>Angustiae.</i> On le dit particulièrement à la chasse des lieux où on réduit le gibier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="412" id="2" type="chasse">
   <index type="head" value="ACCUL" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ACCUL</head>
    <p>
    Acculs , sont aussi les lieux les plus enfoncés des terriers, où les renards, ou bléreaux, ont toute leur famille. <i>Fundula.</i> On appelle <i>carrefours,</i> les principaux conduits ou creux qui mènent à leurs <i>acculs.</i> On appelle encore <i>acculs,</i> en termes de chasse , les bouts des forêts, &amp; des grands bois. Il se dit aussi des piquets qu'on enfonce en terre au bout d'une plate-forme, pour retenir le canon, quand il recule après avoir tiré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="413" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACCULEMENT" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCULEMENT</head>
    <p>
    ACCULEMENT , s. m. Terme de Marine , qui se dit de la concavité &amp; rondeur de quelques membres qui se placent à l'avant, &amp; à l'arrière sur la quille du Vaisseau. Varangues <i>acculées,</i> sont celles qui sont rondes en dedans. Ozanan dit qu'on appelle <i>acculement,</i> la proportion avec laquelle chaque gabary s'élève sur la quille plus que le premier gabary.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="414" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCULER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ACCULER</head>
    <p>
    ACCULER , v. act. Pousser des ennemis dans un lieu étroit &amp; fermé, d'où ils ne puissent échapper ; les réduire à ne pouvoir reculer, en sorte qu'ils soient obligés de combattre, ou de périr. <i>In angustias redigere, complere.</i> On a <i>acculé</i> les ennemis dans ce détroit de Montagnes, où on les fera périr de faim. On le dit aussi des sangliers, des renards, &amp;c. Les chiens ont <i>acculé</i> le loup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="414" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCULER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>ACCULER</head>
    <p>
    s'Acculer , signifie au contraire, Se placer dans un coin, se retirer dans un lieu étroit où on ne puisse être attaqué par derrière, pour se mieux défendre contre plusieurs ennemis de front. <i>Locis postico imperviis uti ad defensionem.</i> Ce brave s'est <i>accule</i> dans le coin d'une muraille, pour n'être point enveloppé par les ennemis. Le taureau s'<i>accule,</i> quand il est pressé avec trop de vigueur par des dogues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="414" id="3" type="manege">
   <index type="head" value="ACCULER" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>ACCULER</head>
    <p>
    Acculer , en termes de manège , se dit lorsque le cheval qui manie sur les voltes ne va pas assez en avant à chacun de ses mouvemens ; ce qui fait que ses épaules n'embrassent pas assez de terrein ; &amp; que sa croupe s'approche trop près du centre de la volte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="414" id="4" type="blason">
   <index type="head" value="ACCULER" />
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    <head>ACCULER</head>
    <p>
    Accule, ée , part. &amp; adj. <i>In angustias redactus.</i></p><p>En termes de Blason on appelle un cheval <i>acculé,</i> quand il est cabré en arrière &amp; sur le cul. <i>In clunes residens.</i> On le dit aussi de deux canons sur leurs affûts, dont les culasses sont opposées l'une à l'autre ; comme ceux que le Grand Maître de l'Artillerie met au bas de ses armoiries, pour marques de sa dignité. Ce mot se tire du Latin <i>culum.</i> On dit un <i>cul de sac.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="415" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUMULATION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUMULATION</head>
    <p>
    ACCUMULATION , s. f. Entassement ; amas de plusieurs choses les unes sur les autres. <i>Accumulatio, coacervatio. Accumulation</i> de richesses. Il n'y a rien de plus ruineux que de laisser faire une <i>accumulation</i> d'arrérages.</p><p>On dit au Palais une <i>accumulation</i> de droits, quand quelqu'un prétend un héritage, un Bénéfice, en vertu de plusieurs droits de différente nature, comme par mort, par résignation, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="416" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUMULER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ACCUMULER</head>
    <p>
    ACCUMULER , v. act. Entasser, assembler, amasser plusieurs choses ensemble. <i>Accumulare, coacervare, congerere.</i> Les avares ne songent qu'à <i>accumuler</i> trésors sur trésors. On a puni ce scélérat, qui avoit <i>accumulé</i> crimes sur crimes. On dit aussi en Jurisprudence Canonique, <i>accumulant</i> droit sur droit, quand on obtient cession du droit d'une autre partie pourvue du même Bénéfice. On le dit quelquefois absolument. Les avares ne songent qu'à <i>accumuler.</i> Ce vieil avare <i>accumule</i> tous les jours ; on sousentend du bien, des richesses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="416" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCUMULER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ACCUMULER</head>
    <p>
    Accumulé, ée , part. &amp; adj. <i>Accumulatus, congestus.</i> Ce mot vient d'<i>accumulatio, accumulare</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="417" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCURSE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ACCURSE</head>
    <p>
    ACCURSE , s. m. <i>Accursius.</i> Nom propre de trois Savans Italiens. Les deux premiers, père &amp; fils, célèbres Jurisconsultes du XIe. siècle, &amp; le troisième, savant Critique du XVIe. siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="418" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUSABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ACCUSABLE</head>
    <p>
    &#9758; ACCUSABLE , adj. Qui peut être accusé. Danet. Le même Auteur n'a pas été si hardi dans son Dictionnaire Latin &amp; François, où il s'est contenté de rendre <i>accusabilis</i> par digne d'être blâmé ou repris ; reprehensible ou blâmable. On trouve <i>Accusabilis,</i> accusable, dans le petit Dictionnaire de Boudot. Notre Langue a bien des mots qui ne valent pas celui-là. Tout ce qu'on peut faire, c'est de lui souhaiter une bonne fortune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="419" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUSATEUR, ACCUSATRICE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ACCUSATEUR, ACCUSATRICE</head>
    <p>
    ACCUSATEUR, ACCUSATRICE , subst. masc. &amp; fém. Celui ou celle qui accuse, ou qui poursuit quelqu'un en justice criminellement. <i>Accusator, accusatrix.</i> Par le Droit civil il n'y avoit point d'<i>accusateur</i> public. Chaque particulier, soit qu'il eût interêt au crime public, ou non, pouvoit accuser, &amp; conclure au châtiment de l'accusé. En France il n'y a que le Procureur Général, ou ses Substituts préposés dans chaque Siége, qui se puissent constituer <i>accusateurs ;</i> c'est à eux seuls à qui appartient la vengeance publique. La partie civile ne peut conclure qu'à la réparation, &amp; aux intérêts, &amp; non pas à la punition du criminel. En quelque lieu que se trouve un Parricide, il rencontre un <i>Accusateur,</i> un Juge, &amp; un Bourreau. Le Mait. Cette femme est une dangereuse <i>accusatrice.</i> Son <i>accusatrice</i> parut fort animée contre lui. Au dernier jour nos péchés se présenteront comme autant de cruels <i>accusateurs.</i> Nicol. C'étoit autrefois une vilaine chose que de passer pour <i>accusateur.</i> Quintilien l'a dit avant moi, &amp; a mis en proverbe, <i>accusatoriam vitam agere.</i> Et parce qu'il y eut un Brutus qui fit à Rome ce sale métier, &amp; qui fut appellé l'<i>accusateur,</i> Cicéron l'appelle pour cela le déshonneur de la famille des Juniens. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="420" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ACCUSATIF" />
   <index type="src_domain" value="grammaire" />
   <index type="macro_domain" value="Grammaire" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSATIF</head>
    <p>
    ACCUSATIF , s. m. Terme de Grammaire . C'est le quatrième cas des noms qui se déclinent. <i>Accusandi casus, accusativus.</i> Il marque &amp; désigne le terme d'une action, ou d'un rapport, le sujet où passe l'action du verbe, ou de la préposition. Un verbe actif régit l'<i>accusatif.</i> Il y a des prépositions qui demandent après elles un <i>accusatif.</i> En François l'<i>accusatif</i> est semblable au nominatif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="421" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUSATION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ACCUSATION</head>
    <p>
    ACCUSATION , s. f. Déclaration en Justice pour quelque crime. <i>Accusatio.</i> Intenter une <i>accusation</i> injuste, calomnieuse. Vous ferez bien de prévenir une <i>accusation</i> si redoutable ; ou de la repousser vigoureusement, si elle est déja formée. Ablanc. Susciter une <i>accusation</i> capitale. Il y a vingt chefs d'<i>accusation</i> contre ce criminel. L'<i>accusation</i> des crimes privés n'étoit recevable par le Droit Romain qu'en la bouche de ceux qui y avoient intérêt : pour les crimes publics l'<i>accusation</i> pouvoit être intentée par quiconque la vouloit entreprendre. Autrefois en France si l'<i>accusation</i> étoit grave, il en falloit venir à un combat ; si elle ne l'étoit pas, tout accusé étoit tenu de se purger du moins par serment. Il n'y étoit reçu qu'en faisant jurer avec lui des gens de sa profession, de son sexe, de sa parenté, ou du moins de son voisinage, gens sans reproche, domiciliés, &amp; connus de l'accusateur. Le Juge en fixoit le nombre, il pouvoit les nommer d'office ; on les tiroit quelquefois au sort. C'étoit ordinairement l'accusé qui les présentoit ; &amp; rarement en laissoit-on le choix à l'accusateur. La Gendre. Par le Droit Romain on procédoit par voie d'<i>accusation</i> dans les crimes publics, &amp; par simple action dans les délits particuliers. En France il n'y a que le Procureur Général, ou ses Substituts, qui puissent former une <i>accusation,</i> excepté pour le crime de lèze- Majesté, &amp; pour le crime de fausse monnoie, où l'<i>accusation</i> est ouverte à toutes sortes de personnes. Dans les autres crimes les particuliers <pb n="54" facs="bpt6k8542165/f94/full/1200,/0/native.jpg"/>ne peuvent être que dénonciateurs, &amp; n'ont droit que de demander réparation de l'offense pour les dommages &amp; intérêts.</p><p>Il signifie aussi, Confession. <i>Confessio.</i> Il faut faire une sincère <i>accusation</i> de nos péchés au Prétre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="421" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCUSATION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSATION</head>
    <p>
    Accusation , se dit aussi des légères fautes dans les complimens ordinaires. L'<i>accusation</i> que vous me faites de n'avoir point songé à vous en votre absence, est mal fondée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    ACCUSER , v. act. Intenter une action criminelle contre quelqu'un, soit en son nom, soit sous le nom de la partie publique ; qui est toujours le Procureur Général, ou son Substitut. <i>Accusare.</i> Il n'appartient qu'au mari d'<i>accuser</i> sa femme d'adultère. On a <i>accusé</i> de concussion un tel Officier. Caton, l'homme le plus juste de son siècle, avoit été <i>accusé</i> 42. fois, &amp; absous 42. fois. Dans l'esprit de la plupart des gens c'est assez d'être <i>accusé</i> pour être coupable. Voit. Un homme de bien <i>accusé</i> injustement, ôte à la prison même ce qu'elle a d'ignominieux. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    Accuser , signifie quelquefois simplement, Reprocher. Tous ses amis l'<i>accusent</i> de paresse à faire réponse aux lettres. On <i>accuse</i> les François de légèreté &amp; d'imprudence. Ceux qui <i>accusent</i> la Providence, pour ce qu'elle rend l'adultère aussi fécond qu'un mariage légitime, se scandalisent mal à propos. La Pl. Malherbe, parlant d'un Scélérat heureux, ajoûte ;</p><p>On <i>accuse</i> souvent de beaux yeux, dont toute la force est dans la foiblesse du coeur qu'ils ont blessé. S. Evr. Je ne m'<i>accuse</i> que de trop de délicatesse pour mes Amis ; bien loin de les négliger. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    Accuser , signifie aussi Impugner un acte ; contester sa validité à cause de quelque défaut essentiel. <i>Impugnare. Accuser</i> un acte de faux. <i>Accuser</i> un testament de suggestion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    Accuser , signifie aussi, Confesser sa faute, ou nommer ses Complices. <i>Confiteri.</i> Le remords a quelquefois obligé les criminels à s'<i>accuser</i> eux-mêmes. Ce Criminel a tout confessé, &amp; a <i>accuse</i> ses Complices. Il a <i>accusé</i> bien des gens dans son testament de mort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    Accuser , signifie aussi simplement, Déclarer. <i>Enunciare, exponere.</i> Il a <i>accusé</i> 50. de point au piquet ; il a <i>accusé</i> la réception de ma lettre ; pour dire, Il a dit qu'il avoit 50. de point ; qu'il avoit reçu ma lettre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="6" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    Accuser , avec le pronom personnel, se déclarer coupable. <i>Insimulare se.</i> Ce Criminel s'est <i>accusé</i> lui-même. Il faut qu'un Pénitent s'<i>accuse</i> franchement de ses péchés à la Confession. Les Persécuteurs semblent s'<i>accuser</i> de n'être pas bien convaincus eux-mêmes de la force &amp; de l'évidence de leurs raisons, puisqu'ils emploient la violence. Cl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="7" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    Accusé, ée , part. pass. <i>Accusatus.</i> Socrate <i>accusé</i> répondit : Ce que j'ai fait ne mérite rien, sinon qu'on me nourrisse aux frais de l'Etat dans le Prytanée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="422" id="8" type="">
   <index type="head" value="ACCUSER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACCUSER</head>
    <p>
    Accusé , se prend quelquefois substantivement. L'<i>accusé</i> a donné de bons reproches contre les témoins. On doit entendre l'<i>accusé</i> à peine de nullité du jugement. L'<i>accusé</i> ne peut point résigner quand le crime emporte la privation de son Bénéfice. Bouch. Par les dures Loix de l'Inquisition l'on contraint l'<i>accuse</i> à s'accuser lui-même du crime qu'on lui suppose. Inq. de Goa. L'<i>accusé</i> n'est point reçu à accuser son accusateur, ni à user de récrimination, avant qu'il se soit purgé. De Laun.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="423" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACÈ" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACÈ</head>
    <p>
    ACÈ , s. f. <i>Ace.</i> Ville de Phénicie, dans Strabon &amp; dans Etienne. Ce fut depuis Ptolémais. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="424" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACÉE</head>
    <p>
    ACÉE . s. f. Ce mot se disoit autrefois pour <i>bécasse :</i> il vient d'<i>acceia,</i> qui vient d'<i>acus,</i> à cause du long bec de la <i>bécasse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="425" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACENSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACENSEMENT</head>
    <p>
    ACENSEMENT , Voyez <ref type="search" target="head:ACCENSEMENT">ACCENSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="426" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACENSER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACENSER</head>
    <p>
    ACENSER , Voyez <ref type="search" target="head:ACCENSER">ACCENSER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="427" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACEPHALE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACEPHALE</head>
    <p>
    ACEPHALE , s. m. <i>Acephalus.</i> Proprement qui n'a point de Chef, de l'a privatif, &amp; de , tête, Chef. On a donné ce nom, 1°. à ceux qui dans l'affaire du Concile d'Ephèse ne voulurent suivre ni S. Cyrille, ni S. Jean d'Antioche : 2°. à des Hérétiques du Ve. siècle qui suivirent d'abord Pierre Mongus, ou Moggus : puis l'abandonnerent, parce qu'il souscrivit au Concile de Chalcédoine. Ils suivoient les erreurs d'Eutichès. Et sous l'Empire de Justin, les Sectateurs de Sévère d'Antioche, &amp; généralement tous ceux qui ne voulurent pas recevoir le Concile de Chalcédoine, furent appellés <i>Acephales.</i> Quelques-uns prétendent que ce nom signifie <i>hesitant ;</i> &amp; que parce qu'ils tenoient la neutralité pour les decrets du Concile de Chalcédoine, qu'ils ne se déterminoient à rien, qu'ils hésitoient quand on les pressoit, ils furent appellés <i>Acephales</i> ; c'est-à-dire, <i>hésitans.</i> Mais l'autre opinion est plus vraie, &amp; <i>Acephale</i> n'a point ce sens. Voyez <ref type="search" target="head:Bolland">Bolland</ref>. T. I. Anastase le Bibliothécaire appelle l'exemption de la jurisdiction du Patriarche, Autocéphalie, <i>Autocephalia ;</i> 3°. on a appellé <i>Acephales,</i> les Clercs qui ne vivoient pas sous la Discipline Ecclésiastique d'un Evêque. Isidore <i>De Eccles. off. Lib. III.</i> Les Conciles de Mayence, Can. 22. de Meaux l'an 845. Can. 57. de Paris, Can. 10. de Pavie en 850. Can. 18. &amp;c. ont fait différens règlemens contre ces Clercs <i>Acephales.</i> On en trouve encore dans les Capitulaires de Charles le Chauve, L. VI. C. 57. dans Burchard, L. II. C. 226. dans Reginon à l'an Jesus-Christ 865. Baronius à l'année 1090. Hucbert, frère de Thierberge Concubine de Lothaire, fut appellé <i>Acephale,</i> parce que, comme disent les Annales de Mets à l'an 864. de J. C. il étoit Clerc marié, &amp; par-là non soumis aux règles de la Cléricature ; ou comme d'autres écrivent, parce que son Monastère étoit exemt de la jurisdiction de l'Evêque. Cependant les Moines exemts de la jurisdiction de l'Evêque ne sont point <i>Acephales</i> ; car Godefroy, Abbé de Vendôme, dit dans sa 27. Lettre du Livre second : Nous ne sommes point <i>Acephales,</i> puisque nous avons pour Chef Jesus-Christ, &amp; après lui le Souverain Pontife ; 4°. dans les Loix de Henri I. Roi d'Angleterre, on appelle <i>Acephales</i> les pauvres qui n'ayant rien, ne tiennent point de biens en fief, ni du Roi, ni des Evêques, ni des Barons, ou Seigneurs Féodaux ; &amp; ainsi sont en quelque sorte sans Chef. Voyez le Gloss. de Du Fresne. Voyez Nicéphore L. XVIII. 54. Evagr. L. III. C. 31. Baron. aux années 432-482. 492. 513. 538. 536. 546. 553. Hornius Hist. Eccles. Nov. Test. Per. 1. Att. 3. §. 48. &amp; 49. Les <i>Acephales</i> sont appellés <i>Acephalites</i> dans Isidore, L. VIII. C. XV. &amp; dans la Chronique d'Adon de Vienne. Voyez encore les Notes du P. Sirmond sur Facundus Hermianensis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="428" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACEPHALITE" />
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    <head>ACEPHALITE</head>
    <p>
    ACEPHALITE , s. m. &amp; f. <i>Acephalita.</i> Hérétique. Voyez Acephale ; c'est la même chose. Le Chanoine Régulier de Léon, qui a écrit la vie de S. Isidore de Seville, dit <i>Acephalita,</i> &amp; marque que cette Secte étoit fort étendue en Espagne, &amp; en France, au temps de ce Saint. Peut-être que dans ces Pays-là on les nommoit alors <i>Acephalites,</i> &amp; non pas <i>Acephales.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="429" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACÈRBE" />
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    <head>ACÈRBE</head>
    <p>
    ACÈRBE , adj. Ce qui est acre, verd, âpre. <i>Acerbus.</i> Les Médecins tiennent que ce goût est mitoyen entre l'aigre, l'acide, &amp; l'amer. Ils appellent du vin <i>acèrbe,</i> du vin fait de raisins qui ne sont pas encore mûrs. Tous les fruits avant leur maturité ont un goût <i>acèrbe.</i> La saveur <i>acèrbe,</i> est une des trois saveurs froides. Elle est formée d'une substance terrestre &amp; aqueuse au 3e degré. Ce mot est latin, <i>acerbus.</i> Hors la Médecine l'on ne s'en sert point : on dit <i>apre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="430" id="1" type="taillandier">
   <index type="head" value="ACÉRER" />
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    <head>ACÉRER</head>
    <p>
    ACÉRER , v. act. Terme de Taillandier . Garnir d'acier un outil de fer ; y joindre ou appliquer de l'acier, soit à la pointe, comme aux burins ; soit au tranchant, comme aux couteaux &amp; cimeterres ; soit sur la surface entière des outils, comme aux enclumes, &amp;c. <i>Durare ferri aciem chalybe.</i> On a dit <i>acérer</i> pour <i>acierer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="430" id="2" type="">
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    <head>ACÉRER</head>
    <p>
    Acéré, ée , adj. Qui est d'acier, ou ce à quoi on a joint &amp; appliqué de l'acier. <i>Ferrum chalybe duratum.</i> On le dit des instrumens de fer destinés à couper, à limer, à trancher, à forger. Un cimeterre <i>acéré</i> &amp; bien tranchant. Les enclumes, les bigornes, &amp; autres outils semblables sont aussi <i>acérés,</i> parce qu'on les couvre d'acier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="430" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACÉRER" />
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    <head>ACÉRER</head>
    <p>
    Acéré , s'emploie par quelques-uns au figuré, pour signifier, perçant, tranchant. C'est une plume bien <i>acerée.</i> La pauvreté est un glaive bien <i>acéré.</i> Mau. Il faut pourtant s'en servir avec discrétion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="431" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ACÉRIDES" />
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    <head>ACÉRIDES</head>
    <p>
    ACÉRIDES , s. m. Terme de Médecine . C'est un emplâtre fait sans cire, tel qu'est celui qu'on nomme emplâtre de <pb n="55" facs="bpt6k8542165/f95/full/1200,/0/native.jpg"/>Nuremberg. <i>Emplastrum Norimbergense.</i> Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="432" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACÈRTENER" />
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    <head>ACÈRTENER</head>
    <p>
    ACÈRTENER , v. act. Vieux mot. Assurer, affirmer. <i>Affirmare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="433" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACÉSIEN" />
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    <head>ACÉSIEN</head>
    <p>
    ACÉSIEN , s. m. <i>Acésius.</i> Surnom que les Eléens donnoient à Apollon. Pausan. L. VI. Tristan, T. I. p. 600.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="434" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACESMEMENT" />
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    <head>ACESMEMENT</head>
    <p>
    ACESMEMENT , s. m. Vieux mot, qui veut dire, Ajustement. <i>Ornatus, Cultus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="435" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACESMER" />
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    <head>ACESMER</head>
    <p>
    ACESMER , v. act. Orner, ajuster. <i>Ornare.</i> Ce mot n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="436" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACESMES, & ACHESMES" />
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    <head>ACESMES, & ACHESMES</head>
    <p>
    ACESMES, &amp; ACHESMES , sub. plur. Vieux mot, qui veut dire, <i>Habillemens, atours</i> de femme. <i>Mundus muliebris.</i> Quand la Déesse a mis bas ses habits &amp; <i>achesmes,</i> qu'elle eut déffeublé, coiffe, guimple, atour, &amp; autre accoutrement de tête, termaillets, chaînes, anneaux, bullètes, &amp; tissus, jusqu'aux galoches dorées. Jean le Maire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="437" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ACÉTABULE" />
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    <head>ACÉTABULE</head>
    <p>
    ACÉTABULE , s. m. Terme d'Anatomie . <i>Acetabulum.</i> Il a différentes significations. Il se dit des cavités profondes de quelques os, dans lesquels sont reçues de grosses têtes d'autres os, pour faire les mouvemens. La cavité de l'os Ischium, qui reçoit la tête de l'os de la cuisse, est appellée <i>Acétabule,</i> Cotyle, ou Cotyloïde.</p><p>Il se dit d'une autre chose dont les Anatomistes ne conviennent point ; les uns appellent <i>acétabules</i> les orifices des vaisseaux répandus dans la surface interne de la matrice : Harvée croit que ce sont de petites cellules du Placenta, ou de ce qui tient lieu de Placenta dans les femelles de plusieurs animaux. Le sentiment le plus probable est de ceux qui disent que les <i>acétabules</i> sont ces glandes qui s'élèvent dans la matrice des brebis &amp; des chèvres, lorsqu'elles sont pleines, &amp; qui sont ainsi appellées, parce qu'elles sont faites en forme de coupe ou de godet : ce qu'on ne remarque pas dans les femelles des autres animaux, non plus que dans la femme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="437" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACÉTABULE" />
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    <head>ACÉTABULE</head>
    <p>
    Acétabule , signifie encore une certaine mesure dont les Apoticaires se servent pour les choses liquides. Voyez Cotyle, Cotyledon. C'est une mesure des Anciens qui contenoit un cyathe &amp; demi, comme Agricola le prouve dans son L. Ir des mesures Rom. par ces deux vers de Fannius, qui, en parlant du cyatus, dit qu'il pèse dix drachmes, &amp; que l'oxybaphe, ou <i>acetabule,</i> en contient 15.</p><p>Pinet, dans un <i>Traité des poids &amp; des mesures</i> qu'il a mis au commencement de sa Traduction de Pline, dit que l'<i>acétabule</i> d'huile pèse deux onces &amp; deux scrupules, l'<i>acétabule</i> de vin 2. onces 2. drachmes &amp; demie, un grain &amp; le tiers d'un grain ; l'<i>acetabule</i> de miel 3. onces, 3. drachmes, un scrupule &amp; 2. filiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="437" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACÉTABULE" />
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    <head>ACÉTABULE</head>
    <p>
    Acétabule , étoit encore un petit vase dans lequel on mettoit des choses propres à assaisonner, &amp; que l'on servoit sur la table, comme on sert aujourd'hui une salière, un vinaigrier, &amp;c.</p><p>Agricola, dans son Traité des Mesures Rom. L. Ir croit que c'est de-là que ce nom s'est formé ; que ce vase étant destiné principalement à servir du vinaigre, d'<i>acetum,</i> vinaigre, on a fait <i>acetabulum,</i> &amp; qu'ensuite, à cause de la ressemblance, on l'a transporté à la mesure. C'est pour la même raison que les Grecs l'appeloient .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="438" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACETABULUM" />
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    <head>ACETABULUM</head>
    <p>
    ACETABULUM , s. m. Sorte de plante, appellé autrement <i>Umbilicus veneris.</i> Il y en a de deux sortes : l'un dont les feuilles sont creuses, &amp; tournées comme un acétabule, ou une coupe. L'autre jette une tige menue, &amp; produit des fleurs semblables à celles de mille pertuis. Cette plante a les feuilles larges, &amp; fort épaisses. Sa graine, qui est un peu grosse, a les mêmes propriétés que la joubarbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="438" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACETABULUM" />
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    <head>ACETABULUM</head>
    <p>
    Acetabulum , s. m. Plante qui croît au fond de la mer, &amp; qui a assez la figure d'un champignon, puisqu'elle est composée d'un pédicule mince &amp; terminé par un chapiteau formé en bassin de balance. Cette plante est diurétique ; &amp; se trouve dans la mer Méditerranée, &amp; dans les étangs salés qui sont près de Montpellier. Quoique <i>Cotyledon</i> &amp; <i>Acetabulum,</i> soient deux noms qui ont la même signification, ils ne se donnent pas néanmoins à la même espèce de Plantes. Celle qu'on appelle <i>Cotyledon,</i> est même une plante terrestre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="439" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACÉTEUSE" />
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    <head>ACÉTEUSE</head>
    <p>
    ACÉTEUSE . s. f. <i>Oxalis.</i> C'est un nom que l'on a donné quelquefois à l'ozeille, à cause de son goût aigret, &amp; qui est pris du nom Latin <i>acetum,</i> qui signifie <i>vinaigre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="440" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACETUM" />
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    <head>ACETUM</head>
    <p>
    ACETUM , Mot Latin, qui signifie vinaigre, &amp; qui vient d'<i>aceo,</i> je suis aigre. Tout Latin qu'il est, on l'emploie quelquefois dans la Chymie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="440" id="2" type="chymie">
   <index type="head" value="ACETUM" />
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   <index type="macro_domain" value="Chimie" />
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    <head>ACETUM</head>
    <p>
    Acetum Alcalisé , <i>Alcalisatum.</i> Terme de Chymie . C'est du vinaigre distillé, auquel on a mêlé quelque sel volatil, ou alkali. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="440" id="3" type="chymie">
   <index type="head" value="ACETUM" />
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    <head>ACETUM</head>
    <p>
    Acetum Radicatum . Terme de Chymie . Ce sont les parties les plus fines &amp; les plus aiguës du vinaigre, quand le flegme en a été tiré. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="440" id="4" type="chymie">
   <index type="head" value="ACETUM" />
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    <head>ACETUM</head>
    <p>
    Acetum Philosophorum , ou vinaigre des Philosophes, terme de Chymie . Quelques Chymistes donnent ce nom à une liqueur aigre qui se fait en faisant dissoudre un peu de beurre, ou liqueur glaciale d'antimoine dans beaucoup d'eau. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="441" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHAÏE" />
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    <head>ACHAÏE</head>
    <p>
    ACHAÏE , s. f. <i>Achaia, Hellas.</i> C'est le nom d'une ancienne Province de Grèce, entre l'Epire, la Thessalie, la Mer Aegée, &amp; le Péloponèse. On l'appelle aujourd'hui Livadie. On prétend que son nom lui vient d', qui signifie <i>douleur,</i> parce qu'elle étoit sujette, dit-on, à de grandes inondations. Si cela est, ne seroit-il pas plus naturel de tirer son nom de , <i>achou,</i> qui signifie un lieu humide, marécageux, plein de roseaux ? Cadmus &amp; ses Phéniciens lui avoient donné ce nom. Mais d'autres prétendent que ce Pays a été ainsi nommé d'<i>Achéus,</i> fils de Xuthus, fils d'Hellen, &amp; petit-fils de Deucalion, qui, chassé de Thessalie s'empara du Péloponèse, &amp; eut de Creüse fille d'Erectée Roi d'Athènes, Achéus &amp; Ion, dont l'un fut Chef des <i>Achéens,</i> &amp; l'autre des Ioniens. On a encore appellé <i>Achaie</i> proprement dire, une Province du Péloponèse, qu'on nomme aujourd'hui Duché de Clarence. On donne aussi quelquefois ce nom à tout le Péloponèse. Les Prêtres d'<i>Achaie,</i> témoins du martyre de S. André, en ont écrit les Actes que nous avons encore ; mais que le Pape Gélase mit au nombre des Livres apocryphes. Baronius &amp; Bellarmin les soutiennent avec beaucoup d'autres. D'autres les regardent comme supposés avec Messieurs Tillemont &amp; Du Pin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="442" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHAIENS" />
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    <head>ACHAIENS</head>
    <p>
    ACHAIENS , ou ACHÉENS, &amp; ACHÉES, ainsi qu'écrit M. Corneille. <i>Achaei.</i> Peuples de l'Achaie, &amp; généralement les Grecs, qui sont souvent ainsi nommés, sur-tout dans les Poëtes. M. Tourreil écrit &amp; dit <i>Achaiens</i> dans sa table, &amp; <i>Achéens</i> dans sa Préface sur sa traduction des Oraisons de Démosthène. Les habitans du Péloponèse jusqu'aux Héraclides se divisoient proprement en <i>Achéens</i> &amp; en Ioniens. Les premiers possédoient les terres que les Héraclides assignèrent aux Doriens, &amp; aux autres Peuples qui les avoient accompagnés. Ceux des <i>Achéens</i> qui descendoient d'Aeolus, &amp; que l'on chassa de Lacédémone, se retirerent d'abord en Thrace sous le commandement de Penthile, &amp; après sa mort allerent s'établir dans le canton de l'Asie mineure, qu'ils appellerent Aeolide. Quant aux <i>Achéens</i> de Mycènes, comme ils se voyoient contraints par les Héraclides d'abandonner leur Pays, ils s'emparerent de celui des Ioniens. Tourr. Polybe a écrit assez amplement de la République des <i>Achéens,</i> dans le prélude de son Histoire. Un Hollandois, nommé Martin Schockius, a fait un Traité Latin de la République des <i>Achéens</i> &amp; des Veiens, dans lequel, parce que le Gouvernement des <i>Achéens</i> a toujours été un des plus estimés de la Grèce, il affecte de lui comparer celui des Provinces-Unies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="443" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHAISONNER" />
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    <head>ACHAISONNER</head>
    <p>
    ACHAISONNER , v. act. Prendre occasion d'exiger injustement de quelqu'un la chose qui lui appartient, le vexer, l'inquiéter. Rag. <i>Vexare, iniquam exigendi occasionem captare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="444" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHALANDER" />
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    <head>ACHALANDER</head>
    <p>
    ACHALANDER , verbe actif. Attirer les marchands, accréditer, mettre une boutique, ou une maison, en réputation d'avoir de bonne marchandise, &amp; à bon prix. <i>Emptores allicere.</i> Toute la fortune d'un marchand consiste à bien <i>achalander</i> sa boutique. C'est un terme du Peuple, ou tout au plus de la conversation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="444" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHALANDER" />
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    <head>ACHALANDER</head>
    <p>
    Achalander , est quelquefois neutre pass. &amp; se met avec le pronom passif. Cet homme commence à s'<i>achalander.</i> On le dit aussi en badinant, d'une personne qui a beaucoup d'intrigues : Cette fille est fort <i>achalandée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="445" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHANACA" />
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    <head>ACHANACA</head>
    <p>
    ACHANACA , est une plante des Indes dont la feuille ressemble au chou ; mais elle est plus mince, &amp; les côtes en sont plus tendres. Son fruit est gros comme un oeuf, de couleur jaune ; on le nomme Alfard : il croît au Royaume de Mely ; on emploie sa décoction pour la vérole. Voyez <ref type="search" target="head:Thevet">Thevet</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="446" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ACHAMECH" />
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    <head>ACHAMECH</head>
    <p>
    ACHAMECH , Terme de Chymie . Selon quelque Chymistes, c'est l'écume &amp; les ordures de l'argent. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="447" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHARNEMENT" />
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    <head>ACHARNEMENT</head>
    <p>
    ACHARNEMENT , s. m. Forte passion ; emportement, attachement opiniâtre à quelque chose. <i>Libido, propensio.</i> Il se dit plus ordinairement en mauvaise part. Il a un furieux <i>acharnement</i> pour la débauche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="447" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHARNEMENT" />
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    <head>ACHARNEMENT</head>
    <p>
    Acharnement , se dit encore de la fureur &amp; de l'animosité avec laquelle on persécute quelqu'un. <i>Insectatio vehemens, acerba.</i> Ces deux Auteurs ont un furieux <i>acharnement</i> à se perdre mutuellement ; ils se déchirent par-tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="448" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHARNER" />
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    <head>ACHARNER</head>
    <p>
    ACHARNER , v. act. Donner aux bêtes le goût, l'appétit de la chair. <i>Carnis famem,</i> ou <i>appetitum excitare, irritare, ciere.</i> On <i>acharne</i> les chiens, les oiseaux de proie à la curée. On dit aussi en Fauconnerie, <i>acharner</i> l'oiseau sur le tiroir, soit au poing avec le tiroir, qui est une aile de chapon ou de cocp-d'Inde ; ou en attachant le tiroir au leurre. <i>Accipitres oblatà esca pascere.</i> Il y a des oiseaux farouches qui ne <i>s'acharnent</i> jamais, &amp; qui se laissent plutôt mourir de faim.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="448" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHARNER" />
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    <head>ACHARNER</head>
    <p>
    Acharner , animer. <i>Irritare.</i> On les a <i>acharnés</i> les uns contre les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="448" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACHARNER" />
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    <head>ACHARNER</head>
    <p>
    Acharner , se dit figurément en Morale avec le pronom personnel, pour dire, s'attacher avec fureur, avec opiniâtreté, à persécuter quelqu'un, à le blâmer. <i>Acriter insectari.</i> Ces deux plaideurs sont furieusement <i>acharnés.</i></p><p>Il signifie quelquefois s'adonner avec excès. <i>Ferri immoderatiùs.</i> Il est dangereux de s'<i>acharner</i> au jeu. Ce Docteur est si fort <i>acharné</i> à l'étude, qu'il se dessèche sur ses Livres. S. Evr. Ce mot est un composé, &amp; dérive de chair.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="449" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHART" />
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    <head>ACHART</head>
    <p>
    ACHART , s. m. Nom propre d'homme. <i>Aicadrus.</i> Saint Aicadres, que nous appellons plus communément Saint <i>Achart,</i> &amp; que d'autres nomment encore Saint <i>Acaire,</i> étoit issu d'une des meilleures noblesses de Poitou, &amp; fut second Abbé de Jumiéges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="450" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHAT" />
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    <head>ACHAT</head>
    <p>
    ACHAT , s. m. Acquisition ; traité par lequel on achète. <i>Emptio.</i> Il a fait aujourd'hui l'<i>achat</i> d'une terre à sa bienséance. Il a fait un mauvais <i>achat.</i> Il se prend aussi pour la chose achetée. Je veux vous montrer mon <i>achat. Achat</i> passe louage, est un proverbe tiré des Coutumes de Namur ; c'est-à-dire, que l'acheteur d'un héritage peut déposséder le conducteur, ou locataire, sauf à lui son recours contre son locateur. Ce mot vient du Latin <i>adcaptare</i> ou <i>adceptare.</i> L'<i>achat</i> diffère de l'échange, en ce que dans l'<i>achat</i> on livre, ou on promet de livrer une chose pour un certain prix, &amp; dans l'échange on donne une chose pour une autre, qui n'est pas de l'argent ; par exemple, du blé pour du vin, du bois pour du fer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="451" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHATE" />
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    <head>ACHATE</head>
    <p>
    ACHATE , s. m. <i>Achates.</i> Nom propre d'un des Compagnons d'Aenée, son ami &amp; son confident, qui, dans Virgile, ne le quitte presque jamais. C'est de là que ce mot a passé dans notre langue pour signifier un ami constant, un compagnon fidèle, un homme avec lequel on est toujours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="452" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHE" />
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    <head>ACHE</head>
    <p>
    ACHE , s. f. ou bien, API, s. m. Plante umbellifere dont les racines sont chevelues, fibreuses &amp; blanchâtres ; les feuilles approchent de celles du persil ordinaire, mais sont plus amples, plus épaisses, &amp; d'un autre verd ; les tiges sont branchues, médiocrement hautes, &amp; portent à leurs extrémités des bouquets de fleurs disposées en parasol. Ses semences sont menues, arrondies, &amp; canelées sur le dos. Cette plante croît dans les marais &amp; le long des ruisseaux ; transportée dans les jardins, d'acre &amp; d'amère qu'elle étoit, elle devient douce, &amp; d'un acre aromatique fort agréable. Le Port de toute la plante change aussi par la culture ; c'est ce qui a imposé à ceux qui ont cru que l'<i>ache</i> de marais &amp; l'<i>ache</i> cultivée, étoient deux plantes différentes. On nomme en Latin l'<i>ache</i> de marais, ou <i>ache</i> simplement, <i>Apium palustre ;</i> &amp; l'<i>ache</i> cultivée, ou api, &amp; plus ordinairement celeri, <i>Apium dulce, Celeri Italorum.</i> L'<i>ache</i> est apéritive, diurétique, &amp; bonne pour le scorbut. Ces deux espèces, la blanche &amp; la jaune, dans l'extrémité de leur tige, forment un grand panache rempli de fleurs semblables à celles du Lylas. Elles fleurissent dans le printemps, &amp; sentent fort bon. La jaune a les racines rougeâtres, &amp; en forme de glands. La blanche les a toutes blanches. Elle se plante de la profondeur de trois doigts à un demi pied de distance. On la lève tous les trois ans pour en ôter le Peuple. L'<i>ache</i> demande médiocrement le soleil, avec une terre grasse &amp; humide. Quelques-uns distinguent quatre sortes d'<i>ache.</i> D'autres en comptent six. 1°, L'<i>ache</i> de Macédoine, <i>Apium Macedonicum.</i> 2°, L'<i>ache</i> de Jardin, <i>apium hortense,</i> qui est le persil ordinaire. 3°, L'<i>ache</i> de montagne, <i>apium montanum.</i> 4°, L'<i>ache</i> de marais, <i>apium palustre.</i> D'autres ajoûtent 5°, L'<i>ache</i> de Smyrne, <i>apium Smyrnicum,</i> &amp; 6°, Celui qu'ils appellent <i>hipposelinum.</i> Les Grecs en certains jeux donnoient une couronne d'<i>ache</i> au Vainqueur. C'étoit dans les Jeux Isthmiens &amp; Néméens. De là vient que sur les médailles de Néron on trouve Isthmia dans une couronne d'<i>ache.</i> Voyez Patin, Vaillant dans ses Colonies, &amp; Monsieur Spanheim, p. 314. de l'édit. de Londres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="453" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHÉENNE" />
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    <head>ACHÉENNE</head>
    <p>
    ACHÉENNE , s. f. <i>Achaea.</i> C'est-à-dire, la triste, la désolée. C'est un surnom qu'on a donné, 1°, à Cérès, à cause de la douleur que lui causa l'enlevement de Proserpine sa fille. Plutarque, dans son Livre sur Ifis &amp; Osiris, dit que les Boeotiens avoient un Temple de Cérès <i>Achéenne.</i> 2°, Aristote, <i>L. de mirabil.</i> dit que les Dauniens, ancien Peuple d'Italie, avoient un Temple dédié à Pallas <i>Achéenne.</i></p><p>Ce mot à deux origines différentes. Quand il se donne à Cérès, il vient du mot Grec , qui signifie douleur. Mais quand il a été donné à Pallas par les Dauniens, je crois qu'il signifie, qui est venu d'<i>Achaie,</i> &amp; que ce n'est que le féminin d'<i>achéen.</i> En effet, ce Temple des Dauniens étoit vraisemblablement bâti par Diomède &amp; les <i>Achéens</i> ; c'est-à-dire, les Grecs qui vinrent avec lui en Italie, puis qu'Aristote dit qu'on y conservoit les armes de ce Capitaine &amp; de ses Compagnons. Ils y déposerent apparemment une statue de Pallas qu'ils avoient apportée, &amp; qui, ou parce qu'ils l'apportoient d'<i>Achaie,</i> ou parce qu'elle fut mise là par des <i>Achéens,</i> fut surnommée <i>Achéenne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="454" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEIROPOÉÈTE" />
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    <head>ACHEIROPOÉÈTE</head>
    <p>
    ACHEIROPOÉÈTE , Nom Grec, formé de l'<i>a</i> privatif, de , la main, &amp; , fait de , <i>faire,</i> signifie, Qui n'est pas fait avec la main. C'est le nom d'une Image de Notre Seigneur qui se voit à Rome dans l'Eglise de S. Jean de Latran, &amp; qui, à ce que l'on dit, ayant été ébauchée par S. Luc, fut achevée par les Anges, &amp; ne fut point faite de main d'homme. C'est la raison &amp; l'origine de son nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="455" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEM" />
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    <head>ACHEM</head>
    <p>
    ACHEM , <i>Achemum, acemum.</i> Nom d'une Ville &amp; d'un Royaume qui occupe la partie Septentrionale de l'Isle de Sumatra. <i>Achen</i> est le plus grand Royaume de l'Isle de Sumatra, éloignée d'environ douze lieues de la terre ferme où est Malaca. Bouh. M. Corneille écrit dans un endroit <i>Achem,</i> &amp; dans un autre <i>Achin,</i> &amp; le P. Bouhours <i>Achen.</i> J'ai vu des relations qui écrivoient toujours de même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="456" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEMENIDE" />
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    <head>ACHEMENIDE</head>
    <p>
    ACHEMENIDE , s. m. &amp; plus souvent au pl. Achoemenides. <i>Achoemenides, achoemenidae.</i> C'est un nom Patronymique, qui signifie un homme descendu d'Achoemenes père de Cambyse &amp; grand-père d'un Cyrus, différent du Grand Cyrus ; homme de la famille Royale de ces anciens Perses. Pline &amp; Solin ont prétendu que c'étoit un nom de <pb n="57" facs="bpt6k8542165/f97/full/1200,/0/native.jpg"/>Peuple. Ils se sont trompés ; c'est un nom de famille. Xerxès dit dans Hérodote, Livre VII. Chap. 11, qu'il est fils de Darius, fils d'Hystaspe, fils d'Arsames fils d'Ariamnes, fils de Theispes Cyrus, fils de Cambyse, fils d'Achoemenes. C'est de là qu'on appelle les Rois Perses <i>Achoemenides,</i> ainsi que le dit Hérodote, Liv. I. C. CXXV. Les Poëtes étendent encore la signification de ce nom ; &amp; comme ils appellent <i>Aeneadae,</i> &amp; <i>Romulidae,</i> les Romains en général, ils appellent de même les Perses <i>Achoemenides,</i> &amp; ils disent <i>Achoemenien,</i> pour dire Persan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="457" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ACHEMENT" />
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    <head>ACHEMENT</head>
    <p>
    ACHEMENT , s. m. Terme de Blason , se dit des lambrequins, ou chaperons, qui enveloppent le casque, &amp; l'écu. <i>Fluentes circa scutum &amp; galeam laciniae.</i> Ils sont découpés d'étoffe &amp; ornés de perles, &amp; de broderie ; parce qu'en vieux François on appelloit <i>achêmes</i> toutes sortes d'ornemens, &amp; particulièrement ceux des femmes ; comme coëffes, guimpes, atours, chaînes, anneaux, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="458" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEMINEMENT" />
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    <head>ACHEMINEMENT</head>
    <p>
    ACHEMINEMENT , s. m. Il ne se dit point dans le propre. Disposition à une chose ; préparation qui en fait espérer le succès. <i>Gradus, via.</i> Le mépris des grandeurs de ce monde est un <i>acheminement</i> à la perfection. Le gain de la Bataille fut un <i>acheminement</i> à la paix. Sar. Un premier pas si heureux fut un <i>acheminement</i> à une plus grande fortune. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="459" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEMINER" />
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    <head>ACHEMINER</head>
    <p>
    ACHEMINER , v. act. Qui ne se dit au propre qu'avec le pronom personnel, Se mettre en chemin. <i>In viam se dare, contendere, tendere, pergere. Iter instituere, intendere.</i> Ces Voyageurs se sont enfin <i>acheminés.</i> Il s'<i>achemina</i> vers la Cappadoce. Vaug. Il s'<i>achemina</i> par les déserts, pour surprendre l'ennemi à l'improviste. Ablanc. Les Croisés s'<i>acheminoient</i> gais &amp; gaillards à l'entreprise de la guerre sainte, comme assurés d'acquerir le Paradis. Pasq.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="459" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHEMINER" />
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    <head>ACHEMINER</head>
    <p>
    Acheminer , se dit figurément en Morale, des desseins, des affaires, des entreprises, pour dire, les avancer, les mettre en bon train pour l'exécution. <i>Perducere, administrare, gerere, procurare.</i> Une vive foi <i>achemine</i> les Chrétiens à la gloire éternelle. Cet Avocat a fort bien <i>acheminé</i> cet affaire, il l'a mise en train de réussir. Le Roi n'a point fait de conquête qu'il n'ait méditée auparavant, &amp; où il ne se soit <i>acheminé</i> comme par degrés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="459" id="3" type="manege">
   <index type="head" value="ACHEMINER" />
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   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>ACHEMINER</head>
    <p>
    Achemine, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Viam ingressus.</i></p><p>On appelle, en termes de Manége , un cheval <i>acheminé,</i> celui qui a des dispositions à être dressé, qui connoît la bride, &amp; répond aux éperons ; qui est dégourdi, &amp; rompu. <i>Aptus, idoneus.</i> Ces mots se tirent du primitif <i>chemin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="460" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHENOIS, OISE" />
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    <head>ACHENOIS, OISE</head>
    <p>
    ACHENOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est d'Achem. M. Corneille, dans l'endroit où il écrit <i>Achim,</i> dit <i>Achinois</i> ; mais le P. Bouhours, dans la <i>Vie de S. François Xavier,</i> dit <i>Achenois.</i> Le P. Premare Jésuite, dans une relation fort ingénieuse &amp; fort bien écrite, qui parut en 1701. dit aussi <i>Achenois.</i> On n'eut point d'autres nouvelles à Malaca de l'armée des <i>Achenois,</i> que celles qu'elle y apporta elle-même. Bouh. Les <i>Achenois</i> sont fort superstitieux à l'égard de se laver &amp; de se purifier pour leurs souillures, ce qui fait qu'ils aiment à demeurer auprès de quelque ruisseau. T. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="461" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="ACHERNER" />
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    <head>ACHERNER</head>
    <p>
    ACHERNER , Terme d'Astronomie . C'est le nom d'une étoile fixe de la première grandeur dans Eridanus, &amp; dont la longitude est de 10. d. 31. min. &amp; la latitude de 56. d.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="462" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHERON" />
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    <head>ACHERON</head>
    <p>
    ACHERON , s. m. <i>Acheron, Acheros.</i> C'est le nom de plusieurs fleuves. On en met un dans l'Epire, nommé aujourd'hui <i>Verlichi nigro,</i> ou <i>Vanas,</i> que Ptolomée appelle <i>Acheron,</i> &amp; Tite-Live Acheros. Strabon en met un dans l'Epire, contrée du Péloponèse, &amp; un autre dans le Pays des Brutiens en Italie ; c'est-à-dire, dans la Calabre, que Barrius, dans sa Calabre, prétend être celui qu'on nomme aujourd'hui <i>Campaniano.</i> Il se déchargeoit dans la mer à Butrinto dans la Sinus Ambracius. Auguste ayant conduit une Colonie à Butrinto, fit un pont de mille pieds de long sur l'embouchure de l'<i>Acheron.</i> Tout le monde admiroit cet ouvrage, dit Pline, Liv. IV. C. 1. Nous en avons une médaille. Augustus Butr. La tête d'Auguste nue : au revers P. Pompon. Un pont. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Vaillant Med. des Emper. T. I. p. 19. Strabon met un autre fleuve <i>Acheron</i> en Bithynie, proche d'Héraclée, &amp;c. Mais le plus fameux de ce nom est celui que les Poëtes comptent parmi les fleuves de l'Enfer : si cependant il est différent de l'Acheron de l'Epire, car on prétend que les Anciens ont mis l'Enfer en Epire, parce que les premiers Epirotes travailloient aux mines qu'ils trouverent dans leur Pays, &amp; y faisoient périr beaucoup d'esclaves.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="462" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHERON" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>ACHERON</head>
    <p>
    Acheron , est aussi quelquefois un Dieu qui naquit de Cérès dans l'Isle de Crète, &amp; qui ne pouvant soutenir la lumière du jour, se retira aux Enfers, &amp; devint là un fleuve infernal. Voyez Bocace, L. 3. de la Généal. des Dieux, C. 4. Rudbecks, qui dans son Atlantique, attribue à la Suède tout ce que les Anciens ont dit de quelque Pays que ce soit, prétend que l'<i>Acheron,</i> l'Enfer, les Champs Elisées, sont la Suède, &amp; soutient que la manière dont on rendoit anciennement la justice parmi les Peuples du Septentrion, est l'original d'après lequel les Poëtes ont tiré toutes les descriptions qu'ils ont données de la justice infernale ou des procédures de Minos, d'Aeaque, &amp; de Rhadamante. Hofman dérive ce mot <i>Acheron</i> de l'Hébreu , qui signifie dernier, ce qui est après, ce qui est éloigné. D'autres le tirent du Grec, c'est-à-dire, de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , se réjouir ou bien de , douleur, tristesse, &amp; , Je coule, comme qui diroit, un fleuve qui roule des larmes &amp; des pleurs. Les Poëtes prennent figurément l'<i>Acheron</i> pour tout l'Enfer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="463" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHETER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ACHETER</head>
    <p>
    ACHETER , v. act. Acquérir quelque chose à prix d'argent dont on convient. <i>Emere.</i> Il a <i>acheté</i> une terre, &amp; l'a bien payée, il l'a <i>achetée</i> à beaux deniers comptans. Il a <i>acheté</i> les droits de cette succession. Il a <i>acheté</i> beaucoup d'étoffes à crédit. <i>J'acheterois</i> cela au poids de l'or, pour dire, chèrement. Il est permis par le Droit Civil, d'<i>acheter</i> l'espérance. De Roch. Voyez <ref type="search" target="head:ESPERANCE">ESPERANCE</ref>. Celui qui <i>achete</i> des Charges publiques se met dans une nécessité de vendre en détail ce qu'il a acquis en gros. C'est ce que disoit autrefois l'Empereur Sévère. De Roch.</p><p>On dit aussi, <i>Acheter</i> des Bans, pour dire, Obtenir la dispense de les publier. Quelques-uns dérivent ce mot de <i>acceptare,</i> parce que le consentement de l'acheteur est ce qui rend parfait le contrat de vente. Ménage &amp; du Cange veulent qu'il vienne de <i>accaptare,</i> qui se trouve dans les Capitulaires, &amp; signifie <i>petere</i> &amp; <i>acquirere.</i> D'autres le dérivent de l'Italien <i>cattare</i> &amp; <i>accattare.</i> Les Picards disent encore <i>acater.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="463" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHETER" />
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    <head>ACHETER</head>
    <p>
    Acheter , se dit figurément en Morale, &amp; marque les peines &amp; les difficultés à obtenir quelque chose. <i>Redimere carè.</i> Il a bien fait <i>acheter</i> sa mort à ses ennemis ; pour dire, qu'il s'est bien défendu ; qu'il a vendu sa vie bien cher. Il m'a bien fait <i>acheter</i> cette faveur ; pour dire, il m'a bien fait courir pour l'obtenir. <i>Carè vendidit.</i> Prenez garde d'<i>acheter</i> un bien imaginaire, aux dépens d'un vrai bien. Je n'<i>achète</i> point si cher des espérances. Dac. Les hommes sont tellement amoureux de la liberté, qu'il l'<i>achètent</i> au prix de la vie. Dur. Ce Partisan enrichi par ses concussions, a <i>acheté</i> de la naissance, &amp; un nom. La Bruy.</p><p>On dit proverbialement en parlant du vin, Qui bon l'<i>achète,</i> bon le boit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="463" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACHETER" />
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    <head>ACHETER</head>
    <p>
    Acheté, ée , part. <i>Emptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="464" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHETEUR" />
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    <head>ACHETEUR</head>
    <p>
    ACHETEUR , s. m. Celui qui achète. <i>Emptor.</i> C'est l'<i>acheteur</i> d'une maison qui paye les droits seigneuriaux dans la Coutume de Paris. C'est une espèce de revenu, que de n'être pas grand <i>acheteur.</i> Dur. Cette femme est une grande <i>acheteuse ;</i> c'est-à-dire, qu'elle a la passion d'acheter tout ce qu'elle voit. On appelle aussi un <i>acheteur</i> de droits litigieux, celui qui achète des procès, des prétentions. On dit en proverbe, qu'il y a plus de fous <i>acheteurs</i> que de fous vendeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="465" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHETIVER" />
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    <head>ACHETIVER</head>
    <p>
    ACHETIVER , v. act. Vieux mot, qui veut dire <i>captiver. Captivum facere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="466" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEVEMENT" />
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    <head>ACHEVEMENT</head>
    <p>
    ACHEVEMENT , s. m. Fin d'un ouvrage, d'un terme ; la perfection qu'on donne à une chose. <i>Perfectio, consummatio.</i> Nous ne verrons pas l'<i>achevement</i> du Louvre. On ne peut contraindre à payer avant l'<i>achevement</i> du terme, avant qu'il soit échu. Dans les ouvrages de l'Art, c'est le travail, &amp; l'<i>achevement</i> que l'on considère. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="466" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHEVEMENT" />
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    <head>ACHEVEMENT</head>
    <p>
    Achevement , Terme de Poëtique. C'est dans le poëme épique le dernier passage de l'agitation &amp; du trouble, au repos &amp; à la tranquillité. Il y a de la différence entre le dénouement &amp; l'<i>achevement. L'achevement</i> est un point &amp; <pb n="58" facs="bpt6k8542165/f98/full/1200,/0/native.jpg"/>un instant sans étendue, &amp; sans durée, au lieu que le dénouement n'est pas sans longueur. L'<i>achevement</i> est donc la fin du dernier dénouement. Dans l'Enéide, la mort de Turnus fait l'<i>achevement,</i> parce qu'elle fait cesser l'action d'Enée. Le Bos. On dispute si l'<i>achevement</i> doit laisser le Héros dans une tranquillité heureuse, ou s'il est libre de le laisser malheureux. A peine voit-on de poësie qui finisse par le malheur de son Héros. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="467" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEVER" />
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    <head>ACHEVER</head>
    <p>
    ACHEVER , v. act. Finir, terminer, perfectionner quelques ouvrages. <i>Perficere, absolvere, consummare.</i> Dieu <i>acheva</i> l'ouvrage de la création en six jours, &amp; consacra le septième au repos. <i>Achever</i> comme on a commencé. Rarement on <i>achève</i> bien ce que l'on a mal commencé. C'est la Loi <i>Universis</i> Cod. <i>Qui dare Tut. vel Cur. Principio quae sunt inchoata malo, vix bono peraguntur exitu.</i> Permettez que j'<i>achève</i> mon discours. <i>Achevez</i> vîte, finissez. Attalus, chez Martial ; le Thrason, chez Térence ; le Suffenus, chez Catulle, étoient des hommes à tout entreprendre, &amp; à ne jamais rien <i>achever.</i> De Roch. Il se met aussi avec le pronom possessif. Il <i>s'est achevé</i> de perdre par son imprudence.</p><p>On le dit aussi avec le pronom personnel. Ce livre s'<i>achève</i> ; il est tantôt fait.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACHEVER</head>
    <p>
    Achever , se dit aussi en Morale ; pour dire, Mettre une chose à sa dernière perfection. L'étude commence un honnête homme, &amp; le commerce du monde l'<i>achève,</i> S. Evr. Voilà un ouvrage <i>achevé,</i> on n'y peut rien ajoûter. C'est un homme <i>achevé,</i> qui a toutes sortes de vertus &amp; de perfections. Il jouit d'un bonheur, d'une fortune <i>achevée,</i> à qui il ne manque rien. Souvent les Auteurs ne se donnent pas la peine d'<i>achever</i> leurs ouvrages ; c'est-à-dire, de les polir, &amp; de les revoir.</p><p>On dit aussi, <i>Achever</i> ses jours, <i>achever</i> de vivre, <i>achever</i> sa carrière ; pour dire, Mourir. <i>Vitam finire, supremum diem obire.</i> Les mourans laissés sur le Champ de bataille prient qu'on les <i>achève</i> par pitié.</p><p>On dit proverbialement, Voilà pour l'<i>achever</i> de peindre ; pour dire, <i>Achever</i> de le ruiner, quand il vient un nouveau malheur à quelqu'un qui l'accable.</p><p>On l'emploie aussi pour dire, enyvrer entièrement. Il ne falloit plus, dit-on, que cette santé pour l'<i>achever.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="467" id="3" type="">
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    <head>ACHEVER</head>
    <p>
    Achevé, ée , part. pass. &amp; adj. Fini, terminé. <i>Finitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="467" id="4" type="">
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    <head>ACHEVER</head>
    <p>
    Achevé , Parfait ; accompli. <i>Perfectus, absolutus.</i> Quand il se dit des choses, il se prend plus ordinairement en bonne part : C'est une pièce <i>achevée.</i> Il arrive souvent que les choses se présentent plus <i>achevées</i> à notre esprit, qu'il ne les pourroit faire avec beaucoup d'art. La Rochef. L'on ne pouvoit rien voir de plus <i>achevé</i> que sa taille Quand il se dit des personnes, il se prend en bonne, &amp; en mauvaise part. C'est un Prince <i>achevé.</i> C'est un fou <i>achevé</i> ; pour dire, entièrement fou.</p><p>En termes de Manége on appelle un cheval <i>achevé,</i> celui qui est bien dressé, &amp; qui ne manque point à faire un certain manége. On dit, un cheval <i>commencé, acheminé,</i> &amp; <i>achevé,</i> pour exprimer les diverses dispositions &amp; états d'un cheval qui a de l'école.</p><p>Ces mots viennent de <i>chef,</i> comme qui diroit, mettre à chef, mettre à perfection.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="468" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHEVOIR" />
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    <head>ACHEVOIR</head>
    <p>
    &#9758; ACHEVOIR , s. m. En certains lieux, en parlant d'une toile ou d'une étoffe, on dit qu'elle est à l'<i>achevoir,</i> quand il n'en reste que peu d'aunes à faire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="469" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHIER" />
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    <head>ACHIER</head>
    <p>
    ACHIER , s. m. Vieux mot. C'étoit le lieu où l'on mettoit les ruches des abeilles. <i>Alverium.</i> On trouve dans une ancienne Coutume : L'essain d'Avettes est mien, &amp; le vy partir de mon <i>achier.</i> Il vient d'<i>apiarium,</i> lieu où l'on entretient des abeilles, en le prononçant de quatre syllabes, <i>apiarium,</i> au-lieu de cinq. De cette manière on a dit d'abord <i>apchier,</i> &amp; par corruption <i>achier.</i> C'est ainsi que l'on dit <i>S. Poange,</i> de <i>Sanctus Potamius.</i> Ces étymologies, &amp; d'autres semblables, font voir que nos Anciens Gaulois prononçoient <i>i</i> devant une voyelle, de la manière que nous prononçons <i>ge, gi,</i> &amp; justifient en même-temps plusieurs étymologies qui paroissoient ridicules aux ignorans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="470" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHILLE" />
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    <head>ACHILLE</head>
    <p>
    ACHILLE , s. m. <i>Achilles.</i> Nom propre d'un Prince Grec, fils de Pelée &amp; de Thétis, &amp; que sa mère, en le plongeant dans le Stix, rendit invulnérable, excepté par le talon, par lequel elle le tenoit, &amp; par où il fut tué d'un coup de flèche que lui tira Paris. Un ancien Poëte, nommé Euphorien, &amp; cité par l'Etymologiste, dit que ce nom lui fut donné par les Myrmidons, parce qu'il n'avoit point été nourri comme les autres de pain, qu'il appelle en Grec . Eustathius, au contraire veut qu'il soit formé d', tristesse, douleur, parce qu'il en causoit beaucoup aux ennemis qu'il attaquoit. D'autres le tirent de , douleur, &amp; , je résous, je dissous ; parce qu'il ôtoit la douleur étant habile en Médecine, qu'il avoit apprise du Centaure Chiron, qui eut soin de son éducation. D'autres enfin disent qu'il vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; , <i>levre,</i> parce qu'il avoit une lèvre brûlée. Tout cela n'a pas grande apparence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="470" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACHILLE" />
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    <head>ACHILLE</head>
    <p>
    Achille , est encore le nom de quelques-autres personnages ; comme dans l'Histoire, S. Irenée envoya un <i>Achille</i> à Valence en Espagne, pour y prêcher l'Evangile. Un <i>Achille</i> Statius, ou Statio, Portugais. Un <i>Achille</i> Tatius, ou Tatii, qui avoit écrit une Histoire mêlée, un Traité de la Sphère, un Roman des Amours de Leucippe &amp; de Clitophon, &amp; un Ouvrage sur les Phénomènes d'Aratus, dont il nous reste un fragment, que Victorius a imprimé le premier sur un MS. de la Bibliothèque de Florence, &amp; que le P. Pétau a traduit &amp; réimprimé. Photius parle de cet Auteur dans sa Bibliot. C. 87. aussi-bien que Vossius, <i>de Hist. Graec. L. III. &amp; de Scient. Mathem. C.</i> 33. §. 29.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="470" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACHILLE" />
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    <head>ACHILLE</head>
    <p>
    Achille , Se dit figurément de ceux qui ressemblent à <i>Achille.</i> C'est un <i>Achille</i> ; c'est-à-dire, Un grand homme de guerre, un homme brave comme <i>Achille.</i></p><p>L'Empereur Maximin fut appellé un Hercule, un <i>Achille,</i> un Ajax, dit Capitolin dans la vie des deux Maximins. Albert Electeur de Brandebourg, fils de Frédéric I. fut surnommé pour ses belles actions, l'<i>Achille</i> d'Allemagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="470" id="4" type="anatomie">
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    <head>ACHILLE</head>
    <p>
    Achille , Terme d'Anatomie . Le tendon d'<i>Achille</i> est la corde dans laquelle se confondent les tendons des quatre muscles du pied, appellés <i>extenseurs ;</i> c'est-à-dire, des deux gemeaux, du solaire, &amp; du plantaire. On la nomme <i>Tendon d'Achille,</i> parce que l'on dit qu'il mourut d'une blessure qu'il y avoit reçue. Les plaies de cette partie sont fort dangereuses, &amp; causent de fâcheux accidens. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="470" id="5" type="">
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    <head>ACHILLE</head>
    <p>
    Achille , Nom qu'on donnoit dans les écoles à l'argument principal de chaque Secte. <i>Achilles.</i> Voilà son <i>Achille ;</i> c'est-à-dire, une raison invincible, un argument indissoluble. En particulier on appelloit <i>Achille</i> le fameux argument de Zénon d'Elée contre le mouvement. Ce Philosophe mettoit en comparaison la lenteur d'une tortue avec la vîtesse d'<i>Achille,</i> pour montrer, qu'un mobile lent, qui précède tant soit peu un mobile vîte, n'en peut jamais être devancé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="471" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHILLAEA" />
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    <head>ACHILLAEA</head>
    <p>
    ACHILLAEA , s. f. Nom que les Anciens Botanistes ont donné à plusieurs plantes de différens genres. On prétend que l'<i>Achillaea</i> de Dioscoride &amp; de Pline, n'est autre chose que notre Millefeuille ; conjecture dont on pourroit faire voir le foible, en montrant que les descriptions que nous en ont laissé Dioscoride &amp; Pline, conviennent tout aussi-bien à d'autres plantes, auxquelles on n'a jamais attribué aucune vertu excellemment vulnéraire. On croit qu'elle a pris son nom d'<i>Achille,</i> Disciple de Chiron Centaure, qu'on dit être le premier qui l'a mis en usage pour guérir les plaies &amp; les ulcères. La plante qu'on nomme <i>Achillaea,</i> en Latin, <i>Achillaea montana,</i> à présent est une espèce de Jacobée, <pb n="59" facs="bpt6k8542165/f99/full/1200,/0/native.jpg"/>appellée, <i>Jacobaea foliis Ferulaceis, &amp;c. Inst. R. Herb.</i> Ses racines sont fibreuses &amp; noirâtres, &amp; donnent beaucoup de feuilles découpées menu comme celles de l'Automne, mais elles sont plus amples, d'un verd gai, &amp; d'une odeur qui n'est pas désagréable lorsqu'on les écrase ; leur goût est amer &amp; désagréable. Les tiges qui s'élèvent d'entre ces feuilles ont un ou deux pieds environ de hauteur, elles sont quelquefois branchues ; toujours garnies de feuilles semblables à celles du bas de la tige ; mais un peu plus courtes. Ses fleurs naissent à l'extrémité des tiges, en manière de bouquet : elles sont jaunes, radiées, un peu plus petites que celles de la Matricaire. Ses semences sont oblongues, grêles &amp; chargées d'une aigrette. On ordonne aux asthmatiques, &amp; à ceux qui ont des durillons dans le poumon, d'user de cette plante en fumée, comme du tabac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="472" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHILLÉIDE" />
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    <head>ACHILLÉIDE</head>
    <p>
    ACHILLÉIDE , s. f. <i>Achilleis.</i> C'est le nom d'un Poëme de Stace, dans lequel il devoit décrire toute la vie d'<i>Achille.</i> Il n'a décrit que son enfance. La mort l'empêcha de continuer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="473" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHIOTTE" />
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    <head>ACHIOTTE</head>
    <p>
    ACHIOTTE , s. f. Fruit fort estimé par les Indiens, qui vient de la nouvelle Espagne, qui croît à un arbre nommé <i>Achiote,</i> ou <i>Pamaqua,</i> qui est semblable en grandeur, en tronc &amp; en forme à l'oranger. Le tronc est roux &amp; les branches aussi. Ses feuilles sont comme celles de l'orme en couleur &amp; âpreté, ses fleurs blanches &amp; pourprines distinguées en cinq feuilles, taillées en étoile. Son fruit est gros comme une petite amande verte, quadrangulaire, avec une écorce semblable à la première écorce de la châtaigne, contenant plusieurs grains rouges comme des raisins ; mais plus ronds. Il verdit toute l'année, &amp; porte son fruit au printemps ; &amp; alors on le taille. On tire du feu de son bois comme d'un caillou. De son écorce on fait des cordes plus fortes que celles de chanvre. De la semence on fait de la teinture cramoisie rouge, de laquelle les Peintres se servent ; &amp; on la mêle avec utilité dans toutes les potions réfrigérantes. On en fait une pâte à mesure qu'elle sèche. On en fait des boules, des tourteaux, &amp; on les vend en forme de brique. Ceci est tiré de François de Ximenez, de Laed, &amp; d'Eusébe de Nuremberg, qui en ont fait la description. Voyez <ref type="search" target="head:Rocou">Rocou</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="474" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHIT" />
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    <head>ACHIT</head>
    <p>
    ACHIT , ou ACHITH, s. m. Espèce de Vigne qui croît à Madagascar, &amp; dont le raisin a le volume de notre gros Verjus. Cette vigne donne beaucoup de grappes vers les mois de Décembre, Janvier &amp; Février. Ses sarments sont toujours verds ; ses feuilles sont arrondies, entières, &amp; semblables à celles du lierre. Les Sauvages appellent son fruit <i>Voachis.</i> Flacourt, Hist. Madag. 138.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="475" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHOISON" />
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    <head>ACHOISON</head>
    <p>
    ACHOISON , Vieux mot François, qui veut dire <i>occasion :</i> il vient d'<i>occasio.</i> Huet. On disoit aussi <i>achaison, acoison, aquoison.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="476" id="1" type="">
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    <head>ACHOPPEMENT</head>
    <p>
    ACHOPPEMENT , s. m. Occasion de faute ; sujet de scandale. <i>Offensa, offendiculum.</i> Il ne se dit qu'au figuré, &amp; presque toujours dans cette phrase : Pierre d'<i>achoppement.</i> Cet Auteur raisonne sur un faux principe ; c'est une pierre d'<i>achoppement</i> qui le fait broncher par-tout. Quelques-uns emploient ce mot seul. C'est l'<i>achoppement</i> de l'antiquité ; pour dire, l'écueil. On dit encore, être en <i>achoppement</i> à quelqu'un ; pour dire, le traverser dans ses entreprises, &amp; chercher à le chagriner par-tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="477" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACHORES" />
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    <head>ACHORES</head>
    <p>
    ACHORES . C'est la troisième espèce de teigne. Les <i>Achores</i> sont des ulcères de la tête qui s'étendent toujours, perçant la peau de plusieurs petits trous, dont il sort une ordure visqueuse. La cause prochaine des <i>achores</i> est une humeur acre, sereuse, nitreuse &amp; piquante, jointe à une humeur grossière. Degori.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="478" id="1" type="astronomie">
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    <head>ACHRONIQUE</head>
    <p>
    ACHRONIQUE , adj. Terme d'Astronomie , qui se dit d'un astre ou d'un point du ciel qui est opposé au soleil dans son lever, ou dans son coucher ; c'est-à-dire, que l'un se lève, quand l'autre se couche. <i>Achronicus.</i> Le lever achronique de Mars, lequel se trouve alors plus près de la terre que le soleil, a fait abandonner l'ancien Système de Ptolomée, qui place la terre dans le centre du Monde, &amp; Mars au-delà du soleil. Ce mot vient du Grec , <i>tempus,</i> temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="479" id="1" type="">
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    <head>ACIDALIENNE</head>
    <p>
    ACIDALIENNE , adj. f. <i>Acidalia.</i> Surnom de Vénus, que les Grecs lui donnerent, ou parce qu'elle cause des chagrins &amp; des soins, en Grec , ou d'une Fontaine de Béotie qui lui étoit dédiée, &amp; qui se nommoit <i>Acidale,</i> &amp; étoit dans la Ville d'Orchomène.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="480" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACIDE" />
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    <head>ACIDE</head>
    <p>
    ACIDE , adj. m. &amp; f. Aigre, piquant ; tels que sont les citrons, les grenades, &amp; les fruits qui ne sont pas mûrs. <i>Acidus.</i> Les liqueurs <i>acides</i> sont rafraîchissantes. Toutes les choses aigres font maigrir, parce que leurs parties <i>acides</i> sont comme autant de petits couteaux tranchans, qui brisent subtilement les parties du chyle propres à la nourriture, &amp; les entraînent dehors avec elles. Par la même raison les liqueurs mêlées d'esprits <i>acides</i> tempèrent l'ardeur de la fièvre, parce que ces particules <i>acides</i> rompent &amp; atténuent les parties du sang qui fermentent avec trop de violence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="480" id="2" type="">
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    <head>ACIDE</head>
    <p>
    Acide , s. m. Terme de Chymie . <i>Acidum.</i> Sel piquant, &amp; dissolvant. Il est en ce sens opposé à l'alkali : &amp; sur ces deux principes quelques Chymistes, &amp; quelques Médecins modernes ont fondé une nouvelle explication de toutes les causes phvsiques. L'eau prise immodérément émousse les <i>acides</i> de l'estomac, &amp; lui ôte la force de cuire les alimens. On le fait venir du Grec , <i>pointe,</i> parce que les <i>acides</i> piquent la langue. Les <i>acides</i> ont les parties longues, flexibles, pénétrantes &amp; atténuantes, qui ont des pointes aiguës &amp; perçantes. Il y a des <i>acides</i> naturels, &amp; des <i>acides</i> artificiels. Les <i>acides</i> naturels sont ceux qui ont l'acidité de leur propre nature, comme le jus de citron, &amp;c. Les <i>acides</i> artificiels sont ceux qui se font par le moyen du feu dans les opérations de Chymie. Ainsi les esprits <i>acides,</i> ou liqueurs infernales, comme les Chymistes les appellent, à cause de la force qu'elles ont de détruire ou de dissoudre les corps ; ces liqueurs, dis-je, ne sont autre chose qu'un sel <i>acide</i> dissous, &amp; mis dans un violent mouvement par le moyen du feu. Harr.</p><p>Le vitriol est le plus grand des <i>acides,</i> ensuite le sel marin, &amp; puis le salpêtre, le soufre, le vinaigre, &amp; enfin l'alun. Cet <i>acide</i> diffère de ce qu'on appelle au propre <i>aigre</i> ; parce que l'aigre ne se dit proprement que de la saveur ; au lieu que l'<i>acide</i> des Philosophes se dit de tout ce qui est corrosif, &amp; qui pénètre, dissout, ou corrompt la substance des choses. Il est composé de petites parties aiguës qui s'insinuent dans les pores des corps qu'elles rencontrent, &amp; en font la désunion, &amp; la séparation. Les liqueurs <i>acides</i> rougissent la teinture du tournesol. Pour connoître si une liqueur contient quelqu'<i>acide,</i> il ne faut qu'en verser un peu sur du syrop de violettes étendu sur du papier, ou sur une dissolution de fleurs de bluet ; car alors le bleu se changera tout d'un coup en rouge, ou en couleur de pourpre ; &amp; s'il se change en verd, c'est un signe que la liqueur abonde en sels urinaux, ou lixiviaux. Harris. Voyez l'effet des <i>acides,</i> pour le changement des couleurs &amp; des saveurs, dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, écrits par Mr Dodard, ou dans le Traité de Mr Boyle, de la nature des couleurs.</p><p>Les <i>acides</i> tempèrent l'ardeur des fièvres, à cause qu'en épaississant la masse du sang, ils en rallentissent les mouvemens impétueux. Les <i>acides</i> versés sur les matières huileuses y causent des changemens qui varient, suivant la nature différente des <i>acides</i> &amp; des matières grasses qu'on veut mêler. La plupart des <i>acides</i> coagulent, &amp; figent le lait. Le mélange d'esprit de nitre &amp; d'esprit de vin, donne une effervescence considérable, accompagnée d'une grande chaleur &amp; d'une raréfaction très-sensible. L'esprit de nitre bien déflegmé &amp; versé sur l'huile de gayac, ou sur celles de gérofle &amp; d'ambre, enflamme tout aussi-tôt ces matières huileuses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="480" id="3" type="medecine">
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    <head>ACIDE</head>
    <p>
    Acide , Terme de Médecine , est un suc séparé par le pancréas. <i>Succus acidus.</i> L'usage du pancréas est de séparer &amp; de filtrer, par le moyen des glandes dont il est composé, un suc <i>acide,</i> qui est porté ensuite par son canal dans le duodénum, où ce suc sert de dissolvant, conjointement avec la bile, pour y donner au chyle sa dernière perfection. On l'appelle aussi <i>suc Pancréatique.</i> Voyez ci-après ALKALI.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="481" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACIDITÉ" />
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    <head>ACIDITÉ</head>
    <p>
    ACIDITÉ . s. f. Qualité aigre qu'on trouve dans tous les acides. <i>Acor.</i> Un peu de vitriol laisse dans l'eau une <i>acidité</i> agréable. Le vinaigre &amp; le verjus ont des <i>acidités</i> différentes. L'<i>acidité</i> des capres réveille l'appétit. On corrige l'<i>acidité</i> des limons par le sucre. Les alimens, qui par leur <i>acidité,</i> produisent une fermentation, causent la fièvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="482" id="1" type="medecine">
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    <head>ACIDULAE</head>
    <p>
    ACIDULAE , s. f. &amp; plur. Terme de Médecine . On appelle ainsi des eaux minérales, qui ne sont point chaudes. Harris, <pb n="60" facs="bpt6k8542165/f100/full/1200,/0/native.jpg"/>On les appelle ainsi, dit Hofman, parce que leurs eaux sont un peu <i>acides ;</i> le même Auteur les appelle aussi fontaines vineuses. <i>Fontes vinosi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="483" id="1" type="medecine">
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    <head>ACIDULER</head>
    <p>
    ACIDULER , v. act. Terme de Médecine . Ce mot n'est guère en usage : il signifie, mettre des sucs acides dans quelque chose. <i>Jus acidum infundere, succo acido perfundere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="483" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACIDULER" />
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    <head>ACIDULER</head>
    <p>
    Acidulé, ée , part. Il est plus en usage que son verbe. On dit, il faut donner à ce malade des bouillons médiocrement <i>acidulés ;</i> c'est-à-dire, dans lesquels on aura mis un peu de verjus, ou un peu de jus de citron, <i>Acido succo perfusus, tinctus, mistus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="484" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACIER" />
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    <head>ACIER</head>
    <p>
    ACIER , s. m. Fer rafiné, purifié par l'art, &amp; conduit à une plus parfaite mixtion, par la coction du feu, &amp; par l'attraction d'une humidité convenable qui engraisse sa sécheresse naturelle, &amp; le rend plus blanc &amp; plus solide, avec un grain plus petit &amp; plus fin. <i>Acies, chalybs.</i> C'est celui de tous les métaux qui est susceptible d'une plus grande dureté, quand il est bien préparé. On le fait en le tenant dans un grand feu parmi des cornes de boeuf, &amp; des charbons de saule, ou de hêtre, &amp; en le plongeant dans des eaux ou décoctions astringentes &amp; fort froides, après l'avoir coupé en plusieurs parties, &amp; fait fondre plusieurs fois. Mr Félibien en compte de cinq sortes. Il y a un <i>aciér</i> naturel, &amp; qui en a toutes les qualités en sortant de la mine. On peut voir dans le Mercure de Septembre 1736. la description d'une mine d'<i>aciér</i> trouvée près de Strasbourg en Alsace.</p><p>Le petit <i>Aciér</i> commun, qu'on appelle <i>soret, clamesy,</i> ou <i>Limosin,</i> est le moindre en prix. On le vend par carreaux, ou billes. Le meilleur est celui qui est sans pailles, ni surchauffures, &amp; qui paroît net, &amp; d'un grain blanc &amp; délié, quand on le casse. Mais s'il est plein de veines noires, ou de pailles, que l'on apperçoit aisément en le rompant ; ou s'il est surchauffé, c'est-à-dire, s'il a eu trop chaud, ensorte qu'il paroisse comme grillé &amp; en petits grumaux, il ne vaut rien.</p><p>L'<i>Aciér</i> de <i>Piémont</i> est aussi en carreaux, plus gros que le clamesy. Pour le bien choisir, il faut prendre garde si les carreaux sont nets, sans pailles &amp; sans surchauffures. S'il a des taches jaunâtres, c'est une marque qu'il est difficile à souder &amp; à allier avec le fer. Il vient de Piémont deux sortes d'<i>aciér.</i> L'un, artificiel ; &amp; l'autre naturel. L'artificiel est le moins bon. Pourvû cependant qu'il soit bien trempé &amp; affiné deux fois, il sert à acérer des marteaux, &amp; autres outils propres à un travail de force &amp; de violence.</p><p>L'<i>Aciér</i> qui vient d'<i>Allemagne</i> est en petites bandes. On l'emploie à faire des épées, des ressorts, &amp;c.</p><p>L'<i>Aciér</i> de <i>Carme,</i> ou <i>à la Rose,</i> vient aussi d'Allemagne &amp; de Hongrie. Il est bon à faire des cizeaux, à couper le fer à froid, &amp;c. Ces deux sortes d'<i>Aciér</i> d'Allemagne sont les meilleurs dont on le serve en France.</p><p>L'<i>Aciér</i> de <i>grain,</i> ou l'<i>Aciér</i> de <i>Motte,</i> ou de <i>Mondragon,</i> est apporté d'Espagne par grosses masses. Quand il est bien choisi, &amp; bien affiné, il est propre à acérer des outils qui doivent être durs, &amp; avec lesquels on travaille à des ouvrages pénibles ; comme à couper le marbre.</p><p>L'<i>Aciér</i> de Damas, est celui qui vient de Damas en Syrie, qui a un grain si fin, qu'il coupe le fer sans être trempé. On dit que sa trempe se fait des impressions de l'air, lorsqu'un Cavalier courant à toute bride le tient à sa main, &amp; en fait la roue dans l'air. On le trempe aussi sur un chamois mouillé, en passant le tranchant dessus, comme si on vouloit couper le chamois.</p><p>Une bille d'<i>aciér,</i> est une pièce d'<i>aciér</i> qui a quatre ou cinq pouces de long, &amp; deux ou trois lignes d'épaisseur. On envoie aussi de l'<i>aciér</i> en barre, &amp; d'autres en pain large &amp; plat, de différentes grandeurs &amp; épaisseurs. Il n'y a point d'<i>aciér</i> en Barbarie ; celui qu'ils emploient est fait de fer qu'ils étendent en de longues verges, &amp; qu'ils mettent dans des tinettes de terre, où ils lui donnent la trempe avec de l'eau, du sable &amp; des herbes ; puis le font recuire, afin qu'il soit dur comme de l'<i>aciér ;</i> mais il n'est pas si bon que celui qu'on leur porte de l'Europe. Marmol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="484" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACIER" />
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    <head>ACIER</head>
    <p>
    Aciér , se dit poëtiquement d'une épée. Un fin <i>aciér</i> lui fit voler la tête de dessus les épaules. On l'a dit de même d'une lancette dans une belle Ode sur le quinquina.</p><p>On le dira de même de tout instrument d'<i>aciér,</i> sur-tout de ceux qui sont propres à couper &amp; à trancher ; mais en ce sens il ne s'emploie qu'en Poësie.</p><p>Ce mot, selon Ménage, vient de <i>aciarium,</i> dont les Italiens ont fait <i>acciario,</i> &amp; les Espagnols <i>azero,</i> qui viennent tous du Latin <i>acies,</i> dont Pline s'est servi pour le mot de <i>chalybs.</i> D'autres disent qu'il a été ainsi nommé <i>ex iterata ustulatione, tamquam</i> assarium, ou assatum. Papias dit que le mot <i>aciare</i> a signifié <i>aciér</i> dans la basse Latinité. Les Latins l'appelloient <i>chalybs,</i> à cause de la trempe qu'ils lui donnoient dans un fleuve d'Espagne, appellé <i>Chalybs ;</i> ou à cause des Chalybes, peuples de Cappadoce, dont Virgile a dit : <i>At Chalybes nudi ferrum, &amp;c.</i> Festus dit que les haches d'airain, dont on se servoit dans les sacrifices, s'appelloient <i>Aciérs, Acieris, securis aerea, &amp;c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="485" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOEMÈTE" />
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    <head>ACOEMÈTE</head>
    <p>
    ACOEMÈTE , s. m. Prononcez <i>Acémète. Acoemetus.</i> Qui ne se couche point ni jour ni nuit. Ce mot est Grec, , formé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>Je suis couché, je dors dans un lit.</i> Ce nom fut donné par les Grecs à certains Moines, non pas qu'ils ne dormissent jamais, mais parce que jour &amp; nuit, sans interruption, ils chantoient l'office divin dans leurs Eglises, se partageant pour cela en trois corps ou parties, dont l'un venoit relever l'autre, &amp; commencer le même office quand le premier l'avoit fini. Ainsi, par exemple, quand les premiers avoient fini Matines, les seconds venoient les commencer ; ils étoient ensuite relevés par les troisièmes, qui chantoient aussi Matines à leur tour. Quand ils avoient fini, les premiers revenoient chanter Prime, &amp; ainsi du reste ; ensorte que jour &amp; nuit les Louanges de Dieu retentissoient dans leurs Eglises. Ainsi ce qui est dit dans la Vie de Saint Jean Calybite, imprimée par Lipoman, qu'ils furent appellés <i>Acoemètes,</i> parce qu'ils ne se couchoient jamais, ou qu'ils ne prenoient que très-peu de sommeil, chantant toujours les Louanges de Dieu, comme l'ont cru Canisius &amp; Ferrarius dans le Catalogue des Saints d'Italie, n'est pas vrai. L'Instituteur des <i>Acoemètes</i> fut, si l'on en croit Nicephore, l. 1. v. c. 23. un Marcellus, que quelques Auteurs modernes appellent Marcellus d'Apamée, quoique Nicéphore ne lui donne point ce surnom en cet endroit-là, qu'il n'en dise rien au Liv. XII. Ch. 27. où il parle de Marcellus d'Apamée, &amp; que Marcel d'Apamée vécut 50. ans ou plus, avant qu'il y eût des <i>Acoemètes.</i> On trouve dans Bollandus au 15. de Janvier la vie de S. Alexandre fondateur des <i>Acoemètes,</i> inconnus, avant lui, dit l'Auteur, qui étoit disciple de ce Saint, &amp; témoin oculaire de ce qu'il écrit. Ce Saint vivoit, selon Bollandus, vers l'an 430. Le premier Monastère d'<i>Acoemètes</i> fut bâti par ce Saint sur les bords de l'Euphrate. Pendant sa vie, ses disciples en érigerent plusieurs semblables en différens lieux : lui-même en alla établir un à Constantinople, qui après la mort du Saint fut transféré à Bithynie par Jean son successeur. A Jean succéda Marcellus, que Nicéphore a cru être l'Instituteur des <i>Acoemètes.</i> Sous ce Marcellus ce pieux institut s'étendit beaucoup, dit Bollandus ; &amp; c'est-là apparemment ce qui a fait que Nicéphore l'en a cru fondateur. Ce fut de son temps que Studius vint de Rome à Constantinople, y bâtir un Monastère, &amp; y mit des Moines, qu'il tira des Monastères <i>Acoemètes.</i> Ce fut-là l'origine des Studites, qui conséquemment viennent des <i>Acoemètes.</i> Saint Jean Calybite se retira dans un Monastère d'<i>Acoemètes :</i> &amp; non-pas d'<i>Aromètes,</i> comme a imprimé la Saussaye dans le Martyrologe de France. Quoique les <i>Acoemètes</i> aient fleuri sur-tout en Orient, il y en a cependant eu quelques-uns en Occident. Le P. le Cointe prétend, à l'endroit que je citerai, qu'il n'y a eu <pb n="61" facs="bpt6k8542165/f101/full/1200,/0/native.jpg"/>que le Monastère de Luxeuil, <i>Luxoviense,</i> celui de Remiremont, <i>Habendense,</i> &amp; celui de S. Salaberge à Laon, où l'on ait dit perpétuellement l'Office de la manière que nous l'avons expliqué. Le P. Mabillon soutient qu'il y faut ajoûter celui de S. Maurice, <i>Agaunense,</i> fondé par Sigismond Roi de Bourgogne, celui de S. Marcel de Châlons, &amp; celui de Saint Denys en France. D'autres ajoûtent encore celui de S. Riquier, &amp;c. Il n'est pas vrai que S. Eucher Evêque d'Orléans se fit Moine <i>Acoemète,</i> comme l'a dit Canisius. Ce fut dans un Monastère de Bénédictins, à cinq lieues de Rouen, qu'il se retira, comme l'a remarqué Bollandus. T. 1. de Janv. p. 1019.</p><p>On a aussi appellé <i>Acoemètes</i> les Stylites, &amp; quelques autres Moines de la Palestine, mais dont l'institut étoit fort différent de celui des <i>Acoemètes.</i> On pourroit aujourd'hui appeller <i>Acoemètes</i> les Religieuses du S. Sacrement, qui ont l'adoration perpétuelle, &amp; se relèvent jour &amp; nuit, ensorte qu'il y en ait toujours devant le Saint Sacrement à prier.</p><p>Outre Nicéphore &amp; Bollandus, dont j'ai parlé, Théodore Lecteur, L. I. Evagrius, L. IIIe, Chap. 18. &amp; 21. Théophane, Cédrenus, l'Auteur de la vie de S. Aléxandre dans Bolland. 15. Janv. &amp; Jacobus Canisius dans le Ribadeneira Latin au 20. Février, Baronius à l'an 459. M. du Fresne dans son Glossaire, le Cointe Annal : T. I. an 536. n. 224, &amp; suiv. Le P. Mabillon, <i>Act. Sanct. Bened. Saec. IV. p.</i> 2. <i>Praef.</i> ont écrit des <i>Acoemètes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="486" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOINT, TE" />
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    <head>ACOINT, TE</head>
    <p>
    ACOINT, TE , adj. Ce mot veut dire familier, selon Nicod, <i>Amicus familiaris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="487" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOLALAN" />
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    <head>ACOLALAN</head>
    <p>
    ACOLALAN , s. m. Insecte de l'Isle de Madagascar. Il ressemble à une punaise. Il est plus gros.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="488" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOLYTHAT" />
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    <head>ACOLYTHAT</head>
    <p>
    ACOLYTHAT , s. m. <i>Acolythatus.</i> Ordre, rang d'Acolythe : c'est le premier des moindres Ordres ; c'est-à-dire, celui qui précède immédiatement le Soudiaconat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="489" id="1" type=" ecclesiastique">
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    <head>ACOLYTHE</head>
    <p>
    ACOLYTHE , ou ACOLYTE, s. m. Terme Ecclésiastique . <i>Acolythus.</i> Les Grecs donnoient ce nom à ceux qui étoient inébranlables dans leurs résolutions. C'est par cette raison que les Stoiciens furent appellés <i>Acolythes</i> ; parce que rien ne pouvoit leur arracher leurs sentimens. Ils trouvoient même qu'il y avoit de la lâcheté à en changer. Depuis, l'Eglise Chrétienne a consacré ce nom, en l'appliquant à ceux qui se dévouent au service de Dieu. Anciennement les jeunes gens qui aspiroient au ministère Ecclésiastique, accompagnoient &amp; suivoient les Evêques par-tout, soit pour les servir, soit pour être les témoins de leur conduite. Cette assiduité à suivre les Evêques les fit appeller <i>Acolythes.</i> Saint Cyprien dit lui-même, qu'il avoit des <i>Acolythes.</i> Aujourd'hui les fonctions des <i>Acolythes</i> sont bien différentes de la première institution. Un <i>Acolythe</i> est celui qui a seulement reçu le premier &amp; le plus considèrable des quatre Ordres Mineurs dans l'Eglise ; dont l'emploi est d'allumer les cierges, de porter les chandeliers, la navette où est l'encens, de préparer le vin &amp; l'eau pour le sacrifice, &amp; de rendre d'autres services à l'autel. Autrefois les <i>Acolythes</i> ramassoient dans un sac ce que les fidèles avoient offert, &amp; qui avoit été beni pendant la messe ; &amp; après qu'elle étoit finie, ils le donnoient aux Prêtres, qui devoient le diviser. Le devoir des <i>Acolythes</i> est d'accompagner l'Evêque, ou le Prêtre, &amp; de leur rendre service dans les fonctions Ecclésiastiques. C'est l'Ordre que les jeunes Clercs exercent le plus. Il y avoit à Rome trois sortes d'<i>Acolythes.</i> Les <i>Acolythes</i> du Palais, <i>Palatini,</i> qui servoient le Pape ; les <i>Acolythes</i> Stationaires, <i>Stationarii,</i> qui servoient dans les Eglises, où il y avoit Station, les <i>Acolythes</i> Régionaires, <i>Regionarii,</i> qui servoient avec les Diacres, dans les différens quartiers de la ville. On trouve aussi des <i>Acolythes</i> parmi les Officiers Auliques de Constantinople ; &amp; Curopalates dit que le Capitaine, ou Chef de la Cohorte Impériale de Byzance, étoit nommé <i>Acolythe.</i></p><p>Dans l'Euchologe des Grecs on trouve les leçons qu'on lit lorsqu'on ordonne des Lecteurs ; mais il n'y est point parlé des autres moindres Ordres, qui sont, l'Ordre de Pottier, d'Exorciste, &amp; d'<i>Acolythe</i> ; ce qui pourroit faire croire que les Grecs ne confèrent point ces Ordres-là aujourd'hui. Le père Goar, dans ses notes sur l'Euchologe, répond qu'on ne peut pas douter que ces trois moindres Ordres n'aient été connus de l'ancienne Eglise Grecque, &amp; qu'elle n'ait eu des Ministres qui les avoient, puisqu'il en est fait mention dans Saint Denys, Saint Ignace Martyr, Saint Epiphane, dans les Conciles de Laodicée &amp; d'Antioche, dans les Novelles de Justinien, dans Photius, &amp;c. Il ajoûte, qu'il semble que les Grecs d'aujourd'hui ont des <i>Acolythes</i> sous le nom de députés &amp; de Céroféraires. Les Missionnaires Latins qui sont en Grèce disent que les Grecs ont aujourd'hui des <i>Acolythes,</i> &amp; les autres moindres Ordres ; &amp; on doit plus les en croire que le Père Martène, qui assure que l'Ordre des <i>Acolythes</i> a été tout à fait inconnu à l'Eglise d'Orient. Voyez le P. Goar sur l'Euchologe, le P. Martène, le Pontifical, l'Ordre Romain, &amp;c.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie suivre, Et <i>Acolythe,</i> un suivant. C'est ainsi que l'expliquent le Glossaire Grec &amp; Latin, &amp; Macer ; mais Dominique son frère le tire de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>empêcher.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="490" id="1" type="">
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    <head>ACOMAS</head>
    <p>
    ACOMAS , s. m. Arbre qui croît dans les Isles Antilles, &amp; dont le bois s'emploie aux ouvrages de Menuiserie. Cet arbre est à peu près de la hauteur de nos pommiers ; ses feuilles sont assez longues, &amp; lisses, son fruit est de la grosseur d'une prune, il devient jaune dans sa maturité ; son amertume empêche qu'on ne le mange : il n'y a que les pigeons ramiers qui puissent s'accommoder de son fruit ; mais leur chair en retient si fort le goût, qu'on ne peut les manger dans le temps qu'ils s'en nourrissent : l'écorce de cet arbre est raboteuse, cendrée, &amp; elle donne un suc laiteux lorsqu'on l'incise. Son bois est pesant, de couleur rouge, tirant sur le jaunâtre ; le coeur est d'un rouge tirant sur le violet. Ces couleurs varient suivant son âge ; &amp; tout le bois prend fort bien le poli. Rochefort. Le Père du Tertre rapporte qu'un Nègre l'avoit guéri d'un grand mal de dents, en lui frottant les tempes &amp; le derrière des oreilles avec le lait qui se tire de l'écorce de l'<i>Acomas</i> franc. Car ce Père, <i>Histoire des Antilles,</i> Traité 3. C. 4. § 3. distingue trois sortes d'<i>Acomas</i> ; l'<i>Acomas</i> franc, qui est un des plus gros, &amp; des plus hauts arbres des Antilles, &amp; le meilleur de tous pour les bâtimens ; l'<i>Acomas</i> bâtard, qui croît à la Capsterre de la Guadeloupe, qui n'est ni si beau, ni si bon à bâtir que le précédent ; &amp; le troisième, qui croît aux environs de la grande Ance, semblable au premier, sinon que le coeur en est rouge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="491" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOMMICHER" />
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    <head>ACOMMICHER</head>
    <p>
    ACOMMICHER , verb. act. Vieux mot François, qui vouloit dire <i>Communier, donner la Communion.</i> Et fit le Roi dire grand planté de Messes, pour <i>Acommicher</i> ceux qui devotion en avoient. Froissard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="492" id="1" type="">
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    <head>ACOMPARAGER</head>
    <p>
    ACOMPARAGER , verbe act. Ce mot, selon Nicod, veut dire, <i>comparer. Conferre, comparare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="493" id="1" type="">
   <index type="head" value="A COMPTE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>A COMPTE</head>
    <p>
    A COMPTE , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:COMPTE">COMPTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="494" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOMSICT" />
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    <head>ACOMSICT</head>
    <p>
    ACOMSICT , part. &amp; adj. Ce mot dans Perceval veut dire <i>poursuivi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="495" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ACON" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ACON</head>
    <p>
    ACON , s. m. <i>Cymba.</i> Terme de Marine . Petit bateau plat, sans quille, ni mât, ni voile, ni gouvernail, qu'un homme seul fait couler sur la vase, quand la mer est retirée, ayant un pied dedans &amp; l'autre dehors, pour aller chercher le poisson qui se trouve arrêté dans les filets &amp; engins qui sont tendus à l'ouverture des bouchots, &amp; prendre les moules qui se nourrissent &amp; se multiplient sur les pieux &amp; clayonnages de ces bouchots. Les bouchots sont des parcs ou pêcheries établies sur les côtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="496" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACONIT" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ACONIT</head>
    <p>
    ACONIT , s. m. <i>Aconitum.</i> n. Plante venimeuse. Les anciens Botanistes ont attribué ce nom à plusieurs plantes de différents genres. Celles dont il s'agit ici font leurs fleurs irrégulières, composées de plusieurs pétales, dont l'assemblage représente assez bien un casque ouvert ; c'est-à-dire, que la petale supérieure fait le casque du heaume, les deux latérales tiennent la place des deux oreillettes, &amp; les inférieures représentent la mentonnière. Les espèces qu'on nomme tue-loup, <i>Lycoctonum,</i> , ont leur casque allongé en manière de toque, ou de bonnet à la Polonoise. Les fruits qui succèdent aux fleurs sont composés de plusieurs graines, qui s'ouvrent selon leur longueur, &amp; renferment des semences anguleuses, &amp; chagrinées. Ses feuilles sont arrondies &amp; découpées plus ou moins profondément. Ce genre d'<i>aconit</i> comprend plusieurs espèces, qu'on peut ranger sous trois principales classes. La première est de celle dont toute la fleur est bleue, ou violette, &amp; la pétale supérieure de la fleur forme un casque. On la nomme Napel. <i>Napellus,</i> à <i>Nape,</i> à cause que ses racines <pb n="62" facs="bpt6k8542165/f102/full/1200,/0/native.jpg"/>sont en navets. Le Napel est très-dangereux ; mais on a trop exagéré son venin. La seconde est de celle qui a ses fleurs tout à fait semblables à celles du Napel, hormis qu'elles sont jaunes. Elle s'appelle Anthora. <i>Anthi-Thora.</i> C'est-à-dire, plante souveraine contre les mauvais effets du Thora. Elle est aussi venimeuse que le Napel. Il est faux que l'Anthora croisse toujours auprès du Thora, ou du Napel. L'<i>aconit</i> de la troisième classe se distingue des deux précédentes par la figure allongée de son casque. Ses fleurs sont pâles, ou jaunâtres. On l'a appellée tue-loup, étrangle-loup, tue-chien, à cause de ses effets. <i>Aconitum Lycoctonum.</i> . La première &amp; la dernière de ces trois sortes d'<i>aconit</i> sont très-caustiques, très-acres, &amp; causent des convulsions mortelles, ou des inflammations suivies d'une gangrène prochaine. Ces effets, qui dépendent de leur grande acreté, ont tellement surpris nos Anciens, que la plupart craignoient de toucher ces Plantes, &amp; ont donné par-là occasion à tant de superstitions, &amp; à des précautions ridicules pour les cueillir, ou pour les faire accompagner de leurs contrepoisons. La seconde n'est pas moins acre que les deux autres ; ses racines cependant sont employées dans les fièvres malignes. On doit user de la poudre mêlée avec d'autres cordiaux ; &amp; même la dose en doit être médiocre, de crainte qu'elle n'irrite trop. Ses racines entrent aussi dans des orviétans, &amp; autres compositions alexipharmaques.</p><p>On dit que son nom vient d'<i>Acone,</i> Ville de Bithynie, aux environs de laquelle il croît en abondance, quoique pourtant il croisse par-tout ailleurs, &amp; sur-tout dans les montagnes de Trente. D'autres disent que ce nom vient d', qui signifie chez les Grecs un rocher dénué de terre où l'<i>aconit</i> croît volontiers. On l'appelle aussi , parce qu'il tue les rats par sa seule odeur, comme dit Pline. Les Poëtes feignent que cette herbe a été engendrée de l'écume que le chien Cerbère jetta, lorsque Hercule le tira des enfers par force : ce qui fait qu'on en trouve quantité auprès d'Héraclée de Pont, où est la caverne par où Hercule descendit. Les anciens n'ont pas laissé de le faire servir de médecine contre la piquûre du scorpion, lequel s'amortit dès-lors qu'il touche seulement l'<i>aconit</i> ; &amp; qui au contraire en touchant l'ellébore reprend sa première vigueur. L'<i>Aconit</i> ne fait pas mourir, quand il trouve quelque autre Poison dans le corps, parce qu'alors il le combat. La marque de ce poison est de faire venir les larmes aux yeux, de causer une grande pesanteur d'estomac, &amp; de faire enfler le corps. Théophraste dit qu'on le prépare ensorte qu'il fait mourir seulement au bout d'un an ou de deux. Les flèches trempées dans son jus font des plaies mortelles. Les Indiens emploient avec succès contre les fièvres l'<i>aconit</i> corrigé dans l'urine de vache. Lettr. ed.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="497" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACONSUIVRE" />
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    <head>ACONSUIVRE</head>
    <p>
    ACONSUIVRE , verb. act. Il veut dire atteindre, selon Nicod. <i>Pertingere, pervenire, attingere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="498" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACONTIAS" />
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    <head>ACONTIAS</head>
    <p>
    ACONTIAS , s. masc. Espèce de serpent, qui a un peu plus d'un pouce de grosseur. Il est long de trois pieds. Sa tête est fort grosse &amp; cendrée. Le reste du corps est d'une couleur fort obscure, excepté le ventre qui ne l'est pas tout-à-fait tant. Quelques-uns l'appellent <i>Cenchrias,</i> à cause qu'il tire vers la couleur du millet. Il y en a beaucoup en Calabre &amp; en Sicile, où on l'appelle <i>Saettone,</i> parce qu'il se jette sur un homme aussi roidement qu'une flèche, après s'être entortillé sur un arbre pour s'élancer avec plus de violence. C'est pourquoi on l'appelle aussi <i>Javelot</i> : &amp; c'est la même raison qui l'a fait nommer par les Grecs <i>Acontias,</i> du mot , qui signifie fleche, trait, javelot. Lucain en parlant de cette sorte de serpens, les appelle <i>volucres jaculos.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="498" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACONTIAS" />
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    <head>ACONTIAS</head>
    <p>
    Acontias , est encore une espèce de comète dont la tête est quelquefois ronde, &amp; quelquefois oblongue &amp; grosse, &amp; dont la queue est déliée, mais fort longue. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="499" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="ACOPUM" />
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    <head>ACOPUM</head>
    <p>
    ACOPUM , Terme de Pharmacie . Selon quelques Auteurs c'est une fomentation composée de drogues chaudes &amp; émollientes, propre à diminuer le sentiment de la lassitude contractée par un travail ou expérience violent. Harr. Ce mot vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>labor,</i> peine, travail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="500" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACORDE" />
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    <head>ACORDE</head>
    <p>
    ACORDE . Voyez <ref type="search" target="head:ACCORDE">ACCORDE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="501" id="1" type="">
   <index type="head" value="AÇORES" />
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    <head>AÇORES</head>
    <p>
    AÇORES , ou AZORES, s. f. <i>Açores,</i> ou <i>Azores, Cassiterides.</i> Isles de l'Océan Atlantique, qu'on nomme aussi Tercères, ou Flamandes. Elles sont entre les Côtes d'Espagne &amp; celles de Canada, &amp; appartiennent aux Portugais. Elles ne sont habitées, selon Roterus, que depuis l'an 1439. Il n'y en avoit que sept d'abord comprises sous ce nom : aujourd'hui on en compte neuf, qui sont, Tercère, S. Michel, Ste. Marie, S. George, Pico, Fayals, Gratiosa, avec Floreo &amp; Corvo, qui ont été découvertes les dernières. On les appelle <i>Açores,</i> du nom Espagnol &amp; Portugais <i>açor,</i> qui signifie un faucon, ou un épervier, ou un Autour, parce qu'on y en trouve beaucoup ; <i>Tercères,</i> du nom de la plus considérable ; <i>Flamandes,</i> parce que ce fut un Flamand qui les découvrit le premier. <i>Cassitérides,</i> ou Cattitérides, parce qu'on suppose que ce sont celles auxquelles Ptolomée &amp; Pline ont donné ce nom. C'est dans Tercère la principale des <i>Açores</i> qu'Alphonse Henri Roi de Portugal fut envoyé en 1669. lorsqu'il fut déclaré incapable de gouverner. Voyez la description qu'en ont fait Louïs de Tercera, Linschot, &amp; l'Auteur Anonyme de l'<i>Histor. Orb. Terr. Geog. &amp; Civil.</i> &amp; l'Hist. de la Comp. de Jes. T. v. L. 21.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="502" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACORUS" />
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    <head>ACORUS</head>
    <p>
    ACORUS , s. m. Plante médicinale. Plusieurs anciens Médecins ont confondu l'<i>Acorus</i> avec le <i>Calamus Aromaticus,</i> quoique ce soient deux plantes d'un caractère différent. Il y a deux <i>Acorus,</i> l'un vrai, dont il s'agit ici ; &amp; l'autre faux, qu'on nomme Flambe de marais. Le caractère particulier qui distingue l'<i>Acorus</i> vrai de la Flambe &amp; du Calamus, c'est qu'il sort du milieu environ de quelques-unes de ses feuilles une masse longue &amp; grosse comme le petit doigt, semblable au <i>Macropiper,</i> ou poivre long. Cette masse est composée d'une infinité de petites fleurs, dont le pistil devient un fruit à quatre ou à cinq faces. Ces fleurs &amp; ces fruits sont si étroitement unis, &amp; rangés avec tant d'ordre, qu'on diroit que c'est un ouvrage à la Mosaïque. Ses feuilles, quoique semblables à celles de la Flambe de marais, sont beaucoup plus étroites, &amp; donnent une odeur agréable, lorsqu'elles sont froissées. Ses racines ont aussi une bonne odeur, sont de couleur rougeâtre, genouillées, tracent &amp; se replient comme celles de la Flambe. On emploie ses racines en Pharmacie ; elles entrent dans la composition de la Thériaque ; les Parfumeurs s'en servent dans leurs parfums. Cette plante vient au bord des ruisseaux &amp; des chaussées en Flandres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="503" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOTER" />
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    <head>ACOTER</head>
    <p>
    ACOTER . Voyez <ref type="search" target="head:ACCOTER">ACCOTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="503" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACOTER" />
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    <head>ACOTER</head>
    <p>
    Acoté . Voyez <ref type="search" target="head:Accoté">Accoté</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="504" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOTEPOT" />
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    <head>ACOTEPOT</head>
    <p>
    ACOTEPOT . Voyez <ref type="search" target="head:ACCOTEPOT">ACCOTEPOT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="505" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOTOIR" />
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    <head>ACOTOIR</head>
    <p>
    ACOTOIR . Voyez <ref type="search" target="head:ACCOTOIR">ACCOTOIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="506" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOUSMATE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ACOUSMATE</head>
    <p>
    &#9758; ACOUSMATE , ou AKOUSMATE, s. m. Terme nouvellement inventé pour exprimer un phénomène qui fait entendre en l'air un grand bruit semblable à celui de plusieurs voix humaines, &amp; de différents instrumens ; ce que l'on assure être arrivé au Village d'Ansacq près Clermont en Beauvoisis en 1730. On en trouvera la Description dans les Mercures de Décembre 1730, Février, Juillet, Août, &amp; Décembre 1731.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="507" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ACOUSTIQUE" />
   <index type="src_domain" value="medecine" />
   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACOUSTIQUE</head>
    <p>
    ACOUSTIQUE , adj. Terme de Médecine qui se dit des medicamens propres pour remédier aux incommodités de l'ouie. , est un mot Grec, qui signifie, ouie. Il se dit encore des instrumens, dont ceux qui sont incommodés de la difficulté d'entendre se servent pour y suppléer M. Hoock Anglois dit, dans la Préface de sa Micrographie, qu'il n'est point impossible d'entendre d'un stade ; c'est-à-dire, de la 8e. partie d'un mille, un petit murmure qu'une personne feroit entre ses dents ; qu'il sait un moyen par lequel il est aisé d'entendre quelqu'un parler au travers d'une muraille de trois pieds d'épaisseur, &amp; que par le secours d'un fil d'archal bandé, le son peut être porté à une distance très-considérable presque dans un instant. Le Ch. 5. du 1. Vol. des Transactions Philosophiques parle, sur la fin, des sons, &amp; de quelques instrumens <i>acoustiques.</i> Voyez <ref type="search" target="head:p">p</ref>. 593. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="507" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACOUSTIQUE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>ACOUSTIQUE</head>
    <p>
    Acoustique , se dit aussi du nerf qui va s'insérer dans l'oreille, qu'on appelle nerf <i>acoustique</i> ; &amp; du conduit externe de l'oreille, qui se nomme, le conduit <i>acoustique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="508" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOUTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ACOUTER</head>
    <p>
    &#9758; ACOUTER , v. act. vieux mot, &amp; encore en usage en quelques Provinces, pour <i>écouter.</i> Pontus de Tyard, pag. 18 de son Livre <i>De recta nominum impositione,</i> a reconnu qu'<i>acouter</i> étoit l'expression alors vulgaire en Bourgogne, où il écrivoit en 1603 à Châlons sur Saône : Ecoutez, dit-il, <i>vulgò,</i> acoutez. Ce mot avoit aussi cours ailleurs. Il est <pb n="63" facs="bpt6k8542165/f103/full/1200,/0/native.jpg"/>dans Nicot, mort à Paris l'an 1600, &amp; dans Monet, qui fit imprimer à Lyon ses Dictionnaires plus de trente ans après. <i>Acouter</i> fait mieux sentir l'origine tirée du Latin <i>auscultare,</i> qu'<i>écouter.</i> Nous disons aussi vulgairement que deux hommes s'<i>acoutent,</i> lorsqu'ils se parlent à l'oreille ; &amp; simplement s'<i>acouter,</i> prêter l'oreille pour entendre. Je s'<i>acoute</i> encore fretiller, dit Matthieu Gareau dans la dernière scene du Pédant joué (de Cirano de Bergera.) Glossaire Bourguignon. Voyez <i>écouter</i> dans l'Etymologique de Mr. Ménage, d'où il paroît que Mr. de la Monnoye a pris le commencement de sa remarque. Au reste le verbe <i>acouter</i> n'est pas moins en usage en Champagne qu'en Bourgogne : mais ce n'est que parmi la populace. Tous les honnêtes gens disent <i>écouter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="509" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACOUTI" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACOUTI</head>
    <p>
    ACOUTI , s. m. Petit animal des Isles de l'Amérique. Son poil est roux, &amp; assez rude. Les habitans dressent des chiens pour chasser ces animaux, qui se retirent dans le creux des arbres. On les apprivoise, &amp; on les accoutume à marcher sur les pates de derrière, &amp; à manger avec celles de devant à la manière des singes. Il a le corps, l'agilité, &amp; les dents d'un lièvre, mais il a la tête approchante de celle d'un rat, &amp; les oreilles courtes &amp; arrondies. Les jambes de derrière n'ont point de poil, &amp; ont six ongles, celles de devant n'en ont que quatre. La femelle porte deux ou trois fois l'année. Quand elle est prête de mettre bas, elle fait un petit lit d'herbe, ou de mousse, sous un buisson, &amp; y fait ses petits, qui ne sont jamais plus de deux. Là elle les allaite deux ou trois jours, puis elle les transporte, comme les chattes font leurs petits, dans des creux d'arbres, où elle les nourrit, jusqu'à ce qu'ils soient en état de se pourvoir d'eux-mêmes. Le P. du Tertre écrit <i>Acouty</i> ; M. De Poinci <i>Agouty.</i> Voyez ce Mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="510" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQS" />
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    <head>ACQS</head>
    <p>
    ACQS . <i>Aquae Augustae, Aquae Tarbellicae, Tasta, Tarbellio, Vibio,</i> Ville Episcopale de Gascogne. Voyez <ref type="search" target="head:DAX">DAX</ref>. C'est ainsi qu'on l'appelle communément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="511" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUÉRAUX" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ACQUÉRAUX</head>
    <p>
    ACQUÉRAUX , s. m. pl. Instrumens dont on se servoit autrefois pour jetter des pierres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="512" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUÉREUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ACQUÉREUR</head>
    <p>
    ACQUÉREUR , s. m. <i>Emptor, partor.</i> Il ne se dit que de celui qui acquiert des biens immeubles. C'est celui qui a acheté, échangé, prescrit, ou reçu en payement un immeuble, ou bien à qui quelque chose est échu à quelque tique que ce soit, comme de donation, de legs, ou autrement. L'<i>acquereur</i> évincé a recours contre son vendeur pour la restitution du prix de la chose. Quand l'<i>acquéreur</i> paye de ses deniers les créanciers de son vendeur, il n'est pas nécessaire de stipuler la subrogation, elle se fait de plein droit. L'<i>acquereur</i> ne peut ôter les armes de l'Eglise dont le vendeur est fondateur. Un <i>acquéreur</i> de bonne foi prescrit par la possession de 10 ans entre présens, &amp; de 20 ans entre absens. On dit au Palais, un tiers <i>acquéreur,</i> en parlant de celui qui a acquis un héritage hypothéqué à des créanciers privilégiés, ou qui prétendent avoir droit de le déposséder, quoiqu'il ne soit pas leur débiteur personnel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="513" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUERIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ACQUERIR</head>
    <p>
    ACQUERIR , v. act. Se procurer un titre qui donne droit de jouir d'une chose, ou en propriété, ou en usufruit. <i>Acquirere, consequi, comparare.</i> On conjugue, j'<i>acquiers,</i> tu <i>acquiers,</i> il <i>acquiert,</i> nous <i>acquérons,</i> vous <i>acquérez,</i> ils <i>acquièrent ;</i> j'<i>acquérois ;</i> j'<i>acquis,</i> j'<i>ai acquis ;</i> au futur, j'<i>acquerrai,</i> tu <i>acquerras,</i> il <i>acquerra :</i> au subjonctif, qu'il <i>acquière,</i> j'<i>acquerrois,</i> que j'<i>acquisse.</i> Corn. Le moyen d'<i>acquérir</i> le plus commun, &amp; le plus naturel, c'est la cession, &amp; le transport de la chose, par la personne à qui elle appartient. Il y a dans le Droit plusieurs titres qui expliquent les divers moyens légitimes d'<i>acquérir.</i> On compte la guerre au nombre des moyens légitimes d'<i>acquérir</i> selon le Droit des Gens. On <i>acquiert</i> aussi par la prescription ; c'est-à-dire, par la possession juste, &amp; continuée pendant un certain temps défini par la Loi. Les avares ne sont jamais las d'<i>acquérir</i> pour ceux qui souhaitent leur mort. Gomber. Quelquefois une pieuse avarice se fait des prétextes d'<i>acquérir,</i> pour être plus en état de faire de saintes largesses. P. Gail.</p><p>La première partie de la Pratique de Rebuffe traite des moyens d'<i>acquérir</i> les Bénéfices.</p><p>Il se met quelquefois absolument. Cet homme amasse de grands biens ; il <i>acquiert</i> tous les jours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="513" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACQUERIR" />
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    <head>ACQUERIR</head>
    <p>
    Acquerir , se dit aussi en choses morales, &amp; de tout ce qui se peut mettre au nombre des biens, des avantages. Il vaut mieux <i>acquérir</i> le ciel que des richesses. La gloire ou la science ne <i>s'acquiert</i> qu'avec bien des peines. On s'<i>acquiert</i> difficilement des amis, &amp; on les perd facilement. Une habitude ne s'<i>acquiert</i> que par une longue expérience. Nous n'<i>acquérons</i> jamais la sagesse ; nous n'<i>acquérons</i> que l'art de la feindre. Vill. La vertu qui n'est point soutenue par la gravité, n'<i>acquiert</i> point d'autorité parmi les hommes. S. Evr. L'amour propre s'applaudit, de se soumettre les autres par des graces, &amp; d'<i>acquérir</i> par-là quelque droit sur leur zèle, &amp; sur leur amitié. Ablanc. La gloire des grands hommes se doit mesurer aux moyens dont ils se sont servis pour l'<i>acquérir.</i> Rochef. <i>Acquérir</i> la réputation d'être équitable. César s'étoit <i>acquis</i> tout le Peuple Romain par ses libéralités. On dit aussi <i>acquérir</i> une fluxion. Le P. Bouh, soutient pourtant que ce terme ne doit point être employé dans un sens désavantageux. Il y a différens moyens d'<i>acquérir.</i> Les uns sont de Droit naturel, qu'on appelle Droit des Gens, comme sont l'occupation, la cession, la perception des fruits, &amp; la tradition : les autres sont de Droit Civil, comme la donation, la prescription, le legs, le fidéïcommis, les successions testamentaires &amp; légitimes. Voyez les Institutes de Justinien, &amp; Théophile.</p><p>On dit proverbialement, tout chemin d'<i>acquérir</i> se ferme à la vieillesse. Regn. Un troisième héritier ne jouït point des biens mal <i>acquis.</i> On dit aussi par compliment, Je vous suis tout <i>acquis</i> ; c'est-à-dire, je vous rendrai service en toutes occasions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="513" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACQUERIR" />
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    <head>ACQUERIR</head>
    <p>
    Acquis, ise , part. &amp; adj. <i>Partus, comparatus.</i> Ce sage Ministre avoit une prudence <i>acquise</i> par l'expérience, &amp; par la méditation. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="514" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ACQUÊT" />
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    <head>ACQUÊT</head>
    <p>
    ACQUÊT , s. m. Terme de Palais . Bien immeuble qu'on ne tient point par succession ; qu'on a acquis, ou par achat, ou par donation. <i>Res parta, acquisita.</i> Le droit Civil ne fait point de distinction entre les propres, &amp; les <i>acquêts.</i> Il appelle à succéder le plus proche héritier indistinctement à tous les biens ; mais les Coutumes distinguent les biens en propres, &amp; en <i>acquêts.</i> Dans la Coutume de Paris tout homme peut disposer de tous ses <i>acquêts</i> ; mais il ne peut disposer par testament que du quint de ses propres. Entre personnes mariées les biens acquis avant la communauté par l'un des conjoints, sont appellés spécialement <i>acquêts</i> ; ceux qui sont acquis pendant la communauté, sont appellés conquêts. Ce qui est <i>acquêt</i> au père, ou à la mère, est propre naissant au fils. En ligne collatérale toutes dispositions entre vifs, ou testamentaires, sont réputées <i>acquêts.</i> Les biens confisqués &amp; donnés par le Roi aux héritiers présomptifs, de propres qu'ils étoient deviennent <i>acquêts.</i> Les <i>acquêts</i> n'entrent point dans la communauté. Un héritage est présumé <i>acquêt,</i> &amp; non propre, s'il n'appert du contraire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="514" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACQUÊT" />
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    <head>ACQUÊT</head>
    <p>
    Acquet , signifie aussi, Avantage, profit, ménage qu'on trouve à faire quelque chose. <i>Commodum, fructus.</i> Il n'y a point d'<i>acquêt</i> a acheter de mauvaises marchandises. Il n'y a point d'<i>acquêt</i> à plaider ; on se ruine de part &amp; d'autre. On ne s'en sert que dans le langage commun.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="514" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACQUÊT" />
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    <head>ACQUÊT</head>
    <p>
    Acquêt , signifie aussi quelquefois, Achat. <i>Emptio.</i> C'est un bon <i>acquêt</i> que vous avez fait. L'<i>acquêt</i> de cette maison n'est pas sûr, si on ne le fait passer par decret.</p><p>Nouveaux <i>acquêts,</i> Terme de Finances , qui se joint d'ordinaire avec Francs-fiefs. C'est un droit dû au Roi, &amp; au Seigneur, par les Roturiers qui ont acquis nouvellement des Fiefs ; en payant ce droit ils se rachètent de l'obligation qu'ils auroient d'en vuider leurs mains, comme étant incapables de les posséder. On en fait la recherche tous les vingt ans. Il est dû de trois années l'une ; mais il ne se paye qu'une fois par la même personne, pour le même Fief.</p><p>On dit proverbialement, Il n'y a point de plus bel <i>acquêt</i> que de don ; pour signifier qu'il n'y a point de bien si agréablement acquis, que celui qui est donné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="515" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUÊTER" />
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    <head>ACQUÊTER</head>
    <p>
    ACQUÊTER , Vieux mot, qui se dit encore au Palais, pour dire, <i>acquérir. Acquirere, comparare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="516" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="ACQUIÈSCEMENT" />
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    <head>ACQUIÈSCEMENT</head>
    <p>
    ACQUIÈSCEMENT , s. m. Terme de Jurisprudence . Consentement <pb n="64" facs="bpt6k8542165/f104/full/1200,/0/native.jpg"/>que l'on donne à un acte, ou à une chose jugée <i>Assensus, assensio.</i> On ne peut revenir contre une sentence après un <i>acquièscement</i> fait en cause d'appel. Une désertion d'appel est un tacite <i>acquièscement.</i> L'éxécution d'un jugement, d'un contrat, est un vrai <i>acquièscement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="516" id="2" type="">
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    <head>ACQUIÈSCEMENT</head>
    <p>
    Acquièscement , se dit aussi du consentement à une opinion ; de la déférence, &amp; de la complaisance qu'on a pour quelqu'un ; de l'acte par lequel on se soumet à une personne, ou à sa volonté. Cette femme a regagné l'esprit de son mari, par un <i>acquièscement</i> absolu à ses volontés. S. Evr. Les démonstrations mathématiques sont si évidentes, que les plus opiniâtres ne peuvent refuser leur <i>acquièscement.</i> Malb. La béatitude de l'homme consiste dans un <i>acquiescement</i> doux &amp; paisible à la condition où l'on se trouve. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="517" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUIÈSCER" />
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    <head>ACQUIÈSCER</head>
    <p>
    ACQUIÈSCER , v. n. Demeurer d'accord d'une chose, l'approuver ; céder, &amp; se rendre. <i>Assentire, assentiri, acquiescere.</i> C'est un homme facile &amp; accommodant, qui <i>acquièsce</i> à tout ce qu'on lui dit, qui fait tout ce qu'on lui propose.</p><p>On dit aussi au Palais, qu'un homme <i>acquièsce</i> à un jugement, ou à une sentence, lorsqu'il l'exécute, ou qu'il renonce à l'appel qu'il en avoit interjetté. On <i>acquèsce</i> expressément par écrit en consentant à l'exécution d'un jugement, en renonçant à l'appel, ou en se désistant. On <i>acquiesce</i> aussi tacitement, quand on exécute en tout, ou en partie, la sentence. On peut néanmoins l'exécuter sans <i>acquiescer,</i> pourvu que dans l'acte qui contient l'acquièscement tacite, on proteste d'appeller des chefs qui font préjudice. On ne revient point contre un acquièscement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="518" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUIS" />
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    <head>ACQUIS</head>
    <p>
    ACQUIS , s. m. Connoissance, habileté, qui vient de l'application, de l'industrie, &amp; du travail. <i>Doctrina, solertia, experientia parta, comparata.</i> Cet homme a bien de l'<i>acquis</i> ; cela s'entend de la science, de la capacité, de l'expérience, de la réputation. Il n'a pas moins d'<i>acquis</i> que de naturel, &amp; d'agrément. St. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="519" id="1" type="">
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    <head>ACQUISITION</head>
    <p>
    ACQUISITION , s. f. Achat, action par laquelle on achète. <i>Emptio, adeptio, comparatio.</i> J'ai fait aujourd'hui une bonne <i>acquisition.</i> Les Financiers font tous les jours de grandes <i>acquisitions.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="519" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACQUISITION" />
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    <head>ACQUISITION</head>
    <p>
    Acquisition , se dit aussi de la chose acquise. <i>Res comparata.</i> Voilà mon <i>acquisition</i> d'aujourd'hui. Une <i>acquisition</i> de hasard. Je vais payer les lods &amp; ventes de mon <i>acquisition.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="519" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACQUISITION" />
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    <head>ACQUISITION</head>
    <p>
    Acquisition , se dit aussi figurément. J'ai été hier au sérein, j'ai fait <i>acquisition</i> d'un grand rhume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="520" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUIT" />
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    <head>ACQUIT</head>
    <p>
    ACQUIT , s. m. Billet de décharge, quittance, acte par lequel il paroît qu'on a payé. <i>Solutio consignata scripto.</i> On doit attacher la liasse des <i>acquits</i> au compte qu'on veut rendre. Quand on ne rapporte pas un <i>acquit,</i> il faut laisser la partie en souffrance, ou la rayer. Il faut se faire délivrer, &amp; expédier des <i>acquits</i> aux portes, aux Douanes, pour montrer qu'on a payé les droits &amp; les impôts.</p><p>On dit aussi, qu'on fait une restitution, une déclaration pour l'<i>acquit</i> de sa conscience ; qu'un Juge fait une telle visite, un tel règlement, pour l'<i>acquit</i> de son devoir, de sa Charge. On dit aussi, qu'une caution paye à l'<i>acquit</i> d'un débiteur, qu'un payement va à son <i>acquit</i> ; pour dire qu'on paye pour lui, &amp; à sa décharge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="520" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACQUIT" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>ACQUIT</head>
    <p>
    Acquit , est aussi un terme de billard . Celui qui a le devant, ou qui fait sauter une bille, ou qui l'a faite, ou sur lequel on s'est perdu, fait son <i>acquit</i> ; c'est-à-dire, qu'il joue sa bille, &amp; la place où il veut, pour que sa partie joue dessus.</p><p>On dit proverbialement, Faire les choses par manière d'<i>acquit</i> ; c'est-à-dire, négligemment, &amp; seulement parce qu'on ne peut pas s'en dispenser. <i>Oscitanter, negligenter.</i> Au jeu l'on dit, jouer à l'<i>acquit</i> ; c'est-à-dire, lorsque plusieurs personnes ont joué, les perdans jouent entr'eux à qui payera le tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="520" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACQUIT" />
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    <head>ACQUIT</head>
    <p>
    Acquit -à-caution, C'est un billet que les Commis aux Bureaux des entrées dans le Royaume délivrent à un particulier qui se rend caution qu'une balle de marchandise sera vue &amp; visitée au Bureau de la Douanne du lieu pour lequel elle est destinée ? &amp; pour cet effet ils plombent la balle, afin qu'elle ne puisse être ouverte ni changée en chemin. Et lorsqu'elle est arrivée, vue &amp; visitée, les Commis de la Douanne en donnent leur certificat au dos de l'<i>acquit</i> (ce qui s'appelle <i>decharger l'acquit-à-caution.</i>) qui ensuite est renvoyé au particulier qui s'est porté caution, &amp; qui en le représentant se fait décharger de son cautionnement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="520" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACQUIT" />
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    <head>ACQUIT</head>
    <p>
    Acquit-patent , est un ordre ou mandement du Roi pour faire payer comptant par ses Trésoriers une certaine somme. L'Ordonnance de 1557. défend aux Trésoriers &amp; Receveurs de payer aucunes sommes en vertu d'a<i>cquits patens</i> : toutefois ils ont encore lieu, quand ils sont en bonne forme, comme quand ils sont signés &amp; contresignés, vérifiés à la Chambre, contrôlés, &amp;c. Les payemens doivent être endossés au des lettres de l'<i>acquit-patent.</i> On se sert aussi figurément de ce mot dans la conversation. A combien d'<i>acquits-patens</i> il a mis votre liberté. Bussi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="521" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACQUITTER" />
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    <head>ACQUITTER</head>
    <p>
    ACQUITTER , v. act. Payer une dette. <i>Solvere.</i> J'ai <i>acquitté</i> cette promesse, cette obligation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="521" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACQUITTER" />
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    <head>ACQUITTER</head>
    <p>
    Acquitter , signifie aussi, Libérer, décharger d'une hypothèque. <i>Liberare aere alieno.</i> J'ai <i>acquitte</i> ce fonds, je l'ai déchargé de routes les dettes auxquelles il étoit hypothéqué. J'ai <i>acquitté</i> toute la succession de mon père, elle est franche &amp; quitte : je me suis <i>acquitté</i> envers tous les créanciers.</p><p>On dit aussi, s'<i>acquitter</i> envers quelqu'un ; pour dire, reconnoître par ses services les obligations qu'on lui a. <i>Referre gratiam.</i> Le trop grand empressement qu'on a de s'<i>acquitter</i> d'une obligation, est une espece d'ingratitude. Rochef. Rarement aime-t-on les gens à qui l'on est trop obligé ; &amp; l'impatience de s'<i>acquitter,</i> si louable en apparence, n'est souvent qu'un dépit secret d'être trop longtemps redevable. Le Gend. La France entière a jour du fruit de ses travaux, &amp; de ses exploits, (de M. le Maréchal de Luxembourg) mais la Normandie les a pour ainsi dire récompensés ; elle a été jugée digne d'<i>acquitter</i> la France envers ce Héros, &amp; envers un fils qui lui a aidé à cueillir ces lauriers. M. Brunel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="521" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACQUITTER" />
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    <head>ACQUITTER</head>
    <p>
    Acquitter , se dit aussi en choses morales, en parlant des devoirs &amp; des obligations de la vie ; c'est-à-dire, y satisfaire, &amp; les bien remplir. <i>Officio, munere fungi.</i> C'est un homme qui s'<i>acquitte</i> bien de tous les devoirs d'un Chrétien, d'un ami. Il s'<i>acquitte</i> bien de son emploi, de sa charge. Donnez-lui à faire cette négociation ; chargez-le de cette harangue, il s'en <i>acquittera</i> fort bien. En vérité on ne fait ici bas que charger ses comptes, &amp; au lieu d'<i>acquitter</i> ses dettes passées, l'on en contracte incessamment de nouvelles. Ab. de la Tr.</p><p>On dit aussi <i>acquitter</i> un autre de ce qu'il doit ; pour dire ; faire pour lui ce qu'il devroit faire lui-même.</p><p>On dit encore, s'<i>acquitter</i> de sa promesse, s'<i>acquitter</i> d'un voeu ; pour dire, accomplir sa promesse, accomplir un voeu. Il faut être régulier à s'<i>acquitter</i> de se promesse. Il vaut mieux ne point faire de voeu, que de s'en <i>acquitter</i> mal.</p><p>On dit figurément <i>acquitter</i> sa conscience, pour dire, faire ce qu'on croit être obligé de faire en conscience.</p><p>On dit au jeu de Billard, s'<i>acquitter,</i> pour dire, Jouer le premier coup pour se mettre en passe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="521" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACQUITTER" />
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    <head>ACQUITTER</head>
    <p>
    Acquitter , se dit proverbialement en ces phrases. Qui s'<i>acquitte</i> s'enrichit. On dit par raillerie d'un homme qui a acheté une Charte à crédit, qu'il s'<i>acquitte</i> bien de sa Charge, quand il prend de l'argent pour rendre la justice. On dit encore, il se nine à promettre, mais il s'<i>acquitte</i> à ne rien tenir. Ces façons de parler sont extrêmement populaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="522" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACRE" />
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    <head>ACRE</head>
    <p>
    ACRE , adj. m. &amp; f. la première syllabe est longue. Piquant, mordicant, qui fait une impression désagréable, comme les pommes, les poires, &amp; les fruits sauvages ; sur-tout quand ils ne sont pas mûrs. <i>Acer.</i> Les Médecins appellent <i>acre,</i> tout ce qui brûle, ou écorche la langue. Cela arrive parce que les corps <i>acres</i> sont composés de parties qui ont une surface âpre &amp; raboteuse, ou qui ont des angles &amp; <pb n="65" facs="bpt6k8542165/f105/full/1200,/0/native.jpg"/>des inégalités qui blessent, &amp; qui écorchent les corps ausquels elles s'appliquent. Les Médecins distinguent deux sortes de saveurs <i>acres</i> ; l'une qui procède du chaud &amp; du sec, comme dans le poivre : l'autre du chaud &amp; de l'humide, comme dans l'ail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="522" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACRE" />
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    <head>ACRE</head>
    <p>
    Acre , s'emploie quelquefois figurément en parlant d'un homme dont les manières sont rudes, &amp; choquantes ; qui est aigre &amp; mordicant dans ses expressions. <i>Asper, acerbus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="522" id="3" type="">
   <index type="head" value="ACRE" />
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    <head>ACRE</head>
    <p>
    Acre , s. m. La première syllabe est brève. Mesure de terre qui se dit particulierement en Normandie, qui contient 160. perches. <i>Acra.</i> L'<i>acre</i> du bois est de 4 vergées, la vergée de 40 perches, la perche est de 24 pieds, le pied de 24 pouces, le pouce de 12 lignes : mais tout cela diffère selon les lieux. Voyez l'<i>Ecole des Arpenteurs.</i> C'est un Livre <i>in</i>-12. imprimé par les soins de M. de la Hire.</p><p>Dans un Registre de la Chambre des Comptes il est dit, que l'<i>acre</i> contient 4 vergées dont il en faut deux pour l'<i>arpent</i> ; qu'une vergée contient 40 perches de terre, &amp; chaque perche contient 24 semelles de pied. Chez les Anglois un <i>acre</i> contient quatre roods quarrés, ou 160 perches quarrées, ou 4840 verges quarrées, qui font 43560 pieds quarrés. Harris.</p><p>Ce mot, selon Spelmannus, vient du Saxon <i>acher,</i> qui signifie, <i>ager,</i> ou <i>champ.</i> Les Bollandistes sont de même sentiment. <i>Act. Sanct. suin T. IV. p.</i> 574. <i>Fév.</i> Saumaise tient qu'il vient du mot <i>acra</i>, qui a été dit pour <i>akena,</i> qui, selon Héron, étoit une mesure de terre des Anciens de dix pieds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="522" id="4" type="">
   <index type="head" value="ACRE" />
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    <head>ACRE</head>
    <p>
    Acre , ou S. Jean d'<i>Acre. Aca, Ace, Accon, Ptolemaïs.</i> Ville de Syrie sur les confins de la Phénicie &amp; de la Palestine, sur un petit Golfe de la Méditerranée, où elle a un assez bon Port. L'Empereur Claude y envoya une Colonie ; c'est pour cela qu'elle fut nommée Colonie de Claude, <i>Colonia Claudia.</i> Sa situation avantageuse la rendit célèbre sous le Regne des Princes Croisés. Baudouin la prit sur les Sarrazins en 1101. Saladin la reprit sur les Chrétiens. Philippe Auguste &amp; Richard I Roi d'Angleterre la reprirent en 1191. Tant de Princes eurent part à cette conquête, qu'elle fut divisée entre eux en dix-neuf quartiers, ce qui causa bien des dissentions. Enfin, elle retomba au pouvoir des Sarrazins, qui la ruinerent entièrement ; de sorte qu'elle ne s'en est point relevée. On prétend que ce nom est une corruption de celui que lui donna Hercule ; c'est-à-dire, d'Ace, ou Acon. Ptolomée Philadelphe dans la suite la fit appeller Ptolémaide.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="523" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACRETÉ" />
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    <head>ACRETÉ</head>
    <p>
    ACRETÉ , s. f. Qualité de ce qui est acre, qui pique la langue. <i>Acrimonia.</i> Quand les arbres sont entés, les fruits perdent beaucoup de leur <i>acreté.</i> Les fruits que produisent les terres fortes &amp; un peu grasses sont plus long-temps à perdre la dureté, l'<i>acreté</i> &amp; l'insipidité ; défauts dont deux ou trois mois de serre achèvent de les guérir. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACRIDOPHAGE</head>
    <p>
    ACRIDOPHAGE , s. m. &amp; f. <i>Acridophagus.</i> Ce nom vient du Grec , <i>Sauterelle,</i> &amp; , <i>Je mange</i> ; &amp; signifie, Qui vit de sauterelles. C'est le nom d'un Peuple d'Ethiopie voisin des déserts. Au printemps les <i>Acridophages</i> font provision d'un espèce de grosses sauterelles, qu'ils salent pour toute l'année, n'ayant point d'autre nourriture, parce qu'ils sont éloignés de la mer, &amp; qu'ils ne nourrissent point de bétail. Les <i>Acridophages,</i> dit-on, ne passent guère quarante ans, &amp; meurent consumés d'une vermine ailée qui s'engendre de leur corps. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Jerôme contre Jovinien, L. 2. &amp; sur S. Jean, C. 4. Diodore de Sicile, L. 3. C. 3. &amp; 29. &amp; Strabon, L. 16. Pline met aussi des <i>Acridophages</i> dans la Parthie, &amp; S. Jérôme dans la Lybie. Quand ce qu'on dit d'ailleurs de ces Peuples seroit fabuleux, <i>l'acridophagie</i> pourroit être vraie ; &amp; encore aujourd'hui on mange des sauterelles en bien des endroits de l'Orient.</p><p>Tout cela rend plus probable, &amp; presque certain, le sentiment de ceux qui croient que ce sont des sauterelles dont S. Jean vivoit dans le désert, &amp; que c'est-là ce qu'il faut entendre par , en S. Matth. C. 3. v. 4. Au Levit. C. XI. v. 22. un des animaux qu'il est permis de manger aux Israëlites est appellé par les Septante , &amp; par S. Jèrôme <i>locusta.</i> Il s'agit là d'animaux, &amp; les Septante n'ont assurément pu entendre par une espèce de légume, ou la pointe des branches des arbres. Et c'étoit sans doute une pénitence bien austère, que de ne manger, comme le S. Précurseur, que des sauterelles &amp; du miel sauvage. Licophron, ancien Poëte, &amp; Aristophane, parlent des sauterelles comme de la nourriture la plus vile, &amp; Théophilacte en parle comme de celle des Paysans. Enfin, Aelien, <i>de Hist. Animal.</i> dit que l'on mangeoit des cigales, qui sont une espèce de sauterelles. On ajoûte encore, que ne sont pas les pointes des branches tendres des arbres, c'est . C'est ainsi que S. Epiphane les appelle. Il faut cependant convenir qu'Isidore de Peluse, qui écrivoit proche de la Palestine, parlant dans sa 132e Lettre de cette nourriture de S. Jean, dit que ce ne sont point des animaux ; &amp; qu'il taxe même d'ignorance ceux qui le disent, ; mais que ce sont les pointes des herbes &amp; des plantes. Mais il s'est trompé ; ce que nous avons dit ne laisse aucun lieu d'en douter, &amp; S. Augustin, Bède, &amp; beaucoup d'autres, sont du sentiment contraire. Ainsi c'est avec raison que les Jésuites d'Anvers rejettent avec mépris le sentiment des Ebionites, qui au lieu d' mettoient , qui signifie une espèce de mets délicat fait avec de l'huile &amp; du miel ; celui de quelques Novateurs, qui veulent qu'on lise , ou , des cancres marins, &amp; celui de Bèze, qui lit , des poires sauvages. Ludolf croit aussi que ce sont des sauterelles que mangeoit Saint Jean, <i>Hist. d'Ethiop. T. II. Append. p.</i> 24.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="525" id="1" type="">
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    <head>ACRIMONIE</head>
    <p>
    ACRIMONIE , s. f. Aigreur piquante. Les sels ont beaucoup d'<i>acrimonie.</i> L'<i>acrimonie</i> de la bile est cause de beaucoup de maladies. Modérer l'<i>acrimonie,</i> ou l'acreté des humeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="526" id="1" type="">
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    <head>ACRO</head>
    <p>
    ACRO . Ce mot, qui est Grec, &amp; vient d', haut, ce qui est au haut, au sommet d'une Montagne, quand il est joint au nom d'une Ville, signifie souvent la Citadelle de cette Ville ; parce que les Citadelles se construisent sur les lieux élevés qui commandent les villes. Ainsi <i>Acrocorinthe</i> est la Citadelle de Corinthe ; <i>Acropolis,</i> la Citadelle d'Athène, qu'on nommoit en Grèce du nom général , Ville par excellence, comme Rome étoit appellée <i>Urbs.</i> Acrocorinthe est représentée sur quelques Medailles qui peuvent donner du jour à ce que nous venons de dire. Une Médaille d'Auguste porte d'un côté la tête de cet Empereur couronné de laurier. Imp. Caesar Augustus. Au revers. Octaviano iter IIVIR. Un rocher ou montagne escarpée de laquelle le haut est occupé d'un Temple, ou d'un bâtiment, dont il ne paroît que le frontispice qui est à six colonnes, trois de chaque côté, &amp; dans l'exergue. Cor. c'est-à-dire, <i>Corinthus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="527" id="1" type="">
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    <head>ACROCÉRAUNES</head>
    <p>
    ACROCÉRAUNES . <i>Acroceraunia, Acroceraunii montes.</i> Selon Servius, c'est le nom de plusieurs montagnes de différens Pays, ainsi appellées de , <i>le sommet d'une montagne,</i> &amp; , <i>foudre,</i> parce que les hautes montagnes sont souvent frappées de la foudre. Il y en a dans l'Epire qui donnent aussi leur nom à un Promontoire qui s'avance dans la Mer Adriatique. <i>Acroceraunium.</i> Le Cap <i>Acrocéraunien,</i> aujourd'hui <i>Capo della Chimera,</i> ou <i>della. Languetta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="528" id="1" type="">
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    <head>ACROCÉRAUNIE</head>
    <p>
    ACROCÉRAUNIE . <i>Acroceraunia.</i> Ville Episcopale de l'Epire, au pied des monts Acrocérauniens, aujourd'hui appellée Chimère, nom qui lui vient d'un Château nommé Chimère, que Pline dit avoir été sur le sommet de ces montagnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="529" id="1" type="">
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    <head>ACROCERAUNIEN, ENNE</head>
    <p>
    ACROCERAUNIEN, ENNE , s. m. <i>Acroceraunius.</i> Ptolomée appelle ainsi les Habitans des montagnes de l'Epire dont on vient de parler, Peuple agreste &amp; barbare, qu'on nomme aujourd'hui Chimériots, du nom de ces mêmes montagnes, qui sont appellées montagnes de la Chimère, ou plutôt du nom de la Ville dont on vient aussi de parler. Le Cap <i>Acrocéraunien.</i> T. Corn. Les monts <i>Acrocérauniens</i> sont des bras du Pinde que quelques-uns disent être appellés Monts du Diable. id. Je ne sai par quelle délicatesse M. Dacier n'a pas voulu se servir de ce mot dans sa Traduction d'Horace. Il l'a cependant mis à la marge ; &amp; dans ses Notes il ôte la première partie du nom, &amp; les appelle Monts Cérauniens, évitant ce semble de dire <i>Acrocérauniens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="529" id="2" type="">
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    <head>ACROCERAUNIEN, ENNE</head>
    <p>
    Acrocerauniens , s. m. &amp; pl. Est aussi le nom des montagnes de l'Epire dont on vient de parler. Il paroît même que c'est ainsi qu'il faut dire, &amp; non pas Acrocéraunes, que je <pb n="66" facs="bpt6k8542165/f106/full/1200,/0/native.jpg"/>ne trouve que dans le Dictionnaire Géographique de M. Corneille. Quel genre de mort eût pu épouvanter un homme assez intrépide pour voir d'un oeil tranquille les monstres de la mer, ses flots en furie, &amp; les <i>Acrocérauniens,</i> ces écueils fameux par tant de naufrages ? Le P. Tart.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="530" id="1" type="">
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    <head>CROCOME</head>
    <p>
    CROCOME , s. m. &amp; f. Qui a les cheveux longs, qui ne les coupe point, qui en conserve jusqu'aux extrémités, qu'il ne fait point couper. Ce mot est Grec, composé d', <i>summus,</i> &amp; <i>caesaries.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="531" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACROIRE" />
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    <head>ACROIRE</head>
    <p>
    ACROIRE , v. act. Vieux mot François, qui vouloit dire <i>prêter :</i> ce mot vient de <i>credere</i>. Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="532" id="1" type="anatomie">
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    <head>ACROMION</head>
    <p>
    ACROMION , s. m. Terme d'Anatomie . C'est l'extrémité &amp; l'épine de l'omoplate. Ce mot vient de , <i>summus,</i> &amp; de , <i>humerus</i> ; c'est-à-dire, l'extrémité de l'épaule. C'est donc précisément à cause de sa situation &amp; de sa place, qu'on l'a ainsi nommée, &amp; non à cause qu'elle ressemble à un ancre, comme l'écrit M. Dionis ; car il n'y a rien dans <i>acromion</i> qui puisse signifier ancre ; &amp; c'est la ressemblance d'<i>acre,</i> &amp; d'<i>ancre,</i> qui a trompé mal-à-propos cet Auteur ; il a confondu le mot <i>acromion</i> avec celui d'<i>ancyroïdes.</i> Quelques-uns ont prétendu que l'<i>acromion</i> étoit un os distingué des autres, parce que ce n'est durant l'enfance qu'un cartilage, qui s'ossifie peu-à-peu, &amp; qui après l'âge de vingt ans est tellement dur, &amp; uni au reste de cette épine, qu'il ne paroît qu'un même os. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="533" id="1" type="">
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    <head>ACROSTICHE</head>
    <p>
    ACROSTICHE . Ménage le fait masculin, après S. Amant. Quelques-uns le font féminin : l'Académie Françoise a décidé pour le masculin. Sorte de Poësie disposée de telle façon, que chacun des vers commence par une lettre qui fait partie d'un nom qu'on écrit de travers à la marge, afin que chaque lettre du nom réponde à chaque vers. <i>Acrostichis</i> On en fait aussi où le même nom se trouve au milieu, ou aux autres endroits des vers. On a vu même des Sonnets pentacrostiches, où il y avoit cinq <i>acrostiches.</i> Cette sorte de Poësie est aujourd'hui fort méprisée, &amp; un faiseur d'<i>acrostiches</i> est un Poëte ridicule. C'est l'effort &amp; l'application d'un petit esprit. Ce mot vient du mot Grec , <i>summus,</i> ce qui est à une des extrémités, &amp; , vers. Voici un exemple d'<i>acrostiche</i> tout propre à faire sentir combien ces sortes de pièces gênent l'esprit, parce qu'outre l'<i>acrostiche</i> du nom du Roi au commencement des vers, il y a encore des échos à la fin. Il fut fait après la bataille de la Marsaille.</p><p></p><p>Sonnet</p><p></p><p>Quelquefois les <i>acrostiches</i> commencent à rebours ; c'est-à-dire, par la première lettre du dernier vers, en remontant de-là jusqu'au premier. Telle est celle que Guillaume de Saint André a fait de son nom aux 22. derniers vers de son Poëme sur Jean IV. Duc de Bretagne. Ce Poëme se trouve dans le II. Tome de la nouvelle Histoire de Bretagne, p. 691.</p><p>Quelques Auteurs appellent aussi <i>acrostiches</i> les deux épigrammes du premier livre de l'Anthologie C. 38. faites à l'honneur, l'une de Bacchus, &amp; l'autre d'Apollon, &amp; composées de 25. vers, dont le premier est la proposition, ou le dessein de l'épigramme, les 24. suivans sont composés chacun de quatre épithètes commençans tous quatre par la même lettre, &amp; disposés ainsi selon l'ordre alphabétique des 24. lettres des Grecs, ensorte que le premier de ces 24. vers comprend 4. épithètes qui commencent toutes par , le second 4. épithètes qui commencent par , le troisième 4 épithètes qui commencent par , &amp; ainsi des autres jusques à . Ce qui fait 96. épithètes pour chacun de ces Dieux.</p><p>&#9758; Acrostiche, est encore un vieux mot qui signifioit autrefois <i>cens.</i> Le Traité fait avec le Clergé de Romanie le 15. de Décembre 1219. par Conon de Betune, Bail de l'Empire, portoit que toutes les Eglises cathédrales jouiroient librement des immeubles dont elles étoient en possession dès le temps de l'Empereur Alexis Bambacorax, (C'est Alexis Comnene qui regnoit six-vingts ans auparavant, ainsi nommé à cause de sa voix désagréable,) &amp; que ces biens seroient exemts de toute Jurisdiction laique &amp; de toute exaction, excepté l'<i>acrostiche,</i> c'est-à-dire, le cens. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="533" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACROSTICHE" />
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    <head>ACROSTICHE</head>
    <p>
    Acrostiche , adj. Des vers <i>acrostiches ;</i> c'est-à-dire, des vers dans lesquels il se trouve un acrostiche, ou plusieurs acrostiches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="534" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ACROTÈRES" />
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    <head>ACROTÈRES</head>
    <p>
    ACROTÈRES , s. m. Terme d'Architecture , qui se dit des petits piédestaux qui sont au milieu, &amp; aux deux extrémités d'un frontispice, &amp; sur lesquels on pose des figures. <i>Acroteria.</i> Les <i>acrotères</i> des côtés doivent avoir de hauteur la moitié de celle du fronton, &amp; celui du milieu une huitième partie de plus, selon Vitruve.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACROTÈRES</head>
    <p>
    Acrotères , signifie quelquefois, les extrémités ou les faîtes des bâtimens. <i>Extrema, aut Fastigia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="534" id="3" type="">
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    <head>ACROTÈRES</head>
    <p>
    Acrotères , sont certains promontoires, ou lieux élevés qu'on voit de loin sur la mer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="535" id="1" type="">
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    <head>ACROTERIA</head>
    <p>
    ACROTERIA , s. m. Terme purement Grec ; : on ne s'en sert qu'en parlant de médailles. C'est un ornement de vaisseau recourbé ; &amp; il marque une victoire navale, ou une Ville maritime.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="536" id="1" type="">
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    <head>ACROUPETONS</head>
    <p>
    ACROUPETONS , adv. Borel ne fait qu'un mot de ces quatre syllabes ; il dit que ce mot veut dire, <i>en un monceau, acervatim,</i> &amp; qu'il vient d'accroupir, qui vient de croupion. Dans quelques Provinces, le Peuple dit encore <i>acroupetons,</i> pour exprimer la posture de ceux qui sont assis sur leurs talons, ou qui étant appuyés sur les pieds, ont le corps tellement plié qu'ils sont presque assis à terre, &amp; qui sont, ainsi ramassés, comme en un monceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="537" id="1" type="physique">
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    <head>ACTE</head>
    <p>
    ACTE , s. m. Terme de Physique . Action, exercice effectif d'une puissance, ou d'une faculté. <i>Actio. Actus.</i> La forme est la matière réduite en <i>acte.</i> L'<i>acte</i> est l'exécution de la chose, &amp; est opposée à la <i>puissance,</i> qui est la capacité d'agir, ou de souffrir. Les causes secondes sont déterminées par le mouvement qui leur a été imprimé, sans avoir besoin d'un <i>acte</i> spécial de Dieu. Maleb. A juger par les <i>actes</i> extérieurs, il est impossible de penser que les animaux agissent sans connoissance. P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="537" id="2" type="">
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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte , se dit en Logique des opérations de l'ame. Discerner &amp; examiner est un <i>acte</i> de l'entendement ; juger &amp; affirmer est un <i>acte</i> de la volonté. Il y a des <i>actes</i> volontaires &amp; spontanées, qui semblent se faire sans la participation de l'ame. P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="537" id="3" type="">
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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte , se dit plus ordinairement en Morale de tout ce qui se fait de bien, ou de mal. Faire un <i>acte</i> d'humilité. Quand Dieu châtie les hommes, c'est un <i>acte</i> de Justice. La Plac. Quand il les récompense, c'est un <i>acte</i> de miséricorde. C'est un <i>acte</i> de prudence de savoir quelquefois se taire. C'est un <i>acte</i> de scélérat de trahir son ami. Faire un <i>acte</i> de contrition ; c'est-à-dire, avoir une vraie douleur de ses péchés, &amp; la témoigner actuellement à Dieu. Ce nouveau Magistrat crut de faire un <i>acte</i> de probité, &amp; d'ntégrité Heroique, en se déclarant contre son ami. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="537" id="4" type="">
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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte , en termes de Palais, &amp; de Jurisprudence, se dit de toutes les choses qui regardent la Justice, &amp; les procédures de la Pratique, qui sont rédigées par écrit. On les appelle judiciaires, lorsqu'ils sont faits en Justice. <i>Res testata as consignata, vel testium, vel tabularii, vel judicis scripto. Tabulae, Scriptum.</i> Le Juge lui a donné <i>acte</i> de sa plainte, de sa comparution, de sa déclaration. Il a justifié sa demande par plusieurs sentences, arrêts, &amp; autres <i>actes</i> authentiques. On <pb n="67" facs="bpt6k8542165/f107/full/1200,/0/native.jpg"/>appelle aussi <i>acte,</i> tout ce qui se fait par le ministère des Officiers de la Justice. Passer un <i>acte</i> pardevant Notaires. Passer un <i>acte</i> de soumission au Greffe. Un <i>acte</i> de célébration de mariage, c'est le certificat qu'en donne le Curé. La plupart des significations de pièces, &amp; les sommations, finissent par ces mots : Dont <i>acte.</i> Un Rapporteur met au bas des Requêtes d'emploi : Ait <i>acte,</i> &amp; soit signifié. Faire <i>acte</i> d'héritier, c'est en prendre la qualité, ou en exercer les droits.</p><p>Les <i>actes</i> du Consistoire, <i>acta Consistorii,</i> étoient autrefois les Edits, &amp; les Déclarations du Conseil des Empereurs Romains. Le Sénat &amp; les Soldats juroient souvent par flaterie, ou par force, sur les <i>actes</i> des Empereurs.</p><p>Tous <i>actes</i> dans le Droit sont publics, ou particuliers. Les <i>actes</i> publics sont de jurisdiction volontaire, ou de jurisdiction contentieuse. Ceux de jurisdiction volontaire, que l'on appelle aussi authentiques, sont tous les contrats, obligations, transactions &amp; décharges passés pardevant Notaires. Ceux de jurisdiction contentieuse sont toutes les poursuites qui se font en Justice pour intenter l'action, &amp; depuis l'action intentée jusqu'à la fin du procès. Les <i>actes</i> privés, sont ceux qui se passent par les particuliers entre les particuliers, sans le ministère d'aucune personne publique ; comme sont les simples promesses, les billets de change, ou quelque convention faite sous signature privée. En général, <i>acte,</i> est tout ce qui est écrit, &amp; qui sert à justifier quelque chose. Tous <i>actes</i> sont présumés véritables, à moins que ceux qui entreprennent de les contester ne justifient le contraire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="537" id="5" type="">
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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte de notoriété , est celui par lequel les Officiers d'un Siége, consultés sur quelque matière, rendent raison de leur usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte d'heritier , est tout ce qui paroît avoir été fait par quelqu'un dans l'intention de succéder à un défunt.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte d'appel , est celui par lequel une des parties qui se plaint d'un jugement, déclare qu'il en est appellant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte d'occuper , est celui par lequel un Procureur déclare qu'il est Procureur, &amp; a charge d'occuper pour un tel, sur l'assignation à lui donnée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte de produit , est celui par lequel un Procureur déclare à celui de la partie adverse qu'il a mis sa production au Greffe, ou entre les mains du Rapporteur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte de baillé copie , est celui par lequel un Procureur fait signifier &amp; bailler copie à celui de la partie adverse, des pièces dont il veut se servir dans une instance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte d'affirmation de voyage , est celui par lequel la partie assistée de son Procureur affirme être venue pour apporter l'exploit, pour produire, ou pour faire juger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte de delais , est celui par lequel le débiteur abandonne le tout pour la perte &amp; le naufrage.</p><p>Au pluriel il signifie les délibérations &amp; les résolutions publiques, qui sont couchées dans les Registres, qu'on appelle en ce cas les <i>actes</i> publics ; comme les <i>actes</i> des Conciles, les <i>actes</i> du Sénat. <i>Acta.</i> On a extrait ce titre des <i>Actes</i> publics. On le dit aussi de ce qui a été conservé à la postérité dans certains Livres &amp; Mémoires authentiques. Les <i>Actes</i> des Apôtres. Les <i>Actes</i> des Martyrs. Voyez sur ces <i>Actes</i> Baillet, <i>Discours sur l'Hist. de la vie des SS.</i> p. 11. n. VI. Les <i>Actes</i> de Pilate concernant Jesus-Christ. C'étoit une fausse procédure de Pilate contre Notre Seigneur, ou le Procès de Notre Seigneur devant Pilate, pièce impie &amp; supposée par les ennemis du Christianisme, pleine de toutes sortes de blasphèmes. L'Empereur Maximin fit un Edit par lequel il ordonna qu'on les envoyât dans toutes les Provinces de l'Empire, que les Maitres les expliquassent à leurs Ecoliers, &amp; les leur fissent apprendre par coeur. C'étoit une pièce faite avec tant d'ignorance, qu'on y plaçoit la mort de Jesus-Christ sous le quatrième Consulat de Tibère ; c'est-à-dire, la septième année de son Empire ; onze ans avant la Passion de Notre Seigneur, &amp; cinq ans avant que Pilate eût le Gouvernement de la Judée. Voyez Eusèbe L. IX. C. 4. &amp; 6. Ruffin L. 1. C. 5. &amp; suiv. Baron. &amp; Spond. <i>ad an.</i> 134. <i>n.</i> 63. &amp; <i>ad an.</i> 311. <i>n.</i> 6. Bolland. Tom. 1. p. 363. Les Quartodécimans avoient aussi de faux <i>Actes</i> de Pilate. Baron. <i>ad an.</i> 134. <i>n.</i> 63. Les vrais <i>Actes</i> de Pilate furent envoyés par ce Président à Tibère : Tibère en fit son rapport au Sénat, qui les rejetta ; parce qu'ils ne lui avoient point été adressés. C'est ce que témoignent Tertullien dans son Apolog. C. 5. &amp; 21. Eusèb. Hist. L. 2. C. 2. Orosius L. VII. C. 4. Grégoire de Tours L. 1. C. 24. &amp; avant eux tous, Saint Justin Martyr dans son Apologie à Antonin Pie.</p><p>Il y aussi de faux <i>Actes</i> des Apôtres faits, disoit-on, en Hébreu, par je ne sai quel Abdias, traduits en Grec par son disciple Eutrope, &amp; du Grec en Latin par Jule Africain. Volffgang Lazius les publia en 1551. sur un manuscrit de près de 700. ans, comme si ç'eût été une pièce authentique. Un disciple de Manès, nommé Leucius, ou Seleucus, composa aussi de faux <i>Actes</i> des Apôtres sur la fin du IIIe Siècle. On a vu encore autrefois les <i>Actes</i> de S. Thomas, les <i>Actes</i> de S. André, les <i>Actes</i> de S. Paul &amp; de Thècle, de S. Philippe ; les <i>Actes</i> de Saint Matthieu, de S. Pierre, &amp; de S. Jean : mais ce sont des Livres qui ont été déclarés apocryphes ; les derniers ont été fabriqués par l'hérétique Peucius. Ceux de S. Thècle étoient l'ouvrage d'un Prêtre d'Asie, que S. Jean dégrada, en punition de la supposition de cet ouvrage. Ce que nous en avons, sous le nom de Saint Basile de Seleucie, semble n'en être que l'extrait ou l'imitation. Pautin donna cette pièce en Latin &amp; en François l'an 1608.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="537" id="13" type="">
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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Actes des Apôtres . C'étoit une pièce de Théatre ancienne, que les Confrères de la Passion ont représentée long-temps autrefois à l'Hôtel de Bourgogne. Le Gendre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte , en Poësie, se dit de certaines divisions ou parties principales du Poëme Dramatique, pour laisser reposer les acteurs &amp; les spectateurs. <i>Actus.</i> Ainsi dans l'intervalle des <i>Actes,</i> le Théatre demeure vuide, &amp; sans action, qui se passe aux yeux des spectateurs ; car on suppose toujours qu'il s'en passe une hors de leur vûe. Ce n'est pas seulement pour les délasser qu'on pratique ces intervalles ; c'est encore pour ménager la vraisemblance, &amp; rendre par-là l'intrigue plus intéressante : car le spectateur qui a vu préparer l'action qui se doit passer dans l'intervalle, s'efforce de jouer dans son esprit le rôle des acteurs absens ; de sorte qu'il est surpris plus agréablement, quand un nouvel <i>acte</i> venant à commencer, il voit les effets de cette action qu'il n'a fait que deviner, &amp; dont il n'a pu prévoir les suites que confusément ; ainsi son attention &amp; sa curiosité sont réveillées par la suspension &amp; l'incertitude, d'une toute autre manière que si voyant toutes choses arriver il concevoit l'intrigue trop aisément.</p><p>Les <i>Actes</i> sont partagés en plusieurs scènes, qui doivent être liées les unes aux autres. Les anciens Poëtes Grecs n'ont point connu ce partage des pièces Dramatiques en <i>actes.</i> Leurs épisodes, ou les chants du Choeur, étoient presque la même chose. Les Latins ont les premiers inventé cette division, que les Modernes ont imitée. C'est la pratique constante de tous les Anciens, qui ont divisé leurs pièces en cinq <i>actes,</i> pour leur donner une juste grandeur. <i>Neve minor, neu sit quinto productior actu.</i> Hor. Le partage en trois <i>actes</i> n'est supportable que dans les farces ; mais la règle des cinq <i>actes</i> est inviolable pour faire un Poëme Dramatique parfait &amp; achevé. Dac. Ce jugement de M. Dacier, fondé sur le témoignage d'Horace, tout décisif qu'il paroît, n'est pas sans appel ; &amp; il ne seroit pas impossible de montrer par les principes d'Aristote même, qui nous a donné les règles du Théatre, qu'une pièce Dramatique de trois <i>actes</i> est fort supportable.</p><p>Au Collége on appelle aussi <i>Actes,</i> les Thèses qu'on soutient en public, pour acquérir quelque degré dans les Facultés, ou pour faire paroître la capacité d'un Ecolier. Je suis prié d'aller à l'<i>Acte</i> d'un tel Ecolier, il m'a apporté une Thèse. Ce Bachelier a fait tous ses <i>Actes</i> en Sorbonne. Il y a aujourd'hui un <i>Acte</i> dans les Ecoles de Droit, de Médecine. L'<i>Acte</i> des herbes ; c'est ainsi que l'on appelle dans les Statuts des Apoticaires de Paris le second examen que subissent les Aspirans Apoticaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="537" id="15" type="">
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    <head>ACTE</head>
    <p>
    Acte de Foi, Jour de cérémonie de l'Inquisition pour la punition des Hérétiques, ou pour l'absolution des accusés. <i>Dies damnandis aut absolvendis haereticis dictus, destinatus.</i> On choisit d'ordinaire pour l'exécution un jour solennel, afin que la chose se passe avec plus d'éclat. On conduit tous les coupables à l'Eglise. Là on lit leur sentence d'absolution, ou de condamnation. Les condamnés à mort sont livrés au Juge séculier par l'Inquisition ; &amp; elle prie que tout se passe sans effusion de sang. S'ils persévèrent dans leurs erreurs, ils sont brûlés vifs. Cette solennité s'appelle <i>Acte</i> de Foi. <i>Auto da fè.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="538" id="1" type="">
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    <head>ACTEUR, ACTRICE</head>
    <p>
    ACTEUR, ACTRICE , s. m. &amp; f. Comédien, ou Comédienne, celui ou celle qui représente sur le Théatre quelque personnage d'une pièce Dramatique. <i>Actor, Femina personam agens in scena.</i> Comme la Tragédie dans son origine ne consistoit qu'en un simple Choeur, qui chantoit des Hymnes à l'honneur de Bacchus, Thespis pensa le premier à introduire un personnage, qui, pour délasser le Choeur, récitoit les avantures de quelque homme illustre. Eschyle trouvant que ce seul personnage étoit ennuyeux, comprit qu'un second <i>Acteur</i> qui s'entretiendroit avec le premier, occuperoit plus agréablement l'auditeur par le moyen du dialogue. Il habilla plus honnêtement ses <i>Acteurs,</i> qui avant lui, étoient barbouillés de lie, &amp; leur chaussa le cothurne. Sophocle qui s'apperçut que les deux <i>Acteurs</i> d'Eschyle ne suffisoient pas pour la variété des incidens, ajoûta un troisième interlocuteur ; les Grecs en demeurerent là ; au moins dans les Tragédies Grecques il n'y a presque jamais que trois <i>Acteurs</i> qui parlent ensemble dans une même scène. Dans les Comédies on se donnoit plus de liberté. Les Modernes ont fait monter sur la scène un plus grand nombre d'<i>Acteurs.</i> Cela augmente le trouble qui y doit regner, &amp; fait une diversité plus intéressante. Dac. Un bon <i>Acteur</i> doit exprimer par sa contenance, &amp; par ses gestes, le caractère qu'il veut représenter. Il ne suffit pas de réciter les paroles, il faut que l'<i>Acteur</i> paroisse animé de toutes les passions du personnage qu'il joue, autrement il est un froid &amp; ennuyeux <i>Acteur.</i> Horace parle d'un <i>Acteur</i> qui jouoit le second rôle, en imitant le premier <i>Acteur,</i> &amp; qui se rabaissoit exprès pour servir de lustre à l'<i>Acteur</i> principal. On ne sait pas trop aujourd'hui de quelle manière jouoient ces seconds <i>Acteurs.</i> Ce mot ne se prend pas en mauvaise part, comme <i>Comédien,</i> à moins que l'épithète qu'on y ajoûte ne détermine autrement le sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="538" id="2" type="">
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    <head>ACTEUR, ACTRICE</head>
    <p>
    Acteur , Se prend aussi figurément, pour marquer la part que les personnes ont aux affaires. On dit, en parlant d'un homme qui a conduit un intrigue : Il a été le principal <i>Acteur</i> en cette affaire. On le dit aussi dans des parties de jeu ou de plaisir. Il nous manque un <i>Acteur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="539" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTIF, IVE" />
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    <head>ACTIF, IVE</head>
    <p>
    ACTIF, IVE , adj. Agissant, ce qui communique un mouvement. <i>Actuosus.</i> Le feu est le plus <i>actif</i> de tous les élémens. Les principes <i>actifs,</i> selon les Chymistes, sont l'esprit, l'huile, &amp; le sel ; parce que ces parties étant dans un grand mouvement, elles causent de l'action dans les autres corps. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="539" id="2" type="">
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    <head>ACTIF, IVE</head>
    <p>
    Actif , qui consiste dans l'action. <i>Activus.</i> La vie <i>active,</i> qui consiste dans les actions, est opposée à la contemplative, laquelle consiste dans les pensées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="539" id="3" type="pratique">
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    <head>ACTIF, IVE</head>
    <p>
    Actif , se dit figurément d'un esprit prompt, vif, pénétrant, plein de feu : l'esprit d'une femme de la Cour est plus vif, &amp; plus <i>actif,</i> que celui d'une Paysanne. Le Ch. de Mer. On le dit d'un homme diligent, laborieux, vigilant. Vous avez besoin d'un homme <i>actif,</i> pour pousser cette affaire avec chaleur.</p><p>En termes de Pratique , on dit que dans une élection un homme a voix <i>active</i> &amp; passive, lorsqu'il a droit de donner sa voix pour l'élection, &amp; qu'il peut être élû ; qu'un marchand a des dettes <i>actives</i> &amp; passives, lorsqu'il doit, &amp; qu'il lui est dû.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="539" id="4" type="grammaire">
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    <head>ACTIF, IVE</head>
    <p>
    Actif, ive , adj. Terme de Grammaire , qui a une signification active, &amp; qui sert à expliquer &amp; à marquer les actions. Verbe <i>actif,</i> signification <i>active,</i> conjugaison <i>active</i> ; c'est-à-dire, du verbe. Il y a des mots qui ont deux significations ; l'une <i>active,</i> l'autre passive, comme union, diminution, &amp;c. Il se dit aussi de certains adjectifs verbaux. <i>Secourable</i> est un adjectif verbal <i>actif,</i> parce qu'il a une signification <i>active</i> ; au lieu que <i>Aimable</i> est un adjectif verbal passif, parce qu'il a une signification passive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="539" id="5" type="">
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    <head>ACTIF, IVE</head>
    <p>
    Actif , est aussi subst. m. &amp; signifie un verbe <i>actif,</i> ou la conjugaison <i>active</i> d'un verbe. Il y a des verbes qui n'ont point d'<i>actif.</i> Il y a trois sortes de verbes <i>actifs.</i> Le <i>transitif,</i> quand l'action passe dans un sujet différent de l'agent : <i>Punir un</i> criminel. Le <i>Réfléchi,</i> quand l'action retourne sur l'agent : Je <i>me promène.</i> Le <i>Réciproque,</i> quand l'action retourne réciproquement sur les différens agens qui la produisent : S'<i>entrebattre.</i> On se sert substantivement de ce mot : l'<i>actif</i> régit l'accusatif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="540" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTION" />
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    <head>ACTION</head>
    <p>
    ACTION , s. f. Manière de la cause qui agit ; acte, mouvement de la puissance active. <i>Actio.</i> L'<i>action</i> violente du feu réduit tous les corps en cendre. Rien ne se fait dans le monde que par l'<i>action</i> des corps agissans sur les patiens. On admet en Physique l'<i>action</i> &amp; la réaction des corps. Si les causes secondes n'ont en elles aucun principe d'<i>action,</i> &amp; si elles ont besoin d'un nouveau concours de Dieu pour agir, le monde n'est qu'une représentation de théatre, où il n'y a rien de réel. S. Evr. Il faut une <i>action</i> immédiate du S. Esprit sur la volonté, pour la détacher des choses sensibles, &amp; vaincre son inclination au mal.</p><p>Etre en <i>action,</i> signifie se remuer, être en mouvement, s'agiter. Cet enfant est vif, &amp; toujours en <i>action.</i> Se mettre en <i>action,</i> c'est commencer à agir. On voit des hommes qui brillent dans le mouvement, &amp; dans l'<i>action,</i> &amp; que le repos obscurcit, &amp; anéantit. Bourd.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="540" id="2" type="">
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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se dit aussi des gestes, de la contenance, &amp; de la manière avec laquelle on prononce, ou on fait quelque chose. C'est un étourdi, qui n'a point d'<i>action,</i> ni de contenance arrêtée. J'ai remarqué qu'il parloit avec <i>action</i> ; c'est-à-dire, avec chaleur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se prend encore pour cette partie extérieure de l'Orateur qui comprend le mouvement du corps &amp; les gestes. Cet Avocat a l'<i>action</i> belle. Il n'y a rien de plus nécessaire à un Orateur que l'<i>action</i> : elle fait une partie de l'éloquence ; &amp; si elle n'en fait pas toute la force, elle en fait tout l'agrément. Le Faucheur a fait un beau Traité de l'<i>action</i> de l'Orateur, &amp; le P. Lucas Jes. un Poëme Latin, <i>De Gestu &amp; Voce ; Du geste &amp; de la Voix ;</i> c'est-à-dire, de l'<i>action.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se dit encore de l'intrigue, &amp; de la représentation d'une pièce de théatre. Il faut donner de la chaleur à l'<i>action</i> théatrale. Corn. L'unité d'<i>action</i> est l'une des principales règles du poëme épique ? &amp; les épisodes ajoûtés à l'<i>action</i> principale, ne doivent point corrompre cette unité. Le Bos. La durée de l'<i>action</i> pour le poëme épique n'est point fixe, ni déterminée ; mais l'<i>action</i> tragique doit être renfermée dans le temps qu'il faut au soleil pour fournir sa carrière. Id. Le poëme théatral est d'autant plus parfait, que l'<i>action</i> qui en compose le sujet comprend moins de temps, pourvu que d'ailleurs elle soit d'une juste grandeur. Menag. Les anciens Tragiques n'ont pas toujours contraint ou renfermé l'<i>action</i> dans l'espace de douze heures. Id. Racine, exact imitateur des Anciens, a suivi scrupuleusement la netteté, &amp; la simplicité de l'<i>action.</i> La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="540" id="5" type="">
   <index type="head" value="ACTION" />
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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se dit aussi de toutes sortes de procès qu'on intente. soit en matière civile ou criminelle. En général il n'y a que deux sortes d'<i>actions</i> ; l'une sur la chose, &amp; l'autre contre la personne, d'où résulte une troisième sorte, qui est l'<i>action</i> mixte, laquelle a pour objet la personne &amp; la chose. Une <i>action</i> personnelle, est celle qui attaque seulement la personne : <i>action</i> réelle, celle qui l'attaque à l'égard des fonds qu'elle possède ; comme est l'<i>action</i> hypothécaire, ou en déclaration d'hypothèque : <i>action</i> mixte, celle qui est réelle &amp; personnelle. Les personnelles se divisent en <i>actions</i> civiles, &amp; en <i>actions</i> criminelles, selon qu'un procès est civil, ou criminel. Il y a des <i>actions</i> mobiliaires &amp; immobiliaires. Les <i>actions</i> réelles sont de deux sortes ; l'une est l'<i>action</i> possessoire, ou de réintégrande, qui est celle où il s'agit seulement de la possession. <i>Action</i> pétitoire, est celle qui est intentée pour la propriété d'un héritage contre le possesseur, ou le détenteur, pour le contraindre à la restitution. Les Jurisconsultes marquent d'ordinaire trois sortes d'<i>actions</i> mixtes : l'<i>action</i> de partage entre cohéritiers ; l'<i>action</i> de partage entre associés qui possèdent quelque chose en commun ; &amp; l'<i>action</i> de bornage entre voisins, pour planter des bornes entre leurs héritages. Mais dans la pratique commune la plupart des <i>actions</i> réelles sont mixtes en même-temps, à cause de la restitution des fruits &amp; des intérêts auxquels le détenteur est personnellement obligé. Ainsi une <i>action</i> n'est purement réelle que quand elle s'attache uniquement à la chose, &amp; que le détenteur est quitte en l'abandonnant. Quand il s'agit de servitudes, on distingue deux sortes d'<i>actions :</i> confessoires &amp; négatoires. L'<i>action</i> consessoire, est celle par laquelle un voisin prétend un droit de servitude sur son voisin : &amp; l'<i>action</i> négatoire, celle par laquelle le voisin <pb n="69" facs="bpt6k8542165/f109/full/1200,/0/native.jpg"/>soutient son héritage franc &amp; libre de toute servitude. Il y a aussi entre l'acheteur &amp; le vendeur une espèce d'<i>action</i> particulière : c'est l'<i>action</i> redhibitoire, par laquelle l'acheteur peut contraindre le débiteur à reprendre une marchandise défectueuse : par exemple, un cheval vicieux. On appelle <i>action</i> en complainte, celle qui est intentée en cas de saisine &amp; de nouvelleté en matière profane, ou simplement complainte en matière bénéficiale. <i>Action</i> de garantie, <i>Action</i> de rapt, de stellionnat. On dit aussi, une <i>action</i> d'injures. On ne donne point d'<i>action</i> de larcin contre une femme, mais seulement l'<i>action</i> pour les choses soustraites. Il ne faut pas se mettre en possession par violence &amp; voies de fait, mais venir par <i>action.</i> Le titre 6. du quatrième Livre des Institutes de Justinien, contient les plus célèbres <i>actions</i> introduites par le Droit Romain, qui sont en grand nombre. On trouve là dans un grand ordre toutes les divisions &amp; subdivisions des <i>actions,</i> &amp; les diverses formules dont se servoient les Romains ; dans lesquelles il falloit être si prudent, &amp; se renfermer si précisément, que celui qui y manquoit, étoit déchu de sa prétention au fond. C'est pourquoi la matière des <i>actions</i> est proposée dans les écoles comme un monstre invincible, à cause des obscurités &amp; des difficultés qui s'y rencontrent. En France on ne suit point les formules, ni l'ordre judiciaire des Romains. Il n'est pas besoin de qualifier positivement l'<i>action</i> que l'on intente ; il suffit de former la demande, &amp; d'en exposer le sujet. Un défaut de qualification, ou dans la manière, n'annulle pas le droit &amp; l'<i>action</i> du demandeur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , en choses morales, signifie un Acte, une oeuvre. <i>Actio, factum.</i> Il faut faire de bonnes <i>actions</i> pour gagner le ciel. Il a fait une <i>action</i> digne d'être immortalisée. Il faut compter la vie des hommes par leurs <i>actions</i> &amp; non point par leurs années. S. Evr. Cet homme a tant fait d'<i>actions</i> folles &amp; extravagantes, qu'il n'ose plus se montrer. Ablanc. Il ne faut pas s'imaginer que toutes les <i>actions</i> des Princes soient méditées, ni s'aviser d'y chercher un sens mystique &amp; allégorique. Balz. Les Gymnosophistes ne laissoient pas mettre à table ceux de leurs Ecoliers qui n'avoient fait aucune <i>action</i> louable pendant le jour. <i>Apul.</i> De Roc. On peut dire que toutes les passions des hommes par lesquelles l'ame se porte à quelque chose, comme l'amour, ou l'ambition, sont de véritables <i>actions,</i> plutôt que des passions ; &amp; qu'au contraire tous ces mouvemens par lesquels l'ame se trouve interrompue dans son <i>action,</i> sont de véritables passions, comme la tristesse. On dit, qu'un homme va rendre compte de ses <i>actions</i> à Dieu ; pour dire, qu'il va mourir.</p><p>Une belle <i>action</i> ne rend pas notre ombre plus grande. Ce proverbe rapporté par Rochefort signifie, qu'il ne faut point s'enorgueillir d'une belle <i>action.</i> C'est encore une espèce de proverbe que ce que dit le même Auteur : Toutes nos <i>actions</i> se prennent à deux ances ; les uns louent ce que les autres blâment.</p><p>On appelle <i>action</i> de graces, un témoignage de reconnoissance ; &amp; un remerciment pour un bienfait reçu. <i>Gratiarum actio.</i> Rendre mille <i>actions</i> de graces. On le dit aussi de la prière qu'on fait après le repas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , signifie quelquefois, Vertu, force d'agir. <i>Virtus, vis.</i> L'aimant perd son <i>action,</i> quand on le laisse long-temps sans être armé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se dit aussi de ces effets momentanées qui consomment toute la force d'agir de quelque chose. Ce petard a fait son <i>action</i> ou son effort en l'air. Une mine éventée n'a plus d'<i>action.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se dit aussi d'un discours public, comme est un Sermon, une Harangue, un Plaidoyer, <i>Oratio.</i> Ce Prédicateur, cet Avocat, a fait une fort belle <i>action.</i> Acad. Fr.</p><p>En parlant de quelques anciens Conciles, on appelle <i>action,</i> ce que, dans les derniers, on a appellé session. Ainsi quand on parle des Conciles d'Ephèse, ou de Constantinople, on dit, dans la première <i>action</i> du Concile il fut délibéré, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se dit encore pour signifier quelque fait remarquable, sur-tout en matière de guerre. <i>Praeclarus facinum.</i> Ce Capitaine, ce Soldat, a fait une <i>action</i> brillante, une <i>action</i> de vigueur &amp; d'éclat. La retraite de ce Général est une <i>action</i> aussi glorieuse qu'une victoire. Les armées sont si proches, que la campagne ne finira point sans quelque <i>action.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , se dit aussi en Peinture, de la posture &amp; de la disposition du corps, ou du visage, quand ils marquent quelque passion de l'ame. <i>Habitus, status.</i> Il étoit à genoux en <i>action</i> de suppliant. Il a peint Jupiter avec une <i>action</i> menaçante.</p><p>Au manège, on remarque l'<i>action</i> de bouche du cheval, qui lui fait mâcher son mors, &amp; jetter beaucoup d'écume : ce qui témoigne beaucoup de vigueur &amp; de feu. Ce cheval est toujours en <i>action.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="540" id="12" type="">
   <index type="head" value="ACTION" />
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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , en termes de Jurisprudence , est un droit qu'on a de poursuivre quelque demande, ou prétention en Justice. <i>Jus.</i> Il lui a cédé une <i>action</i> sur un tel ; il l'a subrogé en ses droits, noms, raisons &amp; <i>actions.</i></p><p>On appelle en Hollande <i>Action,</i> une obligation sur les deux Compagnies des Indes d'Orient, ou d'Occident. On nomme <i>Actionnistes,</i> ou <i>Actionnaires,</i> les propriétaires de ces sortes d'<i>actions.</i> Les <i>Actions</i> de la Compagnie des Indes sont montées à tant, sont diminuées de tant, sont à six pour cent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , signifie aussi quelquefois, Effets mobiliaires. Les créanciers d'un tel Marchand se sont saisis de toutes ses <i>actions</i> ; pour dire, qu'ils se sont saisis de toutes ses dettes actives.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="540" id="14" type="">
   <index type="head" value="ACTION" />
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    <head>ACTION</head>
    <p>
    Action , signifie encore une part ou un intérêt que l'on a dans quelque société de commerce, ou dans quelque entreprise, pour en partager les profits ou les pertes. Telles sont les <i>actions</i> de la Compagnie des Indes, les <i>actions</i> du Canal de Picardie, &amp;c. On dit fondre des <i>actions,</i> pour dire en faire de l'argent, les vendre. Les <i>actions</i> haussent &amp; baissent suivant les circonstances.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="541" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTIONAIRE" />
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    <head>ACTIONAIRE</head>
    <p>
    &#9758; ACTIONAIRE , s. m. Celui qui a une ou plusieurs actions dans une société de commerce. Les <i>Actionaires</i> se plaignent fort de ce qu'on ne paye point. Academie.</p><p>Mr Jourdan a dit <i>Actioniste.</i> Jean-Baptiste du Bois étoit resté seul des <i>Actionistes</i> de la quatorzième classe de la Tontine établie en France l'an 1689. <i>Journal Hist. Juin</i> 1717. Mais il faut s'en tenir au mot de l'Academie, &amp; laisser <i>Actioniste</i> à la Hollande, où il est en usage, selon le Dictionnaire de Commerce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="542" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ACTIONNER" />
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    <head>ACTIONNER</head>
    <p>
    ACTIONNER , v. act. Ne se dit qu'en termes de Palais , &amp; signifie, Intenter un procès à quelqu'un en matière purement civile, &amp; pour le payement d'une dette. <i>Litem intendere.</i> S'il refuse de me payer, je le ferai <i>actionner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="542" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACTIONNER" />
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    <head>ACTIONNER</head>
    <p>
    Actionné, ée , part. Il a la signification de son verbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="543" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTIVEMENT" />
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    <head>ACTIVEMENT</head>
    <p>
    ACTIVEMENT , adv. D'une manière active. Il ne se dit qu'en Grammaire. <i>In agendi significatione.</i> Ce verbe se prend <i>activement ;</i> c'est-à-dire, dans un sens actif, &amp; marque une action.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="544" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTIVITÉ" />
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    <head>ACTIVITÉ</head>
    <p>
    ACTIVITÉ , s. f. Vertu d'agir, faculté active, la force &amp; la chaleur pour agir. <i>Vis in agendo.</i> Le feu est l'agent qui a le plus d'<i>activité</i> dans la nature. Il éprouva sur son esclave l'<i>activité</i> du poison. Ablanc. La sphère d'<i>activité</i> d'un corps, est l'espace qui l'environne, &amp; dans lequel il peut répandre le mouvement qu'il a, pour produire quelque effet sensible. Lorsqu'il est au-delà de cet espace, il est hors de sa sphère d'<i>activité.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="544" id="2" type="">
   <index type="head" value="ACTIVITÉ" />
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    <head>ACTIVITÉ</head>
    <p>
    Activite , se dit figurément du feu de l'esprit, de la diligence dans le travail, de la promptitude dans l'action. <i>In agendo celeritas.</i> L'<i>activité</i> de son esprit s'étendoit si loin, qu'il y avoit peu de sciences où il n'eut pénétré. Les gens du monde n'ont point d'autre vie que celle des passions qui les animent &amp; qui font toute leur <i>activité.</i> Port-R. La piété a bien moins d'<i>activité</i> &amp; de feu que les passions. La Plac. Le même tempérament qui donne la diligence, donne une certaine <i>activité</i> à ceux qui en sont capables, qui les oblige à se faire à eux-mêmes mille affaires difficiles. M. Scud. La modération est la langueur de l'ame, comme l'ambition en est l'<i>activité,</i> l'ardeur. Rochef. Dans un jour de bataille son <i>activité</i> le multiplioit, pour ainsi dire, parce qu'il se trouvoit par-tout. Bourd.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="545" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTIUM" />
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    <head>ACTIUM</head>
    <p>
    ACTIUM , s. m. C'est le nom d'un Promontoire de l'Epire, devenu fameux par la victoire qu'Auguste remporta sur Antoine &amp; Cléopatre à la hauteur de ce Promontoire, &amp; qui décida de l'Empire entre eux. La bataille d'<i>Actium</i> se donna, selon Dion Cassius, le 6. d'Août, &amp; selon d'autres le second du même mois, l'année du 4e Consulat d'Auguste, la 30e avant l'Ère Chrétienne, l'an de Rome 723. ou 724. il y avoit aussi une Ville au même endroit nommée <i>Actium,</i> qu'Auguste fit agrandir &amp; embellir, &amp; qu'il nomma Nicopolis ; c'est-à-dire, <i>Ville de la Viotctre,</i> pour être un monument de celle qui lui assura l'Empire. Servius néanmoins <pb n="70" facs="bpt6k8542165/f110/full/1200,/0/native.jpg"/>dit que ce fut <i>Ambracia,</i> &amp; il appelle Leucate, &amp; non pas <i>Actium,</i> le Promontoire de l'Epire vis-à-vis duquel elle étoit située. Une médaille de Tyr frappée pour Marc-Aurèle porte au revers, sept. Tyrus metro colonia actia. Et dans l'exergue eracl. M. Vaillant en a inféré que l'on avoit célébré les jeux <i>Actiaques</i> à Tyr en l'honneur d'Apollon. Colon. T. II. p. 72. Une autre Médaille de Tyr, frappée pour Philippe le Père, a au revers dans une couronne Actia Kaicapia. Les Actiaques Césariens, ou joués à l'honneur de César. Probablement cela ne signifie autre chose que des jeux faits sur le rivage, ou au bord de la mer. Il y avoit dans cette Ville un Temple d'Apollon qu'Auguste rétablit, &amp; rendit plus magnifique. Aussi voit-on souvent sur le revers des Médailles de ce Prince un Apollon, avec Act. dans l'exergue. Servius, au même endroit, c'est-à-dire, sur le v. 274. du IIIe Liv. de l'Enéide, dit encore, qu'Auguste bâtit ce Temple, &amp; non pas seulement qu'il le rétablit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="546" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTIAQUE" />
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    <head>ACTIAQUE</head>
    <p>
    ACTIAQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient à <i>Actium.</i> Les jeux <i>Actiaques</i> furent institués, ou selon d'autres rétablis seulement par Auguste, en mémoire de la victoire d'<i>Actium.</i> Quelques-uns disent qu'ils se célébroient tous les trois ans : l'opinion la plus commune est qu'ils se célébroient tous les cinq ans à l'honneur d'Apollon. <i>Actia, orum.</i> Au reste, c'est un mécompte grossier de dire que Virgile semble insinuer qu'Enée les avoit fondés, parce qu'il dit, Aen. III. v. 280.</p><p>Il est vrai qu'il fait allusion aux jeux <i>Actiaques,</i> mais ce n'est que pour faire honneur à Auguste, qu'il attribue au Héros dont il tiroit son origine, ce que cet Empereur avoit institué, selon la remarque de Servius. Voyez sur ces jeux Meursius <i>de Graec. fer.</i> au mot , p. 12. Les années <i>Actiaques, Anni Actiaci,</i> sont les années d'une époque que l'on commence à la bataille d'<i>Actium,</i> &amp; qu'on appelle l'Ère d'Auguste. Les années <i>Actiaques</i> commencent en automne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="547" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>ACTIEN, ENNE</head>
    <p>
    ACTIEN, ENNE , adj. Qui est d'<i>Actium.</i> Le Temple d'Apollon <i>Actien</i> étoit très-riche &amp; très-bien bâti. T. Corn.</p><p>Le nom <i>Actium</i> vient du Grec , qui signifie rivage, d'où se forme , <i>qui est sur le bord de la mer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="548" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTRICE" />
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    <head>ACTRICE</head>
    <p>
    ACTRICE , Voyez <ref type="search" target="head:ACTEUR">ACTEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="549" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTUEL, ELLE" />
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    <head>ACTUEL, ELLE</head>
    <p>
    ACTUEL, ELLE , adj. qui est en effet ; réel &amp; effectif. <i>Quod est, aut existit re ipsa.</i> Un payement <i>actuel,</i> c'est un payement effectif, &amp; non chimérique. En Physique, on dit, une chaleur <i>actuelle,</i> par opposition à une chaleur <i>virtuelle,</i> &amp; ainsi de toutes les autres qualités physiques : en Théologie, une grace <i>actuelle,</i> par opposition à une grace <i>habituelle</i> ; un péché <i>actuel,</i> par opposition au péché <i>originel.</i> Et il a différens sens dans ces différentes phrases : Chaleur <i>actuelle,</i> s'il se prend activement c'est l'action de produire la chaleur : passivement, c'est la qualité qui fait qu'un corps est chaud. Et la chaleur <i>virtuelle</i> prise activement, c'est la puissance, la faculté de produire de la chaleur ; prise passivement, ce seroit la puissance, ou la faculté d'être échauffé, ou de recevoir la chaleur <i>actuelle</i> : mais on ne le dit point en ce sens là. Grace <i>actuelle,</i> c'est la grace que Dieu donne pour agir, pour faire une action. Grace <i>habituelle,</i> c'est la grace sanctifiante, l'habitude de la charité, une habitude inhérente en nos ames, &amp; qui les rend agréables à Dieu, &amp; dignes de la récompense éternelle. Péché <i>actuel,</i> c'est le péché que l'homme adulte commet par sa propre volonté. Péché originel, c'est celui que nous contractons par origine, comme enfans d'Adam.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="550" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACTUELLEMENT" />
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    <head>ACTUELLEMENT</head>
    <p>
    ACTUELLEMENT , adv. Véritablement, effectivement, d'une manière réelle &amp; actuelle. <i>Reipsa, Reapse.</i> Il l'a payé <i>actuellement</i> en deniers comptans. Il a toujours été à Paris, &amp; il y est encore <i>actuellement.</i> Ces Casuistes indulgens ont déchargé les hommes de l'obligation d'aimer Dieu <i>actuellement.</i> Pasc. Selon quelques-uns, <i>actuellement,</i> dans sa première &amp; plus ordinaire notion, signifie présentement. Les troupes sont <i>actuellement</i> en marche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="551" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACUDIA" />
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    <head>ACUDIA</head>
    <p>
    ACUDIA , s. m. Est un petit animal des Indes Occidentales ; il est fait comme un escargot, &amp; un peu plus petit qu'un moineau. Il sert à éclairer pour écrite, peindre, &amp; faire d'autres ouvrages pendant la nuit. Il a deux étoiles proche des yeux, &amp; deux autres sous les ailes qui rendent une grande clarté. Si quelqu'un se frotte la main ou le visage avec quelque humidité qu'il a dans ces étoiles, il paroîtra tout brûlant tant que cette humidité durera. Les Indiens s'en servoient pour s'éclairer ; car avant l'arrivée des Castillans ils n'avoient point l'usage des chandelles de suif, ni de cire. Herrera.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="552" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACUITZE-HUARIACUA" />
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    <head>ACUITZE-HUARIACUA</head>
    <p>
    ACUITZE-HUARIACUA , s. m. Plante considérable des Indes Occidentales. Ses feuilles sont semblables à la porelle, &amp; sortent de la racine même. Ses tiges sont rondes &amp; tendres, de la hauteur de 4 à 5 pouces. Au sommet de ses jettons naissent de petites fleurs, d'un blanc rougissant, assemblées en rond. Sa racine est ronde, blanche en dedans, jaunâtre en dehors. Cette plante croît dans les climats tempérés, ou un peu chauds, &amp; dans les lieux plats &amp; humides. On se sert, principalement en Médecine, de sa racine, qui est d'une nature tempérée, ou un peu plus froide &amp; plus humide que chaude &amp; sèche, &amp; qui est d'un goût doux &amp; agréable. Son suc, ou la liqueur qui en découle, appaise l'ardeur de la fièvre &amp; fortifie le coeur. C'est un contrepoison très-présent &amp; très-sûr. Il résiste aux piquûres venimeuses, principalement à celles du Scorpion. Sa racine sur-tout, broyée &amp; appliquée en emplâtres a beaucoup de force. Outre cela, cette plante appaise les douleurs des reins, tempère l'acrimonie des urines, modère les douleurs de poitrine, donne de l'appétit, guérit les tumeurs qui naissent à la gorge ; c'est même un remède contre toutes sortes de maladies, de quelque manière que l'on en use, si l'on en croit Hernandez dans son Histoire des Plantes du Mexique, L. VII. C. 53. d'où ceci est tiré. Cet Auteur dit que cette plante croît chez les Michuacanoix ; qu'on lui donne encore d'autres noms ; que quelques-uns l'appellent <i>Chipa huacaiztic,</i> à cause de ses qualités froides, &amp; de la blancheur de sa racine ; que d'autres la nomment <i>Huichocataqua.</i> Il ajoûte, qu'il a encore ouï parler d'une autre espèce d'<i>Acuitzehuariacua,</i> que les gens du Pays nomment Uquiro, &amp; d'autres Scorsonère ; mais qu'il ne l'a pas vue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="553" id="1" type="imprimerie">
   <index type="head" value="ACUT" />
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    <head>ACUT</head>
    <p>
    ACUT , Terme d'Imprimerie , qui se dit d'un caractère, marqué d'un accent aigu. <i>Litter a accentu acuto notata.</i> Un <i>é acut</i> est l'<i>e</i> ouvert ou masculin, qu'on est obligé de marquer ainsi, pour le distinguer de l'<i>e</i> feminin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="554" id="1" type="">
   <index type="head" value="ACUTANGLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>ACUTANGLE</head>
    <p>
    ACUTANGLE , adj. m. &amp; f. Il se dit des triangles, dont les trois angles sont aigus. Quand un triangle a les trois angles aigus, il s'appelle <i>acutangle,</i> ou Oxygone. Le P. Pardies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="555" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADAD" />
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    <head>ADAD</head>
    <p>
    ADAD , ou ADOD, s. m. <i>Adadus.</i> Nom d'une Divinité des Assyriens. Macrobe, qui en a parlé au Ch. 18. de son premier Livre, dit que ce nom signifioit, <i>un.</i> Il s'est trompé : <i>un</i> en Assyrien se disoit , <i>hhada,</i> &amp; non pas <i>hhadad,</i> qui signifioit plutôt <i>aigu.</i> Quelques-uns croient que c'étoit un Dieu, &amp; qu'on lui donnoit pour femme Adargatis, ou Athergatis. Selden <i>De Dits Syr. synt. t.</i> 1. prétend que <i>Adad</i> étoit le soleil, que ce nom ne marque pas mal les cris, ou les exhortations, les excitations de gens qui exhortent, <i>celeusma hortantium ;</i> &amp; qu'il pourroit bien avoir du rapport avec les cris des enfans, dans les sacrifices du Moloch. Il dit encore qu'il est différent de Ada, qui est du féminin, &amp; qui pourroit bien être la même Déesse qu'Atergatis, ou Decreto. Quelques-uns ont dit que ce Dieu <i>Adad</i> étoit <i>Adad</i> Roi de Syrie, dont Josephe parle dans le IX. Livre de ses Antiquités, C. 2. où il dit qu'<i>Adad</i> &amp; Azaël, qui lui succéda après l'avoir étouffé, sont honorés comme des Dieux par les Syriens, sur-tout à Damas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="556" id="1" type="">
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    <head>ADAGE</head>
    <p>
    ADAGE , s. m. Proverbe, sentence populaire, &amp; commune. <i>Adagium.</i> Il n'est en usage qu'en ces phrases. Les <i>Adages</i> d'Erasme. C'est un vieil <i>adage.</i> Autrement on ne le dit qu'en badinant ou pour mépriser un ouvrage chargé de vieux proverbes. Ce mot vient de <i>ad</i> &amp; <i>agor</i>, dit Scaliger ; <i>quòd agatur ad aliud signandum,</i> parce qu'on en use pour signifier autre chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="557" id="1" type="">
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    <head>ADALBAULD</head>
    <p>
    ADALBAULD , s. m. Nom propre, <i>Adalbaldus.</i> S. <i>Adalbauld</i> étoit de la race de Dagobert. Chast. 2. <i>Fév.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="558" id="1" type="">
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    <head>ADALBÈRT</head>
    <p>
    ADALBÈRT , ou ADÈLBÈRT, s. m. Voyez <ref type="search" target="head:Albert">Albert</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="559" id="1" type="">
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    <head>ADALIDE</head>
    <p>
    ADALIDE , s. m. <i>Adalis.</i> Les <i>Adalides</i> sont en Fspagne des Officiers de Justice pour les troupes. Rodrigue de Tolède, <pb n="71" facs="bpt6k8542165/f111/full/1200,/0/native.jpg"/>les Loix du Roi Alphonse, &amp; Grégoire Lopez en parlent. Suivant les Loix d'Alphonse, les <i>Adalides</i> sont des Officiers qui sont chargés de conduire les troupes dans leurs marches en temps de guerre. Lopez dit que les <i>Adalides</i> jugent les différends qui arrivent au sujet des courses qu'on fait dans le Pays ennemi, du partage du butin, &amp; de la restitution des choses qui se perdent : c'est encore aux <i>Adalides</i> à mettre pendant le jour des sentinelles qui les avertissent de tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="560" id="1" type="">
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    <head>ADAM</head>
    <p>
    ADAM , s. m. <i>Adam, ae ; Adamus.</i> Ce nom est purement Hébreu. Dieu lui-même semble en marquer l'origine, Gen. III. 19. lorsqu'il dit au premier homme : <i>Vous mangerez votre pain à la sueur de votre corps, jusqu'à ce que vous retourntez a la terre,</i> en Hébreu <i>el haadama ; car c'est d'elle que vous avez été pris.</i> Cependant on varie sur l'étymologie &amp; le sens de ce nom. La plus commune opinion est que ce nom vient de , <i>Adama,</i> terre, &amp; qu'il signifie terrestre ; de-là vient que les Pères Grecs l'interprètent , ou . D'autres veulent qu'il signifie <i>rouge,</i> du verbe Hébreu , <i>Adam, être rouge,</i> parce que la couleur de l'homme &amp; de sa chair est rougeâtre. D'autres joignent ces deux opinions, &amp; disent qu'<i>Adam</i> signifie celui qui est pris d'une terre rouge, &amp; qui pour cela est appellé rouge, aussi-bien que la terre dont il est formé. Ludolf. Hist. d'Ethiop. L. 1. C. 15. croit qu'il signifie beau, parfait, parce qu'en Ethiopien il a cette signification. Un Protestant d'Allemagne, nommé Neuman, prétend que la véritable racine de ce nom est , <i>dam,</i> verbe primitif qui signifie <i>acquiescer, être content,</i> &amp; répond aux mots Allemands, <i>ruhen, geruen, behuren ;</i> qu'ainsi , <i>Adam,</i> nom dérivé de ce verbe, signifie une chose à laquelle on acquiesce, qui fait plaisir, qui donne du contentement, qui est agréable ; que c'est pour cela qu'on a appellé le <i>rouge, Adam,</i> en Hébreu, comme la couleur qui plaisoit le plus ; &amp; qu'au contraire les Arabes appellent le blanc <i>Adam,</i> parce que le blanc est la couleur qui leur plaît davantage ; que c'est encore pour cela que dans l'Ethiopien <i>Adam</i> signifie, beau, agréable. Ainsi , <i>Adam,</i> selon cet Auteur, signifie <i>repos, acquiescement ;</i> &amp; la terre a été appellée <i>adama,</i> parce qu'elle est en repos, &amp; que dans la division des élémens elle est allée à l'endroit le plus bas, où elle persiste en repos : <i>Utpotè quae nihil aliud est nisi quiescens semper athmosphaerae hujus, totiusque universi sedimentum, quod in prima rerum divisione ima petiit, &amp; cui hodie omnia modo debito confirmata acquiescunt.</i> Pour le premier homme, il a été appellé <i>Adam,</i> c'est-à-dire, beau, agréable aux yeux de Dieu, conforme à Dieu, qui acquiesça à cet ouvrage de ses mains, &amp; en fut content ; &amp; parce qu'après l'avoir fait, Dieu se reposa. Mais tout cela n'est qu'une subtilité outrée. L'Ecriture marque le sens &amp; l'étymologie de ce mot, comme je l'ai dit, <i>Gen. III.</i> 19. &amp; encore II. 7. où elle dit que Dieu forma <i>Adam</i> d'argile, &amp; de l'<i>haadama ;</i> c'est-à-dire, de la terre. Car c'est ainsi mot à mot que l'Hébreu s'exprime ; &amp; ce jeu de mots, cette allusion de <i>adam</i> &amp; <i>adama,</i> semble n'être faite que pour nous marquer le sens du nom <i>Adam,</i> &amp; la raison pour laquelle il fut donné au premier homme. Voyez encore S. Paul, Cor. XV. 47.</p><p>Les Grecs célèbrent le 4. de Février, par une espèce de deuil, &amp; de cérémonies tristes, le bannissement d'<i>Adam</i> &amp; d'Eve du Paradis terrestre ; apparemment parce que c'est le premier jour auquel l'Eglise fasse souvenir les fidèles de la sentence portée contre <i>Adam,</i> en leur mettant de la cendre sur la tête, &amp; leur disant : Souvenez-vous, ô homme ! que vous êtes poussière, &amp; que vous retournerez en poussière. Car le 4e de Février est le jour des Cendres quand Pâques est le 22e Mars. Les mêmes Grecs célèbrent la mémoire d'<i>Adam</i> &amp; d'Eve, &amp; des autres Justes, le Dimanche qui précède la Nativité de N. S. Voyez leurs Ménologes, &amp; Bollandus, Fév. T. 1. P. 440.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="560" id="2" type="">
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    <head>ADAM</head>
    <p>
    Adam , dans l'Ecriture est aussi le nom de l'Espèce, &amp; signifie en général <i>homme.</i> Gen. V. 2. Dieu les créa homme &amp; femelle, &amp; appella leur nom homme. Genev. &amp; Lovan. En Hébreu <i>Adam.</i> Créons l'homme à notre image. Sacy.</p><p>Le second <i>Adam,</i> ou le second homme, dans S. Paul, c'est Jesus-Christ. 1. Cor. XV. 45. <i>Adam</i> le premier homme a été créé avec une ame vivante, &amp; <i>le second Adam</i> a été rempli d'un esprit vivifiant. v. 47. Le premier homme est le terrestre formé de la terre, &amp; le <i>second homme</i> est le céleste descendu du Ciel. Port-R.</p><p>Quelques Grecs interprètent cabbalistiquement le nom <i>Adam,</i> &amp; disent que A signifie , l'<i>orient ;</i> D, , le <i>couchant</i> : A, , le septentrion : M, , le midi ; parce qu'il étoit Roi des quatre parties du monde, ou qu'il devoit les peupler, &amp; les remplir, ou qu'il étoit un petit monde, .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="561" id="1" type="">
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    <head>ADAMA</head>
    <p>
    ADAMA , s. f. <i>Adama.</i> Les Traducteurs de Genève, &amp; les Desmarets prononcent <i>Adma,</i> gardant les voyelles &amp; la prononciation Hébraïques. C'est une Ville de la Pentapole, proche de Sodome &amp; de Gomorrhe, &amp; qui fut consumée avec elle par le feu que Dieu fit pleuvoir sur ces Villes infames. Les limites de Chanaam furent depuis le Pays qui est en venant de Sidon à Gerara jusqu'à Gaza, &amp; jusqu'à ce qu'on entre dans Sodome, dans Gomorrhe, dans <i>Adama,</i> &amp; de Seboin jusqu'à Lesa. Sacy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="562" id="1" type="">
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    <head>ADAMITES</head>
    <p>
    ADAMITES , s. m. Ce sont d'anciens hérétiques, qui ont voulu imiter la nudité d'<i>Adam,</i> comme si l'homme avoit été rétabli dans l'état de l'innocence originelle. <i>Adamitae.</i> Ils assistoient tout nuds dans les temples, &amp; se joignoient publiquement avec les femmes. S. Epiphane, S. Augustin &amp; Isidore en font mention. Prodicus fut Auteur de la Secte des <i>Adamites,</i> au rapport de Théodoret. C'étoit un rejetton des Basilidiens &amp; des Carpocratiens. Ils avoient toutes les mêmes erreurs. Cette Secte se renouvella vers le commencement du XVe siècle. Leur Chef s'appelloit <i>Picard.</i> Il passa de Flandre en Allemagne. Il prétendoit rétablir la loi de la nature, qui selon lui consistoit en deux points ; la communauté des femmes, &amp; la nudité. Ces derniers marchoient nuds dans les places publiques ; au-lieu que ceux dont parle S. Epiphane, &amp; qui ne subsistoient plus de son temps, ne se dépouilloient de leurs habits que dans leurs assemblées. Il y a des <i>Adamites</i> en Angleterre, qui font leurs assemblées de nuit, &amp; qui ont pour devise ce vers Latin :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="563" id="1" type="">
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    <head>ADAPTATION</head>
    <p>
    ADAPTATION , s. f. Action par laquelle on applique une chose à une autre. <i>Accommodatio.</i> L'<i>adaptation</i> de ce mot convient fort bien au sujet, il est bien appliqué. On ne le dit guère que dans le Dogmatique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="564" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADAPTER" />
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    <head>ADAPTER</head>
    <p>
    ADAPTER , v. act. Appliquer, ajuster, accommoder une chose à une autre. <i>Accommodare.</i> Ce vers de Virgile lui a été bien <i>adapté.</i> Cette comparaison est ingénieuse, mais elle est mal <i>adaptée.</i> On s'en sert principalement en pratique. Le créancier est en droit d'<i>adapter</i> les premiers payemens sur les arrérages, &amp; non sur le capital. Ce mot vient du Latin, &amp; est composé de <i>ad</i> &amp; <i>aptare</i>. On s'en sert aussi en Chymie en parlant des distillations. <i>Adapter</i> un récipient au chapiteau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="564" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADAPTER" />
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    <head>ADAPTER</head>
    <p>
    Adapter , en Architecture, c'est approprier une saillie, ou un ornement à quelque corps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="564" id="3" type="">
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    <head>ADAPTER</head>
    <p>
    Adapté, ée , part. &amp; adj. <i>accommodatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="565" id="1" type="">
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    <head>ADAR</head>
    <p>
    ADAR , s. m. <i>Adar.</i> C'est le nom du dernier mois, ou de la dernière lunaison de l'année Hébraique, ou Juifve, comme il est dit dans Esther XVI. 20. Ce nom ne se trouve point avant ce temps-là dans les Livres de l'Ecriture ; les Juifs l'avoient pris des Babyloniens. Les Hébreux d'abord ne donnerent point de noms à leurs mois : ils disoient, le premier, le second, le troisième mois, &amp;c. comme on le voit dans les Livres de Moyse, &amp; dans beaucoup d'autres endroits. Dans la suite, quand ils eurent plus de commerce avec leurs voisins, ils emprunterent d'eux les noms des mois. C'est dans l'Histoire de Salomon 3. <i>Reg.</i> VI. 1. 38. que nous trouvons pour la première fois des noms propres de mois. Ce Prince introduisit bien des coutumes étrangères : il paroît même que l'usage ne s'en établit pas encore trop bien ; car nous n'en trouvons qu'en ce seul endroit, &amp; deux seulement, <i>Zio,</i> &amp; <i>Bul.</i> Mais pendant la captivité de Babylone, les Juifs prirent des Chaldéens les noms des mois, &amp; nous en trouvons plus communément depuis ce temps-là. C'est de-là que vint celui d'<i>Adar.</i> Comme les Juifs avoient <pb n="72" facs="bpt6k8542165/f112/full/1200,/0/native.jpg"/>le Cycle de 19. ans, &amp; un mois intercalaire de temps en temps, il y avoit ces-années-là deux mois <i>Adar.</i> Le premier <i>Adar</i> étoit de 30. jours ; le second n'en avoit que 29. Les années communes, ou non intercalaires, <i>Adar</i> n'avoit encore que 29. jours. Les années du Cycle de 19. ans, qui avoient deux <i>Adar,</i> étoient la 3e, la 6e, la 8e, la 11e, la 17e, &amp; la 19e. Voyez le Calendrier Hébraïque de Munster, &amp; celui qu'a donné Bartholocci dans la Biblioth. Rabbin. T. II. pag. 392. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="566" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADARCA" />
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    <head>ADARCA</head>
    <p>
    ADARCA , s. f. Ecume salée qui s'amasse dans les marais pendant la sècheresse. Cette drogue est sèche, &amp; tellement chaude qu'elle a une vertu caustique. On dit <i>Adarce.</i> L'<i>adarce</i> est acre : on se sert de l'<i>adarce</i> pour les dartres, on mêle l'<i>adarce</i> avec de la graisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="567" id="1" type="">
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    <head>ADARGATIS</head>
    <p>
    ADARGATIS , ou ADÈRGATIS, ou ATÈRGATIS, s. f. Nom d'une Divinité des Syriens, dont ils faisoient la femme du Dieu Adad, &amp; que Selden, <i>de Diis Syris Syntagm. II. C.</i> 2. croit avoir été la même que le Dieu Dagon, dont les Européens, par corruption, ont fait Adirdaga, Atèrgatis, Adèrgatis, Dercéto ; &amp; même Argatis, qui se trouve dans Tertullien, <i>adv. Nation. L. II. C.</i> 8. Dans ce sentiment il faut dire que <i>Adargatis</i> s'est formé de <i>adar,</i> grand, magnifique, &amp; de <i>Dagon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="568" id="1" type="">
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    <head>ADARIGE</head>
    <p>
    ADARIGE , Quelques Chymistes donnent ce nom au sel Ammoniac. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="569" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADDAD" />
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    <head>ADDAD</head>
    <p>
    ADDAD , s. m. C'est le nom que les Arabes donnent à une racine d'herbe fort amère, qui se trouve en Numidie, &amp; par toute l'Afrique, &amp; qui est si venimeuse, que 30 ou 40 goutes d'eau distillées de cette racine, sont capables de faire mourir une personne en une heure. Ablanc. <i>trad. de Marmol. L. VII. C.</i> 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="570" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADDITION" />
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    <head>ADDITION</head>
    <p>
    ADDITION , s. f. Augmentation, adjonction, supplément, action par laquelle on ajoûte une chose à une autre. <i>Adjectio.</i> Quand il s'agit de l'Ecriture Sainte il ne faut faire aucune <i>addition</i> au texte, de peur de le corrompre, ou d'en altérer le sens. On dit en Physique, que tous les corps naturels se forment par <i>addition</i> de parties.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="570" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADDITION" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ADDITION</head>
    <p>
    Addition , se dit aussi de la chose ajoûtée qui sert à en amplifier une autre. <i>Additamentum, accessio, adjunctio.</i> Les <i>additions</i> marginales d'un tel Livre sont excellentes. La plupart des Auteurs qui font réimprimer leurs Livres, y font des <i>additions</i> &amp; des supplémens : ils font souvent des <i>additions</i> superflues, au lieu de retrancher l'inutile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="570" id="3" type="palais">
   <index type="head" value="ADDITION" />
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    <head>ADDITION</head>
    <p>
    Addition , en termes d'Arithmétique, &amp; d'Algèbre, est la première des quatre règles fondamentales de ces sciences : elle fait trouver la somme totale que composent plusieurs nombres, ou quantités particulièrement ajoûtées ensemble. <i>Additio.</i> On arrange ces nombres les uns sons les autres ; ensorte que les nombres simples soient sous les nombres simples : les dixaines sous les dixaines : ce qui forme plusieurs colonnes. On commence à compter par la dernière colonne, de haut en bas. Si les nombres de cette colonne étant assemblés n'excèdent point le nombre de 9, il faut marquer sous cette ligne dans le rang de la même colonne, le nombre que vous avez trouvé. S'ils excèdent le nombre de 9, il faut marquer sous la même colonne le nombre qui excède, &amp; retenir l'autre pour transporter à la colonne suivante, &amp; le joindre avec ceux de cette colonne, comme étant de même valeur. Roh. Le nombre qui résulte de l'<i>addition,</i> ou de l'assemblage de ces nombres particuliers, s'appelle la somme.</p><p>Exemples d'<i>additions</i> Arithmétiques.</p><p>Si les nombres sont de différentes dénominations, par exemple, de livres ; de sols &amp; de deniers, il faut ajoûter ensemble tous ceux d'une même dénomination, en commençant par la plus basse ; &amp; si après l'addition il y en a assez pour faire un nombre d'une dénomination plus haute, par exemple assez de deniers pour faire un, ou plusieurs sols, il faut les ajoûter aux chiffres de cette dénomination ; c'est-à-dire, aux sols, &amp; ne retenir pour les deniers que les nombres qui ne montent pas jusqu'à douze, &amp; ne peuvent par consequent faire un sol ; &amp; ainsi des sols par rapport aux livres. Exemple.</p><p>En Algèbre, l'<i>addition</i> se fait, en joignant ensemble les quantités proposées, &amp; conservant leurs propres marques. La marque de l'<i>addition</i> en Algèbre est +, que l'on suppose toujours appartenir à la quantité qui suit. Ainsi si vous voulez ajoûter 2 <i>a</i> à 3 <i>a,</i> la somme sera 2 <i>a</i> + 3 <i>a</i> ; c'est-à-dire, 2 <i>a,</i> plus 3 <i>a,</i> ou 5 <i>a.</i> Ou si vous ajoûtez <i>a</i> + 2 <i>b</i> à <i>c + bb.</i> La somme sera <i>a</i> + 2 <i>b</i> + <i>c</i> + <i>b b.</i></p><p>Pour faire plus aisément l'<i>addition</i> en Algèbre, voici les règles qu'il faut observer.</p><p>1°. Quand on veut additionner des entières simples &amp; semblables ; il faut joindre en une somme tous les nombres, &amp; joindre à cette somme les lettres par lesquelles une de ces quantités est exprimée. Par exemple,</p><p>- <i>b</i> - 2 <i>b</i> fait - 3 <i>b</i></p><p>Et</p><p>+ <i>b c d</i> + 2 <i>b c d</i> + 4 <i>b c d</i> fait 7<i>b c d</i></p><p>Et - 36 <i>d c</i> - 4<i>d c</i></p><p>La somme est - 40<i>d c</i></p><p>2°. Quand deux quantités simples &amp; semblables ont deux nombres égaux devant elles, mais des signes ou des marques différentes ; c'est-à-dire, que l'une a la marque de l'addition + &amp; l'autre la marque de la soustraction -, alors la somme est o.</p><p>Ainsi + 3 <i>a</i> - 3 <i>a</i> fait 00</p><p>- <i>b b</i> + <i>b b</i> fait 00</p><p>Et + 7<i>d c c</i> - 7 <i>d c c</i> fait 00</p><p>La raison en est manifeste, parce qu'une quantité qui a devant soi un signe négatif, est directement contraire à une égale quantité, qui aura devant soi un signe affirmatif. Ainsi elle la détruit entièrement. Si un homme a 10 l. dans sa cassette, &amp; qu'il vienne à s'endetter de 10 livres ; c'est-à-dire, si vous ajoûtez à ce qui est dans sa cassette -- 10 l. moins dix livres, il ne reste rien. Ainsi c'est une règle générale en Algèbre que ajoûter -- c'est la même chose qu'ôter + ; &amp; ôter -- c'est la même chose qu'ajoûter + ; &amp; ôter + c'est la même chose qu'ajoûter --.</p><p>3°. Si l'on propose des quantités simples &amp; semblables, mais qui aient des signes différens, &amp; des nombres inégaux, ôtez le plus petit nombre du plus grand ; &amp; ajoûtez au nombre qui reste la lettre, ou les lettres qu'avoient ces deux nombres, &amp; mettez devant ce même reste la marque <pb n="73" facs="bpt6k8542165/f113/full/1200,/0/native.jpg"/>du plus, d'où vous avez fait la soustraction. Ainsi +3 <i>a</i> - <i>a =</i> + 2 <i>a</i> Et -8 <i>b</i> + 2 <i>b</i> = - 6 <i>b.</i></p><p>On en voit la raison par ce qui a été dit dans la règle précédente.</p><p>4°. Quand il faut additionner plusieurs quantités simples &amp; semblables, mais qui ont des signes différens, faites une addition des quantités affirmatives, &amp; une autre des quantités négatives ; faites ensuite l'addition de ces deux sommes, selon la troisième règle que nous venons de donner. La somme de cette dernière addition sera celle que vous cherchez. Par exemple.</p><p>-7 a - 3 a } -10 a + 5a + 9 a } +14 a</p><p>Somme + 4 <i>a</i></p><p>Avec un peu de réflexion sur ces règles, on peut aisément faire l'addition des quantités composées. Ainsi</p><p>+ 3 <i>e e</i> + 7 <i>b b</i> - <i>e e</i> - 2 <i>b b</i> + <i>f f</i> + 3 <i>f f</i> = + 3 <i>e e</i> + 7 <i>b b</i> + 4 <i>f f</i> - <i>e e</i> - 2 <i>b b</i></p><p>La somme + 2 <i>ee</i> + 5 <i>bb</i> + 4 <i>ff.</i> Harris.</p><p>On dit en termes de Palais <i>additions</i> premières, secondes, troisièmes : ce sont les nouvèlles écritures qu'on donne après avoir fourni de défenses &amp; de repliques. Les <i>additions</i> sont défendues par l'Ordonnance de 1667. On dit aussi, Informer par <i>addition,</i> quand on informe après qu'une première information est close &amp; decrétée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="571" id="1" type="arithmetique">
   <index type="head" value="ADDITIONNER" />
   <index type="src_domain" value="arithmetique" />
   <index type="macro_domain" value="Mathématiques" />
   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>ADDITIONNER</head>
    <p>
    ADDITIONNER , v. act. Terme d'Arithmétique . <i>Addere.</i> Assembler plusieurs sommes pour en savoir le total.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="572" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADDOMESTIQUER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADDOMESTIQUER</head>
    <p>
    ADDOMESTIQUER . Voyez <ref type="search" target="head:ADOMESTIQUER">ADOMESTIQUER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="573" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADDUCTEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>ADDUCTEUR</head>
    <p>
    ADDUCTEUR , adj. m. Ést une épithète que les Médecins donnent au troisième muscle des yeux qui les fait mouvoir du côté du nez, comme les menant de ce côté-là. On l'appelle aussi <i>buveur,</i> parce que c'est un mouvement qu'on fait d'ordinaire en buvant. On le dit aussi des muscles qui sont dans le pouce, &amp; dans les autres parties du corps qui ont besoin d'un mouvement en dedans. Ce mot vient du Latin <i>adducere</i>, Amener. Le second muscle de l'index est l'<i>adducteur.</i> Il prend son origine à la partie antérieure du premier os du pouce, &amp; se va insérer au premier os du doigt indice, qu'il approche du pouce. Dionis. Il y a aussi des <i>adducteurs</i> des jambes, &amp; des orteils des pieds. L'<i>adducteur</i> du second orteil du pied est son troisième muscle qui s'appelle encore <i>Tenard.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="574" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ADDUCTION" />
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    <head>ADDUCTION</head>
    <p>
    ADDUCTION , s. f. <i>Adductio.</i> Terme d'Anatomie . Le mouvement d'<i>adduction,</i> est celui qui mene les doigts vers le pouce. Dionis. Les muscles lumbricaux, ou vermiculaires, sont placés dans la paume de la main, &amp; prennent leur origine des tendons du profond &amp; du ligament annulaire, puis portés vers la partie interne des doigts, s'insèrent à leur seconde articulation, pour l'<i>adduction.</i> Le mouvement d'<i>adduction</i> dans les yeux est celui qui les tourne vers le nez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="575" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADELAÏDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ADELAÏDE</head>
    <p>
    ADELAÏDE , s. f. <i>Adelaïs,</i> Nom propre. On a dit aussi Adelaïs, &amp; par contraction, ou par corruption, Alix, car Alix est la même chose qu'Adelais ; ce qui paroît, parce que quelques femmes qui ont porté ce nom sont appellées tantôt Adelais, ou Alix, comme, par exemple, Adelais, ou Alix, femme d'Hugues Capet ; Adelaïs, ou Alix, femme de Raoul Roi de Bourgogne au Xe. Siècle ; Adelais, ou Alix, fille du Roi Robert &amp; femme de Richard II. Duc de Normandie, dans l'onzième siècle. Dans le même siècle <i>Alix,</i> ou <i>Adele,</i> Comtesse de Crepi, ou de Valois, mère d'Alix, qui porta ces terres à Hugues, le Grand fils d'Henri I. &amp;c. On trouve aussi quelquefois Adelheis, &amp; Adelis. De-là s'est fait <i>Adlis,</i> puis <i>Alis,</i> que l'on trouve en effet pour <i>Alix.</i> Et M. Chastelain dit dans ses notes sur le Martyrologe 5. Févr. qu'à Cologne le petit Peuple au lieu de sainte Adelais la nomme sainte <i>Alez.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="576" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADELARD" />
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    <head>ADELARD</head>
    <p>
    ADELARD . Voyez <ref type="search" target="head:ALLARD">ALLARD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="577" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADELBERT" />
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    <head>ADELBERT</head>
    <p>
    ADELBERT , subst. masc. <i>Adelbertus.</i> Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:ALBERT">ALBERT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="578" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADELITES" />
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    <head>ADELITES</head>
    <p>
    ADELITES , s. m. &amp; pl. <i>Adelitae.</i> Les Espagnols appellent ainsi certains Peuples qui font profession de deviner les choses futures, par le vol ou le chant des oiseaux, par la rencontre des bêtes sauvages, &amp; autres moyens semblables. Ils les appellent encore <i>Almoganens.</i> Les <i>Adelites</i> conservent parmi eux des livres de cette prétendue science. C'est ce qu'en rapporte Valla <i>L. I. Histor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="579" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADEMAR" />
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    <head>ADEMAR</head>
    <p>
    ADEMAR , ou ADIMAR, ou ADHEMAR. <i>Ademarus, Ademarus, Adhemarus.</i> Noms propres d'homme &amp; de familles, qui sont tous trois la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="580" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="ADEMPTION" />
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    <head>ADEMPTION</head>
    <p>
    ADEMPTION , s. f. Terme de Jurisprudence . Révocation, retranchement. <i>Ademptio.</i> L'<i>ademption</i> d'un legs peut être, ou expresse, ou tacite. Elle est expresse, si le Testateur déclare formellement qu'il révoque ce qu'il avoit légué ; &amp; tacite, lorsque le Testateur ne révoque qu'indirectement le legs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="581" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADEN" />
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    <head>ADEN</head>
    <p>
    ADEN . <i>Aden. Adena, Adenium.</i> Nom d'une Ville de l'Arabie heureuse, &amp; non pas de la haute Ethiopie, Cornelius l'a dit dans le Marmol François. <i>Aden</i> est un Port de Mer célèbre, depuis sur-tout que les Portugais ont détruit Adel, dont tout le commerce a passé à <i>Aden.</i> Marmol. <i>Aden</i> est dans une presqu'Isle de la Côte Méridionnale, vis-à-vis du Cap de Guadarfui. Les Portugais assiégerent inutilement <i>Aden</i> en 1513. Les Turcs la prirent en 1538. Maty. Ce nom est Arabe, le même que <i>Eden</i> en Hébreu, dont il vient originairement. Il signifie un lieu délicieux. On l'a donné dans l'Orient à plusieurs lieux différens, à cause de leur beauté, de même que le nom de Beaulieu en notre langue ; car <i>Aden</i> est un nom Arabe, &amp; originairement Hébreu, qui signifie délices, &amp; est le même que <i>Eden,</i> . La Montagne d'<i>Aden</i> qui a des mines d'argent, est dans le Royaume de Fez. La Ville d'<i>Aden,</i> Capitale du Royaume d'<i>Aden,</i> est dans l'Arabie heureuse, &amp; appartient au Prince de la Mecque. Elle porte ce nom à juste titre ; car on dit qu'elle est une des plus belles &amp; des plus délicieuses du Pays. Alphonse d'Albuquerque assiégea <i>Aden</i> en 1513. Les Turcs la prirent en 1538. Tel est ce port célèbre nommé <i>Adana,</i> ou <i>Aden,</i> si fréquenté depuis plusieurs siècles, qui pour avoir été le lieu le plus délicieux d'une Région très-délicieuse, je veux dire de l'Arabie heureuse, a été nommé lui-même l'Arable heureuse, comme renfermant en soi toutes les beautés de cette Contrée ; quoiqu'outre cet <i>Adana</i> il y en eût encore une autre méditerranée dans le même Pays, portant le même nom que la première, &amp; pour la même raison. Huet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="582" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADENA" />
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    <head>ADENA</head>
    <p>
    ADENA , ou ADANA, s. f. Aujourd'hui Malmistra. Ville Archiépiscopale de Cilicie, dans l'Anatolie. Un fleuve nommé Gehon, c'est le Pyramus des Anciens, passe par la Ville d'<i>Adana.</i> Huet. Le nom <i>Adana</i> est le même que celui d'Eden. Id. &amp; que celui d'<i>Aden.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="583" id="1" type="pratique & de coutumes">
   <index type="head" value="ADENÉRER" />
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    <head>ADENÉRER</head>
    <p>
    ADENÉRER , v. act. Vieux terme de pratique &amp; de Coutumes , dont on se servoit dans les licitations, pour dire, mettre à prix. <i>Pretium statuere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="584" id="1" type="charpenterie & de menuiserie">
   <index type="head" value="ADENT" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie & de menuiserie" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>ADENT</head>
    <p>
    ADENT , s. m. Terme de Charpenterie &amp; de Menuiserie , qui se dit de certaines entailles ou emboëtures qui se font en forme de dents, pour mieux lier &amp; assembler des pièces de bois, ou des tenons dans des mortaises. Assemblage en <i>adent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="585" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADEODAT" />
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    <head>ADEODAT</head>
    <p>
    ADEODAT , s. m. <i>Adeodatus.</i> Nom, ou surnom qu'on a donné à plusieurs hommes, &amp; qui est formé du Latin, &amp; signifie <i>Donné de Dieu</i> ; ou, comme on a dit en François, Dieu-donné, ou de Dieu-donné. Le Pape <i>Adeodat</i> fut élû en 671. après Vitalien. Philippe Auguste &amp; Louïs XIV. ont été surnommés <i>Adeodat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="586" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADEONE" />
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    <head>ADEONE</head>
    <p>
    ADEONE , s. f. <i>Adeona.</i> Déesse à laquelle les Romains se recommandoient quand ils alloient quelque part, comme témoigne Saint Augustin dans la Cité de Dieu. L. IV. C. 22.</p><p>Ce mot a été formé du Verbe <i>Adeo, Je vais, J'entre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="587" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADÈPTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>ADÈPTE</head>
    <p>
    ADÈPTE , s. m. <i>Adeptus.</i> Les <i>Adèptes.</i> Nom de certains. Alchymistes, qui prétendent avoir trouvé le secret de la transmutation des métaux, ou la Pierre Philosophale. Harr.</p><p>Ce nom vient du participe <i>adeptus,</i> du verbe Latin <i>adipiscor,</i> qui signifie, <i>trouver, acquérir,</i> parce qu'ils prétendent avoir trouvé le grand secret de la transformation des métaux. Ces Alchymistes disent qu'il y a toujours douze <i>Adèptes,</i> <pb n="74" facs="bpt6k8542165/f114/full/1200,/0/native.jpg"/>qui sont remplacés par d'autres, lorsqu'il plaît à quelqu'un de la fraternité de mourir, ou de se transporter lui-même quelque part où il puisse faire usage de son or ; car dans ce mauvais monde-ci, disent-ils, il ne leur procure pas une chemise. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="588" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADER" />
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    <head>ADER</head>
    <p>
    ADER . Voyez la Tour d'<i>Ader</i> ; car c'est une erreur de prendre <i>Ader</i> seul pour tout le nom de ce lieu, &amp; de dire qu'il signifie la Tour du troupeau ; car <i>Ader</i> signifie seulement troupeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="589" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADÊS" />
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    <head>ADÊS</head>
    <p>
    ADÊS , vieux mot, qui veut dire, selon Pasquier, <i>incontinent, maintenant, alors.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="590" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADÈSSÉNAIRES" />
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    <head>ADÈSSÉNAIRES</head>
    <p>
    ADÈSSÉNAIRES , s. m. &amp; f. <i>Adessenarii.</i> Hérétiques qui croient que Jesus-Christ est dans l'Eucharistie, mais d'une manière différente du Dogme Catholique. Les <i>Adessénaires</i> sont de quatre différentes opinions sur cela. Les uns soutiennent qu'il faut dire que le Corps de Jesus-Christ est au Pain ; les autres qu'il est à l'entour du Pain ; les autres qu'il est avec le Pain ; &amp; les autres enfin, qu'il est sous le Pain. Les <i>Adessenaires,</i> comme il paroît par-là, sont ceux qu'on appelle autrement <i>Impanateurs. Adessénaire,</i> est un nom forgé par Pratéole. Il vient du verbe Latin <i>adesse, adsum.</i> Je suis présent. Mais il n'a jamais été dans l'usage ordinaire, &amp; nulle Secte ne l'a porté. Quelques-uns de nos Auteurs s'en servent néanmoins, comme Jovet &amp; le Dictionnaire Historique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="591" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ADÈXTRÉ, ÉE" />
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    <head>ADÈXTRÉ, ÉE</head>
    <p>
    ADÈXTRÉ, ÉE , adj. Terme de Blason , qui se dit des pièces qui se mettent au côté dextre de l'Ecu ; comme au contraire, ce qui se met au côté sénestre se dit <i>sénestré. Habens ad dexteram, ad sinistram.</i> On le dit aussi, lorsque l'on blasonne la partie droite de l'Ecu, &amp; qu'elle est d'un émail différent de la gauche.</p><p>On dit encore d'un pal, ou autre pièce, qui a, par exemple, un lion à sa droite, qu'il est <i>adextré</i> de ce lion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="592" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="ADHÉRENCE" />
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    <head>ADHÉRENCE</head>
    <p>
    ADHÉRENCE , Terme de Philosophie . Etat de deux corps qui tiennent ensemble ; soit parce que leurs parties sont contiguës, ou engagées les unes avec les autres ; soit parce qu'ils sont seulement comprimés par l'action des corps extérieurs qui les touchent immédiatement. <i>Adhaesio, copulatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="592" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADHÉRENCE" />
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    <head>ADHÉRENCE</head>
    <p>
    Adhérence , s. f. attachement à une chose, à un parti, ou à un sentiment. <i>Adhaesio.</i> L'<i>adhérence</i> à l'Hérésie emporte excommunication. On dit aussi en Médecine &amp; en Anatomie l'<i>adhérence</i> de la peau. l'<i>adhérence</i> des poumons. Les poumons sont quelquefois attachés à la pleure, &amp; au diaphragme, par des ligaments fibreux. La cause de cette <i>adhérence</i> embarrasse les Anatomistes. Dionis.</p><p>Il signifie figurément, Complaisance, condescendance en des choses où on ne devroit point en avoir. Ce père a gâté son fils par une mauvaise <i>adhérence</i> à toutes ses fantaisies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="593" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADHÉRENT, ENTE" />
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    <head>ADHÉRENT, ENTE</head>
    <p>
    ADHÉRENT, ENTE . adj. Qui est joint, contigu, attaché à quelque chose. <i>Adhaerens, inhaerens.</i> Il a acheté cette maison, parce qu'elle étoit <i>adhérente</i> à la sienne. La gangrène corrompt toutes les parties <i>adhérentes,</i> ou voisines. La pierre est <i>adherente</i> à la vessie.</p><p>D'autres écrivent <i>adhérant, ante,</i> comme étant participe du verbe adhérer. La peau est plus <i>adhérante</i> à l'homme qu'à certains animaux, ce qui fait qu'ils la meuvent plus aisément. Dionis. La chaux ne vaut rien quand elle est éteinte en certaines eaux ; au lieu que d'autres la rendent beaucoup plus liée, plus forte &amp; plus <i>adhérante.</i> Le P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="593" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADHÉRENT, ENTE" />
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    <head>ADHÉRENT, ENTE</head>
    <p>
    Adhérent , s. m. Se dit au figuré de ceux qui suivent un même parti, qui sont dans les mêmes sentimens, ou dans les mêmes intérêts. <i>Studiosus.</i> Tous les <i>adherens</i> d'Antoine furent déclarés ennemis du Sénat. Ablanc. On a excommunié cet Hérétique, &amp; tous ses fauteurs &amp; <i>adhérens.</i> Il ne se prend qu'en mauvaise part.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="594" id="1" type="">
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    <head>ADHÉRER</head>
    <p>
    ADHÉRER , v. act. Etre joint, &amp; uni ; être tous près. <i>Adhaerere.</i> Il n'est guère en usage au propre, si ce n'est dans le Dogmatique, où l'on dit que l'accident <i>adhère</i> nécessairement à la substance : &amp; en Médecine ; C'est une maladie du poumon d'<i>adhérer</i> aux parois du thorax.</p><p>Au figuré il signifie, être attaché aux sentimens de quelqu'un ; les approuver. <i>Studere, studiosum esse.</i> Il n'a jamais <i>adhéré</i> aux Hérétiques ; pour dire, Il n'a jamais été de leur parti. Pourquoi poussez-vous la complaisance jusqu'à <i>adhérer</i> à toutes ses fantaisies ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="594" id="2" type="pratique">
   <index type="head" value="ADHÉRER" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ADHÉRER</head>
    <p>
    Adhérer , se dit aussi en termes de pratique , &amp; signifie, Confirmer un premier acte par un subséquent. Interjetter une appellation nouvelle, en <i>adhérant</i> à la première. La Cour <i>adherant</i> aux conclusions du Procureur Général.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="595" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADHÉSION" />
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    <head>ADHÉSION</head>
    <p>
    ADHÉSION , subst. f. Attache, jonction, liaison. <i>Ahaesio.</i> Les Scholastiques, &amp; nommément Saint Bonaventure distinguent deux certitudes. L'une de spéculaton, qui naît de l'évidence de la chose ; &amp; l'autre d'<i>adhésion,</i> qui naît non pas de l'évidence, mais de l'importance de la chose, &amp; de l'intérêt qu'on y a. Ainsi la volonté <i>adhère</i> fortement à la vérité, à cause de l'intérêt qu'elle a à la croire. C'est-là ce que les Scholastiques appellent certitude d'<i>adhésion.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="596" id="1" type="">
   <index type="head" value="AD HONORES" />
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    <head>AD HONORES</head>
    <p>
    &#9758; AD HONORES . Cette expression Latine, adoptée par notre Langue, peut s'expliquer par une autre qu'elle a reçue aussi. <i>Ad honores,</i> c'est-à-dire, pour garder le <i>decorum,</i> pour observer les loix de la bienséance. Madame Deshoulières, en faisant sentir dans une Balade les inconvéniens qu'il y a d'épouser une belle femme qui n'est pas riche, dit avec esprit :</p><p>Étant dans le carosse de M. le Cardinal de Rets, &amp; passant sur le Pont-neuf, je mis la tête hors de la portière, comme pour regarder quelle heure il étoit, M. le Cardinal me dit, c'est <i>ad honores</i> : il avoit raison, car je ne vois que de près. Menagiana. Dans la Comédie du Bal de Regnard, Sotancour, ayant appris l'attachement de Léonore pour Valere, déclare nettement qu'il ne veut point être époux <i>ad honores.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="597" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIABÈNE" />
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    <head>ADIABÈNE</head>
    <p>
    ADIABÈNE , s. f. <i>Adiabene,</i> Contrée d'Asie toute entière à l'Orient du Tigre, &amp; non entre le Tigre &amp; l'Euphrate, comme l'a prétendu Etienne le Géographe, &amp; après lui Suidas, qui disent qu'elle s'appelle aussi Messène, , parce qu'elle étoit entre ces deux fleuves. Voyez <ref type="search" target="head:MESSENE">MESSENE</ref>. Pline met l'<i>Adiabène</i> au-delà de l'Arménie, &amp; dit au Liv. VI. Chap. 9. qu'elle est entourée de Montagnes d'un côté, &amp; du Tigre de l'autre. Pinet, son Traducteur, au lieu d'<i>Adiabène,</i> dit, la Région du Diarbeck, ou Mosul. Pline ne dit point que l'<i>Adiabène</i> fût une partie de l'Assyrie ; mais l'Assyrie elle-même, qui avoit changé de nom. Voyez <ref type="search" target="head:L">L</ref>. V. C. 12. Ammien Marcellin en dit autant, L. XXIII. C. 6. Ainsi les Dictionnaires, qui disent que c'est une Contrée de l'ancienne Assyrie, se trompent. Et quoique Pline, L. VI. C. 13. dise, <i>Adiabene Assyriorum initium,</i> cela ne signifie pas que ce ne soit qu'une partie de l'Assyrie ; mais que ce n'est qu'une partie de l'Empire des Assyriens qui commença par là ; mais à quoi ils ajoûterent ensuite bien d'autres Provinces, &amp; par conséquent que c'est-là proprement l'Assyrie. Dans le sens étroit l'Assyrie étoit une Province assez bornée, dont Ninive étoit la Capitale ; &amp; c'est cette Province qui a depuis été nommée <i>Adiabène.</i> Huet. Les Grecs ont dérivé ce nom de , qui signifie <i>inaccessible</i> ; &amp; ils ont cru qu'elle avoit ce nom à cause des Fleuves dont elle est toute entrecoupée. Ammien Marcellin prétend avec plus d'apparence que ce nom vient du Fleuve Diava, qui est celui que les Grecs appellent Lycus ; car Deva, ou Diava, est la même chose en Chaldéen que Lycus en Grec, &amp; veut dire Loup. De Diava, en y ajoûtant l'article <i>ha,</i> on fait <i>Hadiaba,</i> &amp; ensuite <i>Hadiabène.</i> Les Juifs l'appellent <i>Hadiab</i> ; ainsi ce nom signifie la même chose que Lycie, ou Région des Loups.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="598" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIABENIEN, ENNE" />
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    <head>ADIABENIEN, ENNE</head>
    <p>
    ADIABENIEN, ENNE . <i>Adiabenus.</i> Homme d'<i>Adiabène,</i> Habitant de l'<i>Adiabène</i> ; ainsi appellé dans des temps postérieurs. Tigrane étant sorti de l'Armenie, étoit entré dans les Terres des <i>Adiabéniens,</i> qui est une Nation limitrophe. De Harlay.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="599" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJACENT, ENTE" />
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    <head>ADJACENT, ENTE</head>
    <p>
    ADJACENT, ENTE , adj. Contigu ; situé auprès, ou très-proche. <pb n="75" facs="bpt6k8542165/f115/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Adjacens, continens atque adjunctum.</i> Il a le gouvernement d'une telle Province, &amp; des Isles <i>adjacentes.</i> Ce mot vient du Latin <i>ad</i> &amp; <i>jacere</i>. On ne s'en sert guère que dans la pratique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="600" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIANTUM" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ADIANTUM</head>
    <p>
    ADIANTUM , s. m. Plante, qui est une espèce des cinq capillaires. Elle croît ordinairement autour des Puits ; les Espagnols l'appellent <i>Sargasso</i> ; ils donnent le même nom à une herbe, dont toute la Mer est couverte au Cap Verd, &amp; aux Isles de Cuba &amp; d'Hispaniola. Ce mot est composé de la particule privative <i>a</i> &amp; du verbe , <i>humesco,</i> Je deviens humide, ou je suis mouillé. Ainsi on la nomme <i>adiantum,</i> parce que lorsqu'on verse de l'eau sur les feuilles, elles paroissent toujours sèches, &amp; ne se mouillent point. Voyez <ref type="search" target="head:Capillaire">Capillaire</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="601" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIAPHORE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>ADIAPHORE</head>
    <p>
    ADIAPHORE , s. m. <i>Adiaphorus.</i> C'est-à-dire, indifférent. C'est le nom que M. Boyle donne à une espèce d'esprit qu'il tiroit du tartre par distillation, &amp; de quelques autres corps végétaux, &amp; qui n'étoit ni acide, ni vineux, ni urineux. Voici comment il se fait. Premièrement on distille dans une retorte des coupaux de buis, de gayac, ou de quelque autre bois pesant : ensuite on rectifie la liqueur aigre en la séparant du flegme ; après cela on jette une quantité de poudre de corail, &amp;c. dans l'esprit aigre, qui le dissout incontinent, &amp; les parties acides du menstruum s'unissent de telle manière avec le corail, qu'il reste une partie de la liqueur, qui n'est nullement de la nature des acides ; mais qui, lorsqu'on en a doucement tiré le corail, a une odeur forte, &amp; quelque acidité, qui est en toute maniére différente de presque tous les autres esprits ordinaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="602" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIAPHORISTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ADIAPHORISTE</head>
    <p>
    ADIAPHORISTE , s. m. &amp; f. <i>Adiaphorista.</i> Ce nom est originairement Grec, &amp; a été formé d' <i>Indifférent</i> On l'a donné dans le XVIe. siècle aux Luthériens mitigés, qui suivoient les sentimens de Melanchthon, &amp; ensuite à ceux qui souscrivirent l'<i>Interim</i> de Charles V. On pourroit encore appeller <i>Adiaphoristes</i> ceux qu'on nomme encore aujourd'hui en Allemagne Indifférentistes. <i>Indifferentistae.</i> Voyez ce mot. M. Jovet écrit <i>Adiaphorite.</i> Les <i>Adiaphorites,</i> ou Indifférens, reçoivent tantôt une sorte de cérémonie, tantôt une autre, selon le cours du monde. Jovet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="603" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ADJÈCTIF" />
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    <head>ADJÈCTIF</head>
    <p>
    ADJÈCTIF , Terme de Grammaire . C'est un nom qui est toujours joint avec un substantif exprimé, ou sous-entendu, pour en marquer la manière d'être ; c'est-à-dire, les accidens ou les qualités ; ou, suivant <i>les Principes génér aux &amp; raisonnés de la Grammaire Françoise,</i> c'est un nom qui exprime un objet vague, considéré comme revêtu de quelque qualité. Ainsi quand on prononce le mot <i>grand,</i> on veut parler d'une chose, quelle qu'elle puisse être, qui a la qualité de <i>grandeur. Adjectivum nomen.</i> Le P. Buffier, dans sa Grammaire Françoise, définit autrement l'<i>adjectif,</i> &amp; prend les choses d'une manière nouvelle &amp; différente du commun des Grammairiens. Les noms, selon lui, sont substantifs, quand les objets qu'ils désignent sont considérés simplement en eux-mêmes, &amp; sans rapport à leurs qualités. Ils sont dits au contraire noms <i>adjectifs,</i> quand ils désignent la qualité d'un objet. Ainsi quand je dis simplement le <i>coeur,</i> ce mot coeur, est dit nom substantif, parce qu'on n'exprime aucune de ses qualités : mais si je dis, <i>le coeur généreux,</i> ou <i>le coeur perfide,</i> ces noms <i>généreux,</i> &amp; <i>perfide,</i> sont dits <i>adjectifs,</i> parce qu'ils ajoûtent une qualité à l'objet. Ainsi, selon cet Auteur, les <i>adjectifs</i> ne sont que des modificatifs ; &amp; les Grammairiens auroient mieux fait connoître la nature de ces noms, s'ils les avoient considérés sous cette qualité. En effet, dit le P. Buffier dans ses principes, la nature du nom <i>adjectif</i> étant d'exprimer la qualité d'un objet, si cette qualité est l'objet même dont on parle, alors ce sera un nom substantif. Si je dis un <i>principe vrai,</i> ce mot, <i>vrai,</i> est ici <i>adjectif</i> ; mais si je dis, <i>le vrai est toujours agréable,</i> il est évident que <i>vrai</i> est ici le sujet dont je parle, autant que si je disois, <i>la vérité est toujours agréable</i> ; &amp; par conséquent, <i>vrai,</i> est, dans cet endroit, nom substantif. Souvent aussi, selon le P. Buffier, le nom qu'on nomme substantif devient <i>adjectif.</i> Par exemple, on demande si le nom <i>Roi</i> est substantif, ou <i>adjectif.</i> Il est l'un &amp; l'autre, selon l'emploi qu'on en fait. Dans cetce phrase : <i>Le Roi est un modele pour ses sujets,</i> le mot <i>Roi</i> est substantif. Dans cette autre phrase : <i>Un Prince vainqueur &amp; Roi, comme Alexandre,</i> le mot <i>Roi</i> est <i>adjectif,</i> aussi bien que le mot <i>vainqueur.</i> Au reste, dans ce nouveau plan de Grammaire tous les noms, qui d'eux-mêmes sont <i>adjectifs,</i> ne sont pas censés tels dans l'usage commun de la Grammaire, qui dépend en ce point, comme en une infinité d'autres, d'un usage arbitraire ; car elle n'appelle ordinairement <i>adjectifs</i> que ceux qui sans changer, ou presque changer, se joignent indifféremment à des noms substantifs de divers genres. Ainsi, <i>fidèle, grand,</i> &amp;c. sont <i>adjectifs,</i> &amp; censés tels dans la Grammaire. Au contraire, les mots <i>Roi, vainqueur, Magistrat,</i> &amp;c. ne sont jamais censés <i>adjectifs</i> dans l'usage de la Grammaire, quoiqu'ils le soient en effet très-souvent. Souvent il se tourne en substantif, comme <i>blanc, sage, vertueux.</i> Nous avons trois <i>adjectifs</i> qui ont deux terminaisons pour le masculin : <i>vieux</i> &amp; <i>vieil, beau</i> &amp; <i>bel : nouveau</i> &amp; <i>nouvel.</i> Ce terme de Grammaire vient du Latin <i>adjicio,</i> ajoûter, parce qu'on le joint au substantif, sans lequel il ne peut faire un sens fixe &amp; positif. C'est pourquoi, à proprement parler, les <i>adjectifs</i> n'ont point de genre : ils ont seulement une propriété, &amp; une terminaison différente pour se joindre avec les divers genres. Il n'est pas aisé de décider en quel genre doit être mis l'<i>adjectif,</i> lorsqu'il est mis après deux substantifs qui sont de différent genre. Par exemple, faut-il dire, il avoit les pieds &amp; la tête <i>nue,</i> ou <i>nuds</i> ? Selon la Grammaire Latine, le dernier doit l'emporter, parce que le masculin prédomine toujours, lorsqu'il se rencontre avec le féminin. Cependant l'usage s'est déclaré pour le féminin, lorsqu'il touche immédiatement le substantif féminin : mais lorsqu'ils sont séparés par un verbe, &amp; qu'ils régissent un pluriel, il faut mettre l'<i>adjectif</i> au masculin, quoiqu'il soit plus proche du substantif féminin. Le mari &amp; la femme <i>sont importuns.</i> Vaug. Corn. Observez qu'en matière d'outrages, les <i>adjectifs</i> sont beaucoup plus offensans que les substantifs. Par exemple, c'est un fourbe, est plus injurieux que si l'on disoit, il a fait une fourberie. La raison est que l'<i>adjectif</i> marque une habitude, &amp; le substantif seulement un acte. Cependant il est bon de remarquer que souvent le substantif est plus fort, &amp; plus significatif que l'<i>adjectif,</i> &amp; presque toujours on y ajoûte <i>même.</i> Ce n'est point un fourbe, c'est la fourberie même. C'est la paresse même que cet homme-là ; pour dire, c'est un paresseux achevé, c'est la négligence même ; c'est-à-dire, un homme très-négligent. Alors on personnifie en quelque sorte ces substantifs, &amp; ils ont bien plus d'énergie que l'<i>adjectif.</i> Il en est de même en Grec &amp; en Latin. Appeller un homme <i>scelus, flagitium, perjurium,</i> c'est plus que de l'appeller, <i>scelerate, stagitiose, perjure.</i> La raison est qu'un fourbe, un scélérat, un paresseux, &amp;c. peut changer &amp; devenir homme de bonne foi, homme de bien, diligent, &amp;c. mais la fourberie, le crime, la paresse, ne peut pas ne pas être fourberie, crime, paresse ; il lui est essentiel d'être telle ; &amp; de même dans le bien. M. de Balzac n'a osé décider la question, si l'<i>adjectif</i> doit suivre, ou précéder le substantif. En effet il n'y a point de règle fixe ; il faut s'attacher à l'usage, pour donner la preséance à l'un ou à l'autre : car ils ont une signification différente, selon la place qu'on leur donne. En matière de Généalogie il saut dire, descendu en <i>droite ligne</i> : descendu en <i>ligne droite</i> ne vaut rien. C'est une règle générale, &amp; très-commune, que l'<i>adjectif</i> doit s'accorder avec le substantif en nombre, en genre, &amp; en cas. On dit cependant des Lettres-Royaux, parce que Lettres-Royaux, ne forme proprement qu'un nom composé. Quand certains noms collectifs sont suivis du génitif, on fait accorder l'<i>adjectif</i> pour le genre avec ce second nom qui est au génitif, &amp; non pas avec le nom collectif. <i>Une troupe de gens étourdis. Un grand nombre de soldats y surent tués.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="604" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJÈCTIVEMENT" />
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    <head>ADJÈCTIVEMENT</head>
    <p>
    ADJÈCTIVEMENT , adv. D'une manière adjective. <i>Adjectivo more, modo.</i> La plupart des noms s'emploient tantôt <i>adjectivement,</i> tantôt substantivement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="605" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="ADJÈCTION" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
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    <head>ADJÈCTION</head>
    <p>
    ADJÈCTION , Terme dogmatique . Jonction de quelque corps à un autre. <i>Adjectio, copulatio.</i> L'accroissement des corps naturels se fait par <i>adjection</i> de parties.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="606" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIEU" />
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    <head>ADIEU</head>
    <p>
    ADIEU , adv. Terme de compliment, dont on se sert quand deux personnes se séparent, ou lorsqu'on prend congé de quelqu'un, &amp; qu'on le quitte. <i>Vale.</i> Il y eut bien des larmes répandues quand ils se dirent <i>adieu.</i> Sa Maîtresse n'a osé s'exposer aux tendresses, &amp; aux émotions d'un <i>adieu.</i> S. Evr. Rien ne coûte plus en amour que l'<i>adieu.</i> Saras.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="606" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADIEU" />
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    <head>ADIEU</head>
    <p>
    Adieu , est quelquefois un subst. masc. Un tendre <i>adieu</i> déchire le coeur d'un Amant bien touché. S. Evr. Il s'emploie élégamment au pluriel. Rien n'étoit plus touchant que leurs tristes <i>adieux.</i> Portez-lui mes <i>adieux,</i> &amp; recevez les siens. Racin.</p><p>On dit populairement, <i>Adieu</i> jusqu'au revoir. Sans <i>adieu,</i> pour marquer qu'on se reverra bien-tôt. Je ne lui veux dire que bon jour &amp; <i>adieu</i> ; pour dire, je ne lui veux direqu'un mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="606" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADIEU" />
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    <head>ADIEU</head>
    <p>
    Adieu , se dit aussi des choses chéries qui passent, &amp; qui nous échappent. <i>Valedicere.</i> Dès que la S. Martin est venue, <i>adieu</i> les beaux jours. Quand on a passé 60. ans, il faut dire : <i>Adieu</i> la joie &amp; les plaisirs.</p><p>On dit aussi, dire <i>adieu</i> au vin, au jeu, aux femmes, à la débauche, au commerce, &amp; au monde ; pour dire, y renoncer, se retirer des choses pour lesquelles on avoit de l'attachement. <i>Renuntiare, nuntium remittere.</i> En ce cas il marque de la tendresse &amp; du regret. Se dire <i>adieu</i> pour jamais : se dire un éternel <i>adieu</i> : se dire le dernier <i>adieu</i> : cela marque une longue séparation, &amp; une résolution, ou une nécessité, de ne se revoir jamais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="606" id="4" type="marine">
   <index type="head" value="ADIEU" />
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    <head>ADIEU</head>
    <p>
    Adieu , est aussi un terme de commandement, de chagrin, ou de refus, lorsqu'on chasse, ou congédie quelqu'un. <i>Adieu</i> vous m'importunez trop. <i>Apage te. Adieu,</i> en voilà assez ; j'entends votre affaire.</p><p>Il se dit encore d'une personne, ou d'une chose qui est en péril. <i>Actum est.</i> Si la fièvre redouble, <i>adieu</i> le bon homme. Si vous vous engagez dans le monde, <i>adieu</i> l'étude, &amp; les sciences. Si vous laissez approcher cet étourdi, <i>adieu</i> mes porcelaines. Cette façon de parler n'est en usage que dans la conversation.</p><p>On dit proverbialement, <i>Adieu</i> la voiture, <i>adieu</i> vous dis, c'est fait de lui ; pour dire, qu'un homme se meurt, qu'il est perdu. <i>Adieu</i> paniers, vendanges sont faites : pour dire, qu'on n'a plus besoin de certaines choses, quand la saison où on s'en sert est passée. <i>Adieu</i> mon argent, <i>adieu</i> mes espérances, pour dire, qu'on a perdu son argent ; ses prétentions.</p><p>On dit en termes de Marine , <i>Adieu va,</i> ou parez à virer, pour avertir l'équipage, afin qu'il manoeuve de concert, lorsqu'on veut faire virer le vaisseau pour changer de route.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="607" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>ADIGE</head>
    <p>
    ADIGE , s. f. <i>Athesis.</i> Rivière d'Italie, qui prend sa source au Mont Brenner dans le Tirol, &amp; après avoir passé le Trentin &amp; le Veronnois, se jette dans la mer Adriatique, au midi de la côte de Venise, &amp; au Nord de l'embouchure du Pô.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="608" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ADIMION" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>ADIMION</head>
    <p>
    ADIMION , s. m. Terme de Fleuriste . C'est une tulipe amarante, avec un peu de rouge &amp; de blanc de lait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="609" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIMAIN" />
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    <head>ADIMAIN</head>
    <p>
    ADIMAIN , s. m. Animal privé qui ne se trouve que dans les déserts de la Lybie. Il ressemble au mouton. Il porte une laine courte, &amp; tres-fine. Il n'y a que la femelle qui ait des cornes. Il a les oreilles fort longues &amp; pendantes. C'est tout le bétail de Lybie, qui fournit aux habitans quantité de lait &amp; de fromage. C'est un animal fort paisible qui se laisse monter aux enfans, &amp; les porte sur son dos plus d'une lieue ; il est aussi grand qu'un moyen veau. Ablanc. <i>Traduct. de Marmol.</i> Voyez encore Jean Léon l'Africain. <i>Des. de l'Afrique.</i> P. IX.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="610" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJOINDRE" />
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    <head>ADJOINDRE</head>
    <p>
    ADJOINDRE , v. act. Donner un collègue ; associer quelqu'un pour servir d'aide &amp; de conseil, &amp; quelquefois de contrôleur dans une affaire, ou dans une négociation importante. <i>Adjungere.</i> On dit <i>adjoindre</i> à un rapporteur deux Evangèlistes, lorsqu'il rapporte un procès, pour examiner l'inventaire &amp; les pièces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="611" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJOINT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJOINT</head>
    <p>
    ADJOINT , s. m. Celui qui est joint avec un autre pour lui aider dans son ministère, ou pour en partager les fonctions, ou pour prendre garde à ses actions. <i>Socius, Collega.</i> Ce Syndic ne sauroit rien conclure seul ; il faut négocier avec son <i>Adjoint.</i> On a créé en titre d'office des <i>Adjoints</i> aux enquêtes, pour être présens à la confection des enquêtes avec le Juge commis pour la faire. Le Syndic des Imprimeurs &amp; Libraires a aussi ses <i>Adjoints.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="611" id="2" type="rhetorique & de grammaire">
   <index type="head" value="ADJOINT" />
   <index type="src_domain" value="rhetorique & de grammaire" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ADJOINT</head>
    <p>
    Adjoints , en termes de Rhétorique &amp; de Grammaire , se dit des mots, ou des choses qu'on joint à d'autres pour en augmenter la force, ou pour amplifier le discours : comme les mots adjectifs, ou les épithètes sont <i>adjoints</i> aux substantifs, pour marquer leur nature &amp; leurs qualités. <i>Adjuncta.</i> Les argumens qui se tirent des <i>adjoints,</i> sont les adminicules de preuve, qui naissent des circonstances particulières du fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="612" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJONCTION" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJONCTION</head>
    <p>
    ADJONCTION , s. f. Il ne se dit qu'en Pratique du Palais. On conclut toutes les requêtes de plaintes en matière criminelle, en demandant l'intervention, &amp; en requérant l'<i>adjonction</i> de M. le Procureur Général, du Procureur du Roi, ou du Procureur Fiscal. <i>Subscriptio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="613" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJOURNEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJOURNEMENT</head>
    <p>
    ADJOURNEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:AJOURNEMENT">AJOURNEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="614" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJOURNER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJOURNER</head>
    <p>
    ADJOURNER . Voyez <ref type="search" target="head:AJOURNER">AJOURNER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="615" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJOUSTER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJOUSTER</head>
    <p>
    ADJOUSTER , ou ADJOUTER. Voyez <ref type="search" target="head:AJOÛTER">AJOÛTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="616" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJOUSTÉE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJOUSTÉE</head>
    <p>
    ADJOUSTÉE , ou ADJOUTÉE. Voyez <ref type="search" target="head:AJOÛTÉE">AJOÛTÉE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="617" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ADIPEUX, EUSE" />
   <index type="src_domain" value="medecine" />
   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>ADIPEUX, EUSE</head>
    <p>
    ADIPEUX, EUSE , Terme de Médecine , qui signifie gras. <i>Pinguis, obesus.</i> Il se dit particulièrement d'un rameau qui sort d'un tronc descendant de la veine cave, qui est un des cinq rameaux iliaques, qui va à la tunique extérieure des reins, parce qu'il est environné de graisse. La membrane appellée pannicule est <i>adipeuse</i> à l'homme, &amp; charneuse aux bêtes. Cette membrane est la base des cellules <i>adipeuses. Cellulae adiposae.</i> Elle est double, &amp; peut se diviser en deux parties ; l'une intérieure, dans laquelle sont plusieurs petites cellules pleines de graisse ; l'autre extérieure, que les Anatomistes ont confondue avec la membrane charneuse, parce qu'elle a un grand nombre de vaisseaux sanguins. Harris. C'est dans les espaces des fibres de la membrane <i>adipeuse,</i> ou graisseuse, &amp; dans les petites cellules qu'elle forme, que la graisse s'embarrasse &amp; se fige. Les membranes <i>adipeuses</i> est le troisième des tegumens qui couvre &amp; environne le corps. Dionis. Le même Auteur appelle aussi la membrane des reins, <i>adipeuse.</i> Les conduits <i>adipeux. Adiposi ductus</i> C'est ainsi qu'on nomme les sacs, ou vésicules <i>adipeuses,</i> qui portent l'adeps, ou la graisse dans les interstices des muscles, ou dans les parties entre chair &amp; cuir. Id. Ce mot vient du Latin <i>adeps</i>, graisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="618" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ADIRER" />
   <index type="src_domain" value="palais" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ADIRER</head>
    <p>
    ADIRER , v. n. Ancien terme de Palais . Egarer quelque titre, ou papier, ne le pouvoir retrouver. <i>Amittere.</i> Cette pièce étoit le fondement de mon procès, le malheur a voulu qu'elle ait été <i>adirée.</i> Il vaut mieux se servir d'<i>égarer.</i> Dans une ancienne inscription de l'Eglise du Saint Sépulchre de Rouen, le mot <i>adirer</i> signifie <i>laisser tomber : Ici</i> adira <i>le Prestre le Cors Nostre Seignor.</i> Voyez la <i>Descrip. Geogr. &amp; Hist. de la haute Norm. tom.</i> 2. <i>p.</i> 123.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot de <i>aderrare,</i> qui a signifié autrefois <i>aberrare à via.</i> Il y a plus d'apparence, disent quelques-autres, qu'il vient de <i>trouver à dire,</i> qui signifie <i>manquer.</i> Mais peut-être <i>trouver à dire</i> vient-il lui-même d'<i>adirer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="618" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADIRER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADIRER</head>
    <p>
    Adiré, ée , part. &amp; adj. Querelles des choses <i>adirées.</i> Cout. Ancien. de Normand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="618" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADIRER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ADIRER</head>
    <p>
    Adiré, ée . Ce même participe signifie encore, <i>Rayé, effacé.</i> Son nom est <i>adiré</i> de l'Etat des Officiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="619" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIRES" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ADIRES</head>
    <p>
    ADIRES . Les petits animaux que l'on appelle en Espagne <i>Adires,</i> sont une espèce de chiens de Barbarie. Ces animaux sont fins &amp; rusés naturellement, ensorte qu'il seroit bien difficile de les attraper, s'ils n'étoient voraces &amp; goulus ; ou pour mieux dire, si étant poussés par la faim, ils n'entroient dans les maisons qu'ils trouvent ouvertes : quand ils y rencontrent quelque chose à manger, ils font des cris pour appeller les autres ; &amp; ne songeant point à se cacher avec la même ruse dont ils savent si bien se servir en toutes les autres rencontres, ils se trahissent eux-mêmes, &amp; se font prendre. Les <i>Adires</i> (de Perse) sont plus grands que ceux de la même espèce que nous avons vus à Goa ; car ils sont aussi forts qu'un grand chien couchant. Mais ceux du Pays (c'étoit à Schiras) nous assuroient que ceux qui se retirent dans les jardins &amp; dans les buissons plus éloignés de la Ville, sont beaucoup plus puissans. Les chiens n'osoient attaquer ces <i>Adires</i> ; &amp; ces <i>Adires</i> ne manquoient jamais d'éviter la rencontre d'un gros dogue qu'on lâchoit contre-eux. Ils sont la plupart de même couleur que ceux de Goa, &amp; il y en a qui sont à demi blancs, la couleur se rapportant à celle des chiens, avec lesquels, à ce que disent les Jardiniers, ils se mêlent naturellement ; ce que néanmoins <pb n="77" facs="bpt6k8542165/f117/full/1200,/0/native.jpg"/>j'ai de la peine à me persuader, parce que c'est toute une autre espèce, quoiqu'il y ait quelque rapport en la couleur &amp; en la taille. Vicqfort <i>Ambass. de Figueroa en Perse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="620" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="ADITION" />
   <index type="src_domain" value="jurisprudence" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADITION</head>
    <p>
    ADITION , s. f. Terme de Jurisprudence . C'est l'acceptation d'une hérédité, ou la déclaration que fait l'héritier, qu'il veut jouir du droit que la nature, &amp; la loi lui donnent. <i>Acceptio.</i> L'<i>adition</i> d'hérédité oblige solidairement à toutes les dettes de la succession. Dans le Droit civil on ne se servoit du terme <i>aditio,</i> que quand un étranger étoit appellé à succéder par le testament. A l'égard des héritiers par la loi du sang, &amp; <i>ab intestat,</i> on disoit <i>immixtio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="621" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJUDICATAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJUDICATAIRE</head>
    <p>
    ADJUDICATAIRE , s. m. &amp; f. (La plupart ne prononcent plus le D.) Le plus offrant &amp; dernier encherisseur à qui on a adjugé le bail, ou la propriété d'un héritage qu'on afferme, ou qu'on vend en justice. <i>Manceps.</i> L'<i>adjudicataire</i> d'un héritage est tenu de consigner le prix de son adjudication dans huit jours ; autrement il y peut être contraint par corps. L'<i>adjudicataire</i> d'une ferme est tenu des frais du bail.</p><p>On le dit aussi de ceux à qui on adjuge en justice des ouvrages, ou des réparations au rabais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="621" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADJUDICATAIRE" />
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    <head>ADJUDICATAIRE</head>
    <p>
    Adjudicataire , se dit absolument des Fermiers des droits du Roi. L'<i>adjudicataire</i> général des Gabelles, des Aides, est un Commis sous le nom duquel on fait toutes les poursuites &amp; contraintes pour le recouvrement des deniers des Gabelles &amp; des Aides.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="622" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJUDICATIF, IVE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ADJUDICATIF, IVE</head>
    <p>
    ADJUDICATIF, IVE , adj. Qui adjuge ou qui a adjugé. <i>Qui adjudicat.</i> Il a eu un arrêt <i>adjudicatif</i> de sa demande. La sentence du premier Juge étoit <i>adjudicative</i> des dépens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="623" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJUDICATION" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJUDICATION</head>
    <p>
    ADJUDICATION , subst. fém. (La plupart ne prononcent plus le D.) Acte par lequel on adjuge au dernier enchérisseur une chose qui se vend en justice, soit un meuble dans un encan, soit un bail d'une ferme, soit la propriété d'un héritage qu'on decrète, soit un ouvrage ou une entreprise au rabais. <i>Adjudicatio.</i> L'effet d'une <i>adjudication</i> par decret est de purger les dettes, &amp; les hypothèques du vendeur. Poursuivre une <i>adjudication.</i> On appelle <i>adjudication</i> la sentence même par laquelle on a adjugé l'héritage decrété.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="624" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADIVE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ADIVE</head>
    <p>
    ADIVE , s. f. Animal qui naît en Afrique. Il est un peu plus grand qu'un renard, &amp; du même poil. Il en a toutes les finesses &amp; toutes les ruses. Il hurle comme un chien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="625" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJUGER" />
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    <head>ADJUGER</head>
    <p>
    ADJUGER , v. act. (On ne prononce plus le D.) Juger en faveur de quelqu'un ; lui accorder sa prétention ; l'envoyer en possession d'une chose contestée. <i>Adjudicare.</i> On lui a <i>adjugé</i> des dépens, dommages, &amp; intérêts. Cette succession lui a été <i>adjugée</i> comme au plus prochain héritier. On lui a <i>adjugé</i> le prix de l'éloquence, &amp; la préséance parmi les Orateurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="625" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADJUGER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ADJUGER</head>
    <p>
    Adjuger , signifie aussi, Vendre &amp; délivrer en justice au plus offrant &amp; dernier enchérisseur un meuble à l'encan, un bail, un héritage par decret, &amp; un ouvrage ou des réparations au rabais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="625" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADJUGER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJUGER</head>
    <p>
    Adjugé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Adjudicatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="626" id="1" type=" ecclesiastique">
   <index type="head" value="ADJURATION" />
   <index type="src_domain" value=" ecclesiastique" />
   <index type="macro_domain" value="Religion" />
   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ADJURATION</head>
    <p>
    ADJURATION . s. f. Exhortation, injonction. <i>Obsecratio, obtestatio, imperium.</i> Terme Ecclésiastique ; on s'en sert dans les exorcismes, pour faire commandement au nom de Dieu, aux Démons de sortir du corps d'un possédé, ou de déclarer quelque chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="627" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJURER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJURER</head>
    <p>
    ADJURER , v. act. Faire des adjurations, des exorcismes. <i>Obsecrare, obtestari, imperare.</i> Je t'<i>adjure</i> par le Dieu vivant, &amp;c. c'est-à-dire, je t'exhorte, je te conjure. Ce mot vient du Latin <i>adjurare</i>, quoiqu'il ne signifie pas la même chose ; on ne laisse pas néanmoins de s'en servir dans les exorcismes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="628" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADJUTEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADJUTEUR</head>
    <p>
    ADJUTEUR , s. m. Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:AJOUTRE">AJOUTRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="629" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMETTRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ADMETTRE</head>
    <p>
    ADMETTRE , v. act. Recevoir, donner entrée, rendre participant de quelque avantage. <i>Admittere. Admettre</i> quelqu'un aux charges. <i>Admettre</i> un Ambassadeur à l'audience. Ce Prêtre a été jugé capable, il a été <i>admis</i> aux Ordres sacrés. Un honnête homme est <i>admis</i> &amp; bien reçu dans toutes les bonnes compagnies. Il a été <i>admis</i> à sa défense, &amp; à faire preuve de ses faits justificatifs. Je ne puis pas <i>admettre</i> cette proposition, en demeurer d'accord. Je ne puis <i>admettre</i> vos excuses ; c'est-à-dire, les approuver, les recevoir pour bonnes &amp; valables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="629" id="2" type="finances">
   <index type="head" value="ADMETTRE" />
   <index type="src_domain" value="finances" />
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    <head>ADMETTRE</head>
    <p>
    Admettre , Terme de Finances . C'est recevoir une partie, ou un chapitre, ou article, en recette dans un compte, en vertu des pièces justificatives qui sont rapportées. Ce Commis en rendant ses comptes n'a jamais pu faire <i>admettre</i> trois ou quatre articles aux Fermiers Généraux ; mais ils lui ont <i>passé</i> tous les autres ; on dit aussi <i>passer</i> dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="629" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADMETTRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMETTRE</head>
    <p>
    Admis, ise , part. pass. &amp; adj. <i>Admissus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="630" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="ADMINICULE" />
   <index type="src_domain" value="jurisprudence" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ADMINICULE</head>
    <p>
    ADMINICULE , s. f. Terme de Jurisprudence . Commencement de preuve, ou preuve imparfaite ; circonstance ou conjecture, qui contribue à former ou à fortifier une preuve. <i>Adminiculum.</i> Il y a tant de présomptions &amp; d'<i>adminicules</i> contre cet accusé, qu'on lui pourroit donner la question. Un puissant <i>adminicule.</i> En termes de Médailliste , on appelle <i>adminicules</i> les ornemens avec lesquels Junon est représentée sur les médailles. Il se dit aussi en termes de Médecine de tout ce qui peut servir à faciliter le bon effet d'un remède.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="631" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMINISTRATEUR, ADMINISTRATRICE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMINISTRATEUR, ADMINISTRATRICE</head>
    <p>
    ADMINISTRATEUR, ADMINISTRATRICE , s. m. &amp; f. Celui qui régit les biens de quelqu'un, qui est chargé du soin de les administrer. <i>Administrator, curator.</i> Un pète est le légitime tuteur &amp; <i>administrateur</i> de ses enfans. On l'applique à ceux qui prennent soin du salut &amp; de la conscience de ceux qui leur sont commis. Dieu a établi les Anges pour des esprits <i>Administrateurs.</i> Boss. On l'étend encore à ceux qui distribuent la Justice, &amp; qui exercent la puissance publique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="631" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADMINISTRATEUR, ADMINISTRATRICE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMINISTRATEUR, ADMINISTRATRICE</head>
    <p>
    Administrateur , se dit aussi de celui qui est un des Directeurs d'un Hôpital, ou de quelque maison Religieuse ; qui a soin d'en recevoir les revenus, de les distribuer, &amp; d'en ordonner. Il y a plusieurs <i>Administrateurs</i> de l'Hôtel-Dieu, de l'Hôpital général. Ces <i>Administrateurs</i> sont les tuteurs des pauvres. Les <i>Administrateurs</i> de l'Hôtel-Dieu de Paris assistent aux Assemblées générales de police. De La Marre. Les <i>Administrateurs</i> des revenus publics doivent être vigilans, &amp; desintéressés. Les <i>Administrateurs</i> des Léproseries jouissoient autrefois de leur revenu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="631" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADMINISTRATEUR, ADMINISTRATRICE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMINISTRATEUR, ADMINISTRATRICE</head>
    <p>
    Administrateur , En parlant des Etats possédés par divers Princes d'Allemagne, se dit de Celui qui pendant la minorité du Prince a le gouvernement de l'Etat. Le Prince <i>Administrateur.</i> L'<i>Administrateur</i> de Wirtemberg. Il se dit aussi de quelques Princes d'Allemagne qui tiennent des Evêchés Lutheriens réunis à leur Souveraineté. L'<i>Administrateur</i> de Magdebourg. L'Evêque <i>Administrateur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADMINISTRATION</head>
    <p>
    ADMINISTRATION , s. f. Conduite, gouvernement des affaires ; exercice de la Justice distributive. <i>Administratio.</i> Les Rois fainéans se reposoient de l'<i>administration</i> de leur Etat sur leurs Ministres. Les guerres civiles pendant les minorités ont d'ordinaire pour prétexte la mauvaise <i>administration</i> des affaires, ou les abus qui se commettent dans l'<i>administration</i> de la Justice.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ADMINISTRATION" />
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    <head>ADMINISTRATION</head>
    <p>
    Administration , se dit aussi de la régie, du maniement, &amp; de la direction des biens d'un mineur, d'un furieux, d'un interdit. Il faut qu'un tuteur rende compte de l'<i>administration</i> qu'il a eue des biens de son pupille. On le dit aussi de la régie des Hôpitaux, tant pour le temporel, que pour le spirituel. L'<i>administration</i> de cet Hôpital est en bonne main.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADMINISTRATION</head>
    <p>
    Administration , se dit encore des fonctions Ecclésiastiques. C'est un tel Prêtre qui est chargé de l'<i>administration</i> des Sacremens dans une telle Paroisse. On refuse l'<i>administration</i> des Sacremens aux excommuniés. On interdit l'<i>administration</i> des Sacremens à un Prêtre irrégulier ; c'est-à-dire, on lui défend de les conférer. En matière bénéficiale on distingue deux sortes d'<i>administration :</i> l'une au temporel, &amp; l'autre au spirituel. L'<i>administration</i> au temporel consiste dans le droit d'administrer la Justice, de recevoir les redevances, de bailler à ferme, &amp;c. L'<i>administration</i> au spirituel consiste dans le pouvoir d'excommunier, de corriger, &amp; de conférer les Bénéfices, &amp;c. Ainsi quand un Evêché est vacant par résignation, l'<i>administration</i> du temporel appartient au Roi par le droit de Régale ; mais il n'a point l'<i>administration</i> du spirituel, &amp; le résignant conserve le pouvoir de conférer les Bénéfices jusqu'à ce que le résignataire ait reçu ses provisions. Bouch.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADMINISTRATION</head>
    <p>
    Administration , se dit aussi au Palais des titres, preuves, ou témoins qu'on fournit à quelqu'un en Justice. <i>Suppeditatio.</i> Un dénonciateur doit faire l'<i>administration</i> des témoins au Procureur Général.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ADMINISTRER" />
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    <head>ADMINISTRER</head>
    <p>
    ADMINISTRER , v. act. Gouverner les affaires ; manier les <pb n="78" facs="bpt6k8542165/f118/full/1200,/0/native.jpg"/>biens d'une personne, ou d'une Communauté. <i>Administrare.</i> Tandis que ce Surintendant a vécu, les Finances ont été bien <i>administrées.</i> Il est difficile d'<i>administrer</i> les affaires publiques au gré de tout le monde. Les Hôpitaux de Paris sont fort bien <i>administrés.</i> Ce tuteur onéraire a fort bien géré &amp; <i>administré</i> la tutelle de ce Prince, il en a rendu bon compte. Ce Magistrat a fort bien <i>administré</i> la justice tant qu'il a vécu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADMINISTRER</head>
    <p>
    Administrer , se dit aussi en matière Ecclésiastique. Ce Curé a <i>administré</i> les Sacremens à cet agonisant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADMINISTRER</head>
    <p>
    Administrer , signifie aussi au Palais, Fournir des preuves &amp; des témoignages. <i>Suppeditare.</i> Il a <i>administré</i> des témoins suffisans au Procureur Général pour vérifier sa dénonciation. Un poursuivant criées somme tous les opposans de lui <i>administrer</i> &amp; fournir titres &amp; moyens pour faire débouter un nouveau créancier de sa demande.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADMINISTRER</head>
    <p>
    Administré, ée , part. pass. &amp; adj. <i>administratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="634" id="1" type="">
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    <head>ADMIRABLE</head>
    <p>
    ADMIRABLE , adj. m. &amp; f. Digne d'admiration, surprenant, merveilleux, qu'on ne peut comprendre. <i>Admirabilis, mirandus, mirificus.</i> Pétrone est <i>admirable</i> dans la pureté de son style, &amp; la délicatesse de ses sentimens. S. Evr. Jean Bacon a été nommé par excellence, le Docteur <i>admirable.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="634" id="2" type="">
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    <head>ADMIRABLE</head>
    <p>
    Admirable , dans le discours familier signifie, charmant, excellent, beau. Le vin est <i>admirable.</i> Cette beauté est <i>admirable.</i> Voici une saison <i>admirable.</i></p><p>On s'en sert dans le style familier, pour dire, qu'on est surpris, qu'on est scandalisé de ce qu'un homme dit ou fait. Vous êtes un homme <i>admirable</i> de vous laisser persuader si aisément ces bagatelles ! Je vous trouve <i>admirable</i> d'oser me plaisanter ! Le détour est fort bon, &amp; l'excuse <i>admirable</i> ! Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="634" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADMIRABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ADMIRABLE</head>
    <p>
    Admirable , s. f. Espèce de Pêche. <i>Malum Persicum, dictum admirabile.</i> La Pêche <i>admirable</i> a presque toutes les bonnes qualités qu'on peut souhaiter, &amp; n'en a point de mauvaises. Elle fait un très-bel arbre ; elle est des plus grosses &amp; des plus rondes ; elle a le coloris beau, la chair ferme, fine, &amp; bien fondante, l'eau douce &amp; sucrée, le goût vineux &amp; relevé ; elle a le noyau petit, &amp; n'est point sujette à être pâteuse ; elle est assez long-temps sur l'arbre à réjouir la vûe ; elle meurit vers la mi-Septembre ; elle rapporte beaucoup. La Quint. Les <i>admirables</i> paroissent en foule dès la mi-Septembre. Bon Dieu ! Quelles Pêches en grosseur, en coloris &amp; délicatesse de chair, en abondance d'eau, en sucre, en goût relevé ! &amp;c. Qui est-ce qui n'en est pas charmé, &amp; particulièrement de celles qui ont meuri en plein air ? Id. Les Pêches <i>admirables</i> qui meurissent les dernières sur l'arbre sont d'ordinaire les meilleures. Ce ne sont pas des fruits à meurir hors de l'arbre, quoique, après les en avoir détachées, on les puisse garder trois ou quatre jours sans se gâter. A moins que l'arbre ne soit très-vigoureux, cette Pêche est sujette à tomber demi-meure, verdâtre &amp; velue ; &amp; pour lors ce qu'elle devroit avoir de goût vineux &amp; relevé, se tourne en amertume &amp; en acreté ; cette chair qui doit être si fine &amp; si fondante, se trouve grossière &amp; presque sèche ; enfin, le noyau en est plus gros qu'il ne devroit être, &amp; s'ouvre même quelquefois. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="634" id="4" type="">
   <index type="head" value="ADMIRABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ADMIRABLE</head>
    <p>
    Admirable-jaune . Autre espèce de pêche. <i>Malum Persicum admirabile flavum.</i> L'<i>admirable-jaune</i> tardive est aussi nommée la pêche d'abricot &amp; Sandalici. Elle est une mirlicotonne, comme la Pavie jaune est un mirlicoton : elle ressemble entièrement par sa figure, &amp; par sa grosseur, à la pêche <i>admirable ;</i> mais elle est différente par le coloris jaune qui est dans sa peau &amp; dans sa chair. La Quint. qui lui a donné ce nom. L'une &amp; l'autre <i>admirable</i> colorent assez au soleil ; &amp; ce rouge pénètre même un peu davantage auprès du noyau de la jaune, qu'auprès du noyau de la blanche. L'<i>admirable-jaune</i> est de très-bon goût, mais sujette à devenir pâteuse. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="635" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMIRABLEMENT" />
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    <head>ADMIRABLEMENT</head>
    <p>
    ADMIRABLEMENT , adv. D'une manière admirable, parfaitement bien. <i>Admirabiliter, mirificè.</i> Il parle <i>admirablement</i> bien sur la Physique. Cela vous sied <i>admirablement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="636" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMIRAL" />
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    <head>ADMIRAL</head>
    <p>
    ADMIRAL . Voyez <ref type="search" target="head:AMIRAL">AMIRAL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="637" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMIRATEUR, ATRICE" />
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    <head>ADMIRATEUR, ATRICE</head>
    <p>
    ADMIRATEUR, ATRICE , adj. m. &amp; f. Celui qui admire. <i>Admirator. Miratrix.</i> C'est un <i>admirateur</i> de tous les beaux esprits. C'est un <i>admirateur</i> perpétuel. Il est passionné <i>admirateur</i> des Anciens. Boil. Sans l'amour nous serions de tranquilles <i>admirateurs</i> des beautés les plus parfaites. St. Evr. On est bien souvent son premier &amp; son unique <i>admirateur.</i> M. Scud. Les grands <i>admirateurs</i> sont la plupart de sottes gens. S. Evr. Notre siècle est fertile en sots <i>admirateurs.</i> Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="638" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ADMIRATIF" />
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   <index type="macro_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ADMIRATIF</head>
    <p>
    ADMIRATIF , s. m. Terme de Grammaire . Ponctuation qui marque qu'il faut admirer, marquée ainsi (!) <i>Punctum admirationis.</i> On dit aussi, un geste <i>admiratif,</i> un ton <i>admiratif.</i> Et en ces phrases il est plutôt adjectif que substantif.</p><p>Les Imprimeurs appellent un <i>admiratif,</i> le signe, ou la ponctuation, qui se met après un discours de contemplation, ou d'élévation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="639" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMIRATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ADMIRATION</head>
    <p>
    ADMIRATION , s. f. Mouvement, passion de l'ame ; action, par laquelle on regarde ou avec une haute estime, ou avec étonnement, quelque chose de beau, de grand &amp; de surprenant. <i>Admiratio.</i> Les prodiges excitent l'<i>admiration</i> Felib. Le Tasse &amp; l'Arioste voulant représenter un homme dans l'<i>admiration,</i> le font paroître comme immobile. Idem. L'<i>admiration</i> qu'on a pour les actions glorieuses est souvent accompagnée d'un secret déplaisir de n'en pouvoir faire autant. Cost. Rien n'attire plus l'<i>admiration</i> de tout le monde que la vertu. Dur. Vous ne plairez jamais à un homme si fier, à moins que vous ne soyez dans une <i>admiration</i> continuelle pour tout ce qu'il fait. Rochef. Un discours si grave nous remplit d'une profonde <i>admiration.</i> Du R. L'<i>admiration</i> gâte &amp; corrompt le coeur. Maleb. Ce qui fait l'<i>admiration</i> du Peuple ne divertit pas toujours les gens d'esprit. S. Evr. Ce qui rend la solitude insupportable à la plupart des gens, c'est qu'elle les éloigne de l'<i>admiration.</i> Port-R. Quand l'homme ne regarde Dieu que comme son Juge, il cesseroit de l'admirer, s'il pouvoit lui refuser son <i>admiration.</i> Abad.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="639" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADMIRATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMIRATION</head>
    <p>
    Admiration , se dit aussi de la chose qui se fait admirer. Ce Prince est l'<i>admiration</i> de son siècle. S. Chrysostôme a été l'honneur de son siècle, &amp; l'<i>admiration</i> de la posterité. Nicol.</p><p>On dit proverbialement que l'<i>admiration</i> est la fille de l'ignorance ; c'est-à-dire, une <i>admiration</i> fausse &amp; mal fondée. C'est dans ce sens que S. Evremont a dit, que l'<i>admiration</i> est la marque d'un petit esprit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="640" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMIRER" />
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    <head>ADMIRER</head>
    <p>
    ADMIRER , v. act. Considérer avec surprise ; regarder avec étonnement quelque chose de surprenant, ou dont on ignore les causes. <i>Admirari, mirari. Admirer</i> les mystères divins. On n'<i>admire</i> rien tant qu'un homme qui sait être malheureux avec courage. Racin. <i>Admirer</i> la magnificence d'un Prince ; on <i>admire</i> beaucoup le mépris des grandeurs. Du R. Les hommes vains ne songent qu'à se faire regarder, &amp; à se faire <i>admirer.</i> St. Evr. Nous aimons toujours ceux qui nous <i>admirent ;</i> &amp; nous n'aimons pas toujours ceux que nous <i>admirons.</i> Rochef. La seule chose qui puisse rendre l'homme heureux, c'est de n'<i>admirer</i> rien ; parce qu'alors on ne desire rien. Dac. Les hommes n'aiment point à vous <i>admirer ;</i> ils ne cherchent qu'à être applaudis eux-mêmes. La Bruy. Bien des gens <i>admirent</i> un faux merveilleux enveloppé d'une obscurité qu'ils respectent. Fonten. On ne peut trop <i>admirer</i> la grandeur &amp; l'étendue des cieux. Un sot trouve toujours un plus sot qui l'<i>admire.</i> Boil.</p><p>On dit aussi ironiquement &amp; en mauvaise part, Pour moi je vous <i>admire ;</i> pour dire, Je ne comprens pas à quel point va votre foiblesse : j'en suis surpris. N'<i>admirez</i>-vous pas la folie des hommes ? J'<i>admire</i> l'avarice de cet homme qui a des richesses immenses.</p><p>Il se met aussi avec le pronom personnel. Un sot content de tout ce qu'il fait, s'<i>admire</i> lui-même. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="640" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADMIRER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMIRER</head>
    <p>
    Admiré, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Suspectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="641" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMISSIBLE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMISSIBLE</head>
    <p>
    ADMISSIBLE , adj. m. &amp; f. Valable, recevable. <i>Legitimus, Probabilis.</i> Il ne se dit guère qu'en ces phrases. Cette raison n'est pas <i>admissible.</i> Ces moyens de faux ont été déclarés pertinens &amp; <i>admissibles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="642" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMISSION" />
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    <head>ADMISSION</head>
    <p>
    ADMISSION , s. f. Réception, action par laquelle on est admis. <i>Admissio.</i> La calomnie qu'on a débitée contre cet Ecclésiastique a empêché son <i>admission</i> aux Ordres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="643" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMITTATUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMITTATUR</head>
    <p>
    ADMITTATUR , subst. masc. Billet que donnent les Examinateurs, portant certificat qu'un homme est capable d'obtenir des degrés dans une Faculté, ou digne d'être promu <pb n="79" facs="bpt6k8542165/f119/full/1200,/0/native.jpg"/>aux Ordres. Ce Prêtre a reçu du grand Vicaire son <i>admittatur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="644" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMODIATEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ADMODIATEUR</head>
    <p>
    ADMODIATEUR , s. m. Fermier, métayer qui prend un héritage d'un propriétaire pour le cultiver, &amp; lui rendre une partie des fruits. <i>Conductor, Redemptor.</i> Ce Paysan a jour 30. ans de cette terre en qualité d'<i>admodiateur,</i> de Fermier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="645" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMODIATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ADMODIATION</head>
    <p>
    ADMODIATION , s. f. Bail d'un héritage en argent, ou pour la moitié des fruits, en les partageant entre le maître &amp; le métayer. <i>Conductio, redemptio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="646" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMODIER" />
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    <head>ADMODIER</head>
    <p>
    ADMODIER , v. act. Affermer un héritage à moitié fruits, ou à une certaine redevance de grains. <i>Locare.</i> Il vaut mieux <i>admodier</i> sa terre, que de la cultiver soi-même. Ce mot vient de <i>modius</i>, parce que ces baux se font d'ordinaire à une certaine quantité de muids de grain. On ne se sert de ces mots-là qu'en certaines Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="646" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADMODIER" />
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    <head>ADMODIER</head>
    <p>
    Admodié, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Locatus, conductus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="647" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMONESTER" />
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    <head>ADMONESTER</head>
    <p>
    ADMONESTER , ou ADMONETER, voyez AMONETER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="648" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADMONITION" />
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    <head>ADMONITION</head>
    <p>
    ADMONITION , s. f. Avertissement, action par laquelle on amonète. <i>Admonitio.</i> Il y a un arrêt d'<i>admonition</i> &amp; d'interdiction contre cet Officier. Un bénéficier scandaleux doit être privé par le Juge de ses Bénéfices après trois <i>admonitions.</i> On a fait plusieurs <i>admonitions</i> au prône ; pour dire, plusieurs publications de censures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="649" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOLER, & ADOLORER" />
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    <head>ADOLER, & ADOLORER</head>
    <p>
    ADOLER, &amp; ADOLORER , verb. neut. qui veut dire, selon Perceval, <i>être dolent, moerere, dolere.</i> Ce verbe n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="650" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOLESCENCE" />
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    <head>ADOLESCENCE</head>
    <p>
    ADOLESCENCE , s. f. La fleur de la jeunesse, l'âge qui suit l'enfance depuis 14. ans jusqu'à 25. <i>Adolescentia, adulta aetas.</i> Cet homme dès son <i>adolescence</i> s'est mis dans les voies de la fortune. La Bruy. Clément Marot a fait un recueil des vers faits en sa jeunesse, qu'il appelle l'<i>adolescence</i> Clémentine. Il ne se dit que des garçons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="650" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADOLESCENCE" />
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    <head>ADOLESCENCE</head>
    <p>
    Adolescence , se dit figurément du premier âge du monde. On ne l'emploie que dans le style élevé. L'innocence &amp; la vertu regnoient parmi les hommes, lorsque le monde étoit encore dans son <i>adolescence.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="651" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOLESCENT" />
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    <head>ADOLESCENT</head>
    <p>
    ADOLESCENT , s. m. Jeune homme depuis 14. ans, jusqu'à 20. ou 25. ans. <i>Adolescens.</i> Il ne se dit guère qu'en raillerie. C'est un jeune <i>adolescent ;</i> pour dire, c'est un jeune homme étourdi, un peu mais, &amp; sans expérience.</p><p>Ce mot vient d'<i>adolesco</i>, mot Latin qui signifie croître ; parce que le temps de l'<i>adolescence</i> dure tout autant que le corps croît &amp; se fortifie, &amp; que le jugement se forme. Après l'âge de l'<i>adolescence,</i> le corps ne reçoit plus guère d'accroissement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="652" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOMESTIQUÉ" />
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    <head>ADOMESTIQUÉ</head>
    <p>
    ADOMESTIQUÉ , adj. mot hors d'usage, qui signifie demeurant dans la maison de quelqu'un, &amp; vivant avec lui. Le Perroniana a été recueilli par Christophle du Puy, Procureur de la Chartreuse de Rome, lequel étoit dans ce temps-là Aumônier du Roi, &amp; <i>adomestiqué</i> chez le Cardinal du Perron. <i>Anti-Baillet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="653" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOMESTIQUER" />
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    <head>ADOMESTIQUER</head>
    <p>
    ADOMESTIQUER , v. n. Vieux mot, &amp; hors d'usage, qui signifioit, se rendre familier, ou domestique chez quelqu'un. <i>Insinuare se in familiaritatem.</i> Il se dit encore en quelques lieux des animaux apprivoisés qui viennent habiter en quelque maison. Ce mot vient du Latin <i>domesticus</i>, de <i>domus,</i> Maison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="654" id="1" type="">
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    <head>ADONAÏ</head>
    <p>
    ADONAÏ , s. m. C'est un des noms de Dieu, qui signifie proprement, Monseigneur ; car quoiqu'en Hébreu il soit pluriel, il n'a cependant qu'une signification singulière, comme bien d'autres dans l'Hébreu &amp; dans toutes les Langues. Quelques Auteurs le tirent de , <i>eden, base,</i> &amp; disent qu'il convient à Dieu, parce qu'il est le fondement, la base, le soutien de toutes les créatures. Il est plus naturel de le tirer de , <i>juger, être Juge ou Magistrat, gouverner, dominer.</i> Les Septante le traduisent par , &amp; la Vulgate par <i>Dominus,</i> Seigneur ; &amp; les Juifs le mettent &amp; le prononcent à la place du nom propre de Dieu <i>Jehovah. Adonaï</i> se dit aussi des créatures ; mais le plus souvent, quand il se dit des hommes, il y a dans l'Hébreu <i>Adoni</i> au singulier, ou <i>Adonaï</i> au pluriel par un <i>a</i> bref ; &amp; quand il se dit de Dieu, jamais qu'<i>Adonai</i> au pluriel, par un <i>a</i> long. Quelquefois il se dit au pluriel pour un seul homme, comme d'Abraham, Genes. XXIV. 9. de Putiphar, Genes. XXXIX. 2. de Pharaon, Genes. XL. 1. de Joseph, Genes. XLII. 30. &amp;c. Au reste, la forme seule de ce nom ne prouve pas qu'il soit pluriel ; mais les autres endroits où l'on trouve <i>Adonim</i> &amp; <i>Adone,</i> qui sont dits d'un seul, ou bien avec d'autres pronoms, comme <i>adonecha,</i> ne laissent aucun lieu de douter qu'il ne se dise au pluriel également bien d'un ou de plusieurs. Buxtorf le fils, &amp; beaucoup d'autres prétendent que quand il se dit des Anges, c'est moins de ces Ministres de Dieu qu'il se dit, que de Dieu lui-même agissant par le ministère des Anges. Cela ne doit s'entendre que d'<i>Adonaï</i> écrit par un <i>Kamets,</i> ou <i>a</i> long.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="655" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADONC" />
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    <head>ADONC</head>
    <p>
    ADONC , adv. Vieux mot qui signifioit, Alors, ou donc. <i>Tunc, igitur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="656" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADONIES" />
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    <head>ADONIES</head>
    <p>
    ADONIES , ou ADONIENNES, s. mas. &amp; plur. <i>Adonia.</i> Fêtes instituées à l'honneur d'<i>Adonis,</i> dans lesquelles les femmes imitoient les lamentations de Vénus après la mort d'<i>Adonis,</i> ensuite chantoient ses louanges, &amp; se réjouissoient comme s'il eut été ressuscité ; ou plutôt, selon le sentiment de Meursius, cela faisoit deux fêtes en deux différens temps de l'année, à six mois l'une de l'autre ; parce que l'on s'imaginoit qu'<i>Adonis</i> passoit six mois avec Proserpine &amp; six mois avec Vénus. Les Grecs, les Egyptiens, &amp; les Babyloniens, célébroient cette fête, &amp; donnoient le surnom de <i>Salambon</i> à Vénus, ou à la fête même, comme Lampridius l'a fait, en disant que Hélagabale célébra <i>Salambon</i> à la manière des Syriens, avec de grands cris &amp; de grandes lamentations. Saint Jérôme parle de cette fête dans son Commentaire sur Ezechiel VIII. 14. La 31e Idylle de Théocrite contient une fiction jolie sur la mort d'<i>Adonis ;</i> mais ce n'est rien moins qu'une description de la fète <i>Adonienne,</i> comme un nouveau Dictionnaire le dit. La première Idylle de Bion pourroit bien plutôt passer, non pas pour une description de cette fête ; mais pour une lamentation propre à être chantée dans cette fête. Voyez <ref type="search" target="head:Meurs">Meurs</ref>. <i>De Graec. fer.</i> p. 3. Castellan <i>Eortologion</i> imprimé à Anvers <i>in</i>-8° &amp; Beger t. 1r p. 93. &amp; 200. jusqu'à 207.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="657" id="1" type="poesie">
   <index type="head" value="ADONIQUE" />
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    <head>ADONIQUE</head>
    <p>
    ADONIQUE , ou ADONIEN, adj. Terme de Poësie . C'est un vers en usage chez les Grecs &amp; les Latins, composé d'un dactyle &amp; d'un spondée, qu'on met à la fin de chaque strophe des vers saphiques. On lui a donné le nom de son inventeur.</p><p>Il est cependant à remarquer qu'on trouve quelquefois des vers saphiques qui ne sont point suivis de vers <i>adoniens,</i> &amp; des vers <i>adoniens</i> détachés des vers saphiques. On trouve des exemples de tout cela dans les Anciens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="658" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADONIS" />
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    <head>ADONIS</head>
    <p>
    ADONIS , s. m. <i>Adonis.</i> C'est le nom propre d'un jeune homme d'une rare beauté, né de l'inceste de Cyniras, Roy de Chypre, &amp; de Myrrha sa fille. Il fut tué par un sanglier ; &amp; Vénus, qui l'avoit tendrement aimé, le changea en une fleur, qui fut teinte de son sang. C'est l'anemone rouge. Quelques Auteurs ont fait <i>Adonis</i> hermaphrodite. Les Egyptiens le prennent pour Osiris ; &amp; Plutarque dit qu'il a souvent été pris pour Bacchus. S. Jérôme, sur Ezech. VIII. 14. le prend pour Thammuz, dont parle Macrobe, Livre premier Saturn. C. 21. &amp; Onomacrite pour le Soleil. On prétend que la fable d'<i>Adonis</i> n'est qu'une allégorie. Il est fils de Myrrha, dit-on, parce que la Myrrhe est agréable. On pouvoit ajoûter, &amp; de Cyniras, qui en Phénicien signifie <i>guittarre,</i> parce que c'est un instrument de plaisir. D'autres prétendent qu'elle exprime le Soleil, &amp; sa révolution annuelle, le bled. <i>Adonis</i> avoit un temple à Biblos en Phénicie. Les Jardins d'<i>Adonis</i> sont célèbres dans l'antiquité, &amp; avoient passé en proverbe, pour signifier des Jardins délicieux, faits pour le pur plaisir.</p><p>On ne doute pas que le Paradis terrestre n'ait été le modèle sur lequel les Poëtes profanes ont formé les Isles fortunées, les Champs Elysiens, les Prez de Pluton, les Jardins des Hespérides, d'<i>Adonis,</i> de Jupiter, d'Alcinous. Huet. La conformité des mots, Jardin d'<i>Eden,</i> &amp; Jardin d'<i>Adon,</i> peut bien avoir été l'occasion de ces Jardins consacrés à <i>Adonis,</i> que les Grecs, les Egyptiens &amp; les Assyriens plantoient dans des vases de terre, &amp; dans des paniers d'argent, pour en parer leurs maisons, ou pour les porter dans leurs <pb n="80" facs="bpt6k8542165/f120/full/1200,/0/native.jpg"/>processions ; quoique je n'ignore pas que les Mythologues, qui ont obscurci par leurs fictions la vérité de l'Histoire, rapportent l'origine des Jardins d'<i>Adonis</i> à ces laitues dans lesquelles Vénus mit son corps fraîchement tué. Id. Moschopulus fait venir ce nom de , je chante. C'est une erreur. Un nouveau Dictionnaire dit que Bochart remarque qu'<i>Adon,</i> en langue Phénicienne, ou Syriaque, signifie <i>Seigneur.</i> Cela est vrai ; mais c'est quand il s'écrit par un <i>aleph,</i> comme <i>Adonaï</i> dont nous avons parlé ; mais <i>Adon</i> peut s'écrire par un <i>ain,</i> &amp; c'est de là que M. Huet prétend qu'il est dérivé ; alors <i>Adon,</i> signifie <i>délicieux, beau, agréable.</i> Certainement ce nom revient mieux à tout ce qu'on dit d'<i>Adonis.</i> Cependant il paroît que les Grecs l'ont tiré de , <i>Adon,</i> Seigneur, parce qu'ils l'ont appellé , de , <i>un saule,</i> parce qu'en Phénicien <i>Adon,</i> Seigneur, &amp; <i>Adan,</i> saule, s'écrivent avec les mêmes lettres. Les Poëtes Grecs ont fait à l'envi des vers sur la mort d'<i>Adonis.</i> M. Ménage a fait sur le même sujet un petit Poëme en vers Grecs Adoniques, qui mérite d'être comparé aux anciens, dans lesquels il a pris les pensées les plus délicates &amp; les expressions les plus polies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="658" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADONIS" />
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    <head>ADONIS</head>
    <p>
    Adonis , s. m. <i>Adonis.</i> Fleuve de la Phénicie, ainsi appellé d'<i>Adonis.</i> Il se jettoit dans la mer de Syrie proche Biblos, où <i>Adonis</i> étoit particulièrement honoré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="658" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADONIS" />
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    <head>ADONIS</head>
    <p>
    Adonis étoit aussi une danse des anciens Grecs, selon Meursius ; &amp; il est vrai qu'il y avoit chez les anciens une danse dans laquelle un Comédien, ou une Comédienne, imitoient <i>Adonis.</i> Cela paroît dans Arnobe Liv. VII. &amp; par Prudence hymne 10. mais il ne suit pas de ces Auteurs qu'elle s'appellât <i>Adonis,</i> quoique cela soit vraisemblable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="659" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADONISER" />
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    <head>ADONISER</head>
    <p>
    &#9758; ADONISER , v. act. Rendre beau, propre ; donner un air galant. Ce verbe se trouve dans le Dictionnaire François-Latin <i>in</i>-4° Paris 1618. où Ronsard est cité. La Noue, qui l'a aussi employé dans son Dictionnaire des Rimes p. 320. col. 2. dit que c'est <i>faire beau comme Adonis.</i> Ce mot est encore dans Cotgrave.</p><p><i>Poësies à la fin de la</i> <i>Vie de Pedrille del Campo.</i></p><p>L'envie que j'avois de paroître agréable à cette Dame, me fit employer trois bonnes heures pour le moins à m'ajuster, à m'<i>adoniser</i> ; encore ne pus-je parvenir à me rendre content de ma personne. Pour un adolescent qui se prépare à voir sa Maitresse, ce n'est qu'un plaisir ; mais pour un homme qui commence à vieillir, c'est une occupation. Gil-Blas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="659" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADONISER" />
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    <head>ADONISER</head>
    <p>
    Adonisé , part. pass. Paré, galamment ajusté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="660" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADONISEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ADONISEUR</head>
    <p>
    &#9758; ADONISEUR , s. m. Celui qui adonise. Le Spectateur Suisse dit, en parlant d'un petit Maître, qu'un Barbier venoit de friser &amp; de poudrer : Tout cela s'est fait avec beaucoup de patience de part &amp; d'autre, je veux dire de celle de l'Adonis &amp; de l'<i>Adoniseur. Merc. Dec.</i> 1723. On voit par ce dernier terme, ajoûte l'Auteur du Mercure, que notre prétendu Misantrope (c'est ainsi qu'il appelle le Spectateur Suisse) commence à s'humaniser avec le jargon du temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="661" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADONNER" />
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    <head>ADONNER</head>
    <p>
    ADONNER , v. neut. qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Se donner, s'appliquer, s'attacher à quelque exercice, à quelque profession. <i>Dedere se.</i> Ce jeune homme s'est <i>adonné</i> à l'étude de la Jurisprudence. Celui-là s'est entièrement <i>adonné</i> aux Mathématiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="661" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADONNER" />
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    <head>ADONNER</head>
    <p>
    Adonner , se dit des personnes que l'on voit, chez qui l'on va souvent. Comme il étoit Gascon, il s'<i>adonna</i> chez le Maréchal de Grammont. Bussi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="661" id="3" type="marine">
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    <head>ADONNER</head>
    <p>
    Adonner , se dit aussi en ce sens en parlant des choses où notre plaisir &amp; notre inclination nous portent. Ce jeune homme est <i>adonné</i> aux femmes, au vin, au jeu : cet autre est <i>adonné</i> à l'étude, à la chasse, aux armes. Heureux celui qui s'<i>adonne</i> à la vertu.</p><p>On dit quelquefois d'un chien, qu'il s'est <i>adonné</i> dans une maison ; pour dire qu'il y est venu de lui-même, qu'il s'y est apprivoisé. On le dit aussi des hommes qui s'intriguent &amp; se familiarisent dans quelque maison. <i>Admiscere se.</i></p><p>On dit en termes de Marine , que le vent <i>adonne,</i> quand il change, &amp; devient plus favorable qu'il n'étoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="661" id="4" type="">
   <index type="head" value="ADONNER" />
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    <head>ADONNER</head>
    <p>
    s'Adonner . Le Peuple dit aussi en parlant des chemins : Je vous prie de passer chez moi, quand votre chemin s'<i>adonnera</i> de ce côté-là. <i>Cùm iter feret.</i> Quand on est égaré dans une Forêt, on marche selon que le chemin s'<i>adonne</i> ; selon les sentiers qu'on trouve.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="661" id="5" type="">
   <index type="head" value="ADONNER" />
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    <head>ADONNER</head>
    <p>
    Adonné, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Deditus.</i> Ce mot vient de <i>ad</i> &amp; de <i>donare</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="662" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOPTER" />
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    <head>ADOPTER</head>
    <p>
    ADOPTER , v. act. Prendre un étranger pour le mettre en sa famille, &amp; le reconnoître pour son fils, le destiner à sa succession. <i>Adoptare.</i> La coutume d'adopter étoit fort familière aux Romains. Ils l'avoient apprise des Grecs, qui l'appelloient ; mais elle n'est point en usage en France. Elle a encore lieu en quelques endroits de l'Empire. En Lorraine on la conteste. Celui qui étoit <i>adopté</i> passoit dans la famille, &amp; entroit sous la puissance paternelle de celui qui l'<i>adoptoit</i> ; mais il n'étoit point délivré de celle de son père naturel, qui conservoit ses droits.</p><p>Du Cange dit que ce mot vient du Latin <i>adoptare</i>, d'où on a fait dans la basse Latinité <i>adobare,</i> qui signifie, faire Chevalier, ceindre l'épée : d'où est venu aussi le mot de <i>miles adobatus,</i> qui signifioit un Chevalier nouvellement fait, parce que celui qui le faisoit Chevalier, en faisoit une espèce d'adoption.</p><p>On dit aussi, par la Passion de Jesus-Christ nous sommes <i>adoptés</i> enfans de Dieu ; nous avons part à l'héritage céleste. Les Religieux ont mis la réforme dans un tel Couvent, &amp; l'ont <i>adopté</i> &amp; uni à leur Congrégation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="662" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADOPTER" />
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    <head>ADOPTER</head>
    <p>
    Adopter , se dit figurément en choses morales, pour signifier qu'on s'approprie &amp; qu'on s'empare des pensées &amp; des ouvrages d'autrui. <i>Vindicare, adscissere.</i> Il se prend aussi dans un bon sens, pour exprimer qu'on approuve les sentimens d'autrui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="662" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADOPTER" />
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    <head>ADOPTER</head>
    <p>
    Adopté, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Adoptatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="663" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOPTIF, IVE" />
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    <head>ADOPTIF, IVE</head>
    <p>
    ADOPTIF, IVE , adj. Qu'on a adopté. <i>Adoptatitius, filius adoptivus.</i> L'Empereur Adrien préféroit les enfans <i>adoptifs</i> aux enfans naturels, parce qu'on choisit les enfans <i>adoptifs,</i> &amp; que le hazard donne les enfans naturels. Les enfans <i>adoptifs</i> chez les Romains partageoient avec les enfans naturels. C'est pourquoi ils prenoient le nom &amp; le surnom de celui qui les adoptoit ; seulement pour marquer leur extraction &amp; leur naissance, ils ajoûtoient le nom de la maison d'où ils descendoient, ou le surnom de la branche particulière dont ils étoient issus. Ménage a fait imprimer un livre d'éloges, ou de vers qu'on lui a adressés, &amp; qu'il appelle un livre <i>adoptif,</i> qu'il a joint à ses oeuvres. D. Heinsius &amp; Furstemberg de Munster ont aussi publié des Livres <i>adoptifs</i> ; c'étoient des recueils de Poësies faites à leur honneur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="663" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADOPTIF, IVE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ADOPTIF, IVE</head>
    <p>
    Adoptif, ive , ou Adoptien, enne. <i>Adoptivus,</i> ou <i>Adoptianus.</i> Nom de Secte. Les <i>Adoptiens</i> eurent pour Chefs Elipand de Tolède, &amp; Félix d'Urgel, qui avoit été son précepteur. Le premier écrivit à l'autre pour savoir de lui comment il entendoit que Jesus-Christ fût Fils de Dieu. Celui-ci lui répondit, que selon la nature humaine il n'étoit point fils naturel, mais seulement fils <i>adoptif.</i> Ils répandirent tous chacun de son côté cette Doctrine sur la fin du VIIIe siècle ; &amp; c'est ce qui les fit appeller <i>Adoptifs,</i> ou <i>Adoptiens,</i> eux &amp; leurs Sectateurs. Félix fut convaincu &amp; condamné à Narbonne en 788. à Ratisbonne en 792. à Francfort sur le Mein en 794. peu de temps après par le Pape Hadrien ; en 799. par Léon III. &amp; encore la même année à Urgel dans un Synode. Félix &amp; Elipand revinrent de leur erreur. Félix a décrit toute cette affaire dans la Confession de foi qu'il envoya après son retour aux Clercs de son Diocèse. Nous avons aussi un Ouvrage d'Alcuin contre Félix &amp; Elipand. Il y soutient que c'est retomber dans le Nestorianisme de distinguer en Jesus-Christ deux Fils de Dieu, l'un naturel, &amp; l'autre <i>adoptif ;</i> &amp; deux Dieux, l'un vrai, &amp; l'autre <i>nuncupativus,</i> qui ne l'est que de nom. On appelle Féliciens ceux qui suivirent Félix &amp; Elipand, du nom de Félix, qui en étoit Auteur. <i>Feliciani.</i> Et leurs erreurs, l'Hérésie Félicienne. <i>Haeresis Feliciana.</i> Il y a dans les Nouvelles Littéraires de la Mer Baltique 1699. au mois d'Août, p. 238. &amp; suivantes, une Dissertation de <pb n="81" facs="bpt6k8542165/f121/full/1200,/0/native.jpg"/>Jean Trelland sur cette Hérésie. Voyez aussi les <i>Acta Sanct. Benedict. IV. Saec. p.</i> 1. <i>pr</i>aef. §. 1.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADOPTION</head>
    <p>
    ADOPTION , s. f. Action par laquelle on adopte. <i>Adoptio.</i> L'<i>Adoption</i> se faisoit par acte public, &amp; avec certaine formule. C'étoit une imitation de la nature, inventée pour la consolation de ceux qui n'avoient point d'enfans ; cette imitation de la nature étoit si régulière, que les Eunuques ne pouvoient adopter, parce qu'ils étoient dans l'impuissance actuelle d'avoir des enfans. Il n'étoit pas non plus permis au plus jeune d'adopter le plus vieux, parce que cela eût été contre l'ordre naturel ; &amp; il falloit que celui qui adoptoit eût 18 ans plus que l'enfant adoptif, afin qu'il pût être père : car l'<i>adoption</i> eût été un monstre, si le fils eût été plus âgé que le père. Chez les Romains on distinguoit deux sortes d'<i>adoptions</i> : l'une qui se faisoit devant le Préteur : &amp; l'autre par l'Assemblée du Peuple, dans le temps de la République, &amp; depuis par un rescript des Empereurs. La première regardoit un fils de famille, &amp; alors on s'adressoit au Préteur, devant lequel le père naturel déclaroit, qu'il émancipoit son fils, &amp; qu'il consentoit qu'il passât dans la famille de celui qui l'adoptoit. La seconde regardoit une personne libre, &amp; cette espèce d'<i>adoption</i> s'appelloit <i>adrogation.</i> Celui qui étoit adopté changeoit tous ses noms, &amp; prenoit le prénom, le nom &amp; le surnom de celui qui l'adoptoit. Du temps du Pape Benoît II. l'Empereur Constantin Pogonate envoya à Rome les cheveux de ses deux fils, Justinien &amp; Héraclius, qui furent reçus par le Pape, le Clergé, &amp; l'Armée. C'étoit une espèce d'<i>adoption</i> usitée en ce temps-là ; &amp; celui qui recevoit les cheveux d'un jeune homme, étoit regardé comme son pere. Fleur. Le Pape Jean VIII. avoit adopté Boson premier Roi d'Arles, comme il parle dans une de ses lettres. A peine trouvera-t-on d'autre exemple de l'<i>adoption</i> dans l'ordre Ecclésiastique ; la loi, qui imite la nature nécessairement, n'osant pas donner des enfans à ceux à qui ce seroit un crime de s'en faire. Chorier, <i>Hist. de Dauph. l. x. t.</i> 1. <i>p.</i> 693.</p><p>Les anciens Gaulois appelloient l'<i>adoption</i> une <i>afiliation.</i> L'<i>adoption</i> ne se pratique point en France : on en trouve seulement quelques vestiges dans la Coutume de Xaintonge, qui porte que l'afilié ne succède à l'afiliant qu'aux biens meubles, &amp; non aux héritages, pour lesquels l'<i>adoption</i> ne lui peut profiter. Au reste, les enfans par <i>adoption</i> n'étoient point distingués des autres ; &amp; ils entroient dans tous les droits que la naissance donne aux enfans à l'égard de leurs pères. C'est pourquoi ils devoient être ou institués héritiers, ou nommément exhérédés par le père qui les avoit adoptés ; autrement le Testament étoit nul. Cependant l'enfant <i>adoptif</i> ne succédoit point aux parens du père adoptant, à moins qu'ils n'eussent consenti à l'<i>adoption.</i> Les Chrétiens sont enfans de Dieu par <i>adoption.</i> C'est une espèce d'<i>adoption</i> que la réception d'un Religieux. C'est aussi une espèce d'<i>adoption</i> honoraire, que l'institution d'un héritier universel, à la charge de porter le nom, &amp; les armes de la famille. Cette <i>adoption</i> testamentaire étoit aussi en usage chez les Romains : mais comme cette espèce d'héritier n'étoit qu'un simple légataire, plutôt qu'un enfant adoptif, il falloit que l'<i>adoption</i> par testament fut confirmée par le Peuple. Ainsi, lorsqu'Auguste se trouva adopté par le testament de César, M. Antoine retarda la confirmation de l'Assemblée du Peuple, parce qu'il ne vouloit point qu'Auguste fut appellé le fils de César en vertu d'une <i>adoption</i> juridique. Nous avons quelques <i>adoptions</i> marquées sur les médailles. Celle de Trajan par Nerva sur les Médailles de Trajan. Imp. Caes. Nerva Trajan. Aug. Germ. Au revers. Adoptio. Une figure en habit de guerre, tenant de sa main gauche une haste, tend la main droite à une figure qui est en habit de Sénateur. Celle d'Hadrien par Trajan. Imp. Caes. Trajanus Hadrianus Aug. &amp; au revers, Adoptio parth. divi Trajan. Aug. p. m. tr. p. cos. Monsieur Boussac, dans ses <i>Notes Theologicae</i> 14. 15. &amp; 16e. Dissertation, explique diverses sortes d'<i>adoptions,</i> dont l'une se faisoit au Baptême, l'autre par l'épée, &amp; la dernière par les cheveux. M. de Cordemoy a cependant remarqué à la fin de l'Histoire de Dagobert, que l'<i>adoption</i> étoit permise quand on n'avoit point d'enfans : elle se faisoit devant le Roi, qui en donnoit des lettres ; &amp; celui qu'on adoptoit étoit considéré comme fils : il jouissoit dès ce moment des biens de son père adoptif, à la charge de lui fournir toutes les choses dont il avoit besoin pour vivre commodément suivant sa condition.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADORABLE</head>
    <p>
    ADORABLE , adj. m. &amp; f. Digne d'être adoré ; qui mérite le plus profond des respects. <i>Adorandus.</i> Dieu seul est <i>adorable.</i> Les mystères de la Religion sont <i>adorables.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="665" id="2" type="">
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    <head>ADORABLE</head>
    <p>
    Adorable , se dit aussi abusivement &amp; hyperboliquement des choses du monde qu'on aime infiniment. <i>Venerandus.</i> Les amans trouvent leurs maitresses <i>adorables</i> : c'est une exagération amoureuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="666" id="1" type="">
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    <head>ADORATEUR, ATRICE</head>
    <p>
    ADORATEUR, ATRICE , s. m. &amp; f. Celui ou celle qui adore, qui rend un culte, &amp; des hommages religieux. <i>Cultor, venerator, cultrix.</i> Les <i>adorateurs</i> du vrai Dieu. Il y a beaucoup d'observateurs des coutumes, &amp; des bienséances ; mais peu d'<i>adorateurs</i> en esprit, &amp; en vérité. Flech. S. Benoît forme des hommes que Dieu a destinés, &amp; qu'il appelle à une vie parfaite ; ce sont de véritables <i>adorateurs</i> qu'il institue. Abbé de la Tr.</p><p>On le dit abusivement de celui qui estime, ou qui aime passionnément, ou qui admire extrêmement. Ce galant est l'<i>adorateur</i> de toutes les belles. Les femmes du monde font vanité de traîner avec elles une foule d'<i>adorateurs.</i> S. Evr. Ce Poëte est l'<i>adorateur</i> de ses propres Ouvrages. On le dit encore de ceux qui sont la cour avec trop de soumission &amp; de bassesse, aux personnes élevées au dessus d'eux. Les favoris trouvent plus d'<i>adorateurs</i> que d'amis. Bouh.</p><p>Recueil des vers imp. par le P. Bouhours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="667" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADORATION" />
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    <head>ADORATION</head>
    <p>
    ADORATION , s. f. Vénération, action par laquelle on rend le plus grand des respects, &amp; des honneurs divins ; soit par une posture humiliée, soit par d'autres actes d'une profonde soumission. <i>Adoratio.</i> L'<i>adoration</i> suprême n'est dûe qu'à Dieu. Notre culte, &amp; nos <i>adorations</i> sont absolument inutiles, s'il est vrai que Dieu a décidé de nous par un decret éternel. Port-R. Le plus grand des péchés est l'<i>adoration</i> des Idoles. Dieu hait les grimaces &amp; les <i>adorations</i> extérieures des hypocrites.</p><p>On le dit aussi des choses &amp; des personnes, pour lesquelles on a beaucoup d'amour &amp; d'admiration ; &amp; une estime accompagnée d'un profond respect. <i>Cultus, veneratio.</i> L'amour que les peuples ont eu pour ce Prince alloit jusqu'à l'<i>adoration.</i> Les femmes qui ont de la beauté s'imaginent que nous leur devons des <i>adorations</i> comme à des divinités. S. Evr. Un Prince accoutumé à l'<i>adoration,</i> n'écoute des remontrances qu'avec impatience.</p><p>On crée un Pape par l'<i>adoration,</i> ou par le scrutin. L'élection par l'<i>adoration</i> se fait lorsque les Cardinaux vont brusquement, &amp; comme inspirés du S. Esprit, à l'<i>adoration</i> d'un d'entr'eux, &amp; le proclament Pape. Cette manière d'élection est dangereuse, parce qu'étant confuse &amp; tumultueuse, &amp; n'étant point accompagnée d'une délibération tranquille, il arrive qu'elle se fait par surprise. Car les indifférens se laissent entraîner sans réflexion dans ces occasions imprévues : &amp; ceux qui ont d'autres vues, n'osant se hazarder à être les derniers à donner leur consentement au nouveau Pape, se joignent presque malgré eux au torrent qui les emporte. Hist. des Concil. Lorsque le Pape est élu, il est placé sur l'autel, &amp; les Cardinaux vont à l'<i>adoration.</i> C'est le premier hommage qu'on lui rend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="668" id="1" type="">
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    <head>ADORER</head>
    <p>
    ADORER , v. act. Révérer avec dévotion ; rendre un hommage souverain avec la plus profonde soumission. <i>Adorare.</i> Il n'y a que Dieu seul qu'on doive <i>adorer</i> véritablement. Les Payens <i>adorent</i> les Idoles. Il se met quelquefois sans régime, &amp; alors il signifie, Faire un acte de Religion. Les Israëlites alloient <i>adorer</i> en Jérusalem. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADORER</head>
    <p>
    Adorer , signifie quelquefois simplement, Révérer, respecter ; rendre un espèce de culte subalterne, &amp; inférieur à celui qui n'est dû qu'à Dieu. <i>Venerari, colere.</i> Dans ce sens on dit, <i>adorer</i> les Saints, qu'on honore simplement d'un culte religieux ; mais il est d'un ordre inférieur à celui qu'on <pb n="82" facs="bpt6k8542165/f122/full/1200,/0/native.jpg"/>rend à Dieu ; <i>Adorer</i> les reliques, les images, pour lesquelles on a seulement de la vénération.</p><p>Il y a plusieurs passages, tant de la Sainte Ecriture, que chez les Ecrivains Ecclésiastiques, où le mot d'<i>adorer</i> se dit seulement d'un simple honneur qu'on fait à quelqu'un, ou de la vénération qu'on a pour lui. La Reine Esther <i>adora</i> le Roi Assuérus. Le mot d'<i>adorer</i> en sa plus étroite signification, &amp; en sa première origine, ne signifie autre chose que <i>porter la main à la bouche, manum ad os admovere ;</i> c'est-à-dire, saluer, faire la révérence, ou baiser les mains. Le Pape S. Martin ayant envoyé quelques personnes de son Clergé à l'Exarque de Ravenne Callipas, qui étoit venu à Rome en 653. avec le Chambellan Théodore, &amp; l'armée de Ravenne ; l'Exarque les reçut dans le Palais, croyant que le Pape étoit avec eux ; mais ne l'y trouvant pas, il dit aux premiers du Clergé : Nous voulions l'<i>adorer ;</i> mais demain, qui est Dimanche, nous l'irons trouver &amp; le saluer. On voit ici les mots <i>adorer</i> &amp; saluer employés indifféremment, &amp; il y avoit long-temps que l'on disoit <i>adorer</i> l'Empereur. Fleury. L'Adoration se prend en deux manières. Il y a celle que nous rendons à Dieu, seul adorable par sa nature, &amp; qui s'appelle latrie. Il y en a une autre que nous rendons à cause de Dieu à ses amis, &amp; à ses serviteurs ; comme quand Josué &amp; David <i>adorerent</i> des Anges ; ou aux lieux &amp; aux choses consacrées à Dieu ; ou aux Princes qu'il a établis, comme quand Jacob <i>adora</i> Esaü, son frère aîné, &amp; quand Joseph fut <i>adoré</i> par ses frères. Il y a aussi une <i>adoration</i> qui n'est qu'un honneur rendu réciproquement, comme entre Abraham &amp; les enfans d'Hémor. Fleur. <i>d'après S. Jean Damascène.</i> Le IIe. Concile de Nicée, dans sa lettre à l'Empereur, Sess. VII. explique ainsi le mot d'adoration. <i>Adorer</i> &amp; saluer sont le même en Grec, &amp; . Car dans l'ancien Grec signifie saluer, ou baiser, &amp; la préposition marque une plus forte affection. Nous trouvons la même expression dans l'Ecriture Sainte. Il est dit que David se prosterna sur le visage, &amp; <i>adora</i> trois fois Jonathas, &amp; le baisa. Saint Paul dit que Jacob <i>adora</i> le haut du sceptre de Joseph. Ainsi quand nous saluons la Croix, nous chantons : Nous adorons la Croix, Seigneur, &amp; nous adorons la lance qui a percé votre côté ; ce qui manifestement n'est qu'un salut, comme il paroît en ce que nous les touchons de nos lèvres. Que si l'on trouve souvent l'<i>adoration</i> dans l'Ecriture, &amp; dans les Pères, pour le culte de latrie en esprit, c'est que ce mot a plusieurs significations : car il y a une <i>adoration</i> mêlée d'honneur, d'amour &amp; de crainte ; comme quand ils disent : Nous adorons votre Majesté. (Les Pères parlent à l'Empereur.) Il y en a une de crainte seule, comme quand Jacob adora Esaü. Il y en a une d'action de grace, comme quand Abraham <i>adora</i> les Enfans d'Heth. C'est pourquoi l'Ecriture voulant nous instruire dit : Tu <i>adoreras</i> le Seigneur ton Dieu, &amp; ne serviras qu'à lui seul. Elle met l'<i>adoration</i> indéfiniment, comme un terme équivoque, qui peut convenir à d'autres : mais elle restraint à lui seul le service , que nous ne rendons qu'à lui seul. Fleur. <i>d'après le Concile.</i></p><p>Cependant quelques nouveaux Critiques ont prétendu que dans une version Françoise de l'Ecriture on ne devoit se servir du mot d'<i>adorer,</i> que lorsqu'il étoit parlé du culte qui se rend à Dieu seul. Il est vrai que le mot Latin <i>adorare,</i> dans l'ancienne édition de la Bible, qui a été traduit par <i>adorer</i> dans les versions Françoises, est de lui-même équivoque ; &amp; cet équivoque vient du verbe Hébreu <i>schahha,</i> qui signifie simplement <i>se courber, se prosterner</i> devant quelqu'un pour le saluer. Mr Simon au contraire, dans sa réponse aux <i>sentimens de quelques Théologiens de Hollande</i> Ch. 16. croit qu'on doit conserver toujours le mot d'<i>adorer</i> dans les versions Françoises de l'Ecriture, comme un terme consacré &amp; autorisé dans l'Eglise par un long usage. Il ajoûte qu'il est facile de remédier à l'équivoque de ce mot par une pure note, &amp; qu'il n'est pas possible de retrancher entièrement les équivoques qui sont dans toutes les Langues, parce qu'il n'y a pas autant de mots, qu'il y a de choses : <i>Res infinitae, voces finitae.</i></p><p>En effet, au Ch. 2. de S. Matth. v. 2. où il est dit que les Mages vinrent <i>pour adorer</i> l'Enfant Jesus, il a ajoûté cette note à la marge de sa version : Le mot d'<i>adorer</i> signifie en général dans l'Ecriture se mettre à genoux, ou se prosterner devant quelqu'un ; mais quand il est appliqué à Dieu, il signifie une véritable adoration. Sur le vers. 11. du même Ch. où il est dit que les Mages <i>se prosternant, adorèrent</i> l'Enfant Jesus ; il ajoûte cette autre remarque : <i>C'est la manière de saluer qui étoit en usage dans une bonne partie de l'Orient, &amp; plusieurs Peuples l'observent encore aujourd'hui à l'égard de leurs Rois.</i> On lit aussi sur ce même endroit, dans la version Françoise de toute la Bible imprimée à Anvers en 1534. avec le privilége de Charles V. &amp; l'approbation de quelques Docteurs de Louvain, <i>Les Hébreux usent souvent de ce mot</i> adorer, <i>pour</i> honorer <i>avec prosternation de corps, comme on fait encore aux Rois &amp; aux Princes en Orient.</i> Lorsqu'il s'agit du culte que les Mages rendirent à l'Enfant Jesus, on fait bien de garder le terme d'<i>adorer,</i> parce que les Mages par leur culte reconnurent la divinité de Jesus-Christ, &amp; l'<i>adorèrent</i> effectivement. Mais il ne faut pas pour cela garder dans les versions le terme d'<i>adorer</i> par-tout où le Latin porte <i>adorare :</i> le terme François est bien plus déterminé que le Latin ; &amp; par conséquent il n'est pas permis de mettre indifféremment l'un pour l'autre ; comme il seroit ridicule de mettre dans une version Françoise <i>Concile</i> par tout où le Latin porteroit <i>Concilium ;</i> &amp; <i>Eglise,</i> par-tout où le Grec porteroit . C'est un défaut des premières versions qu'on a rendues très-mauvaises à force de vouloir les rendre trop littérales. Voyez là-dessus la Préface du P. Bouhours sur sa Traduction du Nouveau Testament.</p><p>Il est vrai que les Grecs ont deux mots différens pour exprimer l'adoration qu'ils rendent à Dieu, &amp; celle qu'ils rendent aux choses créées. Ils expriment ordinairement la première par le verbe , &amp; la seconde par . Ils se servent de ce dernier quand ils parlent de l'adoration des Images, de l'adoration du Livre des Evangiles, &amp; de celle des Saints Dons, c'est-à-dire, des Symboles du Pain &amp; du Vin, avant qu'ils soient consacrés. Voyez les mots <i>Image, Evangile, Dons.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADORER</head>
    <p>
    Adorer , signifie aussi hyperboliquement, Avoir beaucoup d'amour ; une soumission extrême, ou une admiration aveugle pour quelqu'un. J'<i>adore</i> jusqu'à vos dédains &amp; vos rigueurs. St. Evr. On <i>adore</i> Virgile dans son Enéïde. Je ne saurois <i>adorer</i> toutes vos fantaisies ; c'est-à-dire, je ne les respecte point ; je ne vous applaudis point aveuglement. Cette mère <i>adore</i> ses enfans ; c'est-à-dire, elle les aime éperdument. Les Courtisans <i>adorent</i> les Favoris &amp; ceux dont ils attendent des bienfaits. L'audace est triomphante, &amp; le crime <i>adoré.</i> Breb. Je ne vais point au Louvre <i>adorer</i> la fortune. Boil. C'est peu dire, je l'aime ; Elvire, je l'<i>adore.</i> Corn. Le mérite qui fait <i>adorer</i> les Princes, attire aux particuliers la haine &amp; l'envie. Bouh. Louïs II. Prince de Condé se seroit fait <i>adorer</i> de tout le monde, s'il se fût un peu ménagé. Rochef.</p><p>On dit proverbialement, <i>Adorer</i> le Veau d'or ; pour dire, faire bien des soumissions à un homme sans mérite, en considération seulement de ses richesses ; par allusion au Veau d'or qu'adorerent les Israëlites.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADOS</head>
    <p>
    ADOS , s. m. Terme de Jardinage . Terre élevée en talus contre une muraille bien exposée. On sème des pois &amp; des fèves sur un <i>ados,</i> pour les avancer plus qu'en pleine terre, parce que la réflexion du soleil échauffe ces talus. Les laitues <pb n="83" facs="bpt6k8542165/f123/full/1200,/0/native.jpg"/>ont besoin d'un bon <i>ados</i> pour venir promptement. Les raves &amp; les pois hâtifs croissent fort bien sur un <i>ados.</i> Liger. Le mot <i>ados</i> est dit ainsi, à cause que la terre mise le long d'un mur forme une espèce de dos. Id. ou bien parce qu'elle est au dos du mur, adossée, appuyée contre le mur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADOSSER</head>
    <p>
    ADOSSER , verb. act. Conj. Je m'<i>adossai ;</i> je me suis <i>adossé ;</i> je m'<i>adosserai.</i> Mettre le dos contre quelque chose. <i>Dorsum applicare, dorso incumbere.</i> Il se dit plus ordinairement au figuré en ces phrases. Cette maison est <i>adossée</i> contre l'Eglise, contre la montagne. Ce lit est <i>adossé</i> contre la muraille. <i>Inniti, incumbere, applicari.</i> Lorsqu'il se vit attaqué, il s'<i>adossa</i> contre la muraille.</p><p>On dit aussi avec le pronom personnel, s'<i>adosser</i> contre quelqu'un, pour dire, avoir le dos tourné l'un contre l'autre. <i>Tergum obvertere.</i> Les Soldats s'étant ainsi <i>adossés,</i> ne craignirent plus d'être enveloppés par l'ennemi. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="670" id="2" type="blason">
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    <head>ADOSSER</head>
    <p>
    Adosser , se dit aussi en termes de Blason , de ce qui est tourné le dos contre le dos de son pareil. <i>Adversos pingere, ponere.</i> Montbeliard porte d'azur à deux bars <i>adossés</i> d'or : ce sont deux espèces de poissons. On dit aussi <i>adorsé :</i> le contraire est <i>affronté.</i> Il se dit particulièrement des animaux rampans, comme le lion, &amp;c. On le dit en général de tout ce qui a de la longueur, &amp; qui a deux faces différentes : comme, des clefs <i>adossées,</i> quand leurs pannetons sont en dehors : des faux <i>adossées,</i> &amp;c. Ce mot vient d'<i>ad</i> &amp; de <i>dorsum</i>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADOSSER</head>
    <p>
    Adossé, ée , part. pass. &amp; adj. Il a en François comme en Latin la signification de son verbe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADOUBER</head>
    <p>
    ADOUBER , v. act. Accommoder, boucher des trous dans une fontaine, dans une machine, &amp;c. <i>Reficere.</i> Tous les tuyaux de cette machine sont bien <i>adoubés,</i> elle doit jouer maintenant. On le dit quelquefois des vaisseaux ; mais on se sert plus ordinairement de <i>radouber.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>adaptare</i>. Du Cange le dérive du mot <i>adobare</i>, qui signifioit autrefois, Armer. Voyez <i>adopter.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADOUBER</head>
    <p>
    Adouber , vouloit dire autrefois donner à un Chevalier, ou à un soldat, les armes nécessaires, les habits, &amp;c.</p><p>Il signifie figurément, Rajuster, accommoder, mettre en ordre. <i>Ordinare, disponere.</i> On dit au jeu des échets, du triquetrac, &amp; des dames, J'<i>adoube :</i> pour faire entendre qu'on touche une pièce qu'on ne veut pas jouer, mais seulement pour arranger son jeu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADOUCIR</head>
    <p>
    ADOUCIR , v. act. Rendre doux, moins acre, moins rude, ou moins amer, &amp;c. <i>Temperare, rem aliquam dulcem efficere, mollire.</i> On a trouvé le secret d'<i>adoucir</i> l'eau de la mer. <i>Adoucir</i> l'acreté des humeurs. On <i>adoucit</i> la voix, le son des instrumens, en les baissant d'un ton. On <i>adoucit</i> le fer à force de le battre. La pluie <i>adoucit</i> le temps, en le rendant moins froid. On <i>adoucit</i> les métaux par un alliage convenable. Ceux qui travaillent aux glaces de miroir, aux lunettes, &amp;c. ne les polissent qu'après les avoir <i>adoucies.</i> Le mélange <i>adoucit</i> aussi les odeurs, les couleurs, &amp;c. L'aigreur des fruits s'<i>adoucit</i> en mûrissant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="672" id="2" type="">
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    <head>ADOUCIR</head>
    <p>
    Adoucir , se dit aussi des choses spirituelles, pour signifier, Appaiser, rendre moins fâcheux, &amp; plus supportable ; modérer, tempérer. <i>Mitigare, lenire.</i> Il saut <i>adoucir</i> les termes injurieux ou barbares, quand on est obligé de s'en servir. On dit que l'amour a inventé la peinture, pour <i>adoucir</i> la douleur de l'absence par la copie des traits de la personne aimée. Felib. La lecture <i>adoucit</i> les <i>ennuis,</i> &amp; les chagrins de la solitude. S. Evr. Il est difficile d'<i>adoucir</i> une humeur si farouche. Id. La joie <i>adoucit,</i> &amp; relâche la tristesse. Dac. On peut <i>adoucir</i> &amp; apprivoiser les lions, &amp; les tigres mêmes ; à plus forte raison peut-on se flatter d'<i>adoucir</i> la fierté naturelle de ce jeune Prince. Ablanc. Il seroit bon d'<i>adoucir</i> la sévérité incommode de la Philosophie, de peur de la rendre haïssable. Port-R. Pour ne point rebuter les pécheurs, vous avez <i>adouci</i> les rigueurs de la pénitence. Pasc. Sur l'Eucharistie. Nos Frères sentant l'impossibilité de l'opinion de Calvin prise à la lettre, l'<i>adoucissent</i> autant qu'ils peuvent. Peliss. A dire le vrai cependant son opinion ainsi <i>adoucie,</i> n'enferme pas moins une contradiction formelle. Id. J'ai tâché d'<i>adoucir</i> son esprit, &amp; de le rendre plus calme. P. de Cl. La soumission <i>adoucit</i> les plus farouches. La patience &amp; la Philosophie <i>adoucissent</i> l'amertume des douleurs.</p><p>Il se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; signifie, Devenir plus doux. <i>Mitescere. Conj.</i> Je m'<i>adoucis ;</i> je m'<i>adoucissois ;</i> je m'<i>adoucirai.</i> L'hyver s'est <i>adouci ;</i> le froid est moins âpre, &amp; moins violent. Le dépit de ne posséder pas les richesses se console, &amp; s'<i>adoucit,</i> par le mépris que l'on a pour ceux qui les possèdent. Rochef. Les haines &amp; les inimitiés s'<i>adoucissent</i> par le temps. Du R. Il n'y a personne si sauvage qui ne <i>se</i> puisse <i>adoucir.</i> Dac. Le Roi s'<i>adoucit</i> dans la suite, &amp; ne parut plus si irrité. P. de Cl. La fièvre s'<i>adoucit</i> par l'abstinence &amp; le repos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="672" id="3" type="peinture">
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    <head>ADOUCIR</head>
    <p>
    Adoucir , Terme de Peinture . Mêler les couleurs avec la brosse, ou le pinceau. <i>Expolire picturam.</i> On dit aussi. <i>Adoucir</i> les desseins lavés, &amp; faits avec la plume ; c'est-à-dire, en affoiblir la teinte. <i>Adoucir</i> une peinture, c'est en changer quelques traits, &amp; donner plus de douceur à l'air d'un visage, qui avoit quelque chose de rude. Felib.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="672" id="4" type="">
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    <head>ADOUCIR</head>
    <p>
    Adouci, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Temperatus, mitigatus, lenitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="673" id="1" type="">
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    <head>ADOUCISSEMENT</head>
    <p>
    ADOUCISSEMENT , s. m. L'action d'adoucir ; ou ce qui sert à adoucir ; état de la chose adoucie. <i>Temperatio, mitigatio.</i> L'<i>adoucissement</i> de la bile, &amp; des humeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="673" id="2" type="">
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    <head>ADOUCISSEMENT</head>
    <p>
    Adoucissement , signifie fig. Soulagement, diminution de peine &amp; de douleur. <i>Levamen, levamentum, mollimentum.</i> Rien ne peut apporter d'<i>adoucissement</i> à mes déplaisirs. Il signifie aussi accommodement, tempérament, correctif. Ne sauriez-vous trouver quelque <i>adoucissement</i> pour concilier les esprits. Les <i>adoucissemens</i> de la Confession attirent le monde. Pasc. Il faut chercher quelques <i>adoucissemens,</i> pour exprimer les choses sales &amp; malhonnêtes. Cail. La Reine se priva de certains <i>adoucissemens,</i> que le privilége de son rang lui faisoit regarder comme permis, &amp; que la flaterie lui avoit conseillé comme nécessaires. Flech. Les personnes polies n'expriment qu'avec bien des précautions &amp; bien des <i>adoucissemens,</i> tout ce qui peut faire naître des idées obscènes. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="673" id="3" type="peinture">
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    <head>ADOUCISSEMENT</head>
    <p>
    Adoucissement , Terme de Peinture . <i>Expoliatio.</i> On s'en sert pour exprimer que les couleurs sont bien noyées ; que les traits ne sont pas tranchés, &amp; qu'il n'y a rien de rude. L'<i>adoucissement</i> des couleurs rend la peinture plus tendre &amp; plus fine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="673" id="4" type="architecture">
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    <head>ADOUCISSEMENT</head>
    <p>
    Adoucissement , Terme d'Architecture . C'est le racordement qui se fait d'un corps avec un autre par un chamfrain, ou par un cavet, comme le congé du fust d'une colonne ; ou lorsque le plinthe d'une base est joint à la corniche de son piédestal par un cavet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="674" id="1" type="fauconnerie">
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    <head>ADOUÉES</head>
    <p>
    ADOUÉES , Terme de Fauconnerie , qui se dit des perdrix qui sont pariées &amp; accouplées. <i>Copulatae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="675" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADOULÉ, ÉE" />
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    <head>ADOULÉ, ÉE</head>
    <p>
    ADOULÉ, ÉE , adj. Vieux mot, qui vouloit dire autrefois <i>dolent, triste. Moerens, moestus, dolens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="676" id="1" type="">
   <index type="head" value="AD PATRES" />
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    <head>AD PATRES</head>
    <p>
    &#9758; AD PATRES , expression Latine, qui est devenue Françoise dans le style familier. Il est allé <i>ad patres,</i> c'est-à-dire, il est allé rejoindre ses pères en l'autre monde ; il est mort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="677" id="1" type="">
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    <head>ADRACHNE</head>
    <p>
    ADRACHNE . C'est une espèce d'arbre de grandeur médiocre, dont l'écorce est blanche, luisante ; son bois est fort dur ; sa fleur &amp; son fruit sont semblables à ceux de l'arbousier, il vient en Candie : sa feuille résiste au venin. Voyez <ref type="search" target="head:Théophraste">Théophraste</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="678" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRAGAN" />
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    <head>ADRAGAN</head>
    <p>
    ADRAGAN , s. m. <i>Adragantum gummi.</i> C'est le nom que l'on donne à une gomme qui se tire d'un arbre que les Grecs appellent <i>Tragacantha,</i> les Persans <i>Khar Moghilan,</i> &amp; les Arabes <i>Carad.</i> D'Herb. On ne dit point <i>Adragan</i> tout seul, mais gomme d'<i>Adragan.</i> Quelquefois on écrit <i>Adragante,</i> &amp; quelquefois <i>Adraganth.</i> d'Herbelot écrit <i>Adragan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="679" id="1" type="">
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    <head>ADRAMELECH</head>
    <p>
    ADRAMELECH , s. m. Faux Dieu des Sépharraïmites, Peuple envoyé dans la Terre Sainte par les Rois d'Assyrie, à <pb n="84" facs="bpt6k8542165/f124/full/1200,/0/native.jpg"/>la place des Israëlites, après que Salmanazar eut détruit le Royaume d'Israël. Les Adorateurs d'<i>Adramelech</i> brûloient leurs enfans en son honneur, IV. des Rois 17. 31. ce qui a persuadé Selden que c'étoit la même Divinité que Moloch. Quelques Auteurs Hébreux, cités par Munster, disent qu'on le représentoit sous la forme d'un mulet, &amp; d'autres sous celle d'un paon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="679" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADRAMELECH" />
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    <head>ADRAMELECH</head>
    <p>
    Adramelech , est aussi le nom d'un des fils de Sennachérib. Ce nom signifie, puissance, grandeur, magnificence du Roi, ou Roi puissant, magnifique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="680" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRASTÉE" />
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    <head>ADRASTÉE</head>
    <p>
    ADRASTÉE , ou plutôt ADRASTIE, s. f. <i>Adrastia.</i> C'est le nom d'une fausse Divinité, nommée autrement Némésie, fille de Jupiter &amp; de la Nécessité, ou selon Hésiode, de la Nuit, &amp; selon Pausanias de l'Ocean &amp; de la Nuit. Son emploi étoit de venger les crimes. Les Prêtres Egyptiens plaçoient <i>Adrastie</i> au dessus de la Lune, d'où elle examinoit tout le monde, sans qu'aucun coupable lui échapât.</p><p>Strabon tire ce nom de celui d'Adraste Roi d'Argos ; mais Phormétus le dérive du Grec , de sorte qu'il marque une Divinité qui est toujours en action, que rien n'empêche d'agir &amp; de punir les coupables ; Pausanias de l' privatif, &amp; de , pris dans le sens de , Je fuis, parce qu'on n'évite jamais la vengeance céleste.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="680" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADRASTÉE" />
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    <head>ADRASTÉE</head>
    <p>
    Adrastie , ou Adrastée, est aussi le nom d'une Ville de la Troade, bâtie par un Adraste, fils de Mérops, qui y bâtit un Temple à la Fortune : il y eut aussi un Oracle d'Apollon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="681" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRESSANT, ANTE" />
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    <head>ADRESSANT, ANTE</head>
    <p>
    ADRESSANT, ANTE , adj. m. &amp; f. Qui est envoyé à certain lieu, ou à certaines personnes. <i>Inscriptus.</i> Les Lettres de Chancelerie sont toutes <i>adressantes</i> aux Juges ou autres Officiers Royaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="682" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRESSE" />
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    <head>ADRESSE</head>
    <p>
    ADRESSE , s. f. Dextérité, industrie, subtilité, soit de la main, soit du corps. <i>Industria, solertia, ars.</i> Les Charlatans font mille tours avec une <i>adresse</i> merveilleuse. Ce Cavalier fait tous ses exercices avec beaucoup d'<i>adresse</i> ; il a une <i>adresse</i> naturelle pour toutes choses. Les jeux d'<i>adresse</i> sont permis, comme la paume, le billard, &amp;c. Si l'<i>adresse</i> humaine peut quelquefois imiter la nature, que ne peut point le souverain Architecte du monde ? P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="682" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADRESSE" />
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    <head>ADRESSE</head>
    <p>
    Adresse , se dit figurément de la subtilité, de la prudence, &amp; de la finesse de l'esprit, ou pour le bien, ou pour le mal. <i>Calliditas, dexteritas, consilium.</i> Il faut beaucoup d'<i>adresse</i> pour conduire une pièce de théatre. On lui a tiré son secret avec <i>adresse.</i> Dans le monde il faut dissimuler avec <i>adresse</i> les vérités qui ne plaisent pas. S. Evr. On ne peut point s'assurer d'un coeur qu'on ne retient que par <i>adresse.</i> Ch. d. Mer. Pour réussir à la Cour, il faut plus d'<i>adresse</i> que de bonne foi. Il se prend aussi pour ruse, &amp; artifice. On déteste les lâches <i>adresses</i> de ceux qui abusent de la foiblesse des Princes. S. Evr. Par l'<i>adresse</i> de ceux qui s'enrichissent de la superstition des autres, on ne voyoit par tout-que nouvelles cérémonies. Bayl.</p><p>On le dit aussi de la conduite &amp; de l'habileté dans le maniment des affaires. Il a fait réussir cette affaire par son <i>adresse,</i> &amp; par la manière dont il l'a tournée. Le Peuple est si grossier qu'on ne doit pas se donner la peine de le tromper avec <i>adresse.</i> S. Evr. Le crime trouve moins d'aversion quand il est conduit avec beaucoup d'<i>adresse.</i> S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="682" id="3" type="">
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    <head>ADRESSE</head>
    <p>
    Adresse , se transporte quelquefois figurément de l'ouvrier à l'instrument dont il se sert.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADRESSE</head>
    <p>
    Adresse , se dit aussi de la souscription des lettres ordinaires, qui marque le lieu, ou la personne, où on les veut faire tenir. Il a fait tenir ce paquet à son <i>adresse.</i> Vous avez mis sur ma lettre une <i>adresse</i> qui n'est pas lisible.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADRESSE</head>
    <p>
    Adresse , se dit encore des mémoires qu'on laisse, ou des instructions qu'on donne pour trouver quelque personne, ou quelque chose. <i>Institutio.</i> Il n'a garde de manquer de trouver cet homme-là, on lui a donné de trop bonnes <i>adresses.</i> Il a toutes les <i>adresses</i> du chemin qu'il doit tenir dans son voyage, &amp; des lieux où il se doit arrêter.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADRESSE</head>
    <p>
    Adresse , se dit quelquefois des Requêtes qu'on présente, en cette phrase fort ordinaire dans les Gazettes : On a présenté une <i>Adresse</i> au Roi d'Angleterre ; pour dire, une Requête, un Mémoire, un Placet. <i>Libellus suplex memorialis. Adresse</i> est un terme plus honorable que celui de Requête. Larrey. <i>Edouard VI.</i> p. 624.</p><p>On appelle Bureau d'<i>adresse,</i> un Bureau établi à Paris par Théophraste Renaudot fameux Médecin, où on trouve les avis de plusieurs choses dont on a besoin. C'est aussi le bureau où se fait la Gazette, d'où vient qu'on appelle figurément un bureau d'<i>adresse,</i> les maisons où on débite beaucoup de nouvelles. Le bureau d'<i>adresse</i> de Paris a été long-temps interrompu, &amp; son peu de succès avoit découragé ceux qui s'en étoient mêlés. On vient de le rétablir en 1702. &amp; la manière dont on y a établi le bon ordre pour la commodité du public fait espérer qu'il réussira.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="683" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRESSER" />
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    <head>ADRESSER</head>
    <p>
    ADRESSER , v. n. Tirer, aller droit au but. <i>Ferire signum.</i> Ce tireur a bien <i>adressé</i> ; dès le premier coup il a emporté le prix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="683" id="2" type="">
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    <head>ADRESSER</head>
    <p>
    Adresser , v. act. Envoyer quelque chose en quelque lieu, ou à quelque personne qui est marquée &amp; désignée par quelques inscriptions. <i>Mittere.</i> Les Commis de la Poste portent les lettres où on les <i>adresse.</i> Vous m'avez <i>adressé</i> un homme dont je suis embarrassé. Si Dieu ôte à une ame son Directeur, il faut qu'elle attende en paix qu'il lui en <i>adresse</i> quelqu'autre en sa place. Ab. de la Tr. Cette lettre s'<i>adresse</i> à vous. On dit aussi, <i>adresser</i> ses pas ; pour dire, tourner ses pas vers quelque endroit. <i>Iter dirigere.</i> Où <i>adressez</i>-vous vos pas ?</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADRESSER</head>
    <p>
    Adresser , avec le pronom personnel. Conj. Je m'<i>adresse,</i> je m'<i>adressai,</i> je me suis <i>adressé.</i> Il signifie, se présenter, avoir recours à quelqu'un ; lui demander une grace, réclamer sa protection, son secours. <i>Confugere.</i> Il faut s'<i>adresser</i> directement à Dieu. Le Roi veut qu'on s'<i>adresse</i> à lui pour obtenir des graces. Il faut s'<i>adresser</i> au Parlement pour faire entériner une rémission. C'est à vous que s'<i>adressent</i> mes voeux. Je m'<i>adresse</i> à vous pour me tirer du mauvais pas où je suis engagé.</p><p>On dit proverbialement, Il faut s'<i>adresser</i> à Dieu plutôt qu'à ses Saints ; pour dire, qu'il vaut mieux s'<i>adresser</i> directement au Maître pour obtenir quelque grace, que d'employer pour cela la faveur de ses créatures, ou de ses domestiques.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADRESSER</head>
    <p>
    Adresser , Dédier un Ouvrage. <i>Dicare, dedicare.</i> Le P. Maimbourg s'est fait un honneur d'<i>adresser</i> tous ses Ouvrages au Roi. Bayl. M. Ménage a ramassé un recueil des vers qui lui étoient <i>adressés.</i> Bail.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADRESSER</head>
    <p>
    s'Adresser , Attaquer quelqu'un, soit par raillerie, soit par malignité. <i>Oppugnare, insectari, petere, facessere.</i> Prudemment on ne doit point s'<i>adresser</i> aux personnes puissantes, de peur de succomber sous leur crédit. S. evr. Vous êtes bien téméraire de vous <i>adresser</i> à moi. Ce reproche ne s'<i>adresse</i> qu'aux lâches.</p><p>On dit, A qui vous <i>adressez</i>-vous ? Vous vous trompez. Vous êtes mal <i>adressé</i> ; pour dire, A qui vous jouez-vous ? Vous n'y trouverez pas votre compte. Je sai bien à qui je m'<i>adressé.</i></p><p>On dit encore, <i>Adresser</i> la parole, le discours à quelqu'un ; pour dire, lui parler directement. <i>Compellare, alloqui.</i> C'est à vous, Scipion l'Africain, que j'<i>adresse</i> maintenant la parole ; vous dont le nom donne encore tant d'éclat &amp; de gloire à cette Ville, quoique vous ne soyez plus au monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="683" id="6" type="">
   <index type="head" value="ADRESSER" />
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    <head>ADRESSER</head>
    <p>
    Adressé, ée , part. &amp; adj. <i>Missus, inscriptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="684" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRIA" />
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    <head>ADRIA</head>
    <p>
    ADRIA , s. f. <i>Adria.</i> C'est le nom d'une Ville Episcopale d'Italie dans l'Etat de Venise ; elle est dans la Polésine de Rovigo. C'étoit, selon Ptolomée, une Colonie de Romains. Les vins d'<i>Adria, vinum Adrianum,</i> étoient renommés. Il y a aussi dans l'Abruzze une Ville de ce nom. Strabon parle encore d'un fleuve qu'il nomme <i>Adria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="685" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRIANE" />
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    <head>ADRIANE</head>
    <p>
    ADRIANE , s. f. <i>Adrianopolis.</i> Ville de la Province de Cyrène en Afrique. Ce nom vient de celui de l'Empereur <i>Adrien,</i> qui comme le témoigne Spartien, au lieu de monumens publics, aimoit à donner son nom à des Villes. Comme les médailles écrivent toujours HADRIANUS par un H. il faudroit aussi en François écrire <i>Hadrien,</i> &amp; <i>Hadriane,</i> mais l'usage contraire a prévalu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="686" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRIANISTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ADRIANISTE</head>
    <p>
    ADRIANISTE , s. m. &amp; f. Nom de Sectaires. Il y en a de deux sortes qui ont porté ce nom. Les premiers <i>Adrianistes</i> étoient une branche des Sectateurs de Simon le Magicien. Théodoret seul nous en a conservé le nom &amp; la mémoire, sans nous en apprendre l'origine. Il est vraisemblable que cette Secte, &amp; les six autres qui sortirent des Simoniens, prirent leur nom des Disciples de Simon qui se mirent à leur tête ; leurs noms semblent marquer cela ; Dosithéens, Cléobaniens, Géorthéniens, Masbothéens, <i>Adrianistes,</i> Eutychistes, &amp; Canistes.</p><p>Les autres <i>Adrianistes</i> sont les Sectateurs d'Adrien Hamstedius Anabaptiste du XVIe. Siècle, qui enseigna aussi des erreurs particulières sur Jesus-Christ.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="687" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRIATIQUE" />
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    <head>ADRIATIQUE</head>
    <p>
    ADRIATIQUE . La Mer <i>Adriatique, Adria, Adriaticum mare.</i> C'est le Golfe de Venise, appellé quelquefois par les Latins, <i>Mare superum</i> ; &amp; qui, selon Strabon, L. 7. prit le nom d'<i>Adriatique,</i> du fleuve <i>Adria.</i> On trouve encore deux autres mers appellées <i>Adriatiques</i> dans des Siècles plus reculés : 1°. S. Jerôme dans la vie de S. Hilarion, c. 30. appelle mer <i>Adriatique</i> celle qui est entre la Palestine &amp; la Sicile. 2°. Les Auteurs de la vie de Saint Willibalde dans Surius, <i>Jun. VII.</i> &amp; dans Canisius, <i>Var. Lect. T. IV.</i> appellent la mer Phénicienne mer <i>Adriatique.</i> Apparemment c'est le nom que les Phéniciens donnoient à la Méditerranée, l'appellant grande mer, , ou peut-être , <i>Jam adir,</i> ou <i>Jam adira,</i> d'où en Latin l'on aura fait <i>Adria,</i> &amp; <i>Adriaticum mare.</i> Les Hébreux l'appelloient aussi , <i>la Grande Mer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="688" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="ADROGATION" />
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    <head>ADROGATION</head>
    <p>
    ADROGATION , s. f. Terme de Jurisprudence . Espèce d'adoption ; elle n'étoit différente de l'adoption, que parce qu'il s'agissoit d'une personne libre, qui consentoit à être adoptée par une autre ; &amp; parce qu'elle se faisoit dans l'Assemblée du Peuple, pendant que la République subsistoit, &amp; depuis par un rescript des Empereurs. Hors ces différences, qui ne regardent que la forme, c'est dans le fond la même chose que l'adoption.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="689" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADROIT, OITE" />
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    <head>ADROIT, OITE</head>
    <p>
    ADROIT, OITE , adj. Industrieux, qui a une grande dextérité de main, de corps. <i>Industrius, solers, dexter.</i> Ce sauteur est bien <i>adroit,</i> bien agile. Cet ouvrier est fort <i>adroit</i> de la main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="689" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADROIT, OITE" />
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    <head>ADROIT, OITE</head>
    <p>
    Adroit , se dit d'un esprit fin, délicat, habile &amp; subtil. <i>Subtilis, elegans.</i> Le discours de cet Orateur est fort <i>adroit</i> ; il a donné une louange fort <i>adroite,</i> fort délicate.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="689" id="3" type="">
   <index type="head" value="ADROIT, OITE" />
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    <head>ADROIT, OITE</head>
    <p>
    Adroit , mis substantivement, se prend quelquefois en mauvaise part, &amp; se dit d'un homme fin &amp; rusé, qui se sert de son esprit pour tromper. <i>Astutus, versipellis.</i> Deffiez-vous de cet homme ; c'est un <i>adroit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="690" id="1" type="">
   <index type="head" value="A DROIT" />
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    <head>A DROIT</head>
    <p>
    A DROIT , adv. Du côté droit, qui est opposé à <i>gauche. Dextrà.</i> On dit populairement, qu'un gaucher ne fait jamais rien <i>à droit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="691" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADROITEMENT" />
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    <head>ADROITEMENT</head>
    <p>
    ADROITEMENT , adv. Avec esprit, avec prudence, d'une manière adroite &amp; subtile. <i>Dexterè, subtiliter, callidè.</i> Ce coupeur de bourse lui a volé <i>adroitement</i> sa montre dans sa poche. Les gens sages savent s'<i>accommoder</i> adroitement au temps. Ce mot vient du Latin <i>dexter</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="692" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADRUMÈTE" />
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    <head>ADRUMÈTE</head>
    <p>
    ADRUMÈTE . <i>Adrumetum.</i> Ancienne Ville d'Afrique, appellée aujourd'hui <i>Hamameta</i> par les Arabes. Elle a eu un Evêque Suffragant de Carthage ; &amp; en 394. il s'y tint un Concile. Elle étoit Capitale de la Province de Byzacène. Strabon l'appelle <i>Adrume,</i> &amp; Etienne <i>Adrumès.</i> Mais Ptolomée, Salluste, Hirtius, Pline, &amp;c. la nomment <i>Adrumète.</i> Salluste, dit que c'étoit une Colonie Phénicienne.</p><p>Scaliger, &amp; après lui Drusius, Casaubon, &amp; d'autres prétendent que ce nom est Phénicien, &amp; signifie le Palais de Pluton de , <i>Palais de la mort.</i> D'autres soutiennent que cela ne peut être, qu'on auroit dit <i>Adramota,</i> &amp; non <i>Adrumetum</i> ; peut-être même <i>Hatsarmotha,</i> ou <i>Hatsramotha,</i> plutôt qu'<i>Adramotha</i> ; que d'ailleurs il n'y avoit point de raison de l'appeller ainsi ; qu'elle étoit dans un Pays beau &amp; fertile, qu'une ancienne inscription la nomme, COLONIA CONCORDIA ULPIA TRAIANA AUG. FRUGIFERA HADRUMETINA ; que Pline, L. XVII. 5. XVIII. 10. Varron, <i>de Re Rust.</i> L. 1. c. 44. Silius Italicus, L. VIII. mettent la Bizacène parmi les Contrées les plus fertiles. Bochart aime donc mieux tirer son nom de Palais, &amp; cent, &amp; sous entendre mesures, parce que son territoire produisoit cent pour un. Cette étymologie ne prévient pas les connoisseurs en sa faveur. <i>Adrumète</i> s'appelle aujourd'hui <i>Mahometta,</i> &amp; par les Arabes <i>Hamamatha.</i> Le Concile d'<i>Adrumète</i> se tint en 394. Quelques Moines d'<i>Adrumète,</i> au commencement du cinquième siècle, se scandaliserent de la Doctrine de Saint Augustin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="693" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVEILLER" />
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    <head>ADVEILLER</head>
    <p>
    ADVEILLER , verb. neut. Vieux mot, qui veut dire, être dolent. <i>Dolere, moerere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="694" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENANT" />
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    <head>ADVENANT</head>
    <p>
    ADVENANT , Voyez <ref type="search" target="head:AVENANT">AVENANT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="695" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÉNEMENT" />
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    <head>ADVÉNEMENT</head>
    <p>
    ADVÉNEMENT , Voyez <ref type="search" target="head:AVÉNEMENT">AVÉNEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="696" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENIR" />
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    <head>ADVENIR</head>
    <p>
    ADVENIR , v. n. Voyez <ref type="search" target="head:AVENIR">AVENIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="697" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENT" />
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    <head>ADVENT</head>
    <p>
    ADVENT , Voyez <ref type="search" target="head:AVENT">AVENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="698" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="ADVENTIF, IVE" />
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    <head>ADVENTIF, IVE</head>
    <p>
    ADVENTIF, IVE , adj. <i>Adventitius.</i> Terme de Jurisprudence se dit des biens qui arrivent à quelqu'un, soit comme un présent de la fortune ; soit par succession collatérale ; soit par la libéralité d'un étranger. <i>Bona adventitia.</i> Ce mot est opposé à <i>profectitia,</i> qui signifioit les biens qui proviennent du père directement. Ce mari a été condamné à restituer aux héritiers de sa femme, non seulement ses deniers dotaux ; mais aussi ses biens <i>adventifs,</i> qui lui étoient échus par succession collatérale. Il y en a qui écrivent <i>aventice.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="699" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENTURE" />
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    <head>ADVENTURE</head>
    <p>
    ADVENTURE , Voyez <ref type="search" target="head:AVENTURE">AVENTURE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="700" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENTURER" />
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    <head>ADVENTURER</head>
    <p>
    ADVENTURER , Voyez <ref type="search" target="head:AVENTURER">AVENTURER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="701" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENTUREUX" />
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    <head>ADVENTUREUX</head>
    <p>
    ADVENTUREUX , Voyez <ref type="search" target="head:AVENTUREUX">AVENTUREUX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="702" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENTURIER" />
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    <head>ADVENTURIER</head>
    <p>
    ADVENTURIER , Voyez <ref type="search" target="head:AVENTURIER">AVENTURIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="703" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENTURINE" />
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    <head>ADVENTURINE</head>
    <p>
    ADVENTURINE , Voyez <ref type="search" target="head:AVENTURINE">AVENTURINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="704" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENU" />
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    <head>ADVENU</head>
    <p>
    ADVENU , Voyez <ref type="search" target="head:AVENU">AVENU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="705" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVENUE" />
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    <head>ADVENUE</head>
    <p>
    ADVENUE , Voyez <ref type="search" target="head:AVENUE">AVENUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="706" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ADVÈRBE" />
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    <head>ADVÈRBE</head>
    <p>
    ADVÈRBE , s. m. Terme de Grammaire . <i>Adverbium.</i> C'est une des parties d'oraison qui ne se décline, ni se conjugue, &amp; qui se joint avec les verbes, ou avec les adjectifs, pour expliquer la manière d'agir, ou de souffrir, &amp; pour en marquer les différentes circonstances. Ce mot vient de la préposition Latine <i>ad</i>, &amp; du nom <i>verbum</i>, verbe, &amp; signifie une diction qui se joint au verbe, non-pas qu'elle ne se joigne qu'au verbe ; mais parce qu'elle s'y joint plus ordinairement ; car elle se joint aussi aux adjectifs, comme on vient de le dire, &amp; même aux substantifs, dans les occasions où ils signifient un attribut, ou qualité de l'objet dont on parle. Il agit <i>constamment ;</i> il est <i>vivement</i> poursuivi ; il est <i>fort</i> malade : il est <i>puissamment</i> riche ; <i>saintement</i> avare ; <i>souverainement</i> maître ; <i>véritablement</i> Roi, plus Mars que le Mars de la Thrace. Malh. Un <i>adverbe</i> se joint même quelquefois à un autre <i>adverbe</i> pour en modifier le sens. Très-<i>courageusement,</i> fort <i>dévotement,</i> bien <i>malheureusement.</i> De-là vient que quelques Grammairiens aiment mieux les appeller modificatifs, &amp; les renfermer sous ce nom avec quelques autres parties d'oraison, comme la préposition, la conjonction. Les <i>adverbes</i> se distinguent en <i>adverbes</i> de temps, de lieu, &amp; en un grand nombre d'autres. Ils augmentent, ou diminuent la force des mots avec lesquels ils sont joints. Notez qu'il ne faut pas placer l'<i>adverbe</i> trop loin de son verbe ; &amp; quand c'est à un nom ou à un autre <i>adverbe</i> qu'il se joint, il ne faut jamais l'en séparer, ni rien mettre entre deux ; les <i>adverbes</i> de quantité veulent avoir l'article indéfini après eux : il y a peu <i>de</i> blé, beaucoup <i>de</i> vin. Il en faut excepter <i>bien,</i> qui demande l'article défini : On a recueilli bien <i>du</i> blé, bien <i>du</i> vin : Il a bien <i>de</i> l'esprit, au lieu qu'on dit, il a beaucoup d'esprit avec l'article indéfini. Il n'est pas nécessaire au reste pour cela que l'<i>adverbe</i> précède immédiatement le nom, comme dans les exemples qu'on vient de rapporter ; il suffit qu'il soit devant : quand il y auroit quelque chose entre-deux, on ne laisseroit pas de mettre l'article indéfini. Il a beaucoup trouvé d'avantage <i>à</i> ce mariage. Il a beaucoup gagné <i>de</i> bien <i>à</i> ce commerce. Les Etrangers manquent souvent à ces règles. Si l'<i>adverbe</i> de quantité ne se rapporte point à la chose dont on parle, mais seulement au verbe dont il amplifie, ou modifie la signification, en ce cas on se sert de l'article défini. Donnez-moi un peu <i>de</i> l'eau : Il aime trop <i>le</i> jeu, ou <i>les</i> femmes ; &amp; s'il se rapporte à la chose, on dit, Donnez moi un peu d'eau. Il y avoit trop <pb n="86" facs="bpt6k8542165/f126/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>de</i> femmes ; voilà trop <i>de</i> jeu, trop <i>de</i> discours. Il est bon de remarquer encore que le génitif, qui vient après les <i>adverbes</i> de quantité, donne la loi au verbe, &amp; le régit : Beaucoup <i>de</i> témoins <i>rapportent.</i> Bien <i>des</i> gens se <i>laissent</i> aller au vice. Il y a des <i>adverbes</i> de quantité, c'est-à-dire, qui marquent la quantité, comme <i>peu, beaucoup ;</i> des <i>adverbes</i> de lieu, comme <i>près, loin ;</i> des <i>adverbes</i> de temps, comme <i>demain, hier, toujours, jamais</i> ; des <i>adverbes</i> de situation, comme <i>en haut, en bas, devant, derrière ;</i> des <i>adverbes</i> de qualité, &amp; le plus grand nombre est de ceux-ci : ils sont ordinairement formés de l'adjectif, qui signifie la qualité, ou la manière, comme écrire <i>poliment,</i> parler <i>agréablement,</i> combattre <i>vaillamment ;</i> des <i>adverbes</i> d'affirmation &amp; de négation, <i>oui, non, certainement, nullement ;</i> des <i>adverbes</i> de doute, <i>peut-être.</i> On disoit il y a quelque temps <i>possible</i> en ce sens ; par exemple, <i>il sera possible guéri dans quatre jours</i> cette manière de parler n'est plus en usage ; des <i>adverbes</i> de répétition, qui marquent que la chose se réitere, se fait plus d'une fois, <i>encore ;</i> des <i>adverbes</i> de choix &amp; de comparaison, <i>sur-tout, principalement, plus, moins, plutôt ;</i> des <i>adverbes</i> de similitude, <i>comme, ainsi, de même.</i></p><p>On dit proverbialement, que Dieu aime mieux les <i>adverbes</i> que les noms ; c'est-à-dire, que pour lui plaire il ne suffit pas qu'une action soit <i>bonne,</i> qu'il faut encore qu'elle soit <i>bien</i> faite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="707" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÈRBIAL, ALE" />
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    <head>ADVÈRBIAL, ALE</head>
    <p>
    ADVÈRBIAL, ALE , adj. Qui tient de l'adverbe. <i>Adverbialis.</i> Phrase qui se fait de deux ou trois mots qui ont la force d'un adverbe, comme, <i>A tâtons, Au pis aller, Coup sur coup, De temps en temps,</i> sont des phrases <i>adverbiales.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="708" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÈRBIALEMENT" />
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    <head>ADVÈRBIALEMENT</head>
    <p>
    ADVÈRBIALEMENT , adv. A la manière d'adverbe. <i>Adverbialiter.</i> Ce mot se prend <i>adverbialement</i> en telles ou telles phrases.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="709" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÈRSAIRE" />
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    <head>ADVÈRSAIRE</head>
    <p>
    ADVÈRSAIRE , s. m. &amp; f. Antagoniste, celui qui combat, ou qui dispute contre quelqu'un. <i>Adversarius.</i> David avoit à combattre un redoutable <i>adversaire :</i> c'étoit Goliath. Cardan avoit un puissant <i>adversaire</i> qui écrivoit contre lui : c'étoit Scaliger en ses Exercitations. Ne poussez point un <i>adversaire</i> à bout. Il faut prendre conseil sur le champ, &amp; se résoudre sur la mine, &amp; sur la contenance de son <i>adversaire.</i> Balz. Vous aurez de la peine à vaincre, ou à repousser une si dangereuse <i>adversaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="710" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ADVERSATIF, IVE" />
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    <head>ADVERSATIF, IVE</head>
    <p>
    ADVERSATIF, IVE , adject. Terme de Grammaire , se dit d'une particule, ou conjonction <i>adversaire,</i> laquelle marque quelque différence, ou quelque opposition entre ce qui la suit, &amp; ce qui la précède. <i>Adversus. Mais</i> est une particule <i>adversative. Ou</i> est une conjonction <i>adversative,</i> oui, <i>ou</i> non.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="711" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ADVÈRSE" />
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    <head>ADVÈRSE</head>
    <p>
    ADVÈRSE , adj. Terme de Palais . Contraire, opposé. <i>Adversus.</i> C'est la partie contre laquelle on est en procès. Il y a des Praticiens qui écrivent &amp; qui prononcent <i>averse :</i> c'est une faute. Il faut nécessairement écrire &amp; prononcer le <i>d,</i> comme dans <i>adversaire, adversité,</i> parce qu'il vient d'<i>adversus,</i> &amp; non-pas d'<i>aversus.</i> Voilà les deux parties <i>adverses.</i> On dit aussi, l'<i>adverse</i> fortune ; pour dire, la mauvaise fortune. Il ne s'emploie que dans ces deux phrases.</p><p>On le dit par application d'une personne qui n'en aime pas une autre, qui la déchire, ou la contredit par-tout. Il ne faut pas prendre garde à ce qu'il dit d'une telle ; c'est sa partie <i>adverse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="712" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÈRSITÉ" />
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    <head>ADVÈRSITÉ</head>
    <p>
    ADVÈRSITÉ , s. f. Disgrace, malheur, état fâcheux où l'on se trouve par la perte de la santé, de l'honneur, ou des biens. <i>Adversaeres.</i> Job souffrit constamment son <i>adversité.</i> Dieu éprouve ses Elus par l'<i>adversité.</i> La vertu se recueille, &amp; se réunit dans l'adversité, au lieu qu'elle se relâche &amp; se dissipe dans le bonheur. Flech. Il est plus aisé de résister aux chagrins de l'<i>adversité,</i> qu'aux charmes de la prospérité. S. Evr. Les plus courageux succombent souvent sous les <i>adversités</i> extrêmes. Id. Un ami soulage le poids de l'<i>adversité,</i> parce qu'il en prend la moitié sur lui-même. L'homme ne sauroit tenir ni contre la prospérité, ni contre l'<i>adversité.</i> Flech. Il n'y a rien qui s'use tant, &amp; qui s'épuise si aisément, que les consolations dans l'<i>adversité.</i> B. Rab.</p><p>Ces mots viennent de la préposition <i>adversus.</i> Contre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="713" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÈRTIN" />
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    <head>ADVÈRTIN</head>
    <p>
    ADVÈRTIN , Vieux mot, qui veut dire <i>fantaisie, boutade. Impetus, lubido, arbitrium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="714" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÈRTIR" />
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    <head>ADVÈRTIR</head>
    <p>
    ADVÈRTIR , Voyez <ref type="search" target="head:AVERTIR">AVERTIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="715" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVÈRTISSEMENT" />
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    <head>ADVÈRTISSEMENT</head>
    <p>
    ADVÈRTISSEMENT ; Voyez <ref type="search" target="head:AVERTISSEMENT">AVERTISSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="716" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVERTISSEUR" />
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    <head>ADVERTISSEUR</head>
    <p>
    ADVERTISSEUR , Voyez <ref type="search" target="head:AVERTISSEUR">AVERTISSEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="717" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVEU" />
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    <head>ADVEU</head>
    <p>
    ADVEU , Voyez <ref type="search" target="head:AVEU">AVEU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="718" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVIS" />
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    <head>ADVIS</head>
    <p>
    ADVIS , Voyez <ref type="search" target="head:AVIS">AVIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="719" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVISER" />
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    <head>ADVISER</head>
    <p>
    ADVISER , Voyez <ref type="search" target="head:AVISER">AVISER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="720" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVISEMENT" />
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    <head>ADVISEMENT</head>
    <p>
    ADVISEMENT , sub. masc. Ce mot se disoit autrefois pour <i>advis,</i> &amp; dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="721" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADULATEUR, TRICE" />
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    <head>ADULATEUR, TRICE</head>
    <p>
    ADULATEUR, TRICE . s. m. &amp; f. Celui ou celle qui fait métier de flatter. <i>Adulator, assentator.</i> C'est un lâche <i>adulateur,</i> un perpétuel <i>adulateur.</i> Combien sa fortune a-t-elle d'<i>adulateurs ?</i> P. Gail.</p><p>Ce mot n'est guère en usage qu'au Pays Latin ; cependant on s'en peut servir dans la Poësie à l'exemple de Boileau, qui a dit, Du Tyran soupçonneux pâles <i>adulateurs.</i> On peut s'en servir encore dans le style oratoire, à l'exemple du P. Gaillard qu'on vient de citer. Ce mot n'y fait pas mal, &amp; il a quelque chose de plus beau &amp; de plus grand que flatteur. Il faut cependant en user sobrement &amp; ne le point prodiguer. Dans le discours ordinaire on ne s'en sert point ; on dit flatteur. Pour représenter le mal que fait un <i>adulateur,</i> on a peint un singe, qui étouffe ses petits à force de les embrasser, &amp; de les flatter ; avec ce mot pour ame de la devise, <i>Complectendo necat.</i> Ou une abeille avec ce mot Italien, <i>Se porta suo il mel, la punge ancora.</i> On a donné à l'<i>adulateur</i> même pour devise une petite barbe, avec ce mot Italien, <i>Adogni vento,</i> pour signifier qu'il change avec la fortune ; ou bien une allouette, <i>Sub pluvio silet.</i> Elle ne dit mot quand le temps est mauvais. C'est une grande <i>adulatrice.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="722" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADULATIF" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ADULATIF</head>
    <p>
    &#9758; ADULATIF , adj. m. Flatteur. Ce terme vieillit. Nous avons ici un Bénéficier, natif d'Angers, nommé Mr Ménage, qui est homme d'esprit &amp; de grande érudition : il a fait des vers fort <i>adulatifs</i> au Cardinal Mazarin, dans lesquels Messieurs du Parlement prétendent être offensés. Il y a du bruit contre lui. J'ai regret qu'il ait fait ce pas de Clerc, faute de jugement, car il est honnête homme &amp; de mérite. Gui Patin. Cette affaire est expliquée au long dans les Mémoires pour servir à la Vie de Mr Ménage, au devant du <i>Menagiana.</i> La pierre de scandale étoit ce vers d'une Elégie Latine adressée au Cardinal Mazarin :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="723" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADULATION" />
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    <head>ADULATION</head>
    <p>
    ADULATION , s. f. Ce mot, qui vient du Latin <i>adulatio,</i> est nouveau, &amp; signifie flatterie. <i>Adulatio, assentatio.</i> Le foible des Grands est d'aimer à être trompés, &amp; à écouter avec plaisir l'<i>adulation</i> &amp; le mensonge, dont on nourrit sans cesse leur amour propre. Bourd. Les femmes doivent plus à nos <i>adulations,</i> qu'à leur mérite. S. Evr. Je crois qu'il faut en user peu dans la conversation, &amp; dans les discours ordinaires, aussi bien que d'<i>adulateur ;</i> à moins que ce ne fût en badinant, &amp; en affectant un discours relevé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="724" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADULTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ADULTE</head>
    <p>
    ADULTE , adj. m. &amp; f. Qui est parvenu à un âge de discrétion. <i>Adultus.</i> Qui entre dans l'adolescence, &amp; qui est assez grand pour avoir du jugement &amp; du discernement. Il n'est guère d'usage qu'en Théologie, où on parle du Baptême des <i>Adultes.</i> Dans les premiers temps on ne baptisoit les <i>Adultes</i> que la veille de Pâques ou de la Pentecôte. Le Gend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="724" id="2" type="">
   <index type="head" value="ADULTE" />
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    <head>ADULTE</head>
    <p>
    Adulte . Ce mot est aussi très-souvent substantif. Il est masculin quand on parle d'un garçon, &amp; féminin quand on parle d'une fille.</p><p>On le dit aussi en Anatomie. Il y a plusieurs parties dans le corps des enfans qui sont différentes de celles des <i>adultes :</i> comme la fontaine de la tête, les apophyses des os, &amp;c. Ce mot vient d'<i>adolescere</i> <i>: Croître.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="725" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADULTÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ADULTÈRE</head>
    <p>
    ADULTÈRE , s. m. Péché qui se commet par des personnes mariées, contre la foi qu'ils se sont promise dans le mariage, en s'abandonnant à quelque autre, ou même par une personne non mariée, quand elle a commerce avec une autre qui l'est. <i>Adulterium.</i> Quoique le mari qui viole la fidélité conjugale, soit coupable d'<i>adultère</i> aussi-bien que la femme, elle n'est point reçue à accuser son mari. Ceux qui accusent <pb n="87" facs="bpt6k8542165/f127/full/1200,/0/native.jpg"/>la Providence parce qu'elle rend l'<i>adultère</i> aussi fécond qu'un mariage légitime, se scandalisent mal-à-propos. La Plac. Par l'ancien Droit Romain il n'y avoit point de Loi établie contre l'<i>adultère :</i> l'accusation &amp; la peine en étoient arbitraires. L'Empereur Auguste a été le premier qui en a fait une Loi, qu'il a eu le malheur de voir exécuter dans la personne de ses propres enfans. C'est la loi <i>Julia.</i> Quoique par cette loi l'accusation du crime d'<i>adultère</i> fût publique, &amp; permise à tout le monde, il est pourtant certain que ce crime a été plus considéré comme un crime domestique, &amp; particulier, que comme un crime public. On permettoit rarement aux étrangers d'en poursuivre la vengeance ; sur-tout, quand le mariage étoit paisible, &amp; que le mari ne se plaignoit point. La raison qu'en apporte Papinien est qu'il est très-difficile d'arrêter une si juste douleur, <i>Papin, ad L. Jul. de adult.</i> Et les Constitutions des Empereurs avoient abrogé les Loix qui permettoient aux étrangers l'accusation d'<i>adultère.</i> La raison est, que cette accusation ne pouvoit être intentée, sans mettre de la division entre la femme &amp; le mari ; sans mettre l'état des enfans dans l'incertitude ; sans attirer sur le mari le mépris &amp; la risée du public ; &amp; sans couvrir la famille de honte, &amp; de confusion. Comme le mari est le plus offensé, il est juste quand il garde le silence, que personne ne parle pour lui. On doit supposer qu'étant le principal intéressé à examiner les actions de sa femme, il en juge aussi avec plus de circonspection ; parce qu'il y a un peril égal ou à croire légèrement, ou à croire difficilement. C'est pourquoi la Loi en certains cas l'a établi Juge, &amp; exécuteur en sa propre cause : elle lui a permis de se venger par lui-même de l'injure qui lui étoit faite, &amp; de ravir la vie à des <i>adultères</i> qu'il surprenoit souillant son lit, &amp; qui étoient assez hardis pour lui ravir l'honneur. Dans le cas de la complicité du mari ; c'est-à-dire, ou lorsque le mari faisoit un commerce infame de la débauche de sa femme ; ou qu'ayant vû de ses propres yeux l'infidélité de sa femme, il n'entroit pas dans une juste indignation, &amp; dissimuloit l'affront en le souffrant patiemment ; en ce cas l'<i>adultère</i> devenoit un crime public, &amp; la Loi <i>Julia</i> décernoit même des peines contre ces infames maris. En France l'<i>adultere</i> n'est point entre les crimes publics. Le mari seul, en peut former l'accusation, &amp; en exercer la vengeance : les gens du Roi n'y sont pas même reçus. Il faudroit un scandale bien notoire, pour autoriser les étrangers à se porter accusateurs. Socrate, L. V. C. 8. dit, que sous Théodose l'an 380. on châtioit les femmes <i>adultères</i> par une constupration publique. Lycurgue ordonna qu'on puniroit l'<i>adultère</i> comme le parricide. Les Locriens leur arrachoient les yeux. Val. Max. L. VI. C. 5. Les Orientaux les punissent sévèrement. Voyez Tavernier, Relat. du Tunquin C. 7. Toute la peine que l'on inflige à la femme surprise dans le crime, &amp; convaincue d'<i>adultère,</i> est de la priver de sa dot, &amp; de toutes ses pactions matrimoniales, &amp; de la reléguer dans un Monastère. Cependant l'<i>adultère</i> est un empêchement légitime au mariage entre les personnes qui l'ont commis. C'est la décision du Pape Léon, <i>Ne quis ducat in matrimonium quam prius polluit per adulterium.</i> On ne doit pas souffrir que ceux-là s'unissent par le lien du mariage, qui en ont souillé la pureté par l'<i>adultère.</i> C'est-là l'empêchement dirimant que les Théologiens appellent, <i>Impedimentum criminis.</i> Au reste, pour qu'il ait lieu, les Théologiens demandent trois conditions. La première, que l'on sache que c'est un <i>adultère</i> que l'on commet, &amp; que la personne avec qui on a le mauvais commerce est mariée. La seconde, que l'<i>adultère</i> soit complet. La troisième, qu'il intervienne promesse de se marier après la mort du mari ou de la femme de celui des coupables qui est marié. Selon les Loix de Moise, celui &amp; celle qui avoient commis <i>adultère,</i> étoient punis de mort. Le Grand Constantin fit aussi une Loi qui les condamne au dernier supplice. Cette peine fut adoucie par l'Empereur Léon. Les Constitutions de Charlemagne, &amp; de Louis le Debonnaire, leur infligent une peine capitale. Autrefois chez les Saxons on punissoit de mort l'<i>adultère.</i> Une femme qui en étoit convaincue étoit pendue &amp; brûlée ; &amp; dessus ses cendres on plantoit une potence, où l'on étrangloit le complice du crime. Quelquefois la femme qui avoit commis un <i>adultère</i> étoit condamnée à être fouettée par les Bourgs &amp; les Villages, &amp; dans chaque endroit les femmes exécutoient elles-mêmes la Sentence, pour venger l'injure faite à leur sexe. Voyez la lettre de S. Boniface Archevêque de Mayence au Roi Athelbalde, &amp; Opmer dans sa Chronologie, p. 345. En Angleterre par les Loix du Roi Edmond, on punissoit l'<i>adultère</i> comme l'homicide ; mais le Roi Canut ordonna qu'on envoyât en éxil les hommes qui l'auroient commis, &amp; qu'on coupât le nez &amp; les oreilles aux femmes qui en seroient coupables. Les Loix des Visigoths nous apprennent que chez ces Peuples, on amenoit à un mari, dont la femme avoit commis un <i>adultère,</i> la femme &amp; le complice, &amp; si le complice n'avoit point d'ensans, ses biens étoient confisqués au profit de celui de la femme duquel il avoit abusé. En Espagne on coupoit à ceux qui étoient coupables d'<i>adultère</i> les parties qui avoient été l'instrument de leur crime. En Arragon on condamnoit seulement à une amende pour crime d'<i>adultère.</i> Dimarus dit qu'en Pologne, avant que la Religion Chrétienne y fût établie, on punissoit l'<i>adultère</i> &amp; la fornication d'une manière singulière. On amenoit au pont du marché le coupable, &amp; là on l'attachoit avec un clou par la bourse des testicules ; on mettoit un rasoir près de lui, &amp; on le laissoit dans la malheureuse nécessité de se faire justice lui-même, ou de mourir en cet état. Chez les Partes, les Lydiens, les Arabes, les Athéniens, ceux de Plaisance, &amp; les Lombards, la mort a toujours été la punition de l'<i>adultère :</i> mais les Lacédémoniens au lieu de le punir, le permettoient, ou du moins le toléroient, au rapport de Plutarque. Chez les Egyptiens, après que l'homme qui en étoit convaincu avoit reçu mille coups de fouet, on coupoit le nez à la femme. En France, quoique le crime n'ait jamais été impuni, la diversité des Arrêts fait voir que la peine a toujours été arbitraire : on se règle sur la qualité des personnes, &amp; sur l'éxigence des cas. On appelle <i>un double adultère,</i> celui que deux personnes mariées commettent ensemble. Enfant né d'<i>un double adultère.</i> Les Grecs, &amp; même toutes les autres Sociétés Chretiennes du Levant, sont dans cette pratique, que l'<i>adultère</i> rompt le lien du mariage ; ensorte qu'en ce cas-là, &amp; même en plusieurs autres, le mari peut épouser une autre femme. Ils s'appuient pour ce qui est de l'<i>adultère,</i> sur ces paroles de Jesus-Christ au Chap. 19. de S. Matthieu v. 9. <i>Quiconque répudie sa femme hors le cas d</i>'adultère, <i>&amp; en épouse une autre, devient adultère.</i> Ce fut pour cette raison que les Ambassadeurs de Venise présentèrent une Requête, afin qu'on trouvât quelque tempérament au Canon qu'on étoit prêt de publier contre ceux qui disoient que l'<i>adultère</i> rompoit le mariage. Ce qui fit agir la République en cette occasion, c'est qu'elle avoit dans sa dépendance les Grecs de Candie, de Corfou, de Zante, &amp; de quelques autres lieux ; &amp; ces Grecs sont tous dans un usage conforme à celui que le Concile vouloit condamner. On donna dans le Concile satisfaction aux Ambassadeurs de Venise, parce que leurs raisons furent trouvées bonnes, comme le Cardinal Palavicin en demeure d'accord dans son Histoire du Concile de Trente. Il faut néanmoins avouer que les Grecs &amp; les autres Chrétiens d'Orient rompent trop facilement leurs mariages, sous prétexte de se conformer en cela aux Loix Canoniques &amp; Civiles.</p><p>C'est trop peu dire ; le sentiment qu'on vient de rapporter est absolument faux. Les paroles de S. Matthieu ne prouvent point que le mariage consommé puisse être dissous par l'<i>adultère,</i> elles prouvent même tout le contraire. En effet, ces paroles (<i>Quiconque renvoyera sa femme, si ce n'est pour cause d</i>'adultère, ou <i>hors le cas d</i>'adultère, <i>&amp; en épousera une autre, devient adultère,</i>) prouvent seulement qu'en cas d'<i>adultère</i> la partie innocente peut se séparer de la partie coupable ; mais non pas qu'elle puisse se marier à une autre, &amp; que le premier mariage soit dissous. La séparation n'emporte point cette dissolution, les paroles suivantes démontrent même le contraire ; car si le mariage est dissous, comment le mari innocent répudiant cette femme coupable la rend-il <i>adultère,</i> ou l'expose-t'il à l'<i>adultère ?</i> Bien plus, Jesus-Christ ajoûte : <i>Et celui qui l'épousera après que son mari l'aura renvoyée, commet un adultère,</i> ou <i>devient adultère.</i> Si le mariage est dissous, cette femme n'a plus de mari : comment donc celui qui l'épouse est-il <i>adultère ?</i> En un mot, il y a deux parties dans la proposition de Jesus-Christ. 1°, Renvoyer sa femme, ou la répudier. 2°, En épouser une autre. C'est après la première partie, &amp; avant que d'avoir rien dit de la seconde, que Jesus-Christ <pb n="88" facs="bpt6k8542165/f128/full/1200,/0/native.jpg"/>ajoûte la restriction ; <i>hors le cas d'adultère</i> ; &amp; par conséquent cette restriction ne tombe que sur cette première partie, &amp; nullement sur la seconde, dont Jesus-Christ n'a point encore parlé. Et ainsi, quiconque en épouse une autre, en quelque cas que ce soit, &amp; même lorsque la première est tombée en <i>adultère,</i> devient <i>adultère</i> lui-même. Au contraire, l'arrêt ou la décision de Jesus-Christ, <i>Moechatur, il devient adultère,</i> tombe également sur l'une &amp; sur l'autre partie séparément ; &amp; c'est une proposition complexe, qu'il faut réduire à ces deux propositions-ci. Celui qui renvoie sa femme hors le cas d'<i>adultère</i> est adultère : Celui qui en épouse une autre est adultère : parce qu'elle doit être réduite à ces deux propositions, Jesus-Christ a dû ajoûter après la première partie la restriction qu'il ajoûte, hors le cas d'<i>adultère ;</i> car sans cela la première proposition seroit celle-ci : Quiconque renvoie sa femme est adultère, ce qui ne seroit pas vrai : puisqu'il est des cas où l'on peut la renvoyer. Mais par la même raison que ce sont deux propositions, nous ne pouvons transporter à la seconde la restriction que Jesus-Christ n'a mise qu'à la première. Il est de la nature de la restriction, &amp; de l'intention de celui qui la met, de ne la faire tomber que sur les paroles auxquelles il l'ajoûte ; &amp; il est contre tout usage de la transporter à d'autres. C'est en effet la Doctrine des Pères. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Augustin, L. II. <i>de adult. conj. c.</i> 13. Innocent I. <i>ep. ad Exup.</i> Le second Concile de Milève en 416. Le Concile d'Elvire Can. 9. le Concile de Florence, ou Eugène IV. <i>Inst. ad Arm.</i> Et enfin le Concile de Trente Sess. XXIV. Can. 7. l'enseigne expressément. On ne changea rien dans le Canon du Concile de Trente pour le fond de la Doctrine. Les Ambassadeurs de Venise ne le demanderent pas même, comme il paroît par l'Histoire du Cardinal Palavicin, L. XXII. C. 4. §. 27. mais seulement ils prierent qu'on changeât le tour qu'on avoit donné au Canon, &amp; qu'on l'adoucît. Voilà toute la satisfaction que Palavicin convient qu'on donna aux Vénitiens ; on ne changea rien à la Doctrine. Le Concile, dans le Canon tel qu'il est, condamne manifestement le sentiment des Grecs. Car 1°, il dit anathème à quiconque dira que l'Eglise erre en enseignant que le mariage ne se dissout point pour cause d'<i>adultère ;</i> &amp; selon la remarque de Frapaolo lui-même, &amp; de plusieurs Pères du Concile, il n'y a point de différence réelle entre dire cela, &amp; dire anathème à quiconque enseignera que le mariage se dissout par l'<i>adultère.</i> 2°. Le Concile déclare que sa Doctrine contradictoire à celle des Grecs, est la Doctrine de l'Evangile &amp; des Apôtres, <i>Evangelicam &amp; Apostolicam Doctrinam.</i> Une Doctrine n'est-elle pas hérétique quand elle est contraire à celle de l'Evangile &amp; des Apôtres ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="725" id="2" type="">
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    <head>ADULTÈRE</head>
    <p>
    Adultère , est aussi adjectif, &amp; se dit de celui ou de celle qui commettent l'<i>adultère. Adulter, Adultera.</i> Un <i>adultère</i> public doit être privé de ses Bénéfices.</p><p>Solon croyoit que la plus grande peine qu'on pût ordonner contre les femmes <i>adultères,</i> étoit la honte publique. Le Mait. A Rome on mutiloit l'<i>adultère</i> surpris en flagrant délit ; &amp; par cette punition le mari pourvoyoit à sa sureté pour l'avenir. Dac. Jesus-Christ ne voulut pas condamner la femme <i>adultère.</i> S. Thomas, Quest. 154. dit que ce mot vient, <i>quòd aliquis accedat ad alteram.</i> La Marre dans son <i>Traité de la Police,</i> L. III. Tit. V. C. I. dit que c'est <i>quasi ad alterius thorum accessio.</i> On disoit en vieux François, <i>Avoultre,</i> &amp; on dit encore en Basse Bretagne <i>Avoultre,</i> pour signifier la même chose. J'aimerois mieux dire que la signification propre &amp; primitive du Latin, <i>adulterare,</i> est, corrompre, mêler, ajoûter à quelque chose une matière étrangère ; qu'ensuite par métaphore on l'a appliqué à l'infidélité dans le mariage, parce qu'elle mêle &amp; confond les enfans &amp; les familles.</p><p>Les Astronomes appellent <i>adultère</i> du soleil &amp; de la lune, leurs éclipses, quand elles se font en quelque manière contre les règles de l'astronomie, comme il arrive aux éclipses horisontales. Car quoique le soleil &amp; la lune soient diamétralement opposés, ils ne laissent pas de paroître en même-temps sur l'horison. On en a vû une à Paris le 16. Juin 1666. On tient que de semblables éclipses doivent arriver tous les 19. ans. 1°. L'<i>adultère</i> du soleil &amp; de la lune n'est point un terme Astronomique, du moins je ne sache point que les Astronomes s'en servent. Je ne reconnois point pour Astronomes des charlatans qui se mêlent d'Astrologie judiciaire, &amp; qui pourroient bien être les Auteurs de semblables termes. 2°. Les éclipses de lune horisontales ne sont point du tout contre les règles de l'Astronomie. Il n'y a point aujourd'hui de petit Astronome, qui ne sache que quoique la lune &amp; le soleil soient pour lors diamétralement opposés, cependant la réfraction fait paroître l'un &amp; l'autre plus élevés. Ainsi lorsque ces Astres sont précisément dans l'horison, la réfraction les fait paroître tous deux au-dessus de l'horison, l'un au couchant &amp; l'autre au levant. 3°. Il est très-certain que non-seulement de semblables éclipses, mais aussi toutes les autres éclipses arrivent dans le même ordre &amp; avec très-peu de changement au bout de 19. années, &amp; un peu plus d'une heure. C'est là-dessus qu'est fondé le nombre d'or ou l'ennéadécaétéride de Méton l'Athénien. Il est vrai qu'on a trouvé que Méton s'est trompé, parce qu'il avoit compté qu'au bout de 19. ans juste les mêmes phases &amp; les mêmes éclipses revenoient sans aucune différence ; &amp; c'est pour cela que dans la réformation du calendrier on a abandonné, ou du moins corrigé le nombre d'or. Mais il est toujours certain que cette différence est très-petite ; &amp; nous avons encore en Astronomie bien des pratiques fondées là-dessus. 4°. Cette différence, toute petite qu'elle est, suffit pour faire qu'une éclipse horisontale, qui revient à peu-près la même au bout de 19. ans &amp; une heure, ne soit plus horisontale dans le même Pays ; parce que n'arrivant pas à la même heure, le soleil &amp; la lune ne se trouvent plus dans l'horison, mais l'un dessus &amp; l'autre dessous. Il est vrai cependant que dans le grand nombre d'éclipses qui arrivent pendant l'espace de 19. ans, il est difficile qu'il n'y en ait quelqu'une d'horisontale dans chaque Pays. Bien plus, il est très-vrai qu'il n'y a aucune éclipse de lune qui ne soit horisontale à l'égard de quelque endroit de la terre ; savoir, à l'égard de celui qui a pour lors les deux Astres dans son horison : dans l'année 1703. l'éclipse de lune du 3. Janvier a été horisontale, &amp; celle du 23 Déc. le fut encore d'une manière plus remarquable à Paris, &amp; dans bien d'autres endroits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="726" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADULTÉRER" />
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    <head>ADULTÉRER</head>
    <p>
    ADULTÉRER , v. act. Commettre adultère. <i>Adulterari, adulterare.</i> Ces deux personnes ont plusieurs fois <i>adultéré</i> ensemble. Celui qui convoite la femme d'autrui, a déja <i>adultéré</i> dans son coeur. Aucun de nos Traducteurs, que je sache, n'a traduit ainsi en S. Matthieu Ch. V. v. 28. Tous, même les Anciens, Olivetan, Le Febvre, dans la Bible d'Anvers, Genève, les Docteurs de Louvain, Mons, le P. Bouhours, M. Simon, ont mis, <i>Il a déja commis l'adultère en son coeur.</i> Ce mot n'est guère en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="727" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADULTERESSE" />
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    <head>ADULTERESSE</head>
    <p>
    &#9758; ADULTERESSE , Femme adultère. C'est un mot dont s'est servi Bayle dans la deuxième édition de son Dictionnaire, Rotterdam, 1702. T. I. p. 144. col. 2. lig. 6. Il est fâcheux que ce mot ne soit pas François, &amp; que nous n'ayons qu'adultère pour signifier tout à la fois &amp; le crime d'infidélité conjugale, &amp; le mari &amp; la femme qui le commettent. Les Latins, qui ont un mot pour chacune de ces choses, sont bien mieux partagés que nous de ce côté-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="728" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="ADULTERIN, INE" />
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    <head>ADULTERIN, INE</head>
    <p>
    ADULTERIN, INE , adj. Fils ou fille qui sont nés d'un adultère. <i>Nothus, Notha.</i> Les bâtards <i>adultérins</i> sont incapables de Bénéfices. C'est un terme de Droit , dont on ne se sert guère que dans le Barreau. Les enfans <i>adultérins</i> sont plus odieux que ceux qui sont nés de personnes libres. Le Droit Romain leur refusoit même le nom d'enfans naturels, comme si la nature les désavouoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="729" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ADVOATEUR" />
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    <head>ADVOATEUR</head>
    <p>
    ADVOATEUR , s. m. <i>Advocator.</i> Terme de Coutume . On appelle en certains Pays, <i>advoateur,</i> celui qui trouvant des bestiaux en dommage sur ses terres, les appelle, les prend, les avoue, comme s'ils étoient à lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="730" id="1" type="">
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    <head>ADVOCASSER</head>
    <p>
    ADVOCASSER , Voyez <ref type="search" target="head:AVOCASSER">AVOCASSER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ADVOCASSERIE" />
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    <head>ADVOCASSERIE</head>
    <p>
    ADVOCASSERIE , Voyez <ref type="search" target="head:AVOCASSERIE">AVOCASSERIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="732" id="1" type="">
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    <head>ADVOCAT</head>
    <p>
    ADVOCAT , Voyez <ref type="search" target="head:AVOCAT">AVOCAT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ADVOLER</head>
    <p>
    ADVOLER , v. n. Ce mot, qui signifie aller vîte pour se rendre en quelque lieu, est vieux, &amp; tout-à-fait hors d'usage. <i>Advolare.</i> Mézérai s'en est servi : Mais lui étant <i>advolé</i> à Paris. Il faut dire, étant accouru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="734" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ADVOUATEUR" />
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    <head>ADVOUATEUR</head>
    <p>
    ADVOUATEUR , s. m. Terme de Coutume . C'est celui qui avoue, &amp; reconnoît que son bétail a été pris en dommage. Rac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="735" id="1" type="">
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    <head>ADVOUÉ</head>
    <p>
    ADVOUÉ , Voyez <ref type="search" target="head:AVOUÉ">AVOUÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="736" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVOUER" />
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    <head>ADVOUER</head>
    <p>
    ADVOUER , Voyez <ref type="search" target="head:AVOUER">AVOUER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="737" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADVOUERIE" />
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    <head>ADVOUERIE</head>
    <p>
    ADVOUERIE , Voyez <ref type="search" target="head:AVOUERIE">AVOUERIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="738" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADURÉ, ÉE" />
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    <head>ADURÉ, ÉE</head>
    <p>
    ADURÉ, ÉE , part. &amp; adj. Vieux mot, qui veut dire <i>endurci</i> au travail, comme si l'on disoit, qui est devenu dur. <i>Duratus, induratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="739" id="1" type="medecine">
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    <head>ADUSTE</head>
    <p>
    ADUSTE , adj. m. &amp; f. Terme de Médecine , qui ne se dit que du sang &amp; des humeurs, quand elles sont brûlées par une trop grande chaleur naturelle. <i>Adustus.</i> Un tempérament <i>aduste.</i> La mélancolie est une bile noire, &amp; <i>aduste.</i> Un sang <i>aduste,</i> est, lorsque à raison d'une chaleur extraordinaire, les plus subtiles parties du sang étant séparées, les plus grossières restent chargées de lie, &amp; toutes noires, comme si elles étoient brûlées. Harris. Il est mieux dans l'usage ordinaire de dire un sang brûlé.</p><p>On le trouve au figuré. <i>Tetricus, austerus.</i> C'est la bile qui domine dans l'humeur de ce Magistrat, &amp; cette humeur <i>aduste</i> imprime sur son front une négative perpétuelle. Balz. Cet exemple ne doit pas être imité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="740" id="1" type="">
   <index type="head" value="ADUSTION" />
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    <head>ADUSTION</head>
    <p>
    ADUSTION , s. f. Brûlement. <i>Ustio, adustio.</i> Ce mot ne se dit, non plus que le précédent, qu'en parlant du corps humain. Sa maladie est causée par une <i>adustion</i> d'humeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="741" id="1" type="">
   <index type="head" value="AE" />
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    <head>AE</head>
    <p>
    AE . Diphtongue. On l'a bannie de tous les mots qui viennent du Latin. On écrit César, l'Enéïde, Egyptien, avec un É simple. Et de vrai AE n'est point à proprement parler une diphtongue en François, si ce n'est une diphtongue d'écriture. Car pour le son que forme ce double caractère, il est très-simple, &amp; ne diffère point du son de la voyelle. Voyez au mot DIPHTONGUE. Cependant parce qu'on s'obstine encore à retenir l'AE, sur-tout dans les mots purement Latins, l'on en mettra encore quelque-uns avec cette diphtongue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="742" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEACÉES" />
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    <head>AEACÉES</head>
    <p>
    AEACÉES , s. m. &amp; plur. <i>Aeacaea.</i> Fêtes &amp; jeux, ou combats solennels qui se célébroient à Aegine en l'honneur d'Aeaque, ou Aeacus, d'où ils avoient pris leur nom, &amp; dont il y avoit un Temple à Aegine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="743" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEAQUE" />
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    <head>AEAQUE</head>
    <p>
    AEAQUE , s. m. <i>Aeacus.</i> C'étoit chez les Anciens le nom d'un des trois Juges des Enfers. Aeaque fut fils de Jupiter &amp; d'Europe, ou selon d'autres d'Aegine. Strabon dit qu'il regna dans Oenopie. Quelques-uns croient qu'il faut lire <i>Oenonem,</i> au lieu d'<i>Oenopiam.</i> Il donna à cette Isle le nom de sa mère Aegine. La peste ayant emporté tous les hommes de l'Isle, il pria Jupiter de changer des fourmis qu'il avoit vues en hommes ; de là les Myrmidons. Il eut d'Eudeide Telamon &amp; Pelée, &amp; Phocus de Psamathe. Il étoit d'une équité si grande &amp; si reconnue, que dans les Enfers Pluton le fit Juge des morts avec Minos &amp; Rhadamante.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="744" id="1" type="">
   <index type="head" value="AECHMALOTARQUE" />
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    <head>AECHMALOTARQUE</head>
    <p>
    AECHMALOTARQUE , s. m. &amp; f. <i>Aechmalotarcha.</i> Ce nom est Grec, &amp; vient de , &amp; de ; le premier formé de , une pointe, une pique, &amp; de , ou , je prends, signifie un homme pris par les armes, ou comme nous disons, pris à la pointe de l'épée, ou de la pique ; &amp; le second marque un Chef. Ainsi <i>Aechmalotarque,</i> signifie Chef des Captifs. Les Juifs, qui ne voulurent point suivre Zorobabel, ni retourner à Jérusalem avec lui, créerent un <i>Aechmalotarque</i> pour les gouverner. Mais c'est une erreur grossière de dire que <i>Aechmalotarque</i> est le nom que ces Juifs donnerent à celui qu'ils choisirent pour leur Chef proche de Babylone ; car ces Juifs ne parloient pas Grec, mais Hébreu, ou Chaldéen. Ils appellerent ce Chef qu'ils se donnerent, <i>Rosch gulath,</i> ou , <i>Rosch gula,</i> Chef de la Captivité, ainsi qu'ils le nomment encore, comme on le peut voir dans les Rabbins, &amp; en particulier dans le <i>Sepher Juhhasin fol.</i> 122. <i>p.</i> 2. &amp; dans l'Itinéraire de Benjamin, p. 71. 72. &amp; 81. Origène, qui écrivoit en Grec, a nommé ce Chef de la Captivité, . Au reste, je suis persuadé que les Juifs n'attendirent point au retour de la captivité à se donner des <i>Aechmalotarques.</i> Les Rois de Babylone leur laisserent beaucoup de liberté, comme il paroît par ce que Jéremie leur dit, Ch. XXIX. v. 5. &amp; 6. &amp; selon la coutume des Rois d'Orient, dont Hérodote nous rend témoignage. L'Histoire de Suzanne en est une preuve évidente ; &amp; les deux vieillards qui la condamnerent étoient les <i>Aechmalotarques</i> de cette année-là. Les Juifs disent que les <i>Aechmalotarques</i> ne peuvent être pris que de la Tribu de Juda ; qu'ils commandent à tous les Israëlites, de quelque Tribu qu'ils soient ; qu'on les installe avec beaucoup de cérémonies, &amp; qu'on leur rend de grands honneurs, que l'on trouvera décrits dans le <i>Sepher Juhhasin,</i> &amp; dans <i>Benjamin de Tudela,</i> aux endroits que j'ai cités. On peut voir encore R. Salon Ben Wirga, la Gemare sur le Traité Sanedrin, L. I. fol. 5. 1. Selden, <i>De Synedr. Vet. Hebr.</i> L. II. C. 4. §. 10. &amp; C. 7. §. 5. Origène, L. II. des Princip. C. 1. S. Epiphane contre les Ebionites, &amp; le I. Dialog de Théodoret.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="745" id="1" type="">
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    <head>AEGÉE</head>
    <p>
    AEGÉE , adj. <i>Aegaeum mare.</i> C'est le nom ou l'épithète que l'on donne à la partie de la Méditerranée qui a l'Anatolie à l'Orient, la Macédoine, la Thessalie, l'Achaïe, la Péloponèse à l'Occident, la Romanie au Nord, &amp; l'Isle de Candie au Midi. On la nomme communément Archipel. Les Grecs, au témoignage de Leunclavius, l'appellent <i>Acdeniz</i> ; c'est-à-dire, Mer Blanche, pour l'opposer au Pont Euxin, qu'ils appellent Garadeniz ; c'est-à-dire, Mer Noire.</p><p>On apporte plusieurs étymologies du mot <i>Aegée.</i> Les Fables disent que Thesée fils d'Aegée revenant victorieux du Minotaure, n'ayant point pensé à faire changer les voiles noires de son navire, son père le crut mort, &amp; de douleur se précipita dans la mer, &amp; lui donna son nom. D'autres le tirent d'Aegéon, un des Géants qui fit la guerre à Jupiter ; &amp; d'autres d'une Aegea Reine des Amazones. Le Scholiaste d'Apollonius prétend que cette mer a pris son nom d'une petite Isle voisine de l'Eubée ou Négrepont, &amp; qui s'appelloit <i>Aegae.</i> Le même rapporte un autre sentiment qui le dérivoit de Cariste, Ville de l'Eubée, qui s'appelloit <i>Aegaea.</i> Strabon, dans son 8e Livre, rapporte l'origine de ce nom à une Ville de l'Eubée qui se nommoit <i>Aegae,</i> &amp; dans son 13e Livre, d'un Promontoire de l'Aeolide nommé <i>Aega.</i> Pline, L. IV. C. 11. à un rocher nommé <i>Aege,</i> qui est entre Ténédos, &amp; Scio. D'autres disent qu'<i>Aegée</i> est un surnom de Neptune, qu'on a donné à cette mer. D'autres le font venir de je ne sai quelle chèvre qu'ils surnomment Percania. D'autres disent, qu'on l'a donné à cette mer, parce qu'elle s'agite, qu'elle bondit comme une chèvre. Festus assure que ce nom vient des Isles fréquentes dont cette mer est pleine, &amp; qui de loin paroissent comme des chèvres. Enfin, il en est qui conjecturent que les Phéniciens ont appellé cette mer <i>az,</i> forte, violente, à cause de ses agitations &amp; de ses tempêtes ; &amp; que les Grecs confondant , <i>az,</i> fort, avec <i>ez,</i> qui veut dire une chèvre, lui donnerent le nom de Mer <i>Aegée,</i> qui en Grec signifie Mer de la chèvre, de . C'est le sentiment du savant Bochart dans son Phaleg. L. I. C. 13.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="746" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEGIPAN" />
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    <head>AEGIPAN</head>
    <p>
    AEGIPAN , s. m. <i>Aegipan.</i> Ce mot vient de Pan, nom d'un Dieu champêtre, &amp; , <i>chèvre.</i> Les Poëtes ont donné ce nom au Dieu Pan, parce qu'ils supposoient que ce Dieu étoit demi-chèvre, qu'il en avoit les cornes, la queue, les pieds, &amp; même tout le bas du corps depuis la ceinture.</p><p>Les Anciens ont encore appellé <i>Aegipans,</i> des monstres dont Mela parle, L. I. C. 8. Pline &amp; Solin en parlent aussi, &amp; les placent en Lybie ; celui-là, L. V. C. 8. &amp; celui-ci, C. 34. Saumaise, dans ses Notes sur Solin, a prétendu que l'<i>Aegipan,</i> étoit ce que les Romains appelloient <i>Sylvanus.</i> Vossius le réfute dans ses Notes sur l'endroit de Mela que j'ai cité. Car 1°. dit-il, Saumaise ne se fonde que sur les petits Parallèles attribués à Plutarque ; mais il est certain que ce Livre n'est point de cet Auteur, &amp; qu'il est indigne de lui, aussi-bien que celui qui est intitulé, <i>De fluminibus,</i> qui sont tous deux de la même plume. 2°. Les <i>Aegipans</i> n'avoient point un visage d'homme comme les Sylvains, mais un museau de chèvre : ils avoient même toute la partie supérieure du corps d'une chèvre : outre cela on les peignoit avec une queue de poisson. Ainsi le monstre qu'on <pb n="90" facs="bpt6k8542165/f130/full/1200,/0/native.jpg"/>voit sur les médailles d'Auguste, &amp; que nos Antiquaires appellent Capricorne, est la vraie figure d'un <i>Aegipan</i> ; &amp; en effet Théon, sur Aratus, dit, que le Capricorne est la figure de l'<i>Aegipan.</i> Hyginus &amp; le Scholiaste de Germanicus disent la même chose. On voit aussi souvent des <i>Aegipans</i> dans les anciens monumens des Egyptiens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="747" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEGOBOLE" />
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    <head>AEGOBOLE</head>
    <p>
    AEGOBOLE , s. m. <i>Aegobolus.</i> Surnom que les Potniens donnerent à Bacchus, parce qu'au lieu d'un jeune homme bien fait qu'ils immoloient à ce Dieu par le conseil d'Apollon, il leur déclara lui-même qu'il suffisoit dans la suite de lui sacrifier une chèvre, &amp; qu'il n'en vouloit pas davantage. Ce mot vient de , chèvre, &amp; , Je veux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="748" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEGOCEROS" />
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    <head>AEGOCEROS</head>
    <p>
    AEGOCEROS , s. m. <i>Capricornus.</i> Capricorne. De <i>chèvre,</i> &amp; , <i>corne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="749" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AEGYLOPS" />
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    <head>AEGYLOPS</head>
    <p>
    AEGYLOPS , ou ANGILOPS, ou ANCHYLOPS, subst. m. <i>Aegylops.</i> Terme de Médecine . C'est une tumeur ou enflure dans le grand angle de l'oeil à la racine du nez, accompagnée d'inflammation, ou sans inflammation. Harr. Ce mot est Grec, . Cette tumeur naît entre le grand canthus &amp; l'os du nez. Cette espèce d'abcès est appellée <i>agilops,</i> c'est-à-dire, <i>oeil de chèvre</i> ; parce que les chèvres sont fort sujettes à cette affliction. Si on néglige l'<i>aegilops,</i> il se crève, &amp; dégénère en une fistule qui pénètre jusqu à l'os. Aeginète appelle cette tumeur <i>anchilops</i> avant qu'elle se change en ulcère ; &amp; <i>aegilops</i> quand l'ulcère est fait, &amp; quand elle dégénère en fistule : les autres la nomment toujours <i>aegilops</i> avant &amp; après son changement. Quoique l'<i>aegilops</i> se change souvent en fistule, il n'est pas proprement une fistule, &amp; il n'en est pas toujours suivi. Si l'<i>aegilops</i> est accompagné d'inflammation, il a pour cause l'abondance du sang, que la trop grande plénitude fait regorger sur le grand coin de l'oeil : s'il est sans inflammation, il procède des humeurs corrompues qui se déchargent sur cette partie, &amp; le plus souvent d'une humeur pituiteuse, crasse &amp; visqueuse. Degori.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="750" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="AEGYPTIAC" />
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    <head>AEGYPTIAC</head>
    <p>
    AEGYPTIAC , adj. m. Terme de Pharmacie . <i>Pharmacum Aegyptiacum.</i> C'est un espèce d'onguent détersif décrit par Mesué, ainsi nommé, à cause qu'il est d'une couleur obscure comme les Egyptiens. Il est composé de verd de gris, de vinaigre &amp; de miel, &amp; sert à consumer les chairs pourries.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="751" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEOLE" />
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    <head>AEOLE</head>
    <p>
    AEOLE , s. m. <i>Aeolus.</i> Nom propre d'homme. Il y a trois <i>Aeoles.</i> L'un qui regna dans les Isles qui ont porté son nom, &amp; qui par la fumée de ces Isles découvroit, dit-on, les vents qu'il devoit faire trois jours auparavant. Voyez Pline, L. III. C. 9. &amp; Solin, C. 12. Un autre qui regna en Etrurie ; &amp; un troisième fils d'Hellen. Quelques-uns attribuent à ce dernier l'invention de la Carte des vents. Quoi qu'il en soit, c'est de cette invention que les Poëtes ont pris occasion de faire un <i>Aeole</i> Roi des vents, ou du moins modérareur &amp; distributeur des vents. Ovide le fait fils d'Hippotas ; d'autres lui ont donné Jupiter pour père. Les uns disent que Ménécla, &amp; d'autres que Ligya, fut sa mère. Il résidoit, selon la Fable, dans les Isles Vulcaniennes, qui furent appellées de son nom Aeoliennes. Le Géographe Denys a dit qu'il fut grand Hospitalier. Au lieu de ce que nous avons rapporté de ses Prédictions sur les vents, Isacius &amp; Palaephatus disent qu'il étoit grand Astronome ; &amp; Strabon que par le flux &amp; reflux, il prévoyoit les tempêtes &amp; les vents qu'il devoit faire. Bochart. L. I. C. 33. croit que cette fable est venue de la Langue Phénicienne, où , <i>Aol,</i> signifie tempête ; d'où s'est fait en Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="752" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEOLIE" />
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    <head>AEOLIE</head>
    <p>
    AEOLIE , ou AEOLIDE, s. f. <i>Aeolis, Aeolia.</i> Pays de l'Asie mineure entre la Troade au Septentrion &amp; l'Ionie au Midi, &amp; situé sur la Mer Aegée. Il s'appella d'abord Mysie, mais les Aeoliens étant venus l'habiter, ils lui donnerent leur nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="753" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEOLIEN, ENNE" />
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    <head>AEOLIEN, ENNE</head>
    <p>
    AEOLIEN, ENNE . <i>Aeolius,</i> &amp; au pl. AEOLIENS. <i>Aeoles.</i> Peuples de Grèce ainsi appellés d'Aeole fils d'Ellen. Ils quitterent la Grèce leur Patrie, passerent dans l'Asie mineure, s'emparerent de la Mysie, &amp; fonderent peu à peu une des trois grandes Colonies des Grecs en Asie. Les jeunes Gentilshommes servoient chez les <i>Aeoliens</i> aux sacrifices publics.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="754" id="1" type="">
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    <head>AEOLIEN, ENNE</head>
    <p>
    AEOLIEN, ENNE , est aussi adj. Le Dialecte <i>Aeolien</i> se rapporte au Dorien. Port-R. La Musique <i>Aeolienne</i> étoit douce, appaisoit les passions, &amp; endormoit agréablement. T. Cor. Les Isles <i>Aeoliennes</i> étoient plusieurs Isles dans la Mer de Toscane entre l'Italie &amp; la Sicile, plus près toutefois de la Sicile.</p><p>Les Isles <i>Aeoliennes,</i> sont sept petites Isles entre l'Italie &amp; la Sicile, <i>Lipara, Hiera, Strongyle, Didyme, Ericusa, Phoenicusa,</i> &amp; <i>Eronymos.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AEOLE">AEOLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="755" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEOLIPILE" />
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    <head>AEOLIPILE</head>
    <p>
    AEOLIPILE , Voyez <ref type="search" target="head:EOLIPILE">EOLIPILE</ref>. De même <i>Aequateur, Aequivoque, Aethérée.</i> Voyez ces mots par E.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="756" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEOLIQUE" />
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    <head>AEOLIQUE</head>
    <p>
    AEOLIQUE , adj. m. &amp; f. <i>Aeolicus.</i> Qui appartient aux Aeoliens. Le dialecte <i>Aeolique</i> est un des cinq dialectes de la Langue Grecque ; c'étoit la manière de parler propre des Aeoliens. <i>Dialectus Aeolica.</i> C'est du dialecte <i>Aeolique</i> que la Langue Latine s'est formée. Je trouve cependant qu'on dit communément <i>Aeolien</i> plutôt qu'<i>Aeolique,</i> si ce n'est dans les Colléges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="757" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEON" />
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    <head>AEON</head>
    <p>
    AEON , s. m. Ce mot qui est Grec, , siècle, signifie la durée d'une chose, éternité ; mais les hérétiques des premiers siècles y ont attaché une autre idée. Abusant de la Philosophie de Platon, ils donnoient de la réalité aux idées que ce Philosophe avoit admises en Dieu ; bien plus, ils les personifioient, &amp; feignoient que c'étoient des êtres distincts de Dieu, &amp; qu'il avoit produits les uns mâles &amp; les autres femelles ; c'est là ce qu'ils appelloient <i>Aeons,</i> de l'assemblage desquels ils composoient la Divinité toute entière, qu'ils appelloient , nom Grec, qui signifie <i>Complément,</i> comme si c'eût été là le Complément de la Divinité. Au reste, quoique tous les <i>Aeons</i> fussent différens de Dieu en grandeur, ils étoient de la même nature, &amp; de la substance même de Dieu. Simon le magicien est le premier inventeur des <i>Aeons</i> ; Valentin les perfectionna, &amp; en reconnut jusqu'à 30. S. Irenée, L. I. des hérés. &amp; L. II. C. 4. Tertullien, dans son Traité contre les Valentiniens, &amp; S. Epiphane, dans l'hérésie 31. sont parmi les Anciens ceux qui ont le plus expliqué la doctrine des <i>Aeons ;</i> Théodoret &amp; Philastrius en ont aussi parlé. Et parmi les Modernes, Baronius à l'an de Jesus-Christ 145. &amp; 175. le P. Alexandre, M. de Tillemont &amp; M. Fleury <i>Hist. Eccl.</i> &amp; M. Du Pin <i>Biblioth. des Auteurs Eccl.</i> IIe. Part. des 3. prem. sièc. Les Centuriateurs en ont aussi dit quelque chose, Cent. II. C. 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="758" id="1" type="">
   <index type="head" value="AËRER" />
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    <head>AËRER</head>
    <p>
    AËRER , v. act. Donner de l'air à un bâtiment. <i>Coelum aperire ; liberiori coelo exponere, supponere.</i> Il a fait percer sa galerie des deux côtés pour l'<i>aérer</i> davantage. Il est de peu d'usage, &amp; en sa place, on dit mettre en bel air. Ce mot vient d'<i>aër</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="759" id="1" type="">
   <index type="head" value="AËRÉ, ÉE" />
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    <head>AËRÉ, ÉE</head>
    <p>
    AËRÉ, ÉE , adj. Qui est bien exposé à l'air dans une plaine, on sur une élévation. <i>Liberiori coelo expositus, suppositus.</i> Une maison bien <i>aerée</i> est fort saine. Le Château neuf de S. Germain est bien <i>aëré.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="760" id="1" type="">
   <index type="head" value="AËRIEN, ENNE" />
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    <head>AËRIEN, ENNE</head>
    <p>
    AËRIEN, ENNE , adj. Qui est fait d'air, ou qui se résout en air, <i>Aerius, Aëreus.</i> Dans la dissolution des corps, les parties <i>aériennes</i> s'élevent en l'air. Les atomes <i>aeriens</i> montent les premiers dans un alembic. On dit que les bons ou mauvais Anges qui paroissent, prennent des corps <i>aëriens.</i> Les Esséniens, la secte la plus parfaite des Juifs, tenoient que les ames étoient d'une matière <i>aërienne.</i> Arn. Porphyre &amp; Jamblique ont admis des Démons, des Esprits <i>aëriens,</i> auxquels ils ont donné divers noms. Les Peintres appellent une perspective <i>aërienne,</i> celle qui fait paroître les corps diminués à proportion de leur éloignement, ou distance de la ligne de terre, ou du plan géométrique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="760" id="2" type="">
   <index type="head" value="AËRIEN, ENNE" />
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    <head>AËRIEN, ENNE</head>
    <p>
    Aëriens , Nom de Sectaires, qui tirent leur origine d'un certain Aërius, lequel vivoit encore au temps de S. Epiphane, &amp; qui avoit sur le mystère de la Trinité les mêmes sentimens que les Ariens. Il avoit outre cela plusieurs opinions particulières qui sont rapportées fort au long par ce S. Evêque, <i>haeres.</i> 75. &amp; entr'autres celle-ci : Qu'il n'y avoit aucune différence entre les Evêques &amp; les Prêtres ; que la Prêtrise &amp; l'Episcopat étoient absolument le même Ordre &amp; la même dignité. L'Evêque, disoit-il, impose les mains, le Prêtre les impose aussi : l'Evêque est assis dans le trône, le Prêtre y est aussi assis : S. Epiphane se déclare en ce lieu-là fortement pour la supériorité des Evêques, &amp; il répond en particulier à toutes les raisons d'Aërius, qui s'appuyoit principalement sur quelques passages de S. Paul, &amp; entr'autres sur celui de l'Ep. 1. à Tim. C. 4. v. 14. où ce S. Apôtre lui recommande de ne point négliger le don qu'il a reçu, <pb n="91" facs="bpt6k8542165/f131/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>lorsque l'Assemblée des Prêtres lui a impose les mains.</i> Il n'est parlé en cet endroit, disoit Aërius, que des Prêtres seulement, &amp; nullement des Evêques. Mais il est aisé de voir que le mot de <i>Prêtres</i> dans S. Paul signifie également les Evêques ; en sorte que <i>Presbyterium,</i> qui est dans le Grec &amp; dans le Latin de la Vulgate, se prend pour le Sénat, ou l'Assemblée de ceux qui présidoient aux Eglises. S. Paul avoit ordonné Timothée, étant accompagné des Prêtres, ou Evêques, qui se trouvoient présens à l'ordination. Voyez le mot ANCIENS. Il faut prononcer dans le mot <i>Aeriens</i> le premier <i>e</i> séparé de l'a, <i>Aeriens</i> en quatre syllabes, &amp; non pas Aeriens ainsi qu'écrivent quelques Auteurs, comme si ce n'étoient que trois syllabes. La raison qu'Aërius eut de se séparer de l'Eglise fut le chagrin qu'il eut de ce qu'en 349. ou 355. selon un autre sentiment, Eustathe lui fut préféré pour l'Evêché de Sébaste en Arménie. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiph. hér. 75. S. Aug. hér. 53. Onuphrius Chron. A. C. 349. Sander. hér. 69. Tillemont, <i>Histoire Ecclesiastiq</i>ue. <i>T. IX.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="761" id="1" type="">
   <index type="head" value="AËRIER" />
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    <head>AËRIER</head>
    <p>
    AËRIER , ou AIRIER, v. act. C'est purifier l'air de quelque lieu, en y brûlant des senteurs pour en rendre l'air plus pur. <i>Infectam auram purgare. Aërier</i> une maison. Ce mot ne se dit que très-rarement, &amp; en sa place on se sert d'un tour qui signifie la même chose. Ainsi au lieu de dire, il faudroit <i>aërier</i> cette chambre, on diroit, il faudroit brûler quelque chose dans cette chambre, pour en chasser le mauvais air.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="762" id="1" type="">
   <index type="head" value="AËROMANCIE" />
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    <head>AËROMANCIE</head>
    <p>
    AËROMANCIE , s. f. Ce mot vient du Grec. C'est l'art de deviner par le moyen de l'air. Il y a plusieurs sortes d'<i>aëromancies</i>, dont Bodin ne traite point dans le Livre des Sorciers. L'<i>aeromancie</i> est une vaine science. Les Payens s'attachoient à l'<i>aëromancie</i> ; mais les Chrétiens la rejettent comme fausse &amp; superstitieuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="763" id="1" type="">
   <index type="head" value="AËROMÉTRIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>AËROMÉTRIE</head>
    <p>
    AËROMÉTRIE , s. f. <i>Aerometria.</i> C'est l'art de mesurer l'air, ses forces, ses propriétés. Chrétien Wolfius, Professeur de Mathématique en l'Université de Hall de Magdebourg, a donné un Traité d'<i>Aërométrie,</i> intitulé, <i>Aërometriae Elementa,</i> à Leipsic 1709.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="764" id="1" type="">
   <index type="head" value="AESCULAN" />
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    <head>AESCULAN</head>
    <p>
    AESCULAN , s. m. <i>Aesculanus.</i> C'étoit un Dieu qui chez les Romains présidoit à la monnoie avec le Dieu Argentin. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Aug. de la Cité de Dieu, L. IV. C. 21. &amp; Budée, <i>De Ass.</i> L. V. &amp; ARGENTIN. On disoit que le Dieu <i>Aesculan</i> étoit Père du Dieu Argentin. C'est que la monnoie de cuivre est plus ancienne que celle d'argent. Ces deux Dieux avoient la puissance d'enrichir les hommes. On honoroit à Rome la monnoie sous le nom d'<i>Aesculan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="765" id="1" type="">
   <index type="head" value="AESMER" />
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    <head>AESMER</head>
    <p>
    AESMER , v. neut. Ce mot autrefois vouloit dire, <i>trouver, juger, estimer, conjecturer.</i> Et <i>a-esmerent</i> qu'il y avoit 400. Cavaliers. Villehard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="765" id="2" type="">
   <index type="head" value="AESMER" />
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    <head>AESMER</head>
    <p>
    Aesmer , signifioit aussi quelquefois, <i>Comparer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="766" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="AES USTUM" />
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    <head>AES USTUM</head>
    <p>
    AES USTUM , s. m. Terme de Chymie . C'est une drogue qu'on appelle autrement <i>Crocus Veneris,</i> ou safran de Vénus, qu'on a fait tremper dans une dissolution de sel, dans de fort vinaigre, &amp; qu'on stratifie ensuite avec du soufie dans un fourneau. On le remet après dans du vinaigre où il y a du sel armoniac fondu, &amp; qu'on réitère jusqu'à ce que les lames soient toutes consumées. On en ôte le vinaigre par la distillation, &amp; il reste une matière qu'on appelle <i>Aes ustum,</i> qui sert à divers usages en Médecine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="767" id="1" type="">
   <index type="head" value="AETHIOPIS" />
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    <head>AETHIOPIS</head>
    <p>
    AETHIOPIS , s. m. Plante qui est une espèce de toute-bonne, ou de sclarea. Ses feuilles qu'elle pousse les premières sont couchées par terre, &amp; disposées en rond ; elles ressemblent à celles du bouillon ; elles sont grandes, épaisses &amp; velues. Il sort d'entre ces feuilles une tige garnie de feuilles semblables aux précédentes, mais d'ordinaire plus petites. Cette tige est quarrée &amp; velue, de la hauteur d'environ deux pieds ; elle a plusieurs ailes, &amp; concavités. Ses fleurs sont rangées par anneaux, &amp; blanches. Sa racine est fibreuse. Sa semence est noirâtre, triangulaire, &amp; contenue dans des capsules ; chaque capsule contient quatre semences. La racine de l'<i>Aethiopis</i> est bonne pour la sciatique, &amp; pour les maladies de poitrine. Voyez <ref type="search" target="head:ORVALE">ORVALE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="768" id="1" type="">
   <index type="head" value="AETHNA" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AETHNA</head>
    <p>
    AETHNA , ou AETNA, s. m. <i>Aethna,</i> ou <i>Aetna</i> Montagne de Sicile la plus haute qui soit en ce Royaume. On l'appelle aujourd'hui dans le Pays <i>Monte Gibello,</i> &amp; en François le Mont Gibel. Son premier nom, si l'on en croit Volateran, est <i>Hiesius.</i> L'<i>Aetna</i> est fameux par les feux, les cendres, &amp; les cailloux calcinés qu'il vomit de temps en temps. Les Poëtes disent que c'est sous cette montagne que Jupiter précipita les Géants vaincus. Justin explique plus physiquement la cause de cet incendie, L. IV. C. 1. Il dit que la Sicile est toute creuse, &amp; par conséquent pleine d'air &amp; de vents souterrains ; que le choc de ces vents produit du feu ; que ces cavernes sont pleines de soufre &amp; de bitume, auxquels le feu s'attache, &amp; que c'est la cause de ces feux que l'<i>Aetna</i> jette de temps en temps.</p><p>Ce mot <i>Aetna,</i> selon Bochart dans son Chanàan, C. 28. vient du mot Hébreu , <i>Attuna,</i> qui signifie, fournaise, ou <i>Aethuna,</i> obscurité. Ceux qui ont le mieux décrit le mont <i>Aetna,</i> ou qui en ont le mieux parlé, sont Virgile Aeneide, L. III. v. 571. Lucrèce, L. VI. v. 680. Ovid. <i>Met.</i> L. XV. v. 340. Silius Italicus, L. XIV. v. 67. Claudien, L. I. <i>de Rap. Pros.</i> Justin à l'endroit que j'ai cité, Leandro Alberti dans sa Sicile, Cluvier, Bembo dans un Dialogue exprès, Natalis Comes, L. XVII. &amp; XXX. <i>Ant. Philotheus de homodeis, Aetnae Topographia.</i> Pour jetter des feux &amp; des flammes, &amp; quelquefois des fleuves de feu, le mont <i>Aetna</i> n'en est pas moins fertile. Il est couvert de bois &amp; de vignes, &amp; quelquefois de neiges &amp; de glaces, ainsi que disent Silius Italicus &amp; Claudien, Pindare Pyth. I.</p><p>On écrit communément <i>Etna,</i> comme on le voit par ces exemples. Une belle Ode à M. Fagon sur le Quinquina dit, en parlant de la Fièvre :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="769" id="1" type="">
   <index type="head" value="AËTIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AËTIEN, ENNE</head>
    <p>
    AËTIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Aëtianus.</i> Prononcez <i>Aëtien</i> en quatre syllabes, &amp; non pas <i>Aetien</i> en trois, comme il semble que quelques Dictionnaires l'aient voulu marquer en écrivant par un AE diphtongue. Les <i>Aetiens</i> étoient une Secte d'Ariens disciples d'Aëtius d'Antioche surnommé l'Impie, qui fut d'abord forgeron, ou comme dit Philastrius, Orfèvre ; puis Sophiste ; &amp; ensuite Médecin, ou plutôt Charlatan. Les <i>Aetiens</i> eurent divers noms ; on les appella <i>Purs Ariens, Eunoméens, Anoméens, Etérousiens, Troglodytes,</i> ou <i>Troglittes, Exomontiens,</i> &amp; <i>Exaconites.</i> Nous expliquerons ces mots en leur place.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="770" id="1" type="">
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    <head>AËTITES</head>
    <p>
    AËTITES , autrement <i>Pierre d'aigle.</i> Voyez <i>Aigle. Aëtites.</i> Taurentius Bauschius a fait un Traité exprès de la pierre <i>Aëtites,</i> où il assure qu'on ne la trouve point dans les nids d'aigles, mais qu'on en rencontre sur des rivages, dans les champs, &amp; sur des montagnes. Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>aigle.</i> On ne sauroit creuser quelques pieds en terre à Trevoux sans trouver des lits considérables de pierres d'aigles, dont les unes n'ont qu'un noyau, d'autres en contiennent jusqu'à trois ; il y en a de différente grosseur &amp; de différente figure, &amp; presque toutes sont composées de deux à trois couches de terre semblable à de la terre cuite : <pb n="92" facs="bpt6k8542165/f132/full/1200,/0/native.jpg"/>la dernière sur-tout ; c'est-à-dire, celle qui est la plus intérieure. Ces pierres sont dans leur origine molles, de la consistance &amp; de la couleur de l'ocre jaune, &amp; presque toujours à plusieurs couches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="771" id="1" type="">
   <index type="head" value="AEURER" />
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    <head>AEURER</head>
    <p>
    AEURER , Vieux mot, qui veut dire <i>prier</i> : il vient d'<i>orare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="772" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFABILITÉ" />
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    <head>AFFABILITÉ</head>
    <p>
    AFFABILITÉ , s. f. Courtoisie, honnêteté avec laquelle un supérieur reçoit son inférieur, &amp; se communique à lui. <i>Affabilitas.</i> Ce mot vient du Latin. Il se dit rarement d'égal à égal, &amp; jamais d'inférieur à supérieur. Il n'est pas si usité qu'il l'étoit il y a quarante ou cinquante ans. Son <i>affabilité</i> &amp; sa bonté sont des qualités qui ne se trouvent nulle part. Voit. L'<i>affabilité</i> des Grands n'est qu'une vertu artificieuse, elle sert à leurs desseins &amp; à leurs projets d'ambition. M. Esp. Jamais homme avec tant de grandeur, n'a allié tant d'<i>affabilité</i> à tant de douceur. Bourd. L'<i>affabilité</i> des personnes de qualité sans mérite, est une bassesse d'ame, &amp; une incapacité de tenir leur rang. M. Esp. Heureux celui qui dans son <i>affabilité</i> naturelle trouve des dispositions favorables à la bénignité Chrétienne. Le P. Gail. Patru avoit beaucoup d'antipathie pour <i>affabilité</i> : il est François, disoit-il, mais laissons-le dire aux autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="773" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFABLE" />
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    <head>AFFABLE</head>
    <p>
    AFFABLE , adj. m. &amp; f. <i>Affabilis.</i> Ce mot vient du Latin, &amp; signifie celui qui parle à ses inférieurs d'une manière douce, civile, honnête, engageante, &amp; qui les écoute de même, sans avoir rien dans ses regards, ni dans ses gestes, de rude ni de rebutant pour eux. Il commence un peu à vieillir : cependant il y a des gens de mérite qui s'en servent, &amp; qui croient pouvoir lui redonner cours dans le bel usage.</p><p>Quoiqu'il fût occupé de grandes affaires, &amp; de plus très <i>affable</i> &amp; très-civil, il ne laissoit pas d'être toujours recueilli. Ab. Reg.</p><p>Cependant, quoique ce mot fût plus usité du temps de M. Patru, il avoit de la peine à le souffrir. Il le laissoit dire aux autres, &amp; ne s'en servoit jamais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="774" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFABLEMENT" />
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    <head>AFFABLEMENT</head>
    <p>
    AFFABLEMENT , adv. D'une manière affable. <i>Affabiliter, Humaniter.</i> Il faut recevoir <i>affablement</i> les moindres personnes. Ce mot n'est presque plus en usage. Ceux qui écrivent poliment, préféreront toujours civilement, honnêtement, à <i>affablement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="775" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFADIR" />
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    <head>AFFADIR</head>
    <p>
    AFFADIR , v. act. Rendre fade &amp; insipide, donner du dégoût, ôter toute sorte de saveur. <i>Saporem detrahere.</i> On a <i>affadi</i> cette viande en la faisant trop bouillir. Le sucre, le miel, <i>affadissent</i> le coeur. Si le sel est <i>affadi,</i> avec quoi assaisonnera-t-on ? dit le Sauveur en S. Matthieu.</p><p>Il se dit figurément en parlant des ouvrages d'esprit. <i>Affadir</i> un discours par des pensées &amp; par des expressions affectées &amp; doucereuses. On dit que de mauvaises louanges <i>affadissent</i> le coeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="775" id="2" type="">
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    <head>AFFADIR</head>
    <p>
    Affadi, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Fatuus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAIRE" />
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    AFFAIRE . s. f. Ce qui peut occuper nos soins, nos pas, nos pensées, nous obliger à travailler, aller &amp; venir. <i>Negotium, res.</i> Il y a des gens toujours aussi occupés, que s'ils avoient mille <i>affaires,</i> quoiqu'ils n'en aient point d'autres que de savoir celles d'autrui. M. Scud. Pour faire l'homme occupé, &amp; paroître accablé d'<i>affaires,</i> il faut froncer le sourcil, &amp; réver à rien très-profondément. La Br. Plus le poids des <i>affaires</i> est grand, plus elles demandent de relâche. Le Gend. Notre grande <i>affaire</i> est celle de notre salut. Voilà une <i>affaire,</i> un cas de conscience. Il faut que chacun aille à son <i>affaire,</i> au travail qui lui est ordonné. Ne vous mettez pas en peine de cela, j'en fais mon <i>affaire.</i> Chacun se doit mêler de ses <i>affaires.</i> On dit aussi d'une chose que l'on regarde comme pénible, ou difficile à exécuter, que c'est une <i>affaire</i> : &amp; au contraire, on dit d'une chose dont on croit venir facilement à bout, que ce n'est pas une <i>affaire.</i> Virgile a trouvé tant de rapports entre Didon &amp; Enée, qu'il a cru que les trois cents ans qui les séparoient, n'étoient pas une <i>affaire.</i> Cela ne fait rien à l'<i>affaire</i> ; pour dire, c'est un discours inutile. Du Cange derive ce mot de <i>affarium,</i> ou <i>affare,</i> qui signifioit autrefois une <i>metairie</i> ; &amp; il dit qu'en Languedoc &amp; en Provence il signifioit toutes sortes de biens. On a dit aussi <i>afferi</i> &amp; <i>affri</i> pour signifier des chevaux de labour : ce qui a été etendu à toutes sortes de possessions, &amp; ensuite au négoce &amp; aux <i>affaires</i> qu'on est obligé d'avoir pour les acquérir ou pour les défendre. Au reste, ce mot <i>affaire</i> étoit autrefois masculin, c'est pourquoi l'on met encore sur les paquets du Roi, pour les <i>exprès affaires</i> de Sa Majesté. On a conservé le style &amp; le genre ancien par dignité. Vaug. Il faut éviter les inventions humaines dans les <i>affaires</i> de Dieu, &amp; se former autant que l'on peut sur l'exemple des Saints. Ab. de la Tr. c'est-à-dire, dans ce qui regarde le service de Dieu &amp; notre salut.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFAIRE" />
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit aussi d'une chose, de quelque manière qu'elle soit. Je vous fais le maître de cette <i>affaire,</i> pour la terminer à votre volonté. C'est une <i>affaire</i> faite ; pour dire, c'est une chose finie. C'est une <i>affaire</i> qui ne souffre point de remise. C'est une étrange <i>affaire</i> qu'une Demoiselle. Mol. Le mariage est une <i>affaire</i> trop sérieuse pour lui. Vous avez pris l'<i>affaire</i> du biais qu'il la falloit prendre. Mol. Je viens d'apprendre de belles, d'étranges <i>affaires.</i> Il a poussé l'<i>affaire</i> d'une manière assez vigoureuse. Mol. Entreprendre vertement une <i>affaire.</i> Commencer courageusement une <i>affaire.</i> Terminer une <i>affaire</i> avec esprit &amp; avec coeur. Il faut délibérer avec l'occasion, &amp; en la présence des <i>affaires.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="3" type="">
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit des ordres, des soins, des négociations qui regardent l'Etat. Les grandes <i>affaires</i> demandent en ceux qui en ont le maniement, un jugement promt &amp; décisif, de peur qu'elles ne se ruinent par la lenteur. S. Evr. Un honnête homme sait mêler les plaisirs aux <i>affaires.</i> S. Evr. La multitude, ni l'embarras des <i>affaires,</i> ne mirent jamais sur son front ces nuages de chagrins qui écartent les gens. P. Gail. Depuis qu'un tel Ministre a pris le timon des <i>affaires,</i> toutes choses vont bien. C'est un homme qui est entré dans les <i>affaires,</i> dans les négociations étrangères. Les <i>affaires</i> de Rome sont brouillées. C'est une <i>affaire</i> d'Etat, de Religion. On dit en ce sens : Les <i>affaires</i> du temps ; pour dire, les nouvelles de l'état des choses du monde. Il est toujours fort dangereux d'écrire des <i>affaires</i> de son temps, quand on affecte trop d'en dire la vérité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="4" type="">
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit aussi quelquefois de la fortune, de l'état des biens d'une personne. Maintenant que les <i>affaires</i> du genre humain sont déplorées, &amp; sans ressource, mettons Caton en sûreté. Bouh. La plupart des gens ne se mêlent des <i>affaires</i> d'autrui, que pour mieux faire leurs propres <i>affaires.</i> S. Evr. Graces à Dieu, les <i>affaires</i> vont bien. Ce Bourgeois est fort bien dans ses <i>affaires</i> ; c'est-à-dire, qu'il a du bien, qu'il n'a point d'<i>affaires</i> mauvaises, ni embrouillées, que ses <i>affaires</i> sont en bon état.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="5" type="">
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit proverbialement en ces phrases : Chacun sait ses <i>affaires,</i> ou du moins doit les savoir ; &amp; absolument qu'un homme sait ses <i>affaires,</i> quand il conduit bien ses <i>affaires</i> avec prudence. On dit d'un homme que ses <i>affaires</i> sont faites ; pour dire qu'il est perdu, qu'il est ruiné, ou qu'il ne doit plus prétendre à quelque chose. On dit que les <i>affaires</i> font les hommes ; pour dire, qu'avec un médiocre génie on devient habile homme, quand il passe beaucoup d'<i>affaires</i> par les mains de quelqu'un. On dit qu'il n'est point de petite <i>affaire</i> ; pour dire, que le moindre ennemi peut donner beaucoup de peine. On dit, Dieu nous garde d'un homme qui n'a qu'une <i>affaire</i> ; parce qu'un homme qui n'a qu'une seule chose à faire, en est ordinairement si occupé, qu'il en fatigue tout le monde. On dit avoir <i>affaire</i> à la veuve &amp; aux héritiers ; pour dire, qu'on ne manque pas d'occupation. On dit aussi avoir <i>affaire</i> à forte partie ; pour dire, qu'on n'a rien à négliger, &amp; que l'on sera bien heureux si l'on se tire d'embarras. On dit, que ceux qui n'ont point d'<i>affaires</i> s'en font ; pour dire, que les hommes sont inquiets, &amp; se lassent d'être oisifs &amp; sans agir. On dit, à demain les <i>affaires</i> ; pour dire, qu'on ne veut songer alors qu'à se divertir. On dit ironiquement, qu'un homme a fait une belle <i>affaire,</i> pour dire, qu'il s'est trompé, qu'elle est ruineuse. C'est une autre <i>affaire,</i> c'est une <i>affaire</i> à part ; pour dire, qu'il ne faut pas <pb n="93" facs="bpt6k8542165/f133/full/1200,/0/native.jpg"/>confondre les choses. Les Poëtes ont feint que les Fées avoient cent yeux hors de leur maison, &amp; que dedans, elles étoient aveugles. Nous ne voyons rien dans nos <i>affaires,</i> &amp; cependant nous voulons voir clair dans celles des autres. De Roch.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit encore de tout ce à quoi on est plus propre que les autres, &amp; pourquoi on a un talent tout particulier. C'étoit l'<i>affaire</i> de Molière de jouer les Bigots, &amp; les Médecins. C'étoit l'<i>affaire</i> de M. de la Bruyère de nous caractériser les moeurs de ce siècle. C'étoit l'<i>affaire</i> de Lucien de se moquer des Dieux. C'étoit l'<i>affaire</i> de la Fontaine de tourner un conte en vers.</p><p>On dit avoir <i>affaire</i> à quelqu'un ; pour dire, avoir à lui parler, avoir quelque chose à traiter avec lui. J'ai <i>affaire</i> à lui. Nous n'avons point d'<i>affaire</i> ensemble. Un Marchand a <i>affaire</i> à tout le monde.</p><p>On dit aussi avoir <i>affaire</i> à quelqu'un ; pour dire, avoir quelque contestation, quelque démêlé avec quelqu'un. Il a <i>affaire</i> à un terrible homme. Il faut prendre garde à qui on a <i>affaire.</i> Si vous l'attaquez vous aurez <i>affaire</i> à moi. Je n'avois point <i>affaire</i> à de la Cavalerie. Bussi. Dans ce sens on se sert plutôt du verbe faire, &amp; l'on écrit, vous aurez <i>à faire</i> à moi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , signifie aussi, Devoir. <i>Partes, munus, officium.</i> Ce n'est point mon <i>affaire</i> ; pour dire, cela n'est point de mon devoir, cela ne me regarde pas. Qu'avoit-il <i>affaire</i> d'aller porter cette nouvelle ? Pour dire, Cela étoit-il de son devoir ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="8" type="">
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , signifie encore, Besoin. <i>Opus,</i> avec le verbe <i>sum,</i> ou <i>habeo.</i> Je n'ai point <i>affaire</i> de vos conseils. Qu'ai-je <i>affaire</i> de toutes ces querelles ? Acad. Fr. Qu'ai-je affaire de me fatiguer des pensées de la mort pour la recevoir constamment ? Je mourrai peut-être sans y penser. Nic. En ce sens on dit par ironie, j'ai bien <i>affaire</i> de cet homme-là ; pour dire, je ne me soucie guère de lui, je n'ai pas besoin de son service.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , signifie encore, Maladie dangereuse. <i>Morbus gravis, periculosus.</i> Tirer un malade d'<i>affaires</i> ; pour dire le guérir. Je me suis tiré d'<i>affaires</i> en faisant diète. J'ai vû notre malade, ses <i>affaires</i> sont faites ; pour dire, il n'en peut revenir, il faut qu'il meure.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit aussi de ce qui donne beaucoup d'embarras, de peine, d'inquiétude. <i>Cura, sollicitudo.</i> La mort de son patron lui donnera beaucoup d'<i>affaires,</i> le fera bien courir. Un homme sage ne se veut point faire d'<i>affaires.</i> Il y a des gens qui se font des <i>affaires</i> de gaieté de coeur. Vois-tu la belle <i>affaire</i> que tu m'as faite par tes beaux avis ? Il étoit bien embarassé, mais je l'ai tiré d'<i>affaires.</i> Je lui ai fait une fâcheuse <i>affaire,</i> sans y penser. Cet homme vous donnera bien des <i>affaires.</i> On dit dans le style familier, Avoir des <i>affaires</i> par dessus la tête ; pour dire, avoir beaucoup d'<i>affaires,</i> beaucoup d'embarras.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit aussi d'un grand dessein, d'une entreprise. <i>Consilium.</i> D'un grand coup, d'un accident particulier. <i>Casus, eventus.</i> L'entreprise du canal de Languedoc a été une grande <i>affaire.</i> La mort du Général ennemi est une grande <i>affaire,</i> un coup fort avantageux, très-important. Le tonnerre est tombé sur sa maison, c'est une <i>affaire</i> toute fraîche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit particulièrement des procès, &amp; de tout ce qui se traite en quelque jurisdiction que ce soit, tant en matière civile, qu'en matière criminelle. <i>Lis, causa, controversia.</i> Il a une grande <i>affaire</i> au Conseil, au Parlement. C'est une <i>affaire</i> de grande &amp; de longue discussion. Celui qui n'entend point les <i>affaires,</i> ne doit point se mêler de plaider. Ce Procureur, cet Avocat, ce Juge, ont beaucoup d'<i>affaires</i> ; pour dire, ont beaucoup de procès à instruire, de causes à plaider, d'instances à juger. Les <i>affaires</i> ne finissent point maintenant. On ne sauroit sortir d'<i>affaire,</i> vuider d'<i>affaire,</i> terminer une <i>affaire</i> avec ce chicaneur. Mon <i>affaire</i> va bien. Ce n'est pas parler en langage d'<i>affaire</i> ; c'est-à-dire, en homme habile &amp; expérimenté dans les <i>affaires.</i> Il s'est bien démêlé de cette <i>affaire.</i> Voilà le noeud de l'<i>affaire,</i> la difficulté du procès. On le dit aussi en d'autres matières. Cette <i>affaire</i> est bien embrouillée, bien intriguée. En ce sens on appelle un homme d'<i>affaires,</i> celui qui fait les <i>affaires</i> d'une maison ; un solliciteur à gages, celui qui a soin des <i>affaires</i> domestiques d'un Seigneur. Le Droit civil accorde une action à celui qui a manié les <i>affaires</i> d'autrui, même sans commission, du moins pour ce qu'il a fait utilement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit aussi des querelles, des combats, des différends, des brouilleries d'amitié. <i>Rixa, jurgium, contentio.</i> Ne vous faites point d'<i>affaires</i> avec cet homme-là, il a la mine de vous mal-mener. Scar. L'inquiétude des esprits vifs suscite par-tout des <i>affaires.</i> P. Gail. Il y a une grande <i>affaire</i> à la Cour, un tel &amp; un tel se sont querellés. Cette plaisanterie lui a fait une <i>affaire</i> avec un de ses bons amis. Cet homme s'attire toujours quelque <i>affaire</i> ; pour dire, il se fait toujours quelque querelle. C'est une <i>affaire</i> d'honneur, de pique. Il s'est démêlé avec esprit de l'<i>affaire</i> qu'on lui avoit faite. On fait honneur à l'<i>affaire</i> de Bleneau de l'appeller un combat, ce ne fut qu'une déroute. Bussi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit aussi des divertissemens. <i>Oblectamenta voluptatis.</i> Cet homme a tous les jours quelque <i>affaire</i> de plaisir ; pour dire, quelque partie pour se divertir.</p><p>On appelle Gens d'<i>affaires,</i> les Financiers, les Traitans &amp; Partisans qui prennent les Fermes du Roi, ou le soin du recouvrement des impositions qu'il fait sur les Peuples. <i>Publicani, vectigalium redemptores.</i> La Chambre de Justice est établie pour la recherche des malversations des Gens d'<i>affaires</i> : toutes leurs contraintes portent cette clause, comme pour les propres deniers &amp; <i>affaires</i> de Sa Majesté.</p><p>On dit qu'un homme a <i>affaire</i> à une femme ou une femme à un homme ; pour dire qu'ils ont ensemble un commerce criminel ; de même qu'en Latin <i>Res. Rem habere cum muliere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire <i>amoureuse.</i> Mots plaisans, pour signifier le service galant qu'on rend aux Dames qui ne refusent rien. Trente-six yvrognes comme vous, ne valent pas en l'<i>amoureuse affaire</i> un buveur d'eau. Voit. Et même sans le mot d'<i>amoureuse,</i> celui d'<i>affaire</i> tout seul signifie la même chose. Mais à propos comment va cette <i>affaire ?</i> Voit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaires , signifie quelquefois, Dettes, embarras. <i>Debitum, aes alienum.</i> C'est un homme qui a beaucoup d'<i>affaires,</i> de dettes. Ce Marchand met ordre à ses <i>affaires,</i> a payé ses dettes.</p><p>On dit, aller à ses <i>affaires,</i> faire ses <i>affaires</i> ; pour dire aller à la garderobe. <i>Latrinam petere.</i> Il est tout constipé, il ne sauroit faire ses <i>affaires.</i></p><p>On appelle a la Cour un Brevet d'<i>affaires,</i> le Brevet qui donne permission d'entrer dans la chambre du Roi quand les autres se sont retirés, &amp; dès qu'il est sur sa chaise d'<i>affaires.</i> Depuis n'a guères, j'ai vû le Roi dans ses <i>affaires.</i> Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="17" type="">
   <index type="head" value="AFFAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , se dit aussi des choses qui nous conviennent. Il cherche un bon cheval, j'ai son <i>affaire. Conveniens.</i> Ce valet est son <i>affaire.</i> Ce mot est du style bas &amp; familier en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="776" id="18" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="AFFAIRE" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AFFAIRE</head>
    <p>
    Affaire , signifie aussi, Marché, traité, convention. <i>Pactum conventio.</i> J'ai fait <i>affaire</i> avec un tel de sa maison, de sa charge. Je vous donne ma parole, c'est une <i>affaire</i> faite. Parlons d'<i>affaire</i> ; c'est-à-dire, concluons.</p><p>En termes de Fauconnerie , on dit qu'un oiseau est de bonne <i>affaire,</i> qu'on l'a rendu de bonne <i>affaire,</i> quand on l'a bien affairé, bien duit à la volerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="777" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAIRE, ÉE" />
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    <head>AFFAIRE, ÉE</head>
    <p>
    AFFAIRE, ÉE , adj. Qui fait l'empressé, l'occupé, l'homme chargé d'affaires, <i>Negotiosus, negotii plenus.</i> Il y a des gens qui sont toujours <i>affairés,</i> qui disent qu'ils n'ont point de temps à eux.</p><p>Ce mot est bas, &amp; on ne s'en sert guère que par ironie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="777" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFAIRE, ÉE" />
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    <head>AFFAIRE, ÉE</head>
    <p>
    Affairé , signifie aussi, un homme accablé de dettes, dont les affaires sont embarrassées, <i>Aere alieno oppressus.</i> Quelque riche que soit un homme, il ne trouve rien à emprunter, quand on le croit <i>affairé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="778" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AFFAISSEMENT</head>
    <p>
    AFFAISSEMENT , s. m. C'est l'abaissement de quelque chose, causé par son propre poids, par sa propre pesanteur, ou par quelque force extérieure. <i>Sedimentum.</i> L'<i>affaissement</i> de la terre en cet endroit est fort considérable. L'<i>affaissement</i> se dit encore des tas de fumier que les Jardiniers <pb n="94" facs="bpt6k8542165/f134/full/1200,/0/native.jpg"/>entoisent, &amp; empilent, &amp; qui s'affaissent notablement quelques jours après avoir été dressés. Il est à craindre que ces couches ne viennent à un trop grand <i>affaissement,</i> si l'on n'a soin d en bien fouler le fumier. Liger. Il se dit aussi parmi les Jardiniers des terres &amp; des sables, lorsqu'en ayant nouvellement porté en quelque endroit, ou qu'en ayant nouvellement remué de deux ou trois pieds en fond, elles paroissent surpasser la superficie de la terre où elles sont, &amp; puis qu'elles viennent à s'<i>abaisser</i> ; pour lors ils disent : Il s'est fait un petit <i>affaissement</i> de ces terres. La Quint. Liger. Les Jardiniers habiles en remplissant quelque grand trou, ont accoutumé de le remplir d'un bon pied au moins plus haut que le reste de la superficie, en vue que l'<i>affaissement</i> qui doit survenir après les pluies, ou les neiges, rende tout le terrain égal. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="779" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAISSER" />
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    <head>AFFAISSER</head>
    <p>
    AFFAISSER , v. act. C'est faire que des choses que l'on met les unes sur les autres, s'abaissent, se foulent, &amp; tiennent moins d'espace en hauteur. <i>Deprimere, stipare.</i> Les pluies <i>affaissent</i> les terres. On <i>affaisse</i> les marchandises, quand on les emballe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="779" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFAISSER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AFFAISSER</head>
    <p>
    Affaisser , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; signifie, s'abbaisser par sa propre pesanteur, ou par quelque force ou impression extérieure. <i>Sidere.</i> Les fortifications de terre s'<i>affaissent</i> sensiblement. Ce mur commence à s'<i>affaisser.</i> Il n'y a guère de planchers qui conservent toujours le niveau, &amp; qui ne s'<i>affaissent</i> avec le temps. Les montagnes s'<i>affaissent</i> quelquefois. Un bâtiment s'<i>affaisse</i> lorsqu'étant fondé sur un terrein de mauvaise consistance, son poids le fait baisser ; ou lorsqu'étant vieux, il menace ruine. En termes de Jardinage , on dit, cette terre, ou cette couche s'est <i>affaissée.</i></p><p>On dit figurément d'un vieillard qui se courbe, qu'il s'<i>affaisse,</i> qu'il commence à s'<i>affaisser</i> sous le poids des ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="779" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFAISSER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFAISSER</head>
    <p>
    Affaisse, ée , part. Qui s'est abaissé, qui occupe moins d'espace en hauteur. <i>Depressus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="780" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="AFFAITAGE" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AFFAITAGE</head>
    <p>
    AFFAITAGE , s. m. Terme de Fauconnerie . Soin qu'on prend pour affaiter, ou pour bien dresser un oiseau de proie. <i>Cura cicurandi accipitris.</i> Il faut bien du soin &amp; de l'industrie pour réussir à l'<i>affaitage</i> d'un oiseau. Les effets de l'<i>affaitage</i> sont tout-à-fait merveilleux, puisqu'il fait que l'oiseau naturellement farouche, fier, fantasque &amp; passionné pour sa liberté, la quitte néanmoins au premier rappel du Fauconnier, &amp; abandonne l'air où il vole, pour se rendre volontairement esclave.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="781" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAITEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFAITEMENT</head>
    <p>
    AFFAITEMENT , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:ENFAITEMENT">ENFAITEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="782" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAÎTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFAÎTER</head>
    <p>
    AFFAÎTER , v. act. Raccommoder le faîte d'une couverture, y mettre des faîtieres. <i>Tecti fastigium reficere.</i> Voyez aussi ENFAITER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="783" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="AFFAITER" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AFFAITER</head>
    <p>
    AFFAITER , v. act. Terme de Fauconnerie , qui se dit en parlant des oiseaux sauvages qu'on apprivoise, qu'on rend familiers &amp; doux, &amp; qu'on assure pour revenir sur le poing, ou au leurre. <i>Cicurare, mansuefacere, erudire.</i> C'est aussi l'introduire au vol, le curer, le traiter, r'habiller ses pennes, le tenir en santé, &amp; le rendre de bonne affaire. <i>Curare.</i> On <i>affaite</i> l'oiseau en le portant d'ordinaire sur le poing ; en le découvrant souvent pour lui faire voir toutes sortes d'objets ; en se faisant connoître à la voix, au visage ; en le caressant de toutes les manières, &amp; en se rendant fort doux à son égard, &amp; patient à souffrir toutes ses mauvaises humeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="783" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFAITER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>AFFAITER</head>
    <p>
    Affaiter des peaux ; c'est les façonner à la Tannerie. <i>Coria, pelles effingere, perficere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="784" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAITIER, & AFAITIER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFAITIER, & AFAITIER</head>
    <p>
    AFFAITIER, &amp; AFAITIER , Verbe actif, qui vouloit dire autrefois <i>instruire, rendre habile</i> en quelque science.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="784" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFAITIER, & AFAITIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>AFFAITIER, & AFAITIER</head>
    <p>
    Affaitier , signifioit aussi <i>racommoder.</i> Et lui demandez de ce cuir qu'il emporte, &amp; vous dira qu'il en veut ses soliers <i>affaitier,</i> quand ils seroient dépeciés. Merl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="785" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAITIÉ" />
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    <head>AFFAITIÉ</head>
    <p>
    AFFAITIÉ , part. &amp; adj. Appris, instruit. Jean li Nivelois fut moult bien <i>affaitié.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="786" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFALE" />
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    <head>AFFALE</head>
    <p>
    AFFALE . C'est le commandement aux gens de mer pour faire baisser quelque chose. <i>Deprime.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="786" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="AFFALE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AFFALE</head>
    <p>
    Affalé , adj. masc. Terme de Marine qui se dit d'un vaisseau qui est arrêté sur la côte, qui ne peut s'élever, ni courir au large par trop, ou trop peu de vent : ou que le vent force à se tenir près de terre. <i>Navis coacta littus radere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="787" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFALER" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AFFALER</head>
    <p>
    AFFALER , se dit en général, pour dire, Abaisser. <i>Deprimere,</i> il faut <i>affaler</i> cette manoeuvre, cette poulie, c'est-à-dire, il faut faire baisser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="788" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAMER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AFFAMER</head>
    <p>
    AFFAMER , verb. act. Faire souffrir la faim, causer une faim qu'on ne puisse supporter ; retrancher, couper les vivres ; empêcher qu'ils n'entrent en quelque lieu, afin d'y causer la famine. <i>Famem inferre.</i> Quand les places sont trop fortes, on leur coupe les vivres par un blocus pour les <i>affamer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="788" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFAMER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFAMER</head>
    <p>
    Affamer , se dit aussi des goulus qui <i>affament</i> les autres, parce qu'ils ne leur laissent pas assez de quoi manger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="788" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFAMER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFAMER</head>
    <p>
    Affame, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Famelicus, fame pressus.</i> Il est cruel comme un loup <i>affamé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="788" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFAMER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFAMER</head>
    <p>
    Affame , se dit figurément en choses morales &amp; spirituelles, &amp; signifie une personne qui desire ardemment quelque chose, qui a une passion extrême d'en jouir. <i>Cupidus, incensus, inflammatus studio alicujus rei.</i> Les Fidèles sont <i>affamés</i> de la grace de Dieu. Ce Prince est <i>affamé</i> de gloire. Cet homme est <i>affamé</i> de nouvelles, Il est <i>affamé</i> d'argent. Pensez-vous que ce soit un homme <i>affamé</i> de femmes ? Mol. Ce qui rend la solitude insupportable à la plupart des gens, c'est que leur coeur demeure vuide &amp; <i>affame</i> de louange, &amp; qu'étant privé de cette nourriture ordinaire, il ne trouve pas dans soi-même de quoi se remplir. Port-R. Ne vous attachez jamais à ces hommes ambitieux, &amp; <i>affamés</i> de gloire : ils vous sacrifieront toujours à leur vanité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="788" id="5" type="">
   <index type="head" value="AFFAMER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AFFAMER</head>
    <p>
    Affamé , se dit aussi des choses qui sont faites avec avarice, ou épargne, ou qui n'ont pas la grandeur ou la grosseur qui seroit requise. <i>Constrictus, arctatus.</i> Air si on dit qu'un habit est trop <i>affamé,</i> ou trop étroit, un caractère, une lettre <i>affamée,</i> qui n'est pas bien nourrie, ou assez chargée d'encre. <i>Macer, tenuis, tenuior, exilis, exilior, gracilis.</i></p><p>On dit en proverbe, Ventre <i>affamé</i> n'a point d'oreilles ; pour dire, qu'un Peuple n'écoute point la raison dans la famine. <i>Jejunus venter non audit verba libenter.</i> On appelle un poux <i>affamé,</i> un gueux à qui on a donné un emploi lucratif, dans lequel il se veut enrichir en peu de temps. Il est <i>affamé</i> comme un jeune levron. <i>Affamé</i> comme un rat d'Eglise. Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="789" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFAN" />
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    <head>AFFAN</head>
    <p>
    AFFAN . Ce mot vouloit dire autrefois <i>entente, intelligence. Peyre Guillen tout son</i> affan <i>mist Dieu in ley far per mon dam.</i> C'est-à-dire, Dieu mit toute son entente à la faire pour mon dommage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="790" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFANEURES" />
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    <head>AFFANEURES</head>
    <p>
    AFFANEURES , s. f. Pluriel. Terme dont on se sert en quelques Provinces, pour signifier le blé que les batteurs &amp; les moissonneurs gagnent, au lieu de l'argent qu'on leur donne ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="791" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFEAGER" />
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    <head>AFFEAGER</head>
    <p>
    AFFEAGER , v. act. Donner à féage. C'est lorsque le Seigueur aliène une portion de terres nobles de son fief, pour être tenues en roture à la charge d'une certaine redevance. V. l'art 358. de la Coutume de Bretagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="792" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFEBLOYER" />
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    <head>AFFEBLOYER</head>
    <p>
    AFFEBLOYER , verb. act. Qui vouloit dire autrefois, lorsqu'il étoit en usage, <i>affoiblir. Debilitare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="793" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTANT, ANTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AFFECTANT, ANTE</head>
    <p>
    AFFECTANT, ANTE , adj. Qui témoigne vouloir quelque chose, ou l'aimer. <i>Affectator, consectator, consectatrix.</i> Les Républiques bannissent les citoyens <i>affectans</i> la tyrannie. Le style d'un Orateur <i>affectant</i> certaines figures ou expressions, est vicieux. Ces façons de parler ne sont pas bonnes : il faut dire en de pareilles occasions, <i>qui affecte,</i> &amp; non pas <i>affectant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="794" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTATION</head>
    <p>
    AFFECTATION , s. f. Desir véhément dont on fait paroître trop de marques au dehors. <i>Affectatio, consectatio.</i> L'<i>affectation</i> des honneurs, &amp; du commandement, est choquante. L'<i>affectation</i> qu'a une partie pour choisir un Rapporteur, le rend suspect aux autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="794" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFECTATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTATION</head>
    <p>
    Affectation , se dit aussi de certaine manière de parler <pb n="95" facs="bpt6k8542165/f135/full/1200,/0/native.jpg"/>ou d'agir qui n'a rien de naturel, qui est particulière à quelqu'un, &amp; d'ordinaire vicieuse. <i>Affectatio, nimia concinnitas.</i> L'<i>affectation</i> est une envie démésurée de plaire, mais mal entendue. Bail. L'<i>affectation</i> est un mensonge, qui déguise le naturel, pour chercher dans un air emprunté de quoi se rendre ridicule. Id. Ceux qui parlent bien, parlent en termes propres &amp; naturels, sans qu'il y paroisse ni étude, ni <i>affectation.</i> Cail. En pensant vous élever, vous tombez dans une <i>affectation</i> basse, puérile, fade, impertinente. St Evr. Le Tasse donne quelquefois dans l'<i>affectation.</i> Bouh. Croit-il réjouir les honnêtes gens par quantité d'<i>affectations</i> indignes &amp; ridicules ? Racin. On dit que c'est Gorgias qui a introduit le premier l'<i>affectation</i> de cette politesse. Ablanc. Tout est naturel en lui ; il n'a rien qui ressente l'<i>affectation.</i> On ne penseroit point à démèler les intrigues de cette femme, sans l'<i>affectation</i> qu'elle a de passer pour une femme modeste &amp; régulière. Bell. Une <i>affectation</i> trop étudiée de paroître prude est suspecte. Id. Les uns méprisent la mort par brutalité, &amp; les autres par l'<i>affectation</i> d'un courage magnanime. La Plac. On a blâmé l'<i>affectation</i> des hyperboles, &amp; des figures extraordinaires des premières lettres de Balsac. En cherchant trop le plaisant &amp; l'agréable, on tombe d'ordinaire dans une sotte <i>affectation.</i> Boil. Les femmes ont certaines <i>affectations</i> qui les rendent ridicules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="794" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFECTATION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTATION</head>
    <p>
    Affectation , signifie aussi, Hypothèque, ou autre obligation dont un héritage est chargé. <i>Hypotheca.</i> Il m'a constitué une rente avec une <i>affectation</i> spéciale sur cette terre. Ce revenu a une <i>affectation</i> particulière, il doit être employé à telles &amp; telles aumônes par sa fondation, &amp; sa destination.</p><p>On dit aussi en Jurisprudence Canonique, <i>Affectation</i> d'un Bénéfice, en parlant de sa réservation au Pape, aux Gradués, &amp;c. <i>Jus, attributio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="794" id="4" type="medecine">
   <index type="head" value="AFFECTATION" />
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    <head>AFFECTATION</head>
    <p>
    Affectation , en termes de Medecine , se dit de la disposition d'un membre à l'égard des maladies, ou des blessures qui l'incommodent. <i>Affectio.</i> Quand on ordonne un remède, il faut avoir égard à l'<i>affectation</i> des parties.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="795" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTER" />
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    <head>AFFECTER</head>
    <p>
    AFFECTER , verb. act. Aimer, souhaiter quelque chose avec empressement &amp; avec ostentation, la rechercher avec trop de soin. <i>Affectare, consectari.</i> Jesus-Christ a blâmé les Pharisiens d'<i>affecter</i> les premiers rangs dans les Assemblées. Les Républiques appréhendent ceux qui <i>affectent</i> la tyrannie. Il <i>affecte</i> des manières de parler &amp; d'agir qui sont singulières. J'espère que les rieurs dont il <i>affecte</i> les suffrages, ne seront pas de son côté. Menage. On n'est jamais si ridicule par les qualités que l'on a, que par celles que l'on <i>affecte</i> d'avoir. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="795" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFECTER" />
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    <head>AFFECTER</head>
    <p>
    Affecter , signifie encore plus spécialement, faire les choses avec dessein, &amp; avec artifice. Dans toutes les professions chacun <i>affecte</i> une mine extérieure, pour paroître ce qu'il veut qu'on le croie. Nicol. Il <i>affecte</i> de paroître ce qu'il n'est pas. Ablanc. C'est à la Cour que l'amitié <i>affecte</i> de s'étaler, &amp; de jouer ses rôles les plus artificieux. M. Esp. Ne laissons pas voir que nous <i>affections</i> ce Tribunal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="795" id="3" type="">
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    <head>AFFECTER</head>
    <p>
    Affecter , signifie encore, Feindre, contrefaire. <i>Fingere, simulare.</i> Il y a un certain âge où il faut <i>affecter</i> d'être sage, de peur de passer pour ridicule. Flech. J'<i>affectois</i> à tes yeux une fausse fierté. Racin. Bien loin de soulager les personnes affligées, vous <i>affectez</i> de les ignorer. Flech. Sous l'humble dehors d'un respect <i>affecté,</i> vous cachez une noire malignité. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="795" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFECTER" />
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    <head>AFFECTER</head>
    <p>
    Affecter , signifie encore, Toucher, émouvoir, intéresser. Moliére connoissoit le point de vue du théatre, qui demande de grands traits pour <i>affecter</i> le public. Vie de Mol. Je n'ai pas de peine à deviner comment vous aurez été <i>affecté</i> de l'Iliade de M. de la Motte, &amp; de sa Dissertation critique. L'Abbé de Pons. Bien loin de juger d'une pièce que nous entendons pour la première fois, nous nous défions de ses beautés tant qu'elle n'est que dans la bouche des Acteurs : quelque bien <i>affectés</i> que nous en soyons, nous suspendons notre jugement jusqu'à ce que nous l'ayions lue, &amp; véritablement elle ne nous fait pas toujours sur le papier le même plaisir qu'elle nous a fait sur la Scene. Le Sage. Il est aussi neutre passif. C'est un homme qui s'<i>affecte</i> aisément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="795" id="5" type="">
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    <head>AFFECTER</head>
    <p>
    Affecter , signifie aussi, Attacher, joindre. <i>Adnectere, adjungere, attribuere.</i> On a <i>affecté</i> ce droit à la charge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="795" id="6" type="">
   <index type="head" value="AFFECTER" />
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    <head>AFFECTER</head>
    <p>
    Affecter , signifie aussi, Obliger, hypothéquer au payement de quelque rente, ou de quelques charges ou devoirs. <i>Oppignerare fundum.</i> Tous ses biens sont <i>affectés</i> &amp; hypothéqués à ses créanciers. Les revenus de ce Bénéfice sont <i>affectés</i> avant toutes choses au payement des pensions. Les revenus de cet Hôpital sont <i>affectés</i> à la nourriture des orphelins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="795" id="7" type="medecine">
   <index type="head" value="AFFECTER" />
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    <head>AFFECTER</head>
    <p>
    Affecté, ée , part. Qui a de l'affectation, qui paroît recherché &amp; étudié avec trop de soin, &amp; trop d'art. <i>Affectatus, exquisitior.</i> Il a un air <i>affecté</i> qui le rend ridicule. Cléante ne rend pas justice au Père Bouhours, quand il dit que le Livre de ce Père est d'un style <i>affecté,</i> flatté, peint, de nul usage, un pur artifice. L'air <i>affecté</i> &amp; précieux empoisonne les meilleures choses. M. Scud. Ce qui est faux &amp; <i>affecté,</i> est toujours fade &amp; ennuyeux. Id. La simplicité <i>affectée</i> est une imposture délicate. Rochef. Je ne saurois souffrir vos rigueurs <i>affectées.</i> Gomb. L'ignorance vaut mieux qu'un savoit <i>affecté.</i> Boil.</p><p>On appelle en termes de Jurisprudence Canonique , un Bénéfice <i>affecté,</i> quand il est chargé de quelque mandat, indult, nomination ou réservation du Pape, en telle sorte que le collateur n'y peut pourvoir à la première vacance qui arrive : ce qui n'a point de lieu en France. <i>Attributus, addictus.</i> On dit aussi, qu'il y a des noms <i>affectés</i> à certaines familles, qui leur sont attachés. <i>Addictus, destinatus, proprius.</i> Le nom de Taxile étoit <i>affecté</i> à ceux qui succédoient au Royaume. Vaug. Il y a des droits &amp; des priviléges <i>affectés</i> à certaines charges ; pour dire, qui leur sont attribués.</p><p>En termes de Médecine on dit, qu'une partie du corps est <i>affectée</i> de quelque maladie, quand elle a contracté une mauvaise qualité ou disposition par quelques humeurs malignes, ou par quelque autre cause. <i>Male affectus.</i> Ce Prédicateur a la poitrine <i>affectée</i> ; il ne soutiendra pas longtemps ce ton-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="796" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTIF, IVE" />
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    <head>AFFECTIF, IVE</head>
    <p>
    AFFECTIF, IVE , adj. Qui affecte, qui touche, qui excite, qui remue les passions. <i>Affectuum movendorum potens, peritus.</i> Il a un naturel tendre &amp; <i>affectif.</i> Son discours est <i>affectif</i> &amp; touchant. Ses manières de prononcer sont <i>affectives.</i> Ce mot vieillit fort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="797" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTION" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AFFECTION</head>
    <p>
    AFFECTION , s. f. Passion de l'ame qui nous fait vouloir du bien à quelqu'un, &amp; qui se dit de l'amour, de la tendresse, de l'amitié. <i>Amor, studium, benevolentia.</i> Porter l'<i>affection</i> à quelqu'uu ; prendre quelqu'un en <i>affection.</i> Ablanc. <i>L'affection</i> des hommes a coutume de changer avec la fortune. Ce père a une ardente <i>affection</i> pour ses enfans. L'<i>affection</i> conjugale est plus forte que la paternelle. Il faut pourtant remarquer sur ce mot, pris dans le sens de bienveillance &amp; d'amitié, qu'il n'y a que les Grands qui s'en puissent servir à l'égard de leurs inférieurs. Ce Prince témoigne une <i>affection</i> toute singuliére aux personnes qui s'attachent à lui, &amp; qui le servent fidèlement. Alexandre prenoit le mérite en <i>affection.</i> Ablanc. Il y a des Auteurs qui prétendent qu'on s'en peut servir d'égal à égal ; mais il faut que ce soit avec ménagement, &amp; lorsque l'on est dans une grande familiarité. Une <i>affection</i> parfaite vaut mieux que toutes choses. Voit. Penser à Dieu autant qu'on le peut, refuser son coeur à tout ce qui n'en est pas digne, &amp; lui en donner tous les sentimens &amp; toutes les <i>affections,</i> c'est une conduite très-simple, qui peut cependant plus qu'aucune autre élever les ames à ce que l'Evangile de Jesus-Christ a de plus grand. Ab. de la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="797" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFECTION" />
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    <head>AFFECTION</head>
    <p>
    Affection , signifie aussi une inclination qui nous porte à une chose, plutôt qu'à une autre. <i>Propensio, proclivitas.</i> Cet homme a mis toute son <i>affection</i> à l'étude. Loin d'ici cette dévotion vaine &amp; frivole, qui laisse vivre au dedans les desirs, &amp; les <i>affections</i> du siècle. Flech.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="797" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFECTION" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AFFECTION</head>
    <p>
    Affection , signifie encore l'ardeur, le zèle que l'on sent pour le service de quelqu'un. <i>Studium.</i> Et alors les inférieurs s'en peuvent fort bien servir à l'égard des supérieurs. Vous direz aux belles Princesses, auprès de qui vous êtes, que j'ai une <i>affection</i> sans pareille pour leur service. Voit. On se fait honneur de faire comprendre à des personnes supérieures l'extrême <i>affection</i> qui nous attache à elles. Il est d'un honnête-homme de se porter avec <i>affection</i> à tout ce qui regarde son devoir. Ch. de Mer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="797" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFECTION" />
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    <head>AFFECTION</head>
    <p>
    Affection , se dit aussi chez les Philosophes des qualités des choses, &amp; des divers changemens qui leur arrivent. <i>Affectio.</i> On a trouvé l'art d'observer, par le Thermomètre, <pb n="96" facs="bpt6k8542165/f136/full/1200,/0/native.jpg"/>toutes les différentes <i>affections</i> de l'air. Roh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="798" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AFFECTION HYPOCONDRIAQUE" />
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    <head>AFFECTION HYPOCONDRIAQUE</head>
    <p>
    AFFECTION HYPOCONDRIAQUE , Terme de Médecine , maladie des hypocondres, qui cause divers accidens fâcheux. Voyez <ref type="search" target="head:HYPOCONDRIAQUE">HYPOCONDRIAQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="799" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTIONNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTIONNER</head>
    <p>
    AFFECTIONNER , v. act. Avoir de l'affection pour quelque chose, ou pour quelque personne. <i>Amare.</i> Le mot d'<i>affectionner</i> ne se doit jamais dire en ce sens de l'inférieur au supérieur, &amp; rarement d'égal à égal. Le Sur-Intendant Bullion ne parle pas juste, en répondant aux Cordeliers qui lui demandoient à quel Saint il vouloit dédier une Chapelle : Hélas ! ils me sont tous indifférens, je n'en <i>affectionne</i> aucun. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="799" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFECTIONNER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTIONNER</head>
    <p>
    Affectionner , signifie aussi, s'intéresser pour quelque chose. <i>Studere alicui rei ; propendere in aliquid, vel in aliquem.</i> C'est une affaire que j'<i>affectionne,</i> &amp; à laquelle je m'intéresse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="799" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFECTIONNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>AFFECTIONNER</head>
    <p>
    Affectionner , signifie encore, Attacher les personnes à quelque sujet, les y intéresser par quelque chose qui touche, qui émeut, qui entraîne, &amp; donne du plaisir. <i>Afficere.</i> Cela se dit particuliérement des Faiseurs de pièces Dramatiques &amp; de Nouvelles Historiques, qui doivent faire tous leurs efforts pour <i>affectionner</i> les spectateurs, &amp; les lecteurs, à leurs principaux personnages. Je n'ai jamais vû une Histoire plus languissante, en la lisant on ne prend parti pour personne, &amp; l'Auteur n'<i>affectionne</i> à rien. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="799" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFECTIONNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTIONNER</head>
    <p>
    s'Affectionner à quelque chose, c'est s'y attacher fortement, s'y appliquer avec ardeur &amp; avec affection. Il faut s'<i>affectionner</i> à son métier pour y réussir. Il y a des Ecrivains qui s'attachent plus qu'il ne faut à finir certains endroits de leurs discours, auxquels ils s'<i>affectionnent.</i> Bouh. Il s'<i>affectionna</i> tellement à la solitude qu'il cherchoit le silence des forêts. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="799" id="5" type="">
   <index type="head" value="AFFECTIONNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTIONNER</head>
    <p>
    Affectionné, ée , part. pass. &amp; adj. Qui a de l'affection, de l'amour, de la bonne volonté pour quelqu'un. <i>Benevolus, studiosus.</i> On finit les lettres par cette formule, Votre très-humble &amp; très-<i>affectionné</i> serviteur. On a usé de cette formule différemment selon les temps &amp; les personnes. Il n'y a que 30. ou 40. ans qu'on s'en servoit en écrivant aux personnes de la première qualité : &amp; même Mr. d'Urfé en a usé dans la souscription de l'Epitre Dédicatoire de son Astrée au Roi en l'année 1620. Il y en a grand nombre d'autres exemples. Mais depuis on s'est rendu plus délicat, &amp; on a mis au lieu d'<i>affectionné,</i> le mot d'<i>obéissant,</i> à ceux qui avoient la moindre élévation, ou à qui on vouloit faire civilité : en sorte que le terme de très-<i>affectionné,</i> ne s'écrit que du supérieur à l'inférieur ; &amp; il faut être fort au-dessus de celui à qui on écrit, ou être incivil ou mal-instruit de l'usage pour lui donner du très-<i>affectionné.</i> On a retranché le superlatif en écrivant aux inférieurs ; &amp; toujours en diminuant, on a dit Votre <i>affectionné</i> à vous servir, en écrivant à quelque Paysan ou Artisan ; &amp; enfin, Votre <i>affectionné</i> à vous rendre service, quand un grand Seigneur écrivoit à un domestique, ou à quelqu'un de sa dépendance.</p><p>On dit qu'un homme est mal <i>affectionné</i> envers un autre ; pour dire, qu'il lui nuit sourdement dans les occasions. <i>Male affectus, malevolus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="800" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTIONNÉMENT" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AFFECTIONNÉMENT</head>
    <p>
    &#9758; AFFECTIONNÉMENT , adv. Avec affection. Ce mot ne se dit plus, &amp; l'usage y a substitué, <i>affectueusement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="801" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTUEUSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTUEUSEMENT</head>
    <p>
    AFFECTUEUSEMENT , adv. D'une manière affectueuse. <i>Amanter, benevolè, studiosè.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="802" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFECTUEUX, EUSE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFECTUEUX, EUSE</head>
    <p>
    AFFECTUEUX, EUSE , adj. Discours ou paroles qui témoignent de l'affection. <i>Amoris &amp; benevolentiae plenus.</i> Un compliment <i>affectueux,</i> des prières très-<i>affectueuses. Affectueux</i> se dit encore des pièces d'éloquence, qui excitent &amp; qui remuent les passions. <i>Affectuum movendorum potens.</i> Un Orateur doit remplir les péroraisons de mouvemens <i>affectueux.</i> Ce mot ne se dit que des choses, &amp; est vieux. Cependant il y a des gens qui s'en servent dans les matières de piété, pour marquer ce qui vient du coeur.</p><p>Ces mots viennent d'<i>afficio, afficior, affectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="803" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="AFFÉRENTE" />
   <index type="src_domain" value="palais" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFÉRENTE</head>
    <p>
    AFFÉRENTE , adj. fém. Terme de Palais , qui se dit en cette phrase : Il faut partager cette succession en trois lots, afin que chacun en ait sa part <i>afférente</i> ; pour dire, qui lui doit écheoir, ou appartenir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="804" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFERMER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AFFERMER</head>
    <p>
    AFFERMER , v. act. Donner, ou prendre à ferme quelque terre, quelques droits pour un certain temps, &amp; moyennant certain prix. <i>Locare, vel conducere, redimere.</i> Il a <i>affermé</i> sa Seigneurie pour neuf ans. Ce Traitant a <i>affermé</i> les Gabelles. On a <i>affermé</i> cette métairie trop haut, le métayer n'y peut pas vivre. Les Greffes s'<i>afferment,</i> parce qu'ils sont domaniaux. Quand on <i>afferme</i> quelque terre au-delà de neuf ans, c'est une espèce d'aliénation. Remarquez que ce nom se dit aussi-bien de celui qui donne, que de celui qui prend à ferme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="804" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFERMER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFERMER</head>
    <p>
    Affermé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Locatus, conductus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="805" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFERMIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFERMIR</head>
    <p>
    AFFERMIR , v. act. Rendre ferme &amp; inébranlable. <i>Indurare, solidare, firmare.</i> Il faut <i>affermir</i> une voûte par de bons arcsboutans. <i>Affermir</i> un plancher.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="805" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFERMIR" />
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    <head>AFFERMIR</head>
    <p>
    Affermir , signifie aussi, Rendre ferme &amp; consistant ce qui étoit mou. Le vin <i>affermit</i> le poisson. La gelée <i>affermit</i> les chemins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="805" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFERMIR" />
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    <head>AFFERMIR</head>
    <p>
    Affermir , signifie encore, Rendre plus stable, plus assuré, plus inébranlable. <i>Stabilire, confirmare, afferere.</i> Cela n'a servi qu'à <i>affermir</i> notre amitié. Ablanc. Brutus <i>affermit</i> la liberté des Citoyens. Il l'<i>affermit</i> au service de son Prince. Cela vous doit <i>affermir</i> davantage dans votre opinion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="805" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFERMIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFERMIR</head>
    <p>
    Affermir , se dit au figuré de choses spirituelles. <i>Confirmare, roborare, corroborare.</i> La Philosophie <i>affermit</i> le courage. La victoire <i>affermit</i> un Prince sur son Trône. La grace <i>affermit</i> les Fidèles dans la Foi. On tire de l'Ecriture Sainte une consolation qui <i>affermit</i> l'espérance des biens avenir. Port-R. L'approbation <i>affermit,</i> &amp; fortifie les hommes dans l'idée qu'ils ont de leur propre excellence. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="805" id="5" type="">
   <index type="head" value="AFFERMIR" />
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    <head>AFFERMIR</head>
    <p>
    Affermir , se dit aussi en ce sens avec le pronom personnel ; &amp; signifie se rendre plus ferme, plus assuré, plus inébranlable ; &amp; il se dit dans le propre &amp; dans le figuré. <i>Firmari, solidescere, roborari, stabilire se.</i> Aimer à s'<i>affermir</i> dans l'attente des biens éternels. Port-R. Le courage des Fidèles s'<i>affermit</i> à la vûe des périls. S'<i>affermir</i> dans ses connoissances. Ablanc. Il s'<i>affermit</i> dans la mauvaise voie. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="805" id="6" type="">
   <index type="head" value="AFFERMIR" />
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    <head>AFFERMIR</head>
    <p>
    Affermi, ie , part. pass. <i>Stabilitus, solidatus, firmatus, roboratus, assertus,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="806" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFERMISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AFFERMISSEMENT</head>
    <p>
    AFFERMISSEMENT , s. m. Action qui affermit quelque chose. <i>Stabilimentum, firmamentum, confirmatio, stabilimen.</i> L'entrait, ou le tirant, sert à l'<i>affermissement</i> d'une ferme de charpente. On dit au figuré, l'<i>affermissement</i> d'un Etat. L'amour des Peuples envers le Prince, est l'<i>affermissement</i> de son Empire. Mon Dieu, vous êtes le seul soutien &amp; le seul <i>affermissement</i> des ames. Arn. Les Religieux succèdent à ceux dont Jesus-Christ s'est servi pour l'établissement de la foi, &amp; l'<i>affermissement</i> de son Eglise. A. d.L.Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="807" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFÉTÉ, ÉE" />
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    <head>AFFÉTÉ, ÉE</head>
    <p>
    AFFÉTÉ, ÉE , adj. Qui affecte trop de plaire par des manières de parler ou d'agir, qui ont un air de coquetterie. <i>Affectator, consectatrix.</i> Fille <i>affétée.</i> C'est une petite <i>affetée :</i> elle ne seroit point désagréable, si elle n'étoit point <i>affétée.</i> Acad. Fr. Ce mot se dit aussi des choses qui sont faites avec cette affectation de plaire. <i>Affectatus.</i> Cet homme est ridicule avec son langage <i>affété,</i> sa mine <i>affétée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="808" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFÉTERIE" />
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    <head>AFFÉTERIE</head>
    <p>
    AFFÉTERIE , s. f. Les paroles &amp; les actions d'une personne <i>affétée</i> ; certaines manières étudiées &amp; pleines d'affectation ; soin visible &amp; plein d'art dans les choses qu'on dit, &amp; qu'on fait. <i>Affectatio, consectatio nimiae concinnitatis. Afféterie</i> pure, ridicule, dégoûtante, ennuyeuse. Poppée, la plus spirituelle &amp; la plus belle Dame de son temps, prit d'abord Néron par ses <i>affeteries</i> &amp; par ses caresses. Ablanc. Elle le voulut porter par ses <i>afféteries,</i> &amp; par ses caresses à des choses honteuses. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="809" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFEURER" />
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    <head>AFFEURER</head>
    <p>
    AFFEURER , ou AFFORER, v. act. C'est mettre le prix ou le taux aux denrées, en qualité de Seigneur ou de Magistrat. <i>Annonae pretium dicere, rei venali pretium statuere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="810" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFEURAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>AFFEURAGE</head>
    <p>
    AFFEURAGE , s. m. Prix que l'on met aux denrées. Droit d'<i>affeurage. Aestimatio venalium.</i> Voyez aussi Afforage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="811" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFICHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AFFICHE</head>
    <p>
    AFFICHE , s. f. Placard attaché en lieu public, pour rendre quelque chose connue à tout le monde, soit pour le plaisir, soit pour l'intérêt. <i>Libellus publicè affixus.</i> Il est menteur comme un <i>affiche</i> de Charlatan. Ce Comédien s'est réservé les annonces &amp; les <i>affiches.</i></p><p>Au Palais on nomme <i>affiches,</i> les proclamations que l'on attache aux places publiques, pour procéder à un bail judiciaire. <i>Tabula publicè proposita.</i> De même on appelle l'<i>affiche</i> de quarantaine, de quinzaine, celles qui se font avant <pb n="97" facs="bpt6k8542165/f137/full/1200,/0/native.jpg"/>l'interposition du decret ; &amp; tout celà pour avertir les créanciers de faire trouver des enchérisseurs. La première <i>affiche</i> doit contenir une enchère. Ces deux <i>affiches</i> doivent être publiées au Prône, &amp; apposées aux portes des Eglises, &amp; autres lieux publics. En matière criminelle, on donne assignation à l'accusé par <i>affiche</i> à la porte de l'Auditoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="811" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFICHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AFFICHE</head>
    <p>
    Affiche , en termes de Collége , est une solennité que font les Ecoliers, où ils exposent leurs compositions au jugement les uns des autres. <i>Solennes litterariarum lucubrationum proscriptiones.</i> Elles sont écrites dans des images, ou cartouches qui ont divers ornemens. On propose des énigmes &amp; des prix à ceux qui les expliqueront pendant les <i>affiches.</i> Ce mot en ce sens ne se dit jamais qu'au pluriel. Les <i>affiches</i> sont d'une grande utilité pour donner de l'émulation aux Ecoliers. Il n'y a que les Jésuites qui fassent de ces sortes d'<i>affiches.</i> Il se dit au singulier, quand il se prend en particulier pour une de ces images, ou cartouches, dans lesquels chacun écrit sa composition. Mon <i>affiche</i> de prose n'a point été piquée. J'ai repris ou piqué un solécisme dans ton <i>affiche</i> de vers. L'<i>affiche</i> Grecque d'un tel a été déchirée. Les Ecoliers le disent aussi de l'ouvrage, qu'ils écrivent dans le cartouche : J'ai fait mon <i>affiche</i> de vers, elle est sans faute ; mais je n'ai pas encore achevé l'<i>affiche de</i> Grec.</p><p>Les <i>affiches</i> sont aussi anciennes, &amp; l'on peut certainement ajouter autant &amp; plus nécessaires, que les Publications, pour instruire le public des loix qu'il doit observer. Tous les Peuples qui ont acquis le plus de réputation par la sagesse de leur Gouvernement, ont suivi cette méthode des <i>affiches,</i> pour rendre leurs loix publiques. Les Grecs les écrivoient sur des rouleaux de bois plus longs que larges, &amp; les exposoient dans les places publiques. Ils nommoient ces rouleaux, selon Aristote, <i>Cyrbes.</i> D'autres disent que ce nom n'étoit donné qu'aux tables qui contenoient les loix des Sacrifices ; &amp; qu'ils nommoient <i>Axones</i> les autres tables. Les Romains affichoient leurs loix gravées sur des tables d'airain. Cet usage passa dans les Gaules avec la domination des Romains. Il fut conservé par nos premiers Rois après leurs conquêtes. François I. le confirma par son Edit du mois de Novembre 1539. De la Marre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="812" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFICHER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AFFICHER</head>
    <p>
    AFFICHER , v. act. Publier quelque chose par un placard qu'on colle, qu'on attache en un carrefour, ou autre lieu public. <i>Libellum, Tabulam proscribere, figere, affigere.</i> Cet Edit, ce Reglement a été lû, publié &amp; <i>affiché</i> en tous les lieux ordinaires, afin que personne n'en prétende cause d'ignorance. On <i>affiche</i> les Livres nouvellement imprimés pour les faire connoître. On dit encore en badinant, &amp; quand on menace de rendre la chose publique, qu'on la fera <i>afficher.</i> Le droit de faire publier &amp; de faire <i>afficher,</i> n'appartient en chaque Ville, qu'au Juge qui a la jurisdiction ordinaire, &amp; territoire. Lors même que dans une Ville il y a plusieurs Juges ordinaires, ce droit de faire publier &amp; <i>afficher,</i> n'appartient qu'au premier &amp; principal Magistrat de la Ville, comme une suite &amp; dépendance de la Police. Le Prévôt de Paris en est en possession de temps immémorial. De la Marre. Il rapporte les preuves de ce dernier article. <i>Traité de la Police,</i> L. I. Tit. XV. c. 2. On dit de même d'un Prédicateur qui annonce à la fin de ses sermons sur quoi il prêchera les jours suivans : Il <i>affiche</i> ses sermons. Cette expression ne se dit que dans la conversation ; annoncer est mieux. <i>Declarare, monere, praemonere.</i></p><p>On dit au fig. <i>Afficher</i> le bel esprit ; pour dire, se donner pour bel esprit, vouloir passer pour bel esprit. <i>Afficher</i> sa honte, rendre publics des sentimens ou une action qui nous deshonorent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="812" id="2" type="cordonnier">
   <index type="head" value="AFFICHER" />
   <index type="src_domain" value="cordonnier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>AFFICHER</head>
    <p>
    Afficher , Terme de Cordonnier . C'est couper les extrémités du cuir, lorsqu'il est sur la forme. <i>Afficher</i> une paire de semelles. <i>Afficher</i> une paire d'empeignes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="812" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFICHER" />
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    <head>AFFICHER</head>
    <p>
    Affiche, ée , part. <i>Proscriptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="813" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFICHEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFICHEUR</head>
    <p>
    AFFICHEUR , s. m. Celui qui affiche. <i>Afficheur</i> de Thèses, <i>Afficheur</i> de la Comédie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="814" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIDÉ, ÉE" />
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    <head>AFFIDÉ, ÉE</head>
    <p>
    AFFIDÉ, ÉE , adj. Confident, celui en la foi, en la discrétion de qui on se confie. <i>Fidus, fidelis.</i> Il faut toujours avoir un ami <i>affidé</i> qui soit sûr, à qui on puisse confier ses pensées. Les plaideurs pour les Benéfices ont toujours quelque partie <i>affidée,</i> qui est leur confidentiaire. Il est aussi substantif : C'est son <i>affidé :</i> c'est son <i>affidée ;</i> c'est-à-dire, son accordé, ou son accordée, en style de Notaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="814" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFIDÉ, ÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFIDÉ, ÉE</head>
    <p>
    Affidés , ou Affidati. Les <i>Affides.</i> C'est le nom des Académiciens de Pavie, dont la devise est un héron avec l'étoile de Mercure, &amp; pour ame ce mot Latin, <i>Utraque felicitas,</i> pour marquer, dit le P. Kirker, <i>Oed. Aegypt.</i> T. I. p. 10. la félicité de l'action &amp; de la contemplation, ou de la vie d'action &amp; de la vie de contemplation ; c'est-à-dire, d'étude.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="815" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIER" />
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    <head>AFFIER</head>
    <p>
    AFFIER , est un vieux mot qui ne s'emploie qu'avec le pronom personnel, &amp; qui signifie, Faire fonds sur la fidélité d'une personne, compter sur sa bonne foi. <i>Confidere alicui.</i> En sa place on dit se fier, se confier, s'assurer sur quelqu'un.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="815" id="2" type="agriculture">
   <index type="head" value="AFFIER" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AFFIER</head>
    <p>
    Affier , v. act. Terme d'Agriculture . Planter, provigner des arbres en sions, ou boutures dans un jardin ; c'est-à-dire, en bouts de branches mises dans la terre pour prendre racine. <i>Serere, propagare.</i> Mais ce mot aujourd'hui est vieux, &amp; on ne s'en sert plus : car on dit à présent, Planter de bouture, &amp; non plus <i>affier.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="816" id="1" type="coutelier">
   <index type="head" value="AFFILER" />
   <index type="src_domain" value="coutelier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFILER</head>
    <p>
    AFFILER , v. act. Terme de Coutelier . Donner le fil à un couteau, à une épée, à une faux, à une coignée, &amp; à tous autres instrumens tranchans, en les passant sur la meule, ou sur le grais, ou avec la pierre à aiguiser. <i>Affiler</i> un rasoir. <i>Acuere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="816" id="2" type="tireur d'or">
   <index type="head" value="AFFILER" />
   <index type="src_domain" value="tireur d'or" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFILER</head>
    <p>
    Affiler , est aussi un terme de tireur d'or . Il signifie, Mettre le lingot d'or ou d'argent dans la filière. <i>Affiler</i> un lingot d'or, <i>affiler</i> une verge d'or ou d'argent. <i>Aurum vel argentum in fila ducere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="816" id="3" type="jardinier">
   <index type="head" value="AFFILER" />
   <index type="src_domain" value="jardinier" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFILER</head>
    <p>
    Affiler , est encore un terme de Jardinier . Il signifie, Planter à la ligne. <i>Affiler</i> des arbres. <i>Arbores ad lineam exigere.</i> Mais aligner vaut mieux. Voyez <ref type="search" target="head:ALIGNER">ALIGNER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="816" id="4" type="agriculture">
   <index type="head" value="AFFILER" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFILER</head>
    <p>
    Affiler , terme d'agriculture . Les Laboureurs disent, Nos bleds sont tous <i>affilés.</i> Les gelées du mois de Mars ont <i>affilé</i> tous nos bleds, c'est-à-dire, ont rendu les fanes du blé tellement petites &amp; pointues, qu'il semble que ce ne soit que des filets. Cet accident, qui n'arrive aux blés que par des froidures qui surviennent au mois de Mars, n'est autre chose qu'une altération causée aux fibres de la fane encore tendre, qui perdant par là les dispositions nécessaires pour recevoir le suc nourricier en aussi grande quantité qu'elle le recevoit avant ce malheur, s'<i>affile,</i> au lieu de prendre toute l'extension en longueur &amp; largeur qui lui convient pour être belle. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="816" id="5" type="">
   <index type="head" value="AFFILER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFILER</head>
    <p>
    Affilé, ée , part. On dit figurément, Un bec <i>affilé,</i> d'une personne qui est grande parleuse, &amp; le plus souvent médisante. <i>Loquax, garrulus.</i> Elle a la langue bien <i>affilée,</i> le caquet bien <i>affilé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="817" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFILIATION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AFFILIATION</head>
    <p>
    AFFILIATION , s. f. Terme Gaulois, qui signifie adoption. Cette espèce d'adoption se pratiquoit entre les Rois &amp; les grands Seigneurs. Elle se faisoit avec des cérémonies militaires. Le père présentoit une hache à celui qu'il adoptoit pour son fils ; &amp; cela signifioit, qu'il vouloit qu'en succédant à ses biens, il les conservât par le glaive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="817" id="2" type="religieux">
   <index type="head" value="AFFILIATION" />
   <index type="src_domain" value="religieux" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AFFILIATION</head>
    <p>
    Affiliation , est aussi un terme de Religieux , qui signifie la communication qu'un Ordre Religieux fait à quelque maison particulière, de tout ce que l'Ordre a de plus saint &amp; de plus précieux. <i>Communicatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="818" id="1" type="religieux">
   <index type="head" value="AFFILIER" />
   <index type="src_domain" value="religieux" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFILIER</head>
    <p>
    AFFILIER , v. act. Vieux mot, qui veut dire <i>adopter, prendre pour fils. Adfiliare, in filium adoptare.</i> Honoré Bonnor en l'<i>Arbre des batailles,</i> Part. 4. c. 106. dit, Je traite la question, savoir, si la Reine Jeanne de Naples a pû <i>affilier</i> le Roi Louis, &amp;c.</p><p>C'est aussi un terme de Religieux , qui signifie, Faire quelqu'un participant de tout ce qu'il y a de plus saint dans un Ordre. <i>Communicare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="819" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="AFFINAGE" />
   <index type="src_domain" value="monnoie" />
   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFINAGE</head>
    <p>
    AFFINAGE , s. m. Action par laquelle on épure, on rend plus fin &amp; plus pur, plus net, ou meilleur. <i>Purgatio.</i> Il y a beaucoup de déchet dans l'<i>affinage</i> du sucre pour le rendre blanc. L'<i>affinage</i> des métaux se fait par le feu, le mercure, le plomb, l'eau forte, &amp;c. Il y a pour l'argent l'<i>affinage au plomb</i> ; c'est lorsqu'on l'affine dans une grande coupelle que l'on fait dans un fourneau couvert d'un chapiteau de carreaux de briques, pour déterminer la flamme à réverbérer sur les matières, ce qu'on appelle feu de réverbère. On chauffe ce fourneau par un grand feu de bois, &amp; on met du plomb dans la coupelle, à proportion de la quantité &amp; de la qualité des matières à affiner. Quand le plomb a bouilli quelque temps on jette les matières dans la coupelle, ce qu'on appelle <i>changer la coupelle</i> ; &amp; quand elles ont bouilli, on se sert d'un gros soufflet, pour souffler la surface des matières, afin de les faire tourner &amp; circuler, <pb n="98" facs="bpt6k8542165/f138/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; qu'en circulant elles chassent l'impureté des métaux, qui vient en écume aux bords de la coupelle. Cette écume coule par un conduit que l'on fait au bord de la coupelle, en l'échancrant en un endroit. On continue le vent du soufflet jusqu'à ce que l'argent ait paru de couleur d'opale, qui fait connoître que toute l'impureté à été chassée, &amp; que l'argent est pur, c'est-à-dire, à 11. deniers 19. à 20. grains. <i>Affinage au salpêtre,</i> c'est quand on se sert d'un fourneau à vent ; on y met un creuset ; on le charge d'environ 40 marcs de matière d'argent, puis on le recouvre ; &amp; on charge le fourneau de charbon. Quand la matière est en bain, on jette deux ou trois onces de plomb dans le creuset ; on brasse bien la matière en bain ; puis on retire le creuset du feu ; on verse ensuite cette matière par inclination dans un bacquet plein d'eau commune, pour la reduire en petits grains, qu'on appelle grenaille, &amp;c. Après lui avoir donné trois feux, on laisse refroidir le creuset sans y toucher, on le retire, ensuite on le casse, &amp; on y trouve un culot dont le fond est d'argent fin, &amp; le dessus de crasses de salpêtre avec l'alliage de l'argent, &amp;c. Voyez le <i>Traité des Monnoies</i> de Boizard, C. 20.</p><p><i>Pain,</i> ou <i>plaque d'affinage.</i> C'est lorsque dans l'<i>affinage</i> au plomb on ne retire point avec la canne l'argent en coquillons ; mais qu'on le laisse se fixer dans la coupelle en forme de pain plat, qu'on appelle <i>pain</i> ou <i>plaque d'affinage.</i> Boizard. Les <i>affinages</i> de matières d'or se font avec l'antimoine, ou avec le sublimé, ou avec l'eau forte. Cette dernière manière d'affiner est appellée <i>Depart d'or.</i> Il y a encore, en termes de monnoie , l'<i>affinage</i> de casses ou de coupelles, &amp; des glettes, ou litarges, qu'on est obligé d'affiner : parce qu'il reste toujours quelque partie d'argent dans les casses qui ont servi aux <i>affinages,</i> &amp; qu'il en reste aussi parmi les glettes ou impuretés qui ont coulé des casses, &amp; qu'on ne peut retirer ces parties d'argent qu'en affinant les casses &amp; les glettes. Idem. Cet Auteur décrit tous ces différens <i>affinages,</i> dans son <i>Tr. des Monn.</i> C. 20. &amp; 21.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="819" id="2" type="">
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    <head>AFFINAGE</head>
    <p>
    Affinage , se dit aussi de l'adresse que l'on a eue de rendre certaines choses plus fines &amp; plus déliées. L'<i>affinage</i> du ciment, que l'on appelle royal, est variable &amp; incertain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="820" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFINEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>AFFINEMENT</head>
    <p>
    AFFINEMENT , s. m. C'est de même l'action d'affiner : mais il se dit mieux des métaux. L'<i>affinement</i> de l'or se fait en plusieurs manières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="821" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFINER" />
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    <head>AFFINER</head>
    <p>
    AFFINER , v. act. Rendre plus pur, plus fin, plus excellent, &amp; de plus haut prix. <i>Purgare, expurgare.</i> On <i>affine</i> l'or &amp; l'argent par la coupelle, par l'inquart, par la cementation, par les eaux fortes. Voyez l'explication de ces mots à leur ordre. Les autres métaux s'<i>affinent</i> par une fusion réitérée. Comme le feu <i>affine</i> l'or, ainsi l'adversité éprouve la fidélité d'un ami. St. Evr.</p><p><i>Affiner</i> le sucre, c'est le faire fondre, bouillir, &amp; écumer. <i>Purgare, perficere. Affiner</i> le fromage, c'est le mettre à la cave avec du foin &amp; de la lie, pour le rendre plus fort &amp; plus piquant. <i>Caseum acriorem, mordaciorem fingere, vini faece imbuere, inficere, macerare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="821" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFINER" />
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    <head>AFFINER</head>
    <p>
    Affiner , se dit aussi du ciment, &amp; c'est le rendre plus fin, plus délié, &amp; le réduire en une poudre presque impalpable. <i>Intritam tenuissimum in pulverem redigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="821" id="3" type="relieur">
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    <head>AFFINER</head>
    <p>
    Affiner , est aussi un terme de Relieur , &amp; signifie renforcer. <i>Stipare, subigendo stringere. Affiner</i> du carton.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="821" id="4" type="cordier">
   <index type="head" value="AFFINER" />
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    <head>AFFINER</head>
    <p>
    Affiner , est aussi un terme de Cordier , &amp; signifie passer le chanvre ou le lin par l'affinoir, pour le rendre meilleur &amp; plus fin. <i>Cannabim aut linum tenuissima in fila ducere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="821" id="5" type="marine">
   <index type="head" value="AFFINER" />
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    <head>AFFINER</head>
    <p>
    Affiner , se dit aussi figurément en Morale des niais, qn'on rend plus fins, en leur faisant quelque tromperie. <i>Catum,</i> ou <i>Cautum reddere, deludere, illudendo erudire.</i> Il a voulu jouer contre ce filou, il a été <i>affiné.</i> Les plus subtils sont tous les jours <i>affinés.</i></p><p>On dit en termes de Marine que le temps <i>affine</i> ; pour dire, que l'air s'éclaircit, &amp; que le temps devient plus beau ; &amp; alors il se prend dans un sens neutre. <i>Dies aperitur ; clarescit ; redit serenitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="821" id="6" type="">
   <index type="head" value="AFFINER" />
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    <head>AFFINER</head>
    <p>
    Affiner , autrefois vouloit dire <i>tuer,</i> mettre fin à la vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="821" id="7" type="">
   <index type="head" value="AFFINER" />
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    <head>AFFINER</head>
    <p>
    Affiné, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Purgatus, expurgatus, &amp;c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="822" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFINERIE" />
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    <head>AFFINERIE</head>
    <p>
    AFFINERIE , s. f. C'est un terme de gens qui travaillent aux forges. Il signifie une espèce de petite forge, où l'on tire le fer en fil d'archal. <i>Fabrica tenuando in fila ferre apta, apposita.</i> Porter le fer à l'<i>affinerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="822" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFINERIE" />
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    <head>AFFINERIE</head>
    <p>
    Affinerie , signifie du fer rafiné &amp; mis en rouleaux, pour faire divers ouvrages. <i>Ferrum in laminas tenuatum.</i> J'ai fait venir, j'ai acheté, j'ai employé un millier d'<i>affinerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="823" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFINEUR" />
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    <head>AFFINEUR</head>
    <p>
    AFFINEUR , s. m. Celui qui affine, <i>Auri, vel argenti, vil ferri excoquendi, purgandi, artifex.</i> Il y a des Officiers de la Monnoie qui ont le titre d'<i>Affineurs</i> pour l'or &amp; pour l'argent. Tous les <i>Affineurs</i> se doivent retirer dans les Hôtels des Monnoies, par les Règlemens de l'an 1555. &amp; il leur est défendu de travailler ailleurs. Il y a des <i>Affineurs</i> dans les sucreries pour affiner &amp; écumer le sucre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="823" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFINEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AFFINEUR</head>
    <p>
    Affineur , se dit aussi de ceux qui travaillent aux forges de fer, &amp; signifie l'ouvrier qui affine le fer dans l'affinerie. <i>Qui ferrum ducit, tenuat in filo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="824" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFINITE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>AFFINITE</head>
    <p>
    AFFINITE , s. f. Liaison qui se fait entre deux maisons, ou familles, par le moyen d'un mariage. <i>Affinitas.</i> C'est-à-dire, que l'<i>affinité</i> se contracte entre le mari, &amp; les parens de sa femme : &amp; réciproquement entre la femme, &amp; les parens de son mari. Ainsi l'<i>affinité</i> n'est pas une véritable parenté ; mais à cause de l'étroite liaison qui est entre le mari &amp; la femme, la parenté devient commune. Le Lévitique a marqué certains degrés où l'<i>affinité</i> est un obstacle au mariage. C'est au Ch. XVIII. Il y en a trois, 1°. Un frère ne pouvoit pas épouser sa belle-soeur ; c'est-à-dire, la veuve de son frère, Lev. XVIII. 16. à moins que le frère mort n'eût point laissé d'enfans ; car en ce cas non-seulement il étoit permis, mais il étoit ordonné, sous peine d'infamie, à un frère d'épouser la veuve de son frère, comme on le peut voir au Deut. XXV. 5. 2°. Le beau-père ne pouvoit épouser la fille de son beau-fils, ou de sa belle-fille ; c'est-à-dire, du fils ou de la fille de sa femme. Lev. XVIII. 17. 3°. Il n'étoit pas permis d'épouser sa belle-soeur ; c'est-à-dire, la soeur de sa femme, pendant que celle-ci vivoit encore ; c'est-à-dire, qu'il n'étoit pas permis d'avoir en même-temps pour femmes les deux soeurs. Lev. XVIII. 18. Avant la Loi le dernier point n'étoit pas défendu, comme il paroît par l'exemple de Jacob. Sotus, Vasquez, &amp; d'autres encore, que l'on peut voir dans Banacina <i>T. I. q.</i> 3. <i>de Matrim. p.</i> 12. <i>n.</i> 7. prétendent que le droit naturel ne défend le mariage <i>cum affini</i> qu'au premier degré. Quoi qu'il en soit, il est clair par le premier article, selon la remarque de Tirin, que tous les degrés d'<i>affinité</i> prohibés par la Loi de Moise, n'étoient pas défendus par la loi naturelle. On ne trouve rien dans l'ancien Droit Romain qui regarde la défense des mariages à cause de l'<i>affinité.</i> Papinien est le premier qui en ait parlé à l'occasion du mariage de Caracalla. Les Jurisconsultes qui vinrent après lui étendirent si loin les liaisons d'<i>affinité,</i> qu'ils mirent l'adoption au même point que la nature. Les Chrétiens qui ne voulurent pas être surpassés par les Payens dans les égards pour la bienséance, &amp; l'honnêteté des mariages, introduisirent un troisième genre d'<i>affinité</i> qui n'étoit point encore connue. Les Canonistes ont donc distingué trois espèces d'<i>affinité.</i> La première, se contracte entre le mari &amp; les parons de sa femme ; &amp; entre la femme &amp; les parens de son mari. La seconde, entre le mari, &amp; les alliés de sa femme, &amp; entre la femme, &amp; les alliés de son mari. La troisième, entre le mari, &amp; les alliés des alliés de sa femme ; &amp; entre la femme, &amp; les alliés des alliés de son mari. Enfin, dans le IVe Concile de Latran tenu en 1213. on traita à fonds la matière de l'<i>affinité.</i> On trouva qu'il n'y avoit que l'<i>affinité</i> de premier genre, qui produisit une véritable alliance, &amp; que les deux autres espèces d'<i>affinité,</i> n'étoient que des rafinemens qu'il falloit abroger. C'est ce qui fut fait dans le fameux Chapitre <i>Non debet,</i> au titre <i>De Consang. &amp; Affin.</i> Quelques-uns prétendent que cette abrogation du deuxième &amp; du troisième genre d'<i>affinité</i> ne se doit entendre que de la ligne collatérale, &amp; non pas de la ligne directe. Quoi qu'il en soit, il est certain que les récusations des Juges ont lieu jusqu'au quatrième degré d'<i>affinité,</i> suivant l'Ordonnance. De même l'<i>affinité</i> est un empêchement au mariage jusqu'au quatrième degré inclusivement. Mais il faut remarquer qu'il s'agit d'une <i>affinité</i> directe, &amp; du premier genre ; &amp; qu'elle ne s'étend pas jusqu'à ceux qui ont de l'<i>affinité</i> avec les personnes avec qui j'ai de l'<i>affinité : Affinis mei affinis, non est affinis meus.</i> Enfin, il faut encore remarquer que cet <pb n="99" facs="bpt6k8542165/f139/full/1200,/0/native.jpg"/>empêchement du mariage suit non-seulement de l'<i>affinité</i> que l'on contracte par un mariage légitime ; mais encore de celle qui se contracte par un mauvais commerce, si le crime a été consommé. Le crime cependant n'apporte d'obstacle au mariage qu'au premier &amp; au second degré, <i>Conc. Trid. Sess. xxiv. c.</i> 4. au lieu que le mariage en met jusqu'au quatrième degré. Il n'est pas nécessaire au reste que le commerce ait été volontaire ; un commerce involontaire a les mêmes effets, comme il paroît par le Chapitre <i>Discretionem, de eo qui cognovit consanguineam.</i> Quant à la manière de compter les degrés d'<i>affinité,</i> elle n'est point différente de celle, dont on compte les degrés de consanguinité, &amp; par conséquent elle est autre dans le Droit Canon que dans le droit civil. Voyez <ref type="search" target="head:Consanguinité">Consanguinité</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="824" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFINITE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AFFINITE</head>
    <p>
    Affinité , ou <i>Cognation spirituelle,</i> est celle qui se contracte par les Sacremens de Baptême &amp; de Confirmation, comme entre les parreins &amp; marreines d'un côté, &amp; les filleuls &amp; les filleules de l'autre. Un parrein ne peut pas contracter mariage avec sa filleule sans dispense. Il se contracte aussi <i>affinité</i> avec les père &amp; mère de l'enfant qu'on tient sur les fonts ; ce qui s'appelle <i>compaternité</i> ; mot qui n'est guère en usage. Voyez le Concile de Trente. <i>Sess. xxiv. De Reform. c.</i> 2.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="824" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFINITE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AFFINITE</head>
    <p>
    Affinité , se dit figurément des liaisons, habitudes, sociétés, &amp; rapports ou communautés que deux choses, ou deux personnes ont l'une avec l'autre. Ces deux esprits ont une grande <i>affinité.</i> Ces deux mots ont beaucoup d'<i>affinité</i> ensemble. La Physique &amp; la Médecine, la Géométrie &amp; l'Astronomie, ont bien de l'<i>affinité</i> entr'elles. Notre ame a comme une espèce de liaison &amp; d'<i>affinité</i> avec ces choses. Boil. Ces choses n'ont aucune <i>affinité</i> entr'elles. Ablanc. Ils se ressouvenoient de l'<i>affinité</i> qu'ils avoient avec les Tyriens. Vaug.</p><p>Ce mot est dérivé d'<i>affinitas, voisinage.</i> Ceux-là sont proprement appellés <i>affines,</i> dont les limites se touchent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="825" id="1" type="cordier">
   <index type="head" value="AFFINOIR" />
   <index type="src_domain" value="cordier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>AFFINOIR</head>
    <p>
    AFFINOIR , s. m. C'est un terme de Cordier , qui signifie une espèce de seran dont les broches sont petites &amp; serrées, au travers desquelles on fait passer le lin, le chanvre, pour les affiner. <i>Pecten, echinus.</i> Prenez cet <i>affinoir,</i> &amp; affinez ce chanvre. Faites passer ce lin par l'<i>affinoir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="826" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIQUET" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AFFIQUET</head>
    <p>
    &#9758; AFFIQUET , s. m. Petit bois percé &amp; proprement tourné, qui sert à tenir les aiguilles à tricoter. Les femmes le mettent à la ceinture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="827" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIQUETS" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>AFFIQUETS</head>
    <p>
    AFFIQUETS , s. m. plur. On entend par-là tous les petits ornemens que les Dames emploient pour se parer, &amp; pour relever leur beauté ; comme sont les bracelets, les colliers, &amp; toutes les autres choses qui regardent particulièrement la coëffure. <i>Mundus muliebris.</i> On ne se sert de ce mot qu'en raillant, &amp; il n'a le plus souvent cours que dans le style bas &amp; comique. Ablancourt a pourtant dit : Les femmes n'apportent rien en mariage aux Allemans ; au contraire elles reçoivent d'eux non pas des parures, ni des <i>affiquets</i> ; mais une couple de boeufs, un cheval enharnaché, le bouclier, la lance &amp; l'épée. En général toutes les parures, vaines, superflues, affectées, s'appellent par raillerie, &amp; même par mépris, <i>affiquets.</i> Que voulez-vous faire de tous ces <i>affiquets</i>-là ? Nicod dérive ce mot <i>ab affigendo,</i> parce que les <i>affiquets</i> se fichent particulièrement sur la tête. On disoit autrefois <i>affiguets.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="828" id="1" type="logique">
   <index type="head" value="AFFIRMANT, ANTE" />
   <index type="src_domain" value="logique" />
   <index type="macro_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AFFIRMANT, ANTE</head>
    <p>
    AFFIRMANT, ANTE , Terme de Logique . <i>Affirmans.</i> Il y a des propositions universelles <i>affirmantes,</i> qui sont d'ordinaire les premières dans les syllogismes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="829" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMATIF, IVE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AFFIRMATIF, IVE</head>
    <p>
    AFFIRMATIF, IVE , adj. Qui affirme. Vous soutenez que cela est ainsi d'une manière si <i>affirmative,</i> d'un ton si <i>affirmatif,</i> qu'il faut vous en croire. On ne doit rien proposer d'un certain air <i>affirmatif,</i> qui témoigne qu'on ne doute pas de ce qu'on avance, &amp; qu'on ne veut pas même en douter. Nicol. <i>Oui</i> est une particule <i>affirmative.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="830" id="1" type="inquisition romaine">
   <index type="head" value="AFFIRMATIF" />
   <index type="src_domain" value="inquisition romaine" />
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    <head>AFFIRMATIF</head>
    <p>
    AFFIRMATIF , s. m. <i>Affirmativus.</i> Terme de l'Inquisition Romaine . C'est le nom que donne le S. Office aux hérétiques qui avouent qu'ils sont dans les erreurs dont on les accuse, &amp; qui dans les interrogatoires soutiennent ces erreurs avec opiniâtreté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="830" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMATIF" />
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    <head>AFFIRMATIF</head>
    <p>
    Affirmative , est aussi quelquefois substantif, &amp; signifie une opinion, un sentiment qui affirme. <i>Affirmantium opinio.</i> L'<i>affirmative</i> &amp; la négative de la plupart des opinions, ont chacune leur probabilité. Pasc. L'<i>affirmative</i> paroît la plus probable. Roh. Prendre l'<i>affirmative</i> pour quelqu'un, c'est se déclarer pour lui. Il prend toujours l'<i>affirmative</i> contre moi ; c'est-à-dire, il est toujours contraire à mes sentimens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="831" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AFFIRMATION</head>
    <p>
    AFFIRMATION , s. f. Témoignage qu'on donne qu'une chose est vraie. <i>Affirmatio.</i> Ce mot qui vient du Latin n'est guère en usage que dans le Barreau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="831" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AFFIRMATION</head>
    <p>
    Affirmation , en Justice, c'est le serment qu'on prête, &amp; l'assurance qu'on donne de la vérité de quelque fait : ce qui se passe en présence du Juge, lequel fait lever la main, &amp; jurer que la chose affirmée est véritable. On distingue deux sortes d'<i>affirmation,</i> l'une en matière civile ; l'autre en matière criminelle. On prétend qu'en matière criminelle l'<i>affirmation</i> se peut diviser ; ensorte que dans la déposition du criminel l'on prenne ce qui fait contre lui, &amp; l'on rejette ce qui tend à sa décharge. Mais en matière civile, lorsque l'<i>affirmation</i> est volontaire, &amp; faite en conséquence d'un serment déféré à l'une des parties, l'on ne peut point la diviser, sur tout si elle contient des choses connexes, &amp; il faut ou l'accepter toute entière, ou la répudier de même. L'<i>affirmation,</i> par exemple, de celui qui déclare avoir reçu, &amp; restitué un dépôt, doit être prise dans son entier, &amp; l'on ne peut l'accepter pour la réception du dépôt, &amp; la rejetter pour la restitution.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="831" id="3" type="logique">
   <index type="head" value="AFFIRMATION" />
   <index type="src_domain" value="logique" />
   <index type="macro_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AFFIRMATION</head>
    <p>
    Affirmation , est aussi un terme de Logique , qui signifie l'expression par laquelle une proposition affirme, &amp; dit d'une chose, qu'elle est. Cette proposition contient une <i>affirmation,</i> celle-là une négation. Il est de la nature de l'<i>affirmation</i> de porter l'esprit à cela. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="832" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMATIONS" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AFFIRMATIONS</head>
    <p>
    AFFIRMATIONS au pluriel, se dit en parlant du Greffe des <i>affirmations. Tabularium forense affirmationum.</i> Par l'Ordonnance de 1667. il y a un Office de Greffier établi au Parlement pour recevoir, &amp; donner les Actes des <i>affirmations</i> des voyages, &amp; du séjour de ceux qui viennent pour faire juger leurs procès. Ces actes des <i>affirmations</i> servent au plaideur qui gagne son procès, pour faire taxer ses voyages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="833" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMATIVEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFIRMATIVEMENT</head>
    <p>
    AFFIRMATIVEMENT , adv. D'une manière affirmative. <i>Affirmatè.</i> Il m'a soutenu cela <i>affirmativement</i> &amp; positivement. On dit dans l'Ecole, quand on propose une question, Je répons <i>affirmativement ;</i> pour dire, que la chose est ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="834" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMER" />
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    <head>AFFIRMER</head>
    <p>
    AFFIRMER , v. act. Soutenir qu'une chose est véritable. <i>Affirmare.</i> On dit qu'une proposition <i>affirme,</i> quand elle tend à établir une vérité positive, &amp; qu'une chose est. L'esprit en concevant deux choses, <i>affirme</i> de l'une, quelle est l'autre, ou au contraire. Roh. Ils <i>affirment</i> que le monde a été composé d'atomes. Bern.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="834" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFIRMER" />
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    <head>AFFIRMER</head>
    <p>
    Affirmer , en Justice, c'est se purger par serment, lever la main devant le Juge, qu'une chose est véritable. <i>Jurejurando affirmare.</i> Il a été déchargé de la demande qu'on lui faisoit, en <i>affirmant</i> qu'il avoit payé. Il faut qu'un compte qu'on présente soit <i>affirmé</i> véritable pardevant le Juge ; qu'on <i>affirme</i> la vérité d'une dette, quand on en a obtenu la collocation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="835" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFISTOLER" />
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    <head>AFFISTOLER</head>
    <p>
    &#9758; AFFISTOLER , v. act. Terme de dérision, bas &amp; populaire, pour dire <i>ajuster.</i> Le voilà joliment <i>affistolé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="836" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFISTOLEUR" />
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    <head>AFFISTOLEUR</head>
    <p>
    AFFISTOLEUR , s. m. Ce mot veut dire <i>rapporteur,</i> selon Coquillart. Voyez <ref type="search" target="head:Borel">Borel</ref>. Il n'est plus du tout en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="837" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="AFFLEURER" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>AFFLEURER</head>
    <p>
    AFFLEURER , v. act. Terme d'Architecture . Reduire deux corps qui sont proches à une même saillie ; comme une trape au niveau du plancher. <i>Aequare ad libellam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="838" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLICTION" />
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    <head>AFFLICTION</head>
    <p>
    AFFLICTION , s. f. Peine du corps, ou de l'esprit. <i>Dolor, moeror, aegritudo.</i> Les Elus sont éprouvés dans l'<i>affliction.</i> Les discours étudiés de ces consolateurs sans douleur irrite plus l'<i>affliction</i> qu'ils ne l'adoucissent. M. Scud. Le sage <pb n="100" facs="bpt6k8542165/f140/full/1200,/0/native.jpg"/>dit que toutes les choses de ce monde ne sont que vanité, &amp; <i>affliction</i> d'esprit. Il reçut une sensible <i>affliction</i> de la mort de son ami. Ablanc. Je trouverai la paix dans mon <i>affliction</i> la plus amère. Port-R. Il n'y a qu'une <i>affliction</i> qui dure ; c'est celle qui vient de la perte des biens. La Bruy. Jamais <i>affliction</i> n'a été ni si piquante, ni si vive. P. de Cl. Il y a des femmes qui ont la triste &amp; fatigante vanité de se rendre célèbres, par la montre d'une inconsolable <i>affliction.</i> Rochef. L'homme doit être dégoûté &amp; lassé de la vie par les douleurs, &amp; par les <i>afflictions.</i> Abad. L'<i>affliction</i> est un tribut que l'homme sage doit payer sans honte à la nature ; &amp; rien en cela ne le doit distinguer des foibles, que la modération. Cail. Il suffit que les <i>afflictions</i> fassent une partie de la profession de l'Evangile, pour en rebuter les gens du monde. Gomber. Scarron a dit d'Enée,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="839" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLICTIVE" />
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    <head>AFFLICTIVE</head>
    <p>
    AFFLICTIVE , adj. f. Se dit seulement des peines corporelles qu'on souffre par ordre de la Justice. <i>Poena poenaria.</i> Quand on entend un criminel sur la sellette, c'est une marque qu'il y a des conclusions à peine <i>afflictive.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="840" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLIGEANT, ANTE" />
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    <head>AFFLIGEANT, ANTE</head>
    <p>
    AFFLIGEANT, ANTE , adj. Qui afflige. <i>Tristis, acerbus.</i> La mort de la personne aimée est la chose du monde la plus <i>affligeante.</i> Combien d'<i>affligeantes</i> réflexions ne devrions-nous pas faire sur notre malheureuse destinée ? P. Gail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="841" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLIGER" />
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    <head>AFFLIGER</head>
    <p>
    AFFLIGER , v. act. Faire souffrir quelque chagrin, peine ou douleur. <i>Dolorem afferre, contristare.</i> Dieu <i>afflige</i> les bons par la prospérité des méchans. Cet homme est <i>affligé</i> de la goutte. Cette ville est <i>affligée</i> de la peste. Je ne vous en dis pas davantage de peur de vous <i>affliger.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="841" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFLIGER" />
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    <head>AFFLIGER</head>
    <p>
    Affliger , signifie aussi, Maltraiter son corps, le mortifier, le faire souffrir. <i>Affligere, afflictare, cruciare, macerare. Affliger</i> son corps par des austérités. Port-R. Les Saints ont toujours eu le soin d'<i>affliger</i> leurs corps par le jeûne &amp; par les disciplines. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="841" id="3" type="">
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    <head>AFFLIGER</head>
    <p>
    Affliger , signifie encore, Ruiner, désoler par toutes sortes de manières. <i>Evertere, vastare ; depopulari.</i> La guerre <i>affligera</i> l'Etat. Main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="841" id="4" type="">
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    <head>AFFLIGER</head>
    <p>
    Affliger , avec le pronom personnel, signifie, S'attrister, concevoir du chagrin &amp; de la douleur de quelque chose. <i>Dolere, moerere.</i> La civilité exige qu'on aille se réjouir, ou s'<i>affliger</i> avec les gens, de mille choses qui ne donnent ni joie, ni douleur. M. Scud. Si la sagesse de Dieu avoit imposé aux hommes la nécessité de vivre toujours, ils s'<i>affligeroient</i> peut-être de leur immortalité. Abad. Pourquoi à la lecture de mes satyres, aimez-vous mieux vous <i>affliger</i> avec les ridicules, que de vous réjouïr avec les honnêtes gens ? Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="841" id="5" type="">
   <index type="head" value="AFFLIGER" />
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    <head>AFFLIGER</head>
    <p>
    Affigée, ée , part. <i>Dolens, moerens.</i> Presque tous ceux qui vont s'<i>affliger</i> avec les <i>affligés,</i> ne sentent rien de ce qu'ils disent sentir. M. Sc. C'est assez d'être du nombre des <i>affligés,</i> pour être de vos amis. Voit. Le temple de la Justice est le refuge inviolable des <i>affligés.</i> Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="842" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLUBER" />
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    <head>AFFLUBER</head>
    <p>
    AFFLUBER , verb. act. Vieux mot, qui veut dire <i>couvrir.</i> Borel croit qu'il vient d'<i>infulare.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AFFUBLER">AFFUBLER</ref>. C'est la même chose. <i>Affluber</i> s'est fait d'affubler, par une transposition de l'<i>l,</i> qui se fait en quelques Provinces, où <i>affluber</i> est encore en usage parmi les Paysans &amp; le Peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="843" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLUENCE" />
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    <head>AFFLUENCE</head>
    <p>
    AFFLUENCE , s. f. Abondance. <i>Affluentia, ubertas.</i> L'<i>affluence</i> des eaux a rompu la chaussée de ces étangs. L'<i>affluence</i> des humeurs cause diverses maladies. Le chemin étoit rompu par l'<i>affluence</i> des ruisseaux. Vaug. On dit aussi <i>affluence</i> de paroles, mais le plus souvent en mauvaise part. <i>Verborum copia.</i> Bon Dieu ! quelle <i>affluence</i> de paroles !</p><p>On dit encore ce mot figurément, d'une grande abondance de bien. <i>Divitiarum copia.</i> D'un grand concours de monde. <i>Magnus hominum concursus, summa frequentia. Affluence</i> de toutes sortes de bien, grande <i>affluence</i> de Peuple. Acad. Fr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="844" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLUENT, ENTE" />
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    <head>AFFLUENT, ENTE</head>
    <p>
    AFFLUENT, ENTE , adj. Il se dit d'une rivière qui tombe dans une autre. <i>Affluens.</i> On a expédié des Patentes pour rendre la Seine navigable jusqu'à sa source, &amp; toutes les rivières y <i>affluentes,</i> tant au-dessus qu'au dessous de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="845" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFLUER" />
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    <head>AFFLUER</head>
    <p>
    AFFLUER , v. n. Se rendre en un même lieu. <i>Affluere.</i> Il se dit premièrement des eaux qui coulent vers un même endroit. Il n'y a point de fleuve en France, où il <i>afflue</i> tant d'eau que dans la Loire. Il y a beaucoup de grands fleuves qui <i>affluent</i> dans la mer Caspienne. Ce mot vient de <i>fluere</i>, <i>ab undis fluentibus,</i> parce que la grande <i>affluence</i> &amp; abondance des choses se fait par le moyen des rivières. Ou plutôt, il vient d'<i>affluere,</i> qui se dit des eaux qui vont se rendre dans un endroit, &amp; s'y ramassent en abondance ; puis il s'est appliqué par métaphore à toutes les autres choses qui se rendent &amp; se trouvent en abondance en même lieu. Ce mot déplaît à bien des gens : aucun bon Auteur ne s'en sert aujourd'hui. Réfl. A la vérité Mezerai l'a employé. Il n'est point condamné par Messieurs de l'Académie ; cependant on ne doit pas s'en servir sans scrupule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="845" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFLUER" />
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    <head>AFFLUER</head>
    <p>
    Affluer , signifie aussi, Arriver en abondance ; &amp; se dit tant des personnes, que des choses. Les Ecoliers <i>affluoient</i> de toutes parts autrefois dans l'Université de Paris. Les richesses, les délices <i>affluent</i> dans la France. Les mauvaises humeurs <i>affluent</i> sur les plaies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="846" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOIBLIR" />
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    <head>AFFOIBLIR</head>
    <p>
    AFFOIBLIR , v. act. Rendre plus foible, débiliter ; diminuer les forces, les abattre. <i>Debilitare, enervare, frangere, infringere.</i> Il se dit également dans le propre, &amp; dans le figuré. La trop grande chaleur <i>affoiblit</i> le corps. A force de rabotter une planche, on l'<i>affoiblit.</i> Les bois <i>affoiblis</i> exprès sont toisés de la grosseur de leur bossage, &amp; comme s'il n'y avoit aucun cintre, ni vuide. <i>Affoiblir</i> le crédit &amp; l'autorité d'une personne. La vieillesse <i>affoiblit</i> la mémoire L'affectation en matière de langage <i>affoiblit</i> la pensée. Il n'y a rien qui <i>affoiblisse</i> cette preuve. <i>Affoiblir</i> le parti des ennemis. Ablanc. Le temps <i>affoiblit</i> l'amour. Pell. Le relâchement des Directeurs faciles ne tend qu'à <i>affoiblir</i> la vigueur des loix. P. Caill. Le temps <i>affoiblit</i> les plus justes ressentimens. S. Evr. Le vin <i>affoiblit</i> les nerfs. Les afflictions <i>affoiblissent</i> l'esprit. La disette <i>affoiblit</i> bien-tôt une armée. On a ordonné le jeûne pour <i>affoiblir</i> les appétits sensuels. <i>Affoiblir</i> ses appas, pour <i>affoiblir</i> leurs droits. Corn.</p><p>Il se dit particulièrement des monnoies. <i>Pondus vimque imminuere.</i> On <i>affoiblit</i> l'or en le mettant dans l'eau forte, en y mêlant de l'argent, du cuivre, de l'émeril. Lorsque le besoin de l'Etat le demandoit, le Roi pouvoit non-seulement lever de grosses sommes sur la fabrication des monnoies ; mais même les <i>affoiblir,</i> c'est-à-dire, en diminuer la bonté. C'est ce que nous apprend un plaidoyer fait en l'an 1304. par le Procureur Général de Philippe le Bel, contre le Comté de Nevers qui avoit <i>affoibli</i> sa monnoie. <i>Item abaissier, &amp; amenuiser la monnoie est privilege espéciale au Roi de son droit Royal, si que à lui appartient, &amp; non à autre, &amp; encor en un seul cas, c'est a sçavoir en nécessité, &amp; lors ne vient pas le gaag ne conversit en son profit espécial, mais au profit &amp; en la défense dau commun.</i> Le Blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="846" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFOIBLIR" />
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    <head>AFFOIBLIR</head>
    <p>
    Affoiblir , se dit d'un corps dont on ôte de l'épaisseur ou de la grosseur, ce qui le rend plus foible. On a trop <i>affoibli</i> cette poutre. Et figurément, on adoucit &amp; on <i>affoiblit</i> la Croix de Jesus-Christ, en sorte qu'elle n'a plus ni dureté, ni pesanteur. Ab. de la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="846" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFOIBLIR" />
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    <head>AFFOIBLIR</head>
    <p>
    Affoiblir , est aussi neut. &amp; signifie, devenir plus foible, plus débile, perdre de ses forces &amp; de sa vigueur. <i>Consenescere, debilitari, deficere.</i> L'esprit lui <i>affoiblit</i> de plus en plus. Le parti <i>affoiblit.</i> Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="846" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFOIBLIR" />
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    <head>AFFOIBLIR</head>
    <p>
    Affoiblir , est aussi neut. passif. Et signifie tout de même, devenir moins vigoureux, moins fort, s'abattre, se débiliter. Son corps &amp; son esprit s'<i>affoiblissent</i> beaucoup. Son autorité s'<i>affoiblit</i> tous les jours. Le tribunal de Drusus semble s'<i>affoiblir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="847" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOIBLISSANT, ANTE" />
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    <head>AFFOIBLISSANT, ANTE</head>
    <p>
    AFFOIBLISSANT, ANTE , adj. Qui affoiblit. <i>Debilitans, infringens, imminuens.</i> La saignée trop réitérée est un remède <i>affoiblissant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="848" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOIBLISSEMENT" />
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    <head>AFFOIBLISSEMENT</head>
    <p>
    AFFOIBLISSEMENT , s. m. Diminution de force, diminution de vigueur : il se dit également bien dans le sens propre &amp; dans le figuré. <i>Debilitatio, infractio. Affoiblissement</i> de corps. <i>Affoiblissement</i> d'esprit. La fleur de l'âge se passe, &amp; la vigueur de la jeunesse a ses <i>affoiblissemens.</i> Port-R. L'<i>affoiblissement</i> de la République de Rome est venu de la grandeur de ses Citoyens. La vie austère produit l'<i>affoiblissement</i> des passions. Ces ames ont ressenti de grands <i>affoiblissemens</i> dans le bien que Dieu commençoit à mettre <pb n="101" facs="bpt6k8542165/f141/full/1200,/0/native.jpg"/>en elles. Ab. d. l. Tr. On dit l'<i>affoiblissement</i> des monnoies. Charles VII. dans la grande nécessité de ses affaires, poussa l'<i>affoiblissement</i> si loin, &amp; leva un si gros droit sur les monnoies, qu'il retenoit les trois quarts d'un marc d'argent pour son droit de Seigneuriage, &amp; pour les frais de la fabrication. Le Blanc. Le Peuple se ressouvenant des dommages infinis qu'il avoit reçus de l'<i>affoiblissement</i> des monnoies, &amp; du fréquent changement du prix du marc d'or &amp; d'argent, pria le Roi qu'il quittât ce droit, consentant qu'il imposât les Tailles &amp; les Aides, ce qui fut accordé. Id. Une Ordonnance de Philippe le Bel du mois de Mai 1295 porte, que le Roi étant à Paris, ayant aucunement affoibli les monnoies en poids &amp; loi, espérant encore les affoiblir pour subvenir à ses affaires, &amp; connoissant être chargé en conscience du dommage qu'il avoit fait, &amp; feroit porter à sa République pour raison de cet <i>affoiblissement</i> ; le Roi s'oblige par Charte authentique au peuple de son Royaume, que ses affaires passées il remettra la monnoie en bon ordre &amp; valeur à ses propres coûts &amp; dépens, &amp; portera la perte &amp; tare sur lui. Boizard. Il y a encore une pareille Ordonnance du Roi Jean donnée à Paris le 28. Décembre 1355. rapportées par le même Auteur, <i>Traité des Monn.</i> Ch. 10. Voyez <ref type="search" target="head:EMPIRANCE">EMPIRANCE</ref>. Ce mot vient du primitif f<i>oible.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="849" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOLER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AFFOLER</head>
    <p>
    AFFOLER , v. act. Rendre excessivement passionné ; toucher si sensiblement une personne, qu'elle en soit en quelque façon troublée. <i>Impotentem cupiditatis alicujus motum ciere, excitare.</i> Il n'est guère en usage que dans le style familier, badin &amp; satvrique, encore n'est-ce ordinairement qu'au participe. C'est la beauté de sa femme qui l'a <i>affolé.</i> Il étoit tellement entêté de cette opinion, qu'il en étoit <i>affolé</i> ; c'est-à-dire, qu'il en avoit presque perdu l'esprit.</p><p>Autrefois ce mot signifioit, Estropier un membre. <i>Affoler</i> une jambe, la blesser. <i>Laedere, sauciare. Affoler</i> une femme enceinte, la faire avorter. <i>Abortum praegnanti inferre, facere.</i> En ce sens il est hors d'usage. En 1397. le Roi donna du bien à l'Hôpital de Saint Antoine de Rouen, <i>pour y recueillir,</i> dit le titre de donation, <i>les malades &amp;</i> affolés <i>de la maladie de mondit Seigneur S. Antoine. Descript Geogr. &amp; Hist. de la haute Norm. tom.</i> 2. <i>pag.</i> 69. Du Cange dérive ce mot de <i>affolare,</i> qui signifie, Toucher légèrement, flatter en badinant. Le Roman d'Aubery emploie ce mot en le prenant pour blesser. <i>De Sarazins i ot molt</i> affolés. Cela est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="850" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AFFOLE, ÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>AFFOLE, ÉE</head>
    <p>
    AFFOLE, ÉE , part. &amp; adj. Qui est si passionné, &amp; si sensiblement touché de quelque passion, qu'il approche de la folie. <i>Insaniens cupiditate.</i> C'est un homme <i>affolé</i> de son amour propre. C'est une femme <i>affolée</i> de sa propre beauté. Tout cela n'est bon que dans le style familier &amp; comique.</p><p>En termes de Marine , on appelle une boussole, ou une aiguille <i>affolée,</i> celle qui est défectueuse, ou touchée d'un aimant qui ne l'anime pas ; qui indique mal le Nord. <i>Acus magnetica deficiens, aberrans a polo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="851" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOLEURE" />
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    <head>AFFOLEURE</head>
    <p>
    AFFOLEURE , s. f. Vieux mot, qui signifie blessure. <i>Gravior laesio.</i> Ce mot n'est plus en usage, il vient d'<i>affoler.</i> Dans une Charte de l'an 1328 (elle est d'Odoard Seigneur de Ham) il est dit, sauf à icelui Seigneur le cas d'<i>affoleure.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="852" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOLIR" />
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    <head>AFFOLIR</head>
    <p>
    AFFOLIR , v. n. Devenir fou. <i>In insaniam incidere.</i> Cet homme <i>affolit</i> tous les jours. Il n'est usité que dans le style comique &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="853" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFONDER" />
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    <head>AFFONDER</head>
    <p>
    AFFONDER , Vieux mot, qui signifioit <i>plonger, enfoncer, aller vers le fond.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="854" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFORAGE" />
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    <head>AFFORAGE</head>
    <p>
    AFFORAGE , s. m. Droit Seigneurial qu'on paye au Seigneur, pour avoir permission de vendre du vin, ou autre liqueur dans son fief, &amp; suivant la taxe qui en sera faite par ses Officiers. <i>Jus Dominii in vinum venale.</i> Ragueau &amp; Du Cange en parlent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="854" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFORAGE" />
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    <head>AFFORAGE</head>
    <p>
    Afforage , est aussi employé dans la dernière Ordonnance de la Ville de Paris du mois de Décembre 1672. pour dire, le prix d'une chose vénale mis par l'autorité de Justice. <i>Venalium aestimatio Judicis auctoritate facta.</i> On ne peut vendre des vins étrangers, que le prix n'en ait été fixé par les Echevins, &amp; qu'il n'en soit fait mention par l'acte d'<i>afforage,</i> comme il est porté au ch. 9. de la même Ordonnance. Pasquier témoigne que le mot d'<i>affeurer,</i> signifioit autrefois <i>acheter,</i> &amp; qu'on disoit <i>affeurer</i> son cheval, pour dire, l'acheter au feur, &amp; au juste prix.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>afforare</i>, c'est-à-dire, <i>juxta foros &amp; leges judicare.</i> D'autres le dérivent de <i>sodrum</i>, par une métaphore tirée de ceux qui étant obligés de payer au Seigneur une certaine quantité de feurre, ou de foarre, la faisoient estimer en argent à un certain prix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="855" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOUAGE" />
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    <head>AFFOUAGE</head>
    <p>
    AFFOUAGE , sub. mas. Droit de couper du bois dans une forêt pour sa famille. Du Cange. <i>Jus caedendae silyae domesticos in usus.</i></p><p>Raguau dit plus particulièrement ; le droit de prendre du bois dans une forêt pour son chauffage. Ce mot vient de <i>ad, pour</i>, &amp; <i>focus, feu,</i> comme si l'on disoit, provision de bois pour son feu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="856" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOUAGEMENT" />
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    <head>AFFOUAGEMENT</head>
    <p>
    AFFOUAGEMENT , s. m. Est un état ou département qui se fait dans la Provence, &amp; autres Pays ou les Tailles sont réelles, pour faciliter la levée des impositions qu'on fait sur la Province, en réglant le nombre des feux de chaque Paroisse, ou Communauté. <i>Vectigalium descriptio.</i> Environ l'an 1471. se fit le général <i>affouagement,</i> ou la quotité de feux pour l'imposition des tailles, par tous les Baillages, Viguerie &amp; Vallée de Provence ; auquel <i>affouagement</i> tous les biens possédés alors par les Ecclésiastiques, &amp; par les Gentilshommes, furent déclarés Nobles, &amp; exemts de tailles, &amp; ceux que désormais les uns &amp; les autres acquerroient seroient sujets à la taille. Ce général <i>affouagement</i> est le dernier de tous ceux qui ont été faits en Provence. Bouche. <i>Hist. de Prov. T. II. p.</i> 471. Le dernier <i>affouagement</i> de Provence a été enregistré le 20. Mai 1666. La Viguerie d'Aix est comptée pour 74 feux dans cet <i>affouagement.</i> Ce mot vient de <i>fouage,</i> qui vient de <i>feu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="857" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOUGUER" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AFFOUGUER</head>
    <p>
    &#9758; AFFOUGUER , v. act. Terme singulier pour exprimer les effets de la fougue &amp; de la violence. Garantir des roues à eau d'être <i>affouguées</i> par les vagues. <i>Merc. d'Avr.</i> 1727.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="858" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOUIR" />
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    <head>AFFOUIR</head>
    <p>
    AFFOUIR en un lieu, vieux mot, qui veut dire, se retirer en un lieu en fuyant ailleurs. <i>Confugere, secedere in aliquem locum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="859" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AFFOURCHER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>AFFOURCHER</head>
    <p>
    AFFOURCHER , v. act. Terme de Marine . C'est jetter une ancre à la mer dans une telle distance que son cable fasse une manière de fourche avec le cable d'une première ancre qu'on y a déja jettée. Ainsi on appelle ancre d'<i>affourche</i> celle qui est jettée de cette sorte après la premiere. Ce mot vient de <i>furca</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="859" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFOURCHER" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AFFOURCHER</head>
    <p>
    Affourcher , <i>à la voile,</i> C'est porter l'ancre d'affourche avec le vaisseau, lorsqu'il est encore à la voile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="859" id="3" type="menuiserie">
   <index type="head" value="AFFOURCHER" />
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    <head>AFFOURCHER</head>
    <p>
    Affourcher , terme de menuiserie , pour signifier un double assemblage de deux pièces de bois, avec une languette &amp; rainure de l'un dans l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="860" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOURCHE, EE" />
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    <head>AFFOURCHE, EE</head>
    <p>
    &#9758; AFFOURCHE, EE , part. &amp; adj. Qui est à califourchon, jambe de-cà, jambe de-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="861" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOURRAGEMENT" />
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    <head>AFFOURRAGEMENT</head>
    <p>
    AFFOURRAGEMENT , s. m. L'action d'affourrager. <i>Pabuli praebitio. Pastionis invectio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="862" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOURRER" />
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    <head>AFFOURRER</head>
    <p>
    AFFOURRER , ou AFFOURRAGER, v. act. Donner du <i>fourrage,</i> de la paille aux moutons, ou à d'autres bestiaux, pour vivre &amp; <i>fourrager.</i> Ce mot vient de <i>foarre, feurre</i>, ou <i>fourrage,</i> &amp; du Latin <i>far.</i> Quelques-uns ont dit aussi <i>affeurer :</i> mais ce mot signifioit autrefois, Mettre le prix aux denrées ; d'où est venue la phrase, <i>Au feur &amp; à mesure.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="863" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFOYS" />
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    <head>AFFOYS</head>
    <p>
    AFFOYS , Vieux mot, qui veut dire, <i>promesses. Promissa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="864" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRANCHIR" />
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    <head>AFFRANCHIR</head>
    <p>
    AFFRANCHIR , v. act. Mettre quelqu'un en liberté, hors de servitude ; le délivrer de quelques devoirs d'engagement ; l'exemter, le tirer d'une sujétion fâcheuse, dure, &amp; contraire à la liberté naturelle. <i>Manumittere, liberare, eximere, immunem facere.</i> Le mariage <i>affranchit</i> de la puissance paternelle. On <i>affranchit</i> un esclave, lorsqu'il a <pb n="102" facs="bpt6k8542165/f142/full/1200,/0/native.jpg"/>rendu quelque service signalé à son maître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="864" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFRANCHIR" />
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    <head>AFFRANCHIR</head>
    <p>
    Affranchir , signifie aussi, Délivrer. <i>Liberare, solvere.</i> S. Paul souhaitoit de mourir, pour être <i>affranchi</i> des misères de ce monde, &amp; être avec Jesus-Christ. On ne peut être <i>affranchi</i> des devoirs, du joug du mariage, que par la viduité.</p><p>On <i>affranchit</i> une terre, un fief, en obtenant des lettres d'amortissement. Il est d'une ame grande &amp; généreuse d'<i>affranchir</i> les Peuples d'une cruelle servitude. Vaug. On le dit aussi avec le pronom personnel. On ne cherche qu'à s'<i>affranchir</i> de la domination des Souverains. Ablanc. Les Hollandois se sont <i>affranchis</i> de la domination des Espagnols.</p><p>Par le Droit Romain on ne pouvoit <i>affranchir</i> un esclave avant l'âge de 18. ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="864" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFRANCHIR" />
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    <head>AFFRANCHIR</head>
    <p>
    Affranchir , se dit aussi au figuré en parlant des diverses passions qui nous agitent, &amp; qui nous tiennent dans une espèce d'esclavage. L'Evangile nous a <i>affranchi</i> de la tyrannie du péché. Le fidèle est <i>affranchi</i> de toute crainte. Heureux qui s'<i>affranchit</i> du pouvoir de l'amour. Corn. On dit aussi dans le même sens, Etre <i>affranchi</i> du pouvoir de la fortune. Etre <i>affranchi</i> de soucis, de soins, d'inquiétudes, d'affaires, d'embarras, &amp; généralement de tout ce qui peut causer de la peine à l'esprit. M. Genest a dit de Luther.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="864" id="4" type="marine">
   <index type="head" value="AFFRANCHIR" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>AFFRANCHIR</head>
    <p>
    Affranchir la pompe, se dit en termes de Marine , lorsqu'on jette, &amp; qu'on tire plus d'eau par la pompe qu'il n'en entre dans le vaisseau. Ainsi la pompe est franche, quand il n'y a plus d'eau dans le vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="864" id="5" type="">
   <index type="head" value="AFFRANCHIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFRANCHIR</head>
    <p>
    Affranchi, ie , part. &amp; adj. <i>Manumissus. Liberatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="864" id="6" type="">
   <index type="head" value="AFFRANCHIR" />
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    <head>AFFRANCHIR</head>
    <p>
    Affranchi, ie , subst. masc. &amp; fem. Un esclave mis en liberté. <i>Libertus, Liberta.</i> L'<i>Affranchi</i> de Cicéron. Les jeunes Romains préféroient les <i>Affranchies,</i> qui étaloient leurs innocens appas sans fard, &amp; sans artifice. Dac. Corneille a dit du Roi Attale.</p><p>Les <i>Affranchis</i> prenoient le nom &amp; le surnom de leurs maîtres, &amp; s'unissoient par-là en quelque sorte à leur famille. A Athènes les <i>Affranchis,</i> &amp; les fils naturels, étoient sur le même pied. Les <i>Affranchis</i> révéroient comme des Dieux, les personnes qui les avoient délivrés de la servitude. Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="865" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRANCHISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AFFRANCHISSEMENT</head>
    <p>
    AFFRANCHISSEMENT , s. m. Manumission, action par laquelle on affranchit un esclave. <i>Manumissio.</i> Il signifie aussi exemption de quelques charges, ou des impositions. <i>Immunitas.</i> Les <i>affranchissemens</i> se faisoient à Rome avec certaines formules. Les <i>affranchissemens</i> des charges, ou impositions publiques, ont été presque tous révoqués. Du temps de Louis IX. Roi de France on fit un <i>affranchissement</i> en faveur de certains villages, qui dépendoient de l'Abbaye de S. Germain des Prez. Le Mait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="865" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFRANCHISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AFFRANCHISSEMENT</head>
    <p>
    Affranchissement , se prend aussi pour toute sorte de délivrance. <i>Liberatio.</i> Ces pertes, que la nature préoccupée s'imagine faire par la mort, ne sont à en bien juger, qu'un <i>affranchissement</i> d'un état, où le bien ne balance point le mal. Abad. Le premier pas que doivent faire ceux qui se consacrent à Jesus-Christ par les voeux de la Religion, est celui d'un <i>affranchissement</i> de toute appréhension de la mort. Ab. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="866" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRES" />
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    <head>AFFRES</head>
    <p>
    AFFRES , s. f. plur. Grand effroi causé par la vision de quelques objets terribles. <i>Pavores.</i> Les <i>affres</i> de la mort. <i>Pavores mortis.</i> Il faillit à être pris par les Archers, jamais il ne fut en de telles <i>affres. Affray,</i> &amp; <i>Affraiment,</i> se trouvent au même sens dans les Loix communes, ou Droit coutumier d'Angleterre. Harr. Ce mot vient de <i>affari, quando quis nec loqui, nec affari potest prae timore</i>. D'autres croient qu'il vient du son &amp; du mouvement naturel qu'on fait dans le frémissement &amp; dans le frisson, qui s'explique par <i>fri</i> &amp; <i>fre :</i> car en effet, ce qui donne de l'horreur &amp; de la peur donne une espèce de frisson. D'autres le dérivent du mot Grec , &amp; de <i>a</i> privatif, comme qui diroit, Insensé &amp; privé de jugement. Quelques-uns dérivent ce mot de <i>Affricosus,</i> comme qui diroit, Qui vient d'Afrique, qui est le Pays des monstres. Il est tout-à-fait hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="867" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AFFRÉTEMENT" />
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    <head>AFFRÉTEMENT</head>
    <p>
    AFFRÉTEMENT , s. masc. Terme de marine . C'est la convention pour le louage d'un vaisseau. <i>Navis conductio.</i> Ce mot se dit sur l'Océan. Sur la Méditerranée on dit <i>Nolissement.</i> L'acte qu'on passe, quand on prend un vaisseau à louage, s'appelle <i>Chartepartie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="868" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRETER" />
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    <head>AFFRETER</head>
    <p>
    AFFRETER , v. act. Prendre un vaisseau à louage. <i>Navim conducere.</i> Le propriétaire du navire frète, ou donne à louage ; &amp; le marchand chargeur <i>affrète,</i> prend à louage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="869" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRÉTEUR" />
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    <head>AFFRÉTEUR</head>
    <p>
    AFFRÉTEUR , s. m. Celui qui prend le vaisseau à loyer. <i>Navis conductor.</i> Ce mot vient de <i>fretum</i>, Détroit de mer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="870" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFREUSEMENT" />
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    <head>AFFREUSEMENT</head>
    <p>
    AFFREUSEMENT , adv. D'une manière affreuse. <i>Terribilem in modum.</i> Quand on est en colère, on regarde <i>affreusement</i> son ennemi. <i>Torvè intueri.</i> L'usage de ce mot est assez borné ; &amp; bien des gens voudroient qu'en sa place on dît d'<i>une manière affreuse</i> ; ou qu'on se servît de quelqu'autre adverbe, comme de <i>grandement,</i> d'<i>extrêmement,</i> d'<i>horriblement,</i> &amp;c. Il est <i>extrèmement</i> gros, il est <i>horriblement</i> laid, plutôt que, il est <i>affreusement</i> gros, il est <i>affreusement</i> laid. Ce seroit le plus sûr. Et c'est aussi en effet le plus ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="871" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFREUX, EUSE" />
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    <head>AFFREUX, EUSE</head>
    <p>
    AFFREUX, EUSE , ad. Qui cause des affres ; qui est horrible, qui fait peur, qui donne de l'effroi. <i>Terribilis, horribilis, horrendus.</i> Ce mot <i>affreux</i> veut le datif quand il est suivi d'un nom, &amp; l'infinitif quand il est suivi d'un verbe, en y ajoûtant la particule <i>à.</i> La mort est quelque chose d'<i>affreux</i> à tout le monde, &amp; plus encore aux méchans qu'à tous les autres. Tout n'est qu'or &amp; que pourpre dans votre armée, celle des Macédoniens au contraire est <i>affreuse</i> à voir. Vaug. Il se met aussi quelquefois sans régime. L'Afrique a des monstres &amp; des déserts <i>affreux.</i> Les mourans ont des regards <i>affreux.</i> Il a la mine <i>affreuse.</i> Arn. Sa fin fut <i>affreuse.</i> Boss. C'est l'avarice qui a rendu les hommes assez hardis, pour mépriser tout ce que la mort a d'<i>affreux</i> dans un naufrage. Bouh. M. de Caseneuve fait venir ce mot d'<i>Afer,</i> Africain, à cause de la noirceur des Africains, qui les rend <i>affreux.</i> Voyez AFFRES son primitif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="872" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRIANDER" />
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    <head>AFFRIANDER</head>
    <p>
    AFFRIANDER , v. act. Accoûtumer à la friandise, <i>allectare, prolectare.</i> Il ne faut pas donner aux enfans trop de douceurs, cela les <i>affriande.</i> Vous m'<i>affriandez</i> à votre bonne chère. Vaug.</p><p>On dit en Fauconnerie, <i>Affriander</i> l'oiseau, lorsqu'avec de bon pât, soit de pigeonneaux, ou de poulets, ou le fait revenir sur le leurre.</p><p>On le dit aussi au figuré des choses agréables à l'esprit. <i>Allicere, illicere.</i> Il s'est <i>affriandé</i> à la lecture des Romans, des Relations étrangères, de la poësie. On dit aussi, il est <i>affriandé</i> au jeu, il s'est <i>affriandé</i> au gain. Mais tout cela n'est bon que dans le style simple &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="873" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRIOLER" />
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    <head>AFFRIOLER</head>
    <p>
    AFFRIOLER , v. act. Terme populaire. Affriander, attirer par quelque amorce de plaisir. Les femme, sont aisément <i>affriolées</i> par la comédie &amp; les cadeaux. On <i>affriole</i> les souris avec du lard, ou des noix, pour les prendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="874" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRODILLE" />
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    <head>AFFRODILLE</head>
    <p>
    AFFRODILLE , s. f. ou ASFODÈLE. Plante. <i>Asphodelus, hasta regia.</i> Cette plante a une tige droite comme une pique, ou hache Royale. Voyez <ref type="search" target="head:ASPHODELLE">ASPHODELLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="875" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRONT" />
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    <head>AFFRONT</head>
    <p>
    AFFRONT , s. m. Honte qu'on fait à quelqu'un, soit par des paroles outrageantes, soit par quelques coups, ou mauvais traitemens. <i>Injuria, contumelia.</i> Les <i>affronts</i> à l'honneur ne se réparent point. Corn. Il reçut un grand <i>affront</i> à l'audience, quand on lui fit voir son imposture. Il n'y a que le Christianisme qui nous puisse faire souffrir patiemment un <i>affront.</i> Un démenti est un sanglant <i>affront.</i></p><p>On dit figurement, Boire un <i>affront,</i> avaler un <i>affront,</i> essuyer un <i>affront</i> ; pour dire, le recevoir, le souffrir. <i>Sorbere contumeliam, ac concoquere.</i> On dit aussi, Ne pouvoir digérer un <i>affront</i> ; pour dire, qu'on l'a toujours sur le coeur ; qu'on ne le peut oublier. Comment pourriez-vous digérer un si cruel <i>affront ?</i></p><p>Sénèque dit que la douleur qu'on ressent d'un <i>affront,</i> est la marque d'un coeur foible &amp; bas. S. Evr. Ce mot vient de l'Italien <i>affronto</i>. Ménage. Pasquier a observé que ce mot n'étoit pas ancien de son temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="875" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFRONT" />
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    <head>AFFRONT</head>
    <p>
    Affront , se dit aussi de la honte que nous recevons nous-mêmes par notre faute, ou par celle de ceux qui nous touchent. Un Général d'armée reçoit un <i>affront,</i> quand il lève le siége de devant une Place. Un criminel qu'on exécute fait un <i>affront</i> à toute sa famille. Quand un Prédicateur demeure court en chaire, on dit que c'est un <i>affront</i> que lui fait sa mémoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="876" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRONTAILLES" />
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    <head>AFFRONTAILLES</head>
    <p>
    AFFRONTAILLES , s. f. pl. Les confins de plusieurs fonds aboutissans aux côtés d'un autre fond.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="877" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRONTER" />
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    <head>AFFRONTER</head>
    <p>
    AFFRONTER , verb. act. Tromper quelqu'un malicieusement, finement, d'une manière basse, rusée, maligne, &amp; sous prétexte de bonne foi ; soit en lui faisant quelques emprunts qu'on n'a pas dessein d'acquiter, soit en lui vendant une marchandise. <i>Fraudare, defraudare.</i> Ce Banqueroutier a <i>affronté</i> cent personnes sous l'apparence qu'il avoit d'être riche. Ce Changeur m'a <i>affronté,</i> il m'a donné de la monnoie qui est fausse. Il m'a <i>affronté</i> de dix pistoles. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="877" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFRONTER" />
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    <head>AFFRONTER</head>
    <p>
    Affronter , se dit quelquefois en bonne part, des braves qui ne craignent point de s'exposer dans les occasions honorables. <i>Hostem adoriri fortiter, adire pericula.</i> En ce sens il se dit des choses aussi-bien que des personnes, &amp; signifie, Faire front en attaquant hardiment, en s'exposant avec courage &amp; avec intrépidité. Les deux armées s'<i>affronterent</i> terriblement. Ablanc. Alexandre alloit <i>affronter</i> ses ennemis en plein jour &amp; à découvert. Vous allez de la mort <i>affronter</i> la présence. Racin. Où est le soldat qui n'<i>affronte</i> pas le danger en présence de son Prince. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="877" id="3" type="blason">
   <index type="head" value="AFFRONTER" />
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    <head>AFFRONTER</head>
    <p>
    Affronter , en termes de Blason , se dit des animaux qui sont posés vis-à-vis l'un de l'autre, dont les têtes se regardent dans un Ecu. Deux lions <i>affrontés,</i> sont ceux qui sont front contre front. <i>Gemini leones adversis frontibus picti.</i> On le dit aussi, quand il n'y a que leurs têtes ainsi disposées. On le dit même, quand ils sont en des quartiers différens, encore qu'il y ait d'autres pièces entre deux. Il portoit d'or à deux lions <i>affrontés</i> de gueules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="877" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFRONTER" />
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    <head>AFFRONTER</head>
    <p>
    Affronté, ée . part. Après tant de périls <i>affrontés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="878" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRONTERIE" />
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    <head>AFFRONTERIE</head>
    <p>
    AFFRONTERIE , s. f. Tromperie. <i>Fraus, fraudatio.</i> Il y a un très-grand nombre de gens qui ne vivent que d'<i>affronterie.</i> Servez-vous rarement de ce mot. Apparemment que sa ressemblance avec effronterie n'a pas peu contribué à le bannit presque de l'usage ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="879" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFRONTEUR, EUSE" />
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    <head>AFFRONTEUR, EUSE</head>
    <p>
    AFFRONTEUR, EUSE , adj. &amp; s. Qui trompe, qui affronte. <i>Fraudator, sycophanta.</i> Paris est plein de devins, de donneurs d'avis, de faux chymistes, qui sont tous des gueux, des filous &amp; des <i>affronteurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="880" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFUBLEMENT" />
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    <head>AFFUBLEMENT</head>
    <p>
    AFFUBLEMENT , s. m. Voile, vêtement, habillement ; tout ce qui couvre, cache, enveloppe la tête, &amp; le corps. <i>Velamentum, amictus.</i> Ce mot ne peut avoir d'usage que dans le comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="881" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFUBLER" />
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    <head>AFFUBLER</head>
    <p>
    AFFUBLER , v. act. Cacher sa tête &amp; son corps par quelques habillemens qui couvrent jusqu'au visage. <i>Amicire, obtegere, involvere.</i> Les Moines &amp; les Hermites s'<i>affublent</i> d'un froc. Dans les cérémonies des obsèques des Princes, les parens sont <i>affublés</i> de grands chaperons de deuil. Cette femme étoit <i>affublée</i> dans sa cappe pour n'être pas connue. Il y a de bons Auteurs qui prétendent que le mot d'<i>affubler</i> n'est plus en usage que pour signifier se couvrir, se vêtir, sans avoir égard à la tête. Au moins est-il certain qu'<i>être affublé</i> se trouve pour être couvert, être vêtu.</p><p><i>O qu'il est indignement</i></p><p>Affublé <i>d'une soutane !</i> Id.</p><p>Nicod dérive ce mot de <i>infula,</i> qui signifie une ancienne coëffure. On dit encore en Picardie, <i>defuler,</i> pour dire : se décoëffer, ôter son chapeau. Du Cange le dérive de <i>affibulare</i>, mot de la basse latinité qui vient de <i>fibula :</i> c'étoit une boucle, ou agraffe servant à attacher les habits longs qui couvroient &amp; enveloppoient tout le corps ; comme on a dit <i>clavi,</i> &amp; <i>lati-clavi,</i> des vêtemens honorables ainsi attachés.</p><p>On dit au figuré avec le pronom personnel, s'<i>affubler</i> de quelqu'un ; pour dire, en être coëffé &amp; entêté, ne voir que par ses yeux, n'entendre que par ses oreilles. <i>Efferri studio alicujus viri aut rei.</i> Les Disciples de Platon étoient <i>affublés</i> des opinions de leur maître. Les gens foibles se laissent aisément <i>affubler</i> par des Directeurs &amp; par des flatteurs. Ce mot, en quelque sens qu'on le prenne, ne se peut dire qu'en raillant. Les Normands prononcent <i>affluber,</i> transposant une lettre, comme ils font en bien d'autres mots ; <i>vrêps</i> pour <i>vêpres,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="881" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFUBLER" />
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    <head>AFFUBLER</head>
    <p>
    Affuble, ée , part. Qui est couvert, qui est enveloppé de quelque voile, de quelque habillement. <i>Opertus, amictus, involutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="882" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFÛT" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>AFFÛT</head>
    <p>
    AFFÛT , s. m. Ce qui sert à pointer le canon quand on le tire, ou à le transporter ailleurs. <i>Tormenti bellici lignea compages, Pes, fulcimentum, sessibulum, vehiculum.</i> L'<i>affût</i> d'un canon de navire, ou de casemate, consiste en deux roues sans rais, d'une seule pièce de bois. L'<i>affût</i> d'un canon qui va en campagne consiste en deux fortes roues, qui portent deux longues &amp; fortes pièces de charpente, qu'on nomme <i>flasques,</i> dans lesquelles est comme enchassé le canon, qui se meut sur ses tourrillons comme sur un centre en équilibre. On y ajoûte un avant-train composé de deux moindres roues, quand on le fait marcher. Les mortiers ont aussi leurs <i>affûts,</i> dont les roues sont comme celles des canons des vaisseaux, ou des casemates.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="882" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFÛT" />
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    <head>AFFÛT</head>
    <p>
    Affût de bord , est le nom qu'on donne aux <i>affûts</i> des canons qui servent sur les vaisseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="882" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFÛT" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFÛT</head>
    <p>
    Affût , en terme de chasse , est un lieu caché, où on se met avec un fusil tout prêt à tirer, &amp; où on attend le gibier au passage. <i>Venatoris insidiae, specula.</i></p><p>On dit figurément, qu'un homme est à l'<i>affût,</i> quand il s'est arrêté quelque part pour épier le passage de quelqu'un à qui il veut parler, ou une occasion favorable de faire quelque affaire. <i>Esse in speculis, in insidiis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="883" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFÛTAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>AFFÛTAGE</head>
    <p>
    AFFÛTAGE , s. m. Soin qu'on prend du canon pour le pointer, le disposer à tirer. <i>Tormenti bellici ad emissionem comparatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="883" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFÛTAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>AFFÛTAGE</head>
    <p>
    Affûtage , se dit aussi chez les Ouvriers, d'une garniture &amp; provision de tous les outils dont ils ont besoin. <i>Omnia artis alicujus instrumenta, supellex.</i> On le dit encore des pièces qu'on applique aux fontaines jaillissantes pour en diversifier le jet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="884" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFÛTER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFÛTER</head>
    <p>
    AFFÛTER , v. act. Disposer le canon à tirer, le mettre en mire. <i>Tormentum ad emissionem disponere, librare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="884" id="2" type="">
   <index type="head" value="AFFÛTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFÛTER</head>
    <p>
    Affûter , signifie aussi chez les Ouvriers, Aiguiser ses outils. <i>Acuere, exacuere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="884" id="3" type="">
   <index type="head" value="AFFÛTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFÛTER</head>
    <p>
    Affûté, ée , adj. On dit qu'un artisan est <i>affûté</i> de tous ses outils, quand il a près de lui tous ceux dont il a besoin pour travailler. <i>Comparatus ab omnibus instrumentis, ab omni artis suppellectile.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="884" id="4" type="">
   <index type="head" value="AFFÛTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFFÛTER</head>
    <p>
    Affûté , se dit aussi figurément d'une personne qui est venue préparée &amp; disposée à dire ou à faire quelque chose. <i>Meditatus.</i> Ils étoient trois ou quatre Juges <i>affûtés</i> pour faire gagner le procès à cet homme-là.</p><p>Nicod dérive tous ces mots de <i>fustis, bâton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="885" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFFUTIAU" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AFFUTIAU</head>
    <p>
    &#9758; AFFUTIAU , s. m. Terme bas &amp; populaire, pour signifier <i>bagatelle, brimborion, affiquet,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="886" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFICHIER & AFICHER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFICHIER & AFICHER</head>
    <p>
    AFICHIER &amp; AFICHER , Vieux mot, qui veut dire, <i>attacher, mettre son application.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="887" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFIÈRT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFIÈRT</head>
    <p>
    AFIÈRT , Vieux mot, qui veut dire <i>convient, appartient.</i> <pb n="104" facs="bpt6k8542165/f144/full/1200,/0/native.jpg"/>Voyez Borel, Nicod, le Songe du Vergier, &amp; les Stances Chrétiennes, où il est dit,</p><p>Borel dit qu'<i>affertir</i> veut dire appartenir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="888" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFILIATION" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFILIATION</head>
    <p>
    AFILIATION , Voyez <ref type="search" target="head:AFFILIATION">AFFILIATION</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="889" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFILIER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFILIER</head>
    <p>
    AFILIER , Voyez <ref type="search" target="head:AFFILIER">AFFILIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="890" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFIN" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFIN</head>
    <p>
    AFIN , Conjonction qui dénote l'intention, &amp; signifie, Pour, à dessein, <i>Ut, ad.</i> Elle est toujours suivie d'un <i>de,</i> ou d'un <i>que.</i> Quand elle est suivie d'un <i>de,</i> elle régit l'infinitif. Cet Abbé prêche <i>afin</i> d'obtenir un Evêché, <i>afin de</i> parvenir à l'Episcopat. Je suis venu ici <i>afin de</i> vuider d'affaire. Faites, Seigneur, que nous connoissions la briéveté de nos jours, <i>afin d</i>'acquérir la sagesse du coeur. Port-R. Et quand cette conjonction est suivie d'un <i>que,</i> elle régit le subjonctif : <i>Afin que</i> vous y mettiez ordre. <i>Afin que</i> je voie la fin de mon procès. <i>Afin que</i> nous puissions savoir ce que vous faites. <i>Afin qu</i>'on ne fût informé de rien, il ordonna, &amp;c. Ablanc. Elle régit même bien souvent deux constructions différentes dans une même période : J'ai tenu cette conduite, <i>afin de</i> faire voir mon innocence à mes Juges, &amp; <i>que</i> l'imposture ne triomphe pas de la vérité. Vaug. Il est vrai que M. Corneille, dans ses notes, n'approuve pas tout-à-fait cette dernière façon de parler ; mais elle est trop usitée, &amp; trop utile pour la rejetter. Je veux vous le donner chez-vous, <i>afin de</i> le guérir avec plus de commodité, &amp; <i>qu'il</i> soit vû de moins de monde. Mol. Au reste, <i>pour</i> avec l'infinif, est bien plus en usage qu'<i>afin de</i> &amp; qu'<i>afin que.</i> Quand on est obligé de se servir d'<i>afin que,</i> &amp; qu'on veut le répéter dans une même période, on ne répète que la seconde partie, la première étant sous-entendue : Ils livreront le Fils de l'homme aux Gentils, <i>afin qu</i>'ils le traitent avec outrage, &amp; <i>qu</i>'ils le fouettent &amp; le crucifient. Port-R. Ménage dérive ce mot de <i>ad finem.</i> Le Peuple dit, dans de certaines Provinces, <i>A celle fin que. Ad eum finem ut.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="891" id="1" type="">
   <index type="head" value="AFRICAIN, AINE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AFRICAIN, AINE</head>
    <p>
    AFRICAIN, AINE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est d'Afrique, qui appartient à cette partie du monde. <i>Afer, Africanus.</i> Annibal, Asdrubal, Tèrence, Tertullien, S. Cyprien, S. Augustin, sont d'illustres <i>Africains.</i></p><p><i>Africain</i> a été le surnom de P. Cornelius Scipion, qui prit Carthage, la détruisit, &amp; défit pour jamais Rome d'une si terrible ennemie. C'est en récompense d'un service si considérable qu'on lui donna le surnom d'<i>Africain,</i> comme on donna à son frère celui d'Asiatique. Nous avons des médailles où l'on voit d'un côté la tête de Scipion nue, avec ces mots. P. Scipio Afric. &amp; de l'autre, Scipion dans un char à quatre chevaux, &amp; Cart. Subact. <i>Africain</i> a encore été le surnom d'un Historien &amp; Chronologiste fameux du IIIe. siècle, natif de Palestine, dont nous n'avons plus rien que les fragmens que nous en ont conservé Eusèbe &amp; Syncelle. Il se nommoit <i>Julius Africanus,</i> qu'il ne faut point confondre avec <i>Sextus</i> ou <i>Cestus Africanus,</i> comme ont fait Eusèbe, &amp; après lui Photius &amp; Syncelle. Quand on parle de Scipion, on ajoûte toujours l'article, Scipion l'<i>Africain.</i> Quand on parle des deux autres on ne met jamais d'article, Jules <i>Africain,</i> ou seulement <i>Africain,</i> le plus souvent même en parlant François on retient leurs noms Latins, <i>Julius Africanus,</i> ou seulement <i>Africanus.</i> Quand on dit simplement <i>Aricain,</i> ou <i>Africanus,</i> c'est de Jules qu'on parle, &amp; non pas de Sextus. Voyez Marmol, Liv. I. Ch. 1. 2. 3. 4. 5.</p><p>Il y a aussi un Saint nommé <i>Africain.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Afrigne">Afrigne</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="891" id="2" type="fleuriste">
   <index type="head" value="AFRICAIN, AINE" />
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    <head>AFRICAIN, AINE</head>
    <p>
    Africain , s. m. Terme de Fleuriste . Renoncule jaune doré, marqueté de nacorat, sur un fond jaune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="892" id="1" type="">
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    <head>AFRIGNE</head>
    <p>
    AFRIGNE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Africanus.</i> S. Africain, vulgairement <i>S. Afrigne,</i> plus communément encore S. Efrique, &amp; par corruption S. Frique &amp; San-Fric, étoit Evêque de la Ville de Comminge en Gascogne au VIe. siècle. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="893" id="1" type="">
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    <head>AFRIQUE</head>
    <p>
    AFRIQUE , s. f. <i>Africa.</i> Troisième partie du monde, au Midi de l'Europe. Elle est bornée au Septentrion par la mer Méditerranée, à l'Occident &amp; au midi par l'Océan ; &amp; à l'Orient par le détroit Arabique. Les anciens Géographes la bornent tous à l'Orient par le Nil ; &amp; ce qui est entre le Nil &amp; la mer Rouge ; ils le donnent à l'Afie, <i>Africa ab Orientis parte Nilo terminatur, pelago a coeteris.</i> Mela. L. I. ch. 4. Voyez Marmol Liv. I. c. 1. 3. 4. 5. Diego de Torrez Hist. des Chérifs Ch. 12. &amp; la déscription d'Afrique de Jean Léon l'Africain, qui se trouve dans les Navigations &amp; Voyages recueillis en Italie, par Ramusio. On n'est point d'accord sur l'origine &amp; sur la signification de ce mot. Quelques Auteurs prétendent qu'elle est ainsi nommée du mot Arabe <i>Iphrik,</i> qui vient du verbe <i>Faraka, divifit,</i> il a divisé, ou séparé ; &amp; l'on apporte deux raisons de cette étymologie : la première, est que cette partie de la terre est séparée de toutes les autres, soit par la mer, soit par le Nil, qui, comme je l'ai dit, en faisoit autrefois les bornes du côté de l'Orient. L'autre est, qu'un certain Iphric, qui a regné dans ces contrées, lui a laissé son nom. Marmol, L. I. Ch. 1. se déclare pour cette étymologie. D'autres disent que ce nom vient du mot Hébreu , <i>aphar,</i> qui signifie <i>poussière,</i> parce que le pays est extrêmement aride &amp; sabloneux. Josephe, au Liv. I. de ses Antiquités Judaiques c. 16. prétend que ce nom lui vient d'Ophre, fils de Mandane, &amp; petit-fils d'Abraham, qui s'empara, dit-il, de la Lybie, &amp; dont les descendans la posséderent, &amp; la nommerent de son nom, <i>Afrique.</i> Servius &amp; Ifidorius disent que <i>Africa,</i> ou <i>Aphrica,</i> est la même chose que <i>Aprica</i> ; comme qui diroit, exposée au Soleil. Quelques Grammairiens dérivent ce nom de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , horreur, comme qui diroit une terre qui ne fait point frissonner, qui n'a jamais de froid, ni d'hiver. Dans Eusèbe, Liv. IX. de la Prép. &amp; dans Josephe, Liv. I. des Ant. ch. 16. Alexandre Polyhistor rapporte le sentiment d'un certain Cléodémus, qui prétendoit que parmi les enfans qu'Abraham avoit eus de Chettura, il y en avoit un nommé Apher, &amp; un autre nommé Aphran ; que l'un avoit donné son nom à la ville d'Afia, &amp; l'autre à l'<i>Afrique.</i> Solin &amp; Cedrenus prétendent que ce nom lui vient d'Afer fils d'Hercules. D'autres prétendent qu'il lui vient d'Ophir fils de Jectan, ou de l'autre Ophir dont parle l'Ecriture, &amp; que l'<i>Afrique</i> est la terre d'Ophir si fameuse par le commerce qu'y faisoit Salomon. Bochart, dans son Chanaan L. I. ch. 15. rejette toutes ces étymologies, &amp; prétend que ce nom vient de , <i>pharach,</i> qui en Syriaque &amp; en Arabe signifie <i>frotter</i> ; &amp; d'où s'est formé , <i>pheruch</i> ou , <i>pherich,</i> qui signifie <i>un epi de ble</i> ; que de-là est venu le nom <i>Africa,</i> comme si l'on avoit voulu dire, <i>une terre d'épis,</i> parce que ce pays est fertile en blé. Quoiqu'il n'y ait rien d'assuré sur l'origine de ce nom, j'aimerois beaucoup mieux le faire venir d'Ophir, non pas de celui qui donna son nom à la terre où Salomon envoyoit ses flottes, mais d'un autre que l'Ecriture place à l'entrée de l'Afrique, &amp; qui probablement s'avança dans ce pays. La raison est 1°. Que dans ces premiers temps les terres n'ont point pris leur nom des qualités qu'elles avoient, mais de ceux qui les occupoient. 2°. Parce que ç'a été la coutume de donner le nom de ceux qu'on rencontroit d'abord à l'entrée, à tout le pays qu'ils avoient derrière eux. L'<i>Afrique</i> s'étend depuis le 35e. degré de latitude septentrionale, jusqu'au 35e. de latitude méridionale, &amp; depuis le troisième degré de longitude, jusqu'au 83e.</p><p>Sur les médailles, l'<i>Afrique</i> est coëffée d'une tête d'Eléphant, dont la trompe avance au-dessus du front ; de la même manière que Bérénice, &amp; Cléopatre, Reines d'Egypte, le sont aussi quelquefois.</p><p>On appelle en particulier <i>Afrique,</i> une Province de l'<i>Afrique</i> sur les côtes de la Méditerranée, entre la Mauritanie à l'Occident, &amp; la Cyrénaique à l'Orient ; c'est la partie Orientale de ce que nous appellons aujourd'hui Barbarie. Les Arabes n'appellent <i>Afrique, Afrikiaf,</i> que cette Province ; car l'<i>Afrique</i> en général, qui passe pour la troisième partie du monde, ils l'appellent <i>Magreb,</i> ou plutôt <i>Macreb,</i> qui veut dire <i>Occident.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="893" id="2" type="">
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    <head>AFRIQUE</head>
    <p>
    Afrique , est encore une Ville d'<i>Afrique</i> sur la côte de la Méditerranée, que quelques-uns prennent pour l'ancienne Leptis, &amp; Marmol pour Adrumète ; mais il s'est trompé : elle est à vingt lieues d'Adrumète, &amp; c'est plutôt l'<i>Aphrodisium</i> des Anciens. Le Calife Mehedi l'ayant fortifiée la nomma Méhédie. Des corsaires de Sicile s'en étant saisis, <pb n="105" facs="bpt6k8542165/f145/full/1200,/0/native.jpg"/>l'appellerent ensuite <i>Afrique,</i> &amp; ce nom lui est resté. Charles V. la prit en 1550. &amp; la ruina. Voyez Marmol, Liv. VI. Ch. 26. &amp; 28. Il y en a aussi une de ce nom en Languedoc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="894" id="1" type="">
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    <head>AFTOMATES</head>
    <p>
    AFTOMATES . Voyez <ref type="search" target="head:AUTOMATES">AUTOMATES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="895" id="1" type="">
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    <head>AGA</head>
    <p>
    AGA . Interjection admirative. Vieux mot &amp; populaire, qui vient d'un autre vieux mot, <i>Agardez,</i> pour dire, <i>Regardez, voyez un peu.</i> M. Huet croit que ce mot est purement Hébreu, &amp; que c'est une abbréviation de deux mots Hébreux, qui signifient <i>animadversio Authoris ;</i> ainsi on a dit <i>aga,</i> pour <i>animadverte.</i> Il y a des Provinces où <i>aga</i> est encore fort usité parmi le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="896" id="1" type="histoire & de relations">
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    <head>AGA</head>
    <p>
    AGA , Terme d'Histoire &amp; de Relations . Ce mot signifie, dans la langue des Mogols, &amp; dans celle des Khovarezmiens, un homme puissant, un Seigneur, &amp; un Commandant. Les Turcs se servent de ce mot pour signifier absolument un Commandant. Ainsi l'<i>Aga</i> des Janissaires est leur Colonel, &amp; le <i>Capi Aga</i> est le Capitaine de la porte du Serrail. On donne par civilité à quelques personnes le titre d'<i>Aga,</i> quoiqu'ils n'aient aucune charge. Quand ce mot est au régime, c'est-à-dire, quand il y a un autre substantif après lui qui en dépend, &amp; que dans nos langues Occidentales nous mettrions au génitif, on dit Agassi, &amp; non pas <i>Aga.</i> Aussi <i>Capi Agassi,</i> signifie l'<i>Aga,</i> ou le Gouverneur des Pages ; Spahilar Agassi, l'<i>Aga,</i> ou le Général de la Cavalerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="897" id="1" type="">
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    <head>AGACE</head>
    <p>
    AGACE , s. f. Espèce de pie, qui a les plumes plus noires que les autres. <i>Pica glandularia.</i> Ce mot vient de l'Italien <i>ragazza</i>, qui signifie <i>garrula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="898" id="1" type="">
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    <head>AGACEMENT</head>
    <p>
    AGACEMENT , s. m. Incommodité, ou douleur qui vient aux dents par le moyen de quelques acides. <i>Dentium hebetatio.</i> L'<i>agacement</i> se fait plutôt dans les gencives que dans les dents mêmes, car si on frotte les gencives avec du vitriol, ou d'autres acides, il en vient le même effet. Dans un combat que fit faire le Duc de Savoye en 1421. d'un ours contre des dogues, le Gouverneur lui frotta les dents avec du vitriol, ce qui lui causa un tel <i>agacement,</i> qu'il ne put mordre les chiens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="899" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGACER" />
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    <head>AGACER</head>
    <p>
    AGACER , v. act. Attaquer, irriter, picotter, provoquer quelqu'un doucement à quelque dispute, ou querelle. <i>Lacessere, provocare.</i> Il l'a si souvent <i>agacé,</i> qu'il a été contraint de répondre. C'est une chose bien agréable de se voir <i>agacer</i> par le mérite d'une jolie femme, quand elle n'a d'enjouement qu'autant qu'il en faut pour plaire. Corn. Ils <i>s'agacent</i> l'un l'autre. Boil.</p><p>Tout cela n'a d'usage que dans le style satyrique, ou badin. Ménage dérive ce mot du Latin <i>acax,</i> du verbe <i>acco,</i> &amp; de <i>acaciare,</i> qui sont factices, d'où il prétend que sont venus <i>agace,</i> &amp; <i>agacer :</i> d'autres du mot <i>lacessere,</i> prétendant qu'on a dit en quelques lieux <i>acesser,</i> pour dire <i>agacer.</i> Il y a plus d'apparence qu'il vient de <i>hegace</i>, vieux mot Celtique &amp; Bas-Breton, qui signifie <i>agacer,</i> où <i>hegasus</i> signifie aussi <i>contentieux.</i> Autrefois on disoit aussi <i>Agacier</i> dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGACER</head>
    <p>
    Agacer , signifie aussi, Endormir, assoupir la faculté de quelque chose, empêcher son action. <i>Hebetare.</i> Les fruits verds &amp; acres <i>agacent</i> les dents ; c'est-à-dire, qu'ils les rendent molles, &amp; en état de ne mâcher qu'avec peine &amp; dégoût. On le dit aussi du tranchant des ferremens. Un couteau est <i>agacé,</i> quand on a coupé du fruit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="899" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGACER" />
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    <head>AGACER</head>
    <p>
    Agacé ée , part. pass. &amp; adj. <i>Lacessitus, provocatus,</i> ou <i>hebetatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AGACERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AGACERIE</head>
    <p>
    &#9758; AGACERIE , s. f. Terme par lequel on exprime les petites choses que dit ou que fait une femme, &amp; les petites manières dont elle se sert pour s'attirer l'attention de quelqu'un qui ne lui déplaît pas. Cette Dame si délicate jugea qu'il étoit temps de me donner de l'espérance, &amp; de me faire penser, mais par les <i>agaceries</i> les plus décentes, que j'etois le mortel fortuné que son coeur avoit choisi. Crebillon le fils.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="901" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGACIN" />
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    <head>AGACIN</head>
    <p>
    AGACIN , s. m. Cors au pied. <i>Clavus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CORS">CORS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="902" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGALLOCUM" />
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    <head>AGALLOCUM</head>
    <p>
    AGALLOCUM . Voyez <ref type="search" target="head:ALOES">ALOES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="903" id="1" type="mer">
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    <head>AGANTE</head>
    <p>
    AGANTE . Terme de mer , c'est-à-dire, prens. Ce mot n'est usité que parmi les matelots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="904" id="1" type="histoire ecclesiastique">
   <index type="head" value="AGAPES" />
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    <head>AGAPES</head>
    <p>
    AGAPES . Terme de l'Histoire Ecclésiastique qui signifioit dans la primitive Eglise Grecque les festins que faisoient ensemble les premiers Chrétiens dans les Eglises, pour entretenir l'union, &amp; la concorde entr'eux. Voici ce qu'en dit Tertullien, dans son Apologétique, pour en expliquer l'origine : Le nom de nos soupers apprend la raison de leur établissement. On leur donne un nom qui signifie en Grec <i>charité.</i> Quelque dépense que l'on y fasse, on regarde comme un gain, une dépense que l'on fait par piété. C'est un rafraîchissement par lequel on soulage les pauvres. Chacun y mangeoit modestement, &amp; le repas finissoit par la prière.</p><p>Saint Paul dans son Epist. I. aux Corinth. Ch. 11. parle de ces <i>Agapes,</i> ou festins, que ceux de Corinthe faisoient dans l'Eglise en l'honneur de celui de Jesus-Christ, lorsqu'il institua l'Eucharistie. Mais au lieu de le faire tous en commun, les riches faisoient leur souper à part ; &amp; c'est ce que Saint Paul reprend, lorsqu'il leur dit : <i>De la manière donc que vous faites ces assemblées, ce n'est point manger la Cène du Seigneur. Car chacun prend &amp; mange par avance le souper qu'il apporte, en sorte que les uns n'ont rien à manger, pendant que les autres font grande chère.</i> La <i>Cène du Seigneur</i> ne se prend pas en ce lieu-là pour l'Eucharistie, mais pour le festin ou souper qui l'accompagnoit, &amp; que les premiers Chrétiens faisoient en mémoire du souper que Jesus-Christ fit avec ses Apôtres, lorsqu'il institua l'Eucharistie. Les Juifs nouvellement convertis faisoient ce festin avec beaucoup d'apparat, pour mieux représenter le festin de la Pâque légale. Les paroles de l'Apôtre semblent insinuer que ce festin se faisoit avant la Communion ; mais il y eut dans la suite, des Ordonnances de l'Eglise, qui obligeoient les fidèles de recevoir l'Eucharistie à jeun ; &amp; ainsi les <i>Agapes</i> ne se firent plus qu'après la Communion.</p><p>Quelques Auteurs ont cru que cette cérémonie ou coutume étoit empruntée des Payens : <i>Mos verò ille, ut referunt,</i> dit Sedulius sur le Chapitre 11. de la 1re Epître aux Corinth. <i>de gentili adhuc superstitione veniebat.</i> C'est même un reproche que Fauste Manichéen fait aux Chrétiens dans S. Augustin, d'avoir changé les sacrifices des Payens en <i>Agapes. Christianos sacrificia Paganorum vertisse in Agapas.</i> Mais si les <i>Agapes</i> tiroient leur origine des Sacrifices, il seroit bien plus vraisemblable, que les premiers Chrétiens auroient suivi en cela ce qui se pratiquoit dans les Sacrifices des Juifs. Le reproche d'un ennemi de l'Eglise, comme Fauste, à qui quelque ressemblance de ces festins à ceux des Payens avoit donné lieu de faire cette calomnie, ne prouve rien. C'est ainsi qu'une infinité de reproches, que nous font les Protestans, sont très-faux. Ces festins qui se faisoient dans les Sacrifices sont fort anciens. On lit au Chap. 18. de l'Exod. v. 12. <i>Jethro, beaupère de Moise, offrit des holocaustes &amp; des sacrifices à Dieu, &amp; Aaron, accompagné des Anciens des Israelites, vint pour manger avec lui en la présence de Dieu.</i> Après tout, il paroît plus vraisemblable que ces festins se faisoient en mémoire du repas que fit Notre Seigneur la veille de sa mort avec ses Disciples, avant l'institution de l'Eucharistie. Saint Paul, qui en savoit bien l'origine, semble le marquer par le mot <i>Coena,</i> souper, &amp; <i>Dominica Coena,</i> souper du Seigneur, dont il s'est servi.</p><p>Il est encore parlé des <i>Agapes,</i> ou festins de charité, dans l'Epître II. de Saint Pierre Chap. 2. v. 13. où ce Saint Apôtre, faisant le portrait de quelques faux Docteurs, dit <i>qu'ils n'aiment que leurs plaisirs ; &amp; que les festins qu'ils font sont de pures débauches.</i> On lit dans les plus anciens manuscrits Grecs le mot d', &amp; dans notre Vulgate, <i>In conviviis suis luxuriantes.</i> Selon cette ancienne leçon ces impies faisoient leurs délices de ces festins, qui n'avoient été établis par les premiers Chrétiens, que pour exercer leur charité envers leurs frères. Il est encore fait mention de ces <i>Agapes</i> au v. 12. de l'Epître de Saint Jude. Ces festins religieux donnerent lieu aux Payens d'accuser les Chrétiens de commettre des impuretés, &amp; de se méler au hasard dans leurs assemblées. Ce mot d'<i>agape,</i> qui en Grec signifie amour, fortifioit le soupçon, &amp; faisoit prendre ces repas de charité <pb n="106" facs="bpt6k8542165/f146/full/1200,/0/native.jpg"/>pour des banquets de dissolution. Le baiser de paix, par lequel finissoit la cérémonie, étoit une nouvelle raison qui confirmoit la médisance, &amp; faisoit conjecturer, que cette marque d'affection fraternelle n'étoit pas tout-à-fait pure, ni tout-à-fait innocente. Pour faire cesser la calomnie, l'on ordonna d'abord que le baiser de paix se donneroit séparément entre les hommes, &amp; de même entre les femmes, afin que le mélange des deux sexes ne donnât plus lieu aux mauvais soupçons, &amp; que la concupiscence ne pût avoir aucune part à cette salutation fraternelle. Il fut ensuite défendu de dresser des lits, pour la commodité de ceux qui vouloient manger plus voluptueusement. Comme cette pratique pouvoit être mal interprétée par les Payens, elle fut absolument retranchée des <i>agapes.</i> Enfin, on fut obligé d'abolir entièrement les <i>agapes</i> mêmes, à cause des abus qui s'y commettoient. Ce fut le Concile de Carthage qui les condamna en 397. en sorte que la mémoire en est presque perdue avec l'usage. Ce mot vient du Grec , <i>dilectio, dilection,</i> charité mutuelle ; du verbe <i>diligo, j'aime, je cheris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="905" id="1" type="">
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    <head>AGAPÈTES</head>
    <p>
    AGAPÈTES , s. f. Bien-aimées. <i>Agapetae.</i> On donnoit ce mot dans l'ancienne Eglise, à des vierges qui vivoient en communauté, ou qui s'associoient avec des Ecclésiastiques, par un motif de piété, &amp; de charité. A cause de cela ils les appelloient Soeurs adoptives. Dès le 1er. siècle il y avoit des femmes qui étoient instituées Diaconesses ; &amp; comme elles se consacroient au service de l'Eglise, elles choisissoient leur demeure chez les Ecclesiastiques, à qui elles rendoient tous les offices de charité conformes à la sainteté de leur ministère. Dans la ferveur des premiers commencemens du Christianisme, il n'y avoit rien de scandaleux dans ces pieuses Sociétés. Mais dans la suite elles dégénérerent en libertinage ; en sorte que S. Jérôme demande avec indignation, <i>Unde Agapetarum pestis in Ecclesias introiit ?</i> Les Conciles, soit pour ôter aux Payens un sujet plausible de calomnie, soit pour éloigner les occasions du mal, contraignirent les Prêtres à se séparer de ces femmes, &amp; défendirent avec beaucoup de sévérité ces <i>Agapètes.</i> S. Athanase raconte d'un Prêtre, nommé Leontius, qu'il offrit de se mutiler, &amp; de retrancher toutes les raisons de soupçon, afin de conserver sa compagne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGARÉEN, ENNE</head>
    <p>
    AGARÉEN, ENNE . <i>Agarenus.</i> Nom de Peuples. Ce sont des Israelites, ainsi nommés du nom d'Agar mère d'Ismaël, duquel ils descendoient. Ils se sont appellés depuis Sarazins. Trajan fit la guerre aux <i>Agaréens,</i> &amp; démantela leur Capitale, appellée Agares. Dion &amp; Strabon disent qu'ils l'obligerent d'en lever le siége.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="907" id="1" type="botanique & de pharmacie">
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    <head>AGARIC</head>
    <p>
    AGARIC , s. m. Terme de Botanique &amp; de Pharmacie . <i>Agaricus, Agaricum, Fungus laricis.</i> C'est une plante qui est de la nature du champignon, dont il ne diffère que par sa structure, &amp; parce qu'il s'attache au tronc des arbres. Il y a plusieurs espèces d'<i>agaric</i> par rapport à leur differente conformation, &amp; par rapport aux arbres sur lesquels elles croissent. Celui qui est employé en Médecine, est blanc, léger, friable, très-amer, &amp; s'attache au tronc du Mélise ou de ses espèces. Cet <i>agaric</i> est appellé <i>agaric</i> femelle, &amp; on l'apporte des Alpes, sur tout du Briançonnois &amp; du Trentin. Celui qui vient du Levant est beaucoup plus blanc, plus léger &amp; plus estimé ; il croît sur le cèdre, arbre qui est une espèce de Mélise. Ce qu'on appelle <i>agaric</i> mâle, est un <i>agaric</i> compact, jaunâtre, quelquefois brun, &amp; qui croît sur les noyers &amp; sur d'autres arbres. Les Teinturiers se servent de ce dernier pour teindre en noir. L'<i>agaric</i> est purgatif, on le joint ordinairement à d'autres purgatifs, à cause qu'il agit fort lentement. L'<i>agaric</i> est chaud &amp; adstringent ; il appaise les tranchées, la sciatique, la suffocation de la matrice. L'on en fait un syrop propre aux mêmes maux, &amp; qui outre cela purge, soulage les maladies du cerveau, le haut mal, les douleurs d'estomac &amp; de rate, &amp; fait uriner. Etant pris un peu devant les accès de fièvres intermittentes, il retarde le frisson : c'est aussi un contrepoison contre la morsure des bêtes venimeuses ; c'est pour quoi il entre dans la thériaque. On peut en user, ou simplement, ou le faire infuser dans de l'eau mêlée, ou dans du vin. La dose est d'une dragme jusqu'à deux, suivant la force des gens. Chomel. L'<i>agaric</i> en naissant n'est pas de la même couleur, que quand il est parfaitement formé. Au commencement il est d'un verd pâle ; mais il est blanc étant parvenu à sa maturité. Il sert à relever l'éclat de l'écarlate. Le vrai est celui qui se trouve sur les Mélises ; car le fossile, que quelques Naturalistes appellent le lait de la Lune, n'en a qu'improprement le nom, &amp; n'en a pas tous les effets. Chomel.</p><p>Ce nom lui a été donné d'une Province de Sarmatie, nommée <i>Agarie,</i> d'où il est venu d'abord, à ce que dit Dioscoride. Scaliger dit qu'il se trompe, &amp; que le nom de Pays est imaginaire, aussi bien que le Pays même. Mais Saumaise, dans son Livre <i>de Homonymis,</i> a justifié Dioscoride. Plusieurs Auteurs, &amp; entr'autres Galien, en parlent comme d'une racine. Mais l'opinion commune est que c'est une espèce de Champignon, qui s'engendre sur le tronc des arbres. Pline dit que toutes sortes d'arbres portans gland, portent l'<i>agaric</i> ; mais il se trompe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="908" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGATE" />
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    <head>AGATE</head>
    <p>
    AGATE , s. f. Pierre précieuse, en partie transparente, en partie opaque. <i>Achates.</i> Il y en a de plusieurs couleurs, ce qui lui a fait donner divers noms chez Pline &amp; les autres Auteurs. On peut réduire les différentes sortes d'<i>agates</i> à quatre espèces ; l'Onix, ou <i>Agate</i> Orientale ; la coraline ; la noire ; &amp; celle d'Allemagne. L'<i>Agate</i> est ordinairement de couleur rouge, &amp; parsemée de lignes &amp; de tâches, qui sont quelquefois disposées d'une manière si admirable, qu'il semble que la nature ait pris soin d'y peindre les figures différentes qu'on y remarque. On y voit des bois, des fleuves, des arbres, des animaux, des fruits, des fleurs, des nuages, &amp; d'autres choses semblables. Camillus Léonardus dit qu'il en a vû une qui représentoit sept arbres situés dans une plaine ; &amp; Boot rapporte qu'il en a une de la grandeur de l'ongle du doigt du milieu, qui représente très-bien un Evêque avec sa mitre. Si on la tourne tant soit peu, on y voit une autre image ; &amp; si on la tourne davantage, on y remarque les portraits d'un homme &amp; d'une femme. Les <i>Agates Sardoines</i> sont de trois couleurs : les vraies sont entièrement rouges, qu'on fait passer pour la carnéole, comme ayant une petite teinture de couleur de chair mêlée de brun. Il y en a d'autres moindres, qui sont en partie mêlées de rougeur, comme celle de sang : &amp; les dernières le sont d'un rouge, tirant sur le jaune. L'<i>Agate Sardonix</i> est composée de la Sardoine &amp; de l'Onix, &amp; a une couleur sanguine &amp; distinguée par des cercles ou zones, qui semblent y avoir été peints par artifice, &amp; quelquefois mêlée d'une blancheur surprenante. Pline, Strabon &amp; Cicéron, disent que la bague de Polycrate étoit de <i>Sardonix</i> : ce qui ne s'accorde pas avec ce qu'on dit de Mithridate, qui avoit quatre mille vases de cette même pierre. Car ou cette bague n'auroit pas été de grand prix, ou ces vases auroient été d'un prix excessif.</p><p>Les <i>Agates Onix</i> sont toutes opaques, de couleur blanchâtre &amp; noire, tellement distinctes, qu'on croiroit qu'elles y ont été appliquées par art.</p><p>Les <i>Agates Onix Sardonix,</i> sont celles où il se rencontre trois couleurs differentes, &amp; néanmoins unies ensemble. On en a ruiné les mines ; &amp; celles qui se trouvent à présent grandes &amp; parfaites, n'ont point de prix. La couche du milieu est propre pour exprimer la carnation du visage ; celle de dessus qui est <i>Sardoine,</i> ou couleur de pourpre, donne la couleur aux vêtemens : &amp; le dessous est d'une autre couleur propre pour faire le fonds, qui détache les deux premieres, &amp; fait un ouvrage merveilleux suivant la science du Graveur. Pyrrhus avoit une <i>Agate</i> où étoient représentées les neuf Muses &amp; Apollon tenant sa harpe.</p><p>L'<i>Agate Calcedoine</i> est à demi opaque, &amp; à demi transparente, &amp; le plus souvent de couleur de rose, remplie de certain nuage. Il y en a d'entièrement blanches, qui sont les plus rares.</p><p>Les <i>Agates</i> d'Egypte sont dures, rouges, &amp; entremêlées de bleu &amp; de blanc. Quand elles sont dans leur perfection, elles ont des couleurs semblables à l'Iris, &amp; sont les plus estimées d'entre les <i>Agates.</i></p><p>L'<i>Agate Romaine</i> ne tient rien de celle d'Orient ; &amp; il y en a de plusieurs couleurs différentes, qui les ont fait nommer différemment. On en faisoit autrefois ces vases mirrhains si fameux dans l'Antiquité, qui avoient diverses couleurs, &amp; qui représentoient diverses figures.</p><p>Il se trouve aussi des <i>Agates</i> en Allemagne, en Pologne, &amp; en Danemarck, dont quelques-unes ont disputé le prix aux Orientales. L'<i>Agate</i> d'Allemagne est tendre, blanche, &amp; bleuâtre ; c'est la moins estimée.</p><p>Les Anciens parlent aussi d'une <i>Agate rouge,</i> comme du corail, <pb n="107" facs="bpt6k8542165/f147/full/1200,/0/native.jpg"/>mouchetée de points d'or, qu'on trouve en Candie, qu'on a nommé <i>Sacrée,</i> parce qu'elle préserve du venin des scorpions, des vipères &amp; des araignées. On a fait de tout temps des cachets d'<i>Agate,</i> parce que cette pierre ne retient point du tout la cire. Les Tireurs d'or brunissent l'or avec une <i>Agate.</i> C'est pour cela que l'instrument même s'appelle <i>Agate.</i> Les <i>Agates</i> servent à enrichir les tabernacles, &amp; les cabinets de marbre, &amp; de marqueterie. Pline dit que les premières <i>Agates</i> furent trouvées en Sicile le long du fleuve <i>Achates,</i> qu'on nomme aujourd'hui le <i>Canthera</i> ; ce qui lui a donné le nom d'<i>Agate.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="908" id="2" type="">
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    <head>AGATE</head>
    <p>
    Agathe , ou Agate. En terme de Fleuriste , est le nom d'un grand nombre de Tulipes, dont voici les noms &amp; les couleurs.</p><p>L'<i>Agathe d'Aste</i> est rouge, pourpre, rose sèche &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Amirale</i> gris de lin, fiamette, rouge vif &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Armand</i> gris de lin sale, colombin &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe d'Arquelaine,</i> colombin obscur, colombin clair &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Royale</i> n'a que trois couleurs, mais parfaitement distinctes &amp; séparées les unes des autres ; elle est pourpre clair, avec du rouge, qui s'étend en panaches dans beaucoup de blanc. C'est une des belles Tulipes du temps.</p><p>L'<i>Agathe Brosset,</i> rouge fort enfoncé, colombin clair, blanc d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe Brillet,</i> colombin blanc, printanière.</p><p>L'<i>Agathe Barbansonne,</i> rouge obscur, colombin clair, &amp; blanc obscur.</p><p>L'<i>Agathe Brune,</i> rouge sur brun, &amp; colombin clair.</p><p>L'<i>Agathe Chapelle,</i> rouge, colombin, &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe coste,</i> gris de lin chargé, rouge vin, &amp; blanc de satin.</p><p>L'<i>Agathe de Cointe,</i> colombin obscur, colombin clair, &amp; blanc terni.</p><p>L'<i>Agathe Castelain,</i> colombin, rouge pâle, &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Chon,</i> colombin, minime, &amp; couleur de citron terni.</p><p>L'<i>Agathe dentelée</i> a du colombin, chargé de rouge avec du blanc.</p><p>L'<i>Agathe de Dru,</i> couleur de rose mêlée d'incarnat colombin, couleur de citron &amp; blanc terni.</p><p>L'<i>Agathe Datte,</i> gris-lavandé, &amp; pourpre cramoisi.</p><p>L'<i>Agathe d'Epine,</i> blanc de lait, &amp; tacheté de rouge cramoisi clair.</p><p>L'<i>Agathe Ferrans,</i> pourpre enfoncé, couleur de Viceroi &amp; peu de blanc.</p><p>L'<i>Agathe Frioul,</i> gris de lin enfumé, tristamin, &amp; couleur de citron brouillé.</p><p>L'<i>Agathe Guerin,</i> feuille morte &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Gobelet,</i> rouge cramoisi, colombin, blanc &amp; jaune.</p><p>L'<i>Agathe Gobelin</i> est ornée de cinq couleurs, d'incarnat, de rouge, de jaune &amp; de lacque, chargé de chamois.</p><p>L'<i>Agathe Gorle,</i> rouge, sang de boeuf &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Gorion,</i> rouge obscur, colombin &amp; citron.</p><p>L'<i>Agathe la Déserte,</i> colombin &amp; peu de blanc, printanière.</p><p>L'<i>Agathe Lante,</i> amarante &amp; blanc, non d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe Lionnoise,</i> couleur de brique, colombin, &amp; blanc, le tout brouillé.</p><p>L'<i>Agathe Lornay,</i> colombin &amp; blanc, non d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe Minime</i> a quatre couleurs assez distinctes, qui sont gris de lin, jaune, amarante, &amp; rouge.</p><p>L'<i>Agathe Monsieur de Chartres,</i> colombin obscur, gris lavandé, &amp; de blanc.</p><p>L'<i>Agathe Magnin,</i> colombin, obscur, mêlé d'un colombin clair &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Mole,</i> colombin obscur, colombin clair &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Morin</i> a du pourpre, &amp; du gris sale dans beaucoup de blanc.</p><p>L'<i>Agathe Molard,</i> colombin obscur, gris lavandé &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Ochée,</i> tristamin, rouge &amp; chamois.</p><p>L'<i>Agathe la Piemande,</i> gris de lin, colombin, rouge, &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe Proserpine,</i> minime, brûlé jaune, &amp; citron terni.</p><p>L'<i>Agathe Patin,</i> couleur de rose, colombin &amp; blanc, non d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe Picot,</i> colombin obscur, colombin clair, &amp; blanc terni.</p><p>L'<i>Agathe de Quibly,</i> gris de lin, colombin obscur, colombin clair, &amp; blanc d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe Roussi,</i> rouge brun, colombin, &amp; blanc d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe Rivière,</i> rouge brûlé, colombin obscur, &amp; un peu de blanc terni.</p><p>L'<i>Agathe Robain</i> a du pourpre, du rouge &amp; du blanc ; mais quoiqu'elle ait les couleurs de l'<i>Agathe Royale,</i> néanmoins elle est fort différente : l'<i>Agathe Royale</i> a beaucoup plus de blanc, &amp; les panaches ne sont pas semblables.</p><p>L'<i>Agathe Romaine</i> est colombine, avec un peu de la copie &amp; du blanc.</p><p>L'<i>Agathe S. Marc</i> est gris de lin, incarnat &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe sans pareille,</i> rouge cramoisi, colombin, &amp; blanc d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe Saunier,</i> gris de lin clair, colombin &amp; blanc d'entrée.</p><p>L'<i>Agathe sauvage,</i> violet, pourpre enfoncé &amp; blanc.</p><p>L'<i>Agathe du Vasseur</i> est d'un gris violet, avec du blanc &amp; un peu d'incarnat.</p><p>On a fait une devise d'une <i>Agathe</i> avec ce mot, <i>Copiâ vilescit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="909" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGATHANGE" />
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    <head>AGATHANGE</head>
    <p>
    AGATHANGE , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Agathangelus.</i> Ce mot est Grec, composé de , <i>bon,</i> &amp; , Ange. Il y avoit aux Fauxbourgs de Constantinople, où est maintenant le quartier de Pera, une Église de Saint Clément Evêque d'Ancyre, &amp; de S. <i>Agathange</i> son Diacre, bâtie par l'Empereur Basile le Macédonien. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="910" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AGATHE, GATTE" />
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    <head>AGATHE, GATTE</head>
    <p>
    AGATHE, GATTE ; ou JATTE, s. f. Terme de Marine . C'est le retranchement que l'on fait au dedans de l'avant d'un vaisseau, pour recevoir l'eau que les coups de mer font entrer par les écubiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="911" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGATHYRSES" />
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    <head>AGATHYRSES</head>
    <p>
    AGATHYRSES , s. m. plur. <i>Agathyrsi.</i> C'est le nom d'un ancien Peuple de la Sarmatie d'Europe. Hérodote parle des <i>Agathyrses,</i> comme d'un Peuple très-mol. Le même Auteur les appelle , gens qui portent de l'or ; &amp; S. Jérôme assure qu'avec beaucoup d'or, les <i>Agathyrses</i> n'avoient ni avarice ni envie. Virgile dit qu'ils étoient peints <i>pictique Agathyrsi</i> ; ce que quelques Commentateurs expliquent des habits de différentes couleurs dont ils se vêtoient ; &amp; d'autres, de ce qu'ils se peignoient le corps &amp; les cheveux.</p><p>Je trouve trois différentes opinions sur l'origine du nom des <i>Agathyrses.</i> Car, 1°. Quelques-uns prétendent qu'ils le tenoient d'un Agathyrse fils d'Hercule, &amp; c'est l'opinion d'Etienne le Lybien. 2°. Pisandre dans Suidas prétend qu'il vient de ch. 8. des Thyrses de Bacchus. 3°. Bochart dans son Phaleg. Liv. III. ch. 2. prétend sur la ressemblance de la troisième partie de ce nom, que ce sont les descendans de Thiras fils de Japhet. Gen. X. 2. aussi-bien que les Thraces, dont ils étoient voisins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="912" id="1" type="coutume">
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    <head>AGATIS</head>
    <p>
    AGATIS , s. m. Terme de Coutume . C'est le dégât, ou dommage, fait &amp; causé par des bêtes. Ragueau. <i>Damnum à pecoribus illatum.</i> Voyez la Coutume d'Angoumois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="913" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGDE" />
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    <head>AGDE</head>
    <p>
    AGDE . <i>Agatha.</i> Ville de France dans le bas Languedoc, sur la rivière d'Eraut. Elle a un Evêché, dont le Diocèse est le plus petit du Royaume après Bethléem, n'ayant que dix-neuf Paroisses. <i>Agde,</i> dit Strabon, Liv. IV. est une Colonie des Marseillois ; &amp; l'on prétend qu'ils la bâtirent en mémoire de quelque victoire, comme ils avoient bâti Nice en mémoire de l'avantage qu'ils remporterent sur les Liguriens, Dans une ancienne notice de la Gaule, <i>Agde</i> tient le cinquième lieu entre les Villes de la première Narbonnoise ; mais dans une autre plus ancienne, &amp; qui semble être faite sous l'empire d'Honorius, il n'en est point parlé, peut-être, parce qu'elle n'avoit point encore d'Evêché ; car on ne trouve point d'Evêque d'<i>Agde</i> avant l'an 506. de Jesus-Christ qu'on y tint un Concile. On lit dans Pline <i>Agathopolis Massiliensium,</i> parce que ce sont les Marseillois qui ont bâti <i>Agde.</i> Chorier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="914" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂGE" />
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    <head>ÂGE</head>
    <p>
    ÂGE , s. m. On écrivoit autrefois <i>aage,</i> ou <i>eage.</i> C'est la durée naturelle de chaque chose, &amp; spécialement la durée ordinaire de la vie de l'homme. <i>Aetas.</i> L'<i>âge</i> de l'homme a été borné à 120. ans en la Genèse, Ch. 6.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="914" id="2" type="">
   <index type="head" value="ÂGE" />
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    <head>ÂGE</head>
    <p>
    Âge , signifie aussi, l'état de l'homme en certaines parties de sa vie, laquelle on partage ordinairement en quatre <i>âges</i> différens, l'enfance, la jeunesse, l'<i>âge</i> viril, &amp; la vieillesse. <pb n="108" facs="bpt6k8542165/f148/full/1200,/0/native.jpg"/>L'<i>âge</i> d'innocence, l'<i>âge</i> tendre, c'est jusqu'à sept ans. <i>Pueritia.</i> L'adolescence, l'<i>âge</i> de puberté, c'est l'<i>âge</i> nubile au-dessus de quatorze ans. <i>Adolescentia.</i> La fleur de l'<i>âge,</i> c'est la jeunesse jusqu'à 30. ou 35. ans. <i>Juventus.</i> La force de l'<i>âge,</i> l'<i>âge</i> mûr, l'<i>âge</i> viril jusqu'à 50. ans. <i>Virilis aetas.</i> Après quoi commence le déclin de l'<i>âge,</i> qui fait la vieillesse. <i>Senectus.</i> L'<i>âge</i> décrépit, c'est au-dessus de 75. ans. c'est le dernier <i>âge</i> de la vie. <i>Decrepita, exacta, extrema aetas.</i> L'<i>âge</i> d'homme, c'est l'<i>âge</i> ordinaire de la vie des hommes, de 50. ou 60. ans. Jamais on n'est dans un <i>âge</i> trop avancé pour étudier, ou pour apprendre, disoit S. Augustin, écrivant à S. Jérôme. <i>Aetas nulla ad discendum sera.</i> La malice supplée à l'<i>âge,</i> dit la Loi 3. <i>Cod. Si minor</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="914" id="3" type="">
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    <head>ÂGE</head>
    <p>
    Âge . Ce mot étant employé absolument, signifie vieillesse. <i>Senectus.</i> Etre sur l'<i>âge,</i> c'est être avancé en <i>âge,</i> être sur le penchant de l'<i>âge,</i> être sur le retour de l'<i>âge</i> ; tout cela signifie être vieux.</p><p>Etre entre deux <i>âges,</i> c'est n'être ni jeune ni vieux. <i>Aetas media.</i> Etre dans le bel <i>âge,</i> c'est être jeune, c'est être dans l'<i>âge</i> des plaisirs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="914" id="4" type="">
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    <head>ÂGE</head>
    <p>
    Âge , signifie aussi le temps qu'il y a que l'on est au monde. Nous sommes de même <i>âge.</i> Le secret de l'<i>âge</i> est le seul que les femmes gardent inviolablement. Tibère avertit le Sénat de ne point enorgueillir les esprits de la jeunesse, par des honneurs au-dessus de leur <i>âge.</i> Ablanc.</p><p>Dans les Maîtrises des Eaux &amp; Forêts, on appelle l'<i>âge</i> du bois, ou <i>usance</i> de bois, le temps qu'il y a qu'on a coupé un taillis. L'Ordonnance veut que dans la coupe des taillis on laisse seize balliveaux par arpent de l'<i>âge</i> du bois, pour croître en haute futaie. Un chêne à cent ans, est en <i>age</i> de consistence, c'est-à-dire, il ne croît plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="914" id="5" type="chasse">
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    <head>ÂGE</head>
    <p>
    Âge , en termes de Chasse , se dit de la connoissance qu'on a de l'<i>âge</i> des cerfs par l'ouverture de la tête, par la groffeur du marrein, par les rayeures plus creuses, par les perlures plus grosses, par les andouillers plus près des meules, par la largeur du talon du pied de devant, &amp; la petitesse du pied de derrière, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="914" id="6" type="manege">
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    <head>ÂGE</head>
    <p>
    Âge , se dit aussi en termes de Manége , de la connoissance qu'on a de l'<i>âge</i> du cheval par plusieurs marques, comme les dents, les coins, le germe de fève, &amp;c. de sorte qu'on dit qu'il n'a plus d'<i>age,</i> quand il ne marque plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="914" id="7" type="jurisprudence">
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    <head>ÂGE</head>
    <p>
    Âge , se dit aussi du fait des nourrices ; &amp; c'est le temps qui s'est écoulé depuis que la nourrice a été en couche. Quel <i>âge</i> a votre lait ? On ne doit point faire de difficulté de donner deux nourrices à un enfant, pourvu que l'<i>âge</i> des laits &amp; des personnes ait quelque rapport. Mart. <i>Disc. sur les dents.</i></p><p>En Astronomie, l'<i>âge</i> de la lune signifie les jours qui se sont écoulés depuis sa conjonction ; autrement, le quantième de la lune.</p><p>En Chronologie, on appelle l'<i>âge</i> du monde, le temps qui s'est écoulé depuis sa création. L'Incarnation est arrivée en l'an 3947. de l'<i>âge</i> du monde. On peut réduire les différens <i>âges</i> du monde à trois principales époques. L'<i>âge</i> de la Loi de la nature, depuis Adam jusqu'à Moise : l'<i>age</i> de la Loi, jusqu'à Jesus-Christ : l'<i>age</i> de la Loi de Grace, depuis Jesus-Christ jusqu'à présent 1741. Le premier <i>âge</i> est, selon David Ganz &amp; la Chronologie des Juifs, de 2447. ans ; selon Scaliger de 2452. ; selon le P. Petau de 2453. ; selon Jacques Cappel de 2501. ; selon Louis Cappel de 2508. ; selon Ussérius de 2513. ; selon Salien de 2543. ans. Le second <i>âge</i> est, selon Génébrard de 1420. ans ; selon Ussérius de 1491. ; selon Jacques Cappel de 1498. ; selon Scaliger de 1508. ; selon le Pere Petau de 1531. ; selon Louis Cappel de 1557. ; selon Salien de 1959. ; &amp; selon Ganz &amp; les Juifs de 1312. ou environ ; car ils savent peu l'année de la naissance de Jesus-Christ : ils varient sur cela, comme on le peut voir dans les Observations de Vorstius sur l'ouvrage de David Ganz, &amp; ne marquent point cette époque dans leurs Chronologies. Le troisième <i>âge</i> est de 1741 ans. Nous entrons dans la 1742e. année de l'Ere de Jesus-Christ. Les Chronologistes ne conviennent cependant pas sur cela. Le P. Petau croit que Jesus-Christ est né quatre ans avant l'Ere commune, &amp; par conséquent il augmente le troisième <i>âge</i> de quatre ans. Marcus Anton. Capellus l'augmente de cinq ; Baronius &amp; Scaliger de deux. Le P. Pagi croit qu'on ne peut rien déterminer de certain sur cela. Je crois qu'il se trompe, &amp; qu'il est sûr que l'Ere commune s'accorde avec la véritable Ere de Jesus-Christ. Les Romains distinguoient en trois <i>âges</i> tout le temps qui les avoit précédés. L'<i>âge</i> obscur, ou incertain, qu'ils étendoient jusqu'au temps d'Ogygès Roi de l'Attique, sous lequel arriva le déluge en Grèce : l'<i>âge</i> des fables, ou des Héros, jusqu'à la première Olympiade : &amp; l'<i>âge</i> de l'Histoire, qui commence à la fondation de Rome. Depuis plusieurs <i>âges,</i> c'est-à-dire, depuis plusieurs siècles. C'est un homme de tous les temps &amp; de tous les <i>âges</i> ; pour dire, qu'il a la connoissance de toutes les Histoires vieilles &amp; modernes. Chez les Poëtes les quatre <i>âges</i> du monde sont les siècles d'or, d'argent, d'airain &amp; de fer. Voyez Ovide au premier Livre des Metamorph. &amp; mieux encore Hésiode, dans son Poëme intitulé, , <i>Opera &amp; dies,</i> v. 108. &amp; suiv. C'est le premier, &amp; celui qui a le mieux décrit ces quatre <i>âges.</i></p><p>On a fait dire à Saturne,</p><p>Les Indiens comptent aussi quatre <i>âges,</i> depuis le commencement du monde. Le premier, qu'ils nous représentent comme un siècle d'or, a duré, disent-ils, 1728000. ans. C'est alors que fut formé le Dieu Brame ; les hommes étoient d'une taille gigantesque. Leurs moeurs étoient innocentes ; ils étoient exemts de maladie, &amp; vivoient jusqu'à 400. ans. Dans le second <i>âge,</i> qui a duré 1296000. ans, sont nés les Rajas. Le vice commença à se glisser dans le monde. Les hommes vivoient jusqu'à 300 ans : leur taille n'étoit pas si grande que dans le premier <i>âge.</i> Le troisième a duré 8064000 ans : le vice augmenta beaucoup ; aussi ne vécut-on que 200. ans. Le dernier <i>âge</i> est celui où nous vivons, &amp; où la vie de l'homme est diminuée des trois quarts. Le vice a pris la place de la vertu, &amp;c. Ils prétendent qu'il s'en est déja écoulé 4027195. ans. Lettr. éd.</p><p>On dit proverbialement à ceux qui reprochent à quelqu'un son <i>âge,</i> que l'<i>âge</i> n'est fait que pour le chevaux ; pour dire, qu'il faut considérer seulement la beauté, la force, la santé d'une personne, plutôt que son <i>âge.</i> On dit encore, en burlesque, s'il vit, il aura de l'<i>âge.</i> Laissez faire à George, il est homme d'<i>âge.</i> Voyez <ref type="search" target="head:George">George</ref>.</p><p>On dit en termes de Jurisprudence , Il est en <i>âge,</i> c'est-à-dire, en majorité, il est capable de conduire ses affaires. <i>Sui juris, suae tutelae factus est.</i> L'Ordonnance de Blois, art. 28. conforme au Concile de Trente, a fixé l'<i>âge</i> de la profession Religieuse à 16. ans accomplis. Il étoit en bas <i>âge,</i> c'est-à-dire, il étoit mineur ; &amp; on dit à la Chancellerie, Lettres de bénéfice d'<i>âge</i> : ce sont les lettres d'émancipation qui affranchissent un mineur de la puissance d'un tuteur, &amp; qui lui donnent pouvoir de jouir du revenu de son bien : on ne les obtient guère avant l'<i>âge</i> de 18 ans..</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="915" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂGÉ, ÉE" />
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    <head>ÂGÉ, ÉE</head>
    <p>
    ÂGÉ, ÉE , adj. Qui a atteint quelque âge. Il est <i>âgé</i> de 20. ans. <i>Annos natus viginti. Agé</i> se dit absolument d'un vieillard, d'un homme avancé en âge. <i>Aetate provectus.</i></p><p>On dit encore, qu'un homme est <i>âgé,</i> non-seulement pour dire qu'il est en majorité, mais encore qu'il est en âge compétent de faire des actes en Justice, comme de contracter, faire testament, de rendre foi &amp; hommage. Cet âge est différemment prescrit par les Loix, &amp; les Coutumes. Il étoit alors <i>âgé,</i> pour faire telle chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="916" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="AGÉMOGLAN" />
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    <head>AGÉMOGLAN</head>
    <p>
    AGÉMOGLAN . s. m. Terme de Relation . Ce mot est composé de deux noms Arabes, savoir 1°. , <i>agem,</i> qui signifie en général, selon la remarque de M. d'Herbelot, <pb n="109" facs="bpt6k8542165/f149/full/1200,/0/native.jpg"/>ce que Barbare signifioit chez les Grecs ; car chez les Arabes il comprend tout ce qui n'est point Arabe, &amp; chez les Turcs tout ce qui n'est point Turc. Et comme les Hébreux divisoient le monde en Hébreux &amp; en Nations, les Arabes &amp; les Turcs le divisent en Arabes, ou Turcs, &amp; en <i>Agemoglans.</i> 2°. du nom Arabe , qui veut dire Enfant. Ainsi <i>Agémoglan</i> signifie, un enfant Barbare, qui n'est pas Turc ; ou comme l'on pourroit dire en notre langue, un enfant gentil ; parce que ces <i>Agémoglans</i> sont les enfans de tribut que le Grand Seigneur leve de trois ans en trois ans sur les Chrétiens qu'il souffre dans ses Etats.</p><p>Quelques-uns disent <i>Azamoglans.</i> Les Janissaires sont tirés des enfans de tribut appellés par les Turcs <i>Azamoglans.</i> Des Commissaires les vont prendre de gré, ou de force, jusques dans les maisons des Chrétiens, où de trois qu'ils en trouvent, ils en enlèvent un, s'adressant toujours à ceux qui leur semblent les plus beaux &amp; les plus adroits. On les amene incontinent à Constantinople, ou à Gallipoli. Là ils sont premièrement circoncis ; puis on les instruit en la Religion Mahometane, &amp; on leur donne des maîtres qui prennent soin de leur enseigner la langue Turque, &amp; de les dresser aux exercices de la guerre, jusqu'à ce qu'ils soient en âge de pouvoir porter les armes. Que s'il arrive qu'ils n'y soient point jugés propres, on les emploie en tels cas à servir dans le Serrail aux actions les plus viles, comme par exemple, aux cuisines, aux écuries, aux jardins, &amp;c. Mais quelque petit que soit cet emploi, s'ils s'en acquittent comme il faut, souvent de ces degrés, bien que bas, ils sont élevés aux plus hautes dignités de la Porte &amp; du Serrail. Dan. M. d'Herbelot dit qu'<i>Azamoglan</i> est la prononciation vulgaire. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas la plus vraie &amp; la plus conforme à l'origine de ce nom, comme il paroît par ce que nous avons dit. Nicolai, qui en parle assez en détail dans ses <i>Navigations &amp; Pérégrinations Orientales</i> L. III. ch. 1. &amp; 2. écrit aussi <i>Azamoglan ;</i> il dit même quelque part <i>Azamoglan,</i> ou <i>Jamoglan.</i> Il dit qu'on ne les leve que de quatre ans en quatre ans ; qu'il y a deux cents Commissaires pour les lever ; que les <i>Azamoglans rustiques</i> n'ont de gages que de deux à trois aspres par jour ; qu'ils sont vêtus &amp; chaussés deux fois l'an de gros drap bleu, portant en tête un haut bonnet jaune en forme de pain de sucre, &amp; sont sous un Capitaine appellé <i>Agiander Agassi,</i> qui a de gages trente aspres par jour, &amp; est habillé aux dépens du Grand Seigneur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="917" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGEN" />
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    <head>AGEN</head>
    <p>
    AGEN . <i>Agenno, Agenum Nitiobricum, Aginum, Aginnum, Ageducum,</i> à ce que l'on prétend dans Achilles Statius, &amp; <i>Agredicum,</i> dans l'Itinéraire d'Antonin. Ville Episcopale de Guyenne sur la Garonne. <i>Agen</i> est une très-ancienne ville. Je ne voudrois pas cependant lui donner pour fondateur, comme ont fait quelques Auteurs, ni Agenor fils d'Antenor, qui selon Virgile bâtit Padoue, ni Agenor petit-fils d'Ajax le Télamonien, ni même Agenides Ephore de Lacédémone, parce que cela n'est fondé que sur la seule ressemblance du nom. Les restes des Antiquités qui se trouvent autour d'<i>Agen,</i> montrent que c'étoit autrefois une ville considérable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="918" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGENCE" />
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    <head>AGENCE</head>
    <p>
    AGENCE , s. f. Emploi de celui qui fait les affaires d'autrui. <i>Rerum administratio.</i> Il ne se dit que des gens qui sont chargés des affaires des Princes, ou de quelque Corps illustre, comme du Clergé, d'une Province, &amp;c. Chez les Princes de l'Empire on brigue les <i>Agences.</i> En la Cour de France l'<i>Agence</i> générale du Clergé est fort recherchée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="919" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGENCEMENT" />
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    <head>AGENCEMENT</head>
    <p>
    AGENCEMENT , s. m. Ajustement, artangement ; l'ordre &amp; la disposition où les choses se trouvent, &amp; qui leur donne plus ou moins d'agrément. <i>Compositio, dispositio, ordinatio.</i> L'<i>agencement</i> des os a quelque chose de surprenant. Il se dit aussi au figuré de l'ordre, &amp; de la manière dont les choses &amp; les mots sont disposés dans un discours ; mais en ce sens il vieillit un peu. Je me charge du soin de l'<i>agencement.</i> Rien ne relève tant l'éclat d'une Histoire, que <i>l'agencement</i> des choses &amp; des paroles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="920" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGENCER" />
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    <head>AGENCER</head>
    <p>
    AGENCER , v. act. Ranger, ajuster, mettre les choses dans l'ordre où elles doivent être ; les disposer d'une certaine manière qui les rende agréables. <i>Componere, disponere, ordinare. Agencer</i> la mariée. Vous avez bien <i>agencé</i> votre cabinet. Il vieillit en ce sens ; mais dans le figuré il est un peu plus usité. <i>Agencer</i> les couleurs d'une harangue. Ablanc. <i>Agencer</i> les choses à notre air. Id. Je lui promets de fournir le soins d'<i>agencer</i> ses lauriers. Voit. Il vient du vieux mot <i>gent,</i> qui signifioit <i>poli,</i> &amp; qu'on nomme maintenant <i>gentil.</i></p><p>Le mot de s'<i>agencer</i> a encore un autre sens, où il semble être un peu plus du bel usage : &amp; c'est lorsqu'il signifie, Se mettre, se placer, se ranger, s'accommoder d'une certaine manière. Calanus paré de ses magnifiques habits, se coucha tout de son long sur le bucher, s'<i>agençant</i> le plus honnêtement qu'il lui fut possible. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="920" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGENCER" />
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    <head>AGENCER</head>
    <p>
    Agencer , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; signifie, S'approprier, s'ajuster, se parer. <i>Ornare se, comere, pectere.</i> Mais en ce sens il n'a cours que dans le style plaisant &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="921" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGENDA" />
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    <head>AGENDA</head>
    <p>
    AGENDA , s. m. Tablette, ou mémoire où on écrit ce qu'on a à faire durant le jour, pour s'en souvenir en allant par la ville. <i>Pugillares.</i> Un Almanac d'<i>agenda.</i> Cet homme a tant d'affaires, qu'il auroit besoin d'un <i>agenda</i> in folio.</p><p>Ce mot, qui n'entre que dans les discours familiers, est pur Latin, &amp; signifioit autrefois dans l'Eglise, l'Office du jour, ou de la fête, &amp; le nombre des Messes &amp; des Mortuaires qu'on avoit à dire. On appelle aussi <i>Agenda</i> les livres de Baptêmes, &amp; ceux qui se lisoient dans le Chapitre. On l'a dit ensuite des affaires du Royaume, &amp; enfin de celles.</p><p>des particuliers. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="922" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGENOIS" />
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    <head>AGENOIS</head>
    <p>
    AGENOIS , subst. m. <i>Agenensis ager.</i> L'<i>Agenois</i> est un pays dans la Guyenne, avec titre de Comté, dont Agen est la Capitale. Il y a l'<i>Agenois</i> deça le Lot, &amp; l'<i>Agenois</i> delà le Lot. On croit que c'est le pays des anciens Nitiobriges, peuples considérables parmi les Gaulois. <i>Nitiobriges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="923" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGENOIS, OISE" />
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    <head>AGENOIS, OISE</head>
    <p>
    AGENOIS, OISE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est d'Agen, ou qui appartient à Agen. <i>Agennensis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="924" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGENOUILLER, S'AGENOUILLER" />
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    <head>AGENOUILLER, S'AGENOUILLER</head>
    <p>
    AGENOUILLER, S'AGENOUILLER , v. n. pass. Se mettre à genoux. <i>Genua submittere ; flectere, ponere genua.</i> Quelle impiété de s'<i>agenouiller</i> devant des Dieux qu'on traîne captifs en triomphe ! Ablanc. S'<i>agenouiller</i> se dit aussi des Chameaux &amp; des Eléphans, qui s'<i>agenouillent,</i> quand ils voient qu'on les veut charger, afin qu'on le puisse faire plus facilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="924" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGENOUILLER, S'AGENOUILLER" />
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    <head>AGENOUILLER, S'AGENOUILLER</head>
    <p>
    Agenouillé, ée , part. pass. Qui s'est mis à genoux. <i>Genibus nixus, astans in genua.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="925" id="1" type="physique">
   <index type="head" value="AGENT, ENTE" />
   <index type="src_domain" value="physique" />
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    <head>AGENT, ENTE</head>
    <p>
    AGENT, ENTE , adj. Terme de Physique . Ce qui agit sur les corps, &amp; qui cause toutes les corruptions &amp; les générations. <i>Agens.</i> Les <i>agens</i> naturels agissent toujours de la même sorte. L'<i>agent</i> &amp; le patient sont des termes opposés.</p><p>Agent, s. m. Celui qui est commis pour faire les affaires d'un Prince, de quelque Corps, ou de quelqu'un en particulier. <i>Procurator.</i> Ce Prince n'a point d'Ambassadeur en cette Cour, il n'a qu'un <i>Agent.</i> Ce Gentilhomme a un valer qui est l'<i>agent</i> de toutes ses affaires, &amp;c. Ménage le dérive du mot <i>agens</i>, qu'on trouve en cette signification dans le Code Théodosien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="925" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGENT, ENTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>AGENT, ENTE</head>
    <p>
    Agens , <i>de change &amp; de Banque,</i> sont des Officiers établis dans plusieurs villes de commerce, qui s'entremettent entre les Marchands négocians &amp; Banquiers, pour faciliter leur négoce de lettres &amp; billets de change, &amp; le débit de leurs marchandises en gros : auquel cas on les appelle aussi <i>Courtiers.</i> A Paris il y a 30. <i>Agens</i> de banque, &amp; courtiers de marchandises de draps, de soie, de laine, de toile, &amp;c. qui furent créés en titre d'Office par Charles IX. en Juin 1572. dont le nombre fut fixé par Henri IV. en 1595. Ce nombre a fort varié depuis. Ils font un corps qui élit ses Syndics. Ils ne prennent plus la qualité de Courtiers, mais seulement celle d'<i>Agens</i> de change. Leur droit est un quart pour cent, dont la moitié est payable par celui qui donne son argent, &amp; l'autre par celui qui le reçoit, ou qui en fournit la valeur en lettres de change. Dans les villes où ils ne sont pas établis en titre d'Office, ils sont choisis par les Consuls, Maires, &amp; Echevins, devant lesquels ils prêtent <pb n="110" facs="bpt6k8542165/f150/full/1200,/0/native.jpg"/>le serment. Les <i>Agens</i> de change ne peuvent être banquiers, &amp; ne peuvent porter bilan sur la place, où ils doivent avoir un livre paraphé d'un Consul, cotté &amp; numéroté par l'Ordonnance de 1673.</p><p>On appelle <i>Agens du Clergé,</i> les deux Ecclésiastiques du second Ordre, choisis pour avoir soin des affaires du Clergé, par les deux Provinces Ecclésiastiques qui sont en droit de les nommer. Le Clergé ayant été averti par ses <i>Agens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="925" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGENT, ENTE" />
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    <head>AGENT, ENTE</head>
    <p>
    Agent , &amp; Patient, se dit dans le droit coutumier d'Angleterre de celui ou de celle qui se donne quelque chose à soi-même, de sorte qu'il est tout à la fois, &amp; celui qui donne la chose, &amp; celui à qui elle est donnée, ou qui la reçoit. Par exemple, quand une femme s'assigne à soi-même sa dot sur le plus bel héritage de son mari. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="926" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGERATUM" />
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    <head>AGERATUM</head>
    <p>
    AGERATUM . Est une plante qui pousse beaucoup de petites feuilles oblongues, dentelées, éparses sur la terre, d'un goût tirant sur l'amer ; ses fleurs sont purpurines, chacune est un tuyau évasé par le haut : cette plante vient aux montagnes, &amp; lieux pierreux. Ce nom vient de , vieillesse, &amp; de l'<i>alpha</i> privatif ; parce que la fleur se conserve en sa couleur, &amp; ne se ressent point des effets de la vieillesse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="927" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRANDIR" />
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    <head>AGGRANDIR</head>
    <p>
    AGGRANDIR , Voyez <ref type="search" target="head:AGRANDIR">AGRANDIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="928" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRANDISSEMENT" />
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    <head>AGGRANDISSEMENT</head>
    <p>
    AGGRANDISSEMENT , Voyez <ref type="search" target="head:AGRANDISSEMENT">AGRANDISSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="929" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRAVANT, ANTE" />
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    <head>AGGRAVANT, ANTE</head>
    <p>
    AGGRAVANT, ANTE , adj. Qui aggrave ; qui rend plus odieux, plus coupable. Les crimes sont plus ou moins grands, selon qu'il y a plus ou moins de circonstances <i>aggravantes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="930" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRAVE" />
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    <head>AGGRAVE</head>
    <p>
    AGGRAVE , ou AGGRAVATION, s. f. Censure Ecclésiastique, qui menace qu'on fulminera l'excommunication après trois monitions ou avertissemens de se soumettre à l'Eglise, &amp; d'exécuter ce qu'elle a ordonné. <i>Comminatio gravioris poenae per censuram infligendae.</i> Quand il est nécessaire de passer jusqu'à l'<i>aggravation,</i> &amp; à la réaggravation ; c'est-à-dire, à la dernière excommunication, ce qui ne se fait qu'après trois publications des monitoires, il faut une permission du Juge laique, sans laquelle l'Official, ou le Juge Ecclésiastique, ne peut ordonner l'<i>aggravation,</i> &amp; la réaggravation. Le Curé aussi ne peut publier l'<i>aggravation</i> sans un ordre de l'Official.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="931" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRAVER" />
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    <head>AGGRAVER</head>
    <p>
    AGGRAVER , v. act. Augmenter, rendre plus coupable. <i>Aggravare, praegravare.</i> Le mariage, &amp; les voeux <i>aggravent</i> le péché de luxure. La violence <i>aggrave</i> le péché du ravisseur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="931" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGGRAVER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGGRAVER</head>
    <p>
    Aggraver , signifie aussi, Augmenter la peine dûe à un crime, la rendre plus griève. Les Juges <i>aggravent</i> la peine dans les récidives. Depuis qu'on a <i>aggravé</i> le supplice des meurtriers, il se fait bien moins de meurtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="931" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGGRAVER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGGRAVER</head>
    <p>
    Aggravé, ée , part. pass. Augmenté, fait, rendu plus grand qu'il n'étoit. <i>Aggravatus.</i> Son crime est <i>aggravé</i> par toutes ces circonstances.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="931" id="4" type="">
   <index type="head" value="AGGRAVER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGGRAVER</head>
    <p>
    Aggravé, ée , Ce mot, dans quelques Ouvrages burlesques, signifie appesanti.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="932" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRÉGATION" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGGRÉGATION</head>
    <p>
    AGGRÉGATION , Voyez <ref type="search" target="head:AGRÉGATION">AGRÉGATION</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="933" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRÉGER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGGRÉGER</head>
    <p>
    AGGRÉGER , Voyez <ref type="search" target="head:AGRÉGER">AGRÉGER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="934" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGGRÉSSEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGGRÉSSEUR</head>
    <p>
    AGGRÉSSEUR , Voyez <ref type="search" target="head:AGRÉSSEUR">AGRÉSSEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="935" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AGHAIS" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>AGHAIS</head>
    <p>
    AGHAIS . Terme de Coutume . On dit marché à <i>aghais,</i> c'est un marché fait à terme de payement &amp; délivraison, de sorte que celui qui souhaite en profiter doit <i>agheiter,</i> ou aguester, guester &amp; observer le jour du terme, &amp; ne le point laisser écouler sans avoir préalablement livré, ou payé, &amp; au refus de sa partie, consigné en Justice &amp; fait signifier. Voyez Galland dans son <i>Traité du Franc-alleu</i> de la dernière édition.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="936" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGILE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AGILE</head>
    <p>
    AGILE , adj. m. &amp; f. Léger, dispos, &amp; qui par la disposition de ses organes se remue, &amp; agit avec facilité, avec souplesse. <i>Agilis.</i> Ce baladin est très-<i>agile.</i> Les Cerfs sont des animaux fort <i>agiles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="937" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGILE" />
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    <head>AGILE</head>
    <p>
    AGILE . Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:AYL">AYL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="938" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGILEMENT" />
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    <head>AGILEMENT</head>
    <p>
    AGILEMENT , adv. D'une manière agile, d'un air souple &amp; dispos. Avec agilité. <i>Agiliter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="939" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGILITÉ" />
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    <head>AGILITÉ</head>
    <p>
    AGILITÉ , s. f. Légéreté, souplesse, disposition du corps à se remuer, à agir aisément. <i>Agilitas.</i> Il danse, il faute avec grande <i>agilité.</i> Les lièvres ne sauvent leur vie que par leur <i>agilité.</i> Le phaisan a bien moins d'<i>agilité</i> dans son vol que le héron. Quelques Auteurs s'en servent aussi figurément : Il avoit une grande <i>agilité</i> d'esprit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="940" id="1" type="banque">
   <index type="head" value="AGIO" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AGIO</head>
    <p>
    &#9758; AGIO , s. m. Terme de Banque . Dans les villes de commerce où il y a des Banques établies, le mot d'<i>Agio</i> exprime le change, ou la difference qui se rencontre entre l'argent ou monnoie de banque, &amp; l'argent courant, ou monnoie courante &amp; de caisse. Ce terme a été tiré de l'Italien : il signifie <i>aider,</i> comme qui diroit, servant à faciliter le négoce de la Banque &amp; du change. L'<i>Agio</i> de Banque est variable dans presque toutes les Places. A Amsterdam il est ordinairement d'environ trois ou quatre pour cent ; à Rome de près de vingt-cinq sur quinze cents ; à Venise de vingt pour cent fixe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="940" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGIO" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGIO</head>
    <p>
    Agio se dit aussi pour exprimer le profit qui revient d'une avance que l'on a faite pour quelqu'un ; de sorte qu'en ce sens les mots d'<i>Agio</i> &amp; d'<i>Avance</i> sont synonymes ; &amp; l'on s'en sert parmi les Marchands &amp; Négocians, pour faire entendre que ce n'est point un intérêt, mais un profit pour avance dans le commerce. Ce profit se compte ordinairement sur le pied de demi pour cent par mois ; c'est-à-dire, à raison de six pour cent par an. On lui donne quelquefois le nom de change, quoique ce terme n'y ait pas autrement de rapport.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="940" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGIO" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>AGIO</head>
    <p>
    Agio se dit encore, mais improprement, pour signifier le change d'une somme négociée, soit avec perte, soit avec profit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="941" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIOGRAPHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>AGIOGRAPHE</head>
    <p>
    &#9758; AGIOGRAPHE , s. m. qui a écrit touchant les Saints. Auteur <i>Agiographe,</i> auteur qui a écrit sur les Saints, ou la vie des Saints.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="942" id="1" type=" theologique">
   <index type="head" value="AGIOGRAPHES" />
   <index type="src_domain" value=" theologique" />
   <index type="macro_domain" value="Religion" />
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    <head>AGIOGRAPHES</head>
    <p>
    AGIOGRAPHES , adj. m. Terme Théologique . Nom que nous donnons à une partie des livres de l'Ecriture, que les Juifs appellent <i>Chetuvim,</i> &amp; par lequel nous exprimons ce mot Hébreu, <i>Agiographa.</i> Les Juifs divisent les livres sacrés en trois classes. La Loi, qui comprend les cinq livres de Moise. Ceux des Prophètes, qu'ils nomment <i>neviim :</i> &amp; les <i>Agiographes,</i> qu'ils nomment <i>chetuvim,</i> c'est-à-dire, <i>écrits.</i> Ces livres <i>agiographes</i> sont les Pseaumes, les Proverbes, Job, Daniel, Esdras, les Chroniques, que nous appellons Paralipomènes, le Cantique des Cantiques, Ruth, les Lamentations de Jérémie, l'Ecclésiaste &amp; Esther. Les Juifs appellent ces livres <i>écrits</i> par excellence, parce qu'ils ont été écrits par l'inspiration du S. Esprit, dit Kimhhi dans sa Préface sur les Pseaumes, Maiemonides, <i>More Neb. P. II. C.</i> 45. &amp; Elias Levita dans son Thisbi à la diction . Ils les distinguent pourtant des Prophètes, parce que leurs Auteurs n'ont point appris du S. Esprit ce qu'ils contiennent par la voie qu'ils nomment Prophétie, &amp; qui consiste en songes, visions, paroles entendues, extases, ou ravissemens, mais par une simple inspiration &amp; direction de cet Esprit Saint. Voyez le <i>Thesaurus Philologic.</i> de Hottinger <i>L. II. C.</i> 1. <i>Sect. III.</i> la Critique de Pfeiffer C. 1. n. 7. Simon, &amp;c.</p><p>Ce mot vient d', saint, &amp; de , j'ecris. Les <i>Agiographes</i> sont des écrits saints, ou sacrés. Ce nom est fort ancien. S. Jérôme s'en est souvent servi. Avant lui S. Epiphane appelloit ces livres simplement , qui répond plus précisément à l'Hébreu ; &amp; il n'y ajoûte rien. Cependant l' n'a point été mal ajoûté, &amp; est renfermé dans l'idée du mot Hébreu, comme il paroît par ce que nous avons dit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="943" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIOLOGIQUE" />
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    <head>AGIOLOGIQUE</head>
    <p>
    AGIOLOGIQUE , adj. Ce terme est nouveau, mais il manquoit à la langue Françoise ; &amp; comme il est formé suivant l'analogie de cette langue, il a été reçu aussitôt qu'il a paru. Il signifie, Discours qui concerne les Saints, les choses saintes. <i>Agiologicus.</i> Mr l'Abbé Chastelain a intitulé <i>Vocabulaire Agiologique</i> son Recueil de noms de Saints, contenant principalement ceux que l'usage a éloignés de leur origine, &amp; ceux qui s'expriment diversement selon la diversité des lieux. C'est un savant catalogue, imprimé au devant du Dictionnaire Etymologique de Mr Ménage, à qui l'auteur l'avoit adressé.</p><p>Ce mot est formé de deux mots Grecs, , saint, &amp; discours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="944" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIOS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AGIOS</head>
    <p>
    AGIOS , s. m. Terme populaire, sous lequel on comprend tous les menus affiquets &amp; parures affectées des femmes du commun. On dit à Paris en se moquant des colifichets d'une femme : Ce sont <i>agios</i> de mariée de village. Ce nom est purement Grec : &amp; signifie <i>saint.</i> On l'a pris des Orientaux, qui sont fort superstitieux pour les cérémonies &amp; pour les ornemens, parce qu'ils ont toujours ce mot d'<i>agios</i> en la bouche. Pour la même raison il signifie quelquefois admiration, exclamation, parce que les Grecs le disent par admiration &amp; en exclamation, dans l'étonnement &amp; la surprise, comme nous disons Bon Dieu ! Grand Dieu ! Quand je lui ai appris cette nouvelle il a fait cent <i>agios</i> : mais il n'est que du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="945" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIOSIDÈRE" />
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    <head>AGIOSIDÈRE</head>
    <p>
    AGIOSIDÈRE , s. m. Il y en a qui disent <i>agiosidire.</i> Chez les Grecs, qui sont sous la domination des Turcs, l'usage des cloches étant défendu, on se sert d'un fer avec lequel on fait du bruit pour assembler les Fidèles à l'Eglise, &amp; ce fer s'appelle <i>agiosidère</i> ; quelques Auteurs l'appellent <i>sementère.</i> Magius donne la description d'un <i>agiosidère</i> qu'il a vû : il dit que c'est une lame de fer large de quatre doigts, &amp; longue de seize, attachée par le milieu à une corde qui la tient suspendue ; on frappe sur la lame avec un marteau de fer pour faire du bruit. Lorsqu'on porte le Saint Sacrement aux malades, celui qui marche devant le Prêtre porte un <i>agiosidère,</i> sur lequel il frappe trois fois de temps en temps, comme on sonne ici une clochette en pareille occasion. On porte l'<i>agiosidère</i> devant les Prêtres qui portent le S. Sacrement aux malades, pour avertir les passans de l'adorer.</p><p>Les <i>agiosideres</i> qui servent à assembler les Fidèles, sont attachés à une chaîne à la porte de l'Eglise ; en frappant dessus de certaine manière avec un marteau de fer, ils rendent un son qui a quelque harmonie.</p><p>Ce mot est Grec, il veut dire fer saint, ou sacré, étant composé d', saint, &amp; de , <i>fer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="946" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIOTAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>AGIOTAGE</head>
    <p>
    &#9758; AGIOTAGE , s. m. Ce terme ne se prend guères qu'en mauvaise part, &amp; signifie ordinairement un commerce illicite &amp; usuraire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="947" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIOTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AGIOTER</head>
    <p>
    &#9758; AGIOTER , v. act. C'est faire valoir son argent à gros intérêt, faire un trafic usuraire des billets, promesses, &amp; autres papiers que les malheurs d'un Etat ont décrédités.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="948" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIOTEUR" />
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    <head>AGIOTEUR</head>
    <p>
    AGIOTEUR , s. m. Ce mot doit être regardé comme substantif, aussi bien que son féminin, <i>Agioteuse.</i> Ce mot est très-nouveau, &amp; sans qu'on sache d'où il est venu, il a d'abord fait fortune, &amp; s'est trouvé établi. On entend par <i>Agioteur,</i> celui qui fait valoir son argent à gros intérêt, en prenant du public des billets, promesses, assignations, &amp; autres semblables papiers, sur un pied très-bas, pour les remettre dans le même public sur un pied plus haut. Les <i>Agioteurs</i> sont des pestes publiques &amp; des usuriers de profession, qui en bonne police mériteroient punition exemplaire. C'est une espèce d'insectes jusqu'ici inconnue, qui travaille sans relâche à établir sa fortune par l'usure &amp; par mille autres crimes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="949" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGIR" />
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    <head>AGIR</head>
    <p>
    AGIR , v. n. Faire, causer, produire quelque effet. <i>Agere.</i> Je pense que vous <i>agissez</i> dans cette affaire avec beaucoup de courage &amp; de vigueur. Il s'offense parce qu'il me voit <i>agir</i> d'une autre manière que lui. Le nom du poëme Dramatique vient d'un mot Grec, qui signifie <i>agir,</i> pour montrer que la nature de ce poëme consiste dans l'action. Mol. Le chaud &amp; le froid <i>agissent</i> différemment sur les corps. Bern. Quand le feu <i>agit</i> sur le bois, il le réduit en cendres. Les corps supérieurs <i>agissent</i> sur les inférieurs. Cette médecine <i>agit,</i> ou opère fortement.</p><p>On dit aussi d'un homme, qu'il <i>agit</i> toujours ; pour dire, qu'il se remue, &amp; se tourmente sans prendre aucun repos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="949" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGIR" />
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    <head>AGIR</head>
    <p>
    Agir , se dit aussi en matière de négociations &amp; d'affaires qu'on fait soi-même, ou qu'on fait faire par autrui. Il <i>agit</i> à la Cour pour sa Province. On lui a donné tout pouvoir d'<i>agir.</i> Il <i>agit</i> par affection. Il n'est rien tel que d'<i>agir</i> soi-même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="949" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGIR" />
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    <head>AGIR</head>
    <p>
    Agir , se dit aussi en parlant de la manière dont on se comporte, ou dont on use envers quelqu'un. <i>Agir</i> en homme d'honneur. <i>Agir</i> en ami. <i>Agir</i> en galant homme. Ablanc. Vous avez <i>agi</i> d'une manière très-obligeante. Comme l'on dit <i>en user</i> bien, <i>en user</i> mal ; il y a des gens qui disent aussi <i>en agir</i> bien, <i>en agir</i> mal : mais Messieurs de l'Académie ne mettent point cette particule <i>en</i> avec <i>agir</i> ; &amp; le P. Bouhours la condamne absolument.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="949" id="4" type="">
   <index type="head" value="AGIR" />
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    <head>AGIR</head>
    <p>
    Agir , signifie encore, Intenter quelque action en Justice. Un mari ne peut <i>agir</i> criminellement contre sa femme, sinon en cas d'adultere, ou d'attentat à sa vie. Les mineurs ne peuvent <i>agir</i> en Justice que sous le nom de leur tuteur. Cet intervenant <i>agit</i> de concert avec la partie principale.</p><p>On le dit absolument à l'impersonnel, par relation au sujet dont est question. Il s'<i>agit</i> en cette rencontre de notre tout. Venez au fait, à la question dont il s'<i>agit.</i> Il ne s'<i>agit</i> pas de se divertir ; il s'<i>agit</i> de bien étudier. De quoi s'<i>agit</i>-il ? Il s'<i>agit</i> de mon honneur ; il s'<i>agit</i> de la gloire du Peuple Romain ; il s'<i>agit</i> du salut de vos alliés ; il s'<i>agit</i> des biens de plusieurs Citoyens. L'Auteur de la critique du Dictionnaire de l'Académie Françoise, remarque qu'on ne dit point, quand il s'<i>est agi de</i> ... Quoiqu'on dise, quand il a été question de ... quand il fut question de ...</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="949" id="5" type="">
   <index type="head" value="AGIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AGIR</head>
    <p>
    Agir , se dit figurément en Morale de ce qui agite, &amp; fait mouvoir les passions. Un bon exemple <i>agit</i> puissamment sur notre ame. Les figures de l'Orateur doivent <i>agir</i> sut l'esprit pour l'exciter à la compassion, à la haine. La beauté <i>agit</i> puissamment sur les coeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="949" id="6" type="">
   <index type="head" value="AGIR" />
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    <head>AGIR</head>
    <p>
    Agir , se dit aussi en parlant de certaines matières de Théologie, &amp; principalement de la grace : La grace suffisante donne le pouvoir d'<i>agir,</i> la grace efficace fait actuellement <i>agir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="949" id="7" type="">
   <index type="head" value="AGIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AGIR</head>
    <p>
    Agissant, ante , adj. Qui agit, qui opère. <i>Actuosus.</i> Il n'y a rien de plus <i>agissant</i> que le feu. Il faut prendre un remède plus <i>agissant.</i> On le dit aussi d'un homme qui entreprend plusieurs affaires ensemble, &amp; qui y travaille avec beaucoup de diligence ; qui se remue beaucoup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="950" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGITATEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AGITATEUR</head>
    <p>
    AGITATEUR , s. m. Nom que l'armée d'Angleterre donna à des Officiers qu'elle créa en 1643. pendant les troubles de ce Royaume, pour avoir soin des intérêts de la milice. Cromwel se lia secrettement avec les <i>Agitateurs,</i> qui avoient plus de pouvoir que le Conseil de guerre. Les <i>Agitateurs</i> se mêlerent de faire des propositions pour la réforme de l'Etat &amp; de la Religion. Salmonet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="951" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGITATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AGITATION</head>
    <p>
    AGITATION , s. f. Action par laquelle une chose est agitée, secouée, remuée diversement, sans qu'elle change tout-à-fait de place. <i>Agitatio.</i> L'<i>agitation</i> de la mer est forte durant la tempête. Les feuilles tremblent par la moindre <i>agitation du vent.</i> L'<i>agitation</i> de l'air est remarquable. Bern. Le travail &amp; l'<i>agitation</i> du chemin m'ont fatigué. Voit. Il y avoit une sorte d'<i>agitation</i> sans désordre dans cette Cour, qui la rendoit très-agréable. P. de Cl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="951" id="2" type="philosophie">
   <index type="head" value="AGITATION" />
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    <head>AGITATION</head>
    <p>
    Agitation , est souvent un terme de Philosophie , qui signifie un mouvement intérieur &amp; violent des petits corpuscules d'un corps naturel. Ainsi le feu &amp; la chaleur agitent les parties insensibles de tous les corps, &amp; les mettent dans un mouvement rapide. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AGITATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AGITATION</head>
    <p>
    Agitation , se dit aussi figurément en Morale. Cet accident l'a jetté dans un grand trouble, lui a mis l'esprit dans une grande <i>agitation.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="952" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGITER" />
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    <head>AGITER</head>
    <p>
    AGITER , v. act. Pousser deça, &amp; delà, donner à quelque chose des mouvemens contraires, ou réciproques. <i>Agitare.</i> Les vents <i>agitent</i> les arbres, les flots. Le bruit que le zéphire excite parmi les feuilles des bocages, <i>agitoit</i> doucement la forêt. Saras. L'esprit impur l'<i>agita</i> avec de grandes convulsions. Port-R. <i>Agiter</i> l'air doucement. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGITER</head>
    <p>
    Agiter , se dit figurément des mouvemens de l'ame &amp; de l'esprit ; &amp; signifie, Troubler, inquiéter, tourmenter. Il a eu long-temps l'esprit <i>agité</i> de diverses pensées, de plusieurs passions. L'horreur de son crime l'<i>agitoit.</i> Vaug. Les Furies <i>agitent</i> &amp; poursuivent les impies, &amp; ne leur laissent aucun repos nulle part. La peur de la mort l'<i>agite.</i> Theof.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGITER</head>
    <p>
    Agiter , signifie aussi, Disputer, examiner, contester, débattre. Il <i>agita</i> la question de l'amitié. J'aime mieux discourir sur des matières que j'ai <i>agitées,</i> que décider quoique ce soit. L'affaire fut fort <i>agitée</i> &amp; débattue dans le Conseil. Les Docteurs ont <i>agité</i> ensemble plusieurs points de controverse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="952" id="4" type="">
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    <head>AGITER</head>
    <p>
    Agiter , signifie encore, Jetter dans le trouble, dans le désordre, dans la confusion. On verra les choses les plus remarquables qui ont <i>agité</i> l'Italie. Tall. La guerre <i>agite</i> une partie de l'Europe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="952" id="5" type="">
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    <head>AGITER</head>
    <p>
    Agiter , se dit aussi fort souvent avec le pronom personnel, mais seulement au figuré ; &amp; signifie se tourmenter, s'inquiéter, se troubler, se remuer avec force, se donner de grands mouvemens. Il s'<i>agita</i> beaucoup lorsqu'il fut prêt de mourir. L'on se soulève, &amp; l'on s'<i>agite</i> tant qu'on peut <pb n="112" facs="bpt6k8542165/f152/full/1200,/0/native.jpg"/>dans cette vie. Nicol. Il s'<i>agite</i> de mille visions qu'il a dans l'esprit. Il n'y a rien de moins agréable que certains Prédicateurs qui s'écrient indifféremment sur tout, &amp; qui ne s'<i>agitent</i> pas moins sur des raisonnemens Philosophiques, que sur les vérités les plus étonnantes &amp; les plus nécessaires pour le salut. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="952" id="6" type="">
   <index type="head" value="AGITER" />
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    <head>AGITER</head>
    <p>
    Agité, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Agitatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="953" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGLIBOLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>AGLIBOLE</head>
    <p>
    AGLIBOLE , s. m. <i>Aglibolus.</i> C'étoit un Dieu des Palmyriens dans la Syrie, comme il paroît par une inscription trouvée à Palmyre, &amp; rapportée dans Gruter pag. 81. . C'est-à-dire, <i>A Aglibole, &amp; à Malachbelus, Dieux du pays.</i> Vossius croit que ce nom est formé de ces trois mots Arabes, , <i>ag al bal,</i> c'est-à-dire, mot à mot, <i>pone super corde,</i> Appliquez-vous, faites attention : nom qu'on aura donné à ce Dieu, pour marquer que Dieu voit tout, qu'il fait attention à tout ; ou bien qu'il faut penser continuellement à Dieu. Ce sont là les conjectures de Vossius. Voici celles de Selden dans son livre <i>de Dits Syrtis Syntagm. II. c.</i> 1. Il prétend que <i>Aglibolus,</i> s'est fait d'<i>Aglibalus,</i> &amp; celui-ci d'<i>Agalibalus,</i> qui vient ordinairement d'<i>AgholBaal,</i> c'est-à-dire, , qui signifie <i>Dominus rotundus,</i> ou <i>circularis,</i> ou <i>volubilis,</i> le Seigneur rond, ainsi que disent dans Cicéron, L. II. de la nat. des Dieux, ceux qui croient que Dieu est le Globe du monde ; que cette étymologie convient parfaitement à ce que rapporte Hérodien, que la figure de ce Dieu étoit une grosse pierre ronde par en bas, &amp; qui se terminoit en pointe. Un autre Auteur veut que <i>agul Baal</i> signifie le Dieu de l'Univers, parce que l'Univers est rond : il dit que c'est ainsi que les Hébreux &amp; les Phéniciens ont appellé Dieu, <i>Baal Schamain,</i> ou <i>Balsemin,</i> Le Seigneur du Ciel. Un savant a dérivé ce nom du Grec , lumière, éclat, splendeur, &amp; , je <i>jette,</i> comme si <i>Aglibolus</i> vouloit dire, le Dieu jette splendeur. Mais outre que cette étymologie ne s'accorde guère avec la manière dont <i>Alibolus</i> est écrit dans l'inscription que j'ai citée, il n'est pas croyable que le nom d'un Dieu Palmyrien ait été Grec. Il doit être Syrien ; &amp; le nom de l'autre Dieu qu'on lui joint dans l'inscription, <i>Malachbelus,</i> en est la démonstration. Saumaise, dans ses notes sur l'Aurelien de Vopiscus N°. 35. dit, qu'avec l'inscription dont j'ai parlé, on a les figures de ces deux Dieux, tous deux de forme virile, ayant les cheveux frisés, &amp; que l'un a sur l'épaule une figure de la lune, des cothurnes aux pieds, &amp; un javelot en main ; &amp; que pour lui, il ne doute point que Malachbelus ne soit le Soleil, &amp; <i>Aglibelus</i> la Lune ; qu'il n'est point rare dans l'antiquité de faire de la Lune un Dieu, &amp; non pas une Déesse. Selden, au contraire, croit que <i>Aglibelus</i> est le Soleil ; que la grosse pierre qui représentoit ce Dieu est le symbole de cet astre, parce qu'il est rond, &amp; que le feu se termine toujours en pointe. Enfin, on ajoûte que <i>Aglibolus</i> est toujours nommé le premier, &amp; qu'ainsi il paroît que c'est le Soleil. Au reste, ajoûte encore Selden, comme on a fait de <i>Aghol Baal, Aglibolus,</i> on en a fait aussi <i>Alagabale,</i> &amp; <i>Heliogabale ;</i> c'est du nom de ce Dieu, que l'Empereur Elagabale, qui étoit d'Emese en Syrie, avoit pris le sien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="954" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGLUTINATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AGLUTINATION</head>
    <p>
    &#9758; AGLUTINATION , s. f. L'action de se coller, de se consolider, du verbe <i>Aglutinare,</i> coller, lier, consolider. Les parties des dents étant une fois divisées, ne se réunissent jamais ; soit parce que les vaisseaux qui s'y distribuent, ne sont pas disposés de manière à fournir un suc suffisant &amp; capable d'<i>aglutination</i> ; soit parce que leur propre substance est trop serrée &amp; compacte, pour lui donner passage ; ou que d'ailleurs le mouvement, l'air &amp; les matières qui les touchent, sont autant d'obstacles qui concourent encore à s'opposer à la réunion de leurs parties divisées. <i>Chirurgien Dentiste.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="955" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGNAN" />
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    <head>AGNAN</head>
    <p>
    AGNAN , s. m. <i>Anianus.</i> Nom propre d'homme, qui s'est formé du mot Latin <i>Anianus,</i> Anian ; puis en mouillant l'<i>n,</i> au lieu de mettre un <i>i, Agnan.</i> Il ne faut pas cependant appeller <i>Agnan</i> tous ceux qui s'appellent en Latin <i>Anianus.</i> Ce mot n'est en usage que pour S. <i>Agnan</i> Evêque d'Orléans, &amp; ceux qui portent son nom. S. <i>Agnan</i> au commencement de son Episcopat, ayant guéri Agrippin Gouverneur d'Orléans, il lui accorda la liberté de tous les prisonniers, avec lesquels le Saint entra comme en triomphe dans Orléans ; &amp; c'est-là, dit-on, l'origine du privilége qu'ont les Evêques d'Orléans, de délivrer les prisonniers à leur entrée. M. de Cordemoi dit cependant <i>Anian</i> dans son <i>Histoire de France,</i> T. I. p. 118. &amp; 119. <i>Anian,</i> Evêque d'Orléans, qui avoit prévu que cette ville seroit attaquée, l'avoit fait fortifier ... Attila faisoit battre la ville de toutes parts, &amp; comme il avoit cinq cents mille hommes, il y faisoit donner des assauts si continuels, qu'après une résistance incroyable que l'espérance d'être secourus avoit fait faire aux Assiégés, ils perdirent enfin courage, &amp; envoyerent <i>Anian</i> au camp des Huns demander miséricorde. Cordem. Mais l'usage est de dire <i>Agnan. Agnan</i> étoit natif de Vienne, &amp; de Noble race. Fleury. D'ailleurs ce n'est plus la coutume de tourner en <i>ian</i> les noms Latins terminés en <i>ianus.</i> Ainsi nous disons Tertullien, Cyprien, Gordien, Volusien, &amp;c. &amp; non pas Tertullien, Cyprian &amp;c. comme on faisoit autrefois. Les autres <i>Anianus</i> doivent s'appeller <i>Anien.</i> Anien Moine d'Egypte, Anien Diacre de Célède, Anien Jurisconsulte du temps d'Alaric, Anien Abbé de Cassel &amp;c. &amp; non pas <i>Agnan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="956" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="AGNAT" />
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    <head>AGNAT</head>
    <p>
    AGNAT , s. m. <i>Agnatus.</i> Terme de Droit . Ce nom signifie les mâles descendans de même père ; mais dans une autre ligne. Tous les biens qui appartiennent au Prince de Salm &amp; aux Rheingraves, &amp; Valgraves ses <i>agnats.</i> Traité de Riswich. <i>art.</i> XXVI. M. le Card. de Furstemberg... jouira avec ses <i>agnats</i> &amp; cognats, &amp; domestiques, ou ayant cause, ne pourront en aucune manière éxiger quoi que ce soit, &amp;c. Ib. Art. XLIII. Ce mot, comme l'on voit, s'écrit avec un <i>e agnate,</i> &amp; sans <i>e agnat.</i> Le <i>gn</i> se prononce comme en Latin <i>agnus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="957" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="AGNATION" />
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    <head>AGNATION</head>
    <p>
    AGNATION , s. f. Terme de Jurisprudence . <i>Agnatio.</i> Le <i>gn</i> se prononce comme dans <i>agnat.</i> C'est selon le Droit Romain, le lien de consanguinité entre les mâles descendans de même père ; comme <i>cognation</i> est le lien de parentage entre les mâles &amp; les femelles ensemble descendans aussi de même père. On doit observer qu'il y avoit cette différence entre la cognation, &amp; l'<i>agnation</i> ; c'est que la cognation étoit le nom universel, sous lequel toute la famille, &amp; les <i>agnati</i> eux-mêmes, étoient renfermés ; &amp; que l'<i>agnation</i> étoit une espèce particulière de cognation, qui ne comprenoit que les descendans par le sexe masculin. Par la loi des 12. tables, les femmes étoient appellées à succéder avec les mâles, sans distinction de sexe, &amp; selon leur degré de proximité. La Jurisprudence changea dans la suite, &amp; par la loi <i>Voconia,</i> les femmes furent excluses des priviléges de l'<i>agnation,</i> à moins qu'elles ne fussent dans le degré de consanguinité ; c'est-à-dire excepté la soeur de celui qui étoit mort <i>ab-intestat.</i> De-là vient que les descendans en ligne masculine étoient seuls appellés <i>agnati</i> ; &amp; en vertu de l'<i>agnation</i> ils succédoient à l'exclusion des descendans en ligne féminine. Justinien, <i>Inst. Liv.</i> 3. <i>T.</i> 10. abolit cette distinction, &amp; rétablit les femmes dans les droits de l'<i>agnation,</i> en sorte qu'abrogeant cette différence, il ordonna qu'indistinctement, soit mâles, soit femelles, tous les descendans du côté paternel viendroient à la succession, suivant l'ordre de leur proximité. D'où il s'ensuit que l'<i>agnation</i> est restreinte aux parens paternels, &amp; que la cognation s'étend aussi aux maternels. Les enfans adoptifs jouissoient aussi des prérogatives de l'<i>agnation</i> ; que l'on appelloit civile à leur égard, par opposition à l'<i>agnation</i> naturelle. Grotius a observé que dans la Famille Royale de France on suit l'<i>agnation,</i> en n'admettant que les mâles descendus des mâles, de branche en branche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="958" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGNATIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AGNATIQUE</head>
    <p>
    &#9758; AGNATIQUE , adj. Du côté paternel. Le choix que les Rois de Rome faisoient des Sénateurs, prouve que cette dignité ne dépendoit point d'une succession linéale &amp; <i>agnatique</i> (c'est-à-dire, en ligne masculine). De Vertot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="959" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGNEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AGNEAU</head>
    <p>
    AGNEAU , s. m. Jeune animal engendré d'une brebis &amp; d'un Belier. <i>Agnus. Agneau</i> de lait. La plupart des Parisiens prononcent <i>anneau,</i> en parlant d'un jeune mouton. Mais il faut nécessairement dire <i>agneau,</i> en conservant au <i>gn</i> le son qu'il a dans <i>ignorant,</i> &amp; on ne doit prononcer <i>anneau,</i> qu'en parlant d'une bague. Restaut. Le P. Buffier p. 378. de sa Gr. Fr. in-12. 1714. dit que l'usage semble <pb n="113" facs="bpt6k8542165/f153/full/1200,/0/native.jpg"/>partagé ; que les gens de Lettres prononcent plus souvent <i>agneau,</i> &amp; les personnes de la Cour plus souvent <i>anneau.</i> Il faut croire que M. Restaut, qui avoit lû cette remarque, a eu de bonnes raisons de n'y pas adhérer, &amp; que son sentiment conforme à tant d'autres, doit prévaloir. Quoi qu'il en soit, il faut faire sentir le <i>g</i> en parlant de l'<i>Agneau Pascal,</i> que les Juifs mangeoient en mémoire de la délivrance que Dieu avoit procurée à leurs pères, &amp; qui devoit être immolé vers la fin du quatorzième jour du mois de Nisan. Ils le mangeoient solennellement avec des pains sans levain, &amp; des laitues sauvages, à l'entrée de la nuit. Anciennement le Clergé de la Cathédrale de Marseille observoit la coutume toutes les années de manger un <i>agneau</i> rôti le jour de Pâques, en mémoire de la solennité de la Fête &amp; de la Résurrection de N. S. J. C. Cette cérémonie se pratiquoit après avoir chanté Tierce ; &amp; pendant le repas le Lecteur lisoit le premier Livre des Morales, &amp; le dernier de la Cité de Dieu de S. Augustin, qui traitent de la Résurrection de nos corps. Il m'a été impossible de savoir en quel temps cette coutume fut supprimée. Les Arméniens en pratiquoient encore une presque semblable l'an 1560. car le jour de Pâques ils pendoient au milieu de leur Eglise un <i>agneau</i> rôti, dont l'Evêque revêtu de ses habits Pontificaux, le Clergé &amp; le Peuple, mangeoient chacun un morceau ; mais peu après elle fut abolie par un de leurs Evêques, qui avoit été Religieux dans l'ordre de S. Dominique. De Ruffi. <i>Hist. de Mars.</i> Autrefois on benissoit le jour de Pâques pendant la Messe l'<i>Agneau</i> Pascal que l'on devoit manger, comme il paroît par la vie de S. Uldric Evêque d'Ausbourg. On ne fait plus cette cérémonie pendant la Messe dans les Communautés anciennes où elle se pratique encore, comme dans l'Abbaye de saint Victor à Paris, où on le benit dans le Réfectoire, &amp; on le mange à dîner.</p><p>La diminution du nombre des bêtes à laine a souvent obligé à défendre l'usage de la chair des <i>agneaux.</i> Charles IX. le défendit en 1563. &amp; Henri III. en 1577. De la Mar. Le Roi vient aussi de le défendre en 1714. Ce mot vient de <i>anniculus</i>, car il perd ce nom dès qu'il a passé l'année ; ou d' en Grec, qui signifie le même.</p><p>Varron dit que les <i>agneaux</i> sevrés sont sujets à mourir de chagrin. <i>Quum depulsi sunt agni à matribus adhibenda est cura ne desiderio senescant.</i> C'est pour cela qu'à un homme qui se consumoit à la Cour sans avancer, on lui donna pour devise un <i>agneau,</i> avec ce mot, <i>Desiderio senescit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="959" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGNEAU" />
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    <head>AGNEAU</head>
    <p>
    Agneau , se dit figurément de l'homme, &amp; des animaux apprivoisés qui ont beaucoup de douceur. Jesus-Christ s'est laissé conduire à la mort comme un <i>agneau.</i> Cet homme est un <i>agneau,</i> tant il est docile à obéir. Ce cheval depuis qu'il est dompté, est un <i>agneau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="959" id="3" type="blason">
   <index type="head" value="AGNEAU" />
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    <head>AGNEAU</head>
    <p>
    Agneau , en termes de Blason , est l'hieroglyphe de l'homme paisible, simple &amp; débonnaire, qui a le coeur ouvert &amp; franc. Les Séguiers portent d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles de même, &amp; en pointe d'un <i>agneau</i> d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="960" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGNEL" />
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>AGNEL</head>
    <p>
    AGNEL , ou AIGNEL, est un vieux mot, qui étoit le nom d'une ancienne monnoie d'or que fit battre S. Louis, sur laquelle étoit représenté un agneau, ou mouton. Le mouton que l'on peint ordinairement auprès de S. Jean-Baptiste, a donné lieu à quelques-uns de croire que le Roi Jean avoit fait le premier frapper cette monnoie pour honorer son Patron ; Froissard assure même que ce fut après la bataille de Poitiers. Voyez Budé L. V. &amp; Froiss. T. I. ch. 171. L'inscription de cette monnoie étoit, <i>Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.</i> Il n'y a rien de si fréquent dans les anciens titres que cette monnoie, sous le nom de <i>Mutones,</i> ou <i>Moultones.</i> Le Blanc. Cet Auteur marque que cette monnoie étoit d'or fin à 59 12 au marc sous S. Louis, &amp; Charles le Bel, en 1226. &amp; en 1321. Et il dit dans sa Préface p. 3. qu'elle pesoit 3 deniers 5 grains trébuchans ; qu'elle valoit 12 sols 6 deniers tournois, qui étoient des sols d'argent, qui pesoient environ autant que l'<i>aignel.</i> Ceux que le Roi Jean fit faire, étoient aussi d'or fin ; mais ils étoient plus pesans environ de 10 à 12 grains que ceux de ses prédécesseurs ; puisqu'ils pesoient 3 deniers 16 grains la pièce. Ceux de Charles VI. &amp; Charles VII. ne pesoient que deux deniers : &amp; n'étoient pas d'or fin.</p><p>Cette monnoie prit son nom de sa marque ; &amp; elle fut nommée <i>aignel</i> d'or, à cause de la figure d'un mouton, ou d'un aignel, comme on parloit en ce temps-là, qui étoit représentée sur l'un de ses côtés. Le Blanc. En Latin <i>agnus,</i> un agneau, &amp; <i>agnellus,</i> diminutif, un petit agneau. On la nomma aussi <i>Denier d'or à l'aignel ; florin d'or à l'aignel ; Moutons d'or à la grande laine</i> ; &amp; <i>Moutons d'or à la petite laine.</i> Id. Nos Auteurs François appellent aussi <i>agneaux</i> la monnoie que Jacob donna aux enfans d'Hémor, &amp; que le texte Hébreu appelle , <i>Gen.</i> XXXIII. 19. Nous apprenons encore du même Livre de la Genèse, que Jacob paya cent <i>agneaux</i> aux enfans d'Hémor pour le champ qu'il avoit acheté d'eux ; c'est-à-dire, cent pièces de monnoie, sur lesquelles un agneau ou un mouton étoit gravé ; ce qui est justifié par les Actes des Apôtres, Ch. VII. v. 36. où il est marqué que Jacob avoit acheté à prix d'argent. Cette circonstance marque que ces agneaux étoient des monnoies réelles, comme ont été autrefois en France les deniers d'or à l'<i>agnel,</i> &amp; les moutons d'or à la grande ou à la petite laine.... Ce nom d'agneau fait voir que la monnoie étoit marquée dès ce temps-là. Boizard. M. Pelletier de Rouen a fait une Dissertation sur cette monnoie. Elle est dans les Mémoires de Trévoux 1704. au mois de Mai, dans laquelle il montre que c'étoit une monnoie des Chaldéens, &amp; qu'elle étoit marquée d'un côté d'un <i>agneau,</i> &amp; de l'autre d'un Sagittaire, ou archer, ou d'un arc, ou d'un carquois plein de flèches. Hottinger <i>de Num. Orient. p.</i> 110. prouve aussi que c'étoit une monnoie. 1°. Par l'endroit des Actes VII. 16. que nous avons déja cité. 2°. Par le commerce que faisoit Jacob. 3°. Par l'ancienne coutume de presque tous les Peuples, de donner à l'argent, à la monnoie, le nom des animaux qu'on y gravoit ; témoins les Boeufs d'Athènes &amp; de Rome, les loups d'Argos, les Chevaux de Cephalène &amp; de Thessalie &amp;c. 4°. Par le consentement unanime des Hébreux, qui disent que ces Kesita sont une espèce de monnoie. 5°. Par l'usage de cette monnoie, que l'on trouve encore dans le Thalmud : il devoit ajoûter, &amp; parmi les Arabes. Ce sentiment est le plus commun ; c'est celui de Waserus, <i>De Antiq. Hebr. Num. L. II. C.</i> 15. <i>p.</i> 89. De Drusius <i>in Gen. XXXIII.</i> 19. Du P. De la Haye, <i>Bibl. Max.</i> &amp; de Grotius sur le même endroit de l'Ecriture ; de R. David Kimhhi, <i>Libr. Rad.</i> &amp; du Miclol Jophi <i>in Gen.</i> XXXIII. 19. de Villalpandus &amp; de beaucoup d'autres. Il n'y a pas jusqu'à M. Sperlingius, qui, dans sa Dissertation <i>de Nummis non cusis</i> chap. 13. soutient que c'étoit une monnoie d'or, quoiqu'il prétende qu'elle ne fût point marquée. On en fabriqua aussi en l'année 1320. sous Philippe Le Bel. Cette monnoie fut en usage jusqu'à Charles VII. Elle étoit d'or fin ; elle pesoit 3 deniers 5 grains trébuchans, &amp; valoit 10 sols parifis, ou 12 sols 6 deniers tournois ; ce qu'il faut entendre des sols de ce temps-là, lesquels étoient d'argent fin, &amp; pesoient environ une dragme 7 grains. Ceci se prouve par une Ordonnance de Philippe Le Bel de l'an 1320. dans laquelle il dit : <i>Agnels que nous faisons forger comme au temps de S. Louis.</i> Et sous ce Roi, cette monnoie étoit d'or fin, &amp; pesoit 3 deniers 5 grains trébuchans. Louis Huttin, dans une de ses Ordonnances, dit que S. Louis fit faire le denier d'or appellé l'<i>agnel,</i> &amp; qu'il eut cours pour 10 sols parifis. Parmi les Auteurs qui ont parlé de cette monnoie, les uns la font beaucoup postérieure à S. Louis, mais leur opinion est condamnée par les deux Ordonnances que je viens de citer. Quelques autres veulent que Louis VIII. soit le premier qui la fit faire, &amp; ce sentiment me paroît détruit par un endroit des Ordonnances de Philippe Le Bel, où il dit <i>qu'il fera forger monnoie d'or, qui est &amp; qui sera appellée à l</i>'agnel, lequel est du temps de S. Louis notre aieul.</p><p>M. de Peyresc, qui, au rapport de M. Du Cange, est un de ceux qui prétendent que les prédécesseurs de S. Louis firent cette monnoie, croit qu'elle fut fabriquée au temps de la guerre des Albigeois, pour payer les troupes de l'armée des Croisés, &amp; qu'on la marqua de cet agneau, que nous appellons communément <i>agnus Dei,</i> à cause qu'il étoit sur les drapeaux des principaux Chefs de cette armée ; que depuis ce temps-là le Clergé de France, aussi-bien que plusieurs Eglises, le mirent dans leurs armes. Je ne sai d'où M. de Peyresc a tiré cela. Les Ordonnances citées marquent clairement que ce fut S. Louis qui fit faire cette monnoie : ce fut sans doute par un effet de sa piété, qu'il <pb n="114" facs="bpt6k8542165/f154/full/1200,/0/native.jpg"/>y fit mettre le symbole sous lequel on a accoutumé de représenter le Fils de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="961" id="1" type="">
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    <head>AGNELER</head>
    <p>
    AGNELER , v. act. Qui se dit de la brebis, quand elle fait un agneau. <i>Agnum parere.</i> Cette brebis n'a pas encore <i>agnelé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="962" id="1" type="">
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    <head>AGNELET</head>
    <p>
    AGNELET , s. m. Diminutif d'agneau ; pour signifier un petit agneau. <i>Agnellus.</i> M. Le Blanc, dans ses tables du prix &amp; du poids des monnoies, appelle quelquefois <i>Agnelet</i> ce qu'il appelle d'autres fois <i>Agnel ;</i> c'est-à-dire, une mon noie d'or fin à la taille de 59 12 au marc valant 20 sols sous Philippe le Bel, Louis Huttin, &amp; Philippe Le Long.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="963" id="1" type="fleuriste">
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    <head>AGNÈS</head>
    <p>
    AGNÈS , s. f. <i>Agnès.</i> Nom propre de femme. La Belle <i>Agnès.</i> Nom que l'on donna à <i>Agnès</i> Sorel Maîtresse de Charles VII. Il y a à Bourges la Tour de la Belle <i>Agnès.</i></p><p><i>Belle-Agnès</i> est aussi un terme de Fleuriste . C'est un ancien oeillet marqué de peu de violet sur un blanc passable : il crève facilement, mais il est facile à grener.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="963" id="2" type="">
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    <head>AGNÈS</head>
    <p>
    Agnès , on donne aussi ce nom à une jeune fille qui n'a aucun usage du monde. C'est une <i>agnès</i> qui sort du couvent. Cette fille fait l'<i>agnès.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="964" id="1" type="">
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    <head>AGNOÏTES</head>
    <p>
    AGNOÏTES , ou AGNOËTES. C'est le nom qu'on a donné à d'anciens Hérétiques, qui nioient que Jesus-Christ eût connu le jour du dernier jugement. Eulogius, Patriarche d'Alexandrie, attribua cette hérésie à quelques solitaires du voisinage de Jérusalem, qui produisoient là-dessus plusieurs passages du nouveau Testament, &amp; entr'autres celui du Chap. 13. de S. Marc, v. 32. <i>Quant à ce jour &amp; à cette heure-là, personne n'en a connoissance, non pas même les Anges qui sont dans le Ciel, ni le Fils, mais le Père seul.</i> Ces paroles qui se trouvent dans tous les exemplaires Grecs du nouveau Testament, semblent d'abord appuyer le sentiment des <i>Agnoites.</i> Mais Jesus-Christ vouloit seulement faire connoître à ses Apôtres, en parlant de la sorte, que c'étoit inutilement qu'ils lui faisoient des questions sur le jour du jugement dernier, parce que cela ne regardoit point sa qualité de Messie, mais le Père seul. Comme les Ariens opposoient ce passage de S. Marc aux Orthodoxes, les anciens Docteurs de l'Eglise l'ont expliqué de différentes manières : quelques-uns d'eux ont cru que Jesus-Christ ne parloit pas de sa nature divine en ce lieu-là, mais seulement de sa nature humaine. Le sens le plus simple est celui qu'on vient de rapporter, &amp; qui est de M. Simon dans sa note sur cet endroit. Il faut consulter sur ces <i>Agnoites,</i> Photius dans sa Bibliothèque sect. 230. L'Auteur de cette hérésie a été un certain Thémistius, qui se faisoit nommer Calonymus. Voyez le même Photius sect. 108. de sa Biblioth. La plupart des Théologiens ont parlé de ces <i>Agnoites.</i> Consultez aussi Du Cange dans son Glossaire Grec sur le mot . On a encore appellé de ce nom d'autres Hérétiques, dont le Chef fut Théophrone de Cappadoce, qui s'étoit joint aux Eunomiens, qui le rejetterent, parce qu'il révoquoit en doute que Dieu connût tout.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGNUS DEI</head>
    <p>
    AGNUS DEI , s. m. Pâte benite, qu'on porte par dévotion, &amp; qu'on couvre d'une petite pièce d'étoffe qui est ordinairement brodée &amp; en forme de coeur. <i>Cerea agni coelestis effigies.</i> Les plus beaux présens des Religieuses, sont des <i>Agnus Dei.</i> On dit aussi simplement un <i>Agnus,</i> sans ajoûter <i>Dei</i> ; &amp; l'on prononce à la Françoise, c'est-à-dire, en ne faisant du <i>g</i> &amp; de l'<i>n</i> qu'une <i>n</i> mouillée, comme dans <i>besogne</i> &amp; <i>Cologne.</i> Il est indéclinable, &amp; l'on dit au pluriel, Des <i>Agnus,</i> quatre <i>Agnus,</i> ou des <i>Agnus Dei.</i> Le Pape benit de sept ans en sept ans les <i>Agnus Dei</i> avec le S. Chrême, dont la distribution appartient à la Charge du Maître de sa Garderobbe. Les Cardinaux les reçoivent avec grande révérence dans leurs mitres. Les Feuillans ont droit de paîtrir ceux qu'on fait de pâte.</p><p>Cette cérémonie vient d'une coutume ancienne de l'Eglise. On prenoit une certaine partie du cierge de Pâque qu'on avoit beni le Samedi Saint, &amp; après la communion on la distribuoit au Peuple pour en faire des parfums dans leurs maisons, &amp; dans leurs champs &amp; vignes, afin d'en chasser les Démons, &amp; les préserver des tempêtes &amp; des orages, comme témoigne le P. Sirmond. A Rome l'Archidiacre benissoit de la cire arrosée d'huile, &amp; il mettoit dessus l'empreinte de la figure d'un Agneau pour la distribuer au Peuple. Ce qui a fait que depuis, les Papes en ont fait des consécrations plus solennelles. Voyez Amalarius Auteur du IXe siècle dans son Ouvrage des Offices Ecclésiastiques. Alphonse Ciccarelli a fait un Traité de l'origine de la bénédiction &amp; des vertus de l'<i>Agnus Dei,</i> dont le Père Labbe fait mention en sa Bibliothèque.</p><p>Anciennement on donnoit l'<i>Agnus Dei</i> au nouveau baptisé à la place de la robe blanche qu'il quittoit, afin d'avoir par-là un symbole qui l'avertît continuellement de la sainteté de vie à laquelle il étoit obligé, &amp; à imiter l'agneau de Dieu dans sa douceur, son humilité, &amp; son innocence. Cet <i>Agnus Dei</i> étoit blanc &amp; pétri de la cire du cierge Pascal, beni par le Pape, &amp; on le portoit au col.</p><p>Nous appellons aussi vulgairement <i>Agnus Dei,</i> cette partie de la Messe où le Prêtre se frappant la poitrine dit trois fois à haute voix une priere qui commence par ces mots, <i>Agnus Dei.</i> La Messe est-elle avancée ? elle en est <i>à</i> l'<i>Agnus Dei.</i> C'est le Pape Sergius qui à la fin du VIIe siècle ordonna que l'on chantât à la Messe <i>Agnus Dei,</i> pendant que l'on rompoit les hosties. Fleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="966" id="1" type="">
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    <head>AGNUS CASTUS</head>
    <p>
    AGNUS CASTUS , s. m. <i>Vitex.</i> Arbrisseau dont les branches sont pliantes &amp; fort souples. Ses feuilles sont découpées en cinq parties, c'est-à-dire, en main ouverte, &amp; ressemblent à celles du chanvre, si ce n'est qu'elles ne sont pas dentelées si profondément à leur bord, &amp; qu'elles sont plus blanchâtres. Ses fleurs naissent au sommet des branches en forme d'épi, ramassées ensemble autour des branches en manière d'anneau. Chaque fleur est d'une seule pièce, qui a la figure d'un tuyau, dont l'ouverture extérieure s'évase &amp; se découpe en deux lèvres. Le fruit qui succède à la fleur est sphérique, dur, &amp; partagé ordinairement en quatre loges, qui contiennent chacune une semence assez menue. Les Anciens étant persuadés que cet arbrisseau étoit un spécifique pour conserver la chasteté, lui ont donné le nom de doublement chaste : les médecins se servent de ces fruits en émulsion, pour adoucir l'acreté des urines, &amp; pour les gonorrhées virulentes. L'infusion de ces mêmes fruits est bonne pour l'hydropisie, &amp; pour les pâles couleurs. Les Grecs l'ont appellé , c'est-à-dire, <i>Chaste,</i> parce que les Dames Athéniennes qui faisoient profession de chasteté, couchoient sur des feuilles d'<i>Agnus Castus</i> pendant les sacrifices de Cérès. Comme ces deux mots signifient la même chose, l'un en Grec, l'autre en Latin, il semble qu'il se falloit contenter de l'un ou de l'autre, &amp; ne les pas joindre tous deux ensemble. Sa semence est en usage en Médecine, &amp; on dit que ceux qui s'en servent peuvent plus facilement conserver leur chasteté. On fait des conserves &amp; opiates d'<i>Agnus Castus.</i> M. Chomel en distingue deux espèces ; le grand, qui devient arbre comme le saule ; &amp; le petit, qui a les feuilles plus landées, &amp; plus velues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="967" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGON" />
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    <head>AGON</head>
    <p>
    AGON , s. m. <i>Agon.</i> Ce mot est Grec, , &amp; signifie un combat, un jeu public &amp; solennel, un jeu sacré qui se faisoit en certains jours de Fêtes, ou en certaines cérémonies, à l'honneur de quelque Dieu, ou à la mémoire de quelque Héros. Ainsi il y avoit l'<i>Agon</i> d'Androgée, institué par Minos en Crète ; l'<i>Agon</i> Gymnique, <i>Agon Gymnicus,</i> à Athènes ; l'<i>Agon</i> Néméen, institué par les Argiens dans l'Olympiade 53. l'<i>Agon</i> Olympien, <i>Olympius,</i> institué par Hercule 430. ans avant la premiere Olympiade, selon Eusebe. Les Romains en instituerent aussi à l'exemple des Grecs. L'Empereur Aurelien établit l'<i>Agon</i> du Soleil ; &amp; Dioclétien l'<i>Agon</i> Capitolin, qui se célébroit de quatre ans en quatre ans comme les jeux Olympiques, &amp; par lequel cet Empereur ordonna que l'on comptât les années comme on comptoit par les Olympiades ; mais cela ne dura pas. C'est dans ce dernier sens seulement qu'on pourroit user de ce mot en François, si l'on vouloit dans l'histoire de ce temps-là compter les <i>Agons.</i> En toutes les autres occasions, il faudroit dire jeux, les jeux Olympiques, les jeux Néméens &amp;c. Il y a une médaille Grecque de Commode rapportée par M. Beger T. II. p. 679. au revers de laquelle on voit une figure d'homme toute nue, ayant la main droite sur sa tête, &amp; tenant de la gauche un bâton, avec ces mots pour inscription, . L'<i>Agon</i> sacré des habitans de Nicée. M. Beger ne croit point que ce soit la figure du Dieu <i>Agon,</i> dont parle Pausanias, mais un Athlète qui avoit remporté le prix à Nicée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONALES</head>
    <p>
    AGONALES , s. f. Fêtes que célébroient les Romains à l'honneur du Dieu Janus dans le mois de Janvier ; ou selon quelques-uns, à l'honneur des Dieux Agoniens, que les Payens invoquoient quand ils entreprenoient quelque chose importante. D'autres prétendent qu'elles ont pris leur nom du mont <i>Agon,</i> qui fut depuis le mont Quirinal, sur lequel se faisoit la solennité. <i>Agonalia.</i> On varie sur l'étymologie de ce mot. Les uns disent qu'il vient d'une cérémonie qui s'observoit dans le sacrifice qu'on faisoit en ce jour. Le Sacrificateur, tenant le couteau nud, &amp; prêt à frapper la victime, qui étoit un belier, crioit <i>Agon, ferai-je</i> ? C'est le sentiment d'Ovide, Fast. Liv. I. v. 319. D'autres rapportent l'origine de ce nom au mont Quirinal, sur lequel se faisoit ce sacrifice, &amp; qui s'appelloit <i>Agon.</i> D'autres enfin, comme on le voit dans Ovide au même Liv. Vs 329. croyoient que ce mot étoit Grec, &amp; qu'il venoit d', qui signifie combat, jeu public &amp; sacré, parce qu'anciennement il y avoit ce jour-là un combat de Chars.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONALES</head>
    <p>
    Agonale . <i>Agonalis.</i> Est aussi un adjectif, ou épithète qui se donne aux Saliens, ou Prêtres que Numa Pompilius consacra au Dieu Mars, surnommé Gradivus, &amp; qu'on appelloit aussi Palatins, ou Quirinaux. Les Saliens <i>Agonales</i> étoient au nombre de douze. Il semble que l'analogie demanderoit qu'on dît les Saliens <i>Agonaux</i> ; plutôt qu'<i>Agonales</i> ; cependant les Dictionnaires mettent <i>Agonales.</i> Au reste, ces Dictionnaires se trompent, lorsqu'ils en font un substantif. Je ne crois pas qu'on dise <i>Agonales</i> tout seul, comme on ne dit point Palatins, ou Quirinaux seuls ; mais Saliens Palatins, Saliens Quirinaux, Saliens <i>Agonales,</i> ou <i>Agonaux. Agonales Salii.</i> Rosinus Liv. III. des Antiq. Rom. ch. 33. les appelle <i>Agonenses Salii.</i> On donnoit aussi cette épithète au mont Quirinal, qu'on appelle quelquefois le mont <i>Agonale ; mons Agonalis</i> ; autre preuve qu'<i>Agonale</i> est adjectif. Le Cirque <i>Agonale</i> étoit où est aujourd'hui la place Navone.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONE</head>
    <p>
    AGONE , s. m. <i>Agon.</i> Nom qu'on donnoit au Sacrificateur qui frappoit la victime. Avant que de donner le coup, il demandoit au peuple <i>Agon,</i> pour <i>Agone,</i> Le ferai-je ? C'est-à-dire, frapperai-je ? C'est de-là qu'est venu leur nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONIE</head>
    <p>
    AGONIE , s. f. Extrêmité de la maladie, où la nature fait son dernier effort contre le mal qui menace de mort. <i>Extremae morientis angustia, extrema corporis animique colluctatio.</i> Ce malade a été trente heures à l'<i>agonie.</i> Ce mot vient du Grec , <i>certamen.</i> Il n'y a pas un plus grand combat que celui de la mort contre la vie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONIE</head>
    <p>
    Agonie , se dit figurément en Morale, de l'esprit, quand il souffre de grands travaux, de grandes inquiétudes, ou de grandes angoisses. <i>Angor.</i> Cette nouvelle a mis son esprit dans une mortelle <i>agonie.</i> La vie des pauvres esclaves est une longue mort, ou une <i>agonie</i> continuelle. Pasc. Ils allerent à la montagne des Oliviers, où après qu'il eut souffert une rude <i>agonie,</i> il fut pris pour être exposé à tous les opprobres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONIE</head>
    <p>
    Agonie , se dit aussi dans le style enjoué, des tourmens que l'amour fait souffrir. Philis me met à l'<i>agonie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONISANT, ANTE</head>
    <p>
    AGONISANT, ANTE , adj. Qui est à l'agonie. <i>Moriens, agens animam.</i> La Confrairie des <i>Agonisans</i> a été instituée par les Pères Augustins, sous le nom de S. Nicolas de Tolentin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONISER</head>
    <p>
    AGONISER , v. act. Souffrir l'agonie, être à l'agonie. <i>Cum morte ultimùm colluctari.</i> On dit proverbialement, Il se débat comme l'ame d'un Sergent qui <i>agonise.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONISTIQUE</head>
    <p>
    AGONISTIQUE , s. m. &amp; f. <i>Agonisticus.</i> C'est le nom que Donat imposoit à ceux de sa secte qu'il envoyoit prêcher sa Doctrine dans les lieux voisins &amp; dans les Foires, ainsi que le témoigne Optat de Milève Liv. III. c. 4.</p><p>Pour la même raison on les appella <i>Circuitores, Circelliones, Catropitae, Coropitae ;</i> &amp; à Rome surtout <i>Montenses,</i> Montagnards, parce qu'ils tenoient leurs assemblées sur les montagnes. Apparemment que Donat les appelloit <i>Agonistiques, du mot</i> , combat, parce que c'étoit comme des troupes qu'il envoyoit combattre, &amp; faire des conquêtes. Ou bien, à ce que prétend M. Du Pin dans ses Notes sur Optat, parce qu'ils combattoient contre ceux qui vouloient défendre leurs biens contre leurs violences. Car ils en exercerent beaucoup sous la conduite d'Axide &amp; de Fasir, qu'ils appelloient les Chefs, ou les Capitaines des Saints.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AGONISTIQUE</head>
    <p>
    Agonistique , qui concerne les combats : exercices <i>agonistiques,</i> jeux <i>agonistiques,</i> en parlant des Spectacles des anciens, où il y avoit des combats de gladiateurs ou autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="974" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGONIUS" />
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    <head>AGONIUS</head>
    <p>
    AGONIUS , s. m. Nom propre du Dieu qui présidoit aux affaires, aux entreprises. Les Fêtes qui se nommoient Agonales étoient, selon quelques-uns, les Fêtes de ce Dieu. On appelloit aussi adjectivement <i>Agonius</i> ou <i>Agonalis dies,</i> le jour auquel on sacrifioit une victime Agonale, ou au Dieu <i>Agonius.</i> Ce mot semble venir du verbe <i>ago,</i> j'agis. Voyez <ref type="search" target="head:AGONALES">AGONALES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="975" id="1" type="college">
   <index type="head" value="AGONOTHÈTE" />
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    <head>AGONOTHÈTE</head>
    <p>
    AGONOTHÈTE , s. m. <i>Agonotheta.</i> Titre d'un Magistrat qu'on choisissoit chez les Grecs, pour présider aux jeux sacrés ; il en faisoit la dépense ; il déclaroit aussi vainqueurs ceux qui l'avoient mérité, &amp; il leur distribuoit les prix proposés dans ces jeux. <i>Agonothète</i> vient du Grec , composé du Grec , <i>combat, jeu sacré,</i> &amp; de , <i>celui qui pose, qui ordonne, qui règle.</i> On donne encore dans les Colléges le nom d'<i>Agonothète</i> à celui qui fait la dépense des prix qu'on distribue aux Ecoliers. <i>Agonothète</i> perpétuel est celui qui a fondé les prix. <i>Ex munificentia Regis Christianissimi Agonothetae perpetui</i> &amp;c. Ce terme, en cette signification, est un terme de Collége , &amp; peu François ; on s'en sert encore parmi les Antiquaires, aussi bien que de <i>Athélothète.</i> Dans la basse Latinité on trouve quelquefois <i>Agomotheta,</i> &amp; <i>Agomitheta,</i> pour Lutteur, celui qui combat ; mais c'est une impropriété manifeste, comme l'a remarqué Bollandus, Févr. T. I. p. 200. &amp; p. 891.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="976" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGONYCLITE" />
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    <head>AGONYCLITE</head>
    <p>
    AGONYCLITE , s. m. &amp; f. <i>Agonyclites, Agonoclita.</i> Celui ou celle qui ne fléchit jamais le genouil. Ce mot est formé de <i>l'a</i> privatif, de , le <i>genouil,</i> &amp; , <i>J'incline, je fléchis.</i> On donna ce nom dans le VIIe siècle à certains hérétiques qui ne se mettoient jamais à genoux, &amp; faisoient toutes leurs prières debout. S. Jean Dam. hérés. 91.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="977" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGORANOME" />
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    <head>AGORANOME</head>
    <p>
    AGORANOME , s. m. Magistrat d'Athènes. <i>Agoranomus.</i> Il étoit préposé pour maintenir l'ordre &amp; la police, afin que tout ce qui se débitoit au marché, fût vendu sans fraude, &amp; avec poids &amp; mesure. Cette Magistrature étoit à-peu-près la même chose que celle des Ediles Curules chez les Romains. Ce nom est formé de deux mots Grecs, , <i>marché,</i> &amp; , <i>distribuer.</i> Aristote distingue deux sortes de Magistrats ; les <i>Agoranomes,</i> qui avoient l'intendance sur les marchés ; &amp; les Astynomes, qui avoient le soin des édifices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="978" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGORÉE" />
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    <head>AGORÉE</head>
    <p>
    AGORÉE , adj. m. &amp; f. <i>Agereus, a.</i> Du Grec formé du Grec <i>Agora,</i> , qui signifie marché, place publique. On donnoit cette épithète aux Dieux, dont les Statues étoient dans les places publiques. Minerve <i>Agorée</i> étoit en vénération chez les Lacédémoniens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="979" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGOUTY" />
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    <head>AGOUTY</head>
    <p>
    AGOUTY , s. m. C'est un animal des Antilles. Il est de couleur brune, tirant sur le noir. Il a le poil rude, clair, &amp; une petite queue sans poil. Il a deux dents en la mâchoire d'enhaut, &amp; autant en celle d'enbas. Il tient son manger entre ses deux pattes de devant, comme l'Ecureuil. Il jette un cri, comme s'il disoit distinctement <i>Coüyé.</i> On le poursuit avec des chiens, parce que sa chair, quoiqu'elle sente un peu le sauvagin, est estimée de plusieurs, autant que celle du lapin. Quand il est chassé, il se retire dans le creux des arbres, d'où on le fait sortir avec la fumée, après qu'il a crié étrangement. Si on le prend jeune, il s'apprivoise aisément. Lorsqu'on le met en colère le poil de dessus son dos s'hérisse, &amp; il frappe la terre de ses pattes de derrière ; comme font les lapins. Il est aussi de même grosseur ; mais ses oreilles sont courtes &amp; rondes, &amp; ses dents tranchantes comme un rasoir. Lonvillers. Voyez <ref type="search" target="head:ACOUTI">ACOUTI</ref>. Le P. Du Tertre écrit ainsi dans son <i>Histoire des Antilles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="980" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRA" />
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    <head>AGRA</head>
    <p>
    AGRA , s. f. <i>Agra.</i> Ville du Mogol. Mrs de l'Académie des Sciences lui donnent pour longitude 101d. 0'. &amp; pour latitude 28d. 30'.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="981" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRAFFE" />
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    <head>AGRAFFE</head>
    <p>
    AGRAFFE , subst. fém. Petit crochet servant à attacher des habits, ou quelque autre chose, &amp; qu'on fait quelquefois passer dans un anneau qui lui répond, qu'on appelle <i>porte. Fibula.</i> Cette montre a une <i>agraffe</i> d'argent ; une <i>agraffe</i> de diamans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="981" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRAFFE" />
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    <head>AGRAFFE</head>
    <p>
    Agraffe , en Architecture, est un crampon, ou morceau de fer à crochet, qui sert à retenir les pierres, &amp; les marbres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="981" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGRAFFE" />
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    <head>AGRAFFE</head>
    <p>
    <pb n="116" facs="bpt6k8542165/f156/full/1200,/0/native.jpg"/> Agraffe , est aussi un terme de Vanier . C'est un osier tortillé qui tient le bord de la hotte.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot de l'Hébreu <i>garaph,</i> qui signifie, <i>fortiter comprehendit.</i> D'autres le dérivent de <i>griphium</i>, parce que l'<i>agraffe</i> est crochue comme une griffe. On dit encore en quelques lieux, <i>agrappe ;</i> &amp; les Italiens disent <i>agrapare</i> ; pour dire, <i>agraffer.</i> Les Anciens l'appelloient <i>fermail.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="982" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRAFFER" />
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    <head>AGRAFFER</head>
    <p>
    AGRAFFER , v. act. Attacher avec une agraffe, avec une épingle, ou autre chose. <i>Fibulâ subnectere, astringere, substringere. Agraffer</i> sa jupe. <i>Agraffez</i> ces rubans à cette tapisserie. Selon le P. Labbe <i>agraffer</i> a été supposé pour agriffer, la lettre <i>a</i> donnant plus d'emphase au mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="982" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRAFFER" />
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    <head>AGRAFFER</head>
    <p>
    s'Agraffer , signifie aussi, Se prendre, s'attacher à ce qu'on trouve. <i>Apprehendere, arripere.</i> Un homme qui se noie s'<i>agraffe</i> à tout ce qu'il peut.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="982" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGRAFFER" />
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    <head>AGRAFFER</head>
    <p>
    Agraffé, ée , part. adj. <i>Subnexus, astrictus, substrictus fibulâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="983" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="AGRAIRE" />
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    <head>AGRAIRE</head>
    <p>
    AGRAIRE , adj. f. Terme de Jurisprudence . C'est le nom qui fut donné à une loi que publia Spurius Cassius, pour le partage des terres prises sur les ennemis : c'étoit vers l'an de Rome 268. <i>Agraria.</i> On trouve dans le Digeste deux autres loix <i>Agraires</i> ; l'une de César, &amp; l'autre de Nerva : mais elles ne regardent que les limites des champs, &amp; n'ont aucun rapport avec celle de Spurius Cassius. Cicéron, pendant son Consulat, s'opposa à la loi <i>Agraire,</i> que Rullus Tribun du peuple vouloit faire passer. Voyez ses harangues <i>De lege agraria contra Rullum.</i> Il faut cependant remarquer que ce mot <i>Agraire</i> n'est point le nom particulier d'une loi, mais un nom générique de toutes les loix faites pour le partage ou la distribution des terres. Il y a quinze ou vingt loix <i>Agraires,</i> dont les principales sont, la loi <i>Apuleia,</i> portée l'an de Rome 653 ; la loi <i>Baebia</i> ; la loi <i>Cassia,</i> de l'an de Rome 267 ; la loi <i>Cornelia,</i> de l'an 673 ; la loi <i>Flaminia,</i> de l'an 525 ; la loi <i>Flavia</i> ; la loi <i>Julia,</i> de l'an 691 ; la loi <i>Licinia,</i> de l'an 377 ; la loi <i>Aelia Licinia</i> ; la loi <i>Livia</i> ; la loi <i>Marcia</i> ; la loi <i>Rubria,</i> portée après la prise de Carthage ; deux loix <i>Semproniae,</i> de l'an 620 ; la loi <i>Servilia,</i> de l'an 690 ; la loi <i>Thoria</i> ; la loi <i>Titia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="984" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRANDIR" />
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    <head>AGRANDIR</head>
    <p>
    AGRANDIR , v. act. Accroître, rendre plus grand, plus étendu. <i>Augere, amplificare.</i> Le Roi a <i>agrandi</i> Versailles. Ce Partisan a bien fait <i>agrandir</i> sa maison, ses jardins. Claudius <i>agrandit</i> aussi la Ville de Rome, suivant la coutume ancienne, qui donne cette permission à ceux qui ont <i>agrandi</i> l'Empire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="984" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRANDIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>AGRANDIR</head>
    <p>
    Agrandir , se prend aussi pour faire paroître plus grand, sans augmenter véritablement la grandeur ni donner d'accroissement réel. Comme par le moyen des microscopes, nous multiplions les corps les plus simples, &amp; <i>agrandissons</i> les plus insensibles ; de même par le moyen des lunettes nous approchons de nos yeux les objets les plus éloignés. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="984" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGRANDIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AGRANDIR</head>
    <p>
    Agrandir , se dit figurément en Morale ; &amp; signifie, Rendre plus grand en honneurs, en crédit, en fortune ; élever dans le monde à un état plus considérable. Les Princes <i>agrandissent</i> qui ils veulent.</p><p>Il se dit aussi avec le pronom personnel ; soit au propre, Les héritages s'<i>agrandissent</i> par alluvion ; soit au figuré, Dans les occasions de s'<i>agrandir,</i> il n'est presque point de fidélité qui soit à l'épreuve, Patr. On ne se pousse, &amp; on ne s'<i>agrandit</i> dans le monde que pour augmenter l'idée que chacun se forme de soi. Nicol. Cet homme <i>s'est</i> bien <i>agrandi</i> en peu de temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="984" id="4" type="">
   <index type="head" value="AGRANDIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AGRANDIR</head>
    <p>
    Agrandir , signifie aussi, Exagérer, amplifier. <i>Dicendo amplificare.</i> Vous avez bien <i>agrandi</i> sa faute par vos discours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="984" id="5" type="">
   <index type="head" value="AGRANDIR" />
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    <head>AGRANDIR</head>
    <p>
    Agrandi, ie . part. pass. &amp; adj. <i>Auctus, amplificatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="985" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRANDISSEMENT" />
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    <head>AGRANDISSEMENT</head>
    <p>
    AGRANDISSEMENT , s. m. Augmentation, ce qui rend une chose plus grande. <i>Amplificatio, incrementum.</i> L'<i>agrandissement</i> d'un parc, d'une ville. L'<i>agrandissement</i> de l'Etat. Il doit l'<i>agrandissement</i> de sa famille à la faveur de ce Ministre. Cromwel n'avoit de religion &amp; de fidélité, qu'autant que ces vertus pouvoient servir à son <i>agrandissement.</i> Bouh.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>grandis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="986" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGREABLE" />
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    <head>AGREABLE</head>
    <p>
    AGREABLE , adj. m. &amp; f. Ce qui nous plaît, ce qui est selon notre goût. <i>Gratus, acceptus, jucundus.</i> La campagne est <i>agréable</i> aux mélancoliques. Il n'y a rien de plus <i>agréable</i> que la conversation des honnêtes-gens. Il faut tâcher de se rendre <i>agréable</i> à tout le monde. La condition naturelle des hommes leur fournit peu de choses <i>agréables,</i> &amp; leur raison leur apprend à en goûter encore moins. Fonten.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="986" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGREABLE" />
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    <head>AGREABLE</head>
    <p>
    Agréable . Avoir <i>agréable.</i> Avoir pour <i>agréable.</i> Ayez Messieurs, <i>agréable</i> d'en entendre la lecture. Le Père Joubert dit, dans son Dictionnaire, avoir pour <i>agréable.</i> L'Académie emploie l'un &amp; l'autre : Je vous prie d'avoir <i>agréable</i> que .. d'avoir pour <i>agréable</i> ce petit présent. Mr. de Calliéres n'y veut point de pour, qui, selon lui, rend cette façon de parler bourgeoise. Les gens du monde, dit-il, ne s'en servent point, &amp; diroient en pareil cas : Si vous l'avez <i>agréable,</i> si vous le trouvez bon, j'aurai l'honneur de vous voir un tel jour.. Suite des mots à la mode.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="986" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGREABLE" />
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    <head>AGREABLE</head>
    <p>
    Agréable , s'emploie aussi fort souvent subst. L'<i>agréable</i> de cette affaire, c'est qu'il ne faut point d'argent. Il faut autant qu'il est possible, mêler l'utile avec l'<i>agréable.</i> Molière a quitté pour le boufon, l'<i>agréable</i> &amp; le fin. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="986" id="4" type="fleuriste">
   <index type="head" value="AGREABLE" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>AGREABLE</head>
    <p>
    Agréable , s. m. Terme de Fleuriste . C'est le nom d'une des espèces des oeillets piquetés. Voyez <ref type="search" target="head:AMARILLIS">AMARILLIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="987" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÉABLEMENT" />
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    <head>AGRÉABLEMENT</head>
    <p>
    AGRÉABLEMENT , adv. D'une manière agréable. <i>Jucundè, lepidè, festivè.</i> Cette personne chante <i>agréablement.</i> La nouvelle d'un si heureux succès fut reçue fort <i>agréablement.</i> Passer <i>agreablement</i> la vie. Ablanc. Tourner les choses le plus <i>agréablement</i> du monde. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="988" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÉER" />
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    <head>AGRÉER</head>
    <p>
    AGRÉER , v. n. Avoir de l'agrément, plaire, être au gré de quelqu'un. <i>Placere. Agréer</i> aux Princes. Cette peinture m'<i>agrée</i> fort. Si ce mariage vous <i>agrée.</i> Il y a beaucoup de choses qui sont bonnes, &amp; cependant qui n'<i>agréent</i> pas à tout le monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="988" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRÉER" />
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    <head>AGRÉER</head>
    <p>
    Agréer , v. act. Avoir pour agréable, recevoir favorablement. <i>Gratum &amp; acceptum habere.</i> Vous <i>agreérez,</i> s'il vous plaît, mes complimens. Dieu <i>agrée</i> les prières de ses enfans. Il a <i>agréé</i> le present que je lui ai fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="988" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGRÉER" />
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    <head>AGRÉER</head>
    <p>
    Agréer , signifie aussi, Trouver bon, ratifier, approuver. <i>Approbare, comprobare. Agréez</i> que je ne me mêle point de cette affaire. Je lui ai fait <i>agréer</i> les raisons que j'avois d'agir de la sorte. Le Roi a <i>agréé</i> la résignation d'un tel Bénéfice, d'une telle charge. Il faut que le mari <i>agrée</i> &amp; ratifie le contrat fait par sa femme, pour sa validité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="988" id="4" type="">
   <index type="head" value="AGRÉER" />
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    <head>AGRÉER</head>
    <p>
    Agréer . Terme de Marine . Fournir un navire de son funin, voiles, canons, poudre, balles &amp; mêche, selon le voyage. <i>Navim instruere.</i> Il signifie aussi, Voir si tous les cordages sont bien garnis, suffisans &amp; en état. Et on dit entre Marchands, <i>Agréer</i> un vaisseau, pour dire, Accepter un navire. <i>Accipere.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'il faut payer, ou <i>agréer</i> ; pour dire, qu'un débiteur doit satisfaire ses créanciers par argent, ou par ses soumissions en obtenir terme, ou composition.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="989" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÉEUR" />
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    <head>AGRÉEUR</head>
    <p>
    AGRÉEUR , s. m. Celui qui fournit tout ce qu'il faut à un navire pour le mettre en état de faire un voyage. <i>Instructor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="989" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRÉEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AGRÉEUR</head>
    <p>
    Agréeur , est aussi celui qui passe le funin, frappe les poulies, oriente les vergues, &amp; met en bon ordre tout ce qui est de sa charge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="990" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÉGATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AGRÉGATION</head>
    <p>
    AGRÉGATION , s. f. Action par laquelle on joint, on unit ensemble : réception au nombre de ceux qui composent un Corps. <i>Adscriptio, cooptatio.</i> Être d'un Corps par <i>agrégation.</i> Patr. On a fait l'<i>agrégation</i> de plusieurs Docteurs aux Professeurs des Ecoles du droit. Il se fait souvent en Italie des <i>agrégations</i> des familles &amp; des maisons, par le moyen desquelles ils portent les mêmes noms &amp; les mêmes armes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="990" id="2" type="physique">
   <index type="head" value="AGRÉGATION" />
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    <head>AGRÉGATION</head>
    <p>
    Agrégation , est aussi un terme de Physique . <i>aggregatio.</i> Corps par <i>agrégation,</i> c'est-à-dire, par l'amas de plusieurs choses qui n'ont point entr'elles de liaison, ni de dépendance naturelle. Ainsi un monceau de sable, un tas de blé, sont des corps par <i>agrégation.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="991" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÉGER" />
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    <head>AGRÉGER</head>
    <p>
    AGRÉGER , v. act. Joindre, unir, &amp; associer quelqu'un à un même Corps, à une même Compagnie. <i>Adscribere, cooptare.</i> L'Université n'a pas voulu <i>agréger</i> dans son Corps plusieurs sortes de Religieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="991" id="2" type="physique">
   <index type="head" value="AGRÉGER" />
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    <head>AGRÉGER</head>
    <p>
    Agréger , en termes de Physique , c'est amasser plusieurs choses ensemble, qui n'ont point entr'elles de liaison, ni de dépendance naturelle. <i>Aggregare, congregare.</i> Plusieurs matières qui sont <i>agrégées</i> ensemble composent un corps physique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="991" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGRÉGER" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>AGRÉGER</head>
    <p>
    Agrégé, ée , part. pass. &amp; adj. On dit en Physique, un <pb n="117" facs="bpt6k8542165/f157/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>agrégé</i> par accident, c'est-à-dire, par hazard, d'un corps composé de parties qui ne lui sont pas toutes essentielles, mais dont plusieurs y ont été jointes par hazard. <i>Aggregatus</i> Voyez en des exemples au mot Agrégation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="992" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGREILS" />
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    <head>AGREILS</head>
    <p>
    AGREILS . Voyez <ref type="search" target="head:AGRETS">AGRETS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="993" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÉMENT" />
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    <head>AGRÉMENT</head>
    <p>
    AGRÉMENT , s. m. Ce qui est agréable, ou ce qui contribue à rendre tel. <i>Jucunditas, suavitas, delectatio.</i> On trouve des grands <i>agrémens</i> dans l'étude de la sagesse. Ce Poëme a de grandes beautés, de grands <i>agrémens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="993" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRÉMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRÉMENT</head>
    <p>
    Agrément , signifie encore le rapport agréable des traits avec l'ait d'une personne, ou de quelque chose qu'on a peint. <i>Lepor, concinnitas, gratta.</i> Cette femme a de grands <i>agrémens.</i> Les <i>agrémens</i> naissent de la régularité. S. Evr. Les <i>agrémens</i> trop réguliers ont rarement le secret de plaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="993" id="3" type="">
   <index type="head" value="AGRÉMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRÉMENT</head>
    <p>
    Agrément , se dit aussi de quelques ornemens qu'on met sur un habit, sur un visage. <i>Ornatus, ornamentum, munditia.</i> Un passepoil, un petit galon d'or, est un <i>agrément</i> sur un habit. Ce qui se dit particulièrement en broderie, des ouvrages de paillettes, de grains faits de bouillons, ou de petits points noués, quand ils sont bien assis, &amp; donnent de la grace à la besogne. Une mouche qui n'est pas mise par nécessité sur un visage, s'appelle un <i>agrément.</i> Les Perruquiers appellent aussi <i>agrément</i> les cheveux bouclés qui accompagnent les temples ; parce qu'ils donnent un air plus agréable au visage.</p><p>On appelle aussi <i>Agrémens,</i> certains divertissemens de Musique ou de danse, que l'on joint à des pièces de théatre. Cette pièce n'a réussi que par les <i>agrémens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="993" id="4" type="">
   <index type="head" value="AGRÉMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AGRÉMENT</head>
    <p>
    Agrément , signifie aussi, Ratification, consentement. <i>Approbatio, comprobatio.</i> Le Roi promet son <i>agrément</i> à celui qui traitera d'une telle charge. Cette maison a été vendue avec l'<i>agrément</i> de tous les créanciers ; c'est-à-dire, avec leur consentement, leur approbation. C'est à peu-près en ce sens que l'Abbé de la Trape a dit, Il n'est guère possible que Dieu reçoive avec <i>agrément</i> ce qu'on lui donne, lorsqu'on se persuade que l'on en fait assez. Ou bien il a pris <i>agrément</i> pour plaisir. Quoiqu'il en soit, cet usage de ce mot paroît un peu particulier ; car <i>agrément</i> paroît là actif, &amp; dans l'usage il est passif. On dit, il a été reçu avec beaucoup d'<i>agrément</i> ; mais on ne dit pas, le Roi a reçu ce Courtisan, a reçu ce présent avec beaucoup d'<i>agrément.</i> Le même Auteur (l'Abbé de la Trape) a dit que sans la ferveur on ne peut trouver d'<i>agrément</i> aux yeux de celui qui rejette les offrandes &amp; les victimes quand elles sont impures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="993" id="5" type="">
   <index type="head" value="AGRÉMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>AGRÉMENT</head>
    <p>
    Agrément , est aussi un mot plaisant &amp; badin, usité parmi les femmes ; pour dire, un lavement- <i>Clyster.</i> Madame n'est pas visible, on vient de lui donner un <i>agrément.</i> Selon Ménage le mot d'<i>agrément</i> dans cette signification n'est pas ancien dans notre langue : il soupçonne qu'on n'a donné un nom si honnête aux lavemens, que parce que les Dames s'en servent pour se faire un teint plus frais &amp; plus beau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="994" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRENER" />
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    <head>AGRENER</head>
    <p>
    AGRENER . Voyez <ref type="search" target="head:ENGRENER">ENGRENER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="995" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRESSEUR" />
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    <head>AGRESSEUR</head>
    <p>
    AGRESSEUR , s. m. Celui des deux accusés, ou contendans qui a commencé la querelle ou la dispute. <i>Qui aggreditur,</i> En matière criminelle on regarde d'abord qui est l'<i>agresseur.</i> Ces deux Auteurs ont bien écrit l'un contre l'autre ; mais c'est un tel qui est l'<i>agrésseur.</i> Il faut toujours par provision donner le tort à l'<i>agresseur.</i> S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="996" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRESSION" />
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    <head>AGRESSION</head>
    <p>
    AGRESSION , sub. f. Action de l'agresseur. <i>Aggressio.</i> Il y a preuve de l'<i>agression</i> contre un tel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="997" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÈSTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AGRÈSTE</head>
    <p>
    AGRÈSTE , adj. m. &amp; f. Acide, qui se dit de certains fruits verds &amp; acres ; dont le goût est sauvage, fâcheux &amp; désagréable. <i>Acidus, acerbus.</i> Il vient du Grec , qui signifie, <i>acre,</i> &amp; désagréable au goût. Les Italiens appellent le vinaigre, <i>agresto.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="997" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRÈSTE" />
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    <head>AGRÈSTE</head>
    <p>
    Agrèste , se dit aussi des personnes, &amp; signifie peu poli, peu civil. <i>Agrestis, rusticus.</i> Cet homme est devenu tout-à-fait <i>agrèste.</i> Son humeur est bizarre &amp; <i>agrèste.</i> Ses moeurs sont sauvages &amp; <i>agrèstes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="998" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÈSTIE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRÈSTIE</head>
    <p>
    AGRÈSTIE , s. f. C'est un vieux mot, qui veut dire, <i>rudesse, rusticité. Rusticitas.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="999" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÈTS" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AGRÈTS</head>
    <p>
    AGRÈTS , s. m. plur. Voiles, cordages, &amp; toutes les autres choses nécessaires pour les manoeuvres d'un vaisseau, &amp; pour le mettre en état d'aller en mer. <i>Armamenta.</i> On les appelle <i>sartie</i> sur la Méditerrannée. On les nomme aussi <i>agrez,</i> ou <i>agreilz.</i> ou <i>agreils.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1000" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRÈVE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AGRÈVE</head>
    <p>
    AGRÈVE , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Agrippa.</i> C'est ainsi que les plus anciens manuscrits nomment <i>Agrève</i> ; les autres <i>Agrippanus,</i> &amp; <i>Agripanus. Agrève</i> vient mieux d'<i>Agrippa</i> que d'<i>Agrippanus,</i> qui feroit Agrevain. Mais ce Saint est le seul pour lequel il faille ainsi changer le nom Agrippa. Pour tous les autres qui l'ont porté, il faut retenir en François la forme Latine. Ainsi l'on dit Agrippa dit à Paul ; Peu s'en faut que vous ne me persuadiez d'être Chrétien. <i>Act.</i> XXVI. 28. Auguste honora deux fois du Consulat Agrippa, homme d'assez basse condition, mais habile dans le métier de la guerre, &amp; qui avoit eu beaucoup de part aux victoires du Prince.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1001" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGREZ" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGREZ</head>
    <p>
    AGREZ . Voyez <ref type="search" target="head:AGRÈTS">AGRÈTS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1002" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRICULTURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRICULTURE</head>
    <p>
    AGRICULTURE , s. f. Art de cultiver la terre, de la rendre fertile, de faire venir les fruits &amp; les plantes. <i>Agricultura.</i> On le dit aussi de toute l'oeconomie d'un ménage champêtre. Virgile a donné de belles leçons sur l'<i>agriculture.</i> Le Théatre d'<i>agriculture</i> enseigne tout le ménage de la campagne. Les Consuls Romains se sont souvent occupés à l'<i>agriculture.</i> Les Auteurs qui ont écrit de l'<i>agriculture,</i> sont Caton, Varron, Collumella, Palladius, Constantinus César, Baptista Porta, Heresbachius : en Italien Giov. Tatti : en Espagnol, Alphonse Herrera : en François, Charles Etienne, &amp; Jean Liebault ; le Théatre d'<i>agriculture</i> d'Olivier de Serres, &amp; de Pierre de Croiscens, dit le bon Ménager, que je trouve aussi nommé Pierre Crescenzi, <i>Petrus Crescentiensis.</i> Il étoit Sénateur de Boulogne, &amp; après avoir été employé en plusieurs Ambassades, ou Légations, il composa en assez mauvais Latin un Traité d'<i>Agriculture</i> à la prière de Charles Roi de Jérusalem &amp; de Sicile, auquel il le dédia au commencement du XVe. siècle. <i>De Agriculturâ, omnibusque plantarum &amp; animalium generibus, L. XII.</i> Ce Traité fut imprimé en 1538. à Bâle par Henri Pierre, sur des exemplaires écrits du temps de l'Auteur. Il a été traduit d'abord en Italien, ensuite en François, &amp; il y en a plusieurs éditions. Pierre Bellon a fait aussi un Traité du Labeur de la Campagne, qui est très-instructif. Clusius l'a traduit en Latin, &amp; l'a inséré dans ses oeuvres de Botanique. La Quintinie a fait l'Instruction pour les Jardins Fruitiers &amp; Potagers ; c'est un excellent ouvrage. Le Jardinier Solitaire, par le frère François Chartreux, est un Livre estimé. Louïs Liger a imprimé un Dictionnaire général des termes propres à l'<i>agriculture,</i> à Paris 1703. <i>in</i> 12. Vinet, La Maison Champêtre, Les Délices de la Campagne, <i>à Paris</i> 1662. Chomel, Dictionnaire Oeconomique, sont encore des Auteurs d'<i>agriculture.</i> Voyez de plus les Transactions Philosophiques, T. II. pag. 748. &amp; suivantes, &amp; ci-dessous aux noms JARDIN, JARDINIER, FLEUR, &amp; FLEURISTE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1003" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="AGRIÉR" />
   <index type="src_domain" value="coutumes" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AGRIÉR</head>
    <p>
    AGRIÉR , s. m. Vieux terme de Coutumes , qui signifie, Champart, ou terrage, selon Ragueau. <i>Ager.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1004" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="AGRIÈRE" />
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    <head>AGRIÈRE</head>
    <p>
    AGRIÈRE , s. f. Terme de Coutumes . C'est un droit que les Seigneurs perçoivent en certaines Provinces sur les terres labourables. Selon Ragueau c'est la même chose qu'Agrier. <i>Agrarium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1005" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIFFER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AGRIFFER</head>
    <p>
    AGRIFFER , v. neut. pass. S'attacher avec des griffes à quelque chose. <i>Arripere, stringere unguibus.</i> Un chat qu'on effarouche, saute, &amp; s'<i>agriffe</i> à la tapisserie, aux nattes, &amp;c. Il signifie aussi, s'attacher avec les mains. Cet homme en tombant s'<i>agriffa</i> à un endroit de la muraille, &amp; se retint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1006" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIONIES" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>AGRIONIES</head>
    <p>
    AGRIONIES , s. m. &amp; plur. <i>Agrionia.</i> Fêtes de Bacchus qui se célébroient la nuit &amp; dans lesquelles on se couvroit de lierre. C'est Plutarque qui nous l'apprend en deux ou trois endroits, &amp; en particulier à la fin des <i>Questions Romaines,</i> où Meursius a très-bien corrigé le texte de cet Auteur, où on lit, . Et où il faut lire, . Ainsi il ne faut pas traduire comme a fait Amyot : Et pourtant ne voit-on jamais ès sacrifices &amp; cérémonies de Junon à Athènes, ni de Venus à Thèbes, du lierre sauvage ; mais bien en voit-on ès sacrifices qui se font de nuit. Il falloit ôter <i>sauvage,</i> &amp; dire, mais bien en voit-on aux <i>Agrionies,</i> &amp; aux sacrifices qui se font de nuit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1007" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIOPHAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRIOPHAGE</head>
    <p>
    AGRIOPHAGE , s. m. &amp; f. <i>Agriophagus.</i> Qui vit des bêtes féroces, ou sauvages. Ce mot est Grec, composé de , sauvage, féroce, &amp; , Je mange. On l'a donné à quelques Peuples, vrais ou fabuleux, qui ne se nourrissoient que de chair de lions &amp; de panthères. Solin, C. 33. &amp; Pline Liv. V. C. 30. met des <i>Agriophages</i> dans l'Ethiopie, <pb n="118" facs="bpt6k8542165/f158/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; Ptolomée en met dans l'Inde en deçà du Gange. On les appelle aussi Moscophages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1008" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIOTTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AGRIOTTE</head>
    <p>
    AGRIOTTE , s. f. Espèce de grosses cerises aigres, qui valent mieux à confire que les douces, &amp; qui sont meilleures aux fébricitans. <i>Cerasum aciduli saporis.</i> Le Peuple les appelle <i>griottes,</i> &amp; c'est ainsi qu'il faut dire. Le mot d'<i>agriotte</i> ne se trouve dans aucun bon Auteur. Voyez <ref type="search" target="head:GRIOTTES">GRIOTTES</ref>. Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>sauvage.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Cerise">Cerise</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1009" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIPAUME" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRIPAUME</head>
    <p>
    AGRIPAUME , s. f. <i>Cardiaca, Agripalma.</i> Plante qui croît dans les chemins, près des masures, &amp; qu'on a nommée <i>Cardiaca,</i> à cause qu'on a cru qu'elle étoit bonne pour les maladies du coeur, telles que la palpitation, les défaillances, &amp;c. Sa racine est fort fibreuse ; ses tiges sont droites, quarrées, &amp; s'élevent depuis trois jusqu'à cinq pieds ; elles sont garnies de feuilles opposées deux à deux, arrondies, découpées assez profondément, dentelées à leurs bords ; d'un verd obscur, &amp; un peu velues. Celles du bas sont semblables à celles de l'aconit, &amp; de la renoncule, au lieu que celles du haut des tiges vont toujours en s'étrécissant, perdent de leur rondeur, &amp; deviennent étroites &amp; dentelées. Ses fleurs sortent de la base des feuilles ; elles sont purpurines, formées en gueule, ayant la lèvre supérieure pliée en gouttière, &amp; plus longue que l'inférieure, qui est partagée en trois. Chaque fleur est renfermée dans un calice en forme de cornet : dans le fond sont contenues quatre semences anguleuses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1010" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIPPA" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRIPPA</head>
    <p>
    AGRIPPA , Voyez <ref type="search" target="head:AGRÈVE">AGRÈVE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1011" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIPPEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AGRIPPEUR</head>
    <p>
    AGRIPPEUR , s. m. Jean le Maire, en l'<i>Amant vert,</i> emploie ce mot, pour dire un <i>mâtin.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1012" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGRIPPER" />
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    <head>AGRIPPER</head>
    <p>
    AGRIPPER , v. act. Terme populaire, qui signifie, prendre avec une main avide, comme avec une griffe. <i>Accipere.</i> A peine ai-je perdu ma montre de vûe, qu'elle a été <i>agrippée.</i> On dit plus souvent <i>grippée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1012" id="2" type="">
   <index type="head" value="AGRIPPER" />
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    <head>AGRIPPER</head>
    <p>
    Agrippé, ée , part. <i>Arreptus.</i></p><p>Ces mots viennent du Grec , qui signifie <i>piscari, pêcher</i> ; &amp; de , aussi Grec, qui signifie un filet pour prendre des poissons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1013" id="1" type="peinture">
   <index type="head" value="AGROUPER, GROUPER" />
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    <head>AGROUPER, GROUPER</head>
    <p>
    AGROUPER, GROUPER , v. act. L'un &amp; l'autre se dit en termes de Peinture ; &amp; signifie, Mettre plusieurs corps en un peloton, accoupler, &amp; ramasser plusieurs corps ensemble. <i>Conglobare.</i> Il faut que les membres soient <i>agroupés</i> de même que les figures. Félib.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1014" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUAPA" />
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    <head>AGUAPA</head>
    <p>
    AGUAPA , s. m. Sorte d'arbre des Indes Occidentales, dont l'ombre est si dangereuse, que s'il arrive à quelqu'un de s'endormir dessous, il enfle d'une manière extraordinaire, &amp; si c'est un Nègre nud, il crève.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1015" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="AGUAXIMA" />
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    <head>AGUAXIMA</head>
    <p>
    AGUAXIMA . Terme de Botanique . C'est une plante qui se trouve au Brésil, &amp; dans les Isles de l'Amérique Méridionale. Voyez QUEUE DE LÉZAR. C'en est une espèce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1016" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUEBAUD" />
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    <head>AGUEBAUD</head>
    <p>
    AGUEBAUD , s. m. Nom propre d'homme. <i>Agobardus.</i> C'est un Evêque de Lyon du IXe. siècle, dont le vrai nom est Agobard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1017" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUERRIR" />
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    <head>AGUERRIR</head>
    <p>
    AGUERRIR , v. act. Rendre propre à la guerre ; apprendre l'art de la guerre ; accoutumer aux fatigues, aux fonctions de la guerre. <i>Bellicis laboribus aliquem exercere, erudire, assuefacere.</i> Ce Capitaine est bien <i>aguerri,</i> il a fait trente campagnes, il sait toutes les ruses de la guerre. Ces soldats sont <i>aguerris,</i> ils ne craignent point d'aller au feu, ils résistent aux fatigues de la guerre. Il est dangereux de laisser <i>aguerrir</i> les bourgeois d'une grande ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1017" id="2" type="">
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    <head>AGUERRIR</head>
    <p>
    Aguerrir , se dit figurément, pour dire, Se rendre habile en sa profession, s'accoutumer à quelque chose qui paroît pénible dans le commencement. <i>Erudiri, exerceri.</i> Cet Avocat est bien <i>aguerri,</i> il sait bien son métier. On a peine à s'accoutumer à la raillerie ; mais il faut s'y <i>aguerrir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1017" id="3" type="">
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    <head>AGUERRIR</head>
    <p>
    Aguerrir , avec le pronom personnel, signifie, Devenir plus brave, plus vaillant, &amp; plus propre à faire la guerre. <i>Exercitum bello fieri.</i> Nos soldats s'<i>aguerrissent</i> tous les jours. Ces troupes se sont bien <i>aguerries</i> depuis quelque temps. Il se dit aussi figurément, pour s'accoutumer à quelque chose de difficile dans le commencement. C'est un jeune homme, qui n'est pas encore fait au grand monde ; mais il s'<i>aguerrira.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1017" id="4" type="">
   <index type="head" value="AGUERRIR" />
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    <head>AGUERRIR</head>
    <p>
    Aguerri, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Exercitus.</i> C'étoient tous vieux soldats bien <i>aguerris.</i> Vespasien avoit trois légions bien <i>aguerries.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1018" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUET" />
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    <head>AGUET</head>
    <p>
    AGUET , s. m. Ce mot vieillit, &amp; ne trouve bien sa place que dans le style comique, &amp; rarement dans le noble, si ce n'est en traitant des matières de piété. On ne le dit qu'au pluriel ; &amp; il signifie l'action de la personne qui en épie une autre : l'observation qu'on fait de la marche ou des actions de quelqu'un pour le prendre, ou de quelque occasion dont on peut tirer avantage. <i>In insidits, in speculis esse.</i> Les Sergens ont été dès le matin aux <i>aguets</i> pour prendre ce prisonnier. Il y a long-temps que ce Courtisan est aux <i>aguets</i> pour obtenir du Roi quelque don avantageux. Le Diable est aux <i>aguets</i> pour faire succomber un saint homme à la tentation. On dit aussi proverbialement, qu'un homme a tiré ses chansses d'<i>aguet</i> ; pour dire, qu'il a trouvé une occasion favorable de s'enfuir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1019" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUILLANNEUF" />
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    <head>AGUILLANNEUF</head>
    <p>
    AGUILLANNEUF , s. m. Vieux mot, qu'on crioit autrefois le premier jour de Janvier en signe de réjouissance. Ce mot vient d'une ancienne superstition des Druides. Les Prêtres alloient, au mois de Décembre, qu'on appelloit sacré, cueillir le gui du chêne. Cela se faisoit avec beaucoup de solemnité. Les Devins marchoient les premiers, entonnant des cantiques &amp; des hymnes, en l'honneur de leurs Divinités. Ensuite venoit un Héraut, le caducée en main ; après lui suivoient trois Druïdes de front, portant les choses nécessaires pour le sacrifice. Enfin, paroissoit le Chef, ou le Prince des Druides, accompagné de tout le Peuple. Le Chef des Druides montoit sur le chêne, &amp; coupoit le gui avec une faucille d'or. Les autres Druides le recevoient, &amp; au premier jour de l'an on le distribuoit au Peuple, comme une chose sainte, après l'avoir beni, &amp; consacré ; en criant, <i>Au gui l'an neuf,</i> pour annoncer une année nouvelle. On fait encore ce cri en Picardie, où on ajoûte, <i>Plantez, Plantez,</i> pour souhaiter une année abondante &amp; fertile. De-là est venu le nom d'un fauxbourg de Lyon, qu'on nomme encore à présent <i>la Guillotiere.</i> En Bourgogne, à Dreux, &amp; autres lieux, les enfans crient <i>Aguilanneuf,</i> pour demander leurs étrennes.</p><p>On donna depuis le nom de <i>Aguilanneuf</i> à une quête qui se faisoit le premier jour de l'an. Elle se faisoit par de jeunes gens de l'un &amp; de l'autre sexe. Les Synodes ont aboli cette quête, à cause de la licence &amp; du scandale, dont elle étoit accompagnée. Voyez là-dessus les Remarques de M. Mosant de Brieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1020" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUIMPER" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AGUIMPER</head>
    <p>
    &#9758; AGUIMPER . v. act. Mettre une guimpe.</p><p>Voyez <ref type="search" target="head:GIMPER">GIMPER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1021" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUL" />
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    <head>AGUL</head>
    <p>
    AGUL , de Jean Bauhin, est un petit arbrisseau épineux, qui croît en Arabie, &amp; en Perse. Ses feuilles ressemblent à la Centinode, &amp; sont de couleur rougeâtre ; il leur succède des gousses rouges. On trouve le matin sur ses feuilles de la manne grosse comme des grains de coriandre, qui se dissipe au soleil : ses feuilles sont purgatives.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1022" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGUYÉE" />
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    <head>AGUYÉE</head>
    <p>
    AGUYÉE , ou AGUIATE, s. m. <i>Agyeus, Agyates.</i> Qui est dans les rues. Il répond au mot François De la Rue, que portent plusieurs familles. C'étoit chez les Grecs un surnom d'Apollon, parce qu'il avoit des autels, &amp; des statues dans les rues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1023" id="1" type="">
   <index type="head" value="AGYNNIEN" />
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    <head>AGYNNIEN</head>
    <p>
    AGYNNIEN , s. m. <i>Agynnius.</i> Qui n'a point de femme, Qui n'en veut point prendre. Ce mot vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>femme.</i> C'est le nom de certains Hérétiques qui parurent vers la fin du VIIe. siècle l'an 694. Ils ne se marioient point, prétendant que Dieu n'étoit point l'Auteur du mariage. C'est ce qui les fit nommer <i>Agynniens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1024" id="1" type="">
   <index type="head" value="AH" />
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    <head>AH</head>
    <p>
    AH . Interjection, qui se dit en admirant, en soupirant, en corrigeant, en exhortant, en applaudissant, &amp;c. <i>Ah ! proh ! Ah</i> que cela est beau ! <i>Ah</i> mon Dieu, que je souffre ! <i>Ah</i> si je te prends !</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1025" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHAN" />
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    <head>AHAN</head>
    <p>
    AHAN , s. m. Peine qui fatigue le corps, &amp; qui fait quelquefois perdre l'haleine. <i>Gravis labor, anhelantis labor.</i> Il se dit particulièrement de ceux qui fendent du bois, &amp; qui crient <i>han</i> à chaque coup de coignée qu'ils donnent. Par extension on l'applique à ceux qui courent à perte d'haleine, &amp; à tous ceux qui font quelque chose de bien pénible. Jupiter en sua d'<i>ahan.</i> Cost.</p><p>Ce mot &amp; le suivant viennent d', <i>spiro.</i></p><p>Ménage dérive <i>ahan</i> de l'Italien <i>affano,</i> qui signifie <i>peine,</i> &amp; <i>travail.</i> Pasquier &amp; Nicod le dérivent de <i>han,</i> qui est le cri que font les Charpentiers en fendant du bois, &amp; c'est l'étymologie la plus vrai-semblable. D'autres de <i>anhelitus,</i> qui vient du Grec , qui signifie, <i>difficulté de respirer.</i></p><p>On disoit autrefois, Terre <i>ahanable,</i> pour dire <i>labourable. Ager arabilis.</i> Il est encore en usage parmi quelques Laboureurs de Champagne, &amp; de Picardie ; aussi bien qu'<i>ahaner</i> la terre, pour dire <i>labourer,</i> comme on voit dans la Somme rurale de Boutillier ; d'où vient que Du Cange dérive ce mot de <i>anhelare,</i> à cause que le travail du labourage est violent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1026" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHANER" />
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    <head>AHANER</head>
    <p>
    AHANER , verb. neut. Souffrir beaucoup de peine &amp; de fatigue. <i>Exantlare laborem.</i> Il a fallu bien <i>ahaner</i> avant que de venir ici.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1026" id="2" type="">
   <index type="head" value="AHANER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AHANER</head>
    <p>
    Ahaner , signifioit autrefois <i>Labourer</i> ; &amp; on disoit <i>ahaner</i> la terre. En ce sens il étoit actif. <i>Arare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1026" id="3" type="">
   <index type="head" value="AHANER" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AHANER</head>
    <p>
    Ahaner , se dit figurément en Morale de l'esprit, quand il a peine à prendre ses résolutions. Il a beaucoup <i>ahané</i> à donner son consentement à cette affaire. Tous ces mots sont populaires, &amp; bas. Quelques Auteurs ont dit <i>enhanner,</i> au lieu de <i>ahanner.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ENHANNER">ENHANNER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1027" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHÈRDRE, & AHÈRDER" />
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    <head>AHÈRDRE, & AHÈRDER</head>
    <p>
    AHÈRDRE, &amp; AHÈRDER , vieux mot, qui signifie <i>attacher, addonner.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1028" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHEURI, IE" />
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    <head>AHEURI, IE</head>
    <p>
    &#9758; AHEURI, IE , adj. Etonné, surpris, interdit : <i>Obstupefactus, perturbatus,</i> &amp;c. Vous voilà tout <i>aheuri.</i> Il est populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1029" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHEURIR" />
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    <head>AHEURIR</head>
    <p>
    AHEURIR , v. act. Vieux mot, dont on sert encore en quelques Provinces. Affliger quelqu'un, le rendre tout interdit, en lui annonçant une nouvelle fâcheuse. <i>Obstupefacere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1030" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHEURTEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AHEURTEMENT</head>
    <p>
    AHEURTEMENT , s. m. Préoccupation, obstination, opiniâtreté qui nous rend si fort attachés à un sentiment, qu'on ne nous peut persuader le contraire. <i>Obstinatio, pertinacia.</i> C'est par un pur <i>aheurtement</i> qu'il n'a pas été de l'avis des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1031" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHEURTER" />
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    <head>AHEURTER</head>
    <p>
    AHEURTER , v. neut. Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Se préoccuper fortement d'une opinion dont on ne nous peut détromper. <i>In sua sententia obstinare, obstinato animo perstare, permanere.</i> L'homme est si naturellement jaloux de ses sentimens, que quand une fois il s'<i>aheurte</i> à une opinion, on ne le peut guérir de sa préoccupation. On le dit aussi absolument : C'est un homme qui s'<i>aheurte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1031" id="2" type="">
   <index type="head" value="AHEURTER" />
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    <head>AHEURTER</head>
    <p>
    Aheurté, ée , part. &amp; adj. <i>Obstinatus, pertinax, obfirmatus in sententia.</i> Il est <i>aheurté</i> à son sens. Scar. C'est un homme <i>aheurté.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1032" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHI" />
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    <head>AHI</head>
    <p>
    AHI . <i>Heu !</i> C'est une sorte d'interjection inventée pour marquer le mouvement naturel d'une personne qui sent de la douleur. <i>Ahi, Ahi,</i> à l'aide, au meurtre, au secours, on m'assomme. Mol. Elle sert aussi à marquer quelque dégoût, quelque mépris. <i>Ahi, Ahi,</i> laissons cela, je vous prie. <i>Ahi !</i> que me dites-vous-là ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1033" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHMELLE" />
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    <head>AHMELLE</head>
    <p>
    AHMELLE , s. f. <i>Ahmella.</i> Plante de l'Isle de Ceïlan fort célèbre depuis quelques années, à cause de la vertu qu'on lui attribue, de dissoudre la pierre, ou de la réduire en poudre. <i>Ahmelle</i> est le nom que les Habitans de l'Isle de Ceïlan lui donnent. Je ne sai, dit M. Hotton, dans les Transactions <i>Philosophiques</i> Tom. II. p. 648. si quelqu'un a encore cette herbe ; mais je l'ai cultivée, lorsque j'avois l'Intendance du Jardin d'Amsterdam. A l'extrémité de ses branches elle jette des fleurs très-semblables à celles du Chrysanthemum. Sa semence est fourchue. Sa tige est quarrée, &amp; porte des feuilles disposées vis-à-vis l'une de l'autre, &amp; semblables à celles de l'ortie morte, <i>lamii,</i> ou de l'ortie, <i>urticae,</i> &amp; qui sont un peu acres : ce qui montre que l'<i>Ahmelle</i> est de l'espèce du chanvre, que Cesalpinus &amp; M. Tournefort appellent <i>Bidens ;</i> &amp; qu'on pourroit assez justement la nommer, <i>Cannabina,</i> ou <i>Bidens urticae, folium Indicum Lithontripticum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1034" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHONTAGE" />
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    <head>AHONTAGE</head>
    <p>
    AHONTAGE . On trouve ce mot dans un Ovide ms. pour dire, <i>honte.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1035" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHONTER" />
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    <head>AHONTER</head>
    <p>
    AHONTER . Ce mot, dans le <i>Roman de la Rose,</i> veut dire, <i>recevoir affront.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1036" id="1" type="">
   <index type="head" value="AHOUAI" />
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    <head>AHOUAI</head>
    <p>
    AHOUAI , s. m. Arbre venimeux dont parle <i>Thevet, France antartique, pag.</i> 66. qu'il dit être de la grosseur de nos poiriers, &amp; dont les feuilles sont longues de trois ou quatre doigts, &amp; larges de deux ; ses fruits sont gros comme une chataigne moyenne. Pison fait mention de deux espèces de cet arbre ; l'une qui porte des fruits gros comme des chataignes, &amp; l'autre qui en donne d'aussi petits qu'une aveline. Le P. Plumier en a décrit une espèce, dont les feuilles sont longues &amp; plus étroites que celles du laurier rose ; ses fleurs sont d'une seule pièce en forme d'entonnoir, &amp; fendues à leurs bords. Le pistile qui s'emboëtte avec la fleur devient un fruit charnu gros comme une poire, &amp; renferme un noyau triangulaire, dur, divisé en deux loges, qui contiennent chacune une amande. Il arrive souvent qu'une de ces amandes avorte. Cet arbrisseau donne du lait en quelque endroit qu'on le blesse. Il est figuré dans <i>Hernand. Hist. Mexiq.</i> sous le nom d'<i>Yccotli, pag.</i> 443. &amp; il est nommé par Plukenet <i>Nerio affinis, angusti folia, flore luteo, Americana Phytogr. Tab.</i> 207. <i>fig.</i> 3. Il y en a une quatrième espèce dans le premier Volume de <i>Hortus Malabaricus,</i> pag. 71. indiqué sous le nom d'<i>Odallam.</i> Les Indiens après avoir ôté les amandes des noyaux, les enfilent, &amp; en font des jartières, des tabliers, des ceintures, &amp;c. qu'ils portent pour chasser les animaux sauvages, ou se faire entendre de leurs camarades, par le bruit que font ces noyaux en se heurtant les uns contre les autres. On peut voir ces sortes d'ajustemens dans Garcias des Jardins &amp; dans Clusius.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1037" id="1" type="">
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    <head>AIABUTIPITA</head>
    <p>
    AIABUTIPITA , s. m. Arbrisseau du Brésil. Il porte un fruit noir, &amp; pareil aux amandes, dont les Sauvages tirent une huile pour fortifier les membres affoiblis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1038" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJAMBÉE" />
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    <head>AJAMBÉE</head>
    <p>
    AJAMBÉE , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:ENJAMBEE">ENJAMBEE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1039" id="1" type="">
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    <head>AJAMBER</head>
    <p>
    AJAMBER , v. act. Voyez <ref type="search" target="head:ENJAMBER">ENJAMBER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1040" id="1" type="">
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    <head>AJAX</head>
    <p>
    AJAX , s. m. Nom propre d'homme. Il y avoit deux <i>Ajax</i> au siége de Troye. L'un fils d'Oïlée Roi des Locriens, &amp; l'autre fils de Télamon &amp; d'Hésione fille de Laomédon. Celui-ci entra dans une si grande fureur de ce que les Grecs lui avoient préféré Ulysse, en lui donnant les armes d'Achille, qu'il se jetta sur un troupeau, &amp; le tua, croyant tuer les Atrides &amp; Ulysse. De-là vint le nom <i>Ajax,</i> dont nous allons parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1040" id="2" type="">
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    <head>AJAX</head>
    <p>
    Ajax , s. m. Nom d'une danse furieuse chez les Grecs, ainsi nommée, parce qu'on imitoit la fureur d'Ajax. Lucien en parle à la fin de son Traité de la danse, &amp; dit, Danser l'<i>Ajax,</i> . Il y avoit aussi à Salamine une Fête à l'honneur d'Ajax, nommée . Les <i>Aianties.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AJAX</head>
    <p>
    Ajax , est encore le nom d'une Tragédie. L'<i>Ajax</i> de Sophocle. Pour le lieu de la Scène, il ne faut que lire le <i>Rudens</i> de Plaute, avec son <i>Curculio,</i> les Grenouilles d'Aristophane, &amp; l'<i>Ajax</i> de Sophocle, ou par une infinité d'adresses <pb n="120" facs="bpt6k8542165/f160/full/1200,/0/native.jpg"/>les singularités du lieu représenté par l'Avant-Scène sont clairement désignés. D'Aubignac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1041" id="1" type="">
   <index type="head" value="AICARDE" />
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    <head>AICARDE</head>
    <p>
    AICARDE . Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:ACHART">ACHART</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1042" id="1" type="">
   <index type="head" value="AICE" />
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    <head>AICE</head>
    <p>
    AICE , subst. fém. Vieux mot, qui signifioit autrefois Territoire, Pays, Contrée. <i>Tractus, pagus.</i> Il est encore en usage en Auvergne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1043" id="1" type="">
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    <head>AICHAR</head>
    <p>
    AICHAR , s. m. &amp; nom propre d'homme <i>Aicharius, Acharius.</i> S. Achaire, que quelques-uns nomment S. <i>Aichar,</i> donna une si haute opinion de sa vertu, &amp; de sa capacité, qu'après la mort d'Evroul Eveque de Noyon, que l'on rapporte à l'an 621. il fut choisi pour remplir sa place. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1044" id="1" type="">
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    <head>AIDANCE</head>
    <p>
    AIDANCE , s. f. Vieux mot. Aide, secours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIDE" />
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    AIDE , s. f. Assistance, secours qu'on prête à quelqu'un, quand il n'a pas assez de force pour faire quelque chose, ou éviter quelque mal. <i>Auxilium, adjumentum.</i> Cet homme eût été assassiné, si son ami ne fût accouru à son <i>aide.</i> Il faut incessamment appeller Dieu à notre <i>aide ;</i> c'est-à-dire, implorer la grace de son secours dans toutes nos actions. C'est le dernier des maux d'implorer l'<i>aide</i> d'un traître. Ablanc. Le Sage est Roi sans l'<i>aide</i> de la fortune. Balz. C'est dans les livres qu'on trouve de l'expérience, sans l'<i>aide</i> de la vieillesse, &amp; du jugement qui ne coûte rien. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="2" type="">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide , signifie quelquefois, Faveur, support, protection. <i>Favor, studium, gratia.</i> Il a à la Cour un patron qui lui a offert toute sorte d'<i>aide</i> &amp; de faveur. Il est sorti de cette affaire par l'<i>aide</i> &amp; la faveur de son Rapporteur. Cette veuve est maintenant sans <i>aide</i> &amp; sans appui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="3" type="">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide , se dit quelquefois des choses inanimées, &amp; des causes instrumentales. <i>Opis.</i> On ne peut appercevoir les satellites de Saturne sans l'<i>aide</i> des grandes lunettes. On ne peut remuer les grands fardeaux qu'à l'<i>aide</i> des machines. Les ennemis se sont coulés secrettement dans la place à l'<i>aide</i> d'un bois, à la faveur d'un rideau qui les a dérobé à notre vûe. Il est arrivé au camp à l'<i>aide,</i> à la faveur de ce convoi. La sédition fut étouffée à l'<i>aide</i> des Troupes. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="4" type="">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide , est aussi quelquefois subst. masc. &amp; fem. &amp; signifie la personne qui prête ce secours. <i>Adjutor, adjutrix.</i> Dieu après avoir créé l'homme dit ; Faisons-lui une <i>aide</i> ; il lui donna la femme pour <i>aide,</i> pour l'assister en tous ses besoins.</p><p>On dit aussi, des <i>Aides</i> de cérémonies, &amp; en plusieurs autres fonctions, où il y a des Officiers qui servent à soulager ceux qui ont trop d'emploi.</p><p>On appelle un <i>Aide</i> de cuisine, un <i>Aide</i> de sommelerie, un second Cuisinier &amp; Sommelier, ou le compagnon qui les sert &amp; les soulage, quand ils ont trop de besogne.</p><p>On dit aussi un <i>Aide</i> de Panneterie, d'Echançonnerie, de Fourière, &amp;c. &amp; généralement dans tous les petits Offices de la Maison du Roi il y a des Chefs, &amp; des <i>Aides</i> en titres d'Office, qui ont des gages, &amp; sont couchés sur l'état.</p><p>En Architècture on appelle <i>aide,</i> tous les petits lieux qui sont à côté de plus grands pour leur servir de décharge.</p><p>En Maçonnerie, un <i>Aide</i> à Maçon &amp; à Couvreur, c'est celui qui leur sert à apporter les matériaux dont ils ont besoin.</p><p>Un <i>Aide</i> de Mouleurs de bois, est un Officier de ville, ou Gagne-denier, qui aide à ranger le bois dans la membrure.</p><p>Les <i>Aides</i> des Maîtres des ponts &amp; pertuis sont appellés <i>Chableurs,</i> qui aident à faire passer les bateaux en ces lieux difficiles. Voyez les Ordonnances de la Ville de Paris, qui contiennent les règlemens faits à leur égard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="5" type="">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide , est aussi celui qu'on donne pour compagnon à un autre, pour contribuer avec lui, &amp; lui aider à supporter les frais d'un logement des gens de guerre, pour faire des corvées, pour fournir des chariots, ou des pionniers, ou des étappes, &amp; autres charges &amp; impositions publiques &amp; passagères.</p><p>Sur la mer on a coutume d'apparier deux matelots &amp; deux soldats pour se servit d'<i>aides</i> l'un à l'autre, &amp; s'assister réciproquement en tous leurs besoins &amp; fonctions ; &amp; cela à l'imitation des armées Romaines, où on nommoit cette sorte d'<i>aide, Optio castrensis, quia sibi mutuò opem ferebant.</i> On appelle cela aujourd'hui <i>amateloter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="6" type="marine">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide de Plongeur. Terme de marine en usage dans la pêche des perles, ou chaque plongeur a deux <i>aides,</i> qu'on appelle autrement Assistans, ou Pêcheurs assistans. Ces <i>aides</i> ne plongent point, mais ils restent dans la barque attentifs au signal que leur donnera le plongeur, par le moyen de la corde qui est attachée à son corps par un bout &amp; amarrée par l'autre sur le bord de la barque pour le tirer du fond de l'eau. Dès que les plongeurs se sentent pressés ils tirent la corde où leur sac est attaché, &amp; ils s'y attachent eux-mêmes fortement avec les mains. Alors les deux <i>aides,</i> qui sont dans la barque, les guindent en l'air &amp; les déchargent de leur pêche. P. Le Comte. Voyez Assistant &amp; Perle, où nous parlerons de la manière dont se fait la pêche des perles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="7" type=" canoniques">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide , en termes canoniques , se dit d'une Eglise ou Chapelle, qu'en Droit on appelle <i>succursale,</i> &amp; qu'on bâtit pour la commodité des Paroissiens, quand l'Eglise paroissiale est trop éloignée, ou n'est pas assez grande pour contenir tout le Peuple. <i>Templum vicarium.</i> La Paroisse de S. Paul avoit une <i>aide</i> au fauxbourg S. Antoine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="8" type="religion">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide . C'est un terme de Religion , qui signifie une Religieuse qui <i>aide</i> celle qui est en charge. Donner une <i>aide</i> à une Officière. <i>Adjutrix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="9" type="guerre">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide de Camp , s. m. C'est un Terme de guerre qui signifie, un Officier d'armée, qui porte les ordres des Officiers Généraux par tout où il est besoin. <i>Ferendis Ducum imperiis Praefectus.</i> C'est ordinairement un Volontaire de qualité à qui l'on donne cet emploi ou commission.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide-Maior , est un Officier de guerre qui sert auprès du Major, &amp; qui en fait la fonction en son absence. <i>Prafecti castrorum,</i> ou <i>militum vicarius.</i> Il y en a plusieurs dans les Places selon leur grandeur, ou leur importance. Il y en a aussi dans les divers corps des Troupes. Chaque Régiment de Cavalerie en a un ; ceux d'Infanterie deux. Ceux des Gardes en ont quatre. Il y a d'ordinaire un <i>Aide-Major</i> pour chaque Bataillon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="11" type="">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide de Reliéf . Droit qui est dû en certaines Provinces aux héritiers du Seigneur immédiat, pour leur aider à relever leur fief envers le Seigneur supérieur. <i>Instaurativi praedii subsidiaria pensio.</i> En Normandie on paye la moitié du relief, pour l'<i>aide de relief :</i> &amp; il ne se paye que par ceux qui tiennent un fief, &amp; seulement en cas de mort du Seigneur dont il relève immédiatement.</p><p>On a appellé aussi <i>aides de relief,</i> celles qu'un vassal étoit tenu de payer aux héritiers de son Seigneur décédé, pour leur aider à relever leur fief, ou payer le relief au fief chevel, ou dominant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="12" type="">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide-Chevel . Droit qui est dû par les vassaux à leur Chef Seigneur, &amp; duquel ils sont relevans. <i>Tributum clientelare, Tributi clientelaris pensio.</i> Il y en a de trois sortes. L'un est l'<i>aide</i> de Chevalerie ; il se paye quand le fils aîné du Seigneur est fait Chevalier. Comme aujourd'hui l'ancien ordre de faire des Chevaliers est changé, ce droit ne peut être exigé que pour l'Ordre du S. Esprit. L'autre s'appelle <i>aide</i> de mariage ; lorsque le Seigneur marie sa fille. Le dernier Historien d'Angleterre croit que ces taxes furent établies en ce Royaume par Guillaume le Conquérant, qui les y fit passer de Normandie. Cependant la première à laquelle l'histoire donne ce nom ne fut levée que par Henri I. en considération du mariage de Matilde sa fille avec l'Empereur Henri V. Le dernier est l'<i>aide</i> de rançon ; lorsque le Seigneur est fait prisonnier : c'est un secours favorable que ses vassaux ne lui peuvent refuser. La Coutume de Bourgogne ajoûte une quatrième espèce d'<i>aide-chevel,</i> lorsque le Seigneur veut aller en Jérusalem. Ces <i>aides-chevels</i> sont en usage presque par tout le Royaume. Boutillier rapporte <pb n="121" facs="bpt6k8542165/f161/full/1200,/0/native.jpg"/>que de son temps, &amp; sous Charles IV. ces <i>aides</i> dépendoient de l'honnêteté, &amp; de la bien-veillance des vassaux ; c'est pourquoi on les appelloit <i>Droits de complaisance. Tributum clientelare arbitrarium.</i> Peut-être que les Seigneurs ont imposé cette marque de servitude sur les vassaux, à l'exemple des Patrons de l'ancienne Rome, qui recevoient des présens de leurs cliens, &amp; de leurs affranchis, ou pour doter leurs filles, ou à certains jours solennels, comme le jour de leur naissance. On nomme ces droits, <i>aides-chevels,</i> parce qu'ils sont dûs au Chef Seigneur ; <i>quia capitali Domino</i> deb<i>entur.</i></p><p>Les Evêques ont aussi levé des <i>aides</i> sur les Ecclésiastiques, qu'ils appelloient <i>Coutumes Episcopales,</i> ou <i>Synodales,</i> quelquefois <i>Deniers de Pâques.</i> On les payoit au temps de leur sacre &amp; joyeux avenement, ou lorsqu'ils recevoient les Rois chez-eux, ou lorsqu'ils étoient appellés par le Pape pour venir en sa Cour, ou à un Concile, comme aussi lorsqu'ils alloient prendre à Rome le <i>Pallium.</i></p><p>Les Archidiacres exigeoient aussi des <i>aides</i> sur les Prêtres de leur Archidiaconé. Voyez dans Monsieur Du Cange des preuves &amp; des exemples de toutes ces choses qu'il a recherchées fort curieusement.</p><p>Le droit d'<i>aides,</i> est aussi un droit établi par plusieurs Coutumes. <i>Jus exigendi Tributa, Vectigalia.</i> Il étoit dû autrefois par le vassal au Seigneur féodal, &amp; étoit différent suivant les lieux. Il se payoit particulièrement en trois cas ; lorsque le Seigneur faisoit son fils aîné Chevalier, ou lorsqu'il marioit sa fille aînée, ou lorsqu'il étoit fait prisonnier des Ennemis, pour payer sa rançon : c'est ce qu'on appelloit <i>loyaux,</i> ou <i>leaux aides,</i> &amp; <i>devoirs,</i> ou <i>aides coutumières</i> &amp; <i>communes,</i> ou <i>aides-chevels,</i> ou <i>aides de noblesse,</i> qui étoient dûes de droit &amp; par la coutume. <i>Legitimae pensionis clientelaria subsidia.</i> Voyez les exemples qu'en rapporte le Père Daniel, <i>Hist. de France.</i> T. II. pag. 827. &amp; 833. Il y avoit aussi des <i>aides raisonnables,</i> qu'on donnoit au Seigneur en cas de nécessité, &amp; qu'on taxoit raisonnablement selon les facultés de chacun, noble, ou roturier. On appelloit aussi <i>aides libres &amp; gracieuses,</i> celles qui étoient offertes volontairement au Seigneur par les Sujets dans les nécessités imprévues. Il y a des lettres du Roi Jean de l'an 1353. par lesquelles il déclare qu'il tient pour subsides &amp; <i>aides gracieuses</i> certaines sommes levées sur les Nobles, le Clergé, &amp; le Peuple. On a ajoûté aux <i>aides loyaux</i> celles qu'on a appellées <i>pour l'allée d'outre-mer,</i> ensuite d'une <i>aide</i> qu'établit Louis VII. pour le voyage de la Terre-Sainte, qui fut payée par toutes sortes de personnes, sans distinction de sexe, ni d'âge, ni de dignité.</p><p>On a payé aussi des <i>aides,</i> tant au Roi, qu'aux Seigneurs, en plusieurs autres occasions. On payoit une <i>aide</i> au Seigneur quand il vouloit acheter une terre : ce qui n'arrivoit qu'une fois en sa vie. Il y avoit des <i>aides</i> pour la fortification des Places &amp; des Maisons Royales ; d'autres pour la défense de la terre contre l'invasion des Ennemis ; d'autres pour faire un voyage en la Cour de l'Empereur. Il y avoit des <i>aides de l'ost,</i> &amp; <i>de chevauchée,</i> qu'on devoit au Seigneur, quand on ne pouvoit pas lui rendre service en personne à l'armée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1045" id="13" type="">
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aides , s. f. plur. Il étoit autrefois masculin. <i>Tributa, vectigalia.</i> C'est en général toute imposition de deniers extraordinaires, que le Roi lève sur le Peuple pour soutenir les Charges de son Etat, auxquelles le revenu de son Domaine ne pourroit suffire.</p><p>Les <i>Aides</i> ont été nommées d'abord ainsi, à cause que c'étoient des subsides que les Etats consentoient être levés sur le peuple, pour aider les Rois à soutenir les guerres. On appella Généraux des <i>Aides,</i> ceux qui étoient nommés par les Etats, pour recevoir ces deniers, &amp; qui avoient l'intendance générale sur tout le Royaume, pour en prendre la direction, &amp; en rendre compte aux Etats. On appelloit Elus ceux qui avoient la direction particulière des <i>Aides</i> dans chaque Province. Dans l'institution ils étoient tous choisis par les Etats, &amp; confirmés par le Roi. Depuis le Roi pourvut seul à ces Charges, qui devenoient très-importantes à cause du maniment des Finances. Ces <i>Aides</i> ne furent imposées au commencement que pour un an, &amp; puis pour deux ou trois ans ; &amp; enfin elles devinrent perpétuelles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aides , se dit particulièrement des deniers que le Roi lève sur les marchandises qui se vendent, &amp; se transportent dedans &amp; dehors son Royaume. La ferme des <i>Aides</i> étoit autrefois distinguée, &amp; maintenant est unie à celle des Gabelles, &amp; autres impositions. Ainsi les <i>Aides</i> répondent au mot Latin <i>vectigal, à vehendis mercibus</i> ; &amp; elles sont payées par toutes sortes de personnes privilégiées, ou non. C'est par-là qu'elles diffèrent des tailles, parce que les tailles ne se payent que par les roturiers, &amp; sont une espèce de capitation qui répond au Latin <i>tributum.</i></p><p>Cour des <i>Aides,</i> est une jurisdiction souveraine établie en plusieurs endroits du Royaume pour juger des différends qui arrivent sur le payement des <i>Aides,</i> &amp; de tous les autres deniers royaux, à la réserve du Domaine, &amp;c. <i>Rei Tributariae supremum Tribunal, Consilium. Curia subsidiorum. Oblationum,</i> ou <i>Oblationis Senatus, summi vectigalium Judices.</i> Quelques-uns les ont appellés <i>viginti quatuor viri vectigales,</i> ou, <i>Generales aerarii.</i> Anciennement il n'y avoit point en France de Jurisdiction particulière pour les <i>Aides.</i> Les Etats du Royaume qui avoient consenti à ces impôts, constituoient des Généraux des <i>Aides,</i> à qui ils en commettoient la direction générale par tout le Royaume, &amp; des <i>Elus</i> pour chaque Province. Mais les Rois s'étant attribué la nomination à ces charges, ils donnerent aussi le pouvoir aux Généraux des <i>Aides</i> de rendre la Justice, &amp; de juger en dernier ressort les appels de sentences rendues par les Elus, qui étoient les Juges inférieurs. Mais ce fut Charles VI. qui le premier mit quelque distinction entre les Officiers des Finances, &amp; ceux de la Justice. Par son Edit de 1388. il nomma des Généraux pour les <i>Aides,</i> &amp; des Généraux pour la distribution de la Justice sur le fait des <i>Aides,</i> qui exercerent leurs fonctions séparément. Par un autre Edit de 1404. on constitua trois Conseillers Généraux avec l'Archevêque de Bezançon, qui étoit le Président, pour l'administration de la Justice. Cependant plusieurs années s'écoulerent avant que cette Compagnie fût érigée en Cour souveraine, quoique ceux qui la composoient jugeassent en dernier ressort. Lorsque Charles VII. rentra dans Paris en 1436. elle n'étoit point encore censée faire corps. Pasq. Ce fut François I. qui établit les Généraux des <i>Aides</i> sur le fait de la Justice : c'est ce qu'on a appellé depuis, <i>Cour des Aides.</i></p><p>On appelle aussi le lieu où l'on tient ce Tribunal, La Cour des <i>Aides.</i> Le Greffe, la bûvette de la Cour des <i>Aides.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aides , en termes de Manège , se dit des secours &amp; des soutiens que tire le Cavalier des effets modérés de la bride, de l'éperon, du poinçon, du caveçon, de la gaule, du son de la voix, du mouvement des jambes &amp; des cuisses, pour faire manier un cheval comme il lui plaît. <i>Adjumenta.</i> Ce cheval connoît les <i>aides,</i> obéit, répond aux <i>aides ;</i> prend les <i>aides</i> avec beaucoup de facilité, &amp; de vigueur. Ce sauteur alloit extrêmement haut &amp; juste en ses sauts, &amp; sans aucune <i>aide.</i> Newcastle. Ce Cavalier donne les <i>aides</i> extrêmement fines : pour exprimer qu'il manie le cheval à propos, &amp; lui fait remarquer avec justesse ses temps, &amp; ses mouvemens. Les <i>aides</i> dont on se sert pour faire aller un Cheval par airs, &amp; celles dont on se sert pour le faire aller sur le terrein sont bien différentes. Newcastle. Il y a trois <i>aides</i> différentes qui se font ayant la resne de dedans du caveçon à la main. La première est de mettre l'épaule de dehors du cheval en dedans ; la seconde est de lui mettre aussi en dedans l'épaule de dedans ; &amp; la troisième est de lui arrêter les épaules. Id. Il y a les <i>aides</i> des éperons, les <i>aides</i> secrettes du gras de la jambe &amp; des éperons, les <i>aides</i> de la houssine, les <i>aides</i> secrettes du corps du Cavalier. Les <i>aides</i> du corps doivent être fort douces.</p><p>A l'aide, adv. Crier au meurtre. <i>A</i> l'<i>aide.</i> On me tue, on m'assassine. <i>Adeste, ferte opem.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDE</head>
    <p>
    Aide , se dit proverbialement en ces phrases. On dit avec un ton admiratif, Dieu nous soit en <i>aide,</i> dans quelque accident surprenant : Et Dieu vous soit en <i>aide,</i> à ceux qui éternuent, ou a des gueux &amp; à des importuns qu'on éconduit, &amp; qu'on veut renvoyer. <i>Adsit Deus : Deus adjuvet.</i></p><p>On dit, Bon droit a besoin d'<i>aide</i> ; pour dire, Ce n'est pas assez que d'avoir une bonne cause ; il faut bien encore la solliciter. Un peu d'<i>aide</i> fait grand bien. On dit d'un homme qui va aux emprunts chez ses amis, d'un Auteur qui se <pb n="122" facs="bpt6k8542165/f162/full/1200,/0/native.jpg"/>fait aider par un autre, ou d'une coquette qui ne se contente pas de son mari, qu'ils vont <i>à la Cour des aides.</i> Tout cela est bas &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDEAU</head>
    <p>
    &#9758; AIDEAU , s. m. Morceau de bois d'environ trois pieds de long, qu'on passe dans les bouts des barres d'une charrette pour charroyer du bois, &amp; pour soutenir des charges élevées.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AIDER" />
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    <head>AIDER</head>
    <p>
    AIDER , v. act. Secourir quelqu'un ; lui prêter son aide &amp; son assistance. <i>Opitulari, auxiliari, opem ferre.</i> Il régit indifféremment le datif &amp; l'accusatif de la personne. <i>Aider</i> quelqu'un. <i>Aider</i> à quelqu'un. Dieu nous ordonne d'<i>aider</i> les pauvres, d'<i>aider</i> aux pauvres. Il y a pourtant des gens qui mettent quelque différence entre <i>aider</i> quelqu'un, &amp; <i>aider</i> à quelqu'un. <i>Aider</i> quelqu'un, c'est lui donner seulement quelque secours, &amp; quelque assistance : au lieu qu'<i>aider</i> à quelqu'un, c'est partager avec lui le travail &amp; la peine. Il y en a d'autres qui y mettent une autre différence, &amp; qui disent que <i>aider</i> régit l'accusatif quand il se dit des personnes, &amp; le datif, quand il se dit des choses. Apollon <i>aide</i> à la naissance des beaux esprits. Gomber. <i>Aider</i> à la fortune de quelqu'un. Vaug. Il faut encore remarquer sur le verbe <i>aider</i> que quand il régit l'accusatif de la personne, il régit l'ablatif de la chose. <i>Aider</i> quelqu'un de son crédit. Ablanc. Il <i>aidoit</i> ses voisins de ses biens. Il faut <i>aider</i> ses amis de sa bourse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDER</head>
    <p>
    Aider . Quand ce verbe est suivi immédiatement d'un autre verbe, il régit l'infinitif précédé de la particule <i>à</i> ; &amp; alors il signifie, Etre utile, servir, contribuer, participer au succès d'une chose, &amp; s'employer pour la faire réussir. <i>Aider</i> quelqu'un à porter un fardeau. Elle n'avoit personne qui lui <i>aidât</i> à faire les funérailles de sa mère. Les petites rentes <i>aident</i> à vivre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDER</head>
    <p>
    Aider , se dit aussi des choses inanimées, pour marquer les utilités qu'on en tire. <i>Adjuvare, juvare, adjumento esse.</i> Les machines ont été inventées pour <i>aider</i> les hommes à remuer de gros fardeaux. Un peu de vin pur après le repas, <i>aide</i> à la digestion. On voit tous les jours des hommes avec peu de mérite, <i>aidés</i> du hasard, &amp; de la fortune, acquérir de la réputation. P. Bourd. En ce sens, il se dit quelquefois pour signifier tout le contraire d'un secours, d'une utilité. La perte de ce vaisseau a beaucoup <i>aidé</i> à la banqueroute de ce Marchand. Sa dernière débauche n'a pas peu <i>aidé</i> à le faire mourir. Cette avanture a beaucoup <i>aidé</i> à le perdre dans l'esprit des honnêtes-gens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDER</head>
    <p>
    Aider , se dit aussi en matière spirituelle. La grace <i>aide</i> un pécheur à se convertir. En vain travaillons-nous, si Dieu ne nous <i>aide.</i> Il faut <i>aider</i> la liberté de celui qui nous avertit, en recevant facilement ses avis. S. Evr. Une glose <i>aide</i> à faire entendre le texte. Cet Avocat l'a <i>aidé</i> de son conseil. Le repos d'esprit <i>aide</i> à la guérison d'un malade. Les premiers Chrétiens n'ont pas laissé d'<i>aider</i> &amp; de soutenir leur foi imparfaite sur la Sainte Trinité.</p><p>On dit au jeu de la bête, qu'il faut <i>aider</i> au contre, pour dire, tâcher de le faire perdre. <i>Aider</i> à marcher à une Dame, pour dire, lui donner la main. <i>Aider</i> à la Messe, pour dire, y servir, y répondre. <i>Ministrare sacro.</i></p><p>On dit au Manége, <i>Aider</i> un cheval, lorsque l'adresse &amp; le secours du cavalier lui <i>aide</i> à travailler à propos, &amp; à lui faire marquer ses temps avec justesse par les <i>aides</i> de la langue, de la main, de la jambe, du talon, de la bride, de la gaule, &amp;c. M. Ménage dérive ce mot de l'Italien <i>aitare,</i> qui est fait du Latin <i>adjutare,</i> qui se trouve dans Ennius, dans Plaute, dans Térence, &amp; même sur des médailles du bas Empire ; d'où les Espagnols ont fait <i>adjudant.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDER</head>
    <p>
    Aider , s'emploie souvent avec le pronom personnel, &amp; signifie alors se servir de quelque chose. <i>Uti aliquare, adhibere aliquid.</i> Un paralytique ne se peut <i>aider</i> de ses membres. Un gaucher ne s'<i>aide</i> pas si bien de sa droite que de sa gauche. Dans la nécessité on s'<i>aide</i> de tout ce que l'on trouve. Ce Cavalier s'<i>aide</i> aussi-bien de la plume que de l'épée. Il ne s'<i>aide</i> point, il demeure les bras croisés. Ablanc. S'<i>aider</i> des armes de la Foi. Gomber.</p><p>On dit au Palais, qu'un homme s'<i>aide</i> d'une pièce, quand il la produit pour en tirer quelque avantage, ou induction. On n'est point reçu à s'inscrire en faux contre un acte qu'a produit une partie adverse, que le Juge ne lui ait fait faire une déclaration précise si elle s'en veut <i>aider.</i> Les présomptions sont des adminicules de preuve qui <i>aident</i> à la conviction d'un accusé.</p><p>On dit aussi absolument, &amp; dans la conversation commune, qu'il faut qu'un homme s'<i>aide</i> ; pour dire, qu'il fasse un effort de lui-même, pour profiter du secours qu'on lui veut donner. <i>Conari, eniti.</i> Je ne puis pas vous prêter toute la somme que vous me demandez, il faut que vous vous <i>aidiez,</i> que vous cherchiez le reste ailleurs. On dit à des domestiques, Tenez, voilà de quoi manger, <i>aidez-vous.</i></p><p>Ce verbe devient quelquefois réciproque, en y préposant la particule <i>entre.</i> Il faut que les hommes s'<i>entr'aident,</i> qu'ils s'<i>aident</i> l'un l'autre, &amp; se prêtent un mutuel secours. <i>Mutuam sibi opem, operam praestare, navare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDER</head>
    <p>
    Aider , se dit proverbialement en ces phrases : Dieu <i>aide</i> à trois sortes de personnes, aux foux, aux enfans, &amp; aux yvrognes. On dit aussi, <i>Aide</i>-toi Dieu t'<i>aidera,</i> pour dire, qu'on n'obtient rien de Dieu sans travailler soi-même au succès de ses entreprises, &amp; que les Paresseux ne doivent attendre aucun secours de la Providence, suivant ce proverbe Espagnol.</p><p>A quien madruga, Dios le ayuda.</p><p>On dit aussi, qu'il faut <i>aider</i> à la lettre ; pour dire, suppléer à ce qui manque, deviner à demi-mot, excuser les petits défauts qui sont en quelque chose. On dit aussi, <i>Aider</i> à la lettre, lorsqu'on ajoûte quelque chose du sien en une narration, &amp; qu'on ne la fait pas comme la chose est arrivée.</p><p>Chez les Anciens c'étoit une formule de jurement de dire, <i>Ainsi m'aide Dieu, Ità me Deus adjuvet</i> ; c'est-à-dire, qu'on prend Dieu à témoin de la sincérité de sa promesse, &amp; qu'on fait une espèce d'imprécation sur soi-même, en cas qu'on vienne à y manquer par sa faute. Et le sens est, que Dieu m'<i>aide,</i> de la même manière que je promets. Ainsi que je promets cela, ainsi Dieu m'<i>aide,</i> ou, ce qui revient au même, Je veux n'être point <i>aidé</i> de Dieu, si je ne promets pas cela véritablement, &amp; sincèrement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDER</head>
    <p>
    Aidé, ée , part. pass. <i>Adjutus, nixus, fretus.</i> Un homme <i>aidé</i> de la faveur de son Prince peut entreprendre beaucoup de choses.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIDER</head>
    <p>
    Aidant , autre part. &amp; adj. Celui qui aide. <i>Adjutor, adjutrix.</i> C'est un vieux mot, dont on ne se sert plus guère maintenant. On disoit autrefois, Malgré lui &amp; ses <i>aidans,</i> dont on a fait ce proverbe corrompu, <i>Malgré lui, &amp; malgré ses dents.</i></p><p>On le dit aussi absolument en cette phrase : <i>Dieu aidant,</i> pour dire : S'il plaît à Dieu, moyennant son secours. <i>Deo juvante.</i> Je vous irai voir mardi, <i>Dieu aidant.</i> Ce malade guérira bien-tôt, <i>Dieu aidant.</i> Les Grecs disoient , &amp; l'on trouve une fois dans Plaute, <i>Cum Diis.</i> Ainsi il ne faut pas absolument blâmer ceux qui disent en Latin <i>Cum Deo.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AÏE" />
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    <head>AÏE</head>
    <p>
    AÏE . Vieux mot, qui veut dire <i>aide.</i></p><p>C'est apparemment de-là qu'est venue l'interjection <i>Aie,</i> que nous disons, quand nous sentons une douleur soudaine. Si quelqu'un nous marche sur le pied, par exemple, nous nous écrions, <i>aie !</i> Comme si nous disions à l'<i>aide</i> ; de l'<i>aide.</i> Quelques-uns écrivent cette interjection <i>ai,</i> ou <i>hai</i> ; mais ce qu'on vient de dire semble plus naturel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AÏE</head>
    <p>
    Aie , Plante de l'Amérique, dont les branches prennent d'elles-mêmes à terre, comme le lierre, mais ses feuilles ne sont pas si épaisses que celles du lierre. L'<i>Aie</i> est de la couleur de la queue du paon noir &amp; azuré. Cette herbe est cordiale. <i>Gonzalve d'Oviedo, Sommaire des Indes Occident.</i> Je trouve encore une racine appellée <i>Agies,</i> &amp; qui est probablement la même chose : elle croît en forme de navet dans l'Isle Espagnole ; &amp; les habitans s'en servent au lieu de pain, dit <i>Dom Pierre Martyr dans son Sommaire des Indes Occidentales.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AÏE</head>
    <p>
    Aïe , est un mot que les Chartiers disent à leurs chevaux pour les faire marcher, &amp; qui paroît fait de <i>aille,</i> impératif du verbe aller. <i>I, Ito.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1049" id="1" type="">
   <index type="head" value="AÏEUL, EULE" />
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    <head>AÏEUL, EULE</head>
    <p>
    AÏEUL, EULE , s. m. &amp; f. Père, ou mère de ceux qui ont des <pb n="123" facs="bpt6k8542165/f163/full/1200,/0/native.jpg"/>enfans, à l'égard desquels on les nomme ou <i>Grand-père,</i> ou <i>Grand'-mère. Avus.</i> Chaque enfant a un <i>aieul</i> paternel, &amp; un <i>aieul</i> maternel. Il fait <i>aieux</i> au pluriel, &amp; non pas <i>aieuls.</i> corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1049" id="2" type="">
   <index type="head" value="AÏEUL, EULE" />
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    <head>AÏEUL, EULE</head>
    <p>
    Aïeul , se dit quelquefois en général des hommes qui nous ont précédé, soit dans notre famille, soit dans notre nation. <i>Majores.</i></p><p>Ce mot <i>aïeul</i> vient d'<i>aviolus,</i> diminutif d'<i>avus.</i> Huet. De l'Hébreu , <i>au</i> qui signifie père, <i>avus</i> a été formé. Guichard ; &amp; de <i>avus</i> ou <i>aviolus</i> s'est fait <i>aieul.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1050" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGAIL" />
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    <head>AIGAIL</head>
    <p>
    AIGAIL , s. m. Rosée qui se trouve sur les feuilles des arbres ou des herbes. <i>Ros.</i> Ménage. Il n'est pas d'un usage fort commun.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1051" id="1" type="">
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    <head>AIGLANTIER</head>
    <p>
    AIGLANTIER , s. m. Arbrisseau, espèce d'épine. Il porte un fruit rouge, dont on fait une ptisane pour prévenir la gravelle. Voyez Esglantier &amp; Rosier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1052" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGLAT" />
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    <head>AIGLAT</head>
    <p>
    AIGLAT , s. m. Le petit d'une aigle. <i>Pullus aquilae.</i> Les petits <i>aiglats</i> ne prennent pas sitôt la queue blanche. Ce mot n'est pas usité ; il faut dire <i>aiglon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1053" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGLE" />
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    <head>AIGLE</head>
    <p>
    AIGLE . <i>Aquila.</i> Nos Ecrivains ont bien de la peine à convenir de son genre ; mais la plus grande autorité que nous ayions le fait masculin &amp; féminin dans le propre, &amp; plus ordinairement masculin. Pour le figuré il y quelques distinctions à faire, dont on pourra être instruit par la lecture des articles qui suivent. L'<i>aigle</i> est le plus grand, le plus fort, &amp; le plus vîte des oiseaux qui vivent de proie. Il a un bec long &amp; crochu, les jambes jaunes couvertes d'écailles, les ongles crochus &amp; fort grands, la queue courte. Son plumage est châtain, brun, roux, &amp; blanc. Son bec est noir par le bout, &amp; bleuâtre par le milieu, &amp; en quelques autres jaunes. Il y a un duvet sous ses grandes plumes, dont le tuyau a d'ordinaire neuf lignes de tour. L'<i>Aigle</i> fait son aire sur les plus hauts rochers des Pays d'Occident. Il nourrit ses petits jusqu'à ce qu'ils sachent voler, &amp; alors il les chasse de son aire. Il se nourrit de la chair des oiseaux ou des lièvres qu'il prend. Il vit fort long-temps, &amp; ne meurt ordinairement que parce qu'il ne sauroit plus manger. Il a la vûe très-perçante ; &amp; de-là vient que pour dire qu'une personne a bonne vûe, on dit qu'il a des yeux d'<i>aigle.</i> Tardif. Fau. le P. Ange Jésuite, dans son Optique, dit que la raison pour laquelle les <i>aigles,</i> qui n'ont pas les fibres des yeux plus fortes que les autres animaux, peuvent cependant regarder plus fixement le soleil, &amp; en supporter plus facilement les rayons, est qu'ils ont deux paupières ; l'une dont il se ferme entièrement les yeux, l'autre qui est plus délicate, &amp; sous celle-ci, dont il se les couvrent lorsqu'ils regardent quelque corps lumineux, pour s'en rendre ainsi la lumière plus supportable.</p><p>L'<i>Aigle</i> hait le Roitelet, &amp; en a peur.</p><p>On a dressé les <i>aigles</i> à la volière, mais elles ne réussissent qu'en pays de montagnes. L'<i>aigle</i> ne peut tenir long-temps sur aile dans les plaines. Elle est foible quand elle se rabat, &amp; les sacres la battent &amp; la tuent. Les Peintres représentent Jupiter monté sur un <i>aigle.</i> On appelle de bons yeux des yeux d'<i>aigle,</i> parce qu'elle regarde fixement le soleil. Un vol d'<i>aigle,</i> est celui qui s'élève au dessus des autres oiseaux. Entre les <i>aigles</i> qu'on nourrissoit dans le Palais de Montezume Roi de Mexique, il y en avoit une si grande, qu'elle mangeoit un mouton à tous ses repas. On dit que l'<i>aigle</i> meurt quelquefois de faim, parce que la partie supérieure de son bec étant recourbée par la pointe, &amp; croissant avec l'âge, elle se courbe si fort en dessous, qu'elle ferme la partie inférieure, ensorte qu'elle ne peut plus s'ouvrir, ni prendre la nourriture.</p><p>On donnoit chez les Grecs le nom d'<i>aigle</i> à de certains toits de maison qui étoient faits en forme d'<i>aigle. Nous couvrirons vos maisons en forme d'aigle,</i> dit Aristophane dans sa Comédie intitulée <i>des Oiseaux.</i> Voyez le Dictionnaire Grec d'Harpocration, sur le mot , qui signifie <i>aigle.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLE</head>
    <p>
    Aigle-Faucon , est un <i>aigle</i> qui prend les oiseaux de proie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1054" id="1" type="">
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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    AIGLE-D'ORINOQUE . Gros oiseau de proie qui passe souvent de la terre ferme aux Antilles. Les premiers habitans de Tabago l'ont ainsi nommé, à cause qu'il a la grosseur &amp; la figure d'un <i>aigle,</i> &amp; qu'il se voit communément dans la partie méridionale de l'Amérique, qui est arrosée de la rivière d'Orinoque. Tout son plumage est d'un gris clair, marqueté de taches noires, hormis que les extrémités de ses ailes &amp; de sa queue sont bordées de jaune. Il a les yeux vifs &amp; perçans, les ailes fort longues, le vol roide &amp; prompt. Il se répaît d'autres oiseaux. Il n'attaque jamais ceux qui sont plus foibles &amp; sans défense. Il ne se rue point sur son gibier tandis qu'il est à terre, ou sur un arbre ; il attend qu'il ait pris l'essor, pour le combattre en l'air. Lonvillers.</p><p>Aristote &amp; Pline font six espèces d'<i>aigles,</i> auxquelles ils ont donné divers noms Grecs sur la différence de leur plumage : comme l'<i>aigle royale</i> est appellée par Aristote, &amp; à cause de la couleur rousse &amp; comme dorée de ses plumes, &amp; que ses taches rousses représentent des étoiles. L'<i>aigle noirâtre,</i> qui est la plus petite de toutes, &amp; la plus vigoureuse. <i>Valeria.</i> L'<i>aigle à la queue blanche. Pygargus.</i> L'<i>aigle de moyenne grandeur,</i> qui a la queue grande, &amp; demeure auprès des étangs. <i>Morphnus.</i> L'<i>aigle de mer,</i> ou orfraie, qui éprouve ses aiglons aux rayons du soleil. <i>Haliaeetus.</i> L'<i>aigle barbue,</i> qui est une espèce d'ossifrage. <i>Ossifraga.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1054" id="2" type="blason & de devise">
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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle , en termes de Blason &amp; de devise , est féminin. C'est le symbole de la Royauté, selon Philostrate, parce que c'est le Roi des oiseaux. L'Empereur la porte dans ses armes. On la représente quelquefois avec une tête, quelquefois avec deux, &amp; en ce cas on la qualifie <i>éployée,</i> quoiqu'elle n'ait jamais qu'un corps, deux jambes, &amp; deux ailes ouvertes, &amp; étendues, montrant entièrement l'estomac. Celle de l'Empire est de cette sorte. Il y en a de couronnées, d'autres membrées &amp; becquées de différent émail que celui du corps ; &amp; même il y en a de monstrueuses, qui ont des têtes humaines, &amp; de loup. Les premiers qui se trouvent avoir porté l'<i>aigle</i> en leurs enseignes, sont les Persans, selon le témoignage de Xénophon. Les Romains, après avoir porté diverses autres enseignes, s'arrêterent enfin à l'<i>aigle,</i> la seconde année du Consulat de Marius. Avant lui portoient indifféremment des loups, des léopards &amp; des <i>aigles</i> ; selon qu'il plaisoit au Général. On dit que ce fut Constantin qui fut auteur de l'<i>aigle</i> à deux têtes, pour montrer qu'encore que l'Empire semblât divisé, ce n'étoit néanmoins qu'un corps. D'autres disent que ce fut Charle-Magne qui remit les <i>aigles</i> Romaines dans les étendarts de l'Empire, &amp; qui y ajoûta en même-temps une seconde tête. Cependant cette opinion est détruite par un <i>aigle</i> à deux têtes, que Lipse a observée dans la Colonne Antonine, &amp; parce que postérieurement on ne voit qu'une seule tête dans le Sceau de la Bulle d'Or faite du temps de Charles IV. Empereur. Desorte qu'il y a plus d'apparence à la conjecture <pb n="124" facs="bpt6k8542165/f164/full/1200,/0/native.jpg"/>du Père Ménestrier, qui dit que de même que les Empereurs d'Orient, quand il y en avoit deux sur le Trône, marquoient leurs monnoies d'une Croix à double traverse, que chacun d'eux tenoit d'une main, comme étant le sceptre des Chrétiens ; aussi firent-ils la même chose de l'<i>aigle</i> dans leurs armoiries ; &amp; au lieu de doubler leurs écussons &amp; leurs <i>aigles,</i> ils les joignirent, &amp; y représenterent deux têtes. Ce que les Empereurs d'Occident ont suivi quelque temps après. Un Poëte Italien a dit là-dessus, qu'on avoit fait de l'<i>aigle</i> de l'Empire, un oiseau bien carnassier, en lui donnant deux têtes &amp; deux becs, pour dévorer davantage. Le P. Papebroch, dans le Ve Tome du mois de Mai, p. 218. dit qu'il voudroit voir la conjecture du P. Ménestrier prouvée par d'anciennes monnoies ; que sans cela il doutera si l'usage de l'<i>aigle</i> à deux têtes n'a point été purement arbitraire, comme celui de la Croix à double traverse ; qu'au reste il panche beaucoup à croire que cet usage de l'<i>aigle</i> à deux têtes s'est introduit à l'occasion de deux Empereurs qui auront été en même temps sur le Trône. Il ajoûte, que depuis l'<i>aigle</i> à deux têtes de la Colonne d'Antonin, on n'en trouve plus jusqu'au quatorzième siècle sous Jean Paléologue. Voyez-en la figure dans l'édition de Georg. Codinus faite à Paris. Voyez aussi Lipse, <i>Analecta ad utilit. Roman. L. III. Dial.</i> 2.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1054" id="3" type="">
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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle . Ce mot signifie donc quelquefois l'enseigne des Légions des anciens Romains. Ils virent briller les <i>aigles</i> &amp; les enseignes des Légions. Ablanc. Quelquefois encore les armées Romaines. C'est votre sagesse seule qui a donné de la terreur à l'<i>aigle</i> Romaine. Patr. Et quelquefois même les enseignes de l'Empereur d'aujourd'hui, &amp; les Troupes de l'Empire. Au reste, bien d'autres Nations que les Romains ont eu des <i>aigles</i> pour enseignes. Nous dirons tout à l'heure, que selon le sentiment de quelques Savans, les Romains ont pris cette coutume de Jupiter de Crète. D'autres disent que c'est des Toscans, ou des Epirotes. On conjecture aussi que Ganymède fut enlevé par un navire nommé l'<i>aigle,</i> parce qu'il en portoit la figure, ou par des Troupes Phrygiennes, dont les étendarts étoient des <i>aigles</i> ; &amp; que c'est-là ce qui a donné lieu à la Fable du rapt de Ganymède par une <i>aigle.</i> Ces <i>aigles</i> Romaines n'étoient point des <i>aigles</i> peintes sur des drapeaux. C'étoit des <i>aigles</i> d'argent ou d'or, au haut d'une pique. Elles avoient les ailes étendues, &amp; tenoient quelquefois un foudre dans leurs serres. Voyez l'Histoire de Dion au Liv. XI. Au dessous de l'<i>aigle</i> on attachoit à la pique des boucliers ; on y mettoit quelquefois des Couronnes. Tout cela se voit encore très-distinctement sur plusieurs médailles. Feschius traite de tout cela dans sa Dissert. <i>de Insignibus, des Enseignes</i> ; &amp; Juste Lipse dans son Traité de la Milice. Rom. Liv. IV. Dial. 5.</p><p>En tous ces sens le mot d'<i>aigle</i> est toujours féminin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle , signifie aussi l'Empire d'Allemagne, &amp; l'Allemagne même. L'<i>aigle</i> commence à triompher du Croissant. En ce sens le mot d'<i>aigle</i> est masculin. Déja prenoit l'essor pour se sauver dans les montagnes, cet <i>aigle</i> dont le vol hardi avoit d'abord effrayé nos Provinces. Flech. Rendre à l'<i>aigle</i> éperdu sa première vigueur. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle , Ce mot se prend aussi figurément pour un esprit grand, élevé, pénétrant. En ce sens il est ordinairement masculin quand on parle d'un homme, &amp; féminin quand on parle d'une femme. C'est un <i>aigle</i> dont je ne puis suivre le vol. Peliss. On compare S. Jean l'Evangeliste à un <i>aigle,</i> à cause de la manière haute &amp; sublime, dont il commence son Evangile.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle , en Astronomie, est l'une des 21. Constellations Septentrionales. L'aile droite de l'<i>aigle</i> touche la ligne équinoctiale ; son aile gauche est voisine de la tête du serpent. Son bec est séparé du reste du corps par le cercle qui va du Cancer au Capricorne. Il se lève avec le Capricorne, &amp; se couche lorsque le Lion se lève. La fable dit que l'<i>aigle</i> a été mise au nombre des astres, parce qu'il portoit à Jupiter le Nectar, pendant qu'il étoit caché dans un antre de l'Isle de Crète, pour éviter d'être dévoré par Saturne. C'est le sentiment de Méro femme de Byzance, célèbre par son génie pour la Poësie. D'autres disent que c'est parce qu'au temps que le Jupiter de Crète se préparoit à faire la guerre aux Géants, qui avoient mis son père aux fers, cette <i>aigle</i> lui apporta à Naxi un bon augure de la victoire ; que depuis ce temps-là il se servit pour enseignes de la figure d'une <i>aigle</i> ; &amp; que c'est de lui que les Romains prirent cette coutume dans la suite. D'autres disent que ce fut en récompense de ce qu'il avoit enlevé Ganymède dans les Cieux. Un Ancien même a feint que c'étoit l'ame de Platon. Elle a 32. étoiles.</p><p>Il y a trois étoiles auxquelles les Astronomes Arabes donnent le nom d'<i>aigle.</i> Ils appellent l'une <i>Nasr Sohail,</i> l'<i>aigle</i> de Canapus, ou autrement <i>Sitareh Jemen,</i> l'étoile de l'Arabie heureuse ; parce qu'ils prétendent que cet astre y domine. L'autre porte le nom de <i>Nasr Althair,</i> l'<i>aigle</i> volante ; &amp; la troisième <i>Nasr Alvake,</i> l'<i>aigle</i> reposante. D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle-blanc . Ordre de Chevalerie de Pologne. Il fut institué en 1325. par Uladislas V. lorsqu'il maria son fils Casimir avec la fille du Grand Duc de Lithuanie. Les Chevaliers de cet Ordre portoient une chaîne d'or, d'où pendoit sur l'estomac un <i>aigle</i> d'argent couronné.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle-noir . C'est le nom d'un Ordre de Chevalerie institué par l'Electeur de Brandebourg le 18. Janvier 1701. après qu'il eut été couronné &amp; sacré Roi de Prusse. Les Chevaliers de l'Ordre de l'<i>Aigle-noir</i> portent un ruban orangé d'où pend un <i>aigle.</i></p><p>On appelle aussi dans les Eglises <i>aigle,</i> le pupitre de cuivre qui est au milieu du Choeur, à cause qu'il représente un <i>aigle</i> : &amp; on dit dans les Chapitres, qu'un Chanoine est à l'<i>aigle,</i> quand il est Semainier, lorsqu'il fait l'Office ; &amp; c'est souvent lui qui confère les Bénéfices de la collation du Chapitre, venans à vaquer pendant sa semaine. En ce sens <i>aigle</i> est toujours masculin. <i>Un aigle</i> assorti de divers ornemens. <i>Hist. de l'Eglise de Meaux, tom.</i> 1. <i>pag.</i> 295.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1054" id="9" type="">
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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle , en termes d'Architecture , est un oiseau qui servoit anciennement d'attribut aux chapiteaux des temples dédiés à Jupiter. Il sert encore d'ornement à quelques chapiteaux.</p><p>On appelle <i>Pierre d'aigle,</i> certaine pierre creuse &amp; sonnante, à cause d'une petite pierre intérieure qui est dedans, qu'on dit servir aux femmes en couche, pour retenir, ou faire sortir l'enfant, suivant qu'elle est appliquée au dessus ou au dessous de la matrice. <i>Aetites.</i> On l'appelle du Grec , <i>aigle. Pietra d'aquila,</i> en Italien, parce qu'on la trouve quelquefois dans des nids d'<i>aigles.</i> Voyez-en les diverses sortes dans Dioscoride, qui dit aussi qu'elle sert à découvrir un larron : car si on la met dans ce qu'il mangera, il ne le pourra jamais avaler. Mathiole ajoûte, que les oiseaux de proie n'éclorroient jamais leurs petits sans cette pierre, &amp; qu'ils la vont chercher jusqu'aux Indes. Mais la plupart de ces choses sont fabuleuses. La principale propriété qu'on attribue à cette pierre, c'est d'avancer les accouchemens, en l'attachant au haut de la jambe. Bausch a fait un Traité Latin sur la pierre d'<i>aigle,</i> qui mérite d'être lû. Il y a aussi aux Indes un bois exquis qu'on appelle <i>palo d'aquila,</i> ou <i>bois d'aigle,</i> qui croît au Royaume de Siam, &amp; dont on fait un grand trafic au Japon. Il en croît aussi à la Chine dans la Province de Quantung.</p><p>L'<i>aigle,</i> sur les médailles, est la marque de la Divinité, &amp; de la Providence, selon M. Sphanheim, &amp; de l'Empire, selon tous les Antiquaires. Les Princes qui ont le plus ordinairement des <i>aigles</i> sur leurs médailles, sont les Ptolomées d'Egypte, souvent aussi les Séleucides Rois de Syrie. Une <i>aigle,</i> avec ce mot, Consecratio, est la marque de l'Apothéose pour les Empereurs. On a fait entrer l'<i>aigle</i> en plusieurs devises. Une <i>aigle</i> que les rayons du soleil n'éblouissent point, &amp; qui n'en voit que mieux après les avoir regardés fixement, avec ce vers de Pétrarque,</p><p>Plus elle le considère, plus elle est éclairée, marque, selon Picinelli, une ame que ses communications avec Dieu éclairent. Une <i>aigle</i> qui s'éleve au dessus des nues, <i>Sudum per nubila quaerit,</i> est la devise de ceux qui acquierent de la gloire dans une vie retirée &amp; cachée. Celle d'un grand courage est une <i>aigle</i> au milieu d'un ciel orageux avec ce mot, <i>Nil fulmina terrent</i> ; ou celui-ci en Espagnol, <i>Ni matar me, ni spentar me.</i> Guillaume II. Roi d'Angleterre, <pb n="125" facs="bpt6k8542165/f165/full/1200,/0/native.jpg"/>avoit pris pour la sienne une <i>aigle</i> qui regarde fixement le soleil avec ce mot, <i>Profero.</i></p><p>On dit proverbialement, crier comme une <i>aigle</i> ; pour dire, crier d'un cri haut &amp; importun.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1054" id="10" type="">
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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle , ou l'Aigle, s. fém. Est aussi le nom propre d'une petite Ville de Normandie. <i>Aquila.</i> On fait à l'<i>Aigle</i> un gros commerce d'épingles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLE-D'ORINOQUE</head>
    <p>
    Aigle-blanc . Terme de Chymie . <i>Aquila alba.</i> C'est la même chose que <i>Mercurius dulcis,</i> Mercure doux. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLETTE</head>
    <p>
    AIGLETTE , petite aigle. <i>Junior aquila.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLETTES</head>
    <p>
    AIGLETTES , ou <i>Aiglons,</i> en termes de Blason , se dit quand il y a plusieurs aigles dans un Ecu. Elles ont bec &amp; jambes, &amp; souvent sont becquetées &amp; membrées d'une autre couleur, ou métal que le gros du corps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1057" id="1" type="">
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    <head>AIGLON</head>
    <p>
    AIGLON , s. m. Le petit d'un aigle. <i>Pullus aquilae.</i> Un jeune <i>aiglon</i> qui regarde fixement le soleil. Je vous ai porté comme l'aigle porte ses <i>aiglons.</i> Port-R. Le renard mit le feu à l'arbre, &amp; les <i>aiglons</i> tomberent. Port-R.</p><p>Un <i>aiglon</i> qui suit son père volant vers le soleil, &amp; le regardant fixement comme lui, avec cette devise ; <i>Non inferiora secutus</i> ; ou celle-ci, <i>Auspiciis animisque patris,</i> marque un enfant qui imite son père, qui apprend à servir son Prince sous la conduite &amp; par l'exemple de son père.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGLURE</head>
    <p>
    AIGLURE , s. m. Terme de Fauconnerie , qui se dit des taches rousses semées sur le dessus du corps de l'oiseau qui bigarrent son pennage. <i>Versicolores avium plumae.</i> Le lanier plus que tous les autres oiseaux est bigarré d'<i>aiglures.</i> On appelle aussi cela <i>bigarrure.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1059" id="1" type="">
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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    AIGRE , adj. m. &amp; f. Acide, qui a une qualité rude, piquante, &amp; désagréable à l'égard du goût. <i>Acer, acidus.</i> Le vinaigre est <i>aigre,</i> &amp; pique le goût. On appelle un goût <i>aigre</i> celui qu'on sent, quand l'estomac renvoie le goût des viandes mal digérées. C'est-là sa signification primitive &amp; son usage propre. Ensuite on a appliqué ce mot par analogie à deux autres sens ; &amp; ce qui fait à peu près sur l'ouie &amp; sur l'odorat, ce que l'<i>aigre</i> fait sur le goût, on l'a aussi appellé <i>aigre.</i> Une voix <i>aigre,</i> est un ton rude, qui écorche l'oreille. Ce vin sent l'<i>aigre,</i> &amp; blesse l'odorat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1059" id="2" type="">
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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigre est aussi quelquefois substantif. Cela sent l'<i>aigre.</i> Je n'aime pas l'<i>aigre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigre se dit aussi d'un métal qui est cassant quand il vient de la mine, &amp; avant qu'il ait passé plusieurs fois par la fonte ; &amp; en cet état il est difficile à mettre en oeuvre. <i>Intractabilis, asper, fragilis.</i> Le cuivre est <i>aigre</i> jusqu'à ce qu'il ait été fondu. Les pistolets &amp; autres ouvrages de balle ne valent rien, lorsqu'ils sont faits d'un fer <i>aigre.</i> Il y a des Officiers créés, pour marquer le fer <i>aigre</i> d'avec le fer doux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigre se dit aussi figurément en Morale, de l'esprit &amp; des humeurs ; pour dire, rude, piquant, choquant. <i>Acerbus, asper.</i> C'est un esprit <i>aigre</i> ; son humeur est <i>aigre</i> ; pour dire, il est prompt à piquer les autres, &amp; difficile à s'appaiser. En ce sens on dit, une <i>aigre</i> réprimande, une <i>aigre</i> repartie. Tibère étoit <i>aigre</i> dans ses répréhensions. Ablanc. Il se plaignit de l'humeur <i>aigre</i> &amp; incompatible d'Olimpias. Vaug.</p><p>Ce mot vient d'<i>acer</i>, qui est la même chose ; mais selon le P. Pezron <i>acer</i> est pris du Celtique <i>aigre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigre-doux . Qui a le goût mêlé de doux &amp; d'<i>aigre.</i> Il ne se dit guère que des fruits. <i>Acido &amp; dulci mixtus.</i> Les anciens Poëtes disoient, Ton esprit <i>aigre-doux.</i> Baif avoit inventé ce mot, qui n'a pas été heureux. On le diroit cependant encore dans le style badin, ou comique, &amp; un Poëte de ce temps dit,</p><p>En Normandie il se dit du vieux cidre, qu'on a passé sur le marc du nouveau, afin d'adoucir son aigreur &amp; sa dureté. Les bons Gourmets discernent facilement le vieux cidre, qu'on a repassé sur du marc nouveau, parce qu'il est <i>aigre-doux.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigre de cédre , est un brevage un peu aigret qui se fait avec du citron, &amp; du sucre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1059" id="7" type="">
   <index type="head" value="AIGRE" />
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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigrefin , s. m. Poisson de mer qui est une espèce de gros merlan : en Latin <i>Jecorarius.</i> C'étoit aussi une espèce de monnoie, dont Rabelais fait mention.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1059" id="8" type="">
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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigre-fin . Terme ironique, &amp; burlesque, pour signifier un homme fin &amp; difficile à tromper. <i>Cautus, callidus, versutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1059" id="9" type="">
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    <head>AIGRE</head>
    <p>
    Aigre-fin , est aussi un nom que l'on donne aux Officiers d'Infanterie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1060" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGREDON" />
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    <head>AIGREDON</head>
    <p>
    AIGREDON , s. m. Espèce de Duvet très-fin, renfermé entre deux toiles, tafetas, ou autres étoffes légeres, dont on fait des couvrepieds qui sont très-légers &amp; très-chauds, &amp; qui s'enflent considérablement à mesure que la chaleur les pénètre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1061" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGRELET, ETTE" />
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    <head>AIGRELET, ETTE</head>
    <p>
    AIGRELET, ETTE , adj. Qui est un peu aigre. <i>Acidulus, subacidus.</i> Cette sauce est <i>aigrelette.</i> Cela n'est bon que dans le style simple &amp; bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1062" id="1" type="">
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    <head>AIGREMENT</head>
    <p>
    AIGREMENT , adv. D'une manière aigre. <i>Acerbè, asperè.</i> Il ne se dit point au propre ; mais on dit au figuré, Parler, répondre, repliquer <i>aigrement</i> ; pour dire, avec des paroles offensantes, pleines de colère &amp; d'aigreur. Tibère reprit les Juges <i>aigrement.</i> Ablanc. Le monde est en possession de parler librement des défauts des autres en leur absence ; les uns le font <i>aigrement</i> &amp; malignement, &amp; les autres d'une manière plus douce. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1063" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGREMOINE" />
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    <head>AIGREMOINE</head>
    <p>
    AIGREMOINE , s. f. <i>Agrimonia.</i> Plante qu'on a nommée <i>Eupatorium</i> dans les vieux Dispensaires. Ses racines sont vivaces, longues &amp; noirâtres : ses tiges sont rondes, velues, hautes de deux à trois pieds, quelquefois branchues, &amp; garnies dès le bas de quelques feuilles longues, velues, ailées, c'est-à-dire, composées de plusieurs petites feuilles qui sont rangées sur une même côte terminée par une seule feuille. Chaque petite feuille est crénelée à ses bords, relevée de plusieurs nervures qui parcourent la surface, &amp; chargée d'un duvet court, blanchâtre ou grisâtre. L'extrémité des tiges &amp; des branches se termine par un épi long de demi pied. Les fleurs qui forment cet épi, sont jaunes, composées de cinq pétales, disposées en rose autour du pistile, &amp; soutenues par un calice, qui devient dans la suite un fruit oblong, hérissé de piquants vers sa moitié, &amp; qui renferme une ou deux semences un peu longues. L'<i>Aigremoine</i> est <i>apéritive,</i> &amp; bonne pour les maladies de la poitrine. On dit qu'on l'appelle Eupatoire, du nom du Roi Eupator, qui en a été l'inventeur. Il ne faut pourtant pas la confondre avec d'autres plantes, qu'on appelle aussi Eupatoire, quoiqu'elles soient bien différentes de celles-ci. Je ne sai quel est ce Roi Eupator dont on vient de parler ; car Eupator n'est point un nom, mais un surnom de plusieurs Rois. On l'a donné à un Roi de Syrie, Antiochus Ve du nom. Le fameux Roi du Pont, Mithridate, fut aussi surnommé Eupator.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1064" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGRET, ETTE" />
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    <head>AIGRET, ETTE</head>
    <p>
    AIGRET, ETTE , adj. Qui a un goût médiocrement aigre, &amp; qui est agréable, comme l'épine vinette, la grenade. <i>Acidulus subadicus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1065" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGRETTE" />
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    <head>AIGRETTE</head>
    <p>
    AIGRETTE , s. f. Oiseau, espèce de petit héron blanc qui a une voix aigre, &amp; qui fréquente le bord des rivières. <i>Ardeola alba.</i> Il a le bec long, droit &amp; pointu ; les jambes longues, de couleur cendrée, les pieds noirs &amp; blancs, le cou long &amp; courbé, &amp; sur le dos &amp; à côté des ailes, il a des plumes blanches, fines &amp; déliées, qui sont fort recherchées &amp; fort chères. Sa chair est tendre &amp; délicate. Bell. Il s'appelle <i>aigrette</i> à cause de l'aigreur de son cri. On voit près des Antilles, &amp; quelquefois bien loin en mer, des oiseaux parfaitement blancs, qui ont le bec &amp; les pieds rouges comme du corail, &amp; sont un peu plus gros que les corneilles. On tient que c'est une espèce d'<i>aigrette,</i> à cause qu'ils ont une queue composée de deux plumes longues &amp; précieuses. Lonvillers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1065" id="2" type="">
   <index type="head" value="AIGRETTE" />
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    <head>AIGRETTE</head>
    <p>
    Aigrettes . <i>Ardeolae cristae.</i> Il y a aussi des <i>aigrettes,</i> dont les plumes de dessus la tête sont noires. Le grand Seigneur porte à son Turban un bouquet d'<i>aigrettes.</i> Les <i>aigrettes</i> portent sur la tête trois plumes, &amp; non pas une seule, comme disent les Dictionnaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1065" id="3" type="">
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    <head>AIGRETTE</head>
    <p>
    Aigrette , est aussi la plume de ces oiseaux qu'on porte en panaches, ou qu'on met en bouquets sur les colonnes d'un lit. <i>Ardeolae albae Muscarium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1065" id="4" type="">
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    <head>AIGRETTE</head>
    <p>
    <pb n="126" facs="bpt6k8542165/f166/full/1200,/0/native.jpg"/> Aigrette , se dit aussi de ce qui a la figure d'une <i>aigrette,</i> comme un bouquet de pierreries qu'on met sur la tête, un bouquet de crin qu'on met sur la tête des chevaux de carrosse. <i>Muscarium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1065" id="5" type="">
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    <head>AIGRETTE</head>
    <p>
    Aigrette , se dit encore d'une espèce de brosse ou pinceau de poil délié, qui se trouve au haut des graines de chardons, de la dent de lion, &amp;c. Ces sortes de semences ressemblent à des volans. Le vent les emporte facilement, &amp; la graine, qui est plus solide &amp; plus pesante, se présente toujours la première à terre, ce qui fait que ces graines se sèment d'elles-mêmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1066" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGREUR" />
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    <head>AIGREUR</head>
    <p>
    AIGREUR , s. f. Qualité de ce qui est aigre, qui se dit des métaux, des fruits, de la voix, des humeurs. <i>Acor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1066" id="2" type="">
   <index type="head" value="AIGREUR" />
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    <head>AIGREUR</head>
    <p>
    Aigreur , se dit figurément en Morale, des discours, des esprits. <i>Asperitas, acerbitas.</i> Ces Plaideurs ont beaucoup d'<i>aigreur</i> dans l'esprit, ne se parlent qu'avec <i>aigreur.</i> Elle se sentit quelque <i>aigreur</i> de lui voir chercher des raisons d'une chose, dont il savoit apparemment mieux la vérité que personne. P. de Cl.</p><p>On dit aussi, L'<i>aigreur</i> d'une peine, d'un tourment, d'une douleur. La Philosophie adoucit l'<i>aigreur</i> de tous les maux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1067" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGRIR" />
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    <head>AIGRIR</head>
    <p>
    AIGRIR , v. act. Donner, causer de l'aigreur. <i>Acidum reddere.</i> La grande chaleur <i>aigrit</i> le lait. Le levain <i>aigrit</i> la pâte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1067" id="2" type="">
   <index type="head" value="AIGRIR" />
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    <head>AIGRIR</head>
    <p>
    Aigrir , se dit figurément en Morale ; &amp; signifie, Piquer, irriter, mettre en colère. <i>Asperare, exacerbare, exasperare.</i> Cette conférence a <i>aigri</i> les esprits, au lieu de les adoucir. Cette proposition l'a <i>aigri</i> davantage. Combien de fois ont-ils <i>aigri</i> Dieu dans le désert ? Arn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1067" id="3" type="">
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    <head>AIGRIR</head>
    <p>
    Aigrir , est le plus souvent n. pass. &amp; signifie, Devenir aigre. <i>Acescere, coacescere.</i> Le vin s'<i>aigrit</i> quand il est longtemps à l'air. Et dans le figuré il signifie, S'irriter, se mettre en colère. <i>Asperari, exacerbari.</i> Les esprits s'<i>aigrissent.</i> Sans sujet voulez-vous vous <i>aigrir</i> contre moi ? Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1067" id="4" type="">
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    <head>AIGRIR</head>
    <p>
    Aigrir , signifie aussi figurément, Rendre chagrin, fâcheux, augmenter. <i>Irritare, Augere.</i> La mauvaise fortune lui a <i>aigri</i> l'esprit. Les remèdes <i>aigrissent</i> le mal, au lieu de le soulager. Costar. Pourquoi venir encore <i>aigrir</i> mon désespoir ? Racin. En ce sens il est aussi n. pass. Les affaires s'<i>aigrissent,</i> s'éloignent de l'accomodement. Le mal s'<i>aigrit,</i> s'augmente de plus en plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1068" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGRUN" />
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    <head>AIGRUN</head>
    <p>
    AIGRUN : s. m. Vieux mot, se dit de toutes sortes d'herbes fortes, &amp; de fruits aigres. Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1069" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="AIGU, UE" />
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    <head>AIGU, UE</head>
    <p>
    AIGU, UE , adj. qui se termine en pointe, &amp; qui est perçant ou tranchant. <i>Acutus.</i> Cette cognée est bien <i>aigue.</i> Le fer de ce javelot est fort aigu, fort pointu. Ce mot vient de <i>acutus</i>, &amp; <i>aiguiser</i> de <i>acutiare.</i> Ménag. Les mots d'<i>Aiguille,</i> d'<i>Aiguillon,</i> d'<i>aiguillonner</i> &amp; d'<i>aiguillete</i> sont ses dérivés.</p><p>En terme de Géométrie , on appelle un angle <i>aigu,</i> celui qui est mesuré par un arc plus petit qu'un quart de cercle, ou qui a moins de 90. degrés : un triangle <i>acutangle,</i> ou <i>oxigone,</i> celui qui a ses trois angles <i>aigus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1069" id="2" type="">
   <index type="head" value="AIGU, UE" />
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    <head>AIGU, UE</head>
    <p>
    Aigu , se dit figurément des choses spirituelles. Cet homme a l'esprit <i>aigu</i> ; c'est-à-dire, fort subtil. Une pensée <i>aiguë,</i> une pointe <i>aiguë,</i> c'est une pointe d'esprit fort subtile, qui convient à l'Epigramme. Ce discours est plus <i>aigu</i> que solide.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1069" id="3" type="">
   <index type="head" value="AIGU, UE" />
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    <head>AIGU, UE</head>
    <p>
    Aigu, ue , se dit aussi du son de la voix, &amp; signifie haut, aigre, clair, &amp; qui semble percer l'oreille. Un son <i>aigu.</i> Les enfans ont la voix plus <i>aiguë,</i> que les personnes d'âge. La Chamb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1069" id="4" type="">
   <index type="head" value="AIGU, UE" />
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    <head>AIGU, UE</head>
    <p>
    Aigu, ue , se dit encore des maladies, &amp; signifie ce qu'elles ont de plus sensible, &amp; de plus douloureux, de plus violent. Il a été travaillé d'une colique bien <i>aiguë.</i> Les maladies <i>aiguës</i> sont plus aisées à guérir, que les chroniques ; mais elles sont plus dangereuses. Le mal est <i>aigu,</i> la fièvre est <i>aiguë.</i> En ce sens on le peut dire aussi des passions. Ce qui rend les douleurs de la honte &amp; de la jalousie si <i>aigues,</i> c'est que la vanité ne peut servir à les supporter. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1069" id="5" type="">
   <index type="head" value="AIGU, UE" />
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    <head>AIGU, UE</head>
    <p>
    Aigu , se dit proprement par les Médecins des maladies qui se terminent bien-tôt, <i>Cum bonis vel malis aegri rebus,</i> ou comme disent les Médecins, <i>Citò &amp; cum periculo terminantur.</i> Les maladies <i>aiguës</i> sont d'autant plus dangereuses, qu'outre la violence des symptomes, si l'on manque à temps de vuider les premières voies, ou de diminuer la quantité du sang, il est très-difficile d'en arrêter le progrès, &amp; de sauver le malade. On divise les maladies <i>aiguës</i> en celles qu'on nomme proprement <i>aiguës</i> ; celles qu'on appelle fort <i>aiguës,</i> &amp; en celles qui à raison de leur peu de durée &amp; de la véhémence des symptômes ont pris le nom de très-<i>aiguës</i> ; car celles qui passent 40. jours sont chroniques.</p><p>En Grammaire on appelle un accent <i>aigu,</i> celui qui marque que la syllabe se doit prononcer d'un ton élevé &amp; avec un son <i>aigu.</i> C'est une virgule, ou petite ligne qui se met dessus la voyelle, &amp; qui s'incline un peu en descendant de droit à gauche. Dans les manuscrits Grecs l'accent <i>aigu</i> est beaucoup plus penché que nous ne faisons maintenant, soit dans nos éditions, soit en écrivant. En François l'accent <i>aigu</i> ne sert qu'à marquer l'<i>é</i> fermé, ou masculin, comme dans <i>élevé</i> le premier &amp; le dernier <i>é</i> sont fermés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1069" id="6" type="poesie">
   <index type="head" value="AIGU, UE" />
   <index type="src_domain" value="poesie" />
   <index type="macro_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>AIGU, UE</head>
    <p>
    Aigu , est aussi un terme de Poësie . Les Espagnols appellent vers <i>aigus,</i> les vers qui finissent par des mots qui ont l'accent sur la dernière syllabe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1070" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AIGUADE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>AIGUADE</head>
    <p>
    AIGUADE , s. f. Prononcez EGADE. Terme de Marine . Renouvellement de provision d'eau douce, quand on trouve des lieux propres dans les voyages de long cours. <i>Aquatio.</i> Les vaisseaux entrerent dans cette baie pour faire <i>aiguade, Aquari.</i> Il répandit sa Cavalerie le long du rivage, pour empêcher la Flotte de faire <i>aiguade.</i> L'<i>aiguade</i> se dit également de la provision de l'eau, &amp; du lieu où on la fait. On dit dans le même sens ; <i>Faire de l'eau.</i> Des-Roches dit qu'on ne s'en sert qu'au Levant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1071" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="AIGUAIL" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AIGUAIL</head>
    <p>
    AIGUAIL , ou AIGAIL, s. m. Rosée qui tombe le matin dans les bois, les prés &amp; les campagnes, sur la verdure. <i>Ros.</i> On dit en Poësie, L'<i>aiguail</i> des prés : hors de-là ce mot n'est guère en usage. Il faut se servit de celui de <i>rosée.</i></p><p>On dit en termes de chasse , que les chiens d'<i>aiguail</i> ne valent rien au haut du jour. Et au contraire ils ne valent rien dans l'<i>aiguail,</i> quand ils sont bons le haut du jour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1072" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGUAYER" />
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    <head>AIGUAYER</head>
    <p>
    &#9758; AIGUAYER , v. a. Tremper, laver dans l'eau. On dit. <i>Aiguayer</i> un cheval, quand on le promene dans l'eau pour le rafraîchir ; <i>Aiguayer</i> du linge, quand on le remue quelque temps dans l'eau avant que de le tordre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1073" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGUÉ" />
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    <head>AIGUÉ</head>
    <p>
    AIGUÉ , adj. Vieux mot, dont s'est servi Rabelais, pour signifier <i>mêle d'eau.</i> Vin <i>aigué.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1074" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGUE" />
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    <head>AIGUE</head>
    <p>
    AIGUE , s. f. Vieux mot qui signifioit de l'<i>eau. Aqua.</i> Il n'est plus en usage que dans une partie de la Gascogne, &amp; à Lyon, où les Bateliers disent, Beau rousseau, voulez-vous passer l'<i>aigue</i> ; pour dire la rivière. Il se dit encore en ses composés, <i>Aigueperse, Aigues mortes,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1075" id="1" type="">
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    <head>AIGUE</head>
    <p>
    AIGUE , s. f. Est aussi le nom d'une rivière de la principauté d'Orange.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGUE</head>
    <p>
    Aigue-Belle , s. f. <i>Aqua pulchra, Aqua bella.</i> C'est le nom d'un bourg de Dauphiné sur la petite rivière de Bèvre ; &amp; d'une petite Ville de Sayoye, située sur la rivière, ou plutôt le torrent d'Arc. Ce nom est formé du mot <i>aigue, aqua,</i> de l'eau, &amp; belle ; c'est la même chose que Belle-eau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGUE</head>
    <p>
    Aigues-caudes ; C'est-à-dire, <i>eaux chaudes.</i> C'est une source du Béarn, fort célèbre, dont les eaux mêlées de soufre, de nitre, &amp; d'alun, sont très-salutaires pour plusieurs maladies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGUE MARINE</head>
    <p>
    AIGUE MARINE , s. f. Pierre précieuse qui est de couleur de verd de mer. <i>Aqua marina.</i> Elle a la même dureté que l'améthiste Orientale. C'étoit la dixième pierre du Rational du Grand Prêtre des Juifs, à ce que dit Arias Montanus ; &amp; elle étoit appellée en Hébreu <i>Tharsis.</i> C'est aussi le sentiment de Junius &amp; de Tremellius, de Buxtorf le père, de Danaeus, qui nomment cette pierre <i>Berillus Thalassius,</i> &amp; même de Jonathan &amp; d'Onkélos, qui l'appellent en Chaldéen , <i>Cherum Jamma.</i> Car quoiqu'on ne sache pas trop ce que signifie le premier mot, <i>cherum,</i> qu'on pourroit interpréter, ou <i>fuligo,</i> si c'est la même chose que , ou <i>vinea,</i> si on le prend pour , ou si on l'en dérive ; il est toujours certain que le second mot, <i>Jamma,</i> signifie <i>la Mer</i> ; &amp; qu'ainsi ils ont voulu indiquer une pierre dont la couleur approche de celle de la mer. Le mot Hébreu signifie la même chose. Car se prend souvent <pb n="127" facs="bpt6k8542165/f167/full/1200,/0/native.jpg"/>pour la mer, suivant la remarque de Louis de Dieu. Les deux Interprètes Arabes traduisent, <i>azrak,</i> qui signifie <i>glaucus, coeruleus,</i> de couleur de mer, &amp; se dit d'une pierre précieuse de couleur de mer, &amp; des yeux qui sont de la même couleur, &amp; qu'on appelle en Latin <i>glauci, caerulei.</i> Cependant les Septante, Josephe, saint Jérome, Aquila, Pagnin, les Traducteurs de Genève, Schindler, traduisent <i>chrysolythus.</i> D'autres prétendent que c'étoit une Turquoise. Symmaque, Léon de Juda, &amp; Hutterus traduisent , <i>Hyacinthus.</i> R. David Kimhhi prétend aussi dans ses Racines, que cette pierre approchoit de la hyacinthe ; mais c'est l'interprétation qui revient le moins à l'Hébreu. Les Italiens l'appellent <i>Aqua marina.</i> Plusieurs Lapidaires la prennent pour le <i>béril</i> ; ce qui revient au premier sentiment que j'ai rapporté. Les Hébreux l'appellent aussi <i>jaschpeh,</i> d'où on croit que le mot de <i>jaspe</i> est venu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1076" id="2" type="">
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    <head>AIGUE MARINE</head>
    <p>
    Aigues-mortes , s. f. C'est-à-dire, <i>Eaux mortes. Aquae mortuae.</i> Quelques Auteurs croient que c'est un ouvrage de Marius, &amp; les <i>Fossae Marianae</i> des Latins. D'autres prétendent qu'<i>Aigues-mortes</i> n'est pas une Ville si ancienne. On l'appelle <i>Aigues-mortes</i> à cause des eaux croupissantes qu'il y avoit en cet endroit-là. C'étoit autrefois un port, &amp; Nangis raconte que ce fut-là qu'en 1269. S. Louis s'embarqua. Aujourd'hui elle est éloignée d'une grande demie lieue, ou près d'une lieue de la mer. Au reste, ceux-là se trompent, qui croient que c'est l'ouvrage de Marius appellé <i>Fossae Marianae</i> ; car les Fosses de Marius étoient de l'autre côté du Rhône, dans la Province de Vienne, au lieu qu'<i>Aigues-mortes</i> est dans la première Narbonnoise à droit du Rhône.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGUE MARINE</head>
    <p>
    Aigue-perse , s. f. <i>Aqua sparsa.</i> C'est-à-dire, <i>Eau éparse.</i> C'est le nom d'une petite ville d'Auvergne Capitale du Duché de Montpensier. Elle est située sur une petite rivière nommée Luron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1076" id="4" type="">
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    <head>AIGUE MARINE</head>
    <p>
    Aigues-vives . <i>Aquae-vivae. Eaux vives.</i> Bourg de Touraine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1077" id="1" type="">
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    <head>AIGUIÈRE</head>
    <p>
    AIGUIÈRE , mieux que EGUIÈRE, s. f. Vaisseau rond &amp; quelquefois couvert, propre à servir de l'eau sur la table : il faut que son corps soit cylindrique : car s'il est plus enflé en un endroit qu'en un autre, on l'appelle alors <i>pot à l'eau. Aqualis, Urceus aquarius.</i> Les <i>aiguières</i> d'argent doivent être marquées &amp; contremarquées au corps, couvercle, &amp; collet du pied. A l'égard des deux coquilles, de l'anse, du bec, du suage, ou doucine, du quarré de pied, ils sont marqués seulement du poinçon du maître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1077" id="2" type="">
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    <head>AIGUIÈRE</head>
    <p>
    Aiguière à deux becs. C'est celle qui dans son ouverture a deux becs opposés, &amp; propres à verser l'eau. <i>Aqualis utrinque rostratus.</i> Le fruit du Geum a la figure d'une <i>aiguière</i> à deux becs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1078" id="1" type="">
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    <head>AIGUIÉRÉE</head>
    <p>
    AIGUIÉRÉE , ou ÉGUIÉRÉE, s. f. Pleine aiguière : ce que contient une aiguière pleine, la capacité, la mesure d'une aiguière, la quantité d'eau ou d'autre liqueur qui tient dans une aiguière, &amp; qu'il faut pour la remplir. <i>Urceus aquâ plenus.</i> Il a bû une <i>aiguiérée</i> d'eau tout d'un coup dans sa fièvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="1" type="">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    AIGUILLE , mieux que ÉGUILLE, s. f. Petit fer pointu &amp; délié qui sert à coudre, à broder, &amp; à faire d'autres ouvrages. <i>Acus.</i> Broderie faite à l'<i>aiguille.</i> Le cul d'une <i>aiguille,</i> c'est l'endroit où elle est percée, par où on passe le fil, ou la soie. Une piqueure d'<i>aiguille.</i> Jesus-Christ a dit qu'un cable entreroit plutôt dans le trou d'une <i>aiguille,</i> qu'un riche dans le Royaume des Cieux. La pointe d'une <i>aiguille</i> la plus déliée vûe avec le microscope, ressemble à une cheville rompue par le bout, &amp; ses côtés paroissent raboteux &amp; pleins de cavités. Les Musulmans disent qu'Edris ; c'est-à-dire, Enoch, est l'inventeur de l'<i>aiguille.</i></p><p>On dit, qu'une fille ne sait pas faire un point d'<i>aiguille</i> ; pour dire, qu'elle est entièrement ignorante, ou fainéante.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="2" type="">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , se dit aussi de plusieurs instrumens pointus. Une <i>aiguille</i> de tête, est celle qui sert à coëffer les femmes. <i>Acus, discerniculum. Aiguille</i> à tricotter des bas. <i>Aiguille</i> d'Emballeur. <i>Aiguille</i> d'Oculiste, pour ôter les cataractes des yeux. <i>Aiguille</i> de Graveur, avec laquelle il dessigne sur le vernis. Une <i>aiguille</i> d'Orfèvre, pour enfiler des perles. Le fleau d'une balance a aussi une <i>aiguille</i> au milieu, qui marque la moindre inclination de la balance, &amp; sert à faire remarquer la différente pesanteur des choses qui sont dans les deux bassins de la balance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="3" type="marine">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille aimantée , en termes de Marine , est une petite verge de fer posée au milieu de la boussole, sur une pointe de cuivre sur laquelle elle se meut. Lorsqu'elle est touchée d'aimant, ses extrémités se tournent toujours au Nord &amp; au Midi ; c'est la plus sûre guide des vaisseaux. <i>Acus magnetica, magnete perfricta.</i> Les Physiciens ont remarqué, que le bout de l'<i>aiguille</i> d'une boussole, qui a touché à l'un des poles de l'aimant, se tourne vers le pole opposé à celui qu'elle a touché. Par exemple, l'extrémité de l'<i>aiguille</i> qui a touché au pole qui regarde le Sud, se tourne vers le Nord. D'ailleurs le bout de l'<i>aiguille</i> frotté d'aimant, bien loin de s'élever vers l'étoile polaire, penche au contraire, &amp; incline vers la terre. L'<i>aiguille</i> aimantée incline de 70. degrés à l'horison de Paris. Mais cette inclinaison diminue à mesure qu'on approche de la ligne équinoxiale ; &amp; sous cette ligne il n'y a plus d'inclinaison. Cependant en avançant vers le Sud, c'est l'extrémité méridionale de l'<i>aiguille</i> qui commence à incliner, &amp; l'inclinaison augmente à proportion que l'on s'approche du Sud. Les Pilotes Hollandois ont observé qu'étant arrivés fort près du pole, l'<i>aiguille</i> aimantée, ou la boussole, leur étoit inutile, &amp; qu'elle se tournoit indifféremment vers tous les côtés de l'horison, parce que le mouvement de la matière magnétique se fait en ces lieux-là d'une manière perpendiculaire à la terre. Mais dans les autres endroits de la superficie de la terre, l'<i>aiguille</i> est diversèment inclinée, selon la ligne que décrit la matière magnétique. La déclinaison, la variation de l'<i>aiguille</i> est fort inégale &amp; incertaine. Le Cap des <i>Aiguilles</i> vers le Cap de Bonne-Esperance est ainsi nommé, à cause que l'<i>aiguille</i> n'y décline point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="4" type="marine">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , est aussi en termes de Marine , la partie de l'éperon qui est comprise entre les portes-vergues &amp; la gorgère, ou la partie qui fait une grande saillie en mer. On appelle <i>aiguilles de veutré,</i> ou de <i>trevier,</i> celles qui servent à coudre des voiles. Il y en a de trois sortes, de <i>coûtures,</i> d'<i>oeillets,</i> &amp; de <i>ralingues. Aiguilles</i> de Bordeaux, sont de petits vaisseaux à pêcher les maigres, qui sont des poissons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="5" type="">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , se dit aussi d'une étaie, ou arcboutant fait d'une longue pièce de bois, dont les Charpentiers se servent pour appuyer le mât, quand on donne carêne au Vaisseau, &amp; qu'on le met sur le côté pour le radouber.</p><p>On appelle aussi <i>aiguilles,</i> plusieurs pièces de bois posées à plomb, qui servent à fermer les pertuis des rivières pour arrêter l'eau, &amp; qu'on lève quand les batteaux se présentent au passage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="6" type="architecture">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , est aussi une verge de fer qui montre l'heure sur les horloges &amp; sur les cadrans. <i>Gnomon.</i> L'ombre de l'<i>aiguille</i> est sur le midi dans les cadrans au soleil. On l'appelle plus ordinairement <i>style</i> en Gnomonique.</p><p>En termes d'Architecture , on appelle <i>aiguille,</i> une pyramide bâtie sur quelque clocher, ou un obélisque dressé dans une grande place. <i>Pyramis, Obeliscus.</i> L'<i>aiguille</i> de S. Pierre de Rome. On se sert aussi de ce terme pour décrire certains fruits qui ressemblent à ces sortes de pièces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="7" type="">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , est aussi un poisson de mer long &amp; menu par sa partie antèrieure, qui ressemble à une <i>aiguille. Acus.</i> Lonvillers, dans son <i>Histoire des Antilles</i> ch. 16. art. 5. ne l'appelle pas simplement <i>aiguille,</i> mais <i>aiguille</i> de mer. Il dit que c'est un poisson sans écailles, de la longueur de quatre pieds, ou environ, qui a la tête en pointe, longue d'un bon pied, les yeux gros &amp; luisans, bordés de rouge, la peau du dos rayée de lignes bleues &amp; vertes ; celle de dessous le ventre est d'un blanc mêlé de rouge. Il a huit nageoires qui tirent sur le jaune, &amp; une queue fort pointue, qui a peut-être donné occasion à lui donner le nom qu'il porte, comme la figure de sa tête l'a fait appeller des Hollandois <i>Pipe à tabac.</i> Le Lucarini fit cette devise pour Marguerite Reine d'Espagne, qui mourut en couche : Une <i>Aiguille</i> poisson, avec ce mot, <i>Perit dum parit,</i> Elle meurt en mettant son fruit au monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="8" type="">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , en Fouconnerie, se dit d'une espèce de maladie des Faucons, causée par de petits vers courts, ou lombriques, très-dangereux pour ces oiseaux, parce qu'ils s'engendrent dans leur chair.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="9" type="botanique">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille a Berger , ou <i>Aiguille de Berger.</i> Terme de Botanique . <i>Scandix, icis,</i> s. m. ou <i>Pecten Veneris.</i> Plante annuelle &amp; umbellifère, dont les tiges sont rondes, hautes d'un pied, assez branchues, garnies de feuilles plus menues que celles du cerfeuil. Elle porte des umbelles de fleurs à cinq pétales inégales, &amp; disposées comme les fleurs de lys des armes de France ; chaque calice qui soutenoit une fleur devient un fruit composé de deux semences, qui avec leurs <pb n="128" facs="bpt6k8542165/f168/full/1200,/0/native.jpg"/>enveloppes représentent assez bien une <i>aiguille</i> à coudre, longue de deux pouces environ sur une demie ligne de largeur. Son odeur n'est pas agréable ; elle croît communément dans les champs. Il y en a une autre espèce qui vient en Provence, en Languedoc, &amp; en Italie, plus petite dans toutes ses parties que la précédente, &amp; dont l'odeur est aussi douce que celle du cerfeuil &amp; de l'anis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="10" type="">
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , se dit proverbialement en ces phrases : Il est venu de fil en <i>aiguille</i> ; pour dire, d'un propos à l'autre de suite. Faire un procès sut la pointe d'une <i>aiguille</i> ; pour dire, Contester sans sujet, ou pour une affaire de peu d'importance. On dit de celui qui fait plusieurs menus emprunts d'outils, qu'il lui faut fournir de fil &amp; d'<i>aiguille.</i> On a fait une devise d'une <i>aiguille</i> à broder, <i>Pungit ut ornet,</i> Elle pique pour orner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1079" id="11" type="">
   <index type="head" value="AIGUILLE" />
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    <head>AIGUILLE</head>
    <p>
    Aiguille , Est un nom qu'on a donné à quelque lieu. <i>Aiguille</i> est une Isle de la mer Ethiopique. Ce nom vient de son nom Portugais <i>Agulha.</i></p><p>Le Cap des <i>Aiguilles, Acuum promontorium,</i> est sur la côte des Cafres en Afrique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1080" id="1" type="">
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    <head>AIGUILLÉE</head>
    <p>
    AIGUILLÉE , s. f. Certaine quantité de fil, de soie, de laine, qu'on passe dans une aiguille, proportionnée à l'étendue du bras qui la tire. <i>Acia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1081" id="1" type="oculiste">
   <index type="head" value="AIGUILLER" />
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    <head>AIGUILLER</head>
    <p>
    AIGUILLER , v. act. Terme d'Oculiste . C'est ôter la cataracte de l'oeil. Les Oculistes sont adroits à <i>aiguiller.</i> Cette expression vient de ce qu'ils se servent d'une aiguille pour cette opération.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1082" id="1" type="">
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    <head>AIGUILLES</head>
    <p>
    AIGUILLES de Bordeaux. C'est le nom d'un batteau pêcheur de la rivière de Dordogne, &amp; de la Garonne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1083" id="1" type="">
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    <head>AIGUILLETTE</head>
    <p>
    AIGUILLETTE , s. f. Cordon ou tissu ferré par les deux bouts, qui sert à attacher quelque chose à une autre. <i>Ligula.</i> On attachoit le haut des chausses avec une <i>aiguillete.</i> Un ferret d'<i>aiguillette.</i> On fait aussi des <i>aiguillettes</i> de cuir de mouton, coupé en bandelettes ferrées par les deux bouts.</p><p>On appelle aussi <i>aiguillettes,</i> des touffes de rubans ou de cordons ferrés, qu'on met au bas des chausses, ou aux impériales de carrosses, seulement pour les orner.</p><p>Nouer l'<i>aiguillette,</i> se dit d'un maléfice qui empêche la consommation du mariage. <i>Fascinare conjuges.</i></p><p>On dit au Manége, Nouer l'<i>aiguillette,</i> quand un cheval sauteur s'épare, &amp; rue entièrement du train de derrière, allongeant les jambes également de toute leur étendue. <i>Extensis pedibus calcitrare.</i></p><p>On dit, Lâcher l'<i>aiguillette,</i> pour dire, Satisfaire aux nécessités naturelles. <i>Ligulas solvere.</i> On dit proverbialement, qu'on ne doit point servir un maître qui serre ses vieilles <i>aiguillettes</i> ; c'est-à-dire, qui est trop bon ménager. Courir l'<i>aiguillette,</i> se dit d'une femme qui va se prostituer deçà &amp; delà. Ce qui vient de ce qu'autrefois à Toulouse les femmes débauchées étoient obligées de porter une <i>aiguillette</i> sur l'épaule, pour marque d'infamie ; ce que Pasquier dit avoir vû encore pratiquer de son temps. C'étoit en exécution de l'Ordonnance de S. Louis. Boyer le témoigne aussi sur la Coutume de Bourges. <i>Vitam meretriciam agere, scortari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1084" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGUILLETTER" />
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    <head>AIGUILLETTER</head>
    <p>
    AIGUILLETTER , v. act. Attacher son haut de chausses avec une ou plusieurs aiguillettes. <i>Vestem ligulis astringere,</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1084" id="2" type="">
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    <head>AIGUILLETTER</head>
    <p>
    Aiguilleté, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Astrictus ligulis.</i> Autrefois on étoit toujours <i>aiguilletté</i> ; pour dire, qu'on avoit le haut de chausses attaché au pourpoint avec plusieurs aiguillettes. Un amant <i>aiguilletté</i> sera pour elle un ragoût merveilleux. Mol.</p><p>On dit fig. d'un homme qui a l'air contraint &amp; guindé, que c'est un homme <i>aiguilletté.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1085" id="1" type="">
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    <head>AIGUILLETIER</head>
    <p>
    AIGUILLETIER , s. m. Ouvrier qui ferre les aiguillettes, &amp; les lacets. <i>Ligularum artifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1086" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGUILLIER" />
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    <head>AIGUILLIER</head>
    <p>
    AIGUILLIER , s. m. Ouvrier qui fait des aiguilles. <i>Acuum artifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIGUILLIER</head>
    <p>
    Aiguillier , se dit aussi du petit étui où l'on met des aiguilles. <i>Theca acuum.</i> Mon <i>aiguillier</i> est fort joli. On trouve <i>acuarium</i> dans la basse Latinité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1087" id="1" type="">
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    <head>AIGUILLON</head>
    <p>
    AIGUILLON , s. m. Ce qui est piquant en matière d'aiguille. <i>Aculeus.</i> Les hérissons sont couverts de pointes &amp; d'<i>aiguillons.</i> Les abeilles ont une <i>aiguillon,</i> dont la figure se voit dans la Micrographie de M. Hook, &amp; dans le Journal des Savans, 1666. page 497.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1087" id="2" type="">
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    <head>AIGUILLON</head>
    <p>
    Aiguillon , signifie aussi un bâton assez long &amp; délié, au bout duquel il y a une pointe de fer pour piquer les boeufs, &amp; pour les faire marcher. <i>Stimulus.</i> Piquer de l'<i>aiguillon,</i> donner de l'<i>aiguillon.</i> Les Bouviers chassent leurs boeufs avec un <i>aiguillon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1087" id="3" type="">
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    <head>AIGUILLON</head>
    <p>
    Aiguillon , se dit figurément en Morale de ce qui excite. <i>Incitamentum.</i> L'<i>aiguillon</i> de l'amour, c'est la difficulté. Malh. Nos passions ont plus besoin de bride que d'<i>aiguillon.</i> La louange des belles actions sert d'<i>aiguillon</i> à la vertu. Ablanc. La colère servoit d'<i>aiguillon</i> à son ardeur naturelle. Vaug. La récompense est un puissant <i>aiguillon</i> pour nous porter avec courage aux travaux &amp; aux dangers Aristote disoit de Calistène, qu'il avoit besoin d'<i>aiguillon</i> pour être excité, &amp; Théophraste d'un frein pour le retenir. On dit d'un Orateur, qu'il laisse l'<i>aiguillon</i> dans l'esprit de ses Auditeurs ; pour dire, qu'il les excite puissamment &amp; vivement. Avec quelles pointes, &amp; quels <i>aiguillons</i> savons nous réveiller la concupiscence endormie, &amp; languissante ? Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1088" id="1" type="laboureur">
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    <head>AIGUILLONNER</head>
    <p>
    AIGUILLONNER , v. act. Donner de l'aiguillon. Piquer de l'aiguillon. Terme de Laboureur . <i>Aiguillonnez</i>-moi ce boeuf, il ne s'emploie pas comme il faut. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1088" id="2" type="">
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    <head>AIGUILLONNER</head>
    <p>
    Aiguillonner , au figuré, signifie, Exciter, pousser quelqu'un à faire, ou à entreprendre quelque chose. <i>Stimulare, incitare, acuere.</i> L'exemple de nos aieuls nous <i>aiguillonne</i> à la vertu. Il y a de bons Auteurs qui prétendent que quoique le terme d'<i>aiguillon</i> soit du bel usage, il n'en est pas tout-à-fait de même de celui d'<i>aiguillonner,</i> qui selon eux, ne s'emploie jamais bien noblement ; &amp; qu'en sa place il faut dire, provoquer, exciter, enflammer, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1089" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIGUISEMENT" />
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    <head>AIGUISEMENT</head>
    <p>
    AIGUISEMENT , s. m. Action d'aiguiser. <i>Exacutio.</i> Il a tant coûté pour l'<i>aiguisement</i> de ces couteaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1090" id="1" type="">
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    <head>AIGUISER</head>
    <p>
    AIGUISER , v. act. Rendre piquant &amp; tranchant, en frottant sur quelque meule, ou pierre dure. <i>Acuere, exacuere.</i> Les faucheurs <i>aiguisent</i> leurs faux de moment en moment avec des queux, ou des dalles. Les tailleurs de pierre <i>aiguisent</i> leurs marteaux &amp; leurs ciseaux sur des pavés. On porte les couteaux &amp; les rasoirs chez les émouleurs pour les <i>aiguiser,</i> &amp; les passer sur la meule, sur la pierre, pour leur donner le fil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1090" id="2" type="">
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    <head>AIGUISER</head>
    <p>
    Aiguiser , se dit figurément de l'esprit &amp; de quelques passions. Les Conférences Académiques <i>aiguisent</i> l'esprit ; le rendent plus subtil, &amp; plus appliqué à l'étude. Un ragoût. <i>aiguise</i> l'appétit ; l'augmente, le renouvelle.</p><p>On dit proverbialement <i>Aiguiser</i> ses couteaux ; pour dire, se préparer au combat ; <i>Aiguiser</i> ses dents ; pour dire, Se préparer à bien manger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1090" id="3" type="">
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    <head>AIGUISER</head>
    <p>
    Aiguisé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Exacutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1090" id="4" type="">
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    <head>AIGUISER</head>
    <p>
    Aiguisé , en termes de Blason , se dit des pièces qui ont les bouts aigus &amp; terminés en pointe. <i>In mucronem, acumen, cuspidem desinens.</i> Comme une croix <i>aiguisée,</i> une fasce <i>aiguisée,</i> des pals <i>aiguisés.</i> Quand ils ne sont pointus que par le bout d'en bas, on les appelle <i>fichés.</i></p><p>Ces mots se peuvent fort bien écrire par un <i>e</i> simple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1091" id="1" type="">
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    <head>AIIS DANGILLON</head>
    <p>
    AIIS DANGILLON , s. m. plur. <i>Aiatia.</i> C'est le nom d'une petite ville de Berry. Ce nom est pluriel. Les <i>Aiis Dangillon.</i> Il y a une Collégiale aux <i>Aiis</i> ; car ordinairement on dit simplement les <i>Aiis,</i> &amp; il faut prononcer les <i>Ais.</i> Ce mot s'est formé du Latin <i>Aiatia,</i> &amp; le second de <i>Dam,</i> ou <i>Dom Gillon,</i> qui en a été autrefois Seigneur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1092" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIL" />
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    <head>AIL</head>
    <p>
    AIL , subst. m. Plante assez connue, &amp; dont il y a diverses sortes. <i>Allium.</i> Le cultivé, qui est celui des jardins, a une tige assez longue, toute unie, &amp; creuse : ses fleurs sont à six feuilles, &amp; naissent en gros bouquets sphériques. Son fruit est divisé en trois loges, remplies de quelques semences presque rondes ; ses feuilles ne sont point fistuleuses comme celles de l'oignon. Sa racine est bulbeuse, ou à oignon, composée de quelques tuniques, qui enveloppent plusieurs tubercules charnus, d'un goût acre, &amp; d'une odeur forte. L'<i>ail</i> est fort chaud, &amp; caustique ; non-seulement il excite des vessies, mais il ronge, étant appliqué en dehors : il ne fait pas le même effet dans l'estomac, quand on en mange, soit à cause du levain, &amp; des autres alimens qui y sont contenus ; soit parce que sa tissure en est différente. <pb n="129" facs="bpt6k8542165/f169/full/1200,/0/native.jpg"/>On s'en sert dans la peste, dans la colique venteuse &amp; dans plusieurs autres maladies. On l'appelle pour cette raison, la Thériaque des Paysans. Son usage est fâcheux, à cause de sa puanteur insupportable. Outre les <i>aulx</i> domestiques, il y en a de sauvages. Il y en a un, dont les feuilles sont plus larges, semblables à celles du poireau. D'autres ont leurs feuilles menues &amp; très-étroites, &amp; les têtes très-petites, en comparaison du domestique ; elles sont garnies de fleurs, ou blanches, ou purpurines, ou rayées ou jaunes. Il y en a une espèce commune en France qui vient dans les bois &amp; fleurit au printemps. Cette espèce ne donne qu'une ou deux feuilles aussi larges que celle du muguet ; d'entre ces deux feuilles s'élève une tige haute d'un pied au plus, qui porte à son extrémité une tête garnie de fleurs blanches. On la nomme <i>Ail d'ours, Allium ursinum.</i> Les Anciens Botanistes avoient donné le nom de <i>Moly</i> à une partie de ces <i>aulx</i> sauvages, &amp; ils appelloient <i>Scorodoprasum,</i> les espèces qui portoient des feuilles de poireau.</p><p><i>Ail de Chien.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Muscari">Muscari</ref>. Leurs fleurs sont de couleur de pourpre. Il y a aussi un <i>ail poireau,</i> qui est gros comme un poireau, &amp; qui participe aux qualités de l'un &amp; de l'autre : en Grec . On ne peut souffrir l'haleine de ceux qui ont mangé de l'<i>ail.</i> En 1368. Alphonse Roi de Castille fit un Ordre de Chevalerie, qu'il appella l'Ordre de la Bande ; il leur défendit par ses Statut de manger des <i>aulx,</i> ni des oignons, &amp; ordonna que les contrevenans s'abstiendroient pendant un mois de pratiquer la Cour, ni les autres Chevaliers. Matth. <i>Vie de Louis XI.</i> Liv. 6. en ses annot. marg. De Roch. Les <i>aulx</i> &amp; les oignons sont les viandes ordinaires des Espagnols &amp; des Gascons ; la dixme de l'<i>ail</i> rend plus de 1000, écus de rente à l'Archevêché d'Alby. Id. La pointe d'une épée qui a touché de l'<i>ail</i> fait une plaie où la gangrène se met d'abord, si l'on n'y remédie. Id. L'<i>ail</i> se sème de gousse, ou autrement de caieux, à la fin de Février, &amp; se met trois à quatre pouces avant dans la terre, &amp; de trois à quatre pouces de distance. On les tue de terre vers la fin de Juillet, &amp; on les met sécher, pour les garder ensuite d'une année à l'autre dans un lieu qui ne soit point humide. L'<i>ail</i> mangé à jeun est la Thériaque des Paysans. Il est vrai qu'il cause la soif, la chaleur par tout le corps, &amp; des maux de tête quand on en use souvent ; mais on peut corriger ces accidens en mangeant de l'ache, ou du persil, incontinent après. Plusieurs gens, principalement les Béarnois, au commencement du Printemps mangent tous les matins des <i>ails</i> avec du beurre frais par principe de santé. Chom. L'<i>ail</i> appliqué en forme de cataplâme sur une morsure de serpent, ou de chien enragé, est un souverain remède. Id. La décoction des <i>ails</i> entiers donnée en clistère, ou appliquée sur le ventre en forme de fomentation, appaise la colique, &amp; la toux invéterée &amp; causée par le froid. Id. Pour empêcher que les oiseaux ne nuisent aux fruits nouveaux des arbres, il faut pendre aux branches quelque quantité d'<i>ails.</i> Id. En Latin <i>allium,</i> qui vient du Grec , qui signifie la tête de l'<i>ail.</i> Vespasien dit à un jeune homme, qui lui demandoit un Gouvernement : J'aimerois mieux que tu sentisses l'<i>ail,</i> que le parfum. Ablanc. Il étoit défendu à ceux qui avoient mangé de l'<i>ail,</i> d'entrer dans le temple de la mère des Dieux. Bayl. Au reste, il y a quelque temps qu'on disoit des <i>aulx</i> au pluriel. Balzac le disoit ainsi. La Fontaine en a usé de même : Tu peux choisir, ou de manger trente <i>aulx.</i> Mais aujourd'hui quelques-uns disent <i>ails.</i> C'est pourquoi, comme le mot d'<i>ail</i> est beaucoup plus usité au singulier, qu'au pluriel, on évite tant qu'on peut le pluriel, &amp; on dit, par exemple, deux gousses d'<i>ail.</i> L'Académie est pour <i>Aulx.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1093" id="1" type="">
   <index type="head" value="AILBERT" />
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    <head>AILBERT</head>
    <p>
    AILBERT , s. m. Nom propre d'homme, qui s'est fait d'Agilbert. <i>Agilbertus.</i> S. <i>Ailbert,</i> ou Agilbert, étoit Evêque de Paris. Baillet. IIe Oct.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="1" type="">
   <index type="head" value="AILE" />
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    <head>AILE</head>
    <p>
    AILE , s. f. La partie de l'oiseau qui l'élève ou qui le soutient en l'air, quand elle est étendue. <i>Ala.</i> L'aigle est un oiseau qui vole à tire d'<i>aile.</i> Les Faucons se tiennent long-temps sur <i>aile,</i> ils ont l'<i>aile</i> vîte, tranchante, l'<i>aile</i> forte, l'<i>aile</i> entière. On dit aussi, Faire voir en <i>aile</i> l'oiseau, le mettre en <i>aile</i> : voler de belles <i>ailes.</i> Les poussins sont encore sous l'<i>aile</i> de la mère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="2" type="">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit aussi d'une chauve-souris, d'une mouche, d'un papillon, d'un serpent, d'un dragon, &amp; généralement de tout ce qui vole. La chauve-souris n'a point de plumes à ses <i>ailes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="3" type="">
   <index type="head" value="AILE" />
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit aussi de cette partie charnue qui s'étend de l'estomac à la cuisse dans les volailles qu'on mange. Une <i>aile</i> de chapon, de perdrix. Il y en a qui préfèrent la cuisse à l'<i>aile.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="4" type="anatomie">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , en termes d'Anatomie , se dit de plusieurs parties du corps. Les lobes du foie s'appellent souvent <i>ailes,</i> ou <i>ailerons.</i> On appelle <i>ailes</i> ou <i>ailerons,</i> des chairs molles &amp; spongieuses qui sortent de la partie naturelle des femmes, que les Anatomistes appellent <i>Nymphes,</i> ou <i>Dames des eaux,</i> parce qu'elles servent à conduire l'urine dehors. On appelle aussi <i>ailes,</i> ou <i>ailerons,</i> les deux cartilages qui sont au côtés du nez, &amp; qui forment les narines. Pareillement on appelle <i>aile,</i> ou <i>aileron,</i> le haut des oreilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="5" type="">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    l'Aile , en termes de Blason , quand elle est seule, s'appelle un <i>demi-vol</i> ; &amp; lorsqu'il y en a deux, elle s'appelle un <i>vol</i> : ce qui se dit de quelque oiseau que ce soit.</p><p>On appelle au Manége <i>ailes,</i> ces pièces de bois qu'on met aux côtés de la lance pour la charger vers la poignée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="6" type="botanique">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , en termes de Botanique , c'est l'angle que les feuilles d'une plante, ou la queue des feuilles forment avec la tige, ou avec une branche de la plante. Cet angle est ordinairement aigu, &amp; tourne toujours en haut. Il s'appelle ainsi par ressemblance à l'angle que forment les ailes d'un oiseau avec son corps, ou plutôt à l'angle que forme le bras de l'homme avec le tronc du corps, &amp; qui s'appelle aussi <i>aile.</i> Quelquefois on appelle aussi de ce nom les branches mêmes, ou les feuilles qui poussent à côté l'une de l'autre sur les tiges des arbres ou des plantes, &amp; qui forment avec la tige l'angle dont on vient de parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="7" type="jardinage">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Ailes , en termes de Jardinage , sont des branches d'arbres, ou d'autres plantes, qui poussent à côté l'une de l'autre. Ces branches font des <i>ailes.</i> Liger. Ce terme se dit en particulier des artichaux ; &amp; ces <i>ailes</i> sont les pommes qui accompagnent le principal montant sur la même tige, &amp; ne sont pas si grosses que la principale pomme. La Quint. Liger. Il ne reste plus que des <i>ailes</i> sur nos pieds d'artichaux. Lig. On donne ce nom à ces sortes de productions, à cause qu'étant placées vis-à-vis l'une de l'autre, &amp; s'étendant des deux côtés opposés, elles font comme des <i>ailes.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="8" type="">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit aussi d'un moulin à vent. Ce sont quatre grands chassis couverts de toile &amp; garnis d'échelons, qui traversent l'aissieu en dehors, &amp; reçoivent le vent pour faire tourner le moulin. Les Meuniers les appellent autrement <i>volans.</i></p><p>Les Ouvriers nomment aussi les <i>ailes</i> d'une fiche, ou couplet, ces deux petits morceaux de fer mobiles par le moyen de leurs charnières, qui servent à soutenir &amp; à faire mouvoir des portes, ou des fenêtres, ou des volets brisés. Ils appellent <i>ailes</i> de lucarne, les deux côtés qui posent sur les chevrons, &amp; qu'on appelle autrement <i>joues</i> de la lucarne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit aussi des Lardoires ; &amp; l'on entend par-là ; les parties de la lardoire, où l'on met le lardon, lorsqu'on veut larder ou piquer quelque viande.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , est aussi un terme d'Horloger , qui se dit des pignons. L'<i>aile</i> est à l'égard d'un pignon, ce que la dent est à l'égard d'une roue.</p><p>Les Vitriers appellent encore <i>ailes,</i> ou <i>ailerons,</i> ces petites bandes de plomb fort déliées, qui servent à engager les losanges du verre dans les panneaux des vitres, &amp; à les y tenir ferme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="11" type="">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit figurément en choses morales &amp; spirituelles ; &amp; signifie, Protection, tutelle. C'est une fille d'honneur qui a toujours été élevée sous l'<i>aile</i> de la mère. Et sur-tout en Poësie : Cache-la sous ton <i>aile</i> au jour épouvantable, dit Desportes en parlant à Dieu en faveur de l'ame pécheresse. Malherbe a dit aussi,</p><p>On dit aussi, La peur lui a mis des <i>ailes</i> aux talons ; pour dire, <pb n="130" facs="bpt6k8542165/f170/full/1200,/0/native.jpg"/>l'a fait fuir en diligence. Si la peur vous donne des <i>ailes</i> pour vous sauver, l'espérance lui en donnera de plus fortes pour vous atteindre. Vaug. On peint Mercure avec des <i>ailes</i> aux talons. L'amour lui prêtera ses <i>ailes.</i> On en donne aussi au cheval Pégase, aux vents, &amp; autres choses semblables, &amp;c.</p><p>On dit encore poëtiquement, Son nom volera sur les <i>ailes</i> de la Renommée, sur l'<i>aile</i> des beaux vers ; pour dire, que sa réputation ira bien loin. On dit aussi, Sur l'<i>aile</i> des zéphirs.</p><p>On donne aussi figurément des <i>ailes</i> aux Chérubins, &amp; aux Anges. Les Chérubins devant Dieu se couvrent la face de leurs <i>ailes</i> : ils couvroient l'Arche de leurs <i>ailes.</i></p><p>On appelle les <i>ailes</i> d'un bâtiment, ce qu'on bâtit à droit &amp; à gauche pour accompagner le principal corps de logis, &amp; faire les deux côtés de la cour. Ce bâtiment est imparfait, il n'y a qu'une <i>aile</i> de bâtie. On appelle aussi ces <i>ailes, bras,</i> ou <i>potences.</i> On dit encore les <i>ailes</i> d'un théatre, les <i>ailes</i> d'un pont.</p><p>On appelle aussi <i>aile</i> dans les Eglises, ce qui est à droit &amp; à gauche de la croisée ; les bas côtés, ou les petites voûtes qui sont à côté de la grande. Le portail de l'<i>aile</i> droite est plus beau que celui de la gauche. On n'a bâti que le Choeur, on va bien-tôt travailler aux <i>ailes.</i> Quand il y a doubles ailes dans les Eglises, comme à Notre-Dame de Paris, les secondes qui sont ordinairement plus basses que les autres, s'appellent <i>les basses ailes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit en termes de Guerre des deux extrêmités d'une armée rangée en bataille. L'<i>aile</i> droite fut la première rompue. La Cavalerie se met sur les <i>ailes</i> ; c'est-à-dire, sur les flancs, ou sur les extrêmités de chaque ligne à droit &amp; à gauche. En ce sens, ce mot vient de <i>alauda</i>, selon Bochart, qui signifioit une Légion Gauloise, ainsi nommée à cause de la figure des casques que portoient les Soldats, qui étoient crêtés comme des alouettes. On dit que Pan, l'un des Capitaines de Bacchus, a été le premier inventeur de cette manière de ranger une armée en bataille : d'où vient que les Anciens l'ont peint avec des cornes à la tête, parce qu'ils appelloient <i>cornes,</i> ce que nous appellons les <i>ailes.</i> Il y a beaucoup plus d'apparence, ou plutôt, il est certain que <i>aile</i> dans ce sens vient du mot Latin <i>ala, aile,</i> qui se donnoit à un Corps de Cavalerie, parce que dans les Armées Romaines la Cavalerie se divisoit en deux Corps, qu'on jettoit sur les deux côtés de l'Armée, l'un à droit &amp; l'autre à gauche, &amp; dont on la flanquoit ; ce qu'on appelloit <i>alae,</i> les deux <i>ailes,</i> parce qu'ils faisoient à peu près, par rapport au corps de l'Armée, la figure que font au regard du corps d'un oiseau, ses <i>ailes,</i> quand elles sont étendues. Les deux côtés, les deux flancs de l'Armée, s'appelloient donc <i>ailes</i> ; c'est de là que nous avons pris ce mot, pour signifier la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit aussi des deux côtés ou des files qui terminent chaque bataillon, ou chaque escadron, à droit &amp; à gauche. Les Picquiers sont rangés au milieu, &amp; les Mousquetaires sur les <i>ailes.</i> On a commencé à défiler par l'<i>aile</i> droite. On appelle aussi les <i>ailes</i> d'un bataillon, ses manches, ou son flanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile de S. Michel . Ordre militaire de Portugal, qui fut institué, selon le P. André Mendo Jésuite, <i>De Ordin. Milit.</i> l'an 1165. ou l'an 1171. selon Joseph di Michieli dans son <i>Tesoro militar. de Cavalleria antiqua y moderna</i> ; c'est-à-dire, Trésor Militaire de Chevalerie ancienne &amp; moderne, imprimé à Madrid en 1642. Alphonse Henri I. Roi de Portugal, l'institua en mémoire d'une victoire qu'il remporta sur le Roi de Séville &amp; les Sarrazins, &amp; dont il crut être redevable à S. Michel, qu'il avoit pris pour Patron dans cette Guerre contre les Infidèles. Les Chevaliers de l'<i>aile de S. Michel</i> furent ainsi nommés, parce que dans leur enseigne, ils portoient une <i>aile</i> en forme de celle de cet Archange, laquelle étoit de couleur de pourpre, environnée de rayons d'or. Ces Chevaliers avoient la Règle de S. Benoît, suivant l'Institut de Cîteaux. Ils faisoient voeu de défendre la Religion Chrétienne, &amp; les confins du Royaume, &amp; de protéger les veuves &amp; les orphelins. Dans leur Etendart on voyoit d'un côté un S. Michel terrassant le Démon, &amp; de l'autre la Croix de l'Ordre en forme d'épée, avec ce mot, <i>Quis ut Deus,</i> Qui est semblable à Dieu ? Cet Ordre ne subsiste plus. Outre les deux Auteurs que j'ai cités, voyez Antonio Bromdon, <i>Monarc. Lusitana,</i> Liv. XI. ch. 22. Antonio Manriquez, T. II. ch. 8. August. Barbosa, <i>Summ. Apost. decis. col.</i> 306. Caramuel, <i>Theolog. Reg.</i> p. 9. Bernardo Justiniani, <i>historia dell origine de Cavallieri,</i> ch. 28.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1094" id="15" type="">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit aussi dans le discours ordinaire de ceux qui marchent à côté, &amp; un peu à l'écart, pour donner secours au besoin. Il sembloit que ce Prévôt marchât seul ; mais il y avoit plusieurs Archers sur les <i>ailes</i> pour l'assister.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit aussi en termes de Fortification , du flanc d'un bastion, &amp; plus ordinairement des longs côtés qui terminent à droit &amp; à gauche, un ouvrage à corne ou couronné, &amp; qui sont flanqués par quelque endroit de la place, par quelque dehors, ou travail particulier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AILE</head>
    <p>
    Aile , se dit proverbialement en ces phrases. Cet homme ne bat plus que d'une <i>aile</i> ; pour dire, que son crédit, sa fortune, son esprit, sont diminués, &amp; qu'il n'en peut plus. On lui a tiré une plume de son <i>aile</i> ; pour dire, qu'on lui a arraché quelque chose de son bien : qu'on en tirera pied ou <i>aile</i> ; pour dire, qu'on tirera quelque chose d'une affaire, &amp; qu'on ne perdra pas tout. On lui a rogné les <i>ailes</i> ; pour dire, qu'on a retranché de son autorité, de ses richesses. On dit d'un téméraire, qu'il a voulu voler avant que d'avoir des <i>ailes,</i> qu'il n'a pas encore l'<i>aile</i> assez forte ; pour dire, qu'il a commencé trop tôt quelque entreprise au dessus de ses forces. On dit d'un homme malheureux, qu'il en a dans l'<i>aile</i> ; pour dire qu'il lui est arrivé quelque accident fâcheux, ou bien qu'il a passé les 50. ans, qu'on marque avec une <i>L.</i> On le dit aussi d'un homme qui a perdu sa liberté..</p><p>On dit aussi voler <i>à tire d'aile</i> ; pour dire, d'un vol prompt &amp; vigoureux. Et figurément d'un grand empressement, d'une vîtesse grande &amp; précipitée, d'une ardeur prompte, comme en ces vers,</p><p>Et en ceux-ci,</p><p>On appelle <i>Bouts d'ailes,</i> des plumes à écrire, qui sont tirées du bout des <i>ailes</i> d'une oie. <i>Penna.</i></p><p>Une <i>aile</i> étendue, avec ce mot, <i>Serpere nescit,</i> marque dans Aresi l'élévation du génie. Une <i>aile</i> avec ce mot, <i>Non sufficit una,</i> Une seule ne suffit pas, signifie qu'une vertu, ou une bonne qualité seule, ne suffit pas pour quelque entreprise. L'Académie des Philoponi ; c'est-à-dire, des amateurs du travail, de Faënza, a pour devise une <i>aile</i> mise en éventail, dont une main chasse les mouches, avec ce mot, <i>Fugantur desides,</i> On chasse les fainéans. Deux <i>ailes,</i> avec ce mot, <i>Portantem portant,</i> Elles portent celui qui les porte, marquent un secours réciproque.</p><p>Les <i>ailes,</i> selon Platon, sont l'hiéroglyphe de l'intelligence ; &amp; les <i>ailes</i> d'or que le prétendu Orphée donne au premier né de Saturne, sont, au sentiment du P. Kircher, le symbole de la sagesse de l'ame du monde, dans les idées Platoniciennes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1095" id="1" type="">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    AILE , s. f. C'est un mot qui vient de l'Anglois <i>ale,</i> &amp; qui est en usage à Paris. La première syllabe se prononce un peu long. C'est une sorte de bière Angloise, qui se fait sans houblon, &amp; qui est plus forte &amp; plus chargée que la bière ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1095" id="2" type="blason">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Ailé, ée . adj. Qui a des ailes. <i>Alatus.</i> Pégase est un cheval <i>ailé.</i> Les Poëtes appellent aussi les oiseaux, les peuples <i>ailés.</i> Les papillons, les cigales, sont des insectes <i>ailés.</i> Les Bonites sont des poissons <i>ailés,</i> qui sont fréquens sur l'Océan Atlantique.</p><p>En termes de Blason , on appelle un oiseau <i>ailé,</i> quand ses ailes sont d'un autre émail que son corps. On appelle aussi <i>ailé,</i> tout ce qui est peint avec des ailes, quoique contre sa nature : comme un cerf <i>ailé,</i> un coeur <i>ailé,</i> des dragons, des serpens <i>ailés,</i> une main <i>ailée,</i> une tête de léopard <i>ailée,</i> une bande <i>ailée,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1095" id="3" type="">
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    <head>AILE</head>
    <p>
    Ailé , <i>Alatus,</i> se dit en Botanique des tiges qui sont garnies dans leur longueur de feuilles membraneux. Plusieurs espèces de chardons ont leurs tiges &amp; leurs branches <i>ailées.</i> On appelle aussi feuilles <i>ailées,</i> celles qui sont composées de plusieurs petites feuilles égales, ou inégales, &amp; qui sont rangées sur une même côte, ensorte que toutes ensemble elles ne font qu'une même feuille. <i>Folia alata,</i> ou <i>pennata.</i> Telles sont les feuilles d'Aigremoine, de la Reine des prez, de l'Acacia, du Frêne, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1096" id="1" type="">
   <index type="head" value="AILERON" />
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    <head>AILERON</head>
    <p>
    AILERON , s. m. Petite aile. <i>Pennula.</i> Il signifie aussi un bout d'aile. <i>Extrema ala.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1096" id="2" type="">
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    <head>AILERON</head>
    <p>
    Aileron , s. m. Qui se dit des nageoires des poissons qui leur servent comme d'ailes, ou de rames pour s'agiter dans l'eau. <i>Pinna.</i> C'est un poisson qu'on voit le dos appuyé contre sa coquille, qui lui sert comme de proue : sa tête, qu'il élève, lui tient lieu de voile ; &amp; ses <i>ailerons</i> sont ses rames. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1096" id="3" type="anatomie">
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    <head>AILERON</head>
    <p>
    Aileron . Terme d'Anatomie . Voyez <ref type="search" target="head:AILE">AILE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1096" id="4" type="">
   <index type="head" value="AILERON" />
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    <head>AILERON</head>
    <p>
    Aileron , signifie aussi, les planches de bois sur lesquelles tombe l'eau qui fait tourner les roues des moulins à eau. On les appelle autrement <i>alichons,</i> ou <i>volets.</i></p><p>On appelloit aussi autrefois <i>Ailerons,</i> de petits bords d'étoffe qu'on mettoit aux pourpoints, pour couvrir les coutures du haut des manches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1097" id="1" type="cordonnier">
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    <head>AILETTE</head>
    <p>
    AILETTE . Terme de Cordonnier . C'est une petite pièce de cuir qu'on met par dedans le long du soulier, &amp; qui prend depuis le pâton jusqu'aux quartiers. L'<i>ailette</i> de ce soulier est bien cousue. On dit aussi l'<i>ailette</i> d'un rouet de femme à filer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1098" id="1" type="">
   <index type="head" value="AILLADE" />
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    <head>AILLADE</head>
    <p>
    &#9758; AILLADE , s. f. Ragoût d'ail, ou sauce d'ail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1099" id="1" type="">
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    <head>AILLEURS</head>
    <p>
    AILLEURS , adverbe de lieu. Autre part. <i>Alibi.</i> Quand on ne trouve pas à vivre en un lieu, il en faut chercher <i>ailleurs.</i> On dit d'un homme distrait. Son corps est ici, mais son esprit est <i>ailleurs.</i> J'apprends d'<i>ailleurs,</i> pour dire, d'un autre côté. <i>Aliundè.</i></p><p>On le dit au figuré. Cela procède d'<i>ailleurs,</i> aussi pour dire, d'une autre cause.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1099" id="2" type="">
   <index type="head" value="AILLEURS" />
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    <head>AILLEURS</head>
    <p>
    Ailleurs , sert quelquefois de conjonction, ou de transition, quand on veut alléguer une nouvelle raison. <i>Jam verò, Accedit hùc.</i> D'<i>ailleurs</i> il me semble, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1100" id="1" type="">
   <index type="head" value="AILLIER" />
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    <head>AILLIER</head>
    <p>
    AILLIER . Sorte d'oiseau de proie. On lit dans la Bible historiée rapportée par Borel,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1101" id="1" type="">
   <index type="head" value="AILLORS" />
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    <head>AILLORS</head>
    <p>
    AILLORS , se disoit autrefois pour <i>ailleurs.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1102" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIMABLE" />
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    <head>AIMABLE</head>
    <p>
    AIMABLE , adj. m. &amp; f. Qui est digne d'être aimé ; qui a des qualités qui attirent l'amour, ou l'amitié de quelqu'un. <i>Amabilis.</i> Cet homme est fort <i>aimable</i> par sa belle humeur. Cette femme est <i>aimable</i> par sa beauté. Admirez la simplicité de cette Bergere ; elle ne sait qu'être <i>aimable,</i> &amp; ne sait pas encore se faire aimer. Fonten. Le plus dangereux ridicule des vieilles personnes qui ont été <i>aimables,</i> c'est d'oublier qu'elles ne le sont plus. Rochef. Allons en ces <i>aimables</i> lieux, où, &amp;c. J'en garderai toujours l'<i>aimable</i> souvenir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1103" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="AIMABLE ORPHÉE" />
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    <head>AIMABLE ORPHÉE</head>
    <p>
    AIMABLE ORPHÉE , s. m. Terme de Fleuriste . C'est un oeillet cramoisi &amp; blanc ; sa fleur n'est pas bien large, mais elle est bien tranchée : sa plante est d'un beau verd, abondante en marcottes. Il vient de Lille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1104" id="1" type="">
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    <head>AIMANT</head>
    <p>
    AIMANT , ou AIMAN, ou AYMAN, s. m. <i>Magnes.</i> C'est une pierre minérale, ou plutôt un métal, ou un fer imparfait, dont la pesanteur &amp; la couleur approchent fort de celles du fer. Il est pourtant plus pesant, &amp; plus dur. On le trouve pour l'ordinaire dans les mines de fer ; &amp; il se rencontre souvent des morceaux, qui sont moitié <i>aimant,</i> &amp; moitié fer. Sa couleur est différente suivant les différens Pays d'où il vient ; le meilleur est d'un noir luisant. Il n'y en a point de blanc. Celui d'Arabie est rougeâtre ; celui de Macédoine noirâtre ; celui de Hongrie, d'Allemagne, d'Angleterre, &amp;c. de couleur de fer non poli. Sa figure ni sa grosseur ne sont point déterminées. On en trouve de toutes figures, &amp; de grosseurs différentes. Il a des propriétés merveilleuses. Il va s'unir au fer, lorsqu'il en est à une certaine distance ; &amp; il peut même le tenir suspendu, quoiqu'il ne le touche pas, &amp; qu'il y ait même entr'eux du papier, du carton, du cuivre, ou quelque autre corps mince. C'est ce qu'on appelle sa vertu attractrice. Il tourne toujours un certain côté vers le Nord, &amp; le côté opposé vers le Sud. C'est là sa vertu directrice. On appelle ses côtés, les poles de l'<i>aimant,</i> &amp; la ligne qui va de l'un à l'autre pole, l'axe de l'<i>aimant.</i> Il communique ces mêmes propriétés au fer qu'il touche, ou qui a passé près de lui à une certaine distance ; en sorte qu'il a des poles qui se tournent vers les poles du monde, aussi bien que ceux de l'<i>aimant.</i> Ce qu'il y a de singulier, c'est que si ayant présenté au pole d'un <i>aimant,</i> le pole d'un autre <i>aimant,</i> ils se joignent ; en lui présentant le pole opposé, ils semblent se fuir. On connoît les poles de l'<i>aimant,</i> en posant dessus une aiguille en liberté : cette aiguille se tournera, de sorte qu'un de ses bouts marquera un pole de l'<i>aimant,</i> &amp; l'autre marquera le pole opposé. Pour conserver un <i>aimant,</i> il faut l'armer, ou l'entourer de petites plaques de fer, qui puissent le toucher ; ou bien le suspendre à un fil par son équateur, pour lui laisser prendre sa situation. S'il s'enrouille, si on le laisse quelque temps dans le feu, ou si on le met en poudre, il perd la conformation naturelle de ses pores, &amp; par conséquent toutes ses propriétés. On peut augmenter, ou diminuer la force de l'<i>aimant</i> ; au lieu qu'on ne peut point la rétablir lorsqu'elle est perdue. Il n'est pas vrai qu'un <i>aimant</i> frotté d'ail perde sa vertu. Matthiole dit que l'<i>aimant</i> fondu avec de la bronze rousse, la fait devenir de couleur d'argent, comme la calamine donne la couleur d'or au cuivre. Pline dit, que l'Architecte Dinocrates Alexandrin avoit commencé à voûter d'<i>aimant</i> le temple qu'un des Ptolomées avoit fait bâtir à Alexandrie à sa soeur Arsinoé qui étoit aussi sa femme, afin d'y faire tenir suspendue en l'air la statue de cette Princesse qui étoit toute de fer. Mais Ptolomée &amp; l'Architecte moururent avant que l'ouvrage fût achevé. M. Godeau écrit la même chose de la statue de Serapis faite par le Roi Sesostris, &amp; suspendue dans un temple d'Alexandrie. On a fait accroire au Peuple la même chose du cercueil de Mahomet. Mais ce sont des fables. Le tombeau de Mahomet est en terre au milieu de la Mosquée.</p><p>Gassendi &amp; le Père Fournier dérivent ce mot de l'amour que l'<i>aimant</i> a pour le fer &amp; pour le pole, <i>quia nil amantius quàm attrahere &amp; retinere.</i> Ménage le dérive de <i>adamante</i>, ablatif de <i>adamas,</i> dont on a usé en cette signification. Voyez les <i>Acta SS. April. T. I.</i> p. 19. Et dans la vie de S. Walric, Ch. 2. Cette étymologie est plus vraie, que celle qu'apporte au même endroit Henschenius, qui dit que nous l'appellons <i>Pierre aimant</i> ; c'est-à-dire, <i>Lapis amans,</i> ou <i>adamans.</i> Guichard va plus loin. Il pretend qu'<i>Adamas</i> signifie proprement la pierre d'<i>aiman,</i> &amp; qu'elle a été ainsi appellée du mot Hébreu , <i>adam,</i> qui signifie être rouge, parce qu'en effet il y en a de rougeâtre. On l'appelle en Latin <i>magnes, Lapis Lydius,</i> ou <i>Heraclius,</i> parce qu'on le trouvoit auprès d'Héraclée, qui est une ville de Magnésie, qui fait partie de la Lydie ; ou du nom d'un berger nommé <i>Magnes,</i> qui le premier le découvrit avec le fer de sa houlette au mont Ida, comme témoigne Nicander.</p><p>Les Anciens qui ont sù que l'<i>aimant</i> attire le fer, ont entièrement ignoré la propriété qu'il a de se diriger vers les poles du monde. Cette faculté ne nous est connue que depuis 3 ou 4 siècles. On assure qu'un certain Jean de Goya de Melphi dans le 13e siècle a été l'inventeur de l'aiguille aimantée. Cependant Georges Wler Anglois, dans son voyage de Dalmatie, de Grèce &amp; du Levant, dit qu'il a vû un ancien livre d'Astronomie, qui supposoit l'usage de <pb n="132" facs="bpt6k8542165/f172/full/1200,/0/native.jpg"/>l'aiguille aimantée, quoiqu'on ne s'en servît pas pour la navigation, mais pour d'autres usages d'Astronomie. Platon appelle l'<i>aiman Pierre Herculienne,</i> à cause qu'elle commande au fer, qui dompte toutes choses. C'est ainsi qu'elle est nommée dans Euripide. On l'appelle aussi <i>Lapis nauticus,</i> à cause de son extrême utilité pour la navigation ; &amp; <i>sideritis,</i> à cause qu'il attire le fer, que les Grecs nomment : &amp; en vieux François <i>calamite,</i> ou <i>marinette.</i> Gilbert, Cabeus, les Pères Grandami &amp; Kircher, en ont écrit amplement. Le Père Lieutaud en a donné un nouveau Système. Descartes, Rohault, &amp; après eux Mr Regis, en ont aussi traité au long. Ils ont tâché d'en expliquer les effets d'une manière très-claire &amp; très-simple ; &amp; ils ont confirmé leurs sentimens par une infinité d'expériences, qui s'accordent parfaitement avec leurs principes. Les Anciens ont attribué la vertu attractive de l'<i>aimant,</i> ou à une ame qui l'anime, ou à une certaine simpathie entre le fer &amp; l'<i>aimant,</i> ou à certains corpuscules qui s'écoulent du fer, &amp; de l'<i>aimant,</i> &amp; qui vont s'insinuer dans les poles de l'un &amp; de l'autre. Pour expliquer les effets de l'<i>aimant,</i> les Philosophes modernes disent, qu'il sort continuellement des poles de la terre une matière très-subtile, impalpable, &amp; invisible, qui circulant autour d'elle sur le plan des méridiens, y rentre par le pole opposé à celui d'où elle est sortie, &amp; passe par les pores parallèles à son axe : que l'<i>aimant</i> a deux poles comme la terre, &amp; qu'il en sort une pareille matière. Cette matière canelée, qui rentre par l'un des poles, fait l'impulsion par laquelle le fer s'unit à l'<i>aimant,</i> &amp; produit ce qu'on appelle la vertu d'attraction. Par cette raison, c'est parler improprement, que de dire, que l'<i>aimant</i> attire le fer. L'<i>aimant</i> s'unit au fer, &amp; cette union se fait par l'impulsion de la matière magnétique. Ainsi l'union, ou l'attraction du fer, &amp; de l'<i>aimant,</i> est réciproque. Il faut encore observer, qu'outre la matière magnétique, qui passe de la terre dans l'<i>aimant,</i> il y a toujours une certaine quantité de cette matière qui se meut autour de l'<i>aimant,</i> &amp; qui compose une espèce de tourbillon autour de lui. Or l'espace dans lequel se meut cette matière est la sphère d'activité de l'<i>aimant.</i> Sa faculté attractive ne s'étend point au delà.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMANT</head>
    <p>
    Aiman Philosophique . M. Boyle, dans ses conjectures sur les qualités occultes de l'air, appelle <i>aimans Philosophiques</i> les corps qui n'attirent pas, mais qui retiennent fortement les émanations étrangères, comme la perte de sang, qui vient d'un principe intérieur, non pas d'une plaie.</p><p>M. André Médecin, dans ses <i>Entretiens sur l'acide &amp; sur l'alkali,</i> prétend qu'on peut expliquer par le moyen de ces sels, tous les effets qu'on attribuoit autrefois à des qualités occultes, &amp; entre autres la vertu de l'<i>aiman.</i> Il dit que la force de l'<i>aiman</i> qui est un fer imparfait, consiste dans de petits corps pointus qui remplissent ses pores ; qu'il sort sans cesse de l'<i>aiman</i> quantité de ces petits corps, en même temps qu'il y en rentre d'autres qui prennent leur place, parce que l'air en est tout rempli ; que ces atomes qui sortent continuellement de l'<i>aiman</i> s'insinuent dans les pores du fer, &amp; les remplissent ; mais que comme ils ne peuvent sortir sans agiter l'air avec violence, cet air ainsi agité pousse le fer vers l'<i>aiman,</i> ou l'<i>aiman</i> vers le fer, suivant que l'un de ces deux corps lui résiste.</p><p>Nicolas Hartsoecker, dans ses Principes de Physique, prétend que l'<i>aiman</i> n'est qu'une pierre ordinaire parsemée d'une infinité de prismes creux, qui par le mouvement diurne de la terre se sont rangés parallèles les uns aux autres, &amp; à peu près parallèles à l'axe de la terre. Ces prismes contiennent dans leurs canaux une matière extrêmement subtile, qui par le mouvement diurne de la terre doit couler par les canaux des prismes qui sont à la file l'un de l'autre ; &amp; ayant ainsi coulé de prisme en prime jusqu'au dernier, elle doit retourner vers le premier, &amp; y rentrer par la même ouverture qui lui a déja servi d'entrée ; ainsi elle doit faire une circulation perpétuelle autour de ces prismes. Par ces principes il prétend expliquer tous les phénomènes de l'<i>aiman.</i></p><p>Monconis T. II. p. 449. parle d'une pierre d'<i>aimant</i> qui ne pesoit qu'une once, &amp; qui en portoit 33 étant armée, &amp; d'une autre qui pesoit 5 onces, &amp; portoit 13 Livres de 12 onces chacune. Voyez sur l'<i>aimant</i> le Livre du Père Lieutaud Jésuite intitulé <i>Magnetologia,</i> &amp; imprimé à Lyon en 1668. <i>in</i>-4°. Velschius, dans ses <i>Observationes Physico-Medicae,</i> parle d'un <i>aiman</i> blanc, qui avoit la même force &amp; la même vertu que le meilleur <i>aiman</i> du monde, &amp; d'un <i>aiman</i> artificiel sur lequel il discourt amplement.</p><p>On trouve en presque toutes les Provinces de la Chine des pierres d'<i>aiman.</i> Il en vient aussi du Japon ; mais le grand usage qu'en font les Chinois est dans la Médecine. On les achète au poids, &amp; les meilleures ne se vendent que 8 ou 10 sols l'once. J'en ai apporté une d'un pouce &amp; demi d'épaisseur, qui quoiqu'assez mal armée, lève néanmoins 11 livres ; elle en levera 14 ou 15, quand elle sera en état. Au reste, ils ont une facilité fort grande de les tailler ; on a coupé à Nankin la mienne en moins de deux heures. La machine dont ils se servirent pour cela est simple ; &amp; si nos ouvriers veulent en user, ils abrégeront beaucoup le travail. Elle est composée de deux jambages de 3 ou 4 pieds de haut arboutés par deux liens en contrefiches, &amp; séparés par une membrure qui les traverse, &amp; qui est emmortaisée dans leurs semelles. Sur la tête des jambages on pose de champ un petit rouleau, ou un cylindre, d'un pouce &amp; demi de diamètre, qui peut tourner circulairement par le moyen d'une corde roulée sur le milieu, dont les deux bouts pendants sont attachés à une double marche, sur laquelle posent les pieds de l'ouvrier. A l'une des extrêmités du cylindre, on a mastiqué par son centre une plaque de fer fort mince, fort ronde, &amp; bien aiguisée en tout son contour, qui a environ huit pouces de diamètre, &amp; qui se meut avec une grande vîtesse, tantôt en dessus &amp; tantôt en dessous, selon qu'on élève ou qu'on abat les marches. L'ouvrier cependant présente d'une main l'<i>aiman,</i> &amp; de l'autre de la boue faite d'un sable très-fin, qui rafraîchit le fer, &amp; qui sert à couper la pierre ; mais parce que le fer en passant au travers du sable le jette &amp; le pousse tout autour avec violence, ce qui pourroit aveugler celui qui travaille, on a soin de placer précisément au dessus une petite latte tournée en demi cercle qui le reçoit &amp; qui en défend l'ouvrier. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMANTER</head>
    <p>
    AIMANTER , v. act. Faire toucher une aiguille à de l'aimant pour la faire tourner au Nord. <i>Magnete perfricare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMANTER</head>
    <p>
    Aimanté, ée . part. L'aiguille <i>aimantée</i> est l'aiguille de la boussole. <i>Magnete perfrictus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1106" id="1" type="">
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    <head>AIMANTIN, INE</head>
    <p>
    AIMANTIN, INE . Qui a la vertu de l'aimant, ou une nature semblable. <i>Vi magnetica praeditus.</i> Plusieurs Philosophes attribuent à la terre une vertu <i>aimantine,</i> qui lui fait attirer les corps graves.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMAR</head>
    <p>
    AIMAR , s. m. <i>Ademarus.</i> Nom propre, le même que celui d'<i>Ademar,</i> ou <i>Adimar,</i> dont il s'est formé par le retranchement du d, <i>Ademar, Aemar, Aimar. Ademar,</i> ou <i>Aimar</i> de Chabanois, Moine de S. Cibar d'Angoulême, au XIIe siècle écrivit une chronique qui commence à l'an de Jesus-Christ 829. &amp; finit en 1029. <i>Ademar,</i> ou <i>Aimar,</i> Cardinal de S. Anastase au XIVe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    AIMER , v. act. se dit en général des personnes &amp; des choses pour lesquelles on a de l'affection, de l'amour, de l'inclination. <i>Amare.</i> Un Ancien a dit qu'il faut <i>aimer</i> ses amis, comme devant les hair un jour ; &amp; hair ses ennemis, comme devant les <i>aimer</i> un jour. Cet ancien est Isocrates, &amp; il n'est pas le seul qui ait été dans ce sentiment : sa maxime peut avoir un bon sens, mais absolument parlant, elle est fausse, &amp; même pernicieuse, &amp; contre les loix de la Religion &amp; de la raison. Voyez ce qu'en ont dit Cicéron &amp; Mr de Sacy, dans leurs traités de l'amitié. Il faut <i>aimer</i> Dieu de tout son coeur, &amp; son prochain comme soi-même. La Religion fait <i>aimer</i> l'austérité aux personnes pieuses. S. Evr. Les uns <i>aiment</i> le bien ; les autres la gloire. Les uns <i>aiment</i> l'étude ; les autres les plaisirs, le vin, la débauche, le jeu. On dit, qu'un homme <i>aime</i> sa maison, quand il est attaché à son ménage, à ses affaires.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer , absolument, se dit plus particulièrement de l'inclination qu'on a pour une maîtresse ; &amp; de cette forte, &amp; tendre affection, qu'un sexe a pour l'autre. Je trouvai qu'il falloit que vous <i>m'aimassiez,</i> pour sentir le mal de n'être point <i>aimé</i> que j'éprouvois si cruellement. P. de Cl. Toutes les femmes ont la vanité de se faire <i>aimer.</i> S. Evr. Le mariage n'apprend point à <i>aimer,</i> il veut seulement qu'on se laisse <i>aimer.</i> Qui <i>aime</i> en plus d'un lieu, ne sauroit bien <i>aimer.</i> Despor. <i>Aimer</i> ou n'<i>aimer</i> pas, n'est pas de notre choix. M. de la Suze.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer . Ce mot signifiant prendre plaisir à quelque chose, veut le verbe qu'il régit à l'infinitif avec la particule <i>à.</i> <pb n="133" facs="bpt6k8542165/f173/full/1200,/0/native.jpg"/>On n'<i>aime</i> point <i>à</i> louer, &amp; on ne loue jamais sans intérêt. Rochef. Le mensonge est tellement reconnu pour un vice, que ceux qui <i>aiment</i> le plus <i>a</i> mentir, le condamnent. Peliss. Le lecteur <i>aime</i> à être traité en habile homme ; &amp; non pas en ignorant, qui ne peut rien suppléer de lui même. Perr. Les femmes n'<i>aiment</i> point qu'on les gêne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer . Signifie aussi quelquefois, Savoir gré à quelqu'un d'une chose, lui en être obligé. Mol. Je vous <i>aime</i> de ce que vous avez répondu à Octavius. <i>Aimez</i> qu'on vous conseille, &amp; non pas qu'on vous loue. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; alors il signifie, Se plaire, <i>Delectari aliqua re.</i> Il s'<i>aime</i> bien à la Cour, à la guerre, à l'étude. Les éléphans ne s'<i>aiment</i> pas dans les Pays froids. Les saules, les aulnes s'<i>aiment</i> dans les lieux humides. On dit aussi qu'une personne s'<i>aime</i> bien ; quand elle a un soin extraordinaire de sa personne ; ou quand elle a trop d'amour propre. <i>Sibi placere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer mieux . <i>Malle.</i> Quand ces mots sont suivis d'un infinitif, cet infinitif veut être suivi des particules <i>que</i> &amp; <i>de</i> qui en régissent un autre. Ils <i>aimerent mieux</i> le prendre vif, <i>que de</i> le tuer. Vaug. Il <i>aime mieux</i> dire du mal de soi, <i>que de</i> n'en point parler. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer mieux . Ces mots se disent quelquefois des choses dont on préfère les unes aux autres. Il <i>aime mieux</i> une fortune basse &amp; tranquille, qu'une fortune élevée &amp; tumultueuse. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer mieux . Ces mots se disent aussi des personnes, quand il ne s'agit pas d'amitié, mais d'une simple préférence. J'<i>aime mieux</i> un valet mal fait &amp; sage, qu'un valet bien fait &amp; fripon. Id. Mais quand il s'agit d'amitié, &amp; non pas de préférence, il faut dire <i>aimer plus,</i> &amp; non pas <i>aimer mieux.</i> Ainsi il faut dire, c'est l'homme du monde que j'<i>aime le plus,</i> &amp; non pas, c'est l'homme du monde que j'<i>aime le mieux.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aimer , se dit proverbialement en ces phrases. Qui <i>aime</i> Bertrand, <i>aime</i> son chien. On dit à la guerre, ou en quelque entreprise périlleuse, Qui m'<i>aime,</i> me suive. On dit aussi, qui bien <i>aime,</i> bien châtie. Il n'est pas dégoûté, il <i>aime</i> mieux deux oeufs qu'une prune ; pour dire, il préfère un grand avantage à un moindre. On dit aussi burlesquement, il l'<i>aime</i> comme ses petits boyaux, comme la prunelle de ses yeux. Cette dernière expression est prise apparemment de l'Ecriture, qui dit conserver comme la prunelle de l'oeil ; pour dire, conserver avec beaucoup de soin &amp; d'affection. <i>Deut.</i> XXXII. 10. <i>Psalm.</i> XVI. 10. &amp; ailleurs. On dit encore, J'<i>aime</i> mieux <i>un tien,</i> que <i>deux tu l'auras ;</i> pour dire, je préfère une chose médiocre, mais présente &amp; assurée, à une plus considérable, qui sera incertaine, &amp; à venir. Louis XIII. étant pressé par des Députés des Huguenots de leur conserver plusieurs grands priviléges, à l'exemple des Rois ses prédécesseurs, leur répondit : Henri III. vous craignoit ; le Roi mon père vous <i>aimoit ;</i> &amp; moi je ne vous crains, ni ne vous <i>aime.</i> Bons mots.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMER</head>
    <p>
    Aime, ee , part. &amp; adj. <i>Amatus.</i> C'est mon fils bien <i>aimé,</i> dit l'Ecriture. On ne trouve rien mauvais d'une personne <i>aimée.</i> Une longue absence affoiblit peu-à-peu l'idée de l'objet <i>aime,</i> &amp; l'efface enfin du coeur. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1109" id="1" type="">
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    <head>AIMÉ</head>
    <p>
    AIMÉ . Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:AMÉ">AMÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIMÉE</head>
    <p>
    AIMÉE , s. f. &amp; nom propre de femme. <i>Amatalis.</i> Ce nom n'est ni Grec, ni Latin, comme on le pourroit soupçonner d'abord ; il est Syriaque. En Syriaque <i>Amma</i> signifie mère, comme <i>abba</i> signifie père, &amp; <i>Talis</i> est un nom propre ; de sorte qu'<i>Amma,</i> ou <i>Ama Talis,</i> est la même chose que <i>la Mere,</i> ou l'<i>Abbesse Talis.</i> Dans le Pallade Grec de Meursius, imprimé en 1616. cette Sainte est nommée tout en un mot <i>Amatalis,</i> au génitif <i>Amatalidos</i> ; &amp; dans la Traduction du Paradis d'Héraclite que Rosweide Jésuite a fait imprimer à la fin des vies des Pères, elle est nommée simplement <i>Amata ;</i> &amp; c'est de cette seule manière que l'ont nommée Vincent de Beauvais, les Chartreux de Cologne, en leurs Additions à Usuard, le Martyrologe Germanique, Raderus en un Catalogue des Saints écrit de sa main, Guillaume Gazée au Calendrier des Saintes jointes à son Ciméliarque, Sadder en ses gravures, &amp; Ferrarius en son Catalogue des Saints qui ne sont point au Martyrologe Romain. D'<i>Amata</i> il a été naturel de faire <i>Aimée,</i> comme si ç'avoit été un nom propre qu'on eut fait du participe passif du verbe <i>amo,</i> j'aime. Aussi cette Sainte est-elle appellée <i>Aimée</i> en quelque Calendriers François ; ce qui ne doit point paroître extraordinaire, puisque depuis plusieurs siècles, non seulement en Occident, mais même en Orient, on dit <i>Amata,</i> pour <i>Amatalis.</i> De même l'incorporation d'<i>Amma</i> avec <i>Talis</i> ne doit pas paroître plus extraordinaire que celle d'Abba avec Cyrus, dans le mot <i>Abbacyrus,</i> d'où les Cophtes ont fait Saint Abacher, &amp; les Italiens <i>Appassara,</i> pour <i>Abba Cyre.</i> Chast. 5. Janv. Pallade rapporte ch. 137. qu'à Antinoé il alla voir Sainte <i>Aimée,</i> ou <i>Amatalide,</i> Religieuse depuis 80. ans. M. Chastelain semble douter si le nom d'<i>Aimée</i> qu'on donne souvent au Baptême est celui de cette Sainte, ou Esmée, Emée, en l'honneur de Saint Edme, ou Esme. Mais ce dernier sentiment ne paroît point douteux, on ne connoît point Sainte Amatalide en France, où Saint Edme au contraire est fort connu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1111" id="1" type="medecine">
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    <head>AIMORAGIE</head>
    <p>
    AIMORAGIE , s. f. Prononcez <i>émoragie.</i> Terme de Médecine , qui vient du Grec , &amp; qui signifie écoulement de sang. <i>Sanguinis emissio.</i> Provoquer une <i>aimoragie.</i> Arrêter une <i>aimoragie.</i> Si l'on suit l'étymologie, il faut écrire <i>Haemorrhagie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1112" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AIN</head>
    <p>
    &#9758; AIN , Sorte d'interjection interrogative, commune aux petites gens, &amp; fort incivile parmi des personnes polies. Ce mot veut dire, <i>Plait-il ? Que voulez-vous ? Qu'en dites-vous ?</i> Ah ! Ah ! Voulez-vous que je vous parle de la petite joie de Fanchon, Toinon, pour boire du bon, à mon bourdon, <i>ain ?</i> Théat. Ital.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1113" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIN" />
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    <head>AIN</head>
    <p>
    AIN , s. m. vieux mot. Hameçon. <i>Hamus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1114" id="1" type="grammaire hebraique & arabe">
   <index type="head" value="AIN" />
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    <head>AIN</head>
    <p>
    AIN . Terme de Grammaire Hébraique &amp; Arabe . C'est le nom d'une lettre, qui est une aspiration passée par le nez. Toutes les langues Orientales ont le <i>ain.</i> Les Arabes en ont deux, dont l'un est beaucoup plus fort que l'autre. Ils marquent celui qui est fort &amp; âpre d'un point par dessus. Peut-être que les anciens Hébreux en avoient aussi deux, &amp; que c'est pour cela que les Septante ont rendu cette lettre de deux manières différentes, tantôt sans aspiration, comme dans , qu'ils expriment , <i>Eden</i> ; &amp; tantôt par un , c'est-à-dire un G ; comme dans , qu'ils traduisent , <i>Gomorrha</i> Gomorrhe. Nous n'avons point cette lettre dans nos langues d'Europe ; &amp; nous ne saurions presque en bien attraper la prononciation. Quelques Grammairiens l'expriment par <i>ng,</i> d'autres par <i>gn.</i> Ce n'est point cela. C'est comme je l'ai dit, une aspiration passée par le nez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1115" id="1" type="">
   <index type="head" value="AINC" />
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    <head>AINC</head>
    <p>
    AINC . Vieux adverbe, qui veut dire <i>Jamais.</i> Ce mot est formé d'<i>unquam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1116" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIN-CHAREM" />
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    <head>AIN-CHAREM</head>
    <p>
    AIN-CHAREM , &amp; non-pas AIN-CHARIN, petit village de la Judée, à deux bonnes lieues de Jérusalem, &amp; à une lieue de ce qu'on appelle le Désert de S. Jean. On le montre aux voyageurs comme la demeure de S. Zacharie &amp; de Sainte Elisabeth ; quelques-uns ajoûtent même que c'étoit une des six villes Sacerdotales de la Tribu de Juda ; mais tout cela est fort incertain. Bruyn met la ville de Sainte Elisabeth après le bourg de S. Jean, sur le chemin de Jérusalem à Bethléem par le désert. Ce nom est composé de deux mots, <i>ain,</i> &amp; <i>Charem.</i> Le premier mot en Hébreu &amp; en Arabe signifie <i>fontaine.</i> Ceux qui l'écrivent par deux AA, <i>aain,</i> comme si dans les langues originales, d'où il est tiré, il commençoit par la même lettre doublée, ou répétée, l'écrivent mal. L'une est un <i>ain</i> consonne gutturale nazale, &amp; l'une des radicales de ce nom, qui ne répond point à notre <i>a,</i> &amp; ne peut s'exprimer par aucun caractère des <pb n="134" facs="bpt6k8542165/f174/full/1200,/0/native.jpg"/>langues d'Occident ; &amp; l'autre n'est qu'un point voyelle, qui répond à notre <i>a.</i> L'autre mot, que le P. Nau, dans son <i>Voyage de la Terre Sainte,</i> écrit <i>Karem,</i> mais qu'il vaut mieux écrire <i>Charem,</i> parce qu'en Arabe c'est un <i>Chef</i> qu'il est bon de distinguer du <i>Kaf,</i> que nous exprimerons toujours par un K, &amp; qu'il faut bien se donner de garde d'écrire <i>Charin,</i> comme Mr Corneille, que des voyageurs mal habiles ont trompé ; ce mot, dis-je, vient de l'Arabe <i>Charama,</i> &amp; signifie libéral, magnifique. De sorte que <i>Ain-Charem</i> signifie, <i>la fontaine libérale ;</i> c'est-à-dire, abondante, copieuse, qui jette beaucoup d'eau ; &amp; en effet, à un bon jet de pierre de ce lieu l'on rencontre une belle fontaine, abondante en eau, qui va se répandre dans la vallée voisine, qui n'en est séparée que par le chemin. Elle l'arrose, &amp; donne moyen aux habitans du village voisin d'y faire des jardins, &amp; d'y semer des légumes, des melons, des pastègues, des concombres, &amp;c. comme on peut voir dans le <i>Voyage</i> du P. Nau, p. 474. Ce Père, &amp; les autres voyageurs prétendent que c'est la fontaine de Nephthoa, dont il est souvent parlé dans l'Ecriture. Je ne suis pas de ce sentiment ; je pourrai m'en expliquer au mot NEPHTHOA.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1117" id="1" type="">
   <index type="head" value="AINE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>AINE</head>
    <p>
    AINE , s. f. Partie du corps où se fait la jonction de la cuisse &amp; du ventre. <i>Inguen.</i> Il y a dans l'<i>aine</i> une glande, ou émonctoire, où se forment les bubons pestilentiels, &amp; les maux vénériens. Quelques-uns mouillent l'<i>n,</i> comme si l'on écrivoit <i>aigne.</i> Dans une vie de Sainte Humiliane, écrite au 13e. siècle, on trouve <i>Anglio,</i> pour dire, l'<i>aine, Inguen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1118" id="1" type="">
   <index type="head" value="AÎNÉ, ÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AÎNÉ, ÉE</head>
    <p>
    AÎNÉ, ÉE , adj. &amp; s. Enfant qui naît le premier d'un mariage. <i>Natu maximus.</i> Les <i>aînés</i> ont de grandes prérogatives sur les cadets. Il a été partagé en <i>aîné,</i> c'est-à-dire, avec avantage. Dans les Pays coutumiers les <i>aînés</i> nobles ont le principal fief ou manoir par préciput, ou le vol du chapon. Les <i>aînés</i> portent les armes pleines : &amp; les cadets sont obligés de les briser pour la distinction des branches.</p><p>Ce mot vient de <i>ains né</i>, comme qui diroit, <i>né auparavant,</i> par opposition à <i>puisné.</i> Nicod. Ménage le dérive de <i>ante natus</i>. On appelloit autrefois <i>maisné,</i> le cadet ou le dernier né des enfans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1118" id="2" type="">
   <index type="head" value="AÎNÉ, ÉE" />
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    <head>AÎNÉ, ÉE</head>
    <p>
    Aîné , se dit aussi des autres enfans par subordination. Le second est <i>aîné</i> du troisième, le troisième du quatrième, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1118" id="3" type="">
   <index type="head" value="AÎNÉ, ÉE" />
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    <head>AÎNÉ, ÉE</head>
    <p>
    Aîné , se dit aussi du plus avancé en âge comparé à un plus jeune. <i>Major, natu major.</i> Il est mon <i>aîné,</i> mon doyen de plus de sept ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1118" id="4" type="">
   <index type="head" value="AÎNÉ, ÉE" />
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    <head>AÎNÉ, ÉE</head>
    <p>
    Aîné , se dit aussi en choses morales. Le Roi très-Chrétien est le Fils <i>aîné</i> de l'Eglise. <i>Filius Ecclesiae primogenitus.</i> L'Université de Paris se dit la Fille <i>aînée</i> du Roi. De ces deux Métropoles l'une est l'<i>aînée,</i> &amp; l'autre la cadette ; c'est-à-dire, l'une est fondée devant l'autre.</p><p>En la Coutume de Normandie, on appelle Rente <i>aînée</i> celle qui est la première en date.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1119" id="1" type="">
   <index type="head" value="AÎNESSE" />
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    <head>AÎNESSE</head>
    <p>
    AÎNESSE , s. f. Primogéniture, qualité de ce qui fait un aîné, &amp; le droit que cette qualité lui donne. <i>Natalium inter fratres praerogativa.</i> L'<i>aînesse</i> est un grand avantage. Le droit d'<i>aînesse</i> est reconnu par tout, &amp; particulièrement chez les Nobles. Esaü vendit son droit d'<i>aînesse</i> pour une écuelée de lentilles. Il semble que le droit d'<i>aînesse</i> est une prérogative injuste, &amp; contraire au droit naturel ; car puisque la naissance seule donne aux enfans le droit de prétendre à la succession paternelle, le hasard de la primogéniture ne doit point mettre d'inégalité entre-eux. Aussi le droit d'<i>aînesse</i> qui appelle l'aîné par préférence à la couronne, s'est-il introduit fort tard en France. Il n'étoit point connu sous les Rois de la première Race, ni même de la seconde. Les quatre enfans de Clovis partagerent également le Royaume. Louis le Debonnaire divisa aussi l'Empire en quatre portions, qu'il donna à ses quatre fils. Apparemment ce n'est que sous la race de Hugues Capet, que la prérogative de la succession à la couronne fut affectée à l'<i>aîné.</i> La prérogative du temps est un droit d'<i>aînesse</i> que la nature nous oblige de reconnoître. Patr. Il n'est pas permis aux Pères, ni aux Mères d'y déroger directement, ni indirectement. Cette prérogative est inviolablement observée parmi toutes les nations, ensuite de ce qui est dit au Deut. XXI. 15. &amp; au II. Paral. XXI. 3. Des-Roch. Voyez encore Gen. XXV. 31. XLIX. 3. Du Moul. <i>in Cons. Par.</i> §. 8. q. 3. n. 24. <i>Aînesse</i> &amp; primogéniture sont quelquefois deux choses différentes : la primogéniture est un titre que la nature établit, &amp; que la naissance fixe ; l'<i>aînesse</i> est un droit que la loi donne &amp; que la coutume étend. En France on a étendu le droit de primogéniture, car après la mort du premier né, le second lui succède au droit d'<i>aînesse,</i> de sorte que ce droit passe toujours à celui des frères qui est le plus âgé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1120" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIN-MIRIAM" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AIN-MIRIAM</head>
    <p>
    AIN-MIRIAM , ou MARIAM. <i>Fontaine de Marie.</i> C'est une source de bonne eau proche de Jérusalem, à 200. pas de Siloé vers le Septentrion, sous une voûte qui est au pied du mont, qu'on prétend être le mont Moria. On lui a donné ce nom, parce qu'on suppose que quand la Sainte Vierge étoit à Jérusalem, elle y alloit comme les autres femmes, prendre de l'eau, ou laver son linge, &amp; les hardes de sa maison. Voyez le P. Roger dans sa <i>Terre-Sainte,</i> Liv. I. p. 161.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1121" id="1" type="">
   <index type="head" value="AINS, AINÇOIS" />
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    <head>AINS, AINÇOIS</head>
    <p>
    AINS, AINÇOIS , adv. Ce sont de vieux mots qui signifioient autrefois <i>Mais. At, sed.</i> On dit encore dans le burlesque, <i>Ains au contraire,</i> pour dire, <i>Tout au rebours.</i> Ce mot vient de l'Italien <i>anzi</i>, qui a été fait de <i>ante.</i> Ménage. D'autres le dérivent du Grec , ou du Latin <i>ast</i> ; parce que c'est un terme correctif qui marque quelque objection, ou quelque chose de contraire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1122" id="1" type="">
   <index type="head" value="AINS" />
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    <head>AINS</head>
    <p>
    AINS , subst. masc. <i>Ens, Indus, Indis, Danus, Idanus.</i> C'est le nom d'une petite rivière de France dans la Bresse &amp; le Bugey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1123" id="1" type="">
   <index type="head" value="AINSI" />
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    <head>AINSI</head>
    <p>
    AINSI , adv. Qui signifie, de même, comme. <i>Ità, sic.</i> Par exemple, Cela est <i>ainsi</i> que vous l'avez dit. Quand on eut fait silence, l'Orateur parla <i>ainsi.</i> On répond plusieurs requêtes avec cette formule, Soit fait <i>ainsi</i> qu'il est requis. La guerre a ses faveurs <i>ainsi</i> que ses disgraces. Racine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1123" id="2" type="">
   <index type="head" value="AINSI" />
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    <head>AINSI</head>
    <p>
    Ainsi , sert particulièrement aux deux membres de la comparaison. <i>Quemadmodum, Ità. Ainsi</i> que le hibou craint le soleil, <i>ainsi</i> le pécheur fuit la lumière. On disoit autrefois, Tout <i>ainsi</i> comme, par <i>ainsi,</i> comme <i>ainsi</i> soit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1123" id="3" type="">
   <index type="head" value="AINSI" />
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    <head>AINSI</head>
    <p>
    Ainsi soit-il , <i>Amen.</i> C'est un souhait que l'on fait à la fin de toutes les prières, ou quand quelqu'un fait espérer à un autre quelque chose qui sera avantageux. <i>Utinam.</i> Desmarests a dit,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1124" id="1" type="">
   <index type="head" value="AINSNÉ, ÉE" />
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    <head>AINSNÉ, ÉE</head>
    <p>
    AINSNÉ, ÉE , s. m. &amp; f. On disoit autrefois <i>Ainsné,</i> pour dire, l'<i>Aisné,</i> celui qui est né avant les autres. <i>Natu prior,</i> comme on disoit <i>Maisné,</i> pour dire <i>Puisné.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1125" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIN-TOGIAR" />
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    <head>AIN-TOGIAR</head>
    <p>
    AIN-TOGIAR , s. Nom d'un lieu dans la Terre-Sainte, ainsi appellé, parce qu'il y a une fontaine, auprès de laquelle se tient tous les Mardis une Foire ; car ce nom est composé de <i>ain,</i> fontaine, &amp; de <i>tagara,</i> qui en Arabe signifie <i>commencer.</i> Il est à une petite lieue du mont Thabor à l'Orient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1126" id="1" type="">
   <index type="head" value="AINZ" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AINZ</head>
    <p>
    AINZ . Borel dans ses recherches cite ces paroles de Villehardouin, qui <i>ainz ainz,</i> qui mielx ; &amp; il les explique ainsi, à qui mieux mieux. <i>Certatim.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1127" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJO" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>AJO</head>
    <p>
    AJO , s. m. Les Bouquetières de Paris appellent de ce nom une sorte de fleur jaune, qui vient en Janvier, qui dure presque jusqu'à Pâque, &amp; qui est un Narcisse jaune &amp; simple. Ces <i>ajos</i> sont fort jolis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1128" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJOUIL" />
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    <head>AJOUIL</head>
    <p>
    AJOUIL . <i>Aigulphus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AOU">AOU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1129" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="AJOURÉ" />
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    <head>AJOURÉ</head>
    <p>
    AJOURÉ , adj. Terme de Blason , qui se dit des pièces qui sont percées, &amp; à jour. <i>Perforatus.</i> On le dit d'un chef crénelé dont les crénaux sont remplis d'une autre couleur que le champ. On le dit aussi des jours d'une tour &amp; d'une maison, quand ils sont d'un autre émail ; mais il se dit particulièrement de l'ouverture du chef, soit qu'elle soit ronde, quarrée, ou en croissant, pourvû qu'elle touche le bout de l'écu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1130" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJOURNEMENT" />
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    <head>AJOURNEMENT</head>
    <p>
    AJOURNEMENT , s. m. Assignation, ou exploit qu'on donne à quelqu'un pour comparoître en justice à un certain jour, &amp; répondre sur quelque demande qu'on fait contre lui. <i>Vadimonti denunciatio, in jus vocatio.</i> Les <i>ajournemens</i> qu'on fait en Cour Souveraine, ou aux Requêtes du Palais, se font en vertu d'un mandement, ou d'une commission du Sceau ; mais les <i>ajournemens</i> qui se donnent devant les Juges subalternes se font par un simple exploit. Un <i>ajournement</i> se doit signifier à la personne, ou au domicile. Par l'Ordonnance de 1667. les <i>ajournemens</i> des étrangers se feront à l'hôtel du Procureur Général du Parlement, où ressortiront les appellations du Juge devant lequel ces étrangers <pb n="135" facs="bpt6k8542165/f175/full/1200,/0/native.jpg"/>absens, &amp; hors du Royaume, seront assignés. Avant cette Ordonnance on les assignoit sur la frontière. Les <i>ajournemens</i> doivent être libellés, &amp; contenir la demande, le nom, &amp; le domicile du demandeur, celui du Sergent, &amp; le nom de celui à qui l'exploit a été laissé. Enfin, l'exploit d'<i>ajournement</i> doit être contrôlé dans trois, jours après la date. Les autres formalités des <i>ajournemens</i> sont réglées par le second titre du Code-Louis ; c'est-à-dire, de l'Ordonnance de 1667. <i>Ajournement</i> personnel en matière criminelle, est une Ordonnance, ou Sentence du Juge, par laquelle il est enjoint à l'accusé de comparoître en personne <i>Vadimonii per se obeundi denuntiatio.</i> On décerne seulement un <i>ajournement</i> personnel, quand le crime n'est point capital, &amp; n'emporte ni peine afflictive, ni peine infamante. Cependant si l'accusé est Officier, il demeure interdit des fonctions de sa Charge par le seul <i>ajournement</i> personnel. Si celui contre lequel il y a <i>ajournement</i> personnel, ne comparoît point dans le temps qui lui est marqué par l'assignation, le Juge convertit le decret d'<i>ajournement</i> personnel, en decret de prise de corps. Autrefois il y avoit certaine forme &amp; solennité pour <i>ajourner</i> un Pair de France, un Prince, un Prélat, un Seigneur, un Gentilhomme, à cause de leur révérence &amp; autorité. Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1130" id="2" type="">
   <index type="head" value="AJOURNEMENT" />
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    <head>AJOURNEMENT</head>
    <p>
    Ajournement , se dit figurément des avertissemens qui nous font souvenir de la mort, &amp; des jugemens de Dieu. Malgré tant d'<i>ajournemens</i> subits devant le tribunal divin, dont nous sommes témoins, nous vivons avec sécurité, sur la périlleuse espérance d'un temps de préparation, qui peut-être ne nous sera jamais donné. Le P. Gail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1131" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJOURNER" />
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    <head>AJOURNER</head>
    <p>
    AJOURNER , v. act. Assigner quelqu'un pour comparoître en justice, &amp; défendre à quelque demande qu'on fait contre lui. <i>Diem dare, dicere.</i> Il a été <i>ajourné</i> à quinzaine, au mois, au Parlement, au Conseil. On n'<i>ajourne</i> point les témoins pour déposer ; on ne fait que les assigner : &amp; en Cour Ecclésiastique on doit <i>citer.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>adjurnare,</i> comme qui diroit, <i>diem dicere,</i> qui se trouve en cette signification dans les Capitulaires. Il signifioit anciennement, que le jour étoit venu ; nous en avons perdu la naiveté pour la tourner en chicane. Pasq.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1131" id="2" type="">
   <index type="head" value="AJOURNER" />
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    <head>AJOURNER</head>
    <p>
    Ajourner <i>à trois briefs jours,</i> c'est crier à son de trompe, ou à cri public, qu'il y a un decret contre quelqu'un, après qu'on a fait perquisition de sa personne, afin qu'il ait à comparoître dans les trois jours en justice : à faute de quoi on lui doit faire son procès par contumace.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1131" id="3" type="">
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    <head>AJOURNER</head>
    <p>
    Ajourner , vouloit encore dire autrefois, se faire jour ; il est employé en cette signification dans Perceval, le Roman d'Alexandre &amp; Pasquier ; &amp; dans le Roman de Pepin <i>ajourner</i> veut dire, que le jour ou l'aurore commencent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1132" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJOÛTER" />
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    <head>AJOÛTER</head>
    <p>
    AJOÛTER , v. act. Joindre quelque chose à un autre, l'amplifier. <i>Addere, adjungere.</i> On a <i>ajoûté</i> quatre Compagnies à ce Régiment. On voit dans ce lieu tout ce que l'art peut <i>ajoûter</i> à la nature sans la gâter. M. Sc. Il faut <i>ajoûter</i> ces trois sommes ensemble. Il <i>ajoûte</i> crime sur crime. Les arts se perfectionnent par le temps, parce que l'on <i>ajoûte</i> toujours à la première invention, &amp; aux premiers efforts de l'esprit. S. Evr. La splendeur des Grands <i>ajoûte</i> à notre propre misère le poids du bonheur d'autrui. La Br. Ce passage a été <i>ajoûté</i> à ce Livre ; pour dire, il n'est pas dans l'Original. On ne peut rien <i>ajoûter</i> à sa débonnaireté ; c'est-à-dire, qu'elle est extraordinaire. Il y en a qui <i>ajoûtent</i> à la gloire de leurs ancêtres, une gloire qui leur est propre. Du R.</p><p>Nicod dérive ce mot de <i>ad,</i> &amp; de <i>juxtà,</i> ou d'<i>adjungo.</i></p><p>On dit quelquefois, pour faire un transition à une dernière raison : <i>Ajoûtez</i> à cela que, &amp;c. Je n'<i>ajoûte</i> qu'un mot ; je finis. On dit aussi simplement, Vous <i>ajoûtez</i> ; pour dire, Vous y mettez ce qui n'y est pas ; vous dites plus qu'il n'v en a. Je n'<i>ajoûte</i> rien ; c'est-à-dire, je rapporte les choses de bonne foi, je n'<i>ajoûte</i> rien à la vérité. Il n'y a rien à <i>ajoûter</i> à ce que vous dites, à ce que vous faites ; pour dire, Vous parlez &amp; vous agissez parfaitement bien.</p><p><i>Ajoûter</i> créance, <i>ajoûter</i> foi à quelqu'un ; c'est-à-dire, Croire son témoignage, s'y confier. <i>Fidem habere, adjungere.</i> Toutes les sentences finissent ainsi : Et afin que foi soit <i>ajoûtée</i> aux présentes, nous y avons fait apposer notre scel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1133" id="1" type="geometrie">
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    <head>AJOÛTÉE</head>
    <p>
    AJOÛTÉE , s. f. En termes de Géométrie , est une ligne prolongée, &amp; à laquelle on ajoûte quelque chose. <i>Adjuncta.</i> Ainsi c'est un axiome, que si à des grandeurs égales, on ajoute des grandeurs inégales, l'excès de toutes sera le même, que l'excès des <i>ajoûtées.</i> Roh. C'est un autre axiome, que si une grandeur est double d'une autre, &amp; l'<i>ajoûtée</i> de l'<i>ajoûtée,</i> le tout sera double du tout. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1134" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJOUTRE" />
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    <head>AJOUTRE</head>
    <p>
    AJOUTRE , s. m. &amp; nom propre. <i>Adjutor.</i> Saint Adjuteur, que le Peuple appelle vulgairement S. <i>Ajoutre,</i> &amp; en quelques endroits S. Ustre, s'étant croisé avec la Noblesse Françoise, il alla à la Guerre Sainte contre les Sarrazins, commandant une Compagnie de 200. hommes. Baill. Ce nom s'est formé du Latin, &amp; signifie, celui qui aide, qui secourt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1135" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIPLOMAY" />
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    <head>AIPLOMAY</head>
    <p>
    AIPLOMAY , s. m. Nom propre d'homme : <i>Appollinaris.</i> C'est ainsi que dans le Diocèse de Valence le Vulgaire appelle par corruption, S. Apollinaire Evèque de cette Ville. Baill. 5e <i>Oct.</i> Il ne faut point appeller ainsi les autres Saints de même nom, l'usage n'a point corrompu leur nom de même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1136" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="AIR" />
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    <head>AIR</head>
    <p>
    AIR , s. m. Elément, matière liquide &amp; transparente, qui environne le globe terrestre, la mer &amp; la terre, &amp; qui sert à la respiration. <i>Aer.</i> Ce mot <i>air,</i> vient du Latin <i>aër,</i> qui signifie la même chose, &amp; qui s'est formé du Grec , qui est aussi la même chose ; mais sur l'origine duquel les opinions sont partagées, même parmi les Grecs. Platon en rapporte trois : la première le fait venir d', <i>tollo,</i> j'emporte, <i>quia</i> , il emporte, il enlève ce qui est sur la terre. La seconde de <i>toujours,</i> &amp; <i>je coule</i> ; parce que l'<i>air</i> est toujours fluide ; &amp; la troisième de encore, mais parce que c'est sa fluidité &amp; son mouvement qui fait le vent. Un vieux Lexique le tire de l'<i>a</i> privatif, &amp; de <i>je vois :</i> Henri Etienne a trouvé cette étymologie très-fausse ; Constantin ne l'a point méprisée. Pour la confirmer il dit, ce qui est vrai, que l'<i>air</i> n'a point de lumière de lui-même, qu'il n'est éclairé que par les astres ; que se prend souvent chez les Grecs pour les ténèbres. Cela est encore certain ; on peut le voir dans Hésiode, dans Théocrite, &amp;c. D'autres en plus grand nombre le dérivent de, <i>flo,</i> je <i>soufle,</i> &amp; Henri Etienne d', qui a la même signification. Mais dans ce sentiment on ne sait d'où vient le , dernière lettre d'. J'aimerois mieux le faire venir de , en sorte qu'il signifiât une chose légère, qui s'élève au dessus des autres ; ou peut-être de l'Hébreu <i>lumière,</i> parce que de tous les corps, c'est celui qui reçoit le plus la lumière, &amp; qu'il nous la transmet. De plus, s'est dit des influences des nuées, de la pluie, des exhalaisons, comme les Hébreux le prétendent sur Job XXXIII. 11. 21. &amp; XXXIV. 30. &amp; Ps. CXXXVIII. 11. Il a bien pû se prendre aussi pour l'<i>air,</i> sur tout en passant dans une autre langue. Le P. Pezron prétend, mais sans preuves, dans <i>l'Ant. de Celt.</i> qu'<i>aer</i> est un ancien mot Celtique, duquel vient le Grec , le Latin <i>aer,</i> &amp; le François <i>air.</i> On dit <i>air</i> natal, <i>air</i> grossier, <i>air</i> tempéré, <i>air</i> subtil, <i>air</i> serein, <i>air</i> étouffé. L'<i>air</i> se divise en basse, en moyenne, &amp; en suprême région. La région basse, ou inférieure de l'<i>air,</i> est celle que nous habitons ; &amp; que l'on borne par la réflexion des rayons du soleil. Elle est tantôt froide, tantôt chaude, suivant la diversité des climats, &amp; des saisons. La moyenne région de l'<i>air,</i> est l'espace d'<i>air</i> depuis le sommet des plus hautes montagnes, jusqu'à la basse région de l'<i>air</i> que nous respirons. Elle est froide &amp; humide, à cause des vapeurs, &amp; des exhalaisons que le soleil y élève. La région supérieure de l'<i>air,</i> est celle qui s'étend depuis la cime des montagnes jusqu'au terme de l'atmosphère. Elle est plus pure, plus rare, &amp; plus légère que les autres. L'<i>air</i> diffère de la matière éthérée entr'autres choses, dit Mr Harris, en ce que les rayons de la lune, &amp; des astres supérieurs, souffrent une réfraction en y entrant, ce qui n'arrive pas dans la matière éthérée. Et en effet comment feroit-elle une réfraction ; puisque les astres nagent dans cette matière ? Mr Hook, dans sa Micrologie pag. 13. semble croire que l'<i>air</i> n'est autre chose qu'une espèce de teinture &amp; de dissolution des parties terrestres &amp; aqueuses, agitées par la matière éthérée ; &amp; il suppose que ces parties sont de la nature du sel. Les Anciens n'ont point connu la pesanteur de l'<i>air.</i> On la <pb n="136" facs="bpt6k8542165/f176/full/1200,/0/native.jpg"/>connoît par le Baromètre, sa chaleur par le Thermomètre, sa sécheresse par l'Hygromètre.</p><p>C'est Galilée qui a le premier découvert la pesanteur de l'<i>air,</i> &amp; qui l'inféra de ce que l'eau s'arrête &amp; demeure suspendue dans les pompes à 34. ou 35. pieds. Après lui Torricelli continua de prouver la même chose par de nouvelles expériences. Mr Boyle, après des expériences réiterées, a avancé que la pesanteur de l'<i>air</i> est à l'eau comme 1000. est à 1. Mr Hallay, dans les Transactions Philosophiques, N. 181. dit, que selon plusieurs expériences la pesanteur spécifique de l'<i>air</i> proche de la surface de la terre, est à celle de l'eau, comme 1. à 840. comme 1. à 852. comme 1. à 960. &amp; qu'il l'a ainsi conclu de plusieurs expériences, le mercure s'arrêtant toutes ces fois-là environ à 29. pouces 34 ; mais parce que ces expériences ont toutes été faites en Eté, &amp; que conséquemment l'<i>air</i> étoit raréfié, il croit que l'on peut dire sans crainte de se tromper sensiblement, que le mercure demeure suspendu à la hauteur de 30. pouces, &amp; que dans un temps mitoyen, entre la chaleur &amp; le froid, la pesanteur spécifique de l'<i>air</i> est à l'eau comme 1. à 800. Ainsi puisque le mercure est à l'eau comme 13. 12 est à 1, le mercure doit être à l'<i>air</i> comme 10800. est à 1. &amp; une colonne d'<i>air</i> de 10800. pouces, est égale à 1. pouce de mercure. Et si l'<i>air</i> étoit par-tout également dense, ou également comprimé, la hauteur de l'athmosphère ne devroit pas être moindre de 5. milles &amp; 310 de mille ; &amp; si on élevoit le baromètre au-dessus de la surface de la terre, à chaque 900. pied, le mercure devroit descendre d'un pouce ; mais parce que l'<i>air</i> n'est pas également comprimé par tout, il s'ensuit que l'athmosphère a plus de 5. milles de hauteur. On a trouvé l'invention de pomper l'<i>air</i> pour faire du vuide, par la machine de Mr Boyle. Mr Mariotte, dans ses <i>Essais de Physique,</i> dit, que l'<i>air</i> se peut dilater plus de quatre mille fois davantage qu'il n'est auprès de la terre, avant que d'être dans sa dilatation naturelle, telle qu'il l'a au haut de l'athmosphère ; ou il n'est chargé d'aucun poids. Sa hauteur, suivant son calcul, ne va guère qu'à 20. lieues ; &amp; elle n'iroit pas à 30. quand il seroit huit millions de fois plus raréfié que celui qui est près de la terre. Voyez cependant ce qu'on va dire à cet égard peu après dans ce même article sur d'autres observations. Le même Mariotte prétend que l'<i>air</i> est bleu, contre l'opinion de plusieurs qui le croient sans couleur. Quelques-uns soutiennent que l'<i>air</i> des lieux souterrains n'est pas effectivement plus froid en Eté, mais qu'il paroît seulement tel en comparaison du dehors, qui est beaucoup plus chaud. On infère de la pesanteur de l'<i>air,</i> que la terre est autant comprimée par l'<i>air</i> qui l'environne, que si elle étoit par-tout couverte d'eau à la hauteur de 31. pieds. Borelli dit, que l'<i>air</i> est composé de corpuscules, ou petites lames dures, flexibles, capables de ressort, &amp; qui faisant plusieurs tours en ligne spirale, forment la figure d'un cylindre creux.</p><p>Mr Harris croit que l'<i>air</i> est composé de trois différentes espèces de corpuscules. Les premiers y sont envoyés par forme d'exhalaisons, ou vapeurs, de la terre, de la mer, de tous les corps des animaux, des végétaux, &amp; des minéraux par le moyen du soleil, ou de la chaleur souterraine. La seconde espèce sont des parties encore plus subtiles, qui y sont envoyées par les corps célestes, &amp; par les ruisseaux de la matière magnétique qui sort de la terre, &amp; de l'eau. La troisième espèce mérite peut-être plus proprement le nom d'<i>air,</i> étant les parties propres &amp; spéciales de <i>l'air,</i> pris dans sa signification étroite. Ce sont des corpuscules qui ont une vertu élastique, constante &amp; permanente ; car cette vertu, dit-il, est une propriété essentielle de l'<i>air,</i> qui ne convient aux autres liquides qu'autant qu'ils participent de l'<i>air,</i> ou qu'ils renferment des parties d'<i>air.</i> Il est donc probable, continue-t-il, que notre <i>air</i> est composé ou abonde de parties, dont la nature est de se rétablir d'elles-mêmes autant qu'elles le peuvent dans leur premier état, en s'étendant quand elles ont été comprimées. Suivant les expériences communes la pesanteur de l'<i>air,</i> proche de la superficie de la terre, est à peu près à l'égard de l'eau, ce qu'un est à 800. mais les altérations qui arrivent dans l'<i>air,</i> font qu'il pese ou plus, ou moins, sur la surface de la terre. Quelquefois le poids de toute l'athmosphère est balancé par 28. pouces de vif argent, &amp; quelquefois par 30. Outre cela le froid &amp; le chaud dilatent, ou compriment l'<i>air,</i> &amp; par conséquent en changent la pesanteur. Deplus les exhaisons des parties insensibles, qui s'échapent presque de tous les corps, &amp; qui demeurent suspendues en l'<i>air,</i> en augmentent la pesanteur. Sur ce pied-là, si l'<i>air</i> étoit également condensé, toute l'athsmophère n'auroit guère plus de cinq lieues de hauteur. Mais comme les Parties supérieures de l'<i>air</i> sont beaucoup plus raréfiées que les inférieures, chaque espace qui répond à un pouce de vif-argent, &amp; qui est de 900. pieds d'<i>air,</i> s'augmente aussi, en sorte que la hauteur de l'athmosphère devient beaucoup plus grande. En effet, on suppute qu'à la hauteur de 41. lieues l'<i>air</i> est si raréfié, qu'il occupe une espace 3000. fois plus grand qu'ici. Il est probable qu'il n'y a aucune partie de l'athmosphère qui soit élevée plus de 45. lieues sur la superficie de la terre. Borelli a encore observé, que bien que l'<i>air</i> remplisse naturellement beaucoup de place, il peut être réduit à un petit espace ; que dans une grande condensation, telle que dans les arquebuses à vent, le lieu qu'il occupe est différent de l'ordinaire d'un à 2000. &amp; ce resserrement est la cause que l'effort qu'il fait pour se remettre dans son état naturel, est si violent. Mr. Boyle, dans son Traité sur l'admirable raréfaction de l'<i>air,</i> dit, que l'<i>air</i> peut occuper 52000. fois plus d'espace qu'il ne fait ordinairement ; il ajoûte que par des expériences incontestables, il a trouvé que la même quantité d'<i>air</i> mise dans le récipient en l'état où le met la seule pression de l'athmosphère, &amp; sans le secours d'aucune chaleur étrangère, pour augmenter son ressort, pourra occuper 13000. fois plus d'espace qu'il ne fait dans son état naturel. Le même Mr Boyle croit que l'espace qu'occupe l'<i>air</i> comprimé, est toujours en proportion réciproque avec la force qui le comprime. Voyez ce qu'en infère Gregory Astron. pag. 401. Il n'est pas aisé d'expliquer comment il faut que les particules de l'<i>air</i> soient formées, pour être capables d'une si grande raréfaction, &amp; d'une si grande condensation. M. Harris croit cependant qu'on peut assez aisément concevoir cette prodigieuse compression &amp; dilatation de l'<i>air,</i> si l'on suppose que chaque particule élastique de l'<i>air</i> est entortillée autour de son propre axe, comme le ressort d'une montre, ou comme un rouleau de ruban. Car si cela est, les parties de chaque rouleau doivent faire effort pour s'éloigner par leur propre mouvement de leur axe, &amp; l'effort doit être plus ou moins grand, à proportion de la vîtesse de leur mouvement ; &amp; elles se mettroient en liberté, &amp; s'étendroient de toute leur longueur, si elles n'en étoient pas empêchées par les particules semblables qui les environnent. Mais si elles étoient une fois délivrées de ce poids extérieur qui les comprime, alors elles se développeroient d'elles-mêmes, &amp; par leur propre ressort, &amp; étendroient leur rouleau, ou leur cercle, à un espace immense. C'est pour cela qu'une vessie où l'on n'a laissé que très-peu d'<i>air</i> s'enfle dans le récipient jusqu'à se briser,</p><p>Par la même raison, continue-t'il, il est aisé de concevoir comment la chaleur peut causer une raréfaction dans l'<i>air.</i> Car le mouvement rapide des parties calorifiques, doit nécessairement mettre en mouvement celles de l'<i>air,</i> &amp; faire par ce moyen qu'elles s'efforcent plus de s'éloigner de l'axe de leur mouvement, &amp; conséquemment de se dévider, de se dérouler davantage, &amp; d'occuper un plus grand espace ; &amp; en étendant leur ressort, il faut qu'elles pressent &amp; poussent les autres corps, &amp; qu'elles s'en débarrassent &amp; s'en séparent. Reyer, dans une dissertation sur l'<i>air,</i> donne aussi des parties spirales &amp; serpentines aux parties de cet élement.</p><p>Monconis, Tom. II. p. 33. parle d'un Anglois, nommé Dredel, qui savoit extraire un esprit subtil de l'<i>air,</i> qui répandu dans un <i>air</i> grossier qu'on n'eût pû respirer, faisoit tomber en bas les parties grossières, &amp; le rendoit ainsi propres à la respiration. Il parle aussi d'un Italien, Jesuite, à ce qu'il croit, qui faisoit vivre des enfans tant qu'il vouloit sans qu'ils respirassent. Cela sent bien la fable. Voyez le même Auteur, <i>Ibid. pag.</i> 40. où il parle plus en détail du secret de Dredel. La même, pag. 69. il est parlé d'une machine par laquelle un homme puisse aller au fond de la mer, au moins à 60. brasses, &amp; qui lui fournira l'<i>air</i> nécessaire pour respirer, pourvu qu'il ne s'y comprime pas trop.</p><p>On dit prendre l'<i>air,</i> pour dire, Se promener : Changer d'air, Aller en un lieu éloigné, ou bien découvert. On dit, Donner de l'<i>air</i> à un tonneau. Prendre l'<i>air</i> du feu ; pour dire, Se chauffer légèrement. On dit encore, qu'un homme a <pb n="137" facs="bpt6k8542165/f177/full/1200,/0/native.jpg"/>pris du mauvais <i>air,</i> quand il a été en un lieu où il a pris la peste. On dit que nous vivons d'<i>air</i> autant que de ce que nous mangeons. Quelques Médecins prétendent que non-seulement il entre dans nos corps avec les alimens, &amp; par la respiration, mais encore qu'il s'y insinue par les pores, &amp; par la même voie par laquelle se fait la transpiration.</p><p>Lorsque l'<i>air</i> est corrompu, on le purifie en brûlant du romarin, du genèvre, du cyprès, du laurier, du serment de vigne, du bois d'aloës autres semblables. Il y a des plantes qu'il faut rejetter, comme le noyer, le figuier, le choux, l'hièble &amp; la rue. Chom. Voyez les Règlemens pour la salubrité de l'<i>air</i> dans le <i>Traité de la Police,</i> de Mr de la Marre, Liv. IV. tit. II. ch. 1. &amp; suiv.</p><p>Le P. d'Acosta, Hist. des Indes, Liv. III. ch. 9. dit, qu'il y a au Pérou, une montagne si haute, que quand il fut à un certain endroit il fut saisi d'un étouffement mortel ; qu'il eut ensuite des vomissemens violens, jusqu'à rendre le sang, &amp; que cela dura trois ou quatre heures, jusqu'à ce qu'il fut arrivé à un endroit plus bas, plus tempéré, &amp; où l'<i>air</i> fut moins subtil. Tous les autres de sa compagnie furent incommodés de même, lui demandant à se confesser, parce qu'ils croyoient être à l'article de la mort. Un sur-tout se jetta par terre, en criant comme un furieux des douleurs qu'il souffroit. Cette montagne s'appelle Pariacata. Ce passage ne coûte cependant ordinairement que de grands vomissemens. Il dit encore, que dans le chemin qui va du Pérou au Chili par les montagnes, il y a des déserts où l'<i>air</i> a des qualités si mauvaises, qu'il tue les gens en un moment ; qu'il y est péri bien des Espagnols ; &amp; que ceux qui ont été assez heureux pour échaper en sont revenus estropiés, les doigts des pieds &amp; des mains leur étant tombés ; que ce même <i>air</i> conserve les corps morts, &amp; que long-temps après on en a trouvé de tout entiers sans corruption. C'est le froid excessif de l'<i>air</i> qui produit ces effets.</p><p>En termes de Jardinage , un arbre en plein <i>air,</i> c'est un arbre qui a une tige de six pieds, parce qu'il jouit pleinement de l'<i>air,</i> sans qu'aucun mur l'en puisse empêcher. Liger.</p><p>En termes de Poësie on dit les plaines de l'<i>air,</i> les campagnes de <i>l'air. Aura, coelum.</i> Ganimède fut enlevé dans les <i>airs.</i> Junon est la Déesse de l'<i>air.</i> Quoique les Poëtes disent, voler dans les <i>airs,</i> régulièrement l'<i>air</i> n'a point de pluriel en prose. Menag.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , ou Aire de vent, terme de Marine , signifie un des 32. vents que l'on marque sur la boussole. <i>Ventus, venti regio, trames.</i> Il signifie aussi la route que fait le vaisseau en suivant un de ces 32. vents. <i>Navis trames, via.</i> On l'appelle aussi <i>Rumb,</i> parce que les figures qui marquent les vents sur la Boussole, sont faites en lozanges. Au reste, on ne dit point <i>air</i> ; mais <i>aire</i> de vent, <i>area venti,</i> qui cependant n'est pas Latin dans ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AIR" />
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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , signifie aussi, Souffle, vent, haleine. <i>Spiritus, Halitus, Aura.</i> Le vent est défini par les Philosophes, un <i>air</i> agité. Il faut donner de l'<i>air</i> à ce feu, si on veut qu'il brûle. Il fait un <i>air</i> doux, un <i>air</i> étouffant, un <i>air</i> frais.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AIR" />
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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , se dit figurément des choses morales : L'<i>air</i> du monde est infecté, &amp; fait presque toujours des impressions malignes sur les personnes d'une profession retirée, aussi-tôt qu'elles le respirent. Ab. de la Tr. Le seul <i>air</i> du monde est si dangereux, que les ames les plus innocentes, &amp; les plus vigoureuses, ont peine à se défendre de ses impressions. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , se dit encore figurément en Morale des choses qui n'ont pas de vérité, ou de fondement solide. <i>Falsò, nequidquam, frustrà.</i> Ainsi on dit, Donner un exploit en l'<i>air</i> ; pour dire, ne le point donner du tout. Faire des conjectures en l'<i>air.</i> On dit aussi, Parler en l'<i>air,</i> c'est alléguer un fait sans preuve, ou sans montrer la charge ou le pouvoir qu'on a de parler ainsi.</p><p>On dit aussi qu'un homme bat l'<i>air</i> ; pour dire, qu'il travaille inutilement, ou qu'il dit plusieurs choses vaines, qui ne vont point au but. Cet Orateur a battu l'<i>air</i> pendant un quart d'heure, après quoi il est venu un peu plus au fait. Qu'il tire en l'<i>air,</i> pour dire, qu'il hable, qu'il se vante, qu'il ment. Ce sont des promesses, des desseins eu l'<i>air,</i> des contes en l'<i>air</i> ; pour dire, qui sont sans fondement, sans solidité, qui ne réussiront point.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , en termes de Musique , est un chant composé de sons, de temps, &amp; de mesures, pour témoigner de la joie, de la tristesse, ou quelqu'autre passion. <i>Cantilena, canticum.</i> Un <i>air</i> signifie en général, la mélodie, &amp; l'inflexion d'une pièce de Musique. On les appelle ainsi, parce qu'ils proviennent de divers mouvemens de l'<i>air.</i> Voilà un bel <i>air,</i> une belle composition de Musique : ce qui se dit, soit qu'on l'applique à des paroles pour chanter, soit qu'on le mette seulement sur les instrumens, comme, un <i>air</i> de Cour, un <i>air</i> de Ballet, un <i>air</i> à boire. On a mis cet <i>air</i> sur le luth. Un <i>air</i> de trompettes. Les <i>airs</i> de Boisset, de Lambert, de Lully.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , signifie encore, L'apparence extérieure. <i>Habitus, figura &amp; conformatio corporis.</i> Il est des gens du bel <i>air.</i> Il a l'<i>air</i> de pédant, de campagnard. Il a l'<i>air</i> provincial, il a bon <i>air,</i> bonne grace à parler, à danser. Le Prince marchoit d'un <i>air</i> superbe, majestueux, &amp; témoignoit par ses regards assurés que son ame étoit libre de crainte. M. Scud. Les Allemans disent <i>ardt</i> en la même signification. Borel, dit que le mot <i>air</i> autrefois signifioit aussi <i>colère,</i> &amp; il cite ces vers du Roman de Perceval.</p><p>Et ailleurs,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , signifie aussi manière ; façon de parler ou d'agir. <i>Agendi, loquendi ratio, Mores.</i> Il vit d'un <i>air</i> à se faire bien des amis, ou des ennemis. Il a l'<i>air</i> bas, l'<i>air</i> dédaigneux. Ce que vous me rapportez qu'il a dit, a bien de son <i>air,</i> de son style. Il a bien l'<i>air</i> d'être du complot. Je vis d'un <i>air</i> dans le monde à ne rien craindre. Mol. Vous verrez de quel <i>air</i> la nature a dessiné sa personne. Id. Un <i>air</i> trop libre ne sied pas bien à une femme. Un <i>air</i> un peu haut &amp; un peu dédaigneux ne déplaît point en une belle personne. M. Scud. Vous prenez un faux <i>air,</i> une sorte hauteur. Boil. Un <i>air</i> de maître, &amp; de pédagogue révolte l'auditeur, qui n'aime pas à être traité de disciple, &amp; d'écolier. Per.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , signifie aussi la physionomie, la mine, les traits du visage, la ressemblance. <i>Vultus, vultûs species, oris habitus, similitudo.</i> Avoir un <i>air</i> de qualité. Avoir l'<i>air</i> grand &amp; noble. Avoir l'<i>air</i> chagrin, l'<i>air</i> triste. D'où vous vient aujourd'hui cet <i>air</i> sombre &amp; sévère ? Boil. Il faut à celui qui regne un <i>air</i> d'empire, &amp; d'autorité. La Bruy. Ces deux personnes ont bien de l'<i>air</i> l'une de l'autre. Il y a bien de la différence entre avoir le grand <i>air,</i> &amp; l'<i>air</i> grand. On dit d'un homme qui vit en grand Seigneur, qu'il a le grand <i>air,</i> &amp; d'un homme qui a la physionomie noble, &amp; la mine haute, qu'il a l'<i>air</i> grand. Bouh. Son <i>air</i> grave &amp; doux, noble &amp; modeste tout ensemble, inspire d'abord autant de respect que d'amour. Le Gend.</p><p>En peinture, l'<i>air</i> du visage, est l'harmonie des parties qui rend le visage agréable. <i>Oris forma, concinnitas, conformatio.</i> On dit qu'un tableau a bon <i>air,</i> que le Peintre a bien pris l'<i>air</i> d'un visage, qu'il y a de beaux <i>airs</i> de tête ; pour dire, qu'un tableau est bien ressemblant, ou bien déssiné. Il y a des Peintres, qui, quelques habiles qu'ils soient, ont de la peine à attraper cet <i>air</i> qui distingue un visage d'un autre. Bouh. On dit encore l'<i>air</i> d'un tableau pour exprimer, que la couleur de tous les corps est diminuée, selon les divers degrés d'éloignement. Cette diminution s'appelle, la <i>perspective aerienne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , se dit aussi de tout ce que l'on donne aux choses, de la manière dont on les tourne, du caractère qui les distingue. <i>Ratio dicendi, loquendi, scribendi.</i> Ce second Ecrit est d'un <i>air</i> tout différent du premier. Il y a des gens qui gâtent les choses par le mauvais <i>air</i> qu'ils leur donnent. Les Fables de Phèdre ont un <i>air</i> de simplicité, qui cache un sens fort juste &amp; fort noble. M. Scud. Un <i>air</i> d'ingratitude. Bussi.</p><p>On dit absolument d'un homme, qu'il se donne des <i>airs</i> ; pour dire, qu'il affecte des manières qui le rendent ridicule, pour vouloir paroître plus qu'il n'est. <i>Efferre se arroganter, superbè, <pb n="138" facs="bpt6k8542165/f178/full/1200,/0/native.jpg"/>insolenter.</i> On dit aussi se donner des <i>airs</i> importans, des <i>airs</i> d'un homme à bonne fortune. Mais il y a de bons Ecrivains qui condamnent toutes ces façons de parler si ordinaires. Ils veulent qu'on dise simplement, affecter des manières ridicules ; faire l'homme important ; faire l'homme à bonne fortune ; &amp; c'est le plus sûr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , en termes de Manége , est le mouvement des jambes d'un cheval, avec une cadence, &amp; une liberté naturelle, qui le fait manier avec justesse. <i>Scitus equi motus, incessus, saltus.</i> On dit qu'un cheval n'a point d'<i>air</i> naturel, quand il plie fort peu les jambes en galopant. Ce cavalier a bien rencontré l'<i>air</i> de ce cheval, &amp; il manie bien terre à terre. Ce cheval prend l'<i>air</i> des courbettes ; il se présente bien à l'<i>air</i> des cabrioles ; pour dire, qu'il a de la disposition à ces sortes d'airs. Les courbettes &amp; les <i>airs</i> mettent parfaitement bien un cheval dans la main, le rendent léger du devant, le mettent sur les hanches ; ces <i>airs</i> le font arrêter sur les hanches, le font aller par sauts, &amp; l'assurent dans la main. Newcastle. Les chevaux de Manége dans les <i>airs</i> violens pourroient rompre les sangles, si elles ne sont bien fortes, ce que ne fera jamais un cheval qui va l'amble. Id. Le pas, le trot, le galop, ne sont pas comptés au nombre des <i>airs.</i></p><p>On dit au pluriel, qu'un cheval a les <i>airs</i> relevés ; pour dire, qu'il s'élève plus haut qu'au terre à terre, &amp; qu'il manie à courbettes, à croupades, à ballotades, à cabrioles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , Terme de Liturgie . On appelle <i>air</i> dans l'Eglise Grecque, le voile qui couvre le Calice, &amp; le disque, ou la patène. On appelle ce voile <i>air,</i> dit S. Germain de Constantinople, parce qu'il couvre ce qui est offert sur l'autel, comme l'<i>air</i> entoure la terre de tous côtés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIR</head>
    <p>
    Air , Est aussi une partie du sciade, qui étoit un ornement de tête des Empereurs Grecs. L'<i>air</i> est la partie du sciade qui avance en pointe par devant.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a toujours un pied en l'<i>air</i> ; pour dire, qu'il est alègre, remuant, coureur. <i>Levis, mobilis.</i></p><p>On dit en termes de guerre , La droite de notre Brigade étoit en l'<i>air</i> ; la gauche de notre Bataillon étoit en l'<i>air.</i> On tira le Bataillon que nous avions à notre gauche, &amp; on le porta au centre, qui plioit, pour le soutenir ; par-là notre gauche demeura en l'<i>air.</i> J'ai trouvé cette expression dans une pièce manuscrite d'un Officier Général, très-bien écrite. Elle signifie qu'il y a dans une ligne d'armée un grand vuide par où les ennemis pourroient entrer, &amp; qui fait que la droite ou la gauche d'un Bataillon, ou d'une Brigade, est trop éloignée du corps, ou du Bataillon le plus voisin ; qu'elle n'est point appuyée &amp; soutenue de ce Bataillon, qui n'est pas dans la distance requise. C'est ce qui s'appelle être en l'<i>air.</i></p><p>On dit d'un homme qui n'a rien, que quand il saute tout son bien est en l'<i>air.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1137" id="1" type="">
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    <head>AIRAIN</head>
    <p>
    AIRAIN , s. m. Cuivre, métal rouge qu'on mêle quelquefois avec de la calamine pour le rendre jaune, &amp; dont on fait du bronze, de la fonte, du laiton, &amp;c. Il sert à faire des ustensiles de ménage, des cloches, des canons, &amp;c. <i>Aes.</i> Le vitriol se trouve dans les mines d'<i>airain.</i></p><p>Comme l'<i>airain</i> a été en usage avant le fer, les armes dans les premiers temps étoient d'<i>airain,</i> auquel, comme Tzetzès l'a remarqué, on donnoit une certaine trempe qui le rendoit fort tranchant. Hésiode, au Liv. I. <i>des Oeuvres,</i> dit clairement, que les armes &amp; les outils étoient alors faits d'<i>airain</i> ; parce que le fer n'étoit point encore en usage. La faucille enchantée dont Médée se servit pour couper des herbes étoit aussi d'<i>airain,</i> selon Ovide, au Liv. VII. de ses Métamorphoses : <i>Succidit curvamine falcis aënae.</i> Virgile, parlant d'une sorcière au Liv. IV. de l'Enéide, dit qu'elle coupoit des herbes aux rayons de la lune avec des faucilles d'<i>airain.</i></p><p>Macrobe, au Liv. V. de ses Saturnales, a remarqué doctement, que ces deux Poëtes avoient pris cette pensée d'une Tragédie de Sophocle, intitulée <i>Rhizotomi,</i> c'est-à-dire, <i>les coupeurs ou les coupeuses de racines,</i> où Sophocle décrit Médée, qui coupoit des herbes venimeuses avec des faucilles d'<i>airain.</i> Le même Macrobe ajoûte, que les Anciens se servoient de l'<i>airain</i> dans plusieurs de leurs Sacrifices ; &amp; il remarque après Carminius, que quand les Toscans vouloient bâtir une nouvelle ville, ils en marquoient le circuit avec un coutre d'<i>airain</i> ; &amp; que les Prêtres des Sabins se coupoient les cheveux avec des couteaux d'<i>airain.</i> De plus, Servius a remarqué, sur le 1er Liv. de l'Enéide, qu'à Rome le Prêtre de Jupiter n'étoit jamais tondu qu'avec des couteaux d'<i>airain.</i> Les Anciens, comme l'a observé le Scholiaste de Théocrite, sur l'Idylle IIe. se servoient d'<i>airain</i> en toutes sortes d'expiations, parce qu'ils croyoient que ce métal étoit fort pur. Sur quoi de Meriziac, d'où on a pris ce qu'on vient de rapporter, fait cette réflexion dans son Commentaire sur l'Epître d'Ovide, qui porte le titre de Hypsipyle à Jason : <i>Si la raison qu'apporte le Scholiaste de Théocrite est bonne, je trouve que nos anciens Druides faisoient beaucoup mieux, qui coupoient leur gui sacré avec une faucille d'or, comme le rapporte Pline, Liv. XVI. chap.</i> 44. <i>Car sans doute l'or est beaucoup plus pur, plus noble &amp; plus parfait que l'airain.</i> On a fouillé depuis quelques années dans le Nord, &amp; sur tout dans le Jutland, plusieurs anciens tombeaux, dans lesquels on a trouvé souvent des armes d'<i>airain,</i> comme on le peut voir dans de savantes Dissertations de M. Mellem, Sperlingius, Rhodius, Schachtius &amp;c. insérées dans les Nouvelles Littéraires de la Mer Baltique, en 1699. p. 88. &amp; 1700. p. 14. 24. 333. M. Sperlingius croit cependant que ce ne sont point des armes, mais des figures des armes. Il prétend qu'on laissoit toujours les armes à ses héritiers. Monsieur Mellem, &amp; Monsieur Rhodius prétendent au contraire que ce sont les armes mêmes. Il dit qu'il n'a jamais lû que la coutume fût d'enterrer avec un mort des figures de ses armes ; mais toujours ses armes mêmes, &amp; il cite sur cela Tacite, <i>De Morib. Germ. ch.</i> 27. <i>Bartholin Antiq. Davia. L. II. ch.</i> 13. <i>Hart. Diss.</i> 13. <i>Rer. Pruss.</i> 11. 6. <i>Disburg. P. III. Chron. Pruss. chap.</i> 5. <i>Snoro. Saxon. le Gram. L. VIII.</i> Et quoiqu'il y ait de ces armes qui soient de pierre, comme des haches &amp; des couteaux, l'exemple des Peuples de l'Amérique, qui arment leurs flèches de pierres aiguës, &amp; qui s'en servent comme nos ouvriers de leurs outils d'acier pour creuser des arbres, &amp; pour les ouvrager, doit persuader que les barbares du Nord ont pû avoir autrefois des armes &amp; des instrumens de pierre &amp; d'<i>airain,</i> avant que le fer fût connu, ou commun parmi eux. Il est parlé dans l'Ecriture de certains miroirs d'<i>airain,</i> qui étoient à l'usage des femmes au temps de Moïse. Voyez le mot de <i>miroir.</i> Ce mot vient du Latin <i>as, aeris</i>. Guichard le tire de l'Hébreu , en Chaldéen, , &amp; en ôtant la première lettre , <i>aes,</i> d'où s'est formé <i>aes</i> ; &amp; encore plus évidemment, dit-il, ès adjectifs, quand des trois radicales transposées en , <i>hanus, aenus, aeneus, aheneus,</i> ont été formés, pour signifier autant qu'<i>aereus.</i> Car il est vraisemblable, ajoûte-t'il, que de <i>aes, aenis</i> devoit être dit au lieu d'<i>aeris</i> ; mais <i>n</i> a été convertie en <i>r</i> selon la coutume.</p><p>On confond souvent le cuivre &amp; l'<i>airain,</i> à proprement parler ; il faut cependant les distinguer. Il y a beaucoup de mines de l'un &amp; de l'autre métal en Suède. Elles sont toutes de droit au Roi par un usage immémorial. Il est permis de les ouvrir par tout où on les trouve. La Noblesse a de grands privilèges par rapport au travail des mines. Ceux qui les cherchent &amp; qui les trouvent en ont de même, aussi bien que les ouvriers qui n'ont d'autre métier que celui de travailler aux mines, &amp; ceux qui travaillent aux instrumens &amp; aux machines nécessaires à ces ouvriers. Les mines de Sahlberg, celle qu'on appelle de la montagne de Cuivre, <i>Cuprimontana,</i> &amp; celle de Galpenberg, sont les plus fameuses de Suède, &amp; celles qui ont le plus de priviléges. La dernière se trouve aujourd'hui beaucoup plus abondante qu'elle n'étoit autrefois.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIRAIN</head>
    <p>
    Airain de Corinthe , étoit un mélange de métaux fort estimé chez les Anciens, fait, selon quelques-uns, de quatre parties d'or, &amp; d'argent. <i>Aes Corinthium.</i></p><p>On dit en Poësie, Le siècle d'<i>airain,</i> pour signifier le troisième âge du monde, <i>saeculum aereum,</i> &amp; que le ciel est d'<i>airain</i> ; pour dire, qu'il est dur &amp; inéxorable. Il est dit dans Job, que les cieux sont très-solides, &amp; fondus comme de l'<i>airain.</i> On dit aussi, qu'un homme a un front d'<i>airain</i> ; pour dire, qu'il ne rougit point ; &amp; qu'il a des entrailles d'<i>airain,</i> pour dire, qu'il est impitoyable.</p><p>On dit en proverbe d'un homme simple, qu'on lui fait accroire que des vessies sont des lanternes, &amp; que les nues sont poëles d'<i>airain.</i> Cela est tout-à-fait bas. On dit aussi que les injures s'écrivent sur l'<i>airain,</i> &amp; les bienfaits sur le sable ; pour dire, qu'on oublie aisément le bien, &amp; qu'on se souvient long-temps du mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1138" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIRE" />
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    <head>AIRE</head>
    <p>
    AIRE , s. f. Toute superficie plane sur laquelle on marche. <i>Area.</i> Il se dit plus particulièrement d'une place bien battue &amp; préparée pour battre les grains, soit à la campagne, soit dans une grange. En plusieurs lieux on bat les bleds, en pleine campagne : d'où vient que les Italiens appellent <i>solaio,</i> &amp; les Espagnols <i>solar,</i> ce que nous appellons <i>aire, quasi sub sole.</i> Il vaut mieux faire venir ce mot du Latin <i>area,</i> qui signifie la même chose, &amp; qui vient du verbe <i>areo.</i> Il est nécessaire que les <i>aires</i> soient sèches pour y pouvoir travailler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1138" id="2" type="">
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    <head>AIRE</head>
    <p>
    Aire , En parlant d'un bâtiment, se dit de la capacité de son plancher. Il faut tant de milliers de carreaux pour couvrir l'<i>aire</i> de cette chambre. On fait des <i>aires</i> de plâtre, ou de planches.</p><p>L'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts veut que les bois des habitans soient coupés à tire &amp; à <i>aire</i> ; c'est-à-dire, qu'ils ne soient point choisis çà &amp; là, mais coupés entre les lisières marquées, &amp; qu'il s'y fasse un champ, ou une <i>aire</i> dans laquelle on ne laisse que les arbres de réserve. On appelle <i>aire</i> de moilon, une petite fondation au rez de chaussée, sur laquelle on pose le carreau, ou les dales de pierre. <i>Corium, testa.</i> On appelle encore <i>aire</i> de chaux, &amp; de ciment, un massif d'une certaine épaisseur qu'on fait sur les voûtes à l'air pour les conserver.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1138" id="3" type="geometrie">
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    <head>AIRE</head>
    <p>
    Aire de recoupes, en termes de Jardinage , est une épaisseur d'environ 8 à 9 pouces de recoupes de pierre, pour affermir les allées des jardins.</p><p>En termes de Géométrie , <i>aire</i> signifie la superficie, l'espace enfermé entre plusieurs lignes, ou en quelque figure que ce soit, <i>Superficies.</i> Mesurer l'<i>aire</i> d'un triangle, c'est en mesurer la grandeur, &amp; la capacité intérieure. Archimède a trouvé un triangle, dont l'<i>aire</i> est égale à celle d'un cercle. L'Eglise de S. Sulpice est plus petite que celle de Notre-Dame ; &amp; cependant son <i>aire</i> est plus grande, parce qu'il y a moins de piliers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIRE</head>
    <p>
    Aire , en termes d'Astrologie , signifie le cercle, ou sa couronne de lumière, qui paroît autour du soleil &amp; des autres astres. <i>Corona, area.</i></p><p>En termes de Fauconnerie <i>aire</i> signifie le nid, ou le rocher, ou le précipice que les faucons choisissent pour faire leurs petits fauconneaux. <i>Nidus.</i> De là on dit un faucon de bonne <i>aire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIRE</head>
    <p>
    Aire , se dit aussi du nid des autours, quoiqu'ils airent sur des arbres, <i>quasi aereus, aut in arbore &amp; nubibus situs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1138" id="6" type="marine">
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    <head>AIRE</head>
    <p>
    Aire de vent, terme de Marine . Voyez ce qui a été dit sur <i>Air,</i> ou <i>Aire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIRE</head>
    <p>
    Aire , s. f. <i>Aturum, Auturium, Atarensium,</i> ou <i>Atyrensium civitas, Vico-julium, Martianum.</i> Ville Episcopale de Gascogne sur l'Adour. La ville d'<i>Aire</i> est fort ancienne. Elle étoit autrefois le séjour des Rois Visigoths ; &amp; l'on voit encore près de l'Adour les restes du Palais d'Alaric. Voyez Du Chêne, <i>Antiquitez des villes de France,</i> Atlas, Audifret, Maty, Corneille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1138" id="8" type="">
   <index type="head" value="AIRE" />
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    <head>AIRE</head>
    <p>
    Aire , En Flamand, <i>Arien. Aria, Aeria, Heria.</i> Ville de l'Artois sur la rivière de Lys. La ville d'<i>Aire</i> fut prise en 1641. par le Maréchal de la Meilleraye après un des plus rudes siéges qu'on eut vû depuis long-temps ; &amp; en 1676. par le Maréchal d'Humières après cinq jours de tranchée ouverte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1139" id="1" type=" usite a la campagne">
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    <head>AIRÉE</head>
    <p>
    &#9758; AIRÉE , s. f. Terme usité à la campagne , pour signifier la quantité de gerbes qu'on met à la fois dans faire, ou le nombre des gens qu'on y emploie. C'est delà, à ce qu'on prétend, qu'en Anjou, dans le Poitou, &amp; dans le Diocèse de Nantes, la plupart des noms des maisons de campagne finissent en <i>iere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1140" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIRELLE" />
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    <head>AIRELLE</head>
    <p>
    AIRELLE , ou Cousine, s. f. Myrtille, subst. masc. <i>Vitis, Idaea, Myrtillus,</i> &amp; suivant quelques Auteurs, <i>Vaccinia nigra,</i> dont parle Virgile Eclog. II. v. 18. sont les fruits de l'<i>airelle.</i> Ce petit arbrisseau s'élève tout au plus à la hauteur de deux pieds, &amp; donne plusieurs branches dès sa racine. Ses feuilles sont d'un verd obscur, les plus grandes ont un pouce de long sur un demi pouce de large ; elles sont crénelées légerement à leurs bords, &amp; tombent à l'entrée de l'hiver. Ses fleurs naissent le long des tiges entre leurs feuilles, &amp; sont d'une seule pièce, en grelot, &amp; d'un rouge de brique. Son fruit est une baie molle, de la grosseur &amp; figure du grain de Genièvre, mais un peu aplatie à son extrêmité, pleine de jus ; &amp; elle renferme plusieurs semences menues. Cette baie est verte dans son commencement : elle devient rougeâtre ensuite, &amp; enfin noirâtre, couverte cependant d'un duvet ou fleu grisâtre, lorsqu'elle est bien mûre ; son suc est d'un rouge violet, &amp; a un goût aigrelet assez agréable. On se sert de ses baies pour les dévoiemens, les cours de ventre, &amp; pour appaiser les vomissemens. Les semences renfermées dans la baie, sont encore plus astringentes que le suc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1141" id="1" type="">
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    <head>AIRER</head>
    <p>
    AIRER , v. n. ne se dit qu'en parlant des faucons &amp; autours qui <i>airent,</i> ou font leurs nids sur des rochers ou des arbres. <i>Nidificare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1142" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIRIER" />
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    <head>AIRIER</head>
    <p>
    AIRIER , mieux que, AËRIER, v. act. Mettre en grand air, chasser l'air infecté d'une maison, <i>Infectum aërem purgare.</i> Il faut étendre ces habits dans la cour pour les <i>airier.</i> Il faut brûler des bois odorans dans les chambres pour les <i>airier.</i> On <i>airie</i> avec grand soin les maisons où il y a eu de la peste.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1143" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIRY" />
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    <head>AIRY</head>
    <p>
    AIRY , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Agericus,</i> ou <i>Agiricus.</i> Saint <i>Airy,</i> que d'autres nomment encore S. <i>Agery,</i> naquit vers l'an 517. dans le Diocèse de Verdun. Saint <i>Airy</i> avoit acquis beaucoup d'estime &amp; de crédit sur l'esprit du Roi Childebert, tant à cause de sa vertu, que parce qu'il étoit son parrein. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1144" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIS" />
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    <head>AIS</head>
    <p>
    AIS , s. m. Pièce de bois de sciage, longue, &amp; peu épaisse. <i>Axis, assis. Ais</i> de sapin. <i>Ais</i> de bateau. On fait des planchers, des cloisons avec des <i>ais.</i> On dit aussi, des <i>ais</i> ou feuilles de carton. Les vitriers se servent d'un <i>ais</i> feuillé pour couler l'étain pour souder. On appelle <i>ais</i> de bateau, des planches de chêne, ou de sapin qu'on tire des bateaux, &amp; qui servent à faire des cloisons légères.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1144" id="2" type="">
   <index type="head" value="AIS" />
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    <head>AIS</head>
    <p>
    Ais , s. m. Terme de Relieur . Petite planche planée, rabottée &amp; unie, avec de la peau de chien marin, de laquelle un Relieur se sert pour fouetter ses livres. Un <i>ais in-douze,</i> un <i>ais in-octavo,</i> un <i>ais in-quarto,</i> un <i>ais in-folio.</i> Vîte qu'on me défouette ce livre, &amp; qu'on me mette les ficelles sur les <i>ais.</i></p><p>Un coup d'<i>ais</i> ; c'est en terme de jeu de Paume , un coup que la balle donne dans un <i>ais,</i> qui est du côté du service.</p><p>Le mot <i>ais</i> s'est formé du Latin <i>axis,</i> d'où s'est fait aussi <i>assis,</i> &amp; delà <i>asser,</i> selon Bollandus Tom. II. pag. 243. On trouve aussi, <i>assis, assidis, assides.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1145" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISANCE" />
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    <head>AISANCE</head>
    <p>
    AISANCE , s. f. Ce mot se dit des personnes, pour signifier la facilité qu'elles ont à faire les choses ; mais en ce sens il commence à vieillir. <i>Facilitas.</i> Vous avez dans vos vers une aisance qu'on ne peut assez admirer. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1145" id="2" type="">
   <index type="head" value="AISANCE" />
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    <head>AISANCE</head>
    <p>
    Aisance , commodité. <i>Commoditas, opportunitas.</i> Il a acheté cette maison avec toutes ses <i>aisances.</i> En ce sens il ne se dit qu'en Pratique. On dit aussi, qu'il faut donner de l'<i>aisance</i> à quelque chose ; pour dire, lui donner du jeu, de la place pour se mouvoir plus facilement. On dit qu'un homme vit avec <i>aisance,</i> pour dire, qu'il subsiste commodément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1145" id="3" type="architecture">
   <index type="head" value="AISANCE" />
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    <head>AISANCE</head>
    <p>
    Aisance , Terme d'Architecture . Lieu commun ; commodité. <i>Latrina ; forica.</i> Les Ordonnances de Police se servent de ce mot, &amp; appellent ces lieux des fosses d'<i>aisance.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1145" id="4" type="">
   <index type="head" value="AISANCE" />
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    <head>AISANCE</head>
    <p>
    Aisance , s. f. C'est le nom d'une petite rivière de Normandie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1145" id="5" type="">
   <index type="head" value="AISANCE" />
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    <head>AISANCE</head>
    <p>
    Aisances , au pluriel signifie le retrait, garderobe, le lieu où est la chaise percée. Le mot d'<i>aisances</i> en ce sens, n'est guère connu qu'à Paris. Bouch.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1146" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISCEAU" />
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    <head>AISCEAU</head>
    <p>
    AISCEAU , s. m. Instrument recourbé, avec lequel on polit le bois. <i>Ascia.</i> Les Tonnelliers s'en servent pour ébaucher des pièces de bois creuses, &amp; courbes. Borel donne encore une autre signification à <i>aisceau,</i> ou <i>aiscette</i> ; &amp; il dit que ces mots veulent dire <i>bêche, ligo, marra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1147" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISE" />
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    <head>AISE</head>
    <p>
    AISE , adj. de tout genre. Qui est content, qui a de la joie, du plaisir, de la satisfaction. <i>Laetus, contentus.</i> On met ordinairement <pb n="140" facs="bpt6k8542165/f180/full/1200,/0/native.jpg"/>quelque particule devant ce mot pour en augmenter la significatien. Je suis <i>bien-aise,</i> je suis <i>fort-aise,</i> je suis <i>très-aise,</i> je suis <i>infiniment aise.</i> Le mot d'<i>aise</i> en ce sens se construit en deux manières, ou avec un infinitif précédé de la particule <i>de</i> : J'eusse été bien-<i>aise</i> de voir ce que l'on eût répondu. Voit. Je suis bien-<i>aise</i> de vous avoir vû : ou avec le subjonctif précédé de la particule <i>que</i> : Je suis très-<i>aise que</i> ceci <i>soit</i> achevé : Vous ne serez pas bien-<i>aise que</i> je vous <i>dise</i> la vérité. Vaug. Mais lorsque ce mot <i>aise</i> est suivi d'un nom, on met ce nom au génitif. N'êtes-vous pas bien-<i>aise</i> de ce mariage ? Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1147" id="2" type="">
   <index type="head" value="AISE" />
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    <head>AISE</head>
    <p>
    Aise , subst. Le genre de ce mot est assez incertain, parce qu'on ne le joint à aucune épithète, &amp; que le plus souvent il s'emploie adverbialement. Cependant la plus grande autorité que nous ayons en cette matière, s'est déterminée à le faire féminin. Il signifie joie, contentement, plaisir, repos. <i>Laetitia, voluptas, gaudium.</i> Je suis ravi d'<i>aise.</i> Je ne me sens pas d'<i>aise.</i> Cyrus ne se laisse point transporter à l'<i>aise</i> de la victoire. Ablanc. La guerre trouble l'<i>aise</i> de nos jours. Main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1147" id="3" type="">
   <index type="head" value="AISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AISE</head>
    <p>
    Aise , signifie aussi, Commodité de la vie ; état auquel on est commodément. <i>Commoditas, commodum, opportunitas.</i> Cet homme est fort à son <i>aise.</i> Il étoit trop à son <i>aise</i> dans cet emploi, il n'a pû s'y tenir. On ne travaille que pour se mettre à son <i>aise.</i> On le dit aussi fort souvent au pluriel. Prendre ses <i>aises,</i> chercher ses <i>aises,</i> aimer ses <i>aises.</i> Il est d'usage de la faire du féminin en ce sens, &amp; il est plus commun d'entendre dire, <i>avoir toutes ses aises,</i> qu'<i>avoir tous ses aises.</i> J'ai oui dire à un homme sage, que le plus grand défaut des gens qui sont accoutumés à avoir <i>toutes leurs aises,</i> c'est de s'imaginer qu'ils ne sauroient rien entreprendre de pénible, sans intéresser leur santé. Vigneul-Marville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1147" id="4" type="">
   <index type="head" value="AISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AISE</head>
    <p>
    Aise , signifie aussi, Loisir, commodité de temps. <i>Otium</i> Vous ferez cela à votre <i>aise,</i> c'est-à-dire, sans vous presser, à votre loisir, à votre commodité. Je m'acquitterai de cette commission tout à mon <i>aise,</i> quand j'en aurai le temps. Ce mot vient de l'Italien <i>agio</i>, formé du Latin <i>otium.</i> Menage. Guichard le tire de l'Hébreu , qui vient de , <i>gaudere</i> ; mais sans apparence. Chorier, dans l'<i>Histoire de Dauphiné</i> T. I. Liv. II. p. 100. dit qu'en Dauphiné on dit <i>aisia ; aisia</i> de son corps, qui signifie fort &amp; souple, d', qui signifie, fort, vigoureux, &amp; que ce même mot a encore un autre sens, &amp; signifie, <i>aise</i> &amp; accommodé, &amp; qu'il vient alors d', heureux.</p><p>A l'aise. adv. Facilement, commodément. <i>Facilè, commodè</i> : Vous pouvez <i>à l'aise</i> faire 20 lieues par jour sur ce cheval. On est assis <i>à l'aise</i> dans ce fauteuil. Je suis entré à cette cérémonie tout <i>à l'aise,</i> sans être pressé. Nous pouvons rire <i>à l'aise,</i> &amp; prendre du bon temps. Boil.</p><p>On dit aussi <i>paix &amp; aise</i> ; pour dire, paisiblement &amp; doucement. Il vit chez lui <i>paix &amp; aise.</i></p><p>On dit proverbialement à un homme qui a bien dîné, &amp; qui recommande de jeûner, Vous en parlez bien à votre <i>aise.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1148" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISE" />
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    <head>AISE</head>
    <p>
    AISE , s. f. Est aussi le nom d'une petite rivière de Normandie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1149" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISÉ, ÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AISÉ, ÉE</head>
    <p>
    AISÉ, ÉE . adj. &amp; s. Facile, commode, riche. <i>Commodus, facilis.</i> Le maniment des Finances donne des moyens <i>aisés</i> de s'enrichir. La litière est une voiture fort <i>aisée</i> ; pour dire, commode. Le Père le Moine a fait un livre de la Dévotion <i>aisée.</i> Cet homme est fort <i>aisé,</i> il a bien du bien. On l'a taxé aux <i>aisés.</i> Cela est <i>aise</i> à dire, à faire, à apprendre.</p><p>On dit d'un escalier, qu'il est <i>aisé,</i> lorsqu'il est large, &amp; que les marches sont basses : Cet appartement est <i>aisé</i> ; pour dire, de plain-pied, &amp; fort commode : Qu'un esprit est <i>aisé,</i> lorsqu'il conçoit facilement, qu'il s'explique bien : Qu'il est <i>aisé</i> à vivre, lorsqu'il n'est point bourru, qu'on peut vivre avec lui sans s'incommoder : Un style <i>aisé,</i> qui est clair, coulant &amp; sans embarras : Des vers <i>aisés,</i> qui paroissent faits sans peine, qui ne sentent point le travail. Voiture nous a appris cette manière d'écrire <i>aisee</i> &amp; délicate qui regne présentement. Bouh.</p><p>On dit proverbialement, Il est <i>aisé</i> de reprendre, &amp; mal-<i>aise</i> de faire mieux. On dit aussi, qu'il est <i>aisé</i> d'ajoûter aux inventions des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1150" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISEMENT" />
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    <head>AISEMENT</head>
    <p>
    AISEMENT , s. m. signifie le lieu où on se décharge le ventre. <i>Latrina.</i> Ce mot vieillit un peu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1150" id="2" type="">
   <index type="head" value="AISEMENT" />
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    <head>AISEMENT</head>
    <p>
    Aisement , signifie encore, Ce qui est facile &amp; commode. <i>Commodum.</i> Il ne se dit guère qu'en cette phrase : Vous ferez cela à vos bons points &amp; <i>aisements</i> ; pour dire, quand vous le pourrez faire sans vous incommoder.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1151" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISÉMENT" />
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    <head>AISÉMENT</head>
    <p>
    AISÉMENT , adv. Facilement, sans peines. <i>Facilè.</i> Il écrit, il parle <i>aisément.</i> Les Philosophes triomphent <i>aisément</i> des maux passés. Rochef. Alexandre se laissoit gagner <i>aisément</i> à la flatterie. Vaug. On dit qu'un cheval va <i>aisément</i> ; pour dire, qu'il a les allures douces, commodes, aisées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1152" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISIER, & AAISIER" />
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    <head>AISIER, & AAISIER</head>
    <p>
    AISIER, &amp; AAISIER , verbe act. Ce mot, qui n'est plus d'usage, signifie <i>mettre à son aise. Commodè collocare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1153" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AISNE</head>
    <p>
    AISNE , s. <i>Axona.</i> Nom propre d'une rivière de France. La rivière d'<i>Aisne</i> naît de deux sources dans le Duché de Bar, &amp; se jette dans l'Oyse au dessous de Noyon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1154" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISNÉ" />
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    <head>AISNÉ</head>
    <p>
    AISNÉ , Voyez <ref type="search" target="head:AÎNE">AÎNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1155" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AISSADE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>AISSADE</head>
    <p>
    AISSADE , Terme de Marine . <i>Aissade</i> de poupe, est l'endroit où la poupe commence à se rétrécir, &amp; où sont aussi les radiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1156" id="1" type="menuiserie">
   <index type="head" value="AISSELIER" />
   <index type="src_domain" value="menuiserie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AISSELIER</head>
    <p>
    &#9758; AISSELIER , s. m. Terme de menuiserie . C'est une pièce de bois qu'on assemble dans un chevron &amp; dans la rainure, pour ceintrer ou former des quartiers dans une charpente à lambrisser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1157" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISSELLE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AISSELLE</head>
    <p>
    AISSELLE , s. f. Partie creuse du corps humain qui est sous l'épaule à la jointure du bras, &amp; qui a ordinairement du poil. <i>Ala.</i> On l'appelle quelquefois <i>le gousset.</i> Les abcès qui se forment sous les <i>aisselles</i> sont dangereux, parce qu'il y a dans ces endroits de gros vaisseaux sanguins &amp; limphatiques &amp; des cordons de nerfs, qui y forment des plexus considérables. Ce mot vient de <i>ascella</i>, qu'on a dit pour <i>axila.</i> Menag. D'autres le dérivent de <i>ala</i>, &amp; <i>axila</i>, qui sont la même chose, comme Cicéron lui-même l'a remarqué : tout de même <i>mala</i> &amp; <i>maxilla, palus</i> &amp; <i>paxillus</i> ; &amp; d'<i>axilla</i> s'est fait dans la basse latinité <i>ascella,</i> que l'on trouve dans Grégoire de Tours, dans Baldricus, dans Césaire, dans la vie de Saint Walburge par le Prêtre Volphard, &amp; dans d'autres : d'<i>ascella</i> est venu <i>aisselle</i> : on trouve même dans la latinité barbare <i>assella.</i> Voyez les <i>Acta Sanct.</i> T. IV. du mois de Mai p. 569. ch. 17. Et ainsi Catulle a dit d'un homme qui sentoit le gousset : <i>Valle sub alarum trux habitare caper.</i> On pend les criminels par dessous les <i>aisselles,</i> quand ils sont au dessous de la puberté. <i>Aisselle</i> vient de plus loin, selon le P. Thomassin. Cet Auteur remonte jusqu'à l'Hébreu <i>assil,</i> qui a pris en Italie la terminaison Latine <i>axilla,</i> d'où l'on a fait <i>aisselle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1157" id="2" type="botanique">
   <index type="head" value="AISSELLE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AISSELLE</head>
    <p>
    Aisselle , en termes de Botanique , est l'espace compris entre les tiges des plantes, &amp; leurs feuilles, soit que ces feuilles soient soutenues par une queue, ou qu'elles soient attachées par elles-mêmes. Ainsi l'on dit, Ces fleurs naissent dans les <i>aisselles</i> des feuilles ; c'est-à-dire, à la base des feuilles, ou de leurs pédicules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1158" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISSETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>AISSETTE</head>
    <p>
    AISSETTE , s. f. C'est une sorte de petite hache, dont les Vinaigriers &amp; les Tonneliers se servent pour couper les fossets, &amp; mettre &amp; ôter les bondons. <i>Ascia minor.</i> On trouve dans la basse latinité. <i>Ascibola.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1159" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISSI" />
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    <head>AISSI</head>
    <p>
    AISSI , s. m. Petit ais, petite planche &amp; fort mince qui est faite comme une petite tuile, &amp; qui sert à couvrir les Maisons &amp; les granges des paysans. <i>Axiculus, assiculus.</i> On l'appelle autrement <i>bardeau,</i> ou <i>aisseau.</i> Ce mot vient d'<i>aicscié</i>, ou plutôt c'est un diminutif formé d'<i>assiculus</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1160" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AISSIEU" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AISSIEU</head>
    <p>
    AISSIEU , s. m. Ligne ou pièce de bois, ou de fer, qui traverse un globe par son centre, &amp; sur lequel il est mobile. <i>Axis.</i> L'<i>aissieu</i> du monde est invisible. L'<i>aissieu</i> de la sphère est la ligne droite qui passe par le centre de la terre, &amp; aboutit aux deux poles.</p><p>Il signifie aussi, les pièces de bois ou de fer, sur lesquelles les roues, les poulies, les cylindres, les cones, &amp; toutes les pièces de machines qui se tournent en rond sont mobiles. L'<i>aissieu</i> d'une charrette, d'une grue, d'une roue d'horloge, d'un cabestan, &amp;c.</p><p>En termes de Marine , on appelle <i>aissieu,</i> deux pièces de bois que l'on attache à l'ancre pour faciliter le mouillage, &amp; la faire tomber, ensorte qu'elle morde le fond pour arrêter le vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1161" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="AISSIEU" />
   <index type="src_domain" value="anatomie" />
   <index type="macro_domain" value="Anatomie" />
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    <head>AISSIEU</head>
    <p>
    AISSIEU , ou AXE, Terme d'Anatomie , c'est la troisième vertèbre, ainsi nommée, parce qu'elle commence à former un corps sur lequel les deux premières vertèbres &amp; la tête sont portées comme sur un <i>aissieu.</i> Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1162" id="1" type="">
   <index type="head" value="AISTRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AISTRE</head>
    <p>
    AISTRE , selon Borel, est un vieux mot, qui signifie, <i>vie, existence, être. Vita, existentia.</i> Les Philosophes en style de l'école diroient <i>esse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1163" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIT" />
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    <head>AIT</head>
    <p>
    AIT . Vieux mot, qui veut dire <i>force. Vis.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1164" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIT" />
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    <head>AIT</head>
    <p>
    AIT , Veut encore dire dans le vieux langage, <i>aide. Auxilium.</i> Borel.</p><p>De-là est venue cette manière de parler, <i>ce m'ait Dieu,</i> qui est un vieux serment, comme si l'on disoit, <i>sic me Deus adjuvet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1165" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AITIOLOGIE" />
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    <head>AITIOLOGIE</head>
    <p>
    AITIOLOGIE , s. f. Terme de Médecine , qui vient du Grec. C'est la partie de la Médecine où l'on traite des différentes causes des maladies. Fernel a fait un beau traité de l'<i>Aitiologie.</i> Ce mot vient du Grec , cause, &amp; de , discours. Quelques-uns l'appellent Pathologie. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1166" id="1" type="">
   <index type="head" value="AITRE" />
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    <head>AITRE</head>
    <p>
    AITRE , s. m. Terme bas &amp; populaire, dont le Peuple &amp; les Bourgeois se servent pour exprimer les appartemens, les pièces d'appartemens, les chambres &amp; autres endroits d'une maison. Apprendre les <i>aitres</i> d'une maison. Savoir les <i>aitres</i> d'une maison. Ce mot vient d'<i>atrium</i>, d'où l'on a formé <i>astrum</i> dans la basse latinité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1166" id="2" type="">
   <index type="head" value="AITRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AITRE</head>
    <p>
    Aitre , se prend encore pour <i>cour,</i> dans la Bible <i>Atrium.</i> Ce mot est très-vieux en ce sens. A Rouen on dit l'<i>aitre</i> de la Cathédrale, pour exprimer ce qu'on appelle à Paris le Parvis. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 2. <i>pag.</i> 11.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1167" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUBATIPITA" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AJUBATIPITA</head>
    <p>
    AJUBATIPITA , s. m. Arbrisseau du Brésil, de la hauteur de cinq ou six palmes. Il porte un fruit noir semblable aux amandes, dont on tire une huile de même couleur. Les Sauvages se servent de cette huile, pour frotter les membres de ceux à qui quelque mal a ôté les forces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1168" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUBITE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUBITE</head>
    <p>
    AJUBITE . Voyez <ref type="search" target="head:JOBITES">JOBITES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1169" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AJUDANT" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AJUDANT</head>
    <p>
    AJUDANT , s. m. Aide de Camp. On ne s'en sert que dans les Pays étrangers. <i>Adjutor.</i> Il faut dire, <i>Aide</i> de camp ; <i>Aide</i> Canonier, <i>Aide</i> de pilote. Les François disent pourtant <i>ajudant,</i> ou <i>adjudant,</i> en termes de Marine . <i>Ajudant</i> Pilote, est un jeune Pilote qui n'a pas encore assez d'expérience pour qu'on lui confie toute la conduite du vaisseau, mais qui est avec le Maître Pilote, ou Pilote en chef, &amp; achève de s'instruire. On lui donne à faire les choses les plus aisées ; on lui fait faire son estime &amp; son journal ; on lui fait rendre compte de ses observations. Sur les vaisseaux du Roi, sur tout en cas de guerre ou de voyage de long cours, il y a deux Pilotes Royaux, &amp; quatre ou cinq <i>Ajudans</i> Pilotes. Dans les pays étrangers <i>ajudant</i> ne signifie pas, au moins toujours, Aide de camp. M. Harris dit qu'<i>Ajudant</i> en Angleterre est un Officier de guerre, qui est la même chose qu'Aide major.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1170" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIVIER" />
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    <head>AIVIER</head>
    <p>
    AIVIER , Voyez <ref type="search" target="head:EVIER">EVIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1171" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJURATIBIRA" />
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    <head>AJURATIBIRA</head>
    <p>
    AJURATIBIRA , s. m. Arbrisseau du Brésil, qui porte un fruit rouge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1172" id="1" type="fontenier">
   <index type="head" value="AJUSTAGES" />
   <index type="src_domain" value="fontenier" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>AJUSTAGES</head>
    <p>
    AJUSTAGES , ou AJUTAGES, s. m. plur. Terme de fontenier . Ce sont des tuyaux de fer blanc, ou de cuivre, qu'on met à l'ouverture d'un jet d'eau, pour faire des jets de différentes sortes, &amp; en déterminer la grosseur en pluie, en nappe, en soleil, en verre, suivant la différente figure qu'ont les têtes de ces <i>ajustages.</i> Il y a des <i>ajustages</i> à tête d'arrosoir ; d'autres forment des fleurs de lys. Ce mot vient du primitif <i>juste, justus</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1173" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AJUSTE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>AJUSTE</head>
    <p>
    AJUSTE , s. f. Terme de Marine . Noeud de deux cordes attachées ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1174" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUSTEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUSTEMENT</head>
    <p>
    AJUSTEMENT , s. m. Action par laquelle on met une chose en état de perfection, de bien agir. <i>Compositio.</i> L'<i>ajustement</i> d'une balance, est le travail qu'on y fait pour la mettre en équilibre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1174" id="2" type="">
   <index type="head" value="AJUSTEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AJUSTEMENT</head>
    <p>
    Ajustement , signifie aussi, Ornement, parure. <i>Ornatus, munditia.</i> Ce locataire a bien fait des <i>ajustemens</i> en cette maison, dont le propriétaire ne voudra pas le rembourser. Cette femme est toujours dans un grand <i>ajustement,</i> dans la dernière propreté. Vos actions &amp; votre <i>ajustement</i> ont un air de qualité qui enchante. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1174" id="3" type="">
   <index type="head" value="AJUSTEMENT" />
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    <head>AJUSTEMENT</head>
    <p>
    Ajustement , signifie encore, Accommodement. <i>Concordia.</i> Depuis l'<i>ajustement</i> de ces deux parties, elles ont toujours bien vécu ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1174" id="4" type="monnoies">
   <index type="head" value="AJUSTEMENT" />
   <index type="src_domain" value="monnoies" />
   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>AJUSTEMENT</head>
    <p>
    Ajustement , En termes de Monnoies , c'est ce qui se fait pour rendre les flans de monnoies du poids qu'ils doivent être ; l'action de les ajuster, de les limer, quand ils sont trop pesans, pour les réduire au juste poids qu'ils doivent avoir. <i>Aequatio, ad legitimum pondus exactio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    AJUSTER , v. act. Accommoder quelque chose, la mettre en état, la rendre juste pour être propre à servit selon sa destination. <i>Componere, aptare.</i> Ma pendule va bien maintenant, je l'ai fait <i>ajuster.</i> Mon trebuchet n'étoit pas bien <i>ajusté,</i> je l'ai envoyé à la Monnoie pour l'<i>ajuster.</i> Il m'a fallu replier ma tapisserie pour l'<i>ajuster</i> à mon cabinet. Ce mot vient de <i>justum facere</i>. Nicod.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="2" type="monnoie">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
   <index type="src_domain" value="monnoie" />
   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajuster , Terme de Maître d'armes . C'est porter justement son coup où l'on veut donner. <i>Dirigere.</i> Il sait bien <i>ajuster</i> son coup.</p><p>On dit en termes de Manége , <i>Ajuster</i> un cheval sur les voltes à toutes sortes d'airs. <i>Instruere, erudire.</i></p><p>On dit aussi en termes de monnoie , <i>Ajuster</i> les flans ou les carreaux recuits. <i>Rudes nummos ad legitimum pondus exigere.</i> C'est les couper, les limer, pour leur donner le juste poids qu'ils doivent avoir quand ils sont trop pesans, &amp; les rejetter quand ils sont trop légers. Le Prévôt distribue les Hans aux ouvriers &amp; aux tailleresses pour les <i>ajuster</i> au poids des espèces. Ils se servent de certains poids appellés deneraux pour les peser ; &amp; de limes en manière de rapes, avec des cannelures par angles entrans &amp; sortans appellées escovennes, pour limer les plus pesans, jusqu'à ce qu'ils soient conformes aux deneraux. Bojzard. Cela s'appelle <i>ajuster</i> la brève. Voyez <ref type="search" target="head:Breve">Breve</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="3" type="chasse">
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   <index type="src_domain" value="chasse" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajuster , terme de chasse . Les Chasseurs disent, Il ajuste le gibier ; pour signifier, qu'il se prépare à le tirer juste, à ne point manquer son coup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="4" type="">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajuster , signifie aussi, Orner, embellir, parer. <i>Ornare, decorare.</i> Quand un logis est à soi, on prend plaisir à l'<i>ajuster.</i> Ce pavillon n'étoit point meublé, on l'a <i>ajuste</i> depuis peu. Cette femme veut aller au bal, elle est là-haut à s'<i>ajuster.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="5" type="fleuriste">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajuster , Terme de Fleuriste . Je viens d'<i>ajuster</i> un oeillet. C'est en arranger les feuilles, de telle manière qu'au défaut de l'ordre naturel, elles se trouvent chacune si bien disposées, que l'oeillet en est plus large, à cause de l'extrémité de leur cosse, qui a été un peu courbée ; &amp; l'on s'applique à ce travail, lorsque cette fleur est toute épanouie, &amp; qu'on voit que la nature n'y a pas apporté un bel ordre. Lig. <i>Floris alicujus folia eleganter disponere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="6" type="">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
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    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajuster . Ce mot se prend aussi ironiquement pour mal-traiter, mal-accommoder. <i>Malè habere, excipere.</i> Molière a <i>ajusté</i> de toutes pièces Messieurs les Médecins. Vous voilà <i>ajusté</i> comme il faut. Votre habit est bien <i>ajusté,</i> le voilà tout couvert de boue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="7" type="">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
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    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajuster , avec le pronom personnel, signifie aussi, se mettre en posture, se préparer à faire quelque action d'adresse, comme pour tirer le mousquet, porter une botte, courre la bague. <i>Componere se, accingere se.</i> S'<i>ajuster</i> sur les étriers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="8" type="">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajuster , se dit figurément en choses morales. Il y a long-temps que ces parens plaidoient ensemble ; enfin un ami les a <i>ajustés,</i> les a accommodés. <i>Reducere, revocare ad concordiam.</i> On dit en ce sens populairement, <i>Ajustez</i> vos flûtes, à des Musiciens dont les instrumens ne sont pas d'accord, ou à des gens qui ont ensemble quelque contestation, ou à une personne qui se prépare à faire quelque chose, ou qui l'avoit commencée sans être tout-à-fait préparée, &amp; qui s'arrête faute de quelque disposition. On le dit au propre dans le premier cas, &amp; par métaphore tirée de la Musique dans les deux autres.</p><p>Il signifie encore, Convenir de quelque condition. <i>Pacisci, transigere.</i> Ces deux Marchands se sont enfin <i>ajustés</i> pour <pb n="142" facs="bpt6k8542165/f182/full/1200,/0/native.jpg"/>entreprendre une telle manufacture, ils sont convenus de leurs conditions. On dit encore <i>ajuster</i> ; pour dire, concilier, faire convenir. <i>Conciliare, componere.</i> On ne sauroit <i>ajuster</i> ensemble Dieu &amp; le monde. Arn. Comment <i>ajustez</i>-vous ensemble la dévotion &amp; la coquetterie ? Comment <i>ajustez</i>-vous, comment conciliez-vous ces deux passages contraires ? Ces conjoints sont d'une humeur douce, ils s'<i>ajustent</i> bien ensemble.</p><p>On dit en ce même sens, cela s'<i>ajuste</i> mal au dessein que vous avez. Ablanc. Il faut que votre volonté s'<i>ajuste</i> à la sienne. Bail. Ce qui s'exprime par le verbe Latin <i>congruere.</i> On dit aussi s'<i>ajuster</i> au temps ; pour dire, s'accommoder au temps. <i>Servire tempori.</i> Il faut s'<i>ajuster</i> au temps. Mol.</p><p>On dit, <i>Ajuster une pièce au Théatre,</i> pour dire, la rendre propre au Théatre. On le dit aussi fig. pour dire, Raconter une chose, en la tournant à sa fantaisie, pour servir au dessein qu'on a. <i>Il ajuste au Théatre</i> tout ce qu'il dit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1175" id="9" type="">
   <index type="head" value="AJUSTER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUSTER</head>
    <p>
    Ajusté, ée , adj. &amp; part. pass. Il a la signification de son verbe.</p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement, qu'un homme a été bien <i>ajusté,</i> mal <i>ajusté,</i> qu'il a été <i>ajuste</i> comme il faut, <i>ajusté</i> de toutes pièces ; pour dire, qu'il a été fort maltraité, soit en sa personne, soit en ses biens. <i>Male habitus, exceptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1176" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUSTEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AJUSTEUR</head>
    <p>
    AJUSTEUR , s. m. Ouvrier pour les Monnoies. C'est celui qui ajuste les flans, &amp; les met au juste poids que doivent avoir les espèces, en limant ceux qui sont trop pesans, &amp; rejettant ceux qui sont trop légers. <i>Aequator, exactor ad legitimum pondus.</i> Les flans sont mis entre les mains du Prévôt des Ouvriers <i>Ajusteurs,</i> pour le faire ajuster. Boizard. Les fonctions de ces <i>Ajusteurs</i> ont été décrites au mot ajuster. Les flans ajustés sont remis par le Prévôt entre les mains du Maître ; ensemble ceux qui ont été rebutés comme foibles, &amp; les limailles, le tout poids pour poids comme il s'en étoit chargé ; ce qui s'appelle rendre la brève. Le Maître paye dans la suite à ce Prévôt deux sols pour marc d'or, &amp; un sol pour marc d'argent, pour être distribué à ceux qui ont ajusté la brève. Boizard. Ce sont les droits des <i>Ajusteurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1177" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUSTOIR" />
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    <head>AJUSTOIR</head>
    <p>
    AJUSTOIR . s. m. Petite balance où l'on pèse, &amp; où on ajuste les monnoies avant que de les marquer. <i>Libra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1178" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUTAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AJUTAGE</head>
    <p>
    &#9758; AJUTAGE , s. m. Petit tuyau de cuivre monté à vis sur une souche de même métal, que l'on soude au tuyau de plomb d'une fontaine, pour en former le jet gros ou menu, selon l'ouverture qu'on lui donne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1179" id="1" type="">
   <index type="head" value="AJUTOIRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AJUTOIRE</head>
    <p>
    &#9758; AJUTOIRE , s. m. Signifie la même chose qu'<i>ajutage,</i> mais il est moins usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1180" id="1" type="">
   <index type="head" value="AIX" />
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    <head>AIX</head>
    <p>
    AIX . Nom propre de plusieurs Villes, formé du nom Latin <i>Aquae, eaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIX</head>
    <p>
    Aix . <i>Aquae Gratianae.</i> Petite ville en Savoie, près du Lac du Bourget. Cette ville est ancienne, &amp; a titre de Marquisat. Elle a des eaux minérales, où il va tous les ans bien du monde. Les bains d'<i>Aix</i> sont l'ouvrage des Romains. L'Empereur Gratien les fit réparer. C'est la cause de son nom Latin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIX</head>
    <p>
    Aix . <i>Aquae Sextiae, Aquensis Civitas.</i> Ville Archiépiscopale de France, Capitale de Provence. Sa longitude est 26. degrés, 45'. Sa latitude 43. degrés 31', selon Hoffman ; mais selon Mrs de l'Académie des Sciences, sa longitude est 23d. 15' &amp; sa latitude 43d. 3'. On dit que C. Sextius Calvinus Consul Romain en est le fondateur ; c'est-à-dire, qu'il y envoya une Colonie, après avoir vaincu les Saliens, qui habitoient ce Pays, l'an 630. ou 631. de Rome, dans la 164. Olympiade, 142. ans environ avant Jesus-Christ ; &amp; que c'est du nom de ce Consul qu'elle a pris le sien. Nous avons une médaille de Vespasien, dont l'inscription Colonia Aquae Sext. Leg. XXV. nous apprend que ce fut de la 25e. Légion que fut tirée la Colonie qui fut envoyée à <i>Aix.</i> Il y avoit à <i>Aix</i> des Bains chauds, qui l'ont fait appeller par Ausone, <i>Baiae Sextiae,</i> par allusion à Bayes proche de Naples. Solin dit que de son temps ces eaux avoient beaucoup perdu de leur force. <i>Aix</i> fut convertie à la foi par S. Maximin, qui en fut le premier Evêque. Depuis elle fut érigée en Archevêché, &amp; dans les anciennes notices des Gaules elle est Métropole de la seconde Narbonnoise. Louïs XII. y a mis un Parlement ; &amp; Alexandre V. y fonda une Université en 1409. que Henri IV. rétablit en 1603.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AIX</head>
    <p>
    Aix la Chapelle . <i>Aquis-granum,</i> ou <i>Aquae grani,</i> selon Bollandus T. I. p. 309. Ville Impériale dans le Duché de Juliers, entre la Meuse &amp; le Rhin au 27e. degré 37. min de longitude, &amp; au 50e. d. 45. de latitude septentrionale. Les Allemans l'appellent <i>Ach,</i> &amp; les Flamans <i>Aken.</i> Cette ville est fort ancienne, célèbre par ses Thèrmes, dont elle a tiré son nom <i>Aquae.</i> On dit que Granus frère de Néron y découvrit ces eaux, s'y établit, &amp; y bâtit une tour qui retient encore aujourd'hui son nom, aussi-bien que la Ville même, <i>Aquis-granum.</i> C'est une fable, &amp; ce Granus frère de Néron est un personnage de Roman. Je connois des Granius ; mais je ne crois pas que dans toute l'Histoire Romaine il y ait un <i>Granus.</i> Pour Néron, Suétone semble dire nettement que C. Domitius son père, en mourant, ne laissa que lui d'enfans : <i>Decessitque Pyrgis morbo aquae intercutis sublato filio Nerone ex Agrippina Germanico genita.</i> D'autres prétendent qu'elle a été bâtie par <i>Serenius Granius</i> ; mais tout ce que nous savons de ce <i>Granius,</i> c'est qu'il a été Proconsul d'Asie sous Adrien, comme Eusèbe le rapporte Liv. IV. ch. 8. &amp; 9. mais il l'appelle <i>Granianus,</i> &amp; non pas <i>Granius ;</i> &amp; nous ne savons pas si jamais il vint dans les Gaules. <i>Aix la Chapelle</i> fut le séjour ordinaire de Charlemagne, qui l'agrandit &amp; l'embellit beaucoup. Il y mourut, &amp; l'on y voit encore son tombeau. L'on y conserve aussi son baudrier, son épée, &amp; l'Evangile dont il se servoit écrit en lettres d'or. C'est à <i>Aix la Chapelle</i> que se devroit faire le Couronnement de l'Empereur selon la Bulle d'or, &amp; toutes ces choses y doivent être employées : les Magistrats d'<i>Aix</i> les envoient au lieu où il se fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1180" id="5" type="">
   <index type="head" value="AIX" />
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    <head>AIX</head>
    <p>
    Aix en otte , ou en ote. <i>Aquae in Uttâ,</i> ou <i>Ottâ.</i> Ville ou Bourg de France dans le Senonois, située sur la petite riviére de Vannes, <i>Venena,</i> ou sur un ruisseau qui se jette dans la Vannes. Ce lieu étoit autrefois dans une forêt appellée <i>Otta Sylva,</i> d'où est venu le nom d'<i>Aix en Otte.</i> Je ne sai sur quoi fondé M. Corneille écrit <i>Aix en Gotte.</i> Je trouve par tout ailleurs <i>Aix en Otte, Sean en Otte,</i> &amp; jamais en Gotte, &amp; l'étymologie demande <i>Otte,</i> &amp; non pas Gotte. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de Valois dans sa <i>Notice de France.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1181" id="1" type="">
   <index type="head" value="AKBAL" />
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    <head>AKBAL</head>
    <p>
    AKBAL , s. m. C'est le surnom général que les Arabes donnent a leurs Rois, comme celui de Pharaon à ceux d'Egypte, &amp;c. Les Rois de l'Iemen, ou Arabie heureuse, portent celui de <i>Toba.</i></p><p>Ce mot vient apparemment de préposition Arabe, qui signifie <i>ante, priùs,</i> ainsi <i>Akbal,</i> signifiera, celui qui est devant les autres, le premier de l'Etat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1182" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="AKOND" />
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    <head>AKOND</head>
    <p>
    AKOND . Terme de Relation . C'est le nom du troisième Pontife de Perse. Il est Officier de Justice, &amp; est proprement le premier Lieutenant Civil, qui connoît des causes des Pupilles, des Veuves, des Contrats, &amp; des autres matières Civiles. Le Roi lui donne cinquante mille livres de pension annuelle, afin qu'il ne prenne rien des parties. C'est le Juge qui termine le plus de procès. Il est le chef de l'école du Droit, &amp; il en donne des leçons à tous les Officiers subalternes de la loi. Il a aussi des substituts dans tous les Tribunaux du Royaume, qui avec ceux du second Sadre font tous les Contrats. Au Palais il a sa place au bas du sofa après le grand Sadre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1183" id="1" type="">
   <index type="head" value="AKOUSMATE" />
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    <head>AKOUSMATE</head>
    <p>
    AKOUSMATE , Voyez <ref type="search" target="head:ACOUSMATE">ACOUSMATE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1184" id="1" type="">
   <index type="head" value="AL" />
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    <head>AL</head>
    <p>
    AL , s. m. Rivière de Prusse, que quelques-uns croient être le <i>Guttalus</i> de Pline ; mais d'autres ne sont pas de ce sentiment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1185" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALABASTRIDE" />
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    <head>ALABASTRIDE</head>
    <p>
    ALABASTRIDE , s. f. <i>Alabastris.</i> Le Pays d'Alabastra dans S. Epiphane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1186" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALABASTRITE" />
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    <head>ALABASTRITE</head>
    <p>
    ALABASTRITE . s. m. &amp; f. <i>Alabastrites.</i> Habitant d'Alabastre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1187" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALACHIR" />
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    <head>ALACHIR</head>
    <p>
    ALACHIR . Vieux mot qui signifie <i>défaillir,</i> selon Nicod rapporté par Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1188" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAFA" />
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    <head>ALAFA</head>
    <p>
    &#9758; ALAFA , s. f. Pension. Nous reçûmes de l'Empereur la Pension nommée <i>Alafa,</i> pour la nourriture &amp; le vêtement de huit personnes. Cette <i>Alafa</i> peut valoir par an cent florins d'or, suivant l'estimation des Marchands Génois ; &amp; c'est ce que l'Empereur donne aux Envoyés des Grands, à des Guerriers, à des ouvriers de divers arts, &amp; à d'autres personnes de diverses conditions. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1189" id="1" type="">
   <index type="head" value="A LA FIN" />
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    <head>A LA FIN</head>
    <p>
    A LA FIN , adv. Enfin, après tout, après bien du temps. <i>Tandem, denique.</i> Ce mot peut avoir sa place par tout ; mais il est pourtant plus de la Poësie, &amp; principalement quand on l'emploie au milieu du vers, que de la Prose. Cet homme m'a bien donné de la peine, mais <i>à la fin</i> j'en suis venu à bout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1190" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAIGRE" />
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    <head>ALAIGRE</head>
    <p>
    ALAIGRE , Voyez <ref type="search" target="head:ALÈGRE">ALÈGRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1191" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAIGREMENT" />
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    <head>ALAIGREMENT</head>
    <p>
    ALAIGREMENT , Voyez <ref type="search" target="head:ALÈGREMENT">ALÈGREMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1192" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAIGRESSE" />
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    <head>ALAIGRESSE</head>
    <p>
    ALAIGRESSE , Voyez <ref type="search" target="head:ALÉGRESSE">ALÉGRESSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1193" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAIN" />
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    <head>ALAIN</head>
    <p>
    ALAIN , s. m. <i>Alanus.</i> Nom propre d'homme usité sur-tout en France, &amp; en Angleterre depuis la conquête de Guillaume. Il y a trois Ducs &amp; quatre Comtes de Bretagne qui ont porté le nom d'<i>Alain,</i> qui est très-commun dans cette Province, dit de Valois dans sa <i>Notice de France,</i> parce que Aëtius y envoya Eocharic leur Roi avec sa Cavalerie, pour retenir dans le devoir les Peuples de l'Armorique, auxquels dans la suite les <i>Alains</i> se mêlerent, ne faisant plus qu'un Peuple avec eux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1193" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALAIN" />
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    <head>ALAIN</head>
    <p>
    Alain , s. m. <i>Alanus.</i> Nom de Peuple de la Sarmatie d'Europe. Josephe, qui parle des <i>Alains</i> dans son VIIe. Liv. de la guerre des Juifs, dit qu'ils étoient Scythes ; &amp; Ptolomée les place dans la partie de la Scythie, qui est en deçà du mont Imaüs, &amp; d'autres dans la partie qui est au-delà de la même montagne. Cependant Lucien, dans son Toxaris, &amp; Lucain, dans sa Pharsale Liv. X. v. 455. les distinguent des Scythes.</p><p>Josephe, dit qu'ils habitoient sur le Tanaïs, &amp; sur le Palus Maeotide. Claudien le dit aussi Liv. I. contre Rufin, &amp; Procope, Liv. IV. de l'Histoire des Goths, dit que les <i>Alains,</i> nation libre &amp; toujours alliée aux Perses contre les Romains &amp; leurs autres ennemis, occupent tout ce qui s'étend depuis le mont Caucase jusqu'aux portes Caspiennes. Sidonius Apollinaris les appelle aussi habitans du Caucase dans l'Ep. I. du IVe. Liv. <i>Caucasigenas Alanos.</i> Josephe confirme ce que vient de rapporter Procope ; car au VIIe. Liv. de la guerre des Juifs il dit, que sous Vespasien les <i>Alains</i> ayant obtenu passage du Roi des Hircaniens ravagerent la Médie. Martial semble les placer dans la Sarmatie Liv. VIIe. Ep. 29. en leur donnant des chevaux Sarmates : <i>Nec te Sarmatico transit Alanus equo.</i> Et Pacat, qui en parle deux fois dans le Panégyrique de Théodose, les joint toujours aux Goths &amp; aux Huns. Ammien Marcellin prétend que les <i>Alains</i> sont ceux qu'on appelloit auparavant Massagètes. Les <i>Alains,</i> qui avoient ravagé la Médie sous Vespasien, ravagerent l'Europe au commencement du Ve. siècle, &amp; s'étant joints aux Vandales, aux Suèves, &amp; aux Goths, ils pénétrerent jusques dans les Gaules ; prirent Mayence, Vormes, Amiens, &amp; plusieurs autres lieux, passerent en Espagne &amp; jusques dans l'Afrique. On prétend que ce fut Stilicon qui les appella ; qu'alors ils avoient quitté le Tanais, &amp; demeuroient sur le Danube. Ceux qui resterent en Gaule se diviserent en deux bandes. L'une se plaça le long de la Loire, sous la conduite du Roi Eocharic ; &amp; l'autre sur le Rhône, dans le territoire de Valence, sous Sangiban. Ce furent les premiers qu'Aëtius envoya dans l'Armorique. Lucien dit que les <i>Alains</i> parloient la même langue que les Scythes, qu'ils n'en différoient que par les cheveux qu'ils portoient courts. Procope dit que les <i>Alains</i> étoient Goths. Il y a dans le Turquestan une Ville nommée <i>Alan,</i> qui donne son nom à une Province, où sont les Villes de Bilcan &amp; de Caoubari. M. D'Herbelot croit qu'apparemment c'est de-là que sont sortis les <i>Alains.</i> Le P. Lobineau prétend que ce nom d'<i>Alain</i> est un nom propre fort usité en Bretagne dans tous les temps ; qu'il peut venir de l'ancien mot Breton <i>Allan,</i> expliqué par celui d'<i>extrà,</i> ou <i>dehors,</i> dans le Dictionnaire de Davies ; &amp; que dans ce sens il signifieroit étranger. Mais ce mot n'est en Bretagne que depuis qu'Aëtius y eut envoyé une armée d'<i>Alains</i> pour tenir ces Peuples dans le devoir. Ils s'y établirent, &amp; c'est de là que ce nom y devint commun. Si c'étoit les Bretons ou Armoriques qui eussent donné ce nom aux <i>Alains,</i> comment Josephe, Lucain, Lucien, &amp; tant d'autres, les nommeroient-ils ainsi avant que les Armoriques eussent jamais connu aucun <i>Alain ?</i> Voyez sur les <i>Alains</i> la <i>Notice des Gaules</i> de M. de Valois, &amp; Grotius dans l'Histoire des Suèves, des Goths &amp; des Vandales. Lucain appelle <i>Alanie</i> le Pays des <i>Alains.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1194" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAIS" />
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    <head>ALAIS</head>
    <p>
    ALAIS , s. m. C'est un oiseau de proie qui vient d'Orient, qui est propre pour voler les perdrix. Il y en a d'entretenus dans la Fauconnerie du Roi ; quelques-uns les appellent <i>alethes,</i> ou <i>véritables</i> ; car ils sont en telle réputation, qu'on croit que rien ne leur échappe. Il en vient aussi de bons du Pérou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1194" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALAIS" />
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    <head>ALAIS</head>
    <p>
    Alais , que quelques-uns écrivent Alês, ou Alets. <i>Alesia.</i> Ville de France dans le bas Languedoc, avec titre de Comté, &amp; Evêché. Elle est sur le Gardon aux pieds des montagnes des Cévennes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1195" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAISE" />
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    <head>ALAISE</head>
    <p>
    ALAISE . Voyez <ref type="search" target="head:ALÈSE">ALÈSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1196" id="1" type="menuiserie">
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    <head>ALAISE</head>
    <p>
    ALAISE , s. f. Terme de menuiserie . C'est dans une porte collée &amp; emboîtée, ou dans un panneau d'assemblage, la planche la plus étroite qui achève de le remplir. les panneaux d'un lambris doivent être assemblés sans <i>alaise,</i> pour être plus propres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1197" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAITER" />
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    <head>ALAITER</head>
    <p>
    ALAITER , ou ALLAITER, v. act. Nourrir un enfant avec le lait qu'il suce des mammelles. <i>Mammas, uber a infanti porrigere.</i> Une bonne mère doit <i>alaiter</i> ses enfans de son lait. Rémus &amp; Romulus furent <i>alaités</i> par une louve. On appelle Madame la Nourrice, celle qui a <i>alaité</i> un Roi, ou un Fils de France. On a dit au Sauveur, Brenheureux le ventre qui t'a porté, &amp; les mammelles qui t'ont <i>alaité.</i> Ce mot vient du Latin <i>allactare</i>.</p><p>On dit poëtiquement, qu'un bon Poëte a été <i>alaité</i> au Parnasse, qu'il est le nourrisson des Muses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1197" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALAITER" />
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    <head>ALAITER</head>
    <p>
    Alaité, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Lacte nutritus, pastus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1198" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALAMATOU" />
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    <head>ALAMATOU</head>
    <p>
    ALAMATOU , s. m. Fruit de l'Isle de Madagascar. Il ressemble à une prune noire, &amp; il en a le goût.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1199" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ALAMBIC" />
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    <head>ALAMBIC</head>
    <p>
    ALAMBIC . s. m. Terme de Chymie , Vaisseau qui sert à distiller. <i>Vas distillandis succis, Alambix.</i> Dans sa signification étroite, c'est un vase rond, élevé en pointe vers le haut, &amp; plus large vers le bas. Il a en dedans un rebord courbé, &amp; assez large pour recevoir les liqueurs ; ce rebord est percé pour laisser écouler la liqueur, laquelle sort par un long bec, ou tuyau, &amp; tombe dans un autre vaisseau, qu'on appelle le <i>récipient.</i> Ce vase, ou <i>alambic,</i> est adapté à un vaisseau, qu'on appelle la <i>cucurbite,</i> &amp; dans lequel on met la liqueur qu'on veut distiller. La force du feu élève de la liqueur contenue dans la cucurbite des vapeurs qui sont reçues dans l'<i>alambic</i> ; &amp; là elles se condensent, soit par la froideur de l'air extérieur, soit par l'eau qu'on y applique extérieurement, &amp; se convertissent en liqueur, laquelle s'écoule dans le récipient par le bec de l'<i>alambic.</i> Comme ce vaisseau ressemble un peu à une chapelle à l'antique, on l'appelle <i>chape, chapelle,</i> ou <i>chapiteau.</i> Quelquefois on met autour de ce chapiteau une espèce de bassin rempli d'eau fraîche, qui sert à condenser &amp; à résoudre les vapeurs qui s'élèvent de la cucurbite. Quelquefois le bec de l'<i>alambic</i> est joint &amp; uni à un tuyau entortillé, qui à eause de cela s'appelle <i>serpentin,</i> &amp; qui passe à travers un tonneau plein d'eau froide, &amp; que l'on a soin de rafraîchir à mesure qu'elle s'échauffe. En ce cas on se sert plus communement d'une chape étamée, en forme de tête, qu'on appelle <i>tête de more,</i> autour de laquelle il n'y a point de réfrigérant. Mais le mot <i>alambic,</i> dans sa signification plus étendue &amp; plus générale, comprend toute la machine qui <pb n="144" facs="bpt6k8542165/f184/full/1200,/0/native.jpg"/>sert à distiller ; c'est-à-dire, la cucurbite, le chapiteau, &amp;c. Il y a différentes sortes d'<i>alambics</i> : un <i>alambic</i> ouvert, lequel est composé de deux pièces séparées ; la cucurbite, &amp; le chapiteau : un <i>alambic</i> aveugle, composé d'un chapiteau posé, &amp; scellé hermétiquement sur la cucurbite, &amp;c.</p><p>On dit proverbialement, qu'une proposition, qu'une affaire a passé par l'<i>alambic</i> ; pour dire ; qu'elle a été bien discutée, bien examinée, qu'on en a tiré toute la substance. <i>Res diù multùmque agitata.</i></p><p>Ce mot vient de l'article Arabe <i>al</i>, &amp; du mot Grec , qui est une espèce de vaisseau de terre, dont parlent Athenée &amp; Hésychius, Menage après Casaubon, &amp; Vossius. Guichard tire outre cela de l'Hébreu ; car, selon lui, de , qui est interprété <i>fistula, canna per quam aqua fluit in balneum,</i> c'est-à-dire, tuyau, canal par lequel l'eau se rend dans un bain ; de ce mot, dis-je, a été formé en Grec. Mais Mattheus Silvaticus, dans ses Pandectes de Médecine, dit que ce mot est Arabe, &amp; signifie <i>la partie supérieure</i> du vaisseau distillatoire. Il a raison ; on le trouve dans Avicenne <i>alanbic,</i> pour signifier <i>alambic,</i> vaisseau distillatoire. Ce mot vient du verbe , <i>nabaka,</i> qui a la huitième conjugaison , <i>Inbaca,</i> signifie <i>eduxit, elicuit,</i> il a tiré ; d'où se forme le nom <i>Anbic,</i> ou <i>Enbic,</i> &amp; avec l'article, , <i>Alanbic,</i> ou <i>alenbic,</i> d'où nous avons fait <i>alambic,</i> en changeant l'<i>n</i> en <i>m,</i> sans rien changer au son, ni à la prononciation. C'est aussi le sentiment de M. d'Herbelot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1200" id="1" type="">
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    <head>ALAMBIQUER</head>
    <p>
    ALAMBIQUER , v. act. qui ne se dit guère qu'avec le pronom personnel en cette phrase figurée : S'<i>alambiquer</i> l'esprit, <i>Torquere ingenium</i> ; pour dire, Appliquer fortement son esprit à quelque étude ; chercher quelque chose de nouveau dans la pointe de l'esprit, &amp; par des méditations subtiles &amp; trop rafinées ; s'épuiser à force de réfléxion ; s'embarrasser, s'inquiéter, se gêner l'esprit par une trop grande application sur les choses difficiles. Il n'est en usage que dans le style bas, &amp; comique. Il prend plaisir à s'<i>alambiquer</i> l'esprit par mille chimères. Scar. On dit aussi dans le même sens, s'<i>alambiquer</i> la cervelle. <i>Alambiquer</i> une opinion, une proposition, c'est la prendre ou la traiter trop subtilement, avec une métaphysique outrée. Mais <i>alambiquer</i> dans le sens de distiller, de tirer par l'alambic, ne se dit plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1200" id="2" type="">
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    <head>ALAMBIQUER</head>
    <p>
    Alambiqué, ée , part. pass. <i>Oratio subtilior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1201" id="1" type="relation">
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    <head>ALAMPENA</head>
    <p>
    ALAMPENA . Terme de Relation . Ces deux mots veulent dire <i>ombre du monde,</i> ou <i>asyle assuré de toutes les nations.</i> C'est le surnom que les Persans donnent à leur Roi. Sanson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1202" id="1" type="venerie">
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    <head>ALAN</head>
    <p>
    ALAN , s. m. Terme de Venerie . C'est un gros chien, ou espèce de dogue, qui est venu originairement d'Epire. <i>Molossus.</i> Il y en a de trois sortes : <i>Alan genti,</i> celui qui est de la taille d'un lévrier : <i>Alan vautré,</i> qui tire sur le mâtin, qui est bon à chasser aux ours &amp; aux sangliers : &amp; <i>Alan de Boucherie,</i> qui sert à garder les maisons, &amp; à conduire des boeufs. Ce mot est venu de l'Espagnol <i>Alano.</i> Les Anciens disoient aussi <i>alanus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1203" id="1" type="">
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    <head>ALANGOURI, IE</head>
    <p>
    ALANGOURI, IE , adj. Qui est affoibli par une grande maladie, ou affliction, laquelle oblige à mener une vie langoureuse. <i>Extenuatus, languidus.</i> Ce mot est vieux, &amp; hors d'usage, quoique fort significatif. Il pourroit néanmoins se dire encore dans un discours bien familier, &amp; en riant. Je vous trouve tout <i>alangouri.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1204" id="1" type="architecture">
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    <head>ALAQUE</head>
    <p>
    ALAQUE , s. f. Terme d'Architecture . Membre quarré &amp; plat, qui fait le fondement de la base des colonnes. On l'appelle aussi plinthe ou orlet. <i>Plinthus, Quadra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1205" id="1" type="">
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    <head>ALAQUECA</head>
    <p>
    ALAQUECA . Pierre qui se trouve en petits fragmens polis en Balagate dans les Indes : elle arrête le sang lorsqu'on l'applique extérieurement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1206" id="1" type="">
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    <head>ALARBES</head>
    <p>
    ALARBES , s. m. C'est, dit Marmol, le nom qu'on donne aux Arabes établis en Barbarie. Ce mot ne me paroît être autre chose que l'article <i>al,</i> &amp; le nom Arabe ; &amp; qu'on a dit <i>Alarabes,</i> puis <i>Alarbes,</i> c'est-à-dire, les Arabes. Le Roi Sébastien, environné de soixante des plus hardis des ennemis, commanda à quelqu'un des siens de mettre un linge blanc au haut de sa lance, pour signe qu'il se vouloit rendre ; mais son malheur voulut que ceux qui l'entouroient fussent <i>Alarbes,</i> qui croyant que c'étoit un signal pour appeller ses gens à son secours, se jetterent sur lui &amp; le tuerent. Les <i>Alarbes</i> sont des voleurs qui vont en troupe dans la Barbarie en Afrique, dit Nicolaï.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1207" id="1" type="">
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    <head>ALARES</head>
    <p>
    ALARES , s. m. <i>Alares.</i> Quelques Auteurs prétendent que c'étoit le nom d'une nation de Pannonie. D'autres disent que c'étoit le nom d'une milice, ou d'une espèce de soldats ; qu'ils le tiroient du mot <i>ala,</i> aile ; &amp; les Dictionnaires attribuent ce sentiment à Ortelius. Le dernier Editeur du Moreri, qui a copié ceci du Dictionnaire d'Hofman, ajoûte qu'ils tiroient leur nom d'<i>ala,</i> à cause de leur légèreté à combattre. Cependant Ortelius n'en dit mot dans son Dictionnaire Geographique, &amp; il prend au contraire les <i>Alares</i> pour un Peuple de Pannonie. Cependant il me paroît plus probable que <i>Alares</i> n'est ni nom propre, ni nom de Peuple ; mais un nom adjectif, qui signifie Cavaliers, parce que la Cavalerie chez les Romains se jettoit sur les deux ailes de l'armée ; &amp; on appelloit pour cela un Corps de Cavalerie <i>ala.</i> Tacite semble même conduire à ce sentiment, en ajoûtant que ces prétendus <i>Alares</i> étoient la force de la Cavalerie. <i>Alares quoque Pannonios, robur equitatûs in parte campi locat.</i> C'a été le sentiment de Mr de Harlay dans sa traduction Françoise de Tacite, où il a dit : Il enferma encore dans son Camp la Cavalerie légère des Pannoniens, qui étoit la meilleure qu'il eût. C'est aussi celui de Bernardo Davanzati dans sa traduction Italienne. Il ne faut donc point prendre <i>Alares</i> pour un Peuple, ni en faire un nom François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1208" id="1" type="marine">
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    <head>ALARGUER</head>
    <p>
    ALARGUER , v. n. Terme de Marine . C'est se mettre au large, s'éloigner de la côte, ou de quelque vaisseau. <i>In altum navim propellere.</i></p><p>Ce mot est tiré du Latin <i>largus,</i> qui signifie, <i>qui n'est point à l'étroit, large.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1209" id="1" type="">
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    <head>ALARME</head>
    <p>
    ALARME , s. f. Signal qu'on donne par des cris, ou par des instrumens de guerre pour faire prendre les armes dans l'arrivée imprévue d'un ennemi. <i>Conclamatio ad arma.</i> Mais il paroît que c'est le tirer d'un peu loin. Pourquoi ne pas dire plutôt, que comme maintenant, quand on est surpris de l'ennemi qui paroît tout à coup, on crie au pluriel <i>aux armes, aux armes</i> (autrefois on crioit au singulier <i>à l'arme à l'arme</i>) &amp; que c'est de là que ce mot s'est formé ? L'étymologie paroît plus naturelle.</p><p>Il se dit aussi d'une émotion causée par les ennemis. <i>Pavor, trepidatio.</i> Les ennemis donnerent une chaude <i>alarme,</i> une fausse <i>alarme</i> en cette occasion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1209" id="2" type="">
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    <head>ALARME</head>
    <p>
    Alarme , se dit aussi figurément de toutes sortes d'appréhensions bien ou mal fondées. Il étoit en de continuelles <i>alarmes</i> de la perte de son procès. Cette femme étoit toujours en <i>alarme</i> pour son mari qui étoit à la guerre. Vous avez pris l'<i>alarme</i> bien légèrement. Nous voyons finir nos <i>alarmes.</i> Mol. Tenir la pudeur en <i>alarme.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1210" id="1" type="">
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    <head>ALARMER</head>
    <p>
    ALARMER , v. act. Donner l'alarme, causer de l'émotion, de l'épouvante, se dit tant au propre qu'au figuré. <i>Terrere, terrorem injicere.</i> L'approche des ennemis <i>alarma</i> tout le camp. Une si fâcheuse nouvelle <i>alarma</i> son amour. Scar.</p><p>L'amitié remplit &amp; remue le coeur, sans le troubler &amp; sans l'<i>alarmer.</i> Plusieurs le font venir du cri de guerre des Grecs, qui étoit .</p><p>On y joint le pronom personnel, S'<i>alarmer,</i> prendre l'épouvante. <i>Trepidare, consternari.</i> Un Général ne doit point s'<i>alarmer</i> sans de bons avis. Vous vous <i>alarmez</i> d'une nouvelle qui se trouvera peut-être fausse. A quoi bon cette délicatesse, <pb n="145" facs="bpt6k8542165/f185/full/1200,/0/native.jpg"/>qui s'<i>alarme</i> d'un mot nouveau, &amp; qui ne peut souffrir la rencontre de deux voyelles ? Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1211" id="1" type="">
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    <head>ALASTOR</head>
    <p>
    ALASTOR , s. m. <i>Alastor.</i> Nom d'un des quatre chevaux de Pluton dans Claudien, <i>De rapt. pros.</i> Liv. I.</p><p>C'est aussi le nom propre de quelques hommes, &amp; entre autres d'un des compagnons de Sarpedon, qui fut tué par Ulysse, &amp; d'un des Fils de Nestor.</p><p>Ce nom est Grec, &amp; signifie, incommode, qui fait du mal, nuisible. Il vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; du verbe , j'oublie, de sorte qu' est celui qui fait des maux si grands, qu'on ne les oublie jamais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1211" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALASTOR" />
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    <head>ALASTOR</head>
    <p>
    Alastor , est encore quelquefois un nom appellatif, de certains esprits malins, de Démons qui ne cherchent qu'à nuire, qui causent des orages, des tempêtes, des pestes, &amp;c. Plutarque les appelle <i>Telchines Alastoras,</i> que Thomas Maurus traduit, malins esprits ; Amyot a dit comme en Grec <i>Alastoras,</i> &amp; au singulier <i>Alastor</i> : les Démons, que nous appellons <i>Alastoras</i> &amp; <i>Palamnaeos</i> ; c'est-à-dire, poursuivans la punition &amp; la vengeance de crimes si énormes, que la mémoire en dure à jamais. Amyot. Qu'est-ce qu'<i>Alastor</i> ? Il ne faut pas croire que ce soit ce que quelques-uns veulent dire, Celui qui en temps de famine va épier ceux qui en leurs maisons meulent du bled, &amp; qui le ravissent &amp; emportent à force ; ains faut penser que <i>Alastor</i> soit celui qui a commis des maléfices ; <i>alasta,</i> c'est-à-dire, non oubliables. Amyot, d'après Plutarque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1212" id="1" type="">
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    <head>ALATERNE</head>
    <p>
    ALATERNE , s. m. <i>Alaternus,</i> ou <i>Philyca.</i> Arbrisseau ainsi appellé à cause que ses feuilles sont rangées alternativement le long de ses branches. Ses feuilles sont arrondies, quelquefois dentelées à leurs bords comme celles du chêne verd, d'un verd brun ; &amp; elles ne tombent point pendant l'hyver. Ses fleurs sont vertes, d'une seule pièce, en entonnoir, dont le pavillon est découpé en cinq pointes. Le pistile qui s'élève du fond de ces fleurs devient, après qu'elles sont passées, une baie molle, remplie de trois semences arrondies sur le dos, &amp; applaties par les côtés qu'elles se touchent. On connoît quatre espèces, ou variétés d'<i>Alaterne</i> ; l'une à feuille arrondie, entière &amp; assez ample ; l'autre à feuille plus petite &amp; dentelée à ses bords ; la troisième, dont les feuilles sont panachées de blanc &amp; de verd ; &amp; la quatrième a ses feuilles jaunes &amp; vertes. On le cultive pour le mettre en palissade, ou pour le tailler en boule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1213" id="1" type="">
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    <head>ALBAIN</head>
    <p>
    ALBAIN , s. m. <i>Albanus.</i> Habitant d'Albe-longue. Les <i>Albains</i> soutinrent de grandes guerres, &amp; furent enfin obligés de céder après le combat des trois Curiaces pour les <i>Albains,</i> &amp; des trois Horaces pour les Romains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1214" id="1" type="">
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    <head>ALBANIE</head>
    <p>
    ALBANIE , s. f. <i>Albania.</i> C'est le nom de plusieurs Pays. Car 1°. On a ainsi appellé une Province d'Asie située sur la mer Caspienne, qu'elle avoit à l'Orient, l'Iberie à l'Occident, &amp; l'Atropatie au Midy. On prétend qu'elle fut ainsi nommée à cause de la blancheur de ses habitans. L'auteur de l'<i>Ambassade de Figueroa en Perse,</i> prétend que la Géorgie Orientale, ou Gurgistan, est l'ancienne <i>Albania Asiatica.</i> 2°. On appelle Albanie la région de la Grèce, qu'on nommoit autrefois Epire, &amp; qui étoit la partie Occidentale de la Macédoine, &amp; qui est aujourd'hui sous la domination du Turc. L'<i>Albanie</i> est fameuse par la valeur &amp; l'adresse des gens de cheval qui en sortent. Les Albanois &amp; les Turcs l'appellent Arnanth. 3°. On a donné quelquefois le nom d'<i>Albanie</i> à l'Ecosse, &amp; encore à présent une Province Septentrionale de l'Ecosse s'appelle <i>Albanie,</i> &amp; par les Ecossois, <i>Briad Albain</i> ; c'est-à-dire, la plus haute partie d'Ecosse, ou <i>Drun Albain,</i> le dos de l'Ecosse. C'est un Pays rempli de montagnes fort blanches, d'où l'on prétend qu'il a pris ce nom ; <i>albus</i> en Latin signifie blanc. Les fils des Rois d'Ecosse ont souvent porté le titre de Ducs d'<i>Albanie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1215" id="1" type="">
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    <head>ALBANIN</head>
    <p>
    ALBANIN , ou BALBANIN, s. m. Nom d'une Nation, qui prétend descendre des anciens Grecs, qui ont possédé l'Egypte depuis Alexandre, &amp; qui n'a maintenant aucune demeure fixe, &amp; subsiste seulement par les courses fréquentes qu'elle fait sur les Nubiens, &amp; sur les Abyssins. Les <i>Albanins</i> ont une langue tout-à-fait différente de celle des Arabes, des Cophtes, &amp; des Abyssins. D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1216" id="1" type="">
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    <head>ALBANOIS, OISE</head>
    <p>
    ALBANOIS, OISE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est d'Albanie. Il se dit 1°. de ceux qui habitent l'Albanie d'Asie. Comme les Hibériens, &amp; les <i>Albanois,</i> habitent des lieux pleins de bois, aussi sont-ils plus endurcis à la peine &amp; à la patience. De Harlay. 2°. Il se dit plus communément aujourd'hui des habitans de l'Albanie de Grèce, ou de l'Epire. Les soldats <i>Albanois</i> s'appellent Capelets. 3°. On a aussi appellé autrefois les Ecossois <i>Albanois</i> ; &amp; parce qu'ils étoient si grands voyageurs, que la coutume de voyager avoit passé dans eux en nature, comme dit Walafridus Strabo dans la vie de S. Gal. Liv. II. chap. 47. on appella <i>Albani, Albanois,</i> tous les étrangers, d'où ensuite s'est formé, à ce que l'on prétend, en François les noms d'<i>Aubin</i> &amp; d'<i>Aubeine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1216" id="2" type="">
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    <head>ALBANOIS, OISE</head>
    <p>
    Albanois , Est aussi le nom qu'on donna dans le VIIIe siècle à des hérétiques qui renouvellerent les erreurs des Manichéens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1216" id="3" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ALBANOIS, OISE" />
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    <head>ALBANOIS, OISE</head>
    <p>
    Albanoise , s. f. Terme de Fleuriste . L'<i>Albanoise</i> est une anémone toute blanche, sinon un peu d'incarnat au fond des grandes feuilles, &amp; de la peluche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1217" id="1" type="">
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    <head>ALBANOPOLIS</head>
    <p>
    ALBANOPOLIS , s. f. <i>Albanopolis.</i> Ville capitale de l'Albanie de Grèce, &amp; dont cette Province a pris son nom, à ce que quelques-uns prétendent. On lui donne 46. d. de longit. &amp; 41. d. 6. m. de latit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1218" id="1" type="">
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    <head>ALBASTRE</head>
    <p>
    ALBASTRE , ou ALABASTRA, s. f. <i>Alabastra.</i> Ville d'Egypte du côté de l'Arabie, &amp; dans la partie Orientale de ce Royaume. Quelques-uns disent qu'elle est ainsi appellée, parce qu'elle est entourée de montagnes, où l'on trouve l'<i>albatre.</i> D'autres disent que de ces montagnes on en tiroit une pierre, dont on faisoit des vases appellés <i>alabastri</i> ; &amp; que c'étoient des vases de senteurs, faits d'onix. Le Géographe Etienne met cette place dans la Phrygie, &amp; cite Herodote sur cela. Saumaise réfute ce sentiment p. 558. sur Solin Ep. 240. Il dit qu'elle étoit dans la Thébaide.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBÂTRE</head>
    <p>
    ALBÂTRE , s. m. Espèce de pierre moins dure que le marbre ; mais plus dure que le plâtre. <i>Alabastrides, onix.</i> On en trouve de toutes sortes de couleurs. Il y en a qui est très-blanc &amp; luisant ; c'est le plus commun : &amp; d'autre qui est rouge comme du corail. Il y en a d'une sorte qu'on appelle Onix, parce que sa couleur est semblable à celle d'une autre pierre qu'on nomme proprement Onix, &amp; qui en est bien différente. L'<i>Albâtre</i> est aisé à tailler. On en fait de petits vases, des statues &amp; des colonnes. <i>Albâtre</i> chez les Anciens signifioit une boëte à parfums. Quelques-uns tirent ce mot du Latin <i>albus,</i> à cause de la blancheur de cette pierre : d'autres du Grec , qu'ils tirent d'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>capio.</i> Cette pierre est si unie, que les mains glissent dessus sans pouvoir s'y attacher.</p><p>On dit figurément d'une femme fort blanche, qu'elle a la gorge d'<i>albâtre,</i> le teint d'<i>albâtre,</i> que c'est de l'<i>albatre</i> animé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBÂTRE</head>
    <p>
    Albâtre , Dans S. Matth. ch. XXVI. 7. dans S. Marc XIV. 3. &amp; en S. Luc. VII. 37. <i>Alabastrum, albâtre,</i> est pris pour un vase d'onguent précieux. Les Traducteurs de Port-Royal, ont cru, ou semblent avoir cru que ce vase fut d'<i>albâtre.</i> Ce n'est pas le sentiment le plus reçu, ni le plus approuvé ; &amp; d'habiles Interprètes ont peine à croire qu'il se fût cassé si aisément que la femme de l'Evangile le cassa, comme S. Marc le rapporte. Aussi M. Simon, qui dans le texte a traduit comme Port-Royal, un vase d'<i>albâtre,</i> avertit dans sa note qu'on pourroit traduire autrement, un vase façon d'<i>albâtre</i> ; &amp; que comme on mettoit ordinairement ces sortes de liqueurs dans des boëtes ou vases d'<i>albâtre,</i> on donnoit ce nom à tous les vases où l'on en mettoit. C'est en effet le sentiment de Luc de Bruges, &amp; d'autres Commentateurs. D'autres veulent qu'<i>albâtre</i> en ces endroits de l'Ecriture signifie un vase fait d'une certaine manière, &amp; d'une certaine forme, &amp; sur-tout sans anses, d'où ils prétendent que son nom lui a été donné, ; de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>anse.</i> Saint Epiphane rend ce mot par un vase de verre, &amp; l'Auteur de l'Etymologique l'a suivi, aussi-bien qu'Erasme &amp; l'Interprète Arabe. Mais d'autres avec beaucoup plus de raison, ce semble, prétendent qu'<i>alabastrum</i> en ces endroits signifie précisément en général un vase de liqueur. Et de vrai, Pollux le rend souvent par . Au IIe Liv. des Rois XXI. 13. quelques Interprètes traduisent par , &amp; d'autres simplement par . Hesychius &amp; Phavorinus interprètent <i>Cyathus olei,</i> un pot d'huile. On <pb n="146" facs="bpt6k8542165/f186/full/1200,/0/native.jpg"/>trouve de ces prétendus vases d'<i>albâtre</i> qui sont de marbre, d'onix, d'or, d'argent, &amp; d'autres métaux. Ainsi le Père Bouhours a très-bien traduit, quand il a dit en général : une femme s'approcha de lui avec un vase plein d'une liqueur odoriférante, &amp;c.</p><p>Le P. Kirker, dans son <i>Oedipus Aegypt.</i> Tom. II. p. 288. dit qu'<i>albâtre, alabastrum,</i> est non-seulement un vase de liqueur précieuse, mais aussi une mesure Egyptienne, qui contenoit 9. Kost, autre mesure, &amp; 9. livres d'Egypte, c'est-à-dire, selon lui 24 livres ou 24 sextiers Romains. Si cela est vrai, ce ne fut pas ce vase-là que la femme dont il est parlé dans l'Evangile, rompit sur la tête de N. S.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBE</head>
    <p>
    ALBE , s. f. <i>Alba.</i> Nom de plusieurs Villes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBE</head>
    <p>
    Albe-longue . <i>Alba longa.</i> Ville ancienne d'Italie, bâtie par Ascanius fils d'Enée environ 1100. ans avant Jesus-Christ : elle fut surnommée la longue, parce qu'elle s'étendoit en long sur une montagne. Voyez Tite-Live Liv. I. chap. 7. Denys d'Halicarnasse Liv. I. Son nom lui vint de ce que l'on trouva en cet endroit une laie blanche, qui parut d'un bon augure. Voyez <ref type="search" target="head:Juven">Juven</ref>. Sat. XII. v. 70.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBE</head>
    <p>
    Albe . <i>Alba Pompeïa.</i> Ville Episcopale d'Italie dans le Montferrat sur le Tanaro.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBE</head>
    <p>
    Albe-Royale . <i>Alba Regia.</i> Ville de la basse Hongrie. C'est dans cette Ville que les Rois d'Hongrie étoient couronnés &amp; inhumés. C'est ce qui l'a fait surnommer Royale.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBE</head>
    <p>
    Albe-Grecque . C'est Belgrade.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Albe-Julie . C'est Wissembourg.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBE</head>
    <p>
    ALBE , ou ALBETTE. Petit poisson de rivière qui ressemble à l'Anchois. Sa tête est petite, ses yeux à proportion, &amp; rouge, son dos est verdâtre, son ventre blanc, avec deux lignes aux côtés ; il est apéritif. C'est le poisson qu'Ausone appelle <i>Alburnus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBENGA</head>
    <p>
    ALBENGA , s. f. <i>Albiga,</i> ou <i>Albinga,</i> ou <i>Albinganum,</i> ou <i>Alba Inganum.</i> Ville Episcopale, &amp; port de mer de la République de Gènes. <i>Albenga</i> est une grande Ville, mais déserte, parce qu'elle est mal faite. Elle est au 29e d. 30' de longit. &amp; 43e. d. de latitude.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBERGE</head>
    <p>
    ALBERGE , s. f. Espèce de pêche précoce, &amp; qui vient devant les autres ; la chair en est jaune, &amp; ferme. <i>Persicum, duracinum.</i> La Quintinie ne dit pas simplement <i>Alberge,</i> mais <i>Alberge-jaune.</i> Il y a encore une pêche qu'on appelle Pavie <i>alberge-jaune,</i> ou le petit Pavie <i>alberge-jaune.</i> Ces pêches mûrissent à la fin de Juillet, ou au commencement d'Août, &amp; n'ont pas grand mérite l'une &amp; l'autre. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBERGE</head>
    <p>
    Alberge-rouge . Autre espèce de pêche. L'<i>alberge-rouge</i> est une de nos plus jolies pêches, par son goût vineux &amp; relevé, si on la laisse bien mûrir ; autrement elle a la chair dure comme les autres pêches ; mais constamment elle demande plus de maturité qu'elles. Elle n'est que de la grosseur de la pêche de Troye, &amp; lui ressemble assez, hors qu'elle me paroît plus colorée. Le seul défaut de cette pêche, c'est de n'être pas grosse. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBERGE</head>
    <p>
    Alberge-violette , s. f. Autre espèce de pêche. La pêche <i>Alberge-violette,</i> &amp; le petit Pavie <i>Alberge-violet</i> mûrissent vers la fin du mois d'Août, &amp; sont fort bonnes. La Quint. La Pavie <i>Alberge-violet</i> est encore une autre espèce, comme il paroît, par ce que nous venons de dire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBERGER</head>
    <p>
    ALBERGER . Verbe, qui est en usage en Dauphiné, pour dire, donner en emphythéose. Il vient de celui d'<i>alpen,</i> ou d'<i>alpage,</i> qui signifie un lieu qui n'est point labouré, &amp; qui ne sert que de paquerage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1225" id="1" type="">
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    <head>ALBERGIER</head>
    <p>
    ALBERGIER , s. m. L'arbre qui porte les <i>alberges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1226" id="1" type="">
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    <head>ALBERT</head>
    <p>
    ALBERT , s. m. <i>Albertus.</i> Nom propre d'homme, formé d'<i>Adelbertus,</i> Adelbert ; car la même personne s'appelle quelquefois Adelbert, ou <i>Albert,</i> comme Adelbert, ou <i>Albert</i> Comte de Bavière sous l'Empereur Henri III. dans le XIe siècle, à qui cet Empereur donna l'Archevêché de Hambourg &amp; de Brême, &amp; qui dépouillé ensuite sous Henri IV. de tous ses biens par la brigue de Hannon Archevêque de Cologne &amp; des autres Seigneurs, soutint avec tant de fermeté son exil &amp; sa disgrace. Tel encore au XIIe siècle Adelbert, ou <i>Albert</i> Abbé d'Hildeheim. Ainsi l'on a dit d'abord Adelbert, puis prononçant l'<i>e</i> muet, Adlbert ; &amp; enfin, <i>Albert.</i> Il y a de l'apparence que c'est encore la même chose que <i>Aldebert,</i> qui s'est fait par la transposition d'une lettre ; &amp; en effet cet Imposteur, qui parut en France dans le VIIIe siècle, &amp; qui en débitant ses visions ridicules, &amp; affectant une dévotion singulière, parvint à la Prêtrise &amp; à l'Episcopat, fut ensuite déposé, &amp; condamné dans le Concile de Soissons de 744. se trouve nommé <i>Aldebert,</i> ou <i>Adalbert,</i> qui est la même chose qu'Adelbert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1227" id="1" type="jardinier fleuriste">
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    <head>ALBERT</head>
    <p>
    ALBERT . Terme de Jardinier Fleuriste , c'est le nom qu'on donne à une anémone. <i>Anemone Albertina,</i> ou <i>ab Alberto dicta.</i> Il y en a une sorte qu'on appelle <i>le Passe-Albert.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1228" id="1" type="">
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    <head>ALBERTINE</head>
    <p>
    ALBERTINE , adj. f. <i>Albertina stirps.</i> Nom de la branche puisnée de la Maison de Saxe ; l'aînée s'appelle <i>Ernestine.</i> Elles ont tiré ces noms de leurs Chefs, Ernest &amp; Albert, fils de Frideric le Paisible, Electeur de Saxe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1229" id="1" type="fleuriste">
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    <head>ALBERTINE</head>
    <p>
    ALBERTINE , s. f. Terme de Fleuriste . Espèce d'anémone. L'<i>Albertine</i> est de couleur de chair &amp; incarnat ; quelques-uns la nomment <i>Parangon,</i> ou <i>Passescala.</i> C'est aussi le nom d'une Tulipe, qui a de petits traits pourpres par menus panaches, avec du gris de lin clair, &amp; du blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1230" id="1" type="">
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    <head>ALBI</head>
    <p>
    ALBI , s. m. <i>Albia,</i> ou <i>Albiga.</i> Ville de France dans le haut Languedoc, avec Archevêché, ci-devant Evêché suffragant de Bourges. <i>Albi</i> est une très-ancienne Ville. On la met à 23. d. 10. min. de longitude, &amp; à 43. degrés 59. min. de latitude. Il en est fait mention dans Ptolomée, dans la Notice de l'Empire, &amp; dans Grégoire de Tours. Sabin, Evêque d'<i>Albi,</i> assista &amp; souscrivit au Concile d'Agde en 506. <i>Albi</i> est sur le Tarn.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALBICANTE</head>
    <p>
    ALBICANTE , s. f. Terme de Fleuriste , c'est une espèce d'anémone, dont les grandes feuilles sont d'un blanc sale ; sa peluche est blanche, à l'extrêmité couleur de rose : en Bretagne on la nomme Carnée. <i>Albicans Anemone.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1232" id="1" type="">
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    <head>ALBICORE</head>
    <p>
    ALBICORE , s. m. C'est un poisson qu'on trouve dans la Mer Océane, d'un goût &amp; d'une couleur assez approchante de celle de nos maqueraux, si ce n'est qu'il est bien plus grand. Les <i>Albicores</i> que l'on tuoit, étoient la plupart aussi grands que des Thons ; de sorte que deux Matelots avoient de la peine à en tirer un dans le bord. Wiqfort. Quelques anciennes relations écrivent <i>albocores,</i> &amp; appellent <i>albocorets</i> les jeunes <i>albocores.</i> Elles disent que ce poisson est blanc, parce qu'il n'a point d'écailles ; qu'il a le ventre tout blanc &amp; mol avec des ailerons jaunes, qu'on voit reluire de loin sous l'eau ; qu'il est plus grand que les Bonites, auxquelles il ressemble ; qu'on en a pris de cinq pieds de long, &amp; gros comme un homme ; que sa chair est maigre &amp; farineuse, &amp; moins délicate que la Dorade ; que sa peau est tendre, &amp; qu'il n'a qu'une seule arête traversante. Il fait la chasse aux poissons volans qui se trouvent dans cette mer-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1233" id="1" type="">
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    <head>ALBIGEOIS, OISE</head>
    <p>
    ALBIGEOIS, OISE , s. m. &amp; f. <i>Albigensis.</i> Qui est d'Albe. Anciennement on disoit <i>Albienses,</i> &amp; non pas <i>Albigenses.</i> On appelle aussi de ce nom tous ceux qui sont du territoire d'Albi, dont nous allons parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1233" id="2" type="">
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    <head>ALBIGEOIS, OISE</head>
    <p>
    Albigeois , s. m. <i>Albiensis,</i> ou <i>Albigensis ager.</i> Le Pays dont Albi est la capitale. La rivière d'Agouste le sépare presque entièrement du reste du Languedoc. Le Rouergue &amp; le Querci le bornent de l'autre côté. Castres en <i>Albigeois</i> &amp; Albi sont les principales Villes de l'<i>Albigeois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1233" id="3" type="">
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    <head>ALBIGEOIS, OISE</head>
    <p>
    Albigeois, oise , s. m. &amp; fém Nom d'herétiques qui s'éleverent au XIIe siècle dans le Languedoc, aux environs de Toulouse, &amp; sur-tout dans l'<i>Albigeois,</i> d'où ils prirent leur nom. Ils s'appellerent encore <i>Petrobusiens, Arnaudistes, Cathares, I'Piffres, Patarins, Tisserans, Bons-Hommes, Publicains, Passagiens,</i> ou <i>Passagers,</i> &amp;c. Les <i>Albigeois</i> étoient de vrais Manichéens. C'est de la Bulgarie que l'erreur prit son cours vers les différentes parties de l'Europe ; d'abord en Allemagne, puis en Italie, &amp; de là dans la Provence &amp; le Languedoc. La Bulgarie avoit été infectée par les Pauliciens d'Arménie, &amp; les Pauliciens descendoient des anciens Manichéens. Pierre de Bruys, Provençal, esprit inquiet &amp; visionnaire, passe pour avoir été le premier qui porta une erreur si monstrueuse dans le Languedoc vers l'an 1126. Il fut brûlé à S. Gilles 20. ans après qu'il eut commencé de dogmatiser. Le plus considérable de ses Partisans fut un Moine, nommé Henri, hérésiarque d'autant plus dangereux, que ses manières étoient plus insinuantes que celles de son maître. Les <i>Albigeois</i> qui sembloient n'attaquer que le culte extérieur de l'Eglise &amp; les Sacremens, cachoient dans un silence impénétrable des dogmes horribles. Ils posoient pour fondement de leur système, qu'il y avoit deux Dieux, l'un infiniment bon, l'autre infiniment méchant. Ils disoient que ces Dieux n'avoient pas créé la matière ; qu'elle étoit comme eux un être nécessaire ; <pb n="147" facs="bpt6k8542165/f187/full/1200,/0/native.jpg"/>que le Dieu bon avoit fait un monde invisible, &amp; que le méchant avoit formé celui que nous voyons ; que chaque Dieu avoit ses femmes &amp; ses enfans ; que le Diable étoit fils du Dieu méchant, &amp; Jesus-Christ fils du Dieu bon ; que l'un de ces Dieux ne pouvoit faire que du bien dans son monde, &amp; que l'autre ne pouvoit faire que du mal dans le sien ; qu'ils avoient tous deux une égale puissance, pour se former mutuellement des obstacles dans l'exécution de leurs desseins ; &amp; que par une nécessité fatale, qui suivoit de cette égalité de pouvoir, le bien &amp; le mal étoient mêlés par-tout. La Providence, selon eux, n'étoit qu'une impression nécessaire, qui joignoit le bien &amp; le mal dans presque tous les êtres inférieurs aux Dieux. Ils croyoient que l'ancien Testament étoit la parole &amp; la loi du Dieu méchant ; &amp; le Nouveau l'ouvrage du Dieu bon ; tous dogmes Manichéens, desquels les <i>Albigeois</i> tiroient des conséquences abominables pour la pratique &amp; pour les moeurs. Ils avoient une Hiérarchie composée de Prêtres, de Diacres, &amp; d'Evêques, &amp; leur Pape tenoit son siége en Bulgarie. Les Calvinistes, pour trouver à leur Secte une origine plus ancienne, prennent les <i>Albigeois</i> pour leurs prédécesseurs &amp; leurs pères. Vers le commencement du XIIIe siècle, sous le Pontificat d'Innocent IIIe, &amp; sous le Regne de Philippe Auguste, l'hérésie des <i>Albigeois</i> devint si puissante, que les Catholiques ne virent plus d'autre remède efficace à lui opposer, que celui d'une Croisade. Les Religieux de Cîteaux formerent le projet de cette sainte ligue. Les <i>Albigeois</i> furent condamnés en 1180. au Concile de Latran. Philippe Auguste en sollicita l'exécution auprès du S. Siége ; &amp; le Pape, en qualité de père commun des fidèles, leva le premier l'étendart de la Croix. Elle fut publiée en 1210. Le fameux Comte de Montfort l'Amaury en fut le Chef. Louis VIII. Roi de France, fit aux <i>Albigeois</i> une guerre, qui ne finit qu'en 1228. La paix fut suivie en 1229. de l'établissement de l'Inquisition contre ces hérétiques à Toulouse. Depuis ce temps les <i>Albigeois</i> s'affoiblirent peu à peu, &amp; furent enfin entièrement détruits, à la réserve de quelques-uns qui se joignirent aux Vaudois, &amp; dans la suite à Zuingle, qu'ils reconnurent pour le Réformateur de leur Secte, &amp; ensuite à Calvin, dont les disciples donnerent aux Eglises des <i>Albigeois</i> la forme de celle de Genève. Les <i>Albigeois</i> prirent les noms de <i>Cathares,</i> ou <i>Puritains.</i></p><p>On trouve bien des choses concernant l'histoire des <i>Albigeois</i> dans les ouvrages de Saint Bernard, sur-tout dans ses lettres ; dans Jean Paul Perrin, <i>Histoire des Vaudois,</i> &amp; dans l'<i>Histoire des Comtes de Toulouse</i> par Castel. Roger de Hoveden, dans ses Annales d'Angleterre, a conservé des pièces très-curieuses sur ce qui concerne les <i>Albigeois</i> avant le temps de la Croisade. Pierre de Vaucernay, Religieux de Cîteaux, témoin oculaire de la plupart des grandes actions de Simon de Montfort, a écrit l'histoire des <i>Albigeois</i> d'un style simple, mais d'une manière fort animée contre leurs abominations. La Chronique de Robert, Moine d'Auxerre, renferme des particularités considérables sur les <i>Albigeois</i> du Nivernois. Reinier, d'abord Evêque des <i>Albigeois,</i> &amp; ensuite Dominicain, prend l'hérésie des <i>Albigeois</i> par le fond, &amp; donne de grandes lumières pour l'intelligence de leurs dogmes. Vincent de Beauvais, la chronique d'Alberic Abbé d'un Monastère près de Liége, Guillaume de Puy-Laurent, Aumônier de Raymond VII. Comte de Toulouse, &amp; Luc Evêque de Tuy, ont aussi très-bien écrit de la même matière. M. Bossuet en parle dans ses Variations. Le Père Langlois Jésuite imprima en 1703. une Histoire très-exacte des Croisades contre les <i>Albigeois.</i></p><p>Autrefois on disoit &amp; on écrivoit Aubijois &amp; Aubejois, soit qu'on parlât d'un canton du Languedoc, soit qu'on parlât des hérétiques qui ont tiré leur nom de ce canton.</p><p>Et dans l'Ordène de Chevalerie de Huë de Tabarie. MS.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1234" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALBION" />
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    <head>ALBION</head>
    <p>
    ALBION , s. f. <i>Albion.</i> C'est un ancien nom de l'Isle de la Grande-Bretagne. On en rapporte plusieurs raisons. Les uns disent que ce nom vient d', <i>heureux.</i> La plus commune opinion est, qu'elle fut ainsi nommée à cause de ces rochers blancs, ou des falaises qui paroissent sur ses côtes. Si cela est, il ne faut pas dire pour cela que ce mot soit Latin d'<i>albus,</i> blanc ; mais plutôt Celtique, venant de l'Hébreu , <i>laban,</i> qui signifie <i>blanc</i> ; &amp; que l'<i>a</i> ajoûté au commencement est l'article , <i>a.</i> D'autres le tirent d'Albion fils de Neptune ; car si l'on en croit les histoires fabuleuses d'Angleterre, Albion fut de la posterité de Cham, fils de ce Neptune, que Moïse Gen. X. 13. appelle Naphtuhim. Il équipa une flotte sur laquelle il parcourut l'Océan, &amp; vint s'établir dans l'Isle de la Grande-Bretagne, qui s'appelloit alors Samothée, trois cents ans après que Samothès y eut mené les premières Colonies, quelque temps après le déluge. Albion ne regna que sept ans dans cette Isle ; il fut défait dans une bataille, &amp; tué avec son frère Bergion, par Hercule l'Egyptien leur cousin, qui vengea sur eux la mort d'Osiris leur aieul commun, que ces barbares avoient massacré. La bataille se donna à l'embouchure du Rhône, où, dit-on, les deux flottes se rencontrerent. Il est étonnant que le dernier Historien d'Angleterre nous ait encore étalé de sang froid toutes ces fables.</p><p>La nouvelle <i>Albion</i> est une partie de l'Amérique Septentrionale, découverte autrefois sous le regne d'Elizabeth par Drak en 1578. Elle est voisine du Méxique d'un côté, &amp; de l'autre de la Floride. Les Anglois l'ont abandonnée, ce qui fait qu'elle est peu connue jusqu'ici.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1235" id="1" type="droguiste">
   <index type="head" value="ALBIQUE" />
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    <head>ALBIQUE</head>
    <p>
    ALBIQUE , s. f. Terme de Droguiste , est une espèce de craie, ou terre blanchâtre, grasse &amp; visqueuse, qui ressemble en quelque sorte à la terre Lemnienne ou sigillée. On a découvert depuis peu une terre auprès de Blois, semblable en vertu à celle qu'on apporte de Lemnos. Ce mot vient du Latin, <i>albus, blanc</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1236" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALBORNOZ" />
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    <head>ALBORNOZ</head>
    <p>
    ALBORNOZ , s. m. Quelques-uns disent <i>Bornoze</i> ; mais mal. Il faut dire <i>Albornoz,</i> masculin. Mot Espagnol ; c'est une sorte de manteau à capuce qui est fait de poil de chèvre, &amp; tout d'une pièce. Les Maures, les Turcs, &amp; les Chevaliers de Malthe, s'en servent, lorsqu'ils vont au camp pendant le mauvais temps. <i>Pallium cucullatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1237" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALBOUR" />
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    <head>ALBOUR</head>
    <p>
    ALBOUR , ou AULBOUR, s. m. <i>Daléchamp Histoire des Plantes.</i> 88. I. <i>vol. Alburnum,</i> ou <i>Saburnum,</i> Arbre, qu'on a appellé Faux Ebénier, à cause que son bois acquiert en vieillissant &amp; en se séchant une couleur noirâtre. Il croît communément dans les Alpes, &amp; il ressemble à l'<i>Anagyris,</i> ou <i>bois puant.</i> L'écorce de son bois est d'un verd cendré. Ses feuilles sont au nombre de trois attachées à une même queue ; elles ont chacune deux pouces de long sur un pouce de large ; elles paroissent argentées lorsqu'elles sont nouvelles, mais ensuite elles deviennent d'un verd de mer, &amp; un peu pâles en dessous. Ses fleurs sont jaunes, légumineuses, ramassées en un assez gros épi, qui pend de la longueur d'un demi pied. A ces fleurs succèdent des gousses composées de deux cosses, qui renferment des semences taillées en rein. On a nommé cet arbre <i>Cytisus Alpinus, flore racemoso, pendulo. Inst. R. Herb.</i> &amp; on en a remarqué deux espèces qui varient par leurs feuilles, plus larges, ou plus étroites. Son écorce, ses feuilles, ses fleurs &amp; ses fruits sont vomitifs &amp; laxatifs, comme l'a remarqué Daléchamp.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1238" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="ALBRENER" />
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    <head>ALBRENER</head>
    <p>
    ALBRENER , v. n. Terme de Fauconnerie . Chasser aux albrens. <i>Anaticulas venari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1239" id="1" type="">
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    <head>ALBRENÉ, ÉE</head>
    <p>
    ALBRENÉ, ÉE , part. Qui se dit de tout oiseau rompu en son pennage, ou défaillant de pennage, sans pennage entier à ses ailes. <i>Illisus, fractus, diffractus.</i></p><p>On le dit figurément de ce qui est en mauvais état. Un homme <i>albrené ;</i> armée <i>albrenée.</i> Rabelais a dit dans l'Apologue de l'Asne &amp; du Roussin, Te voilà tout <i>albrené.</i> Ce mot vient de l'article <i>al</i>, &amp; de , qui signifie une espèce d'oiseau que Pline appelle <i>canard.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1240" id="1" type="">
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    <head>ALBRENT</head>
    <p>
    ALBRENT , ou ALEBRAN. D'autres écrivent <i>halbran,</i> ou <i>halebran,</i> s. m. Jeune canard sauvage, qui est ainsi nommé jusqu'en Octobre, auquel temps il devient canardeau ; &amp; un mois après on l'appelle <i>canard,</i> ou oiseau de rivière. <i>Anaticula fluviatilis.</i> Menage dit que ce mot vient du Grec , qui signifie une <i>cane de mer,</i> dont on a fait depuis <i>albrent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1241" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALBRET" />
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    <head>ALBRET</head>
    <p>
    ALBRET , s. m. <i>Leporetum, Lepretum, Albretum.</i> Ville de Gascogne, capitale du Pays dont on va parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1241" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALBRET" />
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    <head>ALBRET</head>
    <p>
    <pb n="148" facs="bpt6k8542165/f188/full/1200,/0/native.jpg"/> Albret , s. m. <i>Pagum Leporetanum, Leporetanus ager,</i> ou <i>Tractus.</i> Pays de Gascogne dans les landes de Bourdeaux, &amp; dans le Diocèse de Bazas. Le Pays d'<i>Albret,</i> possédé long-temps par des Seigneurs auxquels il donnoit son nom, fut érigé en Duché en 1556. par Henri II. pour Antoine de Bourbon Roi de Navarre, &amp; Jeanne d'<i>Albret</i> son épouse.</p><p>Ce mot vient du nom Latin <i>Leporetum</i>, qu'on a donné apparemment à ce Pays, à cause de la quantité de lièvres qui s'y trouvoient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1242" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ALBUGINEUX, EUSE" />
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    <head>ALBUGINEUX, EUSE</head>
    <p>
    ALBUGINEUX, EUSE , adj. Terme d'Anatomie , qu'on donne à la tunique qui couvre immédiatement le testicule, &amp; qu'on appelle ainsi, parce qu'elle est blanche. <i>Albidus.</i></p><p>On donne aussi ce nom à une des humeurs de l'oeil, qui s'appelle autrement, l'humeur aqueuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1243" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALBUNÉE" />
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    <head>ALBUNÉE</head>
    <p>
    ALBUNÉE , s. f. <i>Albunea.</i> Déesse qui avoit un temple à Tibur, ou Tivoli. Quelques Auteurs veulent que ce fût la Nymphe qui présidoit aux eaux minérales de Tivoli. D'autres la prennent pour la dixième Sybille, appellée Tiburtine, c'est-à-dire, de Tibur ; &amp; d'autres la confondent avec Ino fille d'Athamas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1244" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALBURNE" />
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    <head>ALBURNE</head>
    <p>
    ALBURNE , s. m. <i>Alburnus.</i> C'étoit le nom d'une montagne de la Lucanie. On en fit ensuite un Dieu ; ou plutôt on donna le même nom au Dieu de cette montagne ; &amp; Tertullien, dans son Apologétique, ch. 5. &amp; dans son premier Livre contre Marcion, ch. 18. nous apprend que c'étoit M. Aemilius Metellus qui introduisit ce nouveau Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1245" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCADE" />
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    <head>ALCADE</head>
    <p>
    ALCADE , s. m. <i>Judex, Praetor.</i> C'est le nom d'un Juge Espagnol. Les Espagnols ont pris ce nom des Maures. Voyez <ref type="search" target="head:Alcaïde">Alcaïde</ref>. Je trouve dans les Dictionnaires Espagnols, dont quelques-uns sont fort reçus, <i>Alcalde,</i> au lieu d'<i>Alcade.</i></p><p><i>Alcalde de Justice.</i> C'est un Juge, un Prévôt. <i>Alcalde</i> de la Cour, ou de la Maison Royale, c'est ce que nous appellons Grand Prévôt de l'Hôtel. Fr Rolland commença à jouïr de l'Office d'<i>Alcalde</i> Major, &amp; étant arrivé à S. Dominique avec ses gens, il y arriva d'autres <i>Alcaldes</i> qui étoient là. De La Cost. traduct. de Herrera. <i>Alcaldie,</i> en Espagnol <i>Alcaldia,</i> c'est la charge de ce Magistrat. <i>Praetura.</i> On trouve aussi, &amp; l'on dit <i>Alcaide</i> &amp; <i>Alcaidia,</i> comme le prononcent les Maures. Diego de Torrès, dans sa Rélation, ou Histoire des Chérifs dit, que les puînés du Roi de Maroc, ses frères &amp; ses parens, sont au nombre des principaux <i>Alcaïdes</i> ; que ce Roi a un <i>Alcaïde</i> qui a charge de commander aux Ministres de la Justice, &amp; de faire les exécutions secrettes, comme d'arrêter quelque <i>Alcaïde,</i> ou Seigneur ; qu'il y a un autre <i>Alcaïde,</i> qui est comme Maître des cérémonies ; un autre qui a l'Office de Grand Ecuyer ; un <i>Alcaïde</i> des chameaux, qui a soin de les faire panser, &amp;c. Un autre qui est comme pourvoyeur général ; un <i>Alcaide</i> des Cetaires, qui sont les laquais, ou valets de pied. Un <i>Alcaïde</i> qui commande à 50. hommes de cheval, nommés Almaharèques, qui sont comme des Sergens qui commandent de la part du Roi aux <i>Alcaïdes</i> &amp; Gentils-hommes, ce qu'ils doivent faire ; qu'il y a un <i>Alcaïde</i> du charroi, qui a charge de dresser, plier, porter les tentes du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1246" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCAÏDE" />
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    <head>ALCAÏDE</head>
    <p>
    ALCAÏDE , s. m. <i>Judex, Praetor, Civitatis Rector, Gubernator.</i> Juge &amp; Gouverneur d'une Ville dans la Barbarie ; car on ne le dit que de ceux de ce pays-là. La Jurisdiction de l'<i>Alcaïde</i> est souveraine, tant au civil qu'au criminel, &amp; les amendes lui appartiennent. Je trouve aussi dans quelques Dictionnaires Espagnols <i>Alcalde</i> dans le même sens, ainsi que je l'ai dit.</p><p>Ce mot vient de l'article <i>al</i>, du verbe Arabe <i>Kad</i>, &amp; <i>Akad</i>, qui signifie gouverner, régir, administrer, être Gouverneur. Son participe est <i>Kaid,</i> dont on a fait aussi un nom appellatif, qui chez les Arabes signifie <i>Gouverneur, Chef, Préteur, Président, Juge, petit Roi.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ALCADE">ALCADE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1247" id="1" type="poesie latine">
   <index type="head" value="ALCAÏQUE" />
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    <head>ALCAÏQUE</head>
    <p>
    ALCAÏQUE , s. m. &amp; adj. Terme de Poësie Latine . Les vers <i>Alcaïques</i> sont des vers lyriques composés de quatre pieds &amp; une césure ; le premier est spondé ou ïambe ; le second ïambe ; ensuite vient la césure, puis deux dactyles ; le dernier peut être un amphimacre. Tels sont ceux-ci dans Horace. Liv. II. Od. 3.</p><p>On appelle encore <i>alcaïques</i> des vers d'une autre mesure, composés de deux dactyles &amp; de deux trochées, comme celui-ci de la même Ode.</p><p>Une Ode <i>Alcaïque</i> est composée de strophes, dont chacune comprend quatre vers. Les deux premiers sont deux vers <i>alcaïques</i> de la première espèce. Le troisième est un ïambe dimetre hypercatalectique, c'est-à-dire, de quatre pieds &amp; une syllable.</p><p>Le quatrième est un <i>alcaïque</i> de la seconde espèce. Voici la strophe <i>alcaïque entière.</i></p><p>Ces deux espèces de vers s'appellent <i>alcaïques dactyliques.</i> Il y en a une autre espèce qu'on nomme simplement <i>alcaïques,</i> &amp; qui sont composés de quatre pieds, dont le premier est un épitrite, le second &amp; le troisième deux choriambes, le quatrième un bacchius.</p><p>Le Poëte Alcée, <i>Alcaeus,</i> inventa ces espèces de vers ; c'est pour cela qu'on les appella <i>Alcaïques,</i> de son nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1248" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCALA" />
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    <head>ALCALA</head>
    <p>
    ALCALA , s. f. C'est le nom de plusieurs Villes d'Espagne. La première &amp; la plus célèbre est <i>Alcala</i> de Henarez dans la Nouvelle Castille. <i>Complutum. Alcala</i> est fameuse par son Université fondée en 1517. par le Cardinal Ximenès, &amp; par la Polyglotte que ce Prélat y fit imprimer en 1515. On l'appelle <i>Carpetanorum urbs.</i></p><p><i>Alcala de Guadira, Hienipa,</i> est une petite Ville d'Andalousie.</p><p><i>Alcala-Real,</i> ou Royale, <i>Alcala Regalis,</i> est aussi dans l'Andalousie sur les frontières du Royaume de Grenade.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1249" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="ALCANA" />
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    <head>ALCANA</head>
    <p>
    ALCANA , s. f. Terme de Botanique . Quelques-uns donnent ce nom au Troëne, &amp; d'autres à la Filaria. Il y en a aussi qui le donnent à la colle de poisson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1250" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCANNA" />
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    <head>ALCANNA</head>
    <p>
    ALCANNA , s. m. Arbre qui est médiocrement élevé, dont le bois est blanchâtre, assez dur, &amp; dont les branches sortent par paire du tronc, &amp; en soutiennent d'autres. Celles-ci sont revêtues de feuilles qui gardent le même ordre, qui sont assez étroitement serrées, &amp; ne vont pas jusqu'à la fin de la branche, qui se termine toujours par une épine longue, assez foible. Ses feuilles sont d'un verd jaunâtre, &amp; ont la figure d'un fer de pique, plus larges vers la pointe qu'en approchant de la queue ; elles ont deux pouces &amp; quelques lignes de longueur, sur onze lignes de largeur, &amp; ce sont les plus grandes. Ses fleurs naissent en forme de bouquet à l'aisselle des branches : chaque fleur est composée de quatre ou cinq petales d'un pourpre sale disposées en rose autour du pistile, &amp; soutenue par un calice d'une seule pièce découpée jusqu'à la base ; son pédicule est assez court &amp; assez délié. Huit étamines blanches, disposées deux à deux, portant des sommets fort petits, environnent le pistile, qui devient une baie du volume de celle de génévrier. Cette baie contient, sous une écorce cassante, un nombre prodigieux de semences triangulaires &amp; un peu pyramidales. Plusieurs Auteurs de Botanique ont confondu cet arbre avec le Troëne ou avec le Filaria. Prosper Alpin nous a donné le premier la description de l'<i>Alcanna</i> dans son Traité des Plantes d'Egypte pag. 44. La figure qu'il en donne n'est pas exacte, comme l'a fort bien remarqué Veslingius pag. 16. On peut avoir recours à l'<i>Hortus Malabaricus</i> vol. I. pag. 37. où l'on y verra une branche de cet arbre <pb n="149" facs="bpt6k8542165/f189/full/1200,/0/native.jpg"/>très-bien dessinée sous le nom de Mail-anschi ; sa description est très-correcte. Cet arbre vient donc dans les Indes aussi-bien qu'en Egypte, où il est appellé <i>Elle hanne,</i> &amp; <i>Alcanna,</i> par les Médecins. On a cru que c'étoit le <i>Cyprus</i> de Pline, &amp; qu'il devoit se rapporter au genre de Troëne ; mais mal-à-propos, comme on le peut voir à l'article du Troëne. Les feuilles de l'<i>Alcana</i> sont fort astringentes ; on en fait un grand trafic au Caire après les avoir réduites en poudre, qu'on nomme <i>Archenda,</i> de laquelle les femmes se servent pour se teindre les ongles &amp; les cheveux en jaune doré. Cette même poudre jettée dans de l'eau chaude est un remède dont on use pour supprimer la trop grande sueur des pieds, en les y baignant, &amp; en y appliquant le marc. Les Transactions Philosophiques, Tom. II. p. 645. disent que l'<i>Alcanna</i> est la feuille d'une plante, qui, quand elle a trempé pendant une nuit dans du vin, rougit les cloux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1251" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCANTARA" />
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    <head>ALCANTARA</head>
    <p>
    ALCANTARA , s. f. <i>Norba Caesarea Turobrica,</i> ou <i>Pons Trajanus.</i> C'est le nom d'une ville de Portugal, dans l'Estramadure, sur le Tage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1252" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCANTARA" />
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    <head>ALCANTARA</head>
    <p>
    ALCANTARA , Ordre militaire d'Espagne. La ville d'<i>Alcantara</i> ayant été reprise sur les Maures par Alphonse IX. en 1212. il la confia à la garde des Chevaliers de Calatrava. Deux ans après elle fut remise aux Chevaliers du Poirier. C'étoit un Ordre de Chevaliers institué en 1170. par Gomez Fernand, &amp; approuvé par le Pape Alexandre III. sous la règle de S. Benoît. Alors ils changerent de nom, &amp; prirent celui de la ville d'<i>Alcantara,</i> dont ils étoient en possession. Après la défaite des Maures, &amp; la prise de Grenade, la Maîtrise de l'Ordre d'<i>Alcantara,</i> &amp; celle de l'Ordre de Calatrava, furent réunies à la Couronne de Castille par Ferdinand &amp; Isabelle. En 1540. les Chevaliers d'<i>Alcantara</i> demanderent la permission de se marier ; &amp; elle leur fut accordée. Le Père Andrea Mendo, Jésuite, dans son traité Latin des Ordres militaires, place l'époque de l'institution de cet Ordre à l'an 1156. <i>Barbosa Summ. Decis. Apostol. collect.</i> à l'an 1176. Les Chroniques de l'Ordre disent que Ferdinand Roi de Léon, de Castille, des Asturies &amp; de l'Estramadure, le prit sous sa protection en 1176. l'année suivante Alexandre III. l'approuva. Lucius III. leur donna la règle de S. Benoît l'an 1184. en 1218. Nugnez Fernand leur donna Alcantara, &amp; ils en prirent le nom. Outre les Auteurs cités, voyez Joseph Michieli <i>Thesoro militar de Cavaleria.</i> Caramuel <i>Theolog. reg.</i> p. IX. Soranzo, l'<i>Idea del Cavaliere.</i> Franc. Menenio dans ses délices des Ordres de Chevalerie. Bernardo Justiniani <i>Hist. de gl. Ordini militari.</i> Ch. 29. Miraeus <i>Orig. Ord. equest.</i> Liv. I. ch. 9. Mais Mariana dit que ce fut Alphonse, Roi de Léon, qui en 1213. donna <i>Alcantara</i> aux Chevaliers de Calatrava. Le Licentié Franc. de Radès, &amp; le Licentié Franc. Caro de Torrès, qui ont fait des Histoires de cet Ordre, disent l'un &amp; l'autre qu'il s'appella d'abord l'Ordre de S. Julien del Percyro, du nom du lieu où il fut institué, dans l'Evêché de Ciudad Rodrigo ; qu'il est de l'Ordre de Cîteaux, &amp; qu'il a la règle de S. Benoît ; qu'on ne sait point précisément en quelle année il fut établi ; mais qu'il fut approuvé par Alexandre III. en 1177. qu'il est certain que l'année précédente il subsistoit déja, parce que l'année 1214. de l'ére de César, qui est la 1176. de J. C. Fernand, Roi de Léon &amp; de Galice, leur accorda un privilége ; &amp; que l'année de cette ére 1256. c'est-à-dire, l'an 1218. de J. C. le grand Maître de Calatrava la céda à l'Ordre del Pereyro, qui commença à s'appeller l'Ordre d'<i>Alcantara.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1253" id="1" type="">
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    <head>ALCATRACE</head>
    <p>
    ALCATRACE , s. m. Petit oiseau qui se trouve sur l'Océan des Indes vers le 16e. degré de latitude, &amp; les côtes d'Arabie. Wicquefort. Plus bas le même Auteur le nomme <i>Alcatras.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1254" id="1" type="">
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    <head>ALCATRAZ</head>
    <p>
    ALCATRAZ , s. m. Poisson que l'on trouve dans la mer des Indes vers le 15e. degré de latitude Septentrionale. Ce nom est Espagnol. Wicquefort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1255" id="1" type="">
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    <head>ALCE</head>
    <p>
    ALCE , s. f. Animal dont il est parlé dans les Auteurs Latins, &amp; que l'on ne connoît point. Quelques Savans veulent que ce soit une espèce de Biche ; d'autres un Âne sauvage ; d'autres un Eland, &amp;c. Il y en avoit dans la forêt Noire, ou Hercinie. Capitolin rapporte que Gordien, entre plusieurs autres bêtes, en avoit fait venir à Rome dix de cette espèce ; &amp; que Philippe s'en servit dans les jeux séculaires qu'il donna. On trouve au reste, sur les médailles de Philippe le Fils, un animal singulier, avec ces mots, Saeculares augg. que M. Spanheim croit être une <i>Alce.</i> M. Réger est de même sentiment. T. II. p. 731.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1256" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCHYMIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>ALCHYMIE</head>
    <p>
    ALCHYMIE , s. f. On dit aussi <i>Alquimie,</i> ou simplement <i>Chymie. Chymia.</i> C'est un Art qui apprend à dissoudre tous les corps naturels, &amp; à les résoudre dans leurs principes. Elle enseigne à séparer les substances utiles de chaque mixte d'avec les inutiles. L'<i>Alchymie</i> n'est décriée qu'à cause qu'il y a plusieurs ignorans, charlatans, &amp; chercheurs de pierre Philosophale, qui se vantent de savoir l'<i>Alchymie,</i> pour attraper des dupes, &amp; des avares. Nicod dérive ce mot du Grec , <i>suc,</i> à cause que la <i>Chymie</i> extrait le suc des plantes &amp; des animaux ; ou de , <i>fondre,</i> parce qu'elle donne le moyen de mettre les choses les plus solides en fusion. Guichard prétend qu'il vient de l'Hébreu , &amp; , qui signifient dissoudre, liquéfier par inversion : de ces radicales s'est fait en Grec , <i>Fundo,</i> &amp; de là ; Libanius &amp; Savot le dérivent d'un certain <i>Alchymus</i> qui faisoit de faux or ; Ménage, après Bochart, de l'Arabe <i>chema,</i> &amp; de l'article <i>al,</i> qui signifie l'<i>art occulte.</i> Saumaise dit qu'il vient d'un certain <i>Chymes,</i> ou <i>Chemes,</i> fort estimé des Grecs, comme le premier inventeur de la <i>Chymie.</i> D'autres disent qu'il vient de <i>Chamia,</i> ou <i>Chemia,</i> nom ancien de l'Egypte, d'où cette science fut portée en Grèce. Mais ce qui a plus d'apparence, c'est que ce mot est Grec, &amp; veut dire, <i>salis fusio,</i> ou <i>fonte de sels,</i> de , <i>sal,</i> &amp; <i>fundo ;</i> c'est le sentiment de Quercetanus, Liv. I. <i>de Priscor. Medicina.</i> c. 11. car une des principales opérations de la <i>Chymie</i> se fait sur les sels. Quoique le mot d'<i>Alchymie</i> &amp; celui de <i>Chymie</i> signifient la même chose, les Chymistes pourtant se servent particulierement de celui d'<i>Alchymie,</i> pour exprimer la <i>Chymie</i> la plus sublime, &amp; la partie qui enseigne la transmutation des métaux. Selon le jargon des <i>Adeptes</i> ou souffleurs du premier ordre, <i>al</i> n'est pas-là un article Arabique ; mais il signifie une vertu merveilleuse. M. Harris, qui distingue <i>Alchymie</i> de la <i>Chymie,</i> dit que la vraie définition de l'<i>Alchymie</i> est celle-ci, <i>Ars sine arte, cujus principium est mentiri, medium laborare, &amp; finis mendicare,</i> c'est-à-dire, un art sans art, dont le commencement est de mentir, le milieu de travailler, &amp; la fin de mendier. Un Alchymiste réduit à l'hôpital (c'est Pénote) avoit coutume de dire, qu'il ne souhaitoit rien à ses plus mortels ennemis, qu'un peu de goût pour l'<i>Alchymie.</i> L'<i>Alchymie</i> est une agréable folie, qui a ruiné insensiblement les plus riches maisons de l'Europe, dans l'espérance de pouvoir trouver par le secours de l'art, ce qui ne peut être opéré que par la nature. C'est pour cela que Rome bannit autrefois ceux qui se mêloient de cette profession, &amp; qu'ensuite les sacrés Canons les ont foudroyés de leurs censures. Geber, Morienus Romanus, Raymond Lulle, Arnaud de Villeneuve, se sont vantés d'avoir réussi en ce métier ; &amp; l'on n'en croit rien. Dioclétien fit brûler tous les Livres qui traitoient de cette matière ; César en fit de même. <i>Agrippa de vanitate scientiarum. c.</i> 110. Des-Roc.</p><p>Jean Léon l'Africain, Description de l'Afrique, pag. 3. dit, qu'il y a beaucoup d'<i>Alchymistes</i> à Fez ; qu'ils s'assemblent ordinairement le soir dans la grande Mosquée, pour y disputer de leur art ; qu'ils ont beaucoup d'Auteurs qui en ont écrit ; que les principaux sont un Grec renégat, dont l'ouvrage est intitulé <i>Geber ;</i> un Secrétaire du Sultan de Bagdeth, dont l'ouvrage a pour titre <i>Artogrehi ;</i> un ouvrage en vers, ou cantiques, composé par Mugairibi, qui étoit de Grenade, &amp; qui passe pour avoir été savant en cet art. Il ajoûte, que ces Alchymistes, qui sont les plus sottes gens du monde, &amp; qui sentent le plus mauvais, sont de deux sortes : les uns, qui cherchent la pierre philosophale, ou une matière qui feigne tous les métaux ; &amp; les autres qui cherchent la multiplication de ces mêmes métaux, en les mêlant les uns avec les autres.</p><p>Jean, surnommé l'<i>Alchymiste</i> ; céda l'Electorat de Brandebourg à ses frères, vers le milieu du XVe. siècle.</p><p>Quelques-uns, au rapport du P. Kirker <i>Oed. Aeg.</i> T. II. pag. 389. disent que le premier inventeur de l'<i>Alchymie</i> est Mercure Trismégiste. Les Egyptiens, dit ce Père, l'appellent sagesse hermetique. Voyez ce qu'il dit en cet endroit &amp; p. suiv. de l'<i>Alchymie</i> de ces Peuples.</p><p>On appelle, Or &amp; argent d'<i>Alchymie,</i> ou d'<i>Alquemie,</i> un mêlange de ces métaux avec d'autres métaux imparfaits. Les faux monnoyeurs se servent d'or &amp; d'argent d'<i>Alchymie,</i> <pb n="150" facs="bpt6k8542165/f190/full/1200,/0/native.jpg"/>qui ne résistent point au feu, &amp; qui ne souffrent point la coupelle.</p><p>On dit proverbialement, Faire l'<i>Alchymie</i> avec les dents, lorsqu'on remplit sa bourse par l'épargne de sa bouche. D'autres appliquent ce proverbe à Midas, qui convertissoit en or tout ce qu'il buvoit &amp; mangeoit, duquel on peut dire proprement, qu'il faisoit l'<i>Alchymie</i> avec les dents.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1257" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCHYMISTE" />
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    <head>ALCHYMISTE</head>
    <p>
    ALCHYMISTE , ou CHYMISTE, adj. Celui qui sait la Chymie, qui l'enseigne, ou qui en fait les opérations. <i>Chymicus, Chymiae peritus.</i> Quand on met ce mot tout seul, on dit plutôt <i>Alchymiste</i> ; &amp; alors il est substantif. Quand on le joint avec quelque autre pour épithète, on dit plutôt <i>Chymiste.</i> Un Médecin <i>Chymiste.</i> On a obligation aux <i>Alchymistes</i> de la découverte des plus beaux secrets de la nature, de la fonte &amp; de la préparation des métaux. Le mot d'<i>Alchymiste</i> se dit particulièrement de celui qui s'applique à la transmutation des métaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1258" id="1" type="">
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    <head>ALCIDE</head>
    <p>
    ALCIDE , s. m. <i>Alcides.</i> C'est un nom d'Hercule, qui marque sa force ; car il vient du Grec , <i>force.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1259" id="1" type="fleuriste">
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    <head>ALCIDON</head>
    <p>
    ALCIDON , s. m. Terme de Fleuriste . C'est le nom d'une des espèces des oeillets picquetés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1260" id="1" type="poesie latine">
   <index type="head" value="ALCMANIEN" />
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    <head>ALCMANIEN</head>
    <p>
    ALCMANIEN . Terme de Poësie Latine . C'est une épithète que l'on donne à une espèce de vers composés de trois dactyles &amp; une césure, comme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1261" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCOLISER" />
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    <head>ALCOLISER</head>
    <p>
    ALCOLISER , Voyez <ref type="search" target="head:ALKOLISER">ALKOLISER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1262" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALCORAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ALCORAN</head>
    <p>
    ALCORAN , subst. m. <i>Alcoranus. Coranus.</i> Ce mot qui est Arabe, signifie la même chose en cette langue, que celui de <i>hammikra</i> en Hébreu, c'est-à-dire <i>Lecture,</i> ou <i>Collection</i> ; car le verbe Arabe a les mêmes, significations que le verbe Latin <i>legere,</i> &amp; se prend non seulement pour <i>lire,</i> mais encore pour <i>cueillir, recueillir, ramasser</i> ; mais quoique l'<i>Alcoran</i> puisse être appellé collection, parce que c'est le ramas, ou la collection de tous les préceptes de Mahomet &amp; de sa loi, il paroît plus vrai-semblable que c'est dans le premier sens qu'on a pris ce nom, &amp; qu'on le lui a donné pour faire entendre que c'est la <i>lecture,</i> ou le livre de <i>lecture</i> par excellence. Mahomet, qui a été le singe des Juifs &amp; des Chrétiens, a emprunté d'eux, &amp; a donné à son livre les mêmes noms qu'ils donnent à la Bible, voulant marquer par-là que son <i>Alcoran</i> n'étoit pas moins divin que la Bible. Aussi l'appelle-t-il quelquefois <i>Alkitab,</i> comme les Juifs disent , c'est-à-dire, l'<i>Ecriture,</i> comme nous disons en Grec , &amp; en Latin <i>Biblia,</i> c'est-à-dire, <i>le livre</i> par excellence ; il lui donne le nom de <i>Livre de Dieu,</i> pour montrer qu'il l'a reçu de Dieu. Les Mahométans l'appellent encore , <i>alphorkan,</i> du verbe, , <i>pharaca,</i> qui signifie <i>distinguer,</i> ou par ce que ce livre distingue, selon eux, le vrai du faux, &amp; ce qui est permis de ce qui ne l'est pas, ainsi que Marraci l'a prétendu ; ou peut-être parce qu'il contient les chapitres de la loi, ou de Mahomet, &amp; dans le sens que les Hébreux donnent à quelques livres le nom de , <i>Perakim, Capita,</i> ou <i>Capitula</i> ; par exemple, <i>Capita Patrum, Majorum</i> ; , <i>Capitula R. Eliezer.</i> Car <i>Alphorkan</i> est aussi en Arabe le pluriel du nom <i>phark,</i> ou <i>alphark,</i> qui signifie la même chose que l'Hébreu , <i>perek.</i> Enfin, ils appellent encore l'Alcoran <i>Alzechr,</i> Avertissement, ou plutôt, si l'on peut ainsi parler, Remembrance, parce qu'il fait rémemorer, c'est-à-dire, qu'il conserve ou rappelle la mémoire de la loi. Il est divisé en <i>Surates,</i> c'est-à-dire, en <i>Sections,</i> ou <i>Chapitres,</i> &amp; chaque Section, ou <i>Surate,</i> est divisée en petits versets, qui sont la plupart écrits d'un style fort coupé, &amp; qui approche plus des vers que de la prose. Les Mahométans ont chez-eux, aussi-bien que les Juifs, une espèce de <i>Massorètes,</i> qui ont compté le nombre des versets, des mots, &amp; même de toutes les Lettres qui sont dans l'<i>Alcoran.</i></p><p>Nous croyons communément que Mahomet est l'Auteur de ce Livre, &amp; qu'un Moine nommé Sergius l'a composé avec lui. Mais les Mahométans croient comme un article de foi, qu'il n'a point été composé par leur faux Prophète, qui a été, disent-ils, un homme sans littérature. Ils sont persuadés, que comme Dieu a donné la loi à Moise, l'Evangile à Jesus-Christ, &amp; d'autres Livres sacrés aux autres Prophètes ; de même il a donné l'<i>Alcoran</i> à Mahomet ; &amp; qu'il s'est servi pour cela du ministère de l'Ange Gabriel, qui ne l'a néanmoins communiqué que peu à peu, par versets, &amp; en différens lieux, pendant l'espace de 23. ans. C'est ce qui fait que tout cet ouvrage est sans ordre, parce que Mahomet, ou plutôt son Copiste, ayant mis ces versets dans une boëte, sans aucun ordre &amp; avec confusion, il n'a pas été possible de les remettre dans leur premier ordre, quelque soin que les Docteurs Mahométans aient pris pour le trouver. Ces 23. années, qu'on suppose que l'Ange Gabriel employa pour donner l'<i>Alcoran</i> entier à Mahomet, sont d'une merveilleuse utilité à ses Sectateurs. Car elles leur servent de dénouement pour répondre à ceux qui leur opposent les contradictions manifestes dont ce Livre est rempli. Ils disent, que c'est Dieu même qui est l'auteur de ces contradictions, parce qu'il a révoqué dans la suite du temps plusieurs préceptes qu'il avoit d'abord donnés ; la nécessité des choses le demandant ainsi. Ils ont même marqué dans leurs Commentaires les versets de l'<i>Alcoran</i> que Dieu a révoqués &amp; abrogés.</p><p>Monsieur d'Herbelot croit que ce qu'il y a de plus vraisemblable touchant la composition de l'<i>Alcoran,</i> est que plusieurs Evêques, Prêtres, Moines, &amp; autres gens ayant été relégués par les Empereurs dans les déserts de l'Arabie &amp; de l'Egypte, après que les hérésies des Nestoriens, des Eutychiens, &amp; des Monothélites eurent été condamnées par les Conciles Oecuméniques, il s'en trouva d'assez méchans pour fournir à Mahomet les Mémoires peu fidèles &amp; mal conçus de l'ancien &amp; du nouveau Testament, dont il a prétendu couvrir ses impostures. Les Juifs qui s'étoient fort répandus dans l'Arabie y ont contribué aussi de leur côté ; &amp; ce n'est pas sans raison qu'ils se vantent que douze de leurs principaux Docteurs ont été les Auteurs de ce Livre détestable, dans la vûe de confondre les Chrétiens sur l'étendue de la Religion. L'<i>Alcoran</i> est plein de sentimens erronnés des hérétiques dont on a parlé, ce qui confirme la conjecture,</p><p>On remarquera que cet <i>Alcoran</i> n'étoit du temps de Mahomet qu'en des feuilles séparées, qui ne faisoient point un Corps de Livre. Ce fut Abubècre son successeur qui ramassa ces feuilles dispersées, &amp; en fit un volume, qu'il donna à garder à Haphsa veuve de Mahomet, pour servir d'original. Comme il se trouva de la variété entre les exemplaires de ce Livre, qui furent répandus en diverses Provinces, Othman, successeur d'Abubècre, les fit ramasser, &amp; donna ordre qu'on fit plusieurs copies de l'<i>Alcoran</i> sur l'exemplaire de Haphsa ; l'on supprima en même-temps tous les autres qui n'y étoient point conformes. Cette révision cependant, quelque exacte qu'elle fût, n'a pas empêché qu'il ne se trouve encore aujourd'hui de la diversité entre les exemplaires de ce Livre ; &amp; elle consiste principalement dans les points voyelles, qui n'étoient point encore en usage au temps de Mahomet &amp; de ses successeurs. Ils y ont été ajoûtés dans la suite pour en fixer la lecture, de la même manière que les Massorètes des Juifs ont ajoûté ces sortes de points voyelles au texte Hébreu de l'Ecriture : &amp; comme ceux-ci ont eu des Critiques qui ont marqué les véritables Leçons de leur texte, il se trouve aussi parmi les Mahométans des Ecrivains qui ont composé des Livres touchant la véritable lecture de l'<i>Alcoran.</i></p><p>Il y a sept éditions principales de l'<i>Alcoran</i> ; deux faites à Médine, une à la Mècque, une à Coufa, une autre à Balsora, une en Syrie, &amp; une que l'on appelle Commune, ou Vulgate. La première de ces éditions contient six mille versets ; les autres la surpassent de 200. jusqu'à 236. Mais elles sont toutes égales quant au nombre des mots &amp; des lettres, car dans tous les exemplaires de ce Livre on compte 77639. mots, &amp; 323015. lettres.</p><p>Cet ouvrage a été d'abord divisé en petits versets, en quoi ils ont suivi les Grecs &amp; les Latins, qui ont nommé ces sortes de versets , <i>Lineas, versiculos :</i> &amp; quoiqu'ils aient différentes éditions, où le nombre de ces versets est marqué différemment, cette variété est de nulle importance ; car tous les exemplaires de l'<i>Alcoran</i> conviennent pour le nombre des mots &amp; des lettres ; &amp; à l'égard de la division des <i>Surates,</i> ou Chapitres, elle est assez nouvelle. Les Mahométans le partagent communément en 60. Sections ; &amp; chaque Section se récite en différens temps, &amp; en diverses occasions, dans les Mosquées, où ils ont des gens gagés pour faire cette lecture.</p><p>Il y a un si grand nombre de Commentateurs &amp; d'Interprètes <pb n="151" facs="bpt6k8542165/f191/full/1200,/0/native.jpg"/>sur l'<i>Alcoran,</i> que l'on pourroit faire un gros volume des seuls titres de leurs Livres. Ben Oschair en a fait une histoire assez ample, intitulée, <i>Tarikh Ben Oschair.</i> Tous ces Commentaires portent en général le titre de <i>Taffir.</i> Les principaux sont Reidhaori Thaalebi, Zamalchischari, &amp; Bacai.</p><p>Comme l'usage de l'impression n'est point chez les Mahométans, &amp; qu'elle y est au contraire défendue par les loix de l'Etat ; il n'est pas surprenant qu'on n'en ait vû aucune édition jusqu'à ces derniers temps. Il en a paru une à Hambourg <i>in</i> 4°. en 1694. où il n'y a que le texte Arabe. Le P. Maracci, Professeur en langue Arabe dans le Collége de Rome, l'a fait imprimer à Padoue <i>in folio</i> en 1698. avec une version Latine, à laquelle il a travaillé pendant 40. ans. Il l'a accompagnée de notes prises des Docteurs Mahométans ; &amp; il réfute en même-temps la doctrine de l'<i>Alcoran,</i> dont il fait voir les faussetés assez au long dans un ouvrage séparé qu'il a mis à la tête de son édition, sous le titre de <i>Prodrome.</i></p><p>Outre l'<i>Alcoran,</i> qui est le principal fondement de la Religion des Mahométans, ils ont un autre Livre qui renferme leurs traditions, auquel ils ont donné le nom de <i>Sonna.</i> Voyez le mot SONNA. Voyez aussi le mot MAHOMETISME.</p><p>L'<i>Alcroan</i> a été traduit en François par André Du Ryer Sieur de Maillezais.</p><p>L'Auteur des Remarques sur le voyage du P. Jerôme Dandini Jésuite au Mont-Liban rapporte, que les Mahométans ont une Théologie positive appuyée sur l'<i>Alcoran,</i> &amp; sur la tradition ; &amp; une autre Scholastique sur la raison ; qu'ils ont leurs Casuistes, &amp; une espèce de Droit Canon, où ils distinguent ce qui est de droit divin d'avec ce qui est de droit positif. Ils ont aussi des espèces de Bénéficiers, de Chapelains, d'Aumôniers, &amp; de Chanoines, qui lisent chaque jour un chapitre de l'<i>Alcoran</i> dans la Mosquée, &amp; qui ont des Prébendes pour cela. Le <i>Hatib</i> de la Mosquée est proprement ce que nous appellons le Curé d'une Paroisse ; &amp; les <i>Scheis</i> sont les Prédicateurs qui tiennent devant eux l'<i>Alcoran</i> ouvert, &amp; qui en lisent quelque verset pour leur servir de texte. Voyez d'Herbelot au mot ALCORAN. M. Joly, dans son <i>Voyage de Munster,</i> dit qu'un docte personnage de ses amis appelloit l'apologie pour Messire Henri-Louis Chastaigner de la Rochepozay Evêque de Poitiers, contre ceux qui disent qu'il est défendu aux Ecclésiastiques de prendre les armes en cas de nécessité, l'<i>Alcoran</i> de l'Evêque de Poitiers. De Vig. Mar.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALCORAN</head>
    <p>
    ALCORAN , s. m. ou ALCORANE, s. f. <i>Turris fanorum Mahummedanicorum.</i> Les Perses appellent aussi <i>Alcoran</i> une espèce de tours ou clochers étroits &amp; hauts, accompagnés en dehors de deux ou trois galeries les unes sur les autres ; d'où leurs Moravites, qui sont une espèce de leurs Prêtres, font leurs prières à haute voix, trois fois le jour, &amp; cela avec un ton fort clair &amp; grave, en faisant le tour de la balustrade, ou galerie, afin d'être mieux entendus par tout. Wicqfort, <i>Ambass. de Figuer.</i> Le même Auteur se sert plus bas du féminin. On voyoit 27. colonnes posées sur leurs bases, &amp; si hautes, que les Perses &amp; les Arabes les appellent <i>Alcoranes,</i> qui sont certaines tours hautes, &amp; menues, dont ils ornent leurs principales Mosquées. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALCOVE</head>
    <p>
    ALCOVE , s. f. Les Architectes le font masculin ; mais dans l'usage ordinaire il est féminin. C'est la partie d'une chambre qui en est séparée par une estrade, &amp; par quelques colonnes, ou ornemens d'Architecture ; on y place d'ordinaire le lit, ou des siéges, comme dans un lieu retiré. <i>Alcova.</i></p><p>Un homme n'est point heureux, s'il n'a la goutte dans une magnifique <i>Alcove.</i> Balz. Le mot est venu de l'Espagnol <i>alcoba</i> ; &amp; les Espagnols l'ont pris de l'Arabe <i>elkanf,</i> où il signifie seulement un <i>cabinet,</i> ou le lieu où on dort ; ou d'<i>elcobat,</i> qui signifie <i>tabernaculum.</i> Gousset prétend que ce sont les Arabes qui ont porté ce nom en Espagne, qu'il est composé de l'article Arabe <i>al,</i> de l'Hébreu , qui selon lui ne signifie pas <i>lupanar,</i> comme on l'interprète ordinairement, mais un lieu dans une tente à mettre le lit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALCYON</head>
    <p>
    ALCYON , s. m. Espece d'oiseau hantant la mer &amp; les marécages, de la grosseur d'une caille, au plumage bleu, verd &amp; rouge, qui couve sur l'eau, &amp; parmi les roseaux. <i>Alcyon.</i> Belon dit que l'<i>Alcyon</i> est un oiseau de mer, qui fait son nid parmi les roseaux ; qu'il a le corps de couleur rousse &amp; enfumée, le bec tranchant, &amp; les jambes &amp; les pieds cendrés. Quelques-uns l'appellent <i>Martinet,</i> ou <i>oiseau de Saint Martin,</i> &amp; sur tout en Normandie ; ou <i>Martinet pêcheur :</i> &amp; en quelques lieux on le nomme <i>Drapier.</i> Les Naturalistes disent que la mer est calme quand les <i>Alcyons</i> font leurs nids.</p><p>On appelle les jours <i>Alcyoniens,</i> ceux pendant lesquels les <i>Alcyons</i> font leurs nids, qui sont vers le solstice d'hiver <i>Alcyonis dies.</i> Il y a plusieurs devises prises de l'<i>Alcyon</i> pondant dans son nid au milieu des flots. <i>Silentibus austris :</i> pour un Savant qui travaille dans le silence. <i>Agnoscit tempus</i> ; pour un homme prudent. Un <i>Alcyon</i> au milieu d'une tempête ; <i>Necquicquam terreor aestu,</i> pour un guerrier intrépide au milieu des hazards.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1266" id="1" type="">
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    <head>ALCYONIUM</head>
    <p>
    ALCYONIUM , s. m. Nom d'un genre de plante marine, dont les espèces sont spongieuses, &amp; quelquefois pierreuses ; mais presque toujours informes. Imperatus en décrit quatre à cinq espèces. M. de Tournefort en rapporte une douzaine ; mais les dernières qu'il nomme vermiculées doivent être exclues de ce genre, parce que ce sont des dépouilles d'espèce de vers de mer, de même que le <i>Tubularea purpurea.</i> On croit que ce nom a été donné à ce genre de plante, à cause que quelques-unes de ces espèces ont été trouvées dans les endroits où l'<i>Alcyon</i> avoit fait son nid, ou parce qu'on a prétendu que cet oiseau s'en servoit pour faire son nid.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1267" id="1" type="">
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    <head>ALDE</head>
    <p>
    ALDE , s. m. <i>Aldus.</i> Nom propre. Le plus connu qui l'ait porté est <i>Alde</i> Manuce, fameux Imprimeur au commencement du XVIe. siècle, &amp; l'un des premiers restaurateurs des belles Lettres en Europe. On l'appelle souvent <i>Alde.</i> Il y a des Editions d'<i>Alde</i> qui sont fort recherchées. M. Chastelain écrit S. <i>Ald</i> dans son Martyrol. 10. Janvier. p. 156. &amp; 163.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1268" id="1" type="astronomie">
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    <head>ALDEBRAN</head>
    <p>
    ALDEBRAN , s. m. Terme d'Astronomie . Etoile qu'on appelle autrement, l'oeil du Taureau. <i>Oculus Tauri.</i> C'est une étoile fixe de la première grandeur, qui est située à la tête de la constellation, ou du signe du Taureau. Ce mot est Arabe. Raphelange interprète. .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1269" id="1" type="">
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    <head>ALDEBERT</head>
    <p>
    ALDEBERT . Nom propre d'homme. Voyez <ref type="search" target="head:ALBERT">ALBERT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1270" id="1" type="">
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    <head>ALDERMAN</head>
    <p>
    ALDERMAN , s. m. C'est un mot Anglois, qui est connu en France, à cause du commerce &amp; du voisinage du Pays. Il y a des <i>Aldermans</i> dans toutes les villes municipales, qui en composent le conseil commun. Chaque corps de Métier en fournit un certain nombre. Ce sont eux qui règlent tout ce qui appartient à la Police. Ils se mêlent aussi quelquefois des affaires civiles &amp; criminelles, mais fort rarement, &amp; seulement en certains cas. C'est d'entr'eux que l'on choisit les Maires &amp; les Echevins des villes, lesquels après leur Mairie, &amp; leur Echevinage, retournent dans les Corps des <i>Aldermans,</i> dont ils étoient comme les Commissaires. Spelman est incertain quelle a été autrefois cette dignité ; mais il tient en général qu'elle appartient à des Juges. Il y a eu aussi des <i>Aldermans</i> des Marchands, des <i>Aldermans</i> de l'Hôpital, &amp;c. Ce mot vient d'<i>alder</i>, mot Saxon, qui signifie <i>senior,</i> &amp; <i>mann,</i> qui signifie <i>homo</i> ; &amp; il est ancien. Dans les <i>Acta Sanct. Febr.</i> T. I. p. 910. Le P. Henschenius rapporte un édit de S. Ina Roi des Saxons Occidentaux, dans lequel on trouve deux fois ce mot. <i>Aldermannorum meorum &amp; seniorum, &amp; sapientum regni mei,</i> &amp;c. <i>Et nulli Aldermanno, vel alicui de toto regimine nostro, conscripta liceat abolere judicia.</i> Henschenius remarque que dans une autre édition ces <i>Aldermans</i> sont appellés <i>Senatores,</i> Sénateurs. On trouve que dans les siècles postérieurs au lieu d'<i>Alderman</i> on a dit Justicier, <i>Justiciarius,</i> dans Matthieu Paris. Spelman dit que ce fut sous les Rois Normands, qu'au lieu d'<i>Alderman</i> que les Saxons avoient introduit, on dit Justicier. Thomas, Moine d'Ely, dans la vie de Sainte <pb n="152" facs="bpt6k8542165/f192/full/1200,/0/native.jpg"/>Etheldrède interprète <i>Alderman</i> par Prince, ou Comte. <i>Egelivinus qui cognominatus est</i> Alderman, <i>quod intelligitur Princeps, sive Comes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1271" id="1" type="">
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    <head>ALÉAUME</head>
    <p>
    ALÉAUME , s. m. Nom propre d'homme. <i>Adelelmus.</i> S. <i>Aléaume,</i> que les Espagnols appellent S. Elesme, ou S. Lesmes, de la Chaise-Dieu où il étoit Moine, fut attiré en Espagne par la Reine Constance, femme d'Alfonse VI. Roi de Castille &amp; de Léon, &amp; il y mourut vers l'an 1100. Ce nom s'est formé du Latin <i>Adelelmus, Adelelme, Adlelme, Alelme, Alaume, Aléaume.</i> Les familles qui portent ce nom l'ont reçû de quelqu'un de leurs ancêtres qui s'appelloit <i>Adelesme.</i> Mariette, qui a écrit sa vie en Espagnol, le fait natif de Lyon ; mais il étoit de Loudun. Voyez les notes de M. Chastelain 30. Janv. p. 464. &amp; 465.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1272" id="1" type="">
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    <head>ALECTON</head>
    <p>
    ALECTON , s. f. <i>Alecto.</i> C'est le nom d'une des trois furies, soeur de Tisiphone &amp; de Megère, &amp; fille de l'Acheron &amp; de la Nuit. Ce nom est formé de l'<i>a</i> privatif, &amp; du verbe , je cesse ; &amp; signifie celle qui ne cesse point, à savoir, de persécuter &amp; de nuire ; ou comme d'autres veulent, parce que la cupidité est insatiable, &amp; ne cesse jamais de desirer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1273" id="1" type="">
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    <head>ALECTORIENNE</head>
    <p>
    ALECTORIENNE , s. f. C'est une pierre qui se trouve quelquefois dans l'estomac ou dans le foie des vieux coqs, d'où elle a tiré son nom. <i>Alectria, Alectoria.</i> Car , est un mot Grec, qui signifie, <i>Coq.</i> Elle est ordinairement de la figure &amp; de la grosseur d'un lupin. Elle excède rarement la grosseur d'une fève. Sa couleur est tantôt cendrée, &amp; tantôt brune. Elle est quelquefois parsemée de veines rouges. On lui attribue beaucoup de vertus ; mais la plupart sont fabuleuses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1274" id="1" type="">
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    <head>ALECTOROMANTIE</head>
    <p>
    ALECTOROMANTIE , ou ALECTRYOMANTIE, s. f. <i>Alectriomantia, Alectoromantia.</i> Divination par le moyen d'un Coq. L'<i>Alectryomantie</i> étoit en usage parmi les Grecs. Voici comment elle se pratiquoit. On traçoit un cercle sur la terre ; on le partageoit ensuite en 24. petites cases, ou espaces ; dans chacune de ces cases on écrivoit une lettre de l'alphabet ; sur chacune de ces lettres ; on mettoit un grain de blé ; cela fait, on prenoit un coq, &amp; on le mettoit dans ce cercle. On remarquoit quels grains il mangeoit, &amp; quelles étoient les lettres des cases où ces grains avoient été placés ; on faisoit un mot de ces lettres ; &amp; l'on croyoit que ce mot apprenoit la chose que l'on vouloit savoir. C'est par cet art d'<i>Alectriomantie</i> que le Sophiste Libanius &amp; Jamblique chercherent ce qu'ils crurent avoir trouvé, quel seroit le successeur de l'Empereur Valens. Car le coq ayant mangé les grains qui étoient sur les lettres , ils ne douterent point que le successeur de Valens ne fût Théodore. Ils se tromperent, ce fut Théodose. C'est Socrate, Sozomène, Cedrenus, &amp; Zonaras, qui nous ont conservé ces particularités. Voyez le P. Kirker <i>Oed. Aegyp.</i> T. II. p. 472. &amp; 473. Ce mot vient d', ou , qui signifie un <i>coq,</i> &amp; <i>divination.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1275" id="1" type="">
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    <head>ALÈGRE</head>
    <p>
    ALÈGRE , adj. m. &amp; f. Agile, dispos à sauter, à danser, à courir. <i>Alacer.</i> On ne pourroit pas s'en servir dans le beau style, mais seulement dans le familier, &amp; en riant, A se sauver de nous, Dieu sait s'il est <i>alègre.</i> Racin. Nicod dérive ce mot de <i>alacer,</i> qui a été fait de <i>adacer,</i> qui signifie, <i>qui ne pleure point, qui a toujours l'oeil riant.</i> Festus le dérive de <i>alis acer</i>. Il vaut mieux dire qu'<i>alacer</i> se dit comme <i>non lacer, entier,</i> qui n'est point mutilé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1276" id="1" type="">
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    <head>ALÈGREMENT</head>
    <p>
    ALÈGREMENT , adv. D'une manière gaillarde &amp; joyeuse. <i>Alacriter.</i> Il est allé à ce voyage <i>alègrement.</i> Les soldats le suivoient <i>alègrement,</i> lorsqu'ils le virent à pied marcher à leur tête. Ablanc. Ce mot commence à vieillir, &amp; on diroit plutôt, les soldats le suivirent avec joie, avec ardeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1277" id="1" type="">
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    <head>ALÉGRESSE</head>
    <p>
    ALÉGRESSE , s. f. Joie éclatante &amp; générale, qui vient d'une cause soudaine, &amp; dans certaines fêtes ou solemnités. <i>Alacritas.</i> Ce Prince fut reçu avec grande <i>alégresse</i> de ses Sujets, avec plusieurs cris d'<i>alégresse.</i> Venez, louons le Seigneur avec <i>alégresse.</i> Port-R. On appelle les sept <i>alégresses,</i> certaines prières adressées à la Sainte Vierge. Ce mot est dérivé d'<i>alègre, alacer,</i> parce que dans cette joie on saute, on danse, on s'émeut, &amp; on montre son agilité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1278" id="1" type="">
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    <head>ALEHEURE</head>
    <p>
    ALEHEURE . Vieux mot qui veut dire, <i>allure, galop.</i> Borel. <i>Incessus, cursus celer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1279" id="1" type="">
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    <head>ALEINS</head>
    <p>
    ALEINS . Vieux mot, qui veut dire <i>aussi-tôt.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1280" id="1" type="">
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    <head>ALEMANDE</head>
    <p>
    ALEMANDE , s. f. Autrefois ce mot vouloit dire, <i>Amande,</i> fruit ; ce qui a fait croire à quelques-uns que les <i>amandes</i> nous sont venues d'Allemagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1281" id="1" type="">
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    <head>ALEMBIC</head>
    <p>
    ALEMBIC . Voyez <ref type="search" target="head:ALAMBIC">ALAMBIC</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1282" id="1" type="">
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    <head>ALEMBIQUER</head>
    <p>
    ALEMBIQUER . Voyez <ref type="search" target="head:ALAMBIQUER">ALAMBIQUER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1283" id="1" type="">
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    <head>ALENÇON</head>
    <p>
    ALENÇON , s. m. <i>Alenconium.</i> Ville de France, dans la Normandie, sur la Sarte, avec titre de Duché, &amp; Bailliage. <i>Alençon</i> fut érigé eu Duché en 1414.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1284" id="1" type="">
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    <head>ALENCONTRE</head>
    <p>
    ALENCONTRE , adv. qui se dit de ce qui est contraire. <i>Contrà.</i> Si vous êtes de cet avis, je ne vais pas à <i>alencontre</i> ; je ne dis rien <i>alencontre.</i> On disoit autrefois au Palais ; Je plaide pour un tel, <i>alencontre</i> d'un tel ; maintenant on dit seulement <i>contre</i> un tel, &amp; pareillement en plusieurs autres occasions. Car ce mot n'est pas du bel usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1285" id="1" type="">
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    <head>ALÊNE</head>
    <p>
    ALÊNE , s. f. Pointe d'acier enmanchée, qui sert à plusieurs artisans, comme aux Bourreliers, Cordonniers, Malletiers, Savetiers, &amp;c. pour percer le cuir, &amp; y passer du fil, afin d'en attacher plusieurs pièces ensemble. <i>Subula.</i></p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>alesna</i>, que Covarruvias &amp; Menage, disent avoir été fait du Latin <i>à laedendo,</i> ou de l'Arabe <i>alesenna,</i> fait de la racine <i>sanna,</i> qui signifie <i>rendre pointu.</i> D'autres le dérivent <i>à linea,</i> parce qu'il sert à faire passer le fil que les ouvriers appellent <i>ligneul</i> ; &amp; prétendent qu'on a dit autrefois <i>aleigne,</i> &amp; <i>aligne.</i></p><p>On dit proverbialement d'un poltron qui souffre qu'on lui fasse des insultes, qu'il se laisseroit donner cent coups d'<i>alêne</i> dans les fesses, plutôt que de se battre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1286" id="1" type="">
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    <head>ALÊNIER</head>
    <p>
    ALÊNIER , s. m. Ouvrier qui fait &amp; vend des alênes, &amp; des éguilles. <i>Subulae artifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1287" id="1" type="">
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    <head>ALENOIS</head>
    <p>
    ALENOIS , adj. C'est une épithète qu'on donne à une espèce de cresson : qu'on appelle, Cresson <i>alènois. Nasturtium.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CRESSON">CRESSON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1288" id="1" type="">
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    <head>ALENTIR</head>
    <p>
    ALENTIR , v. act. Rendre un mouvement plus lent, une action plus lente. <i>Lentitudinem afferre, inducere, lentiorem reddere.</i> Il ne faut qu'augmenter le nombre des roues dans une horloge, ou charger son balancier, pour <i>alentir</i> son mouvement. La vieillesse <i>alentit,</i> rend les hommes lents. On croit qu'<i>alentir</i> n'est pas si usité que <i>ralentir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1289" id="1" type="">
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    <head>ALENTOUR</head>
    <p>
    ALENTOUR , adv. Aux environs. <i>Circùm.</i></p><p>Mais comme préposition, il vieillit ; &amp; en sa place on dit <i>autour.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1290" id="1" type="">
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    <head>ALEP</head>
    <p>
    ALEP . Quelques-uns écrivent ALEB, s. m. <i>Alepum.</i> Ville de Syrie à 30. lieues à l'Orient d'Alexandrette, qui lui sert de port. <i>Alep</i> est une ville très-marchande, &amp; l'abord de toutes les Nations d'Europe &amp; d'Asie. Quoiqu'<i>Alep</i> soit soumis au Turc, il y a un très-grand de Chrétiens, soit Catholiques Romains, soit Grecs ou Orientaux, du rit Grec. La plupart des Géographes disent, qu'elle est la ville Archiépiscopale, que les anciens nommoient <i>Berrhoea</i> ou <i>Beroea,</i> Berée, quelques-uns la prennent pour <i>Hierapolis,</i> d'autres pour <i>Chalibon,</i> &amp; d'autres pour Larisse, <i>Larissa.</i> Les transactions Philosophiques T. I. p. 652. disent que la longitude d'<i>Alep</i> est à peu près la même chose que celle de Moscou, qui est de 30. degrés 45'.</p><p>Le Beglerbey d'<i>Alep, Alepensis Praefectura,</i> est la Province dont <i>Alep</i> est la capitale. Elle comprend la partie Septentrionale de la Syrie, &amp; l'Orientale de la Cilicie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1291" id="1" type="">
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    <head>ALERCE</head>
    <p>
    ALERCE , s. m. Arbre du Chili en Amérique. Ces arbres sont plus gros &amp; plus ronds que les Cyprès. Leur bois est rouge, mais avec le temps il perd la vivacité de sa couleur, &amp; prend celle du Noyer. Ces Arbres sont d'une grosseur prodigieuse, &amp; on en voit de 12. brasses de tour, des branches desquels on fait jusqu'à 600. planches longues de 20. pieds, &amp; larges de deux palmes &amp; demi. Pour faire ces planches on ne se sert point de la scie, mais on <pb n="153" facs="bpt6k8542165/f193/full/1200,/0/native.jpg"/>les fend avec la coignée &amp; le coin. Il y a des forêts immenses de ces arbres dans les Isles du Chili. Voyez l'Hist. du Chili en Italien par le P. Alsonse d'Onaglie Jésuite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1292" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ALÉRIONS" />
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    <head>ALÉRIONS</head>
    <p>
    ALÉRIONS , ou ALLELIONS, s. m. Terme de Blason , qui se dit des petites aigles qui n'ont ni bec, ni jambes, non plus que les merlettes, qui diffèrent pourtant les unes des autres. <i>Minor aquila rostro &amp; unguibus mutila.</i> Car les merlettes ont les ailes ferrées, &amp; sont comme passantes, là ou les <i>alérions</i> sont en pal montrant l'estomac, &amp; ont l'aile étendue comme les aigles &amp; aiglons ; toutefois avec cette différence, que le vol est abaissé. Montmorency porte d'or à la croix de gueules, cantonnée de seize <i>alérions</i> d'azur. La Maison de Lorraine a pris pour armes une bande de gueules à champ d'or, chargée de trois <i>alérions</i> d'argent, sur ce fondement qu'<i>alérion,</i> est l'anagrame de Lorraine, en un temps où les Rebus &amp; les allusions étoient en regne.</p><p>Ce mot signifioit autrefois <i>aiglettes,</i> &amp; il n'y a pas cent ans que l'usage a prévalu de les nommer <i>alérions,</i> &amp; de les peindre à ailes étendues sans pieds &amp; sans bec : ce qui fait que Menage dérive ce mot de <i>aquilario,</i> diminutif de <i>aquila.</i></p><p>D'autres le dérivent de <i>aliers</i> vieux mot François, qui signifioit une sorte d'oiseaux vivans de rapine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1293" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALERS" />
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    <head>ALERS</head>
    <p>
    ALERS , subst. masc. On se servoit autrefois de ce mot pour dire <i>voyage, li alers.</i> Villehard. Il vient du verbe <i>aller,</i> &amp; étoit la même chose que <i>elandare</i> en Espagnol ; c'est-à-dire que c'étoit un nom formé de l'infinitif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1294" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALERTE" />
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    <head>ALERTE</head>
    <p>
    ALERTE , adj. Qui se dit en parlant des gens éveillés, &amp; qui sont toujours sur leurs gardes, comme s'ils étoient sur quelque lieu éminent, d'où ils pussent découvrir tout ce qui se passe autour d'eux. <i>Vigilans, attentus, intentus.</i> On ne surprendra pas ce Général, il est toujours <i>alerte</i> ; pour dire, toujours vigilant. Il est <i>alerte</i> ; pour dire, défiant, &amp; sur ses gardes. On dit aussi dans le style simple &amp; enjoué, avoir l'esprit <i>alerte</i> ; pour dire vif, gai, dispos. <i>Promptus, alacer, expeditus.</i> Ce mot est formé de ces deux, <i>à,</i> &amp; <i>airte.</i> On disoit autrefois <i>airte</i> pour <i>air</i> ; ainsi <i>alerte</i> veut dire, qui est toujours <i>à l'air,</i> &amp; prêt à faire quelque chose. Huet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1294" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALERTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>ALERTE</head>
    <p>
    Alerte , est aussi une espèce d'adverbe dont on se sert pour avertir qu'on se tienne prêt, &amp; sur ses gardes. <i>Alerte,</i> l'ennemi approche. <i>Vigilate, attendite.</i></p><p>Ce mot est dérivé d'<i>air,</i> comme qui diroit un homme qui cherche l'air, qui ne garde point les tisons. Quelques-uns le dérivent de <i>erta</i>, qui signifie, un <i>sentier</i> qui monte sur un côteau, par où on envoie les soldats pour découvrir les ennemis : d'où vient qu'on a dit, <i>star à l'erta</i> ; pour dire <i>Etre au guet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1295" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALESAN" />
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    <head>ALESAN</head>
    <p>
    ALESAN , ou ALZAN, s. m. Cheval qui prend son nom de son poil : qui est d'une couleur roussâtre, &amp; qui a le crin roux, ou blanc. <i>Equus rufus.</i> Il y a un <i>alzan</i> brûlé, &amp; un <i>alzan</i> clair, selon que la couleur est plus ou moins obscure. Un proverbe Espagnol dit : <i>Alzan tostado antes muerto que cansado : Alzan plutôt mort que lassé :</i> ce qui montre que c'est la marque d'un bon cheval. Quand il a les extrémités lavées, c'est une marque de foiblesse.</p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>alazan</i>, &amp; celui-ci de l'Arabe <i>alhesan</i> qui signifie un cheval courageux &amp; de bonne race. Menage. D'autres le dérivent de l'article <i>al</i>, &amp; de <i>aza</i>, qui signifie <i>color infumatus.</i> D'autres disent qu'il vient par corruption de <i>aleran,</i> à cause que les chevaux de ce poil vont si vîte, qu'ils semblent avoir des ailes. Quelques-uns le dérivent du Grec , <i>superbus,</i> &amp; prétendent qu'on a donné le nom d'<i>alezan</i> aux chevaux qui sont d'une certaine couleur, parce qu'ils sont plus beaux &amp; plus vigoureux que les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1296" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALÈSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>ALÈSE</head>
    <p>
    ALÈSE , ou ALÈZE, s. f. Drap qui sert à envelopper, ou chauffer un malade, qui n'est fait ordinairement que d'un lé de toile, d'où il y a apparence qu'il a pris son nom. <i>Linteum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1297" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ALÉSÉ" />
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    <head>ALÉSÉ</head>
    <p>
    ALÉSÉ , ou ALEZÉ, ée, adj. Terme de Blason , qui se dit des pièces honorables de l'Ecu qui sont retranchées, ou diminuées, qui ne vont pas jusqu'à ses bords, ou qui ne touchent pas les deux flancs. <i>Accisus, &amp; ad oram scuti non pertingens.</i></p><p>C'est la même chose qu'<i>alaisé,</i> ou <i>alisé.</i> On dit aussi <i>accourci,</i> &amp; <i>arrêté,</i> pour signifier la même chose. Ainsi on dit, une croix <i>alésée,</i> un pal <i>alésé,</i> une fasce <i>alaisee,</i> un chevron <i>alésé,</i> arrêté, ou raccourci.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1298" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="ALÉSER" />
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    <head>ALÉSER</head>
    <p>
    ALÉSER , ou ALÉZER, v. act. Terme de monnoie . <i>Nummorum marginem complanare. Aléser</i> les carreaux, c'est les flatir, ou les battre sur l'enclume légèrement, &amp; seulement pour redresser leurs bords &amp; rehausser leurs cornes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1299" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALESNE" />
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    <head>ALESNE</head>
    <p>
    ALESNE , Voyez <ref type="search" target="head:ALÊNE">ALÊNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1300" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALESNIER" />
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    <head>ALESNIER</head>
    <p>
    ALESNIER , voyez ALÊNIER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1301" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALETH" />
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    <head>ALETH</head>
    <p>
    ALETH , s. m. <i>Alecta,</i> ou <i>Elacta.</i> Ville Episcopale de France dans le Languedoc, sur l'Aude. <i>Aleth</i> fut érigé en Evêché en 1317. par Jean XXII. Le Rituel d'<i>Aleth</i> fut condamné en 1668. par Clement IX.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1302" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="ALETHE" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
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    <head>ALETHE</head>
    <p>
    ALETHE , s. m. Terme de fauconnerie . C'est un oiseau propre à voler la perdrix, qui vient des Indes, qui est fort cher, &amp; qu'on vend au moins cent écus en Espagne, quoiqu'il ne soit point dressé. <i>Alethe,</i> ce mot est Grec, &amp; signifie <i>véritable.</i> Voyez au mot ALAIS pourquoi on appelle ainsi cet oiseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1303" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ALETTE" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>ALETTE</head>
    <p>
    ALETTE , s. f. Terme d'Architecture . Petite aile ; côtés d'un trumeau qui est entre deux arcades. <i>Pilae.</i> Quand il y a dans le même trumeau une colonne, ou un pilastre, c'est ce qui reste, &amp; ce qui paroît du trumeau entre le vuide de l'arc, &amp; la colonne, ou le pilastre. On appelle aussi les <i>alettes,</i> jambages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1304" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEVIN" />
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    <head>ALEVIN</head>
    <p>
    ALEVIN , s. m. Menu poisson qui sert à peupler les étangs, les marais, &amp; les rivières. <i>Pisculi.</i> En plusieurs lieux on l'appelle <i>du norrain,</i> &amp; généralement <i>du Peuple.</i> Il faut tant de milliers d'<i>alevin</i> pour empoissonner cet étang. Il se dit particulièrement du carpeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1305" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEVINAGE" />
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    <head>ALEVINAGE</head>
    <p>
    ALEVINAGE , s. m. Poisson que rebutent les Marchands, &amp; que les pêcheurs rejettent dans l'eau pour peupler, quand ils en trouvent dans leurs filets.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1306" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEVINER" />
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    <head>ALEVINER</head>
    <p>
    ALEVINER , v. act. Empoissonner un étang, en y jettant de l'alevin. Il faut quatre milliers de Peuple pour bien <i>aleviner</i> cet étang. Ces mots viennent du Grec , <i>pêcheur.</i> qui signifie la mer, d'où vient , ouvrage composé sur la pêche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1307" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXANDRA" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ALEXANDRA</head>
    <p>
    ALEXANDRA , s. f. <i>Alexandra.</i> Nom propre de femme. Il y a eu depuis le retour de la captivité de Babylone trois Reines des Juifs, nommées <i>Alexandra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1308" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALÉXANDRE" />
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    <head>ALÉXANDRE</head>
    <p>
    ALÉXANDRE , s. m. <i>Alexander.</i> Nom propre d'homme. Le premier que l'on trouve qui ait été appellé <i>Alexandre,</i> est Paris, fils de Priam. Il y a trois Rois de Macédoine, trois d'Egypte, deux d'Epire, autant de Syrie, autant des Juifs, deux Empereurs Romains, &amp; huit Papes, qui ont porté le nom d'<i>Alexandre.</i> De tous les <i>Alexandres,</i> le plus célèbre est <i>Alexandre</i> de Macédoine III. du nom, dit le Grand, fils de Philippe, vainqueur des Perses &amp; de l'Asie.</p><p>Boileau a pris ce sentiment de Sénèque, Ep. 94. <i>Agebat in felicem Alexandrum furor aliena devastandi, &amp;c.</i></p><p>M. Tourreil finit ainsi le caractère qu'il a fait d'<i>Alexandre.</i> Après avoir dit que c'étoit un ambitieux, un superbe, &amp;c. Enfin conclut-il, une espèce d'insensé, qui las de n'être qu'un homme, se déclare fils de Jupiter, se déifie ensuite, &amp; fait si bien que ses exploits couvrent presque le ridicule de sa divinité. Tout cela compose dans <i>Alexandre</i> un Héros à part ; &amp; lui forme un caractère, dont la singularité n'admet point de comparaison. Ce nom, qui est Grec, est formé d', <i>je chasse, je repousse, j'aide, je défends,</i> &amp; de , <i>homme,</i> &amp; signifie défenseur, protecteur des hommes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1309" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXANDRETTE" />
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    <head>ALEXANDRETTE</head>
    <p>
    ALEXANDRETTE , s. f. <i>Alexandria.</i> Nom propre d'une Ville de Syrie sur le Golphe d'Ajazzo. Les Turcs la nomment Scanderone. <i>Alexandrette</i> est le port d'Alep, dont elle est éloignée de 20. lieues au couchant. <i>Alexandrette</i> est presque ruinée &amp; l'air en est si mauvais, qu'il y a peu d'habitans. On dit qu'au lieu de courriers on se sert de pigeons, qui ont des petits, qu'on porte d'Alep à <i>Alexandrette,</i> &amp; qu'on lâche ensuite à <i>Alexandrette,</i> après leur <pb n="154" facs="bpt6k8542165/f194/full/1200,/0/native.jpg"/>avoir attaché au cou un petit billet, qu'ils ne manquent point de porter à <i>Alep</i> ; &amp; que c'est ainsi qu'on y donne avis des Vaisseaux arrivés, &amp; de leur cargaison. Sa longitude est de 68. d. o. m. Sa latitude 38. d. 10. m.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1310" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXANDRIE" />
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    <head>ALEXANDRIE</head>
    <p>
    ALEXANDRIE , s. f. <i>Alexandria.</i> Nom propre de plusieurs Villes ; la plus fameuse est <i>Alexandrie</i> d'Egypte, surnommée la Grande, bâtie par Alexandre le Grand 332. ans avant Jesus-Christ. Elle est située entre un des sept bras du Nil, appellé par les Latins <i>Ostium Canopicum,</i> l'embouchure de Canope, &amp; est assez près de l'Isle de Pharos qui est aujourd'hui une péninsule. La longitude d'<i>Alexandrie</i> est de 58. d. 20. m. &amp; sa latitude de 31. d. 25. m. <i>Alexandrie</i> est célèbre dans l'Histoire Ecclésiastique. L'Eglise d'<i>Alexandrie</i> fut fondée par S. Marc vers l'an 50. de Jesus-Christ, &amp; la 7e. année de Néron, &amp; elle a eu titre de Patriarchat, qu'elle conserve encore. C'étoit le Patriarche d'<i>Alexandrie,</i> qui indiquoit tous les ans le jour de Pâques. Voyez Marmol, Liv. XI. c. 14. où il décrit cette Ville.</p><p>Le Lac d'<i>Alexandrie, Alexandriae lacus : Mareotis Arapotes, Maria,</i> ou <i>Marea,</i> à sept lieues d'<i>Alexandrie</i> au Midi. On l'appelle le Lac d'Antacon &amp; de Bucheira, du nom de deux petites Villes voisines. Autrefois Maréotide.</p><p>Les autres Villes de ce nom sont l'une dans l'Albanie, au pied du mont Caucase, sur la mer Caspienne, que les habitans appellent aujourd'hui <i>Derbent,</i> &amp; les Turcs <i>Demircapi,</i> c'est-à-dire, portes de fer. Une troisième dans le Cabul vers le 117e. d. de longitude, &amp; le 32e. d. 30. m. de latitude. Une quatrième dans l'Arie, Province d'Asie, entre la Parthie &amp; la Bactriane, au 3e. d. 30. m. de long. &amp; 38. d. 50. m. de latitude. Quelques-uns l'appellent Burgien. Une cinquième dans la Carmanie au 100e. d. de longitude, &amp; au 30e. d. 30. m. de latitude : &amp; une sixième dans la Margiane.</p><p>Ces Villes tirent leur nom d'Alexandre le Grand leur fondateur, comme on le peut voir dans Quinte-Curce, Liv. IV. c. 8. &amp; Liv. VII. Dans Pline, Liv. VI. chap. 16. 23. 25. &amp; dans Etienne le Géographe.</p><p>L'Émpereur Commode nomma aussi Carthage <i>Alexandria ; commoda Togata,</i> ainsi que rapporte Lampridius.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1311" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXANDRIE" />
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    <head>ALEXANDRIE</head>
    <p>
    ALEXANDRIE <i>de la Paille,</i> s. f. <i>Alexandria Statelliorum.</i> Ville Episcopale d'Italie dans le Milanois, sur le Tanaro. Elle fut bâtie en 1178. par ceux de Milan, de Crémone &amp; de Plaisance, qui suivoient le parti du Pape Alexandre III. contre l'Empereur Frideric Barberousse. Sa longitude est de 30d.. 30'. &amp; sa latitude 45d. 54'. On dit qu'elle fut d'abord nommée Césarée, &amp; ensuite <i>Alexandrie,</i> du nom d'Alexandre III. On a dit qu'elle avoit eu le surnom <i>de la Paille,</i> parce que les Empereurs y recevoient une couronne de paille. C'est une fable. D'autres disent, que l'Empereur voulant qu'elle fut nommée Césarée, les habitans s'obstinerent à retenir le nom du Pape, &amp; que pour cela l'Empereur la nomma par mépris <i>Alexandrie de la Paille.</i> D'autres prétendent qu'elle fut ainsi nommée, parce que ses murailles n'étoient bâties que de paille &amp; de bois, enduits de terre. Cela paroît plus vraisemblable.</p><p>Il y a aussi une Ville nouvelle en Pologne qui s'appelle <i>Alexandrie.</i> Elle est dans la Volhinie, au Palatinat de Lusuc sur le Horin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1312" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXANDRIN, INE" />
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    <head>ALEXANDRIN, INE</head>
    <p>
    ALEXANDRIN, INE , s. m. &amp; f. adj. Qui est d'Alexandrie, ou qui appartient à cette Ville. On ne le dit guère que de l'Alexandrie d'Egypte. Les <i>Alexandrins</i> étoient railleurs &amp; voluptueux. Les <i>Alexandrins</i> soutinrent un rude siége contre César. La Bibliothèque <i>Alexandrine</i> ramassée par les libéralités de Ptolomée Philadelphe, &amp; par les soins de Démétrius de Phalere, fut brûlée pendant ce siége. La Chronique <i>Alexandrine,</i> ou d'<i>Alexandrie,</i> est un ramas de plusieurs Auteurs Grecs fait sous Heraclius, auquel elle finit. Elle fut trouvée en Sicile vers le milieu du XVIe. siècle. Raderus Jésuite, qui l'imprima en 1615. à Munich, lui donna le nom de Chronique <i>Alexandrine,</i> parce qu'il trouva le nom de Pierre d'Alexandrie à la tête de la copie qu'il eut de cet ouvrage. Cependant ce n'étoit pas le titre de l'ouvrage ; mais un passage faussement attribué à Pierre d'Alexandrie. Mr Du Cange a imprimé depuis en 1688. la Chronique d'Alexandrie sous le titre de Chronique Paschale. C'est la meilleure édition.</p><p>Clément <i>Alexandrin</i> est un Auteur Ecclésiastique du IIIe. siècle, natif d'Athènes, mais appellé <i>Alexandrin,</i> parce qu'il y expliqua l'Ecriture Sainte. Il fut maître d'Origène.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1313" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXANDRIN" />
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    <head>ALEXANDRIN</head>
    <p>
    ALEXANDRIN , s. m. <i>Alexandrinus ager,</i> ou <i>tractus,</i> petite Province du Duché de Milan, dont Alexandrie de la Paille est la Capitale. Nous étions en quartier d'hiver dans l'<i>Alexandrin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1314" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXANDRIN" />
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    <head>ALEXANDRIN</head>
    <p>
    ALEXANDRIN , adj. m. Epithète qu'on donne à un certain genre de vers de la Poësie Françoise. <i>Alexandrinus.</i> Ces sortes de vers sont alternativement de 12. &amp; de 13. syllabes ; C'est-à-dire, que les masculins sont de 12, &amp; les féminins de 13. syllabes. Ils ont leur repos à la sixième syllabe. On leur a donné le nom d'<i>Alexandrins,</i> à cause d'un poëme de la vie d'Alexandre, qui fut composé avec cette mesure de vers par Alexandre de Paris, Jean li Nivelois, Lambert li Cor, &amp; autres vieux Poëtes François. D'autres disent que l'<i>Alexandriade</i> étoit un Poëme Latin que Guillaume le Court &amp; Alexandre de Paris ne firent que traduire en vers François de douze syllabes ; &amp; que ce fut du nom d'un des Traducteurs que ces vers prirent leur nom. C'est le sentiment de M. le Gendre, <i>Moeurs &amp; Coût. de France, p.</i> 264. Mais ce genre de Poësie ne fut point approuvé, &amp; l'on en négligea même absolument l'usage. Du temps de Marot ils étoient encore si peu connus, que quand il s'en servoit, il en avertissoit le Lecteur en mettant ce titre, <i>Vers Alexandrins.</i> Baif, &amp; du Bartas en renouvellerent l'usage : Ronsard s'est vanté de les avoir remis en vogue, &amp; en honneur. Cependant les poëmes héroiques étoient encore composés de vers de dix &amp; de onze syllabes, qu'on nommoit, <i>vers communs.</i> Mais les meilleurs Poëtes s'apperçurent enfin, que les vers <i>Alexandrins</i> sont les plus propres pour les Poëmes épiques, &amp; pour la Poësie la plus relevée. C'est pourquoi on les appelle <i>vers héroiques.</i> Les vers de dix syllabes furent trouvés trop courts pour y renfermer un sens achevé ; au lieu que les vers <i>Alexandrins</i> sont d'une juste longueur, pour parler plus sententieusement. Ils sont plus magnifiques, &amp; plus raisonnans ; &amp; la composition est plus grave, &amp; plus hautaine. Ils tiennent dans la langue Françoise la place des vers Hexamètres des Grecs &amp; des Latins, &amp; ils sont propres aux sujets héroiques. On s'en sert aussi pour les pièces de Théatre, &amp; ils ont très-bonne grace dans une élégie amoureuse, &amp; plaintive. Pasq. Men. J'espère faire un jour marcher ma Franciade à la cadence <i>Alexandrine.</i> Rons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1315" id="1" type="">
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    <head>ALEXIE</head>
    <p>
    ALEXIE , ou ALISE, s. f. <i>Alexia, Alesia.</i> Ancienne Ville des Mandubiens dans les Gaules, fameuse dans les Commentaires de César, &amp; par le siége qu'elle soutint contre lui. Il y a encore une Ville de ce nom en Bourgogne, dans l'Auxois, sur la pente d'une colline, au pied de laquelle le ruisseau de Loze &amp; celui d'Ozerain, se jettent dans la Brenne, situation qui convient à la description que César fait de l'ancienne <i>Alexie,</i> ce qui fait croire avec raison que celle-ci a été bâtie sur les ruines de la première, que César fit détruire. Quelques-uns disent qu'elle fut bâtie par Hercule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1316" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALEXIPHARMAQUE" />
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    <head>ALEXIPHARMAQUE</head>
    <p>
    ALEXIPHARMAQUE . Il est tantôt adjectif, tantôt substantif masc. C'est une propriété qu'un remède simple ou composé a de résister à tout ce qu'on appelle communément venin. Car nos Anciens croyoient qu'il y avoit du venin dans toutes les maladies malignes, &amp; dans la plupart de celles dont la cause leur étoit inconnue. Alexitère, Cordial, Antidote, sont des mots synonymes. On divise ordinairement les <i>Alexipharmaques,</i> en ceux qui sont plus généraux, &amp; en ceux qui sont particuliers, &amp; qui ne conviennent qu'à certain poison, ou qui ne combattent qu'une espèce de venin ; mais cette division est plus spéculative que pratique. Voyez ANTIDOTE, PESTE, POISON ET VENIN. Les <i>Alexipharmaques</i> sont des médicamens, qui contiennent beaucoup de parties volatiles, &amp; qui peuvent rendre fluide la masse du sang. La plupart sont aromatiques &amp; piquans au goût. Il est vrai qu'il y a certaines plantes qui sont acides, &amp; qui n'ont été mises au nombre des <i>Alexipharmaques,</i> que parce qu'elles conviennent dans les fièvres malignes colliquatives. On dit, la carline est <i>Alexipharmaque,</i> la Thériaque est un puissant <i>Alexipharmaque,</i> la Thériaque est un merveilleux antidote, un bon alexitère. Ces sortes de remèdes, soit simples, ou composés, sont aussi regardés comme des préservatifs contre les fièvres malignes &amp; pestilentielles : on doit cependant en user avec précaution, puisque les uns <pb n="155" facs="bpt6k8542165/f195/full/1200,/0/native.jpg"/>ne conviennent que dans le temps de l'épaississement, &amp; les autres contre les colliquations du sang.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1317" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALÉXIS" />
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    <head>ALÉXIS</head>
    <p>
    ALÉXIS , s. m. <i>Alexius.</i> Nom propre d'homme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1318" id="1" type="">
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    <head>ALEXITÈRE</head>
    <p>
    ALEXITÈRE , s. m. Ce terme signifie la même chose qu'Alexipharmaque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1319" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALFANGE" />
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    <head>ALFANGE</head>
    <p>
    ALFANGE , s. Espèce de Laitue. Les <i>alfanges,</i> les chicons, &amp; les impériales, qui sont laitues à lier, se plantent au mois d'Avril. Chomel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1320" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALFAQUIN" />
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    <head>ALFAQUIN</head>
    <p>
    ALFAQUIN , s. m. <i>Maurorum Sacerdos.</i> Les <i>Alfaquins</i> sont une sorte de Prêtres des Maures qui sont encore aujourd'hui cachés en Espagne. Ce mot vient du verbe Arabe , qui signifie, faire, exercer l'office de Prêtre, être ministre des choses saintes. De là , <i>fuki,</i> Ministre de la Religion, &amp; parmi les Chrétiens, <i>un Clerc.</i> Au reste, ces mots semblent venir originairement de , <i>faka,</i> qui en Arabe signifie <i>sapere, intelligere,</i> d'où se forme , <i>Fakiaton,</i> un sage, nom très-convenable aux Ministres de la Religion. D'autres disent <i>Alfaqui.</i> Dans le voisinage de la première &amp; plus considérable Mosquée de toute la ville de Casbin, on a logé l'<i>Alfaqui,</i> ou le grand Sayd, qu'ils appellent Maphy : c'est un vénérable vieillard Arabe, de la posterité de Mahomet. Wicquefort. <i>Amb. de Figuer.</i> Le P. de Quintanilla, dans son <i>Oranum Ximenii virtute Catholicum,</i> dit que les Maures d'Oran appelloient Ximenès <i>Alsaquin,</i> au lieu de l'appeller Archevêque. Le principal <i>Alfaqui</i> de la grande Mosquée de Fez, qui est comme l'Evêque, est souverain dans les choses spirituelles, &amp; en quelques cas où il ne s'agit pas de mort. Ablanc. Trad. de Marm. Liv. IV. Ch. 22.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1321" id="1" type="">
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    <head>ALFIÈRE</head>
    <p>
    ALFIÈRE , s. m. Porte-enseigne. Ce mot est étranger, &amp; se dit en France pour signifier les Officiers Espagnols, ou Flamans, qui servent en cette qualité <i>Vexillarius.</i> Il vient de l'Espagnol <i>Alferez,</i> &amp; originairement de <i>Aquilifer,</i> qui signifie <i>Porte-enseigne</i> de l'Empire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1322" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALFONSE" />
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    <head>ALFONSE</head>
    <p>
    ALFONSE , s. m. <i>Alphonsus.</i> Nom propre d'homme très-commun, sur-tout en Espagne. C'est le même qu'Il defonse, car je trouve dans Nebrixa pour <i>Alonso,</i> qui est le mot Espagnol, <i>Alfonsus,</i> &amp; <i>Aldefonsus,</i> nom ancien. Or <i>Aldefonsus</i> est le même qu'<i>Ildefonsus.</i> Il est arrivé à ce mot, ce qui est arrivé à beaucoup d'autres, l'<i>e</i> devenu muet ne s'est plus fait sentir, &amp; insensiblement de <i>Aldefonse,</i> on a fait <i>Aldfonse,</i> puis en adoucissant la prononciation le <i>d</i> s'est retranché, &amp; l'on n'a plus dit que <i>Alfonse,</i> &amp; même en Espagnol <i>Alonse.</i> Je trouve aussi <i>San Elifonto,</i> S. Ildefonse ; &amp; l'Alphonsine est ainsi nommée du nom de S. Ildephonse. Selon Covarruvias, ce nom est Goth, &amp; ce sont les Goths qui l'ont porté en Espagne : il vient, dit-il, du nom de la lettre <i>Alpha,</i> &amp; signifie <i>premier, principal</i> ; parce que cette lettre est la première lettre de l'alphabeth. Quoique les Goths aient pu savoir le nom d'une lettre Grecque, &amp; le prendre pour signifier <i>premier,</i> depuis qu'Ulphilas, au 4e siècle leur donna les lettres, &amp; qu'en différens temps ils aient fait des irruptions dans la Grèce, je ne sai s'il ne seroit pas vraisemblable qu'<i>alaph</i> étoit un ancien mot Gothique qu'ils avoient retenu de la première langue, dans laquelle en effet il signifie être le premier, le chef, le maître, le conducteur, &amp; d'où la lettre <i>aleph</i> &amp; <i>alpha</i> a pris son nom. Il y a sept <i>Alfonses</i> Rois de Castille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1323" id="1" type="">
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    <head>ALFONSINE</head>
    <p>
    ALFONSINE , s. f. <i>Actus Alfonsus.</i> C'est le nom que l'on donne dans l'Université d'Alcala à un acte de Théologie qu'y soutiennent les Bacheliers. Il s'appelle ainsi, parce qu'il se soutient dans la Chapelle de S. Ildefonse du grand Collége. Il a soutenu son <i>Alfonsine</i> avec beaucoup de distinction, comme on dit à Paris sa Sorbonique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1324" id="1" type="">
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    <head>ALFRIDARIE</head>
    <p>
    ALFRIDARIE , s. f. Espèce de science par laquelle on donne successivement le gouvernement de la vie à toutes les plantes, chacune gouvernant un certain nombre d'années.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1325" id="1" type="">
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    <head>ALGALIE</head>
    <p>
    ALGALIE , s. f. Est un instrument de Chirurgie, ou une sonde creuse qui sert à faire pisser ceux qui ont une rétention d'urine. Ce mot est originairement Arabe. Menage le fait venir du Grec barbare .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1326" id="1" type="galerien">
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    <head>ALGANON</head>
    <p>
    ALGANON , s. m. Terme de Galérien . C'est une petite chaîne qu'on met aux Galériens, seulement pour la forme. <i>Catonula.</i> On l'appelle aussi <i>Arganeau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1327" id="1" type="">
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    <head>ALGARADE</head>
    <p>
    ALGARADE , s. f. <i>Insultatio.</i> Ce mot, qui ne doit être employé que dans le style simple &amp; familier, signifioit autrefois, course imprévue sur l'ennemi : aujourd'hui il signifie seulement les injures ou insultes qu'on fait à quelqu'un qu'on méprise, soit par des paroles, soit par quelques adresses malicieuses. Il s'est absenté de cette maison, parce qu'on lui faisoit mille <i>algarades.</i></p><p>Plusieurs croient que ce mot est venu d'Alger, parce que de tout temps ceux d'Alger ont été en possession de faire des invasions subites, des courses &amp; des pillages dans le Détroit de Gibraltar, &amp; sur les côtes de France &amp; d'Espagne.</p><p>Covarruvias dit que ce mot signifie proprement une espèce de stratagème pour tromper l'ennemi, qui consiste à faire un grand nombre de feux, &amp; faire plusieurs passades tout autour en jettant de grands cris, pour faire croire qu'il y a plus de gens, qu'il n'y en a en effet : ce qui épouvante les ennemis d'une telle façon, qu'ils délogent au plutôt. Cet Auteur croit que ce mot vient de l'Italien <i>garda</i>, qui vient de <i>garrire</i> ; ce stratagème ne réussissant, comme nous avons dit, que par le grand bruit qu'on fait à l'entour de ces feux. Cette étymologie se prouve par une loi d'Espagne, qui défend de vendre aux Infidèles du fer, ou du bois pour faire des <i>algarades</i> aux Chrétiens. Nébrissensis explique ce mot par celui de <i>tumulte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1328" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ALGAROT" />
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    <head>ALGAROT</head>
    <p>
    ALGAROT , s. m. Terme de Chymie . C'est une poudre qui se fait avec le beurre d'Antimoine, &amp; qui n'est proprement que le régule de ce minéral dissous par les acides, dont on le sépare par le moyen de plusieurs lotions faites avec de l'eau tiède qui se charge de ces acides. On l'appelle aussi Mercure de vie, ou simplement poudre émétique. Cette poudre purge fortement par haut &amp; par bas. Si on ramasse toutes les lotions, &amp; qu'on en fasse évaporer les deux tiers, il reste une liqueur fort acide qu'on appelle <i>esprit de vitriol philosophique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1329" id="1" type="">
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    <head>ALGARVE</head>
    <p>
    ALGARVE , ou ALGARBE, s. f. ou LES ALGARVES, au plur. <i>Algarbia.</i> C'est une Province de Portugal, qui a au Nord l'Alentejo ; la Guadiane la sépare de l'Andalousie du côté de l'Orient, le golfe de Cadis la baigne au Midi, &amp; l'Océan Atlantique au Couchant. L'<i>Algarve</i> est très-fertile, c'est pour cela que les Mores lui ont donné ce nom, qui signifie, Campagne fertile. L'<i>Algarve</i> a titre de Royaume ; on la divise en deux Comarias, ou Territoires ; celui de Tavira &amp; celui de Lagos. Maty. C'est une erreur grossière de faire dire à Marmol, que l'<i>Algarbe</i> est une Province du Royaume de Fez. Il dit tout le contraire. Covarruvias dit qu'<i>Algarve</i> en Arabe veut dire <i>Couchant,</i> &amp; que cette Province a eu son nom de sa situation vers le Couchant, par rapport aux autres Provinces d'Espagne. Le même Auteur ajoûte, qu'<i>Algarbe,</i> ou <i>Algarve,</i> pourroit bien venir de l'article Arabe <i>al,</i> &amp; du mot Hébreu <i>ngereb, vesperè.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1330" id="1" type="">
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    <head>ALGÈBRE</head>
    <p>
    ALGÈBRE , s. f. Science par le moyen de laquelle on peut résoudre tout problème dans les Mathématiques, pourvu qu'il puisse être résolu. <i>Algebra.</i> C'est dans cette vûe qu'on a inventé cette espèce de calcul, qu'on appelle <i>Algèbre.</i> M. Harris la définit l'Art Analytique, ou l'art de l'Equation. Les Arabes l'appellent l'Art de la Restitution &amp; de la Comparaison, ou l'Art de la Résolution &amp; de l'Equation. Luc de Burgos, le plus ancien Européen qui ait écrit de l'<i>Algèbre,</i> l'appelle la Règle de la restauration ou du rétablissement &amp; de l'opposition. <i>Restaurationis &amp; oppositionis Regula.</i> Les Italiens la nomment <i>Regula Rei &amp; Census,</i> c'est-à-dire, la Règle de la racine &amp; du quarré ; car ils appellent la racine, <i>Res</i> ; &amp; le quarré, <i>Census.</i> Il y a deux sortes d'<i>Algèbre</i> ; vulgaire, &amp; spécieuse. La vulgaire, ou nombreuse, qui est celle des Anciens, se sert des nombres pour la solution des problèmes d'Arithmétique, sans démonstrations. L'<i>Algèbre</i> spécieuse, ou nouvelle, au lieu de nombres, emploie les lettres de l'alphabeth, pour désigner les espèces, ou les formes des choses sur lesquelles elle exerce ses raisonnemens, ce qui soulage extrêmement l'imagination de ceux qui s'appliquent à cette science. Car autrement il faudroit avoir toujours présentes à l'esprit les choses, dont on auroit besoin, pour découvrir la vérité que l'on cherche, ce qui ne se pourroit sans un prodigieux effort de mémoire. C'est pourquoi on la pourroit appeller, Géométrie métaphysique. L'<i>Algèbre</i> spécieuse n'est pas, comme la nombreuse, limitée par un certain <pb n="156" facs="bpt6k8542165/f196/full/1200,/0/native.jpg"/>genre de problèmes ; &amp; elle n'est pas moins propre à inventer toutes sortes de théorèmes, qu'à trouver les solutions, &amp; les démonstrations des problèmes. Les lettres dont on se sert dans l'analyse, représentent chacune en particulier, des lignes, ou des nombres, selon que le problème est de Géométrie, ou d'Arithmétique ; &amp; ensemble elles représentent des plans, des solides, &amp; des puissances, plus ou moins élevées, selon le nombre de ces lettres. Par exemple, s'il y a deux lettres, <i>a b,</i> elles représentent un rectangle, dont les deux lignes sont désignées, l'une par la lettre <i>a,</i> &amp; l'autre par la lettre <i>b,</i> afin que par leur mutuelle multiplication elles produisent le plan, <i>a b.</i> Mais s'il y a deux lettres pareilles, comme <i>a a,</i> alors elles désignent un quarré. S'il y a trois lettres <i>a b c,</i> elles représentent ensemble un solide, &amp; un parallelipipède rectangle, dont les trois dimensions seront exprimées par ces lettres <i>a b c.</i> La longueur par <i>a</i> ; la largeur par <i>b</i> ; la profondeur par <i>c.</i> En sorte que par leur multiplication mutuelle, elles produisent le solide <i>a b c.</i></p><p>D'Herbelot dit qu'il ne faut point croire que l'<i>Algèbre</i> tire son nom du Philosophe &amp; Mathématicien nommé Geber, que les Arabes appellent Giaber ; &amp; moins encore de Gefr, nom d'une membrane, ou parchemin fait de la peau d'un chameau, sur laquelle Ali &amp; Giafar Sadek écrivirent en caractères mystiques la destinée du Musulmanisme, &amp; les grands événemens qui devoient arriver dans le monde jusqu'à la consommation des siècles. Mais il le tire de <i>Gebr,</i> mot duquel, avec l'article <i>al,</i> nous avons fait <i>Algèbre,</i> qui est Arabe tout pur, &amp; qui signifie proprement la réduction des nombres rompus à un nombre entier. Cependant, ajoûte-t'il, les Arabes ne se servent jamais de ce mot seul, pour signifier ce que nous entendons par <i>Algèbre</i> ; mais ils y joignent toujours celui de <i>Macadelah,</i> qui signifie opposition &amp; comparaison. Ainsi <i>Algèbre u almocabelah</i> est proprement chez eux ce que nous appellons <i>Algèbre.</i> M. Harris est de même sentiment, &amp; dit que de ces noms Arabes nous n'en avons retenu que le premier pour le donner à cette science. Menage a pensé la même chose, &amp; dérive ce mot de l'Arabe <i>Algebra,</i> qui signifie le rétablissement d'un os rompu, de la racine <i>giabara,</i> supposant que la principale partie de l'<i>Algèbre</i> est la considération des nombres rompus. Quelques-uns croient qu'il se trompe, &amp; qu'il a pris l'origine d'un autre mot Espagnol, <i>Algebrista,</i> qu'il signifie un Renoueur de membres disloqués, que nous appellons en France un <i>Bailleul.</i> Ils ajoûtent que la fraction n'a rien de commun avec l'<i>Algèbre,</i> qui ne considère pas plus les nombres rompus que les entiers, &amp; qui même exprime ses puissances par des lettres qui ne sont pas susceptibles de fractions ; qu'il est vrai que le mot <i>Algèbre</i> est un mot Arabe ; mais qu'il est primitif de sa langue, &amp; lui a été donné par son Auteur, qui étoit Arabe. Cardan dit qu'il se nommoit Mahomet fils de Moise ; &amp; il le met au neuvième rang des douze plus excellens hommes qu'il a choisis dans l'antiquité pour la subtilité de leur esprit. Mais tout ce raisonnement est de gens qui n'entendent point l'Arabe, ni ce que les Arabes appellent <i>Algèbre.</i> Ce que nous venons de rapporter de M. d'Herbelot est bien plus vraisemblable, pour ne pas dire certain. Scriverius en attribue l'invention à Diophante, Auteur Grec, dont Régiomontanus a recueilli treize livres, qui ont été commentés par Gaspar Bachet, Sieur de Meziriac, de l'Académie Françoise. Il y en a quelque chose dans Euclide, ou pour le moins dans Théon, qui dit que Platon avoit commencé à l'enseigner. Il y a aussi quelques exemples d'<i>Algèbre</i> dans Pappus ; &amp; plus encore dans Archimèdes, dans Apollonius, &amp; dans quelques autres, quoiqu'ils y soient cachés &amp; déguisés avec soin, comme dit M. Harris. De sorte qu'on peut dire, avec le même Auteur, que Diophante est le premier &amp; le seul parmi les Grecs qui ait traité de l'<i>Algèbre</i> par profession. Bachet y a fait quelques Additions, &amp; M. Fermat, qui l'a encore publié depuis lui, y en a fait aussi ; mais cette science a été en usage chez les Arabes beaucoup plutôt que chez les Grecs ; &amp; l'on dit qu'ils l'ont reçue des Persans, &amp; les Persans des Indiens. Les Arabes l'apporterent en Espagne, d'où M. Harris prétend qu'elle passa en Angleterre, avant que l'on y connût Diophante. Le plus ancien Européen qui ait écrit de l'<i>Algèbre</i> est Lucas Pacciolus, ou Lucas de Burgo, Cordelier : son livre, qui est en Italien, fut imprimé à Venise en 1494. Il y parle de Leonardus Pisanus, &amp; de quelques autres, dans qui il avoit appris cet art ; mais nous n'avons aucun de leurs écrits. Il dit que cet art nous vient originairement des Arabes, &amp; ne fait aucune mention de Diophante, ce qui fait croire que cet Auteur n'étoit point encore connu en Europe. Son <i>Algèbre</i> ne va qu'aux équations quarrées. Après Pacciolus parut Stychelius, bon Auteur ; mais qui n'alla pas plus loin que lui. Ensuite vinrent Scipio Ferreus, Cardan, Tartalea, &amp; quelques autres, qui pousserent jusqu'à la solution de quelques équations cubiques. Bombelli suivit, &amp; alla encore un peu plus loin. Enfin parurent Nugnez, Ramus, Schoner, Salignac, Clavius &amp;c. qui prirent des routes différentes, mais n'allerent point au-delà des équations quarrées. Vers ce temps-là parut Diophante, dont la méthode est fort différente de celle des Arabes, que l'on avoit suivie jusques-là. Viette entra sur la scène en 1590. &amp; introduisit ce qu'il appelle l'Arithmétique spécieuse, qui consiste à donner des marques ou symboles à toutes sortes de quantités, soit connues, soit inconnues. Viette fut suivi de Oughtred, Anglois, qui, dans son <i>Clavis Mathematica</i> imprimé en 1631. désapprouva fort la méthode de Viette, &amp; inventa un chemin plus court par le moyen de certains caractères qui marquoient les sommes, les différences, les rectangles, les quarrés, les cubes, &amp; leurs sommes, leurs différences &amp;c. Harriot, autre Anglois, contemporain de Oughtred, mais qui mourut avant lui, laissa entre plusieurs autres ouvrages, une Analyse, ou <i>Algèbre,</i> que Warner imprima en 1631. Mr Harris prétend que c'est de ce Harriot que Mr Descartes a pris tout ce qu'il a mis dans sa Géométrie, &amp; qu'on ne peut comparer ces deux ouvrages sans en être convaincu ; car il est impossible, dit-il, que l'un de ces deux Auteurs n'ait pas copié l'autre. Or, l'ouvrage de Descartes ne parut en François qu'en 1637. &amp; en Latin en 1649. au lieu que celui d'Harriot fut imprimé après sa mort dès 1631. Quoi qu'il en soit, on prétend que la méthode de Descartes est autant au dessus de celle de Viette, que celle-ci est au dessus des autres. Wallis, &amp; quelques autres, ont aussi contesté à Descartes l'honneur de cette découverte, &amp; l'ont attribuée à Harriot, mais Mr Hudde &amp; Mr Prester, en ont restitué la gloire à Monsieur Descartes.</p><p>Comme la multiplication des lettres dont on a parlé ci-dessus, exprime la multiplication des dimensions, &amp; que le nombre en pourroit être si grand, qu'il seroit incommode de les compter, on écrit seulement la racine, &amp; l'on ajoûte à droite l'exposant de la puissance, c'est-à-dire, le nombre des lettres dont la puissance qu'on veut exprimer est composé <i>a</i>1 <i>a</i>2 <i>a</i>3 <i>a</i>4. Le dernier veut dire un <i>a,</i> multiplié quatre fois en soi-même ; &amp; ainsi des autres à proportion.</p><p>Les principales notes de l'<i>Algèbre</i> sont telles :</p><p>+ Signifie plus : ainsi 9 + 3, veut dire, 9 plus 3.</p><p>-- Signifie moins, ainsi 14 -- 2, veut dire, 14 moins 2.</p><p>= Est la note de l'égalité : ainsi 9 + 3 = 14 -- 2, veut dire, neuf plus trois, est égal à quatorze moins deux.</p><p>:: Ces quatre points entre deux termes devant, &amp; deux termes après, marquent que les quatre termes sont en proportion géométrique : ainsi, 6. 2. :: 12. 4. veut dire, comme 6 est à deux, ainsi 12 est à quatre.</p><p>../.. Est la note d'une proportion continue : ainsi, ../.. 3. 9. 27. veut dire, que trois est autant de fois dans 9, comme neuf dans 27.</p><p>: Ces deux points au milieu marquent la proportion arithmétique entre ces nombres : ainsi 7. 3 : 13. 9. veut dire, 7 surpasse 3. comme 13. surpasse 9. D'autres au lieu de ces deux points : en mettent trois disposés de cette manière</p><p>./. Cette note marque la proportion arithmétique continue : ainsi, / 3. 7. 11. veut dire, 3 est surpassé de 7 autant que 7 par 11.</p><p>Deux lettres ensemble marquent une multiplication de deux nombres : ainsi <i>bd</i> est le produit de deux nombres, comme 2 &amp; 4, dont le premier s'appelle <i>b,</i> &amp; l'autre <i>d.</i></p><p>Signifie racine : ainsi, 4, c'est-à-dire, la racine de 4, qui est 2 ; lequel multiplié par lui-même fait 4.</p><p>On dit figurément, quand quelqu'un n'entend rien à quelque chose qu'il lit, ou qu'il écoute, que c'est de l'<i>Algèbre</i> pour lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1330" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALGÈBRE" />
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    <head>ALGÈBRE</head>
    <p>
    Algébrique , adj. m. &amp; f. Qui appartient à l'Algèbre. Les notes ou les caractères <i>algébriques,</i> sont ceux dont on a fait mention ci-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1330" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALGÈBRE" />
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    <head>ALGÈBRE</head>
    <p>
    <pb n="157" facs="bpt6k8542165/f197/full/1200,/0/native.jpg"/> Algébriste , s. m. Homme qui sait, ou qui enseigne l'<i>Algèbre,</i> qui résout tous les problèmes d'<i>Algèbre. Algebrae peritus.</i> Les savans <i>Algébristes</i> modernes ont été Viette, Descartes, le Père Malebranche, &amp;c.</p><p>Outre les Auteurs <i>Algébristes</i> dont nous avons parlé, en voici encore quelques-uns. <i>Labyrinthus Algebrae per Joan. Jac. Perguson.</i> 1667. <i>in</i>-4°. <i>Kerseys Algebra</i> 2. <i>vol. in-fol. Lond.</i> 1683. <i>Bakers Géométrical Kei of Equations, Lond.</i> 1681. <i>Analysis Geometrica Auctore Hug. De Omerico Sanlucarense, Cadiz</i> 1698. <i>Jeacks Arithmetiks, Lond.</i> 1696. <i>Branskers Algebrarby. De Pell. Lond.</i> 1668. <i>Bartholini Dioristice, Hasnia</i> 1663. Traité de l'Algèbre de Monconis. <i>De Billys Diophantus redivivus, Lugd.</i> 1670. <i>Wells Arithmeticae numerosae &amp; speciosae Eleinenta, Oxon.</i> 1698. <i>Oughtredi Clavis Mathematica denuò lineata, Oxon.</i> 1667. <i>Harris Algebra, Lond.</i> 1705. &amp; l'<i>Arithmetica Universalis de Newton.</i> Cambridge 1707. L'Analyse démontrée 2. vol. <i>in</i>-4°. à Paris. Il y a encore des Traités d'Algèbre de Moor, de Parsons, de Sturnius, de Balaam, de Wards, de Hays, de Niuwentyt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1331" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGENIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ALGENIR</head>
    <p>
    ALGENIR . C'est le nom d'une étoile fixe de la seconde grandeur, qui est au pied droit de Persée. Sa longitude est 51. d. 27'. Sa latitude 22. d. Son ascension droite 44. d. 15'. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1332" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGER" />
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    <head>ALGER</head>
    <p>
    ALGER , s. m. Ville de Barbarie en Afrique. <i>Algeria, Algerium, Algaria. Alger</i> est le <i>Rusneurum</i> des Anciens, &amp; non pas la <i>Julia Caesarea,</i> que Juba fit bâtir à l'honneur de César. <i>Alger</i> est un port de mer sur la Méditerranée, &amp; une retraite de pirates. Voyez sa description dans Marmol, Liv. V. C. 41. Le Royaume d'<i>Alger</i> prend son nom de la Capitale, &amp; est divisé en cinq Provinces. La Province d'<i>Alger,</i> l'une des quatre qui composent le Royaume de Trémézen, est celle qui se nommoit autrefois Césarée. Marm. Voyez cet Auteur T. II. pag. 398. ou Liv. V. C. 39.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1333" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGÉRIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ALGÉRIEN, ENNE</head>
    <p>
    ALGÉRIEN, ENNE , s. m. &amp; adject. <i>Algerianus.</i> Qui est d'<i>Alger.</i> Les <i>Algériens,</i> ou les pirates <i>Algériens,</i> n'ont osé attaquer les vaisseaux François depuis que le Roi a fait bombarder Alger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1334" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGOL" />
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    <head>ALGOL</head>
    <p>
    ALGOL , ou Tête de Meduse. C'est une étoile fixe de la troisième grandeur, qui est dans la Constellation de Persée, &amp; dont la longitude est 51. d. 27' la latitude 22. d. 22' &amp; la déclinaison 39. d. 39'.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1335" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGONQUIN, INE" />
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    <head>ALGONQUIN, INE</head>
    <p>
    ALGONQUIN, INE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Nom de Peuple. Les <i>Algonquins</i> habitent dans la nouvelle France, le long des bords du fleuve de S. Laurent jusqu'au grand Lac des Hurons. Un sauvage <i>Algonquin,</i> un village <i>Algonquin,</i> une <i>Algonquine,</i> la langue <i>Algonquine.</i> Le P. le Comte écrit <i>Alkonkin.</i> Si à trois cents lieues de Quebec nous trouvions des Mathématiciens Iroquois, ou de savans <i>Alkonkins,</i> &amp;c. mais on croit que c'est une faute, &amp; qu'il faut dire par un <i>g Algonkin,</i> ou <i>Algonquin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1336" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGORITHME" />
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    <head>ALGORITHME</head>
    <p>
    ALGORITHME , s. m. Est un mot Arabe dont plusieurs Auteurs se sont servis, &amp; sur-tout les Espagnols, pour signifier la science des nombres. <i>Algorithmus.</i> C'est l'art de bien &amp; facilement supputer. L'<i>Algorithme</i> comprend les six règles de l'Arithmétique vulgaire : on l'appelle autrement <i>Logistique nombreuse.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Clavius">Clavius</ref>. <i>L. I. Algebrae. c.</i> 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1337" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGUAZIL" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ALGUAZIL</head>
    <p>
    ALGUAZIL , s. m. <i>Accensus, Satelles.</i> Sergent, Huissier, Exempt, Officier de Justice qui exécute les Ordres d'un Magistrat. On a mis les <i>Alguazils</i> aux trousses de ce banqueroutier pour s'en saisir. Ce mot est Arabe, &amp; il signifie dans cette langue l'Officier qui arrête &amp; punit les coupables. Les Arabes l'ont donné aux Espagnols, &amp; d'Espagne il a passé en France, il y a déja quelque temps. L'<i>Alguazil Démoniaque,</i> est le titre d'une espèce d'ancien Roman traduit, je crois, de l'Espagnol. Il y a dans Fez quatre <i>Alguazils,</i> qui vont ordinairement par la ville jour &amp; nuit. Ablanc. trad. de Marmol. Covarruvias rapporte plusieurs étymologies de ce mot. La première est, qu'<i>Alguazil</i> est une corruption d'<i>al,</i> article, &amp; <i>gauzir,</i> qui signifie Ministre de Justice. La seconde est, que ce mot vient de <i>vesilun, vasala, conduire</i>, parce que les <i>Alguazils</i> arrêtent, &amp; conduisent en prison les malfaiteurs. Diego Urrea, auteur de ce sentiment, remarque que les mots Espagnols qui commencent par <i>gua,</i> viennent de mots Arabes qui commencent par le <i>ouaou,</i> ou Hébreu &amp; Arabe, que les Maures d'Espagne prononcent <i>gua,</i> de sorte que pour Al-Vasil, ils disent <i>Alguazil.</i> On peut ajoûter que c'est ainsi que de <i>Willelmus,</i> on a fait <i>Guilleimus,</i> &amp; que l'on dit <i>Ulphylas,</i> ou <i>Gulphilas,</i> &amp;c. Pour Covarruvias, il croit qu'on peut tirer ce nom du verbe Hébreu <i>gazal,</i> qui signifie, prendre ; les <i>Alguazils</i> prennent les coupables. On appelle les araignées qui prennent les mouches dans leurs filets, des <i>Alguazils</i> de mouches. Nebrixa traduit <i>Alguazil</i> par <i>Officialis Praefecti, vel Executor.</i> Les loix du Roi Alfonse nous apprennent sûrement ce que c'étoit que les <i>Alguazils</i> dans les commencemens : c'est dans la seconde partie. T. 9. Liv. 20. où on lit ces paroles : <i>Alguazil Naman en Arabigo, aquel que ha deprendre, &amp; de justicar los omes en la corte del Rey, por su mandado, o de los Juezes que judgan les pleytos.</i> Voyez le Répertoire de Michel du Moulin. Les Espagnols disent proverbialement, <i>Cada que tiene sa</i> Alguazil, Chacun a son <i>Alguazil</i> ; pour dire, chacun a sa peine. <i>Quisque suos patimur manes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1338" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALGUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ALGUE</head>
    <p>
    ALGUE , s. f. <i>Alga.</i> Plante qui croît au fond des eaux, &amp; dont les feuilles ressemblent à celles du Chiendent. Il y en a quelques espèces qui ont leurs feuilles aussi déliées que les cheveux. Il n'a pas été possible jusqu'ici d'observer leurs fleurs ni leurs fruits ; peut-être que dans la suite on découvrira les unes &amp; les autres parties. L'<i>Algue</i> la plus commune trace comme le Chiendent ; ses feuilles sont très-longues, &amp; n'ont qu'environ deux à trois lignes de largeur. Celle-ci est si abondante dans la Méditerranée, que les laboureurs la vont ramasser aux bords de la mer pour fumet leurs terres. On fait la même chose en Ecosse. Les Vitriers &amp; les Parfumeurs s'en servent aussi pour emballer leurs verres &amp; leurs bouteilles. Les anciens Botanistes donnoient ce nom indifféremment à presque toutes les plantes marines que nous rangeons aujourd'hui sous le genre de <i>Fucus.</i> L'<i>Algue</i> a divers noms sur les différentes côtes de France. On l'appelle en Normandie <i>Varech,</i> en Bretagne <i>Göesmond,</i> en Poitou <i>Sar.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1339" id="1" type="pharmacie">
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    <head>ALHANDAL</head>
    <p>
    ALHANDAL . Terme de Pharmacie Arabe. On s'en sert pour signifier des trochisques composés de coloquinte, &amp; de gomme tragacanth. Ils sont purgatifs, &amp; on s'en sert en bien des occasions. La coloquinte s'appelle en Arabe, <i>Handel</i> &amp; <i>Handhal.</i> Voyez <ref type="search" target="head:COLOQUINTE">COLOQUINTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1340" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALHIDADE" />
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    <head>ALHIDADE</head>
    <p>
    ALHIDADE , ou ALIDADE, s. f. Ce mot est Arabe, &amp; a été transporté dans toutes les autres langues, pour signifier une règle mobile, qu'on applique sur un astrolabe, ou un graphomètre, ou sur tous les autres instrumens de Géométrie, &amp; d'Astronomie, qui servent à observer des hauteurs, ou des longueurs. <i>Dioptra.</i> Il y a aux extrémités d'une <i>alhidade</i> deux pinnules, c'est-à-dire, deux petites plaques de fer percées vis-à-vis de la ligne-de-foi, par où on observe les astres &amp; les autres points &amp; objets qu'on desire. On l'appelle en Grec , &amp; en Latin <i>linea fiduciae.</i> On appelle le clou de l'<i>alhidade,</i> l'<i>escroue</i> ou le <i>chevalet.</i> Il y a quelques <i>alhidades</i> qui ont des bras, c'est-à-dire, deux ou trois petites règles, ou lames plattes &amp; mobiles, qui s'allongent, &amp; se rapprochent pour faire diverses opérations de cet instrument.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1341" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIBI" />
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    <head>ALIBI</head>
    <p>
    ALIBI , s. m. Terme qui a été adopté dans le Palais. Ailleurs ; lieu éloigné de celui où on prétend qu'un homme étoit en quelque occasion particulière. <i>Purgatio criminis ex absentia.</i> On a prouvé la fausseté de cette pièce, de cette accusation, par un <i>alibi</i> : car on a fait voir que la personne qu'on prétend l'avoir signée un tel jour, en un tel lieu, étoit à cent lieues de là. Ce mot <i>alibi</i> n'a point de pluriel selon Menage : ainsi on ne dit pas des <i>alibis.</i></p><p>On appelle proverbialement des <i>alibi forains,</i> de vaines allégations pour sa défense ; ou des contes en l'air. <i>Tergiversatio, cavillatio.</i> Je lui reprochois une telle faute, il m'a apporté mille <i>alibi forains.</i> On dit aussi, Chercher des <i>alibi ;</i> pour dire, des chicanes, des défaites, de frivoles appellations, &amp;c. Regnier a dit agréablement en parlant d'un chat :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1342" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIBORUM" />
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    <head>ALIBORUM</head>
    <p>
    ALIBORUM , ou ALIBORON. Ce mot ne se dit qu'en cette phrase, <i>Maître Aliborum.</i> Rabelais fait dire à Panurge : <pb n="158" facs="bpt6k8542165/f198/full/1200,/0/native.jpg"/>Que Diable veut prétendre ce <i>Maître Aliborum ?</i> M. Huet conjecture qu'<i>Aliborum</i> est le génitif d'<i>alibi,</i> &amp; que <i>Maître Aliborum</i> a été dit d'abord, d'un homme fécond &amp; subtil à trouver des <i>alibi</i> ; ou que c'est un nom qui peut avoir été donné par dérision à quelque Avocat ignorant, qui, lorsqu'on plaidoit en Latin, voulant dire qu'un homme n'étoit pas recevable à ses <i>alibi,</i> dit, <i>nulla habenda est ratio istorum Aliborum,</i> ou quelque chose de semblable. La Fontaine dans ses fables, donne ce nom burlesque à l'âne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1343" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALICA" />
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    <head>ALICA</head>
    <p>
    ALICA , s. f. Espèce de froment que les Anciens appelloient Zea. <i>Alica.</i> Ils en faisoient une boisson, qu'ils nommoient aussi <i>alica,</i> &amp; que nous appellons Fromentée. Voyez <ref type="search" target="head:FROMENTEE">FROMENTEE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1344" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALICANTE" />
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    <head>ALICANTE</head>
    <p>
    ALICANTE , subst. fém. <i>Alicanta.</i> Ville d'Espagne sur la côte du Royaume de Valence. Quelques-uns croient que c'est l'ancienne Alone ; mais Alone avoit d'excellentes salines, d'où elle avoit pris son nom, &amp; <i>Alicante</i> n'en a point. Il est donc plus croyable qu'Alone est Guardamar, où il y en a encore de très-bonnes &amp; en grand nombre. <i>Alicante</i> est renommée pour ses vins. Le vin d'<i>Alicante.</i> Le Golfe d'<i>Alicante, Sinus Illicitanus,</i> s'étend le long des côtes du Royaume de Valence jusqu'à celui de Palos. Il prenoit autrefois son nom de la Ville d'Illici, il le prend aujourd'hui de celle d'<i>Alicante.</i> Le port d'<i>Alicante,</i> autrefois <i>Portus Illicitanus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1345" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALICHON" />
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    <head>ALICHON</head>
    <p>
    ALICHON , s. m. Planche de bois sur laquelle il faut que l'eau tombe, pour faire tourner une roue de moulin à eau. <i>Pinna.</i> C'est la même chose qu'Aileron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1346" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALICONDE" />
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    <head>ALICONDE</head>
    <p>
    ALICONDE , s. m. Arbre fort commun dans la basse Ethiopie. Quoiqu'il y en ait d'une grosseur extraordinaire, ayant 12 ou 15 brasses de tour, le vent les renverse sans beaucoup d'effort, parce que ses racines ne sont pas profondes. Son fruit ressemble aux noix de Coco. Les Nègres en font moudre le cerneau dans la nécessité pour en faire du pain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1347" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIDADE" />
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    <head>ALIDADE</head>
    <p>
    ALIDADE . Voyez <ref type="search" target="head:ALHIDADE">ALHIDADE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1348" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ALIDOR" />
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    <head>ALIDOR</head>
    <p>
    ALIDOR , s. m. Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet violet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1349" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ALIDORE" />
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    <head>ALIDORE</head>
    <p>
    ALIDORE , s. f. Terme de Fleuriste . C'est une tulipe de couleur de feu, avec un gris de lin enfoncé sur chamois blanchissant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1350" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIE" />
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    <head>ALIE</head>
    <p>
    ALIE . On appelloit ainsi autrefois le fruit de l'<i>alisier.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1351" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIÉNABLE" />
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    <head>ALIÉNABLE</head>
    <p>
    ALIÉNABLE , adj. m. &amp; fém. Ce qu'on est libre d'aliéner. <i>Quod potest abalienari.</i> Rien n'empêche que cette maison ne soit <i>aliénable ;</i> elle est à un majeur. Le Domaine du Roi n'est <i>aliénable</i> qu'à faculté de rachat perpétuel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1352" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIÉNATION" />
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    <head>ALIÉNATION</head>
    <p>
    ALIÉNATION , s. f. Vente, donation, translation de propriété. <i>Abalienatio.</i> Les baux emphytheotiques sont des espèces d'<i>aliénation.</i> Pour l'<i>aliénation</i> des biens d'Eglise la prescription de 40 ans suffit, quand l'<i>aliénation</i> est faite dans les formes. Il y avoit chez les Romains une espèce particulière d'<i>aliénation,</i> qui se faisoit avec plusieurs cérémonies, qui ne se pouvoit faire qu'en faveur des seuls citoyens Romains.</p><p>On dit au figuré, l'<i>aliénation</i> des affections ; pour dire, Aversion, haine, froideur extrême. <i>Alienatio, disjunctio.</i> Leur <i>aliénation</i> avoit pris son origine de l'étroite communication qu'ils avoient eue ensemble. Rochef. On dit aussi <i>aliénation</i> d'esprit ; pour dire, folie. <i>Insania.</i> La fureur est une violente <i>aliénation</i> d'esprit sans fièvre. J'ai vû en elle de l'<i>aliénation</i> d'esprit. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1353" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIÉNER" />
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    <head>ALIÉNER</head>
    <p>
    ALIÉNER , v. act. Vendre ou transférer la propriété d'une chose par quelque manière que ce soit. <i>Abalienare, alienare. Aliéner</i> une terre, une rente, un droit, une succession, une universalité de meubles. Les défenses d'<i>aliéner</i> sont odieuses, &amp; contre le droit commun. Le Mait. On ne peut retirer des intérêts de son argent, qu'on n'<i>aliène</i> le fonds en constituant une rente ; on ne l'<i>aliène</i> qu'avec la faculté de rachat perpétuel. Le Concile général de Latran en 1123, défend à aucun Clerc d'<i>aliéner</i> sa prébende ou autre bénéfice Ecclésiastique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1353" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALIÉNER" />
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    <head>ALIÉNER</head>
    <p>
    Aliéner les affections, les coeurs, les esprits ; pour dire, les détourner, faire perdre l'estime &amp; l'affection. La cruauté de Néron lui <i>aliéna</i> l'affection de tous ses Sujets. Cela lui <i>aliéna</i> les esprits de la Province. Ablanc. On dit aussi <i>aliéner</i> l'esprit à quelqu'un ; pour dire, lui faire perdre l'esprit, le faire devenir fou. <i>Ad insaniam adigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1353" id="3" type="">
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    <head>ALIÉNER</head>
    <p>
    Aliéné, ée , part. <i>Abalienatus, alienatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1354" id="1" type="architecture & de jardinage">
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    <head>ALIGNEMENT</head>
    <p>
    ALIGNEMENT , s. m. Terme d'Architecture &amp; de Jardinage . <i>Directura.</i> Action par laquelle on met les choses en ligne droite, soit avec la règle, ou le cordeau, soit en se servant de points marqués par des rayons visuels. Ce Jardinier a mal pris ces <i>alignemens.</i> On dit aussi, Tirer des <i>alignemens.</i> Il faut que les herbages, pour être proprement plantés sur des planches, soient mis sur des <i>alignemens</i> tirés au cordeau. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1354" id="2" type="">
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    <head>ALIGNEMENT</head>
    <p>
    Alignement , se dit aussi du plan que donnent les Voyers &amp; Architectes pour construire la face des maisons qui sont sur la rue, pour en marquer les longueurs, les angles, &amp; autres dispositions suivant lesquelles on est obligé de bâtir à peine de démolition. <i>Frontis aedium descriptio.</i> Les Officiers de Justice assistent les Voyers dans les <i>alignemens</i> qu'ils donnent pour les maisons des coins des rues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1355" id="1" type="">
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    <head>ALIGNER</head>
    <p>
    ALIGNER , v. act. Tirer un bâtiment, une allée en ligne droite au cordeau, réduire plusieurs corps à une même saillie, les mettre sur une même ligne. <i>Ad lineam dirigere.</i> Cette muraille n'a pas été bien <i>alignée,</i> elle fait un coude.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1355" id="2" type="">
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    <head>ALIGNER</head>
    <p>
    Aligner , en termes de Vénerie , signifie, Couvrir une bête femelle. <i>Inire foeminam.</i> Comme, Le loup <i>aligne</i> la louve, ainsi dit, <i>quia rectà illam petit.</i></p><p>Ces mots viennent du Latin <i>linea.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1355" id="3" type="">
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    <head>ALIGNER</head>
    <p>
    Aligné, ée , part. &amp; adj. Il a les significations de son verbe. <i>Ad lineam directus.</i> Autrefois on appelloit femme <i>alignée,</i> une femme droite &amp; bien mise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1356" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIMENT" />
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    <head>ALIMENT</head>
    <p>
    ALIMENT , s. m. Nourriture nécessaire pour faire croître &amp; subsister tout ce qui a vie, ou quelque chose d'analogue à la vie. <i>Alimentum.</i> Les Médecins appellent <i>aliment,</i> tout ce qui peut être dissous par le levain de l'estomac, ou par la chaleur naturelle, &amp; changé en chyle, pour après devenir sang, &amp; réparer la dissipation continuelle des parties du corps. Le pain est le meilleur <i>aliment</i> de l'homme, l'avoine des chevaux. L'eau est le principal <i>aliment</i> des plantes. Le bois est l'<i>aliment</i> du feu. Mr Bernier dit qu'on ne doute pas qu'au bout de sept ou huit ans toute la matière de notre corps ne fasse place à celle des <i>alimens.</i> Les Paysans sont d'ordinaire assez stupides, parce qu'ils ne se nourrissent que d'<i>alimens</i> grossiers, &amp; terrestres, qui ne peuvent faire qu'un chyle &amp; un sang fort grossier. Bayl. On ne connoît pas facilement le mystère de la digestion des <i>alimens,</i> &amp; de leur transmutation en chyle, &amp; en sang. Roh. Fortunius Licetus a fait un livre <i>in-folio</i> de ceux qui ont vécu long-temps sans <i>alimens.</i> Cyriacus Lentulus, Sennert, Fabricius Hildanus, &amp; Velochius, ont aussi écrit sur ces grands Jeûneurs. On a vu un fou dans les Petites Maisons de Harlem en l'année 1685. qui s'imaginoit être le Messie, &amp; qui pour l'imiter fit un jeûne de 40. jours &amp; 40. nuits sans prendre aucun <i>aliment.</i> Après quoi on lui donna à manger peu à peu. Il souffrit les premiers jours de grandes tranchées, ensuite il mangea comme à l'ordinaire, &amp; ne sentit plus de douleur En pareille rencontre on a souvent découvert de la tromperie ; en celle-ci on apporta toutes les précautions imaginables, sans qu'on pût jamais soupçonner qu'il y en pût avoir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1356" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALIMENT" />
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    <head>ALIMENT</head>
    <p>
    Aliment , se dit aussi de la sève des plantes,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1356" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALIMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ALIMENT</head>
    <p>
    Aliment , se dit figurément en Morale. L'étude, la contemplation, sont les <i>alimens</i> de l'esprit. <i>Nutrimentum.</i> Les sciences sont les <i>alimens</i> de l'esprit ; elles le nourrissent. La Bruy.</p><p>Le P. Le Moine fait dire à Melédin contre les Chrétiens,</p><p>Il se dit aussi de ce qui entretient une maladie,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1356" id="4" type="">
   <index type="head" value="ALIMENT" />
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    <head>ALIMENT</head>
    <p>
    Alimens , au plur. se dit en Jurisprudence, non seulement de la nourriture, mais encore de l'entretien, ou des habits, &amp; du logement, comme étant des choses nécessaires à la vie. Les enfans naturels se font adjuger des <i>alimens</i> contre leurs pères. En matière d'excès &amp; de blessures, on adjuge des provisions pour <i>alimens</i> &amp; médicamens. Les parrains ne sont obligés aux <i>alimens</i> envers leurs filleuls que par une loi de bienséance, &amp; de charité. C'est moins un devoir naturel de fournir les <i>alimens</i> à un père tombé dans l'indigence, qu'un crime de les lui refuser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1357" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="ALIMENTAIRE" />
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    <head>ALIMENTAIRE</head>
    <p>
    ALIMENTAIRE , adj. m. &amp; f. Terme de Pratique . Ce qui est destiné pour les <i>alimens. Alimentarius.</i> Pension <i>alimentaire. Pensio alimentaria.</i> Provision <i>alimentaire.</i></p><p>On a aussi donné ce nom à de jeunes garçons, &amp; de jeunes filles, que la libéralité de quelques Empereurs Romains faisoit élever dans des lieux publics à peu près semblables à nos Hôpitaux. Trajan est le premier qui ait fait élever de ces enfans <i>alimentaires, Alimentarii.</i> Hadrien l'imita, Antonin Pie fit de même pour de jeunes filles, à la sollicitation de Faustine. Nous trouvons sur des médailles de cette Impératrice. Puellae Faustinianae. Marc Antonin &amp; Luce Vère firent la même chose ; Alexandre Sévère le fit aussi en faveur de Mammée ; &amp; les filles qu'il fit ainsi élever s'appellèrent <i>Mammeanae,</i> Mammeénes. Voyez Capitolain dans Marc Antonin L. VII. &amp; dans Sévère, &amp; les notes de Saumaise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1358" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIMENTER" />
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    <head>ALIMENTER</head>
    <p>
    ALIMENTER , v. act. Nourrir, fournir les choses nécessaires à la vie. <i>Alere, nutrire.</i> Il faut qu'un bon Magistrat donne ordre qu'il y ait toujours de quoi <i>alimenter</i> tous les habitans de sa ville ; de quoi <i>alimenter</i> les pauvres. Le mot <i>alimenter</i> ne peut passer que dans le Barreau. En sa place on dit <i>nourrir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1358" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALIMENTER" />
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    <head>ALIMENTER</head>
    <p>
    Alimenté, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Alitus, nutritus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1359" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ALIMENTEUX, EUSE" />
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    <head>ALIMENTEUX, EUSE</head>
    <p>
    ALIMENTEUX, EUSE , adj. Terme de Médecine . Qui sert d'aliment, qui nourrit. <i>Alibilis.</i> Les Médecins reconnoissent plusieurs remèdes <i>alimenteux,</i> &amp; des alimens medicamenteux. Les quatre humeurs ont toutes deux parties ; l'une <i>alimenteuse,</i> &amp; l'autre excrémenteuse. Il y a des chairs qui ont un suc, ou un jus fort <i>alimenteux,</i> ou nutritif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1360" id="1" type="">
   <index type="head" value="A LINEA" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>A LINEA</head>
    <p>
    &#9758; A LINEA , s. m. Ce mot Latin est devenu François. On appelle écrire <i>à linea,</i> recommencer une nouvelle ligne, quoique la précédente ne soit pas entièrement remplie. On doit le faire toutes les fois que ce que l'on a à écrire n'a pas une liaison prochaine &amp; immédiate avec ce que l'on a déja écrit. Restaut. On dit mettre <i>à linea,</i> un <i>à linea,</i> distinguer un discours par des <i>à linea.</i> Ce mot ne prend pas d'<i>s</i> au pluriel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1361" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALINER" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ALINER</head>
    <p>
    ALINER , verb. act. Borel dit que ce mot dans Vigenère veut dire <i>equiper ; aliner</i> des vaisseaux, c'est équiper des vaisseaux. <i>Adornare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1362" id="1" type="geometrie & d'arithmetique">
   <index type="head" value="ALIQUANTE" />
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    <head>ALIQUANTE</head>
    <p>
    ALIQUANTE , adj. fém. Terme de Géométrie &amp; d'Arithmétique . Une partie <i>aliquante.</i> Voyez le mot suivant ALIQUOTE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1363" id="1" type="geometrie & d'arithmetique">
   <index type="head" value="ALIQUOTE" />
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    <head>ALIQUOTE</head>
    <p>
    ALIQUOTE , adj. f. Terme de Géométrie &amp; d'Arithmétique , qui se dit des parties qui sont comprises plusieurs fois dans un nombre, ou dans une autre quantité, ou qui mesurent leur tout exactement, 2. est une partie <i>aliquote</i> de 8 : il y est compris quatre fois. 16. est un nombre composé de quatre parties <i>aliquotes,</i> dont chacune est 4 ; ou de deux parties <i>aliquotes,</i> dont chacune est 8. Les Nombres de 7, de 11, de 19, &amp; autes semblables, n'ont point de parties <i>aliquotes,</i> car ils ne se peuvent diviser en parties égales.</p><p>Une partie <i>aliquante,</i> est celle qui étant prise plusieurs fois avec une de ses parties <i>aliquotes,</i> compose le tout : 8 est une partie <i>aliquante</i> de 20, &amp; <i>aliquote</i> de 24 : car 8 étant pris deux fois avec 4, qui est une de ses parties <i>aliquotes,</i> il fait 20 ; &amp; étant pris trois fois, il fait 24. D'autres la définissent plus simplement, par une partie qui ne mesure point son tout exactement.</p><p>Ces mots viennent d'<i>aliquotus</i> &amp; d'<i>aliquantus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1364" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ALIRE</head>
    <p>
    ALIRE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Illidius.</i> Illidius, que nous appellons communément <i>Allyre,</i> ou plutôt <i>Alire,</i> vint au monde vers le commencement du regne de Constantin le Grand. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1365" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ALISÉ" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>ALISÉ</head>
    <p>
    ALISÉ , ou ALIZÉ, ée, adj. On dit aussi <i>Alaisé.</i> Terme de Blason . Voyez <ref type="search" target="head:ALESE">ALESE</ref>.</p><p>En termes de Marine on appelle vents <i>alisés,</i> des vents généraux &amp; réglés qui ont accoûtumé de regner pendant certaine saison sur des mers, ou le long de certaines côtes ; comme les vents Etésiens, les Mousons, &amp;c. <i>Brisae.</i> Quelques-uns dérivent ce mot de <i>venti electi, vents choisis,</i> bons vents, comme qui diroit <i>élises</i> ; parce qu'étant toujours les mêmes, on peut compter sur eux ; &amp; que sans eux les longues navigations seroient impossibles. L'Abbé de Choisy. D'autres le dérivent de <i>lisière,</i> comme qui diroit, qui viennent des côtes ou lisières des terres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1366" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALISE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>ALISE</head>
    <p>
    ALISE , ou ALIZE, s. f. <i>Alexia.</i> Bourg de France dans l'Auxois, qui est à la place où étoit autrefois <i>Alexis, Alexia,</i> ville forte &amp; célèbre dans les Commentaires de César. C'est de ce nom que s'est formé celui d'<i>Alife.</i> Jean Picard, dans sa <i>Celtopédie</i> Liv. III. p. 127. prétend après Diodore de Sicile Liv. VI. que ce nom est originairement Grec, qu'il fut donné à cette ville par l'Hercule Celtique, qui, après sa victoire sur les Lestrygons, qui avoient consenti à la mort d'Osiris son père, &amp; la défaite de Géryon, se retira dans les Gaules, délivra les Héduens des tyrans qui les opprimoient, &amp; nomma ce lieu alexie, comme il étoit nommé lui-même , du verbe , <i>Je chasse, Je porte du secours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1367" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALISE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ALISE</head>
    <p>
    ALISE , ou ALIZE, s. f. Fruit de l'alisier. <i>Alisariae Bacca.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1368" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALISIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ALISIER</head>
    <p>
    ALISIER , ou ALIZIER, s. m. <i>Crataegus Apii folio laciniato. Inst. R. herb.</i> 633. Arbre qui vient dans les bois, &amp; qui s'élève assez haut. L'écorce de son tronc &amp; de ses branches est lissée, son bois est assez dur ; ses feuilles ressemblent à celles de l'Aubepin, mais elles sont beaucoup plus larges, d'un verd plus pâle, &amp; les découpures en sont moins profondes ; leurs bords sont dentelés &amp; découpés, comme dans les feuilles de la vigne. Ses fleurs sont blanches, composées chacune de cinq pétales disposées en rose ; ces fleurs sont ramassées en un bouquet qui naît à l'extrémité des branches. Le calice qui soutient la fleur devient un fruit de la figure de celui de l'Aubepin, d'un rouge brun, fort âpre au goût, à moins qu'il ne soit mol. Il contient des semences renfermées dans des loges qui occupent le milieu du fruit. L'<i>Alisier</i> ne donne des fruits mûrs qu'en Automne. On le distingue du sorbier par ses feuilles ; car il est essentiel au sorbier d'avoir ses feuilles ailées ; c'est-à-dire, composées de plusieurs petites feuilles rangées sur une même côte. On le distingue du poirier par ses feuilles dentelées &amp; découpées, &amp; par ses fruits. Daléchamp parle d'un espèce d'<i>Alisier</i> connu sous ce nom en Bourgogne, &amp; qu'on nomme <i>Crataegus folio subrotundo serrato, &amp;c.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CIRIER">CIRIER</ref>. Le fruit de l'<i>Alisier</i> est astringent, &amp; se peut employer au défaut de celui du sorbier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1369" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="ALISMA" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ALISMA</head>
    <p>
    ALISMA , s. m. Terme de Botanique . <i>Alisma.</i> On donne ce nom à plusieurs sortes de plantes. Il y a l'<i>Alisma</i> de Matthiole, qu'on appelle aussi Plantain de montagne, &amp; qui est une espèce de Donoric. Ses feuilles sont semblables à celles du plantain ; mais plus étroites &amp; moins nerveuses. Elles sortent proche de la racine, &amp; sont recourbées contre terre. Sa tige est menue, &amp; de la hauteur d'une coudée. Sa partie supérieure se divise en plusieurs branches, qui portent des calices velus, d'où sortent des fleurs semblables, &amp; qui sont de couleur jaune. Ses racines sont menues, comme celles de l'ellébore noir, acres, odorantes, &amp; un peu grasses. On les emploie pour les dyssenteries, &amp; les tranchées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1369" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALISMA" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ALISMA</head>
    <p>
    Alisma , se dit aussi d'une espèce d'elléborine, qu'on appelle <i>Alisma</i> à grape, <i>Alisma racemosum.</i> Elle est de la hauteur d'environ douze pouces &amp; demi. Sa tige est pleine de noeuds, d'où sortent ses feuilles, qui ressemblent à celles du grand plantain, &amp; qui ont un pouce &amp; demi de largeur. Ses fleurs sont en grape, &amp; de couleur rouge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1369" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALISMA" />
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    <head>ALISMA</head>
    <p>
    Alisma , se dit encore d'une plante qu'on appelle double-feuille. <i>Ophris bifolia.</i> Voyez DOUBLE-FEUILLE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1370" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALISON" />
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    <head>ALISON</head>
    <p>
    ALISON , s. f. Nom de femme, terme populaire qu'on dit à une femme de basse condition, &amp; en riant. Voyez cette Dame <pb n="160" facs="bpt6k8542165/f200/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Alison,</i> à qui en veut-elle ? On ne le dit jamais seul, &amp; on y joint toujours <i>Dame.</i> C'est peut-être un diminutif d'Alix, dont on aura fait <i>Alison,</i> comme Louïson de Louise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1371" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALITER" />
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    <head>ALITER</head>
    <p>
    ALITER , v. act. &amp; n. Garder le lit faute de santé. <i>Affigi lecto ob aegritudinem.</i> Cette blessure l'a <i>alité</i> pendant trois mois. Il a long-temps traîné dans la chambre, &amp; enfin il s'est <i>alité.</i> Il faut qu'il soit bien malade, puisqu'il est <i>alité.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1371" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALITER" />
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    <head>ALITER</head>
    <p>
    Alité, ée part. pass. &amp; adj. <i>In lecto jacens, detentus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1372" id="1" type="">
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    <head>ALIX</head>
    <p>
    ALIX , s. f. Nom propre de femme. Voyez <ref type="search" target="head:ADELAÏS">ADELAÏS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1373" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALIZON" />
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    <head>ALIZON</head>
    <p>
    &#9758; ALIZON , s. f. Nom de femme, diminutif d'<i>Alix,</i> qu'on écrivoit plus régulièrement <i>Alis,</i> puisque la dernière syllabe se prononce comme dans <i>Senlis.</i> C'est d'<i>Adelais,</i> nom connu vers le dixième siècle, que par divers degrés de corruption s'est formé <i>Alis.</i> Les Auteurs Latins-Barbares écrivent <i>Aleydis, Alays, Aëlis,</i> quelques-uns <i>Aleta,</i> nom de la mère de S. Bernard, écrit de sept ou huit autres manières différentes dans les manuscrits. Bucanan a dans ses Elégies employé <i>Alisa,</i> Jovien Pontan <i>Lisa</i> ; mais on pourroit croire que celui-ci est abrégé d'<i>Elisa,</i> comme <i>Elisa</i> d'<i>Elisabeth. Glossaire Bourguignon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1374" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ALKAEST" />
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    <head>ALKAEST</head>
    <p>
    ALKAEST , s. m. Terme de Chymie . C'est le dissolvant universel de Van-Helmont &amp; de Paracelse, avec lequel ils se vantoient de dissoudre &amp; de réduire tous les corps en leurs premiers principes, &amp; de tirer la substance sulphureuse de tous les mixtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1375" id="1" type="chymie & de physique">
   <index type="head" value="ALKALI" />
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    <head>ALKALI</head>
    <p>
    ALKALI , s. m. Terme de Chymie &amp; de Physique . <i>Sal erutus, elicitus.</i> Ce nom a été donné premièrement par les Arabes au sel qu'on tire des cendres d'une plante, qu'ils appellent <i>Kali,</i> &amp; les François <i>Soude.</i> &amp; parce que ce sel fermente avec une liqueur acide, on a depuis donné ce même nom à tous les sels lixivieux des plantes ; c'est-à-dire, qu'on tire par la lotion de leurs cendres, &amp; qu'on appelle fixes. On l'a aussi donné à tous les sels volatiles, &amp; à toutes les matières terrestres, qui fermentent avec les acides. Tachenius, Swalve, &amp; quelques autres Chymistes, ont prétendu que le sel <i>Alkali,</i> &amp; l'acide, étoient les seuls principes de toutes choses ; &amp; ils ont voulu expliquer par leur moyen tout ce qu'il y a de plus difficile dans la nature ; mais ce qu'ils ont avancé a paru si défectueux, &amp; si absurde, qu'ils ont trouvé peu de sectateurs. On peut cependant s'en servir, pour expliquer quelques phénomènes particuliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1376" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALKALISER" />
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    <head>ALKALISER</head>
    <p>
    ALKALISER , v. act. Tirer le sel de tous les végetaux &amp; minéraux après leur calcination par le moyen de la lescive ; c'est-à-dire, en versant dessus de l'eau plusieurs fois qui s'impreigne de leur sel. <i>Sales eruere, elicere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1377" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALKEKENGE" />
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    <head>ALKEKENGE</head>
    <p>
    ALKEKENGE . <i>Alkekingi,</i> s. masc. Plante qu'on appelle autrement en François, Coqueret, &amp; qui est fort semblable à la morelle, ou <i>solanum.</i> Elle n'en diffère que par une vessie membraneuse, dans laquelle son fruit est enfermé ; d'où vient qu'on a donné le nom de <i>Solanum</i> à l'<i>Alkekingi :</i> mais on y a ajoûté l'épithète, <i>vesicaire,</i> pour le distinguer du vrai <i>solanum.</i> On l'appelle aussi <i>Halicacabum.</i> Il y en a diverses espèces. Celle qu'on nomme <i>Alkekingi</i> vulgaire, a sa tige grêle, ronde, rougeâtre, de la hauteur d'une coudée, &amp; pleine de noeuds. Sa racine est aussi noueuse, &amp; rampe sur terre. Ses feuilles sont attachées à de longues queues ; elles ressemblent à celles de la morelle ; mais elles sont plus grandes, &amp; d'un verd obscur. Ses fleurs sont grandes, blanches, &amp; n'ont qu'une feuille qui a cinq découpures. Son fruit est rouge, de la grosseur &amp; de la figure d'une petite cerise ; les enfans l'appellent cerise d'hiver : il est enfermé dans une vessie large, pentagone, &amp; qui devient rouge quand elle est mûre. Sa semence est petite, blanche &amp; aplatie. Ce fruit est propre pour faire uriner, &amp; pour vuider les reins, &amp; la vessie, des impuretés qui y peuvent être contenues. Voyez <ref type="search" target="head:COQUERET">COQUERET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1378" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ALKÈRMES" />
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    <head>ALKÈRMES</head>
    <p>
    ALKÈRMES , s. m. Terme de Médecine , qui vient de l'Arabe. C'est une confection faite avec le suc exprimé de grains de kermès, d'où elle a tiré son nom, le suc des pommes, la soie crue, les perles, le santal citrin, la canelle, l'ambre gris, le musc, l'azur, les feuilles d'or. C'est un des meilleurs cordiaux qu'on ait en Médecine. On en prépare une très-grande quantité à Montpellier, qu'on envoie dans toute l'Europe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1379" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ALKOOL" />
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    <head>ALKOOL</head>
    <p>
    ALKOOL , s. m. Terme de Chymie qui est Arabe. Il signifie deux choses bien différentes. 1°. Une poudre très-subtile, &amp; presque impalpable. 2°. Un esprit de vin très-rectifié par des distillations réitérées, de sorte qu'y ayant mis le feu, il se consume entièrement, &amp; ne laisse point du tout de phlegme. L'<i>Alkool</i> de vin est l'esprit le plus subtil ainsi rectifié. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1380" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALKOOLISER" />
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    <head>ALKOOLISER</head>
    <p>
    ALKOOLISER , v. act. Subtiliser, réduire un corps en une poudre très-subtile, &amp; presqu'impalpable, &amp; purifier les esprits, &amp; les essences des impuretés &amp; du phlegme qu'ils pourroient avoir. M. Harris écrit <i>Alcohol</i> &amp; <i>Alcoholiser.</i> Je ne vois pas pourquoi ajoûter une <i>h</i> ; car ce mot vient de l'Arabe , qui signifie diminuer, devenir menu, se subtiliser ; &amp; à la troisième conjugaison , <i>Kaal,</i> diminuer, rendre subtil, subtiliser ; &amp; ce mot vient originairement de l'Hébreu , qui signifie, être ou devenir léger. Or cette étymologie ne demande point d'<i>h</i> ; mais parce qu'en Anglois ces deux <i>o o</i> de suite se prononceroient comme notre <i>ou,</i> on les sépare en ajoûtant un <i>h,</i> pour en faire deux syllabes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1381" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLAH" />
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    <head>ALLAH</head>
    <p>
    ALLAH , pour ALELAH. C'est le nom de Dieu chez les Arabes, &amp; chez tous ceux qui font profession du Mahométisme, quelque langue qu'ils parlent. Ce nom est le même en Arabe que , <i>Eloah,</i> singulier de , <i>Elohim,</i> en Hébreu, &amp; répond à ces mots, &amp; à celui d'<i>Adonai</i> chez les Hébreux, &amp; même à celui que l'on appelle <i>Tetragrammaton,</i> ou de quatre lettres, qui marque plus particulièrement l'essence divine. d'Herbel. Les Mahométans répètent d'ordinaire ce mot plusieurs fois dans leurs invocations à Dieu. Les Turcs pour toute ressource prononçoient d'une voix basse &amp; suppliante, le mot <i>Allah Allah.</i> S. Evr. Quoique les Turcs se servent de ce mot, il ne faut pas dire avec quelques Dictionnaires, que ce nom est Turc. Il est Arabe ; mais les Turcs l'ont pris de l'Arabe, ou de l'Alcoran, comme beaucoup d'autres. Il est même originairement Hébreu, &amp; vient du verbe , <i>alah,</i> qui signifie, <i>honorer, adorer,</i> &amp; qui est encore en usage en ce sens chez les Arabes. Ainsi <i>Eloah,</i> comme on dit en Hébreu, ou <i>Allah,</i> comme prononçent les Arabes, signifie par excellence l'Etre digne de culte ; l'Etre adorable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1382" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLAITER" />
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    <head>ALLAITER</head>
    <p>
    ALLAITER , Voyez <ref type="search" target="head:ALAITER">ALAITER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1383" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLANT, ANTE" />
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    <head>ALLANT, ANTE</head>
    <p>
    ALLANT, ANTE , adj. &amp; subst. Qui va &amp; qui vient. Cette hôtellerie est ouverte à tous <i>allans</i> &amp; venans. <i>Iens, vadens.</i> On dit proverbialement, C'est un <i>allant,</i> pour dire, c'est un homme alerte, qui ne laisse pas perdre ses affaires par paresse, &amp; faute d'aller ; ou qui s'intrigue par-tout. <i>Ardelio.</i></p><p>Il y a aussi une espèce de chiens qu'on appelle <i>Allans,</i> ou <i>Gentils.</i> Voyez CHIEN, ou ALAN.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1384" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ALLANTOÏDE" />
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    <head>ALLANTOÏDE</head>
    <p>
    ALLANTOÏDE , s. f. Terme de Médecine , qui se dit d'une troisième taie, ou membrane, qui enveloppe une partie du foetus, comme une ceinture, ou écharpe, depuis le cartilage Xiphoide jusqu'au dessous des flancs seulement ; mais elle ne se trouve point au foetus humain. On l'appelle ainsi, parce qu'elle ressemble à une andouille. Drelincourt, célèbre Professeur à Leyde, dans une Dissertation qu'il a faite sur cette membrane, soutient que l'<i>Allantoide</i> ne se trouve que dans les animaux qui ruminent, &amp; que c'est une membrane étendue d'une trompe à l'autre, par le fond de l'utérus, entre le chorium &amp; l'amnios. Il y a dans les Transactions Philosophiques N. 271. une Dissertation de M. Halle sur l'<i>Allantoide.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1385" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLARD" />
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    <head>ALLARD</head>
    <p>
    ALLARD , s. m. Nom d'homme. <i>Adelardus.</i> Adelard, vulgairement S. <i>Allard,</i> nâquit dans les Pays-Bas dépendans du Royaume d'Austrasie, l'an 753. &amp; fut élevé à la Cour de France près du Roi Pepin son oncle. Baill. De tous ceux qui ont porté le nom d'Adelard, il n'y a que ce Saint qu'il faut appeller <i>Allard.</i> Ce n'est que pour lui que l'usage a fait ce changement. C'est de-là que vient le nom d'<i>Allard,</i> que portent en France plusieurs Familles parmi le peuple. M. Chastelain écrit <i>Aslard,</i> &amp; dit dans ses <i>Notes sur le Martyrol.</i> 2. J. S. Adelard est nommé S. <i>Aslard</i> aux anciennes vitres du Cloître de Corbie ; &amp; on l'appelle encore ainsi à Huise près d'Oudenarde, où ceux du Pays assurent qu'il <pb n="161" facs="bpt6k8542165/f201/full/1200,/0/native.jpg"/>est né. S. <i>Aslard</i> a laissé un Traité de la Lune Paschale. Il mourut en 826.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1386" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉCHEMENT" />
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    <head>ALLÉCHEMENT</head>
    <p>
    ALLÉCHEMENT , s. m. Ce mot qui est un peu vieux, signifie, Amorce, attraits, appât. <i>Illecebra.</i> Il ne se dit qu'au figuré. Il faut fuir les vanités mondaines, qui sont les <i>alléchemens</i> du péché. Résister aux <i>alléchemens</i> de la volupté. Ablanc. Les <i>alléchemens</i> des voluptés n'ont pas été si grands, tandis que notre empire ne s'est pas étendu au-delà de l'Italie. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1387" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉCHER" />
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    <head>ALLÉCHER</head>
    <p>
    ALLÉCHER , v. act. Inviter, attraire par quelque appât. <i>Allicere, illicere, pellicere.</i> On <i>alleche</i> des souris avec du lard, ou des noix, pour les faire tomber dans la ratière. Il est plus en usage au figuré ; mais comme il vieillit fort, on ne le peut guère employer que dans le style plaisant. La douceur des plaisirs <i>allèche</i> les hommes à la volupté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1387" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALLÉCHER" />
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    <head>ALLÉCHER</head>
    <p>
    Alléché, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Illectus, allectus.</i> Ce mot est vieux, &amp; on ne l'emploie plus que dans le Comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉE" />
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    ALLÉE , s. f. Course, voyage. <i>Itus, itio.</i> On emploie souvent tout son temps en <i>allées</i> &amp; en venues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALLÉE" />
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée , signifie aussi un passage, ou un corridor, dans des bâtimens, par où on va d'un lieu à un autre, &amp; qui en fait la communication. <i>Xystum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALLÉE" />
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée , soit dans un jardin, soit ailleurs, est un chemin droit, &amp; parallele, bordé d'arbres, ou d'arbrisseaux, &amp; généralement tout lieu qui n'est point planté, ni labouré, ou béché, mais battu, &amp; qui a été laissé pour se promener, pour aller d'un endroit à un autre. <i>Ambulacrum, ambulatio.</i> Une <i>allée</i> est ordinairement ce qui partage les quarrés d'un jardin, ou les autres parties convenables aux jardins. Lig. Par le mot d'<i>allée</i> je n'entens que la place employée pour la promenade, &amp; rien autre chose, comme font quelques-uns, qui appellent <i>allée</i> tout ce qu'il y a de place depuis le mur jusqu'aux buissons du contrespalier, ou ce qu'il y a de distance d'un buisson à l'autre dans le partage des quarrés. Cette place d'<i>allée</i> ne doit jamais être moins large que de cinq à six pieds, quelque petit que soit le jardin, &amp; n'en doit guère excéder dix-huit ou vingt, quelque grand potager que ce puisse être. La Quint. Ce qui fait la différence d'une <i>allée</i> d'avec un sentier, c'est que dans l'<i>allée</i> il faut au moins se pouvoir promener deux personnes de front ; &amp; ainsi elle ne peut guère avoir moins de cinq ou six pieds de large. Id. On appelle <i>contre-allée,</i> les deux petites <i>allées</i> qui sont à côté de la plus grande. <i>Ambulatiunculae majorem juxtà positae.</i> Dans un jardin une <i>allée</i> est une espèce de chemin ferme, sablé pour l'ordinaire, avec une bordure qui sépare les quarrés les uns des autres. M. Thevenot dit dans son voyage de l'Indoustan, qu'il y a dans la Province de Delhy une <i>allée</i> de 150. lieues de long.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="4" type="">
   <index type="head" value="ALLÉE" />
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>de front,</i> celle qui va droit en face du bâtiment. <i>Ambulacrum adversum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="5" type="">
   <index type="head" value="ALLÉE" />
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>de traverse,</i> celle qui coupe une <i>allée</i> de front à angles droits. <i>Transversum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="6" type="">
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>diagonale,</i> celle qui coupe un quarré de bois, ou de parterre, d'angle à angle. <i>Diagonalium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="7" type="">
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    allée <i>biaise,</i> celle qui par sujettion, ou d'un point de vûe, ou d'un terrein, n'est parallele, ni à <i>l'allée</i> de front, ni à celle de traverse. <i>Obliquium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="8" type="">
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>rampante,</i> celle qui a une pente sensible. <i>Declive.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>en zic-zac,</i> celle qui étant trop rampante, &amp; sujette aux ravines, est traversée d'espace en espace, par des plate-bandes de gazon, en manière de chevrons brisés pour en retenir le sable. <i>Serratum.</i> On appelle aussi <i>allée en zic-zac,</i> celle qui dans un bosquet, ou un labyrinthe, est formée par divers retours d'angles pour la rendre plus solitaire, &amp; en cacher l'issue. <i>Labyrinthum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>en perspective,</i> celle qui est plus large à son entrée qu'à l'issue, pour lui donner plus d'apparence de longueur. <i>Opticum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>couverte,</i> celle qui est bordée de grands arbres, comme tilleuls, ou ormes, qui par l'entrelassement de leurs branches donnent du couvert, &amp; de la fraîcheur : ou une <i>allée</i> qui est faite d'un berceau de treillage. <i>Opertum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>labourée, &amp; hersée,</i> celle qui est repassée avec la herse, &amp; où les carrosses peuvent rouler. <i>Occatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>sablée,</i> celle où il y a du sable sur la terre battue. <i>Sabulo substratum.</i> On ratisse les <i>allées</i> de sable pour les tenir propres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>de gazon,</i> c'est une <i>allée</i> où l'herbe croît &amp; qu'on a soin de temps en temps de faucher, pour rendre le tapis plus uni &amp; plus agréable aux yeux. Liger. On l'appelle aussi Boulingrin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>bien tirée,</i> celle que le Jardinier a nettoyée de méchantes herbes avec la charrue, &amp; qu'il a ensuite repassée avec le râteau, pour unir &amp; approprier la superficie. <i>Rastello complanatum.</i> On l'appelle aussi, <i>Allée bien repassée,</i> ou <i>bien retirée.</i> La Quint. Cela se fait avec la herse, le râteau, &amp; quelquefois le rabot. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="16" type="">
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>de compartiment,</i> un large sentier qui sépare les carreaux d'un parterre. <i>Areolis distinctum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1388" id="17" type="">
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    <head>ALLÉE</head>
    <p>
    Allée <i>d'eau,</i> chemin bordé de jets, ou bouillons d'eau sur deux lignes paralleles. <i>Salientibus aquis praetextum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1389" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGATION" />
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    <head>ALLÉGATION</head>
    <p>
    ALLÉGATION , s. f. Citation d'une loi, d'une autorité, d'un passage. <i>Prolatio.</i> La plupart des <i>allégations</i> des Hérétiques sont fausses. Au temps de Pasquier c'étoit la coutume de remplir ses discours d'<i>allégations</i> d'Auteurs Grecs &amp; Latins ; &amp;, comme il parle dans une de ses lettres, de rapiécer, ou pour mieux dire, rapetasser l'éloquence de divers passages. Cette nouvelle forme de plaider, si je ne m'abuse, est venue, dit-il, d'une opinion que nous eûmes de contenter feu M. le Premier Président de Thou, devant lequel ayant à plaider, &amp; voyant son savoir être disposé à de telles <i>allégations,</i> nous voulûmes nous accommoder à l'oreille de celui qui avoit à nous écouter. Pasquier, qui avoit bien du bon goût, blâme fort cette manière de plaider, &amp; il ajoûte : Or puisqu'il a plû à Dieu l'appeller à soi (Mr De Thou) je desire aussi qu'avec lui soit ensevelie cette nouvelle manière d'éloquence, en laquelle pendant que nous nous amusons à alléguer les Anciens, nous ne faisons rien d'ancien. Les Grecs, ni les Romains, dit-il encore, lorsqu'ils furent en vogue de bien dire, n'en userent de cette façon ; ni ceux même qui vinrent sur le déclin de leur éloquence, entre les Latins, comme nous voyons par leurs Panégiriques. Je n'ai jamais vû de Prêcheur mieux fourni d'<i>allégations</i> que toi. Naudé : <i>dans le Mascurat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1389" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGATION" />
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    <head>ALLÉGATION</head>
    <p>
    Allégation , se dit aussi de la simple proposition d'une chose qu'on met en avant. Il y a lieu d'admettre la preuve de l'<i>allégation</i> de cet alibi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1390" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGE" />
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    <head>ALLÉGE</head>
    <p>
    ALLÉGE , s. f. Bateau de suite ou de convoi qu'on attache vuide à la queue d'un grand, pour l'alléger &amp; prendre une partie de sa charge, en cas qu'il périclitât. <i>Cymba, actuariolum, scapha.</i> Les coches de Sens, de Joigny, d'Auxerre, ne partent point, qu'il n'y ait une ou deux <i>alléges</i> attachées à la queue.</p><p>On le dit aussi sur mer des bâtimens destinés à porter les marchandises des vaisseaux qui tirent trop d'eau. Les <i>alléges</i> servent aussi au délestage. Le maître ne peut pas faire saisir pour son fret les marchandises, tant qu'elles sont dans son bord ; mais il le peut faire quand elles sont dans les <i>alléges.</i> En quelques lieux on les appelle <i>souléges.</i> Du Cange les appelle en Latin <i>levia,</i> &amp; <i>levamentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1390" id="2" type="maconnerie">
   <index type="head" value="ALLÉGE" />
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    <head>ALLÉGE</head>
    <p>
    Allége , en termes de Maçonnerie est ce petit mur qui sert d'appui dans les croisées, &amp; qui est moins épais que les pieds droits, &amp; que le reste du mur. <i>Fulmentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1391" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGEANCE" />
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    <head>ALLÉGEANCE</head>
    <p>
    ALLÉGEANCE , s. f. Soulagement d'un mal. <i>Levamen, levatio.</i> Cette veuve cherche de l'<i>allégeance</i> à sa douleur dans la retraite, dans les consolations spirituelles. Corneille s'est servi de ce terme ; mais on ne s'en peut plus servit aujourd'hui : il a trop vieilli.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1391" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGEANCE" />
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    <head>ALLÉGEANCE</head>
    <p>
    Allégeance . Serment d'<i>allégeance,</i> est un serment que les Anglois prêtent au Roi en qualité de Roi &amp; de Seigneur temporel, pour le distinguer d'une autre serment qu'ils lui prêtent en qualité de Chef de l'Eglise Aniglicane, &amp; qu'ils appellent le serment de Suprématie. En ce sens le mot d'<i>allégeance</i> vient de ces mots Latins <i>ad legem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1392" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGEMENT" />
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    <head>ALLÉGEMENT</head>
    <p>
    ALLÉGEMENT , s. m. Il signifie la même chose, mais son usage est plus ordinaire &amp; plus étendu. Les remèdes donnent de l'<i>allégement</i> aux maladies : s'ils ne guérissent la goutte, au moins ils y donnent quelque <i>allégement.</i> Les réflexions éternelles donnent de l'<i>allégement</i> à l'esprit, quand il est fort affligé. Ce mot est aussi un peu vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1393" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGER" />
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    <head>ALLÉGER</head>
    <p>
    ALLÉGER , v. act. Rendre moins pesant, moins chargé, moins douloureux. <i>Levare, allevare.</i> Les Marchands dans <pb n="162" facs="bpt6k8542165/f202/full/1200,/0/native.jpg"/>la tempête jettent une partie de leurs marchandises dans la mer pour <i>alléger</i> le vaisseau. Je me sens tout <i>allégé</i> d'avoir quitté mon manteau. Un lavement <i>allége</i> beaucoup ceux qui sont tourmentés de la colique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1393" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="ALLÉGER" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
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    <head>ALLÉGER</head>
    <p>
    Alléger , se dit en termes de Marine , pour dire, Aider à quelque mouvement qui sert à faire soulever, ou pousser en avant quelque chose, ou pour faire parer quelque manoeuvre. Ainsi on dit, <i>Alléger</i> la tournevire, quand on soulève une corde près du cabestan, qui aide avec le cable à lever l'ancre : <i>Alléger</i> le cable, quand on y attache plusieurs morceaux de bois qui le font flotter sur l'eau, &amp; empêchent qu'il ne s'arrête sur les rochers. <i>Alléger</i> les carguefonds, ou les cargueboulines, c'est les mettre en état de se pouvoir servir de ces manoeuvres. <i>Alléger</i> un vaisseau, c'est lui ôter une partie de sa charge, afin de le mettre à flot, &amp; de le rendre plus léger à la voile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1393" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGER" />
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    <head>ALLÉGER</head>
    <p>
    Alléger , se dit figurément en morale du soulagement des chagrins, des afflictions d'esprit. Il est allé philosopher à la campagne, pour <i>alléger</i> ses ennuis. Malherbe a dit élégamment :</p><p>Des Auteurs plus modernes que Malherbe s'en sont servis aussi ; mais cela n'a pû le remettre dans le bel usage. Il faut dire en sa place, <i>soulager.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1393" id="4" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGER" />
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    <head>ALLÉGER</head>
    <p>
    Allégé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Levatus, allevatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1394" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="ALLÉGERIR" />
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   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>ALLÉGERIR</head>
    <p>
    ALLÉGERIR , v. act. Terme de Manége . C'est rendre le cheval plus léger du devant que du derrière, faire qu'en trottant, il soit prêt de galoper, &amp; qu'il ne soit point pesant d'épaules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1395" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGORIE" />
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    <head>ALLÉGORIE</head>
    <p>
    ALLÉGORIE , s. f. Figure de Rhétorique, qui est une métaphore continue, quand on se sert d'un discours qui est propre à une chose pour en faire entendre une autre. <i>Allegoria.</i> L'<i>allégorie,</i> pour être belle, doit être ingénieusement continuée, S. Evr. Il y a dans les Pères de l'Eglise des <i>allégories</i> bien froides, &amp; qui ne sont fondées que sur quelque étymologie grammaticale, ou sur des jeux de mots auxquels ils font allusion. M. Simon. Le Vieux Testament est une perpetuelle <i>allégorie</i> des mystères contenus dans le Nouveau. Philon Juif a fait trois Livres des <i>allégories</i> sur l'ouvrage des six jours. L'usage des <i>allégories</i> ne s'est introduit que fort tard parmi les Payens ; c'est-à-dire, lorsque les Philosophes voulurent rendre raison des fables, &amp; des anciennes Histoires des Dieux. Il fallut faire accroire à ceux qui étoient choqués de ces absurdités, que les Poëtes avoient pensé toute autre chose que ce qu'ils avoient dit ; &amp; de-là vient le mot d'<i>allégorie</i> Car un discours qui, à le prendre dans son sens propre, , signifie toute autre chose que ce que l'on veut dire, est ce qu'on appelle proprement une <i>allegorie.</i> Ainsi parmi les Grecs on tourna l'Histoire en <i>allégorie,</i> de peur que l'on ne crût que les Dieux de la Grèce avoient été des hommes assez corrompus. Les Juifs trouverent cette méthode d'expliquer la Religion admirable, &amp; s'en servirent pour interpréter les livres sacrés d'une manière plus conforme au goût des Paiens. Clément d'Alexandrie donna beaucoup dans les <i>allégories.</i> Origène qui avoit l'imagination vive &amp; féconde, est tout plein d'<i>allégories.</i> Il appelloit corporels ceux qui s'attachoient trop à la lettre, &amp; qui ne s'appliquoient pas à découvrir le sens mystique caché sous chaque mot &amp; sous chaque syllabe. M. Simon.</p><p>Il se dit aussi des Tableaux, dans lesquels ce qui est peint, fait entendre autre chose que ce qui est représenté. Il y a trop d'<i>allégories</i> dans ces Tableaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1396" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGORIQUE" />
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    <head>ALLÉGORIQUE</head>
    <p>
    ALLÉGORIQUE , adj. m. &amp; f. Qui tient de l'allégorie. <i>Allegoriis refertus, constans.</i> L'Ecriture a son sens littéral, &amp; son sens <i>allégorique.</i> Le sens <i>allégorique</i> ne fait point une preuve : c'est seulement une application arbitraire. S. Evr. Il y a une nouvelle <i>allégorique</i> des troubles arrivés dans le Royaume de l'Eloquence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1397" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGORIQUEMENT" />
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    <head>ALLÉGORIQUEMENT</head>
    <p>
    ALLÉGORIQUEMENT , adv. D'une manière allégorique. <i>Per allegoriam.</i> On ne doit pas prendre ce passage à la lettre, il s'entend <i>allégoriquement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1398" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGORISER" />
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    <head>ALLÉGORISER</head>
    <p>
    ALLÉGORISER , v. act. Parler par allégorie. <i>Uti allegoriis.</i> Les Levantins se plaisent à <i>allégoriser.</i> Par exemple, le Gouverneur de Schiras fait ajoûter à tous ses titres, <i>Fleur de courtoisie, Muscade de consolation, &amp; rose de plaisir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1399" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGORISTE" />
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    <head>ALLÉGORISTE</head>
    <p>
    ALLÉGORISTE , s. m. Auteur qui explique les choses par allégorie. <i>Qui allegorias adhibet.</i> Les anciens Interprètes de l'Ecriture ont été presque tous des <i>Allégoristes.</i> S. Augustin, S. Grégoire, Théophylacte, Origène, Denys le Chartreux, ont expliqué la Bible en <i>Allégoristes,</i> dans des sens allégoriques.</p><p>Ces mots viennent du Grec , <i>muto, je change.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1400" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGUER" />
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    <head>ALLÉGUER</head>
    <p>
    ALLÉGUER , v. act. Citer une loi, une autorité, un exemple. <i>Laudare, citare, proferre.</i> Les Avocats doivent rapporter les propres termes des loix qu'ils <i>allèguent.</i> Plusieurs Orateurs <i>allèguent</i> des passages, &amp; des autorités qu'ils forment eux-mêmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1400" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGUER" />
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    <head>ALLÉGUER</head>
    <p>
    Alléguer , signifie aussi, Mettre en avant. <i>Causari, allegare.</i> Celui qui a tort, a toujours quelque prétexte, quelque vaine excuse à <i>alléguer. Alléguez</i>-vous cela de votre chef, ou si vous avez pouvoir de l'<i>alléguer,</i> de le proposer ? Ne m'<i>alléguez</i> point pour auteur ; c'est-à-dire, Ne me citez point. C'est à celui qui <i>allègue</i> un alibi, de le prouver. En Droit on ne croit point à celui qui <i>allègue</i> sa propre turpitude.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1400" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGUER" />
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    <head>ALLÉGUER</head>
    <p>
    Allégué, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Allegatus, laudatus, prolatus.</i> Un Juge doit prononcer selon que les choses sont prouvées &amp; <i>alléguees.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1400" id="4" type="">
   <index type="head" value="ALLÉGUER" />
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    <head>ALLÉGUER</head>
    <p>
    Allégué , se prend quelquefois pour prétendu, supposé, sans être assez prouvé. La grace prouvée décideroit tout ; qui en peut douter ? La grace <i>alléguée</i> ne décide rien ; qui en peut douter encore ? Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1401" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLELUYA" />
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    <head>ALLELUYA</head>
    <p>
    ALLELUYA , s. m. Petite plante, dont les racines sont longues, menues, fibreuses, comme écailleuses dans quelques endroits, &amp; d'un blanc tirant sur le rouge. Elles donnent des feuilles portées sur des pédicules grêles. Chaque pédicule soutient trois feuilles à son sommet, comme le trefle, taillées en coeur. D'entre ces feuilles, qui sont d'un verd tirant sur le jaune lorsqu'elles passent, s'élèvent quelques pédicules, qui pour l'ordinaire ne soutiennent qu'une seule fleur en forme de cloche, découpée en cinq parties jusques vers son centre. Le pistile qui sort du fond du calice, s'emboëte avec la fleur, &amp; devient ensuite un fruit membraneux, semblable en quelque manière à une lanterne, &amp; divisé le plus souvent en cinq loges, qui s'ouvrent chacune en dehors par une fente étendue de la base du fruit jusqu'à sa pointe. Chaque loge contient quelques semences enveloppées d'une coëffe qui par sa contraction pousse ordinairement la graine assez loin du fruit. Il y a plusieurs espèces d'<i>Alleluya</i> : les plus communes en France, &amp; celles auxquelles cette description convient, ont leurs fleurs, ou blanches, ou jaunes, ou purpurines. Elles ont un goût aigrelet dans presque toutes leurs parties. Elles sont bonnes dans les fièvres malignes. Francus, Médecin Allemand, a ramassé dans un traité toutes les vertus de cette plante : les autres espèces qui sont étrangères different de celles-ci, parce qu'elles sont, ou branchues, ou parce qu'elles ont de fort grosses racines. On l'appelle autrement, Pain de Cocu, &amp; en latin, <i>Trifolium acetosum, oxys, oxytriphillum, acetosella, &amp; lujula.</i> Selon Dodonée on l'appella <i>alleluya,</i> parce qu'elle fleurit dans le temps qu'on chante <i>alleluya</i> dans les Eglises : &amp; selon Scaliger, il vient de l'Italien <i>Juliola</i> par corruption.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLELUYA</head>
    <p>
    Alleluya , est un mot de réjouissance, que l'Eglise chante au temps de Pâques à la fin des traits ou versets. C'est S. Jérome qui l'avoit introduit dans l'Eglise du temps du Pape Damase. Sozomène se trompe, quand il dit qu'il ne le chantoit qu'une fois l'année, &amp; S. Jérome au contraire témoigne qu'on le disoit même dans l'enterrement des morts. God. Il semble néanmoins que dans l'Eglise Romaine, on ne le disoit plus hors le temps de Pâques avant S. Grégoire le Grand ; mais qu'on le disoit dans l'Eglise Grecque. Car ce S. Pape ayant ordonné qu'on le dit pendant tout le cours de l'année ; &amp; quelques gens l'ayant trouvé mauvais, parce qu'il introduisoit, disoient-ils, à Rome les coutumes de l'Eglise de Constantinople, il répondit qu'il n'avoit eu égard en cela à la coutume d'aucune Eglise ; que c'avoit été l'ancien usage de Rome ; &amp; que sous le Pape Damase cette coutume avoit été apportée de Jérusalem. Ainsi S. Grégoire ne fit que la rétablir. Les Grecs disent encore aujourd'hui souvent l'<i>Alleluya</i> durant le Carême, &amp; même dans les céremonies funèbres. Goar. S. Jérome, <pb n="163" facs="bpt6k8542165/f203/full/1200,/0/native.jpg"/>dans la vie de Sainte Paule, &amp; dans son épître 23e. à Marcelle, fait entendre qu'on appelloit &amp; qu'on assembloit les Religieuses pour l'office, ou la prière, au chant d'<i>Alleluya,</i> au lieu de cloches. Dans la Liturgie Ambroisienne, <i>Alleluya,</i> signifie ce que nous appellons le Graduel.</p><p>Ce mot est Hébreu, ou plutôt ce sont deux mots Hébreux, dont l'un est , <i>hallelu,</i> &amp; l'autre , <i>Ja,</i> nom abrégé du nom propre de Dieu, , <i>Jehova.</i> L'un signifie, <i>Laudate,</i> Louez ; &amp; l'autre, selon l'interprétation commune, <i>Dominum,</i> le Seigneur. <i>Louez le Seigneur.</i> C'a été aussi autrefois un cri militaire, comme on voit dans Ado Viennensis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1402" id="1" type="">
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    <head>ALLEMAGNE</head>
    <p>
    ALLEMAGNE , s. f. <i>Alemannia, Germania.</i> Grand Pays d'Europe, qui a titre d'Empire. Au lieu d'<i>Alemannia,</i> les médailles de Crispus &amp; de Constantin le Jeune, tous deux fils de Constantin le Grand, disent <i>Alamannia.</i> L'<i>Allemagne</i> avoit autrefois pour bornes au Septentrion la mer Baltique &amp; la mer Germanique, au Midi le Danube, à l'Occident le Rhin, &amp; à l'Orient la Vistule. Elle avoit encore ces bornes du temps de Charlemagne. Aujourd'hui &amp; depuis plusieurs siècles on y comprend encore au Midi tout ce qui s'étend depuis le Danube jusqu'à la Suisse, à l'Italie, &amp; à la Dalmatie. Elle a à l'Orient la Hongrie, la Pologne &amp; la Prusse. Au Nord, la mer Baltique &amp; le Danemarck, &amp; une petite partie de l'Océan, &amp; à l'Occident l'Alsace, &amp; les Pays-Bas. La haute <i>Allemagne</i> ; est la partie qui est au Midi, &amp; dont la Franconie, la Bohème, &amp; la Moravie, font le Nord. La Basse <i>Allemagne</i> est tout ce qui est compris entre ces trois Provinces, &amp; la mer Baltique, le Danemarck &amp; l'Océan. L'<i>Allemagne</i> s'appella d'abord Teutonie, ensuite Germanie, &amp; enfin <i>Allemagne.</i> Trebellius Pollion, qui vivoit sous Constantinus Chlorus, est le premier que je sache, qui se soit servi du mot <i>Alemannia.</i> On le trouve ensuite dans Claudien, <i>de Laud. Stilic. Liv.</i> 1. Mais celui d'<i>Allemannius</i> se trouve dans Spartien, &amp; il paroît qu'il étoit plus ancien, &amp; que dès le temps d'Antonin Caracalla il étoit en usage ; puisque Spartien dit dans la vie de cet Empereur qu'il prit le titre d'<i>Alemannique, Alemannicus,</i> parce qu'il avoit vaincu la nation des <i>Allemands.</i> C'est de ce Peuple que l'<i>Allemagne</i> a pris son nom. L'<i>Allemagne</i> est entre le 44e &amp; le 45e degré de lat. &amp; entre le 27e &amp; le 41e de longit. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>L'ALLEMAGNE</head>
    <p>
    &#9758; L'ALLEMAGNE est appellée Saint Empire. Un Savant croit que ce titre a été donné à l'Empire Germanique, à l'imitation du Grec, où tout s'appelloit saint &amp; sacré, mêmes les dignités fort inférieures à celle de l'Empereur. Témoin son Trésorier qui s'appelloit, <i>Comes sacrarum largitionum.</i> Que jusqu'à l'encre de l'Empereur s'appelloit sacrée. Que les Empereurs de Constantinople étoient appellés Saints, de sorte qu'un Patriarche de Constantinople ayant manqué de donner ce titre dans un acte à l'Empereur Michel Paléologue, cela lui suscita une grosse querelle, comme on le voit dans l'Histoire de Pachimere. En sorte qu'il est très-vraisemblable que les Empereurs d'Occident, voulant jouir des mêmes prérogatives que ceux d'Orient, ont peu à peu pris les mêmes titres, que le Papes leur ont donnés pour leur faire leur cour, comme à nos Rois celui de Très-Chrétiens. Cette conjecture paroît d'autant plus probable, qu'elle est confirmée par quelques exemples, qu'on peut voir dans Le Glossaire Latin de Du Cange, aux mots <i>sacer</i> &amp; <i>sanctus</i> M. le P. B.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>L'ALLEMAGNE</head>
    <p>
    Allemagne Françoise. <i>Germania Francica.</i> Quelques Auteurs appellent ainsi les terres d'Allemagne, qui ont été cédées à la France par la paix de Munster, ou depuis, comme la haute &amp; la basse Alsace, &amp; le Sundgow.</p><p>La mer d'<i>Allemagne. Mare Germanicum. Germanicus Oceanus.</i> C'est le nom que l'on donne à la partie de l'Océan Septentrional, qui est renfermée entre la Grande-Bretagne au couchant, les Pays-Bas au levant, avec un bout de l'<i>Allemagne</i> &amp; la Jude, &amp; qui s'étend depuis le pas de Calais jusqu'aux côtes Méridionales de Norwège.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>L'ALLEMAGNE</head>
    <p>
    Allemagne , se dit quelquefois en François pour l'Empire d'<i>Allemagne,</i> les Princes d'<i>Allemagne,</i> le Corps Germanique. L'<i>Allemagne</i> est une République dont l'Empereur est le Chef, &amp; dont les membres sont les trois Colléges de l'Empire. Le Collége des Electeurs, le Collége des Princes, tant Ecclésiastiques que Séculiers, &amp; le Collége des Villes Impériales. La Souveraineté de l'<i>Allemagne</i> ne réside point dans l'Empereur, mais dans les Etats ou Assemblées générales d'<i>Allemagne,</i> ou de l'Empire, qu'on nomme Diètes, ou Journées Imperiales. Dans la vie de Charlemagne composée par Eginard, il est dit, que le Leck séparoit la Bavière des Allemands. Walafridus Strabo, qui écrivoit sous Louis le Débonnaire, dit dans la Préface de la vie de S. Galle, qu'il a trouvé que l'Auteur de la vie de ce Saint appelle souvent l'<i>Allemagne Altimannian,</i> Hautemannie. Il ajoûte qu'il n'a trouvé ce nom nulle part ailleurs, qu'il croit qu'il a été forgé par les Modernes à cause de sa situation élevée, parce qu'une partie de l'<i>Allemagne</i> est entre les Alpes Pennines, &amp; le rivage méridional du Danube.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1404" id="1" type="">
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    <head>ALLEMAND</head>
    <p>
    ALLEMAND , s. m. Ce mot est le nom du Peuple qui a occupé la vieille Germanie, qui habite le long des rives du Rhin, du Danube, de l'Elbe, &amp; de l'Oder. <i>Alemanus, Germanus.</i> Le mot Allemand, <i>Allemanus,</i> ne se trouve point comme j'ai dit avant Caracalla. Quelques Auteurs ont tiré ce nom du Lac Leman, <i>à lacu Lemano,</i> aujourd'hui le Lac de Genève ; d'autres d'un Fleuve nommé <i>Alleman,</i> aujourd'hui <i>Altmul.</i> Mais la plus commune opinion, &amp; qui paroît certaine, est qu'il vient de deux mots <i>Allemands</i>, dont l'un est <i>all</i>, qui signifie <i>tout</i> &amp; l'autre <i>man</i>, qui signifie <i>homme.</i> Dès le IIIe siècle Asinius Quadratus, qui écrivoit sous les Philippes, disoit au rapport d'Agathias, que dans la langue des <i>Allemands</i> c'étoit-là le sens de leur nom ; cependant on ne convient pas de la raison qui le fit donner à ces Peuples, &amp; l'on varie sur cela selon que l'on varie sur l'origine de ce Peuple. Quelques-uns ont prétendu, qu'on avoit appellé les Germains <i>Allemands,</i> c'est-à-dire, <i>Tout homme,</i> de <i>gar,</i> &amp; <i>man, planè virum,</i> Entièrement homme ; parce qu'ils étoient très-belliqueux, qu'ils n'avoient rien que d'homme &amp; de mâle ; que tout en eux étoit homme, mâle, viril. Peu d'Auteurs sont de ce sentiment, qui ne paroît pas vrai. Cluvier, dans le IIIe Liv. de son Ancienne Germanie, prétend que les <i>Allemands</i> n'étoient pas Germains, mais Gaulois d'origine. Tacite dit au Liv. des moeurs des Germains, ch. 29. que des Gaulois avoient passé le Rhin, &amp; s'étoient établis au-délà de ce Fleuve &amp; du Danube, &amp; y avoient étendu leurs conquêtes, Ce sont là selon Cluvier, les premiers <i>Allemands,</i> qui furent ainsi appellés, parce que c'étoit un mélange de différentes nations Gauloises. D'autres veulent que ces Gaulois n'aient point été les vrais <i>Allemands,</i> mais un assemblage de différens Peuples venus de différens endroits, du Nord, ou de l'Orient, de la Germanie. Mr. Sperlinger, savant Danois, dans une Dissertation où il a prétendu montrer que nous venons du Nord, aussi bien que presque tous les Peuples de l'Europe, soutient que le Septentrion a été peuplé d'abord, que c'est la première demeure des Celtes ; que ces Peuples multipliérent en si grande quantité dans ce Pays, qu'on les appella <i>All-man,</i> qui ne signifie pas assemblage de différens Peuples, mais grande &amp; nombreuse nation ; comme il paroît par les autres composés semblables du nom <i>all.</i> Car, dit ce savant Danois, <i>allaf</i> signifie grande &amp; universelle succession, <i>magna &amp; universa haereditas,</i> &amp; <i>alting,</i> Jugement grand &amp; général. Tout cela peut être vrai sans que ni les <i>Allemands,</i> ni les Gaulois soient venus du Nord ; &amp; l'on a pu appeller les Celtes des Gaules, La grande &amp; universelle nation, parce qu'en effet ils multiplierent extrêmement &amp; peuplerent beaucoup de pays en Espagne, en Italie, dans l'Albion, &amp; en Germanie. Sous Clovis les <i>Allemands,</i> qui n'avoient pas encore donné leur nom à toute cette grande étendue de pays aujourd'hui si peuplée, &amp; si féconde en vaillans guerriers, faisoient un Peuple à part, qui habitoit la plus grande partie des terres situées entre le Mein, le Rhin &amp; le Danube. P. Daniel.</p><p>Le mot <i>Allemand</i> est venu en usage dans la langue, en ces phrases proverbiales : Vous me prenez bien pour un <i>Allemand</i> ; c'est-à-dire, pour une dupe, pour un homme qui ne connoît pas le prix des choses. Ainsi Sarrasin a dit, Philis, la plupart des amans sont des <i>Allemands,</i> de tant pleurer, &amp;c. On dit aussi, une querelle d'<i>Allemand</i> ; c'est-à-dire, une querelle faite sans sujet, &amp; de gaieté de coeur. Je n'entends non plus cela que le haut <i>Allemand</i> ; c'est-à-dire, que c'est une chose qui n'est point intelligible.</p><p>Ce mot en langage de Pays signifie, <i>tout homme</i> : de sorte que ce Peuple a été appellé ainsi, à cause qu'il étoit composé <pb n="164" facs="bpt6k8542165/f204/full/1200,/0/native.jpg"/>de plusieurs nations, comme témoigne Agathias, de même que les anciens habitans du même Pays, avoient été appellés autrefois <i>Germains,</i> parce qu'ils vivoient entr'eux en paix, sans haîne ni jalousie. Le mot d'<i>Allemand</i> est fort ancien. On le trouve dans la vie d'Antonin Caracalla, écrite par Spartien.</p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="1405" id="1" type="">
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    <head>ALLEMANDE</head>
    <p>
    ALLEMANDE , s. f. Pièce de Musique qui est grave, &amp; de pleine mesure, qu'on joue à quatre temps lents sur les instruments, &amp; particulièrement sur le luth, le tuorbe, l'orgue, &amp; le clavessin. Elle commence par une croche hors de mesure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1406" id="1" type="">
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    <head>ALLER</head>
    <p>
    ALLER , v. neut. Se transporter d'un lieu à un autre, soit par son propre mouvement, soit par le secours d'une voiture. <i>Ire, pergere, vadere, proficisci. Allons</i> entendre le Sermon. Il est <i>allé</i> en voyage. Il est plus sûr d'<i>aller</i> par terre que par mer. On dit aussi, Je ne ferai qu'<i>aller</i> &amp; venir ; pour dire, Je ne m'arrêrerai point en chemin. Ce verbe <i>aller</i> est le seul irrégulier de la première Conjugaison. Il se conjugue ainsi : <i>je vais,</i> ou <i>je vas ; tu vas, il va. Nous allons, vous allez, ils vont.</i> Il a à l'imparfait <i>j'allois :</i> au prétérit, <i>je fus, j'ai été, je suis allé :</i> au futur <i>j'irai.</i> Dans le subjonctif, il a <i>que j'aille,</i> pour le présent : <i>j'irois, j'allasse,</i> pour l'imparfait : <i>que je sois allé, que j'aie été,</i> pour le prétérit : <i>je serois allé, je fusse allé, j'aurois été,</i> pour le plus que parfait : <i>je serai allé, j'aurai été,</i> pour le futur. Dans l'impératif on dit <i>va, qu'il aille, allez, qu'ils aillent.</i> Il seroit trop long de rapporter ici les diverses occasions où il se faut servir tantôt de l'un, &amp; tantôt de l'autre des prétérits de ce verbe. On peut consulter tous ceux qui ont fait de nouvelles remarques sur la langue Françoise, pour s'en instruire. On dira seulement, que quand on veut exprimer que quelqu'un est en chemin pour aller en quelque lieu, ou qu'il est dans ce lieu-là, il faut dire qu'il <i>est allé :</i> mais si l'on veut exprimer qu'il est de retour, il faut dire. <i>Il a été. Il est allé</i> à Rome ; pour dire, il est à Rome, ou en voyage pour y <i>aller, Il a été</i> à Rome ; pour dire, il en est de retour ; ou, il en est parti. Il faut dire encore pour parler régulièrement. <i>Il alla</i> trouver son ami ; &amp; non pas <i>il fut</i> trouver son ami. On dit, le courrier est <i>allé</i> de Paris à Rome en dix jours ; &amp; il est <i>venu</i> de Rome à Paris en huit jours. Il est bon de remarquer cette différence. Menag.</p><p>Menage dérive ce mot de <i>anare,</i> qui a été fait de l'Italien <i>andare,</i> qu'il prétend avoir été fait d'<i>anduare,</i> qu'on a dit pour <i>andruare.</i> Voyez ses raisons. Et en un autre lieu, il dit qu'il vient de <i>ambulare</i>, qu'on a dit pour <i>proficisci.</i> D'autres le dérivent de <i>ala</i>, parce que les ailes servent à <i>aller</i> plus vîte, <i>quasi ab alis ferri.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , se dit aussi en parlant d'un mouvement insensible qui aboutit à quelque fin. Cet homme s'en <i>va</i> mourant ; pour dire, que sa santé s'altère beaucoup ; ou absolument : Il s'en <i>va,</i> ou, Il s'en <i>va</i> le grand galop ; pour dire, il tire à la fin. Il est <i>allé</i> de vie à trépas. On dit, qu'un enfant s'en <i>va</i> grand ; pour dire, qu'il croît beaucoup, qu'il est tantôt en âge. On disoit autrefois, Il s'en <i>va</i> disant, il s'en <i>va</i> chantant, &amp; une infinité de phrases semblables, qui sont condamnées dans une des Remarques de Vaugelas. En effet, le verbe <i>aller</i> n'est plus en usage avec aucun gérondif, ni en prose ni en vers, à moins qu'il n'y ait un mouvement visible, comme en ces exemples : Elles <i>vont sautant</i> &amp; <i>dansant.</i> Ablanc. Il les <i>alloit chassant</i> comme des troupeaux de moutons. Vaug. Encore vaut-il mieux dire, elles dansent, &amp; sautent : il les chassoit comme, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , se dit aussi des choses qui sont d'ordinaire ensemble, ou de compagnie. <i>Unà pergere.</i> Ces Messieurs sont <i>allés</i> de compagnie en un tel lieu. Les étourneaux sont maigres, parce qu'ils <i>vont</i> en troupe. On dit aussi ces deux bas, ces deux gans <i>vont</i> ensemble, pour dire, sont pareils. <i>Pares.</i> Ces deux Seigneurs <i>vont</i> de pair, sont égaux en rang. On dit encore qu'une chose <i>va</i> de pair avec une autre, quand elle est d'un mérite égal.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , se dit aussi de ce qui conduit, qui aboutit en quelque lieu. <i>Terminari.</i> Où <i>va</i> ce chemin-là ? Il <i>va</i> à l'Eglise, à la rivière ; il y aboutit. Cette pyramide <i>va</i> en pointe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , précédé de la particule <i>en</i> signifie, Oter, effacer. <i>Delere, abolere.</i> On ne sauroit faire en <i>aller</i> cette tache d'encre, qu'avec du verjus, ou quelque acide. Il signifie aussi sortir. <i>Abire.</i> Ce valet s'en est <i>allé</i> sans qu'on l'ait chassé. Donnez-moi un secret pour faire en <i>aller,</i> pour chasser les écornifleurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , signifie aussi, S'échapper, s'écouler. <i>Diffluere.</i> Le tonneau s'en <i>va</i> ; pour dire, que la liqueur s'en écoule, qu'il s'enfuit. On le dit aussi du temps. On dit d'un débauché que tout son bien s'en est <i>allé</i> ; pour dire, qu'il l'a dissipé, qu'il l'a perdu. C'est un Chymiste dont tout le bien s'en est <i>allé</i> en fumée. Tous les desseins de cet homme s'en sont <i>allés</i> à-vau l'eau.</p><p>On dit, <i>Aller</i> du ventre, <i>aller</i> à la selle, <i>aller</i> à la garderobe, <i>aller</i> par haut &amp; par bas ; pour dire, Vuider ses excrémens. <i>Evacuare.</i> Ce malade laisse tout <i>aller</i> sous lui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller aux avis, c'est-à-dire, recueillir les voix quand on préside. <i>Suffragia cogere. Aller</i> au conseil, c'est-à-dire, consulter une affaire. <i>Consulere. Aller</i> au Devin, <i>aller</i> aux nouvelles, aux enquêtes, c'est, s'enquérir, chercher des instructions des faits dont on a besoin, de ce qui se passe. <i>Aller</i> aux écoutes, c'est, épier, écouter secrettement ce qu'on dit d'une affaire où on prend quelque intérêt. <i>Speculari, observare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller aux coups, <i>aller</i> au feu, c'est dans la guerre s'exposer dans la mêlée, dans les endroits où il y a danger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , joint à l'infinitif d'un verbe, sert à marquer toutes les actions de la vie : <i>Aller</i> boire : <i>aller</i> manger : <i>aller</i> dormir : <i>aller</i> jouer. On dit encore : Le soleil va se coucher ; pour dire, qu'il est sur le point de se coucher, de disparoître.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , en termes de jeu , signifie, Mettre au jeu, provoquer les autres joueurs à coucher une pareille somme. <i>Posita ludere pecunia.</i> On dit au berlan &amp; au lansquenet, J'y <i>vais</i> de tant ; pour dire, Je mets tant au jeu. Aux dez &amp; à la bassette, il y <i>va</i> de tout son reste.</p><p>On dit aussi, S'en <i>aller</i> de ses cartes ; pour dire, les écarter, s'en défaire en les jouant. <i>Abjicere, dimittere.</i> Il faut s'en <i>aller</i> des hautes cartes pour aider au contre.</p><p>On dit aussi avec le pronom personnel, S'<i>aller</i> battre, s'<i>aller</i> promener, s'<i>aller</i> baigner, &amp;c.</p><p>Se laisser <i>aller,</i> se dit des gens qui ne sont pas fermes de corps. <i>Dejicere, demittere</i> ; &amp; s'il est neutre, <i>prolabi, flaccescere, laxo ac remisso esse corpore.</i> Il laisse <i>aller</i> son corps, ses bras, sa tête, en dansant. Il s'applique figurément aux choses spirituelles &amp; morales. Il se laisse <i>aller</i> à toutes ses passions. Il se laisse <i>aller</i> à tout ce qu'on lui dit ; pour dire, Il est crédule, facile. On dit aussi se laisser <i>aller,</i> pour signifier, ne pas résister, <i>permittere se, parere, morem gerere.</i> Cette fille s'est laissé <i>aller</i> ; pour dire, qu'elle n'a pas résisté aux persuasions de son amant. Il se laisse <i>aller</i> aux pleurs comme une femme. Ablanc. Heureux l'homme qui ne se laisse point <i>aller</i> au conseil des méchans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , signifie aussi, Réussir, succéder bien ou mal. <i>Procedere, succedere.</i> Tout <i>alloit</i> bien de ce côté-là. Ablanc. Qu'on ait soin que tout <i>aille</i> comme il faut. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Aller , se dit aussi des choses inanimées &amp; des automates. Saturne <i>va</i> le plus lentement de toutes les Planètes. Toutes les rivières <i>vont</i> à la mer. Cette horloge <i>va</i> trop vîte, ne <i>va</i> pas bien. Cela <i>va</i> tout seul. Cela s'en <i>va</i> fait ; pour dire, sera bien-tôt achevé. Ce bâtiment <i>va</i> fort lentement ; pour dire, il n'avance guère. Sa dépense <i>ira</i> plus loin qu'on n'avoit cru. C'est un tel galant qui fait <i>aller</i> le ménage, la cuisine de cette maison.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Aller , se dit aussi pour, Se comporter, se gouverner, s'y prendre d'une certaine manière. <i>Procedere.</i> La médisance y <i>va</i> plus doucement. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , se dit encore pour s'étendre loin, se porter loin. Je n'eusse jamais cru que le luxe &amp; la vanité dussent <i>aller</i> jusques-là. Boil.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Aller , s'emploie fort souvent aussi seulement par élégance. Voyez où j'en serois, si elle <i>alloit</i> croire cela. Mol. Il <pb n="165" facs="bpt6k8542165/f205/full/1200,/0/native.jpg"/>n'est pas de la prudence d'<i>aller</i> attaquer à force ouverte les défauts qu'on a dessein de corriger. S. Evr. Le verbe <i>aller</i> en ces sortes de phrases ne s'exprime point dans le Latin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , se dit aussi en parlant de la manière dont on se meut. Ce cheval <i>va</i> l'amble. <i>Asturco.</i> Le pas. <i>Stradarius equus.</i> Le trot. <i>Succussator equus.</i> Ce valet <i>va</i> comme un Basque ; il <i>va</i> du pied comme un chat maigre. Il <i>va</i> à pied. <i>Pedes incedit.</i> A cheval. <i>Equitat.</i> En chaise. <i>Gestatoria sellà vebitur.</i> En carrosse. <i>Rhedâ.</i> En litière. <i>Lectica. Aller</i> en relais. <i>Veredis uti. Aller</i> à tâtons. <i>Viam praetentare.</i> Il <i>va</i> toujours bon train. <i>Pleniore gradu.</i> Il <i>va</i> en pas de tortue. <i>Testudineo gradu incedit. Aller</i> toujours devant. <i>Anteire, praecedere. Aller</i> bon train, c'est aller vîte, avancer beaucoup en peu de temps ; &amp; il se dit au propre &amp; au figuré, d'un homme, par exemple, qui s'enrichit bien vîte ; d'un écrivain qui compose aisément &amp; en peu de temps ses pièces ; d'un Orateur qui prononce un discours fort vîte, &amp;c.</p><p>On dit aussi, qu'un homme va pied à pied en une affaire ; pour dire, qu'il y <i>va</i> doucement, &amp; avec prudence. <i>Sensim, pedetentim procedere.</i> Qu'il y <i>va</i> de bon pied ; pour dire, qu'il y agit diligemment, &amp; soigneusement. <i>Celeriter, festinanter, diligenter.</i> On dit aussi, qu'il <i>va</i> au devant par derrière, lors qu'il prévient les objections.</p><p>On dit en termes de Venerie , <i>Aller</i> sur soi, se <i>suraller,</i> se <i>surmarcher</i> ; pour dire, Revenir sur ses erres, sur ses pas, repasser par le même lieu. <i>Decursum tramitem remetiri.</i></p><p>En termes de Marine , on dit <i>aller</i> vent largue. C'est avoir le vent par le travers, en sorte qu'on ne soit point obligé de haler les boulines. <i>Transverso vento navigare. Aller</i> au plus près du vent ; c'est cingler à six quarts du Rumb d'où il vient. <i>Aller</i> à la bouline grasse, ou à la grasse bouline, est se servir d'un vent éloigné du lieu de la route par un intervalle d'environ six rumbs. <i>Aller</i> proche du vent, ou <i>aller</i> à la bouline, c'est se servir d'un vent qui semble contraire à la route, &amp; prendre ce vent de biais, en mettant les voiles de côté par le moyen des boulines. <i>Obliquis ventis navigare. Aller</i> au lof, c'est chercher l'avantage du vent, &amp; la même chose qu'<i>aller</i> au plus près du vent. <i>Aller</i> debout au vent, ou avoir le vent par proue, c'est <i>aller</i> contre le vent, ou à vent contraire, comme il arrive aux petits bâtimens. <i>Adverso vento. Aller</i> à la dérive ; c'est <i>aller</i> de côté au gré du vent &amp; de la marée, au lieu d'<i>aller</i> en droiture. <i>Deflectere. Aller</i> terre à terre, c'est ranger la côte ; naviger en côtoyant le rivage. <i>Terras radere. Aller</i> à trait, &amp; à rame, c'est <i>aller</i> avec les voiles, &amp; avec les rames. <i>Remis ventisque procedere. Aller</i> à mâts, &amp; à cordes, c'est quand on a abaissé les vergues, &amp; les voiles, pour éviter la fureur du vent. <i>Contractis velis ire. Aller</i> à la sonde ; c'est, quand on se trouve dans un Pays inconnu, ou dangereux, <i>aller</i> en sondant le fond. <i>Ad Bolidem navigare. Aller</i> entre deux écoutes, est <i>aller</i> contre un vaisseau ennemi pour l'enlever. <i>Hoslilem navim invadere. Aller</i> de flotte, c'est <i>aller</i> de compagnie. <i>Conjunctis ire navibus. Aller</i> en caravane, c'est <i>aller</i> croiser sur les Turcs, &amp; faire une campagne de mer. <i>Navalem contra Turcas expeditionem moliri. Aller</i> en droiture, c'est naviger en droite route, sans se détourner, &amp; sans s'arrêter. <i>Rectà pergere. Aller</i> en course, c'est croiser sur les vaisseaux du parti contraire. <i>Mare insestum habere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , se dit figurément en choses morales. Cet homme <i>ira</i> bien loin ; pour dire, qu'il a du génie, du talent pour se bien avancer dans les Lettres, dans les charges, pour faire fortune. On dit, qu'une affaire <i>ira</i> loin ; pour dire, qu'elle deviendra de conséquence, qu'elle durera long-temps, qu'elle coûtera bien de la peine &amp; des frais : que cela n'<i>ira</i> pas plus loin, qu'on en demeurera-là, qu'on gardera le secret. Je vois bien ou <i>ira</i> cette question, ce procès ; pour dire, à quoi il se déterminera. Le commerce ne <i>va</i> pas ; pour dire, on n'a pas débit de ses marchandises. Les affaires de ce Marchand <i>vont</i> mal ; pour dire, sont en mauvais état.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller son train, c'est ne s'embarrasser point de tout ce qu'on dit, &amp; n'y avoir nul égard. On crie beaucoup contre cet homme, mais il <i>va</i> toujours son train.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , signifie aussi, Tendre, aspirer. <i>Tendere, contendere.</i> Cet Abbé <i>va</i> tout droit à l'Episcopat. Ce Prélat <i>va</i> au Cardinalat. C'est un adroit qui <i>va</i> à ses fins, qui ne songe qu'à ses avantages, il <i>va</i> droit au but. Il vouloit <i>aller</i> à la gloire par le chemin de la vertu. Ablanc.</p><p>On dit encore, Je ne <i>vais</i> pas au contraire de ce que vous prétendez ; pour dire, J'y consens, je ne conteste pas. <i>Assentior.</i> On dit aussi, qu'un homme <i>va</i> droit ; pour dire, qu'il est juste, sincère, qu'il n'est point trompeur, ni corrompu ; &amp; pareillement qu'il <i>va</i> droit en besogne. <i>Sincerè, sine fuco agere.</i></p><p>On dit aussi, <i>Aller</i> par justice ; pour dire, Poursuivre par les voies de droit. <i>Jus persequi. Aller</i> par la douceur, par des voies amiables. <i>Humanitatem sequi, sectari.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , s'emploie quelquefois ; pour dire, Il s'agit. C'est une affaire où il y <i>va</i> de tout son bien. <i>Agitur de fortunis, &amp;c.</i> Il faut prendre garde d'offenser Dieu, il y <i>va</i> de notre salut. C'est une entreprise où il y <i>va</i> de la vie, de la tête. Il y <i>va</i> de votre réputation. Vaug. Il y <i>alloit</i> de sa gloire. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Aller , signifie aussi, être en une disposition ou situation convenable. <i>Benè habere.</i> Cet habit vous <i>va bien.</i> Ce rabat vous <i>va</i> à merveilles ; pour dire, Cela vous sied bien, il est bien mis. On dit aussi, Comment vous <i>va</i> ? pour dire, Comment vous portez-vous ?</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Aller , signifie encore, Atteindre à quelque chose, y arriver. <i>Pertingere.</i> Il n'y a qu'une grande pénétration qui puisse <i>aller</i> là.</p><p>On dit encore <i>aller,</i> pour regarder, toucher. <i>Pertinere.</i> Je n'ai rien dit qui <i>aille</i> à vous ; pour dire, Je n'ai rien dit qui vous regarde, qui vous touche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , avec un participe, ne se dit que dans le style familier : La mode de l'ignorance à la Cour s'en <i>va</i> tantôt passée. Bussi. Cela s'en <i>va</i> fait.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Allez , se dit absolument à l'impératif, pour un commandement de sortir, ou une marque qu'on est en colère. <i>Abi, Allez</i> tout à l'heure dehors. <i>Allez,</i> vous ne méritez pas qu'on vous aime. <i>Allez vous faire pendre. Abi in malam crucem.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , est quelquefois un mot substantif. <i>Ingressus.</i> L'<i>aller</i> ne me coûte rien, il n'y a que le retour.</p><p>Au pis <i>aller.</i> Adverbe. Mettre la chose au pis. On dit aussi, un pis <i>aller ;</i> pour dire, ce que j'aurai de plus fâcheux. <i>Quod contingere deteriùs potest.</i> On dit dans le même sens, l'affaire <i>va</i> de mal en pis ; pour dire, que le mal <i>va</i> toujours en augmentant. <i>Malum ingravescit.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLER</head>
    <p>
    Aller , se dit proverbialement en ces phrases : <i>Aller</i> son grand chemin ; <i>aller</i> son train ; pour dire, N'entendre point de finesse en quelque chose : qu'un homme sait <i>aller</i> &amp; parler ; pour dire, qu'il est éclairé, qu'on lui peut confier quelque affaire. On lui a donné l'<i>aller</i> &amp; le venir ; pour dire un soufflet sur chaque joue. On dit encore, A force de mal <i>aller,</i> tout ira bien, quand on espère quelque changement aux affaires. On dit aussi, Il y <i>va</i> de cul &amp; de tête, comme une corneille qui abat des noix : Il n'y <i>va</i> que d'une fesse ; pour dire, qu'il agit mollement, &amp; lentement. Cela est comme le Bréviaire de Messire Jean, il s'en <i>va</i> sans dire, en parlant de quelque chose, qu'on doit sous-entendre. Cela <i>va</i> comme il plaît à Dieu, en parlant d'une chose dont on néglige la conduite. Cela ne <i>va</i> pas comme votre tête ; pour dire, cela n'<i>ira</i> pas comme vous pensez. On dit, qu'un homme <i>va</i> vîte en besogne ; pour dire, qu'il expédie les affaires ; &amp; quelquefois, qu'il y <i>va</i> à l'étourdie, &amp; qu'il ne consulte pas assez. <i>Allez</i> lui dire cela, &amp; puis <i>allez</i> vous chauffer à son feu ; pour dire, <i>Allez</i> lui reprocher en face sa faute. Toujours <i>va</i> qui danse ; pour dire, Faire une chose bien ou mal. Tout son bien s'en est <i>allé</i> en eau de boudin, en brouet d'andouilles, à-vau-l'eau. On dit aussi, Il <i>va</i> &amp; vient comme un pois en pot. Tout y <i>va,</i> la paille &amp; le blé. On dit encore, On <i>va</i> bien loin depuis qu'on est las. Tous chemins <i>vont</i> à Rome. On dit, qu'un homme n'y <i>va</i> pas de morte main ; pour dire, qu'il frappe de toute sa force. On dit, qu'on a bien hâté d'<i>aller</i> quelqu'un ; pour dire ; qu'on lui a fait quelque verte réprimande. On appelle aussi un las d'<i>aller,</i> un fainéant, un paresseux, qu'on a de la peine à faire travailler. On dit aussi, Ce qui vient par la flûte, s'en <i>va</i> par le tabourin ; pour dire, que le bien s'en est <i>allé</i> comme il étoit venu ; ce qui se dit aussi d'un bien mal acquis. Cet homme <i>va</i> comme on le mène, c'est-à-dire, est foible, &amp; ne fait rien de lui-même. Qui <i>va</i> trop loin se perd. Mr Coulanges a employé ce proverbe, pour marquer qu'il ne faut rien entreprendre au dessus de ses forces.</p><p>Ces deux derniers vers sont encore un proverbe Grec &amp; Latin qu'il a traduit en notre langue : <i>Non licet omnibus adire Corinthum :</i> ou comme Erasme l'exprime, sur le Grec de Suidas qui le rapporte, <i>Non est cujuslibet Corinthum adpellere.</i> Il se dit aussi des entreprises difficiles : il étoit fondé sur la difficulté qu'il y avoit à entrer dans le port de Corinthe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1407" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLERIONS" />
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    <head>ALLERIONS</head>
    <p>
    ALLERIONS , Voyez <ref type="search" target="head:ALERIONS">ALERIONS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1408" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ALLÈTES" />
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    <head>ALLÈTES</head>
    <p>
    ALLÈTES , s. p. Terme de Coutume . <i>Alletes.</i> Les Us &amp; Coutumes de quelque canton de Normandie citées par Mr Du Cange, nous apprennent ce que c'est que le droit des <i>alletes....</i> Entre les autres Coutumes, il est une Coutume que l'on appelle les <i>allètes,</i> à laquelle Coutume il appartient que de Pâques jusqu'à la Trinité, quiconque porte poisson d'eau douce à col, il paye un denier, à cheval quatre deniers, en bouteille un denier ; mais qu'il ait mis le poisson de son col en la bouteille, &amp; se il y a mis autrement, il payera quatre deniers pour la bouteille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1409" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLEU" />
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    <head>ALLEU</head>
    <p>
    ALLEU , ou ALEU, ou ALODES, s. m. Vieux mot Gaulois. <i>Allodium, praedium immune, liberum, nihil pensitans.</i> L'Auteur de la vie de S. Déicole, qui écrivoit dans le Xe. siècle, dit <i>alodus,</i> qu'il fait féminin. Il est vrai que deux manuscrits écrivent <i>allodium.</i> Bollandus T. II. p. 204. l'explique ainsi : <i>Est allodium, praedium, seu quaevis possessio libera jurisque proprii, &amp; non in feudum clientelare accepta.</i> La Loi Salique dit <i>Alode</i> aussi-bien que les Loix des Boiens, ou Bavarois, chap. 11. &amp; les Formules de Marculphe. Après les conquêtes des Gaules, les terres furent partagées en deux manières à l'égard des particuliers, en bénéfices ; &amp; en alodes, ou <i>alleuds.</i> Les bénéfices consistoient en terres que le Prince donnoit aux gens de guerre, ou à vie, ou pour un temps fixé. Les <i>alleuds</i> étoient les terres qu'on laissoit en propriété aux anciens possesseurs. Le tit. 62. de la Loi Salique est Des <i>Alleus, De Alodis,</i> &amp; ce terme y est pris pour les biens héréditaires, patrimoniaux, qu'on reçoit de ses pères, &amp; souvent <i>Alode</i> &amp; <i>patrimonium</i> sont employés comme synonymes. Voyez le <i>Glossarium Salicum</i> de Chifflet au mot <i>Alodes,</i> &amp; les Notes de Mr Bignon sur Malculphe Liv. I. ch. 12. Liv. II. ch. 4. 6. &amp; 9. Dans les Capitulaires de Charlemagne, de Louis le Débonnaire, &amp; de Charles le Chauve, on trouve cette perpétuelle opposition entre bénéfice, &amp; <i>alleu.</i> Le P. Sirmond en distingue de trois sortes, propres, acquêts, &amp; ceux qui provenoient de la libéralité du Prince. Cette prérogative des <i>alleuds</i> sur les bénéfices, dura jusqu'à la décadence de la seconde race. Alors les <i>alleuds</i> changerent de nature. Les Seigneurs féodaux contraignirent les possesseurs des biens allodiaux de les tenir d'eux à l'avenir. Ce changement arriva en Allemagne aussi-bien qu'en France. Il n'y eut que les villes qui se conserverent un peu davantage contre l'oppression ; c'est pourquoi l'on y trouve encore plus de francs <i>alleuds.</i> Ainsi les <i>alodes,</i> ou les <i>alleuds,</i> dans leur naturelle signification, n'étoient autre chose qu'une propriété héréditaire. Mais présentement ce mot n'est plus en usage, qu'en y ajoûtant le mot de <i>franc</i> ; &amp; alors il signifie une terre, Seigneurie, ou héritage, soit noble, soit roturier, indépendant de tout Seigneur, qui ne doit aucune charge ni redevance, &amp; qui n'est sujet à aucuns droits, ni devoirs Seigneuriaux : il est seulement sujet à la jurisdiction. L'usurpation des féodaux sur les biens allodiaux alla si loin, que presque tous les <i>alleuds,</i> ou leur furent assujettis, ou furent eux-mêmes convertis en fiefs. De-là est venue la maxime, <i>Nulle terre, sans Seigneur.</i> Sur ce fondement la plupart des Docteurs François tiennent que le <i>franc-alleu,</i> étant un privilége, &amp; une concession particulière contre le droit commun, tout héritage est présumé tenu d'un fief, à moins que le <i>franc-alleu</i> ne soit prouvé par un titre spécial. La présomption générale est pour le Seigneur ; sur-tout quand son territoire est continu &amp; uniforme, ensorte qu'il ne s'y trouve point de terre <i>en franc-alleu</i> qui y soit enclavée. En ce cas, il faut que celui qui prétend posséder un <i>franc-alleu,</i> le justifie par un titre particulier. En quelques lieux on distingue entre un <i>franc-alleu</i> noble, &amp; un <i>frant-alleu</i> roturier. Le <i>franc-alleu</i> noble, est celui qui est érigé en fief, où il y a Justice, censive, &amp; fief mouvant de lui. Le <i>franc-alleu</i> roturier, est celui qui n'a ni Justice, ni fief relevant de lui : il se partage roturièrement, &amp; l'autre noblement. Voyez Du Moulin sur l'art. 68. de la Coutume de Paris. En Latin <i>allodium.</i></p><p>L'origine de ce mot est fort controversée. Mr de Caseneuve dit qu'elle n'est guère moins inconnue que celle du Nil. Budée &amp; Alciat le dérivent de <i>a</i>, &amp; de <i>laudare</i>, parce que celui qui tient en <i>franc-alleu,</i> n'est point tenu de louer, ni de reconnoître aucun Seigneur : Bodin, de <i>aldius,</i> ou de <i>aldia,</i> qui dans les Loix des Lombards signifie un <i>Affranchi</i> : Vossius, de l'Allemand <i>al-oudt,</i> qui signifie, Ce qu'on possède en propre d'ancienneté, sans aucun bienfait de Seigneur : Caseneuve, de <i>a,</i> &amp; de <i>loz,</i> ou de <i>an lodt,</i> après Rhénatus, vieux mots Allemands, qui signifioient <i>sort,</i> croyant que ces terres en <i>franc-alleu</i> étoient venues d'un ancien patrimoine, &amp; n'avoient point passé par le sort qu'avoient jetté les Conquérans des Gaules, quand ils avoient partagé entre-eux les terres qu'ils avoient usurpées. Hauteserre, après Dominicus, le dérive de l'Allemand <i>ohn leiden</i>, qui veut dire, <i>sans sujettion.</i> Quelques-uns le dérivent de l'Hébreu <i>halal,</i> qui signifie <i>laudare, quasi possessionem laudatam habere.</i> Lipse le dérive de <i>Aleudi,</i> Isle d'Allemagne : Borelli du Grec , c'est-à-dire, <i>libre</i> ; car en effet, <i>alleu</i> signifie <i>franchise.</i> Le P. Ménestrier, dans son <i>Histoire de la Ville de Lyon,</i> p. 94. veut que ce nom vienne du nom <i>Alauda,</i> mot Gaulois, qui selon lui signifie franc, ou libre ; d'où vient qu'il appelle Légion libre, celle que César avoit appellée <i>Alauda</i> ; ainsi que Suétone le rapporte ; mais il se trompe sur la signification de ce mot Celtique. Voyez <ref type="search" target="head:ALLOUETTE">ALLOUETTE</ref>. Du Cange prétend que <i>alodium</i> tout seul signifie un héritage sans charge : mais qu'en général <i>alodis</i> &amp; <i>alodum</i> s'est dit de tout héritage, ou fonds, ou immeuble propre ; &amp; qu'on disoit <i>Transire in alodum</i> ; pour dire, Donner en propriété. Outre les origines ci-dessus, il dit que Spelmannus le dérive du mot Saxon <i>leod</i>, qui signifie <i>héritage populaire,</i> opposé à <i>Seigneurial.</i> Wendelinus le dérive de <i>alder,</i> qui signifie <i>majeur,</i> comme étant une chose qui advient par succession légitime des ancêtres. Ménage rapporte toutes les différentes opinions des Auteurs là-dessus, &amp; ne se détermine point. Mais après toutes ces incertitudes, il y a plus d'apparence de s'arrêter à ce que dit Galand, que <i>leud</i> est un vieux mot François d'origine Gauloise, dont Pasquier dit que sont dérivés <i>lots,</i> &amp; <i>lotir.</i> Ce dernier observe dans ses Recherches Liv. VIII. Ch. 2. que <i>Leudes</i> dans Grégoire de Tours &amp; Aimion est pris pour sujet, que Flodoart les nomme <i>Allodes,</i> &amp; que de ce mot est venu <i>alleud,</i> qui est la reconnoissance censuelle, que nous faisons à nos Seigneurs, en conséquence de quoi nous disons tenir des terres en <i>franc-alleud</i> quand nous n'en payons aucune redevance. Pasq. Chifflet, dans son <i>Glossaire Salique</i> p. 128. le dérive de l'Allemand <i>ael,</i> qui signifie <i>ingenuum, legitimum,</i> légitime, franc ; &amp; de <i>lod,</i> qu'il interprete : <i>Onus meum quod porto &amp; mihi aufero :</i> Ma charge, ce que je prends pour moi, &amp; que j'emporte ; du verbe Allemand <i>ladem,</i> qui veut dire, <i>emprunter, enlever.</i> De-là, dit-il, s'est formé <i>Aellod, Allodium, allea</i> ; pour dire, mon bien légitime, que je prends pour moi, &amp; dont je me saisis.</p><p>Les Espagnols appellent encore <i>Aldea</i> un village, ou une bourgade : &amp; les esclaves, hommes &amp; femmes, sont appellés <i>Aldii, Aldiae, Aldiones,</i> &amp; <i>Aldionae</i> du même mot <i>ael,</i> ou parce qu'ils étoient à la campagne, dans les villages, dans les terres que l'on héritoit de ses pères, ou parce qu'ils étoient une partie dee l'<i>alleu,</i> ou patrimoine. Icquez paroît avoir rencontré la véritable origine de ce mot <i>alleu,</i> ou <i>alodes,</i> en le dérivant de deux mots de la langue Teutonique &amp; Gothique, <i>all,</i> tout, &amp; <i>lod,</i> revenu : suivant cette étymologie <i>alleu,</i> ou <i>alodes,</i> veut dire un bien dont le revenu appartient tout entier à celui qui possède le fonds dont le revenu est franc ; c'est ce qu'on a exprimé par le terme de <i>franc-alleu.</i> Il y a un petit pays vers l'Auvergne qu'on appelle <i>Franc-alleu,</i> qui est proche de Combraille. Voyez Mr Bignon sur Marculphe, &amp; le P. Sirmond sur les Capitulaires de Charles le Chauve, &amp; Chifflet dans son Glossaire.</p><p>
    </p>
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    <head>ALLIAGE</head>
    <p>
    ALLIAGE , s. m. Mélange de divers métaux, ou d'un seul <pb n="167" facs="bpt6k8542165/f207/full/1200,/0/native.jpg"/>métal de différens titres. <i>Metallorum permistio ac temperatio.</i> On le dit particulièrement de l'or &amp; de l'argent, &amp; des monnoies. Le titre des monnoies change suivant la quantité d'<i>alliage</i> qu'on y met. L'argent d'Allemagne est plus bas que celui de Paris, parce qu'on y met plus d'<i>alliage.</i> L'<i>alliage</i> pour les statues se fait moitié de cuivre rouge, &amp; moitié de cuivre jaune. Felib. Charles le Chauve défendit que dorénavant il ne fût fait aucun <i>alliage</i> d'or ni d'argent dans le Royaume. Le Blanc. Voyez les Capitulaires de ce Roi, Tom. II. fol. 117. §. 8.</p><p>Ce qui a donné lieu à l'<i>alliage,</i> est 1°. le mélange des métaux qui ne viennent pas des mines en leur entière pureté. 2°. L'épargne de la dépense qu'il faudroit faire pour les affiner. 3°. La nécessité de les rendre plus durs par quelque portion d'autre métal, afin que le frais ne diminuât point leur poids. 4°. La fonte des monnoies étrangères qui sont alliées. 5°. Les frais de la fabrication qui sont pris sur la monnoie. 6°. Le droit des Princes pour leur seigneuriage.</p><p>
    </p>
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    <head>ALLIAGE</head>
    <p>
    Alliage , se dit en Arithmétique du mélange de plusieurs choses ensemble de divers prix, ou de différente valeur. Par la règle d'<i>alliage</i> on suppute, ou le prix commun de ce mélange de choses de différente valeur ; ou combien il faut de chacune de ces choses pour en composer un mélange sur un certain pied, afin de les réduire à un certain prix, ou à un certain nombre.</p><p>
    </p>
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    <head>ALLIAGE</head>
    <p>
    Alliage , se dit aussi au figuré pour toute sorte de mélange &amp; d'union. <i>Conjunctio.</i> Les élémens sont des êtres simples qui naissent du premier <i>alliage</i> des principes. Roh. Il n'y a guère de vertu si pure qu'il n'y entre quelque <i>alliage.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ALLIAIRE</head>
    <p>
    ALLIAIRE , s. f. Plante dont la racine est petite, blanche &amp; sentant l'ail. Elle pousse des tiges d'une ou de deux coudées de hauteur, minces &amp; velues. Ses feuilles sont au commencement rondes, comme celles du lierre terrestre ; ensuite elles deviennent un peu longues &amp; dentelées tout à l'entour ; elles ont aussi le goût &amp; l'odeur de l'ail, comme la racine, mais moins forts. Les fleurs sont au haut de la tige &amp; des branches ; elles sont petites, blanches, &amp; composées de quatre petites feuilles. Sa semence, qui est noire &amp; oblongue, est contenue dans des siliques longues, angulaires, &amp; divisées en deux loges, dans chacune desquelles il y a une semence. <i>Alliaria.</i> C'est une espèce de Julienne, ou <i>Hesperis.</i> Quelques-uns l'appellent, <i>Hesperis allium redolens.</i> On s'en sert dans les sausses, &amp; dans les ragoûts. Elle est bonne aussi pour faire uriner, contre le venin, contre les vieilles toux, &amp; sur-tout contre la gangrène.</p><p>
    </p>
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    <head>ALLIANCE</head>
    <p>
    ALLIANCE , s. f. Liaison qui se fait entre deux personnes, ou deux familles, par le moyen d'un mariage. <i>Affinitas, Affinitatis conjunctio.</i> Il y a plusieurs <i>alliances</i> contractées entre ces deux maisons. L'heureuse <i>alliance</i> de la France &amp; de l'Espagne. L'<i>alliance</i> est une cause de récusation. Les Romains blâmoient les <i>alliances</i> basses dans les Princes, elles choquoient leur amitié, dit Tacite. De Roch. La loi des douze Tables défendoit les <i>alliances</i> entre les personnes inégales de biens, &amp; de condition. Id. Les mariages étoient défendus en Portugal entre les hommes, qui n'avoient jamais fait la guerre, &amp; les filles des nobles. Id. Ce mot vient d'<i>adligatio</i>. Huet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIANCE</head>
    <p>
    Alliance , Se dit figurément en choses spirituelles &amp; morales. Il se contracte une <i>alliance</i> spirituelle au Baptême entre le parrein &amp; la marreine, le père &amp; la mère du baptisé. La plupart des Bourgeois s'appellent compère &amp; cousin, &amp; il n'y a rien de plus ordinaire entr'eux que ces noms d'<i>alliance.</i> Cail. Il n'y a de véritable grandeur pour un Chrétien, que celle d'être à Jesus-Christ, &amp; de le servir : mais il faut qu'une personne qui s'est donnée à lui par l'engagement des voeux, se tienne tellement heureux de la noblesse de cette <i>alliance,</i> que, &amp;c. Ab. de. la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIANCE</head>
    <p>
    Alliance , Se dit aussi des unions, des ligues, des traités qui se font entre des Souverains &amp; des Etats, pour se joindre d'intérêt dans une défense commune. <i>Foedus.</i> La Triple <i>alliance</i> de la Hollande avec la Suède &amp; l'Angleterre a été fort fameuse. Ainsi on dit, jurer <i>alliance</i> avec quelqu'un. Ablanc. Recevoir quelqu'un en son <i>alliance.</i> Id. Rompre, quitter l'<i>alliance</i> de quelqu'un. Arn. C'est en ce sens qu'on dit, l'<i>alliance</i> de Dieu avec les hommes, ou avec son Peuple. L'Arche d'<i>alliance</i> chez les Juifs étoit le coffre où étoient enfermées les Tables de la Loi, qui contenoient les principaux articles de cette <i>alliance.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ALLIANCE</head>
    <p>
    Alliance , Se dit figurément pour union, mélange. <i>Societas, commercium.</i> Faire <i>alliance</i> des maximes de l'Evangile avec celles du monde. Pasc. Il faut que l'art vienne au secours de la nature, parce que c'est leur parfaite <i>alliance</i> qui fait la souveraine perfection. Boil. L'<i>alliance</i> monstrueuse que vous faites de la sainteté avec les crimes les plus détestables, est une preuve que vous n'avez nulle idée de la piété. Nicol. Les <i>alliances</i> fermes &amp; durables sont appellées des <i>alliances de sel,</i> parce que le sel est incorruptible, ou bien parce que le sel est le symbole de la sagesse, qui fait présumer qu'elles ont été faites avec mûre délibération. De Roch.</p><p>
    </p>
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    <head>ALLIANCE</head>
    <p>
    Alliance . Terme d'Orfèvre . Bague ou jonc que l'Accordé donne à son Accordée, où il y a un fil d'or &amp; un fil d'argent. <i>Sponsalium annulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    ALLIER , v. act. Fondre différens métaux ensemble pour les mêler, ou les rejoindre. <i>Metalla commiscere.</i> L'or &amp; le fer ne s'<i>allient</i> point ensemble pour se mêler, non pas même pour se souder, si ce n'est par le moyen du cuivre. L'étain fondu avec l'or s'<i>allie</i> tellement qu'on ne les peut séparer, &amp; il gâte toute une fonte. Ce mot vient d'<i>alligare</i>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    Allier , se dit figurément en Morale ; pour dire, Joindre une famille à une autre par quelque mariage ; &amp; alors il se dit avec le pronom personnel. <i>Inire affinitatem.</i> Cette maison est bien noble, elle s'est <i>alliée</i> plusieurs fois avec des Princes. Quand on s'est <i>allié</i> dans une maison, on est réputé de la même famille. Le compérage est une voie de s'<i>allier</i> spirituellement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    Allier , signifie aussi, en parlant d'Etats &amp; de Souverains, Se confédérer, se joindre d'intérêt, faire ligue offensive &amp; défensive contre un ennemi commun. <i>Foedus icere, sancire.</i> Les Suisses se sont toujours <i>alliés</i> avec la France.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    Allier , se dit figurément pour mêler, joindre ensemble. <i>Jungere, conjungere, sociare.</i> Vous <i>alliez</i> les loix humaines avec les divines. Pasc. Avec le pronom personnel, il se dit pour s'associer, se joindre. La miséricorde &amp; la vérité s'<i>allieront</i> heureusement. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    Allié, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Affinis, conjunctus, sociatus, foederatus,</i> dans le sens de leurs verbes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    Allié , est aussi substantif, Confédéré. <i>Socius, foederatus.</i> Les Rois ont grand soin de prendre les intérêts de leurs <i>alliés.</i> Les Romains avoient beaucoup de Rois <i>alliés.</i> Il a fait rendre les places prises sur les <i>alliés.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    ALLIER , s. m. Ce mot n'est que de deux syllabes. Filets tendus sur deux bâtons, propres à prendre des cailles &amp; des perdrix, qu'on appelle aussi <i>trimallier,</i> parce qu'il est fait de trois doubles de mailles. <i>Rete triplici hamulo consertum.</i> Les <i>alliers</i> sont défendus par les Ordonnances.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>alligare, lier.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    ALLIER , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois certains oiseaux qui vivent de rapine, comme on l'a dit au mot ALERION. Espèce d'oiseaux de proie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLIER</head>
    <p>
    ALLIER , s. m. Nom de fleuve. <i>Elaver.</i> L'<i>Allier</i> sort de la Montagne de Losève, la plus haute du Givaudan, traverse l'Auvergne &amp; le Bourbonnois, &amp; se jette dans la Loire au-dessous de Nevers, à un endroit appellé pour cela le Bec d'<i>Allier. Os Elaveris. Allier</i> est un nom formé par corruption, du nom Latin <i>Elaver,</i> qui se trouve dans César. Pour le Bec d'<i>Allier,</i> quelques Auteurs veulent que ce soit une corruption de <i>bucca Elaveris,</i> la bouche d'<i>Allier.</i> Peut-être aussi a-t-on appellé cet endroit-là bec, <i>rostrum,</i> à cause de la pointe de terre qui fait le confluent des deux rivières. Quoiqu'il en soit, il faut prononcer Bé d'<i>Allier,</i> sans faire sonner le <i>c</i> : c'est l'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1417" id="1" type="astronomie">
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    <head>ALLIOTH</head>
    <p>
    ALLIOTH . Terme d'Astronomie . C'est le nom d'une étoile de la queue de la grande Ourse, dont l'observation est d'un grand usage sur mer. Elle sert aussi à connoître la hauteur du pole. Observez quand l'<i>Alliot</i> passe le méridien sous le pole : prenez alors la hauteur de l'étoile polaire avec un quart de cercle, &amp; de la hauteur trouvée : retranchez 2°. 25. qui est la distance du pole à l'étoile polaire, ce qui reste est la hauteur du pole. Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1418" id="1" type="">
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    <head>ALLOBROGE</head>
    <p>
    ALLOBROGE , s. m. <i>Allobrox.</i> C'est ainsi qu'on appelloit autrefois un ancien peuple de la Gaule Narbonnoise, peuple puissant, dit Polybe, Liv. XXX. Ch. 50. qui les appelle <pb n="168" facs="bpt6k8542165/f208/full/1200,/0/native.jpg"/>en Grec, aussi-bien que Ptolomée, , <i>Allobriges.</i> Quelques-uns prétendent qu'<i>Allobroges</i> s'est dit pour <i>Ariobriges,</i> formé d', <i>martial, belliqueux,</i> &amp; <i>brige,</i> qui en cette langue signifioit peuple, nation. D'autres le dérivent d' ; &amp; disent qu'il signifie une nation qui habite un Pays coupé de montagnes &amp; de vallées. Etienne Barlet, a cru que ce nom étoit composé d' &amp; de , &amp; qu'ils le prirent par vanité ; pour dire qu'ils étoient autres que des hommes mortels. Ils croyoient, ajoûte-t-il, que le Soleil est l'image corporelle de Dieu invisible, &amp; ils l'adoroient par cette raison. Les Chaldéens nommoient Dieu <i>Alla,</i> &amp; les Allemands <i>Brux,</i> ou <i>Brox,</i> toute médaille où est gravée une tête. D'<i>Alla,</i> &amp; de <i>Brox,</i> a été composé <i>Allobrox</i> : ce sont des rêveries. Chorier a grande raison d'en juger ainsi. Un ancien Scholiaste de Juvenal dit, qu'en Gaulois <i>broga</i> signifie <i>champ,</i> terre, &amp; qu'<i>Allobrox</i> est composé de <i>alius,</i> autre, &amp; <i>broga,</i> comme qui diroit un homme venu d'une autre terre, venu d'ailleurs ; mais le nom d'<i>Allobroge</i> étoit fait long-temps avant que la langue Gauloise fût mêlée du Latin : ainsi Mr Bochart tire plus vraisemblablement ce nom de , <i>bro,</i> qui en langage Celtique, comme en Hébreu, signifie <i>champ, terre.</i> C'est ce qu'a voulu dire le Scholiaste de Juvenal, qui n'a pas sû distinguer l'infléxion Latine <i>gis, gi, ga,</i> des radicales <i>bro. Al</i> en cette occasion, comme en Hébreux, , signifie <i>haut</i> ; de sorte qu'<i>Allobroge</i> signifie celui qui habite un pays élevé, montagneux, des montagnes, un montagnard, nom qui convient très-bien aux <i>Allobroges,</i> puisqu'ils occupoient depuis Genève jusqu'au Rhône toute la Savoie &amp; le Dauphiné ; pays plein de montagnes &amp; de très-hautes montagnes. Ptolomée dit que Vienne étoit la Capitale des <i>Allobroges.</i> D'autres dérivent ce nom du Grec , qui signifie <i>martial, belliqueux,</i> de , <i>Mars,</i> &amp; du Gaulois, <i>Brig,</i> qui signifie <i>nation, peuple.</i> Geofroy de Viterbe, Secrétaire des Empereurs Conrad III. Frédéric I. &amp; Henri IV. dans l'onzième siècle, tire ce nom de celui d'une rivière nommée <i>Labroga,</i> sur les bords de laquelle les <i>Allobroges,</i> selon lui, habiterent d'abord. Borel dit qu'il vient d'<i>al,</i> &amp; de <i>brava,</i> parce que les <i>Allobroges</i> étoient un peuple de <i>Gallia bracata :</i> &amp; ailleurs il dit qu'il vient d'<i>al, tout, lo, haut,</i> &amp; <i>brig,</i> ou <i>brug, pont,</i> ou <i>tour, donjon, montagne,</i> comme s'il y avoit <i>berg.</i> J. Picard, dans sa <i>Celtopédie</i> Liv. III. pag. 126. a pensé que ce nom étoit Grec, , c'est-à-dire, de , <i>autre,</i> &amp; , <i>sourdre, être en mouvement ; quòd aliis atque aliis rebus moveantur,</i> parce qu'ils étoient remuans, &amp; qu'ils aimoient le changement. Il prétend que c'est à cela qu'Horace fait allusion Epod. XVI. <i>Novisque rebus infidelis Allobrox.</i> Mais on peut dire contre ces étymologies, que dans les premiers temps les lieux n'ont point donné le nom aux hommes ; mais plutôt les hommes aux lieux. C'est un principe dont il ne faut guère s'écarter dans cette matière ; joint qu'il n'est par sûr que les <i>Allobroges</i> aient habité d'abord les rivages de la Labroga. Un nom Grec pour les Gaulois, ou la composition d'un mot Grec &amp; d'un nom Celte, ou Gaulois, ne revient pas d'avantage, &amp; s'écrit par un <i>iota.</i> Il paroît que Mr Bochard a été le plus heureux. César, Liv. I. Ch. 6. Cicéron, dans son Oraison pour Fonteius, Strabon, Liv. IV. Tite-Live Live I. de la Décade III. Tacite, Liv. I. Hist. Ch. 66. Polybe Liv. XXX. 50. Mr Valois <i>Notit. Gall.</i> sur Vienne, parlent des <i>Allobroges.</i> Les Anciens font mention du Sénat &amp; du peuple des <i>Allobroges.</i> Aujourd'hui par <i>Allobroge</i> nous n'entendons que les Savoyards ; &amp; de-là est venu que dans le style comique &amp; burlesque, il est pris pour grossier. Il parle François comme un <i>Allobroge.</i> Cette manière de parler n'est pas nouvelle, &amp; nous trouvons dans Juvenal, Sat. VII. v. 214. qu'un certain Rhéteur Gaulois, nommé Rufus, &amp; qui eut de la réputation, traitoit Cicéron d'<i>Allobroge</i> par mépris. Voyez le IIe Livre de l'<i>Histoire de Dauphiné</i> de Chorier. Il y a plusieurs choses sur les <i>Allobroges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1419" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOBROGIE" />
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    <head>ALLOBROGIE</head>
    <p>
    ALLOBROGIE , s. f. <i>Regnum,</i> ou <i>Ditio Allobrogum.</i> Chorier prétend que le Royaume de Bourgogne a porté ce nom Voici ses preuves &amp; ses paroles. Conrad, Abbé d'Usperg, écrivant que ceux qui étoient autrefois appellés <i>Allobroges</i> sont présentement nommés Bourguignons, dit, que ce que nous appellons aujourd'hui Dauphiné, a été nommé autrefois Bourgogne. L'Auteur des Actes du Martyr S. Alban, publiés par Canisius, donne de même à Sigismond fils de Gondebaud le titre de Roi très-Chrétien des <i>Allobroges.</i> Guntherus, parlant à l'Empereur Frédéric I. dit aussi <i>Allobrogum Regna,</i> pour la Bourgogne. D'où il conclut, Peut-on nier que le Dauphiné, ou pays des <i>Allobroges,</i> n'ait été la principale Province de cet Etat, puis qu'à cause d'elle tout le Royaume de Bourgogne a été autrefois le Royaume des <i>Allobroges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1420" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOBROGIQUE" />
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    <head>ALLOBROGIQUE</head>
    <p>
    ALLOBROGIQUE , adj. m. &amp; f. <i>Allobrogicus.</i> Qui appartient, ou qui a rapport aux <i>Allobroges.</i> On donne le titre d'<i>Allobrogique</i> à Q. Fabius Maximus, pour avoir vaincu les <i>Allobroges.</i> Pline L. VII. Ch. 50.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1421" id="1" type="compte">
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ALLOCATION</head>
    <p>
    ALLOCATION , s. f. Terme de compte , qui se dit lorsqu'on approuve, &amp; qu'on alloue un article, &amp; qu'on le passe en compte. <i>Computationis approbatio.</i> Il y a la moitié des articles de ce compte qu'on dispute, dont on ne sauroit obtenir l'<i>allocation.</i> Ce mot vient du Latin <i>alloco</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1422" id="1" type="medailliste">
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    <head>ALLOCUTION</head>
    <p>
    &#9758; ALLOCUTION , s. Terme de Médailliste . En Latin <i>Adlocutio.</i> Harangue, Discours des Empereurs au Peuple, aux Soldats. Plus les revers ont de figures, plus ils sont à estimer, particulièrement quand ils marquent quelque action mémorable. Par exemple, la Médaille de Trajan, <i>Regna adsignata,</i> où il paroît trois Rois au pied d'un théatre, sur lequel on voit l'Empereur qui leur donne le diadème. Le Congiaire de Nerva a cinq figures : <i>Congiar P. R.</i> Une <i>Allocution</i> de Trajan, où il y a sept figures. Une d'Hadrien au Peuple, où il y en a huit sans légende. Une autre aux Soldats, où il y en a dix. Une Médaille de Faustine, Puellae Faustinianae, où il y en a douze ou treize. Une <i>Allocution</i> de Probus qui a douze figures. <i>Vota publica</i> de Commode, où il y en a dix. <i>Science des Médailles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1423" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLODIAL" />
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    <head>ALLODIAL</head>
    <p>
    ALLODIAL , adj. qui est compris dans un franc-alleu. <i>Immunis, liber.</i> Cet héritage est <i>allodial,</i> il ne paye point de lods &amp; ventes, &amp; n'est sujet à aucunes redevances. Les fonds <i>allodiaux</i> ne reconnoissent aucun supérieur en féodalité. Propriétaires &amp; possesseurs d'héritages <i>allodiaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1424" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLODIALITÉ" />
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    <head>ALLODIALITÉ</head>
    <p>
    ALLODIALITÉ . s. f. <i>Immunitas.</i> Qualité de ce qui est allodial ; franc-alleu ; indépendance d'une terre, ou d'un héritage. Louis XIII. par une Déclaration du 4e Décembre 1641. ordonna, que toutes personnes nobles &amp; roturières, propriétaires &amp; possesseurs d'héritages allodiaux, &amp; franc Bourgage, &amp; franche Bourgeoisie, qui n'ont justice, fussent &amp; demeurassent confirmées, &amp; leurs successeurs à perpétuité, à leur <i>allodialité,</i> le tout en payant chacun d'eux les sommes auxquelles ils seroient modérément taxés. Tessereau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1425" id="1" type="">
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    <head>ALLOISE</head>
    <p>
    ALLOISE , s. f. Charge, Dignité ou Jurisdicton d'Alloué. On trouve dans l'<i>Histoire de Bretagne</i> Tom. II. pag. 1085. que le Duc François donne au Duc de Rays Amiral de France, &amp; à ses héritiers, privilége de congié &amp; de menée à se délivrer à ses généraux plaids de Nantes, au quint jour d'iceux, sans que eux, leurs Officiers &amp; Sujets, &amp;c. soient tenus obeir à l'<i>Alloise</i> de Nantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1426" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLONGE" />
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    <head>ALLONGE</head>
    <p>
    ALLONGE , ou ALONGE, s. f. Ce qu'on ajoûte à une étoffe, ou à autre chose, pour la rendre plus longue. <i>Additamentum.</i> Cette jupe étoit trop courte, il a fallu mettre une <i>allonge</i> par en bas. On a mis des <i>allonges</i> à ces guides pour mener les chevaux du train de devant, qui sont à la volée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1426" id="2" type="marine">
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    <head>ALLONGE</head>
    <p>
    Allonge , s. f. Terme de Marine . Pièce ou membre d'un vaisseau, qui sert à allonger un autre membre. On appelle <i>allonge première,</i> celle qu'on empâte avec la varangue, &amp; avec le genouil de fond. <i>Allonge seconde,</i> celle qui s'élève au dessus de la première, avec le bout du genouil de fond. <i>Allonge de revers,</i> celle qui est plus proche du plat-bord, qui termine la hauteur du côté du vaisseau. <i>Allonges de treport,</i> deux <i>allonges</i> qui sont mises au dessus des étains. <i>Allonge de porque,</i> une pièce de bois qui <i>allonge</i> une porque. <i>Allonge d'écubiers,</i> sont des pièces de bois plates, dans lesquelles on perce les écubiers, ou les trous pour passer les cables du vaisseau. <i>Allonge de pouppe,</i> est la dernière pièce de bois au plus haut, qui étant assemblée avec le bout supérieur de l'étambord, forme le bout de la pouppe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1426" id="3" type="perruquier">
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   <index type="src_domain" value="perruquier" />
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    <head>ALLONGE</head>
    <p>
    &#9758; ALLONGE ,Allonge , Terme de Boucher . Nerf de boeuf tortillé, au bout duquel il y a un crochet de fer où la viande est attachée. Nervus bubulus intortus &amp; hamo praefixus.<br/>Allonges, Terme de Perruquier . Ce sont des cheveux postiches qui s'attachent à la tête, pour faire paroître qu'on a de grands cheveux. On les appelle aussi <i>Coins.</i> Il y a <pb n="169" facs="bpt6k8542165/f209/full/1200,/0/native.jpg"/>des <i>allonges</i> aux perruques, qui sont des cheveux ajoûtés pour faire les noeuds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1427" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLONGEMENT" />
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    <head>ALLONGEMENT</head>
    <p>
    ALLONGEMENT , ou ALONGEMENT, s. m. Ce qui allonge, qui rend plus long. <i>Productio.</i> Le régime de vivre sert beaucoup à l'<i>allongement</i> de la vie. L'<i>allongement</i> des procès n'est causé que par les chicannes que font les Procureurs. De quoi ai-je profité que d'un <i>allongement</i> de nom ? Mol. Comment se fait l'<i>allongement</i> &amp; la grosseur tant de la tige &amp; des branches, que des feuilles &amp; des fruits. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1428" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLONGER" />
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    <head>ALLONGER</head>
    <p>
    ALLONGER , ou ALONGER, v. act. Rendre plus long. <i>Producere, extendere. Allonger</i> une jupe, une corde, l'allée du jardin, son chemin. Il <i>allongeoit</i> un grand cou de grue pour voir par dessus les autres. Quand on change de cheval ou de selle, il faut <i>allonger</i> ou racourcir les étriers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1428" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALLONGER" />
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    <head>ALLONGER</head>
    <p>
    Allonger , se dit figurément en choses morales. Un débiteur tâche d'<i>allonger</i> le temps pour ne point payer ses dettes. Toutes ces distinctions ne font qu'<i>allonger</i> la dispute.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1428" id="3" type="escrime">
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    <head>ALLONGER</head>
    <p>
    Allonger , en terme d'Escrime , c'est porter un coup d'estocade. <i>Adversarium petere.</i> Les gens de grande taille ont bien de l'avantage à <i>allonger. Allonger</i> la botte, <i>allonger</i> la pique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1428" id="4" type="fauconnerie">
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    <head>ALLONGER</head>
    <p>
    s'Allonger , se dit en termes de Fauconnerie de l'oiseau, quand il se revêt de ses pennes, de ses plus grosses plumes. <i>Majoribus pennis indui.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1428" id="5" type="marine">
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    <head>ALLONGER</head>
    <p>
    Allonger . On dit en termes de Marine , <i>allonger</i> la terre ; pour signifier, aller contre la terre, ou le long de la terre. <i>Terram radere. Allonger</i> le cable ; pour dire, l'étendre jusqu'à un certain lieu sur le pont, soit pour le bitter, soit pour mouiller l'ancre. <i>Allonger</i> la manoeuvre ; pour dire, l'étendre sur le pont, afin qu'elle soit en état de s'en servir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1428" id="6" type="">
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    <head>ALLONGER</head>
    <p>
    Allonger , se dit proverbialement en ces phrases. On dit à un homme qui s'étend : Le cuir sera à bon marché, les veaux s'<i>allongent.</i> On dit aussi, <i>Allonger</i> la courroie, le parchemin ; pour dire, Etendre les choses au-delà du pouvoir qu'on a reçû : dire plus qu'on n'a charge de dire. <i>Allonger</i> la courroie, se dit aussi d'un Auteur qui étend trop un discours, ou une pièce de vers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1428" id="7" type="">
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    <head>ALLONGER</head>
    <p>
    Allongé, ée , part. &amp; adj. <i>Productus, extensus.</i></p><p>On appelle en termes de Chasse , un chien <i>allongé,</i> celui qui a les doigts du pied étendus par quelque blessure qui a touché les nerfs.</p><p>On dit aussi en Fauconnerie, un oiseau <i>allongé,</i> quand il a toutes ses pennes entières, &amp; de la longueur qu'il les doit avoir. <i>Majoribus indutus pennis.</i></p><p>Ce mot vient du Latin, <i>elongare</i>, de <i>longus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1429" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOUER" />
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    <head>ALLOUER</head>
    <p>
    ALLOUER , v. act. Approuver quelque point, ou article, en demeurer d'accord. <i>Approbare.</i> Il se dit proprement dans les redditions de compte. Cet article a été <i>alloué</i> après qu'on en a représenté la quittance. Pasquier dit que ce mot vient de <i>los</i>, ancien mot François, qui signifie <i>louange,</i> ou approbation. Et en effet, il vient du mot <i>elaudare</i>, qui signifie <i>approuver,</i> selon Nicod. D'autres le dérivent de <i>allocare</i>, disant qu'il vient de <i>locum dare</i> : d'autres de <i>locare, conducere</i> ; ce qui convient aux compagnons artisans, qu'on appelle <i>Alloués.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALLOUER</head>
    <p>
    Allouer , se dit quelquefois dans les conversations. Cette proposition est trop hardie, c'est un article qui ne passera pas, qui ne vous sera point <i>alloué.</i> Il s'en faut beaucoup qu'on ne vous <i>alloue</i> tout ce que vous dites.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1429" id="3" type="">
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    <head>ALLOUER</head>
    <p>
    Alloué, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Approbatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1429" id="4" type="">
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    <head>ALLOUER</head>
    <p>
    Alloué , s. m. Se dit chez les artisans, des Compagnons qui ont fait le temps de leur apprentissage, &amp; qui s'engagent encore pour quelque temps à servir les maîtres. <i>Locatus, conductus.</i> Les compagnons sont ceux qui servent à la journée, &amp; les <i>alloués,</i> ceux qui ont promis de servir pendant quelque temps. Autrefois <i>Alloué</i> s'est dit du Lieutenant Général du Sénéchal, &amp; particulièrement en Bretagne. <i>Judex subsidiarius.</i> Une réformation des Ordonnances de l'Hôtel du Duc de Bretagne, faite le premier Avril 1415. porte <i>Alloués,</i> ou Baillifs. L'<i>Alloué</i> de Rennes, &amp;c. Voyez l'<i>Histoire de Bretagne</i> du P. Lobineau Tom. II. pag. 916. <i>Alloué</i> se dit aussi de celui qui agit au nom de quelqu'un : on l'appelle aujourd'hui Procureur ; on le trouve en ce sens dans les vieux titres, <i>Lui, ou ses alloez.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1430" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOUVI, IE" />
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    <head>ALLOUVI, IE</head>
    <p>
    ALLOUVI, IE , Qui a une grande faim, telle que celle d'un loup, qui est difficile a rassasier. <i>Famelicus.</i> Les jeunes gens qui sortent d'une maladie sont <i>allouvis</i> ; ils veulent manger par excès. Ce mot vient de <i>loup,</i> de <i>lupus.</i> Il est tout-à-fait bas, &amp; ne se dit que par les nourrices de Paris. Cet enfant est tout <i>allouvi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1431" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOUYSE" />
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    <head>ALLOUYSE</head>
    <p>
    ALLOUYSE , s. f. Charge, dignité d'Alloué. <i>Judicis Subsidiarii dignitas, munus, Magistratus. Hist. de Bretagne</i> Tom. II. pag. 1199. Institution pour M. Raoul Pastourel de l'<i>Allouyse</i> de Nantes. On a dit aussi <i>Alloise.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1432" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOY" />
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    <head>ALLOY</head>
    <p>
    ALLOY , Voyez <ref type="search" target="head:ALOI">ALOI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1433" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOYER" />
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    <head>ALLOYER</head>
    <p>
    ALLOYER , Voyez <ref type="search" target="head:ALOYER">ALOYER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1434" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLOYE" />
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    <head>ALLOYE</head>
    <p>
    ALLOYE , voyez ALOYE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1435" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLUCHON" />
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    <head>ALLUCHON</head>
    <p>
    ALLUCHON , s. m. Le bout d'un hérisson, qui est une espèce de dent, ou de pointe, qui entre dans les fuseaux, ou la lanterne des moulins, &amp; autres machines qui se meuvent par roues &amp; pignons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1436" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLUMELLE" />
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    <head>ALLUMELLE</head>
    <p>
    ALLUMELLE , Voyez <ref type="search" target="head:ALUMELLE">ALUMELLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1437" id="1" type="">
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    <head>ALLUMER</head>
    <p>
    ALLUMER . v. act. Produire de la lumière en attachant le feu à quelque matière combustible, capable de donner de la clarté. <i>Accendere. Allumer</i> un flambeau. <i>Allumez</i> la lanterne.</p><p>On le dit aussi du feu qu'on attise, &amp; qu'on souffle simplement pour avoir de la chaleur. <i>Ignem suscitare.</i> On <i>allume</i> le feu avec un fusil &amp; de la mèche. En soufflant le feu il s'<i>allume.</i> Le feu d'une forge s'<i>allume</i> davantage en y jettant quelques gouttes d'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1437" id="2" type="">
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    <head>ALLUMER</head>
    <p>
    Allumer , se dit figurément en Morale des passions, &amp; signifie enflammer, exciter. <i>Incendere, inflammare.</i> Son excuse au lieu d'adoucir son maitre, a <i>allumé</i> sa colère. Un amant se plaint que les yeux de sa maîtresse ont <i>allumé</i> un grand brasier dans son coeur. Ce n'est pas peu pour vous d'avoir <i>allumé</i> le coeur d'un homme aussi froid que je suis. Voit. La loi de Dieu excite, &amp; <i>allume</i> en nous son amour de plus en plus. Port-R. Les efforts qu'on fait pour se délivrer de l'amour, ne servent bien souvent qu'à l'<i>allumer.</i> La Bruy.</p><p>Il y a des boutefeux qui <i>allument</i> des séditions, des guerres. On dit aussi en débauche, <i>allumer</i> la lampe ; pour dire, verser du vin dans un verre à quelqu'un pour l'obliger à boire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1437" id="3" type="">
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    <head>ALLUMER</head>
    <p>
    Allumé, ee , part. pass. &amp; adj. <i>Accensus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1437" id="4" type="blason">
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    <head>ALLUMER</head>
    <p>
    Allumé , en termes de Blason , se dit des yeux, quand ils sont d'un autre émail que le corps de l'animal. <i>Rubris oculis.</i> Robert 1er Duc de Bar, portoit d'azur à deux bars, ou barbeaux d'or, dentés, &amp; <i>allumés</i> d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1437" id="5" type="">
   <index type="head" value="ALLUMER" />
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    <head>ALLUMER</head>
    <p>
    Allumé , se dit aussi de la flamme d'un bucher, d'un flambeau, &amp; d'un bâton qui est brûlant. Saint François de Paule portoit d'or au phoenix de gueules, sur un bucher <i>allumé</i> de même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1438" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLUMETTE" />
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    <head>ALLUMETTE</head>
    <p>
    ALLUMETTE , s. f. Petit bâton de bois sec, ou de roseau trempé dans du souffre, qui sert à allumer la chandelle. <i>Sulphuratum.</i> On dit quand on veut vanter du bois à brûler, qu'il brûle comme des <i>allumettes.</i> Une femme avare veut qu'on fasse servir les <i>allumettes</i> par les deux bouts.</p><p>Ces mots viennent de la préposition <i>ad,</i> &amp; de <i>lumen, lumière,</i> qui vient de <i>lucere, luire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1439" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLUMEUR" />
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    <head>ALLUMEUR</head>
    <p>
    &#9758; ALLUMEUR , s. m. Celui qui allume le feu, les bougies, les chandelles, &amp;c. Ceux qui ne sortent point de dessus le théatre, &amp; ceux qui n'y montent jamais ; les premiers personnages, &amp; les <i>allumeurs</i> de chandelles ; tout cela sera égal à la fin de la comédie. Bussy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1440" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLURE" />
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    <head>ALLURE</head>
    <p>
    ALLURE , s. f. La manière de marcher ou de se transporter d'un lieu à un autre. <i>Incessus, ingressus.</i> On connoît bien des gens à leur <i>allure.</i> L'<i>allure</i> par eau est la plus douce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1440" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALLURE" />
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    <head>ALLURE</head>
    <p>
    Allure , se dit du train, de la marche du cheval. <i>Gradus.</i> Ce cheval a l'<i>allure</i> froide ; pour dire, qu'il ne lève pas assez le genou, ni la jambe, &amp; qu'il rase le tapis. Ce barbe a de belles <i>allures</i> ; pour dire, qu'il a la marche belle. Il n'y a personne qui puisse parfaitement dresser un cheval, qu'il <pb n="170" facs="bpt6k8542165/f210/full/1200,/0/native.jpg"/>ne sache exactement toutes leurs <i>allures</i> naturelles, &amp; les actions des jambes. Newcast. Les <i>allures</i> naturelles sont le pas, ou petit trot, le trot, l'amble, le galop. Si le cheval continue à falsifier son <i>allure,</i> donnez-lui de l'éperon dans la volte. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1440" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALLURE" />
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    <head>ALLURE</head>
    <p>
    Allures de cerf , Ce sont les endroits par où il passe. <i>Cervi via.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1440" id="4" type="">
   <index type="head" value="ALLURE" />
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    <head>ALLURE</head>
    <p>
    Allures , se dit aussi au figuré, en parlant de la conduite, &amp; des intrigues de quelqu'un. <i>Agendi ratio, consilia, artes.</i> J'ai bien reconnu à ses <i>allures</i> qu'il briguoit secrettement cet emploi. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Un homme qui a des <i>allures,</i> veut dire, une homme qui voit mauvaise compagnie, ou qui a quelque mauvais commerce qu'il cherche à cacher. En ce sens il est du style familier.</p><p>Ce mot a la même étymologie que son verbe <i>aller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1441" id="1" type="rhetorique">
   <index type="head" value="ALLUSION" />
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    <head>ALLUSION</head>
    <p>
    ALLUSION , s. f. Terme de Rhétorique . C'est une figure qui se fait par un jeu de mots presque semblables. <i>Annominatio, lusus in verbis.</i> L'affectation des <i>allusions</i> est extrêmement vicieuse en France. Et même sans affectation, elles passent pour froides, à moins qu'elles ne soient fort heureuses. Mais on peut élégamment faire <i>allusion</i> à quelque apophthegme, à quelque histoire, à quelque coutume, lorsqu'on dit quelque chose qui y a du rapport, &amp; qu'on veut faire entendre au lecteur, ou à l'auditeur, qu'on y a pensé en l'écrivant. <i>Rei alterius ex alter a notatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1442" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLUVION" />
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    <head>ALLUVION</head>
    <p>
    ALLUVION , s. f. Accroissement qui se fait le long des rivages de la mer, ou des grandes rivières, par les tempêtes, ou les inondations. <i>Alluvio.</i> Le droit Romain met l'<i>alluvion</i> entre les moyens légitimes d'acquérir par le droit des gens. Il définit l'<i>alluvion,</i> un accroissement lent &amp; caché ; parce qu'il faut que cela arrive presqu'imperceptiblement. Car si un débordement subit de la rivière détachoit une portion considérable d'un fond pour le joindre à un héritage voisin, en ce cas cette portion n'est point censée acquise par le droit d'<i>alluvion,</i> &amp; le premier propriétaire la peut réclamer. Les <i>alluvions</i> ont éloigné Aigues-mortes de la mer, où il y avoit un port du temps de Saint Louis. Cette Isle s'est faite par <i>alluvion</i> ; le Seigneur voisin prétend qu'elle est à lui par droit d'<i>alluvion.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1443" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALLYRE" />
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    <head>ALLYRE</head>
    <p>
    ALLYRE , s. m. <i>Illidius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ALIRE">ALIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1444" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ALMADIE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ALMADIE</head>
    <p>
    ALMADIE , s. f. Terme de Marine . Ce sont de petites barques de quatre brasses de long, faites souvent d'écorce de bois, dont usent les Sauvages de la côte d'Afrique. <i>Cymbulae.</i> C'est aussi un vaisseau des Indes, long de 80. pieds, &amp; large de six ou sept, qui ressemble à une navette, à la réserve de son derrière, qui est quarré. Voyez <ref type="search" target="head:ALMODIA">ALMODIA</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1445" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALMAGESTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>ALMAGESTE</head>
    <p>
    ALMAGESTE , s. m. Terme qui se dit d'un livre fameux composé par Ptolomée, où il a recueilli un grand nombre de problèmes des Anciens, servant à la Géometrie &amp; à l'Astronomie. <i>Almageste Ptolemai.</i> Il est intitulé en Grec, ? ce dernier mot joint avec l'article Arabe <i>al,</i> lui a fait donner le nom d'<i>Almageste</i> par les Arabes, quand il fut traduit par l'ordre de Maimon, Calyphe de Babylone, vers l'an 800. <i>Almagesthi</i> est le mot Arabe ; &amp; nous en avons fait <i>Almageste.</i> Le Pere Jean-Baptiste Riccioli a fait aussi une Astronomie réformée, qu'il appelle <i>Almageste</i> nouveau, où il a compilé toutes les observations des Astronomes anciens &amp; modernes, &amp; en a conféré les hypothèses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1446" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALMANACH" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ALMANACH</head>
    <p>
    ALMANACH , s. m. Calendrier ou table où sont écrits les jours, &amp; les fètes de l'année, le cours de la lune, &amp;c. <i>Ephemeris, Lunarium motuum Ephemeris, Calendarium.</i> Catdan a fait un Traité <i>de supplemento Almanach.</i></p><p>Ce mot est Arabe, composé de l'article <i>al,</i> &amp; de <i>mana,</i> qui signifie <i>compter.</i> Nicod. C'est aussi l'opinion de Saumaise dans ses prolégomènes sut Solin. Covarruvias dit, que selon quelques-uns ce mot vient de <i>manach</i>, qui signifie selon eux, <i>Calendrier.</i> Il ajoûte que Diego Durrea assure que la terminaison Arabe de ce mot est <i>manaquebu,</i> du verbe <i>necaba,</i> qui signifie, <i>prédire l'avenir.</i> Cependant il soutient que ces deux sentimens ne reviennent qu'à une même chose. Car l'Hébreu <i>manach</i> signifie, <i>nombrer, supputer.</i> Or tout le monde fait que les <i>Almanachs</i> ne consistent qu'en supputations astronomiques. Scaliger dit qu'il a été fait de l'article <i>al,</i> &amp; de , mot Grec, qui signifie <i>mois.</i> Scaliger, sur le <i>Culex</i> de Virgile, prétend que les Arabes l'ont pris du Grec , qui signifie <i>cours des mois,</i> en préposant leur article <i>al,</i> comme alambic, almageste, alchymie. D'autres croient que ce mot vient des Egyptiens, longtemps avant les Arabes. Du Cange. Ménage dit que les Arabes l'ont fait du Persan <i>salmaha,</i> qui signifie, la <i>période de la lune.</i> M. Chastelain, dans ses Notes sur le Martyro. au 1er Janv. dit qu'il vient du mot Hébraique <i>manha</i>, (il falloit dire <i>minhha</i>) avec l'article <i>al</i> des Arabes. <i>Manha,</i> ajoûte-t-il, signifie présent, ou don. Et le savant Golius, en ses Notes sur les Elémens Astronomiques d'Alfragan, dit, que presque dans tout l'Orient les sujets font des présens aux Rois au commencement de l'année, &amp; entre-autres les Astrologues, qui leur donnent les Ephémérides de l'année qui commence, d'où, dit-il, ces Ephémérides ont été nommées <i>Almanha</i> ; c'est-à-dire, Etrennes. Cornelius Kiliam croit que le mot <i>Almanach</i> est un mot Allemand, &amp; que <i>Almanach,</i> est comme si l'on disoit <i>almaen acht, omnium lunarum totius anni consideratio, considération de toutes les lunes de l'année.</i></p><p>L'<i>Almanach</i> du Palais, est celui où on marque les jours où le Parlement ne s'assemble pas. <i>Fori Ephemeris, Calendarium. Almanach</i> Historial, est un Journal où on marque quelques histoires mémorables au jour où elles sont autrefois arrivées. <i>Fasti.</i> On appelle ordinairement <i>Almanach</i> de l'Observatoire, le petit Livre intitulé <i>Connoissance des temps,</i> qui paroît tous les ans depuis plus de 20. ans, &amp; qui contient plusieurs supputations astronomiques : on l'attribuoit à Messieurs de l'Observatoire, ou de l'Académie des Sciences, quoique M. le Fevre ou M. Lieutaud, ou quelque autre particulier en fût seul l'Auteur, &amp; que les autres n'y eussent d'autre part que d'y avoir fourni quelque mémoires, sans garantir tout le reste. En 1703. on a donné une nouvelle forme à cette ouvrage ; Messieurs de l'Académie des Sciences y ont eu plus de part qu'auparavant : c'est par leur ordre &amp; sous leur direction, que M. Lieutaud a fait les calculs astronomiques, &amp; y a ajoûté plusieurs mémoires &amp; remarques très-curieuses, que l'Académie lui a fourni. Par une Ordonnance de Charles IX. aux Etats d'Orléans en 1560. art. 26. il est défendu à tous Imprimeurs &amp; Libraires, d'imprimer, ou exposer en vente aucuns <i>Almanachs</i> &amp; pronostications, qu'auparavant ils n'aient été visités par l'Archevêque ou Evêque, ou ceux qu'il commettra ; &amp; il est ordonné qu'il soit procédé par les Juges extraordinairement, &amp; par punition corporelle, contre celui qui aura fait &amp; exposé lesdits <i>Almanachs.</i> Henri III. confirma cette Ordonnance aux Etats de Blois en 1579. art. 36. Il veut qu'ils soient approuvés par des certificats signés de la main des Archevêques ou Evêques, &amp; qu'il y ait aussi permission du Roi ou des Juges ordinaires. Louis XIII. confirma ces Ordonnances le 20. Janvier 1628. &amp; fait défenses à toutes sortes de personnes de faire ni composer aucuns <i>Almanachs</i> &amp; prédictions hors les termes de l'astrologie licite ; même d'y comprendre les prédictions concernant les Etats &amp; personnes, les affaires publiques &amp; particulières, soit en termes exprès, ou couverts &amp; généraux, ni autres quelconques, &amp; d'y employer &amp; mettre autre chose que les lunaisons, éclipses &amp; diverses dispositions &amp; tempéramens de l'air &amp; dérèglemens d'icelui. De la Marre.</p><p>On dit proverbialement, Je ne prendrai pas de vos <i>Almanachs</i> ; pour dire je ne prendrai pas votre conseil sur l'avenir ; vos prédictions ne sont pas sûres. J'ai beau dire la vérité, on ne prend plus de mes <i>Almanachs.</i> Ablanc. On appelle un faiseur d'<i>Almanachs,</i> un ridicule Astrologue Judiciaire. On dit aussi que quelqu'un fait ou s'amuse à faire des <i>Almanachs,</i> quand il s'occupe à des imaginations vaines &amp; grotesques. On dit aussi d'une personne qui se ressent de quelque infirmité à tous les changemens de temps, que son corps est un <i>Almanach.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1447" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALMANDINE" />
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    <head>ALMANDINE</head>
    <p>
    ALMANDINE , s. f. Pierre précieuse C'est une espèce de rubis beaucoup plus tendre, &amp; plus léger que le rubis Oriental, &amp; qui tire plus sur la couleur du grenat, que sur celle du vrai rubis. Elle est pourtant au nombre des pierres les plus estimées, quoiqu'elle cède au vrai rubis. On l'appelle aussi <i>Albandine.</i> Ce mot vient d'<i>Albanaa</i>, villé de Carie, d'où Pline dit qu'on l'apporte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1448" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALMAQUE" />
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    <head>ALMAQUE</head>
    <p>
    ALMAQUE , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Almachius.</i> <pb n="171" facs="bpt6k8542165/f211/full/1200,/0/native.jpg"/>Saint <i>Almaque,</i> appellé Télémaque par Théodoret, fut massacré par les Gladiateurs, ou par le peuple, lorsque ce Saint tâchoit de le retirer des spectacles des jeux séculaires qu'Honorius avoit permis aux Gentils de Rome. Honorius, touché de la généreuse résolution de ce Saint, supprima entièrement ces spectacles, &amp; fit mettre <i>Almaque</i> au nombre des Martyrs. C'est peut-être dans la vûe de cet heureux succès, &amp; de cette victoire de l'Eglise sur le Paganisme, que Théodoret a donné à ce saint Martyr le nom de Télemaque, qui veut dire <i>fin du combat.</i> Il se peut faire aussi que par une altération de nom, qui n'est pas sans exemple, celui que les Grecs appelloient Télémaque, ait été nommé depuis <i>Almaque</i> par les Latins. Baill. Le P. Ruinart croit aussi, après Baronius &amp; Bollandus, que <i>Almaque</i> est le même que le Télemaque de Théodoret, <i>Hist. Eccl.</i> Liv. V. ch. 6. Chastelain est d'un sentiment contraire. Il veut avec Galesinius qu'il ait souffert sous Dioclétien. Voyez ses Notes sur le Martyrologe au premier jour de Janvier. Wake, Protestant Anglois, dans un Livre écrit contre la vie de S. Ignace par le P. Bouhours, &amp; intitulé, <i>De l'Enthousiasme,</i> a donné dans des imaginations qui font voir le peu de connoissance qu'il a des anciens manuscrits. Il prétend que quelque moine ignorant du 7e ou 8e siècle voyant au haut du Calendrier <i>S. Almanachum</i> écrit par abbréviation, selon la coutume de ce temps-là, <i>S. Almanachum,</i> prit ce mot peu usité alors, pour le nom de quelque Saint, lui donna une terminaison en <i>us,</i> &amp; le plaça après la Fête de la Circoncision. Mais cette fausse conjecture n'est pas difficile à réfuter. 1°. Il ne sauroit faire voir un seul manuscrit, quelque ancien qu'il puisse être, soit de Calendrier, soit de Martyrologe, qui ait pour titre le mot d'<i>Almanachum.</i> 2°. On ne trouve pas que ce mot ait jamais été en usage dans la langue Latine 3°. Quand ce mot auroit été en usage, ce n'eût pas été au titre du 1er Janvier qu'on l'auroit mis, mais au titre du 25. Décembre, qui est le jour où commencent les plus anciens Martyrologes. Chastel. Voyez encore M. de Tillemont, <i>Hist. des Emp.</i> T. V. p. 805. 806.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1449" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALMODIA" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ALMODIA</head>
    <p>
    ALMODIA , s. f. <i>Cymba.</i> C'est une espèce de barque, ou Chaloupe, dont les Nègres, sujets &amp; esclaves des Portugais, se servent dans les Indes Orientales. Les <i>Almodias</i> sont fort larges par en haut &amp; tres-étroites de quille, laquelle est si grande en quelques-unes, que quoiqu'elles ne soient faites que d'une seule pièce, elles ne laissent pas d'être aussi longues que les bords mêmes, comme celles de Goa. Celles qui sont les plus étroites de bord, sont faites de plusieurs ais cousus avec du cuir, &amp; gaudronné, dont l'on appelle les plus grandes, Coches ; &amp; elles dansent si fort sur l'eau, qu'il semble qu'elles doivent renverser à tous momens ; mais les Nègres s'y tiennent fort assurés, quelque chargées qu'elles soient, &amp; quelque tempête qu'il fasse. Wicquefort. <i>Amb. de Figuer.</i> Le plus grand nombre des Auteurs disent Almadie. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1450" id="1" type="">
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    <head>ALMOHADE</head>
    <p>
    ALMOHADE , s. m. C'est le nom de la quatrième race des Rois de Maroc &amp; de Fez. Le premier des <i>Almohades,</i> fut un Maître d'école nommé Abdalla, qui trouva le moyen de monter sur le trône vers le milieu du XIIe siècle : ce fut au commencement du XIIIe siècle pendant les dissensions des dix <i>Almohades,</i> fils de Mohammed-Euazir, que les Gouverneurs des Provinces se révolterent &amp; formerent les Royaumes de Grenade, de Tremuen, de Tunis, de Tripoli, &amp;c. D'Herbel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1451" id="1" type="">
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    <head>ALMORAVIDE</head>
    <p>
    ALMORAVIDE , s. m. Nom de Peuple. Les <i>Almoravides</i> habitent dans l'Afrique vers le mont Atlas. Les <i>Almoravides</i> s'emparerent du Royaume de Fez, après avoir chassé les Zenetes, l'an de Jesus-Christ 1052. &amp; y regnerent cent ans ou environ, jusqu'aux Almohades.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1452" id="1" type="astronomie">
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    <head>ALMUCANTARA</head>
    <p>
    ALMUCANTARA , ou ALMICANTARA, s. m. Terme d'Astronomie . Ce sont des cercles parallèles à l'horison, qu'on s'imagine passer par tous les degrés du Méridien. Les Méridiens passent par tous les degrés de l'Equateur, &amp; les <i>Almucantarats</i> passent par tous les degrés du Méridien de chaque lieu. Tous les <i>Almucantarats</i> sont parallèles à l'horison, &amp; ont les mêmes poles, savoir le Zenith &amp; le Nadir. Les <i>Almucantarats</i> sont à l'égard des Azimuths &amp; de l'horison, ce que les cercles qu'on appelle simplement parallèles, sont à l'égard des Méridiens &amp; de l'Equateur. De la manière dont on a écrit ici <i>Almucantarats</i> au pluriel avec un <i>t,</i> il semble qu'il faudroit écrire au singulier <i>Almucantarat.</i> Mais Messieurs Furetière &amp; Corneille écrivent <i>Almucantara,</i> &amp; le dernier avertit qu'il n'y a que quelques-uns qui disent au pluriel <i>Almucantarats.</i> Ce sont ceux qui savent l'Arabe, &amp; qui expriment la manière dont ce mot est écrit en cette langue. M. d'Herbelot, qui écrit le mot Arabe <i>Almocantharat,</i> comme il faut l'écrire, dit cependant <i>Almucantarats</i> au pluriel, quand il explique en François ce que c'est. Ils servent à montrer la hauteur du Soleil, &amp; des Astres, &amp; sont décrits en plusieurs Quadrans &amp; sur l'Astrolabe. Ce mot est tiré de l'Arabe <i>Almocantharat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1453" id="1" type="astrologie">
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    <head>ALMUGÉE</head>
    <p>
    ALMUGÉE . Terme d'Astrologie . Deux planètes sont dans leur <i>Almugée</i> lorsqu'elles se regardent du même aspect que leurs domiciles. Jupiter &amp; le Soleil sont dans leur <i>Almugée,</i> lorsqu'ils se regardent de trine, parce que le Lion &amp; le Sagittaire, qui sont leurs maisons, se regardent aussi de trine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1454" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALOÉ" />
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    <head>ALOÉ</head>
    <p>
    ALOÉ , subst. f. Vieux mot qui signifie <i>alouette.</i> On disoit aussi autrefois <i>alloue</i> pour signifier la même chose.</p><p>Ce mot se trouve dans Villon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1455" id="1" type="">
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    <head>ALOÉ</head>
    <p>
    ALOÉ . Vieux mot, qui veut dire, loué, <i>laudatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1456" id="1" type="">
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    <head>ALOÈS</head>
    <p>
    ALOÈS , s. m. <i>Aloë.</i> Nom d'un genre de plante dont les fleurs font des tuyaux découpés profondément en six parties, &amp; dont les fruits naissent ou du pistile, ou de la partie postérieure de la fleur, &amp; sont longs, comme cylindriques, divisés en trois loges remplies de semences applaties &amp; presque demi-circulaires, posées les unes sur les autres. Tournefort. Dioscoride, Pline, &amp; tous les anciens Naturalistes, n'avoient la connoissance que d'un <i>Aloès</i> que nous nommons <i>Aloès</i> commun, <i>Aloë vulgaris</i> ; plante commune en Sicile, &amp; qu'on cultive dans plusieurs jardins. Sa racine est un pivot oblique, garni par intervalle de quelques fibres chevelues, plein de suc, blanchâtre en dehors, &amp; d'un goût un peu amer. Elle donne à son collet plusieurs feuilles disposées en rond, &amp; dont les plus longues ont environ un pied &amp; demi. Elles s'embrassent par leur base, &amp; sont charnues, d'un verd gai qui pâlit par la suite, remplies d'un suc glaireux &amp; tant soit peu amer, terminées en pointe, &amp; garnies sur leurs bords de petits piquans courbes, dont les pointes regardent le haut des feuilles. D'entre ces feuilles s'élève une tige branchue, haute de deux à trois pieds, &amp; garnie de plusieurs fleurs jaunes, ramassées en épi. Le pistile de ces fleurs devient un fruit oblong, divisé en trois loges, qui contiennent des semences applaties &amp; brunes. Le suc qui coule des racines de cette plante &amp; de ses feuilles coupées, étant desséché au soleil, se réduit en une substance résineuse semblable à l'<i>Aloès</i> succotrin. F. Columna l'a éprouvé à Naples. Les voyages fréquens qu'on a fait depuis quelques années, en Asie, en Afrique &amp; en Amérique, ont donné lieu à la découverte de plus de quarante espèces d'<i>Aloès</i> inconnues à l'antiquité. Il est vrai que dans ce nombre il n'y en a peut-être pas douze dont on puisse tirer un suc amer &amp; purgatif, &amp; que les autres espèces ont des usages tous différens ; les unes fournissant une liqueur vineuse par le moyen de la fermentation, d'autres contenant dans la substance charnue de leurs feuilles, des filamens blancs &amp; fermes, dont on fait dans les Indes plusieurs ouvrages. Il est faux que l'<i>Aloès</i> ne fleurit que tous les cent ans, &amp; il n'est pas vrai qu'il fasse du bruit lorsqu'il pousse sa tige à fleur. Ce conte a été fait à plaisir à l'occasion de l'<i>Aloès</i> d'Amérique. <i>Aoë Almericana,</i> ou <i>Aloe solio in oblongum aculeum abeunte. C. B. Pin.</i> Celui qu'on cultive en Catalogne, sert pour border des haies ; c'est à cause de la filasse qu'on tire de ses feuilles, &amp; dont les Catalanes font des guippures, à l'exemple des Indiens, qui en font des cordages, des toiles &amp; des hamachs. Cette plante a sa racine vivace, longue, noueuse comme celle du roseau. De ces noeuds partent de petits rejettons qui servent a multiplier l'espèce. Le collet de ces racines est formé par plusieurs feuilles, fort épaisses &amp; comme triangulaires à leur base, charnues, <pb n="172" facs="bpt6k8542165/f212/full/1200,/0/native.jpg"/>d'une couleur cendrée, ou de verd de mer, d'un goût d'herbe, longues à proportion de leur âge, les plus longues ayant cinq pieds, terminées par un aiguillon dur &amp; noir,&amp; garnies sur leur bords d'épines crochues, noirâtres, dont la pointe regarde le bas des feuilles. Lorsque cette plante est parvenue à une grosseur suffisante, elle pousse d'entre les feuilles une tige verdâtre, fort haute, branchue &amp; garnie de quelques petites feuilles : chaque branche est terminée d'un bouquet de fleurs jaunes à étamines &amp; à sommet, de même couleur : la partie postérieure de ces fleurs est un embryon de fruit oblong, verdâtre, triangulaire, canelé &amp; divisé en trois loges , qui renferment des semences applaties. On voit rarement fleurir l'<i>Aloès</i> d'Amérique dans les Pays froids ; on a eu cependant cette satisfaction au Jardin Royal en 1663. &amp; 1664 . &amp; on ne s'apperçut pas d'aucun bruit. Quelques voyageurs rapportent que ses fleurs contiennent une liqueur mielleuse très-agréable. On peut joindre à ces deux espèces que nous venons de décrire, une troisième qui commence à devenir commune dans les jardins, &amp; qu'on appelle <i>Aloès perroquet,</i> à cause que ses feuilles sont d'un beau verd panaché de blanc ; c'est l'<i>Aloë africana , humilis , foliis ex albo &amp; viridi variegatis, Commel.</i> Cette plante est basse, vivace, &amp; pousse au collet de ses racines quelques feuilles longues de huit pouces au plus, fort épaisses, charnues, triangulaires, terminées en pointe, rudes sur leurs bords, appliquées les unes sur les autres &amp; panachées d'un verd de perroquet, &amp; d'un blanc qui jaunit un peu en se passant. D'entre ses feuilles s'élève une tige ronde, tachée, longue d'un pied &amp; demi au plus, &amp; garnie à son extrémité de quelques fleurs couleur de ponceau, longues d'un pouce, &amp; découpées profondément en six parties. Toutes ces trois espèces craignent le froid.</p><p><i>Aloès</i> vient du mot Grec <i>,</i> qui signifie du sel, &amp; la mer, apparemment à cause qu'on trouve l'<i>Aloès</i> sur les côtes maritimes : par la même raison on le nomme Joubarbe de mer, <i>semper vivum marinum,</i> c'est-à-dire plante grasse du bord de la mer. On l'appelle aussi Perroquet, à cause de la couleur de ses feuilles, qu'on compare à celles des ailes du Perroquet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1457" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALOÉ" />
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    <head>ALOÉ</head>
    <p>
    ALOÉ , s. m. <i>Aloë.</i> Suc épaissi d'une plante grasse qu'on nomme Aloès, &amp; non pas de l'arbre qui donne bois d'Aloès. On distingue ordinairement trois sortes d'extrait d'<i>Aloé ;</i> l'un qu'on nomme succotrin, parce qu'on nous l'apporte de Succotra, est le plus pur, le plus transparent, &amp; d'un beau jaune ,lorsqu'il est écrasé. L'autre s'appelle hépatique , à cause de sa couleur de foie ; il est résineux, d'une odeur qui tient de la Myrrhe ; &amp; sa couleur est jaune lorsqu'il est mis en poudre : il nous vient de la Chine. Pour le troisième, comme il est le plus impur, le plus noir, &amp; qu'il ne s'emploie presque que pour les chevaux, il a gardé le nom de Caballin,&amp; on s'en servoit autrefois dans les Indes Orientales pour gaudronner les vaisseaux au lieu de poix. L' <i>Aloé</i> qu'on nomme lucide , <i>Aloë lucida,</i> paroît ne différer du succotrin &amp; de l'hépatique, que parce qu'il ne se rompt en morceaux transparens comme les résines bien pures &amp; bien desséchées.</p><p>Nous avons encore un <i>Aloé</i> qui est d'une odeur très-vineuse, qui est renfermé dans de grosses calebasses, &amp; qui se prépare dans l'Isle Barbade. On a crû mal à propos que ces différences ne dépendoient que du plus ou du moins de purification ; car on ne voit pas que par des dissolutions réiterées l'hépatique devienne succotrin, ou que le caballin se change en hépatique. D'ailleurs on remarque que parmi les espèces de plantes d'<i>Aloès,</i> qui ont un suc amer, il y en a dont le suc approche par son odeur de l'<i>Aloé</i> succotrin, d'autres du caballin. La manière de faire l'extrait d'<i>Aloès</i> est aisée, puisqu'il n'y a qu'à faire dessécher le suc qui coule de ses feuilles coupées. L'<i>Aloé</i> est très-amer, purgatif, bon pour tuer les vers ; extérieurement appliqué en substance, ou en teinture, il résiste à la pourriture, à la gangrène &amp; à la carie.</p><p>On donne encore le nom d'<i>Aloès</i> à un bois pesant, fort résineux, dont les morceaux sont remplis de veines noires &amp; toutes résineuses, de différentes grosseurs &amp; figures, bruns et tirant sur le noir, d'un goût amer &amp; d'une odeur douce &amp; très-agréable, sur-tout lorsqu'on les met au feu, où ils fondent comme de la poix. Les Portugais nous l'apportoient de Calecut, de Sumatra &amp; de Malaca ; mais il est devenu très-rare depuis que les Japonois apporterent en France une grosse quantité de deux sortes de bois résineux odoriférans qu'on vend aujourd'hui chez nos Droguistes pour vrai bois d'<i>Aloès: Xilo Aloës, Lignum Aloës.</i> L'un de ces deux bois, appelé plus ordinairement bois d'<i>Aloès,</i> approche assez de l'ancien ; mais il est en de plus petits morceaux, semblables à des bois pourris &amp; vermoulus, d'une couleur tannée, moins résineux &amp; d'une odeur plus douce, plus fade &amp; d'un goût bien moins amer. L'autre est nommé <i>Calambou,</i> peut-être par corruption, au lieu de Calambac, nom synonyme d'<i>Aloès.</i> Celui- est en grosse buche, pesante, brune, paroissant fort résineux, fort compacte &amp; sans vermoulure, d'une odeur plus forte &amp; d'un goût plus amer que le précédent. On fait avec ce dernier des meubles précieux.</p><p>Il y a encore d'autres bois de différentes couleurs, auxquels on donne le nom de bois d'<i>Aloès,</i> à cause qu'ils sont résineux, &amp; qu'ils exhalent une odeur douce étant brûlés. Mais l'<i>Agallochum</i> est-il différent du <i>lignum Aloès ?</i> Faut-il beaucoup compter sur les descriptions de l'arbre du <i>Xilo Aloès</i> rapportées par les Auteurs ? ne sont-elles point fondées sur des ouï-dire ? &amp; connoissons-nous bien les différences de bois <i>d'Aloès</i> qu'ils ont établies ? Si on en croit Rumphius, hollandois établi à Amboine, c'est un arbre dont le suc laiteux fait perdre la vûe, si par malheur il vient à toucher les yeux. <i>Ephem. d'Allem. ann. 3. Dec. II. pag. 79.</i> Voyez sur l'<i>Aloès</i> Louis Barthema , dans son itinéraire, chap. 20. Hernandez, Muntingius, Commelin, &amp; Daléchamp, T. II. Liv. XVI. chap. 28.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1458" id="1" type="">
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    <head>ALOGE</head>
    <p>
    ALOGE , s. m. Nom de Secte. Théodore de Byzance, Corroyeur de son métier, ayant apostasié pendant la persécution de l'Empereur Sévère, dit, pour se défendre des reproches qu'on lui faisoit : Ce n'est point Dieu que j'ai renié, mais un homme; que Jesus-Christ n'étoit point qu'un pur homme. Ceux qui le suivirent furent nommés en Grec <i>, Aloges,</i> comme rejettant le Verbe. ce mot est composé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de <i>,</i> verbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1459" id="1" type="">
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    <head>ALOGIEN</head>
    <p>
    ALOGIEN , enne, s. m. &amp; f. Nom d'Hérétiques , qui vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de <i>, le verbe,</i> &amp; signifie sans verbe, parce qu'il nioient que Jesus-Christ fût le Verbe éternel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALOI</head>
    <p>
    ALOI , s. m. Certain degré de bonté, lequel résulte du mélange de plusieurs métaux qui ont quelque conformité entr'eux ; ou titre légitime des monnoies, &amp; des ouvrages d'or &amp; d'argent suivant les Edits du Prince. <i>Legitima materiae nummariae conflatura.</i> L'or doit être travaillé à un certain carat pour être de bon <i>aloi.</i> Le titre de l'argent doit être de tant de deniers de fin, autrement il est de mauvais <i>aloi.</i> Ce mot est composé de <i>loi,</i> qu'on dit aussi en même sens, qui est fait selon l'Edit et la Loi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALOI</head>
    <p>
    Aloi , se dit figurément de la valeur &amp; bonté de toute autre chose. Cette drogue n'est pas de bon <i>aloi,</i> elle est falsifiée. <i>Adulterinum pharmacum.</i> Cette raison est de mauvais <i>alois,</i> elle ne passera jamais. <i>Adulterina, non proba ratio.</i></p><p>On dit aussi qu'un homme est de bas <i>aloi,</i> pour dire qu'il est de basse naissance, d'une profession vile, ou qu'il est méprisable par lui-même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1461" id="1" type="">
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    <head>ALOIÈRE</head>
    <p>
    ALOIÈRE , s. f. <i>Alloverium, marsupium.</i> Vieux mot, qui signifie une gibecière<i>.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1462" id="1" type="marine">
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    <head>ALOIGNE</head>
    <p>
    ALOIGNE , s. m. Terme de Marine . Voyez BOUÉE, Autrefois ce mot se disoit pour <i>délai, retardement. Mora.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1463" id="1" type="">
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    <head>ALOIGNER</head>
    <p>
    ALOIGNER . Ce verbe autrefois se disoit pour <i>allonger.</i> Borel.</p><p><i>Ce fut el mois de may que le temps s'aloigna.</i> R de Guyot de Nanteuil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1464" id="1" type="">
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    <head>ALONGE, ALONGEMENT, ALONGER</head>
    <p>
    ALONGE, ALONGEMENT, ALONGER . Voyez ALLONGE, ALLONGEMENT, ALLONGER.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALOPÉCIE</head>
    <p>
    ALOPÉCIE , s. f. Sorte de maladie qui fait tomber le poil de la tête &amp; quelquefois les sourcils &amp; la barbe, autrement <i>la Pelade Alopecia.</i> Elle est ainsi appellée par les Médecins, parce que le renard, qu'on nomme en Grec <i>,</i> est sujet dans sa vieillesse à une certaine galle qui lui fait tomber le poil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1466" id="1" type="">
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    <head>ALOPH</head>
    <p>
    ALOPH , s. m. Nom propre d'homme, <i>Eliphius.</i> Saint Eliphile, que le vulgaire nomme S. <i>Aloph</i> en divers endroits, &amp; S. <i>Eloph</i> en d'autres, étoit de la ville de Toul en Lorraine, &amp; de l'une des meilleures familles de la première Belgique. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1467" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALORS" />
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    <head>ALORS</head>
    <p>
    ALORS . Adverbe qui veut dire, En ce temps-là. <i>Tùm, Tunc.</i> Vaugelas dit dans ses Remarques, que cet adverbe ne doit pas être suivi immédiatement d'un <i>que</i> : Quand vous aurez accompli votre promesse, alors je verrai ce que j'aurai à faire. Cela est vrai, cependant il falloit s'exprimer d'une manière plus précise ; car il est constant qu'on dit fort bien, Ce fut <i>alors</i> que cette excellente mère commença ouvertement à triompher de joie. Il faut donc dire qu' <i>alorsque</i> ne vaut rien, quand on l'emploie pour la conjonction <i>lorsque .</i> Ainsi pour bien parler on doit dire, Je fus bien fâché <i>lorsque</i> j'eus fait cela ; et non pas <i>alorsque</i> j'eus fait cela. Ce qui néanmoins ne se doit entendre que de la prose ; car on dit toujours en prose <i>alors</i> &amp; non pas <i>lors ; lorsque ,</i> &amp; non pas <i>alorsque ;</i> mais de bons Poëtes disent quelquefois en vers <i>alorsque,</i> comme l'a remarqué le P. Mourgues, au lieu de <i>lorsque,</i> &amp; <i>lors</i> pour <i>alors,</i> selon qu'ils ont besoin, ou qu'ils ont trop d'une syllabe.</p><p><i>Lors</i> pour <i>alors</i> ne se dit plus même en Poësie. Mais <i>alorsque</i> pour <i>lorsque</i> , est une de ces licences qui ont souvent, surtout dans la Poësie sublime, plus de grace &amp; de noblesse que les mots dont on se sert ordinairement. Restaut.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALORS</head>
    <p>
    Alors , signifie aussi, En ce sens-là : Si on fait une telle objection, <i>alors</i> je répondrai.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALORS</head>
    <p>
    Alors <i>comme alors.</i> Proverbe qui signifie, selon les diverses conjonctures où l'on se trouve. Si une telle chose arrive, <i>alors</i> comme <i>alors ;</i> c'est-à-dire, nous verrons <i>alors</i> quel parti nous prendrons.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ALOSE</head>
    <p>
    ALOSE , s. f. Sorte de poisson de mer ressemblant à la sardine, mais bien plus gros. <i>Alausa, alosa. L'alose</i> monte au printemps par les rivières, &amp; sur-tout par les graveleuses, où elle devient fort grasse. On fait grand trafic d'oeufs d'<i>alose</i> dans les Indes, où on en voit plusieurs grands navires tous chargés. Quelques-uns dérivent ce mot du Grec , qui signifie <i>sel</i> : car en effet, l'<i>alose</i> aime tant le sel, qu'elle suit les bateaux qui en sont chargés, plus de trois cent lieues en terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1469" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALOSER, & ALOUZER" />
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    <head>ALOSER, & ALOUZER</head>
    <p>
    ALOSER, &amp; ALOUZER . Ce mot se disoit autrefois pour <i>louer. Laudare.</i> Voyez le Roman d'Artus. Il se disoit aussi pour <i>acquerir l'os,</i> ou <i>renom. Famam parare.</i> Voyez Perceval &amp; le Roman de la rose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1470" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALOST" />
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    <head>ALOST</head>
    <p>
    ALOST . <i>Alostum.</i> Ville des Pays-bas sur la rivière de Dender, Capitale de la Flandre Impériale. Quelques Auteurs prétendent que la ville d'Alost fut bâtie au Ve siècle par les Goths. Le Comté d'<i>Alost. Alostanus Comitatus,</i> est presque renfermé entre l'Escaut, la Denre &amp; la Tenre. La race des Comtes d'<i>Alost</i> finit en 1165.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1471" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALOUETTE" />
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    <head>ALOUETTE</head>
    <p>
    ALOUETTE . s. f. Petit oiseau gris, bon à manger, &amp; qui chante agréablement. <i>Alauda, Galerita, Cassita.</i> Il couvre trois fois l'année, en Mai, en Juillet, &amp; en Août. Il élève ses petits en moins de quinze jours, &amp; vit 9. à 10. ans. Olina. On prend les <i>alouettes</i> au miroir, &amp; avec des filets. Il y a deux sortes <i>d'alouettes,</i> l'une huppée, ou crêtée, qui a sur la tête une crête de plume comme le paon, &amp; qui se nourrit en terre. On l'appelle en Latin <i>alauda cristata, &amp;</i> en François Cochevis. L'autre sorte qui s'appelle simplement <i>alouette,</i> vit en groupe, &amp; est le premier oiseau qui annonce l'Eté: mais on dit que les mâles deviennent borgnes , s'ils sont nourris en cage.</p><p>On prend des <i>alouettes</i> au miroir, aux lacets, &amp; à la ridée. Les <i>alouettes</i> en ragoût s'apprêtent en les passant à la poële , avec du lard fondu &amp; un peu de farine, puis on les met dans une terrine avec du lait &amp; du vin blanc ; on les assaisonne de sel, de poivre &amp; de cannelle ; on les laisse cuire ainsi, jusqu'à ce que la sauce en soit courte. On y met un jus d'orange, &amp; on le sert.</p><p>On les appelle en latin <i>galerita,</i> ou <i>alauda,</i> &amp; en grec . Ménage dérive ce mot de <i>alaudetta,</i> diminutif de <i>alauda :</i> c'est un mot que les Romains ont pris de l'ancien Gaulois, lorsque Jules Cesar leva des Soldats dans les Gaules, qui s'appellerent <i>alouettes</i> à cause de la figure de leur casque, ressemblant à des <i>alouettes</i> huppées, comme dit Suétone. Ainsi il n'est pas vrai que cet oiseau ait été nommé <i>alauda,</i> parce que leurs ailes ont une fréquente agitation ; <i>Alauda ab insigni alarum agitatione,</i> comme quelques-uns le prétendent. On trouve quelquefois dans la basse Latinité <i>Acredula.</i> Adelin, Evêque de Seez, dans Le livre des miracles de Sainte Oportune dit : <i>Vidit aviculam nomine Acredulam, quam vulgus vocavit Alaudam ;</i> ce qui montre qu<i>'Alauda</i> était encore au IXe siècle le nom commun en France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1471" id="2" type="">
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    <head>ALOUETTE</head>
    <p>
    Alouette de mer. Oiseau qui ressemble à l'<i>alouette</i> de terre, sinon qu'il est un peu plus gros, plus brun par dessous le corps, &amp; plus blanc par dessus le ventre. Bell.</p><p>On appelle communément des terres sabloneuses, des terres à <i>alouette.</i></p><p>On dit proverbialement d'un fainéant, qu'il attend que les <i>alouettes</i> lui tombent toutes rôties dans le bec. On dit, si le Ciel tomboit, il y auroit bien des <i>alouettes</i> prises, à ceux qui craignent des accidens qui n'arriveront jamais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1472" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALOURDIR" />
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    <head>ALOURDIR</head>
    <p>
    ALOURDIR , v. act. C'est faire un bruit capable d'incommoder la tête, &amp; la rendre lourde, ou stupide. <i>Obtundere.</i> Le bruit des cloches, &amp; des carosses qui passent par cette rue, est capable d'<i>alourdir</i> les gens. Regnier a dit des Poëtes importuns récitateurs, Qu'ils <i>alourdent</i> de vers, d'alégresse vous privent. Ce mot est vieux, &amp; n'est guère en usage qu'au participe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1472" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALOURDIR" />
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    <head>ALOURDIR</head>
    <p>
    Alourdi, ie , part. et adj. Obtusus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1473" id="1" type="">
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    <head>ALOYAU</head>
    <p>
    ALOYAU , s. m. Pièce de buf qu'on coupe le long des vertèbres au haut bout du dos de cet animal. <i>Bubula costa.</i> On dit un <i>aloyau</i> de la première, de la seconde<i>,</i> de la troisième pièce. Quand il n'y a de la chair que d'un côté, on l'appelle une <i>charbonnée.</i> On l'appelle aussi , <i>la pièce de huit heures,</i> car elle est bonne à manger quand on déjeune du matin. L'<i>aloyau</i> se mange ordinairement, ou rôti, ou mariné, ou mis en ragoût.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1474" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="ALOYER" />
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    <head>ALOYER</head>
    <p>
    ALOYER , v. act. Terme de Monnoie . Donner à l'or &amp; à l'argent l'aloi requis &amp; ordonné par les loix. <i>Legitimâ materiâ nummum afficere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1475" id="1" type="">
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    <head>ALOYÉ</head>
    <p>
    ALOYÉ , ée, part. &amp; adj. Qui a le degré de pureté, ou d'aloi, c'est-à-dire, d'alliage ordonné par la loi. <i>Ad legem exactus, legitimâ materiâ constans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1476" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALPAGE" />
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    <head>ALPAGE</head>
    <p>
    ALPAGE , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:ALPEN">ALPEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1477" id="1" type="">
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    <head>ALPEN, & ALPAGE</head>
    <p>
    ALPEN, &amp; ALPAGE , subst. m. Qui signifie un lieu qui n'est point labouré, &amp; qui ne sert que de pâturage. Chorier. <i>Hist. de Dauphiné C.</i> I. <i>p.</i> 93. Si ce mot est en usage ce n'est qu'en Dauphiné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1478" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALPES" />
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    <head>ALPES</head>
    <p>
    ALPES , s. f. Ce sont de fort hautes montagnes qui séparent l'Italie de la France, de la Suisse &amp; de l'Allemagne, &amp; qui commençant à la côte de la mer de Gènes, vont en demi cercle finir à la mer Adriatique , ou Golfe de Venise. Les <i>Alpes</i> ont eu différens surnoms en différens endroits. Les <i>Alpes</i> Maritimes <i>Alpes Maritimae,</i> ou <i>Littoreae,</i> sont celles qui s'étendent depuis la côte de Gènes, jusqu'au mont Viso, ou à la source du Pô. Les <i>Alpes</i> Cottiennes, <i>Alpes Cottianae,</i> ou <i>Cottiae,</i> depuis le mont Viso jusqu'au mont Ceniz, ainsi nommées de <i>Cottus,</i> ou <i>Cottius ,</i> qui regna dans ces montagnes. Les <i>Alpes</i> Grecques, <i>Alpes Graiae,</i> depuis le mont Ceniz jusqu'au mont S. Bernard. Les A<i>lpes</i> Apennines, <i>Alpes Apenninae, Penninae, Paenae,</i> ou <i>Poeninae,</i> celle du Valais, entre le mont Saint Bernard &amp; celui de Saint Gothard. Les <i>Alpes</i> hautes, <i>Alpes summae ,</i> celles du mont S Gothard, &amp; aux environs des sources du Rhin &amp; du Rhône dans la Suisse. Les <i>Alpes</i> Lépontiennes , <i>Alpes Lepontinae,</i> au Midi <pb n="174" facs="bpt6k8542165/f214/full/1200,/0/native.jpg"/>des hautes <i>Alpes</i> entre la source du Rhin, &amp; le Lac Mayor. Les <i>Alpes</i> Rhétiques, <i>Alpes Rhaeticae, Juga Rhaetica,</i> à l'Orient des hautes <i>Alpes,</i> entre les Grisons &amp; la Walteline. Les <i>Alpes</i> Tridentines, <i>Alpes Tridentinae,</i> entre le Tirol, &amp; l'Evêché de Trente. Les <i>Alpes</i> Noriques, <i>Alpes Noricae,</i> au Levant des Tridentines, entre l'Evêché de Saltzbourg &amp; l'Etat de Venise. Les <i>Alpes</i> Carniques, <i>Alpes Carnicae,</i> à l'Orient des Noriques, entre la Carinthie &amp; le Frioul. Les <i>Alpes</i> Juliennes, <i>Alpes Juliae,</i> grande partie des <i>Alpes,</i> &amp; la plus Orientale, qui s'étend depuis la rivière de Lisonzo jusqu'au Golfe de Carnero, ayant la Carniole au Nord, &amp; une grande partie du Frioul avec l'Istrie au Midi. Ptolemée comprend aussi celles-ci sous le nom de Carniques. Le nom de Juliennes leur vient du <i>Forum Julium,</i> Frioul qui en est près ; &amp; le nom de Carniques, du nom des Carnes, Peuples qui les habitoient ; &amp; ainsi des autres noms qu'elles ont tiré la plupart des villes ou des Peuples qui y étoient.</p><p><i>Alpes</i> est un nom Celtique, composé de <i>al,</i> qui signifie <i>haut, élevé ;</i> &amp; <i>pen,</i> qui dans cette langue veut dire le sommet d'une montagne. Il paroît que c'est la vraie étymologie de ce nom. Servius la confirme, en disant, sur le 13e vers du Xe livre de l'Enéide, que les Gaulois appellent <i>Alpes</i> toutes les hauteurs des montagnes. Hiérôme, Moine Camaldule qui a fait la vie de Saint Romuald, y prend souvent le nom d'<i>Alpes</i> pour un nom appellatif, qui signifie de hautes montagnes ; car en parlant des lieux ou ce Saint établit des Monastères dans l'Etrurie &amp; dans le mont Apennin, il dit, C. 2. <i>Ornantur Monasteriis innumerae Alpes,</i> &amp; Ch. 10. <i>Veniens itaque pater Sanctus in Romandiolam ascendit altissimum Apennini montem, lustrans Alpes per circuitum, &amp;c.</i> On trouve encore d'autres exemples, où le mot <i>Alpes</i> est pris en général pour montagnes ; &amp; même <i>Alpis</i> au singulier, pour <i>mons,</i> une montagne. Voyez la vie de S. Landulphe, <i>Act. Sanct. T. II. p.</i> 44. B. Chorier remarque que Penne est un village dans le Diois, bâti sur une éminence ; &amp; il veut que le nom de Puy tire aussi de là son origine. Cependant Fostus prétend que ce nom a été donné à ces montagnes à cause des neiges dont elles sont toujours couvertes ; qu'<i>alphor</i> en Grec signifie blanc, &amp; que les Sabiens au lieu d'<i>alphus</i> disoient <i>alpus,</i> d'où s'est formé ce nom <i>Alpes.</i> Bochart a recours aux Phéniciens à son ordinaire ; il soutient <i>Chan. L. I. C.</i> 42. que c'est eux qui ont donné le nom à ces montagnes, qu'il vient de , <i>laban,</i> blanc, d'où le nom Liban a aussi pris son nom. , <i>alban,</i> dans la forme Syriaque signifie être blanc ; de là s'est fait <i>Alpes.</i> M. d'Herbelot, qui croit aussi que les <i>Alpes,</i> comme le Liban, ont pris leur nom de la blancheur des neiges qui les couvrent, le tire du Grec , blanc, &amp; cite sur cela Fostus, &amp; Procope, <i>De bello Goth. L. I.</i> Eustathius sur Denys le Géogr. fait entendre qu'<i>Alpes</i> signifie un col dans des montagnes. On trouve aussi ce nom, pour signifier un pâturage dans des montagnes, d'où s'est formé <i>Alpagium,</i> qui signifie le droit d'y conduire ses bestiaux, ou le prix qu'on paye pour en avoir la permission. Mais tous ces sens dérivés sont postérieurs au nom &amp; à la signification des <i>Alpes.</i></p><p>Les Grecs les nomment , &amp; Phavorinus . On trouve même dans Lycophron ; Isacius son Commentateur l'entend des <i>Alpes.</i></p><p>Cluvier a traité fort au long des <i>Alpes</i> dans son Italie ancienne, Liv. 1. Ch. 30. &amp; Josias Simler en a fait un Traité exprès, intitulé <i>De Alpibus.</i> Voyez aussi Gaudentius Merula. <i>De Antiq. Gallor. Cisalp. Liv. III. C.</i> 5. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1478" id="2" type="">
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    <head>ALPES</head>
    <p>
    Alpes , se prend aussi dans le style figuré &amp; bas, &amp; signifie <i>Bosse.</i> Prétendez-vous en belle taille avec les <i>Alpes</i> sur le dos ? C'est-à-dire, avec une bosse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1479" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALPHA" />
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    <head>ALPHA</head>
    <p>
    ALPHA , s. m. C'est le nom de la première lettre des Grecs. Ce nom est originairement Hébreu, &amp; vient du verbe , <i>alaph,</i> qui signifie apprendre, d'où s'est formé , qui signifie le Chef, le premier d'une troupe, celui qui la conduit. C'est dans ce sens que les Hébreux ont appellé leur première lettre <i>aleph.</i> Les autres Peuples lui ont donné le même nom. Les Chaldéens le nomment <i>Alpha</i> ; les Syriens <i>Olaph</i> ; les Arabes <i>Eliph,</i> &amp; les Grecs <i>Alpha.</i> Cet <i>Alpha</i> n'est pas bien formé, cet <i>alpha</i> est inutile ; il faut l'ôter.</p><p>Parce que l'<i>alpha</i> est la première lettre, on a dit figurément <i>alpha</i> ; pour dire premier. C'est ainsi que Jesus-Christ dans l'Apocalypse XXII. 13. <i>Ego sum alpha &amp; omega, primus &amp; novissimus, principium &amp; finis.</i> Je suis l'<i>alpha,</i> &amp; l'<i>omega,</i> le premier &amp; le dernier, le commencement &amp; la fin. Bouh. C'est ainsi que sur des médailles de Constantius, de Magnentius, de Decentius, &amp; de quelques autres Empereurs, nous trouvons le monogramme de Jesus-Christ, c'est-à-dire les deux premières lettres du nom , &amp; à droit à ganche un . pour faire allusion aux paroles de S. Jean que je viens de rapporter, en disant dans cette inscription &amp; , <i>Jesus-Christ est l'alpha &amp; l'omega, le premier &amp; le dernier, le principe &amp; la fin</i> de toutes choses : témoignages authentiques que telle étoit la foi des Chrétiens dans nos premiers siècles ; qu'ils étoient persuadés que c'est à Jesus-Christ que doivent s'appliquer ces paroles de l'Apocalypse, &amp; par conséquent qu'il est le Dieu souverain ; puisqu'il n'y a que le Dieu souverain de qui on les puisse dire sans blasphème. On trouve aussi sur les monnoies de nos premiers Rois l' &amp; l' aux côtés de la Croix. Le Blanc p. 14. rapporte un tiers de sol d'or d'un des Clovis où cela se voit. C'est aussi dans le sens dont nous parlons, que Martial, Liv. II. Ep. 57. appelle en plaisantant un certain Codrus l'<i>alpha</i> des gens proprement vêtus. <i>Alpha penulatorum.</i> Les anciens Chrétiens faisoient graver un &amp; un sur leurs tombeaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1479" id="2" type="">
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    <head>ALPHA</head>
    <p>
    Alpha subst. Nom de quelques rivières de Suisse &amp; de Westphalie, qu'on appelle aussi Aa. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1480" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALPHABET" />
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    <head>ALPHABET</head>
    <p>
    ALPHABET , s. m. Disposition par ordre des lettres d'une langue. <i>Litterarum elementa, Litterae. Alphabet</i> Latin, François, Grec. Cette lettre n'est point dans notre <i>alphabet.</i> Ce mot vient de ce que l'<i>alphabet</i> des Grecs commençoit par <i>alpha bita</i> ; noms des deux premières lettres, qu'ils avoient pris des Hébreux, chez qui elles s'appellent <i>aleph, beth.</i> Il y a dans Bouteroue, <i>Rech. Cur de Monn. de France p.</i> 157. un <i>Alphabet</i> Gaulois tiré des légendes de leurs monnoies, dont les caractères sont fort différens de ceux dont on use à présent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1480" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALPHABET" />
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    <head>ALPHABET</head>
    <p>
    l'Alphabet François est composé de 23. lettres. Grégoire de Tours rapporte que le Roi Chilperic voulut transplanter dans l'<i>alphabet</i> toutes les lettres doubles des Grecs : , afin de représenter par un seul caractère <i>th, ph, ch, cs, ps.</i> Cet usage ne dura qu'autant que son regne. Pasquier prétend que l'<i>alphabet</i> François est composé de 25. lettres ; parce qu'il y ajoûte ces deux lettres doubles <i>&amp;</i> pour <i>et</i> &amp;, pour <i>us :</i> mais ce ne sont que des abbréviations. Mr l'Abbé Dangeau prétend, avec beaucoup plus de fondement, que nous avons 34. sons différens dans notre langue, &amp; que conséquemment notre <i>alphabet</i> devroit être composé de 34. caractères différens, en retranchant même nos lettres doubles qui sont x &amp; y, &amp; une superflue, qui est le q. Rien n'est plus exact, ni plus savant en fait de Grammaire, que ce que cet illustre Académicien en a écrit dans ses <i>Essais de Grammaire.</i> Voyez ce que nous en dirons au mot LETTRE. Le P. Buffier, dans la Grammaire, a suivi le sentiment de Mr l'Abbé Dangeau à cela près qu'il n'admet que 14. voyelles, au lieu que Mr l'Abbé Dangeau en admet 15. ; car il ne distingue point l'<i>au</i> de l'<i>o,</i> &amp; réduit par là notre <i>alphabet</i> à 33. lettres. Voyez au mot LETTRE, au mot CONSONNE, &amp; au mot VOYELLE. Aureste, quoique ces Auteurs aient raison, néanmoins le mot <i>alphabet</i> ne se prenant que pour les lettres écrites, ou les caractères dont on écrit les mots d'une langue, il est toujours vrai que le nôtre n'a que 22. caractères pour exprimer ces 33. ou 34. sons. Les autres langues n'ont pas toutes le même nombre de lettres dans leur <i>alphabet.</i> L'<i>Alphabet</i> Hébreu, le Chaldéen, le Syrien, le Samaritain, ont 22. lettres ; l'Arabe 28 ; le Persan, 31, le Turc 33 ; le Georgien 36 ; le Cophte 32 ; le Moscovite 43 ; le Grec 24 ; le Latin 22 ; le Sclavon 27 ; l'Allemand, le Flamand, l'Anglois, 26 ; l'Espagnol, 27 ; l'Italien 20 ; les Indiens de Bengale 21 ; les Bramans 19. Les Chinois n'ont point d'<i>alphabet</i> comme nous, qui contienne les élémens &amp; comme les principes des paroles. Leurs lettres sont des hiéroglyphes, &amp; l'on en compte plus de 80000. <pb n="175" facs="bpt6k8542165/f215/full/1200,/0/native.jpg"/>Le P. Le Comt. On ne doit pas au reste être étonné du petit nombre de lettres qu'il y a dans l'<i>alphabet</i> de la plupart des langues : on pourroit encore retrancher les lettres doubles, comme inutiles, &amp; ne donner que 24. lettres à un <i>alphabet</i> ; &amp; ces 24. lettres combinées entre-elles donneroient un nombre de mots, qui passe de beaucoup le nombre des mots des langues que nous connoissons. Mr Prestet en a fait la supputation dans ses <i>nouveaux élémens de Mathématiques,</i> &amp; il a trouvé que toutes les combinaisons de 24. lettres prises seules d'abord, &amp; ensuite deux à deux, trois à trois, &amp; ainsi de suite jusques à vingt-quatre, font le nombre suivant.</p><p>1391724288887252999425128493402200.</p><p>On peut exprimer ainsi par paroles la valeur de ces 34. chiffres, un million trois cents quatre-vingts onze mille milliards de milliards de milliards ; sept cents vingt-quatre milliards de milliards de milliards ; deux cents quatre-vingt-huit millions de milliards de milliards ; huit cents quatre-vingt-sept mille milliards de milliards ; deux cents cinquante-deux milliards de milliards ; neuf cents quatre-vingt dix-neuf millions de milliards ; quatre cents vingt-cinq mille milliards ; cent vingt-huit milliards ; quatre cents quatre-vingt-treize millions ; quatre cents deux mille deux cents mots, ou combinaisons de 24. lettres. Sur quoi il faut remarquer, que chaque combinaison peut faire un mot, lors mème que dans la combinaison il ne se trouve point de voyelle ; parce que dans la prononciation on insère imperceptiblement notre <i>e</i> muet entre les consonnes, ou après la seconde, s'il n'y en a que deux de suite à la fin du mot ; sans cela la dernière seroit inutile, &amp; ne seroit point entendue : on peut remarquer l'usage de cet <i>e</i> muet dans la Langue Allemande &amp; dans la Langue Arménienne, dont la plupart des mots ont plusieurs consonnes de suite. Il faut ajoûter que chaque lettre seule fait un mot, ce que l'on comprend aisément si cette lettre est voyelle, puisque , font des mots dans la langue Grecque, <i>a, e, o,</i> en font dans la Latine ; <i>a, o, y,</i> en font dans la langue Françoise ; <i>a, e, i, o,</i> dans l'Italienne ; <i>a, y,</i> dans la langue Espagnolle, <i>a, o,</i> dans la langue Portugaise ; <i>i, o,</i> dans la langue Angloise ; <i>o,</i> dans presque toutes les langues, même dans l'Allemande &amp; la Suédoise ; une consonne seule peut aussi faire un mot, en mettant après elle dans la prononciation un <i>e</i> muet. Enfin, quand on retrancheroit une grande partie des combinaisons possibles de vingt-quatre lettres, il en resteroit encore un nombre immense. Il y a dans la Bibliothèque du Roi un ouvrage Arabe intitulé <i>Sephat Alacham,</i> qui comprend plusieurs différentes sortes d'<i>alphabets</i> imaginaires, que l'Auteur distingue en Prophétiques, Mystiques, Philosophiqus, Magiques, Talismaniques, &amp;c. d'Herb. M. Lodwick a donné l'Essai d'un <i>Alphabet</i> universel, que l'on trouve dans les Transactions Philosophiques T. III. p. 373. &amp; suiv. L'Auteur du Poëme de la Magdelaine au désert de la Sainte Baume, représente cette sainte Pénitente apprenant toutes les sciences depuis l'<i>Alphabet</i> jusqu'à la Théologie, &amp; dit :</p><p>On dit, Etre encore à l'<i>alphabet</i> ; pour dire, Etudier encore le petit livre qu'on donne aux enfans pour apprendre les lettres. <i>Elementarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1480" id="3" type="">
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    <head>ALPHABET</head>
    <p>
    Alphabet , se dit aussi des ferremens, ou poinçons qui servent au Doreurs, aux Graveurs, &amp; autres ouvriers, pour marquer, graver, ou imprimer les caractères, ou les lettres qui sont sur leurs pointes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1480" id="4" type="">
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    <head>ALPHABET</head>
    <p>
    Alphabet , en termes de Polygraphie , est le double du chiffre que garde par devers soi chacun des correspondans, qui se doivent écrire secrettement : c'est un <i>alphabet</i> où les lettres ordinaires sont disposées par ordre ; &amp; vis-à-vis, où au dessous sont les caractères secrets qui y répondent ; les nulles, ou lettres inutiles, ou les autres marques qui servent à le rendre indéchiffrable.</p><p>On a donné le nom d'<i>alphabet</i> à plusieurs livres. Postel imprima un <i>alphabet</i> de douze langues. Plusieurs ont donné des <i>alphabets</i> Grecs, ou Hébreux. L'<i>alphabet</i> de la France est un livre de Géographie de France. L'<i>Alphabetum Augustinianum</i> est une Histoire de tous les Monastères des Augustins par ordre alphabétique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1481" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALPHABETIQUE" />
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    <head>ALPHABETIQUE</head>
    <p>
    ALPHABETIQUE , adj. Qui est selon l'ordre de l'alphabet. <i>Quod Litterarum seriem, ordinem servat.</i> Table <i>alphabétique.</i> Un bon Dictionnaire doit être disposé par ordre <i>alphabetique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1482" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALPHANET" />
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    <head>ALPHANET</head>
    <p>
    ALPHANET , s. m. C'est un oiseau de proie très-doux &amp; très-agréable, qui sert au vol de la perdrix, &amp; du lièvre. <i>Tunetanus accipiter.</i> Les Grecs lui ont donné ce nom de la première lettre de leur alphabet ; mais en France on l'appelle <i>Tunissien,</i> parce qu'il vient de Tunis en Barbarie, où il est fort estimé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1483" id="1" type="">
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    <head>ALPHÉE</head>
    <p>
    ALPHÉE , s. m. <i>Alpheus.</i> Fleuve du Péloponèse, aujourd'hui <i>Orfea.</i> Les Italiens le nomment Carbon. Il arrose l'Arcadie &amp; l'Achaie, &amp; se décharge dans la mer Ionienne au dessous de Pise. Les Poëtes ont feint qu'<i>Alphée,</i> conservant la passion qu'il avoit eue pour Aréthuse, qui fut changée en une fontaine qui est en Sicile, &amp; porte son nom, passe sous les flots de la mer sans s'y mêler, &amp; vient joindre ses eaux avec celles de cette fontaine. Pomponius Mela &amp; Pline disent qu'on retrouve dans la fontaine d'Aréthuse ce que l'on jette dans le fleuve <i>Alphée.</i> Cette opinion a donné lieu à la fable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1484" id="1" type="astronomie">
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    <head>ALPHETA</head>
    <p>
    ALPHETA , Terme d'Astronomie . C'est une étoile fixe de la seconde grandeur, autrement appellée <i>Lucida Coronae.</i> Elle est dans la Couronne Septentrionale. Sa longitude est 217°, 38'. Sa latitude 44°, 23'. Son ascension droite 230°, 12'.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1485" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALPHONSE, ALPHONSINE" />
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    <head>ALPHONSE, ALPHONSINE</head>
    <p>
    ALPHONSE, ALPHONSINE . Voyez ALFONCE, ALFONCINE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1486" id="1" type="bassette">
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    <head>ALPION</head>
    <p>
    ALPION , s. m. Terme de Bassette . <i>Alpion</i> est une marque que l'on fait à sa carte, pour marquer qu'on joue sa couche, &amp; ce que le Banquier doit. J'ai fait six <i>alpions,</i> que j'ai tous perdus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1487" id="1" type="grainetiers de paris">
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    <head>ALPISTE</head>
    <p>
    ALPISTE , s. f. Terme de Grainetiers de Paris . C'est la semence d'une espèce de Chiendent, qu'on appelloit autrefois <i>Phalaris.</i> Le propre nom de cette semence, c'est <i>Graine de Canarie,</i> parce qu'on en nourrit les serins de Canarie. Cette graine est un peu plus menue que le millet, tantôt blanche, tantôt noirâtre, tantôt grise, ou de couleur isabelle. C'est la graine d'une plante qui s'appelle <i>Gramen spicatum semine meliaceo albo.</i> On croit que cette graine a été apportée des Isles de Canarie. On la cultive maintenant en France &amp; en Flandres. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de Tournefort. <i>Instit. Rei Herbar.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1488" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALQUAQUENGE" />
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    <head>ALQUAQUENGE</head>
    <p>
    ALQUAQUENGE . Simple. <i>Solanum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1489" id="1" type="fleuriste">
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    <head>ALQUITTE</head>
    <p>
    ALQUITTE . Terme de Fleuriste . Tulipe panachée de jaune &amp; de rouge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1490" id="1" type="astronomie">
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    <head>ALRAMECH</head>
    <p>
    ALRAMECH Terme d'Astronomie . C'est le nom Arabe de l'Arcturus ; il signifie Cavalle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1491" id="1" type="">
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    <head>ALRÉDE</head>
    <p>
    ALRÉDE , s. m. <i>Alredus.</i> Nom propre corrompu de Athelrède, ou Ethelrède, de la même manière que Albert a été fait de Aldebert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1492" id="1" type="">
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    <head>ALSACE</head>
    <p>
    ALSACE , s. f. <i>Alsatia.</i> En Allemand <i>Elsatze.</i> Goldast l'appelle en Latin <i>Elisaza,</i> &amp; d'autres <i>Alesatia.</i> L'<i>s</i> se prononce comme un <i>z.</i> Nom d'une Province d'Allemagne, située le long du Rhin, qui la traverse. Elle a à l'Orient la Suabe &amp; le Duché de Wirtemberg, au Septentrion le Palatinat du Rhin, au Couchant la Lorraine, au Midi une partie de la Bourgogne, &amp; une partie de la Suisse.</p><p>Quelques Auteurs prétendent que ce nom vient par corruption &amp; abbréviation de <i>Edelsatz,</i> qui signifie assiette belle &amp; noble. D'autres le dérivent du nom du fleuve Illa, comme si l'on avoit dit d'abord <i>Ilsatz</i>, &amp; ensuite changeant l'<i>i</i> en <i>e, Elzatz,</i> qui signifieroit, assiette aux environs ou sur les bords du fleuve Illa. C'est le sentiment de Lymnaeus Liv. VII. Ch. 3. Car ce fleuve, dit-il, s'est appellé d'abord Helled, &amp; puis Ell, d'où l'on a fait <i>Elsas.</i></p><p>Les Rois de France ont possédé l'<i>Alsace</i> jusqu'à Othon I. dans le Xe. siècle. On dit que Childeric érigea l'<i>Alsace</i> en Duché. Othon III. l'érigea en Landgraviat. La Maison d'Autriche se l'étoit approprié. La France l'a conquise, &amp; elle lui a été cédée par les Traités de Munster en 1648. &amp; celui des Pyrenées <pb n="176" facs="bpt6k8542165/f216/full/1200,/0/native.jpg"/>en 1659. La Capitale d'<i>Alsace</i> est Strasbourg, que le Roi prit en 1681. L'<i>Alsace</i> est un Landgraviat. On dispute si l'Evêque de Strasbourg a été Seigneur de l'<i>Alsace,</i> &amp; si le Landgraviat a été un fief dépendant de l'Evêque. Imhoff soutient la négative, dans sa Notice des Dignités de l'Empire Liv. III. Ch. 7. a. 3. Voyez encore sur l'<i>Alsace</i> M. Obrecth, <i>Prodromus hist. Alsaciae. Limnaeus Jus publ. Imper. Liv. VII. C.</i> 3. <i>n.</i> 1. <i>Liv. VI. C.</i> 3. <i>n.</i> 70. Imhoff dans l'Ouvrage que j'ai cité Liv. I. Ch. 5. n. &amp; Liv. V. Ch. 11.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1493" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTE" />
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    <head>ALTE</head>
    <p>
    ALTE , Voyez <ref type="search" target="head:HALTE">HALTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1494" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTEAFRUTEX" />
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    <head>ALTEAFRUTEX</head>
    <p>
    ALTEAFRUTEX , s. m. C'est un petit arbre qui vient de graine, &amp; qui porte des fleurs comme celles du <i>volubilis,</i> &amp; de même figure. Il y en a de violets &amp; de blancs. Il est quatre ou cinq ans avant que de fleurir. Il ne craint point le froid ; &amp; quand il est dans sa perfection &amp; fleuri, il est charmant à la vûe, &amp; dure fort long-temps. Chomel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1495" id="1" type="">
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    <head>ALTEMBOURG</head>
    <p>
    ALTEMBOURG , ou ALTENBOURG, s. m. Nom de plusieurs villes. <i>Altembourg</i> dans la Misnie en Allemagne sur la rivière de Pleis, Capitale du Duché d'<i>Altembourg. Altemburgum. Altembourg</i> étoit ville Impériale ; mais en 1308. Frederic le Mordu la soumit.</p><p>Le Duché d'<i>Altembourg. Ositia, Osterlandia, Thuringia orientalis, Ducatus Altemburgicus.</i> Pays du Cercle de la haute Saxe, partie autrefois de la Thuringe, aujourd'hui de la Misnie. Il est borné par les territoires de Naümbourg &amp; de Leipsic, par l'Ertzgeburg, le Voitland &amp; la Thuringe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1495" id="2" type="">
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    <head>ALTEMBOURG</head>
    <p>
    Altembourg &amp; Owar, <i>Altemburgum, Ovaria, Flexum.</i> Ville forte de la basse Hongrie, vers les frontières d'Autriche, sur le Danube à quatre lieues au Midi de Presbourg.</p><p>Il y a aussi des <i>Altembourgs</i> en Bavière, en Transylvanie &amp; en Suisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1496" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTÉRABLE" />
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    <head>ALTÉRABLE</head>
    <p>
    ALTÉRABLE , adj. de tout genre. Qui peut être altéré &amp; changé ; qui est sujet à l'altération, &amp; au changement. <i>Mutabilis.</i> Les métaux ne sont pas tous également <i>altérables.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1497" id="1" type="">
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    <head>ALTÉRANT, ANTE</head>
    <p>
    ALTÉRANT, ANTE , adj. verb. Qui se dit de tout ce qui peut causer la soif. <i>Quod sitim inducit, incendit.</i> Il n'y a rien de plus <i>altérant</i> que ces sortes de ragoûts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1498" id="1" type="chymie">
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    <head>ALTÉRATIF, IVE</head>
    <p>
    ALTÉRATIF, IVE , adj. Terme de Chymie . Qui altère, qui apporte quelque changement aux choses. <i>Vim habens immutandi.</i> Remèdes <i>altératifs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1499" id="1" type="">
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    <head>ALTÉRATION</head>
    <p>
    ALTÉRATION , s. f. Action qui change la nature de quelque chose. <i>Mutatio.</i> Aristote admet un mouvement d'<i>altération,</i> qui est cause des générations &amp; corruptions. Selon les Philosophes modernes, il n'y a point d'<i>altération</i> sans mouvement local. Il y a de l'<i>altération</i> dans un corps, lorsqu'il arrive quelque dérangement, ou quelque changement notable dans la figure des parties sensibles, ou insensibles, dont il est composé. Roh. L'<i>altération</i> peut être censée un mouvement, aussi-bien qu'un changement. Bern.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1499" id="2" type="">
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    <head>ALTÉRATION</head>
    <p>
    Altération , signifie aussi, Corruption, changement. <i>Corruptio, depravatio.</i> Cette fausse interprétation est causée par l'<i>altération</i> du texte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1499" id="3" type="">
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    <head>ALTÉRATION</head>
    <p>
    Altération , en parlant des monnoies, signifie, La falsification des Monnoies par l'excès de l'alliage. L'<i>Alteration</i> de la monnoie est un crime capital.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1499" id="4" type="">
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    <head>ALTÉRATION</head>
    <p>
    Altération , signifie aussi la soif causée par la sècheresse du gosier, &amp; de la bouche, faute de salive pour l'humecter. <i>Sitis.</i> La fièvre cause une grande <i>altération.</i> Quand on a marché, quand on s'est échauffé, on sent de l'<i>altération.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1499" id="5" type="">
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    <head>ALTÉRATION</head>
    <p>
    Altération , signifie figurément, émotion d'esprit. <i>Commotio, perturbatio animi.</i> Cette séditieuse harangue causa beaucoup d'<i>altération</i> dans les esprits. Il parut une grande <i>altération</i> sur son visage.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>alterare, changer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1500" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTERCAT" />
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    <head>ALTERCAT</head>
    <p>
    ALTERCAT , s. m. ou ALTERCATION, s. f. ou ALTERCAS, s. m. pl. Débat, contestation entre deux personnes qui ont ensemble de la familiarité. <i>Altercatio.</i> Ils n'ont pas de querelle formée ; mais il y a toujours quelque petite <i>altercation</i> entr'eux. <i>Altercat</i> est vieux ; mais <i>altercation</i> est un peu plus usité. Du Cange dit que ce mot vient d'<i>altercari</i>, qui signifioit simplement s'<i>entretenir ensemble,</i> &amp; <i>altercatio, dialogue.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1501" id="1" type="physique">
   <index type="head" value="ALTÉRER" />
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    <head>ALTÉRER</head>
    <p>
    ALTÉRER , v. act. Terme de Physique . <i>Mutare, corrumpere, vitiare, dépravare.</i> Le feu <i>altère</i> toutes choses, même les métaux. Le soleil <i>altère</i> les couleurs, la fièvre <i>altère</i> le sang. Les exercices trop violens <i>altèrent</i> la santé. Le temps <i>altère</i> toutes choses. Quelque accident peut avoir <i>altéré</i> en ces personnes le sens &amp; l'organe de la vûe. Pelis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1501" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALTÉRER" />
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    <head>ALTÉRER</head>
    <p>
    Altérer , Se dit aussi figurément. La corruption du siècle <i>altère</i> les bonnes coutumes. La subtilité des Commentateurs <i>altère</i> souvent le vrai sens d'un Auteur. Nous rapportons les choses comme nous les avons reçues sans y rien <i>altérer.</i> Vaug. Les Hérétiques ont <i>altéré</i> &amp; falsifié plusieurs endroits de l'Ecriture pour séduire les peuples. Port-R. La flatterie ne peut point anéantir la vérité qu'elle <i>altère,</i> ou qu'elle supprime. Tourr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1501" id="3" type="">
   <index type="head" value="ALTÉRER" />
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    <head>ALTÉRER</head>
    <p>
    Altérer , signifie aussi, Troubler, fâcher, à cause du changement qui en paroît sur le visage. <i>Commovere, irritare, perturbare.</i> Quel sujet inconnu vous trouble &amp; vous <i>altère.</i> Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ALTÉRER</head>
    <p>
    Altérer , signifie aussi, Causer de la soif en desséchant les humeurs qui fournissent la salive. <i>Sitim accendere, gignere, efficere.</i> La chasse <i>altère</i> les chiens, &amp; les Veneurs. Ces mets trop salés m'ont bien <i>altéré.</i> Je crois que c'est en ce sens que l'on dit par métaphore, en termes d'Agriculture , Nos raisins ont été <i>altérés</i> cette année ; c'est-à-dire, n'ont pas donné le fruit si gros qu'on l'espéroit. Ce bois est tout <i>altéré.</i> Ces blés sont <i>altérés</i> pendant les trop grandes sècheresses. Cependant Liger croit que dans ces phrases il signifie changement de nature.</p><p>On dit aussi <i>Altérer</i> les monnoies ; pour dire, les falsifier par un faux alliage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1501" id="5" type="">
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    <head>ALTÉRER</head>
    <p>
    Altérer , est aussi quelquefois neutre passif ; &amp; signifie, Se changer, se diminuer, se corrompre, <i>Corrumpi, depravari, vitiari,</i> Ce vin commence à s'<i>altérer.</i> Les arbres qu'on apporte de loin s'<i>altèrent.</i> Les bonnes coutumes s'<i>altèrent</i> avec le temps. Acad. Fr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1501" id="6" type="">
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    <head>ALTÉRER</head>
    <p>
    Altéré, ée , part. Il a toutes les significations de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>On le dit sur-tout au figuré : Un grand Prince est toujours <i>altéré</i> de gloire. <i>Cupidus gloriae.</i> Les Tyrans étoient <i>altérés</i> du sang des Martyrs. <i>Sitiens sanguinis.</i> On dit d'un homme âpre au gain, que c'est un <i>altéré</i> ; &amp; alors il est substantif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1502" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTÈRES" />
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    <head>ALTÈRES</head>
    <p>
    ALTÈRES , s. f. plur. Inquiétude d'esprit, passions véhémentes. <i>Sollicitudo, anxietas, vehemens animi commotio, perturbatio.</i> L'approche de l'ennemi a mis tout le Royaume en de grandes <i>altères.</i> Ce mot vieillit, &amp; n'est presque plus en usage. Il a signifié aussi autrefois, <i>Enthousiasme,</i> fureur prophétique. Ce mot vient par corruption de <i>artères,</i> parce que la grande émotion cause un violent battement des <i>artères.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1503" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTERNATIF, IVE" />
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    <head>ALTERNATIF, IVE</head>
    <p>
    ALTERNATIF, IVE , adj. Qui succède l'un après l'autre. <i>Alternus, alternatus.</i> Une charge <i>alternative,</i> un Office <i>alternatif,</i> qui s'exerce tour-à-tour. On a supprimé les Officiers triennaux, &amp; quadriennaux, &amp; on a conservé les <i>alternatifs.</i> On dit de deux Officiers Généraux d'armée qui servent chacun leur jour, qu'ils roulent, qu'il ont un commandement <i>alternatif.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1503" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALTERNATIF, IVE" />
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    <head>ALTERNATIF, IVE</head>
    <p>
    Alternative , s. f. Se dit de deux choses dont on propose le choix à quelqu'un. <i>Alterutrum.</i> Prendre l'<i>alternative</i> de deux propositions. Cette <i>alternative</i> ne me plaît pas. On vous propose cette <i>alternative,</i> choisissez. On donne en Justice l'<i>alternative</i> sur l'acceptation des offres ; sur la prestation d'un serment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1504" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTERNATIVEMENT" />
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    <head>ALTERNATIVEMENT</head>
    <p>
    ALTERNATIVEMENT , adv. Tour-à-tour ; l'un après l'autre. <i>Alterna vice, alternis, alternatim.</i> Ces Offices s'exercent <i>alternativement</i> ; chaque Officier a son année d'exercice. On dit aussi en Botanique, que les feuilles d'une Plante sont placées <i>alternativement,</i> lorsqu'elles sont placées l'une après l'autre, &amp; tour-à-tour, des deux côtés d'une branche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1505" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="ALTERNE" />
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    <head>ALTERNE</head>
    <p>
    ALTERNE , adj. Terme de Botanique . <i>alternus.</i> On dit que les feuilles d'une plante sont <i>alternes,</i> lorsqu'elles sont placées <i>alternativement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1505" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALTERNE" />
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    <head>ALTERNE</head>
    <p>
    Alterne , adj. m. Se dit en Géométrie, des angles internes, que forme une ligne qui coupe deux lignes parallèles. Cette ligne fait huit angles : il y en a quatre internes, qui sont aussi <i>alternes</i> par leur situation, qui se répond en alternative. Il y en a deux externes qui sont alternativement opposés avec deux internes. En Trigonométrie la base <i>alterne</i> est différente de la véritable base. Car dans un triangle oblique la véritable base est toujours la somme des côtés, &amp; alors la différence des côtés est appellée base <i>alterne</i> ; <pb n="177" facs="bpt6k8542165/f217/full/1200,/0/native.jpg"/>ou bien la véritable base est la différence des côtés ; &amp; alors la somme de ces mêmes côtés est appellée base <i>alterne.</i> Harr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1506" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ALTERNE, ÉE" />
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    <head>ALTERNE, ÉE</head>
    <p>
    ALTERNE, ÉE , adj. En termes de Blason , se dit de la situation des quartiers, ou des figures, qui se répondent en alternative : comme dans l'écartelé, le premier &amp; quatrième quartier sont <i>alternés,</i> &amp; ils sont d'ordinaire de même nature ; &amp; pareillement le second &amp; le troisième. On dit de même du losengé, fuselé, &amp; échiqueté, des points équipollés, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1507" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTESSE" />
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    <head>ALTESSE</head>
    <p>
    ALTESSE , s. f. Titre d'honneur qu'on donne aux Princes. <i>Celsitudo.</i> Ce n'est qu'un peu avant l'année 1630. que les petits Princes d'Italie ont été traités d'<i>Altesse.</i> En ce temps-là il n'y avoit que le Duc d'Orléans à qui l'on donnoit ce titre. Ensuite (1631.) il se fit donner celui d'<i>Altesse Royale,</i> pour se distinguer des autres Princes. Le Prince de Condé arbora l'<i>Altesse Sérénissime,</i> laissant l'<i>Altesse</i> simple aux Princes naturalisés. Ménage. Ce fut par l'ordre du Cardinal de Richelieu, que l'Ambassadeur Charnasse traita Frederic-Henri Prince d'Orange d'<i>Altesse</i> en 1637. au lieu du titre d'<i>Excellence</i> qu'on lui donnoit. Le Duc de Savoie, à cause de ses prétentions sur le Royaume de Chypre, prend aussi le titre d'<i>Altesse Royale.</i> Les Electeurs prennent celui d'<i>Altesse Electorale.</i> Balzac appelloit Joseph Scaliger, son <i>Altesse</i> de Vérone, en le raillant sur sa prétention de Principauté. Avant Charles-Quint, &amp; même quelque temps après, on ne donnoit que le titre d'<i>Altesse</i> au Roi d'Espagne. Wicq. A l'égard du Grand-Seigneur, ou le Turc, on l'appelle Sa <i>Hautesse.</i> Les Ducs de Savoie n'ont pris le titre d'<i>Altesse</i> Royale, que pour se mettre au-dessus des Ducs de Florence, qui s'étoient fait appeller Grands-Ducs. Mais depuis, le Grand-Duc a pris aussi la qualité d'<i>Altesse</i> Royale, afin de s'égaler au Duc de Savoie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1508" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ALTESSE" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>ALTESSE</head>
    <p>
    ALTESSE , s. f. Terme de Fleuriste . Oeillet d'un violet brun, sur un blanc, qui paroît d'abord carné, mais qui dans la suite devient un blanc de lait. Sa plante est délicate, &amp; son verd pâle. Il vient large, &amp; porte de gros panaches fort détachés. Il a été élevé à Compiegne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1509" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTHAEA" />
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    <head>ALTHAEA</head>
    <p>
    ALTHAEA , s. f. Plante qu'on appelle autrement <i>Guimauve. Althea.</i> Voyez <ref type="search" target="head:GUIMAUVE">GUIMAUVE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1510" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTIER, ÈRE" />
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    <head>ALTIER, ÈRE</head>
    <p>
    ALTIER, ÈRE , adj. Prononcez l'<i>r.</i> Orgueilleux, fier, qui commande avec hauteur. <i>Superbus, ferox, arrogans, insolens.</i> Cet homme a la mine <i>altière</i> ; l'esprit <i>altier.</i> Ne peut-on fléchir cette humeur <i>altière</i> &amp; hautaine ? Son ame <i>altière</i> &amp; superbe eut beaucoup de peine à se soumettre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1511" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTIÈREMENT" />
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    <head>ALTIÈREMENT</head>
    <p>
    ALTIÈREMENT , adv. D'une façon altière. <i>Superbè, arroganter, insolenter.</i> Il lui a parlé, il l'a reçu fort <i>altièrement.</i> Ce mot ne se trouve nulle part.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>altus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1512" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTIMÉTRIE" />
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    <head>ALTIMÉTRIE</head>
    <p>
    ALTIMÉTRIE , s. f. C'est la première partie de la Géométrie pratique, qui enseigne à mesurer des lignes droites, ou inclinées, soit en hauteur, soit en profondeur, comme une montagne, ou une tour. <i>Altimetria.</i> Ce mot est tiré d'<i>altus, haut, profond,</i> &amp; de , <i>metior,</i> en François, <i>je mesure.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1513" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALTRESSI" />
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    <head>ALTRESSI</head>
    <p>
    ALTRESSI . Vieux mot, qui veut dire, <i>de même que, aussi.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1514" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUCO. BELL. JONST" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ALUCO. BELL. JONST</head>
    <p>
    ALUCO. BELL. JONST . C'est une espèce de Hibou, &amp; oiseau nocturne : il y en a de plusieurs sortes ; les uns sont gros comme un chapon, &amp; les autres comme un pigeon. Leur couleur est plombée, &amp; marquetée de blanc. Leur tête est grosse, sans oreilles, couronnée de plumes ; leur bec est blanc ; leurs yeux sont grands, noirs, paroissant enfoncés à cause de beaucoup de petites plumes qui les environnent ; leurs jambes sont toutes couvertes de plumes jaunes ; leurs pieds sont velus, avec des ongles longs &amp; aigus. Ils habitent les édifices ruinés, les tours &amp; cavernes. Ils vivent de rats, &amp; de petits oiseaux ; leur cri est effroyable. Leur sang séché &amp; mis en poudre depuis dix jusqu'à vingt grains est bon pour l'asthme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1515" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUDE" />
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    <head>ALUDE</head>
    <p>
    ALUDE , s. f. Basane colorée, qui a l'envers velu, &amp; dont on couvre les livres. <i>Aluta.</i> Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1516" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ALUDEL" />
   <index type="src_domain" value="chymie" />
   <index type="macro_domain" value="Chimie" />
   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ALUDEL</head>
    <p>
    ALUDEL , s. m. Terme de Chymie , qui se dit de plusieurs pots ou tuyaux de terre sans fond, mis les uns sur les autres, qui vont en étrécissant par en haut, &amp; qu'on adapté sur un pot percé au milieu de sa hauteur. On s'en sert à sublimer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1517" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALVEOLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>ALVEOLE</head>
    <p>
    ALVEOLE , s. m. Qui se dit des trous qui se sont dans les rayons ou gâteaux des mouches à miel. <i>Alveolus.</i></p><p>On le dit aussi en Médecine des trous, où les dents sont enchassées. Les fosses sont au nombre de seize à chaque mâchoire ; ce sont des <i>alvéoles,</i> dans lesquels sont emboëtées seize dents. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1517" id="2" type="">
   <index type="head" value="ALVEOLE" />
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    <head>ALVEOLE</head>
    <p>
    Alvéole . En Botanique on appelle <i>alvéoles,</i> des cavités formées par l'arrangement de plusieurs écailles pliées le plus souvent en gouttière, &amp; qui séparent les semences les unes des autres. Les semences des soleils, ou <i>corona solis,</i> &amp; celles du chardon à bonnetier, ou <i>Dipsacus,</i> sont enchassées dans des <i>alvéoles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1518" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ALUÉS" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ALUÉS</head>
    <p>
    ALUÉS . Terme de Coutume . Beaumanoir nous apprend ce que c'est, quand il dit : On appelle <i>alués</i> ce qu'on tient sans faire nulle redevance à nului.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1519" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALVIN" />
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    <head>ALVIN</head>
    <p>
    ALVIN . Voyez <ref type="search" target="head:ALEVIN">ALEVIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1520" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUINE" />
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    <head>ALUINE</head>
    <p>
    ALUINE , s. f. Voyez ABSYNTHE ; c'est la même chose. <i>Absynthium.</i> Quelques-uns dérivent ce mot de celui d'<i>Aloes,</i> à cause de son amertume <i>quasi aloinum,</i> ou <i>alosinum.</i> Guichard dérive ces mots de l'Hébreu, , ou , <i>amaritudo, amertume.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1521" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALVINER" />
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    <head>ALVINER</head>
    <p>
    ALVINER . Voyez <ref type="search" target="head:ALEVINER">ALEVINER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1522" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUMELLE" />
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    <head>ALUMELLE</head>
    <p>
    ALUMELLE , s. f. C'est la partie tranchante des couteaux, des rasoirs, des ganifs, des ciseaux, laquelle est faite de fer &amp; d'acier, <i>Lamina, lamella.</i> Ce mot commence à vieillir, si ce n'est peut-être parmi les Jardiniers. Car la Quintinie, Part. IVe. chap. 10. en parlant des outils nécessaires pour tailler des arbres, dit : Il faut que l'<i>alumelle</i> de ces serpettes soit d'une médiocre longueur. Et plus bas : Il est bon que le premier doigt soit étendu le long du manche jusque sur le bord de l'<i>alumelle,</i> pour conduire plus droit le mouvement de la scie ; &amp; en ce dernier endroit il le prend pour le fer d'une scie. En sa place on dit une <i>lame.</i> Les prêtres, en divers endroits, appellent <i>alumelle,</i> une soutane sans manches.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme s'est tué de sa propre <i>alumelle,</i> quand il a trop fait la débauche de vin ou de femmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1523" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUMIÈRE" />
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    <head>ALUMIÈRE</head>
    <p>
    ALUMIÈRE , s. f. L'endroit où l'on travaille l'alun. <i>Aluminis officina.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1524" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUMINEUX, EUSE" />
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    <head>ALUMINEUX, EUSE</head>
    <p>
    ALUMINEUX, EUSE , adj. Qui est de nature d'alun, qui tient de l'alun. <i>Aluminosus, Aluminatus.</i> Des terres <i>alumineuses.</i> Des eaux <i>alumineuses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1525" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUN" />
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    <head>ALUN</head>
    <p>
    ALUN , s. m. <i>Alumen.</i> Sel minéral d'un goût acide, &amp; qui laisse dans la bouche une douceur accompagnée d'une âpreté ou astriction considérable. On peut établir avec les anciens Naturalistes, deux sortes d'<i>alun</i> ; l'un naturel, &amp; l'autre artificiel. Le naturel se trouve dans l'Isle de Milo. Ce sont des espèces de plâtras blancs, légers &amp; poreux, chargés de filamens argentés &amp; serrés. On se servoit autrefois de cet <i>alun</i> en Italie sous le nom d'<i>alun</i> de plume, <i>Alumen plumaceum &amp; scissile.</i> Dioscoride nous en a laissé une bonne description. L'artificiel se prépare de plusieurs manières, suivant les matières dont on est obligé de se servir. En Italie près de Civitavechia, en un lieu nommé <i>la Tolsa,</i> on tire d'une montagne, des pierres dures, lesquelles étant cassées, calcinées, &amp; exposées ensuite à l'humidité de l'air, se réduisent en une chaux ou terre qu'on fait lessiver comme les vieux plâtras dont on veut extraire le salpêtre. Le reste de la manipulation est semblable à celle du salpêtre ; &amp; la manière dont on l'employoit du temps de Mathiole, s'observe encore aujourd'hui. Cet <i>alun</i> se nomme <i>alun</i> de Rome, <i>Alumen Romanum. Alun</i> de roche, <i>Alumen rupeum,</i> parce qu'on le tire de la pierre. Il est de couleur de chair, ou rougeâtre, à cause que l'eau dans laquelle ses sels étoient en dissolution, s'est trouvée chargée d'une lie rouge qui venoit de la pierre calcinée, &amp; qui s'est unie aux sels dans leur cristallization. A la Solfaterra près Pouzzol dans le Royaume de Naples, on ramasse en été une suie fine, qui se forme sur la surface de la terre au haut du volcan. Cette suie dissoute, évaporée &amp; cristallizée, donne un <i>alun</i> blanc &amp; transparent. En Angleterre dans la Province d'York &amp; de Lancastre, on prépare l'<i>alun</i> avec une espèce de pyrites de couleur d'ardoise ; on le fait calciner aussi-tôt qu'on l'a <pb n="178" facs="bpt6k8542165/f218/full/1200,/0/native.jpg"/>tiré de sa minière, ensuite infuser &amp; bouillir avec la lessive des cendres des plantes marines. La matière étant reposée, il se précipite une substance saline, sur laquelle on verse une bonne quantité d'urine qui achève la précipitation des matières terreuses, &amp; sulfureuses. La liqueur qui reste étant transvasée &amp; en repos, donne des cristaux blancs &amp; salins, qu'on lave dans l'eau, &amp; qu'on fait refondre pour les réduire en grosses masses propres à remplir des tonneaux. Cet <i>alun</i> se nomme <i>alun</i> de roche, <i>alun</i> de glace, <i>alumen commune, alumen glaciale</i> ; à cause que ses fragmens ressemblent à des morceaux de cristal de roche. L'<i>alun</i> de Suède se fait avec un minéral, qui contient beaucoup de souffre &amp; de vitriol, qu'on ne peut emporter que par la calcination, ou par des distillations. Sa matière qui reste dans les vaisseaux de fer dont on s'est servi pour tirer tout le souffre de ce minéral, se réduit, étant exposée à l'air pendant quelques années, en une cendre bleue, qu'on lessive &amp; qu'on fait cristallizer. Ce que les Anciens appelloient <i>alun</i> liquide ne paroît qu'un <i>alun</i> résous en liqueur : il y a des caux minérales qui tiennent de l'<i>alun.</i> Si on ajoûte du cuivre ou du fer à l'<i>alun,</i> on fera du vitriol. L'<i>alun</i> succharin, ou saccharin, <i>Alumen saccharinum,</i> est une composition d'<i>alun,</i> d'eau-rose, &amp; de blancs d'oeufs. A l'égard des autres espèces d'<i>alun</i> dont les Anciens ont parlé, on ne les connoît plus, &amp; peut-être n'ont-elles que des variétés peu considérables. On ne doit point mettre au nombre des sortes d'<i>alun,</i> ce qu'on nomme <i>alun</i> catin, <i>alumen catinum,</i> voyez SOUDE ; ni l'<i>alun</i> scaiole, voyez PLÂTRE. Et l'on doit bien distinguer l'<i>alun</i> de plume d'avec l'amiante ou asbeste. Voyez <ref type="search" target="head:AMIANTE">AMIANTE</ref>.</p><p>Le mot <i>alun</i> vient du mot Grec , qui signifie sel ; il peut aussi venir de <i>lumen,</i> à cause qu'il donne de l'éclat aux couleurs. On ne sauroit guère teindre ni enluminer sans <i>alun</i> ; car c'est le principal des sels minéraux dont on se sert dans la teinture ; &amp; c'est comme un lien entre l'étoffe &amp; la couleur ; de même que les huiles gluantes &amp; les eaux gommées sont un lien à l'égard de la peinture &amp; de l'enluminûre. L'<i>alun</i> dispose les étoffes à recevoir la couleur, &amp; à leur donner la vivacité, comme on voit à la cochenille &amp; à la graine d'écarlate, dans lesquelles on mêle aussi quelque acide, &amp; même de l'eau forte, pour donner de la vivacité à leur couleur rouge, &amp; leur ôter le violet. L'<i>alun</i> fait ses effets par la stipticité, ou vertu astringente qui lie la matière délicate des couleurs, &amp; empêche qu'elles ne s'évaporent. L'<i>alun</i> empêche que le papier qui en est trempé ne boive. Tout <i>alun</i> dissous dans l'eau qui vient à se coaguler, prend la figure pyramidale, ou le tetraédre composé de quatre triangles fort égaux. Les anciens Médecins &amp; les plus modernes conviennent assez sur la vertu &amp; l'usage de l'<i>alun,</i> tel qu'on vient de le décrire. Il est astringent, bon pour arrêter les hémorragies &amp; les pertes ; l'<i>alun</i> calciné est employé pour ronger les chairs baveuses des ulcères. Ramusio, dans son Recueil de navigations &amp; de voyages, fol. 236. parle d'un <i>alun</i> appellé en Europe <i>alun d'Alexandrie,</i> &amp; qui s'apporte de l'Isle d'Ormus dans la mer Rouge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1526" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALUNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>ALUNER</head>
    <p>
    ALUNER , v. act. Faire tremper dans l'alun, ou dans un bain d'alun. <i>Alumini immergere.</i> Toutes les étoffes qu'on veut teindre en cramoisi doivent être fortement <i>alunées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1527" id="1" type="">
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    <head>ALUYNE</head>
    <p>
    ALUYNE . Voyez A LUINE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1528" id="1" type="">
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    <head>ALYPUM</head>
    <p>
    ALYPUM . Voyez <ref type="search" target="head:GLOBULAIRE">GLOBULAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1529" id="1" type="">
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    <head>ALYSSON</head>
    <p>
    ALYSSON , s. m. Nom que les anciens Botanistes avoient donné indifféremment à plusieurs plantes, qui sont cependant chacune d'un genre particulier. Les Modernes ont attaché ce mot à un seul genre de plantes, dont les fleurs sont en croix, &amp; dont le pistile devient un fruit arrondi, composé de deux panneaux appliqués parallèlement sur une cloison mitoyenne qui divise ce fruit en deux loges remplies de semences menues. Tournefort. Il y a plusieurs espèces comprises sous ce genre ; ce terme d'<i>Alysson</i> n'est pas François ; les Grecs l'avoient attribué à des plantes qu'ils croyoient bonnes contre les morsures des chiens enragés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1529" id="2" type="">
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    <head>ALYSSON</head>
    <p>
    l'Alysson de Dioscoride est une espèce d'un autre genre de plante, qu'on appelle Bulbonac. <i>Lunaria.</i> Sa racine est dure, blanche, &amp; d'un goût brûlant. Ses feuilles sont au commencement presque rondes ; ensuite elles deviennent plus longues, &amp; finissent en une pointe obtuse. Elles sont blanches, velues, &amp; rudes. Ses fleurs sont en grand nombre, composées de quatre feuilles disposées en croix, &amp; petites. Sa semence, qui est contenue dans des siliques, est de la figure d'un petit rein, élevée en lentille, &amp; dont les bords sont déliés. L'<i>Alysson</i> de Dioscoride s'appelle autrement, <i>Leucoium, Alyssoides, clypeatum majus.</i> Il y a une autre plante qu'on appelle <i>Alysson</i> de Galien, &amp; qui est une espèce de Marrube.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1530" id="1" type="">
   <index type="head" value="ALYTARCHIE" />
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    <head>ALYTARCHIE</head>
    <p>
    ALYTARCHIE , s. f. <i>Alytarchia.</i> Charge, dignité de l'Alytarque, ou Prêtre d'Antioche. Il y avoit à Antioche des jeux qu'on appelloit les jeux de l'<i>Alytarchie</i> : c'étoient des jeux Olympiques institués dans cette ville par Afranius, premier Alytarque l'an 260. de l'ère d'Antioche, &amp; abolis par l'Empereur Justin l'an 568. de la même ère, comme nous l'apprend Jean Malela dans une Chronique Ms. Cet Auteur compte en ce temps 77. Alytarques, ce qui montre que l'<i>Alytarchie</i> duroit quatre ans comme l'Olympiade. Voyez le Card. Noris, <i>Epoch. Syr.</i> p. 220.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1531" id="1" type="">
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    <head>ALYTARQUE</head>
    <p>
    ALYTARQUE , s. m. <i>Alytarcha.</i> C'étoit le nom du Pontife de la ville d'Antioche, selon le Cardinal Noris, <i>Epoch. Syr.</i> p. 220. Une Loi du Code Théodosien, ou de Théodose, ordonne qu'il soit permis à l'<i>Alytarque</i> de planter plusieurs cyprès, &amp; d'en couper un. L'<i>Alytarque</i> n'étoit Prêtre que de la ville d'Antioche ; celui de toute la Province s'appelloit Syriaque. Voyez le Cardinal Noris à l'endroit que j'ai cité. Tout ceci néanmoins ne prouve pas que cet <i>Alytarque</i> fût un Prêtre, mais un Magistrat, ou Officier de la ville d'Antioche. En effet, <i>Alytarque</i> est un nom Grec, composé de , &amp; , selon l'étymologie, signifie la même chose que ; un homme qui porte une verge, une baguette, ou comme nous dirions, un Huissier à verge. De sorte que l'<i>Alytarque,</i> comme le témoigne encore l'Etymologiste, &amp; comme on le voit assez, n'étoit autre chose que l'Officier qui commandoit ces Huissiers à verge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1532" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMABILITÉ" />
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    <head>AMABILITÉ</head>
    <p>
    AMABILITÉ , s. f. Qualité dans l'humeur ou dans l'esprit, qui rend une personne aimable. <i>Amabilitas.</i> Ce mot est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1533" id="1" type="">
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    <head>AMABLE</head>
    <p>
    AMABLE , s. m. <i>Amabilis.</i> Nom propre d'homme S. <i>Amable,</i> Patron de Riom en Auvergne, vivoit au Ve. siècle. Il y a encore un Saint Amé Evêque d'Oleron, <i>Amatus,</i> qu'on nomme quelquefois <i>Amable.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1534" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMACAO" />
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    <head>AMACAO</head>
    <p>
    AMACAO . C'est la même chose que MACAO. Ville d'Asie, dans une Isle de la Chine. <i>Amacum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1535" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMACOZTIC" />
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    <head>AMACOZTIC</head>
    <p>
    AMACOZTIC , s. m. Grand arbre de la nouvelle Espagne, dont les feuilles semblables à celles du lierre sont larges, épaisses, purpurées, &amp; presque faites en coeur. Le fruit qu'il porte ressemble à une petite figue. Il est de couleur pourprée, &amp; plein de semences petites &amp; rouges. Il y en a qui nomment cet arbre <i>Texcalamalt,</i> &amp; d'autres <i>Tepeamalt.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1536" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="AMADES" />
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    <head>AMADES</head>
    <p>
    AMADES , ou HAMADES, s. m. Terme de Blason . <i>Lacinia, fascia brevior.</i> Ce sont trois listes plates, parallèles, chacune de la largeur d'un tiers de la fasce traversant l'Ecu en même situation qu'elle, mais qui ne touchent point aux bords d'un côté ni d'autre : c'est en quoi elles diffèrent des jumelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1537" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMADIS" />
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    <head>AMADIS</head>
    <p>
    AMADIS , s. f. Manche d'une veste d'homme, serrée, &amp; boutonnée jusqu'au poignet. On lui donna ce nom, parce qu'à la représentation de l'Opera d'<i>Amadis,</i> les Acteurs avoient de ces sortes de manches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1538" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMADONTE" />
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    <head>AMADONTE</head>
    <p>
    AMADONTE . Espèce de poire, qu'on nomme petit-oin. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1539" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMADOR" />
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    <head>AMADOR</head>
    <p>
    AMADOR , subst. masc. Ce mot, qui n'est plus d'usage, veut dire, <i>Amoureux. Amasius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1540" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMADOTE" />
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    <head>AMADOTE</head>
    <p>
    AMADOTE , s. m. Sorte de Poirier qui porte des poires qu'on appelle <i>Amadotes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1540" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMADOTE" />
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    <head>AMADOTE</head>
    <p>
    Amadote , s. f. Sorte de poire trouvée premièrement en Bourgogne, &amp; appellée <i>Amadote</i> par abbréviation &amp; par corruption ; pour dire <i>de Dame Oudot,</i> du nom d'une femme qui les aimoit, &amp; qui en eut la première en ce Pays-là. <pb n="179" facs="bpt6k8542165/f219/full/1200,/0/native.jpg"/>Menage. L'<i>Amadote</i> a un assez grand parfum, mais il est renfermé dans une chair extrêmement dure, pierreuse, pleine de marc. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1541" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMADOU" />
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    <head>AMADOU</head>
    <p>
    &#9758; AMADOU , s. m. Espèce de mêche noire qui vient d'Allemagne, &amp; qui se fait avec cette sorte de grands champignons, ou d'excroissances fongueuses, que les vieux arbres produisent. Cette mêche est très-propre à recevoir &amp; à entretenir le feu que l'on excite avec l'acier &amp; le caillou frappés l'un contre l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1542" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMADOUER" />
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    <head>AMADOUER</head>
    <p>
    AMADOUER , v. act. Flatter avec des paroles douces &amp; attirantes. <i>Blandiri, adulari, assentari.</i> Il n'y a que les enfans &amp; le peuple qui se laissent sottement <i>amadouer.</i> Ménage dérive ce mot de <i>amatutare,</i> inusité, qui a été fait de <i>amatus</i> ; d'autres de la phrase Latine &amp; flatteuse, <i>amabo te.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1542" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMADOUER" />
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    <head>AMADOUER</head>
    <p>
    Amadouer , signifie aussi quelquefois, adoucir, appaiser par des belles paroles. <i>Lenire, delinire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1542" id="3" type="">
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    <head>AMADOUER</head>
    <p>
    Amadoué, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Lenitus, delinitus,</i> ou <i>mollibus verbis captus, illectus.</i> Regnier a dit, Je devins aussi fier qu'un chat <i>amadoué.</i></p><p>On dit quelquefois aussi, <i>Amadoueur,</i> de celui qui amadoue ; &amp; <i>Amadouement,</i> d'une flatterie ou caresse ; mais ces mots sont populaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1543" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMAIGRIR" />
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    <head>AMAIGRIR</head>
    <p>
    AMAIGRIR , v. act. &amp; n. Rendre maigre. <i>Emaciare, macie tenuare.</i> Le vinaigre <i>amaigrit</i> ceux qui en boivent. Il est aussi neutre, &amp; signifie, Devenir maigre. <i>Macescere, macrescere, emaciari.</i> Ce malade <i>amaigrit</i> à vûe d'oeil, sa graisse diminue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1543" id="2" type="maconnerie & de charpenterie">
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    <head>AMAIGRIR</head>
    <p>
    Amaigrir , ou Démaigrir, en termes de Maçonnerie &amp; de Charpenterie , se dit de la coupe du bois, ou de la pierre, qu'on fait en angle aigu. <i>Imminuere, minuere.</i> Et on dit au contraire, <i>engraisser,</i> quand cette coupe se fait en angle obtus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1543" id="3" type="sculpteur">
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    <head>AMAIGRIR</head>
    <p>
    s'Amaigrir . Terme de Sculpteur . <i>Imminui, contrahi.</i> On dit d'une figure de terre, qu'elle s'<i>amaigrit,</i> lorsqu'étant nouvellement faite, elle vient à sécher ; parce qu'alors les parties se resserrent, &amp; deviennent moins grosses, &amp; moins nourries.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1544" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMAIGRISSEMENT" />
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    <head>AMAIGRISSEMENT</head>
    <p>
    AMAIGRISSEMENT , s. m. Diminution d'embonpoint. <i>Macies, macror.</i> C'est de-là que vient cette toux &amp; cet <i>amaigrissement.</i> Elle amaigrit tous les jours, &amp; cet <i>amaigrissement</i> fait voir qu'elle se porte mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1545" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMALARIC" />
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    <head>AMALARIC</head>
    <p>
    AMALARIC , s. m. <i>Amalaricus.</i> Nom propre d'homme. <i>Amalaric</i> Roi des Wisigoths, fils d'Alaric tué par Clovis l'an 507. à la journée de Vouillé. Et par conséquent ce nom est Goth, ou Gothique ; &amp; ce sont ces Peuples qui l'ont apporté en France. Nous en avons fait <i>Amalric,</i> &amp; puis <i>Amauri.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1546" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMALES" />
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    <head>AMALES</head>
    <p>
    AMALES , s. plur. <i>Amali.</i> C'est le nom d'un des Peuples qui composoient la nation Gothique. M. Du Cange croit que du nom des <i>Amales</i> sont venus les noms d'<i>Amalasunte,</i> d'<i>Amalafred,</i> d'<i>Amalaburge,</i> d'<i>Amalaric,</i> &amp;c. Jornandez parle des <i>Amales</i> comme d'un Peuple considérable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1547" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="AMALGAMATION" />
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    <head>AMALGAMATION</head>
    <p>
    AMALGAMATION , s. f. ou AMALGAME, s. m. Terme de Chymie . C'est la calcination de quelque métal, par le moien du mercure. Elle se fait en mettant rougir dans un grand feu des lames de métal les plus déliées qu'on peut ; puis on verse dessus du vif-argent ; on remue la matière avec une petite verge de fer ; &amp; quand on voit qu'il commence à s'élever une fumée, on jette le mélange dans un vaisseau plein d'eau, qui se coagule &amp; devient maniable. Cette calcination est en usage parmi les Orfèvres &amp; les Doreurs, qui par ce moyen rendent l'or fluide &amp; extensible sur les ouvrages qu'ils veulent dorer. Tous les métaux s'amalgament, excepté le fer &amp; le cuivre. L'or retient environ trois fois son pesant de mercure. Les Chymistes dénotent cette opération, avec cette marque AAA. Boizard, dans son <i>Traité des Monnoies,</i> ne dit point <i>Amalgamation,</i> mais toujours <i>Amalgame. Amalgame</i> de l'or &amp; de l'argent avec le mercure. <i>Amalgame</i> de l'or en chaux pour le vermeil doré ; ce qui fait croire qu'<i>amalgame,</i> au moins en termes de monnoie , est le seul, ou le plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1548" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMALGAMER" />
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    <head>AMALGAMER</head>
    <p>
    AMALGAMER , v. act. Faire une amalgamation. <i>Amalgamer</i> de l'or. Ce mot vient du Grec , <i>simul,</i> ensemble, &amp; , <i>jungere,</i> joindre ensemble. Quand on veut employer l'or à dorer des ouvrages qu'on appelle de vermeil doré, on l'<i>amalgame</i> avec du mercure, &amp; on l'emploie ensuite à ces sortes d'ouvrages. Boizard. On <i>amalgame</i> l'or en chaux dans un fourneau à vent ; on y met un creuset ; on charge le creuset de l'or en chaux, &amp; on fait grand feu : quand l'or est en pâte, on jette dans le creuset deux fois autant de mercure qu'il y a d'or, on le couvre, &amp; on retire aussi-tôt le creuset du fourneau. Lorsque le creuset est un peu refroidi, on verse l'or &amp; le mercure dans un vaisseau plein d'eau commune, d'où on le retire en pâte blanche, &amp; on l'étend sur l'ouvrage à dorer. On met après cela l'ouvrage au feu sur une plaque ou grille de fer, où le mercure s'évapore, à mesure que l'ouvrage se recuit &amp; rougit. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1549" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMALTHÉE" />
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    <head>AMALTHÉE</head>
    <p>
    AMALTHÉE , s. f. <i>Amalthea.</i> Nom propre, 1°. d'une fille de Mélisse Roi de Grèce, qui selon Lactance fut nourrice de Jupiter. 2°. Selon d'autres, d'une chèvre qui fut nourrice de ce Dieu. La corne d'<i>Amalthée</i> est la même chose que la <i>corne d'abondance,</i> si célèbre chez les Poëtes, parce qu'ils feignent que Jupiter donna aux Nymphes qui avoient eu soin de son enfance une corne de la chèvre <i>Amalthée,</i> &amp; que cette corne avoit la vertu de produire sur le champ tout ce que les Nymphes vouloient. On a pris pour cela une corne dans l'antiquité, pour signe d'abondance, de richesse &amp; de fertilité. On en voit sur une infinité de médailles Grecques &amp; Latines de tous pays : l'abondance, la fertilité, la fortune, &amp; cent autres Divinités, ou Génies, portent aussi d'une main une Corne d'<i>Amalthée</i> sur les médailles. Ces Cornes d'<i>Amalthée</i> sont représentées pleines de feuilles, de fleurs, de fruits, &amp; avec une pointe qui en sort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1549" id="2" type="">
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    <head>AMALTHÉE</head>
    <p>
    Amalthée , Est encore le nom de la Sybille de Cumes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1549" id="3" type="">
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    <head>AMALTHÉE</head>
    <p>
    Amalthée , s. m. <i>Amaltheus.</i> Nom propre d'homme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1549" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMALTHÉE" />
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    <head>AMALTHÉE</head>
    <p>
    Amalthée , s. m. <i>Amaltheum.</i> Est un nom ou titre de différens livres. Il y a <i>Amalthea Onomastica, Amaltheum Ciceronianum,</i> &amp;c. On a voulu signifier par-là des Recueils abondans, par allusion à la Corne d'<i>Amalthée,</i> ou d'abondance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1550" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AMAN" />
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    <head>AMAN</head>
    <p>
    AMAN , s. m. Terme de Coutume . <i>Amanuensis.</i> Voyez les Ordonnances de Mets. A Mets il y a des Notaires &amp; des <i>Amans</i> : les <i>Amans</i> sont les Gardenotes. Bertram, cinquante-neuvième Evêque de Mets, y institua les <i>Amans.</i> De Lauriere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1551" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMAND" />
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    <head>AMAND</head>
    <p>
    AMAND , s. m. <i>Amandus.</i> Nom propre d'homme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1552" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANDE" />
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    <head>AMANDE</head>
    <p>
    AMANDE , s. f. Semence de tous les arbres à noyau, qui est enfermée dans une écorce fort dure, qu'on casse quand on la veut manger. <i>Amygdala. Amande</i> d'abricots. <i>Amande</i> de cerises. <i>Amande</i> de prunes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1552" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMANDE" />
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    <head>AMANDE</head>
    <p>
    Amande , est aussi un fruit particulier, qui est enfermé dans un gros noyau, &amp; sous une écale. C'est le fruit de l'Amandier. Il y a des <i>amandes</i> vertes ; des <i>amandes</i> confites, pelées. On fait du lait d'<i>amandes,</i> du massepain avec des <i>amandes</i> ; &amp; de la pâte d'<i>amandes,</i> pour blanchir les mains. Le Médecin de Drusus, grand buveur au rapport de Plutarque, prenoit à chaque coup cinq <i>amandes</i> amères, pour appaiser les fumées du vin. L'huile d'<i>amandes</i> douces tirée sans feu est fort estimée. Voyez l'Histoire des Indes d'Acosta sur les <i>amandes</i> du Pérou. Menage dérive ce mot de <i>amandala,</i> qui se trouve dans les Capitulaires. D'autres croient qu'elles sont ainsi nommées pour être venues d'Allemagne, à cause que Perceval en son Roman les nomme <i>Allemandes.</i> Il vaut mieux tirer ce mot du Grec . Quelques-uns disent que les <i>amandes</i> amères concassées endorment les poules, ou les tuent, ensorte qu'on les prend facilement à la main ; &amp; que c'est un secret de Bohémiens, aussi-bien que le marc d'<i>amandes</i> dont on a tiré l'huile, qui leur est un poison dangereux, quoiqu'il ne nuise point aux autres animaux. Il y a aussi de certaines dragées qu'on nomme <i>amandes</i> lissées, qui sont des <i>amandes</i> couvertes de sucre fondu ; des <i>amandes</i> à la prâline, qui sont fricassées au sucre en conserve avec la peau. On les appelle <i>Prâlines,</i> d'un Sommelier du Maréchal du Plessis-Prâlin, qui le premier s'est avisé de les préparer de cette façon. Quand on fait des <i>amandes</i> à la prâline, il les faut remuer toujours avec une spatule, jusqu'à ce qu'elles aient bien pris tout le sucre, &amp; qu'elles soient bien prâlinées. On pèle les <i>amandes</i> vertes pour en faire des compotes, ou confitures, de la même manière que les abricots, excepté qu'il faut se servit de lessive, &amp; non point de sel. La compote d'<i>amandes</i> vertes se fait comme celle d'abricots ; &amp; quand elles ont pris leur verd, il faut les achever promptement, de peur qu'elles ne noircissent. Chom. La pâte d'<i>amande</i> sert à décrasser les mains. A l'égard des <i>amandes</i> amères, <pb n="180" facs="bpt6k8542165/f220/full/1200,/0/native.jpg"/>on prétend qu'elles empoisonnent les renards, les poules, &amp; les écureuils : on la donne dans les coliques néphrétiques, &amp; dans la pleurésie. Extérieurement on s'en sert pour les maux d'oreille. <i>Amygdalus</i> vient du mot Grec , qui signifie une gersure, à cause que la première écorce, ou le bon fruit de l'amandier, se gerse &amp; se fend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1552" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMANDE" />
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    <head>AMANDE</head>
    <p>
    Amande , sorte de peine pécuniaire. Voyez <ref type="search" target="head:AMENDE">AMENDE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1553" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANDEMENT" />
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    <head>AMANDEMENT</head>
    <p>
    AMANDEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:AMENDEMENT">AMENDEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1554" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANDER" />
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    <head>AMANDER</head>
    <p>
    AMANDER . Voyez <ref type="search" target="head:AMENDER">AMENDER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1555" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANDES" />
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    <head>AMANDES</head>
    <p>
    AMANDES , sont aussi des morceaux de crystal, qui sont en figures d'<i>amandes,</i> &amp; dont on compose les lustres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1556" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AMANDÉ" />
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    <head>AMANDÉ</head>
    <p>
    AMANDÉ , s. m. Terme de Médecine , est un remède composé de deux onces d'amandes dépouillées de leur écorce, qu'on pile &amp; qu'on dissout dans huit ou dix onces de décoction d'orge mondé, ou dans de l'eau de veau ou de poulet, qu'on passe dans un linge, &amp; où on mêle un peu de sucre &amp; d'eau-rose. <i>Potio Amygdalina.</i> Les Dames s'en servent pour conserver leur santé &amp; leur embonpoint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1557" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANDELIER" />
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    <head>AMANDELIER</head>
    <p>
    AMANDELIER , s. m. Autrefois on appelloit ainsi l'arbre que nous nommons maintenant <i>amandier.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1558" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANDIER" />
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    <head>AMANDIER</head>
    <p>
    AMANDIER , s. m. <i>Amygdalus.</i> Arbre qui s'élève assez haut, &amp; qui devient gros à proportion : il est branchu ; son tronc est assez droit, &amp; revêtu d'une écorce un peu raboteuse, sur-tout dans les vieux pieds. Ses feuilles sont alternes, longues comme le doigt, étroites, terminées en pointe, dentelées légèrement sur les bords, d'un verd un peu brun &amp; luisant par-dessus, plus pâles par-dessous, &amp; d'un goût amer. Ses fleurs sont à cinq pétales, disposées en rose dans les échancrures du calice, qui est un godet découpé en cinq pointes. Le pistile devient un fruit charnu, renfermant un noyau, dans lequel se trouve l'amande qui est la semence. La partie charnue &amp; extérieure est celle où le <i>brou</i> de ce fruit s'entrouvre dans sa maturité selon sa longueur. Alors le noyau paroît &amp; s'en échape. Entre les <i>Amandiers,</i> les uns sont à semences douces, les autres à semences amères : on en remarque encore certaines espèces, dont les semences sont plus grosses ou plus menues, ou dont les noyaux sont plus ou moins durs. Les amandes douces sont incrassantes &amp; adoucissantes, on les met dans les émulsions. Leur huile nouvellement tirée sans feu est employée pour purger les enfans, pour appaiser les coliques, les vomissemens, &amp; pour arrêter les mauvais effets des poisons corrosifs. Extérieurement on en frotte les parties où l'on sent de la douleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1559" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANSE" />
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    <head>AMANSE</head>
    <p>
    AMANSE . C'est un terme barbare, inventé par quelques Chymistes, pour signifier des pierres précieuses contrefaites. Harr. Le même Auteur dit aussi <i>Amonse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1560" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANT, ANTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AMANT, ANTE</head>
    <p>
    AMANT, ANTE , s. m. Celui ou celle qui aime d'une passion violente &amp; amoureuse. <i>Amator, Amasius, Amatrix.</i> Les jeunes gens font les <i>amans</i> de toutes les belles. Si la vertu se montroit toute nue, elle feroit beaucoup d'<i>amans.</i> Vous n'êtes ni jaloux, ni soupçonneux, &amp; peut-on être <i>Amant</i> sans cela ? Vill. Il ne faut pas se laisser attraper à ce que disent les <i>amans</i> dans leur colère. Voit. Tous les pas d'un <i>amant</i> content, sont des démarches languissantes. S. Evr. Dans les premières passions les femmes aiment l'<i>amant,</i> &amp; dans les autres elles aiment l'amour. Rochef. Ne désespérez point une <i>amante</i> en furie. Racin. Est-il rien de plus divertissant que toutes les grimaces, &amp; les diverses postures d'un <i>amant</i> qui cherche à plaire ? S. Evr. Entre <i>amans</i> tout plaît, tout est parfait. La Font. Si l'<i>amant</i> ne plaît pas, l'amour ne peut déplaire.</p><p>On appelle un <i>amant</i> transi, un <i>amant</i> pâle &amp; langoureux, qui porte sur le visage toutes les marques d'une violente passion, &amp; que les rigueurs d'une maîtresse font languir.</p><p>On le dit aussi dans la spiritualité, de l'amour de Dieu, &amp; d'une amour sainte. On appelle les ames saintes, les chastes <i>amantes</i> de Jesus-Christ, &amp; en particulier la Magdelaine, la sainte <i>amante</i> de Jesus-Christ ; les personnes qui se mortifient beaucoup, les <i>amans,</i> ou les <i>amantes</i> de la Croix. Le P. Bourdaloue ne l'a cependant employé qu'avec un correctif dans un sermon de la Magdelaine : Ce fut sur la Croix que Magdelaine reconnut plus que jamais Jesus-Christ pour son Sauveur ; &amp; ce fut pareillement sur la Croix que Jesus-Christ reconnut Magdelaine, si j'ose user de ce terme, pour son <i>amante</i> la plus zélée &amp; la plus fidèle. Bourdal. Tout cela n'étonne point cette généreuse <i>amante,</i> qui dit hardiment, je l'emporterai. P. Brign.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1560" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMANT, ANTE" />
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    <head>AMANT, ANTE</head>
    <p>
    Amants , se dit quelquefois au pluriel, de deux personnes de différents sexes qui s'aiment. Le mariage entre ces deux <i>amants</i> est résolu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1561" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMANTER, & AMANTEVOIR" />
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    <head>AMANTER, & AMANTEVOIR</head>
    <p>
    AMANTER, &amp; AMANTEVOIR , v. act. Vieux mot, qui veut dire <i>raconter. Narrare, referre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1562" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMARAND" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AMARAND</head>
    <p>
    AMARAND , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Amarandus, Amaranthus. S. Amarand,</i> autrement appellé <i>Amaranthe,</i> est célèbre parmi les Martyrs qui ont honoré l'Eglise des Gaules. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1563" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMARANTE" />
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    <head>AMARANTE</head>
    <p>
    AMARANTE , ou AMARANTHE, s. f. <i>Amarantus,</i> ou <i>Amaranthus.</i> Plante annuelle qu'on nomme autrement passe-velours, &amp; fleur d'amour, &amp; que l'on cultive dans les jardins, à cause des belles variétés de ses fleurs, qui sont tantôt couleur de feu, tantôt cramoisi, tantôt pourpre, tantôt jaune doré ou jaune pâle, &amp; quelquefois blanches ou argentées, disposées en épi dans la plupart des espèces, dans d'autres en panicules ou en crête de Coq. Chaque fleur est composée de plusieurs pétales disposées en rond autour du pistile, qui devient une coque membraneuse, arrondie, qui s'ouvre transversalement en deux, &amp; qui renferme quelques semences menues, arrondies, tantôt blanches, tantôt carnées, &amp; le plus souvent noires ; ses feuilles sont oblongues, pointues, vertes, &amp; quelquefois teintes d'un rouge brun. On nomme <i>Amaranthe tricolor</i> un espèce qui est remarquable par des taches rouges, jaunes &amp; vertes, qui sont assez également répandues sur ses feuilles. Ses fleurs, qui sont verdâtres, &amp; semblables à celles de la Blète, naissent par paquets dans les aisselles des feuilles.</p><p>En Latin <i>amarantus,</i> qui vient du Grec , qui est composé de l' privatif, &amp; de , qui signifie <i>flétrir.</i> C'est pourquoi Menage &amp; le P. Tachard ont raison de dire qu'il faut écrire <i>amarante</i> &amp; <i>amarantus</i> sans <i>h.</i> Ce mot signifie une fleur qui ne se flétrit point : en effet les épis de la plupart de ces espèces ne perdent pas en se séchant toute la vivacité de leurs couleurs ; on diroit souvent que ce sont des morceaux de panne, ou de velours ; &amp; c'est aussi de-là que leur vient le nom de <i>Passe-velours,</i> que les Fleuristes leur ont donné. L'<i>Amarante</i> &amp; l'Immortelle sont deux genres de plantes bien différens ; &amp; on ne doit point les confondre. On dit l'<i>Amarante</i> à crête de Coq.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1563" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMARANTE" />
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    <head>AMARANTE</head>
    <p>
    Amarante . Couleur d'<i>Amarante,</i> ou <i>Amarante,</i> car il est aussi adjectif en ce sens. Un tafetas <i>amarante,</i> comme un tafetas cramoisi. L'<i>Amarante</i> est le symbole de l'immortalité chez les Poëtes.</p><p>Les <i>Amarantes</i> veulent être semées &amp; élevées sur une couche de bonne chaleur, avee les cloches de verre, au commencement d'Avril, le 5e ou 6e jour de la lune, s'il se peut. Quand elles auront deux pouces de haut, &amp; quatre ou cinq feuilles, il faut les faire au grand air, en élévant les cloches sur des fourchettes. Lorsque les nuits seront chaudes, on ôtera entièrement les cloches, &amp; on les mettra le matin sur les fourchettes. Tout cela se fait durant un mois ou six semaines. Quand les <i>Amarantes</i> sont fortes, &amp; le temps <pb n="181" facs="bpt6k8542165/f221/full/1200,/0/native.jpg"/>doux, c'est-à-dire, environ la fin de Mai, ou le commencement de Juin, on les transplante où l'on veut avec leur motte, en temps de pluie s'il se peut. C'est ainsi qu'il faut les gouverner quand on veut les avoir de bonne heure, c'est-à-dire, au mois de Juillet. Si l'on ne veut les avoir qu'au mois d'Août, il faut les semer en pleine terre bien amendée, &amp; composée d'un tiers de sable, mis dans des pots au commencement de Mai. Chom. Les Persans appellent l'<i>Amarante Rostan afruz,</i> la lumière des jardins, à cause de sa couleur de pourpre. D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1564" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMARANTE" />
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    <head>AMARANTE</head>
    <p>
    AMARANTE . Espèce d'Ordre de Chevalerie institué en Suède par la Reine Christine, en 1653. après une fête qui se fait tous les ans en Suède, &amp; qui s'appelloit Wirtschaft ; c'est-à-dire, divertissement de l'Hôtellerie, &amp; qui consistoit en repas, en bal, en mascarades, &amp; autres divertissemens semblables, qui duroient depuis le soir jusqu'au matin. La Reine, qui trouva ce nom trop bas, le changea en celui de Fête des Dieux, parce que chacun représentoit quelque Divinité, selon que le sort en décidoit. La Reine prit le nom d'<i>Amarante</i> ; c'est-à-dire, <i>Immortel,</i> &amp; se mêla parmi la jeune noblesse, qui habillée en Nymphes &amp; en Pasteurs servoit les Dieux à table. A la fin de la Fête, la Reine changea tout à coup d'habit, &amp; ordonna que celui qu'elle quittoit, &amp; qui étoit tout couvert de diamans, fût mis en pieces &amp; donné aux masques ; &amp; en mémoire d'une Fête si galante, elle institua une espèce de Chevalerie nommée en Suédois <i>Gesclchafft.</i> Tous ceux qui avoient été de cette fête y furent admis ; c'est-à-dire, seize Seigneurs, &amp; autant de Dames, sans compter la Reine. Elle leur donna pour marque le Chifre d'<i>Amarante,</i> composé d'un double A, l'un droit &amp; l'autre renversé, &amp; entrelassé l'un dans l'autre, &amp; enfermé dans une couronne de laurier, avec ces mots Italiens, <i>dolce nella memoria,</i> qui signifient, <i>Le souvenir en est agréable.</i> Ashmole Anglois, dans son traité de l'Ordre de la Jartière, parle de celui de l'<i>Amarante,</i> mais peu exactement, &amp; se trompe dans l'époque de son origine, qu'il place à l'an 1645. au lieu de 1653. Voyez Bernard Justiniani dans son Histoire Italienne des Ordres Militaires Ch. 85. 9.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1565" id="1" type="">
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    <head>AMARANTE</head>
    <p>
    AMARANTE , s. m. Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:AMARAND">AMARAND</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1566" id="1" type="fleuriste">
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    <head>AMARANTE</head>
    <p>
    AMARANTE , s. f. Terme de Fleuriste . Tulipe qui a un fond blanc, sur lequel s'étendent des panaches amarantes.</p><p>On appelle aussi <i>Amarante,</i> la teinture qui imite la couleur de cette fleur. <i>Amaranti color.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1566" id="2" type="">
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    <head>AMARANTE</head>
    <p>
    Amarante , est aussi un nom que les Poëtes donnent à leurs maîtresses dans les vers qu'ils leur adressent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1567" id="1" type="">
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    <head>AMARANTE</head>
    <p>
    AMARANTE , s. m. &amp; plur. Peuple ancien de la Colchide qui habitoit une montagne de même nom. <i>Amaranti.</i> Le Mont Amatante. <i>Mons Amarantius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1568" id="1" type="fleuriste">
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    <head>AMARANTINE</head>
    <p>
    AMARANTINE , s. f. Terme de Fleuriste . Sorte d'anémone dont les grandes feuilles sont d'un rouge blafard : c'est encore, en termes de Fleuriste , une Tulipe panachée de pourpre, sur du blanc, &amp; la pluche d'un amarante brun, sur laquelle vient quelquefois une houppe ou floquet incarnadin. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1569" id="1" type="fleuriste">
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    <head>AMARILIS</head>
    <p>
    AMARILIS , s. f. Nom de femme. En terme de Fleuriste , c'est une espèce des oeillets piquetés. L'<i>Amarilis,</i> l'Agréable, la belle Amynte, &amp; l'Etoile du jour, sont quatre piquetés à peu près de même sorte, &amp; ne different que par leur couleur &amp; leur feuillage ; mais non pas en largeur, ni en grosseur. C'est aussi une Tulipe qui a trois couleurs, rose seche, pourpre enfoncé, &amp; blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1570" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMARITUME & AMARITUDE" />
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    <head>AMARITUME & AMARITUDE</head>
    <p>
    AMARITUME &amp; AMARITUDE , s. f. Ce mot n'est plus d'usage, il veut dire <i>Amertume.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1571" id="1" type="">
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    <head>AMARQUE</head>
    <p>
    AMARQUE , s. f. Autrement, Bouée, ou balise. Marque, signal, soit par un tonneau flottant, soit par un mât élevé, pour avertir les vaisseaux qui font route, de s'éloigner pour ne pas échouer, &amp; pour éviter les bancs, ou les rochers. <i>Signum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1572" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AMARRAGE" />
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    <head>AMARRAGE</head>
    <p>
    AMARRAGE , s. m. Terme de Marine . C'est l'ancrage, ou le mouillage des vaisseaux. La science d'un Pilote est de bien faire ses <i>amarrages. Ancorae jactus, appulsus,</i> c'est-à-dire d'ancrer en bon lieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1572" id="2" type="">
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    <head>AMARRAGE</head>
    <p>
    Amarrage , signifie aussi l'endroit où deux grosses cordes, ou la même mise en double, est liée par une petite. <i>Nodus, vinculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1573" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AMARRER" />
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    <head>AMARRER</head>
    <p>
    AMARRER , v. act. Terme de Marine . C'est lier ou attacher fortement avec un cordage, soit un vaisseau, soit quelqu'une de ses parties, ou de ses agreils. <i>Rudente, fune nautico ligare navim.</i> Dans la pêche des perles chaque plongeur porte un grand rets en forme de sac, suspendu à son cou par un long cordage, dont l'extrémité est <i>amarrée</i> sur le bord de la barque. P. Le C. Ce mot vient d'<i>amarr</i> Bas-Breton, qui signifie <i>lien.</i> Ainsi on dit, <i>Amarre</i> basbord, ou <i>amarre</i> stribord, pour commander de lier, ou attacher une manoeuvre à droit ou à gauche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1573" id="2" type="">
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    <head>AMARRER</head>
    <p>
    Amarré, ée , part. pass. <i>Ligatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1574" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AMARRES" />
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    <head>AMARRES</head>
    <p>
    AMARRES , s. m. plur. Terme de Marine . Ce sont les cordages avec lesquels on attache le vaisseau à quelques pieux, ou anneaux, ou avec lesquels on le lie, &amp; on l'arrête sur la mer par le moyen des ancres. <i>Rudentes, funes ancorales.</i> On dit qu'un vaisseau a ses trois <i>amarres</i> dehors, quand il a mouillé ses trois ancres. Les écoutes, les couëts, sont des <i>amarres</i> de voiles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1574" id="2" type="">
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    <head>AMARRES</head>
    <p>
    Amarres , en Architecture, sont aussi deux morceaux de bois qui ont une ouverture dans le milieu, pour y faire passer le bout d'un moulinet. <i>Chelonia.</i> On les appelle <i>hoches,</i> ou <i>boetes</i> ; &amp; les Charpentiers de Paris <i>jouieres.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1575" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMAS" />
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    <head>AMAS</head>
    <p>
    AMAS , s. m. Multitude de choses assemblées en un même lieu. <i>Acervus, cumulus.</i> Il faut faire un grand <i>amas</i> de matériaux avant que de commencer à bâtir. L'alluvion se fait par un grand <i>amas</i> de gravier, de limon, qui s'arrête en quelque lieu. <i>Colluvies.</i> L'<i>amas</i> de mauvaises humeurs dans le corps cause les abcès, les maladies. <i>Collectio.</i> Que sert à un avare l'<i>amas</i> de tant de richesses qu'il faut qu'il quitte ? Ce Marchand a fait de grands <i>amas</i> de blé dans ses greniers. Les lacs &amp; les étangs se font d'un grand <i>amas</i> d'eau. Les Nations Orientales surpassent celles de l'Europe dans l'<i>amas</i> des titres. Nicod. La plus grande partie de la Philosophie humaine n'est qu'un <i>amas</i> d'obscurités, d'incertitudes, ou même de faussetés. Nicol. La vie n'est qu'un <i>amas</i> de craintes, de douleurs, de travaux, de soucis, de peines. M. Desh.</p><p>Il se dit aussi des personnes. <i>Collectio.</i> Ce Prince fait un grand <i>amas</i> de troupes, de soldats, pour faire la guerre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1576" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMASSER" />
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    <head>AMASSER</head>
    <p>
    AMASSER , v. act. Mettre ensemble plusieurs choses, ou personnes. <i>Colligere.</i> Un homme généreux se moque d'amasser du bien. Que fait cet homme qui <i>amasse</i> des richesses, sinon de serrer ses liens, &amp; de fortifier les murs de sa prison ? Ab. D. l. Tr. Un charlatan a bient-tôt <i>amassé</i> la canaille autour de lui. Pourquoi fou que vous êtes, <i>amassez</i>-vous talent sur talent ? Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1576" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMASSER" />
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    <head>AMASSER</head>
    <p>
    Amasser , Signifie aussi, Lever de terre ce qui étoit tombé On <i>amasse</i> les fruits qui tombent des arbres. Plutarque n'<i>amasse</i> que les fleurs qui se présentent sous ses pas, &amp; ne se détourne point de son chemin pour en aller chercher d'autres. On dit d'une chose qu'on veut bien mépriser, qu'elle ne vaut pas l'<i>amasser.</i> On se sert aussi en ce sens du mot de <i>ramasser</i> ; &amp; même il est beaucoup plus en usage qu'<i>amasser.</i> On dit bien, <i>Amassez</i> mes gands, mais encore mieux <i>ramassez</i> mes gands. Cependant Ménage prétend qu'on dit à la Cour, <i>amassez,</i> &amp; non <i>ramassez</i> votre chapeau. Nicod le dérive du Grec , <i>accumula</i> ; ou de l'Hébreu <i>massach,</i> qui signifie <i>mêler.</i> Ménage le dérive du Latin <i>admassare,</i> fait de <i>massa.</i> Cependant il vaut mieux tirer ce mot du Grec , <i>colligo,</i> qui vient de l'adverbe , <i>simul, ensemble.</i></p><p>Il se dit aussi avec le pronom personnel. <i>Confluere.</i> Le Peuple qui s'<i>amasse</i> dans les carrefours fait craindre une sédition. Le sable qui s'<i>amasse</i> peu à peu dans ce port, le comblera à la fin. La mer est un gouffre où toutes les eaux de la terre s'<i>amassent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1577" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMASSETTE" />
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    <head>AMASSETTE</head>
    <p>
    AMASSETTE , s. f. Petit outil de bois, ou de corne, qui sert au garçon Peintre à amasser les couleurs quand il les broie. <i>Cornu pigmentis legendis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1578" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMASTRIDE" />
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    <head>AMASTRIDE</head>
    <p>
    AMASTRIDE , s. f. <i>Amastris.</i> Ville maritime de Paphlagonie sur le pont Euxin, aujourd'hui <i>Tamastro.</i> Elle s'appelle aussi Amastre, <i>Amastrum.</i> Elle est au 60e d. 43. m. de longitude, &amp; 44. d. 25. m. de latitude. Elle a eu un Evêque.</p><p>Il y a aussi un fleuve de ce nom, <i>Amastris,</i> qui arrose la Bithynie &amp; le Pont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1579" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMATALIDE" />
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    <head>AMATALIDE</head>
    <p>
    AMATALIDE , s. f. Et nom propre de femme. <i>Amatalis.</i> Ce mot est Syriaque, composé de <i>amma,</i> ou <i>ama,</i> qui signifie <i>Mère</i> ; &amp; de <i>Talis,</i> nom propre. Ainsi <i>Amatalide</i> c'est <i>la Mère,</i> ou l'<i>Abbesse Talide.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AIMEE">AIMEE</ref>. Monsieur Buleteau la nomme Sainte Amme Talide, à la marge de son <i>Histoire Monastique d'Orient,</i> comme si c'étoit un nom &amp; un surnom. Chast. 5. <i>Febr.</i> C'est une faute.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1580" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AMATELOTER" />
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    <head>AMATELOTER</head>
    <p>
    AMATELOTER , v. act. Terme de Marine . C'est donner un compagnon à chaque homme de l'équipage, ou associer les matelots deux à deux, afin qu'ils se soulagent l'un &amp; l'autre, &amp; qu'ils servent chacun à leur tour. <i>Nautas binos componere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1581" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMATEUR" />
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    <head>AMATEUR</head>
    <p>
    AMATEUR , s. m. Qui aime quelque chose. <i>Amator.</i> Il ne se dit point de l'amitié, ni des personnes. Ce terme est propre pour désigner les personnes de belles lettres, qui ont du goût pour les Sciences, qui s'y appliquent &amp; les cultivent. Il est <i>amateur</i> de l'étude, des curiosités, des tableaux, des coquilles. <i>Amateur</i> de la Musique, des beaux Arts. Il nous manque de voir manier la science de l'éducation des enfants par un <i>amateur</i> qui puisse pénétrer le lecteur des sentimens dont il est animé. Merc. <i>Avril</i> 1736. Le Peuple est <i>amateur</i> de nouveautés. Un Saint est toujours <i>amateur</i> des croix &amp; des humiliations. Les Indiens sont fort <i>amateurs</i> de la Poësie. Lettr. éd.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1582" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMATEUR" />
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    <head>AMATEUR</head>
    <p>
    AMATEUR . Est aussi un nom propre d'homme. Saint <i>Amateur,</i> dit vulgairement Saint Amatre, ou Amaitre, Evêque d'Auxerre. Baill. I. <i>Mai.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1583" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMATHUS" />
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    <head>AMATHUS</head>
    <p>
    AMATHUS , s. f. <i>Amathus.</i> Ville de Chypre, où Vénus étoit honorée, &amp; où elle avoit un temple fameux. C'est aujourd'hui Limisso.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1584" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMATHYSTE" />
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    <head>AMATHYSTE</head>
    <p>
    AMATHYSTE . Voyez <ref type="search" target="head:AMÉTHISTE">AMÉTHISTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1585" id="1" type="orfevre">
   <index type="head" value="AMATIR" />
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    <head>AMATIR</head>
    <p>
    AMATIR , v. act. Terme d'Orfèvre . C'est rendre mat, laisser l'or ou l'argent sans le polir, ou le brunir. <i>Aurum impolitum inducere, Amatir</i> se dit proprement de l'or : à l'égard de l'argent, on dit plus souvent <i>blanchir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1586" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMATRE" />
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    <head>AMATRE</head>
    <p>
    AMATRE , s. m. Nom propre d'homme, qui s'est fait par corruption d'<i>Amator,</i> Latin. Voyez <ref type="search" target="head:AMATEUR">AMATEUR</ref>. Saint <i>Amatre</i> connut par révélation que sa fin étoit proche, &amp; que Germain devoit lui succéder. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1587" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMAITRE" />
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    <head>AMAITRE</head>
    <p>
    AMAITRE , s. m. Le même qu'AMATRE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1588" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMAURI" />
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    <head>AMAURI</head>
    <p>
    AMAURI , s. m. Nom propre d'homme. <i>Amalaricus, Amalricus.</i> Ce mot nous est venu des Goths, qui disoient <i>Amalaric,</i> comme je l'ai dit en son lieu. Nous en avons fait <i>Amalric,</i> puis changeant <i>al</i> en <i>au,</i> selon la coutume ordinaire, nous avons dit <i>Amauric,</i> &amp; enfin <i>Amauri.</i> Et en effet on dit Amalaric, ou <i>Amauri,</i> Roi des Visigoths au VIe siècle. Amauric, ou <i>Amauri,</i> est donc en François la même chose qu'Amalaric en langage Gothique. Voyez encore AYMERIC.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1589" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AMAUROSE" />
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    <head>AMAUROSE</head>
    <p>
    AMAUROSE , s. f. Terme de Médecine . C'est une privation entière de la vûe, qui arrive sans qu'il y ait aucun vice sensible dans les yeux. <i>Oculorum obscuritas.</i> Elle est causée par l'obstruction des nerfs optiques. Ce mot vient du Grec , &amp; signifie <i>obscurcissement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1590" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMAXOBIEN, ENNE" />
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    <head>AMAXOBIEN, ENNE</head>
    <p>
    AMAXOBIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Amaxobius.</i> Nom propre d'un ancien Peuple de Sarmatie, qui n'avoit point de maisons, ni de tentes ; mais qui vivoit dans des chariots, dans lesquels il erroit sans cesse ça &amp; là. Ce nom est Grec, &amp; vient de , <i>Chariot,</i> &amp; , <i>vie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMAZONE</head>
    <p>
    AMAZONE , s. f. Femme ou fille courageuse, &amp; guerrière. <i>Amazon.</i> C'étoient autrefois des femmes de Scythie qui habitoient près du Tanais, &amp; du Thermodoon, qui ont conquis une partie de l'Asie, qui vivoient sans hommes, &amp; qui s'abandonnoient aux étrangers ; mais elles faisoient périr tous les enfans mâles, &amp; elles brûloient la mammelle gauche des filles pour les rendre plus propres au combat : d'où on dit qu'est venu leur nom, de privatif, &amp; de qui signifie <i>mammelle.</i> Dans les médailles, le buste des <i>Amazones</i> est ordinairement armé d'une petite hache d'armes, qu'elles portoient sur l'épaule, avec un petit bouclier fait en croissant, que les Latins nomment <i>pelta.</i> Voyez l'<i>Histoire des Amazones</i> de Samuel Petit, en attendant celle qu'on nous promet, &amp; qui sera plus exacte, &amp; plus curieuse.</p><p>Strabon &amp; Palaephatus, &amp; d'autres encore, nient qu'il y ait eu autrefois des <i>Amazones.</i> On leur oppose Hérodote, Pausanias, Diodore de Sicile, Trogue-Pompée, &amp; Justin son abbréviateur, Plutarque, &amp;c. Pline &amp; Mela font mention de celles de Scythie. Hippocrate dit qu'il y avoit une loi chez elles qui condamnoit les filles à demeurer vierges, jusqu'à ce qu'elles eussent tué trois hommes du pays ennemi. Il dit aussi qu'elles retranchoient la manmelle droite, afin que le bras droit en devint plus robuse, en profitant de la nourriture que le teton auroit emportée. On dit aussi qu'elles tordoient les jambes à leurs enfans mâles, afin d'être toujours les maîtresses. On dit qu'en Afrique il y a un Royaume composé de seules femmes, qui tuent les garçons qui leur naissent du commerce quelles ont avec les Peuples voisins, comme témoigne Jon de Los Sanctos, Jacobin Portugais, dans la Description de l'Ethiopie Orientale. Aeneas Silvius rapporte qu'on a vû dans la Bohème pendant sept ans une République toute semblable à celle des <i>Amazones,</i> fondée par la valer d'une fille nommée Valasca. Monsieur Petit Médecin a fit une Dissertation Latine pour montrer qu'il y a eu véritablement un Etat d'<i>Amazones.</i> Elle fut imprimée en 168. chez Cramoisi. Il y fait plusieurs recherches curieuses sur leurs vêtemens, leurs armes, les Villes qu'elles ont bâties, ou habitées, &amp;c.</p><p>La rivière des <i>Amazones, Fluvius Amazonius,</i> est une grande rivière qui arrose la partie méridionale de l'Amérique ; &amp; la région qui lui donne ce nom est à deux degrés &amp; demi de hauteur méridionale proche la Nation des Topinambous. Cette rivière a plus de 80. lieues de large à son embouchure ; &amp; dans le reflux elle pousse son eau douce plus de 30. lieues dans la mer. Le Père Christophe d'Acuna en a écrit une Relation, &amp; le Sieur de Villarmond une autre. Voyez aussi le Père Alfonse d'Ouaglie, dans son <i>Historica relatione del Regno di Cile. Liv. IV. Ch.</i> 12. Et le Père Alphonse Rodriguès, dans son Livre intitulé, <i>El Maranon y Amazonas.</i> Les Lettres édifiantes &amp; curieuses des Jésuites Missionnaires Tome X pag. 241, portent qu'il y a en effet dans l'Amérique Méridionale une Nation de femmes belliqueuses ; qu'à certain temps de l'année elles reçoivent des hommes chez elles ; qu'elles tuent les enfans mâles qui leur naissent ; qu'elles ont grand soin d'élever les filles ; &amp; que de bonne heure elle les endurcissent aux travaux de la guerre. Le Père Lamberti, dans sa <i>Relation de la Mingrélie</i> dit qu'en ce Pays-là on voit encore à présent des <i>Amazones.</i> Le plus fameuses ont été Marthésie, Orythie, Pentasilée, qu fut tuée par Achille, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMAZONE</head>
    <p>
    Amazone , se dit aussi en général d'une femme courageuse, &amp; capable d'une entreprise hardie. La Pucelle d'Orléans à passé pour une <i>Amazone.</i> Vous êtes, l'une &amp; l'autre, deux franches <i>Amazones.</i> Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1592" id="1" type="">
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    <head>AMBA</head>
    <p>
    AMBA . C'est un fruit, qui vient dans le Calécut sur un arbre appellé Manga. Il est verd, semblable à nos noix, plus gros qu'une pêche ; son écorce est amère, quand elle est mûre. Elle est jaune &amp; lustrée. Elle renferme un os comme une amande ; ce qui est dedans est doux comme du miel. Quand ce fruit est mûr, on le met dans l'eau, &amp; on le conserve, comme nous faisons les olives ; mais il est beaucoup meilleur, &amp; même que les prunes de damas. <i>Louis Barthema, &amp; Nicolas de Conti Venitien, dans le Recueil de Ramusio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1593" id="1" type="">
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    <head>AMBAGES</head>
    <p>
    AMBAGES , s. f. plur. Vieux mot, qui signifioit autrefois un amas consus &amp; obscur de paroles, dont on a de la peine à deviner la signification. <i>Ambages.</i> Les Chymistes ne parlent que par <i>ambages,</i> &amp; ne sont point entendus. Ce mot est plus Latin que François. Ablancourt s'en est servi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBAINTINGA</head>
    <p>
    AMBAINTINGA , s. m. Arbre sauvage du Brésil. Il rient du pin, &amp; du cyprès, sans être précisément ni l'un ni l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1595" id="1" type="">
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    <head>AMBARA</head>
    <p>
    AMBARA , ou AMBARE. Grand poisson qui se trouve dans l'Océan Atlantique vis-à-vis les côtes d'Afrique. Jean <pb n="183" facs="bpt6k8542165/f223/full/1200,/0/native.jpg"/>Léon l'Afriquain, dans la IXe partie de son Afrique, rapporte qu'il est d'une forme &amp; d'une grandeur énorme ; qu'on ne le voit jamais que quand il est mort, parce qu'alors la mer le jette sur le rivage ; que sa tête est dure comme si elle étoit de pierre ; qu'on en a trouvé qui avoient vingt-cinq brasses de long, &amp; d'autres encore plus ; que les Afriquains qui demeurent sur les côtes disent que c'est le poisson qui jette l'ambre, &amp; que les uns disent que c'est son excrément, &amp; d'autres sa semence. Il paroît par-là que c'est le même que d'autres appellent Ambracan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1596" id="1" type="">
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    <head>AMBARE</head>
    <p>
    AMBARE d'Inde, est un arbre dont les feuilles sont grandes comme celles du noyer, d'un verd plus clair, parsemées de plusieurs veines ou nerfs ; les fleurs sont petites, blanches : son fruit est gros comme une noix, verd au commencement ; en mûrissant il devient jaune, d'une odeur agréable, &amp; d'un goût aigrelet : l'odeur <i>ambrée</i> du fruit lui a fait donner ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1597" id="1" type="">
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    <head>AMBARVALLES</head>
    <p>
    AMBARVALLES , s. m. &amp; plur. <i>Ambarvalia. Ambarvale sacrum.</i> Fête, ou cérémonie qui se faisoit chez les anciens Romains, pour obtenir des Dieux une bonne récolte. On immoloit une génisse, on une laie pleine, ou une brébis ; &amp; avant le sacrifice on la conduisoit en procession autour des champs. C'est de-là que cette Fête aura pris son nom. Rosinus la met parmi celles qui n'étoient point fixées à un certain jour ; mais qui se faisoient néanmoins tous les ans. Le titre du chap. 141. de Caton, <i>De Re Rust.</i> semble marquer qu'il étoit libre de faire cette cérémonie : <i>Si agrum lustrare, quid facere debeas.</i> Il pourroit cependant parler ainsi quand la Fête est réglée. Quelques Auteurs disent que les <i>Ambarvalles</i> se célébroient deux fois l'année. 1°, à la fin de Janvier, ou au mois d'Avril, &amp; la seconde fois au mois de Juillet. Rosinus dit qu'elle se célébroit vers le temps de la moisson, <i>maturis frugibus.</i> Ce sentiment me paroît d'autant plus vraisemblable, que dans les fastes d'Ovide, qui nous décrit toutes les Fêtes des six premiers mois de l'année, depuis Janvier jusqu'à Juin inclusivement, il n'est point parlé des <i>Ambarvalles.</i> Il faut donc qu'ils ne tombassent point dans ces six premiers mois, mais apparemment en Juillet. Caton de <i>Re Rust.</i> Ch. 141. Virg. Ecl. III. v. 77. Tibul. Liv. II. Eleg. 1. v. 15. &amp; suiv. Servius sur l'endroit de Virgile que j'ai cité. Macrob. Liv. III. Ch. 5. turnebe <i>Advers.</i> Liv. XVIII. Ch. 17. parlent des <i>Ambarvalles</i> ; &amp; Joannes Rosinus les décrit exactement dans son Ve Liv. des Antiquités Romaines Ch. 17.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1598" id="1" type="">
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    <head>AMBARVALLE</head>
    <p>
    AMBARVALLE , est aussi un adjectif m. &amp; f. Victime <i>Ambarvalle, Ambarvalis hostia.</i> On faisoit faire à la victime <i>Ambarvalle,</i> trois tours autour des champs. Le sacrifice <i>Ambarvalle</i> étoit composé d'une truie, d'une brebis, &amp; d'une génisse, ou d'un taureau, &amp; s'appelloit <i>Suovetaurilia.</i> La prière <i>Ambarvalle, Ambarvale carmen,</i> c'est la prière que l'on faisoit dans cette cérémonie, &amp; dont Caton nous a conservé la formule dans son 141. Ch. <i>De Re Rust.</i> Cette cérémonie se faisoit non seulement à la campagne, mais encore à Rome, &amp; l'on appelloit ceux qui en avoient le soin &amp; la conduite, <i>Fratres Arvales.</i></p><p><i>Ambarvale</i> est formé de <i>ambio,</i> je tourne autour, &amp; <i>arva,</i> les champs, pour la raison que j'ai dite.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBASSADE</head>
    <p>
    AMBASSADE , s. f. Envoi que les Souverains se font les uns aux autres de quelque personne habile, expérimentée, &amp; ordinairement de qualité, pour négocier les affaires qu'ils ont ensemble. <i>Legatio.</i> Il s'en fait aussi pour quelques complimens, ou cérémonies solennelles. L'<i>Ambassade</i> de Rome est tenue pour la plus honorable. L'<i>Ambassade</i> de Nimègue pour la paix étoit composée de trois Plénipotentiaires. Il y a quelquefois un Secrétaire de l'<i>Ambassade.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBASSADE</head>
    <p>
    Ambassade , se prend aussi pour la charge d'Ambassadeur, pour la fonction d'Ambassadeur. Faire bien son <i>Ambassade.</i> S'acquitter glorieusement de son <i>Ambassade.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBASSADE</head>
    <p>
    Ambassade , se prend encore pour les gens mêmes qui sont envoyés en Ambassade. Il lui arriva une <i>Ambassade</i> des Scythes. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBASSADE</head>
    <p>
    Ambassade , signifie aussi en termes familiers, un petit message qu'on fait faire par un ami, ou par un domestique, pour quelque petite négociation, &amp; particulièrement d'amour. Elle a reçu une <i>Ambassade</i> de la part de son galant. Mol.</p><p>On dit proverbialement, pour se mocquer d'un train en désordre, C'est l'<i>Ambassade</i> de Viarron, deux chevaux &amp; une mule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1600" id="1" type="">
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    <head>AMBASSADEUR</head>
    <p>
    AMBASSADEUR , s. m. C'est un Ministre public envoyé par un Souverain à un autre Souverain, pour y représenter sa personne. <i>Legatus, Orator.</i> Wicq. Ce mot a une signification bien plus ample que celui de <i>Legatus</i> chez les Romains ; &amp; à la reserve de la protection que le droit des gens donne à l'un, &amp; à l'autre, il n'y avoit presque rien de commun. L'<i>Ambassadeur</i> est un espion honorable à couvert par le droit des gens. Wicq. Tout le rafinement d'un <i>Ambassadeur,</i> &amp; toute sa politique tendent à tromper, &amp; à n'être point trompé. La Bruy. Un <i>Ambassadeur</i> après avoir bien joué son rôle sur le théatre de la Cour, doit quitter son personnage en particulier. Wicq. Ce composé de formalités, &amp; de bienséances, peut bien former un pédant politique, &amp; non pas un parfait <i>Ambassadeur,</i> qui doit être honnête-homme quand il ne joue plus la comédie. Id. <i>Ambassadeur</i> ordinaire, est celui qui réside en la Cour d'un autre Prince par honneur, &amp; pour entretenir réciproquement l'amitié, ou pour négocier les affaires survenantes. <i>Legatus, Orator ordinarius.</i> A proprement parler, les Ambassades ordinaires ne sont point du droit des gens. Il y a 200. ans qu'elles étoient inconnues. Tous les <i>Ambassadeurs</i> étoient extraordinaires, &amp; se retiroient si-tôt qu'ils avoient achevé l'affaire qu'ils avoient à négocier. <i>Ambassadeur</i> Extraordinaire, est celui qui vient en la Cour d'un Prince pour quelque affaire particuliere, comme pour conclure une paix, un mariage, conduire une Reine, faire des complimens, &amp;c. <i>Legatus, Orator extraordinarius.</i> Il n'y a nulle différence effentielle entr'eux, &amp; ils jouissent également de toutes les prérogatives que le droit des gens leur accorde. Il n'est point nécessaire qu'un <i>Ambassadeur</i> soit homme de bien. Il suffit qu'il ait un grand extérieur, &amp; une belle apparence, dont il tirera de plus grands avantages que de la vertu même. Wicq. Le nom d'<i>Ambassadeur</i> est un nom de respect &amp; d'autorité. Ciceron, <i>Orat.</i> 6 <i>in Verr.</i> v. 85. David fit la guerre aux Ammonites pour venger l'injure faite à ses <i>Ambassadeurs.</i> Liv. II. des Rois Ch. 29. 1er Paral. Ch. 19. Alexandre fit passer au fil de l'épée les habitans de Tyr qui avoient insulté ses <i>Ambassadeurs.</i> La jeunesse de Rome ayant outragé les <i>Ambassadeurs</i> de Vallonne fut livrée entre leurs mains pour se venger à discrétion. Jean Basilowitz Duc de Moscovie fit clouer le chapeau sur la tête d'un <i>Ambassadeur</i> d'un Prince étranger, qui avoit osé se couvrir en sa présence. Journ. des S. <i>Août</i> 1679. De Roch. Les <i>Ambassadeurs</i> des Rois ne doivent aller aux noces, aux enterremens, ni aux assemblées publiques &amp; solennelles, si leur maître n'y a intérêt ; ils ne doivent point aussi porter le deuil, parce qu'ils représentent la personne du Prince. <i>Scaliger</i> au mot <i>Ambassadeur,</i> Id. Cela ne se doit entendre que d'un deuil que leur maître ne porte point. On fait des entrées aux <i>Ambassadeurs</i> ; c'est-à-dire, qu'on les envoie recevoir avec cérémonie ; les carrosses du Roi &amp; des Princes vont au-devant d'eux. Il y a des Charges d'Introducteurs des <i>Ambassadeurs</i> chez le Roi &amp; chez Monsieur. C'étoit la coutume sous nos premiers Rois, &amp; cette coutume dura long-temps en France, d'envoyer ensemble plusieurs <i>Ambassadeurs,</i> qui composoient comme une espèce de Conseil. P. Dan. Avant Louis XI. la manière étoit, que quand un Prince avoit du mécontentement d'un autre pour quelque sujet qui ne méritoit point une déclaration de guerre, il rompoit toute liaison avec lui, ne lui envoyoit plus d'<i>Ambassadeurs,</i> veilloit seulement sur ses démarches dans les Cours étrangeres, &amp; jusqu'à ce que quelque conjoncture eût rétabli la bonne intelligence, ils n'avoient plus aucun rapport ensemble. La coutume fut alors toute contraire, quelque soupçon, quelque défiance que l'on eût les uns des autres, quelques différends qui survinssent, on étoit en négociations continuelles, &amp; l'adresse des Princes, ou des <i>Ambassadeurs,</i> étoit de fournir toujours quelque matière pour les continuer. Id. L'Auteur des <i>Mémoires &amp; Instructions pour servir dans les négociations, &amp; affaires concernant les droits du Roi,</i> imprimées chez Cramoisi en 1666. observe que les Cardinaux peuvent, sans se faire tort, être <i>Ambassadeurs</i> des Princes séculiers. Ce mot vient de <i>Ambasciator</i>, dont se sont servis les Auteurs de la basse Latinité, qui a été fait de <i>ambactus,</i> vieux mot Latin tiré du Gaulois, signifiant, <i>serviteur,</i> client, domestique, ou Officier, selon Borel &amp; Ménage, &amp; Chiflet <pb n="184" facs="bpt6k8542165/f224/full/1200,/0/native.jpg"/>dans son <i>Glossarium salicum,</i> après Saumaise &amp; Spelman. Les Jésuites d'Anvers, dans les <i>Acta Sanct. Mart. Tom. II. pag.</i> 128. rejettent cette opinion, parce que l'<i>ambact</i> des Gaulois avoit cessé d'être en usage long-temps avant que le terme d'<i>ambascia,</i> &amp; d'ambassade s'introduisit. Mais cela n'est pas vrai ; car on trouve <i>ambascia</i> dans la Loi Salique Tit. 19 ; qui s'est fait d'<i>ambactia,</i> en prononçant le <i>t</i> comme dans <i>actio</i> ; &amp; <i>ambactia</i> vient d'<i>ambactus.</i> Lindenbrock le dérive de l'Allemand <i>ambacht</i>, qui signifie <i>oeuvre,</i> comme si on se louoit pour faire quelque ouvrage ou légation. Chorier, dans son <i>Histoire de Dauphiné,</i> sur l'<i>ambascia</i> qui se trouve dans la loi des Bourguignons, dit la même chose que Lindenbrock, &amp; il ajoûte, Parmi les ouvriers des plus bas métiers, <i>ambauche</i> &amp; <i>ambaucher,</i> sont des mots connus qui viennent de cette origine. Albertus Acharisius, en son Dictionnaire Italien, le dérive de <i>ambulare.</i> Les Jésuites d'Anvers, à l'endroit que j'ai cité, disent que l'on trouve <i>Ambascia</i> dans les loix des Bourguignons, que c'est de-là qu'on a fait <i>Ambassicatores</i> &amp; <i>Ambasciatores</i> ; pour dire les Envoyés, les Agens d'un Prince, ou d'un Etat, à un autre Prince, ou Etat. Ils croient donc que chez les Barbares qui inonderent l'Europe <i>ambascia</i> signifioit le discours d'un homme qui s'humilie, qui s'abaisse devant un autre en le priant, &amp; qu'il vient de la même racine qu'<i>abaisser,</i> en ajoûtant une <i>m,</i> pour rendre le nom plus doux ; ou bien que c'est le discours par lequel un homme reconnoît qu'un autre est son Seigneur, &amp; que ce nom est composé de <i>an,</i> ou <i>am,</i> qui signifie <i>ad,</i> &amp; de <i>bâs,</i> qui vouloit dire <i>Seigneur.</i> Enfin, ils ne doutent nullement que ce mot dans son origine n'emporte de la soumission &amp; de l'infériorité, de même que celui d'<i>Orator,</i> que l'on a donné à ceux que nous appellons <i>Ambassadeurs.</i></p><p>On dit qu'un homme a un train, un équipage d'<i>Ambassadeur</i> ; pour dire, qu'il a un train, un équipage magnifique.</p><p>A Athènes les <i>Ambassadeurs</i> étrangers montoient dans la Tribune des Orateurs, pour exposer leur commission, &amp; pour se faire mieux entendre du Peuple. A Rome ils étoient introduits au Sénat, auquel ils exposoient leurs ordres. Athènes &amp; Sparte florissantes n'avoient autrefois rien tant aimé, que de voir &amp; d'entendre dans leurs Assemblées divers <i>Ambassadeurs,</i> qui recherchoient la protection, ou l'alliance de l'une ou de l'autre. C'étoit, à leur gré, le plus bel hommage qu'on leur pût rendre ; &amp; celle qui recevoit le plus d'ambassades, croyoit l'emporter sur sa rivale. Tourr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBASSADEUR</head>
    <p>
    Ambassadeur , se dit aussi de quelques personnes qu'on envoie pour faire quelque petit message, ou négociation ; mais ce n'est qu'en discours familier &amp; en raillerie. C'est un <i>Ambassadeur</i> d'amour. Il a bien choisi son monde, que de te prendre pour son <i>Ambassadeur.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBASSADRICE</head>
    <p>
    AMBASSADRICE , s. f. C'est la femme de l'Ambassadeur. <i>Legati uxor, Oratoris conjux.</i> La Maréchale de Guébriant a été la première femme, &amp; peut-être la seule qui ait eu cette qualité de son chef. Wicq. Le Roi de Perse envoya une Dame de sa Cour en <i>ambassade</i> vers le Grand Seigneur pendant les troubles de l'Empire, Matth. Liv. IV. vie d'Henri IV. De Roch. On appelle aussi une <i>Ambassadrice</i> d'amour, celle qui en est l'entremetteuse. Je suis une <i>Ambassadrice</i> de joie. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBAYBA</head>
    <p>
    AMBAYBA . Arbre des Indes Occidentales. Il ressemble un peu au figuier. Il croît dans les champs. Les Indiens en tirent une liqueur, qui a toutes les vertus du baume.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBESAS</head>
    <p>
    AMBESAS , s. m. Terme de jeu de trictrac , qui se dit quand le dé amène deux as. <i>Lusoriae tesserae punctorum duella.</i> Ce mot vient du Latin <i>ambo</i>. On trouve dans le Roman de la Rose <i>ambedeux.</i> Les Italiens disent aussi <i>ambedue.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBIA MONARDI</head>
    <p>
    AMBIA MONARDI , est un bitume liquide, jaune, dont l'odeur approche de celle du Tacamahaca : il coule d'une fontaine située aux environs de la mer des Indes : il est résolutif, adoucissant : il guérit les dartres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBIANOIS</head>
    <p>
    AMBIANOIS . Voyez <ref type="search" target="head:AMIENOIS">AMIENOIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1606" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBIDÈXTRE" />
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    <head>AMBIDÈXTRE</head>
    <p>
    AMBIDÈXTRE , adj. m. Qui se sert également de ses deux mains, de la gauche aussi-bien que de la droite, pour tous les usages où on n'a besoin que d'une main. <i>Sinistrâ perindè utens ac dextrâ.</i> Hippocrate en ses Aphorismes, dit que cela n'arrive jamais aux femmes. Du Cange dit qu'on a aussi appellé <i>ambidèxtre,</i> un Juge qui prend à droit &amp; à gauche ; qui reçoit des présens de l'une &amp; de l'autre des parties. Ce mot est tiré du Latin <i>ambidexter,</i> qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1607" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBIGU, UË" />
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    <head>AMBIGU, UË</head>
    <p>
    AMBIGU, UË , adj. Obscur, qui se peut entendre en deux sens contraires ou différens. <i>Ambiguus, obscurus.</i> Les réponses des Oracles des Anciens étoient <i>ambigues.</i> Il vous a écouté avec une raillerie <i>ambiguë</i> ; on ne sait s'il veut vous flatter, ou vous railler. Le sens de ce passage est fort ambigu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1607" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMBIGU, UË" />
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    <head>AMBIGU, UË</head>
    <p>
    Ambigu , se dit aussi quelquefois d'un homme qui ne sait à quelle profession ou à quelle religion se déterminer. <i>Anceps, incertus.</i> Cet homme est un véritable <i>ambigu,</i> on ne sait s'il est homme de robe, ou homme d'épée, Catholique ou Protestant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1607" id="3" type="">
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    <head>AMBIGU, UË</head>
    <p>
    Ambigu , s. m. Est une collation mêlée, &amp; où l'on sert la viande &amp; le fruit ensemble ; ensorte qu'on doute si c'est une simple collation, ou un souper. <i>Coena dubia, dubia epulae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1607" id="4" type="">
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    <head>AMBIGU, UË</head>
    <p>
    Ambigu , signifie aussi mélange. <i>Admistio.</i> C'est un <i>ambigu</i> de précieuse, &amp; de coquette, que leur personne. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1608" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBIGUITÉ" />
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    <head>AMBIGUITÉ</head>
    <p>
    AMBIGUITÉ , s. f. Obscurité de paroles, qui fait qu'on leur peut donner un double sens. <i>Ambiguitas, Amphibologia.</i> Il faut que les termes des Loix &amp; des Edits soient clairs, &amp; sans <i>ambiguité.</i> Un coeur droit &amp; sincère s'explique sans détour, &amp; sans <i>ambiguité.</i> S. Evr. La diversité des accens fait quelquefois l'<i>ambiguité</i> d'un mot ; comme <i>pécheur,</i> ou <i>pêcheur.</i> La signification de ces deux mots ainsi accentués, est fort différente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1609" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBIGUMENT" />
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    <head>AMBIGUMENT</head>
    <p>
    AMBIGUMENT , adv. D'une manière douteuse, obscure &amp; incertaine. <i>Ambiguè.</i> Ce criminel répond toujours <i>ambigument.</i> Un habile négociant sait parler <i>ambigument,</i> &amp; d'une manière enveloppée, pour faire valoir, ou pour diminuer dans la suite la force des mots selon ses intérêts. La Bruy. Ces mots viennent d'<i>ambo,</i> deux, &amp; <i>ago,</i> je pousse. Et l'on appelle <i>ambigu</i> &amp; <i>ambiguité,</i> ce qui tient l'esprit en suspens, qui le divise çà &amp; là, sans qu'il puisse se résoudre à un parti fixe &amp; déterminé. De Roch. Ce qui le pousse, l'entraîne, le porte également de deux côtés en lui offrant deux sens, dont il ne sait lequel prendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1610" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBION" />
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    <head>AMBION</head>
    <p>
    AMBION , s. m. Nom que quelques-uns donnent au ruisseau qui passe à Caudebec. <i>Voyez la Descript. Geogr. &amp; hist. de la Haute Norm. tom.</i> 1. <i>pag.</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1611" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBITIEUX, EUSE" />
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    <head>AMBITIEUX, EUSE</head>
    <p>
    AMBITIEUX, EUSE , adj. Rempli d'un desir déréglé de gloire, de dignités, de fortune. <i>Ambitiosus.</i> C'est un homme <i>ambitieux</i> d'honneur. Le P. Bouhours désapprouve cette phrase. Un Prince <i>ambitieux</i> est un mauvais voisin. César étoit <i>ambitieux</i> outre mesure. Il faut être délicatement <i>ambitieux.</i> Esp. Un ambitieux a autant de maîtres qu'il y a de gens qui lui sont utiles. La Bruy.</p><p>On appelle, Ornement <i>ambitieux,</i> dans un discours, des ornemens trop recherchés, trop affectés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1611" id="2" type="banquier en cour de rome">
   <index type="head" value="AMBITIEUX, EUSE" />
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    <head>AMBITIEUX, EUSE</head>
    <p>
    Ambitieux, euse , se prennent aussi substantivement, &amp; signifient, qui a de l'ambition. Voyez un <i>ambitieux,</i> l'obscurité de son nom l'importune : il aime mieux périr, pourvu qu'il fasse du bruit en tombant. Du R. Sénèque étoit un <i>ambitieux</i> qui prétendoit à l'Empire. S. Evr. Catherine de Medicis étoit une <i>ambitieuse,</i> qui n'aspiroit qu'à regner souverainement. On a donné pour devise à un <i>ambitieux,</i> un Caméleon, <i>Vescitur aurâ,</i> Il se nourrit d'air ; Une chandelle, <i>Luce perit suâ</i> ; Une flâme, <i>Semper sursùm</i> ; Du feu, <i>Splendet &amp; absumit</i> ; Un oiseau dans une cage, <i>L'esca mi dona, &amp; liberta mi toglie.</i></p><p>On appelle en termes de Banquier en Cour de Rome , Une course <i>ambitieuse,</i> quand on envoie un courrier à Rome pour impétrer le Bénéfice d'un homme qui n'est pas encore mort ; &amp; quand cela est prouvé, l'impétration est nulle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1612" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBITIEUSEMENT" />
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    <head>AMBITIEUSEMENT</head>
    <p>
    AMBITIEUSEMENT , adv. D'une manière ambitieuse. <i>Ambitiosè.</i> L'instruction morale, ou politique, ne doit point être <i>ambitieusement</i> étalée. Vall. Ce n'étoit point un esprit de supériorité qui cherchât à s'élever <i>ambitieusement</i> au dessus des autres. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1612" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMBITIEUSEMENT" />
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    <head>AMBITIEUSEMENT</head>
    <p>
    Ambitieusement , se dit aussi figur. du style, &amp; signifie pompeusement, avec enflure, &amp; d'une manière trop élevée. <pb n="185" facs="bpt6k8542165/f225/full/1200,/0/native.jpg"/>Il a retenu son style dans une juste médiocrité, sans lui permettre de s'élever trop <i>ambitieusement.</i> Pell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1613" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBITION" />
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    <head>AMBITION</head>
    <p>
    AMBITION , s. f. Passion déréglée qu'on a pour la gloire, &amp; pour la fortune. <i>Ambitio.</i> L'<i>ambition</i> est un desir ardent de surpasser les autres en mérite &amp; en gloire. Cail. L'<i>ambition</i> est une passion turbulente qui bouleverse tout, &amp; qui sert de supplice à ceux mêmes qui en sont tourmentés. Du R. Il y a aussi une honnête, une noble, une louable <i>ambition,</i> qui fait arriver aux honneurs par le chemin de la vertu. L'<i>ambition</i> d'Alexandre a ruiné toute l'Asie. Quoi ! s'écria S. Canut, lorsque les Danois s'offrirent à chasser son frere, &amp; à le mettre sur le Trône, quoi ! mon <i>ambition</i> désoleroit ma patrie ? Ah ! C'est Dieu qui dispose des Couronnes, je ne la méritois pas, puisqu'il ne me l'a pas donnée. Ab. de Choisy. L'<i>ambition</i> passe pour une vertu parmi les Grands. Le Cl. L'<i>ambition</i> est une dédaigneuse, qui ne peut souffrir d'égal ; elle méprise le vulgaire. Cail. Il y a des gens qui ne renoncent à l'<i>ambition,</i> que par paresse, &amp; pour s'épargner les mouvemens, &amp; les agitations qui en sont inséparables. S. Evr. L'<i>ambition</i> fait tout entreprendre pour acquérir l'estime des hommes ; &amp; par-là il n'y a point de vertu si utile que cette folle passion. Du R. L'<i>ambition,</i> parce qu'elle est trop contraire au repos, n'est ni une passion générale, ni une passion délicieuse. Fonten. Le sage se guérit de l'<i>ambition,</i> par l'<i>ambition</i> même. La Bruy. L'<i>ambition</i> déplaît quand elle est assouvie. Corn. Depuis que l'<i>ambition</i> s'est emparée d'un coeur, elle lui donne plus de desir d'acquérir la gloire, que de force pour la supporter. Le Gend.</p><p>Il étoit bien fait, il avoit l'air grand, &amp; plus d'<i>ambition</i> qu'un Prince n'en doit avoir quand il n'est pas Souverain. Le Gend. Il n'y a point telle épargne pour nos Rois, que celle qui provient de l'<i>ambition</i> de leurs sujets, c'est un fonds inépuisable. En ceci chacun court en poste à la pauvreté. Il n'y a bonne maison, dont nos Rois ne soient par ce moyen héritiers. Pasquier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1614" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBITIONNER" />
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    <head>AMBITIONNER</head>
    <p>
    AMBITIONNER , v. act. Rechercher avec une forte passion les honneurs, les grandes charges, la gloire. <i>Ambire.</i> Vaugelas n'approuve point ce mot, quoi qu'il soit bon &amp; nécessaire dans la langue. Un homme de bien ne doit pas <i>ambitionner</i> la Prélature, il ne doit <i>ambitionner</i> que de servir Dieu. La gloire de vous servir est la chose que j'<i>ambitionne</i> le plus. T. Corn.</p><p>On appelloit proprement <i>ambitiosi</i> chez les Romains, ceux qui briguoient les charges. Ils alloient tout alentour de l'assemblée pour mendier les suffrages. <i>Ambibant</i> ; c'est-à-dire, <i>ibant circùm comitia. Am</i> en ancien Latin signifioit <i>circùm, alentour.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1614" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMBITIONNER" />
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    <head>AMBITIONNER</head>
    <p>
    Ambitionné, ée , adj. Souhaité avec ambition. <i>Cupitus, quaesitus ambitiosè.</i> Servir son pays est un honneur <i>ambitionné</i> de tout le monde. T. Corn. La belle gloire est <i>ambitionnée</i> de tous les honnêtes gens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1615" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBLE" />
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    <head>AMBLE</head>
    <p>
    AMBLE , s. m. Train, ou certaine allure de cheval, lorsque les deux jambes du même côté se meuvent ensemble, &amp; que les deux autres se meuvent après. <i>Asturconis mollis alterno crurum explicatu glomeratio. Tolutarii gradus, Asturconis incessus, Tolutarius incessus.</i> C'est la première allure des poulains, quand ils ne sont pas assez forts pour trotter. Pour leur entretenir cette allure, on leur met des entraves, &amp; on leur attache des bouchons de foin autour des paturons des jambes de derrière. Cette allure est bannie des manéges, où l'on ne veut que le pas, le trot, &amp; le galop. La haquenée est un cheval qui va l'<i>amble.</i> On appelle un cheval franc d'<i>amble,</i> quand il va l'<i>amble,</i> lorsqu'on le mène en main seulement avec le licou. On dit aussi au plur. Les grands <i>ambles.</i> On a dit <i>ambleure</i> en vieux Gaulois, du Latin <i>ambulatura.</i></p><p>Vegèce dit que l'<i>amble</i> est un petit pas de cheval fort vîte, qui plaît à celui qui le monte, qui ne s'enseigne point par art, mais qui vient plutôt naturellement.</p><p>On dit proverbialement, Mettre quelqu'un aux <i>ambles</i> ; pour dire, le ranger à son devoir.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>ambulare,</i> qu'on trouve chez les Auteurs Latins en la même signification. Nicod le dérive du Grec , qui signifie <i>tarder, rompre,</i> parce que l'<i>amble</i> est un train rompu. Les Latins ont appellé un cheval d'<i>amble,</i> ou haquenée, <i>ambulator equus</i> ; Seneque, <i>tolutarius ;</i> Pline, <i>asturco ;</i> d'autres, <i>gradarius,</i> &amp;c.</p><p>Quelques-uns appellent fausse jambe de devant un <i>amble</i> dans la vîtesse du galop, ou les deux actions du trot &amp; de l'<i>amble</i> dans la vîtesse du galop. Newc. Il y a plusieurs chevaux qui bien qu'ils ne puissent que trotter, étant pressés au manége, vont souvent un <i>amble</i> confus, par fois un <i>amble</i> très-parfait. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1616" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBLER" />
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    <head>AMBLER</head>
    <p>
    AMBLER , v. n. Aller l'amble. <i>Tolutim incedere, asturconis more incedere.</i> Il y a plusieurs chevaux bien forts, qui <i>amblent</i> étant pressés au manége, mais le plus souvent c'est par foiblesse, ou naturelle, ou de lassitude. Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1617" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBLETEUSE" />
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    <head>AMBLETEUSE</head>
    <p>
    AMBLETEUSE , s. f. <i>Ambletosa.</i> Port de mer dans la Picardie à deux lieues de Boulogne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1618" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBLEUR" />
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    <head>AMBLEUR</head>
    <p>
    AMBLEUR , s. m. Officier de la petite Ecurie du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1619" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="AMBLIGONE" />
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    <head>AMBLIGONE</head>
    <p>
    AMBLIGONE , ou AMBLYGONE, s. m. Terme de Géométrie . Angle obtus, ou qui a plus de 90. degrés. <i>Ambligonium.</i> Un triangle <i>ambligone,</i> qui a une angle plus grand que le droit. Ce mur fait en cet endroit un coude qui est <i>ambligone,</i> ou <i>obtusangle.</i> Ce mot est Grec, composé d', <i>obtus,</i> &amp; de , <i>angle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1620" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AMBLYOPIE" />
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    <head>AMBLYOPIE</head>
    <p>
    AMBLYOPIE , s. f. Terme de Médecine . Maladie des yeux, qui se dit d'une hébétation ou éblouissement continuel de la vûe, sans apparence que l'oeil soit aucunement offensé. <i>Amblyopia.</i> Ce mot est composé du Grec , <i>obtus, hebes,</i> &amp; de <i>oculus, oeil.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1621" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBOINE" />
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    <head>AMBOINE</head>
    <p>
    AMBOINE , s. f. <i>Amboina.</i> Maty écrit AMBONE. Mais l'usage est d'écrire &amp; de prononcer <i>Amboine.</i> Le P. Bouhours écrit même par un <i>y Amboyne,</i> selon l'ancienne manière, qui met souvent un <i>y</i> où il ne faut qu'un <i>i. Amboine</i> est une petite Isle des Indes, découverte par les Portugais en 1515. Les Hollandois les en ont chassés, &amp; y ont trois forteresses, Victoria, Hiton &amp; Low. L'Isle d'<i>Amboyne</i> est éloignée de Malaca d'environ 250. lieues ; elle en a 30. de circuit à peu près. Bouh. L'<i>Amboine</i> n'a qu'environ 16. grandes lieues de circuit. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1622" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBOINES" />
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    <head>AMBOINES</head>
    <p>
    AMBOINES , s. f. &amp; pl. <i>Amboinae.</i> Les <i>Amboines</i> sont quelques petites Isles autour d'Amboine, &amp; auxquelles elle donne son nom. Les <i>Amboines</i> produisent une grande quantité de cloux de gerofle. Maty.</p><p>L'Archipel d'<i>Amboine. Amboinae Architectures.</i> C'est la partie de l'Archipel des Moluques, qui est autour d'<i>Amboine.</i> Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1623" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBOISE" />
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    <head>AMBOISE</head>
    <p>
    AMBOISE , s. f. <i>Ambassade, Ambacien.</i> Ville de France dans la Touraine, sur la Loire. Charles VIII. nâquit à <i>Amboise</i> en 1470. &amp; y mourut en 1498. Louis XI. institua l'Ordre de S. Michel à <i>Amboise</i> en 1469. La conjuration d'<i>Amboise</i> est fameuse dans les troubles des Calvinistes de France, qui voulurent en 1560. se saisir de François II. de Catherine de Medicis, &amp; des Princes de Guise qui étoient à <i>Amboise</i> ; mais les conjurés furent tous passés au fil de l'épée à <i>Amboise,</i> où ils s'étoient rendus pour exécuter leur crime. Les Edits d'<i>Amboise</i> sont trois Edits portés à <i>Amboise</i> en Février &amp; Mars 1559. sur les affaires de la Religion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1624" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBOISE" />
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    <head>AMBOISE</head>
    <p>
    AMBOISE est aussi le nom d'une famille illustre de France, qui a possédé la Seigneurie d'<i>Amboise. George</i> d'<i>Amboise.</i> Nom d'une grosse cloche de la Cathédrale de Rouen, dont le Cardinal de ce nom fut parrein.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1625" id="1" type="">
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    <head>AMBON</head>
    <p>
    AMBON , s. m. <i>Ambo, Analogium.</i> C'est une Tribune, qui étoit autrefois dans les Eglises, &amp; sur laquelle on montoit pour lire ou chanter certaines parties de l'Office divin, &amp; pour prêcher au Peuple. Il y avoit des degrés pour y monter. Après la lecture de l'Epitre le Chantre montoit sur l'<i>ambon</i> avec son livre, nommé Graduel, ou Antiphonier, &amp; chantoit le Répons que nous nommons Graduel, à cause des degrés de l'<i>ambon,</i> &amp; Répons, à cause que le Choeur répond au Chantre. Fleury. Le Diacre montoir seul sur l'<i>ambon,</i> &amp; lisoit tourné vers le Midi. Id. Il est dit dans le premier livre des miracles de S. Othmar c. 4. que l'Evêque ordonna à l'Archiprêtre de monter sur l'<i>ambon,</i> &amp; de faire le sermon au Peuple à sa place. Et Odilon, Moine du Xe siècle, auteur du Livre de la translation des Reliques de S. Sebastien &amp; de S. Gregoire, dit que l'Evêque monta sur l'<i>ambon</i> pour prêcher au Peuple. Voyez <i>Annales Francor. ad. an.</i> 800. l'<i>Histoire Tripartite</i> Liv. X. Ch. 4. Socrate Liv. VI. Ch. 5. Prudence hymn. 4. de S. Hippol. v. 225. Les Arabes appellent l'<i>ambon, Mambar,</i> ajoûtant une <i>m</i> au commencement selon leur coutume. De là vient qu'au Ch. XXIII. de S. Matthieu, v. 2. où la Vulgate a traduit <i>Super cathedram Moysi,</i> sur la chaire de Moise, l'Arabe dit <i>sur le mambar de Moise.</i> Les Latins l'ont appellé quelquefois <pb n="186" facs="bpt6k8542165/f226/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>analogium,</i> parce que c'est là que l'on lit. Car les Grecs récens entendent autre chose par <i>analogium</i> ; c'est chez eux le pupitre, ou coussin, sur lequel on appuie le livre. On montoit à l'<i>ambon</i> de deux côtés ; c'est pour cela que quelques Auteurs, comme Balde &amp; Durand, ont cru que ce nom étoit tiré de <i>ambo,</i> qui signifie <i>deux.</i> L'Evangile se lisoit tout au haut de l'<i>ambon ;</i> l'Epitre se lisoit un degré plus bas, comme il paroît par l'Ordre Romain. Les Empereurs étoient aussi couronnés sur l'<i>ambon.</i> Voyez Theophanes p. 405. 418. 419. 426. 431. Saumaise croit que ce nom a été donné à cette tribune, parce qu'elle étoit ronde, de même que les Grecs ont appellé , le ventre d'une bouteille, parce qu'il est rond, &amp; qu'ils disent , pour signifier une marmitte. Il vient d', <i>ascendo,</i> je monte, d'où en retranchant un <i>a</i> se fait ; &amp; parce que <i>n,</i> qui est une lettre palatale, ne peut soutenir une lettre labiale, telle qu'est <i>b,</i> selon les judicieuses remarques de M. l'Abbé Dangeau, qui se vérifient dans toutes les langues, cette <i>n</i> s'est changée en <i>m,</i> &amp; l'on a dit , <i>je monte</i> ; d'où s'est formé , <i>ambo.</i></p><p>
    </p>
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    <head>AMBOUTIR</head>
    <p>
    AMBOUTIR , ou EMBOUTIR. Terme d'Orfèvres , qui se dit quand ils rendent quelque pièce d'argent ou d'autre métal convexe d'un côté, &amp; concave de l'autre : ce qui se fait en la travaillant sur une petite machine qu'on appelle <i>étampe</i> ; &amp; la pièce ainsi forgée s'appelle <i>amboutie. Convexum facere, reddere.</i></p><p>C'est aussi un terme de Plombier , qui signifie revêtir un ornement d'architecture, ou de sculpture, de tables de plomb blanchi qui soient minces, &amp; qui n'empêchent pas que le profil ne se conserve. Voyez <ref type="search" target="head:ABOUTIR">ABOUTIR</ref>.</p><p>
    </p>
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    <head>AMBOUTISSOIR</head>
    <p>
    AMBOUTISSOIR , s. m. Outil de Serrurier, qui sert à former la tête des gros cloux qui ont la figure d'un champignon. <i>Inducendae,</i> ou <i>faciendae convexitatis instrumentum.</i></p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="1628" id="1" type="">
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    <head>AMBRACAN</head>
    <p>
    AMBRACAN , s. m. C'est un poisson de mer d'une grandeur énorme, &amp; qu'on ne voit que quand la mer le jette sur le rivage après sa mort. Il a la tête dure comme un caillou, &amp; plus de douze aunes de long. Quelques Africains disent que c'est l'<i>ambracan,</i> &amp; non pas la baleine, qui jette l'Ambre. Ablanc. <i>Trad. de Marm.</i> Liv. III. Ch. 21. D'autres l'appellent <i>Ambara.</i></p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="1629" id="1" type="">
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    <head>AMBRE</head>
    <p>
    AMBRE , s. m. Autrement Karabé, ou Succin. <i>Succinum, Lyncurium, Electrum, Chrysolectrum, Karabé.</i> Il y a eu jusqu'ici bien des sentimens différens sur l'<i>ambre.</i> Selon Pline, c'est une résine qui découle des Pins, ou des Sapins ; &amp; selon d'autres, elle vient des Peupliers, &amp; c'est ce qui lui a fait donner par les Anciens le nom de <i>succinum.</i> La fable dit que c'est la matière des larmes des Soeurs de Phaëton. L'on a cru que c'étoit une concrétion des larmes d'un oiseau, ou l'urine d'un animal qui s'appelle Lynx. D'autres ont dit qu'il venoit d'un lac appellé Cephiside, voisin de la mer Atlantique ; &amp; que son limon échauffé du soleil produisoit l'<i>ambre.</i> Et d'autres, que c'est une congélation qui se trouve dans la mer Baltique, &amp; dans quelques fontaines, où il nage comme une espèce de bitume. Agricola est de ce sentiment. Mais enfin l'on connoît aujourd'hui la véritable nature de l'<i>ambre.</i> C'est une substance bitumineuse, d'un goût résineux, &amp; un peu acre, d'une odeur d'huile de Thérébentine, lorsqu'on en frotte des morceaux les uns contre les autres, un peu désagréable étant brûlée, communément jaune &amp; transparente, quelquefois opaque, quelquefois rouge, &amp; quelquefois blanchâtre, ou plutôt pâle, &amp; qui étant échauffée par le frottement, attire les brins de paille. Comme le Karabé se ramasse sur les côtes de la mer Baltique, &amp; sur-tout sur celles de Prusse, on a cru que ce bitume étoit d'abord formé dans la mer, qu'il y couloit par des sources souterraines, &amp; qu'il étoit jetté sur les côtes par les vagues. Mais on s'est détrompé de cette erreur en fouissant à quelque distance de la mer ; car on y a trouvé du Karabé pareil à celui qu'on ramasse sur la côte. Certains indices font découvrir les endroits où se peut trouver ce bitume ; la surface de la terre y est couverte d'une pierre tendre qui s'écaille facilement. Le vitriol y est aussi commun, tantôt blanc dans les terres noires, tantôt réduit en matière semblable à du verre fondu, &amp; tantôt figuré de manière qu'on diroit que ce sont des morceaux de bois pétrifiés, parmi lesquels il s'en trouve de très-considérables. Où ils sont fréquens, c'est marque qu'il y a abondance de Karabé, &amp; on ne manque guère de le trouver renfermé dans ces bois vitrioliques. Il y a lieu de soupçonner que la Prusse, &amp; les autres Pays qui donnent du Karabé, sont abreuvés d'une matière bitumineuse qui se congèle &amp; se fige en morceaux, ou en petites miettes, à proportion de la quantité de cette partie grasse &amp; bitumineuse, &amp; des sels vitrioliques qui sont plus ou moins dégagés. Voici comment. Hartmant raisonne sur la formation de l'<i>ambre.</i> Le terroir de la Prusse est tout bitumineux, &amp; plein par conséquent d'exhalaisons bitumineuses répandues de tous côtés dans son sein ; la chaleur souterraine les rassemble &amp; les réunit en gouttes. Ce terroir étant plein aussi, non-seulement de vitriol, mais encore d'alun de Mars, de nitre, &amp; d'autres sels, comme les lescives le démontrent, la chaleur naturelle pénétrant de même ces sels, elle entraîne des exhalaisons avec soi, &amp; les mêle aux gouttes bitumineuses qu'elle a formées ; les pointes de ces sels mêlés au bitume, en fixent la fluidité. Et c'est ce mélange qui fait l'<i>ambre,</i> lequel est plus ou moins pur, brillant, &amp; ferme, de bonne odeur, selon la pureté &amp; la proportion de ces parties de bitume &amp; de sels. L'<i>ambre</i> qui se trouve dans la mer se produit de la même manière dans les montagnes, ou collines de la mer ; c'est-à-dire, dans les bans &amp; les grèves. La mer venant dans la suite à les bouleverser, elle en tire l'<i>ambre,</i> &amp; le jette sur les côtes. Il se peut faire aussi qu'une partie du Karabé qui se ramasse sur la côte est tombé des falaises dans la mer, &amp; qu'il en est rejetté ensuite par le mouvement de ses flots.</p><p>Pour tirer l'<i>ambre</i> de la terre, l'on a un louchet emmanché au bout d'un long bois. On l'enfonce dans la terre pour sonder les endroits où il y a quelques couches de bois ; quand on l'a senti, on racle ce bois, &amp; l'on reçoit sur le louchet panché les morceaux d'<i>ambre.</i> Ce n'est que depuis l'Electeur Frederic Guillaume qu'on fouit les montagnes &amp; les falaises pour suivre les veines que l'on trouve, quand la nature du terroir le permet ; comme en celles d'Eross, Gubuicken, Eckoss, Dirsschkeim, Warnicken, Strobschnec, &amp; Palming. L'antiquité, si l'on en croit Hartman, n'a point sû tirer l'<i>ambre</i> de la terre. Cependant Philémon dit qu'en deux endroits de Scythie l'<i>ambre</i> se fouit en terre.</p><p>Les morceaux d'<i>ambre</i> prennent toutes sortes de figures dans la terre ; celle d'une poire, d'une amande, d'un oignon, d'un pois, &amp;c. On y trouve des lettres bien marquées, &amp; quelquefois même des caractères Arabes, ou Hébreux. M. Hartman en a une qui représente un vieillard tenant un enfant entre ses bras.</p><p>Il se trouve des morceaux de Karabé qui renferment des insectes, des feuilles, des morceaux de bois &amp;c. Ce ne peut être, que parce que cette matière a pû être fluide, ou parce qu'étant exposée au soleil dans les falaises, elle s'y est amollie, &amp; y est devenue comme une glu qui a enveloppé les herbes, les insectes, &amp; autres corps sur lesquels elle a passé. Mr Hartman croit que ces animaux s'étoient retirés pendant de mauvais temps dans de petits trous des falaises, ou des montagnes, dans lesquels la vapeur bitumineuse venant à pénétrer, elle les a enveloppés ; mais il remarque qu'il y en a beaucoup qui ont été mis dans des morceaux d'<i>ambre</i> après coup &amp; par art. On les connoît en ce que ceux-ci sont tout au milieu de l'<i>ambre,</i> &amp; les autres plus près de la superficie : outre cela, quand l'<i>ambre</i> où ils sont enclavés, est pur, solide, &amp; sans fente, c'est un signe que c'est l'art &amp; non la nature qui les y a placés. Les bois, les graines, les pailles, les feuilles, les fleurs, l'eau, &amp;c. que l'<i>ambre</i> renferme souvent, se sont aussi trouvés dans ces petits trous, où l'exhalaison bitumineuse a été poussée, &amp; s'est formée en <i>ambre</i> par le mélange des sels dont nous avons parlé.</p><p>Quoique l'<i>ambre</i> se tire de la terre, ce n'est point un minéral ; car il n'est ni ductile, ni fusible. Il approche plus du bitume &amp; du soufre. Sa dureté le fait mettre au rang des pierres, &amp; son éclat au rang des pierres précieuses.</p><p>Ce qu'on ramasse de Karabé sur les côtes de la mer Baltique dans les Etats du Roi de Prusse, fait à ce Prince un revenu considérable. La Prusse n'est pas le seul endroit où l'on trouve du Karabé : on en ramasse sur le bord du Pô, sur les côtes de Marseille en Provence. Monsieur Hartman non-seulement révoque ce fait en doute, aussi-bien que tout ce que l'on a dit de l'<i>ambre</i> d'Asie, d'Afrique, &amp; d'Amérique ; mais il le traite même de fables. Il soutient qu'on n'en trouve qu'en Pologne, en Silésie, en Bohème, mais <pb n="187" facs="bpt6k8542165/f227/full/1200,/0/native.jpg"/>rarement ; plus souvent en plusieurs endroits de l'Allemagne Septentrionale, de Suède, de Dannemarck, du Jutland, du Holstein ; plus encore sur les côtes de Samogitie, de Curlande, &amp; de Livonie, où il s'en trouve aussi dans la terre ; mais qu'en nul endroit ni la mer, ni la terre, n'en fournissent tant qu'en Prusse dans le Pays appellé Sambie depuis Nève Tiff, jusqu'à Vrantz Vrug, &amp; après la Prusse, en Poméranie, sur-tout depuis Dantzic jusqu'à l'Isle de Rugen. Quoi qu'il en soit, les plus beaux morceaux viennent de la mer Baltique, le Roi de Prusse en a de très-belles pièces, &amp; conserve plusieurs ouvrages faits de cette matière. On a vu à Paris un morceau d'<i>ambre</i> jaune d'un pied &amp; demi de haut, taillé en crucifix avec les figures de la sainte Vierge &amp; de s. Jean. Comme le Karabé est moins friable que les résines des arbres, on le tourne pour en faire des colliers, des pommes de canne ; on en fait aussi différentes figures, en y ajoûtant à propos deux à trois nuances de Karabé, afin que les parties que ces figures représentent, puissent être distinguées les unes des autres. On colle si proprement ces pièces de rapport, qu'on auroit peine à les croire collées sans la diversité de leurs couleurs.</p><p>Les habitans des côtes où l'<i>ambre</i> se trouve en plus grande abondance, ont remarqué, que tous les animaux terrestres, volatiles, &amp; aquatiques, en sont fort friands. De là vient qu'on en trouve très-souvent dans leurs excrémens, ou dans leurs corps quand on les ouvre.</p><p>Les vertus de l'<i>ambre</i> sont d'attirer les corps étrangers ; ceux mêmes, dit Hartman, avec lesquels les Anciens ont cru qu'il avoit de l'antipathie, comme sont le Basilic, les corps huileux ou humides, &amp; les gouttes d'eau. Il attire même une petite sueur à la partie du corps où on l'applique. Rohault explique la cause de cette faculté attractive Part. IIIe. ch. 8. Phys. Hartman l'attribue à des particules huileuses qui sortent de l'<i>ambre.</i> Son odeur vient de la même cause ; elle est différente selon les différentes couleurs sur lesquelles l'<i>ambre</i> tire.</p><p>Le Karabé est employé dans des suffumigations pour dissiper des fluxions, &amp; en poudre comme un altérant, absorbant, adoucissant &amp; astringent. Dans un temps de peste, les ouvriers qui travailloient l'<i>ambre, Electrotorentae,</i> n'en furent point attaqués à Konigsberg. Il chasse le mauvais air, &amp; jamais on n'en sentit aux côtes de Sudavie, d'où on le tire en abondance. Pris en poudre il est diurétique, il chasse la pierre, il excite les mois des femmes. Il a les mêmes effets, mais avec moins de force, quand on le prend en poudre dans du vin chaud où il a bouilli. En Médecine le blanc est le meilleur, parce qu'il a plus de sels. En pillules il est diurétique, &amp; consume la pituite &amp; les humeurs superflues. Il s'emploie avec succès dans les emplâtres céphaliques, diaphorétiques, &amp; stomachiques, &amp; sur-tout contre la paralysie, l'apoplexie, l'épilepsie &amp; la gangrène.</p><p>On en tire une huile foetide par la distillation, &amp; un sel volatile, huileux &amp; acide. Hartman ajoûte, qu'il a trouvé un baume d'<i>ambre</i> qui a plutôt, plus sûrement, &amp; plus agréablement, tous les mêmes effets que l'<i>ambre,</i> ou préparé, ou employé sans préparation. Il explique aussi les vertus du bois vitriolique qui produit l'<i>ambre</i> dans la terre, &amp; les épreuves chymiques auxquelles il l'a mis.</p><p>Kerkring a trouvé l'invention, sans ôter la transparence de l'<i>ambre</i> jaune, d'en faire une enveloppe, ou plutôt un cercueil pour les corps morts. Peut-être a-t'il pensé aux Ethiopiens, qui ensevelissoient leurs morts dans du verre. Un Ethiopien bien noir sous un beau cristal de Venise, feroit un bel émail, &amp; encore quelque chose de plus beau dans une enveloppe d'<i>ambre</i> jaune. De Vig. Mar.</p><p>Comme le Karabé est ordinairement jaune, on l'appelle <i>ambre jaune,</i> &amp; sous ce nom l'on comprend les autres espèces, qui ont des nuances plus ou moins claires, ou plus ou moins foncées.</p><p>Il y a de l'<i>ambre</i> factice, tant de l'<i>ambre</i> jaune que du gris. On trouvera la composition de l'un &amp; de l'autre dans le <i>Dict. Oeconomique</i> au mot <i>Ambre.</i></p><p>Ce mot, <i>ambre,</i> vient de l'Italien <i>ambra,</i> dérivé de l'Arabe <i>ambar</i>, Menage, ou <i>anbar,</i> comme écrit d'Herbelot. On trouve <i>ambar,</i> &amp; <i>ambarum,</i> dans la basse Latinité. Voyez Bollandus T. II. p. 290. Joannes de Janua le dérive d'<i>ambrosia</i> sans aucun fondement. On l'a aussi appellé <i>Harpaga,</i> du Grec , <i>rapio ; cò quod solia &amp; vestium fimbrias &amp; paleas rapiat.</i></p><p>On dit proverbialement de ceux aux habits desquels quelques pailles se sont attachées, parce qu'ils se sont assis en quelque endroit où il y en avoit, qu'ils ont le cul d'<i>ambre,</i> qu'il attire la paille.</p><p>Voyez sur l'<i>ambre,</i> Hevelius Polonois, Schefferus Professeur Suédois, &amp; Coelius ; &amp; les Transactions Philosophiques. T. II. pag. 473. &amp; suiv. Il y a une Histoire de l'<i>ambre</i> en Latin par Juste Klobius Docteur de l'Université de Wittemberg. Mais celui qui a le mieux écrit sur l'<i>ambre,</i> &amp; qui a découvert sa véritable nature, est un Médecin nommé Phil. Jacq. Hartman, dont nous avons deux ouvrages sur cette matière. L'un a pour titre <i>Succini Prussici Physica &amp; Civilis Historia</i> : il parut en 1677. Et l'autre, qui parut à Berlin en 1699. <i>Succincta succini Prussici Historia &amp; Demonstratio.</i> On l'a inséré dans les Transactions Philosophiques N. 248. p. 5. &amp; Tom. II. p. 473.</p><p>
    </p>
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    <head>AMBRE</head>
    <p>
    Ambre gris , s. m. <i>Ambarum.</i> s. n. <i>Ambra grisea.</i> Drogue qui se fond à peu près comme la cire, d'une couleur tantôt gris de souris clair, tantôt cendrée, ou blanchâtre, tantôt mêlée de blanc, de gris &amp; de jaune, &amp; quelquefois noirâtre, d'une odeur très-douce, lorsqu'elle est étendue, ou mêlée parmi quelqu'autre drogue odoriférante ; car étant nouvelle, elle répand très-peu d'odeur. Elle se ramasse au bord de la mer dans différentes contrées, mais sur-tout aux Maldives. Il n'y a guère de voyageur qui n'ait parlé de l'<i>ambre,</i> &amp; qui n'ait donné ses conjectures sur cette matière : il semble même que la plupart aient pris plaisir d'en hasarder de nouvelles, soit afin de passer pour plus habiles observateurs, soit peut-être pour avoir le plaisir de contredire ceux qui en avoient écrit avant eux. On pourroit faire un juste volume, si on vouloit ramasser tous les différens sentimens, &amp; les prétendues observations rapportées dans toutes les relations, &amp; tous les raisonnemens qu'on y fait, souvent aussi peu solides que les observations sont peu sûres.</p><p>Les sentimens qui ont le plus prévalu chez les Naturalistes sont 1°. Que c'est l'excrément d'une espèce d'oiseau commun dans certaines Isles, comme Madagascar, les Maldives, au rapport de quelques voyageurs ; &amp; que ces excrémens se fondent à la chaleur du soleil, se réduisent en masse &amp; sont entraînés par les vagues de la mer, qui vient flotter sur les rochers où ces excrémens se sont amassés. Ou bien, comme Barbosa rapporte l'avoir appris des Mores habitans des Maldives, où il se trouve beaucoup d'<i>ambre,</i> &amp; de fort gros morceaux, les uns blancs, les autres bruns, &amp; d'autres noirs ; ces excrémens exposés au soleil, à la lune, &amp; au grand air, s'affinent sur ces rochers, d'où la mer les détache quand elle s'enfle. Ils ajoûtoient que les baleines en avaloient plusieurs, que c'étoient les noirs qui prenoient cette teinture dans le corps de ces animaux ; que les bruns sont ceux qui ont le plus long-temps flotté sur la mer ; &amp; les blancs ceux qui n'y avoient pas été long-temps, &amp; qu'ils estimoient davantage. Voyez le Recueil de Ramusio Tom. I. fol. 313.</p><p>IIe. Certains Voyageurs disent que c'est l'excrément d'un poisson <i>cetacé,</i> parce qu'on a trouvé de l'<i>ambre</i> auprès de ces excrémens, ou qu'on en a tiré du ventre de ces poissons. Justus Klobius, en son Histoire de l'<i>ambre,</i> dit que ce poisson est une baleine, appellée <i>la trompe,</i> parce qu'elle a sur sa tête une trompe où il y a des dents longues d'un pied, &amp; grosses comme le poing ; &amp; que c'est aussi dans sa tête qu'on trouve le <i>sperma ceti.</i> Le sentiment le plus commun est, qu'en effet c'est la baleine qui jette l'<i>ambre.</i> Cependant quelques Orientaux, au rapport de M. d'Herbelot, &amp; en particulier les Persans, disent que c'est l'excrément du veau marin, agité par les flots de la mer, &amp; cuit par l'ardeur du soleil. Quelques Africains, si l'on en croit Marmol, disent aussi que ce n'est pas la baleine qui jette l'<i>ambre,</i> mais un autre poisson nommé Ambracan, au rapport de Lonvillers. Quelques-uns se sont imaginé que l'<i>ambre</i> vient des crocodiles, parce que leur chair est parfumée. Mais on oppose à ces deux premiers sentimens, qu'on n'a point encore trouvé d'excrément qui pût se fondre comme de la cire. D'ailleurs si c'étoit l'excrément de la baleine, il s'en devroit plus trouver aux plages où ces animaux sont en plus grand nombre, comme en Groenland, Spitsberg, &amp;c. qu'aux endroits où ils ne vont point ; <pb n="188" facs="bpt6k8542165/f228/full/1200,/0/native.jpg"/>ce qui n'arrive pourtant pas, n'y ayant point de lieu où il se voie plus d'<i>ambre gris</i> qu'aux Maldives, à Soffala, à Melinde, à Satsume, au Cap de Comorin, &amp; en quelques autres lieux des Indes, où il n'y a point de baleines.</p><p>Le IIIe. sentiment dit, que c'est une espèce de cire qui tombe des arbres, ou des rochers, dans la mer, qui s'y déguise &amp; devient <i>ambre</i> ; ou bien que ce sont des rayons de miel, qui étant recuits, avec le temps se détachent des rochers, &amp; tombent dans la mer, dont le sel &amp; les flots agités achevent la digestion, &amp; lui donnent la consistence où on le trouve. Ce sentiment est fondé sur ce qu'on a rencontré dans des pièces d'<i>ambre</i> des rayons de ruches, dont les abréoles étoient encore remplis de miel &amp; de mouches. Mais comment les flots de la mer agiront-ils, pour convertir une matière qui n'a aucune odeur, en une approchante de l'<i>ambre</i> ? Comment pourront-ils la faire changer, de manière qu'elle puisse pousser une odeur particulière, comme est celle de l'<i>ambre.</i></p><p>IVe. sentiment. Plusieurs Orientaux, ainsi que le rapporte M. d'Herbelot, croient qu'il sort du fond de la mer, comme la Naphte sort de certaines fontaines. Ils ajoûtent que ces sources d'<i>ambre gris</i> ne se trouvent que dans la mer d'Oman, entre le golfe Arabique, &amp; le golfe Persique. Edrissi, qui est de ce sentiment, ecrit dans le premier climat de sa Géographie, que l'on a trouvé des morceaux d'<i>ambre gris</i> sur les côtes de cette mer qui pesoient plus d'un quintal. Quelques-uns veulent que ce soit une espèce de champignon marin que la tempête arrache du fond de la mer, &amp; qu'elle pousse au rivage ; car l'<i>ambre gris</i> ne s'y trouve qu'après une grande agitation des flots ; &amp; c'est un présent que la mer ne fait aux hommes que dans sa colère. Bouh. Le rapport de cette matière à une plante n'est point juste. Ve. Quelques-uns disent que c'est le sperme de la baleine. VIe. D'autres disent que c'est une écume de mer. VIIe. Quelques autres que ce sont des pièces d'Isles, &amp; des fragmens de rochers cachés en la mer.</p><p>VIIIe. Isaac Vigny croit que c'est une viscosité maritime qui devient <i>ambre</i> étant séchée au soleil. IXe. D'autres soutiennent que c'est une terre spongieuse que l'agitation de la mer tire de dessus les rochers, &amp; qui, comme elle est légère, surnage sur la superficie de l'eau. Paludanus &amp; Linschoot prétendent que c'est une sorte de poix qui se détache insensiblement du fond de la mer, &amp; se durcit aux rayons du soleil, de même que l'<i>ambre jaune</i> &amp; le corail ; &amp; l'Auteur des Ambassades de la Compagnie Hollandoise des Indes, croit que c'est l'opinion qui approche le plus de la vérité.</p><p>Xe. Enfin, le dernier sentiment enseigne que c'est une matière bitumineuse, &amp; c'est le plus vraisemblable ; car, que ce bitume soit liquide, &amp; qu'il coule dans la mer, ou qu'il tombe en masse, peu importe. Comme il est souvent en morceaux composés de plusieurs couches appliquées les unes sur les autres ; qu'il renferme des pierres, ou autres corps, &amp; que les couches sont quelquefois remplies de quelques coquillages qui paroissent être d'une espèce de <i>concha anatifera,</i> ce qu'on a pris faussement pour des becs de perroquets ; on doit soupçonner qu'il a été liquide, ou qu'au moins il a pû se fondre, &amp; couler sur ces corps à différentes reprises, embarrasser même avec eux des coquillages. On a apporté des Indes en Europe de fort gros morceaux d'<i>ambre.</i> Les Hollandois en ont long-temps conservé une des plus considérables pièces qu'on ait jamais vues.</p><p>Quelques Auteurs tiennent qu'il y a un poisson nommé <i>azel,</i> qui est fort friand de l'<i>ambre gris,</i> de sorte qu'il est toujours après à le chercher, mais il ne l'a pas si-tôt mangé, qu'il en meurt ; &amp; les pêcheurs voyant flotter ce poisson mort, tâchent de l'attraper, pour tirer de son ventre l'<i>ambre</i> qu'il a englouti. Le P. De Urreta, Liv. I. de son Histoire d'Ethiopie 29. dit, que les baleines dans un certain temps de l'année mangent d'un fruit qui croît dans le fond de la mer, &amp; qui ressemble à des fèves, mais dont l'odeur est si forte &amp; les vapeurs si violentes, qu'elles entêtent ces animaux &amp; leur causent une espèce de fureur ; que pour se guerir, leur remède est de boire de l'eau douce ; qu'elles viennent en bandes dans le fleuve appellé el Rio Negro ; qu'elles prennent de son eau, qui les fait vomir, &amp; rendre tout ce qu'elles ont dans l'estomac avec tant d'impétuosité, qu'elles en poussent une partie jusque sur le rivage ; que ces ordures qui sortent de l'estomac de la baleine sont l'<i>ambre</i> ; que comme on sait le temps où cela arrive, on dispose des gens proche de l'embouchure de ce fleuve, qui, les uns sur le bord du fleuve, les autres dans des barques, ramassent ce que ces animaux rejettent, en levant la tête au-dessus de l'eau ; que ces gens ont grand soin de se bien boucher le nez, parce que l'odeur est si forte, qu'elle les entêteroit violemment ; qu'ainsi l'<i>ambre</i> n'est autre chose que les ordures que vomit la baleine. Le Père d'Ouagli rapporte aussi ce sentiment dans son Histoire du Chili, où il assure qu'il s'en trouve une grande quantité, parce qu'il y a aussi une quantité prodigieuse de baleines.</p><p>L'<i>ambre gris</i> se trouve en plus grande abondance sur les côtes de la Floride, qu'en aucune des autres contrées de l'Amérique. On en a aussi ramassé quelquefois sur les rades de Tabago, de la Barbade, &amp; des autres Antilles. Lonvillers. <i>Hist. nat. des Antilles ch.</i> 20. Le meilleur <i>ambre gris</i> se trouve dans l'Isle Mauricius, &amp; se trouve communément après une tempête. Les pourceaux le sentent à une grande distance, &amp; y courent comme enragés. Isaac Vigny, grand voyageur François, dit, qu'en une certaine côte il en trouva une si grande quantité, qu'on en eût pû charger 1000. vaisseaux. Il en prit une pièce qu'il vendit 1300. livres sterling. Mais on n'a pû retrouver ce lieu-là, quoiqu'on ait croisé sur cette côte six semaines durant. Christoval de Acosta, dans son livre <i>De las drogas,</i> rapporte après Orta, que des vaisseaux avoient trouvé une Isle entière d'<i>ambre,</i> qu'ayant remarqué l'endroit, &amp; y étant retournés, ils n'avoient plus rien trouvé, d'où ils avoient conclu qu'elle étoit flottante, dit le P. de Urreta Liv. I. de l'Histoire d'Ethiop. ch. 29. où il rapporte encore que le même Acosta assure qu'il a vû un morceau d'<i>ambre</i> de la grandeur d'un homme, &amp; un autre long de 90. palmes, &amp; larges de 18, &amp; qu'en 1555. on trouva par le travers du Cap de Comorin une masse d'<i>ambre,</i> qui pesoit quinze mille livres. <i>L'Ambassade mémorable à l'Empereur du Japon,</i> Part. II. pag. 90. parle d'un morceau d'<i>ambre gris</i> pesant 130. livres, que le Seigneur de Satsuma vouloit vendre 14000. tails.</p><p>Ce qu'on nomme <i>ambre</i> blanc est quelquefois une variété de l'<i>ambre gris,</i> d'autrefois on entend le blanc de la baleine, ou <i>Sperma ceti.</i> A l'égard de l'<i>ambre</i> noir, tantôt c'est le jayet, <i>Cagates,</i> tantôt une matière noire, grasse &amp; odorante, que nos Droguistes nomment <i>ambre</i> noir, <i>ambre</i> renarde. Est-il naturel ou factice ? C'est ce que nous ne savons pas. Les Parfumeurs emploient le gris &amp; le noir. L'<i>ambre</i> fortifie ; mais on n'oseroit à présent le mettre en usage, à cause que la plupart des personnes en craignent l'odeur, &amp; qu'elle leur cause des vapeurs. On fond l'<i>ambre</i> sur un petit feu, &amp; on en fait des extraits, des essences &amp; des teintures. On le mêle aussi avec d'autres aromates. Voyez Rumphius Coesius, &amp; les Trans. Phil. Tom. II. pag. 490. On dit d'un homme qui sent bon, qu'il sent le musc &amp; l'<i>ambre.</i> On dit aussi d'un homme fin, il est fin comme l'<i>ambre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBRE</head>
    <p>
    Ambre . Espèce de Saule appellé <i>Salix amerina.</i> Ce mot n'est guère usité que dans le Lyonnois.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>LA PRUNE D'AMBRE</head>
    <p>
    LA PRUNE D'AMBRE . Espèce de Prune qui a la chair sèche. La Quint. Elle est de celles qui ne quittent point le noyau. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBRER</head>
    <p>
    AMBRER , v. act. Parfumer avec de l'ambre gris. <i>Ambare suffire, imbuere.</i> Des grands <i>ambrés,</i> ou d'<i>ambrette.</i> Hypocras <i>ambré.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBRER</head>
    <p>
    Ambré, ée , part. Du rossoli <i>ambré.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBRETTE</head>
    <p>
    AMBRETTE , s. f. <i>Cyanus odoratus, Turcicus, &amp;c. Tournef. Inst. R. Herb.</i> Plante annuelle qui a été apportée de Constantinople, &amp; qu'on a rangée sous le genre de Bluet, ou <i>Cyanus.</i> Ses feuilles ressemblent assez aux premières feuilles du Bluet des champs ou Barbeau ; mais elles sont plus larges, plus déchiquetées &amp; moins blanches. Ses tiges ne s'élèvent guère que de deux à trois pieds ; elles sont branchues, garnies de feuilles, &amp; terminées chacune par une tête écailleuse, qu'on appelle fleur, plus grosse que celle du Barbeau. Elle renferme une infinité de fleurons de différentes couleurs ; ceux de la circonférence sont plus grands, &amp; d'une couleur différente de ceux du centre, qui sont plus petits. Ses semences sont oblongues, noirâtres, &amp; chargées d'une aigrette ; l'odeur de ses fleurs est très-douce, &amp; tient de l'ambre &amp; de la civette ; &amp; c'est à cause de son odeur qu'elle a été appellée <i>ambrette.</i> Il y a plusieurs espèces d'<i>ambrette</i> qui ne diffèrent sur-tout que par la couleur <pb n="189" facs="bpt6k8542165/f229/full/1200,/0/native.jpg"/>de leurs fleurs, qui est le plus souvent purpurine, quelquefois blanche, &amp; jaune dans certaines espèces. L'<i>Ambrette</i> s'appelle aussi <i>fleur du grand Seigneur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBRETTE</head>
    <p>
    Ambrette , s. f. Ou semence musquée, en Latin <i>Bamia moschata.</i> C'est la semence d'une plante nommée par les Arabes <i>abel mosch,</i> qui signifie en leur langue, graine de musc. Cette semence est petite, grisâtre, taillée en rem, &amp; a une odeur d'ambre &amp; de muse très-forte ; elle est ambrée &amp; douceâtre au gout. La plante qui donne cette semence est appellée <i>Ketmia Aegyptiaca, semine moschato. Inst. R. herb.</i> Elle est commune en Egypte ; &amp; Prosper Alpin rapporte, que de son temps on en prenoit la poudre dans du caffé pour fortifier le cerveau &amp; réjouir le coeur : les Américains l'emploient au lieu de musc, &amp; nos Parfumeurs la mêlent parmi leurs poudres &amp; leurs compositions odoriférantes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBRETTE</head>
    <p>
    Ambrette , se dit aussi d'une sorte de petite poire qui a l'odeur d'ambre gris, &amp; qu'on appelle à cause de cela, poire d'<i>ambrette. Ambretta.</i> L'<i>Ambrette</i> est une des poires qui ont la chair beurrée, ou tout au-moins tendre &amp; délicate avec une eau douce, sucrée &amp; de bon goût, &amp; un peu de parfum. La Quint. La poire d'<i>ambrette</i> est assez ancienne parmi nous, &amp; en grande considération ; elle porte en certains pays le nom de Trompe Valet. Id. L'<i>ambrette</i> est à peu près ronde, cependant un peu plus platte, &amp; a l'oeil plus enfoncé que la leschasserie ; sa grosseur est médiocre, d'environ deux pouces en tout sens ; son coloris verdâtre &amp; tiqueté, d'ordinaire plus couvert &amp; plus roussâtre que celui de la leschasserie ; sa queue est droite &amp; assez longue. Elle meurit en Novembre &amp; Décembre, &amp; quelquefois en Janvier. Sa chair est fine, beurrée ; son eau sucrée &amp; un peu parfumée, mais d'un parfum très-agréable. Sa chair est quelquefois un peu plus verdâtre, &amp; son pepin plus noir que celui de la leschasserie, &amp; logé plus au large ; la peau en paroît aussi d'ordinaire un peu plus rude. Son bois est extrémêment épineux &amp; picquant. La Quint. L'<i>ambrette</i> est le plus souvent une très-excellente poire, ayant la chair fine &amp; fondante, &amp; un goût relevé, supposé qu'elle soit venue en bon fonds, &amp; en bonne exposition, &amp; qu'elle soit dans sa parfaite maturité ; mais elle a la chair verte, un peu d'eau fade dans le goût ; &amp; un je ne sai quoi de pourriture sèche &amp; entièrement cachée, se trouve en quelques-unes. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1633" id="1" type="fleuriste">
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    <head>AMBRISE</head>
    <p>
    AMBRISE , s. m. Terme de Fleuriste . Espèce de Tulipe. L'<i>Ambrise</i> est colombin rouge &amp; blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1634" id="1" type="">
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    <head>AMBROIS</head>
    <p>
    AMBROIS , s. m. Nom propre d'homme. <i>Ambrosius.</i> Ambroise, que le vulgaire appelle plus ordinairement S. <i>Ambrois,</i> fut fait Evêque de Cahors vers l'an 752. Baill. Il y a des endroits où ce Saint est appellé Ambroise, &amp; il n'y a que le bas peuple qui dise <i>Ambrois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1635" id="1" type="">
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    <head>AMBROISE</head>
    <p>
    AMBROISE , subst. m. <i>Ambrosius.</i> Il y a S. <i>Ambroise</i> Archévêque de Milan au IVe. siècle, &amp; S. Ambroise Evêque de Cahors au VIIIe. siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1636" id="1" type="">
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    <head>SAINT AMBROISE AU BOIS</head>
    <p>
    SAINT AMBROISE AU BOIS , en Italien, <i>al nemo.</i> Ordre Religieux, sous la règle de S. Augustin, confirmé par Eugène IV. en 1431. Les Religieux de S. <i>Ambroise al nemo</i> portent l'image de S. <i>Ambroise</i> gravée sur une petite plaque, &amp; gardent l'office Ambrosien. Il n'y en a qu'en Italie, &amp; presque que dans le Milanois. Ils ont pris leur nom de leur Eglise de Milan, qui s'appelle S. <i>Ambroise au bois,</i> ou <i>al nemo.</i> On appelle en Berry les Chanoines Réguliers de S. Augustin, les Pères de S. <i>Ambroise,</i> parce que l'Eglise de leur Abbaye à Bourges est dédiée à S. <i>Ambroise</i> de Cahors.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1637" id="1" type="">
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    <head>SAINT AMBROISE</head>
    <p>
    SAINT AMBROISE , est encore une petite Ville du Marquisat de Saluces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1638" id="1" type="">
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    <head>AMBROISE</head>
    <p>
    &#9758; AMBROISE , s. f. La Fontaine a employé ce mot pour signifier <i>ambroisie</i> ou quelque chose de délicieux, d'exquis.</p><p>Mais ce sont des Paysans qui parlent, &amp; qui estropient les mots, <i>bame,</i> pour <i>baume, ambroise pour Ambroisie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1639" id="1" type="">
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    <head>AMBROSIE</head>
    <p>
    AMBROSIE , s. f. Viande exquise, dont les Anciens feignoient que leurs Dieux se nourrissoient. <i>Ambrosia.</i> Il mange l'<i>Ambrosie</i> ; c'est-à-dire, il a été admis, dans le Ciel à la table des Dieux.</p><p>Il vient de <i>a</i> &amp; , qui signifie immortel, parce qu'on devenoit immortel en mangeant cette viande délicieuse, ou parce que c'étoit la nourriture des Immortels.</p><p>Figurément on appelle <i>Ambrosie,</i> quelque manger, ou boisson excellente. C'est du Nectar, c'est de l'<i>Ambrosie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1639" id="2" type="">
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    <head>AMBROSIE</head>
    <p>
    Ambrosie , s. f. <i>Ambrosia.</i> Plante que l'antiquité a cru être recherchée par les Dieux à cause de son odeur. <i>Ambrosia, quasi cibus Deorum.</i> Sa racine est ligneuse, chevelue, &amp; donne à son collet une ou plusieurs tiges, branchues, canelées, blanchâtres, quelquefois rougeâtres, velues, &amp; garnies de feuilles assez semblables à celles de l'absinthe ordinaire, pareillement découpées, un peu velues &amp; blanchâtres, ou cendrées, d'une odeur douce, aromatique, &amp; d'une amertume qui n'est pas désagréable. Ses fleurs sont à fleurons jaunâtres, renfermés dans des petites têtes rondes, &amp; naissent sur des épis à l'extrémité de ses branches, comme l'absinthe, mais elles sont stériles. Ses fruits se trouvent au-dessous des fleurs dans des endroits séparés : ce sont autant de petites masses à plusieurs faces ; ils renferment une semence noire semblable au pepin du raisin. Cette plante croît sur le bord de la mer en Toscane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1639" id="3" type="">
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    <head>AMBROSIE</head>
    <p>
    Ambrosie , est aussi une préparation de médicamens qui sont agréables à prendre, &amp; dont l'opération ne cause point d'incommodité. Ils sont composés en faveur des Seigneurs, &amp; des Dames, pour les purger selon Hippocrate, <i>citò, tutò &amp; jucundè.</i> Il y en a en forme de syrops d'électuaires, &amp;c. Il y en a aussi de laxatifs, d'apéritifs, de confortatifs, &amp;c. Voyez-en plusieurs préparations chez la Framboisière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1640" id="1" type=" ecclesiastique">
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    <head>AMBROSIEN</head>
    <p>
    AMBROSIEN , Terme Ecclésiastique . <i>Ambrosianus.</i> Rit <i>Ambrosien. Ambrosianus,</i> ou <i>Mediolanensis Ecclesiae ritus</i> Office <i>Ambrosien,</i> Messe <i>Ambrosienne.</i> On parle de la sorte quand on fait mention de l'Office Ecclésiastique qui est en usage dans l'Eglise de Milan, qui s'appelle aussi l'Eglise <i>Ambrosienne.</i> Voyez la vie de S. Pierre d'Amiens, N. 32. On trouve le Chant <i>Ambrosien,</i> qui étoit différent du Romain. Le Chant <i>Ambrosien</i> étoit fort, &amp; haut, <i>fortis &amp; solemnis,</i> dit Radulphe Doyen de Tongre ; &amp; le Romain étoit plus doux &amp; plus réglé, <i>magis dulcoratus &amp; ordinatus.</i></p><p>Ce nom vient de S. Ambroise, qui en a été Evêque. Walafride Strabo a prétendu que S. Ambroise a été véritablement l'auteur de l'Office qu'on nomme encore aujourd'hui <i>Ambrosien,</i> &amp; qu'il le disposa d'une manière particulière, tant pour son Eglise de Milan, que pour toutes les autres Eglises de son Diocèse. Mais il y a de l'apparence qu'avant même S. Ambroise, l'Eglise de Milan avoit un Office particulier &amp; différent de celui de Rome, aussi-bien que les autres Eglises d'Italie. Quand les Papes firent prendre aux Eglises d'Occident l'Office Romain ; celle de Milan se mit à couvert sous le nom de S. Ambroise, &amp; depuis ce temps-là on nomma son Office, l'Office selon le Rit <i>Ambrosien,</i> pour le distinguer de celui des autres Eglises qui suivent le Rit Romain. Avant Charlemagne chaque Eglise avoit son Rit particulier ; dans Rome même il y a eu une grande diversité d'Offices. Pierre Abelard a remarqué, que dans Rome il n'y avoit que la seule Eglise de Latran qui conservât en son entier l'ancien Office de Rome.</p><p>On appelle aussi la Bibliothèque de Milan, la Bibliothèque <i>Ambrosienne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1641" id="1" type="">
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    <head>AMBROSIEN, ENNE</head>
    <p>
    AMBROSIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Ambrosianus.</i> Nom d'une Secte d'Anabaptistes ; disciples d'un Fanatique nommé Ambroise, qui se vantoit d'avoir des révélations. On les nomme aussi Pneumatiques. Ils s'éleverent au XVI. siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1642" id="1" type="">
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    <head>AMBROSIES</head>
    <p>
    AMBROSIES , s. m. &amp; plur. <i>Ambrosia.</i> Nom d'une Fête que les Ioniens célébroient à l'honneur de Bacchus, &amp; qu'ils appelloient encore <i>Lenaea,</i> ou <i>Choae.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Rhodigin">Rhodigin</ref>. <i>Antiq. Lect. Liv. XXVII. chap.</i> 24. <i>&amp; Liv. XXVIII. chap.</i> 15. &amp; Rosinus <i>Antiq. Rom. Liv. IV. chap.</i> 25. Elle se célébroit au mois appellé <i>Lenaeon.</i> Elle avoit été <pb n="190" facs="bpt6k8542165/f230/full/1200,/0/native.jpg"/>mise en ce mois, apparemment parce qu'il étoit aussi consacré à ce Dieu, &amp; qu'il portoit un de ses noms.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1643" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMBRUN" />
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    <head>AMBRUN</head>
    <p>
    AMBRUN , s. m. <i>Ebredunum Caturigum, Eberodunum. Epredunum.</i> Quelques-uns écrivent EMBRUN, qui n'est pas moins en usage que l'autre, &amp; qui a plus d'analogie au Latin, dont il est formé. C'est le nom d'une Ville Archiépiscopale de Dauphiné, sur la Durance. <i>Ambrun</i> est une très-ancienne ville, &amp; je crois que son nom est Celtique, composé de , <i>eber</i> passage, &amp; <i>dun,</i> qui signifioit montagne, hauteur ; de sorte que <i>Ebredunum</i> est la même chose que la montagne du passage ; &amp; de vrai <i>Ambrun</i> est sur un rocher haut &amp; inaccessible du côté de la Durance, qui avoit apparemment là un passage. <i>Ambrun</i> étoit la Capitale des Caturiges. Chorier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1644" id="1" type="">
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    <head>AMBRUNOIS</head>
    <p>
    AMBRUNOIS , s. m. <i>Ebrodunensis ager.</i> Bailliage d'Ambrun, partie du Dauphiné qui dépend du Bailli d'Ambrun. L'<i>Ambrunois</i> est tout entier dans les Alpes. Le conseil en fut pris dans l'<i>Ambrunois,</i> où les Nations des Alpes s'étoient réfugiées. Chorier. Le Comté d'<i>Ambrunois</i> fut d'une telle considération, qu'il fut dans la Maison des Dauphins, le titre d'honneur de leurs aînés, héritiers présomptifs de leur Principauté. Chorier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1644" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMBRUNOIS" />
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    <head>AMBRUNOIS</head>
    <p>
    Ambrunois, oise , adj. Qui est d'Ambrun, ou de l'Ambrunois. Les <i>Ambrunois</i> seuls avoient forcé les Romains dans leur Camp, &amp; leur avoient tué 80000. Soldats &amp; 4000. valets. Chorier. Il y a eu la Bourgogne Viennoise, la Bourgogne <i>Ambrunoise.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMBUBAIE</head>
    <p>
    AMBUBAIE . <i>Ambubaia</i> AMBUBAIES, plur. <i>Ambubaiae.</i> Ce mot, que quelques-uns de nos Dictionnaires ont fait François, est pris d'Horace, Liv. I. Sat. 2. &amp; de Suétone dans Neron. Un Commentateur d'Horace a crû que les <i>Ambubaies</i> étoient des femmes &amp; des coureuses que l'on avoit ainsi appellées à cause des sottises qu'elles disoient en bégayant dans l'yvresse. Trorentius sur Suétone, Turnèbe, Liv. XI. ch. 23. &amp; Pulmannus dans ses notes sur Suétone, ont pensé que ce mot venoit de <i>ambu,</i> ou <i>am,</i> vieille préposition Latine, qui signifioit <i>circùm,</i> autour, &amp; de <i>Baiae,</i> Baies, lieu délicieux proche de Naples ; &amp; que c'étoient des femmes débauchées qui se trouvoient aux environs de Baies ; que <i>ambu</i> a été dit pour <i>am,</i> de même que <i>indu</i> a été dit pour <i>in</i> ; que c'est de-là qu'on a dit <i>ambarvale,</i> &amp; <i>amledo,</i> &amp; de même <i>ambubaia.</i> Cruquius, dans son Commentaire sur Horace, croit qu'<i>ambubaia</i> s'est dit pour <i>ambubeja,</i> &amp; qu'il signifie proprement, un vendeur d'<i>ambubeja,</i> herbe dont Dioscoride, Celse, Panthin, Matthiole &amp; d'autres ont parlé, &amp; qui dans Pline s'appelle <i>Ambugia,</i> par la faute des copies, qui ont substitué ce mot à <i>ambubeja,</i> parce que ces vendeurs d'<i>ambubeja</i> étoient des charlatans ; qu'ensuite on a transporté ce mot à toutes sortes de charlatans, &amp; que c'est-là ce qu'il signifie. Mais toutes ces étymologies ne paroissent pas vraies ; la dernière sur-tout n'a pas d'apparence. Il faut dire avec Acron, ancien Commentateur d'Horace, avec Mercérius cité par Lambin, avec Scaliger, Casaubon, Beroald, Sabellicus, Caninius sur Suétone, &amp; Lambin dans ses Notes sur Horace, Buxtorf, Schindler, Bochart, &amp; tous ceux qui sauront les langues, que ce nom est Syriaque. En effet, de , <i>abib,</i> qui signifie une tige de blé, on a fait , <i>abbub,</i> qui revient au <i>calamus</i> des Latins, &amp; signifie originairement un petit instrument de musique fait avec un chaume, une tige de blé, en un mot, un chalumeau ; &amp; parce que les flûtes, ont commencé par-là, quoiqu'elles se soient perfectionnées dans la suite, &amp; qu'elles n'aient point été de simples chalumeaux ; ou parce qu'elles y ressembloient, on les a toujours appellées , <i>abbub,</i> &amp; avec la terminaison Syriaque, , <i>abbuba,</i> ou , <i>abbubaia</i> ; &amp; comme le Syriaque met un , <i>nun,</i> au lieu de <i>Dagesch,</i> aussi bien que l'Arabe, pour , <i>abbubaja,</i> on dit , <i>anbubaia,</i> une flûte, dont les Romains ont fait <i>ambubaia,</i> en changeant seulement l'<i>n</i> en <i>m,</i> sans changer rien dans le son, ni la prononciation ; &amp; ils ont donné le nom de l'instrument à celui qui en jouoit, appellant <i>ambubaia,</i> Joueur ou Joueuse de flûte, comme nous appellons Flûte, Haut-bois, Violon, Trompette, non-seulement ces instrumens, mais encore ceux qui en jouent. J'ai dit Joueur ou Joueuse de flûte, parce que Lambin croit que c'étoient des hommes ; mais la plus ancienne &amp; la plus commune opinion, est que c'étoient des femmes Syriennes, &amp; dans Suétone, il paroît que ce sont des femmes. Nous dirons en François, des Joueuses d'instrumens, des Chanteuses, des Comédiennes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1646" id="1" type="">
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    <head>AMBULANT</head>
    <p>
    AMBULANT , adj. m. Errant, vagabond, qui n'a point de demeure fixe. <i>Erro, erroneus, errabundus.</i> Il se dit en particulier de ces Commis des Fermes qui se promènent par la ville, &amp; par la campagne, pour découvrir si on ne fraude point les droits du Roi. On le dit aussi des Comédiens errans, qui vont de ville en ville faire leurs représentations. On l'applique aussi à un homme qui est toujours par voie &amp; par chemin. C'est un homme fort <i>Ambulant,</i> qui mène une vie <i>ambulante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1647" id="1" type="">
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    <head>AMBULATOIRE</head>
    <p>
    AMBULATOIRE , adj. m. &amp; f. Qui se dit des Jurisdictions qui n'étoient point fixes en certain lieu, mais qui s'exerçoient tantôt dans un lieu, tantôt dans un autre. <i>Fixam &amp; certam sedem non habens.</i> Les Parlemens ont été rendus sédentaires ; ils n'étoient auparavant qu'<i>ambulatoires.</i> Larrey a dit <i>des Parlemens courans, ou ambulatoires.</i> Il falloit ôter <i>courant,</i> qui n'est point en usage ; on ne dit que Parlement <i>ambulatoire.</i></p><p>On dit aussi au Palais, que la volonté des hommes est <i>ambulatoire</i> jusqu'à la mort, en parlant des testamens, qu'on est toujours en liberté de révoquer. <i>Ambulatorius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1648" id="1" type="">
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    <head>AMBURBALE</head>
    <p>
    AMBURBALE , ou AMBURBIALE, adj. m. &amp; f. Qui appartient aux Amburbies, ce qui en fait partie. Le sacrifice <i>Amburbale, Amburbale sacrum.</i> Les victimes <i>Amburbiales, Amburbiales victimae,</i> sont celles que l'on conduisoit dans cette cérémonie autour des murs de la Ville, &amp; que l'on immoloit ensuite. Lucain la décrit, Liv. I. &amp; Brebeuf l'a ainsi traduit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1649" id="1" type="">
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    <head>AMBURBIES</head>
    <p>
    AMBURBIES , s. m. &amp; plur. <i>Amburbia.</i> Cérémonie, ou fête des anciens Romains, qu'ils célébroient en faisant des processions autour de la Ville. Ce mot vient de <i>ambio</i>, je tourne autour, ou bien <i>amb,</i> ou <i>ambu,</i> ancienne préposition, qui signifie <i>autour ;</i> &amp; <i>urbs,</i> ville. Scaliger, dans ses Notes sur Festus, prétend que les <i>Amburbies,</i> &amp; les Ambarvales, sont la même cérémonie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1650" id="1" type="">
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    <head>AME</head>
    <p>
    AME , s. f. C'est le principe interne de toutes les opérations des corps vivans. <i>Anima.</i> Plusieurs Philosophes ont crû une <i>ame</i> qui remue, &amp; qui anime la machine du monde ; que c'étoit elle qui faisoit agir toutes les causes naturelles. Platon traite fort au long de l'<i>ame</i> du Monde dans son Timée. D'autres ont donné des <i>ames</i> à tous les globes célestes, &amp; à la terre, pour en régler les mouvemens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1650" id="2" type="chymie">
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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , se dit plus particulièrement du principe de vie dans les végétaux, &amp; dans les animaux. L'<i>ame</i> végétative est dans les plantes ; la sensitive dans les bêtes ; &amp; l'<i>ame</i> raisonnable &amp; spirituelle est dans l'homme. Les Epicuriens ont crû, que l'<i>ame</i> n'étoit autre chose qu'un air subtil composé d'atomes ; &amp; les Stoiciens, que c'étoit une flamme subtile, ou une portion de la lumière céleste. Les Platoniciens enseignoient l'immortalité de l'<i>ame.</i> Parmi les Juifs la Secte des Sadducéens tenoit que les <i>ames</i> sont mortelles, &amp; corruptibles ; &amp; qu'elles ne sont ni punies, ni récompensées après la mort. Jesus-Christ les confondit par les termes mêmes de la loi, comme il est rapporté dans S. Matthieu Ch. XXII. v. 29. &amp; suiv. en leur montrant que Dieu s'appelloit le Dieu d'Abraham, d'Isaac, &amp; de Jacob, en parlant aux descendans de ces Patriarches &amp; long-temps après leur mort ; qu'ainsi il falloit bien que leurs ames fussent encore vivantes ; car Dieu n'est point le Dieu des morts, &amp; des gens qui ne seroient plus rien ; mais il est <pb n="191" facs="bpt6k8542165/f231/full/1200,/0/native.jpg"/>le Dieu des vivans. La Secte des Pharisiens croyoit l'<i>ame</i> immortelle ; que celles des justes passent en d'autres corps &amp; que celles des méchans souffrent des tourmens qui durent toujours. La Secte des Esséniens prétendoit que les <i>ames</i> sont immortelles, &amp; incorruptibles ; qu'elles sont d'une substance aërienne très-subtile ; que les <i>ames</i> des bons s'envolent dans une région tempérée, &amp; qu'un doux zéphir rend toujours agréable ; &amp; qu'au contraire celles des méchans n'ont pour demeure que des lieux glacés ; où elles gémissent éternellement dans des peines infinies. Tous les Livres Indiens que j'ai vûs supposent l'immortalité de l'<i>ame.</i> Lettr. ed. La passion que les Anciens avoient de laisser des monumens de leur gloire, étoit une marque de la croyance qu'ils avoient de l'immortalité de l'<i>ame.</i> Il ne faut qu'une réflexion sur nous-mêmes pour reconnoître qu'il y a en nous une substance qui pense. Le doute même que nous formerions sur cette matière, est une preuve de son existence. Cette substance qui pense, &amp; qui agit d'une manière dont la matière est incapable, est ce qu'on appelle esprit. On donne le nom d'<i>ame</i> à ceux de ces esprits qui ont été créés pour être unis à des corps.</p><p>Les Cartésiens définissent l'<i>ame,</i> une substance qui pense ; &amp; ils prétendent que cet attribut qui lui est spécial, en prouve la spiritualité, &amp; l'immortalité. La pensée est aussi essentielle à l'<i>ame,</i> que l'étendue à la matière. Or on ne sauroit concevoir que la matière disposée &amp; arrangée d'une certaine manière, puisse produire une pensée. Il y a trop de différence entre les propriétés de la matière, &amp; les opérations de l'<i>ame,</i> lorsqu'elle juge, ou qu'elle raisonne. D'où il s'ensuit qu'elle est spirituelle. Il en résulte en même-temps, que l'<i>ame</i> étant incorporelle, &amp; immatérielle, elle ne peut être dissoute, ni détruite par l'atteinte des agens extérieurs ; &amp; qu'étant simple &amp; sans parties, elle ne peut être séparée ni divisée. Par conséquent elle est immortelle. Afin que ces raisonnemens &amp; ces conclusions soient vraies, il n'est pas nécessaire de recourir au principe faux des Cartésiens, &amp; de définir l'<i>ame</i> une substance qui pense. Il suffit que l'<i>ame</i> soit capable de penser, &amp; qu'elle produise en effet des pensées, sans qu'il soit besoin que la pensée soit son essence. Il n'est pas plus essentiel à l'<i>ame</i> de penser, que de vouloir ; &amp; ni l'un ni l'autre n'est l'essence de l'<i>ame</i> ; car une chose sans laquelle je puis concevoir l'<i>ame,</i> &amp; sans laquelle elle peut être, n'est pas son essence. La comparaison de l'étendue, que les Cartésiens prétendent être l'essence du corps, ne prouve rien ; ou si elle prouve quelque chose, c'est contre eux-mêmes ; puisque l'Eucharistie montre que leur sentiment n'est pas trop sûr. D'ailleurs si la pensée est l'essence de l'<i>ame,</i> comme une chose ne se produit point soi-même, qu'on ne produit point son être, ni son essence, l'<i>ame</i> ne produira point ses pensées ; elle ne produira pas plus ses volontés que ses pensées. Ainsi la voilà réduite à la condition des bêtes, ou même des corps inanimés, sans action, sans liberté. Que si les Cartésiens entendent seulement parler de la faculté de penser, ils ont encore tort de dire que c'est l'essence de l'<i>ame</i> ; elle n'est pas plus son essence que la faculté de vouloir, puisque l'on conçoit quelque chose dans l'<i>ame</i> avant ces deux facultés. L'<i>ame</i> est une substance spirituelle propre à informer, ou animer le corps humain, &amp; à faire, unie à ce corps, un animal raisonnable, ou un homme : c'est-là son essence &amp; sa définition. Au reste, les Cartésiens prouvent très-bien la spiritualité &amp; l'immortalité de l'<i>ame,</i> parce qu'elle pense : mais il ne faut pas leur faire honneur de cette preuve, comme d'une invention qui leur soit propre : tous les bons Philosophes l'ont dit avant eux, &amp; le disent encore.</p><p>Les Philosophes ne sont pas d'accord sur la manière dont l'<i>ame</i> réside dans le corps. Les uns disent qu'elle est également répandue dans toutes les parties du corps. Les autres prétendent qu'elle a son influence dans tout le corps qu'elle régit &amp; qu'elle gouverne ; &amp; que cependant elle fait sa résidence principale dans la glandule pinéale du cerveau, où aboutissent toutes les fibres, &amp; tous les organes, qui l'avertissent de tout ce qui se passe au-dehors. L'<i>ame</i> est là comme sur son trône, d'où elle commande à tous les membres. Borry, Médecin du Nord, prétend dans une lettre a Bartholin, qu'il se fait dans le cerveau une certaine liqueur très-subtile, &amp; d'une odeur agréable, qui est le siége où l'<i>ame</i> raisonnable réside ; &amp; que la subtilité de l'esprit dépend du tempérament de cette liqueur, plutôt que de la conformation du cerveau, à laquelle on a coutume de l'attribuer. La diversité des connoissances ne vient que de la différente disposition du cerveau qui se trouve dans diverses personnes, ou dans la même dans divers temps ; &amp; la diversité des sentimens n'est causée que par le différent usage qu'elles font de leur liberté. De Rassiels. On distingue sept principales propriétés dans l'<i>ame,</i> qui en sont les différentes modifications ; l'entendement, la volonté, le sentiment, la liberté, la mémoire, l'imagination, &amp; les habitudes diverses qu'elle contracte.</p><p>A l'égard des bêtes les Cartésiens disent, que ce sont des Automates, ou des machines qui se meuvent d'elles-mêmes, &amp; par ressorts ; qu'elles n'ont par conséquent nulle connoissance, nul sentiment de douleur &amp; de joie ; &amp; que leur <i>ame,</i> de même que celle des plantes, ne consiste que dans un arrangement de parties, qui les rendent les unes &amp; les autres propres à faire leurs fonctions. Les Mystiques distinguent deux parties dans l'<i>ame</i> : la partie supérieure ; c'est l'entendement, &amp; la volonté ; la partie inférieure ; c'est l'imagination, &amp; les sens. Jesus-Christ étoit heureux sur la croix par la <i>partie supérieure de son ame,</i> &amp; souffroit par l'<i>inferieure.</i> La partie inférieure ne communiquoit à la supérieure ni son trouble involontaire, ni ses défaillances. La supérieure ne communiquoit à l'inférieure ni sa paix, ni sa béatitude. Fenel. Les Quiétistes, qui abusent de cette distinction, disent, que dans les épreuves tout ce qui se passe contre les bonnes moeurs dans la partie inférieure de l'<i>ame,</i> n'est point contraire à la pureté de la partie supérieure, parce que la volonté n'y a point de part.</p><p>En termes de Chymie , on dit l'<i>ame</i> des métaux, des minéraux, végétaux ; pour dire, ce qu'il y a en eux de plus essentiel, leurs esprits, &amp; leurs sels, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , se prend souvent pour la vie. Rendre l'<i>ame</i> à Dieu, c'est mourir. <i>Animam agere.</i> Cette nouvelle me rend l'<i>ame</i> ; pour dire, me redonne la vie. Il a l'<i>ame</i> sur le bord des lèvres ; pour dire, il est prêt à expirer. Malherbe a dit agréablement :</p><p>On dit aussi il a l'<i>ame</i> sur les lèvres ; pour dire qu'il parle comme il pense. En ce sens on dit bien mieux, avoir le coeur sur les lèvres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , se dit aussi de la partie spirituelle de l'homme, quand elle est séparée de son corps. Prier Dieu pour les <i>ames</i> des deffunts, pour le repos de leurs <i>ames.</i> Dans le discours familier on dit, en parlant d'une personne morte, Dieu veuille avoir son <i>ame.</i> Malherbe a dit des Rois :</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , se dit encore par rapport à la Religion. <i>Ame</i> régénérée par le baptême, <i>ame</i> rachetée par le Sang de Jesus-Christ, <i>ame</i> sanctifiée, illuminée par la grace, une sainte <i>ame,</i> une bonne <i>ame,</i> les <i>ames</i> dévotes, les <i>ames</i> Chrétiennes ; nous avons une <i>ame</i> à sauver, vous perdez votre <i>ame.</i> Acad. Franç.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , se dit figurément en Morale. Cet homme est l'<i>ame</i> d'une telle affaire, d'une telle entreprise ; pour dire, que c'est lui qui en sait le secret, &amp; qui en conduit les ressorts, qui donne le branle à tout. <i>Motor, auctor.</i> Un Rapporteur est l'<i>ame</i> du procès. La briéveté peut s'appeller l'<i>ame</i> d'un conte ; puisque sans elle il faut qu'il languisse. La Font. Ainsi le mot d'<i>ame</i> se prend en général pour tout ce qui anime, qui fait agir, qui fait mouvoir quelque chose. Ce qui en fait la partie ou la qualité principale. <i>Vis, principium, virtus, causa.</i> La charité est l'<i>ame</i> des vertus Chrétiennes. La joie est l'ame d'un festin. L'action est l'<i>ame</i> du discours.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame se prend aussi pour le coeur, la partie de l'<i>ame</i> où se forment les passions. <i>Animus.</i> L'homme s'abandonne sans précaution dans les plaisirs, &amp; son <i>ame</i> s'y développe toute entière. Tour. Vous allumez dans l'<i>ame</i> de Philippe cette ambition insatiable qui le dévore. Id. Une <i>ame</i> noble &amp; grande, est celle qui a de grands sentimens. Au contraire, une <i>ame</i> basse, <i>ame</i> venale, <i>ame</i> de coquin, <i>ame</i> noire, <i>ame</i> double, <i>ame</i> mercenaire, est celle qui en a de mauvais. C'est une bonne <i>ame,</i> une <i>ame</i> dévote, incapable de tromper. Un coeur noble a de la peine à se laisser entraîner à toutes les bassesses, &amp; à toutes les importunités des <i>ames</i> intéressées. P. Gail. Frédegonde n'étoit point de ces <i>ames</i> foibles, qui donnent par timidité dans la superstition. Le Gend. Loin d'ici ces <i>ames</i> foibles, qui ne savent que craindre, &amp; désespérer. Tour. Le souverain bien d'un <i>ame</i> grande &amp; généreuse, c'est de ne craindre rien. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , signifie encore, coeur, courage, force accompagnée d'amour &amp; de passion. Vos charmes dompteroient l'<i>ame</i> la plus farouche. Voit. Avoir l'<i>ame</i> fort basse. Mol. Louer Dieu de toute son <i>ame.</i> Arn.</p><p>On dit qu'un homme n'a point d'<i>ame</i> ; pour dire, qu'il a mauvaise conscience. Le peuple n'a point d'esprit, &amp; les Grands n'ont point d'<i>ame.</i> La Bruy. Qu'il sait en son <i>ame</i> la vérité d'une telle chose ; qu'il en jure sur son <i>ame.</i> Un Bénéfice à charge d'<i>ames,</i> c'est celui dont le Bénéficier est chargé d'instruire, d'administrer les Sacremens, de reprendre, de corriger, de veiller à la conduite de certaines personnes, &amp; de travailler au salut de leurs <i>ames</i> ; tels sont les Evêchés, les Cures, &amp;c. &amp; ce terme est opposé à celui de Bénéfice simple. Voyez <ref type="search" target="head:BÉNEFICE">BÉNEFICE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , signifie encore une personne particulière. <i>Homo.</i> Il y a cent mille <i>ames</i> dans cette ville ; pour dire, il y a cent mille habitans de tous âges &amp; de tous sexes. Vous venez de sauver un million d'<i>ames.</i> Voit. Ces <i>ames</i> si pures fuient les choses qui peuvent déplaire à Dieu. Pasc. Il ne voit <i>ame</i> vivante, ou <i>ame</i> qui vive ; pour dire, il ne voit personne. Il n'y avoit pas une <i>ame</i> au logis. Malherbe appelle <i>ames d'enfer,</i> les révoltés de la Rochelle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , signifie aussi, la personne qu'on affectionne extrêmement. Ma chère <i>ame,</i> mon <i>ame.</i> Et se dit particulièrement des maitresses. <i>Anima, animula. corculum.</i> Si quelque amant veut vous payer en vous nommant son <i>ame,</i> vous n'entendez pas des termes si courtois. Voit. On appelle, <i>Ame</i> de fagot, le menu bois qui est dans un fagot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    l'Ame d'une devise, est le mot qui accompagne la figure qu'on appelle le corps de la devise. <i>Lemma.</i> Une bonne devise doit être composée d'un corps &amp; d'une <i>ame</i> ; c'est-à-dire, d'une figure, &amp; de certaines paroles. On a donné à la figure, le nom de <i>corps,</i> &amp; aux paroles celui d'<i>ame,</i> parce que comme le corps &amp; l'<i>ame</i> joints ensemble font un composé naturel ; certaines figures, &amp; certaines paroles étant unies, font une devise. Bouh. Le mot de la devise doit être proportionné à la figure ; car l'un &amp; l'autre devant faire un composé semblable en quelque façon à celui que la matière &amp; la forme font ensemble, il est nécessaire qu'il y ait de la proportion entre l'un &amp; l'autre, à peu près comme il y en a entre la matière &amp; la forme. Cette proportion demande que le mot convienne au corps dont il est l'<i>ame,</i> &amp; qu'il lui convienne de sorte qu'il ne puisse convenir à une autre figure, non plus qu'à l'<i>ame</i> de l'homme ne peut convenir le corps du lion. Par exemple, une mer sous une Lune, <i>Ut variat moveor.</i> Une barre de fer sur l'enclume : <i>Se non arde, non si piega.</i> Ces <i>ames</i> sont proportionnées à leurs corps, &amp; ne peuvent s'appliquer à d'autres pout faire le sens qu'elles font. Bouhours.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame . Terme de Lutier, &amp; de Musique. C'est un petit morceau de bois droit, qu'on met dans le corps de l'instrument de Musique directement sous le chevalet, pour fortifier le son. <i>Ame</i> de poche, <i>ame</i> de viole, <i>ame</i> de violon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , chez les Sculpteurs &amp; Fondeurs, se dit d'un noyau, ou des figures de terre, ou de plâtre, qui servent à former celles qu'on jette en bronze. <i>Typus, forma.</i> On le dit aussi de l'ébauche des figures de stuc, qu'on forme grossièrement de plâtre, ou d'autre matière, avant qu'on les finisse, en les couvrant de stuc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1650" id="14" type="">
   <index type="head" value="AME" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AME</head>
    <p>
    Ame , se dit aussi du creux &amp; de l'ouverture du canon, du lieu où on met la poudre, &amp; par où il tire. <i>Tormenti alvus.</i></p><p>On appelle proverbialement, un corps sans <i>ame,</i> un corps qui est sans chef, ou qui n'a pas les choses nécessaires pour le faire subsister. On appelle aussi, <i>Ame</i> damnée, un scélérat, qui est prêt de faire toute sorte de mal, soit pour son profit, soit en faveur d'un autre. La bonne <i>ame</i> ! dit-on ironiquement. En rebus on met la lettre <i>M.</i> pour signifier <i>ames,</i> parce qu'autrefois cette lettre se prononçoit <i>am,</i> &amp; non pas <i>em,</i> comme on fait maintenant. Ainsi on trouve dans quelques épitaphes, priez pour son <i>M.</i> c'est-à-dire, pour son <i>ame.</i> J'ai vû dans de vieilles heures imprimées en 1496. à Paris par Antoine Chappiel un <i>rebus</i> manuscrit, contenant l'Epitaphe d'Anne de Bretagne en quatre vers François. Pour le premier vers, il y avoit une <i>aile</i> d'oiseau, la syllabe <i>est,</i> deux flêches, ou <i>traits,</i> deux <i>pas,</i> la syllabe <i>fée</i> ; pour le second, la note de musique <i>la,</i> la syllabe <i>no,</i> une <i>table,</i> une <i>Dame</i> à jouer ; pour le troisième, <i>deux fouets,</i> entre les syllabes <i>fran</i> &amp; <i>ce,</i> une <i>couronne</i> sur la syllabe <i>ce,</i> &amp; pour le quatrième <i>Prions</i> ihs. <i>qu'il ait son M.</i> Cela signifie,</p><p>Ces heures, avec un très-grand nombre d'autres, sont maintenant dans la belle &amp; curieuse Bibliothèque de Mr Foucault Conseiller d'Etat, si connu de tous les Antiquaires, &amp; par la richesse de son cabinet, &amp; par le plaisir qu'il se fait de le communiquer aux vrais savans.</p><p>Le mot <i>ame</i> s'est formé du Latin <i>anima,</i> en prenant une terminaison Françoise, &amp; changeant l'<i>i</i> en <i>e</i> muet, <i>anem,</i> ou <i>anme,</i> puis au lieu de prononcer, l'<i>n,</i> on a fait l'<i>a</i> long <i>âme.</i> Le P. Pezron dit que <i>anima, ame,</i> a été pris du Celte <i>Ane,</i> ou <i>Eve,</i> qui est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1651" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉ, ÉE" />
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    <head>AMÉ, ÉE</head>
    <p>
    AMÉ, ÉE , adj. Terme de Lettres de Chancelerie, qui marque l'affection du Roi envers son Sujet. <i>Amatus, a, um.</i> A nos <i>Amés</i> &amp; féaux Conseillers. Notre <i>Amé</i> &amp; féal un tel nous a exposé. C'est aussi une formule pour intituler les Lettres que le Roi écrit à ses Sujets, quand ils ne sont pas de la première qualité. A notre <i>Amé</i> &amp; féal un tel Conseiller en notre Parlement. On disoit autrefois <i>amer,</i> pour <i>aimer</i> ; de-là <i>amé</i> nous est demeuré. Nos Rois avoient coutume de distinguer dans leurs Lettres Patentes les Magistrats &amp; les Officiers qui avoient dignité d'avec les autres, par ces titres, <i>Dilecti &amp; fidelis nostri,</i> que l'on a traduits en François par <i>Nos Amés &amp; Féaux,</i> &amp; ce titre, selon la remarque de Loiseau, dans son Traité des Ordres &amp; Dignités, ne se donnoit ordinairement qu'à ceux qui avoient celui de Conseillers du Prince. De la Mar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1652" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉ" />
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    <head>AMÉ</head>
    <p>
    AMÉ , ou AMET, Est aussi un nom propre d'homme. <i>Amatus.</i> S. <i>Amet,</i> que d'autres écrivent S. <i>Amé,</i> &amp; d'autres S. <i>Aimé,</i> étoit né dans le territoire de Grenoble, de parens fort qualifiés, qui étoient Romains d'origine ; c'est-à-dire, Gaulois naturels du Pays, &amp; non de race Bourguignone, ou Françoise. Baillet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1652" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMÉ" />
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    <head>AMÉ</head>
    <p>
    Amé , s. m. <i>Amatus.</i> Nom propre d'homme. S. <i>Amé,</i> qu'on nomme aussi Amable, Evêque d'Oleron, &amp; puis Archevêque de Bourdeaux dans le XIe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1652" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMÉ" />
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    <head>AMÉ</head>
    <p>
    Amé , Est encore un abregé d'Amédée. <i>Amedeus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1653" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉDÉE" />
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    <head>AMÉDÉE</head>
    <p>
    AMÉDÉE , s. m. <i>Amedeus.</i> Nom propre d'homme formé du Latin <i>Amans Deum,</i> Qui aime Dieu ; ou plutôt <i>Amatus Deo,</i> aimé de Dieu. Il y a IX. <i>Amédées</i> Comtes, ou Ducs de Savoie. S. Amé, Archevêque de Bourdeaux, est appellé <i>Amé, Amable, Amatus,</i> ou <i>Amédée,</i> comme si tous ces noms étoient la même chose. C'est une erreur. Son nom étoit <i>Amé.</i> Quelques-uns l'ont pris pour le nom François qui répond à <i>Amatus,</i> &amp; d'autres l'ont pris pour <pb n="193" facs="bpt6k8542165/f233/full/1200,/0/native.jpg"/>une abbréviation d'<i>Amédée,</i> &amp; l'ont appellé tout au long <i>Amédée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1654" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉLANCHE" />
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    <head>AMÉLANCHE</head>
    <p>
    AMÉLANCHE , s. f. Se prend en Provence pour le fruit de l'<i>Amélanchier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1655" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉLANCHIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AMÉLANCHIER</head>
    <p>
    AMÉLANCHIER , s. m. <i>Mespilus solio rotundiori fructu, nigro subdulci. Inst. R. Herb. Turnef.</i> Arbrisseau très-commun en Provence, &amp; aux pieds des montagnes de Savoie &amp; de Genève : il s'en trouve aussi dans les rochers de la forêt de Fontainebleau. Il part de la racine de cet arbrisseau plusieurs jets branchus, menus ordinairement comme le petit doigt, couverts d'une écorce brune &amp; lisse. Ses feuilles sont alternes, sèches, arrondies, d'un pouce environ de diamètre, crénelées sur leurs bords, d'un verd blanchâtre par-dessus, plus blanchâtre par-dessous, &amp; soutenues par des queues minces, purpurines, ou brunes, longues d'un pouce environ. Ses fleurs naissent des oeilletons des branches, &amp; par bouquets composés de huit ou dix pédicules, qui soutiennent chacun une fleur blanche à cinq pétales assez grandes. Le calice qui soutient la fleur, est découpé sur les bords en cinq quartiers ; il devient un fruit rond, gros comme un pois, &amp; est couronné par les découpures du calice. Il est d'abord violet, &amp; ensuite noir, pour lors il est doux &amp; agréable. Ses semences ressemblent assez par leur couleur &amp; leur figure aux pepins des pommes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1656" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉLÉON" />
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    <head>AMÉLÉON</head>
    <p>
    AMÉLÉON , s. m. Espèce de Sidre excellent du Bessin en Basse Normandie. Le Sidre y est excellent (dans le Bessin) principalement le doux auresque, &amp; l'<i>améleon,</i> que les plus délicats préfèrent à beaucoup de vins. G. Du Moulin. Disc. De la Norm. p. 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1657" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMELETTE" />
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    <head>AMELETTE</head>
    <p>
    AMELETTE , Voyez <ref type="search" target="head:OMELETTE">OMELETTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1658" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉLIORATION" />
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    <head>AMÉLIORATION</head>
    <p>
    AMÉLIORATION , s. f. Action par laquelle on rend une chose meilleure. <i>Refectio, instauratio, reparatio.</i> Il se dit aussi des choses que l'on a fait pour rendre meilleur : Cette terre a grand besoin d'<i>amélioration.</i> Les <i>Améliorations</i> qu'on a faites à cette terre &amp; au Château, montent à des sommes considérables. Les amendemens ne sont autre chose qu'une <i>amélioration</i> de terre. Cette <i>amélioration</i> se peut faire avec toutes sortes de fumiers. La Quint.</p><p>Il y a trois sortes d'<i>améliorations</i> d'héritages, celles qui sont nécessaires, &amp; sans lesquelles le bien dépériroit ; celles qui sont utiles, qui servent à augmenter la chose, &amp; sans lesquelles elle ne laisseroit pas de subsister ; celles qui ne sont que voluptueuses, &amp; qui ne servent point à l'augmentation du revenu. On est obligé de payer les <i>améliorations</i> à un acheteur de bonne foi que l'on dépossède. Il a fait une <i>amélioration</i> considérable dans sa terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1659" id="1" type="agriculture & d'architecture">
   <index type="head" value="AMÉLIORER" />
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    <head>AMÉLIORER</head>
    <p>
    AMÉLIORER , v. act. Rendre une chose meilleure. <i>Melius reddere, reficere, instaurare, reparare.</i> Il se dit sur-tout en termes d'agriculture &amp; d'architecture , lorsqu'il s'agit d'un champ, ou d'une terre épuisée de sels pour avoir porté trop souvent ; ou d'un bâtiment, qui à besoin de réparations. Il n'y a rien de tel que d'<i>améliorer</i> une terre. On a <i>amélioré</i> tous les bâtimens de cette ferme. Les Abbés Commendataires dégradent souvent les terres, au lieu que les Communautés les <i>ameliorent.</i> Les cendres seroient d'un grand secours pour <i>améliorer</i> les terres, si on en avoit beaucoup. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1660" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉLIORÉ, ÉE" />
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    <head>AMÉLIORÉ, ÉE</head>
    <p>
    AMÉLIORÉ, ÉE , part. pass. <i>Refectus, reparatus, restauratus.</i> Un jardin en rend toujours plus de profit, lorsqu'il est <i>amélioré.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1661" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉLIORISSEMENT" />
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    <head>AMÉLIORISSEMENT</head>
    <p>
    AMÉLIORISSEMENT , s. m. AMÉLIORATION. <i>Reparatio, refectio, instauratio.</i> Ce terme est affecté à l'Ordre de Malthe. Ailleurs on dit <i>Ameliorations.</i> Les Chevaliers sont obligés de faire des <i>améliorissemens</i> dans leurs Commanderies, &amp; de les justifier, avant qu'ils puissent en opter une meilleure qui se présente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1662" id="1" type="eglise">
   <index type="head" value="AMEN" />
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   <index type="macro_domain" value="Religion" />
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    <head>AMEN</head>
    <p>
    AMEN , s. m. Terme d'Eglise , &amp; indéclinable, qui sert de conclusion à toutes les prieres qu'on y fait, &amp; qui signifie, <i>Ainsi soit-il,</i> ou <i>fiat.</i> Il signifie aussi <i>Vraiement,</i> ou <i>fidelement.</i> Parmi les Juifs le Peuple répondoit <i>amen</i> à la fin de chaque prière. Ils distinguoient quatre sortes d'<i>amen.</i> Celui qu'ils appelloient l'<i>amen juste,</i> devoit être accompagné d'attention, &amp; de dévotion. Cette pieuse coutume a passé dans l'Eglise Chrétienne. Il n'est pas vrai que le mot <i>amen</i> n'est qu'un composé des lettres initiales de ces paroles, <i>Adonai Melech Neeman,</i> ou <i>Dominus Rex fidelis,</i> qui étoit une formule usitée en Judée pour donner du poids, &amp; faire ajoûter foi aux promesses de Dieu. Il est vrai seulement que pour exprimer par abbréviation , <i>Adonai, Melech Neeman,</i> les Rabbins ne prennent à leur ordinaire que la première lettre de chacun de ces trois mots, &amp; que ces trois lettres jointes ensemble, sont les lettres du mot, <i>amen.</i> Il est vrai encore que les Auteurs Cabbalistes, par une de leurs manières de trouver les sens cachés, &amp; qu'ils appellent <i>Notaricon,</i> laquelle consiste à prendre une lettre pour un mot entier, font de , <i>amen,</i> ; &amp; qu'un de leurs Rabbins, nommé Chanina, donne cette explication dans la Gémare, ou Glose du Traité Sanédrin ; mais il n'est pas vrai que ce soit là l'étymologie du mot <i>amen,</i> , comme quelqu'un l'a prétendu. Ce mot étoit dans la langue Hébraique, &amp; en usage avant que la Cabbale fût inventée, &amp; qu'il y eût des Cabbalistes au monde, comme il paroît évidemment par le Deutéronome Chap. XXVII. v. 15. &amp; suivans. Sa véritable origine est le verbe , <i>aman,</i> qui au passif , signifie <i>être vrai, fidèle, ferme, constant.</i> De-là le nom , qui signifie proprement <i>vérité</i> ; ensuite on en a fait une espèce d'adverbe affirmatif, qui quand il est mis après quelque chose, à la fin d'une phrase, ou proposition, signifie, <i>Que cela soit ainsi ; Que ce soit là la vérité ; se le veux, je le souhaite, j'y consens.</i> C'est ainsi qu'à l'endroit du Deutéronome que j'ai cité, Moise ordonne que les Lévites disent à tout le Peuple, <i>Maudit soit l'homme qui fera une idole, ce qui est une chose abominable au Seigneur, un ouvrage de la main de l'homme ;</i> &amp; que tout le Peuple réponde <i>amen,</i> c'est-à-dire, <i>oui, qu'il soit maudit, nous le voulons, nous y consentons, ainsi soit-il.</i> Mais quand il est au commencement d'une phrase, comme en plusieurs endroits du nouveau Testament, il signifie véritablement, certainement. Matth. V. 18. 26. &amp;c. <i>amen dico vobis,</i> c'est-à-dire, <i>En vérité, certainement, je vous dis,</i> ou comme traduit assez bien M. Simon, <i>Je vous assure.</i> Quand il se double, ou qu'on le répète, qu'on le dit deux fois de suite, comme a toujours fait S. Jean, il a la force de superlatif, selon le génie de là langue Hébraïque &amp; de ses filles, la Syriaque, &amp; la Chaldaique ; desorte que <i>amen amen dico vobis,</i> signifie, <i>très-certainement je vous dis.</i> Les Evangélistes ont conservé dans le Grec le mot Hébreu , <i>amen.</i> S. Luc l'exprime néanmoins quelquefois par , <i>véritablement,</i> ou , <i>certainement</i> ; comme on le peut voir en comparant Matth. XVI. 28. avec Luc IX. 27. Matth. XXIV. 47. avec Luc XII. 44. Marc XII. 43. avec Luc XXI. 3. Matth. XXIII. 36. avec Luc XI. 51. Ce qui prouve l'explication que nous venons d'en donner. Il paroît encore par ce que nous venons de dire, que Rochefort se trompe, quand il dit qu'<i>amen</i> est un terme Arabique, qui signifie la fin de quelque chose ; &amp; que c'est ce que les Latins ont exprimé par ces mots ; <i>Explicit, finis.</i></p><p>On voit les différentes significations du mot <i>amen</i> dans ces vers rapportés par M. Du Cange.</p><p>Ce mot <i>Amen</i> a passé dans presque toutes les langues sans aucun changement, quand il veut dire, <i>ainsi soit-il.</i> On le trouve dans les Liturgies, les versions de la Bible, &amp; les prières de toutes les nations. Il n'en est pas de même quand il veut dire <i>certainement, en vérité.</i> Les Abyssins appellent <i>Amen</i> le Sacrement de l'Eucharistie ; apparemment parce que selon un ancien usage, dont nous trouvons des vestiges dans les Pères, lorsqu'on leur donne l'Eucharistie, ils répondent <i>amen.</i> En cette occasion, <i>amen</i> est employé pour affirmer que l'on croit qu'une chose est ainsi. Il est dit dans le Missel de Paris, que le communiant, après avoir entendu ces mots, <i>Corpus Domini,</i> doit répondre <i>amen,</i> pour marquer un acte de foi : &amp; en ce sens il signifie, cela est vrai, je crois que cela est ainsi. S. Ambroise l'a entendu dans ce sens. Les Mahométans disent aussi, <i>amin,</i> à la fin de leurs prières, de même qu'en témoignant le desir de voir arriver ce qu'ils souhaitent.</p><p>Quand on est ennuyé des crieries, ou des harangues de quelqu'un, on dit ; Il ne reste plus qu'à dire <i>amen.</i> Quand on nous interrompt, quand on prévient ce que nous allions dire, ou qu'on nous fait une difficulté que nous allions <pb n="194" facs="bpt6k8542165/f234/full/1200,/0/native.jpg"/>prévenir, on dit, Vous n'attendez pas jusqu'à <i>amen</i> ; ou bien, attendez jusqu'à <i>amen,</i> c'est-à-dire, jusqu'à la fin, jusqu'au bout, &amp; je vous satisferai, je dirai ce que vous demandez. On dit proverbialement, il dit <i>amen</i> à tout ; pour dire, il approuve tout. Tout cela n'est que du style populaire &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1663" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMENAGE" />
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    <head>AMENAGE</head>
    <p>
    AMENAGE , s. m. Ce mot signifie tantôt l'action d'amener, &amp; tantôt le salaire que l'on donne à celui qui a eu la peine d'amener. <i>Advectio, subvectio.</i> L'<i>amenage</i> des marchandises ne se peut faire par charroi dans les Pays de montagnes. J'ai tant payé pour l'<i>amenage</i> de chaque muid de vin par terre, &amp; tant par batteau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1664" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMENCE" />
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    <head>AMENCE</head>
    <p>
    AMENCE , subst. f. Vieux mot, qui veut dire, <i>folie. Amentia.</i> Il vient de ce mot Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1665" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMENDABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AMENDABLE</head>
    <p>
    AMENDABLE , adj. m. &amp; f. Qui mérite d'être condamné à l'amende. <i>Multandus.</i> Cette faute est <i>amendable.</i> On dit aussi parmi les Artisans, qu'une besogne est <i>amendable,</i> quand on peut corriger sa défectuosité. Il ne se fait point de confiscation des ouvrages <i>amendables,</i> on ordonne seulement qu'ils seront amendés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1666" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMENDE" />
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    <head>AMENDE</head>
    <p>
    AMENDE , s. f. Peine pécuniaire imposée par les Juges pour quelque crime, ou mauvaise procédure. <i>Mulcta.</i> L'<i>amende</i> ordinaire du fol appel est de 12. livres : celle des appels comme d'abus &amp; en plusieurs autres cas, est de 25. écus. Il faut consigner une <i>amende</i> de cent écus envers le Roi, &amp; de 50. écus pour la partie, avant que d'obtenir une Requête civile. Par l'Ordonnance de 1667. une omission de compte par un comptable, emporte une <i>amende</i> ou peine du quadruple. Cela est défendu sous peine d'<i>amende.</i> L'<i>amende</i> du fol appel est l'<i>amende</i> à laquelle est condamné l'appellant, quand la sentence dont est appel est confirmée. Celui qui est simplement condamné à une <i>amende</i> pécuniaire, n'encourt point infamie. Les <i>amendes</i> imposées au criminel, pour tenir lieu de dédommagement à la partie civile, sont appellées des réparations civiles. Une <i>amende</i> pécuniaire est payable par corps. Entre les droits Seigneuriaux il y a des cens emportans profit, saisines &amp; <i>amendes.</i> Il y a des Receveurs des <i>amendes.</i> Ce mot vient du Latin <i>emendatio</i>.</p><p>Dans tous les temps, &amp; chez toutes les nations, l'<i>amende</i> a été une peine que l'on a mise en usage. Chez les Cyréniens, les Juges prononçoient des <i>amendes,</i> &amp; déclaroient infames ceux qui y étoient condamnés. Les Grecs obligeoient les parties à déposer une somme dans le Prytanée, afin que celui qui seroit condamné, perdît la somme déposée. Les Romains observoient la même chose, &amp; la consignation se faisoit entre les mains des Pontifes. Les Empereurs Gratien, Valentinien &amp; Theodose, introduisirent les <i>amendes</i> contre les folles appellations. En France nos Rois ont fait publier dans tous les temps des Ordonnances sur les <i>amendes.</i> L'<i>Amende</i> pour récusations déclarées inadmissibles est de deux cents livres aux Cours supérieures : de cent livres aux Requêtes de l'Hôtel &amp; du Palais ; de cinquante livres aux Présidiaux, Bailliages &amp; Sénéchaussées, &amp; de trente cinq livres aux Châtellenies, Prévotés, Vicomtés royales, Elections, &amp; Justices des Seigneurs, tant Duchés-Pairies, qu'autres qui ressortissent nuement aux Cours supérieures. Dans les appellations comme d'abus, celui qui est condamné, paye une <i>amende</i> de soixante &amp; quinze livres envers le Roi, &amp; de la moitié envers la partie. Il n'y a que les Magistrats qui puissent condamner à l'<i>amende.</i> Les Juges Ecclésiastiques ne peuvent condamner à l'<i>amende,</i> sans prononcer qu'elle sera employée à quelque oeuvre pic. On ne remet point l'<i>amende</i> à cause de la pauvreté, mais on accorde une surséance.</p><p>On appelle <i>amende honorable,</i> une peine afflictive qui emporte note d'infamie, quand on est condamné d'aller nud en chemise, la torche au poing, &amp; la corde au cou, devant une Eglise, ou dans un auditoire, demander pardon à Dieu, au Roi &amp; à Justice, de quelque méchante action. <i>Mulcta honoraria.</i> On dit au Palais, que cette <i>amende</i> est faite <i>cum figuris.</i> Les Romains ont compris quelquefois le bannissement sous le nom d'<i>amende.</i> Mais ils n'ont point connu ce genre de peine que nous appellons <i>amende honorable.</i></p><p>On appelle encore plus particulièrement, Faire <i>amende honorable</i> à quelqu'un, quand on est condamné à venir en Justice, ou en présence des personnes choisies par la personne offensée, désavouer les injures qu'on lui a dites, ou les mauvais traitemens qu'on lui a faits, lui en demander pardon, &amp; lui en donner acte.</p><p><i>Amendes coutumieres,</i> sont celles qui sont taxées par la Loi &amp; par la Coutume du Pays. Elles sont différentes des <i>amendes arbitraires,</i> qui se taxent par le Juge. L'<i>amende simple,</i> ou <i>de gage,</i> est de sept sols six deniers dans les Coutumes. La <i>grosse amende</i> est de 60. sols. L'<i>amende de tost entrée,</i> est celle qui est dûe au Seigneur, en quelques lieux, par celui qui s'est mis en possession d'un héritage, sans en être vétu ou ensaisiné par le Seigneur.</p><p>On dit proverbialement, C'est la Coutume de Loris, où le battu paye l'<i>amende,</i> lorsqu'on blâme, ou que l'on condamne celui qui a raison. Voyez l'origine de ce proverbe à COUTUME. On dit en raillant, à un homme qui dit qu'il ne sait que faire, Va-t'en battre le Prévôt, tu gagneras double <i>amende.</i></p><p>Ce mot, selon quelques-uns, vient d'<i>emandare,</i> parce que l'<i>amende</i> est une peine qui corrige le coupable : selon d'autres on a appellé l'<i>amende</i> de ce nom, parce que par elle le coupable expie &amp; efface sa faute, <i>Reus extra mendum, id est, extrà culpam ponitur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDEMENT</head>
    <p>
    AMENDEMENT , s. m. Changement par lequel on devient meilleur, tant à l'égard de l'ame que du corps. <i>Emendatio, correctio.</i> Dieu veut l'<i>amendement</i> du pécheur, &amp; non pas sa perte. Ce malade est toujours de même, il n'y a point d'<i>amendement.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDEMENT</head>
    <p>
    Amendement , signifie aussi, Engrais qu'on met sur des terres, comme marne, fumier, cendres, &amp;c. <i>Stercoratio.</i> L'<i>amendement</i> est un secours qu'on donne aux terres usées, pour les obliger de produire quelque chose de plus beau en prenant une nouvelle substance, &amp; de nouveaux sels ; &amp; cet <i>amendement</i> est ce que nous appellons fumier, de quelque nature qu'il puisse être. Ces terres sont si maigres, qu'elles ont grand besoin d'<i>amendement.</i> Le seul bon endroit à mettre les <i>amendemens</i> est vers la superficie. Le fumier le plus mal placé pour les tranchées, est celui qui se met dans le fond. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDEMENT</head>
    <p>
    Amendement , est aussi l'action d'amender une terre. <i>Stercoratio.</i> Liger. La Quintinie a traité des <i>amendemens</i> des terres, P. I. ch. 3. art. 4. &amp; P. II. ch. 22. &amp; 23.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1668" id="1" type="palais">
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    <head>AMENDER</head>
    <p>
    AMENDER , v. act. Terme du Palais . Condamner à l'amende. <i>Multâ afficere.</i> La Cour prononce souvent, Débouté de son appel, &amp; l'<i>amendera,</i> c'est-à-dire, il payera l'amende du fol appel, qui est de 75. livres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDER</head>
    <p>
    Amender . Corriger, améliorer, rendre meilleur. <i>Emendare, corrigere.</i> Il faut <i>amender</i> sa vie, ses moeurs, par les instructions &amp; par les exemples des gens de bien. On dit aussi <i>amender</i> une besogne ; pour dire, en corriger les défauts. On dit encore, il n'<i>amendera</i> pas son marché à plaider ; pour dire, qu'il ne le rendra pas meilleur par son opiniâtreté.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDER</head>
    <p>
    Amender , se dit particulièrement des terres ; &amp; signifie, les engraisser, les améliorer en y mettant du fumier, de la marne, &amp; autres amendemens. <i>Stercorare.</i> J'ai <i>amendé</i> mes terres. Toutes sortes de fumiers pourris, de quelque animal que ce soit, sont bons pour <i>amender</i> les terres employées en plantes potagères. Celui du mouton a plus de sel que tous les autres, ainsi il n'en faut pas mettre en si grande quantité. Il est à peu près la même chose pour celui de poules &amp; de pigeons, mais je ne conseille guère d'en employer, à cause des pucerons, dont ils sont toujours pleins. La Quint.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>emendare</i>. Nicod. La Quintinie &amp; Liger écrivent <i>amander</i> &amp; <i>amandement</i> par un <i>a.</i> C'est une faute ; il vient d'<i>emendare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDER</head>
    <p>
    Amender , est aussi neut. &amp; signifie, Devenir meilleur se porter mieux. Mais en ce sens il se dit moins bien des personnes, que des animaux. <i>Convalescere, pinguescere.</i> Ce malade n'est point <i>amendé,</i> quoiqu'on lui ait fait bien des remèdes. Ce cheval n'est point <i>amendé,</i> quoiqu'on l'ait fort bien nourri, il n'a point pris de graisse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDER</head>
    <p>
    Amender , signifie aussi, Diminuer de prix. <i>Pretium minuere.</i> Le blé <i>amende.</i> Quand l'argent n'est pas commun, toutes les marchandises <i>amendent.</i> En ce sens <i>ramender</i> est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDER</head>
    <p>
    Amender , signifie aussi, Profiter, tirer quelque avantage de quelque chose. <i>Emolumentum consequi.</i> Cet héritier n'a rien <i>amendé</i> de cette succession ; il y avoit trop de dettes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENDER</head>
    <p>
    <pb n="195" facs="bpt6k8542165/f235/full/1200,/0/native.jpg"/> Amender , est aussi neut. passif ; &amp; signifie, Se corriger se rendre meilleur, s'avancer dans la vertu. <i>Corrigi, emendari.</i> Les Juifs furent exhortés à s'<i>amender</i> pour se rendre dignes du Royaume des cieux. Je ne sens qu'une très-foible résolution de m'<i>amender.</i> God.</p><p>On dit proverbialement, Mal vit qui ne s'<i>amende.</i> Jamais cheval, ni mauvais homme, n'<i>amenda</i> pour aller à Rome. Ou bien, Bon cheval &amp; méchant homme, n'<i>amende</i> point pour aller à Rome.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENER</head>
    <p>
    AMENER , v. act. Conduite, mener vers quelque personne, ou quelque lieu. <i>Adducere, deducere.</i> Les Ambassadeurs ont été <i>amenés,</i> &amp; conduits à l'audience du Roi. Xerxès <i>amena</i> en Grèce un million d'hommes. On a <i>amené</i> du secours. Les Marchands <i>amenent</i> du blé, des bestiaux aux marchés. Il a <i>amené</i> sa marchandise par terre, par batteaux, par mulets, par charroi. Il faudra <i>amener</i> du canon pour se rendre maître de ce château. <i>Advehere.</i> Il a <i>amene</i> son Avocat à l'Audience.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , signifie aussi, Apporter en un pays quelque invention, y mettre en vogue quelque mode. <i>Adducere.</i> Les Allemands nous ont <i>amené</i> l'Imprimerie. Les Italiens ont <i>amené</i> en France la chicane, l'usure, la maltôte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , se dit figurément en chose morales ; pour dire, Persuader quelqu'un. A force de prêcher cet opiniâtre, je l'ai <i>amené</i> à la raison, je lui ai fait reconnoître la vérité. Pour <i>amener</i> les autres à votre sentiment, il faut les ménager avec une souplesse étudiée, dont on ne sente point l'artifice. Bell. On dit aussi, <i>Amener</i> des preuves, des autorités, des témoignages. On dit encore, qu'un passage qu'une comparaison est <i>amenée</i> de loin ; pour dire, qu'elle est tirée par les cheveux, qu'elle ne convient guère. Un épisode produit un agréable effet dans la Tragédie quand il est bien <i>amené,</i> &amp; qu'il y a quelque chose qui précède, &amp; qui y prépare l'esprit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , se dit aussi des choses qui se suivent les unes les autres ordinairement ou même des causes naturelles L'aurore <i>amène</i> le soleil. Ce vent nous <i>aménera</i> de la pluie, du beau temps, la peste. Cette affaire <i>amène</i> de grands inconvéniens, elle a de grandes suites. La prise de cette place nous <i>aménera</i> la paix.</p><p>On dit aussi, Quel bon vent, quelle bonne affaire, quel sujet vous <i>amène,</i> vous oblige à faire ce voyage ?</p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement, Qui m'a <i>amené</i> cet étourdi, cet impertinent ? On dit aussi, qu'un malheur <i>amène</i> son frère ; pour dire, qu'il ne vient jamais seul.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , se dit aussi dans les jeux de hasard, des dez, ou des cartes. Ces dez sont pipés, ils <i>amènent</i> toujours gros jeu, <i>amener</i> rafle, <i>amener</i> chance. Je n'avois qu'un coup contre moi, je l'ai <i>amené.</i> Il a <i>amené</i> sa carte la première, il s'est donné un coupecul.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , signifie aussi Entraîner, mener par force. <i>Trahere.</i> Un torrent <i>amène</i> avec lui de la fange &amp; du limon. Un Sergent <i>amène</i> un prisonnier pieds &amp; poings liés. On a <i>amené</i> ce vaisseau à bord à force de rames : c'est ce qu'on appelle <i>remorquer.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , signifie quelquefois simplement, Attirer à soi. <i>Afferre, Admovere. Amenez</i>-moi ce siége, ce livre. Il faut <i>amener</i> cette branche d'arbre avec cette autre pour faire un berceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1669" id="8" type="palais">
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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , en termes de Palais signifie aussi, Obliger à venir en Justice, faire assigner pour comparoître. Pour <i>amener</i> des témoins, il faut les faire assigner. <i>Diem dicere, in jus rapere.</i> On a ordonné qu'il <i>améneroit</i> son garand, qu'il le mettroit en cause.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1669" id="9" type="marine">
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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amener , en termes de Marine , signifie, Abaisser les voiles &amp; les pavillons : &amp; en ce sens il vient d'<i>amena,</i> qui est un mot Bas-Breton signifiant la même chose, &amp; se dit quand le plus fort oblige le plus foible de venir à lui, d'approcher de son bord pour le reconnoître, le visiter, &amp; même le prendre &amp; le confisquer, s'il y a lieu. <i>Accedere.</i> On dit aussi, <i>Amener</i> les voiles, ou mettre bas ; pour dire, les baisser : c'est un signe de soumission, ou qu'on se rend. <i>Amener</i> ses huniers, ou ses perroquets, c'est abbaisser ces sortes de voiles. Sur la Méditerrannée on dit <i>mayner.</i> On dit aussi, <i>Amener</i> une terre, un vaisseau ; pour dire, s'en approcher, ou se trouver vis-à-vis. <i>Accedere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1669" id="10" type="jurisdiction ecclesiastique">
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    <head>AMENER</head>
    <p>
    Amené , est aussi quelquefois substantif. Et on dit, en termes de Jurisdiction Ecclésiastique , Un <i>amené</i> sans scandale, pour dire, Un ordre d'amener un homme devant le Juge, sans bruit, sans lui faire affront. On a défendu les <i>amenés</i> sans scandale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1670" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉNITE" />
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    <head>AMÉNITE</head>
    <p>
    AMÉNITE , s. f. Beauté, agrément. <i>Amoenitas.</i> Ce mot n'est pas encore tout-à-fait établi. On prétend qu'il a quelque chose de précieux, &amp; qu'ainsi il ne s'en faut servir qu'avec beaucoup de retenue. Quoiqu'il ne soit pas encore naturalisé, les Poëtes ne le rejetteront pas. Mr Ménage a tâché de l'introduire. Mr Charpentier s'en est servi : Hérodote, dont les écrits ont paru aux yeux des Anciens si remplis d'élégance, &amp; d'<i>aménités.</i> L'<i>aménité</i> d'un lieu. L'<i>aménité</i> de l'air.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1671" id="1" type="coutume">
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    <head>AMENRIR</head>
    <p>
    AMENRIR , v. act. Vieux terme de Coutume , qui veut dire, <i>diminuer, estropier.</i> Il y a apparence qu'on dit aujourd'hui <i>amoindrir</i> pour <i>amenrir,</i> qu'on disoit autrefois. <i>Minuere, imminuere, truncare, decurtare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1672" id="1" type="">
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    <head>AMENUISEMENT</head>
    <p>
    AMENUISEMENT , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey, &amp; signifie l'action d'amenuiser. <i>Extenuatio.</i> Il n'est pas fort en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1673" id="1" type="">
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    <head>AMENUISER</head>
    <p>
    AMENUISER , v. act. Rendre plus menu. <i>Tenuare, extenuare, minuere.</i> Cette cheville n'entrera pas dans le trou, si vous ne l'<i>amenuisez</i> par un bout. Ces piliers sont trop grossiers, il faut les remettre au tour, &amp; les <i>amenuiser.</i> Ce mot viellit un peu, quoique nous n'en ayons point d'autre en sa place.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1673" id="2" type="">
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    <head>AMENUISER</head>
    <p>
    Amenuisé, ée . part. pass. &amp; adj. <i>Tenuatus, extenuatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1674" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÈR, ÈRE" />
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    <head>AMÈR, ÈRE</head>
    <p>
    AMÈR, ÈRE , adj. l'<i>r.</i> se prononce. Qui a une saveur très-rude &amp; désagréable à la langue, tel que le fiel des animaux, l'aloès, l'absynthe. <i>Amarus, acerbus.</i> Le mot <i>amèr</i> vient du Latin <i>amarus,</i> qui est dérivé de l'Hébreu , <i>marar,</i> être <i>amèr,</i> &amp; , <i>mara, amèr,</i> amertume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1674" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMÈR, ÈRE" />
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    <head>AMÈR, ÈRE</head>
    <p>
    Amer , se dit figurément en Morale. Une douleur <i>amère,</i> des paroles <i>ameres</i> ; c'est-à-dire, que nous goûtons avec peine, &amp; avec chagrin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1675" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÈR" />
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    <head>AMÈR</head>
    <p>
    AMÈR , s. m. L'<i>amèr</i> &amp; le doux sont de qualités contraires.</p><p>On dit proverbialement, Ce qui est <i>amèr</i> à la bouche est doux au coeur : pour dire, que les médecines qui sont <i>amères</i> font du bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1675" id="2" type="">
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    <head>AMÈR</head>
    <p>
    Amèr , signifie aussi, le fiel des animaux. <i>Fel.</i> L'<i>amèr</i> de boeuf est propre à ôter les taches des habits. On ne sauroit manger de cette carpe, on en a crevé l'<i>amèr.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1676" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMERADE" />
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    <head>AMERADE</head>
    <p>
    AMERADE , s. m. <i>Ameras, adis.</i> C'est un terme de dignité, &amp; le nom d'un Officier chez les Sarazins. Les <i>Amerades</i> étoient ce que sont en Europe les Gouverneurs de Province. Ce mot est la même chose qu'Emir, &amp; vient du même verbe , <i>amar, dire, commander.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1677" id="1" type="">
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    <head>AMÈREMENT</head>
    <p>
    AMÈREMENT , adv. D'une manière amère &amp; douloureuse. <i>Acerbè.</i> Saint Pierre pleura <i>amèrement</i> sa faute. Alexandre voyant le corps de Darius, pleura <i>amèrement.</i> Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1678" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉRIQUE" />
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    <head>AMÉRIQUE</head>
    <p>
    AMÉRIQUE , s. f. <i>America.</i> Nom propre de la quatrième partie du monde, découverte en 1492. par Christophe Colomb Génois, &amp; puis en 1497. par Americ Vespuce, de qui on lui a donné le nom d'<i>Amérique.</i> On l'appelle en général les Indes Occidentales <i>Indiae Occidentales,</i> par opposition aux vraies Indes, qui sont à l'Orient de l'Europe. On l'appelle encore le nouveau Monde, <i>Novus orbis</i> Quelques Auteurs ôtent à Colomb, ou Colonne, la gloire de la première découverte du nouveau Monde. Ils disent qu'un Pilote Espagnol, nommé Alphonse Sanchez de Huelva, ou Aldrete, ou Gracias Vega, en trafiquant sur les côtes d'Afrique, fut jetté par la tempête sur ces terres inconnues ; qu'ayant retrouvé sa route, il toucha à Madère, &amp; logea chez Colomb qui y demeuroit ; qu'il lui raconta son aventure, &amp; qu'étant mort quelque temps après, il lui laissa en mourant les memoires qu'il avoit dressez sur cela, dont Colomb, habile d'ailleurs en Géographie &amp; en Astronomie, profita, &amp; sur lesquels il entreprit d'aller chercher ces terres jusqu'alors inconnues.</p><p>Jean III. Roi de Portugal, &amp; Ferdinand le Catholique, eurent <pb n="196" facs="bpt6k8542165/f236/full/1200,/0/native.jpg"/>un grand différend sur la découverte de l'Amérique. Le Pape Alexandre VI. le termina, par une Bulle que Bzovius rapporte dans ses Annales à l'an de Jesus-Christ 1493. par laquelle le Pape supposant une ligne tirée du Septentrion au Midi, qui partage le nouveau Monde en deux, il assigne la partie Orientale à Jean, &amp; la partie Occidentale à Ferdinand.</p><p>L'<i>Amérique</i> consiste en deux grandes presqu'Isles qui se joignent à Panama par une Isthme, qui n'a que 17. lieues de large, &amp; s'étendent du Cercle Arctique jusqu'au Cercle Antarctique. Il n'est pas sûr néanmoins que l'<i>Amérique</i> du côté du Nord ne soit point jointe aux terres Boréales ; on n'en a jamais fait le tour. Il n'est pas certain non plus que l'<i>Amérique</i> n'ait point été connue des Anciens. Bien des gens prétendent que c'est l'Atlantique dont Platon parle dans son Timée. Crantor, premier Interprète de Platon, Origène, Porphyre, Proclus, favorisent ce sentiment, &amp; Marsile Ficin le soutient. On peut voir encore Diodore de Sicile Liv. V. Pline Liv. II. chap. 92. Arnob. Liv. 1er. <i>Contr. Gent.</i> Gorop. Becan. <i>Orig. Antuerp.</i> Turneb. <i>Adv. Liv.</i> XX. ch. 11. Pamelius, sur les endroits de Tertullien que j'ai cités ; Vossius <i>De scient. Mathem. ch.</i> 42. la première des exercitations Académiques de Wirsius, dans laquelle il entreprend de prouver, non seulement que l'<i>Amérique</i> est l'Atlantique de Platon, &amp; qu'elle a été tres-connue des Grecs &amp; des Romains ; mais même que quelqu'un, ou quelques-uns des Apôtres y ont prêché l'Evangile. Sa raison est que non seulement il étoit prédit que Jesus-Christ seroit annoncé à toutes les Nations de la terre, mais que Jesus-Christ lui même l'avoit ordonné à ses Apôtres ; qu'il étoit prédit de plus que cela seroit accompli avant la destruction de Jérusalem ; que l'<i>Amérique</i> étoit dès-lors peuplée, &amp; que les Américains n'étoient point exclus de la grace du salut ; qu'ainsi cela a dû s'accomplir : qu'au reste les Apôtres ont pû passer en <i>Amérique</i> ; que les Grecs &amp; les Romains y ont eu commerce ; que les Phéniciens ont eu l'usage de la Boussole ; que quand ils ne l'auroient point eu, on a navigé sans cela ; que les Apôtres ont pû y passer par terre ; qu'enfin quoiqu'il en soit, s'il n'ont pas trouve de chemin, Dieu a bien sû leur en faire ; &amp; qu'au reste Hornius a remarqué que S. Thomas avoit prêché aux Brasiliens, ou du moins que ces peuples le connoissoient. Mais il est bon de remarquer que ce que Jesus-Christ dit à ses Apotres, il le dit souvent dans leurs personnes à leurs successeurs. Ainsi tous les endroits où il leur ordonne d'aller prêcher l'Evangile à toutes les Nations, à toute créature, jusqu'aux extrémités de la terre, &amp;c. ne les regardent pas seuls, mais encore leurs successeurs. Et pour ce que dit S. Marc. XIII. 10. qu'avant la destruction de Jérusalem l'Evangile doit être prêché à toutes les Nations, c'est, ou du moins ce peut être, une de ces expressions universelles de l'Ecriture que les Interprètes conviennent qu'il ne faut pas prendre dans toute leur étendue. Quant à la remarque d'Hornius sur Saint Thomas, voici le fait : Les Brasiliens disent qu'un saint Homme est venu les enseigner, &amp; ils l'appellent <i>Meyr humane.</i> Sur cela Hornius, dans son IIIe Livre de l'Origine des Américains chap. 19. ne doute nullement que ce ne soit S. Thomas. Car en langue Brasilienne <i>Meyr</i> signifie un <i>Etranger,</i> un homme venu d'ailleurs, &amp; <i>Human,</i> dit-il, est manifestement le nom même de Saint Thomas corrompu par ces barbares, ou plutôt dont ils n'ont retranché que le T ; car pour la terminaison chaque langue a la sienne, &amp; comme les Grecs ont dit <i>Ajas,</i> les Latins <i>Ajax,</i> les Brasiliens ont pû dans leur langue changer la terminaison <i>as</i> du nom Thomas en <i>ane.</i> Mais quand cette conjecture seroit aussi évidente qu'elle est heureuse, les Brasiliens ont pû être des Indiens, ou comme dit Hornius lui-même, des Tartares, qui sont venus habiter le Brésil, ou qui y ont été jettés, &amp; y ont porté la connoissance de S. Thomas, qui avoit prêché chez eux, ou chez leurs pères. Ainsi le sentiment de Wirsius, qui a été aussi celui de Lirius &amp; de Moebius, dans son Traité <i>De oraculorum origine,</i> n'est pas si certain qu'il le prétend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1678" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMÉRIQUE" />
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    <head>AMÉRIQUE</head>
    <p>
    l'Amérique Meridionale , <i>America Meridionalis,</i> Est celle des deux Peninsules qui est au Midi, &amp; s'étend depuis Panama jusqu'au détroit de Magellan. L'autre qui est au Nord s'appelle l'Amerique Septentrionale. <i>America Septentrionalis.</i> On appelle aussi la première l'<i>Amérique Péruviane, Peruana,</i> du Pérou, qui en est une des plus considérables parties, &amp; la seconde est l'<i>Amérique Mexicane,</i> à cause du Mexique qu'elle renferme. <i>America Mexicana.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1679" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMERIQUAIN, AINE" />
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    <head>AMERIQUAIN, AINE</head>
    <p>
    AMERIQUAIN, AINE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Habitant de l'Amérique, qui est d'Amérique, qui appartient a l'Amérique. Grotius &amp; Hornius ont fait des livres de l'origine des Nations <i>Américaines,</i> dans lesquels ils montrent que les <i>Américains</i> sont des habitans de l'ancien monde, qui ont pénétré jusque-là, ou par mer, ou peut-être par terre. Grotius croit que les <i>Américains</i> du Nord sont venus de Norvége par la Groënland ; que ceux du Jucatan sont des Ethiopiens ; que ceux du Pérou sont partis de l'Inde &amp; de la Chine ; que ceux qui sont au Midi jusqu'au détroit de Magellan y sont passés de l'Orient par les terres Australes. Outre cela si de la Norvége on a pû passer dans le Nord de l'Amérique, on l'a pû aussi de la Tartarie, &amp; il y a d'autant plus d'apparence à cela, que l'on assure que la langue des <i>Américains</i> du Nord a beaucoup de rapport à la langue Tartare. Hornbeck, qui examine la même matière dans sa VIIIe &amp; sa IXe Dissertation de la conversion des Indiens &amp; des Gentils, dit, que l'on trouve des preuves manifestes que les peuples du Mexique, du Pérou &amp; du Brésil, sont originairement Scythes &amp; Tartares. Pour les Isles de l'Amérique, il ne doute point que la plupart n'aient été peuplées par les Phéniciens &amp; les Carthaginois. Il ne doute pas non plus que dans le temps que les Saxons envahirent &amp; ravagèrent la grande Bretagne, &amp; que les Sarrasins s'emparèrent d'Espagne, plusieurs Bretons &amp; Espagnols fuyans les cruautés de leurs vainqueurs, ne se soient jettés chacun de leur côté dans l'Amérique. Enfin, il est très-croyable que l'avanture d'Alonso Sanchez est arrivée à plusieurs autres, &amp; que bien des navires, ou Européens, ou Africains, ont été jettés par la tempête, ou emportés par les courants sur les côtes d'Amérique, qui n'en sont pas revenus comme lui. Voyez le P. de Acosta Jésuite Liv. 1er de l'Histoire des Indes chap. 16. &amp; suiv. Il croit que les <i>Américains</i> sont venus là par terre. Voyez encore le P. Alfonse d'Ouaglie. Hist. du Chili Liv. III. chap. 1. Maffée, dans le IIe Livre de son Histoire des Indes, décrit assez au long l'Amérique. Il y a plusieurs Histoires de l'Amérique, dont voici les principales. Antonio de Remosal, <i>Hist. gener. de las Indias Occid.</i> Juan de Torquemada, <i>Monarch. Indiar.</i> Herrera <i>Nov. Orb. sive Descr. Ind. Occid.</i> &amp; <i>Histor de las Indias Occidentales Decades IV.</i> elle a été traduite par N. de la Coste, &amp; imprimée à Paris en 1660. Bernard de Vergas, <i>Descript. de las Indias,</i> Cerolamo Benzoni, <i>Hist. del mundo Nuovo,</i> Jean de Léri <i>Hist. de l'Amérique,</i> Joseph Acosta <i>Hist. nat.</i> 7. <i>moral de las Indias, &amp; de natura Novi orbis.</i> Petr. Martyr. Anglerius <i>de Orbe Novo Decades VIII.</i> Joan. de Laët, <i>Novus orbis, seu descriptio Indiae Occid. Liv. XVIII.</i> qui ont été traduits en François, &amp; imprimés à la Haye en 1633. <i>folio</i> ; Cons. Ferd. de Oviedo, <i>Histor. de las Indias.</i> Corn. Witfliet, <i>Descriptionis Ptolemaicae augmentum,</i> Cadamasto, <i>Les Navigations d'Americ Vespuce,</i> Calveton, <i>Nova Novi orbis Histor.</i> Gaspao Eus, <i>Hist. Ind. Occident.</i> Franc. Lopez, <i>La Historia general de las Indias,</i> à Anvers 1554. &amp; traduire en François par Martin Fumée, à Paris 1584. Guill. Copier, <i>Hist. du Voyage des Indes Occident.</i> Joan. Bissélius, <i>Argonauticorum Liv. VIII.</i> à Dantzic 1698. Il y a des remarques de Laët sur la Dissert. de Grotius, <i>De Orig. Gent. American.</i> &amp; un Traité du Jurisconsulte Jean de Solorzano, <i>De Indiarum Jure.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1680" id="1" type="">
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    <head>AMÈRMÉ, ÉE</head>
    <p>
    AMÈRMÉ, ÉE , adj. Vieux mot, qui signifie <i>empiré, diminué, amoindri.</i> Voyez les Assises de Jérusalem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1681" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÈRTUME" />
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    <head>AMÈRTUME</head>
    <p>
    AMÈRTUME , s. f. Espèce de saveur piquante &amp; désagréable, comme celle du fiel &amp; de l'absynthe. <i>Amaritudo, amarities, amaror.</i> On sucre la pilule, afin qu'on n'en sente point l'<i>amertume.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1681" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMÈRTUME" />
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    <head>AMÈRTUME</head>
    <p>
    Amèrtume , se dit figurément en Morale ; &amp; signifie, Douleur, déplaisir, chagrin, haine <i>Animi dolor, acerbitas.</i> Il y a toujours quelque <i>amèrtume</i> dans les plaisirs. Dans les fortunes les plus élevées on trouve beaucoup d'<i>amèrtume.</i> Que j'ai eu de peine à achever cette longue &amp; fatale année, &amp; qu'elle m'a fait boire d'<i>amèrtumes</i> ! Balz. Dieu la soutint également &amp; dans les douceurs, &amp; dans les <i>amertumes</i> de la vie. Flech. Dieu nous détache des trompeuses douceurs du monde, par les salutaires <i>amèrtumes</i> <pb n="197" facs="bpt6k8542165/f237/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'il y mêle. Ce mariage lui a inspiré toute l'<i>amèrtume</i> d'une marâtre. Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1682" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AMESUREMENT" />
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    <head>AMESUREMENT</head>
    <p>
    AMESUREMENT , s. m. Terme de Coutume . Estimation faite par la Justice, ou par le Juge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1683" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AMESURER" />
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    <head>AMESURER</head>
    <p>
    AMESURER , v. act. Terme de Coutume . Estimer, réduire à mesure légitime. En si poi de temps bien devroit estre li outrage <i>amesuré</i> par le Souverain. Beaumanoir. Voyez cet Auteur &amp; Pierre des Fontaines. On dit aussi <i>Amesurer</i> son sujet ; pour dire, exiger de son sujet l'estimation &amp; le dédommagement du messet par lui commis avec l'amende encourue. Voyez <ref type="search" target="head:Beaumanoir">Beaumanoir</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1684" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMET" />
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    <head>AMET</head>
    <p>
    AMET . Voyez <ref type="search" target="head:AME">AME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1685" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AMETE, ÉE" />
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    <head>AMETE, ÉE</head>
    <p>
    AMETE, ÉE , adj. Terme de Coutume . Il veut dire <i>abonné.</i> Un fief <i>amété.</i> Ce mot vient de <i>meta</i>, mot Latin, qui signifie <i>borne.</i> On a dit d'abord <i>aborné,</i> d'où s'est fait <i>abonné,</i> qui dans son origine signifie une chose à quoi l'on a mis ou donné des bornes, &amp; de même <i>amété.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1686" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÉTHYSTE" />
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    <head>AMÉTHYSTE</head>
    <p>
    AMÉTHYSTE , s. f. Quelques-uns disent <i>amathyste</i> ; mais <i>améthyste</i> est beaucoup plus usité ; Ménage n'en convient pas. Pierre précieuse qui est la plus belle après l'émeraude. <i>Amethistus.</i> Quand elle est taillée en cadran à huit pans, elle a la couleur satinée. Quand sa table est ronde, &amp; en cabochon, elle est veloutée. Il y en a de trois sortes. Les Orientales, qui sont les plus dures, les plus rares &amp; les plus estimées, sont de couleur colombine ; celles de Carthagène, de couleur de pensée ; celles d'Allemagne, violettes ; &amp; on les nomme quelquefois <i>Rubis violets,</i> quand leur table est en cabochon. Il y en aussi d'Orientales qui ont la couleur de pourpre ; d'autres blanches, &amp; semblables au diamant. Les Indiens les mêlent ensemble dans leurs ouvrages. Elles ont une grande vivacité &amp; dureté, &amp; reçoivent un poliment admirable. On trouve de belles <i>améthistes</i> dans les Pyrénées du côté de la plaine de Vic, &amp; dans les montagnes d'Auvergne. Plutarque dit que son nom vient de ce que sa couleur ressemble au vin trempé d'eau, &amp; non pas à cause qu'elle empêche de s'enyvrer, comme plusieurs ont crû fort légèrement, qui en pendoient pour cela au cou des buveurs. Ceux qui croient que cette pierre précieuse empêche de s'enyvrer, font venir ce mot de l'<i>a</i> privatif, &amp; de <i>inebrio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1687" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMEUBLEMENT" />
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    <head>AMEUBLEMENT</head>
    <p>
    AMEUBLEMENT , s. m. Quelques-uns disent <i>Emmeublement.</i> Meubles dont on garnit une chambre, <i>Suppellex.</i> On le dit particulièrement d'un lit &amp; des siéges, &amp; même de la simple étoffe dont on les garnit. Il a acheté un bel <i>ameublement</i> de tapisserie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1688" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMEUBLER" />
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    <head>AMEUBLER</head>
    <p>
    AMEUBLER , ou EMMEUBLER, v. act. Mettre dans une chambre tous les meubles qu'il faut pour la pater. <i>Supellectile domum instruere.</i> Mais ce mot n'étant pas beaucoup usité, on dit en sa place <i>meubler.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1689" id="1" type="palais">
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    <head>AMEUBLIR</head>
    <p>
    AMEUBLIR , v. act. Terme de Palais . Convertir en nature de bien meuble. <i>In supellectilem convertere, supellectili addicere.</i> On stipule dans les contrats de mariage, que de la dot qu'apporte une fille, soit en argent ou en héritages, il en sera <i>ameubli</i> une certaine somme pour entrer dans la Communauté ; &amp; que le reste demeurera propre à elle, &amp; aux siens. Il a vendu tous ses héritages pour les <i>ameublir,</i> &amp; en disposer plus facilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1689" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMEUBLIR" />
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    <head>AMEUBLIR</head>
    <p>
    Ameublir , en termes d'agriculture , se dit des terres endurcies ou par le temps ou par la pluie, qu'on laboure &amp; qu'on prépare. <i>Terram vertere, invertere.</i> Il se dit aussi de la terre qui est dans les caisses d'Orangers, ou dans des pots de fleurs, lorsqu'elle est endurcie vers la superficie, &amp; qu'on y fait de petits labours pour l'amollir, &amp; pour donner entrée à l'eau qu'on y verse, afin qu'elle pénètre jusqu'aux racines.</p><p>Ce verbe en ce sens vient de <i>mobilis,</i> mobile, qui se remue aisément, ou comme on disoit autrefois, <i>meuble</i> ; &amp; il signifie rendre mobile. Les Jardiniers disent encore une terre <i>meuble,</i> une terre douce &amp; <i>meuble,</i> pour <i>mobile,</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMEUBLISSEMENT</head>
    <p>
    AMEUBLISSEMENT , s. m. Ce qui a été converti en meuble, &amp; qui est entré dans la Communauté de la part de la femme. <i>Quod in ratione supellectilis computatur. Supellectisaria, orum.</i> Quand une mineure se marie, il est nécessaire que son tuteur &amp; ses parens consentent à l'<i>ameublissement,</i> si on en fait par le contrat de mariage, &amp; que leur avis soit homologué en justice, Voyez Bacquet, <i>des Droits de justice,</i> &amp; Brodeau sur Louet. Si la femme renonce à la communauté, elle reprend ses <i>ameublissemens :</i> autrement ils demeurent confondus dans la Communauté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1691" id="1" type="">
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    <head>AMEUTEMENT</head>
    <p>
    AMEUTEMENT , s. m. Action d'ameuter, Assemblage de chiens en une meute. Pomey. <i>Canum caterva.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1692" id="1" type="">
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    <head>AMEUTER</head>
    <p>
    AMEUTER , v. act. Assembler les chiens courans pour courir la bête. <i>Canes aggregare.</i> On <i>ameute</i> les jeunes chiens avec les vieux, qui sont déja exercés, pour les dresser.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMEUTER</head>
    <p>
    Ameuter , se dit figurément des personnes qu'on assemble pour faire du bruit ou du mal à quelqu'un. <i>Excitare, stimulare, incendere aliquem in alium.</i> Il a été rechercher tous les ennemis, tous les créanciers de cet homme, &amp; il les a tous <i>ameutés</i> contre lui, il les a excités à le poursuivre. Il y a dans les séditions des boutefeux, des gens qui <i>ameutent</i> le peuple, qui l'excitent à faire du bruit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMEUTER</head>
    <p>
    Ameuter , est aussi neut. pass. Il signifie, S'assembler. <i>Convenire.</i> Ils se sont <i>ameutes</i> ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1692" id="4" type="">
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    <head>AMEUTER</head>
    <p>
    Ameute, ée . part. Des chiens qui ne sont pas encore bien <i>ameutés.</i> Des gens <i>ameutés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1693" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMI, AMIE" />
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    <head>AMI, AMIE</head>
    <p>
    AMI, AMIE , adj. &amp; s. Qui a de l'affection pour quelque personne. <i>Amicus, familiaris. Amica.</i> On dispute encore si être <i>ami</i> de quelqu'un c'est l'aimer, ou en être aimé ; ou l'un &amp; l'autre tout ensemble. La pluralité des suffrages va pourtant à soutenir, qu'il est nécessaire que l'amitié soit réciproque, pour prendre, ou pour donner la qualité d'<i>ami.</i> Il n'y a point de plus douce consolation dans les adversités, que de les épancher dans le sein d'un <i>ami</i> fidèle. S. Evr. Ces <i>amis</i> si circonspects sont d'ordinaire des <i>amis</i> tièdes &amp; froids. Am. Ces faux &amp; lâches <i>amis,</i> dont la politique donne à des ennemis qu'ils craignent, des égards qu'ils dérobent à leurs <i>amis,</i> ne méritent pas d'en porter le nom. Cet homme a trop d'<i>amis</i> pour en avoir. S. Evr. L'<i>ami</i> du genre humain n'est point du tout mon fait. Mol. A peine pourroit-on imaginer une véritable amitié entre Alexandre &amp; César : ils seroient rivaux plutôt qu'<i>amis.</i> Il est plus honteux de se défier de ses <i>amis,</i> que d'en être trompé. Rochef. Je veux un <i>ami</i> qui sache me corriger avec prudence, &amp; qui n'ait pas une molle complaisance pour mes défauts. S. Evr. Il n'y a rien de plus rare que les véritables <i>amis.</i> Socrate s'étant bâti une maison fort petite : Comment vous faites-vous une maison si étroite, lui dit quelqu'un ? Plût aux Dieux ! répondit-il, que je pusse la remplir de vrais <i>amis.</i> Il y a des peuples <i>amis,</i> des maisons <i>amies,</i> qui ont les mêmes intérêts, ou qui ont contracté des alliances qui les unissent. Jamais la fortune n'a élevé un homme si haut, qu'il n'eût besoin d'un <i>ami.</i> Seneq. <i>de Benef. Liv. VI. ch.</i> 29. De Roch. Voilà un coup d'<i>ami,</i> un tour d'<i>ami.</i> Des <i>amis</i> de Cour ; c'est-à-dire, de faux <i>amis.</i> Il faut être <i>amis</i> jusqu'aux autels. Traiter en <i>ami,</i> c'est traiter sans cérémonie, vivre familièrement ensemble. Montagne parle d'un Juge qui rencontrant des questions douteuses &amp; problématiques, mettoit à la marge de son livre, <i>question pour l'ami ;</i> parce qu'alors on peut faire grace à son <i>ami,</i> sans blesser la justice. Dans l'égalité des raisons l'amitié détermine l'esprit.</p><p>Socrate étoit sans doute digne d'avoir des <i>amis,</i> &amp; il en avoit ; cependant aucun d'eux ne s'apperçût qu'il étoit sans manteau pendant l'hiver, &amp; aucun ne fit réflexion qu'il n'étoit pas riche. Ce sage Philosophe ne s'en plaignoit point, &amp; sa tendresse leur épargna jusqu'au chagrin d'entendre qu'on leur demandât ce qu'ils avoient négligé de lui donner : il se contenta seulement de leur dire, J'aurois acheté un manteau, si j'avois eu de l'argent. De Sacy.</p><p>C'est quelquefois un terme de familiarité ou de hauteur. Un supérieur dit, mon <i>ami,</i> allez faire cela. D'où vient, mon <i>ami,</i> que tu as été dompté par la mort ? Ablanc.</p><p>On le dit encore des animaux, &amp; des choses inanimées. Le chien est <i>ami</i> de l'homme. Le fer est ami de l'aimant ; la vigne de l'ormeau. Le vin est <i>ami</i> du coeur.</p><p>On dit proverbialement, Les bons comptes font les bons <i>amis.</i> Entre <i>amis</i> tous biens sont communs. <i>Amicorum omnia communia.</i> Quitte à quitte &amp; bons <i>amis. Ami</i> au prêter, ennemi au rendre. On connoît les <i>amis</i> au besoin. Un honteux n'a point belle <i>amie.</i> On dit aussi dans l'Ecole, <i>ami</i> de Socrate, ami de Platon ; mais encore plus <i>ami</i> de la vérité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1693" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMI, AMIE" />
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    <head>AMI, AMIE</head>
    <p>
    Ami , est quelquefois un terme de galanterie. <i>Amator, Amasius.</i> C'est son <i>ami</i> ; pour dire son amant. C'est son <i>amie</i> ; pour dire sa maîtresse.</p><p>Une fontaine, avec ce mot, <i>Nec negat, nec prodigit,</i> est la devise d'un <i>ami</i> discret. Celle d'un <i>ami</i> véritable &amp; constant, un lézard qui tient quelque chose entre ses dents, <i>Aut morte, aut numquam.</i> Un lierre attaché à un arbre, <i>Numquam divellar.</i> Celle d'un faux <i>ami</i> est une sangsue avec ce mot, <i>Et dum satiatur, adhaeret</i> ; ou un roseau avec cet hémistiche, <i>Qua flamina vergunt,</i> ou une girouette, avec ce mot Italien, <i>S'aggirar à se picciol aura spira.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1694" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIABLE" />
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    <head>AMIABLE</head>
    <p>
    AMIABLE , adj. de tout genre. Doux, gracieux. <i>Humanus, Benignus.</i> C'est un homme fort <i>amiable,</i> des paroles <i>amiables.</i> On appelle un <i>amiable</i> compositeur, celui qui accommode un procès en ami, &amp; qui ne juge pas avec la rigueur d'un arbitre, en retranchant un peu du droit de chacune des parties.</p><p>A l'amiable, adv. Avec douceur, <i>Amicè, placidè.</i> Cette vente, ce décret, ont été faits à l'<i>amiable</i> pour éviter les frais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1694" id="2" type="fleuriste">
   <index type="head" value="AMIABLE" />
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    <head>AMIABLE</head>
    <p>
    Amiable , s. m. Terme de Fleuriste , tulipe qui a du blanc de lait, du rouge &amp; du brun velouté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1695" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIABLEMENT" />
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    <head>AMIABLEMENT</head>
    <p>
    AMIABLEMENT , adv. C'est la même chose qu'à l'<i>amiable.</i> D'une manière honnête. Le meilleur est de terminer ce procès à l'amiable, ou <i>amiablement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1696" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIANTE" />
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    <head>AMIANTE</head>
    <p>
    AMIANTE , s. m. ou f. autrement <i>Asbeste. Amiantus lapis.</i> Pierre qui se sépare presque toute en des filamens assez fins, cassans, néanmoins un peu souples, soyeux &amp; d'une couleur gris argentée, à peu près comme le Talc de Venise ; elle est presque insipide au goût, &amp; ne se dissout point dans l'eau ; exposée au feu elle ne s'y consume, ni ne s'y calcine point, si ce n'est au miroir ardent où elle se réduit en petites boulettes de verre, à mesure que ses filamens se séparent : mais le feu ordinaire ne fait que la blanchir. Ces filamens sont de différentes longueurs ; les plus longs n'ont guère plus de huit à dix pouces, &amp; quelquefois ils sont si courts, qu'ils se réduisent en bourre. Cette sorte de pierre se trouve renfermée entre d'autres pierres très-dures, tantôt brunes ou noirâtres, &amp; semblables à la craie noire de Briançon, tantôt blanchâtres &amp; cristalines. On en tire des Isles de l'Archipel, de plusieurs endroits des Pyrenées : on en trouve auprès de Montauban, &amp;c. Plusieurs personnes se sont vantées d'avoir la manière de filer l'<i>amiante.</i> Porta assure que de son temps on en filoit à Venise, &amp; qu'il n'y avoit personne dans cette Ville-là qui en ignorât la manière ; cependant il ne paroît pas possible de pouvoir en venir à bout sans le mélange de quelques laines souples, ou du chanvre de lin bien battu ; car les filamens de l'<i>amiante</i> sont trop cassants pour pouvoir en faire des ouvrages fins, &amp; ce que nous en voyons aujourd'hui est très-grossier. On faisoit autrefois tant de cas des ouvrages faits d'<i>amiante,</i> qu'on les estimoit presque autant que l'or ; &amp; il n'y avoit que quelques Empereurs, ou des Rois, qui en eussent des serviettes. Cette grande rareté n'a pas empêché plusieurs Antiquaires de croire après Pline que l'<i>amiante</i> servoit à faire des chemises &amp; des draps, dans lesquels on brûloit les corps des Rois &amp; des Empereurs pour conserver leurs cendres, &amp; empêcher qu'elles ne se mêlassent avec celles des bois &amp; autres matières combustiles, dont on formoit leurs buchers. Mais les Historiens des Empereurs n'ont jamais fait mention de ces toiles, quoiqu'ils décrivent exactement la cérémonie qu'on observoit en brûlant ces corps, &amp; les moyens qu'on avoit de ramasser les cendres des morts, ensorte qu'il est inutile d'avoir recours aux toiles d'<i>amiante</i> : d'ailleurs on trouve dans plusieurs urnes sépulchrales, des charbons mêlés parmi les cendres, ce qui fait assez voir que les Anciens n'étoient pas toujours si soigneux à ne ramasser que les seules cendres du mort. De cette erreur on est tombé dans une autre, en s'imaginant qu'on employoit l'<i>amiante</i> à faire des mèches perpétuelles aux lampes sépulchrales. Personne cependant n'y en a jamais observé. Il est vrai qu'on se sert à présent des mèches d'asbeste pour des lampes, auxquelles on ne veut guère toucher ; car <i>l'amiante</i> ne se consumant pas, on n'est pas obligé de tirer la mèche qui en est faite. On dit qu'autrefois on a vendu des morceaux d'<i>amiante</i> pour du bois de la vraie Croix de Notre Seigneur ; &amp; le public s'y laissoit aisément tromper, parce qu'on assuroit que la meilleure preuve pour reconnoître ce bois précieux étoit de le mettre au feu, d'où il devoit sortir entier.</p><p><i>Amiante</i> &amp; Asbeste, signifient un corps incombustible. Ce qu'on nomme Lin incombustible, n'est autre chose que l'<i>amiante,</i> quoique Pline les ait distingué, &amp; qu'il traite de tous les deux séparement. L'<i>Amiante</i> excite la démangeaison : il étoit cependant recommandé anciennement pour les maladies de la peau, &amp; sur-tout pour la galle : peut-être étoit-ce l'alun de plume ; car on a confondu à présent ces deux matières, qui sont néanmoins bien différentes. Ce mot <i>Amiante</i> est Grec, &amp; vient d', composé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>polluo,</i> &amp; signifie, qui ne se gâte, ne se corrompt point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1697" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMICAL" />
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    <head>AMICAL</head>
    <p>
    &#9758; AMICAL , adj. Qui a de l'amitié ou qui en fait paroître. Ce mot est nouveau &amp; n'a rien qui le puisse faire rejetter. Cette Demoiselle se tournoit souvent de mon côté d'un air <i>amical</i> &amp; familier. Mariveaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1698" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMICALEMENT" />
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    <head>AMICALEMENT</head>
    <p>
    &#9758; AMICALEMENT , adv. En ami, aveé amitié, avec ouverture de coeur. Cet adverbe est plus usité que son adjectif <i>amical.</i> On dit vivre <i>amicalement,</i> causer <i>amicalement,</i> &amp;c.</p><p>Cette bonne veuve nous fit asseoir <i>amicalement,</i> se mit devant nous, &amp; là, nous accabla, si cela se peut dire, d'un déluge de confiance &amp; de recits. Mariveaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1699" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMICT" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AMICT</head>
    <p>
    AMICT . Quelques-uns écrivent &amp; tous prononcent AMIT, s. m. Linge beni de figure quarrée, que les Ecclésiastiques mettent sur la tête quand ils se doivent revêtir d'une Aube. <i>Amiculum sacrum. Amictus.</i> Il se porte par les Prêtres, Diacres, Soudiacres &amp; Acolythes, quand ils servent à l'Autel. C'est le premier des six ornemens qui sont communs à l'Evêque &amp; au Prêtre. Il désigne la chasteté, parce qu'il couvre le coeur, &amp; il serre le col, afin que le mensonge ne vienne point à la bouche, comme prétend Bruno, qui a écrit des ornemens Episcopaux. L'<i>Amict</i> se mettoit autrefois sur la tête, comme nous avons dit. C'est pourquoi Clopinel en décrivant les exorcismes tels qu'on les pratiquoit de son temps, dit,</p><p>On le met encore quelquefois sur la tête, mais communément on le rabat sur le cou.</p><p>Ce mot vient de <i>amictus</i>, qui chez les Romains se disoit d'un vêtement qu'on mettoit sur la tête, &amp; qui couvroit tout le corps, d'où est venu aussi le mot d'<i>aumusse.</i> On l'a aussi appellé en Latin <i>superhumerale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1700" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIDA" />
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    <head>AMIDA</head>
    <p>
    AMIDA , s. m. <i>Amida, ae.</i> Nom propre d'un Dieu du Japon. Les Japonois croient qu'en prononçant seulement son nom, ils seront heureux. Ils le peignent dans un lieu délicieux, planté de rosiers, &amp; lui couronnent la tête de rayons ; ils lui donnent aussi une espece de chapelet à la main. Il y a une figure de ce Dieu dans le cabinet du Collége Romain des Jésuites. Le P. Kirker l'a fait graver dans son <i>Musaeum collegii Rom.</i> &amp; dans sa <i>China illustrata</i> p. 138. mais différente de ce que nous venons de dire : car il est accroupi ; il a un bonnet à la Chinoise sur la tête, un collet sur les épaules, &amp; un plastron par-devant qui lui pend au cou, tous deux écaillés : de chaque côté de la tête, il lui pend une chaînette à 4 anneaux : il tient un chapelet à la main. Ce lieu de délices où ils placent <i>Amida</i> est apparemment le paradis qu'ils attendent après leur mort, &amp; qu'ils appellent <i>Gocurac.</i> La Mythologie Japonoise met le paradis d'<i>Amida</i> à l'Orient, &amp; les Bonzes se tournent de ce côté-là, quand ils prient. Ils disent souvent, <i>Nanut Amida, <pb n="199" facs="bpt6k8542165/f239/full/1200,/0/native.jpg"/>but,</i> c'est-à-dire, <i>heureux Amida, sauvez-nous.</i> Ils ont aussi des espèces de chapelets, sur lesquels ils disent cette prière, ou quelques autres, &amp; portent des petites figures d'<i>Amida</i> pendues au cou. On l'appelle <i>Omyto,</i> &amp; plus communement <i>Amida.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1701" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIDON" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AMIDON</head>
    <p>
    AMIDON , s. m. C'est une pâte qui se fait avec du froment, qu'on mouille &amp; remouille cinq fois par jour, &amp; autant la nuit, pour le laisser bien fermenter ; puis on le brasse dans beaucoup d'eau, comme on fait l'orge quand on fait la bière. <i>Amylum.</i> On ôte le son qui nage sur l'eau avec un crible, ou un écumoir. La farine mêlée avec l'eau tombe au fond comme du caillé ; on verse l'eau par inclinaison, &amp; ce qui reste au fond est l'<i>amidon,</i> qu'on met sur des tables sécher au soleil. L'empois se fait avec de l'<i>amidon.</i> Pline dit que ce sont les habitans de l'Isle de Chio qui ont inventé l'<i>amidon,</i> &amp; que le meilleur vient de là. Dioscoride dérive ce mot du Grec , comme qui diroit <i>farine faite sans meule.</i> Voyez le Diction. Oecon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1702" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIDONNER" />
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    <head>AMIDONNER</head>
    <p>
    &#9758; AMIDONNER . v. act. Mettre de l'amidon, de la poudre. S'<i>amidonner,</i> se poudrer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1703" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIDONNIER" />
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    <head>AMIDONNIER</head>
    <p>
    AMIDONNIER , s. m. Ouvrier qui fait l'amidon. <i>Amyli artifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1704" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIENS" />
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    <head>AMIENS</head>
    <p>
    AMIENS , s. m. <i>Ambianum. Samarobriva Ambianorum, Samarobriva, Sommonobria.</i> Ville ancienne de France, capitale de Picardie sur la Somme. Elle a été nommée <i>Ambianum, ab ambientibus aquis,</i> à cause des eaux qui l'environnent. Antonin Pie, &amp; M. Aurele rétablirent <i>Amiens.</i> Il y a une médaille de Magnence que l'on croit être d'<i>Amiens,</i> parce qu'au revers on y voit le monogramme de Jesus-Christ avec ces mots. Salus d. d. nn. aug. et caes. Et dans l'exergue Amb. c'est-à-dire, Ambianum.</p><p>Les Espagnols prirent <i>Amiens</i> par stratagème en 1597. Henri IV. la reprit par force peu de temps après, &amp; y fit bâtir une Citadelle. <i>Amiens</i> a un Evêque suffragant de Rheims. Sa longitude est 23°. 20'. &amp; sa latitude 49°. 50'. La Morlière a écrit les <i>Antiquités</i> d'<i>Amiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1705" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIÉNOIS, OISE" />
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    <head>AMIÉNOIS, OISE</head>
    <p>
    AMIÉNOIS, OISE , adj. <i>Ambianus.</i> Pline joint les <i>Amiénois</i> aux Bellovaques. César, Liv. II. ch. 4. compte les <i>Amiénois</i> parmi les Belges, &amp; les place entre les Cambrésiens, ou Nerviens, &amp; les Bellovaques. Pline dit au Liv. V. ch. 32. que les <i>Amiénois</i> étoient de ceux qui conquirent la Galatie en Asie. Solin le dit aussi ch. 43. Il y a dans le Code Theodosien Liv. VIII. des rescripts de Valentinien, de Valens &amp; de Gratien, aux <i>Amiénois.</i> Les <i>Amiénois</i> sont les habitans d'<i>Amiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1706" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIÉNOIS" />
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    <head>AMIÉNOIS</head>
    <p>
    AMIÉNOIS , s. m. <i>Ambianensis ager,</i> ou <i>pagus.</i> Contrée de France, partie de la Picardie entre la Normandie, l'Isle de France, le Santerre, l'Artois, le Ponthieu &amp; le Vimeu. Il tire son nom d'Amiens sa capitale. De la Morlière, dans ses <i>Antiquités</i> d'<i>Amiens,</i> p. 16. prétend que l'<i>Amiénois</i> comprenoit autrefois tout ce qui est entre la Somme &amp; l'Escaut. Le même Auteur dit communément <i>Ambianois,</i> quelquefois <i>Amianois,</i> ou même <i>Ambianien</i> Il faut toujours dire <i>Amiénois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1707" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIGDALE" />
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    <head>AMIGDALE</head>
    <p>
    AMIGDALE , Voyez <ref type="search" target="head:AMYGDALE">AMYGDALE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1708" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIGNARDER" />
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    <head>AMIGNARDER</head>
    <p>
    AMIGNARDER , v. act. Caresser avec tendresse une personne qu'on aime. <i>Blandiri, blanditiis permulcere, delinire.</i> C'est la même chose qu'<i>amignoter.</i> Il est dangereux de trop <i>amignarder</i> les enfans. Ce mot ne se dit que parmi le petit peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1709" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIGNOTER" />
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    <head>AMIGNOTER</head>
    <p>
    AMIGNOTER , v. act. Flatter, caresser quelqu'un, &amp; particulièrement un enfant. On <i>amignote</i> les enfans en leur donnant des confitures. On gâte les enfans à force de les <i>amignoter.</i> Ce mot n'est pas plus en usage que le précédent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1710" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="AMINTE" />
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    <head>AMINTE</head>
    <p>
    AMINTE , s. f. Nom de femme chez les Poëtes. En terme de Fleuriste , la belle <i>Aminte</i> est un oeillet piqueté de mente, &amp; de la même grosseur &amp; largeur que l'amarillis, &amp; qui n'en diffère que par sa couleur &amp; son feuillage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMIRAL</head>
    <p>
    AMIRAL , s. m. Grand Officier de la Couronne qui commande en chef les armées navales d'un Etat. <i>Maris Praefectus. Thalassiarchus,</i> ou <i>Architalassius. Rei maritimae,</i> ou <i>Classiariae magister, Regiae classis Praetor, Imperator :</i> quelques-uns ont dit <i>Neptunus Galliarum,</i> &amp; <i>Duumvir classiarius.</i> Ce dernier ne se peut dire du grand <i>Amiral</i> qui est seul, mais seulement quand il y a un <i>Amiral</i> du Ponant, &amp; un du Levant ; de même qu'à Rome, des Duumvirs de la flote l'un commandoit dans la mer de Toscane, <i>Duumvir maris inferi,</i> &amp; l'autre dans la mer Adriatique, &amp; étoit <i>Duumvir maris superi.</i> Il y a eu autrefois un <i>Amiral</i> du Ponant, &amp; un <i>Amiral</i> du Levant. L'<i>Amiral</i> d'Arragon, d'Angleterre, l'<i>Amiral</i> de Hollande, l'<i>Amiral</i> de Zélande, ne sont que des commissions. En Espagne on dit l'<i>Amirante</i> ; mais l'<i>Amiral</i> n'est là que le second Officier, qui a un Général d'armée au-dessus de lui. L'<i>Amiral</i> en France porte pour marque extérieure de sa dignité deux ancres d'or passées en sautoir derrière son écu. Il a droit de donner les congés tant en guerre qu'en marchandise. Il a le dixième des prises faites en mer &amp; sur les grèves, &amp; celles des rançons &amp; des représailles, le tiers de ce qu'on tire de la mer, ou qu'elle rejette, le droit d'ancrage, tonnes &amp; balises. L'<i>Amiral</i> n'a point de séance au Parlement, suivant l'Arrêt rendu à la réception de l'<i>Amiral</i> de Châtillon en 1551. Après qu'il eut prêté le serment ordinaire, le Premier Président Gilles le Maistre lui dit, que comme <i>Amiral</i> il n'avoit point de séance au Parlement, mais que comme Gouverneur de l'Isle de France il l'avoit, &amp; que comme tel il pourroit prendre place. Les anciens <i>Amiraux</i> n'avoient point de Jurisdiction contentieuse : elle appartenoit à leurs Lieutenans ou Officiers de robe longue. Mais en l'an 1626. le Cardinal de Richelieu, en se faisant donner le titre de Grand Maître &amp; de Surintendant du commerce &amp; de la navigation, au lieu de la charge d'<i>Amiral</i> qui fut alors supprimée, se fit attribuer l'autorité de décider &amp; de juger souverainement de toutes les questions de la Marine, même des prises &amp; du bris des vaisseaux : de sorte que les Juges de l'Amirauté n'ont plus en cette matière que la simple instruction Le jugement s'en fait aujourd'hui au Conseil de la Marine, composé de Conseillers d'Etat. Quand l'armée est licenciée, le vaisseau où aura été la personne du Roi, avec toutes ses armes &amp; munitions, appartiennent à l'<i>Amiral.</i> Le premier <i>Amiral</i> en France fut Enguerrant de Coussy en 1284. selon Jean le Ferron en son Traité des <i>Amiraux.</i> Il en compte 33. jusqu'à l'<i>Amiral</i> de Châtillon ; mais Du Tillet dit que le premier fut Amaury Vicomte de Narbonne. La Popelinière a aussi fait un Livre intitulé l'<i>Amiral.</i> C'est le Comte de Toulouse qui est aujourd'hui (mil sept cent quinze) <i>Amiral</i> de France. Il fut pourvû de cette charge en 1683. Il y a eu quelquefois en France autant d'<i>Amiraux</i> que de régions maritimes. On fait mention sur-tout de trois, l'<i>Amiral</i> d'Aquitaine, l'<i>Amiral</i> de Bretagne, &amp; l'<i>Amiral</i> de Normandie, qui fut depuis appellé <i>Amiral</i> de France : cette distinction est venue de ce que ces Provinces étoient possédées par différens Souverains. La charge d'<i>Amiral</i> a été rétablie par le Roi en 1669. avec le titre de Grand Officier de la Couronne. Le Roi alors se réserva le choix &amp; la provision de tous les Officiers de guerre &amp; de finance de la marine, &amp; accorda à M. l'<i>Amiral</i> que toute la justice de l'Amirauté se rendroit en son nom ; qu'il pourvoiroit de plein droit aux offices des Siéges des Amirautés ; qu'il jouiroit des droits des amendes, confiscations, du droit du dixième sur toutes les prises, du droit d'ancrage comme les <i>Amiraux</i> en ont jour, du droit de congé sur tous les vaisseaux qui partent des ports du Royaume. Voyez sur la charge d'<i>Amiral</i> ses droits, ses fonctions, &amp;c l'Ordonnance de François I. de 1543. celles de Louis XIV. du 1. Février 1650. du mois de Novembre 1669. du mois d'Août 1681. &amp; c'est à cette dernière qu'il s'en faut tenir dans les choses en quoi elle est différente des autres.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>salure,</i> ou <i>saline,</i> comme qui diroit, <i>Maître des salines,</i> ou de la mer, qu'on appelle en Latin <i>salum.</i> Nicod. Les Grecs nommoient les Capitaines de mer <i>Almiraux.</i> Covarruvias dit que selon Léon d'Afrique ce mot est Arabe, &amp; qu'il signifie <i>Capitaine général de l'armée.</i> D'autres disent que ce mot vient de l'Afriquain <i>Amiras,</i> qui signifie <i>Prince.</i> Nébrissensis <pb n="200" facs="bpt6k8542165/f240/full/1200,/0/native.jpg"/>dit qu'en Arabe ce mot signifie <i>Roi.</i> D'autres Auteurs tiennent que ce mot vient du Grec , qui signifie <i>eau salée,</i> &amp; de , <i>Princeps.</i> D'autres disent que ce mot vient du Grec , qui signifie celui qui commande sur dix mille hommes. D'autres le dérivent de <i>Emir</i>, ou <i>Amir</i>, qui signifie <i>Seigneur</i> en Arabe, &amp; de qui signifie <i>marinus.</i> On trouve souvent <i>Emir</i> dans Zonaras, Cedrenus, Nicetas, &amp; les autres Grecs du même siècle, pour signifier un Chef qui commande aux autres. C'est pourquoi quelques-uns prétendent que la dignité, aussi-bien que le nom, est venue d'Orient. En effet on ne trouve l'établissement de la charge d'<i>Amiral,</i> que sous le regne de Philippe en 1284. lequel avoit suivi le Roi S. Louïs en Afrique, &amp; dans la guerre contre les Sarrazins. Pasq. Néanmoins dans l'Empire de Constantinople l'<i>Amiral</i> n'étoit pas le premier Officier sur mer. C'étoit le <i>Dux magnus,</i> Grand Duc, ou Grand Chef, Grand Général, qui avoit sous lui l'<i>Amiral, Amiralius,</i> le premier Comte, <i>Protocomes,</i> &amp;c. C'est mal à propos que quelques-uns l'écrivent avec un <i>d.</i> Il ne faut pas non plus l'écrire avec un <i>l,</i> comme fait Rochefort <i>Almiral.</i> Quand même il viendroit de l'Arabe, &amp; que <i>al</i> seroit l'article, ou quand il viendroit du Grec , il ne faudroit point y mettre d'<i>l,</i> l'usage ne le veut point. Du Cange dit que chez les Sarrazins le nom de <i>Amir</i> a été donné à des Juges, Prévôts, Consuls, Capitaines, Vicerois, &amp; Gouverneurs de Provinces, aussi bien qu'aux Généraux de leurs flottes ; &amp; que les Siciliens ont été les premiers, ensuite les Génois, qui ont appellé <i>Amiraux</i> les Généraux de leurs armées navales. Je trouve en effet dans la vie de S. Pierre Thomasius, <i>Admiratus Jerusalem,</i> pour le Gouverneur de Jérusalem pour le Soudan d'Egypte, sur quoi Bollandus remarque T. II. p. 1002. qu'on a appellé <i>Amiraeus,</i> Emir, le Chef du Conseil, ou, comme il parle, du Sénat des Sarrazins.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMIRAL</head>
    <p>
    Amiral , se dit aussi du principal vaisseau que monte l'Amiral. <i>Navis praetoria.</i> Il porte le pavillon quarré au grand mât, &amp; quatre fanaux en poupe. On appelle aussi <i>Amiral,</i> le principal vaisseau d'une flotte, quelque petite qu'elle soit. Quand deux navires de guerre de semblable bannière se rencontrent dans un même port, le premier arrivé a les prérogatives &amp; la qualité d'<i>Amiral :</i> celui qui arrive après, quoique plus grand &amp; plus fort, ne sera que <i>Vice-Amiral.</i> Il en est de même des Terreneuviers, dont le premier arrivé prend la qualité d'<i>Amiral,</i> &amp; la retient pendant tout le temps de la pêche. Il porte le pavillon au grand mât, donne les ordres, &amp; assigne les places pour pêcher à ceux qui sont arrivés après lui, &amp; règle leurs contestations.</p><p>Le mot d'<i>Amiral</i> se disoit autrefois de ceux qui commandoient dans les Provinces, aussi bien que sur la mer. On dit aussi des <i>Amiraux</i> de Galères. Monstrelet fait mention d'un <i>Amiral</i> des Arbalêtriers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1711" id="3" type="">
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    <head>AMIRAL</head>
    <p>
    Amiral, ale , adj. Qui appartient à l'<i>Amiral.</i> Vaisseau <i>Amiral.</i> Pavillon <i>Amiral.</i> Galère <i>Amirale. Praetorius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1712" id="1" type="fleuriste">
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    <head>AMIRAL-TROMP</head>
    <p>
    AMIRAL-TROMP , s. m. Terme de Fleuriste . Ce nom, qui est celui d'un Amiral d'Angleterre, fameux dans le XVIIe siècle, a été donné à une espèce d'oeillet. C'est un violet sur un fin blanc, qui vient de Lille, sa fleur est large.</p><p><i>Amiral de frise,</i> s. m. Terme de Fleuriste , espèce d'oeillet piqueté.</p><p>Ce nom <i>Amiral,</i> en terme de Fleuriste , entre encore dans les noms de plusieurs tulipes que voici. <i>Amiral d'Angleterre</i> a rouge brun, colombin vif &amp; blanc. <i>Amiral castellin</i> est colombin, rouge pâle &amp; blanc. <i>Amiral chrétien,</i> colombin pâle, mêlé d'un colombin obscur &amp; blanc d'entrée : elle est printanière. <i>Amiral de Brissiere,</i> rouge brun, colombin, &amp; blanc d'entrée. <i>Amiral de Delf,</i> rose rouge &amp; blanc. <i>Amiral fray,</i> gris lavandé, minime brûlé &amp; blanc. <i>Amiral de France,</i> pourpre obscur, colombin clair &amp; blanc non d'entrée. <i>Amiral fournier,</i> tristamen rouge &amp; jaune blanchissant. <i>Amiral d'heverte,</i> pourpre obscur, violet clair &amp; blanc d'entrée printanière. <i>Amiral d'Hollande</i> rouge &amp; blanc. <i>Amiral de Mars,</i> rouge de sang &amp; blanc. <i>Amiral Poncet,</i> fleur de lin, colombin &amp; blanc d'entrée. <i>Amiral Trivermon,</i> couleur de rose, colombin &amp; blanc non d'entrée. <i>Amiral Vallier,</i> orange, couleur de rose, citron &amp; blanc sale. <i>Amiral Villiers,</i> pourpre, colombin, &amp; blanc d'entrée. <i>Amiral de Vesnes,</i> rouge triste, rose &amp; chamois blanchissant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMIRALE</head>
    <p>
    AMIRALE , s. f. Galère que monte l'Amiral des Galères <i>Triremis praetoria.</i> Ils lui firent présent de l'<i>Amirale</i> qu'ils avoient remontée par la rivière. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMIRALE</head>
    <p>
    Amirale , s. f. L'épouse de l'Amiral. Madame l'<i>Amirale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1714" id="1" type="">
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    <head>AMIRANTE</head>
    <p>
    AMIRANTE , s. m. C'est le nom d'une grande charge en Espagne. L'<i>Amirante</i> est en Espagne ce que l'Amiral est en France. On peut apprendre ce que c'est que l'<i>Amirante</i> en Espagne par ces paroles d'Alfonse IX. Roi de Castille. <i>Almirante es dicho, el que es cabdillo de todos los que van en los navios para fazer guerra sobre mar.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMIRAUTÉ</head>
    <p>
    AMIRAUTÉ , s. f. Charge d'Amiral. <i>Maris praefectura.</i> L'<i>Amirauté</i> a été possédée par Mrs de Châtillon, de Montmorenci, de Brezé &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1715" id="2" type="">
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    <head>AMIRAUTÉ</head>
    <p>
    Amirauté , est aussi une Justice qui s'exerce à la Table de Marbre sous le nom &amp; l'autorité de l'Amiral, &amp; qui connoît des différends qui arrivent sur les mers qui touchent le pays, les terres &amp; les Seigneuries de la Couronne de France ; en un mot, qui juge en première instance de tout ce qui regarde les marchandises, la pêche, &amp; les divers ports du Royaume. <i>Rei maritimae tribunal.</i> Voyez là-dessus les ordonnances &amp; les mémoires de Pierre Miraumont. Il y en a une à Paris, &amp; en la plupart des grands Ports de mer du Royaume. Les Officiers de l'<i>Amirauté</i> ont des provisions du Roi, mais ils sont à la nomination de l'Amiral. Le premier livre de la Nouvelle Ordonnance de la Marine règle les droits de l'Amiral, &amp; ceux des Officiers de l'<i>Amirauté.</i></p><p>Il y a régulièrement trois degrés de jurisdiction dans l'<i>Amirauté</i> : d'abord on procède pardevant les Lieutenans particuliers ; ensuite par appel aux Lieutenans Généraux, &amp; enfin des Lieutenans Généraux aux Parlemens. Il y a des Siéges particuliers dans tous les Ports &amp; Havres du Royaume ; &amp; il y a trois Siéges Généraux, savoir, un à la table de marbre du Palais à Paris, pour le ressort du Parlement de Paris ; un à Rouen pour le ressort du Parlement de Normandie, &amp; un en Bretagne.</p><p>Chez les Hollandois les cinq <i>Amirautés</i> sont composées des Députés de la Noblesse, des Provinces &amp; des villes. Elles ont soin de faire les équipages de mer, &amp; de fournir ce qui est nécessaire à leur entretien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1716" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMIRE-ROUX" />
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    <head>AMIRE-ROUX</head>
    <p>
    AMIRE-ROUX , s. m. Autrement Gros-oignonet, &amp; Roi d'Eté, Poire de la mi-Juillet qui est assez colorée, ronde, &amp; passablement grosse. La Quint. Voyez <ref type="search" target="head:OIGNONET">OIGNONET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1717" id="1" type="">
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    <head>AMISSIBLE</head>
    <p>
    AMISSIBLE , adj. Qui se peut perdre. <i>Quod amitti potest.</i> Il n'est en usage que parmi les Théologiens, qui soutiennent contre les Calvinistes que la grace est <i>amissible, amissibilis,</i> &amp; non inamissible, comme Calvin l'a enseigné ; c'est-à-dire, qu'on peut perdre la grace après l'avoir reçue, &amp; qu'effectivement on la perd souvent ; qu'il y a bien des damnés, qui après avoir été véritablement justifiés, ont perdu la grace, &amp; sont morts dans la haine de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1718" id="1" type="">
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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    AMITIÉ , s. f. Affection qu'on a pour quelqu'un, soit qu'elle soit seulement d'un côté, soit qu'elle soit réciproque. <i>Amicitia, necessitudo, familiaritas, benevolentia.</i> L'<i>amitié</i> est une convention tacite de s'aimer &amp; de s'estimer mutuellement. S. Evr. C'est l'<i>amitié</i> qui adoucit toutes les douleurs, qui redouble tous les plaisirs, &amp; qui fait que dans les plus grandes infortunes on trouve de la consolation. M. Scud. Ce que les hommes ont nommé <i>amitié</i> n'est qu'un commerce d'intérêt, où l'amour propre se propose toujours quelque chose à gagner. Rochef. Rien n'est si beau que ce qu'on dit de l'<i>amitié,</i> il seroit seulement à souhaiter que cela fût véritable. M. Esp. Les passions violentes des jeunes gens rompent toutes les mesures de l'<i>amitié.</i> S. Evr. Cette communication &amp; cet échange si libre &amp; si sincère de sentimens qui se fait dans l'<i>amitié,</i> est le plus doux plaisir de l'esprit. M. Esp. Ces violentes <i>amitiés</i> d'Oreste &amp; de Pylade sont un peu chimériques, &amp; la belle union de ces héros de l'<i>amitié</i> passeroit aujourd'hui pour un attachement outré, qui n'est bon qu'à faire le sujet d'une Tragédie. S. Evr. L'<i>amitié</i> consiste dans cette conformité universelle de sentimens qui fait aimer, &amp; hair les <pb n="201" facs="bpt6k8542165/f241/full/1200,/0/native.jpg"/>mêmes choses. M. De Bussi Rabutin emploie ce mot <i>amitié</i> en parlant de lui-même à l'égard du Roi. L'<i>amitié</i> que j'avois pour le Roi.</p><p>L'innocente Amitié <i>de la terre exilée,</i></p><p>Dans le Livre que les Juifs appellent les <i>Chapitres,</i> ou sentences de leurs <i>Pères, Pirke Abboth,</i> on dit Ch. 5. L'<i>amitié</i> qui dépend de quelque chose finit avec la chose dont elle dépend ; l'<i>amitié</i> qui ne dépend de rien, dure toujours. L'une est la passion d'Amnon pour Thamar. L'autre est l'<i>amitié</i> de David &amp; de Jonathas.</p><p>On dépeint l'<i>Amitié</i> comme une fille vétue d'un habit blanc, qui marque sa sincérité &amp; sa candeur, &amp; on lui donne cette devise, <i>Longè &amp; propè.</i> De Roch. La couronne de fleurs de Grenade étoit chez les anciens la figure &amp; le symbole d'une amitié parfaite. Sa couleur qui ne change jamais, exprime l'ardeur &amp; la constance de l'<i>amitié.</i> Le fruit de cet arbre a été pris aussi pour le véritable hiéroglyphe d'une tendresse légitime. Il a le coeur ouvert sous la pourpre &amp; le diadème, &amp; ses graines sont autant de marques d'une véritable union.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , se dit aussi en matière d'amour, &amp; signifie Amant &amp; Maîtresse. <i>Amans, Amasius, Amica.</i> Cette femme a fait une nouvelle <i>amitié.</i> Cet homme a quitté son ancienne <i>amitié.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , se dit aussi des choses inanimées. Son <i>amitié</i> sont les livres, les tableaux, la bonne chère. <i>Studium.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , se dit aussi des animaux. Ce chien a beaucoup d'<i>amitié</i> pour son maître.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , se dit figurément des choses qui sympathisent. <i>Necessitudo.</i> Il y a de l'<i>amitié</i> entre la vigne &amp; l'ormeau, entre le fer &amp; l'aimant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , signifie encore, Plaisir, bon office. <i>Opera.</i> Faites-moi cette <i>amitié</i> de recommander mon affaire.</p><p>Au pluriel, <i>Amitiés,</i> signifie, Caresses, complimens. <i>Blanditiae, officiosa verba.</i> Quand je lui ai porté cette nouvelle, il m'a fait cent <i>amitiés.</i> Faites, je vous prie, mes <i>amitiés</i> à un tel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1718" id="7" type="peinture">
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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , en termes de Peinture , se dit pour exprimer la convenance &amp; le rapport que les couleurs ont les unes auprès des autres, &amp; le bel effet qu'elles font à la vûe, lorsqu'elles s'accordent bien ensemble. <i>Convenientia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1718" id="8" type="certains jardiniers precieux">
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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , Terme de certains Jardiniers précieux . Je ne saurois approuver le sentiment de ceux, qui étant prévenus de l'erreur commune sur le fait des fumiers, en mettent indifféremment par-tout ; jusques-là que pour en faire une grande maxime, ils disent que particulièrement à l'égard des arbres, on ne leur sauroit donner trop d'<i>amitié.</i> C'est le terme doux &amp; galant dont ils se servent en parlant de ce qu'on appelle vulgairement fumier. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AMITIÉ</head>
    <p>
    Amitié , en termes de Blâtiers &amp; de Marchands de blé , signifie la fraîcheur nécessaire au blé pour être de bonne qualité. <i>Frumenti bona dos &amp; conditio.</i> Le blé pour être bon doit être sec, &amp; non pas aride ; mais conservant une espèce de fraîcheur que les Marchands appellent avoir de l'<i>amitié</i> ou de la main. De La Mare.</p><p>On dit proverbialement que l'<i>amitié</i> passe le gand, quand quelqu'un touche en la main d'un autre sans se déganter. Il est de bonne <i>amitié,</i> il a le visage long. Les Marchands disent à ceux qui leur offrent trop peu, Vous l'auriez aussi-tôt pour votre <i>amitié.</i> On dit aussi populairement, qu'une viande n'a point d'<i>amitié,</i> pour dire qu'elle est dure, insipide, ou dégoûtante.</p><p>Autrefois on disoit <i>amistié</i> pour <i>amitié.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1719" id="1" type="">
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    <head>AMMI</head>
    <p>
    AMMI , s. m. <i>Ammi.</i> Plante umbellifère, annuelle. Ses feuilles sont vertes, découpées en lanières, oblongues, étroites, dentelées sur leurs bords, comme rangées par paires, &amp; terminées par une seule lanière. Ses tiges sont hautes de deux à trois pieds, creuses, canelées, branchues, &amp; garnies de feuilles découpées en moins de segmens que les inférieures. Ses fleurs naissent en umbelle à l'extrémité des tiges &amp; des branches ; elles sont blanches &amp; fleur delisées. Ses semences sont menues, arrondies, canelées sur leurs dos, &amp; applaties par l'endroit qu'elles se joignent ; elles sont acres &amp; picquantes au goût. On appelle cette plante <i>ammi majus,</i> grand <i>ammi,</i> ou <i>ammi</i> commun, <i>ammi commune,</i> pour la distinguer de quelques autres espèces plus petites, &amp; dont les semences ont une odeur aromatique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1720" id="1" type="">
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    <head>AMMI</head>
    <p>
    AMMI , s. m. se prend aussi quelquefois pour la semence de la plante appellée <i>ammi.</i> Elle entre dans la Thériaque, &amp; on la met dans le nombre de quatres petites semences diurétiques chaudes. L'<i>ammi</i> qui nous vient du Levant, ou d'Alexandrie, est le plus estimé, &amp; doit avoir une odeur aromatique qui approche de celle de l'Origan. On la nomme <i>ammi Creticum, ammi</i> du Levant, ou d'Alexandrie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1721" id="1" type="">
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    <head>AMMITES</head>
    <p>
    AMMITES , ou AMMENITES, s. f. est une pierre sablonneuse : il y en a de plusieurs sortes, les unes sont grosses comme des noix, d'autres comme des orobes, &amp; semences de pavot : elles ressemblent à des oeufs de poisson. Celles qui sont grosses comme des pois, sont appellées par quelques Auteurs Besoard minéral. Elles se trouvent proche de Berne en Suisse ; l'étymologie est , sable, parce qu'elles se réduisent facilement en sable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1722" id="1" type="">
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    <head>AMMODITE</head>
    <p>
    AMMODITE , s. m. Serpent de couleur de sable, &amp; tout couvert de taches noires. <i>Ammodites.</i> Il ressemble à la vipère. Son venin est fort subtil ; &amp; sur-tout celui de la femelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1723" id="1" type="">
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    <head>AMMON</head>
    <p>
    AMMON , s. m. <i>Ammon.</i> Epithète ou nom qu'on donnoit à Jupiter en Lybie, où étoit le temple célèbre de Jupiter <i>Ammon.</i> Quelques-uns écrivent <i>Hammon,</i> &amp; l'on a eu différens sentimens sur l'origine de ce nom. Quelques Auteurs ont cru qu'il venoit du Grec , qui signifie <i>sable,</i> &amp; qu'il vouloit dire un lieu sabloneux, parce que le lieu où il étoit adoré, étoit au milieu des sables brûlés de la Lybie. Mais Plutarque, dans son Livre d'Isis &amp; d'Osiris, nous assure que ce nom est Egyptien, &amp; non point Grec, étant beaucoup plus ancien que la langue Grecque en Afrique. Hérodote &amp; Hésychius nous témoignant qu'Ammon est Jupiter, il n'y a pas d'apparence que ce soit là la véritable étymologie. Bochart, dans son Phaleg. Liv. IV. ch. 30. dit que les Egyptiens ont appellé une brebis , <i>aman,</i> comme les Arabes le font encore ; que de-là est venu le nom d'<i>Ammon,</i> parce que ce fut un belier qui l'indiqua, ou le fit connoître, ainsi que le rapportent Hyginus d'après Hermippus, Germanicus sur Aretus &amp; Athenagoras dans son Ve Liv. des Amours. Fuller, au Liv. II. de ses <i>Miscellanea,</i> soutient que Jupiter <i>Ammon</i> étoit le soleil, que les Hébreux appellent , <i>hhama,</i> de , <i>hhamam,</i> être chaud, brûler ; que les cornes avec lesquelles on le représentoit en sont une preuve, n'étant autre chose que les rayons du soleil, parce qu'en Hébreu rayon s'appelle corne, &amp; que le même mot , <i>Keren,</i> signifie l'un &amp; l'autre. On peut ajoûter que Pline &amp; Quinte-Curce mettent proche de l'oracle d'Apollon une fontaine fameuse, que l'un appelle, Fontaine du soleil ; &amp; l'autre, Eau du soleil. Vossius veut que Jupiter Hammon soit Cham, ou Hham, , fils de Noé, dont la postérité peupla l'Afrique, &amp; adora Hham sous le nom d'Ammon. Et en effet, l'Egypte est appellée terre de Cham dans l'Ecriture, Ps. CIV. 23. &amp; Plutarque nous assure qu'on la nommoit Chemie ou Chamie. Cette dernière opinion n'est pas la moins vrai-semblable. Quoi qu'il en soit, Jupiter Ammon étoit représenté sous la figure d'un Belier. Lucain le décrit au Liv. IX. v. 512. <i>Stat corniger illuc Jupiter,</i> &amp;c. que Brebeuf a rendu ainsi,</p><p>Nous avons cependant des médailles où Jupiter <i>Ammon</i> est représenté en forme humaine, ayant seulement deux cornes de Belier, qui naissent au-dessus des oreilles, &amp; se recourbent tout autour, comme on le peut voir sur une médaille frappée à Cassandrie pour Vespasien, &amp; rapportée <pb n="202" facs="bpt6k8542165/f242/full/1200,/0/native.jpg"/>par M. Vaillant dans ses Colonies T. I. p. 190. Alexandre fit un voyage au temple du Jupiter <i>Ammon,</i> dont on trouve une élégante description dans Quinte-Curce Liv. IV. ch. 7. Il y a beaucoup de choses sur <i>Ammon</i> &amp; sa figure dans la 1re &amp; la IIde Diss. de M. Vandale <i>de Oraculis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1723" id="2" type="">
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    <head>AMMON</head>
    <p>
    Ammon , S'est dit aussi du lieu où étoit le temple de Jupiter <i>Ammon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1723" id="3" type="">
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    <head>AMMON</head>
    <p>
    Ammon est encore le nom propre d'un des fils de Loth, né de l'inceste de ce Patriarche avec la plus jeune de ses deux filles, Gen. XIX. 28. mais il vient de , &amp; signifie <i>mon peuple.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1723" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMMON" />
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    <head>AMMON</head>
    <p>
    Ammon , s. m. Nom propre d'homme. S. <i>Ammon</i> solitaire, fondateur de l'hermitage de Nitrie en Egypte, dont le vrai nom étoit. <i>Amous,</i> ou <i>Amoun,</i> naquit dans la basse Egypte vers les commencemens de l'Empire de Dioclétien. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1724" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMMONIAC" />
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    <head>AMMONIAC</head>
    <p>
    AMMONIAC , s. m. C'est le nom d'une gomme dont on se sert en Pharmacie. <i>Gummi ammoniacum.</i> On nous l'apporte des Indes Orientales, &amp; on croit qu'elle découle d'une plante umbellifère. Elle doit être en larmes sèches, blanchâtres en dedans, un peu roussâtres en dehors, faciles à se fondre, gommeuses &amp; résineuses, un peu amères, d'une odeur &amp; d'un goût acre ; tenant de l'ail. On en apporte aussi en masses remplies de petites larmes bien nettes &amp; bien blanches. Cette gomme roussit en vieillissant ; Dioscoride &amp; Pline en font mention. Dioscoride dit que l'<i>Ammoniac</i> est le jus d'une espèce de férule qui croit en Afrique auprès de Cyrène de Barbarie. La plante qui le porte, &amp; sa racine, s'appellent <i>agasyllis.</i> Le bon <i>Ammoniac</i> est haut en couleur, &amp; n'est brouillé ni de raclure de bois, ni de sable, ni de pierres. Il a force petits grains comme l'encens, retire à l'odeur du <i>castoreum,</i> &amp; est amer au goût. On appelle le bon <i>Ammoniac,</i> ; c'est-à-dire, <i>émiettement,</i> &amp; <i>brisure</i> ; &amp; celui qui est plein de pierres &amp; de sable ; c'est-à-dire, <i>mistion.</i> Pline appelle l'arbre d'où il découle <i>metopion</i> du Grec , &amp; dit que son nom vient du temple de Jupiter Ammon auprès duquel croît cet arbre. L'<i>Ammoniac</i> des Apoticaires est réduit en masse comme poix résine, au lieu d'être fraisé &amp; menu comme de l'encens. On prétend qu'il servoit d'encens aux anciens dans leurs sacrifices. Cette gomme entre dans plusieurs compositions ; elle est purgative, fondante, &amp; résolutive, étant appliquée extérieurement. Gaser en tire un esprit &amp; une huile, qui ont, à ce qu'il dit, de grandes vertus, lesquelles ne procèdent que du sel volatile qu'elle contient. Mais comme il est mêlé d'un acide qui empêche son activité, il donne le moyen de séparer ces deux esprits, lesquels sont capables, selon lui, de produire des effets tous différens. Voyez cet Auteur, Lemery, &amp; les autres Chymistes modernes. Il y a un sel qu'on appelle aussi <i>armoniac,</i> ou <i>ammoniac. Sal Armoniacus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ARMONIAC">ARMONIAC</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1725" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMMONIEN, ENNE" />
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    <head>AMMONIEN, ENNE</head>
    <p>
    AMMONIEN, ENNE , s. m. &amp; f. adj. Nom du peuple qui habitoit la forêt de Jupiter Ammon. <i>Ammonius.</i> On les appelle aussi AMMONITES. Junon <i>Ammonienne, Juno Ammonia.</i> Elle étoit adorée dans l'Elide. Quelques-uns prétendent que c'étoit la Lune, comme Jupiter Ammon étoit le soleil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1726" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMMONITE" />
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    <head>AMMONITE</head>
    <p>
    AMMONITE , s. m. <i>Ammonita, Ammonites.</i> Nom propre de peuple, descendant d'Ammon fils de Loth. Gen. XIX. 38. Les <i>Ammonites</i> habitoient à l'orient du Jourdain, entre les Moabites au midi, dont ils étoient séparés par le torrent de Jabboc, les Arabes au levant, la Coelesyrie au nord, le Jourdain à l'occident. Leur Capitale étoit Rabbath, qui fut depuis appellée Philadelphie. Le Seigneur a exterminé les Enacins, &amp; il a fait que les <i>Ammonites</i> ont habité ce pays au lieu d'eux. Saci. Les <i>Ammonites</i> furent souvent vaincus par les Israëlites 1°, par Jephté, Jug. XI. 19. par Saül, 1. <i>Reg.</i> XI. 1. Josephe, <i>Ant. Jud.</i> Liv. VI. c. 5. &amp; 6. par David, 2. <i>Reg.</i> X. 1. 1. Paral. XIX. 1. par Judas Machabée, Josephe, <i>De bello Jud.</i> Liv. III. c. 2. Josephe les appelle <i>Ammanites.</i> L'Ecriture par un Hébraïsme ordinaire les appelle souvent <i>Les Enfans d'Ammon.</i> Og Roi de Basan étoit demeuré seul de la race des Géans. On montre encore son lit de fer dans Rabbath, qui est une ville des <i>Enfans d'Ammon.</i> Ce lit a neuf coudées de long &amp; quatre de large. Saci. <i>Deut. III.</i> 11. Voyez aussi Ammoniens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1726" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMMONITE" />
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    <head>AMMONITE</head>
    <p>
    Ammonite , s. f. <i>Ammonitis.</i> Femme <i>Ammonite.</i> Aucun de nos Traducteurs, que je sache, n'a traduit <i>Ammonitide.</i> Salomon aima plusieurs femmes étrangères outre la fille de Pharaon, à savoir, des Moabites, des <i>Ammonites,</i> des Iduméenes, des Sidoniennes, &amp; des Héthiennes. Desmar. 3. Reg. XI. 1. &amp; de même tous les autres. Les Protestans &amp; quelques Hébraïzans écrivent <i>Hamonites.</i> Cela est contre l'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1727" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMMONITION" />
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    <head>AMMONITION</head>
    <p>
    AMMONITION , Voyez <ref type="search" target="head:AMONITION">AMONITION</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1728" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AMNIOS" />
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    <head>AMNIOS</head>
    <p>
    AMNIOS , s. m. Terme de Médecine , qui se dit d'une seconde membrane qui enveloppe immédiatement tout le foetus, &amp; qui est une substance plus déliée que le chorion. <i>Amnium.</i> Ce mot signifie <i>agnelet,</i> &amp; on lui donne ce nom à cause de sa délicatesse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1729" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMNISTIE" />
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    <head>AMNISTIE</head>
    <p>
    AMNISTIE , s. f. Pardon général accordé à des sujets par un Traité, ou par un Edit, quand le Prince déclare qu'il oublie &amp; qu'il abolit tout ce qui s'est passé, &amp; promet qu'on n'en sera point recherché. <i>Oblivio injuriarum, abolitio.</i> On a donné trois mois à ces peuples pour accepter l'<i>amnistie.</i> Il y a une <i>amnistie</i> pour tout le parti. Rochef. L'<i>amnistie</i> générale accordée ne couvre point une injure commise de particulier à particulier, qui n'est point pour la querelle publique. Il se dit aussi du pardon que le Prince accorde aux Soldats déserteurs.</p><p>Ce mot vient du Grec , que les Grecs prononcent depuis plusieurs siècles par <i>amnistia,</i> d'où l'on a fait en François <i>amnistie.</i> Après que les trente Tyrans eurent été chassés d'Athènes, les Athéniens firent une Loi, par laquelle il fut réglé qu'on oublieroit de part &amp; d'autre tout ce qui s'étoit passé pendant la guerre ; &amp; cette Loi, dont Thrasibule fut Auteur, se nomma , <i>Amnistie.</i> C'est-là que ce nom a commencé à s'employer ; &amp; c'est Cornelius Nepos, dans la vie de Thrasibule c. 3. &amp; Valère Maxime, Liv. IV. c. 1. qui nous l'apprennent. Andocides Orateur Athénien, dont Plutarque a écrit la vie, &amp; dont Henri Etienne donna une édition en 1575. nous a conservé dans son oraison <i>sur les Mystères</i> une formule de l'<i>Amnistie</i> &amp; des sermens qu'on y faisoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1730" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOBILE" />
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    <head>AMOBILE</head>
    <p>
    AMOBILE , Voyez <ref type="search" target="head:AMOVIBLE">AMOVIBLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1731" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMODIATEUR" />
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    <head>AMODIATEUR</head>
    <p>
    AMODIATEUR , s. m. Fermier. Celui qui prend une terre à ferme. <i>Conductor.</i> Ce mot signifie aussi celui qui donne une terre à ferme. <i>Locator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1732" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMODIATION" />
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    <head>AMODIATION</head>
    <p>
    AMODIATION , s. f. Convention par laquelle on donne une terre à ferme. <i>Locatio.</i> Faire l'<i>amodiation</i> d'un bien. Ce mot signifie aussi la convention par laquelle on la reçoit. <i>Conductio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1733" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AMODIER" />
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    <head>AMODIER</head>
    <p>
    AMODIER , v. act. Terme de Coutume , qui est en usage dans quelques Provinces, &amp; qui signifie, Donner à ferme. <i>Locare. Amodier</i> une terre en grain ou en argent. Il signifie aussi prendre à ferme. <i>Conducere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1734" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOGABARE" />
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    <head>AMOGABARE</head>
    <p>
    AMOGABARE , s. m. Espèce de Milice Espagnole. <i>Amogabarus.</i> Il n'y a plus d'<i>Amogabares</i> dans les troupes Espagnoles. Les <i>Amogabares</i> étoient fort estimés pour leur bravoure ; quelquefois on appelle les <i>Amogabares</i> du nom d'<i>Almugavares,</i> ce qui fait croire avec assez de vraisemblance que ce mot vient de l'Arabe. Il est composé de l'article <i>al</i>, &amp; <i>mugabar</i>, qui vient de , <i>gabar</i>, &amp; peut avoir les significations de grand, de géant, de fier, de brave, de fanfaron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1735" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOINDRIR" />
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    <head>AMOINDRIR</head>
    <p>
    AMOINDRIR , v. act. Diminuer de bonté, ou de quantité. <i>Minuere, diminuere.</i> On <i>amoindrit</i> tous les jours les étoffes dans les manufactures. On a <i>amoindri</i> la largeur de ces draps. On le dit aussi des choses qui diminuent d'une manière avantageuse. La clarté du jour <i>amoindrit</i> l'horreur de la nuit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1735" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMOINDRIR" />
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    <head>AMOINDRIR</head>
    <p>
    Amoindrir , est aussi neutre. <i>Minui, diminui.</i> Les forces de ce malade <i>amoindrissent</i> chaque jour, Son revenu <i>amoindrit</i> tous les ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1735" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMOINDRIR" />
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    <head>AMOINDRIR</head>
    <p>
    Amoindrir , est aussi neutre pass. Le crédit de ce Marchand s'<i>amoindrit</i> tous les jours. Les revenus s'<i>amoindrissent,</i> dépérissent, si on n'a grand soin de ses affaires. Le vin s'<i>amoindrit</i> quand il est à la barre, il perd de sa bonté. Ce tas de blé s'<i>amoindrit,</i> il diminue. Ce terme n'est guère en usage que dans la conversation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1736" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOINDRISSEMENT" />
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    <head>AMOINDRISSEMENT</head>
    <p>
    AMOINDRISSEMENT , s. m. Diminution. <i>Diminutio, imminutio.</i> Il y a bien des choses qui dépérissent, &amp; dont l'<i>amoindrissement</i> est insensible.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1737" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOINER" />
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    <head>AMOINER</head>
    <p>
    AMOINER , v. act. Vieux mot, qui veut dire, <i>amener. Adducere.</i> Borel. Ou plutôt ce n'est qu'une ancienne manière d'écrire le verbe amener.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1738" id="1" type="">
   <index type="head" value="A MOINS" />
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    <head>A MOINS</head>
    <p>
    A MOINS , adv. Voyez <ref type="search" target="head:MOINS">MOINS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1739" id="1" type="">
   <index type="head" value="A MOINS QUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>A MOINS QUE</head>
    <p>
    A MOINS QUE , Conjonction qui régit le subjonctif ; &amp; qui signifie, si ce n'est que. <i>Nisi. A moins que</i> vous ne rampiez devant lui, n'en attendez aucune grace. On met ordinairement une négation après, comme dans l'exemple qu'on vient de rapporter. En voici un où il n'y en a point. Nos Frères disent quelquesfois, les Apôtres de Jesus-Christ voyoient bien que ce pain n'étoit pas son Corps, <i>à moins qu</i>'il le fût en figure. Peliss. On pourroit dire aussi <i>à moins qu'il ne le fût</i> ; &amp; il eût même été plus selon l'usage.</p><p>A moins que, se construit aussi avec l'infinitif &amp; la particule de. <i>A moins que</i> de faire cela, on n'en viendra point à bout. Il y en a qui disent aussi <i>à moins</i> de faire cela ; mais mal, selon Vaugelas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1740" id="1" type="charpenterie">
   <index type="head" value="AMOISE" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>AMOISE</head>
    <p>
    AMOISE , s. f. Terme de Charpenterie , qui se dit des pièces de bois qui embrassent les soufaites, liens, &amp; poinçons, à l'endroit des assemblages pour les affermir : elles sont jointes l'une à l'autre par des chevilles de bois qui traversent de part en part. Voyez <ref type="search" target="head:MOISE">MOISE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1741" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOISTIR" />
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    <head>AMOISTIR</head>
    <p>
    AMOISTIR , verb. act. Ce mot, qui n'est plus d'usage, veut dire, <i>mouïller.</i> C'est de ce verbe que viennent moite &amp; moiteur. Borel. Ou plutôt ce verbe avoit été formé de moite, &amp; signifioit rendre moite, <i>humectare.</i> S'<i>amoistir,</i> &amp; peut-être <i>amoistir</i> neutre, devenir moite, humide, <i>humescere.</i> Il seroit bon de retenir ce verbe ; nous n'en avons point pour exprimer ce qu'il signifie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1742" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOLETTES" />
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    <head>AMOLETTES</head>
    <p>
    AMOLETTES , C'est ainsi qu'on appelle les trous où l'on passe les barres du cabestan &amp; du virevau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1743" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOLIER" />
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    <head>AMOLIER</head>
    <p>
    AMOLIER , v. act. Ce mot veut dire, <i>adoucir.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1744" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOLLIR" />
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    <head>AMOLLIR</head>
    <p>
    AMOLLIR , v. act. Rendre moins dur. <i>Mollire, emollire.</i> La chaleur <i>amollit</i> la cire, &amp; sèche la boue. Les Corroyeurs préparent les cuirs pour les <i>amollir.</i> On dit que le vin <i>amollit</i> les nerfs. Un peu de pluie <i>amollit</i> la terre qui est trop sèche. On prononce <i>amolir,</i> &amp; on l'écrit quelquefois avec une seule <i>l.</i></p><p>Il se dit figurément des choses même les plus dures, quand l'art semble leur ôter leur dureté, &amp; leur donner de la flexibilité &amp; de la mollesse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1744" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMOLLIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AMOLLIR</head>
    <p>
    Amollir , se dit figurément en Morale, &amp; signifie, Attendrir, toucher, adoucir, rendre moins rigoureux, moins ferme, moins constant. On tient que les délices de Capoue <i>amollirent</i> Hannibal. On ne peut <i>amollir</i> cette fière beauté. Gomber. Il <i>amollit</i> leur courage par les délices de la paix. Ablanc. Les profanes accusent la Religion d'avoir <i>amolli</i> le coeur des hommes, &amp; de les avoir rendus lâches &amp; timides. Bal. Il y a d'habiles gens qui prétendent que l'étude des belles Lettres <i>amollit</i> le courage. Vall.</p><p>On y joint le pronom personnel. S'<i>amollir,</i> pour signifier les choses qui perdent leur dureté, ou les personnes qui perdent leur courage, ou leur rigueur. <i>Mollescere.</i> La terre commence à s'<i>amollir.</i> Ce père étoit dur &amp; inéxorable ; mais son coeur s'est <i>amolli</i> par les larmes &amp; les soumissions de son fils.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1744" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMOLLIR" />
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    <head>AMOLLIR</head>
    <p>
    Amolli, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Mollitus, emollitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1745" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOLLISSEMENT" />
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    <head>AMOLLISSEMENT</head>
    <p>
    AMOLLISSEMENT , s. m. Action qui rend une chose molle. <i>Mollimentum.</i> L'<i>amollissement</i> de la cire se fait en la maniant, &amp; en l'échauffant. Il se dit aussi au fig. L'<i>amollissement</i> du courage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1746" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOLVIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AMOLVIN</head>
    <p>
    AMOLVIN , s. m. Nom propre d'homme. <i>Amulguivus, Alobes.</i> S. <i>Amolvin</i> Chorévêque, dont le corps est à Bins en Hainaut. Chast. 7. Févr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1747" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMÔME" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AMÔME</head>
    <p>
    AMÔME , s. m. <i>Amomum. s. n.</i> Fruit d'une plante nommée dans le XIe volume de l'<i>Hortus Malabaricus Elettari primum.</i> On dit <i>amôme</i> en grappe, <i>amôme</i> en raisin, <i>amomum racemosum,</i> à cause que ce fruit est une grappe composée de plusieurs capsules blanchâtres, rondes &amp; grosses comme des pois chiches, membraneuses, divisées en trois loges, qui renferment plusieurs semences brunes, anguleuses, d'un goût &amp; d'une odeur très-forte &amp; très-aromatique. Ce fruit nous est apporté des Indes Orientales, &amp; il entre dans la Thériaque. Les Commentateurs de Dioscoride &amp; de Pline, n'ont jamais pu s'accorder sur le choix de ce fruit, &amp; la plupart ont voulu qu'on employât des plantes bien différentes de celle-ci. Quelques-uns font passer les roses de Jérico pour l'<i>amomum.</i> Scaliger prétend que l'<i>amôme</i> n'est pas le fruit ou la grappe de l'arbre, mais que c'est le bois de l'arbre même qui est roulé comme une grappe, &amp; dont on se servoit particulièrement pour embaumer les corps : d'où vient qu'on a donné le nom de <i>mumie</i> aux corps des Egyptiens qui en étoient embaumés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1748" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMONCELEMENT" />
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    <head>AMONCELEMENT</head>
    <p>
    AMONCELEMENT , s. m. Vieux mot, qui signifie l'action d'amonceler. <i>Acervatio, coacervatio, accumulatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1749" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMONCELER" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>AMONCELER</head>
    <p>
    AMONCELER , v. act. Amasser, assembler, mettre par tas &amp; monceaux. <i>Cumulare, acervare.</i> Quelques-uns mettent ce mot au rang de ceux qui ont vieilli. Que sert à l'avare d'<i>amonceler</i> tant de richesses, puisqu'il faut les quitter dans un moment ? On dit quelquefois au Manége, qu'un cheval <i>amoncèle,</i> pour dire, qu'il est bien sous lui, qu'il marche sur ses hanches, &amp; sans se traverser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1749" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMONCELER" />
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    <head>AMONCELER</head>
    <p>
    Amoncelé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Acervatim positus, cumulatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1750" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="AMONÉTER" />
   <index type="src_domain" value="palais" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AMONÉTER</head>
    <p>
    AMONÉTER , v. act. Terme du Palais , avertir, faire une remontrance, une correction en justice. <i>Admonere.</i> L'arrêt ordonne qu'un tel Procureur sera <i>amonété.</i> C'est une peine qui s'impose en matière criminelle, &amp; qui se joint ordinairement avec l'aumône. Cela se fait à huis clos, &amp; n'emporte point de note, comme la condamnation d'être blâmé &amp; réprimandé, qui est suivie de l'amende. On dit aussi qu'un Confesseur doit <i>amonéter</i> son pénitent ; le réprimander doucement des fautes dont il s'accuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1750" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMONÉTER" />
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    <head>AMONÉTER</head>
    <p>
    Amoneté, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Admonitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1751" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMONITION" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>AMONITION</head>
    <p>
    AMONITION , s. f. Ce mot ne se dit qu'en cette mauvaise phrase, <i>Pain</i> d'<i>amonition. Panis castrensis.</i> Le Soldat le dit par corruption, au lieu de <i>pain de munition</i> : mais il ne faut pas l'imiter. Cependant Du Cange remarque qu'on a dit <i>Amonitio</i> dans la basse Latinité, pour signifier subsistance ; &amp; il prétend que c'est de-là qu'est venu ce mot usité parmi les troupes, Pain d'<i>Amonition,</i> pour signifier le pain qu'on leur donne pour leur subsistance ; &amp; il écrit <i>Amonition</i> seulement par une <i>m.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1752" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMONT" />
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    <head>AMONT</head>
    <p>
    AMONT , adv. Qui se dit d'une chose plus haute à l'égard d'une autre, &amp; sur-tout en parlant de pays. <i>Suprà, sursùm, è superiore loco.</i> Il est opposé à <i>aval.</i> La Bourgogne est appellée à l'égard de Paris, le pays d'<i>amont.</i> Et généralement ce qui est vers la source des rivières, est pays d'<i>amont.</i> On dit, Monter en <i>amont</i> ; pour dire, Remonter, aller contre le fil de l'eau : &amp; on disoit autrefois, Montez <i>amont</i> ; pour dire, Montez ici haut. Menage dérive ce mot de <i>ad montem.</i></p><p>Vent d'<i>amont,</i> est le vent d'Orient opposé à vent d'<i>abas,</i> ou d'<i>aval,</i> qui est celui d'Occident. <i>Apeliotes, solanus.</i> On dit en Fauconnerie, Tenir <i>amont,</i> quand l'oiseau se soutient en l'air, en attendant qu'il découvre quelque gibier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1753" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMORAVIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AMORAVIS</head>
    <p>
    AMORAVIS , Nom de Peuple, les anciens Romans appellent ainsi les Sarrazins, ou les Maures d'Afrique ; peut-être parce que leurs Amirs ou Emirs, c'est-à-dire, leurs Rois ou Gouverneurs, y établirent leur domination. On lit dans le Roman manuscrit d'Aubery cité par M. Du Cange, <i>Hongres, venarres, acapars beduins, des Esclaves &amp; des</i> Amoravis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1754" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMORCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AMORCE</head>
    <p>
    AMORCE , s. f. Appât dont on se sert à la chasse, ou à la pêche. <i>Illicium.</i> On met de la chair pour servir d'<i>amorce</i> pour prendre des loups. Ce mot, selon quelques-uns, vient de <i>hamus ;</i> &amp; ils prétendent qu'on doit écrire <i>hamorce.</i> D'autres le dérivent de <i>à morsu</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1754" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMORCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>AMORCE</head>
    <p>
    Amorce , est aussi de la poudre à canon fort fine, qu'on met au bassinet des armes à feu pour les faire tirer. <i>Ignis illicium.</i> On appelle aussi <i>amorce,</i> une traînée de poudre, ou <pb n="204" facs="bpt6k8542165/f244/full/1200,/0/native.jpg"/>une corde préparée pour faire tirer des boëtes tout de suite, ou des petards &amp; des fusées pour un feu d'artifice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1754" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMORCE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AMORCE</head>
    <p>
    Amorce , se dit aussi des mèches souffrées, qu'on attache aux grenades, ou à des saucisses, avec lesquelles le feu prend aux mines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1754" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMORCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AMORCE</head>
    <p>
    Amorce , se dit figurément en Morale des appâts qui attirent, &amp; persuadent l'esprit. <i>Illecebra.</i> L'argent &amp; les plaisirs sont les <i>amorces</i> du vice. Les vertus apparentes de quelques Hérétiques ont été des <i>amorces</i> pour faire embrasser leur doctrine par les Peuples, qui ne jugent que par les apparences. L'<i>amorce</i> d'un si doux plaisir l'arrête. Voit. Craignez d'un vrai plaisir les <i>amorces</i> trompeuses. Boil. La Louange est une <i>amorce</i> agréable. Bouh. Des plaisirs de l'amour vanter la douce <i>amorce.</i> Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1755" id="1" type="pecheur">
   <index type="head" value="AMORCER" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AMORCER</head>
    <p>
    AMORCER , v. act. Terme de Pêcheur , qui signifie plotter, c'est-à-dire, jetter sur l'eau de petites plottes de mangeaille pour attirer le poisson, <i>amorcer</i> le poisson. <i>Escâ illicere, allicere piscem.</i> Et au figuré on dit, Il faut <i>amorcer</i> le peuple par l'espoir d'un grand gain, d'une grande récompense. <i>Illicere, inescare.</i> Menage dérive ce mot de <i>amorsare,</i> qui a été fait de <i>morsus,</i> comme <i>morceau</i> de <i>morcellus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1755" id="2" type="artillerie">
   <index type="head" value="AMORCER" />
   <index type="src_domain" value="artillerie" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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    <head>AMORCER</head>
    <p>
    Amorcer . Terme d'Artillerie . Mettre de l'<i>amorce</i> à un canon, à un mousquet, ou à quelque autre arme à feu. <i>Pulverem ignis illicem indere, immittere. Amorcez</i> votre fusil, il ne sera pas temps de le faire quand le gibier paroîtra.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1755" id="3" type="serrurier">
   <index type="head" value="AMORCER" />
   <index type="src_domain" value="serrurier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AMORCER</head>
    <p>
    Amorcer . Terme de Serrurier . C'est ôter quelque chose du fer, avant que de le percer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1755" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMORCER" />
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    <head>AMORCER</head>
    <p>
    Amorcé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Illectus, inescatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1756" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMORÇOIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>AMORÇOIR</head>
    <p>
    AMORÇOIR , s. m. Outil d'artisans qui travaillent en bois, &amp; qui sert à commencer à le percer. Il y a des tarières de plusieurs sortes de grosseurs, dont les plus petites s'appellent des <i>amorçoirs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1757" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMORRHÉEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AMORRHÉEN, ENNE</head>
    <p>
    AMORRHÉEN, ENNE , s. m. <i>Amorrhaeus.</i> Nom de Peuple descendu d'Amorrhée, <i>Amorrhaeus,</i> fils de Chanaan. <i>Gen. X.</i> 15. Les <i>Amorrhéens</i> étoient divisés en deux parties. Les uns habitoient les montagnes de la terre de Chanaan ; les autres s'étoient établis au delà du Jourdain, &amp; y avoient fondé deux Royaumes, celui de Basan &amp; celui d'Hésébon. Moïse ayant vaincu ceux-ci donna leur pays aux Tribus de Gad, de Ruben, &amp; à la moitié de la Tribu de Manassès.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="AMORTIR" />
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    AMORTIR , v. act. Terme de Pratique . Consentir par un Seigneur souverain que des gens de main-morte possèdent des fiefs, moyennant le dédommagement des avantages qu'il en tireroit s'ils demeuroient dans le commerce. <i>Jure caduci praedium exsolvere.</i> Il n'y a que le Roi qui puisse <i>amortir</i> des fiefs. Les fiefs <i>amortis</i> ne doivent plus rien au Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMORTIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    Amortir , signifie aussi, Eteindre, racheter une rente, une pension, une dette. <i>Annuae pensionis obligatione sese exsolvere.</i> On fait souvent revivre des rentes qui ont été <i>amorties</i> ou rachetées. Il est permis d'<i>amortir</i> à prix d'argent une pension sur un Bénéfice, parce que c'est une chose temporelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMORTIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    Amortir , signifie aussi, Eteindre une chose allumée. <i>Extinguere, restinguere.</i> Il se dit souvent avec le pronom personnel. <i>Extingui, restingui.</i> Cet incendie a été grand, mais il s'<i>amortit.</i> L'ardeur de la fièvre s'<i>amortit</i> par la saignée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMORTIR" />
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    Amortir , signifie encore affoiblir, diminuer la violence de quelque chose. <i>Infringere.</i> La natte d'un jeu de paume <i>amortit</i> le coup de la balle, &amp; empêche sa réflexion. On garnit un sauterau d'épinette d'un morceau d'étoffe pour <i>amortir</i> le son de la corde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="5" type="">
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    Amortir , se dit encore des herbes dans un sens qui approche de celui qui précède. <i>Amortir</i> des herbes, c'est les laisser dans l'eau chaude, seulement autant de temps qu'il faut pour leur faire perdre leur grande verdeur, sans les faire cuire. Pour ce remède il suffit de faire <i>amortir</i> des herbes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="6" type="coutume">
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    Amortir , est un terme de coutume , qui veut dire, donner son bien à quelqu'un, à condition d'en être nourri jusqu'à la mort. Lauriere sur Rag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="7" type="">
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    Amortir , se dit figurément en Morale. <i>Extinguere, restinguere.</i> L'âge <i>amortit</i> les plus violentes passions, <i>amortit</i> l'ardeur de la jeunesse. Son amour est fort <i>amorti</i> ; pour dire, s'est fort ralenti. Le temps <i>amortit</i> les afflictions. Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1758" id="8" type="">
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    <head>AMORTIR</head>
    <p>
    Amorti, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Extinctus, infractus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1759" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AMORTISSABLE" />
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    <head>AMORTISSABLE</head>
    <p>
    AMORTISSABLE , adj. Qui se peut amortir. C'est un terme de coutume . Rente <i>amortissable. Fundus annui debiti solutione eximendus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1760" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMORTISSEMENT" />
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    <head>AMORTISSEMENT</head>
    <p>
    AMORTISSEMENT , s. m. Est une grace ou concession que le Roi fait par lettres patentes aux gens de main-morte, comme Eglises &amp; Communautés, de tenir des fiefs &amp; des héritages à perpétuité, sans être obligés de les mettre hors de leurs mains, moyennant une somme qu'on lui paye pour le dédommager des profits &amp; confiscations qui lui appartiendroient dans les mutations qui se feroient, s'ils demeuroient dans le commerce ordinaire. <i>Exemtio caduca, Liberatio à caducitate.</i> Ce règlement est imité de la Loi Papiria, par laquelle il étoit défendu de consacrer aucun fonds sans le consentement du peuple, de peur que les biens ne sortissent peu-à-peu du commerce des hommes. Le Roi en se relâchant en faveur des Communautés Ecclésiastiques, ou Laïques, &amp; en leur permettant d'acquérir, en a exigé un tribut ; en conséquence duquel ils ne peuvent être contraints d'aliéner, &amp; de se dessaisir de l'héritage, soit fief, franc-alleu, ou roture. Par les anciennes constitutions du Royaume, les Eglises, &amp; les Couvens, ne pouvoient posséder aucun fonds, &amp; il ne leur étoit pas permis de prendre part aux biens temporels. Les Ecclésiastiques troublés par les Seigneurs, pour les forcer à se dessaisir de leurs acquisitions, adressèrent leur plainte au Pape Alexandre IV. S. Louis pour déférer au Pape, trouva cet expédient ; il leur accorda la grace d'acquérir des fonds, en lui payant une somme qu'il crut assez grosse pour les retenir, &amp; pour les empêcher de faire beaucoup d'acquisitions au préjudice du bien de son Royaume. Il voulut aussi qu'ils dédommageassent les Seigneurs. Ainsi l'<i>Amortissement</i> est dû au Roi, &amp; l'indemnité au Seigneur immédiat dont relève le fief. Les droits d'<i>amortissement</i> sont arbitraires, &amp; se taxent par le Roi. Il y a une Chambre des francs-fiefs &amp; <i>amortissemens.</i> Le droit d'<i>amortissement</i> dû au Roi par les gens de mainmorte ne se prescrit point par quelque temps que ce soit, parce que c'est un droit de la Couronne. Voyez Loüet, le Maître, Bacquet, &amp; Jouet dans sa Bibliothèque des Arrêts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1760" id="2" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>AMORTISSEMENT</head>
    <p>
    Amortissement , signifie aussi, Adoucissement d'une douleur, d'une inflammation. <i>Extinctio, restinctio, repressio, hebetatio.</i> Les Médecins saignent pour procurer l'<i>amortissement</i> de l'ardeur de la fièvre. Si cette emplâtre ne guérit pas, elle cause du moins l'<i>amortissement</i> de la douleur. Sans l'<i>amortissement</i> du coup, il auroit été plus grièvement blessé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1760" id="3" type="">
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    <head>AMORTISSEMENT</head>
    <p>
    Amortissement , signifie aussi, Extinction, rachat. L'<i>amortissement</i> d'une rente se fait en remboursant le sort principal. <i>Pensionis annuae abolitio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1760" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMORTISSEMENT" />
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    <head>AMORTISSEMENT</head>
    <p>
    Amortissement . Terme d'Architecture . C'est la même chose que couronnement ; &amp; c'est ce qui finit &amp; termine quelque ouvrage au haut d'un bâtiment, ou d'une menuiserie, ou d'une corniche, comme quelque vase, ou quelque figure ; &amp; généralement tout ce qui fait saillie, ou ornement en cet endroit-là. <i>Acroterion.</i> Les ouvriers appellent chapiteau, l'<i>amortissement,</i> ou le couronnement d'un miroir ; d'un tableau, &amp;c.</p><p>Tous ces mots viennent de <i>mors,</i> mort, qui est la fin, &amp; le terme de toutes choses, &amp; dont par métaphore l'on a tiré ces mots, qui signifient fin &amp; terme ; car <i>amortir</i> n'est proprement autre chose que mettre à fin, faire finir, terminer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1761" id="1" type=" ecclesiastique">
   <index type="head" value="AMOVIBLE" />
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    <head>AMOVIBLE</head>
    <p>
    AMOVIBLE , ou AMOBILE, adj. m. &amp; f. <i>Mobilis.</i> Terme Ecclésiastique , qui se dit de celui qu'on établit en quelque charge ou emploi, par commission, &amp; pour un temps seulement, &amp; qui peut être révoqué &amp; destitué, <pb n="205" facs="bpt6k8542165/f245/full/1200,/0/native.jpg"/>quand il plaît au Supérieur. Les Vicaires des Paroisses n'ont pas une charge ou un Bénéfice en titre, ils sont <i>amovibles ad nutum,</i> toutefois &amp; quantes qu'il plaît aux Curés. Tous les Obédienciers ou Réligieux qu'on envoie desservir un Bénéfice sont <i>amovibles,</i> ou <i>amobiles.</i></p><p>Ce mot vient du verbe Latin <i>amovere</i>, qui se dit pour signifier, ôter d'un lieu, d'une place, d'un poste, d'une charge que l'on occupoit. On en a formé le mot barbare <i>amobilis,</i> d'où s'est fait <i>amobile,</i> &amp; ensuite <i>amovible. Qui amoveri potest.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1762" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOUN" />
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    <head>AMOUN</head>
    <p>
    AMOUN . Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:AMMON">AMMON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1763" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="AMOUQUE" />
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    <head>AMOUQUE</head>
    <p>
    AMOUQUE , s. m. Terme de Relation . C'est le nom des Gouverneurs, ou Pasteurs des Chrétiens de S. Thomas dans les Indes. <i>Praefectus,</i> ou <i>Pastor Christianorum S. Thomae.</i> Ce nom est Indien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1764" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOUR" />
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    <head>AMOUR</head>
    <p>
    AMOUR , s. m. &amp; f. <i>Amor.</i> Autrefois c'eût été une faute de faire <i>amour</i> masculin : Bertaud a dit, la petite <i>amour</i> parle, &amp; la grande est muette. Aujourd'hui il n'est plus que du masculin au singulier, en prose : <i>amour</i> divin, <i>amour</i> sacré, <i>amour</i> constant, <i>amour</i> violent, &amp;c. Mais on le fait encore quelquefois du féminin au singulier en vers. On ne l'emploie guère qu'au féminin au pluriel, quand on veut parler d'une passion déréglée : de folles <i>amours,</i> premières <i>amours,</i> nouvelles <i>amours,</i> &amp;c. Restaut : ou de l'objet même que l'on aime avec passion : être avec ses <i>amours,</i> quitter ses amours, il n'y a point de belles prisons ni de laides <i>amours.</i> Le passé n'a point vû d'éternelles <i>amours.</i> Quoi qu'il en soit, l'<i>amour</i> est une passion de l'ame qui nous fait aimer quelque personne, ou quelque chose ; ou selon Bussy Rabutin, un desir d'être aimé de ce que l'on aime. L'<i>amour</i> divin est le seul qui nous doit enflammer. L'<i>amour</i> paternel, l'<i>amour</i> conjugal, sont les <i>amours</i> les plus violens. L'<i>amour</i> des richesses est la cause de tous les vices. L'<i>amour</i> de la gloire est la cause des plus belles actions. On dit aussi, il aime d'<i>amour</i> ; pour dire, d'une amitié violente. Ce Prince est l'<i>amour</i> des peuples.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1764" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMOUR" />
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    <head>AMOUR</head>
    <p>
    Amour , se dit principalement de cette violente passion que la nature inspire aux jeunes gens de divers sexes. L'<i>amour</i> est une envie cachée &amp; délicate, de posséder ce que l'on aime. Rochef. L'<i>amour</i> est une passion inquiète, &amp; tumultueuse. L'<i>amour</i> est l'enfant du loisir. Corn. L'<i>amour</i> s'éteint dès qu'il cesse d'espérer, ou de craindre. Rochef. On ne peut pas long-temps cacher l'<i>amour</i> où il est, ni le feindre où il n'est pas. Rochef. L'<i>amour</i> n'est plus <i>amour</i> dès qu'il est sans desirs. Vill. L'<i>amour</i> a besoin de changer d'objet pour réveiller sa vivacité. On dit, qu'un jeune homme fait l'<i>amour</i> à une fille, quand il la recherche en mariage. On dit aussi odieusement, qu'il s'est marié par <i>amour</i> ; c'est-à-dire désavantageusement, &amp; par l'emportement d'une aveugle passion. Il y a aussi des <i>amours</i> brutaux, monstrueux &amp; contre nature. Les Anciens plaçoient le siége de l'<i>amour</i> dans le foie, comme nous dans le coeur.</p><p>Un de nos Auteurs a dit, qu'il en est de l'<i>amour</i> comme de la petite verole, qui est bien moins dangereuse, quand on est jeune, que dans un âge plus avancé.</p><p>Le P. le Moine, dans sa dissertation sur le Poëme Héroïque, a donné des règles pour les <i>amours</i> que l'on fait entrer dans un Poëme. Il veut, 1° ; qu'on les renferme dans les épisodes, sans leur permettre pour quoi que ce soit d'entrer dans l'action principale. 2°, Les <i>amours</i> qui entrent dans le poëme, doivent être des <i>amours</i> de Héros &amp; d'Héroïnes, &amp; non pas des <i>amours</i> de coquets &amp; de coquettes, 3°, Qu'il n'y ait rien que de bienséant &amp; de modeste. P. le M. Mais rien n'est plus contre la vraisemblance que de ne faire aucune pièce que l'<i>amour</i> n'en soit l'ame ; comme s'il entroit dans tout ce qui se fait au monde.</p><p>L'<i>amour</i> fait faire des choses bien extraordinaires. En 1226. le Comte de Champagne devint amoureux de Blanche de Castille Mère de S. Louïs. Pour elle, il perdit Montereau-Faut-yone, Nogent, &amp; plusieurs autres places ; ensuite de quoi il se retira à Provins, pour faire des vers &amp; des chansons amoureuses. <i>Mezeray.</i> De Rochef.</p><p>L'<i>Amour</i> conjugal. <i>Amor conjugum, conjugalis,</i> on <i>conjugialis.</i> L'<i>amour</i> conjugal a été représenté par Alciat en ses emblèmes par deux corneilles, dont l'amitié est inséparable, &amp; pendant la vie &amp; à la mort, selon Elien, Liv. III. Ch. 9. <i>Hist.</i>De Roch. S. Chrysostome dit, que le coeur est le symbole de l'<i>amour conjugal</i> ; il meurt par la moindre division de ses parties. Id.</p><p>On dit aussi des animaux qui sont en chaleur, qu'ils entrent en <i>amour,</i> lorsqu'ils recherchent leurs femelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1764" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMOUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AMOUR</head>
    <p>
    Amour , s. m. Se prend encore pour la Divinité fabuleuse des Payens, qu'ils s'imaginoient présider à l'<i>amour.</i> Ils tenoient que l'<i>amour</i> exerçoit son empire sur tout le monde, &amp; qu'il inspiroit aux deux sexes une inclination mutuelle. On a travesti l'<i>Amour</i> en Dieu pour excuser le vice. Port-R. L'<i>Amour</i> est tout nud. Les flambeaux de l'<i>Amour,</i> les flèches de l'<i>Amour.</i> Le bandeau de l'<i>Amour.</i> L'<i>Amour</i> est aveugle. On représente l'<i>Amour</i> comme un enfant, parce qu'il n'est jamais sage, &amp; qu'au contraire il est toujours badin, &amp; indiscret. S. Evr.</p><p>Il signifie aussi en ce sens, tous les petits agrémens qui naissent de la beauté. Les jeux, les ris, les <i>amours,</i> &amp; les graces. <i>Gratiae, veneres, lepores.</i> Vénus est la mère des <i>Amours.</i> Les <i>amours</i> ne se pressent plus guère autour d'elle, &amp; je ne voudrois point essuyer la honte de porter les derniers encens sur un autel qui tombe en ruine. Le Ch. d'H. Je veux des graces qui rient, &amp; des <i>amours</i> qui folâtrent. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1764" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMOUR" />
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    <head>AMOUR</head>
    <p>
    Amours , se dit aussi au pluriel. <i>Amores.</i> Les livres, les tableaux, sont ses <i>amours.</i> Il se nourrit de folles <i>amours.</i> C'étoient ses jeunes <i>amours,</i> ses tendres <i>amours.</i> Il signifie aussi, l'objet aimé. Mon coeur, mes <i>amours,</i> m'aimerez-vous toujours ?</p><p>L'<i>Amour propre,</i> c'est l'<i>amour</i> de soi-même. <i>Amor sui.</i> Rien n'est si impétueux que ses desirs, rien de si caché que ses desseins, rien de si habile que sa conduite. Rochef. L'<i>Amour propre</i> est le plus grand de tous les flatteurs. Id. Dieu ne nous commande point d'étoufer absolument l'<i>amour propre.</i> Au contraire, l'<i>amour</i> de nous-mêmes est renfermé dans le précepte de Jesus-Christ, d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. L'<i>amour propre</i> entre essentiellement dans l'exercice des vertus, &amp; une bonne action n'est qu'une manière de s'aimer, plus noble que les autres. Abad. Dieu intéresse l'<i>amour propre</i> par ses promesses, &amp; par ses menaces ; &amp; bien loin de le condamner, il en tire des motifs pour nous porter à la sanctification. Id. L'<i>amour propre</i> trahit ses intérêts à force d'être intéressé. S. Evr. Un <i>amour</i> désintéressé est une chimère : on n'aime que pour l'<i>amour</i> de soi-même. M. Scud.</p><p>L'amour propre <i>a souvent des routes inégales</i> ;</p><p><i>Pour l'amour.</i> Sorte d'adverbe, qui signifie, à cause, en considération. <i>Causâ, gratiâ alicujus.</i> Il faut tout abandonner <i>pour l'amour</i> de Dieu. J'espère que vous ferez cela <i>pour l'amour</i> de moi. Les Romains se sont sacrifiés pour l'<i>amour</i> de la patrie. Il faut donner l'aumône pour l'<i>amour</i> de Dieu. On s'en sert aussi en parlant des choses. Les avares n'agissent que <i>pour l'amour</i> des richesses. On entreprend tout <i>pour l'amour</i> de la gloire : mais alors il est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1764" id="5" type="">
   <index type="head" value="AMOUR" />
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    <head>AMOUR</head>
    <p>
    Amour , Il se dit proverbialement en ces phrases ; il n'est point de belle prison, ni de laides <i>amours.</i> On dit encore Tout par <i>amour,</i> &amp; rien par force. On dit encore, qu'une femme laide est un remède d'<i>amour.</i> On dit aussi, A battre faut l'<i>amour.</i> On dit aussi que.</p><p>On dit encore, Froides mains, chaudes <i>amours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1764" id="6" type="">
   <index type="head" value="AMOUR" />
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    <head>AMOUR</head>
    <p>
    <pb n="206" facs="bpt6k8542165/f246/full/1200,/0/native.jpg"/> Poire d'Amour . Espèce de poire qui se nomme autrement poire de livre. Voyez <ref type="search" target="head:LIVRE">LIVRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1764" id="7" type="">
   <index type="head" value="AMOUR" />
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    <head>AMOUR</head>
    <p>
    Freres de l'Amour . Une secte de fanatiques née en Hollande vers l'an 1590. prit le nom de <i>Frères de l'Amour.</i> Elle passa vers le même temps en Angleterre, où Henri Nicolas de Liége fit paroître plusieurs livres pleins de rêveries &amp; des blasphèmes de sa secte. Entre autres l'Evangile du Royaume, les sentences Dominicales ; la Prophétie de l'esprit d'<i>amour</i> ; la Publication de la paix sur la terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1765" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOURACHER" />
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    <head>AMOURACHER</head>
    <p>
    AMOURACHER , v. n. Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel, &amp; en mauvaise part, de ceux qui sont amoureux d'une personne de vile ou d'inégale condition. <i>Insano alicujus amore capi.</i> Cette femme s'est <i>amourachée</i> de son valet. Il n'est guère que du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1766" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOURETTE" />
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    <head>AMOURETTE</head>
    <p>
    AMOURETTE , s. f. Ne se dit qu'en mauvaise part, d'un attachement secret &amp; caché, ou d'un commerce illicite entre personnes disproportionnées. C'est ce qu'on appelle ordinairement une folle amour. <i>Clandestinus, aut illicitus amor.</i> Ce vieillard a encore une petite <i>amourette</i> en tête. Il s'est marié par <i>amourette.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1767" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMOUREUSEMENT" />
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    <head>AMOUREUSEMENT</head>
    <p>
    AMOUREUSEMENT , adv. D'une manière amoureuse, tendre &amp; favorable. <i>Amanter.</i> Cet amant regardoit <i>amoureusement</i> sa maîtresse. Ce Parasite regarde <i>amoureusement</i> les bons morceaux. Le ciel regarde <i>amoureusement</i> la terre, quand il l'échauffe, &amp; la rend féconde par ses bénignes influences. Et en matière de piété &amp; en parlant d'un amour saint, il regardoit <i>amoureusement</i> son Crucifix, &amp; le baignoit de ses larmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1768" id="1" type="comedie">
   <index type="head" value="AMOUREUX, REUSE" />
   <index type="src_domain" value="comedie" />
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    <head>AMOUREUX, REUSE</head>
    <p>
    AMOUREUX, REUSE , s. m. &amp; f. Qui a de la passion pour quelque chose, ou quelque personne. <i>Amator, Amatrix.</i> Il est <i>amoureux</i> des tableaux, <i>amoureux</i> de toutes les femmes qu'il voit. <i>Amoureux</i> de bonne foi. <i>Amoureux</i> transi. Si tu veux me persuader que tu es <i>amoureux,</i> sois sérieux &amp; triste, autrement on ne croira pas que tu desires. B. Rab. Auguste rendit de son joug l'Univers <i>amoureux.</i> Boil. L'homme n'est <i>amoureux</i> que de lui-même. M. Esp. C'est un sot personnage qu'un vieux <i>amoureux</i> qui se radoucit auprès d'une jeune personne. Bell. Je pars plus <i>amoureux</i> que je ne fus jamais. Racin.</p><p>On dit, en terme de comédie , faire les rôles d'<i>amoureux,</i> c'est-à-dire, faire les rôles d'amants.</p><p>On dit aussi <i>amoureux</i> parmi les Marins, pour dire <i>ami.</i> Travaillons mes <i>amoureux,</i> dit un Capitaine, en commandant la manoeuvre aux matelots ; c'est-à-dire, mes amis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1768" id="2" type="">
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    <head>AMOUREUX, REUSE</head>
    <p>
    Amoureux, euse , adj. Se dit des choses qui sont les instrumens de l'amour, ou qui concernent l'amour. <i>Amatorius.</i> Regards <i>amoureux.</i> Desirs <i>amoureux.</i> Vers, &amp; billets tendres &amp; <i>amoureux.</i> Faveurs <i>amoureuses.</i></p><p>Secrets <i>amoureux.</i> Transports <i>amoureux.</i> Les amans s'occupent de mille riens <i>amoureux,</i> pour eux seuls importans. Fonten. On dit poëtiquement : Languir dans l'empire <i>amoureux.</i></p><p>Les Médecins appellent les deux muscles obliques de l'oeil, <i>amoureux,</i> circulaires &amp; rotateurs, parce que leur mouvement marque de la tendresse ou de la passion.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui aime en tous lieux, &amp; dont le coeur est ouvert de tous côtés, que c'est un <i>amoureux</i> des onze mille Vierges ; &amp; celui qui n'aime point du tout, qu'il est <i>amoureux</i> comme un chardon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1769" id="1" type="">
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    <head>AMOUS</head>
    <p>
    AMOUS . Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:AMMON">AMMON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1770" id="1" type="">
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    <head>AMPÉLITE</head>
    <p>
    AMPÉLITE . Se dit d'une terre, qui se dissout, &amp; se fond dans l'huile ; elle sert à teindre les sourcils, ou les cheveux, &amp; à les noircir. <i>Ampelitis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1771" id="1" type="">
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    <head>AMPHIARÉES</head>
    <p>
    AMPHIARÉES , s. m. &amp; pl. <i>Amphiaraea.</i> Nom d'une fête chez les Grecs. Elle se célébroit au Temple d'Amphiarée, qui étoit sur le chemin d'Athènes à Orope.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1772" id="1" type="anatomie">
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    <head>AMPHIARTROSE</head>
    <p>
    AMPHIARTROSE , ou AMPHIARTHROSE, subst. f. Terme d'Anatomie . C'est une espèce d'articulation neutre, ou douteuse, que l'on distingue de la Diartrose, parce qu'elle n'a pas un mouvement manifeste ; &amp; de la Synartrose, parce qu'elle n'en est pas absolument privée. Telle est l'articulation des côtes avec les vertèbres, &amp; celle des os du carpe &amp; du tarse entre eux, laquelle tenant de l'une &amp; de l'autre, est appellée <i>Amphiartrose,</i> &amp; par quelques-uns <i>Diartrose synartrodiale.</i> Dionis. Ce mot vient d', deux, &amp; , articulation, comme si l'<i>amphiartrose</i> tenoit des deux autres espèces d'articulations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1773" id="1" type="">
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    <head>AMPHIBIE</head>
    <p>
    AMPHIBIE , adj. &amp; s. m. Animal qui vit tantôt dans l'eau, tantôt sur la terre. <i>Bestiae ancipites.</i> Les crocodiles, les castors, les loutres, les grenouilles, les tortues, le veau marin, sont des animaux <i>amphibies.</i> On a étendu ce mot à des hommes qui vivent long-temps sous l'eau. On trouve divers exemples de ces hommes <i>amphibies.</i> Il n'y en a point de plus surprenant que celui d'un Sicilien, que l'on appelloit le <i>poisson Colas.</i> Dès sa jeunesse il s'étoit tellement accoutumé à vivre dans l'eau, que son tempérament étoit tout changé ; vivant plutôt à la manière des poissons, qu'à la manière des hommes. Kirker. Les Paravas qui font la pêche des perles sont en quelque sorte <i>amphibies.</i> Voyez au mot PLONGEUR.</p><p>On dit fig. d'Un homme qui se mêle de différentes professions opposées l'une à l'autre, que c'est un <i>amphibie.</i></p><p>Ce mot vient du Grec, où il signifie, <i>Vie en deux manières</i>, ou <i>en deux endroits</i> : , <i>Circùm, &amp;</i> , <i>vita.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1774" id="1" type="">
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    <head>AMPHIBLESTROÏDE</head>
    <p>
    AMPHIBLESTROÏDE , s. f. <i>Tunica Retina,</i> ou <i>Retiformis.</i> C'est une tunique de l'oeil, qui est molle, blanche, &amp; glaireuse. Elle s'appelle par les Grecs , <i>Tunique amphiblestroïde,</i> parce que si on la jette dans l'eau, elle ressemble à un filet. Ce mot est composé d', qui vient d', <i>circùm,</i> &amp; de , <i>jacio</i> ; &amp; signifie une espèce de filet à jetter dans l'eau pour prendre du poisson ; &amp; de , <i>forme.</i> On appelle ainsi cette tunique de l'oeil, parce qu'elle est tissue en forme de filet, ou de réseau. Elle sort du centre du nerf optique, &amp; est composée de la substance medullaire de ce nerf ; &amp; s'étendant sur l'humeur crystalline, elle va aussi loin que le ligament ciliaire, ou les ligamens des paupières. Parce que cette membrane est blanche &amp; d'une substance moëlleuse, il semble qu'elle parte de la substance moëlleuse &amp; fibreuse du nerf optique, ensorte qu'elle ne soit rien autre chose qu'une extension des fibres de ce nerf, lequel s'assemble là en un corps rond, &amp; semblable à un filet ou réseau dans sa configuration. Cette tunique semble être le principal organe de la vûe : elle reçoit les espèces visibles dans le fond de l'oeil, de la même manière qu'une feuille de papier blanc reçoit dans une chambre bien fermée celles qui entrent par un petit trou, qu'on a laissé ouvert. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1775" id="1" type="grammaire">
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    <head>AMPHIBOLOGIE</head>
    <p>
    AMPHIBOLOGIE , s. f. Terme de Grammaire . C'est un vice du discours qui le rend ambigu &amp; obscur, &amp; qui le peut faire interpréter en divers sens. <i>Amphibolia.</i> Il s'entend plus particulièrement de la phrase, que des mots. Cet homme ne veut pas qu'on l'entende, il fait de grandes <i>amphibologies</i> qui aboutissent à rien. C'est une <i>amphibologie</i> que la réponse que Pyrrhus reçut de l'Oracle, qu'il avoit consulté sur la guerre qu'il avoit dessein de faire aux Romains, &amp; qui lui répondit par ces vers,</p><p>L'<i>amphibologie</i> consiste en ce que <i>te</i> &amp; <i>Romanos</i> peuvent être également nominatif &amp; cas : la Langue Françoise, qui énonce toujours les choses d'une manière naturelle, n'a point de ces sortes d'<i>amphibologies,</i> mais elle en peut avoir dans ses relatifs ; par exemple, <i>le Père du soldat que vous avez vû.</i> Le <i>que,</i> suivant la Grammaire, se rapporte au dernier, c'est-à-dire, à <i>soldat,</i> &amp; selon l'intention de celui qui parle, il se rapporte souvent au premier, <i>le père</i> : quand des deux noms il y en a un de genre féminin, &amp; <pb n="207" facs="bpt6k8542165/f247/full/1200,/0/native.jpg"/>l'autre de genre masculin, si le relatif se rapporte à celui qui est du genre féminin, on évite l'<i>amphibologie,</i> en mettant <i>laquelle,</i> au lieu de <i>que,</i> ou de <i>qui</i> ; par exemple, <i>la mère d'un tel laquelle parla,</i> au lieu de <i>la mère d'un tel qui parla.</i> Quand le verbe est au prétérit défini l'<i>amphibologie</i> est ôtée par le participe qui avec le verbe <i>être</i> compose ce prétérit, &amp; alors il n'est pas nécessaire de se servir du rélatif <i>laquelle,</i> qui ne fait pas un bel effet dans le discours ; par exemple, <i>la mère d'un tel que vous avez vue,</i> le <i>que</i> est déterminé par le participe <i>vue,</i> &amp; se rapporte au mot <i>mère.</i> S'il n'y avoit rien qui ôtât l'<i>amphibologie,</i> il faudroit dire <i>laquelle,</i> parce que la clarté est la première &amp; la plus essentielle qualité du discours, puisque les hommes ne parlent que pour se faire entendre.</p><p>On ne dit point cependant en Grec , ni , si ce n'est dans un Grec barbare ; &amp; ainsi le mot Latin <i>amphibologia,</i> d'où l'on a formé en François <i>amphibologie,</i> n'est point véritablement Latin. Ceux qui parlent bien, disent <i>amphibolia</i> en Latin. Erasme néanmoins s'est servi du mot Latin <i>Amphibologia,</i> mais il n'est pas à imiter en cela.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1776" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPHIBOLOGIQUE" />
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    <head>AMPHIBOLOGIQUE</head>
    <p>
    AMPHIBOLOGIQUE , adj. masc. &amp; fém. Qui contient de l'amphibologie, &amp; ne se dit que des discours, &amp; des paroles. <i>Ambiguus, anceps.</i> Cette phrase, cette construction est <i>amphibologique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1777" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPHIBOLOGIQUEMENT" />
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    <head>AMPHIBOLOGIQUEMENT</head>
    <p>
    AMPHIBOLOGIQUEMENT , adv. D'une manière amphibologique. <i>Ambiguè.</i> Tous ces mots viennent du Grec , qui signifie, <i>ambigu,</i> &amp; , <i>discours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1778" id="1" type="">
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    <head>AMPHIBRANCHIES</head>
    <p>
    AMPHIBRANCHIES , s. m. &amp; pl. Ce sont les espaces qui sont autour des glandes des gencives, qui humectent la trachée artère &amp; l'estomac. Harris. Ce mot vient d', <i>autour,</i> &amp; , qui se prend quelquefois comme , pour le gosier, la gorge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1779" id="1" type="poesie latine & grecque">
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    <head>AMPHIBRAQUE</head>
    <p>
    AMPHIBRAQUE , s. m. Terme de poësie Latine &amp; Grecque : c'est le nom d'un pied de trois syllabes, dont la première &amp; la dernière sont brèves, &amp; celle du milieu est longue, comme <i>amare. Amphibrachius.</i> Ce mot vient d', <i>circùm, tout autour,</i> &amp; de , <i>brevis, bref.</i> C'est comme si l'on disoit que ce pied est bref tout autour, &amp; long dans le milieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1780" id="1" type="">
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    <head>AMPHICTYON</head>
    <p>
    AMPHICTYON , s. m. Membre du Corps, ou Assemblée des <i>Amphictyons. Amphictyon.</i> Les <i>Amphictyons</i> étoient les Députés des villes &amp; des peuples de la Grèce qui représentoient la nation, avec un plein pouvoir de concerter, de résoudre, &amp; d'ordonner ce qui leur paroissoit convenir aux avantages de la cause commune. C'étoit à peu près ce que l'on appelle en Hollande les Etats Généraux, ou plutôt que l'on nomme en Allemagne la Diète de l'Empire. <i>Amphictyones.</i> Il y avoit plusieurs sortes d'<i>Amphictyons.</i> Les plus anciens institués par Amphictyon, troisième Roi d'Athènes, à dessein de lier plus étroitement les Grecs, &amp; d'en former un corps, dont l'union imprimât du respect &amp; de la terreur aux Barbares, s'assembloient deux fois l'année aux Thermopyles dans le Temple de Céres, bâti au milieu d'une grande plaine près du fleuve Asope. Tourreil. C'est de cet <i>Amphictyon</i> leur instituteur, que ceux-ci, &amp; de ceux-ci que les autres ensuite prirent leur nom. Pausanias, dans l'énumération des dix peuples qui composoient l'Assemblée des <i>Amphictyons,</i> ne compte que les loniens, les Dolopes, les Thessaliens, les Aenianes, les Magnetes, les Maléens, les Phthiotes, les Doriens, les Phocéens, &amp; les Locriens voisins de la Phocide. Il ne parle point des Achéens, des Eléens, des Argiens, des Messéniens, des Eoliens, ni de beaucoup d'autres. Tourr. On trouve encore le nom des peuples admis dans cette assemblée dans l'Oraison d'Aeschine <i>de falsa legatione.</i> Toute la Grèce relevoit de ce Tribunal, &amp; il décernoit toutes les récompenses &amp; les peines. Les nouveaux <i>Amphictyons,</i> qu'Acrisius institua sur le modèle des premiers, s'assembloient aussi deux fois l'année dans le Temple de Delphes, &amp; avoient une inspection particulière sur ce Temple. Les uns &amp; les autres s'appelloient indistinctement ; &amp; leur assemblée . Rome dans sa plus haute splendeur ne supprima pas l'assemblée des <i>Amphictyons.</i> Auguste y donna droit de séance à la ville de Nicopolis, qu'il fit bâtir après la bataille d'Actium ; mais ils n'avoient plus qu'un vain titre qui peu à peu s'anéantit. Strabon même assure Liv. IX. que de son temps ils ne s'assembloient plus. Au reste, Androtion, dans Pausanias Liv. X. par une raison d'étymologie arbitraire, veut qu'originairement les <i>Amphictyons</i> s'appellassent <i>Aphictyons,</i> &amp; que le temps ait ajouté une lettre à leur nom. Anaximènes &amp; le Scholiaste de Thucydide par la même raison les nomment <i>Amphictyons.</i> Moi tout uniment j'aime mieux croire, sur la foi de Théopompe, qu'ils prirent &amp; portèrent le nom de leur Fondateur, le Roi Amphictyon. Tourr. Philippe fut aggrégé au corps des <i>Amphictyons,</i> &amp; déclaré Chef de la Ligue sacrée, &amp; depuis ce temps-là il présidoit aux jeux Pythiques institués par les <i>Amphictyons.</i> Id. Les <i>Amphictyons</i> avoient dans les jeux Pythiques le titre de Juges, ou d'Agonothètes. Philippe, nouvel <i>Amphictyon,</i> exerça tous leurs droits, &amp; jouit de tous leurs priviléges. Il en abusa même dans la suite, &amp; y présida par Procureur. Id. Le même Auteur dit dans sa Préface, <i>p.</i> 81. qu'ils s'assembloient tantôt aux Thermopyles &amp; tantôt à Delphes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1781" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="AMPHIDÉE" />
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    <head>AMPHIDÉE</head>
    <p>
    AMPHIDÉE , subst. m. <i>Amphydaeum.</i> Terme d'Anatomie . Dans quelques Auteurs c'est le haut de la bouche de la matrice. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1782" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPHIDROMIE" />
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    <head>AMPHIDROMIE</head>
    <p>
    AMPHIDROMIE , s. f. Fête du Paganisme. <i>Amphidromia.</i> On la célébroit le cinquième jour après la naissance d'un enfant. C'étoit une réjouissance qui se terminoit par un festin, où le père convoquoit sa famille, &amp; ses amis. Il semble qu'il faudroit dire <i>Amphidromies,</i> pluriel ; car ce nom est purement Grec, &amp; en Grec il est pluriel, , aussi bien que presque tous les autres noms des fêtes. Voyez sur cette fête, Meursius. <i>Animad. miscell. Lib. III. art.</i> 33. &amp; <i>de Fer. Graec.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1783" id="1" type="poesie grecque & latine">
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    <head>AMPHIMACRE</head>
    <p>
    AMPHIMACRE , s. m. Terme de poësie Grecque &amp; Latine . C'est le nom d'un pied de trois syllabes, dont la première &amp; la dernière sont longues, &amp; celle du milieu brève, au contraire de l'amphibraque. <i>Praevident, Omnium, Castitas,</i> sont des <i>amphimacres.</i> Ce mot est Grec, composé d', autour, &amp; , long ; parce que les extrémités de ce pied sont longues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1784" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPHIPOLES" />
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    <head>AMPHIPOLES</head>
    <p>
    AMPHIPOLES , s. m. Archontes, ou Magistrats de Syracuse. <i>Amphipoles.</i> Ils furent établis par Timoleon en la 109e Olympiade, après qu'il eut chassé Denys le Tyran. Ils ont gouverné Syracuse pendant plus de 300. ans. Diodore de Sicile assure qu'ils subsistoient encore de son temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1785" id="1" type="">
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    <head>AMPHIPROSTYLE</head>
    <p>
    AMPHIPROSTYLE , s. m. Temple des Anciens qui avoit 4. colonnes à la face de devant, &amp; quatre à celle de derrière. <i>Amphiprostylos.</i> Il vient du Grec , <i>de côté &amp; d'autre,</i> , <i>devant,</i> &amp; , <i>colonne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1786" id="1" type="">
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    <head>AMPHISBÈNE</head>
    <p>
    AMPHISBÈNE , s. m. Serpent à deux têtes, qui mord par la tête &amp; par la queue. <i>Amphisbaena.</i> On dit qu'il s'en trouve dans les déserts de Lybie, &amp; il est le symbole de la trahison.</p><p>Le Griphon &amp; le Phenix, dit Thomas Brown, n'existent point dans la nature, non plus que l'<i>Amphisbène,</i> espèce de Serpent qu'on prétend avoir deux têtes, une à chaque extrémité, &amp; cela sur ce fondement unique qu'il marche en avant &amp; en arrière. Journ. <i>des S. Juin.</i> 1733. On voit dans une phiole remplie d'esprit de vin le Serpent <i>Amphisbène,</i> ou le <i>double-marcheur,</i> reptile rond, fort, venimeux, qui rampe &amp; qui se replie. Sa tête &amp; sa queue sont difficiles à distinguer, étant faites l'une comme l'autre. Merc. <i>Fév.</i> 1736.</p><p>Quelques-uns mettent l'<i>Amphisbène</i> au rang des lézards. Aërius dit que la <i>Scytala</i> &amp; l'<i>Amphisbène</i> sont semblables ; que ces animaux ne vont point en amenuisant, &amp; sont aussi gros d'un côté que d'autre, de sorte qu'il est difficile de connoître où est leur tête. L'<i>Amphisbène</i> va en avant &amp; en arrière ; ce qui n'est point en l'autre. Leurs piqûres, quoique venimeuses, ne sont pas mortelles ; mais sont comme celles des guêpes. On l'appelle autrement <i>Ennoye,</i> ou <i>Enny</i> : en Latin <i>caecilia</i> &amp; <i>amphisbaena,</i> qui vient de , &amp; de , <i>je marche,</i> comme serpent marchant de deux côtés, car on lui attribue deux têtes : &amp; ce qui a donné occasion à cela, c'est que sa figure est toute semblable à celle des vers de terre, dans lesquels il est fort difficile de distinguer la tête d'avec la queue.</p><p>Il y a des scolopendres qui sont aussi de ce genre. Voyez <i>Scolopendre.</i> On s'en sert dans le Blason, &amp; quelquefois on le confond avec l'<i>emphistère,</i> quoiqu'il en soit fort différent. Quand on ouvrit le tombeau de Chilpéric à Tournay, on y trouva des abeilles, &amp; des figures de serpens <i>amphisbènes,</i> ou à deux têtes.</p><p>L'<i>Amphisbène,</i> avec ce mot, <i>Mordet utrimque,</i> est la devise d'un Satyrique qui déchire les autres par ses discours &amp; par ses écrits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1787" id="1" type="astronomie & de geographie">
   <index type="head" value="AMPHISCIEN" />
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    <head>AMPHISCIEN</head>
    <p>
    AMPHISCIEN . Terme d'Astronomie &amp; de Géographie . <i>Amphiscii.</i> On nomme ainsi les peuples qui habitent la Zone torride, parce qu'ils ont l'ombre tantôt d'un côté, &amp; tantôt de l'autre, tantôt au Septentrion, &amp; tantôt au Midi. Ce mot vient du Grec , &amp; de , <i>ombre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1788" id="1" type="anatomiste">
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    <head>AMPHISMELE</head>
    <p>
    AMPHISMELE , s. f. <i>Amphismela.</i> Terme d'Anatomiste . C'est un instrument dont on se sert dans la dissection des os. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1789" id="1" type="">
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    <head>AMPHISTÈRE</head>
    <p>
    AMPHISTÈRE , s. m. Serpent, ou dragon qui a deux ailes, &amp; qui est souvent représenté dans les armoiries. <i>Amphistera.</i> Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>autour,</i> &amp; de , qui signifie <i>aile.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1790" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPHITHÉATRE" />
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    <head>AMPHITHÉATRE</head>
    <p>
    AMPHITHÉATRE , s. m. Bâtiment spatieux, rond, ou ovale, dont l'arène étoit de divers rangs de siéges, disposés par degrés, avec des portiques au-dedans &amp; au-dehors. <i>Amphiteatrum.</i> Chez les Anciens il étoit destiné à donner des spectacles au peuple ; comme les combats des Gladiateurs, ou des bêtes féroces. Le Théatre étoit construit en forme de demi cercle plus la quatrième partie du diamètre. Et l'<i>amphithéatre</i> étoit un double théatre, ou deux théatres joints ensemble. Ainsi l'axe de l'<i>amphithéatre</i> avoit de long un diamètre &amp; demi. Voyez Philand, ch. II. Liv. V. de Vitruve, Albert Liv. VIII. ch. 8. &amp; les <i>Antiquit. de Nîmes</i> par J. Poldo, ch. 24. On voit encore des <i>Amphithéatres</i> à Rome, à Nîmes, &amp;c. L'<i>Amphithéatre</i> de Vespasien, appellé le Colisée, &amp; celui de Vérone en Italie, sont les plus célèbres de l'antiquité. Un Gladiateur prenoit conseil dans l'<i>Amphithéatre,</i> &amp; se déterminoit sur la mine &amp; sur la contenance de son ennemi. Balz. Pline rapporte que Curion dressa un <i>Amphithéatre</i> qui tournoit sur de gros pivots de fer ; de sorte que du même <i>Amphithéatre</i> on pouvoit en faire, quand on vouloit, deux théatres différens, sur lesquels on representoit des pièces toutes différentes. Voyez Juste Lipse dans le traité qu'il a fait de l'<i>Amphithéatre.</i> Thom. Demster. <i>Antiq. Rom.</i> Liv. V. ch. 5. Ant. Frisius <i>de Arte Gymn.</i> Liv. III. ch. 4.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1790" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMPHITHÉATRE" />
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    <head>AMPHITHÉATRE</head>
    <p>
    Amphithéatre de Comédie, en France, se dit d'un lieu élevé vis-à-vis du théatre, d'où l'on voit commodément la Comédie : il est au-dessous des loges, &amp; plus haut que le parterre.</p><p>On appelle aussi <i>Amphithéatre,</i> des échafauts élevés par degrés, qu'on dresse dans les lieux où on doit faire de grandes cérémonies, afin d'y ménager de la place pour plus de spectateurs.</p><p>On dit aussi d'une colline qui s'élève doucement, &amp; en rond, qu'elle s'élève, qu'elle se courbe en <i>amphithéatre.</i></p><p>Ce mot vient d', autour, &amp; , <i>theatrum,</i> lequel vient de , <i>contemplor,</i> pour dire, qu'un <i>Amphithéatre</i> est un lieu d'où l'on peut voir de tous côtés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1791" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPHITRITE" />
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    <head>AMPHITRITE</head>
    <p>
    AMPHITRITE , s. f. <i>Amphitrite.</i> Nom propre d'une Déesse des anciens Grecs &amp; Romains. Elle étoit fille de Nerée &amp; de Doris, selon Hésiode Theog. v. 243. femme de Neptune, la même v. 930. <i>Claud. de Rapt. Proserp. v.</i> 103. C'est pour cela que les Poëtes la font Déesse de la mer, &amp; qu'en Poësie on prend quelquefois <i>Amphitrite,</i> comme Neptune, pour la mer. Comme dans Ovide Metam. Liv. I. v. 13. Catull. Argon. Ep. 65. v. 5. &amp; Dion. Perieg. v. 53. Elle eut de Neptune un fils nommé Triton, Hésiod. Theog. v. 930. Ce nom semble venir d', <i>circùm,</i> &amp; , <i>tero,</i> de ce que la mer environnant la terre la ronge tout autour ; ou bien d', &amp; de , qui signifie épouvanter, parce que la mer épouvante. C'est l'opinion d'Hesychius, de l'Etymologiste, &amp; de Tzetzes, ou du Scholiaste d'Hésiode. <i>Amphitrite</i> est représentée sur des médailles de Corinthe devant Neptune. Elle tient un petit enfant, qu'elle presente à ce Dieu ; &amp; Pausanias dit qu'il y avoit à Corinthe une statue d'<i>Amphitrite</i> dans le temple de Neptune. <i>Vaill. Colon. T. p.</i> 201. M. Spanheim <i>p.</i> 253. de la dernière édit. prétend qu'elle est souvent représentée comme une Syrène ; c'est-à-dire, tout le haut du corps jusqu'à la ceinture semblable à une femme, &amp; pour le bas au lieu de deux jambes deux queues de poisson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1792" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPHORE" />
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    <head>AMPHORE</head>
    <p>
    AMPHORE , s. f. Sorte de mesure des choses liquides, qui étoit en usage chez les Romains. <i>Amphora.</i> Chaque <i>amphore</i> tenoit trois boisseaux. Les vaisseaux qu'il étoit permis à chaque Sénateur d'avoir au nombre de deux pour son usage particulier, furent réglés du temps de la République à 300. <i>amphores,</i> &amp; par Auguste à 1000. <i>amphores.</i> De la Mar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1793" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPLE" />
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    <head>AMPLE</head>
    <p>
    AMPLE , adj. m. &amp; f. Qui est grand &amp; étendu. <i>Amplus.</i> Ils se sont battus dans une <i>ample</i> &amp; vaste campagne. Ce bâtiment n'est pas assez <i>ample</i> pour loger le train du maître. Ce pourpoint, ces manches, sont trop <i>amples,</i> trop larges. On lui a donné une <i>ample</i> collation, pour dire, fort grande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1793" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMPLE" />
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    <head>AMPLE</head>
    <p>
    Ample , se dit figurément en Morale, &amp; des choses spirituelles. Le pouvoir qu'on donne à des Plénipotentiaires ne sauroit être trop <i>ample.</i> Cette Bulle contient des priviléges fort <i>amples.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1794" id="1" type="">
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    <head>AMPLEMENT</head>
    <p>
    AMPLEMENT , adv. D'une manière fort ample. <i>Fusè, latèque, amplè,</i> Il a <i>amplement</i> répondu à toutes les objections qu'on lui a faites. Nous parlerons plus <i>amplement</i> de cette affaire une autre fois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1795" id="1" type="">
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    <head>AMPLEUR</head>
    <p>
    &#9758; AMPLEUR , s. f. Largeur, ou plutôt étendue en rondeur. Ce mot est en usage en parlant de la large étendue des habits. Les robes des femmes ont plus d'<i>ampleur</i> qu'elles n'en avoient avant l'invention des paniers. On prétend que les Dames Angloises ont porté l'<i>ampleur</i> des paniers au point où nous la voyons aujourd'hui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1796" id="1" type="">
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    <head>AMPLIATEUR</head>
    <p>
    &#9758; AMPLIATEUR , s. m. Terme peu en usage pour signifier celui qui étend ou qui augmente. Les seconds chefs ne peuvent être considérés que comme les <i>Ampliateurs</i> du premier établissement des Phocéens. Merc. <i>Octob.</i> 1731.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1797" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPLIATIF" />
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    <head>AMPLIATIF</head>
    <p>
    AMPLIATIF , adj. m. <i>Amplians.</i> On appelle indults <i>ampliatifs,</i> les indults que le Pape augmente en y ajoûtant quelque nouvel avantage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1798" id="1" type="finance">
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    <head>AMPLIATION</head>
    <p>
    AMPLIATION , s. f. Terme de Finance . <i>Exemplum, exemplar.</i> C'est le double qu'on retient d'une quittance ; ou autre acte dont on a besoin pour en faire apparoir, ou le produire en divers endroits.</p><p>Lettres d'<i>ampliation,</i> en termes de Chancelerie , sont des lettres qu'on obtenoit ci-devant pour articuler les moyens omis dans les lettres de Requête civile, qu'on avoit auparavant impétrées. Par l'Ordonnance de 1667. elles sont abrogées, &amp; il est dit que ces moyens seront articulés par une simple requête.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1799" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="AMPLIER" />
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    <head>AMPLIER</head>
    <p>
    AMPLIER , v. act. Terme de Palais , Différer. <i>Amplier</i> le terme d'un payement. <i>Ampliare praefinitum solvendo debito tempus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1799" id="2" type="">
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    <head>AMPLIER</head>
    <p>
    Amplier un criminel ; c'est différer son jugement. <i>Ampliare reum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1799" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMPLIER" />
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    <head>AMPLIER</head>
    <p>
    Amplier un prisonnier, C'est lui donner dans sa prison plus de liberté qu'il n'en avoit ; le tenir moins resserré qu'il n'étoit. <i>Custodiam facere liberiorem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1800" id="1" type="rhetorique">
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    <head>AMPLIFICATION</head>
    <p>
    AMPLIFICATION , s. f. <i>Amplificatio.</i> Terme de Rhétorique . C'est une partie du discours, ou de l'oraison, dans laquelle, &amp; par laquelle on aggrave un crime, on augmente une louange, on étend une narration, &amp; l'on excite les mouvemens qu'il convient dans l'ame de l'auditeur. La première partie est l'argumentation, qui comprend les preuves, &amp; la seconde est l'<i>amplification,</i> qui les étend, &amp; les pousse : toutes deux appartiennent à l'invention, qui est le premier devoir de l'Orateur. L'<i>amplification,</i> dit Cicéron, dans les partitions oratoires, est une espèce d'argumentation véhémente. C'est, dit-il, encore une forte affirmation qui persuade en excitant les mouvemens de l'ame. L'<i>amplification</i> est un des moyens qui contribuent au sublime. Longin. L'<i>amplification</i> se peut diviser en un nombre infini d'espèces ; mais l'Orateur doit savoir que pas une de ces espèces n'est parfaite de soi, s'il n'y a du grand &amp; du sublime ; si ce n'est lorsqu'on cherche à émouvoir la pitié, ou que l'on veut ravaler le prix de quelque chose. Par tout ailleurs si vous ôtez à l'<i>amplification</i> ce qu'elle a de grand, vous lui arrachez, pour ainsi dire, l'ame du corps. Id. Les Maîtres de l'éloquence appellent l'<i>amplification</i> l'ame du discours. Longin blâme ceux qui la définissent, un discours qui donne de la grandeur aux choses. Car, dit-il, cette définition peut convenir tout de même au sublime, au pathétique, &amp; aux figures : puisqu'elles donnent toutes au discours je ne sai quel caractère de grandeur. Le sublime consiste dans la hauteur, &amp; l'élévation ; au lieu que l'<i>amplification</i> consiste aussi dans la multitude des paroles. Le sublime se trouve quelquefois dans <pb n="209" facs="bpt6k8542165/f249/full/1200,/0/native.jpg"/>une simple pensée ; mais l'<i>amplification</i> ne subsiste que dans la pompe &amp; dans l'abondance. L'<i>amplification</i> donc, pour en donner une idée générale, est un accroissement de paroles, que l'on peut tirer de toutes les circonstances particulières des choses &amp; de tous les lieux de l'oraison, qui remplit le discours, &amp; le fortifie en appuyant sur ce qu'on a déja dit. Ainsi elle diffère de la preuve, en ce qu'on emploie celle-ci pour prouver la question, au lieu que l'<i>amplification</i> ne sert qu'à étendre &amp; à exagérer. Rien n'est plus contraire à l'éloquence qu'une <i>amplification</i> puérile, vuide de pensées, &amp; qui ne consiste que dans un vain appareil de mots entassés les uns sur les autres. La bonne <i>amplification</i> est un amas de pensées, qui enchérissent toutes les unes sur les autres, &amp; qui sont soutenues d'expressions vives, fortes, &amp; convenables au sujet.</p><p>On se sert aussi de ce terme hors de la Rhétorique, où on l'applique à tous les discours, &amp; aux narrations même ordinaires, quand on grossit, qu'on augmente les choses. Il y a de l'<i>amplification</i> à cette nouvelle ; il se prend alors pour exagération.</p><p>On appelle encore <i>Amplification,</i> le discours amplifié. On exerce les écoliers à faire des <i>amplifications</i> au Collége. Pour faire une bonne <i>amplification,</i> il faut que le discours s'élève par degrés, ensorte qu'un mot enchérisse sur l'autre : autrement l'<i>amplification</i> est languissante, &amp; n'a plus ni force, ni mouvement. Boil. Longin, dans son Traité du sublime chap. IX. &amp; X. Cicéron, dans ses <i>Partitiones Oratoriae n.</i> 27. <i>&amp;</i> 53. &amp; le P. Caussin, dans tout le Ve Liv. de son <i>Eloquentia sacra &amp; profana,</i> ont traité de l'<i>amplification.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1801" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPLIFICATEUR" />
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    <head>AMPLIFICATEUR</head>
    <p>
    AMPLIFICATEUR , s. m. Celui qui amplifie, &amp; qui aggrandit les choses au-delà de ce qu'elles sont. <i>Amplificator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1802" id="1" type="">
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    <head>AMPLIFIER</head>
    <p>
    AMPLIFIER , v. act. Etendre, augmenter. Il ne se dit qu'au figuré. <i>Amplificare.</i> Il <i>amplifie</i> toutes les histoires qu'il rapporte. Il a <i>amplifié</i> son Livre de divers Traités. Il a <i>amplifié</i> cette action par toutes les circonstances qui la peuvent aggrandir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1803" id="1" type="">
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    <head>AMPLISSIME</head>
    <p>
    AMPLISSIME , est une qualité dont on honore quelques personnes en leur parlant, particulièrement chez les Etrangers, &amp; dans les Universités à l'égard du Recteur. <i>Amplissimus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1804" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="AMPLITUDE ORTIVE" />
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    <head>AMPLITUDE ORTIVE</head>
    <p>
    AMPLITUDE ORTIVE , s. f. Terme d'Astronomie . C'est l'arc de l'horison qui se trouve entre le point où se lève un astre, &amp; celui du vrai orient, où se fait l'intersection de l'équateur, &amp; de l'horison. <i>Amplitudo ortiva.</i> On l'appelle autrement, <i>Latitude ortive.</i> L'<i>amplitude</i> occidentale est l'arc de l'horison terminé par le point où l'astre se couche, &amp; le point de l'occident équinoctial. L'<i>amplitude</i> orientale, ou occidentale, est appellée <i>septentrionale,</i> quand elle est dans la partie septentrionale ; &amp; <i>méridionale,</i> quand elle est dans la partie méridionale de l'horison. L'<i>amplitude</i> orientale du soleil se nomme <i>orient</i> du soleil, &amp; son <i>amplitude</i> occidentale, <i>occident</i> du soleil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1805" id="1" type="physique">
   <index type="head" value="AMPOULE" />
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    <head>AMPOULE</head>
    <p>
    AMPOULE , s. f. Terme de Physique . Il se dit de certaines petites bouteilles, ou enflures pleines de vent qui se font sur l'eau quand il pleut. <i>Bulla.</i> Il s'en fait aussi dans toutes les autres liqueurs agitées ; &amp; c'est ainsi que se forme l'écume, quand l'ébullition est bien petite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1805" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMPOULE" />
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    <head>AMPOULE</head>
    <p>
    Ampoule , se dit aussi de ces petites vessies, ou élévations qui se font sur la peau, &amp; qui sont pleines d'eau, ou de pus. <i>Tumor.</i> Il lui est venu des <i>ampoules</i> par tout le corps.</p><p>On appelle la <i>Sainte Ampoule,</i> certaine petite bouteille venue du ciel, où il y a de l'huile qui sert à sacrer les Rois de France, laquelle on garde bien dévotement en l'Abbaye de Saint Remi de Rheims. <i>Sacra Ampulla.</i> Hincmar Archevêque de Rheims, qui vivoit du temps de Charles le Chauve, rapporte en la vie de S. Remi, qu'une colombe blanche l'apporta du Ciel en son bec, lorsque les Saintes Huiles lui manquoient, à cause de la foule qu'il y avoit auprès des fonts baptismaux ; qu'elle disparut aussi-tôt ; que cette huile parfuma toute l'Eglise, &amp; que le Roi Clovis en fut baptisé. Il y a eu un beau <i>Traité Apologétique de la Sainte Ampoule,</i> fait par Alexandre le Tenneur contre Jacques Chifflet, imprimé en 1652. Voyez Du Cange au mot <i>Ampoule,</i> Aimoin L. I. chap. XVI. Flodoard, <i>Hist. Remens. Liv. I. ch. XIII. Annales Bertinienses au Ch.</i> 868. Gaguin, du Haillan <i>Liv. III. Rerum Gallicar.</i> le P. Sirmond sur la Lettre d'Avitus, <i>Conc. Gall. T. I. ad an.</i> 446. <i>p.</i> 1268. Morus <i>de sacris unctionibus,</i> Le Sueur Calviniste, <i>Hist. de l'Emp. &amp; de l'Eglise,</i> à l'an de Jesus-Christ 496. les notes du P. Ruinard sur Gregoire de Tours, <i>Hist. Franc.</i> Liv. II. ch. XXI. Gaguin, Hinemar, &amp; Aimoin, disent aussi que Clovis institua un Ordre de Chevaliers de la Sainte <i>Ampoule.</i> Joseph de Michieli, dans son <i>Tesoro Militar. fol.</i> 77. le P. Andrea Mendo Jésuite, <i>De ordinib, militar. fol.</i> 16. &amp; Bernardo Giustiniani, <i>Hist. dell' origine de Cavallieri Ch.</i> VI. en parlent aussi. Ce dernier dit, que les Auteurs ne disent point l'année que cet Ordre fut institué ; mais qu'il est aisé de juger que ce fut dans la solemnité de son baptême que Clovis l'institua, &amp; par conséquent l'an 485. de Jesus-Christ ; qu'il voulut que les Chevaliers s'appellassent <i>Chevaliers de S. Remi</i> ; qu'ils ne pussent être plus de quatre ; que leur fonction fût d'assister l'Evêque, lorsqu'il porte la Sainte <i>Ampoule</i> ; &amp; qu'ils n'ont point de bannière particulière, parce que la dignité de leur fonction suffit pour les distinguer parmi tous les autres Chevaliers. Ces quatre Chevaliers sont les Barons de Terriers, de Belestre, de Senestre, &amp; de Louversy. Ce même Auteur remarque dans sa seconde édition, que ces Chevaliers n'étant que quatre, ils ne peuvent passer pour un Ordre militaire. Une description des Ordres militaires imprimée à Paris en 1671. dit, qu'ils ont une Croix dont le tronc &amp; les branches sont triangulaires, avec quatre fleurs de lis dans les angles, &amp; sur le tronc de laquelle on voit au centre la Sainte <i>Ampoule</i> soutenue d'une main par-dessous, &amp; dessus un S. Esprit en forme de colombe. Tout cela certainement n'est pas plus du temps de Clovis, que le nom de Chevaliers de S. Remi.</p><p>Ce mot <i>Ampoule,</i> vient du Latin <i>ampulla,</i> qui signifie une bouteille qui a un cou long &amp; étroit. C'étoit autrefois un vaisseau où on gardoit le vin servant à l'autel. C'étoit aussi celui ou on gardoit l'huile, &amp; le saint Chrême pour les Catéchumènes, &amp; les malades.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1806" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPOULE, ÉE" />
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    <head>AMPOULE, ÉE</head>
    <p>
    AMPOULE, ÉE , part. Qui se dit d'un style vicieux, &amp; rempli mal à propos de plusieurs grands mots, &amp; magnifiques. <i>Tumidus, inflatus.</i> Des vers <i>ampoulés.</i> Un discours <i>ampoulé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1807" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPOULETTE" />
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    <head>AMPOULETTE</head>
    <p>
    &#9758; AMPOULETTE , s. f. Terme badin, dont un Poëte s'est servi pour signifier une petite bouteille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1808" id="1" type="marine">
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    <head>AMPOULETTES</head>
    <p>
    AMPOULETTES , s. f. plur. Terme de Marine . C'est le poudrier, ou l'horloge à sable, qu'on tient dans la chambre du vaisseau où est la boussole. <i>Horologium ex arena.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1809" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPOURDAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AMPOURDAN</head>
    <p>
    AMPOURDAN , ou AMPURDAN, Mais prononcez <i>Ampourdan,</i> s. m. Petit pays de la Catalogne, dont la capitale est Ampurias, de laquelle il a tiré son nom. <i>Ampuriensis ager,</i> ou <i>Emporiensis,</i> ou <i>Emporitanus tractus.</i> Dans l'usage, on dit le <i>Lampourdan,</i> du <i>Lampourdan,</i> par une corruption manifeste, qui du nom &amp; de l'article en a fait un nouveau nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1810" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMPURIAS" />
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    <head>AMPURIAS</head>
    <p>
    AMPURIAS , s. f. <i>Empuriae, Ampuriae.</i> Capitale du Lampourdan. On l'a nommé aussi <i>Emporium,</i> &amp; c'est de-là qu'est venu son nom, parce que c'est un port sur la Méditerranée, &amp; que c'étoit un abord de marchands.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1811" id="1" type="chirurgie">
   <index type="head" value="AMPUTATION" />
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    <head>AMPUTATION</head>
    <p>
    AMPUTATION , s. f. Terme de Chirurgie . Retranchement d'un membre qui se fait avec le fer. <i>Amputatio.</i> On ne peut guérir cette plaie ; il faut faire l'<i>amputation</i> du bras. En justice on punit comme une espèce de meurtre, les plaies faites par <i>amputation</i> de membres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1812" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMSDORFIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AMSDORFIEN, ENNE</head>
    <p>
    AMSDORFIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de secte d'hérétique Protestant du XVIe siècle, disciple d'Amsdorf. Les <i>Amsdorfiens,</i> dit Sanders <i>haer.</i> 186. enseignoient que les bonnes oeuvres étoient pernicieuses au salut ; cependant d'autres prétendent qu'à la vérité Amsdorf l'enseigna, mais que ses disciples l'abandonnerent en ce point. Les <i>Amsdorfiens</i> étoient Confessionistes rigides. Voyez encore Prateole au mot Amsdorf.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1813" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMSTERDAM" />
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    <head>AMSTERDAM</head>
    <p>
    AMSTERDAM , ou AMSTELDAM, s. m. <i>Amstelodamum, Amsterodamum, Amstelrodamum.</i> Ville &amp; port de mer en Hollande. Ce n'étoit qu'un Château sur la rivière d'Yam, lequel appartenoit aux Seigneurs d'Amstel, dont il prit son nom. Quelques Pêcheurs s'établirent autour du Château, en firent un bourg, qui grossit peu à peu par le commerce de la pêche. Gisbert d'Amstel, l'un des conjurés contre Florent V. Comte de Hollande, après son retour y fit bâtir des ponts, des tours, &amp; apparemment une chaussée, &amp; ce bourg commença à s'appeller <i>Amsteldam,</i> du mot <i>dam,</i> qui signifie <i>chaussée,</i> &amp; du nom des Seigneurs du Château, <i>Amstel.</i> Ainsi Amsteldam est proprement son nom ; mais l'usage est de dire <i>Amsterdam.</i> Elle ne fut entourée de murailles qu'en 1480. Depuis ce temps-là <i>Amsterdam</i> est une ville, &amp; a toujours crû jusqu'au point que nous la voyons. C'est aujourd'hui une des villes du monde des plus riches &amp; des plus marchandes. Mais c'est une tache pour une ville si célèbre, dit un Auteur imprimé à la Haye en 1698. que d'être le réceptacle de toutes les Religions. Sa longitude est 26d 34'. &amp; sa latitude 52d 30'. <i>Amsterdam</i> fut pris en 1578. par Guillaume de Nassau après un long siége. <i>Amsterdam</i> porte d'or au pal de gueule chargé de trois sautoirs d'argent : le P. Menestrier remarque très-bien que ce pal signifie la chaussée d'Amstel, &amp; les trois sautoirs marquent les levées &amp; les digues. Par une concession de l'Empereur Maximilien, de l'an 1490. ces armes sont timbrées d'une couronne impériale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1814" id="1" type="">
   <index type="head" value="NOUVELLE AMSTERDAM" />
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    <head>NOUVELLE AMSTERDAM</head>
    <p>
    NOUVELLE AMSTERDAM . <i>Novum Amstelodamum.</i> C'est une ville de l'Amérique septentrionale à l'embouchure du fleuve du Nord.</p><p>Il y a encore cinq Isles auxquelles on a donné le nom d'<i>Amsterdam.</i> L'une est dans la mer glaciale, près des côtes du Spitsberg. Une autre dans l'Asie, entre les Isles du Japon &amp; Formose. Une troisième dans la mer Pacifique, entre l'Isle Salomon &amp; les côtes du Pérou. La quatrième est dans l'Océan Indien, entre la nouvelle Hollande au levant, &amp; l'Isle de Madagascar au couchant. Enfin, la cinquième est dans l'Asie, près de la côte orientale de l'Isle de Ceilan. Les Hollandois y ont un fort, qu'ils nomment <i>Amsterdam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1815" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AMULER" />
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    <head>AMULER</head>
    <p>
    AMULER , Terme de Marine , c'est peser sur la voile &amp; sur le bord vers le vent. Voyez <ref type="search" target="head:AMURER">AMURER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1816" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMULETTE" />
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    <head>AMULETTE</head>
    <p>
    AMULETTE , s. m. Médicament composé de simples. On prétend qu'en l'attachant au col, il guérit ou préserve de divers maux. <i>Amuletum.</i> Il y a des <i>amulettes</i> mystérieux, qui consistent en caractères &amp; en paroles qui servent à éloigner les maux, &amp; à en garantir. Pline en fait souvent mention. Les superstitieux se chargeoient souvent de ces sortes d'<i>amulettes.</i></p><p>Le mot d'<i>amulette</i> vient du Latin <i>amuletum,</i> ou plutôt <i>amoletum, amolimentum</i> ; c'étoit un remède superstitieux contre les maladies, nous dirions en notre langue un <i>préservatif</i> : Les Grecs appellent ces sortes de remèdes .</p><p>Le Concile de Laodicée défend aux Ecclésiastiques de porter de ces <i>phylactères,</i> ou <i>amulettes,</i> sous peine d'être dégradés. S. Chrysostôme en parle dans quelques-unes de ses homélies sur S. Paul, &amp; il les regarde comme une espèce d'idolatrie, ne pouvant souffrir que les Chrétiens se servissent d'<i>amulettes</i> pour guérir les maladies, quoiqu'ils crussent ne point pécher, sous prétexte qu'ils ne faisoient autre chose que d'invoquer le nom de Dieu. S. Jerôme n'est pas plus favorable aux <i>amulettes</i> dans son Commentaire sur le chap. 23. de S. Matthieu, où il condamne de superstition tous les <i>phylactères</i> des Juifs, bien qu'ils fussent d'une autre nature que les <i>amulettes.</i> Il prend de-là occasion de rejetter comme superstitieuse une coutume qui étoit de son temps parmi le simple peuple, sur-tout parmi les femmes, qui portoient à leur col de petites parties des Evangiles, du bois de la Croix, quelques autres choses semblables, faisant paroître en cela plus de zèle que de véritable piété. <i>Hoc apud nos,</i> dit ce saint Docteur, <i>superstitiosae mulierculae in parvulis Evangeliis &amp; in crucis ligno, &amp; istiusmodi rebus quae habent quidem zelum Dei, sed non juxta scientiam, usque hodiè factitant.</i> Voyez Kirker, <i>Oed. Egyp. Clas. XI. chap.</i> 4. <i>Tom. II. p.</i> 445. &amp; suiv. &amp; dans le troisième Tome pag. 219, 335, 470, 518, 528, 564, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1817" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="AMURCA" />
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    <head>AMURCA</head>
    <p>
    AMURCA , s. f. Terme de Pharmacie . Médicament fait de la lie des olives. <i>Amurca.</i> Il est astringent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1818" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMURÉES" />
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    <head>AMURÉES</head>
    <p>
    AMURÉES , s. f. Nom d'un certain Ordre de Religieuses resserrées étroitement, &amp; enfermées de hautes murailles. <i>Amurées</i> a été dit pour <i>emmurées.</i> Menag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1818" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMURÉES" />
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    <head>AMURÉES</head>
    <p>
    Amurées , n'est point un ordre de Religieuses. Il y a à Rouen un Couvent de Religieuses de S. Dominique, qu'on appelle les <i>Amurées,</i> ou <i>Emurées</i> ; je crois qu'on leur a donné ce nom, parce qu'elles sont enfermées <i>intra muros,</i> quoique cela ne les distingue pas maintenant des autres Religieuses, qui toutes sont <i>Amurées</i> dans le même sens : peut-être que celles de Rouen ne l'ont pas été toujours, &amp; qu'on n'a commencé à les nommer <i>Amurées,</i> que lorsqu'elles furent bâties &amp; enfermées. Quoiqu'il en soit, il n'y a point d'Ordre de Religieuses qui s'appellent <i>Amurées.</i> C'est une maison particulière, &amp; non pas un Ordre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1819" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AMURER" />
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    <head>AMURER</head>
    <p>
    AMURER , ou AMULER, v. act. Terme de Marine . C'est bander &amp; roidir les couets, ou cordages qui tiennent au point d'enbas des pacfis, ou grandes voiles. <i>Pedem veli stringere.</i> On dit, <i>Amurer</i> tout bas ; lorsque l'on <i>amure</i> le plus bas qu'il est possible pour aller au plus près du vent, ou pour aller vent largue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1820" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AMURES" />
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    <head>AMURES</head>
    <p>
    AMURES , s. f. Terme de Marine . Ce sont des trous pratiqués dans le platbord d'un vaisseau &amp; dans la gorgère de l'éperon, pour y arrêter les cordages qui servent à bander les voiles. <i>Pes veli.</i> Les <i>amures</i> des voiles d'étai, sont de simples cordes. Les <i>amures</i> de la grande voile s'appellent <i>dogues d'amures.</i> L'<i>amure</i> d'une voile est son étroit, ou la manoeuvre qui sert à l'amurer. L'<i>amure</i> d'artimon, est un palanquin, ou quelquefois une corde simple. L'<i>amure</i> à basbord ou à stribord ; c'est à droit ou à gauche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1821" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMUSANT, ANTE" />
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    <head>AMUSANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; AMUSANT, ANTE , adj. Qui amuse agréablement, qui divertit. C'est un esprit <i>amusant.</i> C'est la personne du monde la plus <i>amusante.</i> Un livre fort <i>amusant.</i> C'est un homme d'une conversation fort <i>amusante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1822" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMUSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>AMUSEMENT</head>
    <p>
    AMUSEMENT , s. m. Occupation qui sert à passer le temps ; tout ce qui occupe ou distrait quelqu'un ; galanterie, badinage. <i>Occupatio ludicra, levis, jocosa.</i> La Poësie est un agréable <i>amusement.</i> Il ne faut pas jouer par avarice ; mais par <i>amusement,</i> pour passer le temps. Un simple <i>amusement</i> n'a pas la vivacité d'une passion. La Bruy. Il y a d'innocens <i>amusemens,</i> qui ne divertissent plus dès qu'ils deviennent une nécessité &amp; qu'on est dans la disgrace. S. Evr. Il est bon d'égayer la tristesse des leçons, &amp; de les déguiser en badinage, &amp; en <i>amusement.</i> Id. En Hollande les femmes sont assez sociables pour faire l'<i>amusement</i> d'un honnête homme ; &amp; trop peu animées pour en troubler le repos B. Rab. Vous pourriez avoir de ces <i>amusemens</i> galans, qui sans avoir les inquiétudes de l'amour, s'élèvent pourtant au-dessus de la tiédeur. S. Evr. Une coquette peut avoir plusieurs <i>amusemens.</i> La Bruy. C'est-à-dire, plus d'une galanterie.</p><p>Une Ballade présentée à Monseigneur, après le Camp de Compiegne, commence ainsi :</p><p>Le jeu ne convient nullement à un homme qui fait profession de piété, &amp; il ne doit pas s'en faire ni un <i>amusement,</i> ni une affaire, ni un plaisir. Ab. de la Tr. Il ne faut penser qu'à Dieu, &amp; laisser le monde pour ce qu'il est ; soyez sûr que tout y est, ou crime, ou affaire, ou <i>amusement.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1822" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMUSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AMUSEMENT</head>
    <p>
    Amusement , est aussi une sorte de diversion. <i>Distractio.</i> C'est <pb n="211" facs="bpt6k8542165/f251/full/1200,/0/native.jpg"/>un <i>amusement</i> qu'il donne à sa douleur. Il y a de certains chagrins auxquels on ne peut donner d'amus<i>emens.</i></p><p>Notre esprit, malgré nous, se répand au dehors,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1822" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMUSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AMUSEMENT</head>
    <p>
    Amusement , est aussi une espèce de tromperie, pour gagner du temps en faisant de belles promesses, &amp; en donnant de fausses espérances pour éblouïr les gens. <i>Ludificatio.</i> Ce créancier est las de tant d'<i>amusemens.</i> Tous ces vains <i>amusemens</i> m'impatientent ; je veux finir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1823" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMUSER" />
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    <head>AMUSER</head>
    <p>
    AMUSER , v. act. Arrêter quelqu'un, badiner, perdre le temps inutilement. <i>Morari, detinere.</i> J'ai trouvé un homme qui m'a <i>amusé</i> long-temps à me compter son procès. Ce valet s'<i>amuse</i> à chaque bout de champ. Voilà un homme qui ne s'amuse qu'à la bagatelle, il n'a point de sérieuse occupation. Il ne faut pas s'<i>amuser</i> à discourir, quand il faut agir. On a défait les ennemis qui s'<i>amusoient</i> au pillage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1823" id="2" type="">
   <index type="head" value="AMUSER" />
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    <head>AMUSER</head>
    <p>
    Amuser , signifie aussi, Tromper, repaître les gens de vaines espérances. <i>Ludificari.</i> Les Nobles sont sujets à <i>amuser</i> leurs créanciers, en leur promettant de les payer. Ce jeune homme <i>amuse</i> cette fille de l'espérance de l'épouser. Ils prétendoient nous <i>amuser</i> par des contes en l'air. Mol. On n'<i>amuse</i> pas long-temps le monde par les qualités que l'on n'a point. Wicq.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1823" id="3" type="">
   <index type="head" value="AMUSER" />
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    <head>AMUSER</head>
    <p>
    Amuser , Avec le pronom personnel se prend quelquefois en bonne part, &amp; signifie simplement, S'occuper, passer sa vie à quelque chose. <i>Occupari.</i> C'est un homme qui s'<i>amuse</i> à l'étude, à la Géométrie, à des expériences de Physique, à l'observation des astres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1823" id="4" type="">
   <index type="head" value="AMUSER" />
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    <head>AMUSER</head>
    <p>
    Amuser , se dit aussi au figuré des maux &amp; des passions auxquelles on tâche de faire diversion, en s'efforçant d'occuper son esprit à quelque autre chose. <i>Distrahere, avertere.</i> On doit dans l'état où il est, faire tout ce qu'on peut pour <i>amuser</i> sa douleur, <i>amuser</i> son amour. Ablanc. Un malade <i>amuse</i> son chagrin, &amp; se soulage en parlant de ses maux. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1823" id="5" type="">
   <index type="head" value="AMUSER" />
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    <head>AMUSER</head>
    <p>
    Amuser , se dit proverbialement en ces phrases. On dit, <i>amuser</i> le tapis ; pour dire, perdre le temps en vaines propositions, &amp; ne rien conclurre ; s'arrêter à plusieurs circonstances inutiles, sans venir à la question principale. On dit aussi, S'<i>amuser</i> à la moutarde ; pour dire, S'arrêter à des choses légères, &amp; ne pas venir aux solides.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1824" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMUSETTE" />
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    <head>AMUSETTE</head>
    <p>
    AMUSETTE , s. f. Petit amusement, bagatelles qui amusent, qui occupent. <i>Nugae.</i> On ne s'en sert guère, qu'en riant, &amp; dans le Comique. Il s'applique à mille bagatelles ; c'est pour lui une petite <i>amusette.</i> Il est impossible de vivre sans quelque <i>amusette.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1825" id="1" type="">
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    <head>AMUSEUR</head>
    <p>
    AMUSEUR , s. m. Qui amuse, qui trompe par ses délais, ou par ses fausses promesses. <i>Frustrator.</i> Défiez-vous de cet homme-là, c'est un <i>amuseur,</i> qui ne donne que des paroles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1826" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMUSOIR" />
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    <head>AMUSOIR</head>
    <p>
    AMUSOIR , s. m. ou AMUSOIRE, s. f. Ils ne sont que dans le style bas &amp; familier. Ils signifient des choses qui amusent &amp; qui occupent. Voyez <ref type="search" target="head:AMUSEMENT">AMUSEMENT</ref>.</p><p>Cet homme s'est fait une plaisante <i>amusoire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1827" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMYANTE" />
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    <head>AMYANTE</head>
    <p>
    AMYANTE , s. f. Pierre incombustible, laquelle étant bouillie dans une lescive faite avec de l'indigo, autrement de la guesde, perd les parties qui la rendent aride, &amp; après avoir été battue sous le marteau, devient si souple, qu'on la peigne, on la file, on l'ourdit, &amp; on en fait de la toile, qui se nettoie quand on la jette dans le feu. <i>Amiantus.</i> Elle croît en Chypre, &amp; les Cypriens en faisoient autrefois des voiles. Les Anciens, &amp; sur-tout les Brachmanes s'en servoient pour brûler les corps morts, afin d'en mieux recueillir les cendres. Dioscoride &amp; Matthiole disent que c'est la même chose que l'<i>alun de plume,</i> que les Grecs appelloient ; c'est-à-dire, <i>incombustible</i> ; ou , c'est-à-dire, <i>inviolable au feu.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AMIANTE">AMIANTE</ref>. Car c'est ainsi qu'il faut l'écrire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1828" id="1" type="">
   <index type="head" value="AMYGDALE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>AMYGDALE</head>
    <p>
    AMYGDALE , s. f. Se dit de petites glandes, qui sont aux côtés de la gorge, &amp; qui ont la figure d'une amande. <i>Tonsillae.</i> Les Médecins les appellent en Grec , à cause qu'elles sont auprès d'une partie de la gorge qu'on appelle <i>istme.</i> Elles servent à arroser perpétuellement de salive la gorge, la bouche, &amp; la langue. Les <i>amgydales</i> filtrent le sang qui leur est porté par les rameaux des carotides ; elles en séparent les sérosités, &amp; les déchargent dans le fond de la bouche pour humecter le larinx, &amp;c. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AN</head>
    <p>
    AN , s. m. ou ANNÉE, s. f. Termes synonymes. Mesure du temps que le soleil, ou la lune, emploie pour venir au même point du Zodiaque. <i>Annus.</i> L'<i>année</i> solaire est de 365 jours, cinq heures, 49 minutes, &amp; 16 secondes. Mr Cassini a donné à l'<i>année</i> solaire apparente 365 jours, cinq heures, 49 minutes, cinq secondes ; à l'<i>année</i> moyenne 365 jours, cinq heures, 29' 12''. C'est précisément l'<i>année</i> Grégorienne. Tacquet donne à l'<i>année</i> apparente 365 jours, cinq heures, 48' 45''. Et à la moyenne 365 jours cinq heures, 48' 40''. Dans les <i>Nouvelles littéraires de la mer Baltique</i> 1699. Mars pag. 83. Joachim Taedius donne à l'<i>année</i> solaire 365 jours, cinq heures, 47' 50'' 16 18137. L'<i>année</i> lunaire est de 354 jours, &amp; de 49 minutes, pendant lesquels elle parcourt douze fois le Zodiaque. L'<i>an</i> solaire est, ou astronomique, ou civil. L'astronomique est, ou tropique, ou astral. Le tropique, ou naturel, consiste dans le temps que le soleil emploie à parcourir le Zodiaque. L'astral est l'espace que le soleil emploie à retourner au même astre d'où il s'étoit éloigné. L'<i>an</i> civil, ou politique, est la forme de l'<i>année</i> que chaque nation a établie pour compter le temps.</p><p>Les Astronomes font une autre division de l'<i>année.</i> Ils distinguent l'<i>an planétaire,</i> l'<i>an émergent,</i> l'<i>an climactérique.</i> L'<i>année</i> planétaire, est le temps qu'une planète emploie à parcourir le Zodiaque par son mouvement propre d'Occident en Orient. Ainsi l'<i>an</i> planétaire de la lune est de 27 jours. L'<i>an</i> du soleil, de Vénus &amp; de Mercure, est de 365 jours. L'<i>an</i> de Mars est de deux <i>ans</i> ; l'<i>an</i> de Jupiter de douze <i>ans,</i> &amp; l'<i>an</i> de Saturne, de 30 <i>ans.</i> Ces <i>années</i> planétaires s'appellent aussi <i>périodes.</i> L'<i>an</i> émergent est l'époque où chaque peuple commence à compter ; comme les Grecs par la 1re Olympiade. L'<i>année</i> climactérique est l'espace de 7, ou de 9 <i>ans,</i> pendant lesquels on prétend qu'il arrive quelque changement dans le tempérament de chaque personne. En particulier à l'égard de l'<i>année</i> lunaire on la distingue en <i>commune</i> &amp; <i>embolismique.</i> L'<i>an</i> lunaire commun est de 354 jours. L'<i>an</i> embolismique est celui où l'on intercaloit un 13e mois lunaire ; ensorte que cette <i>année</i> embolismique étoit de 384 jours.</p><p>Les hommes curieux de découvrir la cause de la vicissitude des saisons, s'apperçurent bien-tôt que l'éloignement, ou la proximité du soleil, produisoit cette diversité ; &amp; ils appellerent <i>année,</i> tout l'espace de temps que le soleil emploie à parcourir l'intervalle dans lequel il roule sans cesse. Cependant l'on n'a point fait par-tout le même calcul du cours du soleil. Si l'on en croit Hérodote, les Egyptiens ont les premiers distingué l'<i>année</i> en 12 mois, qui faisoient 360 jours. Mercure y ajoûta cinq jours : &amp; l'on dit que Thalès institua l'<i>année</i> sur le même pied chez les Grecs. Cela n'étoit pourtant point général dans la Grèce. Il y avoit trop de villes indépendantes les unes des autres, pour convenir d'une règle uniforme. L'<i>année</i> des Hébreux étoit mixte ; car quoiqu'elle fût dirigée selon le cours de la lune ; c'est-à-dire, de 12 mois lunaires, ils intercaloient tous <pb n="212" facs="bpt6k8542165/f252/full/1200,/0/native.jpg"/>les trois <i>ans</i> un mois de 30 jours ; &amp; par cette augmentation leur <i>année</i> se rapprochoit à la mesure de l'<i>année</i> solaire. Voyez le Calendrier des Hébreux traduit par Munster, &amp; imprimé à Bâle en 1527. &amp; dans la Bibliothèque Rabbinique de Bartolocci, Tom. II. pag. 550 &amp; suiv.</p><p>Diodore de Sicile, Liv. I. Plutarque dans la vie de Numa, &amp; Pline, Liv. VII. ch. 48, disent, que les Egyptiens mesurèrent d'abord leurs <i>années</i> par le cours de la lune, &amp; qu'elles n'étoient que d'un mois ; qu'ils les firent ensuite de trois mois, puis de quatre, comme celles des Arcadiens, puis de six, comme celles des peuples d'Acarnanie, &amp; que c'est pour cela qu'ils comptent un si grand nombre d'<i>années</i> depuis le commencement du monde, &amp; que l'on trouve dans leur Histoire, des Rois qui ont vécu 1000 ou 1200 <i>ans.</i> Mais Hérodote ne parle point de cela ; il dit même que l'<i>année</i> Egyptienne étoit de douze mois, comme nous l'avons rapporté. D'ailleurs, nous savons par l'Ecriture que dès le déluge, l'<i>année</i> étoit composée de douze mois. Cham &amp; son fils Mizraim, fondateur de la Monarchie d'Egypte, avoient donc cet usage ; il n'est pas probable que ses descendans l'aient changé. Enfin, quoique Pline rapporte absolument, &amp; sans restriction, ce que nous avons dit, Plutarque ne le rapporte que comme une chose incertaine, ne disant pas que cela est vrai, ni qu'il y en ait des monumens ou des preuves ; mais seulement qu'on le dit. Bien plus, Diodore de Sicile, nous fait entendre que ce n'est qu'une conjecture de je ne sai quels Auteurs qu'il ne nomme point, &amp; qui probablement avoient imaginé ce système, pour ajuster, &amp; réduire la chronologie Egyptienne à celle des autres peuples, &amp; la rendre croyable. , &amp;c. C'est-à-dire, <i>ce nombre d'années étant incroyable, quelques-uns tâchent,</i> ou <i>entreprennent de dire</i> ; paroles qui montrent évidemment ce que j'ai remarqué. Un Auteur récent a écrit que Varron avoit dit de tous les peuples de la terre ce que ces Auteurs disoient des Egyptiens, &amp; il ajoûte que Lactance l'en reprend avec sujet. Je ne sai en quels endroits de Varron, ou de Lactance, il a vû cela. Ce que je sai, c'est que Lactance, <i>Liv. II. Divin. Inst. c.</i> 13. où il rapporte le sentiment de Varron, ne le fait parler que des seuls Egyptiens ; mais Saint Augustin, Liv. XV. <i>De Civit. Dei,</i> ch. 14. montre que les <i>années</i> des Patriarches, marquées dans l'Ecriture, sont semblables aux nôtres, &amp; qu'une des nôtres n'en vaut pas dix des leurs ; &amp; quoiqu'il n'attribue ce sentiment à personne, il semble cependant que quelqu'un l'eût soutenu, puisque ce Saint le réfute. Au reste, il ne parle point de tous les peuples de la terre ; mais seulement des Patriarches des Hébreux.</p><p>Les Romains commençoient leur <i>année</i> aux Calendes de Janvier. Romulus, peu versé dans l'Astronomie, abrégea l'<i>année</i> en 10 mois, qui s'achevoient en 304 jours. Numa Pompilius corrigea la confusion qu'apportoit cette constitution irrégulière de l'<i>année,</i> &amp; composa les mois de Janvier, &amp; de Février, des jours qui manquoient à l'<i>année</i> de Romulus, &amp; les plaça devant le mois de Mars, que Romulus avoit mis le premier, en le consacrant au Dieu Mars son père. Enfin, Jules-César, pour donner une forme certaine à l'<i>année,</i> la régla par le cours annuel du soleil ; &amp; pour trouver place aux jours dont l'<i>année</i> solaire surpassoit l'<i>année</i> lunaire de Numa, qui étoit de 355 jours, il les distribua sur les mois qui en avoient le moins. Ainsi l'<i>année</i> fut fixée à 365 jours &amp; 6 heures. L'<i>année</i> Chrétienne est constituee selon la réformation de Jules-César. Cependant parce que l'<i>année,</i> qui à cause de lui a été appellée <i>Julienne,</i> étoit plus longue de quelques minutes que l'<i>année</i> solaire astronomique, cette erreur presque imperceptible, répétée plusieurs fois, devint considérable : ensorte que depuis la correction de César, elle formoit 10 jours, &amp; que par-là les équinoxes avoient presque remonté au commencement des mois. Le Pape Grégoire XIII. pour remédier à ce dérangement des temps, qui s'augmentoit tous les <i>ans,</i> convoqua les plus habiles Astronomes ; &amp; pour remettre les équinoxes dans leur place, il ordonna par une Bulle, que l'an 1582. on retrancheroit 10 jours qui s'étoient accrus depuis le Concile de Nicée, &amp; que l'on compteroit le 15 Octobre, lorsqu'on ne devoit compter que le 5. Cette Bulle datée du 6. des calendes de Mars ou du 24. Février 1582. qui étoit le dixième <i>année</i> du Pontificat de ce Pape, fut publiée à Rome le Jeudi 3. Mars 1582, &amp; confirmée par une Déclaration du 7 Novembre de la même <i>année.</i> Sur quoi est intervenu en France l'Edit du Roi Henri III. donné à Paris au mois de Novembre 1582, portant que le 9. Décembre suivant étant expiré, le lendemain, que l'on auroit compté le dixième, seroit compté le vingtième du même mois, &amp; le lendemain 21, auquel se célébreroit la fête de S. Thomas, que le jour d'après seroit le 22 : De sorte que le jour qui auroit été le 15, seroit compté le 25, &amp; qu'on y célébreroit la fête de Noël : que cette <i>année</i> 1582, finiroit 6 jours après la fête de Noël, &amp; que la suivante que l'on compteroit 1583 commenceroit le septième jour d'après la même fête.</p><p>
    </p>
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    <head>AN</head>
    <p>
    l'An se distingue par différentes marques particulières, qu'on y a attachees. <i>Ans</i> de Grace, sont ceux que l'on compte depuis la Naissance de Jesus-Christ 1698, <i>Anni à Christo nato. Ans</i> du monde, ceux qui sont écoulés depuis la Création du Monde. <i>Anni ab orbe condito.</i> C'est-à-dire, selon Scaliger, 5647 <i>ans.</i></p><p>On le dit aussi des autres époques des temps. Un tel <i>an</i> de la fondation de Rome, de l'Hégire, de Nabonnassar, &amp;c. Voyez la différence de ces <i>années</i> au mot EPOQUE, &amp; les Tables de Du Cange pour la réduction de toutes ces <i>années</i> différentes à notre supputation commune.</p><p>L'an Bissextil, est celui où de quatre <i>ans</i> en quatre <i>ans</i> on insère un jour pour le faire de 366 jours. <i>Annus intercalaris.</i> Comme l'<i>année</i> Julienne est de 365 jours &amp; 6 heures. César ordonna que l'on composât des 6 heures qui excèdent, un jour en 4 <i>ans,</i> &amp; il fit intercaler ce jour après le 23 de Février, qui étoit le 6 des Calendes de Mars. Ainsi parce qu'on comptoit cette <i>année</i>-là <i>bis sexto calendas,</i> on l'appella <i>bissextus</i> ; &amp; de-là vient l'<i>an bissextil.</i> Mais parce que dans la réformation du Calendrier par les ordres du Pape Grégoire XIII. on s'apperçut en supputant, qu'il manquoit 11 minutes aux 6 heures dont se formoit le bissexte, &amp; que ces 11 minutes en 134 <i>ans,</i> ou environ, composoient un jour, l'on arrêta qu'en 400 <i>ans</i> l'on rettrancheroit trois bissextes. Par conséquent les <i>années</i> 1700, 1800, &amp; 1900, ne seront point bissextiles, parce que l'<i>an</i> 1600. a été bissextil : l'<i>an</i> 2000 le sera. Le premier jour de l'<i>année</i> est appellé par excellence, <i>le jour de l'an :</i> &amp; <i>le bout de l'an</i> se dit proprement d'un service qu'on fait dire pour un mort à pareil jour qu'il est décédé après l'<i>année</i> révolue.</p><p>
    </p>
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    <head>AN</head>
    <p>
    An de viduité, ou An de deuil, c'est l'<i>année</i> pendant laquelle une veuve doit s'abstenir de passer à un second mariage. <i>Annus viduitatis.</i> Les loix ont voulu qu'elle rendît ce respect aux cendres de son mari, &amp; que du moins elle honorât son tombeau de ses larmes, &amp; de ses regrets, pendant la première <i>année</i> de son veuvage. Par le droit Romain les veuves qui convoloient à de secondes noces dans l'<i>an</i> de deuil, étoient privées de tous les avantages qu'elles avoient reçus de leurs maris, afin de les obliger à conserver le souvenir de l'amitié conjugale. Cela s'observe encore dans les Provinces où le Droit civil est en usage. Ailleurs on suit plus communément le Droit canonique ; &amp; l'<i>an</i> de viduité n'est qu'une loi de bienséance. Seulement s'il y a soupçon de grossesse, la veuve ne doit pas précipiter son mariage, pour éviter la confusion du sang.</p><p>On dit, une prescription de dix <i>ans,</i> de vingt <i>ans,</i> de trente <i>ans,</i> de quarante <i>ans,</i> de cent <i>ans. Denarti, vicenarii, tricenarii, quadragenarii, centenarii anni praescriptio ; denaria, vicenaria, tricenaria, quadragenaria, centenaria usu capio.</i> On dit aussi <i>an</i> &amp; jour, pour dire un <i>an</i> entier &amp; accompli, de sorte qu'il y ait même un jour de l'<i>année</i> suivante. Cet homme est chargé d'<i>ans</i> &amp; d'ennuis. Les vieillards aiment ce qui rappelle leurs premières <i>années.</i> La Bruy. Mon corps n'est point courbé sous le faix des <i>années.</i> Boil. Mon sang déja glacé par le froid des <i>années.</i> Racin. Chargé de gloire &amp; d'<i>années,</i> vous devez regarder désormais les choses humaines avec une indifférence Stoïque. S. Evr.</p><p>
    </p>
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    <head>AN</head>
    <p>
    Année de Méthon. Voyez NOMBRE D'OR.</p><p>
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    <p>
    Année Sabbatique, est la septième <i>année,</i> pendant laquelle les Juifs laissoient reposer les terres, selon la loi de Moise. <i>Annus Sabbathi.</i> L'<i>an du Jubilé</i> étoit la 49e <i>année.</i> Comme elle étoit la septième <i>année sabbatique,</i> les Juifs la célébroient avec beaucoup de solemnité.</p><p>
    </p>
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    Année de probation, est celle du Noviciat des Religieux, dans laquelle on les éprouve, pour savoir s'ils pourront supporter les austérités de la Règle. <i>Annus probationis.</i></p><p>
    </p>
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    Année d'exercice, est celle où un Officier qui a des compagnons exerce sa charge. <i>Annus muneris functionis.</i></p><p>
    </p>
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    <p>
    Année Climactérique. C'est celle qui dans la vie de chaque homme revient de 7 en 7 <i>ans,</i> ou de 9 en 9. Voyez <ref type="search" target="head:CLIMACTERIQUE">CLIMACTERIQUE</ref>.</p><p>En Jurisprudence on dit que l'<i>année</i> commencée est tenue pour complète.</p><p>A Rome on appelle l'<i>Année</i> Sainte, celle où on fait l'ouverture du grand Jubilé. <i>Annus Jubilaei.</i></p><p>La grande <i>Année</i> des Platoniciens, est une révolution de trente-six mille <i>ans,</i> après laquelle ils prétendent que les planètes &amp; les étoiles se retrouveront au même point, &amp; dans le même ordre, ou dans leur première disposition.</p><p>Chez les Romains le commencement &amp; la fin de l'<i>année</i> étoit consacrés à Janus, &amp; c'est pour cela qu'on lui donnoit deux visages, dit S. Faustin, dans un Sermon imprimé par le P. Chifflet, &amp; Bollandus, Tom. I. pag. 2, &amp; 3.</p><p>Les premiers Chrétiens n'avoient point d'autre époque pour compter les <i>années,</i> que celle des Romains, ou des Payens. C'est Denys le Petit qui en 525. établit l'ère Chrétienne, &amp; commença à compter de la naissance de Jesus-Christ, qu'il fixa à la 45e <i>année</i> Julienne. Eusèbe l'a pourtant placée à l'<i>an</i> 43 Julien, &amp; 3947 du monde. En France l'on ne commença à compter par les <i>années</i> de la naissance de Jesus-Christ que dans le VIIIe siècle ; &amp; le Pape Eugène IV. en 1431 a été le premier qui ait employé dans les Bulles l'<i>année</i> de l'incarnation, si l'on en croit quelques auteurs ; mais le P. Papebroch, dans les <i>Acta Sanct.</i> du mois de Mai, Tom. IV. p. 13. a montré que long-temps avant Eugène, d'autres Souverains Pontifes l'avoient marquée. Il rapporte une Bulle de Paschal, datée de l'<i>an</i> 1114. de l'Incarnation de Notre-Seigneur, &amp; il remarque que cette manière de dater étoit très-ordinaire à ce Pape, &amp; à Urbain II. son prédécesseur ; que cependant ils ne l'observoient pas toujours ; qu'Honorius II. dans sa Lettre 7, &amp; Innocent II. dans les 3, 9, 12, 31, &amp; les six suivantes, marquent l'<i>année</i> de l'Incarnation ; qu'on la trouve aussi dans la 5 &amp; 6 de Lucius II. dans la 9, 10, 66, 70, 71, 72 d'Eugène III. dans la 12e d'Anastase IV. les 30, 38, 39 d'Adrien IV. dans la 52e, &amp; d'autres encore d'Alexandre III. &amp; dans la 5e d'Urbain III. que depuis ce temps-là on n'en trouve aucune dans la collection des Conciles jusqu'à Eugène IV. qui marque l'<i>année</i> de l'Incarnation ; mais on la trouve souvent dans Wading, <i>in Regesto,</i> sous Grégoire IX. &amp; ses successeurs depuis 1234 jusqu'en 1269. Après quoi on trouve peu d'actes solemnels signés de plusieurs Cardinaux dans un Consistoire, &amp; expédiés par le Vice-Chancelier de l'Eglise Romaine, qui aient cette date. Dans ce petit nombre le dernier est de Clément V. signé de quinze Cardinaux en date de l'<i>an</i> 1343. Depuis ce temps on ne la trouve plus jusqu'en 1431. sous Eugène IV. auquel temps à la représentation de Blondus de Forli Secrétaire du Consistoire, on commença, non pas absolument à dater, mais à dater constamment &amp; toujours les Bulles &amp; les Rescripts des Papes de l'<i>année</i> de l'Incarnation ; mais dès le Pape Jean XIII. au Xe siècle &amp; depuis, on la trouve quelquefois dans des actes moins solemnels.</p><p>L'<i>année</i> Françoise commençoit du temps des Mérovingiens, le jour de la revue des troupes, qui se faisoit tous les <i>ans</i> le premier jour de Mars. Elle commençoit d'ordinaire à Noël sous le regne des Carlovingiens, &amp; sous les Capétiens à Pâques ; ainsi cela varioit entre le 22. de Mars, &amp; le 25. d'Avril. L'<i>année</i> Ecclésiastique commença encore à Pâque. Ce n'est que depuis l'<i>année</i> 1564. &amp; en exécution de l'ordonnance de Charles IX. de 1563 appellée communément l'Edit de Roussillon, que l'<i>année</i> a commencé au premier Janvier, au lieu qu'elle ne commençoit auparavant qu'à Pâques. Le Parlement ne s'y est conformé qu'en 1566. On dit que c'est le Chancelier de l'Hôpital, qui fut Auteur de l'Edit dont on vient de parler. On a toujours depuis suivi ce style en France, quoique cet article 39 de l'Ordonnance de Roussillon en Dauphiné, n'ait jamais été enregistré au Parlement.</p><p>En Allemagne, en Italie, en Chypre, &amp;c. On a aussi commencé l'<i>année</i> à la Nativité. En Islande on la commençoit de même, si l'on en croit Olaüs Vormius ; <i>Fast. Danic, Liv. I. ch.</i> 12. mais Suénon <i>LL. Castr. ch.</i> 7. dit que c'étoit à la Circoncision. Les Pisans &amp; les Florentins, ceux de Trèves, &amp;c. l'ont commencée à la Fête de l'Incarnation, ou Annonciation.</p><p>En Angleterre l'<i>année</i> civile (par exemple, pour les actes du Parlement) ne commence que le 25. de Mars. Stow, Annaliste Anglois, remarque que Guillaume le Conquérant ayant été sacré le jour de Noël, ce jour devint le premier jour de l'<i>année</i> pour les Historiens, quoique dans les affaires civiles on retînt l'ancienne façon de compter, qui commençoit l'<i>année</i> au 25e de Mars. Depuis ce Prince les Diplomes des Rois ne marquent plus que l'<i>année</i> du regne, &amp; les autres actes n'en marquent presque point.</p><p>Les Juifs, comme presque toutes les nations de l'Orient, avoient une <i>année</i> Civile, qui commençoit à la nouvelle lune de Septembre ; &amp; une <i>année</i> Ecclésiastique, ou sacrée, qui commençoit à la nouvelle lune de Mars.</p><p>Eusèbe dit que les <i>années</i> des Egyptiens ne furent d'abord que de 360. jours, ensuite de 365. &amp; par conséquent toujours défectueuses. Le P. Kirker prétend qu'outre cette <i>année</i> solaire, il y avoit en Egypte quelques Nomes, ou Cantons, qui n'avoient qu'une <i>année</i> lunaire ; qu'il y en cut même dans des temps plus reculés, qui prirent la révolution de la lune, c'est-à-dire, le mois pour une <i>année</i> ; que d'autres trouvant cette <i>année</i> trop courte la firent de deux mois, quelques-uns de trois, &amp; enfin de quatre. Voyez l'<i>Oedip. Aegypt. Tom. II. pag.</i> 252. &amp; le Cardinal Noris <i>de Epoch. Syro-Mac. pag.</i> 206.</p><p>Les Macédoniens établis en Syrie commençoient l'<i>année</i> en Automne, &amp; le premier mois étoit celui qu'ils appelloient <i>Dius,</i> dont le premier jour, qui étoit aussi le premier jour de l'<i>an,</i> répondoit au 24. de Septembre. Ainsi le commencement de l'<i>année</i> Syro-Macédonienne tomboit à peu près à l'équinoxe d'Automne. Voyez le Card. Noris au même endroit pag. 14.</p><p>Les Mahométans la commencent au moment que le soleil entre dans le signe d'Aries ; les Perses au mois Fernadin, qui répond au mois de Juin ; &amp; les Gentils de l'Inde la commencent au premier jour de Mars. Les Asiatiques ne comptent point comme en Europe l'<i>année</i> par le cours que fait le soleil, mais par celui de la lune, qui contient, selon eux, 354. jours, qui font douze lunes ; de sorte que tous les trois <i>ans</i> ils comptent treize lunes pour leur bissexte, &amp; croient par ce moyen les égaler aux <i>années</i> solaires. Marin. Les Arméniens (en Perse en 1619.) célèbrent le jour de la naissance de Notre Seigneur, selon le calcul du vieux Calendrier le 3e Janvier du nouveau style. Wicqf. <i>Amb. de Fig.</i></p><p>Le P. d'Acosta, Jésuite ; dans son <i>Histoire des Indes</i> Liv. VI. ch. 2. rapporte que les Mexicains commencent l'<i>année</i> au 23e. Février, selon notre calcul, lorsque les feuilles commencent à reverdir ; qu'ils divisent leur <i>année</i> en 18. mois de 20 jours chacun, ce qui fait 360. jours ; que les 5. qui restent pour accomplir l'<i>année,</i> ils ne les donnent à aucun mois, mais qu'ils les comptent séparément ; que toute affaire cesse pendant ces cinq jours, même les sacrifices ; qu'on ne s'assemble point aux temples, &amp; qu'ils ne s'occupent qu'à se visiter les uns les autres ; qu'ils appellent ces cinq jours les jours fainéans ; qu'ils ont des semaines de 13. jours, qu'ils ont aussi des semaines d'<i>années</i> composées aussi de 13. <i>années,</i> qu'une révolution de quatre de ces semaines d'<i>années,</i> c'est-à-dire, de 52. <i>ans,</i> fait leur siècle. Nous pourrons dire le reste aux mots <i>Calendrier, Mois, Semaine.</i> Antoine de Sollis dit la même chose dans son <i>Histoire du Mexique</i> Liv. III ch. 17.</p><p>Dom Francisco Alvarès rapporte quelque chose de semblable des Abyssins dans son Voyage d'Ethiopie. Il dit qu'ils <pb n="214" facs="bpt6k8542165/f254/full/1200,/0/native.jpg"/>commencent leur <i>année</i> le 26. d'Août, jour de la Décolation de Saint Jean ; que l'<i>année</i> est de 12. mois, &amp; les mois de 30. jours ; qu'après ces douze mois il reste cinq jours, &amp; les <i>années</i> bissextiles six, qu'ils nomment <i>Pagomen,</i> c'est-à-dire, fin de l'<i>année.</i> Ludolf Liv. III. ch. 6. §. 97. dit qu'ils commencent l'<i>année</i> le premier jour de Septembre. Du reste, il convient avec Alvarès, dans le Calendrier Ethiopien qu'il nous a donné dans son II. Tome p. 389. il met le premier jour de l'<i>année</i> au 29. d'Août. Voyez aussi Kirker <i>Lex. Copt. p.</i> 537.</p><p>Le P. d'Acosta au chap. 3. du livre que j'ai cité, dit, que les peuples du Pérou règlent encore mieux leur <i>année</i> ; parce qu'ils ont égard aux lunes. Ils donnent à leur <i>année</i> 365. jours comme nous, &amp; la partagent aussi-bien que nous en 12. lunes, ou mois, dans lesquels ils répartissent les jours qui restent. Avant la conquête des Espagnols, sur les collines qui entourent Cuzco, qui étoit la Capitale de l'Empire &amp; le sanctuaire de la Religion, ils avoient élevé douze piliers de bois, disposés de sorte, &amp; en telle distance, que chaque pilier marquât l'endroit où le soleil se levoit, &amp; où il se couchoit chaque mois. Ils appelloient ces piliers <i>succanga,</i> &amp; marquoient dessus les Fêtes de chaque mois, &amp; les temps des semences, de la récolte, &amp;c. Chaque mois avoit son nom propre &amp; ses Fêtes particulières. Ils commençoient autrefois l'<i>année</i> comme nous au mois de Janvier ; mais un de leurs Incas, qu'ils nomment <i>Paschacuto,</i> c'est-à-dire, Réformateur du temps, plaça le commencement de l'<i>année</i> dans le mois de Décembre apparemment pour commencer l'<i>année</i> au temps que le soleil part du dernier point du Capricorne, qui est le Tropique qu'ils voient. Quelques-uns prétendent que les Pérouans &amp; les Mexicains avoient des <i>années</i> bissextiles ; mais le P. Acosta dit qu'on n'a rien de certain sur cela. Les Pérouans n'avoient point de semaines.</p><p>Les Brames de l'Inde commencent l'<i>année</i> avec la nouvelle lune qui tombe en Avril, auquel jour ils célèbrent une fête qu'ils nomment <i>Samwat saradi Pauduga</i> ; c'est-à-dire, <i>la Fête du premier jour de l'an.</i> Ceux du Guzarate commencent leur <i>année</i> le 18. de Mars. Les Chinois &amp; la plupart des Indiens avec la première lune en Mars ; &amp; alors ils se réjouissent aussi, &amp; font de grands festins. Les Brames ont 12. mois en l'<i>année,</i> &amp; une <i>année</i> de treize mois, après le cours de trois ans ; ils joignent entre deux, comme nous, un jour au mois de Février après le cours de quatre <i>ans.</i> Ils ont sept jours, qui tirent leur nom des planètes, comme parmi les Latins. Ils ont aussi un siècle de soixante <i>ans</i> ; &amp; après qu'ils sont achevés, ils recommencent de nouveau. Ceux de la Chine, &amp; les autres Indiens, ont aussi une <i>année</i> de 13. mois, comme les Bramines, ou Brachmanes. Voyez Abraham Roger de la vie &amp; des moeurs des Bramines.</p><p>Le Portugais Barbosa dit, que les habitans de Calecut commencent l'<i>année</i> au mois d'Avril, qu'ils ont l'<i>année</i> lunaire ; qu'ils divisent leurs mois selon les signes ; &amp; qu'il y en a de 20. de 30. &amp; de 31. jours.</p><p>Les Grecs commencent à compter les <i>années</i> du monde par le premier de Septembre. A Rome il y a deux manières de compter l'<i>année</i> : l'une commence à Noël, à cause de la Nativité de Notre Seigneur ; les Notaires usent de cette date, &amp; disent <i>A Nativitate</i> : &amp; l'autre au mois de Mars, à cause de l'Incarnation ; &amp; c'est ainsi que les Bulles sont datées, <i>Anno Incarnationis.</i></p><p>Nos anciens Historiens François ont compté les <i>années</i> du jour de la mort de S. Martin, qui mourut en 401. ou 402. C'est l'époque de Grégoire de Tours.</p><p>Les Coptes &amp; les Abyssins ont une ère, dont les <i>années</i> commencent au temps de la persécution de Dioclétien, comme l'a remarqué Kirker <i>Prodr. Copt. ch.</i> 2. &amp; Bollandus Tome I. pag. 572. &amp; qu'ils appellent les <i>années</i> de grace &amp; de miséricorde passées depuis la mort des Martyrs.</p><p>Les Turcs appellent l'<i>année</i> du serpent, l'<i>année</i> du loup Cervier, ou du léopard, l'<i>année</i> du porc, l'<i>année</i> du lièvre, &amp;c. les <i>années</i> différentes d'un cycle particulier qu'ils ont dans leur Calendrier, aussi bien que les Orientaux.</p><p>L'<i>année</i> de l'Hégire est l'<i>année</i> de l'ère dont se servent tous les Mahométans, &amp; qui commence, selon eux, le premier jour de la lune de Moharrem, la 5e férie, ou selon nos Chronologistes, la 6e qui répond au 15e Juillet, prenant le commencement de cette lune depuis le soleil couché du même jour de l'<i>an</i> 622. de Jesus-Christ. Voyez <ref type="search" target="head:HEGIRE">HEGIRE</ref>.</p><p>A la Chine les trois premiers jours de l'<i>année</i> se passent dans tout l'Empire en réjouissances. On s'habille magnifiquement, on se visite, on fait des présens à tous ses amis, &amp; aux personnes qu'on a quelque intérêt de ménager. Le jeu, les festins, les comédies, occupent tout le monde. P. le Comte.</p><p>Souhaiter la bonne <i>année,</i> une heureuse <i>année</i> ; c'est un devoir de civilité que les amis se rendent mutuellement au commencement de l'<i>année.</i> Cette cérémonie est très-ancienne. On ne s'en tenoit pas seulement aux complimens chez les Romains ; on offroit aussi des présens, ou des étrennes, comme nous faisons encore ; &amp; l'on faisoit des voeux aux Dieux pour la conservation de ses amis. Lucien dit que c'étoit une très-ancienne coutume, &amp; que Numa en étoit l'Auteur. Ovide indique la même cérémonie au commencement de son premier livre des Fastes.</p><p>Et Pline encore plus clairement Liv. XXVIII. ch. I. <i>Primum anni incipientis diem laetis precationibus invicem faustum ominamur.</i></p><p>On dit, qu'une terre rapporte tant, bon <i>an,</i> mal <i>an,</i> lorsqu'on fait compensation des bonnes &amp; des mauvaises <i>années,</i> &amp; qu'on en fait un prix mitoyen, ou une <i>année</i> commune. Ainsi on dit, une bonne <i>année,</i> une méchante <i>année,</i> selon que les moissons ont été abondantes, ou défectueuses, ou qu'une charge a été lucrative.</p><p>On dit proverbialement, Il nous en a donné pour la bonne <i>année,</i> quand on a donné quelque chose en abondance, &amp; plus qu'on n'en avoit de besoin.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>annus</i>, qui vient de la préposition <i>an,</i> qui anciennement se prenoit pour <i>circùm.</i> L'<i>année</i> n'est qu'une certaine révolution de jours. Quelques-uns le font venir du Grec . Il semble de plus au P. Pezron que <i>Ennus,</i> vieux mot, le même que <i>Annus,</i> est pris du <i>henn</i> des Celtes, qui signifie <i>vieux</i> &amp; <i>ancien</i> ; parce que l'<i>année</i> vieillit toujours en s'avançant.</p><p>
    </p>
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    <head>ANA</head>
    <p>
    ANA , s. m. Les livres en <i>ana.</i> Ce mot ne signifie rien, &amp; n'est qu'une terminaison Latine de noms adjectifs neutres pluriels ; mais parce que depuis quelque temps on a formé de ces sortes d'adjectifs Latins des titres à des livres, même François, qui sont des Recueils des mots ou sentimens mémorables de quelques savants, ou gens d'esprit ; on appelle ces livres des livres en <i>ana,</i> ou simplement des <i>ana,</i> ainsi l'on dit, Tous ces livres en <i>ana,</i> ou tous ces <i>ana</i> me déplaisent fort. Les livres en <i>ana</i> font souvent dire aux gens des choses auxquelles ils n'ont jamais pensé, ou qu'ils devroient n'avoir jamais dites. M. Wolfius a fait l'Histoire des livres en <i>ana</i> dans sa Préface des <i>Casauboniana.</i> Il y dit que si ces sortes de titres sont nouveaux, la chose est fort ancienne ; que les livres de Xénophon, des dits &amp; faits de Socrate, &amp; les Dialogues de Platon, sont des <i>Socratiana</i> ; que les Apophthegmes des Philosophes recueillis par Diogène Laërce, les sentences de Pythagore, celles d'Epictète, les ouvrages d'Athénée, de Stobée, &amp; de plusieurs autres, sont des livres en <i>ana.</i> La Gemare même des Hébreux, plusieurs livres Orientaux, dont la Bibliothèque Orientale d'Herbelot est pleine, sont encore de ce genre selon M. Wolfius.</p><p>Les <i>Scaligeriana</i> sont le premier livre qui ait paru avec un titre en <i>ana.</i> Ils ont été faits sur les papiers de Vassant &amp; de Verthunien, qui, à ce que l'on prétend, les avoient recueillis de la bouche de Scaliger, auquel ils étoient attachés. La première édition fut faite à la Haye en 1666. sur les papiers de Vassant, qui les avoit donnés à M. Pithou. La seconde à Groningue en 1669. sur ceux de Verthunien, que M. Sigone Docteur en Droit de Poitiers avoit recouvrés ; &amp; ce fut Tannegui le Fevre qui en eut soin. Ensuite vinrent les <i>Perroniana,</i> les <i>Thuana,</i> les <i>Naudaeana,</i> les <i>Patiniana,</i> les <i>Sorberiana,</i> les <i>Menagiana,</i> les <i>Anti-Menagiana,</i> les <i>Fureteriana,</i> les <i>Chevraeana</i> &amp;c. <pb n="215" facs="bpt6k8542165/f255/full/1200,/0/native.jpg"/>jusqu'aux <i>Arlequiniana,</i> les plus fades des tous les <i>ana.</i> Les <i>Menagiana</i> passent pour être les meilleurs &amp; les mieux choisis. Les <i>Chevraeana</i> sont des traités composés par M. Chevreau ; les <i>Casauboniana</i> des remarques écrites &amp; laissées par Casaubon. Wolfius y a ajoûté des notes. Burcard Gotthelfius Struvius, dans ses <i>supplementa ad notitiam rei litterariae,</i> ch. 7. donne une liste de tous les <i>ana.</i></p><p>A s'en tenir à la première idée qu'on a des <i>ana,</i> ils devroient n'être recueillis que des entretiens, &amp; cela même suffit presque pour les décrier ; puisque tous les défauts qu'on reproche à la langue doivent s'y rencontrer, légèreté, précipitation, manque d'exactitude, inutilités, médisances, &amp; souvent calomnies. La plume est plus circonspecte ; &amp; par conséquent les lettres sont autant préferables à tous ces <i>ana,</i> que ce qui est pensé l'est à ce qui est jetté au hazard &amp; sans réflexion.</p><p>
    </p>
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    <head>ANABAPTISME</head>
    <p>
    ANABAPTISME , s. m. <i>Anabaptismus.</i> Hérésie, ou secte des Anabaptistes. L'<i>Anabaptisme</i> s'est insensiblement glissé dans toute l'Allemagne, hormis dans l'Autriche, &amp; dans les Etats de Bavière. Il s'est repandu dans la Bohème, en Saxe, dans les villes Anséatiques, dans les Etats de Brunswich, en Danemarck, en Hollande, en Angleterre &amp; en Ecosse. Jovet.</p><p>
    </p>
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    <head>ANABAPTISTE</head>
    <p>
    ANABAPTISTE , s. m. &amp; Sectaire ; c'est un nom formé de leurs erreurs touchant le Baptême. <i>Anabaptista.</i> Ils tiennent qu'il faut rebaptiser les enfans quand ils sont en âge de raison ; parce qu'ils soutiennent qu'il faut être en état de rendre raison de sa foi, pour recevoir légitimement le Baptême. Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>denuò, une seconde fois,</i> &amp; qui dans la composition des mots signifie <i>réitération</i> ; &amp; de , <i>Je baptise,</i> verbe dérivé de , <i>mergo,</i> je plonge dans l'eau.</p><p>Il y a eu des <i>Anabaptistes</i> dans la primitive Eglise, c'est-à-dire, des Hérétiques qui baptisoient une seconde fois. Tels étoient les Novatiens, les Cataphryges, les Donatistes. Il y eut même au troisième siècle des Prélats Catholiques en Asie &amp; en Afrique qui prétendirent, que le Baptême des Hérétiques n'étoit pas valide, &amp; qu'il falloit rebaptiser ceux d'entre eux qui se convertissoient. Ceux de Cilicie, de Cappadoce, de Galatie, &amp; de quelques Provinces voisines, dans un Concile qu'ils tinrent à Icone, ayant à leur tête Firmilien ; &amp; ceux d'Afrique, dans deux Conciles de Carthage, où présida S. Cyprien, le déclarerent ainsi ; mais le Pape Etienne I. s'opposa à cette erreur, &amp; elle n'eut pas de suite. Ces anciens Rebaptisans ne sont pas communement appellés <i>Anabaptistes.</i> Au XIIe siècle les Pétrobusiens, les Vaudois, les Albigeois, erroient aussi dans ce point, comme il paroît par S. Bernard Ep. 24. &amp; Serm. 66. sur le Cantique, &amp; par les écrits du vénérable Pierre. Mais ceux qu'on appelle proprement <i>Anabaptistes,</i> sont une secte de Protestans du XVIe siècle, ainsi nommés pour la raison que l'on a dite.</p><p>Cette secte a fait beaucoup de bruit &amp; de ravages en Allemagne dans le XVIe siècle, sur-tout en Westphalie. Ils tiennent qu'on ne doit point baptiser les petits enfans : qu'il n'est point permis de jurer, ni de porter les armes ; qu'un vrai Chrétien ne peut être Magistrat, &amp;c. On ne sait pas bien quel est l'Auteur des <i>Anabaptistes.</i> Quoique Luther se soit fort déclaré contre ces fanatiques, il est cependant certain que quelque soit leur Chef, il est sorti de son Ecole, &amp; que lui-même y a donné occasion, soit en assurant qu'il faut une foi actuelle pour le Baptême, soit en écrivant, dit-on, aux Vaudois, qu'il vaut mieux ne pas conférer le Baptême, que de le donner aux enfans. Quelques Auteurs en accusent Carlostad, &amp; d'autres Zuingle. Cochlaeus dit que c'est Baltazar Pacimontanus qui commença à l'enseigner en 1527. disant l'avoir puisée dans les ouvrages de Luther : dans la suite il fût brûlé à Vienne en Autriche. Mezorius dit que ce fut Pelargus l'an 1522. &amp; qu'il eut pour compagnons Bodestein, Carlostad, Melanchthon, Westenberg, Quiccou, Didyme, More, &amp;c. Enfin, on en fait plus communément les Auteurs Thomas Muncer de Zwickau, ville de Misnie, &amp; Nicolas Storch de Stalberg en Saxe, tous deux disciples de Luther, dont ils se séparèrent, parce qu'ils ne trouvoient pas sa doctrine assez parfaite. S'ils ne sont pas les inventeurs de cette pernicieuse doctrine, c'est eux au moins qui ont commencé, &amp; qui ont le plus contribué à l'établir, &amp; à la répandre dans le monde.</p><p>Sleidan parle de la faction des <i>Anabaptistes</i> en plusieurs en droits de ses commentaires historiques. Luther avoit si fort prêché la liberté Evangélique, que les paysans de Suève &amp; des environs s'atroupèrent, &amp; se liguèrent contre les puissances Ecclésiastiques, sous prétexte de défendre la doctrine Evangélique, &amp; de secouer le joug de leur servitude : <i>Obducta causa quasi &amp; Evangelii doctrinam tueri, &amp; servitutem ab se profligare vellent.</i> Voyez Sleidan à la fin de son 4e Liv. Il ne fut pas possible d'arrêter leur fureur par d'autre voie, que par celle des armes. Ils opposoient à Luther sa propre doctrine : ils disoient qu'ayant été faits libres par le sang de Jesus-Christ, c'étoit une chose indigne du nom Chrétien, qu'on les eût regardés jusqu'alors comme des serfs : <i>Quod huc usque sint habiti velut conditione servi.</i> Le même Sleidan, dans son Liv. 5e rapporte les exhortations que Luther faisoit aux <i>Anabaptistes,</i> pour leur faire mettre les armes bas ; mais toutes ses prédications furent inutiles. Ils publioient par-tout qu'ils n'avoient pris les armes, que parce qu'ils s'y croyoient obligés par un commandement de Dieu. Cet Hérésiarque voyant que ses longues harangues étoient inutiles, publia un Livre, où il convioit tout le monde à prendre les armes contre ces scélérats, qui abusoient ainsi de la parole de Dieu. Il fut obligé d'en écrire un second pour justifier sa conduite, qui paroissoit cruelle à bien des gens.</p><p>Ces <i>Anabaptistes</i> étant au nombre de quarante mille, désoloient tous les lieux par où ils passoient. Muncer, qui étoit leur Chef, prétendit que Luther n'avoit encore fait que la moitié du chemin pour ce qui étoit de la Réformation, &amp; qu'il falloit joindre les révélations divines à l'Ecriture sainte : <i>Ex revelationibus divinis judicandum esse dicebat, &amp; ex Bibliis, Muncerus.</i> Consultez Sleidan au commencement de son Liv. 5e. En effet, ces Enthousiastes ne croient pas que le seul texte de l'Ecriture suffise pour établir la vérite de la Religion Chrétienne, ils ont recours aux révélations.</p><p>Cet Historien fait encore mieux connoître au commencement du 10e. Liv. de ses Commentaires historiques, les excès ou les <i>Anabaptistes</i> portèrent cette liberté Evangélique, qui avoit été prèchée par Luther. Jean de Leyde, fameux Fanatique qui se déclara leur Roi, ne marchoit point en public qu'il ne fût accompagné d'un certain nombre de grands Officiers ; deux jeunes gens à cheval marchoient immédiatement après lui, dont l'un qui étoit à la droite portoit la couronne, &amp; l'autre portoit une épée toute nue. Mais les <i>Anabaptistes</i> d'aujourd'hui, quoiqu'ils soient Fanatiques &amp; Illuminés, sont fort éloignés de ces excès de fureur où étoient leurs premiers maîtres, qui vouloient établir sur la terre le nouveau Regne de Jesus-Christ par la force des armes ; ils condamnent au contraire les guerres qui sont entre les Chrétiens, &amp; ils ne souffrent point qu'aucun parmi eux porte les armes.</p><p>Calvin a écrit contre les <i>Anabaptistes</i> un ouvrage qui se trouve parmi ses Opuscules. On y voit qu'il est fort embarrassé à leur répondre sur le Baptême des enfans, qu'ils rejettent comme s'il eût été contraire à ces paroles de Jesus-Christ, au ch. 16. de S. Matth. v. 16. <i>Celui qui croira, &amp; sera baptise, sera sauvé.</i> Comme il n'y a que les adultes qui soient capables de croire, les <i>Anabaptistes</i> inféroient de-là qu'on ne devoit point baptiser les enfans, puisqu'on ne lit aucun passage dans tout le nouveau Testament pour appuyer clairement leur Baptême. Calvin, &amp; même tous les autres Protestans, se trouvent fort embarrassés à répondre à cet argument des <i>Anabaptistes.</i> Ils sont obligés de recourir à la tradition avec les Catholiques. Et en effet on voit que le Baptême des enfans étoit en usage dès les premiers siècles de l'Eglise. Cela paroît évidemment par l'Auteur des Questions attribuées à S. Justin p. 56. par Origène Liv. V. sur le ch. VI. de l'Epître aux Romains, qui dit que c'est-là une tradition Apostolique ; par un Concile d'Afrique, où S. Cyprien rapporte <i>Epist. ad Fidum,</i> qu'il fut décidé d'un consentement unanime de tous les Evêques, sans en excepter un seul, qu'il falloit baptiser les enfans immédiatement après leur naissance, &amp; ne point attendre ; par le Concile de Milève, Can. 2. le Concile d'Autun Can. 18. le second Concile de Mâcon Can. 3. le Concile de Girone sous Hormisdas ; le Concile de Londres en 1237. Can. 3. le Concile de Vienne sous Clément V. le Concile de Trente Sess. VII. Can. 12. &amp; 13. <pb n="216" facs="bpt6k8542165/f256/full/1200,/0/native.jpg"/>Sess. V Can. 4. par les Papes Siricius <i>Ep. ad Himer</i> Innocent I. dans son Epître au Concile de Milève ; Clément V. <i>ae summa Trinit. &amp; fid. Cath.</i> Innocent III. <i>Extra C. Majores de bapt.</i> par S. Irénée Liv. II. ch. 39. S. Cyprien dans la lettre que j'ai citée ; l'Auteur du Liv. de la Hiérarchie Ecclés. attribué à S. Denys, au dernier ch. S. Augustin Ep. 20. à S. Jérôme, où il dit que ce ne fut point un nouveau decret que celui de S. Cyprien, qu'il ne fit que conserver la foi de l'Eglise ; le même Saint dans le Sermon 10. <i>De verb. Dom.</i> Liv. III. <i>De peccator. mer. ch. I.</i> 26. <i>Liv. IV. De Bapt. ch.</i> 23. S. Ambroise Liv. <i>De Mystico Pasch. ch.</i> 5. S. Jérôme Dial. 3. contre les Pelag. l'Auteur du Liv. de la Vocat. des Gent. ch. 6. S. Grégoire Liv. I. Ep. 17. &amp;c. De plus, les Catholiques tirent encore de l'Ecriture même des argumens très-forts contre les <i>Anabaptistes</i> ; car en premier lieu il est certain que les enfans sont capables du Royaume des Cieux, &amp; qu'ils peuvent être sauvés ; Jesus-Christ l'assure en S. Marc. X. 14. &amp; en S. Luc XVIII. 16. Il les fait approcher, il les benit. Cependant Jesus-Christ dit en S. Jean III. 5. qu'on ne peut entrer dans le Royaume de Dieu, qu'on ne soit baptisé. Il faut donc que les enfans qui peuvent y entrer puissent être baptisés. Les <i>Anabaptistes</i> répondent, que ceux dont Jesus-Christ parle, étoient déja grands, puisqu'ils pouvoient venir à lui ; qu'ainsi ils étoient capables de faire un acte de foi. Mais cela est manifestement contraire à l'Ecriture, qui en S. Matthieu, &amp; en S. Marc, les appelle , &amp; en S. Luc , <i>de petits enfans.</i> Et le même S. Luc dit, qu'on les apportoit à Jesus-Christ, marque qu'ils ne pouvoient encore marcher, &amp; qu'ils n'étoient point aussi grands que les <i>Anabaptistes</i> le disent. En second lieu, le vénérable Pierre, Liv. 1. Ep. 2. disputant contre les Pétrobusiens, tire un argument contre eux des paroles de S. Paul dans le ch. V. de l'Ep. aux Rom. où il dit, que <i>si par le péché d'un seul homme la mort a regné dans le monde ; à plus forte raison ceux qui recevront l'abondance de la grace &amp; du don de la justice regneront dans la vie par le moyen d'un seul.</i> Car, dit ce Docteur, parce que tous sont coupables par un seul, nous concluons, que les enfans sont coupables. Donc, parce que tous sont justifiés par un seul, nous devons conclure aussi que les enfans sont justifiés ; ce qui ne se peut faire sans le Baptême. Tout cela étant clair, il s'ensuit que les enfans peuvent avoir la foi réquise pour recevoir le baptême. Or cette foi ne peut être que ou une foi actuelle, qui précède le Baptême, comme une disposition nécessaire à le recevoir ; ou une foi habituelle, qui suit le Baptême, &amp; qui est un des effets qu'il produit. Les enfans ont suffisamment l'une &amp; l'autre avant que de recevoir le Baptême : ils ont la foi actuelle, non par eux-mêmes, comme le dit faussement Luther, car ils ne sont pas capables de produire aucun acte, mais par d'autres, c'est-à-dire, leurs parreins &amp; marreines, qui répondent pour eux. Et il n'y a rïen dans cette disposition de Dieu non-seulement que de très-miséricordieux, mais que de très-juste &amp; de très-raisonnable ; car il est juste, que puisqu'ils n'ont péché que par la volonté d'autrui, ils puissent aussi être justifiés par la volonté d'autrui. 2°. Ils ont la foi habituelle ; car le Baptême produit en eux, les habitudes de la foi, de l'esperance &amp; de la charité. Ainsi ils croient comme ils ont péché : le défaut de foi ne peut donc les empêcher d'être baptisés ; &amp; c'est en vain qu'on nous oppose le vers. 16. de ch. XVI. de S. Marc. Voyez <ref type="search" target="head:Bellarm">Bellarm</ref>. <i>Liv. I. de Bapt.</i> 8. 9. 10. <i>&amp;c.</i></p><p>Les <i>Anabaptistes</i> ont adopté plusieurs autres dogmes qui leur sont particuliers. Ils ont quelque chose de commun avec les anciens Gnostiques. Ils ne croient pas que Jesus-Christ ait tiré sa substance de la sainte Vierge ; &amp; ils se fondent sur ces paroles du ch. I. de S. Matth. vers. 20. <i>Ce qui est conçu en elle, vient du S. Esprit.</i> Comme si la chair de Jesus-Christ étoit spirituelle, &amp; de meme essence que la substance de Dieu. Ils ont la-dessus, &amp; sur plusieurs autres choses, une Philosophie particulière, selon laquelle ils expliquent aussi le mystère de l'Incarnation. Ils font paroître au-dehors une grande modestie dans toutes leurs actions &amp; dans leurs habits. Ils sont persuadés que dès cette vie on peut acquérir une pureté parfaite, &amp; exempte de tout péché. On remarquera enfin que Sixte de Sienne, qui réfute souvent les <i>Anabaptistes</i> dans sa Bibliothèque sainte, leur attribue plusieurs erreurs où ils ne sont point présentement.</p><p>Les <i>Anabaptistes</i> s'étant beaucoup multipliés, se diviserent en plusieurs sectes, à qui l'on donna les noms, ou de leurs Chefs, ou des erreurs particulières qu'ils ajouterent aux erreurs communes des <i>Anabaptistes.</i> Les principales de ces sectes, sont les Muncériens, les Séparatistes, les Catharistes, les Apostoliques, les Enthousiastes, les Silentes, ou Silentieux, les Adamites, les Géorgiens, les Libres, ou Indépendants, les Hutites, les Melchioristes, les Mennonites, les Bulcholdiens, les Augustiniens, les Servétiens, les Denchiens, les Monastériens, les Libertins, les Déorelitiens, les Semperorantes ; c'est-à-dire, prians toujours, les Polygamites, les Ambrosiens, les Clanculaires, les Manifestaires, les Baculaires, les Pacificateurs, les Pastoricides, les Sanguinaires, les Démoniaques, &amp;c. Jovet. Il y a cependant de ces noms, qui sont plutôt de différentes épithètes données aux mêmes Hérétiques, que des noms de différentes sectes. Ceux de Moravie furent appellés Apostoliques, ou Nudipédales, c'est-à-dire, pieds nuds, Mennonites en Hollande &amp; en d'autres endroits du Nord. Ils conservent le nom d'<i>Anabaptistes</i> en Angleterre. Hornbeck, dans sa Somme de Controverse, définit un <i>Anabaptiste,</i> un Socinien ignorant ; &amp; un Socinien, un <i>Anabaptiste</i> plus instruit. Arnoldus Mezorius nous a donné une Histoire sort exacte des <i>Anabaptistes</i> en sept Livres. <i>Historiae Anabaptistiticae libri septem. Coloniae ;</i> 1617.</p><p>
    </p>
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    <head>ANABASIEN</head>
    <p>
    ANABASIEN , s. m. <i>Anabasius.</i> Les <i>Anabasiens</i> étoient chez les Anciens, des courriers à cheval, ou en chariot. S. Jérôme en parle dans son IIIe Liv. contre Ruffin. ch. I. Voyez encore le Glossaire de M. Du Cange. Ce mot vient d', <i>adscensus,</i> montée ; ainsi <i>Anabasien</i> est un courrier qui est monté, qui n'est pas à pied.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1834" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANABLE" />
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    <head>ANABLE</head>
    <p>
    ANABLE , adj. m. &amp; f. Habile, capable. C'est un vieux mot qui se trouve souvent dans les vieilles Chartes. <i>Aptus, idoneus.</i> On lit dans un ancien titre de l'an 1361. le Roi Philippe de Valois est bien personne <i>anable</i> à donner bénéfices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1835" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ANABROSIS" />
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    <head>ANABROSIS</head>
    <p>
    ANABROSIS , s. f. Terme de Médecine . Ce mot est Grec. On entend par <i>anabrosis</i> la sortie du sang par l'ouverture de la veine corrodée. <i>Anabrosis.</i> On dit en Grec , qui veut dire, <i>erosio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1836" id="1" type="">
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    <head>ANACALIFE</head>
    <p>
    ANACALIFE , s. m. Insecte venimeux de l'Isle de Madagascar. Ses piqueures sont mortelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1837" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANACALYPTERIE" />
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    <head>ANACALYPTERIE</head>
    <p>
    ANACALYPTERIE , s. f. Fête du Paganisme. Elle se célébroit le jour qu'il étoit permis à la nouvelle mariée d'ôter son voile, &amp; de se laisser voir à tout le monde. <i>Anacalypteria.</i> Ce mot vient du Grec , <i>découvrir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1838" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANACANDEL" />
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    <head>ANACANDEL</head>
    <p>
    ANACANDEL , s. m. Espèce de serpent. On le trouve dans l'Isle de Madagascar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1839" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANACARDE" />
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    <head>ANACARDE</head>
    <p>
    ANACARDE , <i>Anacardium.</i> s. m. Semence qui ne diffère de celle de l'acajou que par sa figure, qui approche d'un coeur applati. Elle vient à l'extrémité d'un fruit charnu ; l'écorce &amp; l'amande de l'<i>anacarde</i> sont tout-à-fait semblables par leurs effets, &amp; par leur goût, à celles de l'acajou. Les plus gros <i>anacardes</i> n'ont pas un pouce de largeur &amp; de longueur sur deux à trois lignes d'épaisseur. On a cru que l'arbre qui porte les <i>anacardes</i> pourroit bien être l'oepata du quatrième volume de l'<i>hortus Malabaricus</i> ; mais la description du fruit de cet arbre ne convient point avec notre <i>anacarde.</i> On employoit autre fois les <i>anacardes</i> dans la composition d'un électuaire recommandé pour les mémoires foibles. <i>Confectio anacardina.</i> Au défaut des <i>anacardes</i> on prenoit les acajous, &amp; dans quelques dispensoires on ne les a distingué que par le pays d'où ils nous sont apportés. On y a nommé <i>anacardium Orientale,</i> le véritable <i>anacarde</i> ; &amp; <i>anacardium Occidentale,</i> l'acajou. <i>Jonston &amp; Rai, Hist.</i> Ces mots, <i>anacarde,</i> &amp; <i>anacardium,</i> viennent du Grec , &amp; , coeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1840" id="1" type="rhetorique">
   <index type="head" value="ANACEPHALÉOSE" />
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    <head>ANACEPHALÉOSE</head>
    <p>
    ANACEPHALÉOSE , s. f. Terme de Rhétorique . Récapitulation, répétition courte &amp; sommaire de ce que l'on a dit. Ce mot est Grec, &amp; vient d', qui dans la composition signifie retour, &amp; répétition, &amp; , chef. Ainsi <i>anacephaléose</i> signifie la répétition des principaux chefs d'un discours, &amp; répond à notre mot récapitulation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1841" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANACHIS" />
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    <head>ANACHIS</head>
    <p>
    ANACHIS , s. m. <i>Anacbis.</i> Nom propre d'un des Dieux Lares, ou des Dieux domestiques des Egyptiens ; car ils en avoient quatre, Dymon, Tychis, Héros, &amp; <i>Anachis,</i> <pb n="217" facs="bpt6k8542165/f257/full/1200,/0/native.jpg"/>qui étoit le quatrième. Ils se persuadoient qu'aussi-tôt qu'un homme étoit né, ils en prenoient le soin. <i>Gyrald. Syntagm. XV.</i> croit que ces mots sont Grecs &amp; corrompus par les Egyptiens, &amp; que ce n'est autre chose que <i>Dynamis, Tyche, Eros, &amp; Anaké ;</i> c'est-à-dire, <i>force, fortune, amour, nécessité.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1842" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANACHORÈTE" />
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    <head>ANACHORÈTE</head>
    <p>
    ANACHORÈTE , s. m. Prononcez <i>Anacorète.</i> Hermite, homme dévot, qui vit seul dans le désert, &amp; qui ne s'est ainsi retiré du commerce des hommes, que pour avoir la liberté de tourner toutes ses pensées du côté de Dieu. <i>Homo solitarius, Anachoreta, Eremita.</i> Ces saints hommes se retiroient dans les solitudes, parce qu'ils prétendoient y rencontrer moins de sujets de tentation, &amp; moins d'objets pour ébranler la vertu. Du Pin. S. Antoine, S. Hilarion, ont été des <i>Anachorètes.</i> S. Paul Hermite a été le premier des <i>Anachorètes.</i> Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>je me retire à l'écart.</i></p><p>Leo Allatius, au Liv. 3. chap. 8. <i>de Cons. Eccles. Occid. &amp; Orient.</i> &amp; après lui de Moni dans son <i>Histoire des Religions du Levant,</i> parlent assez au long des <i>Anachorètes</i> Grecs. Ce sont, disent-ils, des Moines qui ne pouvant pas travailler ni supporter les autres charges du Monastère, veulent vivre dans le repos de la solitude. Ils achètent une cellule hors du Monastère avec un petit fonds dont ils puissent vivre ; &amp; ils n'y vont qu'aux jours de Fêtes pour assister à l'Office, après lequel ils retournent à leurs cellules, où ils s'emploient à leurs affaires, n'ayant aucunes heures arrêtées pour la prière. Il se trouve néanmoins de ces <i>Anachorètes</i> qui sont hors de leurs Monastères avec le consentement de leur Abbé, pour mener une vie plus retirée, &amp; pour s'appliquer davantage à la méditation. Le Monastère leur envoie une fois ou deux le mois de quoi se nourrir, parce qu'ils ne possèdent ni fonds ni vignes. Mais ceux qui ne veulent point dépendre de l'Abbé, louent quelque vigne voisine de leur cellule, dont ils mangent le raisin ; &amp; il y en a qui vivent de figues ; d'autres vivent de cerises, ou de quelques fruits semblables : ils sèment des fèves dans la saison. L'on en voit de plus qui gagnent leur vie à copier des Livres. On donne à ces <i>Anachorètes</i> le nom d'<i>Ascètes</i> &amp; d'<i>Hermites.</i></p><p>Dandini, parlant dans son <i>Voyage du Mont-Liban,</i> des Religieux Maronites, dit au chap. 23. que c'est un reste de ces anciens Hermites qui vivoient séparés des hommes, &amp; habitoient les déserts de la Syrie &amp; de la Palestine. Ils sont retirés dans les endroits les plus cachés des montagnes, éloignés de tout commerce, &amp; sous de grands rochers. Ils vivent de ce que la terre produit d'elle-même, ne mangeant jamais de chair, quand même ils sont malades &amp; en danger de mourir ; &amp; pour ce qui est du vin, ils n'en boivent que très-rarement. Il faut consulter Cassien sur ces anciens <i>Anachorètes.</i></p><p>Il y a aussi dans l'Occident des <i>Anachorètes.</i> Pierre Damien, qui étoit de l'Ordre des Hermites, en fait souvent l'éloge, comme étant les plus parfaits d'entre les Moines. Il n'a aucune estime des Moines <i>Coenobites,</i> c'est-à-dire, de ceux qui vivent en Communauté. Il les regarde comme des Moines qui sont bien éloignés de la perfection de la vie Monastique. Nous les aimons, dit-il, comme l'on aime des ânes, ou des cerfs, parce qu'ils sont utiles pour le travail. <i>Petr. Dam. Epist. Lib.</i> 6. <i>Epist.</i> 12.</p><p>Saint Benoît, qui a été le principal Auteur des Moines qui sont dans l'Occident, a aussi eu dans son Ordre des <i>Anachorètes.</i> Il est permis par les Constitutions de cet Ordre, de quitter la Communauté pour vivre <i>Anachorète,</i> ou Solitaire ; ce qui s'appelloit <i>de Claustrensi fieri Anachoretam</i> ; c'est-à-dire, d'homme de Cloître devenir <i>Anachorète.</i> Voici la description que Jerôme Acosta fait de ces <i>Anachorètes</i> de l'Ordre de S. Benoît, dans son <i>Histoire de l'origine &amp; du progrès des revenus Ecclésiastiques,</i> pag. 52. Ces <i>Anachorètes,</i> qui s'étoient retirés du Monastère avec la permission de leur Abbé, alloient habiter quelques lieux du voisinage, &amp; ils n'étoient pas si solitaires, qu'ils ne fussent visités souvent par le peuple, qui venoit se recommander à leurs prières. On leur faisoit de grandes aumônes ; parce qu'ils étoient estimés plus saints que les autres. Ils recevoient toutes sortes de donations, soit en fonds de terre, soit en meubles. Quand ils étoient enrichis dans un lieu, ils alloient en un autre, où le peuple leur faisoit les mêmes charités. Le bien qu'ils acquéroient par ce moyen leur appartenoit ; &amp; avant que de mourir ils en disposoient en faveur du Monastère d'où ils étoient sortis.</p><p>Acosta n'a rien avancé touchant ces <i>Anachorètes,</i> &amp; les biens qu'ils acquéroient pour leurs Monastères, qui ne soit appuyé sur les Cartulaires des Abbayes : &amp; en effet il produit la formule de la donation, qui est conçue en ces termes dans le célèbre Cartulaire de Casevre, qu'on trouve présentement dans la Bibliothèque du Roi : <i>Moi N. Prêtre &amp; Moine d'un tel Monastère, qui suis sorti avec la permission de l'Abbé pour mener une vie plus retirée, Je donne à mon Abbé N. pour le repos de mon ame tous les biens que je possède, &amp; que j'ai acquis avec sa permission.</i> L'Acte de la donation contenoit un dénombrement des biens, terres &amp; Eglises que ces solitaires laissoient à leurs Monastères ; &amp; ils donnoient en même temps les Actes des donations particulières, qu'on gardoit dans les Archives avec les autres écritures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1843" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANACHRONISME" />
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    <head>ANACHRONISME</head>
    <p>
    ANACHRONISME , s. m. Erreur qu'on fait dans la supputation des temps. <i>Erratum contra temporum rationem. Anachronismus.</i> Les Poëtes sont sujets à faire des <i>anachronismes.</i> Ce mot vient du Grec , qui vient de <i>tempus, temps,</i> &amp; de la préposition , qui dans la composition signifie <i>sursùm, suprà, retrorsùm.</i> Ainsi <i>anachronisme</i> n'est pas en général une erreur dans la supputation des temps, mais en particulier l'erreur que l'on commet dans la Chronologie en remontant un évènement, en le plaçant plutôt qu'il n'est véritablement arrivé, comme a fait Virgile, qui place Didon en Afrique au temps d'Enée, quoiqu'elle n'y soit venue que trois cents ans après la prise de Troie. Parachronisme, au contraire, est la faute que l'on fait en plaçant un évènement plus tard qu'il ne doit être placé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1844" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANACLETÈRES" />
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    <head>ANACLETÈRES</head>
    <p>
    ANACLETÈRES , s. plur. <i>Anacleteria.</i> Les <i>Anaclétères</i> étoient une fête instituée en l'honneur des Rois &amp; des Princes, lorsqu'ils prenoient le gouvernement de leur Etat, &amp; qu'on le déclaroit à leurs peuples, afin qu'ils les reconnussent pour Rois. Voyez <ref type="search" target="head:Polybe">Polybe</ref>. Ce mot vient d', &amp; de , <i>voco, j'appelle,</i> parce que durant les <i>Anaclétères</i> on alloit saluer le Prince, &amp; on l'appelloit du nom de sa nouvelle dignité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1845" id="1" type="">
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    <head>ANACONTS</head>
    <p>
    ANACONTS , s. m. Arbre de l'Isle de Madagascar. Ses feuilles ressemblent à celles d'un Poirier. Il porte un fruit long, d'où l'on tire unjsuc propre à faire cailler le lait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1846" id="1" type="poesie grecque & latine">
   <index type="head" value="ANACRÉONTIQUE" />
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    <head>ANACRÉONTIQUE</head>
    <p>
    ANACRÉONTIQUE , adj. m. &amp; f. Terme de Poësie Grecque &amp; Latine ; qui est inventé par Anacréon, qui est à la manière d'Anacréon, dans le goût d'Anacréon. <i>Anacreonticus.</i> Anacréon Poëte de Teios, qui vivoit plus de quatre cents ans avant Jesus-Christ, fut célèbre par la délicatesse de son esprit, &amp; par le tour fin, mais aisé &amp; naturel de ses poësies. Il nous reste de lui des Odes qu'il ne faut lire qu'avec précaution, à cause des sentimens de débauche &amp; de galanterie dont elles sont pleines. Èlles sont pour la plupart composées en vers de sept syllabes, ou plutôt de trois pieds &amp; demi, spondées &amp; iambes, ou quelquefois anapestes. C'est cette sorte de mesure qu'on appelle vers <i>anacréontique.</i> Une Ode <i>anacréontique</i> est une Ode composée de ces vers, ou dans le goût d'Anacréon.</p><p>M. de la Motte a donné ce titre à plusieurs Odes qu'il a imitées de ce Poëte Grec ; &amp; Mlle de Malcrais de la Vigne, ou plutôt Mr Des Forges Maillart, a nommé poësie <i>Anacréontique,</i> un dizain imprimé à la page 175. de ses poësies. Six autres petites Pièces sont intitulées de même, page 192. 206. 210. M. de la Motte avertit, que dans ses Odes <i>Anacréontiques</i> il parle toujours pour un autre, &amp; qu'il ne fait qu'y jouer le personnage d'un Auteur, dont il envieroit beaucoup plus le tour &amp; les expressions, que les sentimens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1847" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAETIS" />
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    <head>ANAETIS</head>
    <p>
    ANAETIS , s. f. <i>Anaetis.</i> Nom propre d'une Déesse honorée dans l'Orient. Selon Strabon Liv. V. les Lydiens l'adoroient. Hérodote &amp; Pausanias disent la même chose ; mais Strabon dit qu'elle étoit sur-tout honorée par les Arméniens. Les gens les plus distingués de la nation consacroient leurs filles à son service, &amp; les prostituoient publiquement à son honneur. Après quoi ils les marioient ; &amp; c'étoit à qui les auroit pour femmes. Dans la fête, &amp; les sacrifices qu'ils lui faisoient, ils s'enyvroient tous, hommes &amp; femmes, jusqu'à perdre tout sentiment ; parce que Cyrus, disoient-ils, ayant fait semblant de fuir &amp; d'abandonner son camp où il laissoit beaucoup de vin, ceux qui <pb n="218" facs="bpt6k8542165/f258/full/1200,/0/native.jpg"/>célébroient les fêtes d'<i>Anaetis,</i> qu'on appelloit <i>Sacrae,</i> y étant entrés s'enyvrèrent, &amp; furent tous tués par Cyrus. Voyez Strabon Liv. XI. &amp; XII. Plin. Liv. XXXIII. ch. 4. &amp; Hermolaüs sur cet endroit de Pline. La première statue d'or solide qui ait jamais été faite, avant même qu'on en fît de bronze qui fussent solides, est celle du temple d'<i>Anaetis,</i> au rapport de Pline à l'endroit que j'ai cité. On écrit aussi <i>Anaitis,</i> &amp; <i>Anetis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1848" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGALLIS" />
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    <head>ANAGALLIS</head>
    <p>
    ANAGALLIS , s. f. Plante, qu'on appelle aussi Mouron. <i>Anagallis.</i> Voyez <ref type="search" target="head:MOURON">MOURON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1849" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGOGIE" />
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    <head>ANAGOGIE</head>
    <p>
    ANAGOGIE , s. f. <i>Anagoge.</i> Elévation de l'esprit aux choses célestes &amp; éternelles. Pensée, explication par laquelle on élève l'esprit à la considération de ces choses. Il y a des Commentaires de l'Ecriture, des discours entiers, qui sont des <i>anagogies</i> perpétuelles. Ce n'est point là le sens naturel de ce passage de l'Ecriture, c'est une <i>anagogie.</i> L'<i>anagogie</i> doit être fondée sur le sens littéral.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1850" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGOGIES" />
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    <head>ANAGOGIES</head>
    <p>
    ANAGOGIES , s. m. &amp; plur. Fête qui se célébroit par les habitans d'Eryx, aujourd'hui Trapano, en Sicile, a l'honneur de Vénus, comme si elle fût partie pour aller en Libye, &amp; dans laquelle on la prioit de retourner. signifie <i>retour</i> en Grec.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1851" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGOGIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ANAGOGIQUE</head>
    <p>
    ANAGOGIQUE , adj. m. &amp; f. Mystérieux, qui élève l'esprit aux choses célestes &amp; divines de la vie future &amp; éternelle, dont jouïssent les Saints dans le Ciel ; car le terme <i>anagogique</i> n'emporte pas seulement une élévation à la connoissance des choses célestes &amp; divines, mais des choses célestes &amp; divines de la vie future, de celles qui se passent &amp; se passeront dans l'éternité entre Dieu &amp; les Saints. Ce mot ne se dit guère que par rapport aux sens différens de l'Ecriture. Le sens littéral est le sens naturel, &amp; le premier. Le sens mystérieux est fondé sur le sens naturel, &amp; se tire du sens naturel par analogie, ou comparaison, par similitude, ou ressemblance d'une chose à l'autre, &amp; se divise en plusieurs espèces. Car si les choses mystérieuses ou cachées que l'on tire par analogie &amp; par ressemblance du sens littéral, regardent l'Eglise &amp; les mystères de notre Religion, c'est le sens allégorique : quand elles ont rapport aux moeurs, c'est le sens tropologique ; &amp; quand elles regardent la vie future ou l'éternité, c'est le sens <i>anagogique. Anagogicus.</i> Voyez au mot SENS. Les Interprètes de la Bible y trouvent des sens mystiques, <i>anagogiques,</i> tropologiques, &amp; autres. Ce mot vient du Grec, , qui signifie <i>enlèvement, soulèvement</i> ; &amp; qui est formé de la préposition , qui dans la composition signifie souvent <i>sursùm, au-dessus, en haut,</i> &amp; de , <i>ductio, conduite,</i> qui vient de , <i>duco, je conduis.</i> Ce sens conduit, élève l'ame à la connoissance des choses supérieures &amp; célestes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1852" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGRAMME" />
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    <head>ANAGRAMME</head>
    <p>
    ANAGRAMME , s. f. Transposition de lettres de quelque nom, dont on fait tant de combinaisons, qu'à la fin on y trouve quelque mot, qui est à l'avantage ou au désavantage de celui qui le porte, &amp; qu'on embellit par quelque épigramme. <i>Anagramma, Anagrammatismus.</i> Par exemple, l'<i>anagramme</i> de <i>Galenus,</i> c'est <i>Angelus ;</i> de <i>Logica,</i> c'est <i>Caligo ;</i> Lorraine, c'est Alérion, c'est pour cela que la Maison de Lorraine a pris des alérions dans ses armes. Calvin, dans le titre de son <i>Institution</i> imprimée à Strasbourg, l'an 1539. se donna le nom d'Alcuin, qui est l'<i>anagramme</i> de celui de Calvin, se voulant faire honneur du nom de ce savant homme, dont Charlemagne se servit si utilement pour faire refleurir de son temps, la doctrine &amp; les belles Lettres en France. P. Dan. Tom. III. pag. 668. Lycophron, qui écrivoit sous Ptolomée Philadelphe Roi d'Egypte, environ 280. ans avant Jesus-Christ, excella non-seulement dans la Poësie, mais encore dans l'art de faire des <i>anagrammes,</i> au rapport de Canteurus, dans ses Prolégomènes sur Lycophron, où il en rapporte deux assez heureuses de la façon de ce poëte ; la première sur le nom du Roi Ptolomée, , dont il faisoit , <i>de miel</i> ; comme pour dire que ce Prince étoit tout de miel ; c'est-à-dire, plein de douceur &amp; de bonté. La seconde est sur le nom de la Reine Arsinoë, en Grec , dont il avoit fait , <i>violette de Junon.</i> Les Cabbalistes aussi chez les Juifs font perpétuellement des <i>anagrammes.</i> La troisième partie de leur art, qu'ils appellent , <i>themura,</i> c'est-à-dire, changement, n'est autre chose que l'art de faire des <i>anagrammes,</i> ou de trouver dans un nom, des sens cachés &amp; mystérieux, en produisant d'autres noms &amp; d'autres phrases, par le changement, la transposition, &amp; la différente combinaison des lettres d'un même mot. Ainsi de , qui sont les lettres du nom de Noé, ils font , qui signifie <i>grace</i> ; de , le Messie, ils font , qui veut dire, <i>il se réjouira.</i> Ainsi nous ne sommes point les premiers qui aient fait des <i>anagrammes.</i> Nous ne savons point que les Latins en aient fait. Ils ont eu cependant quelque idée de la premiere espèce d'<i>anagramme</i> dont nous allons parler, comme il paroît par Aulugelle Liv. XII. chap. 6.</p><p>Les <i>anagrammes</i> se font en deux manières ; car 1°. Quelques-unes consistent seulement à diviser un mot en plusieurs mots. Ainsi l'énigme du Dieu Terminus qu'Aulugelle rapporte à l'endroit que j'ai cité, est fondée sur l'<i>anagramme</i> Terminus. Ainsi dans ce vers, que les enfans dans leurs jeux innocens se proposent quelquefois à expliquer,</p><p>Pour qu'il y ait du sens, il faut de <i>sustineamus</i> en faire trois mots, <i>sus, tinea, mus.</i> La seconde espèce d'<i>anagrammes</i> est de celles où l'on renverse, &amp; l'on dispose autrement les lettres. Telles sont celles que nous avons rapportées ci-dessus ; &amp; encore, <i>Roma, Maro, mora, amor ; Julius, Livius ; Corpus, porcus, procus, spurco.</i> Les meilleures <i>anagrammes</i> sont celles dans lesquelles il ne faut ni changer ni suppléer de lettres, comme dans celles que nous avons rapportées. Quelquefois on se donne la liberté d'en changer quelqu'une. Par exemple, dans celle qu'on fit sur Marie Stuart pendant sa prison, <i>Maria Stuarta, Virtus armata,</i> il faut changer un <i>a</i> en <i>v.</i> Colletet a dit contre les faiseurs d'<i>Anagrammes</i> :</p><p>De ces quatre opinions on en pourroit faire un grand nombre, les mêlant &amp; confondant ensemble, comme on fait une feuille d'<i>anagrammes</i> d'un nom de peu de mots. Peliss.</p><p>C'est Daurat, qui sous le regne de Charles IX. s'avisa le premier de faire des <i>anagrammes.</i> Il prétendoit en avoir trouvé le plan dans le Poëte Lycophron. Il mit les <i>anagrammes</i> tellement en vogue, que tout le monde s'en mêloit. L'Abbé Catelan a encore enchéri sur cela, &amp; il inventa en 1680. une <i>anagramme mathématique,</i> par le moyen de laquelle il trouva que les huit lettres du nom du Roi Louïs XIV. font, <i>vrai Héros.</i></p><p>On appelle aussi quelquefois <i>anagramme</i> numérique, ces vers, dont les lettres numérales, c'est-à-dire, celles qui en chifre Romain servent à marquer les nombres, prises ensemble selon leur valeur numérique, ou comme des chifres, désignent une époque. Telle est le distique de Claude Godart sur la naissance du Roi, qui arriva en 1638. le 5e Septembre, jour auquel se fait la conjonction de l'aigle &amp; du coeur du lion.</p><p>eXorIens DeLphIn aqVILae CorDIsqVe LeonIs</p><p>CongressV gaLLos spe, LaetItIaqVe refeCIt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1853" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGRAMMATISER" />
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    <head>ANAGRAMMATISER</head>
    <p>
    ANAGRAMMATISER , v. act. Faire l'anagramme d'un nom. <i>Anagramma scribere, fingere.</i> Le Poëte Daurat passoit pour un si grand devin en matière d'anagrammes, que des personnes illustres lui donnèrent leur nom à <i>anagrammatiser.</i> Bail. On dit que Rabelais, pour se venger de Calvin qui avoit <i>anagrammatisé</i> son nom, trouva <i>Jan cul</i> dans le nom de Calvin. S. Evr. Une des plus heureuses anagrammes, est celle qui fut faite sur le nom du meurtrier de Henri III. Roi de France. Il s'appelloit <i>Frère Jacques Clément.</i> L'anagramme sans rien changer est, <i>C'est l'enfer qui m'a créé.</i> En voici encore d'autres fort heureuses pour le sens, &amp; pour le rapport des lettres, <i>Louis de Boucherat.</i> L'anagramme est, <i>Est la bouche du Roi.</i> Mr De Boucherat étoit Chancelier de France, lorsque l'anagramme fut faite. Ces paroles, <i>Est vir qui adest,</i> sont l'anagramme de celles-ci, que Pilate dit à Jesus-Christ, <i>Quid est veritas ?</i> Cette anagramme est peut-être la plus belle qui ait jamais été faite, parce que les mots, qui sont comme la matière de l'anagramme, font une question, ou une interrogation ; &amp; les mots de l'anagramme, qui sont composés des mêmes <pb n="219" facs="bpt6k8542165/f259/full/1200,/0/native.jpg"/>lettres, sont la réponse la plus juste &amp; la plus vraie qu'on put faire à la question, dans les circonstances où elle fut faite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1854" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGRAMMATISTE" />
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    <head>ANAGRAMMATISTE</head>
    <p>
    ANAGRAMMATISTE , s. m. Qui a coutume de faire des anagrammes. <i>Scriptor anagrammatum.</i></p><p>Ces mots viennent du Grec , qui signifie, <i>écrire à rebours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1855" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAGYRIS" />
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    <head>ANAGYRIS</head>
    <p>
    ANAGYRIS , s. f. Plante qui est la même que le Bois-puant. Voyez BOIS-PUANT. <i>Anagyris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1856" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANALABE" />
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    <head>ANALABE</head>
    <p>
    ANALABE , s. m. <i>Analabus.</i> C'est une partie de l'habillement des Moines Grecs. L'<i>analabe</i> étoit dans l'Orient ce que le scapulaire est dans l'Occident. Saint Dorothée dit que l'<i>analabe</i> se porte sur les épaules en forme de croix. Ce mot vient d', <i>super,</i> dessus, &amp; de , <i>accipio, je prens,</i> parce qu'on porte l'<i>analabe</i> sur les épaules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1857" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANALECTES" />
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    <head>ANALECTES</head>
    <p>
    ANALECTES , s. m. &amp; plur. C'est un nom Grec, qui signifie <i>Recueil,</i> &amp; qui vient d', <i>colligo,</i> je ramasse. Le Père Mabillon a donné ce nom à un ouvrage en quatre volumes, qui contient différentes pièces qu'il a fait imprimer. Il y a aussi les <i>Analectes</i> Grecs de D. Loppin <i>in</i>-4°. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1858" id="1" type="gnomonique">
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    <head>ANALÊME</head>
    <p>
    ANALÊME , s. m. Terme de Gnomonique . Projection orthographique de la sphere sur le colure des solstices, en supposant que son plan convient avec celui du méridien. <i>Analemma.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1859" id="1" type="">
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    <head>ANALEPTIQUE</head>
    <p>
    ANALEPTIQUE , adj. Restauratif, médicament propre à rétablir le corps consommé &amp; atténué, ou par la longueur de quelque maladie, ou par le défaut de nourriture. <i>Instaurativus.</i> Ce mot vient du Grec, , dérivé d', qui signifie <i>rétablir, restaurer, refaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1860" id="1" type=" dogmatique">
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    <head>ANALOGIE</head>
    <p>
    ANALOGIE , s. f. Terme dogmatique . Rapport, ou proportion, ou convenance que quelques choses ont ensemble. <i>Comparatio, proportio, analogia.</i> Le taureau terrestre, &amp; le taureau céleste ne se ressemblent que par <i>analogie.</i> Les raisonnemens qui se font par <i>analogie</i> servent à expliquer la chose, &amp; ne la prouvent point. Ce mot est dérivé du Grec , qui signifie la même chose.</p><p>Le mot d'<i>analogie</i> se dit aussi du langage ; &amp; c'est, selon Vaugelas, une conformité aux choses qui se trouvent déja établies, sur laquelle on se fonde, comme sur un modèle, pour faire des mots, ou des phrases semblables aux mots ou aux phrases déja établies. L'<i>analogie</i> éclaircit les doutes de la langue. L'usage est souvent contraire à l'<i>analogie</i> des mots.</p><p>En Géométrie l'<i>analogie,</i> est une proportion, une similitude de raisons géométriques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1861" id="1" type="">
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    <head>ANALOGIQUE</head>
    <p>
    ANALOGIQUE , adj. qui a du rapport. <i>Analogus.</i> La métaphore doit être <i>analogique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1862" id="1" type="">
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    <head>ANALOGIQUEMENT</head>
    <p>
    ANALOGIQUEMENT , adv. Par proportion, par convenance. <i>Per analogiam.</i> Voyez <ref type="search" target="head:PROPORTION">PROPORTION</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1863" id="1" type="dialectique">
   <index type="head" value="ANALOGISME" />
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    <head>ANALOGISME</head>
    <p>
    ANALOGISME , s. m. <i>Analogismus.</i> Terme de Dialectique . Argument de la cause a l'effet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1864" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANALOGUE" />
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    <head>ANALOGUE</head>
    <p>
    ANALOGUE , adj. m. &amp; f. Qui a de l'analogie, du rapport, de la convenance. <i>Analogus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1865" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANALYSE" />
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    <head>ANALYSE</head>
    <p>
    ANALYSE , s. f. Examen de quelque discours ou proposition, en recherchant ses principes, sa construction, &amp; en séparant &amp; en développant les parties d'une chose qu'on ne connoissoit qu'en gros, pour les considérer à part &amp; en détail, afin de connoître plus précisément la nature du tout. <i>Analysis.</i> Quand on démonte une machine, on en connoît toute l'<i>analyse,</i> &amp; la construction. Quand on fait l'anatomie d'un animal, c'est une espèce d'<i>analyse</i> qui en fait connoître toutes les parties. Messieurs de l'Académie des Sciences ont entrepris de faire l'<i>analyse</i> de toutes les plantes suivant la méthode contenue dans leurs Mémoires rédigés par Mr Dodard. Ce mot est Grec, , &amp; signifie <i>dissolution.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1865" id="2" type="algebre">
   <index type="head" value="ANALYSE" />
   <index type="src_domain" value="algebre" />
   <index type="macro_domain" value="Anatomie" />
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    <head>ANALYSE</head>
    <p>
    Analyse , en termes d'Algèbre , se dit de la résolution de toutes sortes de problèmes. Il y a deux méthodes générales pour rechercher toutes les vérités dans les Mathématiques : la synthèse &amp; l'<i>analyse.</i> L'<i>analyse</i> propre est la démonstration, ou la consideration des conséquences qu'on tire d'une proposition supposée, jusqu'à ce qu'on parvienne à une vérité connue, par le moyen de laquelle on puisse donner la solution du problème. L'<i>analyse</i> consiste plus dans le jugement &amp; dans l'adresse de l'esprit, que dans les règles particulières, lorsqu'on s'en sert par la pure Géométrie, comme faisoient les Anciens. Mais à présent on s'en sert par l'Algèbre, qui est une règle assuréé pour par venir à la fin que l'on se propose. Voyez les Oeuvres de François Vière, qui a excellé en cette science ; celles de Willis Anglois, &amp; les deux volumes du P. Rayneaud de l'Oratoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1866" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANALYSER" />
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    <head>ANALYSER</head>
    <p>
    &#9758; ANALYSER , v. act. Ce mot est employé avec succès dans plusieurs ouvrages ; pour dire, <i>faire l'analyse.</i> Il faut <i>analyser</i> toutes choses, &amp; ne pas juger du fond d'une dispute par la chaleur des esprits &amp; par le ton de la voix des contendans. Mem. de Trev. <i>Juin</i> 1725. Ce sont-là les objets que Mr de Mairan entreprend de regarder de très-près, &amp; d'<i>analyser</i> autant qu'il est possible. <i>Nov.</i> 1725. Ceux qui se déclarent contre le Bureau Typographique, ne sont que de simples Latinistes ; très-indifférens sur le bien &amp; le mieux, &amp; la plupart incapables d'<i>analyser</i> les idées, &amp; de suivre avec honneur le moindre raisonnement. Merc. <i>Juin</i> 1732. La Musique est un de ces plaisirs intimes dont il faut jouir avec transport, sans <i>analyser</i> froidement ses causes. Gresset.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1867" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANALYTIQUE" />
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    <head>ANALYTIQUE</head>
    <p>
    ANALYTIQUE , adj. Qui résout les choses dans leurs principes pour les examiner. <i>Analytica.</i> Pour être bien éclairci de la vérité d'un problème, la meilleure voie est l'<i>analytique.</i> Aristote a écrit deux livres des <i>Analytiques</i> prieures &amp; postérieures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1868" id="1" type="">
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    <head>ANALYTIQUEMENT</head>
    <p>
    ANALYTIQUEMENT , adv. D'une manière analytique. <i>Analyticè.</i> En Algèbre &amp; en Géométrie on procède <i>analytiquement,</i> on remonte jusqu'aux principes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1869" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAMELECH" />
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    <head>ANAMELECH</head>
    <p>
    ANAMELECH , s. m. C'est le nom d'un des Dieux des Samaritains, sur-tout de ceux qui étoient venus de Sépharvaïm, où il étoit adoré avec <i>Adramelech.</i> On brûloit des enfans en l'honneur d'<i>Adramelech,</i> &amp; d'<i>Anamelech,</i> IVe Liv. des Rois XVII. 31. Selden prétend que c'est le même que Moloch <i>Synt. I. ch.</i> 6.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1870" id="1" type="">
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    <head>ANANAS</head>
    <p>
    ANANAS , s. masc. <i>Ananas.</i> Plante qu'on cultive dans les Indes à cause de la bonté de ses fruits. Ses racines sont noirâtres, menues, fibreuses, branchues, &amp; ramassées à leur collet, d'où partent quelques feuilles disposées en rond, de la figure &amp; de la consistance de celles du roseau, longues d'un ou deux pieds, larges de deux pouces, pliées en gouttière, pointues par leurs bouts, dentelées sur leurs bords, de telle sorte qu'elles en deviennent comme épineuses, tantôt lavées d'un peu de pourpre, tantôt toutes teintes d'un verd pâle. Du milieu de ses feuilles s'élève une tige, haute plus ou moins, le plus souvent de deux pieds, &amp; épaisse d'un pouce, garnie de feuilles pareilles à celles du bas, mais plus courtes, &amp; terminées par un fruit qu'on nomme <i>ananas.</i> Il est très-petit d'abord, &amp; les feuilles qui le couronnent sont teintes d'une si vive couleur de feu, qu'on diroit que c'est un bouton de rose presqu'épanoui ; mais peu à peu il grossit ; &amp; ses fleurs placées sur des embryons, ou tubercules charnus, augmentent sa beauté par leur couleur bleue ; ce qui fait un mélange de rouge &amp; de bleu charmant. Chaque fleur est un tuyau d'une seule pièce, long d'un demi pouce, découpé en trois parties ; le tubercule qui la soutient, est charnu, succulent, &amp; renferme plusieurs semences applaties, roussâtres, plus petites que des lentilles, &amp; enveloppées par une membrane. Le fruit de l'<i>ananas</i> est composé de plusieurs de ces tubercules, unis &amp; ramassés très-étroitement ensemble. Il est le plus souvent jaunâtre, &amp; gros comme un petit melon, &amp; c'est l'<i>ananas</i> ordinaire. Quelquefois il est plus peut &amp; plus arrondi, &amp; on l'appelle la pomme de renette : quelquefois il est fort gros, pyramidal, jaune, &amp; on le nomme <i>ananas</i> en pain de sucre. On cultive encore dans les Isles Antilles une autre espèce d'<i>ananas,</i> qui se distingue aisément du précédent par ses feuilles, qui ne sont point rudes &amp; épineuses sur les bords. On appelle cette dernière espèce l'<i>ananas</i> pitte. Il faut encore remarquer que les feuilles qui couronnent le fruit, perdent à mesure que le fruit grossit, la belle couleur rouge qu'elles avoient d'abord, &amp; que peu à peu elles deviennent vertes. Ce fruit a une odeur &amp; un goût si agréable, qu'on le regarde comme le plus excellent fruit des Indes. On le croit si peu malfaisant, qu'on en fait manger aux malades ; on en confit une grande quantité qu'on transporte en Europe. Dapper dit que les <i>ananas</i> viennent aussi très-bien à la côte d'Afrique, &amp; qu'on a grand soin de les cultiver ; mais qu'il n'est pas sain d'en manger beaucoup, parce qu'ils sont trop chauds. Il n'y a presque point de Voyageur qui n'en ait parlé.</p><p>Voyez-en la description dans le Dictionnaire des Drogues de Lemery, pag. 41. &amp; 42. Voyez-en aussi la figure dans la première planche à la fin du même Dict. fig. 10. &amp; dans le second tome du Spectacle de la Nature, pag. 211. &amp; 212. où l'on rapporte ce fait singulier. Il y a quelques années que le Roi donna à Mr le Normand, Directeur du Potager de Versailles, deux oeilletons d'<i>ananas,</i> &amp; lui en recommanda la culture, quoiqu'ils fussent presque desséchés &amp; sans racines. Le coeur en étoit bon : ils reprirent. Le fruit qui en provint ne put parvenir à sa maturité. Mais deux oeilletons sauvés de la pourriture &amp; risqués de nouveau, donnerent en 1733. deux fruits d'une beauté qui attira bien des curieux. L'assiduité de la culture, &amp; une automne favorable les amenerent à une parfaite maturité. Le Roi lui-même fit l'essai d'un de ces fruits le 28. Décembre, &amp; le trouva très-bon. Toutes les personnes à qui Sa Majesté jugea à propos d'envoyer une portion de ces fruits pour consulter les différens goûts, trouverent unanimement ces <i>ananas</i> très-mûrs, d'une chair douce &amp; extrêmement fondante, rélevée par une pointe d'acide, &amp; accompagnée d'un parfum aussi agréable que celui de la fraise. L'<i>ananas</i> l'emporte à mon goût sur tous les autres fruits. Il est, dit-on, fiévreux, quand on en mange beaucoup. Abbé de Choisy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1870" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANANAS" />
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    <head>ANANAS</head>
    <p>
    Ananas , s. m. se prend quelquefois pour le fruit de la plante d'<i>ananas.</i> Cet <i>ananas</i> n'agace point les dents. Voyez <i>l'Histoire naturelle des Antilles</i> de Mr Lonvillers de Poincy Chap. X. art. 6. &amp; celle du P. du Tertre, Traité III. ch. 2. &amp; l'<i>Ambassade de la Compagnie Hollandoise des Indes à la Chine,</i> Part. II. pag. 91.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1871" id="1" type="prosodie grecque & latine">
   <index type="head" value="ANAPESTE" />
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    <head>ANAPESTE</head>
    <p>
    ANAPESTE , Terme de Prosodie Grècque &amp; Latine . C'est un pied de vers composé de deux breves &amp; une longue. <i>Anapestus.</i> Le mot <i>legerent</i> est un <i>anapeste.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1872" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAPESTIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ANAPESTIQUE</head>
    <p>
    ANAPESTIQUE , adj. Qui se dit d'un vers particulièrement composé d'anapestes. <i>Versus ex anapestis constans</i> Les vers <i>anapestiques</i> ont été en vogue chez les Romains.</p><p>Ce mot d'<i>anapeste</i> vient d', qui en Grec signifie, <i>contrà ferire, rendre le coup.</i> Ce pied est contraire au dactyle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1873" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ANAPLÉROTIQUE" />
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   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>ANAPLÉROTIQUE</head>
    <p>
    ANAPLÉROTIQUE , adj. Terme de Médecine , qui se dit des remèdes qui servent à faire revenir la chair a la place d'un ulcère, à la remplir de chair. Ce mot est Grec d', <i>remplir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1874" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANARCHIE" />
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    <head>ANARCHIE</head>
    <p>
    ANARCHIE , s. f. Etat qui n'a point de Chef véritable, ou plutôt qui n'en a point du tout, &amp; où chacun vit à sa fantaisie, &amp; sans aucun respect pour les loix. <i>Natio carens Principe.</i> Personne n'aime l'<i>Anarchie</i> que ceux qui font impunément leurs affaires dans le désordre, &amp; dans la confusion. Il est impossible que les particuliers conservent leur vie &amp; leurs biens, quand l'Etat est en <i>Anarchie.</i> Le G.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1875" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANARCHIQUE" />
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    <head>ANARCHIQUE</head>
    <p>
    ANARCHIQUE , adj. Qui est sans gouvernement, &amp; dans l'Anarchie. <i>Anarchon, qui caret Principe.</i> Un Etat <i>anarchique</i> devient bientôt la proie de ses ennemis.</p><p>Ce mot vient de l' privatif, &amp; de , <i>principauté.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1876" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANARGYRE" />
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    <head>ANARGYRE</head>
    <p>
    ANARGYRE , s. m. Qui est sans argent, qui ne prend point d'aigent. Ce mot est Grec, &amp; composé de l' privatif, &amp; d' <i>argent. Anargyres</i> est une épithète que l'on donne à S. Côme &amp; à S. Damien, parce qu'ils ne prenoient point d'argent de leurs malades. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1877" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ANASTOMATIQUE" />
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    <head>ANASTOMATIQUE</head>
    <p>
    ANASTOMATIQUE , adj. <i>Anastomaticus, vim habens aperiendi.</i> Terme de Médecine , qui se dit des remèdes qui ont la force d'ouvrir, &amp; de dilater les orifices des vaisseaux, &amp; qui par ce moyen font que le sang circule plus aisément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1878" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ANASTOMOSE" />
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    <head>ANASTOMOSE</head>
    <p>
    ANASTOMOSE , s. f. Terme d'Anatomie . Jonction de deux vaisseaux qui se fait par leurs extrémités ; par exemple, d'une artère avec une artère, d'une veine avec une veine, ou bien d'une artère avec une veine. <i>Anastomosis.</i> La circulation du sang dans les foetus se fait par les <i>anastomoses</i> de la veine cave avec la veine pulmonaire, &amp; de l'artère pulmonaire avec l'aorte. On le dit aussi de l'ouverture de l'extrémité d'un vaisseau, soit artère, soit veine, ou vaisseau lymphatique, par où le sang ou la lymphe s'écoulent. Ce mot est Grec, &amp; signifie la rencontre de deux bouches, qui donnent la communication à deux vaisseaux. Il vient du verbe ; qui signifie, <i>j'ouvre, je débouche.</i> George Frédéric Francus de Frankenau, Médecin à Copenhague, imprima en 1705. un ouvrage ample &amp; savant, intitulé, <i>Anastomosis Retecta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1879" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANASTOMOTIQUE" />
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    <head>ANASTOMOTIQUE</head>
    <p>
    ANASTOMOTIQUE , s. m. Médicament qui ouvre par son acrimonie les orifices des vaisseaux, &amp; en fait sortir le sang. <i>Quod venarum oslia aperiendi vim habet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1880" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATHÉMATISER" />
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    <head>ANATHÉMATISER</head>
    <p>
    ANATHÉMATISER , v. act. Excommunier, retrancher de la société de l'Eglise. <i>Arcere aliquem ab Ecclesia, à societate piorum secludere.</i> L'Eglise <i>anathématise</i> les Hérétiques. Il se dit non seulement des personnes, mais encore des sentimens, des opinions, de la doctrine. Le Concile de Trente a <i>anathématise</i> la doctrine de ceux qui disent que le libre arbitre ne peut résister à la grace. Comment osez-vous soutenir des opinions tant des fois <i>anathématisées</i> par l'Eglise ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1880" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANATHÉMATISER" />
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    <head>ANATHÉMATISER</head>
    <p>
    Anathématiser , se dit figurément &amp; dans le style simple, pour maudire. <i>Detestari, execrari.</i> Combien de fois m'a-t-il pris envie d'<i>anathématiser</i> vignes &amp; vendanges ? Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1881" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATHÈME" />
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    <head>ANATHÈME</head>
    <p>
    ANATHÈME , s. m. Excommunication, qui se dit proprement chez les Auteurs Ecclésiastiques, de celle qui est faite par un Evêque, par le Pape, ou par un Concile, avec exécrations &amp; malédictions, qu'on ne prononce que contre ceux qui ont commis quelque grand crime, ou qui sont incorrigibles : &amp; en cela il differe de la simple excommunication, qui défend seulement l'entrée de l'Eglise, &amp; la communion avec les Fidèles ; au lieu que l'<i>anathème</i> sépare du corps de la société &amp; du commerce des Fidèles. <i>Anathema, detestatio, execratio.</i> On a fulminé <i>anathème</i> contre cet hérétique relaps. Il y a deux sortes d'<i>anathèmes,</i> les uns judiciaires, les autres abjuratoires. Les judiciaires ne peuvent être faits que par personnes fondées en jurisdiction. Les abjuratoires le peuvent être même par des Laiques : comme quand quelqu'un revient de l'hérésie à l'Eglise Catholique, on lui fait toujours <i>anathématiser</i> l'hérésie qu'il abjure : mais ces <i>anathèmes</i> ne sont que simples exécutions, &amp; applications des <i>anathèmes.</i> Ainsi le mot d'<i>anathématiser</i> hors des cas judiciaires, ne veut dire autre chose, sinon, Abjurer, abhorrer, &amp; tenir pour <i>anathématisé.</i> Ces opiniâtres furent frappés d'un <i>anathème</i> éternel, dont ils furent plutôt abattus que convertis. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1881" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANATHÈME" />
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    <head>ANATHÈME</head>
    <p>
    Anathème , se prend aussi figurément pour des exclusions &amp; des malédictions prononcées par des particuliers qui chassent ou qui détestent quelqu'un.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1881" id="3" type="">
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    <head>ANATHÈME</head>
    <p>
    Anathème , se dit aussi de celui qui est excommunié par le Pape, par un Evêque, ou par un Concile. <i>A piorum societate seclusus.</i> Si quelqu'un soutient que les causes de mariage n'appartiennent point aux Ecclésiastiques, qu'il soit <i>anathème,</i> dit le Concile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1881" id="4" type="">
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    <head>ANATHÈME</head>
    <p>
    Anathème , se dit encore figurément d'un homme qui s'est rendu l'horreur de tous les gens de bien, &amp; avec lequel personne ne peut avoir de commerce. Il est l'<i>anathème</i> de tout le monde.</p><p>La plupart des Ecrivains Grecs distinguent <i>anathème</i> écrit avec un <i>e</i> bref, , d'<i>anathême</i> écrit avec un <i>e</i> long, . Pollux, dans son Lexicon, l'écrit de cette dernière manière, &amp; il dit qu'il signifie pour l'ordinaire, les dons qui étoient dédiés aux Dieux. Hésychius confirme cette interprétation dans son Dictionnaire, où il explique le mot d'<i>anathème</i> par celui d'<i>ornemens,</i> parce que ces dons étoient comme des ornemens dans les Temples. Saumaise appuie dans ses exercitations sur Pline, cette distinction du mot d'<i>anathème</i> écrit différemment ; mais Bèze la rejette dans son Commentaire sur le ch. 9. de l'Epître aux Romains v. 3. où S. Paul souhaite d'être <i>anathème</i> pour ses frères. De quelque manière qu'on écrive ce mot, il a différentes significations. Il se prend en bonne part, &amp; en mauvaise part.</p><p>A l'égard du mot d'<i>anathème</i> dans ce passage de S. Paul, où il est écrit avec un <i>e</i> bref, il se prend en mauvaise part. On est cependant fort partagé sur l'explication des paroles de l'Apôtre, pour savoir en quel sens il souhaite d'<i>être anathème.</i> Messieurs de Port-Royal ont traduit, <i>J'eusse desiré devenir moi-même anathème, &amp; d'être separé de</i> Jesus-Christ <i>pour mes Frères.</i> Ils ont conservé le mot d'<i>anathème,</i> <pb n="221" facs="bpt6k8542165/f261/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; l'ont en même temps expliqué par celui d'<i>être separé,</i> conformément aux Commentateurs Grecs, qui lui ont donné ce sens, à cause de la particule qui est dans le Grec, auquel répond le Latin de notre Vulgate, où il y a <i>à Christo.</i> Mr Simon a traduit ce même passage de Saint Paul de cette manière ; <i>Je souhaiterois d'être anathème, à cause de</i> Jesus-Christ <i>pour mes Frères.</i> Il rémarque en même temps dans sa note, que dans toute l'Ecriture, quand ce mot se prend en mauvaise part, il ne signifie autre chose, <i>qu'être dévoué, être traité comme un scelérat, être exterminé.</i> En effet, S. Jérôme a suivi ce sens-là. A l'égard de la préposition Grecque , &amp; de la Latine <i>a</i> ; M. Simon ajoûte qu'on la doit prendre en ce lieu-ci pour <i>propter,</i> parce qu'elle a quelquefois cette signification dans la langue Hébraique. Cet Hébraisme, qui n'a point été connu à S. Chrysostome &amp; aux autres Commentateurs Grecs, apporte un grand éclaircissement aux paroles de S. Paul. Voyez sur l'<i>anathème,</i> Baronius à l'an de Jesus-Christ. 57. n. 169. Mr de Laubespine Liv. II. de ses Observ. ch. 4. le P. Pétau dans ses Notes sur Julien ch. 13. 14. 15. 16. Saumaise sur Solin, Filesac sur Vincent de Lerins, Lindenbroch, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1882" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOCISME" />
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    <head>ANATOCISME</head>
    <p>
    ANATOCISME , s. m. <i>Anatocismus, usurarum renovatio, usurarum usura, foenoris foenus.</i> C'est un Contract usuraire, lorsque des intérêts d'un principal, on en fait un Contract de constitution ; ou bien lorsque l'on joint les intérêts au principal, &amp; que dans un même billet, ou autre acte, on comprend les intérêts avec le principal. Il n'est point d'usure plus défendue ni plus criante que l'<i>anatocisme,</i> parce qu'il n'en est point qui ruine plus sûrement &amp; plus vîte les familles. L'<i>anatocisme</i> est défendu sévèrement dans le Droit Romain <i>Liv.</i> 8. <i>Cod. de usuris.</i> Il est aussi très-expressément défendu en France. L'Ordonnance du Roi donnée à Saint Germain au mois de Mars 1679. parle ainsi Tit. 6. art. 2 <i>Les Négocians &amp; Marchands, &amp; aucun autre, ne pourront prendre l'intérêt d'intérêt sous quelque prétexte que ce soit.</i> Et encore, <i>Defendons aux Negocians &amp; Marchands, &amp; à tous autres, de comprendre l'intérêt avec le principal dans les lettres ou billets de change, ou autres actes.</i> M. Domat a remarqué à ce sujet Liv. III. des Loix Civil. Tit I. n. 10. qu'il faut prendre garde de ne pas confondre avec les intérêts des deniers les revenus d'une autre nature, comme le prix d'un bail à ferme, les loyers d'une maison, &amp; les autres semblables. Car ces sortes de revenus sont, dit-il, différens des intérêts, en ce que les intérêts ne sont pas un revenu naturel, &amp; ne sont de la part du débiteur, qu'une peine que la loi lui impose pour son retardement, &amp; de la part du Créancier un dédommagement de la perte qu'il souffre pour n'être pas payé ; au lieu que le prix des fruits &amp; des loyers, est un revenu naturel, qui de la part du débiteur est la valeur d'une jouissance dont il a profité, &amp; de la part du Créancier un bien effectif, qui en ses mains fait un capital comme ses autres biens. Ainsi, conclut-il, le débiteur d'un bail à ferme, ou des loyers d'une maison, en doit justement les intérêts depuis la demande. C'est ce que l'on entend quand on dit que l'<i>anatocisme</i> est toléré pour les fermages.</p><p>Il ajoûte dans ses notes : Les rentes constituées à prix d'argent sont d'une autre nature qu'un loyer, ou le prix d'un bail. Car ces rentes ne sont pas des fruits d'un fonds, &amp; n'ont pour le principal qu'une somme de deniers qui a fait le prix de l'acquisition de la rente. Ainsi les arrérages de ces rentes ne peuvent jamais produire d'intérêts, ni s'accumuler avec le principal, pour faire un capital, dont le débiteur puisse devoir de nouveaux intérêts. Cependant l'<i>anatocisme</i> est aujourd'hui toléré pour les arrérages des rentes foncières ; &amp; on l'exige après avoir obtenu une sentence pour cela. Quant aux Mineurs, il dit au v. 13. que la règle qui défend les intérêts des intérêts n'empêche pas qu'ils ne puissent exiger légitimement de leurs Tuteurs non seulement les intérêts des sommes provenues des intérêts, que les débiteurs du Mineur ont payés au Tuteur, mais même les intérêts des intérêts des sommes que le Tuteur lui-même pourroit devoir en son nom ; car, dit-il, tous ces intérêts entre les mains des Tuteurs sont des capitaux, dont leur charge les oblige de faire un emploi. Il en apporte la raison Liv. II. Tit. 1. sect. 3. v. 24. dans ses notes. Si le Tuteur, dit-il, se trouve débiteur en son nom envers son Mineur, il sera tenu de comprendre dans le fonds qui proviendra des revenus, les intérêts de ce qu'il devra lui-même. Car il a dû en faire le payement, &amp; il en est de même à son égard, que s'il les avoit reçus d'un autre débiteur. <i>A semetipso exigere eum oportuit. lege</i> 36. ff. <i>de Neg. gest.</i> Ainsi dans ces cas l'<i>anatocisme</i> n'est pas défendu.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; Cicéron s'en est servi en Latin ; il vient d', préposition qui dans la composition signifie répétition, renovation, duplication &amp; de qui veut dire <i>usure.</i> Ainsi <i>anatocisme</i> est usure de l'usure, intérêt de l'intérêt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1883" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOILE" />
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    <head>ANATOILE</head>
    <p>
    ANATOILE , s. f. Nom propre de femme, <i>Anatolia.</i> Sainte <i>Anatoile,</i> que nos Auteurs modernes nomment vulgairement <i>Sainte Anatolie</i> &amp; que l'on trouve aussi nommée Callisthène, étoit Romaine de naissance. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1884" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOLE" />
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    <head>ANATOLE</head>
    <p>
    ANATOLE , s. m. <i>Anatolius.</i> Nom propre d'homme, qui signifie <i>qui se lève</i> ou <i>qui est levé,</i> d' ; quelques Auteurs de Dictionnaires disent <i>Anatole</i> ; mais l'usage le plus commun, pour ne pas dire général, est de conserver en François le mot Latin. <i>Anatolius,</i> Patriarche de Constantinople au Ve siècle, fut fort opposé au Pape S. Leon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1885" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOLIE" />
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    <head>ANATOLIE</head>
    <p>
    ANATOLIE , s. f. <i>Anatolia.</i> C'est le nom que les Grecs ont donné à l'<i>Asie</i> mineure. dans leur langue signifie <i>Levant, Orient.</i> L'Asie mineure est à l'Orient de la Grèce, c'est de là que lui vient ce nom. Les Turcs prononcent <i>Anadoli.</i> Nous disons <i>Natolie</i> par corruption ; car le vulgaire entendant l'<i>Anatolie,</i> a cru que <i>la</i> étoit l'article, &amp; <i>Natolie</i> le nom entier, au lieu que l'<i>A</i> est du nom, &amp; que celui de l'article est mangé, comme dans l'<i>Angleterre.</i> Mais ce mauvais usage a pris le dessus. On dit cependant aussi <i>Anatolie,</i> &amp; il ne faut pas le condamner. C'est ainsi que nous disons la Pouille au lieu de l'Apouille, d'<i>Apulia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1885" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANATOLIE" />
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    <head>ANATOLIE</head>
    <p>
    Anatolie , s. f. nom propre voyez ANATOILE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1886" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOMIE" />
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    <head>ANATOMIE</head>
    <p>
    ANATOMIE , s. f. Science qui donne la connoissance des parties du corps humain par la dissection, &amp; même celle des autres animaux. <i>Anatome, dissectio, confectio, ars dissecandi corpora.</i> Ceux qui ont écrit de l'<i>Anatomiè</i> chez les Anciens sont, Hipocrate, Démocrite, Aristore, Erasistrate, Galien, Avicenne, Herophile, &amp; plusieurs autres, qui en avoient parfaitement connu la necessité, &amp; qui la regardoient comme la plus importante partie de la Médecine, sans laquelle il n'étoit pas possible de connoître l'usage des parties du corps humain, ni par conséquent les causes des maladies. Cependant elle avoit été entièrement abandonnée pendant plusieurs siècles, &amp; ce n'a été que dans le seizième qu'elle a commencé à se rétablir. La dissection du corps humain a passé pour un sacrilége jusqu'à François I. &amp; on voit une consultation que fit faire l'Empereur Charles V. aux Théologiens de Salamanque, pour savoir si en conscience on pouvoit disséquer un corps pour en connoître la structure. Le Gendre. Vesale, Médecin Flamand, mort en 1564. est le premier qui ait débrouillé ce qu'on appelle <i>Anatomie.</i> Id. Ceux qui y ont le plus contribué sont, Carpus, Jacques Sylvius, Charles Etienne, Vesale, Fernel, Columbus, Fallope, Eustathius, Fabrice d'Aquapendente, Paré, Du Laurens, Casserius, Gaspar Bauhin, Hofman, Riolan, &amp;c. Mais ceux qui sont venus depuis l'ont beaucoup perfectionnée, &amp; l'ont enrichie d'un grand nombre de belles découvertes. Asellius découvrit les veines lactées en 1622. Le célèbre Harvée publia son admirable découverte de la circulation du sang en 1628. que le P. Faber Jésuite avoit cependant enseignée avant lui. Pecquet découvrit le réservoir du chile &amp; les conduits thorachiques en 1651. Olaüs Rudbek Suédois, &amp; Thomas Bartholin, trouvèrent les vaisseaux lymphatiques en 1650. &amp; 1651. Wharton trouva en 1655. les conduits salivaires inférieurs. Stenon découvrit les conduits salivaires supérieurs, ceux du palais, des narines, &amp; des yeux, en 1661. Il travailla aussi sur les muscles, &amp; sur d'autres parties avec beaucoup de succès. Wirsungus en 1642. découvrit le conduit du pancreas. Willis, qui est venu depuis, a donné l'<i>Anatomie</i> du cerveau, &amp; des nerfs, d'une maniére beaucoup plus exacte qu'on n'avoit fait avant lui ; il avoit pourtant omis plusieurs choses considérables qui ont été depuis remarquées par Vieussens, célèbre Médecin de Montpellier, &amp; qui a aussi composé un excellent Traité du cerveau &amp; des nerfs. Glisson a traité du foie ; Wharton des glandes ; Graaf du suc pancréatique, &amp; des parties de la génération, tant des hommes <pb n="222" facs="bpt6k8542165/f262/full/1200,/0/native.jpg"/>que des femmes ; Lower du mouvement du coeur ; Thruston de la respiration ; Peyer des glandes des intéstins ; Drelincourt de la conception des oeufs des femmes, du placenta, des membranes du foetus, &amp;c. Malpighi, qui est mort premier Médecin du Pape Innocent XII. en 1694. est un de ceux à qui on est le plus obligé, par un grand nombre de nouvelles découvertes qu'il a faites sur les poumons, sur le cerveau, sur le foie, sur la rate, sur les tems, sur les glandes, &amp; sur les vaisseaux lymphatiques. Il a fait aussi une excellente Anatomie des plantes, &amp; de très-belles observations sur la génération, sur les oeufs, sur les vers à soie, &amp; sur plusieurs autres choses qui regardent l'Histoire naturelle. Grew a aussi fait une <i>Anatomie</i> des plantes. Manget &amp; le Clerc, deux Médecins de Genève, ont fait une Bibliothèque Anatomique, qui est un Recueil de toutes les nouvelles inventions faites dans cet art. Ce mot vient du Grec , <i>section.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1886" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANATOMIE" />
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    <head>ANATOMIE</head>
    <p>
    Anatomie , se dit aussi figurément de la discussion, de l'examen qui se fait de quelque chose, de quelque discours, de quelque affaire. <i>Circumspectio, accurata consideratio.</i> Mon Rapporteur a fait l'<i>anatomie</i> de mon procès. J'ai examiné cette doctrine, j'en ait fait l'<i>anatomie.</i> On a fait l'<i>anatomie</i> de cet ouvrage dramatique. Il faut un peu savoir faire l'<i>anatomie</i> du coeur. Vall. Cet Auteur charge trop ses descriptions, s'appesantit sur les détails ; il fait une <i>anatomie.</i> La Bruy.</p><p>On dit proverbialement, qu'une personne est devenue une vraie <i>Anatomie,</i> lorsqu'elle est devenue si maigre par une longue maladie, qu'on la prendroit pour un squelette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1887" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOMIQUE" />
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    <head>ANATOMIQUE</head>
    <p>
    ANATOMIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient à l'anatomie. <i>Ad corporum incisionem pertinens.</i> Discours, dissection <i>anatomique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1888" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>ANATOMIQUEMENT</head>
    <p>
    &#9758; ANATOMIQUEMENT , adv. D'une manière Anatomique. Pour un Historien vous décrivez ces blessures trop <i>Anatomiquement.</i> Acad. Franç.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1889" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOMISER" />
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    <head>ANATOMISER</head>
    <p>
    ANATOMISER , v. act. Faire l'anatomie. <i>Incidere corpora, dissecare.</i> Il se dit tant au propre qu'au figuré, d'un corps, d'une affaire, d'un ouvrage.</p><p>Mais au figuré il n'est guères propre que du style familier, ou du burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1890" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATOMISTE" />
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    <head>ANATOMISTE</head>
    <p>
    ANATOMISTE , s. m. Qui fait une anatomie, qui en à la science, qui raisonne sur chacune des parties dont il fait la dissection. <i>Anatomicus.</i></p><p>Ces mots sont tirés du Grec , <i>disseco, je coupe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1891" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANATRON" />
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    <head>ANATRON</head>
    <p>
    ANATRON , s. m. C'est le sel volatil, &amp; l'écume de la composition du verre que l'on tire des creusets dans les fournaux des Verriers. Il est gris, blanc, brun &amp; bleuâtre. Il est inutile à la vitrification, &amp; n'est bon qu'à donner aux brebis, ou à mettre dans un colombier. Si on le pile, il laisse tomber au fond une poudre de sable qui en se résolvant à l'humidité de l'air, ou dans une certaine liqueur, se réduit en sel commun après la coagulation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1891" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANATRON" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>ANATRON</head>
    <p>
    Anatron , se dit aussi d'un suc nitreux condensé contre les voûtes, &amp; les murailles des lieux souterrains. Il se dit encore d'un sel, qui est composé de chaux vive, d'alun, de vitriol, de sel commun, &amp; de nitre : on l'appelle <i>sel anatron.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1892" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANAZARBE" />
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    <head>ANAZARBE</head>
    <p>
    ANAZARBE , s. f. <i>Anazarbus.</i> Ville de Cilicie sur le Pyrame, avec Archevêché. <i>Anazarbe</i> étoit Métropole de la seconde Cilicie. Elle s'appella depuis Diocésarée, Césarée Auguste, &amp; Justinianopolis, en l'honneur de César, d'Auguste, &amp; de Justinien. Elle s'appelle aujourd'hui Axar, ou Acsari, ou Acserai, ou Ainzarba.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1893" id="1" type="">
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    <head>ANAZE</head>
    <p>
    ANAZE , s. m. Arbre de l'Isle de Madagascar. Sa tige s'élève en diminuant en forme de pyramide.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1894" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANBOUTOU" />
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    <head>ANBOUTOU</head>
    <p>
    ANBOUTOU , s. m. Petite plante de l'Isle de Madagascar. On la mâche. Elle est corroborative, &amp; un peu stiptique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1895" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCARIE" />
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    <head>ANCARIE</head>
    <p>
    ANCARIE , s. f. <i>Ancaria.</i> Déesse du Paganisme qui étoit adorée à Asculum, ville de la Pouille. C'est Tertullien qui nous l'apprend, dans son <i>Apolog. ch.</i> 24. On y lisoit <i>Aesculanorum Ancariam.</i> Turnèbe <i>adv. Liv. XVIII. c.</i> 24. a lû <i>Asculanorum,</i> &amp; Pamelius l'a suivi. Quelques-uns de nos Dictionnaires écrivent <i>Ancharie,</i> Rhodigin l'a fait aussi ; mais toutes les éditions de Tertullien portent <i>Ancariam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1896" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCELLE" />
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    <head>ANCELLE</head>
    <p>
    ANCELLE , s. f. <i>Ancilla.</i> C'est un vieux mot, qui signifioit autrefois servante. Il est formé du nom Latin. Il semble par la Thaumassière, <i>Hist. de Berry</i> Liv. II. ch. 29. que les Religieuses de l'Annonciade, fondées par Jeanne Reine de France, femme de Louis XII. appellent leur Supérieure <i>Ancelle</i> ; car voici comme il parle à l'endroit que j'ai marqué. Pour l'entretien des Mère <i>Ancelle,</i> &amp; Religieuses, leur bienheureuse Fondatrice leur délaissa le lieu de Mazières &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1897" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCESSORIE" />
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    <head>ANCESSORIE</head>
    <p>
    ANCESSORIE , s. f. Vieux mot, qui veut dire <i>ancienneté.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1898" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCÊTRES" />
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    <head>ANCÊTRES</head>
    <p>
    ANCÊTRES , s. m. plur. Aïeuls, prédécesseurs, ceux de la race desquels on est descendu. <i>Majores Patres.</i> Si vous vivez dans la mollesse, &amp; dans l'oisiveté, la gloire de vos <i>ancêtres</i> n'empêchera pas qu'on ne vous méprise. Bell. L'entêtement de ceux qui veulent passer pour gens de qualité, fait qu'on va déterrer leurs <i>ancêtres,</i> qu'on laisseroit pourrir en repos sans cela. Id. Il marche sur les pas de ses <i>ancêtres.</i> Il ne se dit dans l'usage le plus ordinaire, que des gens de qualité, d'épée, ou de robe. <i>Ancêtres</i> fameux. <i>Ancêtres</i> glorieux. <i>Ancêtres</i> augustes. Cette action redonne aux Rois vos <i>Ancêtres</i> autant de lustre que vous en avez reçu d'eux. Voit. Le nom de ces glorieux <i>ancêtres</i> vivra à jamais dans vos annales. Patr. Tant qu'on se peut parer de son propre mérite, on n'emprunte point celui de ses <i>ancêtres.</i> S. Evr. La Princesse fondoit plutôt sa grandeur sur les exemples, que sur les titres de ses <i>ancêtres.</i> Flech. On le dit aussi de tous ceux qui nous ont précédé, particulièrement de ceux d'une même nation. Nos <i>ancêtres</i> étoient plus sages, &amp; par conséquent plus heureux que nous.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>ancessore,</i> ablatif de <i>ancessor,</i> qu'on a dit par contraction pour <i>antecessor.</i> On disoit en vieux François <i>ancessor,</i> pour dire <i>ancêtres.</i></p><p>Au reste, le mot d'<i>Ancêtres</i> ne se dit bien qu'au pluriel, quoiqu'on le trouve quelquefois employé au singulier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1899" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ANCETTES" />
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    <head>ANCETTES</head>
    <p>
    ANCETTES , ou Cobes de boulines. Terme de Marine . Nom que l'on donne à des bouts de cordes qui sont jointes à la ralingue de la voile, dont le plus long n'excède pas un pied &amp; demi : leur usage est d'y passer d'autres cordes que l'on appelle, <i>pattes boulines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1900" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>ANCHE</head>
    <p>
    ANCHE , s. f. Petite languette par laquelle on donne le vent aux hauts-bois, aux bassons, à quelques tuyaux de l'orgue, &amp; à d'autres instrumens de Musique. <i>Lingula.</i> La plus simple des <i>anches</i> est faite d'un chalumeau ou tuyau de blé avec une petite entaille ou fente en longueur. Celle de roseau se fait d'une ou de deux pièces aussi déliées qu'une feuille de papier, qui sont tellement jointes ensemble, qu'elles ne laissent qu'une petite fente par où passe le vent. On fait aussi des <i>anches</i> de haut-bois avec des feuilles de palmier. Il y a dans l'orgue des jeux d'<i>anches</i> faits en forme de demi-cylindre, dont la partie concave est couverte d'une languette, ou lame de laiton platte, mobile &amp; tremblante, qu'on appelle <i>échalotte.</i> On la fait entrer dans le noyau du tuyau qu'on perce exprès de la même grosseur. Elle sert à baisser, ou à hausser le ton des tuyaux par le moyen d'un fil de fer, qui fait le même effet que les chevilles avec le marteau à tendre les cordes, parce qu'on l'ouvre, ou on la ferme par le moyen d'un fil de fer qu'on nomme <i>rasette,</i> le <i>mouvement,</i> le <i>ressort,</i> ou le <i>gouvernail,</i> lequel selon qu'il presse plus ou moins la languette, fait faire au tuyau des sons plus graves, ou plus aigus. <pb n="223" facs="bpt6k8542165/f263/full/1200,/0/native.jpg"/>On fait les <i>anches</i> des tuyaux d'orgues, de cuivre ou autre métal.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>suffocare,</i> parce que l'<i>anche</i> fait une espèce de suffocation de voix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1900" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANCHE" />
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    <head>ANCHE</head>
    <p>
    Anche , se dit du conduit de bois par où tombe la farine dans la huche d'un moulin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1900" id="3" type="">
   <index type="head" value="ANCHE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ANCHE</head>
    <p>
    Anche, &amp; Ancheau , se disoient autrefois pour <i>cuve.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1901" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ANCHÉ" />
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    <head>ANCHÉ</head>
    <p>
    ANCHÉ , adj. m. Terme de Blason , qui se dit d'un cimeterre recourbé. <i>Recurvus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1902" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCHE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ANCHE</head>
    <p>
    &#9758; ANCHE , s. f. C'est en Champagne la même chose que Champeleure en Normandie. Voyez <ref type="search" target="head:Champeleure">Champeleure</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1903" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCHOIS" />
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    <head>ANCHOIS</head>
    <p>
    ANCHOIS , s. m. C'est, selon Scaliger, une espèce de harang, ou un petit poisson de mer de la longueur d'un doigt, sans écailles, ayant le museau pointu, la bouche grande, &amp; sans dents, mais les mâchoires rudes comme une scie. On lui ôte la tête avant que de le saler ; après quoi il est d'un goût agréable. <i>Enchrasicholus, Lycostomus.</i> Les <i>anchois</i> ressemblent aux petites sardines, &amp; se mangent salés, avec huile, vinaigre, &amp; poivre, pour exciter l'appétit. On en fait des salades &amp; des sauces. On les mange cruds. Le Peuple dit des <i>anchoyes</i> ; &amp; Maynard l'a ainsi employé dans une Epigramme, où il dit des écrits d'un méchant Poëte, qu'ils serviront de simarre aux <i>anchoyes.</i> Quelques-uns font ce nom féminin ; <i>Anchoie, Anchoies ;</i> mais il est masculin, &amp; s'écrit avec une <i>s,</i> ou une <i>x,</i> à la fin. <i>Anchois</i> bien salé.</p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>anchora</i>, ou plutôt de l'Italien <i>anchoia.</i> Ménage. D'autres le dérivent de <i>apua</i>, comme <i>ache</i> de <i>apium.</i> On l'appelle en Grec , parce qu'il a le fiel en la tête, ou , pour avoir la gueule fendue comme le loup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1904" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCHOLIE" />
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    <head>ANCHOLIE</head>
    <p>
    ANCHOLIE , s. f. <i>Aquilegia.</i> herbe ou fleur, qui fleurit au mois de Mai. D'autres écrivent <i>Ancolies</i> sans <i>h</i> : l'Auteur du Traité de la culture des fleurs écrit ainsi avec une <i>h.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ANCOLIE">ANCOLIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1905" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCIEN, ENNE" />
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    <head>ANCIEN, ENNE</head>
    <p>
    ANCIEN, ENNE , adj. Ce qui est depuis long-temps, ou qui a été autrefois <i>Antiquus, vetus, vetustus.</i> L'<i>Ancien</i> Testament, l'<i>Ancienne</i> Loi. <i>Anciens</i> monumens. <i>Anciens</i> Auteurs. Les <i>Anciens</i> Pères. L'<i>ancien</i> Droit. L'<i>ancienne</i> Coutume de Paris, par opposition à la nouvelle. Nous applaudissons à mille erreurs grossières, seulement parce qu'elles sont <i>anciennes.</i> Perr. Si les <i>anciens</i> Ecrivains revenoient au monde, ils seroient bien étonnés de voir dans leurs livres tant de choses auxquelles ils ne songerent jamais. Bayle. Il a fait cela en considération de l'<i>ancienne</i> amitié qu'il lui porte. Il est d'une <i>ancienne</i> Noblesse, d'une <i>ancienne</i> famille. Une famille <i>ancienne</i> dans l'épée. Ce mot semble s'être formé d'<i>antiquus</i> ; peut-être d'<i>antiquus,</i> antique, &amp; <i>annus,</i> an, année. Quoi qu'il en soit, Guichard dérive <i>antiquus</i> de l'Hébreu , <i>atak,</i> qui signifie <i>veterascere, senescere,</i> devenir vieux.</p><p>Quand on dit absolument, les <i>Anciens,</i> on entend les Grecs &amp; les Romains, <i>prisci, veteres.</i> Les <i>Anciens</i> avoient accoutumé de brûler les corps. Quand on cite un vieux Auteur dont on a oublié le nom, on se sert de cette expression : Un <i>Ancien</i> a dit une belle parole. Il ne faut pas décider légèrement sur les ouvrages des <i>Anciens.</i> Racin. Les esprits se sont fort échauffés depuis quelque temps sur la préférence que les uns donnent aux <i>Anciens,</i> &amp; les autres aux Modernes. Il ne faut lire les <i>Anciens,</i> ni servilement, ni avec mépris, mais avec un juste discernement. Vall. L'affectation de louer les <i>Anciens,</i> est quelquefois une manière détournée pour censurer les Modernes. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1905" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANCIEN, ENNE" />
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    <head>ANCIEN, ENNE</head>
    <p>
    Ancien , se dit aussi de celui qui est le premier reçu dans un Corps, ou de ceux qui ont passé par les charges. <i>Primus aetate, gesto munere</i> ; ou <i>prior,</i> si l'on ne parle que de deux personnes. Il faut lui céder le pas, c'est votre <i>Ancien.</i> En ce sens le premier de tous s'appelle l'<i>Ancien,</i> ou le Doyen d'une compagnie. On appelle l'<i>ancien</i> Echevin, ou Marguillier, celui qui fait sa seconde année. On appelle aussi <i>anciens</i> Echevins, ou Marguilliers, ceux dont le temps est fait. Il en faut passer par l'avis des <i>anciens</i> Avocats. On dit, les <i>Anciens,</i> en parlant des vétérans dans un Corps.</p><p>On dit aussi d'un vieillard, que c'est un homme fort <i>ancien,</i> qu'il lui faut porter du respect. <i>Senior.</i> On dit l'<i>ancien</i> Evêque d'une telle ville, lorsqu'il a quitté son Eglise, &amp; qu'il y en a un nouveau à sa place. Cet homme est <i>ancien</i> dans la robe ; il y a vieilli.</p><p>On dit aussi au Palais, le plus <i>ancien</i> en hypothèque ; pour dire, le premier en date, &amp; qui doit venir le premier en ordre sur le prix d'un héritage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1905" id="3" type="">
   <index type="head" value="ANCIEN, ENNE" />
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    <head>ANCIEN, ENNE</head>
    <p>
    Anciens , se dit aussi en parlant de l'ancien peuple de Dieu : c'étoient les plus considérables d'entre ce peuple, par leur âge &amp; par leurs moeurs. <i>Primores, seniores.</i> Moise fit assembler les <i>Anciens</i> du peuple, &amp; leur exposa ce que le Seigneur leur avoit commandé. Port-Royal. Il se dit aussi quelquefois absolument : Vous irez vous &amp; les <i>Anciens</i> vers le Roi d'Egypte. Port-Royal.</p><p>Le mot de <i>Presbyteri,</i> qui est si souvent dans le nouveau Testament, &amp; qui comprend également les Prêtres &amp; les Evêques, signifie <i>Anciens.</i> Voici ce qu'a remarqué là-dessus M. Simon, dans son <i>supplément aux Cérémonies des Juifs,</i> imprimé à Paris en 1681. Ceux qui tenoient les premiers rangs dans les Synagogues étoient ordinairement appellés <i>Zekenim, Anciens,</i> à l'imitation des 70. <i>Anciens,</i> que Moise établit pour être les Juges du Sanédrin. Celui même qui présidoit aux autres, prenoit le nom d'<i>Ancien,</i> étant seulement comme le Doyen des <i>Anciens.</i> Dans les premières assemblées des Chrétiens, ceux qui y tenoient le premier rang prirent aussi le nom de <i>Presbyteri, Anciens,</i> ou <i>Prétres.</i> Le Président, ou Evêque, qui étoit le Chef des <i>Anciens,</i> prenoit la qualité d'<i>Ancien</i> ; &amp; c'est pour cette raison que dans le nouveau Testament, le nom d'<i>Evêque</i> est quelquefois confondu avec celui de <i>Prêtre,</i> ou <i>Ancien.</i> Ceux qui n'ont point su cette origine du nom de <i>Prêtre,</i> ont cru mal-à-propos qu'il n'y avoit au commencement du Christianisme aucune différence entre les Evêques &amp; les Prêtres.</p><p>Pour cette même raison le Conseil des premières assemblées des Chrétiens étoit appellé <i>Presbyterium,</i> ou Conseil des <i>Anciens.</i> L'Evêque y présidoit en qualité de premier <i>Ancien,</i> &amp; de Chef, étant assis au milieu des autres <i>Anciens.</i> Les Prêtres, ou <i>Anciens</i> qui étoient à ses côtés, avoient chacun leur paire de Juge, &amp; c'est à cause de cela qu'ils sont appelés <i>assessores Episcoporum</i> par les Pères de l'Eglise. Il ne s'exécutoit rien de considérable qui n'eût été auparavant délibéré dans cette assemblée, où l'Evêque ne composoit qu'un corps avec les autres <i>Anciens,</i> ou <i>Prêtres,</i> parce que la juridiction qu'on nomme aujourd'hui Episcopale ne dépendoit point de l'Evêque seul, mais de tous les <i>Anciens,</i> dont l'Evêque étoit le Président.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1905" id="4" type="">
   <index type="head" value="ANCIEN, ENNE" />
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    <head>ANCIEN, ENNE</head>
    <p>
    Anciens , s. m. &amp; plur. C'est le nom que les Calvinistes autrefois, lorsqu'ils étoient tolérés en France, donnoient à un certain nombre de personnes, qui conjointement avec les Pasteurs composent leurs Consistoires, pour prendre garde aux intérêts de leur Réligion, &amp; pour faire observer leur Discipline. On les choisit d'entre le peuple, &amp; on les reçoit publiquement avec quelque sorte de cérémonie. Le nombre des <i>Anciens</i> étoit réglé. Le Roi défendoit aux <i>Anciens</i> des Consistoires, de souffrir aucun Catholique Romain dans leur Prêche. Voyez l'Edit de Louis XIV. de 1680.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1905" id="5" type="coutume">
   <index type="head" value="ANCIEN, ENNE" />
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    <head>ANCIEN, ENNE</head>
    <p>
    Anciens , pl. m. Terme de coutume usité en Lorraine, pour signifier <i>propres.</i> Aliéner ses <i>anciens,</i> disposer de ses <i>anciens,</i> c'est-à-dire, aliéner ses propres, disposer de ses propres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1906" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCIENNES" />
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    <head>ANCIENNES</head>
    <p>
    ANCIENNES , s. f. Réligieuses qui sont depuis long-temps au Couvent, &amp; dont on prend les suffrages pour les choses qui regardent le bien de la maison. Il faut consulter les <i>Anciennes</i> sur cette affaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1907" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCIENNEMENT" />
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    <head>ANCIENNEMENT</head>
    <p>
    ANCIENNEMENT , adv. Autrefois, au temps jadis, dans les siècles éloignés. <i>Priscè, antiquè, olim. Anciennement</i> on vivoit dans le monde avec plus de franchise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1908" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCIENNETÉ" />
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    <head>ANCIENNETÉ</head>
    <p>
    ANCIENNETÉ , s. f. Ce qui fait qu'une chose est ancienne, le long-temps, la longue durée qu'une chose a subsisté, ou qu'il y a qu'elle est passée, qu'il y a entre elle &amp; nous. <i>Antiquitas, vetustas.</i> Cela est établi de toute <i>ancienneté.</i> L'<i>ancienneté</i> des maisons est une marque de leur noblesse.</p><p>On le dit aussi de ce qui est plus ancien, &amp; par priorité de temps ; &amp; en ce sens c'est le temps qu'il y a qu'une personne est reçue dans une Charge, ou dans une Compagnie, ou qu'elle a droit à quelque chose, avant que d'autres fussent entrés dans ces Corps, ou eussent ce même droit. <i>Jus antiquitatis.</i> L'<i>ancienneté</i> de son hypothèque le fera payer devant vous. L'<i>ancienneté</i> de sa réception le fera <pb n="224" facs="bpt6k8542165/f264/full/1200,/0/native.jpg"/>monter le premier à la Grand'Chambre. C'est l'<i>ancienneté</i> qui règle les rangs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1909" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCILE" />
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    <head>ANCILE</head>
    <p>
    ANCILE , subst. m. <i>Ancile.</i> C'est le nom d'un petit bouclier qui tomba, dit-on, du Ciel sous Numa Pompilius. En même temps une voix se fit entendre, qui dit que Rome seroit la maîtresse du monde tant qu'elle conserveroit ce bouclier. Ainsi ce fut le Palladium de Rome. Denys d'Halicarnasse, Lactance, Ovide, Fast. Liv. III. v. 373. rapportent cette fable. Les <i>Anciles</i> se gardoient dans le temple de Mars, &amp; tous les ans au mois de Mars on les portoit en procession autour de Rome ; &amp; le 30e jour de ce mois on les renfermoit.</p><p>On donne différentes origines à ce nom. Camérarius &amp; Muret croient qu'il est Grec, &amp; qu'il s'est formé d', qui signifie, courbé. De-là vient que quelques Auteurs qui les suivent écrivent <i>ancyle</i> &amp; <i>ancylia,</i> pour un <i>y.</i> Plutarque, dans la vie de Numa, écrit , &amp; dit que Juba, dans son Histoire, vouloit à toute force que ce mot eut été tiré du Grec. Mais les médailles &amp; les manuscrits condamnent cette orthographe. Dans Antonin Pie ANTONINUS AUG. PIUS P. P. TR. P. COS. III. &amp; au revers IMPERATOR II. SC. ANCILIA, avec deux <i>anciles.</i> Varron, au Liv. VI. <i>De ling. Lat.</i> dit que ces boucliers étoient appellés <i>ancilia ab ancisu,</i> parce qu'ils étoient coupés, ou échancrés des deux côtés, de même que les boucliers des Thraces, qu'on nommoit <i>pelta.</i> Plutarque, dans la vie de Numa, dit la même chose de la figure des <i>anciles</i> ; mais il diffère de Varron, en ce qu'il prétend que ce n'etoit point la figure des <i>peltes,</i> qui étoient toutes rondes &amp; sans échancrures. Ovide, au Liv. III. de ses Fastes, v. 377. semble dire que la figure de l'<i>ancile</i> étoit toute ronde, &amp; que c'étoit pour cela qu'il étoit appellé <i>ancile,</i> comme si l'on avoit dit <i>ancisum,</i> de <i>am,</i> &amp; <i>caede,</i> coupé tout autour également ; de sorte, dit ce Poëte, qu'on n'y remarque aucun angle de part ni d'autre. Plutarque dit encore après Juba, qu'<i>ancile</i> pourroit bien venir d'<i>ancon,</i> , <i>coude,</i> parce qu'on porte ces armes au coude. Une autre étymologie, qui n'est que de lui &amp; non pas de Juba, comme les deux autres qui sont Grecques, est que ce mot vient d', qui signifie d'<i>enhaut,</i> pour marquer que l'<i>ancile</i> étoit tombé du Ciel. Il ajoûte encore de son chef deux ou trois autres étymologies Grecques si peu vrai-semblables, que je ne les rapporterai point. L'opinion de Varron paroit la plus vraie. Au reste, quoiqu'il ne fùt tombé du Ciel qu'un <i>ancile,</i> il y en avoit pourtant douze, parce que pour conserver plus surement celui-là, Numa, par le conseil, dit-on, de la Nymphe Egérie, en fit faire onze autres tous semblables à celui-ci, afin que si quelqu'un vouloit entreprendre de l'enlever, comme Ulysse enleva le Palladium, il ne pût distinguer l'<i>ancile</i> véritable des faux <i>anciles.</i> Il institua de plus les douze Saliens pour la garde de ces boucliers. M. Beger rapporte, Tom. II. p. 560. une médaille d'Auguste, au revers de laquelle il y a deux bouchers, qu'il prétend être des <i>anciles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1910" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCILLARIOLE" />
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    <head>ANCILLARIOLE</head>
    <p>
    ANCILLARIOLE , s. m. Mot forgé du Latin <i>Ancillariorus.</i> Il se trouve dans la Bibliothèque des Gens de Cour, encore y est-il en Italique, il signifie, selon le Dictionnaire de Boudot, un homme qui se plaît à caresser les servantes, qui en est amoureux. Guillaume Colletet avoit épousé trois servantes. Il étoit <i>Ancillariolus.</i> C'est un mot qui se trouve dans Martial, Liv. 12. épigr. 58.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1911" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCOLIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ANCOLIE</head>
    <p>
    ANCOLIE , s. f. <i>Aquilegia.</i> On se sert peu du mot d'<i>Aquilina.</i> Plante dont la racine est vivace, blanche, douce au goût, branchue, épaisse à son collet d'environ un pouce. Ses feuilles sont portées par des pédicules divisés en trois branches ; chacune de ces trois branches est encore partagée en trois autres plus petites, qui portent à leurs extrémités des feuilles larges d'un pouce environ, obtuses, échancrées le plus souvent en trois, &amp; crénélées sur leurs bords. Elles sont d'abord d'un verd assez gai, qui brunit ensuite, &amp; devient plus foncé en dessus, &amp; beaucoup plus pâle en dessous. Les tiges qui s'élèvent d'entre ces feuilles sont assez minces, quoique roides &amp; fermes, branchues, &amp; hautes de trois à quatre pieds, garnies de quelques feuilles qui diminuent dans leur volume, à mesure qu'elles approchent de l'extrémité des tiges. Ces branches portent des fleurs à plusieurs pétales, dont les unes sont roulées en cornets, &amp; les autres sont applaties. La couleur de ces fleurs varie beaucoup ; l'arrangement &amp; le nombre des pétales des fleurs de l'<i>ancolie</i> ne sont pas constans ; on en trouve dont les fleurs sont à cinq rayons en manière d'étoile ; on les a nommées <i>ancolies</i> étoilées, <i>Aquilegiae stellatae.</i> Il y en a aussi à fleurs plus ou moins doubles. Le pistile de la fleur de l'<i>ancolie</i> devient un fruit composé de plusieurs graines ramassées, longues d'un pouce environ, &amp; qui renferment de petites semences un peu applaties, noires &amp; luisantes. La semence d'<i>ancolie</i> est apéritive, bonne pour la jaunisse, &amp; antiscorbutique. On a appellé l'<i>ancolie</i> en Latin <i>Aquilegia, ab Aquila,</i> parce qu'on a comparé les cornets des fleurs de l'<i>ancolie</i> aux serres d'un Aigle. On la nommoit autrefois Colombine, à cause d'une prétendue ressemblance de ces cornets avec le bec d'un pigeon ; mais ce mot n'est plus guère usité que chez les Anglois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1912" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANÇON" />
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    <head>ANÇON</head>
    <p>
    ANÇON . C'est une sorte d'arme ancienne, que Borel prétend être la même chose que la <i>Francisque.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1913" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCONE" />
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    <head>ANCONE</head>
    <p>
    ANCONE , s. f. <i>Ancon,</i> ou <i>Ancona.</i> Ville d'Italie dans l'ancien Picenum, que nous appellons aujourd'hui Marche d'<i>Ancone</i> sur la côte de la mer Adriatique. Elle fut bâtie par les Siciliens. Pline, Liv. III. chap. 13. Trajan y fit construire le port, &amp; c'est à cela que l'on rapporte une médaille de cet Empereur, qui porte au revers Por. Aug. cest-à-dire, <i>portus Augusti.</i> Le type est un port, avec un navire au milieu. Elle a pris son nom de la figure de son port ; , en Grec signifie, le coude. De-là vient que dans ses médailles elle a pour symbole un bras, avec ce mot . Elle est voisine du Promontoire appellé autrefois <i>Crumerum,</i> &amp; aujourd'hui <i>Monte S. Ciriaco,</i> ou <i>Monte Guasco.</i> Sa longitude est 37d. 16. &amp; sa latitude 43d. 48'. <i>Ancone</i> a un Evêchè. Elle étoit libre, mais en 1532. Clément VII. y mit garnison, pour la défendre des courses des Turcs ; depuis ce temps-la, elle est de l'Etat Ecclésiastique. Il y a à <i>Ancone</i> un bel Arc de triomphe de l'Empereur Trajan.</p><p><i>La Marche d'Ancone,</i> c'ést-à-dire, le Marquisat d'<i>Ancone, Marchia Anconitana,</i> Province de l'Etat Eccélésiastique, entre le Golfe de Venise au Nord, l'Abbruzze au Levant, le Duché de Spolète au Midi, &amp; celui d'Urbain au Couchant.</p><p><i>Ancone</i> est aussi le nom d'une petite Ville de Dauphiné. <i>Acunum, Ancona.</i> Quelques Géographes la prennent pour <i>Acusio Colonia.</i> Ville des Vocontiens, que d'autres placent à Vaison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1914" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ANCONAEUS" />
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    <head>ANCONAEUS</head>
    <p>
    ANCONAEUS , s. m. Terme d'Anatomie . C'est le 6e muscle du coude, ainsi nommé, parce qu'il est situé derrière le pli du coude, que les Grecs appellent <i>Ancon,</i> , &amp; nous l'olécrane. <i>Anconaeus.</i> L'<i>Anconaeus</i> est le plus petit des six muscles du coude : il prend son origine de la partie inférieure du coude externe de l'humerus, &amp; va s'insérer en descendant entre le cubitus &amp; le radius, par un tendon, à la partie postérieure &amp; latérale du coude, trois ou quatre doigts au-dessous de l'olécrane. Il aide à faire l'extension de l'avant bras. Dionis. C'est Riolan qui a donné ce nom à ce muscle, à cause de sa situation. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1915" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCRAGE" />
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    <head>ANCRAGE</head>
    <p>
    ANCRAGE , s. m. Lieu propre à jetter l'ancre. <i>Opportunus Ancorae jaciendae locus, statio.</i> Cette côte est de bon <i>ancrage.</i> Il signifie encore, ce qui appartient à l'ancre. <i>Ancorarius.</i> Il y a certains Officiers qui ont soin de l'<i>ancrage,</i> comme les Bosmans. Il signifie aussi, un droit qu'on paye en plusieurs lieux, ou au Roi, ou à l'Amiral, pour avoir permission d'ancrer. <i>Vectigal pro jactu ancorae.</i> Le droit d'<i>ancrage</i> a aussi appartenu autrefois à quelques Seigneurs particuliers, comme on le voit par l'<i>Histoire de Brétagne</i> T. II. p. 1201. Ce mot vient du Latin <i>anchora</i>, qui est tiré du Grec , qui signifie une ancre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1916" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ANCRE" />
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    <head>ANCRE</head>
    <p>
    ANCRE , s. f. Terme de Marine . <i>Anchora.</i> Les gens de mer le font souvent masculin. A peine l'<i>ancre</i> a-t-il été levé, <pb n="225" facs="bpt6k8542165/f265/full/1200,/0/native.jpg"/>que le vent est tombé. Abbé de Choisy. C'est une grosse pièce de fer, qui par un bout est courbée, &amp; forme deux pointes ou pattes, ou crochets, qui aboutissent de deux côtés en arc, &amp; sont semblables à un hameçon. Elle sert à arrêter toutes sortes de vaisseaux sur la mer, &amp; sur les rivières, &amp; à les tenir en état dans leur mouillage. Il y en a de quatre sortes. La plus grande qu'on nomme <i>maîtresse,</i> ne sert jamais que dans le danger, pour empêcher que le navire ne tombe en côte. La seconde sert à tenir le vaisseau à la rade. La troisième est l'ancre d'affourche, que l'on mouille après en avoir mouillé une autre à la partie opposée : c'est pour enfourcher le navire &amp; l'empêcher de s'éloigner, de se tourmenter, ou de chasser sur son ancre. La quatrième s'appelle <i>toueux,</i> ou à <i>touer,</i> dont on se sert pour haler un navire, &amp; pour le faire avancer avec le cabestan, ou virevaux, quand il faut changer de place dans les rades, ou entrer dans un havre, ou en sortir. On appelle encore <i>ancre</i> de <i>toue,</i> les ancres qui servent à rappeller le vaisseau à la mer, quand le vent le jette à la côte. On appelle <i>ancre à la veille,</i> celle qui est prête à être mouillée ; &amp; l'<i>ancre du large,</i> celle qui est mouillée vers la mer, lorsqu'il y en a une autre mouillée vers la terre, &amp; qu'on nomme <i>ancre de terre.</i> Les ancres qui sont mouillées à l'opposite l'une de l'autre, s'appellent <i>ancres de flot,</i> &amp; de jusant : l'une pour tenir contre le flux, &amp; l'autre contre le reflux de la mer. Le cable dont on se sert dans cette occasion s'appelle <i>hansière.</i> Les parties d'une <i>ancre</i> sont, l'anneau, la verge, les bras ou la croisée, &amp; les pattes. L'anneau qu'on appelle <i>arganeau,</i> ou <i>organeau,</i> est entortillé de certaines cordélettes qu'on nomme <i>bodinure.</i> Talinguer le cable, c'est l'ajuster dans l'anneau. Les pièces de bois qui sortent en saillie à l'avant du vaisseau pour poser l'<i>ancre,</i> s'appellent <i>bosseurs.</i> L'orin est une grosse corde, qui accole les deux bras de l'ancre, &amp; aboutit à un gros liège, ou à un baril qui flotte sur l'eau, &amp; montre l'endroit où est l'<i>ancre.</i> On appelle aussi la tige droite d'une <i>ancre, stangue,</i> ou <i>scape.</i> On dit, jetter l'<i>ancre. Ancoras jacere.</i> Mouiller l'<i>ancre. Tollere, vellere.</i> Lever l'<i>ancre,</i> être à l'<i>ancre. Stare, consistere in ancoris.</i> Donner fond, mettre le vaisseau sur le fer, sur son <i>ancre.</i> On dit que l'<i>ancre</i> est <i>dérapee,</i> ou qu'elle a quitté, lorsqu'étant au fond de l'eau, elle ne tient plus à terre. <i>Capponner l'ancre,</i> c'est crocher à l'orin l'arganeau de l'<i>ancre</i> avec le cappon. <i>Enjauler,</i> ou <i>enjaler</i> une <i>ancre,</i> c'est attacher deux pièces de bois vers l'arganeau, pour contrebalancer les pattes de l'<i>ancre</i> dans l'eau ; &amp; la faire tomber d'une manière que l'une des pattes s'enfourche dans le terrein, &amp; qu'elle morde le fond, afin de soutenir, &amp; de faciliter le mouillage. Ces deux pièces de bois s'appellent le <i>jas,</i> l'<i>aissieu,</i> ou le <i>jouet</i> de l'<i>ancre.</i> On dit aussi qu'un vaisseau chasse sur ses <i>ancres</i> ; ou que l'<i>ancre</i> a chassé, lorsqu'elle laboure le fond, ou lorsqu'il s'éloigne du lieu où il a mouillé ; soit par la violence des coups de mer ; soit parce que le fond est de mauvaise tenue. On dit, Gouverner sur l'<i>ancre,</i> quand on vire le vaisseau pour désancrer plus facilement. Faire venir l'<i>ancre</i> à pic ; pour dire, venir sur l'endroit où l'<i>ancre</i> est mouillée. C'est lorsqu'on a retiré le cable, &amp; qu'il n'en reste plus précisément que pour aller perpendiculairement droit à l'<i>ancre.</i> Brider l'<i>ancre,</i> c'est empêcher que le fer ne creuse, &amp; n'élargisse le sable par le moyen des planches qu'on met à ses pattes, &amp; dont on les enveloppe. Bosser l'<i>ancre,</i> c'est la mettre sur les bosseurs, ou bossoirs. Il y a des peuples dans les Indes, qui se servent dans la navigation d'<i>ancres</i> de bois.</p><p>Il est clair que ce mot vient d'<i>ancora</i>, qui vient d' ; mais selon le P. Pezron il a été formé sur le Celtique <i>angor.</i> Quelles preuves qu'<i>angor</i> soit un mot Celtique, &amp; qu'il signifie <i>ancre ?</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1916" id="2" type="serrurier">
   <index type="head" value="ANCRE" />
   <index type="src_domain" value="serrurier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>ANCRE</head>
    <p>
    Ancre ; ou <i>Tirant,</i> en Architecture, &amp; en termes de Serrurier , c'est une grosse barre &amp; pièce de fer droite, ou faite en <i>S,</i> ou ayant la figure de deux <i>ancres</i> adossées, qui se mettent aux encogneures des murs, &amp; au bout des poutres, &amp; qui sert à affermir les murailles &amp; à tenir tout le bâtiment plus ferme &amp; plus lié. On s'en sert aussi aux cheminées, quand elles sont sur les crouppes, pour les garantir de l'effort des vents.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1916" id="3" type="">
   <index type="head" value="ANCRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Blason" />
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    <head>ANCRE</head>
    <p>
    Ancre , est aussi un terme de Blason ; mais en cet art ses parties y sont nommées différemment. Le bois traversant qui est au-dessus s'appelle <i>trabe.</i> Trabes, <i>Transversarius ancorae stipes, ancorae brachia.</i> Le fer droit qui entre dans la trabe, s'appelle <i>stangue. Scapus, truncus ancorae.</i> Et le cable est appellé <i>gumene. Funis ancorarius.</i> L'<i>ancre</i> est le symbole de l'esperance.</p><p>Justin, Liv. XV. ch. 4. &amp; Appien <i>in syriacis,</i> rapportent que tous les Séleucides naissoient marqués d'une <i>ancre</i> à la cuisse. M. Spanheim, pag. 404. &amp; 405. de la dernière édition, c'est-à-dire celle de Londres, &amp; d'habiles Antiquaires, ont cru que c'étoit la raison pour laquelle non seulement Séleucus I. mais d'autres encore de ses successeurs ont une <i>ancre</i> sur leurs médailles ; &amp; que Séleucus l'avoit gravée sur son cachet, ainsi que le dit Clément Alexandrin <i>Paedag. Liv. III. chap. II.</i> Pour les médailles, outre celles de Séleucus, il y en a d'Antiochus Soter, d'Antiochus surnommé , <i>Dieu,</i> &amp; de Démétrius Nicanor, qui ont des <i>ancres</i> ou seules, ou avec d'autres figures. Il est surprenant que des gens qui se picquent d'érudition, aient dit <i>ancora,</i> marque de la famille des Séleucides, que ceux de ce nom apportoient en venant au monde ; comme s'ils n'avoient pas entendu ce que signifie <i>ancora,</i> &amp; que tous les Séleucides se fussent appellés Séleucus, ou qu'il n'y eût eu que ceux qui se nommoient Séleucus qui eussent été marqués d'une <i>antre,</i> quoique Justin, qu'ils citent apparemment sans l'avoir lû, dise que tous ceux de la race de Séleucus apportoient cette marque en naissant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1916" id="4" type="">
   <index type="head" value="ANCRE" />
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    <head>ANCRE</head>
    <p>
    Ancre , se prend figurément &amp; moralement pour recours, refuge, asyle. <i>Refugium, azilus.</i> La Paroisse n'est que comme une dernière <i>ancre.</i> Patru. <i>Plaid. 8e.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1916" id="5" type="">
   <index type="head" value="ANCRE" />
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    <head>ANCRE</head>
    <p>
    Ancre , ou Encre, signifie aussi, une liqueur servant à écrire, composée de quatre parts de vitriol Romain, ou couperose verte, de deux parts de noix de galle, d'une part d'alun de roche, &amp; d'une de gomme Arabique, le tout cuit en eau, en vin, ou eau de vie, avec un peu de sucre candi pour la rendre luisante. <i>Atramentum.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ENCRE">ENCRE</ref>. <i>Ancre</i> double, <i>ancre</i> noire. <i>Ancre</i> d'Imprimerie, qui se fait avec de la térébentine &amp; de l'huile de noix, ou de lin avec du noir broyé, le tout cuit ensemble. <i>Ancre</i> rouge, ou rosette. Il y a apparence qu'en ce sens ce mot vient d'<i>incaustum</i>, ou de l'Italien <i>inchiostro</i> ; &amp; l'on prétend par-là qu'il se doit écrire par un E. Canéparius a fait un traité singulier des <i>ancres. De Atramentis.</i> Il a été réimprimé en Angleterre <i>in.</i> 4°.</p><p>On dit proverbialement, barbouillé d'<i>ancre</i> ; pour dire, qu'un homme est fort noir, &amp; qu'il est noir comme un Diable, ou bien de ceux qui se mêlent de magie, qui ont commerce avec le Diable. Ce proverbe s'établit au temps du Maréchal d'Ancre, &amp; on appella barbouillés d'<i>ancre,</i> ceux qui prirent les armes contre les Princes &amp; qui les poursuivirent, parce qu'on se persuada que c'étoit le Maréchal d'<i>Ancre</i> qui avoit fait accroire aux Princes par les effets de la magie, que le Roi les faisoit poursuivre.</p><p>On appelle aussi <i>ancre,</i> toute liqueur noire, comme celle que jette la Sèche, &amp; ces couleurs qui servent aux Peintres, aux Teinturiers &amp; aux Corroyeurs, <i>atramentum sutorium.</i></p><p>On dit encore, Ecrire de bonne <i>ancre</i> ; pour dire, Recommander par écrit une affaire de la bonne façon. <i>Enixè commendare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1917" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCRER" />
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    <head>ANCRER</head>
    <p>
    ANCRER , v. neut. C'est jetter l'ancre, mouiller l'ancre. <i>Ancoram jacere.</i></p><p>On dit figurément, que quelqu'un s'est bien <i>ancré</i> dans une maison ; pour dire, qu'il y est bien établi, bien affermi, qu'on auroit de la peine à l'en chasser. <i>Adhaerescere firmiter, duabus niti ancoris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1917" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="ANCRER" />
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    <head>ANCRER</head>
    <p>
    Ancré, ée , part. &amp; adj. Terme de Blason , qui se dit des croix &amp; sautoirs dont les bouts se divisent en deux, &amp; sont tournés comme les pattes d'un <i>ancre. Ancoratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1918" id="1" type="imprimerie en taille douce">
   <index type="head" value="ANCRER" />
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    <head>ANCRER</head>
    <p>
    ANCRER , v. act. Terme d'Imprimerie en taille douce . C'est faire entrer le noir avec le tampon sur la planche qui est gravée. <i>Atramento imbuere. Ancrer</i> une planche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1918" id="2" type="imprimeur en lettres">
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    <head>ANCRER</head>
    <p>
    Ancrer , v. act. Terme d'Imprimeur en Lettres . C'est prendre de l'ancre sur les balles, &amp; en toucher la forme. <i>Ancrer</i> une forme. Mais ayant vieilli en ce sens, on dit mieux, toucher une forme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1918" id="3" type="imprimeur en lettres">
   <index type="head" value="ANCRER" />
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    <head>ANCRER</head>
    <p>
    Ancrer , v. n. Terme d'Imprimeur en lettres . Ce mot d'<i>ancrer</i> se dit des lettres, &amp; signifie prendre bien l'<i>ancre.</i> Voilà une lettre qui <i>ancre</i> bien. Cette lettre n'<i>ancre</i> pas comme il faut.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1919" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCRIER" />
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    <head>ANCRIER</head>
    <p>
    ANCRIER , Voyez <ref type="search" target="head:ENCRIER">ENCRIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1920" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANCYRE" />
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    <head>ANCYRE</head>
    <p>
    ANCYRE , s. f. Ville de Galatie dans l'Asie mineure, ou Anatolie, située sur les confins de la grande Phrygie, ce qui fait que quelques Auteurs l'ont mise dans la Phrygie. Pline, Liv. V. ch. 32. en distingue deux, l'une en Phrygie, &amp; l'autre en Galatie, qu'il dit avoir été une ville des Gaulois Tectosages. Tite-Live en place encore une autre dans la Macédoine, ou l'Illyrie. La plus célèbre est <i>Ancyre</i> de Galatie. C'est dans les campagnes d'<i>Ancyre</i> que Pompée défit Mithridate, &amp; que Tamerlan vainquit &amp; prit Bajazet en 1402. ou 1403. Libanus <i>orat.</i> 26. dit qu'elle étoit Métropole de Galatie. Il y a deux Conciles d'<i>Ancyre,</i> l'un de l'an 314. &amp; l'autre 357.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1920" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANCYRE" />
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    <head>ANCYRE</head>
    <p>
    Ancyre , est un nom Grec, , qui signifie <i>ancre.</i> Si l'on en croit le Géographe Etienne, ce nom lui fut donné des ancres des navires que Ptolomée envoyoit au secours des Galates, &amp; que Mithridate prit. <i>Ancyre</i> s'appelle aujourd'hui <i>Angouri, Anguri, Angori,</i> &amp; <i>angar,</i> Elle est au Turc, &amp; est un Sangiacat, ou petit gouvernement. Sa longitude est 62d. 10'. sa latitude 42d. 30. Il y a encore eu une <i>Ancyre</i> en Sicile, dont parlent Diodore de Sicile, Liv. XIV. &amp; Cluvier dans son ancienne Sicile, Liv. 2. p. 373.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1921" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ANCYROÏDES" />
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    <head>ANCYROÏDES</head>
    <p>
    ANCYROÏDES , Terme d'Anatomie . C'est une excrescence de l'omoplate en forme de bec, que l'on nomme aussi Caracoide. <i>Anchoralis,</i> &amp; <i>Cornicularis.</i> Harris. Ce mot vient d', <i>ancre,</i> &amp; , forme, ressemblance, parce qu'elle a la ressemblance d'un bec d'ancre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1922" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDA" />
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    <head>ANDA</head>
    <p>
    ANDA , s. m. Grand arbre qui croît dans le Brésil, &amp; dont le bois est utile à plusieurs choses. Le fruit qu'il porte, rend une huile, dont les Sauvages ont accoutumé de s'oindre le corps. Ils se servent de son écorce, quand ils veulent prendre du poisson. Sa vertu est telle que l'eau dans laquelle elle a trempé, endort toutes sortes d'animaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1923" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDABATE" />
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    <head>ANDABATE</head>
    <p>
    ANDABATE , s. m. Gladiateur qui combattoit les yeux fermés. <i>Andabatae.</i> Quelques-uns prétendent que c'étoient ceux qui se bandoient les yeux à un jeu qui étoit en usage parmi les Romains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1924" id="1" type="marine">
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    <head>ANDAILLOTS</head>
    <p>
    ANDAILLOTS , s. m. Terme de Marine . Ce sont des anneaux qui servent à amarrer la voile, qu'on met de beau temps sur le grand étai.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1925" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDAIN" />
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    <head>ANDAIN</head>
    <p>
    ANDAIN , s. m. Etendue en longueur d'un pré qu'on fauche sur la largeur de ce qu'un faucheur peut couper d'herbe à chaque pas qu'il avance. <i>Nudatus herba trames fenisecae manu.</i> Il y a tant d'<i>andains</i> dans la largeur de ce pré. La plupart des Meuniers prétendent avoir droit de faucher un <i>andain</i> de pré le long du biez de leur moulin. Quelques-uns disent <i>ondain,</i> mais abusivement ; car ce mot vient de <i>andare, aller</i>, parce que l'<i>andain</i> se fait en marchant. D'autres dérivent ce mot de <i>antes, antium,</i> qui signifie, les sillons &amp; rangs de vignes ressemblans à des <i>andains</i> de pré. Du Cange dit qu'il vient du Latin <i>andena</i>, mot de la basse Latinité, qui signifie, l'espace compris entre les jambes d'un homme escarquillées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1926" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDALOUSIE" />
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    <head>ANDALOUSIE</head>
    <p>
    ANDALOUSIE , s. f. <i>Andalousia, Vandalicia.</i> Province d'Espagne qui comprend presque toute l'ancienne Bétique. L'<i>Andalousie</i> a à l'orient le Royaume de Grenade ; à l'occident la Guadiane, rivière qui la sépare de l'Algarve, Province de Portugal ; au midi l'Océan &amp; la Méditerranée ; au septentrion l'Estramadoure &amp; la Castille neuve. La capitale d'<i>Andalousie</i> est Seville : Ce Pays est le plus fertile d'Espagne ; c'est pour cela qu'on le nomme le grenier &amp; la cave du Royaume.</p><p>L'Andalousie nouvelle, <i>Andalousia nova,</i> est une Province de l'Amérique méridionale, dans la Castille d'or. Son nom est <i>Paria</i> ; sa Capitale Comana, ou la nouvelle Cordoue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1927" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDELE" />
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    <head>ANDELE</head>
    <p>
    &#9758; ANDELE , s. f. <i>Andella.</i> Rivière du Vexin, qui prend sa source aupres du village de Forges en Brai. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 2. <i>pag.</i> 234.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1928" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDELI" />
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    <head>ANDELI</head>
    <p>
    ANDELI , s. m. <i>Andelium, Andeliacum,</i> ou plutôt <i>Andilegum.</i> C'est le nom de deux lieux de Normandie qu'on nomme communément les <i>Andelis.</i> Le grand <i>Andeli</i> est une petite ville située entre deux montagnes sur le Gambon, à un quart de lieue de la Seine ; &amp; le petit <i>Andeli</i> est un bourg sur la Seine à l'embouchure du Gambon. Le grand <i>Andeli</i> est la patrie du Poussin, de Turnèbe, &amp; des deux Corneilles. Il y avoit dans ce lieu une Abbaye célèbre de filles, fondée par Sainte Clotilde, &amp; détruite vers l'an 900. à laquelle a succédé une Collégiale de Chanoines Séculiers. Dom Duplessis s'étend fort au long sur l'étymologie d'<i>Andeli</i> dans sa <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 2. <i>pag.</i> 218. <i>&amp; suiv.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1929" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDELS" />
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    <head>ANDELS</head>
    <p>
    ANDELS . Vieux mot qui veut dire, <i>avec eux.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1930" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDÉOL" />
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    <head>ANDÉOL</head>
    <p>
    ANDÉOL , s. m. Nom propre d'homme. <i>Andeolus.</i> S. <i>Andeol,</i> ou S. <i>Andiol,</i> que quelques Provinciaux appellent encore S. <i>Andeux,</i> &amp; S. <i>Anduel,</i> est un des illustres Martyrs que fit la persécution de l'Empereur Sévère dans les Gaules. Baill. <i>Andéol,</i> disciple de S. Polycarpe Evêque de Smyrme, enseignoit la foi dans le pays des Helviens. Chorier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1931" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDES" />
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    <head>ANDES</head>
    <p>
    ANDES , s. m. &amp; plur. <i>Andes.</i> Anciens Gaulois habitans de l'Anjou. Plusieurs croient qu'entre les peuples qui suivirent Ségovèze, il y eut des Bituriges, des Volsces, des Tectosages, des Boiens, des Sénonois, des <i>Andes,</i> &amp; des Bellovaciens ; c'est-à-dire, des peuples du Berry, des environs de Toulouse, &amp; de Carcassone, du Cap de Buch en Guyenne, de Sens, d'Anjou &amp; de Beauvais. Cordemoy. Les <i>Andes,</i> c'est-à-dire, ceux d'Angers. La capitale des <i>Andes</i> étoit <i>Juliomagus,</i> on <i>Andegavi,</i> Angers. Les <i>Andes</i> étoient voisins des Carnutes &amp; des Turonois, &amp; du côté de l'Occident ils touchoient l'Océan. Voyez César à la fin du IIe. Liv. &amp; Liv. III. de la Guerre des Gaules.</p><p>Les <i>Andes</i> sont aussi des montagnes de l'Amérique méridionale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1932" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDEUX" />
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    <head>ANDEUX</head>
    <p>
    ANDEUX . Voyez <ref type="search" target="head:ANDEOL">ANDEOL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1933" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDILLY" />
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    <head>ANDILLY</head>
    <p>
    ANDILLY , La Blanche d'<i>Andilly.</i> s. f. Espèce de pêche qui est de grand rapport. Elle est belle à voir, grosse, ronde, plate ; elle colore fort vif au soleil, n'a nul rouge au dedans, &amp; donne quelque satisfaction si on ne la laisse pas trop mûrir, ensorte qu'elle en devienne pâteuse. La Quint. Les Blanches d'<i>Andilly</i> sont fort sujettes à avoir la chair molle, &amp; presqu'en bouillie. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1934" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDIOL" />
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    <head>ANDIOL</head>
    <p>
    ANDIOL . Voyez <ref type="search" target="head:ANDEOL">ANDEOL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1935" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDIRA" />
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    <head>ANDIRA</head>
    <p>
    ANDIRA , ou ANGELIN, <i>Pison.</i> C'est un Arbre du Brésil, dont le bois est dur &amp; propre aux bâtimens ; son écorce est cendrée ; les feuilles ressemblent à celles de laurier &amp; sont plus petites. Il a des boutons noirâtres, d'où sortent beaucoup de fleurs ramassées, odorantes, de couleur purpurine &amp; bleue ; son fruit a la grosseur &amp; la figure d'un oeuf, verd au commencement, &amp; noircissant peu-à-peu. Il est couvert d'une écorce dure ; il renferme une amande jaune, d'un goût amer. On pulvérise ce noyau, &amp; on en donne dix grains pour les vers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1936" id="1" type="">
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    <head>ANDIRA</head>
    <p>
    ANDIRA , ou ANDIRA GUACU, <i>Pison.</i> Sont des espèces de chauve-souris du Brésil. Les plus grandes égalent nos pigeons. Elles ont une excroissance, ou corps pliant sur le nez, ce qui les fait appeller cornues ; leurs ailes sont longues de demi-pied, de couleur cendrée ; elles ont des oreilles larges, &amp; des dents blanches. Leurs pieds ont chacun cinq doigts armés d'ongles aigus ; elles courent après toutes sortes d'animaux, &amp; elles en succent le sang si elles les attrapent. Quelques-unes se glissent dans les lits &amp; ouvrent les veines des pieds. La langue &amp; le coeur de ces animaux est, à ce qu'on croit un poison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1937" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDOUILLE" />
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    <head>ANDOUILLE</head>
    <p>
    ANDOUILLE , s. f. Mets que les Charcutiers préparent avec des boyaux de cochon enfermés dans un autre boyeau, qui s'appelle pour cet effet la robe de l'<i>andouille. Hilla.</i> Il s'en fait aussi avec de la chair hachée, &amp; assaisonnée d'oignon &amp; d'épices. Il y a aussi des <i>andouilles</i> de veau. M. Chomel donne deux manières de les faire dans son <i>Dictionnaire Oeconomique,</i> au mot <i>Andouille.</i> Les <i>andouilles</i> de Troyes &amp; de Blois sont les plus renommées. Ce mot vient du Latin <i>indusiola</i>, selon quelques-uns ; mais il y a plus d'apparence qu'il vient d'<i>anduiller,</i> vieux mot Celtique, ou Bas-Breton, signifiant la même chose. M. Huet le fait venir d'<i>edulium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1938" id="1" type="venerie">
   <index type="head" value="ANDOUILLERS" />
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    <head>ANDOUILLERS</head>
    <p>
    ANDOUILLERS , s. m. ou ANTOILLIERS. Terme de Vénerie . <i>Cornua cervina.</i> Premiers cors ou ramures du <pb n="227" facs="bpt6k8542165/f267/full/1200,/0/native.jpg"/>bois de la tête du cerf joignant la meule, ou chevilles les plus basses de chaque perche, ou du marrain du cerf. Les <i>surandouilliers</i> sont les seconds cors.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1939" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDOUILLETTE" />
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    <head>ANDOUILLETTE</head>
    <p>
    ANDOUILLETTE , s. f. Petit ragoût que font les Cuisiniers avec de la chair de veau hachée &amp; des oeufs, qu'ils roulent ordinairement en ovale, &amp; dont ils garnissent les potages &amp; les pâtés, &amp; dont ils font des entrées de table. <i>Farcimen ovatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1940" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDRATOMIE" />
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    <head>ANDRATOMIE</head>
    <p>
    ANDRATOMIE , s. f. <i>Andratomia.</i> Dissection du corps humain, comme la Zootomie est la dissection du corps des bêtes. Harris. Anatomie est le genre, qui signifie en général toute dissection, d'hommes, de bêtes, de plantes ; <i>Andratomie,</i> &amp; Zootomie sont les espèces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1941" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANDRÉ" />
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    <head>ANDRÉ</head>
    <p>
    ANDRÉ , s. m. <i>Andreas.</i> Nom propre d'homme. S. <i>André</i> étoit disciple de S. Jean-Baptiste ; il fut le premier appellé par Jesus-Christ à l'Apostolat. Il prêcha aux Scythes, aux Sogdiens, aux Thraces, dans l'Epire, dans le Péloponèse, dans l'Achaïe, où il fut crucifié par ordre du Proconsul Egée. Les Actes du martyre de S. <i>André,</i> sont une Relation du Martyre de ce S. Apôtre, attribuée faussement aux Prêtres &amp; aux Diacres de l'Achaie, &amp; que quelques Critiques croient supposée par d'anciens hérétiques. S. <i>André</i> est le Patron d'Ecosse. Le jour de sa fête, la plupart des Gentilshommes, &amp; presque généralement tout le monde, portent une Croix de ruban bleue &amp; blanche au chapeau. Ce mot est fait du Grec , qui signifie Courageux.</p><p>Croix de S. <i>André,</i> c'est une Croix en sautoir, comme si cell où ce Saint fut attaché, avoit eu cette figure ; ce que néanmoins l'on ignore. <i>Crux decussata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1942" id="1" type="">
   <index type="head" value="S. ANDRÉ DU CHARDON" />
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    <head>S. ANDRÉ DU CHARDON</head>
    <p>
    S. ANDRÉ DU CHARDON . Ordre militaire en Ecosse, institué, à ce que quelqu'uns croient, par Hungus, ou Hungo Roi des Pictes, après la victoire qu'il remporta sur Athelstadam. Il lui étoit apparu, dit-on, une Croix de S. André, Patron de l'Ecosse ; il voulut à la gloire de ce S. Protecteur, à qui il devoit cette victoire, que l'on mît dans ses étendarts une Croix de S. André, &amp; il institua l'Ordre dont nous parlons, &amp; dont le collier est d'or, tissu de fleurs de chardons. De ce collier pend une médaille qui représente S. André tenant sa Croix de la main droite, avec ce mot, <i>Nemo me impunè lacesset</i> ; c'est-à-dire, <i>On ne m'attaquera point impunément.</i> Voilà ce qui se dit de l'origine de cet Ordre. D'autres prétendent que cet Ordre fut institué après la conclusion de la paix entre Charles VII. Roi de France &amp; le Roi d'Ecosse. Giustiniani dans sa seconde édition remonte plus haut, &amp; veut qu'il ait été institué par Achaïus I. Roi d'Ecosse en 809. Ce Prince gouvernoit les Ecossois au même temps que Hugues étoit Roi des Pictes ; c'est-à-dire au commencement du IXe siècle, après qu'ayant fait alliance avec Charlemagne il eut pris pour sa devise, le Chardon de la Rue, avec ces mots, <i>Nemo me impunè lacesset,</i> qui est en effet celle de cet Ordre. Jacques IV. le renouvella, ou peut-être l'établit, &amp; prit S. André pour son Protecteur. Il n'y a que douze Chevaliers, dont le Roi est le Chef. Ils portent un cordon verd, avec une médaille d'or émaillée, sur laquelle est d'un côté l'image de S. André, &amp; de l'autre la devise que j'ai dite. Ils portent encore sur le juste-au-corps &amp; sur le manteau, au côté gauche, une Croix de S. André cantonnée de feuilles de Rue, avec le chardon &amp; la devise au milieu. Voyez Le Mire <i>Orig. Ord. Equest. Liv. II. ch.</i> 10. &amp; Justiniani. <i>Hist. de gli Ordini Milit.</i> &amp;c. Buchanam <i>Hist. Scot. Liv. V. &amp; Liv. XI.</i> &amp; <i>Boethius Devananus, Liv. X.</i> dans leur Histoire d'Ecosse ne parlent point de cet Ordre.</p><p>S. André, Ordre militaire, établi en 1608. par Vincent de Gonzague Duc de Mantoue. Les Chevaliers de S. André s'appellent autrement les Chevaliers du Rédempteur. Voyez <ref type="search" target="head:REDEMPTEUR">REDEMPTEUR</ref>.</p><p>S. André, Ville d'Ecosse. <i>Andreapolis.</i> Elle est sur la côte orientale de ce Royaume au 17. d. 28. m. de longitude, &amp; au 57. d. 46. m. de latitude, si l'on en croit la dernière édition d'Hofman. Les cartes de Sanson la font beaucoup plus méridionale, &amp; plus occidentale. Les Ecossois l'appellent S. <i>Androws.</i> Elle a une Université &amp; un Archevéché. On place sa fondation un peu après le milieu du quatrième siècle, que S. Reule, ou <i>Regulus Albatus,</i> Moine Grec, apporta au Roi des Pictes, des reliques de S. André : ce qui donna le nom à la ville qui fut bâtie près du lieu où il aborda ; &amp; qui devint la capitale du Royaume. Larr. L'Evêché de cette ville fut fondé par Kenneth Roi d'Ecosse, après qu'il eut conquis &amp; réuni à sa couronne le Royaume des Pictes au milieu du IXe siècle : &amp; en 1474. il fut érigé en Archevêché ; &amp; Grahan, qui en fut le premier Archevêque, prit le titre de Primat d'Ecosse, qu'il a transmis à ses successeurs. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1942" id="2" type="fleuriste">
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    <head>S. ANDRÉ DU CHARDON</head>
    <p>
    S.André . Terme de Fleuriste . C'est le nom d'une anémone. <i>Anemone, à Sancto Andreâ dicta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1943" id="1" type="">
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    <head>ANDRIAGUE</head>
    <p>
    ANDRIAGUE , s. m. Animal fabuleux, sur lequel les Auteurs des anciens Romans ont monté leurs Héros, au lieu de chevaux. C'est des montures fabuleuses des anciens Héros de l'Orient que nos Romans ont pris leurs Hippogrifes, &amp; leurs <i>Andriagues,</i> sur lesquels leurs Chevaliers ont exécuté des entreprises si merveilleuses ; &amp; le mot d'<i>Andriague</i> pourroit bien être dérivé des <i>Egdeha,</i> des Orientaux, qui signifient en leur langue des Dragons, des Chimères &amp; des Pégases. D'Herb. Il est plus vraisemblable qu'il vient du Grec, comme Hippogriphe, &amp; qu'il est composé de , <i>homme,</i> &amp; , <i>duco, ago.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1944" id="1" type="">
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    <head>ANDRIENNE</head>
    <p>
    &#9758; ANDRIENNE , s. f. Robe à l'usage des Dames. A la représentation qui se fit en 1704. de l'Andrienne, comédie en vers de Baron, la Démoiselle Dancourt, qui y jouoit le principal rôle, avoit une robe abatue avec des paremens, que toutes les Dames trouvèrent de si bon goût, qu'elles en firent faire de même, &amp; qu'on nomma dès-lors <i>andriennes.</i> Merc. Dec. 1729.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1945" id="1" type="">
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    <head>ANDRINOPLE</head>
    <p>
    ANDRINOPLE , s. f. <i>Adrianopolis, Hadrianopolis.</i> Nom propre de ville. Il y en a eu plusieurs de ce nom. La plus considérable est une ville de Thrace sur les bords de l'Hèbre, ou de la Marize. On dit qu'elle a été fondée par Oreste ; qu'elle en porta le nom d'abord ; qu'elle fut aussi nommée Uscudama ; qu'ayant été ruinée par un tremblement de terre, &amp; Hadrien ayant été frappé de folie, l'Oracle répondit que pour guérir il s'emparât de la demeure de quelque furieux ; qu'Hadrien appliqua cette réponse à la ville d'Oreste ; la fit rétablir après sa guérison, &amp; lui donna son nom. <i>Adrianopolis</i> signifie, ville d'Hadrien. Elle fut dans la suite Métropole, sous le Patriarchat de Constantinople, &amp; elle eut onze suffragans. Aujourd'hui elle est aux Turcs, qui la nomment <i>Ender,</i> ou <i>Andernopoli.</i> Sa longitude est de 53d. 30'. sa latitude 43d. 20'.</p><p>Il y a eu d'autres <i>Andrinoples</i> ; une en Pisidie, une en Bithynie, une dans l'Etolie, une dans l'Epire, dont il est parlé dans le Concile de Chalcédoine Action I. Spartien remarque qu'Hadrien avoit donné son nom à plusieurs villes, &amp; il ajoûte à celles-ci Carthage &amp; une partie d'Athènes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1946" id="1" type="">
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    <head>ANDROGYNE</head>
    <p>
    ANDROGYNE , s. m. &amp; f. Hermaphrodite, qui a les deux natures, qui est mâle &amp; femelle tout ensemble. <i>Androgynus, Hermaphroditus.</i> Un grand nombre de Rabbins ont crû qu'Adam avoit été créé <i>androgyne</i> ; c'est-à-dire, mâle d'un côté, &amp; femelle de l'autre, ensorte que c'étoit deux corps, l'un d'homme &amp; l'autre de femme, joints ensemble par un de leurs côtés, &amp; que Dieu ne fit que les diviser en deux pour former Eve. Dans les Dialogues de Platon il y a une fable de l'<i>Androgyne.</i> Il suppose que certains hommes naissoient doubles, &amp; avec les deux sexes ; &amp; parce que cette duplicité de tous les membres leur donnoit beaucoup de force &amp; de vigueur, ils devinrent insolens jusqu'à déclarer la guerre aux Dieux. Jupiter pour réprimer leur audace, partagea ces <i>Androgynes</i> en deux ; en sorte pourtant qu'il est toujours resté à ces deux moitiés divisées une forte passion de se réunir : de là vient l'amour entre les deux sèxes. Pline, Liv. VII. ch. 1. dit qu'un certain Calliphanes avoit écrit qu'il y avoit un peuple d'<i>Androgynes</i> en Afrique, &amp; qu'Aristote ajoûte qu'ils avoient la mammelle droite comme un homme &amp; la gauche comme une femme. C'est une fable.</p><p>Ce mot est Grec, , &amp; signifie <i>mâle &amp; femelle.</i> Les Astrologues appellent Planètes <i>Androgynes,</i> celles qui sont tantôt chaudes, &amp; tantôt humides ; comme Mercure, qui est sec &amp; chaud étant près du soleil, &amp; humide proche de la lune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1947" id="1" type="">
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    <head>ANDROÏDE</head>
    <p>
    ANDROÏDE , s. m. <i>Androïdes.</i> Figure d'homme qui par le moyen de ressorts &amp; de machines, marche &amp; parle. On dit qu'Albert le Grand avoir fait un <i>Androïde.</i> Ce mot est <pb n="228" facs="bpt6k8542165/f268/full/1200,/0/native.jpg"/>Grec, composé d', <i>homme,</i> &amp; , <i>forme. Androïdes.</i> Qui a la forme d'homme. Prononcez <i>Androïde</i> de quatre syllabes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1948" id="1" type="">
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    <head>ANDROLEPSIE</head>
    <p>
    ANDROLEPSIE , s. f. Naudé s'est servi de ce nom dans son Mascurat, p. 296. mais il n'est point François, ni reçu par l'usage. C'est un mot Grec, qui vient d', <i>homme,</i> &amp; <i>capio,</i> &amp; signifie proprement la prise des hommes. Quand un Athénien avoit été tué par un citoyen d'une autre ville, si cette ville ne vouloit pas livrer le coupable pour qu'on le punît, il étoit permis de prendre trois citoyens de cette ville, &amp; de leur faire souffrir la peine de l'homicide ; c'est ce qui s'appelloit , ou ; en Latin <i>Clarigatio.</i> Naudé le prend dans un sens un peu différent, &amp; pour ce que nous appellons représailles en fait de biens seulement. La vente de ses meubles (du Cardinal Mazarin) a duré, dit-il, plus de six semaines, &amp; a été faite la première fois par forme de confiscation ; la seconde par <i>Androlepsie,</i> ou clérigation, à cause des dégâts vrais, ou présupposés tels, que faisoient les troupes du Comte de Grancé en beaucoup de maisons des habitans de cette ville ; &amp; il ajoûte, Représailles signifie la même chose que <i>pignorationes Budaeo, aut clarigationes Hermolao</i> ; car pour ce mot Grec d'<i>androlepsie,</i> il vaut autant dire que <i>pignorandi potestas</i> en Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1949" id="1" type="">
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    <head>ANDROMAQUE</head>
    <p>
    ANDROMAQUE , s. m. <i>Andromacus.</i> Nom propre d'homme. Ce mot est Grec, &amp; signifie qui combat les hommes, de , <i>homme,</i> &amp; , <i>combat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1949" id="2" type="">
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    <head>ANDROMAQUE</head>
    <p>
    Andromaque , s. f. <i>Andromache.</i> Nom propre de femme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1950" id="1" type="astronomie">
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    <head>ANDROMÈDE</head>
    <p>
    ANDROMÈDE , s. f. Terme d'Astronomie . C'est l'une des 21. constellations septentrionales. <i>Andromede.</i> Elle a 27. étoiles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1951" id="1" type="">
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    <head>ANDRONIC</head>
    <p>
    ANDRONIC , ou ANDRONIQUE, s. m. <i>Andronicus.</i> Nom propre d'homme, qui vient d', <i>homme,</i> &amp; , vaincre ; &amp; signifie, victorieux des hommes. Quatrè Empereurs de Constantinople ont porté le nom d'<i>Andronique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1952" id="1" type="">
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    <head>ANDROS</head>
    <p>
    ANDROS , <i>Andros.</i> Isle de l'Archipel. L'Isle d'<i>Andros</i> est à vingt lieues de Thermia. Les montagnes y sont très-hautes ; les vallées fort agréables y sont semées de quantité de maisons de Campagne, &amp; de beaux Jardins, que des ruisseaux qui y serpentent entretiennent dans leur continuelle fraîcheur. Il y a un Bourg, ou Ville du même nom, qui a un Evêque. Lettr. Ed.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1953" id="1" type="">
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    <head>ANDRIOT</head>
    <p>
    ANDRIOT , ou ANDRIOTE, s. m. &amp; fem. <i>Andrius.</i> Qui est d'Andros. Les <i>Andriotes</i> souhaitent depuis long-temps nous voir établis dans leur Isle. Les <i>Andriots</i> ne seroit-il point mieux ? On dit Cypriot, &amp; non pas Cypriote, &amp; les Cypriots. Au reste, quoiqu'on dise <i>Andriot,</i> &amp; non pas <i>Andrien,</i> on dit cependant l'<i>Andrienne</i> de Terence, en parlant de la Comédie de ce Poete, intitulée <i>Andria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1954" id="1" type="">
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    <head>ANDROSACE</head>
    <p>
    ANDROSACE , s. f. <i>Androsace vulgaris.</i> Plante annuelle, dont la racine est menue, fibreuse, &amp; qui donne à son collet quelques feuilles couchées par terre, disposées en rond, larges de demi pouce, longues environ de deux pouces, velues, &amp; relevées dans leur longueur de quelques nervures, légèrement crénélées sur leurs bords, &amp; d'un verd pale. Du milieu de ces feuilles partent des tiges menues, le plus souvent au nombre de sept à huit, nues, velues, verdâtres, hautes de six à sept pouces, &amp; couronnées par quelques feuilles d'entre lesquelles sortent plusieurs pédicules terminés chacun par un calice assez ample, qui renferme une fleur blanche, d'une seule pièce, taillée en forme de soucoupe &amp; découpée en cinq parties, comme son calice. Le pistile qui s'emboëte avec la fleur devient une coque ronde, enveloppée en partie par le fond du calice, &amp; s'ouvre de sa pointe à sa base en deux, pour laisser tomber sa semence qui est menue, rousse &amp; triangulaire. Toute la plante paroît d'abord au goût un peu astringente, mais elle laisse ensuite un peu d'acrété, &amp; d'amertume dans la bouche. Elle croît en Provence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1954" id="2" type="">
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    <head>ANDROSACE</head>
    <p>
    Androsace , se prenoit autrefois pour une plante marine, que les Botanistes modernes ont nommé <i>Acetabulum,</i> à cause que ses feuilles sont des bassins creux &amp; ronds, semblables, à ce qu'on prétend, à ceux qu'on employoit du temps des Romains pour mesurer le vinaigre. On l'appelle encore <i>Umbilicus marinus,</i> nombril marin, parce qu'il ressemble aux feuilles du cotyledon, ou <i>Umbilicus veneris.</i> L'Acetabulum croît au fond de la mer sur des coquilles, des pièces de bois, &amp; sur les rochers ; il est un peu diurétique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1955" id="1" type="">
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    <head>ANDROSAEMUM</head>
    <p>
    ANDROSAEMUM , s. m. ou Toute-Sainte. <i>Androsaemum.</i> Plante dont les branches sont ligneuses, souples, rouges, droites &amp; ailées. Ses feuilles sont deux à deux par certains intervalles, de couleur d'un verd obscur par-dessus, blanchâtres par-dessous : elles sont semblables à celles du chevrefeuille ; mais elles sortent par les noeuds ; &amp; ne sont pas ainsi percées par leur branche. Ses fleurs sont jaunes ; elles ressemblent à celles de mille pertuis ; mais elles sont plus petites. Elles sont composées de cinq feuilles jaunes, qui sont soutenues par cinq autres feuilles vertes. Son fruit est une espèce de baie qui contient plusieurs semences menues. <i>Androsaemum</i> vient de deux mots Grecs, , génitif de <i>vir,</i> &amp; <i>sanguis</i> ; car la plante que les Anciens nommoient <i>Androsaemum,</i> rendoit du suc couleur de sang.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1956" id="1" type="">
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    <head>ANDUEL</head>
    <p>
    ANDUEL . Voyez <ref type="search" target="head:ANDEOL">ANDEOL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1957" id="1" type="">
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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    ÂNE , s. m. <i>Asinus.</i> Baudet, animal à quatre pieds &amp; à longues oreilles, qui a de grosses babines, qui est ordinairement de poil gris, qui vit environ 30. ans, &amp; qui est lent, patient, paresseux, laborieux &amp; stupide. C'est une bête de somme dont se servent d'ordinaire les pauvres gens pour porter des choux, du fumier, du plâtre, &amp;c. Les <i>anes</i> de Mirebalais. Il y a des <i>anes</i> domestiques, &amp; des <i>ânes</i> sauvages. A Melun, en Bourgogne &amp; en quelques autres lieux, il y a une poste aux <i>anes.</i> Le braire est le propre des <i>ânes,</i> un <i>âne</i> chargé d'or ne laisse pas de braire. S. Evr. Il étoit défendu dans les livres de Moise de joindre un boeuf à un <i>âne</i> pour labourer. L'une des bonnes qualités de l'<i>âne,</i> est qu'il a l'ouie très-fine, à cause de la longueur de ses oreilles. De-là est venue la fable du Roi Midas, à qui les Poëtes ont donné des oreilles d'<i>âne,</i> parce qu'il ne se passoit rien dans son Royaume dont il ne fût instruit. Le nom d'<i>âne,</i> qui passe pour une injure, n'a pas toujours été si odieux. On a quelquefois appellé ainsi des personnes robustes, à cause de la force de cet animal. Bochart. Homère a comparé Ajax, accablé de traits dans la mêlée, à un <i>âne</i> ravageant un blé verd, assailli à coups de cailloux par les petits garçons du Village. Perr.</p><p>Boileau n'est pas le premier qui ait élevé l'<i>âne</i> au-dessus du Docteur. M'étant, dit un ancien faiseur de contes, mis en colere contre un Docteur, je lui dis que mon <i>âne</i> étoit plus sage que lui. Il me fit appeller en Justice, &amp; je lui prouvai mon dire, parce que mon <i>âne</i> venoit bien de la rivière tout seul ayant bu, &amp; lui il le falloit rapporter de la taverne, quand il étoit saoul...</p><p>Les <i>ânes</i> étoient la monture ordinaire des Israëlites.... Pour donner une grande idée de Jaïr un des Juges qui gouvernerent le peuple, l'Ecriture dit qu'il avoit trente fils montés sur trente <i>ânes,</i> &amp; chefs de trente villes. Il est dit d'Abdon un autre des Juges, qu'il avoit quarante fils &amp; trente petit-fils montés sur soixante &amp; dix <i>ânes.</i> Et dans le Cantique de Debora, les chefs d'Israël sont décrits montés sur des <i>ânes</i> polis &amp; luisans. <i>Moeurs des Isr.</i></p><p>Il y a des <i>ânes</i> en Espagne beaucoup plus grands qu'aucun cheval, &amp; si furieux, que personne n'en sauroit approcher pour les panser, sinon ceux qui en font métier, &amp; ils braient si épouvantablement, qu'il n'y a point de lion qui fasse plus de bruit. Newcast.</p><p>Ce mot d'<i>âne</i> vient d'<i>asinus,</i> que quelques-uns tirent du Grec , <i>innoxius,</i> d'autres d', <i>tristem esse.</i> Cet animal est mélancolique. Mais le P. Pezron prétend que ce mot est tiré des Celtes, qui disent <i>asen,</i> pour un <i>âne.</i></p><p>On appelle pont aux <i>ânes,</i> une difficulté qui arrête les ignorans : comme la cinquième proposition des Elémens d'Euclide est le pont aux <i>anes</i> de la Géométrie. Quelques-uns sont d'avis tout contraire, &amp; disent que c'est un moyen facile &amp; commun qu'on donne aux ignorans de sortir d'une <pb n="229" facs="bpt6k8542165/f269/full/1200,/0/native.jpg"/>difficulté qui les arrête, parce que les gens stupides, comme les <i>ânes,</i> vont toujours par le même chemin, n'ayant pas l'industrie d'en trouver un autre. On trouve en effet dans plusieurs Logiques anciennes, &amp; même dans celle du P. Joseph, Feuillant, une figure nommé <i>Pons asinorum,</i> qui apprend le moyen de trouver un moyen terme, &amp; d'arranger les termes du syllogisme pour prouver quelque proposition que ce soit. On s'est dégoûté de cette méthode, parce qu'elle n'avance pas beaucoup, &amp; est fort embarrassante. Ceux qui ne savent pas raisonner, ni mettre un argument en forme avec la connoissance des règles les plus ordinaires de la Logique, ne l'apprendront guère par la figure du <i>pont aux anes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    Âne sauvage . Animal gris, &amp; marqueté de blanc &amp; de noir. <i>Onager, onagrus.</i> Le P. Tellez Liv. I. ch. 14. de son <i>Hist. d'Ethiopie,</i> dit, que cet animal est fort beau, à ses oreilles près, qui sont fort longues ; qu'il est marqué par tout le corps de plusieurs cercles de couleur noire &amp; cendrée, mais si belles, qu'il n'est point de Peintre qui pût les imiter. Il ajoûte que cet animal est très-cher ; qu'un Empereur d'Ethiopie en ayant donné un à un Seigneur Turc, celui-ci le vendit deux mille écus de Venize à un Indien, qui en vouloit faire présent au grand Mogol. Il se nourrit d'herbes &amp; de choux. Sa moële est si souveraine, qu'on croit qu'elle guérit de la goûte. L'<i>âne sauvage</i> est si vîte, qu'il n'y a que les barbes qui le puissent attraper à la course Il y en a en quantité dans les deserts de Numidie &amp; de Lybie, &amp; aux pays circonvoisins. Dès qu'ils voient un homme, ils s'arrêtent après avoir jetté un cri, &amp; font une ruade, &amp; lorsqu'il est proche ils commencent à courir : on les prend dans des piéges, &amp; par d'autres inventions. Ils vont par troupe en pâture &amp; à l'abreuvoir. La chair en est fort bonne ; mais il faut la laisser refroidir deux jours, lorsqu'elle est cuite, parce qu'autrement elle put, &amp; sent trop la venaison. Nous avons vû quantité de ces animaux en Sardaigne, mais plus petits. Ablanc. <i>Trad. de Marm.</i> Il y en a un fort grand nombre en Phrygie, en Lycaonie, en Arabie, dans tout l'Orient, &amp; dans les pays du Nord. Les chairs des jeunes ânons, selon Galien, ont le même goût que les chairs de lièvre ; &amp; lorsqu'ils sont dans un âge plus avancé, leurs chairs sont semblables à celle des cerfs. De la Mare. Il y a des <i>anes</i> en Egypte qui font 40. milles par jour, c'est-à-dire, treize lieues.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    Cocq-a-l'Âne , est un discours en galimathias, ou une réponse qui n'a rien qui convienne à la question, ou à la demande qu'on fait. <i>Alienum abs re proposita dictum.</i> Il lui répondit par un <i>cocq-à-l'ane.</i> Marot &amp; les vieux Poëtes ont intitulé quelques-unes de leurs Poësies <i>Cocq-à-l'âne.</i> On appelle des Contes de peau d'<i>ane,</i> des contes de vieille, des histoires peu vraisemblables. On appelle Dos d'<i>âne,</i> un angle aigu qui se fait de deux superficies, comme celle des pignons, &amp; des couvertures.</p><p>
    </p>
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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    Pas d'Âne . Voyez PAS D'ÂNE.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    Âne , est aussi une espèce d'étau, dont se servent plusieurs Artisans, &amp; entre autres les ouvriers en marqueterie, pour tenir leurs bois ou leurs pierres, quand ils les fendent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    Âne , est aussi chez les Relieurs une espèce de coffre où tombent les rognures des livres. Il y en a qui l'appellent un porte-presse ; mais <i>âne</i> est le plus usité.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    Âne , signifie figurément un homme ignorant, grossier, stupide. <i>Asinus.</i> Un Prince qui n'est pas lettré, est un âne couronné. Mezer. On reproche aux écoliers qui ne veulent rien apprendre, que ce sont des <i>ânes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    l'Âne d'or, est une fiction d'Apulée, Philosophe Platonicien, d'une métamorphose en <i>âne,</i> dont il a fait un ingénieux Roman. Apulée avoit pris le sujet de cette fable dans Lucien, qui l'avoit lui-même abrégée de Lucius de Patras.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    l'Âne de Buridan, est une supposition d'un Philosophe, qui dit que si on mettoit un <i>âne</i> entre deux picotins d'avoine parfaitement égaux, &amp; éloignés également, il mourroit de faim ; soutenant qu'il ne pourroit pas se déterminer auquel il iroit, faute d'avoir le libre arbitre. Ce qui a fait dire proverbialement à Naudé dans le Mascurat : Cela me fait appréhender qu'il ne t'arrive comme à l'<i>âne</i> de Buridan, qui mourut de faim entre deux picotins d'avoine, faute de se résoudre auquel il devoit plutôt allonger le col, parce qu'ils étoient également distans de lui. Cela se dit à des gens indéterminés, irrésolus. Voyez Buridan, où l'on rapporte l'origine de ce proverbe.</p><p>On a aussi appellé <i>ânes,</i> les Mathurins, ou les Frères de l'Ordre de la Sainte Trinité, parce que quand ils voyageoient, il ne leur étoit permis que de monter sur des <i>anes,</i> suivant leur Institution, qui fut faite en l'an 1198. sous le Pontificat d'Innocent III. ce qui fut changé par le Pape Honorius III. qui leur accorda dès l'an 1217. l'usage des mules, &amp; leur permit même de se servir de chevaux en cas de nécessité. <i>Hist. de l'Egl. de Meaux. Tom. I. pag. 178.</i> Ils sont encore appellés, les Frères aux <i>ânes</i> de Fontainebleau, dans un Registre de la Chambre des Comptes de l'an 1330. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÂNE</head>
    <p>
    Âne , se dit proverbialement en ces phrases : L'<i>âne</i> du commun est toujours le plus mal bâté, c'est-à-dire, qu'on a peu de soin de contribuer aux nécessités, ou dépenses publiques. On ne sauroit faire boire un <i>ane</i> s'il n'a foif ; c'est-à-dire, qu'on ne peut pas faire faire une chose à un homme malgré lui. On dit, Boire en <i>âne</i> ; pour dire, Laisser une partie de sa boisson dans son verre. On dit aussi, qu'un homme a un vin d'<i>âne,</i> quand il devient hébété après avoir bû. Il est méchant comme un <i>âne</i> rouge ; pour dire, qu'un homme fait toute sorte de mal. On dit que Midas avoit des oreilles d'<i>âne,</i> pour dire, qu'il entendoit de loin, qu'il savoit tout ce qu'on disoit dans son Royaume. On le dit aussi de ceux qui ont des oreilles trop longues, &amp; qui tiennent de l'<i>ane</i> par leur stupidité. On dit d'un ignorant, que c'est un <i>ane</i> bâté ; d'un homme trop adonné aux femmes, que c'est un <i>âne</i> débâté. On dit aussi, qu'il y a plus d'un <i>âne</i> à la Foire qui s'appelle Martin, quand on répond à ceux qui se trompent sur l'équivoque d'un nom. On dit aussi, Martin l'<i>âne</i> ; &amp; que par tout où il y a Martin, il y a de l'<i>ane.</i> On dit encore, qu'à laver la tête d'un <i>ane,</i> on ne perd que la lescive ; pour marquer qu'un homme stupide ne profite pas des instructions qu'on lui donne. On dit aussi, Le jour du Jugement viendra bientôt, les <i>ânes</i> parlent Latin ; quand quelque ignorant veut parler une langue qu'il n'entend pas. On dit d'une chose qu'on méprise, qu'elle ne vaut pas le pet d'un <i>âne</i> mort. On dit aussi, Chantez à l'<i>âne,</i> il vous fera des pets, en parlant des ignorans, &amp; des ingrats, qui connoissent mal les choses, ou qui reconnoissent mal les graces qu'on leur fait. On dit aussi, qu'il est bien <i>âne</i> de nature, qui ne peut lire son écriture. On dit d'un ignorant qui est assis dans un fauteuil, que ce sont les Armoiries de Bourges, un <i>âne</i> dans une chaise : que les chevaux courent les Bénéfices, &amp; que les <i>ânes</i> les attrapent ; pour dire, qu'on ne donne pas toujours les graces à ceux qui les méritent. On dit aussi, que la patience est la vertu des <i>ânes.</i> On l'a sanglé comme un <i>âne</i> ; pour dire, On lui a fait un rude traitement, il a été sévèrement condamné. On dit à celui qui cherche une chose que sans y prendre garde il porte sur lui, qu'il cherche son <i>âne,</i> &amp; qu'il est dessus. On dit d'un faux brave qui menace, que c'est l'<i>âne</i> couvert de la peau du lion. On dit d'un homme qui n'a point d'équipage, qu'il n'a ni cheval, ni <i>âne,</i> ou, ni <i>âne,</i> ni muler. On dit, Pour un point Martin perdit son <i>âne,</i> à qui il manque fort peu de chose pour gagner une partie à quelque jeu, ou pour réussir en quelque affaire. Voyez l'origine de ce Proverbe au mot <i>Martin.</i> On appelle un homme qui chante mal, un <i>rossignol d'Arcadie</i> ; c'est-à-dire, un ignorant : &amp; un gros <i>ane</i> d'Arcadie, à cause qu'en ce pays-là on fit ouvrir un <i>âne</i> qu'on accusoit d'avoir mangé la lune, parce que son image disparut dans l'eau où il beuvoit au temps d'une éclipse. On dit aussi d'un grand mangeur, qu'il s'escrime bien des armes de Cain, ou de Samson, c'est-à-dire, d'une machoire d'<i>âne.</i> On appelle aussi le talk, le miroit des <i>ânes.</i> Voyez ci-dessus l'<i>âne</i> de Buridan. Pour montrer qu'on néglige ordinairement le bien commun pour ne songer qu'à ses intérêts particuliers, On dit,</p><p>En patois de Bugey on dit <i>âne burdin,</i> pour dire <i>âne.</i> IVe Liv. des Rois v. 17. <i>Burdo</i> signifie un <i>ane.</i> Deroch.</p><p>Dans l'Orient on se sert des <i>ânes</i> pour faire voyage, aussi bien que des chevaux &amp; des chameaux, parce que c'est <pb n="230" facs="bpt6k8542165/f270/full/1200,/0/native.jpg"/>une voiture fort douce &amp; fort commode. Il y a en Perse &amp; ailleurs des <i>ânes</i> sauvages, qu'on apprivoise, &amp; dont on se sert comme des autres. Le Roi de Perse en a dans ses écuries, &amp; un jour un Espagnol les voyant richement enharnachés &amp; rangés dans la Cour du Palais, comme il se pratiquoit dans le pays les jours qu'un Ambassadeur doit avoir audience, il perdit sa gravité &amp; se prit à rire. Un Officier de la Cour lui en demanda la raison : l'Espagnol répondit qu'il rioit de voir traiter avec tant de distinction des animaux qu'on traite avec le dernier mépris en Espagne ; le Persan repliqua, c'est que les <i>ânes</i> sont fort communs en votre pays, &amp; nous les traitons avec distinction, parce qu'ils sont rates dans le nôtre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANÉANTIR</head>
    <p>
    ANÉANTIR , v. act. Réduire au néant, ou à peu de chose. <i>Ad nihilum redigere, delere penitùs, funditùs extinguere.</i> Les corps naturels changent de forme ; mais ils ne s'<i>anéantissent</i> pas. De grandes villes ont été <i>anéanties</i> par les guerres, par les embrasemens. Le temps <i>anéantit</i> toutes choses. La grandeur Romaine s'est <i>anéantie,</i> il n'en reste plus que l'ombre. Ce mot vient de son primitif <i>néant.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANÉANTIR</head>
    <p>
    Anéantir , se dit figurément en choses morales. Ce Prince a <i>anéanti</i> toutes les loix. Il a <i>anéanti</i> plusieurs grandes maisons pour en élever d'autres. Ils <i>anéantissent</i> la Morale Chrétienne. Pasc. L'opinion de la destinée irrévocable va à <i>anéantir</i> tout le culte de la Religion, &amp; à éteindre l'amour des vertus. Port-R. Il y a des gens qui brillent dans l'action &amp; dans le mouvement, &amp; que le repos obscurcit &amp; <i>anéantit.</i> Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANÉANTIR</head>
    <p>
    Anéantir , signifie aussi s'humilier extrêmement. <i>Ex intimo sui contemptu propè ad nibilum descendere, abjicere se, se demittere.</i> Saint Paul dit que le Seigneur s'est <i>anéanti</i> lui-même en se faisant homme, &amp; en prenant la forme d'un esclave. On affecte des distinctions dans les Eglises mêmes où doit s'<i>anéantir</i> toute la gloire humaine. Flech. Les Saints s'<i>anéantissent</i> continuellement en la présence de Dieu. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANÉANTISSEMENT</head>
    <p>
    ANÉANTISSEMENT , s. m. Diminution d'une chose, réduction à rien, au néant. <i>Extinctio.</i> Il n'y a point d'entier <i>anéantissement</i> dans la nature : Dieu seul peut faire cette sorte d'<i>anéantissement.</i> Epicure, qui étoit si persuadé de l'<i>anéantissement,</i> ne laisse pas d'être inquiet de ce qui se passera après lui. Bayl.</p><p>Il se dit aussi de l'abaissement d'une fortune élevée, du renversement, de la destruction d'un Empire, d'une Monarchie, d'une famille. Cette famille est tombée dans l'<i>anéantissement.</i> La chute &amp; l'<i>anéantissement</i> des trois premières Monarchies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANÉANTISSEMENT</head>
    <p>
    Anéantissement , se dit figurément en Morale d'une grande humilité. <i>Summus sui contemptus.</i> L'<i>anéantissement</i> de soi-même devant la Majesté Divine est une action fort chrétienne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANECDOTE</head>
    <p>
    ANECDOTE , s. f. Terme dont se servent quelques Historiens pour intituler les Histoires des affaires secrètes des Princes ; c'est-à-dire, des Mémoires qui n'ont point paru au jour, &amp; qui n'y devroient point paroître, parce qu'on y parle, ou avec trop de liberté, ou avec trop de sincérité, des moeurs, &amp; de la conduite des personnes du premier rang. <i>Anecdota, Rerum à principibus viris clam ac secretò gestarum historia.</i> Ils ont imité en cela Procope, Historien, qui a ainsi intitulé un Livre qu'il a fait contre Justinien &amp; la femme Théodora. C'est le seul des Anciens qui nous ait laissé des <i>Anecdotes,</i> &amp; qui ait montré les Princes tels qu'ils étoient dans leur domestique. Varillas a fait les <i>Anecdotes,</i> ou l'Histoire secrète de la Maison de Médicis.</p><p><i>Anecdotes</i> se dit aussi des ouvrages des Anciens qui n'ont pas encore été imprimés : ainsi M. Muratori a intitulé <i>Anecdotes</i> Grecques, <i>Anecdota Graeca,</i> les ouvrages des Pères Grecs, qu'il a tiré des Bibliothèques pour les imprimer la première fois. Le P. Martène a donné le <i>Thesaurus Anecdotorum novus in fol.</i> 5. <i>vol.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, choses qui n'ont pas paru, qui ont été tenues secrètes, qui n'ont pas été données au public.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1961" id="1" type="">
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    <head>ÂNÉE</head>
    <p>
    ÂNÉE , s. f. La charge d'un âne, ce qu'il porte à chaque voyage. <i>Asini onus.</i> Une <i>ânée</i> de vin, une <i>ânée</i> de fruits. Ce mot n'est en usage qu'à la campagne, &amp; dans les Provinces. L'<i>anée</i> de vin à Lion contient 80. pots de vin.</p><p>Ce mot s'est formé d'<i>âne,</i> ou d'<i>afinata,</i> que l'on trouve dans la signification d'<i>ânée,</i> comme le P. Papebroch l'a remarqué <i>Act. SS. April. Tom. II. pag.</i> 260. <i>B.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1962" id="1" type="">
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    <head>ANÉMOMETRE</head>
    <p>
    &#9758; ANÉMOMETRE , s. m. Machine qui marque continuellement sur le papier, non seulement les vents qu'il a fait, &amp; à quelle heure chacun a commencé &amp; fini ; mais aussi leurs différentes vîtesses ou forces relatives. M. d'Onsenbray de l'Académie des Sciences a lu un Mémoire à la rentrée de cette Académie de l'année 1734. sur la description &amp; les usages de cette machine. Pour en avoir une idée, voyez le Mémoire &amp; le Mercure de Juin 1734.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1963" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANÉMONE" />
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    <head>ANÉMONE</head>
    <p>
    ANÉMONE , s. f. <i>Anemone.</i> L'<i>anémone</i> proprement dite, chez les Fleuristes, est une plante qui a ses racines noueuses, tubéreuses, d'où naissent des feuilles qui sont tantôt arrondies, tantôt fendues en trois ou quatre segmens, &amp; tantôt découpées fort menu. Du milieu de ces feuilles s'élèvent des tiges nues jusques vers leur milieu, où sont attachées trois feuilles, quelquefois quatre, qui n'ont point de pédicule, &amp; qui forment par une base assez large un colet aux tiges qu'elles embrassent : le haut des tiges soutient une fleur à plusieurs pétales, dont la couleur varie à l'infini ; &amp; il n'y a point de couleur bisarre qu'on ne trouve dans l'<i>anémone</i> ; rien n'est plus charmant que le doux mélange des couleurs qu'on observe dans quelques-unes de ces fleurs. On appelle <i>anémone</i> simple, celle qui outre ces pétales colorées donne seulement des étamines d'un violet obscur qui environnent le pistile dont toute la surface est chargée d'une infinité de semences menues, enveloppées d'une coëffe cotoneuse. <i>Anémone</i> double, est celle qui au lieu d'étamines, n'a que des béquillons qui sont quelquefois fleurdelisés, &amp; qui ne sont autre chose que les étamines de la fleur simple applaties &amp; aggrandies, leurs sommets étant avortés. Cet amas de béquillons est nommé la peluche, &amp; par quelques Fleuristes la fanne ; mais comme souvent toutes les étamines n'avortent pas, elles forment aussi entre les pétales de la fleur, &amp; la peluche, ce qu'on appelle le cordon de l'<i>anémone</i> ; il est tantôt composé de petits filamens plats &amp; courts, tantôt grenés ; &amp; on le nomme cordon grené. On dit le vase &amp; le calice de la fleur, pour exprimer l'épanouïssement de la fleur d'une <i>anémone.</i> La culotte d'une <i>anémone,</i> c'est la naissance des pétales ou feuilles de la fleur, comme le manteau est l'extrêmité de ces mêmes pétales. On dit la culotte de cette <i>anémone</i> est bleu violet, &amp; le manteau tire sur le blanc. La fanne de l'<i>anémone</i> sont ses feuilles. Une <i>anémone</i> doit être bien dômee pour être belle, c'est-à-dire, que sa peluche doit être bien arrangée, faire le dôme, &amp; couvrir en partie les pétales qui la soutiennent. Il ne faut point que ses béquillons s'engagent entre les pétales de la fleur, ni que le cordon déborde les béquillons ; les pétales de la fleur doivent encore s'évaser également, &amp; n'être point trop longues ni trop pointues. Béquillon vient du mot de bec, à cause de sa ressemblance : on dit un béquillon fleurdelisé, lorsqu'il est un peu découpé à son extrêmité.</p><p>Il y a des <i>anémones</i> de jardin, &amp; des <i>anémones</i> sauvages ; &amp; l'on en voit quantité de l'une &amp; de l'autre sorte, que l'on ne sauroit distinguer que par la couleur &amp; par la multiplicité de leurs feuilles. Il y en a de rouges, de blanches, de violettes, de bleues, de panachées, &amp;c. Ces couleurs différentes leur ont fait donner beaucoup de noms pour les distinguer. La <i>Calle blanche,</i> est celle dont la houpe est incarnate ; la <i>Flandre blanche,</i> celle dont la houpe est verte ; la <i>Sermonette blanche</i> celle dont la houpe est cramoisi couvert ; le <i>Cayetan colombin,</i> est blanc ; le <i>Salvian,</i> blanc marqueté d'incarnat ; le <i>Parisien,</i> incarnat &amp; blanc ; le <i>Gallipol,</i> panaché blanc ; le <i>Turc</i> ou <i>Byzantin,</i> couleur de rose ; le <i>Martelé,</i> celui dont les feuilles <pb n="231" facs="bpt6k8542165/f271/full/1200,/0/native.jpg"/>sont couleur de paille fouettée de cramoisi, &amp; la coupe de même couleur ; la <i>Merveille de Bretagne,</i> moitié blanc, moitié cramoisi. Il y a encore le S. <i>André,</i> le S. <i>Charles, Matedot,</i> l'<i>Albert,</i> le <i>Passe-Albert</i> ; la <i>rouge à peluches,</i> la <i>violette,</i> la <i>couleur de pécher,</i> la <i>Flamette,</i> la <i>Tricolor,</i> la <i>Chalcédoine,</i> l'<i>Orbat,</i> la <i>Regale,</i> la <i>Lire,</i> la <i>Perche</i> &amp; la <i>coule</i>ur d<i>e feu.</i></p><p>Il y a deux sortes d'<i>anémones,</i> l'une qui a la feuille de dessous étroite &amp; tranchée comme celle de la coriandre ; &amp; celle de dessus dans le tour de la fleur, large, quelquefois double, quelquefois simple. L'autre au contraire a la fleur de dessous large, &amp; faite comme celle du persil, &amp; étroite par en haut ; &amp; est sans houpe. Les Jardiniers de ce temps appellent celles-ci argémones. Les <i>anémones</i> nuancées sont rares &amp; précieuses ; les veloutées sont aussi des belles ; les panachées sont préférables aux pures, pourvû qu'elles aient les autres qualités de la beauté. Les ternes sont à mépriser. Ce n'est pas qu'il n'y ait à choisir que des incarnates, des couleur de feu, des blanches, ou d'autres couleurs éclatantes ; car il y en a de bisarres, &amp; de brunes, qui sont merveilleuses ; mais il faut qu'elles soient lustrées.</p><p>L'<i>Anémone</i> est médecinale ; elle purge le cerveau, attire les phlegmes, &amp;c. Voyez Matthiole, &amp; Chomel <i>Diction. Oecon.</i></p><p>Une <i>anémone,</i> avec ce mot, <i>Gloria vento discutitur,</i> dans Ferro ; ou celui-ci dans Picinelli, <i>Tenui discutitur aurâ,</i> a servi de devise pour exprimer la fragilité de la beauté. <i>Tenui corrumpitur aurà</i> seroit mieux ; &amp; avec ce mot, <i>Brevis est usus,</i> on a remarqué la fragilité de la vie.</p><p>Cette fleur étoit inconnue en France il y a 40. ou 50. ans. Elle fut apportée des Indes par M. Bachelier, fameux Fleuriste. Elle fleurit en Décembre, Janvier, Février, Mars, Avril, &amp; Mai. On dit la fanne de l'<i>anémone,</i> la peluche de l'<i>anémone,</i> le vase de l'<i>anémone,</i> ou le calice de l'<i>anémone,</i> le cordon de l'<i>anémone,</i> la culotte de l'<i>anémone,</i> la tige de l'<i>anémone,</i> la patte de l'<i>anémone.</i> La touffe de l'<i>anémone</i> doit être basse &amp; bien garnie ; sa peluche doit être garnie de béquillons ; les béquillons doivent être arrondis par le bout ; plus ils sont larges, plus la fleur est considérable. Le cordon de l'<i>anémone</i> doit un peu se faire voir, &amp; ne point excéder les premiers béquillons, ni faire le bourlet par son épaisseur. Quand le cordon est de plusieurs couleurs différentes de sa peluche, ou des grandes feuilles, l'<i>anémone</i> en est plus belle. Quand les béquillons sont étroits, elle est détestable, &amp; on l'appelle un chardon.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>ventus.</i> Et cette fleur s'appelle en Grec, , qui signifie, <i>herbe du vent,</i> parce qu'elle ne s'épanouit que quand le vent souffle, à ce que dit Pline ; ou parce qu'elle se trouve dans des lieux exposés au vent, ou parce que le vent est propre à la faire éclorre.</p><p>Hesychius, dans son Dictionnaire, comprend sous le nom d'<i>anémone</i> toutes les fleurs qui sont de courte durée, &amp; qui sont facilement abattues &amp; gâtées par le vent. D'autres disent que cette fleur a été ainsi nommée, parce que ses semences sont aisément emportées par le vent. Ovide, dans ses Métamorphoses, &amp; Nicander, cité par le Scholiaste de Théocrite sur l'Idille 5. font naître l'<i>anémone</i> du sang d'Adonis. Tzetzès sur Lycophron dit, que le sang d'Adonis tomba sur des <i>anémones,</i> &amp; que ses fleurs, qui auparavant étoient blanches, en prirent la couleur rouge.</p><p>Les <i>anémones</i> simples peuvent se planter toute l'année ; les belles <i>anémones</i> ne se plantent que depuis le mois de Septembre jusqu'à la fin d'Avril. A moins qu'il ne fasse un temps humide, il faut les mettre dans l'eau pendant un jour, avoir de la terre bien préparée, avec de bon terreau bien vieux, &amp; de bon sablon, le tout bien mêlé, &amp; soit en pot, soit en pleine terre, s'il fait sec &amp; qu'il ne gele point, arrosez-les un peu ; s'il gele il faut les couvrir, &amp; quand le soleil paroît les découvrir ; si elles sont en pot, il faut mettre les pots en terre jusqu'au bord, &amp; ne les en point tirer, que les <i>anénomes</i> ne soient prêtes à fleurir. Aux pays froids, ou les hivers sont longs &amp; rudes, comme en Picardie &amp; en Flandre, on replante les <i>anémones</i> en Novembre par un beau jour, le 5e ou 6e jour de la Lune, dans des pots que l'on met dans une serre exposée au midi. Quand les pots sont petits, il faut dépoter les <i>anémones</i> après l'hiver, &amp; les mettre en pleine terre, bien proprement, sans rompre leur gason ; leurs fleurs en seront plus belles. En Mars il faut les arroser quelquefois ; en Avril souvent, &amp; de même jusqu'à ce qu'elles soient en pleine fleur. Alors il faut les mettre à l'ombre, &amp; les garder de la pluie, afin qu'elles durent plus long-temps. Les <i>anémones</i> se doivent lever de terre tous les ans aussi-tôt que le fanage est sec, prenant soin de les nettoyer de la pourriture qui s'y trouve, la coupant jusqu'au vif de leurs bulbes. Les bulbes d'<i>anémone</i> se gardent deux ou trois ans en lieu sec sans les replanter. Il y a des Jardiniers qui parmi la terre mettent pour les <i>anémones</i> de la glaize, ou forte terre qui a passé un hiver à l'air. Elles y profitent merveilleusement.</p><p>L'Auteur du <i>Dictionnaire Oeconomique</i> a fait une fois ce nom masculin. L'<i>anémone</i> étant également fort a les mêmes propriétés que le safran. Il emporte les clous &amp; les froncles qui viennent aux yeux. Peut-être entend-t-il par-là l'oignon de l'<i>anemone.</i> Les Persans appellent les <i>anémones, Laleh Deschet</i> &amp; <i>Laleh Gouhi,</i> Tulipe de campagne, &amp; de montagne ; c'est-à-dire, sauvage &amp; non cultivée. Les Arabes les nomment <i>Schacaik al Noôman,</i> c'est-à-dire, fleurs découpées, ou panachées de <i>Noôman</i> ; à cause que ce fut Noôman Roi d'Arabie qui les transporta le premier de la campagne dans ses Jardins, &amp; qui en a fait le premier la culture. Ce n'est peut-être cependant qu'une allusion du nom de ce Roi avec celui d'<i>anémone.</i> d'Herb. Cette allusion a pu suffire aux Arabes, pour dire sans autres preuves que ce Prince fut le premier qui cultiva ces fleurs. Voyez sur les <i>anémones</i> le <i>Traité de la culture des fleurs.</i> P. II. après la Quintinie Tom. II.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1963" id="2" type="">
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    <head>ANÉMONE</head>
    <p>
    Anemone , chez les Botanistes, est un genre de plante, qui comprend non seulement les <i>anémones</i> des Fleuristes, mais encore plusieurs autres qu'ils ne cultivent pas. On distingue la renoncule d'avec l'<i>anémone</i> par la semence, qui dans celle-ci est enveloppée d'une coëffe cottoneuse, ce qui ne s'observe pas dans l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1964" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANEMOSCOPE" />
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    <head>ANEMOSCOPE</head>
    <p>
    ANEMOSCOPE , s. m. Est un nom que Mr Gurike, Bourguemestre de Magdebourg, &amp; grand Mathématicien, a donné à une machine de son invention, qui fait connoître le changement de l'air &amp; du vent, ou le beau &amp; le mauvais temps, deux ou trois jours avant qu'il arrive. C'est un petit homme de bois qui s'élève ou s'abaisse dans une colonne de verre où il est enfermé. Le Sr Comiers a fait voir que ce n'étoit autre chose que l'application du baromètre ; &amp; que ce mouvement ne se faisoit que par la pesanteur ou légèreté de l'air, dans un Traité qu'il en a donné au public, qui a été inséré dans le Mercure Galand du mois de Mars 1683. Ce mot vient d', <i>vent,</i> &amp; , <i>je regarde.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1965" id="1" type="astrologie">
   <index type="head" value="ANÉRÈTE" />
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    <head>ANÉRÈTE</head>
    <p>
    ANÉRÈTE . Terme d'Astrologie . L'<i>anérète</i> est la planète qui donne la mort, lorsqu'elle vient par direction à l'aphète.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1966" id="1" type="">
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    <head>ÂNERIE</head>
    <p>
    ÂNERIE , s. f. Il ne se dit jamais qu'au figuré. Il signifie, ignorance, stupidité, faute grossière contre l'art qu'on professe. <i>Asininus stupor, asinina stoliditas.</i> Il a écrit une telle chose, c'est une grosse <i>ânerie.</i> Hé bien coquin, voilà de tes <i>âneries.</i> Mol. Qui fagotteroit suffisamment un amas des <i>âneries</i> de l'humaine sapience, il diroit des merveilles. Mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1967" id="1" type="">
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    <head>ÂNESSE</head>
    <p>
    ÂNESSE . La femelle d'un âne. <i>Asina.</i> Dieu fit un miracle en faisant parler l'<i>ânesse</i> de Balaam, qui empêcha le Prophète de maudire le peuple de Dieu.</p><p>Lait d'<i>ânesse, Lac asininum,</i> est le lait qu'on ordonne pour certaines maladies, &amp; pour rafraîchir. Cet homme ne se porte pas encore bien, on l'a mis au lait d'<i>ânesse.</i> Le lait d'<i>ânesse</i> est le meilleur après celui des femmes. Popée, femme de Neron, avoit toujours à sa suite quatre à cinq cents <i>ânesses,</i> pour se baigner dans leur lait. Je n'ai point lû dans aucun Auteur que le bain de lait d'<i>ânesses</i> servît à la santé ; mais j'ai appris de M. Patin que plusieurs personnes de sa connoissance, qui réglément tous les ans avoient pris du lait d'<i>ânesse</i> pendant six semaines ou deux mois, avoient vécu plus de huitante ans. De Vig. Mar. Le lait d'<i>ânesse</i> servoit à Poppée, femme de Néron pour conserver son beau teint. Mascur. Les gens mols &amp; délicats se frottoient le visage &amp; la peau de pain trempé dans du lait d'<i>anesse,</i> ou pour la rendre plus blanche, ou pour empêcher <pb n="232" facs="bpt6k8542165/f272/full/1200,/0/native.jpg"/>que la barbe ne leur vînt sitôt. Voyez Suétone dans Othon, ch. 12. Martial Liv. X. ép. 68. Ils se faisoient même un masque de ce pain, comme il paroît par Juvénal. v. 461. &amp; suiv. Poppée, femme de Néron, fut la première, ou une des premières qui usa de cette délicatesse, persuadée que le lait d'<i>ânesse</i> contribuoit à la blancheur, &amp; qu'elle ôtoit les rides en tendant la peau. C'est pour cela qu'elle traînoit toujours après elle cinq cents <i>ânesses</i> ; &amp; c'est aussi pour cela que Juvénal, Sat. VI. v. 462. appélle ces emplâtres de pain trempé dans du lait d'<i>ânesse, Pinguia Popaeana.</i> Voyez sur ceci Plin. <i>Hist. nat.</i> Liv. XI. c. 41. L. XXVIII. c. 12. Suétone dans Othon, c. 12. Martial. L. X. ép. 68. Juvénal Sat. VI. v. 460. &amp; suiv. l'ancien Interprete de Juvénal sur cet endroit, v. 468. &amp; Saumaise sur Spartien, c. 4. de la vie d'Hadrien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1967" id="2" type="">
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    <head>ÂNESSE</head>
    <p>
    Ânesse , se dit au figuré, pour signifier, Ignorante, sotte, stupide, <i>Asina, stupida, stolida.</i> Ote-toi d'ici, grosse <i>ânesse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1968" id="1" type="">
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    <head>ANET</head>
    <p>
    ANET , s. m. <i>Anethum. s. n.</i> Plante annuelle &amp; umbellifère. Sa racine est menue, &amp; donne une tige haute de deux à trois pieds, quelquefois branchue, garnie de feuilles semblables à celles du fenouil, mais plus courtes &amp; encore plus menues. Ses umbelles sont composées de fleurs jaunes, &amp; ses semences sont ovales, applaties, canelées sur leur dos, &amp; garnies d'une bordure fort mince. Toute la plante a une odeur de drogue très-forte. On en faisoit autrefois des chapeaux dans les festins. Jesus-Christ reprochoit aux Pharisiens, qu'ils payoient les dîmes de la menthe &amp; de l'<i>anet,</i> en marquant leur hypocrisie. Ce mot vient du Grec , <i>sursùm,</i> , <i>crescere,</i> parce qu'il croît fort vîte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1968" id="2" type="">
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    <head>ANET</head>
    <p>
    Anet , se prend quelquefois pour la semence de la plante d'<i>anet.</i> On s'en sert dans les décoctions carminatives, &amp; son huile est employée pour la colique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1969" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANETE" />
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    <head>ANETE</head>
    <p>
    ANETE . Ce mot qui est formé du Latin <i>anas,</i> se disoit autrefois pour <i>canard.</i> On lit dans l'Art de Rhéthorique ancien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1970" id="1" type="medecine">
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    <head>ANÉVRISME</head>
    <p>
    ANÉVRISME , s. m. Terme de Médecine . C'est une tumeur molle qui obéit au toucher, engendrée de sang &amp; d'esprits épandus sous la chair par dilatation ou par relaxation d'un artère. <i>Tumor ex sanguine aut arteriarum remissione excrescens. Aneurisma.</i> Galien dit que quand l'artère est ouvert par anastomose, il se fait une maladie dite <i>anévrisme.</i> Elle se fait aussi lorsqu'en saignant on ouvre une artère au lieu d'une veine. Voyez Degori, dans son <i>Dictionnaire Médical.</i> Jul. Caesar Claudinus <i>Cons.</i> 67. Guill. Fabritius Hildanus, <i>obs.</i> 44. <i>Cent.</i> 3.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1971" id="1" type="">
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    <head>ANFORGE</head>
    <p>
    ANFORGE , subst. fém. Ce mot, selon Borel, veut dire une <i>gibeciere de cheval.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1972" id="1" type=" dogmatique">
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    <head>ANFRACTUEUX</head>
    <p>
    ANFRACTUEUX , adj. m. Terme dogmatique , qui se dit particulièrement en Médecine, des veines, artères, &amp; autres conduits qui font plusieurs tours &amp; détours fort irréguliers. <i>Interruptus anfractibus.</i> Les conduits de l'oreille sont fort <i>anfractueux.</i> Ce mot vient du Latin <i>anfractus</i>, qui signifie, <i>détour.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1973" id="1" type=" dogmatique">
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    <head>ANFRACTUOSITÉ</head>
    <p>
    ANFRACTUOSITÉ , s. f. Terme dogmatique , dont on se sert sur-tout en Médecine. Tours &amp; détours irréguliers, d'un vaisseau ou d'un conduit. <i>Anfractus.</i> On tient que les hommes, &amp; les animaux qui ont le plus de sillons, ou d'<i>anfractuosités</i> dans le cerveau, ont plus d'esprit &amp; de sagacité que les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1974" id="1" type="">
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    <head>ANGADRÊME</head>
    <p>
    ANGADRÊME , s. f. Nom propre de femme. <i>Angadrisma.</i> Sainte <i>Angadrême,</i> qui se trouve mal nommée Andragisime. <i>Andragisima,</i> dans la plupart des Martyrologes Latins, ne doit point être confondue avec Sainte Angarême, ou Angarisme, Abbesse d'Arluc, qui vécut &amp; qui mourut presque en même temps qu'elle. Baillet. Cette Sainte est particulièrement honorée à Beauvais, où sont ses reliques, &amp; elle est la Patrone de cette ville, comme Sainte Géneviève l'est de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1975" id="1" type="">
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    <head>ANGAR</head>
    <p>
    ANGAR , s. m. Appentis. Place couverte d'un demi comble adossé contre un mur, &amp; soutenu de piliers disposés d'espace en espace. <i>Tectum alteram in partem declive &amp; nixum pilis.</i> Il sert de remise, ou de bucher, dans les bassecours.</p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>angen</i>, qui signifie simplement, <i>appentis.</i> Ménage. Je ne sai ou Mr Ménage &amp; Nicod ont pris <i>angen</i> en Allemand. Pour moi je ne le trouve nulle part, ni pour <i>appentis,</i> ni pour autre chose. Tous mes Auteurs Allemands appellent un <i>angar</i> en Allemand <i>schopff.</i> Si <i>angar</i> venoit de l'Allemand, ce seroit de <i>anhangen,</i> qui signifie tenir à quelque chose, être appuyé contre quelque chose ; mais je ne sache point qu'il se soit formé de-là que <i>ahan,</i> qui répond à ce que nous appellons accessoire, &amp; au nom de parti, faction, adhérant, partisan, &amp;c. Pour <i>angar,</i> il n'y a pas lieu de croire qu'il s'en soit formé. Le sentiment de Mr Du Cange est bien plus vraisemblable Voyez <ref type="search" target="head:Hangart">Hangart</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1976" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGE" />
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    <head>ANGE</head>
    <p>
    ANGE , s. m. Substance spirituelle &amp; intelligente, qui tient le premier rang entre les créatures de Dieu. <i>Angelus. Ange</i> n'est point proprement un nom de nature, ou qui signifie la nature, selon la remarque de saint Hilaire Liv. V. de la Trin. mais un nom d'office, qui signifie <i>Nuntius,</i> Messager, celui dont on se sert pour porter ses ordres, pour expliquer ses volontés. C'est ce que saint Paul a exprimé par ces paroles, Hébr. 1. 14. <i>Les</i> Anges <i>ne sont-ils pas tous des esprits qui lui servent, &amp; qu'il envoie travailler au bien de ceux qui recevront l'héritage du salut ?</i> C'est pour cela que ce nom se donne aux Prêtres dans Malachie II. 7. à saint Jean-Baptiste, Malach. III. 1. Matt. XI. 10. Car comme dit Tertullien, dans son ouvrage contre les Juifs, ch. 4. <i>Dieu a coûtume d'appeller</i> Anges, <i>ceux qu'il constitue les ministres de sa puissance.</i> Jesus-Christ lui-même, en Isaïe IX. 6. est appellé par les Septante l'<i>Ange du Grand Conseil ;</i> nom, dit Tertullien, Liv. <i>De carné Ch. C.</i> 14. qui marque son emploi, &amp; non pas sa nature. Le nom que l'Ecriture donne en Hébreu aux <i>Anges</i> est aussi un nom d'office, &amp; non pas un nom de nature, qui signifie <i>Legatus, nuntius,</i> un Legat, un Envoyé, un Ministre. Cependant l'usage a prévalu, &amp; ce nom d'<i>Ange</i> se prend communément pour un nom de nature, même dans l'Ecole, &amp; dans l'Ecriture. Voyez <i>Art. XXIII.</i> Les Saducéens ont nié autrefois qu'il y eût des <i>Anges</i> ou des esprits. C'a été aussi l'erreur de quelques Philosophes, au rapport d'Aristote ; mais il n'est pas permis à un Chrétien d'en douter. L'Ecriture est formelle en cent endroits sur cet article ; &amp; la tradition, les Pères, tout conspire à prouver cette vérité. Dans toutes les Religions on a crû l'existence des <i>Anges.</i> Les Samaritains mêmes &amp; les Caraites, que les Juifs traitent de Saducéens, les reconnoissent. Abusaïd, de la secte des Samaritains, qui est l'auteur d'une version Arabe du Pentateuque, en parle dans ses notes ; Aaron, Juif Caraïte, en fait aussi mention dans son Commentaire sur les cinq livres de Moïse. Ces deux ouvrages, qui sont fort rares, se trouvent en manuscrit dans la Bibliothèque du Roi. Il est souvent parlé des <i>Anges</i> dans l'Alcoran. Les Mahométans croient qu'ils sont les exécuteurs des Commandemens de Dieu ; qu'ils sont différens en dignité, qu'ils sont destinés à de certains offices, tant dans le ciel que sur la terre, &amp; qu'ils écrivent les actions des hommes. Ils attribuent une très-grande puissance à l'<i>Ange</i> Gabriel ; à savoir, de descendre dans l'espace d'une heure du ciel en terre, &amp; de renverser une montagne avec une seule plume de son aile. L'office de l'<i>Ange</i> Asraïl est de prendre les ames de ceux qui meurent. Un autre <i>Ange,</i> nommé Esraphil, tient toujours à sa bouche une corne, ou trompette, pour en sonner au jour du jugement. En un mot, les <i>Anges</i> sont d'un grand secours aux Mahométans dans toutes les fables dont leur Religion est remplie. Ils en ont emprunté une partie des <i>Medrascim,</i> ou livres allégoriques des Juifs. Voyez de <i>Moni</i> au chap. 15. de l'<i>Histoire de la créance, &amp; des coûtumes des nations du Levant.</i> Les Philosophes &amp; les Poëtes paiens ont aussi reconnu des substances intelligentes supérieures à l'homme. Saint Cyprien le prouve, dans son Livre de la vanité des Idoles, par le témoignage de Platon, de Socrate, de Trismégiste, &amp; des Poëtes. Les Energumènes &amp; les opérations de la magie en sont des preuves convaincantes, dont Lactance se sert au Livre I. de ses Institutions, chap. 15. Voyez encore les raisons de saint Thomas <i>Liv. II. contr. Gent. ch.</i> 46.</p><p>On n'a pas été si bien d'accord sur la nature des <i>Anges</i> que sur leur existence. Saint Clement d'Alexandrie a crû que les <i>Anges</i> avoient un corps. C'étoit aussi l'opinion d'Origène, de Caesarius, de Jean de Thessalonique, de Tertullien, &amp; de quelques autres, à qui on l'attribue. Aujourd'hui on convient généralement que ce sont des Intelligences spirituelles. Le Concile de Latran, sous Innocent III. <i>C. firmiter de sum. Trin.</i> décide que Dieu est créateur des deux natures, la spirituelle &amp; la corporelle ; c'est-à-dire, ainsi qu'il s'explique lui-même, des <i>Anges,</i> &amp; de ce monde. C'est aussi le sentiment genéral des Peres, saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Jean Chrysostome ; &amp;c. Enfin l'Ecriture appelle les <i>Anges,</i> des esprits, &amp; se sert du même mot que quand elle parle de Dieu, &amp; qu'elle dit que <i>Dieu est esprit,</i> pour marquer qu'il est immatériel. Voyez <ref type="search" target="head:Act">Act</ref>. XXIII. 8. &amp; en S. Luc, III. 36. VI 18. VII. 21. VIII. 2. &amp; souvent ailleurs elle nomme les Démons esprits immondes, esprits malins, &amp;c.</p><p>Saint Paul parle de cette sorte des <i>Anges</i> au chap. I. de l'Epitre aux Hébr. v. 7. L'<i>Ecriture dit touchant les</i> Anges : <i>Dieu se sert des esprits pour en faire ses Ambassadeurs &amp; ses</i> Anges, <i>&amp; des flammes ardentes pour en faire ses Ministres.</i> C'est ainsi qu'on lit dans la version de Port-R. M. Simon a traduit plus à la lettre : <i>A l'égard des</i> Anges, <i>Dieu dit qu'il fait les esprits ses</i> Anges, <i>&amp; ses Ministres, des flammes de feu.</i> Puis il ajoûte dans sa note : L'article qui est dans le Grec devant le mot d'<i>Anges</i> insinue qu'il faudroit traduire à la lettre, <i>que Dieu fait ses</i> Anges <i>des esprits ;</i> mais le sens est, que les esprits lui servent d'<i>Anges,</i> c'est-à-dire, de ministres, <i>ou envoyés,</i> pour exécuter les volontés.</p><p>Comme S. Paul cite en cet endroit le verset 4. du Pseaume 103. où le Prophete semble plutôt parler des <i>vents</i> que des <i>Anges,</i> M. Simon y fait cette remarque : <i>Le mot qui est dans l'Hébreu est équivoque, signifiant également</i> vent <i>&amp;</i> esprit. <i>La plupart des Rabbins entendent ce passage du Pseaume, des vents &amp; des tonnerres, dont Dieu se sert comme de ministres. Mais S. Paul a suivi le sens que lui présentoit la version des Septante, &amp; qui est même appuyée sur les plus anciens Rabbins. On pourroit aussi traduire a la lettre, en donnant au mot d</i>'esprit <i>la signification</i> de vent ; <i>qu'il fait ses Anges,</i> comme <i>des vents ; c'est-à-dire, ses envoyés prompts comme le vent, étant certain que les Hébreux sous entendent en une infinite d'endroits la particule</i> comme.</p><p>Sur ces autres mots, &amp; ses Ministres, des <i>flammes de feu,</i> M. Simon ajoûte cette autre remarque : C'est ainsi qu'il faut traduire à la lettre, &amp; cela signifie, que ceux dont Dieu se sert pour être ses Ministres, sont légers &amp; actifs comme le feu. Selon l'interpiétation des Rabbins, il faudroit traduire de cette manière les paroles du Pseaume, que les flammes ardentes lui servent de Ministres ; ce qui se voit par l'exemple de Sodome &amp; de Gomorrhe.</p><p>L'Apôtre dit encore parlant des <i>Anges</i> au même endroit vers. 14. <i>Tous les</i> Anges <i>ne sont-ils pas des Esprits qui tiennent lieu de Serviteurs &amp; de Ministres ?</i> Version de Mons. Il y a dans la Version de M. Simon : <i>Ces</i> Anges <i>ne sont-ils pas tous des Esprits faisant les fonctions des Ministres ?</i> &amp; dans la note : Les <i>Anges</i> sont à l'égard de Dieu, comme les Ministres d'un grand Roi, &amp; Jesus-Christ, qui est le fils unique de Dieu, est à l'égard des <i>Anges,</i> comme le fils de ce grand Roi, lequel fils est au-dessus de tous ces Ministres.</p><p>L'Eglise Grecque fait la Fête des SS. <i>Anges</i> l'onzième de Janvier, <i>Bollandus T. I. p.</i> 665. &amp; l'Eglise Latine le second d'Octobre. On compte dans l'Ecriture neuf Hiérarchies des <i>Anges.</i> Nous avons la ridicule fantaisie de nous faire accroire que les cieux ne roulent que pour nous, &amp; que les <i>Anges</i> mêmes, qui composent ces grandes Hiérarchies, n'ont été créés que pour avoir soin de nos commodités. Moth. Vay. Nous peignons les <i>Anges</i> en figure humaine, dit Jean de Thessalonique, parce qu'ils ont souvent ainsi apparu à ceux à qui Dieu les a envoyés. Fleur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , se prend spécifiquemont pour une des créatures qui est du neuvième &amp; du plus bas Choeur de la Hiérarchie céleste, les <i>Anges,</i> Archanges, &amp;c. L'<i>Ange</i> Exterminateur. Un <i>Ange</i> de lumière, c'est un bon <i>Ange.</i> L'<i>Ange</i> de ténèbres, c'est le Diable. L'Ecriture fait mention de Sathan, &amp; de ses <i>Anges.</i> L'<i>Ange</i> gardien, ou le bon <i>Ange,</i> est celui que Dieu a commis à la garde de chaque personne. <i>Angelus custos, tutelaris.</i> Les Platoniciens tenoient de même, que chacun étoit sous la protection d'un Génie particulier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , se dit figurément en parlant de celui qui a une qualité extraordinaire. Cet Auteur écrit comme un <i>Ange.</i> Cet homme peint en <i>Ange.</i> Il a la voix d'un Ange. Cette fille est un <i>Ange,</i> un <i>Ange</i> mortel ; elle a le visage d'un <i>Ange.</i> On dit qu'un homme vit en <i>Ange,</i> quand il vit dans une grande pureté : &amp; pour cette raison on a donné autrefois aux Papes &amp; aux Evêques le nom d'<i>Anges,</i> comme témoigne Du Cange. Ces façons de parler s'expriment en Latin par les adverbes, <i>pulchrè, mirisice, mirabiliter.</i> Dans l'Apocalypse ce nom est donné aux Pasteurs de plusieurs Eglises : L'<i>Ange</i> de l'Eglise d'Ephèse : l'<i>Ange</i> de l'Eglise de Smyrne. On l'a donné aussi à plusieurs autres hommes par excellence, à cause de leurs qualités extraordinaires : Saint Thomas est l'<i>Ange</i> de l'Ecole. Pasc. C'est une société d'hommes, ou plutôt d'<i>Anges.</i> Id. Mais Madame après tout je ne suis pas un <i>Ange.</i> Mol. C'est-à-dire, je n'ai pas la sagesse d'un <i>Ange</i> pour résister à vos charmes. On appelle des manches d'<i>Anges,</i> certaines manches de femmes qui sont fort larges, &amp; qui ne vont qu'à la moitié du bras, parce qu'on habille ainsi les <i>Anges</i> quand on les peint. Un lit d'<i>Ange,</i> est celui dont les rideaux sont faits en pavillon, retroussés &amp; suspendus au plancher, &amp; sans quenouille. De l'eau d'<i>Ange,</i> est une eau odoriférante faite de plusieurs fleurs &amp; aromates, qui est extrêmement agréable.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , pris absolument, est un nom que les Poëtes &amp; les Amans donnent quelquefois à leurs Maîtresses.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , s. m. Espèce de monnoie sous Philippe de Valois. Dans l'Edit qui en ordonne la fabrication, ces <i>Anges</i> sont nommés <i>Angelots.</i> Voyez ce nom. On discontinua de les fabriquér l'an 1342. Ils furent toujours d'or fin ; mais ils ne furent pas toujours de même poids : les premiers pesoient 5. deniers 16. grains, &amp; on les appelloit <i>premiers Anges.</i> On en fit dans la suite qui ne pesoient que 5. deniers, &amp; on les nommoit <i>seconds Anges.</i> Les derniers pesoient seulement 4. deniers 13. grains, &amp; c'étoit les troisièmes <i>Anges.</i> L'Ecusson que l'<i>Ange</i> tient de la main droite n'est rempli que de trois fleurs de lys. Le Blanc. Le même Auteur, dans ses tables du poids &amp; de la vâleur des monnoies, distingue sous Philippe de Valois en 1340. 1341. &amp; 1342. <i>des Anges &amp; des demi-Anges,</i> d'or fin les uns &amp; les autres. Ceux-ci à la taille de 67. 13 au marc, &amp; ceux là à la taille de 33. 25 au marc en 1340. &amp; de 38. 13 en 1341. &amp; de 42. en 1342. Il dit aussi dans sa préface p. 6. que <i>Ange</i> &amp; <i>Angelot</i> sont la même chose. L'<i>Ange</i> qui est sur cette monnoie lui fit donner son nom. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , en termes d'Artillerie , est un boulet de canon fendu en deux, dont les deux moitiés sont attachées par une chaine, ou une barre de fer. On en tire sur la mer pour désemparer les vaisseaux, &amp; pour rompre les cordages, mâts &amp; manoeuvres des ennemis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , est aussi le nom du principal étendart de l'armée. Dans les commencemens de l'Empire d'Occident, on portoit l'Ange devant l'Empereur. Voyez Witikind Liv. I.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , se dit des petits moucherons qui naissent du vin &amp; du vinaigre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , est aussi un poisson de mer qu'on fait passer pour de la raie, parce qu'il lui ressemble ; mais il est plus gros, &amp; il a la chair plus dure. <i>Squatina.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGE</head>
    <p>
    Ange , est employé par le peuple dans quelques Provinces pour signifier Sergent. A Dijon envoyer un <i>Ange,</i> c'est envoyer un Sergent : ce qui, dans le temps de l'introduction du papier timbré, donna lieu à un pauvre homme que son créancier avoit fait assigner, de dire, <i>Ai m'é anvié trois Ainges,</i> par-où il entendoit le Sergent &amp; l'assignation, où pour timbre la figure de deux Anges étoit marquée. <i>Glossaire Bourguignon, au mot</i> Ainge.</p><p>On dit proverbialement, rire aux <i>Anges,</i> quand on rit seul &amp; sans sujet : Boire aux <i>Anges,</i> quand on ne sait plus quelle santé on peut boire. On appelle par raillerie les crocheteurs, des <i>Anges</i> de Grève, à cause de leurs crochets qui tiennent lieu d'ailes. On dit aussi d'un visionnaire, ou d'un homme qui a reçu quelque coup violent dans les yeux, qu'il a vû des <i>Anges</i> violets.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>messager, envoyé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1977" id="1" type="">
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    <head>ANGEINE</head>
    <p>
    ANGEINE , s. f. Catherine de Laval, Jadis Comtesse de Léon, dans une quittance qu'elle donne au Duc de Bretagne l'<i>an</i> 1281. <i>le mercredi emprès la Fête de saint Martin d'Eté</i> dit, que le payement étoit dû de cette <i>Angeine</i> prochaine à venir. Sur quoi le P. Lobineau dit que l'<i>Angevine</i> (car il écrit toujours ainsi, au lieu d'<i>Angeine,</i> qui est dans l'acte dont nous parlons) que l'<i>Angevine,</i> dis-je, est l'une des fêtes de la Sainte Vierge le 8. de Septembre. C'est celle de la Nativité. Cela fait conjecturer que ce mot pourroit peut-être venir de <i>Anna</i> &amp; <i>genuit,</i> ou <i>Annae genitalis dies,</i> ou <i>genitura,</i> le jour de l'accouchement de sainte Anne. Sainte Anne est depuis long-temps particulièrement honorée en Bretagne, il ne seroit pas surprenant qu'ils eussent donné son nom à cette Fête.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1978" id="1" type="">
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    <head>ANGEIOGRAPHIE</head>
    <p>
    ANGEIOGRAPHIE , s. f. Il vient du Grec , <i>vas,</i> &amp; , <i>describo.</i> C'est la description des poids, des vases, des mesures, des instrumens pour l'agriculture. L'<i>angeiographie</i> est vaste, étendue, épineuse. Ferrari, Albert Rubens, Wormius, Sonetius, ont écrit de l'<i>angeiographie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1979" id="1" type="anatomie">
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    <head>ANGEIOLOGIE</head>
    <p>
    ANGEIOLOGIE , s. f. Terme d'Anatomie . C'est l'histoire ou la description des vaisseaux du corps humain, qui sont les nerfs, les artères, les veines &amp; les vaisseaux lymphatiques. <i>Angeilogia.</i> Il faut diviser la Sarcologie en trois, en Splanchnologie, en Myologie, &amp; en <i>Angeiologie.</i> Dionis. Ce mot vient d', vase, d'où se forme , qui appartient aux vases, ou vaisseaux ; &amp; de , discours ; discours touchant les vaisseaux du corps humain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1980" id="1" type="">
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    <head>ANGÉLIQUE</head>
    <p>
    ANGÉLIQUE , adj. m. &amp; f. Qui tient de l'Ange. <i>Angelicus.</i> La Salutation <i>Angélique,</i> c'est l'<i>Ave Maria,</i> que l'Ange dit à la Sainte Vierge, lorsqu'il lui annonça le mystère de l'incarnation, avec quelque mots pris d'ailleurs, &amp; ajoûtés par l'Eglise. Voyez <ref type="search" target="head:AVE">AVE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1980" id="2" type="">
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    <head>ANGÉLIQUE</head>
    <p>
    Angélique , se dit aussi des qualités excellentes de quelque chose. <i>Mirificus, mirabilis, egregius.</i> Une vie <i>angélique.</i> Un esprit <i>angélique.</i> Un visage <i>angelique.</i> Une chère <i>angelique.</i> On appelle en Théologie saint Thomas, le Docteur <i>Angélique.</i> On a quelquefois appellé le Saint Siége, <i>Siége Angélique,</i> comme on l'appelle, <i>Siége Apostolique.</i> Voyez le Concile de Calcedoine, Art. 3.</p><p>On appelle <i>habit angélique,</i> l'habit de certains Moines Grecs de saint Basile. On distingue deux sortes de Moines : ceux qui font profession d'une vie parfaite, sont appellés les Moines <i>du grand &amp; Angélique habit</i> ; les autres, qu'on nomme <i>du petit habit,</i> sont d'un rang inférieur, &amp; ne mènent pas une vie si parfaite. <i>Allat. de cons. Eccl. Occid. &amp; Or. l.</i> 3. <i>c.</i> 8. Ce mot d'<i>habit angélique</i> a été aussi en usage chez les Moines Latins. Voyez du Cange dans son Glossaire Latin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    ANGÉLIQUES, Bernard Justiniani, au ch. III. de son <i>Histoire Chronologique de l'origine de tous les Ordres de Chevalerie,</i> parle d'un Ordre institué, à ce qu'il prétend, en 313. par Constantin, dont les Chevaliers furent appellés <i>Angeliques, &amp; Dorés de la Croix de constantin, Angelici &amp; aureati della Croce di Constantino. Angéliques,</i> dit-il, à cause de l'Ange qui apparut à Constantin avec le signe de la Croix ; &amp; qui lui dit, <i>In hoc signo vinces</i> ; Dorés, <i>Aureati,</i> à cause du collier d'or qu'ils portoient. Cet Ordre fut mis sous la protection de saint George ; &amp; si l'on en croit Monsieur Justiniani, c'est de ces Chevaliers qu'il faut entendre une Médaille de Majorien, au revers de laquelle il y a une Croix, avec cette légende, Gloria Caesarum Georgianorum ; c'est-à-dire, <i>la gloire des Césars Géorgiens.</i> Je doute que tous les Antiquaires soient de son sentiment. Il distingue trois ordres de Chevaliers sous le Grand-Maître. Le premier, sont les Grands-Croix, qui s'appellent <i>Torquati,</i> à cause du collier qu'ils portent : ils sont au nombre de cinquante, en mémoire des cinquante Guerriers que Constantin destina à la garde du <i>Labarum Imperiale :</i> ils portent au cou une Croix placée entre plusieurs <i>Labarums ;</i> c'est-à-dire, plusieurs monogrames de Jesus-Christ représentés sur les mailles qui forment le grand collier, auquel pend par devant l'image de saint George à cheval, tuant de sa lance un dragon qui est sous les pieds de son cheval. Le second ordre sont les <i>Chevaliers</i> de justice, qui sont Ecclésiastiques. Ils portent au cou une Croix d'or émaillée de gueules. Ces deux premiers Ordres portent au côté gauche la Croix de velours fleurdelisée, marquée d'un I en haut, d'une S en bas, d'un renversé à droite, &amp; d'un renversé à gauche, &amp; chargée d'un monograme de Jesus-Christ avec un A à droite, &amp; un à gauche, que cet Auteur appelle <i>Labarum.</i> Les Chapelains la portent au côté droit, &amp; non pas de velours, mais de drap cramoisi. Ils prouvent quatre quartiers. Le troisième ordre sont les <i>Chevaliers</i> servans, qui portent la Croix rouge, mais coupée &amp; non fleurdelisée par en haut, &amp; sans autres lettres que celles du <i>Labarum,</i> qui se voit au centre. Il prétend que saint Léon parle de cet Ordre dans la lettre qu'il ecrivit l'an 456. à l'Empereur Marcien &amp; au Prince Alexius Angelus Flavius, alors Grand-Maître de cet Ordre. L'Empereur Léon I. lui accorda de grands priviléges en 489. Cet Ordre rendit des services signalés, selon le même Auteur, en 615. contre des hérétiques qui ravagerent la Perse ; ensuite dans les Croisades de la Terre sainte, &amp; contre les Albigeois. Ensin en 1191. Isacius Angelus Flavius Commenus, Empereur de Constantinople, le rétablit ; il falloit dire l'institua. Car que Constantin l'ait institué ; ou même qu'en ce temps l'on connût ce que nous appellons des Ordres militaires ; c'est une fable. Michel Paléologue le confirma en 1293. &amp; 1294. &amp; Paul III. en 1540. &amp; 1545. aussi bien que plusieurs de ses successeurs, qui lui ont accordé différens priviléges, que cet Auteur rapporte. Voyez le ch. III. de sa seconde édition, qui est <i>in fol.</i> à Venise en 1692.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    Angéliques . Saint Epiphane &amp; saint Augustin font mention de certains Hérétiques appellés <i>Angéliques,</i> parce qu'ils rendoient aux Anges un culte excessif &amp; qui tendoit à l'Idolatrie. S. Epiphane néanmoins dit qu'on leur donna ce nom, parce qu'ils croyoient que le monde avoit été créé par les Anges.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    Angélique . s. f. Est aussi une espèce de boisson, qui est un hypocras fait de vin de Coindrieu, ou d'autre vin exquis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    Angelique , est aussi un instrument de Musique à cordes, qui est composé du luth &amp; du thuorbe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    Angelique . s. f. C'étoit le nom d'une danse des anciens Grecs, qui se dansoit dans les festins. Elle étoit ainsi appellée du mot Grec , <i>Nuntius,</i> Messager, parce que ceux qui la dansoient étoient habillés en Messagers, comme Pollux nous l'apprend Liv. IV. ch. XIV. Voyez aussi Hésychius au mot , où il faut corriger , selon la remarque de Meursius.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    Angélique , de Bohème. <i>Imperatoria sativa. Inst. R. Herb.</i> Sa racine est épaisse d'un pouce &amp; demi, ou de deux pouces, divisée en quelques branches garnies de fibres chevelues ; son écorce est brune, ridée. Sa substance intérieure est blanche, molle, picquante au gout, acre, un peu amère &amp; fort aromatique. Ses feuilles sont fort amples, &amp; comme composées de plusieurs petites feuilles rangées sur une côte branchue terminée par une seule feuille, crénelées sur leurs bords, molles, verd gai en dessus, plus pâles en dessous, &amp; d'une odeur &amp; d'un goût un peu forts &amp; ambrés. Ces feuilles sont portées par des pédicules branchus, teints d'un peu de pourpre. La tige qui s'élève d'entre ces pédicules est haute de cinq à six pieds, creuse, légère, noueuse, branchue, canelée, rouge à sa naissance, d'un verd pâle &amp; cendré à son extrémité, &amp; garnie de quelques feuilles beaucoup moindres que celles du bas : elle se termine en des umbelles de fleurs blanchâtres. Ses semences sont applaties, presque ovales, légèrement rayées sur leur dos, &amp; comme bordées par une aile très-mince. Ses feuilles, ses tiges &amp; ses semences ont une odeur fort agréable. On confit les pédicules de ses feuilles &amp; de ses tiges ; elles sont stomachiques &amp; alexitères ; ses racines entrent dans plusieurs compositions alexipharmaques. L'<i>angélique</i> de Bohème est rangée parmi les Impératoires, à cause que ses semences sont semblables à celles de l'Impératoire ordinaire. On cultive l'<i>angélique</i> de Bohème, &amp; elle périt aussi-tôt après qu'elle a donné des graînes.</p><p><i>Angélique</i> proprement dite, suivant M. de Tournefort, est un genre de plante umbellifère, dont les semences sont longues, étroites, arrondies, &amp; canelées sur leur dos. Elle a comme l'Impératoire, ses feuilles assez grandes, rangées sur une côte branchue terminée par une seule feuille. Il y a plusieurs plantes qui se rangent sous ce genre, quoiqu'elles n'aient ni l'odeur de l'<i>angélique</i> de Bohème, ni même tout le port.</p><p>L'<i>angélique</i> a été ainsi appellée à cause des grandes vertus qu'on lui attribuoit. C'est pour la même raison qu'on l'appelle encore <i>Racine du S. Esprit.</i> La forme de ses fleurs s'appelle <i>Ombelle. Umbella.</i> Les Anglois usent des feuilles &amp; de la racine d'<i>angélique</i> dans leurs sauces, parce qu'elle corrige les humeurs grossières, &amp; l'haleine puante, &amp; qu'elle aide beaucoup à la digestion.</p><p>Il y a une <i>Angélique</i> d'Acadie nouvellement décrite dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, qui a la fleur jaune, la racine noire &amp; touffue, plusieurs tiges creuses, anguleuses, &amp; hautes d'un pied &amp; demi, avec des branches qui naissent des aisselles des feuilles. Chaque branche porte en son extrémité une petite ombelle composée de plusieurs bouquets de fleurs jaunes très-petites, qui ont cinq feuilles, qui naissent d'un péricarde verd, gros comme la tête d'une épingle. Sa graine est brune, canelée, &amp; semblable à celle du carvi. Cette plante est acre, amère &amp; aromatique, &amp; a l'odeur fort différente de l'<i>angelique</i> ordinaire.</p><p><i>Eau d'Angélique.</i> C'est une essence qui se fait en prenant demie once d'<i>Angélique,</i> autant de canelle, un quart d'once de gérofle, autant de mastic, de coriandre, &amp; d'anis verd, &amp; demie once de bois de cèdre. On concasse tout cela dans un mortier. On le fait infuser pendant une nuit dans un pot d'eau de vie ; on la distille ensuite au bain marie, &amp; l'on met de cette essence sur un pot d'eau de vie, depuis une jusqu'à deux ou trois onces ; on y met aussi de l'ambre, du musc &amp; de la civette. Chom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1981" id="7" type="">
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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    Angélique , s. f. Sorte d'anémone blanche à peluche gris de lin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1981" id="8" type="">
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    <head>ANGÉLIQUES, </head>
    <p>
    Angélique , s. f. Espèce de figue. L'<i>angélique</i> est violette &amp; longue, peu grosse, la chair rouge, &amp; passablement bonne. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1982" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGELIQUEMENT" />
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    <head>ANGELIQUEMENT</head>
    <p>
    &#9758; ANGELIQUEMENT , adv. d'une manière angélique. est de peu d'usage. Acad. Fr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1983" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGELITES" />
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    <head>ANGELITES</head>
    <p>
    ANGELITES , s. m. &amp; pl. <i>Angelitae.</i> Hérétiques sectateurs de Sabellius, ainsi nommés à Alexandrie du lieu où ils s'assembloient, qu'on appelloit <i>Agellio,</i> ou <i>Angelio.</i> C'est Nicéphore qui le dit, Liv. XVIII. ch. 49. Voyez le Glossaire de Mr du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1984" id="1" type="">
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    <head>ANGELOT</head>
    <p>
    ANGELOT , est une espèce de monnoie qui étoit en usage vers l'an 1240. &amp; qui valoit un écu d'or fin. Il y en a eu de divers poids &amp; de divers prix. Ils portoient l'image de Saint Michel, qui tenoit une épée à la main droite, &amp; à la gauche un Ecu chargé de trois fleurs de lys, ayant à ses pieds un serpent. On en voyoit du temps de Louis XI. Il y en a eu d'autres qui avoient la figure d'un Ange, lequel portoit les Ecus de France, &amp; d'Angleterre, battus du temps de Henri VI. Roi d'Angleterre. Ils valoient quinze sols. Ils furent frappés pendant que les Anglois étoient maîtres de Paris. Le traité entre Henri VII. Roi d'Angleterre, &amp; Anne Duchesse de Brétagne porte, que les monnoies d'Angleterre auroient cours en Bretagne ; que le denier Anglois y seroit mis pour la valeur qu'il avoit en Angleterre, qui étoit la 80e partie d'un Noble, ou <i>Angelot.</i> Lobineau. Il y a encore dans ce Traité, <i>vinginti grossi Angliae valeant unum nobile vocatum</i> Angelot ; par où il paroit que l'<i>Angelot</i> s'appelloit aussi Noble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1984" id="2" type="">
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    <head>ANGELOT</head>
    <p>
    Angelot . Ce mot signifie aussi une espèce de petits fromages qui n'est presque connu qu'en Normandie. On dit les <i>angelots du Pont-l'Evêque, les angelots du Pays de Bray.</i> Jacques Cahagne, dans ses <i>Eloges des Citoyens de Caën,</i> cité par M. Menage dans son <i>Dictionnaire Etymologique,</i> croit que ce fromage a été ainsi appellé, parce qu'il avoit la figure d'une monnoie d'Angleterre nommée <i>angelot, Pontem Episcopi illustrat,</i> dit Cahagne, <i>caseus, qui angelotus appellatur, quod figuram nummi angelici cognominis exhibeat.</i> Il y a de l'apparence que les Normands du Pays de Bray &amp; du Pont-l'Evêque auront pris ce mot des Anglois. M. de Bras croit qu'on dit <i>angelot,</i> pour <i>augelot,</i> &amp; qu'on appelle ainsi cette espèce de fromage, parce qu'elle se fait dans le pays d'<i>Auge.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1985" id="1" type="">
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    <head>ANGELUS</head>
    <p>
    ANGELUS , est une prière à la Sainte Vierge qui commence par le mot d'<i>Angelus,</i> &amp; qui se fait trois fois le jour, lorsqu'on sonne trois petits coups de la cloche, &amp; par trois fois, pour avertir de la faire. <i>Salutatio Angelica.</i> On appelle cela autrement <i>le pardon,</i> parce qu'on gagne des indulgences en la récitant. Les petits coups que l'on sonne s'appellent aussi l'<i>Angelus. Pulsus campanae ad salutationem Angelicam.</i> Voilà l'<i>Angelus</i> qui sonne ; disons notre <i>Angelus.</i> S. Ignace établit en son pays la prière qu'on nom me communément <i>Angelus.</i> Bouh. Louis XI. ordonn dans son Royaume la Salutation Angélique, qui se dit I matin, à midi, &amp; le soir, au son de trois coups de cloche. C'est ce que nous appellons l'<i>Angelus.</i> Ce fut le premier de Mai 1472. Mezer. en la <i>vie de Charles VIII</i> En 1316. Jean XXII. avoit institué cette dévotion à la Sainte Vierge. De Roch. Ce fut lui (Louis XI.) qui établit en France la coutume de sonner l'<i>Angelus</i> à midi. P. Dan. On commença vers l'an 1330. à sonner l'<i>Angelus</i> le soir avant que l'on couvrît le feu dans les familles, &amp; il y avoit deux jours d'indulgence à gagner en disant trois <i>Ave.</i> Lobineau. Voyez les Statuts Synodaux de Treguier de l'an 1329. La Faille dans ses <i>Annales de la ville de Toulouse, p.</i> 247. à l'an 1475. dit : la prière de l'<i>Avé Maria</i> fut instituée cette année. Le Pape, à la prière du Roi, accorde trois cents jours d'indulgence à tous les Fidèles, qui aux trois coups de cloche qu'on sonnera à midi, diront trois fois à genoux l'<i>Ave Maria</i> pour la conservation de la personne du Roi &amp; de son Royaume. Cette Bulle fut suivie d'un Edit du Roi : l'un &amp; l'autre furent enregistrés dans toutes les Cours du Royaume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1986" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ANGEMME, ANGÈNE" />
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    <head>ANGEMME, ANGÈNE</head>
    <p>
    ANGEMME, ANGÈNE , ou ANGENIN, Terme de Blason , qui se dit d'une fleur factice &amp; imaginaire, qui a six feuilles, qui ressemble à la quinte-feuille, à la réserve que ses feuilles sont arrondies, au lieu d'être pointues, comme celles de la quinte-feuille. Elles sont quelquefois percées ; ce qu'il faut expliquer en blasonnant. Plusieurs croient que ce sont des roses d'atour ou d'ornement faites de rubans, de broderies, ou de perles : &amp; ce mot vient de <i>ingemmare</i>, Italien ; c'est-à-dire, <i>adornar di gemme.</i> On les a encore nommées <i>Achesmes,</i> de <i>azimare, coëffer.</i> On dit encore en Picard, <i>Achesmer</i> ; pour dire, <i>Coëffer : Achesmes</i> se disoit autrefois pour toutes sortes d'ornemens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1987" id="1" type="">
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    <head>ANGÈNE</head>
    <p>
    ANGÈNE . Voyez <ref type="search" target="head:ANGEMME">ANGEMME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1988" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGENIN" />
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    <head>ANGENIN</head>
    <p>
    ANGENIN . Voyez <ref type="search" target="head:ANGEMME">ANGEMME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1989" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGER" />
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    <head>ANGER</head>
    <p>
    ANGER , v. act. Quelques-uns disent que ce verbe est en usage, au moins en parlant familièrement, en raillant, ou en témoignant quelque colère, &amp; qu'il signifie embarrasser, incommoder. <i>Vexare, angere.</i> Votre Père se mocque-t-il, de vouloir vous <i>anger</i> de l'Avocat ? Mol. Je ne sai si aujourd'hui on entendroit ce mot, tant il se dit peu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1990" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGERMANIE" />
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    <head>ANGERMANIE</head>
    <p>
    ANGERMANIE , s. f. <i>Angermania.</i> Nom propre d'une Province de Suède, quî est entre la Bothnie, la Laponie, la Jemptie, la Médelpadie, &amp; le Golphe Bothnique. Il n'y a dans toute l'<i>Angermanie</i> que quelques bourgs de peu de considération. Maty. L'<i>Angermanie</i> a 20. milles &amp; demi de long &amp; autant de large. Un Auteur d'<i>Angermanie</i> remarque, que parmi les monumens de l'antiquité qu'on y trouve, il n'y a point de pierres Runiques. Presque toutes les Paroisses de cette Province ont chacune leur dialecte particulier. Si l'on en croit ce même Auteur, le nom d'<i>Angermanie</i> vient de <i>anger,</i> qui signifie <i>se repentir,</i> &amp; <i>Man,</i> homme ; &amp; veut dire, que c'est une terre dont les habitans se repentent de s'y être établis, à cause des lieux escarpés &amp; incultes dont elle est pleine. Quelques-uns la nomment Ingermanie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1991" id="1" type="">
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    <head>ANGERONE</head>
    <p>
    ANGERONE , s. f. <i>Angerona, Angeronia.</i> Nom d'une Déesse des anciens Romains. Festus &amp; Julius Modestus, cité par Macrobe, <i>Saturn. Liv. I. ch.</i> 10. dérivent ce nom de <i>angina,</i> esquinancie, &amp; veulent que cette Déesse fut ainsi nommée, parce qu'elle guérissoit de ce mal, dans l'opinion des Payens. D'autres ont prétendu qu'elle étoit ainsi nommée du mot <i>angor,</i> douleur, peine ; ou du verbe <i>angor,</i> je souffre, j'ai du chagrin ; parce que cette Déesse délivroit des peines &amp; des chagrins. C'est ainsi, dit-on, que de <i>pello</i> on a fait <i>Pellonia</i> ; &amp; <i>de populor, Populonia,</i> qui se trouvent, le premier dans Arnobe Liv. IV. &amp; le second, dans S. Augustin de la Cité de Dieu Liv. VI. ch. 10. D'autres veulent que ce nom ait été fait d'<i>angeo, je presse, je serre,</i> parce que cette Déesse étoit la Divinité du silence, &amp; qu'elle serroit ou fermoit la bouche ; c'est-à-dire, qu'elle faisoit garder le silence. Enfin, quelques Auteurs doutent s'il ne faut point lire <i>Agerona,</i> au lieu d'<i>Angerona,</i> &amp; si ce nom ne vient point de <i>agere, ago,</i> j'agis ; parce qu'elle excitoit à agir fortement, comme dit S. Augustin Liv. VI. de la Cité de Dieu. <i>Ango</i> est l'étvmologie de ce nom la plus vraie &amp; la mieux fondée ; <pb n="236" facs="bpt6k8542165/f276/full/1200,/0/native.jpg"/>car <i>Angérone</i> étoit effectivement &amp; la Déesse de la patience dans les maux, &amp; la Déesse du silence, qui présidoit aux Conseils, parce qu'il y faut du secret. D'ailleurs l'usage de lire <i>Angeronia</i> est ancien &amp; constant ; il n'y a nul lieu de douter de cette leçon.</p><p>La fète d'<i>Angérone, Angeronalia.</i> Les <i>Angéronales</i> se célébroient à Rome le 21. Décembre. C'est Varron &amp; Festus qui nous apprennent le nom de cette fête ; &amp; Pline, Solin &amp; Macrobe, qui nous disent le temps qu'on la célébroit. Voyez Saumaise <i>Exercit. Plin. pag.</i> 9.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1992" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGERS" />
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    <head>ANGERS</head>
    <p>
    ANGERS , s. m. <i>Andegavum, Juliomagus Andium,</i> ou <i>Andegavorum, Andegava,</i> ou <i>Andigarum Andigava.</i> Ville de France, Capitale d'Anjou, sur la rivière de Mayenne, entre l'endroit où elle reçoit la Sarte &amp; le Loir, &amp; celui où elle se jette dans la Loire. <i>Angers</i> s'appelle la ville noire, parce qu'ayant tout proche des carrieres d'ardoises, elle en est toute couverte. <i>Angers</i> est l'ancienne <i>Juliomagus.</i> Elle a un Evêque suffragant de Tours. L'Académie d'<i>Angers</i> fut érigée en 1685. par lettres patentes du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1993" id="1" type="">
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    <head>ANGES</head>
    <p>
    ANGES , s. m. <i>Angelius,</i> ou <i>de Angelis.</i> Nom propre d'homme &amp; de famille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1994" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGEVIN, INE" />
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    <head>ANGEVIN, INE</head>
    <p>
    ANGEVIN, INE , s. m. &amp; f. <i>Andes,</i> au plur. <i>Andegavus, Andegavensis.</i> On trouve quelquefois <i>Andecavus,</i> qui est de la Province d'Anjou. Mr Ménage, dont il est parlé si souvent dans cet Ouvrage, étoit <i>Angevin.</i> L'<i>Angevin</i> Pierre des Roches Evêque de Wincestre, ne gouverna-t-il pas long temps l'Angleterre sous Henri III ? Mascur. C'est aussi un adjectif : Une famille <i>Angevine.</i> Noblesse <i>Angevine.</i> Dans le Parlement de Bretagne les Charges Françoises, c'est-à-dire, qui ne peuvent être possédées par des Bretons, mais seulement par des François, s'appellent aussi Charges <i>Angevines,</i> parce que la plus grande partie est possédée par des <i>Angevins,</i> à cause du voisinage des deux Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1994" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANGEVIN, INE" />
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    <head>ANGEVIN, INE</head>
    <p>
    Angevine . Voyez <ref type="search" target="head:ANGEINE">ANGEINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1995" id="1" type="">
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    <head>ANGHIVE</head>
    <p>
    ANGHIVE , s. m. Arbre de l'Isle de Madagascar. La décoction de ses racines diminue l'ardeur de l'urine, &amp; guérit de la gravelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1996" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGISCOPE" />
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    <head>ANGISCOPE</head>
    <p>
    ANGISCOPE , s. m. Voyez MICROSCOPE ; c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1997" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="ANGLE" />
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    <head>ANGLE</head>
    <p>
    ANGLE , s. m. Terme de Géométrie . C'est l'inclination de deux lignes l'une vers l'autre, qui enfin se coupent en se rencontrant, &amp; font l'<i>angle</i> au point de leur intersection. <i>Angulus.</i> L'<i>angle droit</i> se forme, quand une ligne tombe perpendiculairement sur une autre. <i>Rectus, normalis.</i> Mais quand elle tombe obliquement &amp; qu'elle ne s'approche pas beaucoup, elle forme un <i>angle</i> qui s'appelle <i>obtus. Obtusus.</i> Et si elle est fort inclinée, elle forme un <i>angle aigu. Acutus.</i> La grandeur des <i>angles</i> se mesure, non par la longueur des lignes qui les font ; mais par leur inclination. Un <i>angle rectiligne,</i> est celui qui se fait par la rencontre de deux lignes droites inclinées sur le même plan. <i>Rectilineus.</i> Il est d'un plus grand usage que les autres. Ainsi quand on dit un <i>angle</i> simplement, cela s'entend d'un <i>angle</i> rectiligne. Le curviligne est celui qui se fait de deux lignes courbes. <i>Curvilineus. Angle mixte,</i> ou mixtiligne, est un <i>angle</i> compris d'une ligne droite, &amp; d'une ligne courbe. <i>Angulus mixtus. Angle plan,</i> est celui qui se fait sur une superficie plane. <i>Angulus planus.</i> Celui-ci se fait en plusieurs manieres, qui ont des noms différens chez les anciens Géomètres. On appelle, <i>Angle cornu,</i> celui qui se fait d'une ligne droite qui touche ou qui coupe un cercle. <i>Angulus cornutus. Angle lunulaire,</i> qui est en forme d'un croissant, qui se fait de deux lignes courbes qui se coupent, dont l'une est convexe, &amp; l'autre concave. <i>Angulus lunularis. Angle</i> dans un segment, est celui qui se fait par deux lignes droites tirées de deux extrémités du segment par quelque point de sa circonférence. <i>Angulus in segmento.</i> L'<i>angle</i> d'un segment, est l'<i>angle</i> que fait la circonférence d'un cercle avec une ligne droite. <i>Angulus segmenti. Angle cissoide,</i> est l'<i>angle</i> intérieur qui se fait de deux lignes circulaires convexes qui se coupent. <i>Angulus cissoides. Angle sistroide,</i> qui a la figure d'un sistre. <i>Angulus sistroides. Pelecoide,</i> qui a la figure d'une hache, ou d'une cognée, &amp;c. <i>Angulus pelecoïdes. Angle sphérique,</i> est celui qui se fait sur la surface d'un globe par l'intersection de deux grands cercles. <i>Angulus sphericus. Angle solide,</i> qui se fait par plus de deux <i>angles</i> plans, qui ne sont point dans la même superficie plane, &amp; qui aboutissent à un même point. <i>Angulus solidus. Angle</i> de position. <i>Angulus positionis.</i> Les <i>angles</i> se mesurent par les degrés d'un cercle divisé en 360. degrés, dont le centre est dans l'intersection de leurs lignes. Ainsi on dit, un <i>angle</i> de 60. de 90. de 120. degrés, &amp;c. L'<i>angle</i> se désigne ordinairement par trois lettres, dont celle du milieu marque le point où les deux lignes se touchent. Le point où les deux lignes se coupent, s'appelle point de l'<i>angle. Apex anguli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1997" id="2" type="fortification">
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    <head>ANGLE</head>
    <p>
    Angle , en termes de Fortification , se dit de celui que forment les diverses lignes qui servent à fortifier. L'<i>angle</i> du centre est formé dans le centre du polygone, par deux demi diamètres qui de-là vont aux deux extrémités les plus proches du polygone. <i>Angulus centri polygoni.</i> L'<i>angle</i> du polygone, est celui qui se fait à la pointe du bastion par la rencontre des deux bases, ou des deux côtés du polygone. <i>Angulus polygonus.</i> L'<i>angle</i> du flanc, ou de la courtine, est celui qui a pour ses côtés le flanc, &amp; la courtine, sur laquelle il tombe à plomb ordinairement. <i>Angulus alae &amp; cortinae.</i> L'<i>angle flanqué,</i> est la pointe du bastion, ou le concours des deux faces du bastion. <i>Angulus propugnaculi.</i> L'<i>angle flanquant extérieur,</i> ou l'<i>angle de tenaille,</i> est celui qui seroit fait des deux faces des bastions, si elles étoient prolongées. <i>Angulus decussationis.</i> L'<i>angle flanquant intérieur,</i> est celui que fait la ligne rasante sur la courtine. <i>Angulus defensionis interior. Angle de l'épaule,</i> est celui qui est formé par le flanc &amp; la face du bastion. <i>Angulus humeri. Angle diminué,</i> est l'<i>angle</i> que fait la face du bastion avec le côté extérieur du polygone. <i>Angulus imminutus. Angle saillant,</i> que quelques-uns appellent, <i>Angle vif,</i> est celui dont la pointe est en dehors de la place, ou qui présente la pointe vers la campagne. <i>Angulus prominens. Angle rentrant,</i> ou <i>Angle mort,</i> autrement <i>Angle de tenaille,</i> est celui dont la pointe rentre dans le corps de la place, comme ceux des petits forts, qui ont la figure d'une étoile. <i>Angulus recedens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1997" id="3" type="">
   <index type="head" value="ANGLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>ANGLE</head>
    <p>
    Angle , Terme d'Anatomie , se dit des coins des yeux, qui sont les endroits où la paupière de-dessus s'assemble avec celle de-dessous. Ils sont deux, l'un auprès du nez, nommé <i>le grand angle,</i> ou l'interne ; &amp; l'autre vers les temples, appellé <i>le petit angle,</i> ou l'externe. Dionis.</p><p>En Architecture, l'<i>angle</i> d'un mur, est le point, où l'encoignure, ou ses deux faces, ou ses deux côtés viennent à s'unir, &amp; à se terminer ensemble. En général les ouvriers appellent <i>angles,</i> les pièces d'encoignure qui servent dans les compartimens. <i>Angle</i> de paveur, est la jonction de deux revers de pavé, laquelle forme un ruisseau en ligne diagonale dans l'<i>angle</i> rentrant d'une cour. Daviler.</p><p>On appelle aussi, les <i>angles</i> d'un bataillon, les soldats qui terminent les rangs &amp; les files, ou qui sont sur les ailes d'un corps rangé en bataille : &amp; on appelle, Emousser les <i>angles</i> d'un bataillon, quand on retranche les hommes qui sont aux quatre encoignures, en forte que d'un bataillon quarré on en fasse un octogone, qui présente par tout des piques, sans laisser aucun intervalle vuide.</p><p>Ce mot, <i>angle,</i> vient du Latin <i>angulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1998" id="1" type="blason">
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    <head>ANGLÉ</head>
    <p>
    ANGLÉ , adj. Terme de Blason , qui se dit d'une croix, ou sautoir, quand il y a des figures mouvantes de ses angles : comme, La croix de Malte des François est <i>anglée</i> de quatre fleurs de lys. <i>Crux cujus ex angulis lilia prodeunt.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="1999" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ANGLET" />
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    <head>ANGLET</head>
    <p>
    ANGLET , s. m. Terme d'Architecture . Petite cavité feuillée en angle droit, comme sont celles qui séparent les bossages ; ou pierres de refend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2000" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGLETERRE" />
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    <head>ANGLETERRE</head>
    <p>
    ANGLETERRE , s. f. <i>Anglia.</i> Nom de la partie méridionale de l'Isle de la Grande-Bretagne, depuis les cotes de la Manche jusqu'au mont Cheriot, &amp; aux rivières de Solwai &amp; de Twede qui la séparent de l'Ecosse. Les Anglois la nomment <i>Engleland,</i> qui est la même chose qu'en François <i>Angleterre,</i> c'est-à-dire, terre des Anglois. Elle a pris ce nom des Saxons Anglois, qui la conquirent au VIIIe siècle. Avant cela on avoit appellé <i>Angleterre, Engeland, Anglia,</i> le pays que possédoient ces Anglois, le <pb n="237" facs="bpt6k8542165/f277/full/1200,/0/native.jpg"/>Holstein &amp; le Jutland ; &amp; quelques Auteurs prétendent qu'il fut ainsi nommé du mot Allemand, ou Teutonique, <i>Eng,</i> qui signifie <i>angulus,</i> angle, coin ; ou <i>angustiae,</i> lieu étroit ou serré, &amp; de <i>land,</i> terre, parce que ce pays étoit très-étroit. Ils veulent encore que l'<i>Angleterre</i> ait été appellée du même nom à cause du peu de largeur de l'Isle ; mais cela ne paroit pas vraisemblable ; car les Saxons durent s'y trouver fort au large, en comparaison de cette <i>Angleterre,</i> dont les Danois les avoient chassés : ainsi il est plus probable qu'on appella la Bretagne <i>Angleterre,</i> parce qu'elle étoit devenue la terre des Anglois. Ce sut Egbert premier Roi Saxon qui monta sur le Trône en 801. qui lui donna le nom d'<i>Angleterre.</i> Il le préféra, dit-on, à celui de Saxe, à cause de l'allusion que S. Grégoire a fait du nom d'Anglois à celui d'Ange, en disant, <i>Anglos esse Angelicos.</i> Car en Saxon <i>Engel</i> signifie Ange, &amp; <i>Engelsch,</i> Angélique. Quelques Auteurs ont cependant appellé l'<i>Angleterre</i> la Saxe d'outremer, ou <i>Saxonia ultramarina</i> ; la nouvelle Saxe, <i>Saxonia nova.</i> Elle avoit été nommée d'abord Albion, &amp; puis Bretagne, pour les raisons que nous avons rapportées en leur place. La Capitale est Londres. Depuis la reunion que la Reine Anne a faite de l'<i>Angleterre</i> &amp; de l'Ecosse en un seul Royaume, on ne distingue plus dans ces Royaumes <i>Angleterre,</i> ni Ecosse, on dit simplement, Grande-Bretagne. Mais les loix du Parlement n'ont point changé notre usage en France, &amp; nous parlons encore comme auparavant. L'<i>Angleterre</i> a la forme d'un triangle, dont la base est au Midi, &amp; la pointe au Nord. Elle est baignée au Midi par la mer Britannique, ou la Manche, à l'Orient par la mer d'Allemagne, &amp; à l'Occident par celle d'Irlande, au Nord par celle d'Ecosse. L'<i>Angleterre</i> est un pays fertile, commode, &amp; dont l'air est extrémement tempéré. Les laines d'<i>Angleterre</i> sont fines &amp; précieuses. Les chevaux &amp; les dogues d'<i>Angleterre</i> sont estimés. On n'y voit point d'ânes, de mulets, ni de loups, soit qu'on les ait exterminés par la chasse, ou en faisant grace à tous les coupables condamnés à l'exil, s'ils rapportoient une certaine quantité de têtes de loups. L'<i>Angleterre</i> a des mines d'étain, de plomb, &amp; de fer. Les Sciences &amp; les Arts y fleurissent. Cambden croit que l'<i>Angleterre</i> fut autrefois jointe à la France ; sa raison est que la mer en fort basse entre Calais &amp; Douvres. L'<i>Angleterre</i> est une Monarchie, à laquelle les femmes succedent au defaut des mâles. Sur un passage de Corneille Tacite, qui dans la vie d'Agricola son beau-père parle de Voadica femme du sang Royal, on prétend que les Anglois n'ont jamais mis de différence entre les hommes &amp; les femmes, pour ce qui regarde l'Empire. On dit même que 800. ans avant cette Voadica, qui vivoit sous l'Empereur Claude, la Reine Cordeille avoit glorieusement rempli le Trône. Larr. Tout cela sent bien la sable. Tacite ne dit pas même que Voadica regnât ; mais qu'elle se mit à la tête de ceux qui se révoltèrent contre le, Romains. Mais quoiqu'il en soit de ces premiers siecles, depuis long-temps les loix d'<i>Angleterre</i> appellent les femmes à la succession du Royaume au défaut des males.</p><p>L'<i>Angleterre</i> a été soumise à cinq peuples différens. D'abord les Bretons, nation Gauloise, y passèrent, &amp; s'y établirent ; on ne sait pas en quel temps. Il y a sur cela, &amp; sur le nombre des Rois Bretons, mille contes dans les histones anciennes d'<i>Angleterre.</i> Il est étonnant que le nouvel Historien (Larrey) ait adopté toutes ces fables. Jules-César soumit les Bretons aux Romains, dont ils furent tributaires jusques vers l'an 446. Pour se délivrer de ces Maitres ils appelèrent les Pictes d'Ecosse, qui après avoir chasse les Romains dominèrent dans la Bretagne. Pour chasser les Pictes, on appella les Saxons, qui au VIIIe. siècle se rendirent maitres de la Bretagne. Aux Saxons succédèrent les Danois, que Guillaume le Conquerant subjuga à son tour, l'an 1066. Sa postérité regne encore en <i>Angleterre,</i> qui malgré la conquête des Normands a toujours conservé jusqu'ici le nom que les Saxons lui avoient donné.</p><p>S. Grégoire écrivit à Brunehaut Reine de France, sur le grand succès des prédications d'Augustin &amp; de ses Compagnons en <i>Angleterre :</i> Quelles graces &amp; quel secours n'a pas reçu de vous notre très-révérend Frère &amp; Coévêque Augustin dans son voyage d'<i>Angleterre ?</i> Nous le savions par la renommée ; mais les Moines qui sont revenus d'<i>Angleterre</i> ici, nous en ont appris le détail. Cordem. Tout Roi d'<i>Angleterre</i> qu'étoit le Roi Guillaume, il n'avoit pas oublié qu'il étoit né en Hollande. De la Chap.</p><p>Il y a un très-grand nombre d'Histoires d'<i>Angleterre.</i> On a fait plusieurs Recueils des anciens Ecrivains de l'Histoire d'<i>Angleterre</i> à Heidelberg <i>in fol.</i> 1587. à Francfort <i>in fol.</i> 1601. à Londres 2. vol. <i>in fol.</i> 1652. à Oxford 2. vol. <i>in fol.</i> 1684. Les principaux Historiens d'<i>Angleterre</i> sont Bède, Guillaume de Malmesbury, Roger Hoveden, Henri Huistington, Ethelward, Indulphe, Jean Asser, Matthieu Paris, Thomas Walsinghan, Thomas Morus, Matthieu de Westminster, Ranulphe de Chester, Froissard, Polydore Virgile, Cambden, Speed. Pour bien connoître ceux qui ont écrit de l'<i>Angleterre,</i> il faut voir l'excellent ouvrage de M. Nicolson, Evêque de Carlisse, intitulé, <i>The English Historical Library ;</i> c'est-à-dire, Bibliothêque historique d'<i>Angleterre,</i> en deux volumes, dans lesquels il fait le denombrement &amp; la critique de tous les Auteurs qui ont écrit sur l'<i>Angleterre.</i> Nous avons en notre langue une <i>Histoire d'Angleterre, d'Ecosse &amp; d'Irlande</i> par Du Chesne, &amp; une par Du Verdier. <i>Les Revolutions d'Angleterre,</i> par le P. d'Orléans, ouvrage estimé, même des Protestans, &amp; une <i>Histoire générale d'Angleterre,</i> par Larrey en quatre volumes <i>in folio</i> ; mais il y a tant de fables, tant de passion, non seulement dans les matières de religion, mais en tout, &amp; principalement contre la France, qu'elle n'est pas supportable. L'histoire des derniers Regnes n'est qu'une compilation des Gazettes &amp; des Lardons d'Hollande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2000" id="2" type="">
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    <head>ANGLETERRE</head>
    <p>
    Nouvelle Angleterre . <i>Anglia Nova.</i> C'est une contrée de l'Amérique méridionale. Elle est bornée au nord &amp; au couchant par la nouvelle France, au midi par la Nouvelle York, ou les Nouveaux Pays-Bas, &amp; au levant par la mer du nord, ou l'Océan. Les habitans naturels de la <i>Nouvelle Angleterre</i> sont les Almouchiquois. La Capitale est Baston.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ANGLEUSE" />
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    <head>ANGLEUSE</head>
    <p>
    ANGLEUSE , adj. f. Est une épithète qui se donne à des noix, quand elles ne se peuvent arracher qu'avec peine &amp; par morceaux de leur coque : parce que la substance de la noix est enfermée dans de petits angles ou recoins. En Larin <i>nux lignosa.</i> Ainsi <i>angleuse</i> vient d'angle, &amp; signifie, qui a beaucoup d'angles &amp; de petits recoins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2002" id="1" type="">
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    <head>ANGLICAN, ANE</head>
    <p>
    ANGLICAN, ANE , adj. D'Angleterre, qui appartient à l'Angleterre. Il ne se dit que de la Religion &amp; de l'Eglise. En d'autres matières il faut dire Anglois, Angloise. La Religion <i>Anglicane,</i> c'est la prétendue Réforme introduite par Henri VIII. Depuis que l'Angleterre avoit été convertie par le Moine S. Augustin qui y fut envoyé par S. Grégoire, &amp; qu'il eut chassé l'Idolatrie, que les Saxons ou Anglois y avoient rappellée, l'Angleterre avoit été Catholique, jusqu'à se faire tributaire du S. Siége. Mais Henri VIII. ayant fait dissoudre son mariage avec Catherine d'Arragon, pour épouser Anne de Boulen, &amp; le Pape l'ayant excommunié, ce Prince changea la Religion, &amp; premierement il défendit, sous peine d'être traité de criminel de lèze Majesté, de reconnoître l'autorité du Pape, &amp; ordonna qu'on le reconnut lui-même Chef de l'Eglise <i>Anglicane</i> en terre ; qu'on lui payât les Annates &amp; les décimes des Bénéfices ; qu'on s'adressât à lui pour la décision des procès &amp; la réforme des abus, &amp; que le Pape ne fut plus appellé que l'Evêque de Rome simplement. Il se créa un Vicaire Général dans les affaires spirituelles &amp; ecclésiastiques. Ce Vicaire, quoique laique, fit des ordonnances qu'il appelle Injonctions, auxquelles il assujettit les Prélats &amp; tout le Clergé. Il présida au nom du Roi au Synode que ce Prince assembla ; il n'y fut rien décidé contre la foi. Jusques-là ce n'étoit que schisme ; mais bientôt après l'hérésie s'y mêla. Le nouveau Chef de l'Eglise soutint qu'il y avoit sept Sacremens, mais qu'il n'y en avoit que trois institués par Jesus-Christ. ; le Baptême, l'Eucharistie &amp; la Pénitence ; que les autres avoient été ajoûtés par l'Eglise. Il changea beaucoup de choses dans la Liturgie. Il ota le nom du Pape du Canon de la Messe, &amp; y mit le sien. Il nia que la Confession fût d'institution divine, quoiqu'il la crût nécessaire. Il laissa les prieres pour les morts, &amp; nia le Purgatoire. Il prescrivit une nouvelle forme pour l'ordination des Evêques. Il défendit le mariage aux Prêtres, &amp; le permit aux Religieux qui n'étoient pas Prêtres. Tel fut l'origine &amp; le commencement de la Religion <pb n="238" facs="bpt6k8542165/f278/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Anglicane.</i> Sous le regne d'Edouard VI. fils d'Henri VIII. Edouard Seimer, son oncle &amp; son tuteur, héretique Zuinglien, introduisit en Angleterre les Luthériens, les Zuingliens, &amp; leurs erreurs. Elizabeth fit aussi différens reglemens, sur-tout pour la conservation de tout l'extérieur de la Religion, aussi bien que Jacques I. &amp; Charles son fils. De-sorte qu'en général on peut dire que les principaux points de la Religion <i>Anglicane</i> sont 1°. De ne reconnoître point le Pape pour Chef de l'Eglise, de reconnoître au-contraire le Souverain, quel qu'il soit, homme, femme, ou enfant, pour Chef de l'Eglise d'Angleterre. 2°. De conserver la hiérarchie &amp; les différens ordres de ministres. 3°. De conserver la Liturgie &amp; le culte extérieur de Religion, quoique différemment des Catholiques. 4°. Outre les erreurs dont j'ai parlé, de rejetter le culte des Saints, la presence réelle, &amp; de ne croire sur cela que ce qu'enseigne Zuingle, ou Calvin.</p><p>L'Eglise <i>Anglicane,</i> c'est la société des Anglois qui professent la Religion dont je viens de parler. L'Eglise <i>Anglicane</i> est composée du Roi, qui en est le Chef, du Clergé &amp; du Peuple. Le Clergé comprend les Archevêques &amp; Evêques les Prêtres, &amp; les Diacres. Elizabeth n'admit aucun Ordre inférieur au Diaconat. Il y a dans l'Eglise <i>Anglicane</i> différens Bénéfices, des Cures ou Paroisses, des Chapitres, des Dignités dans ces Chapitres, des Canonicats, des Chanoines, &amp;c. Mais il n'y a point de Religieux, quelque chose qu'Elizabeth ait fait pour tâcher d'en conserver. Cette Reine se vantoit d'avoir un Clergé honorable, &amp; non pas des Ministres affamés comme ceux de Genève. Jovet.</p><p>On dit encore le mot <i>Anglican</i> en toutes les autres choses qui concernent la Religion. La Liturgie <i>Anglicane,</i> un Rituel <i>Anglican,</i> un Prêtre de l'Eglise <i>Anglicane,</i> les Eglises <i>Anglicanes,</i> la doctrine de l'Eglise <i>Anglicane.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGLICAN, ANE</head>
    <p>
    Anglican, ane , s. m. &amp; f. Celui ou celle qui professe la Religion établie en Angleterre par les loix. Les <i>Anglicans</i> se sont moins éloignés des Catholiques, que la plupart des autres Protestans. Tout ce qui n'est pas <i>Anglican,</i> s'appelle Non-Conformiste en <i>Angleterre.</i> Les <i>Anglicans</i> se nomment autrement Toris. Les Partisans de l'Eglise <i>Anglicane</i> avoient conseillé au Roi Guillaume de reconnoître le Duc d'Anjou ; &amp; on assure que le Comte de Godolfin, qui étoit alors dans les intérêts de l'Eglise <i>Anglicane,</i> dit au Roi en Novembre 1701. que si sa Majesté entreprenoit cette guerre, il seroit obligé de quitter son emploi, &amp; de se retirer, ce qu'il exécuta peu de temps après. De la Chapelle. Le meilleur Historien que nous ayons sur le Schisme de l'Eglise <i>Anglicane</i> est Sanderus, <i>de Schismate Anglicano.</i> L'Histoire de la Réformation par Burnet Evêque de Salisburi, est un tissu de faussetés grossières. Pour l'Histoire Ecclésiastique, il y a un fort gros Recueil des constitutions qui la concernent, faites sous les Rois Jean, Henri III. &amp; Edouard I. &amp; tirées des Archives de la Tour de Londres par Ed. Prynne Garde de ces Archives ; le <i>Monasticon Anglicanum</i> en trois vol. <i>in folio,</i> mais où il y a bien des pièces fausses ; l'<i>Anglia Sacra,</i> deux volumes <i>in folio,</i> à Londres 1691. Enfin la Reine vient de faire imprimer tous les Actes &amp; les Titres, ou Chartres qui regardent l'Histoire d'Angleterre, tirées des Archives de la Tour de Londres, par Mr Rymer, Garde de ces Archives ; mais à peine ce Recueil avoit-il paru, que Mr Anderson, Jurisconsulte habile, a prétendu y montrer bien des pièces fausses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2003" id="1" type="">
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    <head>ANGLICISME</head>
    <p>
    ANGLICISME , s. m. Façon de parler Angloise. Cet homme parle assez bien François, mais il est sujet à faire des <i>Anglicismes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2004" id="1" type="">
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    <head>ANGLOIS, OISE</head>
    <p>
    ANGLOIS, OISE , s. m. &amp; f. C'est le nom du peuple qui habite l'Angleterre. Les habitans de cette Isle s'appelloient autrefois Bretons, <i>Britanni,</i> comme on le voit dans César, Liv. III. <i>de Bello Gall.</i> dans Tacite, vie d'Agricola, dans Suétone, dans l'Epitome de Tite-Live, Liv. V. dans Pline, Liv. IV. ch. 16. &amp; ailleurs, dans Méla, Liv. III. ch. 6. Tertullien <i>adv. Jud.</i> ch. 7. S. Athanase, Les Géographes Denys, v. 562. &amp; suiv. &amp; Etienne, &amp; généralement toute l'antiquité.</p><p>On ne convient pas sur l'origine de ce nom, sur le temps que les Anglois le prirent, ni sur la raison qui le leur fit prendre. J'ai dit sur le mot <i>Angleterre,</i> que quelques Auteurs prétendent que le petit canton de terre qu'occupèrent d'abord les Saxons entre le Holstein &amp; le Jutland, s'appelloit <i>Engeland,</i> Angleterre, &amp; que ces peuples porterent ce nom dans l'Isle Britannique, &amp; donnèrent à leur nouvelle conquête le nom de leur ancienne habitation. C'est le sentiment de Bède &amp; de Krantzius ; &amp; ce sont ces <i>Anglois</i>-là que Bède appelle <i>Anglois</i> du milieu des terres, <i>Middelengli, Angli mediterranei.</i> Goropius Bécanus prétend que le nom <i>Anglois</i> vient d'<i>Angeln,</i> qui signifie pêcher à la ligne, ou avec un hameçon, &amp; qu'il leur fut donné, parce qu'ils étoient sur le bord de la mer, comme qui diroit pêcheurs. Il prétend néanmoins que ce ne fut pas seulement à cause de leur pêche, mais plus encore à cause de leurs rapines, qu'il leur fut donné.</p><p>Quelques-uns disent que vers le milieu du Ve. siècle six petits Souverains vinrent à divers temps de l'ancienne Saxe, menant avec soi chacun les peuples de sa Province, ou de sa Seigneurie, dont l'un étoit l'<i>Anglois</i> qui donna son nom à tous les autres, &amp; qui abolit le nom général de Saxon. D'autres disent que sur la fin du Ve siecle, Hengiste, Prince Saxon Roi de Kent, ayant fait la conquête de Londres, voulut que toute la Bretagne changeât de nom pour prendre le sien, &amp; s'appellât <i>Hengesteland,</i> c'est-à-dire, Terre d'Hengiste, d'où par corruption s'est formé <i>England.</i> Angleterre. D'autres soutiennent que ce ne fut qu'au commencement du IXe siècle qu'Egbert, Roi des Saxons Orientaux, ayant réuni les sept petits Royaumes que les Saxons avoient formés dans le Midi de l'Isle Britannique, lui donna le nom d'<i>Angleterre,</i> comme nous avons dit à ce mot. Saxon le Grammairien prétend qu'il est dérivé du nom d'un Roi qu'avoient eu ces peuples, nommé <i>Angul</i> ; mais cet Auteur seul n'est pas un bon garant. Ce qui est sûr en tout ceci, c'est qu'il y a eu un peuple dans la Germanie qui s'appelloit <i>Anglois, Anglus.</i> Nous le voyons dans Tacite <i>de morib. Germ. ch.</i> 40. Ce peuple fut un de ceux de la partie méridionale de la Bretagne, &amp; il y porta son nom. Tout le reste est conjecture ; mais il est très-vraisemblable qu'Egbert étoit <i>Anglois,</i> &amp; Roi de ce peuple <i>Anglois,</i> &amp; que par sa conquête ce peuple étant devenu le peuple dominant dans ce pays, son nom fut donné à tous les autres ; qu'ainsi ce n'est qu'au commencement du IXe siècle que tous ces peuples, tant anciens Bretons, que Saxons, portèrent le nom d'<i>Anglois.</i></p><p>Berte fille de Cherebert Roi de Paris, qui avoit épousé Ethelbert Roi de Kent, fut cause de la conversion des <i>Anglois,</i> par la protection qu'elle donna à Saint Augustin. Cordem. S. Grégoire écrit à Brunehaut Reine de France : Vous savez combien de choses miraculeuses Dieu a faites pour la conversion des <i>Anglois,</i> &amp; vous devez en avoir bien de la joie, puisque vous avez la meilleure part à cet ouvrage. Id. Pierre Matthieu, dans la vie de Louis XI. Liv. 5. dit que le Comte d'Armagnac regardoit la rencontre d'un <i>Anglois</i> comme un mauvais augure. De Roch.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2004" id="2" type="">
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    <head>ANGLOIS, OISE</head>
    <p>
    Anglois, oise , adj. <i>Anglus, Anglicus.</i> Ercoubert fut le premier des Rois <i>Anglois,</i> qui ordonna par Edit dans tout son Royaume d'abattre les Idoles, &amp; d'observer le jeûne du Carême. Fleur. Dreyden est le meilleur Poëte <i>Anglois</i> qui ait paru jusqu'ici. La Critique du Théatre <i>Anglois</i> par M. Coullier est un bon livre. Un livre <i>Anglois.</i> Caton est une Tragédie <i>Angloise</i> qui se représente depuis un an avec succès à Londres. Un vaisseau <i>Anglois,</i> la flote <i>Angloise.</i> Un Cheval <i>Anglois</i> ; mais on ne dit point un dogue <i>Anglois,</i> il faut dire un dogue d'Angleterre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANGLOIS, OISE</head>
    <p>
    Anglois , s. m. Créancier fâcheux. <i>Molestus creditor.</i> La puissance redoutable des <i>Anglois</i> en France, &amp; les ravages qu'ils y firent pendant les longues guerres entre Philippe de Valois, &amp; Edouard III. pour la succession à la Couronne, après la mort de Charles le Bel, donnèrent lieu à cette expression. Le peuple appella <i>Anglois,</i> tout créancier trop dur, &amp; trop pressant. Marot s'en est servi dans ce sens. Pasquier atteste qu'on le disoit encore de son temps, &amp; il apporte ces vers adressés au Roi François I. par Guillaume Cretin.</p><p>C'est encore ce qui fait dire à Marot dans un rondeau, qui commence par,</p><p>Et qu'il adresse à un homme à qui il devoit de l'argent.</p><p>On donne encore le nom d'<i>Anglois</i> à une espèce de pâtisserie qu'on fait avec des prunes simplement, sans les couper, ni peler.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>L'ANGLOIS</head>
    <p>
    L'ANGLOIS , s. m. La langue que l'on parle en Angleterre. Le Moine Augustin allant en Angleterre passa par Metz, où il fut reçu par Théodebert &amp; Brunehaut d'une manière qui répondoit fort à l'attente de S. Grégoire. On lui permit de prendre des Prêtres François qui sussent l'<i>Anglois,</i> &amp; le Latin, pour servir d'Interprètes. Cord. l'<i>Anglois</i> est composé d'ancien Breton, de Latin, de Saxon, ou Allemand, &amp; de François : Wallis a fait une savante &amp; judicieuse Dissertation sur la langue Angloise ; elle sert de Préface à son Traité <i>de loqueta,</i> &amp; à sa Grammaire Angloise ; nous n'avons point de bonne Grammaire Angloise. Celle de Miège est la moins mauvaise ; celle de Wallis est utile à ceux qui savent déja l'<i>Anglois,</i> mais elle ne peut servir à l'apprendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2005" id="2" type="fleuriste">
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    <head>L'ANGLOIS</head>
    <p>
    l'Anglois , s. m. Terme de Fleuriste . Narcisse, qui jette une petite fleur, un peu plus grande néanmoins que le narcisse de Narbonne. Il a le godet jaune, &amp; par tout égal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2005" id="3" type="fleuriste">
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    <head>L'ANGLOIS</head>
    <p>
    Angloise , s. f. Autre terme de Fleuriste . Tulipe d'un colombin rouge &amp; blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2006" id="1" type="">
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    <head>ANGLOSAXON, ONE</head>
    <p>
    ANGLOSAXON, ONE , s. m. &amp; f. <i>Anglosaxo.</i> On se sert quelquefois de ce nom, pour signifier les peuples d'Allemagne, qui vinrent s'établir dans l'Isle Britannique, &amp; les distinguer des naturels de l'Isle, ou Bretons, qui depuis la conquête des Anglois &amp; Saxons, furent aussi appellés Anglois. Ce mot est composé d'<i>Anglus,</i> Anglois, &amp; de <i>Saxo,</i> Saxon, parce que ces Conquerans de la Bretagne étoient partie Anglois, partie Saxons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2007" id="1" type="">
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    <head>ANGOBERT</head>
    <p>
    ANGOBERT , s. m. Sorte de poirier &amp; de poire. L'<i>Angobert</i> est une poire à cuire, grosse, &amp; qui fait une compote de belle couleur. Elle a la chair douce &amp; un peu ferme, &amp; se garde assez avant dans l'hiver. La Quint. Elles durent jusqu'au mois de Mai. Id. L'<i>Angobert</i> est une assez grosse poire, longue, colorée d'un côté ; le bois de l'arbre tire extrêmement à celui du beurré, &amp; la poire n'y ressemble pas mal. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2008" id="1" type="">
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    <head>ANGOISSE</head>
    <p>
    ANGOISSE , s. f. Douleur violente. <i>Angor, aegritudo.</i> Il s'est pris les doigts dans les fentes de cette porte, il en a senti beaucoup d'<i>angoisse.</i> Il se dit plus communément des afflictions de l'esprit. Il a senti de cruelles <i>angoisses</i> en apprenant la mort de son fils. Les songes le faisoient rire dans les <i>angoisses</i> de la mort. Voit. Leur salut est en danger dans cette terre de tribulation &amp; d'<i>angoisse.</i> Pat. J'ai su vos peines &amp; vos <i>angoisses,</i> qui marquent si bien le zèle dont vous êtes embrasé. Du Bois.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>angustia</i>. Icquez fait venir le mot François <i>angoisse,</i> &amp; l'Italien <i>angoscia,</i> des langues Septentrionales. Il remarque qu'en vieux Saxon, <i>anglumian</i> veut dire, <i>faire de la peine, angere ; angsum, triste, inquiet, tristis sollicitus ;</i> qu'en Allemand <i>angst</i> veut dire, <i>anxiété, angoisse d'esprit, anxietas, animi angustia</i> ; que dans la langue des Cimbres, c'est-à-dire dans la langue qu'on parloit dans une partie de la basse Allemagne, <i>angor</i> veut dire, douleur, chagrin, <i>dolor, moeror, angissi,</i> angoisse, <i>angustia, angra,</i> faire de la peine ; <i>angere, angrast,</i> avoir du chagrin, <i>tristari.</i></p><p><i>Poires d</i>'Angoisse, sont des poires de mauvais goût, qui prennent à la gorge, que Ménage dit avoir ainsi été nommées d'un village qui est en Limosin du même nom, où elles furent trouvées en l'an 1094. <i>Pirum anginam premens, pirum angossiacum.</i></p><p><i>Poire d</i>'Angoisse, est aussi une espèce de cadenas qui s'ouvre par un ressort, &amp; qu'on met dans la bouche d'une personne pour l'empêcher de crier au secours, ou pour la forcer à donner son argent.</p><p>On dit aussi au figuré. On lui a bien fait avaler des <i>poires d'angoisse</i> ; pour dire, qu'on lui a dit des choses fâcheuses dont il n'a osé se plaindre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2009" id="1" type="">
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    <head>ANGOISSELS</head>
    <p>
    ANGOISSELS , adj. Ce mot ne se dit plus, il signifioit <i>angoisseux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2010" id="1" type="">
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    <head>ANGON</head>
    <p>
    ANGON , s. m. <i>Jaculum, spiculum.</i> Espèce de javelot dont se servoient les anciens François. L'<i>angon</i> se dardoit de loin : le fer de ce javelot ressembloit à une fleur de lis. Le Gendre. Une opinion sut les armes de nos Rois est que ce ne sont véritablement ni les lis de Marais, ni de Jardin, mais le fer de l'<i>angon,</i> ou javelot des anciens François. La pièce du milieu étoit droite, pointue &amp; tranchante ; les deux autres qui l'accompagnoient étoient renversées en croissant : une clavette lioit ces pièces, ce qui faisoit ce qu'on dit, le pied de la fleur de lis. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2011" id="1" type="">
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    <head>ANGOULÊME</head>
    <p>
    ANGOULÊME , s. m. <i>Inculisma, Engolisma, Ecolesina, Aequolesina, Aquilimensis, Ratiastum.</i> Ville Episcopale de France, capitale de l'Angoumois, avec le titre de Duché. Les deux Historiens d'<i>Angoulême,</i> Corlieu &amp; Maichin, l'écrivent toujours par un A. La Ville d'<i>Angoulême</i> n'a pas toujours été appellée d'un même nom ; car il paroît par les Monumens &amp; titres anciens, &amp; par les légendes des pièces de monnoie que faisoient battre les Comtes d'<i>Angoulème,</i> qu'elle a été quelquefois nommée <i>Icolisma, Engolima, Angolia, Equalisma,</i> &amp; <i>Engolessima ;</i> d'autres fois <i>Engolma,</i> &amp; <i>Egolesma,</i> &amp; enfin <i>Engolesma, Angoulême.</i> Maichin, Corlieu. Ausone l'appelle <i>Icnusa</i> Ep. 15. Mais Helie Vinet en son discours de la ville d'<i>Angoulême</i> assure qu'il y doit avoir <i>Icolisma,</i> &amp; qu'il l'a ainsi trouvé dans les vieux exemplaires d'Ausone écrits à la main. Id. S. Ausone est le premier Evêque d'<i>Angoulême.</i> Maichin prétend que ce Saint fut disciple de S. Martial, qui l'avoit été de Jesus-Christ, &amp; qui ayant été envoyé par S. Pierre dans les Gaules, fut Evêque de Limoges. Corlieu, dans son Histoire d'<i>Angoulême,</i> ne place l'un &amp; l'autre que sous l'Empereur Dèce, suivant en cela le sentiment de Grégoire de Tours. Voyez <ref type="search" target="head:Martial">Martial</ref>. <i>Angoulême</i> est une ville très-ancienne, située sur une montagne, dont la Charente baigne le pied, &amp; qui forme une espèce de longue plaine entre cette rivière, &amp; celle d'Anguienne. L'Evêque d'<i>Angoulême</i> est suffragant de l'Archevêché de Bourdeaux. L'Histoire d'<i>Angoulême</i> a été écrite par François de Corlieu : elle est intitulée, <i>Recueil en forme d'Histoire de ce qui se trouve par écrit de la Ville &amp; des Comtes d</i>'Angoulême. La seconde édition est augmentée par Gabriel de la Charlonie, <i>in</i>-4°. à <i>Angoulême</i> 1629.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2012" id="1" type="">
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    <head>ANGOUMOIS</head>
    <p>
    ANGOUMOIS , s. m. <i>Engolismenfis ager.</i> Province de France : Angoulême en est la Capitale, &amp; lui a donné la dénomination. Maichin. Corlieu écrit <i>Engoumois.</i> La Charente a sa source dans l'<i>Angoumois,</i> &amp; en baigne une partie. Armand Maichin a écrit l'<i>Histoire de Saintonge, Poitou, Aunis,</i> &amp; <i>Angoumois,</i> imprimée <i>in-fol.</i> à saint Jean d'Angely 1671. Le pays Royal d'<i>Angoumois</i> contient, au rapport de Corlieu, 20 lieues de long, &amp; environ 15 à 16 de large. Il est limité à l'orient du Limosin, de la Saintonge à l'occident, au midi du Périgord, &amp; du Poitou au septentrion. Maichin. Durant le Regne de Charlemagne l'<i>Angoumois</i> fut uni à la maison de Poitou, par le délaissement qu'en fit ce Monarque en faveur d'Abbon, ou Albon, premier Prince de son sang, en 778. Id. Bien que l'<i>Angoumois</i> fût originairement une portion &amp; une dépendance de l'Aquitaine, néanmoins il n'a jamais reconnu d'autre jurisdiction souveraine que celle du Parlement de Paris. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2013" id="1" type="">
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    <head>ANGOUMOISIN, INE</head>
    <p>
    ANGOUMOISIN, INE , s. m. &amp; f. &amp; adj. <i>Inculismensis.</i> Qui est de l'Angoumois. Pline, au Liv. IV. de son <i>Hist. nat.</i> ch. 19. parle de certains peuples d'Aquitaine, nommés <i>Agesinates,</i> qui étoient proches voisins de ceux de Poitou. Ces peuples-là sont indubitablement les <i>Angoumoisins,</i> &amp; non pas ceux du pays d'Agénois, qui sont fort éloignés de la Province de Poitou. Maichin. Corlieu, dans son <i>Histoire d'Angoulême,</i> écrit Engomoisin. Durant le temps de la domination des Romains jusqu'à celle des François, il n'est fait mention que les <i>Engomoisins</i> aient eu plus de trois Evêques ; mais cet Auteur est suranné. Les Poëtes <i>Angoumoisins</i> ont feint que le Baudiac fut amoureux de la Tourre. Maichin. Ce sont deux rivières de l'Angoumois, dont la première se perd dans les campagnes, &amp; va joindre, dit-on, la seconde par des conduits souterrains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2014" id="1" type="">
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    <head>ANGOURIA</head>
    <p>
    ANGOURIA , s. Espèce de melon d'eau, que les Grecs nomment ainsi. Les Turcs l'appellent <i>Schamcaouni,</i> le melon de Damas ; &amp; les Arabes <i>fegg' a Rhatihkh al hindi,</i> le melon des Indes. D'Here.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2015" id="1" type="">
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    <head>ANGUICHURE</head>
    <p>
    ANGUICHURE , s. f. Espèce de baudrier qui sert aux Veneurs à porter un cor de chasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2016" id="1" type="">
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    <head>ANGUIEN</head>
    <p>
    ANGUIEN , ou ENGUIEN, s. m. <i>Angia, Anghia.</i> Petite ville des Pays-Pas, entre Mons &amp; Bruxelles. Les gens du pays écrivent <i>Enguien. Anguien</i> est la première Baronie du Comté de Hainaut. La Baronie d'<i>Anguien</i> tomba dans la Maison de Bourbon, par le mariage de Marie de Luxembourg, Comtesse de S. Paul, Dame d'<i>Anguien,</i> avec François de Bourbon, qui sous le nom de Comte d'<i>Anguien,</i> remporta la bataille de Cerisole en 1544. La Baronie d'<i>Anguien</i> étant échue en partage à Antoine de Bourbon Roi de Navarre, Louis de Bourbon, premier Prince de Condé, son frere, en fit transporter le nom à Nogent le Rotrou au Perche, qu'il fit nommer <i>Anguien</i> le François. Henri IV. vendit à Charles de Ligne Comte d'Aremberg, la ville d'<i>Anguien</i> en Hainaut. Henri de Bourbon II. du nom, Prince de Condé, ayant échangé Nogent <i>Anguien</i> avec le Duc de Sully, il fit donner le titre de Duché d'<i>Anguien,</i> à la Baronie d'Issoudun en Berry, &amp; ensuite il a été transféré au Duché de Montmorenci. Les fils aînés des Princes de Condé portent le nom de Duc d'<i>Anguien.</i> Le Grand Condé n'étoit encore que Duc d'<i>Anguien,</i> quand il gagna les batailles de Rocroi &amp; de Nortlingue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2017" id="1" type="">
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    <head>ANGUILLADE</head>
    <p>
    ANGUILLADE , s. f. Coups de fouet, &amp; se dit particulièrement de ceux qu'on donne avec une peau d'anguille. Regnier dit dans ses Satyres : M'eût donné l'<i>anguillade,</i> &amp; puis m'eût laissé-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2017" id="2" type="">
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    <head>ANGUILLADE</head>
    <p>
    Anguillade , a signifié autrefois, Tromperie ; &amp; ce mot étoit venu en ce sens de la farce de Pathelin, parce qu'il promit au Marchand de lui faire manger d'une belle anguille, pour avoir son drap.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2018" id="1" type="">
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    <head>ANGUILLE</head>
    <p>
    ANGUILLE , s. f. Poisson de rivière, long &amp; menu, de la figure d'un serpent, dont la peau est si glissante, qu'on ne la peut tenir dans les mains. Elle a la bouche assez grande, &amp; garnie de petites dents, avec deux nageoires auprès des ouies. La chair en est gluante, &amp; visqueuse. <i>Anguilla.</i> Rond. Les <i>anguilles</i> demeurent dans la bourbe, &amp; ne se pêchent en abondance que dans les inondations, &amp; quand les eaux sont troubles. On a découvert avec le microscope, que les <i>anguilles</i> ont la peau écaillée comme les autres poissons.</p><p>On dit que les <i>anguilles</i> fraient avec les serpens. Abraham Mylius, dans un Traité qu'il a fait de l'origine des animaux, enseigne la manière de faire des <i>anguilles</i> par artifice. Il dit qu'il faut couper deux gazons au mois de Mai couverts de rosée, puis les mettre l'un sur l'autre, ensorte qu'ils se touchent par la partie herbue. Quelques heures après qu'ils auront été sur le bord d'un vivier, échauffés par le soleil, il en sortira une infinité d'<i>anguilles.</i></p><p>On dit proverbialement, Ecorcher l'<i>anguille</i> par la queue, pour dire, Commencer une affaire par où il la faut finir. C'est une <i>anguille</i> de Melun, il crie devant qu'on l'écorche ; pour dire, Il a peur sans sujet. Ce proverbe vient de ce qu'un nommé l'<i>Anguille,</i> bourgeois de Melun, qui représentoit à une Comédie le personnage de S. Barthelemy, voyant l'Exécuteur le couteau à la main qui faisoit semblant de l'écorcher, se mit à faire un grand cri auparavant qu'il le touchât : ce qu'on trouva si plaisant, que cela a donné cours au Proverbe. On dit aussi, il y a <i>anguille</i> sous roche ; pour dire, Il y a quelque mystère caché sous ce qu'il dit, ou sous ce qu'il fait. Il s'échappe comme une <i>anguille</i> ; pour dire, Il disparoît sans qu'on le puisse retenir, sans qu'on s'en apperçoive. On dit encore, Rompre l'<i>anguille</i> au genou, pour se moquer des gens qui prennent une manière de faire quelque affaire qui n'est pas propre pour y réussir. On disoit autrefois, Rompre l'andouille au genou, dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2019" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ANGUILLERS" />
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    <head>ANGUILLERS</head>
    <p>
    ANGUILLERS , ou ANGUILLÉES. Terme de Marine . Canaux qui regnent à fond de cale à côté de la carlingue pour conduire les eaux à la pompe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2020" id="1" type="">
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    <head>ANGUILLIÈRE</head>
    <p>
    ANGUILLIÈRE , s. f. <i>Anguillarum Vivarium.</i> Ce mot se trouve dans le Théatre d'Agriculture de De Serres, pour signifier le lieu où l'on nourrit, ou bien où l'on conserve des anguilles. On dressera l'<i>anguillière</i> en un lieu ombreux, ou bourbeux, &amp; l'on y nourrira les anguilles des entrailles de toutes sortes de poissons frais &amp; salés, de volailles, levrauts, lapins, &amp; autres bêtes, des pelures de fruits, de figues à demi-gâtées, de cornes, de glands concassés, de marc de raisin, &amp;c. De Serres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2021" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANGUILLOMEUX" />
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    <head>ANGUILLOMEUX</head>
    <p>
    ANGUILLOMEUX , adj. Borel dit que ce mot veut dire, <i>cauteleux,</i> &amp; qu'il vient d'<i>anguis, serpent,</i> comme qui diroit . Ce mot n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2022" id="1" type="ecriture">
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    <head>ANGULAIRE</head>
    <p>
    ANGULAIRE , adj. m. &amp; f. Qui a des angles. <i>Angularis.</i> Côté <i>angulaire.</i> Il ne se dit guères que de la pierre fondamentale qu'on met à la première assise d'un bâtiment, qui fait l'angle ou le coin du bâtiment.</p><p>On dit figurément en termes de l'Ecriture , que Jesus-Christ est la pierre <i>angulaire</i> de l'Eglise : ce qui est fondé sur la Prophétie, <i>Lapidem quem reprobaverunt aedificantes, hic factus est in caput anguli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2023" id="1" type="">
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    <head>ANHALT</head>
    <p>
    ANHALT , s. m. <i>Anhaltivus Principatus.</i> Principàuté d'Allemagne dans la haute Saxe. Elle est entre le Duché de Saxe, le Comté de Mansfeld, le Landgraviat de Turinge, &amp; les terres d'Alberstat &amp; de Magdebourg. La Maison d'<i>Anhalt</i> passe pour une des plus anciennes de l'Europe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2023" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANHALT" />
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    <head>ANHALT</head>
    <p>
    Anhalt , s. m. <i>Anhaltinum vetus.</i> Château de la Principauté d'Anhalt, à laquelle il a donné son nom. Il est sur la rivière de Seske ; il est presque ruiné. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2024" id="1" type="">
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    <head>ANHIMA, </head>
    <p>
    ANHIMA, <i>Jonston.</i> C'est un oiseau de rapine, aquatique, du Brésil. Il est plus grand que le cigne ; sa tête est grosse comme celle d'un coq, son bec est noir, recourbé vers le bout, ses yeux de couleur d'or entourés de noir. Il s'élève dessus sa tête une corne plus grosse que celle d'un veau, blanche comme un os, entourée de plumes très-courtes, blanches &amp; noires. Son corps est d'un pied &amp; demi ; ses ailes sont grandes, &amp; de différentes couleurs ; ses pieds sont chacun de quatre doigts ; sa voix est forte, &amp; il paroît crier <i>vihu.</i> Il est toujours avec sa femelle ; le mâle est plus gros de moitié. Sa corne résiste au venin ; &amp; aux suffocations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2025" id="1" type="">
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    <head>ANICROCHE</head>
    <p>
    ANICROCHE , s. f. Terme bas &amp; populaire, qui signifie, Embarras, difficulté. <i>Obex, mora, obstaculum.</i> Cet homme trouve toujours quelque <i>anicroche</i> en son chemin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2026" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANIEN" />
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    <head>ANIEN</head>
    <p>
    ANIEN . Autrefois on écrivoit ANIAN, s. m. <i>Anianus.</i> Nom propre d'homme. Voyez <ref type="search" target="head:AGNAN">AGNAN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2027" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂNIER, ERE" />
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    <head>ÂNIER, ERE</head>
    <p>
    ÂNIER, ERE , subst. Celui ou celle qui mène les ânes. <i>Asinarius.</i> Il se dit ordinairement à Paris de ceux qui fournissent du lait d'ânesse.</p><p>On le dit figurément de celui qui traite rudement ses valets, ou ceux qui ont à faire à lui. C'est un rude <i>ânier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2028" id="1" type="">
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    <head>ÂNIÈRE</head>
    <p>
    ÂNIÈRE , s. f. Qui a signifié autrefois un lieu où l'on élevoit &amp; nourrissoit des ânes. <i>Asinaria.</i> De-là tant de villages en France nommés <i>Anière.</i> C'est à <i>Anières</i> proche de Bourges que Calvin commença à dogmatiser, pendant qu'il étudioit en Droit dans l'Université de Bourges.</p><p>Naudé a dit proverbialement dans son Mascurat, C'est un veau de dixme qui n'a jamais étudié qu'à l'école d'<i>Anière</i> ; pour dire, un ignorant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2029" id="1" type="blason">
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    <head>ANILLE</head>
    <p>
    ANILLE , s. f. Terme de Blason . C'est une figure en forme de deux crochets adossés &amp; liés ensemble, dont chacune a la figure d'un <i>C,</i> ou d'un <i>sigma</i> Grec. <i>Scuriclatum utrinque ferrum.</i> Il portoit d'azur à une <i>anille</i> d'argent entourée d'une couronne de gueules. Quelques-uns la confondent mal-à-propos avec celle du fer qui soutient la meule du moulin. <i>Anille</i> est ainsi nommée, parce que c'étoit d'abord un fer qui se mettoit comme un anneau autour des moyeux pour les fortifier. On appella aussi <i>anilles,</i> des croix ancrées qui sont faites en forme d'<i>anille.</i> Autrefois on appelloit aussi <i>anille,</i> une potence d'estropiés des jambes, ou de vieilles : ce qui est dérivé du mot <i>anus. Subalaris scipio</i>. Quelques-uns écrivent ANNILLES.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2030" id="1" type="palais">
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    <head>ANIMADVERSION</head>
    <p>
    ANIMADVERSION , s. f. Terme de Palais . Correction. <i>Animadversio, castigatio.</i> L'allégation téméraire d'un fait si faux, mérite l'<i>animadversion</i> de la Cour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2030" id="2" type="">
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    <head>ANIMADVERSION</head>
    <p>
    Animadversion , se dit aussi dans le dogmatique, pour signifier quelques notes, ou observations, que les Critiques font sur quelques Auteurs, <i>Animadversio, observatio,</i> comme les <i>Animadversions</i> sur Pétrone.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2030" id="3" type="">
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    <head>ANIMADVERSION</head>
    <p>
    Animadversion , signifie aussi, Considération, remarque. La raison qui fut alléguée, méritoit quelque <i>animadversion,</i> quelque réflexion. Le mot d'<i>animadversion</i> n'est point du tout en usage en ce dernier sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2031" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANIMAL" />
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    <head>ANIMAL</head>
    <p>
    ANIMAL , s. m. Corps animé qui a du sentiment, &amp; du <pb n="241" facs="bpt6k8542165/f281/full/1200,/0/native.jpg"/>mouvement. <i>Animal, animans.</i> Les Philosophes comprennent l'homme sous le genre d'<i>animal,</i> &amp; le définissent, <i>animal</i> raisonnable. Ils y enferment aussi les oiseaux, les poissons, &amp; les insectes. Mais dans le discours ordinaire on entend seulement par ce mot, les bêtes à quatre pieds qui vivent sur la terre, un boeuf, un cheval, &amp;c. Il y avoit dans l'Arche toutes sortes d'<i>animaux.</i> S. Augustin rapporte, que beaucoup de personnes scrupuleuses étendoient jusqu'aux <i>animaux</i> la défense de la Loi, <i>Tu ne tûeras point.</i> Ils se fondoient sur quelques passages de l'Ecriture, où Dieu a égard aux <i>animaux,</i> comme s'ils avoient quelque principe de raison. Il dit qu'il redemandera le sang de l'homme de la main des <i>animaux.</i> Gen. c. 9. Et dans le même endroit, il contracte alliance tant avec Noé, qu'avec tout <i>animal</i> vivant, &amp; toutes les bêtes de la terre. C'est l'orgueil de l'homme qui lui fait croire que tous les <i>animaux</i> ont été créés pour lui, &amp; qu'il a sur eux un empire despotique. Moth. Vay. Nous avons un pouvoir Royal sur les <i>animaux</i> ; mais il ne doit pas être tyrannique. Id. Descartes a dépouillé les <i>animaux</i> de toute intelligence, &amp; les a mis au rang des machines, qui ne sont mues que par ressorts. Le P. Daniel a réfuté l'hypothèse de Descartes. Il fait voir que les <i>animaux</i> ne sont point destitués de connoissance, &amp; qu'il est impossible d'expliquer tous leurs mouvemens, &amp; toutes leurs sensations, par les loix de la Méchanique. Les <i>animaux,</i> avec leur seul instinct, sont souvent plus sages que l'homme avec la raison. S. Evr. Aristote, Pline, Solin &amp; Aelian, ont écrit de l'Histoire des <i>Animaux,</i> chez les Anciens. Aldrovandus, Gesner, Jonston, en ont écrit plusieurs volumes entre les Modernes.</p><p>Les <i>animaux</i> se divisent en <i>animaux</i> terrestres, <i>animalia terrestria</i> ; aquatiques, <i>aquatica</i> ; oiseaux, <i>volucres ;</i> amphibies, <i>ancipites bestiae</i> ; insectes, <i>insecta,</i> &amp;c. Les <i>animaux</i> terrestres, ou sont <i>animaux</i> à quatre pieds, <i>quadrupedia</i> ; ou <i>animaux</i> reptiles, <i>reptilia.</i> Ceux qui sont à quatre pieds, ou bien ils ont le pied fourchu, comme les boeufs ; ou ils l'ont solide, comme les chevaux ; ou ils l'ont divisé en plusieurs doigts, comme les chiens, les loups, les lions. Les autres divisions des <i>animaux</i> se trouveront dans les mots d'<i>Oiseau, Poisson, Reptile, &amp;c.</i></p><p>On appelle par injure, <i>Animal,</i> un homme lourdaut, grossier, stupide. <i>Stupidus, bardus, stolidus.</i> Celui qui vous a dit cela est un <i>animal.</i> Elle aime le plus sot <i>animal</i> qui jamais eut la forme d'homme. Gomb. Dans certaines terres nouvellement découvertes, à peine sont-ce des hommes que les habitans : ce sont des <i>animaux</i> à figure humaine. Fonten.</p><p>Il n'est point nécessaire d'avertir que ce mot vient d'<i>animal,</i> formé d'<i>anima,</i> ame, &amp; qu'il signifie, ce qui a une ame. Le P. Pezron prétend qu'il est formé de l'<i>aneral</i> des Celtes, qui vient de <i>ane,</i> ou <i>ene,</i> qui dans cette langue signifie ame.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2031" id="2" type="blason">
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    <head>ANIMAL</head>
    <p>
    Animal , en termes de Blason ; reçoit plusieurs épithètes différentes. Quand les <i>animaux</i> sont représentés en leur assiette naturelle, on les appelle <i>passans. Animal gradiens.</i> On appelle la brebis, <i>paissante, pascens</i> ; &amp; le lion, <i>rampant, erectus.</i> Quand ils sont en une autre assiette, il la faut exprimer, comme <i>debout, stans ; couché, stratus ; courant, currens ; en pied, erectus in pedes,</i> &amp;c. Le cheval se cabrant est appellé <i>poulain gai, arrectus ;</i> ou <i>effrayé, forcené, efferatus</i> ; le loup, <i>ravissant, rapiens</i> ; le taureau, <i>furieux, furens</i> ; la licorne, <i>saillante, saliens</i> ; le chat, <i>effarouché,</i> ou <i>hérissonné, pilis, horrentibus</i> ; le belier &amp; le bouc, <i>sautans, exiliens.</i> Quand l'Ecu en contient au-delà de seize, on dit qu'ils sont <i>semés,</i> ou <i>sans nombre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2031" id="3" type="">
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    <head>ANIMAL</head>
    <p>
    Animal, ale , adj. Qui appartient au corps sensitif. <i>Animalis.</i> Les Philosophes admettent des esprits naturels, vitaux, &amp; <i>animaux,</i> pour faire toutes les fonctions <i>animales.</i> Duncan, Médecin de Montpellier, a expliqué toutes les fonctions <i>animales</i> par une voie nouvelle &amp; méchanique, après Willis Anglois. Les esprits <i>animaux</i> ne sont autre chose que les parties les plus subtiles, &amp; les plus agitées du sang. Si le sang est subtil, il y aura beaucoup d'esprits <i>animaux</i> ; &amp; s'il est grossier, il y en aura peu. Malb. Le vin est si spiritueux, que les esprits du vin sont des esprits <i>animaux</i> tout formés. Id. En Morale on oppose la partie <i>animale,</i> qui est la partie sensuelle, &amp; charnelle, à la partie <i>raisonnable,</i> qui est l'intelligente. Leurs connoissances ne changent point cette manière <i>animale,</i> de ne concevoir les choses que par les sens. Nicol. Ce sont les défiances &amp; l'incrédulité naturelle de l'homme <i>animal,</i> qui vous séparent de nous. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2032" id="1" type="">
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    <head>ANIMATION</head>
    <p>
    ANIMATION , s. f. Qui se dit en Médecine du temps, où l'ame est infuse dans le corps de l'homme. <i>Animatio.</i> L'<i>animation</i> du foetus n'arrive qu'après les 40 jours. Il y a un Traité Latin du P. Jérôme Florentinius, <i>Homo dubius, sive de Baptismo abortivorum,</i> dans lequel il prétend que cette opinion-là est très-douteuse ; d'où il conclut qu'il faut baptiser les avortons en quelque terme qu'ils viennent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2033" id="1" type="pharmacie">
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    <head>ANIME</head>
    <p>
    ANIME , s. f. ou Gomme Anime. Terme de Pharmacie . C'est une résine qu'on distingue en Occidentale &amp; en Orientale. La première se tire par l'incision d'un arbre de la nouvelle Espagne. Elle est transparente, &amp; d'une couleur qui approche de celle de l'encens. On l'apporte en grains, comme l'encens, mais qui sont plus gros. Ces grains étant rompus paroissent d'un jaune clair, de même que la résine. Son odeur est très-douce &amp; très-agréable. Si on la jette dans le feu, elle se consume facilement.</p><p>La gomme <i>anime</i> Orientale est de trois sortes. Il y en a, 1°. Une blanche, 2°. Une noirâtre, qui ressemble en quelque manière à la mirrhe. 3°, Une pâle résineuse &amp; sèche. Toutes ces espèces d'<i>anime</i> servént pour les parfums, à cause de leur odeur agréable. On l'emploie aussi extérieurement dans les affections froides de la tête &amp; des nerfs ; dans les paralysies, &amp; dans les catarres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2033" id="2" type="">
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    <head>ANIME</head>
    <p>
    Anime . Espèce d'armure ancienne. <i>Lorica textilibus laminis conserta.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Corneille">Corneille</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANIMER" />
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    ANIMER , v. act. Mettre un ame dans un corps pour lui donner du sentiment &amp; du mouvement. <i>Animare.</i> Dieu <i>anima</i> l'homme d'un soufle de vie. Arn. On dit que le foetus n'est pas <i>animé</i> dès le temps de sa formation. Voyez au mot ANIMATION.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="2" type="">
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    Animer , signifie encore, Rendre sensible. Je pourrois de ma plainte <i>animer</i> une souche. Gomb.</p><p>On dit aussi qu'un Orateur <i>anime</i> son discours, qu'il <i>anime</i> les passions, quand par la force de son action, &amp; de ses paroles, il touche &amp; émeut ses auditeurs. <i>Vividum efficere.</i></p><p>On dit d'une Belle ; qu'elle est <i>animée</i> ; pour dire, qu'elle a un nouvel éclat. Elle étoit <i>animée</i> d'une beauté capable d'être aimée. Voit.</p><p>On dit d'un cheval, qu'il s'<i>anime</i> ; pour dire, qu'il fait paroître une nouvelle vigueur. On dit, être <i>animé</i> contre quelqu'un ; pour dire, être en colère contre lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="3" type="">
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    Animer , signifie aussi, Exciter à la colère, à la vengeance, au combat, à des entreprises. <i>Concitare, incitare, incendere.</i> Ce valet a fort <i>animé</i> son maître par ses discours insolens. Le Général <i>anime</i> ses soldats à monter à la brèche. Pourquoi <i>animez-vous</i> cet Auteur à entreprendre un ouvrage au-dessus de sa capacité ? Vous avez trouvé assez d'obstacles pour vous <i>animer</i> à vaincre, &amp; mes actions vous ont donné assez d'espérance, pour ne vous pas rebuter. P. de Cl. <i>Animez</i> le corps de vos actions, par votre confiance en la bonté de Dieu. Ab. de l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="4" type="">
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    Animer , se dit figurément en Morale, quand des Peintres, des Sculpteurs, par la force des traits de leurs pinceaux, ou ciseaux, semblent rendre vivantes leurs figures. <i>Mutis rebus &amp; sensu carentibus animam addere.</i> Ce Sculpteur <i>anime</i> le marbre.</p><p>La Quintinie a dit <i>animer</i> de la terre ; pour dire, l'échauffer, la fertiliser, l'amender. Pour ce qui est d'échauffer, ou <i>animer</i> la terre, il est des fumiers qui amendent &amp; échauffent plus, &amp; il en est qui amendent &amp; échauffent moins. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="5" type="">
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    Animer , se dit aussi parmi les maîtres à danser, en parlant du pas ; &amp; signifie, Prendre un air plus vif en s'élevant sur la pointe du pied. Allons, <i>animez</i> votre pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="6" type="">
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    Animer , se dit de tout ce qui se fait le mouvement, l'action, la beauté, le plaisir, de quelque chose que ce soit, qui y répand de l'agrément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="7" type="">
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    Animé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Animatus, incitatus, concitatus, inflammatus.</i> Les services des vrais amis ont quelque chose d'<i>animé</i> qui prévient jusqu'à nos desirs. S. Evr. Une charité ardente &amp; <i>animée.</i> Ab. de l. Tr. Un Chrétien dont la foi est <i>animée.</i> Id.</p><p>On dit d'une personne morne, pesante &amp; languissante, qu'elle n'est point <i>animée. Minimè vividus.</i> Il manque à cette beauté d'être un peu <i>animée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2034" id="8" type="blason">
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    <head>ANIMER</head>
    <p>
    Anime , en termes de Blason , se dit d'un cheval qui est en action, &amp; qui montre un desir de combattre. On le dit même de sa tête seule, &amp; c'est lorsque l'oeil est de différent émail. Il porte d'or au cheval de sable, <i>animé</i> de gueules. <i>Oculatus murice, minio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2035" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANIMOSITÉ" />
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    <head>ANIMOSITÉ</head>
    <p>
    ANIMOSITÉ , s. f. Passion de l'ame qui nous fait témoigner de la colère, de la haine, du ressentiment contre quelqu'un. <i>Odium, animus infensus.</i> Ces parties plaident avec beaucoup d'<i>animosité.</i> Les soldats s'acharnèrent avec tant d'<i>animosité</i> que la nuit seule les sépara.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2036" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANINCAT" />
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    <head>ANINCAT</head>
    <p>
    ANINCAT , s. m. Nom propre d'homme. <i>Animchadus.</i> Le B. <i>Anincat</i> étoit des Isles Britanniques, d'où il amena plusieurs Moines en France &amp; en Allemagne. Florent de Vorcestre mort en 1119. l'appelle <i>Animchadus,</i> en citant Marianus Scotus, dans l'imprimé duquel on a mal mis <i>Annuchadus.</i> Chast. 30. Janvier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2037" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="ANINGA" />
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    <head>ANINGA</head>
    <p>
    ANINGA . Terme de Botanique . Pison, dans son Liv. IV. des facultés des simples, C. 70. donne deux plantes sous le nom d'<i>Aninga.</i> L'une qu'on nomme <i>Aninga-iba,</i> laquelle, comme je crois, est l'Arum, arbre à feuilles de sagittaire, quoiqu'elle ait les feuilles arrondies, &amp; semblables à celles de la Nymphaea ; car ces feuilles sont tantôt plus &amp; tantôt moins pointues, ce qui ne peut causer une différence essentielle. L'autre <i>Aninga</i> est l'Arum à tige &amp; à feuilles de la canne d'Inde. L'<i>Aninga-iba,</i> selon Pison, a une grosse racine bulbeuse, qu'on doit préférer aux feuilles &amp; au fruit dans l'usage de la Médecine, puisqu'outre les premières qualités froides qu'elle a, elle est encore composée de parties tenues, propres à emporter les obstructions, &amp; est employée à divers usages par les Portugais, &amp; par les Sauvages. On en fait des fomentations contre l'inflammation &amp; les obstructions des reins &amp; des hypocondres. Enfin, l'huile qu'on tire de l'<i>aninga</i> est très-souveraine contre les mêmes maux, &amp; peut suppléer à l'huile de Capres. Si on fait des bains de ces racines cuites dans l'urine humaine, &amp; qu'on les réitère quelquefois, ils soulagent les douleurs &amp; les maladies articulaires. Plumier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2038" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANJOU" />
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    <head>ANJOU</head>
    <p>
    ANJOU , s. m. <i>Andes, ium, Andegavia, Andegavensis Provin cia,</i> ou <i>Ducatus.</i> L'<i>Anjou</i> est une Province de France, qui a au Nord le Maine, au Couchant la Bretagne, au Midi le Poitou, au Levant la Touraine. La Loire la divise en deux parties, dont l'une s'appelle l'<i>Anjou</i> inférieur, au Midi de la Loire ; &amp; l'autre, l'<i>Anjou</i> supérieur, au Nord de la même rivière. Ce nom vient du nom du peuple Gaulois nommé <i>Andes, Andegavi,</i> ou <i>Andecavi,</i> qui habitoient autrefois ce pays. Quelques-uns ont cru que ce nom venoit d'aiguade, c'est-à-dire, lieu plein d'eau ; parce que l'<i>Anjou</i> est arrosé d'un grand nombre de rivières, la Loire, la Sarte, le Loir, la Mayenne, la Vienne, la Dire, le Tonay. le Larion, l'Eure, la Guinate, &amp; plusieurs autres ; &amp; d'un grand nombre de lacs, d'étangs, de ruisseaux &amp; de fontaines. Le Comté d'<i>Anjou</i> fut érigé en Duché par le Roi Jean. Henri III. avant que de parvenir à la Couronne de Pologne, Philippe de France frère unique de Louis XIV. &amp; Philippe V. Roi d'Espagne, son petit-fils, ont porté le nom de Duc d'<i>Anjou.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2039" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANIS" />
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    <head>ANIS</head>
    <p>
    ANIS , s. m. <i>Anisum, anicetum.</i> C'est une plante qui a une tige ronde, haute d'une coudée, &amp; fort branchue. Elle porte un bouquet blanc, ayant une odeur de miel, d'où sort une graine semblable à l'ache, qui est longuette, &amp; d'un goût entremêlé de doux, de piquant &amp; d'amèr. Cette semence est chaude, &amp; sert à chasser les vents. On en met dans les médecines, &amp; c'est un des correctifs du séné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2039" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANIS" />
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    <head>ANIS</head>
    <p>
    Anis , est aussi une dragée dans laquelle on enferme un grain d'<i>anis. Anisum saccaro conditum.</i> L'<i>anis</i> de Verdun est la plus dure des dragées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2040" id="1" type="">
   <index type="head" value="POMME D'ANIS" />
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    <head>POMME D'ANIS</head>
    <p>
    POMME D'ANIS . Espèce de poirier &amp; de pomme, dite autrement le Fenouillet. Voyez <ref type="search" target="head:FENOUILLET">FENOUILLET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2041" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANKYLOSE" />
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    <head>ANKYLOSE</head>
    <p>
    ANKYLOSE , s. f. C'est une maladie des articles, ou jointures du corps humain. <i>Ankylosis.</i> L'<i>Ankylose</i> est lorsque la liqueur glaireuse qui sert à faciliter les mouvemens de la jointure, venant à s'épaissir par son abondance, elle colle les têtes des os avec leur cavités, &amp; cette union s'appelle <i>ankylose,</i> qui est une maladie des os très-difficile à guérir dans les anciennes luxations. Dionis. Ce mot est Grec, , qui vient d', qui signifie une dureté, ou calus dans la jointure. Au reste, c'est mal écrire que d'écrire <i>anchylose,</i> avec Mr Dionis, comme si l'on disoit en Grec , &amp; non pas . Dans ces occasions il faut se servir du K.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2042" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNA" />
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    <head>ANNA</head>
    <p>
    ANNA , s. f. <i>Anna.</i> Nom propre d'une Déesse qui présidoit aux années, &amp; qui avoit pris de-là son nom. Quelques-uns prétendent que c'est la soeur de Didon, dont il est parlé dans le IVe Liv. de l'Enéide de Virgile. On dit qu'après la mort de sa soeur, Hiarbas Roi des Gétules s'étant rendu maître de Carthage, elle quitta l'Afrique, &amp; se retira chez Battus, qui regnoit dans l'Isle de Malthe, que Pygmalion étant survenu quelque temps après avec une flotte, Battus la pria de se retirer ; qu'elle passa en Italie, où Enée la reçut très-bien ; mais que la jalousie de Lavinia, femme d'Enée, l'obligea de s'échaper, &amp; de se jetter dans le fleuve Numicius, aujourd'hui Nemi, &amp; que dans la suite on la déifia. Voyez Ovide, <i>Fast. Liv. III. v.</i> 653. <i>&amp; suiv.</i> D'autres disent que la Déesse <i>Anne</i> est la lune, parce qu'elle fait l'année par ses révolutions. D'autres que c'est Thémis, d'autres Io, d'autres celle des Atlantides qui avoit allaité Jupiter. Voyez Ovide, à l'endroit cité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2043" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNA" />
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    <head>ANNA</head>
    <p>
    ANNA , s. f. est aussi une ville de l'Arabie déserte sur l'Euphrate, partie du côté de la Mésopotamie, &amp; partie du côté de l'Arabie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2043" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANNA" />
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    <head>ANNA</head>
    <p>
    Anna , s. m. Petite bête du Pérou, dont il sort une odeur qui infecte les lieux où elle passe les nuits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2044" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNAL, ALE" />
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    <head>ANNAL, ALE</head>
    <p>
    ANNAL, ALE , adject. Qui ne dure qu'un an. <i>Annuus, annalis.</i> C'est une commission <i>annale.</i> On le dit aussi de tout ce qui revient tous les ans. Une fète <i>annale.</i> Les Lettres de Chancelerie sont <i>annales,</i> ne valent rien après un an, comme Committimus, Relief d'appel, &amp; autres : il faut obtenir des Lettres de surannation après l'an. Les Arrêts pour les tailles sont la plupart réputés <i>annaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2045" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNALES" />
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    <head>ANNALES</head>
    <p>
    ANNALES , s. f. plur. Histoire qui décrit les évenemens d'un Etat par l'ordre des années. <i>Annales.</i> Les <i>annales</i> Ecclésiastiques de Baronius. Les <i>annales</i> de France. Les <i>annales</i> de Corneille Tacite.</p><p>On rapporte plusieurs différences entre les <i>annales</i> &amp; l'histoire. Aulugelle, Liv. V. ch. 18. dit, que quelques-uns prétendent que l'histoire est proprement le récit des choses auxquelles l'Ecrivain a assisté, qu'il a vues. Il ajoûte, que Verrius Flaccus doutoit que cette opinion fût vraie, quoiqu'il avouât qu'elle étoit fondée sur l'étymologie &amp; l'origine du nom histoire. Car, disoit-il, histoire en Grec signifie la connoissance des choses présentes, &amp; en effet, en Grec signifie, <i>voir.</i> Servius, sur le v. 377. du premier Liv. de l'Enéide, rapporte cette différence, &amp; appuie sur cette étymologie. Au contraire, les <i>annales,</i> dit-il, sont ce que l'on n'a point vû de nos temps : ainsi, poursuit-il, l'ouvrage de Tite-Live est partie histoire, partie <i>annales.</i> Il semble que Tacite ait aussi été de ce sentiment ; <pb n="243" facs="bpt6k8542165/f283/full/1200,/0/native.jpg"/>car il intitule la première partie de son ouvrage <i>Annales.</i> C'est qu'il y parle des temps qui l'avoient précédé. Et la seconde partie, où il décrit les affaires de son siècle, il l'appelle Histoire. Aulugelle est d'un autre sentiment. Il prétend que histoire &amp; <i>annales,</i> ne diffèrent que comme le genre &amp; l'espèce. L'histoire est le genre, &amp; c'est la narration, ou l'exposition des choses passées. <i>Annales</i> est l'espèce, &amp; c'est la même chose, mais rédigée par ordre des années, de même que Journal, est la même chose digérée selon l'ordre des jours. Le même Auteur rapporte une autre différence que Sempronius Asellio mettoit entre l'histoire &amp; les <i>annales.</i> Celles-ci, selon cet Ecrivain, sont une simple narration de ce qui s'est fait chaque année. L'histoire est un récit, non seulement des faits, mais encore des causes, des motifs, des raisons, &amp; de tous les ressorts qui ont fait agir. L'Annaliste ne fait que déduire ces faits ; l'Historien raisonne sur ces faits. Cicéron semble être de même avis au Liv. II. <i>de Orat. v.</i> 12. ou du moins ce qu'il dit revient à peu près à cela. La différence qu'il y a, selon lui, entre les <i>annales</i> &amp; l'histoire, c'est que les <i>annales</i> ne font simplement que raconter les faits de chaque année, sans aucun autre ornement que la brièveté, au lieu que l'histoire demande des ornemens. <i>Unam dicendi laudem putant esse brevitatem.... Non exornatores rerum, sed tantùm narratores.</i> La différence que donne Servius n'est pas d'usage aujourd'hui. Celle que met Aulugelle entre histoire &amp; <i>annales</i> ne suffit pas ; il faut joindre celle de Cicéron, &amp; d'Asellio. Cependant on appellera fort bien <i>annales</i> toute histoire distinguée par année ; souvent même <i>annales</i> se prend pour toutes sortes d'histoires, ou pour histoire en général, tant en Latin qu'en François. C'est ainsi que l'a pris Florus, Liv. I. ch. 10. Virgile, Enéide I. v. 377. &amp; Cicéron en plusieurs endroits.</p><p>Cicéron, à l'endroit que j'ai cité, rapporte l'origine des <i>annales</i> à peu près en ces termes : L'histoire n'étoit d'abord que la composition des <i>annales.</i> Pour en conserver la mémoire, le Grand Pontife écrivoit ce qui se passoit chaque année, &amp; l'exposoit sur une tablette dans son logis, afin que le peuple pût l'aller lire. C'est ce qu'on appelloit les Grandes <i>Annales.</i> Cette coutume subsista jusqu'au Pontificat de Publius Mutius Scaevola. Il étoit Consul l'an 620. ou 621. de Rome, c'est-à-dire, 134. ou 133. ans avant Jesus-Christ. Plusieurs Ecrivains imitèrent cette manière d'écrire l'histoire, sans ornemens, &amp; simplement, en racontant les faits. Tels furent Caton, Pictor, &amp; Pison. Antipater fut le premier qui releva un peu plus son style, &amp; qui donna des ornemens à l'histoire. Ce Coelius Antipater étoit ami de Crassus, &amp; vivoit par conséquent vers l'an de Rome 630. environ 120. ans avant J. C.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2046" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNALISTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ANNALISTE</head>
    <p>
    ANNALISTE , s. m. Historien qui écrit les annales. <i>Annalium scriptor.</i> Les principaux <i>Annalistes</i> parmi les Grecs sont, au rapport de Cicéron, Liv. II. <i>De Orat. v.</i> 53. Phérécides, Hellanicus, Anesilas. Il marque qu'il y en avoit encore un grand nombre d'autres. Parmi les Romains, d'abord les Souverains Pontifes, &amp; ensuite Caton, Pictor, &amp; Pison, comme nous l'avons marqué.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2047" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNATE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ANNATE</head>
    <p>
    ANNATE , s. f. Droit que l'on paye au Pape sur tous les Bénéfices Consistoriaux, &amp; lorsqu'il donne les Bulles, ou d'une Abbaye, ou d'un Evêché. C'est le revenu d'une année, qui a été taxé selon l'évaluation du revenu du Bénéfice, faite au temps du Concordat. <i>Annuum vectigal vacantis Beneficii Ecclesiastici.</i> On l'appelle communément <i>annata.</i> Ce droit est appellé <i>annuale</i> dans une Charte de Robert, Abbé de S. Victor de Paris, &amp; <i>annualia</i> au pluriel dans le Nécrologe de la même Abbaye.</p><p>Ce fut Jean XXII. qui introduisit les <i>annates</i> en France. Il prétendoit que le revenu de la première année de chaque Bénéfice vaquant lui appartenoit ; de-là ce droit fut appellé <i>Annate.</i> Boniface IX. les confirma à toute sa postérité par une sentence decrétale. Clément VII. ordonna que de tous les Bénéfices de France il prendroit la moitié du revenu pour lui &amp; pour l'entretien des Cardinaux. Les Papes ont pris aussi quelque temps tous les fruits des Abbayes pendant la vacance, &amp; généralement l'<i>Annate</i> de tous les Bénéfices vaquans en quelque sorte que ce fût, même en Régale &amp; en Patronage lai, jusqu'à ce qu'il y a eu une Ordonnance de Charles VI. de l'an 1385. qui abrogea cette coutume. Les Rois &amp; les Parlemens se sont toujours opposés aux <i>Annates,</i> comme à un tribut qui leur paroissoit odieux. Le Concile de Bâle même, dans la Session XII. &amp; XXI. en 1431. abolit les <i>Annates,</i> &amp; ce Decret fut inséré dans la Pragmatique Sanction, dressée à Bourges en présence de Charles VII. Cependant par le Concordat entre Léon X. &amp; François I. en 1516. on ne parla point des <i>Annates,</i> &amp; la Pragmatique Sanction fut supprimée. Au reste, Polydore Virgile, <i>de Invent. Rer.</i> Livre VIII. ch. 2. &amp; plusieurs autres, croient les <i>Annates</i> plus anciennes qu'on n'a dit ci-dessus. Il est certain que dès le XIIe siècle il y eut des Evêques &amp; des Abbés qui par une coutume, ou par un privilége particulier, recevoient les <i>Annates</i> des Bénéfices dépendans de leur Diocèse, ou de leur Abbaye. Voyez la lettre d'Etienne Abbé de Sainte Géneviève, à l'Archevêque de Rheims. Il y en a encore des exemples à Beauvais, à Paris, à Amiens, dans le même siècle. Matthieu Paris, dans son Histoire d'Angleterre à l'année 746. rapporte, qu'autrefois l'Archevêque de Cantorbery, par une concession du Pape, jouissoit des <i>Annates</i> de tous les Bénéfices qui vaquoient en Angleterre. Clément V. prédécesseur de Jean XXII. se fit payer les <i>Annates</i> des Bénéfices vaquans en Angleterre pendant deux ans, selon Matthieu de Westminster, &amp; pendant trois ans, selon Thomas Walsingham ; &amp; le premier assure que ce fut de tous les Bénéfices, Cures, &amp; même Vicariats, &amp; jusqu'aux plus minces Bénéfices : ce qui montre que Polydore Virgile se trompe, quand il dit que les Anglois n'ont point payé les <i>Annates</i> des petits Bénéfices. Il paroît encore par le même Matthieu de Westminster, qu'avant ce temps-là le Pape accordoit aux Evêques d'Angleterre, les <i>Annates</i> des Bénéfices de leur Diocèse. Car Clément V. dit-il, ne les prit que parce qu'il crut qu'un supérieur pouvoit s'approprier ce qu'il donnoit aux autres. Outre les Auteurs dont j'ai parlé, on peut voir Budé <i>Liv. V. de Asse,</i> Card. Cusanus, <i>De Concord. Cathol. Liv. II. ch.</i> 40. Nic. de Clemengis, <i>De annat. non solv.</i> Duaren, <i>Liv. I. de Sacr. Eccles. Min. ch.</i> 6. Par le droit commun, les Bénéfices qui ne sont pas consistoriaux ne laissent pas d'être sujets à l'<i>Annate</i> ; mais en France on s'en dispense, en exposant dans la Supplique que le Bénéfice dont on demande les Bulles, n'excède pas la valeur de vingt-quatre ducats, bien qu'il soit de plus grand revenu ; &amp; en France la règle de la Chancelerie <i>De vero valore exprimendo,</i> n'a pas lieu, comme dans les pays d'obédience. Il y a des Chapitres qui jouissent du droit d'<i>Annate</i> des Chanoinies vaquantes : ces revenus sont destinés pour la Fabrique &amp; les ornemens de l'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2048" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ANNE</head>
    <p>
    ANNE , s. m. <i>Annas.</i> Nom propre d'homme. <i>Anne,</i> l'un des Grands Prêtres des Juifs, dont il est parlé en S. Luc III. 2. en S. Jean XVIII. 13. 24. &amp; aux Actes des Apôtres IV. 6. Josephe l'appelle <i>Ananus</i> ; &amp; quelques-uns de nos Dictionnaires lui donnent le même nom, ou celui d'<i>Anna</i> ; c'est une faute, l'usage est de dire <i>Anne.</i> Sous le Pontificat d'<i>Anne</i> &amp; de Caïphe, la parole du Seigneur se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, au désert. Bouh. Ils l'amenèrent d'abord chez <i>Anne,</i> parce qu'il étoit beau-père de Caïphe, qui étoit Grand Prêtre cette année-là. Port-R. <i>Anne</i> l'interrogea touchant ses disciples &amp; sa doctrine. Royaumont. Les Magistrats, les Anciens, &amp; les Scribes s'assemblèrent le lendemain dans Jérusalem avec <i>Anne,</i> le Grand Prêtre, &amp;c Simon.</p><p>Josephe parle encore de deux autres <i>Ananus,</i> ou Grands Prêtres nommés <i>Anne,</i> dont le premier fut fils &amp; successeur de celui-ci, de la secte des Saducéens. C'est lui qui fit mourir S. Jacques le Majeur. Le second chassa les zélateurs du Temple ; mais étant redevenus les plus forts, par les secours qu'ils reçurent des Iduméens, ils massacrèrent <i>Anne,</i> l'an 67. de Jesus-Christ. Il y a encore un <i>Ananus,</i> ou <i>Anne,</i> Evêque d'Alexandrie après S. Marc. Tous ceux-ci peuvent être appellés <i>Ananus</i> ; car comme on en parle peu, l'usage ne leur a point donné une forme Françoise. Pour le premier, il faut toujours l'appeller <i>Anne.</i> C'est ainsi qu'en ont usé Messieurs Godeau, dans son <i>Histoire de l'Eglise,</i> &amp; Arnaud d'Andilly, dans sa traduction de Josephe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2048" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANNE" />
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    <head>ANNE</head>
    <p>
    Anne , s. f. Nom de femme. <i>Anna. Anne</i> mère de Samuël Elcana avoit deux femmes, dont l'une s'appelloit <i>Anne,</i> &amp; l'autre Phenenna. Saci. Sainte <i>Anne</i> Mère de la Sainte Vierge. <i>Anne</i> la Prophétesse. En ce temps-là vivoit <i>Anne,</i> <pb n="244" facs="bpt6k8542165/f284/full/1200,/0/native.jpg"/>qui avoit le don de Prophétie, &amp; qui étoit fille de Phanuël de la Tribu d'Aser. Bouh. <i>Anne</i> Comnène, fille de l'Empereur Alexis Comnène, a écrit l'Histoire de son père en quinze livres, depuis l'an 1064. jusqu'à l'an 1118. <i>Anne</i> de Bretagne, fille &amp; héritière du Duc François, &amp; de Marguerite de Foix, femme de Charles VIII. &amp; de Louis XII. apporta la Bretagne à la France, &amp; fut la première qui éleva à la Cour des filles de qualité, qu'on nomma filles de la Reine. <i>Anne</i> d'Autriche, fille aînée de Philippe III. Roi d'Espagne, femme de Louis XIII. mère de Louis le Grand.</p><p>Ce sont les vers que Mezerai a mis sous le portrait de cette Princesse au commencement de son histoire. Nous avons encore une Reine de France nommée <i>Anne.</i> C'est la femme d'Henri I. fille de Jaroslas Roi de Russie. On trouve dans le VIIIe siècle proche du Proconèse une Eglise dédiée à sainte <i>Anne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2048" id="3" type="">
   <index type="head" value="ANNE" />
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    <head>ANNE</head>
    <p>
    Anne , quoique nom d'une Sainte, s'est aussi donné quelquefois à des hommes. <i>Anne</i> Roi d'Estangle, ou des Anglois orientaux, regnoit au commencement du IXe siècle. Il n'est pas sûr néanmoins que ce fût un nom Chrétien ; mais il y a deux <i>Annes</i> de Bourbon Malause, &amp; <i>Anne</i> de Montmorenci, Duc, Pair, &amp; Connêtable de France sous cinq Rois, Louis XII. François I. Henri II. François II. &amp; Charles IX. Il fut tué à l'âge de 80 ans à la bataille de S. Denys. <i>Anne</i> Duc de Joyeuse, sous Henri III. tué à la bataille de Courtrai. Pour les hommes, quoique ce nom soit celui de sainte <i>Anne,</i> qu'on leur donne au Baptême, &amp; non pas celui du Pontife <i>Anne,</i> on dit en Latin <i>Annas,</i> &amp; non pas <i>Anna.</i></p><p>Ce nom, <i>Anne,</i> soit masculin, soit féminin, est Hébreu, &amp; vient du verbe , <i>hhanan,</i> qui signifie gratifier, faire grace, donner des graces, faire miséricorde, être gracieux, être miséricordieux. De-là vient , <i>hhan,</i> grace, miséricorde, d'où se forme , <i>hhannas,</i> qui signifie la même chose, &amp; gracieux, miséricordieux ; gracieuse, miséricordieuse ; &amp; de-là le nom <i>Anne,</i> qui devroit par conséquent s'écrire avec une aspiration forte ; mais l'usage l'a ôtée, aussi-bien qu'en beaucoup d'autres, quoique dans son origine, c'est-à-dire en Hébreu, sans aspiration, il dût avoir des significations très-différentes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2049" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ANNEAU" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ANNEAU</head>
    <p>
    ANNEAU , s. m. Bague qu'on met au doigt pour quelque cérémonie, ou par un pur ornement. <i>Annulus.</i> Ménage dérive ce mot de <i>anellus,</i> qui se trouve dans Cicéron pour <i>annulus.</i> L'anneau est composé de trois parties ; du jonc, ou <i>anneau</i> proprement dit ; du chatton ; &amp; de la pietre. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. le Vayer sur la manière de diverses nations à porter des <i>anneaux,</i> &amp; sur-tout des Indiens. Sénèque a déclamé contre la vanité des femmes, qui portoient un ou deux patrimoines à chaque doigt.</p><p>L'<i>anneau</i> d'un Evêque fait partie des ornemens pontificaux. Les Rois de France, &amp; les Empereurs investissoient anciennement les Evêques, &amp; les Archevêques, en leur donnant la crosse &amp; l'<i>anneau.</i> L'<i>anneau</i> est un gage du mariage spirituel de l'Evêque avec son Eglise. L'usage de l'<i>anneau</i> pour les Evêques est très-ancien. Le IVe Concile de Tolède tenu en 633, en parle au chap. 28. où il ordonne qu'un Evêque déposé, s'il est trouvé innocent dans un second Concile, ne pourra être rétabli, qu'en recevant des mains d'un Evêque devant l'autel, l'étole appellée <i>orarium,</i> l'<i>anneau,</i> &amp; le bâton, ou la crosse. Un sermon sur S. Valentin Evêque de Gennes, au commencement du IVe siècle, fait mention de l'<i>anneau</i> des Evêques en ce siècle ; mais ce Sermon n'est que du XIIIe siècle. Cet usage de l'<i>anneau</i> pour les Evêques a passé aux Cardinaux, qui doivent même donner je ne sai quelle somme pour cela, <i>pro jure annuli Cardinalatitii.</i></p><p>Les Brefs Apostoliques sont scellés de l'<i>anneau du Pêcheur.</i> Ce sceau s'appelle l'<i>anneau du Pêcheur,</i> parce qu'on suppose que S. Pierre, qui étoit pêcheur, en a usé le premier ; &amp; les Papes s'en servent après lui. Il n'y a cependant qu'environ 400 ans que ce terme est en usage. Ce sceau s'appelle ainsi, parce qu'il a l'image de S. Pierre. Voyez le Hiérolexicon des Macri. Grégorius Tholosanus, <i>Syntagm. Juris univers. L. XV. c.</i> 3. <i>v.</i> 24. <i>&amp; seqq.</i> &amp; Gerard. Von Mastric, <i>Histor. Jur. Eccles.</i> §. 402.</p><p>Pline Liv. XXXIII. chap. 1. dit, qu'on ignore celui qui a le premier fait un <i>anneau</i> ; que ce que l'on dit de Prométhée est une fable aussi-bien que l'<i>anneau</i> de Midas. Les premiers chez qui nous trouvons l'usage de l'<i>anneau</i> sont les Hébreux, Genèse XXXVIII. 10, où Juda fils de Jacob donne son <i>anneau</i> à Thamar, pour gage de sa parole. Les Egyptiens, dans le même temps, en usoient aussi, Genèse XLI. Pharaon tire son <i>anneau</i> de son doigt, le met entre les mains de Joseph, pour marque de la puissance qu'il lui donne. Au troisième Liv. des Rois, ch. XXI. 8. Jézabel cachète de l'<i>anneau</i> du Roi, l'ordre qu'elle envoie de faire mourir Naboth. Les Chaldéens &amp; les Babyloniens s'en servoient de même. Voyez Daniel VI. 17. XIV. 10. Les Perses s'en servoient aussi, comme il paroît par le livre d'Esther chap. VIII. v. 10. &amp; par Q. Curce Liv. VI. c. 6. où il dit, qu'Alexandre cachetoit de son ancien <i>anneau</i> les lettres qu'il écrivoit en Europe, &amp; celles qu'il envoyoit en Asie, de l'<i>anneau</i> de Darius. Les Perses disent que Guiamschid, 4e Roi de la première race, introduisit l'usage de porter des <i>anneaux</i> au doigt, pour cacheter les lettres &amp; les autres actes nécessaires dans le commerce de la vie. Les Brachmanes se parent d'<i>anneaux</i> dans Philostrate Liv. 3. c. 4. Pour les Grecs, Pline croit, Liv. XXXIII. ch. I. qu'au temps de la guerre de Troie, ils n'avoient point encore l'usage de l'<i>anneau.</i> Sa raison est qu'Homère n'en parle point, &amp; que quand il s'agit d'envoyer des lettres, ou de renfermer des habits précieux, &amp; des vases d'or &amp; d'argent dans des cassettes, on les lie, on noue les liens dans Homère, mais jamais on n'imprime la marque de l'<i>anneau.</i> Voyez le VIe Livre de l'Iliade, &amp; le VIIIe de l'Odyssée. Les Sabins avoient des <i>anneaux</i> dès le temps de Romulus, au rapport de Denys d'Halicarnasse Liv. II. Les Etruriens en avoient aussi du temps des Rois de Rome, témoins les <i>anneaux</i> que le vieux Tarquin prit aux Magistrats d'Etrurie après les avoir vaincus. Ibid. Liv. I. chap. 5. Pline croit que cet usage avoit passé de Grece à ces habitans de l'Italie ; &amp; c'est de l'un ou de l'autre de ces peuples qu'il se transmit aux Romains. Il ne s'y introduisit pas cependant d'abord. Pline ne sait lequel des Rois a commencé d'en porter ; il assure que la statue de Romulus, qui étoit dans le Capitole, n'en avoit point, ni même aucune autre que celle de Numa, &amp; de Servius Tullius. Celle de Brutus même n'en portoit pas, ni les Tarquins, quoique originaires de Grece, d'où Pline croit que cet usage avoit passé en Italie. Les anciens Gaulois &amp; les Bretons, peuple originaire des Gaules, portoient des <i>anneaux</i> ; mais les paroles de Pline, qui le rapporte au même Chapitre, ne nous donnent point à entendre, si l'<i>anneau</i> avoit chez ces peuples d'autre usage que l'ornement. Les François en portoient aussi, &amp; l'on a trouvé dans le tombeau de Childeric son <i>anneau</i> d'or, qui se garde à la Bibliothèque du Roi, &amp; sur lequel sont ces mots, CHILDIRICI REGIS. Celui de Louis le Débonnaire, rapporté par Chifflet, avoit pour inscription, XPE PROTEGE HELDDOVICUM IMPERATOREM.</p><p>Quant à la matière des <i>anneaux,</i> il y en avoit d'un métal simple, &amp; d'autres d'un métal mixte, ou d'un double métal. Car quelquefois on doroit le fer &amp; l'argent, ou bien on enfermoit l'or dans le fer ; comme il paroît par Artémidore Liv. II. ch. 5. Les Romains se servirent très-long-temps d'<i>anneaux</i> de fer, &amp; Pline assure à l'endroit que j'ai cité, que Marius n'en porta un d'or qu'à son troisième Consulat, qui tombe à l'année de Rome 650. Il en est cependant parlé dans Tite-Live à l'année 432. de Rome, à l'occasion du deuil que causa dans Rome le traité honteux de Claudium. C'est la première fois qu'on l'a trouvé dans l'histoire Romaine, Tite-Live, Liv. IX. chap. 7. Il y en avoit dont l'<i>anneau</i> étoit de fer, &amp; le cachet d'or. Quelques-uns étoient solides, &amp; d'autres étoient creux, comme le rapporte Artémidore Liv. II. chap. 2. Festus au mot <i>Edera,</i> &amp; Aulugelle Liv. X. ch. 15. Quelques-uns avoient une pierre précieuse pour cachet, &amp; d'autres n'en avoient point. Aristot. Physic. Liv. III. ch. 9 Jul. Pollux Liv. VI. ch. 33. v. 7. Artémid. Liv. II. chap. 5. En quelques-uns la pierre étoit gravée, en d'autres elle ne l'étoit point, Plin. Liv. XXXIII chap. 1. Il y en a eu qui avoient deux pierres, ou <pb n="245" facs="bpt6k8542165/f285/full/1200,/0/native.jpg"/>même davantage : une lettre de l'Empereur Valérien en fait foi, aussi-bien que Trebellius Pollion, dans la vie de Claude le Gothique, ch. 14. Au lieu de pierre précieuse le peuple mettoit du verre. Plin. Liv. XXXV. ch. 6. La gravûre étoit en creux : on appella celle-là <i>Gemmae ectypae,</i> ou en relief ; celles-ci s'appelloient <i>Gemmae sculptura prominente.</i> Il y avoit des <i>anneaux</i> qui étoient tout d'une pierre précieuse, mais sur-tout plusieurs d'ambre, comme on le peut voir dans Artémidore, Liv. II. ch. 5. dans Plin. Liv. XXXVII. &amp; dans le <i>Dactyliotheca</i> de Gorlaeus n. 101.</p><p>Il y a eu plusieurs manières différentes de porter les <i>anneaux.</i> Il paroît par Jérémie XXII. 24, que chez les Hébreux on les portoit à la main droite. Chez les Romains avant qu'on les ornât de pierres précieuses, lorsque la figure se gravoit encore sur la matière même de l'<i>anneau,</i> chacun les portoit à sa fantaisie, à quelle main &amp; à quel doigt il lui plaisoit, Macrob. Liv. VII. chap. 13. Quand on y eut ajoûté les pierres, on les porta sur-tout à la main gauche, &amp; ce fut une délicatesse excessive d'en porter à la droite. Lucien <i>Navig.</i> Tertul. <i>de l'habit des Femm.</i> ch. dern. Pline Liv. XXXIII. 1. <i>Silius Ital. Liv. XI. Horat. Liv. II. Sat. VII.</i> v. 8. Jul. Capitol. <i>in Maxim. ch.</i> 6. Il semble par les derniers mots du I. Liv. de Tertull. <i>de cultu fem.</i> que du temps de ce Père on n'en portoit encore qu'à la main gauche. <i>Sinistra per singulos digitos de saccis singulis ludit.</i> Il n'eût pas oublié la main droite dans un endroit où il ne cherche qu'à exagérer ces superfluités, si on y avoit porté des <i>anneaux.</i> Pline dit qu'on les porta d'abord au quatrième doigt, que les statues de Numa &amp; de Servius Tullius en étoient des preuves ; qu'ensuite on en mit au second doigt, c'est-à-dire, à l'index, puis au petit doigt, &amp; enfin à tous les doigts, excepté celui du milieu. Les Grecs le portoient aussi au quatrième doigt de la main gauche, <i>Aulugelle Liv. X. ch.</i> 10. La raison qu'il en rapporte, est qu'ayant trouvé par l'anatomie, que ce doigt avoit un petit nerf qui alloit droit au coeur, ils crurent qu'à cause de la communication qu'il avoit seul avec la plus noble partie de l'homme, il étoit plus honorable. Les Gaulois &amp; les anciens Bretons les portoient au doigt du milieu, comme Pline le rapporte, à l'endroit que j'ai cité. D'abord on ne porta qu'un seul <i>anneau,</i> ensuite on en porta à tous les doigts, Mart. <i>Liv. V. Epigr.</i> 63. Tertull. <i>de cultu fem. Liv. I.</i> &amp; plusieurs même à chaque doigt. Martial <i>Liv. XI. Ep.</i> 60. Enfin on en porta un, &amp; quelquefois plusieurs à chaque jointure de chaque doigt, Aristoph. <i>in nubib. Martial Liv. V. Epigr. II. Senec. nat. quaest. Liv. VII. ch.</i> 31. <i>Quintil. Instit. Liv. XI. Clement. Alex. Paedag. Liv. III. chap.</i> 11. La délicatesse &amp; le luxe allèrent si loin en ce genre, qu'on eut des <i>anneaux</i> qui servoient par semestre, pour me servir du terme de Juvenal, Sat. VII. v. 89. <i>Aurum semestre, semestres annuli,</i> les uns pour l'été, &amp; les autres pour l'hiver. Il paroît par les derniers mots du premier Livre de Tertullien, <i>de l'ornement des femmes,</i> qu'on faisoit des dépenses excessives en ce genre ; mais si l'on en croit Lampridius chap. 32. personne ne poussa les choses à un excès si grand qu'Elagabale, qui ne porta jamais deux fois, ni le même <i>anneau,</i> ni la même chaussure. Aujourd'hui on n'en porte qu'au quatrième &amp; au cinquième doigt, mais plus ordinairement au quatrième, qui s'appelle le doigt <i>porte-anneau,</i> &amp; en Latin <i>salutaris.</i> Quelques tableaux de 100 &amp; 200 ans en mettent aussi à l'index, c'est-à-dire, au second doigt.</p><p>On a aussi porté des <i>anneaux</i> aux narines, de la même manière que des pendants d'oreille aux oreilles. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Jérôme sur le chap. XVI. d'Ezéchiel. S. Augustin l'assure des Maures, &amp; Bartolin a fait un Livre de <i>Annulis narium,</i> des <i>anneaux</i> des narines. Pietro de Valle &amp; Licet en parlent aussi, &amp; le premier assure que les Orientaux ont cette mode. Enfin, il n'y a guères de parties du corps humain où la galanterie n'en ait fait mettre, aussi-bien qu'aux doigts de l'une &amp; de l'autre main. Les Relations de l'Inde Orientale assurent que les habitans les portoient ordinairement au nez, aux lèvres, aux joues, &amp; au menton. André Corsal en dit autant de toutes les femmes Arabes du port de Calayates. Nous lisons à peu près la même chose dans Ramusio, des Dames de Narsingue vers le Levant ; &amp; Diodore Sicilien témoigne au 3e Liv. de sa Bibliothèque, que celles d'Ethiopie avoient accoutumé de se parer les lèvres d'un <i>anneau</i> d'airain. Pour le regard des oreilles, c'est par tout le monde qu'on s'est plu, hommes &amp; femmes, à y pendre des bagues de prix. Le Vayer. Les Indiens &amp; les Indiennes, &amp; entre autres les Guzzerates, ont porté des <i>anneaux</i> aux doigts des pieds. Quand Pierre Alvarès reçut sa première audience du Roi de Calicut, il le vit tout lumineux de pierreries enchassées dans des pendants d'oreilles, des bracelets &amp; des <i>anneaux,</i> tant aux doigts des mains que des pieds ; faisant voir sur l'un de ces orteils un rubis, &amp; une escarboucle de très-grand prix. Louis Bartome représente un Roi de Pégu, qui étoit encore plus excessif en cela, n'ayant aucun des doigts de ses pieds qui ne fût chargé d'<i>anneaux</i> garnis de pierreries. Idem.</p><p>Par rapport à l'usage, il y avoit trois différentes sortes d'<i>anneaux</i> chez les Anciens. Il y avoit des <i>anneaux</i> qui servoient à distinguer les conditions. Pline assure à l'endroit que j'ai déja cité souvent, que dans les commencemens les Sénateurs même n'avoient point permission de porter d'<i>anneau</i> d'or, à moins qu'ils n'eussent été Ambassadeurs chez quelque peuple étranger : encore ne leur étoit-il permis alors de se servir de l'<i>anneau</i> d'or qu'on leur donnoit publiquement, que dans les actions publiques ; dans leur particulier ils en portoient un de fer. Ceux qui avoient mérité le triomphe, observoient la même chose. Il fut ensuite permis aux Sénateurs &amp; aux Chevaliers, de porter l'<i>anneau</i> d'or ; mais si l'on en croit Acron sur Horac. Liv. II. sat. VII. v. 53. ils ne le pouvoient faire que le Préteur ne le leur eut donné. Après cela ce fut la distinction des Chevaliers Romains, Pline XXX. 8. Diodore Liv. XLVIII. Le peuple portoit l'<i>anneau</i> d'argent, &amp; les esclaves le portoient de fer. On accordoit cependant quelquefois l'<i>anneau</i> d'or à des gens du peuple. Voyez Cicéron dans son troisième discours contre Verrès, &amp; Liv. X. Ep. 31. Macrobe <i>Saturn.</i> Liv. II. chap. 10. Sévère le permit même à tous les simples soldats. Avant Auguste on ne l'accorda jamais qu'à des gens libres, ce Prince fut le premier qui donna l'<i>anneau</i> d'or à des Affranchis, Dion, Liv. 48. &amp; 53. Cet abus alla si loin, que Tibère fut obligé, au rapport de Pline Liv. XXXIII. chap. 2. de le corriger par une loi qu'il fit l'an de Rome 775. la 9e année de son gouvernement. On passa bien-tôt après par-dessus ce règlement, &amp; le Sénat accorda l'usage de l'<i>anneau</i> d'or à des Affranchis de Claude, de Galba, de Vitellius, de Domitien, &amp; même de particuliers, Pline Liv. VIII. Ep. 6. Tacite Hist. Liv. I. ch. 13. Suet. dans Galba ch. 14. Enfin, la Novelle 78. de Justinien le permet à tous les Affranchis.</p><p>Une autre sorte d'<i>anneaux</i> sont les <i>anneaux</i> des épousailles, <i>Annuli sponsalitii,</i> ou les <i>anneaux</i> de noces, ou de mariage, <i>annuli geniales, annuli pronubi, annuli nuptiales.</i> Quelques-uns font remonter l'origine de cet usage jusqu'aux Hébreux ; parce que Exod. XXXV. 22. il est dit que les hommes &amp; les femmes donnèrent leurs colliers, leurs pendants d'oreille, leurs <i>anneaux,</i> leurs bracelets, pour faire les vases du sanctuaire. D'autres soutiennent que ces <i>anneaux</i> n'étoient que pour l'ornement. La vérité est, que ni l'un ni l'autre n'est expliqué ; &amp; qu'on ne peut conclure de cet endroit si ces <i>anneaux</i> avoient été donnés à la cérémonie du mariage, ou non, &amp; s'ils avoient d'autres usages que celui de servir à l'ornement. Il faut dire le même à plus forte raison du verset 21. du chap. III. d'Isaie, où le Prophète ne parle que d'ornemens. Leon de Modène P. IV. chap. 3. dit que les premiers Hébreux ne donnoient point d'<i>anneau</i> nuptial ; que dans la suite cet usage s'introduisit ; mais qu'il fut rare. Selden, dans son Traité de la femme Hébraique Liv. II. ch. 14. dit, qu'ils en donnoient un dans les épousailles, mais qu'il tient lieu d'une pièce de monnoie que l'on donnoit auparavant, &amp; qu'il doit être de même poids. Les Grecs &amp; les Romains ont pratiqué la même chose. Les Chrétiens la pratiquent aussi ; &amp; cet usage est très-ancien, comme il paroît par Tertullien, dans son Traité de l'habillement des femmes, par Grégoire de Tours, dans les vies des Pères, par Isidore <i>De Officiis</i> Liv. II. ch. 19. &amp; comme Laurentius Pignorius le prouve dans sa 1re &amp; 19e lettre, par les anciennes Liturgies, dans lesquelles on trouve la bénédiction de l'<i>anneau</i> nuptial, aussi-bien que dans l'Ordre Romain, &amp; dans les plus anciens Rituels. En Moscovie ce n'est point aux épousailles, c'est à la cérémonie des noces qu'il se donne. Chez les Grecs le Prêtre benit deux <i>anneaux</i> ; l'un d'or, qu'il donne au mari, <pb n="246" facs="bpt6k8542165/f286/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; l'autre d'argent, qu'il donne à la femme. Voyez l'Euchologe, Allatius, le P. Martene.</p><p>La troisième sorte d'<i>anneaux</i> sont ceux qui servoient à cacheter, <i>annuli signatorii, annuli sigillaricii, Cirographi,</i> ou <i>Cerographi</i> ; car c'est ainsi qu'il faut lire dans Catulle Epigram. 25. &amp; non pas <i>Chirographosque Thynos</i> : c'est à Saumaise qu'on doit cette correction. Catulle donne à ces <i>anneaux</i> l'épithète <i>Thyni</i> ; &amp; des vers rapportés par Isidore, disent que la lime Thynienne les polissoit, parce que c'étoit sur-tout en Bithynie qu'on les faisoit, ou qu'on les travailloit le mieux. On prétend que ces <i>anneaux,</i> &amp; l'usage de cacheter, est une invention des Lacédémoniens, qui non contens de fermer leurs coffres &amp; leurs armoires avec des clefs, y ajoûterent encore un cachet ; qu'à cet effet ils se servirent d'abord de bois rongé de vers, dont ils imprimoient les marques sur la cire, ou sur une terre molle ; qu'après cela ils trouverent l'art de graver sur les <i>anneaux</i> des figures qui s'imprimassent de la même sorte. Il est cependant certain que dès le temps de Moise on gravoit non-seulement sur l'or &amp; sur les métaux, mais même sur les pierres précieuses. Voyez <ref type="search" target="head:GRAVEURE">GRAVEURE</ref>. Mais il ne paroît pas, comme je l'ai déja remarqué, que l'<i>anneau</i> chez les premiers Hébreux eût d'autre usage que les bracelets &amp; les pendants d'oreilles ; c'est-à-dire, qu'il servît à autre chose qu'à orner. Dans la suite l'<i>anneau</i> servoit à cacheter, ou sceller tous les actes, les contrats, les diplomes, les lettres. On en voit des exemples dans l'Ecriture 3e Liv. des Rois XXI. 8. Esther VIII. 10. dans Xénophon Hellen. Liv. I. dans Quinte-Curce Liv. VI. chap. 6. dans Justin Liv. XLIII. chap. 3. où l'on apprend encore que ce fut une charge auprès des Empereurs, que d'avoir la garde de l'<i>anneau</i> : le Référendaire faisoit autrefois la même fonction auprès de nos Rois, de même qu'aujourd'hui les Sceaux sont entre les mains du Chancelier, ou du Garde des Sceaux. Comme Pharaon avoit donné le sien à Joseph, ainsi Alexandre donna le sien en mourant à Perdiccas, pour le désigner son successeur, si nous en croyons Lucien dans ses Dialogues. On s'en servoit encore pour sceller l'entrée de tout ce que l'on vouloit tenir exactement fermé. Ainsi dans Daniel, Darius scelle de son <i>anneau</i> &amp; de celui de ses Ministres, la fosse aux Lions, chap. VI. 17. &amp; le temple de Bel, chap. XIV. 10. 13. On scelloit de même l'entrée des maisons, Aristote, <i>De miracul. aud.</i> l'appartement des femmes, Aristophane dans la fête de Cerès ; la pierre du sépulchre, dans S. Matth. XXVII. 66. tous les meubles, les coffres, &amp; les cassettes, les bouteilles de vin, les bourses, comme on le voit dans Pline, Liv. XXXIII. chap. 1. Plaute <i>Casin. act. II. Sc.</i> 2. Martial <i>Liv. XI. Epigr.</i> 89. Tacit. <i>Annal. Liv. II. ch.</i> 2. &amp;c. Voyez Janus Rutgersius <i>Var. Lect.</i> Liv. V. chap. 5. Solon fit une loi par laquelle pour la sûreté publique, il défendit à tous faiseurs ou Marchands d'<i>anneaux,</i> de garder un modèle d'un <i>anneau</i> qu'ils auroient vendu.</p><p>Aujourd'hui on grave sur son cachet les armes de sa maison. Chez les Anciens les figures des <i>anneaux</i> n'étoient point héréditaires, &amp; chacun prenoit celle qu'il lui plaisoit. Numa avoit défendu par une loi, que l'on y gravât les figures des Dieux. Pythagore défendoit la même chose à ses disciples, <i>Clem. Al. Strom. Liv. V.</i> L'usage abrogea la loi de Numa, &amp; les Romains gravèrent sur leurs <i>anneaux,</i> non-seulement leurs Dieux, mais encore les Dieux étrangers, &amp; sur-tout ceux des Egyptiens, ainsi que Pline le rapporte, Liv. II. chap. 7. Liv. XXXIII. chap. 3. Ils y gravèrent des hommes, des animaux, des choses inanimées, leurs aïeux, leurs fondateurs, leurs Capitaines, les Princes, &amp; leurs favoris &amp;c. Les Antiquaires seront bien-aises de trouver ici les figures des <i>anneaux,</i> dont l'histoire nous a conservé la mémoire ; cela peut servir à connoître ceux que l'on voit dans les Cabinets. Jules César avoit une Vénus sur son cachet, Dion Liv. 43. le Philosophe Asclépiade une Uranie ; la famille des Macriens, un Aléxandre. Ils y gravoient aussi leurs ancêtres, ou leurs amis. P. Lentulus Sura avoit son aïeul, <i>Ciceron. Catilin.</i> 3. <i>Ovide Trist. Liv. I. eleg.</i> 6. Scipion le jeune, un Scipion l'Africain ; Scipion l'Africain, un Siphax ; Sylla, un Jugurta ; les amis d'Epicure, la tête de ce Philosophe. <i>Cic. de fin. Liv. V.</i> L'Empereur Commode, une Amazone représentant Martia, <i>Jul. Capit. dans la vie d'Albin c.</i> 2. Aristomène, un Agathocle Roi de Sicile, <i>Polyb. Liv. XV.</i> Callicrates, un Ulysse, <i>Athen. Liv. VI.</i> Auguste un Alexandre ; plusieurs des successeurs d'Auguste, un Auguste, <i>Sueton. dans August. c.</i> 50. <i>Dion Liv.</i> 51. Narcisse une Pallas ; plusieurs Romains, un Sejan ; les Grecs, un Hellen ; les Troyens, un Pergame ; ceux d'Heraclée, un Hercule ; ceux d'Athènes, un Solon ; ceux d'Alexandrie, un Alexandre ; ceux de Séleucie, un Séleucus ; ceux de Lacédémone, un Lycurgue ; les Chersonites, un Constantin ; les Antiochiens, un Melèce leur Evêque, <i>S. Chrysost. de laud. Melet.</i> Quelques-uns se faisoient graver eux-mêmes sur leur <i>anneau, Plaut. Pseudol. Act. I. Scen. I.</i> L'<i>anneau</i> d'or de Childeric, trouvé dans son tombeau, &amp; qui se voit à la Bibliothèque du Roi, porte le portrait &amp; le nom de ce Prince. Auguste avoit un Sphinx, <i>Plin. Liv. XXXIII.</i> 1. Mécène, une grenouille, <i>Ib.</i> Pompée, un Chien sur la proue d'un navire ; les gens de guerre en Egypte, un escarbot, <i>Plutarq. De Iside</i> ; Aréus Roi de Sparte, qui écrivit à Onias, un aigle tenant un serpent dans ses serres, <i>Joseph. Lib. XII. c.</i> 5. Darius Roi de Perse, un Cheval ; Sporus, l'enlèvement de Proserpine, <i>Suet. in Nerone c.</i> 46. les Locriens occidentaux, l'Etoile du soir appellée Hesperus. <i>Strabon Liv. IV.</i> Pline le jeune, un char tiré par quatre chevaux ; Polycrate, une lyre ; Séleucus, une ancre, <i>Clem. Alex. Paedag. Liv. III.</i> plusieurs Chrétiens, le Monogramme de Jesus-Christ, que l'on trouve aussi sur plusieurs médailles des Empereurs Chrétiens. Clement Alexandrin exhorte les Chrétiens à n'avoir sur leurs <i>anneaux,</i> qu'une colombe, un poisson, un navire, une lyre, une ancre, ou quelque autre figure capable de leur rappeller les mystères de leur religion. Il leur défend absolument les figures d'idoles, &amp; les nudités ; il ne peut même souffrir que des gens qui ne doivent respirer que la paix, y fassent graver un arc, ou une épée ; ni que des gens à qui la tempérance &amp; la sobriété doivent être chères, y portent des coupes &amp; des vases à boire. Au reste il ne permet point de porter d'<i>anneau</i> pour l'ornement, mais seulement pour sceller les choses qui en ont besoin ; &amp; il semble, par ce qu'il dit en cet endroit, que c'étoit la femme, plutôt que le mari, qui avoit l'<i>anneau</i> dans les familles.</p><p><i>Anneau</i> de jonc, ou de paille. Richard Evêque de Salisbery, dans ses Constitutions de l'an 1217. C. 55. défend de mettre dans les doigts des femmes, des <i>anneaux</i> de jonc, ou de quelque matière que ce soit, précieuse, ou non, afin d'en abuser plus aisément ; &amp; il insinue que la cause de sa défense est, qu'il y avoit des gens assez simples pour croire que ce qui se faisoit ainsi en badinant, étoit un vrai mariage. Du Breuil, dans ses <i>Antiquités de Paris,</i> Liv. I. dit, qu'on avoit coutume dans la cérémonie des nôces de donner un <i>anneau</i> de jonc, ou de paille, à ceux qui avoient eu un commerce défendu avant leur mariage.</p><p>Saint Louis prit pour devise au temps de son mariage, un <i>anneau</i> entrelassé d'une guirlande de lis &amp; de marguerites, pour faire allusion à son nom, &amp; à celui de la Reine son épouse ; &amp; mettant sur le chaton de cet <i>anneau</i> l'image d'un Crucifix, gravée sur un saphir, il l'accompagna de ces mots : <i>Dehors cet anel pourions avoir amour ?</i> Cette devise est sur l'agrafe du manteau qu'il portoit le jour de ses nôces, &amp; on voit cette agrafe au Monastère Royal de Poissy. Un homme d'esprit, dans le départ où l'éloignement d'un ami, prit pour devise, un <i>anneau</i> sans diamant, avec ce mot Espagnol, <i>Falta lo mejor.</i> Le meilleur manque.</p><p>Nous avons de Licet un Traité <i>De Annulis Veterum ;</i> des <i>anneaux</i> des Anciens. Gorlaeus a fait <i>Dactyliotheca ;</i> c'est un Recueil d'<i>anneaux,</i> Jean Kirchman, savant de Lubec, a donné un Traité <i>De annulis</i> ; Thomas Bartholin, un Livre <i>De annulis narium.</i> Voyez aussi les Macri &amp; M. Du Fresne dans leurs Dictionnaires, &amp; Meursius <i>De luxu Romanorum.</i> Ch. 5. La Mothe le Vayer T. II. épitre 3. le P. Kirker <i>Oedip. Aeg.</i> Liv. XII. &amp; <i>Latium</i> p. 69. Beger. <i>Thesaur. Brandeb.</i> Tom. I. p. 150. &amp; suiv. où il y a plusieurs figures d'anciens <i>anneaux,</i> &amp; beaucoup de choses curieuses sur cela.</p><p>Ou dit proverbialement, qu'il ne faut point mettre en son doigt d'<i>anneau</i> trop étroit, <i>Annulum digito vi ne inserito</i> ; pour marquer qu'on ne doit point faire d'alliance inégale. C'est un des symboles de Pythagore.</p><p>En termes de Marine , les <i>anneaux</i> des vergues sont des <i>anneaux</i> attachés de distance en distance aux deux grandes vergues. <i>Anneaux</i> de sabords, sont des boucles de fer <pb n="247" facs="bpt6k8542165/f287/full/1200,/0/native.jpg"/>d'une médiocre grosseur, qui servent à fermer, &amp; à saisir les mantelets des sabords. L'<i>anneau</i> de l'ancre s'appelle aussi <i>arganeau.</i></p><p>
    </p>
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    <p>
    Anneau , signifie aussi, un cercle de matière solide qui sert à attacher quelque chose. Il y a des <i>anneaux</i> aux ports, &amp; aux quais pour attacher les batteaux. Un <i>anneau</i> pour pendre des rideaux. Un <i>anneau</i> de clef. Un <i>anneau</i> de corde, pour faire un noeud coulant.</p><p>En termes de Blason , l'<i>anneau</i> est un cercle, dont on meuble les Ecus. Il est tantôt tout uni, tantôt avec un chaton garni de pierres précieuses. L'<i>anneau</i> autrefois étoit le plus souvent gravé, &amp; servoit pour signer : on l'appelloit <i>annulus signatorius,</i> dont il est parlé au <i>ff. de verb sign.</i> L'<i>anneau</i> est le symbole de la fidélité : ce qui est cause qu'on en donne dans les épousailles, &amp; que les Prêtres en portent, pour montrer qu'ils sont époux de leur Eglise. C'étoit aussi le symbole de l'ingénuité chez les Romains, Quand l'Empereur le donnoit à un Affranchi, comme il paroît dans le titre <i>de jure aur. ann.</i></p><p>
    </p>
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    Anneau , se dit aussi des boucles dont sont faites plusieurs chaînes.</p><p>
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    <head>ANNEAU</head>
    <p>
    Anneau , se dit encore des boucles, qui se font par la frisure des cheveux. <i>Cincinni.</i> Les Anciens se servoient du même mot pour signifier la même chose. Martial, Liv. II. Ep. 66.</p><p>Saumaise sur Solin p. 760. prétend néanmoins qu'il ne s'agit pas là, comme ailleurs, d'une simple boucle de cheveux : mais de tous les cheveux rassemblés ensemble, tournés en ligne spirale, &amp; attachés avec la même aiguille avec laquelle on les séparoit.</p><p>On dit en termes d'Astronomie , l'<i>anneau</i> de Saturne, en parlant de cette planète accompagnée de ses cinq satellites, &amp; d'une lumière en forme d'<i>anneau.</i> On en attribue la découverte à M. Huyghens. Après avoir long-temps observé cette planète, il apperçut deux bras, ou deux pointes qui sortoient du corps de la planète en droite ligne. Il reconnut ensuite que ces deux bras formoient une anse, &amp; parce qu'apres de continuelles observations il apperçut toujours la même figure, il en conclut que Saturne étoit environné d'un anneau solide &amp; permanent. Il produisit son nouveau système de Saturne en 1659. Le plan de cet <i>anneau</i> n'est incliné au plan de l'Ecliptique que de 23 degrés 30 minutes, selon Huyghens. Il paroît quelquefois ovale, &amp; son grand diamètre est double du petit, selon l'observation de Campani.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ANNEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ANNEAU</head>
    <p>
    Anneau Astronomique, est un petit <i>anneau</i> de métal divisé en degrés, que l'on tient suspendu par un <i>anneau</i> plus petit, pour prendre à l'aide d'une alidade, la hauteur des Astres, &amp; mesurer les lignes accessibles &amp; inaccessibles sur la terre. Les machines de l'Observatoire de Pekin nous parurent d'une forme approchante de nos <i>anneaux</i> Astronomiques. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNEAU</head>
    <p>
    Anneau Universel, est un quadran universel, composé de deux anneaux perpendiculaires entr'eux, dont l'un représente l'Equateur qui contient les heures astronomiques, &amp; l'autre le méridien, qui contient les degrés de latitude, avec un diamètre commun, qui représente l'axe du monde, &amp; sur lequel sont marqués les signes du Zodiaque, divisés de cinq en cinq, ou de dix en dix ; ou bien les mois de l'année, divisés aussi de cinq en cinq, ou de dix en dix.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNEAU</head>
    <p>
    Anneau Fibreux . Terme d'Anatomie . A l'endroit où le col de la vésicule du fiel forme le conduit ou canal du fiel, il y a un <i>anneau fibreux</i> qui se dilate &amp; se resserre comme un sphincter, pour lâcher, ou pour retenir la bile dans la vésicule, &amp; pour empêcher qu'elle ne remonte d'où elle vient. Cet <i>anneau</i> fait le même office que le pylore au ventricule. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNÉE</head>
    <p>
    ANNÉE , Voyez <ref type="search" target="head:AN">AN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2051" id="1" type="">
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    <head>ANNÉE</head>
    <p>
    ANNÉE , s. m. <i>Annaeus.</i> Nom propre d'homme. C'est le nom des Sénèques, qui étoient originaires de Cordoue en Espagne, où les Carthaginois avoient long-temps domine ; ainsi ce nom pourroit bien être Punique, &amp; le même que le nom Hébreu <i>Anne</i> ; ou bien un langage des premiers habitans d'Espagne, qui viendroit du même nom Hébreu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2052" id="1" type="">
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    <head>ANNELER</head>
    <p>
    ANNELER , v. act. Friser les cheveux par anneaux. <i>Capillos crispare, in annulos inflectere, in cincinnos.</i> On le dit aussi d'une cavale qu'on boucle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2052" id="2" type="">
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    <head>ANNELER</head>
    <p>
    Annelé, ée , part. Il ne se dit que des cheveux <i>annelés,</i> ou frisés par boucles. <i>Crispatus, Cincinnatus.</i> Mais il commence à vieillir. Elle avoit les cheveux <i>annelés.</i> B. Rab. Beaux cheveux <i>annelés</i> écueil de ma franchise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2053" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNELET" />
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    <head>ANNELET</head>
    <p>
    ANNELET , s. m. petit cercle rond pour attacher des choses légères. <i>Annelus.</i> Les <i>Annelets</i> en Blason, sont souvent des meubles, dont on charge les Ecus, parce que c'étoit autrefois une marque de Noblesse, de grandeur, &amp; de jurisdiction : &amp; c'est pour cela que les Prélats recevoient leur investiture <i>per baculum &amp; annulum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2053" id="2" type="architecture">
   <index type="head" value="ANNELET" />
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    <head>ANNELET</head>
    <p>
    Annelets , en termes d'Architecture , sont de petits membres quarrés, que l'on met au chapiteau Dorique au-dessous du quart de rond. <i>Annelli.</i> On les nomme aussi filets, ou listeaux. <i>Annelets</i> se prennent aussi quelquefois pour les baguettes, ou petites astragales.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2054" id="1" type="">
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    <head>ANNELURE</head>
    <p>
    ANNELURE , s. f. Frisure de cheveux par boucles, par anneaux. <i>Cincinni.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2055" id="1" type="">
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    <head>ANNETTE</head>
    <p>
    ANNETTE , s. f. Nom propre de femme, &amp; diminutif du nom Anne. <i>Anna.</i> Petite Anne. On ne se sert de ce mot que dans les chansons de Berger &amp; de Bergère, &amp; dans des chansons à danser.</p><p>Car dans l'usage ordinaire le diminutif de Anne est Nannette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2056" id="1" type="">
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    <head>ANNEXE</head>
    <p>
    ANNEXE , s. f. Ce qui est uni ou joint, &amp; qui est dépendant ou fait partie d'un autre. <i>Appendix.</i> Les <i>annexes</i> qu'un Testateur fait de son vivant à l'héritage qu'il a légué, sont comprises dans les legs. Patr. Le Prieuré de S. Eloy est une <i>annexe</i> de l'Archevêche de Paris. Cette terre est une <i>annexe</i> de son fief, qu'il peut démembrer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2056" id="2" type="">
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    <head>ANNEXE</head>
    <p>
    Droit d'Annexe . <i>Jus in tabulas publicas reserendi.</i> Le Parlement d'Aix est le seul en France qui jouisse du <i>droit d'annexe,</i> qui consiste dans l'enregistrement des brefs, bulles, dispenses, jubilés, indulgences, &amp; autres semblables rescrits qui viennent de Rome, ou de la légation d'Avignon. C'est Louis de Fourbin, Doyen, &amp; Conseiller, Garde des sceaux du Parlement, Ambassadeur pour les Rois Louis XII. &amp; François I. au Concile de Latran, auquel présidoit Léon X. qui l'obtint en 1515. après avoir parlé devant ce Concile. Merc. Gal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2057" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNEXER" />
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    <head>ANNEXER</head>
    <p>
    ANNEXER , v. act. Joindre, attacher quelque chose à une autre. <i>Adjungere, annectere.</i> On ne le dit qu'en parlant d'affaires. Le Roi a <i>annexé</i> la charge de Président à celle de Lieutenant Général. Il a <i>annexé</i> un tel droit à un tel office. Il a <i>annexé</i> cette terre à son domaine. On a <i>annexé</i> cette Cure à ce Prieuré. Le Roi Charles VIII. en 1486. <i>annexa</i> la Provence à la Couronne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2057" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANNEXER" />
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    <head>ANNEXER</head>
    <p>
    Annexé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Annexus, adjunctus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2058" id="1" type="">
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    <head>ANNIBAL</head>
    <p>
    ANNIBAL , s. m. <i>Annibal.</i> Nom propre d'homme. Ce nom, qui a encore été en usage en Italie, est Carthaginois. Il n'est personne qui ne connoisse <i>Annibal</i> Général des Carthaginois, qui ayant pris après la mort d'Asdrubal son beaufrère, le commandement des armées Carthaginoises l'an 544. de Rome, 220 ans avant Jesus-Christ. âgé seulement de 26 ans, soumit l'Espagne, passa les Alpes, &amp; fit tant d'affaires aux Romains. Nous trouvons encore quatre ou cinq Carthaginois nommés <i>Annibal.</i> Ainsi on ne peut douter que ce ne soit un nom Punique. Cela supposé, il faut qu'il vienne du Phénicien , <i>hhanna,</i> qui signifie grace, comme je l'ai dit au nom Anne, &amp; de , <i>Baal,</i> Seigneur, maître, possesseur, &amp; il signifie Seigneur, ou maître de la grace, c'est-à-dire, gracieux, plein de graces. Ce qui confirme ceci, c'est que nous trouvons que des Hébreux ont aussi porté ce nom. Il est parlé dans Josephe, Liv. XIX. <i>Antiq.</i> Ch. 7. d'un Juif nommé <i>Annibal</i> ; &amp; de plus la médaille d'Annibalien dont je parlerai tout à l'heure, écrit ce nom avec une aspiration. Les Grecs ont changé l'<i>l</i> de ce nom en <i>s,</i> &amp; disent . Vossius s'est trompé quand il a dit que c'étoient les Latins qui avoient changé l'<i>s</i> en <i>l.</i> C'est tout le contraire, &amp; dans la langue originale il y a un <i>lamed,</i> , <i>Baal.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2059" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNIBALIEN" />
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    <head>ANNIBALIEN</head>
    <p>
    ANNIBALIEN , s. m. <i>Annibalianus, Hannibalianus.</i> C'est le surnom d'un Neveu de Constantin le Grand, fils d'un Delmatius frère de père du même Empereur. Il y a une médaille de ce jeune Prince dans M. Tristan T. 3. p. 501. laquelle du côté de la tête a pour inscription. FL. CL. HANNIBALIANO REGI, &amp; au revers, SECVRITAS PVBLICA, un fleuve avec son urne qui a un roseau à côté gauche, &amp; tient de la main droite, ou un roseau, comme prétend Mezabarba, ou plutôt, comme dit M. Tristan, un long sceptre sur lequel il s'appuie, &amp; dans l'exergue, Conob. Constantin son oncle l'avoit fait Roi du Pont. Il y a encore d'autres <i>Hannibaliens</i> avant celui-ci. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Tristan Tom. III. p. 493. Plusieurs écrivent Hannibal &amp; <i>Hannibalien,</i> &amp; certainement c'est le même ; l'usage Latin, qui paroît sur les médailles que j'ai rapportées, &amp; l'étymologie de ces mots, que j'ai donnée au mot Annibal, demandent une H au commencement. Constantius Chlorus eut deux femmes, Hélène &amp; Théodora. D'Hélène il eut Constantin, &amp; de Théodora, Jules Constantius &amp; Delmace, surnommé <i>Hannibalien,</i> que Constantin son frère fit couronner. Celui-ci laissa deux fils, Jules Delmace, &amp; Claude <i>Hannibalien.</i> Constantin donna à Delmace le titre de César, avec la Thrace, la Macédoine &amp; l'Achaie ; à <i>Hannibalien,</i> le titre de Roi, avec la Cappadoce, le Pont &amp; l'Arménie. Sa résidence étoit à Césarée de Cappadoce. Fleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2060" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNIBAULD" />
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    <head>ANNIBAULD</head>
    <p>
    ANNIBAULD , s. m. <i>Annibaldus.</i> Ce mot, que nous avons fait François, &amp; formé du Latin <i>Annibaldus,</i> en changeant à l'ordinaire <i>al</i> en <i>au,</i> n'est autre chose que le nom d'Annibal, avec une terminaison Latine. Je crois que d'abord on a dit <i>Anniballus,</i> doublant l'<i>l,</i> comme dans <i>Hanniballianus,</i> dont je viens de parler. Puis changeant <i>l</i> en <i>d, Annibaldus,</i> Annibaud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2061" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNICHILER" />
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    <head>ANNICHILER</head>
    <p>
    ANNICHILER , v. act. Vieux mot, qui veut dire, <i>anéantir.</i> Borel. <i>Annibilare, exinanire, funditus tollere.</i> Ce mot vient des mots <i>nihil</i>, ou <i>nihilum</i>, qui se trouvent écrits dans les manuscrits, <i>nichil,</i> &amp; <i>nichilum.</i> Mais on peut croire qu'il tire son étymologie immédiate du verbe Italien <i>Annichilare,</i> qui a la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2062" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="ANNILLE" />
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    <head>ANNILLE</head>
    <p>
    ANNILLE , s. f. Terme de Blason . Fer de moulin. <i>Securiclatum utrinque ferrum.</i> La famille de Montfort en Gueldres porte d'argent à trois <i>anilles,</i> ou fers de moulin, de gueules. Voyez <ref type="search" target="head:ANILLES">ANILLES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2063" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="ANNION" />
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    <head>ANNION</head>
    <p>
    ANNION . Terme de Droit . On appelle bénéfice d'<i>annion,</i> un répit, ou délai, accordé pour un an, à un débiteur par lettres de Chancelerie. Voyez Ragueau, Pyrrhus, Imbert, Cujas, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2064" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNIVERSAIRE" />
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    <head>ANNIVERSAIRE</head>
    <p>
    ANNIVERSAIRE , adj. masc. &amp; fém. &amp; subst. Fête, ou cérémonie qui se fait tous les ans à certain jour. <i>Anniversarius.</i> La Dédicace d'une Eglise est une Fête <i>anniversaire.</i> On fait encore à saint Germain des Prez le Service ou l'<i>Anniversaire</i> de Childebert. Ce mot vient de <i>annus</i>, &amp; de <i>verto</i>, <i>ce qui se fait tous les ans l'an révolu.</i> L'<i>Anniversaire</i> &amp; les prières que l'on fait pour une personne morte en odeur de sainteté, ne dérogent point au culte religieux que le peuple lui rend, confirmé par des miracles, &amp; toléré par les Supérieurs ecclésiastiques. Voyez sur cela <i>Acta Sanctorum</i> des Jésuites d'Anvers le 11e de Mai, sur saint Walbert N. XI. &amp; le 5e de Juin pag. 563, &amp; pag. 810. N. IV. &amp; les <i>Acta Sanct. Bened. Saec. III. Part. I. Praef. pag. LXXVIII.</i></p><p>Il paroît par Tertullien, dans le Livre <i>De corona Militis,</i> &amp; par Cassien, Coll. I. chap. 19, que dès les premiers siècles de l'Eglise on faisoit des prières <i>anniversaires</i> pour les morts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2065" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNOBLIR, ANNOBLISSEMENT" />
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    <head>ANNOBLIR, ANNOBLISSEMENT</head>
    <p>
    ANNOBLIR, ANNOBLISSEMENT , Voyez ANOBLIR, &amp; ENNOBLIR, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2066" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNON" />
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    <head>ANNON</head>
    <p>
    ANNON , Voyez <ref type="search" target="head:HANNON">HANNON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2067" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNONA" />
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    <head>ANNONA</head>
    <p>
    ANNONA , s. m. Arbre de la nouvelle Espagne. Ses feuilles ressemblent à celles de l'oranger. Ses fleurs sont blanches &amp; d'une odeur douce. Il porte un fruit assez gros.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2068" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNONCE" />
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    <head>ANNONCE</head>
    <p>
    ANNONCE , s. f. Publication qui se dit des promesses que font les Comédiens sur leur théatre, de jouer les jours suivans telles ou telles pièces. <i>Declaratio, monitio, significatio.</i> Le Chef d'une troupe se réserve les affiches &amp; les <i>annonces.</i> On le dit aussi des publications des mariages qui se font parmi les Protestans. Ce qu'on appelle chez les Catholiques, <i>Publications de bans.</i></p><p>On le dit dans la conversation de l'avis qu'un laquais vient donner à son Maître qu'il y a quelqu'un qui arrive, &amp; qu demande à entrer, à le voir, à lui parler. <i>Nomenclatio, nomenclatura.</i> Voilà une belle <i>annonce,</i> disoit une Dame à son laquais, en le grondant de la manière, dont il <i>annonce</i> une personne qui arrive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2068" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANNONCE" />
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    <head>ANNONCE</head>
    <p>
    Annonce , est aussi ce qui se lit d'un Saint au Martyrologe la veille de sa fête, ou du jour de sa mort. Chast. Ce sont les paroles avec lesquelles on annonce que ce sera le lendemain sa fête. On le dit encore des autres choses qui se lisent ou s'annoncent dans le Martyrologe. Table des Lettres du Martyrologe pour l'<i>annonce</i> du jour de la lune. Chast. <i>Annonce</i> des Mobiles ; c'est-à-dire, des fêtes mobiles. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2069" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNONCER" />
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    <head>ANNONCER</head>
    <p>
    ANNONCER , v. act. Apprendre publiquement quelque chose. <i>Nuntiare, significare.</i> On <i>annonce</i> au Prône les fêtes de la semaine. Les Comédiens ont <i>annoncé</i> une nouvelle pièce. Les Hérauts ont publiquement <i>annoncé</i> &amp; publié la paix. Seigneur, les cieux <i>annonceront</i> vos louanges. Port-R. Une grande naissance, ou une grande fortune, <i>annoncé</i> le mérite, &amp; le fait plutôt remarquer. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2069" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANNONCER" />
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    <head>ANNONCER</head>
    <p>
    Annoncer , se dit aussi des prophéties &amp; des révélations. <i>Praedicere, praenunciare.</i> Les Prophètes ont <i>annoncé</i> Jesus-Christ pendant plusieurs siècles. L'Ange vint <i>annoncer</i> à la sainte Vierge, qu'elle concevroit un fils. On le dit encore des nouvelles particulières. On lui est venu <i>annoncer</i> la mort de son pere. Comment <i>annoncer</i> de si méchantes nouvelles ? Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNONCER</head>
    <p>
    Annoncer , se dit encore de l'avis que vient donner un domestique, qu'il y a quelqu'un à la porte, ou dans l'antichambre, qui demande à entrer, à voir le maître, ou la maîtresse, à leur parler. <i>Nuntiare, monere, significare.</i> Les domestiques <i>annoncent</i> à leurs maîtres les gens qui viennent les voir. Il faut être bien familier pour entrer sans se faire <i>annoncer.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ANNONCER</head>
    <p>
    Annoncer , se dit aussi de ce qui se lit dans le Martyrologe la veille d'une fête, touchant cette fête. <i>Monere, indicere, designare.</i> Il faut consulter la table des fêtes mobiles, pour ne point manquer à les <i>annoncer</i> la veille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNONCEUR</head>
    <p>
    &#9758; ANNONCEUR , s. m. Qui annonce quelque chose. Ce mot ne se dit guères que du Comédien qui fait les annonces des pièces. Hola hô, Monsieur l'<i>Annonceur,</i> un petit mot, s'il vous plaît. Regnard.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    ANNONCIADE , s. f. Ordre de Religieux institué en 1232 par sept Marchands Florentins, auxquels se joignit peu-après S. Philippe Beniti, ou Benizi, qui passe pour le fondateur. <i>Ordo virorum religiosus ab annunciata Virgini Incarnatione dictus.</i> On le nomme aussi l'Ordre des Servites, <i>Servitarum Ordo,</i> ou des Serviteurs de la sainte Vierge, <i>Servorum B. Virginis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    ANNONCIADE , s. f. Est un Ordre de Chevalerie institué en 1355. Miraeus <i>Orig. Ord. Equestr. Liv. II. ch.</i> 4. dit en 1350, &amp; Bernardo Giustiniani <i>Hist. di tutti gl. Ord. Mil. ch.</i> 58. dit en 1360. par Amedée VI. Comte de Savoie. <i>Militaris Ordo salutatae ab Angelo Virginis nomen consecutus.</i> Il fut d'abord appellé l'<i>Ordre du Laqs d'amour,</i> à cause d'un bracelet de cheveux tressés en laqs d'amour, qu'une femme présenta au Comte de Savoie. S. Maurice, patron de la Savoie, pendoit au collier, lequel étoit composé de roses d'or, émaillées de rouge &amp; de blanc, &amp; jointes par des laqs d'amour. Amedée VIII. Duc de Savoie, lequel fut élû Pape par le Concile de Bâle sous le nom de Felix V. changea en 1494. l'Ordre du laqs d'amour, en celui de l'<i>Annonciade,</i> &amp; fit mettre l'image de la sainte Vierge en la place de S. Maufice ; &amp; au lieu de laqs d'amour, il fit mettre des cordelières. On y ajoûta les paroles de la salutation Angélique à la sainte Vierge. Voyez Joseph de Michieli, <i>Thesoro Militar.</i> Andrea Mendo, <i>De Ordin. Militarib.</i> Soranzo, <i>l'Idea del Cavaliere ;</i> Caramuel, <i>Theolog. Regolar. pag.</i> 9. Bernardo Giustiniani, <i>Hist. dell'origine de Cavaleri ch.</i> 58. Foranzo, Menenio, Sansovino, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNONCIADE</head>
    <p>
    <pb n="249" facs="bpt6k8542165/f289/full/1200,/0/native.jpg"/> Annonciade . Ordre de Religieuses fondé à Bourges en 1448. par la Bienheureuse Jeanne, Reine de France, fille de Louis XI. &amp; femme de Louis XII. après qu'elle eut été répudiée de son consentement par ce Prince, avec la dispense d'Alexandre VI. Le premier Couvent de l'<i>Annonciade</i> est à Bourges, &amp; s'appelle aussi l'<i>Annonciade,</i> du nom de l'Ordre. Il fut achevé de bâtir en 1503. Par contrat du 15. Novembre de la même année, la Bienheureuse Jeanne donna des biens pour l'entretien des Mère Ancelle &amp; Religieuses ; &amp; Louis XII. confirma cette fondation par lettres du mois de Décembre suivant. Par lettres du jour de la Présentation de N. Dame 1504. la Fondatrice ratifia la première donation &amp; en fit d'autres ; &amp; par son testament du 10. Janvier 1504. elle choisit sa sépulture dans le choeur des Religieuses de l'<i>Annonciade</i> de Bourges. Ce sacré dépôt y fut jusqu'en 1562. que trois soldats Huguenots l'en tirèrent, &amp; le brûlèrent publiquement. Les Religieuses de l'<i>Annonciade</i> s'appellent aussi des dix vertus, &amp; non pas des douze vertus, comme a écrit depuis peu un de nos Auteurs ; il semble par le Testament de la Bienheureuse Fondatrice, que ce soit à cause des dix vertus, qui éclatent principalement dans les dix mystères de la sainte Vierge que l'Eglise célèbre dans ses dix fêtes. Voyez la Thaumassière <i>Hist. de Berry,</i> Liv. II. ch. 39. Les Religieuses de l'<i>Annonciade</i> sont habillées de gris, ont un Scapulaire rouge, &amp; portent une croix d'or ou d'argent doré pendue au cou, &amp; un anneau d'or au doigt. Leur Règle fondée sur l'imitation des vertus de la sainte Vierge, a été approuvée par Jules II. &amp; Leon X.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNONCIADE</head>
    <p>
    Annonciade . Autre Ordre Religieux de filles appellées aussi les Célestes, <i>Coelestes, Coelestinae,</i> fondé en 1600. ou 1604. selon Spond, par une Dame Génoise, veuve, nommée Marie Victoire Fornaro, qui mourut en 1617. Voyez sur ces deux Ordres la vie de la B. Jeanne, édition d'Attichius, &amp; Henschenius <i>Act. Sanct.</i> Febr. T. I. p. 575. 576. &amp; Miroeus <i>Lib. de Ordine Annunciatarum.</i></p><p>Il y a encore une Confrairie de l'<i>Annonciade</i> fondée à Rome en 1468. par le Cardinal de Turrecremata pour marier de pauvres filles. Elle a été érigée depuis en Archiconfrairie, &amp; est devenue si riche, que tous les ans le jour de l'Annonciation elle donne des dots de 60. écus Romains chacune à plus de 400. filles, avec un habit de serge blanche, &amp; un florin pour des pantoufles.</p><p>On ne dit jamais <i>Annonciade</i> sans article, mais toujours l'<i>Annonciade</i> avec l'article ; &amp; l'on prononce comme si l'on écrivoit <i>la Nonciade,</i> de même que nous disons la Natolie, &amp; la Pouille, au lieu de l'Anatolie, &amp; l'Apouille. Cette prononciation se remarque sur-tout à Bourges, où est le premier Monastère de l'Ordre. Mais l'on écrit toujours l'<i>Annonciade.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNONCIATEUR</head>
    <p>
    ANNONCIATEUR , s. m. <i>Annunciator.</i> C'est le nom d'un Officier de l'Eglise de Constantinople. C'étoit à l'<i>Annonciateur</i> à avertir le peuple des fêtes qu'il falloit observer. Voyez l'Euchologe, sur les Officiers de l'Eglise de Constantinople.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNONCIATION</head>
    <p>
    ANNONCIATION , s. f. Nouvelle que l'Ange Gabriel apporta à la sainte Vierge du mystère de l'Incarnation. <i>Annunciatio futurae Incarnationis Verbi,</i> ou <i>divino satu praegnationis.</i> On le dit aussi de la Fête où on célèbre ce mystère, qui est le vingt-cinquième de Mars. <i>Salutatae ab Angelo Virginis anniversarius dies.</i> Marguerite d'Autriche Reine d'Espagne, femme de Philippe III. servoit à table neuf pauvres femmes tous les ans le jour de l'<i>Annonciation.</i> La fête de l'<i>Annonciation</i> est très-ancienne dans l'Eglise Romaine. Le Sacramentaire du Pape Gelase I. montre qu'elle étoit établie à Rome au temps de ce Souverain Pontife, qui succéda au Pape Felix en 492. &amp; mourut en 496. Parmi les Sermons de S. Augustin, qui mourut en 430. il y en a deux sur l'<i>Annonciation,</i> le 17. &amp; le 18. <i>de Sanctis.</i> Dans l'Eglise Grecque, nous en trouvons des preuves encore plutôt. Non-seulement S. Basile de Séleucie, mort en 455. Proclus P. C. mort en 446, mais encore S. Jean Chrysostome, mort en 407. S. Gregoire Thaumaturge Evêque de Neocésarée, mort en 295. à qui Vossius outre deux Homélies sur la fête de l'<i>Annonciation</i> qui sont dans ses ouvrages, en attribue encore une, que d'autres donnent à S. Jean Chrysostome ; tous ces Pères, dis-je, ont des discours sur l'<i>Annonciation.</i> Les Grecs appellent cette fête , <i>bonne Annonciation,</i> &amp; , <i>Salutation.</i> Personne ne doute que dans l'Eglise Grecque, depuis I. Concile de Constantinople <i>in Trullo,</i> l'<i>Annonciation</i> ne fût une Fête. Voyez le Canon 52. de ce Concile, Zonarae sur ce Canon ; &amp; dans l'Eglise Latine depuis le milieu du septième siècle, puisque le dixième Concile de Tolède tenu en 659. en parle. Mais un Auteur moderne prétend qu'avant le Concile <i>in Trullo,</i> tenu selon lui en l'an 692. on ne trouve point dans l'Eglise Grecque de mention de la fête de l'<i>Annonciation.</i> Cependant S. Gregoire Thaumaturge, qui vivoit à la fin du troisième siècle, parle dans ces deux premières Homélies de l'<i>Annonciation,</i> comme d'une Fête solemnelle. Dans la première, il dit, que Dieu voulant couronner ce jour-là les têtes de ceux qui célèbrent les fêtes avec soin, rassemble les vrais fidèles, &amp;c. &amp; il commence la seconde par ces paroles : Nous devons célébrer toutes les fêtes, &amp; faire tous nos chants de la même manière que les sacrifices que nous offrons à Dieu ; mais la première de toutes les fêtes, c'est celle de l'<i>Annonciation</i> de la sainte Mère de Dieu. Je sai que Perkins &amp; Rivet prétendent qu'il est douteux si ces Homélies sont de saint Gregoire Thaumaturge, &amp; que le P. Alexandre, &amp; quelques autres nouveaux Ecrivains, ont copié ces Protestans ; mais Vossius non-seulement a reconnu ces deux Homélies pour de véritables ouvrages de ce Père, mais il lui en attribue même encore une troisième, qui dans Lipoman &amp; Surius porte le nom de S. Chrysostome. Bellarmin dit, qu'il n'a aucune raison de rejetter ces trois Homélies. Vincent Richard, Théatin, doute à la vérité si la seconde n'est point de Proclus P. C. mais il ne doute nullement des deux autres, &amp; le P. Labbe dit, que la raison de Perkins &amp; de Rivet est impertinente, <i>ineptissima ratione persuasi.</i> Cette raison est, que la coutume de chanter des hymnes, &amp; de lire les vies des Saints, n'a été mise en usage que sous Charles-Magne, au commencement du neuvième siècle, &amp; ils citent pour garant de ce fait, Paul-Emile, L. II. <i>De Gestis Francor.</i> sans faire attention que cet Auteur vivoit il n'y a que deux siècles, &amp; que c'est un mauvais garant. Le P. Alexandre dit encore, qu'aucun Ancien n'a parlé de ces Ouvrages de saint Gregoire ; mais il devoit faire attention que Bellarmin, dans qui il a pris cela, remarque fort bien que ce n'est point-là une raison de les rejetter. Où en serions-nous, s'il nous falloit condamner tous les opuscules des Pères dont les Anciens n'ont point parlé ? Ne suffit-il pas que de bons manuscrits nous les donnent pour des Ouvrages d'un tel, ou d'un tel Auteur, &amp; avec leur nom ? Avons nous d'autres preuves pour le plus grand nombre des anciens ouvrages ? Pour l'Eglise Latine, le même Auteur dit qu'on ne voit pas, qu'au temps de S. Augustin il y eût encore de fête instituée pour honorer séparément l'Incarnation de Jesus-Christ. Mais les Homélies sur ce mystère ne marquent-elles pas une Fête ? S. Augustin, dans le second Sermon sur ce mystère qui est le 18. <i>de Sanctis</i> qu'on ne révoque point en doute, en parle comme d'une Fête, &amp; la nomme un <i>jour solemnel.</i></p><p>Dès les commencemens cette Fête s'est célébrée au Printemps, &amp; Théophane marque dans son Homélie 53. que c'étoit vers l'équinoxe ; &amp; depuis, toutes les Eglises l'ont célébrée le 25. de Mars. Cependant, parce que cette Fête tombe souvent vers le temps de la passion de N. S. plusieurs Eglises l'ont placée en une autre saison. Les Syriens l'appellent <i>Bascarach</i> ; c'est-à-dire, la recherche, &amp; la marquent dans leur Calendrier au premier jour du mois appellé <i>Canun,</i> le premier qui répond à notre mois de Décembre, quoiqu'il prenne aussi quelque chose du mois de Novembre. Les Arméniens la célèbrent le 5. de Janvier ; ils anticipent ainsi le temps, afin qu'elle ne tombe point en Carême. Les Grecs ne font point difficulté de la célébrer le Carême, aussi-bien que la Fête des 40. Martyrs ; &amp; le Concile <i>in Trullo</i> suppose qu'elle tomboit au moins quelquefois dans ce temps de jeûne. Au dixième Concile de Tolède en 656. can. 1. il fut ordonné que cette Fête seroit solemnisée le 18. de Décembre. Le Bréviaire Ambrosien marque cette Fête au dernier Dimanche de l'Avent. Quelques Eglises de France suivirent le règlement du Concile de Tolède ; &amp; l'on prétend que la Messe du Mercredi des Quatre-Temps de Décembre, qui est toute de l'Incarnation, est un reste de cette ancienne pratique ; &amp; que dans les Eglises d'Espagne on célèbre encore la Fête de l'<i>Annonciation</i> sous le <pb n="250" facs="bpt6k8542165/f290/full/1200,/0/native.jpg"/>nom d'<i>Expectation,</i> ou d'<i>Attente,</i> le Dimanche avant Noël. Cette pratique ne dura pas ; &amp; depuis plusieurs siècles on célèbre l'<i>Annonciation</i> en Occident, comme en Orient, le vingt-cinquième de Mars. Il y a même des Eglises qui ne la remettent pas quand elle vient dans la semaine Sainte ; &amp; l'Eglise Cathédrale du Puy en Velai, ne la remet pas même, à ce que l'on dit, lorsqu'elle vient le Vendredi-Saint.</p><p>Quelques Auteurs Protestans soutiennent que cette Fête se célébroit d'abord en l'honneur de N. S. &amp; que ce n'est que depuis, qu'on la solemnise sous le nom, &amp; en l'honneur de la sainte Vierge ; mais il n'y a qu'à lire les Homélies de S. Augustin &amp; de S. Gregoire de Néocesarée, c'est-à-dire, les plus anciennes qui nous restent sur cette solemnité, pour être convaincu du contraire.</p><p>Les Juifs appellent aussi <i>Annonciation</i> une partie de la cérémonie de leur Fête de Pâques. C'est celle où ils expliquent l'origine, l'institution, la cause de cette Fête. Ils appellent cette explication , <i>Haggada,</i> qui veut dire, <i>Annonciation.</i> Ceux qui croient avec Scaliger <i>de Emend. temp.</i> 534. que c'est la nuit de Pâques qu'ils appellent ainsi, se trompent. Voyez <i>Maiem. Tract. de fermentato c.</i> 7. <i>sect.</i> 5. &amp; 10. &amp; à la fin de ce Traité, il y a une formule de cette <i>Haggada,</i> ou <i>Annonciation.</i> Buxtorf n'en parle point dans sa Synagogue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2074" id="2" type="">
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    <head>ANNONCIATION</head>
    <p>
    Annonciation , se dit encore de l'image qui représente le mystère de l'<i>Annonciation.</i> Voilà une belle <i>Annonciation.</i></p><p>Mr Pelisson en parlant de l'Eucharistie, a dit, C'est, nous l'avouons, la commémoration ou l'<i>Annonciation</i> du Seigneur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2075" id="1" type="">
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    <head>ANNOTATEUR</head>
    <p>
    ANNOTATEUR , s. m. Ce mot a été fait du Latin <i>adnotator,</i> ou <i>annotator.</i> Il n'est pas encore établi, &amp; même il a l'air de ne l'être jamais que parmi certains Savans, qui ne font point de loi dans le monde poli. <i>Annotateur,</i> est celui qui fait des annotations ou notes sur quelques ouvrages d'esprit. Nicolas Richelet, Muret, &amp; Ménage, sont les <i>Annotateurs</i> de Ronsard &amp; de Malherbe, &amp; leurs remarques sont agréables &amp; savantes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANNOTATION</head>
    <p>
    ANNOTATION , s. m. Commentaire succinct, ou remarque qu'on fait sur un livre, sur un écrit, pour en éclaircir quelques passages, ou pour en tirer quelques inductions &amp; conséquences. <i>Annotatio, observatio.</i> Les Critiques du dernier siècle ont fait de doctes <i>annotations</i> sur tous les Auteurs classiques. Leurs Bibles étoient falsifiées par des versions hérétiques, &amp; des <i>annotations</i> impies. Mauc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2076" id="2" type="palais">
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    <head>ANNOTATION</head>
    <p>
    Annotation de biens . Terme de Palais . C'est un exploit pour la saisie des biens d'un criminel qu'on recherche, &amp; qui ne se représente pas : c'est comme si l'on disoit que ses biens sont notés ou marqués pour être confisqués, en cas qu'il persiste à ne se pas représenter. Voyez l'Ordonnance de 1670. Titre 16.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2077" id="1" type="palais">
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    <head>ANNOTER</head>
    <p>
    ANNOTER , v. act. Terme de Palais , qui ne se dit qu'en cette phrase. Dès que l'on fait le procès à quelqu'un par contumace, on fait saisir &amp; <i>annoter</i> tous ses biens ; c'est-à-dire, on met des affiches &amp; panonceaux sur ses héritages, pour marque qu'ils sont saisis &amp; en la main du Roi. <i>Designare addicta, mancipata Principi bona.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2078" id="1" type="">
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    <head>ANNOTINE</head>
    <p>
    ANNOTINE , adj. fém. Qui en François ne se dit qu'avec le mot Pâque. La Pâque <i>annotine,</i> selon Durandus, <i>in Rationali divinor. Offic.</i> étoit l'anniversaire du baptême, ou le jour auquel on célébroit tous les ans la mémoire de son baptême. Selon d'autres, c'étoit seulement le jour du bout de l'an du baptême. Tous ceux qui avoient reçû le baptême une année, s'assembloient l'année suivante, le même jour, disent-ils, &amp; célébroient solemnellement le bout de l'an, ou l'anniversaire de leur régénération spirituelle ; &amp; ce jour s'appelloit la Pâque <i>annotine.</i> Ils ajoûtent qu'on le célébroit comme l'octave du Dimanche <i>in Albis,</i> que nous appellons <i>Quasimodo,</i> &amp; par conséquent quinze jours après Pâques, &amp; que dans quelques Sacramentaires manuscrits, on trouve après ce Dimanche une Messe particulière pour la Pâque <i>annotine.</i> Il y a de la difficulté dans ce sentiment ; car en premier lieu, on ne baptisoit pas seulement à Pâques, on baptisoit aussi à la Pentecôte. 2°, à Pâques le baptême se donnoit le Samedi-Saint, le bout de l'an ; ou l'anniversaire étoit donc le Samedi-Saint aussi, &amp; non pas quinze jours après Pâques. Dans la Vie de saint Pierre Martyr, composée par Ambrosius Taëgius, &amp; imprimée par les Jésuites d'Anvers sur le manuscrit de Taëgius, il est dit ch. 5. que ce Saint sortoit de son Couvent pour aller à Milan, le samedi qui est la fin de la Septuagésime, &amp; que l'on appelle samedi <i>in Albis,</i> &amp; Pâque <i>annotine. Sabbato, qui est Septuagesimae finis, quodque Sabbatum in Albis annotinum Pascha vocatur.</i> C'est-à-dire, le samedi devant <i>Quasimodo,</i> ou le samedi de la semaine de Pâques. Sur quoi les PP. Henschenius &amp; Papebroch disent, qu'il leur semble qu'<i>annotin</i> signifie consommé, achevé, que d'autres appellent ce jour, <i>Pascha conclusum,</i> au lieu d'<i>annotinum</i> ; &amp; que Bède le prend en ce sens, quand il appelle le cours de la lune complet &amp; achevé, <i>le cours annotin.</i> Et en effet, c'est ce samedi-là que finit l'Office de Pâques. Voyez <i>Acta Sanct. April. T. III. pag.</i> 700. B.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2079" id="1" type="astronomie">
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    <head>ANNUEL, ELLE</head>
    <p>
    ANNUEL, ELLE , adj. Ce qui revient tous les ans, ou qui finit au bout de l'an. <i>Annuus. Anniversarius.</i> Une fête ou cérémonie <i>annuelle.</i> Une telle charge, une telle commission est <i>annuelle.</i> Une rente foncière <i>annuelle</i> &amp; perpétuelle.</p><p>On appelle plantes <i>annuelles,</i> Certaines plantes qui ne viennent que de graine, &amp; qu'il faut semer tous les ans. Et Fleurs <i>annuelles,</i> les fleurs de ces plantes.</p><p>En termes d'Astronomie , La révolution du Soleil, d'un point du Zodiaque, au même point, s'appelle, Le mouvement <i>annuel</i> du Soleil. Il se dit par opposition au mouvement diurne qui n'est que de 24 heures.</p><p>On appelle aussi le droit <i>annuel,</i> certain droit qu'on nomme autrement <i>la Paulette,</i> du nom de Paulet son inventeur en 1604. &amp; qui en fut aussi le premier Partisan. On le paye tous les ans aux Parties-casuelles, pour faire passer &amp; conserver à ses héritiers la charge qu'on possède ; faute de payement du droit <i>annuel,</i> si celui qui est revêtu de la charge mouroit, elle est vacante au profit du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2079" id="2" type="">
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    <head>ANNUEL, ELLE</head>
    <p>
    Annuel , s. m. Est une Messe qu'on dit tous les jours pendant l'année du deuil depuis la mort du défunt, pour le repos de son ame. <i>Annuum pro mortuo sacrificium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2080" id="1" type="">
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    <head>ANNUELLEMENT</head>
    <p>
    ANNUELLEMENT , adv. Toutes les années. <i>Annis singulis, quotannis, in annos singulos.</i> Cette rente se paye <i>annuellement</i> à un tel jour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2081" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNULAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>ANNULAIRE</head>
    <p>
    ANNULAIRE , adj. m. C'est une épithète qu'on donne au quatrième doigt de la main, parce qu'on y met volontiers les anneaux. <i>Annularis.</i> On l'appelle autrement <i>le Médecin,</i> parce que c'est de ce doigt-là qu'on se sert quand on veut délayer quelque drogue pour faire un remède.</p><p>Les Anatomistes se servent aussi de ce mot. Il y a les <i>Apophises annulaires,</i> ainsi appellées, parce qu'étant placées à côté de la moëlle allongée, elles l'embrassent comme un anneau. Le second des cartilages du larynx, s'appelle le cricoïde, ou le cartilage <i>annulaire,</i> parce qu'il est rond comme un anneau, &amp; qu'il environne tout le larynx. Le ligament <i>annulaire</i> entoure le poignet comme un bracelet. Ce ligament est très-fort, car outre qu'il sert à joindre les deux os de l'avant bras proche du poignet, il tient ensemble tous les tendons des muscles, &amp; les empêche de sortir de leur place dans leurs actions. Le ligament du tarse est aussi nommé ligament <i>annulaire.</i> Le sphincter muscle de l'anus est aussi nommé <i>annulaire,</i> parce que sa figure est semblable à celle d'un anneau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2082" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ANNULLER" />
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    <head>ANNULLER</head>
    <p>
    ANNULLER , v. act. Terme de Palais . Casser un acte, un jugement, une procédure. <i>Abrogare, rescindere, refigere.</i> Les Requêtes du Palais cassent &amp; <i>annullent</i> comme attentat toutes les procédures qui ont été faites au préjudice du renvoi. Le Conseil casse tout ce qui a été fait au préjudice de l'instance de règlement de Juges ou de l'évocation. On <i>annulle</i> les mariages, les contrats, les testamens qui ne sont pas valables par les loix. Menage dérive ce mot de <i>annulare,</i> qui vient de <i>nullus, nul.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2082" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANNULLER" />
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    <head>ANNULLER</head>
    <p>
    Annulle, ee , part. pass. &amp; adj. <i>Abrogatus, refixus, rescissus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2083" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANNUS" />
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    <head>ANNUS</head>
    <p>
    ANNUS , s. m. Racine du Pérou, longue &amp; grosse comme le pouce. Elle est d'un goût amer, &amp; les Indiens la mangent cuite. Ils croient qu'elle ôte la puissance d'engendrer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2084" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANOBLIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ANOBLIR</head>
    <p>
    ANOBLIR , v. act. Rendre noble. <i>In Nobilium ordinem aliquem cooptare, adscribere.</i> Il n'y a que le Roi qui puisse <i>anoblir.</i> Il a donné des priviléges d'<i>anoblir</i> à certaines charges, <pb n="251" facs="bpt6k8542165/f291/full/1200,/0/native.jpg"/>comme à celle de Secrétaires du Roi. Les Conseillers du Parlement de Paris, de Grenoble, de Besançon &amp; de Douay, jouissent du privilége de la Noblesse au premier degré, qui a été aussi accordé au Parlement de Dombes. Dans les autres Parlemens, il faut que le père &amp; l'aieul aient été Conseillers, pour transmettre la Noblesse à leur postérité. Il y a des Echevinages en France qui <i>anoblissent,</i> comme à Paris, à Lyon. En Allemagne l'Empereur seul peut <i>anoblir,</i> à l'exclusion des Electeurs &amp; des autres Princes. Voyez <ref type="search" target="head:Ennoblir">Ennoblir</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2084" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANOBLIR" />
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    <head>ANOBLIR</head>
    <p>
    Anoblir , se dit aussi figurément en parlant du langage. C'est le rendre plus beau, plus vif, plus mâle. <i>Nobilitare, ornare, perpolire. Anoblir</i> son style. Abl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2084" id="3" type="">
   <index type="head" value="ANOBLIR" />
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    <head>ANOBLIR</head>
    <p>
    Anobli, ie , part. pass. &amp; adj. Il est aussi substantif. <i>In Nobilium ordinem cooptatus, adscriptus.</i> De temps en temps on fait des recherches des nouveaux <i>anoblis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2085" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANOBLISSEMENT" />
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    <head>ANOBLISSEMENT</head>
    <p>
    ANOBLISSEMENT , s. m. Changement qui se fait de la condition de Roturier en celle de Noble. <i>Hominis plebis in Nobiles cooptatio.</i> Les <i>anoblissemens</i> se font en plusieurs manières, par lettres, par priviléges, en donnant un Ordre de Chevalerie, &amp;c. Avoir des lettres d'<i>anoblissement</i> pour soi, &amp; pour ses enfans nés &amp; à naître. Voyez Tiraqueau sur la Noblesse chap. 6. Baquet du droit d'<i>anoblissement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2086" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ANODIN, INE" />
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    <head>ANODIN, INE</head>
    <p>
    ANODIN, INE , adj. Terme de Médecine , qui se dit des remèdes, qui par leur chaleur douce, &amp; par leur humidité tempérée, calment &amp; appaisent les douleurs. On les appelle aussi Parégoriques. <i>Anodynus, leniens.</i> Il y en a d'autres à qui on donne ce nom, mais improprement : ce sont ceux qui assoupissent &amp; qui font dormir. Les vrais <i>anodins</i> s'appliquent extérieurement sur la partie qui souffre. Tels sont l'oignon, les lis, la racine de guimauve, les feuilles de mauve, de violette, de sureau, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2087" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANOIAU" />
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    <head>ANOIAU</head>
    <p>
    ANOIAU , subst. masc. Vieux mot, qui vouloit dire <i>anneau, annulus.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2088" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANOLIS" />
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    <head>ANOLIS</head>
    <p>
    ANOLIS , s. m. Espèce de Lézard. Il a la tête plus longue &amp; le ventre plus jaunâtre que le Lézard. Il a le dos verd, avec des raies grises &amp; bleues, depuis la tête jusqu'à la queue. Il est long d'un pied &amp; demi, &amp; assez gros. Il jette la nuit des cris aigus. On le trouve dans l'Isle de la Guadeloupe. Voyez l'<i>Histoire naturelle des Antilles</i> par Lonvillers de Poincy Chapitre 13. article 3. &amp; celle du P. du Tertre Tr. VI. chap. 2. §. 2. Ces animaux se trouvent dans toutes les Antilles ; à la Guadeloupe on n'en voit que dans le Grand cul-de-sac. Il n'est jamais si gros que le bras. Il a le ventre de couleur de gris cendré, le dos tanné tirant sur le roux, le tout rayé de bleu, &amp; la tête toute marquetée. Ils sont toujours dans la terre, &amp; n'en sortent que pendant la plus grande chaleur, qu'ils viennent ronger les os &amp; les arêtes de poissons que l'on jette. Ils paissent quelquefois l'herbe, principalement dans les potagers ; si on en tue quelques-uns, les autres les mettent en pièces &amp; les mangent. P. d. Tertre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2089" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ANOMAL, ALE" />
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    <head>ANOMAL, ALE</head>
    <p>
    ANOMAL, ALE , adj. Terme de Grammaire . Il se dit des verbes, qui dans leur conjugaison ne suivent pas la règle des autres. <i>Verbum anomale, inaequale.</i> Il y a dans toutes les langues des verbes <i>anomaux,</i> des inflexions de mots <i>anomales</i> &amp; irrégulières. Ce mot est formé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>planus, aequalis ; uni, égal,</i> ainsi <i>anomal</i> veut dire, <i>qui n'est pas égal,</i> qui ne suit pas la règle des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2090" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANOMALIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ANOMALIE</head>
    <p>
    ANOMALIE , s. f. Se dit en Grammaire de l'irrégularité de la conjugaison de plusieurs verbes, comme, Aller, Mourir, &amp;c. <i>Anomalia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2090" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANOMALIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ANOMALIE</head>
    <p>
    Anomalie , en termes d'Astronomie , signifie une irrégularité apparente dans le mouvement des planètes. Kepler parle de trois sortes d'<i>anomalies.</i> La première, qu'il appelle de l'Excentique, est celle qui regarde l'espace que la planète a à parcourir : la seconde, l'<i>anomalie</i> moyenne, qui est le temps qu'elle emploie à cette course : la troisième, l'<i>anomalie</i> égalée, qui regarde la grandeur apparente de l'arc qu'elle parcourt. Sur quoi il faut voir la <i>Théorie des planètes.</i></p><p>Ces mots ne viennent point de l'<i>a</i> privatif, &amp; de <i>loi,</i> comme quelques-uns l'ont dit, trompés par quelque ressemblance de mot. Car d'où viendroit la derniere syllabe <i>al</i> dans cette étymologie ? Mais ils viennent du Grec , qui signifie <i>ce qui n'est pas plan ; raboteux, inégal, irrégulier,</i> &amp; qui est formé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>planus, aequalis,</i> c'est-à-dire, <i>plan, égal.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2091" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANOMÉEN" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ANOMÉEN</head>
    <p>
    ANOMÉEN , ou ANOMOEEN, éenne, s. masc. &amp; fém. <i>Anomoeus.</i> Ce mot est Grec, composé de l'<i>a</i> privatif &amp; du nom , <i>semblable</i> ; &amp; signifie, <i>différent, diffemblable.</i> Ce nom fut donné dans le quatrième siècle aux Purs-Ariens, parce qu'ils nioient non seulement la consubstantialité du Verbe, mais même qu'il fût d'une nature semblable à celle du Père ; &amp; on le leur donna par opposition aux Demi-Ariens, qui nioient à la vérité la consubstantialité du Verbe, mais qui avouoient qu'il étoit semblable au Père. Les Demi-Ariens condamnèrent les <i>Anomoeens</i> l'an 359. au Conciliabule de Séleucie ; &amp; les Ariens condamnèrent les Demi-Ariens dans le Concile de Constantinople, &amp; l'année suivante dans celui d'Antioche, ôtant le mot , <i>semblable,</i> de la formule de Rimini, &amp; de celle de Constantinople ; &amp; assurant que le Fils de Dieu avoit non seulement une substance, mais même une volonté différente de celle du Père, &amp; c'est pour cela qu'ils furent nommés , <i>Anomoeens, Sozom. Liv. IV. ch.</i> 13. <i>&amp;</i> 28. <i>Liv. VI. ch.</i> 26. <i>Socrate Liv. II. ch.</i> 35. <i>Theodoret Liv. IV. S. Epiphane Haer.</i> 57. <i>on</i> 77.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2092" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANOMIEN, ENNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Religion" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ANOMIEN, ENNE</head>
    <p>
    ANOMIEN, ENNE , s. m. &amp; fémin. <i>Anomianus.</i> Baronius à l'an 357. &amp; 360. de Jesus-Christ, appelle les Anoméens <i>Anomiens,</i> &amp; confond ces deux noms, suivant en cela l'usage établi par les anciennes versions de Sozomène. M. Godeau dit aussi <i>Anomien.</i> D'autres les distinguent en disant qu'<i>Anomien</i> vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>loi,</i> &amp; signifie, <i>Qui est sans loi.</i> C'est le sentiment des Macri. Il y a du mécompte de part &amp; d'autre : l'ancien Interprète de Sozomène a appellé <i>Anomiens, Anominiani,</i> ceux que son Auteur &amp; les Anciens Historiens appellent Anomoeens, <i>Anomoei,</i> ce qui ne convient point à l'origine de leur nom. Car <i>Anomien</i> vient plutôt de que de , qui est cependant la véritable étymologie du nom de ces hérétiques. Voyez <ref type="search" target="head:ANOMEEN">ANOMEEN</ref>. Les Macri le jugeant ainsi, &amp; avec raison, ont crû que <i>Anomien</i> &amp; <i>Anoméen</i> étoient deux noms &amp; deux sectes différentes, quoique ce ne soit que la même chose. La plus lourde faute est celle des Centuriateurs de Magdebourg. Car ces Protestans, qui ne lisoient Sozomène qu'en Latin, comme il paroît par ceci, disent, Cent. IV. ch. 5. p. 390. que S. Epiphane écrit que les Aëtiens furent nommés <i>Anomoeens,</i> mais que Sozomène Liv. VI. ch. 4. les nomme <i>Anomiens.</i> Oui Sozomène Latin, ou l'ancien Interprète de cet Auteur, &amp; ils pouvoient encore ajoûter Liv. IV. ch. 13. ch. 28. Liv. VI. ch. 26. &amp; toutes les fois que cet Auteur en parle. Mais Sozomène lui-même met , <i>Anomoeorum,</i> Anomoeens, sur-tout à l'endroit cité. Il est vrai qu'en quelques autres lieux il y a des éditions qui lisent , mais 1°, ce n'est point à l'endroit qu'indiquent les Centuriateurs, auquel je ne vois point de variété de leçon. 2°, Dans les autres éditions cette leçon est toujours corrigée par des manuscrits meilleurs, &amp; M. de Valois, qui a revû cet Auteur sur les manuscrits, a toujours mis , comme l'origine de ce nom le demande nécessairement. Il faut donc dire <i>Anoméens,</i> &amp; non pas <i>Anomiens.</i> Il est vrai néanmoins que S. Grégoire de Nysse dans la vie de S. Ephrem appelle les Eunomiens <i>Anomiens</i> ; mais c'est une allusion qu'il fait à leur nom, &amp; non point un nom de secte reçu par l'usage ; &amp; il est très-différent d'<i>Anoméen</i> ; car il signifie, <i>Qui est sans loi,</i> nom qu'on leur donna par opposition à celui d'Eunomien, qu'ils prenoient d'Eunomius leur Chef, &amp; qui signifie <i>qui a de bonnes loix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2093" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂNON" />
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    <head>ÂNON</head>
    <p>
    ÂNON , s. m. Le petit d'un âne. <i>Asellus, pusillus asini.</i> L'ânesse ne conserve pas son lait quand elle a perdu son <i>ânon.</i> Les Italiens mangeoient autrefois beaucoup d'<i>ânons,</i> selon Galien ; ils en trouvoient la chair fort agréable. Mécenas s'en faisoit servir dans ses repas les plus magnifiques. Il la mit en réputation ; on la préferoit à celle d'<i>anon</i> sauvage ; l'usage s'en perdit bien-tôt après sa mort. De la Mar. Voyez ÂNE SAUVAGE. Voyez aussi Pline Liv. VIII. c. 43.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2094" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANON" />
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    <head>ANON</head>
    <p>
    ANON . C'est un fruit de l'Amérique, qui a la forme d'une pomme de pin, mais ses écailles ne sont pas si lissées, ni si relevées que celles de la pomme de pin. Sous une peau délicate &amp; semblable à celle d'une poire, il a une chair très-blanche &amp; très-délicate. Il est très-semblable au fruit qu'on appelle Guanabane, mais il est plus petit &amp; de meilleur goût. <i>Hist. des Ind. Liv. VIII. ch.</i> 18. <i>de</i> <i>Gonz. Fern. d'Oviedo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2095" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂNONNER" />
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    <head>ÂNONNER</head>
    <p>
    ÂNONNER , v. act. Faire un ânon. <i>Asinum edere.</i> Notre ânesse a <i>anonné.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2095" id="2" type="">
   <index type="head" value="ÂNONNER" />
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    <head>ÂNONNER</head>
    <p>
    Ânonner , v. n. Lire ou parler avec peine, &amp; en répétant ses lettres, ou en cherchant ses paroles. <i>Haesitare.</i> Il ne savoit pas un mot de sa leçon, ou de son discours. Il n'a fait qu'<i>ânonner,</i> c'est-à-dire, qu'hésiter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2096" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANONYME" />
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    <head>ANONYME</head>
    <p>
    ANONYME , adj. Qui n'a point de nom, ou qui le cache. <i>Anonymos.</i> Auteur <i>anonyme. Auctor ignotus, ignoti nominis.</i> On dit aussi, un livre <i>anonyme,</i> quand on ignore le nom de celui qui l'a fait. Deckerus, Avocat de la Chambre Impériale de Spire, &amp; Placcius de Hambourg, ont fait un Traité des livres <i>anonymes.</i> Il y a je ne sai quoi d'honnête, &amp; de modeste dans la timidité d'un Auteur qui se cache, &amp; qui se produit <i>anonyme</i> dans le monde. Bell. L'humilité de ces Auteurs qui se tiennent derrière leur ouvrage <i>anonyme,</i> &amp; qui laissent tomber à terre les louanges qu'on leur donne, est bien rare en ce siècle. S. Evr. Burcard Gotthelfius Struvius parle des Savans qui ont tâché de deviner les Auteurs des écrits <i>anonymes,</i> c'est dans ses supplémens à la connoissance de la littérature.</p><p>Il se met quelquefois substantivement. L'Anonyme qui a traité cette matière, dit que &amp;c.</p><p>Ce mot vient du Grec qui signifie, <i>sans nom.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2097" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANORDIE" />
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    <head>ANORDIE</head>
    <p>
    ANORDIE , s. f. Tempête de vent de Nord, qui s'élève en certains temps sur les côtes de la Nouvelle Espagne, &amp; dans les Isles du Mexique. <i>Tempestas à Septentrione proveniens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2098" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANORMÉ, ÉE, & ANORMAL" />
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    <head>ANORMÉ, ÉE, & ANORMAL</head>
    <p>
    ANORMÉ, ÉE, &amp; ANORMAL . adj. Ces mots ne sont plus en usage. Borel dit qu'ils signifient qui est contre la règle commune, &amp; qu'<i>énorme</i> vient de ces mots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2099" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANRAMATICO" />
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    <head>ANRAMATICO</head>
    <p>
    ANRAMATICO , s. m. Plante de l'Isle de Madagascar. Ses feuilles sont fort longues. Il porte un fruit qui a la forme d'un vase couvert. Ses fleurs se remplissent d'eau pendant la pluie ; ensorte que chacune d'elles en peut contenir un septier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2100" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANSCAIRE" />
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    <head>ANSCAIRE</head>
    <p>
    ANSCAIRE , s. m. Et nom propre d'homme. <i>Anscarius.</i> S. <i>Anscaire,</i> en Allemand S. <i>Schaires,</i> fut le premier Evêque d'Hambourg. Voyez sur S. <i>Anscaire</i> M. l'Abbé Fleury dans son Xe Tome de l'Histoire Ecclésiastique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2101" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANSE" />
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    <head>ANSE</head>
    <p>
    ANSE , s. f. Ce qui sert à tenir, ou à manier diverses sortes d'ustensiles. <i>Ansa.</i> C'est de ce mot Latin que le François s'est formé. Quelques-uns écrivent <i>ance,</i> c'est une faute ; l'origine de ce nom demande un <i>S,</i> &amp; l'usage l'approuve. L'<i>anse</i> d'un panier, d'une aiguière. L'<i>anse</i> d'une marmite, d'un cadenas. On a vû des Orfèvres à Mexique faire un chauderon avec son <i>anse</i> mobile tout d'un coup, &amp; d'une seule fonte, comme témoigne Lopez de Gomara.</p><p>On appelle aussi l'<i>anse</i> d'une cloche, la partie par où elle est suspendue dans une grosse pièce de bois qu'on appelle <i>mouton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2101" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ANSE</head>
    <p>
    Anse , en termes de Marine , est une baie, ou une grande plage de mer qui entre dans les terres, dont les rivages sont échancrés ou courbés en arc. <i>Sinus latior.</i> La grande <i>anse</i> de Nanquin est celle de la Chine, qui contient une plus grande étendue de côte. En Occident on appelle <i>Anse,</i> un petit enfoncement de mer qui est entre deux pointes de terre, plus petit que le golfe ou que la baie. <i>Sinus angustior.</i></p><p>En Architecture on appelle une voûte en <i>anse</i> de panier, quand elle est surbaissée, &amp; quand elle n'a pas son plein cintre. <i>Fornix in calathi ansam arcuatus.</i> Il y en a de rampantes &amp; de biaises. C'est aussi un ornement de serrurerie, composé de deux enroulemens opposés.</p><p>On dit proverbialement de ceux qui mettent les mains sur les hanches pour quereller quelqu'un, ou par fierté, qu'ils font le pot à deux <i>anses. Diotam effingere.</i> Les servantes appellent l'<i>anse</i> du panier, le profit qu'elles font à ferrer la mule. On dit, On prend le peuple par les oreilles, comme un pot par les <i>anses</i> ; pour dire, qu'on fait accroire au Peuple tout ce qu'on veut, qu'il croit tout ce qu'il entend, tout ce qu'on lui dit. Rochefort a dit, Toutes nos actions se prennent à deux <i>anses,</i> les uns louent ce que les autres blâment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2102" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANSÉATIQUE" />
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    <head>ANSÉATIQUE</head>
    <p>
    ANSÉATIQUE . Voyez <ref type="search" target="head:HANSE">HANSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2103" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANSELME" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ANSELME</head>
    <p>
    ANSELME , s. m. <i>Anselmus.</i> Nom propre d'homme. L'Eglise de Tournay eut pour premier Evêque <i>Anselme</i> qui étoit Abbé de S. Vincent de Laon. S. <i>Anselme</i> Abbé du monastère du Bec fut Archeveque de Cantorbery.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2104" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANSETTES" />
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    <head>ANSETTES</head>
    <p>
    ANSETTES , s. m. Petit anse. <i>Ansula.</i> Les Orfèvres appellent <i>ansettes,</i> les anses d'une tasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2105" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ANSETTES" />
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    <head>ANSETTES</head>
    <p>
    ANSETTES . Terme de Marine . Voyez <ref type="search" target="head:ANCETTES">ANCETTES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2106" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ANSPECT" />
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    <head>ANSPECT</head>
    <p>
    ANSPECT , s. m. Terme de Marine . C'est un levier <i>Vectis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2107" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANSPESADE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>ANSPESADE</head>
    <p>
    ANSPESADE , s. m. Bas Officier d'Infanterie qui est au-dessous du Caporal, qui est pourtant au nombre des hautes payes. Il y a quatre ou cinq <i>Anspesades</i> par Compagnie. Les <i>Anspesades</i> sont exemts de faction. Ce mot vient de l'Italien <i>lança spezzada</i>, ou <i>lance rompue.</i> C'étoit autrefois un Gendarme ou Cavalier démonté, qui n'ayant plus moyen de servir dans la Gendarmerie, demandoit une place honorable dans l'Infanterie, où on le faisoit servir avec quelque distinction de paye, ou de service, au-dessus des simples fantassins ; mais au-dessous des Officiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2108" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANSTAISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ANSTAISE</head>
    <p>
    ANSTAISE , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Anastasius.</i> S. <i>Anstaise</i> fut Evêque de Sens au dixième siècle. M. Châtelain met <i>Anastase</i> dans sa traduction du Martyrologe, &amp; <i>Anastaise</i> dans ses notes 7. Janvier p. 121.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2109" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTA" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ANTA</head>
    <p>
    ANTA , s. m. C'est le nom d'un animal du Paraguay. Il est semblable à un âne, à cela près qu'il a les oreilles fort petites ; il a une trompe d'une palme de long, qu'il allonge &amp; qu'il retire comme l'Elephant, &amp; dont il semble qu'il se sert à respirer. Il a à chaque pied de devant &amp; de derrière trois ongles. Les gens de guerre font de sa peau des espèces de casques qui sont à l'épreuve des flèches, &amp; quelquefois même des coups de feu : leur chair est fort bonne, &amp; semblable à celle de vache. Le jour ils broutent l'herbe, &amp; la nuit ils mangent du limon salé, &amp; dans certains parages on en voit une très-grande quantité. Les Chasseurs se rendent la nuit dans les endroits où il y a de ce limon, &amp; quand ils les sentent approcher, ils découvrent tout d'un coup un flambeau allumé qui les éblouit, &amp; donne par-là lieu de les tuer. Ce jeu continue toute la nuit ; le lendemain matin ils suivent les pistes, &amp; trouvent ces animaux morts à quelques pas de l'endroit. La corne ou les ongles de cet animal, principalement celle du pied gauche de devant, sont souveraines contre le venin ; &amp; l'expérience a fait observer souvent, que quand il se sent atteint de la mort, il se jette sur ce pied gauche, &amp; en applique l'ongle sur son coeur. C'est ce qu'en rapporte le P. Antonio Ruiz Jésuite dans sa <i>Conquista Espiritual de Paraguay.</i> Il y a aussi des <i>Anta</i> dans le Brésil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2110" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTAGONISTE" />
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    <head>ANTAGONISTE</head>
    <p>
    ANTAGONISTE , s. m. Celui qui est d'un parti opposé sur quelque contestation. <i>Aemulus, adversarius.</i> Ce Seigneur vous conteste cette charge, ce gouvernement, cette terre ; vous avez là un dangereux <i>antagoniste.</i> Cardan avoit un redoutable <i>antagoniste</i> en la personne de Scaliger ; il le contrarioit en toutes choses.</p><p>On appelle en Médecine muscles <i>antagonistes,</i> ceux qui ont des fonctions contraires, comme le releveur &amp; l'abaisseur des yeux ; ils les font mouvoir l'un en haut, &amp; l'autre en bas. On les appelle <i>antagonistes,</i> parce qu'ils semblent se combattre. Ce mot vient du Grec , <i>contrà luctor, je combats contre quelqu'un.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2111" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTAMBA" />
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    <head>ANTAMBA</head>
    <p>
    ANTAMBA , s. m. Bête féroce de l'Isle de Madagascar. Elle ressemble à un léopard. Elle habite dans les montagnes, d'où elle ne descend que pour déchirer les hommes &amp; les animaux qu'elle rencontre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2112" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTAN" />
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    <head>ANTAN</head>
    <p>
    ANTAN , s. m. L'année précédente. <i>Annus superior.</i> Il n'est en usage qu'en ces phrases : Des neiges d'<i>antan.</i> Une figue d'<i>antan.</i> Ce mot vient de <i>ante annum</i>. Nicod. Il est tout-à-fait bas &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2113" id="1" type=" & figure de rhetorique">
   <index type="head" value="ANTANACLASE" />
   <index type="src_domain" value=" & figure de rhetorique" />
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    <head>ANTANACLASE</head>
    <p>
    ANTANACLASE , s. f. <i>Antanaclasis.</i> Terme &amp; figure de Rhétorique . C'est la répétition du même mot, mais pris en différens sens. Ce mot est Grec, &amp; signifie proprement Répercussion, de , <i>repercutio.</i> Quintilien a usé de ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2114" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="ANTANAIRE" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ANTANAIRE</head>
    <p>
    ANTANAIRE , adj. m. Terme de Fauconnerie , qui se dit <pb n="253" facs="bpt6k8542165/f293/full/1200,/0/native.jpg"/>de l'oiseau qui a le pennage de l'année précédente sans qu'il ait mué, comme qui diroit, <i>pennage d'antan. Prioris anni pennis amictus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2115" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTARES" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ANTARES</head>
    <p>
    ANTARES . Nom que les Astronomes donnent au coeur du Scorpion, l'un des 12. signes du Zodiaque. <i>Cor Scorpionis.</i> C'est une étoile fixe de la première grandeur. Sa longitude est 245d. 13'. &amp; sa latitude 4d. 27'. Harris. Nous avons déterminé le lieu de la Lune, par sa conjonction avec <i>Antares,</i> ou le coeur du Scorpion. P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2116" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="ANTARCTIQUE" />
   <index type="src_domain" value="astronomie" />
   <index type="macro_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ANTARCTIQUE</head>
    <p>
    ANTARCTIQUE , adj. Terme d'Astronomie . C'est l'épithète du pole Méridional, qui est opposé au pole Arctique, on Septentrional. <i>Polus antarcticus, Polus austrinus.</i> Les étoiles voisines du pole <i>Antarctique</i> ne paroissent jamais sur notre horison. On a découvert plusieurs constellations nouvelles vers le pole <i>Antarctique.</i> Ce mot vient de , <i>contre,</i> &amp; , <i>ourse,</i> parce que c'est le pole opposé à celui que nous voyons, qui s'appelle <i>arctique</i> à cause que l'ourse, en Grec , en est la constellation la plus proche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2117" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTE" />
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    <head>ANTE</head>
    <p>
    ANTE . Voyez <ref type="search" target="head:ENTE">ENTE</ref>. Autrefois ce mot <i>Ante</i> se disoit pour <i>tante, amita.</i> Ce mot vient d'<i>antiqua</i>, selon Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2118" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="ANTÉCÉDEMMENT" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
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    <head>ANTÉCÉDEMMENT</head>
    <p>
    ANTÉCÉDEMMENT , adv. Terme dogmatique , qui ne se dit qu'en Théologie, quand on parle de l'ordre des decrets de Dieu. Il y a des Théologiens qui tiennent que Dieu prédestine à la gloire <i>antécedemment</i> aux mérites ; c'est-à-dire, que la prédestination à la gloire précède la prévision des mérites. Il est opposé à <i>consequemment.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2119" id="1" type="logique">
   <index type="head" value="ANTECEDENT" />
   <index type="src_domain" value="logique" />
   <index type="macro_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ANTECEDENT</head>
    <p>
    ANTECEDENT , s. m. &amp; adj. Terme de Logique . C'est la première proposition d'un enthymème, ou d'un argument qui n'a que deux membres. <i>Antecedens, prior propositio enthymematis.</i> On s'en sert aussi au Palais, &amp; dans le dogmatique, en parlant des choses passées ; &amp; alors il est adjectif, comme les siècles <i>antécédens.</i> On dit au Palais, il y a deux jugemens <i>antécedens</i> ; pour dire, précédens. On s'en sert aussi en Théologie : Si la volonté est portée au bien par une nécessité <i>antécédente,</i> la liberté n'est plus qu'une chimère, puisque la volonté ne peut plus choisir. Le P. Dechamps. Un decret <i>antécédent</i> est un decret de Dieu qui précède un autre decret, ou une action de la créature, ou la prévision de cette action. La prédestination à la grace se fait par un decret, ou est un decret <i>antécédent</i> aux mérites, ou à la prévision des mérites. C'est un article de foi ; mais il n'est pas de foi que la prédestination à la gloire soit un decret <i>antécédent</i> à la prévision des mérites. Bien des Théologiens tiennent le contraire. De même, volonté <i>antécédente</i> est une volonté qui précède en Dieu une autre volonté, ou quelque connoissance ou prévision. Dieu par une volonté sincère, mais <i>antécédente,</i> veut sauver tous les hommes ; c'est-à-dire, que la volonté sincère que Dieu a de sauver tous les hommes, précède, &amp; ne suppose point encore en lui la connoissance de leurs mérites ou démérites, de leurs vertus ou de leurs crimes. Elle seroit injuste par rapport à tous ceux qu'il prévoiroit devoir mourir dans le crime. Au reste, ces termes ne s'entendent par rapport à Dieu que d'un ordre de nature, &amp; non point d'un ordre de succession &amp; de temps : l'infinie perfection de la nature de Dieu fait qu'il voit &amp; prévoit tout en même temps, &amp; qu'il veut de même, &amp; non point successivement l'un après l'autre, comme nous ; mais cela n'empêche pas que Dieu ne veuille l'un à cause de l'autre, qu'il n'ait pas une telle volonté à cause d'une telle connoissance ou prévision ; ou qu'au contraire indépendamment d'une telle connoissance, ou prévision, il veuille telle chose, comme si cette prévision n'étoit point encore en lui. C'est là l'ordre de nature, ainsi que les Théologiens l'appellent, &amp; le sens dans lequel il faut prendre le terme d'<i>antécédent</i> quand on parle de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2119" id="2" type="mathematique">
   <index type="head" value="ANTECEDENT" />
   <index type="src_domain" value="mathematique" />
   <index type="macro_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>ANTECEDENT</head>
    <p>
    Antécédent , s. m. En termes de Grammaire , se dit des noms &amp; des pronoms, quand ils précèdent &amp; régissent le relatif <i>qui.</i> Ainsi dans ces deux phrases, <i>Dieu qui peut tout. Celui qui vous a dit telle chose,</i> Dieu, &amp; Celui, sont les <i>antécédents,</i> &amp;, qui, est le relatif. Acad. Fr.</p><p><i>Antécédent,</i> en termes de Mathématique , se dit du premier des deux termes d'une comparaison de nombre par opposition à <i>conséquent,</i> qui est le second. Acad. Fr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2120" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTECESSEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ANTECESSEUR</head>
    <p>
    ANTECESSEUR , s. m. Professeur, ou Lecteur de Droit dans une Université. <i>Antecessor.</i> Ce terme n'est guère usité que dans les Ecoles de Droit. Ce mot vient du Latin <i>antecessor</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2121" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTECHRIST" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ANTECHRIST</head>
    <p>
    ANTECHRIST , s. m. Tyran qui doit regner sur la terre. <i>Antichristus.</i> L'Ecriture nous aprend que l'<i>Antechrist</i> doit établir son trône dominant à Babylone. Boss. Tous les Pères, sans en excepter un seul, ont crû que l'<i>Antechrist</i> seroit un seul homme ; qu'à la vérité il auroit plusieurs précurseurs ; mais ils conviennent que l'<i>homme de péché,</i> le <i>fils de perdition,</i> ou ce qui est la même chose, l'<i>Antechrist</i> viendra à la fin du monde, pour faire la dernière épreuve des Elus, &amp; l'exemple le plus éclatant de la vengeance de Dieu avant le Jugement prochain. Les Protestans appliquent faussement à l'Eglise Romaine, &amp; au Pape, qui en est le Chef, tous les traits &amp; tous les caractères que l'Apocalypse a attachés à l'<i>Antechrist.</i> Ainsi selon eux l'<i>Antechrist</i> seroit plutôt un corps d'Eglise corrompue, &amp; une longue suite de Papes persécuteurs, qu'un homme particulier. Id. Ce qui ne peut s'accorder ni avec l'Ecriture ni avec les Pères. Ce fut dans le Synode de Gap tenu en 1603. qu'ils remuèrent cette question ; &amp; il y fut résolu d'insérer un article dans leur confession de foi, par lequel le Pape étoit déclaré l'<i>Antechrist.</i> Le Pape Clément VIII. en fut piqué au vif, &amp; Henri IV. se trouva offensé de ce que les Réformés l'avoient par là déclaré un suppôt de l'<i>Antechrist.</i> Benoit. La doctrine de l'<i>Antechrist</i> est méprisée dans la Réforme. Boss. Grotius a soutenu que Caligula étoit l'<i>Antechrist.</i> Malvenda, Dominicain Espagnol, a fait un gros &amp; savant ouvrage de l'<i>Antechrist. De Antichristo,</i> qui comprend 13. Livres en deux Tomes. Dans le premier Livre il rapporte les sentimens des Pères sur l'<i>Antechrist :</i> dans le second il traite du temps qu'il paroîtra, &amp; il montre que tous les Pères ont enseigné que ce ne seroit qu'à la fin du monde, &amp; que ceux qui ont crû qu'il alloit paroître de leur temps, croyoient en même temps être à la fin du monde. Dans le 3e il traite de son origine, &amp; montre qu'il sera Juif, &amp; de la Tribu de Dan, à ce qu'il prétend, fondé 1°, sur le sentiment unanime des Pères, dont il rapporte les autorités. 2°, sur la Gen. XLIX. 17. où Jacob mourant dit de Dan : <i>Dan est un serpent dans le chemin, un Céraste dans le sentier,</i> &amp;c. 3°, sur Jérémie VIII. 16. où il prédit, que les armées de Dan dévoreront la terre, &amp;c. Et 4°, enfin sur ce que S. Jean, dans le ch. VII. de l'Apocalypse, faisant l'énumération des Tribus d'Israël ne parle point de celle de Dan. Dans le 4e &amp; le 5e, il parle des signes de l'<i>Antechrist</i> ; dans le 6e, de son regne &amp; de ses guerres ; dans le 7e, de ses vices ; dans le 8e, de sa doctrine &amp; de ses miracles ; dans le 9e, de ses persécutions ; dans les autres de la venue d'Elie &amp; d'Enoch, de la conversion des Juifs, du regne de Jesus-Christ ; &amp; enfin de la mort de l'<i>Antechrist</i> après trois ans &amp; demi de regne, &amp; de ce qui la suivra.</p><p>On appelle figurément <i>Antechrists,</i> les persécuteurs de l'Eglise &amp; de la saine doctrine. <i>Ecclesiae vexator.</i> Il viendra des <i>Antechrists</i> qui tâcheront de séduire les Fidèles.</p><p>On dit aussi en badinant des enfans acariâtres, que ce sont des petits lutins, des <i>Antechrists.</i> Il n'y a que le plus bas peuple qui parle ainsi dans l'emportement &amp; dans la colère.</p><p>Ce mot vient de , &amp; de .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2122" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTE-EVANGELIUM" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ANTE-EVANGELIUM</head>
    <p>
    &#9758; ANTE-EVANGELIUM , s. m. Terme particulier au Diocèse d'Angers. C'est une antienne que le Diacre entonne à l'autel, avant que de partir pour aller chanter l'Evangile. C'est ordinairement l'antienne de <i>Benedictus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2123" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTENALE" />
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    <head>ANTENALE</head>
    <p>
    ANTENALE , s. m. Espèce d'oiseau de mer que l'on trouve vers le Cap de bonne Espérance. Les <i>Antenales</i> ont sous les plumes un duvet semblable à une laine très-fine, dont l'on se sert comme d'un remède souverain contre la foiblesse &amp; l'indigestion de l'estomac, pour l'échauffer, &amp; pour le fortifier. Wicqf. <i>Amb. de Figue.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2124" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ANTENNE" />
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    <head>ANTENNE</head>
    <p>
    ANTENNE , s. f. VERGUE ou VERGHE. Terme de Marine . C'est la pièce de bois suspendue à une poulie qui croise le mât à angles droits, à laquelle la voile est attachée. <i>Antenna. Antenne</i> se dit sur la Méditerrannée, &amp; <i>Vergue</i> ou <i>Verghe.</i> sur l'Océan. La grande <i>antenne</i> ou <i>vergue.</i> Ce mot vient de la préposition <i>antè</i>. Les <i>antennes</i> ne servent qu'à pousser le navire en avant.</p><p><i>Antennes de beille,</i> sont des <i>antennes</i> qui sont en réserve en cas que celles qui servent, se rompent ou s'usent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2125" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTENNES" />
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    <head>ANTENNES</head>
    <p>
    &#9758; ANTENNES , plur. Ce sont des espèces de cornes que quelques insectes portent sur la tête. Les <i>Antennes</i> des papillons sont deux espèces de cornes qu'ils portent sur la tête, mais qui diffèrent cependant des vraies cornes, en ce que celles-là sont mobiles sur leurs bases, qu'elles ont dans toute leur longueur quelquefois jusqu'à 45. articulations qui leur permettent de se courber, de se contourner, de s'incliner en divers sens. Il y a des <i>antennes</i> à masse ou à boutons, ainsi nommées à cause de la figure de leurs têtes, celles en massue plus courtes communément que les précédentes, <i>antennes</i> prismatiques, <i>antennes</i> à filets coniques &amp; grainés, parce qu'elles ne sont qu'une suite de plusieurs grains rangés les uns au bout des autres. &amp;c. Reaumur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2126" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ANTÉPÉNULTIÈME" />
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    <head>ANTÉPÉNULTIÈME</head>
    <p>
    ANTÉPÉNULTIÈME , adj. m. &amp; f. Terme de Grammaire . C'est la troisième syllabe d'un mot en commençant à compter par la dernière. <i>Tertius ab extremo, Antepenultimus.</i> Les Grecs mettent des accens aigus sur l'<i>antepénultième.</i> Un dactyle a son <i>antépénultième</i> longue. On le dit aussi en matière de rang. Cet écolier est l'<i>antépénultième</i> de la seconde décurie. C'est l'<i>antépénultième</i> vers du second livre de ce Poëme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2127" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTER" />
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    <head>ANTER</head>
    <p>
    ANTER . Voyez <ref type="search" target="head:ENTER">ENTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2128" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ANTÉRIEUR, EURE" />
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    <head>ANTÉRIEUR, EURE</head>
    <p>
    ANTÉRIEUR, EURE , adj. Terme de Palais . Ce qui est devant, eu égard au temps. <i>Prior, antiquior, anterior. Antérieur</i> en date. <i>Anterieur</i> en hypothèque. On ne peut penser sans frémir, que Dieu, par un decret <i>antérieur,</i> ait résolu de rendre presque tous les hommes malheureux. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2128" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANTÉRIEUR, EURE" />
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    <head>ANTÉRIEUR, EURE</head>
    <p>
    Antérieur . Ce qui est devant, eu égard au lieu ou à la situation. <i>Prior.</i> Ainsi on dit la partie <i>antérieure</i> de la tête.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2129" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTÉRIEUREMENT" />
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    <head>ANTÉRIEUREMENT</head>
    <p>
    ANTÉRIEUREMENT , adv. Auparavant. <i>Priùs, antè.</i> Il a été colloqué en ordre <i>antérieurement</i> à vous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2130" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTÉRIORITÉ" />
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    <head>ANTÉRIORITÉ</head>
    <p>
    ANTÉRIORITÉ , s. f. Priorité de date, d'hypothèque. <i>Temporis antecessio.</i></p><p>Tous ces mots viennent du Latin <i>anterior,</i> qui est formé de la préposition <i>antè, devant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2131" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTEROS" />
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    <head>ANTEROS</head>
    <p>
    ANTEROS , s. m. <i>Anteros.</i> Ce nom est Grec &amp; vient de , <i>contre,</i> &amp; , <i>amour,</i> &amp; signifie <i>contre amour,</i> non pas dans le sens d'opposition &amp; de contrariété ; mais dans le sens de retour, ou d'amour mutuel &amp; réciproque : <i>Antéros étoit</i> une divinité payenne, fils de Mars &amp; de Vénus. Cicéron en parle <i>L. III. de nat Deor.</i> &amp; Pausanias <i>L. I. p.</i> 29. Les Poëtes, pour marquer que le retour fait croître l'amour, ont feint que Vénus voyant que Cupidon ne croissoit point, consulta Thémis, qui lui répondit qu'il falloit lui donner un frère, dont l'amour réciproque le fit croître ; ce qui arriva après qu'elle eut eu de Mars <i>Antéros.</i> Il paroît pourtant qu'au moins à Athènes <i>Antéros</i> étoit regardé comme le génie ou le Dieu vengeur d'un amour méprisé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2132" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTES" />
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    <head>ANTES</head>
    <p>
    ANTES , s. m. Pilastres que les Anciens mettoient au coin des murs des temples, ou aux coins des édifices. <i>Antae.</i> Les <i>Antes,</i> ou pilastres, sortent du mur, &amp; ont une saillie d'une huitième partie de leur front, quand il n'y a point d'ornement sur le mur qui ait plus de saillie. La saillie du pilastre doit égaler celle des ornemens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2133" id="1" type="fortification">
   <index type="head" value="ANTESTATURE" />
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    <head>ANTESTATURE</head>
    <p>
    ANTESTATURE , s. f. Terme de fortification . C'est une traverse, ou petit retranchement fait avec des palissades, ou des sacs à terre, dont on se couvre à la hâte pour conserver, ou disputer le reste d'un terrein, dont l'ennemi a gagné quelque partie.</p><p>Ce mot vient de <i>antè stare, être devant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2134" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTEVORTE" />
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    <head>ANTEVORTE</head>
    <p>
    ANTEVORTE , s. f. <i>Antevorta.</i> Déesse des Romains. C'étoit la connoissance des choses passées, comme <i>Postvorte</i> étoit la connoissance ou la prévoyance des futures, qu'ils avoient divinisées, &amp; dont ils faisoient les compagnes de la Divinité. <i>Macrob. L. I. Saturn. c.</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2135" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ANTHELIX" />
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    <head>ANTHELIX</head>
    <p>
    ANTHELIX . Terme d'Anatomie . Le circuit extérieur de l'oreille se nomme <i>Helix</i> ; l'intérieur qui lui est opposé, <i>Anthelix.</i> Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2136" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="ANTHERA" />
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    <head>ANTHERA</head>
    <p>
    ANTHERA , s. f. Terme de Pharmacie . Le jaune qui est au milieu de la rose. Elle est astringente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2137" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHESPHORIES" />
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    <head>ANTHESPHORIES</head>
    <p>
    ANTHESPHORIES , s. f. &amp; pl. Ce nom est Grec, composé de , <i>fleur,</i> &amp; , <i>je porte.</i> C'est le nom d'une fête que l'on célébroit en Sicile en l'honneur de Proserpine, &amp; qui s'appelloit ainsi, parce que cette Déesse fut ravie par Pluton, lorsqu'elle cueilloit des fleurs dans la campagne ; c'est ce que rapporte Ovide, <i>Met. Liv. V.</i> 391. Claudien, <i>Liv. II. de Rapt. Proserp. V.</i> 122. &amp;c. Il semble que les <i>Anthesphories</i> soient la même chose que le Florisertum des Latins. Cependant Festus ne rapporte point cette fête à Proserpine, &amp; il dit qu'on la nomme ainsi, parce qu'on porte ce jour-là des épis au Temple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2138" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHESTÉRIES" />
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    <head>ANTHESTÉRIES</head>
    <p>
    ANTHESTÉRIES , s. plur. &amp; f. <i>Anthesteria.</i> C'est le nom d'une fête que célébroient les Athéniens en l'honneur de Bacchus. Quelques-uns disent qu'elle prenoit son nom du mois <i>Anthestérien</i> dans lequel on la célébroit. D'autres prétendent que ce n'étoit point une fête particulière, mais que toutes les fêtes de Bacchus s'appelloient <i>Anthestéries.</i> C'est le sentiment d'Apollodore cité par le Scholiaste d'Aristophane. Quelques-uns prononcent &amp; écrivent <i>Anthistéries,</i> c'est une faute. Il est plus naturel de dériver le mot <i>Anthestéries</i> d', <i>flos,</i> fleur, parce que l'on portoit alors des couronnes de fleurs à Bacchus. Les <i>Anthestéries</i> duroient trois jours, l'onzième, le douzième &amp; le treizième du mois ; chacun de ces jours avoit un nom, qui avoit rapport à ce qu'on faisoit ce jour-là. Le premier jour de la fète, ou l'onzième du mois, s'appelloit ; c'est-à-dire ; <i>ouverture de tonneaux</i> : ce jour-là on ouvroit les tonneaux &amp; on goûtoit le vin. Le second jour de la fête &amp; le douzième du mois s'appelloit , <i>congii, le congius</i> ; c'étoit une mesure qui contenoit le poids de dix livres, nous dirions <i>les bouteilles</i> ; ce jour-là on buvoit le vin qu'on avoit préparé la veille. Le troisième jour de la fête, ou le treiziéme du mois s'appelloit , <i>les marmites</i> ; ce jour-là on faisoit cuire dans des marmites toutes sortes de légumes, auxquels on ne touchoit point, parce qu'ils étoient offerts à Mercure. Voyez Meursius, dans son Livre intitulé <i>Graecia seriata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2139" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHOLOGE" />
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    <head>ANTHOLOGE</head>
    <p>
    ANTHOLOGE . C'est le nom d'un livre Ecclésiastique qui est en usage chez les Grecs. Ils le nomment en leur langue , <i>Anthologion</i> ; &amp; c'est ce que nous appellons en Latin <i>florilegium,</i> &amp; par un semblable mot nous disons en notre langue <i>fleurs des Saints.</i> En effet c'est un recueil des principaux offices qui sont en usage dans l'Eglise Grecque. Il contient les offices de Jesus-Christ, de la Sainte Vierge &amp; des plus célèbres Saints. On y trouve de plus certains offices communs des Prophètes, des Apôtres, des Martyrs, des Pontifes, des Confesseurs. Leo Allatius, qui a parlé de ce Livre dans sa première dissertation <i>sur les Livres Ecclésiastiques des Grecs,</i> dit qu'il n'a été composé que par un motif de gain : <i>Liber lucri causa excogitatus.</i> La raison qu'il en apporte, c'est qu'à la réserve de quelques nouveautés qu'on a ajoûtées, il ne contient rien qui ne se trouve dans les Menées &amp; dans les autres Livres Ecclésiastiques des Grecs. Quoique cet ouvrage fût peu de chose dans les commencemens, c'est aujourd'hui un assez gros Livre, qui s'est augmenté peu à peu selon la fantaisie de ceux qui ont pris soin de le publier. Il est présentement intitulé, <i>Anthologe de toute l'année, qui contient quelques autres offices nécessaires, &amp; des explications qui n'étoient point dans les Anthologes précédens.</i></p><p>Outre cet <i>Anthologe</i> qui est à l'usage des Eglises Grecques, Antoine Arcudius en a publié un nouveau sous le titre de <i>nouvel Anthologe,</i> ou <i>florilége,</i> qui a été imprimé à Rome <i>in</i> 4°. en 1598. Le dessein d'Arcudius étoit de mettre en abrégé l'ancien <i>Anthologe</i> que les Prêtres &amp; les Moines Grecs qui doivent réciter le Bréviaire ne pouvoient porter dans leurs voyages, parce qu'il est trop gros. Il entreprit cet ouvrage par l'ordre du Cardinal Sanctorius protecteur des Grecs, afin que ceux qui ne peuvent pas réciter l'office dans le Choeur, pussent par ce moyen satisfaire à leur devoir. Mais si on excepte quelques Moines Grecs d'Italie qui s'en servent, parce qu'ils n'en ont point de meilleur ni de plus commode, il a été rejetté généralement comme un ouvrage inutile. Allatius condamne Arcudius, qu'il accuse d'avoir changé ce qui étoit ancien, &amp; d'avoir ajoûté plusieurs choses nouvelles, d'avoir fait plusieurs mélanges ridicules, &amp; qui ne pouvoient être du goût des Grecs, sur-tout de ceux qui ont quelque Littérature.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2140" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHOLOGIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ANTHOLOGIE</head>
    <p>
    ANTHOLOGIE , s. f. <i>Anthologia.</i> On a donné ce nom à un Recueil d'épigrammes de divers Poëtes Grecs.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>fleur,</i> &amp; , <i>je recueille.</i></p><p>&#9758; Le fameux vers Grec de l'<i>Anthologie</i> à la louange d'Homère étoit au bas d'une Statue d'Apollon. Mr Despreaux <pb n="255" facs="bpt6k8542165/f295/full/1200,/0/native.jpg"/>épigr. 39. l'a traduit, ou pour mieux dire, paraphrasé dans un dizain. Mais cette traduction au sentiment des connoisseurs, est négligée &amp; languissante. En voici une par Mr le President Bouhier, qui est bien plus noble &amp; bien plus concise. Il suppose, comme il y a beaucoup d'apparence, qu'Apollon dans sa Statue avoit la main sur l'Iliade &amp; l'Odyssée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2141" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="ANTHORA" />
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    <head>ANTHORA</head>
    <p>
    ANTHORA . Terme de Botanique . <i>Aconitum salutiferum,</i> ou <i>Anthora.</i> Espèce d'aconit à fleurs jaunes. Ses feuilles sont finement découpées, &amp; ses racines sont de petits navets bruns, fort acres &amp; employés dans les Orviétans, &amp; les autres compositions alexipharmaques. On a cru faussement que cette plante étoit le contrepoison de la plante appellée Thora. <i>Anthora quasi anti Thora.</i> Il est faux que ces deux plantes croissent toujours l'une auprès de l'autre. Les Cathaiens l'appellent Maberdin. Les Arabes &amp; les Persans lui ont donné le nom de <i>Geduar</i> &amp; <i>Zeduar,</i> d'où s'est formé celui des boutiques <i>Zedoaria.</i> Mais il faut remarquer que notre <i>Zedoaria</i> n'est pas la veritable, ni celle dont nous parlons ; mais une plante différente que les Arabes appellent <i>Zurumbad.</i> d'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2142" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHOXA" />
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    <head>ANTHOXA</head>
    <p>
    ANTHOXA . <i>Gasp. Bauhin.</i> C'est une espèce d'aconit ; sa tige est haute d'un pied &amp; demi, anguleuse, ferme, garnie de beaucoup de feuilles rondes, découpées en lanieres &amp; ressemblantes au pied d'alouette, d'un goût amer. Ses fleurs naissent au haut de sa tige en matière d'épi ; chacune d'elles représente une tête couverte d'un heaume de couleur de jaune pâle. Sa racine est composée de deux navètes de la figure des olives, de couleur brune ou jaunâtre, blanche en dedans, d'un goût amer. Cette plante croît sur les montagnes, comme les Alpes. Sa racine est bonne contre la rage &amp; morsure des bêtes venimeuses, &amp; est le contrepoison du napel ou de l'aconit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2143" id="1" type="medecine, & d'oculiste">
   <index type="head" value="ANTHRACOSE" />
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    <head>ANTHRACOSE</head>
    <p>
    ANTHRACOSE , s. fem. <i>Anthracosis.</i> Terme de Médecine, &amp; d'Oculiste. Maladie de l'oeil. C'est un ulcère dans l'oeil, qui est corrosif &amp; couvert d'écaille, avec une enflure générale, principalement des parties qui sont autour de l'oeil. Ce mot est Grec, , &amp; signifie une inflammation en forme de charbon : signifie <i>Charbon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2144" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ANTHRAX" />
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    <head>ANTHRAX</head>
    <p>
    ANTHRAX , s. m. Terme de Médecine . <i>Anthrax, carbo, carbunculus, pruna.</i> C'est une tumeur entourée de plusieurs boutons ardents, &amp; fort aigres, qui cause des douleurs fort aiguës ; &amp; quand il s'étend, il brule les chairs, &amp; les fait tomber par morceaux, quand il est pourri, &amp; laisse un ulcère après soi, comme si elles avoient été brûlées avec un fer. <i>Harris d'après Blanchard.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2145" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHROPOLOGIE" />
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    <head>ANTHROPOLOGIE</head>
    <p>
    ANTHROPOLOGIE , s. f. Discours sur l'homme ou sur le corps humain ; terme d'Anatomiste composé d', <i>homme,</i> &amp; de , <i>discours.</i> La science qui nous conduit à la connoissance de l'homme, s'appelle <i>Anthropologie.</i> Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2145" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANTHROPOLOGIE" />
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    <head>ANTHROPOLOGIE</head>
    <p>
    Anthropologie , s. f. <i>Anthropologia.</i> Terme de Théologie , qui se dit de la manière de parler de la Sainte Ecriture, lorsqu'elle parle de Dieu comme des hommes, en lui attribuant des yeux, des mains, &amp;c. des sentimens de douleur, de compassion, &amp;c. Tout cela se dit de Dieu par <i>Anthropologie,</i> &amp; marque seulement l'effet, ou la chose que Dieu fait, comme s'il avoit les sentimens qu'ont les hommes, ou un corps comme les hommes. L'<i>Anthropologie</i> est nécessaire en parlant de Dieu, pour faire comprendre au peuple bien des choses qu'il ne concevroit point sans cela.</p><p>Ce mot est Grec ; composé d', <i>homme,</i> &amp; de , <i>discours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2146" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHROPOMANTIE" />
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    <head>ANTHROPOMANTIE</head>
    <p>
    ANTHROPOMANTIE , s. f. <i>Anthropomantia.</i> C'est une espèce de divination ; elle se fait par l'inspection des entrailles d'un enfant ou d'un homme mort. Ce mot vient d', <i>homme,</i> &amp; de , <i>divination.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2147" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHROPOMORPHITE" />
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    <head>ANTHROPOMORPHITE</head>
    <p>
    ANTHROPOMORPHITE , s. m. &amp; f. Qui attribue à Dieu une forme humaine. <i>Anthropomorphita.</i> Nom d'anciens Hérétiques, qui par une trop grande simplicité prenant à la lettre tout ce qui est dit de Dieu dans l'Ecriture Sainte, lui attribuoient de véritables membres, des bras, des mains ; &amp; ils prétendoient être fondés sur un grand nombre de passages de l'Ecriture ; &amp; entr'autres sur celui du commencement de la Genèse où il est dit, que Dieu fit l'homme à son image. S. Epiphane réfute au long ces Sectaires, qui étoient la plupart des Moines ignorans, dans l'hérésie des Audiens, dont le Chef étoit un certain Audius, qui vivoit vers le temps d'Arius.</p><p>C'est de leur erreur que leur venoit leur nom, qui est Grec formé d', <i>homme,</i> &amp; de , ainsi le mieux seroit d'écrire <i>Anthropomorphite,</i> qui signifie cela. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiphane <i>Haeres.</i> 70. &amp; S. Aug. <i>Haer.</i> 50. Cette Hérésie étoit si grossière qu'elle ne dura pas long-temps ; cependant au Xe siècle il parut encore quelques <i>Anthropomorphites.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2148" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHROPOPATHIE" />
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    <head>ANTHROPOPATHIE</head>
    <p>
    ANTHROPOPATHIE , s. f. Figure, ou expression, discours par lequel on attribue à Dieu ce qui ne convient qu'à l'homme. L'<i>Antropopathie</i> est à peu près la même chose que l'Anthropologie. Cependant, à proprement parler, elle en devroit différer comme l'espèce du genre ; ensorte qu'Anthropologie se dît de tout discours dans lequel on attribue à Dieu ce qui convient à l'homme, soit sentimens, soit parties du corps, &amp;c. Et que l'<i>Anthropopathie</i> se dît seulement des passions, sensations, ou sentimens humains attribués à Dieu ; mais dans l'usage on confond ces deux mots.</p><p><i>Anthropopatbie</i> vient du Grec , <i>homme,</i> &amp; , <i>affection, sentiment, passion.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2149" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHROPOPHAGE" />
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    <head>ANTHROPOPHAGE</head>
    <p>
    ANTHROPOPHAGE , adj. &amp; s. m. &amp; fém. Qui mange les hommes. <i>Antropophagus.</i> Quelques-uns font remonter l'origine des <i>Anthropophages</i> jusqu'au déluge, &amp; attribuent aux Géans le premier exemple de la barbare coutume de se repaître de chair humaine. On prétend que la terre de Chanaan même étoit habitée par des hommes de taille gigantesque, &amp; d'un naturel si farouche, que les cadavres humains étoient leur nourriture ordinaire. Les Historiens parlent des Scythes &amp; des Sauromates qui faisoient de ces horribles repas. Voyez Pline Liv. IV. c. 12. Le même Auteur trouve encore des <i>Anthropophages</i> dans l'Ethiopie ; &amp; Juvenal fait un effroyable récit de la voracité de certains peuples d'Egypte, qui, à la manière des tigres, déchiroient entre leurs dents des corps encore tout fumans. Tite-Live rapporte qu'Annibal faisoit manger de la chair humaine à ses soldats, pour les rendre plus fiers &amp; plus intrépides dans le combat. La partie Australe de l'Afrique est la demeure la plus fameuse des <i>Anthropophages.</i> Il y en a eu dans la Cafrerie &amp; dans le Zanguebar. Vesputius raconte qu'il a vû ces hommes nuds aussi-bien que les femmes, manger indifféremment la chair les uns des autres ; le fils rongeant avidement le cadavre du père, &amp; tirant gloire d'avoir dévoré un plus grand nombre d'hommes. Les Caraibes, &amp; les Cannibales de l'Amérique, ont encore surpassé les autres en férocité. On en a vû qui arrachoient des jeunes enfans du sein de leurs mères, parce qu'ils trouvoient plus de ragoût dans cette chair tendre &amp; nouvelle. Petit. Les Missionnaires vont prêcher l'Evangile jusques chez les <i>Anthropophages.</i> Apparemment que la nature a pétri les nations <i>Anthropophages</i> de la même pâte, dont elle a paîtri les tigres &amp; les lions. S. Evr.</p><p>Dans les premiers siècles de l'Eglise, les Pavens accusoient les Chrétiens d'être <i>Anthropophages,</i> comme il paroît par Tatien, par Tertullien dans son Apologétique chapit. 7. &amp; par Salvien <i>de provid. Liv. IV.</i> Ils disoient que dans leurs mystères les Chrétiens tuoient un enfant, puis le mangeoient. Cette calomnie étoit fondée sur ce qu'ils avoient oui dire du sacrifice de l'Eucharistie &amp; de la Communion : preuve évidente que dans ces temps si voisins des Apôtres, l'Eglise enseignoit sur cela ce que l'Eglise Romaine enseigne encore aujourd'hui.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; composé de , <i>je mange,</i> &amp; d', <i>homme.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2150" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHROPOPHAGIE" />
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    <head>ANTHROPOPHAGIE</head>
    <p>
    ANTHROPOPHAGIE , s. f. <i>Anthropophagia.</i> L'action de manger de la chair humaine. Les Médecins ont crû trouver le principe de l'<i>anthropophagie</i> dans une humeur noire <pb n="256" facs="bpt6k8542165/f296/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; acre, laquelle résidant dans les tuniques du ventricule, produit cette voracité ; &amp; ils apportent plusieurs exemples de cette faim inhumaine. S. Evr. M. Petit a agité la question, si l'<i>anthropophagie</i> est contre la nature.</p><p>On voit par l'origine de tous ces mots, que pour écrire correctement, il faut toujours y mettre une <i>h.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2151" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTHYLLIS" />
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    <head>ANTHYLLIS</head>
    <p>
    ANTHYLLIS , s. m. Plante. <i>Anthyllis.</i> Il y en a de deux sortes : l'une ressemble à la lentille, &amp; l'autre à l'ive muscate. Elles sont propres à consolider les plaies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2152" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTI" />
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    <head>ANTI</head>
    <p>
    ANTI . Cette espèce de préposition se trouve dans plusieurs mots François en deux significations différentes ; car elle signifie quelquefois ce qui est avant, comme <i>antichambre,</i> ce qui est avant la chambre, &amp; pour lors elle vient du Latin <i>ante,</i> avant ; quelquefois elle signifie ce qui est contraire, opposé, &amp; pour lors elle vient du Grec , <i>contrà, contre,</i> comme <i>antipode,</i> celui qui a les pieds opposés aux nôtres. Cette préposition <i>anti</i> souffre élision dans le même mot, lorsqu'elle est suivie d'une voyelle. Ainsi on dit <i>antarchique</i> en François comme en Grec, pour <i>anti-archique,</i> &amp; <i>antarctique,</i> pour <i>anti-arctique.</i></p><p>Outre les mots formés de cette préposition, qui sont dans un usage commun, on en peut également former de nouveaux au besoin. Ainsi dans la querelle pour les Anciens &amp; les Modernes on a dit,</p><p>Les <i>anti</i> parmi les gens de lettres, sont les écrits faits pour répondre à quelqu'un, &amp; qui portent souvent le nom d'<i>anti,</i> avec le nom de ceux auxquels ils répondent. Voyez les <i>Anti</i> de Mr Baillet, &amp; l'<i>Anti-Baillet</i> de Mr Ménage. On a fait aussi <i>Anti Menagiana.</i> César le Dictateur avoit fait des livres pour répondre à ce que Caton lui reprochoit, &amp; il les avoit intitulés <i>Anti-Catones.</i> Cicéron, Juvénal, &amp;c. en ont parlé. Vivès assure qu'il a vu les <i>Anti-Catons</i> dans une ancienne Bibliothèque. Beaucoup d'autres livres, sur-tout depuis le rétablissement des lettres, ont porté pour titre, <i>anti,</i> dans les controverses, tant sur les matières de Religion, que sur celles de pure littérature.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2153" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ANTIADE" />
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    <head>ANTIADE</head>
    <p>
    ANTIADE , s. f. <i>Antias.</i> Terme d'Anatomie . Voyez <ref type="search" target="head:AMYGDALE">AMYGDALE</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2154" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIADIAPHORISTE" />
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    <head>ANTIADIAPHORISTE</head>
    <p>
    ANTIADIAPHORISTE , s. m. &amp; f. <i>Antiadiaphorista.</i> Qui est contraire, ou opposé aux <i>Adiaphoristes.</i> Ce mot est composé de , <i>contre,</i> &amp; d', <i>indifférent.</i> On donna ce nom dans le XVIe siècle aux Luthériens rigides, qui désapprouvoient la Jurisdiction Episcopale, &amp; les cérémonies de l'Eglise, &amp; qui étoient contraires aux Luthériens mitigés, nommés <i>Adiaphoristes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2155" id="1" type="poesie latine">
   <index type="head" value="ANTIBACCHIQUE" />
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    <head>ANTIBACCHIQUE</head>
    <p>
    ANTIBACCHIQUE , s. m. Prononcez <i>Antibacquique. Antibacchius.</i> Terme de Poesie Latine . Ce n'est pas un vers, comme dit M. Harris, mais un pied de trois syllabes, les deux premières longues &amp; la troisième brève, comme <i>cantare, virtute</i> : il est ainsi nommé, parce qu'il est contraire au Bacquique, dont la première est brève &amp; les deux autres longues, <i>egestas.</i> Hephestion l'appelle <i>Palimbacchius,</i> Victorien au contraire dit, que l'<i>antibacquique</i> est composé d'une brève &amp; deux longues, comme <i>lacunas</i> ; l'on voit qu'il appelle <i>Antibacchius</i> ce que les autres appellent Bacchius. Port-R. La méthode de Port-Royal écrit <i>Bacquique</i> &amp; <i>Antibacquique,</i> au lieu de <i>Bacchique</i> &amp; <i>Antibacchique,</i> suivant en cela la prononciation Françoise, &amp; méprisant l'analogie de la racine d'où ce mot est tiré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2156" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTI-CABINET" />
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    <head>ANTI-CABINET</head>
    <p>
    ANTI-CABINET , s. m. Grande pièce entre la salle &amp; le cabinet. <i>Antecedens conclave.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2157" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICAUCASE" />
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    <head>ANTICAUCASE</head>
    <p>
    ANTICAUCASE , s. m. <i>Anticaucasus.</i> Montagne de Séleucie, dont parle Strabon, ainsi appellée d', <i>contre,</i> &amp; <i>Caucasus,</i> Caucase, nom d'une montagne fameuse au Nord du pont-Euxin, comme qui diroit opposé au Caucase.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2158" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICHAMBRE" />
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    <head>ANTICHAMBRE</head>
    <p>
    ANTICHAMBRE , s. f. Chambre qui est auparavant la chambre du maître du logis, ou la principale chambre d'un appartement, où s'arrêtent les domestiques de ceux qui le viennent voir. <i>Procoeton.</i> Il se plaint qu'on l'a laissé attendre une heure dans l'<i>antichambre</i> avant que de parler au maître. Un bel appartement doit avoir <i>antichambre,</i> chambre, &amp; cabinet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2159" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="ANTICHRÈSE" />
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    <head>ANTICHRÈSE</head>
    <p>
    ANTICHRÈSE , s. f. Terme du Droit . Convention par laquelle celui qui emprunte de l'argent, baille en gage un héritage à son créancier, à la charge qu'il en jouisse, &amp; que les fruits lui appartiennent pour l'intérêt de son argent. <i>Antichresis.</i> Cette paction étoit permise par le Droit Romain, qui ne défend pas les usures. Cette espèce de contrat s'appelloit autrefois <i>mort-gage</i> en France, à la différence du simple engagement, qui n'emportoit point gain des fruits, &amp; qui à cause de cela s'appolloit <i>vif-gage.</i> Selon du Moulin, dans son Traité des usures, l'<i>antichrèse</i> est prohibée en France, excepté en quelques Provinces, où ces contrats pignoratifs sont regardés comme des contrats de vente à faculté perpétuelle de rachapt. En 1164. Alexandre III. défendit aux Clercs dans un Concile de Tours de prêter à usure, &amp; ordonna que les fruits des héritages donnés en <i>antichrèse</i> seroient imputés sur le principal. Six ans après le même Pape fit une Decrétale, par laquelle il étendit aux Laïques la défense portée par le Concile de Tours, ainsi l'<i>antichrèse</i> fut défendue à toutes sortes de personnes. Voyez Loiseau, de la distinction des rentes, &amp; du Moulin, traité des usures, quest. 35.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2160" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICHRÉTIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ANTICHRÉTIEN, ENNE</head>
    <p>
    ANTICHRÉTIEN, ENNE , adj. m. &amp; fém. Opposé à la doctrine du Christianisme. <i>Antichristianus, Christianae doctrinae adversarius.</i> L'Apocalypse ne parle point d'une Eglise Chrétienne corrompue, ni d'un Empire spirituel <i>Antichrétien,</i> dont S. Jean annonçoit la ruine. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2161" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICHRISTIANISME" />
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    <head>ANTICHRISTIANISME</head>
    <p>
    ANTICHRISTIANISME , s. m. La doctrine, le regne de l'Antechrist. <i>Adversùs Christianam Religionem rebellio.</i> L'<i>Antichristianisme</i> doit être une apostasie, une abjuration de l'Eglise Chrétienne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2162" id="1" type="geographie">
   <index type="head" value="ANTICHTONE" />
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    <head>ANTICHTONE</head>
    <p>
    ANTICHTONE , s. m. &amp; f. <i>Antichtones.</i> Terme de Géographie . Qui habite une terre opposée à celle qu'habite un autre. Ce mot est Grec formé de , <i>contre,</i> &amp; de <i>terre.</i> Nous entendons aujourd'hui par <i>Antichtone</i> la même chose que par Antipodes ; c'est-à-dire, ceux qui habitent la partie de la terre qui nous est diamétralement opposée. Les Anciens donnoient à ce nom un autre sens. Ils considéroient la terre comme divisée par l'Equateur en deux hémisphères, l'un austral, &amp; l'autre septentrional. Tous ceux qui habitoient dans l'un de ces hémisphères étoient <i>Antichtones</i> par rapport à tous ceux qui habitoient dans l'autre. C'est en ce sens que Mela a pris <i>Antichtone,</i> Liv. I. ch. 1. selon la remarque de Vossius.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2163" id="1" type="chancelerie">
   <index type="head" value="ANTICIPATION" />
   <index type="src_domain" value="chancelerie" />
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    <head>ANTICIPATION</head>
    <p>
    ANTICIPATION , s. f. Action par laquelle on anticipe. <i>Anticipatio. Anticipation</i> en terme de Chancelerie , se dit des Lettres qu'on fait sceller afin de faire assigner un appellant, pour faire juger un appel par lui interjetté, quand il est négligent de le relever.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2163" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANTICIPATION" />
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    <head>ANTICIPATION</head>
    <p>
    Anticipation , signifie aussi, Usurpation faite sur les biens ou sur les droits d'autrui. <i>Usurpatio, Occupatio rei alienae.</i> C'est une <i>anticipation</i> sur mes droits, sur ma terre. Académ. Franç.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2163" id="3" type="">
   <index type="head" value="ANTICIPATION" />
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    <head>ANTICIPATION</head>
    <p>
    Anticipation , est aussi une figure de Rhétorique, par laquelle l'Orateur réfute par avance les choses qui lui peuvent être objectées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2163" id="4" type="">
   <index type="head" value="ANTICIPATION" />
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    <head>ANTICIPATION</head>
    <p>
    Par Anticipation , façon de parler adverb. Par avance. Il s'en est emparé <i>par Anticipation.</i> Acad. Fr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2164" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICIPER" />
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    <head>ANTICIPER</head>
    <p>
    ANTICIPER , v. act. Faire une chose avant le temps. <i>Anticipare, praevenire.</i> Cette dette n'étoit pas encore échue ; il a <i>anticipé</i> le temps du payement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2164" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANTICIPER" />
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    <head>ANTICIPER</head>
    <p>
    Anticiper , signifie aussi, Empiéter, usurper, entreprendre. <i>Invadere, occupare rem alienam.</i> Ce bâtiment <i>anticipe</i> sur mon héritage. Vous <i>anticipez</i> sur les fonctions de ma charge. Il a <i>anticipé</i> la jouissance de cette Ferme, il faut qu'il paye les fruits qu'il a enlevés. <i>Anticiper</i> sur les droits d'autrui. Le Mait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2164" id="3" type="palais">
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    <head>ANTICIPER</head>
    <p>
    Anticiper , en termes de Palais , c'est faire assigner devant un Juge supérieur un appellant qui a interjetté un appel, &amp; qui néglige de relever son appel. <i>Provocatori,</i> ou <i>provocationi antevertere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2164" id="4" type="palais">
   <index type="head" value="ANTICIPER" />
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    <head>ANTICIPER</head>
    <p>
    Anticipé, ee , part. pass. &amp; adj. On dit en termes de Palais l'anticipant, &amp; l'<i>anticipé,</i> comme on dit l'appellant, &amp; l'intimé. <i>Ante occupans, ante occupatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2164" id="5" type="">
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    <head>ANTICIPER</head>
    <p>
    Anticipé, ée , adj. Qui vient avant le temps. <i>Anticipatus.</i> Il n'y a point de peuple qui n'ait une connoissance de Dieu <i>anticipée,</i> &amp; même sans étude. L'espérance est une joie <i>anticipée.</i> M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2165" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICOEUR" />
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    <head>ANTICOEUR</head>
    <p>
    ANTICOEUR , s. m. Maladie de cheval. C'est une tumeur qui se forme à sa poitrine vis-à-vis du coeur. On l'appelle aussi, <i>avant-coeur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2166" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTI-CONSTITUTIONNAIRE" />
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    <head>ANTI-CONSTITUTIONNAIRE</head>
    <p>
    &#9758; ANTI-CONSTITUTIONNAIRE , adj. Mot en usage pour signifier quelqu'un qui est opposé à la Bulle ou Constitution <i>Unigenitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2167" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICOUR" />
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    <head>ANTICOUR</head>
    <p>
    ANTICOUR , s. f. Première cour, qui est suivie d'une autre. <i>Areae vestibulum. Prior area.</i> Dans les belles maisons de campagne il y a des <i>anticours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2168" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTICYRE" />
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    <head>ANTICYRE</head>
    <p>
    ANTICYRE , s. f. <i>Anticyra.</i> Nom propre d'un Isle où il croissoit beaucoup d'excellent Hellébore. <i>Anticyre</i> étoit dans le Golfe appellé autrefois <i>Maliacus,</i> aujourd'hui Golfe de Zeiton. Comme l'Hellébore est propre à purger le cerveau, on disoit proverbialement d'un homme dont la tête n'étoit pas bien réglée, qu'il devoit faire un voyage à <i>Anticyre. Naviget Anticyram.</i> Voyez Horace Liv. II. Sat. III. v. 72. &amp; 164. Ovide <i>De Ponto Liv. IV. v.</i> 53. Perse <i>Sat. IV. v.</i> 16. Le Géographe Etienne dit, que l'<i>Anticyre</i> célèbre pour son Hellébore est une Ville, mais c'est une Isle de l'Archipel, entre celle de Négrepont, &amp; les côtes de Thessalie. Voyez Pline Liv. XXV. ch. 5. Et Horace &amp; Ovide que j'ai cités ne peuvent guères s'entendre que d'une Isle.</p><p>Il y a cependant eu une ville de Phocide nommée <i>Anticyre</i> dans le Golfe de Corinthe à 10. milles de Celphe, au 48e degré 4. minutes de longitude &amp; 39. degrés 5. minutes de latitude. Pline en parle Liv. IV. ch. 3. mais ce n'est point cette Ville qui fut célèbre par l'Hellébore qu'elle produisoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2169" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIDATE" />
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    <head>ANTIDATE</head>
    <p>
    ANTIDATE , s. f. Date falsifiée, &amp; antérieure à la vraie date d'un acte. Date qui précède le temps auquel elle est opposée. <i>Dies antiquior perperàm adscriptus.</i> L'<i>antidate</i> est un crime moins considérable dans les actes sous signature privée, que dans les contrats passés par-devant Notaires. Les <i>antidates</i> sont importantes dans les contrats, parce qu'elles emportent la priorité d'hypothèque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2170" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIDATER" />
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    <head>ANTIDATER</head>
    <p>
    ANTIDATER , verbe act. Mettre une date antérieure. Dater d'un jour qui précède celui qu'on écrit, ou qu'on passe quelque acte. <i>Diem antiquiorem falsò scribere. Antidater</i> une procuration.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2170" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANTIDATER" />
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    <head>ANTIDATER</head>
    <p>
    Antidaté, ée , adj. Daté faussement &amp; antérieurement. <i>Falsâ diei adscriptione munitus, signatus.</i> Cette pièce est <i>antidatée.</i></p><p>Ce mot vient de <i>anti</i>, &amp; de <i>date</i>, qui vient de <i>dare</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2171" id="1" type="">
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    <head>ANTIDÉMONIAQUE</head>
    <p>
    ANTIDÉMONIAQUE , s. m. &amp; f. <i>Antidaemoniacus. Qui negat esse Daemones.</i> Hérétique, ou impie, qui nie l'existence des Démons, ou qu'il y ait des Démons. Voyez <ref type="search" target="head:Sanderus">Sanderus</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2172" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIDIAPHORISTE" />
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    <head>ANTIDIAPHORISTE</head>
    <p>
    ANTIDIAPHORISTE , s. m. &amp; f. Voyez <i>Antiadiaphoriste.</i> C'est la même chose dans l'usage, parce qu'on retranche l'<i>a</i> pour rendre la prononciation plus douce ; mais dans la vérité &amp; à la rigueur c'est tout le contraire. Car <i>Antiadiaphoriste</i> signifie, qui est opposé aux indifférens. Et <i>Antidiaphoriste,</i> celui qui est opposé à ceux qui veulent de la différence. Dans un ouvrage dogmatique &amp; d'érudition je ne voudrois jamais dire qu'Antiadiaphoriste, laissant l'autre tout au plus pour la conversation ; s'il est vrai cependant qu'on le dise, comme quelques Dictionnaires le marquent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2173" id="1" type="">
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    <head>ANTIDICOMARIANITES</head>
    <p>
    ANTIDICOMARIANITES . Anciens hérétiques qui prétendoient que la fainte Vierge avoit eu plusieurs enfans de S. Joseph, &amp; qu'elle n'étoit pas demeurée Vierge. S. Epiphane a parlé fort au long de ces hérétiques qui vivoient de son temps, <i>haeres.</i> 78. Il rapporte l'histoire de S. Joseph, &amp; il explique en même temps ce qu'on doit entendre dans le nouveau Testament par les Frères de notre Seigneur, &amp; comme il a quelques sentimens là-dessus qui méritent d'être éclaircis, il faut consulter S. Jérôme <i>contre Jovinien,</i> &amp; le Cardinal Baronius dans l'Apparat de ses annales. Les <i>Antidicomarianites</i> étoient disciples d'Helvidius, &amp; de Jovinien, qui parurent à peu près en même temps à Rome vers la fin du IVe siècle. Voyez Baronius &amp; Sponde à l'an 382. M. Godeau a dit <i>Antidicomarianistes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2174" id="1" type="liturgie">
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    <head>ANTIDORE</head>
    <p>
    ANTIDORE , s. m. <i>Antidorum.</i> Terme de liturgie . L'<i>Antidore</i> chez les Grecs est un pain qu'on benit, &amp; qu'on distribue au lieu de l'Eucharistie à ceux qui n'ont pas pû communier pour quelques raisons particulières. L'<i>Antidore</i> est le pain, dont on coupe un morceau pour le consacrer.</p><p>Ce mot vient de , <i>pro, loco, vice, au lieu, à la place,</i> &amp; de , <i>donum, don</i> ; cette étymologie marque que l'<i>Antidore</i> se donne au lieu de l'Eucharistie, qui est le don par excellence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2175" id="1" type="medecine">
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    <head>ANTIDOTAIRE</head>
    <p>
    ANTIDOTAIRE , s. m. Terme de Médecine . C'est un nom que plusieurs Médecins ont mis pour titre aux recueils qu'ils ont faits d'un grand nombre de remèdes composés, &amp; qui ont été inventés par de célèbres Médecins. Les Apoticaires tiennent beaucoup de ces compositions toutes prêtes dans leurs boutiques, pour les employer, lorsque les Médecins les leur ordonnent. Il y a l'<i>Antidotaire</i> de Wecker, de Du Renou, &amp;c. c'est ce qu'on appelle autrement <i>dispensaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2176" id="1" type="">
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    <head>ANTIDOTE</head>
    <p>
    ANTIDOTE , s. m. Remède qu'on prend pour se préserver ou pour se guérir de la peste ; qui sert aussi contre les venins. <i>Antidotus, Antidotum.</i> Cet <i>antidote</i> fortifie le coeur, &amp; le défend contre le venin &amp; l'air infecté. En ce sens il signifie la même chose que <i>Alexipharmaque,</i> &amp; <i>Alexitère.</i> Ce terme se dit aussi de quelques compositions molles, faites de diverses poudres, de pulpes, de liqueurs, de sucre ou de miel, réduites en une consistence épaisse. On les appelle indifféremment Confections, Electuaires mous, Opiates, ou <i>Antidotes.</i> Certaine femme dans Ausone voulant empoisonner son mari, lui donna tant de différentes drogues pour ne pas faillir à l'empoisonner, qu'en se servant d'<i>antidote</i> les unes aux autres, elles le sauvèrent. Mascur.</p><p>Ces mots viennent de , <i>contre,</i> &amp; de , qui signifie, <i>je donne. Antidote,</i> ce qu'on donne contre le poison, soit pour remède, ou pour préservatif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2177" id="1" type="">
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    <head>ANTIE</head>
    <p>
    ANTIE , adj. m. &amp; f. Ce mot n'est plus usité ; il vouloit dire <i>ancien, ancienne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2178" id="1" type="">
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    <head>ANTIENNE</head>
    <p>
    ANTIENNE , s. f. Paroles qui dans le Service de l'Eglise se chantent alternativement par deux choeurs. <i>Antiphona, carmen incentivum.</i> Ce mot s'est dit d'abord tant des Pseaumes que des Hymnes. S. Ignace Disciple des Apôtres a été, selon Socrate, le premier auteur de cette manière de chanter chez les Grecs ; &amp; S. Ambroise chez les Latins. Théodoret l'attribue à Diodore &amp; à Flavien. Elle passa en France du temps de S. Grégoire, &amp; se perfectionna sous Charles-Magne. Amalarius Fortunatus a écrit de l'ordre des <i>Antiennes, de Antiphonarum ordine.</i> Maintenant ce mot se prend en une plus étroite signification, &amp; se dit de quelques traits tirés des Pseaumes, ou de l'Ecriture, qui conviennent au mystère de la Fête qu'on célèbre. Dans les Fêtes doubles on les répète devant &amp; après les Pseaumes, dans les simples on le dit seulement après, selon les différens Bréviaires.</p><p>On appelle aussi <i>Antienne,</i> ce qu'on chante à l'Introïte, aux Invitatoires, &amp; aux Processions. On le dit aussi des Motets que plusieurs Choristes viennent chanter alternativement à la Messe, &amp; à Vêpres, avant l'Evangile, ou l'Hymne.</p><p>Ce mot vient de , qui signifie, <i>chant alternatif.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2178" id="2" type="">
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    <head>ANTIENNE</head>
    <p>
    Antienne , se dit aussi d'une petite prière qui se fait à Dieu, ou aux Saints, qui précède une Oraison. Les aveugles gagnent leur vie en disant l'<i>Antienne</i> &amp; l'Oraison du Saint dont on fait la Fête chaque jour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2179" id="1" type="">
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    <head>ANTIFFE</head>
    <p>
    &#9758; ANTIFFE , s. f. Terme d'Argot, qui est un langage particulier que se font les gueux ou les voleurs. Et sur le grand trimard aller battre l'<i>antiffe</i> : c'est-à-dire battre l'éstrade sur le grand chemin. <i>Poeme de Cartouche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2180" id="1" type="">
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    <head>ANTIGONIE</head>
    <p>
    ANTIGONIE , s. f. &amp; sing. C'est le nom de plusieurs Villes, l'une en Epire, l'autre en Macédoine, une troisième en Arcadie, une quatrième en Bithynie, &amp; une cinquième en Syrie proche d'Antioche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2181" id="1" type="">
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    <head>ANTIGONIES</head>
    <p>
    ANTIGONIES , s. m. &amp; plur. est le nom d'une Fête instituée à l'honneur d'Antigonus ; Plutarque qui nous l'apprend, ne nous dit point en l'honneur duquel des Antigonus elle se célébroit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2182" id="1" type="">
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    <head>ANTI-HÈCTIQUE</head>
    <p>
    ANTI-HÈCTIQUE de Poterius. C'est une préparation Chymique qui se fait ainsi : On prend de l'antimoine deux parties, de la limaille de fer une partie, du nitre, du tartre blanc, chacun une partie &amp; demie ; on rougit la limaille de fer dans un creuset qui soit seulement plein du quart, &amp; cela à feu violent, puis on met l'antimoine, &amp; on fond le tout : lorsqu'il est clair, on jette dedans une cueillerée du mélange de nitre &amp; de tartre ; on couvre le creuset, &amp; les fumées étant cessées, on en met encore autant, faisant comme la première fois, &amp; continuant ainsi jusqu'à ce qu'on ait mis tout le mélange. Puis on donne grand feu, étant en bon flux on jette dans le cornet selon l'art ; si le régule n'est pas étoilé, on refond, &amp; on le purifie avec du nitre &amp; du tartre. On le rend étoilé du premier coup, si au lieu du nitre &amp; du tartre, on se sert de cendres gavelées. Ensuite on prend deux onces de ce régule, quatre onces d'étain d'Angleterre, &amp; on les fond ; étant fondus on les jette dans le cornet, puis on les met en poudre : on y ajoute trois fois autant de nitre très-pur, on fulmine par cueillerées selon l'art, laissant passer par les fumées à chaque projection ; &amp; lorsqu'il sera fondu, on le laisse trois heures en fonte sur un feu modéré, de crainte que la matière ne retourne en régule. Après ces trois heures on la jette dans un mortier de marbre, puis on la pulvérise, &amp; on l'édulcore avec de l'eau chaude ; on filtre, &amp; on sèche la poudre ; on y joint son double poids de nitre, on fulmine comme ci-dessus ; ce qui se réitère encore une fois ; puis on édulcore, &amp; on sèche. La dose est depuis un demi scrupule jusqu'à un. Si l'on ne met que trois onces d'étain, &amp; un gros d'or, le remède sera beaucoup plus efficace.</p><p>Ce remède a été nommé <i>Anti-hectique,</i> parce que si l'on en prend seize grains, un scrupule de sel ammoniaque, qu'on les mêle &amp; qu'on les donne dans du syrop de lierre terrestre, c'est un puissant remède contre la fièvre hectique. On partage cette dose en deux, on en prend une le matin, &amp; l'autre le soir, &amp; l'on continue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2183" id="1" type="">
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    <head>ANTILIBAN</head>
    <p>
    ANTILIBAN , s. m. <i>Antilibanus.</i> Nom propre d'une Montagne de Syrie, ou de Phénicie, ainsi appellée de la particule Grecque , <i>contre,</i> &amp; du nom du Liban, montagne fameuse de Syrie, parce qu'elle est à l'opposite du Liban. L'<i>Antiliban</i> est au Midi, &amp; le Liban au Septentrion. Entre deux s'étend une grande plaine, qu'on nomme Abellinas, à ce que dit Postel, autrefois <i>Syria Coele.</i> Ces montagnes commencent à la Mer Méditerrannée, &amp; s'étendent en long vers l'Orient. L'<i>Antiliban</i> est fort étendu, &amp; il a plusieurs vallées très-fertiles. Il est habité presque tout par les Druses. Pline Liv. V. ch. 20. le fait égal au Liban. Dans l'Ecriture on appelle l'un &amp; l'autre Liban ; mais quand on les distingue, le Liban retient son nom, &amp; l'<i>Antiliban</i> s'appelle <i>Hermon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2184" id="1" type="">
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    <head>ANTILLES</head>
    <p>
    ANTILLES , s. f. plur. C'est un nom qu'on donne aux petites Isles de l'Archipel de l'Amérique, à causes qu'elles sont au-devant de Cuba, Jamaïca, &amp; autres grandes Isles voisines. <i>Antillae.</i> Ainsi elles sont dans la mer du Nord, placées entre les deux Amériques, Méridionale &amp; Septentrionale. On les appelle aussi, les Isles Caraibes, ou Caribes, &amp; <i>Caribanes,</i> ou <i>Cannibales,</i> du nom de leurs anciens habitans : quelques-uns même les nomment <i>Camercanes.</i> On les distingue en deux parties. Celles qui regardent le Levant, &amp; qui s'étendent du Septentrion au Midi, s'appellent Isles de <i>Barlovento,</i> ou Isles du vent. Et celles qui regardent l'Amérique Méridionale, &amp; s'étendent du Levant au Couchant, Isles de <i>Sottovento,</i> Isles qui sont sous le vent. Christophe Colomb les découvrit en 1493. Les Européens n'ont commencé à s'y établir qu'en 1625. Le P. du Tertre Jacobin a fait une fort belle Histoire des <i>Antilles</i> en trois volumes <i>in quarto.</i> Il en parut une à Roterdam en 1658. accompagnée d'un vocabulaire Caraïbe par Lonvillers de Poincy. Voyez encore Acosta <i>Hist. des Ind.</i> Liv. III. ch. 15. Linschot ; <i>Amer.</i> ch. 4. Rochefort <i>Hist. Natur. des Antilles,</i> &amp; Baudrand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2185" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="ANTILOGARITHME" />
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    <head>ANTILOGARITHME</head>
    <p>
    ANTILOGARITHME , s. m. Terme de Géométrie . <i>Antilogarithmus.</i> C'est le complément du logarithme d'un sinus, d'une tangente, ou d'une sécante, ou la différence de ce logarithme à 90. degrés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2186" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTILOGIE" />
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    <head>ANTILOGIE</head>
    <p>
    ANTILOGIE , s. f. Contradiction de deux mots, ou passages d'un Auteur. <i>Antilogia, contradictio, refragatio.</i> Tirinus a fait un grand indice des <i>Antilogies</i> apparentes de la Bible, des passages qui semblent se contredire, &amp; qu'il a conciliés &amp; expliqués dans les Commentaires qu'il a faits sur la Bible. Un Maltois de l'Oratoire d'Italie, nommé Dominique Magrius, en a aussi donné un où il ne fait que rapporter ce qui se trouve dans les principaux Commentateurs. Le <i>Conciliator</i> de R. Manasse Ben-Israël est encore quelque chose de semblable. Ce mot vient d', <i>contradiction.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2187" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTILUTHERIEN, ENNE" />
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    <head>ANTILUTHERIEN, ENNE</head>
    <p>
    ANTILUTHERIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. <i>Antilutherianus, Antilutheranus.</i> On donne ce nom à tous les Protestans, qui s'étant séparés de l'Eglise avec Luther, ou à son exemple, ont abandonné ses opinions, &amp; ont fait des sectes différentes. Ainsi les Zuingliens, les Calvinistes, les Anabaptistes, les Anglicans sont <i>Antiluthériens.</i> On pourroit le dire aussi adjectif. Une doctrine <i>Antiluthérienne,</i> les dogmes <i>Antiluthériens.</i> Les sectes <i>Antiluthériennes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2188" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTI-MAZARINIQUE" />
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    <head>ANTI-MAZARINIQUE</head>
    <p>
    &#9758; ANTI-MAZARINIQUE , adj. qui est écrit contre le Cardinal Mazarin. On n'a rien imprimé à Paris depuis quatre mois, de meilleur que <i>le Courier du temps :</i> ce sont huit caïrs <i>Anti-mazariniques</i> qui sont fort bons. Guy Patin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2189" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIMENSE" />
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    <head>ANTIMENSE</head>
    <p>
    ANTIMENSE . <i>Antimensia, orum.</i> plur. <i>Antimense</i> est une espèce de nappe qui tient lieu d'un Autel consacré. Le P. Goar, dans ses notes sur l'Euchologe des Grecs, dit que l'Eglise Grecque ayant peu d'Eglises consacrées, &amp; les autels consacrés ne pouvant pas facilement être transportés dans ces pays-là, depuis plusieurs siècles l'Eglise Grecque a ordonné qu'au lieu d'autels consacrés on se serviroit de certaines étoffes, ou linges consacrés qu'on étend comme des nappes d'Autel.</p><p>Le nom d'<i>antimense</i> vient selon quelques-uns de , qui veut dire un panier, une corbeille en Grec ; &amp; en Italien un mêts préparé. Selon d'autres ce mot est dérivé de deux autres dont il est composé, , <i>pro, vice, au lieu,</i> &amp; <i>mensa, table</i> ; ainsi <i>antimense</i> est la même chose que nappe, qui tient lieu de table. Il est parlé des <i>antimenses</i> dans le Droit. Balsamon, sur le septième canon du septième Concile, demande s'il est permis à un Evêque comme à un Prêtre de célébrer la Messe dans une Chapelle, où, parce qu'elle n'est pas consacrée, on se sert d'<i>antimenses</i> ? Il répond que non, parce qu'un Evêque aviliroit sa dignité s'il célébroit dans un lieu où il n'y a point de trône, &amp; qui n'est point consacré. Voyez l'Euchologe des Grecs où l'on trouve les cérémonies &amp; les prières de la consécration des <i>antimenses.</i> Voyez aussi les notes du P. Goar sur l'Euchologe, Mr Du Cange, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2189" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANTIMENSE" />
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    <head>ANTIMENSE</head>
    <p>
    Antimense est aussi un Autel sur lequel on ne dit point la Messe, &amp; qui est couvert de l'<i>Antimense,</i> parce qu'on doit mettre dessus des choses sacrées, sous lesquelles on mettroit dans l'Eglise d'Occident un corporal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2190" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIMOINE" />
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    <head>ANTIMOINE</head>
    <p>
    ANTIMOINE , s. m. C'est un minéral qui approche de la nature des métaux, &amp; que quelques-uns croient en contenir tous les principes, parce qu'il se trouve près des mines des uns &amp; des autres, &amp; sur-tout dans celles d'argent, &amp; de plomb ; &amp; souvent il a sa mine propre. On l'appelle aussi, <i>Marchasite de plomb ;</i> &amp; les Chymistes le nomment le <i>Loup</i> ou le <i>Saturne des Philosophes,</i> parce qu'il dévore les autres métaux quand on les fond ensemble, &amp; qu'il les consume tous à la réserve de l'or. On appelle aussi <i>Prothée,</i> à cause de la diversité des couleurs qu'il prend par le moyen du feu. On le tient composé d'un double soufre minéral, l'un métallique approchant de la pureté &amp; de la couleur de celui de l'or, &amp; l'autre terrestre &amp; combustible, semblable presque au soufre commun ; d'un mercure fuligineur &amp; mal digéré, participant de la nature du plomb &amp; d'un peu de sel terrestre. Il est de couleur noire, &amp; rempli de longues aiguilles brillantes. Le meilleur vient de Hongrie ; il est d'un rouge obscur, &amp; a ses veines plus longues &amp; plus luisantes. Il est fragile comme le verre, &amp; tient le milieu entre les métaux &amp; les pierres, parce qu'il se fond comme le métal ; mais il n'est pas ductile, non plus que les pierres. Il y en a un mâle, qui est plus sabloneux ; &amp; un autre femelle, qui est plus pesant, plus brillant &amp; plus friable. On le mêle avec d'autres métaux pour faire des miroirs, parce qu'il les rend plus polis. On le mêle aussi pour faire des cloches, parce qu'il rend leur son plus clair. On le mêle aussi à l'étain pour le rendre plus dur, plus blanc &amp; plus sonnant ; &amp; enfin au plomb <pb n="259" facs="bpt6k8542165/f299/full/1200,/0/native.jpg"/>dans les fontes des caractères d'Imprimerie, pour les rendre plus durs &amp; plus unis. Il aide généralement à la fusion des autres métaux, &amp; sur-tout à celle des boulets de canon. On a cru qu'il renfermoit une médecine universelle ; car c'est en effet celui qui fournit le plus de remèdes, &amp; pour un plus grand nombre de maladies. Les Latins l'appellent <i>stibium,</i> &amp; les Grecs .</p><p>L'<i>Antimoine crud,</i> qui est celui qu'on nous apporte, n'est pas tel qu'il vient de la mine. Il a été fondu, &amp; mis en pain de forme pyramidale. Il est employé dans les décoctions sudorifiques, lorsqu'on veut chasser les mauvaises humeurs par transpiration. On s'en sert dans les maladies vénériennes, dans les maux des yeux, &amp; dans les plaies &amp; les ulcères, pour les mondifier &amp; cicatriser.</p><p>L'<i>Antimoine préparé,</i> est celui qui a passé par les mains des Artistes, &amp; qui possède des qualités différentes, suivant la manière différente dont il a été préparé.</p><p>Le <i>verre d'antimoine,</i> est de l'<i>antimoine</i> broyé, cuit &amp; calciné par un feu violent dans un pot de terre, jusqu'à ce qu'il ne jette plus de fumée ; ce qui est une marque que tout son soufre est évaporé. On le réduit en verre dans le fourneau à vent, &amp; alors il est fort diaphane, rouge &amp; brillant, &amp; de couleur d'hyacinthe. Le <i>verre d'antimoine</i> est le plus violent de tous les vomitifs qui se tire de l'<i>antimoine.</i></p><p>Le <i>régule d'antimoine,</i> est le culot, ou ce qu'on trouve au fond &amp; au-dessous dans le creuset, où il y a de l'<i>antimoine,</i> après qu'il a été fondu avec des matières capables de séparer ses parties pures d'avec les impures. Pour le faire, on prend de l'<i>antimoine</i> pulvérisé avec du tartre crud &amp; du salpêtre rafiné, que l'on mêle exactement, &amp; que l'on jette ensuite par cueillerées dans un creuset rougi au feu sur des charbons. Il se fait chaque fois une détonation semblable à celle de la poudre à canon. On en fait des balles purgatives qui servent toujours, &amp; qui ressortent sans qu'il paroisse qu'il y ait eu presque rien de diminué de leur grosseur &amp; vertu ; de sorte qu'on les appelle <i>pilules perpétuelles.</i> On en fait aussi des gobelets, où laissant reposer quelque temps des liqueurs, elles deviennent vomitives. C'est avec le régule, ou le verre d'<i>antimoine,</i> qu'on fait du vin émétique ; si on les pulvérise l'un ou l'autre, &amp; qu'on les mette tremper dans du vin blanc.</p><p>Les <i>fleurs d'antimoine,</i> c'est de l'<i>antimoine</i> en poudre sublimé dans un aludel, dont les parties volatiles s'attachent à ses pots en projettant peu à peu la poudre. C'est aussi un puissant vomitif.</p><p>Le <i>beurre d'antimoine,</i> est une liqueur blanche &amp; gommeuse, qu'on nomme autrement, <i>liqueur glaciale d'antimoine,</i> qui se fait avec du <i>régule d'antimoine</i> &amp; du sublimé corrosif. Cette liqueur se coagule en forme de glace dans le récipient, &amp; est fort caustique, de sorte qu'on ne l'emploie qu'à l'extérieur pour arrêter la gangrène, guérir la carie des os, des cancers, des fistules, &amp;c. Si en voulant faire le <i>beurre d'antimoine</i> on se sert d'<i>antimoine</i> crud, &amp; qu'après avoir tiré le beurre, on augmente peu à peu le feu, jusqu'à ce que la cornue rougisse, on retire encore le cinnabre d'<i>antimoine,</i> qui n'est autre chose qu'un mélange du mercure, du sublimé, &amp; du soufre de l'<i>antimoine.</i> Mais si on emploie le régule, après avoir tiré le <i>beurre d'antimoine,</i> on retire un mercure coulant, &amp; point de cinnabre.</p><p>La poudre d'Algaroth, ou Emétique, se fait avec ce beurre d'<i>antimoine</i> précipité &amp; lavé plusieurs fois. Le bézoard minéral se fait avec le <i>beurre d'antimoine</i> dissous par trois fois dans l'esprit de nitre, &amp; ensuite calciné. Il reste une poudre blanche qui est sudorifique.</p><p>Le foie ou le safran d'<i>antimoine</i> se fait des parties égales d'<i>antimoine,</i> &amp; de nitre réduits en poudre, mêlés exactement &amp; mis dans un mortier de fer, couvert d'une tuile, à laquelle on a laissé une ouverture. On introduit par cette ouverture un charbon de feu, qu'on retire ensuite. La matière s'enflamme, &amp; il se fait une détonation, laquelle étant passée &amp; le mortier refroidi, on trouve au fond du mortier une partie luisante, qu'on appelle foie d'<i>antimoine</i> ou safran des métaux, à cause de sa couleur. En Latin <i>hepar antimonti</i> ou <i>crocus metallorum.</i> On en fait du vin Emétique, qui est celui dont on se sert ordinairement, des poudres, du syrop, &amp; du tartre, qui sont aussi Emétiques.</p><p>L'<i>antimoine</i> diaphorétique est une préparation d'<i>antimoine,</i> qui approche de la précédente, avec cette différence, qu'au lieu que dans le foie d'<i>antimoine</i> on met parties égales de nitre &amp; d'<i>antimoine,</i> on en met dans celle-ci une d'<i>antimoine</i> &amp; trois de nitre. Par ce moyen sa qualité purgative &amp; vomitive se change en diaphorétique.</p><p>L'<i>huile d'antimoine,</i> est de l'<i>antimoine</i> pilé &amp; mêlé ; mis en digestion dans un vase plein de fort vinaigre sous du fumier pendant plusieurs jours ; &amp; après cette opération plusieurs fois réitérée, le vinaigre qu'on distille donne une liqueur sanguine, qu'on appelle <i>huile d'antimoine,</i> &amp; qui colore l'argent en or.</p><p>La <i>chaux d'antimoine</i> s'appelle quelquefois <i>céruse,</i> à cause de son extrême blancheur. Ce n'est que l'<i>antimoine</i> diaphorétique.</p><p>Le <i>soufre doré d'antimoine</i> se fait avec des scories qui se rencontrent au-dessus du régule en le faisant bouillir dans de l'eau, &amp; en précipitant ce qui a été dissous par le vinaigre qu'on y jette.</p><p>Avant le douzième siècle l'<i>antimoine</i> n'étoit connu que pour entrer dans la composition du fard : mais en ce temps-là un Moine, nommé Basile Valentin, ayant trouvé le secret de préparer ce minéral, &amp; d'amortir les qualités redoutables de son soufre, fit un livre intitulé <i>Currus antimonii truimphalis,</i> où il soutint que c'étoit un remède pour toutes sortes de maux. Mais tous ses éloges confirmés par l'expérience n'empêcherent pas que pendant 300. ans l'<i>antimoine</i> ne fût négligé. Au commencement du dernier siècle, Paracelse le remit en vogue : mais on en condamna l'usage par Arrêt du Parlement de l'an 1566. &amp; un Médecin, nommé Besnier, y ayant contrevenu en 1609. il fut exclus de la Faculté. Le mauvais usage que l'on en avoit fait en l'appliquant mal-à-propos, le faisoit regarder comme un poison. Plusieurs savans hommes murmurèrent contre cette défense, &amp; le firent valoir par d'heureuses expériences. Ainsi malgré les invectives de quelques Médecins entêtés, l'<i>antimoine</i> fut reçu par autorité publique au nombre des remèdes purgatifs en 1637. &amp; en l'an 1650. on cassa l'Arrêt de 1566. La faculté le fit mettre au rang des remèdes purgatifs dans l'Antidotaire imprimé par son ordre en 1637. suivant l'opinion de Matthiole. Et enfin elle a fait donner un Arrêt du 29. Mars 1668. qui a donné permission aux Docteurs de Médecine de s'en servir, avec défenses aux autres personnes de l'employer que par leurs avis. M. Patin n'a rien oublié pour décrier l'<i>antimoine,</i> &amp; il regne dans ses lettres un déchaînement prodigieux contre ce remède. Il avoit dressé un gros registre de ceux que les Médecins avoient tués par-là ; il le nommoit le <i>Martyrologe de l'antimoine.</i> Voyez sur l'<i>antimoine</i> les Transactions Philosophiques Tom. II. p. 555. &amp; suiv.</p><p>Ce mot d'<i>antimoine</i> vient, selon quelques uns, de ce qu'un Moine Allemand (c'est ce même Valentin) qui cherchoit la Pierre Philosophale, ayant jetté aux pourceaux de l'<i>antimoine</i> dont il se servoit pour avancer la fonte des métaux, reconnut que les pourceaux qui en avoient mangé, après avoir été purgés très-violemment, en étoient devenus bien plus gras : ce qui lui fit penser qu'en purgeant de la même sorte ses Confrères, ils s'en porteroient beaucoup mieux. Mais cet essai lui réussit si mal, qu'ils en moururent tous. Cela fut cause qu'on appella ce minéral <i>Antimoine,</i> comme qui diroit, <i>Contraire aux Moines.</i> Cette étymologie vient d'un vieux manuscrit d'Allemagne qui est dans la Bibliothèque de M. Moreau Médecin du Roi, cité par M. Perrault dans son Livre du rabat-joie de l'<i>Antimoine.</i> M. Huet croit qu'il vient du nom Grec , auquel les Arabes ont ajoûté leur article <i>al.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ANTINOMIE</head>
    <p>
    ANTINOMIE , s. f. Contrariété des loix dans le Droit écrit, ou de deux chefs d'une même loi. <i>Antinomia, contrarietas.</i> L'embarras des Jurisconsultes est, de concilier les <i>antinomies</i> ; ils veulent soutenir que les <i>antinomies</i> ne sont que des contrariétés apparentes.</p><p>Ce mot vient d', <i>contrà,</i> &amp; de , <i>lex,</i> loi.</p><p>
    </p>
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    <p>
    ANTINOMIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Antinomus.</i> Nom de Secte du XVIe siècle, parmi les Protestans. Les <i>Antinomiens</i> ne disoient pas que les bonnes oeuvres fussent pernicieuses ou inutiles, mais ils soutenoient que l'homme n'y étoit point obligé, dit Sanders, <i>Haer.</i> 188. &amp; qu'il n'y a point de loi ni de précepte de pratiquer les bonnes oeuvres qui sont dans la loi divine. C'est de là que vient le nom, qui signifie, contraire à la loi, ennemi de la loi, , <i>contre,</i> , <i>loi.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ANTIOCHE</head>
    <p>
    ANTIOCHE , s. f. <i>Antiochia.</i> Nom propre de plusieurs <pb n="260" facs="bpt6k8542165/f300/full/1200,/0/native.jpg"/>villes. Etienne en marque jusqu'à dix : &amp; d'autres 12. Eustathe 14. Appion dit que le seul Séleucus Nicator donna le nom de son père Antiochus à 16 villes ; car ce nom est venu à toutes ces villes du nom de quelque Antiochus, comme nous l'allons voir. Ortelius prétend en avoir trouvé encore davantage.</p><p>
    </p>
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    <head>ANTIOCHE</head>
    <p>
    Antioche , surnommée la grande, est la plus fameuse ; elle fut bâtie par Séleucus I. Roi de Syrie après la bataille d'Ipsus vers l'an 300. avant Jesus-Christ, il lui donna le nom d'Antiochus son père. S. Jean Chrysostome &amp; Dion louent beaucoup <i>Antioche.</i> Ammien Marcellin l'appelle la Capitale de l'Orient. L'ère d'<i>Antioche est fameuse</i> dans la Chronologie, <i>Aera Antiochena.</i> Evagrius &amp; d'autres la suivent ; elle commence, selon quelques Auteurs, la dernière année de l'Olympiade 182. de Rome 705. 49 ans avant Jesus-Christ. D'autres distinguent trois ères d'<i>Antioche</i> qu'ils pretendent qu'elle a marquées sur ses médailles. La première, qui est la même que celle des Grecs, ou des Séleucides, commence 312. ans avant Jesus-Christ : ils y rapportent une Médaille qui a d'un côté une tête de Jupiter, &amp; de l'autre un Jupiter assis, avec ces mots, . <i>Antiochensium Metropoleos anno</i> 228. C'est la seule médaille qu'ils produisent pour prouver qu'<i>Antioche</i> a suivi cette ère ; mais d'autres la croient frappée en des temps bien postérieurs. La seconde ère d'<i>Antioche,</i> selon l'Auteur dont je parle, commence à l'année de la bataille de Pharsale ; &amp; la troisième depuis la bataille d'Actium, lorsqu'après la mort d'Antoine, Auguste eut le gouvernement des Provinces de l'Orient. C'est à <i>Antioche</i> que les Disciples de Jesus-Christ commencerent à s'appeller Chrétiens. <i>Antioche</i> a été le premier siége de l'Apôtre S. Pierre, &amp; a titre de Patriarchat que les Conciles de Nicée, d'Ephèse &amp; de Calcédoine lui ont conservé. Les Chrétiens Croisés se rendirent maîtres d'<i>Antioche</i> en 1098, &amp; elle fut la Capitale de la Principauté d'<i>Antioche,</i> qui subsista jusqu'en 1208, que le Sultan d'Egypte reprit cette ville : elle s'appelle aujourd'hui <i>Antachia,</i> par corruption de son ancien nom. Elle est à 12. lieues de la mer, au 68e degré 10 minutes de longitude, &amp; au 36e degré 20. min. de latitude, sur l'Oronte. Pour distinguer cette ville des autres qu'il y avoit du même nom en Syrie, on l'appelloit <i>Antiochia Epidaphnes,</i> , selon Pline, Liv. V. Ch. 21. &amp; sur les Médailles, &amp; entr'autres sur une du Cabinet du Roi, ; c'est-à-dire, <i>Antioche située proche du Daphné</i> ; cependant un nouveau Critique a prétendu que cette <i>Antioche proche de Daphné</i> n'est point la ville même d'<i>Antioche,</i> mais un fauxbourg d'<i>Antioche.</i> Mais Pline est formel sur cela, Liv. V. Ch. XX. <i>Deinde Promontorium Syriae Antiochiae ; intus ipsa Antiochia libera, Epidaphnes cognominata, Oronte amne dividitur.</i> Voila <i>Antioche</i> elle-même surnommée <i>Epidaphnes</i> ; &amp; c'est assurément <i>Antioche</i> même, au milieu de laquelle passoit l'Oronte ; ce n'étoit pas seulement un de ses fauxbourgs que ce fleuve divisoit en deux. De plus le lieu appellé Daphné n'étoit pas un lieu voisin du fauxbourg d'<i>Antioche,</i> c'étoit le fauxbourg même d'<i>Antioche,</i> comme nous le pourrons dire en son lieu. Quand Séleucus eut bâti <i>Antioche,</i> il y transporta les habitans d'Antigonie, bâtie peu de temps auparavant par Antigonus ; c'est ce qui a fait dire à quelques Auteurs qu'<i>Antioche</i> avoit été commencée par Antigonus, &amp; achevée par Séleucus.</p><p>Il ne faut pas toujours traduire en notre langue le mot Latin <i>Antiochia,</i> quand il s'agit de la Syrie, par le nom d'<i>Antioche,</i> Ville dont nous venons de parler. La Province dont cette ville étoit Capitale s'appelloit aussi <i>Antiochia,</i> ou <i>Syria Antiochia.</i> Voyez Mela, Liv. II. 12. Plin. V. 12. Il est vrai qu'on lit dans les éditions ordinaires de Pline, au Liv. V. Ch. 20. <i>Syriae Antiochenae,</i> au lieu d'<i>Antiochiae</i> ; mais à l'endroit que j'ai cité Liv. V. 12. on lit absolument &amp; simplement <i>Antiochia</i> dans toutes les éditions ; &amp; dans les endroits mêmes où il y a <i>Antiochena</i> ; dans les éditions, les anciens manuscrits ont <i>Antiochia</i> ; ainsi Saumaise a eu tort de se retracter, &amp; d'accuser Pline &amp; Mela d'une erreur grossière. C'est lui-même qui s'est trompé sur Solin p. 890. comme le montre Vossius, dans ses observations sur le Ch. XI. du Liv. I. de Mela.</p><p>
    </p>
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    <head>ANTIOCHE</head>
    <p>
    Antioche , Ville Episcopale de Mésopotamie, bâtie encore par Séleucus I. &amp; appellée du nom de son père. Elle s'appelloit autrement Nisibe.</p><p>
    </p>
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    <head>ANTIOCHE</head>
    <p>
    Antioche , Ville de l'Asie mineure, Capitale de Pisidie, à 92 milles d'Ephèse, à 61d 20' de longitude &amp; 39d 36' de latitude. Les Turcs l'appellent aujourd'hui <i>Versaegeli.</i> Nos cartes cependant la distinguent de <i>Versaegeli,</i> &amp; l'en éloignent de 20 lieues à l'Occident. Elle a eu un Archevêque soumis au Patriarchat de Constantinople.</p><p>
    </p>
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    <head>ANTIOCHE</head>
    <p>
    Antioche de Cilicie, sur les confins de la Pisidie &amp; de la Pamphilie, à 62d 30' de long. &amp; 38d 30' de latit. aujourd'hui <i>Antiocheta,</i> petite <i>Antioche.</i> Elle a eu un Evêché suffragant de Séleucie. On la nomme quelquefois <i>Antioche</i> sur le Tragus, fleuve qui l'arrosoit.</p><p>Il y a encore une <i>Antioche</i> dans la Margiane, bâtie par Alexandre, &amp; nommée d'abord Alexandrie. Elle fut ruinée par les Barbares. Antiochus fils de Séleucus la rétablit, &amp; l'appella <i>Antioche, Antiochia,</i> Pline, Liv. V. Ch. 16. Il ne dit point si c'est Antiochus fils de Séleucus Nicator, ou Antiochus III. fils de Séleucus Callinicus. De nouvelles cartes l'appellent Indion.</p><p>Une autre <i>Antioche</i> étoit proche du mont Taurus, ville Episcopale de Comagène, qui retient encore son nom, si l'on en croit Bellon ; sa longitude est 68d. 40'. &amp; sa latitude 30d. 10'.</p><p>Une autre étoit sur le Méandre dans la Carie, ayant un Evêque suffragant de Stauropolis. Les Turcs la nomment <i>Tachiali,</i> Strabon, Liv. XIII. Bellon, Liv. I. C. 105. Il y a une médaille de Gordien dont le revers a pour inscription, , Vaillant p. 149. une autre dans Trajan Dèce. <i>Ib.</i> p. 168. &amp; une dans Galien <i>ib.</i> p. 180. Nous trouvons encore sur les médailles , <i>Antioche proche de Callirhoé,</i> C'est Edesse en Arabie, qui, comme Pline nous l'apprend Liv. XVII. Ch. 24. fut appellée anciennement <i>Antioche.</i> Cette médaille est citée par M. Vaillant dans son <i>Hist. des Rois de Syrie</i> p. 199. Etienne l'appelle , <i>sur le Lac de Callirhoé,</i> &amp; c'est la huitième qu'il compte de ce nom ; ou plutôt c'est la fontaine minérale dont parle Josephe, <i>Antiq. Jud.</i> Liv. XVII. Ch. VIII. &amp; où Herode alla prendre les bains quelque temps avant sa mort.</p><p>On trouve encore sur les médailles , <i>Les Antiochéens qui sont à Ptolémaide ;</i> c'est Ptolémaïde même à qui Antiochus IV. surnommé Epiphanes &amp; Dieu, donna son nom, comme il offrit à ceux de Jérusalem de le leur donner, dans le second Liv. des Machab. C. IV. v. 9. Voyez la médaille rapportée par M. Vaillant <i>Hist. des Rois de Syr.</i> p. 200.</p><p>On trouve encore sur une médaille de Septime Sévère . Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Tristan T. II. &amp; M. Vaillant médailles Grecques des Empereurs p. 80. Pline parle aussi d'une <i>Antioche</i> sur l'Euphrate Liv. 5. Ch. XXIV. quelques Auteurs soupçonnent que c'est Aradus ; mais Aradus étoit éloignée de l'Euphrate.</p><p>On trouve aussi dans M. Aurele, dans Luce Vère, &amp; dans Commode, ; c'est-à-dire, , <i>Antioche proche d'Hippus</i> ; Hippus est une montagne de Bithynie dans Pline, Liv. V. Ch. XXXII. M. Vaillant, dans ses médailles Grecques des Empereurs, met néanmoins cette <i>Antioche</i> dans la Coele-syrie. Enfin, dans M. Auréle , <i>Antioche sur le Sare</i> ; c'est, dit M. Vaillant p. 49. un Fleuve de Cilicie. Pline met aussi un <i>Sarus</i> dans la Cappadoce, Liv. VI. Ch. III.</p><p>Il y a aussi une <i>Antioche</i> dans l'Amérique méridionale, dans le Royaume de Papaya, à 15. lieues de S. Foy, à 12. lieues à l'Occident du fleuve Cauca, 60 lieues au Nord de Papaya, &amp; à 50. de Carthagène.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANTIPAPE</head>
    <p>
    ANTIPAPE , s. m. Concurrent du Pape ; Chef de parti, qui a fait schisme dans l'Eglise Catholique, pour détrôner le Pape légitimement élu, &amp; se mettre en sa place. <i>Pseudo-Pontifex, Pontifex non legitimus.</i> Les <i>Antipapes</i> ont causé de grands scandales dans l'Eglise. On compte 28 <i>Antipapes.</i> Novatien dans le troisième siècle fut le premier ; &amp; Amédée Duc de Savoie dans le XVe siècle a été le dernier sous le nom de Félix V.</p><p>
    </p>
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    <head>ANTIPATHIE</head>
    <p>
    ANTIPATHIE , s. f. Inimitié naturelle, qualités contraires qui se rencontrent dans certains corps, en sorte qu'ils semblent se fuir reciproquement. <i>Antipathia, repugnantia, odium.</i> On remarque cette <i>antipathie</i> entre la vigne <pb n="261" facs="bpt6k8542165/f301/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; l'ormeau. Il n'y a point de plus grande <i>antipathie</i> que celle qui est entre la salamandre &amp; la tortue. Les deux poles des deux aimans ont de l'<i>antipathie,</i> &amp; se chassent l'un l'autre, selon le langage vulgaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANTIPATHIE</head>
    <p>
    Antipathie , se dit aussi de la haine que les hommes ont les uns contre les autres sans sujet, ou par des causes secrettes, &amp; inconnues. Cet homme ne m'a jamais rien fait, cependant j'ai une <i>antipathie</i> insurmontable pour lui. Il y a des gens qui ne se peuvent supporter, à cause de l'<i>antipathie</i> de leurs humeurs, &amp; de leurs inclinations. C'est quelque chose d'étrange que l'<i>antipathie</i> &amp; l'aversion naturelle que certaines personnes ont les unes pour les autres : on se hait sans savoir pourquoi. S. Evr.</p><p>La jalousie de la faveur &amp; de l'amour avoit augmenté l'<i>antipathie</i> que la nature avoit mise entre eux. Pr. de Cl. La Mothe le Vayer a fait une Dissertation de l'<i>antipathie</i> entre les François &amp; les Espagnols.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANTIPATHIE</head>
    <p>
    Antipathie , se dit fig. de l'aversion &amp; de la répugnance que l'on a pour quelque chose. Avoir de l'<i>antipathie</i> pour la Musique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANTIPATHIQUE</head>
    <p>
    ANTIPATHIQUE , adj. m. &amp; f. Qui vient de l'antipathie. <i>Repugnans, contrarius.</i> On ne peut expliquer cet effet de la nature, sinon par une qualité <i>antipathique.</i></p><p>Ces mots viennent d', &amp; de , <i>passion, inclination.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANTIPÉRISTALTIQUE</head>
    <p>
    ANTIPÉRISTALTIQUE , adj. Terme de Médecine , qui se dit d'un mouvement de boyaux. Le mouvement péristaltique des intestins se fait par la contraction de leurs fibres de haut en bas, comme le mouvement <i>antipéristaltique</i> arrive par leur contraction de bas en haut. Dionis.</p><p>Ce mot est Grec, composé d', contre, , autour, &amp; , qui signifie, ce qui a la force de comprimer, de , dans le sens de comprimer. Ce mouvement est contraire au péristaltique, c'est-à-dire, à celui qui comprime les boyaux, non pas que l'<i>antipéristaltique</i> ne les comprime, mais il le fait d'une manière différente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2198" id="1" type="philosophie">
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    <head>ANTIPÉRISTASE</head>
    <p>
    ANTIPÉRISTASE , s. f. Terme de Philosophie . Action de deux qualités contraires, dont l'une par son opposition excite la vigueur de l'autre. Le froid le chaud, le sec l'humide. <i>Antiperistasis.</i> La moyenne région de l'air est froide en été, &amp; les foudres s'y forment par <i>antipéristase,</i> par le combat du froid &amp; du chaud. C'est par <i>antipéristase</i> que la chaux s'allume en y jettant de l'eau. Les Philosophes modernes se moquent de l'<i>antipéristase</i> &amp; de tous les effets qu'on lui attribue.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>undique, circumobsisto.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2199" id="1" type="liturgie">
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    <head>ANTIPHONE</head>
    <p>
    ANTIPHONE , s. m. <i>Antiphonum.</i> Terme de liturgie . L'<i>Antiphone,</i> dans l'office de l'Eglise Grecque, consiste en plusieurs versets d'un Pseaume, à chacun desquels on répond par une antienne. Ce mot vient d', &amp; de . Voyez l'Euchologe, avec les notes du P. Goar, &amp; l'Ordre de l'Office des Grecs, au second tome des Actes des Saints du mois de Juin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2200" id="1" type="">
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    <head>ANTIPHONIER</head>
    <p>
    ANTIPHONIER , s. m. ou ANTIPHONAIRE. <i>Antiphonarium.</i> Livre qui a pris son nom du mot Grec , <i>Antienne.</i> C'est un grand Livre où tout l'office de l'Eglise est noté, à l'exception des Messes qui sont dans un autre Livre que l'on appelle <i>Graduel,</i> &amp; où on trouve tout ce qui règle le chant des Matines, des Laudes, &amp; des autres heures. Ce Livre se met sur le grand pulpitre, ou lutrin, &amp; est écrit en gros caractères avec les notes du plein chant. Saint Grégoire le Grand en fut l'Auteur, comme dit Jean Diacre en sa vie. On publia en 1685. l'ancien Lectionnaire de la Liturgie Gallicane, &amp; en 1680. trois anciens Missels. L'<i>Antiphonier</i> n'a pas encore été retrouvé. Fleury. Du temps de Jean le Diacre, 300. ans après S. Grégoire, on gardoit encore à saint Jean de Latran l'original de son <i>Antiphonier.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2201" id="1" type="grammaire">
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    <head>ANTIPHRASE</head>
    <p>
    ANTIPHRASE , s. f. Terme de Grammaire . Contre-vérité, figure ironique, par laquelle en disant une chose on entend tout le contraire. <i>Antiphrasis.</i> Ce mot vient d', &amp; de , qui vient de , <i>je parle.</i></p><p>C'est une erreur assez commune de faire consister l'<i>antiphrase</i> dans un seul mot, comme quand on dit que le mot de <i>Parques</i> est une <i>antiphrase,</i> parce que les Parques n'épargnent personne. <i>Parcae, quia nemini parcunt.</i> Saint Jérôme, dans son Epître à Riparius contre Vigilance, dit qu'on le doit plutôt appeller <i>Dormitantius</i> par une <i>antiphrase</i> ; que <i>Vigilantius,</i> parce qu'il s'opposoit aux veilles que les Chrétiens faisoient sur les tombeaux des Martyrs. Sanctius, dans sa Minerve p. 431. condamne cette <i>antiphrase,</i> qui ne tombe que sur un mot, parce que <i>phrasis</i> ne signifie pas un seul mot, mais une partie d'un discours, <i>orationem aut loquendi modum.</i> Ce n'est pas que ce savant Grammairien nie absolument qu'il y ait de véritables <i>antiphrases</i> ; mais il prétend que l'<i>antiphrase</i> est une espèce d'ironie, lorsqu'on exprime par une négative ce qui a dû être exprimé affirmativement : <i>Antiphrasis est ironiae quaedam forma, cùm dicimus negando id quod debuit affirmari,</i> comme quand on dit, <i>il ne me déplaît pas, il ne dispute pas mal,</i> au lieu de, <i>il me plaît, il dispute bien :</i> on doit donc placer l'<i>antiphrase</i> entre les figures qui regardent les sentences, &amp; non entre celles qui regardent les mots, <i>non inter figuras verborum, sed sententiarum.</i> Cela étant, Erasme ne parle pas en bon Grammairien, quand il donne pour exemple de ces <i>antiphrases,</i> dans sa Remarque sur la Lettre de S. Jerôme, le mot de <i>bellum, guerre,</i> parce que la guerre n'a rien de beau, <i>bellum, quod nihil habeat belli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2202" id="1" type="">
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    <head>ANTIPODE</head>
    <p>
    ANTIPODE , s. m. Terme relatif, qui se dit des habitans de la terre diamétralement opposés les uns aux autres. <i>Antipodes, qui adversa nobis urgent vestigia.</i> Ils sont sous des cercles parallèles, également éloignés de l'Equateur, &amp; sous différentes moitiés du même Méridien. Ils sont de part &amp; d'autre en pareille situation ; ils ont le même degré de froid, &amp; de chaleur ; la même longueur de jours, &amp; de nuits : mais ils ont en même-temps toutes choses directement contraires, parce qu'ils sont séparés du diamètre entier de la terre. Plusieurs Anciens, &amp; entre autres Lactance &amp; S. Augustin, se sont moqués de ceux qui croyoient les <i>Antipodes.</i> Si l'on croit Aventin, Boniface, Archevêque de Mayence, &amp; Légat du Pape Zacharie, déclara Hérétique l'Evêque Virgilius, pour avoir soutenu qu'il y avoit des <i>Antipodes.</i> Mais on ne convient pas entièrement de ce fait. Quelques-uns rapportent cette histoire d'une autre manière. S. Augustin ne pouvoit comprendre que des hommes ou des arbres fussent pendans en l'air, comme il concevoit qu'ils devoient être sous l'autre hémisphère. C'est Platon qui en est l'inventeur : comme il concevoit la terre d'une figure ronde, il comprit aussi qu'il falloit qu'il y eût des <i>Antipodes,</i> &amp; en imagina le nom. Quelques-uns ont crû que l'Amérique n'ayant point été inconnue à ce Philosophe, qui l'a décrite sous le nom d'Atlantide dans son Timée, il lui avoit été aisé de conclure qu'il y avoit des <i>Antipodes.</i> Mais d'autres soutiennent que ce qu'il dit de l'Atlantide, est une fable. Quoi qu'il en soit, on ne peut plus douter qu'il n'y ait des <i>Antipodes.</i> Sebastien Cano en 1519. jusqu'en 1522. François Drack Anglois en 1580. &amp; Olivier de Nord Hollandois en 1601. &amp; plusieurs François depuis quelques années ont fait le tour du monde. Les observations &amp; les découvertes que l'on a faites dans ces voyages, &amp; dans d'autres semblables, ne laissent plus aucun doute sur les <i>Antipodes</i> ; &amp; l'on tient, par exemple, que l'Isle Borneo, une des Isles de la Sonde, est <i>Antipode</i> au Royaume des Amazones dans l'Amérique ; &amp; le Rio de la Plata, à la muraille qui sépare la Chine de la Tartarie.</p><p>Les Chrétiens, au reste, ne sont ni les premiers ni les seuls qui ont traité de fable ce qu'on dit des <i>Antipodes</i> ; Lucrèce l'avoit fait avant eux à la fin de son premier Liv. v. 10. 63. &amp; suiv. On peut voir encore Plutarque, <i>Lib. de facie in orbe Lunae</i> ; &amp; Pline qui réfute ce sentiment Liv. II. ch. 65.</p><p>Bien plus, un habile homme, dans une dissertation insérée dans les Mémoires de Trévoux 1708. Janv. p. 130. &amp; Février, p. 299. prétend qu'Aventin, &amp; les Hérétiques, qui, à son exemple, &amp; par l'intérêt qu'ils auroient de montrer que l'Eglise se trompe dans ses décisions, ou juge de choses qui ne sont point de sa compétence, se trompent eux-mêmes grossièrement sur le fait du Pape Zacharie, aussi-bien que sur le sentiment de S. Augustin, au regard des <i>Antipodes.</i> Car nous n'avons d'Auteurs contemporains, ou anciens, qui parlent de la condamnation de Virgile par le Pape Zacharie, qu'une lettre de Zacharie lui-même à S. Boniface, où il dit : <i>Quand à sa perverse doctrine</i> (de Virgile) <i>s'il est prouvé qu'il soutienne qu'il y a un autre monde, &amp; d'autres hommes sous la terre, un autre soleil, &amp; une autre lune, chassez-le de l'Eglise dans un Concile, après l'avoir dépouillé du Sacerdoce. Nous avons aussi écrit au Duc <pb n="262" facs="bpt6k8542165/f302/full/1200,/0/native.jpg"/>de Bavière de nous l'envoyer, afin de l'examiner nous-mêmes, &amp; le juger selon les Canons. Nous avons écrit à Virgile &amp; à Sidonius des lettres menaçantes ; &amp; nous vous croirons plus qu'eux.</i></p><p>Voilà tout ce que nous fournït l'Histoire du temps sur ce fait. Or 1°, le Pape Zacharie ne parle point d'hérésie, mais seulement de suspense &amp; de dégradation. 2°. Cette peine n'est que comminatoire, &amp; il n'y eut jamais de déclaration. Le Pape veut qu'il soit condamné par un Concile Provincial, veut le condamner lui-même, <i>si inventus fuerit erroneus,</i> si on le trouve coupable de quelque erreur. Il n'étoit donc pas sûr qu'il en fût coupable. Boniface, qui avoit donné contre Virgile ces avis au Pape, étoit brouillé avec cet Abbé depuis quelque temps. Il avoit pû le faire avant que la chose fût entièrement éclaircie, ou être trompé par d'autres. Ce qui est constant par la suite de l'Histoire, c'est que Virgile n'alla point à Rome se justifier ; on ne trouve pas même que S. Boniface l'ait examiné juridiquement, &amp; ait poussé plus loin cette affaire : ce qui fait croire qu'il fut détrompé, &amp; que ce que Virgile disoit, n'intéressoit point la foi ; qu'ainsi l'Eglise n'a point désapprouvé qu'on soutînt qu'il y avoit des <i>Antipodes.</i> Boniface &amp; Virgile vécurent depuis en bonne intelligence. Pepin estima &amp; considéra Virgile, &amp; le fit Evêque de Saltzbourg vers l'an 764. Il gouverna saintement son Evêché, mourut en odeur de sainteté en 780. &amp; fut canonisé par Grégoire IX. qui ne l'eût jamais fait, s'il avoit été condamné par Zacharie comme Hérétique. 3°. Dans la lettre de Zacharie il n'est point parlé d'<i>Antipodes.</i> Ce que ce Pape veut que l'on condamne, c'est de dire qu'il y a <i>un autre monde, d'autres hommes, un autre soleil, une autre lune.</i> Ce ne sont pas-là simplement des <i>Antipodes.</i> 4°. Quand l'Eglise auroit condamné Virgile, pour avoir soutenu au VIIIe siècle qu'il y avoit des <i>Antipodes,</i> elle n'auroit rien fait que de très-raisonnable, rien qui fût contraire à ce que la navigation nous a fait découvrir dans ces derniers temps : car aux démonstrations que fournissoit la Mathématique pour prouver que la terre étoit ronde, les Physiciens ajoûtoient leurs conjectures, &amp; disoient que la mer faisoit deux cercles autour de la terre qui la partageoient en quatre, que la vaste étendue de cet Océan, &amp; les chaleurs brûlantes de la Zone torride, empêchoient qu'il ne pût y avoir aucune communication entre ces quatre parties de la terre ; qu'ainsi les hommes n'étoient point de même espèce, &amp; n'avoient point la même origine. C'étoit-là ce qu'ils appelloient <i>Antipodes,</i> &amp; non pas seulement des gens qui habitent la partie de la terre diamétralement opposée à la nôtre. Outre cela, le terme d'<i>Antipodes</i> emportoit encore tout le reste que j'ai dit. Voilà dans quel sens on eût condamné le sentiment de ceux qui tiennent des <i>Antipodes</i> ; condamnation qui n'auroit rien de contraire aux nouvelles découvertes ; sens que l'on condamneroit encore aujourd'hui, puisqu'il est de foi que Dieu a fait descendre <i>d'un seul homme tous les hommes qui habitent sur la terre,</i> Act. XVII. 26. qu'ils ont tous part à son péché, qu'ils ont tous été rachetés par Jesus-Christ.</p><p>Quant au sentiment des Chrétiens sur les <i>Antipodes,</i> quelques-uns pour ne point admettre les conséquences des Physiciens, nioient tout, &amp; jusqu'aux démonstrations des Mathématiciens. C'est le parti que prend Lactance, <i>Instit. Liv. III. ch.</i> 24. D'autres s'en tenoient à révoquer en doute les conjectures des Physiciens. C'est ce que fait S. Augustin, Liv. XVI. de la cité de Dieu chap. 9. Après s'être proposé la question s'il y a des nations de Cyclopes, de Pygmées, d'autres qui eussent les pieds tournés en arrière, &amp; tout ce que les Anciens avoient dit d'extraordinaire en ce genre, &amp; avoir répondu, que, ou bien tout cela n'est point, ou si cela est, ce ne sont point des hommes, ou si ce sont des hommes, ils descendent d'Adam comme tous les autres, il vient à la question des <i>Antipodes,</i> &amp; demande <i>si la partie inférieure de la terre, qui est opposée à celle que nous habitons, est habitée par des Antipodes ?</i> Il ne doutoit point que la terre ne fût ronde, &amp; qu'une partie de cette terre ne fût diamétralement opposée à la nôtre ; il demande seulement si elle est effectivement habitée. C'est-là toute sa question ; &amp; lorsqu'il traite de fable ce qu'on disoit des <i>Antipodes,</i> il n'y a qu'à suivre sa pensée, pour se persuader qu'il ne dit rien que de fort judicieux. Il remarque 1°. Que ceux qui l'assuroient n'avoient aucune histoire qui leur eût appris ce fait. 2°. Que leur principe, <i>La terre est ronde,</i> peut être vrai, sans qu'on en puisse, conclure que sa partie inférieure soit habitée ; qu'elle est peut-être couverte d'eaux, &amp; que ce n'est qu'une vaste mer ; que quand elle ne seroit point ensevelie dans la mer, mais habitable, il ne s'ensuivroit pas qu'elle fût effectivement habitée ; que d'y mettre des <i>Antipodes</i> tels qu'on les figuroit, &amp; qui auroient une autre origine que nous, comme le vouloient les Anciens, puisqu'ils croyoient qu'il étoit impossible de passer de notre habitation dans celle des <i>Antipodes,</i> ce seroit contredire l'Ecriture, qui nous apprend que tous les hommes sont descendus d'un seul Père. Tel est le sentiment du Critique dont nous parlons. Louis Vivez a dit en deux mots quelque chose de semblable, dans ses notes sur S. Augustin, faisant entendre que ce Père n'a pas dit absolument qu'il n'y avoit point d'<i>Antipodes</i> ; mais seulement qu'il n'y en avoit point, supposé qu'il n'y eût point de passage de notre monde dans le leur.</p><p>Ce mot <i>Antipodes</i> vient de , <i>contre,</i> &amp; de <i>pied.</i></p><p>On le dit figurément de l'incompatibilité, de l'éloignement &amp; de l'aversion qu'on a pour une chose, ou pour une personne. On dit d'un homme qui a des sentimens directement opposés à la raison, que c'est l'<i>Antipode</i> du bon sens. Elle est l'<i>Antipode</i> des prudes. Bens.</p><p>On dit aussi en proverbe, qu'on voudroit qu'un homme fût aux <i>Antipodes</i> ; pour dire, qu'il fût bien loin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2203" id="1" type="">
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    <head>ANTIPTOSE</head>
    <p>
    ANTIPTOSE , s. f. Figure de Grammaire, par laquelle on met un cas pour un autre. <i>Antiptosis.</i> Ce mot vient du Grec , <i>pro,</i> &amp; , <i>casus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2204" id="1" type="">
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    <head>ANTIQUAILLE</head>
    <p>
    ANTIQUAILLE , s. f. Terme de mépris, qui se dit des pièces antiques, ou vieux meubles qui sont de peu de valeur. <i>Viles vetustatis reliquiae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2205" id="1" type="">
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    <head>ANTIQUAIRE</head>
    <p>
    ANTIQUAIRE , s. m. Homme qui a recherché &amp; étudié les monumens qui nous restent de l'antiquité ; comme sont les coutumes des Anciens, les vieux livres, les vieilles images, les médailles, &amp; généralement toutes les pièces curieuses qui nous peuvent donner quelque connoissance de l'antiquité. <i>Antiquarius, Antiquitatis studiosus.</i> Mr Peyresc Provençal a été un des plus savans <i>Antiquaires</i> de son temps.</p><p>On nommoit autrefois Libraires, ou <i>Antiquaires,</i> ceux qui transcrivoient au net, &amp; en beaux caractères, ou du moins lisibles, ce qui avoit été écrit en notes. Fleury.</p><p>Il y avoit aussi anciennement dans les Villes les plus considérables de la Grèce &amp; d'Italie, des personnes de distinction nommées <i>Antiquaires,</i> dont la charge étoit de faire voir aux Etrangers ce qu'il y avoit de curieux, &amp; de leur expliquer les inscriptions anciennes, &amp; tout ce qui concernoit ce genre d'érudition. Cette institution est une des plus belles qui aient jamais été faites, &amp; qui mériteroit bien d'être renouvellée. Pausanias appelle ces <i>Antiquaires</i> ; les Siciliens les appelloient <i>Mystagogos.</i> Il y avoit une autre sorte d'<i>Antiquaires,</i> qui s'attachoient à la recherche des vieux mots, dont ils affectoient de se servir, au mépris de ceux qui étoient en usage de leur temps. Enfin, les <i>Antiquaires</i> étoient autrefois ce que nous appellons Copistes, <i>Calligraphi Librarii,</i> ceux qui transcrivoient les vieux Livres. Le Code Théodosien, S. Augustin <i>S.</i> 44. <i>De verbis Dom.</i> Cassiodore, <i>Hist. Tripart. Liv. II. ch.</i> 16. le prennent en ce sens. Voyez <ref type="search" target="head:Rosweid">Rosweid</ref>. <i>Vit. Patr.</i> p. 1013. &amp; les <i>Acta. Sanctor. O. B. Praef.</i> 8. 1. <i>Praef. N. CXIV. p. LIX.</i> &amp; suiv. &amp; <i>saec. III. p. I. Praef. XXVIII.</i> &amp; suiv. &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2206" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIQUARIAT" />
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    <head>ANTIQUARIAT</head>
    <p>
    &#9758; ANTIQUARIAT , s. m. Connoissance des Antiquités. On prononce <i>Anticariat.</i> Vous n'ignorez rien de ce qui regarde l'<i>Antiquariat.</i> Merc. <i>Sept.</i> 1722.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2207" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTIQUE" />
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    <head>ANTIQUE</head>
    <p>
    ANTIQUE , adj. m. &amp; f. Ancien, qui est fait il y a long-temps, &amp; à l'ancienne mode. <i>Antiquus.</i> Bâtiment <i>antique.</i> Inscription <i>antique.</i> Un bâtiment n'est appellé <i>antique,</i> que lorsqu'il a été construit par les anciens Architectes, c'est-à-dire, du temps que les Arts étoient dans leur plus grande perfection chez les Grecs &amp; chez les Romains. Tout ce qui a été bâti par les modernes, &amp; depuis le rétablissement des Arts, ne s'appelle point <i>antique ;</i> on dit seulement d'un bâtiment construit selon l'ancienne Architecture, qu'il a un air <i>antique,</i> qu'il est d'un goût <i>antique,</i> de l'Architecture <i>antique,</i> qu'il a la manière <i>antique.</i> C'est ainsi que parlent les Maîtres, pour signifier ce qui est travaillé dans la correction &amp; le bon goût de l'<i>antique.</i> Voyez la Préface de Daviler. Tout de même dans les Médailles, on appelle <i>antiques</i> celles qui ne sont point fausses, ni <pb n="263" facs="bpt6k8542165/f303/full/1200,/0/native.jpg"/>contrefaites, mais qui ont été effectivement frappées par les Grecs &amp; par les Romains. A quoi il faut ajoûter, les Loix <i>antiques</i> ; ce qui ne se dit que de ces Loix qui ont été recueillies sous le titre de <i>Code des Loix antiques,</i> en un seul volume, qui comprend les Loix des Visigoths, les Loix des Bourguignons, la Loi Salique, qui étoit celle des Francs, &amp;c. Les mots, &amp; les phrases de la vieille Cour, sont comme ces habits <i>antiques,</i> dont on ne se sert que dans les mascarades &amp; dans les balets. Bouh. Les Stuarts tenoient depuis plusieurs siècles le sceptre d'Ecosse, &amp; descendoient de ces Rois <i>antiques,</i> dont l'origine se cache si avant dans l'obscurité des premiers temps. Cet homme d'une bonne foi <i>antique,</i> a sû joindre la politesse du temps, à la bonne foi de nos Pères. Flech. Elles trouveront ces manières bien bourgeoises, &amp; le sentiment que j'ai là-dessus bien <i>antique,</i> pour un défenseur des modernes. Perr. Dans les plus beaux bas reliefs <i>antiques,</i> on y remarque des défauts de jugement. Félib. Dans les vers, <i>antique</i> a souvent plus de grace qu'ancien :</p><p>Une médaille, ou quelque autre <i>antique,</i> avec ce mot, <i>Majus erit post saecula nomen,</i> est une devise qui a été faite pour marquer que la gloire des Héros &amp; des grands hommes augmente avec le temps.</p><p>Ce mot <i>antique</i> s'est fait du Latin <i>Antiquus,</i> que Guichard dérive assez vraisemblablement de l'Hébreu , <i>atak,</i> qui signifie, devenir vieux, devenir, ou être ancien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2207" id="2" type="blason">
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    <head>ANTIQUE</head>
    <p>
    Antique , en termes de Blason , se dit des couronnes à pointes de rayons, des coëffures anciennes, Grecques &amp; Romaines, des vêtemens, bâtimens, ou niches Gothiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2207" id="3" type="">
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    <head>ANTIQUE</head>
    <p>
    Antique , s. f. se dit des ouvrages de Peinture, Sculpture, &amp; Architecture, qui ont été faits du temps des anciens Grecs &amp; Romains, depuis Alexandre le grand jusqu'à l'Empereur Phocas, &amp; à la désolation des Barbares. <i>Antiquum signum.</i> Cette statue n'est pas d'un Sculpteur moderne, c'est une <i>antique.</i></p><p>On dit aussi <i>antique</i> d'une Médaille, ou de quelque autre curiosité que ce soit. <i>Vetus numisma.</i> La salle des <i>Antiques</i> du Louvre. En ce sens on le dit seulement des statues. Il y a des choses <i>antiques,</i> que l'on nomme <i>antiques modernes</i> ; comme les Eglises anciennes, &amp; autres bâtimens Gothiques, pour les distinguer de ceux des Grecs &amp; des Romains. Il y a des Peintres qui se sont entièrement attachés à l'<i>antique</i> pour les draperies. Félib. On dit aussi par raillerie d'une vieille femme, que c'est une <i>antique.</i> Elle a un air d'<i>antique,</i> pour dire, un air du vieux temps.</p><p>Quand ce mot se dit en général pour ce qui est <i>antique,</i> il est masculin, comme tous les adjectifs devenus substantifs. Le moderne &amp; l'<i>antique,</i> c'est <i>le,</i> &amp; non pas <i>la,</i> qu'il faut sous-entendre.</p><p>A l'antique, adjectif. A la vieille mode. <i>Antiquo more, ritu.</i> Il s'est fait peindre habillé <i>à l'antique.</i> Ce buste de femme est coëffé <i>à l'antique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2208" id="1" type="relieur">
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    <head>ANTIQUER</head>
    <p>
    ANTIQUER , Terme de Relieur . C'est enjoliver la tranche d'un Livre de petites figures de diverses couleurs. <i>Exteriorem libri foliorum incisuram, secturam adornare. Antiquer</i> sur tranche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2209" id="1" type="">
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    <head>ANTIQUITÉ</head>
    <p>
    ANTIQUITÉ , s. f. Le vieux temps, les siècles passés. <i>Antiquitas, vetustas.</i> Il n'a été rien fait de plus illustre dans toute l'<i>antiquité.</i> Les Héros de l'<i>antiquité</i> étoient véritablement de grands Héros. Ablanc. Il ne se faut pas fier aux exagérations de la glorieuse <i>antiquité.</i> S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANTIQUITÉ</head>
    <p>
    Antiquité , se dit aussi de la priorité du temps. L'<i>antiquité</i> de sa race. L'<i>antiquité</i> de ce bâtiment. Un créancier est colloqué suivant l'<i>antiquité</i> de son hypothèque. On dit plus souvent <i>ancienneté.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ANTIQUITÉ</head>
    <p>
    Antiquité , se dit aussi des beaux monumens qui nous restent des Anciens. Les <i>Antiquités</i> de Rome, de la Grèce. Cette inscription est un beau reste de l'<i>antiquité.</i> Cela sent la bonne <i>antiquité.</i> Josephe a écrit des <i>Antiquités</i> Judaiques. Le grand ouvrage de l'<i>Antiquité expliquée &amp; représentée en figures</i> par le R. P. Dom Bernard de Montfaucon, a déja été imprimé deux fois en dix volumes <i>in-folio,</i> Paris, 1719. &amp; 1722. Il épargnera la lecture d'un grand nombre de Livres fatiguans &amp; ennuyeux. Les figures formées sur tous les monumens qui nous restent de l'<i>antiquité,</i> sont le fondement de cet ouvrage, &amp; portent, par le secours des yeux &amp; de l'imagination, la lumière à l'esprit sur une infinité d'anciens usages. On trouve dans ce Recueil non seulement ce qui est dans les grands corps d'<i>Antiquités</i> Grecques &amp; Romaines, mais encore ce que leurs Auteurs n'ont point inséré dans leurs vastes compilations... Le Supplément en cinq volumes <i>in-folio,</i> Paris, 1724. est fait avec le même choix &amp; la même exactitude. <i>Méthode pour étudier l'Hist.</i> Le Public est prévenu que la première édition de l'<i>Antiquité</i> vaut mieux que la seconde. Mais la seconde vaut au moins autant que la première : elle est plus correcte, &amp; les planches ont été fort bien retouchées... Il n'y a eu qu'une édition du Supplément. <i>Antiquité</i> se prend aussi pour les personnes qui ont vécu dans les siècles passés. Les deux Scaligers ont été des merveilles de leur temps ; &amp; sans leur faire faveur, on peut les opposer à la plus savante <i>antiquité.</i> Balz. Vous ne permettrez point à votre esprit de rien trouver de mauvais, non pas même de médiocrement bon, de ce qui vient de la bonne <i>antiquité.</i> Id. L'<i>antiquité,</i> quoique défectueuse, a pour les Chinois des charmes que la nouveauté la plus parfaite ne peut diminuer. P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2210" id="1" type="">
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    <head>ANTIRRHINUM</head>
    <p>
    ANTIRRHINUM , s. m. <i>Antirrhinum.</i> Plante. Elle porte une fleur rouge. Sa tige est semblable à celle de l'Anagalis, aussi bien que ses feuilles. Dioscoride dit qu'elle embellit ceux qui s'en frottent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2211" id="1" type="">
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    <head>ANTI-SALLE</head>
    <p>
    ANTI-SALLE , s. f. <i>Prooecus, antooecus.</i> Pièce d'appartement, lieu qu'on trouve avant la salle. Une grande <i>anti-salle</i> une belle <i>anti-salle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2212" id="1" type="astrologie judiciaire">
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    <head>ANTISCES</head>
    <p>
    ANTISCES . Terme d'Astrologie judiciaire . <i>Antiscius.</i> Les <i>antisces</i> sont deux points du Ciel également éloignés des tropiques. Le taureau &amp; le lion sont deux signes <i>antisces.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2213" id="1" type="geographie">
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    <head>ANTISCIEN, ENNE</head>
    <p>
    ANTISCIEN, ENNE , ou ANTOECIEN, enne, adj. <i>Antiscius.</i> Terme de Géographie , qui se dit des peuples qui habitent en des lieux opposés deça &amp; delà l'Equateur, qui à Midi ont des ombres contraires. Les peuples du Nord sont <i>Antisciens</i> à ceux du Midi, parce qu'à Midi les uns ont leur ombre vers le pole boréal, &amp; les autres vers le Méridional. Quelques-uns les confondent avec les Antoeciens. <i>Antoeci.</i> Ce sont les habitans d'un côté &amp; d'autre de l'Equateur, sous un même parallèle qui en est également éloigné, &amp; qui ont une même élévation de pole, différente seulement en ce que l'un est boréal, &amp; l'autre austral, tels que sont les peuples du Cap de Bonne Espérance, à l'égard de ceux du Péloponèse. Voyez <ref type="search" target="head:ANTOECIENS">ANTOECIENS</ref>.</p><p>Ce mot vient de , <i>contre,</i> &amp; de , <i>umbra, ombre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2214" id="1" type="">
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    <head>ANTISTROPHE</head>
    <p>
    ANTISTROPHE , s. s. <i>Antistrophe, alterna conversio.</i> Figure grammaticale, qui se dit quand de deux termes ou choses conjointes &amp; dépendantes l'une de l'autre, on fait la conversion, ou le renversement réciproque : comme le serviteur du maître, ou le maître du serviteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2214" id="2" type="">
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    <head>ANTISTROPHE</head>
    <p>
    Antistrophe , chez les Poëtes Lyriques, étoit une espèce de danse en usage chez les Anciens, qui portoient leurs pas tantôt à droite, tantôt à gauche, par des retours ou conversions redoublées. <i>Conversio &amp; reversio.</i> Le mouvement de gauche à droit est ce qui s'appelloit <i>Antistrophe.</i> L'<i>Antistrophe</i> étoit opposée à la strophe.</p><p>Ce mot vient d', <i>contre,</i> &amp; de , <i>strophe,</i> qui vient de , <i>je tourne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2215" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTITACTE" />
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    <head>ANTITACTE</head>
    <p>
    ANTITACTE , s. m. &amp; f. <i>Antitacticus, Antitactae.</i> Nom de secte ; Hérétiques sortis des Gnostiques. Les <i>Antitactes</i> avouoient que le Dieu Créateur de l'univers étoit bon &amp; juste ; mais ils soutenoient qu'une de ses créatures avoit créé la nature du mal, &amp; nous y avoit engagés pour nous opposer au Dieu Créateur ; &amp; qu'il falloit nous opposer à cet Auteur du mal pour venger Dieu. C'est delà que leur vient leur nom, formé du Grec , qui signifie <i>opposer,</i> être contraire ; de sorte que <i>Antitacte</i> signifie celui qui est opposé, qui est contraire. Clément Alexandrin parle des <i>Antitactes, Strom. Liv. III.</i> &amp; c'est de lui que <pb n="264" facs="bpt6k8542165/f304/full/1200,/0/native.jpg"/>nous tirons ceci. S. Augustin en parle aussi <i>heref.</i> 18.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2216" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ANTITENAR" />
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    <head>ANTITENAR</head>
    <p>
    ANTITENAR , s. m. Terme d'Anatomie . C'est le quatrième muscle du gros orteil, ou du pouce du pied : il se nomme aussi l'adducteur. Il prend son origine de l'os du métatarse, qui soutient le petit orteil, &amp; passant obliquement sur les autres os, va s'insérer par un fort tendon à la partie interne du premier os du pouce, qui tire en dehors vers les autres orteils. Dionis. Il est nommé <i>Antitenar,</i> parce qu'il est l'antagoniste de l'adducteur, qui se nomme <i>Tenar.</i> Le pouce de la main a aussi son <i>Antitenar,</i> qui est de même son adducteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2217" id="1" type="">
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    <head>ANTITHÈSE</head>
    <p>
    ANTITHÈSE , s. f. Figure de Rhétorique, qui consiste dans l'opposition des pensées ou des mots. <i>Antithesis, contentio.</i> Ceux qui font des <i>Antitheses</i> en forçant les mots, imitent ceux qui font de fausses fenêtres pour la symmetrie. Pasc. S. Augustin, Salvian, &amp; plusieurs autres Ecrivains, ont fort aimé les <i>antithèses.</i> Aujourd'hui les <i>antithèses</i> sont fort décriées. Desmarets fait dire à son Poëte des Visionnaires : Puis j'aimai l'<i>antithèse</i> au sortir de l'Ecole. Jettez-vous sur les injures, &amp; presque toujours sur les <i>Antithèses,</i> vous êtes appellé à ce style, il faut que chacun suive sa vocation. Racine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2217" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANTITHÈSE" />
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    <head>ANTITHÈSE</head>
    <p>
    Antithèse , est aussi une figure de Grammaire, par laquelle on change une lettre pour en substituer une autre : comme quand on dit <i>olli</i> pour <i>illi.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , c'est-à-dire, <i>opposition.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2218" id="1" type="">
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    <head>ANTITRINITAIRE</head>
    <p>
    ANTITRINITAIRE , s. m. &amp; f. <i>Antitrinitarius, SS. Trinitatis Hostis.</i> Hérétique, qui nie la sainte Trinité, qui enseigne qu'il n'y a pas trois personnes en Dieu. Ainsi les disciples de Paul de Samosate, les Photiniens, qui ne croyoient point la distinction des personnes en Dieu ; les Ariens, qui nioient la divinité du Verbe ; les Macédoniens, qui nioient celle du S. Esprit, étoient tous des vrais <i>Antitrinitaires.</i> On dit plus particulièrement ce mot des Sociniens, qu'on appelle aussi <i>Unitaires.</i> La Bibliothèque des <i>Antitrinitaires, Bibliotheca Antitrinitariorum,</i> est un Ouvrage posthume de Christophe Sandius, <i>Antitrinitaire</i> lui-même, dans lequel, en suivant l'ordre des temps, il fait une liste de tous les Auteurs Sociniens, ou <i>Antitrinitaires</i> modernes, donne un petit abrégé de leur vie, &amp; un Catalogue de leurs ouvrages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2219" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTITYPE" />
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    <head>ANTITYPE</head>
    <p>
    ANTITYPE , s. m. <i>Antitypum.</i> Mot Grec, qui est la même chose que <i>type,</i> ou <i>figure.</i> C'est en ce sens-là que S. Paul dans son Epître aux Hébreux chap. 9. v. 24. dit que Jesus <i>n'est point entré dans le saint des saints fait par des hommes, qui étoit le type du véritable.</i> Au lieu du mot de <i>type,</i> on lit dans le Grec de saint Paul <i>antitypa,</i> que Messieurs de Port-Royal, &amp; le P. Amelotte, ont traduit par celui de <i>figure.</i> Le P. Amelotte a ajoûté cette remarque : Jesus-Christ <i>n'a pas été Pontife de l'ordre d'Aaron, &amp; par consequent il n'a pas entré dans le saint des saints figuratif au jour de la Purification du Temple ; mais il est entré dans le vrai saint des saints qui est le Ciel, où il se présente à Dieu pour nous.</i> S. Pierre s'est aussi servi du mot <i>antitype</i> dans sa première Epître chap. 3. v. 21. où il dit que l'Arche de Noé étoit la <i>figure</i> du baptême. On lit ici dans notre édition Latine, <i>forma :</i> &amp; au chap. 9. de l'Epître aux Hébreux, <i>exemplaria.</i> Si l'on veut cependant exprimer à la lettre le mot d'<i>antitype,</i> il signifie un <i>type qui répond à un autre type,</i> ou plutôt, ce qui est <i>en la place d'un type.</i></p><p>Ce même mot d'<i>antitype,</i> signifie dans les anciens Pères Grecs, &amp; dans la Liturgie Grecque de S. Basile, les symboles du pain &amp; du vin dans l'Eucharistie, d'où les Calvinistes &amp; les Zuingliens inferent que les Grecs ne croient pas que le corps &amp; le sang de Jesus-Christ soient réellement dans la même Eucharistie puisque c'est après la consécration que ces symboles sont appellés <i>antitypes.</i> C'est ainsi que raisonne Suicerus dans son <i>Thrésor Ecclésiastique,</i> où il dit, que de l'aveu même de Leo Allatius, dans son troisième Livre <i>de Cons. Eccl. Occid. &amp; Orient. cap.</i> 15. <i>num.</i> 28. Clément dans ses Constitutions, S. Cyrille de Jérusalem, catéch. 5. S. Grégoire de Nazianze, &amp; quelques autres anciens Ecrivains Ecclésiastiques, n'ont fait aucune difficulté de se servir du mot d'<i>antitype,</i> en parlant du corps de Jesus-Christ. Consultez ce que dit Allatius en cet endroit ; car il n'y demeure pas tout-à-fait d'accord que le corps de Jesus-Christ soit véritablement appellé <i>antitype</i> après la consécration, quoique ce mot d'<i>antitype</i> se trouve après la consécration dans la. Liturgie de S. Basile. Ces paroles, dit-il, num. 27. du même chap. se rapportent aux symboles avant la consécration, S. Basile répétant après la consécration tout l'ordre de la Liturgie.</p><p>Pour mieux comprendre cette difficulté, qui est d'une très-grande importance, on rapportera ici la réponse de M. Simon sur ce même sujet à Mr Smith, tirée de son Livre de <i>la créance de l'Eglise Orientale sur la transubstantiation,</i> imprimé à Paris en 1687. Voici ce qu'il dit à la pag. 34. &amp; suiv. Les symboles du pain &amp; du vin, dit-on, sont appellés <i>antitypes,</i> même après la consécration dans la Liturgie des Grecs, d'où l'on infère qu'ils sont très-éloignés en cela de la créance des Latins. Mais M. Smith paroît peu savant dans la Théologie des Grecs ; lorsqu'il dit généralement, qu'ils appellent <i>antitypes</i> les symboles après la consécration. Il n'y a point de Grec presentement, &amp; même depuis neuf cents ans, qui soit de ce sentiment. Il est constant que les Grecs Schismatiques d'aujourd'hui prétendent tous, que la consécration n'est achevée qu'après la prière qu'on nomme <i>l'invocation du S. Esprit</i> ; laquelle prière est rapportée dans la Liturgie, après les paroles où les sacrés symboles sont nommés <i>antitypes.</i> Marc d'Ephèse, qui étoit Chef de parti contre les Latins dans le Concile de Florence, se sert même de cet endroit de la Liturgie, pour prouver que la consécration ne consiste point simplement dans ces paroles, <i>Ceci est mon corps</i> ; mais aussi dans la prière, ou bénédiction, que le Prêtre fait ensuite en invocant le S. Esprit. Ce défenseur de la foi des Grecs s'appuie principalement sur ce que S. Basile dans sa Liturgie appelle les symboles <i>antitypes,</i> après que le Prêtre a prononcé ces paroles, <i>Ceci est mon corps</i> ; d'où il conclut qu'ils ne sont point encore consacrés, puisqu'ils retiennent le nom d'<i>antitypes</i> ou <i>figures.</i> Le Patriarche Jérémie parle aussi des <i>antitypes</i> de la même manière, &amp; il assure que ceux qui ont appellé le pain &amp; le vin <i>antitypes,</i> ne leur ont donné ce nom qu'avant la consécration.</p><p>Ces auteurs parlent en cela conformément aux autres Ecrivains Grecs qui ont vécu depuis le huitième siècle, où cette question fut agitée, dans le second Concile de Nicée. Le Diacre Epiphane déclara dans ce Concile au nom de tous les Evêques, que le mot d'<i>antitypes</i> ne pouvoit s'entendre autrement dans la Liturgie de S. Basile, que pour les dons avant la consécration, &amp; qu'après la consécration, ils étoient appellés le corps &amp; le sang de Jesus-Christ. S. Jean de Damas, Nicephore Patriarche de Constantinople, en un mot, tous les défenseurs du culte des images, furent de ce sentiment, &amp; l'opposèrent aux Iconoclastes, comme une forte preuve pour autoriser l'honneur rendu aux images, parce qu'on rend, disoient-ils, des honneurs aux saints dons, lorsqu'ils ne sont encore que des <i>antitypes,</i> ou des images avant la consécration. Depuis ce temps-là les Grecs parlent tous ce même langage ; &amp; quelque difficulté qu'il y ait sur ce mot d'<i>antitypes,</i> pour savoir si quelques Pères Grecs l'ont appliqué à l'Eucharistie, après ou avant la consécration ; il est constant que ceux des anciens Docteurs de l'Eglise qui ont donné le nom d'<i>antitypes</i> aux symboles après la consécration, ne croyoient pas que ce mot contînt rien qui fût opposé à la vérité de Jesus-Christ dans l'Eucharistie : &amp; l'on peut prouver manifestement, par la dispute qui étoit entre les Iconoclastes &amp; les défenseurs des Images, qu'il n'y avoit entre eux aucune difficulté touchant le corps de Jesus-Christ, que les deux parties reconnoissoient également être dans l'Eucharistie après la consécration. Ainsi de quelque manière qu'on explique le mot d'<i>antitypes,</i> les Protestans n'en peuvent tirer en cette occasion aucune conséquence contre la créance de la transubstantiation, puisque les deux partis supposent évidemment que les symboles du pain &amp; du vin se changent au corps &amp; au sang de Jesus-Christ, étant seulement en dispute du temps auquel le changement s'accomplit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2220" id="1" type="geographie">
   <index type="head" value="ANTOECIENS" />
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    <head>ANTOECIENS</head>
    <p>
    ANTOECIENS , s. m. plur. <i>Antaeci.</i> Terme de Géographie qui est relatif. En considérant les habitans de la terre relativement, c'est-à-dire, par rapport les uns aux autres, les uns sont Perioeciens, les autres <i>Antoeciens,</i> &amp; les autres Antipodes. Nous expliquerons dans la suite ce que c'est que Perioeciens. Les <i>Antoeciens</i> sont ceux qui habitent <pb n="265" facs="bpt6k8542165/f305/full/1200,/0/native.jpg"/>sous la même portion du méridien comprise entre les deux poles, &amp; qui sont à même distance de l'Equateur, mais les uns du côté du Nord, &amp; les autres du côté du Midi. Ainsi les <i>Antoeciens</i> ont la même longitude &amp; la même latitude, mais les uns australe, &amp; les autres septentrionale. Les habitans du Péloponèse sont <i>Antoeciens</i> des Cafres du Cap de bonne-Espérance. Les <i>Antoeciens</i> ont midi &amp; minuit précisément à la même heure ; mais les uns ont l'été, quand les autres sont dans l'hiver.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2221" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTOINE" />
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    <head>ANTOINE</head>
    <p>
    ANTOINE , s. m. <i>Antonius.</i> Nom propre d'homme. C'est un des noms Latins ausquels nous avons donné une forme Françoise. Ainsi ce seroit mal parler, que de dire Marcus <i>Antonius</i> Triumvir avec Auguste &amp; Lépidus. Il faut dire, Marc <i>Antoine</i> fut vaincu à la bataille d'Actium par Auguste. De même S. <i>Antoine,</i> Père des Anachorètes en Egypte mourut en 361. âgé de 105 ans, dont il en avoit passé 90 dans le désert. Et généralement tous ceux qui portent ce nom, doivent être appellés <i>Antoine.</i></p><p>S. Antoine, Ordre militaire. Albert de Bavière, Comte de Hainault, de Hollande &amp; de Zélande, ayant dessein de faire la guerre au Turc, établit en 1382. l'Ordre des Chevaliers de S. <i>Antoine.</i> Ils portoient un collier d'or en forme de ceinture d'hermite, auquel pendoit une bequille avec une clochette, comme on les représente dans les tableaux de S. <i>Antoine.</i> Caramuel <i>Theolog. Regolar. P.</i> 9. Le P. André Mendo <i>De Ordin. Milit.</i> Joseph de Michieli <i>Tesoro Militar.</i> &amp; Bernardo Justiniani, <i>Histor. dell'origine de Cavallieri C.</i> 5. parlent d'un autre Ordre militaire de S. <i>Antoine</i> en Ethiopie, institué en 370, à ce que prétend ce dernier Auteur, par Jean surnommé le Saint, Empereur d'Ethiopie, qui régla que les Chevaliers de cet Ordre porteroient sur un habit noir une croix d'azur en forme de Tau ; son fils, poursuit-il, y ajoûta un orle d'or. Ces Chevaliers sont sous la règle de S. Basile. Leur Etendart est noir, chargé d'un Lion rampant, tenant en ses griffes une croix ou un crucifix, avec ces mots, <i>Vicit Leo de Tribu Juda,</i> c'est-à-dire, <i>Le Lion de la Tribu de Juda a vaincu.</i> Ludolf n'en dit rien dans son Histoire d'Ethiopie ; &amp; quoiqu'il y ait eu des Moines de S. <i>Antoine</i> en Egypte &amp; en Ethiopie, dès le quatrième siècle, il n'y a nulle preuve qu'il y ait eu aussi dès ce temps-là un Ordre militaire de même nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2222" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTOINETTE" />
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    <head>ANTOINETTE</head>
    <p>
    ANTOINETTE , s. f. <i>Antonia.</i> Nom propre de femme. Ce n'est point un diminutif, mais le féminin qui répond à Antoine, comme en Latin <i>Antonina</i> répond au masculin <i>Antoninus. Antoinette</i> de Bourbon, femme du Duc de Guise Claude de Lorraine, qu'elle épousa en 1513. &amp; dont elle eut huit fils &amp; quatre filles, avoit beaucoup de piété, &amp; fut appellée par les Huguenots la mère des Tyrans, &amp; des ennemis de l'Evangile. Soeur <i>Antoinette</i> de S. Scholastique, Religieuse Feuillantine, c'est <i>Antoinette</i> d'Orléans, fille de Léonor d'Orléans Duc de Longueville, qui après la mort de Charles de Gondi, Marquis de Belle-Isle, se fit Religieuse à Toulouse.</p><p>Quand il s'agit des femmes de l'ancienne maison Romaine des Antoines, il ne faut point dire <i>Antoinette,</i> mais <i>Antonia</i> ; par exemple, il faut dire, <i>Antonia,</i> fille de M. Antoine &amp; d'Octavie, soeur d'Auguste, épousa L. Domitius Aenobarbus. <i>Antonia</i> autre fille d'Antoine, &amp; femme de Drusus disoit, quand elle vouloit se mocquer de quelqu'un, qu'il étoit aussi bête que son fils Claude, qui fut depuis Empereur. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de Tillemont, &amp; les autres. Il ne faut dire <i>Antoinette</i> que des femmes Chrétiennes, qui ont S. Antoine pour patron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2223" id="1" type="jardinier">
   <index type="head" value="ANTOISER" />
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    <head>ANTOISER</head>
    <p>
    ANTOISER , v. act. <i>Acervare, coacervare.</i> Terme de Jardinier . Il se dit des tas de fumier, &amp; veut dire emplir, mettre en pile, <i>antoiser</i> un tas de fumier. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2224" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTOIT" />
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    <head>ANTOIT</head>
    <p>
    ANTOIT , s. m. Instrument de fer courbé, qui sert dans la construction des vaisseaux, à faire approcher les Bordages près des membres, &amp; les uns près des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2225" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTOLEIN" />
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    <head>ANTOLEIN</head>
    <p>
    ANTOLEIN , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Antolianus.</i> S. Antolien dont parle Gregoire de Tours en son Histoire de France, &amp; en ses Livres des miracles, s'appelle vulgairement en Auvergne S. <i>Antolein.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2226" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTOLIEN" />
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    <head>ANTOLIEN</head>
    <p>
    ANTOLIEN . Voyez <ref type="search" target="head:ANTOLEIN">ANTOLEIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2227" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTONIN" />
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    <head>ANTONIN</head>
    <p>
    ANTONIN , s. m. <i>Antoninus.</i> Nom propre d'homme. <i>Antonin</i> Pie ; Marc Aurèle <i>Antonin,</i> surnommé le Philosophe ; <i>Antonin</i> Caracalle ; <i>Antonin</i> Elagabale, sont des Empereurs Romains. Saint <i>Antonin,</i> Archevêque de Florence, y nâquit en 1389. &amp; mourut le 2. Mai en 1459.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2228" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTONINS" />
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    <head>ANTONINS</head>
    <p>
    ANTONINS , ou ANTONISTES. <i>Antonini.</i> Religieux de S. Antoine ; Chanoines réguliers de S. Augustin de la Congrégation de S. Antoine de Viennois. Ils ont une robe noire avec un manteau de même couleur, ayant sur cette robe &amp; sur ce manteau une marque bleue, en forme d'une lettre Grecque qu'on nomme T, &amp; qu'ils appellent la croix de S. Antoine. Ils portent à l'Eglise l'aumusse &amp; le surplis. Le Chef de leur Ordre est en Dauphiné, &amp; l'on croit qu'ils ont été établis dans l'onzième siècle. Le mot d'<i>Antonins</i> &amp; d'<i>Antonistes</i> n'est pas d'usage à Paris. On dit les Religieux de S. Antoine. Il y a aussi des Religieux <i>Antonins</i> dans l'Ethiopie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2229" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTONOMASE" />
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    <head>ANTONOMASE</head>
    <p>
    ANTONOMASE , s. f. <i>Antonomasia.</i> Figure de Rhétorique, par laquelle on se sert d'un nom appellatif au lieu d'un nom propre, comme, Le Philosophe, pour dire, Aristote ; l'Orateur, pour dire, Cicéron ; l'Apôtre, pour dire, S. Paul ; Louis le Juste, pour dire, Louis XIII. Louis le Grand, pour dire, Louis XIV.</p><p>Ce mot vient d', qui signifie <i>pour,</i> &amp; d', <i>nom.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2230" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTORA" />
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    <head>ANTORA</head>
    <p>
    ANTORA , s. f. Plante. Sa tige est ronde, il en sort des feuilles minces &amp; découpées. Sa cime est chargée de fleurs purpurines. C'est un préservatif contre les venins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2231" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTRE" />
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    <head>ANTRE</head>
    <p>
    ANTRE , s. m. Grande caverne, ou creux souterrain qui s'y est trouvé naturellement. <i>Antrum.</i> L'<i>antre</i> de la Sibylle de Cumes. L'<i>antre</i> de Trophonius. Il y a un <i>antre</i> au pays de Mexique qui regne sous terre plus de deux cents lieues. Voyez <ref type="search" target="head:Herrera">Herrera</ref>. L'<i>antre</i> de Corcos en Cilicie étoit fameux autrefois. Pomponius Méla en fait une description magnifique dans son premier Liv. ch. XIII.</p><p>Ce mot vient de Grec, , qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2232" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTROPOLOGIE" />
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    <head>ANTROPOLOGIE</head>
    <p>
    ANTROPOLOGIE , Voyez ANTHROPOLOGIE</p><p>Tous ces mots venant d', comme nous l'avons dit en leurs places, pour écrire correctement &amp; exactement, il faut mettre une <i>h</i> ; &amp; tous les habiles gens n'y manquent point. Cependant comme le plus grand nombre, ne sachant point le Grec, ne voient pas la cause de cette <i>h,</i> il faut convenir que l'usage de les écrire sans <i>h</i> est très-commun ; &amp; que d'habiles gens même se laissent souvent entraîner par le torrent ; principalement quand ces mots sont d'un usage ordinaire &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2233" id="1" type="">
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    <head>ANTROPOMANTIE</head>
    <p>
    ANTROPOMANTIE , Voyez ANTHROPOMANTIE</p><p>Tous ces mots venant d', comme nous l'avons dit en leurs places, pour écrire correctement &amp; exactement, il faut mettre une <i>h</i> ; &amp; tous les habiles gens n'y manquent point. Cependant comme le plus grand nombre, ne sachant point le Grec, ne voient pas la cause de cette <i>h,</i> il faut convenir que l'usage de les écrire sans <i>h</i> est très-commun ; &amp; que d'habiles gens même se laissent souvent entraîner par le torrent ; principalement quand ces mots sont d'un usage ordinaire &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2234" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTROPOMORPHITE" />
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    <head>ANTROPOMORPHITE</head>
    <p>
    ANTROPOMORPHITE , Voyez ANTHROPOMORPHITE</p><p>Tous ces mots venant d', comme nous l'avons dit en leurs places, pour écrire correctement &amp; exactement, il faut mettre une <i>h</i> ; &amp; tous les habiles gens n'y manquent point. Cependant comme le plus grand nombre, ne sachant point le Grec, ne voient pas la cause de cette <i>h,</i> il faut convenir que l'usage de les écrire sans <i>h</i> est très-commun ; &amp; que d'habiles gens même se laissent souvent entraîner par le torrent ; principalement quand ces mots sont d'un usage ordinaire &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2235" id="1" type="">
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    <head>ANTROPOPATHIE</head>
    <p>
    ANTROPOPATHIE , Voyez ANTHROPOPATHIE</p><p>Tous ces mots venant d', comme nous l'avons dit en leurs places, pour écrire correctement &amp; exactement, il faut mettre une <i>h</i> ; &amp; tous les habiles gens n'y manquent point. Cependant comme le plus grand nombre, ne sachant point le Grec, ne voient pas la cause de cette <i>h,</i> il faut convenir que l'usage de les écrire sans <i>h</i> est très-commun ; &amp; que d'habiles gens même se laissent souvent entraîner par le torrent ; principalement quand ces mots sont d'un usage ordinaire &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2236" id="1" type="">
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    <head>ANTROPOPHAGE</head>
    <p>
    ANTROPOPHAGE , Voyez ANTHROPOPHAGE</p><p>Tous ces mots venant d', comme nous l'avons dit en leurs places, pour écrire correctement &amp; exactement, il faut mettre une <i>h</i> ; &amp; tous les habiles gens n'y manquent point. Cependant comme le plus grand nombre, ne sachant point le Grec, ne voient pas la cause de cette <i>h,</i> il faut convenir que l'usage de les écrire sans <i>h</i> est très-commun ; &amp; que d'habiles gens même se laissent souvent entraîner par le torrent ; principalement quand ces mots sont d'un usage ordinaire &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2237" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANTROPOPHAGIE" />
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    <head>ANTROPOPHAGIE</head>
    <p>
    ANTROPOPHAGIE , Voyez ANTHROPOPHAGIE</p><p>Tous ces mots venant d', comme nous l'avons dit en leurs places, pour écrire correctement &amp; exactement, il faut mettre une <i>h</i> ; &amp; tous les habiles gens n'y manquent point. Cependant comme le plus grand nombre, ne sachant point le Grec, ne voient pas la cause de cette <i>h,</i> il faut convenir que l'usage de les écrire sans <i>h</i> est très-commun ; &amp; que d'habiles gens même se laissent souvent entraîner par le torrent ; principalement quand ces mots sont d'un usage ordinaire &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2238" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANUBIS" />
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    <head>ANUBIS</head>
    <p>
    ANUBIS , s. m. <i>Anubis.</i> Nom propre d'un Ancien Dieu des Egyptiens. On trouve sa figure sur plusieurs médailles Latines ; entr'autres sur une de la jeune Faustine, rapportée par Tristan T. I. p. 673. &amp; sur une de Julien l'Apostat, gravée dans le second Tome de M. Béger. p. 184. Ce Dieu y paroît avec une tête de chien sur un corps d'homme vêtu de l'habit de guerre des Empereurs, c'est-à-dire, avec la cuirasse, la cotte d'armes, le <i>paludamentum</i> sur le tout, &amp; la chaussure jusqu'à mi-jambe. Dans Tristan, au lieu de cuirasse &amp; de cotte d'armes, il ne paroît avoir qu'une tunique. Il a toujours à la main un sistre Egyptien, &amp; à la gauche un caducée. Ces Antiquaires prétendent que dans l'une de ces médailles, c'est Marc Aurèle, &amp; dans l'autre Julien, sous la figure d'<i>Anubis.</i> On croit qu'<i>Anubis</i> étoit le même que Mercure. Plutarque, dans son Livre touchant Isis &amp; Osiris, dit qu'<i>Anubis</i> étoit appellé <i>Hermanubis,</i> &amp; Eusèbe, Liv. III. de la Prép. Evang. l'appelle ainsi, c'est-à-dire, <i>Mercure Anubis</i> ; car Hermes est le nom Grec de Mercure. Le P. Kirker croit <pb n="266" facs="bpt6k8542165/f306/full/1200,/0/native.jpg"/>que c'étoit la même Divinité que l'Hécate des Grecs. Les Anciens, &amp; sur-tout Diodore de Sicile, Liv. I. Plutarque &amp; Eusèbe cités, Strabon, Liv. IX. &amp; Apulée, Liv. XI. le décrivent tel que nous le voyons sur les médailles aux habits près, dont ils ne parlent pas. La Statue d'<i>Anubis</i> étoit toujours à la porte des Temples, comme le Garde d'Isis &amp; d'Osiris. On apporte différentes raisons de la tête de chien qu'on lui donne. On dit qu'<i>Anubis,</i> fils d'Osiris qui fut mis au nombre des Dieux, avoit beaucoup aimé les chiens &amp; la chasse ; qu'à la guerre, où il avoit toujours suivi son père, il avoit une figure de chien sur son bouclier, &amp; dans ses étendarts. D'autres disent qu'<i>Anubis</i> fut un Conseiller d'Isis, à qui on donna une tête de chien, pour marquer sa sagacité. D'autres veulent que les Egyptiens aient caché leur Théologie sous cette figure, &amp; exprimé par là que leur Mercure étoit le seul Dieu voyant &amp; conservant tout. Les Romains, qui adopterent tous les Dieux des nations qu'ils avoient conquises, reçurent aussi <i>Anubis</i> dans Rome, lui bâtirent un Temple, &amp; lui donnerent des Prêtres. Voyez ce que le P. Kirker en dit dans le troisième T. de son <i>Oedip. Aegypt.</i> p. 122. Guichard dérive <i>Anubis</i> de l'Hébreu , <i>Nabahh,</i> qui signifie <i>latrare,</i> aboyer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2239" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANVEC" />
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    <head>ANVEC</head>
    <p>
    ANVEC , adv. Vieux mot, qui veut dire <i>avec.</i> Borel. Le bas peuple prononce encore ainsi dans quelques Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2240" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANVERS" />
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    <head>ANVERS</head>
    <p>
    ANVERS . <i>Antuerpia, Andoverpum</i> ; &amp; autrefois à ce que l'on prétend, <i>Atuatum,</i> &amp; <i>Atuaeutum.</i> Les Flamands l'appellent <i>Antwerpen,</i> ou <i>Handtwerpen</i> ; les Allemands <i>Antorff ;</i> les Espagnols <i>Anveres</i> ; les Italiens <i>Anversa.</i> Quelques Auteurs prétendent qu'elle est ainsi appellée du mot <i>Handt,</i> qui signifie <i>main,</i> &amp; <i>Worpen,</i> qui veut dire jetter ; &amp; que ce nom lui vient de ce qu'il y avoit là autrefois un Château que tenoit un Géant nommé <i>Antigonus,</i> qui exigeoit un tribut de tous ceux qui passoient l'Escaut ; qu'à ceux qui le refusoient, il leur coupoit la main droite, &amp; la jettoit dans la rivière. Ils soutiennent que cela se confirme par les armes d'<i>Anvers,</i> qui sont un Château &amp; trois mains. C'est une fable. D'autres disent qu'<i>Antwerpen</i> signifie une <i>levée avancée,</i> &amp; que c'est l'ancienne porte triangulaire de la Ville avancée sur l'Escaut qui lui a donné son nom ; que c'est aussi cette porte qui se voit dans ses armes ; &amp; que pour les mains, ce sont des armes parlantes, ajoûtées à cause du mot <i>handt,</i> qui signifie <i>main.</i> Chiflet dans son <i>Natale solum legum Salicarum</i> p. 109. penche à croire qus l'<i>Anhunerbo</i> dont ces loix parlent, est <i>Anvers.</i> Il voudroit cependant bien pouvoir changer une lettre, &amp; lire <i>Auhunerbo.</i> Il croit cependant sans rien changer, en pouvoir tirer ie nom d'<i>Anvers.</i> Car, dit-il, <i>repa,</i> ou <i>verpa,</i> sont la même chose en Gaulois qu'en Latin <i>ripa,</i> c'est-à-dire, <i>rive, rivage.</i> Ainsi un lieu où les vaisseaux venoient aborder, a dû, selon lui, s'appeller <i>Anderepus,</i> &amp; <i>Andwerpus,</i> ou <i>Andowerpis,</i> comme on trouve en effet qu'<i>Anvers</i> s'appelle dans les anciens Diplomes, &amp; dans les vies des Saints.</p><p><i>Anvers</i> est sur l'Escaut, &amp; capitale du Marquisat du S. Empire. Elle est à 17. lieues de la mer dans le Brabant sur les confins de la Flandre. Elle a un Evêché suffragant de Malines. La Citadelle d'<i>Anvers</i> a été bâtie par le Duc d'Albe, &amp; réparée par le Duc de Parme. Il y a plusieurs belles éditions d'<i>Anvers,</i> sur-tout du fameux Plantin. La Polyglotte de Philippe II. le S. Augustin des Docteurs de Louvain, sont imprimés à <i>Anyers.</i> Les Jésuites d'<i>Anvers</i> travaillent depuis plus de soixante ans à un recueil critique de toutes les vies des Saints, sous le titre d'<i>Acta Santorum.</i> Il y en a déja 24 tomes <i>in fol.</i> &amp; ils n'ont fait encore que les six premiers mois. Pour citer cet ouvrage, on dit souvent les Jésuites d'<i>Anvers.</i> La longitude d'<i>Anvers</i> est 24d. 41'. &amp; sa latitude 51d. 16'.</p><p>Le quartier d'<i>Anvers. Ditio Antuerpiensis.</i> Partie du Brabant Espagnol, borné au nord par le Brabant Hollandois, qui, avec l'Evêché de Liège, le borne aussi au Levant. Il a le quartier de Louvain &amp; celui de Bruxelles au midi, &amp; la Flandre au couchant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2241" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANUIT" />
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    <head>ANUIT</head>
    <p>
    ANUIT , adv. Aujourd'hui. <i>Hodiè.</i> Vieux mot, qui vient de l'ancien usage des Allemands, &amp; des Gaulois, qui comptoient le temps par nuits, &amp; non point par jours. Le P. Sirmond soutient que ce mot a été fait de <i>hac nocte.</i> Ménage prétend au contraire qu'il a été formé de <i>en,</i> &amp; de <i>huy,</i> qui veut dire <i>au jour de huy.</i> Les Paysans disent encore <i>anuit,</i> pour aujourd'hui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2242" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANUITER" />
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    <head>ANUITER</head>
    <p>
    ANUITER , v. n. <i>Per noctem iter facere,</i> qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Se mettre en chemin la nuit, voyager de nuit. Ceux qui s'<i>anuitent,</i> se mettent en danger d'être volés, ou de s'égarer dans les bois, dans les montagnes. Ce mot vieillit fort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2242" id="2" type="">
   <index type="head" value="ANUITER" />
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    <head>ANUITER</head>
    <p>
    Anuité, ée , part. pass. &amp; adj. <i>In noctem moratus in via.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2243" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ANUS" />
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    <head>ANUS</head>
    <p>
    ANUS , s. m. Terme de Médecine . C'est l'orifice du fondement. <i>Anus.</i> Les fistules à l'<i>anus</i> sont difficiles à guérit. Les Philistins renvoyerent des <i>anus</i> d'or avec l'Arche, pour être guéris d'une maladie qui les affligeoit à l'<i>anus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2244" id="1" type="">
   <index type="head" value="ANXIÉTÉ" />
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    <head>ANXIÉTÉ</head>
    <p>
    ANXIÉTÉ , s. f. Peine, tourment, embarras, travail, grande inquiétude d'esprit. <i>Anxietas, sollicitudo.</i> On ne le dit qu'en Morale, pour expliquer cette passion de l'ame qui vient du trouble où elle se trouve, quand elle est menacée, ou attaquée par des maux violens &amp; accablans. Quoiqu'on augure assez bien de ce mot, il y a de bons Auteurs qui ne s'en veulent point servir ; les uns le regardant comme un vieux mot, &amp; les autres comme un mot qui n'est point encore établi. Il n'a d'usage que dans le style soutenu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2245" id="1" type="">
   <index type="head" value="AONIE" />
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    <head>AONIE</head>
    <p>
    AONIE , s. f. <i>Aonia.</i> Nom propre de la partie de la Béotie, où il y avoit des montagnes. Quelques Auteurs disent que d'abord toute la Béotie fut appellée <i>Aonie</i> ; d'autres prétendent qu'elle n'est appellée ainsi que par les Poëtes, qui par synecdoche prennent souvent la partie pour le tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2246" id="1" type="">
   <index type="head" value="AONIEN, ENNE" />
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    <head>AONIEN, ENNE</head>
    <p>
    AONIEN, ENNE , adj. <i>Aonius.</i> Qui est d'Aonie. Quand il se dit des Dieux, il signifie, Qui est honoré dans l'Aonie ; Qui a des lieux qui lui sont consacrés dans l'Aonie, &amp; où les Poëtes disent qu'il réside, comme les Muses <i>Aoniennes,</i> qui sont aussi appellées quelquefois <i>Aonides. Aonides Musae.</i></p><p>On prétend que ces noms viennent d'Aon fils de Neptune, qui chassé de l'Apouille par les siens, vint s'établir en Béotie, &amp; y donna son nom aux montagnes où il se plaça, &amp; aux peuples qui les habitoient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2247" id="1" type="">
   <index type="head" value="AORÉ" />
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    <head>AORÉ</head>
    <p>
    AORÉ . Vieux mot, qui se dit encore en Normandie pour servir d'épithète au Vendredi Saint. Ménage le dérive de <i>adoratus</i>, à cause qu'on va adorer la croix ce jour-là. Comme l'on prononce <i>oré,</i> M. Nuablé a soutenu que ce Vendredi a été ainsi nommé du mot <i>orare</i> ; non seulement à cause des fréquentes répétitions d'<i>oremus,</i> mais aussi à cause du grand nombre de prières que l'Eglise fait pour toutes sortes de personnes ce jour-là : car c'est le seul jour où l'Eglise prie pour les Schismatiques, les Hérétiques, les Juifs &amp; les Idolatres. Ce mot a signifié aussi <i>doré</i> &amp; <i>orné,</i> parce qu'on disoit autrefois <i>aorner,</i> pour <i>dorer &amp; orner</i> ; &amp; en ce sens il venoit de <i>adornare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2248" id="1" type="grammaire grecque">
   <index type="head" value="AORISTE" />
   <index type="src_domain" value="grammaire grecque" />
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    <head>AORISTE</head>
    <p>
    AORISTE , s. m. <i>Aoristus, praeteritum tempus indefinitum.</i> Terme de la Grammaire Grecque : ce temps répond au prétérit indéfini de la langue Françoise. J'ai aimé, est un prétérit parfait ; Je vous aimai, est le prétérit indefini, ou un <i>Aoriste.</i> Les Grecs avoient deux <i>Aoristes</i> : les Latins n'en ont point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2249" id="1" type="">
   <index type="head" value="AORME" />
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    <head>AORME</head>
    <p>
    AORME , s. m. <i>Aornus.</i> Nom propre d'un lac d'Italie entre Pouzzol, &amp; Bayes, ainsi appellé du Grec formé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>oiseau,</i> parce qu'il en sortoit des vapeurs malignes, qui en éloignoient tous les oiseaux, &amp; faisoient mourir ceux qui passoient par-dessus. Les Poëtes feignoient que c'étoit un lac d'enfer. Virgile, Lucrèce &amp; Claudien l'appellent Averne ; il y a un lac de l'Epire nommé aussi <i>Aorne.</i></p><p>Il y a encore d'autres lieux du même nom ; &amp; sur-tout une ville de la Bactriane qu'Alexandre le Grand prit. <i>Quinte-Curce, Liv. VIII. ch. II.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2250" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="AORTE" />
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    <head>AORTE</head>
    <p>
    AORTE , s. f. <i>Aorta.</i> Terme d'Anatomie . C'est le nom qu'on donne à la grande artère qui sort du ventricule gauche du coeur pour porter le sang dans tout le corps.</p><p>Ce mot vient du Grec , où il signifie, un <i>vaisseau,</i> un <i>coffre.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ARTÈRE">ARTÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2251" id="1" type="">
   <index type="head" value="AOSTE, AOUSTE & OSTE" />
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    <head>AOSTE, AOUSTE & OSTE</head>
    <p>
    AOSTE, AOUSTE &amp; OSTE , s. f. Nom propre de quelques lieux. <i>Aoste,</i> ou <i>Aouste, Augusta,</i> ou <i>Augustum,</i> autrefois petite ville, maintenant village du Dauphiné sur les confins de Savoie. <i>Aoste,</i> ou <i>Aouste, Augusta,</i> autre village de Dauphiné sur la Drome. <i>Aoste,</i> ou <i>Aouste,</i> ville dans les Etats de Savoie sur la Doria, ou Doëre, <i>Augusta Praetoria, Augusta Selafforum.</i> On prétend que l'Empereur Auguste en est le fondateur, &amp; qu'il y envoya une Colonie Romaine. Elle est capitale d'un Duché de même nom, &amp; a un Evêque suffragant de l'Archevêque de Tarentaise. On y voit un Arc de triomphe érigé pour Auguste, un Colisée, &amp; plusieurs autres monumens de l'antiquité. La vallée d'<i>Auste,</i> autrement le val d'<i>Aoste,</i> ou d'<i>Aouste, Vallis Augustana,</i> est une vallée de Savoie, dans laquelle est située la ville dont nous venons de parler. Le Duché d'<i>Aoste,</i> ou d'<i>Aouste, Ducatus Augustanus,</i> partie du Duché de Savoie, qui comprend la vallée d'<i>Aouste</i> &amp; six autres, toutes enfermées dans les Alpes. Il prend son nom de la ville d'<i>Aouste</i> qui en est la capitale. S. Anselme, Archevêque de Cantorberi, étoit de la ville d'<i>Aouste.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2252" id="1" type="">
   <index type="head" value="AOU" />
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    <head>AOU</head>
    <p>
    AOU , s. m. <i>Aygulphus, Agiulphus, Aiulphus.</i> Nom propre d'un S. Evêque de Bourges vers le commencement du neuvième siècle. Ce nom s'est formé par corruption du Latin en plusieurs manières ; car on dit S. <i>Aou,</i> ou bien S. <i>Au,</i> ou S. <i>Hou,</i> ou S. <i>Aioul,</i> ou S. <i>Ayeul.</i> Théodulphe d'Orléans donne de grands éloges à S. <i>Aou,</i> &amp; le titre de Patriarche. Baillet, 22. Mai.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2253" id="1" type="">
   <index type="head" value="AOURNER" />
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    <head>AOURNER</head>
    <p>
    AOURNER , v. act. Orner, embellir, ajuster. <i>Adornare.</i> Il étoit encore en usage dans le siècle passé. Rabelais fait dire à Panocrates : Vous jurez, Maitre Jean. C'est, répond l'autre, pour <i>aourner</i> mon langage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2254" id="1" type="">
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    <head>AOUSTE</head>
    <p>
    AOUSTE . Voyez <ref type="search" target="head:AOSTE">AOSTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2255" id="1" type="">
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    <head>AOUSTERELLE</head>
    <p>
    AOUSTERELLE , s. f. Ce mot se disoit autrefois : on dit aujourd'hui <i>Sauterelle</i> dans le même sens. Je te remplirai d'hommes comme d'<i>aousterelles.</i> Bible Histor.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2256" id="1" type="">
   <index type="head" value="AOÛT" />
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    <head>AOÛT</head>
    <p>
    AOÛT , s. m. <i>Augustus, Mensis sextilis.</i> C'est le huitième mois de l'année, selon notre façon de compter qui commence en Janvier ; mais il étoit le sixième, selon les Romains, qui l'appelloient pour cette raison <i>Sextilis.</i> Son nom fut changé en <i>Augustus</i> en faveur de César Auguste. Cet Empereur étant retourné des Gaules l'an 746. de Rome, travailla à régler le Calendrier. Ce fut par cette occasion qu'il fit donner son nom au mois d'<i>Août.</i> Tillemont. D'autres disent que ce fut parce que dans ce mois-là cet Empereur fut fait premièrement Consul, &amp; qu'il remporta de grandes victoires. Les Turcs même ont pris ce nom des Calendriers Grecs, ou Latins, &amp; l'appellent quelquefois <i>Agostos.</i> Ce mot <i>Août</i> n'a qu'une syllabe, &amp; on prononce <i>Oût.</i> On dit la <i>Mi-Oût,</i> en parlant de la Fête de l'Assomption de la Vierge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2256" id="2" type="">
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    <head>AOÛT</head>
    <p>
    Août , signifie aussi, la récolte, la moisson des blés, &amp; autres grains, quoiqu'on la fasse en plusieurs lieux dès le mois de Juillet. <i>Tempus Messis.</i> Ce Fermier a fait marché pour faire son <i>août.</i> On est dans la force de l'<i>août</i> ; c'est-à-dire, dans le grand travail de la récolte.</p><p>On dit aussi figurément, qu'un homme fait son <i>août,</i> quand il est dans une saison ou dans une affaire où il gagne beaucoup. Cet homme a bien fait son <i>août</i> dans cette Commission. Les Fermiers des Entrées font leur <i>août</i> dans les mois de Novembre, Décembre &amp; Janvier.</p><p>On dit proverbialement, en <i>Août</i> &amp; en vendanges, il n'y a Fêtes ni Dimanches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2257" id="1" type="">
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    <head>AOÛT</head>
    <p>
    AOÛT , s. masc. Nom propre d'homme. <i>Augustus.</i> Auguste, que nous appellons vulgairement S. <i>Août,</i> étoit de la maison de S. Desiré Evêque de Bourges. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2258" id="1" type="">
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    <head>AOÛTER</head>
    <p>
    AOÛTER , v. act. Faire mûrir. <i>Coquere.</i> Il n'y a pas eu assez de chaud cet été pour <i>aoûter les fruits.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2258" id="2" type="">
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    <head>AOÛTER</head>
    <p>
    Aoûté, ée , adj. <i>Coctus, maturus.</i> Se dit des fruits qui sont mûrs après le mois d'Août, &amp; particulièrement des citrouilles, lorsqu'elles ont pris leur croissance, &amp; qu'elles n'augmentent plus. On crie à Paris citrouilles <i>aoûtées.</i> On le dit en général du fruit &amp; des branches d'arbres qui sont bien nourries pendant l'été, qui cessent de pousser &amp; qui s'endurcissent. Cette branche est bien <i>aoûtée</i> ; pour dire que le suc qui l'a nourrie pendant le mois d'Août, y a bien fait son devoir ; &amp; l'on remarque cela, lorsque cette branche ayant pris tout l'acroissement qui lui convient pour cette année, s'endurcit à la fin de ce mois, &amp; prend une couleur qui lui est propre ; au lieu que, lorsque l'écorce en paroît verdâtre &amp; velue, on dit, cette branche n'est pas assez <i>aoûtée.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2259" id="1" type="">
   <index type="head" value="AOÛTERON" />
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    <head>AOÛTERON</head>
    <p>
    AOÛTERON , s. m. Moissonneur, celui qui travaille à la récolte. <i>Messor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2260" id="1" type="">
   <index type="head" value="APAISER" />
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    <head>APAISER</head>
    <p>
    APAISER , verbe act. Ce mot se disoit autrefois pour apaiser. Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2261" id="1" type="">
   <index type="head" value="APAISEMENT" />
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    <head>APAISEMENT</head>
    <p>
    APAISEMENT , s. m. Pacification, paix, Traité de paix. Vieux mot. <i>Pax, foedus.</i> Ils avoient ordonné par provision une paix entre les parties, laquelle est appellée dans les titres &amp; actes dressés <i>Apaisement. Apaisamentum.</i> Menestr. <i>Hist. de Lyon.</i> p. 380.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2262" id="1" type="">
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    <head>APAISER</head>
    <p>
    APAISER , v. act. Mettre la paix, pacifier. <i>Sedare, comprimere.</i> Ce mot vient de la préposition <i>ad</i>, &amp; du mot <i>pax</i>, paix, comme qui diroit <i>ad pacem adducere,</i> conduire, induire à la paix. amener à la paix, amener à paix. Le Roi a <i>apaisé</i> tous les troubles de son Etat. Un bon Magistrat tâche d'<i>apaiser</i> tous les différends, &amp; d'entretenir la concorde entre les Citoyens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APAISER</head>
    <p>
    Apaiser , signifie aussi, adoucir la colère de quelqu'un, lui ôter les sujets de se plaindre. <i>Iram placare, mollire, mulcere.</i> La pénitence des Ninivites <i>apaisa</i> la colère du Seigneur. Le Prince étoit fort irrité, on a eu bien de la peine à l'<i>apaiser.</i> Il est difficile de s'imaginer que la nature ait appris aux hommes à <i>apaiser</i> Dieu par le sang des victimes. Fleury. Ce n'est que par paresse que l'on s'<i>apaise,</i> &amp; que l'on ne se venge point. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2262" id="3" type="">
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    <head>APAISER</head>
    <p>
    Apaiser , signifie aussi, Diminuer, amoindrir un mal violent. <i>Dolorem lenire, mollire, levare. Apaiser</i> les douleurs de la goutte, la violence de la fièvre. Ce verbe se prend aussi dans une signification neutre. <i>Leniri, levari, mitigari.</i> Les douleurs de la goutte l'ont fort tourmenté cette nuit, maintenant le mal est un peu <i>apaisé.</i> La mer, l'orage, la tempête, ne sont plus si violens, ils s'<i>apaisent.</i> Tout le monde s'est d'abord soulevé contre vous ; mais ce bruit est <i>apaisé.</i> Mes maux se sont <i>apaisés,</i> dès que j'ai lû ce que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2262" id="4" type="">
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    <head>APAISER</head>
    <p>
    Apaiser , se prend aussi pour remettre une personne de quelque trouble, de quelque émotion. <i>Reprimere iracundiam.</i> Après avoir <i>apaisé</i> le bon père, il reprit son discours. Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2263" id="1" type="">
   <index type="head" value="APAISENTEUR" />
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    <head>APAISENTEUR</head>
    <p>
    &#9758; APAISENTEUR , s. m. Ce vieux mot a été remplacé par celui d'Apaiseur qu'on trouve dans Nicot, mais qui n'est pas dans nos nouveaux Dictionnaires. Il signifie <i>pacificateur, amiable compositeur.</i> Pierre Des Bordes Ecuyer Bailli de Joinville prend dans une Sentence arbitrale du 13. Janvier 1363. la qualité d'<i>Arbitre arbitrateur ou amiable apaisenteur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2264" id="1" type="">
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    <head>APAMÉE</head>
    <p>
    APAMÉE , s. f. <i>Apamea, Apamia.</i> Nom propre de plusieurs villes. Il y a sept ou huit Apamées.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="APAMÉE" />
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    <head>APAMÉE</head>
    <p>
    Apamée de Phrygie, sur le Marsias, surnommée , l'Arche, parce qu'elle étoit renfermée de trois fleuvès, &amp; qu'elle avoit la figure d'une Arche. Sa longitude est 59d, 50' ; sa latitude 39d, 50'. Elle est aujourd'hui fort dépeuplée. Quelques Auteurs disent qu'elle fut bâtie par Séleucus Nicanor.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APAMÉE</head>
    <p>
    Apamée de Bithynie est l'ouvrage de Nicomède fils du Roi Prusias, qui lui donna le nom de sa mère <i>Apamée.</i> Il y a eu autrefois un Archevêque. Elle est sur la Propontide ou Mer de Marmora. Elle prit dans la suite le nom d'un Chef des Colophoniens, nommé Myrlus, &amp; s'appella Myrlea. C'est le nom que lui donnent encore aujourd'hui les Turcs. Sa longitude est 56d, 50' ; sa latitude 49d, <pb n="268" facs="bpt6k8542165/f308/full/1200,/0/native.jpg"/>56'. Maty &amp; le dernier Moréri l'appellent <i>Miarla</i> &amp; <i>Apami.</i></p><p>Il y a eu aussi une <i>Apamée</i> en Médie, nommée autrement <i>Miana,</i> &amp; une en Mésopotamie sur l'Euphrate, vis-à-vis de <i>Zeugma,</i> au 79d, 50' de longitude, &amp; au 49d, 56', de latitude. Une autre encore en Mésopotamie sur le Tigre 125. milles au-dessus de Séleucie, &amp; une autre en Perse.</p><p>Mais la plus célèbre <i>Apamée</i> est celle de Syrie, ville Archiépiscopale, sur l'Oronte, bâtie par Séleucus Nicanor, qui lui donna le nom de sa soeur, ou selon d'autres de son épouse. Elle s'appelloit d'abord Pella, dit Strabon, Liv. XVI. Pour se distinguer des autres, elle mettoit sur ses médailles . Ou <i>Apamée sur le fleuve Axius</i> ; d'où le Cardinal Noris conclut qu'elle étoit plus près de ce fleuve que de l'Oronte. Elle est sur une colline agréable, qui s'élève au milieu d'une plaine bordée de plusieurs autres collines, &amp; extrêmement fertile. La ville est presque toute entourée de l'Oronte. Cette situation fait que c'est une des villes de Syrie des plus peuplées. Sa longitude est 70d, 0'. Sa latitude 34d, 45'. L'ère d'<i>Apamée</i> est celle des Séleucides.</p><p>Bochard, Phaleg. L. II. ch. II. remarque que presque toutes les <i>Apamées</i> sont entourées d'eau, &amp; il en tire une preuve pour l'étymologie de ce nom, qu'il fait venir de l'Hébreu , <i>entourer,</i> &amp; , <i>eau</i> ; Jonas II. 6. , <i>Circumdederunt me aquae.</i> Il est plus probable que c'est un nom de femme donné à ces villes, comme nous l'avons dit.</p><p>Pamiers, ville de France en Languedoc, s'appelle aussi <i>Apamée,</i> en Latin <i>Apamia,</i> ou <i>Apamiae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APANAGE</head>
    <p>
    APANAGE , autrefois, APENNAGE, s. m. Terre que les Souverains donnent à leurs puînés pour leur partage. <i>Usuaria bonorum attributio ; fructuaria praedii assignatio ; Minorum liberorum aut fratrum usuarii fundi attributio.</i> Sous les Rois de la première &amp; de la seconde race le droit d'aînesse, ni les <i>apanages,</i> n'étoient point connus. Le Grand Clovis partagea ses Etats entre ses quatre enfans ; &amp; Louïs le Débonnaire fit la même chose sous la seconde race. Mais on reconnut bientôt l'inconvénient de ces partages, &amp; l'on inventa le droit d'aînesse, qui donne la préférence à l'aîné seul pour la succession à la Couronne. Dans la suite on se contenta de donner aux cadets pour leur partage, ou des Duchés, ou quelque portion du Royaume en souveraineté ; à la reserve de la foi &amp; hommage, &amp; à condition de réversion au défaut d'enfans mâles. Cela est arrivé à l'ègard de la première &amp; de la seconde branche Royale des Ducs de Bourgogne. Enfin, pour ne point démembrer le Royaume, &amp; pour abaisser les cadets, l'on s'est contenté de leur donner des <i>apanages</i> ; c'est-à-dire, le domaine utile, &amp; le revenu annuel ; la souveraineté demeurant toujours au Roi. Le Duché d'Orléans est l'<i>apanage</i> des seconds Fils de France. Les terres données en <i>apanage</i> sont réversibles à la Couronne à perpétuité.</p><p>Nicod &amp; Ménage dérivent ce mot de <i>panis,</i> qui se prend souvent pour toute sorte d'alimens &amp; de subsistance, vû que plusieurs se sont servis de <i>panagium,</i> pour dire <i>apanage.</i> Du Cange dit qu'il vient de <i>apanare, apanamentum</i> &amp; <i>apanagium,</i> mots de la basse Latinité, qui signifient une pension, ou un revenu annuel qu'on donne à des cadets, pour leur entretien &amp; pour leurs alimens, au lieu de la portion qu'ils ont en une Seigneurie qui ne se doit point partager. Cette étymologie retombe dans la première ; car apparemment <i>apanare, apanamentum</i> &amp; <i>apanagium,</i> ont été faits de <i>panis.</i> D'autres, comme Hofman &amp; Monet, le dérivent d'un vieux mot Celtique, ou Allemand, qui veut dire, <i>exclurre,</i> forclorre de quelque droit : ce qui arrive à ceux qui ont des <i>apanages,</i> qui sont exclus de la succession paternelle. Antoine Loisel, cité par Menage, croit que <i>apanager</i> vouloit dire autrefois, Donner des pennes ou plumes, &amp; des moyens aux jeunes Seigneurs, qu'on chassoit du lit &amp; de la maison de leurs pères, pour aller faire fortune ailleurs, soit par guerre, soit par mariage. Paul Emile remarque que les <i>apanages</i> sont une invention que nos Rois ont rapportée des voyages d'outre-mer.</p><p>Quoi qu'il en soit de l'origine des <i>apanages,</i> les Rois de France ont toujours donné à leurs Frères des fonds pour leur entretien, &amp; ces fonds se sont nommés dans la suite <i>apanages.</i> D'abord ils les donnoient pour les héritiers mâles &amp; femelles. Le Roi Jean commença à ne les donner que pour les mâles ; Philippe III. régla les <i>apanages</i> à dix millè livres ; Philippe IV. à vingt mille ; Charles IX. les fit monter jusqu'à cent mille ; &amp; le Roi Louïs XIII. commença par cent mille livres, &amp; fit une augmentation de cent autres mille livres. Le Roi a mis celui de Monsieur à deux cents mille livres, sans les grosses pensions qu'il lui donnoit, pour l'entretien de sa maison. Charles IX. donna à ses Frères pour leur vie seulement, pouvoir de nommer à tous les offices des Présidiaux, des Aides, &amp;c. Louïs XIII. &amp; Louis XIV. ont donné à leurs Frères le pouvoir de nommer à tous les bénéfices consistoriaux, excepté les Evêchés. L'Abbé de Dangeau. L'<i>apanage</i> de feu M. le Duc de Berry avoit été réglé comme celui de feu Monsieur, Frère du Roi. Voyez Chopin <i>de Domanio, Conférence des Ordonnances</i> Tit. 2. Liv. 12. Déclaration du mois de Mars 1661. pour l'augmentation de l'<i>apanage</i> de Monsieur, Frère unique du Roi, <i>Journal des Audiences</i> T. I. Liv. 3. ch. 73. Dupuis, <i>Traité des droits du Roi p.</i> 294. Factums de M. Husson Avocat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2266" id="1" type="">
   <index type="head" value="APANAGE" />
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    <head>APANAGE</head>
    <p>
    APANAGE , signifie en quelques coutumes la portion qui est donnée à un des enfans pour tout patrimoine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2266" id="2" type="">
   <index type="head" value="APANAGE" />
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    <head>APANAGE</head>
    <p>
    Apanage , se dit aussi figurément en Morale, des choses qui sont des suites &amp; des dépendances les unes des autres. <i>Appendix.</i> Les infirmités sont des <i>apanages</i> de la vieillesse.</p><p>Quelques-uns écrivent <i>appanage</i> ; &amp; d'autres écrivoient, il y a 60. ans ou davantage, <i>appennage.</i> Achilles de Harlai de Chanvalon a mis sous le portrait de la Reine-Mère, au commencement de sa traduction de Tacite,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2267" id="1" type="">
   <index type="head" value="APANAGER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APANAGER</head>
    <p>
    APANAGER , v. act. Donner en apanage. <i>Attributo usuario fundo jure haereditatis arcere. Excludentem haereditate fundum assignare.</i> Ou simplement, <i>fundum fruendum dare, usufructuarium praedium assignare, attribuere.</i> Un tel Prince a été <i>apanagé</i> d'une telle Seigneurie. Dans les Coutumes on appelle aussi, <i>apanager</i> une fille, ou un fils, quand on les établit par mariage, en leur donnant certains héritages, ou somme de deniers, moyennant quoi ils renoncent à toutes successions paternelles &amp; maternelles. Mais ce mot est dit abusivement ; car pour parler correctement, il faut dire <i>aparagé</i> &amp; <i>aparagée</i> ; en quelques Coutumes on trouve <i>apaner</i> pour <i>apanager.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2267" id="2" type="">
   <index type="head" value="APANAGER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>APANAGER</head>
    <p>
    Apanager , s. m. Prince qui jouït d'un apanage. <i>Usuaril fundi attributione donatus.</i> Les <i>Apanagers</i> jouissent de tous les droits honorifiques à meilleur titre que les Engagistes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2268" id="1" type="">
   <index type="head" value="APARISSABLEMENT" />
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    <head>APARISSABLEMENT</head>
    <p>
    APARISSABLEMENT , avd. C'est un vieux mot, qui vouloit dire <i>manifestement.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2269" id="1" type="">
   <index type="head" value="APARAGER" />
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    <head>APARAGER</head>
    <p>
    APARAGER , v. act. Comparer. <i>Conferre, comparare.</i> On ne s'en sert plus. <i>Aparager</i> un fils, ou une fille. Voyez <ref type="search" target="head:APANAGER">APANAGER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2270" id="1" type="">
   <index type="head" value="APARENTÉ, ÉE" />
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    <head>APARENTÉ, ÉE</head>
    <p>
    APARENTÉ, ÉE , adj. Qui a pour parent, qui est parent. Il ne se dit guères qu'on n'y joigne les adverbes <i>bien</i> ou <i>mal.</i> Bien <i>aparenté,</i> qui est de bonne naissance, qui a bien des parens nobles, riches ou puissans. <i>Cum familiis nobilissimis cognatione conjunctus.</i> Ce garçon a épousé une fille qui est bien <i>aparentée.</i> Mal <i>aparenté,</i> qui est parent de gens de basse naissance, ou de mauvaise réputation, de mauvaises moeurs. Tu es cousin de ce coquin là ? Te voilà bien mal <i>aparenté.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>parens</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2271" id="1" type="">
   <index type="head" value="APARITOIRE" />
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    <head>APARITOIRE</head>
    <p>
    APARITOIRE , s. f. <i>Parietaria.</i> Herbe. On l'appelle plus communément <i>pariétaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2272" id="1" type="">
   <index type="head" value="APARLIER" />
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    <head>APARLIER</head>
    <p>
    APARLIER , verb. act. Autrefois on disoit <i>aparlier,</i> pour <i>apareiller.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2273" id="1" type="poetique">
   <index type="head" value="APARTE" />
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    <head>APARTE</head>
    <p>
    APARTE , <i>Seorsim.</i> Terme de la Poëtique . Il se dit de ce qu'un Acteur dit à part, &amp; comme avec soi-même, pour <pb n="269" facs="bpt6k8542165/f309/full/1200,/0/native.jpg"/>l'instruction de ses auditeurs, en découvrant quelques-uns de ses sentimens secrets, lorsqu'il feint de n'être point entendu des autres Acteurs. Il y a des Critiques sévères qui condamnent tous les <i>aparté.</i> En effet ils pèchent contre l'exacte vraisemblance. Néanmoins ils sont excusables, pourvû qu'ils soient courts, par la nécessité qu'on a d'en user, pour instruire le spectateur de certaines choses qu'il ne peut autrement connoître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2274" id="1" type="">
   <index type="head" value="APARTEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APARTEMENT</head>
    <p>
    APARTEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:APPARTEMENT">APPARTEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2275" id="1" type="">
   <index type="head" value="APAS" />
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    <head>APAS</head>
    <p>
    APAS , s. m. C'est ainsi que Wicqefort appelle le pain des Perses, dans sa Traduction de l'Ambassade de D. Garcias de Silva Figueroa. <i>Panis Persarum,</i> ou <i>Persicus.</i> Il y avoit à l'entrée de la même Cour quelques autres Alcoves destinées pour quelques Regrattiers, qui vendoient leur <i>apas,</i> c'est-à-dire, leur pain ordinaire. Wicqefort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2276" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="APATHIE" />
   <index type="src_domain" value="philosophie" />
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    <head>APATHIE</head>
    <p>
    APATHIE , s. f. Terme de Philosophie . Impassibilité, imperturbabilité, infensibilité morale, constance, fermeté d'ame ; qui empêche qu'on ne sente les mouvemens &amp; le tumulte des passions. <i>Affectuum vacatio, vacuitas.</i> Les Stoïciens se piquoient d'une entière <i>apathie,</i> jusqu'à n'être point sensibles à la douleur. Ils vouloient que l'ame de leur Sage fût dans une assiette calme &amp; paisible, &amp; toujours au-dessus des disgraces humaines. Dans les premiers siècles de l'Eglise les Chrétiens se servirent aussi de ce mot <i>apathie,</i> pour exprimer le mépris des choses humaines, &amp; la mortification parfaite des passions que l'Evangile enseigne. C'est pour cela que ce mot est très-commun chez les Spirituels d'entre les Grecs ; &amp; S. Clément d'Alexandrie le mit fort en vogue, afin d'attirer les Philosophes qui aspiroient à cette sublime vertu. Cassien appelle l'<i>apathie</i> des parfaits contemplatifs, leur immobile &amp; continuelle tranquillité. Le Quiétisme est l'<i>apathie</i> déguisée en dévotion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2277" id="1" type="">
   <index type="head" value="APATHIQUE" />
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    <head>APATHIQUE</head>
    <p>
    APATHIQUE , adj. Qui est insensible à tout ; qui n'aime rien, que rien en peut toucher ni émouvoir. <i>Humanorum affectuum expers.</i></p><p>Ce mot, &amp; celui qui le précède, viennent du Grec, c'est-à-dire, de , formé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>je souffre,</i> dont l'aoriste second est , d'où se fait ; <i>passion</i> : ils ne sont d'usage dans la Langue Françoise que lorsqu'il s'agit de la Morale, &amp; que l'on traite dogmatiquement des passions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2278" id="1" type="">
   <index type="head" value="APATICHER" />
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    <head>APATICHER</head>
    <p>
    APATICHER . Ce mot, selon Borel, signifioit autrefois <i>aller manger.</i> Et délibera de soi <i>apaticher</i> à la garnison plus prochaine. Juvenal des Ursins. Il n'est plus dans la Langue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2279" id="1" type="">
   <index type="head" value="APATURIES" />
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    <head>APATURIES</head>
    <p>
    APATURIES , s. f. Fête que les Athéniens célébroient à l'honneur de Bacchus. <i>Apaturia.</i> Il vient du mot Grec , <i>fraude.</i> On raconte qu'elle fut instituée en mémoire d'une victoire frauduleuse, que Melanthus Roi d'Athènes remporta sur Xanthus, Roi de Béotie, dans un combat singulier dont ils étoient convenus, sur un différend pour les limites de leurs Etats. C'est pour cela que Budée traduit &amp; appelle cette Fête, <i>Festum deceptionis,</i> la Fête de la tromperie. C'est le Scholiaste d'Aristophane qui en rapporte l'origine dans ses notes sur la Comédie des Acharnaniennes, &amp; sur celle de la Paix. Suidas, qui le copie, ajoûte que la Fête duroit quatre jours ; &amp; Harpocration le confirme. Hérodote, Liv. I. parle aussi des <i>Apaturies.</i> Le premier jour des <i>Apaturies</i> ceux de la même Tribu se traitoient, &amp; cela s'appelloit . Le second jour, qui s'appelloit , on faisoit des sacrifices à Jupiter &amp; à Minerve. Le troisième, qui se nommoit , on recevoit dans les Tribus les jeunes garçons &amp; les jeunes filles, qui étoient en âge. Le quatrième se nommoit . L'Auteur de l'Etymologique donne à cette Fête une autre étymologie que celle qu'on a rapportée ci-dessus. Il dit que le 3e jour les jeunes Athéniens n'étoient reçus dans les Tribus qu'après que leurs pères avoient juré qu'ils étoient véritablement leurs enfans. Ainsi parce que jusques-là, ils étoient en quelque sorte censés être sans pères, , <i>Apatores,</i> c'est de-là que cette Fête, selon cet Auteur, fut appellée <i>Apaturies.</i> Xénophon au contraire, <i>Hellen. Liv. I.</i> dit que les parens &amp; les alliés s'assembloient pour cette cérémonie, &amp; se joignoient aux pères des jeunes gens qu'on recevoit dans les Tribus ; que c'est de cette assemblée que la Fête a pris son nom ; que dans , <i>Apaturies,</i> l'<i>a</i> loin d'être privatif, est conjonctif, &amp; signifie la même chose que , <i>ensemble</i> ; comme dans , qui signifie , qui est la même chose que , <i>lecti consors.</i></p><p>On prétend qu'il y avoit aussi des <i>Apaturies</i> à l'honneur de Jupiter, &amp; de Pallas. C'est une erreur fondée sur les sacrifices qui se faisoient le second jour, comme nous l'avons dit, &amp; qui n'étoient qu'une partie de la Fête dont nous venons de parler, &amp; non pas d'autres <i>Apaturies</i> différentes.</p><p>Strabon parle d'un Temple consacré à Venus <i>Apaturienne.</i> Outre les Auteurs que j'ai cités, voyez encore <i>Natal. Com. Lib. V. chap.</i> 12. <i>Franc. Rossaei Archaeologiae Atticae Lib. V. ch.</i> 12. &amp; <i>Meurs. de Fer. Graec. p.</i> 33.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2280" id="1" type="">
   <index type="head" value="APÉDEFTE" />
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    <head>APÉDEFTE</head>
    <p>
    APÉDEFTE , s. m. Ignorant. <i>Ignarus.</i> Ce mot formé du Grec , a été mis en François par Rabelais, qui parle de l'Isle des <i>Apédeftes.</i> Hors le style de Rabelais il n'est pas permis de se servir de ces sortes de termes. On dit aujourd'hui <i>Apédeute.</i> Quiconque a aujourd'hui un peu de goût pour la lecture, a aisément l'esprit enrichi de plusieurs belles connoissances ; au lieu qu'auparavant ce n'étoit que par une étude pénible &amp; par un travail dégoûtant, qu'on pouvoit parvenir à n'être pas tout-à-fait <i>illetré.</i> De-là vient qu'autant qu'on se faisoit gloire autrefois de n'avoir aucunes Lettres, autant il est honteux aujourd'hui d'être tout-à-fait <i>apédeute :</i> parce qu'il est très-aisé d'acquérir quelque savoir, &amp; que l'ignorance marque nécessairement, ou un entendement lourd &amp; paresseux, ou un esprit léger, ou une éducation négligée... <i>Observ. sur les écrits mod.</i> Il se forme une cabale d'<i>Apédeutes,</i> qui ne pouvant se résoudre à une étude assidue de plusieurs années, ont entrepris de se faire un mérite de leur incapacité, de ridiculiser l'érudition, &amp; de traiter la science de pédanterie... <i>Huetiana.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2281" id="1" type="">
   <index type="head" value="APÉDEUTISME" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>APÉDEUTISME</head>
    <p>
    &#9758; APÉDEUTISME , s. m. Ignorance des lettres. Faut-il donc priver le public des nouvelles lumières que l'on aura acquises par une pénétration singulière ? Non ce seroit introduire l'<i>Apédeutisme</i> dans le monde lettré, &amp; il n'y est déja que trop introduit. <i>Mém. de Trév. Mars 1735.</i>. Le mystère de Sainte Barbe dont on voit la représentation dans l'histoire de la Comédie, fait voir l'<i>apédeutisme</i> presque incroyable de nos bons pères du 15e siècle. <i>Ibid. Mars</i> 1736.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2282" id="1" type="">
   <index type="head" value="APELLITE" />
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    <head>APELLITE</head>
    <p>
    APELLITE , s. m. <i>Apellitae.</i> Nom de Secte. Les <i>Apellites</i> étoient des Hérétiques disciples d'un Apelle, qui l'avoit été lui-même de Marcion, &amp; qui s'éleva vers l'an 145. ou 146. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiphane <i>Haer.</i> 44. S. Aug. <i>Haer.</i> 23. Tertul. <i>de Praescript. ch.</i> 30. &amp; 31. Euseb. <i>Hist. Eccl.</i> Liv. V. ch. 13. Baron. à l'an 146.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2283" id="1" type="">
   <index type="head" value="APENNIN" />
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    <head>APENNIN</head>
    <p>
    APENNIN , s. m. <i>Apenninus.</i> C'est le nom propre d'une des plus célèbres montagnes de l'Europe. On peut regarder l'<i>Apennin</i> comme une branche des Alpes. Il s'en sépare aux confins du Comté de Nice, &amp; des terres de Gènes, traverse &amp; partage en deux toute l'Italie jusqu'aux confins de la Basilicate, où il se divise en deux branches, qui aboutissent toutes deux à la mer Ionienne ; la branche Septentrionale en traversant les Provinces de Bari &amp; d'Ottante ; &amp; la Méridionale en passant par la Basilicate &amp; les deux Calabres. Dans son cours il prend différens noms en différens endroits, mais trop peu célèbres pour les rapporter ici. Strabon divise le mont <i>Apennin</i> en deux branches ; mais la seconde est le mont nommé <i>Vultur,</i> qui ne s'étend pas loin. L'endroit où l'<i>Apennin</i> touche les Alpes maritimes est près de Savone.</p><p>L'<i>Apennin</i> n'est pas cependant si haut que les Alpes.</p><p>Isidore Orig. Liv. XIV. ch. 8. Servius sur le Xe Livre de l'Enéide v. 13. &amp; Paul Diacre, dans l'Histoire des Lombards Liv. II. ch. 18. tirent le nom <i>Apennin</i> de <i>Alpes Poeninae,</i> Alpes Carthaginoises, &amp; prétendent que ces montagnes ont été ainsi appellées, parce que c'est par-là qu'Annibal &amp; les Carthaginois entrèrent en Italie. Mais il faut, selon la remarque de Cluvier, ne connoître point l'Italie, &amp; n'avoir pas lû l'Histoire Romaine pour parler ainsi. Les Alpes Carthaginoises, <i>Poeninae Alpes,</i> ainsi appellées, parce que ce fut par-là qu'Annibal s'ouvrit un passage en Italie, sont celles qu'on appelle aujourd'hui le <i>Mont S. Bernard,</i> comme nous l'avons dit au mot ALPES. On pourroit dériver le mot <i>Apennin</i> du mot Celtique <i>Pen,</i> qui signifie, le sommet d'une montagne, &amp; qui avec l'article <i>Ha,</i> , se prononceroit <i>Hapen,</i> d'où se seroit fait <i>Apenninus.</i> On trouve dans la vie de S. Calocer <i>Alpes Tusciae,</i> les Alpes de Toscane, <i>Acta SS. April. T. II. p.</i> 526. &amp; 527. Si la leçon est bonne, &amp; qu'il ne faille pas dire <i>Alpes Cottiae,</i> comme porte une autre vie du même Saint, il faut dire que c'est l'<i>Apennin</i> qu'on appelle ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2284" id="1" type="">
   <index type="head" value="APENS" />
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    <head>APENS</head>
    <p>
    APENS , adj. m. <i>Caedes ex comparatis insidiis facta.</i> Vieux mot, qui ne se dit qu'en cette phrase : C'est un <i>guet apens</i> ; pour dire, un assassinat concerté &amp; délibéré, fait en guettant son ennemi, &amp; le prenant à son avantage. Voyez <ref type="search" target="head:APPENSER">APPENSER</ref>.</p><p>Un amoureux dit aussi, en se plaignant des yeux d'une belle, qu'elle l'a assassiné, &amp; que c'est un <i>guet apens.</i> Les ignorans écrivent <i>guet à pend.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2285" id="1" type="">
   <index type="head" value="APERCEVABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>APERCEVABLE</head>
    <p>
    APERCEVABLE , adj. m. &amp; f. Qui peut être apperçu par la vûe. <i>Quod observari, quod animadverti potest.</i> Les petites parties des corps naturels ne sont <i>apercevables</i> qu'avec le microscope.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2286" id="1" type="">
   <index type="head" value="APERCEVOIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>APERCEVOIR</head>
    <p>
    APERCEVOIR , v. act. J'<i>aperçoi,</i> ou j'<i>aperçois,</i> j'<i>aperçûs,</i> j'ai <i>aperçû,</i> j'<i>apercevrai.</i> Découvrir de loin, reconnoître. <i>Animadvertere, observare.</i> Les Pilotes redoublent leurs soins, quand ils <i>aperçoivent</i> &amp; découvrent la terre. Je vous ai <i>aperçû</i> &amp; distingué dans la foule. Les Barbares l'<i>apercevant</i> n'oserent approcher. Ablanc. On <i>aperçoit,</i> on découvre tous les jours de nouveaux astres dans le Ciel avec les lunettes. La lumière s'<i>aperçoit</i> de loin. Ménage dérive ce mot du Latin <i>percipere,</i> ou <i>adpercipere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2286" id="2" type="">
   <index type="head" value="APERCEVOIR" />
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    <head>APERCEVOIR</head>
    <p>
    Apercevoir , signifie aussi, Remarquer quelque chose par le moyen de quelque attention, réflexion ou examen, &amp; se dit souvent avec le pronom personnel. <i>Advertere, deprehendere.</i> On s'<i>aperçoit</i> d'une erreur de calcul, quand on compte une seconde fois. On ne s'<i>aperçoit</i> pas d'abord qu'un argument est captieux. A la fin cet Hérétique s'est <i>aperçu</i> de ses erreurs, de son aveuglement. L'amour propre empêche qu'on ne s'<i>aperçoive</i> de ses défauts. Combien de gens meurent sans s'<i>apercevoir</i> de leur ridicule ? Bell. Je m'<i>aperçus</i> trop tard de son artifice. Gomber. Les coupeurs de bourse tirent l'argent de la poche sans qu'on s'en <i>aperçoive.</i> Cette pente est insensible, on ne s'<i>aperçoit</i> pas qu'on descend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2286" id="3" type="">
   <index type="head" value="APERCEVOIR" />
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    <head>APERCEVOIR</head>
    <p>
    Aperçu, ue , part. pass. &amp; adj. <i>Animadversus, observatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2287" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="APERITIF, IVE" />
   <index type="src_domain" value="medecine" />
   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>APERITIF, IVE</head>
    <p>
    APERITIF, IVE , adj. Terme de Médecine , qui se dit des remèdes qui ouvrent les pores, &amp; ôtent l'obstruction des passages des humeurs. <i>Aperiens, aperitivus, obstructos corporis meatus aperiendi vim habens.</i> Clystère <i>apéritif</i> &amp; laxatif. Les cinq racines <i>apéritives</i> qu'on ordonne souvent, sont celles d'ache, d'asperges, de persil, de fenouil, de bruscus, &amp; celles de capres, d'arrête-boeuf, d'iringion.</p><p>Ce mot vient du verbe <i>aperio</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2288" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="APERT" />
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    <head>APERT</head>
    <p>
    APERT , v. Impersonnel . <i>Patet, constat, liquet.</i> Terme de Palais , qui n'est en usage qu'en cette phrase. C'est un fait dont il <i>apert</i> par telle pièce. Dans les Lettres de Chancellerie le Roi dit toujours, S'il vous <i>apert.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2289" id="1" type="">
   <index type="head" value="APERTEMENT" />
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    <head>APERTEMENT</head>
    <p>
    APERTEMENT , adv. Clairement. <i>Apertè, clarè, manifestè.</i> On voit <i>apertement</i> qu'un tel effet vient d'une telle cause. Ce mot ne seroit pas un bel effet dans un discours poli.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2290" id="1" type="">
   <index type="head" value="APERTISE" />
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    <head>APERTISE</head>
    <p>
    &#9758; APERTISE , s. f. Ce mot est en usage en Basse-Normandie, où l'on dit pour se mocquer d'un conseil ridicule, ou d'une imagination sotte : voilà une belle <i>apertise.</i> D'<i>adperitia,</i> fait de <i>peritus.</i> Ménage. Il étoit François du temps de Louïs XI. lorsqu'on publia les cent nouvelles nouvelles, dans la dernière desquelles se voit l'exemple suivant. Les pères &amp; les mères prenoient grand plaisir à voir leurs enfans jouer &amp; faire souplesses &amp; <i>apertises</i> ... Les vieux Dictionnaires expliquent <i>apertises</i> par agilités.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2291" id="1" type="">
   <index type="head" value="APETISSEMENT" />
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    <head>APETISSEMENT</head>
    <p>
    APETISSEMENT , s. m. Diminution. <i>Diminutio, imminutio.</i> L'<i>apétissement</i> qui paroît dans les objets éloignés, est une espèce de phénomène. Perr. Ce mot se trouve dans une déclaration de François I. du 27. Décembre 1541. pour signifier quelque espèce de tribut. Car il dit que ses prédécesseurs ont affranchi les Secrétaires du Roi, de toutes entrées, issues, barrages, choquets, <i>apetissements,</i> &amp; autres subsides, tributs, &amp; impositions quelconques. Tessereau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2292" id="1" type="">
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    <head>APETISSER</head>
    <p>
    APETISSER , v. act. &amp; neut. Rendre plus petit. <i>Minuere, Imminuere.</i> Prononcez <i>aptisser,</i> Ces tas de grains <i>apetissent</i> tous les jours, ils se sèchent, les rats en mangent, on en dérobe. On a <i>apetissé</i> le pain à cause de la cherté du blé. Le Prieur a <i>apetissé</i> la portion des Moines. Cette femme avare a fait <i>apetisser</i> les trous de son sucrier, comme a dit plaisamment Scarron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2292" id="2" type="">
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    <head>APETISSER</head>
    <p>
    Apetissé, ée , part. <i>Minutus, imminutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2293" id="1" type="">
   <index type="head" value="A-PEU-PRÈS" />
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    <head>A-PEU-PRÈS</head>
    <p>
    A-PEU-PRÈS , adv. Presque tout. <i>Penè, fermè totum.</i> Je vous rapporte <i>à-peu-près</i> la substance de sa harangue. Vaug.</p><p>A-peu-près, adv. Presque. <i>Ferè, penè, fermè.</i> Me voilà <i>à-peu-près</i> aussi incertain que j'étois. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2294" id="1" type="astronomie">
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    <head>APHÉLIE</head>
    <p>
    APHÉLIE , s. m. Terme d'Astronomie . La plus grande distance où une Planète peut être du soleil. <i>Aphelium, summa absis.</i> Quand une Planète est dans son plus grand éloignement de la terre, cela s'appelle <i>Apogée.</i> On a observé des taches dans la face de Mars, quoiqu'il fût dans son <i>aphélie.</i> Newton, Liv. III. Prop. 14. prouve que les <i>aphélies</i> des planètes sont immobiles aussi bien que les noeuds. Il y a dans les <i>Transact. Philosoph.</i> n. 128. une méthode géométrique pour trouver les <i>aphélies</i> des planètes. Elle est de M. Hallei.</p><p>Ce mot vient de , &amp; de , <i>soleil. Perihélie</i> se dit de la plus grande proximité du soleil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2295" id="1" type="grammaire">
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    <head>APHÉRÈSE</head>
    <p>
    APHÉRÈSE , s. f. <i>Aphaeresis, abscissio.</i> Terme de Grammaire . Retranchement, figure par laquelle on retranche quelque chose au commencement d'un mot : comme <i>conia,</i> pour <i>ciconia.</i> L'on a dit au commencement du mot ; car si le retranchement se faisoit au milieu, ou à la fin, ce ne seroit plus une <i>aphérèse,</i> mais une <i>syncope,</i> ou une <i>apocope.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2296" id="1" type="astrologie">
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    <head>APHÈTE</head>
    <p>
    APHÈTE , Terme d'Astrologie . <i>Aphète</i> est la planète qui donne la vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2297" id="1" type="">
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    <head>APHORISME</head>
    <p>
    APHORISME , s. m. Maxime, ou règle générale, principe d'une science, sentence qui comprend un grand sens en peu de paroles. <i>Aphorismus.</i> Il ne se dit guère qu'en Médecine &amp; en Jurisprudence. Les <i>Aphorismes</i> d'Hippocrate. Des <i>Aphorismes</i> politiques. Des <i>Aphorismes</i> de Droit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2297" id="2" type="">
   <index type="head" value="APHORISME" />
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    <head>APHORISME</head>
    <p>
    Aphorisme , se dit quelquefois figurément de ce qu'on veut faire passer pour un principe certain. Je tiens cela pour un <i>aphorisme.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie le même, d', <i>separo, seligo,</i> je sépare, je choisis ; c'est-à-dire, sentences choisies, séparées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2298" id="1" type="">
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    <head>APHRODISIE</head>
    <p>
    APHRODISIE , s. f. <i>Aphrodisia.</i> Isle de la mer Persique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2298" id="2" type="">
   <index type="head" value="APHRODISIE" />
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    <head>APHRODISIE</head>
    <p>
    Aphrodisie , s. m. <i>Aphrodisium.</i> Nom d'une ville d'Afrique proche d'Adrumète, &amp; d'une autre de Chypre au Nord, à neuf milles de Salamine ; &amp; d'une ville d'Espagne qui donnoit aussi son nom au Promontoire sur lequel elle étoit située.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2299" id="1" type="">
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    <head>APHRODISIADE</head>
    <p>
    APHRODISIADE , s. f. <i>Aphrodisias.</i> Nom propre d'un Temple de Vénus, d'une Isle qui paroît avoir été la même que l'<i>Aphrodisie</i> de la mer Persique, &amp; de plusieurs villes. Etienne compte jusqu'à douze <i>Aphrodisiades.</i> La ville de Carie, qu'on nomme aujourd'hui par corruption, <i>Apodisia,</i> ou selon d'autres <i>Abodisia,</i> se nommoit autrefois <i>Aphrodisias.</i> Elle est au 58e d. 40. m. de longitude, &amp; au 38e d. 10. m. de latitude, &amp; a eu un Evêque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2300" id="1" type="">
   <index type="head" value="APHRODITE" />
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    <head>APHRODITE</head>
    <p>
    APHRODITE , s. f. <i>Aphrodite, Venus.</i> Nom de Vénus. Il est pur Grec, &amp; vient de , <i>écume</i> ; parce que les Poëtes, &amp; entre autres Hésiode, dans sa Théogonie v. 19. &amp; 198. feignent qu'elle nâquit du sang qui découla de la plaie que Jupiter fit à Saturne, mêlé avec l'écume de la mer. Ce mot ne se dit guère dans les autres Langues, &amp; point du tout en François.</p><p>C'étoit aussi le nom d'une danse chez les Anciens, dans laquelle on représentoit Vénus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2301" id="1" type="">
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    <head>APHRODITE</head>
    <p>
    APHRODITE . <i>Aphrodites.</i> Ville d'Afrique vers l'Ethiopie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2302" id="1" type="">
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    <head>APHRODITIE</head>
    <p>
    APHRODITIE . <i>Aphroditia.</i> Petite région de la Laconie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2303" id="1" type="">
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    <head>APHRONILLE</head>
    <p>
    APHRONILLE , s. f. Plante. Elle pousse des feuilles dès sa racine ; elles sont plus longues, &amp; plus étroites que celles du poireau. Ses racines sont piquantes &amp; amères : quand on les prend en breuvage, elles provoquent l'urine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2304" id="1" type="">
   <index type="head" value="APHRONITRE" />
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    <head>APHRONITRE</head>
    <p>
    APHRONITRE , s. m. <i>Aphronitrum.</i> Ecume de nitre, c'est-à-dire, ce que le nitre a de plus subtil, &amp; de plus léger. On n'en trouve plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2305" id="1" type="">
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    <head>APHTHARDOCITE</head>
    <p>
    APHTHARDOCITE , s. m. &amp; f. <i>Aphthardocita.</i> Nom d'hérétique. Les <i>Aphthardocites,</i> ennemis jurés du Concile de Chalcédoine, sortis des Eutychiens, parurent vers l'an 535. Ce nom vient du Grec , <i>incorruptible,</i> &amp; , <i>je juge, il me paroît ;</i> &amp; il leur fut donné parce qu'il leur paroissoit que le corps de Jesus-Christ étoit incorruptible &amp; impassible, &amp; qu'ils ne concevoient pas qu'il eût pû mourir. Voyez Sanderus hér. 109. &amp; Baronius à l'an 535. Les Jésuites d'Anvers <i>Act. Sanct. April. Tom. I. p.</i> 559. prétendent que c'est une faute de dire <i>Aphthardocite,</i> &amp; qu'il faut dire <i>Aphtartodocite.</i> Et en effet Eustathius, Auteur de la vie de S. Eutychius P. C. la même p. 558. B. dit <i>Apthartodocitas</i> ; &amp; l'on reprend Lipoman &amp; Surius d'avoir imprimé <i>Aphthardocitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2306" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="APHTE" />
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    <head>APHTE</head>
    <p>
    APHTE , s. f. <i>Aphta, Lactucimen.</i> Terme de Médecine Les <i>aphtes</i> sont certains ulcères qui naissent dans la surface intérieure de la bouche, &amp; qui ont quelque chose de chaud. Les <i>aphtes</i> ne sont pas des ulcères profonds, ils se forment en quelque partie que ce soit de la bouche, dans le palais, aux gencives, aux côtés, à la racine de la langue. Les enfans, sur-tout ceux qui sont à la mammelle, sont fort sujets aux <i>aphtes,</i> lorsque le lait de la nourrice est corrompu, ou que l'estomac de l'enfant ne le peut digérer ; alors les vapeurs acres du lait aigri &amp; corrompu, qui s'élèvent, exulcèrent facilement les parties molles &amp; délicates. Quand les <i>aphtes</i> viennent dans un âge parfait, elles sont causées par des humeurs tenues, séreuses &amp; acres, qui regorgent dans tout le corps, &amp; qui sont portées à la bouche. Il y a des <i>aphtes</i> blanches ; il y en a aussi de rouges, de livides &amp; de noirâtres : les blanches &amp; les rouges sont les moins dangereuses &amp; les plus faciles à guérir ; les livides &amp; les noirâtres sont souvent mortelles. Un liniment de miel rosat, &amp; d'huile de vitriol mêlés ensemble, est un bon remède pour les <i>aphtes.</i> Voyez Jéel sect. 7. I. 2. Lazare Rivière, observ. Jean Hartmanus, Forestus, Degori.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2307" id="1" type="">
   <index type="head" value="API" />
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    <head>API</head>
    <p>
    API . Sorte de pomme. <i>Malum apiolum.</i> Elle est petite, &amp; colorée d'un rouge assez vif. On la conserve long-temps.</p><p>L'<i>Api</i> est une pomme de Demoiselle, &amp; de bonne compagnie. Elle commence d'être bonne du moment qu'elle n'a plus rien de verd, ni auprès de la queue, ni auprès de l'oeil, ce qui arrive assez souvent dès le mois de Décembre. Elle veut être mangée avec sa peau. Il n'y a point de pomme qui l'ait si fine &amp; si délicate. Elle dure depuis le mois de Décembre jusqu'en Avril ; elle n'apporte aucune odeur désagréable, mais au contraire un certain petit parfum délicieux dans une chair extrêmement fine. Elle est de très grand rapport, très-jolie, &amp; ne se fanne jamais. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2307" id="2" type="">
   <index type="head" value="API" />
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    <head>API</head>
    <p>
    Api , est aussi une espèce d'ache que l'on fait blanchir. <i>Apium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2308" id="1" type="marchands">
   <index type="head" value="APIÊTRIR" />
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    <head>APIÊTRIR</head>
    <p>
    APIÊTRIR , v. n. <i>Decrescere, vilescere,</i> Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Terme de Marchands , qui disent que leur marchandise s'<i>apiêtrit,</i> lorsqu'elle se gâte &amp; se corrompt, soit parce que la mode ou le débit s'en passe, soit parce qu'ils en ont de mauvais restes. Ce mot vient de <i>pietre,</i> qui signifie, de mauvaise condition, méprisable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2309" id="1" type="">
   <index type="head" value="APIOS" />
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    <head>APIOS</head>
    <p>
    APIOS , s. m. <i>Apios.</i> Plante de l'Isle de Candie. Ses tiges sont fort menues, &amp; rougeâtres. Elle porte des fleurs comme celle de la rue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2310" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="APIQUER" />
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    <head>APIQUER</head>
    <p>
    APIQUER , v. n. Terme de Marine . <i>Imminere anchorae.</i> On dit que le cable <i>apique</i> ; c'est-à-dire, que le vaisseau approche de l'ancre qui est mouillée, &amp; que le cable commence à se roidir, &amp; à être perpendiculaire, ou <i>à pic.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2311" id="1" type="">
   <index type="head" value="APIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>APIS</head>
    <p>
    APIS , s. m. <i>Apis.</i> Nom propre d'une Divinité Egyptienne. C'étoit un boeuf que l'on nourrissoit dans un temple qui étoit dans le Delta. Strabon dit qu'il avoit le front blanc, avec quelques parties du corps, &amp; le reste noir. Hérodote dit, Liv. III. ch. 28. qu'il avoit sur le dos l'image d'un aigle ; que la figure blanche qu'il avoit au front étoit quarrée ; &amp; que du reste il étoit tout noir ; qu'il avoit un escarbot à la langue ; &amp; que les crins de sa queue étoient , c'est-à-dire, doubles, ou de deux couleurs, ou de deux sortes. Pline, Liv. VIII. ch. 46. dit, qu'il avoit la figure d'un croissant au côté ; &amp; en effet nous lui voyons cette marque dans une médaille d'Hadrien rapportée par Tristan T. I. p. 514. Ammien Marcellin en dit autant. Apparemment il n'est décrit différemment que parce que ce n'étoit pas toujours le même boeuf ; car un des principaux points du culte d'<i>Apis</i> étoit de ne le laisser pas vivre long-temps. Après qu'on l'avoit tué on lui faisoit des obsèques magnifiques, &amp; on gardoit un grand deuil jusqu'à ce que les Prêtres en eussent trouvé un autre. Les Egyptiens disoient qu'il étoit conçu du feu du Ciel. Cambyse se mocqua des Egyptiens, fit tuer tous ceux qui célèbroient la fête d'<i>Apis,</i> fouetter ses Prêtres, &amp; le blessa lui-même à la cuisse ; le pauvre <i>Apis</i> en mourut quelque temps après. Selon le P. Kirker <i>Latium,</i> p. 106. <i>Apis</i> &amp; Sérapis sont la même chose. P. de S. Julien <i>Antiq. de Bourg.</i> p. 225. prétend qu'<i>Apis</i> a été honoré en Gaule, &amp; que c'est de-là que viennent les noms de Buteaux &amp; de Viteaux, , le Boeuf Dieu. Cicéron <i>de Nat. Deor. L. I. n.</i> 83. Tacite L. IV. Hist. c. IV. Luc. L. VIII. v. 479. L. IX. 160. Eusèbe L. II. de la Prép. Macrob. L. I. <i>Saturn.</i> c. 21. S. Aug. <i>De Civit. L. XVIII.</i> 5. Kirker Oedip. Aegyp. T. III. p. 285. parlent de ce Dieu <i>Apis.</i></p><p><i>Apis</i> est aussi le nom d'un Roi d'Egypte, &amp; de quelques autres Rois des Argiens, de Sinope, &amp; de Sicyone.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2312" id="1" type="ouvrier">
   <index type="head" value="APLANER" />
   <index type="src_domain" value="ouvrier" />
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    <head>APLANER</head>
    <p>
    APLANER , v. act. Terme d'Ouvrier qui fait des couvertures. C'est y faire venir la laine avec des chardons. <i>Villos straguli carduis erigere, attollere. Aplanez</i> cette couverture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2313" id="1" type="">
   <index type="head" value="APLANEUR" />
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    <head>APLANEUR</head>
    <p>
    APLANEUR , s. m. L'ouvrier qui avec des chardons fait venir la laine à une couverture. <i>Opifex villis erigendis praefixus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2314" id="1" type="">
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    <head>APLANIR</head>
    <p>
    APLANIR , v. act. Rendre plain, uni, &amp; de niveau. <i>Aequare, complanare, coaequare.</i> On a <i>aplani</i> ce terrain, qui étoit inégal &amp; raboteux, pour y faire un jardin. Il faut envoyer des pionniers pour <i>aplanir</i> les chemins, quand la grosse artillerie marche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2314" id="2" type="">
   <index type="head" value="APLANIR" />
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    <head>APLANIR</head>
    <p>
    Aplanir , se dit figurément en choses morales. <i>Explanare, explicare, aperire.</i> Les Anciens nous ont <i>aplani</i> le chemin pour pénétrer dans les sciences. Il ne seroit jamais parvenu à cette dignité, si la faveur ne lui en eût <i>aplani</i> le chemin. La grandeur de leur courage leur <i>aplanissoit</i> toutes sortes de difficultés. Ablanc. Il faut <i>aplanir</i> les inégalités de ses humeurs. Nicol. Un Précurseur nous vient dire, Le voici, préparez ses voies, <i>aplanissez</i> ses sentiers. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APLANIR</head>
    <p>
    Aplanir , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; devient neut. pass. Dans le propre, c'est devenir plus plat, plus uni. <i>Aequari, complanari, coaequari.</i> Et dans le figuré, c'est devenir plus aisé, plus facile à entreprendre, à exécuter. <i>Explanari, enodari, explicari.</i> Du côté que les montagnes commencent à s'<i>aplanir.</i> Toutes ces difficultés s'<i>aplaniront</i> d'abord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2314" id="4" type="">
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    <head>APLANIR</head>
    <p>
    Aplani, ie . part. <i>Aequatus, explanatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2315" id="1" type="">
   <index type="head" value="APLANISSEMENT" />
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    <head>APLANISSEMENT</head>
    <p>
    APLANISSEMENT , s. m. Action de celui qui aplanit. <i>Exaequatio.</i> L'<i>aplanissement</i> d'un parterre, l'<i>aplanissement</i> des allées d'un jardin. Il se dit aussi au figuré, pour signifier l'action par laquelle on lève, on ôte les difficultés &amp; les empêchemens qui se trouvent dans une affaire. <i>Explicatio, enodatio.</i> Il lui a été facile de réussir en cette entreprise, <pb n="272" facs="bpt6k8542165/f312/full/1200,/0/native.jpg"/>après l'<i>aplanissement</i> de toutes les difficultés, &amp; qu'on a levé tous les obstacles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2316" id="1" type="">
   <index type="head" value="APLANISSEUR" />
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    <head>APLANISSEUR</head>
    <p>
    APLANISSEUR , s. m. Ouvrier qui donne une seconde préparation aux draps après leur première tonsure. <i>Vestiariae tonsurae administer secundarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2317" id="1" type="">
   <index type="head" value="APLATIR" />
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    <head>APLATIR</head>
    <p>
    APLATIR , v. act. Rendre plat, sans rien ôter ; presser, comprimer. <i>Planum facere.</i> On <i>aplatit</i> les métaux à force de les battre.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>une espace plat, une place publique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2317" id="2" type="">
   <index type="head" value="APLATIR" />
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    <head>APLATIR</head>
    <p>
    Aplatir , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; signifie devenir plat. <i>Planum fieri, tumorem ponere.</i> Les joues s'<i>aplatissent</i> par la maigreur. Les cheveux s'<i>aplatissent</i> par la pluie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2317" id="3" type="">
   <index type="head" value="APLATIR" />
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    <head>APLATIR</head>
    <p>
    Aplati, ie . part. <i>Planefactus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2318" id="1" type="">
   <index type="head" value="APLATISSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>APLATISSEMENT</head>
    <p>
    &#9758; APLATISSEMENT , s. m. L'action d'aplatir, ou l'effet qui est produit dans un corps par la pression d'un autre. Le mouvement des doigts suffit pour l'<i>aplatissement</i> d'une boule de cire. Il faut un coup de marteau pour l'<i>aplatissement</i> d'une balle de plomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2319" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="APLESTER" />
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    <head>APLESTER</head>
    <p>
    APLESTER , v. act. Terme de Marine . C'est, Déplier, ou étendre les voiles pour recevoir le vent, &amp; se préparer à partir, &amp; faire voile. <i>Explicare.</i> On ne s'en sert plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2320" id="1" type="">
   <index type="head" value="APLOMB" />
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    <head>APLOMB</head>
    <p>
    APLOMB , adv. Perpendiculairement, verticalement. <i>Lineis ad perpendiculum directis.</i> Une ligne élevée <i>à plomb</i> fait de chaque côté un angle droit. Le Soleil donnoit <i>à plomb</i> sur sa tête Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2320" id="2" type="">
   <index type="head" value="APLOMB" />
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    <head>APLOMB</head>
    <p>
    Aplomb , s. m. se dit chez les ouvriers. <i>Perpendiculum.</i> Ce mur tient bien son <i>aplomb,</i> est bien droit ; celui-là fait ventre, il a perdu son <i>aplomb.</i> En ce sens <i>a</i> ne fait point une particule, &amp; on ne le sépare point de <i>plomb.</i> Dira-t-il que ces ares doubleaux de 40, 50, ou 60 pieds de diamètre qui étoient déja en voûte, puissent en suivant la rondeur de la Tour qu'ils portoient, &amp; en se détournant ainsi de l'<i>aplomb,</i> soutenir un si prodigieux fardeau. Cordem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2321" id="1" type="liturgie">
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    <head>APLOME</head>
    <p>
    APLOME , s. f. <i>Aploma, atis.</i> Terme de liturgie . L'<i>aplome</i> est une des nappes qu'on met sur l'autel dans l'Eglise Grecque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2322" id="1" type="">
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    <head>APLOMER</head>
    <p>
    APLOMER . Vieux mot, qui vouloit dire <i>endormir,</i> selon Borel, &amp; que l'on trouve dans Pathelin &amp; dans Nicod. Je suis tout <i>aplomé,</i> c'est-à-dire, je suis tout appésanti. Menage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2323" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOCALYPSE" />
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    <head>APOCALYPSE</head>
    <p>
    APOCALYPSE , s. f. <i>Apocalypsis.</i> Révélation. C'est le dernier Livre du Nouveau Testament. Il contient les révélations de S. Jean sur plusieurs mystères. Il écrivit son <i>A pocalypse</i> dans l'Isle de Pathmos où il étoit relégué : on ne convient pas si c'étoit sous le regne, &amp; pendant la persécution de l'Empereur Domitien. C'est le livre du Nouveau Testament sur lequel les sentimens des Pères, &amp; le témoignage de l'Eglise a le plus long-temps varié. S. Jérôme rapporte que les Eglises Grecques doutoient de la canonicité de l'<i>Apocalypse.</i> S. Basile, &amp; S. Grégoire de Nazianze, la rejettoient ; &amp; le Concile de Laodicée n'en fait point de mention dans le Canon des Ecritures. Quelques-uns même l'ont attribuée à l'hérétique Cerinthus : &amp; d'autres à un autre Jean, Disciple de S. Jean. Denys d'Alexandrie trouvoit que l'<i>Apocalypse</i> étoit écrite en mauvais Grec, &amp; il y avoit remarqué des solécismes, &amp; des barbarismes. Je crois pourtant, disoit-il, que l'<i>Apocalypse</i> contient un sens caché &amp; mystérieux, &amp; j'admire ce que je ne saurois comprendre, plutôt que de le condamner. S. Justin, S. Irénée, &amp; S. Augustin, n'ont point douté qu'elle ne fût canonique. Le troisième Concile de Carthage en 397. l'a mise dans le Canon des Livres sacrés ; &amp; depuis, les Eglises d'Orient &amp; d'Occident la lisent sous le nom de l'Apôtre S. Jean.</p><p>Saint Jérôme, dans une de ses Epîtres qu'il écrit à Dardanus, parle de l'<i>Apocalypse</i> comme d'un Livre qui n'étoit point reçu communément des Eglises Grecques de son temps : mais le Cardinal Baronius prouve dans ses Annales que cette pensée de S. Jérôme ne peut pas être vraie dans toute son étendue, puisque S. Epiphane qui vivoit en ce temps-là, a défendu l'autorité de l'<i>Apocalypse</i> contre les hérétiques Alogiens, &amp; contre les Théodotiens. Ces Alogiens, qui l'attribuoient à Cérinthe, demandoient de quelle utilité pouvoit être cette <i>Apocalypse,</i> où il est parlé des sept Anges &amp; des sept trompettes. Ils tournoient en ridicule ce qui y est dit de ces sept trompettes ; mais S. Epiphane les convainc en cela, ou de malice, ou d'ignorance, par les paroles de S. Paul, qui a fait mention de ces trompettes dans sa première Epître aux Corinthiens, chap. 15. v. 52. où il dit, <i>que la trompette sonnera, &amp; que les morts ressusciteront au son de cette trompette.</i></p><p>Ces Alogiens traitoient de ridicules plusieurs autres choses qui sont dans l'<i>Apocalypse</i> ; &amp; entr'autres ce qui y est rapporté touchant les quatre Anges liés sur l'Euphrate ; mais pour répondre aux objections de ces hérétiques, il suffit de remarquer en général, que ce Livre n'est pas une simple histoire, mais une prophétie, &amp; qu'ainsi il n'est pas surprenant que l'Auteur se soit exprimé à la manière des Prophètes, dont le style est ordinairement figuré. Les Alogiens avoient donc tort de s'inscrire en faux contre l'<i>Apocalypse,</i> à cause des expressions qui leur paroissoient extraordinaires. Ce qu'ils opposoient de plus apparent contre l'autorité de ce Livre étoit ces paroles du chap. 2. v. 15. <i>Ecrivez à l'Ange de l'Eglise de Thyatire :</i> Il n'y avoit alors, disoient-ils, aucune Eglise Chrétienne dans Thyatire. S. Epiphane, qui suppose avec eux qu'il n'y avoit en effet aucune Eglise alors en ce lieu-là, est obligé d'avoir recours à l'esprit prophétique, comme si S. Jean avoit prévû ce qui y devoit arriver dans la suite des temps. Il y a de l'apparence que quand S. Epiphane écrivoit contre les Alogiens, on n'avoit point de catalogue des Evêques de cette Eglise, ou d'autres actes d'où l'on pût connoître qu'elle fût une Eglise fondée dès le temps des Apôtres ; c'est pourquoi Grotius a répondu sagement à cette objection, qu'il n'y avoit à la vérité aucune Eglise des Gentils dans Thyatire, lorsque S. Jean écrivoit son <i>Apocalypse</i> ; mais qu'il y en avoit une des Juifs, comme il y en avoit aussi une semblable dans Thessalonique avant que S. Paul y préchât.</p><p>Il y a aussi eu des Ecrivains orthodoxes qui ont rejetté l'<i>Apocalypse,</i> comme un Livre qui autorisoit les réveries de Cerinthe touchant le regne charnel de Jesus-Christ sur la terre. Denys Evêque d'Alexandrie écrivit deux Livres intitulés <i>Des promesses,</i> où il combattit fortement les explications d'un Evêque d'Egypte appellé Nepos, qui donnoit un sens tout-à-fait Juif aux promesses que Dieu a faites aux hommes dans l'Ecriture. Voyez le mot <i>Millénaires.</i> Consultez Eusèbe, <i>Hist. Eccles.</i> Liv. VII. chap. 24.</p><p>Quoique Denys d'Alexandrie reconnût l'<i>Apocalypse</i> pour un Livre divin, il prétendoit qu'il étoit d'un autre Jean, que de S. Jean l'Evangéliste, ce qu'il prétendoit prouver par la diversité du style ; mais il n'y a rien de plus foible que les raisons qu'on tire de cette diversité du style. Il est vrai que dans la plupart des exemplaires Grecs, soit imprimés, soit manuscrits, on lit à la tête de ce Livre le nom de <i>Jean le Théologien</i> : mais ceux qui ont mis ce titre ont voulu désigner par cette expression l'Apôtre S. Jean, que les Pères Grecs nomment le Théologien par excellence, pour le distinguer des autres Evangélistes.</p><p>Erasine a été censuré par les Théologiens de Paris, pour avoir avancé, <i>qu'on avoit douté long-temps de l'autorité de</i> l'Apocalypse, <i>non seulement parmi les Hérétiques, mais même parmi les Orthodoxes, qui doutoient du nom de l'Auteur, bien qu'ils le reçussent comme un Livre divin.</i> Cette proposition fut censurée par les Docteurs, qui dirent qu'on connoissoit manifestement par l'usage de l'Eglise &amp; par les définitions des Conciles, que l'Apôtre S. Jean étoit l'Auteur de l'<i>Apocalypse.</i></p><p>Il y a eu plusieurs Livres qui ont été publiés sous le titre d'<i>Apocalypse.</i> Sozomène rapporte, que dans les Eglises de la Palestine on lisoit une <i>Apocalypse</i> de S. Pierre. Il parle aussi d'une <i>Apocalypse</i> de S. Paul, que les Cophtes se vantent d'avoir encore aujourd'hui. Eusèbe dit aussi quelque chose de ces deux <i>Apocalypses.</i> S. Epiphane parle d'une <i>Apocalypse</i> d'Adam ; Nicéphore d'une <i>Apocalypse</i> d'Esdras. Gratien &amp; Cedrenus font mention d'une <i>Apocalypse</i> de Moise. On parle aussi d'une du Prophète Elie ; Gratien nomme encore une <i>Apocalypse</i> de S. Thomas &amp; une de S. Etienne ; Porphyre, dans la vie de Plotin, parle des <i>Apocalypses</i> de Zoroastre, de Zostrien, &amp; de Nicothée, d'Allogène, de Mesus. Toutes ces <i>Apocalypses</i> sont apocryphes, &amp; des pièces supposées. Desmarêts a fait de belles moralités sur l'<i>Apocalypse.</i> M. Bossuet, &amp; M. l'Abbé de la Chétardie ont fait des <pb n="273" facs="bpt6k8542165/f313/full/1200,/0/native.jpg"/>Commentaires sur l'<i>Apocalypse,</i> ou Explications de l'<i>Apocalypse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2323" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOCALYPSE" />
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    <head>APOCALYPSE</head>
    <p>
    Apocalypse , se dit aussi figurément d'un langage ou d'un discours obscur. <i>Obscurus sermo.</i> Tes volumes ne sont rien qu'un éternel <i>apocalypse.</i> Main.</p><p>Ce mot vient d', qui en Grec signifie, <i>je revèle, je découvre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2324" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOCALYPTIQUE" />
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    <head>APOCALYPTIQUE</head>
    <p>
    APOCALYPTIQUE , adj. m. &amp; f. Prophétique, qui tient de la révélation. <i>Libri vaticini.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2325" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOCIN" />
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    <head>APOCIN</head>
    <p>
    APOCIN , ou APOCYN, s. m. <i>Apocynum, s. n.</i> Genre de plante, qui comprend beaucoup d'especes tirées la plupart d'Amérique. Celle qui nous est la plus commune vient de Canada, où elle y est appellée herbe de la houatte, ou le cotonnier. Ses racines sont blanchâtres, grosses comme le doigt, tracent &amp; s'étendent fort loin. Elles donnent aux pointes plusieurs tiges hautes de six à sept pieds, garnies de feuilles opposées deux à deux, longues de six pouces sur moitié moins de largeur, &amp; d'un verd pâle. Ses fleurs naissent par bouquets à l'extrémité des tiges &amp; d'entre les feuilles. Elles sont soutenues chacune par des pédicules grêles &amp; longs de deux pouces &amp; demi. Chaque fleur est une cloche purpurine, renversée, rabbatue en dehors, &amp; découpée en cinq parties ; de son milieu s'élève un chapiteau formé par cinq cornets disposés en rond. Le chapiteau reçoit dans son centre le pistile, qui devient une vessie pointue, longue de trois à quatre pouces, &amp; large de deux, arrondie, dans laquelle sont renfermées des semences appliquées les unes sur les autres, &amp; chargées d'une aigrette fine &amp; argentée. C'est de cette aigrette qu'on fait en Canada une houatte. Ces fleurs sont remplies d'une liqueur mielleuse qui attire les mouches, &amp; elles y sont souvent prises &amp; arrêtées, comme les oiseaux à la glu. De cette liqueur mielleuse on fait en Canada une espèce de sirop, qu'on réduit même en consistence de sucre. L'<i>apocin</i> donne du lait en quelque endroit qu'on le blesse. On a cru qu'il étoit pernicieux aux chiens, &amp; c'est d'où vient son étymologie, de , &amp; de ; comme si on vouloit dire que cette herbe éloigne les chiens : Il y en a une autre espèce qui a ses fleurs comme le muguet, &amp; ses feuilles semblables à celles de la toutesaine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2326" id="1" type="">
   <index type="head" value="A-POCO" />
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    <head>A-POCO</head>
    <p>
    &#9758; A-POCO , Terme de mépris, emprunté du mot Italien <i>dapoco</i> qui signifie <i>malhabile.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2327" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="APOCOPE" />
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    <head>APOCOPE</head>
    <p>
    APOCOPE , s. f. <i>Apocope, Amputatio, recisio.</i> Terme de Grammaire . Raccourcissement, figure par laquelle on coupe quelque chose à la fin d'un mot. Ce mot est Grec. Il vient de , fait d', <i>je coupe,</i> qui est composé de la préposition , &amp; du verbe , <i>je coupe, je retranche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2328" id="1" type="liturgie chez les grecs">
   <index type="head" value="APOCRÉOS" />
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    <head>APOCRÉOS</head>
    <p>
    APOCRÉOS , s. f. Terme de Liturgie chez les Grecs . <i>Carniprivium, Septuagesima.</i> C'est la semaine qui répond à celle que l'Eglise Laune appelle <i>Septuagesime.</i> On l'appelle <i>apocréos,</i> ou <i>privation de chair,</i> parce qu'après le Dimanche qui la suit, on cesse de manger de la chair, &amp; l'on fait usage des laitages jusqu'au second jour après la Quinquagesime, où commence le grand jeûne du Carême. Durant l'<i>apocréos,</i> on ne chante ni <i>triode</i> ni <i>alleluya.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2329" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOCRISIAIRE" />
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    <head>APOCRISIAIRE</head>
    <p>
    APOCRISIAIRE , ou APOCRISAIRE, s. m. <i>Apocrisiarius.</i> Envoyé, Agent, qui portoit les réponses d'un Prince. Il fut ensuite le Chancelier d'un Prince, &amp; gardoit le sceau. Dans la basse Latinité on trouve <i>Asecrata, ae,</i> Secréraire, pour <i>Apocrisiaire.</i> Zozime le définit Secrétaire d'Etat pour les affaires étrangères, &amp; c'étoit la même chose que ceux que Vopiscus dans Aurelien appelle <i>Notarios Secretorum.</i> Jean de la Porte définit <i>Apocrisiaire,</i> Secrétaire... Chancélier ; parce qu'il est le Secrétaire du Prince, &amp; qu'il sait ses secrets. Cette qualité a été depuis principalement attribuée au Député du Pape, qui résidoit de sa part à Constantinople pour y recevoir les ordres du Pape, &amp; la réponse de l'Empereur. S. Grégoire étoit <i>Apocrisiaire</i> du Pape Pélage à Constantinople ; ce fut pendant ce temps-là qu'il composa ses Morales sur Job. L'<i>Apocrisiaire</i> faisoit la fonction des Nonces ordinaires du Pape auprès des Princes Catholiques. Les <i>Apocrisiaires</i> étoient ordinairement Diacres, &amp; ils n'avoient rang qu'après les Evêques, comme on le voit par le Concile de Constantinople assemblé durant que Mennas en étoit Patriarche ; ou Pélage, Diacre de l'Eglise Romaine, &amp; <i>Apocrisiaire</i> du S. Siége, n'est nommé qu'après tous les Evêques. Quelquefois cependant l'<i>Apocrisiaire</i> avoit rang de Légat, &amp; précédoit même les Patriarches. L'hérésie des Monothélites empêcha quelque temps les Papes d'envoyer un <i>Apocrisiaire</i> à Constantinople. Dans la suite, le Pape Léon II. en envoya un, à la prière de l'Empereur ; mais enfin l'hérésie des lconoclastes, que les Empereurs soutenoient, ne permit plus aux Papes d'envoyer un <i>Apocrisiaire</i> à Constantinople ; &amp; c'est proprement en ce temps-là que la coutume d'en envoyer, qui avoit été seulement interrompue auparavant, cessa entièrement ; car ceux que les Papes envoyèrent depuis à Constantinople après que les François s'en furent rendus maîtres, n'étoient point de simples <i>Apocrisiaires,</i> mais des Cardinaux, avec pouvoir de Légat <i>à latere.</i> Voyez Du Cange, Boullenger. Ce ne fut point au reste les seuls Nonces du Pape qu'on appella <i>Apocrisiaires.</i> Il semble par la Novelle 6. de Justinien, Ch. II. que tous les Clercs envoyés à la Cour des Empereurs par les Patriarches, &amp; qui y résidoient pour avoir soin des affaires de leurs Eglises, s'appelloient <i>Apocrisiaires.</i> Quelques-uns prétendent que ce fut sous ce Prince que les Papes commencèrent à envoyer des <i>Apocrisiaires</i> à Constantinople : quoique Hincmar <i>L. De Ordine Palatii C.</i> 13. dise que cette coutume commença dès que la Cour Impériale fut établie à Constantinople. On trouve encore que du temps de Charlemagne on appelloit <i>Apocrisiaire,</i> le Grand Aumonier de France. Ainsi Hincmar, dans son quatrième Opuscule <i>de Ord. Palatii C.</i> 16. dit que l'<i>Apocrisiaire</i> étoit celui qu'en France on appelloit Chapelain, ou Garde du Palais, <i>Quem Nostrates Capellanum, vel Palatii Custodem appellant,</i> &amp; qui gouvernoit tout le Clergé du Palais. Il prenoit connoissance de toutes les affaires Ecclésiastiques. C'étoit aussi le Confesseur de tous les Officiers de la maison du Roi. On lui donnoit le nom d'<i>Apocrisiaire,</i> parce qu'on le consultoit sur tous les cas importans, &amp; qu'on se régloit souvent sur sa réponse. Il vient en effet du Grec , qui signifie, <i>réponse.</i> Il est appellé <i>responsalis</i> en Latin, par Hinemar Ep. 3. c. 13.</p><p>On trouve encore que l'<i>Apocrisiaire</i> étoit un Officier dans les Monastères ; c'étoit comme le Garde du Trésor : il avoit aussi soin d'ouvrir &amp; de fermer les portes de l'Eglise, &amp; faisoit à peu près les mêmes choses que les Sacristains font aujourd'hui.</p><p>On trouve <i>Apocrisariatus</i> dans la vie de S. Léon IX. écrite par Wibert, <i>Apocrisariat,</i> dignité d'Apocrisiaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APOCRYPHE</head>
    <p>
    APOCRYPHE , adj. m. &amp; f. Douteux, qui vient d'un Auteur incertain, ou auquel on ne peut pas ajoûter beaucoup de foi. <i>Libri aprocryphi, libri dubiae fidei.</i> Les Calvinistes accusent faussement beaucoup de livres de la Bible d'être <i>apocryphes,</i> comme Judith, Tobie, Esdras, Machabées, &amp;c. Vous nous citez-là un passage, une histoire, qui sont bien <i>apocryphes,</i> qui ne sont point vraisemblables, qui ne font point d'autorité. En matière Ecclésiastique, on le dit de tout ce qui est écrit ou prêché par les Hérétiques, ou Schismatiques, &amp; qui n'est point reçu par l'Eglise Catholique Vossius soutient que quand il s'agit de Livres sacrés, le mot d'<i>apocryphe</i> ne se donne qu'à des ouvrages, que ni la Synagogue ni l'Eglise, n'ont point insérés dans leurs Canons, quoiqu'on les joignît avec la Sainte Ecriture, &amp; qu'on les lût même dans l'Eglise.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>cacher,</i> parce que leur origine n'est point connue. Saint Jérôme tient qu'on a donné ce nom aux livres <i>apocryphes,</i> parce qu'ils contiennent les mystères cachés des Hérétiques. On peut dire que la signification de ce mot est douteuse, puisque les uns donnent ce nom simplement aux livres qui ne sont point dans le Canon de l'Ecriture, &amp; les autres aux livres ou douteux, ou supposés. Il est certain du moins que le mot <i>apocryphe</i> signifie, <i>caché</i> &amp; <i>secret.</i> Tels étoient les livres des Sibylles, dont la garde étoit commise aux Décemvirs <pb n="274" facs="bpt6k8542165/f314/full/1200,/0/native.jpg"/>seulement. Par la même raison, les Annales des Tyriens &amp; des Egyptiens étoient appellées <i>apocryphes.</i> Avant la version des Septante ; les livres du Vieux Testament étoient <i>apocryphes</i> à parler en ce sens. Dans la suite les Chrétiens à, l'exemple des Juifs, changèrent absolument la signification du mot, &amp; appellèrent des livres <i>apocryphes,</i> des livres d'une fidélité douteuse, &amp; suspecte.</p><p>Le mot d'<i>apocryphe</i> dans sa première origine, signifie, <i>caché,</i> &amp; en ce sens-là tous les écrits qui étoient cachés dans les Temples étoient appellés <i>apocryphes,</i> parce qu'ils n'étoient point venus à la connoissance du peuple. Quand les Juifs publièrent leurs livres sacrés, on ne donna le nom de Canoniques &amp; Divins, qu'à ceux qui furent publics ; les autres qui demeurèrent enfermés dans leurs Archives n'étoient <i>apocryphes,</i> que parce qu'ils ne parurent point dans le public. Et ainsi il se pouvoit faire qu'ils fussent véritablement divins &amp; sacrés ; mais ils n'étoient point reconnus pour tels. M. Isaac Vossius, qui convient que c'est-là la véritable signification du mot d'<i>apocryphe,</i> en a abusé dans son Livre des <i>Oracles des Sibylles,</i> lorsqu'il prétend que ces Livres ont été véritablement inspirés, &amp; qu'ils ont même été lûs autrefois dans les Eglises, étant joints avec les autres Livres sacrés qui composoient le recueil de la Bible Grecque des Septante.</p><p>On a donc nommé <i>apocryphe,</i> à l'égard de la Bible, tout ce que les Juifs n'ont point mis dans leur Canon des Livres sacrés. C'est en ce sens-là qu'on lit dans S. Epiphane, que les Livres <i>apocryphes</i> ne sont point dans l'Arche ; c'est-à-dire, dans l'armoire où les Juifs enferment leurs Livres sacrés. Scaliger, qui n'a point entendu les paroles de S. Epiphane, les a corrompues en voulant les corriger. Il a crû, au contraire, que ce Père a mis les <i>apocryphes</i> dans l'Arche ; mais cette faute est si grossière, qu'il est surprenant qu'un si habile Critique y soit tombé. Aussi Suicerus, Jésuite, l'a-t'il relevée dans ses Prolégomènes. Suicerus a aussi fait la même chose, dans son <i>Trésor Ecclésiastique,</i> sur le mot <i>Aron.</i></p><p>M. Simon prétend, dans ses <i>Réponses à quelques Théologiens de Hollande,</i> que si on lit avec attention les écrits des Apôtres, on y trouvera, que non-seulement ils lisoient la Bible en Grec, mais les Livres que les Protestans appellent <i>apocryphes.</i> Il croit que l'Eglise les a reçus des Juifs nommés Hellénistes, avec les autres Livres de l'Ecriture Sainte. Si les Juifs de la Palestine, dit-il, ne les ont pas reçus, ce n'est pas qu'ils fussent <i>apocryphes</i> dans le sens qu'on donne présentement à ce mot, mais parce qu'ils ne lisoient chez eux que les Livres qui étoient écrits en Hébreu. De ces Hellénistes ils ont passé à l'Eglise dès le temps des Apôtres ; leurs premiers disciples les ont aussi reçus, comme faisant une partie de la Bible Grecque.</p><p>Il est vrai qu'on oppose à cela l'autorité de plusieurs anciens Ecrivains Ecclésiastiques, &amp; principalement des Grecs, qui ont distingué ces Livres qu'on nomme <i>apocryphes,</i> de ceux qui sont dans le Canon des Juifs. Mais outre que ces anciens Ecrivains Ecclésiastiques ne conviennent point entre eux touchant le nombre de ces prétendus <i>apocryphes,</i> on ne trouve point cette distinction appuyée sur le temoignage d'aucun Apôtre, ni d'aucun de leurs premiers disciples. L'Eglise de Rome, qui a toujours été considérée comme la principale Eglise du monde, n'a point aussi distingué ces deux sortes de Livres : les Eglises d'Afrique les ont reçus également comme divins avant le Concile de Nicée ; ce qu'on peut prouver par l'autorité de S. Cyprien. On peut assurer la même chose de l'Eglise d'Alexandrie, &amp; l'on en trouve des preuves évidentes dans les écrits de S. Athanase. Car ceux où on fait dire le contraire à ce S. Evêque, ne sont point véritablement de lui.</p><p>On ne peut pas nier que S. Jerôme, le grand défenseur du Canon des Hébreux de la Palestine, n'appuie fortement l'opinion contraire, &amp; qu'il ne dise même quelquefois que son sentiment est celui de toute l'Eglise. Mais il y a de l'apparence que ce S. Docteur a exagéré. S. Augustin, qui lui est opposé, &amp; qui vivoit dans le même-temps que lui, parle tout autrement. Le Pape Innocent I. qui vivoit aussi en ce temps-là, reconnoît pour Livres divins, ceux que S. Jerôme met au nombre des <i>apocryphes</i> dans ses préfaces sur Tobie &amp; sur Judith. Car il faut lire <i>apocrypha</i> dans ces deux préfaces, &amp; non pas <i>hagiographa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2331" id="1" type="pharmacie">
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    <head>APOCROUSTIQUES</head>
    <p>
    APOCROUSTIQUES , s. m. Terme de Pharmacie . Médicamens pour arrêter les humeurs malignes qui se jettent sur une partie infirme. Les remèdes <i>apocroustiques</i> sont ordinairement froids, astringens, &amp; composés de parties grossières ; en quoi ils diffèrent des remèdes qui attirent, qui sont chauds &amp; composés de parties subtiles. Le mot <i>apocroustiques</i> vient d', &amp; de , <i>pulso, pello, repello.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2332" id="1" type="">
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    <head>APOCINUM</head>
    <p>
    APOCINUM , Voyez <ref type="search" target="head:APOCIN">APOCIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2333" id="1" type="logique">
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    <head>APODICTIQUE</head>
    <p>
    APODICTIQUE , adj. Terme de Logique , qui se dit d'un argument démonstratif &amp; convaincant. <i>Demonstrativus.</i></p><p>Ce mot vient du Grec ; qui signifie, <i>je démontre, je fais voir clairement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2334" id="1" type="liturgie">
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    <head>APODIPNE</head>
    <p>
    APODIPNE , s. m. <i>Apodipnum.</i> Terme de Liturgie . On appelle <i>apodipne</i> dans l'Eglise Grecque, ce que l'on appelle <i>Complies</i> dans l'Eglise Latine. Ce mot veut dire <i>après souper,</i> &amp; est formé d', &amp; de , <i>souper,</i> parce que cette partie de l'office se dit après le repas du soir, . Il y a deux <i>apodipnes</i> ; un grand qu'on ne dit qu'en Carême ; &amp; un plus court, qu'on dit le reste de l'année. Voyez le Typique, l'Anthologe, l'Euchologe, l'Horloge, &amp; ceux qui ont écrit sur la Liturgie des Grecs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2335" id="1" type="astronomie">
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    <head>APOGÉE</head>
    <p>
    APOGÉE , s. m. <i>Apogaeum, summa absis.</i> Terme d'Astronomie . Point du ciel qui est à l'extrémité de la ligne qu'on appelle les absides, dans lequel le soleil, ou les autres planètes, se trouvent dans leur plus grand éloignement de la terre. La lune <i>apogée</i> est éloignée de nous de soixante-cinq demi diamètres de la terre. Pour savoir comment trouver l'<i>apogée</i> &amp; le périgée d'une Planète, voyez dans les <i>Transactions Philosophiques</i> N. 57. la méthode géométrique de M. Cassini, avec les considérations de M. Mercator sur cette méthode.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APOGÉE</head>
    <p>
    Apogée , se prend figurément &amp; poëtiquement, pour le plus haut degré où une chose puisse aller. <i>Summus apex, supremum fastigium.</i> Sa gloire est maintenant dans son <i>apogée</i> : elle ne peut pas aller plus loin. Dans ce sens il est un peu suranné.</p><p>On trouve <i>Apogaeum</i> dans la basse Latinité, pour signifier une grotte, une voûte souterraine : il ne signifie plus rien d'approchant.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>ab,</i> &amp; de , ou , <i>terre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2336" id="1" type="">
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    <head>APOGRAPHE</head>
    <p>
    APOGRAPHE , s. m. <i>Apographum.</i> C'est une copie de quelque livre, ou écrit. <i>Apographe</i> est opposé à authographe, comme copie à original : ce mot vient d', <i>à</i> ou <i>ab, de,</i> &amp; de , <i>scribo, j'écris.</i> Ces deux mots veulent dire, je décris, je transcris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2337" id="1" type="">
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    <head>APOIER</head>
    <p>
    APOIER . Ce mot se disoit autrefois pour <i>appuyer.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2338" id="1" type="">
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    <head>APOLLINARISTES</head>
    <p>
    APOLLINARISTES . <i>Apollinaristae.</i> Nom d'anciens Sectaires, dont S. Epiphane a parlé fort au long dans l'hérésie de Dimoetites ; ils ne croyoient point que Jesus-Christ eût pris de la sainte Vierge une véritable chair. Apollinaris de Laodicée, qui étoit leur Chef, avoit feint je ne sai quelle chair, qu'il prétendoit être de toute éternité, comme le remarque S. Grégoire de Nazianze <i>Orat.</i> 46. Il distinguoit l'ame de Jesus-Christ, de ce qu'on appelle en Grec , <i>entendement,</i> &amp; par cette distinction, il établissoit que Jesus-Christ avoit pris une ame sans son entendement, &amp; que le Verbe suppléoit à ce défaut : quelques-uns même d'entre eux nioient que Jesus-Christ eût eu une ame. Il croyoit que les ames des hommes étoient formées par d'autres ames, aussi-bien que les corps. Theodoret remarque qu'Apollinaire confondoit les personnes de la Sainte Trinité, &amp; qu'il donnoit dans les erreurs de Sabellius. S. Basile lui reproche aussi d'avoir abandonné le sens littéral en expliquant la Sainte Ecriture, pour ne s'attacher qu'au sens allégorique. L'hérésie des <i>Apollinaristes,</i> qui étoit pleine de subtilité, fut condamnée dans un Synode d'Alexandrie sous S. Athanase, l'an de J. C. 362. &amp; ensuite à Rome par le Pape Damase, dans un Concile, l'an 373. Les Sectateurs d'Apollinaire ne s'accordoient pas tous entre eux, &amp; ne soutenoient pas les mêmes erreurs ; ce qui donna lieu à différentes hérésies, toutes tirées des écrits &amp; des erreurs d'Apollinaire : les plus considérables sont l'hérésie des Polémiens, Sectateurs de Polemius, &amp; celle des Antidicomarianites.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2339" id="1" type="">
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    <head>APOLLINE</head>
    <p>
    APOLLINE , s. f. <i>Apollonia.</i> Nom propre d'une sainte Vierge, qui souffrit le Martyre sous Philippe. Quelques Dictionnaires disent <i>Apolline,</i> ou <i>Apollonie,</i> comme si l'un &amp; l'autre étoit également bon. Ils se servent même du dernier plutôt que du premier dans leurs discours. Cela est contre l'usage. On dit toujours Sainte <i>Apolline,</i> &amp; jamais <pb n="275" facs="bpt6k8542165/f315/full/1200,/0/native.jpg"/>Sainte <i>Apollonie,</i> si ce n'est en Auvergne ; car M. l'Abbé Chastelain, dans son Martyrologe au 9e de Février, remarque que dans cette Province on prononce Sainte <i>Apollonie,</i> &amp; non pas Sainte <i>Apolline,</i> comme au reste de la France. Le Martyrologe Romain dit qu'elle souffrit sous Dèce ; mais ces mots, <i>sous Dèce,</i> ajoûtés dans le nouveau Martyrologe Romain à l'éloge qu'Usuard après Addon fait de cette Sainte, sont contraires à ce qu'en dit S. Denys d'Alexandrie, dans sa lettre à Fabius d'Antioche rapportée par Eusèbe Liv. VI. chap. 34. où on lit, qu'un an entier avant que Dèce commençât à persécuter l'Eglise, cette Sainte fut martyrisée à Alexandrie dans une émeute populaire, Philippe étant pour lors Empereur, &amp; non Dèce. Dans les bas siècles on a inventé des Actes de Sainte <i>Apolline,</i> qui n'ont aucun rapport à ce que S. Denys d'Alexandrie dit d'elle, excepté l'arrachement des dents. Le Jésuite Bollandus, qui les a donnés sur un manuscrit d'Utrecht, les qualifie d'apocryphes. Comme l'Auteur de ces Actes fait tuer Sainte <i>Apolline</i> d'un coup d'épée à Rome, sous Julien l'Apostat, ils ont trompé Gréven, Canisius, &amp; Ferrarius, en leur faisant distinguer mal-à-propos deux Saintes <i>Apollines.</i> Dans ce nom il ne faut point prononcer les deux <i>ll,</i> mais seulement une, &amp; allonger un peu l'<i>o,</i> comme si l'on écrivoit <i>Apôline</i> : mais supposé qu'on dise <i>Apollonie,</i> il faut les prononcer toutes deux, &amp; faire l'<i>o</i> bref.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2340" id="1" type="">
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    <head>APOLLON</head>
    <p>
    APOLLON , s. m. <i>Apollo.</i> Nom propre d'un Dieu, Fils de Jupiter &amp; de Latone. Son nom est Grec, &amp; vient selon Platon, , de ce qu'il darde ses rayons. D'autres prétendent qu'il vient d', <i>perdre, detruire.</i> Ainsi <i>Apollon</i> signifie un <i>destructeur,</i> un <i>exterminateur</i> ; parce qu'avec ses dards il avoit la réputation de tout perdre. <i>Apollon</i> avoit bien des fonctions dans le Paganisme. 1°. Il étoit le soleil. C'est pour cela qu'au rapport de Cicéron <i>De Nat. Deor. Lib. II.</i> Chrysippe dérivoit son nom de l'<i>a</i> privatif, &amp; , <i>plusieurs,</i> parce qu'il n'y a qu'un soleil. Hésychius donne dans cette étymologie, &amp; les Syriens l'appellent, dit-on, , <i>hhadad,</i> qui signifie <i>un.</i> C'est Macrobe qui le dit, <i>Saturn. Liv. I. ch.</i> 23. &amp; 21. Il dit encore au même endroit qu'il est appellé par les Egyptiens <i>Horus,</i> qu'on peut tirer de l'Hébreu , <i>or,</i> qui signifie <i>lumière.</i> Il étoit aussi le Dieu &amp; l'inventeur de la Médecine, &amp; de l'art de la divination ; aussi presque tous les Oracles lui étoient attribués. On lui attribue aussi l'invention de l'arc. Peut-être n'est-ce qu'une allusion aux rayons du soleil. Il étoit encore le Dieu de la Musique, de la Poësie, &amp; de la Rhétorique, &amp; présidoit aux beaux Arts, ayant sous lui les Muses. On peignoit toujours <i>Apollon</i> jeune, &amp; sans barbe, &amp; avec de grands cheveux. Le Colosse de Rhodes étoit une figure d'<i>Apollon.</i> La tête en est représentée couronnée de rayons sur les médailles de Rhodes, avec une rose au revers, &amp; le mot . On dit qu'il prit le Luth à Mercure ; car <i>Apollon</i> n'en est point l'inventeur ; Homère en fait l'honneur à Mercure, dans l'hymne qu'il a composée à sa louange. Cependant Polydore Virgile fait <i>Apollon</i> inventeur de la Lyre &amp; de la Flûte Liv. I. Ch. 5. La cigale, le coq, l'éprevier, l'olive &amp; le laurier, lui étoient consacrés.</p><p>Cicéron <i>De nat. Deor. Lib. II. c.</i> 57. distingue quatre <i>Apollons.</i> Le premier, &amp; le plus ancien, fut le Gardien d'Athènes ; le second, fut fils d'une Corybante, &amp; nâquit en Crète ; le troisième, de Jupiter &amp; de Latone. Eusèbe prétend que celui-ci est le plus ancien. Le quatrième né en Arcadie, donna des Loix aux Arcadiens, &amp; ils l'appellèrent à cause de cela <i>Nomius,</i> ou législateur.</p><p><i>Apollon</i> a eu bien des surnoms, &amp; des épithètes. <i>Apollon</i> Acésien, <i>Acesius,</i> parce qu'il étoit Dieu de la Médecine, d', <i>medeor</i> ; il eut aussi à Rome le surnom de Médecin, <i>Medicus</i> ; Actiaque, <i>Actiacus,</i> parce qu'il étoit honoré à Actium ; Alexicaque, qui chasse le mal, à cause qu'il présidoit à la Médecine ; <i>Calispex,</i> qui regarde du haut du Ciel, parce qu'il étoit le soleil ; Capitolin, <i>Capitolinus</i> ; Chochéen, <i>Chochaeus</i> ; Clarien, ou de Claros, <i>Clarius</i> ; Délien, ou de Délos, <i>Delius, Deliacus</i> ; Delphique, <i>Delphicus</i> ; de Didyme, <i>Didymaeus</i> ; Hebdomagète, <i>Hebdomagetes,</i> parce qu'il étoit venu au monde le 7e jour du mois, d'où vient que ce jour lui étoit consacré ; ou parce qu'il étoit venu au monde le 7e mois, comme prétend le Scholiaste de Callimaque ; Heliopolitain, <i>Heliopolitanus</i> ; Hyperboréen, <i>Hyperboreus ;</i> Milésien, <i>Milesius</i> ; Palatin, ou du mont Palatin à Rome, <i>Palatinus</i> ; Paroetonien, <i>Paroetonius ; Ptous, Sarpedonius, Sosianus, Thuscanicus</i> : ces noms lui furent donnés des lieux où il étoit honoré ; <i>Daphnaeus,</i> de Daphné, à cause d'une fontaine de ce nom qui rendit des oracles, ou du laurier, en Grec , qui lui étoit consacré ; , qui remédie, , qui tourne le mal, parce qu'on lui racontoit les mauvais songes qu'on avoit eus, afin qu'il les détournât ; , à cause des statues qu'il avoit ordinairement dans les Portiques ; , par rapport à ceux qui commençoient à s'addonner aux sciences, &amp; à se trouver dans les assemblées des Philosophes qu'on appelloit , pestilentiel, qui donne la peste ; <i>Myricinus,</i> parce qu'à Lesbos il avoit de la fougère en main, &amp; qu'en quelques endroits cette herbe servoit aux divinations ; <i>Navalis</i> ; à cause de la victoire d'Actium, dont Auguste lui crut être redevable. Les Scythes le surnommèrent <i>Acthosirus.</i> Icadius son fils le surnomma <i>Patrius.</i> Il fut appellé <i>Phaneus,</i> de , parce qu'il découvroit, faisoit connoître la vérité ; Pythien, <i>Pythius,</i> parce qu'il tua le serpent Python ; Sandalier, <i>Sandalarius,</i> d'une statue qu'Auguste lui dédia dans Rome, &amp; qui avoit des sandales ; <i>Syntodus,</i> dans une inscription rapportée par Gyraldus Syntag. 7. pag. 217. , comme qui diroit Portier, parce qu'il présidoit aux portes ; il eut même le surnom de <i>Bourreau</i> dans Rome, <i>Tortor,</i> parce qu'il avoit une statue dans la rue où se vendoient les fouëts pour tourmenter les esclaves. Il y a encore dans l'Anthologie Liv. I. Ch. 38. une épigramme de 25. vers, dont 24. ne sont composés que des épithètes d'Apollon, rangés selon l'ordre alphabétique des 24. lettres Grecques. Voyez aussi les listes des noms d'Apollon qu'a faites M. Beger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APOLLON</head>
    <p>
    De la Mothe à M. le Duc de Bourgogne.</p><p>M. des Reaux a dit dans l'Epitaphe de M. Patru,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APOLLON</head>
    <p>
    Apollon étoit aussi chez les Anciens le nom d'une danse, dans laquelle on représentoit ce Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2340" id="4" type="fleuriste">
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    <head>APOLLON</head>
    <p>
    Apollon , s. m. Terme de Fleuriste . C'est le nom d'une des espèces des oeillets piquetés. C'est un piqueté de brun sur un fin blanc. L'oeillet est petit, &amp; sa plante fort sujette au blanc &amp; à la pourriture. Il est à Lille. Cult. de Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2341" id="1" type="">
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    <head>APOLLONIE</head>
    <p>
    APOLLONIE , s. f. <i>Apollonia.</i> Nom de plusieurs villes en différentes contrées. Ces villes furent ainsi nommées d'Apollon à qui elles étoient particulièrement consacrées. Voyez aussi APOLLINE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2342" id="1" type="">
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    <head>APOLLONIES</head>
    <p>
    APOLLONIES , s. m. &amp; pl. Nom des fètes &amp; sacrifices d'Apollon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2343" id="1" type="">
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    <head>APOLOGÉTIQUE</head>
    <p>
    APOLOGÉTIQUE , adj. m. &amp; f. Discours qui contient une défense, une apologie. <i>Apologeticus, liber quo objecta diluuntur.</i> L'<i>Apologétique</i> de Tertullien ; c'est un ouvrage plein de force, &amp; tel qu'il pouvoit sortir des mains de Tertullien. Il y justifie les Chrétiens des choses dont on les accusoit, &amp; principalement des crimes abominables qu'on disoit qu'ils commettoient dans leurs assemblées, &amp; de leur peu de fidélité pour la patrie. On leur reprochoit ce dernier crime, parce qu'ils ne vouloient pas faire les sermens accoutumés, &amp; jurer au nom des Dieux tutélaires de l'Empire. Tertullien adressa son <i>Apologétique</i> aux Magistrats de Rome, parce que l'Empereur Sevère étoit absent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2344" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOLOGIE" />
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    <head>APOLOGIE</head>
    <p>
    APOLOGIE , s. f. <i>Apologia, defensio, purgatio.</i> Défense, livre, ou discours pour justifier quelqu'un. Il se dit plus particulièrement en matière de littérature, de la défense qu'on fait des fautes dont on accuse un Auteur. L'<i>Apologie</i> de Balzac est une pièce éloquente. On disoit bien du mal de vous ; mais j'ai bien fait votre <i>apologie.</i> Naudé a fait une <i>apologie</i> pour tous les grands hommes accusés de magie.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>je repousse par parole, je refute.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2345" id="1" type="">
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    <head>APOLOGISTE</head>
    <p>
    APOLOGISTE , s. m. Celui qui écrit une apologie. <i>Defensor.</i> François Ogier a été l'<i>Apologiste</i> de Balzac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2346" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOLOGUE" />
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    <head>APOLOGUE</head>
    <p>
    APOLOGUE , s. m. <i>Apologus, fabula.</i> Instruction morale qu'on tire de quelque fable inventée exprès. C'est un exemple fabuleux, qui s'insinue avec d'autant plus de facilité &amp; d'effet, qu'il est plus commun, &amp; plus familier. La Font. Jesus-Christ lui-même en a sanctifié &amp; autorisé l'usage ; &amp; l'on en peut remarquer un effet naturel dans celui que le Prophète Nathan proposa à David. S. Evr. Tel qui n'est point accessible à des remontrances positives, ne sera peut-être point choqué de la censure secrette &amp; indirecte d'un <i>Apologue.</i> Id. L'<i>Apologue</i> de l'Âne &amp; du Roussin dans Rabelais.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>raconter, rapporter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2347" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="APOLTRONNIR" />
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    <head>APOLTRONNIR</head>
    <p>
    APOLTRONNIR , v. act. Terme de Fauconnerie , qui se dit lorsqu'on coupe à un oiseau les ongles des pouces, qui sont les doigts de derrière ; &amp; les clefs de sa main : car en lui ôtant les armes, on lui ravale le courage ; de sorte qu'il n'est plus propre pour le gros gibier. <i>Accipitrem ignavum, inermem efficere.</i></p><p>Ce mot vient de poltron, &amp; veut dire, rendre poltron ; c'est-à-dire, timide &amp; lâche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2348" id="1" type="liturgie">
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    <head>APOLYTIQUE</head>
    <p>
    APOLYTIQUE , s. m. Terme de Liturgie . L'<i>apolytique</i> dans l'Eglise Grecque est ce qui termine l'Office divin, ou les parties considérables de l'Office divin. L'<i>apolytique</i> consiste en certains versets qui changent selon les temps, <i>Apolyticum,</i> &amp; en Grec .</p><p>Ce mot vient d', &amp; de , <i>solvo.</i> Voyez le P. Goar dans ses Notes sur l'Euchologe, l'Ordre de l'Office divin chez les Grecs au commencement du second Tome des Actes des Saints du mois de Juin, le Typique de Saint Sabas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2349" id="1" type="">
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    <head>APOMÉCOMÉTRIE</head>
    <p>
    APOMÉCOMÉTRIE , s. f. <i>Apomecometria.</i> C'est l'art qui enseigne à mesurer la distance des choses éloignées, &amp; à savoir combien elles sont éloignées de nous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2350" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="APONEUROSE" />
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    <head>APONEUROSE</head>
    <p>
    APONEUROSE , s. f. Terme de Médecine . C'est un nom qu'on donne aux extrémités nerveuses des muscles, &amp; qui en font partie. <i>Aponeurosis, . Tendones.</i> On les appelle autrement <i>tendons.</i> La substance de l'<i>aponeurose,</i> ou du tendon, est moyenne entre la substance de la chair, ou du muscle, &amp; celle du nerf. L'<i>Aponeurose</i> commence à un muscle &amp; finit à un nerf ; il y en a dont la substance est plus molle, &amp; approche plus de celle de la chair, &amp; d'autres dont la substance est plus ferme, plus dure, &amp; plus semblable à celle d'un nerf.</p><p>Ce mot vient d', &amp; , qui signifie en Grec un nerf.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2351" id="1" type="medecine">
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    <head>APOPHLEGMATISMES</head>
    <p>
    APOPHLEGMATISMES , s. m. <i>Apophlegmatismi.</i> Terme de Médecine . Ce sont des médicamens qu'on mâche pour attirer quantité de phlegmes du cerveau. Le peuple les appelle <i>Masticatoires,</i> ou <i>Machicatoires.</i> Le tabac est un excellent <i>apophlegmatisme,</i> mais il gâte les dents, &amp; les rend jaunes &amp; noires : la sauge a presque autant de vertu pour faire sortir les humeurs superflues, &amp; elle ne gâte pas tant les dents.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; vient d' &amp; .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2352" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOPHORÈTE" />
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    <head>APOPHORÈTE</head>
    <p>
    APOPHORÈTE , s. m. <i>Apophoreta.</i> C'est un mot dont on est obligé de se servir en traduisant Martial, qui a intitulé de ce nom quelques livres de ses Epigrammes : il signifie des dons &amp; présens qui se faisoient pendant les Saturnales, ou en certaines solemnités, ou pour quelques brigues. Selon les Jésuites d'Anvers, <i>Acta SS. April. T. II. p.</i> 772. A. ce sont proprement de petits présens, que l'on envoyoit de table à ses amis. Cela paroît par Suétone dans Caligula, Ch. 55. &amp; par S. Ambroise, dans son Exhortation à la Virginité. C'étoit aux Saturnales ; &amp; ce n'étoit qu'aux hommes qu'on les envoyoit. Suétone, dans Vespasien, Ch. 19. n. 4. où il remarque, comme une chose extraordinaire, que ce Prince en envoyoit aussi aux femmes aux Kalendes de Mars. Symmache, Ep. 11. 80. appelle encore <i>Apophorète</i> les presens que ceux qui avoient donné des jeux envoyoient ensuite à leurs amis. On l'a dit aussi du vaisseau plat, ou des corbeilles où l'on portoit ces présens. M. Beger, Tom. III. pag. 424. a donné la figure d'un instrument rond, qui a une queue, &amp; qui est plat &amp; sans profondeur, qu'il prétend être un <i>Apophorète,</i> ou, comme il écrit, <i>Apophérète.</i> Dans des siècles postérieurs on trouve ce mot pour signifier les Chasses, ou vases dans lesquels on portoit les reliques des Saints. Il y en a plusieurs exemples dans les anciennes vies des Saints.</p><p>Ce mot est dérivé par Isidore <i>à Ferendo,</i> mais il vient plutôt du Grec &amp; , je porte. Le XIVe Livre de Martial est intitulé <i>Apophorète,</i> &amp; chaque épigramme désigne un <i>Apophorète.</i> On voit par-là ce que c'étoit, &amp; qu'on envoyoit autre chose que des mêts. Les Modernes qui traitent des <i>Apophorètes</i> sont Turnèbe, <i>Advers.</i> IX. 23. Ciaconius, <i>de Triclinio,</i> pag. 91. <i>Sstruckius Antiq. Conv.</i> VIII. 24. Lipenius <i>De Strenis,</i> I. 15. Baccius <i>De Conviviis Antiq.</i> IV. 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2353" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOPHTHÈGME" />
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    <head>APOPHTHÈGME</head>
    <p>
    APOPHTHÈGME , s. m. Parole sententieuse, ou remarque. <i>Apophthegma, dictum acutum &amp; breve illustris viri.</i> L'<i>apophthègme</i> est un sentiment exprimé d'une manière vive, &amp; en peu de paroles, sur quelque sujet ; ou une repartie promte &amp; spirituelle, qui cause du plaisir &amp; de l'admiration. Comme il y en a de plaisans &amp; d'agréables, &amp; qu'ils ne sont pas tous graves &amp; sérieux, on pourroit dire que l'<i>apophthègme</i> est ce qu'on appelle un <i>bon mot</i> en François ; mais ce terme a plus d'étendue dans la langue Grecque. Abl. Il y a des <i>apophthègmes</i> muets, &amp; où l'action tient lieu de la parole. Id. C'est un homme profond, &amp; d'un grand sens ; il ne parle que par <i>apophthègmes.</i> Lycosthène a fait un gros recueil des <i>apophthègmes</i> des Anciens, &amp; les a rédigés par chapitres. Erasme a aussi rassemblé les <i>apophthègmes</i> des Anciens, rapportés par Plutarque, &amp; par Diogène Laërce. M. d'Ablancourt a digéré les <i>apophthègmes</i> des Anciens dans un meilleur ordre ; &amp; comme la vérité y est moins nécessaire que la beauté, il a été souvent obligé d'y donner un autre tour que les Auteurs dont il les a tirés. L'<i>Apophthègme,</i> selon l'Auteur du Traité des bons mots. est différent de ce qu'on appelle <i>bon mot,</i> parce que l'<i>apophthègme</i> doit toujours être grave &amp; instructif, &amp; que le <i>bon mot</i> peut être purement divertissant.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>je parle par sentences.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2354" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOPHYGE" />
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    <head>APOPHYGE</head>
    <p>
    APOPHYGE , s. f. <i>Apophygis.</i> C'est l'endroit où la colonne sort de sa base, &amp; commence à monter, &amp; à échapper en haut. C'est pourquoi les ouvriers l'appellent <i>escape,</i> ou <i>congé.</i></p><p>Ce mot en Grec signifie <i>fuite.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2355" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="APOPHYSE" />
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    <head>APOPHYSE</head>
    <p>
    APOPHYSE , s. f. <i>Apophysis.</i> Terme de Médecine . C'est une éminence qui s'élève sur la superficie de l'os, avec lequel elle est continue. Telles sont les éminences des vertèbres, de l'omoplate, des os du bras, de la cuisse, &amp;c.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; signifie <i>production au dehors.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2355" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOPHYSE" />
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    <head>APOPHYSE</head>
    <p>
    Apophyse Mammillaire, ou Mostoide. C'est une des éminences externes de l'os pétreux.</p><p>On appelle aussi <i>Apophyses</i> mammillaires, les nerfs olfactoires, qui sont le principal organe de l'odorat. Ils vont jusqu'aux os cribleux, où ils se divisent en de petites fibres, qui passent par les trous de ces os, &amp; qui vont se répandre dans la partie supérieure du nez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2356" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOPLECTIQUE" />
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    <head>APOPLECTIQUE</head>
    <p>
    APOPLECTIQUE , adj. m. &amp; f. Qui tient de l'apoplexie. <i>Attonitus.</i> Accident <i>apoplectique.</i> On appelle aussi un remède <i>apoplectique,</i> celui qui préserve ou qui guérit de l'apoplexie. <i>Sanandae aut avertendae apoplexiae idoneum pharmacum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2357" id="1" type="medecine">
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    <head>APOPLEXIE</head>
    <p>
    APOPLEXIE , s. f. <i>Stupor, stupefactio nervorum omnium corporis, apoplexia.</i> Terme de Médecine . C'est une soudaine privation du sentiment &amp; du mouvement de tout le corps, avec lésion des principales facultés de l'ame, accompagnée d'un ronflement &amp; de difficulté de respirer. Elle différe du care, de la létargie, &amp; du coma, parce qu'en ces trois autres maladies l'assoupissement n'est pas si profond, ni le sentiment tout-à-fait perdu. Elle diffère de la syncope, parce qu'en celle-ci il n'y a point de pouls apparent, ou du moins qu'il est fort foible ; au lieu qu'en l'<i>apoplexie</i> il se soutient jusqu'à ce que la mort soit proche. Elle differe de l'épilepsie, en ce qu'en celle-ci le mouvement de la faculté animale n'est point aboli, mais seulement dépravé. Et elle diffère de la paralysie, en ce qu'en celle-ci il n'y a ni assoupissement, ni privation de connoissance. L'<i>apoplexie</i> est causée par l'interruption du mouvement du sang vers le cerveau, &amp; par tout ce qui peut empêcher l'influence des esprits animaux dans les organes des sens, &amp; dans les parties qui se meuvent volontairement. Tantôt elle vient d'un phlegmon dans le cerveau, tantôt d'une pituite visqueuse, dont le cerveau est rempli, comme il arrive dans les apoplexies d'hivér, &amp; dans celle des vieillards ; tantôt elle vient d'une lymphe trop grossière, qui bouche les nerfs ; ou du sang répandu dans le cerveau. Hippocrate distingue deux sortes d'apoplexies, l'une forte, &amp; l'autre foible ; elles diffèrent par le plus ou moins de difficulté à respirer ; il faut avouer qu'elles sont toutes deux très-fortes, puisqu'elles sont accompagnées des symptomes très-dangereux, &amp; qu'elles causent souvent la mort. Pour prévenir l'<i>apoplexie,</i> il faut éviter l'excès de vin, &amp; de travail, ne point manger avec excès, ne point dormir après le dîner, faire beaucoup d'exercice de corps, ne se point laisser accabler de chagrin. Pour guérir de l'<i>apoplexie</i> il faut employer des remèdes qui fassent de grandes évacuations, &amp; n'en donner aucun où il entre de l'opium, ou des remèdes astringens, qui augmentent la force du mal.</p><p>Ce mot d'<i>apoplexie</i> vient du Grec , qui signifie <i>battre, étonner,</i> rendre stupide &amp; sans sentiment, parce que cette maladie fait tomber en un instant, comme si on étoit abattu d'un coup de foudre. C'est pourquoi quelques-uns l'ont appellé <i>sideration,</i> comme qui diroit <i>foudroiement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2358" id="1" type="">
   <index type="head" value="APORE" />
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    <head>APORE</head>
    <p>
    APORE , s. m. Problème très-difficile à résoudre, &amp; qui n'a pas été résolu. <i>Aporum.</i> La quadrature du cercle est un <i>apore.</i></p><p>C'est un mot Grec, , &amp; je ne sache pas qu'il soit fort établi dans notre langue ; il signifie en Grec ce qui est douteux, difficile, embarrassant, où on ne trouve point de passages. Il vient de l'<i>alpha</i> privatif, &amp; de , <i>passage,</i> d'où est venu en notre langue le mot de <i>pore,</i> qui ne se dit que des passages imperceptibles qui sont dans les corps, &amp; qui facilitent la transpiration des humeurs. Lorsqu'on proposoit un problème à quelque Philosophe Grec, &amp; sur-tout à un Académicien, s'il n'en pouvoit donner la solution, il répondoit , c'est-à-dire, je ne sai point cela, j'en doute, je ne puis vous éclaircir là-dessus. Au reste, si <i>apore</i> est un mot François, il est de toutes les sciences. Chacune a ses difficultés &amp; ses embarras, &amp;, si l'on peut se servir de ce terme, chacune a ses <i>apores.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2359" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOS. " />
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    <head>APOS. </head>
    <p>
    APOS. <i>Jonston.</i> C'est une hirondelle de mer, très-garnie de plumes : sa tête est fort large, son bec est petit. Cet oiseau avale des mouches, son col est court, ses ailes sont longues, sa queue est fourchue. L'<i>apos</i> vole sur la mer &amp; sur la terre, &amp; se nomme <i>apos,</i> de , <i>sans pieds,</i> parce qu'elle les a très-petits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2360" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="APOSÈME" />
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    <head>APOSÈME</head>
    <p>
    APOSÈME , ou APOZÈME. s. m. Terme de Médecine . Espèce de médicament liquide, composé de diverses décoctions de plusieurs plantes, racines, fleurs, feuilles, fruits &amp; semences, dulcifiées avec du miel ou du sucre, clarifiées &amp; aromatisées avec canelle &amp; santaux. <i>Decoctum.</i> L'<i>aposème</i> ne diffère d'avec le syrop magistral que par la consistance &amp; la cuitte ; ce syrop é ant plus épais &amp; visqueux. On y mêle quelquefois des remèdes purgatifs &amp; des syrops. L'<i>aposème</i> differe du julep, en ce que les <i>aposèmes</i> sont plus épais &amp; plus visqueux, &amp; qu'ils ne se font jamais avec des eaux distillées comme les juleps, mais seulement avec une décoction. Les <i>aposèmes</i> diffèrent des syrops en ce qu'ils sont plus clairs que les syrops. Les anciens Médecins donnoient le nom d'<i>aposème</i> à l'hydromel dans lequel ils avoient fait bouillir les feuilles de certaines plantes. Il y a deux sortes d'<i>aposèmes,</i> les altératifs &amp; les purgatifs : on les distingue encore selon les parties pour la guérison desquelles on les donne ; ainsi il y a des <i>aposèmes</i> céphaliques, des <i>aposèmes</i> hépatiques, des <i>aposèmes</i> spléniques, &amp;c. Chomel.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>defervesco.</i> Ce qui montre qu'il faudroit l'écrire par un <i>z,</i> mais comme nous donnons le son du <i>z</i> à l'<i>s</i> qui est entre deux voyelles, l'usage est de mettre une <i>s</i> à ce mot comme à beaucoup d'autres, qui devroient avoir un <i>z.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2361" id="1" type="rhetorique">
   <index type="head" value="APOSIOPÈSE" />
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    <head>APOSIOPÈSE</head>
    <p>
    APOSIOPÈSE , s. f. Terme de Rhétorique , qu'on appelle autrement <i>Reticence. Reticentia.</i> Figure par laquelle on ne laisse pas de parler d'une chose, en faisant semblant de n'en vouloir rien dire.</p><p>Ce mot vient d', <i>taceo, reticeo,</i> d'où se fait , <i>aposiopèse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2362" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTASIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>APOSTASIE</head>
    <p>
    APOSTASIE , s. f. Abandonnement de la vraie Religion, ou d'un Ordre dans lequel on a fait profession, sans dispense légitime. <i>Catholicae religionis, vel instituti religiosi desertio.</i> L'<i>apostasie</i> d'un Moine est la suite ordinaire de son hérésie, ou de sa débauche. Les Novatiens disoient qu'il n'appartenoit qu'à Dieu de pardonner le crime de ceux qui étoient tombés dans l'<i>apostasie.</i> Du Pin. Julien, à son <i>apostasie</i> près, fut le premier des Césars. Spanheim. Les Anciens ont distingué trois sortes d'<i>Apostasie.</i> La première, <i>à supererogatione,</i> se commet par le Clerc, ou le Religieux, qui abandonne sa profession pour retourner à l'état laïque. La seconde <i>à mandatis Dei,</i> par celui, de quelque état qu'il soit, qui abandonne généralement les Commandemens de Dieu, quoiqu'il conserve encore la foi. La troisième <i>à fide,</i> par celui qui abandonne non-seulement les bonnes oeuvres, mais encore totalement la foi. De la Mar. Cette division n'est pas assez juste. Dans la première espèce il n'est pas nécessaire qu'un Religieux se réduise à l'état laïque pour commettre une <i>apostasie,</i> il suffit qu'il renonce à son Ordre &amp; à sa Religion, demeurât-il dans l'état Ecclésiastique, ou passât-il dans un autre Ordre, s'il n'en a la dispense. La seconde espèce ne porte point aujourd'hui le nom d'<i>apostasie,</i> on l'appelleroit libertinage, débauche, impiété. Pour la troisième, il n'est pas necessaire de renoncer totalement à la foi, c'est-à-dire, à tous les articles de la foi ; il suffit d'être hérétique sur un seul pour être apostat. Voyez <ref type="search" target="head:APOSTAT">APOSTAT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2363" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTASIER" />
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    <head>APOSTASIER</head>
    <p>
    APOSTASIER , v. n. Tomber dans l'apostasie, devenir Apostat. <i>Catholicam religionem, vel institutum religiosum deserere.</i> Les esclaves Chrétiens sont dans un danger perpétuel d'<i>apostasier,</i> de devenir renégats.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2364" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTAT" />
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    <head>APOSTAT</head>
    <p>
    APOSTAT , s. m. Transfuge, déserteur qui quitte la vraie Religion, ou qui renonce à ses voeux. <i>Catholicae religionis, vel instituti religiosi desertor.</i> L'Empereur Julien a été surnommé l'<i>Apostat.</i> Les Moines qui quittent le froc, &amp; renoncent à leurs voeux, sont des <i>Apostats.</i> Il y a cette différence entre l'hérétique &amp; l'<i>Apostat,</i> que l'hérétique n'abandonne qu'une partie de la foi, &amp; que l'<i>Apostat</i> n'en <pb n="278" facs="bpt6k8542165/f318/full/1200,/0/native.jpg"/>conserve plus rien. De la Mar. Cette différence n'est pas vraie. Le Catholique qui se fait hérétique, quoique l'on professe encore dans le parti hérétique qu'il embrasse plusieurs points de foi comme les Catholiques, est cependant <i>Apostat</i> ; &amp; il est hérétique &amp; <i>Apostat</i> tout à la fois ; mais celui qui est né dans l'hérésie est simplement hérétique, &amp; n'est point <i>Apostat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2364" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOSTAT" />
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    <head>APOSTAT</head>
    <p>
    Apostat , se disoit autrefois proprement de celui qui avoit faussé la foi promise à son Capitaine. <i>Transfuga, desertor.</i> On le dit encore de ceux qui changent de parti, &amp; se rangent dans le parti opposé. Vous nous avez abandonné, vous êtes un <i>apostat.</i> Les Turcs traitent les Persans d'<i>apostats,</i> comme ayant altéré &amp; corrompu la Religion de Mahomet. Smith.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2365" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTATE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APOSTATE</head>
    <p>
    APOSTATE , s. f. Celle qui quitte sa Religion, ou qui renonce à ses voeux. <i>Quae deserit Religionem veram, aut institutum religiosum.</i> C'est une franche <i>apostate.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>apostare</i>, qui signifie, <i>mépriser. violer.</i> Dans son origine le mot d'<i>apostat</i> ne signifioit autre chose que <i>prévaricateur</i> ; &amp; on disoit <i>apostare leges</i> ; pour dire, <i>pécher contre la Loi.</i> Du Cange. Le mot d'<i>apostare</i> vient d', &amp; , <i>sto, je me tiens à part.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2366" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTER" />
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    <head>APOSTER</head>
    <p>
    APOSTER , v. act. Attirer quelqu'un, le mettre en avant pour épier, tromper &amp; surprendre quelqu'un. <i>Adornare, subornare, apponere.</i> Les calomniateurs ont des témoins <i>apostés,</i> pour déposer faussement contre leurs parties. Cet acte est signé par une personne <i>apostée,</i> qui a pris le nom ou l'habit d'un autre pour tromper le Notaire, ou les Contractans. Il a choisi un Juge <i>aposté,</i> fait à sa poste. Les Grands ont des gens <i>apostes</i> pour semer de fausses nouvelles, selon que leurs intérêts les y obligent. Les filous ont toujours près d'eux des gens <i>apostés,</i> afin de ne se point trouver saisis des vols qu'ils font. Je vous demande une grace, qui est, que vous ne vous imaginiez pas que j'aie <i>aposté</i> ce vieillard. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2366" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOSTER" />
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    <head>APOSTER</head>
    <p>
    Aposté, ée , part. <i>Subornatus, appositus.</i></p><p>Ce mot vient de <i>positus</i>, de <i>pono.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2367" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="APOSTHÈME" />
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    <head>APOSTHÈME</head>
    <p>
    APOSTHÈME , s. m. Terme de Médecine . Voyez <ref type="search" target="head:APOSTUME">APOSTUME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2368" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTILLE" />
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    <head>APOSTILLE</head>
    <p>
    APOSTILLE , s. f. Annotation ou renvoi qu'on fait à la marge d'un écrit pour y ajoûter quelque chose qui manque dans le texte, ou pour l'éclaircir, &amp; l'interpréter. <i>Adscripta ad marginem annotatio.</i> Plusieurs Auteurs ont commenté le Droit par de simples notes &amp; <i>apostilles.</i> Un Notaire est obligé de parapher avec les parties toutes les <i>apostilles</i> d'un contrat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2368" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOSTILLE" />
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    <head>APOSTILLE</head>
    <p>
    Apostille . <i>Contentio.</i> Se dit au Palais en parlant des débats &amp; contestations qui se font lors de l'examen des comptes, ou des jugemens qui sont rendus sur chaque article. Les <i>Apostilles</i> se mettent sur les comptes de la Chambre de la main de l'Auditeur qui les rapporte. On disoit anciennement <i>postil, postilla,</i> &amp; ce mot venoit de <i>positus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2369" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTILLER" />
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    <head>APOSTILLER</head>
    <p>
    APOSTILLER , v. act. <i>Adscribere.</i> Mettre des apostilles, qui se dit tant des notes &amp; remarques qu'on fait sur les livres que des additions qui se font sur les minutes des contrats, &amp; de ce qu'on met dans les marges des comptes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2369" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOSTILLER" />
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    <head>APOSTILLER</head>
    <p>
    Apostillé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Adscriptus.</i> Les contrats les plus <i>apostillés</i> sont les meilleurs ; ils sont paraphés en plus d'endroits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2370" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="APOSTIS" />
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    <head>APOSTIS</head>
    <p>
    APOSTIS , s. f. Terme de Marine . Deux longues pièces de bois de 8. pouces en quarré, tant soit peu abaissées : l'une est le long de la bande droite, &amp; l'autre le long de la bande gauche d'une Galère, depuis l'espale, jusqu'à la conille : chacune portant toutes les rames de la chiourme par le moyen d'une grosse corde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2371" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTOILE" />
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    <head>APOSTOILE</head>
    <p>
    APOSTOILE , s. m. C'est ainsi qu'on appelloit anciennement le Pape. On trouve ce mot dans Pasquier, Hugues de Bercy, la Bible de Guyot, Villehardouin, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2372" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTOLAT" />
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    <head>APOSTOLAT</head>
    <p>
    APOSTOLAT . Dignité ou ministère d'Apôtre. <i>Apostoli munus, Apostolica dignitas, Apostolatus.</i> Saint Matthias vint par la voie du sort à l'<i>Apostolat.</i> Nous avons reçu par notre Seigneur Jesus-Christ la grace de l'<i>Apostolat</i> que nous exerçons en son nom. Port-R. Anciennement l'Episcopat en général étoit appellé <i>Apostolat</i> ; c'étoit le titre honoraire. On le trouve encore attribué aux Evêques dans le sixième &amp; le septième siècles. Depuis plusieurs siècles on ne le donne plus qu'au souverain Pontife.</p><p>Autrefois on disoit <i>apostolité</i> pour <i>apostolat.</i> Philippe Mouskes, dans son <i>Histoire manuscrite de France</i> dit :</p><p>Voyez Du Cange.</p><p>On appelle <i>Apostolat</i> la charge ou commission des Apôtres de la Synagogue, dont nous allons parler tout à l'heure. Julien, dans sa lettre 25. au peuple Juif, &amp; S. Epiphane, dans l'hérésie 30. qui est celle des Ebionites, la nomment ainsi. Cet <i>Apostolat</i> (car on l'appelloit ainsi) &amp; cette commission d'aller lever l'argent dans une Province, s'accordoit comme une récompense &amp; une grace par le Patriarche. Elle donnoit le pouvoir de régler tout ce qui regardoit la discipline, &amp; de déposer les Ministres inférieurs, c'est-à-dire, selon S. Epiphane, les Chefs de la Synagogue ; <i>il falloit dire,</i> des Synagogues, les Prêtres, les Anciens, &amp; les Azanites. Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2373" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTOLE" />
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    <head>APOSTOLE</head>
    <p>
    APOSTOLE , s. f. Levée que les Patriarches Juifs faisoient dans les Provinces par le ministère de ceux qu'ils nommoient Apôtres, &amp; dont nous parlerons tout à l'heure. <i>Apostole.</i> Julien l'Apostat, dans son Ep. aux Juifs, leur remet l'<i>Apostole</i> ; c'est-à-dire, comme il l'explique lui-même, l'envoi du tribut qu'ils lui payoient. <i>Missio tributi, quae dicitur Apostole.</i></p><p>Ce mot est Grec, , <i>Missio,</i> envoi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2374" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTOLE" />
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    <head>APOSTOLE</head>
    <p>
    APOSTOLE , s. m. Est aussi un vieux mot qu'on a dit autrefois pour Apôtre. <i>Apostolus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:APÔTRE">APÔTRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2375" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTOLIN" />
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    <head>APOSTOLIN</head>
    <p>
    APOSTOLIN , s. m. <i>Apostolinus.</i> Nom de Religieux. L'Ordre des <i>Apostolins</i> commença au XIVe siècle à Milan en Italie. Ils prirent ce nom, parce qu'ils faisoient profession d'imiter la vie des Apôtres, ou la vie Apostolique des premiers fidèles. Papebrock. <i>Act. Sanct. Jun. T. I. p.</i> 556. On les appelle aussi Apôtres ; <i>Apostoli,</i> la-même <i>T. II. p.</i> 1051.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2376" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTOLIQUE" />
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    <head>APOSTOLIQUE</head>
    <p>
    APOSTOLIQUE , adj. m. &amp; f. Qui vient des Apôtres. <i>Apostolicus.</i> L'Eglise Catholique, <i>Apostolique</i> &amp; Romaine. La Doctrine, la Foi <i>Apostolique.</i> Les Missions <i>Apostoliques.</i></p><p>On le dit aussi de tout ce qui se fait ou se dit à la manière des Apôtres. Une vie, une maxime, un discours <i>Apostolique.</i> Il prêche à l'<i>Apostolique,</i> c'est-à-dire, simplement sans fard, sans ostentation, &amp; par un motif de dévotion. En cette phrase il est adverbe, &amp; signifie, <i>Apostoliquement.</i></p><p>Dans la primitive Eglise on nomma <i>Apostoliques,</i> &amp; les Eglises qui avoient été fondées par les Apôtres, &amp; les Evêques de ces Eglises, parce qu'ils étoient successeurs des Apôtres. Cela se bornoit à quatre, qui sont Rome, Alexandrie, Antioche &amp; Jérusalem ; parce qu'il n'y avoit que ces quatre Eglises qui eussent eu des Apôtres pour Evêques. Dans la suite les autres Eglises prirent aussi le titre d'<i>Apostoliques,</i> mais seulement à cause de la conformité de leur doctrine avec celle des Eglises qui étoient <i>Apostoliques</i> par leur fondation, &amp; parce que tous les Evêques se disoient successeurs des Apôtres. La première fois qu'on trouve ce titre donné à tous les Evêques, c'est dans la lettre de Clovis au Concile d'Orléans tenu en 511. selon le P. Sirmond. Le Roi donne aux Evêques non pas le titre d'<i>Apostoliques,</i> mais de très-dignes du Siége <i>Apostolique, Apostolicà Sede dignissimi.</i> Le Roi Gontram appelle aussi en 581. les Evêques du Concile de Macon Pontifes <i>Apostoliques, Apostolici Pontifices.</i> Les Formules de Marculphe écrites l'an 660. comme l'a montré le savant M. Bignon dans la première de ses notes sur ces formules ; ces formules, dis-je, sont pleines de ce titre. On le trouve encore dans Grégoire de Tours, Liv. IX. Ch. 41. &amp; 49. dans Sidonius Apollinaris L. VI. Ep. 1. Après tout, ces exemples ne regardent que les Gaules, <pb n="279" facs="bpt6k8542165/f319/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; souvent ce terme, dans les Formules de Marculphe, &amp; dans Grégoire de Tours, ne se dit pas seul &amp; absolument, quand il se dit des Evêques ; souvent il est joint à d'autres termes, &amp; semble tomber sur la personne plutôt que sur la dignité. <i>Viris Apostolicis. Ille Rex viro Apostolico illi Episcopo. Apostolica sede dignissimis, Sanctis &amp; Apostolica sede dignissiniis, Sanctus &amp; apostolicus Remedius Pontifex ejusdem urbis.</i> Dans Grég. de Tours, <i>Epirom. C.</i> 16. Aussi le P. Ruinart, Benedictin, dans sa note sur cet Auteur, Liv. IV. p. 166. not. 1. remarque que quoique les Siéges Episcopaux s'appellassent <i>Apostoliques,</i> &amp; qu'on donnât en ce temps-là le titre d'<i>Apostolique</i> à tous les Evêques ; cependant lorsqu'on donnoit ce titre absolument, &amp; sans ajoûter le nom de l'Evêque, ou de son Siége, il s'entendoit principalement du Siége de l'Evêque de Rome. En effet, c'est ainsi qu'en use Grégoire de Tours, L. II. Ch. I. <i>Hist. Franc.</i> &amp; Liv. I. Ch. 39. <i>De glor. Mart.</i> Et M. Bignon dit qu'après tout les Conciles &amp; les Pères crient par-tout d'un consentement unanime que le Siége de Rome est appellé <i>Apostolique</i> d'une manière particulière. Voyez ses notes sur les Form. de Marculphe p. 251. de l'édit <i>in</i> 4°. à Paris 1666. &amp; Savaro sur l'épit. I. du sixième Liv. de Sidon. Apol. p. 363. Balsamon en convient dans sa préface sur le Concile de Carthage. Au reste, l'usage de donner ce titre aux Evêques, ne passa pas le septième siècle. Dans les siècles suivans, cette qualité fut restreinte au Pape seul ; &amp; les trois Patriarchats d'Alexandrie, d'Antioche, &amp; de Jérusalem, étant tombés sous la puissance des Infidèles, ce titre demeura seul au Siége de Rome. C'est pourquoi on ne le donne aujourd'hui absolument qu'à l'Evêque de Rome, suivant la décision du Concile de Reims en l'an 1049. S. Grégoire le Grand avoit prétendu de son temps, que ce titre, qui étoit commun à tous les Evèques, appartenoit specialement au successeur de Saint Pierre. C'est pourquoi dans le même Concile de Reims, un Evêque d'Espagne qui l'avoit pris, fut excommunié pour s'être arrogé cette prérogative reservée au Pape. Ainsi on dit le Siége <i>Apostolique</i> ; le Nonce <i>Apostolique</i> ; un Notaire <i>Apostolique</i> ; un Bref <i>Apostolique</i> ; la Chambre, la Chancelerie <i>Apostolique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2376" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOSTOLIQUE" />
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    <head>APOSTOLIQUE</head>
    <p>
    Apostolique , s. m. &amp; f. <i>Apostolicus.</i> Nom de secte d'hérétiques. Il y a eu deux sortes d'hérétiques qui ont eu ce nom. Les premiers <i>Apostoliques,</i> nommés autrement <i>Apotactiques</i> sortirent de la secte des Encratites &amp; des Cathares. Ils faisoient profession de ne se point marier, de s'abstenir de vin, de viande, de renoncer aux richesses, &amp; d'imiter en cela les Apôtres. C'est pourquoi ils s'appellèrent <i>Apostoliques,</i> par un esprit d'orgueil, dit S. Augustin her. 40. Ils parurent vers l'an 260. d'autres disent en 145. mais ils entendent apparemment parler de leurs Pères, les Encratites ; car les <i>Apostoliques</i> ne firent bande à part que vers le milieu du troisième siècle. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiphane her. 61. Aug. her. 40. &amp; Baron. à l'an 260. Ils s'appellèrent aussi Cathares &amp; Apotactiques. Voyez ces mots.</p><p>Les autres hérétiques nommés <i>Apostoliques,</i> parce qu'ils s'imaginoient vivre à l'<i>Apostolique,</i> sont du douzième siècle. Ils blâmoient le mariage, &amp; menoient avec eux des femmes de mauvaise vie. Ils condamnoient le baptême des enfans, la créance du Purgatoire, la prière pour les morts &amp; l'invocation des Saints, &amp; suivoient en bien de choses les extravagances des Manichéens. S. Bernard écrivit contre eux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2377" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTOLIQUEMENT" />
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    <head>APOSTOLIQUEMENT</head>
    <p>
    APOSTOLIQUEMENT , adv. A la manière des Apôtres, saintement, avec simplicité. <i>Apostolorum in morem.</i> Ce Prélat vit sans faste, &amp; <i>Apostoliquement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2378" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="APOSTOLORUM" />
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    <head>APOSTOLORUM</head>
    <p>
    APOSTOLORUM , s. m. <i>Unguentum Apostolorum.</i> Terme de Pharmacie . Sorte d'onguent mondificatif, qui est composé de douze drogues, en pareil nombre que celui des Apôtres : ce qui lui a donné ce nom. Il a été inventé par Avicenne. On l'appelle aussi, <i>Onguent de Vénus,</i> à cause qu'il est de couleur verte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2379" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTRE" />
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    <head>APOSTRE</head>
    <p>
    APOSTRE . Voyez <ref type="search" target="head:APÔTRE">APÔTRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2380" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="APOSTROPHE" />
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    <head>APOSTROPHE</head>
    <p>
    APOSTROPHE , s. f. Terme de Grammaire . C'est une virgule qu'on met au-dessus d'une lettre au lieu de quelque voyelle, pour montrer qu'il ne la faut pas prononcer, &amp; qu'on l'a retranchée ; ce qui arrive particulièrement à l'<i>e</i> feminin en notre langue. <i>Apostrophus, elisae vocalis nota.</i> Par exemple, <i>qu'on</i> dit, au lieu de, <i>que on</i> dit ; &amp; an mot, <i>si,</i> s'il est vrai.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>aversio,</i> formé de , <i>ab,</i> &amp; , <i>verto.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2380" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOSTROPHE" />
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    <head>APOSTROPHE</head>
    <p>
    Apostrophe , est aussi une figure de Rhétorique, par laquelle l'Orateur adresse la parole à ses auditeurs, ou à sa partie même, à d'illustres morts, ou même à des choses inanimées, comme à des tombeaux, &amp; antres monumens. <i>Apostropha, conversio.</i> Le Prédicateur a fait une <i>apostrophe</i> fort belle &amp; fort touchante. L'<i>apostrophe</i> que Cicéron adressa à Tubéron dans l'oraison qu'il a faite pour Ligarius, est un des plus beaux endroits de cette pièce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2381" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTROPHER" />
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    <head>APOSTROPHER</head>
    <p>
    APOSTROPHER , v. act. Adresser la parole à quelque personne dans un discours, ou dans un écrit. <i>Compellare, alloqui aliquem.</i> L'endroit où Démosthène <i>apostrophe</i> les morts à la journée de Marathon lui a fait autant d'honneur que s'il avoit ressuscité les morts qu'il avoit <i>apostrophés.</i> Perr.</p><p>Apostropher, se prend aussi pour, Appeller, qualifier. Cet homme se plaît merveilleusement à <i>apostropher</i> les gens.</p><p>&#9758; Apostropher, se dit aussi en plaisantant, lorsqu'on veut parler des coups que l'on donne ou que l'on reçoit. <i>Apostropher</i> quelqu'un d'un soufflet, c'est-à-dire, lui donner un soufflet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2381" id="2" type="grammaire">
   <index type="head" value="APOSTROPHER" />
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    <head>APOSTROPHER</head>
    <p>
    Apostropher , en termes de Grammaire , signifie, omettre ou retrancher une voyelle, ne la pas prononcer. <i>Vocalem elidere.</i> L'<i>e</i> féminin est la lettre qu'on <i>apostrophe</i> le plus ordinairement en François, comme on voit dans les exemples ci-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2382" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTUME" />
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    <head>APOSTUME</head>
    <p>
    APOSTUME , s. f. Les Médecins disent <i>Aposthème.</i> C'est une tumeur contre nature, qui vient à quelque partie du corps, causée par quelque humeur corrompue qui aboutit souvent à une suppuration. <i>Apostema, suppuratum.</i> L'<i>apostume</i> procède d'une humeur cantonnée en quelque endroit du corps, &amp; hors de son lieu naturel. Il vint à Rodriguez une grosse <i>apostume</i> au côté gauche près du coeur. Bouh. On l'appelle autrement abcès, &amp; ce mot est plus usité.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui est dérivé du verbe , qui signifie <i>abscedere,</i> c'est-à-dire, se départir d'un lieu pour se ranger, &amp; se cantonner en un autre. Les Arabes s'en sont servis en la même signification.</p><p>On dit figurément &amp; proverbialement, il faut que l'<i>apostume</i> crève ; pour dire ; qu'une colère, ou quelqu'autre passion cachée, quelque conjuration, ou affaire secrette, vienne enfin à éclater.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2383" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOSTUMER" />
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    <head>APOSTUMER</head>
    <p>
    APOSTUMER , v. neut. Se former en pus, ou en <i>apostume. Suppurare.</i> Cette veine n'a pas été bien dégorgée, il faut craindre qu'elle n'<i>apostume.</i></p><p>Ce mot commence à vieillir. En sa place, on dit suppurer, ou venir à suppuration.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2384" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOTACTITE" />
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    <head>APOTACTITE</head>
    <p>
    APOTACTITE , s. m. <i>Apotactita.</i> Nom de Secte, qui signifie, <i>Renonçant,</i> du Grec, , ou , <i>je renonce.</i> Les <i>Apotactites</i> étoient des gens qui pour suivre le conseil Evangélique de la pauvreté, &amp; l'exemple des Apôtres &amp; des premiers Fidèles, renonçoient à leurs biens &amp; ne possédoient rien. Il ne paroît pas qu'ils errassent dans les commencemens ; Nile même, dans la passion de S. Théodote Martyr, ch. 2. avoue qu'ils ont eu de Saintes Vierges Martyres dans la persécution de Dioclétien au commencement du IVe siècle ; mais ensuite ils tombèrent dans l'erreur comme les Encratites, ou abstinens, &amp; enseignèrent que ce renoncement aux richesses étoit non-seulement un conseil <pb n="280" facs="bpt6k8542165/f320/full/1200,/0/native.jpg"/>mais encore un précepte, &amp;c. Ainsi la loi 6e du Code Théodosien <i>de haeret.</i> les joint aux Eunomiens &amp; aux Ariens, &amp; leur défend toute sorte d'assemblées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2385" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOTHEOSE" />
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    <head>APOTHEOSE</head>
    <p>
    APOTHEOSE , s. f. Cérémonie Payenne que faisoient les Idolatres pour mettre leurs Empereurs au rang des Dieux ; après quoi ils leur dressoient des temples &amp; des autels. <i>Apotheosis, Consecratio, Relatio in Deos.</i> C'étoit un dogme que Pythagore avoit puisé chez les Chaldéens, que les personnes vertueuses étoient mises après leur mort, au rang des Dieux. Les Payens déïfioient les inventeurs des choses utiles au genre humain, &amp; ceux qui avoient rendu quelque service important à la République. Juvénal, en se moquant des fréquentes <i>apothéoses,</i> plaignoit le pauvre Atlas, qui alloit succomber sous le fardeau de tant de Dieux qu'on plaçoit tous les jours daus le Ciel. Bayl. Sénèque se moque agréablement de l'<i>Apothéose</i> de Claudius. Tibère proposa au Sénat l'<i>Apothéose</i> de Jesus-Christ, comme le rapportent Eusèbe, Tertullien, &amp; S. Chrisostome.</p><p>Ce mot vient de la préposition , &amp; de , <i>Deus.</i></p><p>Hérodien, au commencement du livre 4. de son histoire, parlant de l'<i>Apothéose</i> de Sévère, a fait une description exacte &amp; fort curieuse des cérémonies qui s'observoient dans les <i>Apothéoses</i> des Empereurs. Voici ce qu'il en dit : Après que le corps du défunt a été brûlé avec les solemnités ordinaires, on met dans le Vestibule du Palais, sur un grand lit d'yvoire couvert de drap d'or, une image de cire qui le représente parfaitement, ayant néanmoins un visage de malade. Pendant presque tout le jour le Sénat se tient rangé &amp; assis au côté gauche du lit avec des robes de deuil. Les Dames de la première qualité sont au côté droit, ayant des robes blanches toutes simples &amp; sans ornement. Cela dure sept jours de suite, pendant lesquels les Médecins s'approchant de temps en temps du lit pour considérer ce malade, trouvent toujours qu'il baisse, jusqu'à ce qu'enfin ils publient qu'il est mort. Alors de jeunes Chevaliers Romains &amp; de jeunes Seigneurs du premier rang chargent sur leurs épaules ce lit de parade, &amp; passant par la rue sacrée ils le portent au vieux marché, où les Magistrats ont coutume de se démettre de leurs charges. Et là il est placé entre deux espèces d'amphithéatres, en l'un desquels sont de jeunes Gentils-hommes, &amp; en l'autre de jeunes Dames des meilleures maisons de Rome, chantant des Hymnes en l'honneur du mort composées sur des airs lugubres. Ces Hymnes étant achevées, on porte le lit hors de la ville au champ de Mars. Au milieu de cette place est dressée une forme de pavillon quarré qui est tout de bois : le dedans est rempli de matières combustibles, &amp; au-dehors il est revêtu de drap d'or, &amp; orné de figures d'yvoire &amp; de diverses peintures. Et au-dessus de cet édifice il y en a plusieurs autres élevés, qui sont semblables au premier, tant pour la forme que pour la décoration, si ce n'est qu'ils sont plus petits &amp; qu'ils vont toujours en diminuant. On place le lit de parade dans le second de ces édifices qui a les portes ouvertes, &amp; on jette tout à l'entour une grande quantité d'aromates, de parfums, de fruits &amp; d'herbes odoriférantes. Après quoi les Chevaliers font autour du Catafalque une certaine Cavalcade à pas mesurés. Plusieurs chariots tournent aussi à l'entour. Ceux qui les conduisent sont revêtus de robes de pourpre, &amp; portent des représentations ou images des plus grands Capitaines Romains, &amp; des plus illustres Empereurs. Cette cérémonie étant achevée, le nouvel Empereur s'approche du Catafalque avec une torche à la main, &amp; en même temps on y met le feu de tous côtés, en sorte que les aromates &amp; les autres matières combustibles prennent tout d'un coup ; on lâche aussi-tôt du faîte de cet édifice un Aigle, qui s'envolant dans l'air avec la flamme, va porter au ciel l'ame de l'Empereur, comme les Romains le croient. Et dès-lors il est mis au nombre des Dieux. C'est de-là que les médailles qui représentent des <i>Apothéoses</i> ont le plus souvent un Autel, sur lequel il y a du feu, ou bien un Aigle qui prend son essor pour s'élèver en l'air ; quelquefois il y a deux Aigles. Le mot est toujours Consecratio. Quelquefois l'Empereur est assis sur l'Aigle, qui l'enlève dans le Ciel. Donat <i>de Urbe Roma</i> III. 4. décrit une pierre antique qui représente l'<i>Apothéose</i> de Tite. Il y a dans le Thrésor de la Sainte Chapelle de Paris une très-belle agathe Orientale d'une grandeur extraordinaire, qui représente l'<i>Apothéose</i> d'Auguste, selon quelques-uns, &amp; selon d'autres de Commode. Voyez <ref type="search" target="head:CONSECRATION">CONSECRATION</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2386" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOTHEOSER" />
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    <head>APOTHEOSER</head>
    <p>
    &#9758; APOTHEOSER , v. a. Déïfier, mettre au nombre des Dieux. Ce mot est nouveau. Toutes les parties de notre terre, de même que ses diverses productions ont été <i>apothéosées,</i> chacune en leur particulier. Merc. <i>Mars</i> 1735.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2387" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOTHICAIRE" />
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    <head>APOTHICAIRE</head>
    <p>
    APOTHICAIRE , ou comme quelques-uns écrivent, Apothiquaire, souvent on ôte l'<i>h,</i> &amp; l'on écrit Apoticaire, ou Apotiquaire. Apothicaire est le mieux. s. m. Qui exerce cette partie de la Médecine qui consiste en la préparation des remèdes. <i>Medicamentarius ; Pharinacopola.</i> A Paris les <i>Apothicaires</i> prennent aussi la qualité de Marchands Epiciers &amp; Droguistes. De Rochefort définit les <i>Apothicaires,</i> les Cuisiniers des Médecins. Nicolas Langius a fait un grand volume contre les <i>Apothicaires,</i> sur le peu de connoissance qu'ils ont des simples ; sur la facilité qu'ils ont à se laisser tromper aux Marchands étrangers, qui leur fournissent des drogues sophistiquées ; sur ce qu'ils donnent une drogue pour une autre, une vieille qui a perdu ses forces, pour une nouvellement venue du Levant. Deroch. Les Lectures &amp; Maîtrises des <i>Apothicaires.</i> Les Jurés &amp; Gardes des <i>Apothicaires,</i> les compositions des <i>Apothicaires</i> ; les Jurés &amp; Gardes des <i>Apothicaires</i> ; Maître <i>Apothicaire</i> ; les métiers &amp; états d'<i>Apothicaires,</i> &amp; Epiciers. Tous ces termes sont pris des règlemens faits pour les <i>Apothicaires.</i> A Paris le Corps des Maîtres <i>Apothicaires</i> est joint à celui des Epiciers &amp; Droguistes, &amp; on recevoit autrefois parmi les <i>Apothicaires</i> des Epiciers qui faisoient l'une &amp; l'autre profession ; mais à présent il faut être ou tout un, ou tout autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2387" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOTHICAIRE" />
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    <head>APOTHICAIRE</head>
    <p>
    Apothicaire <i>charitable.</i> C'est celui qui donne ses remèdes par charité. C'est aussi un Livre qui traite des remèdes, &amp; qui a été fait particulièrement en vûe des pauvres.</p><p>Au reste, il ne faut se servir de ces sortes de Livres qu'avec précaution : comme le commun du peuple n'est pas en état de connoître les maladies auxquelles ces remèdes conviennent, il pourroit n'en pas faire une juste application.</p><p><i>Aspirant Apothicaire,</i> C'est celui qui veut être <i>Apothicaire,</i> &amp; se faire apprentif. Avant que les <i>Aspirans Apothicaires</i> puissent être obligés chez aucun Maître de cet Art, pour apprentifs, ils doivent être, selon les statuts, amenés &amp; présentés au bureau par-devant les Gardes, pour connoître s'ils ont étudié en Grammaire, &amp; s'ils sont capables d'apprendre la Pharmacie. Après qu'il aura achevé ses quatre ans d'apprentissage, &amp; servi les Maîtres pendant six ans, il doit en rapporter le brevet &amp; les certificats. Il sera présenté au bureau par un Conducteur, &amp; subira un examen pendant trois heures, par les Gardes, &amp; neuf autres Maîtres que les Gardes auront choisis &amp; nommés. Il subit encore un second examen, appellé l'Acte des herbes, &amp; ensuite les Gardes lui donnent à faire un chef-d'oeuvre de cinq compositions. Voyez dans le <i>Traité de la Police</i> de M. de la Mare Liv. IV. Tit. X. les règlemens pour les <i>Apothicaires,</i> &amp; l'Apothicairerie.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>boutique.</i> On trouve <i>Boticario</i> dans les Loix Palatines de Jacques II. Roi de Majorque publiées en 1344. Bartolin se plaint qu'il y a trop d'<i>Apothicaires</i> en Dannemarc ; quoiqu'il n'y en ait que trois à Copenhague, &amp; quatre seulement en tout le reste du Royaume, encore faut-il qu'ils fassent quelque autre trafic pour vivre : ce qui montre qu'on se pourroit bien passer d'<i>Apothicaires.</i> On en a compté 1300. dans Londres. Il y a dans des Etats de la maison du Roi un <i>Apothicaire distillateur</i> distingué des <i>Apothicaires.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2387" id="3" type="">
   <index type="head" value="APOTHICAIRE" />
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    <head>APOTHICAIRE</head>
    <p>
    Apothicaire , se dit proverbialement en ces phrases : Des parties d'<i>Apothicaire,</i> sont des mémoires de frais, ou de fournitures, dont il faut retrancher la moitié pour les payer raisonnablement. On appelle aussi un <i>Apothicaire</i> sans sucre, un pauvre <i>Apothicaire</i> dont la boutique est mal fournie ; &amp; figurément tout autre homme ou Marchand qui n'a pas les choses nécessaires pour exercer sa profession, ou pour garnir sa boutique. <i>Apothicaire</i> sans sucre se dit peut-être, à cause que les <i>Apothicaires</i> emploient du sucre dans plusieurs de leurs compositions, &amp; que s'ils manquent de sucre, ils n'auront pas les autres ingrédiens qui sont nécessaires dans ces compositions. On dit aussi d'un homme qui prend trop de remèdes, que c'est une boutique d'<i>Ap</i>othi<i>caire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2388" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOTHICAIRERIE" />
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    <head>APOTHICAIRERIE</head>
    <p>
    APOTHICAIRERIE , s. f. C'est la boutique où se préparent, se gardent, &amp; se vendent les remèdes. <i>Pharmacopolium.</i> C'est aussi l'art de les bien préparer. <i>Ars pharmacopaea.</i> Les Gardes de l'<i>Apothicairerie</i> &amp; Epicerie ; les Maîtres Gardes &amp; Jurés en métier d'<i>Apothicairerie</i> : le fait &amp; état d'<i>Apothicairerie</i> est de plus grande conséquence que tous les autres états quels qu'ils soient ; l'art d'<i>Apothicairerie,</i> les marchandises d'<i>Apothicairerie</i> &amp; Epicerie, toutes ces phrases sont tirées des règlemens faits pour les Apothicaires &amp; <i>l'Apothicairerie.</i> Ces règlemens au reste écrivent toujours <i>Apothiquaire</i> &amp; <i>Apothiquairerie,</i> au moins dans le <i>Traité de la Police</i> de M. de la Mare. Il y a dans les Communautés des lieux destinés pour l'<i>Apothicairerie.</i> L'<i>Apothicairerie</i> de Dresde est fameuse. On dit qu'il y a 14000. boëtes d'argent toutes pleines de drogues &amp; de remèdes fort renommés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2389" id="1" type="">
   <index type="head" value="APOTHICAIRESSE" />
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    <head>APOTHICAIRESSE</head>
    <p>
    APOTHICAIRESSE , s. f. Religieuse qui a soin de l'Apothicairerie de son Couvent, qui prépare les remèdes pour les malades, &amp; qui consulte les Médecins en leur faveur. <i>Medicamentaria.</i> C'est la Mère une telle qui est <i>Apothicairesse</i> de son Couvent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2389" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOTHICAIRESSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>APOTHICAIRESSE</head>
    <p>
    Apothicaresse , ou Apothicairesse, s. f. C'est la femme d'un Apothicaire. <i>Pharmacopolae uxor.</i> Il est bas en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2390" id="1" type="algebre">
   <index type="head" value="APOTOME" />
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    <head>APOTOME</head>
    <p>
    APOTOME , s. m. Terme d'Algèbre . C'est la différence des nombres incommensurables dont on fait les additions, pout faire les binomes, trinomes, &amp;c. <i>Apotome.</i> Voyez Euclide, Liv. X. des Elemens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2390" id="2" type="">
   <index type="head" value="APOTOME" />
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    <head>APOTOME</head>
    <p>
    Apotome , en termes de Musique , est la partie qui reste d'un ton entier, quand on en a ôté le demi-ton majeur. <i>Apotomia, discissio.</i> La proportion en nombre de l'<i>apotome</i> est de 2048. à 2187. Les Grecs ont crû que le ton majeur ne pouvoit être divisé en deux parties égales, &amp; ils ont appellé la première partie , &amp; l'autre , suivant Pythagore &amp; Platon. Les Anciens ont appellé <i>apotome</i> le demi-ton imparfait. Quelques-uns divisent encore l'<i>apotome</i> en majeur &amp; en mineur.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>abscindo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2391" id="1" type="">
   <index type="head" value="APÔTRE" />
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    <head>APÔTRE</head>
    <p>
    APÔTRE , s. m. Envoyé, Disciple de Jesus-Christ, qui a eu mission pour prêcher son Evangile par tout le monde, &amp; pour le porter à toutes les nations de la terre. <i>Apostolus.</i> Le Symbole des <i>Apôtres.</i> Saint Pierre est le premier des douze <i>Apôtres.</i> S. Paul est appellé par excellence l'<i>Apôtre</i> des Gentils, parce que c'est celui qui a fait le plus de conversions parmi eux, son ministère leur ayant été particulièrement destiné, comme celui de l'<i>Apôtre</i> saint Pierre aux Juifs. On donne quelque marque distinctive à tous les <i>Apôtres.</i> A S. Pierre des Clefs ; à S. Paul une Epée ; à S. André une Croix en sautoir ; à S. Jacques le Mineur un bâton de foulon ; à S. Jean un Calice, d'où s'envole un serpent ailé ; à S. Barthelemi un couteau ; à S. Philippe un long bâton, dont le bout d'en haut à la forme de croix ; à S. Thomas une lance ; à S. Matthieu une hache ; à S. Matthias une coignée ; à S. Jacques le Majeur un bourdon &amp; une callebace ; à S. Simon une scie ; à S. Thadée une massue.</p><p>Le mot d'<i>Apôtre</i> dans son origine ne signifie autre chose que <i>délégué,</i> ou <i>envoyé</i> ; on le trouve dans Hérodote en ce sens, qui est le sens naturel de ce mot. Il est appliqué dans le Nouveau Testament à diverses sortes d'Envoyés, premièrement aux douze disciples de Jesus-Christ qui sont appellés <i>Apôtres</i> par excellence. C'est en ce sens-là que quelques faux Prédicateurs de l'Evangile contestèrent à S. Paul sa qualité d'<i>Apôtre,</i> parce qu'il n'y avoit que ceux qui avoient été témoins des actions de Jesus-Christ qui pussent prendre cette qualité. Pour répondre à ces faux Docteurs qui avoient séduit les Eglises de Galatie, il commença par ces mots la lettre qu'il leur écrivit : <i>Paul Apôtre, non de la part des hommes, ni par aucun homme ; mais par</i> Jesus-Christ <i>&amp; Dieu son Pere.</i> Il voulut leur faire connoître que sa mission venoit immédiatement de Dieu, &amp; qu'il étoit par conséquent véritablement <i>Apôtre.</i></p><p>En second lieu le nom d'<i>Apôtre</i> se prend pour des simples Envoyés des Eglises ; comme quand S. Paul dit au Ch. 16. de son Epître aux Rom. v. 7. <i>Saluez Andronicus &amp; Junia mes parens, &amp; qui ont été avec moi, lesquels ont un grand nom parmi les Apôtres.</i></p><p>En troisième lieu on donnoit le nom d'<i>Apôtres</i> à ceux que les Eglises envoyoient porter des aumônes aux Fidèles des autres Eglises : ce qui avoit été pris des usages des Synagogues, qui appelloient <i>Apôtres</i> ces Envoyés. C'est en ce sens-là que S. Paul écrivant aux Philippiens, dit au Chap. second de sa lettre, qu'Epaphrodite leur a servi d'<i>Apôtre</i> &amp; de Ministre pour l'assister dans ses besoins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2391" id="2" type="">
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    <head>APÔTRE</head>
    <p>
    Apôtre , est aussi celui qui a le premier planté la Foi en quelque endroit. S. Denys de Corinthe est l'<i>Apôtre</i> de la France. S. François Xavier est l'<i>Apôtre</i> des Indes.</p><p>On donna encore au commencement de l'Eglise le nom d'<i>Apôtre</i> à d'autres que les douze que Jesus-Christ choisit. Ainsi S. Paul, <i>Rom. XVI.</i> ch. 7. dit qu'Andronicus &amp; Junie sont considérables entre les <i>Apôtres.</i> Quelques-uns croient qu'on appelloit ainsi ceux qui avoient annoncé l'Evangile les premiers en quelque lieu.</p><p>Le Pape a été appellé <i>Apôtre,</i> &amp; par nos anciens Ecrivains François <i>Apostole.</i> Voyez sur cela Sidonius Apollin. Liv. VI. ép. 4. &amp; 7. &amp; la Note de Savaro. Depuis il a été donné au Pape seul, ensorte que nos Ecrivains François l'appelloient <i>Apostole,</i> comme l'a remarqué M. Bignon, dans ses Notes sur les Formules de Marculphe pag. 251. édit. de Paris <i>in</i>-4°. 1666.</p><p>S. Paul est aussi appellé simplement &amp; absolument l'<i>Apôtre.</i> Les Prédicateurs sur-tout en usent souvent ainsi. Je sai que l'<i>Apôtre</i> &amp; les Saints ont gémi devant Dieu, de trouver dans eux l'ennemi le plus dangereux de leur salut. Chemin. Voilà un excellent moyen de se conserver en grace, &amp; si je l'ose dire, de s'y confirmer ; aspirer toujours à un nouveau degré de charité, selon le conseil de l'<i>Apôtre.</i> Id. Ce que l'<i>Apôtre</i> nous dit, nous confirme ce que les Pères nous disoient. Peliss. Loin de cette chaire cet art, qui loue vainement les hommes par les actions de leurs ancêtres, &amp; qui s'arrête à des généalogies sans fin, comme parle l'<i>Apôtre,</i> plus propres à satisfaire une vaine curiosité, qu'a édifier une foi solide. Flech. Avoir déja la mort à ses côtés, mourir comme l'<i>Apôtre,</i> à chaque moment, &amp; ne s'empresser pas d'arriver à la sainteté par la voie courte &amp; abrégée d'une vie fervente, il n'y a ou qu'une stupidité grossière, ou qu'une infidélité au moins commencée, qui puisse aller jusques-là. Bourdal. Quelquefois on dit, Le <i>grand Apôtre</i> ; &amp; cette réponse, pour appliquer ici la parole du <i>grand Apôtre,</i> c'est la réponse de la mort. Bourdal. Cette expression au reste est très-ancienne, &amp; ne nous est pas particulière. Nous l'avons prise des Pères Grecs &amp; Latins qui en usent très-souvent. C'est aussi en ce sens qu'on appelloit à Constantinople <i>le Docteur de l'Apôtre</i> une des dignités de l'Eglise de cette ville, dont la charge, ou la fonction, étoit d'expliquer au peuple les Epîtres de Saint Paul.</p><p>On appelle aussi en termes de liturgie , &amp; même dans l'usage ordinaire, les Epîtres de S. Paul du nom d'<i>Apôtre.</i> S. Grégoire, dans son Sacramentaire dit, <i>deinde sequitur Apostolus,</i> puis suit l'<i>Apôtre,</i> c'est-à-dire, l'Epitre qui est tirée des Epîtres de S. Paul. Lire l'<i>Apôtre,</i> c'est lire les Epîtres de S. Paul. Ce nom, chez les Grecs signifie aussi dans le même sens, &amp; en termes de liturgie , un livre d'Eglise qui contient les Epîtres de l'<i>Apôtre,</i> c'est-à-dire, de S. Paul, selon l'ordre qu'ils les lisent dans leurs Eglises pendant le cours de l'année. Ils en ont un qui contient les Evangiles, qu'il appellent , <i>Evangile.</i> Celui dont nous parlons apparemment ne contenoit d'abord que les Epîtres de S. Paul, &amp; pour cela fut nommé l'<i>Apôtre.</i> Depuis long-temps il renferme aussi les Actes des <i>Apôtres,</i> les Epîtres Canoniques, &amp; l'Apocalypse. Il est aussi nommé <i>Actes des Apôtres,</i> , parce que c'est le premier livre qui s'y trouve.</p><p>Le nom d'<i>Apôtre</i> a été aussi en usage dans l'Eglise Latine au même sens, &amp; il se trouve dans S. Grégoire, comme on l'a dit, dans Hincmar, &amp; dans Isidore. L'on avoit aussi des Livres anciens, qui contenoient les Evangiles, ou les Epîtres, selon l'ordre qu'on les lisoit à la Messe pendant l'année. Il y en a un fort beau &amp; fort ancien à l'Abbaye de Chelles, qui contient tous les Evangiles de l'année selon la Vulgate.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APÔTRE</head>
    <p>
    Apôtres , Chez les Juifs, étoient anciennement certains Officiers qu'ils envoyoient dans les Provinces, pour veiller à l'observation de la loi, pour lever l'argent qu'on donnoit, soit pour les réparations du Temple, soit pour payer le tribut aux Empereurs, comme il paroît par la lettre de l'Empereur Julien aux Juifs, citée au mot Apostole. <pb n="282" facs="bpt6k8542165/f322/full/1200,/0/native.jpg"/>Le Code Théodosien Liv. XIV. <i>De Judaeis,</i> les appelle <i>Apostoli, qui ad exigendum aurum atque argentum à Patriarcha certe tempore diriguntur.</i> Voyez aussi la loi 18. <i>Ibid.</i> Les Juifs les nommoient <i>Schelihhin,</i> c'est-à-dire, <i>Envoyés.</i> Ils étoient inférieurs aux Officiers de la Synagogue nommés Patriarches, qui les envoyoient comme des Commissaires dans toute l'étendue de leur district, &amp; ils avoient jurisdiction de Légats ou d'Envoyés. Quelques Auteurs ont remarqué que S. Paul l'avoit été, &amp; que c'est à cela qu'il fait allusion au commencement de son Epître aux Galates, comme s'il eût dit : Paul, non plus <i>Apôtre</i> de la Synagogue, &amp; envoyé par elle pour maintenir &amp; avancer la loi Mosaïque ; mais maintenant Apôtre &amp; Envoyé de Jesus-Christ &amp;c. S. Jérôme, sans dire que S. Paul l'ait été, croit au moins qu'il fait allusion à ces <i>Apôtres</i> de la Synagogue. S. Epiphane Hér. 30. parle de ces <i>Apôtres</i> des Juifs, &amp; dit qu'ils étoient en grande vénération. Voyez aussi Baronius à l'an 32. de Jesus-Christ. Honorius défendit aux Juifs ces sortes de levées, &amp; ces <i>Apôtres,</i> par la loi que j'ai citée. Voyez Godefroy sur la même loi. Cet Auteur croit que les noms d'<i>Apôtres</i> &amp; de Patriarches n'ont commencé à être en usage parmi les Juifs qu'après la destruction de Jérusalem. Voyez encore M. de Tillem. <i>Hist. des Empereurs.</i> Tom. I. pag. 673.</p><p>Papias appella <i>Apôtres</i> les Hérétiques nommés communément <i>Apostoliques,</i> dont nous avons parlé. S. Augustin leur donne le même nom, &amp; dit qu'ils faisoient profession de ne rien posséder en ce monde. S. Bernard crie aussi furieusement contre les Hérétîques de son temps, qui se nommoient <i>Apôtres.</i> Voyez <ref type="search" target="head:APOSTOLIQUE">APOSTOLIQUE</ref>.</p><p>Le peuple appelle aussi <i>Apôtres,</i> des Confrères ou Pénitens qui vont les pieds nuds aux Processions du S. Sacrement, &amp; en d'autres solemnités. En Portugal, &amp; aux Indes, à Goa, on appelle les Jésuites <i>Apôtres.</i> Des fruits si visibles &amp; si merveilleux firent regarder les deux Missionnaires (Xavier &amp; Rodriguez) comme des hommes envoyés du ciel, &amp; remplis de l'esprit de Dieu. Aussi tout le monde leur donna-t-il le surnom d'<i>Apôtres,</i> &amp; ce titre glorieux est demeuré à leurs successeurs dans le Portugal. Bouh. <i>Vie de S. Franç. Xav. Liv. I.</i> Dans l'arsenal de Brême, il y a 12. pièces de canon qu'on appelle les douze <i>Apôtres</i> ; supposant que tout le monde doit acquiescer à la prédication de pareils <i>Apôtres.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APÔTRE</head>
    <p>
    Apôtres , chez les Protestans sont de jeunes Ministres, qui ont été reçus par provision, en attendant qu'ils soient appellés au service de quelque Eglise, afin qu'il y en ait toujours de prêts à remplir les places vacantes, &amp; qu'ainsi les Eglises ne demeurent pas sans Pasteurs. Cela se pratique ordinairement à Genève, &amp; en plusieurs endroits de la Suisse.</p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement, qu'un homme est un bon <i>Apôtre</i> ; pour dire, que c'est un bon compagnon, ou qu'il est hypocrite.</p><p>On appelloit autrefois <i>Apôtres,</i> les Lettres dimissoires données à un Appellant par les Juges, <i>à quo,</i> adressées au Juges d'appel, par lesquelles il le certifioit de l'appel interjetté, &amp; il lui en renvoyoit la connoissance, sans quoi il n'étoit pas permis de le poursuivre par l'ancienne rigueur du droit ; ce que l'article 117. de l'Ordonnance de 1539. a aboli. <i>Provocationis indices, &amp; dimissionis testes Litterae.</i> Le délai d'obtenir ces Lettres étoit de 30. jours ; au lieu de quoi on a introduit les désertions. Cette formule de lettres dimissoires, appellées <i>Apôtres,</i> a été plus long-temps en usage dans la Jurisdiction Ecclésiastique. Il y en avoit de cinq sortes. On appelle <i>Apôtres</i> les <i>Dimissoires,</i> lorsqu'ils ont été expédiés par le Juge dont est appel, &amp; qu'il renvoie l'appellant au Juge supérieur : <i>Reverentiaux,</i> lorsqu'ils ont été donnés seulement par révérence pour le supérieur : <i>Réfutatoires,</i> lorsque le Juge <i>à quo</i> ne veut point déférer à l'appel, qui lui paroît frivole, &amp; illusoire : <i>Testimoniaux,</i> lorsqu'en l'absence du Juge l'appel est interjetté devant un Notaire : <i>Conventionnaux,</i> lorsque par le consentement des parties l'appel est dévolu au Juge supérieur. Ce style a été aussi supprimé dans les Cours Ecclésiastiques après l'Ordonnance de 1539. On appelloit encore autrefois <i>Apôtres,</i> les Lettres dimissoires que l'Evêque donnoit à un Laique, ou à un Clerc qui se transportoit dans un autre Diocèse pour y être ordonné. Voyez Cujas, Souchet, le commentaire de M. Bourdin sur l'article 117. de l'Ordonnance de 1539. &amp;c.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie un homme envoyé, du verbe , <i>envoyer</i> ; d'<i>Apostolus,</i> on a dit d'abord <i>Apostole.</i> Le Duc de Bretagne Jean II. dans son Testament, dit, Et requier &amp; pri mon cher Père espirituel l'<i>Apostole</i> de Rome. Geoffroy de Villehardouin a dit l'<i>Apostoille</i> de Romme. Ensuite on a dit <i>Apostle.</i> Henri III. Roi d'Angleterre, dans un Acte de l'an 1266. rapporté par D. Lobineau <i>Hist. de Bret. T. II. p.</i> 409. dit le jur de Jouedy prochein devant la feste S. Barnabé l'<i>Apostle.</i> Puis enfin <i>Apôtre,</i> changeant la lettre <i>l,</i> en <i>r,</i> comme en beaucoup d'autres mots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2392" id="1" type="">
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    <head>APOTROPÉEN, ENNE</head>
    <p>
    APOTROPÉEN, ENNE , adj. <i>Averruncus, malorum depulsor.</i> Celui qui détourne quelque chose de mauvais. Ce nom est Grec, , &amp; vient d', <i>je détourne,</i> composé d', &amp; de , <i>je tourne.</i> C'est une épithète que les anciens Payens donnoient aux Dieux, qui selon leur idée détournoient d'eux les maux qui les menaçoient : on les appelloit aussi . Voyez le P. Kirker Tom. III. pag. 487. sur les Dieux <i>Apotropéens</i> des Egyptiens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2393" id="1" type="">
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    <head>APOUILLE</head>
    <p>
    APOUILLE , s. f. <i>Apulia.</i> On trouve <i>Apolia</i> dans la vie de S. Potit le 13. Janv. Bolland. Tom. I. pag. 757. mais d'autres exemplaires lisent <i>Apulia.</i> Voyez <ref type="search" target="head:POUILLE">POUILLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2394" id="1" type="">
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    <head>APOYOMATLI</head>
    <p>
    APOYOMATLI , s. m. Herbe de la Floride. Ses feuilles sont pareilles à celles des porreaux, un peu plus longues, &amp; plus déliées. Son tuyau est comme celui du jonc. Cette racine a une saveur aromatique. Les Espagnols en font une poudre qu'ils prennent avec du vin pour la gravelle. Elle excite l'urine ; elle appaise les douleurs de poitrine, &amp; guérit les affections de matrice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2395" id="1" type="">
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    <head>APOZÊME</head>
    <p>
    APOZÊME . Voyez <ref type="search" target="head:APOSÊME">APOSÊME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2396" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAISEMENT" />
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    <head>APPAISEMENT</head>
    <p>
    APPAISEMENT , voyez APAISEMENT.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2397" id="1" type="">
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    <head>APPAISER</head>
    <p>
    APPAISER , voyez APAISER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2398" id="1" type="">
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    <head>APPARAT</head>
    <p>
    APPARAT , s. m. Préparation à une action solemnelle, ou une action publique, préméditée, &amp; faite avec éclat. <i>Apparatus. Apparatio.</i> Ce Bachelier a soutenu ses Thèses avec grand <i>apparat</i> &amp; en grande solemnité. Cet Orateur a harangué avec <i>apparat</i> ; il a étalé tout ce qu'il avoit d'éloquence. Cet Avocat a plaidé une cause d'<i>apparat.</i> Il aime une chose d'<i>apparat,</i> d'éclat &amp; de bruit. Ablanc. Tout l'extérieur &amp; tout l'<i>apparat</i> de la gloire qui environne les Conquérans, ne valent pas les douceurs de l'amour. M. Scud. On disoit autrefois <i>apparat,</i> pour signifier, <i>appareil.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2398" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPARAT" />
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    <head>APPARAT</head>
    <p>
    Apparat , se dit aussi de quelques livres disposés en forme de Dictionnaires, ou de Catalogues, qui soulagent beaucoup dans les études. L'<i>apparat</i> sur Cicéron est une espèce de Concordance ou de Recueil de phrases Cicéroniennes. L'<i>apparat</i> sacré de Possevin Jésuite de Mantoue, est un Recueil de toutes sortes d'Auteurs Ecclésiastiques, imprimé en 1611. en trois volumes. On a aussi appellé <i>apparat,</i> la Glose d'Accurse sur le Digeste &amp; le Code. On l'a dit aussi de tout autre Commentaire. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2399" id="1" type="marine">
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    <head>APPARAUX</head>
    <p>
    APPARAUX , s. m. plur. Terme de Marine , qui se dit des agrès d'un vaisseau, &amp; de toutes les choses qu'on prépare pour faire un voyage par mer, même de l'artillerie ; mais on n'y comprend pas l'équipage, ni les vivres, comme on fait dans l'équipement. Un vaisseau après le combat est dégarni de la plupart de ses <i>apparaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2400" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAREIL" />
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    <head>APPAREIL</head>
    <p>
    APPAREIL , s. m. Ce qu'on prépare pour faire une chose plus solemnellement. <i>Apparatus, apparatio, pompa.</i> L'entrée du Roi s'est fait avec beaucoup d'<i>appareil</i> &amp; de magnificence : on travaille à l'équipage, à l'<i>appareil</i> des cérémonies de son Sacre.</p><p>On dit aussi, un grand <i>appareil</i> de guerre. Tout cet <i>appareil</i> étoit contre les Arabes. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2400" id="2" type="chirurgie">
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    <head>APPAREIL</head>
    <p>
    Appareil , en termes de Chirurgie , se dit des linges &amp; des médicamens nécessaires pour panser une plaie. <i>Apparata, comparata ad vulneris curationem medicamenta.</i> Ceux <pb n="283" facs="bpt6k8542165/f323/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'on emploie la première fois, sont appellés premier <i>appareil.</i> Elle fit mettre le premier <i>appareil</i> à sa plaie. Ablanc. On ne sauroit juger de la qualité d'une blessure qu'après avoir levé le premier <i>appareil.</i> Cet homme est mort faute de bon <i>appareil,</i> ou autrement. On appelle aussi en Chirurgie, le grand, le haut &amp; le petit <i>appareil,</i> trois différentes méthodes d'extraire la pierre de la vessie. Le haut <i>appareil,</i> qu'un nommé De Franco a pratiqué le premier, n'est point eu usage. Suivant cette méthode, on fait une incision au-dessus du pénil, &amp; à côté de la ligne blanche, &amp; on ouvre ensuite le fond de la vessie, par où on tire la pierre. Le grand <i>appareil</i> qui a été inventé par Jean de Romanis Médecin de Crémone, environ l'année 1520. se pratique en introduisant une sonde creuse dans la vessie, &amp; faisant ensuite l'incision au périnée, poussant la pointe du bistouri dans la canelure de la sonde. Il a été ainsi appellé, parce qu'il faut plus d'instrumens, que pour les autres méthodes. Le petit <i>appareil,</i> qui a pris son nom de ce qu'il faut peu d'instrumens pour le pratiquer, a été inventé par Celse. On introduit le doigt indice &amp; celui du milieu dans le fondement le plus avant qu'on peut, pour les placer au-delà de la pierre, &amp; pour l'approcher du coude la vessie. Ensuite on fait une incision au périnée par-dessus la pierre, par où on la tire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2400" id="3" type="maconnerie">
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    <head>APPAREIL</head>
    <p>
    Appareil , en termes de Maçonnerie , est la hauteur d'une pierre, ou son épaisseur entre deux lits. <i>Apparatus lapidum.</i> On taille dans les carrières des pierres de grand ou de haut <i>appareil,</i> &amp; d'autres de bas <i>appareil,</i> pour dire, d'une plus grande, ou d'une moindre épaisseur. Toutes les pierres d'un même lit doivent être d'un même <i>appareil. Appareil,</i> est aussi l'art de tracer les pierres &amp; de les placer. Une maison d'un bel <i>appareil,</i> c'est une maison construite avec le soin &amp; la propreté que cet art demande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2400" id="4" type="marine">
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    <head>APPAREIL</head>
    <p>
    Appareil de pompe. Terme de Marine . C'est le piston de la pompe. <i>Embolus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2401" id="1" type="">
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    <head>APPAREILLER</head>
    <p>
    APPAREILLER , v. act. Assortir. Trouver un appareil à quelques choses pour les joindre ensemble. <i>Apparare, instruere.</i> C'est la même chose qu'<i>apparier.</i> On a du mal à <i>appareiller</i> des chevaux, des boeufs, pour les mettre au carrosse, ou sous un même joug. Il faut <i>appareiller</i> ces gants, ces souliers, ces pistolets, ces tableaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2401" id="2" type="bonnetier">
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    <head>APPAREILLER</head>
    <p>
    Appareiller . Terme de Bonnetier . Apprêter. <i>Appareiller</i> des bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2401" id="3" type="marine">
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    <head>APPAREILLER</head>
    <p>
    Appareiller , est aussi un terme de Marine , qui signifie, préparer son vaisseau, bosser ses ancres, tendre les voiles, &amp; mettre les manoeuvres en état de sortir du port &amp; de faire route. <i>Omnia ad navigandum comparare.</i> Voilà un bon vent qui se lève, il faut vîte <i>appareiller. Appareiller</i> signifie aussi, Déployer les voiles, mettre la voile au vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2401" id="4" type="oiselier">
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    <head>APPAREILLER</head>
    <p>
    s'Appareiller . Terme d'Oiselier . <i>Parem sibi adjungere.</i> C'est se joindre avec un pareil à soi. Quand la tourterelle a perdu sa compagne, elle ne s'<i>appareille</i> jamais avec une autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2401" id="5" type="">
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    <head>APPAREILLER</head>
    <p>
    Appareillé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Apparatus.</i> On appelle une pierre <i>appareillée,</i> celle qui est taillée selon la mesure arrêtée, &amp; marquée par l'Appareilleur. Une voile <i>appareillée,</i> qui est déployée, mise hors, prête à recevoir le vent. Ce vaisseau est <i>appareillé</i> à voiles latines, ou à tiers point, &amp; cet autre à trait quarré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2402" id="1" type="">
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    <head>APPAREILLEUR</head>
    <p>
    APPAREILLEUR , s. m. Principal ouvrier qui est dans les attelliers de Maçonnerie, qui prend les mesures des pierres, &amp; les marque à ceux qui les doivent tailler &amp; poser. <i>Apparator.</i> L'avantage d'un Architecte, c'est d'avoir de bons <i>Appareilleurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2402" id="2" type="bonnetier">
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    <head>APPAREILLEUR</head>
    <p>
    Appareilleur . Terme de Bonnétier . Celui qui apprête les bas, les bonnets, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPAREILLEUSE</head>
    <p>
    APPAREILLEUSE , s. f. se dit en mauvaise part, d'une femme qui fait des intrigues &amp; des commerces d'amour, &amp; qui prépare les plaisirs des autres. <i>Mulier amatoriorum commerciorum artifex, lena.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2404" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAREMMENT" />
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    <head>APPAREMMENT</head>
    <p>
    APPAREMMENT , adv. D'une manière apparente &amp; vraisemblable. <i>In speciem. Apparemment</i> nous aurons une bonne année.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2405" id="1" type="">
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    <head>APPARENCE</head>
    <p>
    APPARENCE , s. f. La surface extérieure des choses, ce qui d'abord frappe les yeux. <i>Species.</i> Les Stoïciens tenoient que les qualités des corps qui frappent nos sens, n'étoient que des <i>apparences.</i> Bayl. Si vous jugez sur les <i>apparences</i> à la Cour, vous serez souvent trompé ; ce qui paroît, n'est presque jamais la vérité. P. de Cl. Le monde récompense plus les <i>apparences</i> du mérite, que le mérite même. S. Evr. Les passages de l'Ecriture ne sont pas toujours si clairs que l'on n'ait pas besoin d'examen, pour ne pas suivre trop facilement l'<i>apparence</i> qui se présente d'abord. Il n'osa sur la conjecture des <i>apparences,</i> d'ordinaire fausses, &amp; souvent frauduleuses, degarnir toutes ses places. Saraz. L'erreur ne vient que du consentement précipité de la volonté, qui se repose avec négligence dans l'<i>apparence</i> de la vérité. Malh. Les hommes semblent être convenus entre eux de se contenter des <i>apparences.</i> La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPARENCE</head>
    <p>
    Apparence , se dit aussi de ce qui est opposé à la réalité, qui est faux, feint &amp; simulé. <i>Similitudo, species.</i> Les hypocrites trompent sous de belles <i>apparences</i> de piété, de dévotion. Les couleurs sont de simples réflexions de lumière qui n'ont aucune réalité ; ce sont de simples <i>apparences.</i> La nation Espagnole aime le faste des <i>apparences,</i> &amp; donne tout à la renommée. Saraz. La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde, que ses <i>apparences</i> y font de mal. Rochef. Les hommes sont presque tous également foibles, il n'y a que l'<i>apparence</i> qui mette quelque différence entre eux. Vill.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPARENCE</head>
    <p>
    Apparence . Reste, marque, vestige, trace de quelque chose. <i>Indicium, vestigium.</i> Ils n'ont plus aucune <i>apparence</i> de liberté. Il ne reste en cette femme aucune <i>appareuce</i> de beauté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2405" id="4" type="">
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    <head>APPARENCE</head>
    <p>
    Apparence , signifie aussi conjecture, vraisemblance. <i>Conjectura, verisimilitudo.</i> Le temps est fort couvert, il y a grande <i>apparence</i> de pluie. Il n'y a aucune <i>apparence</i> de vérité à ce que rapporte ce Voyageur. Ou simplement, il n'y a point d'<i>apparence</i> à ce que vous me dites.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2405" id="5" type="">
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    <head>APPARENCE</head>
    <p>
    Apparence , se dit quelquefois de ce qui est raisonnable. <i>Quod est rationi, aequitati consentaneum.</i> Il n'y a point d'<i>apparence</i> de transporter ce malade en l'état qu'il est.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2405" id="6" type="">
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    <head>APPARENCE</head>
    <p>
    Apparence , en termes de Palais , se dit encore des preuves &amp; des conjectures qui favorisent, ou qui chargent l'accusé ; mais en ce sens il n'est en usage qu'au pluriel. <i>Allegata &amp; probata.</i> Toutes les <i>apparences</i> sont contre cet accusé. Les Juges doivent juger selon les <i>apparences,</i> selon ce qui leur paroît en procès.</p><p>En Astronomie, on appelle <i>apparences,</i> &amp; autrement <i>Phénomènes,</i> tout ce qu'on a découvert par les observations anciennes &amp; nouvelles des mouvemens du ciel &amp; des astres. <i>Phaenomena.</i> On reçoit le Système de Copernic, parce que c'est le plus propre pour expliquer facilement toutes les <i>apparences</i> célestes, tous les Phénomènes : celui de Ptolomée ne suffit pas pour sauver toutes les <i>apparences.</i> En Optique, on appelle <i>apparence</i> simple, &amp; directe, la vûe d'un objet en ligne directe, sans réflexion, ni réfraction.</p><p>On dit aussi qu'il faut sauver les <i>apparences</i> ; pour dire, qu'il ne faut point donner de scandale, &amp; qu'il faut du moins cacher son vice, &amp; conserver une réputation d'homme de bien. <i>Suis in speciem fungi officiis, satisfacere suis in speciem officiis, simulatione probitatis existimationi consulere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2406" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARENT, ENTE" />
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    <head>APPARENT, ENTE</head>
    <p>
    APPARENT, ENTE , adj. Ce qui est visible, certain, évident, dont on ne peut douter. <i>Clarus, evidens, manifestus.</i> Voilà un droit qui est le plus <i>apparent,</i> il est fondé sur un bon contrat. Cette rente est bien assurée, elle est hypothéquée sur quantité d'héritages de biens <i>apparens.</i> Dans la vente des chevaux, on n'est garant que des vices latens, &amp; non pas des vices <i>apparens.</i> L'abcès qu'on a trouvé dans ce corps est la cause <i>apparente</i> de sa mort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2406" id="2" type="">
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    <head>APPARENT, ENTE</head>
    <p>
    Apparent , se dit aussi de ce qui n'est que vraisemblable. <i>Verisimilis.</i> Les Princes ne manquent point de prétextes <i>apparens</i> &amp; colorés pour faire la guerre. La plupart des sciences ne sont fondées que sur des raisous <i>apparentes.</i> On <pb n="284" facs="bpt6k8542165/f324/full/1200,/0/native.jpg"/>donne la récréance d'un Bénéfice à celui qui a un titre coloré, &amp; le plus <i>apparent.</i> Il y a une infinité de défauts dans les vertus <i>apparentes</i> des hommes. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2406" id="3" type="">
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    <head>APPARENT, ENTE</head>
    <p>
    Apparent , se dit aussi de ce qui est faux, qui paroît d'une façon, &amp; qui est de l'autre. <i>Simulatus.</i> En Astronomie, on dit que le vrai lieu d'un astre est éloigné du lieu <i>apparent</i> par la distance de la parallaxe. On observe le disque <i>apparent</i> du soleil, &amp; de la lune. En Morale, on dit que les plaisirs ne sont pas de vrais biens, mais seulement des biens <i>apparens.</i> Cet homme n'a qu'une vertu <i>apparente.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2406" id="4" type="">
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    <head>APPARENT, ENTE</head>
    <p>
    Apparent , se dit aussi parmi les bourgeois d'une ville, de ceux qui sont les plus riches, qui sont distingués des autres par leurs emplois, ou par leur mérite. <i>Civitatis Principes, Primarii in civitate viri, Primores.</i> On a choisi les plus <i>apparens</i> de la ville pour faire une députation au Roi. Il n'y avoit de conviés que les plus <i>apparens</i> de la famille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2407" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARENTÉ, ÉE" />
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    <head>APPARENTÉ, ÉE</head>
    <p>
    &#9758; APPARENTÉ, ÉE , adj. Qui a des parents. Mais ce mot ne s'emploie jamais qu'avec quelque adverbe, qui marque les qualités bonnes ou mauvaises de la famille à laquelle on tient. Il est bien <i>apparenté</i> ; pour dire, il est d'une bonne famille, il a des parents nobles, riches, puissants, ou honnêtes gens : il est mal <i>apparenté,</i> pour dire le contraire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2408" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARESSER" />
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    <head>APPARESSER</head>
    <p>
    APPARESSER , v. act. C'est appesantir l'esprit, le rendre paresseux. Ce mot est nouveau, &amp; quelque opposition qu'il ait trouvé à son établissement, il y a apparence qu'il réussira. Il est expressif ; la facilité qu'il y a de dire des grossieretés malhonnêtes, <i>apparesse</i> l'esprit. M. de la Chet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2409" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARIEMENT" />
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    <head>APPARIEMENT</head>
    <p>
    APPARIEMENT , s. m. Action d'apparier, de joindre, &amp; d'assortir les choses ensemble. <i>Copulatio.</i> Ce mot se trouve dans Pomey ; mais il n'est pas en usage. Prononcez <i>appariment.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2410" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARIER" />
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    <head>APPARIER</head>
    <p>
    APPARIER , v. act. Joindre des choses qui doivent aller naturellement ensemble, qui sont égales ou semblables ou qui conviennent. <i>Pares paribus adjungere.</i> On le dit premièrement des animaux. Voici la saison où les perdrix s'<i>apparient.</i> Quand les pigeons commencent à voler aux champs, ils cherchent à s'<i>apparier.</i> La tourterelle qui a perdu son pair, ne s'<i>apparie</i> plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2410" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPARIER" />
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    <head>APPARIER</head>
    <p>
    Apparier , se dit aussi de ce qui vient de la disposition des hommes. <i>Conjungere, copulare.</i> Cette paire de boeufs n'est pas bien <i>appariée</i> sous ce joug ; l'un est plus fort que l'autre. Il m'est mort un cheval de carrosse, je cherche à <i>apparier</i> l'autre. Ces amans sont bien <i>appariés,</i> ils sont de même âge, de même condition, de même humeur. On dit aussi <i>apparier</i> des combattans. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2410" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPARIER" />
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    <head>APPARIER</head>
    <p>
    Apparier , se dit encore de ce qui est purement de l'art. Voilà un regard de tableaux, qui ne sont pas bien <i>appariés,</i> ils sont de manières bien différentes. Il faut <i>apparier</i> ces bas, ces gants, ces manchettes, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2410" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPARIER" />
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    <head>APPARIER</head>
    <p>
    Apparié, ée , part. &amp; adj. <i>Conjunctus, copulatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2411" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARITEUR" />
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    <head>APPARITEUR</head>
    <p>
    APPARITEUR , s. m. Bedeau. <i>Apparitor.</i> Il ne se dit que dans l'Université, de ces Bedeaux qui portent des masses devant le Recteur &amp; les quatre Facultés. On appelle aussi <i>Appariteurs Ecclésiastiques,</i> des Sergens de la Justice Ecclésiastique. Il n'est pas besoin qu'ils le soient en titre d'office. Tous Clercs sont tenus d'exécuter les mandemens de leur Official.</p><p>Chez les Romains, les <i>appariteurs</i> étoient ce que sont en France les Sergens &amp; les Huissiers ; ou plutôt c'étoit un mot générique, qui signifioit, ainsi que Servius nous l'apprend sur l'Enéïde, Liv. XII. v. 850. les ministres des Juges, qui étoient toujours auprès d'eux, prêts à recevoir &amp; à exécuter leurs ordres ; &amp; c'est-de-là, ajoûte-il, que leur nom leur étoit venu, c'est-à-dire, d'<i>apparere</i> être présent, être en faction, suivant ce mot de Virgile.</p><p>On comprenoit sous le nom d'<i>Appariteurs,</i> ceux qu'on nommoït <i>Scribae, Accensi, Interpretes, Praecone ; Viatores, Lictores, Servi publici,</i> &amp; même les Bourreaux <i>Carnifices.</i> On les prenoit des affranchis des Magistrats &amp; de leurs enfans. L'on faisoit un si grand mépris de leur condition, que pour marque d'ignominie, le Sénat ordonna qu'une certaine ville dont les habitans s'étoient révoltés, seroit obligée de fournir des <i>Appariteurs</i> aux Magistrats. Voyez Loiseau, <i>des Ordres</i> ch. II. Nomb. 87. Il y avoit des <i>Appariteurs</i> de Cohortes, qu'on nommoit <i>Cohortales,</i> ou <i>Conditionales,</i> parce qu'ils étoient attachés à une Cohorte &amp; à cette condition. Des <i>Appariteurs Prétoriens, Praetoriani</i> ; qui suivoient les Préteurs ou Gouverneurs de Provinces, &amp; qui tous les ans, le jour de la naissance de leur Maître, changeoient &amp; étoient pourvûs de quelque office plus considérable. Les Pontifes avoient aussi leurs <i>Appariteurs,</i> comme on le voit dans la voie Appie sur le fragment du marbre qui porte,</p><p>APPARITORI PONTIFICUM PARMULARIO.</p><p>Le Lieu où les <i>Appariteurs</i> s'assembloient s'appelloient <i>Apparitorium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2412" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARITION" />
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    <head>APPARITION</head>
    <p>
    APPARITION , s. f. Spectre, fantôme, vision vraie, ou fausse, image qui se présente à notre esprit, ou à notre imagination, ou à nos yeux, de quelque substance incorporelle revêtue d'un corps emprunté. <i>Visio, visum.</i> L'Ecriture nous apprend qu'il y a eu plusieurs vraies <i>apparitions</i> des Anges à Jacob, au père de Samson, à la Sainte Vierge, à S. Joseph, &amp;c. L'<i>apparition</i> de l'ombre de Samuël à Saül. On dit que S. Antoine avoit souvent des <i>apparitions</i> de Diables qui le venoient tenter. Brutus eut l'<i>apparition</i> d'un spectre devant la bataille qu'il donna. Les Payens ont cru aux <i>apparitions.</i> Plutarque, en la vie de Romulus, parle de l'opinion d'Héraclite, qui disoit que les ames d'enhaut viennent apparoître aux vivans. De Roch. La peur peut être quelquefois la source d'une fausse <i>apparition.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2412" id="2" type="">
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    <head>APPARITION</head>
    <p>
    Apparition de Notre-Seigneur, se dit aussi d'une estampe, ou d'une taille-douce, qui représente l'<i>apparition</i> de J. C.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2412" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPARITION" />
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    <head>APPARITION</head>
    <p>
    Apparition , dans le style figuré, est élégant en un certain sens. On dit d'un homme qu'on voit rarement, &amp; dont la visite nous surprend, c'est une <i>apparition.</i> Il y a dans les Cours des <i>apparitions</i> de gens avanturiers &amp; hardis. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2412" id="4" type="astronomie">
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    <head>APPARITION</head>
    <p>
    Apparition , se dit aussi des choses corporelles, sensibles, &amp; palpables, qui se présentent à nos yeux. L'<i>apparition</i> de l'étoile des Mages, fut miraculeuse. L'<i>apparition</i> de cette Comète a duré tant de jours. La Perspective est l'art de peindre les objets suivant leur <i>apparition</i> à nos yeux.</p><p>On appelle en termes d'Astronomie , les étoiles de perpétuelle <i>apparition,</i> celles qui ne sont éloignées du Pole qu'autant que le Pole est élevé sur l'horison, parce qu'on les voit en tout temps, &amp; qu'elles ne disparoissent point. Les Juifs comptoient deux nouvelles lunes ; la première, du jour de la conjonction avec le soleil : la seconde, du jour de l'<i>apparition</i> on de la phase de la lune. Le. P. Pezron. Anaxagoras guérit Périclès des vaines craintes de la superstition, en lui expliquant les causes naturelles de l'<i>apparition</i> des phénomènes. Bayl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2412" id="5" type="liturgie">
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    <head>APPARITION</head>
    <p>
    Apparition , s. f. <i>Apparitio.</i> Terme de Liturgie . Dans la Liturgie Mozarabique, on appelle <i>apparition,</i> une des particules de l'hostie que l'on divise en neuf parties, d'abord en cinq, puis en quatre. L'<i>apparition</i> est la quatrième des cinq premières que l'on range sur une même ligne droite. Voyez l'office Mozarabique, la vie du Cardinal Ximenès écrite en Espagnol par Eugène de Robles, M. Fleury, <i>Hist. Eccles.</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2413" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAROISTRE" />
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    <head>APPAROISTRE</head>
    <p>
    APPAROISTRE . Voyez <ref type="search" target="head:APPAROITRE">APPAROITRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2414" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAROIR" />
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    <head>APPAROIR</head>
    <p>
    APPAROIR , se dit au Palais, pour paroître, produire preuve. <i>Producere.</i> Ainsi faire <i>apparoir,</i> signifie la même chose que montrer, présenter. Il allègue beaucoup de titres, mais il n'en fait point <i>apparoir.</i> Dans les Lettres Royaux il y a toujours cette clause. S'il vous <i>appert</i> ; c'est-à-dire, Si on vous prouve, si on vous fait connoître. Il n'est point en usage ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2414" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPAROIR" />
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    <head>APPAROIR</head>
    <p>
    Apparu, ue , part. pass. &amp; adj. <i>Visus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2415" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAROÎTRE" />
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    <head>APPAROÎTRE</head>
    <p>
    APPAROÎTRE , v. n. Se rendre visible. <i>Apparere.</i> J'<i>apparois, j</i>'ai <i>apparu,</i> j'<i>apparus.</i> Il se dit particulièrement des substances spirituelles. Dieu a souvent <i>apparu</i> aux Patriarches, &amp; à plusieurs Saints, sous diverses formes. J. C. a <i>apparu</i> à deux Disciples sous la forme d'un Pélerin. Le S. Esprit <i>apparut</i> sous la forme d'une colombe, au Baptême de Notre-Seigneur. Il y a quantité de spectres &amp; de fantômes, qui <i>apparoissent</i> en songe, qui ne sont que des visions &amp; des imaginations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2415" id="2" type="negociations">
   <index type="head" value="APPAROÎTRE" />
   <index type="src_domain" value="negociations" />
   <index type="macro_domain" value="Commerce" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APPAROÎTRE</head>
    <p>
    Apparoître , se dit aussi en termes de Pratique ; &amp; alors il est en quelque sorte impersonnel, &amp; signifie sembler, croire, s'imaginer, trouver que la chose est de telle ou de telle manière. <i>Videri, constare.</i> Il ne nous <i>apparoît</i> point au procès, qu'il ait donné pouvoir ni consentement de vendre sa maison, d'occuper pour lui. Vous n'avez point de quittance par où il <i>apparoisse</i> que vous ayiez payé. Il <i>apparoît</i> bien du crime, mais non pas de la pénitence. Mez. On l'emploie aussi quelquefois dans l'usage ordinaire. Il m'<i>apparoît</i> que vous êtes là, &amp; que je vous parle. Mol. Pour dire, je crois, il me semble, je m'imagine que vous êtes-là.</p><p>On dit aussi en termes de Négociations , Faire <i>apparoître</i> de son pouvoir ; pour dire, le notifier, le communiquer. <i>Demonstrare, notum facere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2415" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPAROÎTRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPAROÎTRE</head>
    <p>
    Apparoître est aussi neut. pass. Je m'<i>apparoîs,</i> je me suis <i>apparu,</i> je m'<i>apparus.</i> Il signifie se faire voir, se montrer. <i>Videndum se praebere, exhibere.</i> Une de mes statues s'<i>apparoît</i> à eux toutes les nuits. Ablanc. Le Seigneur s'<i>apparut</i> à Moise dans une flamme de feu qui sortoit du buisson. Port R. Il lui étoit <i>apparu</i> en songe. Flech.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2416" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARTEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>APPARTEMENT</head>
    <p>
    APPARTEMENT , s. m. Portion d'un grand logis où une personne loge, ou peut loger séparément. <i>Aedium pars, aedificii membrum.</i> Un <i>appartement</i> Royal est compose d'anti-chambre, chambre, cabinet, &amp; galerie. Le bel <i>appartement,</i> le premier <i>appartement,</i> est celui du premier étage. Il y a un <i>appartement</i> à louer. On a dit dans ces dernières années, qu'il y avoit <i>appartement</i> chez le Roi : c'est une expression inventée, pour expliquer en peu de mots une fête ou une réjouissance, que le Roi donne à toute sa Cour dans ses <i>appartemens</i> superbement meublés, &amp; éclairés avec musique, bal, danse, collation, jeu, &amp; autres divertissemens magnifiques.</p><p>Ce mot vient comme de <i>partimentum,</i> du verbe <i>partior, je partage, je divise.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2417" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARTENANCES" />
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    <head>APPARTENANCES</head>
    <p>
    APPARTENANCES , s. f. pl. Connexité, dépendance. <i>Quod pertinet ad, &amp;c. Accessio.</i> Ce moulin est une des <i>appartenances</i> d'une telle terre. On a cédé au Roi un tel Bailliage, avec toutes ses <i>appartenances</i> &amp; dépendances, sans autre spécification.</p><p>Ce mot n'est usité qu'en ces sortes de phrases. Il n'a point de singulier. Il vient du verbe <i>pertinere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2418" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARTENANT, ANTE" />
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    <head>APPARTENANT, ANTE</head>
    <p>
    APPARTENANT, ANTE , adj. Qui est à quelqu'un ou en propriété, ou en joüissance, ou par une légitime prétention. <i>Quod ad jus domini pertinet.</i> Les biens <i>appartenans</i> à l'Eglise, à la Couronne, sont inaliénables. Ce pré est <i>appartenant</i> à une telle Seigneurie, il en dépend. Ce problème est <i>appartenant</i> à la Géométrie. Ce droit est <i>appartenant</i> à une telle charge. Ce mot n'est guère usité qu'en ces sortes d'occasions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2419" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPARTENIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APPARTENIR</head>
    <p>
    APPARTENIR , v. n. Il se dit des choses auxquelles on a droit, soit qu'on en ait la joüissance, soit qu'on la prétende légitimement. <i>Pertinere.</i> La justice est une vertu qui rend à chacun ce qui lui <i>appartient.</i> Cette terre <i>appartient</i> au Roi. Les dîmes <i>appartiennent</i> à l'Eglise. Le droit de vie &amp; de mort n'<i>appartient</i> qu'au Souverain. Les droits honorifiques <i>appartiennent</i> au Patron. Cette terre m'<i>appartient</i> par achat, par donation, par succession. Les Tyrans usurpent les biens qui <i>appartiennent</i> à autrui. La vengeance <i>appartient</i> à Dieu. Ce fou d'Athènes, qui s'étoit mis dans la fantaisie que tous les vaisseaux qui abordoient au port de Pyrée lui <i>appartenoient,</i> étoit aussi heureux que s'il en avoit été en effet le maître. S. Evr.</p><p>On dit aussi qu'une chose <i>appartient</i> à quelqu'un en usufruit, quand il en a la joüissance ; qu'elle lui <i>appartient</i> en propre, quand il en a le fonds ; qu'elle lui <i>appartient</i> en Seigneurie, quand il en a la mouvance, la directe, &amp; non pas le domaine utile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2419" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPARTENIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>APPARTENIR</head>
    <p>
    Appartenir , signifie aussi, Avoir de la dépendance, de la connexité, de la liaison, &amp; se dit tant des choses corporelles que des spirituelles. Ce Seigneur est bienfaisant, il fait la fortune de tous les gens qui lui <i>appartiennent.</i> Cet homme <i>appartient</i> à de Grands Seigneurs ; il est leur proche parent, il a l'honneur d'<i>appartenir</i> à des gens très-qualifiés.</p><p>On dit dans les sciences, le corps naturel <i>appartient</i> à la Physique, l'argumentation à la Logique, la construction des mots à la Grammaire ; pour dire, que ces choses sont de leur compétence. Au Palais on dit, que la connoissance d'une affaire <i>appartient</i> à un Juge, quand elle est de sa jurisdiction. Les causes des Clercs <i>appartiennent</i> aux Juges d'Eglise ; celles des Laiques aux Juges séculiers ; celles des vagabonds aux Prévôts des Maréchaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2419" id="3" type="pratique">
   <index type="head" value="APPARTENIR" />
   <index type="src_domain" value="pratique" />
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    <head>APPARTENIR</head>
    <p>
    Appartenir , se dit aussi des manières qui conviennent à chacun, &amp; en ce sens il est impersonnel. <i>Convenire, decere.</i> Il n'<i>appartient</i> pas à tout le monde de juger des affaires d'Etat. Il ne nous <i>appartient</i> pas de pénétrer dans les secrets de la Providence. Il n'<i>appartient</i> qu'aux belles d'être fières. Les Juges renvoient souvent les parties pour se pourvoir ainsi qu'il <i>appartiendra.</i> On a châtié cet enfant comme il <i>appartenoit.</i> Il n'<i>appartient</i> qu'aux ignorans de vouloir toujours parler. Cet homme est extravagant, il a des façons de faire qui n'<i>appartiennent</i> qu'à lui. Il vous <i>appartient</i> bien de faire le Docteur. Il n'<i>appartient</i> qu'au maître d'enseigner. Il <i>appartient</i> à un homme sage de commander à ses passions. Il ne vous <i>appartient</i> pas d'en user avec tant d'autorité ; pour dire, que cela n'est ni juste ni raisonnable. Il n'<i>appartient</i> qu'à un César de lutter avec un petit esquif contre l'orage violent d'une mer agitée. S. Evr. pour dire, qu'il n'y a que César qui ose entreprendre cela. Il n'<i>appartient</i> qu'aux sots d'admirer, &amp; de rire. Mol.</p><p>En termes de pratique on dit, Ainsi qu'il <i>appartiendra</i> ; pour dire, selon qu'il sera trouvé juste, convenable, &amp;c. A tous ceux qu'il <i>appartiendra,</i> pour dire à tous ceux qui y auront intérêt, ou qui voudront en prende connoissance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2420" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPÂT" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>APPÂT</head>
    <p>
    APPÂT , s. m. Ce qu'on met à un hameçon pour y attirer le poisson, &amp; le prendre. <i>Esca alliciendis piscibus.</i> C'est quelquefois un morceau de pâte, de pain, un petit poisson, &amp;c. On le dit aussi de toute autre chose qui sert à attraper les animaux, ou nuisibles, ou bons à manger. Nicod dérive ce mot de <i>pastus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2420" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPÂT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>APPÂT</head>
    <p>
    Appât , Pâte, pâtée que l'on donne à la volaille pour l'engraisser. <i>Esca saginandis avibus.</i> Il est vieux en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2420" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPÂT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÂT</head>
    <p>
    Appât , se dit figurément en choses morales de ce qui sert à attraper les hommes, à les inviter à faire quelque chose. <i>Illecebra.</i> La gloire est un grand <i>appat</i> pour les braves ; elle les fait exposer à toutes sortes de périls. La beauté est un grand <i>appat</i> pour engager le coeur des hommes. Cette femme est pleine de charmes &amp; d'<i>appâts.</i> La vie solitaire a ses <i>appâts</i> &amp; ses charmes. En ce sens on a accourci le mot, &amp; on dit <i>appas,</i> au lieu d'<i>appâts.</i></p><p>Les fables ont été inventées pour instruire les hommes par l'<i>appas</i> du plaisir. En géneral on emploie ce mot d'<i>appas</i> (&amp; sur-tout en Poësie) pour tout ce qui a des charmes, des attraits, de la beauté, de l'agrément, &amp; qui fait du plaisir. Ainsi on peut dire, les femmes, la bonne chère, la compagnie, le jeu, la campagne, la chasse, la comédie, la danse, la Musique, &amp;c. ont des <i>appas</i> pour moi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2421" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPÂTELER" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>APPÂTELER</head>
    <p>
    APPÂTELER , v. act. Donner de la pâtée ou autres alimens aux oiseaux, aux animaux, aux enfans, &amp; aux hommes mêmes, quand ils sont paralytiques, ou si vieux, qu'ils ne peuvent manger seuls. <i>Escam in os ingerere.</i> Ce mot est plus vieux que celui d'<i>appâter</i> dans la même signification. <i>Appâteler</i> veut encore dire selon Borel, <i>faire bonne chere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2422" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPÂTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>APPÂTER</head>
    <p>
    APPÂTER , v. act. Mettre un appât à un hameçon, ou à un piége, pour attraper du poisson, du gibier, ou des bêtes nuisibles. <i>inescare, escâ allicere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2422" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPÂTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÂTER</head>
    <p>
    Appâter , signifie aussi, donner à des oiseaux certaines pâtes pour les engraisser. Les chapons du Mans s'engraissent bientôt quand ou a soin de les <i>appâter.</i> Ce mot est bien moins usité à Paris, qu'en Province, en ce sens. On dit, au lieu d'<i>appâter,</i> donner de la pâtée. M. de Valincourt a dit, dans la fable du Rossignol en cage,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2422" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPÂTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÂTER</head>
    <p>
    Appâter , se dit par extension, du soin que prennent les femmes de faire manger les petits enfans. Cet enfant ne peut manger tout seul, il faut avoir soin de l'<i>appâter.</i> On le dit aussi en badinant d'un vieillard goutteux, qu'il faut l'<i>appâter,</i> quand il n'a plus l'usage de ses mains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2423" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="APPAUMÉ, ÉE" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
   <index type="macro_domain" value="Blason" />
   <index type="pred_domain" value="Blason" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPAUMÉ, ÉE</head>
    <p>
    APPAUMÉ, ÉE , adj. Terme de Blason ; se dit d'un Ecu chargé d'une main étendue, &amp; qui montre la paume. <i>Manus expansa volam ostendens.</i> Sur quoi quelques Blasonneurs ont dit en proverbe, Je te donnerai les Armoiries de Varroquier ; pour dire, Je te donnerai un soufflet ; à cause que ses armes sont une main <i>appaumée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2424" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAUVRIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPAUVRIR</head>
    <p>
    APPAUVRIR , v. act. Ruiner, rendre pauvre. <i>Pauperem facere, afferre egestatem alicui.</i> Les procès ont <i>appauvri</i> ce Gentil-homme. Il n'y a guere d'Etat qu'une guerre un peu longue n'<i>apauvrisse.</i> Le grand nombre d'enfans <i>appauvrit</i> les familles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2424" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPAUVRIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPAUVRIR</head>
    <p>
    Appauvrir , se dit aussi au figuré des langues &amp; des ouvrages d'esprit. <i>Jesunam linguam facere.</i> La délicatesse outrée des Critiques <i>appauvrit</i> tous les jours la langue ; parce qu'au lieu de l'enrichir, on en retranche les vieux mots qui sont bons &amp; significatifs. Souvent trop d'abondance <i>appauvrit</i> la matière. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2424" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPAUVRIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPAUVRIR</head>
    <p>
    Appauvrir , est aussi quelquefois neut. &amp; neut. pass. <i>Pauperem, inopem fieri.</i> Ce pays <i>appauvrit</i> tous les jours. Il faut bien que les uns s'<i>appauvrissent</i> tandis que les autres s'enrichissent.</p><p>S'appauvrir <i>en effet ; s'enrichir d'espérance.</i> De S. Mart.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2424" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPAUVRIR" />
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    <head>APPAUVRIR</head>
    <p>
    Appauvri, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Pauper factus, redactus ad egestatem.</i> Les Médecins disent un sang <i>appauvri</i> d'esprits, <i>sanguis effoetus,</i> d'un sang qui a perdu presque tout ce qu'il avoit de volatil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2425" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPAUVRISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>APPAUVRISSEMENT</head>
    <p>
    APPAUVRISSEMENT , s. m. Ruines, perte de biens. <i>Prolapsio ad inopiam, traductio ad incitas.</i> L'<i>appauvrissement</i> de cette famille est venu par les banqueroutes, par l'incursion des ennemis.</p><p>&#9758; Il se dit fig. De l'état d'une Langue qui devient moins abondante en mots, en expressions. Ce qui fait l'<i>appauvrissement</i> d'une Langue, c'est que l'usage en supprime des termes &amp; des phrases.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2426" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPEAU" />
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    <head>APPEAU</head>
    <p>
    APPEAU , s. m. Vieux mot du Palais, qui signifioit autrefois, <i>Appel.</i> Un Juge d'<i>Appeaux,</i> est un Juge supérieur. Il y a encore un Greffe qu'on appelle, le Greffe des <i>Appeaux.</i> Voyez <i>Appel.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2426" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>APPEAU</head>
    <p>
    Appeau , s. m. Est aussi un sifflet d'Oiselier, avec lequel il attrape les oiseaux en contrefaisant le son de leur voix. <i>Illex.</i> Il se fait des <i>appeaux</i> pour toutes sortes d'animaux. Les <i>appeaux</i> dont on use pour appeller les oiseaux, les cerfs, les renards, &amp;c. ne sont autre chose que des anches semblables à celles de l'orgue, qui ont différens effets, selon les petites boëtes qui les enferment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2426" id="3" type="oiselier">
   <index type="head" value="APPEAU" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPEAU</head>
    <p>
    Appeau , est aussi en terme d'Oiselier , un oiseau qui fait venir les autres par son chant, &amp; qui les oblige de donner dans les divers piéges qu'on leur tend. <i>Avis illex.</i> Appellant est plus en usage qu'<i>appeau</i> en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2426" id="4" type="horloger">
   <index type="head" value="APPEAU" />
   <index type="src_domain" value="horloger" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPEAU</head>
    <p>
    Appeau , est encore un terme d'Horloger qui travaille en gros ; &amp; c'est une manière de petite cloche qui sert à sonner les quarts &amp; les demi-heures. <i>Tintinnabulum. Appeau</i> en ce sens n'est usité que parmi les gens de métier : les autres se servent ordinairement du mot de timbre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2427" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPEL" />
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    <head>APPEL</head>
    <p>
    APPEL , s. m. Recours à un Juge supérieur, pour faire réparer le grief d'une sentence qu'on prétend mal rendue par un Juge inférieur. <i>Appellatio, provocatio ad superiorem Judicem.</i> Paul Emile &amp; Budée ont remarqué qu'anciennement en France les Baillifs &amp; les Sénéchaux jugeoient en dernier ressort. Avant que le Parlement eût été établi sédentaire par Philippe le Bel, il ne s'assembloit qu'une ou deux fois l'an, &amp; ne tenoit que peu de jours. Ainsi il ne connoissoit pas proprement des causes d'<i>appel.</i> Il jugeoit seulement en premiere instance les causes majeures, où il s'agissoit des Comtés, ou Duchés, ou du domaine de la Couronne : c'étoit sa jurisdiction primitive &amp; ordinaire. On ne trouve point d'arrêts rendus en ce temps-là sur des <i>appels</i> de Baillifs ou Sénéchaux. Il est vrai qu'il y avoit <i>appel</i> des Comtes &amp; Ducs, les premiers Gouverneurs de Province, &amp; que cet <i>appel</i> ressortissoit devant le Roi, ou devant le Maire du Palais, qui étoit le Grand Duc de France. Mais pour s'épargner la fatigue d'examiner tant de procès, les Rois de la seconde race déléguèrent des Commissaires, qu'ils envoyoient dans les Provinces pour prononcer sur les <i>appels</i> des sentences rendues par les Juges inférieurs. Ces Commissaires s'appelloient <i>Missi Dominici.</i> Cette coutume de juger les <i>appels</i> par des Commissaires délégués, s'observe encore en Angleterre. Mais en France les Ducs &amp; Comtes, sous la troisième race, s'étant érigés en Seigneurs, &amp; presqu'en Souverains, ne voulurent plus souffrir ni les <i>appels,</i> ni ces Commissaires, &amp; ils usurpèrent la souveraineté de la Justice. Cependant les Rois reprenant peu-à-peu leur première autorité, attribuèrent aux Baillifs ou Sénéchaux la jurisdiction des cas Royaux, &amp; la connoissance des causes d'<i>appel,</i> du territoire des Comtes ; ensorte que ces Juges ordinaires faisoient la fonction des Commissaires délégués pour juger les <i>appellations,</i> &amp; succédèrent aux <i>Missi Dominici.</i> A la vérité de peur que les Baillifs ou Sénéchaux n'abusassent de leur pouvoir, &amp; afin de les tenir en bride, il fut permis aux particuliers de porter plainte au Roi contre le Juge même ; ces plaintes étoient appellées communément <i>Requêtes</i> ; &amp; ces requêtes étoient rapportées par des Maitres des Requêtes. Si la requête étoit par eux jugée admissible, le Roi faisoit ajourner le Juge, &amp; intimer la partie pour défendre le jugement. Mais en ce cas la plainte ne devoit pas consister en simples moyens d'<i>appel</i> ; il falloit attaquer le Juge même, dont on ne pouvoit point appeller sur de simples griefs résultans du procès. Dans la suite on a confondu les plaintes &amp; les <i>appels</i> ; &amp; sur-tout depuis que le Parlement a été fixé &amp; réduit en jurisdiction ordinaire, pour accroître son pouvoir, &amp; pour dépouiller les Baillifs &amp; les Sénéchaux du droit de prononcer en dernier ressort, il a converti les plaintes en <i>appellations.</i> De cette ancienne pratique on voit encore quelques vestiges dans le style des Arrêts du Parlement ; car lorsqu'il casse la sentence, il prononce, Que ce dont est <i>appel</i> a été mis au néant ; parce qu'en supposant que le jugement dont est <i>appel</i> fut une Sentence, il n'auroit point eu droit de la révoquer, ou de la réformer, parce qu'elle étoit rendue en dernier ressort. C'est pourquoi il la met au néant, &amp; la déclare nulle, comme représentant le Roi, à qui autrefois les plaintes étoient addressées, pour annuller le jugement des Baillifs ou Sénéchaux qui avoient malversé. De-là est venue encore la coutume de les condamner en l'amende quand leur jugement étoit cassé ; ce qui est présentement aboli. Les sentences sur l'<i>appel</i> ne sont plus examinées que par les griefs tirés du fond du procès, &amp; le Juge n'est point responsable d'avoir mal jugé, pourvû qu'on ne lui puisse imputer aucune fraude personnelle. Lois. Un acte d'<i>appel</i> est une simple déclaration de l'<i>appel</i> qu'on interjette. Relief d'<i>appel,</i> est une Lettre de Chancelerie qu'on obtient pour faire assigner sa partie sur l'<i>appel</i> qu'on a interjetté. On peut aussi relever son <i>appel</i> par une Requête, sur laquelle on obtient un Arrêt, qui déclare que l'<i>appel</i> est tenu pour bien relevé. <i>Appel</i> de déni de Justice, est la voie de se pourvoir devant un Juge supérieur, quand l'inférieur refuse de juger un procès. L'<i>appel</i> comme de Juge incompétent s'interjette, quand un Juge n'a pas pouvoir de juger en telle matière, ou entre telles personnes.</p><p><i>Appel à minima,</i> est lorsqu'en matière criminelle, où il <pb n="287" facs="bpt6k8542165/f327/full/1200,/0/native.jpg"/>échet peine afflictive, le Procureur du Roi appelle au Parlement, estimant que la peine est trop légère, par rapport au crime.</p><p><i>Appel</i> comme d'abus, c'est l'<i>appel</i> qui s'interjette en Cour Laïque des sentences &amp; des jugemens rendus par l'Evêque, ou par son Official. Quand les Officiaux se contiennent dans les bornes de leur jurisdiction, les <i>appels</i> qu'on interjette de leurs jugemens s'appellent <i>appellations à l'ordinaire</i> ; &amp; on les relève devant les Archevêques ; ensuite devant les Primats, &amp; enfin devant le Pape, qui délègue des Commissaires <i>in partibus,</i> desquels il y a encore <i>appel</i> au Pape, jusqu'à ce qu'il y ait trois sentences conformes. Après quoi les <i>appels</i> ne sont plus reçus en jurisdiction Ecclésiastique. Mais quand ils ont jugé contre les libertés &amp; priviléges de l'Eglise Gallicane, ou quand ils entreprennent sur la Justice séculière, contre les saints Decrets &amp; Canons reçus en France, Concordats, Edits, &amp; Arrêts, on appelle comme d'<i>abus</i> au Parlement. L'<i>appel comme d'abus</i> est toujours reçu, quand il y auroit trois sentences conformes auxquelles on auroit acquiescé ; alors le ministère de Messieurs les Gens du Roi, comme les plus intéressés à la manutention du bon ordre, est nécessaire, parce que le fait des particuliers ne peut préjudicier au droit public.</p><p>Le Président le Maître &amp; Pasquier ont écrit de ces appellations ; &amp; depuis peu Fevret Avocat à Dijon en a fait un ample &amp; docte volume. On tient que l'<i>appel</i> comme d'abus a été inventé par Pierre de Cugnières Avocat Général du Parlement, que l'on connoît à Paris sous le nom de Maître Pierre de Cugnet, par un abus du Peuple, qui a mal prononcé son nom.</p><p>Juger nonobstant l'<i>appel,</i> se dit des sentences qui s'exécutent par provision, &amp; sans avoir égard à l'<i>appel</i> de l'une des parties ; cela se fait dans les matières provisoires, &amp; quand il y a du péril dans le retardement. Mais le Juge ne peut pas ordonner que sa sentence sera exécutée nonobstant l'<i>appel,</i> quand le grief n'est pas réparable en définitive. Juger sans <i>appel,</i> c'est juger présidialement, &amp; en dernier ressort. Juger à la charge de l'<i>appel,</i> c'est juger à l'ordinaire. Le Juge <i>à quo,</i> c'est celui qui a donné la sentence, de l'examen de laquelle il s'agit : &amp; le Juge d'<i>appel,</i> ou <i>ad quem,</i> c'est celui qui l'annulle ou qui la confirme. Un <i>appel</i> désert, c'est celui qu'on a manqué de relever dans les trois mois. L'<i>appel</i> est un remède de droit. L'amende ordinaire du fol <i>appel</i> est de douze livres. Causes &amp; moyens d'<i>appel,</i> c'est ainsi qu'on intitule les écritures qu'on fournit sur l'<i>appel,</i> quand la cause est appointée en Cour Souveraine. On appelle aussi, cause d'<i>appel,</i> une cause pendante à l'Audience. L'<i>appel</i> d'une cause se dit, quand les parties ou leurs Procureurs sont appellés à l'Audience pour plaider. A l'<i>appel</i> de la cause l'Avocat a fait une remontrance. Paul de Samosate, condamné &amp; déposé au second Concile d'Antioche en 272. ne voulut point céder la maison Episcopale à Domnus, qui avoit été élû en sa place, &amp; il eut recours à l'autorité de l'Empereur contre la décision du Concile ; en cela il donne le premier exemple de ces <i>appels,</i> qui mettent aujourd'hui l'Eglise sous la puissance des Rois &amp; des Magistrats. God. Les Donatistes condamnés dans un Concile tenu à Rome en 313. en appellèrent de même à l'Empereur, qui en fut scandalisé, comme d'une audace de fureur enragée qui les portoit à l'<i>appel,</i> ainsi qu'il se pratiquoit dans les causes des Gentils. Ce sont ses termes. Id. Ils appellèrent encore du Concile d'Arles l'année suivante. Id. Et ce sont là les premiers exemples des <i>appels</i> de la Justice Ecclésiastique à la Justice séculière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2427" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPEL" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APPEL</head>
    <p>
    Appel , est aussi le cartel, ou le défi qu'on fait à quelqu'un pour se battre en duel. <i>Provocatio ad singulare certamen.</i> C'est maintenant un crime capital de faire un <i>appel.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2427" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPEL" />
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    <head>APPEL</head>
    <p>
    Appel , est aussi le cri qui se fait en la montre ou revûe des troupes, ou des ouvriers, lorsqu'on veut connoître ceux qui sont présens, ou lorsqu'il les faut payer. <i>Appellatio, nominatio.</i> Il n'étoit pas à l'<i>appel,</i> il a été picqué, ou rayé du rôle. Pour recevoir ses rentes à l'Hôtel de Ville, il faut être à l'<i>appel</i> ; sinon on est remis à un autre jour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2427" id="4" type="escrime">
   <index type="head" value="APPEL" />
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    <head>APPEL</head>
    <p>
    Appel , en termes d'Escrime , est une feinte ou un temps faux qui se fait hors de la mesure, à dessein d'obliger l'ennemi d'attaquer la partie que l'on découvre, &amp; pour tromper celui qui ne connoît pas la mesure, &amp; qui pousse à tous temps. <i>Aggressio simulata.</i> L'<i>appel</i> se peut pratiquer du pied, du corps, &amp; de l'épée, par chacun de ces mouvemens en particulier, &amp; par tous à la fois, en un, en deux, ou en trois temps, soit par-dessus, soit par-dessous, en dehors, ou en dedans, en engageant ou en dégageant l'épée, en sorte qu'on pratique tous les mouvemens contraires à ceux de son ennemi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2428" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="APPELLANT, ANTE" />
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    <head>APPELLANT, ANTE</head>
    <p>
    APPELLANT, ANTE , adj. Terme de Palais , se dit de ceux qui vont à une Justice supérieure se plaindre d'une sentence qui leur porte préjudice. <i>Appellator, provocator.</i> Il est opposé à <i>intimé,</i> qui est celui qui défend le jugement. Il est <i>appellant</i> de mort ; <i>appellant</i> comme de Juge incompétant ; <i>appellant</i> comme d'abus.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a un visage d'<i>appellant,</i> quand il relève de quelque maladie, ou quand il a souffert quelque grande perte, ou affliction qui lui a beaucoup changé le visage.</p><p>&#9758; Appellant. On donne communément ce nom à ceux qui ont appellé de la Constitution <i>Uuigenitus</i> au futur Concile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2428" id="2" type="oiselier">
   <index type="head" value="APPELLANT, ANTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>APPELLANT, ANTE</head>
    <p>
    Appellant , s. m. Terme d'Oiselier . Oiseau qu'on met dans une cage, lorsqu'on va à la chasse des oiseaux, pour en appeller d'autres, &amp; les faire venir dans les filets. <i>Avis illex.</i> Voyez <ref type="search" target="head:APPEAU">APPEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2428" id="3" type="rotisseur">
   <index type="head" value="APPELLANT, ANTE" />
   <index type="src_domain" value="rotisseur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>APPELLANT, ANTE</head>
    <p>
    Appellant , est aussi un terme de Rôtisseur . Il signifie un canard qui ne bouge des rivières ni des étangs, &amp; qui faisant venir les autres canards par son cri, est cause qu'on les prend dans les filets qu'on leur a tendus. Et parce qu'il y a beaucoup de ces sortes d'<i>appellans</i> sur les rivières &amp; sur les étangs, on en attrape souvent avec les autres canards, que les Rôtisseurs vendent autant ou presqu'autant que les sauvages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2429" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="APPELLATIF" />
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   <index type="macro_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPELLATIF</head>
    <p>
    APPELLATIF , adj. <i>Appellativus.</i> Terme de Grammaire , est un nom qu'on donne à une espèce, &amp; qui est opposé à nom <i>propre,</i> qu'on donne à chaque individu : comme Ange, homme, chien, meuble, lit, &amp;c. sont des noms <i>appellatifs :</i> Pierre, Jacques, sont des noms propres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2430" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPELLATION" />
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    <head>APPELLATION</head>
    <p>
    APPELLATION , s. f. Plainte qu'on fait devant un Juge supérieur d'une sentence ou ordonnance qu'on prétend mal rendue par un Juge inférieur. <i>Appellatio.</i> C'est presque la même chose qu'<i>appel.</i> Néanmoins ces mots s'emploient différemment. En général l'appel ne se dit guère qu'au singulier, &amp; <i>appellation</i> se dit au singulier &amp; au pluriel : comme la Cour a mis l'<i>appellation</i> au néant ; ce qui n'est pas permis aux Juges inférieurs ; &amp; c'est une voie moyenne de prononcer entre le bien &amp; le mal jugé, que le Parlement s'est réservée ; &amp; même Pasquier remarque que cela ne fut permis aux Enquêtes que le 8. Janvier 1422. On dit aussi, Nonobstant oppositions ou <i>appellations</i> quelconques. Le 3e Canon du Concile de Sardique tenu en 347. approuve les <i>appellations</i> au Pape. Il y a quelques phrases particulières où on se sert seulement du mot d'<i>appel</i> : comme Juge d'<i>appel,</i> Relief d'<i>appel,</i> Fol <i>appel,</i> En cas d'<i>appel.</i> On a joint cet incident à l'<i>appel.</i></p><p>Autrefois en France de quelque Juge que ce fût, on ne pouvoit <i>appeller</i> qu'au Roi. Si l'<i>appel</i> étoit bien fondé, le Juge étoit responsable des dommages, frais &amp; intérêts. Si l'<i>appel</i> étoit mal fondé, l'<i>appellant</i> étoit condamné à l'amende, s'il étoit Noble ; au fouet, s'il ne l'étoit pas. Le Gendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2430" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPELLATION" />
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    <head>APPELLATION</head>
    <p>
    Appellation verbale , est l'appel qui s'interjette des sentences prononcées à l'Audience ; &amp; elle diffère de l'appel des sentences données par écrit sur production des parties : ce qui s'appelle <i>Procès. Appellatio voce prolata.</i> Ce Procureur a conclu sur l'appel, joint les <i>appellations verbales.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2431" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPELLER" />
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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    APPELLER , v. act. Nommer quelque chose, la désigner <i>Appellare, nominare.</i> Il entre dans beaucoup de mots François des consonnes doubles qui ne se prononcent pas autrement que si elles étoient simples. <i>Appeller,</i> par exemple, se prononce comme <i>apeler,</i> &amp; ainsi des autres. Restaut. Les mots ou l'usage a retenu deux <i>ll</i> après l'<i>é</i> muet, se réduisent au verbe <i>appeller,</i> dans tout lequel (hormis dans les trois personnes singulières, <i>j'appelle, tu appelles, il appelle,</i> &amp; dans la troisième personne plurielle, <i>ils appellent,</i> &amp; dans les futurs de l'indicatif &amp; du subjonctif) l'<i>e</i> qui précède les deux <i>ll</i> se prononce toujours comme un <i>e</i> muet. L'Abbé Regnier. On ne doit pas <i>appeller</i> charitable, celui qui prête avec interêt. Cet homme est sincère, <pb n="288" facs="bpt6k8542165/f328/full/1200,/0/native.jpg"/>il <i>appelle</i> toutes les choses par leur nom. C'étoit une civilité à Rome d'<i>appeller</i> quelqu'un par son nom, en France c'est une incivilité.</p><p>Appeller, signifie aussi, Nommer tout haut ceux qui doivent se trouver à quelque montre, ou à quelque exercice, ou à quelque recette, à quelque comparution. Ce Soldat ne s'est point trouvé à la montre quand on <i>appelloit.</i> Cet ouvrier n'a point répondu quand on l'a <i>appelle.</i> Ce rentier ne s'est point entendu <i>appeller,</i> il ne recevra rien aujourd'hui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , signifie aussi, Défier, provoquer à un combat singulier. <i>Provocare ad singulare certamen.</i> Autrefois les braves faisoient vanité de s'<i>appeller</i> en duel pour la moindre chose : mais les Ordonnances de Louis XIV. ont réprimé cette barbarie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , signifie quelquefois simplement, Surnommer : ce qui se dit principalement des surnoms qu'on donne aux hommes illustres en guerre, ou en science : comme Alexandre qu'on <i>appelle</i> le Grand. Denys <i>appellé</i> le Tyran. Pierre d'Appone, qu'on <i>appelle</i> le Conciliateur. Jacques Suisset, qu'on <i>appelle</i> le Calculateur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , signifie aussi, Citer en jugement, en témoignage. <i>Appellare, vocare in jus.</i></p><p>On a mis sur la requête, Soit partie <i>appellée.</i> On l'a assigné, <i>appellé</i> en témoignage. Il a été <i>appellé</i> à trois briefs jours. Il a fait <i>appeller</i> son garant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , se dit plus particulièrement de la citation qui se fait à l'Audience, lorsque la cause doit être plaidée. <i>Causas agendas citare.</i> Laissez-moi passer au Barreau, voilà qu'on <i>appelle</i> ma cause ; elle a été <i>appellée</i> à tour de rôle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , signifie aussi, Se pourvoir devant un Juge supérieur, quand on prétend qu'on a été mal jugé par un Juge inférieur ; réclamer son secours &amp; son autorité, pour réparer l'injustice qu'on prétend avoir été faite. <i>Provocare ad superiorem Judicem, ad superius Tribunal.</i> Cet innocent condamné, en <i>appelle</i> au Tribunal de Dieu. On dit encore au Palais, <i>Appeller</i> en adhérant, quand on <i>appelle</i> d'une seconde sentence rendue par le même Juge en exécution de la première, au préjudice de l'instance pendante devant le Juge supérieur.</p><p>On dit figurément, ou en discours familier, quand on reclame contre quelque proposition ou sentence que quelqu'un a avancée, qu'on en <i>appelle. Appellare ab aliqua re, sententiâ.</i> Quand on est condamné par les autres, il ne faut point en <i>appeller</i> fièrement devant soi-même. S. Evr. Vous prétendez que je suis obligé à vous donner à dîner : j'en <i>appelle.</i> Le Médecin croyoit que son malade devoit mourir, mais il en a <i>appellé.</i> On ne vous a fait payer que tant de cette marchandise ; c'est bon marché, il n'en faut point <i>appeller.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , signifie aussi, Invoquer. <i>Invocare, implorare. Appeller</i> Dieu à son aide, implorer son assistance. <i>Appeller</i> ses voisins au secours. <i>Appeller</i> un Médecin à son aide.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , signifie encore, Obliger quelqu'un à s'approcher de quelque endroit. <i>Vocare, evocare. Appeller</i> les domestiques. Les Barbares furent <i>appellés</i> en Italie par la richesse du pays. Les oiseaux &amp; les autres animaux s'<i>appellent</i> l'un l'autre par leurs chants, &amp; par leurs cris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , se dit aussi pour mander, envoyer querir, prier, convier. Les Ecornifleurs vont dîner &amp; souper chez les gens sans y être <i>appellés.</i> Plusieurs ont été <i>appellés</i> ; mais il y en a eu peu d'élûs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , se prend encore, pour inspirer, mettre au coeur, porter à faire quelque chose, &amp; se dit particulièrement quand il s'agit de Religion. <i>Incitare, stimulare.</i> Tous ceux qui embrassent la vie Monastique, n'y sont pas <i>appellés</i> de Dieu. Combien de gens se font Ecclésiastiques, sans examiner si Dieu les y <i>appelle ?</i> C'est la nécessité, &amp; non pas Dieu, qui l'a <i>appellé</i> à cette profession.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , signifie aussi, Faire venir, faire comparoître. Dieu l'a <i>appellé</i> à rendre compte de ses actions. Dieu <i>appellera</i> tous les hommes du monde en jugement. <i>Appeller</i> au Conseil, dans le propre, c'est y mander, y inviter. On a tenu un grand Conseil, où tous les Princes ont été <i>appellés.</i> Figurément, c'est consulter, écouter, déférer, avoir de la créance en quelque chose. En tous les mystères de la Religion, si nous ne voulons nous tromper, il ne faut point <i>appeller</i> notre imagination au Conseil. <i>In consilium adhibere, audire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , se dit encore, pour faire monter, faire parvenir à quelque chose de grand. <i>Evehere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , est aussi un terme de Maître d'Ecole , qui signifie, Nommer les lettres d'un mot, afin de le lire, &amp; de le prononcer. <i>Appellare litteras, enunciare litterarum elementa.</i> Mais <i>appeller</i> en ce sens est peu en usage ; on dit <i>épeller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2431" id="14" type="">
   <index type="head" value="APPELLER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , se joint aussi avec le pronom personnel, &amp; devient neut. pass. <i>Nominari, nuncupari.</i> Il s'<i>appelle</i> Jean. Il s'<i>appelle</i> Pierre. Cet oiseau s'<i>appelle</i> chardonneret. Cette fleur s'<i>appelle</i> tubéreuse.</p><p>Cela s'<i>appelle,</i> pour, cela veut dire, cela signifie, n'est bon que dans le discours familier. Les guérisons désespérées sont pour le souverain Médecin. Quand il lui plaît rien ne lui résiste. Cela s'<i>appelle</i> qu'il faut toujours espérer pour nous-même comme pour les autres. Ab. d. l. Tr. <i>C'est-à-dire,</i> eût été mieux.</p><p>On dit proverbialement, en parlant d'un homme qui ne fait rien de ce qu'on souhaite, qu'il est comme le chien de Jean de Nivelle, qu'il s'enfuit quand on l'<i>appelle.</i> Voyez l'origine de ce proverbe au mot <i>Jean.</i> Le Peuple dit aussi, Je ne m'enquête, je m'<i>appelle</i> la Roche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2431" id="15" type="chasse">
   <index type="head" value="APPELLER" />
   <index type="src_domain" value="chasse" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appeller , se dit figurément en Morale, en parlant des choses muettes qui nous avertissent, ou nous excitent à faire quelque chose. Quand l'homme peut s'étourdit sur la mort, il court étourdiment au péril où l'honneur l'<i>appelle.</i> Ablanc. Cette cloche nous <i>appelle</i> au Sermon. La trompette <i>appelle</i> les soldats au combat.</p><p>On dit en termes de chasse , qu'un chien <i>appelle</i> en faux, quand il aboie, &amp; clatit où les perdrix ont été, &amp; à la rencontre du frai de perdrix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2431" id="16" type="">
   <index type="head" value="APPELLER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>APPELLER</head>
    <p>
    Appellé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Appellatus.</i> A la Chine la qualité d'<i>Appellé</i> à la Cour par l'Empereur, est aussi considérable que celle d'un Envoyé. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2432" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="APPELLES" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>APPELLES</head>
    <p>
    APPELLES , s. m. Terme de Fleuriste . Bel oeillet, violet brun sur un fin blanc, qui porte très-bien ses feuilles. Il vient de la graine recueillie de l'orfeline. Sa plante est délicate, il porte néanmoins une fleur assez large. Il lui faut laisser trois boutons sur le montant. Cult. d. Fleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2433" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="APPENDICE" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
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    <head>APPENDICE</head>
    <p>
    APPENDICE , s. m. Terme dogmatique , qui se dit d'une chose qui est dépendante, ou comme une suite nécessaire d'une autre. <i>Appendix.</i> La misère &amp; les douleurs sont les <i>appendices</i> de la vie.</p><p>On le dit plus ordinairement des Annotations, ou Traités qu'on met après quelques Ouvrages, qui en contiennent quelques explications, ou quelques suites ou dépendances. Ce n'est pas assez d'avoir lû ce Chapitre, il faut voir l'<i>Appendice</i> qui est au bout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2433" id="2" type="medecine">
   <index type="head" value="APPENDICE" />
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   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>APPENDICE</head>
    <p>
    Appendice , en termes de Médecine , se dit de ce qui est en quelque façon détaché d'un autre partie, comme le bout de l'oreille à l'égard de la joue. Il y a des <i>appendices</i> membraneux de diverses figures dans la plupart des parties intérieures du corps. Le coecum a une <i>appendice</i> en forme d'un ver oblong, faite de la jonction des trois ligamens du colon. Elle est plus grande aux enfans nouveaux nés, qu'à ceux qui sont avancés en âge, ce qui embarrasse extrêmement les Anatomistes à se déterminer sur son usage. Dionis, qui comme l'on voit fait <i>appendice</i> féminin. Le colon, au défaut du mésentère, est arrosé par plusieurs petites <i>appendices</i> graisseuses. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2434" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPENDRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>APPENDRE</head>
    <p>
    APPENDRE , v. act. J'<i>appens,</i> j'<i>appendis,</i> j'ai <i>appendu,</i> j'<i>appendrai.</i> Pendre, attacher quelque chose dans une Eglise, ou dans un Temple. <i>Appendere.</i> Il <i>appendit</i> à Neptune les dépouilles des ennemis. Ablanc. Vous voyez un homme qui a <i>appendu</i> ses chaînes au Temple de la liberté. Saraz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2435" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPENDU, UE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPENDU, UE</head>
    <p>
    APPENDU, UE , adj. <i>Appensus.</i> Qui pend, qui est attaché dans quelque Eglise, ou dans quelque Temple. Les dépouilles <i>appendues</i> de nos ennemis disent assez quelle a été notre victoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2436" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPENS" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPENS</head>
    <p>
    APPENS , Voyez <ref type="search" target="head:APENS">APENS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2437" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPENSER" />
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    <head>APPENSER</head>
    <p>
    APPENSER , v. n. Vieux mot hors d'usage, qui signifioit, Faire quelque chose après y avoir bien pensé. <i>Rem aliquam consulto ac deliberato animo facere.</i> Il ne nous en reste que son dérivé. <i>Guet apens,</i> Ce qui se fait d'un propos délibéré. Voyez <ref type="search" target="head:APENS">APENS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2438" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPENTIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>APPENTIS</head>
    <p>
    APPENTIS , s. m. Toit qui est appliqué contre un mur, &amp; qui n'a de pente que d'un côté. <i>Appendix aedificii.</i> On fait des <i>appentis</i> à la campagne pour mettre à couvert les charrettes &amp; charrues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2438" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPENTIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>APPENTIS</head>
    <p>
    l'Appentis , chez les Charpentiers, se nomme <i>Comble à potence,</i> &amp; est composé d'une demi-ferme, qui consiste en un tirant porté sur les murs lequel est assemblé, un poinçon, une force, une contrefiche pareillement assemblée dans le corps de la force &amp; du poinçon. <i>Columen, culmen.</i> Du Cange dérive ce mot de <i>pentitium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2439" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPENZEL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>APPENZEL</head>
    <p>
    APPENZEL , s. m. <i>Abbatis cella.</i> Gros Bourg de Suisse, sur la rivière de Citter, à quatre lieues de la ville de S. Gal. Ce mot fut formé par corruption du Latin <i>Abbatis cella,</i> le cellier, ou plutôt la cellule de l'Abbé. Il fut ainsi appellé, parce qu'il dépendoit de l'Abbé de S. Gal, &amp; que c'étoit une maison de campagne de cet Abbé. <i>Appenzel</i> se racheta de la souveraineté de cet Abbé en 1408.</p><p>Le Canton d'<i>Appenzel, Abbatiscellensis pagus</i> ; c'est un des Cantons Suisses, ou l'une des treize Républiques qui forment la République générale des Suisses. Il prend son nom du Bourg d'<i>Appenzel,</i> qui en est le principal lieu. Il a au Nord l'Abbaye de S. Gal, au Couchant le Comté de Toggenberg, au Midi le Comté de Sargans, au Levant le Rhinthal. On le divise en deux parties, l'intérieure &amp; l'extérieure. Le Canton d'<i>Appenzel</i> n'est entré que le dernier dans la Confédération des Suisses en 1513.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2440" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPERCEVABLE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPERCEVABLE</head>
    <p>
    APPERCEVABLE , Voyez <ref type="search" target="head:APERCEVABLE">APERCEVABLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2441" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPERCEVOIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPERCEVOIR</head>
    <p>
    APPERCEVOIR , Voyez <ref type="search" target="head:APERCEVOIR">APERCEVOIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2442" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPERT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPERT</head>
    <p>
    APPERT , Voyez <ref type="search" target="head:APERT">APERT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2443" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPERTEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPERTEMENT</head>
    <p>
    APPERTEMENT , Voyez <ref type="search" target="head:APERTEMENT">APERTEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2444" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPESANTIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPESANTIR</head>
    <p>
    APPESANTIR , v. act. Rendre plus pesant &amp; plus lourd. <i>Aggravare.</i> L'adresse d'un Charpentier de navires, est de choisir des bois qui n'<i>appesantissent</i> point un vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2444" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPESANTIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPESANTIR</head>
    <p>
    Appesantir , se dit figurément en Morale. Dieu <i>appesantit</i> quelquefois sa main sur les pécheurs ; pour dire, il les punit sévèrement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2444" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPESANTIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPESANTIR</head>
    <p>
    Appesantir , au figuré, se dit aussi de l'esprit, &amp; c'est le rendre moins vif, moins subtil, lui ôter une partie de son feu &amp; de sa vivacité. <i>Affigere humi animum.</i> Les nécessités de la vie présente <i>appesantissent</i> l'esprit, quelque actif &amp; pénétrant qu'il soit. Nicol.</p><p>On le dit aussi avec le pronom personnel. <i>Ingravescere.</i> Le corps s'<i>appesantit</i> avec l'âge, il fait plus lentement ses fonctions. L'esprit s'<i>appesantit ;</i> pour dire, se débilite. Cet Auteur charge trop ses descriptions, &amp; s'<i>appesantit</i> sur les détails. La Bruy. Quand nous ne nous lasserons point de baiser la main de Dieu, lorsqu'elle s'<i>appesantit</i> sur nous, nous trouverons le moyen de la rendre plus douce, ou de la ressentir plus légère. Ab. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2444" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPESANTIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPESANTIR</head>
    <p>
    Appesanti, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Aggravatus.</i> J'ai les yeux <i>appesantis.</i> J'ai la tête <i>appesantie.</i></p><p>Ces mots viennent de <i>pondus, poids.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2445" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPESANTISSEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>APPESANTISSEMENT</head>
    <p>
    &#9758; APPESANTISSEMENT , s. m. v. L'état d'une personne appesantie, soit de corps, soit d'esprit, par l'âge, par la maladie, par le sommeil, &amp;c. Il est dans un grand <i>appesantissement. Appesantissement</i> d'esprit. Acad. Fr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2446" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="APPETENCE" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>APPETENCE</head>
    <p>
    &#9758; APPETENCE , s. f. Terme dogmatique , pour exprimer l'action d'appéter, ou de tendre. L'<i>appétence</i> des corps à leur centre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2447" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="APPÉTER" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÉTER</head>
    <p>
    APPÉTER , v. act. Terme dogmatique . Desirer. <i>Appetere, desiderare.</i> Il ne se dit guère que des desirs qui viennent des causes naturelles. Les corps graves <i>appètent</i> le centre. L'instinct naturel des animaux fait qu'ils n'<i>appètent</i> que les choses qui leur sont propres. Les Médecins disent, l'estomac <i>appete</i> cet aliment, il <i>appète</i> certain ragoût ; pour dire, il desire, il envie. Ce mot est fort peu usité. On ne voit guère que quelques Médecins barbons qui s'en servent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2447" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPÉTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÉTER</head>
    <p>
    Appété, ée , part. <i>Appetitus, desideratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2448" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPÉTISSANT, ANTE" />
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    <head>APPÉTISSANT, ANTE</head>
    <p>
    APPÉTISSANT, ANTE , adj. Qui réveille l'appétit. <i>Appetentiam, aviditatem sui excitans.</i> Les ragoûts, les grillades, sont des mets fort <i>appétissans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2448" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPÉTISSANT, ANTE" />
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    <head>APPÉTISSANT, ANTE</head>
    <p>
    Appétissant, ante , se dit aussi au figuré, &amp; signifie, qui est desirable, souhaitable. <i>Illecebrosus.</i> Que vos dents sont amoureuses, &amp; vos lèvres appétissantes ? Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2448" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPÉTISSANT, ANTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÉTISSANT, ANTE</head>
    <p>
    Appetissant, ante , est aussi un gérondif du verbe appétisser dans le sens, devenir petit. L'on ne doit point mettre d'accent sur le premier <i>e,</i> parce qu'il est muet. Ainsi il faut prononcer comme s'il y avoit <i>aptissant.</i> Il signifie, qui s'appetisse, qui devient plus petit. <i>Quod minuitur, contrahitur, decrescit.</i> S. Amand a dit d'un fromage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2449" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPETISSEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPETISSEMENT</head>
    <p>
    APPETISSEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:APETISSEMENT">APETISSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2450" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPETISSER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPETISSER</head>
    <p>
    APPETISSER . Voyez <ref type="search" target="head:APETISSER">APETISSER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2451" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPÉTISSER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPÉTISSER</head>
    <p>
    APPÉTISSER , signifie, Tâcher à retrouver son appétir. <i>Edendi cupiditatem lacessere, stimulare.</i> Voyez si vous pourrez vous <i>appétisser</i> sur cette perdrix. Ce mot n'est pas fort en usage. Le premier <i>e</i> est fermé, à la différence du mot Apetisser, Rendre plus petit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2451" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPÉTISSER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÉTISSER</head>
    <p>
    Appétissé, ée , adj. Qui a desir de manger. <i>Cibi appetens, cupidus, avidus.</i> Il ne se sent pas bien <i>appétissé</i> aujourd'hui. Le mot <i>appétissé</i> n'est en usage parmi les honnêtes gens, que pour signifier, qui est devenu plus petit : &amp; en ce sens le premier <i>e</i> est muet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2452" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPÉTIT" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÉTIT</head>
    <p>
    APPÉTIT , s. m. Passion de l'ame qui nous porte à desirer quelque chose ; faculté interne, par laquelle l'ame est émue &amp; affectée en vûe d'un bien qu'elle souhaite, &amp; d'un mal qu'elle appréhende. <i>Pars animi quae appetitus habet.</i> Les <i>appétits</i> charnels, sensuels. <i>Voluptates.</i> En Philosophie on n'admet que deux <i>appétits</i> ; le concupiscible, qui nous porte à souhaiter &amp; à chercher le bien, <i>vis concupiscendi ;</i> &amp; l'irascible, qui nous porte à craindre &amp; à éviter le mal, <i>vis irascendi.</i> Le Sage commande à ses <i>appétits</i> déréglés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2452" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPÉTIT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPÉTIT</head>
    <p>
    Appétit , se dit plus particulièrement de la faim, du desir de manger. <i>Cibi appetentia, aviditas.</i> Ce malade a perdu l'<i>appétit,</i> il a un <i>appétit</i> déréglé. Les salines excitent l'<i>appétit.</i> On appelle populairement certaines viandes, de l'<i>appétit,</i> comme les harengs sorets, le petit mêtier, l'échalotte, les raves, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2452" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPÉTIT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÉTIT</head>
    <p>
    Appétit , se dit aussi au figuré, d'une ardente passion de venir à bout de quelque <i>c</i>hose, d'un desir véhément de se satisfaire. <i>Cupiditas, libido, cupiditates.</i> Il y avoit je ne sai quel <i>appétit</i> de vengeance à cela. Ablanc. Commander à la violence de ses <i>appétits.</i> Id. Ses <i>appétits</i> n'ont point d'autres bornes que celui de la fortune. Id.</p><p>On dit adverbialement, A l'<i>appétit</i> d'une telle somme cette affaire a manqué ; c'est-à-dire, pour avoir voulu épargner quelque chose, pour ne l'avoir pas fournie. <i>Hujus rei gratiâ, causâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2452" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPÉTIT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPÉTIT</head>
    <p>
    Appétit , se dit proverbialement en ces phrases. Un chicaneur a toujours bon <i>appétit</i> ; pour dire, a grande avidité d'avoir du bien. Ce jeune homme est un cadet de haut <i>appétit.</i> C'est un <i>appétit</i> de femme grosse ; c'est-à-dire, un <i>appétit</i> bisarre, ou d'une personne dégoûtée. Changement de corbillon donne <i>appétit</i> de pain-benit. Vous avez l'<i>appétit</i> ouvert de bon matin ; pour dire, Vous desirez trop tôt une chose. Il n'est sauce que d'<i>appétit</i> ; pour dire, que la faim fait trouver bon tout ce que l'on mange, ou que l'<i>appétit</i> est la meilleure sauce que l'on puisse avoir. On dit aussi, qu'en mangeant l'<i>appétit</i> vient ; pour dire, que plus on en a, &amp; plus on en veut avoir. Ce proverbe vient d'Amiot, Evêque d'Auxerre, qui ayant dit d'abord au Roi Henri III. que son ambition étoit bornée, &amp; qu'il se contenteroit d'un petit Bénéfice, qu'on lui donna alors, ne laissa pas de demander l'Evêché d'Auxerre. Et comme le Roi lui reprocha que cela étoit contre ses premiers sentimens, il répondit, Sire, l'<i>appétit</i> vient en mangeant ; ce qui a été dit depuis en toutes sortes d'occasions. Il est demeuré sur son <i>appétit</i> ; pour dire, Il n'est pas pleinement satisfait, rassasié. En style de rebus un grand <i>G</i> peint auprès <pb n="290" facs="bpt6k8542165/f330/full/1200,/0/native.jpg"/>d'un petit <i>a,</i> veut dire, <i>J'ai grand appétit. G</i> grand, <i>a</i> petit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2452" id="5" type="traiteur">
   <index type="head" value="APPÉTIT" />
   <index type="src_domain" value="traiteur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>APPÉTIT</head>
    <p>
    Appétits , s. m. plur. Terme de Traiteur , ce sont des petites herbes fines, dont on assaisonne les salades &amp; différens ragoûts : ces herbes sont le cerfeuil, la ciboulette, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2452" id="6" type="morale">
   <index type="head" value="APPÉTIT" />
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    <head>APPÉTIT</head>
    <p>
    Appétitif, ive , adj. <i>Appetendi vis, facultas.</i> Terme de Morale , qui se dit de la faculté qui est en nous <i>appétitive,</i> ou concupiscible.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2453" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPIADE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>APPIADE</head>
    <p>
    APPIADE , s. f. <i>Appias,</i> &amp; au pluriel APPIADES, <i>Appiades.</i> Surnom que l'on donnoit aux Divinités, dont les Temples étoient à Rome proche des eaux ou fontaines d'Appius. Quelques-uns n'en comptent que deux, Vénus &amp; Pallas ; d'autres en mettent cinq, ajoûtant à ces deux-ci, la Concorde, la Paix &amp; Vesta. Il paroît par un endroit d'Ovide, où parlant à Vénus, il lui dit, Vous &amp; vos <i>Appiades,</i> qu'il y en avoit plus d'une avec cette Déesse. Voyez <ref type="search" target="head:Coel">Coel</ref>. Rhodig. Liv. XII. chap. I. Turneb. <i>Adv. Lib. V. cap.</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2454" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPIEN, ENNE" />
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    <head>APPIEN, ENNE</head>
    <p>
    APPIEN, ENNE , adj. <i>Appius.</i> Qui est fait par Appius, qui appartient par quelque endroit à Appius. Ce mot n'est d'usage qu'au féminin dans cette phrase. La <i>voie Appienne, via Appia</i> ; nom d'un grand chemin, qui prenant à la porte Capène, conduisoit de Rome jusqu'à Brindes, à l'extrémité de l'Italie vers l'Orient. Ce fut Appius Claudius, qui étant Censeur, le fit faire l'an de Rome 441. &amp; son nom lui fut donné. La voie <i>Appienne</i> est un des beaux ouvrages des Romains ; elle subsiste encore, au moins en bien des endroits, &amp; est pavée, dit-on, non pas de petits pavés, comme ceux de nos grands chemins &amp; de nos rues, mais de grands pavés, tels que ceux dont on pave nos Eglises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2455" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPIÉTRIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPIÉTRIR</head>
    <p>
    APPIÉTRIR . Voyez <ref type="search" target="head:APIÉTRIR">APIÉTRIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2456" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLANER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLANER</head>
    <p>
    APPLANER . Voyez <ref type="search" target="head:APLANER">APLANER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2457" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLANEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLANEUR</head>
    <p>
    APPLANEUR . Voyez <ref type="search" target="head:APLANEUR">APLANEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2458" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLANIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLANIR</head>
    <p>
    APPLANIR . Voyez <ref type="search" target="head:APLANIR">APLANIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2459" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLANISSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLANISSEMENT</head>
    <p>
    APPLANISSEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:APLANISSEMENT">APLANISSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2460" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLANISSEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLANISSEUR</head>
    <p>
    APPLANISSEUR . Voyez <ref type="search" target="head:APLANISSEUR">APLANISSEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2461" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLATIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLATIR</head>
    <p>
    APPLATIR . Voyez <ref type="search" target="head:APLATIR">APLATIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2462" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLATISSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>APPLATISSEMENT</head>
    <p>
    &#9758; APPLATISSEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:APLATISSEMENT">APLATISSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2463" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLAUDIR" />
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    <head>APPLAUDIR</head>
    <p>
    APPLAUDIR , v. n. Battre des mains pour témoigner qu'on approuve quelque chose. <i>Plaudere, applaudere.</i> Tous les écoliers ont <i>applaudi</i> à celui qui a soutenu cette Thèse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2463" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPLAUDIR" />
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    <head>APPLAUDIR</head>
    <p>
    Applaudir , signifie figurément, Louer quelque action, ou quelque discours. Quand une opinion est nouvelle, tout le monde y <i>applaudit.</i> Ce Capitaine a fait en tel endroit une belle action, tout le monde lui a <i>applaudi.</i> Le vice des flatteurs, c'est qu'ils <i>applaudissent</i> au mal aussi-tôt qu'au bien. Ils ne faisoient que lui <i>applaudir</i> des yeux &amp; du visage. Vaug. Ils <i>applaudissoient</i> à tous ces divertissemens. Ablanc. Les hommes n'aiment point à admirer les autres ; ils cherchent eux-mêmes à être goûtés &amp; à être <i>applaudis.</i> La Bruy. Il n'est pas besoin d'avoir une complaisance fade pour tout ce que disent les autres, ni de leur <i>applaudir</i> niaisement. Bell. Tel vous semble <i>applaudir,</i> qui vous raille &amp; vous joue. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2463" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPLAUDIR" />
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    <head>APPLAUDIR</head>
    <p>
    Applaudir , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; signifie s'admirer soi-même, se savoir bon gré de ce qu'on a fait, s'en féliciter. <i>Sibi plaudere, mirari se se.</i> Quel supplice d'entendre un fat qui s'<i>applaudit</i> d'une pensée usée &amp; triviale ? Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2463" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPLAUDIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLAUDIR</head>
    <p>
    Applaudi, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Applausus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2464" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLAUDISSEMENT" />
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    <head>APPLAUDISSEMENT</head>
    <p>
    APPLAUDISSEMENT , s. m. Appobration qu'on fait par un battement de mains. <i>Plausus, applausus.</i> Il n'y a plus qu'au Collége où on fasse des <i>applaudissemens</i> par des battemens de mains, &amp; où ce mot se puisse dire au propre ; mais au figuré on le dit des acclamations, ou des louanges qui se donnent par plusieurs personnes ensemble. Les Tragédies de Corneille ont eu un <i>applaudissement</i> universel. Le Prince a fait son entrée avec de grands <i>applaudissemens.</i> Cette valeur indiscrète, emportée, qui cherche le danger pour le danger même, n'a pour but que les <i>applaudissemens</i> des hommes. Bell. Le Sage ne se répaît point des <i>applaudissemens</i> du vulgaire. Mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2465" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLAUDISSEUR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>APPLAUDISSEUR</head>
    <p>
    &#9758; APPLAUDISSEUR , s. m. Qui applaudit. Ce mot est nouveau. Les ouvrages dignes de mépris trouvent enfin de nombreux <i>applaudisseurs,</i> qui peu à peu se sont familiarisés avec le médiocre &amp; le mauvais. La tragédie d'Abensaïd par M. l'Abbé le Blanc, a eu un succès qui fait en quelque sorte autant d'honneur aux <i>applaudisseurs</i> qu'à l'Auteur même. <i>Observ. sur les éc. mod.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2466" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="APPLÉGÉ, ÉE" />
   <index type="src_domain" value="droit" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLÉGÉ, ÉE</head>
    <p>
    APPLÉGÉ, ÉE , adj. Terme de Droit . Dénoncement <i>applégé,</i> est un dénoncement pour lequel on donne plége, ou caution. Accusation <i>applégée.</i> Voyez les Coutumes d'Anjou &amp; du Maine, &amp; le style de Touraine. Une personne bien <i>applégée,</i> est une personne bien cautionnée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2467" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="APPLÉGEMENT" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APPLÉGEMENT</head>
    <p>
    APPLÉGEMENT , s. m. Terme de Coutume . Action, ou acte, par lequel on donne plége, ou caution. <i>Satisdatio. Instrumentum satisdationis.</i> Voyez l'ancienne Coutume d'Anjou. Au premier livre des Etablissemens de France, les <i>applégemens</i> &amp; contre-applégemens sont expliqués de cette manière : Si aucuns hom vient à son Seigneur, soit Gentilhomme, ou Coutumiers, pourquoi li Sires ait voerie en sa terre, &amp; il die : Sire, un riches hom est venus à moi d'une méson, ou de pré, ou de vignes, ou de terres, ou de cens, ou d'autres choses, &amp; m'a dessaisi de nouvelle desseisine, que j'ay explaitié au sceu &amp; veu, en servage de Seigneur, en jusques à ores, qu'il m'en a dessaisi à tort &amp; à force, dont je vous pri que vous pregniez la chose en votre main. Li Sire li doit répondre : Li feré-je se vous metez pleiges à poursuivre le plet, à ce que s'il vous a dessaisi à tort &amp; à force, si comme vous avez dit. Et se il ne met pleiges, li Sires n'a mie à dessaisir l'autre ; &amp; se il dit : Je vous en mettré volontiers bons pleiges, il doit donc les pleiges prendre bons &amp; suffisans, selon ce que la querelle sera grande ; &amp; quand il aura pris bons pleiges, il doit l'autre partie mander par certains mesages, &amp; li doit dire que cil a mis bons pleiges, &amp; que il l'a dessaisi à tort &amp; à force, &amp; de telle chose, &amp; la nommera l'en, je vuel savoir se vous mettrez pleiges au deffendre la ; &amp; se il dist : Je ni mettré ja pleiges, l'en doit l'autre laisser en la saisine pour les pleiges que il a mins ; &amp; ce cil dist : Je i mettré bons pleiges au deffendre, que il ni a riens eu, &amp; que ce est ma droiture, la Justice li doit mettre jour aus deux parties, &amp; tenir la chose en sa main, jusques à tant que le quiex que soit ait gaignié la saisine par droit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2467" id="2" type="vieille pratique du palais">
   <index type="head" value="APPLÉGEMENT" />
   <index type="src_domain" value="vieille pratique du palais" />
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    <head>APPLÉGEMENT</head>
    <p>
    Applégement de refus de plége . Terme de la vieille pratique du Palais . C'est se plaindre au Juge Supérieur de ce que l'inférieur n'a pas voulu ordonner de la main levée en donnant caution.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2467" id="3" type="coutume">
   <index type="head" value="APPLÉGEMENT" />
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    <head>APPLÉGEMENT</head>
    <p>
    Appléger , v. act. Vieux terme de Coutume . <i>Appléger</i> &amp; cautionner un marché, c'est donner <i>plége,</i> ou caution, d'un marché que l'on fait. Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2468" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLICABLE" />
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    <head>APPLICABLE</head>
    <p>
    APPLICABLE , adj. m. &amp; f. Ce qu'on destine, ce qu'on doit appliquer à quelque chose. <i>Applicandus, addicendus.</i> Dans les défenses des Lettres de Chancelerie, on met toujours, A peine d'amende <i>applicable</i> un tiers à nous, un tiers à l'exposant, &amp; un tiers à l'Hôtel-Dieu. Il faut blanchir &amp; préparer une bordure, avant que l'or soit <i>applicable</i> dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2469" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLICATION" />
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    <head>APPLICATION</head>
    <p>
    APPLICATION , s. f. Action par laquelle on applique une chose à une autre en les approchant. <i>Applicatio, admotio, Application</i> à la question. <i>Application</i> d'un coup de poing. <i>Application</i> d'une emplâtre. Enseigner, apprendre l'<i>application</i> de l'appareil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2469" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPLICATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPLICATION</head>
    <p>
    Application , se dit au figuré de l'esprit, &amp; signifie attention. <i>Attentio, intentio.</i> Il travaille avec une extrême <i>application.</i> La Poësie demande une grande <i>application</i> d'esprit. God. On remarque que ceux qui s'appliquent aux mots &amp; aux embellissemens, conçoivent les choses moins fortement, parce que leur esprit n'étant pas capable de cette double <i>application,</i> ce premier soin affoiblit la vigueur de leurs pensées. Port-R. Ces esprits profonds, dont la conduite est le fruit d'une <i>application</i> chagrine ou laborieuse, laissent lire sur leur visage l'importance de leurs projets. Les Asiatiques fuyoient le travail, jusqu'à l'<i>application</i> un peu tendue au discours. Perr. Nous ne considérons qu'avec dégoût, &amp; sans beaucoup d'<i>application,</i> les idées abstraites de l'entendement. Maleb. L'<i>application</i> continuelle des Savans à la lecture, les rend distraits, &amp; les enfonce en eux-mêmes. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2469" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPLICATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPLICATION</head>
    <p>
    <pb n="291" facs="bpt6k8542165/f331/full/1200,/0/native.jpg"/> Application , se dit aussi d'une personne qui ajuste, qui accommode, qui fait quadrer une chose à son sujet. <i>Accommodatio, traductio.</i> L'<i>application</i> de l'Apologue me semble dangereuse. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2469" id="4" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="APPLICATION" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Religion" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLICATION</head>
    <p>
    Application , signifie aussi la destination d'une chose à son usage. <i>Addictio, destinatio.</i> On fait l'<i>application</i> des sommes d'argent qu'il a laissées par son testament.</p><p>L'Application des mérites de Jesus-Christ, est un terme dogmatique , qui signifie, l'action, ou l'acte par lequel Jesus-Christ, nous donne, nous cède, nous transporte son droit aux biens qu'il a mérités par sa très-sainte vie, &amp; par sa mort &amp; passion ; c'est-à-dire, à la grace en cette vie, &amp; à la gloire éternelle en l'autre, que nous ne saurions mériter par nous-mêmes ; avec lesquelles nos actions même les plus saintes n'ont d'elles-mêmes aucune proportion. C'est l'<i>application</i> des mérites de Jesus-Christ, qui nous rend dignes de l'héritage céleste. L'<i>application</i> des mérites de Jesus-Christ, demande en nous de grandes dispositions. Ce sont celles qu'il faut apporter aux Sacremens, &amp; que le Concile de Trente explique dans la VIe Session.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2470" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPLIQUE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPLIQUE</head>
    <p>
    APPLIQUE , s. f. Ouvrage par lequel on applique, on enchasse quelque chose sur une autre, comme sont les ouvrages de rapport &amp; de marqueterie, de demasquinure. <i>Vermiculatum, Tessellatum opus.</i></p><p>En Orfèvrerie on appelle, Pièce d'<i>applique,</i> tout ce qui s'assemble, soit par charnières, coulisses, goupilles, vis, écroues, agraffes, cliquets, crampons, boucles, clous, ou rivures.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    APPLIQUER , v. act. Attacher, poser, mettre une chose sur une autre. <i>admovere, apponere.</i> Il y a plusieurs manières d'<i>appliquer</i> ; comme, celle d'attacher avec des liens, <i>appliquer</i> un homme au carcan, à la question ; ou avec quelque matière gluante, <i>appliquer</i> une affiche à une porte, une emplâtre sur une plaie ; de l'or sur une bordure ; ou avec des chevilles &amp; ferremens, <i>appliquer</i> des moulures sur une menuiserie ; ou avec des simples filets ; <i>appliquer</i> une broderie sur un habit, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Appliquer . , se dit aussi de ce qui se fait par un simple attouchement passager. <i>Appliquer</i> des ventouses, des sangsues, des cautères. <i>Cucurbitas imponere, aptare, admovere. Appliquer</i> un soufflet, un coup de pied, des coups de bâton. <i>Colaphum, calcem, fustem impingere.</i> Il faut <i>appliquer</i> l'agent avec le patient pour produire quelque effet. <i>Componere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Appliquer , se dit aussi en parlant de la destination, de l'emploi qu'on fait de quelque chose. <i>Addicere, destinare.</i> Un bon Juge <i>applique</i> toutes les amendes au pain des prisonniers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Appliquer , signifie quelquefois, Approprier à un autre, ou à soi-même, donner à quelqu'un, ou prendre pour soi. <i>Accommodare, aptare, traducere.</i> Cet homme s'<i>applique</i> bien des choses qui ne lui conviennent guère. Un avare ne s'<i>applique</i> jamais ce qu'on dit en général contre l'avarice. Cet homme est ombrageux, il s'est <i>appliqué</i> une histoire qui ne le regardoit point.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Appliquer , se dit aussi en matière de piété, &amp; signifie Donner, procurer, conférer. <i>Conferre, impertire.</i> Les Sacremens de la nouvelle Alliance, sont des instrumens du Saint Esprit, qui servent à nous <i>appliquer</i> la grace. Boss. C'est aussi par les Sacremens que Jesus-Christ nous <i>applique</i> ses mérites, c'est-à-dire, qu'il nous communique ses droits, qu'il nous fait participans des mérites infinis qu'il a acquis, &amp; du droit qu'il a comme Homme-Dieu, en vertu de ses mérites, de ses actions &amp; de ses souffrances, aux biens surnaturels de la grace &amp; de la gloire ; de sorte qu'en conséquence &amp; en vertu de cette cession, de ce transport qu'il nous fait de ses droits, Dieu nous donne ces biens qu'il a mérités.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Apliquer , s'emploie aussi souvent avec le pronom personnel, &amp; sur-tout parmi les Chirurgiens, signifie, Se poser, se mettre. <i>Imponi, accommodari, admoveri.</i> Les bandes &amp; les compresses s'<i>appliquent</i> mieux étant mouillées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2471" id="7" type="">
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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Appliquer , en Astrologie, se dit lorsqu'une planète plus légère, ou d'un mouvement plus violent, va à une autre plus tardive, ou à son aspect. La Lune <i>applique</i> à la conjonction de Saturne, lorsqu'elle est au premier degré d'Ariès, &amp; Saturne au sixième.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2471" id="8" type="">
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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Appliquer , avec le pronom personnel, se dit aussi au figuré de l'esprit, &amp; des facultés de l'ame. <i>Animum adjungere, intendere.</i> Il signifie, S'attacher, se donner tout entier à une chose, auquel sens il régit toujours le nom qui suit au datif, &amp; le verbe à l'infinitif avec la particulè <i>à.</i> S'<i>appliquer</i> à la lecture des bons livres. Il s'<i>applique</i> à la Géométrie. J'aimerois mieux qu'on s'<i>appliquât</i> à quelque chose qui ne fût pas tout-à-fait bon, que de ne s'<i>appliquer</i> à rien. M. Scud. Il ne s'<i>applique</i> qu'à médire. Il y a des gens d'une délicatesse si chagrine, qu'ils ne s'<i>appliquent</i> qu'à chercher les défauts des autres, pour le plaisir de les critiquer. Bell. On dit absolument d'un homme, qu'il s'<i>applique</i> ; pour dire, qu'il travaille, qu'il s'attache fortement à sa profession, ou à quelque ouvrage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2471" id="9" type="">
   <index type="head" value="APPLIQUER" />
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    <head>APPLIQUER</head>
    <p>
    Appliqué, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Attentus, intentus.</i> On appelle absolument, un homme <i>appliqué,</i> celui qui est fort attaché à l'étude d'une science, à une profession.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2472" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="APPLIS" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>APPLIS</head>
    <p>
    APPLIS . Terme de Coutume . En Bresse on nomme <i>applis,</i> les cordages &amp; autres choses semblables que le Propriétaire fournit à son métayer lorsqu'il entre dans sa terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2473" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPOINT" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>APPOINT</head>
    <p>
    &#9758; APPOINT , s. m. Menue monnoie que l'on donne ou que l'on ajoûte pour achever une somme que l'on ne peut faire en grosses pièces. Pour faire cent francs, il faut quatre louis de 24 livres, un ecu de 3 livres, &amp; un <i>appoint</i> de 20. sols en monnoie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2474" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPOINTEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>APPOINTEMENT</head>
    <p>
    APPOINTEMENT , s. m. Gages, pension qu'un Grand Seigneur donne pour retenir d'honnêtes gens à son service. <i>Idonea ad victum cultumque praesidia à Principe attributa, assignata.</i> Le Roi donne de grands <i>Appointemens</i> aux Officiers qui le servent. Il y a cette différence entre gages, &amp; <i>appointemens,</i> que les gages sont certains &amp; ordinaires, attribués aux Officiers par Edits &amp; Patentes, &amp; se payent par les Trésoriers ordinaires ; au lieu que les <i>appointemens</i> sont des pensions, ou gratifications annuelles que le Roi accorde par Brevet pour un temps incertain, &amp; se payent au Trésor Royal. Dans les maisons ordinaires, comme le mot d'<i>appointement</i> est plus honnête, on le dit des hauts Officiers, comme Intendans &amp; Secrétaires ; &amp; <i>gages</i> se dit des moindres domestiques.</p><p>Lorsqu'un homme aide à la dépense, à la subsistance d'un autre qui n'a pas dequoi subsister commodément par lui-même, on dit familièrement, C'est lui qui fournit à l'<i>appointement.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement qu'un homme a été chargé d'<i>appointement</i> ; pour dire qu'il a été bien battu : par une méchante allusion avec les poings qui servent à le frapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2474" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPOINTEMENT" />
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    <head>APPOINTEMENT</head>
    <p>
    Appointement , en terme de Palais , se dit des règlemens ou jugemens qui établissent la contestation des parties, où l'on rédige leurs qualités, &amp; les conclusions des demandes sur lesquelles seulement les parties doivent écrire, &amp; produire, &amp; les Juges prononcer. <i>Decretum, dictum, interdictum.</i> L'<i>appointement</i> est ce qui fait la contestation en cause, après lequel on ne peut décliner, ni évoquer. Les Juges ne peuvent prononcer que sur ce qui est compris dans les <i>appointemens.</i> Il y a plusieurs sortes d'<i>appointemens.</i> Le premier est un <i>appointement</i> en droit qu'on donne en première instance, quand les parties ont fait quelque demande où il s'agit du droit. Le second est l'<i>appointement</i> en faits contraires, quand il ne s'agit que des faits qu'il est permis à chacun de verifier. Le troisième à écrire &amp; produire, &amp; donner cause d'appel, comme quand on appointe une cause sur le rôle à la Grande Chambre. L'<i>appointement</i> au Conseil étoit autrefois une espèce de délai que les Juges donnoient aux parties pour instruire plus parfaitement le procès, &amp; pour prendre conseil des Avocats ; d'où vient que dans plusieurs Provinces, les Juges subalternes qui ne peuvent juger sur les playdoyers faits en la cause, mettent encore dans leurs <i>appointemens,</i> que les parties corrigeront &amp; remettront. Le quatrième à ouïr droit, en matière criminelle, après le recollement &amp; la confrontation. On dit aussi un <i>appointement</i> en droit &amp; joint, quand on forme incidemment quelques demandes qui sont appointées &amp; jointes au procès. Il y a aussi des <i>appointemens</i> à mettre en matières sommaires &amp; provisoires, qui obligent à mettre &amp; produire les pièces dans trois jours pardevant un Rapporteur nommé.</p><p>On appelle aussi <i>appointemens,</i> les jugemens en forme d'arrêt tout dressés, qu'on fait recevoir à l'Audience, pour les autoriser, quand les parties en sont d'accord, ou quand <pb n="292" facs="bpt6k8542165/f332/full/1200,/0/native.jpg"/>elles ont été renvoyées au Parquet pour les juger, ou pardevant les anciens Avocats. En ce cas les Procureurs passent entr'eux les <i>appointemens,</i> ou le Procureur qui résiste est sommé de comparoir à l'Audience pour voir recevoir l'<i>appointement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2475" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="APPOINTER" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APPOINTER</head>
    <p>
    APPOINTER , v. act. Terme de Palais . Prononcer un appointement. <i>Constituere, decernere. Appointer</i> une Requête. <i>Libello supplici decretum inscribere.</i> Quand les Juges veulent favoriser une méchante cause, ils sont d'avis de l'<i>Appointer,</i> au lieu de la juger. Dans les appointemens volontaires le dispositif porte, <i>Appointé,</i> &amp; oui sur ce le Procureur Général du Roi : &amp; on appelle ces Arrêts, <i>Arrêts</i> d'<i>Appointé.</i></p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>appunctare,</i> qui signifioit non seulement, Terminer &amp; vuider une affaire, mais aussi la mettre en état de juger, &amp; l'instruire, ensorte que les faits &amp; les demandes fussent certaines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2475" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPOINTER" />
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    <head>APPOINTER</head>
    <p>
    Appointer , signifie aussi, Donner des gages, des appointemens. <i>Idonea, necessaria ad victum cultumque praesidia assignare.</i> Cet Officier est <i>appointé</i> de mille écus par an ; il reçoit mille écus du Roi pour son service.</p><p>On dit proverbialement, que des gens sont toujours <i>appointés</i> contraires, quand ils se contredisent toujours, lorsqu'ils ont de différentes opinions, &amp; de différens intérêts. <i>Adversi, dissidentes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2475" id="3" type="corroyeur">
   <index type="head" value="APPOINTER" />
   <index type="src_domain" value="corroyeur" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>APPOINTER</head>
    <p>
    Appointer . Terme de Corroyeur . C'est fouler un cuir pour la dernière fois, &amp; le tenir prêt à mettre en suif. <i>Subigere ultimùm. Appointer</i> une vache.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2475" id="4" type="tapissier">
   <index type="head" value="APPOINTER" />
   <index type="src_domain" value="tapissier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPOINTER</head>
    <p>
    Appointer . Terme de Tapissier . C'est plier un matelas en deux, &amp; y coudre vers chaque bout deux ou trois points pour l'arrêter. <i>Appointez</i> ce matelas, &amp; l'emportez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2475" id="5" type="">
   <index type="head" value="APPOINTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPOINTER</head>
    <p>
    Appointé, ée , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe en Latin comme en François.</p><p>On appelle à la guerre des soldats <i>appointés,</i> ceux qui ont une plus haute paye que les soldats ordinaires, pour être anciens dans le service. <i>Cui majus stipendium assignatum est.</i> Il y a eu aussi des Officiers <i>appointés,</i> qui avoient quelques gratifications du Roi, même hors le service. Mais ces choses changent souvent, &amp; sont maintenant peu en usage.</p><p>Ce mot vient de ce qu'autrefois on disoit, <i>Appointer</i> un soldat ; pour dire, le mettre au rang de ceux qui devoient faire la pointe en quelque assaut, ou occasion périlleuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2475" id="6" type="blason">
   <index type="head" value="APPOINTER" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>APPOINTER</head>
    <p>
    Appointé , en termes de Blason , se dit des pièces qui se touchent par les pointes : comme deux chevrons opposés, des épées, des flèches, &amp; autres pièces semblables mises en pairle, peuvent être <i>appointées</i> en coeur. <i>Cuspidibus obversis positi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2476" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPOINTEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPOINTEUR</head>
    <p>
    APPOINTEUR , s. m. se dit odieusement de ces Juges extraordinaires qui ne viennent à l'Audience que rarement, &amp; pour faire appointer la cause d'une partie qu'ils veulent favoriser, en cas qu'elle baste mal. <i>Interventor.</i> Dans le temps qu'il ne falloit que quatre <i>Appointeurs</i> pour empêcher le jugement d'une cause, ces gens étoient fort dangereux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2476" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPOINTEUR" />
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    <head>APPOINTEUR</head>
    <p>
    Appointeur , se dit quelquefois de ces gens qui s'empressent à faire toutes sortes d'accommodemens. <i>Sequester, Internuntius.</i> Rabelais fait une agréable histoire des <i>Appointeurs</i> de procès, Perrin Dandin, &amp; Thenot Dandin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2477" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPORT" />
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    <head>APPORT</head>
    <p>
    APPORT , s. m. Lieu public, espèce de marché où on apporte des marchandises pour vendre. <i>Locus adeuntium frequentiâ celeber.</i> A Paris il y a deux <i>Apports</i> ; l'<i>Apport</i> Baudoyer vers Saint Gervais, &amp; l'<i>Apport</i> de Paris au Grand Châtelet. Le peuple par corruption les appelle <i>Porte Baudets,</i> &amp; <i>Porte de Paris.</i> A la campagne on appelle <i>Apport,</i> le concours du peuple, ou des Marchands qui viennent de quelques lieues à la ronde à la fête d'un Patron de village.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2477" id="2" type="palais">
   <index type="head" value="APPORT" />
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    <head>APPORT</head>
    <p>
    Apport , en termes de Palais , est un acte que l'on donne à celui qui dépose un écrit. <i>Scheda depositi,</i> ou <i>commissi instrumenti testis.</i> Par exemple, un particulier a un écrit sous sein privé, auquel il veut donner une date certaine ; il le porte chez un Notaire ; cet acte contient que le particulier <i>N.</i> demeurant ... est comparu tel jour, a déposé &amp; mis ès mains de <i>N.</i> l'un des Notaires soussignés l'original de ... pour le garder &amp; mettre au rang de ses minutes, &amp; en délivrer des expéditions à qui il appartiendra, dont acte. La partie signe la minute de l'acte, étant ensuite l'original, qui demeure au Notaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2477" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPORT" />
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    <head>APPORT</head>
    <p>
    Apport , dans la Coutume de Rheims, signifie tous les biens, meubles &amp; immeubles que la femme contractant mariage apporte à son mari. Plus tous les biens qui lui sont avenus par succession depuis le mariage contracté : enfin les dons de noces que le futur époux ou les parens donnent à la future épouse avant la célébration &amp; solemnité des épousailles. Ragueau. En Auvergne <i>Apports</i> sont des rentes, des revenus. <i>Apport</i> est relatif à la chose qui produit des fruits, &amp; peut-être aussi à celui qui doit ; au lieu que le revenu est relatif à celui qui retire du profit d'une chose, ou a celui à qui il est dû. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2478" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPORTAGE" />
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    <head>APPORTAGE</head>
    <p>
    APPORTAGE , s. m. Peine &amp; salaire de celui qui apporte quelque fardeau. <i>Advectionis, convectionis pretium, merces.</i> Les cotrets de l'Ecole valent 7. liv. 10. sols le cent ; mais il faut outre cela payer l'<i>apportage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2479" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPORTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPORTER</head>
    <p>
    APPORTER . v. act. Prendre une chose dans un lieu pour la mettre dans un autre. <i>Afferre, apportare, Apportez</i> ici ce paquet. <i>Apportez</i>-moi cette bouteille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2479" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPORTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>APPORTER</head>
    <p>
    Apporter , se dit aussi des choses qu'on amène, que l'on conduit. Ce vaisseau a <i>apporté</i> des Indes plusieurs marchandises. Les Courriers <i>apportent</i> des lettres. Les torrens <i>apportent</i> beaucoup de sable &amp; de fange dans les vallées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2479" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPORTER" />
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    <head>APPORTER</head>
    <p>
    Apporter , se dit figurément en choses morales, &amp; signifie 1°, venir dire : On nous <i>apporta</i> hier les nouvelles de la perte de la bataille. 2°, Alléguer : <i>Apportera</i>-t-il son âge pour excuse ? <i>Apporter</i> de mauvaises raisons pour se défendre. Ablanc. Cet Avocat a <i>apporté</i> plusieurs loix &amp; autorités pour la défense de sa cause. Il signifie 2°, être la cause de quelque chose : Cette prise <i>apportera</i> de la honte aux vainqueurs. Id. Ce remède <i>apporte</i> du soulagement. Les dissensions publiques <i>apportent</i> de grands malheurs. Verrès a <i>apporté</i> bien des maux à la Sicile. Cette affaire ne lui a <i>apporté</i> aucun profit. Cette loi a <i>apporté</i> beaucoup d'inconvéniens qu'on n'avoit pas prévûs. Il faut tâcher de regagner dans la vieillesse, par un mérite solide, ce que l'on perd par le dégoût que l'âge <i>apporte.</i> S. Evr.</p><p>On dit proverbialement, Bien venu celui qui <i>apporte,</i> ou sous-entend <i>des présens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2479" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPORTER" />
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    <head>APPORTER</head>
    <p>
    Apporté, ée , part. <i>Allatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2480" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="APPOSER" />
   <index type="src_domain" value="pratique" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPOSER</head>
    <p>
    APPOSER , v. act. Terme de Pratique . Appliquer une chose sur une autre. <i>Apponere.</i> Une adjudication seroit nulle, si on n'avoit <i>apposé</i> des affiches aux lieux nécessaires. On <i>appose</i> des sauvegardes sur les portes des maisons. Il faut <i>apposer</i> une peine dans le compromis, afin que la sentence arbitrale s'exécute. <i>Apposer</i> le sceau, le scellé. <i>Obsignare.</i> Un Commissaire n'est point paresseux, quand il faut <i>apposer</i> un scellé en quelque lieu. Dans les Provinces, ce sont les Juges qui <i>apposent</i> eux-mêmes le scellé. Le Procureur du Roi peut faire <i>apposer</i> le scellé sur les biens d'une personne morte, pour la conservation des droits des héritiers mineurs, ou absens. Les créanciers d'un débiteur absent, ou d'un banqueroutier, peuvent faire <i>apposer</i> le scellé chez lui. Pour faire une saisie réelle, il faut <i>apposer</i> des brandons &amp; panonceaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2480" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPOSER" />
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    <head>APPOSER</head>
    <p>
    Apposé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Appositus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2481" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPOSITION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPOSITION</head>
    <p>
    APPOSITION , s. f. Action d'apposer une chose sur une autre. <i>Appositio.</i> Le scellé se fait par l'<i>apposition</i> d'un sceau public sur les coffres &amp; serrures d'une maison. <i>Consignatio.</i> On ferme les Lettres par <i>l'apposition</i> du cachet. On dit aussi l'<i>apposition</i> des affiches, des écriteaux, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2481" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPOSITION" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>APPOSITION</head>
    <p>
    Apposition , se dit aussi en Physique des corps qui prennent leur accroissement par la jonction des parties voisines. La plupart des minéraux se font par <i>appositions</i> des parties, qui se joignent &amp; s'attachent ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2481" id="3" type="grammaire">
   <index type="head" value="APPOSITION" />
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    <head>APPOSITION</head>
    <p>
    Apposition . Terme de Grammaire . C'est une figure qui <pb n="293" facs="bpt6k8542165/f333/full/1200,/0/native.jpg"/>consiste à mettre deux ou plusieurs substantifs de suite au même cas, sans conjonction. Par exemple, Flandre, théatre sanglant où se passent tant de scènes tragiques, triste &amp; fatale contrée, trop étroite pour contenir tant d'armées qui te dévorent. Flech. En Latin on met souvent le nom commun &amp; le nom propre au même cas : ce qu'on appelle <i>apposition ; Urbs Roma, Fluvius Sequana.</i> Au lieu qu'en François, l'ordinaire dans ces rencontres est de mettre le nom propre au génitif. La Ville de Rome, la Rivière de Seine. <i>Gram. gen. &amp; rais.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2482" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="APPRAYER" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>APPRAYER</head>
    <p>
    APPRAYER , v. act. Terme de Coutume . C'est mettre une terre en pré. Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2483" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRÉCIATEUR" />
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    <head>APPRÉCIATEUR</head>
    <p>
    APPRÉCIATEUR , s. m. Celui qui met le prix légitime aux choses. <i>Aestimator.</i> On a ordonné que cette maison seroit estimée, &amp; mise à prix par des experts &amp; <i>appréciateurs.</i> Les <i>Appréciateurs</i> des grains. Un Arrêt du Conseil, rapporté dans <i>le Traité de la Police</i> de M. de la Mare, Tom. I. pag. 45-46. écrit toujours <i>Apprétiateurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2484" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRECIATION" />
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    <head>APPRECIATION</head>
    <p>
    APPRECIATION , s. f. Estimation faite par Experts de quelque chose, lorsqu'ils en déclarent le véritable prix. <i>Aestimatio.</i> On ne le dit guère que des grains, denrées, ou choses mobiliaires. On condamne les débiteurs à payer les choses dûes en espèce, sinon la juste valeur, suivant l'<i>appréciation</i> qui en sera faite par Experts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2485" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRÉCIER" />
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    <head>APPRÉCIER</head>
    <p>
    APPRÉCIER , v. act. Estimer &amp; mettre un prix à une chose qu'on ne peut payer, ou représenter en espèce. <i>Aestimare, pretium imponere, statuere.</i> On <i>apprécie</i> les grains des redevances seigneuriales ou sur le prix des trois dernières années, ou sur le pied de ce qu'ils ont valu au jour de marché le plus proche du terme de l'échéance, suivant les extraits qu'on en trouve aux Greffes des Justices des lieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2485" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPRÉCIER" />
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    <head>APPRÉCIER</head>
    <p>
    Apprécié, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Aestimatus.</i> Prendre les choses sur le pied qu'elles ont été <i>appreciées.</i></p><p>Ces mots viennent d'<i>appretiare.</i> Quelques-uns les font venir de l'Italien <i>aprezzar.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2486" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRÉHENDER" />
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    <head>APPRÉHENDER</head>
    <p>
    APPRÉHENDER , v. act. Craindre. <i>Metuere, vereri, reformidare.</i> Ce mot se construit de plusieurs manières. 1°. Il veut tous les noms qui suivent à l'accusatif, ainsi que tous les autres verbes actifs : Un brave homme ne doit point <i>appréhender</i> la mort. On doit <i>appréhender</i> la pauvreté, comme quelque chose d'affreux. Il <i>appréhendoit</i> une paix fourrée. 2°. Il veut quelquefois la particule <i>de</i> &amp; le verbe qui suit à l'infinitif : on doit sur toutes choses <i>appréhender</i> d'offenser Dieu. Les mondains &amp; les voluptueux <i>appréhendent</i> extrêmement de mourir. 3°. Il veut quelquefois la particule <i>que,</i> &amp; le verbe qui suit au subjonctif. J'<i>appréhende</i> que quelqu'un ne vous dresse des embûches. Vos amis <i>appréhendent</i> que vous ne vous perdiez vous-même. Nous devons <i>appréhender</i> que la mort ne nous surprenne. 4°. Il veut quelquefois la préposition <i>pour</i> ; J'<i>apprehende</i> pour sa vie, pour sa liberté, pour son salut. Dans un si grand malheur chacun <i>appréhenda</i> pour soi. Il n'<i>appréhendoit</i> rien ni pour lui, ni pour sa Légion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2486" id="2" type="palais">
   <index type="head" value="APPRÉHENDER" />
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    <head>APPRÉHENDER</head>
    <p>
    Appréhender , en termes de Palais , signifie, Prendre, saisir. <i>Apprehendere, comprehendere.</i> Un tel sera pris &amp; <i>apprehende</i> au corps, &amp; constitué prisonnier. Les deux <i>pp</i> se prononcent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2486" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPRÉHENDER" />
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    <head>APPRÉHENDER</head>
    <p>
    Appréhendé, ée , part. Il a les significations de son verbe en Latin comme en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2487" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRÉHENSIF, IVE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>APPRÉHENSIF, IVE</head>
    <p>
    APPRÉHENSIF, IVE , adj. Timide, qui craint ce qui n'est guère à craindre. <i>Timidus, meticulosus, formidolosus</i> Il est tellement <i>appréhensif,</i> que la moindre difficulté d'une affaire lui fait peur, l'empêche de l'entreprendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2488" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRÉHENSION" />
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    <head>APPRÉHENSION</head>
    <p>
    APPRÉHENSION , s. f. Crainte, peur violente. <i>Timor, metus.</i> Il a grande <i>appréhension</i> du tonnerre. Mon sérieux, &amp; mon embarras marquoient assez l'extrême <i>appréhension</i> que j'avois d'elle &amp; de son mérite. Dieu ne nous menace de ses châtimens, que pour nous retenir dans de justes <i>appréhensions,</i> nous empêcher de tomber dans le relâchement. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2488" id="2" type="anatomie">
   <index type="head" value="APPRÉHENSION" />
   <index type="src_domain" value="anatomie" />
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    <head>APPRÉHENSION</head>
    <p>
    Appréhension . On le dit au Palais dans des procès verbaux. <i>Comprehensio.</i> Et attendu que nous n'avons pû faire l'<i>appréhension</i> de sa personne, qui nous étoit ordonnée.</p><p>En termes de Logique , il signifie la première idée que l'esprit se forme de quelque chose, avec abstraction de toutes ses qualités particulières. La première opération de l'entendement est l'<i>appréhension. Intellectio, apprehensio.</i></p><p>En termes d'Anatomie , il se prend pour l'action principale de la main, par laquelle elle prend &amp; serre quelque chose. L'action de la main est l'<i>appréhension.</i> L'homme a deux mains afin de la mieux faire. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2489" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRENDRE" />
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    <head>APPRENDRE</head>
    <p>
    APPRENDRE , v. act. Enseigner, instruire ; donner à quelqu'un des connoissances qu'il n'avoit pas ; montrer, faire connoître. <i>Docere, erudire.</i> Il y a des Maîtres qui <i>apprennent</i> la Danse, la Musique, les Langues, les Arts à leurs écoliers &amp; à leurs apprentifs. On n'<i>apprend</i> pas aux hommes à être honnêtes gens, &amp; on leur <i>apprend</i> tout le reste. Pasc. Cela vous <i>apprendra</i> à vous fier à vos alliés. Ablanc.</p><p>On dit par manière de menace à celui qui a fait quelque faute, Je lui <i>apprendrai</i> son métier. Je lui <i>apprendrai</i> à vivre. Je lui <i>apprendrai</i> que je ne porte pas une épée inutilement. <i>Apprenez</i> à qui vous vous jouez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2489" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPRENDRE" />
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    <head>APPRENDRE</head>
    <p>
    Apprendre , signifie aussi être enseigné, étudier, acquérir de nouvelles lumières par son esprit &amp; par son adresse. <i>Discere.</i> Cet enfant <i>apprend</i> à écrire, à jouer du luth, à danser. Il <i>apprend</i> la Géométrie, l'Algèbre, &amp;c. Il a <i>appris</i> par coeur toute l'Enéide. Sa fortune fait qu'il sait ce qu'il n'a jamais <i>appris.</i> Gomb. Comme l'homme est né pour la société, la plus utile de toutes les sciences, est celle qui <i>apprend</i> à vivre. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2489" id="3" type="">
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    <head>APPRENDRE</head>
    <p>
    Apprendre , se dit aussi pour, Se disposer à quelque chose, prendre une bonne résolution de la faire, s'y accoutumer. <i>Apprenez</i> à user comme il faut de votre fortune. <i>Apprenez</i> à ne point abuser des talens que Dieu vous a donnés. <i>Apprenez</i> à vous endurcir au travail.</p><p>Mr De Scart.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2489" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPRENDRE" />
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    <head>APPRENDRE</head>
    <p>
    Apprendre , signifie encore, Se mettre quelque chose bien avant dans l'esprit &amp; dans la mémoire, afin d'y faire une sérieuse attention. <i>Discere. Apprenez</i> que vous devez aimer Dieu sur toutes choses. <i>Apprenez</i> de moi que je suis débonnaire, disoit le Fils de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2489" id="5" type="">
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    <head>APPRENDRE</head>
    <p>
    Apprendre , signifie aussi, Etre informé de quelque chose. <i>Accipere auditione, famâ aliquid accipere.</i> J'ai <i>appris</i> de ses nouvelles ; pour dire, J'ai découvert ses secrets. Sa présence vous fit voir quelque chose de plus merveilleux que tout ce qu'un bruit confus, &amp; la voix de tant de nations, avoit pû vous <i>apprendre,</i> Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2489" id="6" type="">
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    <head>APPRENDRE</head>
    <p>
    Apprendre , se dit aussi pour pénétrer, découvrir, deviner, prévoir. <i>Discere, cognoscere, pervidere, intelligere.</i> Plusieurs croient que par les figures de la Géomance, on peut <i>apprendre</i> le bon ou le mauvais succès d'une entreprise. <i>Apprendre</i> par les sacrifices le succès des affaires. Vaug.</p><p>On dit proverbialement, Il fait bon vivre, &amp; ne rien savoir, on <i>apprend</i> toujours. On dit aussi, que les bêtes nous <i>apprennent</i> à vivre, quand leur exemple nous donne quelques instructions morales.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2489" id="7" type="">
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    <head>APPRENDRE</head>
    <p>
    Appris, ise , part. pass. &amp; adject. <i>Eruditus, institutus, edoctus.</i> On dit, qu'un jeune homme est bien <i>appris,</i> lorsqu'il sait bien toutes les règles de la civilité &amp; de la bien séance, &amp; qu'il les pratique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2490" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRENTIF" />
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    <head>APPRENTIF</head>
    <p>
    APPRENTIF , ou APPRENTI, s. m. Celui qui est novice dans les arts &amp; les sciences. <i>Discipulus, Tiro.</i> Ce sont les demi-savans, &amp; les <i>apprentifs,</i> qui sont les plus hardis à parler, &amp; à juger de ce qu'il y a de plus profond dans les sciences.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2490" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPRENTIF" />
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    <head>APPRENTIF</head>
    <p>
    Apprentif , se dit plus précisément de ceux qui apprennent les arts méchaniques chez les Maîtres, &amp; alors il signifie proprement celui qui passe chez un Maître le temps convenable, &amp; marqué par les statuts, pour apprendre un métier. Les Artisans ne sauroient tenir qu'un <i>apprentif.</i> Il faut obliger les <i>apprentifs</i> de servir un certain temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2490" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPRENTIF" />
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    <head>APPRENTIF</head>
    <p>
    Apprentif , se dit aussi au figuré. Il signifie, qui n'est point habile, point adroit, point accoutumé. <i>Tiro.</i> Il n'étoit point <i>apprentif</i> à manier les armes. Vaug. Le soldat <pb n="294" facs="bpt6k8542165/f334/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>apprentif</i> dans les fortunes de la mer, trouble l'art des matelots par un service inutile. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2491" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRENTISSAGE" />
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    <head>APPRENTISSAGE</head>
    <p>
    APPRENTISSAGE , s. m. L'étude que font les novices d'un art, ou d'une science. <i>Tirocinium, rudimentum.</i> Si les vers de cet Auteur ne sont pas trop bons, il faut l'excuser, c'est son <i>apprentissage.</i> Il est dangereux qu'un Chirurgien, ou un Médecin, fasse son <i>apprentissage</i> sur nous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2491" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPRENTISSAGE" />
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    <head>APPRENTISSAGE</head>
    <p>
    Apprentissage , se dit aussi du temps que les apprentifs artisans doivent être chez les Maîtres. On ne reçoit point de Maître par chef-d'oeuvre, qu'il ne justifie d'avoir bien fait son <i>apprentissage.</i> Les Brevets d'<i>apprentissage</i> doivent être enregistrés dans le Registre de la Communauté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2491" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPRENTISSAGE" />
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    <head>APPRENTISSAGE</head>
    <p>
    Brevet d'Apprentissage , est l'Acte passé par-devant Notaires, par lequel l'apprentif s'oblige envers un Maître moyennant une somme, ou quelquefois à la charge de lui donner plusieurs années de son service.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2491" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPRENTISSAGE" />
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    <head>APPRENTISSAGE</head>
    <p>
    Apprentissage , se dit aussi au figuré, &amp; signifie le commencement d'un exercice. Vous eussiez fait sur moi l'<i>apprentissage</i> d'une impitoyable vertu. Voit. Comme le Prince étoit né pour la guerre, il ne lui fallut point d'<i>apprentissage</i> pour le former. Bourd.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2491" id="5" type="fauconnerie">
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    <head>APPRENTISSAGE</head>
    <p>
    Apprentissage , en termes de Fauconnerie , se dit aussi de la leçon que donnent les parons ou les vieux faucons à leurs petits, pour voler &amp; prendre le gibier pendant tout le mois de Mai : ils les instruisent à se brancher, à se soutenir à fil du vent, à se prendre en lampe, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2492" id="1" type="">
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    <head>APPRENTISSE</head>
    <p>
    APPRENTISSE , ou APPRENTIE, plus en usage. s. f. C'est une fille qu'on met en mêtier. <i>Puella tirocinio mancipata.</i> Voilà une jolie <i>apprentie.</i> Cette <i>apprentie</i> s'est obligée pour plusieurs années.</p><p>Apprentisse. C'est ainsi, selon Columelle, qu'on appelle une jeune chienne qui a mis bas pour la première fois. <i>Tiruncula.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPRÊT</head>
    <p>
    APPRÊT , s. m. Ce qu'on prépare pour quelque cérémonie, réjouissance, ou festin. <i>Apparatus, apparatio.</i> On fait de grands <i>apprêts</i> &amp; préparatifs pour l'entrée du Roi. On fait des <i>apprêts</i> à Versailles pour un grand régal, un grand festin. On dit que rien n'approcha jamais des magnifiques <i>apprêts</i> que l'on fit l'année 1697. pour les nôces du Duc de Bourgogne &amp; de la Princesse de Savoie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPRÊT</head>
    <p>
    Apprêt , se dit chez les Artisans, &amp; sur-tout chez les Chapeliers, de la lie, des gommes, &amp; autres drogues qu'ils mettent dans leurs chapeaux. Quand ils veulent bien vanter un chapeau, ils disent qu'il n'y a guère d'<i>apprêt.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPRÊT</head>
    <p>
    Apprêt , se dit aussi chez les Vitriers, de la couleur qu'on met sur le verre. Savoir l'<i>apprêt</i> des couleurs, c'est savoir colorer sur le verre.</p><p>On dit aussi qu'il y a de l'apprêt dans de la toile ; pour dire, qu'il y a de la chaux, ou de la colle, qu'on l'a blanchie de quelque mauvaise façon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPRÊT</head>
    <p>
    Apprêt , se dit aussi de l'assaisonnement des viandes. L'<i>apprêt</i> des viandes coûte d'ordinaire plus que les viandes mêmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2494" id="1" type="">
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    <head>APPRÉTADOR</head>
    <p>
    APPRÉTADOR , s. m. Ornement que les femmes mettent sur leurs têtes, fait d'une chaîne de diamans, d'un filet de perles, ou autres choses semblables pour se coëffer, &amp; serrer leurs cheveux. Ce mot est purement Espagnol, &amp; vient de <i>apretar,</i> qui signifie <i>serrer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2495" id="1" type="">
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    <head>APPRÊTE</head>
    <p>
    APPRÊTE , s. f. Petits morceaux de pain menus, &amp; taillés en long, qu'on prépare pour manger des oeufs, pour mettre dans des sausses, &amp; des plats de légumes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2496" id="1" type="">
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    <head>APPRÊTER</head>
    <p>
    APPRÊTER , v. act. Préparer les choses nécessaires, pour ce qu'on a dessein de faire bientôt. <i>Parare, praeparare, accurare, instruere.</i> Cet homme s'<i>apprête</i> à partir. Cette armée s'<i>apprête</i> pour combattre. On dit dans l'Exercice, Soldats, <i>apprêtez</i>-vous, préparez-vous à tirer. Ce Comédien s'<i>apprête,</i> s'habille pour jouer. Une foule de malcontens s'<i>apprête</i> à le tourmenter. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2496" id="2" type="">
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    <head>APPRÊTER</head>
    <p>
    Apprêter , se dit particulièrement en parlant de la fonction des Officiers de bouche. Cet Officier <i>apprête</i> bien les viandes ; je lui ai dit qu'il nous <i>apprêtât</i> à manger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2496" id="3" type="">
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    <head>APPRÊTER</head>
    <p>
    Apprêter , se dit en choses spirituelles &amp; morales. Dieu <i>apprête</i> à ses Elus la récompense de leurs oeuvres. Un Précepteur doit <i>apprêter</i> à ses écoliers les choses toutes digérées. Aujourd'hui l'on n'<i>apprête</i> pas si bien les louanges qu'autrefois. Font. Sa délicatesse est fatiguée de beaucoup d'éloges mal-<i>apprêtés.</i> Bens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2496" id="4" type="">
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    <head>APPRÊTER</head>
    <p>
    Apprêter , Terme de Joueur de Gibecière &amp; de Bonneteur , ou filoux. C'est préparer &amp; disposer les instrumens dont ils se servent à tromper, &amp; les rendre propres à faire leurs tours. Il y a quantité de tours de cartes, que l'on ne sauroit faire, sans des cartes <i>apprêtées.</i> Les Bonneteurs portent toujours sur eux plusieurs jeux de cartes <i>apprêtées.</i></p><p>On dit en termes d'Agriculture &amp; de Jardinage , Tout s'<i>apprête</i> dans nos champs à bien faire. Les arbres s'<i>apprêtent</i> à nous donner bien du fruit cette année. Voilà des poiriers bien <i>apprêtés.</i> Liger. Arbres bien ou mal <i>apprêtés,</i> c'est la même chose qu'arbres bien ou mal abboutis La Quint.</p><p>On dit proverbialement d'un ridicule, qu'il a <i>apprêté</i> à rire à toute la compagnie. On appelle aussi un goinfre, ou un fainéant, un mangeur de viandes <i>apprêtées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2496" id="5" type="chapelier">
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    <head>APPRÊTER</head>
    <p>
    Apprêter , Terme de Chapelier . C'est mettre de l'apprêt à un chapeau, pour lui donner plus de force, &amp; le rendre plus ferme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2496" id="6" type="bonnetier">
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    <head>APPRÊTER</head>
    <p>
    Apprêter , est aussi un Terme de Bonnetier , qui signifie, Rendre la marchandise plus ferme &amp; plus belle, en y mettant de l'<i>apprêt.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2496" id="7" type="">
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    <head>APPRÊTER</head>
    <p>
    Apprêté, ée , part. <i>Paratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2497" id="1" type="">
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    <head>APPRÊTEUR</head>
    <p>
    APPRÊTEUR , s. m. Ouvrier qui peint sur le verre, <i>vitrorum Pictor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2498" id="1" type="">
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    <head>APPRIVOISER</head>
    <p>
    APPRIVOISER , v. act. Adoucir le naturel sauvage, rendre doux &amp; traitable. <i>Domare, mansuefacere, cicurare.</i> Il n'y a guère d'animal si farouche qu'on ne puisse <i>apprivoiser.</i> On dit que le sanglier, le castor, la chauvesouris, l'hirondelle ne s'<i>apprivoisent</i> jamais. Les Carthaginois envoyèrent en exil Hannon, pour avoir eu l'industrie d'<i>apprivoiser</i> un lion, appréhendant que celui qui <i>apprivoisoit</i> si bien les bêtes les plus farouches, ne captivât les inclinations du peuple, &amp; ne s'emparât de la tyrannie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2498" id="2" type="">
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    <head>APPRIVOISER</head>
    <p>
    Apprivoiser , se dit figurément des hommes dans les choses spirituelles &amp; morales. Solon sut insensiblement <i>apprivoiser</i> avec les idées de justice, d'ordre &amp; de loi, un peuple nourri dans la licence, &amp; persuadé qu'il n'y avoit d'autres préservatifs contre l'oppression, que la force &amp; la violence. Tourr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2498" id="3" type="">
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    <head>APPRIVOISER</head>
    <p>
    <pb n="295" facs="bpt6k8542165/f335/full/1200,/0/native.jpg"/> Apprivoiser , avec le pronom personnel, signifie quelquefois, se rendre familier avec quelqu'un, <i>familiariter agere cum aliquo.</i> Il est dangereux de se trop <i>apprivoiser</i> avec les Princes. Les Ecornifleurs s'<i>apprivoisent</i> bientôt dans les maisons où l'on dîne. Il se prend aussi pour s'accoutumer. <i>Assuefieri.</i> La coutume fait qu'on s'<i>apprivoise</i> jusqu'aux maux. Ablanc. Il n'y a point de monstre avec lequel on ne s'<i>apprivoise</i> peu à peu. Je tâche de m'<i>apprivoiser</i> avec la mort. L'habitude nous <i>apprivoise</i> à tout. J'admire ceux qui savent s'<i>apprivoiser</i> &amp; se divertir avec tout le monde. Mont.</p><p>On s'en sert encore pour signifier, s'adoucir. <i>Mitescere, mansuefieri.</i> Cet homme est d'une humeur farouche, on ne le peut <i>apprivoiser.</i> La perfidie s'<i>apprivoise</i> par les bienfaits. Vaug.</p><p>On dit par reproche à un homme qui prend quelques libertés, sur-tout avec les femmes, Vous vous <i>apprivoisez</i> bientôt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2498" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPRIVOISER" />
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    <head>APPRIVOISER</head>
    <p>
    Apprivoisé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Cicur, cicuratus, mansuefactus.</i> Regnier a dit : Jà tout <i>apprivoisé,</i> je mangeois sur le poing.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2499" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPRIVOISEMENT" />
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    <head>APPRIVOISEMENT</head>
    <p>
    APPRIVOISEMENT , s. m. Action par laquelle on apprivoise. <i>Domitura, domitus.</i> L'<i>apprivoisement</i> des bêtes les plus féroces s'est fait par l'industrie des hommes. Ce mot n'est pas fort en usage.</p><p>Ces mots viennent du Latin, <i>privatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2500" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROBATEUR" />
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    <head>APPROBATEUR</head>
    <p>
    APPROBATEUR , s. m. Celui qui donne son approbation. <i>Probator, approbator, comprobator.</i> Il n'y a point de si bons Livres qui n'ait ses censeurs, ni de si méchant qui n'ait ses <i>approbateurs.</i> Il y a tant de dupes dans le monde, qu'on peut avoir des <i>approbateurs</i> sans avoir un véritable mérite. Bell. Le plus mauvais plaisant a ses <i>approbateurs.</i> Boil.</p><p>On appelle plus particulièrement, <i>Approbateur,</i> Celui qui a donné son approbation publique à un Ouvrage, à un Livre. Les <i>Approbateurs</i> de son Livre sont tels &amp; tels Docteurs.</p><p>Dans ce mot, &amp; dans les trois suivans, le premier <i>p</i> ne se fait sentir tout au plus que dans une prononciation soutenue &amp; oratoire ; car dans la conversation, &amp; le discours ordinaire, les personnes mêmes qui parlent le mieux ne le font point ou presque point sentir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2501" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROBATIF, IVE" />
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    <head>APPROBATIF, IVE</head>
    <p>
    APPROBATIF, IVE , adj. Qui témoigne de l'approbation. Une douce inclination de tête est un geste <i>approbatif.</i> Ce mot ne se peut dire qu'en riant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2502" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROBATION" />
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    <head>APPROBATION</head>
    <p>
    APPROBATION , s. f. Témoignage qu'on donne de l'estime qu'on fait d'une chose, &amp; de sa bonté. <i>Probatio, approbatio.</i> La vertu de ce Prélat a une <i>approbation</i> universelle. On ne permet pas d'imprimer un Livre de Théologie sans <i>approbation</i> des Docteurs. Nous écoutons avec une <i>approbation</i> froide &amp; tranquille ces innocentes victoires que nous remportons sur nos passions. Il y a des gens qui prennent pour <i>approbation</i> la flatteuse complaisance, &amp; le respect qu'on a pour eux. Flech. Mendier l'<i>approbation</i> de ses amis pour quelque ouvrage. Scar. Souvent, dit Pline, rien n'est plus généralement désapprouvé, que ce qui paroît se faire avec une <i>approbation</i> générale. Tillem. Ç'a été de tout temps la coutume de demander au Pape l'<i>approbation</i> des Livres. Voyez le P. Mabillon, <i>Acta SS. Bened. praef. C. VII. p. XC. &amp; suiv.</i> où il dit, après Jean Diacre, dans sa préface de la vie de S. Grégoire, que l'autorité d'approuver, ou de condamner les Livres, a été donnée de Dieu au Souverain Pontife.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2503" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROBATRICE" />
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    <head>APPROBATRICE</head>
    <p>
    APPROBATRICE , s. f. Celle qui approuve, qui donne son approbation. Ce mot n'est pas encore bien établi ; mais on ne doute pas qu'il ne s'établisse. C'est assez que je vous aie pour mon <i>approbatrice.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2504" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROCHANT, ANTE" />
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    <head>APPROCHANT, ANTE</head>
    <p>
    APPROCHANT, ANTE , part. adj. Qui approche de quelque lieu. <i>Accedens, appropinquans.</i> Ce mot ne paroît pas usité en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2504" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPROCHANT, ANTE" />
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    <head>APPROCHANT, ANTE</head>
    <p>
    Approchant, ante , adj. Qui approche, qui a du rapport &amp; de la ressemblance. <i>Similitudine accedens, &amp;c.</i> Son style est fort <i>approchant</i> de celui des Anciens. Il y a des mensonges fort <i>approchans</i> de la vérité, <i>Falsa veris finitima.</i> Cette couleur est fort <i>approchante</i> de celle-là. Vaug. La condition la plus <i>approchante</i> de la liberté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2504" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPROCHANT, ANTE" />
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    <head>APPROCHANT, ANTE</head>
    <p>
    Approchant , est aussi une sorte de préposition qui se construit avec la particule <i>de</i> quand un nom suit, &amp; signifie, à-peu-près, environ. <i>Ferè, penè, fermè.</i> Je veux avoir <i>approchant</i> de mille écus de cette tapisserie. Il est <i>approchant</i> de huit heures, de midi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2504" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPROCHANT, ANTE" />
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    <head>APPROCHANT, ANTE</head>
    <p>
    Approchant , est aussi quelquefois adverbe, &amp; signifie la même chose ; il se rend en Latin par l'adjectif, <i>simile, affine.</i> Je ne lui ai point dit cela, ni rien d'<i>approchant.</i> Il y a dix mille hommes en cette armée, ou <i>approchant. Circiter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2505" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROCHE" />
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    <head>APPROCHE</head>
    <p>
    APPROCHE , s. f. Action par laquelle une chose est rendue proche ou voisine d'une autre. <i>Appropinquatio, accessio.</i> Les hirondelles sentent l'<i>approche</i> de l'hiver. Un vieillard craint les <i>approches</i> de la mort. Le renouvellement des années nous avertit de l'écoulement de notre vie, &amp; des <i>approches</i> de notre mort. Ab. d. la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2505" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPROCHE" />
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    <head>APPROCHE</head>
    <p>
    Approches , se dit figurément en choses morales. Il y a apparence que l'accommodement réussira ; chacun fait des <i>approches</i> de son côté, &amp; se relâche de ses prétentions. Il se dit aussi en termes de galanterie, d'amour &amp; d'amitié. C'est par la complaisance que l'amour fait les <i>approches</i> d'un coeur. La Suze.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2505" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPROCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>APPROCHE</head>
    <p>
    Approches , au pluriel, se dit en termes de guerre , de tous les travaux qui se font pour s'avancer vers une place qu'on attaque, &amp; de l'attaque même, comme tranchées, sappes, logemens, mines. <i>Successio, admotio exercitûs ad muros, ad urbem,</i> &amp;c. On appelle les tranchées, lignes d'<i>approches.</i> Les assiégés font quelquefois des <i>contre-approches</i> pour interrompre les <i>approches</i> des assiégeans. Malherbe a dit, en parlant de la guerre des Géans : Déja de tous côtés s'avançoient les <i>approches.</i></p><p><i>Lunettes d'approche,</i> Voyez <ref type="search" target="head:LUNETTES">LUNETTES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    APPROCHER , v. act. &amp; n. Mettre une chose auprès d'une autre, la rendre moins éloignée qu'elle n'étoit. <i>Admovere. Approchez</i> ce siége, <i>approchez</i> la lumière. Il ne se faut <i>approcher</i> des autels qu'avec respect.</p><p>Ce mot vient de <i>appropriare</i>, qui se trouve dans l'Exode. Ménag.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher , signifie aussi, Venir, arriver. <i>Appropinquare, instare, appetere.</i> Jesus-Christ a dit que le Royaume de Dieu <i>approche,</i> que le jour du Jugement <i>approche.</i> L'heure de notre mort <i>approche</i> sans cesse. Les plus fermes ne voient point <i>approcher</i> la mort avec indifférence. La Roch.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher , signifie aussi, Aborder, trouver de l'accès. Ce Président est si fantasque, qu'on ne sauroit l'<i>approcher.</i> On ne vit jamais sur le front du Prince ces nuages de chagrin, qui écartent, &amp; qui intimident tous ceux qui voudroient <i>approcher.</i> P. Gail. Le temps de la jeunesse est presque le seul où la vérité <i>approche</i> des Princes avec quelque liberté. Nicol. On dit aussi le blé est si cher au marché, qu'on n'en sauroit <i>approcher.</i> On dit aussi, en termes de guerre , qu'on ne sauroit <i>approcher</i> d'une place, qu'il y a des marais, des rivières qui la couvrent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher . Ce verbe est toujours actif, quand il signifie, Être en faveur auprès des personnes de qualité ; avoir un libre accès auprès d'elles ; avoir l'honneur d'être dans leur confidence. <i>Approcher</i> la personne du Roi. Vaug. Elle a le bonheur d'<i>approcher</i> Madame, &amp; d'en obtenir beaucoup de graces. Il <i>approche</i> l'oreille du Prince. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher , se dit aussi de l'accouplement des animaux. <i>Coire.</i> Une poule qui ait été <i>approchée</i> par le coq. Degori.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher , se dit au figuré, pour venir bien près ; atteindre presqu'au but que l'on se propose ; être presque semblable, avoir quelque convenance, quelque rapport, quelque parité. <i>Proximè accedere ad,</i> &amp;c. Il n'a pas trouvé le mot de l'énigme, mais il en a fort <i>approché.</i> Si ce Traducteur n'a pas égalé son original, il en a fort <i>approché.</i> Cela <i>approche</i> fort de la vérité. Un Poëte <i>approche</i> fort de l'Orateur. L'amour <i>approche</i> de la folie. On dit même <i>approcher</i> de fort loin, quoique ces termes d'<i>approcher</i> &amp; de <i>loin</i> semblent contradictoires. <i>Longè, longo intervallo accedere.</i> Tant s'en faut qu'il ait atteint la perfection de son original, il n'en a <i>approché</i> que de fort loin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2506" id="7" type="sculpture">
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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher , se dit aussi avec le pronom personnel, &amp; devient par là tantôt réciproque, &amp; tantôt neutre passif. Les hommes ont tant de peine à s'<i>approcher,</i> &amp; sont si épineux sur leurs intérêts, que je ne sai comment ils peuvent s'accorder sur quelque chose. La Bruy. On sent déja que le soleil s'<i>approche</i> &amp; revient à nous. Ne t'<i>approche</i> jamais de qui peut t'éclipser. Amelot.</p><p>En termes de Sculpture on dit, <i>Approcher</i> à la pointe, au ciseau, lorsqu'après avoir dégrossi le bloc de marbre, on se sert d'outils plus déliés pour achever la figure. <i>Scalprum, cuspidem marmori admovere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2506" id="8" type="monnoie">
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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher , en termes de monnoie , se dit lorsque l'on ajuste les flans ou carreaux, pour les rendre du poids qu'ils doivent avoir : ce qui se dit particulièrement de ce qu'on en ôte d'abord, ou la première fois qu'on y touche. <i>Nummos legitimo ponderi exaequare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2506" id="9" type="">
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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approcher , se dit figurément en Morale ; pour dire, Se relâcher, être moins difficile à s'accorder. <i>Aliquid invicem de jure suo cedere.</i> Les amis communs de ces deux parties les ont fait <i>approcher</i> ; ils les ont fait relâcher chacune de son-côté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2506" id="10" type="">
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    <head>APPROCHER</head>
    <p>
    Approché, ée , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe en Latin comme en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2507" id="1" type="">
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    <head>APPROFONDIR</head>
    <p>
    APPROFONDIR , v. act. Rendre plus profond, creuser plus avant. <i>Fodere, defodere, cavare.</i> Il faut encore <i>approfondir</i> le puits de cette mine. Il faut <i>approfondir</i> ce fossé, ces tranchées. Il est fort peu usité en ce sens. <i>Creuser</i> est le véritable mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2507" id="2" type="">
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    <head>APPROFONDIR</head>
    <p>
    Approfondir , se dit figurément en Morale ; pour dire, Examiner à fonds, tâcher de pénétrer dans la connoissance d'une chose. <i>Altè penetrare, pervadere, penitiùs scrutari.</i> Il faut étudier les Auteurs qui ont <i>approfondi</i> les matières, qui ont pénétré jusqu'au fonds des sciences. Plus on <i>approfondit</i> les mystères de la Religion, &amp; moins on y pénètre. Il ne faut pas toujours <i>approfondir</i> les choses. Pasc. Il y a des esprits qui éblouissent, &amp; qu'on n'estime que parce qu'on ne les <i>approfondit</i> pas. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2507" id="3" type="">
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    <head>APPROFONDIR</head>
    <p>
    Approfondir , signifie aussi, Rechercher exactement. <i>Perquirere diligenter, accuratè scrutari.</i> Si on <i>approfondit</i> le procès de cet accusé, il est perdu ; c'est-à-dire, si on fait une exacte recherche de sa vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2507" id="4" type="">
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    <head>APPROFONDIR</head>
    <p>
    Approfondi, ie , part. Il a les sens de son verbe en François comme en Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2508" id="1" type="">
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    <head>APPROFONDISSEMENT</head>
    <p>
    APPROFONDISSEMENT , s. m. Action par laquelle on approfondit. <i>Altior fossio, fossura.</i> On a travaillé tant de jours à l'<i>approfondissement</i> de ces fossés. Ce mot n'est guère usité dans le sens propre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2508" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPROFONDISSEMENT" />
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    <head>APPROFONDISSEMENT</head>
    <p>
    Approfondissement , se dit figurément en Morale. <i>Accurata ac diligens rei alicujus tractatio.</i> Ce qu'on doit le plus estimer dans un Auteur, c'est l'<i>approfondissement,</i> l'épuisement d'une matière. Un accusé doit craindre l'<i>approfondissement</i> de son procès.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>profundus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2509" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="APPROPRIANCE" />
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    <head>APPROPRIANCE</head>
    <p>
    APPROPRIANCE , s. f. Terme de Coutume . Prise de possession d'une chose achetée, ou donnée. <i>Vindicatio, assertio.</i> C'est dans la Coutume de Bretagne la même chose que decret ailleurs : de même qu'ayant acquis un héritage, nous le faisons decréter pour notre sureté, en Bretagne on poursuit l'<i>appropriance,</i> ou pour mieux dire la propriété.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2510" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROPRIATION" />
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    <head>APPROPRIATION</head>
    <p>
    APPROPRIATION , s. f. Action par laquelle on s'approprie, <i>usurpatio.</i> Les ambitieux &amp; les avares ne cherchent qu'à se faire l'<i>appropriation</i> du bien d'autrui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2511" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROPRIER" />
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    <head>APPROPRIER</head>
    <p>
    APPROPRIER , v. act. Rendre une chose propre, nette, agréable. <i>Adornare, concinnare, expolire.</i> Ce Bourgeois a bien <i>approprie</i> sa maison depuis que je n'y suis venu. Ce mot n'est pas du bel usage. En sa place on dit ajuster, ou accommoder proprement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2511" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPROPRIER" />
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    <head>APPROPRIER</head>
    <p>
    Approprier , signifie aussi, Appliquer un passage à quelque chose qui lui convient bien, qui lui est fort propre. <i>Accommodare, accedere.</i> Cet Avocat a bien <i>approprie</i> l'espèce de cette loi à sa cause, elle y venoit fort bien. <i>Approprier</i> un exemple à un sujet. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2511" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPROPRIER" />
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    <head>APPROPRIER</head>
    <p>
    Approprier , avec le pronom personnel, se dit des choses qu'on usurpe, &amp; dont on se rend le maître ; c'est presque toujours en mauvaise part. <i>Vindicare sibi aliquid, asserere, addicere.</i> Je lui avois prêté mon manteau, il se l'est <i>approprié,</i> il ne me le rend point. S'<i>approprier</i> les ouvrages d'autrui. Boil. Il n'y a point de nations au monde, où il y ait plus de vains titres que chez les Italiens ; ce qui vient de la facilité qu'ils ont à se les <i>approprier.</i> Cail. Ce Favori obsède tant le Prince, &amp; se l'<i>approprie</i> ainsi par une violente usurpation. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2511" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPROPRIER" />
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    <head>APPROPRIER</head>
    <p>
    Approprie, ée , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe en Latin comme en François.</p><p>Ces mots viennent d'<i>appropriare,</i> de <i>proprius</i> ; &amp; l'on peut y faire sentir un peu les deux <i>pp,</i> quoiqu'on ne le fasse pas communément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2512" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROVISIONNEMENT" />
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    <head>APPROVISIONNEMENT</head>
    <p>
    &#9758; APPROVISIONNEMENT , s. m. Provision, fourniture des choses nécessaires. Le détail de la construction des vaisseaux, de leur armement &amp; de leur <i>approvisionnement,</i> sera porté aux Bureau du Secrétaire d'Etat de la Marine... Le Secrétaire d'Etat des affaires de la guerre, veillera au maintien de la discipline militaire, &amp; prendra soin de pour voir à l'entretien des Troupes, à l'<i>approvisionnement</i> des Hôpitaux d'armée, &amp; à la réparation des fortifications. Merc. <i>Oct.</i> 1736. Déclaration du Roi du 16. Avril 1737. enregistrée au Parlement le 10. Mai suivant, qui établit un grenier dans la Maison de la Salpêtriere, qui contiendra au moins dix mille muids de bled pour l'<i>approvisionnement</i> de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2513" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPROUVER" />
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    <head>APPROUVER</head>
    <p>
    APPROUVER , v. act. Donner son approbation, sa décision <i>Probare, approbare, comprobare.</i> L'Eglise a <i>approuvé</i> l'invocation des Saints, les prieres pour les morts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2513" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPROUVER" />
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    <head>APPROUVER</head>
    <p>
    Approuver , signifie aussi, Autoriser après un examen suffisant. Ce Confesseur a été <i>approuvé</i> par l'Ordinaire. Ce Livre a été <i>approuvé</i> par le S. Siége. Sanchez est un Docteur, un Casuiste <i>approuvé.</i> C'est le Maître du Sacré Palais qui <i>approuve</i> les Livres à Rome.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2513" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPROUVER" />
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    <head>APPROUVER</head>
    <p>
    Approuver , signifie encore, Louer. Je n'<i>approuve</i> ni vos gestes, ni vos discours. <i>Approuve</i> qui voudra cette action, pour moi je ne l'<i>approuverai</i> jamais. Je me passerai bien que vous <i>approuviez</i> mes vers. Mol. Je n'<i>approuve</i> point cette hypocrisie universelle, ni le commerce des mensonges ingénieux, pour se tromper, qui est si fort en usage. Flech. Les hommes n'ont qu'une foible pente à s'<i>approuver</i> réciproquement. La Bruy. Il y a de la lâcheté à <i>approuver</i> les sottises des autres, &amp; à se récrier quand ils ont dit une impertinence. Bell. Il y a des gens de si mauvaise humeur, qu'ils ne peuvent se résoudre à <i>approuver</i> les meilleures choses. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2513" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPROUVER" />
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    <head>APPROUVER</head>
    <p>
    Approuver , signifie aussi, Consentir, trouver bon. Ce père a enfin <i>approuvé</i> le mariage de son fils. Cette partie a <i>approuvé</i> &amp; ratifié ce qui avoit été fait en son nom par son Procureur. J'<i>approuve</i> que chacun vive à sa mode, &amp; en liberté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2513" id="5" type="">
   <index type="head" value="APPROUVER" />
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    <head>APPROUVER</head>
    <p>
    Approuvé, ée , part. pass. &amp; adject. <i>Probatus, Approbatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2514" id="1" type="arithmetique & d'algebre">
   <index type="head" value="APPROXIMATION" />
   <index type="src_domain" value="arithmetique & d'algebre" />
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    <head>APPROXIMATION</head>
    <p>
    APPROXIMATION , s. f. Terme d'Arithmétique &amp; d'Algèbre . C'est l'opération par laquelle on approche toujours de plus près en plus près d'une racine, ou d'une quantité, que l'on cherche, &amp; qu'on ne peut trouver exactement. Wallis a donné des méthodes d'<i>approximation</i> dans son Histoire de l'Algèbre, p. 317. Voyez encore les <i>Transactions Philosophiques</i> N. 215.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPUI" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>APPUI</head>
    <p>
    APPUI , s. m. Soutien, ce qui supporte quelque chose &amp; empêche sa chûte. <i>Fultura, fulmentum, fulcrum, fulcimentum.</i> Il faut donner de l'<i>appui</i> à ce mur, à ces terres qui s'éboulent.</p><p>En Architecture on dit, qu'un mur est à hauteur d'<i>appui,</i> quand il n'est élevé qu'autant qu'il faut pour mettre les coudes dessus. Les accoudoirs des fenêtres s'appellent aussi <i>appui,</i> &amp; doivent être de deux pieds huit pouces. <i>Podium. Appui</i> allégé, est celui qui est diminué de la profondeur de l'embrasure pour regarder plus facilement au dehors, &amp; pour soulager le dessous. Les balustrades des jardins sont à hauteur d'<i>appui.</i> La pierre qui sert à s'accouder s'appelle aussi <i>appui.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPUI" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>APPUI</head>
    <p>
    Appui , se dit aussi des pièces de pierre, de bois ou de fer qui sont le long des rampes des éscaliers, qui sont à hauteur d'<i>appui,</i> &amp; qui sont posées au-dessus des balustres. Il y a des <i>appuis</i> rampans, <i>Podium acclive</i> ; &amp; des <i>appuis</i> quarrés, <i>Podium rectum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPUI" />
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    <head>APPUI</head>
    <p>
    Appui , se dit aussi du modillon, ou du corbeau sortant de la muraille pour soutenir une poutre. <i>Mutulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPUI" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPUI</head>
    <p>
    Appui , se dit aussi, chez les Ouvriers, d'une pierre, ou d'un éclat de bois qu'ils mettent sous leurs pinces &amp; leviers pour remuer des pierres &amp; fardeaux : ce qu'ils appellent aussi <i>orgueil, cale,</i> &amp; les Mathématiciens, <i>Hypomoclium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="5" type="">
   <index type="head" value="APPUI" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPUI</head>
    <p>
    Appui , se dit figurément pour, Protecteur, défenseur, <i>Praesidium, columen.</i> L'Eglise a besoin d'<i>appuis</i> temporels. Cl. Ce Ministre est l'<i>appui</i> de l'Etat. Le principal <i>appui</i> du Prince est moins la force de ses armes, que l'estime qu'on a pour lui, &amp; l'application qu'il a à la mériter. Le Gend. Le Seigneur est mon <i>appui.</i> Arn. Il est étrange à combien <pb n="297" facs="bpt6k8542165/f337/full/1200,/0/native.jpg"/>de choses l'ame s'attache, &amp; combien il lui faut de petits <i>appuis</i> pour la tenir en repos. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="6" type="">
   <index type="head" value="APPUI" />
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    <head>APPUI</head>
    <p>
    Appui , se dit encore figurément pour Protection, défense. Il faut mettre son <i>appui</i> en Dieu. Je trouverai toute sorte d'<i>appui</i> auprès de lui. Je vous demande votre <i>appui</i> contre son injustice. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="7" type="">
   <index type="head" value="APPUI" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>APPUI</head>
    <p>
    Appui , en termes de joueurs de boule , se dit de celle qui vient en soutenir une autre jouée par quelqu'un du même parti. <i>Adminiculum.</i> Il faut venir à l'<i>appui</i> de la boule.</p><p>On le dit aussi de celui qui aide à faire réussir une proposition une affaire. Le Rapporteur avoit ouvert cet avis, &amp; deux autres sont venus à l'<i>appui.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2515" id="8" type="manege">
   <index type="head" value="APPUI" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>APPUI</head>
    <p>
    Appui , en termes de Manége , est le sentiment réciproque de l'action de la bride entre la main du Cavalier, &amp; la bouche du cheval. <i>Mutuus equitis atque equi sensus frenorum &amp; habenarum ope utrinque perceptus.</i> Ce cheval a l'<i>appui</i> fin, c'est-à-dire, il a la bouche délicate. Il a un <i>appui</i> sourd, il a un <i>appui</i> qui force la main, il est sans <i>appui,</i> c'est-à-dire, qu'il obéit avec peine au Cavalier, qu'il craint l'embouchure. Un cheval qui a trop d'<i>appui,</i> est celui qui s'abandonne trop sur le mords. On dit, <i>Appui</i> à pleine main, ou au delà de pleine main, pour dire, qu'il a l'<i>appui</i> ferme, ou qu'on l'arrête avec peu de force. La rêne de dedans du cavesson attachée courte au pommeau est un excellent moyen pour donner un <i>appui</i> au cheval, le rendre ferme à la main &amp; l'assurer. Cela est encore utile pour lui assouplir les épaules, ce qui lui donne de l'<i>appui</i> où il en manque, &amp; en ôte où il y en a trop. Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2516" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPUI-MAIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Beaux-arts" />
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    <head>APPUI-MAIN</head>
    <p>
    APPUI-MAIN , s. m. se dit chez les Peintres, de la baguette qui a un bouton au bout, qui leur soutient la main quand ils peignent. <i>Fulcrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2517" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPUI-POT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>APPUI-POT</head>
    <p>
    APPUI-POT , s. m. Ustensile de cuisine fait de fer en demi cercle, qui sert à appuyer un pot ou un coquemar de peur qu'on ne les renverse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2518" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPUREMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>APPUREMENT</head>
    <p>
    APPUREMENT . Voyez <ref type="search" target="head:APUREMENT">APUREMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2519" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPURER" />
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    <head>APPURER</head>
    <p>
    APPURER . Voyez <ref type="search" target="head:APURER">APURER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2520" id="1" type="">
   <index type="head" value="APPUYER" />
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    <head>APPUYER</head>
    <p>
    APPUYER , v. act. Mettre un appui à quelque chose. <i>Fulcire, sustinere.</i> Il faut <i>appuyer</i> les voûtes par de bons arc-boutans, pour empêcher qu'elles ne tombent.</p><p>Nicod dérive ce mot de <i>appodiare,</i> &amp; <i>appui</i> de <i>ad</i> &amp; <i>podium,</i> qui signifie, <i>ce qui sert à s'appuyer.</i> On a dit d'abord <i>appoyer</i> ; il y a même des Provinces où les Paysans disent encore <i>appoyer,</i> pour <i>appuyer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2520" id="2" type="">
   <index type="head" value="APPUYER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APPUYER</head>
    <p>
    Appuyer , signifie aussi, Peser sur quelque chose, la presser. <i>Incumbere alicui rei.</i> Je ne veux pas que cette poutre <i>appuie</i> sur mon mur. Il n'ose <i>appuyer</i> sur sa jambe, tant elle est foible.</p><p>On dit aussi <i>appuyer</i> l'épée, les pistolets dans le ventre à quelqu'un. <i>Gladio, sclopeto alicujus in pectus incumbere.</i></p><p>On s'en sert aussi avec le pronom personnel, pour dire, se soutenir sur quelque chose. <i>Niti re aliquâ, alicui rei incumbere.</i> Les vieillards s'<i>appuient</i> sur un bâton pour marcher. S'<i>appuyer</i> sur le coude. Vaug.</p><p>On dit proverbialement, S'<i>appuyer</i> sur un roseau, pour dire, Avoir des espérances mal fondées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2520" id="3" type="">
   <index type="head" value="APPUYER" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>APPUYER</head>
    <p>
    Appuyer , se dit figurément en Morale, &amp; signifie, Soutenir ; défendre, protéger quelque chose par bonnes raisons, ou par bons titres, ou par son crédit &amp; sa faveur. <i>Tueri, defendere, protegere aliquem.</i> Ce procès est <i>appuyé</i> sur des pièces décisives. Cette doctrine est <i>appuyée</i> sur de bons principes. Il n'a pas assez <i>appuyé</i> sur cette raison. Le Président <i>appuyoit</i> son affaire. Il s'<i>appuie</i> sur son crédit. <i>Appuyer</i> un parti. Ablanc. <i>Appuyer</i> les prétentions de quelqu'un. Patr. Voiture a dit galamment, &amp; par équivoque, qu'il avoit une raison fondamentale sur laquelle il n'osoit <i>appuyer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2520" id="4" type="">
   <index type="head" value="APPUYER" />
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    <head>APPUYER</head>
    <p>
    Appuyé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>fulcitus, suffultus, nisus.</i> Un globe, qui n'est <i>appuyé</i> que sur un point, avec ce mot Latin, <i>Tantillo nititur,</i> est une devise faite pour un jeune Prince encore enfant, qui fait l'espérance &amp; l'appui d'un Etat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2521" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂPRE" />
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    <head>ÂPRE</head>
    <p>
    ÂPRE , adj. m. &amp; f. Montueux, inégal. <i>Asper.</i> La Provence &amp; le Dauphiné sont des pays <i>âpres</i> &amp; raboteux, où le charroi va difficilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2521" id="2" type="">
   <index type="head" value="ÂPRE" />
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    <head>ÂPRE</head>
    <p>
    Âprè , se dit aussi de ce qui frappe violemment &amp; désagréablement les sens. <i>Fervidus, acer.</i> Un feu trop <i>âpre</i> havit les viandes. Le froid a été bien <i>âpre,</i> &amp; bien rude cet hiver. Un fruit est <i>âpre,</i> lorsqu'il n'est pas mûr, ou qu'il a une acidité trop piquante.</p><p>Une Ode sur le Quinquina dit, en parlant de la fièvre,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2521" id="3" type="">
   <index type="head" value="ÂPRE" />
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    <head>ÂPRE</head>
    <p>
    Âpre , se dit aussi de celui qui est fort ardent, &amp; fort avide dans ses desirs &amp; ses passions. <i>Avidus, alicujus rei studio flagrans.</i> Ce Procureur est fort <i>âpre</i> au gain. Les gens foibles sont <i>âpres</i> à se venger dans l'occasion. Cet enfant est <i>âpre</i> sur la nourrice, on ne l'en ose éloigner qu'il ne crie. Les écornifleurs sont <i>âpres</i> &amp; goulus. Les bons chiens sont <i>âpres</i> à la curée, à la chasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2521" id="4" type="">
   <index type="head" value="ÂPRE" />
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    <head>ÂPRE</head>
    <p>
    Âpre , se dit aussi de certaines choses, pour en marquer la violence, la rudesse, la sévérité. <i>Durus, acerbus.</i> Un combat <i>âpre.</i> Un esprit <i>âpre.</i> Une réprimande <i>âpre.</i> Mener une vie <i>âpre</i> &amp; austère.</p><p>En Medécine on appelle l'<i>âpre</i> artère, le conduit par où l'air passe dans le poumon. Voyez Trachée Artère.</p><p>On appelle en Grammaire, un esprit <i>âpre, asper,</i> une marque faite en forme de <i>c,</i> qu'on met sur certaines lettres, pour montrer qu'il les faut prononcer avec une forte aspiration, comme on fait en François les <i>h</i> consonnes, &amp; comme les Grecs faisoient plusieurs voyelles, &amp; la lettre ; ce qui leur tenoit lieu d'une <i>h.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2522" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂPRÈLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ÂPRÈLE</head>
    <p>
    ÂPRÈLE , s. f. Herbe dont les feuilles sont fort rudes, qui sert aux ouvriers à polir le bois, à écurer l'airain, la vaisselle. <i>Equisetum.</i> Cette herbe croît dans les lieux aquatiques, &amp; dans les fossés. Elle jette des tiges creuses, nouées, rougeâtres, &amp; rudes au maniement, autour desquelles il y a force feuilles menues, &amp; minces comme le jonc. Elle croît fort en hauteur, quand elle trouve des arbres pour s'y attacher ; &amp; y étant entortillée, elle fait pendre une grande chevelure noire comme une queue de cheval. Sa racine est dure comme du bois. Matthiole en décrit quatre espèces, dont il y en a une que les paysans <pb n="298" facs="bpt6k8542165/f338/full/1200,/0/native.jpg"/>mangent en Carême. Voyez <ref type="search" target="head:Prelle">Prelle</ref>. C'est une sorte de queue de cheval. <i>Equisetum juncium.</i> Cette herbe ne doit point avoir de feuilles, à la différence des autres ; elle est composée des petites canelures coupantes ; &amp; cette herbe ne s'attache point aux arbres, non plus que les autres de même genre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2523" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂPREMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ÂPREMENT</head>
    <p>
    ÂPREMENT , adv. D'une manière âpre. <i>Asperè, vehementer.</i> Vous mangez trop <i>âprement.</i> Ce valet a été réprimandé <i>âprement</i> &amp; vertement par son maître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2524" id="1" type="peinture & de sculpture">
   <index type="head" value="APRÈS" />
   <index type="src_domain" value="peinture & de sculpture" />
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    <head>APRÈS</head>
    <p>
    APRÈS . Préposition qui régit l'accusatif, &amp; qui sert à marquer la suite d'une chose avec une autre, &amp; particulièrement pour le temps &amp; le lieu. <i>Post.</i> On a mis les Sergens <i>après</i> lui ; c'est-à-dire pour le suivre. Il est si humble, qu'il ne marche qu'<i>après</i> les autres. Le Temple de Salomon fut commencé 480. ans <i>après</i> la sortie d'Egypte. Port-R. <i>Après</i>-vous je n'aime rien tant que la solitude. <i>Secundum te. Après</i> Dieu, c'est mon Sauveur.</p><p>On dit aussi, Il est toujours <i>après</i>-lui ; pour dire, Il l'importune, il l'espionne, il le tourmente. <i>Aliquem persequi.</i></p><p>On dit en termes de Peinture &amp; de Sculpture , Ce portrait est fait d'<i>après</i> nature ; c'est-à-dire, tiré sur l'original. <i>Imago ad naturam ipsam, ad primarium aliquod exemplar expressa.</i> D'<i>après</i> Raphaël ; pour dire, C'est une copie de Raphaël. Il est dessiné d'<i>après</i> l'antique, d'<i>après</i> la Bosse. Il se dit aussi dans le figuré, J'avois copié mes personnages d'<i>après</i> le plus grand Peintre de l'antiquité, je veux dire, d'<i>après</i> Tacite. Racin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2524" id="2" type="">
   <index type="head" value="APRÈS" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APRÈS</head>
    <p>
    Après , Conjonctive qui se met devant le préterit de l'infinitif. <i>Postquam, posteaquam.</i> Jéroboam mourut <i>après</i> avoir regné vingt-deux ans. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2524" id="3" type="">
   <index type="head" value="APRÈS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>APRÈS</head>
    <p>
    Après , Conjonctive, qui régit l'indicatif &amp; quelquefois le subjonctif, <i>Après</i> que Salomon eut bâti un Temple à Dieu, il se bâtit un Palais pour lui. Port-R. <i>Après</i> qu'on est sorti du péril, on ne songe plus au Saint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2524" id="4" type="">
   <index type="head" value="APRÈS" />
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    <head>APRÈS</head>
    <p>
    Après , est aussi une transition interrogante. <i>Deinde, ultrà</i> Continuez, <i>après,</i> que dites-vous ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2524" id="5" type="">
   <index type="head" value="APRÈS" />
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    <head>APRÈS</head>
    <p>
    Après entre dans une infinité de façons de parler. <i>Après</i> quoi, pour dire, <i>après</i> laquelle chose, nous allâmes à la promenade ; <i>après</i> quoi nous soupâmes. <i>Posteà.</i> On dit d'un homme qui s'est trop fait attendre, qu'on a attendu long-temps <i>après</i> lui. <i>Diù expectatus venit.</i> Et d'un autre, dont le monde se plaint, que tout le monde crie <i>après</i> lui. Vous faites le méchant, mais si je me mets <i>après</i> vous ; pour dire, mais si je mets les mains sur vous, si vous m'obligez à vous châtier. <i>Si te arripuero.</i> Être <i>après</i> quelque chose, c'est faire tous ses efforts pour l'obtenir. <i>Aliquid persequi.</i> Il y a long-temps qu'il est <i>après</i> cet emploi, ce bénéfice. Être <i>après</i> à faire une telle chose, c'est y travailler actuellement, c'est la faire dans le moment qu'on parle. <i>Occupari re aliquâ. Après</i> tout, pour dire, <i>après</i> avoir bien considéré, bien, pesé, bien examiné toutes choses. <i>Omnibus perpensis.</i> Il a fait cela <i>après</i> dîner, <i>après</i> souper, après boire, <i>Post prandium, post coenam, &amp;c.</i> Mais ces trois mots sont considérés comme des substantifs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2524" id="6" type="">
   <index type="head" value="APRÈS" />
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    <head>APRÈS</head>
    <p>
    Après , se dit aussi adverbialement dans plusieurs façons de parler. Partez, nous irons <i>après. Sequemur.</i> On dit la Messe, &amp; <i>après,</i> le Sermon. <i>Deinde habetur concio.</i> Tôt <i>après, Continuò.</i> Puis <i>après,</i> ci-<i>après,</i> pour dire, ensuite. <i>Posthàc, deinceps.</i> En <i>après</i> ; par <i>après</i> mais ces deux derniers ne se trouvent plus dans les Ouvrages bien écrits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2524" id="7" type="">
   <index type="head" value="APRÈS" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>APRÈS</head>
    <p>
    Après , se dit proverbialement en ces phrases. <i>après</i> la panse vient la danse. Jetter le manche <i>après</i> la cognée. <i>Après</i> cela il faut tirer le rideau, tirer l'échelle ; pour dire, quand on a vû cela, il ne faut point voir autre chose. Courir <i>après</i> son éteuf. Il y a trop de chiens <i>après</i> un os ; pour dire qu'une société est trop grande, &amp; que la part de chacun sera petite. Regnier a dit aussi, <i>Après</i> graces Dieu but. On prétend que ce proverbe vient de ce qu'on donna des Indulgences aux Allemands qui boiroient un coup <i>après</i> avoir dit graces, afin de les obliger à les dire. Il y a en beaucoup d'autres qu'on verra dans la suite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2525" id="1" type="">
   <index type="head" value="APRÈS-DEMAIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>APRÈS-DEMAIN</head>
    <p>
    APRÈS-DEMAIN , adv. de temps. Second jour après celui où on est. <i>Perendiè, perendino die.</i> Un mauvais payeur remet à demain, à <i>après-demain,</i> de jour à autre.</p><p>Il est aussi substantif. Le lendemain de Pâques est fête, &amp; l'<i>après-demain</i> pareillement. <i>Posterus Paschatis dies festivus est.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2526" id="1" type="">
   <index type="head" value="APRÈS-DÎNÉ" />
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    <head>APRÈS-DÎNÉ</head>
    <p>
    APRÈS-DÎNÉ . Ce sont deux mots, dont le premier est une préposition, &amp; le second un nom substantif. Ils signifient le temps qui suit immédiatement le dîné. <i>A prandio, post prandii tempus.</i> Je fus berné Vendredi <i>après-dîné.</i> Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2527" id="1" type="">
   <index type="head" value="APRÈS-DÎNÉE" />
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    <head>APRÈS-DÎNÉE</head>
    <p>
    APRÈS-DÎNÉE , s. f. La seconde partie du jour que l'on compte depuis midi, qui est l'heure ordinaire de dîner. <i>Pomeridianum tempus.</i> L'<i>Après-dînée</i> ceux qui ne chassent point, ont la promenade dans les jardins des maisons voisines. L'ab. Genest, <i>Divert. de Sceaux.</i></p><p>On dit en proverbe au Palais, Quand la Cour se lève le matin, elle dort l'<i>après-dînée ;</i> pour dire, qu'elle n'entre point le soir quand elle a été obligée de se lever le matin pour quelque cérémonie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2528" id="1" type="">
   <index type="head" value="APRÈS-MIDI" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>APRÈS-MIDI</head>
    <p>
    APRÈS-MIDI , s. f. Le temps qui est depuis midi jusqu'à la nuit. <i>Pomeridianum tempus, horae pomeridianae.</i> L'<i>après-midi</i> ne fut pas belle hier ; il n'y eut pas moyen de sortir. Voilà une vilaine <i>Après-midi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2529" id="1" type="">
   <index type="head" value="APRÈS-SOUPÉ" />
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    <head>APRÈS-SOUPÉ</head>
    <p>
    APRÈS-SOUPÉ . Ce sont deux mots, dont le premier est une préposition, &amp; le second un nom substantif. <i>A coenâ, post coenae tempus.</i> Ils signifient le temps qui suit immédiatement le soupé. Je vous irai voir <i>après-soupé.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="APRÈS-SOUPÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>APRÈS-SOUPÉ</head>
    <p>
    Après-soupée , s. f. Le temps qui s'écoule depuis qu'on a soupé jusqu'à ce qu'on se couche. <i>Serotinum tempus.</i> Où irez-vous passer l'<i>après-soupée ?</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2530" id="1" type="">
   <index type="head" value="APRETADOR" />
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    <head>APRETADOR</head>
    <p>
    APRETADOR . Voyez <ref type="search" target="head:APPRETADOR">APPRETADOR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2531" id="1" type="">
   <index type="head" value="ÂPRETÉ" />
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    <head>ÂPRETÉ</head>
    <p>
    ÂPRETÉ , s. f. Qualité de ce qui est âpre. Il se dit de plusieurs choses fort différentes. <i>Asperitas.</i> 1°. Des fruits quand faute de maturité, ou pour quelque autre raison, ils ont une certaine saveur rude, acre &amp; désagréable. L'<i>âpreté</i> qui se trouve dans les fruits, diminue à mesure qu'ils meurissent, ou que les arbres vieillissent. 2°. Du feu &amp; du froid, quand l'un &amp; l'autre sont violens &amp; âpres. L'<i>âpreté</i> du feu se fait sentir à proportion du froid. La rigueur &amp; l'<i>âpreté</i> des hivers ne l'arrête point. Patr. 3°. Des pays &amp; des chemins, quand ils sont rudes, inégaux, raboteux. L'<i>âpreté</i> de certains pays en empêche le commerce. Vous rétablirez un chemin que sa hauteur &amp; son <i>âpreté</i> rendent difficile. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ÂPRETÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ÂPRETÉ</head>
    <p>
    Âpreté , se dit figurément en Morale. <i>Acerbitas.</i> Les Anciens ont blâmé l'<i>âpreté</i> des moeurs de Caton, &amp; sa trop grande sévérité. Cette <i>âpreté</i> de naturel, qui ne se rendoit jamais aux difficultés, établit mieux la puissance de Rome, qu'une humeur douce &amp; raisonnable. S. Evr. Il faut avoir une sagesse gaie &amp; civile, &amp; fuir l'<i>âpreté</i> des moeurs. Mont. On dit aussi, cet homme entreprend les choses avec trop d'<i>âpreté ;</i> pour dire, trop d'ardeur &amp; de promptitude.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2531" id="3" type="">
   <index type="head" value="ÂPRETÉ" />
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    <head>ÂPRETÉ</head>
    <p>
    Âpreté , veut aussi dire <i>austérité, rigueur.</i> Si vous voulez savoir en quoi consiste la rigueur &amp; l'<i>âpreté</i> de cette règle. Ab. de la Tr.</p><p>On le dit aussi du goût &amp; de la manière d'un ouvrier dans les ouvrages méchaniques. Michel-Ange auroit été plus estimable, s'il eût retenu ce qu'il y a de bon dans le Gothique, je veux dire, le dégagement &amp; l'<i>âpreté</i> des entrecolonnemens qui nous plaisent si fort. De Cordem. <i>Traité d'Arch. p.</i> 175.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2532" id="1" type="">
   <index type="head" value="APRON" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>APRON</head>
    <p>
    APRON , s. m. Poisson d'eau douce. Il ne se trouve qu'en Dauphiné. Daléchamp &amp; Nicod ont observé qu'il est semblable au goujon. Chorier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2533" id="1" type="">
   <index type="head" value="APT" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>APT</head>
    <p>
    APT , s. f. <i>Apta Julia.</i> Nom propre d'une ville de France en Provence. Quelques Auteurs conjecturent qu'elle fut nommée <i>Apta,</i> à raison de sa situation commode &amp; avantageuse sur le Calmoon ; &amp; <i>Julia,</i> en l'honneur de Jules César, ou d'Auguste. Elle fut autrefois Capitale des Vulgientiens, <i>Apta Julia Vulgientium.</i> Pline la compte parmi les villes Latines. Elle est appellée Colonie, Col. Apta, sur une pierre trouvée à Arles. Jules César y fit construire un pont, qui fut nommé le Pont Julien, <i>Pons Julius.</i> Il y <pb n="299" facs="bpt6k8542165/f339/full/1200,/0/native.jpg"/>a encore à <i>Apt</i> les restes d'un Amphithéatre, &amp; d'autres antiquités. Il y a un Evêché qui est très-ancien, &amp; le premier de la Province d'Aix. La longitude d'<i>Apt</i> est 26d 5' &amp; sa latitude 43d 10' Mr &amp; Mlle de Scuderi étoient d'<i>Apt.</i> En 1604. on trouva dans la cour de l'Evêché d'<i>Apt</i> l'épitaphe du cheval de l'Empereur Hadrien, nommé Boristhènes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2534" id="1" type="">
   <index type="head" value="APTE" />
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    <head>APTE</head>
    <p>
    APTE , adj. mas. &amp; f. Vieux mot, &amp; hors d'usage, qui signifioit autrefois, Propre à quelque chose. <i>Aptus, idoneus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2535" id="1" type="">
   <index type="head" value="APTHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>APTHE</head>
    <p>
    APTHE , s. f. &amp; nom propre. <i>Agatha.</i> On appelle dans le Diocèse d'Usez <i>Sainche Apthe,</i> une Eglise de sainte Agathe. Les Languedociens disent <i>sainche,</i> pour saint &amp; sainte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2536" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="APTITUDE" />
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    <head>APTITUDE</head>
    <p>
    APTITUDE , s. f. Terme de Philosophie , qui signifie, Disposition naturelle à quelque chose. <i>Habilitas.</i> Le bois a plus d'<i>aptitude</i> à être consumé du feu, que la pierre. Vous avez une <i>aptitude</i> à toutes les belles &amp; bonnes choses. Le P. Bouhours prétend que ce mot est un peu barbare, &amp; que l'on peut s'en passer. Il est certainement peu en usage dans le monde poli, &amp; sent bien le pays Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2536" id="2" type="">
   <index type="head" value="APTITUDE" />
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    <head>APTITUDE</head>
    <p>
    Aptitude , se dit aussi en Jurisprudence, &amp; signifie la capacité à exercer un emploi, ou à recevoir un don.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2537" id="1" type="finances">
   <index type="head" value="APUREMENT" />
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    <head>APUREMENT</head>
    <p>
    APUREMENT , s. m. Terme de Finances , qui se dit lorsqu'un comptable en vertu de requêtes &amp; de pièces, fait lever les charges mises sur la recette, ou sur la dépense de son compte ; lorsqu'il en a fait lever toutes les souffrances &amp; difficultés, &amp; qu'il en a payé le reliqua. <i>Rationum decisio.</i> Tous les comptables ont été obligés à faire apparoir de l'<i>apurement</i> de leurs comptes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2538" id="1" type="finances">
   <index type="head" value="APURER" />
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    <head>APURER</head>
    <p>
    APURER , v. act. Terme de Finances . Faire juger &amp; clorre un compte, &amp; payer le reliqua, faire lever toutes les charges d'un compte, &amp; en rapporter les acquits. <i>Rationes decidere.</i> Ce comptable a fait <i>apurer</i> tous ses comptes, il est bien déchargé de son maniement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2538" id="2" type="">
   <index type="head" value="APURER" />
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    <head>APURER</head>
    <p>
    Appuré, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Decisus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2539" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUARIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AQUARIEN, ENNE</head>
    <p>
    AQUARIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Aquarius.</i> Nom de secte. Les Hérétiques <i>Aquariens</i> furent ainsi appellés du nom Latin <i>aqua,</i> qui signifie de l'eau, parce qu'ils n'offroient que de l'eau au sacrifice de la Messe. S. Cyprien, qui réfute cette erreur dans sa soixante-troisième lettre, dit qu'elle étoit nouvelle de son temps ; ainsi cette hérésie ne s'éleva qu'au milieu du troisième siècle. On dit que la persécution donna occasion à cet abus. Les Chrétiens, de crainte que l'odeur de l'espèce du vin qu'ils recevoient la nuit, ou de grand matin aux sacrés mystères, ne les fit reconnoître par les Gentils, userent d'eau seule avec l'hostie au lieu de prendre l'espèce du vin. Les <i>Aquariens</i> allèrent ensuite plus loin, &amp; prétendirent même consacrer avec l'eau seule. Outre S. Cyprien, voyez saint Jean Chrys. hom. 83. <i>in Matth.</i> S. Epiphane hér. 46. S. Aug. hér. 64. Rabanus Maurus, Baron. <i>ad an. C.</i> 257. <i>n.</i> 5. <i>Coel. Rhodig. L.</i> 18. <i>C.</i> 40. S. Epiphane dit que les <i>Aquariens</i> étoient des sectateurs de Tatien, qui furent nommés ainsi, parce qu'ils s'abstenoient du vin, dont ils ne se servoient pas même dans l'Eucharistie. Au reste, les <i>Aquariens,</i> du temps de S. Cyprien, ne faisoient point difficulté d'offrir du vin le soir à l'heure du souper ; car il étoit encore en usage d'offrir le saint sacrifice de l'Eucharistie deux fois le jour, le matin &amp; le soir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2540" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="AQUARIUS" />
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    <head>AQUARIUS</head>
    <p>
    AQUARIUS , s. m. autrement, <i>Verseur d'eau. Aquarius.</i> Terme d'Astronomie . C'est un signe du Zodiaque, qui est l'onzième, à compter depuis Aries. Le soleil le parcourt au mois de Janvier, &amp; ce signe est de la nature de Saturne. On le marque ainsi &amp; il a 33. étoiles. Ce nom lui a été donné, parce que lorsqu'il paroît sur l'horizon, il vient des pluies. Quelques Poëtes feignent que c'est Ganymède fils de Troïle &amp; de Callirhoé, &amp; qu'il s'appelle <i>Aquarius,</i> Verseau, parce que c'est lui qui verse de l'eau aux Dieux. Jupiter, qui l'aimoit, le fit enlever par son aigle du mont Ida où il étoit, &amp; le plaça parmi les Astres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2541" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUATILE" />
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    <head>AQUATILE</head>
    <p>
    AQUATILE , adj. <i>Aquatilis.</i> Qui naît, &amp; qui se nourrit dans l'eau. Animaux <i>Aquatiles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2542" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUATIQUE" />
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    <head>AQUATIQUE</head>
    <p>
    AQUATIQUE , adj. m. &amp; f. Qui aime l'eau, ou qui y croît, ou qui en est rempli. <i>Aquaticus.</i> On dispute fort sur la prononciation de ce mot. La plus grande autorité que nous ayons en ces sortes de choses, veut qu'on le prononce comme s'il étoit écrit <i>acouatique,</i> &amp; il semble que l'on devroit s'y soumettre. Cependant il y a d'habiles Auteurs, &amp; grand nombre d'honnêtes gens, qui non seulement veulent que l'on prononce <i>acatique,</i> mais qui veulent aussi qu'on l'écrive. Ainsi ces derniers pourroient bien l'emporter sur Messieurs de l'Académie Françoise. En attendant que le procès soit vuidé, on croit que l'on fera bien d'écrire <i>aquatique,</i> &amp; de le prononcer le plus doux que l'on pourra. L'Académie a nouvellement décidé pour la prononciation d'<i>acouatique.</i> Les plantes, les arbres <i>aquatiques</i> sont ceux qui viennent bien dans les lieux humides, comme le saule, l'aune, les roseaux, le nénuphar. Les marais, les lieux <i>aquatiques,</i> pleins d'eau &amp; marécageux, sont mal-sains. Les grenouilles, les rats d'eau, sont animaux <i>aquatiques.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2543" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUÉDUC" />
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    <head>AQUÉDUC</head>
    <p>
    AQUÉDUC , prononcez AKÉDUC, s. m. <i>Aquaeductus.</i> Construction de pierre faite dans un terrain inégal pour conserver le niveau de l'eau, &amp; la conduire par un canal d'un lieu à un autre. Il y a des <i>aquéducs</i> sous terre, &amp; d'autres qui sont portés par des arcades, &amp; qu'on appelle <i>aquéducs</i> élevés ; parce qu'ils sont construits sur des corps de maçonnerie percés d'arcades. <i>Aquéduc</i> double ou triple, est un <i>aquéduc</i> qui a son canal porté sur deux ou trois arcades. Les Romains étoient magnifiques dans leurs <i>aquéducs,</i> qui s'étendoient quelquefois à cent milles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2543" id="2" type="anatomie">
   <index type="head" value="AQUÉDUC" />
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   <index type="macro_domain" value="Anatomie" />
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    <head>AQUÉDUC</head>
    <p>
    Aquéduc , en termes d'Anatomie , est un conduit partie membraneux, &amp; partie cartilagineux, qui va de l'oreille dans le palais. Il est ainsi appellé non-seulement à cause de sa forme de canal, mais encore parce qu'il peut donner quelquefois passage aux humeurs étrangères, qui se ramassent assez souvent dans une des cavités de l'oreille, qui se nomme la quaisse, n'y ayant aucune valvule qui puisse en empêcher la sortie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2544" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUEL MARIC" />
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    <head>AQUEL MARIC</head>
    <p>
    AQUEL MARIC . C'est le nom qu'on donne à la Langue des Africains naturels, &amp; qui signifie <i>Langue noble.</i> On l'appelle autrement Langue d'Abimalik. L'<i>Aquel Maric,</i> ou la Langue d'Abimalik, c'est mêlé de beaucoup d'Arabe, depuis que les Arabes se sont rendus maîtres de l'Afrique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2545" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUERIR" />
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    <head>AQUERIR</head>
    <p>
    AQUERIR . Voyez <ref type="search" target="head:ACQUERIR">ACQUERIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2546" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUEUX, EUSE" />
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    <head>AQUEUX, EUSE</head>
    <p>
    AQUEUX, EUSE , adj. Qui est de la nature de l'eau, qui en est tout rempli. <i>Aquosus.</i> Le lait a une partie <i>aqueuse,</i> l'autre butyreuse. Les Chymistes séparent la partie <i>aqueuse</i> de tous les corps par la distillation. On appelle un fruit <i>aqueux,</i> celui qui n'a point de goût, qui ne sent que l'eau. On appelle aussi humeur <i>aqueuse,</i> la première des trois humeurs qui sont enfermées dans l'oeil, &amp; qui est située sur la partie antérieure. Elle est liquide &amp; transparente comme l'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2547" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUIESCER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AQUIESCER</head>
    <p>
    AQUIESCER . Voyez <ref type="search" target="head:ACQUIESCER">ACQUIESCER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2548" id="1" type="">
   <index type="head" value="AQUILÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AQUILÉE</head>
    <p>
    AQUILÉE , s. f. <i>Aquileia,</i> ou <i>Aquilegia.</i> Vossius, dans ses Notes sur Pomponius Mela, Liv. II. Ch. III. remarque, que tous les anciens manuscrits écrivent <i>Aquilegia.</i> Parmi les épigrammes &amp; épitaphes que Gruter a tirées d'un vieux manuscrit de la Bibliothèque Palatine, il y en a une p. MCLXIX. 6. où on lit aussi <i>Aquilegia.</i> Cependant les Poëtes, comme Silius Ital. Liv. VIII. v. 605. Mart. Liv. IV. ép. 25. Ausone, <i>Catal. clarar. urb. ep.</i> 7. ne le font que de quâtre syllabes ; &amp; toutes les inscriptions antiques, où il est parlé d'<i>Aquilée,</i> monumens incomparablement plus anciens &amp; plus sûrs que les manuscrits, écrivent <i>Aquileia.</i> Gruter p. CCCCXXXIII. 8. <i>Patavii in aedibus Ranusiacis.</i></p><p>L. MANILIVS L. F. ACIDINVS. TRIV. VIR. AQVILEIAE COLONIAE DEDVCENDAE.</p><p>Voyez encore p. CCCI. &amp; p. XXXVI. 12.</p><p>APOLLINI BELENO C. AQVILEIENS. FELIX.</p><p>&amp; p. CLII. 4.</p><p>IMP. CAES. INVICIT. AVG. AQVILEIENSIVM RESTITVTOR, &amp;c.</p><p>Voyez encore p. CCCXLV. 10. pag.</p><p>DCCLXXXVIII. 6. &amp; DCCLVII. 4.</p><p>On voit donc que le véritable nom est <i>Aquileia.</i> C'est une Ville d'Italie, dans le Frioul, sur le confluent de l'Ansa &amp; du Torre. Quelques-uns disent qu'elle a pris son nom d'un certain Aquilus venu de Troye avec Antenor, qui en jetta les premiers fondemens. Vossius, qui veut que son premier nom soit <i>Aquilegia,</i> soutient à l'endroit que j'ai cité, qu'il vient d'<i>Aquilegium,</i> qui signifie une source, une fontaine, &amp; qu'elle fut ainsi appellée à cause de l'abondance des sources &amp; des eaux qu'il y avoit au lieu où elle fut bâtie. Mais sa conjecture sur ce nom étant fausse, &amp; <i>Aquilegia</i> étant une mauvaise orthographe des siècles postérieurs, &amp; des Copistes, qui dans ces siècles ne prononçant le <i>gi</i> que comme un <i>i,</i> &amp; ne faisant point sentir le <i>gi</i> comme les Grecs, qui ne le font point sentir non plus, ont mis <i>gi</i> où il ne falloit qu'un <i>i,</i> parce que ces deux sons n'étoient point, ou presque point différens ; ou bien que ce nom n'étant, comme prétend Cluvier, Liv. I. Ch. 20. qu'une corruption du mot <i>Aquileia,</i> qui s'est introduite dans les siècles de la barbarie, Pline, Tite-Live, Cicéron, Tacite, &amp; tous les autres, écrivant <i>Aquileia,</i> sans que j'y trouve de variante, quoiqu'en dise Vossius : les Grecs, comme Strabon, Ptolomée, écrivant , &amp; Denys, ; sans parler d'une médaille de Vespasien citée par Goltzius p. 237. &amp; qui porte Col. Aquileia, mais que je ne voudrois pas garantir, parce que je ne la trouve citée par aucun autre Auteur ; tout cela, dis-je, étant certain, l'étymologie de Vossius tombe d'elle-même. L'Empereur Julien, dans sa seconde harangue sur les actions de Constantius, dit qu'elle fut appellée <i>Aquilée,</i> parce que lorsqu'on la bâtit, un aigle, en Latin <i>aquila,</i> parut du côté droit. Ce sentiment n'a de fondement que l'entêtement &amp; la superstition de son Auteur, &amp; le fait n'est attesté d'aucun autre. Il est donc bien plus vraisemblable qu'<i>Aquilée</i> ne fut d'abord qu'un camp Romain, où les Aigles Romaines furent arborées, &amp; que de-là on le nomma <i>Aquileia.</i> En effet, dès le temps que les Gaulois vinrent s'établir près de-là, &amp; y commencèrent une Ville, c'est-à-dire, l'an de Rome 566. ou 567. quatre ou cinq ans avant qu'on y conduisît une Colonie, il y avoit déja là un Préteur, &amp; par conséquent des troupes Romaines &amp; un camp, comme il paroît par le 39e Livre de Tite-Live. Depuis <i>Aquilée</i> devint si riche &amp; si considérable, qu'on la compara à Rome même, &amp; qu'on lui en donna le nom. L'Eglise d'<i>Aquilée,</i> si l'on en croit la Tradition du pays, fut fondée par S. Marc. Elle a titre de Patriarchat, dont les Macri rapportent l'origine à l'an 570. Parce que l'air d'<i>Aquilée</i> étoit très-mal sain, les Patriarches transportèrent leur siége à Udine, qui devint la <i>Nouvelle Aquilée,</i> l'ancienne ayant été abandonnée. L'Empereur, qui est maître d'<i>Aquilée,</i> prétend nommer au Patriarchat ; mais pour éviter les contestations, les Vénitiens donnent au Titulaire résident à Udine dans les terres de la Seigneurie, le pouvoir de choisir un Coadjuteur. Voyez sur <i>Aquilée,</i> Leand. Alberti <i>Italiae regio.</i> 18e, &amp; Cluvier <i>Ital. ant.</i> Liv. I. Ch. 20. &amp; M. Antonius Sabellicus, <i>de vesustate Aquileiae,</i> cinq livres. La longitude d'<i>Aquilée</i> est 36d 10' ; sa latitude 45d 45'.</p><p>Cette Ville fut la première qui se déclara pour Charles VIII. Ferron dit qu'à cause de cela il lui accorda beaucoup de priviléges, &amp; entre autres celui de battre monnoie. Cette monnoie est singulière, en ce que la légende est mise en François par une ville Italienne, pendant que nous la mettons en Latin sur les nôtres. Sans doute cette Ville en usa ainsi, afin de marquer combien elle étoit bonne Françoise. Le Blanc. Elle s'appelle &amp; s'écrit sur des monnoies <i>Cité de l'Eigle,</i> &amp; en Latin (car il y en a aussi avec des légendes Latines) <i>Civitas Aquilina.</i> On trouve <i>Aquileia,</i> pour la Province dont <i>Aquilée</i> est la Capitale, dans Bolland. <i>Febr. Tom. III. p.</i> 9.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AQUILIN</head>
    <p>
    AQUILIN , adj. m. Est un épithète qu'on donne aux nez qui sont courbés par le bout comme le bec d'une aigle. <i>Aduncus, Aquilinus.</i></p><p>
    </p>
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    <head>AQUILON</head>
    <p>
    AQUILON , s. m. Vent qui souffle du côté du Nord, &amp; du point Oriental du cercle polaire. <i>Aquilo, Boreas.</i> Les Mariniers l'appellent <i>Nord-nord-est.</i> En Poësie généralement tous les vents orageux, &amp; que les Nautonniers appréhendent, s'appellent <i>Aquilons.</i></p><p>Mais il se dit principalement des vents d'hiver, des vents froids.</p><p>
    </p>
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    <head>AQUILONAIRE</head>
    <p>
    AQUILONAIRE , adj. Qui est d'Aquilon, qui est Boréal. <i>Aquilonaris, Aquilonius, Borealis.</i> Les vents <i>Aquilonaires.</i></p><p>
    </p>
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    <head>AQUIN</head>
    <p>
    AQUIN , s. m. <i>Aquinum.</i> Ville d'Italie dans la terre de Labour, qui est du Royaume de Naples. Elle a un Evêché suffragant de Capoue. Tacite dit qu'Aquin étoit une Colonie Romaine. S. Thomas, de l'Ordre de S. Dominique, est appellé S. Thomas d'<i>Aquin, Aquinas,</i> parce qu'il étoit du Diocèse d'<i>Aquin.</i> Juvénal étoit d'<i>Aquin</i> même. Pour Victorin, qui a écrit le Cycle Paschal, il étoit d'Aquitaine, &amp; non pas d'<i>Aquin,</i> comme écrivent quelques Auteurs. La longitude d'<i>Aquin</i> est 73d 35'. Sa latitude 41d 28'. Voyez Cluvier <i>Ital. Ant.</i> Leandr. Alberti <i>Descript. Ital.</i> Bollandus Tom. I. p. 550. S. Thomas d'<i>Aquin</i> étoit Normand, &amp; Bas-Normand du côté de sa mère, qui étoit sortie des Seigneurs Tancrède de Hauteville. La preuve s'en trouve dans de vieux manuscrits à Coutance, &amp; dans l'année Dominicaine composée par un Jacobin, qui en fait mention le 7e de Mars, Fête de ce Saint. De Vign. mar.</p><p>
    </p>
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    <head>AQUITAIN, AINE</head>
    <p>
    AQUITAIN, AINE , s. m. &amp; f. Qui est d'Aquitaine. <i>Aquitanus.</i> Valerius Praeceninus fut tué, &amp; son armée rompue par les <i>Aquitains.</i> De Marca, <i>Hist. de Bearn. p.</i> 34. Les <i>Aquitains</i> étoient fort adroits à faire des mines pous ruiner les machines des ennemis, à cause des travaux ordinaires qu'ils faisoient aux minières de fer. Id. <i>ib.</i> On ne se sert de ce mot qu'en parlant des anciens peuples de l'Aquitaine.</p><p>
    </p>
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    <head>AQUITAINE</head>
    <p>
    AQUITAINE , s. f. <i>Aquitania.</i> C'est le nom qu'on donnoit autrefois à la troisième partie des Gaules. Sous Jules César elle ne comprenoit que ce qui est entre la Garonne &amp; les Pyrénées. Mela Liv. III. Ch. 2. Liv. IV. Ch. 17. &amp; d'autres Auteurs, qui n'ont écrit que long-temps après César, ne lui donnent point d'autres bornes. Cependant Auguste les étendit jusqu'à la Loire, y joignant quatorze nations, qu'il tira de la Celtique, &amp; qui se trouvoient entre la Loire &amp; la Garonne. C'est Strabon qui nous l'apprend, &amp; Tibulle, qui vivoit sous Auguste dans la 7e, ou selon d'autres éditions, dans la 8e élégie de son premier Livre, lui donne pour bornes l'Ocean Sanctonique, les Pyrénées, le Rhône, la Saone &amp; la Loire. Quelques-uns prétendent que le même Empereur divisa cette grande <i>Aquitaine</i> en deux parties, &amp; que des quatorze peuples qui habitoient <pb n="301" facs="bpt6k8542165/f341/full/1200,/0/native.jpg"/>entre la Loire &amp; la Garonne, il en donna six, ou plutôt dix, selon Strabon, à l'ancienne <i>Aquitaine</i> de Jules César ; savoir ceux de Bourdeaux, d'Agen, d'Angoulême, de Xaintes, de Poitiers &amp; de Périgueux &amp;c. Et que des Celtes, comme dit Strabon, ou du Berry, de l'Auvergne, du Rouergue, du Querci, du Limousin, des Cevennes &amp; de la Narbonnoise, il en fit une autre partie d'<i>Aquitaine</i> ; que celle-ci fut la première <i>Aquitaine,</i> &amp; l'autre la seconde <i>Aquitaine</i> ; qu'ensuite Hadrien divisa encore la seconde <i>Aquitaine</i> en deux, que des six peuples ajoûtés par Auguste à l'ancienne <i>Aquitaine,</i> il en fit une Province qui fut la seconde <i>Aquitaine</i> ; &amp; que de l'ancienne <i>Aquitaine</i> de Jules, comprise entre la Garonne &amp; les Pyrénées, il en fit la troisième <i>Aquitaine,</i> qui fut aussi appellée Novempopulanie, parce qu'elle comprenoit neuf peuples. Ammien Marcellin, Liv. XV. Orosius, Liv. I. Ch. 2. Athicus, Otho-Frisingensis, <i>Liv. VI. Chron. Ch.</i> 30. D'autres prétendent que ces divisions ne se firent point avant le IVe siècle ; que jusque-là l'<i>Aquitaine,</i> telle qu'Auguste l'avoit augmentée, ne fut qu'une seule Province ; que Constantin la divisa d'abord en deux parties, dont la première étoit tout ce qu'Auguste y avoit ajoûté, comprenant quatorze peuples, ce qui fut désormais l'<i>Aquitaine.</i> La seconde étoit l'ancienne <i>Aquitaine,</i> qui fut appellée Novempopulanie ; que dans la suite on divisa encore la première partie en deux ; que l'une fut la première <i>Aquitaine,</i> qui avoit Bourges pour Métropole, ou Capitale ; &amp; l'autre la seconde <i>Aquitaine,</i> à laquelle on donna Bourdeaux pour Métropole. Au reste, personne que je sache, que le Dictionnaire de Moréri, n'attribue la division de l'<i>Aquitaine</i> à Auguste : il l'augmenta, il ne la partagea pas. On dispute seulement si c'est Hadrien, ou Constantin, qui ont fait ce partage.</p><p>Sous Pepin, l'<i>Aquitaine</i> avoit son ancienne étendue du côté du Septentrion ; c'est-à-dire, qu'elle alloit jusqu'à la Loire. C'est ce que les monnoies de Pepin frappées à Limoges &amp; à Poitiers me persuadent. La Chronique d'Ademar, <i>fol.</i> 160. &amp; l'Histoire des Evêques &amp; des Comtes d'Angoulême <i>fol.</i> 251. nous apprennent que Pepin fit frapper de la monnoie à son coin dans les villes d'Angoulême &amp; de Xaintes. Pepin est appellé sur ces monnoies <i>Rex Aquitaniorum</i> ; &amp; sur une autre <i>Rex Eq.</i> c'est-à-dire, <i>Equitaniae,</i> ou <i>Equitaniorum.</i> Le Blanc. Bourges étoit la Capitale du Royaume d'<i>Aquitaine,</i> comme le témoigne Adrevalde, qui écrivoit sous Charles le Chauve les miracles de S. Benoît en France.</p><p>Aujourd'hui nous n'appellons souvent <i>Aquitaine</i> que la Guyenne &amp; la Gascogne ; cependant par rapport aux Provinces Ecclésiastiques, nous retenons encore l'ancienne division. Tout ce qui est compris entre l'Océan, la Loire, &amp; le Rhône, ou la Lyonnoise &amp; les Pyrénées, est l'<i>Aquitaine</i> en général. C'est en ce sens que l'Archevêque de Bourges prétend être Primat d'<i>Aquitaine.</i> Cette <i>Aquitaine</i> se divise en trois, comme nous avons marqué ci-dessus.</p><p>Pline dit que l'<i>Aquitaine</i> s'appella d'abord Armorique, c'est-à-dire, <i>maritime,</i> selon César Liv. VII. Ch. 14. L'Auteur de la vie de S. Eloy, dans Surius Tom. VI. Dec. I. l'appelle de même, &amp; dit que Limoges est dans les contrées Armoricaines. Un Moine Anonyme, qui écrivoit la vie de Saint Basole au commencement du Xe siècle, l'appelle encore ainsi. C'est son nom Celtique ou Gaulois. Les Romains lui donnèrent celui d'<i>Aquitaine</i> de <i>Aqua,</i> qui signifie de l'eau, à cause des caves, fontaines, rivières &amp; ruisseaux, dont il y a grande quantité, selon le jugement de Maître Jean le Maire en ses Illustrations, où il s'aide de Bérose, qui n'est Auteur approuvé de tous. Ce sont les paroles de Jean Bouchet dans ses Annales d'<i>Aquitaine,</i> où il dit que c'est Galateus XIe Roi des Gaules, qui lui donna ce nom. D'autres écrivent qu'elle l'eut à cause de la grande quantité d'eaux salutaires &amp; minérales dont elle est pleine. Peut-être que les Romains en lui donnant ce nom ne firent que traduire en leur langue le nom Armorique qu'elle portoit auparavant, &amp; en firent un dans leur langue qui y répondit. Du mot <i>Aquitaine</i> s'est fait par corruption Quitaine, Quiaine, Guiaine, &amp; enfin Guienne. Jules César dans ses Comment. au commencement du 1er Liv. &amp; à la fin du 4e. Mela Liv. III. Ch. 2. Plin. Liv. IV. Ch. 17. Strabon Liv. IV. Papire Masson, le P. Monet, De Marca <i>Hist. de Béarn,</i> Louvet <i>Hist. d'Aquitaine,</i> M. de Tillemont, Emp. Tom. I. pag. 19. écrivent de l'<i>Aquitaine.</i> Jean Bouchet de Poitiers a fait aussi au XVIe siècle les Annales d'<i>Aquitaine</i> ; mais avec peu de critique. Antoine Dadin, dans ses cinq Livres de l'<i>Aquitaine,</i> est savant, judicieux, critique : il mérite fort d'être lû, <i>Rerum Aquitanicarum Libri V. Auctore Ant. Dadino Altaserra. Tolosae, in</i>-4°, 1648. Il y a une Histoire sacrée d'<i>Aquitaine</i> par le P. Bajole Jes. une Dissertation Latine de M. De la Brousse, Conseiller au Parlement de Bourdeaux sur la Primatie d'<i>Aquitaine,</i> qu'il prétend appartenir à l'Archevêque de Bourdeaux ; &amp; une de M. Catherinot, qui soutient le droit de l'Archevêque de Bourges.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABE</head>
    <p>
    ARABE , s. m. &amp; f. <i>Arabs.</i> Nom propre d'un peuple originaire d'Asie, entre l'Egypte, la Chaldée, la Syrie &amp; la Palestine. Les <i>Arabes</i> se disent fils d'Ismaël. Il y a bien de l'apparence qu'en effet les premiers <i>Arabes</i> sont les Ismaëlites ; mais que dans la suite ceux-ci s'étant étendus &amp; s'étant mêlés avec tous leurs voisins, ou les ayant soumis, tous furent appellés du nom commun <i>Arabes,</i> &amp; que des Amalécites, des Madianites, des Ammonites, des Sabéens &amp;c. il ne se fit qu'un peuple qu'on nomma <i>Arabe.</i></p><p>Les <i>Arabes</i> ont été fort connus autrefois sous le nom de Sarrasins. Aujourd'hui on ne les appelle plus ainsi. Les <i>Arabes</i> ont de l'esprit, &amp; sont propres aux sciences spéculatives &amp; abstraites. Les <i>Arabes</i> ont introduit dans la Philosophie l'excessive subtilité qu'on y remarque : ils nous ont conservé les ouvrages de quelques Auteurs Grecs, qu'ils avoient traduits en leur langue, &amp; c'est par eux que les Chrétiens les ont eus. Les <i>Arabes</i> se sont répandus dans les trois parties de l'ancien monde, ils ont fait la conquête de cette partie de l'Afrique qu'on appelle Barbarie ; ils se sont établis en Espagne, &amp; en ont possédé une grande partie pendant plusieurs siècles. Les <i>Arabes</i> parlent une langue qui est formée de la langue Hébraïque ; elle est belle &amp; abondante. Le Père Ange de S. Joseph dit qu'elle est si féconde, qu'il y a mille noms pour signifier une épée, quatre-vingts pour le miel, cinq cents pour le lion, &amp; deux cents pour le serpent.</p><p>Quelques-uns prétendent que ce nom vient de , <i>Arab,</i> mot Hébreu, &amp; que ces peuples ont été ainsi appellés, des campagnes incultes &amp; désertes qu'ils habitoient ; car , <i>araba,</i> en Hébreu, signifie une campagne inculte &amp; déserte. D'autres le dérivent du même mot Hébreu , <i>arab,</i> qui dans une autre signification se prend pour <i>mêler, confondre,</i> parce que les <i>Arabes</i> sont un mélange de différentes nations, comme on l'a dit ci-dessus. D'autres le dérivent de , <i>arab,</i> être obscur, être noir ; d'où vient que le soir &amp; la nuit sont appellés , <i>ereb,</i> c'est-à-dire, noirs, ténébreux ; &amp; le corbeau, dont le plumage est tout noir, , <i>oreb.</i> Les <i>Arabes</i> ont donc été ainsi nommés, disent-ils, parce qu'ils sont noirs, ou bazanés, halés : c'est pour cela qu'Homère les appelle , comme s'il disoit , ou . La Cerda prétend qu'<i>Arabe</i> signifie <i>voleur,</i> &amp; qu'on a donné ce nom à ces peuples à cause de leurs brigandages, comme on a appellé les Chananéens de ce nom, qui signifie <i>marchand</i> ; &amp; les Chaldéens, Chaldéens ; c'est-à-dire, Astrologues, parce que les uns &amp; les autres exerçoient ces arts. Mais La Cerda se trompe, &amp; prend la signification dérivée pour la primitive.</p><p>Les Arabes ont été savans en Médecine &amp; en Mathématique.</p><p>Il paroît par les médailles que les Grecs ne soumirent point les <i>Arabes.</i> Les Rois <i>Arabes</i> non-seulement battent monnoie à leur coin ; mais ils y prennent la qualité d'amis, ou d'alliés des Grecs. Dans le Cabinet du Roi . Et dans celui de M. Foucault, . Il paroît encore par-là, <pb n="302" facs="bpt6k8542165/f342/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; par saint Paul, 2. Cor. XI. 32. que le nom d'Aretas leur étoit bien ordinaire, comme celui de Ptolomée en Egypte.</p><p>On appelle le chifre <i>Arabe,</i> celui dont on se sert pour les grandes supputations, par opposition au chifre Romain, dont on se sert dans les comptes. Le commun des Savans croient que les Sarrasins nous ont communiqué ces notes, &amp; qu'elles viennent originairement des <i>Arabes.</i> Le Moine est de ce sentiment dans le second Tome de ses <i>Varia sacra.</i> Scaliger étoit si persuadé de la nouveauté de ces chifres, qu'il crut qu'un célèbre médaillon d'argent de Marquard Freher, sur lequel on le consulta, avoit été frappé depuis peu, des qu'il eut appris qu'on y voyoit ces figures numérales 234, 235. On croit que Planude, qui vivoit sur la fin du XIIIe siècle, est le premier des Chrétiens qui se soit servi du chifre <i>Arabe.</i> M. Huet croit que ces chifres ne nous viennent point des <i>Arabes,</i> mais des Grecs, &amp; que ce sont les lettres Grecques, dont, comme l'on sait, les Grecs se servoient pour marquer les nombres. Voyez ses dissertations Tom. II. p. 372. Un autre Auteur prétend que ce sont les Notes de Tiron. Sa dissertation sur cela se trouve dans les Mémoires de Trévoux.</p><p>Les chevaux <i>Arabes,</i> sont ceux que nous appellons communément <i>Barbes,</i> parce qu'ils viennent de Barbarie, mais ils sont véritablement de race <i>Arabe.</i> Leur vîtesse est si grande, qu'ils attrapent une Autruche à la course, &amp; on les estime tant pour cela, que, si l'on en croit Marmol, Liv. I. Ch. 23. on les achette jusqu'à mille ducats d'or, &amp; qu'on les change contre cent chameaux.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABE</head>
    <p>
    Arabe , s. m. &amp; f. Avare, cruel, tyran. <i>Arabs, Arabis in morem ferus, truculentus.</i> Quand on a affaire à des Sergens, ce sont des <i>Arabes,</i> qui tirent jusqu'au dernier sou. Les Hôteliers de Hollande sont des <i>Arabes,</i> qui rançonnent cruellement leurs hôtes. Cet usurier est un <i>Arabe</i> envers ses débiteurs, il ne leur relâche rien.</p><p>Cette expression a été apportée de la Terre-Sainte, où les Pélerins étoient cruellement traités par les <i>Arabes.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ARABESQUE</head>
    <p>
    ARABESQUE , adj. Qui est fait à la manière des Arabes <i>Arabicus.</i> Les curieux vont voir le Palais de Grenade, à cause des ornemens <i>Arabesques</i> qui sont merveilleux. On appelle <i>Grotesques, Moresques</i> &amp; <i>Arabesques,</i> les peintures &amp; ornemens où il n'y a point de figures humaines ; des caractères <i>Arabesques,</i> les lettres des Arabes.</p><p>On appelle aussi <i>Arabesques,</i> certains rinceaux ou fleurons d'où sortent des feuillages faits de caprice, &amp; d'une manière qui n'a rien de naturel. On s'en sert d'ordinaire dans les ouvrages de demasquinure, &amp; dans quelques ornemens de peinture, ou de broderie.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABESSE</head>
    <p>
    ARABESSE , s. f. Femme Arabe. <i>Mulier Arabs.</i> Les <i>Arabesses</i> des Villes, diffèrent de celles de la campagne. Ablanc. <i>Traduct. de Marmol Liv. I. Ch.</i> 32. dans lequel il décrit leurs habillemens &amp; leurs modes.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABIE</head>
    <p>
    ARABIE , s. f. <i>Arabia.</i> Grande contrée d'Asie habitée par les Arabes. Elle comprend tout ce qui est entre l'Egypte, la mer Arabique, autrement la mer rouge, &amp; la mer Persique, l'Euphrate, la Syrie, la Phénicie, &amp; la Palestine. Elle se divise en trois parties.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABIE</head>
    <p>
    L'Arabie Pétrée , <i>Arabia Petraea,</i> ainsi nommée, ou à cause de ses rochers, ou comme on le dit plus communément, à cause de sa Capitale, nommée Petra, est à l'Orient de l'Egypte &amp; de la mer rouge ; elle a au Midi l'<i>Arabie</i> heureuse, au Couchant une partie de l'<i>Arabie</i> déserte, au Septentrion la Palestine, où Terre-Sainte, &amp; encore l'<i>Arabie</i> déserte.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABIE</head>
    <p>
    L'Arabie heureuse , <i>Arabia felix, Eudaemon,</i> est enfermée entre la mer rouge &amp; le détroit Persique. C'est une grande presqu'Isle. Sa fertilité, sur-tout en baume, en myrrhe, en encens, &amp; en toutes sortes d'aromates, lui a fait donner le nom d'heureuse par les Grecs &amp; les Romains. C'est dans l'<i>Arabie heureuse</i> qu'est la Mecque, si fameuse par le tombeau de Mahomet.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABIE</head>
    <p>
    L'Arabie déserte , <i>Arabia deserta,</i> s'étend depuis l'<i>Arabie</i> heureuse au Midi jusqu'à la Syrie au Septentrion, entre l'Euphrate à l'Orient, la Palestine, la Phénicie, &amp; une partie de la Syrie au Couchant.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABIQUE</head>
    <p>
    ARABIQUE , s. m. &amp; f. Nom de secte. <i>Arabicus.</i> Il s'éleva en Arabie vers l'an 207. une secte d'Hérétiques, qui soutenoient que l'ame mouroit avec le corps, &amp; qu'elle ressusciteroit de même avec le corps. Ils furent nommés <i>Arabiques</i> de leurs pays. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Aug. hér. 83. Nicéphore, Liv. V. Ch. 23. &amp; Eusèbe, Liv. VI. Ch. 38. où il dit que l'on tint un Concile pour arrêter le progrès de cette erreur, qu'Origène y assista, &amp; qu'il convainquit si bien les Hérétiques, qu'ils abjurèrent leurs erreurs.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABIQUE</head>
    <p>
    ARABIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient à l'Arabie. <i>Arabicus.</i> La Langue <i>Arabique.</i> On appelle gomme <i>Arabique,</i> une sorte de gomme qui se fond dans l'eau, &amp; qui découle d'un acacia commun en Egypte &amp; en Arabie. Il y a plusieurs autres gommes qui se dissolvent de même dans des menstrues aqueux : telles sont celles de nos arbres à noyau. Le Golfe <i>Arabique</i> est la Mer Rouge. Plusieurs Latins, le Géographe Denys, &amp; la plupart des Auteurs Grecs distinguent la Mer Rouge du détroit <i>Arabique.</i> Le Golfe, ou détroit <i>Arabique, sinus Arabicus,</i> est selon eux, aussi bien que selon tous les autres, le Golfe qui commence au détroit de Babelmandel, &amp; s'étend entre l'Ethiopie &amp; l'Egypte d'un côté, &amp; de l'autre l'Arabie heureuse jusqu'à la ville de Suez. La Mer Rouge, <i>Mare Rubrum, Erythrum,</i> ou <i>Erythraeum,</i> selon les Anciens, est l'Océan qui se trouve entre l'Ethiopie &amp; l'Inde. Ainsi c'est la Mer Rouge, selon eux, qui entre également dans les deux Golfes, le Persique, &amp; l'<i>Arabique ;</i> &amp; de-là vient qu'ils appellent indifféremment l'un &amp; l'autre Mer Rouge, témoin Sénèque Troade v. 11. Solin, Ch. 58. Pline, Liv. VI. Ch. 23. 24. 25. &amp; Liv. V. Ch. 11. D'où vient donc qu'on a attribué le nom de Mer Rouge au détroit <i>Arabique</i> en particulier ? Quelques Auteurs croient que c'est une erreur à laquelle les Septante, &amp; S. Paul, <i>Hebr. XI.</i> 29. ont donné occasion ; que comme on a vû qu'ils appellent le Golfe <i>Arabique</i> Mer Rouge, on a crû, contre ce que nous venons de montrer, &amp; contre l'intention des Septante &amp; de S. Paul, que c'étoit le nom propre &amp; particulier de cette Mer, &amp; qu'il ne convenoit point à d'autres. Voyez MER ROUGE. Ce détroit s'appelle encore Mer de la Mecque, <i>Meccense pelagus.</i> Il a environ 370. lieues de long. Sa plus grande largeur n'est guère que de 80. lieues. Le Golfe <i>Arabique</i> est dangereux à cause des bancs de sable, des petites Isles, &amp; des écueils qu'on y trouve. Il y a deux choses singulières dans ce Golfe. 1°. Une prodigieuse quantité de corail, dont on trouve en plusieurs endroits des forêts entières qui ont quelques milles d'étendue, &amp; dont les arbres sont si grands qu'ils poussent leurs cornes jusqu'au-dessus de l'eau. 2°. On y voit une très-grande quantité de l'herbe que les Ethiopiens appellent <i>zuph,</i> qui est rouge, &amp; propre à faire une espèce de teinture de pourpre. Et c'est vraisemblablement de cette herbe que ce Golfe prit autrefois le nom de Mer Rouge. Maty, ou peut-être du corail &amp; de cette herbe tout ensemble. C'est aussi de-là que les Hébreux l'appellent , Mer de Saph, qu'il faut par conséquent traduire, Mer pleine de l'herbe appellée Suph, &amp; non pas en général, comme font tous nos Commentateurs, Mer pleine de roseaux &amp; d'herbes marécageuses.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARABIQUE</head>
    <p>
    Arabique , <i>Arabicus.</i> Titre, nom honorable qui fut donné à l'Empereur Sévère, parce qu'il conquit l'Arabie, &amp; en fit une Province Romaine. Ses Médailles portent L. SEPTIMUS SEVERUS PERTINAX AUG. IMP. VII. &amp; au revers, PARTHIC. ARABIC. ADIAB. COS. II. P. P. &amp; d'autres PARTH. ARAB. PARTH. ADIAB. C'est-à-dire, Parthique, <i>Arabique,</i> Adiabénique ; ou Parthique, <i>Arabique,</i> Parthique, Adiabénique. Apparemment parce qu'il avoit vaincu les Parthes en Arabie, &amp; dans l'Adiabène, &amp; qu'il leur avoit enlevé ces deux Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARABISER</head>
    <p>
    &#9758; ARABISER , v. act. Rendre Arabe. Ce mot est nouveau, &amp; ne peut pas être d'un grand usage. On attribue à un Turc nommé Al Fariabi, &amp; parmi nous Alfarabius, la <pb n="303" facs="bpt6k8542165/f343/full/1200,/0/native.jpg"/>Traduction des Analytiques d'Aristote, sous le titre <i>arapisé</i> d'Analouthica. Merc. <i>Fev.</i> 1735.</p><p>
    </p>
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    <head>ARABISME</head>
    <p>
    ARABISME , s. m. Manière de parler propre des Arabes, ou de la Langue Arabe, idiome, construction, ou phrase qui lui est propre. <i>Arabicum idioma.</i> R. Marin prétend que marque quelquefois un jurement en Hébreu, comme en Arabe. Aben-Ezra, qui savoit parfaitement bien l'Arabe, &amp; qui s'en sert souvent pour interpréter l'Hébreu, n'a point désapprouvé ce sentiment. Toutefois il ne l'approuve pas non plus, il se contente de le rapporter, &amp; pour un aussi zélé partisan des <i>Arabismes,</i> ç'en est assez pour nous faire entendre que cette découverte ne lui a pas paru bien solide. P. Souc.</p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="2563" id="1" type="">
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    <head>ARABOUTEN</head>
    <p>
    ARABOUTEN , s. m. Arbre du Brésil. Les Brasiliens ont de certains arbres fort gros, qu'ils nommens <i>Arabouten.</i> C'est de cet arbre que l'on tire le bois de Brésil, si connu par sa bonne odeur. De la Neuville. <i>Hist. de Port. L. V. p.</i> 69. Voyez <ref type="search" target="head:BRÉSIL">BRÉSIL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2564" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARACHNOÏDE</head>
    <p>
    ARACHNOÏDE , adj. <i>Arachnoïde.</i> Terme d'Anatomie , qui se dit d'une tunique déliée comme une toile d'araignée, dont quelques Anatomistes croient que l'humeur cristalline est enveloppée immédiatement ; mais il n'y a point de telle tunique.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>araignée, toile d'araignée,</i> &amp; , <i>forme</i> ; parce que cette tunique a la forme de toile d'araignée. Elle s'appelle aussi cristalloïde ; elle est diaphane, afin que les images des objets y paroissent comme dans un miroir. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2565" id="1" type="">
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    <head>ARAEOMÈTRE</head>
    <p>
    ARAEOMÈTRE , s. m. Est un instrument qu'on appelle autrement, <i>Pese-liqueur. Araeometrum.</i> Celui dont on se sert dans l'Académie des Sciences est presque le même que celui qui est décrit dans les Essais de l'Académie de Florence. C'est une ampoule de verre lestée de vif-argent, ayant un col fort étroit, divisé en parties égales selon toute sa longueur. On abandonne cet instrument en le plongeant dans les liqueurs qu'on veut comparer, &amp; on juge de leur pesanteur par le degré jusqu'auquel cet instrument enfonce dans l'une &amp; dans l'autre ; celle-là étant la plus légère, dans laquelle il enfonce plus avant. A Paris on fait cet instrument avec un col fort court, divisé en dedans par un rouleau de papier blanc, marqué de quelques lignes transversales également distantes l'une de l'autre. Ce col est évasé par le haut en forme de bassin plat, qu'on charge de quelque poids pour le faire plutôt enfoncer ; &amp; on fait son observation en la manière précédente.</p><p>Ce mot est Grec, composé d', <i>rarus, tenuis, spongiosus,</i> &amp; de , <i>metior, je mesure.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARAGNE</head>
    <p>
    &#9758; ARAGNE , s. f. Vieux mot, qui signifie, Araignée, &amp; qui peut encore être employé dans la Poësie naïve ou marotique.</p><p>L'Aragne <i>cependant se campe en un lambris</i> ....</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2567" id="1" type="">
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    <head>ARAGON</head>
    <p>
    ARAGON , s. m. <i>Aragonia.</i> Royaume d'Espagne, qui a au Nord les Pyrénées, la Castille au Couchant, Valence au Midi, la Navarre au Nord-Ouest, la Catalogne au Levant. Quelques-uns croient qu'il a pris son nom d'un fleuve qui l'arrose, &amp; qui se nomme <i>Aragon.</i> D'autres pensent que c'est une corruption de Tarracone, qui donnoit son nom à tout ce pays qu'on appelloit <i>Taraconensis Hispania.</i> C'est le sentiment d'Antonius Nebrixa, &amp; de Vasaeus. D'autres, au rapport de Valla, disent qu'il s'est fait du nom des <i>Antrigons,</i> Peuples qui habitoient ce pays anciennement. Enfin, d'autres veulent qu'il y ait eu dans cette partie d'Espagne un Autel d'Hercule auprès duquel se célèbroient des jeux en l'honneur de ce Dieu, &amp; que de <i>ara,</i> autel, &amp; <i>agonales,</i> jeux, combats, s'est fait <i>Aragon.</i> L'<i>Aragon</i> a été partie du Royaume de Castille. En 1035. les fils de Sanche III. partagèrent ses Etats ; Ferdinand fut Roi de Castille, &amp; Ramir eut l'<i>Aragon.</i> Quelques-uns prétendent néanmoins que dès le IXe siècle l'<i>Aragon</i> eut ses Rois particuliers, dont Abarca fut le premier en 898. En 1479. l'<i>Aragon</i> fut réuni aux Royaumes de Castille &amp; de Léon, par le mariage de Ferdinand d'<i>Aragon</i> avec Isabelle de Castille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2567" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARAGON" />
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    <head>ARAGON</head>
    <p>
    Aragon , sub. mas. <i>Aragonius.</i> Fleuve d'Espagne qui a sa source dans les Pyrénées, parcourt un coin de l'<i>Aragon,</i> après quoi il entre dans la Navarre, où il se jette dans l'Ebre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2568" id="1" type="">
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    <head>ARAIGNÉE</head>
    <p>
    ARAIGNÉE , s. f. Quelques-uns disent <i>arignée,</i> mais très-mal. Petit insecte venimeux, qui avec ses pieds fait un merveilleux tissu de filets pour se suspendre en l'air, &amp; prendre de petites mouches dont il se nourrit. <i>Aranea.</i> Un Poëte dit, en s'adressant à une Courtisane,</p><p>Swammerdam décrit ainsi l'<i>araignée.</i> Elle a des cornes grandes &amp; situées au-dessous de la poitrine, qu'on a de la peine à distinguer de ses pieds. Elle est pourvue des pinces, &amp; d'une espèce d'ongles. Elle a dix pieds, quoique quelques-uns ne lui en donnent que six, &amp; d'autres que huit. Ce qu'on nomme ordinairement les dents de l'<i>araignée,</i> sont plutôt des pinces, des ongles, ou des aiguillons, que non pas des dents. Ils ont beaucoup de ressemblance avec l'aiguillon du scorpion, à la réserve que ceux de l'<i>araignée</i> sont doubles vers la poitrine, au lieu que celui du scorpion est simple &amp; à la queue. C'est par ces aiguillons que les <i>araignées</i> insinuent leur venin. Fontana dit qu'elles ont six yeux, Pierre Borelli &amp; M. Homberg huit, qu'ils ont apperçus avec le microscope. Mais d'autres en ont vû davantage en quelques-unes, comme nous le dirons.</p><p>Mr Bon, Premier Président en survivance de la Chambre des Comptes de Montpellier, &amp; Associé honoraire de la Société Royale des Sciences, a fait une dissertation sur les <i>Araignées,</i> dans laquelle il en donne la description. La nature a divisé cet insecte en deux parties. La première est couverte d'un têt, ou écaille dure remplie de poils : elle comprend la tête, &amp; la poitrine, à laquelle huit jambes sont attachées, toutes bien articulées en six endroits : elles ont encore deux autres jambes, qu'on peut appeller leurs bras, &amp; deux pinées armées de deux ongles crochus, attachées par des articulations à l'extrémité de la tête : c'est avec ces pinces qu'elles tuent les insectes qu'elles veulent manger, leur bouche étant immédiatement au-dessous. Elles ont aussi deux petits ongles au bout de chaque jambe, &amp; quelque chose de spongieux entre deux : ce qui leur sert sans doute pour marcher avec plus de facilité sur les corps polis. La seconde partie du corps de cet insecte n'est attachée à la première que par un petit fil, &amp; n'est couverte que d'une peau assez mince, sur laquelle il y a des poils de plusieurs couleurs : elle contient le dos, le ventre, les parties de la génération, &amp; l'anus. Autour de l'anus il y a cinq mammelons, qu'on prend d'abord pour autant de filières, par où le fil doit se mouler ; car il est certain que toutes les <i>araignées</i> filent par l'anus. M. Bon a trouvé que ces mammelons étoient musculeux, &amp; garnis d'un sphincter. Il en a remarqué deux autres un peu en dedans, du milieu desquels sortent véritablement plusieurs fils en assez grande quantité, tantôt plus, tantôt moins. Les <i>araignées</i> s'en servent lorsqu'elles veulent passer d'un lieu à un autre. Martin Lister, membre de la Société Royale de Londres, dans un Traité <i>de Araneis,</i> dit encore quelques autres particularités des parties internes de ces insectes ; mais il avoue que leur petitesse l'a empêché d'y rien découvrir de certain. Il ne donne donc ceci que pour des conjectures ; &amp; dit que l'uterus n'est composé que d'une cellule dans celles qui font tous leurs oeufs en une seule fois ; &amp; de deux ou plusieurs dans celles qui ne les déposent qu'à plusieurs fois ; que la conformation des intestins n'est pas la même dans toutes les espèces, puisque les excrémens de quelques-unes sont liquides, &amp; durs aux autres, quoiqu'elles vivent toutes également de mouches.</p><p>Il y a différentes espèces d'<i>araignées.</i> M. Bon les réduit en général à deux : celles qui ont les jambes longues, &amp; celles qui les ont courtes. A l'égard de leurs différences particulières, on les distingue, dit-il, par la couleur ; car il y, <pb n="304" facs="bpt6k8542165/f344/full/1200,/0/native.jpg"/>en a de noires, de brunes, de jaunes, de vertes, de blanches, &amp; quelques-unes de toutes ces couleurs mêlées ensemble. On les distingue encore par le nombre &amp; l'arrangement de leurs yeux ; les unes en ayant six, les autres huit, &amp; les autres dix, rangés différemment sur le sommet de la tête. Lister ne convient point de ce fait. Il en reconnoît qui ont huit yeux, &amp; d'autres qui n'en ont que deux ; ce sont-là, selon lui, les deux espèces générales. Peut-être y en a-t'il qui ont six yeux, mais il en doute. Il distingue encore la première espèce en deux, dont les unes sont celles qui prennent des mouches par le moyen des toiles qu'elles font ; &amp; il en trouve encore sous cette espèce 28 ou 30 différentes sortes, qui sont distinguées, ou par leurs couleurs, ou par la figure de leurs corps, ou par la forme de leurs toiles, ou par la manière dont elles font leurs oeufs. Les autres sont celles qui attaquent les mouches à découvert, &amp; sans leur tendre des embuches avec des filets ; qui sont 1°, les <i>Araignées</i> loups qui sont de quatre sortes. 2°. Les <i>Araignées</i> qui ont la forme d'un Cancre, dont le propre est d'avoir les pieds de derrière très-courts, &amp; qui ne sont que de deux sortes. 3°. Les <i>Araignées</i> phalanges, qu'il range en quatre classes. Pour la seconde espèce générale, qui sont celles qui ont deux yeux, il la subdivise en quatre espèces subalternes, qui ne diffèrent que par leurs couleurs &amp; leurs crêtes. M. Bon croit que les <i>Araignées</i> sont androgynes, ayant toujours trouvé les marques du mâle dans celles qui font des oeufs. Lister est d'un sentiment contraire. Il y reconnoît deux sexes ; il dit qu'elles s'accouplent, mais que le mâle &amp; la femelle ne vivent ensemble que dans ce temps-là ; qu'elles ne couvent point leurs oeufs ; qu'ordinairement les petits ne sont éclos que vingt-un jour après qu'elles ont mis bas leurs oeufs ; que cependant celles qui ne font leurs oeufs qu'au mois de Septembre, n'ont des petits qu'au commencement du Printemps, ou même un peu plus tard.</p><p>Toutes les <i>araignées</i> filent par l'anus. Elles le remuent avec beaucoup de facilité en tout sens, à cause de plusieurs anneaux qui y vont aboutir. Elles jettent plusieurs fils tout à la fois. M. Bon en a distingué jusqu'à quinze ou vingt au sortir de leur anus. Le premier qu'elles dévident est foible, &amp; ne leur sert qu'à faire cette espèce de toile dans laquelle les mouches vont s'embarrasser. Le second est beaucoup plus fort que le premier : elles en enveloppent leurs oeufs, pour les mettre à couvert du froid, &amp; des insectes, qui pourroient les manget. Ces derniers fils sont entortillés, fort lâches autour de leurs oeufs, &amp; d'une figure semblable aux coques des vers à soie, qu'on a préparées &amp; ramollies entre les doigts pour les mettre sur une quenouille. Ces coques d'<i>araignées</i> sont grises d'abord, ensuite elles deviennent noirâtres à l'air. C'est de ces coques que M. Bon a trouvé le secret de tirer la soie, dont on parlera au mot SOIE.</p><p>M. Lister distingue des toiles d'<i>araignées</i> en forme d'écu, d'autres en rond, d'autres en peloton, &amp; d'autres qui sont dans des trous.</p><p>Les Naturalistes tiennent que l'<i>araignée</i> a le sens du toucher plus exquis que tous les autres animaux. Les <i>araignées</i> pilées rendent l'eau de couleur bleue. Aristote dit qu'il y a deux espèces d'<i>araignées,</i> dont l'une est plus grande &amp; noire ; l'autre qui pique. Pline appelle <i>phalanges,</i> les <i>araignées</i> venimeuses en leurs morsures &amp; piqueures. Les Grecs distinguent &amp; divisent les <i>araignées</i> en <i>phalanges</i> &amp; en <i>loups araignées.</i> Il y a des fourmis <i>araignées</i> appellées <i>myrmecion.</i> Aetius met six espèces d'<i>araignées phalanges,</i> qui ont la tête de fourmis, &amp; ont le corps noir, moucheté de taches blanches, qui piquent comme les guêpes. Solin parle d'une <i>araignée</i> appellée <i>solifuga,</i> ainsi nommée, parce qu'elle fuit le soleil, ou la clarté. Elle blesse sans qu'on s'en apperçoive. Il dit qu'il y en a beaucoup en Sardaigne, où il n'y a point d'autres serpens.</p><p>Il y a des <i>araignées</i> de l'Amérique qui ont huit yeux disposés en deux rangs distincts. On voit en plusieurs des Antilles de grosses <i>araignées,</i> que quelques-uns ont mises au rang des <i>phalanges,</i> à cause de leur figure monstrueuse, &amp; de leur grosseur si extraordinaire, que quand leurs pattes sont étendues, elles ont plus de circonférence, que la paume de la main n'a de largeur. Tout leur corps est composé de deux parties, dont l'une est plate, &amp; l'autre ronde, qui aboutit en pointe, comme un oeuf de pigeon. Elles ont un trou sur le dos, qui est comme leur nombril : leur gueule ne peut être aisément discernée, parce qu'elle est presque toute couverte sous un poil d'un gris blanc, entremélé quelquefois de rouge. Elle est armée de part &amp; d'autre de deux crochets fort pointus, qui sont d'une matière solide, &amp; d'un noir très-poli &amp; très-luisant ; les curieux les enchassent dans de l'or, &amp; en font des curedents estimés, parce qu'ils préservent de douleur &amp; de corruption les parties qui en sont frottées. Quand ces <i>araignées</i> sont vieilles, elles sont couvertes d'un duvet noirâtre, qui est aussi doux, &amp; aussi pressé que du velours. Leur corps porte sur d<i>i</i>x pieds, qui sont velus par les côtés, &amp; hérissés en dessous de deux pointes, qui leur servent à s'accrocher plus aisément par tout où elles veulent grimper. Tous ces pieds sortent de la partie de devant : ils ont chacun quatre jointures, &amp; sont munis d'une corne noire &amp; dure, qui est divisée en deux, comme une petite fourche. Elles quittent tous les ans leur vieille peau, comme les serpens, &amp; leurs deux crochets. Leurs yeux sont petits &amp; enfoncés. Elles se nourrissent de mouches, &amp; de semblables insectes. En quelques endroits elles filent des toiles si fortes, que les petits oiseaux ont bien de la peine à s'en débarrasser. On dit le même des <i>araignées</i> des Bermudes ; apparemment c'est la même espèce. Lonvillers. Voyez aussi le P. Du Tertre <i>Hist. des Antilles</i> Tr. VI. Ch. 4. pag. 3. Il dit que la partie de derrière de cette <i>araignée</i> est grosse comme un oeuf de poule ; qu'elles font une petite bourse grande comme la coque d'un oeuf, dont la première peau est un cuir délicat comme le cannepin sur lequel les Chirurgiens éprouvent leurs lancettes : tout le dedans est rempli d'une filasse douce comme de la soie, dans laquelle elles posent leurs oeufs. Elles tiennent cette bourse sous leur ventre, &amp; la portent par-tout avec elles. Quelques habitans des Isles assurent que cette <i>araignée</i> est aussi dangereuse que le vipère. Si on l'agace elle jette un venin subtil, qui rendroit aveugle, s'il tomboit dans les yeux. Le poil même de cette bête est venimeux ; si on le touche lorsqu'elle est en vie, il picque &amp; brûle presque comme des orties : si on la presse tant soit peu, elle picque d'un aiguillon plus subtil que celui d'une abeille, mais si venimeux, qu'on a bien de la peine à sauver la vie d'un homme qui en est picqué ; il n'y a presque que le petit cancre de mer qui y puisse remédier. P. du Tertre. Le même Auteur parle encore d'une autre espèce d'<i>araignées</i> peu communes. Elles se trouvent dans les bois, sont toutes plattes, &amp; pas plus épaisses qu'un écu, larges d'un pouce, longues d'un pouce &amp; demi ; la partie intérieure a la forme d'un écusson divisé par petits quarreaux ; &amp; le ventre, ou la partie postérieure, est un ovale assez joliment moucheté &amp; rayé par-dessus. Elles sont toutes grises, &amp; ont les jambes fort longues, dures &amp; hérissées, comme les griffes d'un cerf volant. Quelques relations de la Guinée parlent aussi d'<i>araignées</i> extrêmement grosses, &amp; Gonzalve Fernando d'Oviedo, dans son Hist. Gen. des Indes, dit qu'il y en a aussi dans l'Isle Espagnole.</p><p>Il y a des <i>araignées</i> qui sautent comme des puces pour attraper leur proie ; on l'appelle <i>aranea pulex.</i> Il y en a une autre, qui pour bien couver ses oeufs, les porte avec elle, comme dans une petite corbeille, qui est décrite dans le livre de Harvée de la Génération des Animaux. C'est apparemment la même que celle dont parle le P. Du Tertre, &amp; que nous avons décrite ci-dessus. Il y en a encore une autre à longues jambes, décrite par le Sieur Goedart. Il y a aussi des <i>araignées</i> d'eau volantes, qui se meuvent avec une extrême vitesse, &amp; qui ont un aiguillon dans leur bouche, de même que les punaises. Jacob de Hoefnagel a peint trente-cinq sortes d'<i>araignées</i> dans son livre des Insectes.</p><p>Lister, <i>De araneis, Part. I. ch.</i> 8. dit que les <i>araignées</i> macérées dans quelque liqueur que ce soit chassent la fièvre ; cuites dans l'huile, ou de l'eau rose, appaisent les douleurs d'oreille, &amp; sont bonnes pour les yeux ; qu'appliquées en emplâtre sur le nombril, elles sont salutaires dans la suffocation de la matrice, bonnes pour les tumeurs &amp; les douleurs de rate, pour la coagulation du lait, pour la goutte, pour arrêter le sang d'une plaie, pour guérir des ulcères, pour le saignement de nez, &amp;c.</p><p>Les <i>araignées</i> sont farouches, d'un naturel féroce &amp; vorace ; les plus fortes &amp; les plus grosses mangent les plus petites, <pb n="305" facs="bpt6k8542165/f345/full/1200,/0/native.jpg"/>du moins quand elles n'ont point d'autre nourriture. Elles ne mangent ni feuilles ni fruits, mais seulement des insectes, comme des mouches, des cloportes, des mille-pieds, des chenilles, des papillons, des vers-de-terre, quand on leur en donne par morceaux : elles aiment fort la substance molle &amp; tendre, qui remplit les plumes des jeunes oiseaux, avant qu'elles soient parvenues à leur parfait accroissement ; les jeunes <i>araignées</i> qui ne font que d'abandonner leurs coques, la préfèrent à toute autre nourriture ; mais ni les grandes ni les petites ne mangent point de chair. Voyez l'<i>Hist. de l'Acad. des Sciences 1710.</i> où il y a une Dissertation de M. de Reaumur, principalement sur les <i>araignées</i> qui donnent de la soie.</p><p>Edouard II. Roi d'Angleterre avoit pour devise une <i>araignée,</i> faisant sa toile malgré un grand vent qui l'agitoit, avec ce mot, <i>Ardentiùs ibo.</i> Des <i>araignées</i> qui s'attachoient à un étendart, passoient chez les Romains pour un mauvais augure. Bulenger en rapporte des exemples. <i>De Prodig. c.</i> 33.</p><p>On appelle la Vive, <i>Dragon</i> ou <i>Araignée de mer.</i> Vitruve Liv. IX. dit qu'Eudoxe Astrologue inventa une horloge sur la figure d'une toile d'<i>araignée</i> : &amp; en effet l'horloge équinoxiale se peut faire en forme d'une toile d'<i>araignée,</i> dont on voit des exemples dans la Gnomonique de Clavius.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARAIGNÉE</head>
    <p>
    Araignée , se dit aussi de la simple toile, &amp; des filets que font les <i>araignées. Araneae tela.</i> Les maisons des pauvres sont pleines d'<i>araignées.</i> Ainsi Maynard a dit dans une Epigramme aux Muses,</p><p>Maynard a pris cette pensée &amp; cette expression de Catulle,</p><p>pour dire qu'il est pauvre, qu'il n'y a point d'argent dans sa bourse, dans son coffre.</p><p>On dit d'une toile fort fine, qu'elle est claire comme une toile d'<i>araignée.</i> On dit aussi, Des doigts d'<i>araignée</i> ; pour dire, Des doigts longs &amp; maigres. Un Ancien disoit, que les Loix étoient des toiles d'<i>araignées</i> : elles arrêtent les mouches, &amp; les frelons les rompent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2568" id="3" type="guerre">
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    <head>ARAIGNÉE</head>
    <p>
    Araignée , en termes de Guerre , se dit du travail d'un Ingénieur, lorsqu'ayant dessein de faire une mine, &amp; que rencontrant quelque obstacle qui l'empêche de la faire dans le lieu destiné, il est contraint de s'écarter par plusieurs rameaux, branches ou canaux, qui finissent tous par de petits fourneaux. On fait jouer tous ces fourneaux à la fois, par le moyen des traînées de poudre qui y portent le feu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2568" id="4" type="astronomie">
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    <head>ARAIGNÉE</head>
    <p>
    Araignée , en termes d'Astronomie , est le nom qu'on donne à la dernière platine de l'Astrolabe, qui est percée à jour, où sont marquées les étoiles fixes, &amp; qu'on pose sur toutes les autres, quand on veut faire quelque opération.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2568" id="5" type="">
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    <head>ARAIGNÉE</head>
    <p>
    Araignées , en termes de Marine , sont des poulies particulières par où viennent passer des cordages appellés <i>marticles,</i> qui ont plusieurs branches &amp; filets représentant une toile d'<i>araignées.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , que quelques-uns font venir d', qui signifie, <i>rare, délié, subtil.</i> Il n'y a rien de plus délicat que les toiles d'<i>araignées.</i> Il est bien plus vraisemblable que ce mot vient de l'Hébreu , <i>arag</i> ; non pas que ce mot signifie dans cette langue <i>araignée,</i> comme on l'a dit, &amp; fait dire à Bochart très mal à propos dans le Moréri, où l'on n'a pas entendu le Dictionnaire d'Hofman que l'on traduisoit ; mais parce que ce verbe signifie <i>texere,</i> faire un tissu, faire de la toile, qui se dit en Is. LIX. 5. de l'<i>araignée,</i> que David de Pomis définit un insecte qui fait de la toile, , pour prendre des mouches aux fenêtres, se servant deux fois de , &amp; pour marquer l'action, &amp; pour marquer l'ouvrage de cet animal, qu'un autre Rabin, appellé Menahhem, nomme , <i>aruga,</i> la toile de l'<i>araignée.</i> Ainsi il faut dire que le ou <i>G</i> Hébreu s'est changé en Grec en , de même que souvent le Grec se change en <i>G</i> Latin, comme en , <i>Galbanum</i> ; , <i>lingo</i> ; , <i>ango,</i> &amp;c. qu'ensuite d', on a fait en Latin <i>aranea,</i> comme <i>lana</i> de , en retranchant le , comme le prétendent plusieurs Grammairiens. C'est-là ce que dit Bochart, Hieroz. Liv. IV. Ch. 23. p. 608. Voyez aussi le P. Thomassin dans son Glossaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2569" id="1" type="coutume">
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    <head>ARAIRES</head>
    <p>
    ARAIRES , s. plur. Terme de Coutume . En Bresse on appelle <i>araires,</i> les instrumens de l'agriculture, <i>Agriculturae instrumenta.</i> Ce mot vient du mot Latin <i>arare</i>, labouret, qui s'est formé d', qui vient, selon Guichard, d', qui s'étoit fait à ce qu'il croit de l'Hébreu , <i>hharasch :</i> d'<i>arare</i> s'est formé <i>Ararium,</i> &amp; de-là <i>Araires.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2570" id="1" type="marine">
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    <head>ARAMBER</head>
    <p>
    ARAMBER , v. act. Terme de Marine . C'est accrocher un bâtiment pour venir à l'abordage. <i>Manum ferream,</i> ou <i>uncum ferreum in navim injicere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2571" id="1" type="relation">
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    <head>ARAME</head>
    <p>
    ARAME , s. m. Terme de Relation . C'est ainsi que les Perses appellent les Palais de leurs Rois, que les Turcs appellent Serrail. <i>Palatium, aedes, domus Regis Persarum. Basilica, aedes Regia apud Persas.</i> L'<i>Arame,</i> ou Serrail, est au milieu, &amp; comme au centre du jardin. Wicqf. <i>Amb. de Fig.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2572" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARAMIE" />
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    <head>ARAMIE</head>
    <p>
    ARAMIE , s. f. Ce vieux mot tiroit sa signification d'<i>Aramir,</i> &amp; parce qu'<i>Aramir</i> signifioit s'engager à faire preuve de quelque chose dans un combat, <i>Aramie</i> vouloit dire <i>guerre, guerre ouverte, bellum, bellum indictum.</i></p><p>Borel croit qu'<i>Aramie</i> veut dire <i>furie,</i> &amp; pour le prouver il cite ces paroles tirées d'un manuscrit de Merlin : Oncques ne vites tournay par si grande <i>aramie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2573" id="1" type="">
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    <head>ARAMIR</head>
    <p>
    ARAMIR , v. act. Ce mot n'est plus en usage depuis fort long-temps, il vouloit dire autrefois, <i>promettre de faire preuve de quelque chose,</i> ou en se battant en duel, ou autrement, ou simplement <i>promettre, s'engager.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2574" id="1" type="">
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    <head>ARANATA</head>
    <p>
    ARANATA , s. m. Animal des Indes. Il est de la grandeur d'un chien. Cependant il monte aux arbres avec beaucoup de légèreté. Il jette des cris horribles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2575" id="1" type="venerie">
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    <head>ARANTELES</head>
    <p>
    ARANTELES , s. f. plur. Terme de Venerie , qui se dit de ces filandres qui se trouvent au pied du cerf, à cause de la ressemblance qu'elles ont avec les toiles d'araignées. <i>Araneosae lanugines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2576" id="1" type="">
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    <head>ARARA</head>
    <p>
    ARARA de <i>Clusius,</i> est un fruit de l'Amérique, long, couvert d'une écorce dure &amp; noire, attaché à une longue queue ; il contient un fruit ou noix noire, gros comme une olive sauvage. On en fait une décoction pour guérir les vieux ulcères.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2577" id="1" type="">
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    <head>ARARAT</head>
    <p>
    ARARAT . Nom d'une montagne proche la ville d'Erivan ; c'est la plus haute, dit-on, de cette contrée, excédant la hauteur du Caucase &amp; du Taurus. C'est sur son sommet que l'Arche de Noé s'arrêta, lorsque les eaux du déluge commencèrent à se retirer. D'autres prétendent qu'<i>Ararat</i> est l'Arménie même. S. Jérôme rend le mot Hébreu <i>Ararat</i> Gen. VIII. 4. par <i>Armenia,</i> &amp; les Septante ont mis , de même que S. Jérôme a mis <i>Ararat</i> en Isaie XXXVIII. 38. où les Septante ont traduit . Le même Saint, dans ses Commentaires sur Isaie, prétend que le pays d'<i>Ararat</i> est une campagne très-fertile, arrosée de l'Araxe, &amp; que l'Arche de Noé ne s'arrêta pas sur des montagnes d'Arménie, qui fussent appellées <i>Ararat</i> ; mais sur les hautes cimes du mont Taurus, qui dominent sur les campagnes du pays <i>Ararat.</i> Voyez aussi les Notes du P. Lubin sur le Martyrologe. Au reste, il faut écrire <i>Ararat</i> sans <i>H</i> à la fin. C'est un en Hébreu. Un jour qu'il étoit (Sennacherib) au temple de Nesroch son Dieu, &amp; qu'il l'adoroit, Adramelech &amp; Sarasar ses enfans le percèrent de leurs épées, &amp; s'enfuirent à la terre d'<i>Ararat.</i> Saci. Jean Struys Hollandois a fait une Relation du mont <i>Ararat.</i> Il dit qu'étant esclave à Erivan, il monta jusqu'au haut en 1670. pour donner quelques remèdes à un Hermite Italien qui y demeuroit &amp; qui étoit malade. Il fut sept jours à monter, faisant cinq lieues par jour. Quand il fut à la région de l'air où se forment les pluies, les nuages &amp; les <pb n="306" facs="bpt6k8542165/f346/full/1200,/0/native.jpg"/>neiges, il pensa mourir de froid ; en avançant il trouva un air beaucoup plus tempéré. L'Hermite malade l'assura que depuis vingt ans qu'il étoit là, il n'avoit senti ni chaleur, ni froid, ni vent, ni vû tomber de pluie. Il voulut lui persuader que l'Arche de Noé étoit encore toute entière sur cette montagne, que la température de l'air l'avoit conservée jusqu'ici ; qu'il étoit entré dedans : il lui fit même présent d'une Croix de bois, qu'il lui dit être faite d'un morceau de cette Arche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2578" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARATICUPANA" />
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    <head>ARATICUPANA</head>
    <p>
    ARATICUPANA , s. m. Arbre du Brésil de la grandeur d'un oranger. Il porte un fruit odorant, &amp; d'un goût agréable. Il est dangereux d'en manger souvent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2579" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARAXE" />
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    <head>ARAXE</head>
    <p>
    ARAXE , s. m. <i>Araxes.</i> Nom propre d'un fleuve d'Arménie, dont Eustathius dit que le nom vient du verbe , parce qu'il rompt &amp; emporte tout dans ses débordemens. Aussi emporta-t-il les ponts qu'Alexandre, &amp; avant lui Xerxès, y avoient voulu construire. Peut-être aussi a-t-il été ainsi nommé, parce que, comme dit Mela, Liv. III. Ch. 5. il se brise avec violence contre les rochers qu'il rencontre dans son lit. Mais quelle apparence qu'un nom en usage avant l'Empire des Grecs en Asie, soit Grec ? Autant vaudroit-il peut-être le tirer de , <i>racasch,</i> qui signifie bouilloner, parce qu'en se brisant contre ces rochers il bouillonne.</p><p>Les Anciens parlent de la source &amp; du cours de ce fleuve si différemment, qu'il faut nécessairement qu'il y eût plusieurs fleuves de ce nom. Certainement celui qu'Hérodote décrit sous le nom d'<i>Araxe,</i> Liv. VI. est l'Oxus. Voyez les Notes de Vossius sur Mela, p. 244. Il ne doute point que l'Oxus avant la conquête d'Alexandre ne s'appellat <i>Araxe.</i> Les Perses appellent l'<i>Araxe,</i> Arass, disent quelques Ecrivains ; mais l'Auteur de l'Ambassade de D. Garcias de Silva Figueroa en Perse, dit qu'ils l'appellent Bradamir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2580" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBALÊTE" />
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    <head>ARBALÊTE</head>
    <p>
    ARBALÊTE , s. f. <i>Arcus scapo instructus, Balista.</i> Plusieurs disent arbalêtre, mais mal, l'usage étant entierement pour <i>arbalête.</i> C'est une sorte d'arme qui n'est pas à feu. Elle est composée d'un arc d'acier, monté sur un fût de bois, qu'on appelle monture, d'une corde &amp; d'une fourchette. On la bande avec effort par le secours d'un fer propre à cet usage. Elle sert à tirer des bales, &amp; de gros traits appellés <i>matras</i> ; &amp; alors on la nomme <i>Arbalête-à-jalet.</i> Il est défendu aux Ecclésiastiques de tirer de l'arc, ou de l'<i>arbalête.</i> Thiers. <i>Traité des Jeux.</i> Les anciens avoient aussi de grosses machines à jetter des traits, qu'on appelloit <i>arbalêtes,</i> ou <i>balistes.</i></p><p>Ce mot vient de <i>arcubalista</i>. Ménag. Ou plutôt d'<i>Arbalista,</i> qui s'est dit pour <i>arcubalista. Arbalista</i> se trouve dans la vie du B. Charles le Bon, Comte de Flandres, sur quoi Henschenius dit <i>Arbalistis, quasi Arcubalistis ; huic Gallica vox</i> Arbalête, <i>Arcus instructus scapo, seu balista. Acta Sanct. Mart.</i> Tom. I. p. 204. Borel le dérive d'<i>arcus,</i> &amp; de , puis il revient à l'autre étymologie tirée d'<i>arcus</i> &amp; de <i>balista</i> ; elle est en effet plus naturelle &amp; plus juste. On tient que l'invention de l'<i>arbalête</i> &amp; de la fronde est dûe aux Phéniciens, quoique Végèce donne cette dernière à ceux de Majorque.</p><p>On dit proverbialement d'une chose qui va vîte &amp; droit, qu'elle va comme un trait d'<i>arbalête</i> ; &amp; aussi d'une chose qui n'est pas éloignée, il n'y a qu'un trait d'<i>arbalête.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2580" id="2" type="">
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    <head>ARBALÊTE</head>
    <p>
    Arbalête , se dit aussi de l'astragale, qui est le premier os du tarse, &amp; qu'on appelle os de l'<i>arbalête.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2580" id="3" type="marine">
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    <head>ARBALÊTE</head>
    <p>
    Arbalête , Terme de Marine , ou <i>Balestrille,</i> ou <i>Bâton de Jacob,</i> est un instrument dont on se sert sur mer pour prendre les hauteurs. Il est composé de deux bâtons ou règles de bois, ou de cuivre, qui se mettent à angles droits, &amp; qui ont des divisions sur les bords. La croisée s'appelle <i>marteau,</i> ou <i>traversier</i> ; &amp; le montant <i>la flèche.</i> Le marteau est mobile sur la flèche, &amp; a des pinnules à ses extrêmités. C'étoit autrefois un quart de cercle gradué, &amp; attaché par le milieu à une règle : ainsi il avoit la figure d'une <i>arbalête,</i> dont il a pris son nom. On l'a appellé aussi <i>Croix Geométrique,</i> &amp; <i>Verge d'or.</i> On l'appelle aussi quelquefois, <i>Radiomètre,</i> ou <i>Rayon Astronomique,</i> ou simplement <i>Flèche.</i> Il y a aussi un instrument nommé <i>Demi-arbalête,</i> qui n'a qu'un des bras du marteau, dont ont parlé quelques Routiers Hollandois. Il y en a quelques-uns au contraire qui ont trois marteaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2581" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ARBALÊTER" />
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    <head>ARBALÊTER</head>
    <p>
    ARBALÊTER , v. act. Il y en a qui disent <i>arbalêtrer,</i> mais mal. C'est un terme d'Architecture , qui signifie appuyer avec des arbalêtriers, ou petites forces. <i>Canteriis minoribus aliquid fulcire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2582" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBALÊTRIER" />
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    <head>ARBALÊTRIER</head>
    <p>
    ARBALÊTRIER , s. m. Homme armé d'arbalête, comme il y en avoit plusieurs autrefois. <i>Sagittarius, Jaculator, Balistarius. Albalista, Alabastarius, Arcubalistarius.</i> On le dit aussi par ironie, de ceux qui font les braves, sur-tout en amour, &amp; qui promettent de faire des choses au-dessus de leurs forces, comme on dit un chaud Lancier. Cet homme a beau se vanter, c'est un méchant <i>Arbalêtrier.</i> Les Arquebusiers s'appellent aussi du nom d'<i>Arbalêtriers,</i> dans leurs Lettres de Maîtrise ; parce que c'étoient eux qui faisoient autrefois les arbalêtes. Le Concile Général de Latran tenu en 1139. fit un Canon contre les <i>Arbalêtriers</i> &amp; Archers, leur défendant d'exercer leur art contre les Chrétiens &amp; les Catholiques. Mais il ne paroît pas que cette défense ait jamais été observée. Fleury.</p><p>On appelle figurément <i>Arbalêtriers,</i> ou <i>Carabins,</i> des gens qui viennent dans quelque assemblée tirer leur coup, &amp; puis disparoissent, pour faire quelque proposition ou enchère qui oblige à de nouvelles procédures ou délibérations.</p><p>Le Grand Maître des <i>Arbalêtriers</i> étoit autrefois celui qui depuis l'invention des armes à feu s'est appellé le Grand Maître de l'Artillerie. On dit simplement Maître des <i>Arbalêtriers.</i> Le Galois de la Baume, Maître des <i>Arbalêtriers</i> de France. Lobineau. <i>Hist. de Bret.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2582" id="2" type="charpenterie">
   <index type="head" value="ARBALÊTRIER" />
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    <head>ARBALÊTRIER</head>
    <p>
    Arbalêtriers , en termes de Charpenterie , sont des pièces de bois qui sont au-dessus de la ferme, &amp; qui se joignent au haut du poinçon. <i>Canterii minores.</i> Ou plutôt ce sont plusieurs pièces de bois qui servent à la charpente d'un bâtiment, &amp; qui sont appuyées par un bout l'une contre l'autre en forme d'arc, portant de l'autre bout sur une poutre mise en bas en forme de corde, avec une quatrième mise au milieu en forme de flèche : &amp; c'est pour cela qu'on les appelle <i>arbalêtriers,</i> ou selon quelques-uns <i>arbalêtiers.</i> On les appelle aussi <i>Petites forces,</i> &amp; ils forment la petite ferme qui est au-dessus de la grande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2583" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBELES" />
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    <head>ARBELES</head>
    <p>
    ARBELES , s. m. <i>Arbela.</i> Ville d'Asie, que l'on place au 89e degré de longitude, &amp; au 34 ou 35e degré 52 m. de latitude. Cette Ville n'est fameuse que par la grande bataille qu'Alexandre y gagna contre Darius, &amp; qui le mit en possession de l'Empire d'Asie. On la place sur le Lycus. Quelques-uns tirent ce nom d'un certain Arbélus, fils d'Athmoneus. D'autres le dérivent de , <i>hir,</i> ville, &amp; du nom de Bélus, comme qui diroit la ville du Dieu Bélus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2584" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBILLON" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBILLON</head>
    <p>
    ARBILLON , s. m. <i>Assumentum corii.</i> On se sert en Dauphiné de ce mot pour signifier une pièce de cuir recousue à la semelle d'un soulier. Il vient d', qui étoit une sorte de souliers chez les Grecs. Chorier. <i>Hist. de Dauph. Tom. I. p.</i> 100.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2585" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBITRAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRAGE</head>
    <p>
    ARBITRAGE , s. m. Jurisdiction qu'on choisit volontairement, &amp; qui s'exerce en vertu du pouvoir qui est donné par les parties. <i>Arbitrium, arbitratus.</i> Ces plaideurs se sont mis en <i>arbitrage.</i> Cet Avocat est fort employé dans les <i>arbitrages.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2586" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBITRAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRAIRE</head>
    <p>
    ARBITRAIRE , adj. m. &amp; f. Qui dépend de l'estimation des hommes, qui n'est point fixé par le Droit, ni par la Loi, où il ne s'agit que du plus ou du moins. <i>Arbitrarius.</i> Cette opinion est probable &amp; <i>arbitraire.</i> L'amende pour un tel délit est <i>arbitraire,</i> &amp; dépend des Juges. C'est une erreur de croire qu'en France les peines des crimes soient <i>arbitraires.</i> L'agrément est <i>arbitraire,</i> &amp; dépendant du goût &amp; de l'opinion. La Bruy. Il y a des loix <i>arbitraires,</i> qui ne sont ni justes ni injustes par leur nature, &amp; qui dépendent de l'institution des hommes. Launay.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2586" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARBITRAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRAIRE</head>
    <p>
    Arbitraire , se dit aussi à l'égard de Dieu, quand on examine jusqu'où il peut porter le pouvoir absolu qu'il a sur les créatures. Il est dangereux d'alléguer, que Dieu agit à l'égard des hommes par des loix <i>arbitraires,</i> &amp; en vertu de son pouvoir absolu de Créateur. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2587" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBITRAIREMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ARBITRAIREMENT</head>
    <p>
    &#9758; ARBITRAIREMENT , adv. D'une manière arbitraire, &amp; sans autre motif que la volonté. Un Prince sage ne doit <pb n="307" facs="bpt6k8542165/f347/full/1200,/0/native.jpg"/>pas gouverner <i>arbitrairement.</i> Il n'y a guère de questions qui puissent être décidées <i>arbitrairement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2588" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBITRAL, ALE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ARBITRAL, ALE</head>
    <p>
    ARBITRAL, ALE , adj. se dit d'un jugement, ou d'une sentence prononcée par les arbitres. <i>Judicium arbitrarium, Sententia arbitraria.</i> Les Notaires reçoivent maintenant les sentences <i>arbitrales.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2589" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBITRALEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRALEMENT</head>
    <p>
    ARBITRALEMENT , adv. Qui ne se dit qu'en cette phrase : C'est une affaire jugée <i>arbitralement,</i> c'est-à-dire, par des arbitres. <i>Per arbitros.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2590" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="ARBITRATEUR" />
   <index type="src_domain" value="droit" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRATEUR</head>
    <p>
    ARBITRATEUR , s. m. Terme de Droit . <i>Arbitrator.</i> On appelle <i>Arbitrateurs,</i> ou amiables Compositeurs, les Arbitres à qui on donne pouvoir de se relâcher de la rigueur du droit.</p><p>Ce mot se mettoit autrefois après celui d'<i>Arbitre.</i> On en a cité un exemple à l'article <i>Apaisenteur.</i> En voici un autre tiré d'une ancienne traduction des Métamorphoses d'Ovide sous le nom du Grand Olympe <i>in</i>-16. Paris 1549. c'est à la fin du feuillet 266 "Jupiter, pour ce qu'il est juste Juge, droi,cturier &amp; souverain, fut estably par commun consentement (des trois Déesses) <i>Arbitre Arbitrateur,</i> &amp; amiable Compositeur entre-elles, pour en congnoistre &amp; discuter jusques en diffinitive, mais point n'en voulut accepter la charge, ains s'en excusa, disant qu'il ne vouloit encourir la malle grace de l'une partie ne de l'autre ...."</p><p>Il faut observer une différence entre les Arbitres &amp; les <i>Arbitrateurs</i> ou amiables Compositeurs ; en ce que les Arbitres sont tenus dans l'instruction &amp; le jugement de garder les formalités de Justice &amp; l'ordre de Droit. C'est pourquoi l'Ordonnance de 1667. tit. 31. art. 2. porte, que les Arbitres seront tenus, en jugeant les différends, de condamner indéfiniment aux dépens celui qui succombera. Néanmoins le même article permet aux Parties de mettre dans les compromis la clause portant pouvoir aux Arbitres de remettre les dépens, de les modérer &amp; liquider. Mais les <i>Arbitrateurs</i> &amp; amiables Compositeurs accordent les différends de ceux qui se sont rapportés à leur jugement, sommairement &amp; sans s'arrêter aux règles de Droit, ni aux formalités de Justice. Ferriere. Bornier a fait la même observation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2591" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="ARBITRATION" />
   <index type="src_domain" value="jurisprudence" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRATION</head>
    <p>
    ARBITRATION , s. f. Terme de Jurisprudence . Liquidation, estimation. <i>Aestimatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2592" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBITRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRE</head>
    <p>
    ARBITRE , s. m. Action de la volonté par laquelle elle se détermine librement à une chose plutôt qu'à une autre. <i>Arbitrium, libera voluntas.</i> Tous les hommes ont leur libre <i>arbitre,</i> leur franc <i>arbitre,</i> leur libéral <i>arbitre.</i> Ce dernier vieillit, quoique Mr Ménage préfère <i>libéral arbitre</i> à <i>libre arbitre.</i> Il le fait venir du Latin <i>libérale,</i> qu'on a dit pour <i>liberum</i> dans la basse Latinité. Mais libéral <i>arbitre</i> n'est plus en usage que parmi le peuple. De bons Auteurs aiment mieux <i>libre arbitre</i> que <i>franc arbitre.</i> Bouh. Corn. En voulant accorder la grace avec le <i>libre arbitre,</i> il blessa l'honneur de celle-là, &amp; flatta l'orgueil de celui-ci. God. Le <i>libre arbitre</i> est une faculté de la raison &amp; de l'entendement, parce que la raison est considérée comme un <i>arbitre,</i> ou comme un Juge qui examine, qui consulte, qui délibère, &amp; qui enfin décide ce qu'il faut choisir. Bern. Pour détruire le Pélagianisme l'on s'est jetté dans les extrémités opposées, en ruinant le franc <i>arbitre,</i> &amp; rétablissant la fatalité inflexible des Stoiciens. Boss. S. Justin, dans sa première Apologie, prouve le <i>libre arbitre</i> par le blâme &amp; la louange, par le changement des moeurs en bien ou en mal ; parce qu'il n'y auroit ni vice, ni vertu, &amp; que le bien &amp; le mal ne seroient que dans l'opinion des hommes. Ce qui est, dit-il, la souveraine impiété, &amp; la souveraine injustice, comme la droite raison le montre. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2592" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARBITRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRE</head>
    <p>
    Arbitre , est aussi un Juge nommé par le Magistrat, ou choisi volontairement par les parties, auquel elles donnent pouvoir par un compromis de juger de leur différend. <i>Arbiter.</i> Les <i>Arbitres</i> compromissionnaires doivent juger à la rigueur, aussi-bien que les autres Juges. En Provence on envoie les parens qui plaident pour être jugés en première instance pardevant des <i>Arbitres.</i> Chez les Romains on pouvoit se soumettre à l'arbitrage d'une seule personne, mais ordinairement on en choisissoit plusieurs, &amp; presque toujours en nombre impair. Quand ils étoient en nombre pair, &amp; qu'ils ne s'accordoient pas, ils ne pouvoient prendre eux-mêmes un tiers, il falloit que les parties en convinssent, ou que le Préteur en nommât un d'office. Il n'étoit pas permis de convenir d'<i>arbitres</i> dans les affaires où le public avoit intérêt, comme les crimes, les mariages, les questions d'Etat. On ne pouvoit appeller d'une sentence arbitrale, parce que l'effet d'un appel est de suspendre l'autorité d'une jurisdiction, &amp; non pas d'une convention. Enfin l'arbitrage finissoit par la mort de l'un des <i>Arbitres,</i> ou de l'une des Parties. En France nous avons trois sortes d'<i>Arbitres ;</i> savoir, ceux qui en vertu du compromis sont obligés de suivre la rigueur du droit, ceux à qui les Parties donnent pouvoir de se relâcher de cette rigueur, &amp; ceux pardevant lesquels on est renvoyé par le Juge. On ne peut choisir d'<i>Arbitres</i> pour les choses qui concernent l'Etat, ou le public, mais bien pour les choses qui en résultent : ainsi on ne peut pas suivre l'avis des <i>Arbitres</i> pour raison de crimes, mais on le peut pour des réparations civiles. Toutes sortes de personnes peuvent être <i>Arbitres,</i> excepté, 1°. Ceux qui sont morts civilement au monde, ou qui leur sont comparés. 2°. Ceux qui sont infames. 3°. Ceux qui sont mineurs de vingt-un ans. 4°. Les Juges pardevant lesquels étoit pendant le différend, pour lequel on a compromis. A l'égard des femmes, on peut se soumettre à leur jugement, lequel quoiqu'il ne soit d'aucune autorité, a pourtant l'effet de faire condamner celui qui n'y veut pas déférer à payer la peine portée par le compromis : cependant il y a un arrêt contraire rapporté par Mr le Prestre. cent. 3. ch. 32. On peut appeller de la sentence des <i>Arbitres,</i> quand même on auroit stipulé qu'on ne pourra appeller ; parce que si cette convention avoit lieu, il seroit libre à des particuliers de donner une autorité souveraine à d'autres qu'à ceux que le Roi a choisis pour juger à sa place. Voyez Rebuffe sur les Ordonnances, <i>Tit de Arbit.</i> &amp; les Ordonnances de 1667. 1673. &amp;c.</p><p>Justinien a généralement défendu de prendre une femme pour <i>Arbitre,</i> parce que ces sortes d'emplois ne conviennent pas à son sexe. Le Droit Canon a excepté les femmes d'une qualité éminente, ou qui ont quelque autorité sur les personnes qui ont compromis sur elles. Le Pape Alexandre III. confirma une sentence arbitrale rendue par une Reine de France, même dans un cas où il s'agissoit du temporel de l'Eglise. Les <i>Arbitres</i> sont obligés de rendre leur jugement dans le temps qui leur est limité, &amp; de ne point excéder les bornes du pouvoir qui leur est prescrit par le compromis. De Launay. Les <i>Arbitres</i> compromissionnaires sont tenus de juger à la rigueur, quand cela est stipulé par le compromis : mais si les Parties les ont autorisés à prononcer selon la bonne foi, &amp; selon l'équité naturelle, sans les astreindre à la rigueur de la loi, alors ils ont la liberté de retrancher quelque chose du bon droit de l'une des Parties, pour l'accorder à l'autre, &amp; de prendre un milieu équitable entre la bonne foi, &amp; l'extrême rigueur. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2592" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARBITRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRE</head>
    <p>
    Arbitre , se dit figurément de celui qui est maître absolu, qui est fort puissant, &amp; le dispensateur souverain. <i>Summus Arbiter.</i> Le Roi est l'<i>Arbitre</i> de toute l'Europe, il lui impose des loix. Un amant dit que sa maîtresse est l'<i>arbitre</i> de son sort. Dieu est l'<i>arbitre</i> du genre humain. Il est devenu l'<i>arbitre</i> de la mort des citoyens. Vaug. Être libre, c'est être seul <i>arbitre</i> de ce que l'on fera, ou de ce que l'on ne fera pas. La Bruy. Le Pere du Cerceau dit, en s'adressant aux Parques,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2593" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ARBITRER" />
   <index type="src_domain" value="palais" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRER</head>
    <p>
    ARBITRER , v. act. Terme de Palais . Liquider, estimer une chose en gros, &amp; sans entrer en un détail, ou une taxe particulière. <i>Summatim estimare.</i> Les Juges ont <i>arbitré</i> les dépens, dommages &amp; intérêts, à telle somme. Les Experts ont <i>arbitré</i> les réparations ou dégradations de certe maison à tant. Il falloit <i>arbitrer</i> les pensions des Religieux, qui ne pouvoient prendre la réforme. Patru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2593" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARBITRER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBITRER</head>
    <p>
    Arbitré, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Aestimatus.</i></p><p>Si l'on en croit Guichard, de , <i>Rub. litigare, disceptare, <pb n="308" facs="bpt6k8542165/f348/full/1200,/0/native.jpg"/>contendere,</i> &amp; , <i>rib, contentio, disceptatio, &amp;c.</i> en Grec a été dérivé, comme de , redoublant cette radicale , ou bien la préposant comme on fait de , <i>rose ;</i> , signifiant, <i>dijudico, constituo, arbitror, , arbiter ;</i> &amp; il lui semble même que préposant <i>a</i> à ces radicales, de , <i>rub, quasi arub, arbiter</i> ait été dérivé en Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2594" id="1" type="traiteur">
   <index type="head" value="ARBOLADE" />
   <index type="src_domain" value="traiteur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBOLADE</head>
    <p>
    ARBOLADE , s. f. Terme de Traiteur . C'est un ragoût qui se fait avec un peu de beurre, de la crême, des jaunes d'oeufs, du jus de poires, du sucre, &amp; fort peu de sel. Cuis. Fran.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2595" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARBORER" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ARBORER</head>
    <p>
    ARBORER , v. act. Planter à la manière des arbres. Ce mot n'est point usité dans le sens propre, mais seulement dans le figuré ; &amp; il se dit des enseignes ou des drapeaux qu'on plante sur des terres conquises. <i>Figere, defigere, locare, ponere.</i> Il a <i>arboré</i> l'étendart de la Croix dans les pays Infidéles. Ils <i>arborerent</i> l'étendart de France, &amp; implorerent le secours du Roi. Hist. de Louis XIV. On dit aussi, Ce Cardinal a <i>arboré</i> les armes d'un tel Prince sur son Palais ; pour dire, il s'est déclaré de son parti.</p><p>Pasquier dit que c'est l'Amiral de Châtillon qui a le premier introduit cette façon de parler, lorsqu'il exerçoit la charge de Colonel de l'Infanterie.</p><p>On dit aussi en termes de Marine , <i>Arborer</i> le pavillon ; pour dire, Montrer &amp; déployer le pavillon, ensorte qu'il puisse voltiger au gré du vent. On dit aussi dans le style simple &amp; comique, <i>arborer</i> une plume sur son chapeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2595" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARBORER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBORER</head>
    <p>
    Arborer , signifie aussi, Mâter ou élever un mât. <i>Malum erigere.</i> Et au contraire, <i>Desarborer,</i> c'est l'abattre &amp; le couper. Le mât de hune est <i>arboré</i> sur le grand mât.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2595" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARBORER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBORER</head>
    <p>
    Arborer , se dit aussi au fig. pour dire, Se déclarer ouvertement pour quelque parti. Il a <i>arboré</i> le Quiétisme. Il a <i>arboré</i> l'impiété.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2595" id="4" type="">
   <index type="head" value="ARBORER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBORER</head>
    <p>
    Arboré, ée , part. <i>Fixus, defixus, erectus.</i></p><p>Ces mots viennent du Latin <i>arbor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2596" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBORIBONZE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBORIBONZE</head>
    <p>
    ARBORIBONZE , s. m. Les <i>Arboribonzes</i> sont une espèce de Prêtres du Japon toujours errans &amp; vagabonds, &amp; ne vivant que des aumônes qu'on leur fait. Ils se retirent dans des cavernes. Leurs bonnets sont d'un tissu d'écorce d'arbres, dont la figure est en pointe d'où sort une espèce d'aigrette faite de crin noir, ou de poil de chèvre. Leur ceinture qui fait deux tours, est d'une étoffe fort grossière. Leur robe de dessus est fort courtè avec des demi manches, &amp; n'est d'ordinaire que de cotton ; celles de dessous sont de peau de bouc, &amp; de quatre ou cinq doigts plus longues. Ils ont une corde à la ceinture, où pend un gobelet, qu'ils tiennent d'une main en marchant, &amp; de l'autre un bâton d'un arbre sauvage, nommé soutan, dont le fruit ressemble à nos nefles. Ils ont pour chaussures des sandales attachées aux pieds avec des courroies, &amp; garnies de quatre fers, qui ne font guère moins de bruit que ceux des chevaux. Leurs barbes &amp; leurs cheveux sont si sales, &amp; si mal peignés, qu'on ne les peut voir sans horreur. Les <i>Arboribonzes</i> se mêlent de conjurer le Démon : mais ils ne commencent à le faire qu'à trente ans. <i>Ambass. au Japon, P.</i> 1. <i>p.</i> 89. <i>&amp;</i> 90.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2597" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBORIQUE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBORIQUE</head>
    <p>
    ARBORIQUE , s. m. <i>Arboricus.</i> Nom de nation. Entre les peuples qui habitoient entre Tournai &amp; le Vahal, les plus considérables étoient les <i>Arboriques.</i> Ils étoient Chrétiens sous Clovis, comme la plupart des autres Gaulois, &amp; fort attachés à leur religion. P. Daniel. Procope, de qui nous apprenons ceci, écrit , <i>Arboriques.</i> Le P. Lobineau croit que ce sont les Armoricains : car, dit-il, la différence n'est pas assez grande d' à , pour imaginer sur un fondement si léger, je ne sai quelle nation d'Arborusques, ou d'Arbonches dans l'Allemagne &amp; dans le Brabant. Ce que dit Procope que ces <i>Arboriques</i> étoient à l'extrémité des Gaules, qu'ils étoient Chrétiens, qu'ils étoient à craindre aux François, &amp; qu'il y avoit auprès d'eux des Ariens, ne peut convenir à aucune nation du Brabant, ni de l'Allemagne, &amp; convient parfaitement aux Armoricains. Quand la différence des noms seroit plus grande, l'éloignement des lieux, la diversité des langues, &amp; peut-être un peu de manque d'exactitude, ont pû faire tomber Procope dans cette surprise. Au reste, ajoûte-t-il, le changement est fort naturel de l'M au B, comme on le peut voir par changé en dans Hésychius en , <i>flamme</i> en <i>flambe, marmor</i> en <i>marbre.</i> Goropius Becanus, &amp; d'autres Savans, ne sont pas de ce sentiment, qui ne laisse pas d'être probable. Mais il ne falloit point apporter l'exemple de , pour des raisons que nous dirons peut-être en parlant de ces lettres, &amp; qu'on peut voir dans les Essais de Grammaire de Mr l'Abbé Dangeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2598" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBORISER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBORISER</head>
    <p>
    ARBORISER . Voyez <ref type="search" target="head:HERBORISER">HERBORISER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2599" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBORISTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBORISTE</head>
    <p>
    ARBORISTE . Voyez <ref type="search" target="head:HERBORISTE">HERBORISTE</ref>. <i>Arboriste</i> devroit cependant avoir un sens différent d'Herboriste ; celui-ci signifiant selon son origine, qui s'applique à la connoissance des herbes, &amp; celui-là, qui s'applique à la connoissance des arbres. Dans l'usage Herboriste, comme Herboriser, se prend pour l'un &amp; l'autre. Mr de la Fontaine s'est servi d'<i>Arboriste.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2600" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBOUSE" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBOUSE</head>
    <p>
    ARBOUSE , s. f. ou selon quelques-uns <i>Arboise.</i> C'est le fruit de l'<i>Arbousier. Arbutum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2601" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARBOUSIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARBOUSIER</head>
    <p>
    ARBOUSIER , s. mas. <i>Arbutus.</i> On écrivoit anciennement <i>arbouzier</i> par un <i>z,</i> on disoit aussi <i>arbosier,</i> &amp; quelques-uns disent <i>arboisier.</i> Arbre qui devient d'une moyenne grandeur lorsqu'on le laisse monter à son gré ; il pousse souvent de sa racine plusieurs jets longs, branchus, &amp; quelquefois tortus. Son bois est blanc, &amp; l'écorce des vieux pieds est raboteuse, écailleuse &amp; grisâtre ; au lieu que dans les jeunes tiges elle est lisse &amp; rougeâtre : ses branches sont garnies de feuilles assez semblables à celles du laurier, mais d'un verd plus gai &amp; crénélées sur leurs bords ; elles n'ont presque point d'odeur. Ses fleurs ressemblent à un grelot de muguet, dont l'ouverture antérieure est étranglée, d'un blanc verdâtre &amp; sans odeur. Elles sont ramassées en forme de grape pendante, &amp; ne commencent à paroître que vers le mois d'Août. Le pistile qui s'emboîte avec la fleur par sa partie postérieure, devient un fruit qui demeure un an à mûrit. Il a la figure d'une fraise, mais il est plus gros, ordinairement rond, divisé en cinq loges remplies de semences menues comme celles du millet : il est jaunâtre d'abord, &amp; rouge dans sa maturité, d'une saveur douce qu'on trouve fade lorsqu'on en mange plusieurs. Son bois est bon pour les Tourneurs : on en fait aussi de bon charbon. L'<i>arbousier</i> croît communément en Languedoc, en Italie &amp; en Espagne.</p><p>
    </p>
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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    ARBRE , s. m. Le premier &amp; le plus grand des végétaux, qui n'a qu'un seul &amp; principal tronc ; qui pousse beaucoup de branches &amp; de feuilles ; qui jette beaucoup de bois. <i>Arbor.</i> Guichard dérive ce mot de l'Hébreu , <i>abab,</i> d'où vient , <i>arbor, arbustum.</i> Une allée d'<i>arbres</i> de haute futaie, de chênes, d'ormes, de châteigniers, &amp;c. <i>Inambulatio altis procerisque arboribus consita. Arbre</i> de plein vent, <i>arbre</i> de haut vent, <i>arbre</i> de tige, <i>arbre</i> en plein air : on se sert de ces termes pour exprimer des <i>arbres</i> qui s'élèvent naturellement fort haut, &amp; que l'on ne rabaisse pas. <i>Arbor justae magnitudinis, quae ad justam magnitudinem sinitur excrescere.</i> Les <i>arbres de tige</i> que l'on choisit dans les pépinières doivent être bien droits, avoir au moins six bons pieds de hauteur, avec cinq à six pouces de grosseur par bas, &amp; trois à quatre par haut, l'écorce peu raboteuse, mais au contraire luisante pour marque de leur jeunesse, &amp; du bon fond d'où ils sortent. La Quint. Un <i>arbre</i> nain, ou buisson. Ce sont des <i>arbres</i> que l'on tient bas, &amp; auxquels on ne laisse que demi-pied de tige. <i>Arbor coactae brevitatis.</i> On les vuide en dedans, afin que leurs branches s'étendant sur les côtés, forment une boule ou buisson arrondi. <i>Arbre en espalier,</i> celui dont les branches sont étendues &amp; attachées contre des murailles en façon de main ouverte, qu'on appelle <i>taillé à plat. Arbusculae horti parietibus applicatae.</i> Il y a aussi des <i>arbres</i> en espalier en plein air, taillés à plat comme devant, qui ont l'air des deux côtés, &amp; dont les branches sont soutenues par des charniers ou échalas mis en forme de raquette. <i>Arbusculae utrinque planum in morem tonsae, &amp; palis alligatae.</i> Les <i>arbres nains,</i> ou en <i>espalier,</i> que l'on choisit dans les pépinières, sont mieux droits d'un seul brin, &amp; d'une seule greffe, que s'ils avoient deux ou trois greffes en plusieurs branches. La Quint. <i>Arbres en contrespaliers,</i> ou <i>haies d'appui,</i> sont des <i>arbres</i> plantés près l'espalier en ligne parallèle. <i>Arbusculae lineis parallelis adversae applicatis ad horti parietes arbusculis. Arbres fruitiers,</i> sont ceux <pb n="309" facs="bpt6k8542165/f349/full/1200,/0/native.jpg"/>qui portent du fruit. <i>Arbores pomiferae. Arbres</i> en mannequin. <i>Arbores in corbe.</i> Ce sont des <i>arbres</i> que l'on met à part, plantés dans des mannequins, pour les lever dans le besoin, &amp; les mettre en motte à la place de ceux qui seroient morts dans un nouveau plan. Voyez la Quintinie, P. III. ch. 21. <i>Arbres</i> sur franc, sont ceux qui ont été greffés sur des sauvageons venus de pepin, ou venus de bouture dans le voisinage d'autres sauvageons, <i>arbores sativae :</i> ou bien <i>arbre</i> sur franc est un <i>arbre</i> enté sur un autre de son espèce. <i>Arbor arbori ingenuae aut ejusdem speciei insita. Arbre sur coignassier,</i> est un <i>arbre</i> enté sur un coignassier, &amp; non pas sur un <i>arbre</i> de son espèce. <i>Arbor cotoneae,</i> ou <i>cydoniae malo insita.</i> Ainsi on dit un poirier sur franc, a la différence d'un poirier greffé sur coignassier ; &amp; un pommier greffé sur franc, a la différence d'un pommier greffé sur paradis. <i>Arbre sauvage. Arbor sylvestris, sylvatica, bruta. Arbres</i> domestiques, ou cultivés. <i>Arbores cultae. Arbres</i> fatigués, sont ceux qui paroissent usés, soit de vieillesse, soit faute de culture, &amp; qui ne se chargent que de mousse &amp; de gale. <i>Arbor vetula, defecta senio, cariosa. Arbres</i> bien abboutis, sont des arbres qui ont beaucoup de boutons à fruit. <i>Arbores gemmatae.</i> Un <i>arbre</i> furieux. La Quint. <i>Nimium luxurians.</i> Des <i>arbres</i> qui s'emportent avec furie. Liger. <i>Nimiâ ramorum luxurie sese efferentes.</i> Un <i>arbre</i> bien conditionné. La Quint. <i>bene composita, affecta.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre de brin , parmi les Charpentiers, est un <i>arbre</i> de belle venue, &amp; dont la tige est haute &amp; droite, tels que sont ceux dont on fait les poutres, les sablières, les mâts, &amp;c. <i>Arbor recta, proceraque.</i> Parmi les derniers on dit un <i>arbre</i> d'un beau brin ; pour dire un <i>arbre</i> droit, de belle venue, &amp; assez gros dans son espèce.</p><p><i>Arbre</i> conifère, c'est celui dont le fruit est de figure conique, comme le pin, le sapin, la picea, la mélèse. <i>Arbor conisera,</i> ou <i>resinifera</i> ; c'est-à-dire, portant de la résine. On leur donne aussi ce nom, parce que les <i>arbres</i> conifères sont presque tous couverts d'une écorce remplie de résine.</p><p>Un <i>arbre</i> pour mériter d'être choisi, quand il est encore en pépinière, doit avoir l'écorce nette &amp; luisante, &amp; les jets de l'année longs &amp; vigoureux. Et s'il est hors de terre, il faut qu'il ait les racines belles, bien saines, &amp; qu'à proportion de la tige elles soient passablement grosses. Je ne prends jamais de ces <i>arbres</i> qui n'ont que du chevelu. Les <i>arbres</i> les plus droits &amp; qui n'ont qu'une tige, me paroissent les plus beaux à choisir pour planter. La Quint. En toutes sortes d'<i>arbres</i> nains que l'on veut planter, excepté les pêchers &amp; les pommiers sur paradis, la grosseur est celle de deux ou trois pouces par le bas. La grosseur des <i>arbres</i> de tige est celle de cinq à six pouces par le bas, &amp; la hauteur de six à sept pieds. La greffe des petits <i>arbres</i> doit être à deux ou trois doigts de terre ; &amp; quand elle est couverte, c'est une marque de vigueur au pied, aussi-bien que de soin &amp; d'habileté au Jardinier qui l'a élevé. Id. Préparer un <i>arbre</i> pour le planter. Id. Voyez <ref type="search" target="head:PRÉPARER">PRÉPARER</ref>.</p><p>Il y a des <i>arbres</i> si gros en la Province de Nicaragua, qu'à peine quinze hommes les peuvent embrasser. Le P. d'Acosta Jésuite, Liv. IV. de l'<i>Histoire des Indes,</i> ch. 3. rapporte qu'à Tlacocharaye, à trois lieues de Gauxa dans la nouvelle Espagne, il y en a un qui est creux, &amp; qui en dedans a neuf brasses de tour proche de la terre, &amp; en dehors proche de la racine seize brasses, &amp; douze plus haut, &amp; qu'il peut contenir mille personnes sous son ombre ; &amp; que c'est sous cet <i>arbre</i> que les Barbares s'assembloient pour leurs superstitions, &amp; qu'ils faisoient leurs mitotes ou danses autour de leurs idoles. Herreta parle d'un autre, que seize hommes ne purent embrasser en se tenant par les mains. Le P. Kirker, dans son <i>Latium,</i> p. 50. dit qu'il a vû proche de Gonzano un <i>arbre</i> si gros, qu'une famille entière de 25. personnes pouvoit tenir dans sa cavité. Le peuple dit que c'est Auguste qui l'a planté. Rai, dans son <i>Hist. des Plantes,</i> p. 43. fait aussi mention de plusieurs <i>arbres</i> d'une grosseur extraordinaire.</p><p>Il y a aux Indes de fort grandes forêts qui sont composées d'un seul <i>arbre,</i> dont les branches tombent en terre, y prennent racine, &amp; repoussent de nouveaux <i>arbres.</i> Le figuier admirable &amp; le parétuvier sont de cette espèce. Il y a des <i>arbres</i> au Pérou, dont une parties des branches produit des fruits pendant la moitié de l'année, &amp; l'autre partie pendant l'autre moitié. Il y a aux Antilles des <i>arbres</i> de mer, qui naissent dans les bancs des rochers, &amp; qui sont glacés de salpêtre, qui les rend tout blancs. Quelques-uns les prennent pour une espèce de corail. Lonvillers. De tous les <i>arbres</i> qui croissent dans la Chine, celui qui porte le suif est, à mon sens, le plus admirable. P. Le Comte. Voyez <ref type="search" target="head:Suif">Suif</ref>.</p><p>Ovide Montalban a écrit trois volumes des <i>arbres,</i> qu'il nomme <i>Dendrologie,</i> qu'il a mis à la suite de l'Histoire naturelle d'Ulysse Aldrovandus, dont les six premiers volumes contiennent celle des oiseaux, des animaux terrestres, des poissons, des insectes, &amp; des métaux. Jonston a fait aussi une Dendrologie. Ces ouvrages sont des compilations de tout ce qu'ils ont trouvé dans les Auteurs qui les avoient précédé. La rareté de ces livres fait une partie de leur mérite. Pour les <i>arbres</i> des Indes Occidentales, voyez le P. d'Acosta, Liv. IV. de <i>l'Hist. des Indes,</i> ch. 16. &amp; suiv. jusqu'au 32. Et pour ceux des Antilles, l'<i>Histoire naturelle des Antilles</i> de Lonvillers de Poincy, imprimée à Amsterdam <i>in</i>-4°, en 1658. &amp; celle du P. du Tertre, &amp; les plantes de l'Amérique du P. Plumier Minime.</p><p>On dit, Abatre des <i>arbres,</i> quand on les coupe par le pied. <i>Arbores caedere, excidere.</i> Elaguer ou émonder des <i>arbres,</i> quand on en coupe quelques branches pour les faire mieux croître, &amp; les rendre plus agréables à la vûe, &amp; plus propres à l'usage auquel on les destine, comme à former des allées, &amp;c. <i>Arbores collucare.</i> Déshonorer les <i>arbres,</i> quand on en coupe seulement la cime, ou le houppier. <i>Arbores decacuminare.</i> Préparer un <i>arbre,</i> tant par la tête que par la racine, c'est en ôter tout ce qui est nuisible, ou superflu, &amp; couper les branches &amp; les racines, comme elles doivent être, pour qu'on le plante. Planter un <i>arbre,</i> tailler un <i>arbre,</i> ébourgeonner les <i>arbres,</i> pincer &amp; repincer un <i>arbre,</i> accoler les <i>arbres,</i> palisser les <i>arbres</i> en espaliers, greffer un <i>arbre,</i> enter un <i>arbre,</i> fumer un <i>arbre,</i> arrêter un <i>arbre,</i> émonder les <i>arbres,</i> élaguer les <i>arbres,</i> élever un <i>arbre,</i> abaisser un <i>arbre,</i> pousser, fatiguer, épuiser un <i>arbre,</i> déchausser un <i>arbre,</i> espacer des <i>arbres</i> de tant l'un de l'autre, étronçonner un <i>arbre,</i> encaisser un <i>arbre,</i> ragréer un <i>arbre</i> ; un <i>arbre</i> qui s'échape ; un <i>arbre</i> qui s'évase trop ; voyez tous ces verbes à leur place.</p><p>La Quintinie traite de la connoissance des <i>Arbres</i> fruitiers, Part. I. ch. 3. art. 6. De la manière de préparer un <i>arbre,</i> tant par la tête que par la racine, avant que de le planter, au même endroit, art. 7. &amp; Part. III. ch. 19. De la manière de planter les <i>arbres,</i> Part. III. ch. 20. Du temps qu'il faut choisir pour bien planter, art. 8. De la taille des <i>arbres,</i> art. 9. &amp; Part. IV. entière. Des terres qui conviennent à chaque espèce d'<i>arbres</i> fruitiers, Part. II. ch. 25. Du choix des <i>arbres,</i> Part. III. ch. 17. &amp; 18. Des greffes &amp; pépinières des <i>arbres,</i> Part. V. ch. 11. &amp; suiv.</p><p>On dit l'<i>Arbre</i> de la Croix, où Jesus-Christ a été attaché. <i>Arbor crucis.</i> L'<i>arbre</i> de vie. <i>Arbor vitae.</i> L'<i>arbre</i> de la science, du bien &amp; du mal : c'étoient des <i>Arbres</i> du Paradis Terrestre. <i>Arbor scientiae boni &amp; mali.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbres de lisière , en termes des Eaux &amp; Forêts , sont des <i>arbres</i> qu'on laisse dans les ventes &amp; coupes de bois entre deux pieds corniers, pour servir de paroi &amp; de bornes à la coupe qui est permise. <i>Arbores limitaneae.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbres a laïe , ou Arbres de repeuplée. Ce sont de jeunes plants qu'on laisse pour repeupler les taillis, lorsqu'on en fait coupe. <i>Arbor poletaria, materaria, subsidiaria.</i></p><p>On dit <i>Arbres de delit, abougris, broutés, avortés, recepés, encroués, arbres chablis, bailliveaux, arbres d'entrée, en étant, gisant.</i> Ces mots sont expliqués à leur ordre, &amp; au mot Bois.</p><p>
    </p>
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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre , en termes de Charpenterie &amp; d'Architecture , est une grosse pièce de bois, qui est la principale d'une machine, &amp; qui la soutient. L'<i>arbre</i> du moulin, est celui que la roue fait tourner pour mouvoir les meules, soit par l'eau, soit par le vent. <i>Arbor molendinaria.</i> On l'appelle <i>arbre</i> tournant. Il a trois toises de long sur vingt pouces de gros. L'<i>arbre</i> d'un pressoir. <i>Arbor torcularia.</i> L'<i>arbre</i> d'un navire, est le grand mât, qu'on appelle <i>Arbre Mestre,</i> sur la Méditerranée. <i>Arbor nautica.</i> L'<i>arbre</i> d'une grue, est la principale pièce de bois qui la soutient, qu'on nomme aussi la <i>flèche.</i></p><p>On appelle aussi dans les montres, les horloges, les meulés, <pb n="310" facs="bpt6k8542165/f350/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; autres machines qui tournent, l'<i>arbre</i> ou l'essieu des roues qui portent le pignon, ou ce qui les fait mouvoir. <i>Axis.</i></p><p>
    </p>
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    <p>
    Arbre de Judas . <i>Arbor Jude.</i> Il fleurit au commencement du Printemps. La couleur de ses feuilles tire du violet au rouge. Sa fleur est comme du safran d'Inde. Il vient de bouture, &amp; prend aisément. Le plus sûr est de coucher les branches en terre &amp; de les inciser. Chom. Nous nommons en François cet <i>arbre, arbre de Judée.</i> Il se couvre entièrement de feuilles de couleur de pourpre avant que de pousser ses fleurs. Les Persans l'appellent <i>Argeran</i> ou <i>Argheran.</i> Ils se servent souvent de cet <i>arbre</i> dans leurs comparaisons. Ils donnent au vin qui leur est défendu le nom d'eau d'Argeran, par respect pour une loi qu'ils violent incessamment. Les visages de safran &amp; les yeux d'Argeran sont leurs expressions ordinaires, pour signifier des amans passionnés, dont la mélancolie est peinte sur le visage, &amp; dont les yeux sont rouges à force de verser des larmes. d'Herb. Voyez <ref type="search" target="head:Gainier">Gainier</ref>.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Arbre de Mer . Quelques Chymistes appellent ainsi le Corail, <i>Corallium, arbor maris.</i> Harr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre des Philosophes . Terme de science hermétique . <i>Arbor Philosophorum.</i> Le grand <i>arbre des Philosophes</i> est leur mercure, qui est leur teinture, leur principe &amp; leur racine ; quelquefois c'est l'ouvrage de la pierre. Voyez Pluie d'or Dict. Herm.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre au Raisin . Voyez PISTACHIER sauvage. Voyez aussi NEZ COUPÉ.</p><p>
    </p>
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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre qui porte des Savonettes . <i>Sapindus foliis costae alatae innascentibus, Inst. R. Herb.</i> Cet arbre croît dans toutes les Isles d'Amérique le long de la mer, dans les lieux les plus secs &amp; les plus arides : son tronc ne s'élève qu'à la hauteur de deux à trois pieds, &amp; est branchu. Il donne plusieurs petites branches couvertes d'une écorce grise &amp; rude ; elles sont garnies de feuilles vertes, longues, étroites &amp; rangées sur une côte de la même couleur. Monard compare assez mal ses feuilles à celles de la fougère. Ses fleurs sont disposées en manière de grape, composées de quatre petales soutenues par un calice fendu en quatre quartiers. Le pistile qui s'élève du milieu du calice devient un fruit charnu, très-amer, jaune, &amp; de la grosseur d'une petite noix. La chair de ce fruit mûr, le réduit en une substance claire &amp; gluante, comme la gomme Arabique fondue. Le noyau de ce fruit est rond, d'un beau noir, gros comme une moyenne balle de pistolet ; la semence qu'il renferme est ronde pareillement, &amp; a un goût de noisette. Le bois de cet <i>arbre</i> est blanc &amp; fort dur. On se sert de ses fruits pour dégraisser &amp; blanchir le linge, &amp; parce qu'ils font brouer &amp; écumer l'eau comme le savon, on les appelle des savonettes, <i>Nuculae saponariae</i> ; &amp; son <i>arbre, sapindus</i> en Latin, comme qui diroit, <i>sapo Indus,</i> savon des Indes, à cause de l'usage de ses fruits. Le P. du Tertre remarque que ce savon brûle, &amp; gâte le linge lorsqu'on s'en sert trop souvent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre triste . Espèce d'arbre fort commun dans les Indes. On l'appelle <i>triste,</i> parce qu'il ne fleurit que la nuit. Ses fleurs tombent une demie heure avant le lever du soleil, &amp; commencent à repousser une demie heure environ après son coucher. Cet arbre est de la grandeur d'un prunier. Ses branches ont une aune de long. Quand on le coupe à la racine, il recroît en moins de six mois. On le plante ordinairement proche les maisons. Les Indiens en ramassent curieusement les fleurs quand elles sont tombées, parce qu'elles sentent fort bon. Goa &amp; Malaca sont les endroits où l'on trouve le plus de ces sortes d'<i>arbres.</i> Cette description est prise d'Acosta &amp; de Linscot. On peut la comparer avec celle de la plante nommée Manjapumeran, dans le premier volume de l'<i>Hortus Malabaricus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre de vie . <i>Arbor vitae,</i> ou <i>Thuya Theophrasti C. B. Pin.</i> Arbre qui a été apporté de Canada en France, &amp; qui fut présenté à François I. On ne sait point la raison pour laquelle on lui a donné ce nom. Cet <i>arbre,</i> quoique étranger, s'est multiplié aisément en Europe ; ses branches prennent facilement racine, &amp; on n'a pas beaucoup de peine à l'élever. Il devient d'une moyenne grandeur en France ; son tronc est droit, noueux, revêtu d'une écorce à peu près semblable à celle du Cyprès, remplie d'une matière résineuse. Il est assez branchu ; ses branches s'étendent horisontalement, &amp; sur leurs côtes elles sont divisées en d'autres plus petites branches en manière d'ailes. Ces petites branches sont couvertes d'écailles menues, applaties, posées les unes sur les autres, toujours vertes, bonnes dans l'hiver, car pour lors elles roussissent ; mais au printemps elles reprennent leur verdure. Entre ces petites feuilles sont placées des petites vessies remplies d'une liqueur onctueuse, résineuse, &amp; d'une forte odeur de drogue. Ces feuilles quoique desséchées ne perdent presque jamais leur odeur. A l'extrémité de quelques-unes de ces petites branches naissent de petits boutons qui deviennent des fruits longs de demi pouce environ, composés de quelques écailles, entre lesquelles on trouve des semences oblongues, bordées d'une aile membraneuse, ou feuillet délié.</p><p>On ajuste cet <i>arbre</i> dans les jardins, &amp; on lui donne comme à l'if, telle figure que l'on veut. On fait cas de son huile tiré par la distillation, pour soulager les goutteux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre , se dit figurément d'une description &amp; figure d'une généalogie, parce qu'on la peint avec des branches, un tronc &amp; des racines. On a dressé l'<i>Arbre</i> Généalogique de la Maison de France. <i>Graduum cognationis schema ; arbor consanguinitatis ; cognationum stemmata.</i></p><p>On a appellé en Poësie <i>Arbre</i> fourchu, un lai, ou virelai, à cause des petits vers intercalaires qui étoient au milieu des grands, qui faisoient une espèce de fourche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBRE</head>
    <p>
    Arbre , en termes de Blason , s'appelle <i>fusté,</i> quand son tronc est d'un autre émail que ses branches. On doit aussi spécifier en blasonnant quand il est sec, ou avec ses feuilles.</p><p>On dit en proverbe, qu'il se faut tenir au gros de l'<i>arbre</i> ; pour dire, au parti juste, &amp; solide, ou qui est le plus fort. Quand il s'agit de la foi, cela veut dire qu'il faut s'en tenir aux décisions de l'Eglise, qui sont les règles de notre Foi.</p><p>Les <i>Arbres</i> ont servi autrefois à l'idolatrie. On plaçoit les Idoles sous des <i>arbres,</i> qui leur faisoient une espèce de temple ; &amp; si les Anciens, dit Pline, ont adoré des <i>arbres,</i> ce n'est que parce qu'ils les regardoient comme les temples de quelque Divinité. Cette idée est très-ancienne, &amp; a été très-commune. Voyez Osée IV. 13. Ezech. VI. 13. &amp; Deut. XVI. 21. où Dieu, à cause des abus de l'idolatrie, défend de planter des <i>arbres</i> proche des autels, ou d'ériger des autels sous des <i>arbres :</i> Loi que les Hébreux violèrent si souvent. Encore aujourd'hui dans l'Inde les Brames placent ordinairement leurs idoles sous des <i>arbres,</i> &amp; dans de petits bouquets de bois toufus. Voyez De la Crequinière, <i>Voyage des Indes,</i> Art. V. p. 51. Chez les Anciens, les Dieux avoient chacun un ou plusieurs <i>arbres</i> qui lui étoient consacrés ; Jupiter, le Chêne ; Vénus, le Myrte ; Apollon, le Laurier ; Cybèle, le Pin ; Hercule, le Peuplier ; Minerve, l'Olivier ; Bacchus, la Vigne &amp; le Lierre, &amp;c.</p><p>Un <i>arbre</i> a servi de corps à bien des devises. Un <i>arbre</i> renversé, avec ce mot, <i>Uno decidit ictu,</i> Il est tombé au premier coup, marque la petitesse d'esprit &amp; de courage dans un homme que le moindre revers abat. Au contraire, avec celui-ci, <i>Non uno decidit ictu,</i> il marque la fermeté de courage. Augustin Barbarigo, Doge de Venise, pour marquer que les charges, dont il étoit revêtu, abrégeoient sa vie, prit pour devise un <i>arbre</i> chargé de fruits, avec ce mot, <i>Copîa me perdit.</i> D'autres ont mis un <i>arbre</i> renversé sous le poids des fruits, dont il étoit chargé, avec ces mots, <i>Sternit ubertas ;</i> ou bien celui-ci de Martial, <i>Pondere victa suo.</i> Pour marquer que la chûte des grands hommes en perd beaucoup d'autres, un grand <i>arbre,</i> qui en tombant abat tout ce qu'il trouve autour de lui, avec ce mot de Catulle, <i>Cominùs omnia frangit.</i> Pour une ancienne famille, un vieux <i>arbre, Durando saecula vincit,</i> Virgile Georg. 2. Un Académicien de Boulogne, appellé l'<i>Inculto,</i> prenoit pour devise un arbrisseau inculte, avec ce mot de Virgile, <i>Sponte sua,</i> pour donner à entendre que ses ouvrages étoient tous de lui, sans le secours ni le conseil d'aucun autre. Pour un jeune homme dont les belles qualités donnent de l'espérance, des caractères ou figures écrites sur l'écorce d'un <i>arbre, Crescent dum crescet,</i> elles croîtront avec lui. Un <i>arbre</i> coupé par le pied, avec ces mots Italiens, <i>A piû bell opré,</i> Pour de plus beaux ouvrages, est la devise d'un Académicien des Errans de Bresse. Pour un homme de fortune, qui n'oublie point <pb n="311" facs="bpt6k8542165/f351/full/1200,/0/native.jpg"/>sa première bassesse, un grand <i>arbre,</i> &amp; ce mot, Virg<i>a fui.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBRISSEAU</head>
    <p>
    ARBRISSEAU , s. m. Petit arbre, arbre nain. <i>Arbuscula novella.</i> Plante ligneuse, de moindre taille que l'arbre, laquelle outre la principale tige &amp; les branches, produit très-souvent de la même racine plusieurs pieds considérables, tels sont le troëne, la filaria, &amp;c. Les arbres &amp; les <i>arbrisseaux</i> poussent en Automne des boutons dans les aisselles des feuilles. Ces boutons sont comme autant de petits oeufs qui se développant dans le Printemps, s'épanouïssent en feuilles &amp; en fleurs. Cette différence jointe à la grandeur, fait qu'on distingue aisément les <i>arbrisseaux</i> des sous-<i>arbrisseaux.</i> Une telle plante vient en <i>arbrisseau.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARBUSTE</head>
    <p>
    ARBUSTE , ou SOUS-ARBRISSEAU, s. m. <i>Frutex.</i> On donne ce nom aux plantes ligneuses, ou petits buissons moindres que les <i>arbrisseaux</i> ; mais qui ne poussent point en Automne des boutons à fleurs, ou à fruit, comme font le thim, le romarin, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    ARC , s. m. Arme faite d'un morceau de bois, de corne, ou d'autre matière qui fait ressort, lequel étant courbé avec violence par le moyen d'une corde attachée à ses bouts, fait partir une flèche avec grand effort en se remettant en son état naturel <i>Arcus.</i> Les cornes d'un <i>arc,</i> sont ses extrêmités où la corde est attachée pour le bander. <i>Cornua.</i> L'<i>arc</i> est la première &amp; la plus générale de toutes les armes : car on a trouvé que les peuples les plus barbares, les plus éloignés, &amp; qui avoient le moins de communication avec les autres hommes, s'en servoient. Les Anciens attribuoient l'invention de l'<i>arc</i> &amp; de la flèche à Apollon.</p><p>Chez les Mogols, l'<i>arc</i> est le symbole de la Royauté, &amp; la flèche le symbole de l'Ambassadeur, ou d'un Vice-Roi. d'Herb. C'est Louis XI. qui commença en 1481. à abolir en France l'usage de l'<i>arc</i> &amp; de la flèche, dont on se servoit, pour introduire les armes des Suisses ; c'est-à-dire, la hallebarde, la pique, &amp; les larges épées.</p><p>On dit, un <i>arc</i> d'yvoire, d'ébène, &amp;c. <i>Arcus ebore, ebeno instructus.</i> Pour dire, un <i>arc</i> garni d'ébène, d'yvoire ; car on ne fait point d'<i>arc</i> d'yvoire, d'ébène, ni de bois durs, à cause qu'ils ne font point de ressort.</p><p>L'<i>arc</i> a fourni bien des devises. Voici les mots : <i>Mi riposo no es flaqueza,</i> mot Espagnol, qui signifie, <i>Mon repos n'est point langueur. Stringendo mi scioglio,</i> mot Italien, qui veut dire, En serrant mes liens je me délie, je me mets en plus grande liberté. <i>Piegato si lega,</i> autre mot Italien de Lucarini, <i>Il se lie quand il est plié.</i> Et <i>Per ferir altrui torse se stesso,</i> Pour frapper un autre il se courbe, il se gêne lui-même.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc-a-Jalet . Sorte de petite arbalête propre à jetter de petites balles. <i>Arcus scape instructus &amp; emittendis globulis comparatus.</i></p><p>On dit figurément en termes de l'Ecriture , que Dieu a bandé son <i>arc,</i> préparé son <i>arc</i> ; pour dire, qu'il menace les hommes dans sa colère.</p><p>Les Payens mettoient entre les mains de Cupidon un <i>arc</i> &amp; des flèches, pour signifier figurément qu'il blessoit les coeurs en leur donnant de l'amour.</p><p>On appelle figurément les sourcils d'une belle brune, des <i>arcs</i> d'ébène.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc , signifie en Géométrie, un trait de compas qui se meut sur un centre, &amp; qui n'achève pas un demi cercle ; ou une partie de la circonférence d'un cercle, moindre que la moitié. La base ou la ligne qui en joint les deux extrémités s'appelle la <i>corde,</i> &amp; la perpendiculaire élevée au milieu de cette ligne, s'appelle la <i>flèche.</i> Tous les angles sont mesurés par des <i>arcs.</i> Pour savoir leur grandeur il faut décrire un <i>arc,</i> dont le centre soit en leur pointe.</p><p>On appelle aussi <i>Arc</i> en Astronomie, une portion d'un cercle, qui fait partie d'un cercle divisé en 360. parties : &amp; on dit un <i>arc</i> de 60, de 90, de 120 degrés. L'<i>arc</i> diurne du soleil est le cercle parallèle à l'Equateur, que le soleil décrit par le mouvement du premier mobile, depuis son lever jusqu'à son coucher. Son <i>arc</i> nocturne est un pareil cercle qu'il décrit sous la terre. L'élévation du pole se mesure par un <i>arc</i> pris sur le méridien. L'<i>arc</i> de progression, ou de direction, est l'<i>arc</i> du Zodiaque, que la planète semble parcourir lorsque son mouvement se fait selon la suite des signes. L'<i>arc</i> de rétrogradation, est l'<i>arc</i> du Zodiaque que la planète parcourt en rétrogradant, &amp; lorsqu'elle se meut, contre l'ordre des signes. L'<i>arc</i> de station première, est l'<i>arc</i> que la planète parcourt dans le premier demi cercle de son épicycle, pendant qu'elle est stationnaire. L'<i>arc</i> de station seconde, est l'<i>arc</i> que la planète parcourt dans l'autre demi cercle de son épicycle, pendant qu'elle paroît stationnaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc , se dit aussi généralement de toutes les choses qui se font en ligne courbe. En cet endroit le rivage se courbe en <i>arc</i> pour former un golfe, ou une anse. Cettre rivière, ce chemin, la muraille de ce port, se forment en <i>arc,</i> &amp; font un grand détour.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc , se dit aussi dans les bâtimens, des voûtes &amp; trompes courbées en rond. <i>Arc en plein cintre,</i> est celui qui forme un demi cercle parfait. <i>Arcus integer. Arc en anse de panier,</i> est un <i>arc</i> surbaissé. <i>Arcus diminutus, delumbatus. Arc en talus,</i> est un <i>arc</i> percé en talus dans un mur. <i>Arcus subcuneatus. Arc biais,</i> ou de côté, est un <i>arc</i> dont les piédroits ne sont pas d'équerre. <i>Arcus compositus. Arc en décharge,</i> est un <i>arc</i> fait pour soulager une platebande, ou un poitrail, &amp; dont les retombées portent sur les sommiers. <i>Arcus epistylia sustinens. Arc rampant,</i> est un <i>arc</i> incliné dans un mur à plomb. <i>Arcus incidens muro ad perpendiculum erecto.</i> On appelle <i>Arcs,</i> ou <i>Arceaux,</i> les voûtes des portes &amp; des fenêtres qui ne sont pas quarrées. Cette voûte fait un trop grand <i>arc.</i> Il faut bander des <i>arcs,</i> quand on fait des fondemens dans une carrière vuidée, pour soutenir les constructions qu'on fait dessus. Blondel enseigne le moyen de trouver les joints de toutes sortes d'<i>arcs</i> rampans : ce qui est inséré dans les Mémoires de l'Académie des Sciences.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc de triomphe , <i>Fornices,</i> est une construction de charpente qu'on fait sur quelques portes, ou passages, avec divers ornemens dans les entrées d'un Roi, ou d'un vainqueur. <i>Arcus triumphalis.</i> On en fait aussi de pierre magnifiquement décorés d'architecture, ou de sculpture, pour conserver la mémoire des grandes actions à la postérité, par plusieurs inscriptions &amp; bas-reliefs qu'on y taille. L'<i>Arc</i> de Constantin. L'<i>Arc</i> du Roi Louis XIV. Il y a aussi des <i>Arcs de triomphe d'eau.</i> L'Abbé Regnier, dans son Poëme sur les travaux de la rivière d'Eure &amp; sur les eaux de Versailles, dit,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Le P. Chom . J.</p><p>On appelle <i>Arc</i> de carrosse, la pièce de fer courbée en <i>arc</i> qui joint la flèche ou les brancards au train de devant, ce qui donne au carrosse la facilité de tourner en plus petit espace.</p><p>On dit proverbialement &amp; figurément, qu'il faut avoir plusieurs cordes à son <i>arc</i> ; pour dire avoir plusieurs moyens de sortir d'une affaire, d'en venir à bout. On dit aussi, Débander l'<i>arc</i> ne guérit pas la plaie. Ce proverbe vient de René d'Anjou, Roi de Sicile, qui après la mort d'Isabeau de Lorraine sa femme arrivée en 1453. pour montrer qu'il l'aimeroit toujours nonobstant sa mort, prit ce vers pour l'ame de sa devise, dont le corps étoit un <i>arc</i> à la Turque qui avoit la corde rompue.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc des loyaux Amans, étoit une fiction, dont il est fait mention dans l'Amadis, d'un <i>arc</i> ou d'une voûte qui étoit dans le Palais enchanté d'Apollidon, où il paroissoit une grande statue de cuivre, tenant un cors en main, qui rendoit un son mélodieux quand les Amans fidèles passoient <pb n="312" facs="bpt6k8542165/f352/full/1200,/0/native.jpg"/>par-dessous, &amp; qui jettoit du seu &amp; de la fumée avec un bruit effroyable quand ils étoient infidèles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc-boutans . Grandes arcades appuyées sur des murs solides, qu'on fait pour soutenir les voûtes élevées des Eglises, ou des autres bâtimens. <i>Anterides, Erismata.</i></p><p>On appelle aussi <i>arc-boutans</i> d'un carrosse, les pièces de fer qui sont des deux côtés des moutons pour les soutenir, parce qu'ils portent tout le faix du carrosse. La barre qui ferme les portes cochères s'appelle aussi <i>arc-boutant,</i> ou <i>pied de biche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc-boutans , s. m. Terme de Marine . Espèce de petits niâts de 25. à 30. pieds de longueur, ferrés par le bout d'un fer à trois pointes, &amp; long de 6. à 8. pouces. Ils servent à tenir les écoutes des bonnettes en étui, ou à repousser un vaisseau s'il venoit à l'abordage.</p><p>On appelle figurément <i>arc-boutans,</i> les principaux défenseurs d'un parti, d'une doctrine. <i>Praesidia, Propugnacula.</i> Les Pères de l'Eglise ont été les <i>arc-boutans</i> de la Religion. Ce grand Capitaine est le principal <i>arc-boutant,</i> le meilleur appui de l'Etat.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arcs doubleaux , terme d'Architecture . <i>Transvoluti arcus.</i> Dira-t-il, que ces <i>arcs doubleaux,</i> peut-être de 40, 50, ou 60 pieds de diamètre, qui étoient déja en voûte, pussent, en suivant la rondeur de la tour qu'ils portoient, &amp; en se détournant ainsi de l'aplomb, soutenir un si prodigieux fardeau ? Cordem.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc-en-ciel . <i>Iris, arcus coelestis.</i> C'est un tissu de plusieurs couleurs disposées en arc, bande, ou écharpe, qui paroît dans une nuée pluvieuse : ce qui arrive lorsque le soleil n'est pas beaucoup élevé sur l'horison, dans la partie du ciel qui lui est opposée. On l'appelle autrement <i>Iris.</i> Il a au pluriel <i>arc-en-ciels :</i> Les Américains adoroient l'<i>arc-en-ciel,</i> au rapport d'Acosta. On y remarque quatre couleurs principales. L'<i>arc-en-ciel</i> ne paroît que devant ou après la pluie. On voit quelquefois un double ou triple <i>arc-en-ciel</i> ; mais les deux derniers sont plus imparfaits, moins vivement colorés &amp; de moindre étendue. On voit aussi quelquefois un <i>arc-en-ciel</i> renversé. On voit la même apparence dans les jets d'eau des fontaines, dans les bouteilles pleines d'eau, &amp; dans les verres prismatiques ou triangulaires, qui s'appellent aussi <i>Iris.</i> On prétend que l'<i>arc-en-ciel</i> n'est qu'un effet de la réfraction des rayons du soleil, laquelle se fait au travers des gouttes sphériques d'eau dont l'air est rempli, &amp; qui sont tout-à-fait transparentes. Roh. Tous les Philosophes conviennent que le soleil éclairant d'un côté, &amp; de l'autre la nue composée de gouttes d'eau en forme de rosée, sont la cause de l'<i>arc-en-ciel.</i> Ceux qui tiennent pour les atomes, disent, que les rayons du soleil frappant les angles de toutes les particules dont la nue est composée, ils sont réfléchis, &amp; renvoyés de tous côtés à l'oeil. Mais à l'égard du nombre de ces angles, &amp; de la manière dont les rayons sont réfléchis, ils répondent que telle est la nature des rayons du soleil, &amp; des corpuscules aqueux répandus dans l'air, qu'une telle variété de couleurs soit produite par une telle situation. Bern. Les raisons en sont fort bien expliquées par M. Descartes. La lune forme aussi quelquefois un <i>arc-en-ciel.</i> Il est blanc, ou du moins ses couleurs sont si foibles qu'elles paroissent blanches. Aristote dit, qu'on ne l'avoit point remarqué avant lui, &amp; qu'on ne l'apperçoit qu'à la pleine lune. Le Docteur Salomon Braun a observé un <i>arc-en-ciel</i> lunaire, le 4e jour après la pleine lune d'Octobre en 1671. Dans les Nouvelles de la République des Lettres il est parlé d'un <i>arc-en-ciel</i> qui parut à Mastricht en 1684. qui consistoit en de nuages droits &amp; perpendiculaires comme de longues colonnes qui étoient transparentes, &amp; avoient une disposition de couleurs toute contraire aux ordres de ce météore. Mentzélius dit, qu'il a vû des <i>arc-en-ciels</i> tout blancs en plein jour. M. Mariotte, dans son IVe Essai de Physique, dit, que ces <i>arc-en-ciels</i> sans couleurs se forment dans les brouillards comme les autres se font dans la pluie, &amp; il assure en avoir vû par diverses fois, tant le matin après le lever du soleil, que la nuit à la lune. Enfin, il attribue ce défaut de couleurs à la petitesse des vapeurs imperceptibles qui composent les brouillards. Mentzelius dit encore, qu'il a vû dans les cabinets des Curieux, de petites tasses qu'on tient être tombées des nues par les jambes d'un <i>arc-en-ciel,</i> qu'on a trouvées en creusant aux lieux où ce météore avoit appuyé ses extrémités ; &amp; qu'on y voyoit au milieu la figure d'une étoile, ou d'un soleil. Il ajoûte que c'est un bon fébrifuge, un remède pour les femmes en travail. Voyez Aristote, Descartes, Gassendi, Regis, Rohault, de la Chambre, &amp;c. dans leurs Traités des météores.</p><p>Cathérine de Médicis avoit pour devise un <i>arc-en-ciel,</i> avec cet hémistiche Grec, , Elle apporte la lumière &amp; la sérénité.</p><p>Monsieur de la Chambre écrit toujours <i>arcanciel,</i> pour arc-en-ciel, comme si ce mot n'étoit pas composé de ces trois-ci, <i>arc en ciel ;</i> c'est-à-dire, <i>arc</i> qui est, ou qui paroît dans le <i>ciel.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARC</head>
    <p>
    Arc-en-ciel , au figuré, est en termes de l'Ecriture un signe d'Alliance entre Dieu &amp; les hommes, par lequel il leur a promis de ne leur plus envoyer de déluge. <i>Arcus foederis.</i></p><p>Le mot d'<i>arc</i> est dit de <i>ab arcendo, quòd arceat hostes,</i> parce qu'il écarte les ennemis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCADE</head>
    <p>
    ARCADE , sub. f. Voûte courbée en arc. <i>Fornix.</i> Il y a tant d'<i>arcades</i> à cet aquéduc, à ce pont, à la nef de cette Eglise.</p><p>On le dit aussi de tout ce qui est couvert en rond. Un salon couvert en <i>arcade.</i> Ce berceau est en <i>arcade.</i></p><p>Une <i>arcade</i> feinte, est un enfoncement cintré de certaine profondeur, qui se fait dans un mur, ou pour répondre à une <i>arcade</i> percée, qui lui est opposée, ou parallèle, ou seulement pour la décoration d'un mur orbe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCADE</head>
    <p>
    Arcade , terme de Talonnier . C'est le dessous d'un talon de bois coupé en arc. <i>Arcade</i> de talon bien faite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2606" id="3" type="lunetier">
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    <head>ARCADE</head>
    <p>
    Arcade , terme de Lunetier . C'est la partie de la chasse de la lunette où l'on met le nez. Cette <i>arcade</i> me serre trop le nez, elle est trop petite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2607" id="1" type="">
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    <head>ARCADE</head>
    <p>
    ARCADE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Arcadius. Arcade,</i> fils aîné de Théodose le Grand, nâquit en Espagne vers l'an 377. de Flaccile, &amp; reçut le titre d'Auguste le 16. ou 19. Janvier 383. Tillem. On dit aussi souvent <i>Arcadius.</i> Les médailles d'<i>Arcadius</i> ne sont point rares, si ce n'est en grand bronze.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCADIE</head>
    <p>
    ARCADIE , s. f. <i>Arcadia.</i> Ancienne Province du Péloponèse au milieu des terres, entourée de l'Achaie propre au Septentrion, de l'Elide au Couchant, de la Messénie au Midi, de l'Argie au Levant, &amp; de la Laconie partie au Levant, partie au Midi. L'<i>Arcadie</i> avec la Laconie s'appellent aujourd'hui Zachonie, dont la partie Septentrionale est l'ancienne <i>Arcadie.</i> Les Anciens disent qu'elle a tiré son nom d'Arcas fils de Jupiter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2608" id="2" type="">
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    <head>ARCADIE</head>
    <p>
    Arcadie , sub. f. est aussi un nom de femme. <i>Arcadia. Arcadie,</i> troisième fille de l'Empereur Arcade, ne vint au monde que le 3e Avril de l'an 400. Tillem. Arcadie mourut en 440. Id. <i>Arcadie</i> n'étoit que nobilissime. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2609" id="1" type="">
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    <head>ARCADIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARCADIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. <i>Arcas, Arcadius.</i> Qui est d'Arcadie. Les <i>Arcadiens</i> adoroient principalement le Dieu Pan. Les <i>Arcadiens</i> aimoient extrêmement la Musique, &amp; ils l'apprennoient à leurs enfans dès leur plus tendre enfance. Ils passoient néanmoins pour gens grossiers &amp; stupides. De-là le proverbe qui appelloit un âne, un oiseau ou un rossignol d'<i>Arcadie.</i> Les <i>Arcadiens</i> s'occupoient beaucoup à nourrir des bestiaux, &amp; étoient presque tous Pasteurs.</p><p>On a aussi appellé <i>Arcadien</i> ce qui étoit d'Arcade, ou d'Arcadie, sa fille. Marcellin dit, que les thermes <i>Arcadiens</i> à Constantinople ont pris leur nom d'Arcade leur fondateur. D'autres Grecs disent la même chose, quoique quelques-uns en attribuent la fondation à Arcadie, fille de ce Prince. Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2610" id="1" type="">
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    <head>ARCADIQUE</head>
    <p>
    ARCADIQUE , adj. m. &amp; f. <i>Arcadicus.</i> Qui appartient à l'Arcadie. Le Golfe <i>Arcadique,</i> ou d'Arcadie, est un Golfe de la mer de Grèce. <i>Arcadicus sinus.</i> Il est borné par celui de Clarence au Nord, &amp; celui de Zonchio au Midi. Quelquefois on y renferme aussi celui de Zonchio.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCADIQUE</head>
    <p>
    Arcadique , s. m. Nom d'une milice instituée par Arcadius <i>Arcadicus.</i> Théophane dit, qu'Arcade créa une nouvelle Compagnie de Gardes, qu'on appella les <i>Arcadiques,</i> marqués dans la Notice de l'Empire. Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2611" id="1" type="">
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    <head>ARCAL-HALA</head>
    <p>
    ARCAL-HALA , s. m. Nom de plante qui est Arabe, &amp; qui signifie, Racine douce. <i>Radix dulcis.</i> Elle croît abondamment en Syrie. On la trempe dans l'eau pour la faire fermenter, &amp; on en tire une espèce de miel fort doux, qui <pb n="313" facs="bpt6k8542165/f353/full/1200,/0/native.jpg"/>sert à faire plus de cinquante sortes de confitures à la manière du Levant, &amp; que l'on a à si bon marché, que pour un sol un homme a de quoi diner. C'est un secours pour les pauvres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2612" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCAM" />
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    <head>ARCAM</head>
    <p>
    ARCAM , Serpent noir &amp; blanc qui se trouve dans le Turquestan, dont le venin est le plus dangereux, &amp; le plus mortel de tous les poisons. d'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2613" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCANGE" />
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    <head>ARCANGE</head>
    <p>
    ARCANGE . Voyez <ref type="search" target="head:ARCHANGE">ARCHANGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2614" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCANGELET" />
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    <head>ARCANGELET</head>
    <p>
    ARCANGELET , s. m. Voyez ARC-A-JALET. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2615" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="ARCANGI" />
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    <head>ARCANGI</head>
    <p>
    ARCANGI , s. m. Terme de Rélation . Les <i>Arcangis</i> sont des soldats Turcs qui n'ont point de paye, &amp; qui servent seulement pour être exempts d'impôts, &amp; avec espérance d'obtenir quelque place, quand il en vaquera. <i>Arcangi</i> signifie <i>Gasteur.</i> Le Turc s'en sert pour ruiner le pays de son ennemi en temps de guerre ; &amp; en temps de paix ils sont sur les frontières, faisant continuellement des courses sur les terres des Princes voisins. Ils vont tous à pied, &amp; n'ont que ce qu'ils peuvent prendre sur l'ennemi. <i>Voy. du Lev. par D. C.</i> Avant que l'armée s'avance sur les terres de l'ennemi, les Turcs ont accoutumé d'envoyer quinze ou vingt mille <i>Arcangis</i> pour faire le dégât, &amp; ruiner son pays. Le Pelletier, dans sa Traduction de l'Histoire de la guerre de Chypre, les appelle <i>Arcanges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2616" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCANNE" />
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    <head>ARCANNE</head>
    <p>
    ARCANNE , s. f. est un minéral, ou espèce de craie rouge, ainsi appellée, à cause que les Charpentiers teignent leurs cordeaux avec cette craie pour marquer leur bois. <i>Rubrica fabrilis.</i> On en fait quelquefois avec de l'ocre brûlée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2617" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCANSON" />
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    <head>ARCANSON</head>
    <p>
    ARCANSON , s. m. Espèce de résine, dont les joueurs de violon se servent pour frotter leur archet. On l'appelle autrement Colophane, ou Colaphane. <i>Resinae species qua plectrum illinitur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2618" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARCASSE" />
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    <head>ARCASSE</head>
    <p>
    ARCASSE , s. f. Terme de Marine . C'est le derrière du gaillard, autrement appellée, <i>culasse de navire. Navis postica pars.</i> Il se dit de tout le bordage de la pouppe, dont la largeur est déterminée par une pièce de bois qui la traverse, qu'on appelle <i>barre d'arcasse,</i> autrement <i>lisse de hourdi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2618" id="2" type="">
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    <head>ARCASSE</head>
    <p>
    Arcasse , signifie aussi le moufle d'une poulie, le corps ou pièce de bois qui enferme le rouet. <i>Trochlea, rechamus.</i> Les cordes qui le tiennent bandé &amp; suspendu, s'appellent <i>étropes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2619" id="1" type="">
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    <head>ARCEAU</head>
    <p>
    ARCEAU , s. m. s'est dit autrefois poëtiquement en cette phrase : L'Ange qui descendoit en terre faisoit voir de grands <i>arceaux</i> de lumière, des cercles illuminés dans l'air qu'il traversoit. <i>Arcus.</i> Maintenant on ne le dit que des voûtes, des portes &amp; des fenêtres courbées en arc. <i>Fornices.</i> On appelle aussi <i>arceaux</i> des ornemens de sculpture en forme de trefles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2620" id="1" type="">
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    <head>ARCENAC</head>
    <p>
    ARCENAC , ou ARCENAL. Voyez <ref type="search" target="head:ARSENAL">ARSENAL</ref>. Borel, qui écrit <i>arcenac,</i> dérive ce mot d'<i>arx,</i> ou d'<i>arcus,</i> parce qu'un <i>arcenac</i> est un espèce de citadelle pour garder les machines de guerre, ou parce que les arcs étoient un instrument dont on se servoit autrefois à la guerre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2621" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHAL" />
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    <head>ARCHAL</head>
    <p>
    ARCHAL , ou FIL D'ARCHAL, s. m. Fil de laiton passé par la filière. <i>Aes textile, Aereum stamen.</i> Borel dérive ce mot d'<i>aurichalchum,</i> &amp; prétend qu'on dit <i>archal,</i> fil d'<i>archal,</i> pour <i>arical,</i> fil d'<i>arichal.</i></p><p>On le dit aussi du fil de fer. On en fait des treillis de fenêtres, &amp; de tablettes à livres, des cordes de clavessin, &amp; mille autres choses. Le sot peuple dit <i>du fil de Richard.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2622" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHANGE" />
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    <head>ARCHANGE</head>
    <p>
    ARCHANGE , s. m. On prononce <i>Arcange</i> : Substance intellectuelle &amp; incorporelle qui tient un huitième rang dans la Hiérarchie des Esprits célestes. <i>Archangelus.</i> Les <i>Archanges</i> sont au-dessus des Anges. S. Michel <i>Archange.</i> Les Anges &amp; les <i>Archanges</i> chantent là haut les louanges de Dieu. God. Ce mot dérive de , <i>Princeps, , Angelus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2623" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHANGEL" />
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    <head>ARCHANGEL</head>
    <p>
    ARCHANGEL , ou S. MICHEL L'ARCHANGE, s. m. <i>Archangelopolis, fanum S. Michaëlis Archangeli.</i> Ville de Moscovie dans la Province de Dwina sur la rivière de même nom, environ à huit lieues de son embouchure dans la Mer Blanche, <i>Archangel</i> est célèbre par son commerce. Les Transactions Philosophiques déterminent la latitude d'<i>Archangel</i> à 64d 30'.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2624" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHANGÉLIQUE" />
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    <head>ARCHANGÉLIQUE</head>
    <p>
    ARCHANGÉLIQUE , s. f. <i>Archangelica.</i> Nom que Solel &amp; Dodone ont donné à une Angélique, sur laquelle ces deux Auteurs ne s'accordent pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2625" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHARAGE" />
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    <head>ARCHARAGE</head>
    <p>
    ARCHARAGE , ou ARCAIRAGE, ou ARQUAIRAGE, s. m. Droit par lequel on est obligé de faire un soldat, ou un archer au Seigneur. Ce mot vient d'archer. Borel. Mais il n'est plus en usage, depuis qu'il n'y a plus d'archers dans les troupes ; &amp; il ne se trouve plus que dans de vieux titres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2626" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHE" />
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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    ARCHE , s. f. L'espace qui est entre les deux piles d'un pont couvert d'une voûte en arcade. <i>Fornix.</i> On le dit aussi d'un pont de bois, quoiqu'il soit seulement couvert d'un plancher soutenu sur des pieux. La maitresse <i>arche</i> est celle du milieu qui est la plus large, &amp; où l'eau est la plus profonde, qui est destinée au passage des bateaux. <i>Fornix primarius.</i> Il y a des ponts en Orient qui ont jusqu'à 300. <i>arches.</i></p><p>On appelle une <i>arche en plein cintre,</i> celle qui est formée d'un parfait demi-cercle. <i>Fornix integer. Arche élliptique,</i> celle dont le trait est un demi ovale, ou une ellipse. <i>Fornix compositus. Arche surbaissée,</i> celle qui a moins de montée, &amp; dont la courbure n'est pas fort remarquable. <i>Fornix diminutus. Arche extradossee,</i> celle dont les voussoirs sont égaux en longueur, &amp; parallèles à la douelle, &amp; ne font point liaison avec les assises des reins. La plupart des ponts antiques sont ainsi construits. <i>Arche d'assemblage,</i> se dit de tout cintre de charpente bombé, &amp; tracé d'une portion de cercle pour faire un pont d'une seule <i>arche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2626" id="2" type="">
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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    Arche , s. f. se dit aussi d'un coffre quarré &amp; plus long que large, qui s'ouvre par-dessus, &amp; dont le couvercle ou l'ouverture est égale à toute la grandeur du coffre. <i>Arca.</i> Ce mot vient du Latin, en aspirant, ou amollissant le <i>c</i> ; bien que le P. Pezron prétende qu'il a été pris des Celtes, qui disent <i>arch</i> pour marquer la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2626" id="3" type="">
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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    Arche , en termes de l'Ecriture , c'est le vaisseau que fit Noé au temps du Déluge, pour y retirer les hommes que Dieu en voulut sauver, &amp; les animaux, pour en conserver l'espèce. <i>Arca.</i> L'<i>Arche</i> de Noé avoit 300. coudées de long, 50. de large, &amp; 30. de hauteur, &amp; sa fenêtre étoit d'une coudée. Noé fut cent ans à la construire, depuis l'an 1557. du monde, jusqu'au déluge, qui arriva l'an 1656. C'est le sentiment le plus commun. Origène, Liv. IV. <i>contrà Cels.</i> S. Aug. <i>De Civ. Dei, L. XV. Cap.</i> 27. &amp; <i>Contrà Faust. Lib. XII. C.</i> 18. &amp; dans les questions sur la Gen. V. &amp; XXIII. S. Grégoire, <i>hom. V. in Ezech.</i> Rupert, <i>Lib. IV. in Gen. XX.</i> le tiennent, &amp; ils sont suivis par Salien, Torniel, &amp; Sponde son abréviateur. Voyez ces Auteurs à l'an du monde 1557. Jean Pelletier de Rouen suit aussi ce sentiment, dans sa Dissertation de l'<i>Arche</i> de Noé, imprimée à Rouen en 1700. Il le prouve même par l'Ecriture, comme d'autres Auteurs l'ont fait avant lui. Voici comment il s'y prend, C. 3. On lit dans le sixième ch. de la Genèse, que Dieu se voyant obligé de punir les hommes à cause de leur malice, en avoit différé l'exécution pendant 120. ans, apparemment pour leur donner lieu de se repentir &amp; d'appaiser sa colère, <i>Eruntque dies illius centum viginti annorum.</i> Dans le vingtième v. du même ch. il paroît que Noé eut trois enfans, Sem, Cham &amp; Japhet. Dans le 31e v. du cinquiéme ch. on voit que ce Patriarche avoit 500. ans quand il les engendra (c'est-à-dire, quand il engendra le premier) Dans le treizième v. du VIe ch. on remarque que Dieu avoit averti Noé du dessein qu'il avoit de perdre les hommes. Dans le 14e v. du même ch. qu'il lui avoit commandé de bâtir un <i>arche.</i> Dans le 22. du même ch. que ce Patriarche avoit exécuté tout ce qu'il lui avoit ordonné ; &amp; enfin dans le sixième v. du septième ch. il est marqué que Noé avoit 600. ans quand le déluge arriva. Or puisque l'indulgence pour le repentir précéda de 120. ans le déluge, qui arriva l'an 600. de Noé, il en résulte que Noé avoit 480. ans, lorsqu'elle fut accordée. Ce Patriarche avoit 500. ans quand il eut ses enfans. L'Ecriture semble dire que ce fut dans ce même temps que Dieu lui révéla la résolution qu'il avoit prise de perdre les hommes, qu'il lui ordonna de faire une <i>arche</i> : &amp; elle remarque qu'il exécuta tout ce qu'il lui avoit ordonné. D'où l'on peut conclure que l'<i>arche</i> avoit été 100. ans à bâtir ; car Noé avoit 600. ans quand il y entra. Le faux Bérose dit que Noé commença à bâtir l'<i>arche</i> 78. ans avant le déluge. Salomon Jarchi veut qu'elle ait été 120. ans à bâtir ; &amp; Tanchuma, dans les petits chapitres de R. Eliezer, qu'elle n'ait été que 52. ans. L'Ecriture semble favoriser l'opinion du second de ces Auteurs ; mais celles du premier &amp; du dernier se trouvent sans appui. Le P. Fournier, <pb n="314" facs="bpt6k8542165/f354/full/1200,/0/native.jpg"/>dans son Hydrographie, suit l'opinion commune des Pères ; mais il croit qu'il n'y eut d'ouvriers pour y travailler que Noé &amp; ses trois fils, &amp; il apporte l'exemple d'Archias de Corinthe, qui bâtit le navire d'Hiéron de Syracuse en un an, aidé de 300. Charpentiers ; car il n'est pas plus difficile, dit-il, que trois personnes aient bâti un Navire en cent ans, que 300. en aient bâti un en un an. Le premier des trois enfans de Noé ne nâquit que lorsqu'il commença à bâtir l'<i>arche,</i> &amp; les autres ensuite. Ainsi ils ne furent pas sitôt en état de rendre service à leur Père. De plus, il fallut pour ce prodigieux bâtiment un très-grand nombre de gros arbres, qui demandoient un très-grand nombre d'ouvriers pour les manier seulement, bien loin que trois ou quatre personnes eussent pû les mettre en oeuvre. L'Ecriture dit que Noé la construisit, &amp; ne parle que de lui ; mais c'est qu'en Hébreu comme en François, bâtir &amp; construire se disent également, &amp; de celui qui met en oeuvre, &amp; des ouvriers qui travaillent. L'Ecriture, Gen. VI. 14. appelle le bois dont l'<i>Arche</i> fut bâtie , <i>etse, gopher.</i> Les Septante ont traduit ces deux mots par , <i>des bois équarris.</i> Onkelos &amp; Jonathan ont rendu <i>gopher</i> par , <i>Kedros,</i> du Cèdre. Philon de Biblos l'a tourné de même ; S. Jérôme dans la Vulgate, par <i>ligna laevigata,</i> du bois aplani, rabotté, poli ; &amp; ailleurs, <i>ligna bituminata</i> ; c'est-à-dire, enduits de bitume, poissés, gaudronnés ; les anciens Rabbins, par du bois du Cèdre, aussi-bien qu'Onkélos ; Kimhi, du bois propre à flotter ; Vatable, du bois léger qui flotte sur l'eau sans s'y corrompre ; Tremellius &amp; Junius, l'espèce de Cèdre que les Grecs appelloient , &amp; Buxtorf de même ; Avenarius &amp; Munster, du pin ; à cause que les Allemands nomment le pin <i>Kyfer</i> ; Fullerus du cyprès, parce que si l'on ôte la terminaison de , il reste , très-approchant de <i>gopher,</i> dont il prétend que <i>cupressus,</i> cyprès, est dérivé. Bochart confirme ce sentiment dans son Phaleg. I. 4. Quelques-uns ont traduit du buis ; mais cet arbre est trop petit &amp; trop pesant pour que cette opinion soit vraie. D'autres en général des bois incorruptibles ; d'autres du sapin ; Castalio, de la Térébinthe. Pelletier préfère le sentiment de ceux qui disent que l'<i>arche</i> étoit de Cèdre. 1°, Parce que cet arbre est incorruptible, &amp; que sans cela, l'<i>arche</i> ayant été cent ans à bâtir, une partie eût été usée. 2°, Parce que le Cèdre est commun en Asie, &amp; qu'Hérodote &amp; Théophraste disent que les Rois d'Egypte &amp; de Syrie faisoient construire des flottes de Cèdre faute de Sapin. 3°, La tradition de tout l'Orient, qui a crû que l'<i>arche</i> s'est conservée &amp; se conserve même encore sur le mont Ararat ; &amp; il cite sur cela S. Augustin, Bérose dans Josephe, Ant. Liv. I. ch. 5. Abydène Assyrien dans Eusèbe <i>Praep. Ev. Lib. IX. c.</i> 12. Nicolas de Damas dans Josephe, Ant. Liv. I. ch. 5. Théophile d'Antioche, Saint Isidore, <i>Orig. Lib. XIV. cap.</i> 8. &amp; Jean Struys, dont nous avons parlé sur le mot Ararat, &amp; Hayton dans son Histoire Orientale.</p><p>Il y avoit trois étages dans l'<i>arche,</i> Gen. VI. 16. Josephe, Philon &amp; plusieurs Commentateurs la divisent en quatre étages, dont le plus bas étoit destiné au lest, &amp; à recevoir les immondices de l'<i>arche.</i> Dans chacun de ces étages il y avoit différens compartimens séparés par des cloisons, &amp; destinés pour différentes espèces d'animaux, ou pour les fourrages &amp; munitions nécessaires. Drexelius en distingue 300. Le P. Fournier 333. L'Anonyme, Auteur des questions sur la Genèse 400. Buteo, Temporarius, Arias Montanus, Hostus, &amp; un grand nombre d'autres, en mettent autant qu'il y avoit de différentes espèces d'animaux. Pelletier n'en met que 72. c'est-à-dire, 36. pour les oiseaux, &amp; il appelle ceux-ci volières ; &amp; 36. qu'il nomme étables, pour tous les autres animaux. Il croit que les autres multiplioient trop le nombre, car si on divise 300. 333. &amp; 400 par 8. personnes qui étoient dans l'<i>arche,</i> chaque personne auroit eu tous les jours 37. 41. ou 50. étables ou volières à nettoyer, ou à fournir de provisions, ce qui lui paroît impossible. Cependant si avec les cellules on ne multiplie pas les animaux, cette raison ne paroît pas bien forte ; car il n'est pas plus difficile, &amp; peut-être moins difficile d'avoir soin d'un certain nombre d'animaux dans 400. ou 300. loges, que d'avoir soin du même nombre dans 72. loges. Quoi qu'il en soit, il trouve que 36. de ces loges dans chaque étage, dix-huit de chaque côté suffisent. Il donne à celles du second étage, dans lesquelles il place les animaux terrestres, 15. coudées 49 de long, 17. de large, &amp; 8. de hauteur, c'est-à-dire, selon lui, plus de 28. pieds &amp; demi de long, plus de 26. de large, &amp; plus de 13. &amp; demi de haut, mesure de Paris. Au troisième étage il place les 36. volières de même, 18. de chaque côté, &amp; leur donne à chacune 4. coudées 49 de long, 6. de large, &amp; 4. de hauteur, c'est-à-dire, plus de 24. pieds de long, plus de 9. pieds &amp; demi de large, &amp; plus de 6. pieds &amp; demi de haut. Il trouve encore de quoi placer un grand réservoir d'eau, &amp; tous les magazins nécessaires, &amp; prouve par-là non seulement qu'il n'y a rien d'incroyable dans ce que l'Ecriture nous rapporte de l'<i>arche</i> &amp; du déluge, mais même que rien n'est plus croyable, &amp; plus sensiblement vrai. Snellius dit que l'<i>arche</i> en sa longueur &amp; largeur occupoit plus d'un demi arpent. Cunius &amp; un Géomètre, nommé Buteo, ont aussi supputé les dimensions de l'<i>arche,</i> afin de montrer qu'elle pouvoit contenir tout ce qu'il étoit nécessaire d'y enfermer. Voyez encore Pererius Jésuite, dans ses Commentaires sur la Genèse, Arias Montanus dans son Apparat de la Bible de Philippe II. Le P. Kirker Jésuite a fait aussi un Traité de l'<i>arche</i> intitulé <i>Arca Noé,</i> où il explique aussi les dimensions de l'<i>arche,</i> la hauteur &amp; la division qu'on y peut faire de différentes étables, magazins &amp; autres lieux nécessaires ; il montre comment tous les animaux dont il est parlé dans la Genèse Ch. 7. y purent tenir très-commodément, avec tous les vivres &amp; fourages qui leur étoient nécessaires pour un an.</p><p>On dit figurément des Hérétiques &amp; Schismatiques, qu'ils sont hors de l'<i>Arche,</i> pour dire qu'ils sont hors du vaisseau, hors de la communion de l'Eglise. On a comparé l'Eglise à l'<i>arche,</i> hors de laquelle il n'y a point de vie. Nicol.</p><p>On appelle aussi figurément <i>Arche,</i> un lieu de retraite. Ainsi Colletet a dit figurément :</p><p>On dit proverbialement d'une maison où il y a plusieurs ménages, que c'est l'<i>arche</i> de Noé, où il y a toutes sortes de bêtes. On dit la même chose d'un lieu où il y a plusieurs personnes différentes d'âge, de condition, de moeurs, de langage, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    Arche , signifie aussi le Coffre où furent enfermées les deux Tables de pierre, où Dieu avoit gravé ses Commandemens, qui furent données à Moise sur la Montagne, &amp; qui furent en grande vénération chez les Hébreux, chez lesquels elle fit plusieurs miracles. On l'appella l'<i>Arche</i> d'Alliance. L'<i>Arche</i> fut prise par les Philistins, &amp; renvoyée avec plusieurs présens. L'<i>Arche</i> fut mise d'abord sous le Tabernacle, puis dans le Sanctuaire du Temple. L'<i>Arche,</i> selon Josephe, étoit longue de cinq paumes, large de trois, &amp; haute de même. Son bois dedans &amp; dehors étoit revêtu de lames d'or avec des gonds d'or. Sur la couverture de l'<i>Arche,</i> qu'on appelloit <i>Propitiatoire,</i> il y avoit deux figures posées, appellées <i>Cherub,</i> qui sont des animaux ayant des ailes d'une nouvelle espèce de figure, &amp; telle qu'on n'en vit jamais de semblables : mais Moise en avoit vû la figure au Trône de Dieu. Génebrard dit que les Rabbins prétendent que c'étoit la figure de jouvenceaux portant des ailes, comme le Liv. II. chap. 3. des Paralipomènes le démontre assez clairement. Aujourd'hui les Juifs ont encore dans leurs Synagogues une espèce d'<i>arche,</i> ou d'armoire, dans laquelle ils conservent les Livres sacrés.</p><p>Les Juifs appellent cette <i>arche,</i> ou armoire, <i>Aron.</i> Léon de Modéne, Rabbin de Vénise, en fait la description au Liv. I. ch. 10. des Coutumes &amp; cérémonies de ceux de sa nation, où il dit : <i>Les Juifs ont dans chaque Synagogue du côté d'Orient une</i> arche, <i>ou armoire, qu'ils nomment</i> Aron, <i>en mémoire de l'Arche d'Alliance qui étoit dans le Temple. Ils enferment dedans les cinq Livres de Moise écrits à la main sur du Vélin avec de l'encre faite exprès, &amp;c.</i> Il est parlé dans saint Epiphane &amp; dans saint Jean de Damas, de l'<i>Aron</i> des Synagogues. Quelques Auteurs ont confondu ce mot, qui signifie <i>arche</i> dans la Langue Hébraique, avec le nom d'<i>Aaron</i> frère de Moïse ; Tertullien appelle cette arche <pb n="315" facs="bpt6k8542165/f355/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Armarium Judaicum,</i> l'armoire des Juifs, d'où est venue cette expression, <i>être dans l'armoire de la Synagogue,</i> pour dire, <i>être dans le rang des Livres Divins &amp; Canoniques.</i> Quelques Théologiens qui n'ont point su ce que c'étoit que l'<i>Aron,</i> ou l'<i>arche</i> des Synagogues, ont avancé d'étranges choses touchant cette <i>arche.</i> Scaliger même, tout habile Critique qu'il étoit, n'a point entendu le passage de saint Epiphane, où il est parlé de l'<i>Aron.</i> Voyez le mot <i>Apocryphe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2626" id="5" type="marine">
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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    Arche , en terme de Marine , est la boëte de menuiserie qui couvre la pompe, afin qu'elle ne soit point offensée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    l'Arche de Delft . On appella de ce nom sur la fin du XVIe siècle, un vaisseau construit à Delft, parce que, comme l'<i>Arche</i> de Noé, il marchoit sans voiles &amp; sans rames, par le moyen de roues cachées au-dedans, que douze hommes faisoient incessamment tourner, &amp; dont le mouvement causoit celui du vaisseau. Larrey. Tom. II. pag. 288.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    Arche de triomphe , ou Archi-triomphante, s. f. Terme de Fleuriste . Sorte d'oeillet. C'est un pourpre enfoncé sur un blanc passable ; son panache est gros ; sa fleur ronde &amp; large ; sa plante délicate, abondante en marcottes, &amp; facile à prendre racines ; elle est sujette aux taches blanches, comme à une espèce de gale qui s'attache à ses fannes : elle vient de Lille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHE</head>
    <p>
    Arche , Terme de Manége . C'est une partie du mords. Il ne faut point se servir de martingale attachée aux <i>arches</i> du mords. Newg. C'est travailler les chevaux à faux, de le faire avec de fausses rênes, attachées aux <i>arches</i> du mords : si vous les tirez, cela lâche la gourmette ; ainsi le cheval ne sera jamais bien affermi par ce moyen. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2627" id="1" type="chymie & de l'art hermetique">
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    <head>ARCHÉALE</head>
    <p>
    ARCHÉALE , adj. m. &amp; f. Terme de Chymie &amp; de l'Art Hermétique . Ce qui est de l'Archée, ou ce qui appartient à l'Archée ; c'est-à-dire, au feu que les Chymistes &amp; les Philosophes Hermétiques croient être au centre de la terre. Maladie <i>archéale.</i> Idées <i>archéales.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ARCHÉE">ARCHÉE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2628" id="1" type="chymie">
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    <head>ARCHÉE</head>
    <p>
    ARCHÉE , s. m. Terme de Chymie . C'est ainsi que les Chymistes appellent le feu qu'ils s'imaginent être au centre de la terre pour cuire les métaux, &amp; les minéraux, &amp; pour être le principe de la vie des végétaux. Quelques-uns entendent par ce mot, un certain esprit universel, répandu par tout, &amp; qui est la cause de tous les effets de la nature. D'autres l'appellent l'ame du monde ; d'autres le Vulcain, ou la chaleur de la terre. Ils disent que tous les corps ont quelque portion de cet <i>archée</i> ; &amp; que lorsqu'il est corrompu, il produit les maladies qu'ils nomment archéales. Ils lui attribuent aussi les idées qu'ils appellent à cause de cela archéales.</p><p>Ce mot vient apparemment d', <i>principe,</i> parce que ce feu, principe par excellence, est la cause de tous les effets de la nature.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2629" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHEGAYE" />
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    <head>ARCHEGAYE</head>
    <p>
    ARCHEGAYE , Machine de guerre, dont on se servoit autrefois, &amp; qu'on jettoit sur les ennemis. Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2630" id="1" type="">
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    <head>ARCHELET</head>
    <p>
    ARCHELET , s. m. Petit arc. Borel. C'est, comme l'on voit, un diminutif d'arc, &amp; d'archet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHER</head>
    <p>
    ARCHER , s. m. Celui qui porte un arc, &amp; qui en tire. <i>Sagittarius.</i> C'étoit autrefois une espèce de milice dont on se servoit à la guerre. Maintenant elle n'est plus en usage qu'en Orient, &amp; chez les peuples barbares. Les Turcs ont encore des Compagnies d'<i>Archers</i> dans leurs troupes. Il y a des bourgeois en plusieurs villes qui s'exercent à tirer de l'arc, &amp; du mousquet, de qui on peut dire : Il y avoit tant d'<i>Archers</i> qui disputoient le prix, &amp; tant de Mousquetaires.</p><p>Ce mot vient d'<i>Arcuarius</i>, ou plutôt de <i>Arquis</i>, que l'on a dit dans la basse Latinité. On trouve <i>Arquites</i> pour des gens armés d'arcs, ou portans des arcs, dans les Actes de S. Marcel rapportés par Bollandus Tom. II. pag. 14. On trouve aussi <i>Archerius</i> dans S. Antonin. Varron a dit que ce mot d'<i>Archer</i> signifioit anciennement un brigand. M. Sarasin, dans sa Dissertation sur les Echets, lui donne la même signification ; les Jurisconsultes entrent dans le même sentiment, <i>L. Nec diu, Cod. de poen.</i> Autrefois on disoit <i>Archier</i> pour <i>Archer.</i></p><p>Nos Auteurs qui ont traité de la Noblesse disent, que les <i>Archers</i> de la garde du Roi étoient nobles. Les <i>Archers</i> de la garde du P. de Savoie sont regardés comme tels. Deroch. Voyez au mot ARME, quelles étoient les armes des <i>Archers</i> en 1424.</p><p>On appelloit autrefois <i>Franc-Archers,</i> des gens de guerre qui étoient exemts des impôts. Le <i>Franc-Archer</i> de Bagnolet. C'est Charles VII. qui forma cette milice vers l'an 1448. Chaque village de son Royaume s'engagea à lui équiper, ou à lui entretenir un <i>Archer,</i> qui, à condition de marcher en campagne, quand l'ordre en viendroit, étoit affranchi de toutes tailles &amp; subsides ; &amp; c'est à cause de cet affranchissement que ces soldats furent appellés <i>Franc-Archers.</i> P. Dan. Louïs XI. cassa les <i>Franc-Archers</i> en 1481. &amp; fit venir en France un grand nombre de Suisses à leur place. Id.</p><p>Aujourd'hui on appelle seulement un <i>Franc-Archer,</i> une femme hardie, &amp; qui a des manières d'homme ; mais on ne le dit que des personnes de basse condition.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHER</head>
    <p>
    Archer , se dit aujourd'hui plus particulièrement de ceux qui accompagnent les Prévôts pour les captures, ou pour exécuter quelques ordres, quoiqu'ils ne portent que des hallebardes ou des carabines. <i>Tribuni capitalis satellites.</i> Les <i>Archers</i> du grand Prévôt de l'Hôtel, du Prévôt des Marchands. <i>Praetoris urbani satellites.</i> Les <i>Archers</i> de la Ville, <i>Archers</i> du Guet. <i>Vigiles.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHER</head>
    <p>
    Archers des pauvres. On appelle ainsi une sorte de soldats à pied, qui ont ordre de prendre les pauvres qui mendient dans Paris, &amp; de les mener aux Hôpitaux. <i>Satellites cogendis pauperibus praepositi.</i> Les peuples les appellent par moquerie, les <i>Archers</i> de l'écuelle. Il y a des Provinces où ils sont appellés Chasse-Coquins ; parce qu'ils ont principalement ordre de chasser hors des villes policées, tout ce qu'ils rencontrent de coureurs, &amp; de coquins mendians, en leur donnant pourtant un pain pour passer outre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2632" id="1" type="">
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    <head>ARCHÈRE</head>
    <p>
    ARCHÈRE , s. f. Femme qui se sert de l'arc &amp; de la flèche, armée d'un arc pour aller à la chasse ou à la guerre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2633" id="1" type="">
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    <head>ARCHEROT</head>
    <p>
    ARCHEROT , s. m. Vieux mot qui signifioit, Petit Archer. <i>Jaculator.</i> Les Poëtes donnoient autrefois cette épithète à Cupidon. Du Bartas en parle ainsi,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2634" id="1" type="lutier">
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    <head>ARCHET</head>
    <p>
    ARCHET , s. m. Terme de Lutier . Ce qui sert à tirer le son des violons, violes, poches, &amp; autres semblables instrumens de Musique, en le passant légèrement sur les cordes. <i>Plectrum.</i> Il est composé de trois pièces, dont la première est le bâton ou le brin qui soutient le crin. La secondé est composée de 80. ou 100. brins de crin de cheval, où de soie : &amp; enfin d'une demie roue, qu'on appelle la <i>hausse,</i> qui sert à entretenir ses filets dans une tention convenable.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHET</head>
    <p>
    Archet , est aussi un petit arc d'osier, ou cerceau, qu'on met au-dessus des berceaux des enfans pour soutenir une couverture au-dessus de leur tête. <i>Vimen arcuatum.</i></p><p>On dit figurément &amp; proverbialement qu'un homme a passé sous l'<i>archet,</i> lorsqu'il a passé par le grand remède, qu'il a été obligé de suer ; &amp; cela à cause de la manière dont est fait le bois de lit où on met coucher ces sortes de malades.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHET</head>
    <p>
    Archet , se dit aussi de l'outil qui sert aux ouvriers qui travaillent sur le bois &amp; sur les métaux, comme Tourneurs, Serruriers, Orfèvres, &amp;c. qui leur sert à tourner, ou à percer leurs ouvrages. Il est composé d'une verge de fer, ou de baleine, qui font ressort, &amp; qui se bandent par le moyen d'une corde qu'on tortille autour de la besogne pour la faire mouvoir en rond. On l'appelle aussi <i>Arçon.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHET</head>
    <p>
    <pb n="316" facs="bpt6k8542165/f356/full/1200,/0/native.jpg"/> Archet , est aussi un terme de Maçon . Et par-là on entend une petite scie faite seulement d'un fil de laiton, de laquelle on se sert pour scier toutes sortes de pierres dures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2635" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHÉTYPE" />
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    <head>ARCHÉTYPE</head>
    <p>
    ARCHÉTYPE , s. m. (Il se prononce Arquétype) Original, patron sur lequel on dresse un ouvrage, ou une copie semblable. <i>Archetypus.</i> Les Philosophes parlent du monde <i>Archétype,</i> tel qu'il étoit dans l'idée de Dieu avant sa création,</p><p>Ce mot est pur Grec, &amp; n'a d'usage en François, que quand il s'agit de Théologie ou de Philosophie.</p><p>En la Cour des Monnoies, on appelle <i>Archétype,</i> l'étalon général des poids &amp; mesures qui y est gardé, sur lequel on étalonne les autres. Il est ainsi appellé par Bouteroue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2636" id="1" type="geographie">
   <index type="head" value="ARCHEVÊCHÉ" />
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    <head>ARCHEVÊCHÉ</head>
    <p>
    ARCHEVÊCHÉ , s. m. Terme de Géographie . <i>Archiepiscopatus.</i> C'est une certaine étendue de pays, Province, ou Diocèse, qui est sous la Jurisdiction spirituelle d'un Prélat, qui a des Suffragans sous lui. L'<i>Archevêque</i> de Paris n'a que quatre Suffragans. Il y a en France dix-huit <i>Archevêchés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2636" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARCHEVÊCHÉ" />
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    <head>ARCHEVÊCHÉ</head>
    <p>
    Archevêché , se dit aussi de la dignité d'Archevêque. <i>Dignitas Archiepiscopalis.</i> De son revenu. <i>Archipiescopalis reditus, proventus.</i> Et de la maison qui y est attachée. <i>Archiepiscopale Palatium.</i> Il a obtenu un <i>Archevêché.</i> Son <i>Archevêché</i> vaut tant de revenu. Il est logé à l'<i>Archevêché.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2637" id="1" type="">
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    <head>ARCHEVÊQUE</head>
    <p>
    ARCHEVÊQUE , s. m. Prélat Métropolitain qui est pourvû d'un <i>Archevêché,</i> qui a plusieurs Suffragans sous lui. <i>Archiepiscopus.</i> L'<i>Archevêque</i> de Lion est Primat des Gaules : celui de Bourges, d'Aquitaine. Au Concile d'Orléans tenu en 512. les Evêques signèrent selon l'ordre de leur réception, bien que quelques-uns prissent le titre de Métropolitains, qui ne donnoit aucune prééminence. On ne connoissoit point encore la dignité d'<i>Archevêque.</i> Elle a été reconnue fort tard dans l'Occident.</p><p>En Orient on ne trouve point la qualité d'<i>Archevêque</i> avant le Concile d'Ephèse tenu en 321. Andoque. <i>Hist. de Lang. p.</i> 97. S. Athanase est le premier qui ait employé le titre d'<i>Archevêque</i> en le donnant à Alexandre son prédécesseur. S. Grégoire de Nazianze le donna aussi à S. Athanase : mais ce n'etoit qu'un titre d'honneur, sans avoir égard à leur Jurisdiction. On l'attribua particulièrement aux Evêques de Constantinople, &amp; de Jérusalem. Dans la suite les Grecs donnèrent le nom d'<i>Archevêque</i> aux Evêques des grandes Villes, bien qu'ils n'eussent aucun Suffragant dans leur Diocèse. Le Métropolitain étoit le Chef de la Province, &amp; avoit plusieurs Suffragans sous sa Jurisdiction. Il n'y a rien de plus connu dans les Notices des Grecs modernes que ces <i>Archevêques</i> sans Suffragans, &amp; différens des Patriarches, &amp; des Métropolitains. Au Concile d'Ephèse, Célestin &amp; Cyrille sont appellés <i>Archevêques,</i> l'un de Rome, &amp; l'autre de Jérusalem. Au Concile de Calcédoine en 451. le titre d'<i>Archevêque</i> fut donné à Léon I. Evêque de Rome, par les Grecs. Mais parmi les Latins Isidore de Seville est le premier qui parle des <i>Archevêques.</i> Il distingue quatre ordres dans le gouvernement de l'Eglise : Patriarches, <i>Archevêques,</i> Métropolitains, &amp; Evêques. Il soutient que les <i>Archevêques</i> présidoient sur les Métropolitains. Ainsi le mot d'<i>Archevêque</i> n'étoit guère connu dans l'Eglise Latine avant Charlemagne. Voyez Cujas sur la Novelle XI. &amp; Du Cange dans son Glossaire à ce mot. On trouve quelquefois <i>Archipolites</i> en Latin pour <i>Archevêque.</i> Où est cette fierté, disois-je, qui n'en vouloit qu'au Pape, aux <i>Archevêques</i> &amp; aux Jésuites ? Racine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2637" id="2" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ARCHEVÊQUE" />
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    <head>ARCHEVÊQUE</head>
    <p>
    Archevêque , s. m. Terme de Fleuriste . C'est une espèce d'oeillet violet, ainsi appellé à cause de sa couleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2638" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHI" />
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    <head>ARCHI</head>
    <p>
    ARCHI . Ce mot ne se met jamais tout seul, mais il est fort significatif quand il est joint avec d'autres, &amp; il a la force d'un superlatif, pour marquer quelque degré d'élevation. Il y en a des exemples ci-devant, &amp; ci-après. Mais il entre aussi avec grace en la composition de plusieurs autres mots factices : comme, C'est un <i>archi-vilain,</i> un <i>archiparesseux,</i> un <i>archi-dévot,</i> un <i>archi-fou,</i> un <i>archi-pédant,</i> &amp;c. pour dire, qu'un homme est très-vilain, très-paresseux, très-dévot, très-fou. Ce mot se traduit en Latin par le superlatif de l'adjectif auquel il est joint. Mais toutes ces façons de parler, &amp; plusieurs autres que l'on peut faire de la sorte, ne sont bonnes que dans le style simple &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2639" id="1" type="">
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    <head>ARCHIACOLYTHE</head>
    <p>
    ARCHIACOLYTHE , s. m. Qui est au-dessus de l'Acolythe, <i>Archiacolythus.</i> C'étoit autrefois une dignité dans les Cathédrales, lesquelles étoient toutes divisées en quatrè ordres de Chanoines ; savoir, les Prêtres, les Diacres, les Soudiacres, &amp; les Acolythes. Ils avoient chacun leurs chefs. Celui de ces derniers s'appelloit <i>Archiacolythe.</i> Mais cette fonction n'est plus en usage. Le Moine Michel dit, qu'il y a encore un <i>Archiacolythe</i> dans l'Eglise de Capoue.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHICAMERIER</head>
    <p>
    ARCHICAMERIER , ou ARCHICHAMBELLAN, s. m. <i>Archicamerarius.</i> Officier de l'Empire. On appelle en Allemagne <i>Archichambellan</i> celui que nous appellons en France Chambellan. L'Electeur de Brandebourg est <i>Archicamérier</i> né de l'Empire ; &amp; par la disposition de la Bulle d'or, dans les Marches ou Processions Impériales, il porte le Sceptre de l'Empereur, &amp; marche à côté gauche du Duc de Saxe. En d'autres Cérémonies, il est à cheval, comme les autres Electeurs, &amp; porte à la main un bassin avec un essui-main, &amp; descendant de cheval il donne à laver à l'Empereur, ou au Roi des Romains. Dans l'élection de l'Empereur il donne sa voix le sixième. Les Vicaires, ou sous. Officiers de l'<i>Archicamérier,</i> sont les Princes de Hohenzollern, qui sont aussi de la maison de Brandebourg. Voyez Imhoff <i>Notitia Procerum Imperii Lib. II. cap.</i> 8. <i>Lymnaeus Enucleatus Lib. II. cap.</i> 10. De Prade <i>Hist. d'Allemagne</i> 2. p. c. 4.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2641" id="1" type="">
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    <head>ARCHICHANCELIER</head>
    <p>
    ARCHICHANCELIER , s. m. <i>Archicancellarius.</i> Hincmar appelle <i>summus Cancellarius,</i> Grand Chancelier, celui qui présidoit à tous les Chanceliers, ou Notaires comme on disoit autrefois ; c'est-à-dire, à tous les Secrétaires de la Cour, ou du Palais. Cette Charge a été sur-tout en usage en France, sous les deux premières races, &amp; ensuite sous les Empereurs de Germanie. Comme ils eurent trois Etats, la Germanie, l'Italie, &amp; le Royaume d'Arles, ils eurent aussi trois <i>Archichanceliers</i> : Et c'est de là que sont venus les trois <i>Archichanceliers</i> qu'il y a encore en Allemagne ; car l'Archevêque de Mayence est <i>Archichancelier</i> de l'Empire en Allemagne ; l'Archevêque de Trèves l'est du Royaume d'Arles ; &amp; celui de Cologne, l'est d'Italie. Bernard de Mallinckroth, dans un livre intitulé <i>de Archicancellariis Imperii Romani,</i> c'est-à-dire, des <i>Archichanceliers</i> de l'Empire Romain, pag. 33. &amp; suiv. a montré que ces trois Archevêques étoient <i>Archichanceliers</i> avant que d'être Electeurs ; &amp; Browèr, dans ses <i>Annales de Trèves</i> Liv. XVI. en rapporte l'origine au temps d'Othon le Grand, aussi bien que Knipping dans sa nouvelle Méthode du Droit public, Liv. II. chap. 6. &amp; Du Cange après eux.</p><p>Il y a encore d'autres <i>Archichanceliers</i> que ces trois-là. L'Archevêque de Vienne en Dauphiné étoit <i>Archichancelier</i> du Royaume de Bourgogne, &amp; Frédéric I. le confirma dans cette dignité par un diplome de l'an 1157. L'Abbé de Fulde étoit aussi autrefois <i>Archichancelier</i> de l'Empire. Il y a un diplome de Charles IV. de l'année 1358. qui confirme cet Abbé &amp; ses successeurs dans cette dignité ; &amp; dès le temps de l'Empereur Lothaire, Berthos Abbé de Fulde prit cette qualité, comme l'ayant reçue de ses prédécesseurs. M. Archon, dans son <i>Hist. Ecclés. de la Chapelle des Rois de France,</i> dit que le nom d'<i>Archichancelier</i> cessa vers le commencement de la troisième race. Voyez le Glossaire de Du Cange, l'<i>Orbis Politicus</i> d'Hornius, &amp; Imhoff. Liv. II. c. 3. &amp; 4.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2642" id="1" type="">
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    <head>ARCHICHANTRE</head>
    <p>
    ARCHICHANTRE , s. m. Celui qui est au-dessus des Chantres, qui est comme le chef des Chantres : il y a quelques Eglises où il y a un <i>Archichantre, Archicantor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2643" id="1" type="">
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    <head>ARCHICHAPELAIN</head>
    <p>
    ARCHICHAPELAIN , s. m. <i>Archicapellanus.</i> C'est le nom que l'on donnoit autrefois au grand Aumônier de France. On l'appelloit aussi quelquefois Chapelain absolument, &amp; signifioit par excellence &amp; par antonomase, le grand Chapelain du Palais, dit Rouillard, dans son livre intitulé, <i>le Grand Aumônier de France.</i> C'est au Grand Aumônier, comme <i>Archichapelain,</i> d'avoir la surintendance du Choeur, pour ce qui est du Chant, de la Musique, ou Psalmodie, &amp; direction du service divin qui doit être célébré devant le Roi, des côtés duquel il est inséparable. Rouillard. La Charge de l'<i>Archichapelain</i> avoit beaucoup d'affinité avec celle du Grand Chancelier ; on trouve même des Prélats qui signent indifféremment <i>Archichapelain,</i> ou Archichancelier. Ce qui fait croire à quelques Savans, que sous la première &amp; la seconde race de nos Rois c'étoit la même chose. Le IIe. Concile de Châlon en 813. Can. 44. le leur défendit. Strabon dit qu'ils <pb n="317" facs="bpt6k8542165/f357/full/1200,/0/native.jpg"/>connoissoient des affaires des Clercs. C'étoit à eux à donner la bénédiction à la table du Roi. M. De Laurière, dans ses Notes sur Ragueau, remarque, que le mot <i>Capella</i> signifioit au temps de la basse Latinité, non seulement une Chapelle, mais aussi le lieu où l'on expédioit les lettres du Roi, d'où il est arrivé que le Chancelier a été appellé <i>Archichapelain.</i> Mr. Archon, dans son <i>Histoire Eccles. de la Chapelie des Rois de France</i> dit, que les grand noms d'<i>Archichapelain</i> &amp; d'Archichancelier &amp; les autres semblables, cessèrent d'être en usage au commencement de la troisième race. On vit cependant revivre ce titre d'<i>Archichapelain,</i> comme l'a remarqué le même Auteur, sous Henri I. en la personne de Baudoüin, qui étoit en même temps Chancelier, &amp; qui fut ensuite Evêque de Noyon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2644" id="1" type="">
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    <head>ARCHIDIACONAT</head>
    <p>
    ARCHIDIACONAT , s. m. <i>Archidiaconatus.</i> Office de l'Archidiacre. Il y a plusieurs <i>Archidiaconats</i> dans les Chapitres des Eglises Cathédrales.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2645" id="1" type="">
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    <head>ARCHIDIACONÉ</head>
    <p>
    ARCHIDIACONÉ , s. m. Certaine partie d'un Diocèse qui est sujette à la visite d'un certain Archidiacre. <i>Dioeceseos pars Archidiaconi visitations subjecta.</i> Il y a tant de Paroisses dans cet <i>Archidiaconé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2646" id="1" type="">
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    <head>ARCHIDIACRE</head>
    <p>
    ARCHIDIACRE , s. m. Supérieur Ecclésiastique qui a droit de visite sur les Cures d'une certaine partie d'un Diocèse. <i>Archidiaconus.</i> Le Grand <i>Archidiacre</i> de Paris est celui qui a le premier Archidiaconé. L'<i>Archidiacre</i> étoit autrefois le premier &amp; le plus ancien des Diacres. On ne le connoissoit point avant le Concile de Nicée. Sa fonction est devenue depuis une dignité qui a été même préférée à celle des prêtres. C'étoit le premier Ministre de l'Evêque pour toutes les fonctions extérieures, particulièrement pour l'administration du temporel. Il avoit soin de l'ordre, &amp; de la décence de l'Office divin, &amp; de l'ornement des Eglises. Il avoit la direction des pauvres, &amp; veilloit à la correction des moeurs ; c'est pourquoi on l'appelloit <i>la main</i> &amp; <i>l'oeil</i> de l'Evêque. Ce pouvoir mit bientôt l'<i>Archidiacre</i> au-dessus des Prêtres, qui n'avoient que des fonctions spirituelles. Il n'avoit pourtant aucune Jurisdiction sur eux jusqu'au sixième siècle ; mais il devint bientôt leur supérieur, même de l'Archiprêtre. Après le dixième siècle, les <i>Archidiacres</i> furent regardés comme ayant Jurisdiction de leur chef, avec pouvoir même de déléguer des Juges. Dans la suite, pour affoiblir leur puissance, on les multiplia ; sur-tout dans les Diocèses de plus grande étendue. Celui qui avoit son district dans la ville épiscopale, prit la qualité de <i>Grand Archidiacre.</i> Fleury. Il avoit aussi la garde du trésor de l'Eglise, &amp; Jurisdiction comme les Officiaux. Il faisoit la visite dans les paroisses du Diocèse où l'Evêque l'envoyoit ; &amp; c'est maintenant la seule fonction qui lui reste. Il n'a qu'une Jurisdiction momentanée, &amp; passagère, &amp; un droit de correction légère, en faisant sa visite. On a transporté à l'Official toute la Jurisdiction contentieuse. Entant qu'<i>Archidiacre</i> il ne peut plus exercer la fonction de Juge de l'Evêque. Il est vrai qu'en certains Diocèses l'<i>Archidiacre,</i> soit par titre, soit par possession immémoriale, s'est conservé le droit d'avoir un Official, appariteurs, &amp; autres marques de Jurisdiction. Mais hors ces cas sa Jurisdiction est restreinte à des causes légères. Chez les Grecs, l'<i>Archidiacre</i> doit lire l'Evangile, ou nommer quelqu'un qui le lise, lorsque l'Evêque officie. L'<i>Archidiacre</i> est aussi appellé quelquefois <i>Archilévite.</i> Voyez les <i>Mémoires du Clergé,</i> Tom. 2. &amp; 3. &amp; de la Guessière Tom. 3.</p><p>Il y a un ancien proverbe, qui pour désigner un homme bien crotté, dit qu'il est crotté en <i>Archidiacre,</i> parce que les <i>Archidiacre</i> faisoient alors leurs visites à pied, &amp; en toutes saisons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2647" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIDRUYDE" />
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    <head>ARCHIDRUYDE</head>
    <p>
    ARCHIDRUYDE , subst. m. Le Chef des Druydes, ou Prêtres Gaulois. <i>Princeps Druydarum.</i> Toutefois l'<i>Archidruyde</i> &amp; souverain Pontife des Bourguignons, homme fort âgé &amp; de prudence singulière, prenant la parole leur dit. D. S. Jul.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2648" id="1" type="">
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    <head>ARCHIDUC</head>
    <p>
    ARCHIDUC , s. m. <i>Archidux.</i> Celui qui a une qualité, une prééminence &amp; une autorité qui l'élève au-dessus des autres Ducs. L'<i>Archiduc</i> d'Austrasie, est un titre fort ancien, &amp; en usage dès le temps de Dagobert. Il y a eu aussi des <i>Archiducs</i> de Lorraine &amp; de Brabant. L'Autriche fut érigée en Marquisat par Othon, ou Henri I. &amp; en Duché par Frédéric I. en 1156. Mais on ne sait pas trop bien ni en quel temps, ni pourquoi on lui donna le titre d'Archiduché. On prétend que Frédéric IV. est le premier qui a pris la qualité d'<i>Archiduc</i> d'Autriche. Voyez Du Cange. D'autres disent que Maximilien I. donna l'an 1459. à l'Autriche le titre d'<i>Archiduché,</i> auquel il attribua de beaux priviléges dont les principaux sont, que les <i>Archiducs</i> seront censés avoir reçu l'investiture de leurs Etats, lorsqu'ils l'auront demandée trois fois ; qu'ils ne pourront être destitués de leurs terres par l'Empereur, ni par les Etats de l'Empire ; qu'ils exerceront la Justice dans leurs terres sans appel ; qu'ils seront Conseillers nés de l'Empereur, qu'on ne réglera aucune affaire de l'Empire sans leur participation ; &amp; enfin qu'ils pourront créer des Comtes, des Batons, &amp; des Gentilshommes dans tout l'Empire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2649" id="1" type="">
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    <head>ARCHIDUCHÉ</head>
    <p>
    ARCHIDUCHÉ , s. m. Terre qui est érigée sous ce titre, &amp; qui donne à celui qui la possede, un rang ou qualité au-dessus des autres Ducs. <i>Archiducatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2650" id="1" type="">
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    <head>ARCHIDUCHESSE</head>
    <p>
    ARCHIDUCHESSE , s. f. La femme, ou la veuve d'un Archiduc, ou celle qui possède en titre un Archiduché. <i>Archiducissa.</i> L'<i>Archiduchesse</i> d'Inspruch.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2650" id="2" type="fleuriste">
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    <head>ARCHIDUCHESSE</head>
    <p>
    Archiduchesse , s. f. Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet violet sur un blanc passable, fort rond, de médiocrè largeur, élevé à Lille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2651" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIÉCHANSON" />
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    <head>ARCHIÉCHANSON</head>
    <p>
    ARCHIÉCHANSON , s. m. <i>Archipincerna.</i> Officier de l'Empire. Grand Echanson de l'Empire. Le Roi de Boheme est <i>Archiechanson</i> de l'Empire. Il a pour Vicaire l'Echanson héréditaire de Limpurg. Sa fonction est de présenter à l'Empereur la première coupe, quand il tient la Cour Impériale. Il n'exerce point cette fonction avec la Couronne Royale, à moins qu'il ne le veuille lui-même. Il la fait après que tous les autres Electeurs ont rempli les leurs : cependant dans les Processions, ou Marches solemnelles, il suit immédiatement l'Empereur ; &amp; dans les séances il est à son côté droit après les Electeurs de Mayence &amp; de Cologne. Dans l'élection de l'Empereur il donne sa voix le troisiéme ; mais il n'a point de part aux Capitulations, ni aux autres assemblées des Electeurs. Voyez Imhoff, <i>Notitia Imp. Proc. Lib. II. c.</i> 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2652" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHI-ECUYER TRANCHANT" />
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    <head>ARCHI-ECUYER TRANCHANT</head>
    <p>
    ARCHI-ECUYER TRANCHANT , ou Archi-Maître d'Hôtel, Grand-Maître d'Hôtel. <i>Archidapiser.</i> Officier de l'Empire. C'est l'Electeur de Bavière qui a cette Charge depuis l'an 1623. que Frédéric II. le fit Electeur : ce qui fut confirmé en 1648. par la paix d'Osnabrug. Le Palatin du Rhin a prétendu que cette Charge étoit une annexe de son Palatinat &amp; non pas de l'Electorat ; mais il s'en est désisté. Voyez Imhoff, <i>Not. Imp. Proc. Lib. II. c.</i> 6.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2653" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIÉPISCOPAL, ALE" />
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    <head>ARCHIÉPISCOPAL, ALE</head>
    <p>
    ARCHIÉPISCOPAL, ALE , adj. Prononcez <i>Arkiépiscopal.</i> Qui appartient à l'Archevêque, qui regarde l'Archevêque. <i>Archiepiscopalis.</i> Le Palais <i>Archiépiscopal.</i> Bénéfice <i>Archiépiscopal.</i> Mitre <i>Archiépiscopale.</i> Jurisdiction <i>Archiépiscopale.</i></p><p>Ce mot vient de deux mots Grecs , qui signifient <i>Prince</i> &amp; <i>Evêque.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2654" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIEPISCOPAT" />
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    <head>ARCHIEPISCOPAT</head>
    <p>
    ARCHIEPISCOPAT , s. m. Prononcez <i>Arkiépiscopat. Archiepiscopatus.</i> C'est la dignité de l'Archevêque ; mais comme ce mot est un peu vieux, on se sert ordinairement de celui d'Archevêché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2655" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIERARQUE" />
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    <head>ARCHIERARQUE</head>
    <p>
    ARCHIERARQUE , s. m. <i>Archierarchus.</i> Chef de la Hierarchie, Chef de l'Eglise. C'est un nom que l'on a donné quelquefois au Pape, comme au Chef de l'Eglise. Fridegode, qui écrivoit en vers la vie de S. Wilfride dans le dixième siècle, l'appelle ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2656" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIÈRE" />
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    <head>ARCHIÈRE</head>
    <p>
    ARCHIÈRE . Ce mot est hors d'usage, il signifie <i>carquois ou bandoulière.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2656" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARCHIÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>ARCHIÈRE</head>
    <p>
    Archière , selon la Colombière, signifie aussi le flanc ou le trou des murailles, par lesquels on jettoit autrefois des flèches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2657" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIEUNUQUE" />
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    <head>ARCHIEUNUQUE</head>
    <p>
    ARCHIEUNUQUE , s. m. <i>Archieunuchus.</i> C'est-à-dire chef des Eunuques. L'<i>Archieunuque</i> étoit un des principaux Officiers de la Cour de Constantinople sous les Empereurs Grecs. Il est parlé de l'<i>Archieunuque</i> dans les Auteurs qui ont écrit l'histoire Byzantine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2658" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHI-IMPRIMEUR" />
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    <head>ARCHI-IMPRIMEUR</head>
    <p>
    ARCHI-IMPRIMEUR , s. m. est un titre qu'a porté Christophle Plantin, Imprimeur à Anvers, que le Roi Philippe II. lui donna de son propre mouvement. <i>Archilibrarius, Architypographus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2659" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHILÉVITE" />
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    <head>ARCHILÉVITE</head>
    <p>
    ARCHILÉVITE . s. m. <i>Archilevita.</i> Voyez ARCHIDIACRE : c'est le même ; il n'y a que le dernier qui soit en usage en François, ni même communément en Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2660" id="1" type="poesie">
   <index type="head" value="ARCHILOQUIEN" />
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    <head>ARCHILOQUIEN</head>
    <p>
    ARCHILOQUIEN , adj. <i>Archiloquius.</i> Terme de Poësie . On appelle vers <i>Archiloquiens,</i> des vers dont Archiloque est l'inventeur : ils ont sept pieds, dont les quatre premiers sont ordinairement dactyles, &amp; quelquefois spondées, les trois derniers sont trochées. Par exemple,</p><p><i>Solvitur acris hyems gratâ vice veris &amp; Favoni.</i> Horace, Liv. I. Od. 4.</p><p>On appelle aussi ces vers dactyliens, à cause des quatres dactyles qu'ils ont au commencement. On mêle ordinairement des vers ïambes de six pieds moins une syllabe, alternativement avec les vers <i>Archiloquiens,</i> comme a fait Horace dans l'Ode que nous avons citée. Voyez la nouvelle Méthode ; la préface du P. Jouvency sur Horace &amp; Despautere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2661" id="1" type="">
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    <head>ARCHIMANDRITE</head>
    <p>
    ARCHIMANDRITE . <i>Archimandrita.</i> Mot Grec, qui signifie Supérieur d'un Monastère, &amp; ce que nous appellons <i>Abbé.</i> Covarruvias, dans son Dictionnaire Espagnol dit, qu'<i>Archimandrite</i> est la même chose <i>que chef du troupeau</i> ; ensorte que selon cette signification générale, il pourroit s'étendre à tous les Supérieurs Ecclésiastiques. Et en effet on a donné quelquefois ce nom à des Archevêques, même chez les Latins. On le trouve en ce sens dans la vie de S. Severe Evêque de Ravenne. Voyez <i>Acta Sanct. Febr. T. I. p.</i> 84. &amp; 85. Mais il ne signifie proprement chez les Grecs, où il est fort commun, que le chef d'une Abbaye. Macri a remarqué, dans son <i>Hierolexicon,</i> que cette dignité se conserve encore aujourd'hui à Messine dans une Eglise de Chanoines, où il y avoit auparavant des Moines Grecs de l'Ordre de S. Basile, &amp; qui a été érigée en commande par les Rois d'Espagne. Quoique ce mot soit Grec, Mr. Simon, dans ses notes sur le voyage du Mont Liban p. 319. croit qu'il vient originairement de la langue Syriaque, au moins pour ce qui est de <i>mandrite.</i> Il prétend que <i>mandra,</i> qui signifie dans le Grec une <i>étable,</i> ou lieu où l'on enferme des bêtes, &amp; par métaphore un Monastère, tire son origine de <i>dour,</i> qui signifie en Chaldéen &amp; en Syriaque, <i>demeurer, habiter</i> ; d'où l'on a fait <i>medar, demeure, habitation</i> ; &amp; c'est de-là que les Grecs ont formé leur <i>mandra,</i> qui signifie métaphoriquement un monastère, &amp; <i>mandrites</i> dans la même langue signifie, selon la même métaphore, <i>un Moine.</i> Les Arabes se servent aussi de ce mot, qu'ils ont pris des Syriens, ensorte que <i>mandrite</i> n'est autre chose chez ces nations qu'un solitaire qui demeure dans sa petite cellule ; &amp; celui qui étoit le chef de ces Moines, prenoit la qualité d'<i>Archimandrite,</i> c'est-à-dire, de chef &amp; de maître des Solitaires. On a dit aussi en Grec , d'où l'on a formé <i>Archimandritissa,</i> comme de <i>Abbas</i> on a fait <i>Abbatissa, Abbesse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2662" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIMARÉCHAL" />
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    <head>ARCHIMARÉCHAL</head>
    <p>
    ARCHIMARÉCHAL , s. m. <i>Archimareschallus.</i> Officier de l'Empire, Grand Maréchal de l'Empire. L'<i>Archimaréchal</i> de l'Empire est l'Electeur de Saxe. En cette qualité il marche immédiatement devant l'Empereur, &amp; porte l'épée de l'Empereur nue. Dans les Diètes solemnelles de l'Empire, on met devant l'Hôtel où elles se tiennent un monceau d'avoine aussi haut que le poitrail ou la selle de son cheval, &amp; tenant en main une baguette d'argent &amp; une mesure de même métal, il remplit celle-ci d'avoine, &amp; la donne au premier Officier qui se présente ; il plante son bâton d'argent dans l'avoine, &amp; se retire. Voyez Imhoff, <i>Not. Imp. Proc. Lib. II. c.</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2663" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIMIME" />
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    <head>ARCHIMIME</head>
    <p>
    ARCHIMIME , s. m. <i>Archimimus.</i> Ce mot vient du Grec , <i>Mime,</i> qui vient de , <i>j'imite. Archimime</i> est la même chose que Archibouffon, Maître bouffon. Les <i>Archimimes</i> étoient chez les Romains des gens qui contrefaisoient les manières, les gestes, la parole des personnes mortes &amp; vivantes. Les <i>Archimimes</i> ne furent d'abord employés que sur le théatre ; on les admit ensuite dans les festins, &amp; enfin dans les funérailles, où ils marchoient après le cercueil, contrefaisant celui que l'on conduisoit au bucher. Suétone rapporte qu'aux obsèques de Vespasien, l'<i>Archimime</i> Favon, qui le contrefaisoit, ayant demandé à ceux qui avoient soin de la cérémonie, combien elle coûteroit, &amp; ceux-ci lui ayant répondu, cent mille sesterces : Donnez-moi, dit-il, cent sesterces &amp; jettez-moi dans le Tibre. Il vouloit marquer l'avarice du Prince mort. Casaubon croit aussi que ce fut un <i>Archimime</i> que celui qui sous Tibère voyant passer un mort, le chargea d'aller dire à Auguste qu'on ne donnoit point encore les legs qu'il avoit faits au peuple. Tibère l'ayant fait venir, lui fit payer les legs d'Auguste, &amp; l'envoya au supplice, en lui ordonnant d'aller dire à Auguste qu'on payoit ses legs. Ces <i>Archimimes</i> prenoient des masques dans les funérailles ; &amp; Licet, dans son ouvrage des Lampes des Anciens Liv. VI. ch. 7. &amp; 8. expliquant une lampe, où il y a un masque la bouche béante, prétend que c'est un masque <i>d'Archimime.</i> Baudouïn en a fait aussi graver plusieurs, dans son livre, <i>De Calceo</i> ch. 6. Mr de Tillemont a évité de dire <i>Archimime,</i> il dit Comédien. Dans les funérailles de Vespasien le Comédien qui le représentoit, &amp;c. <i>Hist. des Emp.</i> T. II. p. 42.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2664" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIMINISTRE" />
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    <head>ARCHIMINISTRE</head>
    <p>
    ARCHIMINISTRE , s. m. Premier Ministre d'un Prince, ou d'un Etat. <i>Primus Administer.</i> Charles le Chauve ayant déja déclaré Boson son Vice-Roi en Italie, sous le titre de Duc, il le fit encore son Premier Ministre, sous celui d'<i>Archiministre,</i> composé du Grec , &amp; du Latin <i>minister.</i> Chorier. p. 687. Ce terme au reste n'est point en usage, il faut dire Premier Ministre. Les Cardinaux de Richelieu &amp; Mazarin, ont été Premiers Ministres, &amp; non point <i>Archiministres.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2665" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIMONASTÈRE" />
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    <head>ARCHIMONASTÈRE</head>
    <p>
    ARCHIMONASTÈRE , s. m. <i>Archimonasterium.</i> C'est un nom qu'on donne à quelques monastères célèbres pour les distinguer. Les monastères de Cluny, de Savigny, &amp; quelques autres, sont appellés <i>Archimonastères</i> dans quelques chartes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2666" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHINOBLE" />
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    <head>ARCHINOBLE</head>
    <p>
    &#9758; ARCHINOBLE , adj. Très-noble. Sache, mon ami, que les Comédiennes sont nobles, <i>Archinobles,</i> par les Alliances qu'elles contractent avec les grands Seigneurs. Le Sage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2667" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHINOTAIRE" />
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    <head>ARCHINOTAIRE</head>
    <p>
    ARCHINOTAIRE , s. masc. C'est-à-dire, Chef des Notaires, ou Secrétaires du Roi. <i>Archinotarius.</i> Ce nom, aussi bien que celui d'Archichapelain, s'est donné autrefois aux Chanceliers de France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2668" id="1" type="geographie">
   <index type="head" value="ARCHIPEL" />
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    <head>ARCHIPEL</head>
    <p>
    ARCHIPEL , ou ARCHIPELAGE, s. masc. <i>Archipelagus, Aegaeum mare.</i> Terme de Géographie . Etendue de met entrecoupée par un très-grand nombre d'Isles. Les Anciens n'ont guère connu que l'<i>Archipel</i> des Grecs, où sont les Isles de la mer Egée, entre l'Asie, la Macédoine &amp; la Grèce, que les Turcs appellent <i>mer blanche,</i> pour l'opposer au Pont Euxin, qu'ils appellent <i>mer noire,</i> &amp; que les Matelots François nomment la forêt des Larrons, parce que ces Isles sont la retraite des Pirates.</p><p>Depuis, les Géographes ont appellé l'<i>Archipélage</i> de S. Lazare, le grand nombre d'Isles qui est aux Indes vers les côtes de Malabar &amp; de Malaca. Ensuite on a découvert l'<i>Archipélage</i> de Mexique ; l'<i>Archipélage</i> des Maldives, où il y a plus de 12000. Isles, divisées en treize Provinces ou Gouvernemens, qu'on appelle sur les lieux, <i>Atollons</i> : l'<i>Archipélage</i> des Philippines, où on dit qu'il y a onze mille Isles, dont les principales obéissent au Roi d'Espagne. Il y a encore l'<i>Archipélage</i> des Molucques, des Célèbes, des Amboines, des Papons, del Moro, des Larrons, qui est le même que celui de S. Lazare, de Chilve, &amp; de la nouvelle Yorck. Ces deux derniers, aussi bien que celui de Mexique, sont de l'Amérique, les autres de l'Asie. Maty. Quelques Dictionnaires écrivent <i>Archipélague,</i> au lieu d'<i>Archipélage,</i> ni l'un ni l'autre n'est de l'usage ordinaire ; on dit <i>Archipel.</i></p><p>Ce mot d'<i>Archipélage</i> vient par corruption de <i>Aegeopelagusi</i> ; c'est-à-dire, la mer Egée, qu'on a dit aussi par corruption de , ou <i>mer Sainte,</i> qui est le nom que les Grecs ont donné originairement à cette mer, à cause des Isles Cyclades pour lesquelles ils avoient une grande vénération.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2669" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPÈRE" />
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    <head>ARCHIPÈRE</head>
    <p>
    ARCHIPÈRE , s. m. <i>Archipater.</i> Ce titre s'est quelquefois donné à un Archevêque ; mais il n'est point en usage en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2670" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPÉRACITE" />
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    <head>ARCHIPÉRACITE</head>
    <p>
    ARCHIPÉRACITE , ou ARCHIPHÉRACITE, s. m. <i>Archiperacita, Archipheracita, Scripturae Explanator.</i> C'est le nom d'un Officier dans les Académies des Juifs. L'<i>Archiphéracite</i> n'étoit pas le même que le Chef de la Synagogue appellé <i>Archisynagogus,</i> comme l'a écrit Grotius, &amp; comme le disent quelques Dictionnaires qui l'ont copié : il étoit le premier ou le chef de ceux qui avoient la charge de lire <pb n="319" facs="bpt6k8542165/f359/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; d'expliquer, de professer dans les Ecoles. C'est de-là que vient le nom d'<i>Archiphéracite,</i> composé du mot Grec , qui marque le Chef, &amp; du mot Hébreu ou Chaldéen, , <i>pherak,</i> qui entre autres significations à celle de <i>diviser, partager,</i> d'où se forme , <i>pherek,</i> qui signifie une <i>division, partage,</i> Chapitre d'un Livre. Il a aussi celle de résoudre, dans le sens que nous disons résoudre une difficulté. De ces significations le nom , <i>pherek,</i> a pris celle de résolution, dans le sens que nous disons résolution d'une difficulté, résolution d'un cas de conscience, celle de doctrine, l'action d'enseigner, de professer, ou comme l'on dit en quelques Corps, de lire dans une Ecole publique. Ainsi les <i>Pirke aboth,</i> &amp; les <i>Pirke</i> de R. Eliézer, ne sont point les lectures &amp; les explications que les anciens Docteurs ou R. Eliézer ont fait de l'Ecriture dans les Synagogues, mais leur doctrine, leurs résolutions, leurs décisions, les enseignemens qu'ils ont donnés à leurs disciples. De ce mot pris en ce sens s'est fait par les Juifs Hellénistes, &amp; dans une forme Grecque celui de <i>Pheracita,</i> Phéracite ; c'est-à-dire, celui qui enseigne dans une Ecole publique ; un Professeur, &amp; comme quelques Communautés disent, un Lecteur. Ainsi l'<i>Archiphéracite</i> étoit le Chef des Professeurs dans les Ecoles ou Académies des Juifs. Je ne trouve point qu'on l'ait dit par rapport aux Synagogues. A la vérité les Juifs appellent , <i>pherek,</i> ce que nous appellons verset de l'Ecriture ; mais ils n'appellent pas pour cela la lecture, ou l'explication de l'Ecriture, <i>pherek ;</i> ils se servent du mot , <i>Keria,</i> pour exprimer la lecture de l'Ecriture, &amp; de , <i>perusch,</i> ou , <i>derasch,</i> pour en signifier l'explication.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2671" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPOËTE" />
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    <head>ARCHIPOËTE</head>
    <p>
    ARCHIPOËTE . <i>Archipoëta.</i> Est un nom qu'on a donné en quelques lieux à quelques Poëtes ; mais le plus souvent par dérision, comme on fit du temps de Léon X. au Poëte Baraballi de Gayette, à qui on donna les honneurs du triomphe qu'on avoit accordés autrefois au Poëte Pétrarque ; &amp; on le promena par la ville couronné de lauriers, &amp; monté sur un éléphant. Mais ce fut pour se moquer de lui ; car c'étoit un mauvais faiseur de vers, de devises &amp; d'inscriptions, qui avoit obtenu un privilége exclusif, qui portoit défenses à toute autre personne d'en faire. Il en est parlé dans Famianus Strada, &amp; dans les Anecdotes de Florence de Varillas. On a vû en France de pareils Ridicules qui ont obtenu de semblables priviléges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2672" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARCHIPOMPE" />
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    <head>ARCHIPOMPE</head>
    <p>
    ARCHIPOMPE , s. f. Terme de Marine . <i>Anthlia primaria.</i> C'est le puits du navire, ou une pompe placée autour du grand mât au lieu le plus creux du vaisseau, où s'écoulent les eaux pour les vuider. Elle est garnie de bringueballes, ou bascules, verges, heuses, jouets, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2673" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPRÊTRE" />
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    <head>ARCHIPRÊTRE</head>
    <p>
    ARCHIPRÊTRE , s. m. Curé, ou Prêtre, qui dans certains Diocèses est préposé au-dessus des autres, principalement pour l'Office Sacerdotal. <i>Archipresbyter.</i> Anciennement l'<i>Archiprêtre</i> étoit la première personne après l'Evêque. Il étoit son Vicaire pendant son absence pour les fonctions intérieures. Il avoit le premier rang dans le Sanctuaire, &amp; l'inspection sur tout le Clergé. Dès le VIe siécle on voit plusieurs <i>Archiprêtres</i> dans un Diocèse ; on les appelloit aussi <i>Doyens.</i> On distinguoit (au IXe siècle) deux sortes de Paroisses ; les moindres titres, gouvernés par des simples Prêtres ; &amp; les Plebes, ou Eglises baptismales gouvernées par les <i>Archiprêtres,</i> qui outre le soin de leurs Paroisses avoient encore l'inspection sur les moindres Cures, &amp; rendoient compte à l'Evêque, qui gouvernoit par lui-même l'Eglise Matrice, ou Cathédrale. Le Concile de Paris (en 850.) ordonne aux <i>Archiprêtres</i> de visiter tous les Chefs de famille ; afin que ceux qui font des péchés publics, fassent pénitence publique ; pour les péchés secrets ils se confesseront à ceux qui seront choisis par l'Evêque, ou l'<i>Archiprêtre.</i> Fleury. Chez les Grecs l'<i>Archiprêtre</i> préside au Choeur qui est à gauche ; quand l'Evêque officie il donne la communion au Patriarche, &amp; la reçoit de lui. Il a la première place par-tout dans l'Eglise après l'Evêque. Il a la même autorité que le Chorévêque, &amp; dans les Isles qui sont sous la dominations des Vénitiens, il fait des Lecteurs, &amp; juge en matière Ecclésiastique ; il a autorité sur les Prêtres en l'absence de l'Evêque. Voyez dans l'Euchologe la manière d'établir un <i>Archiprêtre</i> chez les Grecs. Voyez aussi les notes du P. Goar sur l'Euchologe. Présentement le titre d'<i>Archiprêtre</i> n'est plus guère qu'un titre sans fonction, affecté à certains Curés. Fleury. Il y a à Paris deux <i>Archiprêtres,</i> celui de la Magdelaine, &amp; celui de S. Severin, ainsi nommés, à cause qu'ils sont les plus anciens de la Ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2674" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPRÊTRÉ" />
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    <head>ARCHIPRÊTRÉ</head>
    <p>
    ARCHIPRÊTRÉ , s. m. <i>Archipresbyteratus.</i> Il y en à qui disent Archipréveré, ou plutôt, Archiprevré. Et c'est, si l'on en croit M. Chatelain, l'usage en Berri ; c'est-à-dire, que c'est le <i>t</i> qui s'y éclipse, &amp; non pas le <i>b</i> comme ailleurs. On le dit aussi en Nivernois ; du moins Coquille, dans son <i>Histoire du Nivernois,</i> dit toujours Archipréveré ; mais il est insupportable. D'autres disent Archipresbitérat ; mais il est moins usité qu'<i>Archiprêtré.</i> C'est la dignité, la charge, le bénéfice de l'<i>Archiprêtre.</i> Il a conféré l'<i>Archiprêtré</i> de Gignac vacant par mort. Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2675" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPRIEUR" />
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    <head>ARCHIPRIEUR</head>
    <p>
    ARCHIPRIEUR , s. m. <i>Archiprior.</i> Ce titre s'est donné autrefois au Grand Maître de l'Ordre des Templiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2676" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPRIEURE" />
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    <head>ARCHIPRIEURE</head>
    <p>
    ARCHIPRIEURE , &amp; vulgairement ARCHIPRIEUSE, s. f. C'est la qualité que l'on donne en Bourgogne à la Supérieure des Religieuses de Lancharre. Isabeau du Blé fut <i>Archiprieuse</i> de Lancharre. Lequel mot d'<i>Archiprieuse</i> est rare, &amp; provenu, comme j'estime, d'autant qu'elle a d'autres Sanctimoniales sous elle ; nommément le Prioré du Paley. D. S. Jul.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2677" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIPRIEURE" />
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    <head>ARCHIPRIEURE</head>
    <p>
    ARCHIPRIEURE , s. m. Ce mot se confond avec <i>Archidiaconé.</i> C'est une partie d'un Diocèse sur laquelle un Archidiacre, ou un Archiprêtre, a visite, ou inspection : comme dans le Diocèse de Xaintes on appelle <i>Archiprieurés,</i> ce qu'on appelle dans les autres, <i>Archidiaconés.</i> Il y en a plusieurs autres exemples dans le Pouillé des Bénéfices.</p><p>Quelques-uns ont appellé <i>Archiprieurés,</i> les Prieurés qui en ont d'autres sous eux. Il y avoit autrefois des <i>Archiprieurs</i> séculiers, qui étoient la même chose que les Archiprêtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2678" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHISENÉCHAL" />
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    <head>ARCHISENÉCHAL</head>
    <p>
    ARCHISENÉCHAL , s. m. Grand Sénéchal, Grand Maître de la maison d'un Prince. <i>Archiseneschallus, Archisescallus, Magnus Dapifer, Infertor Dapium.</i> C'est une qualité qu'ont porté les Dauphins. Humbert II. ajoûtoit à ses titres celui d'Archisénéchal des Royaumes de Vienne &amp; d'Arles, n'ayant pû se contenter du nom simple de Sénéchal des mêmes Royaumes, que les Barons de la Tour ses Ancêtres avoient porté par la concession des Empereurs. Valbonnet. Dans un acte de 1338. le même Humbert est appellé <i>Archisénéchal</i> perpétuel des Royaumes de Vienne &amp; d'Arles ; &amp; il est dit qu'il est du devoir de l'<i>Archisénéchal</i> de veiller à la conservation des droits de l'Empire dans ces Royaumes. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. le Pr. Valbonnet, <i>Hist. de Dauph. p.</i> 104.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2679" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHITECTE" />
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    <head>ARCHITECTE</head>
    <p>
    ARCHITECTE , s. m. Qui sait l'art de bâtir ; celui qui donne les plans &amp; les desseins d'un bâtiment, qui en conduit l'ouvrage, &amp; qui commande aux Maçons, &amp; aux autres ouvriers qui travaillent sous lui. <i>Architectus.</i> Vitruve a été le premier des <i>Architectes.</i> Puisqu'il est dit que Cain bâtir une Ville, on pourroit le regarder comme le premier. Si l'adresse humaine peut quelquefois imiter la nature, que ne peut point le souverain <i>Architecte</i> du monde ? On appelle aussi <i>Architectes</i> de vaisseaux, ceux qui bâtissent les grands navires.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>Prince</i> ou <i>Maître,</i> &amp; , qui signifie un <i>ouvrier.</i> L'Architecte est le maître de ceux qui travaillent au bâtiment : c'est lui qui conduit l'ouvrage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHITECTE</head>
    <p>
    Architecte , se dit aussi d'un Entrepreneur de bâtimens à forfait, &amp; qui les doit rendre parfaits, &amp; la clef à la main &amp; les eaux dehors. <i>Redemptor.</i></p><p>On dit aussi ironiquement, C'est un grand <i>Architecte</i> de fourbes, en parlant d'un trompeur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHITECTONOGRAPHIE</head>
    <p>
    ARCHITECTONOGRAPHIE , s. f. Ce mot est Grec, &amp; signifie la description des bâtimens, des temples, des arcs de triomphe, des théatres, des pyramides, des obélisques, des bains, des aquéducs, des ports, des machines de guerre anciennes. <i>Architectonographia.</i> Palladio, Pietro, Bellori, &amp; Sandrat de Nuremberg ont traité de l'<i>Architectonographie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ARCHITECTURE" />
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    <head>ARCHITECTURE</head>
    <p>
    ARCHITECTURE , s. f. L'art de bien bâtir. <i>Architectura.</i> L'<i>Architecture civile,</i> est la science de bâtir pour la nécessité des particuliers, ou pour l'ornement des Villes. L'art de bâtir est un des premiers arts que les hommes aient mis en pratique. La nécessité de se mettre à couvert des injures de l'air, a d'abord fait inventer l'<i>Architecture.</i> Les Romains apprirent des Grecs l'excellence de l'<i>Architecture.</i> Avant cela leurs édifices n'avoient rien de recommandable que <pb n="320" facs="bpt6k8542165/f360/full/1200,/0/native.jpg"/>leur solidité, &amp; leur grandeur, parce qu'ils ne reconnoissoient que l'Ordre Toscan. Mais la bonne <i>Architecture</i> se trouva dans un état florissant sous Auguste. La magnificence de ce Prince fit éclater tout ce que cet art a de plus excellent ; &amp; il fit élever un grand nombre de beaux édifices dans tous les lieux de son Empire. Tibère n'eut pas le même goût, &amp; négligea fort la culture des beaux arts. Néron, parmi la foule effroyable de ses vices, eut une grande passion pour les bâtimens ; mais le luxe, &amp; la dissolution y eurent plus de part qu'une véritable magnificence. Apollodore excella dans l'<i>Architecture</i> sous Trajan, &amp; mérita la faveur de cet Empereur. Ce fut lui qui éleva la fameuse colonne de Trajan, qui subsiste encore aujourd'hui. Dans la suite l'<i>Architecture</i> déchut beaucoup de la perfection où on l'avoit vue. Les soins &amp; la magnificence d'Alexandre Sévère la soutinrent quelque temps : mais elle suivit la décadence de l'Empire Romain, &amp; retomba dans une corruption d'où elle n'a été tirée que douze siècles après. Les ravages des Visigoths dans le Ve siècle abolirent les plus beaux monumens de l'antiquité. Dans les siècles suivans l'<i>Architecture</i> devint si grossière, que l'on n'avoit aucune intelligence du dessein, qui en fait toute la beauté. On ne pensoit qu'à faire des solides bâtimens. Charlemagne n'oublia rien pour relever l'<i>Architecture.</i> Les François s'employèrent à cet art avec un succès extraordinaire, aussi-tôt que Hugues Capet fut monté sur le thrône. Son fils Robert le cultiva de même ; &amp; enfin autant que l'ancienne <i>Architecture</i> Gothique fut pesante, &amp; grossière, autant la moderne passa dans un excès de délicatesse. Les Architectes du 13e ou 14e siècle, qui avoient quelque connoissance de la Sculpture, sembloient ne faire consister la perfection que dans la délicatesse &amp; la multitude des ornemens qu'ils entassoient avec beaucoup d'art &amp; de soin, quoique souvent d'une manière fort capricieuse. Félib. L'<i>Architecture</i> antique est la plus excellente par l'harmonie de ses proportions, &amp; par la richesse de ses ornemens ; elle a subsisté chez les Romains jusqu'à la décadence de l'Empire, &amp; elle a succédé à la Gothique depuis le siècle passé. L'<i>Architecture</i> qu'on appelle <i>ancienne,</i> est différente de l'antique ; c'est la <i>Grecque moderne.</i> Les bâtimens faits sur cette <i>Architecture,</i> si commune encore aujourd'hui en Orient, sont pesans, &amp; mal éclairés.</p><p>L'<i>Architecture militaire,</i> est celle qui regarde la sûreté des places ; qui enseigne à fortifier les Villes, les passages, les ports de mer. Ce bâtiment est d'une bonne <i>Architecture.</i></p><p>Vitruve donne bien plus d'étendue à cet art ; car il le divise en trois parties. La première est l'<i>Edification,</i> qui est l'art de bâtir mentionné ci-dessus. La seconde est la <i>Gnomonique,</i> qui est l'art de représenter les sphères, &amp; les mouvemens célestes par les instrumens, comme Astrolabes &amp; Horloges. Et la troisième est la <i>Méchanique,</i> qui traite des machines, &amp; de l'augmentation des forces mouvantes, comme grues, pompes, &amp; de presque tous les outils des Artisans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2681" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARCHITECTURE" />
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    <head>ARCHITECTURE</head>
    <p>
    Architecture , se dit aussi de la manière de bâtir, &amp; des ornemens qu'on y emploie. <i>Architectonicum opus.</i> On distingue cinq Ordres d'<i>Architecture</i> ; le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien, le Composé, ou le Composite. Le Toscan &amp; le Composite sont des Ordres Latins : les autres sont Grecs. Philbert de Lorme y a voulu ajoûter le François ; mais il n'a pas été suivi. L'<i>Architecture Gothique,</i> ou moderne, est une <i>Architecture</i> solide, grossière, sans bon goût dans ses ornemens chimériques. Les Goths l'ont apportée du Nord, &amp; l'ont introduite dans le reste de l'Europe. La plupart de nos Eglises Cathédrales sont bâties selon l'<i>ordre Gothique.</i> L'<i>Architecture Morisque</i> avoit aussi peu de dessein que la <i>Gothique.</i> Il reste encore quelques-uns de ces sortes d'édifices en Espagne, que les Maures y ont construits pendant qu'ils en étoient les maîtres.</p><p>Il ne nous est point resté d'Auteurs Grecs qui aient écrit de l'<i>Architecture.</i> Agathareus Athénien est le premier qui ait écrit de l'<i>Architecture</i> ; après lui Démocrite, Archimède, Théophraste. De Roch. Entre les Latins, Pline le jeune est l'Ecrivain qui a le mieux parlé de l'<i>Architecture,</i> &amp; il fait paroître assez de connoissance dans cet art. On n'a que le seul Vitruve qui soit entier, quoique Végèce écrive que de son temps on comptoit jusqu'à 700. Architectes à Rome. Vitruve, qui vivoit sous Auguste, a été commenté par Philander &amp; Daniel Barbaro, &amp; traduit en plusieurs Langues, &amp; sur-tout en François par M. Perrault Médecin. Les Modernes sont Léon Baptiste Albert, Serlio, du Cerceau, André Palladio, Cataneo, Vignoles, Vincenzo Scamozzi, Boëcler, Durerus, Potsi, Philbert de Lorme, Bulau, Blondel, Daviler, &amp; plusieurs autres moins fameux, rapportés dans l'<i>Architecture</i> de Savot. Le Sieur Chantelou a fait le parallèle de l'<i>Architecture</i> antique avec la moderne ; Errard, Marolois, de Villefritac, &amp; plusieurs autres, ont écrit de l'<i>Architecture</i> militaire. Le Sieur Dassier a écrit de l'<i>Architecture</i> navale ; son Livre <i>in</i>-4. est imprimé à Paris en 1670. Louis Savot a fait l'<i>Architecture</i> Françoise des bâtimens réimprimée par M. Blondel avec des Notes en 1676. M. de Cordemoy a fait un Traité de toute l'<i>Architecture,</i> &amp; des réponses à M. Frezier, Ingénieur, qui l'a attaqué. En Angleterre Christophe Wase a écrit sur l'<i>Architecture,</i> aussi-bien que Evelin, <i>Paralel of Architecture,</i> dont il faut prendre la dernière édition de 1706. <i>in-fol</i> à Londres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2681" id="3" type="">
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    <head>ARCHITECTURE</head>
    <p>
    Architecture , se dit aussi de la partie d'un bâtiment qui est excellente, &amp; quelquefois de tout l'ouvrage. La Fontaine de saint Innocent à Paris est un beau morceau, d'<i>Architecture.</i> Le frontispice du Louvre est un rare morceau d'<i>Architecture.</i></p><p>On appelle <i>Architecture en perspective,</i> celle dont les membres sont de différens modèles &amp; mesures, &amp; diminuent par proportion d'éloignement, pour rendre l'objet plus long à la vûe. On appelle <i>Architecture feinte,</i> celle qui est établie sur un bâti de charpente légère, &amp; faite de toile peinte sur des chassis par tringles, en sorte que les corps, les colonnes, les pilastres, &amp; autres saillies paroissent de relief.</p><p>Feu M. l'Abbé Regnier de Marais a dit figurément <i>Architecture,</i> pour signifier la disposition &amp; l'arrangement des parties de l'Univers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2682" id="1" type="">
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    <head>ARCHITIS</head>
    <p>
    ARCHITIS , s. f. Nom ou surnom de Vénus chez les Assyriens, &amp; ensuite chez les Phéniciens. <i>Macrob. Saturn. L. I. c.</i> 21. Scaliger croit qu'il faut lire Dercitis, &amp; que c'est la même que Derceto &amp; Atergatis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2683" id="1" type="">
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    <head>ARCHITRAVE</head>
    <p>
    ARCHITRAVE , s. f. Les Architectes le font masculin. Partie de l'entablement qui est au-dessous de la frise, &amp; au-dessus du chapiteau. C'est une grosse pièce de bois qui fait la première partie de l'entablement, &amp; qui porte sur la colonne. <i>Epistylium.</i> On l'appelle aussi <i>sablière,</i> ou la maitresse poutre. C'est la même chose que l'<i>epistyle</i> des Grecs. L'<i>architrave</i> est différente selon les divers ordres d'Architecture. Au Toscan elle n'a qu'une bande couronnée d'un filet ; deux faces au Dorique &amp; au Composite, &amp; trois à l'Ionique &amp; au Corinthien. Les Architectes appellent <i>architrave mutilé,</i> celui dont la saillie est retranchée, &amp; qui est arrasé avec la frise, pour recevoir une inscription : &amp; <i>architrave coupé,</i> celui qui est interrompu dans une décoration pour faciliter l'exhaussement des croisées, l'entablement étant d'une grande hauteur. Félib. Je ne puis m'empêcher de rire, quand j'entends nos Architectes s'enfler de ces grands mots de pilastres, &amp; d'<i>architrave,</i> &amp; que je trouve que ce sont les chétives pièces de la porte de ma cuisine. Mont.</p><p>Ce mot vient de <i>trabs</i>, qui signifie <i>poutre,</i> parmi les Latins, &amp; d', mot Grec, qui veut dire ici <i>principal ;</i> c'est comme si l'on disoit, la principale poutre. Les Maçons prononcent <i>arquitrave.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2684" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHITRESORIER" />
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    <head>ARCHITRESORIER</head>
    <p>
    ARCHITRESORIER , s. m. <i>Archithesaurarius, Magnus aerarii Imperii custos.</i> Officier de l'Empire. Grand Trésorier. Cette charge fut établie dans l'Empire avec le 8e Electorat par le Traité de Westphalie en faveur de la Maison Palatine, qui avoit perdu le premier Electorat donné au Duc de Bavière par Ferdinand II. qui l'ôta à Fréderic V. Electeur Palatin, après la journée de Prague, où il fut défait en défendant son élection à la Couronne de Bohème. L'<i>Architrésorier</i> ne donne son suffrage que le septième dans l'élection de l'Empereur. Quand on tient la Cour Impériale, <pb n="321" facs="bpt6k8542165/f361/full/1200,/0/native.jpg"/>c'est lui qui jette de l'argent au peuple. Les Vicaires de l'<i>Architrésorier</i> sont les Comtes de Sinzendorf. Voyez <ref type="search" target="head:Imhoff">Imhoff</ref>. <i>Notitia Procerum Lib.</i> II. <i>c.</i> 9.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2685" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHITRICLIN" />
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    <head>ARCHITRICLIN</head>
    <p>
    &#9758; ARCHITRICLIN , s. m. <i>Architriclinus.</i> Ce mot, qui de Grec est devenu Latin dans la Vulgate, commence à se franciser. Il signifie, selon M. Huré dans son Dictionnaire de l'Ecriture Sainte, celui qui préside au Festin &amp; à la salle où il se fait, &amp; qui en a la direction : on l'appelle ordinairement <i>Maître d'Hôtel.</i></p><p>Le faux Marquis de la Comédie du Joueur dit, en parlant de lui-même,</p><p>Ce mot se trouve aussi dans le premier des couplets faits à un souper chez Mr Sonin, en 1703. sur un air des Fragmens de Lulli.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2686" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIVAIRE" />
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    <head>ARCHIVAIRE</head>
    <p>
    &#9758; ARCHIVAIRE , s. m. pour <i>Archiviste,</i> Garde des Archives. <i>Mém. de Trév. Nov. 1736.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2687" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIVEL" />
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    <head>ARCHIVEL</head>
    <p>
    ARCHIVEL , s. m. <i>Cartophilax, Tabularii custos.</i> Quelques personnes emploient ce mot qui n'est pas reçu, il faut dire <i>Archiviste,</i> dont on se sert ordinairement. <i>Archivel,</i> dans le sens que lui donnent ceux qui l'emploient, signifie celui qui a soin des papiers &amp; actes publics d'un lieu considérable, d'un Empire, d'un Royaume, d'une République, d'une Province. C'est un des <i>Archivels</i> de l'Etat. Voyez <ref type="search" target="head:ARCHIVISTE">ARCHIVISTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2688" id="1" type="">
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    <head>ARCHIVES</head>
    <p>
    ARCHIVES , s. f. plur. Trésor, chambre où l'on garde les titres &amp; papiers d'une Maison, d'une Communauté. <i>Tabularium.</i> Le Code appelle <i>Archivium publicum, vel Armarium publicum, ubi acta &amp; libri exponebantur. Cod. de fide instrument. auth. ad haec, &amp; XXX. q.</i> 1. De Roch. On trouve aussi <i>Archarium</i> dans la vie de S. Paul, Evêque de Verdun. <i>Bolland. Feb. T. II. p.</i> 178. Il faut avoir recours aux <i>Archives</i> d'une telle Abbaye pour avoir les titres d'une telle fondation. Les <i>Archives</i> de Rome étoient au Temple de Saturne. Les plus anciens Registres de nos Greffes, &amp; de nos <i>Archives</i> publiques, ne commencent que sous le règne de Philippe le Bel. De la Mare.</p><p>Il se dit aussi des anciens Titres, Chartres, &amp; autres papiers importants d'une Etat, d'une Communauté, d'une Maison.</p><p>Naudé, dans le Mascurat, a pris ce mot dans le sens de Généalogie : Et quoique pour lors je ne songeai nullement à composer les <i>Archives</i> de leur famille, parce que je ne pouvois pas deviner que leur noblesse seroit contestée en France. Mais c'est parler mal &amp; improprement. Il falloit dire, composer la généalogie de leur maison. Quelques-uns le dérivent du Latin <i>arca</i>, signifiant <i>coffre</i> ; ainsi appellée suivant Isidore, <i>quod arceat visum, &amp; prohibeat.</i> Et comme on vient de dire plus haut, on trouve <i>archarium</i> pour signifier <i>Archive.</i> Les autres le tirent du Grec , qui se trouvé en la même signification dans Hésychius &amp; Suidas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2689" id="1" type="musique">
   <index type="head" value="ARCHIVIOLE" />
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    <head>ARCHIVIOLE</head>
    <p>
    ARCHIVIOLE , s. f. Terme de Musique , qui se dit d'une espece de clavessin sur lequel on a appliqué un jeu de violes par le moyen d'une roue tournante avec sa manivelle, pareille à celle des vièles. <i>L'Archiviole</i> fait un bel effet pour soutenir les concerts d'instrumens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2690" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHIVISTE" />
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    <head>ARCHIVISTE</head>
    <p>
    ARCHIVISTE , s. m. Celui qui garde les Archives. <i>Tabulario praepositus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2691" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ARCHIVOLTE" />
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    <head>ARCHIVOLTE</head>
    <p>
    ARCHIVOLTE , s. m. Terme d'Architecture . Arc contourné. C'est le bandeau orné de moulures qui règne à la tête des voussoirs d'une arcade, &amp; dont les extrémités portent sur les impostes. Il est différent selon les divers ordres d'Architecture. Il n'a qu'une simple face au Toscan ; deux faces couronnées au Dorique, &amp; à l'Ionique, &amp; les mêmes moulures que l'architrave dans le Corinthien, &amp; le Composite. <i>Archivolte retourné,</i> est celui dont le bandeau ne finit pas ; mais retournant sur l'imposte se joint à un autre bandeau. L'<i>Archivolte rustique,</i> est celui dont les moulures sont interrompues par une clef, &amp; des bossages simples, ou rustiques, ensorte que de deux voussoirs l'un est en bossage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2692" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHOIER" />
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    <head>ARCHOIER</head>
    <p>
    ARCHOIER . Vieux mot, qui signifie <i>tirer de l'arc,</i> &amp; qui selon Borel se trouve dans Perceval.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2693" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHONTAT" />
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    <head>ARCHONTAT</head>
    <p>
    ARCHONTAT , s. m. Prononcez <i>Arcontat.</i> C'est la charge d'Archonte. <i>Magistratus Atheniensis.</i> C'est aussi le temps pendant lequel un Magistrat d'Athènes gouvernoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2694" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCHONTE" />
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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    ARCHONTE , s. m. Prononcez <i>Arconte.</i> Magistrat d'Athènes. Après que les Athéniens eurent aboli la Monarchie ils créerent des <i>Archontes,</i> qui étoient obligés de rendre compte de leur gouvernement. <i>Archontes.</i> Il y en eut d'annuels &amp; de perpétuels. Médon, fils de Codrus, fut le premier de ceux-ci, &amp; Créon fut le premier de ceux-là. Boss. Codrus, Roi d'Athènes, dans la guerre contre les Héraclides, s'étant dévoué pour le salut de son peuple, ses enfans Médon &amp; Nilée disputerent le Royaume entre eux. Les Athéniens en prirent occasion d'abolir la Royauté. A la place des Rois ils créerent sous le nom d'<i>Archontes</i> des Gouverneurs perpétuels. Médon, fils de Codrus, exerça le premier cette charge, que ses descendans posséderent une longue suite d'années. La Magistrature perpétuelle parut encore à ce peuple libre une image trop vive de la Royauté, dont il vouloit anéantir jusqu'à l'ombre même. Ainsi de perpétuelle qu'étoit la charge d'<i>Archonte,</i> il en réduisit premièrement l'administration à dix ans, puis à un ; en vûe de ressaisir plus souvent l'autorité, qu'il ne transféroit qu'à regret à ses Magistrats. Tourreil. Il y eut 13 <i>Archontes</i> perpétuels en 316 ans, depuis Médon jusqu'à Alcméon. Il y eut sept <i>Archontes</i> décennaux, dont le premier s'appella Charobes, &amp; le dernier Erix. Creon, le premier des <i>Archontes</i> annuels, fut élû la 2e ou la 3e année de la 24e Olympiade. Id. Cicéron <i>L. I. De finibus,</i> rend en Latin le mot d'<i>Archontes</i> par celui de <i>Praetor,</i> Préteur. Plin. Liv. XXXIII. ch. 7. le traduit <i>Magistratus.</i> Idem.</p><p>Sous les Empereurs Romains, plusieurs villes Grecques ont eu deux <i>Archontes</i> pour premiers Magistrats, qui étoient la même chose que les Duumvirs dans les Colonies, &amp; dans les Municipes.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie celui qui gouverne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte , est un nom dont les Grecs se servent pour exprimer plusieurs dignités de l'Eglise &amp; de l'Empire. Les Evêques sont quelquefois appellés <i>Archontes.</i></p><p>Plusieurs Historiens appellent <i>Archontes,</i> les Seigneurs de la Cour des Empereurs Grecs. Voyez Guillaume de Tyr, Pachymère, Nicetas, Anne Commène, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte de l'Alage , étoit un Officier qui commandoit une compagnie de Cavalerie destinée à la garde de l'Empereur. Voyez Codin, ch. 2. n. 32.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte des antimenses , est un Officier Ecclésiastique, qui fait approcher de la sainte table ceux qui doivent communier. Codin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte des Archontes . C'étoit comme un Gouverneur général, qu'on peut comparer aux Béglierbeys des Turcs, qui ont sous eux des Sangiacs ; ou à nos Gouverneurs de Province, qui ont sous eux des Lieutenans Généraux, &amp; des Lieutenans de Roi. Voyez Leunclavius, Cantacuzène, Simeon Logothète, le Continuateur de Théophane, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Le Grand Archonte , étoit comme le premier des Officiers de l'Empereur, <i>obsequio Palatino praeerat,</i> dit M. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte des Eglises , est celui qui a l'intendance sur les Eglises, &amp; même selon quelques-uns, sur les Monastères. Voyez Codin ch. 1. n. 25. Il est parlé d'un Archonte des Monastères en plusieurs occasions, comme s'il étoit distingué de l'<i>Archonte des Eglises.</i> Voyez Codin ch. 1. n. 3. Cantacuzène, Nicétas, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte de l'Evangile , c'est parmi les Officiers de l'Eglise Grecque celui qui garde le livre des Evangiles, pour s'en servir aux saints mystères. Codin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte des contaces , est toujours de l'ordre &amp; du nombre des Lecteurs. L'<i>Archonte des Contaces</i> étoit destiné à garder les Contaces, ou livres d'Eglise, &amp; à en avoir soin. Voyez Arcudius, l'Euchologe, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte des murs , C'étoit l'Officier qui avoit soin des <pb n="322" facs="bpt6k8542165/f362/full/1200,/0/native.jpg"/>murs de la ville. Cantacuzène, Simeon Logothète, le Continuateur de Théophane en parlent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2694" id="11" type="">
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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte du tulde , C'étoit un Officier de guerre, qui avoit soin des bagages de l'armée. L'Empereur Léon en parle dans ses Tactiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2694" id="12" type="">
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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte des lumières , ou des hommes, () Officier Ecclésiastique qui étoit chargé du soin de ceux qui devoient bientôt recevoir le baptême. Voyez Codin chap. 1. n. 26.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2694" id="13" type="">
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    <head>ARCHONTE</head>
    <p>
    Archonte de l'orfèvrerie , () Le nom seul de cet Officier fait connoître en quoi consistoit l'exercice de sa charge. Voyez Léon le Grammairien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2695" id="1" type="">
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    <head>ARCHONTIQUE</head>
    <p>
    ARCHONTIQUE , s. m. &amp; f. <i>Archonticus.</i> Nom de secte hérétique qui s'éleva vers la fin du second siècle. Les <i>Archontiques</i> furent ainsi nommés du mot Grec , dont on se sert pour exprimer la hiérarchie des Anges, que nous appellons <i>Principautés</i> ; parce qu'ils enseignoient que c'étoient ces Principautés qui avoient créé le monde. Les <i>Archontiques</i> ôtoient tous les Sacremens ; ils nioient la résurrection des morts, &amp;c. Godeau. C'étoit une branche des Valentiniens. Ils s'abandonnoient à toutes sortes d'impuretés. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiph. hér. 40. S. Aug. hér. 20. Théodoret &amp; Baronius à l'an 175. Les <i>Archontiques</i> avoient des livres particuliers, qu'ils nommoient les Révélations des Prophètes. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2696" id="1" type="menuisier">
   <index type="head" value="ARCHURE" />
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    <head>ARCHURE</head>
    <p>
    ARCHURE , s. f. Terme de Menuisier , qui se dit des pièces de menuiserie qui sont au devant des meules d'un moulin, &amp; qui, quand il les faut rebattre, se démontent. Ces <i>archures</i> sont aussi garnies de leurs couverseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2697" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ARCIUT" />
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    <head>ARCIUT</head>
    <p>
    ARCIUT , sub. mas. Terme de Coutume . C'est une redevance ou un droit que les Abbés laics en Béarn, les Chapitres &amp; les autres Ecclésiastiques qui ont acquis des dîmes, ou par achat ou par donation, payent aux Evêques. De Laurière sur Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2698" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCOIR" />
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    <head>ARCOIR</head>
    <p>
    ARCOIR . Ce mot se dit lorsque les lances fléchissent pour se couper. Borel. <i>In arcum flecti,</i> ou <i>curvari.</i> Ce mot vient d'arc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2699" id="1" type="sellier">
   <index type="head" value="ARÇON" />
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    <head>ARÇON</head>
    <p>
    ARÇON , s. m. Terme de Sellier . <i>Sellae equestris arcua.</i> C'est une espèce d'<i>arc</i> composé de deux pièces de bois qui soutiennent une selle de cheval, &amp; qui lui donnent sa forme. Il y a un <i>arçon</i> de devant, &amp; un <i>arçon</i> de derrière. Les parties de l'<i>arçon</i> sont, le pommeau ou petite poignée de cuivre qui est élevée au-devant de la selle. Le garrot est la petite arcade qui est un peu élevée au-dessus du garrot du cheval. Les mammelles sont l'endroit où aboutit le garrot, &amp; les pointes sont au bas de l'<i>arçon.</i> Il y a des <i>arçons</i> mobiles pour les selles à tous chevaux, qui changent l'ouverture de la selle. L'<i>arçon</i> de derrière porte le troussequin. Les <i>arçons</i> doivent être nervés &amp; serrés. Le chef-d'oeuvre des Selliers est un <i>arçon</i> à corps, qu'on faisoit autrefois pour les Gendarmes, dont le troussequin alloit jusqu'au milieu du dos.</p><p>On appelle pistolets d'<i>arçon,</i> ceux qu'on porte ordinairement à l'<i>arçon</i> de la selle.</p><p>On dit encore, Il portoit toujours un tel livre à l'<i>arçon</i> de la selle ; pour dire, il l'avoit toujours avec lui. Dans les Tournois &amp; combats de lance, on dit qu'un Cavalier a fait perdre à un autre les <i>arçons,</i> qu'il lui fait vuider les <i>arçons,</i> qu'il n'étoit pas ferme sur les <i>arçons</i> ; pour dire, qu'on lui a fait de rudes attaques. On emploie les mêmes phrases dans le sens figuré ; pour dire, de quelqu'un qu'on a mis son esprit ou ses affaires en grand désordre. <i>Excutere equitem è sella, ex equo.</i> S. Amant a dit plaisamment,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2699" id="2" type="chapelier">
   <index type="head" value="ARÇON" />
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    <head>ARÇON</head>
    <p>
    Arçon . Terme de Chapelier . Instrument fait en archet de violon, qui est grand de cinq ou six pieds, qui n'a qu'une corde, &amp; dont on se sert pour arçonner la laine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2699" id="3" type="">
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    <head>ARÇON</head>
    <p>
    Arçon , se disoit encore autrefois pour <i>archet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2700" id="1" type="chapelier">
   <index type="head" value="ARÇONNER" />
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    <head>ARÇONNER</head>
    <p>
    ARÇONNER , v. act. Terme de Chapelier . Faire voler la laine avec l'arçon, pour la mettre en état de servir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2701" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCOT" />
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    <head>ARCOT</head>
    <p>
    ARCOT , s. m. Excrément de cuivre jaune dont on fait le potin en le mélant avec du plomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2702" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCOUS" />
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    <head>ARCOUS</head>
    <p>
    ARCOUS , s. m. Nom propre d'homme. <i>Arcontius.</i> Saint <i>Arcous</i> n'a point été connu de Bollandus, ni par Du Saussai. Il se trouve dans le Martyrologe de Viviers. Il y a un Prieuré du nom de S. <i>Arcous</i> sur la rivière d'Allier. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2703" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="ARCTIQUE" />
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    <head>ARCTIQUE</head>
    <p>
    ARCTIQUE , adj. m. Terme d'Astronomie , <i>Arcticus, Boreus, Septentrionalis.</i> C'est l'épithète qu'on donne au pole qui est élevé sur notre horison ; ainsi nommé, à cause des étoiles de la petite Ourse nommée en Grec, parce que la dernière étoile de sa queue marque le pole Septentrional, lequel n'en est éloigné que de deux degrés. Le pole <i>arctique, polus arcticus.</i></p><p>On appelle aussi <i>arctique</i> tout ce qui est du côté du pole <i>arctique,</i> tout ce qui est Septentrional. L'hémisphère <i>arctique,</i> est la moitié de la sphère qui a pour pole ou pour centre le pole <i>arctique.</i> Le cercle <i>arctique</i> est le cercle polaire Septentrional, éloigné de 23 degrés 29. minutes du pole <i>arctique,</i> &amp; selon M. Harris, 23. degrés 30'. Les terres <i>arctiques, Terrae arcticae,</i> ou <i>Septentrionales,</i> sont des terres inconnues, situées au Septentrion de l'Europe &amp; de l'Amérique vers le pole <i>arctique.</i> Elles comprennent la nouvelle Zemble, la nouvelle Irlande, le Spitsberge au Nord de l'Europe ; le vieux &amp; le nouveau Groenland, les Isles de Cumberland &amp; Raleg, le nouveau Nort-Wales, le nouveau Danemarck, &amp; la terre de Jesso au Nord de l'Amérique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2704" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCTITUDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>ARCTITUDE</head>
    <p>
    &#9758; ARCTITUDE , s. f. Terme dont se sert M. De Hericourt dans son Analyse des Decrétales, pour signifier étrécissement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2705" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCTIUM" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ARCTIUM</head>
    <p>
    ARCTIUM , s. m. Plante ; sa tige est longue &amp; molle. Sa graine est de la grosseur du cumin. Ses feuilles sont comme celles du bouillon, un peu plus rondes &amp; plus velues. La décoction de sa racine avec du vin est bonne pour les rétentions d'urine ; pour appaiser le mal de dents, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2706" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCTURE" />
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    <head>ARCTURE</head>
    <p>
    ARCTURE , s. m. <i>Arcturus.</i> Ce mot signifie la queue de l'Ourse, &amp; est composé d', <i>ourse,</i> &amp; de , <i>queue.</i> Arcture est le nom d'une étoile de la constellation nommée <i>Arctophylax</i> ; c'est-à-dire, Garde de l'Ourse. Elle se lève le premier jour de Septembre, &amp; se retire le 13. de Mai. Elle est de la première grandeur. Sa longitude est 199d. 39'. sa latitude 31d. 2'. son ascension droite 210d. 13'. sa déclinaison 20d. 58'. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2707" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARCUEIL" />
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    <head>ARCUEIL</head>
    <p>
    ARCUEIL , s. m. <i>Arcus Juliani,</i> arc de Julien. C'est un village à une lieue de Paris au Midi, ainsi nommé, parce que Julien l'Apostat, pendant le séjour qu'il fit à Paris, fit construire un aquéduc dans ce village pour conduire les eaux aux Thermes de Julien, qui étoient où est aujourd'hui l'Hôtel de Cluny, &amp; où l'on en voit encore des restes. Du Latin <i>Arcus Juliani,</i> s'est fait <i>Arcueil.</i> Le superbe aquéduc qui s'y voit aujourd'hui, a été construit par Catherine de Médicis : &amp; on voit encore auprès les ruines de l'ancien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2708" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDAING" />
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    <head>ARDAING</head>
    <p>
    ARDAING , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Ardagnus.</i> On compte S. <i>Ardaing</i> pour 13e Abbé de Saint Phibbert de Tournus. Ce fut à S. <i>Ardaing</i> que S. Henri, l'an 1015. fit présent de la couronne Impériale dont le Pape Benoît VIII. l'avoit couronné. Chast. 11. <i>Fév.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2709" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDEMMENT" />
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    <head>ARDEMMENT</head>
    <p>
    ARDEMMENT , adv. Avec ardeur, avec passion, d'une manière chaude &amp; vive. <i>Ardenter, vehementer, acriter.</i> Aimer <i>ardemment.</i> Combattre <i>ardemment.</i> On ne souhaite jamais <i>ardemment</i> ce qu'on ne souhaite que par raison. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2710" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDENNE" />
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    <head>ARDENNE</head>
    <p>
    ARDENNE , s. f. La forêt d'<i>Ardenne,</i> ou les <i>Ardennes,</i> plur. <i>Arduena sylva,</i> ou <i>Ardenna.</i> C'est le nom d'une grande &amp; fameuse forêt, qui occupe tout le Duché de Luxembourg, la partie Méridionale de l'Evêché de Liége, &amp; du Comté de Hainaut, &amp; la Septentrionale de la Champagne. César dit que la forêt d'<i>Ardenne</i> étoit la plus grande des Gaules ; que commençant vers le Rhin elle passoit au milieu du Pays de Trèves, &amp; pénétroit jusqu'aux quartiers de Reims &amp; des Nerviens ; &amp; qu'elle occupoit plus de 500. milles en longueur. Voyez César au Liv. V. &amp; au Liv. VI. de ses Comment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2711" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDENT, ENTE" />
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    <head>ARDENT, ENTE</head>
    <p>
    ARDENT, ENTE , adj. Il vient du verbe <i>ardre,</i> qui n'est plus en usage. Qui brûle, ou qui est brûlé, ou qui échauffe beaucoup. <i>Fervidus.</i> Ce feu est trop <i>ardent.</i> Une fièvre <pb n="323" facs="bpt6k8542165/f363/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>ardente,</i> est une fièvre fort violente. Il faut qu'un figuier soit exposé au soleil fort <i>ardent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2711" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARDENT, ENTE" />
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    <head>ARDENT, ENTE</head>
    <p>
    Miroir ardent , est un miroir concave, sphérique, ou parabolique, qui ramasse tous les rayons du soleil en un point, qu'on appelle <i>foyer,</i> où la chaleur devient si grande, qu'elle brûle. <i>Speculum quod adversum solis radits accenditur.</i> On a vû de si bons <i>miroirs ardens,</i> qu'ils fondoient &amp; calcinoient les métaux en deux minutes. Voyez <ref type="search" target="head:MIROIR">MIROIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2711" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARDENT, ENTE" />
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    <head>ARDENT, ENTE</head>
    <p>
    Ardent , signifie aussi, la couleur rousse, ou qui tire sur la couleur de flamme. <i>Fulvus.</i> Ce poil blond est trop <i>ardent.</i> Je veux un jaune plus pâle, celui-là est trop <i>ardent.</i> Il se dit particulièrement de certains chevaux, dont le poil tire sur la couleur de feu. C'est un cheval qui a le poil <i>ardent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2711" id="4" type="marine">
   <index type="head" value="ARDENT, ENTE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ARDENT, ENTE</head>
    <p>
    Ardent , se dit figurément en Morale, de tout ce qui se fait avec chaleur, avec passion, avec véhémence. <i>Ardens, fervens, acer.</i> Une dévotion <i>ardente.</i> Un zèle <i>ardent.</i> Un homme <i>ardent.</i> Un chien <i>ardent</i> à la chasse. L'amour des gens qui font profession de sagesse, est d'autant plus <i>ardent,</i> qu'il ne se dissipe par aucunes marques extérieures. Vill.</p><p>On le dit aussi absolument. Prenez ce Procureur, c'est un <i>ardent,</i> un affamé, qui est âpre au gain. Il se dit aussi en ce sens de la simple vivacité. C'est un esprit <i>ardent,</i> un ouvrage <i>ardent.</i> Le style de l'Historien doit être moins <i>ardent,</i> &amp; plus tempéré que celui de l'Orateur. Vall. Aristophane étoit naturellement bilieux &amp; <i>ardent.</i> Le Fevre. Valentinien étoit naturellement fort <i>ardent,</i> &amp; alloit à ses fins sans beaucoup de ménagemens. Flech. Un vaisseau <i>ardent,</i> en terme de Marine , est un vaisseau qui s'approche trop du vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2711" id="5" type="blason">
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    <head>ARDENT, ENTE</head>
    <p>
    Ardent , en termes de Blason , se dit d'un charbon allumé. <i>Candens, accensus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2712" id="1" type="chymie">
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    <head>ARDENT</head>
    <p>
    ARDENT , s. m. est un certain météore, ou feu-follet, formé de quelques exhalaisons grasses, qui s'élèvent &amp; s'enflamment dans les lieux marécageux. <i>Ignes nocte errantes.</i> Les Paysans disent que ce sont des enfans mort-nés, ou des faux bournoyeurs, &amp; en conçoivent des terreurs paniques &amp; ridicules. On les appelle en divers lieux, <i>Fuyrolles, Flammeroles, Flambarts,</i> ou <i>Follets.</i> Les Anciens, quand ils en voyoient deux ensemble, les appelloient <i>Castor &amp; Pollux,</i> &amp; ils les tenoient pour un heureux présage. Quand il n'en paroissoit qu'un, ils le nommoient <i>Helene,</i> &amp; le présage en étoit funeste, selon le témoignage de Pline.</p><p>En termes de Chymie , des esprits <i>ardens</i> sont les esprits qui étant tirés par la distillation d'un végétable fermenté, peuvent prendre feu &amp; brûler. Tels sont l'esprit de vin, l'eau de vie. Harris.</p><p>On appelle aussi <i>Ardens,</i> certains malades d'une fièvre ardente, qu'on nomme aussi <i>Feu-sacré.</i> C'étoit une espèce d'érésipèle. Ils ont donné lieu autrefois au miracle de Sainte Géneviève des <i>Ardens,</i> qui se fit sous Louis VII. vers l'an 1130. au lieu où est bâtie son Eglise proche Notre-Dame à Paris. La même maladie épidémique, ou une toute semblable, courut encore en France l'an 1374. &amp; fut nommée le mal des <i>Ardens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2713" id="1" type="">
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    <head>ARDENS</head>
    <p>
    ARDENS , s. m. &amp; pl. <i>Ardentes.</i> C'est le nom propre des Académiciens de Naples. Ce nom leur vient de leur de vise, qui est un autel sur lequel est un bucher, &amp; sur le bucher un taureau en pièces pour être brûlé en holocauste ; &amp; le feu du Ciel descend pour l'embraser ; le mot est , <i>Ce n'est que de-la</i> ; c'est-à-dire, Ce n'est que du Ciel que vient le feu qui nous embrase.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARDENS</head>
    <p>
    Ardent, ente . Ce mot se dit quelquefois de certaines chapelles où l'on brûle de l'huile, ou de la cire. Une chapelle <i>ardente.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARDENS</head>
    <p>
    Ardent, ente . Ce mot se dit encore d'une certaine Justice qui juge de certains criminels, &amp; signifie, Qui condamne au feu. Etablir une Chambre <i>ardente.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2714" id="1" type="">
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    <head>ARDEUR</head>
    <p>
    ARDEUR , s. f. Grande chaleur. <i>Ardor.</i> L'<i>ardeur</i> du feu est plus vive en hiver qu'en été. Les <i>ardeurs</i> du soleil sous la Ligne sont tempérées par les vents frais de la nuit. L'ardeur de sa fièvre diminue. On dit aussi, <i>Ardeur</i> d'urine, quand on sent de la cuisson en urinant. <i>Ardeur</i> du ventricule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2714" id="2" type="">
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    <head>ARDEUR</head>
    <p>
    Ardeur , se dit figurément en Morale, &amp; signifie, Passion, vivacité, emportement, fougue. <i>Ardor, fervor animi.</i> Il a marqué beaucoup d'<i>ardeur</i> pour les belles connoissances. Abl. Il faut aimer ses amis avec beaucoup d'<i>ardeur.</i> Mon <i>ardeur</i> me tient lieu de mérite. Sar. Son esprit n'a pas assez d'<i>ardeur</i> pour s'appliquer à la Poésie. Brébeuf, pour égaler l'<i>ardeur</i> de Lucain, s'est trop enflammé lui-même, &amp; il a surpassé la fougue de ce Poëte. S. Evr. Il a fait cela pendant l'ardeur du combat, de la colère, de la dispute, de la jeunesse. Ce cheval a trop d'<i>ardeur,</i> il s'emporte trop. <i>Ardeur</i> en général signifie un attachement, une passion amoureuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2715" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDILLON" />
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    <head>ARDILLON</head>
    <p>
    ARDILLON , s. m. Partie pointue d'une boucle, qui sert à arrêter les sangles, ou courroies qu'on passe dedans. <i>Fibula, fibulae claviculus.</i> On lui a donné son équipage complet ; il n'y manque pas un <i>ardillon.</i></p><p>Je crois que ce mot est dit comme <i>arguillon,</i> qui viendroit d'<i>argutus,</i> qui en Latin signifie <i>pointu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2716" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDOISE" />
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    <head>ARDOISE</head>
    <p>
    ARDOISE , s. f. Pierre bleue &amp; fossile, qui est tendre au sortir de la carrière, &amp; qu'on coupe en feuilles déliées pour faire des couvertures au lieu de tuiles. <i>Ardosia, cerulei lapidis sectiles laminae.</i> On en fait aussi des tables, &amp; d'autres ouvrages épais. Les <i>ardoises</i> d'Angers sont les plus fameuses : celles de Mezières sont plus tendres &amp; s'écaillent. La rousse noire est la plus estimée. La latte d'<i>ardoise</i> est beaucoup plus large que celle de la tuile. L'<i>ardoise</i> cartelette est la plus petite. On la taille quelquefois en écaille pour les dômes. L'<i>ardoise</i> dure se tire des côtes de Gènes : on en fait du carreau &amp; des tables. Les beaux bâtimens sont toujours couverts d'<i>ardoise.</i> Les Anciens n'ont point eu l'usage des <i>ardoises</i> ; ils couvroient leurs maisons de bardeau, ou d'aissi, comme on voit dans Pline. Philander dit que l'<i>ardoise</i> se coupe avec une scie dentée, &amp; que ce mot vient <i>ab ardendo</i>. Du Cange. Mais il y a plus d'apparence de dire qu'il est dérivé du Latin <i>Later Artesius</i>, du nom du pays d'où il est venu d'abord.</p><p>L'Ordonnance de la ville de Paris sur la moison des <i>ardoises</i> porte, qu'on n'en fera que de deux qualités ; savoir, de la quarrée forte, qui auta onze pouces de longueur, sur six ou sept pouces de largeur, &amp; deux lignes d'épaisseur ; &amp; de la quarrée fine, qui aura douze ou treize pouces de largeur, &amp; une ligne d'épaisseur, dont le millier fait quatre toises de couverture, en lui donnant trois pouces &amp; demi de pureau. Elle porte aussi, que la pierre dont ces <i>ardoises</i> seront faites, doit être retirée de la troisième foncière de chacune mine ou perrière, &amp; doit être de quartier fort &amp; sonnant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2717" id="1" type="">
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    <head>ARDOISIÈRE</head>
    <p>
    ARDOISIÈRE , s. f. Lieu d'où on tire l'ardoise. <i>Lapidicina Ardosiarum.</i> Les plus fameuses <i>ardoisières</i> sont celles d'Angers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2718" id="1" type="">
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    <head>ARDONES</head>
    <p>
    ARDONES . Selon Borel ce sont des eaux qui s'écoulent ès prez sans qu'on le voye. Ce mot vient d'. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2719" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDRE" />
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    <head>ARDRE</head>
    <p>
    ARDRE , v. act. Vieux mot François &amp; hors d'usage, qui signifioit autrefois, <i>brûler. Ardere.</i> Il y a long-temps qu'on fait <i>ardre</i> les Hérétiques &amp; les Sorciers. Les Anglois condamnèrent la Pucelle d'Orléans à être <i>arse</i> &amp; brûlée. On s'en peut encore servir quelquefois pour rire, &amp; dans le Burlesque, à l'exemple de Scarron, qui a dit, Que le feu de saint Antoine les <i>arde.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2720" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="ARDU, UE" />
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    <head>ARDU, UE</head>
    <p>
    ARDU, UE , adj. Terme dogmatique , dont on se sert quelquefois en parlant des entreprises &amp; des questions difficiles. <i>Arduus, difficilis.</i></p><p>Ce mot commence à vieillir, &amp; l'on ne peut s'en servir qu'en badinant ; encore n'est-il guère en usage qu'au féminin. C'est là une des plus <i>ardues</i> questions que j'aie jamais oui faire. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2721" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARDURE" />
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    <head>ARDURE</head>
    <p>
    ARDURE , s. f. Vieux mot, qui veut dire <i>colère.</i> Borel.</p><p>Borel ajoûte qu'il signifie aussi <i>amour,</i> &amp; il cite ces vers de Gautier d'Espinois sur l'Echo.</p><p>On pourroit dire que dans ces vers <i>ardure</i> veut dire <i>colère, indignation, dépit, amour.</i> Enfin Borel ajoûte que dans un troisième sens <i>ardure</i> signifie quelquefois <i>desir</i> ; &amp; il cite ces vers du Roman de la Rose,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2722" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARE" />
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    <head>ARE</head>
    <p>
    ARE , conjonct. &amp; adv. dont on se sert en Dauphiné pour signifier <i>Enfin,</i> &amp; <i>maintenant</i> ; d', qui signifie la même chose, &amp; qui souvent ne signifie rien, &amp; n'est qu'un ornement. Nos Paysans s'en servent aussi comme faisoient les Grecs, en des récits où il ne signifioit rien. Chorier, <i>Hist. de Dauph. Tom. I. Liv. II. pag.</i> 100. C'est ce qu'on appelle une particule explétive. C'est aussi une interjection fort en usage dans la haute Normandie, &amp; sur-tout à Rouen, où les Juifs l'ont portée : elle signifie <i>vois, vois-tu, voilà</i> ; de l'Hébreu rabbinique , <i>ecce.</i> Huet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2723" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AREA" />
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    <head>AREA</head>
    <p>
    AREA , s. f. Terme de Médecine . C'est une sorte de maladie qui fait tomber les cheveux. <i>Area</i> est une dépilation générique, qui renferme deux espèces, l'alopécie &amp; l'ophiasis. Degori.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2724" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARÉCA" />
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    <head>ARÉCA</head>
    <p>
    ARÉCA , s. m. Se prend pour le fruit d'un palmier qui porte ce même nom. Ce fruit s'appelle encore Faufel chez les Arabes. Il est d'un grand usage dans les Indes Orientales. Linscot remarque que ce fruit varie ; qu'il est tantôt arrondi, quoique plat à sa base, tantôt un peu oblong ; &amp; qu'il s'en trouve une espèce menue, noire, très-dure, &amp; qui n'a presque point de goût. Rarement on nous apporte l'<i>aréca</i> dans ses enveloppes ; il est même si dur que nous aurions peine à concevoir qu'il peut être bon à manger, si toutes les relations ne nous l'assuroient. On dit communément une noix d'<i>aréca,</i> ce n'est cependant que la semence, ou l'amande, qui le plus souvent a la figure d'un moyen bouton de casaque, un peu plus conique, &amp; marbré en dedans de veines noires &amp; blanches, à peu près comme la noix muscade. Sa substance est si compacte qu'elle ressemble à de la corne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2724" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARÉCA" />
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    <head>ARÉCA</head>
    <p>
    Aréca , s. m. ou Faufel. s. m. <i>Palma arecifera.</i> C'est une espèce de palmier commun dans les Indes Orientales. Il ressemble au palmier coccotier, &amp; s'élève pareillement fort haut. Ses feuilles sont néanmoins plus étroites ; d'entre ses feuilles sort une masse longue &amp; qui termine sa tige. Les gaines qui renferment les fleurs &amp; les fruits sont faites en forme de nasselle, &amp; naissent des aisselles des feuilles. Lorsque ces gaines sont parvenues à un certain degré de maturité, elles s'ouvrent, &amp; laissent appercevoir dans leur intérieur un balai dont la plupart des brins, sur-tout ceux du milieu, sont chargés de jeunes fruits : ceux d'à côté qui sont les plus grêles, sont garnis de deux rangs de fleurs qui ressemblent à des épis. Chaque fleur est composée de trois petites pétales blanchâtres, anguleuses, pointues, &amp; de six étamines jaunes. Trois filets d'un jaune plus pâle forment le pistile. Le fruit jeune est oblong, anguleux, blanchâtre &amp; luisant ; il devient ensuite jaunâtre ; &amp; lorsqu'il a acquis une certaine maturité, il n'est plus si anguleux, ni si pointu à son extrémité. Son écorce devient ferme, serrée &amp; épaisse ; sa pulpe est d'un roux tirant sur le rouge, tendre &amp; astringente au goût ; son amande est blanche. C'est dans cet état qu'on la mange avec les feuilles de bétel ; car pour lors il est plus plein de jus, &amp; il teint en rouge la bouche &amp; la salive. Rien n'est plus ordinaire dans les Indes, que de mâcher de l'<i>aréca</i> &amp; du bétel. Les Indiens croient que cette feuille &amp; ce fruit mêlés ensemble empêchent la puanteur de la bouche : quelquefois ils frottent les feuilles de bétel avec la chaux des coquilles. Ils composent aussi des pastilles avec la noix d'<i>aréca,</i> le suc de cate, le camphre, le bois d'aloé &amp; l'ambre. Il y a beaucoup d'apparence que ce que nous nommons cachou, <i>catechu, terra Japonica,</i> est une préparation ou un mélange de noix d'<i>aréca,</i> du suc de cate, ou <i>lycium In dicum,</i> avec quelque chaux de coquille. Ce mélange cuit en morceaux de différente figure &amp; grosseur, nous est apporté des Indes Orientales. On s'en sert en Europe pour arrêter les diarrhées, les vomissemens, pour empêcher le progrès des fluxions commençantes. Voyez <ref type="search" target="head:Acosta">Acosta</ref>. Il y a dans l'<i>Hortus Malabaricus</i> vol. 1er, une bonne figure de l'<i>aréca</i> sous le nom de Caunga.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2725" id="1" type="">
   <index type="head" value="AREGER" />
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    <head>AREGER</head>
    <p>
    AREGER . Vieux mot, qui veut dire, s'arranger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2726" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARÈGLE" />
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    <head>ARÈGLE</head>
    <p>
    ARÈGLE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Agraeculus.</i> Ce fut l'an 532. qu'Agricole ou Agrécule, comme l'appelle Grégoire de Tours, ou S. <i>Arègle,</i> fut élevé sur le Siége Episcopal de Châlons sur Saone. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2727" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARÉLATIN, INE" />
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    <head>ARÉLATIN, INE</head>
    <p>
    ARÉLATIN, INE , s. m. &amp; f. L'<i>Histoire de Provence</i> par Nostradamus appelle <i>Arélatins</i> ceux du Royaume d'Arles, ou du Pays d'Arles. <i>Arelas, atis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2728" id="1" type="philosophie hermetique">
   <index type="head" value="ARENA" />
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    <head>ARENA</head>
    <p>
    ARENA , s. f. Terme de Philosophie Hermétique . <i>Arena.</i> C'est la terre noire, du noir très-noir, qu'il faut blanchir, autrement dite Laiton. C'est encore le corps pur &amp; net.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2729" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARENAGE" />
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    <head>ARENAGE</head>
    <p>
    ARENAGE , s. m. Ancien droit que payoient les Bretons à leurs Ducs &amp; Seigneurs. Voyez le P. Lobineau <i>Histoire de Bretagne,</i> Tom. I. pag. 200.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2730" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARÈNE" />
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    <head>ARÈNE</head>
    <p>
    ARÈNE , s. f. Sable menu &amp; mouvant. <i>Arena.</i> Il se dit particulièrement des sables de la mer, des rivières, &amp; des grands chemins. Ecrire sur l'<i>arène,</i> se dit de ce qu'on écrit, &amp; qui ne sera pas de durée. Bâtir sur l'<i>arène,</i> c'est bâtir imprudemment sur un fond mal assuré, sur le sable mouvant. Cela se dit aussi au figuré de tous les desseins &amp; entreprises qui n'ont pas un fondement solide.</p><p>Ce mot n'est point en usage dans la Prose, mais seulement dans la Poësie.</p><p>On appelle aussi <i>Arènes,</i> les Cirques, les Amphithéatres où se faisoient les combats des Gladiateurs. En particulier l'<i>Arène</i> étoit le champ du milieu. Végèce Liv. I. ch. 11. distingue l'<i>Arène,</i> &amp; le champ, <i>campus.</i> L'<i>Arène</i> étoit pour les Gladiateurs, ce que l'on appelloit <i>campus,</i> par rapport aux soldats &amp; aux armées, c'est-à-dire, le lieu où ils se battoient ; &amp; celui qui se battoit dans l'<i>Arène</i> s'appelloit <i>Arenarius.</i> Néron obligea les Chevaliers Romains à descendre dans l'<i>Arene.</i> Ablanc. C'est de-là qu'est venu le proverbe Latin, <i>Consilium in arena</i> ; c'est-à-dire, un conseil pris sur le champ, &amp; sur le lieu du combat.</p><p>Ce nom vient du Latin <i>arena,</i> sable ; &amp; fut donné au lieu où combattoient le Gladiateurs, parce qu'il étoit sablé, ou couvert de sable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2730" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARÈNE" />
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    <head>ARÈNE</head>
    <p>
    Arène . On appelle de ce nom, un Amphithéatre que les Romains bâtirent à Nîmes, &amp; qui est un de ceux qui se sont le mieux conservés. Il est encore presque tout entier. On y voit un château que les Goths y construisirent l'an 420. &amp; qu'on appelle le château des <i>Arènes.</i> Antiq. de Nismes. Il est encore fait mention dans les anciennes Histoires des <i>Arènes</i> de Reims, des <i>Arènes</i> de Périgueux, des <i>Arènes</i> de Paris, qui étoient devant Saint Victor. Ce nom subsiste de même dans quelques autres villes de France, comme à Bourges, où l'on appelle encore la rue des <i>Arènes,</i> celle qui conduisoit aux <i>Arènes,</i> qui subsistoient il n'y a pas encore bien du temps, &amp; que l'on a comblées pour faire la place que l'on nomme Ducale, ou Bourbon, &amp; où se tient le marché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2730" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARÈNE" />
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    <head>ARÈNE</head>
    <p>
    Arène , se dit métaphoriquement des exercices de l'esprit, sur-tout en vers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2731" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ARÉNER" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>ARÉNER</head>
    <p>
    ARÉNER , v. pass. Terme d'Architecture . Baisser, s'affaisser par trop de pesanteur. <i>Deprimere.</i> Ce plancher est <i>aréné.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2732" id="1" type="">
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    <head>ARÉNEUX, EUSE</head>
    <p>
    ARÉNEUX, EUSE . adj. Terme poëtique, pour signifier sablonneux, rempli de sable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2733" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ARÉOLE" />
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    <head>ARÉOLE</head>
    <p>
    ARÉOLE , s. f. <i>Areola.</i> Terme d'Anatomie . Le mammelon est environné d'un cercle qu'on appelle <i>Aréole.</i> Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2734" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARÉOPAGE" />
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    <head>ARÉOPAGE</head>
    <p>
    ARÉOPAGE , s. m. Tribunal des Athéniens. <i>Areopagus.</i> Quelques-uns disent que c'étoit une espèce de Palais, situé sut une colline dans la ville d'Athènes, &amp; que c'étoit dans ce Palais que le Sénat de cette fameuse ville s'assembloit. C'est l'idée qu'Hésychius en donne. D'autres appellent <i>Aréopage,</i> non seulement le Palais où s'assembloient les Areopagites, mais un fauxbourg tout entier d'Athènes, ou la colline sur laquelle étoit placé ce Palais. Le nom <i>Aréopage</i> semble favoriser cette opinion. Car il signifie proprement la colline de Mars, ou le rocher de Mars, , <i>colline, rocher,</i> &amp; , qui appartient à Mars. On dit qu'il fut ainsi nommé, soit parce que l'<i>Aréopage</i> étoit situé dans un petit bourg où il y avoit un Temple de Mars ; soit parce que la première cause qui y fut plaidée, fut celle de ce Dieu, accusé d'avoir tué Neptune, ou bien parce qu'il y condamna Mars d'adultère. L'Auteur des étymologies dit, parce que les Amazones filles de Mars campèrent là ; Aeschyle, dans ses Euménides v. 690. parce que les Amazones portées sur cette colline, immolèrent à Mars un grand nombre de victimes. Ce Poëte paroît ignorer, ou ne pas croire tout ce que Pausanias Liv. I. Libanius <i>orat.</i> 22. <i>&amp;</i> 23. Servius <i>in Virg. Georg. Lib. I. v.</i> 18. rapportent du procès de Mars &amp; de Neptune. Il conte qu'après la guerre de Troye l'<i>Aréopage</i> prononça son premier arrêt contre Oreste. Mais Appollodore Liv. III. monte plus haut, &amp; veut que cet illustre Sénat ait banni à perpétuité Céphale, pour avoir tué malheureusement sa femme d'un coup de flèche. Tourr. Cette Justice étoit en grande réputation chez les Grecs. Les Romains eux-mêmes en avoient une si haute opinion, qu'ils renvoyoient beaucoup de causes ambiguës à sa décision : L'Histoire vante en mille endroits l'integrité de ceux qui composoient cet auguste &amp; fameux tribunal.</p><p>Les Auteurs ne conviennent pas du nombre des Juges. Les uns en comptent 31. les autres 51. &amp; d'autres jusqu'à 500. Il paroît que le nombre n'en étoit pas fixé, &amp; qu'il étoit plus ou moins grand chaque année. Une inscription Grecque rapportée par Volaterran, marque qu'ils étoient 300. ce qui doit s'entendre de l'année que cette inscription fut faite. D'abord cet auguste Tribunal ne fut composé que de neuf Archontes sortis de charge. Leur salaire étoit égal, &amp; payé des deniers de la République. On donnoit à chacun d'eux trois oboles pour une cause. La Guill. Les Aréopagites étoient Juges perpétuels. Ils ne jugeoient que la nuit afin d'avoir l'esprit plus recueilli, &amp; plus attentif, &amp; qu'aucun objet de haine, ou de pitié, ne pût surprendre leur religion. Ils ne jugeoient d'abord que des causes criminelles. Ils eurent ensuite une Jurisdiction plus étendue ; cependant ils ne faisoient proprement que débrouiller les affaires d'Etat.</p><p>Mr Spon, qui étoit à Athènes, en 1676. &amp; qui examina les restes de cette fameuse ville, &amp; en particulier de l'<i>Aréopage,</i> dit dans le second Tome de ses voyages, que l'on voit encore les restes de l'<i>Aréopage</i> au Midi du temple de Thésée, qui étoit autrefois au milieu de la ville, &amp; qui est aujourd'hui hors des murs. On voit les fondemens de l'<i>Aréopage</i> en demi cercle, &amp; une esplanade de 140. pas environ, qui étoit proprement la salle de l'<i>Aréopage.</i> Il y a un tribunal taillé au milieu du roc, &amp; des siéges aux deux côtés, sur lesquels les <i>Aréopagites</i> prenoient séance, exposés à l'air. Assez près sont des grottes dans le roc, que l'on conjecture avoir servi de prison pour enfermer les criminels. Voyez les voyages de M. Spon, Tome II. &amp; Meursius, <i>de Senatu Areopag.</i> Tacite, Annal. Liv. II. ch. 55. l'appelle <i>Areum Judicium,</i> Jugement de Mars, &amp; Juvenal Sat. IX. v. 101. <i>Martis Curia,</i> la Cour de Mars. Voyez sur l'<i>Aréopage</i> &amp; les Aréopagites le P. Salien dans ses Annales à l'année 2538. S. Aug. <i>De Civ. Lib. XVIII. cap.</i> 10. &amp; les Notes de Vivez. Pollux Liv. VIII. Isid. Pelus. <i>Lib. II. ep.</i> 91. Sam. Petit <i>Leges Attic.</i> sur-tout Liv. III. Tit. 2. Meursius déja cité, &amp; Vossius <i>Areopag.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2735" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARÉOPAGITE" />
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    <head>ARÉOPAGITE</head>
    <p>
    ARÉOPAGITE , s. m. Sénateur, Juge de l'Aréopage. <i>Areopagita.</i> Solon établit le premier les <i>Aréopagites.</i> D'autres pretendent que les <i>Aréopagites</i> furent établis du vivant de Cécrops, l'année que mourut Aaron, qui fut l'an du monde 2553. que Solon ne fit que mettre des règlemens dans l'Aréopage, &amp; lui donner de la considération ; ou plutôt, que Draco l'ayant aboli, Solon le rétablit.</p><p>Au reste, Démosthène lui-même, dans sa harangue contre Aristocrate, déclare, qu'il ne voit pas clair dans l'origine de l'Aréopage, &amp; dit, <i>Les Instituteurs de ce Tribunal, quels qu'ils soient, ou Dieux, ou Héros.</i> Ainsi ce que l'on en dit ne doit point passer pour certain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2736" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARÉOPAGITIQUE" />
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    <head>ARÉOPAGITIQUE</head>
    <p>
    ARÉOPAGITIQUE . <i>Areopagitica Hilduini.</i> On appelle les <i>Aréopagitiques d'Hilduin,</i> une Histoire de Saint Denys qu'Hilduin, Abbé de Saint Denys, composa au IXe siècle par ordre de Louis le Débonnaire, dans laquelle il soutient que le premier Evêque de Paris, est le même que Saint Denys l'Aréopagite, &amp; où il le fait aussi Auteur des écrits attribués à S. Denys l'Aréopagite. Les <i>Aréopagitiques</i> d'Hilduin ont été imprimés à Cologne en 1563.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2737" id="1" type="fortification">
   <index type="head" value="AREOTECTONIQUE" />
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    <head>AREOTECTONIQUE</head>
    <p>
    AREOTECTONIQUE , subst. fém. Terme de Fortification . Partie de l'Architecture militaire qui regarde l'attaque, &amp; le combat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2738" id="1" type="">
   <index type="head" value="AREOTIQUE" />
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    <head>AREOTIQUE</head>
    <p>
    AREOTIQUE , s. m. <i>Areoticus.</i> Médicament qui ouvre les pores, &amp; les rend plus larges, pour faciliter la transpiration.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2739" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARER" />
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    <head>ARER</head>
    <p>
    ARER , v. n. <i>Arare.</i> Terme de Marine . C'est Chasser sur les ancres. Ce qui se dit d'un vaisseau, quand il traîne l'ancre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2740" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARESCUEL" />
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    <head>ARESCUEL</head>
    <p>
    ARESCUEL , s. m. Vieux mot, qui signifie manche, <i>manubrium.</i> Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2741" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARESGNER" />
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    <head>ARESGNER</head>
    <p>
    ARESGNER , v. act. Vieux mot, qui veut dire <i>arrêter</i> un cheval par les rênes. Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2742" id="1" type="charpenterie">
   <index type="head" value="ARÊTE" />
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    <head>ARÊTE</head>
    <p>
    ARÊTE , s. f. La partie dure &amp; solide des poissons ordinaires, qui leur tient lieu d'ossemens, &amp; qui soutient leurs chairs. <i>Spina.</i> La Vive a une <i>arête</i> dont la piquûre est plus dangereuse que celle de quelque serpent que ce soit. Il n'y a point de poisson sans <i>arête.</i> Ménage dérive ce mot de <i>arista,</i> à cause de la ressemblance qu'il y a entre les épis &amp; les <i>arêtes</i> des poissons.</p><p>En termes de Charpenterie , on appelle du bois scié à vive <i>arête,</i> lorsqu'on en a ôté tout l'aubier, ou le bois blanc qui est aupres de l'écorce, &amp; que les angles de la pièce ouvragée sont de bois dur &amp; solide, &amp; bien marqués. <i>Siria.</i> On appelle aussi Vives <i>arêtes,</i> les angles vifs des pierres, &amp; des autres corps taillés en angle. On appelle aussi des voûtes en <i>arête,</i> les voûtes à ogives. <i>Camera sectis ac politis lapidibus decussata.</i> Les voûtes d'<i>arête</i> n'ont pas si grande poussée. <i>Arête</i> de lunette, c'est l'angle où une lunette se croise avec un berceau. L'<i>arête</i> d'une enclume, est le bord d'une enclume. L'<i>arête</i> d'une épée, est l'élévation qui règne le long de quelques lames d'épée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2742" id="2" type="botanique">
   <index type="head" value="ARÊTE" />
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    <head>ARÊTE</head>
    <p>
    Arête . Terme de Botanique employé pour exprimer cette partie animée &amp; pointue qui termine le fruit de quelques espèces de chiendent, ou qui termine leurs balles, qu'on doit regarder comme le calice des fleurs des plantes fromentacées. On dit <i>glumae aristatae,</i> des balles terminées par des <i>arêtes, arestae recurvae, arêtes</i> coudées. L'Aristoloche longue d'Amérique a un fruit divisé en six angles arrondis, dont le dos est surchargé d'une <i>arête</i> ronde &amp; élevée. P. Plum.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2742" id="3" type="orfevre">
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    <head>ARÊTE</head>
    <p>
    Arête , est aussi un terme d'Orfèvre ; &amp; c'est la partie de la cuillier élevée sur le cuilleron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2742" id="4" type="">
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    <head>ARÊTE</head>
    <p>
    Arête , se dit encore des plats &amp; des assiettes ; &amp; c'est l'extrémité du bord du plat, &amp; de l'assiette du côté du fond.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2742" id="5" type="manege">
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    <head>ARÊTE</head>
    <p>
    Arêtes , en termes de Manége , ce sont des galles &amp; tumeurs qui viennent sur les nerfs des jambes de derrière d'un cheval, entre le jarret, &amp; le paturon. On appelle aussi <i>Arêtes,</i> les queues des chevaux dégarnies de poil, qu'on appelle <i>queues de rat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2743" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARETHUSE" />
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    <head>ARETHUSE</head>
    <p>
    ARETHUSE , s. f. <i>Arethusa.</i> Fontaine de Sicile proche de Syracuse. Les Anciens ont cru que l'Alphée, fleuve du Péloponèse, passant sous la mer par des conduits souterrains, venoit sourdre en Sicile &amp; faire la fontaine <i>Aréthuse,</i> ou <pb n="326" facs="bpt6k8542165/f366/full/1200,/0/native.jpg"/>du moins mêler ses eaux avec elle ; &amp; Pline, Liv. II. ch. 103. dit que ce qu'on jette dans l'Alphée se retrouve dans la fontaine <i>Aréthuse.</i> C'est sur cela que les Poëtes ont fondé la fable de l'amour d'Alphée pour la Nymphe <i>Aréthuse,</i> &amp; de la métamorphose de la Nymphe en fontaine. Bochart, Phaleg. Liv. I. ch. 28. croit que ce nom est Phénicien, qu'il vient d', <i>arith,</i> qui signifie un ruisseau, un étang ; que cette fontaine s'est aussi appellée <i>En Alphia,</i> la fontaine des navires, parce que les vaisseaux y alloient faire de l'eau, ou ; <i>En Alphia,</i> la fontaine des saules, parce qu'elle en étoit peut-être entourée, &amp; que la ressemblance du nom <i>Alphia,</i> ou <i>Halphia,</i> avec Alphée, avoit donné lieu à l'opinion que nous avons rapportée. Voyez Pline, Mela, Solin, Cluvier <i>De Sic. Ant. p.</i> 156. Bochart cité.</p><p>Il y a encore du même nom une fontaine proche de Smirne, une dans l'Eubée, une dans Itaque, dont parle Homère, &amp; une dans la Béotie proche de Thèbes ; un lac en Arménie, &amp; deux Villes, l'une en Syrie &amp; l'autre dans la Macédoine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2744" id="1" type="charpentier">
   <index type="head" value="ARÊTIER" />
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    <head>ARÊTIER</head>
    <p>
    ARÊTIER , s. m. Terme de Charpentier. C'est une pièce de bois qui forme l'arête ou l'angle des couvertures qui sont en croupe ou en pavillon. On appelle <i>arêtières</i> les enduits de plâtre, ou de mortier, qu'ils mettent sur la couverture d'un pavillon aux endroits où sont les <i>arêtiers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2745" id="1" type="">
   <index type="head" value="AREY" />
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    <head>AREY</head>
    <p>
    AREY , s. m. Nom propre d'homme. <i>Aregius, Arigius, Aredius, Aridius.</i> S. Arige, ou <i>Arey,</i> Evêque de Gap. Il y a un S. <i>Arey,</i> Evêque de Nevers, mais que nous n'appellons point <i>Arige.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2746" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGA" />
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    <head>ARGA</head>
    <p>
    ARGA . Fruit d'un arbre qui croît en Afrique, &amp; qui est plein d'épines. Ce fruit est gros comme les olives. Les Africains en font une huile, dont l'odeur est fort mauvaise, &amp; dont ils se servent néanmoins, non-seulement pour brûler, mais pour manger. <i>Jean Leon l'Africain, Descript. de l'Af. P. II.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2747" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARGANEAU" />
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    <head>ARGANEAU</head>
    <p>
    ARGANEAU , s. m. Terme de Marine . C'est un gros anneau de fer où on attache des manoeuvres &amp; des cordages. <i>Annulus crassior.</i> Il y a des <i>arganeaux</i> aux platbords, aux batteries, aux ancres, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2747" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARGANEAU" />
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    <head>ARGANEAU</head>
    <p>
    Arganeau , est aussi une petite chaîne que l'on met aux Galériens, seulement pour la forme, &amp; qu'on appelle autrement, <i>Alganon. Catenula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2748" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGATA" />
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    <head>ARGATA</head>
    <p>
    ARGATA . Les Chevaliers de l'<i>Argata,</i> c'est-à-dire, du <i>Devidoir.</i> Bernardo Giustiniani, <i>Hist. di tutti gl'Ord. Milit.</i> Ch. 62. les compte parmi les Ordres Militaires ; mais ce ne fut qu'une compagnie de quelques Gentilshommes du quartier de la porte neuve à Naples, qui en 1388. se joignirent ensemble pour défendre le port de cette ville en faveur de Louis d'Anjou, contre les vaisseaux &amp; les galères de la Reine Marguerite. Ils s'appellerent Chevaliers de l'<i>Argata,</i> c'est-à-dire, en Langage Napolitain, du Devidoir, parce qu'ils prirent pour marque de leur union la figure d'un devidoir, qu'ils portoient d'or en champ de gueules sur le bras, ou sur le côté gauche. Cette Compagnie ne dura qu'autant que le règne de Louis d'Anjou. Quelques-uns disent que par ce devidoir ils vouloient marquer que la conquête d'un Royaume se fait peu-à-peu, comme le fil se devide. D'autres croient plus vraisemblablement, à ce qu'il paroît à B. Giustiniani, que ce fut pour marquer le mépris qu'ils faisoient de la Reine &amp; du gouvernement d'une femme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2749" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGÉE" />
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    <head>ARGÉE</head>
    <p>
    ARGÉE , s. m. ou bien ARGÉES, pluriel. <i>Argaeus,</i> ou <i>Argeus ; Argei,</i> ou <i>Argea.</i> Figures de jonc que les Vestales jettoient tous les ans dans le Tibre le jour des Ides de Mai, c'est-à-dire, le 15e de ce mois. C'est Festus &amp; Varron qui nous apprennent cette cérémonie. Varron néanmoins dit, que c'étoient les Prêtres qui les jettoient, à moins qu'on ne veuille prendre le mot <i>Sacerdotibus,</i> dont il se sert au féminin, pour les Prêtresses. Il ajoûte qu'on jettoit trente de ces <i>Argées,</i> ou figures d'homme. Plutarque, dans ses Questions Romaines, demande pourquoi on appelloit ces figures <i>Argées ?</i> On en rapporte deux raisons ; la première, que c'est peut-être parce que les Barbares qui habitèrent ces lieux les premiers, jettoient dans le Tibre tous les Grecs qu'ils pouvoient trouver. Car on appelloit <i>Argiens</i> indifféremment tous les Grecs. Mais Hercule leur persuada de quitter une coutume si cruelle, &amp; pour se purger de ce crime, d'instituer des sacrifices, &amp; de jetter des figures d'hommes dans le Tibre au lieu d'hommes. La 2e est, qu'Evandre <i>Arcadien,</i> &amp; par conséquent ennemi des Argiens, pour perpétuer cette haine dans sa postérité, institua que l'on jetteroit des figures d'Argiens dans le fleuve. Voyez Plutarque au L. cité. Ovide, <i>Fast. L. V. v.</i> 625. &amp; Rosin. <i>Antiq. Rom. L. IV. C.</i> 9. Il y avoit aussi à Rome des lieux appellés <i>Arges,</i> &amp; des Pontifes <i>Argées, Pontifices Argei.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2750" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGEMONE" />
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    <head>ARGEMONE</head>
    <p>
    ARGEMONE , s. f. est une espèce de pavot sauvage, ainsi appellée, parce qu'elle est bonne pour guérir de petits ulcères des yeux, qu'on nomme <i>Argemon. Argemone, Argemonia.</i> Elle a les feuilles comme l'anémone, légèrement découpées. Ses fleurs sont rouges, &amp; semblables à celles du pavot sauvage. Ses têtes ressemblent aussi à celles du pavot rouge ; mais elles sont plus longues &amp; plus larges au-dessus. Sa racine est ronde &amp; jette un suc jaune, qui est acre, &amp; mordicant au goût. C'est l'<i>Argemon</i> de Dioscoride. Il y a d'autres espèces de pavot qu'on appelle de ce même nom. Quelques-unes ont les fleurs jaunes. Elle fleurit en Juin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2751" id="1" type="monnoie">
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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    ARGENT , s. m. Métal qui tient le second rang entre les métaux, qui est fort blanc, le plus dur &amp; le plus précieux après l'or. <i>Argentum.</i> L'<i>argent</i> au sortir des mines s'affine avec le mercure, ou le vif-argent. M. Humberg, dans l'Hist. de l'Acad. des Sciences an. 1709. dit, que le métal parfait n'est que du mercure très-pur, dont les petites boules ont été percées peu-à-peu de toutes parts par la matière de la lumière ; que les trous ou les pertuis qu'elle y a faits sont entièrement pleins de cette matière ; que ces pertuis sont si menus que la matière de la lumière qui s'y est introduite, y est restée attachée par son gluten naturel ; que les extrémités des pertuis d'une petite boule de mercure, touchant les extrémités de plusieurs autres boules de mercure, les attachent ensemble par la partie de la matière de la lumière qui se trouve aux extrémités des pertuis, qui se touchent immédiatement. Il conclut de-là, que l'or &amp; l'<i>argent</i> ne diffèrent que par le plus ou le moins des parties de la matière de la lumière, qui a pénétré plus ou moins profondément, &amp; en plus grande ou plus petite quantité les parties du mercure ; d'où il s'ensuit que l'argent peut, avec le temps, devenir or. Ce qu'il confirme par des expériences sur l'<i>argent,</i> dont il a tiré de l'or ; &amp; parce que dans les mines il se trouve quelquefois un or pâle, qui par quelques fontes se perfectionne &amp; vient en couleur. On a remarqué qu'on a tiré de l'<i>argent</i> des terres qui avoient été jettées à quartier, lorsqu'on avoit fait les ouvertures, &amp; les puits des mines, &amp; qu'il s'y en étoit formé de nouveau depuis ce temps-là. A Potosi on fit une Procession, où le chemin d'une Eglise à l'autre ayant été dépavé, on le répara avec des barres d'<i>argent,</i> dont tout le chemin fut couvert. Chaque barre d'<i>argent</i> est de 66. marcs. Il y a de l'<i>argent</i> monnoyé, &amp; non monnoyé. L'<i>argent</i> fin est au titre de 12. deniers, chacun de 24. grains ; chaque grain se divise en demi, en quarts, &amp; en huitièmes, &amp;c.</p><p>Les Orfèvres par l'Ordonnance ne peuvent travailler d'<i>argent</i> qu'au titre d'onze deniers, douze grains ; &amp; en ouvrages moulés, ils ont quatre grains de remède pour marc. Cet <i>argent</i> ainsi travaillé s'appelle <i>Argent le Roi,</i> qui est de 12. grains, ou d'une maille, ou obole moindre que l'<i>argent</i> fin, qui est à 12. deniers. <i>Argent le Roi,</i> ou <i>du Roi,</i> parce que nos Rois n'ayant aucune mine d'or ni d'argent en France, ont accordé quelque profit aux étrangers qui en apporteroient, en leur payant l'argent qui étoit à 11. deniers 12. grains, comme s'il eut été à 12. deniers ; ce qui se voit par un Extrait du Registre de la Chambre des Comptes cotté, <i>Noster, fol.</i> 205. Argent le Roi, <i>est &amp; doit estre à une maille</i> d'argent fin. <i>Car</i> argent fin <i>est à</i> 12. <i>den. d'aloy, &amp;</i> l'argent le Roi, <i>à</i> 11. <i>den. obole. Et si l'en dit telle monnoye est à</i> 8. <i>den. d'argent</i> le Roi, <i>si prend l'en</i> l'argent le Roi <i>à</i> 12. <i>den. &amp; le fin à</i> 12. <i>den. obole, &amp; vaut chacun denier</i> 24. <i>grains &amp;</i> 12. <i>grains obole ou maille ; ainsi ont porté chacun denier d'aloy</i> d'argent fin, <i>un grain en</i> argent <i>le Roi. Si comme qui diroit, cette monnoye est à</i> 4. <i>den.</i> d'argent fin, <i>c'est-à-dire,</i> qu'il est à 4. den. 4. grains d'argent le Roi, &amp; ainsi des autres. Boizard. Les gros tournois de saint Louïs étoient à 12. deniers d'<i>argent le Roi.</i></p><p><i>Argent trait,</i> est de l'<i>argent</i> passé par la filière, dont on fait des cordons d'<i>argent. Argentum ductile. Argent mat,</i> est celui qui n'est pas poli, ou bruni. <i>Argentum rasile, impolitum.</i> Il y a aussi <i>argent</i> filé. <i>Argentum ductum instamina. Argent</i> tissu, <i>textile, textum. Argent</i> en feuille. <i>In tenues ductum laminas, Bracteas, Bracteolas. Argent</i> battu. <i>Malleatum. Argent</i> en masse ou en billon. <i>Infectum. Argent</i> en coquille pour peindre ou argenter. <i>Mollitum, dilutum, liquatum. Argent</i> mis en pâte, par l'eau de depart, pour argenter, &amp;c. <i>Maceratum. Argent bas,</i> c'est celui qui n'est pas au titre requis. <i>Justo defectum pondere.</i></p><p><i>Argent de coupelle,</i> c'est l'<i>argent</i> le plus fin qui a passé par la coupelle, ou l'examen du feu, &amp; qui est ordinairement en grenaille. <i>Argentum purgatum, ustulatum.</i> On éprouve l'<i>argent</i> à la languette, avant que de le contremarquer du poinçon de la ville. Cette épreuve se fait par le feu sur un morceau de l'ouvrage qu'on y laisse exprès, qui est hors d'oeuvre.</p><p><i>Argent en bain,</i> c'est en terme de Monnoie ; de l'<i>argent</i> entièrement fondu. <i>Et de l'argent en pâte,</i> c'est quand il est prêt à fondre.</p><p><i>Argent faux,</i> c'est du fil de cuivre rouge argenté &amp; tiré à la filière. Boizard, <i>Traité des Monnoies,</i> P. I. c. 28. décrit la manière dont on le tire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent , signifie aussi, tout métal monnoyé servant au trafic, &amp; à faire des payemens. <i>Pecunia, nummi.</i> On a payé cette terre <i>argent</i> comptant. Les Banquiers ont tout leur bien en <i>argent,</i> &amp; à intérêt. On est comptable quand on a manié l'<i>argent</i> du Roi, pour dire, les deniers du Roi. Cette dot a été payée <i>argent</i> bas, ou <i>argent</i> sec, c'est-à-dire, <i>argent</i> comptant, &amp; en bonne monnoie. On dit aussi, de tous les meubles &amp; effets qui ne portent point de profit, ni de revenu, que c'est de l'<i>argent</i> mort ; &amp; on appelle <i>argent</i> mignon, celui qui est superflu, &amp; qui n'est point destiné à la dépense, mais qu'on réserve pour ses plaisirs. Autrefois chacun gardoit son <i>argent</i> en masse, &amp; ne le faisoit convertir en monnoie que selon le besoin : c'est pourquoi, jusqu'au règne de Philippe le Bel, rien n'est plus fréquent que les amendes de livres ou de marcs d'or ou d'<i>argent.</i></p><p>On appelle plus particulièrement <i>argent,</i> ou <i>argent</i> blanc, la monnoie qui est faite effectivement d'<i>argent.</i> Il a fait ce payement tout en <i>argent,</i> il n'y avoit que des écus blancs. La monnoie d'<i>argent</i> a été en usage dès les premiers temps parmi les Hébreux, comme il paroît par la Genèse XXIII. 15. 16. &amp;c. Elle l'étoit dans le même-temps en Egypte &amp; dans la terre de Chanaan. C'est Lysandre qui l'introduisit à Sparte vers la 9e. Olympiade, &amp; l'an de Rome 330. On n'en frappa à Rome que 5. ans avant la première guerre Punique, l'an 585. de Rome.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent , s'emploie aussi quelquefois pour signifier l'intérêt &amp; le bien des particuliers, &amp; en général tout ce en quoi consistent les biens &amp; les richesses des hommes. Il y a des gens à qui l'<i>argent</i> tient lieu de tout : c'est leur idole. La plupart des femmes aiment encore plus l'<i>argent</i> que leurs Amans. Selon Bacon, Grand Chancelier d'Angleterre, &amp; un des plus grands génies de son siècle, l'<i>argent</i> est un bon serviteur, &amp; un méchant maître. <i>Pensées ingénieuses.</i> Est-il quelque talent que l'<i>argent</i> ne lui donne ? Boil. Pour dire, manque-t-on d'esprit, de savoir, de noblesse, quand on a beaucoup de bien.</p><p>On appelle un homme à <i>argent,</i> ou âpre à l'<i>argent,</i> un avare sujet à se laisser corrompre par <i>argent.</i> On lui a donné une pièce d'<i>argent</i> ; pour dire, on l'a contenté de peu de chose. On dit qu'un homme fait tout à graisse d'<i>argent</i> ; pour dire, qu'il achète les choses plus qu'elles ne valent. On appelle de l'<i>argent</i> en barre, une marchandise de bon débit, dont on fait de l'<i>argent</i> quand on veut. On appelle un bourreau d'<i>argent,</i> un mauvais ménager, qui jette l'<i>argent</i> à poignées. On dit qu'un homme est tout cousu d'<i>argent</i> ; pour dire, qu'il est fort riche. Faire de l'<i>argent,</i> c'est vendre quelque chose pour avoir de l'<i>argent.</i> Il fait <i>argent de tout.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent , se dit quelquefois de la couleur blanche &amp; éclatante ; mais c'est seulement en Poësie. Ainsi les Poëtes disent que la lune paroît sur un char d'<i>argent. Argenteus.</i> Qu'un clair ruisseau est de l'<i>argent</i> liquide, qu'il roule ses flots d'<i>argent</i> sur les cailloux. Les Muses ont quitté les fleurs de leur montagne, &amp; l'<i>argent</i> de leur onde. Main. Quelquefois ils emploient ce mot d'<i>argent</i> absolument pour signifier une eau belle, claire &amp; nette.</p><p>L'Argent, en termes de Blason , signifie le blanc, &amp; se représente par un Ecu tout uni sans aucunes hachures. Il est le symbole de la justice, de la pureté, de l'innocence, de la chasteté, de l'humilité, de la beauté, de la victoire, de la félicité, &amp;c. Il portoit d'<i>argent</i> à trois pals de gueules.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    l'Argent , en termes de Chymie , s'appelle <i>Lune,</i> &amp; souffre diverses préparations. On tire une teinture d'<i>argent</i> ou de <i>lune,</i> quand on le fait dissoudre en grenailles ou petites lames dans de l'esprit de nitre, &amp; qu'on verse cette dissolution dans un autre vaisseau, où on a mis de l'eau salée. Par ce moyen l'<i>argent</i> se précipite aussi-tôt en poudre très-blanche, qu'on lave plusieurs fois avec de l'eau de fontaine. On met cette poudre dans un matras ; on verse dessus du sel volatil d'urine, &amp; de l'esprit de vin rectifié : on laisse digérer cette matière à quelque chaleur douce l'espace de quinze jours, pendant lesquels l'esprit de vin se colore d'un beau bleu céleste, &amp; on l'emploie à plusieurs remèdes. On l'appelle aussi, <i>Lune potable.</i> On le convertit encore en cristaux, qu'on appelle <i>Vitriol de lune,</i> par le même esprit de nitre. La <i>lune caustique,</i> autrement <i>Pierre infernale,</i> est de l'<i>argent</i> dissous en eau-forte, qu'on laissé cristaliser.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent , se dit proverbialement en ces phrases. <i>Argent</i> comptant porte médecine. Ses promesses ne sont pas de l'<i>argent.</i> Jouer bon jeu bon <i>argent</i> ; pour dire, sérieusement &amp; loyalement. On dit d'un homme crédule, qu'il prend tout ce qu'on lui dit pour <i>argent</i> comptant. On dit que le terme vaut l'<i>argent,</i> quand on menace d'une chose qui ne doit arriver de long-temps. On dit, c'est de l'<i>argent</i> en barre, pour dire, que ce que l'on donne est sûr, &amp; vaut autant que de l'<i>argent.</i> On dit qu'un homme veut avoir le drap &amp; l'<i>argent</i> ; pour dire, que c'est un Arabe, qui veut profiter de deux côtés. On dit des gens en faveur, qu'ils peuvent bien se divertir, qu'ils ont le temps &amp; l'<i>argent.</i> On dit aussi, que l'<i>argent</i> est le nerf de la guerre. Point d'<i>argent,</i> point de Suisses ; pour dire, qu'on ne donne rien pour rien. Qui a de l'<i>argent,</i> a des pirouettes. On dit aussi, pour louer quelqu'un, qu'il vaut beaucoup d'<i>argent,</i> qu'il vaut trop d'<i>argent</i> : qu'il ne prend point d'<i>argent</i> de tout ce qu'il dit ; pour dire, qu'il dit facilement &amp; agréablement toutes choses. On dit au jeu, <i>argent</i> sous corde ; pour dire, jouer <i>argent</i> comptant : ce qui vient de ce que, quand on joue à la paume, les joueurs mettent ordinairement l'<i>argent</i> qu'ils jouent, sous la corde du jeu de paume. Tout cela est bel &amp; bon, mais l'<i>argent</i> vaut mieux. On dit, il est chargé d'<i>argent</i> comme un crapaud de plumes ; pour dire, qu'il manque d'<i>argent.</i> On dit aussi, qu'un homme met du bon <i>argent</i> avec du mauvais, lorsqu'il fait bien des frais pour plaider contre un insolvable.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent , dit de Rochefort, vient du mot Hébreu <i>agarach,</i> qui signifie toute sorte de monnoie. Mais 1°. il falloit dire <i>agurach,</i> &amp; non pas <i>agarach.</i> 2°. <i>Argent</i> vient d'<i>argentum,</i> qui vient du Grec , qui peut-être vient d', <i>agurah,</i> nom Hébreu, qui signifie, non pas toute sorte de monnoie, mais une petite pièce de monnoie, &amp; la plus petite espèce qui fût en usage chez les Hébreux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent des Philosophes . Terme de la science Hermétique . <i>Argentum Philosophorum.</i> C'est la matrice propre à <pb n="328" facs="bpt6k8542165/f368/full/1200,/0/native.jpg"/>recevoir le sperme &amp; la teinture du Soleil. Philalethe l'appelle l'or blanc, qui est plus crud, &amp; qui est la semence féminine dans laquelle l'or meurt, autrement appellé le Laiton rouge, qui y jette la sienne pour produire l'hermaphrodite des Sages. En un mot, c'est le mercure des Philosophes. Quelquefois ils entendent aussi par <i>argent des Philosophes,</i> l'ouvrage de la pierre philosophale. Dict. Hermet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent-vif . Voyez MERCURE, c'est la même chose. <i>Hydrargyrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENT</head>
    <p>
    Argent-vif des Philosophes . Terme de l'art Hermétique . C'est la même chose qu'Argent des Philosophes. C'est le mercure, mais bien différent de l'argent-vif, qui est le mercure commun. Ce sont les Modernes qui l'appellent vif, parce qu'il est vivant, ou vivifié ; c'est la racine des métaux. Ils l'appellent <i>argent-vif,</i> parce qu'il est semblable au mercure minéral par sa couleur, sa vertu, &amp; ses propriétés ; car il est blanc, transparent, ou clair, froid, humide, volatile, &amp; coagulable. Ils le nomment autrement, esprit volatil, qui est la Lune au regard du Soleil ; ou, l'humidité radicale de la pierre. Ils disent, cuire l'<i>argent,</i> ou l'<i>argent-vif des Philosophes</i> ; c'est-à-dire, cuire le mercure philosophal ; ou cuire l'ouvrage au blanc pour aller au rouge. L'<i>argent-vif des Philosophes</i> exhalé, c'est l'ouvrage de la pierre philosophale, lorsqu'il n'y a plus de noirceur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTER</head>
    <p>
    ARGENTER , v. act. Colorer ou couvrir d'argent. <i>Argento obducere.</i> Il a fait <i>argenter</i> la bordure de ses tableaux, son miroir, sa table ; pour dire, qu'on y a mis des feuilles, ou des lames d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTER</head>
    <p>
    Argenté, ée , part. pass. &amp; adj. Qui est couvert d'argent. <i>Argentatus. Inargentatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTER</head>
    <p>
    Argente, ée , adj. Qui est de la couleur de l'argent, ou qui est d'une couleur approchante. <i>Argenteus.</i> Rivières, louez Dieu qui préside à vos flots <i>argentes.</i> God. Ce mot n'est guère mis en usage que par les Poëtes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTERIE</head>
    <p>
    ARGENTERIE , s. f. Vaisselle, ou ustensiles d'argent. <i>Vasa argentea, argentum.</i> Ce Financier a pour 10000. écus d'<i>argenterie.</i></p><p>On appelle dans les Paroisses l'<i>argenterie,</i> la croix, le benitier, &amp; les chandeliers d'argent qu'on porte aux enterremens. Il a fallu payer six écus pour avoir l'<i>argenterie</i> de la Paroisse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTERIE</head>
    <p>
    l'Argenterie , chez le Roi, est un fonds qu'on fait tous les ans pour quelques dépenses extraordinaires ; comme pour les habits des balets &amp; autres fètes. <i>Pecunia annua sumptibus extraordinariis addicta.</i> Il y a deux Contrôleurs &amp; deux Trésoriers qu'on appelle Officiers de l'<i>Argenterie.</i> A l'égard de la vaisselle d'argent, elle est à la charge du Garde-meuble.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTEUX, EUSE</head>
    <p>
    ARGENTEUX, EUSE , adj. se dit des gens accommodés, &amp; qui ont de l'argent mignon. <i>Pecuniosus.</i> Il est peu en usage, si ce n'est parmi le petit Peuple.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTIER</head>
    <p>
    ARGENTIER , s. m. Officier d'un Prince, ou Seigneur, qui recoit l'argent du Trésorier pour le donner au Maître d'Hôtel, &amp; fournir aux menues dépenses de la maison. <i>Quaestor aerarii levioribus regiae domûs impensis addicti.</i> Une manière d'honnête homme, soi disant <i>Argentier</i> du Maréchal de Schomberg. Bussi. Jacques Cueur étoit <i>Argentier</i> du Roi Charles VII.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTIER</head>
    <p>
    Argentier , chez le Roi, est celui qui manie les deniers destinés pour les habits de la personne du Roi, &amp; pour les ornemens de sa Chambre ou Garderobe, qu'on appelle plus ordinairement, <i>Trésorier de l'argenterie.</i></p><p>En plusieurs lieux, &amp; entr'autres à Caen, les Orsèvres sont appellés <i>Argentiers. Argentarii.</i> Les Latins appelloient de ce nom, les Receveurs du revenu des plus riches familles de Rome. Ils nommoient encore ainsi les Banquiers ; &amp; même dans les vieux titres on donne ce nom aux Changeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2756" id="1" type="fleuriste">
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    <head>ARGENTIER</head>
    <p>
    ARGENTIER , s. m. Terme de Fleuriste . Tulipe pourpre, colombin &amp; blanc ; printannière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2757" id="1" type="alchymie & de philosophie hermetique">
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    <head>ARGENTIFIQUE</head>
    <p>
    ARGENTIFIQUE , adj. m. &amp; f. Terme d'Alchymie &amp; de Philosophie hermétique . Qui fait de l'argent, qui a la vertu de faire de l'argent, de changer en argent. <i>Argentificus,</i> . Le sel <i>argentifique.</i> A la fin du <i>Dictionnaire hermétique,</i> imprimé chez d'Hourry en 1695. il y a deux Traités, dont un est intitulé, de la droite &amp; vraie manière de produire la Pierre Philosophique, ou le sel <i>argentifique</i> &amp; aurifique.</p><p>Ce mot vient d'<i>argentum</i>, argent, &amp; <i>facio</i>, je fais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2758" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGENTIN, INE" />
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    <head>ARGENTIN, INE</head>
    <p>
    ARGENTIN, INE , adj. Qui a le son clair &amp; aigu, comme s'il étoit d'argent. <i>Argenteus.</i> Une voix <i>argentine.</i> Ce timbre a un son <i>argentin.</i></p><p>Il se prend aussi, sur-tout en Poësie, pour quelque chose de blanc &amp; d'approchant de la couleur de l'argent. Source <i>argentine.</i> God.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2758" id="2" type="">
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    <head>ARGENTIN, INE</head>
    <p>
    Argentin , s. m. <i>Argentinus.</i> Nom propre d'un Dieu des Payens. C'étoit lui qui présidoit à la monnoie d'argent ; il étoit fils d'Aesculon, qui présidoit à la monnoie de cuivre. Cela veut dire que l'usage de la monnoie d'argent n'étoit venu qu'après celle de cuivre. S. Augustin parle de ces Dieux, <i>L. IV. de Civ. Dei, c.</i> 21. Je m'étonne, dit ce Père, qu'on n'ait pas fait aussi un Dieu Aurin, fils du Dieu <i>argentin ;</i> car la monnoie d'or a suivi aussi celle d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTINE</head>
    <p>
    ARGENTINE , s. f. C'est une plante qui est ainsi appellée, parce que ses feuilles sont comme argentées. <i>Argentina.</i> Cette plante est à présent rangée sous le genre des <i>Pentaphylloides.</i> Sa racine est menue, brune extérieurement, quelquefois fibreuse, traçante, &amp; astringente au goût. Elle donne plusieurs feuilles découpées jusqu'à sa côte en plusieurs segmens longs, étroits, profondément dentelés ; entre celles-ci sont placées de plus petites arrondies &amp; crénelées sur leurs bords. On peut comparer ces feuilles à celles de l'Aigremoine. Elles sont cependant plus molles &amp; argentées de deux côtés. Il se trouve des pieds dont le feuilles sont d'un verd gai. Les tiges qui sortent de la racine s'étendent çà &amp; là, &amp; prennent racine comme les branches du Fraisier. Des aisselles des feuilles s'élève un pédicule le plus souvent nud, velu, grêle, long de trois ou quatre pouces, &amp; qui porte à son extrémité une fleur jaune à cinq pétales, soutenues par un calice velu, découpé en dix parties. Le calice, après que les pétales de la fleur sont tombées, sert d'enveloppe à un amas de semences menues ramassées en tête. Le vulgaire la nomme herbe aux oies, <i>anserina herba,</i> soit parce qu'on prétend que les oies mangent cette herbe, ou soit parce qu'elle croît au bord des rivières &amp; des endroits aquatiques fréquentés par ces oiseaux. M. Chomel, <i>Dict. Oeconomique,</i> l'appelle aussi Agrimoine sauvage. L'<i>argentine</i> est fort astringente. On la dit bonne pour appaiser les maux de dents. Son eau distillée est merveilleuse pour faire passer les rousseurs du visage, &amp; pour les crevasses ; &amp; sa graine est très-bonne contre le flux de sang, &amp; contre les cours de ventre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGENTINE</head>
    <p>
    Argentine , s. f. <i>Argentina.</i> C'est le nom ancien de Strasbourg. Quoiqu'en François <i>Argentine</i> ne soit point en usage, mais qu'on dise toujours Strasbourg, M. l'Abbé Regnier s'en servit dans une lettre badine où il décrit son voyage de Munick.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGEVAN</head>
    <p>
    ARGEVAN , ou ARGHEVAN. Voyez ARBOR JUDAE. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGIE</head>
    <p>
    ARGIE , s. f. <i>Argia.</i> Pays du Péloponèse, le même qui s'appelle Argolide.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARGIEN, ENNE , adj. Qui est de l'Argolide, ou de la ville d'Argos. <i>Argivus.</i> On dit aussi au pluriel les <i>Argiens,</i> &amp; alors ce mot est substantif, comme les autres noms de Peuples.</p><p>Les <i>Argiens</i> étoient des Peuples du Péloponèse, ainsi nommés à cause d'<i>Argos</i> leur capitale. Leur premier Roi s'appelloit Inachus, que divers Chronologistes font contemporain de Moise ; Danaüs vint ensuite d'Egypte &amp; s'empara de ce Royaume. Tourr. Quand Xerxès vint en Grèce les <i>Argiens</i> s'opiniatrèrent à demeurer neutres ; parce qu'il leur fit dire par un Héraut, Nous descendons de Persès fils de Persée, petit-fils d'Acrisius, un de vos Rois ; nous nous reconnoissons donc originaires d'Argos, &amp;c. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGILLE</head>
    <p>
    ARGILLE , s. f. Terre à Potier qui est grasse &amp; gluante, dont on fait les tuiles, les briques, &amp; les vaisseaux de terre. <i>Argilla.</i> La nature n'a point formé Démosthène, ni Homère d'une <i>argille</i> plus fine &amp; mieux préparée que nos Orateurs &amp; nos Poëtes modernes. Fonten. Cette pensée est folle ; &amp; c'est comme si l'<i>argille</i> s'élevoit contre le Potier. Port-R. La statue que Nabuchodonosor vit en songe avoit la tête d'or, &amp; les pieds d'<i>argille.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGILLE</head>
    <p>
    Argille , se dit quelquefois en général pour terre, matière.</p><p>Ce mot <i>argille</i> vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2764" id="1" type="">
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    <head>ARGILLEUX, EUSE</head>
    <p>
    ARGILLEUX, EUSE , adj. Qui est de la nature de l'argille. <i>Argillosus.</i> Les terres <i>argilleuses</i> sont les meilleures pour faire des fortifications de terre ; elles ne s'éboulent point. Un champ <i>argilleux</i> n'est pas propre pour les grains. Les terres <i>argilleuses</i> &amp; les glaises sont extrêmement onctueuses &amp; adhérantes les unes aux autres, &amp; sont incapables de culture. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2765" id="1" type="">
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    <head>ARGO</head>
    <p>
    ARGO , s. m. <i>Argo.</i> Nom du fameux navire des Argonautes, dont il est si souvent parlé dans les Poëtes. Plusieurs ont cru qu'il a été ainsi appellé d'<i>Argus</i> qui l'avoit bâti. Ce sentiment est appuyé par Diodore de Sicile, par Apollodore, Apollonius, Tzetzès, Servius, par le Scholiaste d'Euripide, &amp; par quelques autres savans Ecrivains ; mais comme il y a eu plusieurs Argus, il est difficile de savoir lequel a construit ce vaisseau. Quelques-uns ont cru que ce navire a pris son nom du mot <i>Argos,</i> qui signifie <i>vîte,</i> ensorte qu'<i>Argo</i> n'est autre chose qu'un <i>navire léger.</i> Diodore de Sicile &amp; Servius confirment ce sentiment. <i>Quidam,</i> dit Servius, sur la quatrième Eglogue de Virgile, <i>Argo à celeritate dictam volunt.</i> Et en effet Homère appelle , les chiens qui sont bons coureurs. D'autres ont cru que ce navire tiroit son nom de la Ville d'Argos où il a été fabriqué. Il y a une quatrième opinion qui est rapportée par Cicéron dans sa première Tusculane, où il cite ces deux vers d'un ancien Poëte Latin,</p><p>Ce Poëte a voulu dire que ce vaisseau fut ainsi nommé des Argives, c'est-à-dire, des Grecs qui le montèrent. Ovide, dans l'Epître de Hypsipyle à Jason, appelle <i>Argo</i> un navire sacré : <i>Sacram conscendis in argo.</i> Peut-être fut-il ainsi appellé, parce que Minerve en avoit donné l'invention, &amp; qu'elle avoit aidé elle-même à le construire. Il se peut faire aussi qu'on l'ait nommé <i>sacré,</i> parce qu'il avoit à la proue une pièce de bois qui parloit &amp; qui rendoit des Oracles. Plusieurs anciens Auteurs ont fait mention de cette pièce de bois qui avoit été prise de la Forêt sacrée de Dodone. Jason ayant achevé heureusement son entreprise, consacra le navire <i>Argo</i> à Neptune en l'Isthme de Corinthe ; &amp; enfin ce même navire fut transporté au Ciel &amp; mis au nombre des Astres. Pour ce qui est de la forme de ce vaisseau, c'étoit un vaisseau long semblable à nos Galères. Le Scholiaste d'Apollonius a remarqué qu'on disoit que c'étoit le premier navire long qui ait été bâti. Pline a observé la même chose, Liv. 7. ch. 56. après Philostephanus, qui assure que Jason fut le premier qui alla sur mer avec un navire long : <i>Longâ nave Jasonem primum navigasse, Philostephanus auctor est.</i> Par un navire long les Grecs entendent un navire de guerre, &amp; par un vaisseau rond, ils entendent un vaisseau marchand, ou navire de charge. Voyez de Meziriac dans son Commentaire sur l'Epître de Hypsipyle à Jason, où il s'étend fort au long sur le navire des Argonautes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2766" id="1" type="">
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    <head>ARGOLIDE</head>
    <p>
    ARGOLIDE , sub. f. <i>Argolis.</i> Pays &amp; Royaume du Péloponèse, qui avoit l'Arcadie au Couchant, la Mer Aegée au Levant, les Etats de Sparte au Midi, &amp; dont la Capitale étoit Argos, de laquelle il tiroit son nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2767" id="1" type="">
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    <head>ARGOLIQUE</head>
    <p>
    ARGOLIQUE , adj. <i>Argolicus.</i> Qui est de l'Argolide.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2768" id="1" type="">
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    <head>ARGONAUTES</head>
    <p>
    ARGONAUTES , s. m. Nom des 52. ou 54. Héros qui s'embarquèrent dans le navire Argo avec Jason, pour aller à Colchos y conquérir la Toison d'or. Hercule, Thésée, Castor, Orphée, &amp;c. étoient du nombre des <i>Argonautes.</i> Rudbecks, au ch. 26e. de son <i>Atlantica,</i> dit, que les <i>Argonautes</i> retournèrent de Colchide en Grèce par l'Océan, &amp; qu'ils rentrèrent par le détroit de Gibraltar dans la Méditerranée, &amp; firent ainsi tout le tour de l'Europe ; car il suppose qu'après avoir remonté le Tanais autant qu'il leur fut possible, ils traînèrent par terre leur vaisseau dans une rivière voisine qui les porta dans l'Océan Septentrional. Il fonde cette supposition sur le témoignage de Diodore de Sicile &amp; sur celui d'Orphée. D'autres ont dit qu'ils remontèrent le Danube, &amp; qu'ils portèrent leur vaisseau jusqu'à la mer Adriatique. D'autres enfin, sans aucune apparence, cherchent en Afrique le chemin qu'ils firent par terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGONAUTES</head>
    <p>
    Argonautes <i>de saint Nicolas.</i> Ordre militaire institué par Charles III. Roi de Naples vers la fin du XVe siècle sous le Pontificat d'Urbain VI. &amp; dont S. Nicolas est le patron : on ne sait pas précisément l'année qu'il fut établi. Le collier des Chevaliers étoit formé de coquilles enfermées dans des croissans d'argent ; de ce collier pend un navire avec cette devise, <i>Non credo tempori ;</i> c'est-à-dire, <i>Je ne me fie point au temps.</i> C'est à cause de ce collier qu'on appelle ces Chevaliers les <i>Argonautes de S. Nicolas &amp; des Coquilles.</i> On les appelle aussi les <i>Argonautes</i> de Naples. Ils reçurent la règle de S. Basile de l'Archevêque de Naples, &amp; prirent l'Eglise de S. Nicolas leur Patron pour tenir leurs assemblées. Joseph de Michieli met aussi des <i>Argonautes</i> en France, mais qu'il appelle néanmoins <i>Argonautes</i> de Naples, &amp; dont l'origine n'est point différente de celle que nous venons d'expliquer. C'est que les Princes François destitués du Royaume de Naples se portèrent néanmoins toujours pour Rois &amp; pour Grands-Maîtres des Ordres de Naples, &amp; continuèrent à faire des Chevaliers. L'habit de cérémonie de l'Ordre étoit de soie blanche en forme de grande cappe, sur laquelle se mettoit le collier. Voyez Pandulphe Colonducio dans son <i>Histoire de Naples,</i> Joseph Michieli dans son <i>Tesoro militar.</i> le P. André Mendo <i>de Ordin. militar.</i> Caramuel <i>Theolog. Regolare.</i> P. IX. Bernardo Gustiniani, <i>Historie dell'origine de Cavallieri, C.</i> 50.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2769" id="1" type="">
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    <head>ARGOS</head>
    <p>
    ARGOS , s. m. <i>Argos.</i> Ville du Péloponèse, capitale de l'Argolide, qui étoit à-peu-près ce qu'est aujourd'hui la Romanic dans la Morée. Le Royaume d'<i>Argos,</i> ou des <i>Argiens,</i> commença 1116 ans avant Jesus-Christ, &amp; dura 554. ans. Mor. Dans la suite <i>Argos</i> devint République. Sparte florissante par les loix de Licurge devint rivale d'<i>Argos</i> ; &amp; nous voyons une guerre implacable entre <i>Argos</i> &amp; Sparte, même du temps de Philippe. Cette Ville retient encore aujourd'hui son nom, &amp; s'appelle <i>Argo</i> : sa longitude est 48d. 50'. sa latitude 38d. 18'. Il y a encore eu deux Villes de ce nom, une en Thessalie, appellée aujourd'hui Armiro, sous le 48e. d. 45. m. de longitude, &amp; le 40e. d. 20. m. de latitude. L'autre dans l'Epire, nommée autrement Amphilochie, <i>Amphilochium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2770" id="1" type="">
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    <head>ARGOT</head>
    <p>
    ARGOT . Voyez <ref type="search" target="head:ERGOT">ERGOT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2771" id="1" type="jardinage">
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    <head>ARGOT</head>
    <p>
    ARGOT , s. m. en terme de Jardinage , est le bois qui est au-dessus de l'oeil, &amp; qui n'étant point recouvert par sa pousse, meurt &amp; est inutile. <i>Lignum succo destitutum. Argot,</i> c'est l'extrémité d'une branche morte. La Quint. Liger. Les véritables règles de la taille veulent qu'on retranche jusqu'au vif tous les <i>argots</i> qui paroissent sur un arbre. C'est ainsi que parlent les Jardiniers. Liger. Ôter l'<i>argot,</i> c'est retrancher cette extrémité morte jusqu'au vif. La Quint. Un Jardinier intelligent &amp; propre prend un extrême soin d'ôter les <i>argots.</i> La Quint. On donne ce nom à ces petits morceaux de bois qui paroissent sur un arbre, par ressemblance aux <i>argots</i> des coqs. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARGOT</head>
    <p>
    Argot , est aussi le nom que les gueux ou les voleurs donnent à la langue ou au jargon dont ils se servent, &amp; qui n'est intelligible qu'à ceux de leur cabale. <i>Brider la lourde sans tournante,</i> c'est dans le langage des gueux, ouvrir une porte sans clef. Il y a à la fin du Poëme de Cartouche un Dictionnaire <i>Argot-François.</i> L'Auteur de ce Poëme, Chant X. a badiné fort agréablement sur l'étymologie d'<i>argot.</i> Balagny dit que ce mot vient de la Ville d'<i>Argos</i> où Agamemnon fit fleurir ce jargon éloquent ; &amp; Cartouche remonte plus haut, en tirant l'origine de cette Langue d'<i>Argo,</i> navire des Argonautes, sur lequel Jason avec les Princes Grecs alla conquérir la Toison d'or.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2772" id="1" type="jardinage">
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    <head>ARGOTER</head>
    <p>
    ARGOTER , v. act. Terme de Jardinage . C'est couper une branche à un ou deux yeux au-dessus de sa mere branche. <i>Lignum aridum amputare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2773" id="1" type="">
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    <head>ARGOULET</head>
    <p>
    ARGOULET , sub. mas. Arquebusier, Carabin. <i>Eques levioris armaturae.</i> Mézerai l'emploie pour <i>Chevau-léger.</i> Quelques-uns dérivent ce mot de <i>Argolicus,</i> parce qu'autrefois c'étoit de la Grèce que venoit cette sorte de milice.</p><p>On dit aussi par raillerie, qu'un homme n'est qu'un chetif <i>Argoulet,</i> un pauvre <i>Argoulet</i> ; pour dire, que c'est un homme de néant, &amp; pour le mépriser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2774" id="1" type="marine">
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    <head>ARGOUZIN</head>
    <p>
    ARGOUZIN , ou ARGOZIN, s. m. Terme de Marine . Sergent de Galère, Officier qui a soin de faire ôter, ou de faire remettre les chaînes aux Forçats selon les occasions, qui prend garde qu'ils ne s'évadent, &amp; qui mene faire aiguade ceux qui servent volontairement dans les Galères. <i>Satelles remigibus regendis ac custodiendis praepositus.</i> Un <i>Argousin</i> gagne 8. ou 9. sols par jour, ayant outre cela portion comme un Galérien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2775" id="1" type="tireur d'or">
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    <head>ARGUE</head>
    <p>
    ARGUE , s. f. Terme de Tireur d'or . C'est une machine qui est faite en forme de cabestan. C'est un gros arbre percé de quatre leviers que font tourner huit hommes, &amp; au bout de la corde qui l'entoure est une grosse tenaille qui tient le lingot d'or, d'argent ou de cuivre, qu'on fait passer par différens pertuis de filière pour le dégrosser &amp; rendre plus menu. Boizard, <i>Traité des Monnoies,</i> P. I. ch. 28. décrit ainsi l'<i>argue.</i> L'<i>argue</i> est une machine composée d'un billot d'environ un pied &amp; demi en quarré, &amp; d'un pivot de neuf à dix pieds, où il y a un cable attaché. Ce billot est scellé de trois pieds en terre, &amp; élevé de deux : ce qui est élevé est appellé <i>la tête de l'argue,</i> &amp; il y a deux entailles d'un pied &amp; demi de profondeur ; l'une sur la largeur sert à placer &amp; appuyer les filières ; &amp; l'autre sur la longueur à faire passer les lingots par les pertuis des filières. Le pivot est à plomb entre deux pièces de bois où il est enclavé, de sorte qu'on le peut tourner en rond par deux barres longues de 24. pieds chacune, qui traversent le milieu en forme de croix. Il y a aussi de grosses tenailles courtes, dont les mors sont crénelés en dedans, &amp; les branches crochues aux extrémités ; ces mors servent à serrer le bout du lingot, &amp; les crochets à accrocher les tenailles au bout du cable. On accroche donc les tenailles au cable ; huit hommes font tourner le pivot en rond ; le cable roule autour à mesure qu'il tire les tenailles, &amp; que le lingot s'allonge en passant par les pertuis : &amp; pour faciliter ce passage, on frotte le lingot de cire neuve, &amp; cela s'appelle <i>tirer à l'argue.</i> Quand on a fait passer le lingot par quelque pertuis, &amp; doré, on le porte à l'<i>argue,</i> on l'y fait passer par environ 40. pertuis de la filière, jusqu'à ce qu'il soit réduit à la grosseur d'une plume à écrire ; puis on le rapporte chez le Tireur d'or pour le dégrosser, qui est en manière d'<i>argue</i> que deux hommes font tourner, &amp; on y fait passer le lingot par environ 20. pertuis de la filière, appellés <i>ras,</i> jusqu'à ce qu'il soit réduit à la grosseur d'un ferret de lacet, &amp; c'est ce qui s'appelle dégrosser. Boizard. Sa Majesté a ordonné le 20e. jour de Septembre 1689. que le Fermier du droit de marque sur l'or &amp; l'argent, sera tenu de se servir dans l'<i>argue</i> de Lyon de poids échantillés sur la matière du poids de marc étant au Greffe de la Monnoie de Lyon, sans en pouvoir tenir d'autres, à peine de 1000. livres d'amende. Les métaux s'allongent &amp; s'étendent tellement. par le moyen de l'<i>argue,</i> qu'un lingot d'argent doré qui n'a que deux pieds de long &amp; trois pouces quatre lignes de circonférence, produit un fil d'or de la longueur d'un million quatre-vingt seize mille sept cents quatre pieds ; de sorte que ce fil par l'art du tirage s'allonge plus de cinq cents quarante-trois mille fois qu'il n'étoit auparavant : ainsi si ce fil étoit attaché par un bout, &amp; s'il avoit assez de consistance pour être tendu, on pourroit le conduire jusqu'à une distance de soixante &amp; treize lieues.</p><p>Ce mot vient par corruption du Grec , <i>opus,</i> parce que l'invention &amp; la machine nous ont été apportées de Grèce.</p><p>On appelle aussi <i>arguë</i> un certain lieu de Paris, où l'on tire &amp; où l'on dégrosse l'or, &amp; l'argent, pour les Orfèvres &amp; les Tireurs d'or.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2776" id="1" type="philosophie hermetique">
   <index type="head" value="ARGUËR" />
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    <head>ARGUËR</head>
    <p>
    ARGUËR , v. act. Trouver à redire à quelqu'un, prendre plaisir à le reprendre, à pointiller sur lui. <i>Arguere.</i> Cette vieille chagrine <i>arguë</i> tout le monde. Il est peu d'usage. Borel explique le même mot <i>arguër</i> par <i>argumenter,</i> &amp; il cite ce vers en vieux langage.</p><p>En terme de Philosophie hermétique , il signifie la même chose, argumenter, raisonner. Dict. Herm.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2777" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="ARGUMENT" />
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    <head>ARGUMENT</head>
    <p>
    ARGUMENT , s. m. Terme de Philosophie . C'est un raisonnement qu'on fait en posant certains principes dont on tire des conséquences. <i>Argumentum.</i> Les Logiciens divisent leurs <i>argumens</i> en syllogismes, enthymèmes, inductions, &amp;c. <i>Argument</i> démonstratif, ou convaincant. <i>Argument</i> sophistique, ou captieux. Un <i>argument</i> en forme, est un syllogisme fait selon les règles de la Logique. Aristote dit, que l'enthymème est l'<i>argument</i> de la Rhétorique, comme le syllogisme est celui de la Logique. On dit, Faire, proposer, pousser, résoudre un <i>argument.</i> Ablanc.</p><p>En une plus étroite signification on le dit des indices ; des conjectures, des présomptions. On a tiré de sa fuite un <i>argument</i> qu'il étoit coupable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2777" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARGUMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ARGUMENT</head>
    <p>
    Argument , signifie aussi le fondement, l'abrégé d'une Histoire, d'une Comédie, d'un Chapitre. On a perdu l'usage de faire des Prologues, qui contenoient l'<i>argument</i> de la Comédie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2777" id="3" type="astronomie">
   <index type="head" value="ARGUMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ARGUMENT</head>
    <p>
    Argument . En terme d'Astronomie , c'est un arc par le moyen duquel nous cherchons un autre arc inconnu, qui lui est proportionnel. Ainsi <i>argument</i> d'inclination, c'est <pb n="331" facs="bpt6k8542165/f371/full/1200,/0/native.jpg"/>un arc du cercle, compris entre le noeud ascendant &amp; le lieu de la planète, en comptant selon l'ordre des signes. L'<i>argument</i> de la latitude de la Lune, c'est sa distance de la tête, ou de la queue du Dragon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2778" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGUMENTANT" />
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    <head>ARGUMENTANT</head>
    <p>
    ARGUMENTANT , adj. m. Celui qui dispute &amp; fait des argumens contre quelqu'un qui soutient quelque Thèse publiquement. <i>Disputator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2779" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGUMENTATEUR" />
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    <head>ARGUMENTATEUR</head>
    <p>
    ARGUMENTATEUR , s. m. Qui a coutume de faire des argumens. <i>Argumentator.</i> C'est un subtil <i>argumentateur</i> sur toutes choses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2780" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGUMENTATION" />
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    <head>ARGUMENTATION</head>
    <p>
    ARGUMENTATION , s. f. Action de celui qui argumente, &amp; la manière de faire des argumens. <i>Argumentatio.</i> Pendant son <i>argumentation</i> contre un tel, il ne mit en avant aucun principe certain. L'<i>argumentation</i> est une chose plus difficile qu'on ne pense.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2781" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGUMENTER" />
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    <head>ARGUMENTER</head>
    <p>
    ARGUMENTER , v. act. Faire des argumens, induire, ou tirer des conséquences. <i>Argumentari.</i> Il <i>argumenta</i> contre plusieurs points de ses Thèses. Voici comme j'<i>argumente</i> ; pour dire, comme je raisonne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2782" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGUS" />
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    <head>ARGUS</head>
    <p>
    ARGUS , s. m. <i>Argus.</i> Nom propre d'un homme fabuleux qu'on dit avoir eu cent yeux, à qui Jupiter commit la garde de la vache Io, que Mercure tua, &amp; dont Junon transporta les yeux sur la queue du paon.</p><p>En Mythologie, on dit qu'il signifie la sphère des cieux qui a un nombre infini d'yeux ou d'étoiles ; &amp; que Mercure est le soleil qui les fait disparoître par sa lumière. Ce mot est venu en usage dans la Langue, pour signifier un homme prudent &amp; clairvoyant, qui voit de loin des yeux du corps, &amp; qui prévoit toutes les choses des yeux de l'esprit. Regnier a dit, en parlant d'une nuit obscure, <i>Argus</i> pouvoit passer pour un des Quinze-vingts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2782" id="2" type="fleuriste">
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    <head>ARGUS</head>
    <p>
    Argus , s. m. Terme de Fleuriste . C'est une tulipe couleur de feu, gris de lin, &amp; blanc de lait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2782" id="3" type="science hermetique">
   <index type="head" value="ARGUS" />
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    <head>ARGUS</head>
    <p>
    Argus . Les yeux d'<i>Argus.</i> Terme de la Science hermétique . Voyez OEUIL, ou YEUX.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2783" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGUTIE" />
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    <head>ARGUTIE</head>
    <p>
    ARGUTIE , s. f. Petite subtilité d'esprit, un argument sophistique. <i>Argutiae.</i> On ne convainc personne par ces sortes d'<i>arguties,</i> de subtilités. On s'en sert rarement. Selon le P. Pezron, sous la plume duquel tout se change en Celtique, <i>arguere,</i> arguër, reprendre, vient du Celte <i>argui,</i> qui est la même chose ; de-là est formé <i>arguz</i> chez les Celtes, d'où l'on a pris l'<i>argutiae</i> des Latins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2784" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARGYRASPIDES" />
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    <head>ARGYRASPIDES</head>
    <p>
    ARGYRASPIDES , s. m. pl. <i>Argyraspides.</i> Qui ont un bouclier d'argent, ou argenté. Selon Quinte-Curce, Liv. IV. ch. 13. les <i>Argyraspides</i> étoient le second corps de l'armée d'Alexandre ; le premier étoit la Phalange. Selon Justin, Liv. XII. ch. 7. Alexandre ayant pénétré jusqu'à l'Inde, &amp; poussé les bornes de son Empire jusqu'à l'Océan, pour monument de cette gloire, il fit orner d'argent les housses des chevaux &amp; les armes de ses soldats, &amp; fit appeller son armée <i>Argyraspides,</i> à cause des boucliers argentés qu'ils avoient. Ainsi, selon cet Auteur, c'est toute l'armée d'Alexandre qui porta ce nom. Après la mort d'Alexandre les <i>Argyraspides</i> méprisèrent les Chefs de l'armée, &amp; dédaignèrent d'obéir à d'autres après avoir porté les armes sous ce Prince.</p><p>Ce mot est composé d', <i>Argyros,</i> qui veut dire <i>argent,</i> &amp; , <i>aspis,</i> qui signifie <i>bouclier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2785" id="1" type="philosophie hermetique">
   <index type="head" value="ARGYROGONIE" />
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    <head>ARGYROGONIE</head>
    <p>
    ARGYROGONIE , s. f. Terme de Philosophie hermétique . C'est le sel argentifique, ou la Pierre Philosophale. <i>Argyrogonia.</i> Ce mot vient d', <i>argent,</i> &amp; de , qui ne se trouve que dans la composition, &amp; signifie génération. Tellement que ce nom est mal donné, &amp; devroit signifier proprement la production, la génération de l'argent, &amp; non pas la cause de cette génération, ou le sel argentifique. Mais l'Auteur de la droite &amp; vraie manière de produire la Pierre Philosophique, ou le sel argentifique &amp; aurifique, nous dit que telle est sa signification &amp; son usage parmi les Philosophes hermétiques. Il faut l'en croire comme maître en cet Art. La cause efficiente principale de l'argent &amp; de l'or, est l'<i>Argyrogonie,</i> &amp; la Chrysogonie ; &amp; le feu extérieur, est la cause qui aide. Id. Chercher l'<i>Argyrogonie.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2786" id="1" type="philosophie hermetique">
   <index type="head" value="ARGYROPEE" />
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    <head>ARGYROPEE</head>
    <p>
    ARGYROPEE , s. f. Terme de Philosophie hermétique . L'art de faire de l'argent. <i>Argyropaea.</i> Le but &amp; la fin de l'<i>Argyropée</i> &amp; de la Chrysopée, c'est-à-dire, de l'art de l'argent &amp; de l'or, est de produire l'argent &amp; l'or. Traité Philos. de la triple préparation de l'or &amp; de l'argent.</p><p>Ce mot vient d', <i>argent,</i> &amp; de , Je fais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2787" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARIADNE" />
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    <head>ARIADNE</head>
    <p>
    ARIADNE , s. f. Nom propre de femme. <i>Ariadne</i> étoit fille de Minos Roi de Crète, &amp; de Pasiphaé. Elle donna à Thésée le secret de se tirer du labyrinthe, &amp; le suivit jusqu'à l'Isle de Naxos, où Thésée l'abandonna. Bacchus l'épousa ensuite, &amp; lui donna une Couronne de sept étoiles, qui depuis fut mise dans le Ciel ; &amp; c'est la constellation de la Couronne. Elle fut tuée par Diane pour n'avoir point gardé sa virginité. Hésiode dit que Jupiter la rendit immortelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2788" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARIANE" />
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    <head>ARIANE</head>
    <p>
    ARIANE , s. f. <i>Ariana.</i> Divinité des Anciens Romains, dont il est parlé dans la vie de S. Potit, qui fut martyrisé sous Antonin Pie. Nous ne savons que le nom de cette Divinité. Un exemplaire de cette vie, qui avoit été envoyé de Sicile au P. Rosweid, porte <i>Arianus,</i> au lieu d'<i>Ariana,</i> qui est dans celui que l'on a imprimé. Bollandus conjecture qu'il faut peut-être lire <i>Adrianus</i> Empereur, prédécesseur d'Antonin, &amp; qui avoit été mis au nombre des Dieux, comme le rapportent Eutrope &amp; les autres Historiens. Voyez <i>Act. SS. Tom. I. pag.</i> 754. <i>&amp; suiv.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2789" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARIANISME" />
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    <head>ARIANISME</head>
    <p>
    ARIANISME . <i>Arianismus.</i> Nom de la plus pernicieuse hérésie qui ait été dans l'Eglise. Arius, qui en a été l'Auteur vivoit au commencement du quatrième siècle. Il nioit que le Verbe fût Dieu &amp; consubstantiel au Père. Il avouoit que ce Verbe étoit la parole de Dieu ; mais cette parole, selon lui, n'étoit pas éternelle ; elle avoit été seulement créée avant toutes les autres créatures. Cette hérésie fut condamnée dans le premier Concile de Nicée, l'an 325. mais elle ne fut pas pour cela éteinte. Elle devint au contraire la Religion dominante, principalement dans l'Orient, où elle s'étendit beaucoup plus que dans l'Occident. Les Ariens, au temps de Saint Grégoire de Nazianze, étoient les maîtres de la ville capitale de l'Empire. Ils reprochoient fièrement aux Orthodoxes le petit nombre de leurs sectateurs. C'est ce que nous apprenons de ce saint Evêque, qui commence sa vingt-cinquième Oraison contre les Ariens par ces paroles : <i>Où sont ceux qui nous reprochent notre pauvreté, &amp; qui sont insolens de leurs richesses, qui définissent l'Eglise par la multitude du peuple, &amp; qui méprisent le petit troupeau, qui mesurent de plus la divinité, &amp; mesurent le peuple à la balance ?</i></p><p>Les Ariens se répandirent aussi en Afrique sous les Vandales, &amp; en Europe sous les Goths. L'Italie, les Gaules, l'Espagne, furent infectées de cette hérésie pendant quelque temps. Mais enfin après avoir dominé avec beaucoup d'éclat environ 300. ans, elle tomba tout a coup. Erasme, qui la regardoit comme une hérésie éteinte entièrement, sembloit vouloir la faire revivre au commencement du seizième siècle, dans ses notes sur le nouveau Testament. Aussi ses adversaires lui ont-ils reproché qu'il avoit appuyé de toute sa force les erreurs impies des Ariens. Il se justifia assez mal, en leur répondant, qu'il n'y avoit point d'hérésie qui fût plus éteinte que celle des Ariens : <i>Nulla Haeresis magis extincta quàm Arianorum.</i> Servet &amp; Socin n'avoient point encore paru dans le monde, quand il parloit de la sorte.</p><p>Michel Servet, Espagnol de nation, publia en 1531. un petit Livre contre le mystère de la Trinité, qui a donné occasion au renouvellement de cette hérésie dans l'Occident. Il est cependant plutôt Photinien qu'Arien ; mais il se sert des mêmes passages de l'Ecriture, &amp; des mêmes raisons que les Ariens, pour combattre la divinité du Fils. Il ne reconnoît pour véritable Dieu que le Père. Servet n'a eu à la vérité aucuns disciples : mais il se trouva un parti de nouveaux Réformés dans Genève, qui établit un système d'<i>Arianisme</i> beaucoup plus subtil que le sien, &amp; qui embarrassa fort Calvin, qui étoit alors le Patriarche de Genève. Ces nouveaux Ariens allèrent s'établir en Pologne, où ils firent quelques progrès. M. Stoupp, parlant de ces nouveaux Ariens dans sa troisième Lettre, les distingue des Sociniens. Il y en a, dit-il, plusieurs en ce pays-ci, c'est-à-dire, en Hollande, où il étoit alors, &amp; plusieurs des Sociniens embrassent leurs opinions. Christophorus Sandius, Gentil-homme Polonois ; fils d'un Conseiller de l'Electeur de Brandebourg, a rétabli la secte des Ariens en ce pays. Il demeure à Amsterdam depuis peu <pb n="332" facs="bpt6k8542165/f372/full/1200,/0/native.jpg"/>d'années. Il a fait entre autres deux Livres, dont l'un a pour titre, <i>Les Interpretations paradoxes des quatre Evangelistes ;</i> l'autre est une Histoire Ecclésiastique, dans laquelle il prétend prouver, que tous les Docteurs qu'on appelle <i>Pères de l'Eglise,</i> qui ont vécu depuis les Apôtres jusqu'à Arius, ont eu les mêmes sentimens que lui touchant le mystère de la Trinité.</p><p>M. Stoupp, qui écrivoit cette Lettre d'Utrecht en 1673. connoissoit plusieurs de ces nouveaux Ariens qui avoient abandonné les sentimens de Socin, comme de pures subtilités &amp; de vains rafinemens Voyant qu'on leur opposoit toute l'antiquité qui leur étoit manifestement contraire, ils crurent que pour répondre à cette objection, ils devoient renouveller l'ancien <i>Arianisme.</i> Et en effet on prétend qu'il y a aujourd'hui plus d'Ariens que de Sociniens, tant en Hollande qu'en Angleterre. Grotius s'est quelquefois approché des Ariens dans ses notes sur le nouveau Testament, où il élève trop le Père au-dessus du Fils, comme s'il n'y avoit que le Pere seul qui fut Dieu souverain, &amp; que le Fils lui fut inférieur, meme à l'égard de la divinité. On pourroit néanmoins dire qu'il a plutôt embrassé les opinions des demi-Ariens, que celles des Ariens. Il est à propos de remarquer, que les nouveaux Ariens ne font aucun corps, &amp; qu'ils n'ont aucunes assemblées réglées. La Hollande même, qui souffre chez-elle toutes sortes de Religions, n'a point souffert jusqu'a présent qu'ils formassent une Société.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2790" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ARIARITENOÏDIEN" />
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    <head>ARIARITENOÏDIEN</head>
    <p>
    ARIARITENOÏDIEN . Terme d'Anatomie . Nom d'une paire de muscles fermeurs du larynx, autrement appellés petits ariténoidiens &amp; <i>Ariaritenoidiens,</i> parce qu'ils prennent leur origine de l'arrière, ou de la partie postérieure &amp; inférieure de l'ariténoïde qu'ils resserrent. Voyez <ref type="search" target="head:ARITENOÏDIEN">ARITENOÏDIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2791" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARIDE" />
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    <head>ARIDE</head>
    <p>
    ARIDE , adj. masc. &amp; fém. Sec, maigre, stérile. <i>Aridus.</i> Il y a long temps qu'il n'a plû, la terre est <i>aride.</i> Cette contrée est <i>aride,</i> infertile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2791" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARIDE" />
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    <head>ARIDE</head>
    <p>
    Aride , se dit figurément en choses spirituelles. Esprit <i>aride,</i> un sujet <i>aride ;</i> pour dire, stérile. Les Esprits trop justes &amp; trop délicats, sont souvent <i>arides</i> &amp; languissans S. Evr. La grandeur d'ame ne consiste point à voir les maux d'autrui d'un oeil sec, &amp; <i>aride.</i> Dac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2792" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARIDITE" />
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    <head>ARIDITE</head>
    <p>
    ARIDITE , s. f. Sècheresse, stérillie. <i>Ariditas, aritudo.</i> Il se dit au propre &amp; au figure, tant des terres, que des esprits, &amp; des matières. La voie des aridités &amp; des delaissemens, si nous en faisons l'usage que nous en devons faire, est aussi avantageuse que celles des consolations. Ab. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2793" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARIEN, ENNE" />
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    <head>ARIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Arianus.</i> Nom de Secte. Hérétique infecté de l'Arianisme, qui suit les erreurs d'Arius. C'est de-là que ce nom vient. L'Empereur Constance, qui succéda à Constantin en 337. se declara pour les <i>Ariens.</i> L'Impératrice Justine étoit <i>Arienne.</i> Les <i>Ariens</i> se divisèrent en plusieurs sectes, qui se condamnerent mutuellement. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiphane hér. 68. &amp; 69. S. Aug. hér. 49. Sozomène, Théodoret, Eusèbe, Socrate, Ruffin, M. Godeau. Maimbourg a fait une Histoire de l'Arianisme. Les <i>Ariens</i> ont été nommés Anomiens, Exucontiens, Eusèbiens, Photiniens, Eudoxiens, Acaciens, Eunomiens, Macédoniens, Aeliens, Psatyriens, &amp; Duliens. God.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2793" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARIEN, ENNE" />
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    <head>ARIEN, ENNE</head>
    <p>
    Arien, enne . <i>Arianus.</i> Est aussi adjectif. Le parti <i>Arien,</i> Une secte, une doctrine, une proposition <i>Arienne.</i> On a accusé les Auteurs de la version de Mons d'avoir traduit le premier verset de l'Evangile de S. Jean d'une manière <i>Arienne,</i> en mettant, <i>Et le Verbe etoit avec Dieu,</i> au lieu de dire, <i>Et le Verbe etoit en Dieu.</i></p><p>Quelques-un écrivent <i>Arrien,</i> &amp; <i>Arrianisme</i> par deux <i>rr,</i> selon l'étymologie. Arrius trouve des Sectateurs en grand nombre ; mais comme ils n'ont plus d'autorité légitime qui les réunisse, ils se divisent en une infinité de diverses branches d'<i>Arriens,</i> ou semi-<i>Arriens,</i> connus dans la suite tantôt sous un nom, tantôt sous un autre ; Eunomiens, Photiniens, Acaciens, &amp;c. selon que quelqu'un éclate dans ces mauvais partis. Tous combattent l'Eglise, mais se combattent aussi les uns les autres ... Et qui ne voit-là, comme dans un miroir, les branches infinies de Sacramentaires, de Luthériens, de Zuingliens, de Calvinistes, d'accord contre l'Eglise, peu d'accord entre elles, &amp; qu'on n'a jamais pu réunir ? Tous ces divers partis d'<i>Arriens,</i> ou comme <i>Arriens,</i> &amp;c. Pelis. Le Concile de Rimini en pleine liberté de suffrages rejette la nouvelle formule, &amp; ne compte de toutes les sectes <i>Arriennes</i> mal réunies ensemble qu'environ 50. Evêques sur 300. Id. Mais ailleurs après avoir sauvé les Papistes en général avant la réformation, &amp; plusieurs Papistes d'aujourd'hui même, il assura hardiment qu'il est bien plus difficile de concevoir comment on se peut sauver dans le Papisme que dans l'<i>Arrianisme.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2793" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARIEN, ENNE" />
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    <head>ARIEN, ENNE</head>
    <p>
    Arien , <i>Arianus,</i> ou <i>Arienus,</i> nom de peuple qui habitoit en Asie, selon Denys le Géographe. Ceux que Tacite appelle <i>Arii</i> étoient de la Germanie ou Allemagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2794" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ARIES</head>
    <p>
    ARIES , s. m. Te me d'Astronomie, en François <i>le Bélier.</i> C'est le premier des douze signes du Zodiaque, qui se marque ainsi , &amp; consiste en 9. étoiles disposées en rond. Ce mot, quoique Latin, se dit quelquefois en François, mais plus en Astrologie, qu'en Astronomie. Le Soleil entrant en <i>Aries.</i> Vénus étant dans une des maisons d'<i>Aries.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2794" id="2" type="philosophie hermetique">
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    <head>ARIES</head>
    <p>
    Aries , s. m. Terme de Philosophie hermétique , signifie la même chose qu'à l'article précédent, &amp; ventre ou maison d'<i>Aries,</i> est un des termes mystérieux de l'art.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2795" id="1" type="musique">
   <index type="head" value="ARIETE" />
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    <head>ARIETE</head>
    <p>
    &#9758; ARIETE , ou ARIETTE, s. f. Terme de Musique , tiré du mot Italien <i>aria.</i> C'est un petit air vif &amp; enjoué. Le Sr. Muraire chanta une ancienne <i>ariete</i> Italienne, qui fit beaucoup de plaisir. Merc. <i>Oct.</i> 1725.</p><p>* La Dlle. Petit Pas, Actrice de l'Opera.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2796" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARIGE" />
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    <head>ARIGE</head>
    <p>
    ARIGE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Arigius.</i> S. <i>Arige,</i> ou <i>Arrey,</i> Evêque de Gap en Dauphiné. Baill. Il y a aussi un S. <i>Arige,</i> Evêque de Lyon ; mais que nous n'appellons point <i>Arey.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2797" id="1" type="">
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    <head>ARIGOT</head>
    <p>
    ARIGOT , subst. m. On dit maintenant par corruption, <i>Larigot.</i> C'est une espèce de fifre. Il est mis au nombre des instrumens servans à la marche guerrière, qui sont les buccines, trompettes, litues, clairons, cors &amp; cornets, fifres, <i>arigots,</i> tambours, attables, nacaires, tymbales, &amp;c. Voyez <ref type="search" target="head:Larigot">Larigot</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2798" id="1" type="">
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    <head>ARILLE</head>
    <p>
    ARILLE , s. m. Nom propre d'homme, <i>Agricola.</i> S. <i>Arille,</i> Evêque de Nevers, souscrivit aux deux premiers Conciles de Mâcon &amp; au troisième de Lyon. Chast. 26. <i>Fevr.</i> Du Latin <i>Agricola,</i> s'est fait <i>Agricole,</i> puis <i>Agricle, Aricle,</i> &amp; mouillant le <i>c</i> &amp; l'<i>l, Arille.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2799" id="1" type="">
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    <head>ARIMATHIE</head>
    <p>
    ARIMATHIE , s. f. <i>Arimathaea, Arinathia.</i> Nom propre. C'étoit une ville de Judée ; mais on ne convient pas de sa situation. Quelques Auteurs, qui croient que c'est la même que Ramatha, ou Ramathaim Sophim, patrie de Samuël, disent qu'elle étoit de la Tribu de Benjamin aux confins de celle de Dan, entre Jérusalem &amp; Japha, &amp; que c'est celle qui s'appelle aujourd'hui <i>Rama,</i> Remele ou Ramola. D'autres, sans changer cette situation, la donnent à la Tribu de Juda, &amp; S. Luc XXIII. 51. dit, que c'est une Ville de la Judée ; mais il faut savoir qu'au temps de Jesus-Christ, &amp; depuis le retour de la captivité, les Tribus ne furent plus distinguées, &amp; que tout ce qui ne fut pas compris sous le nom de Galilée s'appella Judée. Sur le soir il vint un homme riche, nommé Joseph, qui étoit de la ville d'<i>Arimathie,</i> &amp; disciple lui-même de Jesus. Bouh. Joseph d'<i>Arimathie,</i> noble Décurion, lequel attendoit aussi le Royaume de Dieu, vint trouver hardiment Pilate, &amp; lui demander le corps de Jesus. Simon. Il étoit d'<i>Arimathie,</i> qui est une Ville de Judée. Port-R. Joseph d'<i>Arimathie,</i> disciple de Jesus, mais disciple caché, parce qu'il appréhendoit les Juifs. Bouh. Après ces exemples, &amp; un usage constant, dont personne ne peut douter, je ne sai pourquoi quelques Dictionnaires disent <i>Arimathee</i> ; si ce n'est qu'ils aient préféré l'autorité de la Bible de Genève, de celle de Louvain &amp; de Chateillon, à celle de tous nos meilleurs Traducteurs nouveaux. Je ne sache parmi ceux-ci que Royaumont qui ait dit <i>Arimathée</i> ; &amp; parmi les anciens même, le Fèvre d'Et ples dans la Bible d'Anvers, Olivétan &amp; Calvin dans celle de Neufchastel, ont traduit <i>Arimathie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2800" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARINCE" />
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    <head>ARINCE</head>
    <p>
    ARINCE , ou ARINQUE. Voyez <ref type="search" target="head:RIQUET">RIQUET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2801" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARINDRADO" />
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    <head>ARINDRADO</head>
    <p>
    ARINDRADO , s. m. Arbre de l'Isle de Madagascar. Son bois pourri jette une odeur agréable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2802" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARISARUM" />
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    <head>ARISARUM</head>
    <p>
    ARISARUM , s. m. Plante dont il y a plusieurs espèces. Celle qui a les feuilles larges, les a semblables à celles du lierre, au nombre de trois ou quatre, assez épaisses, molles, vertes, d'un goût acre, attachées à une longue queue, du côté de laquelle elles ont deux angles, comme celles d'Arum, mais plus obtus. Il sort d'entre ces feuilles un pédicule long de deux ou trois doigts, marqueté de taches rouges, au bout duquel est la fleur, qui est un peu longue, &amp; faite en manière de capuchon de Moine. Cette fleur est blanche, &amp; a une odeur de chien. Sa racine est grosse &amp; ronde, noire par dehors, &amp; blanche par dedans. Quelquefois elle est tubéreuse &amp; oblongue, douce au commencement, puis après acre, non toutefois autant que la racine d'Arum. Il y a quelques autres espèces d'<i>Arisarum.</i></p><p>L'Auteur du Dictionnaire Oeconomique écrit <i>Arisaron.</i> Il dit que cette plante vient dans le Portugal &amp; dans l'Andalousie, sur les collines, dans des lieux pierreux, &amp; le long des haies en Janvier &amp; Février ; qu'elle arrête les ulcères corrosifs ; qu'on en fait des collyres excellens pour les fistules des yeux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2803" id="1" type="marine">
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    <head>ARISER</head>
    <p>
    ARISER , v. act. Terme de Marine . <i>Deprimere, dimittere. Ariser</i> les vergues ; c'est les abaisser, pour les attacher sur le bord du navire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2804" id="1" type="">
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    <head>ARISTARQUE</head>
    <p>
    ARISTARQUE . <i>Aristarchus.</i> s. m. Ce mot qui est Grec, signifie bon Prince ; mais dans l'usage ordinaire il se prend parmi les Savans pour un Critique sévère ; parce qu'il y a eu un Grammairien de ce nom qui a fait la révision des Poësies d'Homere avec tant de sevérité, que l'on a depuis nommé <i>Aristarque,</i> tout critique outré auprès de qui les meilleurs Ouvrages trouvent à peine grace. C'est un vrai <i>Aristarque.</i> L'<i>Aristarque</i> sacré, <i>Aristarchus sacer,</i> est le titre que Daniel Heinsius a donné à ses notes sur le nouveau Testament.</p><p>Ce nom est aussi pris en bonne part pour un ami fidèle qui nous dit librement son avis sur nos Ouvrages, sans vouloir flater notre amour propre toujours aveugle. M. Rollin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2805" id="1" type="">
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    <head>ARISTOCRATIE</head>
    <p>
    ARISTOCRATIE , s. f. Espèce de Gouvernement politique qui est entre les mains des principaux de l'Etat, soit à cause de leur noblesse, soit à cause de leur capacité &amp; de leur probité. <i>Aristocratia</i> Ainsi par quelque endroit qu'on les considère, ils passent toujours pour les plus excellens de la République. Les anciens Auteurs qui ont écrit de la Politique préfèrent l'<i>Aristocratie</i> à tout autre Gouvernement. La République de Venise est une <i>Aristocratie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2806" id="1" type="">
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    <head>ARISTOCRATIQUE</head>
    <p>
    ARISTOCRATIQUE , adj. Qui appartient à l'Aristocratie. <i>Aristocraticus.</i> Les Hollandois s'imaginent vivre sous un Gouvernement <i>Aristocratique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2807" id="1" type="">
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    <head>ARISTOCRATIQUEMENT</head>
    <p>
    ARISTOCRATIQUEMENT . adv. <i>Aristocraticè.</i> D'une manière Aristocratique. Ablanc.</p><p>Ces mots viennent d', &amp; <i>optimus</i> de , <i>impero, je commande.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2808" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARISTO-DÉMOCRATIE" />
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    <head>ARISTO-DÉMOCRATIE</head>
    <p>
    ARISTO-DÉMOCRATIE , est un Gouvernement où la noblesse &amp; le peuple ont conjointement l'autorité, comme dans la Province de Hollande. <i>Aristo-democratia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2809" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARISTO-DÉMOCRATIQUE" />
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    <head>ARISTO-DÉMOCRATIQUE</head>
    <p>
    ARISTO-DÉMOCRATIQUE , adj. m. &amp; fém Qui appartient à l'Aristo-démocratie, qui a la forme de l'Aristo-démocratie. <i>Aristo-democraticus.</i> Après que les Romains eurent donné à leur Etat la forme de République <i>Aristo-démocratique,</i> les troubles civils, &amp; les guerres étrangères qui sont inséparables de ces grandes révolutions, attirèrent bien-tôt la disette chez eux. De la Mare.</p><p>Ces mots sont composés d', <i>optimus, , populus,</i> &amp; , <i>impero.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2810" id="1" type="">
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    <head>ARISTOLOCHE</head>
    <p>
    ARISTOLOCHE , s. f. On disoit autrefois Aristolochie. <i>Aristolochia.</i> Plante qui a pris son nom ou d'Aristolochus son inventeur, comme le rapporte Cicéron, ou de ses vertus. On lui a donné ce nom d', <i>très-bon</i> &amp; , <i>enfantement, accouchement</i> : parce que c'est un bon remède pour procurer les vuidanges aux femmes nouvellement accouchées. Il y a quatre espèces d'<i>Aristoloche</i> employées en Médecine ; savoir, la ronde, la longue, la rampante &amp; la menue. L'<i>Aristoloche</i> ronde, <i>Aristolochia rotunda,</i> est ainsi dite à cause de ses racines qui sont en truffes de différentes grosseurs, jaunes en dedans, &amp; de couleur de buis, d'un goût acre très-amer, &amp; d'une odeur de drogue. De ces racines partent plusieurs tiges, ou sarments menus, quarrés, foibles, longs d'un pied ou deux, &amp; rarement branchus, garnis de feuilles alternes, taillées en forme de coeur, d'un pouce de largeur sur un &amp; demi environ de longueur, molles, vertes, pâles, chargées de quelques veines qui parcourent presque toute leur surface, &amp; soutenues par une queue fort courte, qui le plus souvent ne passe pas deux lignes. Des aisselles de chaqué feuille naissent une ou deux fleurs qui sont portées sur des pédicules longs environ de demi-pouce ; ce sont des tuyaux d'un jaune verdâtre en dehors, plus jaunes en dedans, terminés par une languette d'un rouge brun. Le calice qui supportoit la fleur devient un fruit rond, divisé en six loges, dans lesquelles sont contenues plusieurs semences plates, larges, noirâtres, posées les unes sur les autres. L'<i>Aristoloche</i> ronde est commune en Languedoc, en Espagne &amp; en Italie. Sa racine est sur-tout d'usage pour faciliter les accouchemens, pour provoquer les mois &amp; la sortie de l'arrièrefaix, &amp; on s'en sert extérieurement dans les teintures vulnéraires, &amp; dans les eaux composées contre la gangrène.</p><p>L'<i>Aristoloche</i> longue, <i>Aristolochia longa,</i> diffère de la ronde, 1°. Par ses racines qui sont longues quelquefois d'un pied, &amp; épaisses d'un pouce &amp; demi. 2°. Par ses tiges le plus souvent branchues. 3°. Par ses feuilles qui sont soutenues par des pédicules, longs environ de demi pouce, &amp; 4°. Par ses fruits moins ronds. L'<i>Aristoloche</i> longue croît en Languedoc. On emploie sa racine dans des opiats &amp; dans des teintures pour les Asthmatiques, pour provoquer les mois, en décoction dans des lavemens pour faciliter les vuidanges retenues, &amp; la sortie de l'arrière faix.</p><p>L'<i>Aristoloche</i> rampante, appellée improprement <i>Aristoloche</i> clématite, <i>Aristolochia clematites,</i> se fait aisément distinguer, 1°. Par ses racines, qui tracent &amp; se plongent quelquefois fort avant en terre, ensorte qu'un seul pied est capable d'occuper un espace de terrain considérable. Elles sont menues comme des plumes à écrire, quelquefois plus grosses, jaunâtres, d'une odeur forte, &amp; d'un goût très-amer. 2°. Par ses tiges qui sont rondes, &amp; droites, couchées, &amp; longues de deux pieds environ. 3°. Par ses feuilles deux ou trois fois plus grandes que celles de l'<i>Aristoloche</i> ronde, quelquefois fort amples, toujours plus pâles &amp; d'un verd tirant sur le jaune pâle. 4°. Par ses fleurs, qui sont plusieurs en nombre dans l'aisselle de chaque feuille, &amp; qui sont d'un jaune pâle. 5°. Par ses fruits beaucoup plus gros que dans les autres espèces. Cette <i>Aristoloche</i> est très-commune dans les vignes ; elle y est même nuisible, parce qu'elle donne au raisin &amp; au vin un goût désagréable. On la nomme en Languedoc <i>Foterne</i> ; dans le Lyonnois <i>Rattelou.</i> Sa racine est substituée dans quelques Dispensaires à celle de l'<i>Aristoloche</i> menue, qu'on a nommée la Pistolochie, <i>Aristolochia Pistolochia dicta, Aristolochia Polyrrhisos,</i> &amp; que nous nommons <i>Aristoloche</i> menue, à cause que ses racines sont des paquets de plusieurs petites fibres d'une ligne d'épaisseur, longues d'un demi pied, jaunâtres en dedans, d'un goût &amp; d'une odeur tout-à-fait approchante de l'<i>Aristoloche</i> longue. Ses tiges sont beaucoup plus menues que celles des précédentes espèces : elles n'ont guère qu'une demi-ligne, &amp; sont longues de cinq pouces environ, branchues quelquefois, &amp; garnies de feuilles presque moitié plus petites que celle de l'<i>Aristoloche</i> longue, d'un verd plus brun, &amp; un peu ondées dans leur contour. Ses fleurs ressemblent à celles de l'<i>Aristoloche</i> longue, mais elles sont plus petites à proportion, le fruit de même. Cette dernière espèce se trouve en Languedoc, en Provence, &amp; dans le haut Dauphiné. On demande ses racines dans la composition de la Thériaque, &amp; souvent on y met des racines de Melissa, qui leur ressemblent à l'extérieur, mais qui n'en ont pas le goût, &amp; qui se vendent pour telles. L'<i>Aristoloche</i> s'appelloit autrefois la Sarrasine.</p><p>On appelle improprement <i>Aristoloche</i> creuse, petite <i>Aristoloche</i> ronde, les racines de deux espèces de Fumeterre, nommée <i>Fumaria radice cavâ &amp; non carâ.</i> Quoique ces racines aient beaucoup d'amertume, &amp; qu'elle conviennent par leurs couleurs avec l'<i>Aristoloche</i> ronde ordinaire, on doit cependant distinguer ces deux racines &amp; ne les <pb n="334" facs="bpt6k8542165/f374/full/1200,/0/native.jpg"/>pas confondre. Parmi les <i>Aristoloches</i> on range encore deux à trois sortes de racines menues, brunes &amp; fibreuses, dont l'odeur est très-forte &amp; très-aromatique, &amp; qu'on nous apporte de Virginie sous le nom de Vipérine de Virginie. Plukenet distingue fort bien ces trois variétés, &amp; en donne des figures dans son <i>Phytographia.</i> On se sert de ces racines contre la morsure des betes venimeuses, dans les fièvres malignes &amp; la petite vérole. Sa vertu aléxipharmaque lui a fait donner le nom de Vipérine.</p><p>Outre ces espèces il y en a plusieurs autres découvertes dans le Levant &amp; en Amérique, mais elles ne sont pas employées. Le P. Plumier connut en Amérique cette plante à sa racine, qui est amère, &amp; c'est par-là, autant que par ses fleurs, qu'il la distingua de la <i>Contrabierva,</i> dont Nard, Ant. Rech. parle dans son VIIIe Livre ch. 58. &amp; qu'il crut avoir trouvé la première fois qu'il découvrit l'<i>Aristoloche</i> longue de l'Amérique, qu'il décrit ainsi pag. 91. &amp; 92. Sa racine a plus d'un pied de long, &amp; près d'un pouce d'épaisseur, elle est enfoncée droite dans la terre, &amp; finit par quelques sous-divisions : son écorce est grosse &amp; noire en dehors, &amp; toute découpée en long par de longues fentes ; le dedans est jaunâtre, &amp; d'un goût fort amer : les tiges qu'elle pousse sont menues, lisses, rondes, &amp; rampent fort avant sur les haies : elles sont entrecoupées de plusieurs noeuds, à chacun desquels il y a une feuille taillée presque comme un fer à cheval, dont les deux bouts sont émoussés ; ces feuilles ont un peu plus d'un pouce d'étendue ; &amp; leur pédicule a environ un demi-pouce de long : elles sont lisses, membraneuses, d'un beau verd par-dessus, un peu pâles par-dessous, &amp; chargées en long de deux ou trois nervûres qui partent d'une petite côte qui est un allongement du pédicule. Les fleurs sont presque de la même figure que celle de nos <i>Aristoloches,</i> mais beaucoup plus élargies dans leurs ouvertutures, ayant aussi la langue pointue, &amp; plus étendue : elles sont jaunes, pâles, &amp; veinées de rouge brun. Le fruit est gros comme un oeuf de pigeon, ayant une pointe émoussée vers le bout d'en bas : il est divisé en six angles arrondis, dont le dos est surchargé d'une arête ronde &amp; élevée : il est aussi divisé en dedans en six cellules pleines de semences noires, plattes, fort minces, arrondies par un bout &amp; pointues par l'autre, rangées de plat les unes sur les autres. Je l'ai vue en fleur en Novembre &amp; en Décembre, &amp; en fruit en Février &amp; Mars. P. Plum. Il l'appelle <i>Aristoloche</i> longue, montante à feuilles en fer de cheval.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2811" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARISTOTE" />
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    <head>ARISTOTE</head>
    <p>
    ARISTOTE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Aristoteles.</i> Ce nom s'est formé du Latin, ou du Grec par apocope, c'est-à-dire, par le retranchement de la dernière syllabe, contre l'usage de notre langue. Car on dit Praxitèle, Pyrgotèle, &amp; non point <i>Aristotèle</i> ; mais <i>Aristote.</i> Philippe souffroit qu'<i>Aristote</i> lui fit des leçons sur l'art de regner. Tourr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2812" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARISTOTÉLICIEN, ENNE" />
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    <head>ARISTOTÉLICIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARISTOTÉLICIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Philosophe qui suit les sentimens ou la méthode d'Aristote. <i>Aristotelicus, a.</i> Caracalla avoit la fantaisie de vouloir imiter le grand Alexandre, &amp; parce qu'on disoit qu'Aristote avoit contribué, à la mort de ce Conquérant, il haissoit tous les <i>Aristotéliciens.</i> Tillem.</p><p>Ce mot est aussi adjectif. Un Philosophe, un dogme <i>Aristotélicien.</i> La secte <i>Aristotélicienne</i> se soutient malgré Descartes &amp; sa Cabale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2813" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ARITENOÏDE" />
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    <head>ARITENOÏDE</head>
    <p>
    ARITENOÏDE , s. fém. <i>Aritenos.</i> Terme d'Anatomie C'est le troisième des cartilages du larynx, ainsi appellé parce qu'il ressemble au bec d'une aiguière ; il est placé dans le tiroïde, &amp; est soutenu par l'annulaire : il ferme la partie postérieure du larynx. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2814" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARITENOÏDIEN</head>
    <p>
    ARITENOÏDIEN . Terme d'Anatomie , qui se dit d'une paire des muscles fermeurs du larynx. La première paire des fermeurs sont les petits <i>Ariténoidiens,</i> nommés Ariténoidiens, à cause qu'ils prennent leur origine de la partie postérieure &amp; inférieure de l'Ariténoide, &amp; s'insèrent obliquement au même cartilage pour le resserret. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2815" id="1" type="">
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    <head>ARITHMANTIE</head>
    <p>
    ARITHMANTIE , s. f. <i>Arithmanthia.</i> C'est l'art de deviner par les nombres. Cardan l'appelle Arithmomantie, <i>Arithmomantia,</i> &amp; cela est mieux ; car ce nom vient d' &amp; de , qui veulent dire <i>nombre</i> &amp; <i>divination</i> ; d'où se doit former <i>Arithmomantie,</i> &amp; non pas <i>Arithmantie.</i> L'<i>Arithmomantie,</i> comme les autres divinations semblables, est une extravagance. La Gématrie, qui est la première espèce de la Cabale Judaique, est une sorte d'<i>Arithmomantie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2816" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARITHMETICIEN, ENNE" />
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    <head>ARITHMETICIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARITHMETICIEN, ENNE , subst. m. &amp; f. Qui enseigne, ou qui sait bien l'Arithmétique. <i>Arithmeticus.</i> Les principaux <i>Arithmeticiens,</i> ou Auteurs qui ont traité de l'Arithmétique, sont Diophante, imprimé à Toulouse avec les Commentaires de Bachet, &amp; les observations de Fermat ; Tacquet Jés. dont l'<i>Arithmétique,</i> qui est en Latin, a été traduite en Anglois ; Wingate, Williford, Moor, Parson, Jeak Well, Ward, Newton, <i>Arithmetica universalis,</i> à Cambridge 1707.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2817" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARITHMETIQUE" />
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    <head>ARITHMETIQUE</head>
    <p>
    ARITHMETIQUE , s. f. Art de bien supputer, &amp; avec facilité ; science qui fait partie des Mathématiques, qui enseigne à compter, &amp; qui considère la valeur &amp; les propriétés des nombres. <i>Arithmteica.</i> L'<i>Arithmétique</i> &amp; la Géométrie sont les fondemens de toutes les Mathématiques. Les quatre premières règles d'<i>Arithmétique</i> sont l'Addition, la Soustraction, la Multiplication &amp; la Division. Toute l'<i>Arithmétique</i> est renfermée dans ces quatre règles : car les règles de Trois, de Compagnie, d'Alliage, de fausse Position, &amp; l'extraction des racines quarrées &amp; cubiques, ne se font que par les diverses applications de ces quatre premières règles. Il faut ajouter, que bien que ces quatre règles soient fort simples, elles ne laissent pas de paroître obscures, même après les définitions que l'on en donne, à moins quelles ne soient appliquées à quelque exemple. Roh. Il y a une <i>Arithmétique</i> mémoriale. Charlemagne amena de Rome des Maîtres de Grammaires &amp; d'<i>Arithmétique,</i> &amp; établit par-tout des Ecoles. Fleur.</p><p>Les Indiens sont assez versés dans l'<i>Arithmétique</i> ; mais ce n'est que dans ce qui regarde la pratique. Ils apprennent l'art de compter dès leur plus tendre jeunesse ; &amp; sans se servir de la plume, il font par la seule force de l'imagination toute sortes de comptes sur leurs doigts. Je crois pourtant qu'ils ont quelque méthode méchanique qui leur sert de règle pour cette méthode de calculer. Lettres éd.</p><p>Les Chinois n'emploient point le zéro dans leur <i>Arithmétique.</i> Ils n'en pratiquent guère les règles par le calcul ; mais ils se servent d'un instrument composé d'une petite planche d'un pied &amp; demi de long, sur le travers de laquelle ils passent dix ou douze petits bâtons coulans : en les assemblant, ou en les retirant les uns des autres, ils comptent à peu près comme nous ferions avec des jettons, avec tant de facilité, qu'ils suivent sans peine un homme quelque vîte qu'il lise un livre de compte, &amp; à la fin on trouve l'opération toute faite, &amp; ils ont leur manière d'en faire l'épreuve. P. Le Conte.</p><p>Les Musulmans disent qu'Enoch, qu'ils appellent Edris, est l'inventeur de l'<i>Arithmétique.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , <i>numerus, nombre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2817" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARITHMETIQUE" />
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    <head>ARITHMETIQUE</head>
    <p>
    Arithmétique , adj. Qui appartient à l'<i>Arithmétique Arithmeticus.</i> Nombre <i>arithmetique.</i> Figure <i>arithmetique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2818" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARITHMÉTIQUEMENT" />
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    <head>ARITHMÉTIQUEMENT</head>
    <p>
    ARITHMÉTIQUEMENT , adv. D'une manière arithmétique. <i>Arithmeticè.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2819" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARITHMOMANTIE" />
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    <head>ARITHMOMANTIE</head>
    <p>
    ARITHMOMANTIE . Voyez <ref type="search" target="head:ARITHMANTIE">ARITHMANTIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2820" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARLEQUINADE" />
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    <head>ARLEQUINADE</head>
    <p>
    &#9758; ARLEQUINADE . s. f. Bouffounerie d'Arlequin, soit dans les paroles, soit dans le jeu. Les Italiens se contentent de faire un plan pour la distribution des rôles, &amp; dans le temps de la représentation, chaque Acteur produit sur le champ ce qui lui convient ; ensorte qu'à cet égard les Comédies Italiennes ressemblent parfaitement aux conversations &amp; aux entretiens ordinaires ... Ils ont cependant des Piéces sérieuses, &amp; même des Tragedies, dont les rôles sont appris par coeur. Mais outre qu'elles leur paroissent moins propres, les <i>Arlequinades</i> qu'ils y mêlent souvent, défigurent ces sortes de représentations ... Merc. Févr. 1726.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2821" id="1" type="">
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    <head>ARLES</head>
    <p>
    ARLES , s. m. <i>Arelate, Arelas, Arelatum.</i> Ville de France dans la Provence &amp; sur le Rhone. <i>Arles</i> est une ville très-ancienne. Quelques Auteurs fabuleux prétendent qu'elle a été batie par Arule petit-fils de Priam, ou pour le moins par Arel fils de Gad, Gen. XLVI. 16. D'autres croient qu'elle fut fondée par les Phéniciens, de-même que Marseille, &amp; à peu près au même-temps. Pline la nomme <i>Sextanorum Colonia,</i> c'est-à-dire, Colonie des Soldats de la sixième Légion ; parce que les Romains y <pb n="335" facs="bpt6k8542165/f375/full/1200,/0/native.jpg"/>conduisirent une Colonie des Soldats de cette Légion. Scaliger prétend qu'elle fut nommée <i>Constantia</i> par Constantin le Grand ; &amp; Avienus dit que les Grecs l'ont appellée <i>Théline,</i> c'est-à-dire, Mamillaire, tant à cause de sa forme, qu'à cause de ses richesses, &amp; de l'abondance de toutes choses qui s'y trouvoient.</p><p>Le nom <i>Arles</i> s'est formé du Latin <i>Arelas.</i> Gassendi, dans la vie de Mr Peiresc, dit, que le nom d'<i>Arles</i> vient ou du Grec , <i>Mars,</i> &amp; , <i>peuple,</i> c'est-à-dire, peuple de Mars, &amp; belliqueux, ou de <i>ara lata,</i> autel large ; ou enfin de la langue Britannique, dans laquelle ce nom signifie une ville située dans un lieu marécageux. Gassendi a pris ceci de Cambden, qui dit qu'en Breton <i>Ar</i> signifie <i>sur</i> ; &amp; <i>lait,</i> humide, marécageux. Bochart embrasse ce sentiment de Cambden dans son Chanaan, Liv. I. ch. 42. &amp; tire le mot Breton <i>lait</i> de l'Hébreu, ou Phénicien, , <i>lahhuth,</i> qui signifie la même chose. Chorier, dans son <i>Histoire de Dauphiné,</i> Tom. I. pag. 92. convient que <i>Arelas,</i> nom de la ville d'<i>Arles,</i> signifie dans l'ancienne langue Celtique, une ville bâtie en une terre marécageuse ; mais il veut qu'il vienne d', <i>auprès,</i> &amp; d', une palus, ou un marais.</p><p><i>Arles</i> devenue Colonie Romaine fut le siége du Préfet du Prétoire dans les Gaules. Constantin en fit ensuite le siége de l'Empire dans les Gaules. A la décadence de l'Empire, les Rois de Bourgogne s'en emparèrent. Théodoric, Roi des Visigoths, y demeura long-temps, &amp; l'orna beaucoup. <i>Arles</i> eut dans la suite ses Rois particuliers. Les médailles sur lesquelles on trouve Par. Parl. Sarl. Sar. sont, à ce que l'on prétend, des monnoies d'<i>Arles,</i> &amp; ces lettres s'expliquent par les Antiquaires, <i>Percussus Arelate,</i> ou plutôt <i>Populus Arelatensis, Senatus Arelatensis.</i> Tar. <i>Tributum Arelatensium.</i></p><p>Le Royaume d'<i>Arles. Regnum Arelatense.</i> Le Royaume d'<i>Arles</i> a encore porté le nom de Royaume de Provence, &amp; de Royaume de Bourgogne Cis-Jurane, c'est-à-dire, d'en deça du mont Jura, <i>Provinciae</i> ou <i>Burgundiae CisJuranae Regnum.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Bourgogne">Bourgogne</ref>. Il comprenoit la Provence, le Dauphiné, la Savoie, le Lyonnois, la Bresse, le Bugey, &amp; le Valromey. L'Evêque d'<i>Arles</i> étoit autrefois Vicaire du Pape dans les Gaules. Fleury. Cet Etat commença en 879. &amp; Boson en fut le premier Roi en 931. Le Royaume d'<i>Arles</i> ou de la Bourgogne Cis-Jurane, fut uni au Royaume de la Bourgogne Trans-Jurane dans la personne de Rodolphe II. Depuis 1032. jusqu'en 1379. le Royaume d'<i>Arles</i> fut possédé par les Empereurs, qui retinrent encore le nom de Rois d'<i>Arles.</i> Fréderic II. en fut privé par son schisme &amp; son hérésie ; &amp; avant sa mort, qui arriva en 1248. on trouve des titres datés du règne d'Alphonse, Comte &amp; Marquis de Provence, <i>Imperante Frederico schismatico, &amp; in Provincia regnante Domino Alphonso Comite &amp; Marchione Provinciae.</i> En 1245. les Etats de Provence &amp; de Forcalquier passèrent aux Comtes d'Anjou Rois de Sicile, par le mariage de Béatrix Comtesse de Provence &amp; de Forcalquier avec Charles I. frère de Saint Loüis. Et en 1481. il fut réuni à la Couronne par le testament que fit en faveur de Loüis XI. Charles III. Comte de Provence.</p><p>Boris a fait la Cour Royale d'<i>Arles.</i> Honoré Bouche parle fort au long du Royaume d'<i>Arles</i> au premier Tom. de son <i>Histoire de Provence,</i> Liv. VI. &amp; suivans. Saxi a fait l'Histoire des Archevêques d'<i>Arles</i> sous le titre de <i>Pontificium Arelatense.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Grég">Grég</ref>. de Tours, Liv. IX. ch. 39. 40. 42. Fortunat, Liv. V. ch. 2. Cassiodore, Liv. VIII. ép. 11. Mela, Liv. II. ch. 5. Pline, Liv. III. ch. 4. Strabon, Liv. IV. La longitude d'<i>Arles</i> est 22. d. &amp; sa latitude 43. d. 34'. C'est l'Académie des Sciences qui l'a déterminé ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2822" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMADELLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ARMADELLE</head>
    <p>
    ARMADELLE , ou ARMADILLE, <i>Tatu,</i> ou <i>Tatou.</i> C'est un animal à quatre pieds, du Brésil, gros comme un chat. Il a le museau de cochon, la queue d'un Lézard, les pieds d'un hérisson. Il est armé d'un haleret à écailles dures, dans lequel il se retire comme les tortues, d'où les Espagnols l'ont appellé <i>Armadillo</i> ; c'est-à-dire, armé de toutes pièces. Il séjourne dans les cavernes, ou dans les eaux, comme amphibie. Le P. Du Tertre, <i>Histoire des Antilles, Tr. VI. c.</i> 1. §. 5. écrit <i>Armadille.</i> Celui qu'il décrit est différent de celui qu'a décrit Rochefort. Ce Père dit que celui de cet Auteur étoit celui du Brésil. Rochefort, dit-il, le fait trop gros ; il ne lui donne que trois bandes, ou trois cercles qui l'environnent, bien qu'il en ait dix. Il lui met cinq ongles à chaque pied, quoiqu'il n'en ait que quatre. La queue qu'il lui donne est trop courte ; elle est plus longue que son corps, &amp; toute divisée par noeuds, &amp; par cercles d'écailles ; les épaules &amp; les hanches sont couvertes d'une écaille, qui descend jusqu'à la sortie des patres. Cette écaille est grise, &amp; toute semée de petites taches blanches comme des lentilles. Tout le milieu du corps entre ces deux écailles est environné de dix bandes d'écailles dures, larges d'un pouce, &amp; tout traversé de pointes ou rayons aigus. Toutes ces bandes sont jointes l'une à l'autre, &amp; aux deux écailles, par un cuit mêlé de tendons nerveux, qui lui laissent le mouvement fort libre, ensorte qu'il se plie, se tourne, &amp; se met en boule, quand il lui plaît. Il a deux rangs de dents tranchantes dans la gueule. Ces écailles tiennent de l'os &amp; du cartilage, mais les moindres dragées les percent, &amp; s'il y en a qui resistent aux coups de feu comme le dit Rochefort, ce n'est pas dans les Isles. Cet animal territ comme le lapin, &amp; ne paroît point pendant un tiers de l'année. Il vit de patates, de cannes de sucre, de fruits, de poules &amp; de poulets. Quand les chiens l'atteignent il retire ses quarre pattes &amp; sa tête dans son ventre, &amp; se met en boule. Il n'y a point de main assez forte pour ouvrir cette boule. Il faut le mettre auprès du feu pour lui faire montrer son nez. Quand il rencontre un homme en son chemin, il fuit devant lui. Si l'homme s'arrête, il foüit en terre, essayant de temps en temps si le trou est assez grand pour se cacher. Lors qu'on voit qu'il entre plus qu'à demi corps, il faut fraper des mains &amp; courir sur lui, il se fourre incontinent dedans, &amp; se laisse prendre par la queue sans aucune résistance. Sa chair est blanche, grasse, tendre, délicate, &amp; bien meilleure que celle du cochon de lait : on en fait rôtir de tous entiers ; on en met dans le potage ; on en fait des hachis, des pâtés, &amp;c.</p><p>Ximénès écrit que les lames ou bandes qui l'environnent, étant mises en poudre subtile, &amp; prises plusieurs fois le poids d'un écu dans une décoction de sauge, provoquent la sueur, &amp; sont un souverain remède contre la vérole ; que le dernier os qui la joint au corps, mis en poudre &amp; en masse, avec un peu de vinaigre rosat, guérit la surdité, en mettant gros comme la tête d'une épingle de cette masse avec du coton dans l'oreille. De Rochefort a mal entendu cet Auteur, quand il a dit qu'il falloit mettre un petit os de sa queue dans l'oreille avec du coton ; car cet os est vingt fois plus grand que le trou de l'oreille. Quelques-uns lui donnent aussi la vertu du Dictamne de Crète, qui attire les épines, ou fers de flèches des plaies. P. Du Tertre. Cet animal ne peut vivre que dans la Grenade. Quand on les transporte, sitôt qu'ils viennent devant l'Isle de S. Vincent, les forces leur manquent, &amp; ils meurent, ou avant que d'arriver à la Martinique, ou en y descendant à terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2823" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMADILLE" />
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    <head>ARMADILLE</head>
    <p>
    ARMADILLE , s. f. Sorte de Frégate légère, dont se servent les Espagnols dans les Indes Occidentales. On le dit aussi de la flotte que le Roi d'Espagne entretient dans ce pays-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2824" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMAGH" />
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    <head>ARMAGH</head>
    <p>
    ARMAGH , s. m. <i>Ardinacha, Armacha.</i> Ville d'Irlande dans l'Ultonie. Elle est presque ruinée. La Ville d'<i>Armagh</i> a séance &amp; voix au Parlement d'Irlande. L'Archevêque d'<i>Armagh</i> est Primat d'Irlande. Usserius, dont nous avons une Chronologie des Annales de l'Ancien Testament, &amp; d'autres ouvrages, étoit Archevêque d'<i>Armagh.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2825" id="1" type="">
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    <head>ARMAGNAC</head>
    <p>
    ARMAGNAC , s. m. <i>Armeniacensis Comitatus.</i> Contrée de la Gascogne Occidentale, avec titre de Comté, que quelques-uns appellent <i>Armanicus Tractus.</i> On prétend que ce sont les Peuples de l'<i>Armagnac</i> que César appelle <i>Aremaricos.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2826" id="1" type="">
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    <head>ARMAND</head>
    <p>
    ARMAND , s. m. Nom propre d'homme. <i>Armandus. Armand,</i> Cardinal, Duc de Richelieu, a été un des plus grands hommes que la France ait jamais eus.</p><p><i>Armand</i>-Gaston de Rohan, Cardinal, Evêque de Strasbourg, Grand Aumônier de France, a toutes les qualités qui font un grand Prince, &amp; un grand Prélat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2826" id="2" type="manege">
   <index type="head" value="ARMAND" />
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    <head>ARMAND</head>
    <p>
    Armand , s. m. Terme de Manége . C'est une espèce de bouillie, ou de remède pour un cheval malade, qu'on lui fait entrer dans le gosier pour lui donner de l'appétit &amp; des forces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2827" id="1" type="">
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    <head>ARMARINTE</head>
    <p>
    ARMARINTE , s. f. <i>Cachrys, os.</i> ou <i>Libanotis Cachryophoros.</i> Plante umbellifère, vivace. Sa racine est assez grosse, longue, branchue, laiteuse, &amp; blanche en dedans, acre au goût. Elle pousse plusieurs feuilles, qui se découpent en plusieurs lanières, à-peu-près comme celles de la queue de pourceau, mais plus charnues, d'un verd plus brun : d'entre ses feuilles s'élève une tige haute de trois ou quatre pieds, garnie de feuilles pareilles à celles du bas, si ce n'est que les découpures, ou lanières, sont plus longues &amp; plus étroites. Cette tige est canelée en dehors, fongueuse en dedans, &amp; se divise en quelques branches terminées par des umbelles de fleurs jaunes, auxquelles succède un fruit composé de deux semences un peu plattes, semblables à des grains d'orges. Elles sont couvertes d'une matière spongieuse, lisse &amp; ovale dans quelques espèces, canelée dans quelques autres. La décoction de ces fruits sert à teindre les cheveux en jaune doré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2828" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMATEUR" />
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    <head>ARMATEUR</head>
    <p>
    ARMATEUR , s. m. <i>Pirata,</i> est le Commandant de quelque vaisseau armé en guerre, pour courir sur les vaisseaux du parti contraire. C'est une espèce de Pirate ; mais qui a pourtant une commission, ou pouvoir de faire un armement. On comprend sous ce nom ceux qui sont intéressés à cet armement. On l'appelle aussi <i>Capre,</i> avec cette différence, que <i>capre</i> ne se dit que d'un très-petit bâtiment destiné à aller en course, &amp; <i>armateur</i> se dit des plus grands bâtimens corsaires, &amp; armés par des particuliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2829" id="1" type="charpenterie">
   <index type="head" value="ARME" />
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    <head>ARME</head>
    <p>
    ARME , s. f. <i>Armatura.</i> Terme de Charpenterie . Ce mot comprend les barres, clefs, boulons, étriers, &amp; autres liens de fer qui servnte à retenir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2829" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARME" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>ARME</head>
    <p>
    Arme , s. f. Ce qui sert à se défendre de son ennemi, ou à le combattre. <i>Arma.</i> Dans la colère on fait des <i>armes</i> de tout. <i>Arme</i> offensive, comme épée, pistolet, <i>Arma ad nocendum. Arme</i> défensive, comme bouclier, cuirasse. <i>Arma ad tegendum. Arme</i> à feu, le mousquet. <i>Arme</i> de trait, l'arc, l'arbalête. <i>Arme</i> à hampe, la halebarde, la pique, la lance, &amp;c. Le port des <i>armes</i> est défendu ; c'est un cas Royal &amp; Prévôtal. Un trophée d'<i>armes.</i> Des <i>armes</i> enchantées.</p><p>On s'en sert au pluriel en une plus étroite signification, pour marquer seulement les <i>armes</i> défensives d'un homme de guerre, comme la cuirasse &amp; le pot. Il est allé à la tranchée tout nud, &amp; sans <i>armes.</i> Il avoit des <i>armes</i> à l'épreuve. Il reçut un coup dans ses <i>armes.</i> Procope fait une description des <i>armes</i> de l'ancienne Infanterie Françoise, &amp; de leur manière de combattre, qui a assez de rapport à celle que Sidoine Apollinaire en avoit faite plusieurs années auparavant. Ils n'ont, dit Procope, ni arc, ni flèche ; mais un bouclier à une main, &amp; une hache en l'autre, dont le fer est fort gros &amp; a deux tranchans ; le manche est de bois &amp; fort court ; au premier signal du combat, dès qu'ils sont à portée, chacun lance sa hache contre le bouclier de celui qu'il attaque, le casse, &amp; alors mettant l'épée à la main, il se jette sur lui &amp; le tue. P. Dan. Les <i>armes</i> des anciens François étoient la hallebarde, la massue, la fronde, le maillet, l'angon, la hache, l'épée. Les François étoient si agiles qu'ils tomboient sur leur ennemi aussitôt, pour ainsi parler, que le trait qu'ils lançoient sur lui. Leurs épées étoient si larges, &amp; l'acier en étoit si fin, qu'elles coupoient un homme en deux. Pour armes défensives ils n'avoient que le bouclier, fait d'un bois léger &amp; poli, &amp; couvert d'un bon cuir bouilli. Le Gendre. Jean V. Duc de Bretagne, dans un Edit du 20e Mars 1424 fait ainsi le dénombrement des <i>armes</i> en usage en ce temps-là : Ceux qui sauroient tirer de l'arc, qu'ils aient arc, trousse, cappeline, coustille, hache ou mail de plon, &amp; soient armés de fortes jacques, garnies de laisches, chaînes, ou mailles, pour couvrir les bras ; &amp; ceux qui ne savent tirer de l'arc, qu'ils soient armés de jacques, &amp; aient cappelines, coustilles, haches, ou bouges ; &amp; avec ce aient paniers de tremble, ou autre bois plus convenable, qu'ils pourront trouver, &amp; soient les paniers longs à couvrir haut &amp; bas. Loüis XI. en 1480. ou 1481. introduisit en France les <i>armes</i> des Suisses, c'est-à-dire, la hallebarde, la pique, &amp; les larges épées, qui lui parurent plus propres pour la guerre, avec les arquebuzes ; &amp; il commença à abolir l'usage de l'arc &amp; de la flèche. P. Dan.</p><p>Nicod dérive ce mot d'une phrase Latine, <i>quòd operiant armos,</i> parce qu'elles couvrent les épaules, ou les flancs. Mais il est plus naturel de le dériver du Latin <i>arma,</i> que Varron dérive <i>ab arcendo, eò quod arceant hostes.</i> Et le P. Pexron enchérissant sur Nicod dit, qu'<i>arme</i> vient du Celtique <i>arm,</i> qui signifie la même chose, &amp; que tout cela vient du mot Celtique <i>armm,</i> qui signifie toute l'épaule jusqu'au poignet de la main, &amp; d'où est venu <i>armilla,</i> brasselet, qu'on met sur le poignet, &amp; qui étoit beaucoup en usage chez les Celtes &amp; les anciens peuples ; que d'<i>armm,</i> épaule, s'est fait <i>arme,</i> parce qu'anciennement les <i>armes</i> ordinaires, telles qu'étoient le bouclier, le carquois &amp; les flèches, se portoient sur les épaules. Pezr. <i>Ant. des Celt.</i> Guichard tire ce nom <i>arme,</i> de l'Hébreu , <i>haram,</i> qui signifie, tuer, perdre, détruire, ravager.</p><p>Voyez dans Du Cange un Inventaire tiré des Registres de la Chambre des Comptes de l'an 1316. où est fait un dénombrement fort curieux de plusieurs <i>armes</i> anciennes du Roi, maintenant inconnues, &amp; hors d'usage. On tient que les premières <i>armes</i> étoient de bois, &amp; qu'on s'en servoit seulement contre les bêtes ; que Nembroth, le premier Tyran du monde, les employa contre les hommes ; &amp; que son fils Bélus fut le premier qui fit la guerre, d'où, selon quelques uns, elle a été appellée <i>bellum.</i> Diodore croit que Bélus est le même que Mars, qui le premier dressa des soldats. Et Josephe dit que Moise fut le premier qui arma les troupes avec du fer, leur donnant en Egypte le bouclier, &amp; le pot en tête. On s'est servi autrefois d'<i>armes</i> d'airain &amp; même de pierre, avant que les <i>armes</i> de fer fussent en usage.</p><p>Voici les mots de devises qui ont été mis sous des <i>armes.</i> Philbert Duc de Savoie, sous un grand amas d'<i>armes</i> représentées dans un Arsenal, mit ce mot <i>Conduntur, non contunduntur,</i> On ne les brise pas, on les serre ; pour marquer que même en temps de paix il se tenoit sur ses gardes. Charles de Savoie prit pour sa devise, <i>Nec conduntur, nec contunduntur,</i> Elles ne sont ni brisées, ni serrées. Ces devises ne sont pas régulières, &amp; sont plutôt des emblèmes. Une armure, <i>Tegit &amp; ornat,</i> ou <i>Praesidium &amp; decus,</i> fait une devise plus régulière, pour marquer la protection d'un Grand. Des <i>armes,</i> avec ce mot, <i>Usu nitescunt,</i> qui signifie qu'elles sont luisantes quand on s'en sert, est une bonne devise pour marquer qu'il faut exercer l'esprit, si l'on veut qu'il brille. A la paix des Pyrénées le Rancati fit cette devise : Des <i>armes</i> de toutes sortes, couvertes de branches de laurier, &amp; il y mit ce mot d'Ovide, <i>Sine militis usu.</i></p><p>
    </p>
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    <p>
    Armes courtoises . Les <i>armes</i> dont on se servoit autrefois dans les Tournois. C'étoient ordinairement des lances sans fer, des épées sans taillant ni pointes ; souvent des épées de bois, quelquefois des cannes. Le Gendre. Ces <i>armes</i> s'appelloient <i>armes courtoises.</i> Sur la fin du Tournoi se faisoient les Joûtes sans annonce, sans prix, sans défi ; &amp; avec des <i>armes courtoises,</i> c'est-à-dire, qui ne blessoient point. Le Gendre.</p><p>
    </p>
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    Armes a outrance . C'étoit un duel, comme les Joûtes, mais un duel de six contre six, quelquefois de plus ou de moins, presque jamais de seul à seul. Duel fait sans permission, avec des <i>armes</i> offensives entre gens de parti contraire, ou de différente nation, sans querelle qui eût précédé, mais seulement pour faire parade de ses forces &amp; de son adresse. Un Héraut d'<i>armes</i> en alloit porter le cartel, dans lequel étoit marqué le jour &amp; le lieu du rendez-vous, combien de coups on devoit donner, &amp; de quelles <i>armes</i> on se devoit servir. Le défi accepté les parties convenoient des Juges. On ne pouvoit remporter la victoire qu'en frappant son Antagoniste dans le ventre, ou dans la poitrine. Qui frappoit aux bras &amp; aux cuisses, perdoit ses <i>armes,</i> &amp; son cheval, &amp; étoit blâmé par les Juges. Le prix de la victoire étoit la lance, la cotte d'armes, l'épée, ou le casque du vaincu. Ce duel se faisoit en guerre &amp; en paix. A la guerre, avant une action, c'en étoit comme le prélude. On en voit quantité d'exemples, tant dans l'Histoire de S. Louïs, que <pb n="337" facs="bpt6k8542165/f377/full/1200,/0/native.jpg"/>dans celle de ses successeurs, jusqu'au règne de Henri II. Le Gendre.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Le pas d'armes . Autre combat qui se faisoit avec plus de cérémonies que celui des <i>armes a outrance.</i> Un Roi d'<i>armes</i> &amp; ses Hérauts alloient en faire les annonces à la Cour, dans les grandes villes, &amp; dans les pays étrangers, long-temps avant qu'il fût ouvert. Ce pas étoit un passage d'ordinaire en rase campagne ; quelquefois un Chevalier seul, souvent deux ou trois ensemble, entreprenoient par vanité de le défendre contre tous venans. Le pas étoit formé par une barricade. A la tête de ces barrières étoit l'Ecu des Tenans, &amp; à côté six autres Ecus de couleurs toutes différentes, qui marquoient les divers combats à la lance, à l'épée, au poignard, à la demi-pique, à pied, ou à cheval, qu'on étoit prêt de soutenir. Le Gendre. Le pas de l'arc triomphal fut entrepris ainsi à Paris dans la rue S. Antoine en 1514. aux secondes noces de Loüis XII. Id.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Armes . On appelle aussi <i>armes,</i> les défenses naturelles des animaux, les griffes, les dents, les aiguillons, les cornes, les défenses des éléphans, le bec des oiseaux.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Armes , signifie aussi, la profession, le métier d'un homme de guerre. <i>Militia.</i> C'est le devoir d'un Gentilhomme de suivre, de porter les <i>armes.</i> Veut-on qu'un homme né parmi les <i>armes</i> n'ait rien de soldat que quand il voit les ennemis. Le Ch. de M. Cet homme est né aux <i>armes,</i> pour les <i>armes.</i> Faire ses <i>premières armes</i> ; c'est faire sa première campagne. La Providence voulut que d'Aubusson fît ses <i>premières armes</i> contre l'ennemi commun des Chrétiens. Bouh. Plusieurs personnes trouvèrent cette expression nouvelle dans le temps que cette Histoire (d'Aubusson) parut, &amp; quelques-uns même crurent que je l'avois inventée ... Je me défendis d'abord en protestant que j'avois dit, faire ses premières <i>armes,</i> sans penser rien dire de nouveau ; que je croyois même cette façon de parler un peu vieille, bien loin de la soupçonner d'être nouvelle ; du reste, qu'elle m'avoit de tout temps semblé Françoise ; qu'au moins je l'avois comptée entre les phrases de notre langue, &amp; qu'elle m'étoit venue sous la plume sans l'avoir recherchée. Mais comme on m'opiniâtra que c'étoit une nouveauté, je m'adressai aux Maîtres de l'Art, pour savoir à quoi m'en tenir. J'entends par les Maîtres de l'Art, Messieurs de l'Académie Françoise. Tous ceux que je consultai m'assurèrent que <i>faire ses premières armes,</i> étoit François, dans le sens où je l'avois mis ; &amp; M. Patru entr'autres me dit, que nos livres de Chevalerie parloient de la sorte. Ce témoignage me rassura, &amp; les exemples que j'ai trouvé depuis m'ont persuadé tout-à-fait, non-seulement que je ne suis pas l'inventeur de cette phrase, mais qu'elle est bonne, &amp; qu'on s'en peut servir sûrement. Le premier exemple est tiré des Mémoires de Brantôme. Il faut venir, dit-il, à Dom Antoine de Lère, lequel <i>fit ses premières armes</i> sous de grands Capitaines ; il fut pourtant blâmé de ceux de sa nation. M. de Balzac m'a fourni le second exemple. Il dit dans son discours intitulé <i>Le Romain,</i> qu'il addressa à Madame la Marquise de Rambouillet : Ainsi commençoient vos prédécesseurs ; <i>ils faisoient ainsi leurs premières armes.</i> Leur apprentissage étoit un chef-d'oeuvre. Mais le troisième exemple est à mon gré de plus grand poids que les deux autres, parce qu'il fait voir que la manière de parler dont il s'agit, se dit aujourd'hui par les personnes qui parlent le mieux. M. le Comte de Bussy Rabutin dit dans une lettre écrite à M. le Maréchal d'Humières : On vient de me mander que vous étiez nommé pour servit auprès du Roi cette campagne ; j'en suis extrêmement aise, pour votre intérêt &amp; pour celui de mon fils.... Notre ancienne amitié, &amp; l'honneur qu'il a d'appartenir à madame votre femme, me font souhaiter qu'il <i>fasse ses premières armes</i> sous vous. Après cela je ne pense pas que personne s'obstine à m'attribuer cette phrase, ni qu'on ose la condamner.</p><p>Il faut cependant observer que <i>faire ses premières armes,</i> ne se dit que dans un style un peu élevé ; &amp; qu'en parlant de quelqu'un dans le discours familier, on devroit plutôt dire, Il fit ses premières campagnes sous M. de Turenne.</p><p>Il y a une Apologie pour M. de la Rochepozay Evêque de Poitiers, contre ceux qui disent qu'il est défendu aux Ecclésiastiques de porter les <i>armes.</i> L'Auteur de ce livre qui parut sans nom <i>in</i> 8°, l'an 1615. &amp; que quelqu'un a appellé l'Alcoran de l'Evêque de Poitiers, est le fameux Jean Du Vergier de Haurane, Abbé de S. Cyran. C'est le premier de ses ouvrages. De Vig. Mar.</p><p>
    </p>
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    Armes , se prend encore pour les exploits de guerre, pour les actions éclatantes que l'on fait par le moyen des <i>armes. Facta Bellica.</i> C'est uniquement à ses <i>armes</i> qu'il est redevable de sa fortune, &amp; de son élevation.</p><p>
    </p>
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    Armes , se dit aussi pour courage, valeur ; pour cette espèce de vertu qui n'est d'usage que dans la guerre. Il n'y a point de lieu où vous n'ayez signalé vos <i>armes.</i> Ablanc. C'est-à-dire, où vous n'ayez donné des marques éclatantes de bravoure.</p><p>On dit aussi, qu'une ville est en <i>armes,</i> qu'on crie aux <i>armes,</i> qu'on prend les <i>armes,</i> pour parler d'un tumulte, &amp; d'une sédition. <i>Itur ad arma.</i> On le dit aussi à la guerre. L'armée demeura toute la nuit sous les <i>armes. In armis stare.</i> Les ennemis mirent bas les <i>armes,</i> &amp; se rendirent. On dit aussi qu'il y a suspension d'<i>armes</i> ; pour dire qu'il y a quelque sorte de trève.</p><p>
    </p>
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    Armes , signifie encore la puissance d'un Etat, la force de l'armée. Ce Prince est puissant en <i>armes</i> ; il est entré en <i>armes</i> dans le pays ennemi ; ses <i>armes</i> ont été heureuses ; Dieu a beni ses <i>armes.</i></p><p>On dit, Passer par les <i>armes,</i> pour dire, exécuter un soldat pour crime militaire. <i>Militem damnare ut plombeis glandibus appetitus necetur.</i> Un Maître en fait d'<i>armes</i> ; pour dire un Maître d'Escrime. <i>Lanista.</i> Faire des <i>armes</i> ; pour dire, s'exercer avec des fleurets à manier l'épée. <i>Gladiis praepilatis batuere, Gladiatoriam umbratilem exercere.</i> Un Maître de hautes <i>armes,</i> est celui qui montre à bien manier la pique, l'enseigne, l'espadon.</p><p>On appelloit autrefois, Hommes d'<i>armes,</i> des Cavaliers nobles, dont on faisoit des Compagnies d'Ordonnances. Ils portoient des lances, &amp; étoient pesamment <i>armés</i> ; leurs chevaux l'étoient aussi.</p><p>Héraut d'<i>armes,</i> ou Roi d'<i>armes,</i> &amp; Poursuivant d'<i>armes.</i> Voyez <i>Héraut, Roi,</i> &amp; <i>Poursuivant,</i> à leur ordre, où ces mots sont amplement expliqués.</p><p>
    </p>
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    Armes , se dit figurément en Morale. Cette soumission lui fit tomber les <i>armes</i> des mains, le désarma ; pour dire, fit cesser sa colère. Ils combattoient à <i>armes</i> égales ; pour dire, sans avantage l'un sur l'autre. Baisser les <i>armes</i> ; pour dire, céder, faire des soumissions.</p><p>On appelle aussi <i>armes</i> à l'égard de l'esprit, ce qui sert à défendre ou à attaquer un parti, une opinion, une passion. Voilà un habile homme, qui fournit des <i>armes</i> à son ennemi contre soi-même. Ablanc. Vous vous servez des <i>armes</i> des Hérétiques, que l'Eglise a brisées tant de fois. Nicol. Ces Hérétiques ont tant d'erreurs, qu'ils fournissent eux-mêmes des <i>armes</i> pour les combattre. Les bons exemples sont les meilleures <i>armes</i> pour combattre les pécheurs. L'innocence de la vie, la constance dans les tourmens, étoient les seules <i>armes</i> que les Martyrs opposoient aux Tyrans. Contre un pareil malheur la constance est sans <i>armes.</i> La nature de l'esprit humain n'est pas de rendre les <i>armes</i> aussi-tôt à l'esprit humain. Il veut y penser, y revenir, en délibérer avec lui-même, se convaincre en secret, plutôt que d'être convaincu en public. Peliss. Cela ne fera rien contre l'autorité du grand nombre ; il suffit qu'on la reconnoisse toujours à <i>armes</i> égales, pour ainsi dire, entre personnes qui emploient la même raison &amp; les mêmes instrumens. Id.</p><p>On dit aussi, qu'un homme, qu'une femme, sont bien sous les <i>armes,</i> quand ils sont bien propres &amp; bien parés pour faire des conquêtes amoureuses. On dit poëtiquement, que les pots &amp; les verres sont les <i>armes</i> de Bacchus ; que de beaux yeux sont les <i>armes</i> dont se sert Cupidon.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Armes , se prend aussi pour tout ce qui est capable de nous charmer, de nous engager, de nous entraîner, de nous assujettir ; auquel sens il est principalement en usage dans la Poësie. <i>Illecebrae.</i></p><p><i>Me dois-je rendre, amour, à de si douces</i> armes ?</p><p>On dit proverbialement que les <i>armes</i> sont journalières ; pour dire, que tantôt on bat, &amp; que tantôt on est battu : ce qui se dit aussi figurément de ceux qui ne sont pas toujours heureux, ou qui ne réussissent pas toujours également bien. Mettre les <i>armes</i> entre les mains d'un furieux ; pour dire, lui donner quelque chose dont il abuse, &amp; qui lui donne moyen d'exécuter ses passions. C'est le sort des <i>armes</i> ; pour dire, c'est un malheur, un hasard de la guerre. On dit aussi, S'escrimer des <i>armes</i> de Samson, c'est-à-dire, jouer des mâchoires, parce que Samson défit les Philistins avec une mâchoire d'âne : on le dit aussi avec les <i>armes</i> de Cain, par la même raison, à cause que Cain tua son frère, à ce que l'on prétend, avec une semblable mâchoire.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Armes , ou Armoiries, s. f. qui n'a point de singulier. Ce sont des marques d'honneur qui se mettent sur les Ecus, &amp; sur les enseignes, pour distinguer les Etats, &amp; les familles nobles. <i>Gentilitii scuti insignia, Gentis symbolum, Gentis insigne, Gentis tessera,</i> ou <i>Gentile symbolum, &amp;c. Gentilitia tessera, &amp;c. Scutum tesserarium, hieroglyphicum,</i> ou <i>symbolicum. Gentis parma symbolica, scutaria imago, icon, tessera. Scutarium insigne.</i> Le Blason est la science qui apprend à connoître, &amp; à bien parler des <i>armes.</i> Trois fleurs de lys d'or en champ d'azur sont les <i>armes</i> de France. Les aigles sont les <i>armes</i> de l'Empire. Il a fait un tel son héritier, à la charge de porter son nom &amp; ses <i>armes.</i> Un tel est chef du nom &amp; des <i>armes</i> d'une telle maison. <i>Armes pleines,</i> ce sont celles qui sont entières, nettes &amp; nues, d'une pièce, &amp; d'un tenant, qui n'ont aucunes brisures, divisions, altérations, ni mélanges. <i>Insignia pura, integra, plena.</i> Les <i>armes</i> de France sont <i>armes pleines, pures, entières. Armes brisées, infractae, violatae, temeratae imaginis, symbolum scutarium ; oblisae superficiei typus tesserarius.</i> Les <i>armes</i> des Princes du Sang, comme Anjou, Orléans, Bourbon, ne sont pas pures &amp; pleines, mais <i>brisées</i> du bâton, qui autrefois, pour exprimer mieux la brisure, portoit de biais sur les lys. Monet. Dans l'ancienne Coûtume de Normandie, on trouve que les <i>armes</i> pleines d'un Chevalier, ou de celui qui possédoit un fief de haubert, étoient le cheval, le haubert, l'écu, l'épée, &amp; le heaume ; &amp; pour celui qui n'étoit point Chevalier, ou qui n'avoit point de fief de haubert, c'étoit le roucin, le gamboison, le chapel &amp; la lance. <i>Armes chargées,</i> sont celles qui sont pures &amp; pleines, &amp; auxquelles on a ajoûté de nouvelles pièces pour marque d'honneur, &amp; en vûe de quelque belle action. <i>Insignia adjectione distincta.</i> Il y a aussi des <i>Armes parties. Partita. Ecartelées. Quadripartita. Coupées. Transversè bipartita,</i> &amp;c. expliquées à leur ordre. <i>Armes fausses,</i> sont celles qui ne sont pas selon les règles du Blason, comme lorsque l'on met métal sur métal, &amp; couleur sur couleur. <i>Adulterina, adulterinum, spurium, improbum, vitiosum, insolens, scutum tesserarium.</i> Les <i>armes</i> seroient fausses en France, qui auroient au champ, ou au blason, autres métaux, pannes, couleurs, que les coutumiers de cette nation, ou bien si les matériaux d'<i>armes</i> étoient autrement alliés &amp; composés entr'eux que ne porte notre usage. Les cas privilégiés exemptent de fausseté les <i>armes</i> de certains grands personnages composées de métal sur métal, couleur sur couleur, ès pièces notables de l'écu. Monet. On les appelle aussi des <i>Armes à enquerre. Insignia de quibus inquirendum. Armes</i> vraies, légitimes, pures, <i>Gentilis scuti symbolum genuinum, germanum, legitimum.</i> Les <i>armes</i> les plus simples &amp; les moins diversifiées sont les plus nettes, &amp; les plus nobles. C'est par cette raison que Garcias Ximenès, premier Roi de Navarre, &amp; ses Successeurs, portèrent quelques siècles, de gueules simplement sans aucune figure ; &amp; la maison d'Albret, issue de ces Rois, continua les mêmes <i>armes</i> jusqu'à Charles VI. qui les leur écartela de semé de France. Monet.</p><p>On appelle <i>armes parlantes,</i> celles où il y a quelques figures qui font allusion avec le nom de la famille. <i>Vocalia Insignia, tesserae eponymae, loquentes, paronymae, loquaces, synonymae.</i> Comme De la Tour d'Auvergne, qui a une tour ; De Créqui, qui a une créquier ; de la maison de Prado en Espagne, qui a pour champ un pré ; de la maison de Mailly, qui a des maillets. La plupart des Auteurs tiennent que ce sont les plus nobles &amp; les plus légitimes, comme il se prouve par une infinité d'exemples rapportés par les Pères de Varenne &amp; Menestrier. Mais elles sont moins nobles quand elles tiennent du Rebus de Picardie, comme il y en a plusieurs ; c'est-à-dire, lorsqu'il y a une multiplicité de pièces qui composent le nom de celui qui les porte ; parce que les anciens Seigneurs croyoient que leurs noms étoient assez illustres pour se faire connoître par eux-mêmes, au lieu de les expliquer par une multiplicité de figures &amp; de blasons. Guillot Lymare Charbonnier portoit de sable à la coquille de pourpre, avec cette devise, <i>De charbon chevance</i> ; c'est-à-dire, bien, richesse, <i>Ex carboneres,</i> ou <i>opes.</i></p><p><i>Armes à enquerre,</i> sont celles où il y a quelque chose qui est contre les règles ordinaires du Blason, &amp; qui donne curiosité de s'enquérir pourquoi on les a faites ainsi. <i>Tesserae,</i> ou <i>symbolae,</i> ou <i>scutariae imagines postulatitiae,</i> ou <i>postulatoriae ; extraordinarii nexûs metallici symbolum, scutarium ; inusitatae commissionis pigmentaria tessera scutariae.</i> Godefroy de Bouillon porta d'argent à la grande Croix potencée d'or : ce furent des <i>armes à enquerre,</i> qui lui furent données par les Seigneurs François qui l'accompagnoient pour marque de sa valeur incomparable à la conquête du Royaume de Jérusalem, &amp; pour donner sujet de la connoître à ceux qui s'enquerroient de la nouveauté de ces <i>armes.</i> Monet. Les <i>armes</i> de la maison de Montmorenci furent aussi des <i>armes à enquerre,</i> jusqu'à Matthieu II. c'étoit une grande croix d'argent dans un champ d'or. Elles étoient fondées sur la prérogative de cette illustre famille, qui est d'avoir donné à la Gaule les premiers Chevaliers Chrétiens.</p><p><i>Armes</i> d'une pièce d'un tenant de blason ; ce sont celles qui ne sont point parties ni en long, ni en large, <i>unius paginae, unius &amp; continentis plagulae, haud intercisi laterculi scutarium hieroglyphicum. Armes parties, armes tiercées, armes écartelées, armes coupées, armes taillées, armes tranchées.</i> Voyez ces mots en leur place. Voyez aussi en général ARMOIRIES.</p><p>
    </p>
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    <head>ARMÉE</head>
    <p>
    ARMÉE , s. f. Corps de plusieurs gens de guerre à pied &amp; à cheval, divisés en plusieurs Régimens, &amp; assemblés sous un Général, qui a plusieurs Officiers sous lui : ce qui regarde l'<i>armée</i> de terre. <i>Exercitus, copiae.</i> Pour l'<i>armée</i> de mer, ou navale, c'est une certaine quantité de vaisseaux de guerre, équipés &amp; montés par un certain nombre de troupes commandées par un Amiral, aidé de plusieurs Officiers qui sont sous lui. <i>Classis. Armée</i> composée de vieilles troupes. <i>Veteranorum exercitus. Armée</i> composée de gens ramassés à la hâte &amp; sans choix. <i>Tumultuarius, collectitius exercitus. Armée</i> rangée en bataille. <i>Acies instructa.</i> La tête, la queue. <i>Primum, extremum agmen.</i> Les ailes. <i>Alae, Cornua.</i> Le corps de l'<i>armée. Acies.</i> Lever, mettre sur pied une <i>armée.</i> Entretenir, faire subsister une <i>armée.</i> L'<i>armée</i> marche, l'<i>armée</i> avance, l'<i>armée</i> campe. Faire la revûe d'une <i>armée.</i> Commander une <i>armée.</i> Défaire une <i>armée.</i> Recueillir, rassembler les débris d'une <i>armée.</i> Cette <i>armée</i> si florissante, &amp; qui avoit été levée avec tant de frais, fut entièrement défaite. L'<i>armée</i> navale étoit belle en apparence, mais dénuée de soldats &amp; de matelots. L'état de l'<i>armée,</i> c'est l'état des dépenses qui se doivent faire tant pour lever une <i>armée,</i> que pour l'entretenir de solde, de vivres &amp; de munitions. On tient que l'<i>armée</i> que Xerxès mena en Grèce, étoit de onze cents mille hommes. Nos <i>armées</i> ne passent pas pour l'ordinaire vingt mille hommes, disoit un Lacédémonien ; mais à nous voir dans la mêlée, à compter les morts de nos ennemis, on diroit que nous sommes toujours plus de cent mille hommes.</p><p>Les <i>armées</i> de France sous les enfans de Clovis étoient composées de divers corps de troupes que fournissoient chaque Province, à-peu-près comme nous voyons aujourd'hui les <i>armées</i> de l'Empire composées des troupes des Cercles, qui fournissent chacun leur contingent. P. Dan. Les <i>armées</i> étoient autrefois composées des vassaux des Seigneurs qui faisoient plus de deux cents mille hommes. Quand chacune de ces troupes avoit servi vingt-cinq, trente, quarante jours, selon l'usage du pays, ou selon les devoirs du <pb n="339" facs="bpt6k8542165/f379/full/1200,/0/native.jpg"/>fief, les Seigneurs les remenoient chez eux. Le Gendre. Le gros des <i>armées</i> Françoises sous les Mérovingiens n'étoit que de l'infanterie. Sous Pepin &amp; sous Charlemagne il y avoit dans les <i>armées</i> un nombre à-peu-près égal de Gensdarmes &amp; de fantassins ; mais depuis que dans la décadence de la maison Carlovingienne les fiefs furent devenus héréditaires dans les familles, les <i>armées</i> de la nation n'étoient presque que de Cavalerie. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMÉE</head>
    <p>
    Armée , se dit aussi figurément d'une multitude. <i>Multitudo.</i> J'avois prié trois personnes à dîner, ils sont venus une <i>armée ;</i> ils étoient pour le moins quinze.</p><p>On dit, Entrer à main <i>armée</i> dans un pays ; pour dire, y entrer par force avec des gens de guerre. On le dit aussi de toutes les violences particulières. Ce Noble est venu chez un tel Bourgeois à main <i>armée</i> pour enlever sa fille ; il lui a mis le poignard à la gorge, &amp; lui a fait signer un contrat à main <i>armée.</i> En ce sens il est adjectif.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMELINE</head>
    <p>
    ARMELINE , s. f. Peau qui vient de Laponie, &amp; qui est très-fine &amp; très-blanche, &amp; fort propre à faire de belles fourrures.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMEMENT</head>
    <p>
    ARMEMENT , s. m. Levée de troupes, équipage de guerre. <i>Apparatus belli, belli comparatio.</i> Le Roi fait un grand <i>armement</i> ; il lève beaucoup de troupes, il fait fondre beaucoup d'artillerie.</p><p>On le dit aussi des frais nécessaires pour équiper un vaisseau. Cet <i>armement</i> a tant coûté, que les Armateurs en sont ruinés.</p><p>Dans une jolie fable on l'a dit pour arme. <i>Arma.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMEMENT</head>
    <p>
    Armement , se dit aussi de l'équipement des vaisseaux de guerre, de la distribution ou embarquement des troupes qui doivent monter chaque vaisseau. <i>Classis instructio.</i> On le dit aussi de l'équipage même. <i>Navales copiae.</i> Tout l'<i>armement</i> se révolta contre le Capitaine. L'état d'<i>armement</i> est la liste de tous les Officiers qui doivent servir, ou de tous les agreils &amp; apparaux que l'on juge nécessaires.</p><p>Ces mots viennent d'<i>arma,</i> qui signifie <i>armes.</i></p><p>
    </p>
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    <head>ARMÉNIE</head>
    <p>
    ARMÉNIE , s. f. <i>Armenia.</i> Grand pays de l'Asie entre la Syrie, l'Asie mineure, ou Anatolie, la Mésopotamie &amp; la Georgie. Elle se divise en grande &amp; en petite <i>Arménie.</i> La grande <i>Arménie</i> étoit autrefois bornée au Midi par les monts Taurus &amp; Niphates, qui la séparoient de la Mésopotamie &amp; de l'Assyrie ; au Levant par les monts Caspiens &amp; la mer Caspienne ; par la rivière de Kur, ou de Cyrus, avec les monts appellés Moschiques au Septentrion ; au Couchant par l'Euphrate &amp; une petite partie de la mer noire, qui la séparoient de l'<i>Arménie</i> mineure. La petite <i>Arménie, Arménie</i> mineure, <i>Minor Armenia,</i> étoit une partie de l'ancienne Cappadoce dans l'Asie mineure. Elle avoit au Couchant &amp; au Nord le reste de la Cappadoce ; au Levant la grande <i>Arménie,</i> l'Euphrate entre-deux ; au Midi, la Cilicie &amp; la Syrie. L'Antitaurus partage l'<i>Arménie</i> mineure en deux. La partie Méridionale porte aujourd'hui le nom de Bozoch, &amp; la Septentrionale celui de Peggian. L'une est appellée le Beglerbeglic de Mara, &amp; l'autre le Beglerbeglic de Siwas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMÉNIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARMÉNIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Armenus, a.</i> Nom de peuple &amp; de secte. La plupart des <i>Arméniens</i> depuis environt cent ans n'ont aucune demeure arrêtée. Depuis que Scha-Abas Roi de Perse a conquis leur pays, ils se sont dispersés en divers lieux de la Perse &amp; des Etats du Grand Seigneur, &amp; même en quelques endroits de l'Europe. Leur principal emploi est la marchandise. M. le Cardinal de Richelieu avoit eu dessein d'en établir en France pour augmenter le commerce ; &amp; ce fut dans cette vûe qu'il y fit imprimer quelques Livres en Langue Arménienne. Les <i>Arméniens</i> sont proprement les peuples de la grande Arménie, qui sont bons, simples, sans façon, épargnans, industrieux, &amp; qui s'attachent fort au commerce. Maty.</p><p>Au regard de la Religion, on distingue les <i>Arméniens</i> Francs &amp; les <i>Arméniens</i> Schismatiques. Les premiers sont Catholiques &amp; soumis au Pape. Ils ont un Archevêque à Naksivan en Perse, &amp; un autre à Lembourg en Pologne. Les autres ont deux Patriarches, l'un à Erchémiazin, Monastère près de la ville d'Irva, l'autre à Cis, ou Sis, dans la Natolie. Uscan Evêque d'Uscouanch étoit à Amsterdam en l'année 1664. où il a imprimé quelques Livres Arméniens, &amp; entr'autres une Bible Arménienne pour en faire commerce. Il avoit eu cette commission de son Patriarche, parce que les Bibles en cette Langue n'étant auparavant qu'en manuscrit, étoient fort rares &amp; fort chères. Il passa d'Amsterdam à Paris, où il obtint de M. Séguier, Chancelier de France, un privilége pour imprimer les Livres Arméniens de ceux de sa nation. Et en effet depuis ce temps-là ils ont eu une Imprimerie Arménienne à Marseille, où ils se sont établis pour le commerce.</p><p>M. Simon, qui a connu cet Evêque <i>Arménien,</i> dit au chap. 12. de son <i>Histoire de la créance &amp; des coutumes des nations du Levant :</i> Que la Cour de Rome fut surprise de ce qu'on lui avoit accordé si facilement en France un Privilége pour faire imprimer toutes sortes de Livres <i>Arméniens</i> ; parce qu'il se pouvoit faire qu'il imprimât des Livres qui appuyassent leurs erreurs. Mais outre que leur privilége étoit limité, &amp; qu'il ne leur permettoit d'imprimer rien qui ne fût orthodoxe, leurs Livres avant que d'être mis sous la presse étoient revûs par un homme que Rome avoit envoyé exprès pour cela à Marseille, &amp; qui en conféroit avec le grand Vicaire de l'Evêque. Ce qui a introduit quelques changemens dans leurs Livres, &amp; dont même ils se sont plaints, ayant porté cette affaire jusqu'au Conseil du Roi.</p><p>A l'égard de leur croyance, Galanus, Clerc Régulier, en a traité fort au long, dans un Livre qu'il a fait imprimer à Rome en Arménien &amp; en Latin, touchant la réunion de l'Eglise Arménienne avec l'Eglise Romaine. Cet ouvrage est divisé en deux parties, dont la première n'est qu'un extrait des Histoires des <i>Arméniens.</i> Mais comme ils ont été partagés en deux Sectes depuis plusieurs siècles, &amp; qu'ils ont eu souvent recours à Rome, leurs Histoires ne sont pas toujours exactes. Par exemple, ils produisent un Acte de réunion entre l'Eglise Romaine &amp; l'Arménienne, sous l'Empereur Constantin &amp; Tiridate Roi d'Arménie. Sylvestre occupoit alors le Siége de Rome : &amp; Grégoire, qui est le grand Patriarche des <i>Arméniens,</i> occupoit celui d'Arménie. Mais il y a plusieurs choses dans cet Acte qui paroissent fabuleuses. Il y a bien de l'apparence qu'il a été fabriqué, au moins pour la plus grande partie, dans les siècles suivans, &amp; principalement au temps du Pape Innocent III. lorsque l'Eglise Arménienne voulut se réunir avec l'Eglise Romaine. Cependant les <i>Arméniens,</i> comme l'a remarqué Galanus, se servent de cet Acte pour montrer l'antiquité de leur Patriarchat, qui fut établi, selon eux, par le Pape Sylvestre, &amp; ils l'ont même produit dans leurs disputes contre les Grecs.</p><p>Les <i>Arméniens</i> sont de la secte des Monophysites, qui ne reconnoissent qu'une nature en Jesus-Christ ; &amp; quoiqu'ils soient la plupart fort ignorans en matière de Théologie, ils ne laissent pas de parler assez raisonnablement du mystère de l'Incarnation, &amp; du Concile de Calcédoine, qu'ils ne reçoivent point. Quelques Missionnaires que Brérewood a copiés leur attribuent plusieurs erreurs dont ils sont fort éloignés : il n'est pas vrai qu'ils nient la présence réelle dans le Sacrement de l'Eucharistie, comme le rapporte Brérewood après un méchant Auteur ; car les <i>Arméniens</i> &amp; les autres Orientaux n'ont jamais eu aucune dispute entre eux sur ce mystère ; &amp; comme ils n'ont point eu de Bérengariens à combattre, ils sont demeurés dans les termes généraux du changement des symboles au Corps &amp; au Sang de notre Seigneur. Toute la dispute qu'ils ont avec les Grecs au sujet de l'Eucharistie, consiste en ce qu'ils ne mettent point d'eau avec le vin en célébrant la Liturgie, &amp; qu'ils consacrent en pain sans levain à l'imitation des Latins.</p><p>Brérewood accuse aussi sans raison les <i>Arméniens</i> &amp; les Abyssins de ne point manger des animaux qui sont estimés immondes dans la loi de Moise. Ce qui a pû donner occasion à cette croyance, c'est que toutes les Sociétés Chrétiennes d'Orient s'abstiennent de manger du sang &amp; des viandes étouffées, sans qu'il y ait en cela aucune superstition. On pourroit reprendre avec plus de justice dans les <i>Arméniens</i> l'attache scrupuleuse qu'ils ont à de certains jeûnes qui sont chez eux très-fréquens. On croiroit à les entendre parler des jeûnes, que toute la Religion consisteroit à jeûner.</p><p>L'ordre Monastique est dans une grande vénération parmi les <i>Arméniens,</i> depuis qu'un de leurs Patriarches, nommé Niersès, y introduisit celui de S. Basile. Mais une partie d'entr'eux s'étant réunie à l'Eglise Romaine, ils ont changé leur ancienne Règle, pour suivre celle des Religieux Dominicains. Celui qui donna occasion à cette Réformation fut un Religieux Dominicain, nommé Barthelemi, qui fit de grands progrès dans l'Arménie sous le Pape Jean XXII. Il attira à lui par ses prédications plusieurs Moines, dont il se servit pour réunir ensemble les deux Eglises.</p><p>Ce fut en ce temps-là que l'Ordre de S. Dominique fut établi dans l'Arménie, &amp; l'on appella ces Moines <i>Frères-unis,</i> à cause de la nouvelle réunion. Ces Frères-unis s'acquirent en peu de tems beaucoup de réputation. Ils bâtirent des Monastères, non-seulement dans l'Arménie &amp; dans la Georgie, mais aussi au-delà du Pont-Euxin, &amp; principalement à Caffa, qui étoit alors de la dépendance des Genois. Mais depuis que les Turcs &amp; les Persans se sont rendus les maîtres de ces pays-là, le nombre des <i>Freres-unis</i> est fort déchû, &amp; il en reste assez peu qui se sont retirés dans la Province de Nascivan en la grande Arménie ; &amp; enfin se voyant réduits à l'extrémité, ils se sont unis avec les Religieux Dominicains de l'Europe. Ils sont maintenant soumis au Général de cet Ordre, qui y envoie un Supérieur Provincial.</p><p>L'Auteur de l'Ambassade de D. Garcias de Silva Figueroa en Perse dit, que la Religion des habitans de la nouvelle Zulpha, qui sont <i>Arméniens</i> de naissance, est la Chrétienne ; mais qu'il y en a fort peu qui reconnoissent le Pape, retenans presque tous leur ancienne Religion ; qu'il y en a cependant quelques-uns, non seulement dans la nouvelle Zulpha, mais aussi parmi ceux qui sont demeurés dans la grande Arménie à deux journées de la ville d'Erva, qui en est la capitale, particulièrement en un certain canton composé de 12. villages auprès de la ville de Maxivan, &amp; que la plupart reconnoissent l'Eglise Latine ; que l'on voit même en quelques-uns de ces villages des Couvents de l'Ordre de S. Dominique, aux Supérieurs desquels ils défèrent &amp; obéissent selon la discipline de l'Eglise Romaine ; &amp; qu'encore qu'ils aient un Evêque de leur nation Arménienne, il est aussi de même Ordre, &amp; n'est point marié, mais célèbre la Messe &amp; dit les mêmes prières que ceux du même Ordre ont coutume de dire en Europe ; que ces <i>Arméniens</i> sont appellés Francs, à cause de la Religion Catholique Romaine qu'ils professent ; que les guerres ont si fort désolé cette Province, qu'il ne pense pas qu'il y reste plus de mille de ces <i>Arméniens</i> Catholiques de tous âges, &amp; de l'un &amp; de l'autre sexe ; qu'environ un an avant que D. Garcie Ambassadeur arrivât à Ispahan, c'est-à-dire, en 1617. le Pape Paul V. y avoit envoyé un Religieux Dominicain, nommé F. Paul-Marie, homme savant, &amp; de vie exemplaire, afin qu'il rétablit ce que le temps avoit altéré ou aboli aux cérémonies de l'Eglise Latine ; que ces <i>Arméniens</i> se sont toujours conservés en la profession de la Religion Romaine depuis le temps d'Ussum Cassan Roi de Perse, lequel avoit épousé Despoina, fille de Calojoannes Empereur de Trébizonde, &amp; par conséquent Chrétienne du Rit Grec ; que cette Princesse conserva sa Religion, &amp; favorisa toujours les Chrétiens d'Occident, &amp; particulièrement les Ambassadeurs que la République de Venise envoya en ce temps-là à Ussum Cassan, comme aussi le Pape Xiste IV. &amp; Philippe Duc de Bourgogne ; que ce fut Barthelemi de Boulogne, le Dominicain dont nous avons parlé, qui sous Jean XXII. avoit ramené au giton de l'Eglise Latine les villages dont nous avons fait mention ; que les Dominicains y avoient alors (en 1618.) 3. ou 4. petits Couvents, dont le Supérieur est Evêque de Maxivan.</p><p>Les <i>Arméniens</i> font l'Office Ecclésiastique en l'ancienne langue Arménienne, qui est une langue rude &amp; peu connue. Le peuple n'entend point cet ancien Arménien, qui diffère de l'Arménien d'aujourd'hui. Ils ont aussi toute la Bible traduite en cette ancienne langue, &amp; leur traduction a été faite sur la version Grecque des Septante. Ils l'attribuent à quelques-uns de leurs Docteurs qui vivoient vers le temps de S. Jean Chrysostôme, &amp; entre autres à Moise nommé le Grammairien, &amp; à David surnommé le Philosophe. Enfin, ils font Auteur de leurs caractères Arméniens un saint Hermite nommé Mesrop, qui les inventa dans la ville de Balu proche de l'Euphrate. Ce Mesrop vivoit en même temps que S. Chrysostôme. Toutes ces particularités touchant les <i>Arméniens</i> se trouvent plus au long dans les deux volumes composés par le Père Calanus, &amp; dans l'<i>Histoire des Religions du Levant,</i> publiée par le Sieur de Moni. Raynaldus a aussi inséré dans ses Annales plusieurs Actes curieux qui regardent les mêmes <i>Arméniens.</i> On trouve de plus à la fin de l'Histoire du Sieur de Moni, une notice des Eglises qui dépendent du Patriarche d'Arménie résident à Egmiazin ; laquelle notice a été dictée à M. Simon par Uscan Evêque d'Uscouanch, &amp; Procureur général de son Patriarche. Voyez aussi l'Ambassade de Dom Garcias de Silva Figueroa en Perse, p. 194. &amp; 282. de la Traduction de Wicqfort.</p><p>
    </p>
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    <head>ARMÉNIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARMÉNIEN, ENNE , adj. Qui est de l'Arménie, qui appartient à l'Arménie. <i>Armenus.</i> Le Rit <i>Arménien.</i> La Liturgie <i>Arménienne.</i> La langue <i>Arménienne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMENIENNE</head>
    <p>
    ARMENIENNE , s. f. Pierre précieuse qui est en quelque façon semblable au lapis, sinon qu'elle est plus tendre, &amp; n'a aucune veine d'or. On l'appelle aussi <i>Verd d'azur,</i> à cause qu'il y a du verd mêlé avec du bleu. On la trouve dans le Tirol, dans la Hongrie, &amp; dans la Transylvanie. Elle est en usage pour les ouvrages, &amp; sert aussi en Médecine.</p><p>La terre <i>Arménienne, Armeniaca terra,</i> c'est la même chose que l'Arsenic rouge, selon Hoffman.</p><p>La couleur <i>Arménienne. Armenium pigmentum.</i> Il ne faut point la confondre, dit Hoffman, avec la terre <i>Arménienne.</i> C'étoit un minéral ou ingrédient friable, dont les Peintres se servoient autrefois pour peindre en bleu. Voyez Saumaise sur Solin, p. 1154. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMÉNIQUE</head>
    <p>
    ARMÉNIQUE . <i>Armenicus. Armeniacus.</i> Surnom, &amp; titre, d'honneur que l'on donna à Neron, à M. Aurele &amp; à Luce Vère, comme le témoignent Capitolin, &amp; les médailles, sur lesquelles on lit, NERO CAESAR AUGUSTUS, &amp; au revers, ARMENIAC. Et ANTONINUS AUG. ARMENIACUS. Et IMP. L. AUREL. AUG.... ARMEN. ou ARMENIA. ou ARMENIACUS. Capitolin dit <i>Armenicus,</i> &amp; en François il faut dire <i>Arménique,</i> &amp; non pas <i>Arméniaque.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMENTIÈRE</head>
    <p>
    ARMENTIÈRE , s. f. <i>Armentariae.</i> Quelques-uns écrivent <i>Armentières,</i> comme s'il étoit pluriel en François de même qu'en Latin, &amp; d'autres <i>Armentiers.</i> C'est une ville des Pays-Bas, dans la Handre &amp; sur la Lys. <i>Armentière</i> est restée à la France depuis la paix d'Aix-la-Chapelle en 1668.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2839" id="1" type="">
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    <head>ARMER</head>
    <p>
    ARMER , v. act. Fournir un soldat d'armes convenables pour le combat. <i>Armare, armis instruere.</i> Il a coûté tant pour <i>armer</i> une Compagnie ; pour fournir des armes aux soldats qui la composent.</p><p>On le dit aussi au passif : Cet Officier s'étoit <i>armé</i> de toutes ses armes pour aller à l'attaque. <i>Arma capere.</i> Il étoit <i>armé</i> de pied en cap. <i>Cataphractus.</i> Quand le peuple s'<i>arme,</i> il n'y a point d'excès où il ne se porte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armer , absolument, signifie, Lever des troupes, &amp; se préparer à la guerre. <i>Bellum adornare, apparare.</i> On <i>arme</i> dans l'Europe de tous côtés.</p><p>Il signifie encore, Donner un sujet de s'<i>armer.</i> L'intérêt de la Religion a fait <i>armer</i> toute l'Allemagne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armer , se dit aussi pour garnir les choses de tout ce qui leur peut servir de défense &amp; de soutien. <i>Instruere.</i> Il <i>arma</i> ses tours de parapets, &amp; de claies en flanc, &amp; sur le devant.</p><p>En termes de Marine , <i>armer</i> un vaisseau, signifie, l'équiper de toutes les choses nécessaires, comme vivres, munitions, soldats, matelots, pour voyager, &amp; pour combattre. <i>Armer</i> un canon, c'est y mettre le boulet. <i>Armer</i> les avirons, c'est les mettre sur le bord de la chaloupe prêts à servir.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armer , se dit aussi figurément, &amp; signifie se munir, se précautionner, se préparer contre les injures de l'air, ou de la fortune. <i>Munire se, instruere se adversus, &amp;c.</i> Il s'est <i>armé</i> contre le froid ; pour dire, il a pris des habits de drap, ou des fourrures. Il faut s'<i>armer</i> de constance dans les afflictions. Votre grand &amp; rare génie vous a <i>armé</i> &amp; fortifié contre tous les événemens. Il faut songer de bonne heure à s'<i>armer</i> contre les disgraces du sort.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armer , se dit encore au figuré pour liguer, révolter, soulever, animer. <i>Suscitare, ciere, commovere.</i> Le Roi est devenu si redoutable, qu'il à <i>armé</i> la jalousie de tous ses voisins contre lui. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armer , signifie aussi fortifier, rendre plus fort, plus redoutable. Pour contenir les hommes dans leur devoir, il a fallu leur montrer un vengeur tout-puissant, <i>arme</i> de foudres, &amp; d'éclairs. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armer , se dit aussi en parlant d'une pierre d'aiman qu'on enchasse dans du fer, ou qu'on met dans de la limaille, &amp; qu'on suspend selon ses poles pour lui conserver sa vertu. <i>Magnetem chalybe instruere.</i></p><p>On dit aussi, qu'une massue est <i>armée</i> de pointes de fer ; qu'une poutre est <i>armée</i> de plusieurs bandes de fer, pour dire, soutenue &amp; fortifiée ; qu'une cloison est <i>armee</i> de lattes ; pour dire, qu'elle est lattée ou contre-lattée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2839" id="8" type="manege">
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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armer , en termes de Manége , se dit d'un cheval qui se veut défendre contre le mors, &amp; qui pour cela courbe son encolure jusqu'à appuyer les branches de la bride contre son poitrail, pour défendre ses barres &amp; sa bouche, &amp; ne pas obéir. Quand un cheval s'<i>arme,</i> il le faut galoper fort vîte, &amp; le faire aller terre à terre, pour lui faire passer ses fantaisies. Newc. J'ai eu des chevaux qui s'<i>armoient</i> contre le mors autant qu'il étoit possible, &amp; qui étoient aussi sensibles à la main &amp; aussi légers qu'on pouvoit desirer. Id. On dit aussi, qu'il s'<i>arme</i> des lèvres, quand il couvre ses barres avec ses lèvres, afin de rendre l'appui du mors plus sourd &amp; moins sensible. On dit aussi que la lèvre <i>arme</i> la barre ; pour dire, qu'elle la couvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2839" id="9" type="">
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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armé, ée , part. Il a les significations de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>On dit aussi d'un vaisseau, qu'il est <i>armé</i> en guerre, <i>armé</i> en course ; pour dire, qu'il est équipé pour la guerre, ou pour la course ; qu'un Prince est demeuré <i>armé ;</i> pour dire, qu'il n'a point licentié ses troupes après la paix ; &amp; d'un Cavalier, qu'il est <i>armé</i> à crû, pesamment. Légerement <i>armé,</i> ou <i>armé</i> à la légère. <i>Armé</i> contre le froid. <i>Armé</i> de constance, de griffes, de dents. Un aiman <i>armé,</i> c'est un aiman garni de deux petits morceaux de fer, qui en augmentent la vertu. On dit aussi des poissons, qu'ils sont <i>armés</i> ; pour dire, qu'ils sont couverts d'écailles. On dit à la chasse, qu'un chien est <i>armé,</i> quand il est couvert pour attaquer un sanglier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2839" id="10" type="">
   <index type="head" value="ARMER" />
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    <head>ARMER</head>
    <p>
    Armé , en termes de Blason , se dit des animaux à quatre pieds, &amp; des dragons en parlant de leurs ongles, de leurs dents, &amp; des autres parties que la nature leur a donné pour défenses. <i>Unguibus armatus, instructus.</i> Le lion se blasonne <i>armé,</i> lorsque ses ongles sont d'un autre émail que celui de son corps. On le dit aussi de la défense d'un sanglier. On le dit aussi des griffons, des aigles, &amp; même des flèches, &amp; autres armes dont les pointes sont d'autre émail que le fût.</p><p>On dit proverbialement d'un poltron, qu'il est <i>armé</i> jusqu'aux dents.</p><p><i>A-main-armée.</i> Sorte d'adverbe, qui signifie, avec force, &amp; les armes à la main. <i>Armatâ manu.</i> Il est venu enlever tous les fruits de ma terre <i>à-main-armée.</i> Il ne manqueroit pas de l'aller trouver sur la frontière ; mais ce seroit pour l'y recevoir <i>à-main-armée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2840" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMET" />
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    <head>ARMET</head>
    <p>
    ARMET , s. m. Casque, ou habillement de tête. <i>Galea.</i></p><p>Ce mot vient par diminution de <i>helmette,</i> par corruption, pour <i>elmet</i> ; ou de <i>elmetto,</i> comme qui diroit, <i>petit heaume.</i> Pasquier dit que ce mot n'est venu en usage que sous François I. &amp; présentement il n'est guère usité que dans le figuré. Il n'y a point d'<i>armet</i> qui puisse résister à ses coups. Voit.</p><p>On le dit figurément de la tête même, mais c'est seulement dans le style simple, familier &amp; comique. Cet yvrogne en a dans l'<i>armet,</i> ce vin lui a barbouillé l'<i>armet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2841" id="1" type="">
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    <head>ARMILLAIRE</head>
    <p>
    ARMILLAIRE , adj. f. <i>Armillaris.</i> C'est une épithète que les Astronomes donnent à une sphère composée de plusieurs cercles de carton, ou de cuivre, qui servent à représenter &amp; à expliquer plus sensiblement la constitution du ciel, &amp; les mouvemens des astres. La première machine que le P. Verbiest ait fait faire pour l'Observatoire de Peckin, c'est une sphère <i>armillaire</i> zodiacale de 6. pieds de diamètre. P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2842" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMILLE" />
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    <head>ARMILLE</head>
    <p>
    ARMILLE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:ASTRAGALES">ASTRAGALES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2843" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMILUSTRIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>ARMILUSTRIE</head>
    <p>
    ARMILUSTRIE , s. m. <i>Armilustrium.</i> Nom d'une fête des anciens Romains, dans laquelle ils sacrifioient armés, &amp; au son des trompettes. C'est la mal définir, que de dire que c'étoit une fête en laquelle on faisoit la revûe générale des troupes dans le champ de Mars ; aussi Varron ne dit point que ce mot vienne du Latin <i>arma,</i> armes, &amp; de <i>lustrare,</i> faire revûe ; mais de ce que ce Sacrifice se faisoit dans le lieu où se faisoient les revûes, ou plutôt parce que ceux qui le faisoient tournoient autour de la place où il se faisoit, armés de boucliers ; &amp; il préfère ce sentiment, persuadé que c'est de ce jeu, ou de cette cérémonie, que le lieu où ce sacrifice s'offroit aux Dieux avoit été appellé <i>armilustrium,</i> ou <i>armilustrum, ab luendo, aut lustro ; id est, quod circumibant ludentes ancilibus armati.</i> Les Gloses expliquent <i>armilustrium,</i> , ou , <i>expiation des armes</i> ; ainsi ce mot n'est point composé de <i>lustro,</i> faire revûe, mais de <i>lustro, purger, expier.</i> C'étoit un sacrifice pour expier les armes, pour la prospérité des armes du peuple Romain. Il se faisoit le 14e des Kalendes de Novembre, c'est-à-dire, le dix-neuvième d'Octobre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2844" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMINIANISME" />
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    <head>ARMINIANISME</head>
    <p>
    ARMINIANISME , s. m. <i>Arminianismus, Arminianorum secta.</i> C'est la doctrine d'Arminius, Professeur dans l'Université de Leyde, &amp; des Arminiens, ou de la Secte qui l'a suivi. Le point principal de cette doctrine est qu'Arminius &amp; les Arminiens trouvant la doctrine de Calvin insoutenable sur la grace &amp; le libre arbitre, revinrent à celle de l'Eglise, &amp; soutinrent qu'il y a une grace universelle donnée à tous les hommes ; que l'homme est toujours libre de rejetter, ou de correspondre à la grace, &amp;c. Une doctrine si saine ne pouvoit plaire aux Calvinistes. Gomarus, Collègue d'Arminius, qui tenoit pour la grace particulière donnée aux seuls prédestinés, &amp; pour le decret positif, tant de réprobation pour les uns, que d'élection pour les autres ; Gomarus, dis-je, s'y opposa fortement, &amp; le Synode de Dordrecht la condamna. Ces disputes commencèrent dès l'an 1609. mais elles n'éclatèrent que deux ans après. Elles passèrent de l'Ecole dans le Gouvernement, &amp; peu s'en fallut que la République d'Hollande n'en fût bouleversée. Voyez <ref type="search" target="head:ARMINIEN">ARMINIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2845" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMINIEN, ENNE" />
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    <head>ARMINIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARMINIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. <i>Arminianus, a.</i> C'est le nom qu'on donne dans la Hollande à un puissant parti de Sectaires qui se sont séparés des Calvinistes. Ils tirent leur nom de Jaques Arminius, fameux Professeur en Théologie dans l'Académie de Leyde. On les nomme aussi <i>Remontrans,</i> à cause d'une Remontrance qu'ils présentèrent aux Etats Généraux en 1611. où ils exposoient les principaux Articles de leur croyance. Quoique Arminius eût étudié sous Bèze, &amp; qu'il eût même été chargé de répondre à un Livre qui avoit été publié en Hollande contre les sentimens de ceux de Genève, touchant la prédestination &amp; la réprobation, il ne put se résoudre à soutenir là-dessus l'opinion de Calvin. Il embrassa la doctrine des Pères, &amp; de l'Eglise, qui est tout-à-fait contraire à celle de cet Hérésiarque.</p><p>Si les <i>Arminiens</i> s'en étoient tenus au sentiment de leur maître, on n'auroit pas eu de quoi les condamner comme novateurs, parce qu'ils prétendent avoir de leur côté les plus anciens Pères, &amp; presque toute la tradition de l'Eglise ; <pb n="342" facs="bpt6k8542165/f382/full/1200,/0/native.jpg"/>mais leurs successeurs, &amp; principalement Simon Episcopius, ont poussé les choses si loin, qu'ils se sont fort approchés des Sociniens ; &amp; c'est ce qui donna de grands sujets de plaintes aux Calvinistes, qui ne purent cependant les réfuter solidement par leurs principes. Car lorsqu'ils ont reproché aux <i>Arminiens,</i> qu'ils renouvelloient une ancienne hérésie qui avoit été condamnée dans les Pélagiens &amp; dans les demi-Pélagiens, ceux-ci les ont combattus par les raisons qui avoient été opposées aux Catholiques Romains au commencement de la Réformation. L'autorité seule des hommes, disoient les <i>Remontrans,</i> ne peut servir de preuve légitime, que dans la communion de Rome. Ce n'est pas assez de montrer qu'une opinion a été condamnée, si l'on ne montre en même temps qu'elle a été justement condamnée : <i>Nec satis est damnatam olim sententiam esse, nisi damnandam eam, aut jure aut ritè damnatam esse constet.</i> Ils parlent de la sorte dans la Lettre qu'ils ont fait imprimer à la tête de leur Apologie.</p><p>Sur ce principe que les Calvinistes ne peuvent pas rejetter, les <i>Arminiens</i> ont beaucoup diminué le nombre de ce qu'on appelloit auparavant les articles fondamentaux de la Religion. Comme ils ne les trouvoient point tous établis clairement dans les Livres sacrés, ils se mocquèrent des Catéchismes &amp; des Formules de foi, auxquelles on vouloit les assujettir. C'est pourquoi ils furent condamnés dans le fameux Synode de Dordrecht, tenu en 1618. où se trouvèrent un grand nombre de Théologiens Calvinistes. M. Simon a parlé au long des <i>Arminiens,</i> de leurs sentimens, &amp; de leurs principaux Ecrivains, dans son <i>Histoire des Commentateurs du Nouveau Testament.</i> ch. 54.</p><p>L'Auteur d'un petit Livre intitulé <i>de la Religion des Hollandois,</i> imprimé à Paris en 1673. a expliqué à fond la créance des <i>Arminiens.</i> Voici ce qu'il en dit dans sa deuxième Lettre : Depuis la mort d'Arminius, &amp; du temps de Vorstius, &amp; d'Episcopius, un très-célèbre Docteur d'entre eux, ils ont adopté plusieurs erreurs des Sociniens. La plupart même d'entre eux ont quitté l'opinion de leur premier maître sur les points de la prédestination &amp; de l'élection éternelle. Arminius avoit enseigné, que Dieu a élû les Fidèles par la prévision de leur foi : &amp; Episcopius croit que Dieu n'a élû personne de toute éternité ; mais qu'il élit les Fidèles dans le temps, lorsqu'ils croient actuellement. Il ne parle qu'en des termes fort douteux &amp; ambigus de la prescience de Dieu, laquelle étoit la grande forteresse dans laquelle Arminius se retranchoit. Ces mêmes <i>Arminiens</i> d'aujourd'hui croient que la doctrine de la Trinité des personnes dans une seule essence, n'est point nécessaire au salut ; qu'il n'y a dans l'Ecriture aucun précepte, par lequel il nous soit commandé d'adorer le saint Esprit ; que Jesus-Christ n'est pas un Dieu égal au Père ; que la foi en Jesus-Christ, par laquelle nous sommes sauvés, n'a point été commandée, ni n'a point eu lieu sous la vieille Alliance. La plupart évitent avec soin le mot <i>de satisfaction de</i> Jesus-Christ. Episcopius cependant dit que Jesus-Christ par sa Passion a satisfait jusques-là à Dieu, qu'il l'a rendu propice à tout le genre humain. Ils pressent avec grand soin la tolérance de toutes les opinions de ceux qui professent la Religion Chrétienne, soutenant que tous les Chrétiens s'accordent dans les points les plus importans, &amp; comme l'on appelle, essentiels &amp; fondamentaux de la Religion ; que jusqu'ici il n'a point été décidé par un jugement infaillible qui sont ceux d'entre les Chrétiens qui ont embrassé la Religion la plus véritable &amp; la plus conforme à la parole de Dieu ; que pour cet effet tous peuvent s'unir pour composer un seul &amp; même corps d'Eglise, &amp; qu'ils doivent s'aimer comme Frères ; que l'on ne doit contraindre personne à condamner &amp; à quitter ses sentimens, ou à approuver &amp; suivre ceux d'autrui.</p><p>Si Arminius revenoit au monde, ajoûte l'Auteur de ce petit Livre, il ne reconnoîtroit assurément pas pour ses disciples la plupart de ceux qui portent son nom. Il y en a cependant qui n'ont rien ajoûté à ses sentimens ; mais les uns &amp; les autres s'accordent tous en ce point, qu'on doit tolérer tous les Chrétiens, ou pour ne composer tous ensemble qu'une même Eglise, ou pour permettre à chacun la liberté de sa Religion. Les principaux Ecrivains de la secte des <i>Arméniens,</i> sont Arminius, Episcopius &amp; Grotius. On y peut ajoûter Courcelles, qui a composé un corps de Théologie, où il a mis en abrégé ce qui se trouve plus étendu dans les gros livres d'Episcopius, &amp; y a ajoûté de son fond plusieurs autres choses. Les Sociniens néanmoins mettent ce Courcelles au nombre de leurs Ecrivains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2846" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMISTICE" />
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    <head>ARMISTICE</head>
    <p>
    ARMISTICE , s. m. Suspension d'armes. <i>Induciae.</i> Les troupes du Roi voyant expirer le terme de l'<i>armistice,</i> se mirent en état de passer le Rhin. Les plus pressantes sollicitations auprès des Puissances qui étoient en guerre pour les engager à convenir d'un <i>armistice,</i> &amp; à entrer en négociation .... L'<i>armistice</i> a été agréé par toutes les Puissances. Merc. <i>Janv.</i> 1736.</p><p>Ce mot est formé de deux mots Latins, <i>arma,</i> &amp; <i>stare,</i> qui veulent dire étant joints en un, que les armes sont en repos, que les expéditions militaires cessent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2847" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARMOGAN" />
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    <head>ARMOGAN</head>
    <p>
    ARMOGAN , s. m. Terme de Marine , qui signifie, Le beau temps qui est propre pour naviger. <i>Tempus navigaetioni idoneum.</i> Quand le Maître perd son <i>armogan,</i> s'il arrive du dommage au navire, il le doit payer au Marchand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2848" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMOIRE" />
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    <head>ARMOIRE</head>
    <p>
    ARMOIRE , s. f. Meuble de bois fait en forme de buffet, qui sert à serrer des habits, ou autres hardes. <i>Armarium.</i> On trouve <i>Armoria</i> &amp; <i>Armoriae,</i> dans la plus basse Latinité, dit d'un cofre ou <i>Armoire,</i> qui étoit dans l'Eglise proche l'Autel. Voy. <i>Act. Sanct. Juin. T. II. p.</i> 101. <i>C. &amp;</i> 103. <i>C. Armoire</i> à tant de tiroirs, de guichets. On l'appelle ainsi, à cause qu'on y serroit autrefois les armes, &amp; maintenant les titres des familles, &amp; mille autres choses. C'étoit aussi le lieu ou les anciens Chevaliers tenoient leurs habits de Joûtes, &amp; de Tournois, leurs Ecus &amp; leurs Armes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2848" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARMOIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>ARMOIRE</head>
    <p>
    Armoire à vaisselle. C'est un ouvrage de menuiserie qui sert à mettre la vaisselle d'étain, &amp; autres choses de cette nature, appartenant à la cuisine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2849" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMOIRIE" />
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    <head>ARMOIRIE</head>
    <p>
    ARMOIRIE , s. f. On appelloit ainsi autrefois les oeillets de Poëte. Voyez <ref type="search" target="head:OEILLET">OEILLET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2850" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARMOIRIES" />
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    <head>ARMOIRIES</head>
    <p>
    ARMOIRIES , s. f. plur. Marques de noblesse &amp; de dignité, composées régulièrement de certaines figures &amp; d'émaux, données ou autorisées par les Souverains pour la distinction des personnes &amp; des maisons. <i>Insignia gentilitia.</i> On les nomme <i>Armoiries,</i> parce qu'elles se portoient principalement sur le bouclier, sur la cuirasse &amp; sur les bannières ; &amp; qu'elles ont pris leur origine des armes. Les plus belles <i>Armoiries,</i> selon l'art, &amp; les plus belles à voir, sont les moins chargées, &amp; celles dont les figures sont faites de simples traits, comme les partitions &amp; les pièces honorables. Il n'y a que quatre couleurs &amp; deux émaux qui entrent dans les <i>Armoiries.</i> Il ne se dit guère qu'en ces phrases. Il est défendu aux roturiers de porter des <i>Armoiries</i> timbrées. On a mis ses <i>Armoiries</i> sur les cierges, les torches, sur la tenture de son enterrement. Un livre d'<i>Armoiries.</i> On se sert plus volontiers du mot d'<i>Armes,</i> quand on peut éviter l'équivoque des armes ordinaires ; comme blasonner des <i>Armes.</i> Quelles sont vos <i>Armes</i> ?</p><p>Ce mot vient d'<i>armure,</i> à cause qu'on peignoit autrefois sur les Ecus, les casques &amp; les cottes d'armes des Chevaliers, les marques qu'ils avoient prises pour se distinguer les uns des autres, tant à la guerre, que dans les Tournois.</p><p>Les Savans sont en grande dispute touchant l'origine des <i>Armoiries.</i> Favin prétend qu'elles ont été dès le commencement du monde ; Segoin du temps des enfans de Noé ; d'autres du temps d'Osiris, ce qui est appuyé par quelques passages de Diodore de Sicile ; d'autres du temps des Hébreux, parce qu'on a donné des Armes à Moise, à Josué, aux douze Tribus, à Esther, à David, à Judith, &amp;c. d'autres aux temps héroïques, &amp; sous l'Empire des Assyriens, des Mèdes &amp; des Persans, s'appuyant sur Philostrate, Xénophon &amp; Quinte-Curce. Quelques-uns prétendent qu'Alexandre régla les <i>Armoiries</i> &amp; l'usage du Blason. Le Père Monet veut qu'elles aient commencé sous l'Empire d'Auguste ; d'autres pendant les inondations des Goths ; &amp; d'autres sous l'Empire de Charlemagne. Chorier, dans son <i>Hist. du Dauphiné,</i> T. I. p. 97. remarque que les Tires étoient les boucliers des Gaulois, qui les couvroient entièrement ; que chaque soldat y faisoit peindre quelque marque qui lui étoit propre, &amp; par la vûe de laquelle il pouvoit être reconnu entre ses compagnons ; <pb n="343" facs="bpt6k8542165/f383/full/1200,/0/native.jpg"/>il cite sur cela Pausanias qui le dit en effet ; &amp; c'est-là, selon Chorier, l'origine des armes des nobles familles. Il dit ailleurs que ce seroit trop d'ignorance de croire que les Romains aient entièrement ignoré les <i>Armoiries</i> ; mais que ce n'en seroit guère moins de soutenir qu'ils en aient eu de propres à chaque famille. Spelman dit que ce sont les Saxons, les Danois &amp; les Normands qui les ont apportées du Nord en Angleterre, &amp; de-là en France. Or il est certain que de temps immemorial il y a eu parmi les hommes des marques symboliques pour se distinguer dans les armées, &amp; qu'on en a fait des ornemens de boucliers, &amp; d'enseignes ; mais ces marques ont été prises indifféremment pour Devises, Emblèmes, Hiéroglyphes, &amp;c. &amp; ce n'étoient point des <i>Armoiries</i> comme les nôtres, qui sont des marques héréditaires de la noblesse d'une maison, réglées selon l'art du Blason, &amp; accordées, ou approuvées par les Princes. Ainsi avant Marius, l'aigle n'étoit point l'enseigne perpétuelle du Général des Romains. Ils portoient indifféremment dans leurs étendarts, ou un loup, ou un léopard, ou un aigle, selon le choix de celui qui commandoit. On remarque la même diversité à l'égard des François ; &amp; c'est pourquoi les Auteurs sont partagés lorsqu'ils parlent des <i>Armoiries</i> de France. Les uns disent que les François avoient pour armes trois crapauds ; les autres trois croissans, les autres trois couronnes ; &amp; les autres un lion. Comme ces <i>Armoiries</i> n'étoient point fixes ni perpétuelles, chaque Auteur a pris pour les armes des François, celles qu'on remarquoit dans les temps qu'il écrivoit. Quelques-uns prétendent que jusqu'à Clovis les Rois avoient trois crapauds dans leurs armes ; &amp; que ce Prince se fit apporter les fleurs de lys par un Hermite ; mais d'autres soutiennent que Loüis le Jeune dans le treizième siècle est le premier qui ait pris des fleurs de lys sans nombre ; Charles VI. les réduisit à trois. En effet tous les Auteurs les plus éclairés tiennent que les <i>Armoiries</i> des maisons, aussi-bien que les doubles noms des familles, n'ont pas commencé devant l'an mille. M. le Laboureur prétend que l'usage des <i>Armoiries</i> n'est pas plus ancien que les premières croisades des Chrétiens pour l'Orient. L'opinion qui les fait remonter au-delà du dixieme siècle, a été réfutée par Spelman, André du Chesne, Blondel, les Frères de Sainte-Marthe, de Justel, l'Espinoy, Chifflet, Fauchet, Du Tillet, &amp; le Père Ménestrier. Ce sont les Tournois qui ont fait fixer les <i>Armoiries.</i> Henri l'Oiseleur, qui régla les Tournois en Allemagne, fut l'occasion de ces marques d'honneur, qui sont plus anciennes chez les Allemans que dans tout le reste de l'Europe. Ce fut alors que commencèrent les cottes d'armes, qui étoient une espèce de livrée composée de diverses bandes de plusieurs couleurs, d'où vinrent la fasce, la bande, le pal, le chevron, la losange, &amp;c. qui ont donné le commencement aux <i>Armoiries.</i> Ceux qui ne s'étoient jamais trouvés aux Tournois n'avoient point d'<i>armoiries,</i> quoiqu'ils fussent Gentilshommes. Les Seigneurs qui se croiserent pour aller conquérir la Terre-Sainte, prirent aussi ces marques d'honneur pour se distinguer. Avant ce temps-là, c'est-à-dire, avant le Xe ou le XIe siècle, les <i>Armoiries</i> n'étoient point en usage. On ne remarque sur les tombeaux plus anciens que des croix, &amp; des inscriptions Gothiques, avec la représentation de la personne. Le tombeau du Pape Clément IV. mort en 1268. est le premier sur lequel on trouve des <i>Armoiries.</i> On ne voit non plus des armes sur les seaux, ou sur les monnoies, que depuis le Xe ou le XIe siècle. La première monnoie de France avec des <i>Armoiries</i> est un denier d'or de Philippe de Valois, où il est représenté tenant de la main gauche un Ecu semé de fleurs de lys. Cette pièce d'or battue en 1336. fut nommée <i>écu,</i> à cause de l'écusson des <i>Armoiries</i> de France. On trouve bien des figures plus anciennes, ou dans les étendarts, ou dans les médailles ; mais ni les Princes, ni les villes n'en ont pas fait des <i>Armoiries</i> en forme, &amp; l'on ne trouve aucun Auteur qui fasse mention de l'art du Blason au-dessus de ces siècles-là.</p><p>Il n'y avoit originaiement que les seuls Nobles qui eussent le droit d'avoir des <i>Armoiries</i> ; mais le Roi Charles V. par sa charte de l'an 1371. ayant annobli les Patisiens, il leur permit de porter des <i>Armoiries</i> ; sur cet exemple, les plus notables Bourgeois des autres villes prirent aussi des <i>Armoiries.</i></p><p>Les <i>Armoiries</i> n'ont commencé à être pendues dans les Eglises que vers l'an 1341. dont on voit un témoignage dans l'Histoire de Joinville. D'autres disent que cela ne commença qu'en 1350. par un Evêque d'Utrecht, en faisant les obsèques de son frère. Basilius Poncius, Augustin de Léon en Espagne, a fait une Dissertation en quatre Chapitres, dans laquelle après avoir recherché l'origine des <i>Armoiries,</i> &amp; montré qu'il semble qu'il y ait de la vanité à un homme de faire mettre ses armes sur ce qui lui appartient, il couclut cependant dans le quatrième chapitre que cela se peut faire sans orgueil.</p><p>On dit proverbialement, quand on voit un ignorant assis dans une chaise, que ce sont les <i>Armoiries</i> de Bourges, un âne dans une chaise. On dit aussi, Il n'y a point de plus belles <i>Armoiries</i> que celles d'un vilain, il prend ce qu'il veut.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMOISE</head>
    <p>
    ARMOISE , subst. fém. <i>Artemisia.</i> Plante appellée par le vulgaire herbe de la S. Jean. Sa racine est de la grosseur du doigt, branchue, &amp; fibreuse, un peu douce &amp; aromatique au goût. De son collet naissent plusieurs tiges hautes de quatre à cinq pieds, rondes, canelées, velues, moëlleuses, moins grosses que le petit doigt, le plus souvent lavées de pourpre, d'autres fois vertes, &amp; garnies de feuilles, quelquefois pâles ou blanchâtres, assez semblables à celles de l'absynte ordinaire ; mais leurs segmens sont plus larges dans le bas, &amp; plus longs &amp; plus étroits à leurs extrémités : elles sont outre cela vertes en dessus &amp; blanchâtres en dessous ; ses tiges sont branchues, &amp; terminées par des épis de fleurs. Chaque fleur est un amas de petits fleurons de couleur de pourpre, ou blanchâtres, renfermés dans des calices, écailleux, arrondis, &amp; d'une ligne de diamètre environ. Ces fleurs ont une odeur foible, aromatique, cependant agréable &amp; approchante de celle de la lavande. Ses semences sont menues comme celle de l'absynte &amp; succèdent aux fleurons. Le Peuple croit mal-à-propos qu'on trouve sous la racine de l'<i>Armoise</i> un charbon ; qu'il faut l'y chercher la nuit de la veille de S. Jean-Baptiste ; &amp; que ce charbon est un souverain remède pour l'épilepsie. L'<i>armoise</i> est recommandée pour les maladies des femmes. On l'emploie en décoction &amp; en syrop. On assure que le Moxa des Chinois est un coton qui se ramasse sur une espèce d'<i>Armoise</i> de la Chine. On fait brûler ce Moxa sur les parties attaquées de la goutte. L'<i>Armoise</i> se trouve assez communément par tout. Elle a pris son nom d'une racine de Carie, appellée <i>Artémisia,</i> d'Artemise femme de Mausole. On croit qu'elle a été la première qui l'a mise en usage. Voyez le Dictionnaire Oeconomique sur les vertus de l'<i>Armoise.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ARMOISIN" />
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    <head>ARMOISIN</head>
    <p>
    ARMOISIN , subst. mas. Espèce de taffetas qui vient d'Italie &amp; de Lyon, qui est de moyenne bonté. Le demi-<i>Armoisin</i> est le taffetas d'Avignon, qui est de moindre valeur. Il y a de l'<i>Armoisin</i> à trois fils. Ce taffetas est ainsi nommé, selon M. Huet, pour <i>ermoisin,</i> parce qu'il vient de l'Isle d'Ormus. Il s'en fait en Italie &amp; à Lyon. D'autres prétendent que ce mot vient de l'Italien <i>Armosino</i>, &amp; qu'il a été ainsi nommé, parce qu'on mettoit plusieurs Armoiries sur la toilette qui l'enveloppoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2853" id="1" type="">
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    <head>ARMON</head>
    <p>
    ARMON , s. m. C'est une partie du train du devant d'un carrosse. <i>Armus.</i> Il y a deux pièces de bois un peu courbes qui prennent d'un côté sur l'essieu de devant, &amp; qui aboutissent de l'autre au timon. Elles servent à soutenir une cheville, sur laquelle le timon est mobile, pour le lever quand on veut. Ces deux pièces s'appellent les <i>armons</i> ; &amp; ce mot vient apparemment d'<i>Armus</i>, à cause qu'ils sont comme les flancs du timon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMONIAC</head>
    <p>
    ARMONIAC , ou AMMONIAC, s. m. C'est le nom qu'on donne à un sel artificiel &amp; volatil, que l'on fait avec de la suie de cheminée, du sel commun, &amp; de l'urine d'homme. <i>Sal ammonicus.</i> Il est appellé par les Chymistes <i>Aquila coelestis.</i> Celui de Venise &amp; d'Amsterdam se fait d'une partie de suie de cheminée, de deux parties de sel marin, &amp; de dix parties d'urine d'homme.</p><p>Il s'en trouve de naturel sur le chemin de Lahor à Thanasseri, <pb n="344" facs="bpt6k8542165/f384/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; à Tzéhint. C'est une espèce d'écume qui sort de la terre en des endroits où il y a de vieilles cavernes, ou creux de roches. On le tire de-là, &amp; on le cuit comme on fait le salpêtre. Rec. de Thevenot.</p><p>Les Anciens en avoient un autre naturel qui se trouvoit dans les sables de l'Arabie, ou de Lybie, qui n'étoit autre chose que le sel volatil de l'urine des chameaux qui alloient au temple de Jupiter Ammon. Ce sel étoit naturellement sublimé sur ces sables, par la chaleur du soleil qui est brûlante en ces Pays-là : d'où vient que plusieurs l'appellent <i>ammoniac.</i> Les autres disent qu'on l'appelle sel <i>armoniac,</i> au lieu de sel acrimonial, à cause de son acrimonie. Les fleurs de sel <i>armoniac</i> ne sont autre chose que sa portion la plus subtile, élevée par le feu ; &amp; son esprit volatil n'est autre chose que son sel volatil dissous dans quelque portion de son flegme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2855" id="1" type="">
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    <head>ARMORIAL</head>
    <p>
    ARMORIAL , adj. &amp; subst. Recueil de plusieurs Armoiries. <i>Gentilitiorum insignium index.</i> Le Mercure <i>Armorial</i> de Segoin. L'Indice <i>Armorial</i> de Geliot. L'<i>Armorial</i> Allemand de Sibmacher, de Fursten, de Vappembourg, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2856" id="1" type="">
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    <head>ARMORICAIN, AINF</head>
    <p>
    ARMORICAIN, AINF , s. m. &amp; f. <i>Armoricus.</i> Le P. Lobineau, dans l'<i>Histoire de Bretagne,</i> &amp; peut-être quelques autres encore, appellent ainsi les anciens habitans de l'<i>Armorique,</i> ou de la Bretagne, que tous les autres appellent <i>Armoriques</i> ; les Arboriques de Procope sont les mêmes que les <i>Armoricains</i> ; ce que dit Procope des <i>Arboriques</i> convient aux <i>Armoricains.</i> Il est mieux de dire <i>Armoriques,</i> avec M. de Cordemoy, &amp; nos autres bons Auteurs ; car nous ne formons en <i>ain</i> que les noms terminés en Latin en <i>anus ; Africanus, Africain ; Germanus, Germain ; Alanus, Alain,</i> &amp;c. &amp; les noms en <i>icus,</i> comme <i>Armoricus,</i> se changent en <i>ique ; Asiaticus,</i> Asiatique ; <i>Italicus,</i> Italique, &amp;c. Il est vrai que Jornandes les appelle <i>Armoriciani</i> ; mais il faudroit donc dire <i>Armoricien,</i> selon l'analogie. Enfin, <i>Armoricain</i> seroit plutôt ce qui appartient au peuple Armorique, que le peuple Armorique même.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ARMORIER" />
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    <head>ARMORIER</head>
    <p>
    ARMORIER . v. act. Peindre ou graver des Armoiries. <i>Gentilitium insigne imprimere, inscribere, signare.</i> Il a fait <i>armorier</i> sa vaisselle, son carrosse. Ce parement d'autel est <i>armorié</i> de ses armes.</p><p>Les Auteurs qui écrivent du Blason disent plutôt <i>Armoyer.</i> Un manteau Ducal <i>armoyé</i> ; une cotte d'armes <i>armoyée,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2858" id="1" type="">
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    <head>ARMORIES</head>
    <p>
    &#9758; ARMORIES , pour <i>Armoiries.</i> C'est ainsi que ce mot se trouve écrit dans le plus grand nombre des éditions de Boileau au vers ci-dessus cité, inventa le Blason, avec les <i>Armories.</i> Mais il faut présumer que c'est une faute d'impression.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2859" id="1" type="">
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    <head>ARMORIQUE</head>
    <p>
    ARMORIQUE , s. m. &amp; f. <i>Aremoricus,</i> ou <i>Armoricus.</i> Ancien Peuple des Gaules qui habitoit l'Armorique. Cesar fait mention des Villes ou Cités <i>Armoriques.</i> P. Crassus, un des Lieutenans de César, avoit soumis les <i>Armoriques</i> ; c'est-à-dire, les Peuples qui ont depuis composé les Provinces Ecclésiastiques de Rouen &amp; de Tours. Cordem. Clovis soumit le Royaume des Bretons avec plusieurs Villes <i>Armoriques,</i> comme Rouen &amp; Coutances. Id. Le P. Lobineau prétend que les Arboriques de Procope sont les <i>Armoriques.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ARBORIQUE">ARBORIQUE</ref>. Et ci-dessus ARMORICAIN.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMORIQUE</head>
    <p>
    Armorique , s. f. <i>Armorica, Aremorica.</i> Ancienne contrée des Gaules. Pendant plus de 800. ans on a compris sous ce nom tout ce qui étoit entre la Seine à l'Orient, la Loire au Midi, l'Océan au Nord &amp; au Couchant ; c'est-à-dire, ce que l'on a appellé la seconde &amp; la troisième Lyonnoise, ou ce que nous appellons aujourd'hui la Bretagne, la plus grande partie de la Normandie, le Maine, le Perche, &amp; la partie Septentrionale de l'Anjou &amp; de la Touraine. L'Auteur de la vie de S. Paterne, dit que ce Saint étoit originaire de l'Armorique, étant de la ville de Coutances. <i>Armoricanâ regione civitate Constantia oriundus.</i> On appelle <i>Armorique</i> toute la côte des Gaules, depuis les Pirénées jusqu'au Rhin. Borel. Ménage, <i>orig.</i> Voyez AQUITAINE ci-dessus.</p><p>Ce nom est Celtique &amp; Bas-Breton, &amp; signifie un pays <i>maritime</i> ; car en Breton, ou Celtique, <i>Ar</i> signifie <i>super, sur</i> ; &amp; <i>mor</i> veut dire <i>mare, mer</i> ; sur la mer, sur le bord de la mer, sur la côte. César a remarqué, <i>Lib. VII. de Bello Gall. c.</i> 14. que les Gaulois appellèrent <i>Armoriques</i> toutes les Villes situées sur l'Océan. C'est pour cela que Pline, Liv. IV. ch. 17. dit que l'Aquitaine a aussi été appellée <i>Armorique,</i> comme nous l'avons remarqué sur le mot AQUITAINE. Les Belges appelloient les <i>Armoriques, Transsequani,</i> les peuples situés au-delà de la Seine. Cénalis dit que les habitans de l'<i>Armorique</i> appelloient autrefois leur pays Lhydaw-Letavia, c'est-à-dire, <i>littoralis,</i> pays situé sur la côte. Aujourd'hui ils l'appellent <i>Breis.</i> Si l'on en croit d'Argentré, <i>Ar,</i> &amp; <i>mor,</i> sont encore en usage en Bas-Breton. Le nom de Bretagne ne lui a été donné que depuis la fin du IVe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMORISTE</head>
    <p>
    ARMORISTE , s. m. Qui se dit de ceux qui ont écrit du Blason, qui possèdent cette science, ou qui l'enseignent. <i>Gentilitti scuti designator, interpres, enunciator.</i> On les appelloit autrefois <i>Blasonneurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMURE</head>
    <p>
    ARMURE , s. f. Armes défensives, comme le casque, la cuirasse, &amp;c. <i>Armatura.</i> Son <i>armure</i> étoit dorée, ciselée.</p><p>Malherbe, dans son Ode sur la Rochelle, en parlant de la Victoire, lui a appliqué le mot d'<i>armure.</i></p><p>On le dit aussi des armes défensives des animaux. Les écailles servent d'<i>armure</i> aux crocodiles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMURE</head>
    <p>
    Armure , se dit aussi, en parlant de la pierre d'aiman, de deux morceaux de fer qu'on met aux poles de cette pierre, &amp; qu'on lie bien ferme avec une petite ceinture de métal. Cette <i>armure</i> augmente très-considérablement la vertu de l'aiman.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMURE</head>
    <p>
    Armure , se dit encore figurèment de tout ce qui sert à nous fortifier, &amp; à nous défendre contre les tentations, les misères &amp; les chagrins de cette vie. C'est en ce sens que l'Ecriture Sainte parle de l'<i>armure</i> de Dieu, par le moyen de laquelle on peut résister aux mauvais jours. La patience est une <i>armure</i> impénétrable. Mauc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARMURIER</head>
    <p>
    ARMURIER , s. m. Marchand qui vend des armes. On le dit aussi de l'artisan qui les travaille, soit des armes défensives, soit des armes à feu. <i>Armorum faber, opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARNABO</head>
    <p>
    ARNABO , s. m. Grand arbre des Indes Orientales.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARNALDISTE</head>
    <p>
    ARNALDISTE , s. m. &amp; f. <i>Arnaldista.</i> Disciple, ou Sectateur d'Arnauld de Bresse, Hérétique du XIIe siècle, qui déclamoit contre les biens de l'Eglise, &amp; même contre le Baptême &amp; contre le Sacrement de l'Eucharistie, &amp; qui après avoir excité bien des troubles à Bresse &amp; à Rome, fut pendu dans cette dernière Ville en 1155. &amp; ses cendres jettées dans le Tibre. On appella aussi ces Hérétiques Poplicains, ou Publicains.</p><p>On a aussi donné de nos jours le nom d'<i>Arnaldistes</i> aux Jansénistes, Sectateurs ou Partisans d'Antoine Arnauld.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARNAUD</head>
    <p>
    ARNAUD , s. m. <i>Arnaldus.</i> Nom propre d'homme, que l'on a quelquefois confondu avec Arnold, ou Arnoul. <i>Arnoldus.</i> Probablement dans l'origine ce n'étoit que la même chose ; mais dans la suite l'usage les a distingués, &amp; il ne faut pas les prendre indifféremment l'un pour l'autre. On trouve aussi la même personne appellée Arnaud, ou Renaud. Ce qui montre que ces deux mots sont le même, &amp; que Renaud est fait d'<i>Arnaud</i> par aphérèse, c'est-à-dire, par le retranchement de la première lettre. <i>Arnaud,</i> ou Renaud de Chatillon, Seigneur de Crac, Ville forte sur la frontière de Syrie, nommée par les. Anciens la pierre du désert, fut cause par les actes d'hostilité qu'il exerçoit pendant la trève, que la guerre se ralluma entre Baudouin IV. &amp; Saladin en 1182.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARNODE</head>
    <p>
    ARNODE , s. m. Nom que les Grecs donnoient à ceux qui alloient dans les festins &amp; dans les assemblées, réciter des vers d'Homère. Ils portoient à la main une branche de laurier.</p><p>Ce nom vient du Grec , qui signifie un agneau, qu'on leur donnoit d'ordinaire pour récompense, &amp; , chant. On les appelloit aussi <i>Rhapsodistes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2867" id="1" type="">
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    <head>ARNOLDISTE</head>
    <p>
    ARNOLDISTE , s. m. Sectateur d'Arnaud de Bresse. Voyez <ref type="search" target="head:ARNALDISTE">ARNALDISTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2868" id="1" type="">
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    <head>ARNON</head>
    <p>
    ARNON , s. m. <i>Arnon.</i> Rivière fort rapide, ou grand torrent au-delà du Jourdain à l'Orient. Il prend sa source d'une montagne de même nom, qui fait partie de celles que l'Ecriture appelle montagnes de Galaad ; il traverse une partie de la Tribu de Gad, toute celle de Ruben, &amp; se décharge dans la mer morte. Ils campèrent au bord d'<i>Arnon,</i> qui est dans le désert, &amp; se termine à la frontière des Amorrhéens. Car <i>Arnon</i> est à l'extrémité de Moab, entre les Moabites &amp; les Amorrhéens. Nomb. XXI. 13. Saci. Voyez encore Josué XIII. 16. 17. &amp; Josephe, Ant. Liv. IV. ch. 4. S. Jérôme dit qu'il y avoit un rocher très-haut entre les Moabites &amp; les Ammonites, qui portoit aussi ce nom ; &amp; le P. Lubin dit, que c'est de ce rocher que sortoit le torrent d'<i>Arnon.</i> Enfin ils placent encore au pied de ce rocher une Ville de même nom ; &amp; quelques Auteurs prétendent que c'est de cette Ville qu'il est parlé <i>Nomb.</i> XXI. 24. Ils se rendirent maîtres de son Royaume depuis <i>Arnon</i> jusqu'à Jéboc. Ils se trompent ; ce sont deux torrens <i>Arnon</i> &amp; Jéboc, qui faisoient les bornes du Royaume de Séhon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2869" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARNOU" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>ARNOU</head>
    <p>
    ARNOU , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Arnoul.</i> La vie de S. <i>Arnou</i> est contenue dans une Prose d'une extrême longueur, trouvée au Monastère de Marquette, &amp; rapportée par Bollandus. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2870" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARNOUL" />
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    <head>ARNOUL</head>
    <p>
    ARNOUL , s. m. <i>Arnoldus.</i> Nom propre d'homme. On trouve en François <i>Arnolde, Arnold, Ernold, Arnoul,</i> &amp; même <i>Arnaud.</i> Il faut dire <i>Arnoul,</i> &amp; ne point faire sonner <i>l,</i> si ce n'est devant une voyelle, dans une prononciation grave &amp; soutenue. Pour Arnaud, il est vraisemblable que c'est une faute, &amp; qu'il ne faut point confondre ces deux noms. On a lû ou écrit <i>Arnaldus,</i> où il falloit mettre <i>Arnoldus.</i> C'est ainsi que dans quelques éditions de S. Bernard, on trouve <i>Arnoldus</i> dans le titre de quelques lettres où il y a <i>Arnaldus</i> dans le texte, &amp; où il faut en effet <i>Arnaldus. Arnoul</i> s'est encore dit d'<i>Arnulphus, Arnulphe.</i> Ainsi nous nommons <i>Arnoul</i> fils de Carloman, Roi de Bavière, &amp; puis Empereur, que les Auteurs Latins appellent <i>Arnolphus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2871" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROAISE" />
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    <head>AROAISE</head>
    <p>
    AROAISE . <i>Arida-Gamantia.</i> Abbaye célèbre de Chanoines Réguliers en Artois, laquelle a été autrefois Chef d'une Congrégation assez étendue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2872" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROER" />
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    <head>AROER</head>
    <p>
    AROER , s. m. <i>Aroer.</i> Ville située sur le torrent d'Arnon, sur les confins des Moabites, des Ammonites &amp; des Amorrhéens d'au-delà du Jourdain. Elle fut donnée par Moise à la Tribu de Gad ; elle s'appella dans la suite Petra, &amp; eut un siége métropolitain. Adrichomius croit qu'elle fut aussi appellée Moab &amp; Rabbath-Moab, c'est-à-dire, la grande Moab. <i>Deut. II.</i> 36. Depuis <i>Aroer</i> qui est sur le bord du torrent d'Arnon, Ville située dans la vallée. Saci, sur le v. 2. du ch. XVII. d'Isaie. Quelques Auteurs mettent encore un <i>Aroer</i> dans la Syrie proche de Damas. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'un distinguer deux. Il ne faut point écrire HAROHER, comme Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2873" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROMAT" />
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    <head>AROMAT</head>
    <p>
    AROMAT , ou mieux <i>Aromate,</i> s. m. Ce mot se dit d'une drogue, d'une plante, ou d'une composition odoriférante, qui a une odeur forte, pénétrante &amp; agréable. On aromatise une composition, lorsqu'on anime les drogues qui y sont entrées par quelques ingrédiens aromatiques, qui augmentent ou relèvent l'odeur des premières drogues qui ne se faisoient presque point sentir, ou dont l'odeur ne plaisoit pas. <i>Aroma.</i> Les trois Maries achetèrent des <i>aromates</i> pour venir oindre le corps de notre Sauveur. Nos Traducteurs du Nouveau Testament ont évité de se servir de ce terme, Marc XVI. 1. Luc. XXIII. 56. &amp;c. mais le P. Bouhours a mis des <i>drogues aromatiques,</i> le Port-Royal &amp; M. Simon, des <i>parfums.</i> Ce qui montre que ce mot n'est reçu que parmi les Médecins, &amp; que dans l'usage ordinaire il ne faut pas l'employer. Les vrais <i>aromates</i> sont des épiceries qui viennent d'Orient ; comme le poivre, la muscade, l'aloës, le baume, l'encens, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2874" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROMATIQUE" />
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    <head>AROMATIQUE</head>
    <p>
    AROMATIQUE , adj. Qui est de la nature des aromates. <i>Aromaticus.</i> On appelle en France, Herbes <i>aromatiques,</i> les herbes fines qui sentent fort, comme le genièvre, la lavande. Les Apothicaires font plusieurs remèdes composés de drogues <i>aromatiques.</i> Le jour du Sabbat étant passé, Marie Magdelaine, Marie mère de Jacques, &amp; Salomé, achetèrent de drogues <i>aromatiques</i> pour aller embaumer Jesus. Bouh. Elles préparèrent des drogues <i>aromatiques,</i> &amp; des huiles odoriférantes. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2875" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="AROMATISATION" />
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    <head>AROMATISATION</head>
    <p>
    AROMATISATION , s. f. Terme de Pharmacie , est l'action par laquelle on mêle des aromates dans les drogues &amp; médicamens, comme le macis, le girofle, le musc, l'ambre-gris, &amp;c. L'<i>aromatisation</i> est autant en usage pour augmenter la vertu des médicamens, que pour les rendre agréables au goût, &amp; à l'odorat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2876" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROMATISER" />
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    <head>AROMATISER</head>
    <p>
    AROMATISER , v. act. Mettre des aromates dans quelque substance ou liqueur pour la rendre agréable au goût &amp; à l'odorat. <i>Aromatis condire.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AROMAT">AROMAT</ref>.</p><p>Ces mots viennent du Grec , qui vient du verbe , qui signifie, <i>accommoder, rendre propre.</i> Les épices, qui sont une espèce d'aromates, servent à assaisonner les viandes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2877" id="1" type="charpenterie">
   <index type="head" value="ARONDE" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>ARONDE</head>
    <p>
    ARONDE , subst. fém. Est un terme de Charpenterie . On nomme, Queue d'<i>aronde,</i> certaine entaillure dans le bois qui est faite comme la queue d'une hirondelle, étroite par un bout qui est en dedans, &amp; large par l'autre qui est en dehors. <i>Incisio caudae hirundininae in morem facta.</i> Pour faire un assemblage ferme de deux grosses pièces de bois, il faut les assembler en queue d'<i>aronde.</i></p><p>On dit aussi en termes de fortifications , qu'un ouvrage à cornes est fait en queue d'<i>aronde,</i> quand il est étroit par la gorge, &amp; plus ouvert vers les faces. Et au contraire, quand il est plus étroit par les faces, &amp; que la gorge est plus ouverte pour couvrir une grande courtine, on dit qu'il est fait à contre-queue d'<i>aronde.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2877" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARONDE" />
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    <head>ARONDE</head>
    <p>
    Aronde , se disoit autrefois pour <i>Hirondelle, Hirundo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2878" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARONDEL" />
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    <head>ARONDEL</head>
    <p>
    ARONDEL , ou ARUNDEL. Ville de la Province de Sussex en Angleterre, avec titre du Comté. <i>Aruntina.</i> Les <i>Marbres d'Arondel.</i> On parle souvent des Marbres d'<i>Arondel</i> parmi les Savans. Ce sont des marbres sur lesquels se trouve un Traité de Paix fait entre ceux de Smyrne, &amp; les Magnésiens, 244. ans avant Jesus-Christ, deux Decrets des Smyrnéens ; un Traité d'alliance entre les habitans d'Hiérapytna &amp; ceux de Pryanse, &amp; une espèce de Chronique, ou du moins les principales époques des Grecs écrites dans l'Isle de Paros, l'une des Cyclades, 263. ans avant Jesus-Christ, &amp; d'autres antiquités. Ils ont été ainsi nommés de Thomas Comte d'<i>Arondel,</i> aïeul du Comte Maréchal d'<i>Arondel,</i> qui les fit venir du Levant à grands frais. Durant les troubles d'Angleterre, la plupart de ces marbres furent employés à réparer des portes &amp; des cheminées. Ils sont maintenant à l'Université d'Oxford, à qui le Maréchal Comte d'<i>Arondel</i> les a donnés : on les trouve imprimés dans les <i>Marmora Oxoniensia,</i> Marbres d'Oxford, qui parurent à Oxford en 1676. avec les Notes des Savans qui ont travaillé dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2879" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARONDELAT" />
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    <head>ARONDELAT</head>
    <p>
    ARONDELAT , s. m. Le petit de l'hirondelle. <i>Pullus hirundinis.</i> Les <i>arondelats</i> naissent presque aveugles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2880" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARONDELIÈRE" />
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    <head>ARONDELIÈRE</head>
    <p>
    ARONDELIÈRE , s. f. Herbe. <i>Chelidonia.</i> Voyez CHELIDOINE : c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2881" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARONDELLE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ARONDELLE</head>
    <p>
    ARONDELLE . Voyez <ref type="search" target="head:HIRONDELLE">HIRONDELLE</ref>.</p><p>En termes de Marine , on appelle <i>arondelles</i> de mer, des vaisseaux médiocres &amp; légers, comme les Brigantins, Pinasses, Pinques, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2882" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARONISTE" />
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    <head>ARONISTE</head>
    <p>
    ARONISTE , s. m. C'est ainsi que les Samaritains appellent leurs Prêtres de la race d'Aron. <i>Aronista.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2883" id="1" type="science hermetique">
   <index type="head" value="AROP" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>AROP</head>
    <p>
    AROP . Terme de Science hermétique . C'est la matière dont on fait la pierre, ou la matière dont on fait le magistère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2884" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROTES" />
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    <head>AROTES</head>
    <p>
    AROTES , s. m. Nom que les Syracusains donnoient à des personnes de condition libre, que la pauvreté reduisoit à servir pour subsister. <i>Arotes.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , <i>Laboureur,</i> qui vient d', <pb n="346" facs="bpt6k8542165/f386/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Je laboure</i> ; apparemment parce que la Sicile étant abondante en blé, &amp; son plus grand commerce se faisant en blé, le principal service que l'on tiroit de ces gens étoit le <i>labourage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2885" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROUGHCUM" />
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    <head>AROUGHCUM</head>
    <p>
    AROUGHCUM , s. m. Animal de la Virginie. Il ressemble au castor, excepté qu'il vit dans les arbres à la manière des écureuils.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2886" id="1" type="">
   <index type="head" value="AROUSSES" />
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    <head>AROUSSES</head>
    <p>
    AROUSSES , sub. fém. Vesces sauvages. <i>Arachus.</i> Ce mot est vieux, &amp; hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2887" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARPA" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ARPA</head>
    <p>
    ARPA , ou ARPHA. Nom propre d'une Divinité, dont il est souvent parlé dans la vie de S. Potin, qui souffrit le martyre l'an de Jesus-Christ 166. ou 168. sous Antonin Pie. Voyez Bollandus, T. I. p. 754. &amp; suiv. au 13. Janv. C'est selon la remarque de ce Père, une de ces petites Divinités appellées <i>Dii minorum gentium,</i> de laquelle nous ne savons rien, non plus que de beaucoup d'autres de la même espèce. Elle se trouve cependant jointe dans cette vie à Jupiter, à Ariana &amp; à Minerve.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2888" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARPAGE" />
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    <head>ARPAGE</head>
    <p>
    ARPAGE , s. m. <i>Arpagus.</i> C'est dans les anciennes Inscriptions un enfant mort au berceau. C'étoit l'usage parmi les Romains de ne point faire de funerailles pour les enfans qui mouroient au berceau ; l'on ne brûloit point leurs corps, &amp; l'on ne leur dressoit ni tombeau, ni épitaphe, ce qui a fait dire à Juvenal,</p><p>On les brûla depuis, quand ils avoient vécu plus de 40. jours, &amp; quand ils avoient poussé quelques dents. Ces morts étoient appellés des rapts. Le mot <i>Arpagi</i> signifie la même chose en Grec, &amp; Eustathius nous apprend que c'étoit la coutume des Grecs aux funérailles des enfans, de ne les célébrer ni de nuit, ni au grand jour, mais au lever de l'Autore, avant que le Soleil parût, ce qu'ils appelloient le rapt du jour, , Menestr. <i>Hist. de Lyon, p.</i> 57.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2889" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARPAILLEUR" />
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    <head>ARPAILLEUR</head>
    <p>
    ARPAILLEUR , s. m. C'est un nom qu'on donne à ceux qui vont chercher l'or sur les bords de plusieurs rivières, &amp; parmi les mottes de terres, &amp; qui tâchent à découvrir les mines. <i>Fodinarum Scrutator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2890" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARPENT" />
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    <head>ARPENT</head>
    <p>
    ARPENT , s. m. Certaine mesure de la surface des terres, qui est différente selon les diverses Provinces, &amp; qui est ordinairement de cent perches quarrées. <i>Jugerum.</i> L'<i>arpent</i> contient environ un septier de semence. L'<i>arpent</i> de Paris a cent perches, &amp; la perche vingt-deux pieds, qui font deux mille deux cents pieds en quarré. Au perche, la perche est de vingt-quatre pieds, &amp; le pied est de treize pouces. L'<i>arpent</i> de Poitou est de quatre-vingt pas de chaque côté. L'<i>arpent</i> de Montargis a cent cordes, &amp; chaque corde a vingt pieds. L'<i>arpent</i> de Clermont en Beauvaisis a cent verges, &amp; chaque verge vingt-six pieds. L'<i>arpent</i> ou le <i>Journal</i> en Bretagne a vingt cordes en longueur, &amp; quatre en largeur, chaque corde de vingt-quatre pieds. Dans le Duché de Bourgogne l'<i>arpent</i> de bois est de quatre cents quarante perches, &amp; le Journal de terre, de vigne, ou de pré, de trois cents soixante.</p><p>Ce mot vient, selon Scaliger, de <i>aripennis</i>, ou de <i>arpendium</i>, ou <i>arvipendium</i>, qui étoit une mesure d'<i>Arpenteur.</i> Aripennis se trouve aussi pour <i>arpent, Act. Sanct. Jun. T. I. p.</i> 189. <i>B.</i> &amp; ailleurs. Pontanus après Columella dit que c'est un ancien mot Gaulois dont use Reginon dans son Histoire, dérivé de <i>aert</i>, &amp; de <i>pandt</i>, mots Danois, sinifiant une <i>terre bornée.</i> Du Cange dit qu'il vient de <i>arapennis</i>, dérivé <i>ab arando,</i> ou plutôt de <i>ard,</i> ou <i>erd,</i> terre ; &amp; <i>pand,</i> ou <i>pend,</i> qui signifie <i>quarré.</i> C'est la remarque des Jésuites d'Anvers, <i>Acta Sanct. April. T. III. p.</i> 72. <i>E.</i> sur les Diplomes de Louis le Jeune, dans lesquels on trouve <i>Agripennum,</i> &amp; <i>Arpennum,</i> pour <i>arpent,</i> &amp; non pas <i>erpan,</i> comme ces Auteurs écrivent ; on trouve encore <i>Arpenna, ae,</i> dans un acte de l'an 1051. <i>Act. Sanct. Maii. T. V. p.</i> 59. On trouve aussi <i>Arpennus</i> &amp; <i>Arpentum.</i> Voyez la nouvelle <i>Hist. de Bret.</i> T. II. p. 121. &amp; 295. Isaac Pontanus, dans ses <i>Origines Francicae, Lib. VI. c.</i> 34. est de même sentiment, à cela près qu'il prétend que <i>pand</i> signifie, ce qui a des limites, ce qui est borné.</p><p>On dit par hyperbole d'un homme qui a le nez, le visage, ou quelque partie du corps trop longs, ou mal proportionnés, qu'il a un nez, un visage d'un <i>arpent,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2891" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARPENTAGE" />
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    <head>ARPENTAGE</head>
    <p>
    ARPENTAGE , sub. mas. Mesurage des terres par arpent. <i>Agrorum mensio, dimensio, metatio.</i> On a fait voir par l'<i>arpentage</i> de cette forêt, qu'elle contenoit tant d'arpens. Quand l'<i>arpentage</i> n'est point déclaré par le contrat, il doit être fait suivant la coutume des lieux où les biens sont situés, &amp; non suivant la coutume du lieu où le contrat est passé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2891" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARPENTAGE" />
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    <head>ARPENTAGE</head>
    <p>
    Arpentage , est aussi la science de celui qui arpente. <i>Agros metiendi, metandi ars, Geomatica disciplina.</i> C'est l'art qui enseigne à mesurer la superficie des terres. Il y a plusieurs Traités de l'<i>Arpentage.</i> On l'appelle aussi <i>Planimetrie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2892" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARPENTER" />
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    <head>ARPENTER</head>
    <p>
    ARPENTER , v. act. Mesurer des terres pour savoir combien elles ont d'arpens. <i>Metiri, metari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2892" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARPENTER" />
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    <head>ARPENTER</head>
    <p>
    Arpenter , signifie figurément, Marcher beaucoup, ou marcher vîte. <i>Discurrere per, &amp;c.</i> Ce solliciteur <i>arpente</i> tout Paris presque tous les jours. Mais cela ne se dit que dans le style bas &amp; familier. Courir les monts, <i>arpenter</i> les campagnes. S. Amand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2893" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARPENTEUR" />
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    <head>ARPENTEUR</head>
    <p>
    ARPENTEUR , s. m. Officier qui a serment en Justice, &amp; qui est commis pour faire l'arpentage des terres. <i>Decempedator, finitor, agrimensor, Geomaticus.</i> Les instrumens, la trousse, les fleches, la chaîne d'un <i>Arpenteur.</i> Les <i>Arpenteurs</i> ne sont reçus qu'après information de vie &amp; moeurs, &amp; après avoir donné une caution de mille livres par l'Ordonnance. C'étoit autrefois au <i>Grand Arpenteur</i> de France à instituer des <i>Arpenteurs :</i> mais Henri II. par une Ordonnance de 1554. érigea six <i>Arpenteurs</i> en chaque Bailliage, ou Sénéchaussée de Bretagne, pour exercer leur charge sous le <i>Grand Arpenteur.</i> Cette Ordonnance leur donne le pouvoir de mesurer, d'arpenter bois, buissons, forêts, garennes, terres, eaux, isles ; de mettre des bornes, &amp; de faire des partages ; mais le grand <i>Arpenteur,</i> qu'on appelloit Grand-Maître, se mettoit en possession de ne donner des commissions qu'à ceux des <i>Arpenteurs</i> qui lui donnoient de l'argent, ce qui rendoit leurs offices inutiles. En l'année 1696. le Roi lui fit défenses de plus délivrer de Commissions ; en 1688. son office fut supprimé, &amp; l'année suivante il fut ordonné par Arrêt que ceux qui avoient des Commissions du grand <i>Arpenteur,</i> prendroient des provisions de Sa Majesté en payant certaine somme. En 1690. le Roi, par un Edit du mois de Novembre, a supprimé tous les anciens offices d'<i>Arpenteurs,</i> &amp; a créé des Experts Priseurs &amp; <i>Arpenteurs</i> Jurés, pour faire un même corps avec les Jurés Experts créés au mois de Mai &amp; de Juillet de la même année pour faire les arpentages, mesurages &amp; prisées des terres, vignes, prez, bois, pâtis, communes, &amp; toutes les autres fonctions attribuées aux <i>Arpenteurs</i> créés par les Edits de 1554. &amp; 1575. Il y a encore des <i>Arpenteurs</i> dans chacune des Maîtrises des Eaux &amp; Forêts, créés par un Edit de 1689. Enfin, l'Edit de 1690. a créé séparément dix <i>Arpenteurs</i> pour la Ville, Prévôté &amp; Vicomté de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2893" id="2" type="">
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    <head>ARPENTEUR</head>
    <p>
    Arqué, ée , adj. Courbé en arc, en cintre. On dit qu'un cheval a les jambes <i>arquées,</i> &amp; qu'une poutre est <i>arquée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2894" id="1" type="">
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    <head>ARQUEBUSADE</head>
    <p>
    ARQUEBUSADE , s. f. Coup d'arquebuse. <i>Ferreae fistulae ictus, emissio.</i> Il a essuyé cinq ou six <i>arquebusades</i> sans être blessé.</p><p>On disoit autrefois eau d'<i>arquebusade,</i> ou eau d'arquebuse, au lieu qu'on dit aujourd'hui plus communément &amp; plus proprement eau vulnéraire, qui est une eau composée de plusieurs plantes vulnéraires &amp; distillées avec le vin blanc, ou avec l'eau-de-vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2895" id="1" type="">
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    <head>ARQUEBUSE</head>
    <p>
    ARQUEBUSE , s. f. Arme à feu de la longueur d'un fusil, ou d'un mousquet, &amp; qui se bande d'ordinaire avec un rouet. <i>Sclopetus, ferrea fistula.</i> Elle a, selon Hanzelet, quarante calibres de long, &amp; tire une once &amp; sept huitièmes de plomb, avec autant de poudre. Une <i>arquebuse</i> à croc, est une grosse <i>arquebuse</i> avec laquelle on défend des places, &amp; qu'on appuie quelque part pour tirer. La première fois qu'on ait vû des <i>arquebuses</i> ce fut dans l'armée Impériale de Bourbon, qui chassa Bonnivet de l'Etat de <pb n="347" facs="bpt6k8542165/f387/full/1200,/0/native.jpg"/>Milan. Elles étoient si massives &amp; si pesantes, qu'il falloit deux hommes pour les porter, &amp; on les tiroit appuyées sur des fourchettes, &amp; chargées de pierres rondes. Vendenesse, frère de la Palice, &amp; Bayart, à qui Bonnivet avoit abandonné le soin de la retraite, en furent blessés &amp; en moururent. En plusieurs Villes on tire le prix de l'<i>arquebuse</i> pour exercer les Bourgeois ; &amp; on continue de l'appeller ainsi, quoiqu'on ne se serve plus d'<i>arquebuse,</i> mais seulement de fusils.</p><p><i>Arquebuse</i> à vent, c'est une <i>arquebuse</i> qu'on charge avec du vent comprimé, &amp; qui ne laisse pas de faire un fort grand effet. Les <i>arquebuses</i> à vent ont été inventées par un Bourgeois de Lisieux nommé Marin, qui en présenta une au Roi Henri IV. quoique quelques-uns croient que cette invention soit dûe à quelques ouvriers de Hollande. M. Blondel la montre dans son <i>Art de jetter les bombes,</i> &amp; l'on en voit la figure &amp; la construction dans le Livre des <i>Elemens de l'Artillerie</i> de Rivaut.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>arcobusio</i>, ou <i>arco abuso,</i> ainsi dit de <i>arco,</i> qui signifie un <i>arc,</i> &amp; de <i>busio,</i> un <i>trou,</i> à cause du trou par où on met le feu à la poudre dont on charge les <i>arquebuses,</i> qui ont succédé aux arcs des Anciens. Menag. D'autres croient qu'il vient de <i>acqueraux,</i> qui sont des instrumens de guerre pour jetter des pierres, dont Froissart fait mention ; &amp; prétendent qu'on disoit autrefois <i>acquebuse.</i></p><p>Une <i>arquebuse,</i> avec ce mot, <i>vis abdita,</i> peut être la devise, ou d'un traître, ou d'une personne modeste, ou d'un Prince ou Ministre qui fait réussir ses projets par le secret. L'<i>arquebuse</i> avec ce mot, <i>&amp; manus &amp; mens,</i> marque les entreprises où il faut penser &amp; agir pour réussir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2896" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARQUEBUSER" />
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    <head>ARQUEBUSER</head>
    <p>
    ARQUEBUSER , v. act. C'est tirer sur quelqu'un un coup d'arquebuse. <i>Sclopetum displodere, ferream glandem emittere.</i> Il fut <i>arquebusé</i> en passant dans une forêt. Ce mot est un peu vieux. L'usage l'admet pourtant encore pour signifier le supplice des Soldats ou Officiers qu'on fait mourir en tirant sur eux des coups d'arquebuse. On mande d'Ulm que le 28. Avril 1738. le Conseil souverain de la Ville avoit prononcé la sentence contre M. Harsdossar, &amp; que le 30. ce Bourguemestre avoit été <i>arquebuse</i> dans la cour de la prison. Merc. <i>Mai</i> 1738.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2897" id="1" type="">
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    <head>ARQUEBUSERIE</head>
    <p>
    ARQUEBUSERIE , s. f. C'est le métier d'Arquebusier. <i>Fingendae fistulae ferreae artificium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2898" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARQUEBUSIER" />
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    <head>ARQUEBUSIER</head>
    <p>
    ARQUEBUSIER , s. m. Qui porte &amp; tire de l'arquebuse. <i>Miles selopeto armatus, Sclopetarius.</i> Il y avoit en cet endroit une Compagnie d'<i>Arquebusiers</i> à cheval qui firent un grand effet.</p><p>On appelle aussi <i>Arquebusier,</i> l'artisan qui fait des arquebuses, des fusils, &amp; autres armes à feu. <i>Sclopetorum, ferrearum fistularum Faber.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2899" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARQUER" />
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    <head>ARQUER</head>
    <p>
    ARQUER , v. n. Courber en arc. <i>Arcuare.</i> On le dit des poutres, &amp; autres pièces de charpenterie qui sont courbées, ou naturellement, ou parce qu'elles soutiennent un grand poids. On le dit particulièrement de la quille d'un vaisseau, quand elle se dément, &amp; perd sa figure ordinaire par quelque violent effort, soit en mettant le vaisseau à l'eau, soit lorsqu'il échoue.</p><p>On dit au Manége, qu'un cheval a les jambes <i>arquées,</i> quand il a les genoux courbés en arc ; ce qui arrive aux chevaux qui ont les jambes ruinées. <i>Crura arcuata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2900" id="1" type="">
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    <head>ARQUES</head>
    <p>
    &#9758; ARQUES , Ville du pays de Caux, fondée sur un territoire qui portoit anciennement le nom de <i>Asdans</i> ou <i>Hasdans.</i> On croit que le Château qui a donné naissance à la Ville, fut bâti vers l'an 745. ou 749. par Pepin le Bref. Il étoit soutenu sur de très-belles Arcades taillées dans le roc ; &amp; c'est de ces Arcades-là mêmes que le Château &amp; la Ville ont tiré leur nom. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. pag.</i> 111.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2901" id="1" type="">
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    <head>ARRACHEMENT</head>
    <p>
    ARRACHEMENT , s. m. Action de la personne qui arrache quelque chose, de quelque nature qu'elle soit. <i>Avulsio, evulsio. Arrachement</i> de dents. <i>Arrachement</i> de clous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2901" id="2" type="architecture">
   <index type="head" value="ARRACHEMENT" />
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    <head>ARRACHEMENT</head>
    <p>
    Arrachement , est aussi un terme d'Architecture . On appelle les <i>arrachemens</i> d'une voûte, les endroits par où elle commence à se former en cintre ; ce qui est au-dessus de l'imposte. On le dit aussi des pierres qu'on arrache d'un mur pour y en mettre d'autres en saillie, qui puissent servir de liaison avec un mur qu'on veut y joindre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2902" id="1" type="">
   <index type="head" value="D'ARRACHE-PIED" />
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    <head>D'ARRACHE-PIED</head>
    <p>
    D'ARRACHE-PIED , adv. D'une manière continue, assidue &amp; opiniâtre. <i>Continuò.</i> Un Basque fait volontiers dix lieues d'<i>arrache-pied</i> sans se reposer. Cet homme est si studieux, qu'il travaille tous les matins six heures d'<i>arrache-pied</i> sans distraction. Cela n'est bon que dans le style bas &amp; familier. Lorsque quelqu'un travaille avec tant d'assiduité, qu'on dit de lui qu'il travaille d'<i>arrache-pied,</i> on veut dire par-là ce que les Latins expriment par <i>labor improbus, assiduus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2903" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRACHER" />
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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    ARRACHER , v. act. Déraciner un arbre, une plante. <i>Avellere, evellere, revellere, divellere.</i> Les Mahométans ont fait <i>arracher</i> la plupart des vignes de l'Asie. On donne des terres en Canada à ceux qui veulent les défricher, en <i>arracher</i> les arbres &amp; les racines. Il faut <i>arracher</i> les mauvaises herbes d'un jardin.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>abradicare,</i> Latin ; les autres de <i>ausreissen,</i> mot Allemand, qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2903" id="2" type="">
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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    Arracher , se dit aussi de tout ce qu'on tire avec effort, qu'on ôte avec force ou violence du lieu où il est attaché, soit qu'il ait des racines, ou non. Les harangères qui se battent s'<i>arrachent</i> les cheveux, s'<i>arrachent</i> les yeux. On <i>arrache</i> la langue aux blasphémateurs, les mammelles aux homicides des Rois. Ce Médecin lui a fait <i>arracher</i> une louppe. Il lui a fallu <i>arracher</i> son enfant du ventre pour l'accoucher.</p><p>On dit en ce sens, <i>arracher</i> les dents. <i>Arracher</i> les clous, les gonds d'une porte. <i>Arracher</i> un cahier d'un livre. <i>Arracher</i> les plumes d'un oiseau. On lui a <i>arraché</i> des mains ce bon marché, ce bon parti. On ne lui <i>arrachera</i> point cette charge, cette terre, qu'avec la vie. On peut défendre son bien contre ceux qui le veulent <i>arracher</i> par force.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2903" id="3" type="">
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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    Arracher , signifie aussi détacher, séparer, éloigner. On ne peut <i>arracher</i> ce jeune homme d'auprès de sa maîtresse. On ne le peut <i>arracher</i> de l'étude, du jeu, du cabaret. On ne le sauroit <i>arracher</i> de Paris. Il fut <i>arraché</i> du sein de sa patrie. On lui <i>arracha</i> les larmes des yeux. Je l'ai <i>arraché</i> à ses délices. <i>Arrachons</i> la victoire des mains de l'ennemi. Mon Médecin m'a <i>arraché</i> à la mort, d'entre les bras de la mort. On ne peut <i>arracher</i> de l'argent de personne, pour dire, On a de la peine à être payé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    Arracher , se dit figurément en choses morales &amp; spirituelles. Il a beau faire, il ne se peut <i>arracher</i> de l'esprit le souvenir de sa femme. Cette perte lui a déchiré, lui a <i>arraché</i> le coeur. On ne lui peut <i>arracher</i> de la tête une opinion, quand il s'en est une fois coëffé. La Philosophie d'Epicure a <i>arraché</i> la Religion de l'esprit des hommes. Il faut <i>arracher</i> de son coeur le desir trop empressé des richesses. Peux-tu de mes malheurs m'<i>arracher</i> la mémoire ? S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2903" id="5" type="">
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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    Arracher , se dit encore de tout ce qu'on ne peut obtenir qu'avec beaucoup de peine &amp; de travail. <i>Extorquere.</i> C'est un homme fort serré &amp; fort discret, il lui faut <i>arracher</i> les paroles l'une après l'autre. La question a été inventée pour <i>arracher</i> la vérité par la force des tourmens. On dit aussi, <i>arracher</i> un secret à quelqu'un Ablanc. pour dire, obliger, ou forcer quelqu'un à révéler une chose qu'il ne vouloit pas dire.</p><p>Les vraies louanges ne sont pas celles qui s'offrent à nous ; ce sont celles que nous <i>arrachons.</i> Fonten. Combien de gens font des aumônes, que l'importunité des pauvres <i>arrache</i> de leur main, &amp; non pas de leur coeur ? Flech. Les hommes ne souffrent point qu'on leur <i>arrache</i> leurs sentimens sans résistance. Arn. S. Hilaire <i>arrache</i> le consentement, &amp; enlève l'esprit par la force de ses expressions. Du Pin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2903" id="6" type="">
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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    <pb n="348" facs="bpt6k8542165/f388/full/1200,/0/native.jpg"/> Arracher sa vie, signifie, être pauvre, travailler pour vivre. <i>Aegrè vitam laborando sustentare.</i> C'est un homme qui en <i>arrache</i> par-tout où il peut. Il <i>arrachera</i> pied ou aile de cette affaire. On <i>arrache</i> ce qu'on peut d'un mauvais payeur. Il <i>arrachera</i> de cette science tout ce qu'on en peut savoir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2903" id="7" type="">
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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    Arracher , se dit proverbialement en ces phrases. Il vaut mieux laisser son enfant morveux, que de lui <i>arracher</i> le nez ; pour dire, Souffrir un petit mal pour en éviter un plus grand. On dit aussi, lorsqu'on a emprunté, ou qu'on attrape de l'argent à un avare, qu'on lui a <i>arraché</i> une dent.</p><p>On appelle aussi par injure ces gens qui remontent les bateaux avec une corde attachée au col, &amp; qui sont obligés de se courber jusqu'à terre, des <i>arrache</i>-persil. C'est ceux qu'on nomme communément sur la rivière de Loire des Halleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2903" id="8" type="blason">
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    <head>ARRACHER</head>
    <p>
    Arraché, ée , part. <i>Avulsus, revulsus.</i> On dit en termes de Blason , que la tête ou quelqu'autre membre d'un animal, ou d'un oiseau, sont <i>arrachés,</i> quand ils ne sont pas coupés nettement, &amp; quand il y a du poil, ou des lambeaux &amp; filamens sanglans, ou non, qui font juger que ces pièces ont été <i>arrachées.</i> On dit aussi, que des arbres sont <i>arrachés,</i> quand ils montrent leurs racines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2904" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRACHEUR" />
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    <head>ARRACHEUR</head>
    <p>
    ARRACHEUR , s. m. Qui ne se dit guère que des Charlatans qui se mêlent d'arracher les dents, ou les cors des pieds. <i>Avulsor.</i> Les <i>arracheurs</i> de dents s'appellent entre eux <i>Opérateurs</i> pour les dents, ou <i>Médecins</i> pour la bouche ; mais personne ne leur donne des titres si honorables. Un <i>arracheur</i> de dents ne s'occupe pas seulement à <i>arracher</i> les dents ; mais aussi à nettoyer, &amp; à buriner celles qui sont mal-propres &amp; cariées ; &amp; même à en remettre d'autres en place de celles qu'on s'est fait arracher, ou qui sont tombées d'elles-mêmes. Il a pour toutes ces diverses opérations plusieurs sortes d'instrumens, qu'on nomme le déchaussoir, le burin, la feuille de sauge, la langue de serpent, la rugine aiguë, la rugine platte, le triangle, la sonde, &amp;c.</p><p>On dit proverbialement, il est menteur comme un <i>arracheur</i> de dents, parce que ces sortes des gens vantent avec une confiance extrême leurs remèdes, &amp; leur adresse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2905" id="1" type="eaux & forets">
   <index type="head" value="ARRACHIS" />
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    <head>ARRACHIS</head>
    <p>
    ARRACHIS , s. m. Terme des Eaux &amp; Forêts , qui se dit de l'enlèvement du plant des arbres. <i>Tenerarum plantarum evulsio.</i> Les <i>arrachis</i> sont défendus par l'Ordonnance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2906" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRAGEOIS" />
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    <head>ARRAGEOIS</head>
    <p>
    ARRAGEOIS , Voyez <ref type="search" target="head:ARRAS">ARRAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2907" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRAISONNER" />
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    <head>ARRAISONNER</head>
    <p>
    ARRAISONNER , v. n. qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Entrer en propos avec quelqu'un, lui vouloir faire entendre raison. <i>Alloqui aliquem, cum aliquo habere sermonem.</i> Il est souvent inutile de s'<i>arraisonner</i> avec un paysan, un stupide, qui ne conçoit pas ce qu'on lui dit. Il faut commander aux valets, &amp; non pas s'<i>arraisonner</i> avec eux, ni leur dire les raisons qu'on a de leur faire faire quelque chose.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>ratiocinari</i>, qui signifie <i>raisonner.</i> Mézeray s'en est servi ; mais on ne le croit pas fort usité, &amp; ce ne seroit tout au plus que dans le style familier &amp; bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2908" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARRAMBER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ARRAMBER</head>
    <p>
    ARRAMBER , v. act. Terme de Marine , qui signifie, s'accrocher à un vaisseau avec le grapin, ou autrement. <i>Ferream manum in navim injicere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2909" id="1" type="negoce">
   <index type="head" value="ARRAMER" />
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    <head>ARRAMER</head>
    <p>
    ARRAMER , v. act. Terme de Négoce . Mettre une pièce de drap, ou de serge sur un rouleau, pour la tirer &amp; allonger en telle sorte, qu'elle raccourcit ou étrécit dans la suite ; ce qui est défendu par les Statuts à tous les Drapiers, Façonniers &amp; Foulons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2910" id="1" type="imprimeurs">
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    <head>ARRANG</head>
    <p>
    ARRANG , s. m. Terme d'Imprimeurs , qui se dit ironiquement d'un compagnon qui fait peu d'ouvrage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2911" id="1" type="">
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    <head>ARRANGEMENT</head>
    <p>
    ARRANGEMENT , s. m. Disposition des parties d'un tout en certain ordre. <i>Compositio, dispositio, collocatio, ordinatio.</i> La Philosophie moderne fait voir que la diversité des couleurs ne dépend que de la situation, &amp; <i>arrangement</i> des parties, qui réfléchissent diversement la lumière. La diversité des saveurs &amp; des odeurs vient de divers <i>arrangemens</i> des pores qui les rend diversement sensibles. L'<i>arrangement</i> des paroles est un des principaux ornemens du discours &amp; des vers. C'est le différent <i>arrangement</i> &amp; la diverse situation des parties, qui met de la différence entre les corps. Maleb. Dieu n'a t-il pas pû construire une machine, qui par l'<i>arrangement</i> de la matière, imite les effets de la pensée &amp; du raisonnement ? P. Dan. Un mauvais <i>arrangement</i> consiste en des termes mal placés, &amp; hors de leur situation naturelle. Les Anciens ne se sont pas mis fort en peine de l'ordre &amp; de l'<i>arrangement.</i> Perr. Nous devons à M. de Balzac le bel <i>arrangement</i> de nos mots, &amp; la belle cadence de nos périodes. Bouh. Euripide est plus heureux dans l'<i>arrangement</i> de ses paroles, que dans le sens de ses pensées. Boil. L'élégance qui ne vient que de l'<i>arrangement</i> des mots, &amp; de la cadence des périodes, n'éblouit que les esprits superficiels. S. Evr. Pélage faisoit consister toute l'éfficace de la grace dans l'assemblage, &amp; l'<i>arrangement</i> des circonstances externes. Jur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2912" id="1" type="">
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    <head>ARRANGER</head>
    <p>
    ARRANGER . v. act. Mettre les choses en ordre, les placer dans un lieu qui leur est propre &amp; convenable ; leur donner une situation naturelle &amp; agréable ; les disposer d'une manière ingénieuse &amp; capable de produire un bel effet. <i>Componere, disponere, collocare, ordinare.</i> Les livres de cette Bibliothèque sont <i>arrangés</i> selon l'ordre des matières. Il faut <i>arranger</i> ingénieusement les mots dans les discours. Vaug. Ce que nous prenons pour des vertus, n'est souvent qu'un assemblage de divers intérêts que la fortune ou notre industrie savent <i>arranger.</i> Rochef. Comme j'aime l'ordre, vous me faites plaisir d'<i>arranger</i> mes idées. Fonten.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2912" id="2" type="">
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    <head>ARRANGER</head>
    <p>
    Arrangé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Compositus, ordinatus, collocatus, dispositus.</i> Il avoit ses desseins toujours <i>arrangés,</i> &amp; trouvoit en soi des ressources toujours prêtes pour les évènemens les plus subits. Le P. de la Rue. Les personnes trop <i>arrangées</i> ne plaisent point, parce qu'elles sont toujours droites &amp; contraintes. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2913" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRAS" />
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    <head>ARRAS</head>
    <p>
    ARRAS , s. m. Espèce de perroquet qui se trouve dans la Guardeloupe. <i>Psittaci genus.</i> Il a la tête, le col, le ventre, &amp; le dessus du dos de couleur de feu, &amp; les ailes mêlées de plumes jaunes, d'azur, &amp; de cramoisi. Sa queue est longue d'un pied &amp; demi. Il est beaucoup plus grand que les perroquets ordinaires, &amp; a la grosseur d'un faisan. Il a la tête assez grosse, les yeux vifs, le bec crochu. On en voit qui ont la tête, le dessus du col, le dos de bleu céleste tabizé, le ventre &amp; le dessous du col &amp; des ailes de jaune pâle, &amp; la queue entièrement rouge. Il s'en trouve qui ont tout le plumage mêlé de rouge, de blanc, de bleu, de verd, &amp; de noir. Ils volent ordinairement par troupes. Le son de sa voix est perçant. On apprivoise facilement les <i>arras,</i> &amp; on leur apprend à prononcer quelques paroles ; mais ils ont la langue trop épaisse pour se pouvoir faire entendre aussi-bien que le Canides &amp; les plus petits perroquets. Ils sont si ennemis du froid, qu'on a bien de la peine à leur faire passer la mer. Voyez Lonvillers, <i>Hist. des Antill.</i> ch. 15. art. 9. &amp; le P. du Tertre, Traité V. ch. 1. §. 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2914" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRAS" />
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    <head>ARRAS</head>
    <p>
    ARRAS , s. m. <i>Atrebatum.</i> Nom propre de ville. <i>Arras</i> est dans les Pays-Bas, capitale de l'Artois, &amp; sur la Scarpe. <i>Arras</i> est très-bien fortifié, &amp; défendu par une Citadelle. Cette ville est fort ancienne. Quelques Géographes prétendent que c'est le <i>Nemetocerna</i> ou <i>Nemetum</i> des Anciens. D'autres la prennent pour l'<i>Origiacum,</i> ou <i>Rigiacum</i> de Ptolomée, que Cluvier &amp; d'autres placent à Orchies. Les Allemands l'appellent <i>Atrecht. Arras</i> a un Evêque suffragant de Cambrai. La Chronique de Cambrai &amp; d'<i>Arras</i> a été composée par Balderic, &amp; imprimée par Géorge Colvenerius à Douai en 1615. Balderic avoue qu'on ne sait ni les fondateurs de ces deux villes, ni le temps auquel elles ont été fondées. Ce nom <i>Arras</i> paroît formé par corruption du Latin <i>Atrebas.</i> Louis XI. ayant pris <i>Arras</i> en 1477. &amp; relégué un assez grand nombre des habitans bien avant dans le Royaume, mit des François à leur place : il voulut même changer le nom de cette ville, en lui donnant celui de <i>Franchise,</i> ou de <i>Francie ;</i> &amp; on la voit en effet ainsi nommée alors dans l'Histoire, &amp; dans les Actes publics ; mais les Rois, qui sont maîtres de tout, ne le sont point de l'usage en matière de langue : car le nom d'<i>Arras</i> est toujours demeuré depuis à cette ville, malgré les Ordonnances de ce Prince. P. Dan. <i>Arras</i> pris par Louis XIII. en 1640. fut cédé à la France par la paix des Pyrénées. La longitude d'<i>Arras</i> est 23d. 55'. &amp; sa latitude 50d. 15'. <i>Arras</i> fut érigé en Evêché en 1092. par Urbain II. qui sacra lui-même Lambert, premier Evêque de cette ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2915" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRAGEOIS, OISE" />
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    <head>ARRAGEOIS, OISE</head>
    <p>
    ARRAGEOIS, OISE , s. m. &amp; f. <i>Atrebas.</i> Qui est d'Arras, <pb n="349" facs="bpt6k8542165/f389/full/1200,/0/native.jpg"/>natif d'Arras, habitant d'Arras. Les <i>Arrageois</i> se rendirent à la France en 1640. après un siége de deux mois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2916" id="1" type="architecture">
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    <head>ARRASEMENT</head>
    <p>
    ARRASEMENT , s. m. Terme d'Architecture . C'est la dernière assise d'un mur arrivé à hauteur de plinthe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2917" id="1" type="ouvriers">
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    <head>ARRASER</head>
    <p>
    ARRASER , v. act. Terme d'ouvriers . C'est mettre des pierres, ou élever des murailles à une même hauteur, &amp; conduire horisontalement les assises. <i>Lapides ad eandem altitudinem horizonti respondentem ad libellam collocare, ordinare.</i> C'est mettre des panneaux, des pièces de bois de niveau, qui aient une égale saillie, qui ne débordent pas plus l'une que l'autre. Ainsi on dit une porte <i>arrasée,</i> qui est unie, &amp; également épaisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2917" id="2" type="">
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    <head>ARRASER</head>
    <p>
    Arrasé, ée , part. <i>Ad libellam collocatus, ordinatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2918" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRAYÉ, ÉE" />
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    <head>ARRAYÉ, ÉE</head>
    <p>
    ARRAYÉ, ÉE , adj. <i>Instructus.</i> Ce mot n'est plus d'usage, il vouloit dire autrefois <i>équipé, fourni</i> des choses qui conviennent, qui sont nécessaires : il se disoit des gens de guerre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2919" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRENTEMENT" />
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    <head>ARRENTEMENT</head>
    <p>
    ARRENTEMENT , s. m. Bail d'héritages qu'on donne à rente. <i>Locatio.</i> Il a fait aujourd'hui deux <i>arrentemens,</i> deux aliénations à rente à longues années.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2919" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRENTEMENT" />
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    <head>ARRENTEMENT</head>
    <p>
    Arrentement , signifie aussi prise à rente. <i>Conductio.</i></p><p>Ce mot vient, ou de <i>redditus</i>, de <i>reddo ;</i> ou de <i>reditus</i>, de <i>redeo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2919" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARRENTEMENT" />
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    <head>ARRENTEMENT</head>
    <p>
    Arrentement , se dit aussi du lieu arrenté. Cette métairie n'est pas un membre d'une telle terre, c'est un <i>arrentement</i> d'une telle Abbaye.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2920" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRENTER" />
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    <head>ARRENTER</head>
    <p>
    ARRENTER , v. act Donner ou prendre à rente. <i>Locare,</i> ou <i>conducere.</i> Les Ecclésiastiques <i>arrentent</i> leurs domaines pour se faire décharger des réparations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2920" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRENTER" />
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    <head>ARRENTER</head>
    <p>
    Arrenté, ée , part. pass. <i>Locatus, conductus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2921" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRERAGER" />
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    <head>ARRERAGER</head>
    <p>
    ARRERAGER , v. n. qui ne se dit qu'en cette phrase. Il ne faut pas se laisser <i>arrérager,</i> pour dire, laisser courir sur soi plusieurs années d'arrérages. <i>Reliqua contrahere, haerere in reliquiis veterum pensionum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2922" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRÉRAGES" />
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    <head>ARRÉRAGES</head>
    <p>
    ARRÉRAGES , s. m. plur. Cours d'une rente annuelle &amp; constituée, ou d'une pension de cens &amp; droits Seigneuriaux, ou des loyers de terres, &amp; de maisons. <i>Reliqua, vetera nomina non solutarum pensionum.</i> Il a laissé courir tant d'années d'<i>arrérages.</i> Les <i>arrérages</i> monteront plus que le principal. L'<i>intérêt</i> ne se dit que des obligations ; <i>arrérages</i> se dit quelquefois des vieilles dettes. Les <i>arrérages</i> de pratique ne valent rien. Voyez les Ordonnances de Louïs XII. de 1610. de Henri IV. 1549. Tronçon sur la Cout. de Paris, Louet, Charondas sur la Cout. de Paris.</p><p>Ce mot vient par contraction d'<i>arriérages,</i> comme on prononçoit anciennement, qui a été fait de <i>arrière,</i> &amp; <i>arrière</i> de <i>retrò.</i> Ménag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2922" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRÉRAGES" />
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    <head>ARRÉRAGES</head>
    <p>
    Arrérages , se dit figurément quand il s'agit de galanterie. Il signifie redoublement de plaisirs, &amp; de soins amoureux en dédommagement de ceux qu'on n'a pû rendre. Les <i>arrérages</i> sont personnels, &amp; si un mari s'absente, il les doit payer à son retour.</p><p>On dit proverbialement d'un bon compagnon &amp; vigoureux, que c'est un bon payeur d'<i>arrérages.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2923" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ARRESTOGRAPHE" />
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    <head>ARRESTOGRAPHE</head>
    <p>
    ARRESTOGRAPHE , s. m. Terme de Palais . C'est un Auteur qui a fait un Recueil de plusieurs Arrêts pour servir de loix, de règlemens, ou d'autorités, comme Papon, Le West, Montholon, Bouguier, Louet, &amp; Brodeau son Commentateur, Tournet pour les matières bénéficiales. Il y a un Recueil ou Journal des Audiences, divisé en plusieurs tomes, qui contient un grand nombre d'Arrêts. <i>Decretorum codex.</i></p><p>Ce mot vient d'<i>arrêt,</i> &amp; de , J'<i>écris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2924" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRÊT" />
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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    ARRÊT , s. m. Jugement ferme &amp; stable d'une Puissance souveraine, contre lequel il n'y a nul appel. <i>Decretum, consultum, placitum, arestum</i> dans la basse Latinité. Jusqu'au règne de François I. on a rendu les <i>arrêts</i> en Latin ; ce Prince changea cet usage. Rendre, prononcer, lever un <i>arrêt.</i> Un <i>arrêt</i> du Ciel, de la Providence. Les <i>arrêts</i> de la destinée sont immuables. Ablanc. Il vaut mieux se soumettre aveuglement aux ordres du Ciel, que de vouloir changer les <i>arrêts</i> du destin selon notre caprice. M. Scud.</p><p>Autrefois on appelloit <i>arrêt</i> un jugement rendu après que les Avocats des parties avoient plaidé : la formule étoit conçue en ces termes : <i>Quibus rationibus utriusque partis hinc indè auditis dictum fuit per arestum Curiae</i> &amp;c. Dans ce temps-là <i>arrêt</i> &amp; <i>jugement</i> étoient deux espèces différentes ; car on n'appelloit jugement que la décision des procès par écrit, &amp; sur les enquêtes. Du Cange. Lorsque la justice se rendoit sans frais, l'<i>arrêt</i> même ne coûtoit rien. Le Greffier en étoit payé sur un fonds que faisoit le Roi. Un malheureux Commis qui venoit de toucher ce fonds s'étant enfui sous Charles VIII. ce Prince, qui étoit en guerre avec ses voisins, &amp; qui avoit fort peu d'argent, se laissa aisément convaincre par ses Ministres, qu'il n'y avoit nulle injustice à faire payer aux parties l'expédition de leurs <i>arrêts.</i> Le Gendre.</p><p><i>Arrêt</i> du Conseil d'enhaut, d'un Parlement, d'une Cour supérieure. <i>Arrêt</i> contradictoire. Un <i>arrêt</i> sur requête. Un <i>arrêt</i> par forclusion. Un <i>arrêt</i> par appointé rendu du consentement des parties. Un <i>arrêt</i> sous la cheminée, c'est un <i>arrêt</i> donné sans qu'on ait vû le procès, par la cabale d'un petit nombre de Conseillers qui l'ont résolu en se chauffant, &amp; hors du Siége. On appelle des <i>arrêts</i> en robes rouges ; des <i>arrêts</i> qui se prononçoient autrefois avec cérémonie, &amp; avec certaines solemnités sur des questions dépouillées de circonstances, pour servir de règle &amp; de maxime à l'avenir. Il y a aussi des <i>arrêts</i> qui ne servent que d'instruction au procès. Un <i>arrêt</i> de conclusion. Un <i>arrêt</i> à contredire. Un <i>arrêt</i> interlocutoire, ou provisoire. Un <i>arrêt</i> de rétention, de renvoi, &amp;c. Ils sont opposés à l'<i>arrêt</i> définitif, &amp; sont expliqués à leur ordre. On appelle aussi des <i>arrêts</i> de règlement, ceux qui sont rendus entre les Officiers contestant sur l'exercice de leurs charges, ou lorsqu'ils établissent quelque maxime, ou procédure qui regarde le public. On dit aussi, un <i>arrêt</i> en forme, lorsqu'il porte sa commission, &amp; son sceau. Un <i>arrêt</i> par extrait, lorsque sa commission est à part. Un <i>arrêt</i> de mort, est celui qui condamne un criminel à la mort. Tibère fit semblant d'être fâché de la mort de Drusus, &amp; cela donna occasion à un célèbre decret du Sénat, par lequel il fut ordonné que les <i>arrêts</i> de mort rendus par la compagnie ne seroient, ni exécutés, ni enregistrés qu'au bout de dix jours. Tillem.</p><p>Par une Ordonnance de 1539. François I. ordonne, art. III. que doresnavant tous <i>arrêts</i> .... soient prononcés, enregistrés &amp; délivrés aux parties en langage maternel François, &amp; non autrement. La raison qu'il en apporte, est, qu'il naissoit souvent des difficultés sur l'intelligence des mots Latins, qui donnoient lieu à de nouveaux procès. Cela suppose visiblement qu'autrefois les <i>arrêts</i> de la Cour se mettoient en Latin. Ce n'est pas à dire que le Président les prononçât en cette langue ; il les prononçoit en François ; le Greffier les couchoit de même sur son Plumitif : mais quand il étoit question de leur donner leur forme, pour les délivrer aux parties, on les mettoit en Latin. Je ne crois pas non plus que cet usage fût encore général, ou même fréquent du temps de François I. mais il n'étoit pas encore aboli ; &amp; il le fut par cette Ordonnance, qui statua la même chose pour les testamens, les contrats, &amp; les autres actes juridiques. P. Dan. <i>T. III. p.</i> 441. 442.</p><p>Budée, Henri Estienne, Caseneuve, Chassanée &amp; Vossius, dérivent ce mot du Grec , qui signifie, <i>placitum.</i> Ménage veut qu'il vienne de <i>arrestare,</i> mot Latin, qui a été fait de <i>stare,</i> pour dire, Arrêter, rendre une chose stable &amp; fixe. On dit aussi, les <i>arrêts</i> de Louet, de le Prêtre, de Papon, de Montholon, en parlant des Livres &amp; recueils d'<i>arrêts</i> qui ont été faits par ces Auteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2924" id="2" type="">
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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    Arrêt , se dit au figuré, des jugemens &amp; des décisions que l'on prononce sur les diverses choses qui se présentent. Evitez ces esprits décisifs, qui veulent prononcer des <i>arrêts</i> définitifs sur toutes choses. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2924" id="3" type="">
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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    Arrêt , se dit aussi d'une promesse, d'une parole donnée. Défendez-moi, Seigueur, selon l'<i>arrêt</i> que vous avez prononcé. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    Arrêt , se prend encore pour la résolution que nous avons prise touchant une chose. Je viens d'apprendre l'<i>arrêt</i> de ma mort, que votre belle bouche a prononcée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    <pb n="350" facs="bpt6k8542165/f390/full/1200,/0/native.jpg"/> Arrêt , signifie aussi un empêchement qu'on met au payement, ou au transport de quelque chose. Il y a eu plusieurs saisies &amp; <i>arrêts</i> sur des meubles. <i>Mora, impedimentum.</i> On dit en ce sens, Mettre quelqu'un en <i>arrêt,</i> ou aux <i>arrêts</i> pour dire, le mettre prisonnier ; ou le garder jusqu'à ce qu'il ait fait, ou payé quelque chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    Arrêt , signifie aussi, Repos, fermeté, constance. <i>Quies, tranquillitas.</i> Le mercure est un métal qui n'a point d'<i>arrêt.</i> Cet homme est inconstant, un coureur, il n'a point d'<i>arrêt</i> ; son esprit n'a point d'<i>arrêt.</i></p><p>On dit en ce sens, Il n'y a point d'<i>arrêt</i> à tout ce qu'il dit ; pour dire, qu'il ne faut faire aucun fondement sur ses paroles.</p><p>On appelle aussi <i>Arrêt</i> dans les armes à feu, un petit morceau de fer qui empêche qu'elles ne se lâchent <i>Retinaculum.</i> Ce pistolet est en <i>arrêt.</i> On le dit aussi dans l'Horlogerie, dans les choses qui vont par ressort : ce sont des pièces qui empêchent que les mouvemens ne se fassent qu'en certain temps, &amp; en certaine quantité.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    Arrêt , en fait de Couture ou de Lingerie, se dit de certaines ganses ou fils redoublés, qu'on met aux fentes ou extrémités des habits, ou du linge, pour empêcher qu'ils ne se décousent, ou ne se rompent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊT</head>
    <p>
    Arrêt . En terme de Jardinage , c'est un obstacle que l'on met aux eaux pour les détourner, &amp; les faire écouler. Je veux non-seulement que d'espace en espace on fasse dans les allées de petits <i>arrets,</i> qui détournent les eaux des grandes pluies daus les carrés voisins. Ces <i>arrêts</i> se font avec des ais mis en terre au travers des allées, &amp; n'excédans que de deux ou trois pouces la superficie de ces allées ; mais même si ces <i>arrêts</i> ne suffisent pas, je veux, &amp;c. La Quint. On en fait aussi de gazon dans les allées qui sont en pente, de crainte que l'eau n'entraîne les terres, &amp; n'y fasse des ravines.</p><p>En termes de Chasse , on appelle <i>arrêt,</i> l'action du chien couchant, qui s'arrête quand il sent la perdrix, ou le gibier. <i>Mora.</i></p><p>En termes de Manége , <i>arrêt</i> est la pause que fait le cheval en cheminant. Former l'<i>arrêt</i> du cheval, c'est l'arrêter sur les hanches. <i>Demi-arrêt,</i> c'est un <i>arrêt</i> qui n'est pas achevé, quand le cheval reprend &amp; continue son galop, sans faire ni pesades, ni courbettes. Les chevaux qui n'ont qu'autant de forces qu'il leur en faut pour bien endurer l'<i>arrêt,</i> sont les plus propres pour le manége &amp; pour la guerre. Newcast.</p><p>On dit aussi, Mettre la lance en <i>arrêt,</i> lorsqu'on appuie ou qu'on arrête sa lance pour rompre en lice. On appelloit aussi <i>arrêt,</i> le petit fourreau de cuir, qui servoit autrefois à arrêter les lances.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTE</head>
    <p>
    ARRÊTE , s. m. Résolution prise par une Compagnie sur quelque délibération. <i>Decretum, consultum.</i> On dit, C'est un <i>arrêté</i> de la Cour, lorsqu'elle a jugé quelque article d'une affaire, ou qu'elle a résolu quelque chose qui n'est pas encore rendue publique par un arrêt.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTE</head>
    <p>
    Arrêté de compte. <i>Ratio accepti, &amp; expensi.</i> Le Contrôleur général du Bureau du Roi, garde les <i>arrêtés</i> de toutes les dépenses extraordinaires. Etat de Fr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTE</head>
    <p>
    ARRÊTE . Voyez <ref type="search" target="head:ARÊTE">ARÊTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2927" id="1" type="">
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    <head>ARRÊTE-BOEUF</head>
    <p>
    ARRÊTE-BOEUF , s. f. <i>Anonis spinosa, flore purpureo C. B.</i> autrefois <i>Ononis. Resta bovis.</i> Plante qu'on a ainsi appellée à cause que les boeufs sont arrêtés quelquefois en labourant dans des terres où cette herbe est commune, soit parceque les piquants dont ses tiges sont hérissés blessent les boeufs, soit parce que ces racines sont si profondes &amp; si difficiles à rompre, qu'il faut pour dégager la charrue les couper. Elles sont longues, traçantes, plongées assez avant en terre, très-souples, &amp; qui poussent de leurs collets plusieurs tiges, le plus souvent couchées par terre, longues d'un pied &amp; demi environ, branchues &amp; garnies par intervalle d'assez fréquens piquants, quelquefois uniques sur-tout vers le sommet des tiges, longs &amp; minces, à la base desquels sont attachées des feuilles au nombre de trois, portées sur une même queue. Ces feuilles sont petites, crénelées sur leurs bords, arrondies, quelquefois un peu oblongues, d'un verd obscur, velues, visqueuses au toucher, &amp; d'une odeur urineuse assez désagréable. Ces fleurs sont purpurines, légumineuses, &amp; sortent des aisselles des feuilles. A ces fleurs succèdent des gousses courtes, qui contiennent quelques semences rondes, &amp; un peu plus grosses que celles de la moutarde. L'<i>Arrête-boeuf</i> est très-diurétique. On se sert sur-tout de ses racines. On les met dans les tisanes, &amp; les aposèmes apéritifs &amp; diurétiques.</p><p>Les Anciens l'appellent <i>Anonis,</i> ou plutôt <i>Ononis,</i> du mot Grec , âne, parce que les ânes aiment à manger l'<i>Arrête-boeuf</i> ordinaire ; d'autres <i>Remora aratri, Acutella, Resta bovis,</i> Bugrane ou Bugronde.</p><p>Il y a plusieurs espèces d'<i>Arrête-boeuf.</i> L'<i>Arrête-boeuf</i> ordinaire varie par la couleur de ses fleurs, qui sont tantôt rayées de lignes purpurines, &amp; qui sont quelquefois toutes blanches. Ses tiges aussi manquent de piquans, ou bien sont très-foibles.</p><p>Dans le nombre des espèces d'<i>Arrête-boeuf</i> connues, il y en a dont les fleurs sont jaunes ; quelques espèces qui ont leurs tiges &amp; branches ligneuses.</p><p>Il y a un <i>Arrête boeuf</i> qui croît en Provence &amp; en Dauphiné, qui est un arbrisseau haut de deux à trois pieds, dont la racine est grosse, blanche, tendre &amp; acre, les branches tortues &amp; faciles à ployer, les feuilles presque semblables à celles du fenu-grec, les fleurs odorantes, &amp; d'un pourpre rouge fort vif, le dedans lavé &amp; rayé de blanc. Elles ont au milieu un style qui forme une gousse pendante, qui enferme plusieurs graines brunes, de la figure d'un rein. Dodart en fait une plus ample description dans ses Mémoires. On l'appelle aussi <i>arrete-charrue.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    ARRÊTER , v. act. Retenir une chose ; l'empêcher de se mouvoir, d'aller plus loin. <i>Morari, retinere, cohibere, comprimere. Arrêter</i> un carrosse. <i>Arrêter</i> un Courier. <i>Arrêter</i> le débordement d'une rivière. Les vents contraires <i>arrêtoient</i> notre florte. <i>Arrêter</i> l'armée dans sa marche. Josué <i>arrêta</i> le Soleil dans sa course. On a <i>arrêté</i> l'horloge. Il faut <i>arrêter</i> l'eau dans ce réservoir. Je ne vous <i>arrêterai</i> pas long-temps. La rose <i>arrête</i> le crachement de sang. Il <i>arretoit</i> les blés qui venoient de la ville. Vaug. Ne voulez-vous jamais <i>arrêter</i> vos larmes ? <i>Arrête</i>-toi Passant, &amp; apprens quelle a été ma destinée. Il ne se présente dans cette matière aucun sujet de douter, ni qui suspende &amp; <i>arrête</i> mon esprit. Font.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>restare, rester, demeurer derrière</i>. Icquez le dérive de <i>restan</i>, mot de la langue des Francs &amp; des langues Septentrionales, qui veut dire, <i>retenir, arrêter, sistere, morari, retinere :</i> on a ensuite ajoûté la préposition <i>ad,</i> dont on a adouci la prononciation en changeant le <i>d</i> en <i>r.</i> On trouve dans la plus basse Latinité <i>arrestare</i> dans le même sens que nous disons <i>arrêter</i> en François. Voyez <i>Act. Sanct. Mart. T. I. p.</i> 558.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêter , se dit aussi figurément de toutes choses, soit morales, soit physiques, &amp; alors il signifie, Retenir, faire cesser, réprimer. Il a <i>arrêté</i> tous les bruits qu'on faisoit courir de lui. J'ai fait cela pour <i>arrêter</i> ton humeur farouche. Il faut <i>arrêter</i> par la force la dissolution des moeurs. Il n'y a que la crainte des peines éternelles qui puisse <i>arrêter</i> le torrent de la cupidité. <i>Arrêter</i> le cours de la cruauté. Vaug. Avec deux mots que vous daignâtes dire, vous sûtes <i>arrêter</i> pour jamais mes peines. Voit. Les ennemis opposoient toujours de nouveaux obstacles à nos armes, &amp; <i>arrêtoient</i> notre victoire à chaque pas qu'elle faisoit. Saraz. Le Gouverneur de Dunkerque ne doutoit point, s'il étoit attaqué, qu'il n'<i>arrêtat</i> la valeur d'un Chef, qui jusques alors avoit tout vaincu. Idem. <i>Arrêter</i> le caquet de quelqu'un. <i>Arrêter</i> l'insolence &amp; la témérité des séditieux, Quel frein pourroit d'un peuple <i>arrêter</i> la licence ? Racin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêter , signifie aussi, Convenir des conditions, conclure quelque délibération, soit en soi-même, soit en compagnie. <i>Constituere, pacisci, convenire, statuere.</i> L'assemblée après plusieurs contestations a enfin <i>arrêté</i> que, &amp;c. On s'est enfin <i>arrêté</i> à suivre ce parti, à faire la guerre. Il avoit déja <i>arrêté</i> dans son esprit qu'il feroit telle chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêter , signifie aussi, Saisir tant les biens que la personne. <pb n="351" facs="bpt6k8542165/f391/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Tradere in custodiam bona, Aliquem, factà per Principem potestate.</i> On a <i>arrêté</i> les deniers que doivent les locataires. On a saisi &amp; <i>arrêté</i> ses gages. On l'a <i>arrêté</i> prisonnier ; ou absolument, on l'a <i>arrêté.</i> Philippe le Bel fit <i>arrêter</i> par tout son Royaume les Templiers. Mézeray.</p><p>On dit aussi <i>arrêter</i> les parties ; pour dire, les liquider, s'obliger à les payer. <i>De perscriptis nominibus decidere.</i> On dit encore <i>arrêter</i> une maison, une place au coche, pour dire s'en assurer. <i>Arrêter</i> un valet, pour dire, le faire entrer à son service. <i>Conducere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêter , se dit aussi pour fixer, attacher. <i>Immorari, insistere.</i> Un bon esprit ne s'<i>arrête</i> qu'à la vérité, &amp; un bel esprit aux vraisemblances. Vall. Dans le monde on ne s'<i>arrête</i> qu'aux dehors, &amp; aux apparences. J'<i>arrêtai</i> toujours les yeux sur lui, &amp; le considérai attentivement. <i>Arrêter</i> ses pensées sur quelqu'un, c'est le choisir préférablement à un autre. On dit encore, <i>arrêter</i> une planche, une poutre avec des clous, des crampons. <i>Figere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêter . Engager quelqu'un, le retenir. <i>Detinere.</i> Les charmes, ni les engagemens de Paris, ne vous <i>arrêteront</i> pas. Voit. Elle employoit tous ses charmes pour l'<i>arrêter.</i> Vaug. Les délices de l'Italie l'y <i>arrêterent</i> long-temps.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêter , se dit très-souvent aussi avec le pronom personnel ; &amp; devient par-là neutre passif. Il signifie, demeurer, cesser de marcher, n'aller pas plus loin. <i>Stare, consistere.</i> Il fut obligé de s'<i>arrêter</i> dans sa marche. Le Soleil s'<i>arrêta</i> au commandement de Josué. Ils ne pouvoient ni marcher, ni s'<i>arrêter.</i> Vaug. Il se dit aussi de tout ce qui se meut par ressorts. Ma montre, ma pendule s'<i>arrête</i> à tout moment.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter , se dit encore pour séjourner dans quelque lieu. La beauté du pays l'obligea de s'y <i>arrêter</i> quelque temps. Ils s'<i>arrêterent</i> quelques jours dans la ville.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter , se prend aussi pour se contenir, cesser de faire une chose ; &amp; alors il s'emploie absolument, &amp; ne se dit guère qu'en parlant de ce qui n'est pas bien. <i>Desistere, quiescere. Arrêtez</i>-vous. Si vous ne vous <i>arrêtez.</i> S'il ne se fût <i>arrêté,</i> on lui auroit donné mille coups. Scar.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter , Avoir des égards ; être retenu par quelque considération. <i>Rationem habere rei alicujus ; moveri re aliqua.</i> Vous <i>arrêtez</i>-vous à ce qu'il vous dit ? Peu de gens s'<i>arrêteront</i> à cela, &amp; sur-tout dans la colère. Pasc. La Cour a prononcé sans s'<i>arrêter</i> à son appel, à sa requête. Il ne faur jamais s'<i>arrêter</i> aux apparences.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter . S'amuser ; employer tout son temps à une chose, y donner toute son attention. <i>Immorari, insistere.</i> Il ne faut point s'<i>arrêter</i> à des bagatelles. Cet homme s'<i>arrête</i> toujours au solide. L'orgueil philosophique s'<i>arrête</i> trop aux causes secondes, &amp; ne s'élève pas assez au premier moteur de toutes choses. Maleb.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter . Demeurer long-temps sur un sujet, y insister. Il n'y a rien où je me sois <i>arrêté</i> plus long-temps que sur l'amitié. Quand on s'<i>arrête</i> aux circonstances superflues dans une narration, cela gâte tout, &amp; énerve le discours. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter . Se fixer, se déterminer. <i>Stare, consistere.</i> Il ne s'<i>arrête</i> jamais à ses premiers sentimens. Il faut s'<i>arrêter</i> à ce qu'on a déja jugé. Il s'<i>arrête</i> à la justice, &amp; à l'honnêteré.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter . Demeurer court, par défaut de mémoire. <i>Haerere.</i> Cet homme ne devroit jamais parler en public ; il s'<i>arrête</i> toujours au milieu de son discours.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'arrêter . Mollir dans ses entreprises ; ne pas poursuivre sa pointe ; abandonner son projet, lorsqu'il est plus aisé à exécuter. A quoi pensez-vous, de vous <i>arrêter</i> en si beau chemin ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2928" id="16" type="couture">
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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    s'Arrêter , se dit aussi des choses fluides, quand elles cessent de couler. <i>Stare, consistere.</i> Les eaux s'<i>arrêtent</i> en cet endroit, &amp; y croupissent. On diroit que le temps s'<i>arrête,</i> tant il coule doucement. Bouh.</p><p>En termes de Vénerie , on dit qu'un chien courant <i>arrête,</i> lorsqu'il voit la perdrix ou le gibier, &amp; qu'il en avertit son maître.</p><p>En termes de Maçonnerie , on dit qu'un poseur <i>arrête</i> une pierre, quand après l'avoir bien mise à plomb &amp; à niveau, il y a fait mettre du mortier pour y demeurer toujours. <i>Positum ad perpendiculum ac libellam lapidem arenato vincire, firmare.</i></p><p>En termes de Couture , on dit qu'un Tailleur <i>arrête</i> sa besogne, lorsqu'il fait plusieurs points, ou qu'il met des ganses à des boutonnières, ou autres endroits nécessaires, pour empêcher qu'ils ne se déchirent. <i>Repetitis fili ductibus aliquid consuere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2928" id="17" type="jardinage">
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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêter , c'est en termes de jardinage , Couper, tailler. Il se dit particulièrement des melons &amp; des concombres, quand ils ont trop de branches, ou bien qu'ils les ont trop longues. <i>Putare, amputare, rescindere.</i> Il faut <i>arrêter</i> ces melons. Ces concombres ont besoin d'être <i>arrêtés.</i> On dit aussi <i>arrêter</i> un arbuste, une palissade ; pour dire, la tailler à une certaine hauteur. <i>Arrêtez</i> vos arbres, ils s'échappent trop. Cet arbre a besoin d'être <i>arrêté.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2928" id="18" type="">
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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêté, ée , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe, en Latin comme en François. On dit d'un extravagant, qu'il n'a pas l'esprit <i>arrêté</i> ; d'un bigle, qu'il n'a pas la vûe <i>arrêtée</i> ; d'un homme irrésolu, qu'il n'y a jamais rien d'<i>arrêté</i> avec lui. On dit, qu'un dessein est bien <i>arrêté,</i> lorsqu'il est fini, qu'on y a mis la dernière main ; qu'une chose est <i>arrêtée</i> ; pour dire qu'elle est conclue, déterminée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2928" id="19" type="blason">
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    <head>ARRÊTER</head>
    <p>
    Arrêté , en termes de Blason , est la même chose que <i>raccourci, alaisé,</i> ou <i>alisé.</i> Voyez ces mots en leur lieu. On dit aussi, qu'un animal est <i>arrêté,</i> quand il est debout sur ses quatre pieds, sans que l'un avance devant l'autre, comme sont les animaux qu'on appelle <i>Passans. Insistens, inhaerens pedibus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2929" id="1" type="">
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    <head>ARRÊTISTE</head>
    <p>
    ARRÊTISTE , s. m. Auteur qui a fait un Recueil d'Arrêts. Compilateur d'Arrêts. <i>Decretorum Collector, Compilator.</i> C'est le même qu'Arrestographe. Montholon, Bouguier, Louet, sont des <i>Arrêtistes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2930" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRHABONAIRE" />
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    <head>ARRHABONAIRE</head>
    <p>
    ARRHABONAIRE , s. m. &amp; f. Nom de secte. Les <i>Arrhabonaires</i> sont des Sacramentaires, qui disent que l'Eucharistie n'est pas réellement le corps &amp; le sang de Jesus-Christ ; mais seulement le gage du corps &amp; du sang de Jesus-Christ. , &amp; <i>Arrhabo,</i> signifient <i>gages, arrhes</i> ; C'est de là qu'ils ont été appellés <i>Arrhabonaires.</i> , &amp; <i>arrhabo,</i> sont des mots faits de l'Hébreu . Voyez <ref type="search" target="head:ARRHES">ARRHES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2931" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRHEPHORIES" />
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    <head>ARRHEPHORIES</head>
    <p>
    ARRHEPHORIES , s. m. &amp; plur. <i>Arrhephoria.</i> Nom d'une fète chez les Athéniens. Elle avoit été instituée à l'honneur de Minerve, &amp; elle se célébroit dans le mois appellé Schirrophorion. C'étoit de jeunes enfans, ou selon d'autres de jeunes filles, depuis l'âge de sept ans jusqu'à onze, qui en étoient les Ministres.</p><p>Ce mot est Grec, , &amp; est dit par syncope pour , composé de , <i>mistère, secret,</i> &amp; . Je porte. On la nommoit aussi <i>Hersiphories,</i> , de Hersé fille de Cecrops, pour qui on faisoit cette fête.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2932" id="1" type="ordonnance & de palais, & de marchand de ble">
   <index type="head" value="ARRHEMENT" />
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    <head>ARRHEMENT</head>
    <p>
    ARRHEMENT , s. m. Terme d'Ordonnance &amp; de Palais, &amp; de Marchand de blé. Achapt de grains en verd ou sur pied avant la recolte. Une Ordonnance d'Henri III. de 1577. porte que les Marchands ne pourront faire achapt de blés, ni <i>arrhement</i> d'iceux, à deux lieues près des Villes auxquelles ils habitent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2933" id="1" type="">
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    <head>ARRHER</head>
    <p>
    ARRHER , v. act. Donner des arrhes. <i>Arrham dare.</i> Il a peu d'usage. Les Ordonnances de Police défendent à tous Marchands &amp; Regratiers d'aller au-devant des Laboureurs, &amp; Marchands forains pour <i>arrher</i> les grains &amp; les marchandises, &amp; de les acheter avant que d'être arrivées fur les ports. L'Auteur du <i>Traité de la Police</i> écrit <i>Arrer,</i> &amp; le définit, Acheter des grains en verd, ou sur pied, &amp; avant la récolte. <i>Segetem adhuc stantem emere.</i></p><p>Une Ordonnance d'Henri III. de 1577. défend aux Marchands d'acheter des grains en verd, ni iceux <i>arrer</i> avant la cueillette. Une Ordonnance de Loüis le Grand de 1699. dit <i>enarrher,</i> &amp; <i>enarrhement, ou enarrer, enarrement ;</i> ce qui montre que <i>arrer</i> &amp; <i>arrement</i> ne sont plus en usage. M. De la Mare s'en sert pourtant dans son <i>Traité de la Police.</i> Racheter en argent, ou permuter en autres espèces la dixme de blé, ou en composer pour les années futures, cela se nommoit à Rome <i>adaerari,</i> d'où le mot d'<i>arrer,</i> dont nous nous servons à peu près dans la même signification, a pû tirer son origine. De la Mar. Ce mot n'est point dans l'usage ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2934" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRHES" />
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    <head>ARRHES</head>
    <p>
    ARRHES , s. f. plur. <i>Arrha.</i> C'est ainsi qu'il faut écrire &amp; prononcer dans le sens figuré. Tant de graces temporelles &amp; spirituelles sont comme les <i>Arrhes</i> &amp; les prémices des <pb n="352" facs="bpt6k8542165/f392/full/1200,/0/native.jpg"/>biens à venir. Port-R. Car pour le sens propre &amp; naturel, on prononce ordinairement <i>erres,</i> &amp; il y en a qui l'écrivent ainsi. Dans le <i>Dictionnaire de Droit</i> la prononciation du mot <i>arrhes</i> est marquée ainsi, <i>on dit toujours, J'ai donné des Airs.</i> Il falloit plutôt écrire des <i>aires.</i> Les <i>arrhes</i> sont un gage qu'on donne pour assurance de l'exécution de quelque marché qu'on a fait verbalement, &amp; qui est ordinairement une avance d'une partie du prix convenu. <i>Pignus, vas.</i> En Droit, qui rompt un marché, perd les <i>arrhes</i> qu'il a données ; ou si c'est celui qui les a reçûes, il rend les <i>arrhes</i> doubles. On dit, qu'un homme a donné des <i>arrhes</i> au coche ; pour dire, qu'il a résolu de partir, &amp; de faire un voyage ; &amp; au figuré, qu'il est engagé dans une affaire. Son maître lui a donné des gages, des marques, des <i>arrhes</i> de son amitié. En ce sens il est figuré, &amp; signifie simplement, un engagement d'affection.</p><p>Les <i>arrhes</i> sont comme un gage que l'acheteur donne au vendeur en argent, ou en autre chose, soit pour marquer plus sûrement que la vente est faite, ou pour tenir lieu de payement de partie du prix, ou pour les dommages &amp; intérêts contre celui qui manquera d'exécuter la vente. Ainsi les <i>arrhes</i> ont leur effet selon qu'il en a été convenu. <i>Les Loix Civiles Tom. I.</i></p><p>Ce mot est dérivé du Latin <i>arrha</i>, qui est en usage dans cette Langue, principalement chez les Jurisconsultes. Ceux-ci l'ont pris du Grec , &amp; les Grecs de l'Hébreu <i>Arabon,</i> qui signifie <i>gage,</i> &amp; qui vient de , <i>arab,</i> qui veut dire <i>trafiquer, promettre, donner des assurances ; fide jubere.</i></p><p>Saint Paul s'est servi de ce mot <i>arrhabon</i> dans son Epître aux Ephésiens, ch. 1. v. 14. où il est dit, que le Saint-Esprit est l'<i>arrhe de notre héritage.</i> Messieurs de Port-Royal ont traduit, <i>est le gage &amp; les arrhes de notre héritage.</i> Il y a dans la Vulgate, <i>pignus,</i> c'est-à-dire, <i>gage.</i> Monsieur Simon, qui a conservé le mot de <i>gage</i> dans sa version, a ajoûté cette note : Il y a dans le Grec <i>arrhe,</i> comme si le Saint-Esprit avoit été donné par avance aux Fidèles en attendant qu'ils jouissent de l'héritage qui leur a été promis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2935" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARRIÉRE" />
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    <head>ARRIÉRE</head>
    <p>
    ARRIÉRE , s. f. Terme de Marine . C'est la pouppe d'un vaisseau, la partie qui en fait la queue ou le derrière, &amp; qui est opposée à l'<i>Avant</i> : c'est tout l'espace compris entre l'artimon &amp; le gouvernail, tant dans les hauts que dans les bas du bâtiment. <i>Puppis, pars navis posterior.</i></p><p>On dit aussi, passer à l'<i>arriere</i> d'un vaisseau, lorsqu'on se met à la suite d'un autre vaisseau qu'on laisse passer devant. <i>Navem praeeuntem insequi</i> On dit, Avoir vent <i>arrière</i> ; pour dire, Prendre le vent par pouppe ; &amp; alors <i>arrière</i> est une manière d'adjectif. <i>Secundo uti vento.</i> Le vaisseau qui porte vent <i>arrière</i> ne va pas si vîte, que lorsqu'il est porté d'un vent de quartier, ou qu'il fait vent largue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2936" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE" />
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    <head>ARRIÈRE</head>
    <p>
    ARRIÈRE , adv. de lieu. Voilà une porte toute <i>arrière</i> ouverte, c'est-à-dire, qui est ouverte autant qu'elle le peut être. <i>Omninò, penitus.</i> Mais cette expression est tout-à-fait basse &amp; populaire.</p><p>Il se joint plus ordinairement avec la préposition <i>en,</i> &amp; signifie alors, En reculant, ou derrière. <i>Ponè, post, retrò, retrorsùm.</i> Comme, marcher <i>en arrière</i> ; demeurer en <i>arriere.</i> Toute la perfection d'une ame chrétienne est de s'abandonner aux mouvemens de l'Esprit de Dieu. Et comme il ne faut pas demeurer <i>en arrière</i> quand on les sent, il ne faut pas aussi les prévenir. Ab. de la. Tr. Sauter en <i>arrière,</i> retourner en <i>arrière</i> : ce qui se dit non seulement du chemin, mais aussi quand on est en demeure de payer ses dettes annuelles. On dit aussi dans le style familier, que les affaires ne vont ni en avant ni en <i>arrière.</i> On dit encore, tenir sa tête en <i>arrière,</i> la porter en <i>arrière.</i></p><p>On dit figurément, Mettre une chose en <i>arrière ;</i> pour dire, la mettre en oubli, n'en faire aucun état.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2936" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE" />
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    <head>ARRIÈRE</head>
    <p>
    Arrière , est quelquefois une préposition qui régit le génitif, &amp; qui sert à témoigner l'aversion qu'on a de quelque chose. <i>Apage.</i> Comme, <i>Arrière</i> de moi, prophanes ; pour dire, Eloignez vous, prophanes. Il signifie aussi quelquefois, En cachette. Il a fait cela en <i>arrière</i> de moi ; mais il est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2936" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE" />
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    <head>ARRIÈRE</head>
    <p>
    Arrière , gouverne aussi assez souvent l'accusatif, &amp; on l'emploie pour marquer l'indignation qu'on a pour une chose ; &amp; pour faire connoître qu'on n'en veut pas entendre parler. <i>Arrière</i> toutes ces vaines &amp; impertinentes pensées. <i>Arrière</i> désormais tous ces conseils timides. Gomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2936" id="4" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE" />
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    <head>ARRIÈRE</head>
    <p>
    Arrière , s'emploie aussi par les Chartiers, quand ils parlent à leurs chevaux, &amp; qu'ils les veulent faire reculer. <i>Arrière,</i> c'est-à-dire, recule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2937" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRÉ, ÉE" />
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    <head>ARRIÈRÉ, ÉE</head>
    <p>
    ARRIÈRÉ, ÉE , adj. m. &amp; f. Un homme qui doit beaucoup, dont les affaires sont dérangées, qui a laissé plusieurs arrérages s'accumuler. C'est un homme trop <i>arriéré</i> pour qu'on puisse faire affaire avec lui. <i>Multis nominibus, foenoribus, pignoribus obligatus ; aere alieno obrutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2938" id="1" type="">
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    <head>ARRIÈRE-BAN</head>
    <p>
    ARRIÈRE-BAN , s. m. est la convocation que fait le Roi de sa Noblesse pour aller à la guerre, tant de ses vassaux, que des vassaux de ses vassaux. <i>Edictum Principis ad bellica munera Nobilitatem clientelarem convocantis.</i> On a mandé le Ban &amp; l'<i>Arrière-ban.</i></p><p>Ce mot signifie aussi la Noblesse même que le Roi mande pour servir en corps dans ses armées ; on dit, Convoquer l'<i>arrière-ban.</i> Depuis François I. il n'est resté au Prévôt de Paris du commandement des armes, que la convocation &amp; la conduite de <i>l'arrière-ban.</i> De La Mare. Il y a 150. ans qu'on disoit aussi <i>Rière-ban</i> pour <i>Arrière-ban.</i></p><p>Ménage dit qu'on dérive ordinairement ce mot de <i>haribannum,</i> ou <i>heribannum,</i> qui vient de l'Allemand <i>hare,</i> ou <i>here,</i> qui signifioit <i>armée,</i> dans la première &amp; seconde race de nos Rois ; &amp; <i>ban, appel, convocation</i> ou <i>semonce,</i> d'où on a fait d'abord <i>Hereban,</i> &amp; par corruption <i>Arrière-ban,</i> qui étoit un appel des vassaux pour aller à l'armée. M. de Caseneuve prétend qu'il est composé de ces deux mots, <i>arrière,</i> &amp; <i>ban.</i> Le <i>ban</i> est la convocation des vassaux qui tiennent des fiefs relevans immédiatement du Roi ; &amp; l'<i>arrière</i> est la convocation des vassaux qui ne relèvent que médiatement du Roi. M. Ménage approuve cette étymologie. Pasquier dit qu'il en est fait mention fréquente dans la loi Salique, lorsque les Rois convioient leurs sujets de les suivre à la guerre. De Hauteserre dit que ce mot d'<i>heribannum,</i> qu'il dérive de l'Allemand, comme Ménage, est le plus ancien, &amp; que ce n'est que dans la suite qu'on a appellé l'<i>arrière-ban, Bannum &amp; Retrobannum ;</i> &amp; il le définit, la levée ou la convocation de ceux qui tiennent des fiefs libres, ou francs, &amp; exemts d'un service particulier ; ou la convocation des Roturièrs qui tiennent de petits fiefs à condition de certaine redevance. Voyez les <i>Orig. Feud. C.</i> 9.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2939" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-BOUTIQUE" />
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    <head>ARRIÈRE-BOUTIQUE</head>
    <p>
    ARRIÈRE-BOUTIQUE , s. f. Magasin, ou boutique de derrière d'un Marchand, où se mettent d'ordinaire les meilleures marchandises <i>Officina interior, postica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2940" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-CHANGE" />
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    <head>ARRIÈRE-CHANGE</head>
    <p>
    ARRIÈRE-CHANGE , s. m. C'est l'intérêt des intérêts. <i>Foenus à foenore.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2941" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-CORPS" />
   <index type="src_domain" value="architecture" />
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    <head>ARRIÈRE-CORPS</head>
    <p>
    ARRIÈRE-CORPS , s. m. En termes d'Architecture , se dit des parties d'un bâtiment qui ont moins de saillie sur la face. <i>Pars aedificii minus saliens.</i> S. Pierre de Rome &amp; les Eglises bâties à son imitation, ne sont pas les plus beaux morceaux d'Architecture qui soient au monde, parce que ce ne sont qu'un composé d'une grande quantité d'arcades fort massives, dont les pié-droits aussi massifs servent d'<i>arrière-corps</i> à des pilastres. Mem. De Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2942" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-COUR" />
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    <head>ARRIÈRE-COUR</head>
    <p>
    ARRIÈRE-COUR , s. f. Petite cour, qui dans un corps de bâtiment sert à éclairer les appartemens de derrière, les escaliers de dégagement, &amp;c. <i>Area postica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2943" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-FAIX" />
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    <head>ARRIÈRE-FAIX</head>
    <p>
    ARRIÈRE-FAIX , s. m. Terme d'Anatomie . La peau, la taie où l'enfant est enveloppé, &amp; ce qui sort de la matrice d'une femme après l'enfant. <i>Secundae.</i> Quelques-uns appellent l'<i>arrière-faix</i> le <i>lit,</i> parce que l'enfant y demeure couché. Les sage-femmes le nomment le <i>délivre,</i> parce que quand il est dehors, la femme est entièrement délivrée. On l'appelle aussi <i>secondine,</i> parce qu'il ne sort qu'en second lieu, c'est-à-dire, après l'enfant. Quelques-uns l'appellent <i>placenta</i> ; mais ce sont seulement les Accoucheurs, &amp; les Chirurgiens qui le nomment ainsi. L'<i>arrière-faix</i> est le nom qu'on lui donne ordinairement, parce qu'il est confidéré comme un second faix dont la femme se décharge. L'<i>arrière-faix</i> est une masse ronde, plate, &amp; spongieuse, pour recevoir &amp; purifier le sang de la mère, destiné à la nourriture de l'enfant. Il ne faut pas que l'<i>arrière-faix</i> demeure dans la matrice ; c'est un corps étranger qui feroit mourir la mère : il seroit même dangereux qu'il y en restât quelque chose. L'<i>arrière-faix</i> est commun à plusieurs enfans, &amp; quand la mère seroit grosse de deux enfans, elle n'auroit qu'un <i>arrière-faix.</i> Mauriceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2944" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-FERMIER" />
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    <head>ARRIÈRE-FERMIER</head>
    <p>
    ARRIÈRE-FERMIER , s. m. C'est un sou-fermier. <i>Publicanus secundarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2945" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-FEUDAL" />
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    <head>ARRIÈRE-FEUDAL</head>
    <p>
    ARRIÈRE-FEUDAL , adj. On dit Seigneur <i>arrière-feudal,</i> à raison de l'arrière-fief.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2946" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-FIEF" />
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    <head>ARRIÈRE-FIEF</head>
    <p>
    ARRIÈRE-FIEF , s. m. C'est un fief servant qui dépend d'un autre fief dominant, qu'on appelle, <i>Plein fief. Praedium translatitium.</i> Quand les Dues &amp; les Comtes eurent rendu leurs Gouvernemens héréditaires dans leurs familles, ces nouveaux Souverains en usèrent comme les Rois : afin d'intéresser des gens à les maintenir, ils donnèrent à leurs Officiers, pour eux &amp; leurs descendans, une partie des biens royaux qui se trouvèrent dans les Provinces dont ils venoient de se rendre maîtres, &amp; permirent à ces Officiers de gratifier à même titre d'une portion de ces mêmes biens les soldats qui seroient sous eux. C'est là l'origine des <i>Arrière-fiefs.</i> Hugues Capet confirma ces aliénations. Le Gendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2947" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-GARDE" />
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    <head>ARRIÈRE-GARDE</head>
    <p>
    ARRIÈRE-GARDE , s. f. Terme de Guerre . C'est la partie de l'armée qui marche la dernière, ou qui est à l'autre extrémité de la tête du camp. <i>Postrema acies, novissimum agmen.</i> Conduire l'<i>arrière-garde.</i> Commander l'<i>arriere-garde.</i> Renforcer l'<i>arrière-garde.</i> Charger l'<i>arrière-garde.</i> Défaire l'<i>arrière-garde.</i> Tailler en pièces l'<i>arrière-garde.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2947" id="2" type="coutume">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-GARDE" />
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    <head>ARRIÈRE-GARDE</head>
    <p>
    Arrière-garde , s. f. Terme de Coutume . Dans les Coutumes où la garde-noble a lieu au profit des Seigneurs, ou du Roi, si celui qui tient un fief relevant du mineur, lequel est en la garde de son Seigneur, tombe aussi en garde, alors la garde de ce fief appartient aussi au Seigneur qui a la garde-noble du mineur ; &amp; cela s'appelle <i>arrière-garde</i> ; parce que cette seconde garde-noble ne lui appartient qu'indirectement, &amp; seulement à cause du mineur qui est déja en sa garde. <i>Clientela secundaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2948" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-GARANT" />
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    <head>ARRIÈRE-GARANT</head>
    <p>
    ARRIÈRE-GARANT , s. m. On trouve ce mot dans les Ordonnances du Duc de Bouillon, art. 195. C'est le garant du garant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2949" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-MAIN" />
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    <head>ARRIÈRE-MAIN</head>
    <p>
    ARRIÈRE-MAIN , s. m. est un coup qu'on frappe du derrière de la main, ou par un mouvement contraire à celui qu'elle fait ordinairement en avant. <i>Impactus postremâ manu ictus.</i> Il se dit au jeu de la Paume d'un coup poussé du revers de la raquette ou du battoir. Voilà un bel <i>arrière-main.</i> Quelquefois il se dit d'un souflet donné du revers de la main. Tout ce qu'ont pû faire vos amis, c'est de demeurer en doute, s'il a reçû le soufflet de l'avant-main, ou de l'<i>arrière-main.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2950" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARRIÈRE-NEVEUX</head>
    <p>
    ARRIÈRE-NEVEUX , sub. mas. C'est le neveu d'un neveu, le descendant d'un neveu. <i>Filii fratris sororisve filius, abnepos.</i></p><p>On dit dans le style soutenu, Nos <i>Arrière-neveux</i> ; pour dire, la postérité la plus reculée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2951" id="1" type="eaux & forets">
   <index type="head" value="ARRIERE-PANAGE" />
   <index type="src_domain" value="eaux & forets" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ARRIERE-PANAGE</head>
    <p>
    ARRIERE-PANAGE , Terme des Eaux &amp; Forêts , est le temps qu'on laisse les bestiaux dans la Forêt après le temps du panage expiré. <i>Pastus secundarius, pascua secundaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2952" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-PETITE-FILLE" />
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    <head>ARRIÈRE-PETITE-FILLE</head>
    <p>
    ARRIÈRE-PETITE-FILLE , s. f. C'est la fille du petit-fils, ou de la petite-fille. <i>Ex filio filiave neptis, abneptis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2953" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-PETIT-FILS" />
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    <head>ARRIÈRE-PETIT-FILS</head>
    <p>
    ARRIÈRE-PETIT-FILS , s. m. C'est le fils du petit-fils, ou de la petite-fille. <i>Ex filio filiave nepos, abnepos.</i> Le Roi de France (1715.) a quatre <i>arrière-petit-fils</i> vivans, sans parler de ceux qui sont morts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2954" id="1" type="couturiere en linge">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-POINT" />
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    <head>ARRIÈRE-POINT</head>
    <p>
    ARRIÈRE-POINT , s. m. Terme de Couturière en linge . C'est une ligne continue de points d'aiguille, qui se forme, quand après avoir fait un point par-dessous, on fiche l'aiguille en arrière pour en faire un autre point par-dessus, qui rende les points continus : ce qui ne se fait que sur le poignet &amp; sur le cou des chemises, pour leur servir d'ornement. <i>Repetitus trahente acu fili ductus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2955" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-POINTEUSE" />
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    <head>ARRIÈRE-POINTEUSE</head>
    <p>
    ARRIÈRE-POINTEUSE , s. f. Mot que le petit peuple de Paris emploie, pour signifier la Couturière qui fait les arrière-points. Mais pour bien parler, il faut dire une Ouvrière en linge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2956" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRER (S')" />
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    <head>ARRIÈRER (S')</head>
    <p>
    ARRIÈRER (S') v. n. p. Demeurer derrière. L'Infanterie <i>s'arriéra.</i></p><p>Il se dit figurément en parlant du payement des redevances. Un Fermier qui s'<i>arrière,</i> qui s'est <i>arriéré.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2957" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-SAISON" />
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    <head>ARRIÈRE-SAISON</head>
    <p>
    ARRIÈRE-SAISON , s. f. est une saison éloignée d'une autre. <i>Sera tempestas.</i> Ce vin sera bon sur l'<i>arrière-saison,</i> c'est-à-dire, au mois d'Août, en la saison la plus éloignée de la vendange. Le blé se vend mieux sur l'<i>arrière-saison,</i> c'est-à-dire, au mois de Juin le plus éloigné de la dernière moisson.</p><p>On appelle ainsi l'Automne, &amp; plus ordinairement la fin de l'Automne. Les fruits de l'<i>arrière-saison.</i></p><p>On dit aussi d'un homme, qu'il est sur l'<i>arrière-saison,</i> quand il est vieux, &amp; au temps le plus éloigné de sa jeunesse. <i>Ultimum tempus.</i> L'<i>arrière-saison</i> des beaux est toujours belle. Abl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2958" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-VASSAL" />
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    <head>ARRIÈRE-VASSAL</head>
    <p>
    ARRIÈRE-VASSAL , s. m. Qui est vassal d'un autre vassal, ou celui qui tient un arrière-fief. <i>Translatitius cliens.</i> On dit aussi un <i>Arrière-censif,</i> une rente <i>arrière-foncière,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2959" id="1" type="maconnerie">
   <index type="head" value="ARRIÈRE-VOUSSURE" />
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    <head>ARRIÈRE-VOUSSURE</head>
    <p>
    ARRIÈRE-VOUSSURE , s. f. Terme de Maçonnerie . C'est une espèce de voûte que l'on fait derrière une porte, ou une fenêtre pour couronner l'embrasure, ou faire que la porte s'ouvre plus facilement. La commune s'appelle <i>arrière-voussure</i> de Marseille ; &amp; l'autre qui est pour les portes rectangles, s'appelle <i>arrière-voussure</i> de saint Antoine. <i>Sinus fornicis posticus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2960" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARRIMAGE" />
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    <head>ARRIMAGE</head>
    <p>
    ARRIMAGE , s. m. Terme de Marine . C'est la disposition, l'ordre ou l'arrangement de la cargaison du vaisseau. On dit aussi <i>Arrumage. Oneris ordo, series dispositio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2961" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARRIMER" />
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    <head>ARRIMER</head>
    <p>
    ARRIMER , ou ARRUMER, v. act. Terme de Marine . Arranger la cargaison d'un vaisseau. Voyez <ref type="search" target="head:ARRUMER">ARRUMER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2962" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARRISSER" />
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    <head>ARRISSER</head>
    <p>
    ARRISSER , v. act. Terme de Marine . C'est abaisser les vergues pour les attacher sur les bords du navire. <i>Velaria juga demittere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2963" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIVAGE" />
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    <head>ARRIVAGE</head>
    <p>
    ARRIVAGE , s. m. Abord des marchandises dans un port. <i>Appulsus.</i> L'Ordonnance de la Ville veut qu'il y ait un Echevin commis pour recevoir les déclarations des <i>arrivages</i> des marchandises sur les ports.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2964" id="1" type="marine de levant">
   <index type="head" value="ARRIVE" />
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    <head>ARRIVE</head>
    <p>
    ARRIVE , s. f. Terme de Marine de Levant . C'est le côté du vaisseau qui regarde la rive ou la terre. <i>Latus ad ripam appositus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2965" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIVÉE" />
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    <head>ARRIVÉE</head>
    <p>
    ARRIVÉE , s. f. Retour, venue ; le temps où une personne arrive. <i>Adventus, accessus.</i> Il a été régalé à son <i>arrivée</i> par ses amis. On l'est allé attendre à l'<i>arrivée,</i> à la descente du coche. On date à Rome les provisions du jour de l'<i>arrivée</i> du Courier qui retient la date.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2965" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRIVÉE" />
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    <head>ARRIVÉE</head>
    <p>
    Arrivée , signifie quelquefois, Entrée. Ce Ministre a tout changé à son <i>arrivée</i> dans les affaires. Les marchandises payent des douannes, tant à leur sortie, qu'à leur <i>arrivée</i> dans le Royaume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2965" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARRIVÉE" />
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    <head>ARRIVÉE</head>
    <p>
    d'Arrivée . Sorte d'adverbe, qui signifie, d'abord, en arrivant, sitôt qu'on est arrivé. <i>Primo aditu, statim.</i> Il a vieilli. D'<i>arrivée</i> il le met en fuite. Mezer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2966" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRIVER" />
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    <head>ARRIVER</head>
    <p>
    ARRIVER , v. n. Parvenir au lieu où on avoit dessein de se rendre. <i>Advenire, devenire, pervenire.</i> Vous voilà heureusement <i>arrivé</i> de votre voyage. Le Courier de Hollande <i>arrive</i> les Lundis &amp; les Vendredis. On dit aussi, que des marchandises sont arrivées à bon port, soit par eau, soit par terre, quand on les a reçues sans être endommagées. Il est <i>arrivé</i> tout-à-propos pour dîner.</p><p>Ce mot vient de <i>adripare</i>, comme qui diroit, <i>ad ripam appellere.</i> Menag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2966" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRIVER" />
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    <head>ARRIVER</head>
    <p>
    Arriver , se dit aussi figurément en choses morales. Il est difficile d'<i>arriver</i> à la perfection. Peu d'Orateurs sont <i>arrivés</i> au sublime. Boil. Cet homme est <i>arrivé</i> à un haut point de fortune. Les honneurs, les richesses lui <i>arrivent</i> de toutes parts. Il est <i>arrivé</i> à une telle impudence qu'il est impossible de le souffrir. L'affaire est <i>arrivée</i> à un point qu'on n'y sauroit apporter de remède. Il est <i>arrivé</i> à son but.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2966" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARRIVER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ARRIVER</head>
    <p>
    Arriver , se dit aussi en parlant des rencontres de toutes les choses qui se font dans le monde, soit par hazard, soit dans le cours ordinaire de la nature. <i>Contingere, accidere, evenire.</i> Un bon Astronome prédit toutes les éclipses qui <i>arriveront</i> dans cent ans. Un habile homme doit prévoir tous les inconvéniens qui peuvent <i>arriver</i> dans l'affaire qu'il entreprend. Si l'enchaînement des causes secondes est invariable, nous ne pouvons pas en interrompre le cours par nos soins, &amp; les choses <i>arriveront</i> nécessairement comme elles doivent arriver. Ju. La prudence pense à ce qui s'est passé, pour prévoir ce qui <i>arrivera.</i> Le Ch. de M.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2966" id="4" type="">
   <index type="head" value="ARRIVER" />
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    <head>ARRIVER</head>
    <p>
    Arriver . Ce mot entre dans plusieurs façons de parler, par élégance seulement. S'il vous <i>arrive</i> jamais de tomber en cette faute, vous serez bien châtié. Il ne lui est jamais <i>arrivé</i> de dire un bon mot. Comme j'étois à la chasse il lui <i>arriva</i> de faire une insolence. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2966" id="5" type="">
   <index type="head" value="ARRIVER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ARRIVER</head>
    <p>
    <pb n="354" facs="bpt6k8542165/f394/full/1200,/0/native.jpg"/> Arriver , se dit aussi pour être apporté. <i>Afferri, deferri, supervenire.</i> Il <i>arriva</i> mets sur mets. Ablanc. pour dire qu'on apporta plats sur plats.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2966" id="6" type="">
   <index type="head" value="ARRIVER" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ARRIVER</head>
    <p>
    Arriver , en termes de Marine , signifie, Pousser la barre du gouvernail sous le vent, &amp; manoeuvrer, ou pour obéir au vent, ou pour le prendre en pouppe. <i>Clavum agitare ad ventorum opportunitatem.</i> Ce qui se fait, quand on veut venir à bord de quelqu'autre vaisseau, ou éviter quelque banc, ou quelque écueil. <i>Arrive,</i> est le commandement que l'on fait au Timonier pour cela : &amp; <i>arrive tout,</i> est le commandement qu'on lui fait pour pousser le gouvernail tout à bord, afin de mieux <i>arriver.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'un malheur n'<i>arrive</i> guère sans l'autre ; qu'il <i>arrive</i> bien des choses entre le verre &amp; la bouche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2967" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARROBE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ARROBE</head>
    <p>
    ARROBE , s. f. Terme de Marine , qui se dit du poids de trente-une livres. Ce mot est venu d'<i>Arroba</i> Espagnol, qui signifie la même chose. L'<i>arrobe</i> de laine à Ségovie pèse seulement vingt-cinq livres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2968" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ARROCHE</head>
    <p>
    ARROCHE , s. f. Plante potagère, ainsi appellée, selon quelques-uns, parce qu'elle ne demeure que huit jours en terre. On l'appelle autrement Follète, ou Bonne-Dame. <i>Atriplex.</i> Sa racine est longue de trois à quatre pouces, droite, fibreuse &amp; annuelle. Elle pousse des feuilles arrondies, chargée d'une poussière blanche, aussi-bien que ses jeunes tiges qui s'élèvent à la hauteur de cinq à six pieds, garnies de feuilles alternes, un peu charnues, anguleuses, ondées, &amp; un peu frisées sur leurs bords, tantôt vertes, le plus souvent d'un verd pâle tirant sur le jaune, &amp; quelquefois lavées de pourpre. Ses tiges &amp; ses branches sont terminées par des épis de fleurs composées de plusieurs étamines jaunes ou verdâtres. A ces fleurs succèdent des fruits composés de deux feuilles, arrondis, de lafigure d'une lentille, minces, membraneux, &amp; qui renferment une seule petite semence. Les feuilles d'<i>Arroche</i> sont rafraîchissantes, émollientes, &amp; donnent au bouillon une belle couleur d'or : étant prises en plus grande quantité elles lâchent le ventre ; on les met pour cette raison dans les décoctions pour les lavemens. Ses semences purgent par haut &amp; par bas. L'<i>arroche</i> est ennemie de l'estomac. Sa graine est bonne contre l'épanchement de bile, l'oppilation de foie : comme elle provoque à vomir, il ne faut la donner qu'aux gens robustes. L'herbe, autant cuite que crue, appliquée, guérit les froncles &amp; toutes les duretés, &amp; fait tomber les ongles gâtés, &amp;c.</p><p>L'<i>arroche</i> rouge est de la même grandeur &amp; de la même figure que la précédente ; mais ses tiges, ses feuilles &amp; ses fleurs sont d'un rouge brun.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2969" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROGAMMENT" />
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    <head>ARROGAMMENT</head>
    <p>
    ARROGAMMENT , adv. <i>Arroganter.</i> Les brutaux &amp; les fanfarons parlent <i>arrogamment</i> ; c'est-à-dire, avec orgueil, avec arrogance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2970" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROGANCE" />
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    <head>ARROGANCE</head>
    <p>
    ARROGANCE , s. f. Orgueil, fierté, présomption. <i>Arrogantia.</i> Cet homme exige le payement de ses dettes avec une <i>arrogance</i> insupportable. Ce valet répond avec une grande <i>arrogance.</i> Quand on a de l'<i>arrogance,</i> on s'attribue un droit, un mérite, une autorité que l'on n'a pas. Souvent l'<i>arrogance</i> a tenu lieu de grandeur, &amp; l'inhumanité de fermeté. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2971" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROGANT, ANTE" />
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    <head>ARROGANT, ANTE</head>
    <p>
    ARROGANT, ANTE , adj. Superbe, fier, insolent. <i>Arrogans.</i> Il l'a reçu avec une mine <i>arrogante.</i> Il lui a répondu en termes <i>arrogans.</i> Le Sage dit qu'il n'y a rien de plus insupportable qu'un gueux <i>arrogant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2971" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARROGANT, ANTE" />
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    <head>ARROGANT, ANTE</head>
    <p>
    Arrogant, ante , sont aussi quelquefois substantifs. Ce n'est qu'un <i>arrogant</i> ; qu'une <i>arrogante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2972" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROGER" />
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    <head>ARROGER</head>
    <p>
    ARROGER , v. act. qui ne se dit jamais sans le pronom personnel. <i>Vindicare, arrogare sibi aliquid.</i> S'<i>arroger</i> un droit, une autorité ; pour dire, s'attribuer une chose qui n'est pas dûe. Ils sont si insolens que de s'<i>arroger</i> les premiers honneurs. Ablanc. Henri VIII. s'étoit <i>arrogé</i> la qualité de Souverain Chef de l'Eglise Anglicane. Maucroix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2973" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROI" />
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    <head>ARROI</head>
    <p>
    ARROI , s. m. Vieux mot qui signifioit, Train, équipage. Ce Seigneur vient à la Cour en magnifique <i>arroi.</i> Il est peu en usage. <i>Apparatus, pompa.</i> On appelle aussi <i>Arroi,</i> l'équipage d'un Fauconnier, comme gants, longes, &amp;c. <i>Aucupis supellex.</i></p><p>Du Cange dit que le mot d'<i>arroi</i> vient des mots <i>arredare, arraïatus,</i> &amp; <i>arraïamentum,</i> qui ont été dits dans la basse Latinité, pour signifier, <i>orner, équiper, équipage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2974" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRONDIR" />
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    <head>ARRONDIR</head>
    <p>
    ARRONDIR , v. act. Rendre rond, ou de figure circulaire, sphérique, cylindrique. <i>Rotundare. Arrondir</i> un bassin de fontaine avec un cordeau. <i>Arrondir</i> une jupe, un manteau. <i>Arrondir</i> une figure, c'est lui donner du relief, &amp; faire que tous ses membres soient bien <i>arrondis.</i> On dit aussi, qu'un Prince a <i>arrondi</i> sa Couronne, quand il s'est rendu maître de tous les petits Etats qui étoient enclavés dans ses limites.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2974" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRONDIR" />
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    <head>ARRONDIR</head>
    <p>
    Arrondir , se dit aussi en Rhétorique des périodes qu'on rend nombreuses, &amp; à qui on donne une cadence agréable à l'oreille. <i>Tornare periodum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2974" id="3" type="manege">
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    <head>ARRONDIR</head>
    <p>
    Arrondir , en termes de Manége , signifie, Dresser un cheval à manier en rond, soit au trot, ou au galop, soit dans un grand, soit dans un petit rond, sans qu'il se traverse, &amp; se jette de côté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2974" id="4" type="">
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    <head>ARRONDIR</head>
    <p>
    Arrondir , est aussi neut. pass. &amp; signifie, Devenir rond. <i>Rotundari.</i> Les colonnes &amp; les globes s'<i>arrondissent</i> sur le tour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2974" id="5" type="">
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    <head>ARRONDIR</head>
    <p>
    Arrondi, ie , part. <i>Rotundatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2974" id="6" type="botanique">
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    <head>ARRONDIR</head>
    <p>
    Arrondi . Terme de Botanique . On dit une feuille <i>arrondie,</i> d'une feuille dont le contour approche du circulaire. Il se dit aussi d'un fruit qui n'est pas exactement sphérique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2974" id="7" type="blason">
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    <head>ARRONDIR</head>
    <p>
    Arrondi , en termes de Blason , se dit des pièces de l'Ecu qui étant rondes, ou naturellement, ou par artifice, ont certains traits qui font paroître cet arrondissement. On le dit aussi de ce qui paroît de relief par le moyen des ombres, comme une boule <i>arrondie.</i> Un tronc d'arbre <i>arrondi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2975" id="1" type="">
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    <head>ARRONDISSEMENT</head>
    <p>
    ARRONDISSEMENT , s. m. Action par laquelle on <i>arrondit. Rotundatio.</i> Pour faire l'<i>arrondissement</i> de votre Seigneurie, il faudroit acheter cet héritage qui y est enclavé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2975" id="2" type="">
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    <head>ARRONDISSEMENT</head>
    <p>
    Arrondissement . Ce mot, qui n'est pas fort en usage dans le propre, est parfaitement beau dans le figuré. <i>Apta periodi compositio.</i> Sa plus forte application est pour l'<i>arrondissement</i> de ses périodes, afin qu'elles aient toute la justesse, &amp; toute l'harmonie possible.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2976" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRONDISSEUR" />
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    <head>ARRONDISSEUR</head>
    <p>
    ARRONDISSEUR , s. m. Celui qui arrondit. Mais ce mot ne peut passer que dans quelque Ouvrage comique &amp; burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2977" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROSEMENT" />
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    <head>ARROSEMENT</head>
    <p>
    ARROSEMENT , s. m. Action d'arroser. <i>Rigatio, irrigatio.</i> L'<i>arrosement</i> est nécessaire, lorsqu'on plante ou qu'on transplante quelque arbre, ou quelque fleur, &amp;c. Le fumier des feuilles pourries est propre à répandre sur les sémences nouvellement faites, pour empêcher que les pluies ou les <i>arrosemens</i> ne battent trop la superficie, ensorte que les graines auroient peine à lever. La Quint. Un potager ne réussira jamais, si la commodité de l'eau pour les <i>arrosemens</i> ne s'y trouve. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2977" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARROSEMENT" />
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    <head>ARROSEMENT</head>
    <p>
    Arrosement , se prend au figuré pour une grace intérieure, qui pénètre jusqu'au fond de l'ame. Craignez Dieu, &amp; retirez-vous du mal ; ainsi votre chair sera saine, &amp; l'<i>arrosement</i> pénétrera. Port-R. Je ne sai si en ce sens ce mot se trouveroit ailleurs. Il est au moins peu fréquent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2978" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROSER" />
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    <head>ARROSER</head>
    <p>
    ARROSER , v. act. Verser doucement une liqueur sur quelque corps. <i>Aspergere, conspergere.</i> On <i>arrose</i> les plantes, quand on les met en terre, ou quand la terre est trop sèche. Les Sacrificateurs Payens <i>arrosoient</i> les victimes avec de l'huile, du vin, &amp;c. Ils <i>arrosoient</i> le peuple avec des eaux lustrales ; les Chrétiens avec de l'eau benite. Il a fait une bonne pluie qui a bien <i>arrosé</i> la terre. Les Cuisiniers <i>arrosent</i> les viandes qu'ils rôtissent, quans elles ne sont pas lardées.</p><p>Nicod dérive ce mot de <i>ros,</i> ou <i>rosée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2978" id="2" type="">
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    <head>ARROSER</head>
    <p>
    Arroser , se dit aussi des fleuves &amp; des rivières qui passent à travers une Province, qui y entretiennent l'humidité, <pb n="355" facs="bpt6k8542165/f395/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; qui y font quelques inondations, qui la rendent fertile, ou qui l'enrichissent par le commerce. <i>Rigare, irrigare.</i> Le Penée <i>arrose</i> les campagnes de la Thessalie. Le Gange <i>arrose</i> l'Inde, le Nil l'Egypte. Le Danube est le fleuve de toute l'Europe qui arrose le plus de pays.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2978" id="3" type="">
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    <head>ARROSER</head>
    <p>
    Arroser , c'est aussi détourner des rivières, faire des canaux, &amp; les conduire dans des terres. Les Chinois qui rendent leurs terres si fertiles à force de les <i>arroser,</i> n'ont point trouvé de meilleur moyen de distribuer l'eau également, qu'en mettant toutes les terres de niveau, sans quoi les plus hautes demeureroient dans la sècheresse, tandis que les fonds seroient noyés. P. Le Comte.</p><p>On dit que les Martyrs ont <i>arrosé</i> la terre de leur sang ; qu'un vrai pénitent doit <i>arroser</i> son sein de ses larmes. On dit aussi d'un homme qui a été bien mouillé, soit par la pluie, soit par quelqu'autre accident, qu'il a été bien <i>arrosé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2978" id="4" type="">
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    <head>ARROSER</head>
    <p>
    Arroser , se dit aussi dans les matières de piété. Paul plante, Apollos <i>arrose</i> ; mais c'est Dieu qui donne l'accroissement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2978" id="5" type="">
   <index type="head" value="ARROSER" />
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    <head>ARROSER</head>
    <p>
    Arrosé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Aspersus, conspersus, Rigatus, irrigatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2979" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROSOIR" />
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    <head>ARROSOIR</head>
    <p>
    ARROSOIR , s. m. Vaisseau dont se servent les Jardiniers pour arroser les arbres &amp; les fleurs. <i>Vas inspergendis aquis idoneum.</i> Il est fait de cuivre, ou de fer blanc, ou de terre, &amp; il a une branche qui se termine par une espèce de pompe percée de plusieurs petits trous, par où l'eau s'écoule, &amp; se distribue en plusieurs menus filets, &amp; en forme de pluie, afin d'humecter doucement la terre. Il y en a d'autres dont le fond est percé de plusieurs petits trous, &amp; dont la partie supérieure est un cou un peu allongé, au haut duquel est un petit trou ; on les emplit d'eau, en les enfonçant dans l'eau sans boucher le trou d'enhaut ; quand ils sont pleins, on les retire en mettant le pouce sur ce trou, ce qui empêche l'air qui est au-dessus de faire couler l'eau en la pressant, tandis que l'air qui est au-dessus la retient dans le vase, par la résistance qu'il fait à tous les trous : Quand on veut arroser, on lève le pouce, &amp; l'eau pressée de l'air par en haut, coule par les trous d'en bas, jusqu'à ce que l'on referme le trou qui est en haut, en remettant le pouce dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2980" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARROY" />
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    <head>ARROY</head>
    <p>
    ARROY . Voyez <ref type="search" target="head:ARROI">ARROI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2981" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARRUMAGE" />
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    <head>ARRUMAGE</head>
    <p>
    ARRUMAGE , s. m. Terme de Marine . C'est l'ordre &amp; l'arrangement de la cargaison d'un vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2982" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARRUMER" />
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    <head>ARRUMER</head>
    <p>
    ARRUMER , ou ARRUNER, v. act. Terme de Marine , qui signifie, Placer &amp; arranger avec soin la cargaison d'un vaisseau. <i>Componere, disponere.</i> On dit qu'un vaisseau est mal <i>arrumé,</i> lorsqu'il n'est pas à son plomb, qui le fait tenir droit sur bout ; car alors les poinçons se déplacent, courent &amp; roulent vers la pente, &amp; du heurt s'enfonçent les uns les autres, ce qui cause de grands coulages. Sur la mer du Levant on dit en ce cas, qu'un vaisseau est mal mis en estive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2982" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARRUMER" />
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    <head>ARRUMER</head>
    <p>
    Arrumer une Carte Marine, c'est y décrire les rumbs. Cette Carte est parfaitement bien <i>arrumée. Describere in carta octo principes ventos vicissim oppositos.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2983" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARRUMEURS" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ARRUMEURS</head>
    <p>
    ARRUMEURS , s. m. Sont de petits Officiers établis sur les ports, &amp; sur-tout en Guyenne, que le Marchand chargeur doit fournir &amp; payer, qui ont soin de placer, &amp; de ranger les marchandises dans un vaisseau, &amp; sur-tout celles qui sont en tonneaux, &amp; qui sont en danger de coulage.</p><p>Ce mot est dérivé de <i>rum</i>, ou de <i>ruma,</i> qui en Portugais signifie <i>règle,</i> ou ligne droite ; ou de <i>carta rumada,</i> qui est du <i>papier réglé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2984" id="1" type="hermetique">
   <index type="head" value="ARS" />
   <index type="src_domain" value="hermetique" />
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    <head>ARS</head>
    <p>
    ARS , adj. Vieux mot, qui signifioit brûlé. <i>Ustus.</i></p><p>En termes d'Hermétique on dit <i>arse</i> avec un <i>e,</i> pour <i>ars,</i> &amp; il a le même sens &amp; la même origine. Ils viennent tous deux d'<i>ardere, ardeo, arsi, &amp;c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2984" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARS" />
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    <head>ARS</head>
    <p>
    Ars , ou Arts, s. m. pluriel. Terme de Manége . Ce sont les veines où l'on saigne les chevaux, qui sont au bas de chaque épaule. Il y en a aussi aux membres de derrière, au plat des cuisses. On a saigné ce cheval des quatre <i>ars</i> ; pour dire, des quatre membres.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>artus</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2985" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARSACIDE" />
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    <head>ARSACIDE</head>
    <p>
    ARSACIDE , s. m. <i>Arsacida, Arsacides.</i> Les <i>Arsacides</i> sont les descendans d'Arsaces Roi des Parthes. Cet Arsaces, si l'on en croit la Chronique des Perses, étoit de la race de Cyrus. Mais dans le Tarick, ou Catalogue des Rois de Perse, Schikard nous assure que le manuscrit de Abardschir Babekan, d'où il tire tout ce qu'il dit, l'appelle Aschki, &amp; le fait descendre du dernier Darius. Quoiqu'il en soit, cet Arsaces ayant affranchi les Parthes de la domination des Séleucides, ces peuples le regardèrent comme le fondateur de leur Monarchie, &amp; voulurent que tous les Rois suivans portassent son nom, &amp; s'appellassent Arsaces. C'est de là que les Rois Parthes sont appellés <i>Arsacides.</i> Les Poëtes ont étendu ce nom à toute la Nation.</p><p>Les <i>Arsacides</i> commencèrent à regner en Arsaces sous Séleucus. II. surnommé Callinicus, le troisième Roi Séleucide, environ 250 ans avant Jesus-Christ, jusques sous l'Empereur Alexandre, qu'Artaxerxès tua Artabanus le dernier des <i>Arsacides,</i> l'an de J. C. 227. Ainsi les <i>Arsacides</i> regnèrent environ 470. ou 480. ans. On prétend que l'Empereur Basile de Macedoine, qui tenoit l'Empire l'an de Jesus-Christ. 866 étoit encore de la race des <i>Arsacides.</i></p><p>Les Poëtes, comme nous l'avons dit, transportent quelquefois ce nom aux Parthes, qu'ils appellent aussi <i>Arsacides,</i> ou parce qu'ils confondoient ces peuples, ou parce que les Perses ayant dominé avant les Grecs, ils ont regardé l'affranchissement des Parthes tirés de la domination des Grecs, comme une espèce de rétablissement de la Monarchie des Perses, ou parce qu'ils ont cru, comme les Historiens des Perses dont nous avons parlé, qu'Arsaces, &amp; par conséquent les <i>Arsacides</i> étoient véritablement Persans d'origine. Ce mot n'est guère d'usage en prose : on peut cependant le dire, pour signifier la famille des Rois Parthes descendus d'Arsaces. Les Assassins si fameux dans les Croisades étoient des restes des <i>Arsacides.</i> C'est ce qui a fait dire à un de nos Poëtes,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2986" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARSEIROLE" />
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    <head>ARSEIROLE</head>
    <p>
    ARSEIROLE . C'est un fruit qui vient de l'aubepin, enté sur le tronc du coigner, ou coignassier. Ce fruit est petit, de la figure d'une pompe pointue, de couleur rouge : son goût est âpre, ne pouvant être mangé qu'en confiture, ou bien dans le vinaigre, avec du sel, pour servir de même que les capres. De Serres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2987" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARSENAL" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ARSENAL</head>
    <p>
    ARSENAL , s. m. <i>Armamentarium.</i> Nos Auteurs ne s'accordent guère sur la manière d'écrire &amp; de prononcer ce mot. Les uns, comme Balzac &amp; Ménage, sont pour <i>arsenac</i> (il y en a même qui écrivent <i>arcenac</i>) &amp; les autres, comme Vaugelas &amp; Mainard, sont pour <i>arsenal</i> (il y en a qui écrivent <i>arcenal</i>) &amp; soutiennent que c'est le plus usité. J'aimerois mieux suivre le sentiment de ces derniers, &amp; écrire <i>arsenal,</i> ou <i>arcenal.</i> En voici les raisons. 1°. Il est plus conforme à l'étymologie, puisqu'il vient ou de l'Italien <i>Arsenale,</i> ou de l'Espagnol <i>Arzenal.</i> 2°. Parce qu'autrement il faudroit dire <i>arsenacs</i> au pluriel ; or il faut dire <i>arsenaux</i> avec tout le monde poli. 3°. Mainard, qui avoit écrit <i>arsenac</i> dans une de ses Epigrammes, a mieux aimé refondre son Epigrammes, &amp; en changer la rime, que d'y laisser <i>arsenac</i> : tant il étoit convaincu, qu'il falloit écrire <i>arsenal.</i> Il avoit donc dit :</p><p>Voici comme il a depuis corrigé cet endroit.</p><p>Le même Auteur a dit encore,</p><p>Ajoûtons à cela que quoique l'Académie ne condamne pas formellement <i>arsenac,</i> ou <i>arcenac,</i> on voit pourtant bien qu'elle panche beaucoup plus pour <i>arsenal,</i> ou <i>arcenal.</i> Richelet est aussi pour ce dernier. Il est vrai qu'il voudroit qu'on ne fît pas sentir l'<i>l,</i> &amp; qu'on prononçât <i>arsena.</i> Quoi qu'il en soit, l'<i>arsenal,</i> ou l'<i>arcenal</i> est une maison Royale, ou publique, où on fabrique les armes &amp; les munitions de guerre, &amp; qui sert aussi de magasin à les serrer.</p><p>On lit sur la porte de l'<i>Arsenal</i> de Paris cette inscription, qui convient fort à ce lieu là.</p><p>La même porte est ornée de colonnes en forme de canons posés perpendiculairement ; &amp; il y a deux petits canons de pierre sur leur affut, à côté du fronton, où ils servent d'amortissement. L'<i>Arsenal</i> de Venise est le lieu où se fabriquent &amp; se conservent les Galères ; l'<i>Arsenal</i> de Paris, où l'on fond des canons ; l'<i>Arsenal</i> de Côme, où on fabrique des mousquets : l'<i>Arsenal</i> de la Salpétrière, où on fait le salpêtre, Il y a aussi des <i>Arsenaux</i> de Marine, comme à Rochefort, à Toulon, &amp;c. Quoique l'on ait déja pris parti pour l'étymologie d'<i>arsenal,</i> on ne laissera pas de rapporter le sentiment de ceux qui en ont dit quelque chose.</p><p>Plusieurs croient que ce mot vient de <i>arx</i>, ou de <i>arcus,</i> ou plutôt de <i>ars,</i> qui signifie <i>engin,</i> ou machine, comme étant un lieu où on serre les machines de guerre : c'est l'opinion de Du Cange, qui cite Jacques Bourgoin au livre de l'origine &amp; de l'usage des mots vulgaires. Sansouin, en son livre de Venise, dit qu'il vient de <i>arx Senatûs</i>, comme qui diroit, La défense du Sénat contre les Infidèles. Mais Ménage croit qu'il vient de l'Italien <i>arsenale,</i> ou du Grec du bas siècle <i>Arsenalis,</i> dont on s'est servi il y a long-temps à Constantinople dans quelques inscriptions. Covarruvias, selon le sentiment de quelques-uns, dit que ce mot vient de l'Arabe <i>darsenaa,</i> qui signifie la même chose que l'Espagnol <i>ataraçana,</i> c'est-à-dire, ce que nous entendons par le mot d'<i>arsenal.</i> En effet ôtant <i>d</i> première lettre de <i>darsenaa,</i> reste <i>arsenaa,</i> qui a un rapport entier avec <i>arsenal.</i> Les Italiens se servent aussi de <i>darsena,</i> pour signifier le lieu où ils mettent leurs Galères, &amp; dont on se sert aussi en termes de Marine par toute la Méditerranée, pour signifier le bassin le plus retiré d'un port Voyez <ref type="search" target="head:Darsine">Darsine</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2987" id="2" type="">
   <index type="head" value="ARSENAL" />
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    <head>ARSENAL</head>
    <p>
    Arsenal , se dit dans un sens figuré du lieu où l'on serre, où l'on garde, où l'on enferme quelque chose. Mais cela n'est bon qu'en style familier ou burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2988" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ARSENIC" />
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    <head>ARSENIC</head>
    <p>
    ARSENIC , s. m. Minéral fort caustique, &amp; poison fort violent. <i>Arsenicum.</i> Si tu t'ennuies de vivre, tu t'envoyeras dans l'autre monde avec un grain d'<i>arsenic.</i> Ablanc. Il y a trois sortes d'<i>arsenic</i> : le blanc, qui est quelquefois transparent ; le jaune, qui est l'orpiment ; &amp; le rouge, qui est le réalgar, ou réalgal, ou sandaraque. Ces minéraux sont d'une nature si subtile &amp; si pénétrante, qu'étant alliés avec les métaux, ils les ouvrent &amp; corrompent, &amp; transforment presqu'en une autre nature. Ils blanchissent le cuivre, le laiton, &amp; le plomb, comme l'argent. Ils sont chauds, secs &amp; corrosifs, &amp; dangereux à toute chose ayant vie. Ils se lèvent par feuilles comme du papier. L'<i>arsenic</i> est comme une suie ou un suc minéral, gras &amp; onctueux, qui participe de la nature du soufre. Cette suie s'amasse dans les tuyaux des fourneaux où l'on calcine une pierre minérale qu'on appelle cobalt, <i>cobaltum.</i> De cette pierre on tire encore par différentes fusions le blé d'azur, le saffre &amp; le bismuth. Voyez les Ouvrages de M. Sthale Médecin, ci-devant Professeur en Médecine à Hall, &amp; à présent Médecin à la Cour de Berlin. C'est celui qui a le mieux traité cette matière, qui nous a été si long-temps inconnue. L'<i>Arsenic</i> qu'on apporte ici d'ordinaire, &amp; qu'on appelle cristallin, parce qu'il ressemble à du cristal, est une matière sublimée des parties égales de sel marin &amp; d'orpiment en poudre mêlées ensemble dans des vaisseaux sublimatoires.</p><p>En termes de Chymie , on appelle Rubis d'<i>arsenic,</i> une préparation de l'<i>arsenic</i> vulgaire, qu'on fait avec du soufre par des sublimations plusieurs fois réitérées qui lui donnent la couleur de rubis. On prétend qu'alors il n'est plus nuisible, mais qu'il sert de remède à plusieurs maladies, quand on le donne dans des confitures, conserves, ou loocs, pour provoquer les sueurs, &amp; guérir les ulcères rebelles. Un tel remède doit être toujours extrêmemenr suspect ; &amp; on ne doit point s'en servir intérieurement.</p><p>Le beurre, qui est d'une nature huileuse &amp; émolliente, &amp; qui lâche le ventre, quand on en prend en quantité, est bon contre l'<i>arsenic.</i> Le lait de vache est encore bon contre l'<i>arsenic,</i> &amp; contre les poisons corrosifs, pourvû qu'on boive de ce lait en quantité, &amp; autant qu'on a soif ; car on est ordinairement fort altéré après qu'on a pris cette sorte de poison. Degori.</p><p>Régule d'<i>arsenic,</i> c'est la partie la plus fixe &amp; la plus compacte de l'<i>arsenic,</i> qu'on prépare avec les cendres gravelées &amp; le savon, faisant fondre le tout, &amp; le jettant tout fondu dans un mortier : par ce moyen la partie la plus pesante tombe au fond. Il y a aussi de l'huile caustique d'<i>arsenic,</i> qui est une liqueur butyreuse, semblable au beurre d'Antimoine, qu'on prépare avec l'<i>arsenic</i> &amp; le sublimé corrosif. Cette huile sert pour consumer les chairs baveuses des plaies, &amp; à emporter la carie des os. L'esprit qui sort le premier est fort corrosif, &amp; capable de dissoudre tout-à-fait le fer &amp; plusieurs métaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2988" id="2" type="science hermetique">
   <index type="head" value="ARSENIC" />
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    <head>ARSENIC</head>
    <p>
    Arsenic des Philosophes . Terme de Science hermétique . C'est le mercure des Philosophes hermétiques ; d'autres entendent par ces mots la matière de laquelle on tire le mercure : d'autres, la matière lorsqu'elle est venue au noir ; d'autres, le souffre, ou la semence masculine &amp; agente ; d'autres enfin le sel qui est le lien du soufre &amp; du mercure. On appelle <i>Arsenic des Philosophes non urent, ou incombustible,</i> la pierre des Hermétiques parfaite au blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2989" id="1" type="">
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    <head>ARSÉNICAL, ALE</head>
    <p>
    ARSÉNICAL, ALE , adj. Qui tient de l'arsenic. Il faut que les Chymistes se donnent de garde des esprits <i>arsénicaux</i> &amp; vitrioliques.</p><p>Aiman <i>arsénical.</i> C'est une préparation faite avec l'antimoine, le soufre &amp; l'arsenic cristallin.</p><p>Quelques-uns tirent le mot d'<i>arsenic</i> du Grec , qui signifie <i>mâle,</i> à cause de sa vertu tout-à-fait mâle pour donner la mort. Martinius.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2990" id="1" type="">
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    <head>ARSÉNOTHÈLE</head>
    <p>
    ARSÉNOTHÈLE , s. m. <i>Arsenothelis.</i> C'est la même chose qu'Hermaphrodite, &amp; les Grecs l'ont dit tant des hommes que des animaux. Ce nom vient de , qui signifient, l'un <i>male,</i> &amp; l'autre <i>femelle</i> ; de , <i>papilla, mammae apex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2991" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARSI" />
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    <head>ARSI</head>
    <p>
    &#9758; ARSI , adj. Brûlé. On dit à Beaune que le vin sent l'<i>arsi,</i> quand il a un certain goût de brûlé. Ce mot vient du verbe Latin, <i>Ardeo, arsi, arsum</i>. Menage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2992" id="1" type="coutume">
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    <head>ARSIN</head>
    <p>
    ARSIN , s. m. Terme de Coutume . On appelle <i>arsin</i> en Picardie &amp; en Flandres, une exécution de justice, par laquelle on met le feu à la maison de celui qui a commis quelque crime dans une ville ; par exemple, qui a tué ou blessé quelque Bourgeois. Ragueau.</p><p>On appelle dans quelques Coutumes <i>arsini,</i> ou <i>arseiz,</i> des bois brûlés par accident, ou parce qu'on y a mis le feu malicieusement. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2993" id="1" type="">
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    <head>ART</head>
    <p>
    ART , s. m. Tout ce qui se fait par l'adresse &amp; par l'industrie de l'homme ; &amp; en ce sens il est opposé à <i>nature. Ars.</i> L'<i>art</i> corrige &amp; perfectionne la nature. Il faut que l'<i>art</i> vienne au secours de la nature, &amp; c'est leur parfaite alliance qui fait la souveraine perfection. Boil. Les laides, ou les vieilles emploient l'<i>art</i> au défaut de la nature pour paroître belles ; c'est-à-dire, le fard &amp; les ornemens. La parure des laides irrite une maligne curiosité qui fait démêler ce qui est de l'<i>art,</i> ou de la nature.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2993" id="2" type="">
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    <head>ART</head>
    <p>
    Art , se dit aussi de toutes les manières &amp; inventions dont on se sert pour déguiser les choses, ou pour les embellir, ou pour réussir dans ses desseins. Cette personne a l'<i>art</i> de plaire, de se faire aimer, de s'insinuer dans le monde, &amp; de faire fortune. Il faut avoir beaucoup d'<i>art</i> &amp; d'adresse pour la cajoler. Ablanc. Il y a de l'<i>art</i> en tout ce que cet homme fait, il est compassé jusqu'à l'affectation. Quelque profonds que soient les Grands de la Cour, &amp; quelque <i>art</i> qu'ils aient pour paroître ce qu'ils ne sont pas, &amp; pour ne pas paroître ce qu'ils sont, ils ne peuvent cacher leur malignité. La Bruy. La raison l'emporte toujours sur l'<i>art</i> &amp; sur l'adresse. S. Evr. Un amant ne sauroit se déguiser avec tant d'<i>art,</i> qu'on ne s'apperçoive de ses feintes, &amp; que sa tendresse ne lui échappe malgré lui. Corn. Les larmes sont le fort des femmes, &amp; leur plus grand <i>art</i> pour tromper les hommes. S. Evr. L'<i>art</i> n'est jamais dans un plus haut degré de perfection, que lorsqu'il ressemble si fort à la nature, qu'on le prend pour la nature même ; au contraire la nature ne réussit jamais mieux que quand l'<i>art</i> est caché. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2993" id="3" type="">
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    <head>ART</head>
    <p>
    Art , se dit aussi en parlant de ce qui est composé, &amp; conduit avec raisonnement, en faisant une juste application des principes, &amp; des préceptes d'un certain <i>art.</i> Cette pièce de théatre est conduite avec grand <i>art.</i> Ce Poëte entend bien l'<i>Art</i> poëtique. Un bon Orateur doit cacher son <i>art.</i> La nature ne se laisse point conduire au hazard, &amp; n'est point absolument ennemie de l'<i>art</i> &amp; des règles. Boil.</p><p>Malherbe dit en louant une peinture sur des fleurs fort belle &amp; fort ressemblante.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2993" id="4" type="">
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    <head>ART</head>
    <p>
    Art , se dit aussi d'une connoissance réduite en pratique. Plusieurs Scholastiques soutiennent que la Logique &amp; la Morale sont des <i>Arts,</i> parce qu'elles ne s'arrêtent pas à la simple théorie ; mais elles tendent à la pratique. La Statique est une science, parce qu'elle s'arrête seulement à la théorie ; mais la Méchanique est un <i>Art,</i> parce qu'elle réduit les connoissances de la Statique en pratique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2993" id="5" type="">
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    <head>ART</head>
    <p>
    Art , est principalement un amas de préceptes, de règles, d'inventions &amp; d'expériences, qui étant observées, font réussir aux choses qu'on entreprend, &amp; les rendent utiles &amp; agréables. Aristote définit l'<i>art,</i> une méthode de bien faire quelque chose. Selon Lucien, l'<i>art</i> est un recueil de préceptes pour une fin utile à l'homme. En ce sens l'<i>Art</i> se divise en deux branches : les uns sont les <i>Arts</i> Libéraux, les autres sont les <i>Arts</i> Méchaniques : &amp; en ce sens il est opposé à <i>Science,</i> qui n'est autre chose qu'un amas de principes &amp; de conclusions spéculatives.</p><p>Dans la dédicace de l'Opera du Triomphe des <i>Arts,</i> l'Auteur dit à M. le Duc de Bourgogne,</p><p>Ce mot employé en général se prend souvent pour quelque <i>art</i> en particulier ; &amp; la matière dont on parle fait comprendre quel est cet <i>art</i> dont on veut parler. Les maladies où l'<i>art</i> humain avoue lui-même qu'il ne connoît plus rien. Peliss. C'est la Médecine. L'<i>art</i> sait animer le bronze, &amp; donner la passion au marbre. C'est-à-dire, la Sculpture. L'<i>art</i> ne peut représenter la beauté des couleurs que le soleil peint quelquefois en se couchant dans les nuées ; c'est-à-dire, la Peinture. L'<i>art</i> ne peut exprimer ce que je sens. On veut dire, ou l'Eloquence, ou la Poësie, ou la Musique. Au reste cela n'est pas particulier à notre Langue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2993" id="6" type="">
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    <head>ART</head>
    <p>
    Art , signifie aussi, Prudence, sage conduite. <i>Solertia, industria.</i> Ce Prince a trouvé l'<i>art</i> de bien gouverner. Ce Financier a trouvé l'<i>art</i> de s'enrichir. Le grand <i>art,</i> c'est de bien vivre, &amp; de bien mourir.</p><p>Les <i>Arts</i> Libéraux, sont ceux qui sont nobles, &amp; honnêtes. <i>Artes Liberales.</i> Comme la Poësie, la Musique, la Peinture, l'<i>Art</i> Militaire, l'Architecture, la Marine. Les <i>Arts</i> fleurirent plus que jamais sous un Prince qui avoit du goût, &amp; qui prenoit plaisir à combler de biens &amp; d'honneurs les hommes rares &amp; excellens. Le Gend. C'est toujours sous les plus grands Princes que les <i>Arts</i> ont fleuri, &amp; leur décadence est l'époque de celle d'un Etat. Voltaire.</p><p>Il y a aussi quelques <i>Arts</i> particuliers, comme l'<i>Art</i> de Raymond Lulle, l'<i>Art</i> de déchifrer, l'<i>Art</i> de la mémoire. Il y en a de défendus, comme l'<i>Art</i> Magique.</p><p>Les <i>Arts</i> Méchaniques, sont ceux où l'on travaille plus de la main &amp; du corps, que de l'esprit. <i>Artes humiles, vulgares, sordidae.</i> Ce sont d'ordinaire ceux qui nous fournissent les nécessités de la vie, comme celui des Horlogers, Tourneurs, Charpentiers, Fondeurs, Boulangers, Cordonniers, &amp;c. La Sur-Intendance des <i>Arts</i> &amp; Manufactures de France. Rabelais dit que Maître Gaster a été l'inventeur des <i>Arts</i> ; pour dire, que c'est la nécessité qui a rendu l'homme inventif &amp; industrieux : car est un mot Grec, qui signifie le ventre.</p><p>La division des <i>Arts</i> en <i>Arts</i> Libéraux &amp; en <i>Arts</i> Méchachanique, est bonne selon l'usage ; mais elle est mauvaise &amp; fausse suivant l'étymologie ; car il y a plusieurs <i>Arts</i> Libéraux où l'on se sert de machines &amp; d'instrumens, comme l'<i>Art</i> Militaire, la Marine, la Peinture, &amp;c. Les <i>Arts</i> Méchaniques tirent leur nom du mot Grec , machine ; parce qu'il n'y en a aucun qui ne se serve de quelque instrument. Il n'en est pas ainsi des <i>Arts</i> Libéraux parmi lesquels il y en a plusieurs qu'on peut apprendre &amp; exercer sans aucun instrument, comme la Logique, la Poësie, l'Eloquence, la Musique, la Médecine proprement dite, en tant qu'elle est distinguée de la Chirurgie, de la Pharmacie, de la Chymie. Démocrite a soutenu que les bêtes nous ont appris les <i>Arts</i> ; l'araignée, à faire de la toile ; l'hirondelle, à bâtir ; le rossignol, la Musique ; &amp; plusieurs, la Médecine. De Rochef.</p><p>On appelle un Maître de l'<i>Art,</i> un excellent homme dans chaque science ou profession. <i>Magister Artis.</i> Il s'en faut rapporter aux Maîtres de l'<i>Art.</i> On dit, Parler en termes de l'<i>Art,</i> quand on se sert des mots propres &amp; particuliers à chacun des <i>Arts</i> ou Sciences. Remarquez que c'est une espèce de barbarisme, de se servir de tous les termes de l'<i>Art,</i> ou devant des personnes qui ne sont pas du métier, ou lorsqu'il ne s'agit pas d'écrire, ou de parler expressément, &amp; de dessein formé, sur la matière : autrement il faut user des termes les plus connus, &amp; qui peuvent être plus facilement entendus de tout le monde. C'est un défaut assez ordinaire à ceux qui sont entêtés de quelque <i>Art,</i> ou de quelque Science. Ils font parade de leurs mots barbares. <pb n="358" facs="bpt6k8542165/f398/full/1200,/0/native.jpg"/>Cela les fait passer pour des Pédans. Le voyage de Siam seroit divinement bien écrit, si l'Auteur n'y avoit pas si souvent employé les termes de l'<i>Art.</i> Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2993" id="7" type="">
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    <head>ART</head>
    <p>
    Art , se pousse quelquefois par extension jusqu'à la Science, à la Philosophie. On appelle un Maître-ès-<i>Arts, Magister Artium, laureâ donatus,</i> celui qui a été examiné sur les quatre parties de la Philosophie qu'on montre aux Colléges.</p><p>Ce mot vient d' en Grec, qui signifie, <i>vertu, industrie.</i> C'est le sentiment de Donat sur la première scène de l'Andrienne de Térence. <i>Ars dicta est per syncopam.</i> D'autres le dérivent d', qui signifie, <i>utilité,</i> &amp; qui se trouve en ce sens dans Aeschyle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2994" id="1" type="">
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    <head>ART ANGELIQUE</head>
    <p>
    ART ANGELIQUE , ou ART DES ESPRITS. <i>Ars Angelica.</i> Moyen superstitieux d'apprendre tout ce que l'on veut savoir, par le moyen d'un <i>Ange,</i> ou plutôt d'un Démon. Voyez Cardan, <i>L. XVI. de Rerum variet.</i> &amp; Thiers, <i>Traité des Superstitions.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2995" id="1" type="">
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    <head>ART NOTOIRE</head>
    <p>
    ART NOTOIRE . <i>Ars notoria.</i> Manière superstitieuse d'acquérir les Sciences par infusion, en pratiquant certains jeûnes, &amp; faisant certaines cérémonies, que les fourbes qui professent cet <i>Art</i> ont inventées. Voyez Delrio, <i>Disquis. Mag. P. II.</i> Ceux qui font profession de l'<i>Art notoire</i> assurent que ce fut par ce moyen que Salomon acquit en une nuit toutes ces grandes connoissances. L'<i>Art notoire</i> est une curiosité criminelle, &amp; un pacte tacite avec le Démon, comme l'a montré Delrio, <i>Disquis. Mag. P. II.</i> La Sorbonne condamna en 1320. l'<i>Art notoire</i> comme superstitieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2996" id="1" type="">
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    <head>ART DE S. ANSELME</head>
    <p>
    ART DE S. ANSELME . Moyens superstitieux de guérir les plaies en touchant seulement aux linges qui ont été appliqués sur ces plaies. Delrio, dans ses Disquisitions magiques, dit, que quelques soldats Italiens, qui font ce métier, en attribuent l'invention à S. Anselme ; mais il assure que c'est une superstition inventée par Anselme de Parme, fameux Magicien : ainsi c'est de-là que lui vient son nom. Ceux qui sont guéris par l'<i>Art de S. Anselme,</i> s'il y en a qui guérissent ainsi, retombent dans de plus grands maux, &amp; ont communément une fin malheureuse. Delrio.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2997" id="1" type="">
   <index type="head" value="ART DE S. PAUL" />
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    <head>ART DE S. PAUL</head>
    <p>
    ART DE S. PAUL . Autre <i>Art</i> superstitieux, ou plutôt espèce d'<i>Art</i> notoire, ainsi appellé ; parce que ceux qui le pratiquent, disent qu'il fut enseigné par S. Paul après son ravissement au troisième Ciel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2998" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTABE" />
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    <head>ARTABE</head>
    <p>
    ARTABE , s. f. <i>Artaba.</i> C'est une ancienne mesure des Egyptiens, qui selon Isidore, <i>Orig. L. XVI. C.</i> 25. contenoit 72. septiers, Papias, Fannius, S. Jérôme sur Isaie, C. V. &amp; sur Daniel, C. XI. Palladius, C. 76 &amp; un manuscrit de la vie de S. Jean l'Aumônier que le P. Rosweid avoit vû, disoit qu'elle contenoit trois boisseaux &amp; un tiers de boisseau. Quelques Auteurs prétendent que c'étoit une mesure des Perses, parce que l'Auteur de la Vulgate s'en est servi dans Daniel XIV. 2. &amp; qu'elle fut ainsi appellée de Artabaze, fils de Pharacides, Général des Armées Persannes, ou d'Artabane, fils d'Histaspe, &amp; oncle paternel de Xerxès. Elle étoit, ajoûtent-ils, avec Hérodote, L. I. plus grande que le Médimne Attique de trois Choenix. Mais on ne sait précisément ce qu'elle contenoit, &amp; les Auteurs varient fort sur cela. Suidas dit que c'étoit une mesure des Mèdes, &amp; qu'elle étoit égale au Médimne d'Athènes, qui contenoit six boisseaux Romains. Hesychius &amp; S. Epiphane disent la même chose. Le Scholiaste d'Aristophane dit que c'étoit une mesure des Perses &amp; des Egyptiens. Le P. Kirker &amp; le P. Rosweid, <i>Vita Patr. p.</i> 1014. après un Auteur Grec cité par Agricola, disent que c'étoit une mesure d'Egypte qui contenoit cinq boisseaux, &amp; que le boisseau d'Egypte, comme celui d'Italie, contenoit huit Choenix. Pour accorder tous ces sentimens, le P. Kirker distingue trois <i>Artabes,</i> l'une qui contenoit un Médimne Attique, &amp; six Choenix ; une autre qui ne contenoit qu'un Choenix ; &amp; une troisième qui étoit de cinq boisseaux. Voyez le P. Rosweid à l'endroit cité, &amp; le P. Kirker, dans son <i>Prodr. Copt.</i></p><p>Le mot <i>Artabe</i> est un nom Persan &amp; Egyptien, selon le Scholiaste d'Aristophane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="2999" id="1" type="fleuriste">
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    <head>ARTAMÈNE</head>
    <p>
    ARTAMÈNE , s. m. Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet. C'est un violer brun sur un fin blanc, gagné de l'Orfeline. Il vient petit ; sa plante est robuste, &amp; ses marcottes vigoureuses. Traite des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3000" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARTEIL</head>
    <p>
    ARTEIL , s. m. Terme d'Anatomie , qui se dit de tous les doigts du pied. <i>Pedis digitus.</i> Le pouce, ou le gros <i>arteil,</i> n'a que deux os ; les quatre autres doigts, ou <i>arteils,</i> en ont chacun trois. Le peuple par corruption dit <i>orteil</i> ; &amp; c'est ainsi qu'il faut dire. Voyez <ref type="search" target="head:Orteil">Orteil</ref>.</p><p>Ce mot vient d'<i>articulus</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3001" id="1" type="mechanique">
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    <head>ARTÉMON</head>
    <p>
    ARTÉMON , s. m. Terme de Méchanique . Troisième moufle, qui est au bas de la machine appellée <i>polyspaste,</i> laquelle sert à élever des fardeaux. <i>Artemon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3002" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARTÈRE</head>
    <p>
    ARTÈRE , s. f. Terme d'Anatomie . C'est un tuyau destiné à recevoir le sang des ventricules du coeur, &amp; à le distribuer dans toutes les parties du corps, pour y entretenir la vie &amp; la chaleur, &amp; pour y porter la nourriture nécessaire. <i>Arteria.</i> Les <i>artères</i> sont composées de quatre membranes dures &amp; flexibles, qui sont tissues de fibres longues &amp; annulaires, &amp; de quelques branches de nerfs. Il y a deux <i>artères,</i> la pulmonaire, qui porte le sang du ventricule droit du coeur dans le poumon, &amp; que les Anciens appelloient veine artérieuse ; &amp; l'<i>artère</i> aorte, ou la grande <i>artère,</i> qui le porte du ventricule gauche dans toutes les parties du corps. Ces <i>artères</i> ont à leurs orifices de petites peaux, ou membranes qu'on nomme valvules semi-lunaires, ou simoïdes, qui laissent bien sortir le sang des deux ventricules ; mais elles empêchent qu'il n'y revienne par le même endroit. Il n'y a que les veines qui le rapportent dans le coeur de toutes les parties où les <i>artères</i> l'avoient distribué. On distingue les <i>artères</i> des veines, en ce que les <i>artères</i> sont plus épaisses, &amp; qu'elles ont un battement continuel. Ce battement consiste en deux mouvemens ; celui de dilatation, ou de diastole ; &amp; celui de contraction, ou de systole. Le coeur a deux semblables mouvemens, mais ils se font en des temps différents ; c'est-à-dire, que lorsque le coeur se resserre, les <i>artères</i> se dilatent, &amp; lorsque le coeur se dilate, les <i>artères</i> se resserrent. La dilatation des <i>artères</i> vient du sang qui y entre avec force, &amp; sa contraction vient de sa propre force, par laquelle le sang passe dans les veines. L'<i>artère</i> aorte sortant du ventricule gauche du coeur se divise en deux gros troncs, le supérieur &amp; l'inférieur. Le supérieur, qui porte le sang à la tête, &amp; aux autres parties supérieures, se divise en trois branches ; la première est la souclavière droite, d'ou viennent la carotide, la vertébrale, la cervicale, l'axillaire du côté droit, &amp;c. La seconde est la carotide gauche. La troisième est la souclavière gauche, qui produit la cervicale, la vertébrale, l'axillaire, &amp;c. du côté gauche. De l'<i>artère</i> aorte inférieure, qui porte le sang aux parties inférieures, sortent la bronchiale, les intercostales, la médiastine, les phréniques, la coeliaque, les mésentériques, les rénales, les spermatiques, les iliaques, les hypogastriques, la honteuse, la crurale, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3002" id="2" type="">
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    <head>ARTÈRE</head>
    <p>
    Artere , se dit aussi du conduit qui va de la bouche aux poumons, qu'on appelle Apre-<i>artère,</i> ou Trachée-<i>artère. Spiritûs semita.</i> Voyez Trachee-artere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3003" id="1" type="">
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    <head>ARTÉRIEL, ELLE</head>
    <p>
    ARTÉRIEL, ELLE , adj. Qui appartient à l'artère. Sang <i>artériel.</i> Voyez Artérieux qui suit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3004" id="1" type="">
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    <head>ARTÉRIEUX, EUSE</head>
    <p>
    ARTÉRIEUX, EUSE , adj. Qui appartient à l'artère. <i>Sanguis arterias permeans.</i> Sang <i>artérieux,</i> qui est plein d'esprits. Il est mieux de dire sang artériel. Autrefois on disoit artérial, mais ce mot n'est plus en usage. Les Anciens appelloient le tuyau qui porte le sang du ventricule droit du coeur dans le poumon, veine <i>artérieuse.</i> On l'appelle à présent l'artère pulmonaire, parce que c'est une véritable artère, &amp; qu'elle se distribue dans le poumon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3005" id="1" type="chirurgie">
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    <head>ARTÉRIOTOMIE</head>
    <p>
    ARTÉRIOTOMIE , s. f. Terme de Chirurgie . C'est l'ouverture d'une artère qu'on fait avec la lancette. <i>Venae incisio.</i> Cette opération ne se pratique qu'aux temples, &amp; derrière les oreilles, où on peut aisément fermer les artères, à cause du crane qui est par-dessous, ce qui seroit très-difficile ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3006" id="1" type="">
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    <head>ARTÉSIEN, ENNE</head>
    <p>
    ARTÉSIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Atrebas, Atrebatensis.</i> Peuple de l'Artois, Habitans de l'Artois. Alexandre de Parme opposa à ces lettres de l'Archiduc Matthias, des lettres du Roi Philippe II. aux <i>Artésiens,</i> qu'il leur envoya tout-à-propos. Du Ryer. Quand il s'agit des anciens <i>Artésiens,</i> on dit, les <i>Atrebates.</i> Les <i>Atrebates,</i> ou ceux d'Arras, envoyèrent 15000. hommes contre César. Cordemoy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3007" id="1" type="">
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    <head>ARTHETIQUE</head>
    <p>
    ARTHETIQUE , ou ARTHRITIQUE, s. f. Plante médicinale pour les maux articulaires. Voyez ARTICULAIRE &amp; VETTE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3008" id="1" type="">
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    <head>ARTICHAUD</head>
    <p>
    ARTICHAUD , ou Artichaut, on écrivoit autrefois Artichault, s. m. L'Académie a décidé pour <i>artichaut,</i> &amp; au plur. <i>artichauts. Carduus sativus, scolimus, cinara.</i> Ce mot se prend tantôt pour le fruit d'une plante qui ressemble aux chardons, tantôt pour la plante même. Sa racine est un pivot long d'un pied environ, couvert d'une écorce noirâtre, &amp; garni de quelques fibres chevelues. Son collet qui se divise quelquefois en plusieurs oeilletons jette des feuilles longues d'un pied ou deux, &amp; entières. Celles qui naissent ensuite sont plus longues, découpées en plusieurs segmens, qui sont encore recoupés en des lanières étroites, terminées dans quelques espèces par un aiguillon roide, fin, &amp; très-piquant. Ses feuilles sont pour l'ordinaire couvertes d'un coton très-fin &amp; blanchâtre. La tige qui s'élève d'entre ses feuilles, est ordinairement haute de deux à trois pieds, branchue quelquefois, &amp; terminée par une grosse tête en forme de pomme de pin, dont la base est ordinairement large de trois pouces. Cette tête est composée de plusieurs écailles pointues appliquées les unes sur les autres, épaisses à leur origine, charnues &amp; bonnes à manger. Le milieu de cette tête est rempli d'une infinité de fleurons bleus portés sur des embryons de graines, qui sont séparés les uns des autres par un poil court &amp; blanchâtre, dont toute la couche du calice est hérissée. On distingue les <i>artichauts</i> en ceux qu'on cultive, &amp; en sauvages. De ceux qu'on cultive il y en a plusieurs variés par rapport aux tètes, qui sont pius ou moins épineuses, plus ou moins grosses, rouges ou verdâtres, &amp; par rapport aux côtes des feuilles, qui sont plus ou moins tendres, &amp; que l'on mange. On lie les feuilles d'<i>artichauts,</i> &amp; on les environne de terre pour les faire blanchir, &amp; les rendre tendres &amp; propres à être apprêtées &amp; mangées. On estime sur-tout l'espèce qui nous vient d'Espagne, qu'on appelle communément <i>Cardon d'Espagne, Cinara spinosa cujus pediculi esitantur,</i> les autres espèces de cardes d'<i>artichauts</i> ne sont pas si tendres. On mange sur-tout en hiver ces sortes de cardes, qu'on fait cuire dans de l'eau, &amp; qu'on assaisonne ensuite avec du jus, de la graisse, ou du beurre, du poivre, du sel, &amp; un peu de vinaigre. Pour les têtes d'<i>artichauts,</i> on les mange crues, avec du poivre &amp; du sel. En Languedoc &amp; en Italie on les fait cuire sur les charbons, &amp; on y met un peu d'huile, du poivre &amp; du sel, après les avoir nettoyés de cette bourre qui occupe le milieu de ses têtes. Ordinairement on les fait cuire à l'eau, &amp; on les mange à la sausse blanche. L'<i>artichaut</i> demande à être bien fumé ; on croit même que son nom Latin vient de ce qu'on met quelquefois des cendres parmi le fumier, dont on veut garnir ses pieds pour en augmenter la fécondité. On seme l'<i>artichaut.</i> On voit dans presque toutes les saisons à Paris des têtes d'<i>artichaut.</i> Lorsque leurs fleurs commencent à paroître, elles ne sont plus si bonnes à manger, &amp; leur chair est remplie de plusieurs fibres très-dures. Ce qu'on nomme en Languedoc la Cardonnette, est une espèce d'<i>artichaut</i> qui croît le long des chemins. Ses feuilles sont plus petites, plus découpées &amp; plus piquantes que celles de l'<i>artichaut</i> cultivé. On ramasse les fleurs de la cardonnette, &amp; on les fait sécher à l'ombre, pour s'en servir à cailler le lait à la place de presure. On appelle improprement dans quelques endroits du Royaume <i>artichaut</i> sauvage, la grande joubarbe.</p><p>Les <i>artichauts</i> se multiplient par le moyen des oeilletons que chaque pied pousse d'ordinaire tous les ans au printemps autour de la vieille racine, &amp; qu'il faut ôter dès qu'ils sont assez forts, ensorte qu'on n'en laisse à chaque pied que les trois meilleurs &amp; les plus éloignés. Pour les planter on fait communément de petites fosses creuses d'un demi pied, éloignées de trois pieds l'une de l'autre, &amp; remplies de terreau. On fait deux rangs dressés au cordeau dans chaque planche, qui doit être large de quatre bon pieds, &amp; séparée de la planche voisine par un sentier d'un bon pied. Ces fosses sont à demi pied du bord de la planche, &amp; en échiquier entre elles. On met deux oeilletons en ligne droite dans chaque espace d'environ neuf à dix pouces. Il faut renouveller les <i>artichauts</i> tous les trois ans au moins, leur couper les feuilles à l'entrée de l'hiver, &amp; les couvrir de grand fumier pendant tout le froid jusqu'à la fin de Mars. Il faut pour lors les découvrir &amp; les oeilletonner, si les oeilletons sont assez forts ; ou attendre qu'ils le soient devenus au bout d'environ trois semaines, ou un mois. Chom.</p><p>On dit <i>artichaut</i> à la poivrade, c'est un <i>artichaut</i> en état d'être mangé crud, avec du sel &amp; du poivre. <i>Artichauts</i> frits. <i>Artichauts</i> fricassés. <i>Artichauts</i> confits. Ceux-ci sont des culs d'<i>artichauts</i> qu'on met, après les avoir fait bouillir assez pour en ôter le foin, dans une saumure composée d'eau bien salée, ou moitié eau &amp; moitié vinaigre, &amp; sur laquelle on met deux doigts d'huile, ou du beurre, qui ne soit guère chaud. On apprête aussi les cardes d'<i>artichauts</i> &amp; on les mange. Chomel. <i>Dict. Oecon.</i></p><p>Les <i>artichauts</i> sont apéritifs &amp; cordiaux, ils lèvent les obstructions ; Ils nourissent beaucoup ; ils purifient la masse du sang. Lemery. Les <i>artichauts</i> cruds sont venteux, &amp; se digèrent difficilement. Au contraire les <i>artichauts</i> cuits se digèrent facilement, &amp; ne causent aucun mauvais effet. Les <i>artichauts</i> contiennent beaucoup d'huile &amp; de sel essentiel. Les <i>artichauts</i> conviennent aux vieillards, &amp; à ceux qui sont d'un tempérament phlegmatique &amp; mélancolique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3009" id="1" type="">
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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    ARTICLE , s. m. Petite partie, ou division d'un discours, d'un écrit, d'un mémoire. <i>Caput.</i> Saint Thomas divise sa Somme en plusieurs questions, &amp; chaque question en plusieurs <i>articles.</i> Ce compte contient plusieurs <i>articles</i> en chaque chapitre de recette &amp; de dépense. Ce mémoire de frais contenoit 200. <i>articles.</i> Il faut accoller ensemble ces trois <i>articles.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    Article , se dit aussi des clauses &amp; conventions des Traités &amp; des Jugemens sur lesquels il se fait des contestations, &amp; des délibérations. On est déja convenu de tant d'<i>articles</i> du Traité de paix : des <i>articles</i> de la capitulation. On a déja jugé trois <i>articles</i> de ce procès. On a donné des <i>articles</i> de mariage ; &amp; on dit absolument, signer des <i>articles</i> ; pour dire, Signer un contrat de mariage. On peut faire interroger sa partie sur faits &amp; <i>articles</i> qu'on lui signifie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    Article de foi . C'est une vérité qu'on est obligé de croire, parce qu'elle est révélée de Dieu, &amp; reconnue telle par l'Eglise. Les <i>articles</i> controversés sont ceux qui sont combattus par les Hérétiques.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    Article , signifie aussi une chose particulière. On lui a donné un habit, &amp; il demande encore un manteau ; c'est un autre <i>article.</i> Il a retiré les meubles qu'il avoit engagés, mais il en a trouvé à redire plusieurs <i>articles.</i> Tout son bien consiste en un <i>article</i> ; pour dire, en une maison, en une terre. On lui donne tous les meubles de cet inventaire en sa garde, qu'on lui a compté <i>article</i> par <i>article.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3009" id="5" type="anatomie">
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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    Article en terme d'Anatomie , signifie la jointure des os du corps humain. <i>Articulus.</i> La goutte est une maladie qui vient dans les <i>articles,</i> &amp; est nommée <i>Morbus articularis.</i> Les plaies des <i>articles</i> sont fort dangereuses. Ce mot est le même qu'articulation. On appelle aussi <i>articles,</i> les choses mêmes qui sont jointes. Chaque partie dont un corps, ou un doigt est composé, est un <i>article.</i> Mais <i>article</i> en ce sens n'est pas si usité que <i>jointures</i> ; &amp; on dira bien plutôt, il sent du mal aux jointures des doigts, qu'aux <i>articles</i> des doigts.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    l'Article de la mort , est l'agonie, le temps où on est près de mourir. Cet homme a tout confessé à l'<i>article de la mort.</i> N'attendez pas à vous repentir à l'<i>article de la mort.</i> Il est bien rare qu'une repentance différée jusqu'à l'<i>article de la mort,</i> soit véritable.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    Article , en termes d'Arithmétique , c'est dix, &amp; tout autre nombre qui peut être divisé en dix, comme 20, 30, 40. On appelle aussi quelquefois ces nombres Décades, &amp; quelquefois nombres ronds. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    Article , en termes de Grammaire , est une particule dont se servent la plupart des langues pour décliner &amp; pour faire l'inflexion des noms, &amp; marquer leurs cas &amp; leurs genres ; parce que les terminaisons des noms étant les mêmes dans tous les cas, il n'y a que l'<i>article</i> qui les fasse distinguer. Ces particules sont <i>le</i> pour le masculin, &amp; <i>la</i> pour le féminin dans le singulier, &amp; <i>les</i> pour le masculin <pb n="360" facs="bpt6k8542165/f400/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; pour le féminin dans le pluriel. Quelques-uns font passer l'<i>article</i> pour une partie d'oraison ; mais il doit plutôt être mis au rang des pronoms. L'usage de l'<i>article défini</i> &amp; <i>indéfini,</i> fait l'une des plus grandes difficultés que les étrangers rencontrent dans la langue Françoise. Les Latins n'ont point d'<i>article.</i> Mais les Grecs, &amp; presque toutes les langues vivantes ont inventé ces particules, ou <i>articles,</i> pour déterminer la signification vague des noms communs &amp; appellatifs. On se sert de l'<i>article</i> défini dans une signification définie &amp; déterminée. On se sert de l'<i>article</i> indéfini avec tous les noms pris dans leur signification confuse, générale &amp; indéterminée : Il a un train <i>de Roi.</i> On parle là d'un Roi en général, &amp; non point spécialement d'un certain Roi. Rome a été gouvernée par des <i>Consuls.</i> Il s'ensuivroit de-là qu'on ne devroit point mettre d'<i>article</i> aux noms propres, parce que signifiant une chose fixe &amp; singulière, ils n'ont pas besoin de la déterminaison de l'<i>article.</i> Aussi n'imitons nous en cela les Italiens, que dans les noms purement Italiens, &amp; nous disons l'<i>Arioste, le Tasse</i> ; &amp; nous ne voudrions pas dire l'<i>Aristote</i> &amp; <i>le Platon.</i> Nous joignons pourtant l'<i>article</i> aux noms propres de Royaumes, de Provinces, de Rivières &amp; de Montagnes. <i>La</i> Suede, <i>la</i> Normandie : <i>le</i> Rhin, <i>le</i> Parnasse. Il n'y a que l'usage qui puisse apprendre l'application juste de l'<i>article</i> défini &amp; indéfini. On dit <i>la</i> Mozelle avec l'<i>article</i> défini féminin : &amp; l'on dit du vin <i>de</i> Mozelle, &amp; au contraire, le passage <i>de la</i> Mozelle ; au lieu qu'on dit du vin du Rhin, &amp; les bords <i>du</i> Rhin. Lorsque l'adjectif est mis devant le substantif, il faut se servir de l'<i>article</i> indéfini : excepté au génitif &amp; à l'ablatif. Il m'a envoyé <i>d</i>'excellens fruits. L'<i>article</i> est indéfini parce que l'adjectif &amp; le substantif sont à l'accusatif : mais il est défini au génitif. La gloire <i>des</i> grands hommes ne dépend point de l'opinion du Vulgaire.</p><p>Le P. Buffier distingue une troisième sorte d'<i>articles,</i> qu'il appelle l'<i>article</i> mitoyen &amp; partitif. Cet <i>article</i> a trois cas : les particules qui font le second cas de l'<i>article</i> défini, &amp; de l'<i>article</i> indéfini, sont le premier cas de l'<i>article</i> mitoyen ; ces particules sont <i>du, de la, de l', des, de.</i> Au second cas il a toujours <i>de</i> comme l'<i>article</i> indéfini. Au troisième cas il ajoûte <i>a</i> aux particules qui font son premier cas. Ainsi on dit au premier cas de l'<i>article</i> partitif &amp; mitoyen ; du bien, de la naissance, de l'esprit donnent accès dans le monde ; des Savans ont erré, de faux Savans se font écouter. Au second cas, une quantité de bien, une pinte d'eau. Au troisième cas ; n'aspire qu'à du bien ; comparer à de la paille ; j'ai oui dire à des Savans.</p><p>Voici quel est l'usage des <i>articles</i> en François, outre ce qui en a déja été dit. L'<i>Article</i> défini se met devant les mots qui ont un sens défini, soit que ces mots signifient un seul objet, soit qu'ils signifient un genre ou une espèce d'objets. Exemple, Le soleil luit, les hommes sont mortels, les hommes qui font du mal. On connoît par les circonstances l'unité d'objet, tant l'individuelle que la spécifique ; par exemple, Donnez-moi le pain, c'est le pain que voici. Le Roi, c'est celui dans le Royaume duquel je suis. J'ai mal à la tête, c'est la tête de la personne désignée par le nominatif du verbe. Les Anges sont immortels, ou l'Ange est immortel, ces phrases expriment une totalité d'objets qui forme une unité spécifique. Il faut employer l'<i>article</i> défini dans toutes les occasions où un mot est pris dans un sens défini.</p><p>On emploie l'<i>article</i> indéfini devant les mots qui sont pris dans un sens indéfini, c'est-à-dire, dans un sens qui ne marque ni distinction individuelle, ni une totalité spécifique : tels sont 1°, les pronoms personnels <i>moi, toi, soi, lui, ce, celui, qui,</i> &amp;c. excepté 1°, les possessifs relatifs le <i>mien,</i> le <i>tien,</i> 2°, le <i>même,</i> &amp;c. 3°, <i>lequel,</i> pris au sens du <i>qui,</i> ou de l'<i>uter</i> des Latins ; 4°, l'<i>autre</i> partie, l'<i>un</i> &amp; l'<i>autre, mon, ton, son, quelque, tout, chaque, chacun, quelqu'un, quiconque, aucun.</i> IIe, On met l'<i>article</i> indéfini avec les noms propres des personnes ; <i>Socrate, Cicéron,</i> &amp;c. les noms des planètes, <i>Jupiter, Saturne,</i> &amp;c certains termes d'honneur, <i>Monsieur, Madame, Messire, Monseigneur, Maître, Saint, Sainte, Dieu.</i> Mais si les noms propres ne sont pas regardés comme propres, mais comme pouvant convenir à plusieurs objets, alors ils reçoivent l'<i>article</i> défini. Exemple, <i>le Dieu</i> des miséricordes, <i>le Socrate</i> d'Athènes, <i>le mercredi-Saint, la Flandre-Françoise.</i> On met aussi l'<i>article</i> défini avec les noms propres lorsqu'ils sont au pluriel, &amp; qu'ils expriment toute une espèce d'objets semblables, comme <i>les Démosthènes, les Cicérons,</i> &amp;c. III°, Les noms propres de Provinces, ou de Royaumes, excepté quelques-uns, qui tirent leur nom de leur Capitale, comme <i>Valence,</i> &amp; ceux de quelques Isles, comme <i>Candie,</i> qui prennent l'<i>article</i> défini au premier cas ; ils le gardent aussi aux autres, lorsque les mots avec quoi ils sont joints ne signifient point à l'égard de ces lieux-là <i>demeure, venue,</i> ou <i>sortie,</i> ainsi on dit, la politesse <i>de la France,</i> mais il faut dire partir <i>de France,</i> sortir d'<i>Allemagne.</i> IV°, On met l'<i>article</i> indéfini du génitif aux noms de Provinces, ou de Royaumes, quand ils servent à distinguer un nom substantif qui les précède, comme Roi <i>de France,</i> vin <i>de Champagne,</i> Gouverneur de Picardie. V°, L'<i>article</i> indéfini se met avec les noms de nombre absolus, <i>un, deux,</i> &amp;c. pourvû qu'ils ne se rapportent pas eux-mêmes à un nom déterminé &amp; défini, car alors on met l'<i>article</i> défini ; ainsi quoiqu'on dise, <i>à un</i> soldat, <i>de deux</i> Philosophes, on doit dire <i>aux douze</i> Apôtres, &amp;c. VI°, L'adverbe <i>beaucoup</i> veut un <i>article</i> indéfini ; mais il faut un <i>article</i> défini avec l'adverbe <i>bien</i> pris pour beaucoup. Exemple, beaucoup <i>de peine,</i> d'<i>argent,</i> &amp;c. bien <i>de la peine,</i> bien <i>de l'argent,</i> &amp;c. VII°, On met l'<i>article</i> indéfini devant un nom pris en un temps indéfini, &amp; régi au genitif par un nom, ou par un verbe, comme user <i>de finesse,</i> vivre d'<i>industrie,</i> joueur <i>de luth,</i> &amp;c. Mais les verbes qui marquent quelque mouvement du corps sur un instrument matériel, veulent après eux l'<i>article</i> défini ; par exemple, frapper <i>de l'épée,</i> jouer <i>du luth,</i> &amp;c.</p><p>L'<i>article</i> partitif s'emploie pour marquer une partie de la chose exprimée, par le mot ; par exemple, <i>Des savans</i> ont cru, c'est-à-dire, quelques savans ; il me faut <i>de la lumière,</i> c'est-à-dire, quelque lumière, &amp;c.</p><p>Quelquefois on peut employer indifféremment un <i>article</i> pour l'autre ; par exemple, <i>les gens</i> d'esprit, ou <i>des gens</i> d'esprit font toujours plaisir : mais l'usage a mis une grande différence entre les <i>articles</i> en quelques occasions, comme on le voit dans ces phrases, <i>Les gens</i> d'esprit se rendent malheureux, <i>Des gens</i> d'esprit se rendent malheureux.</p><p>Quelquefois enfin on ne met aucun <i>article</i> aux noms ; l'usage l'a ainsi établi, &amp; cela donne de la force au discours. Par exemple, Intérêt, honneur, conscience, tout est sacrifié.</p><p>Le mot <i>un, une,</i> est souvent employé comme un <i>article,</i> par exemple, <i>un livre</i> ennuyeux est bon pour endormir. J'ai vû ce matin <i>un homme.</i> On voit par ces exemples qu'il a quelquefois la signification de l'<i>article</i> défini, &amp; quelquefois celle de l'<i>article</i> indéfini. Ces observations sont tirées de la Grammaire Françoise du P. Buffier, qui a traité cette matière avec plus d'étendue, de justesse &amp; de netteté, qu'aucun de ceux qui ont écrit sur la même matière. On les trouve aussi expliqués dans la Grammaire de M. Restaut.</p><p>On peut ajoûter encore la remarque de Mr de Vaugelas, qui veut que <i>de,</i> qui est le génitif de l'<i>article du,</i> soit toujours immédiatement uni à son nom, sans qu'il y ait rien d'étranger qui les sépare. C'est pourquoi il condamne cette construction. J'ai suivi l'avis <i>de presque</i> tous les Jurisconsultes. Il fait observer que le mot <i>presque,</i> ne devoit point être placé là entre le <i>de</i> &amp; le nom auquel il se rapporte. On dit cependant fort bien : La perte fut <i>d</i>'environ mille hommes. <i>Environ</i> sépare le <i>de</i> de son substantif. Il est bon de remarquer encore que le pronom relatif ne se peut rapporter à un nom qui n'a point d'<i>article</i> ; parce que les noms indéfinis, ou indéterminés, c'est-à-dire, qui n'ont point d'<i>article,</i> n'ont aucun régime, ni aucun relation. Par exemple, le Roi lui a fait <i>grace, qu'il</i> a reçue allant au supplice. Ce n'est point écrire purement : car, <i>qu'il,</i> ne peut se rapporter à <i>grace,</i> qui est indéterminé, &amp; qui n'a point d'<i>article.</i> Vaug. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3009" id="9" type="">
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    <head>ARTICLE</head>
    <p>
    Article , se dit proverbialement en ces phrases. Quand un homme s'est ruiné en peu de temps, on dit qu'il a mangé tout son bien en un <i>article</i> ; &amp; d'un goulu qui mange vîte, on dit que quand il tient un poulet, il n'en fait qu'un <i>article</i> ; &amp; d'un homme qui est confus, on dit qu'il met tout en un <i>article,</i> qu'il ne fait aucune distinction des choses. <pb n="361" facs="bpt6k8542165/f401/full/1200,/0/native.jpg"/>On dit aussi d'un homme de facile créance, qu'il croit tout ce qu'on lui dit comme un <i>artic</i>le de Foi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3010" id="1" type="medecine">
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    <head>ARTICULAIRE</head>
    <p>
    ARTICULAIRE , adj. m. &amp; f. Terme de Médecine . <i>Articularis.</i> C'est une épithète qu'on donne à une maladie qui afflige &amp; altère particulièrement la substance des articles, causée par une matière acre, &amp; qui, pour cette cause, est nommée des Grecs &amp; des Latins <i>Morbus articularis.</i> En François on l'appelle <i>Goutte,</i> parce que cette humeur distille goutte à goutte, &amp; parce qu'une seule goutte est capable de causer une grande douleur. Elle a autant de différences &amp; de noms qu'il y a de jointures, ou qu'elle a de qualités. On voit des goutteux qui ont une goutte froide aux genoux ; d'autres qui ont aux pieds une goutte chaude.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3011" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARTICULATION</head>
    <p>
    ARTICULATION , s. f. Prononciation distincte des syllabes. <i>Distincta verborum pronunciatio.</i> Dieu a donné à l'homme l'<i>articulation</i> de la voix pour se faire entendre. On dit au Palais, l'<i>articulation</i> de faits nouveaux ; pour dire, l'allégation ; &amp; en termes d'Anatomie , <i>articulation</i> se dit d'une composition naturelle d'os, en laquelle les bouts de deux os se joignent : ce qui se fait en deux manières, ou par artron, ou par symphyse.</p><p>Ce mot signifie en général la conjonction de deux choses, lesquelles étant liées étroitement l'une à l'autre, peuvent être pliées. <i>Articulatio.</i> Ainsi on dit, l'<i>articulation</i> d'un rasoir, d'une lancette, d'une jambette, &amp;c. en parlant de l'endroit qui sert à les plier.</p><p>Il se dit aussi en termes de Botanique , &amp; a le même sens qu'en Anatomie. Ces pédicules sont articulés en plusieurs endroits, &amp; garnis en chaque <i>articulation</i> d'une feuille. P. Plum.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3012" id="1" type="">
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    <head>ARTICULER</head>
    <p>
    ARTICULER , v. act. Marquer distinctement ses lettres, &amp; ses paroles. <i>Distinctè voces efferre.</i> Ce bègue a la langue grasse, il ne sauroit bien <i>articuler</i> ses mots. Les animaux ne peuvent <i>articuler</i> le son de leur voix, à la réserve de quelques oiseaux, comme le perroquet, la pie, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3012" id="2" type="palais">
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    <head>ARTICULER</head>
    <p>
    Articuler , en termes de Palais , signifie, mettre en fait, <i>Distinctis capitibus rem partiri.</i> La partie a <i>articulé</i> &amp; mis en fait qu'elle avoit payé. On expédioit il y a 30. ans des Lettres de Chancelerie pour avoir permission d'<i>articuler</i> faits nouveaux : cela a été abrogé par l'Ordonnance de 1667. On dit <i>articuler</i> sa demande ; pour dire, la donner par articles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3012" id="3" type="">
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    <head>ARTICULER</head>
    <p>
    Articuler , signifie quelquefois, mettre par articles. Vous mettez cette dépense en gros, il la faut <i>articuler</i> par le menu, la mettre par articles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3012" id="4" type="">
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    <head>ARTICULER</head>
    <p>
    Articuler , en Anatomie, se dit en parlant de la jonction des membres. <i>Articulare.</i> Tous les animaux ne sont pas <i>articulés</i> de la même façon. L'os de la cuisse s'<i>articule</i> avec l'os ischion. Deux éminences d'une vertèbre inférieure entrent dans les deux cavités inférieures de la supérieure, qui les <i>articulent</i> ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3012" id="5" type="botanique">
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    <head>ARTICULER</head>
    <p>
    Articulé, ée , part. &amp; adj. Albert le Grand fit une tête d'airain qui formoit des paroles <i>articulées.</i> Deroch. On dit en Sculpture &amp; en Peinture, que les parties sont bien <i>articulées,</i> &amp; bien prononcées ; pour dire, qu'elles sont bien marquées. <i>Articulatus.</i></p><p>En termes de Botanique il se dit dans le même sens de la jonction de deux parties d'une plante. L'arum montant à feuilles fermes, froncées &amp; fendues, a des fruits qui pendent en bas, &amp; qui sont attachés à des pédicules <i>articulés</i> en deux ou trois endroits, &amp; garnis en chaque articulation d'une feuille. P. Plum.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3013" id="1" type="">
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    <head>ARTIE</head>
    <p>
    &#9758; ARTIE , s. f. <i>Artegia,</i> ou <i>Hardicia.</i> Petit canton de Vexin, où est situé le Village de Chaudrai, célèbre par le séjour qu'y faisoit au XVII. siècle le célèbre Médecin Christophe Osane. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom.</i> 2. <i>p.</i> 240.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3014" id="1" type="college">
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    <head>ARTIEN</head>
    <p>
    ARTIEN , s. m. Terme de Collége , qui se dit des Ecoliers qui sont sortis des Humanités, &amp; qui étudient en Philosophie. En plusieurs Colléges, comme à Navarre, il y a un Principal particulier pour les <i>Artiens.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>ars</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3015" id="1" type="">
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    <head>ARTIFICE</head>
    <p>
    ARTIFICE , s. m. Adresse, industrie de faire les choses avec beaucoup de subtilité &amp; de précaution. <i>Artificium, industria.</i> Il y a beaucoup d'<i>artifice</i> dans cette machine, dans ce Roman. Ce qui paroît négligence en lui, est un <i>artifice</i> caché, qui se déguise sous la forme de son contraire, pour agir avec plus d'adresse, &amp; avec plus de sûreté. Bouh. Le Philosophe Ariston comparoit les syllogismes des Logiciens aux toiles d'araignées, qui nous sont inutiles, quoique faites avec beaucoup d'<i>artifice.</i> S. Evr. Remarquez bien tout l'<i>artifice</i> de cet ouvrage, &amp; combien il est artistement travaillé. P. Dan. J'ai appris à mentir selon la coutume de la vraie galanterie ; &amp; je sai tous les petits <i>artifices</i> d'amour qui sont propres à séduire. Le Ch. d'H. Pour amener les autres à votre sentiment, il faut ménager leur esprit avec une souplesse dont on ne sente point l'<i>artifice.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3015" id="2" type="">
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    <head>ARTIFICE</head>
    <p>
    Artifice se dit aussi des feux qui se font avec art, soit pour le divertissement, soit pour la guerre, <i>Ignis artificiosus.</i> On a brûlé les vaisseaux ennemis avec des feux d'<i>artifice.</i> On a jetté des feux d'<i>artifice</i> dessus la brèche. Il s'est fait un beau feu d'<i>artifice</i> à l'entrée du Roi. Les fusées, les petards, les pots à feux, les lances à feu sont des feux d'<i>artifice.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3015" id="3" type="">
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    <head>ARTIFICE</head>
    <p>
    Artifice , signifie aussi, Fraude, déguisement, mauvaise finesse. <i>Fraus, dolus.</i> Il ne faut jamais user d'<i>artifice.</i> Cette femme n'est belle que par <i>artifice.</i> En tout ce qu'il fait il y a quelque <i>artifice</i> caché. Le principal <i>artifice</i> de votre conduite, c'est de faire croire qu'il y va de tout dans une affaire qui n'est de rien. Pasc. L'humilité est un <i>artifice</i> de l'orgueil qui s'abaisse pour se relever. Rochef. Il est plein d'<i>artifices</i> &amp; de mensonges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3016" id="1" type="">
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    <head>ARTIFICIEL, ELLE</head>
    <p>
    ARTIFICIEL, ELLE , adj. Qui se fait par art, &amp; qui ne vient point naturellement. <i>Artificialis.</i> Il y a une grandeur <i>artificielle,</i> attachée à un air, à un mouvement des yeux. La Bruy. Il y a des hommes <i>artificiels.</i> Amel. C'est-à-dire, des hommes toujours guindés, toujours concertés. Comme les pleurs des femmes sont d'ordinaire <i>artificiels,</i> &amp; cérémonieux, il faut les laisser pleurer de peur de les obliger à faire pis par l'opposition. Mont. Cette femme a une beauté <i>artificielle</i> ; elle rit, elle fait tout avec art. On contrefait aujourd'hui toutes les drogues, il s'en fait d'<i>artificielles.</i> On fait du sel armoniac <i>artificiel,</i> du borax <i>artificiel.</i> En Astronomie il y a un jour naturel, &amp; un jour <i>artificiel.</i> On appelle aussi sphère <i>artificielle,</i> ou armillaire, un instrument de Mathématique, composé de lignes, de cercles entrelassés les uns dans les autres, avec un globe au milieu, pour représenter à nos yeux la sphère naturelle. On prétend que la sphère <i>artificielle</i> est de l'invention d'Archimède, &amp; qu'il en avoit composé une de cristal, où par des mouvemens <i>artificiels</i> l'on voyoit tout ce qui se passe naturellement dans la machine du monde. Dans la sphère <i>artificielle,</i> qui est selon l'opinion commune, la terre est immobile au milieu du monde. Tous les cercles de la sphère <i>artificielle</i> doivent être conçus dans la sphère naturelle. Nombres <i>artificiels,</i> ce sont les sécantes, les sinus, les tangentes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3016" id="2" type="rhetorique">
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    <head>ARTIFICIEL, ELLE</head>
    <p>
    Artificiel, elle , adj. <i>Arte factus.</i> Terme de Rhétorique . Toutes les preuves qui naissent de l'esprit &amp; de l'industrie de l'Orateur, sont appellées <i>artificielles</i> ; &amp; telles sont, les définitions, les causes, les effets, &amp;c. pour les distinguer des loix, des autorités, des citations, &amp; autres de cette nature que l'on appelle des preuves sans artifice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3017" id="1" type="">
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    <head>ARTIFICIELLEMENT</head>
    <p>
    ARTIFICIELLEMENT , adv. D'une manière artiste. <i>Artificialiter.</i> Cette machine se meut <i>artificiellement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3018" id="1" type="">
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    <head>ARTIFICIER</head>
    <p>
    ARTIFICIER , s. m. Ouvrier qui fait des feux d'artifice. <i>Ignium missiliu martifex.</i> Il y a deux sortes d'<i>Artificiers.</i> Les uns sont proprement du corps de l'Artillerie ; &amp; ce sont eux qui composent tous les feux d'artifice, que l'on veut jetter dans les places qu'on attaque, ou au bas de celle qu'on défend. Les autres sont uniquement employés à faire tous les feux d'artifices des villes, toutes les fois qu'il s'agit de donner des marques de joie, pour les diverses prospérités qui peuvent arriver à un Etat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3019" id="1" type="">
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    <head>ARTIFICIEUSEMENT</head>
    <p>
    ARTIFICIEUSEMENT , adv. d'une manière artificieuse, adroite, fine, rusée. <i>Callidè, astutè.</i> Jamais la grace efficace ne fut plus <i>artificieusement</i> défendue. Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3020" id="1" type="">
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    <head>ARTIFICIEUX, EUSE</head>
    <p>
    ARTIFICIEUX, EUSE , adj. Fin, adroit, rusé. <i>Callidus, astutus.</i> Il ne se dit qu'en ces phrases. C'est un homme <i>artificieux,</i> trompeur. Un discours <i>artificieux.</i> L'affabilité des Grands est une vertu <i>artificieuse</i> qui sert à leurs projets d'ambition. M. Esp. Il n'y a rien qu'un Ecrivain <pb n="362" facs="bpt6k8542165/f402/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>artificieux</i> ne puisse colorer. Nic. On se défie de ce qui paroît <i>artificieux</i> &amp; recherché. Rap. Les meilleures qualités perdent leur prix, quand on y remarque de l'affectation, parce qu'on les attribue à une contrainte <i>artificieuse.</i> Amel. Il n'est que trop de ces zélés artificieux, qui se jouent de la simplicité du peuple. Le Cl. <i>Artificieux</i> ne se dit que de l'esprit, &amp; <i>artificiel</i> que des choses matérielles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3021" id="1" type="">
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    <head>ARTILLER</head>
    <p>
    ARTILLER , s. m. Ouvrier qui travaille à l'artillerie, comme Fondeur, Canonier, &amp;c. <i>Tormentorum aereorum artifex.</i> Il y a d'ordinaire trois <i>Artillers</i> qui manient le canon. Il y a sur les Etats de la Maison du Roi, un <i>Artiller</i> ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3021" id="2" type="marine">
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    <head>ARTILLER</head>
    <p>
    Artiller , étoit aussi autrefois un verbe, qui signifioit, Armer, équiper un soldat, lui fournir des armes, &amp; les instrumens de guerre qui lui étoient nécessaires.</p><p>En termes de Marine on dit, un vaisseau équipé, monté ou <i>artillé</i> de tant de pièces de Canon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3022" id="1" type="">
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    <head>ARTILLERIE</head>
    <p>
    ARTILLERIE , s. f. Gros équipage de guerre, qui comprend le canon, les bombes, petards, &amp; autres armes à feu, qui se chargent à boulets, boîtes, cartouches, &amp;c. <i>Tormenta muralia bellica.</i> On n'a pû attaquer cette place, parce qu'on manquoit de grosse <i>artillerie.</i> Il y avoit dans cette armée 500 chevaux d'<i>artillerie</i> pour mener tout l'attirail de guerre, des outils, des pionniers, ponts de bateaux, échelles, &amp; autres machines nécessaires pour les campemens &amp; les siéges. Le parc de l'<i>artillerie</i> est le lieu du camp destiné à la garde des munitions de gerre. Il y avoit tant d'Officiers, de Commissaires de l'<i>Artillerie.</i> Le Lieutenant de l'<i>Artillerie.</i> Quand le mot d'<i>artillerie</i> se prend seulement pour le canon d'une armée, ou d'une place, on dit ; dresser l'<i>artillerie,</i> décharger l'<i>artillerie,</i> faire jouer l'<i>artillerie,</i> servir l'<i>artillerie.</i> On tira plus de deux mille coups de canon en moins d'une heure, tant l'<i>artillerie</i> étoit bien servie par les soins du Général. On trouva dans la ville de Malaca jusqu'à huit mille pièces d'<i>artillerie,</i> après qu'Alfonse Albuquerque s'en fut rendu le maître, à ce que dit l'Histoire d'Emanuël de Faria. L'<i>Artillerie</i> a été inventée vers l'an 1380. par Constantin Anchtzen de Fribourg, ou Bertholde Swartz Cordelier Chymiste ; selon Pasquier &amp; Vossius, en l'an 1354. Casimir Simierrowiez Polonois, a écrit un excellent livre de l'<i>Artillerie,</i> &amp; de tous les feux d'artifice, tant pour la guerre que pour la paix. Joachim Brechtelius en a aussi fort bien écrit. On y trouve une remarque singulière, qui est, que les anciens Allemands faisoient faire serment à tous ceux qui s'adonnoient à l'art pyrotechnique, qu'ils ne construiroient aucuns globes empoisonnés ; qu'ils ne cacheroient point de feux clandestins en aucuns lieux secrets ; qu'ils ne tireroient point de canon de nuit ; qu'ils ne prépareroient jamais aucuns feux artificiels sautans &amp; voltigeans, &amp; qu'ils ne s'en serviroient point pour la ruine &amp; destruction des hommes. Les Perses n'ont jamais pû (en 1518.) avoir ni infanterie ni <i>artillerie</i> en leurs armées, parce qu'elle les empêcheroit de se retirer avec vîtesse, de la façon qu'ils ont accoutumé de faire, &amp; de surprendre l'ennemi, en quoi consistent leurs principales actions militaires. Wicq. <i>Amb. de Fig.</i> M. Catharinot a fait un petit Traité d'<i>artillerie</i> rempli de quantité de choses agréables &amp; curieuses, &amp; de plusieurs noms d'anciennes pièces de canon ; comme l'Indien de Lisbonne, la Diablesse de Rotouc, le Tricquetrac de Rome, &amp;c. Il y apprend à qui les différentes pièces d'<i>artillerie</i> doivent leur nom &amp; leur invention ; nous en parlerons en leur lieu. C'est dans le XVe siècle, pendant la guerre que les Vénitiens eurent avec les Florentins, sous Laurent de Médicis fils de Pierre, que l'invention de faire rouler l'<i>artillerie</i> en pleine campagne fut trouvée par le Général Vénitien.</p><p>Ménage dérive ce mot du vieux François <i>Artiller,</i> qui signifie, Rendre fort par art, &amp; garnir d'outils &amp; d'instrumens de guerre. Le mot d'<i>Artiller</i> vient de <i>art,</i> ou invention, parce que <i>ars</i> chez les Latins signifioit une <i>machine.</i></p><p>On appelloit aussi <i>Artillerie,</i> les machines de guerre anciennes, comme catapultes, beliers, dards, mangonnaux, &amp;c. comme on voit dans Froissart &amp; autres vieux Historiens. Du Cange cite le Roman de Guillaume Guyart de l'an 1304. où l'on voit que l'<i>artillerie</i> étoit le charroi chargé de carreaux d'arbalêtes, de dards, de lances, de targes, de harnois, pour en donner à ceux qui n'en avoient point ; &amp; alors <i>Artiller</i> signifioit, Armer un soldat, lui fournir des armes. Le P. Papebrock, <i>Act. Sanct. April. T. I. p.</i> 159. <i>B.</i> croit que ce mot vient du nom que les François donnoient à la baliste, qui étoit une des principales machines de guerre, &amp; qu'ils appelloient Arc-à-tirer, <i>Arcus tractilis,</i> parce qu'elle se conduisoit sur une espèce de chariot. Il veut que de là se soit fait <i>Arctiverie,</i> que l'usage a adouci, &amp; dont il a fait <i>Artellerie,</i> ou plutôt <i>Artillerie.</i></p><p>Grand-Maître de l'<i>Artillerie.</i> Monseigneur, le Prince Souverain de Dombes, fut nommé par le Roi Grand-Maître de l'<i>Artillerie</i> le 4e. Septembre 1694. On dit, Officier d'<i>Artillerie,</i> Commissaire d'<i>Artillerie,</i> Lieutenant d'<i>Artillerie,</i> sans l'article ; mais on ne dit point Grand-Maitre d'<i>Artillerie</i> ; il faut toujours dire Grand-Maître de l'<i>Artillerie</i> ; parce que le génitif indéfini, ou sans article, marque partage &amp; division ; &amp; le génitif défini, ou avec l'article, marque généralité, totalité ; &amp; le Grand-Maître de l'<i>Artillerie</i> a la Surintendance généralement dans tous les Arsenaux, dans toutes les places &amp; armées du Royaume, &amp; sur tous les Officiers d'<i>Artillerie.</i> On ne connoît jusqu'ici que trente-six Grands-Maîtres de l'<i>Artillerie,</i> depuis Jean de la Loupe qui l'étoit en 1324. jusqu'à Loüis Auguste Prince Souverain de Dombes, Duc du Maine. Le Grand-Maître de l'<i>Artillerie</i> n'a pris ce nom que depuis l'usage des armes à feu. Il se nommoit autrefois le Grand-Maître des Arbalêtriers. Voyez <ref type="search" target="head:ARBALÊTRIER">ARBALÊTRIER</ref>. On le nommoit aussi Grand-Maître des machines, <i>Magister machinarum &amp; machinatorum exercituum,</i> &amp; il avoit sous lui des Officiers nommés <i>Magistri ingeniorum,</i> que nous pouvons appeller Ingénieurs. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. le Pres. Valbonnet, <i>Hist. de Dauph.</i> p. 55.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3023" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ARTIMON" />
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    <head>ARTIMON</head>
    <p>
    ARTIMON , s. m. Terme de Marine . C'est le mât d'un navire qui est le plus près vers la pouppe, &amp; qui porte ordinairement des voiles latines. <i>Acatium, velum amplius.</i> On l'appelle autrement, <i>mat de foule,</i> ou <i>le mat de l'arriere,</i> ou <i>de la pouppe.</i> La vergue d'<i>artimon</i> est toujours couchée de biais sur le mât, &amp; ne le traverse point à angles droits, comme tous les autres. Le mât d'<i>artimon</i> n'a qu'une brisure, &amp; ne porte point de perroquet.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui ne se prenoit pourtant pas en la même signification que nous le prenons aujourd'hui. C'est ce que l'on peut voir dans Javolenus, qui soutient après Labeon dans la Loi <i>Malum, Dig. De verborum significatione,</i> qu'<i>artimon</i> n'est point une partie intégrante du vaisseau : ce qu'il n'eût pas dit s'il l'eût pris pour un mât. On n'entendoit donc autre chose par le mot d'<i>artimon,</i> qu'une machine ou poulie qui servoit à tirer dans le vaisseau, ou à décharger les gros fardeaux, ou à rouler le cable. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le <i>Cabestan.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARTISAN</head>
    <p>
    ARTISAN , s. m. Ouvrier qui travaille aux arts méchaniques, comme Cordonnier, Serrurier, Menuisier, Chapelier, &amp;c <i>Artifex, Opifex. Artisan</i> en ce sens n'a point de régime. On dit un pauvre <i>artisan,</i> un vil <i>artisan,</i> un habile <i>artisan.</i> On le disoit aussi par extension, d'un excellent Ouvrier dans les arts libéraux. Les <i>artisans,</i> aussi-bien que les Marchands, ont leur part aux Sciences. Benoît Baudouin, natif d'Amiens très-habile Théologien, fils de Cordonnier, &amp; Cordonnier lui-même dans la boutique de son père, a fait entre autres ouvrages un savant Traité, <i>De calceo antiquo &amp; mystico,</i> pour faire honneur à son premier métier. Jean-Baptiste Gallo, Cordonnier à Florence, nous a donné de beaux ouvrages en sa langue, sur-tout des Dialogues à l'imitation de Lucien. Volfang Musculus faisoit le métier de tisseran pour vivre dans ses études. M. le Fèvre, savant Astronome de l'Observatoire de Paris, étoit un tisseran à Lisieux. Nicolas Bourdon, Poëte Latin, étoit fils d'un Forgeron, &amp; avoit soufflé à la forge de son père. De Vig. Mar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3024" id="2" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ARTISAN</head>
    <p>
    Artisan se dit figurément en Morale. Cet homme est l'<i>artisan</i> de sa fortune ; pour dire qu'il se l'est procurée à lui-même, qu'il n'en a obligation à personne. Il y a quelque chose de plus doux à être l'<i>artisan</i> de sa propre grandeur, &amp; à ne devoir rien qu'à soi-même. M. Scud. Il donne du courage à tous les <i>artisans</i> de sa gloire. Balz. C'est l'<i>artisan</i> de la volupté. Ablanc. On dit aussi, Cet homme est un grand <i>artisan</i> de fourbes &amp; de calomnies. On dit par excellence, que l'Auteur de la Nature est un merveilleux <i>Artisan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3025" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTISANNE" />
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    <head>ARTISANNE</head>
    <p>
    ARTISANNE , s. f. Quelques-uns prétendent que ce mot n'est pas usité au propre, &amp; qu'il faut dire la femme d'un artisan ; cependant on le dit, au moins en certains lieux C'est une bonne <i>artisanne,</i> pour dire qui est à son aise. Il a soulagé cette pauvre <i>artisanne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ARTISANNE" />
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    <head>ARTISANNE</head>
    <p>
    Artisanne . Ce mot est fort beau au figuré. Il signifie celle qui fait quelque chose, qui en est la cause. La sagesse est l'ouvrière &amp; l'<i>artisanne</i> de toutes choses. Cost.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3026" id="1" type="">
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    <head>ARTISON</head>
    <p>
    ARTISON , ou ARTUSON, s. m. Petit ver qui s'engendre dans le bois, &amp; qui le perce avec son petit bec, comme avec un foret. <i>Blatta, cossus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3027" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTISONNÉ" />
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    <head>ARTISONNÉ</head>
    <p>
    ARTISONNÉ , ou ARTUSONNÉ, adj. On le dit du bois où il y a plusieurs petits trous de vers : en quelques endroits on dit <i>Artuisonné,</i> parce qu'on appelle <i>artuis</i> les vers qui le rongent, ou les trous qu'ils y font.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3028" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTISTE" />
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    <head>ARTISTE</head>
    <p>
    ARTISTE , adj. m. &amp; f. &amp; f. L'ouvrier qui travaille avec grand art, &amp; avec facilité ; ou la chose qui est fort bien travaillée. <i>Artificiosus.</i> Cet ouvrage vient de la main d'un savant <i>Artiste.</i> Voilà une montre, une machine fort <i>artiste.</i> On trouve dans la mauvaise latinité <i>Artista, Artiste,</i> pour dire Docteur ès Arts, comme <i>Decretista,</i> pour Docteur en Droit Canon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3028" id="2" type="chymie">
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    <head>ARTISTE</head>
    <p>
    Artiste , s. m. Terme de Chymie . C'est celui qui sait bien faire les opérations de la Chymie. Il faut être un grand <i>Artiste</i> pour préparer les minéraux, afin qu'ils ne soient point nuisibles. Aucun <i>Artiste</i> ne doute qu'il ne faille préparer la thériaque au mois de Novembre. Charas. Raymont Lulle, Paracelse, Arnaud de Villeneuve, ont été de savans <i>Artistes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3028" id="3" type="">
   <index type="head" value="ARTISTE" />
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    <head>ARTISTE</head>
    <p>
    Artiste se dit aussi dans les Universités, de celui qui a étudié les arts libéraux. Danet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3029" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTISTEMENT" />
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    <head>ARTISTEMENT</head>
    <p>
    ARTISTEMENT , adv. D'une manière artiste. <i>Artificiosè.</i> Il se dit des choses spirituelles aussi-bien que des matérielles. Ce globe a été travaillé fort <i>artistement.</i> L'Enéide est un Poëme fort <i>artistement</i> fait. Pourquoi nier que les bêtes soient des machines, puisqu'on ne peut douter que Dieu n'ait pû fabriquer un ouvrage si <i>artistement</i> composé ? P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3030" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTOIS" />
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    <head>ARTOIS</head>
    <p>
    ARTOIS , s. m. <i>Atrebates. Pagus Atrebatensis.</i> L'on trouve souvent <i>Adartensis Pagus.</i> Dans la division que Loüis le Débonnaire fit de ses Royaumes entre ses Fils, il l'appelle <i>Pagus Adertensis.</i> On trouve <i>Adertisus</i> dans les Capitulaires de Charles le Chauve, &amp; <i>Territorium Adartense</i> dans Usuard. Les Modernes l'appellent <i>Artesia.</i> Province des Pays-Bas Catholiques, qui a au Levant le Cambresis &amp; le Hainaut, la Flandre au Nord, la Picardie au Couchant &amp; au Midi. L'<i>Artois</i> est fertile en blés &amp; en pâturages. C'étoit autrefois le pays des anciens <i>Atrebates,</i> dont le nom a formé celui d'<i>Artois.</i> L'<i>Artois</i> fut séparé de la Couronne par Charles le Chauve, qui le donna pour dot à sa fille Judith, mariée à Baudouin, Comte de Flandres. Il y fut réuni par le mariage de Philippe Auguste avec Isabelle de Hainaut, fille de Baudouin VI. Ce fut alors que l'<i>Artois</i> fut érigé en Comté, &amp; le Roi en fit le Prince Louis son fils le premier Comte. P. Dan. Par la paix des Pyrénées l'<i>Artois</i> fut cédé aux François, à la réserve des villes d'Aire &amp; de S. Omer, que la France prit ensuite, &amp; qui lui furent cédées par la paix de Nimègue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3031" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTONGATE" />
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    <head>ARTONGATE</head>
    <p>
    ARTONGATE , s. f. Nom propre de femme <i>Eartongota, Eortongoda.</i> Ertongote, que nous appellons vulgairement Sainte <i>Artongate,</i> étoit fille du pieux Ercombert Roi de Kent. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3032" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTOTYRITE" />
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    <head>ARTOTYRITE</head>
    <p>
    ARTOTYRITE , s. m. &amp; f. <i>Artotyrite.</i> Nom de Secte. Les <i>Artotyrites</i> étoient une branche de Montanistes, qui parut au IIe siècle, &amp; infecta sur-tout la Galatie. Les <i>Artotyrites</i> se servoient pour l'Eucharistie de pain &amp; de fromage, ou peut-être de pain mêlé &amp; pétri avec du fromage. Leur raison étoit, que les premiers hommes avoient offert à Dieu non-seulement des fruits de la terre, mais aussi de ceux de leurs brebis. C'est de là, selon la remarque de S. Augustin, que leur vint leur nom, qui est Grec, &amp; composé d', <i>pain,</i> &amp; de , <i>fromage.</i> Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiphane, hér. 48. 49. S. August. hér. 73. Baron. à l'an 173.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3033" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARTRODIE</head>
    <p>
    ARTRODIE , s. f. <i>Artrodia.</i> Terme d'Anatomie . C'est une espèce d'articulation d'os, en laquelle une cavité superficielle reçoit une tête plate. L'articulation de la tête de l'os du bras avec la cavité de l'omoplate s'appelle <i>artrodie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3034" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ARTRON" />
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    <head>ARTRON</head>
    <p>
    ARTRON , s. f. Terme d'Anatomie . C'est une jonction naturelle d'os, en laquelle les bouts des deux os s'entre-touchent. Il y en a deux espèces, la Diarthrose &amp; la Synarthrose.</p><p>Ce mot &amp; le précédent viennent du Grec , <i>Article</i> ; ainsi il seroit mieux d'écrire <i>Arthron</i> &amp; <i>Arthroïde</i> ; mais l'usage prévaut, &amp; nos Anatomistes l'écrivent comme on fait ici.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3035" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ARTROSE" />
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    <head>ARTROSE</head>
    <p>
    ARTROSE , ou plutôt ARTHROSE, s. f. Terme d'Anatomie , qui est Grec, : il signifie <i>Articulation.</i> Voy. ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3036" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARTUS" />
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    <head>ARTUS</head>
    <p>
    ARTUS , s. m. Nom d'homme. Il y a eu un Roi <i>Artus</i> qui a regné en Angleterre. Il étoit brave &amp; vaillant : il fut tué dans une bataille par les Saxons. C'est le Roi <i>Artus</i> qui a établi les Chevaliers de la table ronde. Quelques-uns disent ARTUR, &amp; d'autres ARTHUS, ou ARTHUR.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3037" id="1" type="liturgie">
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    <head>ARTZIBURE</head>
    <p>
    ARTZIBURE , s. m. <i>Artziburius.</i> Terme de Liturgie . L'<i>Artzibure</i> est un jeûne qu'observent les Arméniens, ou bien le nom d'une semaine, que les Arméniens jeûnent. L'<i>Artzibure</i> commence à la semaine, ou bien est la semaine qui précède celle que nous appellons la Septuagésime, &amp; les Grecs <i>Apocreos.</i> Voyez le Typique des Grecs, le Glossaire de Meursius, J. Gasp. Suicer. dans son Trésor Ecclésiastique, &amp; L. Allatius. <i>De Dominicis &amp; Hebdomadibus Graecorum, Sect.</i> 8.</p><p>Ce mot est Arménien, &amp; signifie Messager. <i>Nuntius.</i> Apparemment qu'on le donnoit à cette semaine, parce qu'elle annonce le Carême qu'elle précède.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3038" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARVALE" />
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    <head>ARVALE</head>
    <p>
    ARVALE , s. m. <i>Arvalis.</i> Celui qui faisoit autrefois à Rome les sacrifices Ambarvales qui s'offroient à Bacchus &amp; à Cérès pour la prospérité des biens de la terre ; c'est-à-dire, des bleds &amp; des vignes. Les <i>Arvales</i> étoient douze, tous gens des plus distingués de Rome, &amp; s'appelloient <i>Frères Arvales,</i> en Latin <i>Fratres Arvales,</i> ou le <i>Collége des Frères Arvales,</i> en Latin, <i>Collegium Fratrum Arvalium.</i> Ils furent institués par Romulus, qui se mit lui-même du nombre. La marque de leur dignité étoit une couronne d'épis, liée d'un ruban blanc. Ce fut là, selon Pline, Liv. 18. C. 2. la première couronne en usage à Rome. On dit que les bornes des champs étoient aussi de leur ressort ; mais Turnèbe n'en convient pas. <i>Adv. L. XXI. C.</i> 1. Le nom <i>Arvale</i> est Latin, dérivé de <i>Arvum</i>, qui signifie un <i>Champ.</i> Pline les appelle <i>Arvorum Sacerdotes,</i> Prêtres des Champs. Fulgence, dans son Livre, <i>De Prisco Sermone,</i> explique plus distinctement l'origine de ces Prêtres. Il dit qu'Acca Laurentia, Nourrice de Romulus, avoit coutume de faire tous les ans un Sacrifice pour les champs ; qu'elle avoit douze fils qu'elle faisoit marcher devant elle dans ce Sacrifice ; que l'un des douze étant mort, Romulus en faveur de sa Nourrice, promit de prendre sa place ; &amp; que c'est de-là que vint ce Sacrifice, le nombre de douze, &amp; le nom de Frère. Il cite sur cela Rutilius Geminus dans ses Livres Pontificaux. Pline indique la même chose, en disant que Romulus institua les Prêtres des Champs, à l'exemple d'Acca Laurentia sa Nourrice. Il semble que l'Analogie de la Langue demanderoit que nous disions <i>Arvaux</i> au pluriel ; mais dans ces mots Latins, sur lesquels l'usage n'a rien prononcé, nos Auteurs retiennent la forme Latine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3039" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARVERNE" />
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    <head>ARVERNE</head>
    <p>
    ARVERNE , ou ARVERNIEN, enne. Voyez AUVERGNE &amp; AUVERGNAT.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3040" id="1" type="">
   <index type="head" value="ARUM" />
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    <head>ARUM</head>
    <p>
    ARUM , s. m. Plante. Sa tige est haute d'une paume. Ses feuilles ressemblent à la serpentine, dont elle a les propriétés. Sa graine est aussi jaune que le safran. Le R. P. Plumier, dans ses Plantes de l'Amérique, p. 40. &amp; suiv. distingue six espèces d'<i>Arum.</i></p><p>L'<i>Arum</i> montant, à grandes feuilles percées, <i>Arum hederaceum amplis foliis perforatis,</i> s'attache contre le tronc des arbres : de la même façon que nos lierres. Sa tige qui monte en serpentant, a un peu plus d'un pouce de grosseur, &amp; paroît comme écaillée, à cause des marques des feuilles <pb n="364" facs="bpt6k8542165/f404/full/1200,/0/native.jpg"/>qui en sont tombées : elle est un peu ridée ; son fond est de couleur de cendre, &amp; les marques des feuilles sont vertes &amp; picotées de quantité de petits points plus foncés : elle jette de part &amp; d'autre quantité de racines, qui s'attachent contre les troncs des arbres. La plupart de ces racines sont fort menues &amp; courtes : quelques autres sont fort longues, &amp; un peu plus épaisses qu'une plume à écrire : elles sont rousses, fort souples, &amp; fort adhérentes aux troncs des arbres. La substance intérieure de cette tige est fort blanche, charnue, &amp; mêlée de fibres. Elle pousse des feuilles alternativement fort proches les unes des autres, sur-tout vers le haut, d'environ un pied &amp; demi de longueur, &amp; de neuf à dix pouces de largeur ; elles sont presque pointues au bout, &amp; arrondies vers le pédicule, qui a environ un pied de long, &amp; qui est gros comme le petit doigt, canelé depuis le milieu jusqu'au bas, mais arrondi dans le reste, &amp; un peu tuméfié dans l'endroit où il s'insère dans la feuille. Ces feuilles sont lisses &amp; membraneuses, tendres, d'un verd fort agréable, plus clair par-dessus que par-dessous, qui est chargé d'une &amp; de plusieurs côtes obliques, &amp; élevées. Il y a une grande fente dans l'espace compris entre deux de ces côtes, qui ressemble en quelque façon à une plaie ouverte, &amp; rebordée en dedans ; &amp; toute la feuille a quelque apparence d'un masque assez grotesque. Il sort du sein des feuilles supérieures une espèce d'enveloppe, qui est une feuille un peu plus épaisse que les autres, &amp; semblable à celle qui renferme le fruit du pied de veau commun, ou <i>Arum vulgare.</i> Elle a plus de demi pied de long : sa substance est membraneuse, verte par dehors, jaune, luisante, &amp; fort unie en dedans : quand elle s'ouvre, on découvre un fruit fait à-peu-près comme un épi de blé de Turquie, de forme cylindrique, mais arrondi par le bout : il a environ cinq pouces de long sur un pouce de diamètre ; il est fort tendre, fort poli, de couleur d'or, &amp; comme buriné par carreaux à six pans de la grandeur d'une lentille, disposés comme les cellules d'une ruche de mouches à miel : au milieu de chaque carreau, il y a une petite bossette, un peu plus longue que large, de couleur d'azur, de façon qu'il semble que ce soit un saphir, enchassé dans un chaton doré. Quelques Auteurs ont remarqué que cette plante est un remède souverain contre la morsure des bêtes venimeuses. On en trouve en plusieurs endroits de l'Amérique. C'est le bois des couleuvres du Père du Tertre, <i>Histoire des Antilles,</i> Tr. III. C. 4. §. 13. le <i>Clematis Malabarensis foliis latis colore dracunculi</i> de G. B. le <i>lignum colubrinum primum Acostae Lugd. Lib. XVIII. c.</i> 140. P. Plum.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARUM</head>
    <p>
    Arum , montant en trèfe, &amp; à oreillons. <i>Arum hederaceum, triphyllum &amp; auritum.</i> Cette plante diffère de la précédente, en ce que sa tige est d'un verd cendré, lisse, &amp; qu'elle a plusieurs noeuds annulaires, fort près les uns des autres, de chacun desquels il sort une racine fort longue, d'environ une ligne d'épaisseur. Le pédicule des feuilles a presque deux pieds de long : il est fort large au commencement, &amp; embrasse la tige : il est creusé en canal jusqu'environ le tiers, puis rond d'environ deux lignes d'épaisseur. La feuille qui est lisse, a presque la figure d'un ver de pique, neuf à dix pouces de long, &amp; près d'un demi pied de large. Elle est accompagnée de chaque côté d'une feuille encore plus petite, &amp; chacune de ces feuilles a une oreillette placée du côté du pédicule. Les fruits naissent parmi les pédicules de ces feuilles, semblables à ceux de nos pieds de veau. Leur enveloppe, qui a neuf ou dix pouces de long, est étranglée vers le tiers de sa hauteur, lisse en dedans &amp; en dehors, d'un verd tout-a-fait beau ; mais la moitié d'en bas du dedans est d'une couleur de feu très-agréable ; le reste verd pâle. Elle enferme comme deux pilons joints ensemble par un col fort étroit de couleur vermeille, cylindriques &amp; longs de sept à huit pouces, sur plus d'un demi pouce d'épaisseur ; celui d'en haut est une fois plus long que celui d'en bas. Il est comme doré, &amp; tout buriné par deux lignes spirales, qui montant l'une à droite, &amp; l'autre à gauche, composent un raiseau, dont les carreaux sont comme joints par une espèce de suture. Ils ont chacun en leur milieu un petit trou fort enfoncé. La partie d'en bas est divisée en carreaux hexagone berlongs, de couleur verd-gai, dont les extrémités s'emboîtent l'une dans l'autre. Il y a dans le fond de chacun une petite demie boule fort blanche, de sorte qu'il semble qu'on ait enfoncé une perle dans une émeraude. P. Plum.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ARUM</head>
    <p>
    Arum montant, à feuilles fermes, froncées &amp; fendues. <i>Arum hederaceum, foliis bisectis &amp; sulcatis.</i> Outre ces différences marquées dans son nom, parmi les pédicules des feuilles qu'il porte vers le bout, au nombre de sept ou huit, il sort quelques fruits qui panchent en bas, attachés à des pédicules de plus d'un demi pied de long, sur trois ou quatre lignes d'épaisseur, articulés en deux ou trois endroits, &amp; garnis en chaque articulation d'une feuille creuse, longue, étroite &amp; grisâtre. Ces feuilles enveloppent le fruit dans sa naissance ; il est cylindrique, long d'environ quatre pouces, sur un de diamètre, émoussé par le bout, tout couvert lorsqu'il sort de ces enveloppes, de quantité de filamens longs &amp; menus comme des cheveux, d'un tanné fort obscur, &amp; entortillés presque comme ceux d'une perruque. Le cylindre est entaillé par des carreaux disposés en raiseau de trois à quatre lignes de large. Leur fond est verd ; les angles intérieurs ont chacun une entaillure dentelée, relevée, &amp; qui en occupe tout le fond. Il y a dans le milieu quatre bossettes brunes, disposées en croix de saint André, avec une petite éminence dans chaque coin, semblable à une caruncule. P. Plum.</p><p>Les autres espèces sont l'<i>Arum,</i> arbre à feuilles de sagittaire, <i>Arum Arborescens, Sagittariae foliis.</i> Son fruit &amp; ses feuilles échauffent &amp; piquent la langue ; mais sa racine est douceâtre &amp; d'un assez bon goût. C'est l'<i>Arum Brasilianum arborescens, folio Sagittariae, Paradisi Batavi, in Prodromo.</i> C'est encore l'<i>Aninga Iba</i> de Pison, selon le P. Plumier. L'<i>Arum</i> à tige &amp; à feuilles de la canne d'Inde, <i>Arum caulescens, canae Indicae foliis.</i> L'<i>Arum</i> à feuilles fermes, étroites &amp; pointues, <i>Arum foliis rigidis angustis &amp; acuminatis.</i> Quelques-uns le nomment <i>Perroquet.</i> Ces espèces diffèrent comme les précédentes par la forme &amp; la grosseur de leurs racines, la figure de leurs feuilles, les couleurs de leurs fruits, &amp; la diversité de ses carreaux &amp; du raiseau qu'ils forment, &amp;c.</p><p>L'<i>Arum,</i> arbre, naît dans les lieux marécageux &amp; humides. Sa racine est presque aussi grosse que le bras, &amp; longue de deux pieds. Il ne pousse ordinairement qu'une tige, épaisse d'environ deux pouces, &amp; haute de cinq à six pieds, assez ferme, ronde &amp; noueuse, &amp; presque comme nos roseaux.</p><p>L'<i>Arum</i> à tige a sa racine grosse, presque comme la moitié du bras, &amp; d'une longueur indéterminée. Sa tige, qui est fort droite, s'élève de trois ou quatre pieds de haut, &amp; est épaisse d'environ deux pouces. Au bout de cette tige, il y a sept à huit feuilles fort tendres, d'un pied de lond sur demi pied de large. Du creux de leurs pédicules sortent les fruits. L'<i>Arum</i> à feuilles fermes a plusieurs racines de différente grosseur. Il pousse plusieurs feuilles dès la racine, pointues &amp; dressées en haut, parmi lesquelles il y a quelques pédicules assez longs, portant chacun un fruit, qui, quand il est mûr, a près de neuf à dix pouces de long sur un pouce d'épais. Le fruit &amp; les feuilles piquent la langue quelque temps après qu'on les a mâchés. Cette plante se voit dans les forêts humides, sur les troncs des vieux arbres. Voyez le P. Plumier, <i>Description de Plantes de l'Amérique,</i> p. 44. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3041" id="1" type="art hermetique">
   <index type="head" value="ARUCULA MAJOR" />
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    <head>ARUCULA MAJOR</head>
    <p>
    ARUCULA MAJOR , Terme de l'Art hermétique . C'est la matière de la pierre des Sages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3042" id="1" type="">
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    <head>ARUNDEL</head>
    <p>
    ARUNDEL . Voyez <ref type="search" target="head:ARONDEL">ARONDEL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3043" id="1" type="">
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    <head>ARUSPICE</head>
    <p>
    ARUSPICE , s. m. Sacrificateur Romain, qui prédisoit l'avenir, en examinant la qualité des entrailles des bêtes sacrifiées. <i>Aruspex.</i> La superstition des Payens a été jusqu'au point d'ajoûter foi aux Augures &amp; aux <i>Aruspices.</i> Annibal reprochoit au Roi Prusias, qu'on consultoit plutôt les entrailles d'un veau pour donner une bataille, que les plus expérimentés Capitaines. L'Empereur Claude travailla à conserver la vaine science des <i>Aruspices,</i> de peur qu'elle ne s'abolît tout-à-fait, comme elle commencoit de faire ; parce, disoit-il, que les superstitions étrangères se fortifioient tous les jours. C'est ce que lui faisoit peut-être dire le progrès de la Religion Chrétienne, que saint Pierre étoit venu pour prêcher dès l'an 42. de J. C. selon Eusèbe. Tillem.</p><p>Ce mot vient d'<i>haruga</i>, qui signifioit les entrailles des victimes, &amp;, <i>aspicere, regarder, considérer.</i> D'autres soutiennent <pb n="365" facs="bpt6k8542165/f405/full/1200,/0/native.jpg"/>que ce mot vient de ce que les <i>Aruspices</i> examinoient les entrailles des <i>victimes,</i> pour en tirer leurs prédictions, <i>adaras,</i> près des Autels. Le P. Pezron, <i>Ant. des Celt.</i> tient pour certain que ce mot vient des Celtes, qui disent, <i>Au,</i> ou <i>Afu,</i> pour signifier <i>jecur,</i> ou <i>hepar</i> ; c'est-à-dire, le foie des animaux. Or de <i>au,</i> dit-il, &amp; de <i>spicio,</i> qui signifie regarder, on a formé d'abord <i>auspex,</i> pour marquer celui qui regarde &amp; consulte les lobes du foie ; &amp; comme ce mot étoit trop dur à prononcer, on a enfin dit <i>Aruspex</i> : mais ce qui confirme cela, c'est que la plus célèbre &amp; plus ancienne divination des Augures se faisoit par l'inspection du foie des animaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3044" id="1" type="">
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    <head>ARUSPICINE</head>
    <p>
    ARUSPICINE , sub. fém. <i>Aruspicina.</i> C'est l'art ou la science des Aruspices. On avoit réduit en art l'<i>Aruspicine,</i> ou la manière de trouver l'avenir dans les entrailles des bêtes. Jules César, au rapport de Macrobe, fit lui-même plus de seize Livres de l'<i>Aruspicine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3045" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARYTAENOÏDE</head>
    <p>
    ARYTAENOÏDE , adj. Terme d'Anatomie . C'est une épithète que donnent les Médecins à un des cartilages du larinx, qui forme une espèce d'anche, comme celle des flûtes &amp; des orgues. Elle sert à rendre la voix plus aiguë ou plus grave. <i>Scarytaenoides, cartilago scaritana.</i></p><p>Ce mot vient d'<i>arytana</i>, qui signifie le bec d'une éguière, parce que ce cartilage lui ressemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3046" id="1" type="anatomie">
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    <head>ARYTAENOÏDIEN</head>
    <p>
    ARYTAENOÏDIEN , adj. Terme d'Anatomie , qui se dit de deux petits muscles qu'on nomme <i>Arytaenoidiens,</i> parce qu'ils prennent leur origine de la partie postérieure du cartilage <i>arytaenoide,</i> &amp; s'insèrent obliquement au même cartilage pour le resserrer. <i>Scaritaenoides.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3047" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="ARZEL" />
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    <head>ARZEL</head>
    <p>
    ARZEL , adj. m. Terme de Manége , qui se dit d'un cheval qui a une balzane, ou marque blanche au pied de derrière du côté droit, ou au pied hors du montoir de derrière. On remarque cela à cause que les superstitieux croient que ces sortes de chevaux sont infortunés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3048" id="1" type="">
   <index type="head" value="AS" />
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    <head>AS</head>
    <p>
    AS , s. m. On prononce l'<i>s.</i> Carte, ou face de dez marqués d'un seul point. <i>Monas lusorii folii, Monas tesserae. As</i> de coeur. <i>As</i> de carreau. Amener rafle d'<i>as,</i> ou <i>ambesas,</i> ou <i>bizet.</i> Au piquet l'<i>as</i> vaut onze, au hère il ne vaut qu'un point. C'est un <i>as</i> de pique, un <i>as</i> de trèfle. On s'en sert figurément pour injurier quelqu'un qu'on méprise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3049" id="1" type="">
   <index type="head" value="AS" />
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    <head>AS</head>
    <p>
    AS , s. m. Nom purement Latin, dont nos Antiquaires se servent souvent. <i>As, assis.</i> Ce nom a deux sens. 1°. Il signifie un poids, &amp; en ce sens l'<i>as</i> Romain est la même chose que la livre Romaine ; &amp; il étoit composé de douze onces. On le divisoit encore en beaucoup d'autres parties, que l'on peut voir dans la loi <i>Servum, de haeredib. instit. Lib. XIII. Pandect.</i> Les principales étoient l'once, qui étoit la douzième partie de l'<i>as, Uncia, , Sextans,</i> , la sixième de l'<i>as,</i> qui étoit de deux onces ; <i>Quadrans,</i> , la quatrième partie, le quart de l'<i>as,</i> qui contenoit trois onces ; <i>Triens,</i> le tiers ou la troisième partie de l'<i>as,</i> c'étoit quatre onces ; <i>Quincunx,</i> , c'étoit cinq onces ; le tiers de l'<i>as,</i> plus une douzième, ou plus une once ; <i>Semis,</i> , le demi <i>as,</i> c'est-à-dire, six onces ; <i>Septunx,</i> que les Grecs appelloient , c'est-à-dire, la moitié de l'<i>as,</i> plus sa douzième partie, qui est une once, c'étoit sept onces, comme le mot Latin le signifie ; <i>Bes,</i> , les deux tiers de l'<i>as,</i> ou huit onces ; <i>Dodrans,</i> , les deux tiers, &amp; une douzième, qui font les trois quarts de l'<i>as,</i> ou neuf onces ; <i>Dextans,</i> que les Grecs appelloient ; c'est-à-dire, les deux tiers &amp; une sixième de l'<i>as</i> : ce qui faisoit dix onces ; <i>Deunx,</i> en Grec, , les deux tiers &amp; un quart de l'<i>as,</i> qui font trois onces : ce qui fait huit onces plus trois onces ; c'est-à-dire, onze onces, &amp; ce que le mot Latin signifie ; car <i>Deunx</i> est la même chose que un <i>as</i> moins une once. Les Grecs appelloient l'<i>as</i> entier, , <i>Libra, Livre.</i></p><p>2°. De ce sens propre &amp; primitif de l'<i>as,</i> on en avoit fait un autre ; car transportant ce mot à quelqu'autre chose que ce fût, <i>as,</i> signifioit le tout, la chose entière, la totalité d'une chose ; <i>Solidum quid.</i> Ce sens avoit lieu principalement dans les successions ; &amp; <i>as</i> signifioit la succession, l'hérédité entière. Ainsi hériter de quelqu'un <i>ex asse,</i> c'est hériter de tout son bien, être son légataire universel, son unique héritier. Et de même des parties de l'<i>as,</i> hériter <i>ex triente, ex semisse, ex besse, ex deunce,</i> &amp;c. c'est hériter du tiers, de la moitié, des deux tiers, de tout, excepté une douzième, &amp;c.</p><p>3°. L'<i>as,</i> &amp; c'est en ce sens sur-tout que nous le disons en François, l'<i>as</i> étoit une monnoie. Eusèbe rapporte dans sa Chronique à l'an 1306. que sous Numa Pompilius les <i>as</i> étoient de bois, de cuir &amp; de coquilles. Saint Jérôme, dans sa Traduction d'Eusèbe, omet cette dernière espèce. Sous Tullus Hostilius on les fit de cuivre, &amp; on les appella <i>as, libra,</i> &amp; <i>pondo</i> : 420. ans après, la première guerre Punique ayant épuisé l'Etat &amp; les finances, on en retrancha un <i>Sextans,,</i> ou deux onces, &amp; on ne les fit plus que du poids du <i>Dextans,</i> c'est-à-dire, de dix onces. Dans la suite on ôta encore une once, &amp; on les réduisit au <i>Dodrans,</i> c'est au trois quarts du premier &amp; véritable <i>as,</i> ou à neuf onces. Enfin, par la Loi Papirienne on en retrancha encore une once &amp; demie, &amp; on les réduisit à sept onces &amp; demie, ce qui s'appelloit <i>septunx</i> &amp; <i>semuncia</i> ; &amp; l'on croit communément que l'<i>as</i> resta à ce point tout le temps de la République, &amp; jusqu'à Jesus-Christ. Ce dernier <i>as</i> s'appelle l'<i>as</i> Papirien, parce que ce fut C. Papirius Carbo, qui l'an de Rome 563. sous le Consulat de L. Cornelius Scipion, &amp; de C. Laelius Nepos, étant Tribun du peuple, fit la Loi dont nous avons parlé. <i>Lex Papiria.</i> Ainsi il y a eu quatre <i>as</i> différens pendant le temps de la République. La marque de l'<i>as</i> étoit d'un côté une tête de Janus à deux visages, &amp; de l'autre un bec de navire ; <i>rostrum navis,</i> c'est-à-dire, une proue de navire, l'avant d'un vaisseau. C'est ce que nous voyons encore sur plusieurs <i>as</i> qui nous restent, &amp; qui se conservent dans plusieurs cabinets d'Antiquaires ; &amp; ce qu'Ovide dit être Janus, le navire qui amena Saturne en Italie. <i>Fastor. Lib. I. v.</i> 231.</p><p>C'est Janus qui parle, &amp; v. 239. &amp; 240. après avoir dit que Saturne, chassé de ses Etats par Jupiter, vint dans la partie de l'Italie qui de son nom fut appellée <i>Saturnia,</i> &amp; Latium, parce qu'il s'y cacha, il s'y retira. <i>Latente Deo.</i> Il ajoûte,</p><p>Quoique ce nom <i>as</i> soit Latin, il est d'usage dans notre Langue, &amp; l'on ne peut guère s'en passer. Ce mot n'a point de pluriel dans notre Langue ; il est indéclinable, comme on le peut voir ci-dessus. Il vient de , mot Grec du dialecte Dorien, que ce peuple disoit pour , <i>un.</i> L'<i>as,</i> comme nous l'avons dit, signifioit une chose toute entière ; c'est le sentiment de Gronovius, <i>De Pecun. vet. Lib. IV. c.</i> 17. Budé a écrit cinq livres de l'<i>as</i> &amp; de ses parties. Voyez encore Pline, <i>Hist. nat. Lib. XXXIII. cap.</i> 3. Cenalis, Evêque d'Avranche ; <i>De Pond. ac Mens. rat.</i> Hotman. <i>Antiq. Roman. Lib. IV. c.</i> 1. 8. 9. Alex. ab Alex. <i>Dier. Genial. L. I. c.</i> 1. Thom. Godwin, <i>Anthologia Hist. Rom. Lib. III. sect.</i> 4. <i>c.</i> 15. Le grand <i>as,</i> c'est-à-dire, le premier qui fut fait d'une livre Romaine, ou de douze onces, vaut, selon Pitiscus, 4. deniers &amp; demi, une demi obole, &amp; la quatrième partie d'une pite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3050" id="1" type="">
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    <head>AS</head>
    <p>
    AS , ou ASH, s. m. Nom fameux dans les Histoires fabuleuses du Nord. <i>As,</i> ou <i>Asa.</i> Selon l'opinion commune, c'étoit un Dieu des Peuples Septentrionaux ; mais selon M. Sperlingius les Asiatiques chassés par Pompée de leurs pays se retirèrent dans le Septentrion. Comme ils étoient extrêmement polis &amp; délicats, ils méprisoient les moeurs barbares des Septentrionaux, qui les regardèrent avec admiration, &amp; comme des espèces de Divinités ; &amp; pour marquer quelque chose de grand, d'excellent, de magnifique, ils se servirent du nom <i>ase,</i> &amp; <i>aeser,</i> &amp; le donnèrent même à leurs Dieux. Cette dissertation de M. Sperlingius se trouve dans les <i>Nouvelles Littéraires de la mer Baltique,</i> l'an 1699. au mois de Juin, p. 174.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3051" id="1" type="">
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    <head>ASAPPE</head>
    <p>
    ASAPPE , ou comme écrivent M. d'Herbelot &amp; D. C. AZAPE. s. m. C'est un nom Turc. <i>Asappi.</i> Les Turcs appellent <i>Asappes</i> les troupes auxiliaires qu'ils levent parmi les Chrétiens de leur domination, &amp; qu'ils exposent au premier choc des ennemis, afin que les Janissaires &amp; les Spahis fondent ensuite tous frais sur l'ennemi déjà fatigué. Voyez <i>Hornius Orbis Politici pag.</i> 32. M. d'Herbelot, au mot <i>Azabistan,</i> dit, <i>Azabistan,</i> les <i>Azappes,</i> les recrues, les nouvelles troupes, dans lesquelles on n'enrôle que des gens libres &amp; non mariés. C'est un mot Arabe habillé à la Persienne. Les <i>Azappes</i> sont comme avanturiers, qui sont si peu estimés, qu'ils servent quelquefois de pont à la Cavalerie pour passer dans les mauvais chemins, &amp; de fascines pour remplir les fossés des places qu'on assiége. La plupart sont encore Turcs naturels. Ils vont tous à pied, &amp; n'ont que ce qu'ils peuvent prendre sur l'ennemi. <i>Voyag. du Lev. par D. C.</i></p><p>Ce nom vient du verbe Turc <i>Saph,</i> qui signifie, <i>rang, file, ordre de bataille,</i> d'où se forme <i>asphaph,</i> ranger en bataille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3052" id="1" type="botanique">
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    <head>ASARATH</head>
    <p>
    ASARATH . Terme de Botanique . C'est une plante des Indes presque semblable au chanvre. Ses feuilles ressemblent parfaitement à celles du chanvre, sa semence est plus menue &amp; moins blanche que celle du chanvre. On pile les feuilles &amp; les semences de cette plante, &amp; l'on en fait une espèce de confection avec le musc, &amp; quelques aromates, dont les Persans &amp; les Indiens se servent pour s'échauffer le sang, &amp; pour se donner de l'appétit. Quand ils veulent oublier leurs chagrins, &amp; même leurs maux, ils mêlent dans cette confection de l'aréca, qui n'est point encore mûr, &amp; même de l'opium ; &amp; cela les fait dormir sans inquiétude. Cette composition est fort estimée dans toutes les parties de l'Asie. Lemery.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3053" id="1" type="">
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    <head>ASARINE</head>
    <p>
    ASARINE , s. f. <i>Asarina.</i> Plante ainsi appellée par je ne sai quelle ressemblance avec le cabaret, ou <i>Asurum,</i> autre plante d'un caractère bien différent. L'<i>Asarine</i> croît sur les rochers dans les Sevennes en Languedoc ; ses racines qui sont assez menues, cependant vivaces, jettent quelques tiges deçà &amp; delà couchées par terre, rampantes, longues d'un demi pied environ, velues, &amp; garnies de feuilles alternes semblables à celles du lierre terrestre, mais plus charnues, &amp; couvertes d'un poil blanchâtre. Ses fleurs, qui naissent des aisselles des feuilles, ressemblent à celles du mufle de veau, elles sont jaunâtres ou pâles. Son fruit approche de celui de la linaire, en sorte que l'<i>Asarine</i> ne se distingue du mufle de veau que par son fruit, &amp; de la linaire par sa fleur, qui n'a point d'éperon. Cette plante n'est pas usitée en Médecine, quoique Lobel lui attribue plusieurs vertus. On dit qu'elle est apéritive &amp; abstersive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3054" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASARUM" />
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    <head>ASARUM</head>
    <p>
    ASARUM , s. m. <i>Asarum.</i> Plante. Ses tiges sont très-courtes. Ses fleurs sont en forme de clochettes &amp; odorantes. L'<i>Asarum</i> est toujours verd. Les Médecins s'en servent pour attenuer, pour résoudre, pour guérir les duretés du foie &amp; de la rate. Voyez ASSARA BACCARA.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3055" id="1" type="">
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    <head>ASBESTE</head>
    <p>
    ASBESTE , s. m. <i>Asbestinum.</i> Matière incombustible. On prétend que c'est une espèce de lin fort délié, &amp; aussi fin que la soie, lequel croît sur les Pyrenées. Les Anciens parlent de certains linceuls dans lesquels ils brûloient les morts, &amp; que le feu ne consumoit point. On peut voir une expérience de l'<i>Asbeste</i> dans les Transactions Philosophiques d'Angleterre de Juin 1685. C'est une pierre noirâtre qu'on appelle aussi <i>amiante.</i> Elle se résout en filamens blancs, qui ont servi à faire les linceuls dont les Anciens ont parlé. Quelque temps qu'on la laisse dans le feu elle ne se consume pas, quoiqu'elle soit en feu comme un charbon allumé. On en trouve dans l'Isle de Nègrepont ; &amp; c'est celle qui est appellée <i>carystius lapis</i> par les Naturalistes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3056" id="1" type="">
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    <head>ASCALON</head>
    <p>
    ASCALON . <i>Ascalon. Ascalo,</i> en Hébreu ; . Nom propre de Ville qui signifie <i>appensio, statera,</i> l'action de peser, ou balance ; ou bien <i>ignis prophanus,</i> feu prophane, ou infame, selon qu'on le dérive de , peser ou de &amp; , d'où se forme , <i>ignominie, infamie. Ascalon</i> étoit une des cinq Satrapies des Philistins, &amp; par conséquent elle étoit de la Palestine. Cependant Josephe <i>Ant. Liv. V. Ch.</i> 3. la met dans l'Idumée supérieure. Le Géographe Etienne dit qu'elle fut bâtie par Ascalus fils d'Hymenée. C'est apparemment une fable. L'Ecriture ne nous apprend rien de son Fondateur. Hégésippe l'éloigne de 720. stades de Jérusalem. Azot, Gaza, <i>Ascalon,</i> Geth &amp; Accaron, étoient les cinq villes capitales des cinq Provinces des Philistins. Saci. <i>Ascalon</i> a eu un Evêché suffragant de Jérusalem. On l'appelle aujourd'hui Scalona. Maty.</p><p><i>Ascalon</i> est représentée sur les Médailles sous la figure d'une femme couronnée de tours, appuyée de la main droite sur une haste, &amp; tenant de la gauche le bec ou l'éperon d'un navire, &amp; ayant à droite un autel, &amp; à gauche un pigeon. Voyez Tristan, pag. 304. Patin pag. 151. &amp; le Cardinal Noris pag. 431. Diodore de Sicile dit que Derceto, Déesse des Philistins, ayant mis au monde une fille, en eut tant de honte, qu'elle l'exposa daus un lieu désert ; mais que des pigeons la nourrirent de lait d'abord, puis de fromage qu'ils alloient prendre dans des maisons de paysans, &amp; qu'elles lui apportoient dans leur bec, &amp; lui mettoient dans la bouche. C'est, selon le Cardinal Noris, la raison pourquoi <i>Ascalon</i> a des pigeons dans ses médailles. Hérode orna fort <i>Ascalon,</i> parce que c'étoit sa patrie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3057" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASCALONITE" />
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    <head>ASCALONITE</head>
    <p>
    ASCALONITE , s. m. &amp; f. Qui est d'Ascalon, natif, originaire, habitant d'Ascalon. <i>Ascalonita, Ascalonites.</i> Le premier Hérode, surnommé le Grand, sous le règne duquel Jesus-Christ vint au monde, étoit <i>Ascalonite.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3058" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASCARIDES" />
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    <head>ASCARIDES</head>
    <p>
    ASCARIDES , s. m. C'est un nom que les Médecins donnent à une petite vermine qui s'attache au fondement, &amp; qui tourmente beaucoup le patient. Le remède qu'on y applique est le blanc rhasis.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>sauter.</i> Cette sorte de ver ne fait que remuer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3058" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASCARIDES" />
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    <head>ASCARIDES</head>
    <p>
    Ascarides , est aussi une vermine qui s'attache aux plantes, &amp; plutôt à celles qui sont dans des pots qu'aux autres. Pour purger les plantes d'<i>ascarides,</i> il faut mettre le pot dans un sceau, au fond duquel il y aura de l'eau, ensorte que le pot trempe dans l'eau à la hauteur de 5. ou 6. doigts. Il n'y aura pas été l'espace d'un quart d'heure, que ces petits insectes inondés de l'humidité sortiront. Chom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3059" id="1" type="">
   <index type="head" value="A SAVOIR" />
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    <head>A SAVOIR</head>
    <p>
    A SAVOIR . Sorte d'adverbe, ou particule. <i>Nempè, scilicet.</i> Mais ce mot a trop vieilli pour s'en servir encore. En sa place on dit <i>savoir,</i> ou <i>sçavoir.</i> Voyez <ref type="search" target="head:SAVOIR">SAVOIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="1" type="genealogie">
   <index type="head" value="ASCENDANT, ANTE" />
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    ASCENDANT, ANTE , adj. Terme de Généalogie , &amp; de Jurisprudence. Il se dit de tous les parens qui sont au-dessus de nous, comme père, grand-père, grand-oncle. <i>Propinqui aetate &amp; gradu superiores.</i> Le mariage est perpétuellement défendu entre les <i>ascendans</i> &amp; descendans en ligne directe. Il étoit éloigné de trois degrés en ligne <i>ascendante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="2" type="">
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    Ascendant , en termes d'Astrologie , est l'horoscope ou le degré de l'Equateur qui monte sur l'horison au point de la naissance de quelqu'un, &amp; qu'on croit avoir influence sur sa vie, &amp; sur sa fortune, en lui donnant de la pente pour une chose plutôt que pour une autre. <i>Horoscopus, natalitia, astra, sidera natalia.</i></p><p>On l'appelle aussi dans le Thème céleste, <i>la première maison, l'angle oriental,</i> &amp; <i>le significateur de la vie.</i> En ce sens il est substantif. Les Astrologues appellent aussi des Signes <i>ascendans,</i> ceux qui montent sur l'horison depuis Nadir, ou la partie la plus basse du ciel, jusqu'au Zénith, ou la partie où ils sont dans leur plus grande élévation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="3" type="">
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    Ascendant , se dit aussi des astres, &amp; des degrés qui montent sur l'horison en quelque cercle, ou parallèle de l'Equateur que ce soit. <i>Siderum supra horizontem ascensus.</i> Latitude <i>ascendante,</i> est la latitude d'une planète qui va vers les poles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="4" type="anatomie">
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    <pb n="367" facs="bpt6k8542165/f407/full/1200,/0/native.jpg"/> Ascendant, ante , en terme d'Anatomie , se dit des vaisseaux qui portent le sang en haut, ou des parties inférieures dans les supérieures. Le tronc supérieur de l'aorte, que l'on appelle artère <i>ascendante,</i> se divise bientôt en deux autres troncs, qui sont nommés souclaviers. Dionis. Les deux veines iliaques d'un côté, avec les deux iliaques de l'autre, commencent à former à l'endroit de l'os sacrum une très-grosse veine, que l'on nomme la veine cave <i>ascendante.</i> Dionis. Plusieurs Auteurs ont nommé cette veine descendante, parce qu'ils croient que le sang descendoit du foie par cette veine pour nourrir les parties qui sont au-dessous du diaphragme ; mais parce qu'on est assuré qu'elle a un usage tout contraire, qui est de porter le sang des parties inférieures au coeur, on la nomme <i>ascendante.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="5" type="">
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    Ascendant , est aussi subst. masc. Il a Jupiter en son <i>ascendant.</i> Une telle Planète dominoit en son <i>ascendant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="6" type="">
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    Ascendant , se dit en Morale de l'humeur, de la pente de l'inclination naturelle qui nous porte à faire quelque chose. <i>Indoles, innata voluntatis inclinatio.</i> On a de la peine à vaincre son <i>ascendant.</i> L'<i>ascendant</i> est plus fort que tout. Mol. Les honneurs forcent l'<i>ascendant.</i> Gomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="7" type="">
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    Ascendant , se dit en discours ordinaire d'une supériorité qu'un homme a sur l'esprit d'un autre, qui provient d'une cause inconnue. <i>Auctoritas.</i> Pour gagner votre Rapporteur, employez un tel de ses amis ; il a un grand <i>ascendant</i> sur son esprit. Un Ministre doit être froid, &amp; taciturne, pour parler avec plus d'<i>ascendant</i> &amp; avec plus de poids. La Bruy. Ce n'est guère pour corriger les gens qu'on les censure ; c'est pour prendre un <i>ascendant</i> sur eux, &amp; montrer une supériorité de génie. Il y a des gens qui naissent avec un certain <i>ascendant</i> qui leur donne la supériorité sur tout le monde. Amel. <i>Ascendant</i> se prend encore pour je ne sai quel secret avantage que de certaines gens ont sur d'autres, soit dans la guerre, soit dans le jeu. Un tel étoit grand Capitaine, mais un tel avoit pourtant de l'<i>ascendant</i> sur lui. Je ne veux plus jouer avec vous ; vous avez trop d'<i>ascendant</i> sur moi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3060" id="8" type="">
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    <head>ASCENDANT, ANTE</head>
    <p>
    Ascendant , se dit aussi de cette manière impérieuse dont on déclare son avis, &amp; dont on a coutume de décider les questions. Il parle avec un <i>ascendant</i> qu'on ne peut supporter. Il n'y a personne qui ne soit choqué de cet <i>ascendant,</i> parce qu'il représente l'image d'une ame fière &amp; hautaine. Nic. Avoir un <i>ascendant</i> incommode &amp; plein de fierté. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3061" id="1" type="astronomie">
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    <head>ASCENSION</head>
    <p>
    ASCENSION , s. f. Elévation en haut. <i>Ascensus.</i> On ne le dit au propre que de l'élévation miraculeuse du Sauveur, quand il monta au ciel en présence de ses Apôtres. <i>Christi in coelum ascensus.</i> Il signifie aussi la fête qu'on célèbre en son honneur quarante jours après Pâques. <i>Anniversarius dies Christi in coelum ascendentis.</i> Le jour de l'<i>Ascension.</i> On appelle aussi <i>Ascension,</i> une estampe qui représente le mystère de l'<i>Ascension. Imago Christi in coelum ascendentis.</i> J'ai une belle <i>ascension.</i></p><p>En termes d'Astronomie , l'<i>ascension</i> droite d'une étoile, est le point de l'équateur qui se trouve en même temps que cette étoile au Méridien : &amp; l'arc de l'<i>ascension</i> droite, est le nombre des degrés de l'équateur qui sont compris depuis le commencement d'Ariès, jusqu'à ce point de l'équateur qui se trouve au Méridien. L'<i>ascension</i> droite est égale par tout le monde. On dit aussi, l'<i>ascension</i> droite d'un certain point de l'écliptique, ou de quelque autre point du ciel que ce soit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3061" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASCENSION" />
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    <head>ASCENSION</head>
    <p>
    Ascension oblique d'un astre, est le degré de l'équateur qui s'élève avec une planète dans la sphère oblique : &amp; l'arc de l'<i>ascension</i> oblique est l'arc de l'équateur compté depuis Ariès jusqu'à ce point de l'équateur. Ainsi les <i>ascensions</i> obliques changent suivant l'élèvation du pole ; &amp; la différence ascensionnelle est la différence de ces deux arcs. On calcule de même l'<i>ascension</i> oblique d'un certain point de l'écliptique, &amp; de tout autre point du ciel. Il y a des tables des différences ascensionelles pour toutes les élèvations du pole, chez Magin, Argolus, &amp; chez les Auteurs qui ont traité de la Sphère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3061" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASCENSION" />
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    <head>ASCENSION</head>
    <p>
    Ascension , se dit proverbialement en ces phrases. A l'<i>Ascension,</i> blanche nappe &amp; gras mouton ; pour dire, qu'en ce temps-là on quitte le veau pour manger du mouton. On dit aussi d'une chose qui est toujours en même état, qu'elle ne va, ni ne vient, qu'elle est comme l'<i>Ascension,</i> qui n'avance ni ne recule.</p><p>L'Isle de l'<i>Ascension,</i> ou <i>Acemçaon,</i> est une Isle de l'Océan Ethiopien au Midi de la Guinée, sous le dixième degré de longitude, &amp; le huitième quelques minutes de latitude. Les Portugais la nommèrent ainsi, parce qu'ils la découvrirent le jour de l'<i>Ascension.</i> Maty. Ils en ont encore une autre de même nom dans l'Amérique Méridionale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3062" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="ASCENSIONEL, ELLE" />
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    <head>ASCENSIONEL, ELLE</head>
    <p>
    ASCENSIONEL, ELLE , adj. La différence <i>ascensionelle,</i> en termes d'Astronomie , c'est la différence qu'il y a entre l'<i>ascension</i> droite &amp; l'<i>ascension</i> oblique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3063" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASCÈTE" />
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    <head>ASCÈTE</head>
    <p>
    ASCÈTE , s. f. <i>Asceta, Ascetes.</i> Ce nom qui est Grec, &amp; qui signifie proprement celui, ou celle qui s'exerce, a été appliqué en particulier, &amp; dès les premiers temps de l'Eglise, à ceux qui s'occupent aux exercices de la vertu dans une vie retirée, &amp; sur-tout à ceux de l'oraison &amp; de la mortification. Ensuite on l'a donné en général aux Moines, sur-tout à ceux qui vivoient en solitude. On l'a dit aussi des Religieuses. Ce mot peut avoir tous ces sens en notre langue ; mais il est peu usité. Origène marque les différens états des Chrétiens, les uns attachés uniquement au service de Dieu, dégagés des affaires temporelles, &amp; combattans pour les foibles par les prières, les jeûnes &amp;c. C'étoit les <i>Ascètes,</i> dont peu de temps après vinrent les Moines. Fleury.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui est formé d', <i>exerceo,</i> j'<i>exerce.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3064" id="1" type="">
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    <head>ASCÉTERE</head>
    <p>
    ASCÉTERE . <i>Asceterium.</i> Ce mot, qui dans son origine veut dire un lieu d'exercices, se prend pour monastère, parce que les monastères sont les lieux où l'on s'exerce dans la pratique de la vertu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3065" id="1" type="devotion">
   <index type="head" value="ASCÉTIQUE" />
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    <head>ASCÉTIQUE</head>
    <p>
    ASCÉTIQUE , adj. <i>Asceticus.</i> Terme de dévotion . Ce mot a servi de titre à plusieurs livres d'exercices spirituels &amp; méditations pour la vie Religieuse, comme les <i>Ascétiques,</i> ou Traités spirituels de S. Basile le Grand, Archevêque de Césarée en Cappadoce. On appelle la vie <i>Ascétique,</i> la pratique &amp; l'usage de l'oraison &amp; de la mortification, ou la vie passée dans ces exercices. C'est un terme de spiritualité &amp; de Théologie mystique.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>se exercere,</i> d'où vient ; parce que l'ame s'exerce &amp; s'occupe dans la méditation des grandeurs de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3065" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASCÉTIQUE" />
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    <head>ASCÉTIQUE</head>
    <p>
    Ascétique , se dit aussi des personnes qui s'exercent dans la vie <i>ascétique,</i> comme les Solitaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3066" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASCI" />
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    <head>ASCI</head>
    <p>
    ASCI . Plante des Isles de l'Amérique. Elle vient ordinairement de la hauteur de 5. ou 6. palmes, quelquefois de la hauteur d'un homme, quand elle est daus un bon fonds. Elle jette beaucoup de branches. Sa fleur, qui est blanche &amp; petite, ne sent rien. Son fruit est de différentes sortes, mais il a le goût du poivre ; les Américains en assaisonnent leurs mets, &amp; les Européens en usent aussi. Il pousse des espèces de gaines rouges, &amp; creuses, qui sont longues comme le doigt, dans lesquelles sont enfermées les semences. On en élève en France. Il y en a encore d'autres sortes dont parle Gonzalve d'Oviédo dans son <i>Histoire des Ind.</i> Liv. VII. ch. 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3067" id="1" type="geographie">
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    <head>ASCIEN</head>
    <p>
    ASCIEN , s. m. Terme de Géographie , &amp; d'Astronomie. Nom que les Astronomes donnent à ceux qui habitent la zone torride, &amp; qui n'ont point d'ombre à midi, parce que le soleil est à leur zénith. Il vient du Grec , qui signifie sans ombre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3068" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASCITE" />
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    <head>ASCITE</head>
    <p>
    ASCITE , s. m. <i>Ascita.</i> Nom d'une secte Montaniste, qui parut au IIe siècle. Ce nom vient du Grec , qui signifie un <i>outre,</i> une peau de bouc. Les <i>Ascites</i> furent ainsi <pb n="368" facs="bpt6k8542165/f408/full/1200,/0/native.jpg"/>nommés, parce qu'ils introduisoient des espèces de Bachanales dans leurs assemblées, dansant autour d'un <i>outre</i> enflé, disant qu'ils étoient ces <i>outres</i> neufs plein de vin nouveau, dont parle Jesus-Christ en Saint Matt. IX. ch. 17. &amp;c. S. Aug. hér. 62. Il ne faut pas dire <i>Ascile,</i> comme quelques Dictionnaires, qui ne font que copier celui d'Hoffman &amp; toutes ses fautes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3069" id="1" type="medecine">
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    <head>ASCITE</head>
    <p>
    ASCITE , est aussi un terme de Médecine , qui signifie hydropisie du bas-ventre. Le mot <i>ascite</i> pris en ce sens vient du Grec , <i>uter, ventre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3070" id="1" type="poesie latine">
   <index type="head" value="ASCLÉPIADE" />
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    <head>ASCLÉPIADE</head>
    <p>
    ASCLÉPIADE , adj. Terme de Poësie Latine &amp; Grecque. <i>Asclepiadaeus.</i> Le vers <i>Asclépiade</i> est composé de quatre pieds, dont le premier est un spondée, le second un coriambe, &amp; les deux derniers deux dactyles :</p><p>Ou bien de quatre pieds &amp; une césure, le premier spondée, le second dactyle, après lequel vient la césure, puis deux dactyles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3071" id="1" type="">
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    <head>ASCLEPIAS</head>
    <p>
    ASCLEPIAS , s. m. Plante qui croît dans les montagnes. Ses branches sont longues, &amp; ses racines menues &amp; odorantes. Ses feuilles ressemblent à celles du lierre. Elle a tiré son nom d'un fameux Médecin qui la mit en usage. On la nomme aussi <i>vincetoxicum,</i> du mot Latin <i>vincere,</i> vaincre, &amp; du Grec , les venins auxquels elle résiste. Ses feuilles sont plus longues &amp; plus étroites que celles du lierre : on les emploie entre les vulnéraires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3072" id="1" type="">
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    <head>ASCODROGITE</head>
    <p>
    ASCODROGITE , &amp; non pas <i>Ascrodrogile,</i> comme disent quelques Dictionnaires, après celui d'Hoffman. <i>Ascodrogita.</i> Philastrius appelle <i>Ascodrogites</i> les Hérétiques que S. Augustin appelle Ascites. Voyez ce mot.</p><p><i>Ascodrogite</i> vient d', <i>outre,</i> pour <i>drogite,</i> je ne sai pas trop où Philastrius l'a pris, ni d'où il l'a tiré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3073" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASCODROUTE" />
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    <head>ASCODROUTE</head>
    <p>
    ASCODROUTE , ou ASCODROUPITE, sub. m. &amp; f. Nom de secte. Les <i>Ascodroutes,</i> Hérétiques du IIe siècle, rejettoient les Sacremens, disant que les choses incorporelles ne pouvoient être communiquées par choses visibles &amp; corporelles. Ils mettoient la rédemption parfaite dans la connoissance de l'univers, &amp; ne baptisoient point. Voyez Théodoret, <i>Lib. I. haeret. Fab. cap.</i> 10.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3074" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASCOLIES" />
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    <head>ASCOLIES</head>
    <p>
    ASCOLIES , s. m. &amp; plur. <i>Ascolia, orum.</i> C'est le nom d'une fête que les Paysans de l'Attique célébroient en l'honneur de Bacchus. Ils lui sacrifioient un bouc, de la peau duquel ils faisoient un balon, qu'ils enfloient, &amp; qu'ils frottoient de matière onctueuse. Les jeunes gens en jouoient en se tenant dessus d'un pied, &amp; l'autre en l'air, &amp; par leur chûte divertissoient les spectateurs. C'est de là que cette fête prit son nom. Car signifie un <i>outre,</i> ou peau de bouc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3075" id="1" type="scholastique">
   <index type="head" value="ASÉITÉ" />
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    <head>ASÉITÉ</head>
    <p>
    &#9758; ASÉITÉ , s. f. Terme de Scholastique dont on se sert dans les Ecoles, pour exprimer l'indépendance de Dieu qui existe de lui-même <i>à se,</i> ou par lui-même <i>per se,</i> ce qui fait qu'on dit encore dans le même sens <i>perseité.</i> Les Pères étoient persuadés que l'<i>aséité</i> étoit essentielle au bien moral, de sorte que ne pouvant être dans nous par une <i>aséité</i> de nature, il faut qu'il y soit par une <i>aséité</i> de choix. <i>Journ. de Trev. Mai</i> 1736.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3076" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="ASEPH" />
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    <head>ASEPH</head>
    <p>
    ASEPH , s. m. Terme de Relation . C'est le nom que l'on donne en Perse à des Gouverneurs que le Roi a mis en certaines Provinces à la place des Chams, parce que ceux-ci par le grand nombre de leurs Officiers, consommoient la plus grande partie du revenu de ces Provinces. Voyez <ref type="search" target="head:Tavern">Tavern</ref>. Voyage de Perse. <i>Rector Provinciae, Gubernator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3077" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASER" />
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    <head>ASER</head>
    <p>
    ASER , s. m. <i>Aser.</i> Ce mot dans l'Ecriture signifie trois choses. 1°. Un des douze enfans de Jacob. Il eut celui-ci de Zelpha, servante de Lia. Zelpha, servante de Lia, enfanta un fils à Jacob, &amp; elle dit : C'est pour me faire bienheureuse, car les filles me diront bienheureuse ; &amp; elle le nomma <i>Aser,</i> ou comme d'autres écrivent, <i>Ascher. Gen. XXX.</i> 12. <i>&amp;</i> 13. Ce nom signifie en effet en Hébreu, heureux. 2°. Il se prend pour la Tribu d'<i>Aser,</i> c'est-à-dire, les descendans d'<i>Aser.</i> Ruben, Gad, <i>Aser,</i> Zabulon, Dan &amp; Nephtali, se tiendront de l'autre côté sur le mont Hébal, pour le maudire. Saci. <i>Deut. XXVII.</i> 13. 3°. Il se prend pour le pays qu'occupoit dans la terre sainte la Tribu d'<i>Aser,</i> &amp; qui s'appelle aussi la Tribu d'<i>Aser.</i> Or la frontière de Manassé fut du côté d'<i>Aser</i> venant en Micmethah. Desmar. <i>Jos. XVII.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3078" id="1" type="">
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    <head>ASIARQUE</head>
    <p>
    ASIARQUE , s. m. Titre d'un Magistrat qu'on élisoit chaque année dans l'Asie mineure sous les Empereurs Romains, pour présider aux jeux sacrés, que la Province célébroit en commun à l'honneur des Dieux, ou des Empereurs. C'étoit une charge très-onéreuse, parce que l'<i>Asiarque</i> étoit obligé de faire la dépense de ces jeux : c'est pour cela qu'on élisoit les riches, les plus capables de la supporter. En récompense elle étoit très-honorable, &amp; elle acquéroit le premier rang dans les Provinces, pendant &amp; après son exercice.</p><p>Ce Magistrat est appellé <i>Asiarcha</i> par les Auteurs Latins. Il vient du mot Grec, , d', &amp; d'<i>Asie,</i> , commander &amp; avoir le premier rang.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3079" id="1" type="">
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    <head>ASIATIQUE</head>
    <p>
    ASIATIQUE , adj. m. &amp; f. <i>Asiaticus.</i> Se dit par rapport au style : en ce cas il signifie un style mol, efféminé, &amp; chargé de paroles superflues. Voyez ce que dit Cicéron des Orateurs <i>Asiatiques, De clar. Orat. n.</i> 52.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3079" id="2" type="">
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    <head>ASIATIQUE</head>
    <p>
    Asiatique est aussi un nom de peuple. <i>Asiaticus.</i> Les <i>Asiatiques</i> étoient des peuples mols &amp; efféminés. C'étoit faire une injure à un homme, &amp; lui dire qu'il étoit un débauché, que de dire qu'il avoit été, ou demeuré en Asie. Voyez Cicéron <i>pro Muren. n.</i> 12. Pour vaincre des <i>Asiatiques,</i> il ne falloit qu'oser le combattre. Et que n'osoit pas Alexandre ? Aussi le frère d'Olympias Roi d'Epire, disoit-il dans son expédition d'Italie. <i>Je combats ici des hommes, tandis qu'ailleurs mon neveu combat des femmes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3079" id="3" type="">
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    <head>ASIATIQUE</head>
    <p>
    Asiatique est encore un surnom honorable donné à quelques grands hommes. Pompée déposséda Antiochus surnommé l'<i>Asiatique</i> dernier Roi de Syrie. Bossuet. L. Cornelius Scipion, frère de Scipion l'Africain, ayant été choisi l'an de Rome 564. pendant son Consulat pour aller faire la guerre à Antiochus Roi de Syrie, &amp; ayant taillé en pièces l'armée de ce Prince proche de Sardes, fût surnommé l'<i>Asiatique.</i> Voyez Tite-Live, Liv. XXXIX. ch. 44. On trouve aussi dans des manuscrits <i>Asiagenes,</i> &amp; des médailles portent. L. Scip. Asiag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3079" id="4" type="fleuriste">
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    <head>ASIATIQUE</head>
    <p>
    Asiatique , s. f. Terme de Fleuriste . Anémone, dont les grandes feuilles sont blanches, mêlées d'incarnadin ; sa peluche est de couleur de grenade mêlée de blanc. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3080" id="1" type="">
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    <head>ASIE</head>
    <p>
    ASIE , s. f. <i>Asia.</i> Nom propre de l'une des quatre parties du monde, l'une des trois de notre Continent. Ses bornes sont du côté du Midi &amp; du Levant, l'Océan Oriental, ou l'Océan Indien, Oriental &amp; Scythique. La mer de Tartarie la baigne au Nord. Vers le Couchant les Anciens l'étendoient jusqu'au Nil, &amp; y renfermoient l'Egypte. Dans des siècles plus récens on en a retranché l'Egypte. Elle est séparée de l'Afrique par la mer rouge, &amp; le détroit de Suez, de l'Europe par la Méditerranée, l'Archipel, la mer de Marmora, la mer noire &amp; celle de Zabache, la rivière de Don, le Volga, jusqu'à l'endroit où il commence à couler du Nord au Sud, d'où l'on tire une ligne jusqu'à l'embouchure de l'Oby. L'<i>Asie</i> est non-seulement la plus grande partie de l'ancien monde, mais encore la première &amp; la plus considérable du monde entier. C'est en <i>Asie</i> que le premier homme a été créé ; c'est en <i>Asie</i> que Noé sortit de l'Arche, &amp; que le monde a commencé à se peupler. C'est de l'<i>Asie</i> que les hommes se sont répandus dans toutes les autres parties du monde. C'est en <i>Asie</i> que les Arts &amp; les Sciences ont eu leur berceau. C'est dans l'<i>Asie</i> que les premiers, les plus grands, &amp; les plus florissans Empires se sont fondés. C'est dans l'<i>Asie</i> que le fils de Dieu s'est fait homme, &amp; qu'il a opéré les mystères de la rédemption du genre humain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3081" id="1" type="">
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    <head>ASIE MINEURE</head>
    <p>
    ASIE MINEURE . <i>Asia minor.</i> Nom ancien de la grande Contrée, ou Péninsule, que nous nommons aujourd'hui Anatolie, ou Natolie. Elle s'étend depuis l'Euphrate &amp; le mont Amanus jusqu'à la mer de Marmora &amp; à l'Archipel, ayant au Nord le Pont Euxin, ou la mer noire. &amp; au Sud la Méditerranée. Voyez ANATOLIE, ou NATOLIE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3081" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASIE MINEURE" />
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    <head>ASIE MINEURE</head>
    <p>
    La petite Asie . <i>Asia parva.</i> C'étoit anciennement le nom d'une petite contrée de l'<i>Asie</i> mineure, qui s'allongeoit le <pb n="369" facs="bpt6k8542165/f409/full/1200,/0/native.jpg"/>long de la côte de l'Archipel au Midi de la Phrygie, &amp; comprenoit l'Ionie, la Doride, la Carie, &amp; quelques autres petits Pays. C'est de cette petite <i>Asie</i> que l'<i>Asie</i> Mineure &amp; la grande <i>Asie</i> ont pris leur nom : car c'est la coutume des voyageurs, &amp; de ceux qui découvrent un pays, de donner le nom de la première contrée qu'ils découvrent, à toutes celles qui sont derrière ou au-delà, quelques grandes souvent &amp; quelques vastes qu'elles soient. Ainsi les Européens qui passoient en Orient, ayant trouvé d'abord la petite <i>Asie</i> dont je viens de parler, qui dans ces temps-là se nommoit simplement <i>Asie,</i> ils donnèrent ce nom à tout le pays qui étoit derrière ; c'est-à-dire, à toute l'Anatolie, &amp; ensuite généralement à toute la grande <i>Asie.</i> De cette remarque très-simple, mais très-vraie, il s'ensuit que c'est à la petite <i>Asie</i> qu'il faut attribuer &amp; ajuster tout ce qu'on dit de l'origine du nom <i>Asie,</i> &amp; que tout ce qui ne lui peut convenir est faux.</p><p>Isidore, Etym. Liv. XIV. dit que ce nom vient originairement d'Asia fille de l'Océan, &amp; de Thétis, femme de Japhet. Si cela est vrai, comme il pourroit bien l'être, parce que les anciens noms de lieux sont presque tous des noms d'hommes, il faut dire que la femme de Japhet fut appellée fille de l'Océan &amp; de Thétis par une figure ou phrase ordinaire dans la langue Hébraïque, où , <i>fille de la mer,</i> signifie, qui demeure sur la mer ; ou plutôt que la terre à laquelle la femme de Japhet donna son nom pour quelque raison que nous ne savons pas, peut-être parce qu'elle y mourut, &amp; y fut inhumée, peut-être parce qu'elle y demeura, &amp; ne voulut point s'exposer à la mer ; en un mot, pour quelque raison qui n'est pas venue jusqu'à nous ; que cette terre, dis-je, fut appellée par un Hébraïsme ordinaire, &amp; élégant, <i>fille de la mer,</i> parce qu'elle étoit sur la mer, maritime, que c'est une côte de mer ; ensuite soit par erreur, soit par ignorance, on a transporté cette épithète à Asie même, femme de Japhet ; on a cru qu'elle étoit fille de la mer, c'est-à-dire, de l'Océan &amp; de Thétis, &amp; que c'étoit une épithète de celle qui avoit donné son nom à cette terre, ce qui paroissoit très-naturel, &amp; non pas de la terre même, qui ne pouvoit être la fille d'une Divinité : en un mot, on a pris comme en bien d'autres occasions, dans le propre, ce qui n'avoit été dit que dans le figuré ; grande source de l'idolatrie, &amp; des fables. D'autres disent que c'est un certain Asius fils de Cotys, &amp; petit-fils de Manée, Lydien, dont parle Hérodote, Liv. IV.</p><p>Nos Savans Modernes ont pris une autre route. Becman prétend que <i>Asia</i> est composée de , <i>es, ignis,</i> feu ; &amp; , <i>Ja,</i> nom propre de Dieu abrégé, de sorte que , <i>Asia,</i> signifie, <i>feu de Dieu, feu divin</i> ; &amp; ce nom fut donné à la vaste contrée que nous appellons <i>Asie,</i> parce que dans la Perse &amp; dans plusieurs autres endroits de ce vaste pays on adoroit le feu. Mais comme on l'a remarqué ci-dessus, ce mot ne fut donné premièrement qu'à une partie de la côte de la Natolie, qui est sur l'Archipel, où l'on ne sait point que le feu fût adoré, sur-tout dans les premiers temps, &amp; qui est bien éloignée de la Perse. Bochard, dans son <i>Phaleg,</i> Liv. IV. ch. 33. p. 337. dérive ce nom d'un autre mot Hébreu , <i>Hhtsi,</i> qui signifie <i>moitié,</i> mais qui veut dire aussi, <i>Ce qui est au milieu. Jos. X.</i> 13. <i>Jud.</i> XVI. 3. &amp; il conjecture que ce nom fut donné à l'<i>Asie</i> (il entend l'<i>Asie</i> mineure, ou Anatolie) parce qu'elle est entre l'Afrique &amp; l'Europe, &amp; qu'elle s'avance au milieu des deux. Mais outre qu'il n'est pas sûr qu'on ait donné ce nom d'<i>Asie</i> qu'après qu'on eut fait la distinction des parties du monde, &amp; regardé l'Europe &amp; l'Afrique comme deux parties différentes ; qu'il n'est pas sûr qu'elles étoient les bornes de l'Europe dans les temps qu'on a mis le nom d'<i>Asie</i> en usage, &amp; si elle s'étendoit au-dessus de l'<i>Asie</i> mineure ; c'est que ce nom de milieu ne convient nullement à la petite contrée qui l'a porté d'abord &amp; proprement, puisqu'elle n'est point au milieu, mais au contraire toute à l'extrémité de l'<i>Asie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3082" id="1" type="">
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    <head>ASIMA</head>
    <p>
    ASIMA , s. m. <i>Asima.</i> Nom d'un Dieu des Samaritains. On ne sait guère quel Dieu c'étoit ; on sait seulement que c'étoit le Dieu des habitans d'Emath. La plupart des Rabbins veulent que ce fût un Bouc, &amp; le P. Kirker suit ce sentiment dans <i>Oedip. Aegypt. T. I. Synt. IV. c.</i> 20. C'est-à-dire, qu'on le représentoit sous la figure d'un Bouc ; R. Elias Levita est d'un autre sentiment ; il veut que ce fût un singe. Voyez le P. Kirker cité, &amp; Selden <i>de Diis Syr. Synt. II. c.</i> 9. Abenezra, dans sa préface sur Ezra, dit que les Samaritains avoient corrompu le commencement de la Genèse, &amp; qu'ils avoient mis le nom d'Asima au lieu de , Dieu : Au commencement <i>Asima</i> créa. C'est une calomnie, comme Drusius, Seldenus, &amp; d'autres l'ont remarqué.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3083" id="1" type="">
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    <head>ASINAIRE</head>
    <p>
    ASINAIRE , s. m. <i>Asinarius.</i> Fleuve de Sicile qu'on appelle aujourd'hui <i>Falconara.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASINAIRES</head>
    <p>
    ASINAIRES , s. masc. &amp; plur. <i>Asinaria, orum.</i> Fêtes des Syracusiens, instituées en mémoire de la victoire qu'ils remportèrent sur Nicias &amp; Démosthène, Généraux des Athéniens, proche du fleuve Asinaire, d'où cette fête prit son nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASINE</head>
    <p>
    ASINE , adj. f. <i>Asinius,</i> qui ne se dit qu'en cette phrase, Bête <i>Asine,</i> pour signifier un âne. On se sert de ce mot au Palais, &amp; dans toutes les procédures de Justice, pour éviter le mot d'<i>Ane</i> ; qui a quelque chose qui excite la risée quand on le prononce en public.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3086" id="1" type="">
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    <head>ASKÈPE</head>
    <p>
    ASKÈPE , s. m. On appelloit à la Cour des Empereurs Grecs <i>Askèpes,</i> ceux que nous appellerions aujourd'hui Pages de la Chambre. Les <i>Askèpes</i> étoient de jeunes enfans, qui se tenoient toujours tête nue au Palais. Cet usage fut aboli sous Andronique Paléologue le jeune, qui l'avoit établi. Voyez Nicéphore Gregoras, Liv. II.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3086" id="2" type="">
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    <head>ASKÈPE</head>
    <p>
    Askèpe est un nom Grec, qui vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>tego, velo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3087" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASLARD" />
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    <head>ASLARD</head>
    <p>
    ASLARD . Nom propre d'homme. Voyez <ref type="search" target="head:ALARD">ALARD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3088" id="1" type="">
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    <head>ASMODÉE</head>
    <p>
    ASMODÉE , ou ASMEDÉE, subst. m. <i>Asmodaeus, Asmedaeus.</i> Nom que les Juifs donnent au Prince des Démons, ou au Roi des Démons, comme parle la Paraphrase Chaldaïque sur le Ch. 1r de l'Ecclésiaste. Rabi Elias Levita, dans son <i>Thisbi,</i> dit que les Rabbins enseignent qu'<i>Asmodée</i> étoit fils de Naama, soeur de Tubalcaïn, &amp; femme de Sehimron, &amp; qu'elle fut encore mère de plusieurs autres Démons. Il croit aussi qu'<i>Asmodée</i> est le même que Samaël.</p><p>Quelques-uns, &amp; entre autres Buxtorf le père, rapportent ce nom à , ce qui signifie <i>pécher, être</i> ou <i>devenir coupable.</i> Il paroît plus naturel de le tirer de , <i>samad,</i> qui signifie <i>perdre, ravager, détruire, , daleth,</i> à la fin du mot n'est point lettre servile, même en Chaldéen, &amp; l'est au commencement &amp; à la fin. S'il vient d', <i>Ascham,</i> il faut dire qu'il est composé de ce verbe, &amp; de , <i>satis, affatim,</i> pour marquer un grand pécheur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3089" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASMONÉEN, ÉENNE" />
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    <head>ASMONÉEN, ÉENNE</head>
    <p>
    ASMONÉEN, ÉENNE , s. m. &amp; f. <i>Assamoneus, Asmonaeus.</i> C'est un nom que Josephe donne aux Machabées. Ce nom est originiarement Hébreu, &amp; vient de , <i>hhschman,</i> qui signifie un Grand, un Prince, un Seigneur. La mère des sept enfans dont le martyre est rapporté au 2e Livre des Machabées ch. 7. selon la tradition des Orientaux rapportée par Abulfarage, se nommoit <i>Aschmuna,</i> ou <i>Schamunah.</i> Mais comme je ne sai sur quoi cette tradition est fondée, je m'en tiens à l'étymologie que j'ai rapportées ; joint que ce sont les Princes qui gouvernoient, enfans de Mathathias, &amp; non pas les fils de cette généreuse mère, que Josephe appelle <i>Asmonéens.</i> Jonathas Machabée, le premier Grand Pontife de la race des <i>Asmonéens.</i> Tillem. Antigone, le dernier Prince de la race des <i>Asmonéens,</i> ou Machabées. Id. Le règne des <i>Asmonéens,</i> à le prendre depuis la retraite de Mathathias jusqu'à la mort d'Antigone, dura 126 ans selon Josephe ; mais il y a de l'erreur dans le nombre, il faut dire 129 ans, &amp; 105 à le prendre depuis Simon. Là (142 années avant J. C.) commence le nouveau Royaume du Peuple de Dieu, &amp; la Principauté des <i>Asmonéens,</i> toujours jointe au nouveau Sacerdoce. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3090" id="1" type="">
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    <head>ASNE</head>
    <p>
    ASNE , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNE">ÂNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3091" id="1" type="">
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    <head>ASNÉE</head>
    <p>
    ASNÉE , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNÉE">ÂNÉE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3092" id="1" type="">
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    <head>ASNERIE</head>
    <p>
    ASNERIE , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNERIE">ÂNERIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3093" id="1" type="">
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    <head>ASNESSE</head>
    <p>
    ASNESSE , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNESSE">ÂNESSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3094" id="1" type="">
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    <head>ASNIER</head>
    <p>
    ASNIER , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNIER">ÂNIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3095" id="1" type="">
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    <head>ASNIÈRE</head>
    <p>
    ASNIÈRE , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNIÈRE">ÂNIÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3096" id="1" type="">
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    <head>ASNON</head>
    <p>
    ASNON , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNON">ÂNON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3097" id="1" type="">
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    <head>ASNONNER</head>
    <p>
    ASNONNER , Voyez <ref type="search" target="head:ÂNONNER">ÂNONNER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3098" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPAIS" />
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    <head>ASPAIS</head>
    <p>
    ASPAIS , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Aspasius.</i> La mémoire de S. <i>Aspais</i> est marquée dans un très-ancien Martyrologe de l'Eglise Collégiale de Notre-Dame de Melun. La principale Paroisse de cette ville s'appelle S. <i>Aspais.</i> Ce mot s'est formé par corruption du Latin <i>Aspasius,</i> qui signifie <i>gracieux, aimable,</i> &amp; vient d', qui veut dire, <i>aimer, embrasser, faire des caresses.</i> Au reste cette corruption est très-ancienne. On voit, par un titre gardé en l'Abbaye de S. Pierre de Melun, que la partie de cette ville qui est au Septentrion de la Seine, &amp; à laquelle cette Paroisse donne son nom, s'appelloit le Bourg S. <i>Aspais,</i> dès le temps de Hugues Capet. Lisez les Notes de M. Chastelain, premier Janvier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3099" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="ASPALATHE" />
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    <head>ASPALATHE</head>
    <p>
    ASPALATHE , ou ASPALATH, s. m. Terme de Pharmacie . C'est le bois d'un petit arbre épineux, pesant &amp; massif, oléagineux, un peu acre &amp; amer au goût, de couleur purpurine &amp; marquetée, assez odorant. Il approche des vertus, du goût, de l'odeur, de la pesanteur &amp; de la figure du bois d'aloës. On les substitue l'un à l'autre, quand on en a besoin dans les médicamens. Les Parfumeurs en usent pour donner du corps à leurs parfums. Quelques Botanistes décrivent quatre sortes d'<i>Aspalathe.</i> Le premier est de couleur de bouis, dur, solide, pesant, &amp; de l'odeur des roses ; d'où vient qu'on l'appelle aussi bois de rose. Le second est rouge de la même couleur que l'If, &amp; d'une odeur très-agréable. Le troisième est dur, tortu, noueux, de couleur brune au milieu, &amp; ailleurs cendrée. Il a une odeur forte, semblable à celle du bouc, &amp; un goût désagréable. Le quatrième a son écorce cendrée, &amp; le bois est de couleur de pourpre. Il a une odeur forte, qui frappe l'odorat aussi vîte &amp; aussi fortement que fait le castor. Il jette des branches en forme de sarmens, &amp; il est quelque peu épineux. Voyez BOIS d'ALOËS.</p><p>Il y a d'autres plantes à qui on donne ce même nom, &amp; qui sont des espèces d'une plante, qu'on appelle <i>genista-spartium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3100" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPECT" />
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    <head>ASPECT</head>
    <p>
    ASPECT , s. m. Objet éloigne qui frappe la vûe. <i>Prospectus.</i> Cette maison est en bel <i>aspect,</i> c'est-à-dire, a une belle vûe devant elle, ou elle est belle à voir de loin : son <i>aspect</i> est à l'Orient, en parlant de son exposition.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3100" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPECT" />
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    <head>ASPECT</head>
    <p>
    Aspect , se dit aussi de la qualité de la chose qui regarde, ou qui est regardée. <i>Aspectus.</i> Cet homme a un <i>aspect</i> affreux, il fait peur à tous ceux qui le regardent. A l'<i>aspect</i> d'une personne on juge souvent de ce qu'elle a dans l'ame, c'est-à-dire, en la voyant. A l'<i>aspect</i> du supplice la constance s'évanouït. A l'<i>aspect</i> de la pièce on juge de sa fausseté. Je le vis, son <i>aspect</i> n'avoit rien de farouche. Racin. A l'<i>aspect</i> agréable de tout ce qui m'environne, je ne puis m'empêcher, malgré Virgile, de donner la préférence à l'Automne sur le Printemps. L'Abbé Genest, dans les <i>divertissemens de Seaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3100" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASPECT" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ASPECT</head>
    <p>
    Aspect , se dit aussi de la description qu'on fait dans des Cartes marines des côtes, &amp; des terres qui sont sur un parage, telles qu'elles se présentent à la vûe. Il y a de ces Cartes dans les Routiers, où sont dépeints tous les <i>aspects</i> &amp; vûes de terres qui servent à la navigation, &amp; qui aident à la connoissance des côtes &amp; rivages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3100" id="4" type="astronomie">
   <index type="head" value="ASPECT" />
   <index type="src_domain" value="astronomie" />
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    <head>ASPECT</head>
    <p>
    Aspect . Terme d'Astronomie . C'est la situation qu'ont les étoiles &amp; les Planètes, les unes à l'égard des autres en diverses parties du Zodiaque. <i>Aspect</i> benin. <i>Aspect</i> malin. Il y a quatre <i>aspects.</i> C'est ainsi que M. Perrault, dans ses Remarques sur Vitruve, croit qu'il saut lire, quoique dans le texte de Vitruve il y ait <i>ad quintum.</i> Le Sextil, quand les astres sont éloignés de soixante degrés l'un de l'autre. <i>Hexagonum.</i> Le Quadrat de nonante. <i>Quadratum.</i> Le Trin de 120. <i>Trigonum, Triquetrum, Triangulum.</i> L'opposition, ou Diamétral quand ils sont à 180. degrés. <i>Diametrum.</i> Kepler ajoûte huit nouveaux <i>aspects</i> aux anciens ; savoir, le Demisextil, qui contient un éloignement de 30. degrés : le Decil, qui est de 36. degrés : l'Octil, de 45 ; le Quintil, de 72 ; le Trédécil, de 108 ; le Sesquaré, de 135 ; le Biquintil, de 144, &amp; le Quinqunx, de 150. Il y a des <i>aspects</i> favorables, &amp; de malins <i>aspects.</i> Les bons <i>aspects</i> sont quand les Planètes s'entrevoient d'un doux regard ; comme l'<i>aspect</i> Trine, &amp; le Sextil. L'<i>aspect</i> opposé, &amp; le quadrat, menacent de quelque malheur, selon les Astrologues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3101" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPERGE" />
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    <head>ASPERGE</head>
    <p>
    ASPERGE , s. f. <i>Asparagus.</i> Se prend pour les jeunes pousses de la plante que l'on mange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3101" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPERGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ASPERGE</head>
    <p>
    Asperge , s. f. <i>Asparagus.</i> Plante qu'on cultive dans les jardins, quoiqu'on en trouve dans la campagne, où leurs pousses sont bien plus maigres &amp; d'un goût sauvage. Ses racines sont composées de plusieurs filamens longs, gros comme de la ficelle, &amp; ramassés ensemble en un collet considérable, fort dur, &amp; d'où naissent plusieurs tiges, que nous appellons <i>Asperges,</i> &amp; que l'on mange avant qu'elles poussent leurs feuilles. Ces tiges deviennent ensuite branchues, hautes de trois pieds, &amp; garnies de petites feuilles courtes, très-étroites, &amp; comme capillaires, longues d'un demi pouce. Ses fleurs naissent çà &amp; là le long des branches. Elles sont blanchâtres, à six pétales. A ces fleurs succèdent des baies rondes, rouges, grosses comme des pois, &amp; qui renferment quelques semences dures comme de la corne. On croyoit que l'<i>asperge</i> sauvage &amp; l'<i>asperge</i> du bord de la mer, étoient de simples variétés de l'<i>asperge</i> cultivée ; mais leur culture a fait voir qu'elles étoient des espèces différentes, qui ne dégénèrent jamais en l'une ou en l'autre.</p><p>On mange les <i>asperges</i> différemment aprêtées, tantôt à la sausse blanche, tantôt à la vinaigrette, ou bien en guise de petits pois. Cette dernière manière se pratique, surtout pour les <i>asperges</i> menues. On emploie en Médecine les racines &amp; les baies de l'<i>asperge.</i> Ses racines sont très-apéritives, diurétiques ; mais à la longue elles deviennent dégoûtantes dans les bouillons &amp; dans les tisannes, à cause de leur odeur &amp; de leur goût, outre que l'urine en devient presque toujours puante. Ses baies sont très-adoucissantes, &amp; provoquent doucement les urines. L'industrie du Jardinier peut faire venir des <i>asperges</i> en hiver, par le moyen des rechauffemens du fumier de cheval nouveau fait. La Quint. Les <i>asperges</i> pour être bonnes doivent être vertes, grosses, tendres, &amp; cultivées dans les jardins.</p><p>Le nom d'<i>asperge</i> vient du Latin <i>asparagus,</i> formé du verbe <i>aspergere,</i> arroser, parce que l'<i>asperge</i> est propre à arroser : c'est le sentiment de M. Lemery, qui quant à cette seconde partie est manifestement faux, puisqu'<i>asparagus</i> est un mot Grec, . Selon Galien Liv. II. des Alimens, les Grecs appelloient , toute sorte de jet tendre. C'est de-là que les <i>asperges,</i> qui ne sont autre chose que des jets tendres, ont pris leur nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3102" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPERGER" />
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    <head>ASPERGER</head>
    <p>
    ASPERGER , v. act. Mot qui n'a guère d'usage que dans les choses de la Religion. Il signifie, Arroser avec de l'eau, ou quelqu'autre liqueur, en la faisant tomber par menues gouttes avec une branche d'arbre, un goupillon ou autre chose propre à cela. <i>Aspergere, inspergere.</i> En quelques sacrifices on <i>aspergeoit</i> le peuple avec du sang de la victime. Dans l'Eglise on <i>asperge</i> le peuple d'eau benite, quand elle est faite. Un Traducteur des Pseaumes a dit, <i>Aspergez</i>-moi d'hyssope, &amp; je serai mondé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3102" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPERGER" />
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    <head>ASPERGER</head>
    <p>
    Aspergé, ée , part. <i>Aspersus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3103" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPERGÈS" />
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    <head>ASPERGÈS</head>
    <p>
    ASPERGÈS , s. m. Goupillon avec lequel on distribue l'eau benite. <i>Aspergillum, aspersorium.</i> Il faut prononcer l'<i>s</i> finale. On dit figurément &amp; bassement, Donner de l'<i>aspergès</i> à quelqu'un ; pour dire, le bien mouiller par plaisir. Ce mot n'est pas du bel usage. Il y a sur les médailles des <i>aspergès,</i> ou <i>aspersoirs,</i> si l'on peut s'exprimer ainsi ; c'est-à-dire, des instrumens avec lesquels les Pontifes jettoient l'eau lustrale sur les assistans. On les voit avec les autres vases Pontificaux sur des médailles de César, d'Auguste, &amp;c. &amp; les Antiquaires, entr'autres Fabretti, disent qu'ils étoient de branches d'arbres, de soies d'animaux, de laurier, ou d'olivier. Voyez <ref type="search" target="head:ASPERSOIR">ASPERSOIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3104" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPERGOUTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ASPERGOUTE</head>
    <p>
    ASPERGOUTE , s. f. Clusius, dans sa traduction Françoise de l'Histoire des Plantes de Dodiens, ou Dodonée, appelle <i>Aspergoute</i> menue, ou étoilée, l'<i>Aster atticus, caeruleus, vulgaris C. B.</i> autrement <i>Inguinalis,</i> à cause qu'on <pb n="371" facs="bpt6k8542165/f411/full/1200,/0/native.jpg"/>la croyoit bonne pour résoudre les tumeurs des aînes. Cette plante est commune en plusieurs endroits du Royaume. Ses racines sont fibreuses, vivaces, &amp; jettent quelques tiges ligneuses, rondes, un peu velues, hautes d'un pied, branchues vers leurs extrémités, &amp; garnies de feuilles longues d'un pouce, larges d'un demi pouce, arrondies, velues, &amp; d'un verd pâle cendré. Ses fleurs naissent à l'extrémité des tiges &amp; des branches ; elles sont radiées, composées de fleurons jaunes qui occupent le disque ou le centre, &amp; de demi fleurons pourprés qui forment leur couronne. Ces fleurs sont suivies de semences menues, étroites, &amp; chargées d'une aigrette. Ce mot d'<i>Aspergoute</i> n'est pas usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3105" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPERSER" />
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    <head>ASPERSER</head>
    <p>
    ASPERSER , v. act. qui signifie la même chose qu'asperger. Il n'est pas encore bien établi. Vous <i>asperserez</i> le haut de la porte, &amp; les poteaux. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3106" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPERSION" />
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    <head>ASPERSION</head>
    <p>
    ASPERSION , s. f. L'action d'asperger. <i>Aspersio.</i> L'<i>aspersion</i> de l'eau benite. On fait beaucoup d'<i>aspersions</i> &amp; d'encensemens, lorsqu'on enterre les Princes &amp; Prélats. La Loi Mosaique étoit une servitude, par le grand nombre d'<i>aspersions</i> &amp; de cérémonies qu'elle ordonnoit. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3106" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPERSION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ASPERSION</head>
    <p>
    Aspersion , se dit aussi au figuré, quand dans les discours de piété on parle du coeur &amp; de la conscience ; &amp; alors il signifie un saint épanchement, un saint arrosement de la grace sur l'ame. Avoir le coeur purifié des souillures de la mauvaise conscience par une <i>aspersion</i> intérieure. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3107" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPERSOIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ASPERSOIR</head>
    <p>
    ASPERSOIR , s. m. Quelques-uns disent <i>aspersoire,</i> &amp; le font feminin ; mais <i>aspersoir</i> est beaucoup plus en usage. C'est une manière de baton de métal, ou de bois fort proprement tourné, long d'un pied &amp; demi, au bas bout duquel on attache plusieurs brins de poil, pour prendre l'eau-benite, &amp; pour en faire aspersion. <i>Aspersorium.</i> On a aussi appellé l'<i>aspersoir, Vulpilio,</i> parce qu'autrefois on se servoit d'une queue de renard pour faire l'aspersion. Voyez <ref type="search" target="head:ASPERGÈS">ASPERGÈS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3108" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="ASPHALITE" />
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    <head>ASPHALITE</head>
    <p>
    ASPHALITE , s. m. <i>Asphalites.</i> Terme d'Anatomie . C'est le nom qu'on donne à la cinquième des vertèbres des lombes, parce qu'elle est considérée comme l'appui &amp; le soutien de toute l'épine des lombes.</p><p>Ce nom vient de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>supplanter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3109" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPHALTITE" />
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    <head>ASPHALTITE</head>
    <p>
    ASPHALTITE , s. m. <i>Asphaltites.</i> Le lac <i>Asphaltite, Lacus Alphaltites,</i> c'est le nom d'un lac de Judee que l'Ecriture appelle Mer morte, <i>Mare mortuum.</i> Voyez ce mot à sa place. Quelques Auteurs disent aussi en Latin, <i>Asphaltus Asphaltis.</i> Je doute que ces noms se trouvent dans de bons Auteurs. Celui qui a traduit la vie de S. Théodose Abbé, rapportée par Bollandus, T. I. p. 685. dit <i>Asphaltidis lacus.</i> Je voudrois un autre garant. <i>Asphaltite</i> est un mot Grec qui vient de , qui signifie bitume ; &amp; ce lac a été nommé <i>Asphaltite,</i> c'est-à-dire, bitumineux, parce qu'il est plein de bitume, qui se détache de son fond, &amp; s'élève sur la surface de ses eaux. Les habitans l'appellent <i>Sorban,</i> dit Junius. Les Arabes l'appellent <i>Rahheret Lut,</i> lac de Lot. Voici ce que le P. Nau dit dans son <i>Voyage de la Terre-Sainte</i> : Je m'informai aussi de lui (d'un Abbé Grec du Monastère de S. Saba) du bitume que les Auteurs disent que l'on y recueille... Il me répondit que l'on ne l'y trouvoit point en tout temps ; mais qu'en certaines années ce bitume sembloit sortir, comme de dessous l'eau, (c'est probablement des endroits où Ecriture dit qu'étoient les puits de bitume, <i>Gen. XIX.</i>) qu'il s'élevoit à la surface du lac, &amp; s'y assembloit quelquefois de la grosseur d'un navire ; qu'il flottoit au gré du vent, qui enfin le portoit à quelque côte où il s'arrêtoit, &amp; où quelquefois il se rompoit en diverses pièces ; que les Arabes le ramassoient avec soin, &amp; que le Bassa de Jérusalem en avoit sa part, &amp; leur en laissoit prendre la leur ; qu'il s'en formoit de cette sorte diverses masses de différentes grosseurs en divers endroits. Voyez Josephe, <i>Lib. V. de Bello Jud. c.</i> 5. Tacite, Liv. V. <i>Hist.</i> c. 6. &amp; 7. Solin, ch. XXXVIII. Justin, Liv. XXXVI. c. 36. c. 3. Pausanias, Liv. V. Hésychius explique , <i>Asphaltite,</i> par , <i>Mer rouge.</i> Bochart, <i>Phaleg. Lib. I. c.</i> 2. croit que c'est à cause de la couleur du bitume. Peut-être aussi qu'Hésychius s'est trompé, &amp; qu'il a confondu ces deux mers à cause de leur proximité ; ou plutôt parce qu'on appelloit mer rouge toutes les mers du côté de l'Arabie, l'Océan, le détroit Arabique, le détroit Persique, comme nous l'avons dit au mot <i>Détroit Arabique :</i> il a appellé, du même nom ce grand lac de l'Arabie, qu'il a regardé comme une partie de la mer rouge, &amp; peut-être comme y ayant sa source &amp; en sortant. Nos Dictionnaires disent <i>Asphaltide.</i> S'il étoit reçu, nous le dirions aussi, mais n'y ayant point d'usage sur ce mot, nous croyons qu'il faut suivre le Grec &amp; le Latin, &amp; dire <i>Asphaltite.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3110" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPHODÈLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ASPHODÈLE</head>
    <p>
    ASPHODÈLE , ou ASFODÈLE. s. f. <i>Asphodelus.</i> On disoit autrefois <i>asfrodille.</i> Plante dont les racines sont en bottes ; c'est-à-dire, composées de plusieurs navets ramassés à leur collet en une botte, d'où partent plusieurs feuilles vertes, longues, étroites, pointues, &amp; pliées en une goutière, triangulaires, &amp; d'entre lesquelles s'élève une tige ronde, lisse, nue, quelquefois branchue, haute de quatre à cinq pieds, &amp; terminée par un épi de fleurs blanches, rayées extérieurement par des lignes purpurines, découpées en six parties ; le pistile, qui occupe le milieu de la fleur, devient un fruit verd, arrondi, gros comme une moyenne noisette, divisé en trois loges, qui renferment chacune plusieurs semences triangulaires. Elle croît communément en Languedoc ; on la trouve aussi dans d'autres Provinces du Royaume. Ses racines, quoique désagréables &amp; acres, ont cependant servi de nourriture à des peuples entiers ; &amp; dans ces dernières années de disette on en a fait du pain ; on les mangeoit aussi du côté de Bordeaux comme des navets. On plantoit anciennement l'<i>Asfodèle</i> auprès des tombeaux, afin que les manes du cadavre pussent trouver de quoi se nourrir. Porphyre dit dans une de ses Epigrammes pour inscription sur un tombeau : Au dehors je suis muni de Mauve &amp; d'<i>Asfodèle,</i> &amp; au dedans de moi je ne renferme qu'un cadavre. Il y a une espèce d'<i>Asfodèle</i> qu'on cultive dans les jardins à cause de sa fleur. <i>Asphodelus luteus.</i> Ses racines sont jaunes, bien plus menues que dans la précédente ; ses feuilles plus courtes, &amp; creuses comme celles de la ciboule. Sa tige est plus petite, rarement branchue, &amp; garnie de feuilles jusqu'à la naissance des fleurs qui la terminent, &amp; qui forment un épi garni de fleurs jaunes de même structure que celle de la précédente espèce. Ses fruits sont à trois loges, &amp; renferment des semences anguleuses &amp; noires. Elle croît en Sicile.</p><p>On dit aussi Lis <i>Asphodèle.</i> Le Lis <i>Asphodèle</i> jaune fleurit au mois de Mai.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3111" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPIC" />
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    <head>ASPIC</head>
    <p>
    ASPIC , s. m. Petit serpent fort venimeux. <i>Aspis.</i> La morsure d'un <i>aspic</i> ne se guérit point : c'est un Aphorisme d'Hippocrate, qui se trouve aussi dans l'Ecriture au chap. 32. du Deuteron. v. 33. sur-tout quand il mord après avoir mangé une grenouille, comme dit Bochart en sa Zoographie. Ils ont, dit l'Ecriture, le poison de l'<i>aspic</i> sur leurs lèvres. Ab. de la Tr. Les Egyptiens adoroient l'<i>aspic.</i> Voyez le P. Kirker, <i>Oed. Aeg. Tom. III.</i> p. 187.</p><p>Quelques-uns font venir ce mot du Grec , <i>sibilo :</i> d'autres de sa figure ronde, qui s'appelle en Grec , un <i>bouclier,</i> parce que ce serpent se met ordinairement en rond, principalement quand on l'attaque ; ce qui représente la figure circulaire du bouclier. Sa tête, qu'il élève du milieu de ce cercle, représente ce que les Romains appelloient <i>ombo</i> dans leur bouclier.</p><p>Matthiole met trois espèces d'<i>aspics,</i> dont l'un est nommé <i>Ptyas,</i> parce qu'il jette son venin au loin comme s'il crachoit : le second <i>Cherséen,</i> qui a pris son nom de ce qu'il se nourrit loin de la mer : le troisième <i>Chélidonien,</i> parce qu'il est noir sur le dos, &amp; blanc sous le ventre, comme les hirondelles. Les plus grands <i>aspics</i> sont ceux qui se nourrissent sur la terre. Il y en a quelquefois de cinq coudées de long, &amp; sur-tout les <i>Ptyas,</i> qui ont une couleur cendrée, verte &amp; jaune. Nicander dit qu'un homme picqué d'un <i>aspic</i> devient verd &amp; pâle, perd la vûe, paroît endormi, &amp; meurt sans sentir aucune douleur. Il ne peut vivre que huit heures, &amp; souvent meurt au bout de trois. Ceux qui sont picqués des <i>aspics</i> Chélidoniens meurent soudain. L'<i>aspic</i> fait une piquure fort déliée, comme la pointe d'une aiguille. Le mâle fait deux piquures, &amp; la femelle quatre, comme les vipères ; &amp; son venin fait congeler le sang dans les veines &amp; les artères. Il y a aussi une <i>aspic</i> sourd qui a des taches jaunes sur une peau grise, qui est le plus dangereux de tous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3111" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPIC" />
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    <head>ASPIC</head>
    <p>
    Aspic , se dit figurément d'un médisant, &amp; d'une médisante. <i>Maledicus.</i> C'est une langue d'<i>aspic.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3111" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASPIC" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>ASPIC</head>
    <p>
    Aspic , est aussi une ancienne pièce d'artillerie, qui est <pb n="372" facs="bpt6k8542165/f412/full/1200,/0/native.jpg"/>une demi-coulevrine bâtarde qui tire douze livres de boulet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3111" id="4" type=" impropre de botanique">
   <index type="head" value="ASPIC" />
   <index type="src_domain" value=" impropre de botanique" />
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    <head>ASPIC</head>
    <p>
    Aspic , est aussi une plante qui est une espèce de <i>lavande,</i> qui a une fleur bleue, &amp; une odeur &amp; un goût fort. <i>Pseudonardus.</i> L'<i>aspic</i> a quantité de branches dures comme du bois, &amp; comme celle du Romarin : ses feuilles sont longuettes, étroites, épaisses, &amp; en grand nombre, plus fortes, plus larges &amp; plus blanches que celles de la lavande. A la cime des branches naissent les fleurs en épis de couleur rouge, avec un long pied quarré &amp; mince. L'<i>aspic</i> naît de lui-même sur des collines sèches &amp; pierreuses, &amp; exposées au soleil, particulièrement en Languedoc. Il fleurit aux mois de Juin &amp; de Juillet. Il est apéritif &amp; digestif. Il est bon aux maladies froides du cerveau ; ses fleurs fortifient l'estomac, désopilent la rate, &amp;c. Chom. On en fait une huile qu'on nomme l'<i>huile d'aspic,</i> qui prend feu aisément, &amp; qu'il est impossible d'éteindre, dont les Peintres se servent.</p><p>Tout cela n'est point exact. <i>Aspic</i> est un terme impropre de Botanique , qui se dit par corruption pour Spic. On appelle ainsi la lavande à feuilles larges. <i>Lavandula latifolia,</i> ou <i>spica.</i> Voyez <ref type="search" target="head:LAVANDE">LAVANDE</ref>. On dit encore très-improprement huile d'<i>aspic ;</i> pour parler correctement, on doit écrire &amp; dire l'huile de spic, <i>oleum spicae.</i> On crie à Montpellier en certains temps de l'année sous le nom de spic les sommités fleuries &amp; desséchées de la lavande à feuilles larges, ou grande lavande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3111" id="5" type="">
   <index type="head" value="ASPIC" />
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    <head>ASPIC</head>
    <p>
    Aspic d'<i>outremer.</i> Ce n'est pas un épi qui naisse à la cime du nard, mais c'est la racine qui a la figure d'un épi. Cet épi est de couleur de fer, d'un goût amer, &amp; d'une odeur qui n'est pas désagréable. Il croît dans les montagnes de l'Inde. Il est astringent, abstersif, apéritif &amp; fortifiant. Chom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3112" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPIRANT, ANTE" />
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    <head>ASPIRANT, ANTE</head>
    <p>
    ASPIRANT, ANTE , adj. Qui aspire. <i>Aspirans, contendens ad, &amp;c.</i> Une ame <i>aspirante</i> à la béatitude quitte toutes les vanités du monde. C'est un homme <i>aspirant</i> après les richesses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3112" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPIRANT, ANTE" />
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    <head>ASPIRANT, ANTE</head>
    <p>
    Aspirant , se dit aussi au substantif, de tous ceux qui poursuivent leur réception en quelques Degrés ou Maîtrises. <i>Candidatus.</i> C'est un <i>Aspirant</i> au Doctorat ; un <i>Aspirant</i> à la Maîtrise. L'Ordonnance veut que les <i>Aspirans</i> à la Maîtrise des corps des Marchands, soient interrogés sur les parties doubles &amp; simples. <i>Aspirant</i> Apothicaire. Voyez <ref type="search" target="head:APOTHICAIRE">APOTHICAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3113" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="ASPIRANT, ANTE" />
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    <head>ASPIRANT, ANTE</head>
    <p>
    ASPIRANT, ANTE , adj. <i>Vocalis spiritu aspero elata.</i> Terme de Grammaire , qui se dit de certaines lettres qu'on aspire, &amp; dont la prononciation est plus forte que celle des autres. Si on ne faisoit point l'<i>h aspirante</i> dans le mot de <i>Heros,</i> on feroit une fâcheuse équivoque. Vaug. Rem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3113" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPIRANT, ANTE" />
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    <head>ASPIRANT, ANTE</head>
    <p>
    Aspirante , s. f. <i>Quae aspirat, contendit.</i> C'est parmi les Religieuses, une fille qui ayant fait son noviciat, aspire à être reçue, &amp; à faire solemnellement les voeux que son Ordre exige de toutes ses semblables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3113" id="3" type="mechanique">
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    <head>ASPIRANT, ANTE</head>
    <p>
    Aspirante , s. f. C'est aussi une fille qui après avoir achevé son apprentissage, aspire à être reçue maîtresse, &amp; se présente pour cet effet aux Jurées de son métier, pour faire le chef-d'oeuvre qu'elles lui donneront selon leurs statuts.</p><p>En termes de Méchanique on appelle une Pompe <i>aspirante,</i> celle qui élève l'eau jusqu'à 32. pieds, sans autre compression que celle qui se fait par la pesanteur de l'air extérieur, &amp; dont on attribuoit autrefois l'effet à la crainte du vuide. <i>Anthlia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3114" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPIRATION" />
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    <head>ASPIRATION</head>
    <p>
    ASPIRATION , s. f. Action de celui qui respire, &amp; qui tire son haleine, ou l'air extérieur en dedans pour rafraîchir ses poumons. <i>Adspiratio.</i> Il n'est d'usage que dans le dogmatique. Les Médecins disent aussi <i>inspiration,</i> &amp; l'opposent à <i>expiration,</i> qui est l'action par laquelle on repousse ce même air au dehors.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3114" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASPIRATION" />
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    <head>ASPIRATION</head>
    <p>
    Aspiration , se dit aussi en Physique par ceux qui croient qu'il y a deux manières de faire les pompes, l'une par compression, l'autre par <i>aspiration.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3114" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASPIRATION" />
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    <head>ASPIRATION</head>
    <p>
    Aspiration , est aussi un terme de Grammaire . <i>Vocalis elatio fortior, asperior.</i> Il signifie une prononciation forte qui se fait en aspirant, &amp; qui se tire du gosier : ce qui se pratique à l'égard de l'<i>h</i> dans un grand nombre de mots où cette <i>h</i> est aspirée. Ainsi on ne doit point prononcer sans <i>aspiration</i> ces mots, Harangue, Hache, Hameau, Héros, Hollande, &amp;c. Et par conséquent la voyelle, quand il s'en trouve une devant, ne se perd point.</p><p>L'<i>aspiration,</i> que les Grecs appellent esprit, &amp; qu'ils marquent sur les voyelles d'une manière différente des lettres, est cependant une vraie lettre, comme toutes les autres, &amp; une véritable consonne. C'est un paradoxe de Grammaire, mais qui pour être paradoxe n'en est pas moins indubitable. Pour le montrer, il faut supposer d'abord que quand nous parlons ici de lettres nous n'entendons pas les caractères de l'alphabet qui sont arbitraires, &amp; qui varient souvent selon les Langues &amp; les Peuples, &amp; dans le même Peuples selon le temps, selon l'usage, &amp; même quelquefois selon la fantaisie des Particuliers ; les uns, par exemple, écrivant des <i>aspirations,</i> ou lettres aspirées, où les autres n'en mettent point, quoique tous prononcent de la même manière ; comme dans <i>huomo, huomini,</i> mot Italien, qu'on écrit aussi <i>uome, uomini.</i> Il en est de même en d'autres, comme beste, que nous écrivons avec un <i>s,</i> ou bête, avec un accent circonflexe, &amp; cent autres semblables. Mais nous parlons des sons naturels que peuvent former dans l'homme les organes de la parole, c'est-à-dire, le gosier, la bouche, la langue, le palais, les dents, les lèvres, le nez. Ces sons sont de deux sortes, les uns simples, les autres composés ou modifiés. Les sons simples sont ceux qui se prononcent par un seul mouvement de l'organe, comme <i>a, e, i, o, u,</i> &amp;c. Les sons composés sont ces mêmes sons simples modifiés par un mouvemen de l'organe surajoûté au mouvement nécessaire pour prononcer le son simple. Par exemple, pour prononcer <i>ap,</i> il faut que la bouche fasse deux mouvemens, l'un qu'elle feroit pour prononcer l'<i>a</i> tout seul, &amp; l'autre nécessaire pour exprimer le <i>p.</i> De même dans <i>ir,</i> &amp; <i>oc,</i> &amp;c. ou dans <i>ba, be, bi,</i> &amp;c. Tout son, ou tout effet du mouvement articulé de l'organe de la parole est donc ou un son simple, ou une modification de son simple, qui jointe au son simple fait un son composé. Les sons simples sont ce que nous appellons voyelles ; les modifications, ou modificatifs, sont ce que nous appellons consonnes.</p><p>L'<i>aspiration</i> est une suite, un effet d'un mouvement que fait quelqu'un des organes de la voix ; c'est donc nécessairement ou un son simple, ou une modification des sons simples, c'est-à-dire, ou une voyelle, ou une consonne. Ce n'est point une voyelle ; car ce n'est point un son simple, qui puisse se prononcer seul, c'est-à-dire, qui résulte d'un mouvement de l'organe qui seul &amp; par lui-même fasse un son. C'est donc un modificatif ; &amp; en effet il en a toutes les qualités. Car 1°, Il résulte d'un mouvement de l'organe qui de soi ne produit aucun son ; l'esprit doux, ou l'esprit âpre des Grecs ; notre <i>h</i> aspirée, aussi-bien que l'<i>h</i> des Allemands, des Anglois, &amp; des autres Peuples, ne fait pas plus de son par elle-même que le <i>b,</i> le <i>c,</i> le <i>d,</i> &amp;c. Il en est de même de l'<i>aleph,</i> du <i>hheth,</i> du <i>caph,</i> du <i>ain</i> des Hébreux, des Chaldéens, des Syriens, des Arabes, &amp; de presque toutes les Langues Orientales. 2°, Au contraire notre <i>h,</i> les esprits des Grecs, &amp; les autres aspirées dont je viens de parler, se prononcent avec toutes les voyelles, comme ce que nous appellons consonnes ; ces <i>aspirations</i> modifient les voyelles, ce sont des suites, des effets d'un mouvement de l'organe surajoûté au mouvement nécessaire pour énoncer la voyelle. Pour prononcer <i>ha,</i> il faut que l'organe fasse deux mouvemens aussi-bien que pour <i>ba,</i> ou <i>ca,</i> &amp;c. l'un pour <i>a</i> qui de soi est un son, &amp; l'autre qui de soi ne produit aucun son, non plus que <i>b</i> ; mais qui ajoûte cependant quelque chose à <i>a,</i> qui le modifie de même que <i>b, c, d,</i> &amp;c. &amp; qui rait que <i>ha</i> n'est pas simplement <i>a,</i> ni <i>ba,</i> ni <i>ca,</i> &amp;c. ni aucun autre son simple ou modifié. Cela sera donc encore plus vrai, ou du moins se fera plus sentir dans les <i>aspirations</i> plus fortes, telles que sont celles des Langues Orientales. . Car par tout-là il y a dans la prononciation deux mouvemens, l'un pour la voyelle, &amp; l'autre surajoûté, qui de soi n'a aucun son, &amp; qui n'étant qu'un mode, ne peut être seul, &amp; sans sujet, mais se peut joindre à tous les sons simples, &amp; les modifier également tous. Puis donc que c'est là la notion, la nature, l'essence, l'emploi des consonnes, il s'ensuit que toutes les aspirées sont de véritables consonnes. Qu'on les exprime comme l'on voudra, ou bien comme nous l'<i>h,</i> ainsi que font les Orientaux toutes leurs <i>aspirations,</i> c'est-à-dire, par des caractères <pb n="373" facs="bpt6k8542165/f413/full/1200,/0/native.jpg"/>qui entrent dans le corps du mot écrit, ou bien comme les Grecs font quelques-unes, par un signe d'<i>aspiration,</i> que l'on mette sur la voyelle ; il n'importe, &amp; cela ne change rien à la nature &amp; au fond de la chose. L'<i>aspiration</i> n'est pas moins une consonne dans , que dans , dans que dans , dans que dans , &amp;c. ainsi des autres.</p><p>3°, Une seconde raison pour prouver que ce sont des consonnes, c'est que les Langues Orientales qui n'exprimoient point les voyelles, ont cependant toujours exprimé les <i>aspirations.</i> L'<i>aspiration</i> s'est changée souvent en consonne, &amp; s'est exprimée par une consonne. Ainsi de on en fait <i>sex,</i> de , <i>septem,</i> d', <i>septimus,</i> de , <i>vesperus,</i> d', <i>super,</i> d', <i>sal,</i> d', <i>serpe,</i> d', <i>sapin,</i> d', <i>seve,</i> de , <i>sero,</i> d', <i>vestis</i> de l'Hébreu , &amp; puis vin, d', <i>vomo,</i> &amp; ainsi d'une infinité d'autres. 4°, Mais sans sortir de la même Langue, Hésiode, dans le bouclier d'Hercule, v. 302. a dit pour , ne mettant point de différence entre un , ou un esprit âpre. Tout cela montre évidemment que les <i>aspirations</i> sont de vraies consonnes, &amp; que l'on a tort de prendre dans les Langues Orientales les lettres , pour des voyelles, ou de dire que dans la nôtre l'<i>h</i> n'est point une lettre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASPIRATION</head>
    <p>
    Aspiration , se dit figurément en Morale, &amp; signifie, Desir de parvenir à quelque fin, mais il n'est d'usage que dans les matières de dévotion &amp; de piété. Il signifie l'élevation, l'élancement de l'ame fidèle à Dieu ; un mouvement intérieur poussé au ciel avec véhémence, une courte &amp; fervente prière qui part du fond du coeur. <i>Breves &amp; ardentes ad Deum preces.</i> L'<i>aspiration</i> au ciel est un commencement de béatitude. Tout le temps de l'étude se passoit en <i>aspirations</i> dévotes. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASPIRER</head>
    <p>
    ASPIRER , v. act. Attirer l'air par la bouche. <i>Respirare.</i> Ce mot, qui n'est en usage que dans la Physique, est opposé à expirer. Il se dit aussi des autres matières que de l'air, &amp; des choses qui les attirent &amp; s'en pénètrent. Je n'ai vû aucun vase de porcelaine dont le rouge fût bien vif ; ce n'est pas que les Chinois n'en aient de beau ; mais peut-être que cette couleur se ternit sur la matière, qui en <i>aspire</i> les parties les plus subtiles &amp; les plus colorées. P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ASPIRER" />
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    <head>ASPIRER</head>
    <p>
    Aspirer , se dit aussi en Grammaire, pour, Marquer une forte prononciation. <i>Vocalem spiritu aspero efferre.</i> L'<i>h</i> Françoise se doit prononcer en <i>aspirant</i> en certains mots seulement ; &amp; alors elle tient lieu de consonne. Les Grecs marquoient les voyelles qui se doivent <i>aspirer,</i> par des esprits âpres.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ASPIRER</head>
    <p>
    Aspirer , se dit aussi en Morale, &amp; signifie, Prétendre à quelque charge, dignité, ou autre chose qu'on regarde comme bonne &amp; souhaitable. <i>Aspirare, contendere ad, &amp;c.</i> Un bon Chrétien ne doit <i>aspirer</i> qu'à la béatitude éternelle. Un homme mondain n'<i>aspire</i> qu'aux honneurs, aux richesses. On dit aussi, qu'un homme peut <i>aspirer</i> aux plus grandes charges ; pour dire, qu'il est capable de les exercer, ou qu'il est en passe de les obtenir. Nous ne devons point <i>aspirer</i> à vous comprendre tout entier. Peliss.</p><p>On dit en Maçonnerie, qu'il y a des pierres dures, comme le grais, qui ne sont pas propres à bien prendre &amp; <i>aspirer</i> le mortier ; pour dire, que le mortier n'en peut pas faire une forte liaison.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASPIRER</head>
    <p>
    Aspiré, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Spiritu aspero vocalis notata, elata.</i> Dans le mot de Héros l'<i>h</i> est <i>aspirée.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASPRE</head>
    <p>
    ASPRE . Voyez <ref type="search" target="head:ÂPRE">ÂPRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASPRE</head>
    <p>
    ASPRE , s. m. C'est une petite monnoie de Turquie, dont on paye les Janissaires. Il en faut 50. pour en faire un écu de France. Busbek, &amp; Leunclavius, dans ses Pandectes de Turquie, en ont parlé amplement. Voyez aussi Ricaud <i>de l'Empire Ottoman.</i> La plupart des deniers du Grand Seigneur se reçoivent en <i>aspres,</i> qui sont de petites pièces d'argent, qui valent environ 8. deniers, &amp; qui n'ont autre empreinte que le nom du Prince qui les a fait battre ; &amp; parce qu'il s'en trouve grand nombre de faux, il y a de grandes poëles, dans lesquelles on les remue longuement sur le feu pour les éprouver. <i>Voyag. du Lev. par D. C.</i> Sultan Osman vit un jour un arbre qui lui sembla avoir la forme de l'un de leurs Dervis ; il lui assigna un <i>aspre</i> de paye tous les jours par aumône, &amp; choisit un homme pour recevoir l'<i>aspre,</i> qui a le soin de l'arroser, &amp; de le cultiver pour son argent. Id. La paye des Janissaires est de douze à quinze <i>aspres</i> par jour. Id. De la Boulaye le Gouz le nomme <i>aspre,</i> ou <i>acchia,</i> &amp; dit qu'il vaut 4. mangoures. Nicolai, dans ses <i>Pérégrinations Orientales</i> Liv. III. ch. 4. l'estime 10. deniers tournois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3117" id="2" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>ASPRE</head>
    <p>
    Aspre , a été aussi une monnoie du temps de Justinien. Les Anciens ont appellé aussi de la monnoie <i>aspre,</i> celle qui étoit nouvelle, &amp; qui n'étoit pas encore usée par le frai, &amp; maniement. <i>Nummus asper.</i> Les Grecs modernes ont appellé <i>Aspre,</i> la monnoie blanche. Du Cange, &amp; Scaliger, <i>De Re nummaria.</i> pag. 58.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3118" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPREMENT" />
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    <head>ASPREMENT</head>
    <p>
    ASPREMENT , Voyez <ref type="search" target="head:ÂPREMENT">ÂPREMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3119" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPRESLE" />
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    <head>ASPRESLE</head>
    <p>
    ASPRESLE , Voyez <ref type="search" target="head:APRÊLE">APRÊLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3120" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASPRETÉ" />
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    <head>ASPRETÉ</head>
    <p>
    ASPRETÉ , Voyez <ref type="search" target="head:ÂPRETÉ">ÂPRETÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3121" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSABLEMENT" />
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    <head>ASSABLEMENT</head>
    <p>
    &#9758; ASSABLEMENT , s. m. Ce mot se trouve dans des Ordonnances &amp; Arrêts du Conseil, &amp; signifie un amas de sable qui forme quelquefois une île.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3122" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSABLER" />
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    <head>ASSABLER</head>
    <p>
    ASSABLER , ou ENSABLER, v. act. Remplir de sable. <i>Arenâ cumulare.</i> La mer avec le temps a <i>assablé</i> le port d'Aiguemortes, où S. Louis s'embarqua autrefois. Le plus grand soin que doit avoir un Ingénieur en bâtissant un port, c'est d'empêcher qu'il ne s'<i>assable.</i> La rivière de Loire <i>assable</i> souvent les prez qui sont sur ses bords, les couvre de sable.</p><p>Ce mot vient de <i>sable,</i> ou <i>sablin.</i> Nicod. ou du Latin <i>sabulum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3122" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSABLER" />
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    <head>ASSABLER</head>
    <p>
    Assabler , avec le pronom personnel, signifie, Demeurer sur le sable, s'engraver, échouer. <i>Allidere ad arenam, impingere in arenas.</i> Quand on descend sur la rivière de Loire en Eté, ou sur le Volga, on s'<i>assable</i> à tout moment. Les grands vaisseaux qui s'<i>assablent</i> sur les bancs, y échouent. Les baleines s'<i>assablent</i> quelquefois, s'endorment sur le sable, &amp; y demeurent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3122" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSABLER" />
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    <head>ASSABLER</head>
    <p>
    Assablé, ée , part. pass. &amp; adj. Rempli de sable ; arrêté sur le sable. <i>Arenâ cumulatus, opertus.</i> Port <i>assablé.</i> Terres <i>assablées.</i> Vaisseau <i>assablé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3123" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSA FOETIDA" />
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    <head>ASSA FOETIDA</head>
    <p>
    ASSA FOETIDA , ou ASA FOETIDA, s. f. Ce mot est Latin. On l'appelle merde du Diable, <i>stercus Diaboli ;</i> apparemment à cause de son odeur d'ail, qui n'est pas agréable à tout le monde, quoique dans les Indes Orientales on l'emploie dans les ragoûts. Les Maréchaux l'ont mise en grande réputation pour les maladies des chevaux, principalement pour le farcin. Cette drogue est gommense &amp; résineuse ; elle se fond sous les doigts comme la cire : son odeur est forte, &amp; approche de celle de l'ail ; elle est acre au goût, &amp; sa couleur tire sur le roussâtre. On nous l'apporte des Indes Orientales. On en distingue deux espèces, l'une qui est en morceaux purs, &amp; l'autre qui est en masse informe, moins pure &amp; grumelée. Cette drogue s'emploie pour les maladies des femmes ; elle est résolutive, estimée contre la peste, &amp; elle entre dans plusieurs compositions. On ne sait point de quelle plante elle sort, &amp; ce qu'en ont dit la plupart des Auteurs de Pharmacie, aussi-bien que les Botanistes, ce ne sont que des conjectures, auxquelles ont donné lieu de différentes relations de Voyageurs peu entendus &amp; peu connoisseurs. Ceux qui croient, après quelques Anciens, qu'elle se tire du <i>laser,</i> ou <i>laserpitium,</i> seroient fort embarrassés s'ils étoient obligés d'éclaircir les questions &amp; les disputes si souvent renouvellées parmi les Botanistes au sujet du vrai <i>laser</i> &amp; de la gomme des Anciens, ou suc des Cyréniens, <i>succus Cyrenaïcus.</i> Il ne sera jamais possible de concilier les Commentateurs de Dioscoride &amp; de Pline sur cela, tant qu'on n'aura que des conjectures à avancer. Quelques Modernes assurent qu'il y en a beaucoup en Perse, &amp; qu'on la tire de deux sortes de plantes, dont l'une jette beaucoup de sarmens, comme le saule aquatique ; &amp; l'autre a ses feuilles semblables à celles de titimale. Théophraste dit <pb n="374" facs="bpt6k8542165/f414/full/1200,/0/native.jpg"/>que cette plante fuit les lieux cultivés, qu'elle s'y abâtardit, &amp; que ses feuilles sont de couleur d'or. Cette gomme que les Apothicaires appellent <i>laser,</i> est ordinairement sophistiquée : &amp; il étoit autrefois si difficile d'en recouvrer de la vraie qui venoit de la région Cyrénaïque, que Néron la gardoit en son Trésor comme une chose précieuse : &amp; Pline témoigne qu'elle étoit en si grande estime de son temps, qu'on la vendoit au poids de l'argent. On appelle le Benjoin <i>Assa dulcis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3124" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAGIR" />
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    <head>ASSAGIR</head>
    <p>
    ASSAGIR , v. act. Faire devenir sage. <i>Erudire.</i> L'âge <i>assagit</i> les hommes. Le temps, les afflictions l'ont <i>assagi,</i> l'ont rendu sage. Il est bien <i>assagi</i> depuis l'accident qui lui est arrivé. Ce mot vieillit, &amp; ne peut être d'usage que dans le discours familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3125" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAILLANT, ANTE" />
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    <head>ASSAILLANT, ANTE</head>
    <p>
    ASSAILLANT, ANTE , subst. Qui attaque, qui provoque au combat, qui assiége. <i>Aggressor, oppugnator.</i> Dom Sanche dit dans le Cid : Faites ouvrir le camp, vous voyez l'<i>assaillant.</i> Cette ville ne fut emportée que par le grand nombre des <i>assaillans.</i> Redoubler l'ardeur des <i>assaillans.</i> Ablanc. Ce mot n'est plus guère en usage que dans les tournois &amp; dans les carrousels, pour signifier celui qui combat contre le tenant, qui s'offre de soutenir le contraire de ce que le tenant avance dans un défi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3125" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSAILLANT, ANTE" />
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    <head>ASSAILLANT, ANTE</head>
    <p>
    Assaillant , se dit dans le figuré de celui qui attaque de paroles, qui entreprend de pousser quelqu'un à bout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3126" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAILLIR" />
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    <head>ASSAILLIR</head>
    <p>
    ASSAILLIR , v. act. <i>Aggredi, adoriri, oppugnare, invadere.</i> Ce mot est un peu vieux : mais comme de bons Auteurs l'emploient, on croit qu'on le peut employer aussi quelquefois à leur imitation ; &amp; principalement dans le figuré, dont on peut voir plus bas des exemples. Voici comme il se conjugue : J'<i>assaus,</i> tu <i>assaus,</i> il <i>assaut.</i> Il est vrai que ces trois premières personnes ne se trouvent point dans les bons Ecrivains : mais on y trouve les autres, nous <i>assaillons,</i> vous <i>assaillez,</i> ils <i>assaillent.</i> J'<i>assaillois.</i> J'<i>assaillis.</i> J'<i>assaillerai.</i> Que j'<i>assaille.</i> Que j'<i>assaillisse.</i> J'<i>assaillerois.</i> Il signifie attaquer vigoureusement, en se jettant dessus, &amp; comme en sautant. Cette place fut <i>assaillie</i> &amp; emportée en plein jour : elle fut <i>assaillie</i> de nuit, &amp; escaladée. On l'<i>assaillit,</i> lorsqu'on s'y attendoit le moins. Mon ennemi m'<i>assaillit</i> en traître par derrière. Ce mot vient de <i>adsalire</i>, qui se trouve dans la Loi Salique, &amp; ailleurs. Menag. Nicod le dérive de <i>afflare</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3126" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSAILLIR" />
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    <head>ASSAILLIR</head>
    <p>
    Assaillir , se dit aussi des armées &amp; des particuliers. C'est un bon Partisan, qui est allé <i>assaillir</i> les ennemis jusque dans leur camp, jusque dans leurs quartiers. J'ai vû commencer la querelle, c'est celui-là qui a <i>assailli,</i> qui a été l'aggresseur. On le dit aussi des bêtes. Les loups affamés viennent <i>assaillir</i> les hommes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3126" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSAILLIR" />
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    <head>ASSAILLIR</head>
    <p>
    Assaillir , se dit aussi en Morale, en parlant de l'attaque des passions, des maladies, &amp; des autres accidens de la fortune. Les esprits foibles se laissent <i>assaillir</i> de mille terreurs paniques. Les Saints dans le désert ont été <i>assaillis</i> de plusieurs violentes tentations. Les douleurs &amp; les infirmités viennent de tous côtés <i>assaillir</i> les vieillards. Tous les créanciers de ce pauvre homme le sont venus <i>assaillir</i> en même temps, &amp; l'ont ruiné. Les défiances, qui me venoient de quitter, m'<i>assaillirent.</i> Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3126" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSAILLIR" />
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    <head>ASSAILLIR</head>
    <p>
    Assailli, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Oppugnatus, appetitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3127" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAISONNEMENT" />
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    <head>ASSAISONNEMENT</head>
    <p>
    ASSAISONNEMENT , s. m. Manière de préparer les viandes pour les rendre agréables au goût. <i>Conditio, condimentum, conditura.</i> La bonté d'un jambon, d'une fricassée, dépend de l'<i>assaisonnement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3127" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSAISONNEMENT" />
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    <head>ASSAISONNEMENT</head>
    <p>
    Assaisonnement , se dit aussi des ingrédiens qui servent à assaisonner. Le sel, le poivre, les champignons, sont les <i>assaisonnemens</i> ordinaires. Il faut de l'art pour bien ménager les <i>assaisonnemens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3127" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSAISONNEMENT" />
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    <head>ASSAISONNEMENT</head>
    <p>
    Assaisonnement , se dit figurément en Morale. L'<i>assaisonnement</i> du discours. Ablanc. La louange demande un certain <i>assaisonnement</i> qui empêche qu'elle ne passe pour une pure flaterie. L'affection d'un ami est un <i>assaisonnement</i> de la prospérité, qui la rend plus piquante, &amp; plus sensible. On est si avide de louanges qu'on les reçoit sans tous les <i>assaisonnemens</i> qu'elles devroient avoir. Fonten. Le mystère est l'<i>assaisonnement</i> des plaisirs de l'amour. Vill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3128" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAISONNER" />
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    <head>ASSAISONNER</head>
    <p>
    ASSAISONNER , v. act. Donner aux viandes une préparation pour leur donner plus de relief, &amp; les rendre de meilleur goût. <i>Condire.</i> Ce Cuisinier sait fort bien <i>assaisonner</i> les viandes. L'appétit <i>assaisonne</i> mieux les mets que le plus habile Cuisinier. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3128" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSAISONNER" />
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    <head>ASSAISONNER</head>
    <p>
    Assaisonner , se dit figurément en Morale. Ce Prince sait <i>assaisonner</i> ses discours, ses dons, ses bienfaits d'une telle grace, qu'il gagne les coeurs de tout le monde. Savoir <i>assaisonner</i> ses refus de tant de modestie, que &amp;c. La plupart de ceux qui donnent des louanges les <i>assaisonnent</i> si mal, qu'elles devroient rebuter les personnes tant soit peu raisonnables. Bell. Il n'y a rien de si ridicule qu'on ne fasse avaler, lorsqu'on l'<i>assaisonne</i> de louanges. Mol. Les Anciens se piquoient d'<i>assaisonner</i> leurs ouvrages de ce sel Attique, qui étoit d'un goût si exquis. S. Evr. Aristophane savoit rendre ses leçons agréables, en les <i>assaisonnant</i> de plaisanteries. Le Fevre. Un bon conseil donné à un ami, doit être <i>assaisonné</i> de toute la circonspection qui le peut faire recevoir sans dégoût. M. Scud. Les bienfaits mêmes veulent être <i>assaisonnés</i> par des manières obligeantes. Il faut <i>assaisonner</i> un repas, &amp; le faire goûter peu-à-peu. Amel.</p><p>Molière dit en style de précieuse, Je veux que l'esprit <i>assaisonne</i> la bravoure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3128" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSAISONNER" />
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    <head>ASSAISONNER</head>
    <p>
    Assaisonné, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Conditus.</i> Discours <i>assaisonné</i> de mots agréables &amp; divertissans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3129" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAISONNEUR" />
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    <head>ASSAISONNEUR</head>
    <p>
    ASSAISONNEUR , s. m. Celui qui assaisonne. <i>Fartor.</i> Ce Cuisinier a le goût fin, &amp; est un bon <i>assaisonneur.</i> On ne croit pas ce mot fort usité.</p><p>Ce mot vient d'<i>assatio</i>, d'<i>asserere répandre, semer par-dessus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3130" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="ASSAKI" />
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   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
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    <head>ASSAKI</head>
    <p>
    ASSAKI , s. f. Terme de Rélation . C'est le titre que prend la Sultane favorite, ou première Maîtresse du Sultan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3131" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAPANICK" />
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    <head>ASSAPANICK</head>
    <p>
    ASSAPANICK , s. m. Petit animal de la Virginie. On dit qu'il vole en étendant ses jambes &amp; sa peau. Les Anglois l'appellent un <i>Ecureuil volant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3132" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSARA BACCARA" />
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    <head>ASSARA BACCARA</head>
    <p>
    ASSARA BACCARA , ou ASSAROUN. Nom d'une plante que Pline &amp; Dioscoride appellent Nard sauvage. Nous la connoissons sous le nom d'Asarum. Avicenne, au second Livre de son Canon, dit, qu'on apporte cette plante de la Chine ; que sa racine ressemble à celle du gramen, ou chiendent ; mais qu'elle a de l'odeur, &amp; picque la l'angue quand on la goûte ; que les fleurs qu'elle porte au pied de sa tige sont de couleur de pourpre, &amp; semblables à celles du Bunge, ou Jusquiame. On appelle communément <pb n="375" facs="bpt6k8542165/f415/full/1200,/0/native.jpg"/>cette plante dans les boutiques <i>Assara Baccara</i> ; à cause de quelque ressemblance qu'elle a avec celle qui porte le nom de Baccharis. d'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3133" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSASINIEN, ENNE" />
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    <head>ASSASINIEN, ENNE</head>
    <p>
    ASSASINIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Assasinius.</i> C'est ainsi qu'on appelle souvent ce peuple dont nous allons parler au mot ASSASSIN. Les <i>Assasiniens</i> possédoient dix ou douze villes autour de Tyr. Ils élisoient leur Roi, qu'ils appelloient le Vieux, ou l'Ancien de la Montagne. L'an 1213. ils assassinèrent Louïs de Bavière. Ils étoient Mahométans, &amp; ils payoient quelque tribut aux Templiers. Les fauteurs des <i>Assasiniens</i> furent condamnés au Concile de Lyon, &amp; sous Innocent IV. en 1274. Les Tartares les vainquirent, &amp; firent mourir le Vieil de la Montagne en 1257. &amp; depuis, cette faction s'est si fort dissipée, qu'il n'en reste plus de trace. Maty, Hoffman. Voyez Guillaume de Tyr Liv. XX. <i>Hist. Orient.</i> chap. 31. &amp; 32. Spond à l'an de Jesus-Christ 1231. &amp; 1257. Ce mot n'est point une corruption de celui d'Arsacides, mais un mot originairement Arabe, comme nous le disons au mot ASSASSIN.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3134" id="1" type="">
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    <head>ASSASSIN</head>
    <p>
    ASSASSIN , s. m. Homme qui tue un autre avec avantage, soit par le nombre de gens qui l'accompagnent, soit par l'inégalité des armes, soit par la situation du lieu, ou en trahison. <i>Sicarius, percussor.</i> Les <i>assassins</i> sont indignes de jouïr de l'azyle des Eglises. Pasc.</p><p>On appelle aussi <i>Assassins,</i> les gens qui se louent pour aller tuer quelqu'un qu'ils ne connoissent pas, &amp; pour venger la querelle d'autrui. <i>Sicarius, aere, pecuniâ, conductus.</i> Il fit tuer son compétiteur par des <i>assassins.</i></p><p>Ce mot d'<i>Assassin</i> vient du Levant, d'un Prince des <i>Arsacides,</i> ou <i>Assassins,</i> qu'on appelloit le Vieil de la Montagne ; il demeuroit entre Antioche &amp; Damas dans un château où il élevoit de jeunes gens dans toutes sortes de plaisirs &amp; de délices, leur promettant qu'ils iroient après leur mort dans un lieu semblable, s'ils obéissoient aveuglement à ses commandemens ; après quoi ils alloient hardiment tuer, &amp; assassiner les Rois &amp; Princes, ses ennemis, si-tôt qu'il le leur avoit ordonné. Ces gens s'étendirent depuis par tout le Levant. Le Sire de Joinville les appelle <i>Beduins</i> ; mais Volaterran &amp; Paul Emile les appellent <i>Assassins,</i> &amp; Nicole Gilles <i>Arsacides.</i> Ils étoient tellement dévoués à leur Prince, qu'ils ne manquoient guère d'exécuter les arrêts de mort qu'il avoit prononcés.</p><p>Voici ce qu'Elmacin rapporte de leur origine : il l'a fait remonter jusqu'à l'an 278. de l'hégire, 891. de Jesus-Christ. Un prétendu prophète nommé Carmar, s'éleva en Arabie vers Coufa, &amp; attira un grand nombre de sectateurs, jeûnant, travaillant de ses mains, &amp; faisant la prière cinquante fois par jour. Il promettoit d'établir un Iman, ou Pontife de la famille d'Ali, prêchant la dévotion à ce prétendu Saint. Il déchargea ses sectateurs des plus pénibles observances de la loi, leur permettant de boire du vin, de manger toutes sortes de viandes ; &amp; par cette licence, jointe à l'espérance du butin, il forma une armée immense, &amp; fit de grands ravages sur les terres du Calyphe. Il mourut en laissant douze disciples, en mémoire des douze Imans descendus d'Ali. Dans la suite les Carmatiens devenus plus foibles se mêlèrent avec les autres Musulmans, &amp; dissimulèrent leur Religion ; ce qui les fit nommer Batenis, c'est-à-dire, Inconnus. C'est peut-être de ce nom Batenis que se forma celui de Beduins que Joinville leur a donné. Quoi qu'il en soit, ils commencèrent à être désignés par ce nom, &amp; à se fortifier en Perse l'an 483. de l'hégire, 1090. de Jesus-Christ. Hacen, leur Chef, ayant été menacé par le Sultan Gelaleddoulet, commanda à un de ses sujets en présence de l'Envoyé du Sultan de se précipiter du haut d'une tour, &amp; à un autre de se tuer, ce qu'ils firent à l'instant. alors Hacen dit à l'Envoyé : Dites à votre Maître que j'ai 70000. hommes prêts à en faire autant. Les Batenis, ainsi cachés &amp; déterminés à tout, commencèrent à attenter sur la vie des Princes, &amp; en tuèrent plusieurs sans qu'on pût se garantir de leur trahison. Le Juif Benjamin, dans son Itinéraire p. 32. de l'édition <i>in</i>-12. d'Amsterdam, les place près du mont Liban. Cet Auteur écrivoit vers l'an 1173. Il les appelle en Hébreu du nom Arabe , <i>El Asisin.</i> Ce qui montre que ce nom ne vient point d'Arsacide, comme on l'a dit ci-dessus, mais du mot Arabe , <i>Asis,</i> qui signifie <i>Insidiator,</i> un homme qui tend des embûches, &amp; qui vient du verbe Arabe , <i>Asasa,</i> tendre des embûches. Car quoique la première lettre soit un <i>giim,</i> qui répond au <i>g</i> François, on a pû aisément le changer dans l'usage en <i>hha,</i> dont il a la forme, &amp; dont il approche pour le son. Car le <i>hha</i> n'est qu'un <i>g</i> ou <i>giim,</i> prononcé du gosier &amp; avec une aspiration.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3134" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSASSIN" />
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    <head>ASSASSIN</head>
    <p>
    Assassin , se dit aussi au figuré, &amp; dans le style comique, &amp; satyrique, de celui qui tue, qui fait mourir impunément, comme font les Médecins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3134" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSASSIN" />
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    <head>ASSASSIN</head>
    <p>
    Assassin, ine , adj. se dit encore au figuré, &amp; dans le style comique, de tout ce qui a assez de charmes pour causer de la langueur, &amp; pour faire mourir d'amour. Visage <i>assassin.</i> Voit. Beaux yeux <i>assassins.</i> Scar. Que dit-elle de moi cette gente <i>assassine</i> ? Mol. Et c'est pour cela qu'en galanterie on appelle aussi <i>assassins,</i> certaines mouches taillées en long que les femmes coquettes mettent sur leur visage pour paroître plus belles. <i>Assassins</i> se dit aussi dans le grand style &amp; en parlant sérieusement, pour dire meurtrier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3135" id="1" type="">
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    <head>ASSASSINANT, ANTE</head>
    <p>
    ASSASSINANT, ANTE , adj. Ce mot ne peut avoir d'usage que dans le comique, &amp; dans le satyrique. <i>Molestus, gravis, importunus.</i> Il signifie, Qui ennuie, qui fatigue. Ce sont des complimens <i>assassinans.</i> Des redites <i>assassinantes.</i> Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3136" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSASSINAT" />
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    <head>ASSASSINAT</head>
    <p>
    ASSASSINAT , s. m. Meurtre qui se fait violemment avec avantage, ou en trahison. <i>Caedes ex improviso, ex insidiis.</i> On ne donne point de rémissions pour les <i>assassinats.</i> Les Espagnols ne se vengent que par l'<i>assassinat</i> ; ils ne veulent point courir la moitié du péril. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3136" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSASSINAT" />
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    <head>ASSASSINAT</head>
    <p>
    Assassinat , se dit aussi au Palais des mauvais traitemens &amp; insultes qui ont été faits à quelqu'un à main armée, &amp; avec avantage, quoique la mort ne s'en soit pas ensuivie. Un homme qui a reçu des coups de bâton, demande vengeance de l'<i>assassinat</i> commis en sa personne.</p><p>On le dit aussi hyperboliquement des importunités. Quand vous venez tant de gens ensemble pour dîner chez moi, c'est un pur <i>assassinat. Conjuratio, conspiratio.</i></p><p>On dit aussi en amour, qu'une belle a commis un <i>assassinat,</i> quand elle a rendu quelqu'un passionnément amoureux. Je crains quelque <i>assassinat</i> de ma liberté. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3137" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSASSINATEUR" />
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    <head>ASSASSINATEUR</head>
    <p>
    ASSASSINATEUR . Voyez ASSASSIN ; c'est la même chose. Le mot d'<i>Assassinateur</i> n'est pas approuvé de tout le monde ; mais comme d'habiles gens l'ont employé, on peut bien le mettre ici. Cain fut le premier des <i>assassinateurs.</i> Le Maît. Après tout, je ne voudrois pas m'en servir. L'usage ne l'a point admis.</p><p>Le P. Bouhours, après avoir observé page 13. de ses doutes, que des Ecrivains illustres (Messieurs de Port-Royal) ont fait, <i>murmurateur, coronateur, assassinateur,</i> ne se contentant pas d'<i>assassin</i> ; ajoûte page 14. qu'il sait le meilleur gré du monde à ces grands hommes du dessein qu'ils ont d'enrichir la Langue, &amp; qu'il loue leur zèle, bien loin de blâmer leur hardiesse. Il ne laisse pas de demander ensuite à Messieurs de l'Académie Françoise, si ces mots <pb n="376" facs="bpt6k8542165/f416/full/1200,/0/native.jpg"/>entreront dans leur Dictionnaire : Dieu a voulu que la peine fût inséparable du peché. Il nous l'apprend par cette parole qu'il dit à Caïn, le pere des <i>assassinateurs</i> &amp; des fratricides ; qu'aussi-tôt qu'il auroit fait la mauvaise action qu'il méditoit, la peine de son crime le viendroit saisir. Le Maître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3138" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSASSINEMENT" />
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    <head>ASSASSINEMENT</head>
    <p>
    ASSASSINEMENT . s. m. Qui s'est dit pour Assassinat. <i>Caedes ex insidiis.</i> Piteux <i>assassinement.</i> Paradin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3139" id="1" type="">
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    <head>ASSASSINER</head>
    <p>
    ASSASSINER , v. act. Tuer quelqu'un en trahison ; de guet apens, &amp; avec avantage. <i>Interimere, trucidare ex improviso, ex insidiis.</i> Ce Gentilhomme a été cruellement <i>assassiné</i> par six coquins. Le Duc François de Guise sachant qu'il y avoit dans son camp un Huguenot qui étoit venu à dessein de l'<i>assassiner,</i> le fit venir, &amp; lui dit : Si votre religion vous pousse à m'<i>assassiner,</i> la mienne veut que je vous pardonne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3139" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSASSINER" />
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    <head>ASSASSINER</head>
    <p>
    Assassiner , se dit aussi des excès &amp; outrages qui sont faits avec violence, &amp; port d'armes, quoique la mort ne s'en soit pas ensuivie. <i>Impetere, oppugnare.</i> Il a été <i>assassiné</i> de cinquante coups de bâton.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3139" id="3" type="">
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    <head>ASSASSINER</head>
    <p>
    Assassiner , se dit aussi en raillant des animaux qu'on tue à la chasse. Il portoit un grand fusil dont il avoit <i>assassiné</i> plusieurs pies. Scar.</p><p>On dit aussi en amour, que de beaux yeux <i>assassinent</i> ; pour dire, qu'ils blessent les coeurs. Mais en ce sens le mot d'<i>assassiner</i> est un peu comique. Votre beauté divine <i>assassine.</i> Voit. Ses regards <i>assassinent</i> tout le monde. Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3139" id="4" type="">
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    <head>ASSASSINER</head>
    <p>
    Assassiner , se dit hyperboliquement ; pour dire, Importuner beaucoup. <i>Gravem ac molestum esse.</i> On trouve dans les rues mille gueux qui vous <i>assassinent.</i> Il m'écrit trop souvent, il m'<i>assassine</i> de ses lettres. Les Plaideurs &amp; les Poëtes <i>assassinent</i> les gens du récit de leurs procès, &amp; de leurs vers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3139" id="5" type="">
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    <head>ASSASSINER</head>
    <p>
    Assassiner , se dit aussi pour Faire souffrir cruellement, pour Accabler de douleur &amp; d'ennui. Quelquefois il se dit en raillant. Il est de ces maris que la jalousie <i>assassine.</i> Mai. Et quelquefois aussi sérieusement : Ne m'<i>assassinez</i> point de vos cruels adieux. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSASSINER</head>
    <p>
    Assassiner , Se prend aussi pour Médire, pour Déchirer la réputation des gens. <i>Maledicere de aliquo.</i> C'est-là qu'on <i>assassine</i> les absens à coups de langue. Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3139" id="7" type="">
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    <head>ASSASSINER</head>
    <p>
    Assassiné, ée , part. <i>Trucidatus ex improviso, ex insidiis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3140" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="ASSATION" />
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    <head>ASSATION</head>
    <p>
    ASSATION , s. f. <i>Ustio.</i> Terme de Pharmacie , qui se dit de la coction des médicamens &amp; alimens dans leurs propres sucs, &amp; sans addition d'aucune humidité, ou onctuosité étrangère, comme celle des viandes à la broche, sur le gril, au four, sous la braise, &amp;c. Le caffé se prépare par <i>assation</i> ; c'est-à-dire, qu'on le fait rôtir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3141" id="1" type="hermetique">
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    <head>ASSATION</head>
    <p>
    ASSATION . Terme d'Hermétique . Les Philosophes appellent <i>assation</i> la couleur noire, ou la putréfaction de la matière de la pierre. <i>Assatio.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>assare, rôtir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3142" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAUT" />
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    <head>ASSAUT</head>
    <p>
    ASSAUT , s. m. Attaque à force d'armes, d'un camp, d'une place, ou d'un poste, pour tâcher de s'en rendre maître. <i>Oppugnatio, aggressio.</i> Un Gouverneur est obligé de soutenir trois <i>assauts</i> avant que de rendre une place. On a donné l'<i>assaut</i> en trois endroits du camp pour forcer les lignes. On a de la peine à empêcher le pillage des villes qu'on emporte d'<i>assaut.</i> On dit, Donner, soutenir, repousser un <i>assaut.</i> Les enfans perdus montent les premiers à l'<i>assaut.</i> Les jeunes gens d'aujourd'hui sont durs &amp; féroces : l'air guerrier ne les quitte point, &amp; il semble qu'ils aillent toujours à l'<i>assaut.</i> Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3142" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSAUT" />
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    <head>ASSAUT</head>
    <p>
    Assaut , se dit aussi dans les salles d'Escrime, en parlant des défis de faire des armes. <i>Impetus, impressio.</i> Cet écolier a fait <i>assaut</i> contre le Maître, &amp; l'a bourré. Un Prévôt de salle doit faire <i>assaut</i> contre tous venans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3142" id="3" type="">
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    <head>ASSAUT</head>
    <p>
    Assaut , se dit aussi en Morale de toutes les attaques &amp; surprises qu'on fait à quelqu'un. Il m'est venu prendre d'<i>assaut</i> pour me mener à la campagne. La chasteté a bien de la peine à soutenir les <i>assauts</i> des aiguillons de la chair. Sa vertu a soutenu un terrible <i>assaut</i> par une si forte tentation. La goutte donne de violens <i>assauts</i> à la constance. On a dit dans une Ode sur la chasse,</p><p>On appelle aussi <i>assaut</i> de réputation, un défi qui se fait par deux personnes illustres en quelque art, ou profession, qui disputent ensemble à qui y réussira le mieux. <i>Provocatio.</i> Ces deux Demoiselles ont été faire un <i>assaut</i> de réputation en un tel lieu pour jouer du luth, pour chanter, &amp;c. Elles vont au bal pour y faire <i>assaut</i> de beauté.</p><p>Ce mot vient d'<i>assultus</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3143" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSAZOË" />
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    <head>ASSAZOË</head>
    <p>
    ASSAZOË , s. f. Herbe qui croît dans l'Abyssinie. On s'en sert contre le venin des serpens, &amp; elle a une vertu merveilleuse à cet égard. On prétend même que l'ombre seule de cette herbe assoupit les vipères.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3144" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ASSEC" />
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    <head>ASSEC</head>
    <p>
    ASSEC , s. m. Terme de Coutume . C'est en Bresse un étang qui demeure à sec après avoir été pêché. <i>Stagnum aridum.</i></p><p>Ce mot vient apparemment de <i>à sec,</i> c'est-à-dire, sans eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3145" id="1" type="jurisprudence canonique">
   <index type="head" value="ASSÉCUTION" />
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    <head>ASSÉCUTION</head>
    <p>
    ASSÉCUTION , s. f. Terme de Jurisprudence Canonique , qui se dit de l'obtention d'un Bénéfice. <i>Consecutio.</i> Un premier Bénéfice vaque par l'<i>assecution</i> du second, quand il y a incompatibilité entr'eux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3146" id="1" type="">
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    <head>ASSÉEUR</head>
    <p>
    ASSÉEUR , ou ASSEYEUR, selon quelques-uns, s. masc. Mot d'usage seulement à la Cour des Aides, ou à l'Election. C'est un habitant d'un bourg, ou village, élû par la Communauté pour asseoir la taille, &amp; les autres impositions de l'année, pour taxer ce que chaque particulier en doit porter, &amp; ensuite en faire la collecte. <i>Qui tributa in singulorum capita describit. Regii vectigalis discussor, divisor, aequator, diribitor.</i> Ce Paysan est nommé pour faire la charge d'<i>Asseeur</i> &amp; de Collecteur.</p><p>On trouve dans la barbare Latinité. <i>Assisor,</i> &amp; quelquefois <i>Assessor.</i> Dans ce sens, ce dernier est souvent dans la vie de saint Sulpice Archevêque de Bourges du VIIe siècle, écrite par un Moine à peu près de même temps. Le premier revient au mot <i>Assises,</i> dont l'<i>Assisor</i> étoit l'<i>Asséeur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSEMBLAGE</head>
    <p>
    ASSEMBLAGE , s. m. Union &amp; jonction de plusieurs choses qu'on assemble. Il se dit principalement en matière de Charpenterie &amp; de Menuiserie, ou d'autres ouvrages qui se font de plusieurs pièces. <i>Coagmentatio, compactio, copulatio, junctura.</i> En Charpenterie on fait des <i>assemblages</i> à mortaises &amp; à tenons, à gueule, à clef, en triangle, à queue d'Aronde, &amp;c. Ceux d'Europe ont admiré la charpente de quelques Indiens, dont l'<i>assemblage</i> se faisoit sans clous &amp; sans chevilles. Voyez Herrera &amp; Pyrard. Les Menuisiers ont trois principales manières d'assembler leurs bois. Le quarré, l'<i>assemblage</i> à bouement, &amp; l'<i>assemblage</i> à onglet. Ils en ont aussi à clef, en adent, à queue perlée, à queue perdue, Une table d'<i>assemblage,</i> est une table composée de plusieurs pièces jointes &amp; collées ensemble, sans aucun placage.</p><p>On dit aussi quelquefois, C'est un <i>assemblage</i> confus &amp; tumultueux, en parlant de plusieurs choses ou personnes qui sont ensemble sans aucun ordre, ni régularité, comme dans les émotions populaires. <i>Confusio.</i> Il a fait un <i>assemblage</i> confus de méchans livres dans sa Bibliothèque.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSEMBLAGE</head>
    <p>
    Assemblage , se prend aussi en bonne part, pour signifier le ramas de plusieurs choses, dont l'union produit un bel effet. <i>Complexio.</i> Faire un heureux <i>assemblage</i> de sciences &amp; de vertus. Maucroix. C'est par l'<i>assemblage</i> &amp; le mêlange des Elémens, que le Principe éternel a produit tout ce que nous voyons. Ablanc. Il en est du discours, comme des corps, qui doivent leur principale excellence à l'<i>assemblage,</i> &amp; à la juste proportion de leurs membres. Boil. Rien n'est plus admirable que l'enchaînure, &amp; l'<i>assemblage</i> des divers ressorts qui font mouvoir la machine du monde. Jur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSEMBLÉE</head>
    <p>
    ASSEMBLÉE , s. f. Jonction qui se fait de personnes en un même lieu, &amp; pour le même dessein. <i>Conventus, coetus, congregatio, concilium. Assemblée</i> du Clergé. <i>Assemblée</i> des Etats. <i>Comitia. Assemblée</i> de créanciers. <i>Assemblée</i> de parens. Les Tuteurs font des <i>Assemblées</i> de parens pour régler certaines affaires importantes de leurs mineurs. On fait des <i>assemblées</i> de Médecins dans des maladies inconnues ou dangereuses. Les Académies ont leurs <i>Assemblées,</i> leurs jours d'<i>Assemblées,</i> il y en a de publiques &amp; de particulières. <i>Assemblée</i> pour le bal. <i>Assemblée</i> licite, clandestine. <pb n="377" facs="bpt6k8542165/f417/full/1200,/0/native.jpg"/>Chrétienne <i>Assemblée,</i> c'est l'auditoire d'un Prédicateur. <i>Concio.</i> Tenir l'<i>Assemblée,</i> c'est-à-dire, y présider. Rompre l'<i>Assemblée,</i> c'est-à-dire, la finir, pour empêcher ses résolutions. Lieu d'<i>Assemblée,</i> quartier d'<i>Assemblée,</i> c'est le lieu indiqué pour faire assembler des Chasseurs, ou des gens de guerre. Battre l'<i>Assemblée,</i> c'est donner le signal pour faire ranger des troupes sous les enseignes pour se mettre en marche. Il n'y a rien d'agréable dans les grosses <i>Assemblées</i> : on y parle beaucoup sans rien dire, &amp; la conversation est plutôt un bruit confus, qu'une véritable société. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSEMBLÉES DU CAMP DE MARS</head>
    <p>
    ASSEMBLÉES DU CAMP DE MARS , ou DE MAI. Terme usité dans notre histoire. C'étoient en France des <i>Assemblées</i> générales, ou Etats du Royaume, qu'on appelloit ainsi, parce qu'elles se tenoient en rase campagne le premier de Mars, ou de Mai. Les Prélats, Abbés, Ducs &amp; Comtes, s'y trouvoient. Le Roi y présidoit. Sous la seconde race elles se tinrent deux fois l'année. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. le Gendre <i>Moeurs &amp; Cout. des François.</i> Charlemagne partageoit ses soins &amp; son application entre deux sortes d'affaires, selon les divers temps de l'année : l'été &amp; l'automne étoient occupés à ses expéditions militaires, ou à quelques voyages sur les frontières. L'hiver &amp; le printemps étoient destinés aux <i>Assemblées</i> de ses vassaux, où l'on traitoit de la guerre &amp; du gouvernement civil de l'Etat ; ou bien à des <i>Assemblées</i> Ecclésiastiques, où l'on régloit ce qui concernoit la police de l'Eglise, par les avis des Evêques &amp; des Abbés ; si toutefois l'on doit toujours distinguer ces deux sortes d'<i>Assemblées,</i> dont les membres étoient souvent les mêmes ; car la plupart des Evêques &amp; des Abbés étoient vassaux de la Couronne, à cause des biens que les Rois avoient donné à leurs Eglises, ou à leurs Monastères. Par cette raison-là même, plusieurs étoient obligés de fournir des troupes au Roi ; &amp; ainsi ils assistoient aux Conférences où il s'agissoit de la guerre. De même les Seigneurs étoient assez souvent présens aux <i>Assemblées</i> où l'on régloit la police Ecclésiastique, quand ces affaires se traitoient en même temps, &amp; en même lieu que les autres. P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSEMBLÉES DU CAMP DE MARS</head>
    <p>
    Assemblée du Clergé . <i>Cleri Comitia.</i> Les <i>Assemblées</i> du Clergé sont grandes, ou petites. Les grandes se tiennent de dix ans en dix ans, pour renouveller avec le Roi le contrat des décimes ordinaires, &amp; pour accorder à Sa Majesté quelque secours extraordinaire. Entre deux grandes <i>Assemblées,</i> il s'en tient une petite pour examiner les comptes du Receveur général du Clergé, &amp; dans laquelle on fait un présent au Roi, comme dans les grandes. Les grandes <i>Assemblées</i> sont composées de quatre Députés de chaque Province Ecclésiastique, deux desquels sont du premier ordre, c'est-à-dire, Archevêques ou Evêques, &amp; les deux autres du second, c'est-à-dire, Abbés, Prieurs, ou autres Bénéficiers de la province qui les envoie. Les petites <i>Assemblées</i> sont composées de deux Députés seulement de chaque Province Ecclésiastique, dont l'un est du premier ordre, &amp; l'autre du second. Ces <i>Assemblées</i> grandes ou petites, s'appellent ordinaires, parce qu'elles se tiennent régulièrement de cinq ans en cinq ans, &amp; alternativement, grandes ou petites. Celle de 1705. étoit grande, &amp; celle de 1710. étoit petite, d'où l'on peut juger en quelles années se sont tenues &amp; se doivent tenir tant les grandes que les petites. Il n'y a que seize provinces Ecclésiastiques qui envoient des Députés aux assemblées ordinaires. Ces Provinces sont, Lyon, Rouen, Tours, Sens, Paris, Reims, Bourges, Albi, Bourdeaux, Auch, Narbonne, Toulouse, Vienne, Arles, Aix, Ambrun : les autres Provinces du Royaume n'étant réunies à la Couronne que depuis le contrat de Poissi, les Eglises qui y ont des biens, n'envoient point des Députés aux <i>Assemblées</i> ordinaires où il s'agit des décimes : mais quand il y a des <i>Assemblées</i> extraordinaires, où l'on traite des affaires générales de l'Eglise de France, &amp; de ce qui regarde la foi, les moeurs, &amp; la discipline, les Archevêques &amp; Evêques des nouvelles conquêtes s'y trouvent. Ainsi en 1682. les Provinces de Cambray &amp; de Besançon envoyèrent des Députés à l'<i>Assemblée,</i> &amp; en 1713. &amp; 1714. le Cardinal de Rohan Evêque de Strasbourg, &amp; les Evêques de Verdun &amp; de Toul, étoient <i>de l'Assemblée</i> qui a reçu la Bulle <i>Unigenitus.</i> Voyez les Mémoires du Clergé, T. 4.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3149" id="3" type="">
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    <head>ASSEMBLÉES DU CAMP DE MARS</head>
    <p>
    Assemblée illicite . <i>Coetus,</i> ou <i>Conventus illicitus.</i> Est celle qui se fait en contravention des règlemens de police : c'est un cas royal, dont les Baillifs, Sénéchaux, &amp; Juges Présidiaux, doivent connoître privativement à tous autres Juges Royaux &amp; à ceux des Seigneurs. <i>Assemblées illicites</i> avec port d'armes sont encore plus dangereuses. Voy. l'Ordonnance de 1670. tit. 1. &amp; 2.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3149" id="4" type="religieuse">
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    <head>ASSEMBLÉES DU CAMP DE MARS</head>
    <p>
    Assemblée . <i>Coetus, circulus.</i> Est aussi un terme de Religieuse . Ainsi aller à l'<i>assemblée,</i> c'est parmi elles, se rendre dans un certain lieu où toutes les Soeurs s'assemblent de temps en temps, pour y traiter des choses nécessaires, ou pour s'y accuser des fautes légères qu'elles ont faites. C'est aussi se rendre dans la chambre, où elles vont se récréer à midi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3150" id="1" type="">
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    <head>ASSEMBLER</head>
    <p>
    ASSEMBLER , v. actif, Joindre, mettre ensemble. Il se dit premièrement des personnes. <i>Congregare, aggregare, cogere, convocare. Assembler</i> le Sénat, le Clergé, les Etats. <i>Assembler</i> l'Arrière-ban. <i>Assembler</i> des troupes. <i>Assembler</i> les Chambres, se dit au Palais, quand toute la grand-Chambre est <i>assemblée,</i> c'est-à-dire, lorsque ceux qui sont de service à la Tournelle y sont appellés, comme lorsqu'on juge les procès criminels des Gentilshommes, ou des Officiers Royaux. <i>Assembler</i> le Parlement, se dit lorsqu'on assemble tout le corps, que les Enquêtes, &amp; les Requêtes viennent en la grand-Chambre, comme lorsqu'il faut vérifier les Edits, recevoir un Conseiller, &amp;c.</p><p>Ce mot vient de <i>adsimulare</i>, composé de <i>ad</i> &amp; de <i>simul,</i> comme qui diroit, <i>simul ponere.</i> Ménag.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a bientôt <i>assemblé</i> son Conseil ; pour dire qu'il prend vîte ses résolutions, qu'il se détermine promtement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSEMBLER</head>
    <p>
    Assembler se dit aussi des choses, &amp; signifie Joindre ensemble, ramasser. <i>Jungere, compingere, copulare. Assembler</i> une charpente, une menuiserie, les pièces d'un habit, ou autres ouvrages semblables. <i>Assembler</i> les feuilles d'un livre pour le relier. <i>Assembler</i> le linge, le coudre en pacquets pour le mettre à la lessive. <i>Assembler</i> ses lettres, pour lier, ou pour composer une forme d'Imprimerie. Il ne faut pas prendre pour sublime une certaine grandeur bâtie sur des grands mots <i>assemblés</i> au hasard. Boil. On ne peut <i>assembler</i> deux contraires ; pour dire, les faire subsister en même lieu.</p><p>Assembler se dit aussi fort souvent avec le pronom personnel, &amp; devient par-là neut. pass. Il signifie se rendre, se trouver dans un même lieu. <i>Convenire, in unum coire.</i> Les Citoyens s'<i>assembloient</i> tous dans un même endroit du Palais. Il n'y a point de lieu où ceux qui sont bien intentionnés pour le salut de la République puissent s'<i>assembler.</i> On dit aussi que deux rivières s'<i>assemblent,</i> pour dire qu'elles se joignent, qu'elles se mêlent ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSEMBLER</head>
    <p>
    Assemblé, ée , part. pass. adj. <i>Congregatus, convocatus, copulatus, compactus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3151" id="1" type="">
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    <head>ASSEMBLEUR</head>
    <p>
    &#9758; ASSEMBLEUR , s. m. Qui assemble. La Fontaine donne à Jupiter tonnant la qualité d'<i>Assembleur</i> de nuages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3152" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSENER" />
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    <head>ASSENER</head>
    <p>
    ASSENER , v. act. Porter un coup justement où on a dessein de frapper. <i>Certo ictu destinatam corporis partem petere.</i> Il a bien <i>assené</i> son coup à la tête où il visoit. Il ne se dit point des armes à feu, ni de l'artillerie. Ménage dérive ce mot de <i>assignare,</i> c'est-à-dire, <i>ferire signum.</i> Il est un peu vieux, &amp; ne se dit guère que dans le comique.</p><p>Dans les vieilles Coutumes, on disoit un douaire <i>assené,</i> ou <pb n="378" facs="bpt6k8542165/f418/full/1200,/0/native.jpg"/>titre d'<i>assenement,</i> lorsqu'un père avoit assigné quelques biens ou héritages à ses filles, ou à ses enfans puînés pour les avantager.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3153" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSENTATEUR" />
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    <head>ASSENTATEUR</head>
    <p>
    ASSENTATEUR , s. m. Flatteur, complaisant. <i>Assentator, adulator.</i> Il est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3154" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSEOIR" />
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    <head>ASSEOIR</head>
    <p>
    ASSEOIR , v. act. <i>Sedere.</i> Il s'emploie souvent avec le pronom personnel. Ce verbe est d'un usage commun, &amp; ne manque d'aucun temps. Voici comme il se conjugue ; Indic. prés. <i>Je m'assieds, tu t'assieds, il s'assied, nous nous asséyons, vous vous asseyez, ils s'asseyent.</i> (Vaugelas voudroit que l'on dît, <i>ils s'assient</i> ; mais il n'est pas suivi en cela.) Imparf. <i>Je m'asséyois, nous nous asséyions, vous vous asseyiez.</i> Pret. <i>Je m'assis.</i> Fut. <i>Je m'asseierai,</i> ou <i>je m'assierai.</i> Impér. <i>Assieds-toi, qu'il s'asseye, asseyons-nous, asseyez-vous, qu'ils s'asseyent.</i> Subj. prés. <i>Que je m'asseye, que nous nous asseyions, que vous vous asseyiez.</i> Imparf. <i>Que je massisse, que tu t'assisses, qu'il s'assît, qu'ils s'assissent.</i> Part. act. <i>S'asseyant,</i> &amp; non pas <i>s'assoyant.</i> Part. passif. <i>Assis.</i> Les temps composés de ce verbe se forment avec l'auxiliaire <i>être : Je me suis assis, je me fus assis, je m'étois assis, &amp;c.</i> Restaut. Il <i>s'assit,</i> il souffle... il <i>s'assit,</i> il se repose ... il revient enfin à la solitaire, où il se fixe, où il se lasse, où il <i>s'assit,</i> où il oublie de dîner. La Bruyere. Dans tous ces exemples l'Auteur confond le prétérit avec le présent de l'indicatif, dont la troisième personne est, <i>il s'assied.</i> Il y en a qui disent <i>assisons-nous,</i> ou <i>sisons-nous</i> ; d'autres, <i>assoyons-nous,</i> ou <i>soyons-nous.</i> Il faut dire <i>asséyons-nous.</i> Ce verbe signifie se mettre sur un siége, se reposer. S'<i>asseoir</i> sur des bancs, sur des chaises, sur des gazons. S'<i>asseoir</i> à terre. S'<i>asseoir</i> sur son cul comme un singe. Les Payens faisoient <i>asseoir</i> leurs Héros à la table des Dieux. Nous nous assîmes proche la statue de Platon. On n'oseroit s'<i>asseoir</i> chez le Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3154" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSEOIR" />
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    <head>ASSEOIR</head>
    <p>
    Asseoir se dit aussi de ce qu'on met en une situation convenable, ferme &amp; choisie. <i>Collocare, ponere. Asseoir</i> une colonne sur sa base. <i>Asseoir</i> une figure sur son piédestal. <i>Asseoir</i> des bornes en quelque lieu. <i>Asseoir</i> des machines. Vaug. <i>Asseoir</i> un mur sur un fondement solide. <i>Asseoir</i> un bâtiment dans une situation agréable. On a des poseurs pour <i>asseoir</i> les pierres. On dit aussi à l'armée, <i>Asseoir</i> son camp ; pour dire, placer son camp en quelque lieu. On dit aussi qu'un essain d'abeilles, qu'un oiseau s'est allé <i>asseoir</i> sur un tel buisson, ou un tel arbre, pour dire, qu'il s'y est amassé, qu'il s'y est allé reposer, percher.</p><p>On dit au Manége, faire <i>asseoir</i> un cheval sur les hanches, pour dire, les lui faire plier, lorsqu'on le galope, ou qu'on l'arrête. On le dit aussi de la manière dont le Cavalier est à cheval. La bonne manière de s'<i>asseoir</i> fait plus que toutes les autres <i>aides.</i> Newc. Etant dans la selle, il faut s'<i>asseoir</i> sur la fourchure, &amp; non pas sur les fesses. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3154" id="3" type="">
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    <head>ASSEOIR</head>
    <p>
    Asseoir se dit aussi en choses spirituelles &amp; morales. <i>Assidere.</i> Dieu a fait <i>asseoir</i> son Fils à sa dextre. Il fera <i>asseoir</i> les Apôtres auprès de lui pour juger les douze Tribus d'Israël.</p><p>On dit <i>Asseoir</i> son jugement, pour dire, juger en connoissance de cause. <i>Judicium, sententiam ferre.</i> Il ne faut <i>asseoir</i> son jugement sur quelque affaire que ce soit, qu'après une mure délibération. On dit aussi, <i>asseoir</i> sa vûe sur quelque objet ; pour dire, s'y arrêter, le contempler. <i>Oculos figere, defigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3154" id="4" type="">
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    <head>ASSEOIR</head>
    <p>
    Asseoir signifie aussi Assigner, hypothéquer une rente, une pension sur des héritages. <i>Designare, assignare.</i> Les Notaires disent dans leurs contrats de constitution, un tel a <i>assis</i> &amp; assigné une telle rente, une telle pension viagère sur un tel héritage, qu'il a affecté &amp; hypothéqué au payement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3154" id="5" type="">
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    <head>ASSEOIR</head>
    <p>
    Asseoir signifie aussi, Départir, régler les tailles &amp; autres droits qui se payent par capitation. <i>Tributa singulorum in capita describere.</i> On a envoyé des commissions aux Elus pour <i>asseoir</i> &amp; départir la taille de leur Election. Ce sont tels &amp; tels Paysans qui doivent <i>asseoir</i> la taille en un tel village l'année prochaine. Ils sont nommés pour Asséeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3154" id="6" type="">
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    <head>ASSEOIR</head>
    <p>
    Assis, ise , part. pass. &amp; adj. <i>Sedens, considens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3154" id="7" type="blason">
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    <head>ASSEOIR</head>
    <p>
    Assis , situé, placé, bâti, en parlant d'une ville, d'un château, d'une forteresse, &amp;c. <i>Situs.</i> Cette maison est assise dans un lieu agréable, &amp;c. Lyon est une ville <i>assise</i> sur le Rhône &amp; la Saône ; pour dire, qu'elle est bâtie &amp; placée sur ces deux Rivières.</p><p>En termes de Blason , on dit qu'un animal est <i>assis,</i> quand il est peint sur son cul, comme tous les animaux domestiques, chiens, chats, &amp;c. Ces mots viennent d'<i>assidere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3155" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSÉOUR" />
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    <head>ASSÉOUR</head>
    <p>
    ASSÉOUR , ou ASSÉEUR, étoit autrefois un Officier de la maison des Ducs &amp; Duchesses de Bretagne. <i>Hist. de Bret. T. II. p.</i> 915. Alain du Cambout <i>Asséour.</i> Jean Sorin <i>Asséour</i> en l'absence dudit du Cambout. Pierre de la Mareschée <i>Asséour,</i> &amp; p. 1197. Martin Landelle premier <i>Asséeur.</i> Dans ces deux endroits, qui sont des Etats des Maisons des Ducs &amp; d'une Duchesse de Bretagne, cet Officier est nommé après les Ecuyers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3156" id="1" type="palais">
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    <head>ASSERMENTER</head>
    <p>
    ASSERMENTER , verb. act. Terme de Palais . Interpeller une partie adverse de faire serment sur la vérité d'un fait qu'elle avance. Il est vieux. <i>Jurejurando, sacramento aliquem, ad sacramentum aliquem adigere.</i></p><p>Ce mot vient de <i>sacramentum, jurement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3157" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="ASSERTION" />
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    <head>ASSERTION</head>
    <p>
    ASSERTION , s. m. Terme dogmatique . Proposition qu'on établit, &amp; qu'on soutient vraie, qu'on est prêt de défendre en public. <i>Assertio.</i> La thèse de ce Répondant contient une douzaine d'<i>assertions</i> qui ne sont pas trop certaines. On dit aussi, qu'un homme est grand <i>asserteur</i> de la vérité, pour dire qu'il la soutient &amp; défend en toutes occasions. Caton étoit un grand <i>asserteur</i> de la liberté publique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3158" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="ASSERTIVEMENT" />
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    <head>ASSERTIVEMENT</head>
    <p>
    &#9758; ASSERTIVEMENT , adj. Avec assertion, d'une manière affirmative. Ces paroles étant prises <i>assertivement,</i> iroient à ruiner l'immortalité de l'ame. Log. de P. R. C'est sans fondement que ce terme dogmatique est tourné en ridicule dans le <i>Dictionnaire Néologique,</i> où l'on dit que Pantalon-Phoebus parloit toujours <i>assertivement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3159" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSERVIR" />
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    <head>ASSERVIR</head>
    <p>
    ASSERVIR , v. act. Dompter, conquérir, assujettir, mettre en servitude. <i>Subjicere, domare, in servitutem asserere, mittere.</i> Les Romains ont <i>asservi</i> une grande partie de la terre. Il n'a pas tenu à toi que tu n'aies <i>asservi</i> les Macédoniens à ceux qu'ils ont vaincus. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3159" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSERVIR" />
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    <head>ASSERVIR</head>
    <p>
    Asservir , se dit figurément en morale, en parlant de l'empire des passions. Notre foiblesse fait que nous nous laissons <i>asservir</i> par l'ambition, par l'avarice, par le péché. Et poëtiquement, on dit qu'une belle femme a de quoi <i>asservir</i> tous les coeurs, &amp; les soumettre à son empire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3159" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSERVIR" />
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    <head>ASSERVIR</head>
    <p>
    Asservi, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Domitus, subjectus, in servitutem assertus, missus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3160" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSESSEUR" />
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    <head>ASSESSEUR</head>
    <p>
    ASSESSEUR , s. m. Officier de Justice gradué, créé pour servir de conseil ordinairement à un Juge. <i>Assessor.</i> Il y a un ancien &amp; nouvel <i>Assesseur</i> du Prévôt des Maréchaux, qui assiste aux jugemens des procès. En plusieurs Siéges il y a un <i>Assesseur</i> Civil, &amp; un <i>Assesseur</i> Criminel. Quand il n'y a qu'un Conseiller en un Siége, on l'appelle souvent l'<i>Assesseur,</i> Cette charge a été créée en 1586.</p><p>Dans la Chambre Impériale il y a des <i>Assesseurs</i> de deux sortes. Les <i>Assesseurs</i> ordinaires, &amp; les <i>Assesseurs</i> extraordinaires. Les ordinaires doivent être seize. Ce nombre néanmoins n'a jamais été rempli jusqu'en 1500. &amp; ils n'étoient que treize, &amp; quelquefois moins. Le nombre des affaires croissant, on augmenta le nombre des <i>Assesseurs.</i> D'abord en 1521. on en ajoûta deux, &amp; ensuite six, ce qui fit vingt-quatre. En 1530. on en créa encore huit nouveaux, auxquels on en joignit encore neuf autres, de sorte qu'ils sont quarante &amp; un. L'Empereur nomme cinq de ces <i>Assesseurs,</i> trois Comtes, ou Barons, &amp; deux Jurisconsultes. Les Electeurs n'en présentoient que six, dont la moitié devoient être nobles, &amp; la moitié Docteurs en Droit. Depuis que le nombre a crû, on leur donna en 1566. le droit d'en présenter encore deux, ce qui faisoit huit ; enfin on en a encore ajoûté deux, ce qui fait dix depuis 1570. L'Archiduc de Bavière en met deux Nobles. Les six Cercles de l'Empire en mettoient chacun deux, ce qui faisoit douze : depuis que le nombre est augmenté, on a permis à chaque Cercle d'en mettre trois, &amp; ensuite quatre. L'Autriche &amp; la Bourgogne n'ont droit d'en présenter que depuis 1570. Quand un Cercle ou un Etat est plus de fix mois sans nommer les <i>Assesseurs</i> qu'il a droit de nommer, le droit de nommer est dévolu au Juge de la Chambre &amp; <pb n="379" facs="bpt6k8542165/f419/full/1200,/0/native.jpg"/>aux <i>Assesseurs.</i> Quand il vaque une place, le Prince, l'Etat, ou le Cercle qui y doit nommer, en présente deux ou trois, &amp; point davantage. Le Juge de la Chambre &amp; les <i>Assesseurs</i> choisissent le plus digne. Si aucun des deux, ou des trois ne leur paroît digne, &amp; que les six mois ne soient point écoulés, ils prient le Nominateur de vouloir en présenter d'autres qui soient propres. Les qualités qu'on demande en eux sont, qu'ils soient de bonnes moeurs, nés d'un mariage légitime, &amp; en Allemagne ; qu'il aient une connoissance suffisante du Droit ; qu'ils soient Catholiques, ou Luthériens. Ils sont obligés de n'avoir d'autre emploi que celui d'<i>Assesseur,</i> de ne faire aucun commerce, &amp;c. Ils ont des priviléges, &amp; une exemption générale pour eux &amp; toute leur famille, &amp; pour leurs veuves après leur mort. Ils sont sous la protection particulière de l'Empereur. Ils sont exemts de tutelle, &amp;c. Leurs appointemens étoient d'abord assez modiques ; on les a augmentés dans la suite. En 1500. ils furent réglés pour les Comtes &amp; les Barons à 600. florins par an, &amp; à 400. pour les Docteurs, les Licentiés &amp; les simples Chevaliers. En 1555. on en assigna 700. aux Comtes &amp; aux Barons, &amp; aux autres 500. En 1570. dans le <i>Récessus</i> de Spire, ils furent fixés à 800. pour les premiers, &amp; à 700. pour les autres. Voyez Lymnaeus, Liv. IX. ch. 2. Ces <i>Assesseurs</i> sont les Conseillers de la Chambre Impériale, &amp; le Juge en est le Président.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3161" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>ASSETTE</head>
    <p>
    ASSETTE , ou HACHETTE, ou AISSETTE. C'est un marteau qui a une tête plate d'un côté, &amp; un large tranchant de l'autre. <i>Dolabella, securicula.</i> Il sert aux Couvreurs, aux Tonneliers, &amp; à d'autres artisans. Les Normands l'appellent <i>Tille,</i> &amp; quelques-uns dérivent ce mot d'<i>aissi,</i> qui est un petit ais qu'on nomme autrement <i>bardeau,</i> taillé avec l'<i>aissette.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3162" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ASSEUREMENT" />
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    <head>ASSEUREMENT</head>
    <p>
    ASSEUREMENT , s. m. Terme de Coutume . Assurance, promesse faite avec serment devant les Juges, de ne point nuire, de ne point faire de mal à quelqu'un. Ragueau. Voyez <ref type="search" target="head:ASSUREMENT">ASSUREMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3163" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ASSEURER" />
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    <head>ASSEURER</head>
    <p>
    ASSEURER . Terme de Coutume . C'est donner asseurement. Ragueau. Ces deux mots viennent d'<i>assecurare,</i> qui vient de <i>ad,</i> &amp; de <i>securus</i> ; comme qui diroit, Rendre sûr. Voyez <ref type="search" target="head:ASSURER">ASSURER</ref>. On n'écrit plus <i>asseurer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3164" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSEZ" />
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    <head>ASSEZ</head>
    <p>
    ASSEZ , adv. Beaucoup, suffisamment. <i>Satis, abundè.</i> Il y a <i>assez</i> de preuves contre ce criminel pour le condamner. Il a <i>assez</i> d'argent pour faire son voyage. Cela est <i>assez</i> de mon goût. J'entre <i>assez</i> dans votre sentiment. On dit, Cela est <i>assez</i> bien, ou <i>assez</i> mal, pour louer &amp; blâmer sobrement.</p><p>Ce mot peut venir de <i>Satis.</i></p><p>On dit aussi en Poësie <i>assez</i> &amp; trop long-temps la vengeance divine, &amp;c.</p><p>On dit aussi, c'est <i>assez,</i> pour dire n'en dites pas davantage ; cela suffit. Les avares n'en ont jamais assez, ne disent jamais c'est <i>assez.</i> Vous venez <i>assez</i> à temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3165" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIDÉEN" />
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    <head>ASSIDÉEN</head>
    <p>
    ASSIDÉEN , s. masc. <i>Assidaeus.</i> Secte des Juifs ainsi nommés du nom Hébreu , <i>hhasidim,</i> Miséricordieux, Justes. Les <i>Assidéens</i> tenoient les oeuvres de surérogation pour nécessaires. Les <i>Assidéens</i> furent les pères &amp; les prédécesseurs des Pharisiens, &amp; de ceux-ci sortirent les Esseniens. Il est parlé des <i>Assidéens</i> dans les Livres des Machabées, Liv. I. ch. 11. 4. &amp; VII. 13. Liv. II. ch. 14. vers. 6.</p><p>Quelqu'un a dit que les <i>Assidéens</i> étoient ainsi nommés, parce qu'ils étoient assidus au culte divin. C'est une bévue. <i>Assidaeus</i> n'est point un mot Latin, mais Hébreu. Un autre Auteur dérive ce mot du Chaldéen , c'est-à-dire, <i>il a répandu,</i> &amp; prétend que ce nom signifie des gens répandus çà &amp; là, ou fugitifs pour leur religion, &amp; pour ne point obéir au Prince qui vouloit la leur faire abandonner. Il paroît bien plus naturel de le faire venir de , comme nous avons dit.</p><p>Serrarius, Jésuite, &amp; Drusius, ont écrit l'un contre l'autre sur les <i>Assidéens,</i> au sujet d'un endroit de Joseph, fils de Gorion, dans lequel le premier prétend qu'il appelle <i>Assidéens</i> les Esséniens, l'autre prétend que ce sont les Pharisiens. Les <i>Assidéens</i> &amp; Tsaadikim, ou Justes, ne firent d'abord qu'une même secte ; après la captivité ils se séparèrent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3166" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIDU, UE" />
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    <head>ASSIDU, UE</head>
    <p>
    ASSIDU, UE , adj. Qui s'applique fortement à quelque travail, à quelque fonction ou devoir. <i>Assiduus.</i> Un Chantre doit être <i>assidu</i> à l'Office. Un Courtisan fait mal sa cour, s'il n'est pas <i>assidu</i> auprès du Prince. Ce Médecin lui a rendu des soins <i>assidus</i> &amp; continuels.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3167" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIDUITÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ASSIDUITÉ</head>
    <p>
    ASSIDUITÉ , s. f. Application continuelle. <i>Assiduitas.</i> Cet homme est fort savant, il a toujours eu une grande <i>assiduité</i> à l'étude. Vous avez bien fait de convertir en <i>assiduités</i> amoureuses les fâcheuses <i>assiduités</i> d'un Plaideur. Les Prudes chagrines de n'être plus l'objet des voeux &amp; de l'<i>assiduité</i> des soupirans, tâchent de se dédommager de leur beauté usée par leurs modestie. S. Evr. Rien ne scandalise plus aujourd'hui que les longues <i>assiduités,</i> &amp; les passions à grand bruit. Je me suis guéri de l'ambition par les inquiétudes qu'elle donne, &amp; par l'<i>assiduité</i> qu'elle demande. M. Scud. Donner ses <i>assiduités</i> à la Cour. La Comtesse de B.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3168" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIDÛMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>ASSIDÛMENT</head>
    <p>
    ASSIDÛMENT , D'une manière assidue <i>Assiduè.</i> Il travaille <i>assidûment</i> à mettre son livre en état de paroître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3169" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIÉGEANT, ANTE" />
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    <head>ASSIÉGEANT, ANTE</head>
    <p>
    ASSIÉGEANT, ANTE , adj. &amp; s. Qui bloque, ou attaque une Place pour s'en rendre maître. <i>Obsessor.</i> Une armée <i>assiégeante</i> doit être dix fois plus nombreuse que la garnison. Les <i>assiégeans</i> avoient déja gagné la contrescarpe. Quelquefois on assiége les <i>assiégeans,</i> on leur coupe les vivres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3170" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIÉGER" />
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    <head>ASSIÉGER</head>
    <p>
    ASSIÉGER , v. act. Mettre le siége devant une place. <i>Obsidere urbem, copiis cingere.</i> Camper une armée tout autour d'une place, afin que rien n'y entre, &amp; qu'on la prenne ou par famine, ou par force. On prend maintenant toutes les villes qu'on <i>assiége,</i> à moins qu'elles ne soient secourues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3170" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSIÉGER" />
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    <head>ASSIÉGER</head>
    <p>
    Assiéger , se dit figurément en choses morales, en parlant de tout ce qui est autour de nous qui nous importune, qui nous embarrasse, qui nous ôte quelque liberté. <i>Obsidere, circumstare, circumsistere.</i> Les pauvres sont en si grand nombre, qu'ils nous <i>assiégent.</i> Ceux qui tiennent table, sont <i>assiégés</i> d'écornifleurs. Ce vieillard se laisse <i>assiéger</i> par ses parens. Il y a long-temps que cette femme est <i>assiégée</i> par un tel. <i>Assiéger</i> l'oreille du Roi. Vaug. Les douleurs de l'enfer m'ont <i>assiégé.</i> Port-R.</p><p>On dit aussi, qu'on est <i>assiégé</i> par les eaux, quand il y a quelque inondation par les neiges, par le mauvais temps, lorsqu'il pleut &amp; qu'on n'ose sortir, par les brigands qui courent la campagne, &amp;c.</p><p>On dit qu'une armée est <i>assiégée</i> par les vents dans un port, quand elle n'en peut sortir à cause des vents contraires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3170" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSIÉGER" />
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    <head>ASSIÉGER</head>
    <p>
    Assiégé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Obsessus.</i> Une place <i>assiégée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3170" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSIÉGER" />
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    <head>ASSIÉGER</head>
    <p>
    Assiégé , est aussi substantif. Les <i>assiégés</i> ont fait une sortie vigoureuse. On a capitulé avec les <i>assiégés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3171" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIÉME" />
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    <head>ASSIÉME</head>
    <p>
    ASSIÉME , ou d'ASSO, est une pierre spongieuse, légère comme la pierre de ponce, parsemée d'outre en outre de veines jaunes, couverte en sa superficie d'une farine jaunâtre, sale, &amp; un peu piquante. Cette pierre se trouve dans des mines d'Italie ; les Anciens en construisoient les sépulchres, afin de faire plutôt consumer les morts. Ils ont dit qu'elle le pouvoit faire en quarante jours. On la nomme <i>Sarcophagus</i> de , <i>chair,</i> &amp; , <i>manger.</i> La poudre qui se trouve sur cette pierre dessèche les vieux ulcères, &amp; consomme les chairs superflues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIETTE" />
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    ASSIETTE , s. f. Stabilité ; manière dont est placée une chose pesante sur une autre, pour la rendre ferme &amp; solide. <i>Situs.</i> Il faut que les fondemens aient plus d'<i>assiette</i> que le mur qu'on élève dessus. Le talon, la semelle de ces souliers ne sont pas assez larges d'<i>assiette</i> pour marcher commodément. Ce piédestal n'a pas assez d'<i>assiette</i> pour cette figure. Ce rempart a assez d'<i>assiette,</i> c'est-à-dire, <pb n="380" facs="bpt6k8542165/f420/full/1200,/0/native.jpg"/>de pied, de talus pour empêcher qu'il ne s'éboule. Il faut poser les pierres de même sens, &amp; dans la même <i>assiette</i> qu'elles avoient dans la carrière.</p><p>&#9758; Assiette, signifioit autrefois <i>Séance.</i> Avoir son <i>assiette,</i> être assis. Le grand Maître aura son <i>assiette</i> au côté du Corps. <i>Antiq. de Paris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSIETTE" />
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette , signifie aussi, le terrain où on a bâti une place, un fort, un bâtiment. Les Anciens croyoient les lieux élevés les plus forts d'<i>assiette.</i> Aujourd'hui la plus forte <i>assiette</i> est la plaine campagne, ou le marécage. Une maison à une demie côte est belle <i>assiette</i> pour la vûe, &amp; les eaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSIETTE" />
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette , se dit aussi d'un campement. <i>Locus castris captus, selectus.</i> La grande science d'un Général, c'est de savoir bien choisir l'<i>assiette</i> de son camp.</p><p>On dit au Manége, Faire prendre à un Cavalier une bonne <i>assiette</i> ; pour dire, le mettre en une disposition convenable sur la selle. On dit, qu'il ne perd point l'<i>assiette</i> ; pour dire, qu'il est ferme sur les étriers. L'<i>assiette</i> est de si grande conséquence que c'est la seule chose qui fait bien aller un cheval. Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSIETTE" />
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette , se dit figurément en choses spirituelles &amp; morales. <i>Animi status.</i> Quelque fortune ou adversité qui arrive à un Stoïque, son esprit demeure toujours en une même <i>assiette.</i> On ne peut ébranler sa fermeté, l'<i>assiette</i> de son ame. Pour s'assurer si l'on agit par un principe de vertu, il faut voir si l'ame est dans une <i>assiette</i> calme &amp; tranquille, &amp; si elle est exemte du trouble des passions. Dac. L'<i>assiette</i> de l'esprit de l'homme est sujette au changement. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="5" type="eaux & forets">
   <index type="head" value="ASSIETTE" />
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette , se dit aussi du département des tailles &amp; autres impositions, pour régler ce que chaque Communauté, ou chaque particulier habitant en doit payer. <i>Tributorum descriptio.</i> C'est en ce temps-ci que se fait l'<i>assiette</i> des tailles. Les commissions sont parties pour faire l'<i>assiette</i> de cette imposition. L'<i>assiette</i> &amp; la collecte des tailles est la fonction des Asséeurs, &amp; Collecteurs. On appelle en Languedoc <i>assiette,</i> les assemblées qui se tiennent dans quelque Diocèse pour le règlement &amp; le département des tailles, après la tenue des Etats de la Province. Commissaire de l'<i>assiette,</i> est celui qui est député des Etats pour présider à cette assemblée. Par un Arrêt du Conseil du 27. Janvier 1587. il est défendu aux Maîtres des Requêtes, &amp; Gardes des Sceaux, de permettre qu'il soit scellé ès Chancelleries aucunes lettres de privilége pour imprimer livres quelconques, ni autres écrits, ni lettres d'<i>assiette,</i> ou impositions de deniers sur le peuple. Tessereau.</p><p>On dit en termes des Eaux &amp; Forêts , Faire l'<i>assiette</i> des ventes, quand les Officiers vont marquer aux Marchands les bois dont on leur a vendu la coupe. <i>Constitutio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="6" type="marine">
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette du vaisseau, c'est en termes de Marine , la situation où il peut le mieux siller. <i>Situs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="7" type="paveur">
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette . Terme de Paveur . C'est le sens où le pavé doit être mis, quand on le pose sur le sable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="8" type="doreur sur tranche">
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette , en termes de Doreur sur tranche , signifie une composition qu'on met sur la tranche d'un livre, avant que le dorer. Cette composition est faite de bol fin, de sanguine fine, de terre d'ombre, de gomme adragante &amp; Arabique, de colle de Flandres, &amp; de savon de Castres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="9" type="jurisprudence">
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette de rente. Terme de Jurisprudence . Cession d'un fond en propriété pour le payement d'une rente promise. <i>Cessio.</i> Cela se pratique dans les contrats de mariage, ou dans les partages. Si l'on promet cent livres de rente en <i>assiette,</i> cela veut dire, qu'on s'engage de céder des héritages jusqu'à la valeur de cent livres de revenu annuel. L'<i>assiette</i> de rente ressemble à l'antichrèse, excepté qu'à l'égard de la première, l'on abandonne le fond en pleine propriété, &amp; sans le pouvoir retirer, comme dans l'antichrèse. M. De Laurière prétend qu'<i>assiette</i> de rente est la même chose qu'assignat, &amp; qu'asseoir une rente est la même chose qu'assigner ; &amp; que quelques Auteurs mettent mal-à-propos de la différence entre ces mots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="10" type="">
   <index type="head" value="ASSIETTE" />
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette , est aussi un ustensile de table qu'on sert devant chacun des conviés pour y poser les morceaux qu'on lui sert, ou qu'il veut manger. <i>Orbis.</i> On fait des <i>assiettes</i> de bois, de faiance, d'étain, d'argent, de vermeil doré, des <i>assiettes</i> creuses pour manger la soupe, des <i>assiettes</i> volantes pour servir les entremets. On appelle du même nom les ragoûts qui sont dessus. <i>Ferculum.</i> Une <i>assiette</i> de champignons, de ris de veau, de confitures. On appelle aussi, <i>assiette</i> à mouchettes, la platine sur laquelle on les met. L'<i>assiette</i> à mouchettes est présentement hors de mode, &amp; on ne se sert plus que de porte-mouchettes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3172" id="11" type="">
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    <head>ASSIETTE</head>
    <p>
    Assiette , signifie aussi, chaque couvert, ou personne qui mange &amp; paye son écot dans une Auberge. On nous a donné à chacun le poulet sur l'<i>assiette.</i> On paye tant par tête, tant par <i>assiette.</i> Son <i>assiette</i> a dîné pour lui, c'est-à-dire, qu'il faut payer son écot quoiqu'absent. Il y a des Taverniers qui vendent du vin à pot, les autres à <i>assiette</i> ; qui mettent la nappe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3173" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIETTÉE" />
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    <head>ASSIETTÉE</head>
    <p>
    ASSIETTÉE , s. f. Plein une assiette. Cet enfant a déja mangé deux <i>assiettées</i> de bouillie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3174" id="1" type="jurisprudence">
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    <head>ASSIGNAT</head>
    <p>
    ASSIGNAT , s. m. Terme de Jurisprudence , qui se dit particulièrement en pays de Droit écrit. <i>Constitutio.</i> Constitution, &amp; assignation spéciale d'une rente sur un certain héritage, lequel demeure nommément destiné &amp; affecté pour le payement annuel de la rente. Quelquefois pour fortifier l'<i>assignat,</i> le créancier de la rente stipule, qu'il en recevra les arrérages par les mains du Fermier de l'héritage assigné. L'<i>assignat</i> ne rend point la rente foncière. Loys. L'<i>assignat</i> ne donne point plus de privilége au créancier de la rente qu'une hypothèque générale &amp; spéciale. Id. L'<i>assignat</i> d'un douaire, d'une dot, est le fonds sur lequel on assigne le payement du douaire, ou de la dot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3174" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSIGNAT" />
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    <head>ASSIGNAT</head>
    <p>
    Assignat <i>démonstratif,</i> est une rente constituée à prendre sur tel fonds, ce qui n'empêche pas qu'en déguerpissant ce fonds je ne sois obligé de payer la rente, parce qu'elle est personnelle. <i>Assignat limitatif,</i> se dit des fruits d'un fonds qu'on lègue à quelqu'un, &amp; qu'il n'est point obligé de payer quand il abandonne le fonds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3175" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIGNATION" />
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    <head>ASSIGNATION</head>
    <p>
    ASSIGNATION , s. f. <i>In jus vocatio.</i> Ajournement, exploit de Sergent, par lequel on somme une partie de comparoir à certain &amp; compétant jour par-devant un Juge, pour répondre à la demande, ou à la plainte qu'on a formé contre lui, ou pour venir déposer, prêter serment, ou faire un autre acte de Justice. L'Ordonnance veut que les exploits d'<i>assignation</i> soient libellés, c'est-à-dire, qu'ils contiennent la demande, afin que le défendeur vienne prêt pour y défendre. Les <i>assignations</i> à trois briefs jours se font à cri public, à son de trompe dans les carrefours, pour instruire une contumace. Les <i>assignations</i> se doivent donner à la personne, ou à domicile. On donne aussi des <i>assignations</i> sur la frontière à ceux qui sont hors le Royaume. On lève des défauts sur l'<i>assignation,</i> quand on manque à se présenter. Les <i>assignations</i> données par des innocens à leurs Juges, devant le Tribunal de Dieu, ont souvent été exécutées. De Roch. Il est au figuré dans cette phrase.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3175" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSIGNATION" />
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    <head>ASSIGNATION</head>
    <p>
    Assignation , se dit aussi des rendez-vous qu'on se donne pour se trouver à un certain lieu, à une certaine heure. <i>Constitutio rei certo tempore &amp; loco faciendae.</i> Les deux Avocats se sont donné <i>assignation</i> à cinq heures pour consulter. Ces amans se donnent <i>assignation</i> ou rendez-vous aux Thuilleries.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3175" id="3" type="finance">
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    <head>ASSIGNATION</head>
    <p>
    Assignation , en termes de Finance , est une Ordonnance, ou Mandement, pour faire payer une dette sur un certain fonds. On donne à des Trésoriers des <i>assignations</i> sur divers Fermiers, pour prendre le fonds destiné à leur maniement. On a donné à ce créancier une <i>assignation</i> sur la coupe d'une telle forêt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3175" id="4" type="">
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    <head>ASSIGNATION</head>
    <p>
    Assignation , est aussi une constitution de rente, un établissement de pensions sur certaines terres, ou revenus, qui y demeurent affectés &amp; hypothéqués. L'<i>assignation</i> du douaire de cette femme a été faite sur une telle maison. Les <i>assignations</i> des rentes se font sur tous les biens présens &amp; à venir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3176" id="1" type="">
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    <head>ASSIGNER</head>
    <p>
    ASSIGNER , v. act. Ajourner, sommer quelqu'un de comparoir <pb n="381" facs="bpt6k8542165/f421/full/1200,/0/native.jpg"/>devant un Juge, ou un Commissaire, pour défendre à une demande, ou faire quelque acte de justice. <i>Alicui diem dicere. Aliquem in jus vocare.</i> Les Ducs &amp; Pairs font <i>assigner</i> leurs parties d'abord au Parlement. Ceux qui ont droit de committimus les font <i>assigner</i> aux Requêtes ; les autres les font <i>assigner</i> devant les Juges ordinaires des lieux. Il a été <i>assigné</i> pour déposer, prêter serment, subir l'interrogatoire.</p><p>L'ancienne manière d'<i>assigner</i> les gens en Justice étoit de prendre par l'oreille. Car lorsque les Sergens donnoient anciennement des <i>assignations</i> à quelqu'un, ou qu'ils constituoient des prisonniers, ils touchoient l'oreille de celui qu'ils prenoient pour témoin, ou pour recors, qu'ils appelloient <i>Antestatus</i> ; c'est pourquoi Horace dit, <i>Licet antestari ? Ego verò oppono auriculam. Lib. I. Sat.</i> 9. <i>vers.</i> 76. 77. De Roch.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3176" id="2" type="">
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    <head>ASSIGNER</head>
    <p>
    Assigner , signifie aussi, Créer une rente, &amp; obliger certains fonds pour la sureté du payement ; donner un mandement, ou une rescription pour charger quelqu'un du payement d'une dette. <i>Constituere.</i> Le style des contrats de constitution porte : Il a constitué, assis, &amp; <i>assigné</i> une telle rente sur tous ses biens présens &amp; à venir. Les gages des Officiers sont <i>assignés</i> sur la seconde partie de l'Epargne. Les rentes <i>assignées</i> sur le Clergé. On lui a <i>assigné</i> son douaire sur une telle terre ; une pension sur le public.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3176" id="3" type="">
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    <head>ASSIGNER</head>
    <p>
    Assigner , signifie encore, Donner, destiner : Il a <i>assigné</i> deux mille arpens de terre à Sextus Clodius le Rhéteur, exemts de toutes charges. <i>Assigner</i> des terres aux nouveaux habitans. Le Roi leur <i>assigna</i> une contrée pour habiter. Vaug. Ce Gouvernement vous a été <i>assigné.</i> La société ne peut subsister si chacun ne se contient dans l'ordre, &amp; dans le rang qui lui est <i>assigné.</i> De Launoy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3176" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSIGNER" />
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    <head>ASSIGNER</head>
    <p>
    Assigner , se dit aussi pour dire, Faire connoître, indiquer. <i>Indicare. Assigner</i> les véritables causes des évènemens. Ablanc.</p><p>On dit proverbialement, ou ironiquement, qu'une rente est <i>assignée</i> sur les brouillards de la rivière de Loire ; sur Janvier, Février &amp; Mars ; pour dire, qu'on n'en aura jamais rien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3176" id="5" type="">
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    <head>ASSIGNER</head>
    <p>
    Assigné, ée , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>assignare,</i> qui vient de <i>signum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3177" id="1" type="physique">
   <index type="head" value="ASSIMILATION" />
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    <head>ASSIMILATION</head>
    <p>
    ASSIMILATION , s. f. Terme de Physique , qui se dit de l'action par laquelle des choses sont rendues semblables. <i>Assimilatio.</i> La nourriture se fait par le changement de l'aliment en la substance de l'animal, par <i>assimilation</i> des parties. L'<i>assimilation</i> des parties se fait par un mouvement local.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3178" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSIS, ASSISE" />
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    <head>ASSIS, ASSISE</head>
    <p>
    ASSIS, ASSISE , adj. Voyez <ref type="search" target="head:Asseoir">Asseoir</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3179" id="1" type="maconnerie">
   <index type="head" value="ASSISE" />
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    <head>ASSISE</head>
    <p>
    ASSISE , s. f. Terme de Maçonnerie . Rang de pierres de taille qu'on pose en situation parallèle à l'horison, pour élever une muraille. <i>Collocatio lapidum ad libellam &amp; horizontem.</i> Il y a douze <i>assises</i> de pierre aux fondemens de ce dôme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3179" id="2" type="">
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    <head>ASSISE</head>
    <p>
    Assises , au pluriel, terme de Palais . C'est une séance extraordinaire que des Juges supérieurs vont tenir dans des Siéges inférieurs, &amp; dépendans de leur jurisdiction, pour voir si les Officiers subalternes font leur devoir, &amp; pour recevoir les plaintes qu'on fait contre eux. <i>Judicum ad jus statis diebus dicendum consessus.</i> Autrefois les Baillifs &amp; Sénéchaux, qui jugeoient en dernière instance, alloient tenir leurs <i>assises</i> dans les terres des Seigneurs de leur ressort, pour entendre les plaintes contre leurs Officiers, &amp; juger les causes d'appel. Aujourd'hui les <i>Assises</i> ne sont autre chose que des séances marquées &amp; fixées, qui se tiennent d'ordinaire de 40 jours en 40 jours, par les Baillifs ou Sénéchaux, &amp; où se passent certains actes solemnels ; comme les criées pour les Decrets, les adjudications, &amp;c.</p><p>On appelle quelquefois les Grands-Jours <i>Assises,</i> comme on a fait toutes sortes de plaids solemnels, &amp; extraordinaires. Les droits d'<i>assises</i> sont différens suivant les différentes Coutumes.</p><p>On dit, qu'un homme tient ses <i>assises</i> dans une maison, pour dire, qu'il y est fort écouté, fort applaudi, qu'il y domine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3179" id="3" type="">
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    <head>ASSISE</head>
    <p>
    Assise , étoit anciennement une Assemblée qui se faisoit dans la Cour du Prince, de plusieurs personnes notables pour juger souverainement des affaires de conséquence, &amp; dont les arrêts devoient être inébranlables. <i>Comitia.</i> Comme les Vicomtes n'étoient dans leur origine que les Lieutenans des Comtes, qui rendoient la Justice en leur place, ils avoient deux sortes de séances : l'une qu'on appelloit <i>plaids,</i> ou jours ordinaires, parce qu'elle se tenoit tous les jours ; &amp; l'autre s'appelloit <i>assises,</i> ou grands plaids, parce qu'elle étoit tenue par le Comte, &amp; que c'étoit une assemblée solemnelle, où se trouvoient les plus considérables vassaux, pour y juger les affaires les plus importantes. Ces <i>assises</i> s'appelloient aussi <i>mallum,</i> ou <i>placitum majus.</i> Mais l'autorité de ces <i>Assises,</i> qui jugeoient sans appel, a été attribuée aux Parlemens : &amp; de-là vient la coutume qui s'observe encore ; c'est qu'à l'ouverture du rôle de chaque Bailliage, les Juges doivent comparence à la Cour ; non comme autrefois à l'<i>Assise,</i> pour répondre de leurs jugemens : c'est une formalité &amp; un réspect, que le Parlement exige des Juges inférieurs, dont l'appel y est porté immédiatement. Il y avoit deux sortes d'<i>Assises.</i> La grande étoit composée de douze Nobles, qui jugeoient l'épée au côté. La petite <i>Assise</i> étoit de douze hommes choisis entre les gens de Loi. Il y avoit aussi de grandes <i>Assises</i> qui appartenoient aux Comtes, Vicomtes, Barons &amp; Châtelains, à cause de leur Haute-Justice ; qui se tenoient quatre fois l'an pour recevoir les appellations de leurs Baillifs. Les petites <i>Assises</i> se tenoient par les Prévôts, &amp; Juges pedanées tous les quinzièmes du mois. Il y avoit aussi des <i>Assises</i> pour la Police, &amp; pour la vente des biens &amp; des denrées. La grande <i>Assise</i> s'appelloit <i>Assise jurée,</i> &amp; la seconde, <i>Assise ordinaire.</i> Les <i>Assises</i> se devoient tenir dans un champ, dans un cimetière, aux portes des villes, ou des Eglises, dans une rue, sur un rempart, toujours en un lieu public, où les parties pussent avoir un accès libre &amp; facile. Le Gendre. Elles devoient être publiées &amp; assignées à certain jour, afin que toutes sortes de personnes y pussent venir faire leurs plaintes &amp; remontrances.</p><p>On a donné aussi le nom d'<i>Assise</i> aux jugemens qui étoient rendus en ces lieux-là ; &amp; on disoit, Il a obtenu <i>assise</i> à son profit ; c'est-à-dire, jugement. On appelloit aussi, grande <i>Assise,</i> l'action pétitoire ; &amp; petite <i>Assise,</i> la possessoire. <i>Assise</i> signifioit aussi anciennement une loi, une constitution. Voyez Du Cange. Pour savoir la forme de tenir les <i>Assises,</i> voyez la déclaration du Roi de 1685.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSISE</head>
    <p>
    Assise , s. f. <i>Assisium.</i> Nom propre de ville. <i>Assise</i> est de l'Etat Ecclésiastique en Italie. Elle est dans l'Ombrie, sur la montagne d'Asi, d'où probablement elle a pris son nom. <i>Assise</i> a un Evêché suffragant du Pape. S. François d'<i>Assise,</i> Fondateur des Conventuels, Observantins, Récolets &amp; Capucins, est ainsi nommé, parce qu'<i>Assise</i> étoit sa patrie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSISTANCE</head>
    <p>
    ASSISTANCE , s. f. Secours, aide, protection, aumône. <i>Auxilium, adjumentum.</i> Le Juge d'Eglise implore l'<i>assistance</i> du bras séculier. Cet homme ne sauroit sibsister sans l'<i>assistance</i> de ses amis. Seigneur, j'implore votre <i>aessistance.</i> Arn. Je ne veux pas me rendre indigne des <i>assistances</i> que je reçois de vous. Scar. Recevoir de l'<i>assistance,</i> ou de grandes <i>assistances</i> de quelqu'un.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASSISTANCE</head>
    <p>
    Assistance , signifie encore, Présence. <i>Praesentia.</i> Les Chanoines ont tel droit pour leur <i>assistance</i> à Matines. Le Curé se fait payer l'<i>assistance</i> à un enterrement, quoiqu'il n'y soit pas ; car il est réputé présent. Un Procureur se fait payer son <i>assistance</i> à un scellé, à un procès verbal. Dans les taxes de dépens, on paye un droit d'<i>assistance</i> au Procureur du défendeur. Il ne suffit pas à la Messe d'avoir une <i>assistance</i> corporelle, il faut encore une présence d'esprit.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ASSISTANCE</head>
    <p>
    Assistance , signifie aussi, Assemblée. <i>Coetus.</i> Ce Prédicateur a satisfait toute l'<i>assistance.</i> Ce pauvre homme qu'on a mal traité, a pris à témoin l'<i>assistance,</i> &amp; ceux qui se sont trouvés là. Cela étonna toute l'<i>assistance.</i> Ablanc. L'<i>assistance</i> étoit plus nombreuse qu'auparavant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3180" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSISTANCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ASSISTANCE</head>
    <p>
    Assistance , signifie aussi parmi les Jésuites, la fonction d'Assistant que fait un Jésuite auprès du Général de son Ordre. <i>Assistentia.</i> Chacun des Assistans a soin de préparer <pb n="382" facs="bpt6k8542165/f422/full/1200,/0/native.jpg"/>les affaires de son <i>assistance.</i> Bouh. Au reste, le Père Bouhours n'écrit point <i>assistance,</i> mais <i>assistence.</i> L'<i>assistance</i> d'Italie, l'<i>assistance</i> d'Allemagne, &amp;c. La Flandre est de l'<i>assistance</i> d'Allemagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSISTANT, ANTE" />
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    ASSISTANT, ANTE , adj. &amp; s. m. &amp; f. Qui assiste, qui est présent. <i>Praesens.</i> Cet Huissier fit signer son procès verbal à ses <i>assistans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSISTANT, ANTE" />
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    Assistans , se dit aussi des aides nécessaires dans une cérémonie, ou un sacre. Ce Prélat avoit tels &amp; tels Evêques pour <i>assistans.</i> Les Abbesses ont aussi des <i>Assistantes</i> en pareilles cérémonies. L'Officiant avoit sept ou huit <i>Assistans</i> à l'autel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSISTANT, ANTE" />
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    Assistans , sont aussi les Contrôleurs ou Conseillers qu'on donne à des Généraux, Supérieurs de Monastères, pour prendre garde aux affaires de la Communauté, &amp; les soulager en leur ministère. <i>Assistens.</i> Voilà le Père Provincial avec le Père <i>Assistant.</i> Le Général des Jesuites a cinq <i>Assistans,</i> qui sont comme ses Ministres, &amp; d'une expérience consommée. Ils sont choisis par toute la Compagnie assemblée par le Général. Ils portent le nom des Royaumes, ou des pays, dont ils sont originaires ; par exemple, d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne, de France, &amp; de Portugal. Ils le soulagent dans sa charge, &amp; ils observent aussi sa conduite. Bouh. Ce Père écrit toujours <i>Assistent, Assistens,</i> &amp; jamais <i>Assistant, Assistans,</i> quand il parle de ces Ministres du Général de son Ordre. Le Général des Prêtres de l'Oratoire a aussi trois <i>Assistans,</i> qui ont voix décisive avec lui dans les délibérations, en sorte qu'il n'est pas le Maître absolu, comme celui des Jésuites, dont les <i>Assistans</i> n'ont que voix consultative. Voyez Acosta, <i>Hist. des revenus Ecclés.</i> pag. 369.</p><p>On nomme aussi <i>Assistans,</i> les condamnés à assister au supplice d'un criminel. En cette exécution il y eut deux pendus &amp; deux <i>assistans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSISTANT, ANTE" />
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    Assistans , s'est dit aussi au Palais de deux anciens Avocats, qui étoient obligés de se trouver à l'Audience pour assister un Avocat demandeur en requête : ce qui a été abrogé par l'Ordonnance de 1667. &amp; converti en une simple consultation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="5" type="comedien">
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    Assistant , est aussi un terme de Comédien . Il signifie un domestique de Comédien, que l'on emploie quelquefois dans les représentations des pièces de théatre, &amp; à qui on donne ce que l'on juge à propos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="6" type="">
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    Assistant , est aussi un terme usité dans les Séminaires, pour signifier l'Ecclésiastique qui fait les fonctions du Supérieur, quand celui-ci est absent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="7" type="">
   <index type="head" value="ASSISTANT, ANTE" />
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    Assistant , est encore un terme usité dans la pêche des perles. Chaque plongeur a deux aides, qu'on nomme pour cela les Pêcheurs <i>assistans.</i> P. le Comte. De huit en huit jours on pêche un jour entier au profit du Patron de la barque, &amp; tous les jours encore le premier coup de rets est pour lui : on donne le tiers de ce qui reste aux <i>assistans,</i> le surplus appartient aux plongeurs. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3181" id="8" type="">
   <index type="head" value="ASSISTANT, ANTE" />
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    <head>ASSISTANT, ANTE</head>
    <p>
    Assistante , s. f. C'est parmi les Religieuses, celle qui fait les fonctions au défaut de l'Abbesse, ou de la Mère Supérieure. C'est aussi la Réligieuse qui assiste au parloir pour voir ce qui s'y passe, &amp; qu'on appelle ordinairement <i>Sur-écoute.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3182" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSISTER" />
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    <head>ASSISTER</head>
    <p>
    ASSISTER , v. act. Prêter secours à quelqu'un, l'aider de sa présence, de sa faveur, de son argent, de son conseil. <i>Juvare, adjuvare.</i> Vaug. Ce Prince a <i>assisté</i> ses Alliés de ses troupes. Il <i>assiste</i> ses amis au besoin. Il <i>assiste</i> les pauvres de ses aumônes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3182" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSISTER" />
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    <head>ASSISTER</head>
    <p>
    Assister , v. n. Être présent. <i>Adesse, interesse.</i> Ce Doyen <i>assiste</i> au service à toutes les heures. J'ai <i>assisté</i> à la consultation qu'ont fait les Médecins sur son mal. Il lui remit la Syrie entre les mains pour <i>assister</i> à la guerre qui restoit à faire. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3182" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSISTER" />
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    <head>ASSISTER</head>
    <p>
    Assister , se dit aussi en parlant d'une espèce de note, ou de supplice qu'on donne à des complices d'un crime. Ce criminel a été condamné à être pendu, &amp; sa femme à <i>assister</i> au supplice. On dit aussi, qu'un homme a <i>assisté</i> à un vol, à un assassinat ; pour dire, qu'il y a été présent, qu'il en est complice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3182" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSISTER" />
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    <head>ASSISTER</head>
    <p>
    Assister , se dit de ceux qui accompagnent quelqu'un, soit pour faire une cérémonie, soit pour avoir main-forte, ou un témoignage. Les Députés du Clergé étoient <i>assistés</i> des plus notables de leur corps. Un Prélat doit être assisté de deux autres, quand il sacre un Evêque. Un Sergent est obligé de se faire <i>assister</i> de deux Records, afin qu'on ajoûte foi à son exploit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3182" id="5" type="">
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    <head>ASSISTER</head>
    <p>
    Assister , se dit encore de ceux qui conseillent. Quand il passa cet acte, il étoit <i>assisté</i> de son Avocat, de son Procureur. Ce Tuteur n'a rien fait que par l'avis du Conseil, &amp; <i>assisté</i> des parens du mineur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3182" id="6" type="">
   <index type="head" value="ASSISTER" />
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    <head>ASSISTER</head>
    <p>
    Assister , signifie aussi, Juger avec un autre Juge. Il faut que le Juge Royal <i>assiste</i> aux procès que font les Officiaux aux Clercs, quand il y a un cas privilégié. Un Bénéficier qui <i>assiste</i> à un jugement de mort, devient irrégulier.</p><p>On dit aussi, qu'un Prêtre <i>assiste</i> un malade, ou un criminel à la mort ; pour dire, qu'il l'exhorte à bien mourir, &amp; à se repentir de ses fautes. <i>Adhortari.</i></p><p>On dit familièrement, Dieu vous <i>assiste,</i> à ceux qui éternuent, ou aux pauvres qu'on éconduit. On dit aussi, que Dieu <i>assiste</i> trois sortes de personnes, les enfans, les fous, &amp; les yvrognes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3182" id="7" type="">
   <index type="head" value="ASSISTER" />
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    <head>ASSISTER</head>
    <p>
    Assiste, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Adjutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3183" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOCIATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ASSOCIATION</head>
    <p>
    ASSOCIATION , s. f. Traité de société, par lequel deux ou plusieurs personnes se joignent ensemble, ou pour se secourir mutuellement, ou pour agir en commun, ou pour vivre plus commodément. <i>Societas.</i> La plus étroite des <i>associations</i> est celle qui se fait par le lien du mariage. Il y a une <i>association</i> entre ces deux compagnies, entre ces deux marchands. L'<i>association</i> se contracte par un consentement tout pur. Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3184" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOCIER" />
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    <head>ASSOCIER</head>
    <p>
    ASSOCIER , v. act. Faire une société, ou admettre quelqu'un dans une compagnie, dans un traité de société. Ces deux amis se sont <i>associés</i> pour acheter, &amp; pour exercer le greffe. <i>Societatem facere, conflare ; socium sibi aliquem adjungere.</i></p><p>Les Confrairies sont composées d'un nombre de Fidèles, qui se sont <i>associés</i> pour participer aux prières les uns des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3184" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSOCIER" />
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    <head>ASSOCIER</head>
    <p>
    Associer , se dit aussi, pour donner part de quelque chose à quelqu'un. Il <i>associa</i> Tibère à cet honneur. Ablanc. Il leur est permis d'<i>associer</i> d'autres personnes aux sacrifices. Pasc. La passion du plaisir lie &amp; <i>associe</i> les jeunes gens. M. Esp. Un Testateur <i>associe</i> plusieurs personnes dans un même usufruit. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3184" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSOCIER" />
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    <head>ASSOCIER</head>
    <p>
    Associé, ée , part. pass. &amp; adjectif. <i>Socius, societate conjunctus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3184" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSOCIER" />
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    <head>ASSOCIER</head>
    <p>
    Associé, ée , s. m. &amp; f. Qui est d'une société. Un <i>associé</i> peut engager son <i>associé.</i> Le corps peut souffrir des <i>associés</i> en amour ; mais non pas le coeur. B. Rab.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3185" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOMMER" />
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    <head>ASSOMMER</head>
    <p>
    ASSOMMER , v. act. Tuer avec une massue, un maillet, ou autre chose pesante &amp; accablante. <i>Validè impacto malleo trucidare.</i> Il a reçu des coups de bâton capables d'<i>assommer</i> un boeuf. Les Hébreux <i>assommoient</i> les criminels en les lapidant. Ménage dérive ce mot du François <i>somme,</i> ou du Latin <i>somnus,</i> parce qu'autrefois <i>Assommer</i> signifioit, <i>Dormir d'un profond sommeil.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3185" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSOMMER" />
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    <head>ASSOMMER</head>
    <p>
    Assommer , se dit aussi de toute morte violente. <i>Mactare, Trucidare.</i> Il est allé à la guerre pour se faire <i>assommer.</i> Il signifie aussi, tuer d'une manière cruelle. Ils <i>assommoient</i> les ennemis dans les rues. Vaug. Ils se voyoient <i>assommer</i> comme des bêtes. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3185" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSOMMER" />
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    <head>ASSOMMER</head>
    <p>
    Assommer , se dit encore des coups violens, ou souvent réitérés. <i>Percutere graviter.</i> Ce maître <i>assomme</i> de coups ses valets. Cette marâtre <i>assomme</i> les enfans de son mari.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3185" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSOMMER" />
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    <head>ASSOMMER</head>
    <p>
    Assommer , se dit hyperboliquement des choses qui incommodent, ou qui pèsent trop. <i>Opprimere, obruere.</i> En été les habits de drap <i>assomment.</i> Vous chargez trop ce cheval, cela est capable de l'<i>assommer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3185" id="5" type="">
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    <head>ASSOMMER</head>
    <p>
    Assommer , se dit figurément en Morale des choses qui abattent l'esprit. <i>Affligere.</i> Cette affliction, la perte de ce procès l'a <i>assommé.</i></p><p>On dit proverbialement, il faudra vous <i>assommer</i> ; pour dire, <pb n="383" facs="bpt6k8542165/f423/full/1200,/0/native.jpg"/>vous avez tant de santé, qu'à moins que quelqu'un ne vous tue, vous ne pourrez mourir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3185" id="6" type="">
   <index type="head" value="ASSOMMER" />
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    <head>ASSOMMER</head>
    <p>
    Assommé, ée , part. Il a les significations de son verbe en François comme en Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3186" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOMMOIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ASSOMMOIR</head>
    <p>
    &#9758; ASSOMMOIR , s. m. Petit ais chargé d'une pierre, qu'on tend avec un appas &amp; une languette, pour prendre des rats ou autres bêtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3187" id="1" type="logique">
   <index type="head" value="ASSOMPTION" />
   <index type="src_domain" value="logique" />
   <index type="macro_domain" value="Philosophie" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ASSOMPTION</head>
    <p>
    ASSOMPTION , s. f. Fête que l'Eglise célèbre en l'honneur de l'enlèvement miraculeux au ciel de la Sainte Vierge en corps &amp; en ame. <i>Sanctissimae Dei matris in coelum assumptio.</i> Cette Fête n'est pas moins solemnelle dans l'Eglise Orientale que dans les Eglises d'Occident. Il n'est point cependant de foi que la sainte Vierge ait été enlevée au ciel en corps &amp; en ame. Nos anciens Martyrologes, &amp; entr'autres celui d'Usuard, parlent de l'<i>Assomption</i> de la bienheureuse Vierge avec beaucoup de modération, comme si de leur temps l'Eglise n'avoit rien défini là-dessus. Voyez les notes de Baronius sur le Martyrologe Romain au quinzième d'Août. Mais ce seroit aujourd' hui une témérité de s'opposer à l'opinion commune ; &amp; un Prédicateur qui avanceroit en chaire des propositions contraires à l'<i>Assomption</i> de la sainte Vierge en corps &amp; en ame, choqueroit, &amp; il seroit obligé de se rétracter, ou de s'expliquer publiquement, comme il arriva il y a quelques années à Paris. Et en 1696. la Sorbonne, dans la condamnation de Marie d'Agreda, protesta d'abord entre autres choses, qu'elle croyoit l'<i>Assomption</i> de la sainte Vierge au ciel en corps &amp; en ame. Entre les Eglises que le Pape Paschal orna, ou répara, il est fait mention de deux où étoit représentée l'<i>Assomption</i> de la sainte Vierge en son corps. Ce qui montre qu'on la croyoit dèslors à Rome. Fleury. Cette Fête s'appelle aussi la <i>Mi-Août,</i> à cause qu'elle arrive le quinzième d'Août. L'estampe qui représente le mystère de l'<i>Assomption,</i> s'appelle aussi <i>Assomption.</i> Le plafond de la Chapelle du Séminaire de saint Sulpice à Paris est une <i>Assomption</i> de M. le Brun. On a aussi appellé autrefois <i>Assomption,</i> le jour de la mort de quelque Saint, comme l'<i>Assomption</i> de saint Jean-Baptiste, ainsi que prouve Du Cange.</p><p>La Fête de l'<i>Assomption</i> de Notre-Dame a donné le nom à quelques lieux, ou pays du Nouveau Monde, ou parce qu'ils ont été découverts ce jour-là, ou parce qu'ils ont été dédiés à la sainte Vierge sous ce nom. La Rivière de l'<i>Assomption</i> est dans le Canada, &amp; se décharge dans le fleuve de S. Laurent, près de l'Isle de Montréal. La Ville de l'<i>Assomption</i> est une petite Ville du Paraguay dans l'Amérique Méridionale. L'Isle de l'<i>Assomption,</i> autrement Anticosti, ou Anticoti, est une Isle de l'Amérique Septentrionale dans le Golfe de S. Laurent, entre l'Isle de Terre-Neuve &amp; la côte du Canada.</p><p>En termes de Logique , <i>Assomption,</i> c'est la mineure ou la seconde proposition d'un syllogisme ; &amp; quelquefois c'est la conséquence que l'on tire des propositions qui composent un argument. <i>Assumptio.</i> Les prémices sont vraies ; mais l'<i>Assomption</i> est captieuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3188" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSONNANCE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ASSONNANCE</head>
    <p>
    ASSONNANCE , s. f. Quelques-uns se servent de ce mot en Musique, pour signifier <i>Consonnance. Consonum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3188" id="2" type="rhetorique & de poesie">
   <index type="head" value="ASSONNANCE" />
   <index type="src_domain" value="rhetorique & de poesie" />
   <index type="macro_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ASSONNANCE</head>
    <p>
    Assonnance , en terme de Rhétorique &amp; de Poësie , se dit d'une figure de mots qui ont même son ou terminaison, &amp; qui ne riment pas richement. Les <i>assonnances</i> sont vicieuses en François : les Latins les ont quelquefois employées avec grace. On l'appelle en Latin <i>Similiter desinens,</i> &amp; en Grec : comme, <i>Militem comparavit, exercitum ordinavit, aciem lustravit, &amp;c.</i> En François on ne s'en sert guère qu'en proverbe. <i>Après la panse vient la danse.</i> On dit <i>assonnance,</i> en parlant de certaines rimes des vers Espagnols.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3189" id="1" type="poesie & de rhetorique">
   <index type="head" value="ASSONNANT, ANTE" />
   <index type="src_domain" value="poesie & de rhetorique" />
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    <head>ASSONNANT, ANTE</head>
    <p>
    ASSONNANT, ANTE , adj. Terme de Poësie &amp; de Rhétorique . On le dit plus particulièrement de certaines rimes des vers Espagnols. La rime <i>assonnante</i> est plutôt une ressemblance de son, qu'une véritable rime ; par exemple, <i>ligera, cubierta, tierra, mesa,</i> peuvent rimer ensemble d'une rime <i>assonnante,</i> à cause que ces mots ont dans la penultième syllabe un <i>e,</i> &amp; dans la dernière un <i>a.</i> Les vers suivans sur la descente d'Orphée aux Enfers ont les rimes <i>assonnantes.</i></p><p>Le second &amp; le quatrième de ces vers ont des rimes <i>assonnantes,</i> les deux autres ne riment point du tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3190" id="1" type="">
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    <head>ASSORTIMENT</head>
    <p>
    ASSORTIMENT , s. m. Assemblage de deux, ou de plusieurs choses ensemble. <i>Convenientia.</i> Le verd &amp; le bleu font un vilain <i>assortiment.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3190" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSORTIMENT" />
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    <head>ASSORTIMENT</head>
    <p>
    Assortiment , se dit aussi chez les Marchands, de plusieurs marchandises, qu'il faut acheter, ou amasser pour faire le fonds d'une boutique, &amp; pour avoir de quoi contenter ceux qui viendront acheter. <i>Rerum multarum congeries.</i> Ce Marchand a mandé à son Facteur de lui envoyer un <i>assortiment</i> de brocards, de dentelles, &amp; autres marchandises. Les Libraires disent aussi un <i>assortiment</i> de Livres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3191" id="1" type="">
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    <head>ASSORTIR</head>
    <p>
    ASSORTIR , v. act. On conjugue. <i>J'assortis, tu assortis, il assortit, nous assortissons, vous assortissez, ils assortissent.</i> A l'imparfait, <i>j'assortissois.</i> Au préterit, <i>j'assortis, tu assortis, il assortit, nous assortîmes, vous assortîtes, ils assortirent,</i> &amp; <i>j'ai assorti, tu as assorti,</i> &amp;c. Au futur, <i>j'assortirai.</i> Au subjonctif, <i>que j'assortisse,</i> &amp;c. A l'impératif, <i>assortis, assortissez.</i> Appareiller, mettre ensemble deux choses qui conviennent. <i>Adjicere quae rei conveniant.</i> On m'a pris une partie de mon ameublement, je voudrois bien trouver de quoi l'<i>assortir.</i> Cette étoffe est fort belle, il faut l'<i>assortir</i> de quelque doublure qui lui convienne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3191" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSORTIR" />
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    <head>ASSORTIR</head>
    <p>
    Assortir , se dit figurément des personnes. <i>Componere.</i> Ce mariage est mal <i>assorti</i> ; c'est-à-dire, le mari &amp; la femme sont de condition inégale, ou d'humeur toute différente. Cet homme n'est point heureux à <i>assortir</i> les gens. Il est aussi nécessaire de bien <i>assortir</i> les gens dans un repas, que les couleurs en habillement. M. Scud. Un vieillard qui épouse une jeune fille, s'expose à tous les malheurs du mariage : cet assemblage est trop mal <i>assorti.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3191" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSORTIR" />
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    <head>ASSORTIR</head>
    <p>
    Assortir , se dit aussi pour Fournir de toutes les choses qui conviennent les unes avec les autres, &amp; principalement de toutes celles qui regardent le trafic, la marchandise. <i>Instruere.</i> Ce Marchand a le soin d'<i>assortir</i> sa boutique, son magazin, de toutes sortes d'étoffes. Vous pouvez aller chez un tel, il a de quoi vous <i>assortir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3191" id="4" type="chapelier">
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    <head>ASSORTIR</head>
    <p>
    Assortir , est aussi un terme de Chapelier . C'est mettre la forme dans un chapeau en blanc. <i>Assortir</i> un chapeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3191" id="5" type="">
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    <head>ASSORTIR</head>
    <p>
    Assortir , est aussi quelquefois neutre, &amp; signifie convenir, avoir du rapport. <i>Convenire.</i> Cette garniture <i>assortit</i> bien, elle vous convient fort bien. Ces couleurs n'<i>assortissent</i> pas bien ensemble. Vous ne trouverez rien qui <i>assortisse</i> à cela, ou avec cela.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3191" id="6" type="">
   <index type="head" value="ASSORTIR" />
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    <head>ASSORTIR</head>
    <p>
    Assorti, ie , participe adjectif. <i>Conveniens.</i> Convenable. Cette pièce de tapisserie n'est pas bien <i>assortie</i> à l'autre. Ces deux couleurs sont mal <i>assorties</i> ensemble. Acad. Franç.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3191" id="7" type="">
   <index type="head" value="ASSORTIR" />
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    <head>ASSORTIR</head>
    <p>
    Assorti, ie , adj. Qui est bien fourni de toutes sortes de marchandises. <i>Instructus.</i> Un Marchand bien <i>assorti.</i> On le dit aussi d'un Libraire qui a toutes sortes de Livres.</p><p>Tous ces mots viennent du Latin, <i>sors, sort, condition, fortune.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3192" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSORTISSANT, ANTE" />
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    <head>ASSORTISSANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; ASSORTISSANT, ANTE , adj. Qui convient, qui assortit bien. Une couleur <i>assortissante</i> à un autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3193" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOTER" />
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    <head>ASSOTER</head>
    <p>
    ASSOTER , v. act. &amp; neut. Rendre sot, gouverner quelqu'un avec empire. <i>Infatuare.</i> Cet homme est fort <i>assoté</i> de sa femme. Un amour trop violent <i>assote</i> les plus habiles. Ce mot est du plus bas style, &amp; n'est même en usage que dans le participe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3193" id="2" type="">
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    <head>ASSOTER</head>
    <p>
    Assoté, ée , part. Rendu sot, entêté, infatué. <i>Infatuatus.</i> Jamais on ne vit père plus <i>assoté</i> de ses enfans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3194" id="1" type="">
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    <head>ASSOUPIR</head>
    <p>
    ASSOUPIR , v. act. Endormir à demi ; boucher les passages des esprits nécessaires pour agir. <i>Sopire, consopire, soporare.</i> L'opium, le pavot <i>assoupissent.</i> Vous croyez que cet homme dort, il n'est qu'<i>assoupi.</i> Il étoit <i>assoupi</i> de la débauche. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3194" id="2" type="">
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    <head>ASSOUPIR</head>
    <p>
    Assoupir , signifie aussi, engourdir. Le vin <i>assoupit,</i> &amp; débilite les nerfs. On dit aussi du feu, qu'il n'est pas tout-à-fait éteint, qu'il n'est qu'<i>assoupi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3194" id="3" type="">
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    <head>ASSOUPIR</head>
    <p>
    Assoupir , se dit figurément des troubles, des querelles, des procès, des passions. <i>Sedare, comprimere.</i> Cette sédition paroissoit <i>assoupie.</i> La guerre n'étoit pas éteinte ; elle n'étoit qu'<i>assoupie.</i> Il avoit un procès criminel, qu'il a eu l'adresse d'<i>assoupir.</i> Son amour a été quelque temps <i>assoupie,</i> <pb n="384" facs="bpt6k8542165/f424/full/1200,/0/native.jpg"/>mais elle s'est réveillée. On eût dit qu'ils avoient l'art d'<i>assoupir</i> l'ardeur naturelle des Athéniens pour la liberté. Tourreil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3194" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSOUPIR" />
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    <head>ASSOUPIR</head>
    <p>
    Assoupi, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Sopitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3195" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOUPISSANT, ANTE" />
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    <head>ASSOUPISSANT, ANTE</head>
    <p>
    ASSOUPISSANT, ANTE , adj. Qui endort. <i>Soporifer.</i> Les fumées de la bière sont encore plus <i>assoupissantes</i> que celles du vin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3196" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ASSOUPISSEMENT" />
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    <head>ASSOUPISSEMENT</head>
    <p>
    ASSOUPISSEMENT , s. m. Terme de Médecine . <i>Sopor.</i> Diminution de sentiment &amp; de mouvement dans l'animal. Quand te réveilleras-tu d'un si long <i>assoupissement</i> ? Ablanc. L'<i>assoupissement</i> des nerfs est leur engourdissement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3196" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSOUPISSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ASSOUPISSEMENT</head>
    <p>
    Assoupissement , se dit aussi d'un aveuglement d'esprit, de la négligence, &amp; du peu de soin qu'on prend de ses affaires. Ce jeune homme est sorti tout d'un coup de l'<i>assoupissement</i> où il étoit par la débauche. Il faut épouvanter le pécheur pour le réveiller de son <i>assoupissement.</i> P. Rap.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3196" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSOUPISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ASSOUPISSEMENT</head>
    <p>
    Assoupissement , se dit figurément en Morale, des troubles, des séditions &amp; querelles. L'<i>assoupissement</i> de cette guerre, de ce procès, a été avantageux à tous les deux partis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3197" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="ASSOUPLIR" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ASSOUPLIR</head>
    <p>
    ASSOUPLIR , v. act. Terme de Manége . <i>Flectere, inflectere, flexilem reddere.</i> Rendre souple un cheval, lui faire plier le cou, les épaules, les côtés, &amp; autres parties du corps, à force de le manier, de le faire trotter &amp; galoper. La rêne de dedans du cavesson attachée courte au pommeau est très-utile pour <i>assouplir</i> les épaules au cheval. Newc. Il faut aider de la rêne de dehors <i>pour assouplir</i> les épaules. Id. Ce pli lui <i>assouplit</i> extrêmement le cou. Id. <i>Assouplir</i> &amp; rendre léger est le fondement de toutes choses au manége.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3197" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSOUPLIR" />
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    <head>ASSOUPLIR</head>
    <p>
    Assoupli, ie , adj. Qui a été rendu souple. <i>Flexilis.</i> Cheval <i>assoupli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3198" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOURDIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ASSOURDIR</head>
    <p>
    ASSOURDIR , v. act. Rendre sourd, ou devenir sourd. <i>Exsurdare.</i> On dit que le bruit des Cataractes du Nil <i>assourdit</i> les peuples des environs. Ceux qui ont quelque dureté d'oreilles s'<i>assourdissent</i> en vieillissant. Les instrumens de Musique s'<i>assourdissent,</i> en bouchant une partie de leurs lumières, ou ouvertures ; c'est-à-dire, font moins de bruit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3198" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSOURDIR" />
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    <head>ASSOURDIR</head>
    <p>
    Assourdi, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Exsurdatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3199" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ASSOUVER" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ASSOUVER</head>
    <p>
    ASSOUVER . Terme de Coutume . On dit qu'un étang <i>assouve,</i> lorsqu'il s'empoissonne de lui-même, lorsqu'il produit de lui-même du poisson, ce qui arrive quand une rivière y passe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3200" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOUVIR" />
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    <head>ASSOUVIR</head>
    <p>
    ASSOUVIR , v. act. Rendre saoul &amp; rassasié de viandes. <i>Explere, satiare, exsatiare.</i> Ce goinfre est si grand mangeur qu'il est impossible de l'<i>assouvir.</i> Cet yvrogne n'est jamais <i>assouvi</i> de vin : ce mot vient d'<i>adsopire</i>, selon Mr Huet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3200" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSOUVIR" />
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    <head>ASSOUVIR</head>
    <p>
    Assouvir , se dit figurément en Morale, pour dire, contenter ses desirs, ses passions. Un Tyran ne se peut <i>assouvir</i> de sang. On ne peut <i>assouvir</i> sa colère, sa vengeance. L'ambition croît toujours, &amp; n'est jamais <i>assouvie.</i> Les ravisseurs ne cherchent qu'à <i>assouvir</i> leurs brutales passions. L'ambition insatiable qui dévore Philippe, ne peut s'<i>assouvir.</i> Tour. L'Inquisition va tirer les cadavres de leur tombeau, pour <i>assouvir</i> sur ces tristes restes les fureurs de son zèle. Hist. de l'Inq.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3200" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSOUVIR" />
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    <head>ASSOUVIR</head>
    <p>
    Assouvi, ie , part. act. &amp; adj. <i>Expletus, sariatus, exsatiatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3201" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSOUVISSEMENT" />
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    <head>ASSOUVISSEMENT</head>
    <p>
    ASSOUVISSEMENT , s. m. <i>Explementum, expletio.</i> Ce mot n'est pas fort usité dans le discours ordinaire. C'est dans les matières de piété qu'il trouve principalement sa place. Il signifie Satiété ; action par laquelle on assouvit, on contente sa passion. Les hommes charnels ne songent qu'à l'<i>assouvissement</i> de leurs desirs, de leur amour, de leur avarice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3202" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSUJÉTIR" />
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    <head>ASSUJÉTIR</head>
    <p>
    ASSUJÉTIR , v. act. Vaincre, mettre sous le joug, sur la sujettion. <i>Vincere, subjicere, sub potestatem redigere.</i> Les Romains ont <i>assujéti,</i> &amp; mis sous leur empire la plus grande partie du monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3202" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSUJÉTIR" />
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    <head>ASSUJÉTIR</head>
    <p>
    Assujétir , se dit aussi au figuré pour vaincre par la force de ses charmes. Ses yeux ont <i>assujéti</i> mille coeurs. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3202" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSUJÉTIR" />
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    <head>ASSUJÉTIR</head>
    <p>
    Assujétir , se dit aussi en Morale, des loix, des conditions, des conjonctures, qui obligent à faire quelque chose par quelque espèce de contrainte. <i>Subjicere se.</i> Il faut s'<i>assujétir</i> aux loix, aux coutumes &amp; aux modes. Il faut s'<i>assujétir</i> aux règles, &amp; aux principes des arts &amp; des sciences où on veut réussir. Quand on veut bâtir ou fortifier une place, il faut s'<i>assujétir</i> au terrain. En s'<i>assujétissant</i> au jugement incertain des hommes, on devient l'esclave de ceux mêmes au-dessus de qui on veut s'élever. Flech. Dieu a tellement <i>assujéti</i> l'esprit au corps, que l'esprit n'est occupé que des besoins &amp; des infirmités du corps. Malb. Il faut s'<i>assujétir</i> à certaines bienséances, si l'on veut être au goût du monde. La Religion contraint, &amp; ne nous <i>assujétit</i> pas assez ; nous sommes plus inquiets que persuadés. S. Evr. Les Stoïciens qui admettoient une Providence, l'<i>assujétissoient</i> pourtant à la fatalité du destin. Id. L'éloquence est une fière &amp; superbe maîtresse, qui ne peut s'<i>assujétir,</i> ni à la flatterie, ni à la servitude.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3202" id="4" type="marine">
   <index type="head" value="ASSUJÉTIR" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ASSUJÉTIR</head>
    <p>
    Assujétir , en termes de Marine , se dit d'un mât, ou de quelque autre pièce, qu'on veut arrêter ; en sorte qu'elle n'ait aucun mouvement. <i>Figere.</i> Il faut <i>assujétir</i> ce mât.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3202" id="5" type="manege">
   <index type="head" value="ASSUJÉTIR" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>ASSUJÉTIR</head>
    <p>
    Assujétir , terme de Manége . <i>Assujétir</i> la croupe du cheval, &amp; lui élargir le devant. Avec la rêne de dedans &amp; la jambe de dehors, ou <i>assujétit</i> la croupe, &amp; met la jambe intérieure de derrière à l'extérieure de derrière, étrecit le cheval, &amp; l'élargit par devant. Newc. <i>Assujétir</i> le derrière du cheval. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3202" id="6" type="">
   <index type="head" value="ASSUJÉTIR" />
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    <head>ASSUJÉTIR</head>
    <p>
    Assujéti , part. pass. &amp; adj. <i>Subjectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3203" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSUJETISSANT, ANTE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ASSUJETISSANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; ASSUJETISSANT, ANTE , adj. v. Qui astreint, qui rend extrêmement sujet. C'est un métier bien <i>assujétissant.</i> Acad. Franç.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3204" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSUJÉTISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ASSUJÉTISSEMENT</head>
    <p>
    ASSUJÉTISSEMENT , s. m. Devoir, ou obligation un peu forcée, sujettion, soumission. <i>Servitus.</i> C'est une discipline qui a ses <i>assujétissemens.</i> Ablanc. Cette charge est belle, mais elle demande un trop grand <i>assujétissement,</i> une grande assiduité. En Hollande les maris payent la fidélité de leurs femmes par un grand <i>assujétissement.</i> B. Rab. Une chose qui découvre bien la petitesse de notre esprit, c'est l'<i>assujétissement</i> aux modes. Bell. L'<i>assujétissement</i> au péché, tant qu'on est sur la terre, est inévitable à la fragilité humaine. Boss. <i>Assujétissement</i> dur &amp; fâcheux, <i>assujétissement</i> honteux, <i>assujétissement</i> de l'esprit, <i>assujétissement</i> des sens. Ab. de la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3205" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>ASSUR</head>
    <p>
    ASSUR , s. m. <i>Assur.</i> Ce mot, qui est Hébreu, &amp; signifie <i>heureux,</i> se prend en trois significations différentes dans l'Ecriture. 1°. C'est le nom propre d'un des fils de Sem. Les enfans de Sem sont Aelam &amp; <i>Assur,</i> &amp; Arphaxad, &amp; Lud, &amp; Aram <i>Genèse</i> X. 22. Cet <i>Assur</i> fut le fondateur de la Monarchie des Assyriens. <i>Gen.</i> X. 11. Cependant selon bien des Auteurs il y a deux <i>Assurs,</i> l'un fils de Sem, comme nous venons de le dire, &amp; l'autre fils de Nembrod, &amp; le même que le Ninus des Historiens profanes. C'est celui-ci, selon ces mêmes Auteurs, qui fut le fondateur de la Monarchie Assyrienne. L'Ecriture ne distingue point ainsi deux <i>Assurs,</i> &amp; je ne crois pas qu'il soit à propos de le faire. 2°. <i>Assur</i> se prend pour les Assyriens, qui sont la postérité d'<i>Assur,</i> suivant cet Hébraïsme si commun, d'appeller les descendans du nom de leur père. Malheur à <i>Assur.</i> C'est lui qui est la verge &amp; le bâton de ma fureur.... Mais <i>Assur</i> n'aura pas ce sentiment. Saci. <i>Isaie</i> X. 5. 7. 3°. <i>Assur</i> signifie le pays qu'habitoient les Assyriens, l'Assyrie. Leur Dieu a été porté en <i>Assur.</i> Osée X. 6. c'est-à-dire, en Assyrie, comme ont traduit les Genevois, Chateillon, Deodati, Saci, &amp;c. Car l'Assyrie vous doit prendre un jour. Saci. Nomb. XXIV. 22. Les <i>Assyriens</i> eût été aussi-bien en cet endroit. Voyez ASSYRIE &amp; ASSYRIEN.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    ASSURANCE , s. f. Sûreté qu'on donne, nantissement. <i>Cautio, pignus.</i> Quand on prête son argent, on veut avoir ses <i>assurances,</i> des cautions, des hypothèques, des gages. <pb n="385" facs="bpt6k8542165/f425/full/1200,/0/native.jpg"/>Je lui ai prêté sur sa bonne foi, je n'en ai pas la moindre <i>assurance.</i> On dit de celui qui a bien pris ses précautions ; qu'il peut dormir en <i>assurance.</i> Vous pouvez partir avec <i>assurance</i> sur la foi de ce passeport. Il me faut de votre coeur une pleine <i>assurance.</i> Mol. Pour dire, il me faut des gages, des sûretés de votre amour, &amp; de votre fidélité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , ou Police d'Assurance. Terme de Marine , est un contrat par lequel un particulier s'oblige de réparer les pertes &amp; dommages qui arriveront pendant un voyage, soit par naufrage, ou tempête ; soit par pillage, ou par guerre, ou par feu ; soit par cas fortuit à un vaisseau, ou à son chargement, moyennant certaine somme qui lui est payée par le propriétaire par avance, laquelle somme on appelle <i>Prime.</i> Ce contrat doit être passé par-devant le Greffier de la Communauté des Marchands. Il peut aussi être fait sous signature privée. Il se fait aussi des <i>assurances</i> pour des marchandises transportées par terre. Quand les <i>assurances</i> sont frustratoires, l'assuré doit payer demi pour cent à ses assureurs ; &amp; au contraire quand elles ont lieu, l'assuré doit toujours courir le risque du dixième de la cargaison, pour lequel il doit contribuer à toutes les avaries. Il y a des <i>assurances</i> qui se font sur la marchandise ; d'autres sur le corps, &amp; quille du vaisseau, ses agrès, apparaux, victuailles, &amp;c. Les unes ne se font que pour l'envoi, &amp; les autres que pour le retour. On peut faire assurer la liberté, non pas la vie des personnes : on peut pourtant assurer contre tout accident, excepté la mort naturelle. Par l'Ordonnance de la Marine de l'année 1681. il est défendu de faire assurer le profit espéré sur les marchandises chargées dans le vaisseau, &amp; de faire assurer au-delà de la valeur des marchandises. L'<i>assurance</i> n'a point de temps limité, &amp; celle qui se fait par mois est usuraire : aussi est-ce une invention des Juifs inconnue aux Anciens. Ils s'en servirent, lorsqu'ils furent chassés de France sous Philippe Auguste &amp; Philippe le Long, comme témoigne Jean Villani en son Histoire Universelle. Le Bureau des <i>Assurances,</i> est une Chambre, ou Assemblée de ces Marchands qui se rendent garants des fortunes de mer. Il y en a une établie à Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , se dit aussi des choses qu'on donne pour certaines, &amp; dont on répond. <i>Explorata rei cognitio, notitia.</i> Vous pouvez dire cette nouvelle en <i>assurance,</i> je la tiens de bon lieu. Croyez cela en <i>assurance,</i> &amp; sur ma parole. Mangez cela en <i>assurance,</i> je vous dis qu'il est bon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , se dit aussi pour sûreté. <i>Securitas.</i> Si les Légions d'Afrique viennent, nous vous mettrons en <i>assurance</i> de ce côté-là. Il les obligea de se retirer dans un lieu d'<i>assurance.</i> Les mieux montés allèrent assez vîte pour atteindre la basterne, qu'ils investirent, mais ils n'y trouvèrent plus Clotilde, &amp; ils apprirent qu'elle étoit déja en lieu d'<i>assurance.</i> P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="5" type="">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , signifie aussi, Hardiesse, fermeté, constance. <i>Fidentia, Fiducia.</i> Un Orateur doit parler avec <i>assurance,</i> l'intrépidité d'un Chef donne de l'<i>assurance</i> à ses troupes. Personne n'avoit l'<i>assurance</i> de l'approcher. Vaug. Il n'y a point d'<i>assurance</i> en la fortune, ni en toutes les choses du monde. Il n'y a point d'<i>assurance</i> au temps, il est trop pluvieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="6" type="">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , signifie encore Confiance. Il faut mettre toute son <i>assurance</i> en Dieu. Toutes les Sectes du Christianisme vivent avec une <i>assurance</i> si parfaite, qu'il est nécessaire d'en examiner les fondemens, afin de distinguer l'<i>assurance</i> solide que la vérité produit de la confiance téméraire qui naît de l'erreur. Nicol. Bien des gens s'inscrivent eux-mêmes sur le livre de vie, &amp; se reposent tranquillement sur cette fausse <i>assurance.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="7" type="vannier">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
   <index type="src_domain" value="vannier" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , est aussi un terme de Vannier , qui veut dire l'osier qui est sous l'osier tors, qui fait l'anse du panier. <i>Firmamentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="8" type="chasse">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
   <index type="src_domain" value="chasse" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , se dit aussi, en termes de Chasse , dans cette phrase, <i>Aller d'assurance</i> ; pour dire, que la bête va au pas &amp; sans crainte. <i>Fidenter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="9" type="astronomie">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
   <index type="src_domain" value="astronomie" />
   <index type="macro_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , est aussi un terme d'Astronomie . On appelle l'alhidade de l'astrolabe, la ligne d'<i>assurance.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3206" id="10" type="">
   <index type="head" value="ASSURANCE" />
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    <head>ASSURANCE</head>
    <p>
    Assurance , se dit proverbialement en ces phrases. On dit qu'un homme a l'<i>assurance</i> d'un meurtrier, quand il soutient impudemment une chose fausse. On dit aussi, Qu'on a mis quelqu'un en lieu d'<i>assurance,</i> quand on l'a mis en prison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3207" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSURÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ASSURÉ</head>
    <p>
    ASSURÉ , s. m. C'est le propriétaire du vaisseau, ou du chargement qui est <i>assuré</i> par l'assureur. <i>Vadatus.</i> Si l'<i>assuré,</i> sans le consentement des assureurs fait changer de route au vaisseau, les assureurs sont déchargés des risques. Ordon. de 1681.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3208" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSURÉMENT" />
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    <head>ASSURÉMENT</head>
    <p>
    ASSURÉMENT , adv. Sans doute, d'une manière sûre, &amp; certaine. <i>Certò.</i> Il est <i>assurément</i> vrai qu'il faut mourir un jour. Il nous a parlé fort <i>assurément,</i> &amp; comme bien certain de ce qu'il avançoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3209" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSUREMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ASSUREMENT</head>
    <p>
    ASSUREMENT , ou ASSEUREMENT, s. m. <i>Assurance. Fides.</i> Donner <i>asseurement, fidem dare.</i> C'est un vieux mot qui se disoit autrefois pour <i>assurance.</i> S'il arrivoit quelque démêlé entre le Gentilhomme &amp; le roturier, celui-ci requeroit <i>asseurement,</i> qu'on ne pouvoit lui refuser, &amp; alors la chose se vuidoit par les voies ordinaires de la Justice. P. Dan. dans <i>Louis IX. T. II. pag.</i> 160. Il y avoit une troisième manière de finir la guerre, qui étoit par l'<i>asseurement,</i> ce qui se faisoit de la sorte : Une des parties qui se sentoit, par exemple, trop foible pour soutenir la guerre, s'adressoit à son Seigneur, ou à sa Justice, &amp; requeroit que celui avec qui il étoit en guerre, eût à lui donner <i>asseurement,</i> c'est-à-dire, assurance qu'il ne l'attaqueroit ni en sa personne, ni en ses biens, ni en ses proches, se remettant pour le sujet de la guerre à ce que la Justice de son Seigneur en décideroit. Le Seigneur étoit obligé de déférer à sa requête, &amp; d'ordonner à la partie de donner <i>asseurement.</i> L'<i>asseurement</i> se demandoit au plus proche parent du mort, s'il y avoit eu meurtre. S'il n'y avoit que quelque blessure, ou des coups donnés, on le demandoit à celui même qui avoit été blessé ou frappé. Que s'il s'absentoit exprès pour ne le pas donner, le Seigneur le faisoit citer à quinzaine, &amp; cependant donnoit des Gardes pour empêcher qu'on ne fît du mal au requerant. Que si après quelques citations &amp; quelques délais de quinzaine, celui à qui on demandoit l'<i>asseurement</i> ne vouloit pas comparoître à la Cour de son Seigneur, il étoit condamné au bannissement, &amp; alors on s'adressoit au plus proche parent ; que si celui-ci refusoit encore, le Seigneur faisoit défense aux uns &amp; aux autres de se faire injure, à peine de confiscation de corps &amp; de biens. L'<i>asseurement</i> étoit une dépendance de la haute-Justice, &amp; le bas-Justicier n'avoit pas droit de l'exiger. Après l'<i>asseurement</i> donné, s'il arrivoit quelque nouveau sujet de querelle entre les parties, il ne leur étoit pas permis d'entrer en guerre pour cela même ; mais ils étoient obligés de se pourvoir par voie de Justice. Id. <i>au même endroit p.</i> 162. <i>&amp;</i> 163.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    ASSURER , v. act. Rendre ferme, appuyer, mettre hors de péril. <i>Firmare, stabilire.</i> On <i>assure</i> cette voûte par de bons arcboutans. Il faut bien <i>assurer</i> ce vase, qu'il ne tombe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    Assurer , se dit aussi en Morale. <i>Securum facere, securitatem praestare.</i> On demande des contrats, des hypothèques, des cautions, des gages, pour <i>assurer</i> une dette ; des places de sûreté pour <i>assurer</i> une paix. Cet esprit étoit vacillant &amp; ébranlé, on a eu de la peine à l'<i>assurer</i> dans cette opinion, dans ce parti. Un bon Capitaine sait bien <i>assurer</i> sa marche, sa retraite, <i>assurer</i> ses soldats par son exemple. Il courut à la tête du travail pour <i>assurer</i> le combat par sa présence. Saraz. Il a <i>assuré</i> sa domination. Il a <i>assuré</i> les peuples qui chanceloient. Les Provinces se sont bien <i>assurées</i> dans l'obéissance. Ablanc. S'<i>assurer</i> la couronne. Vaug. La mort est comme un port <i>assuré</i> pour sortir de nos douleurs. Boil. On fait monter les enfans sur l'ours pour les <i>assurer,</i> pour leur ôter la peur. C'est un débiteur ruiné qui ne cherche qu'à s'<i>assurer</i> du pain. L'Amiral a <i>assuré</i> les vaisseaux, ayant gagné un port, une sûre rade. Je l'ai <i>assuré</i> contre les surprises de ses ennemis. On dit aussi, Qu'un Capitaine a <i>assuré</i> un pays au Roi, quand il en a chassé les ennemis ; une ville rebelle, quand il en a chassé les mutins. On dit qu'on a <i>assuré</i> les chemins ; pour dire, qu'on les a rendus sûrs en écartant les voleurs, &amp; tout ce qui empêchoit de voyager en assurance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    Assurer , signifie aussi, Mettre en lieu de sûreté. <i>Dare aliquem in custodiam, aliquem comprehendere.</i> On s'est <i>assuré</i> de la personne de cet officier qui étoit suspect.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    <pb n="386" facs="bpt6k8542165/f426/full/1200,/0/native.jpg"/> Assurer , signifie aussi, Rendre certain de la vérité, promettre avec certitude, affirmer. <i>Affirmare, asserere, asseverare.</i> Il <i>assure</i> une menterie aussi effrontément qu'une vérité. Acad. F. Cet Auteur nous <i>assure,</i> nous atteste qu'il a vû une telle merveille. Assurez-nous que vous ne cherchez que l'avantage du peuple. On dit s'<i>assurer</i> d'une chose, pour s'en rendre sûr, en être certain. <i>Tutum se ac securum praestare.</i> Parmi tant de sectes qui partagent le Christianisme, le moyen de nous <i>assurer</i> d'avoir bien choisi ? Nic. La nature a tant d'adresse pour se dérober à nous, qu'il ne faut pas s'<i>assurer</i> avec trop de précipitation d'avoir bien deviné sa manière d'agir. Font. Quelquefois le mot de s'<i>assurer</i> n'emporte pas une pleine certitude, mais seulement une forte conjecture que la chose est comme on l'a dit ; &amp; cela dépend de la place où il se met. <i>Suspicari.</i> C'est, je m'<i>assure,</i> un tel qui vient à nous ; pour dire, je n'en suis pas parfaitement <i>assuré</i> ; mais je le soupçonne.</p><p>On dit aussi, S'<i>assurer</i> de quelqu'un, pour S'en rendre aussi sûr que si l'on en étoit le maître. <i>Securum se praestare. Assurez</i>-vous d'un homme pour vous conduire. Je suis <i>assuré</i> de lui comme je le puis être de moi-même. On dit encore s'<i>assurer</i> d'une maison, d'un cheval, d'une voiture, d'un habit ; pour dire, l'arrêter, le retenir, le louer, &amp; donner des gages ou le denier-à-Dieu. <i>Conducere. Assurons</i>-nous en premier lieu de cet avantage d'avoir pour nous les paroles de l'Ecriture à la lettre, que les Calvinistes n'ont pas. Pelisson. S'<i>assurer</i> des passages ; pour dire, s'en rendre le maître. <i>Occupare aditus.</i> On dit aussi qu'un long exercice <i>assure</i> la main pour écrire, pour jouer du luth ; c'est-à-dire, la rend ferme &amp; hardie. <i>Firmare. Assurer</i> ses regards ; pour dire, Regarder fixement. <i>Figere, defigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="5" type="venerie">
   <index type="head" value="ASSURER" />
   <index type="src_domain" value="venerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ASSURER</head>
    <p>
    Assurer , est aussi, en termes de Marine , un trafic qui se fait entre Marchands, qui moyennant certaine somme répondent des vaisseaux, des marchandises que les autres exposent sur la mer. <i>Vadari.</i></p><p>On dit en termes de Vénerie , <i>Assurer</i> un faucon, ou un autre oiseau ; pour dire, L'apprivoiser, &amp; empêcher qu'il ne s'effraie par la vûe des gens. <i>Cicurare.</i> Ce qu'on fait en l'éveillant, en le baignant, &amp; par toutes les manières qui lui donnent de l'assurance, &amp; du courage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="6" type="manege">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    Assurer la bouche d'un cheval ; c'est en termes de Manége , Accoutumer un cheval à souffrir le mors. <i>Equi os fingere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="7" type="">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    Assuré, ée , part. pass. &amp; adj. Constant, ferme, hardi, certain. <i>Fidens.</i> Il marchoit d'un air superbe &amp; majestueux, &amp; témoignoit bien par ses regards <i>assurés,</i> que son ame étoit libre de crainte. M. Scud. Un homme vain marque par son visage <i>assuré</i> combien il est content de soi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="8" type="manege">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    Assuré, ée , adj. Se dit en termes de Manége , pour Accoutumé. <i>Fictus, eruditus, exercitus.</i> Mon cheval a la bouche <i>assurée.</i> Les Mulets sont si <i>assurés</i> des pieds, qu'ils sont la meilleure monture qu'on puisse avoir dans des chemins pierreux &amp; raboteux. Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3210" id="9" type="marine">
   <index type="head" value="ASSURER" />
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    <head>ASSURER</head>
    <p>
    Assuré, ée . Ce mot, en termes de Marine , signifie, Garanti, rendu sûr contre toutes sortes d'accidens. <i>Vadatus.</i> Mon Vaisseau est <i>assuré.</i> Toutes nos marchandises sont <i>assurées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3211" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSUREUR" />
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    <head>ASSUREUR</head>
    <p>
    ASSUREUR , s. m. Ne se dit que des Marchands qui assurent les vaisseaux sur mer, &amp; qui en répondent. <i>Vas, sponsor.</i> Les <i>assureurs</i> ne portent point les dommages arrivés par la faute du maître, ou des matelots, ni les pertes qui viennent du vice propre de la chose. Voyez l'Ordonnance de la Marine de 1681.</p><p>Dans presque tous ces mots François écrits par deux <i>SS,</i> on n'en prononce qu'une ; l'autre ne sert qu'à montrer l'origine des mots ; &amp; à empêcher qu'on ne prononce comme s'il y avoit un <i>Z</i> ; ce qu'il faudroit faire s'il n'y avoit qu'une <i>S,</i> parce qu'elle seroit entre deux voyelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3212" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSYRIE" />
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    <head>ASSYRIE</head>
    <p>
    ASSYRIE , s. f. <i>Assyria.</i> Nom propre d'une ancienne contrée d'Asie. L'<i>Assyrie</i> étoit bornée au nord par la grande Arménie, qui la bordoit aussi au couchant ; elle avoit la Suziane &amp; une partie de la Babylonie au midi, &amp; au couchant la Mésopotamie, dont le Tygre la séparoit. Maty. Voyez <ref type="search" target="head:Ptolomée">Ptolomée</ref>. Pline, Liv. V. chap. 12. dit qu'elle faisoit partie de la Syrie, &amp; que dans la suite elle fut appellée Adiabène. Strabon comprend dans l'<i>Assyrie</i> la Babylonie, &amp; tous les pays d'alentour ; c'est-à-dire, qu'il a pris l'Empire d'<i>Assyrie</i> pour l'<i>Assyrie</i> propre. Denys le Géographe v. 769. &amp; suiv. &amp; 971. appelle <i>Assyrie</i> les environs du Thermodoon, ou la Cappadoce, aussi-bien qu'Apollonius Liv. III. des Argonotes ; &amp; Justin ou Trogus Pompeïus dit, après Herodote, que les Assyriens sont ceux qui dans la suite ont été appellés Syriens. Tout cela dans le même sens ; c'est-à-dire, qu'ils ont pris tout l'Empire des Assyriens pour l'<i>Assyrie.</i> La Capitale de l'<i>Assyrie</i> étoit Ninive. L'<i>Assyrie</i> est maintenant partagée entre les Turcs &amp; les Perses. La partie qui obéit au Grand Seigneur, &amp; qui est la moindre, retient encore aujourd'hui le nom d'<i>Assyrie,</i> ou d'<i>Arzerum,</i> qui en a été fait par corruption.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3213" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASSYRIEN, ENNE" />
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    <head>ASSYRIEN, ENNE</head>
    <p>
    ASSYRIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est d'Assyrie. Qui appartient à l'Assyrie. L'Empire des <i>Assyriens</i> est le premier Empire du monde, ou du moins un des premiers. Il dura 1300 ans jusqu'à Sardanapale, qui en fut le dernier Empereur. Assur fut le premier, ou selon d'autres Nemrod fils de Chus. Dans les Auteurs anciens, les Phéniciens &amp; les Syriens sont très-souvent appellés <i>Assyriens,</i> &amp; cela, ou par erreur, &amp; parce qu'ils ont confondu, comme j'ai déja dit, l'Empire d'Assyrie avec l'Assyrie, ou parce que la Syrie ayant pris ce nom du nom Phénicien de la ville de Tyr, qui est , <i>Tsur,</i> ou <i>Sur,</i> d'où elle a été nommée <i>Syria,</i> &amp; <i>Suria ;</i> les Syriens ont été appellés , <i>Suriim,</i> d'où s'est fait <i>Syrii,</i> &amp; avec l'article , <i>Hassurim,</i> ou <i>Hassuriim,</i> d'où s'est pû faire <i>Assyrii,</i> qui est le même nom, quant au son, que celui des <i>Assyriens,</i> quoique fort différent d'origine &amp; de sens, comme on le verra tout-à-l'heure. Ainsi la pourpre <i>Assyrienne,</i> la couleur, la laine <i>Assyrienne,</i> dans les Poëtes, est la même chose que la pourpre, la couleur, ou la laine Tyrienne, ou Syrienne.</p><p>Ces noms <i>Assyrie</i> &amp; <i>Assyrien,</i> pris dans leur signification propre &amp; particulière, sont Hébreux, &amp; viennent de , <i>Assur,</i> nom de celui qui fut le fondateur de l'Empire d'<i>Assyrie,</i> qui donna son nom à ses descendans les <i>Assyriens,</i> &amp; aux pays qu'ils habitèrent, &amp; qui l'un &amp; l'autre, c'est-à-dire, tant le peuple que le pays, sont appellés dans l'Ecriture , <i>Assur,</i> du nom de ce Patriarche, qui signifie en Hébreu, ou, <i>Incessus, gressus,</i> ou <i>felix, beatus</i> ; c'est-à-dire, <i>Marche, démarche,</i> ou <i>heureux.</i> Les Grecs même appellèrent d'abord &amp; dans les premiers temps les Assyriens , &amp; non pas . Eratosthène en fait foi, au rapport d'Eustathius sur Denys le Géographe, p. 116. de l'édition d'Etienne, &amp; il ajoûte que ce mot venoit d', <i>Assur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3214" id="1" type="">
   <index type="head" value="AST" />
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    <head>AST</head>
    <p>
    AST , ou ASTE, ou ASTI, s. f. <i>Asta, Aste, Asta Pompeïa.</i> Nom propre d'une petite ville d'Italie dans la Ligurie, sur le Thénaro, à cinq lieues de Thurin au Levant. Elle a un Evêché suffragant de Milan. De Valentine de Milan &amp; de Louïs d'Orléans naquit Charles Duc d'Orléans &amp; Seigneur d'<i>Ast,</i> lequel fit battre monnoie dans cette dernière ville, &amp; qui après la mort de Philippe Marie, dernier Duc de Milan de la maison de Visconti, arrivée l'an 1448. prit le titre &amp; les armes de Duc de Milan, ainsi que le font voir des écus blancs, &amp; des blancs fabriqués à <i>Ast,</i> dont saint Second étoit le Patron, comme le prouve la légende qui est du côté de la croix, <i>Aste nitet mundo, sancto custode Secundo.</i> Il y a aussi des monnoies de Louis son fils frappées à <i>Ast.</i> Le Blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3214" id="2" type="">
   <index type="head" value="AST" />
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    <head>AST</head>
    <p>
    Ast . <i>Asta.</i> Est encore le nom d'une rivière des Asturies en Espagne, que quelques Géographes prennent pour la <i>Stura</i> des Anciens, que d'autres croient être le. Tuerto. Maty.</p><p>C'est aussi le nom d'une ancienne ville des Turdétans dans la Bétique, dont on ne voit plus que de vastes ruines dans l'Andalousie sur la rivière de Guadalette, entre Arcos &amp; Xérez.</p><p>Bochart <i>Chanaan. Liv. I. c.</i> 34. prétend que ce mot est Phénicien, &amp; qu'il vient de , <i>Asda,</i> qui signifie <i>effusio.</i> Et en effet, Strabon &amp; Ptolomée disent que proche d'Aste <i>erat effusio &amp; aestuarium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3215" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTAROTH" />
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    <head>ASTAROTH</head>
    <p>
    ASTAROTH , ou ASTHORETH, s. f. <i>Astaroth.</i> C'est le nom d'un Idole des Sidoniens, 4. <i>Reg. XXIII.</i> 13. Ramoth, que Salomon Roi d'Israël bâtit à <i>Astaroth,</i> Idole <pb n="387" facs="bpt6k8542165/f427/full/1200,/0/native.jpg"/>des Sidoniens. C'étoit aussi une Déesse des Philistins selon Josephe. <i>Ant. Liv. VI. ch.</i> 14. Il est des Auteurs qui croient que c'étoit la Déesse du Ciel, Uranie. Ils ajoûtent qu'elle fut encore honorée des Payens sous différens noms, comme <i>Ammonia,</i> , ou Reine des Planètes ; d'autres disent que c'est Junon. , <i>Astar,</i> &amp; <i>Astera,</i> signifie en Hébreu un <i>Troupeau,</i> &amp; il se dit des brebis. C'est de-là, selon Kimhhi, que vient le nom de cette Déesse, &amp; il lui fut donné, parce que ses images avoient la figure d'une brebis. D'autres prétendent qu'il lui fut donné, parce qu'elle étoit la Déesse des pasteurs &amp; des brebis. Scaliger croit dans ses <i>Conjectanea,</i> qu'elle fut ainsi nommée à cause de la multitude des victimes qu'on lui immoloit. Philastrius a inventé un <i>Astar,</i> qu'il fait Roi des Syriens, ou des Egyptiens, &amp; il leur donne pour Reine <i>Astaroth.</i> Jean Selden, dans son Liv. des Dieux Syriens <i>Syntagm. II. c.</i> 2. <i>p.</i> 232. &amp; suiv. prétend que le mot <i>Astaroth</i> a été fait de celui de , qui signifie <i>bois,</i> &amp; que les Septante traduisent , &amp; la Vulgate <i>lucus,</i> &amp; qui sont, selon les Interprètes, de petits bois ou des bosquets dans lesquels on mettoit des idoles, &amp; où on les adoroit. Il veut lui que dans les endroits où l'on donne ce sens, il faille entendre par , non pas un bosquet, mais une statue de bois. Il tâche de le prouver par quelques endroits de l'Ecriture, &amp; sur-tout 4. <i>Reg. XXI.</i> 7. où il est dit que Manassé mit dans le Temple <i>Phesel Haasera,</i> une statue de bois, &amp; <i>Jud. VI.</i> 25, 28. où il est dit que Gédéon abbatit l'autel de Baal, &amp; qu'il coupa <i>asera,</i> le bois qui étoit dessus, c'est-à-dire, selon Selden, la statue de bois qui étoit sur cet autel, &amp; que cette Déesse sut ainsi appellée de ses statues qui étoient de bois. Mais ce sentiment n'est pas probable ; &amp; il est trop contraire à nos anciens Traducteurs Grecs &amp; Latins. Car , &amp; <i>luci, nemus,</i> ne sont point assurément des statues de bois ; mais des bois, des plants d'arbres, des bosquets. Dans le premier endroit de l'Ecriture, Selden convient lui-même qu'on peut entendre <i>la statue du bois,</i> c'est-à-dire, que Manassé mit dans le temple une statue, ou idole, qui étoit auparavant dans un bois, ou une statue des bois, c'est-à-dire, semblable à celles que l'on mettoit dans les bois. Pour l'autre endroit le mot de <i>succidit,</i> il coupa, montre qu'il s'agit d'un bosquet, &amp; non pas d'une statue, &amp; l'Ecriture ne dit pas qu'il fût sur l'Autel, comme traduit Selden, mais qu'il étoit autour de l'autel, comme ont interprété les Septante &amp; la Vulgate. De plus, pourquoi <i>Astaroth</i> eut-elle été appellée de ce nom plutôt qu'une autre Divinité ? Etoit-elle la seule dont les statues fussent de bois ? Baal, ou Belus, n'en avoit-il pas aussi de bois ? C'est de lui dont il s'agit, dans le second endroit de l'Ecriture dont je viens de parler, <i>Jud. VI.</i> 25. En Hébreu <i>Astoreth</i> est le singulier, &amp; <i>Astaroth</i> le pluriel, comme <i>Baal</i> &amp; <i>Baalim.</i> Si vous revenez au Seigneur de tout votre coeur, ôtez du milieu de vous les Dieux étrangers Baal &amp; <i>Astaroth.</i> Saci. Il y a <i>Baalim</i> dans l'Hébreu. Les Septante traduisent , &amp; au pluriel ; mais la Vulgate traduit Astarte, &amp; <i>Astaroth.</i> Voyez ASTARTE, &amp; Godwin dans <i>Moyses and. Aaron Lib. IV. c.</i> 6. &amp; Selden que j'ai cité.</p><p><i>Astaroth</i> se prend quelquefois pour le nom d'un Démon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3216" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTAROTH" />
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    <head>ASTAROTH</head>
    <p>
    ASTAROTH , s. f. <i>Astaroth.</i> C'est encore le nom d'une ville du Royaume de Basan, qui s'appella aussi Bosram, &amp; étoit à l'Orient du Jourdain dans la demi-Tribu de Manassé, qui s'établit de ce côté-là. Ce fut une ville de refuge &amp; Lévitique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3217" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTAROTHITE" />
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    <head>ASTAROTHITE</head>
    <p>
    ASTAROTHITE , s. m. &amp; f. <i>Astarothita, Astarothites.</i> C'est un nom que Pratéole a donné, &amp; que l'on peut donner à son exemple à ces Juifs impies qui adoroient la Divinité Astaroth.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3218" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTARTE" />
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    <head>ASTARTE</head>
    <p>
    ASTARTE , s. f. <i>Astarte.</i> Ce mot est le même qu'Astaroth, dont <i>Astarte</i> est la forme Grecque, il n'y a pas d'apparence de tirer ce nom, avec Guichard, de , <i>rond,</i> parce qu'elle étoit adorée sous la forme d'un <i>Astre,</i> au rapport de Giraldus. C'étoit aussi la même Déesse, aussi-bien que Atergatis, &amp; Derceto, qui selon Selden sont tous des corruptions du même mot Astaroth, &amp; des noms de la même Divinité. Cicéron croit que l'<i>Astarte</i> des Phéniciens est une des quatre Vénus. Suidas est dans la même opinion. M. Beger, aussi-bien que Bochart, remarque après Pausanias, que c'étoit Vénus armée, ou Vénus Déesse de la guerre ; car Pausanias dit que les Cythéréens qui l'adoroient sous cette figure, &amp; sous ce nom, l'avoient appris des Phéniciens. Lucain croit que c'est la Lune. S. Augustin, <i>L. VII. Locut. C.</i> 16. assure que les Carthaginois appelloient Junon, <i>Astarte.</i> Bochart croit que S. Augustin parloit suivant l'opinion des Romains, qui se trouve dans Horace, <i>L. II. Od.</i> 1. Virg. <i>Eneid. L. I. v.</i> 15. Tertull. <i>Apol. C.</i> 25. S. Cyprien <i>De idol. vanit.</i> Solin C. 20. ou 27. Il y a sur des médailles de Bérite &amp; de Césarée une figure de femme demi-nue, ou ayant une robe retroussée, la tête couronnée de tours ; s'appuyant d'une main sur un bâton croisé par enhaut, tenant quelquefois une corne d'abondance, &amp; quelquefois étant dans un Temple, &amp; ayant devant elle sur une colonne une victoire qui la couronne. Les Antiquaires la prennent pour une <i>Astarte.</i> Il y a une médaille d'Elagabale frappée à Sidon, au revers de laquelle il y a un char couvert, &amp; dont la converture ou l'impériale est soutenue de quatre colonnes ; il y a dessus quatre branches de laurier. Dans le char est une figure assise, qui tient devant soi un bouclier qui la couvre toute depuis le menton jusqu'aux genoux. M. Beger, T. II. p. 711. prétend que c'est le char d'<i>Astarte.</i> L'inscription est, Col. aur. pia. metro. &amp; dans l'exergue, Sid.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3219" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTATE" />
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    <head>ASTATE</head>
    <p>
    ASTATE , s. m. &amp; f. <i>Astatus.</i> Nom de Secte. Les <i>Astates</i> sont des Hérétiques du commencement du IXe siècle, Sectateurs d'un certain Sergius, qui renouvelloit les erreurs des Manichéens. Ils s'étendirent fort sous l'Empereur Nicéphore : son successeur, Michel Curopalates, les réprima par des loix sévères.</p><p>Ce nom <i>Astate</i> est Grec, , composé de l'<i>a</i> privatif, &amp; du verbe , <i>sto,</i> je suis stable, je suis ferme, &amp; signifie, Qui n'est point ferme, qui n'a point de stabilité, inconstant. Au reste, je ne puis deviner sur quoi fondés quelques Dictionnaires les appellent Astathiens, &amp; <i>Astathyi,</i> ni d'où peut venir cette <i>h</i> &amp; cet <i>y</i> ; si ce n'est ignorance de la langue Grecque. Baronius à l'an 812. &amp; Sponde à l'an 810. disent très-bien <i>Astati.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3220" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTELES" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>ASTELES</head>
    <p>
    &#9758; ASTELES , s. f. Fragmens de lance, du mot Latin <i>hasta,</i> lance. Perceval. Et de là vient le mot de Languedoc, <i>esteles,</i> c'est-à-dire, coupeaux, &amp; <i>estela,</i> qui signifie les petites pièces de bois dont on garnit une jambe cassée, &amp; qu'on y attache, pour faire que les os se reprennent plus aisément, parce que cela empêche la jambe de remuer en aucune sorte. Borel. Voyez <ref type="search" target="head:ESTELES">ESTELES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3221" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTERATICUS" />
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    <head>ASTERATICUS</head>
    <p>
    ASTERATICUS . C'est une fleur appellée autrement <i>Oculus Christi.</i> L'<i>Asteraticus,</i> ou <i>oculus Christi,</i> fleurit au mois d'Août, Septembre &amp; Octobre. <i>Traité de la cult. des fl.</i> Le même Auteur écrit ailleurs Aster Atticus en deux mots, qui signifient, <i>Astre</i> de l'<i>Attique,</i> ou d'<i>Athènes,</i> en Grec, <i>Astre,</i> &amp; <i>Atticus</i> en Latin, <i>Attique,</i> qui est de l'Attique, ou d'Athènes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3222" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ASTÉRIE" />
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    <head>ASTÉRIE</head>
    <p>
    ASTÉRIE , ou ASTRÉE, s. f. Terme de fleuriste . Anémone blanche mêlée d'incarnat. Elle fait des grosses fleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3223" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="ASTÉRISME" />
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    <head>ASTÉRISME</head>
    <p>
    ASTÉRISME , s. m. Terme d'Astronomie . <i>Asterismus.</i> Constellation ; assemblage de plusieurs étoiles du Firmament comprises sous une certaine figure que les Astronomes se sont imaginé. Il y a 48. <i>Astérismes</i> dépeints sur le Globe Céleste.</p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3224" id="1" type="imprimerie">
   <index type="head" value="ASTERISQUE" />
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    <head>ASTERISQUE</head>
    <p>
    ASTERISQUE , s. m. Terme d'Imprimerie . <i>Asteriscus.</i> Petite note faite en forme d'étoile, qu'on met dans les livres pour servir de renvoi à la marge ; pour marquer quelque commentaire, ou explication.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3225" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTÉSAN" />
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    <head>ASTÉSAN</head>
    <p>
    ASTÉSAN , s. m. <i>Comitatus Astensis.</i> Nom propre d'un Comté, dont <i>Ast</i> est la Capitale. L'<i>Astésan</i> est entouré du Montferrat, à la reserve du Couchant où il confine avec le Piémont propre. Maty. L'<i>Astésan</i> étoit une dépendance du Duché de Milan, mais Charles-Quint le donna à Charles III. Duc de Savoie l'an 1531.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3225" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASTÉSAN" />
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    <head>ASTÉSAN</head>
    <p>
    Astésan, ane , s. m. &amp; f. <i>Astensis.</i> Qui est d'Ast, natif ou habitant d'Ast. <i>Astesan</i> Religieux de S. François fut ainsi appellé parce qu'il étoit d'Ast. En Latin on l'appelle <i>Astesanus, <pb n="388" facs="bpt6k8542165/f428/full/1200,/0/native.jpg"/>Astensis,</i> mettant l'un comme nom propre, &amp; l'autre pour marquer son Pays. L'<i>Astésane, Astesana,</i> est le nom d'un ouvrage d'<i>Astesan.</i> C'est une somme de cas de conscience, qu'il publia en 1317.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3226" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTHMATIQUE" />
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    <head>ASTHMATIQUE</head>
    <p>
    ASTHMATIQUE , adj. m. &amp; f. Malade qui a un asthme, qui a la poitrine engagée, &amp; qui respire avec peine. <i>Asthmaticus, Anhelator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3227" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTHME" />
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    <head>ASTHME</head>
    <p>
    ASTHME , s. m. Maladie du poumon ; courte haleine ; difficulté de respirer ; ou fréquente respiration sans fièvre, comme il arrive à ceux qui ont couru trop vîte. <i>Anhelatio, Asthma.</i> Le vrai <i>asthme</i> s'engendre d'une abondance de sérosités, &amp; d'humeurs grossières &amp; visqueuses, amassées dans les cavités du poûmon, lesquelles bouchent ou retrécissent les conduits de l'air, &amp; compriment les bronches, ou bronchies. Il y a un <i>asthme</i> convulsif qui vient du mouvement déréglé des esprits animaux. Cela arrive quand les esprits ne coulent pas en assez grande quantité dans les muscles de la poitrine, soit à cause d'une obstruction, soit à cause de quelqu'autre obstacle. Alors la respiration se fait avec violence, &amp; avec difficulté. L'<i>asthme</i> pneumonique regarde le poumon, dont les bronches étant bouchées, &amp; comprimées, ne peuvent pas recevoir la quantité d'air nécessaire à subtiliser le sang. L'<i>asthme</i> est quelquefois intermittent, &amp; il revient sur-tout lorsqu'on ne garde pas un bon régime de vivre. Le Peuple appelle cette maladie la courte haleine ; &amp; dit, il a la courte haleine ; pour dire, il a un <i>asthme.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3228" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="ASTHMÉ" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ASTHMÉ</head>
    <p>
    ASTHMÉ , en termes de Fauconnerie , se dit d'un oiseau pantois qui a le poumon enflé, qui ne peut avoir son haleine. <i>Anxiè anhelans.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui vient du verbe , <i>spiro.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3229" id="1" type="cordonnier">
   <index type="head" value="ASTIC" />
   <index type="src_domain" value="cordonnier" />
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    <head>ASTIC</head>
    <p>
    ASTIC , s. m. Terme de Cordonnier . C'est un gros os creux, dans lequel les Cordonniers mettent du suif ou de la graisse, pour y graisser de temps en temps la pointe de leurs aleines. <i>Os sebo infertum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3230" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTIO" />
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    <head>ASTIO</head>
    <p>
    &#9758; ASTIO , s. m. Os ou corne, où les Cordonniers &amp; les Savetiers mettent de la graisse pour leurs alênes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3231" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTOR" />
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    <head>ASTOR</head>
    <p>
    ASTOR . Voyez <ref type="search" target="head:AUTOUR">AUTOUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3232" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTRACAN" />
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    <head>ASTRACAN</head>
    <p>
    ASTRACAN , s. m. <i>Astracanum.</i> Nom propre d'une ville &amp; d'un Royaume. La ville d'<i>Astracan</i> est environ à 13. lieues de la Mer Caspienne vers le Nord, dans une Isle que forme le Volga. Elle est sous le 47e degré de latitude, ou sous le 48e, comme l'assure le P. Avril. Le Czar Jean Basile la conquit l'an 1554. Il en fit sortir tous les Tartares, &amp; la peupla de Moscovites. <i>Astracan</i> est une ville Archiépiscopale, &amp; considérable par le grand commerce qu'elle entretient en Moscovie, en Perse, &amp; avec la Turquie en Asie.</p><p>Le Royaume d'<i>Astracan,</i> est une Province de Moscovie depuis 1554. Il prend son nom de sa Capitale. Il a au Levant les Tartares Kalmukes, au Couchant les Rosdori Douski, le Duché de Bolgar le confine au Nord, &amp; les Tartares Circasses avec la mer Caspienne au Midi. Il est presque tout habité par les Tartares Nogais, qui vivent sous des tentes, qu'ils transportent d'un lieu à un autre selon la commodité des fourrages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3233" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ASTRAGALE" />
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    <head>ASTRAGALE</head>
    <p>
    ASTRAGALE , s. m. Terme d'Architecture . <i>Astragalus.</i> C'est un petit membre rond, dont on orne le haut &amp; le bas des colonnes, qui est fait en forme d'anneau, ou de brasselet. Quelquefois on le taille en forme de petits grains, qui font qu'on le nomme aussi <i>chapelet.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>talon,</i> &amp; particulièrement l'os du talon des bêtes à pied fourché. On a donné aussi autrefois le nom d'<i>Astragales,</i> à un jeu d'osselets, où on se servoit de ces os.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3233" id="2" type="artillerie">
   <index type="head" value="ASTRAGALE" />
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    <head>ASTRAGALE</head>
    <p>
    Astragale , en termes d'artillerie , est une espèce d'anneau qui est sur le canon à un demi-pied près de la bouche, &amp; qui lui sert d'ornement, comme celui des colonnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3233" id="3" type="medecine">
   <index type="head" value="ASTRAGALE" />
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    <head>ASTRAGALE</head>
    <p>
    Astragale , en termes de Médecine , se dit du premier os qui compose le tarse ou la première partie du petit pied. On le nomme autrement, l'os de l'<i>arbalête.</i> Quelques-uns appellent aussi <i>Astragale,</i> les sept vertèbres du col. Homère dans l'Odyssée s'est servi de ce mot en cette signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3233" id="4" type="">
   <index type="head" value="ASTRAGALE" />
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    <head>ASTRAGALE</head>
    <p>
    Astragale . s. m. <i>Astragalus.</i> Terme de Botanique . Plante à fleurs légumineuses, &amp; qui croît aux environs de Montpellier. Sa racine est vivace, longue, branchue, douce au goût ; son écorce est épaisse, brune ; son coeur ou nerf est ligneux &amp; blanc, son collet est divisé en plusieurs têtes, d'où naissent plusieurs feuilles composées ; c'est-à-dire, formées par plusieurs petites feuilles arrondies, rangées assez près sur une côte qui leur est commune, &amp; qui est terminée par une seule feuille. On compte jusqu'à 21. de ces petites feuilles sur une côte ; ses fleurs sont portées par des pédicules longs de deux à trois pouces. Elles sont légumineuses, le plus souvent purpurines, longues environ d'un pouce. Les gousses qui succèdent à chacune de ces fleurs sont courbées, rougeâtres, grêles, longues d'un peu plus d'un pouce, divisées dans leur longueur en deux loges remplies de semences taillées en rein : elles sont dures, petites, &amp; noires. L'os <i>astragale</i> qui se trouve au pied n'a guère de ressemblance avec la semence de cette plante, quoiqu'on croie communément que son nom vienne de cette prétendue ressemblance. Quelques-uns croient que c'est la ressemblance de cette plante qui a donné le nom aux <i>Astragales</i> d'Architecture.</p><p>Il y a un <i>Astragale</i> de Canada, qui a une fleur verte tirant sur le jaune à la sommité de ces branches noueuses, d'où elles sortent en forme d'épi, &amp; sont semblables à celles des autres <i>Astragales.</i> Il y en a une plus ample description dans les Mémoires de l'Académie des Sciences.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3234" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTRAL, ALE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ASTRAL, ALE</head>
    <p>
    ASTRAL, ALE , adj. Qui appartient aux Astres, qui est des Astres, qui dépend des Astres. <i>Sidereus.</i> L'an Astral, ou l'Année <i>Astrale.</i> L'an Solaire est ou Astronomique, ou Civil. L'astronomique est ou tropique, ou <i>Astral.</i> L'an <i>Astral,</i> ou l'année <i>Astrale,</i> est l'espace que le Soleil emploie à retourner au même astre, dont il s'étoit éloigné. Et l'année Tropique, le temps que le Soleil met à parcourir le Zodiaque. Et parce que les Astres avancent toujours, quoique très-lentement vers l'Orient par leur mouvement propre, il s'ensuit que le Soleil au bout de l'an tropique ne retrouve plus un astre au même endroit où il l'avoit quitté ; ainsi il lui faut encore quelques temps pour le rejoindre ; &amp; l'année <i>Astrale</i> est plus longue que l'année tropique. Le mouvement annuel des Astres selon Tycho-Brahé est de 51 secondes, &amp; de 50 selon le P. Riccioli. C'est la différence de l'année <i>Astrale</i> à l'année tropique, qui réduite en heures, est de 24 heures selon le même Père. Voyez aussi le P. Tacquet. <i>Astron L. I. C. III. n.</i> 10. <i>&amp; n.</i> 22.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3235" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTRE" />
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    <head>ASTRE</head>
    <p>
    ASTRE , s. m. Corps lumineux, ou par sa lumière propre, ou par la lumière empruntée, qui roule dans les cieux au-dessus de la région élémentaire. <i>Astrum, stella, sidus, signum.</i> Les Planètes sont des <i>astres</i> dont on observe particulièrement le cours, &amp; les influences. Les <i>astres</i> du Firmament sont les étoiles fixes. Dieu fit un défi à Abraham de compter les <i>astres</i> du ciel. Les lunettes ont fait découvrir en nos jours plusieurs nouveaux <i>astres</i> dans le ciel. Le peuple croit que les Comètes sont des <i>astres</i> de mauvais présage. Les habitans de la lune prennent la terre pour un <i>astre,</i> &amp; je vous garantis que nous leur paroissons faire assez régulièrement nos fonctions d'<i>astre.</i> Fonten. Les Poëtes appellent le soleil, l'<i>Astre</i> du jour ; &amp; la lune l'<i>Astre</i> de la nuit.</p><p>Le Tombeau du Calvinisme, Sonnet du P. Commire, commence ainsi,</p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3235" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASTRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ASTRE</head>
    <p>
    Astre , se dit figurément en Morale d'une personne extraordinaire en mérite, en beauté. Quand ce Prince naquit, ce fut un nouvel <i>astre</i> qui parut sur l'horison. Cette beauté est un <i>astre</i> qui brille dans son quartier. La métamorphose des yeux de Philis en <i>astres</i> est un Poëme de l'Abbé de Cerisy.</p><p>On dit d'un homme de fortune, qu'il est né sous un heureux <i>astre.</i> Qu'on a de la peine à forcer son <i>astre,</i> pour dire, sa destinée. Le Sage commande aux <i>astres.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3235" id="3" type="fleuriste">
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    <head>ASTRE</head>
    <p>
    <pb n="389" facs="bpt6k8542165/f429/full/1200,/0/native.jpg"/> Astre du monde . Terme de Fleuriste . C'est un oeillet piqueté, extrêmement moucheté sur l'extrémité de ses feuilles. Sa fleur n'est pas fort large, mais elle est fort ronde, &amp; bien prise dans ce qu'elle contient. Sa plante n'est pas fort robuste. Elle est susceptible de blanc &amp; de pourriture. Il se trouve à Lille, à Amiens, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3235" id="4" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ASTRE" />
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    <head>ASTRE</head>
    <p>
    Astre du monde Violet . Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet. C'est un violet pourpre clair, extrêmement rond, qui tourne bien ses feuilles ; son blanc est assez fin &amp; panache régulier, mais il est marqué de quelques mouchetures, qui ne le rendent point pourtant brouillé. Sa plante est robuste &amp; vigoureuse, mais ses marcottes ont peine à prendre racines. Sa fleur est assez large. Il y en a une autre espèce qui s'appelle simplement <i>Astre du monde,</i> qui est des piquetés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3235" id="5" type="fleuriste">
   <index type="head" value="ASTRE" />
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    <head>ASTRE</head>
    <p>
    Astre Triomphant , subst. m. Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet piqueté. Il est large &amp; fort piqueté, sa plante médiocrement forte. Il est à Lille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3236" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTRÉE" />
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    <head>ASTRÉE</head>
    <p>
    ASTRÉE , s. f. La Déesse de la Justice. <i>Astraea.</i> Les Poëtes ont feint qu'elle habitoit sur la terre durant le siècle d'or ; qu'elle en fut chassée par les crimes des Mortels, &amp; contrainte de remonter au Ciel. Voyez <ref type="search" target="head:ASTERIE">ASTERIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3237" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTREINDRE" />
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    <head>ASTREINDRE</head>
    <p>
    ASTREINDRE . , v. act. J'<i>astreins,</i> J'ai <i>astreint.</i> J'<i>astreignis.</i> J'<i>astreindrai.</i> Que j'<i>astreigne.</i> Contraindre quelqu'un à faire quelque chose. <i>Astringere, obstringere, obligare.</i> Le dégoût qu'on a des sciences, vient de ce qu'on est obligé de s'<i>astreindre</i> à certains principes fatiguans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3237" id="2" type="">
   <index type="head" value="ASTREINDRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>ASTREINDRE</head>
    <p>
    Astreindre , signifie aussi, Resserrer le ventre <i>Astringere.</i> L'épine-vinette est bonne pour <i>astreindre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3237" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASTREINDRE" />
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    <head>ASTREINDRE</head>
    <p>
    Astreint, einte , part. pass. &amp; adj. <i>Astrictus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3238" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTRINGENT, ENTE" />
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    <head>ASTRINGENT, ENTE</head>
    <p>
    ASTRINGENT, ENTE , adj. Qui a la vertu d'astreindre, de resserrer, &amp; de rendre les pores plus petits. <i>Astringens, stypticus, adstrictoriam vim habens.</i> Il y a des remèdes laxatifs, d'autres <i>astringens.</i> Les Teinturiers appellent matériaux <i>astringens,</i> l'écorce d'aune, de grenade, de chêne en sève, de pommier sauvage, la sciure de chêne, les coques de noix, la racine de noyer, les gales &amp; le sumac. On a inventé une poudre styptique ou <i>astringente,</i> composée avec le vitriol commun calciné à rougeur, &amp; l'alun calciné en blancheur. Quelques-uns mettent ces poudres dans l'eau de plantin, &amp; de roses, &amp; urine, &amp; en composent l'eau styptique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3239" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ASTROC" />
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    <head>ASTROC</head>
    <p>
    ASTROC . Terme de Marine . Grosse corde que l'on attache à une cheville de bois nommée, <i>escome, Rudens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3240" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTROÏTE" />
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    <head>ASTROÏTE</head>
    <p>
    ASTROÏTE , s. f. Pierre <i>astroïte. Astroïtes.</i> Plante pierreuse qui végète au fond de la mer comme le corail. Il y en a de plusieurs sortes. La plupart ressemblent à des cerveaux pétrifiés, dont les anfractuosités sont marquées par des sillons plus solides qui sont écartés les uns des autres par une substance plus spongieuse composée de plusieurs lames très-minces. Dans d'autres espèces ce sont des pierres formées de plusieurs tuyaux joints ensemble par leurs côtés, &amp; dont la cavité est remplie de plusieurs lames qui partent de leurs parois, &amp; vont comme des rayons aboutir à un centre. On scie ces pierres en lames minces, &amp; on les polit, ce qui fait paroître à leur surface plusieurs soleils. Le vulgaire croyoit autrefois que cette pierre avoit des vertus particulieres à cause de ces figures qu'elle exprimoit. On tire ces pierres vers nos Isles d'Amérique, &amp; sur la côte de Cartagène où on les calcine pour en faire de la chaux. De savans hommes soutiennent que les plus curieuses pierres de cette nature, étoient véritablement des animaux pétrifiés par quelque suc dans lequel ils s'étoient plongés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3241" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTROLABE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ASTROLABE</head>
    <p>
    ASTROLABE . s. m. Instrument de Mathématique, gradué, &amp; plat en forme de Planisphère, ou d'une Sphère décrite sur un plan. <i>Astrolabium.</i> Il sert principalement sur la mer pour observer la hauteur du Pole &amp; des Astres. On le suspend avec un anneau, &amp; il a une alhidade, ou règle mobile garnie de ses pinnules, laquelle marque les hauteurs sur le cercle qui est sur ses bords divisé en 360 degrés. Il y a un creux au dedans de son limbe, où on enchasse diverses planches où sont marqués les azymuths, &amp; autres cercles, pour faire diverses observations ; &amp; celle du dessus qui est percée à jour, &amp; qu'on nomme pour cela <i>araignée,</i> sert à faire plusieurs observations sur les autres étoiles. Il a divers autres usages dont on a fait des livres entiers, comme Staufler, Henrion, Clavius, &amp; autres.</p><p>Ce mot vient d', &amp; de , <i>capio, colligo.</i> Les Arabes l'appellent en leur langage <i>Astharlab,</i> mot corrompu du vrai nom Grec ; &amp; ils tâchent quelquefois de lui donner une étymologie Arabique ; mais tous les Savans reconnoissent de bonne foi qu'ils ont appris des Grecs le nom &amp; l'usage de cet instrument. Nassi Reddi Thousi a fait un Traité en Persien, qu'il a intitulé <i>Bait Bal fil Astarlab,</i> où il traite de la structure, &amp; de la pratique de l'<i>Astrolabe.</i> d'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3242" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTROLOGIE" />
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    <head>ASTROLOGIE</head>
    <p>
    ASTROLOGIE , s. f. Science conjecturale qui enseigne à juger des effets &amp; des influences des astres, &amp; à prédire les évènemens, par la situation des Planètes, &amp; par leurs différens aspects. <i>Astrologia.</i> On l'appelle autrement <i>Judiciaire. Astrologia divinans.</i> Ceux qui les premiers ont étudié les mouvemens des cieux ne prétendoient pas faire de l'<i>Astrologie</i> un art de filou ; mais d'autres plus rusés ont voulu profiter du foible de l'homme pour savoir l'avenir, &amp; ont débité qu'on le peut apprendre.</p><p>Il y a des effets naturels, comme les vents, les pluies, les grêles, les tempêtes, &amp;c. que l'on peut prédire, quoiqu'on ne les connoisse que par conjecture ; c'est ce que fait l'<i>Astrologie</i> naturelle. Mais les effets libres qui dépendent de la volonté des hommes ne peuvent être connus, ni prédits, par le moyen des Astres, ni par aucun autre moyen naturel. On appelle <i>Astrologie</i> judiciaire cette science fausse, téméraire &amp; abusive, par laquelle on prétend connoître ces sortes d'évènemens. M. Crassot, au second tome de ses <i>Commentaires sur Aristote,</i> demande 1°, Si les astres ont la force de signifier : il répond qu'oui, mais qu'ils ne signifient que comme la cause signifie l'effet, ou comme l'effet signifie la cause, &amp; non pas comme un livre dans lequel Dieu auroit écrit dès le commencement du monde les choses qui arriveront, &amp; qu'il a prévues. Voyez Pic de la Mirande, S. Clement dans ses Rec. 2°, Il demande quelles sont les choses qu'on peut connoître par l'observation des astres, &amp; il dit qu'il y a trois sortes de choses qui dépendent des astres &amp; des cieux, dont les unes sont nécessaires, les autres arrivent ordinairement &amp; le plus souvent, les autres par hazard &amp; rarement : les premières sont le lever &amp; le coucher des astres, leurs conjonctions, éclipses, aspects, &amp; autres choses qui ne concourent en rien aux choses sublunaires. La science qui les prédit s'appelle Astronomie, &amp; non pas <i>Astrologie.</i> Les secondes qui regardent l'état &amp; la constitution de l'air dans les quatre saisons de l'année en chaque Région. 3°, Les troisièmes sont celles qui arrivent par hazard, &amp; par accident ou rarement, comme cette pluie, ou celle-là, la naissance de cet animal, ou de celui-là. Les choses du premier genre se peuvent connoître &amp; prédire avec certitude ; celles du second se connoissent, &amp; sont prédites seulement avec probabilité ; celles du troisième genre ne le peuvent être qu'avec témérité ; sur-tout si elles dépendent de la liberté de l'homme, comme cette paix, ou celle-là, cette guerre, ou celle-là, ce meurtre ou celui-là. Il ajoûte que le ciel ne contraint point la volonté ; il l'incline pourtant, parce qu'il produit &amp; cause le tempéramment ; &amp; la plupart suivent les inclinations de leur tempéramment, &amp; n'y renoncent pas, quoiqu'ils y puissent résister. De-là il arrive qu'on prédit certaines choses probablement, qui dépendent néanmoins de la liberté de l'homme, comme la pluralité des dissensions, &amp; des querelles en telle &amp; telle année ; mais ce n'est pas de l'inspection des astres, mais des dispositions que l'on remarque dans les hommes à tel ou tel évènement, que l'on tire ces conjectures.</p><p>L'<i>Astrologie</i> est venue des Chaldéens, &amp; elle a passé jusqu'à nous par les ouvrages des Arabes. On en étoit tellement infatué à Rome, que les Astrologues s'y maintinrent malgré les Edits que les Empereurs firent pour les en chasser : &amp; il est certain que l'<i>Astrologie,</i> toute trompeuse qu'elle est, s'étoit établi une espèce de domination dans le monde. La même superstition a regné parmi les Chrétiens. Un Auteur Anglois, nommé Goad, qui a composé deux volumes sur l'<i>Astrologie,</i> prétend, qu'on peut prévoir les inondations, &amp; expliquer une infinité de phénomènes physiques par la contemplation des astres. Il tâche à rendre raison de la diversité des mêmes saisons par la situation différente des Planètes, par leurs mouvemens rétrogrades, <pb n="390" facs="bpt6k8542165/f430/full/1200,/0/native.jpg"/>par le nombre d'étoiles fixes qui se rencontrent dans un signe, &amp;c. Du temps de la Reine Catherine de Médicis l'<i>Astrologie</i> étoit si fort en vogue, qu'on ne faisoit rien sans consulter les Astrologues. On ne parloit que de leurs prédictions à la Cour de Henri IV. La nation s'est guérie de cette foiblesse : on a reconnu que l'<i>Astrologie</i> n'a pas même un principe probable, &amp; qu'il n'y a point d'imposture plus ridicule. Tout le monde convient enfin que l'<i>Astrologie</i> est une science vaine &amp; incertaine. Les Brames ont introduit dans les Indes l'<i>Astrologie</i> judiciaire. Par là ils se sont rendus comme les arbitres des bons &amp; des mauvais jours. On les consulte comme des oracles, &amp; ils vendent bien cher leurs réponses. Lettres Ed.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASTROLOGIQUE</head>
    <p>
    ASTROLOGIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient à l'Astrologie. <i>Astrologicus, ad Astrologiam pertinens.</i> Une prédiction <i>astrologique.</i> Une figure <i>astrologique.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASTROLOGUE</head>
    <p>
    ASTROLOGUE , s. m. Qui prédit les évènemens par le moyen des astres, &amp; d'un horoscope, ou figure du ciel qu'il dresse. <i>Astrologus.</i> Le peuple confond mal-à-propos ce mot avec celui d'<i>Astronome,</i> quoique ce dernier ne s'arrête qu'à la spéculation. Un Comique a appellé un <i>Astrologue,</i> le <i>Truchement des étoiles.</i> Si l'on en croit les <i>Astrologues,</i> le ciel est un livre où Dieu a écrit l'histoire du monde, &amp; où un chacun peut lire sa destinée. Ce qui a maintenu si long-temps les <i>Astrologues</i> en crédit, c'est qu'on oublioit aisément leurs bevues, &amp; leurs fausses prophéties, &amp; qu'on faisoit beaucoup valoir leurs oracles quand par hazard ils avoient dit vrai. On rapporte de Cardan qu'ayant fixé sa mort à un certain jour, il se laissa mourir de faim, pour confirmer sa prédiction, &amp; ne pas décrier le métier d'<i>Astrologue.</i> Il préféra la mort à la honte du survivre à sa prophétie. Pic de la Mirandole, Sextus ab Heminga, Alexander ab Angelis, le Père Mersenne, &amp;c. ont fortement écrit contre les <i>Astrologues.</i> Ptolomée, Cardan, Jonctin, Jean de Montroyal, Argolus, Regiomontanus, ont été de grands <i>Astrologues.</i> Sous Tibère on fit des Edits pour chasser les <i>Astrologues</i> d'Italie. Tillem.</p><p>Ce mot vient du Grec . On voit par tout ce que nous avons dit sur ce mot, &amp; sur celui d'Astronomie, que nous mettons dans notre langue beaucoup de différence entre <i>Astrologue,</i> &amp; Astronome, <i>Astrologie</i> &amp; Astronomie ; l'une est une charlatanerie, &amp; l'autre est une très-belle science. Les Anciens les ont aussi distinguées quelquefois comme nous, mais le plus communément ils les confondoient. Ainsi Thales &amp; Pherecydes sont appellés <i>Astrologues,</i> quoiqu'ils ne fussent que d'habiles Astronomes. On peut voir Saumaise sur Solin, p. 641. &amp; Vossius, <i>De Artibus Mathemat.</i></p><p>On appelle aussi <i>Astrologues,</i> tous les faiseurs d'Almanacs, Devins, &amp; Charlatans qui se mêlent de prédire par le moyen des astres.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme n'est pas grand <i>Astrologue</i> ; pour dire, qu'il est ignorant en quelque profession que ce soit ; &amp; ironiquement, C'est un grand <i>Astrologue,</i> il devine les Fêtes quand elles sont venues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3245" id="1" type="">
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    <head>ASTRONOME</head>
    <p>
    ASTRONOME , s. m. Celui qui observe les astres qui connoît leur mouvement, &amp; qui explique tous les phénomènes du ciel. <i>Astronomus.</i> Eudoxe, Bérose, Thalès, Hipparque, Pherecydes, Ptolomée, Copernic, Tychobrahé, Kepler, Hevelius, Cassini, &amp;c. ont été de grands <i>Astronomes.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , &amp; de .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3246" id="1" type="astronomie">
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    <head>ASTRONOMIE</head>
    <p>
    ASTRONOMIE , s. f. Science qui enseigne à observer &amp; à connoître le mouvement &amp; la disposition des astres, leurs grandeurs, leurs distances, &amp; leurs éclipses. <i>Astronomia.</i> L'<i>Astronomie</i> est une science certaine &amp; sublime, &amp; c'est le plus haut effort de l'esprit humain. Il faut prendre bien garde de la confondre avec l'Astrologie, ou la Judiciaire, qui consiste en des prédictions vaines &amp; conjecturales sur les diverses influences des astres. L'<i>Astronomie</i> fut premièrement enseignées aux Grecs par Thalès, &amp; selon Diogène Laërce, il la tenoit des Egyptiens, &amp; eux des Chaldéens. Eudoxe, qui l'enseignoit vers la 103e Olympiade, l'avoit aussi apprise des Egyptiens. Vitruve, Liv. IX. ch. 1. dit qu'un certain Bérose Babylonien apporta cette science de la Babylonie même en Grèce, &amp; qu'il ouvrit une Ecole d'<i>Astronomie</i> dans l'Isle de Cos. Pline ajoûte Liv. VII. ch. 37. qu'en considération de ses prédictions admirables, les Athéniens lui érigèrent dans la place publique, appellée Gymnase, une statue, dont la langue étoit dorée. Si ce Bérose est le même que l'Auteur des Babyloniques, il florissoit vers le temps d'Alexandre. On ne remonte pas plus haut que les Chaldéens, &amp; même parmi les Anciens le mot de <i>Chaldéen</i> se prend pour Astrologue. Vall. Quelques Auteurs ont cependant attribué l'invention de l'<i>Astronomie</i> aux premiers Hébreux, &amp; quelques-uns mêmes aux premiers hommes, fondés sur l'autorité de Josephe, &amp; sur ce qu'il rapporte des deux colonnes de Seth. Les Musulmans l'attribuent à Hénoch, qu'ils appellent Edris. D'autres Orientaux l'attribuent à Cainan fils d'Arphaxad. Mais il ne paroît pas à d'autres que ces sentimens soient vraisemblables, parce que dans la langue de ces premiers hommes, c'est-à-dire, la langue Hébraique, ils ne trouvent point de termes d'Astronomie , qui sont au contraire en grande abondance dans le Chaldéen. Cependant il y en a dans quelques endroits de l'Ecriture, &amp; sur-tout dans Job &amp; dans les livres de Salomon.</p><p>Rudbeck, dans son <i>Atlantide,</i> a soutenu, que les Suédois sont les inventeurs de l'<i>Astronomie.</i> Il en allègue pour raison, que la grande variété de leurs jours les fit appercevoir de la rondeur de la terre, &amp; qu'ils étoient à l'une des extrémités du globe. Ceux qui sont situés vers le milieu, n'apperçoivent presque point les divers changemens que produit l'ombre, &amp; la figure convexe de la terre. Mais les Suédois qui en faisoient la triste expérience, s'appliquèrent à en rechercher la cause ; &amp; guidés &amp; instruits par l'extrême opposition des saisons, ils découvrirent aisément, que le soleil borne, &amp; renferme son cours dans certains espaces du ciel, &amp; qu'il roule inviolablement sur certains cercles par une vicissitude perpétuelle. Mais on ne prouve point des faits historiques par de semblables raisonnemens qui prouvent tout au plus que cela a pû être, mais non pas que cela ait été.</p><p>L'<i>Astronomie</i> fut cultivée en France du temps de Charlemagne ; &amp; l'an 807. on fit à Aix-la-Chapelle des observations d'éclipses, &amp; du cours des Planètes. P. Dan. Longomontanus a fait un livre intitulé <i>Astronomia Danica</i> ; Jean Baptiste Morin un autre <i>de Astronomia Gallica.</i></p><p>Il est probable que l'<i>Astronomie</i> a été en usage parmi les Indiens. Les Brames ont les tables des anciens Astronomes pour calculer les éclipses, &amp; ils savent même s'en servir. Leurs prédictions sont assez justes aux minutes près, qu'ils semblent ignorer, &amp; dont il n'est point parlé dans leurs livres, qui traitent des éclipses du soleil &amp; de la lune. Eux-mêmes, quand ils en parlent, ils ne font aucune mention des minutes, mais seulement de gari, de demi gari, &amp; d'un quart &amp; demi quart de gari ; le gari est de 29. minutes. Et par conséquent le demi quart de gari est 1. min. 3. second. 45. troisièmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3247" id="1" type="">
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    <head>ASTRONOMIN</head>
    <p>
    &#9758; ASTRONOMIN , adj. m. Chapelle a donné le nom de Troupe du Parnasse <i>astronomin</i> a une assemblée d'Astronomes. C'est la rime qui lui a fait inventer ce mot, sans quoi il se seroit servi de celui d'astronomique. Voyez <ref type="search" target="head:Luneter">Luneter</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3248" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTRONOMIQUE" />
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    <head>ASTRONOMIQUE</head>
    <p>
    ASTRONOMIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient à l'Astronomie. <i>Astronomicus.</i> On dit, des observations, des tables <i>astronomiques.</i> Le lever &amp; coucher <i>astronomique</i> du soleil. L'anneau <i>astronomique,</i> &amp; autres instrumens avec lesquels on observe les astres. Les <i>Astronomiques, Astronomica,</i> est le titre que Manilius a donné à son Poëme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3249" id="1" type="">
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    <head>ASTRONOMIQUEMENT</head>
    <p>
    ASTRONOMIQUEMENT , adv. D'une manière astronomique, &amp; exacte. <i>Astronomicè.</i> Il faut parler des Comètes <i>astronomiquement,</i> &amp; non pas populairement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3250" id="1" type="fleuriste">
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    <head>ASTROPOLE</head>
    <p>
    ASTROPOLE , s. m. Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet. C'est un violet brun admirable, sur un blanc de lait fort détaché : sa fleur est assez large ; mais sa plante est délicate &amp; sujette aux pucerons. Il graine, &amp; ses marcotres n'ont pas de répugnance à prendre racine. Il a été élevé à Lille. Morin, <i>Traité de la Cult. des fleurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3251" id="1" type="">
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    <head>ASTUCE</head>
    <p>
    ASTUCE , s. f. Vieux mot &amp; hors d'usage, qui signifioit autrefois <i>Finesse. Astutia, calliditas, dolus.</i> Le renard est une bête qui a beaucoup d'<i>astuce,</i> de finesse.</p><p>Ce mot est dérivé du Latin <i>astutia</i>, signifiant la même chose. Le Latin <i>astutia</i> vient du Grec , qui signifie <i>ville</i> ; parce que ceux qui habitent dans les villes sont plus rusés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3252" id="1" type="">
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    <head>ASTURIE</head>
    <p>
    ASTURIE , s. f. &amp; sing. <i>Asturia,</i> ou comme on dit plus <pb n="391" facs="bpt6k8542165/f431/full/1200,/0/native.jpg"/>communément ASTURIES, s. f. &amp; pluriel. <i>Asturiae.</i> Nom propre d'une Province d'Espagne, qui a titre de Principauté, &amp; qui est baignée au Nord par la mer de Biscaye ; les montagnes des <i>Asturies</i> la séparent au Midi de la vieille Castille, &amp; du Royaume de Léon ; elle a au Levant la Biscaye, &amp; la Galice au Couchant. Il y a l'<i>Asturie</i> d'Oviédo, <i>Asturia Ovetana,</i> &amp; l'<i>Asturie</i> de Santillana ou Santillane, <i>Asturia S. Julianae.</i> La première est la partie Occidentale de la Principauté des <i>Asturies,</i> Oviedo en est la capitale ; l'autre est la partie Orientale, dont Santillana est capitale ; nom corrompu de <i>Sancta Juliana.</i> Le premier Infant d'Espagne porte le titre de Prince des <i>Asturies.</i> Le Prince des <i>Asturies,</i> fils aîné de Philippe V. nâquit en 1707. le 25e Août jour de S. Louïs, dont il porte le nom. Les montagnes des <i>Asturies, Vindius</i> ou <i>Vinnius mons, Asturiarum montes,</i> c'est une grande chaîne de montagnes, qu'on regarde comme une branche des Pyrenées. Elle s'étend de l'Orient à l'Occident, &amp; sépare les <i>Asturies</i> du Royaume de Léon, &amp; d'une partie de la Castille vieille.</p><p>Les Auteurs sont partagés sur l'origine de ce mot : les uns disent que dans la langue des Basques <i>Asturia,</i> veut dire <i>une terre oubliée, un pays oublié,</i> &amp; que ce nom a été donné à cette Province à cause de sa stérilité. D'autres disent que le nom d'<i>Asturie</i> vient d'un Capitaine Grec nommé <i>Astur,</i> qui vint peupler cette Province après la prise de Troie. Quelques autres disent que la rivière nommée <i>Asturia</i> qui coule dans ce pays lui a donné son nom. Enfin il y en a qui disent que des troupes de Celtes, nommés <i>Astires,</i> passerent de Galice, où ils avoient demeuré quelque temps, dans la Province qu'on nomma depuis <i>Asturie,</i> du nom de ses nouveaux habitans. Voyez <ref type="search" target="head:Covarruvias">Covarruvias</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3253" id="1" type="">
   <index type="head" value="ASTURIEN, ENNE" />
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    <head>ASTURIEN, ENNE</head>
    <p>
    ASTURIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. <i>Astur.</i> Qui est d'Asturie. Orose décrit assez amplement la guerre qu'Auguste fit contre les <i>Asturiens.</i> Tillem. M. De Marca s'est aussi servi de ce mot dans son <i>Hist. de Béarn.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASTYNOMIE</head>
    <p>
    ASTYNOMIE , s. f. Terme Grec. Police. <i>Astynomia.</i> On appelloit <i>Astynomes,</i> , à Athènes, les Magistrats qui avoient soin des édifices, &amp; de tout ce qui regardoit la Police. C'étoit la même chose que les Ediles plébéiens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ASYLE</head>
    <p>
    ASYLE , ou AZYLE, s. m. Lieu de franchise, &amp; de respect, où l'on n'ose prendre un criminel qui s'y est réfugié. <i>Asylum.</i> Les Eglises en Espagne sont des <i>asyles</i> inviolables. Les assassins sont indignes de jouir de l'<i>asyle</i> des Eglises. Pasc. Les Maisons Royales sont des <i>asyles</i> pour ceux qui craignent la prison.</p><p>Ce mot vient de <i>asylum</i>, Latin, que Servius dérive du Grec , composé de la particule privative <i>a,</i> &amp; du verbe , qui signifie, <i>je tire,</i> parce qu'on n'en pouvoit tirer personne sans sacrilége. On trouve dans la basse Latinité <i>asyle</i> pour <i>asylus</i> &amp; <i>asylum.</i> Voyez les <i>Acta SS. Feb. Tom. III. p.</i> 558. <i>&amp;</i> 559.</p><p>Les premiers <i>asyles</i> furent établis à Athènes par les descendans d'Hercule, pour se défendre de la violence de ses ennemis. Les autels, les tombeaux, &amp; les statues des Héros, étoient dans l'antiquité la retraite la plus ordinaire de ceux qui étoient pressés par la rigueur des loix, ou opprimés par la violence des Tyrans. Les temples étoient les <i>asyles</i> les plus inviolables. On disoit que les Dieux se chargeoient de punir le coupable, lequel imploroit leur miséricorde ; &amp; les hommes ne doivent point être plus implacables qu'eux. Dieu avoit établi lui-même six villes de refuge parmi les Israëlites ; &amp; les coupables s'alloient mettre en sûreté dans ces places privilégiées, lorsqu'ils n'avoient pas commis un crime de propos délibéré. Pour les Payens, ils accordoient une retraite, &amp; l'impunité aux plus scélérats, afin de peupler les villes. Thèbes, Athènes, &amp; Rome, ne furent d'abord peuplées que du rebut des autres nations. On dit qu'autrefois à Lion, &amp; à Vienne dans les Gaules, il y avoit des autels d'où l'on n'osoit arracher les criminels ; &amp; il y a encore des villes en Allemagne qui ont conservé ce droit d'<i>asyle.</i> Les Empereurs Honorius &amp; Théodose, avoient accordé ces immunités dans l'enceinte des Eglises ; ensuite les Evêques &amp; les Moines s'emparèrent d'un certain territoire, au-delà duquel ils plantoient des bornes à la Jurisdiction séculière. Ils surent étendre si loin leurs exemptions, que les Couvens s'érigeoient en forteresses, où le crime étoit à l'abri, &amp; bravoit la puissance du Magistrat. Depuis l'on a supprimé la plupart de ces priviléges, qui ne servoient qu'à rendre la licence plus hardie. La sûreté des <i>asyles</i> ne devoit être dans leur véritable institution que pour les infortunés, &amp; pour ceux que le hasard ou la nécessité exposoient à la rigueur de la loi. Alors la Justice elle-même semble demander qu'on lui arrache les armes des mains : c'est pour cela que Dieu avoit ordonné aux Israëlites qu'ils eussent six villes pour servir d'<i>asyle</i> aux malheureux. (<i>Deut.</i> 19. <i>Numer.</i> 35.) Trois de ces villes devoient être dans la terre de Chanaan, &amp; trois au-delà du Jourdain. Mais dans la suite des temps on a fait un usage odieux des <i>asyles,</i> en les faisant servir à protéger indifféremment, &amp; les coupables malheureux, &amp; les scélérats de dessein formé.</p><p>Le Chambellan de l'Empereur Arcadius fut le premier qui abolit le droit des <i>asyles,</i> aussi fut-il le premier qui en eut du repentir. De Roch. Car un an après il fut contraint d'y venir chercher l'<i>asyle</i> qu'il avoit voulu fermer aux autres. God. C'étoit Eutrope Favori d'Arcadius en 398. En 399. Arcadius après la mort d'Eutrope rétablit l'immunité des Eglises. Id. Voyez aussi Tillemont <i>Hist. des Emp.</i> Tom. V. pag. 437.</p><p>Sous la première race de nos Rois ce droit d'<i>asyle</i> dans les Eglises étoit un droit très-sacré, dont les Conciles des Gaules recommandoient fort l'observation. Il s'étendoit jusqu'au parvis des Eglises, &amp; aux maisons des Evêques, &amp; à tous les lieux renfermés dans leurs enceintes. Cette extension s'étoit faite pour ne pas obliger les réfugiés à demeurer toujours dans l'Eglise, où plusieurs choses nécessaires à la vie, comme de dormir, &amp; de manger, n'eussent pas pû se faire avec bienséance. Ils avoient la permission de faire venir des vivres, &amp; ç'auroit été violer l'immunité Ecclésiastique que de l'empêcher. On ne pouvoit les tirer, ou les obliger à sortir de-là sans une assurance juridique de la vie, &amp; de la rémission entière du crime, qu'ils avoient commis, &amp; sans qu'ils fussent sujets à aucune peine. L'<i>asyle</i> le plus respecté de tout l'Empire François étoit l'Eglise de S. Martin aux portes de Tours, &amp; on n'auroit osé le forcer sans se rendre coupable d'un sacrilége très-scandaleux. P. Dan.</p><p>Plusieurs anciennes villes, sur-tout en Syrie, portent sur leurs médailles le titre d', avec celui de sacrées, Par exemple, . Ces villes sont Antioche, proche de Daphné, Antioche sur l'Hyppus, montagne de la Coelesyrie, Aradus, Arethuse, Byblis, Caesarée de Philippe, ou la Panéade, la Capitoliade, Damas, Dor, Ephèse, Laodicée, Lappa ville de Crète, Moca en Arabie, Nicopolis, Perge, Ptolémaide, Samosate, Séleucie, Sidon, Tyr, &amp; dans Goltzius Gabale, &amp; Thapsaque, &amp;c. Cette qualité d'<i>Asyle</i> leur avoit été donnée, dit M. Spanheim, à cause des temples qu'elles avoient, &amp; en faveur des Dieux qui y étoient honorés ; dont on ne vouloit pas que la Religion fut violée. Ce titre étoit une sauvegarde, &amp; empêchoit que ces villes ne fussent pillées, vexées, qu'on n'y fît aucune exaction, &amp;c. Il a été aussi donné à des Divinités. La Diane d'Ephèse est appellée . Le camp que formèrent Romulus &amp; Remus, &amp; qui dans la suite devint ville, fut d'abord appellé <i>Asyle,</i> &amp; ils y bâtirent un temple au Dieu <i>Asylée,</i> .</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ASYLE</head>
    <p>
    Asyle , se dit aussi de tous les lieux où on est en sûreté. Cette forêt, cette caverne lui a servi d'<i>asyle.</i> Ils firent emmener leurs femmes &amp; leurs enfans à Carthage, comme dans un <i>asyle</i> assuré. Vaug. Il prétendoit trouver un <i>asyle</i> contre la persécution de ses ennemis. Ablanc. La solitude est un <i>asyle</i> contre les passions. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3255" id="3" type="">
   <index type="head" value="ASYLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ASYLE</head>
    <p>
    Asyle , se dit figurément de tout ce qui donne secours, ou protection. Tous les pauvres venoient chez lui comme à leur <i>asyle</i> pour implorer son assistance. Les peuples vivent sous l'<i>asyle</i> des Loix &amp; de la Justice. Il n'y a point d'<i>asyle</i> contre la colère de Dieu pour les méchans. Faut-il que les <pb n="392" facs="bpt6k8542165/f432/full/1200,/0/native.jpg"/>Cloîtres les plus reculés ne soient pas des <i>asyles</i> contre vos calomnies ? Pasc. Le Seigneur est mon <i>asyle.</i> Port-R. La mort est l'<i>asyle</i> de la vieillesse. Le savoir sert d'ornement dans la bonne fortune, &amp; d'<i>asyle</i> dans la mauvaise. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3256" id="1" type="arithmetique">
   <index type="head" value="ASYMMÉTRIE" />
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   <index type="macro_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>ASYMMÉTRIE</head>
    <p>
    ASYMMÉTRIE , s. f. Terme d'Arithmétique . <i>Asymmetria.</i> C'est lorsque dans un nombre proposé l'on ne peut pas trouver une racine telle qu'on la demande : comme la racine quarrée de 10.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3257" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="ASYMPTOTE" />
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    <head>ASYMPTOTE</head>
    <p>
    ASYMPTOTE , adj. Terme de Géométrie , se dit de deux lignes qui s'approchent toujours, &amp; qui ne se coupent jamais, quoique prolongées à l'infini, telles que la Conchoïde, ou Conchire. <i>Asymptotos.</i> Bertinus a donné des exemples de plusieurs lignes <i>asymptotes</i> tant droites, qu'hyperboliques, tant concaves que convexes ; &amp; il propose un instrument propre pour les décrire, qui est une double équerre qui a la figure d'un T, sur le pied droit de laquelle est une règle mobile, dont l'autre extrémité qui avance au-dessus de l'équerre décrit la figure requise. Les <i>asymptotes</i> d'une hyperbole, sont deux diamètres indéfinis, qui passent par les extrémités de deux lignes droites, tirées de côté &amp; d'autre par le sommet de l'hyperbole, perpendiculairement à l'axe déterminé, &amp; égales chacune à la moitié du second axe. Ceux qui ont traité des lignes <i>asymptotes</i> sont chez les Anciens, Proclus, Geminus, Georgius Valla, Rabbi Moses Aegyptius, &amp; Moses Narbonnensis, Apollonius Pergéus, Pappus Alexandrinus, Eutocius ; &amp; chez les Modernes, Joannes Vernerus, Marius Bettinus, Oronce Finé, Jérôme Cardan, Jacques Pelletier, &amp; surtout François Barocio, Sénateur de Venise, qui en a fait un excellent Livre exprès, imprimé en 1586. M. de la Hire a fait imprimer de nouvelles découvertes qu'il a faites dans les Sections Coniques par des lignes <i>asymptotes.</i></p><p>Ce mot vient d'<i>a</i> privatif, de , <i>avec,</i> &amp; de , <i>je tombe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3258" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATABALE" />
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    <head>ATABALE</head>
    <p>
    ATABALE , ou ATTABLE, sub. masc. C'est une espèce de tambour dont se servent les Maures. <i>Atabalus.</i> Quand on fait des entrées de balets composées de Maures, on leur met en main des <i>atabales,</i> &amp; des nacaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3259" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATABULE" />
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    <head>ATABULE</head>
    <p>
    ATABULE , s. m. Vent fâcheux qui règne en la Pouille, &amp; qui incommode fort les arbres &amp; les vignes. <i>Atabulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3260" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATAD" />
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    <head>ATAD</head>
    <p>
    ATAD . La place d'<i>Atad, Area Atad,</i> c'est un lieu situé à l'Orient du Jourdain, jusqu'où les Egyptiens conduisirent le corps de Jacob, avec Joseph, &amp; où ils firent ses obsèques. <i>Gen, L.</i> 10. Comme ils y pleurèrent le mort, ce lieu fut depuis appellé la plainte d'Egypte. Adrichomius prétend que la place d'<i>Atad</i> étoit en deça du Jourdain, &amp; que c'est Bethagla. Il se trompe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3261" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATAMADAULET" />
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    <head>ATAMADAULET</head>
    <p>
    ATAMADAULET , s. m. Nom du premier Ministre des Rois de Perse. C'est la même chose que le Grand Visir en Turquie, &amp; à-peu-près ce qu'étoit autrefois le Maire du Palais en France. <i>Primus Regni Persici administer.</i> Tavernier écrit <i>Athemat-doulet,</i> &amp; M. Samson <i>Etmadaulet.</i> Ce nom est Arabe, composé de deux mots, <i>Itimade,</i> &amp; <i>daulet</i> : il signifie la confiance de la Majesté, ou de la Puissance, ou de l'Empire ; ou selon Tavernier, l'appui des richesses, ou selon M. Samson, l'appui de la puissance. L'<i>Atamadaulet</i> ne commande pas ordinairement les armées en Perse, comme le Grand Visir les commande en Turquie. <i>L'Atamadaulet</i> en Perse est Chancelier du Royaume, Chef du Conseil, Sur-Intendant des Finances ; il prend soin des affaires étrangères, du commerce ; les pensions &amp; les gratifications ne se payent que par son ordre : il est comme le Viceroi de Perse ; il vise les mandemens du Roi en écrivant au dos ces paroles, <i>Bende derga Ali il Alia Etmadoluet ;</i> c'est-à-dire, <i>Moi qui suis soutien de la puissance, créature de cette Porte, qui est la plus sublime de toutes les portes.</i></p><p>L'<i>Atamadaulet</i> tire chaque mois lunaire mille tomans du trésor pour sa dépense, qui font cinq cents quarante mille livres de notre monnoie ; mais c'est là le moindre de ses revenus, car étant comme le maître de faire donner les gouvernemens, &amp; les charges de la guerre &amp; des finances à qui il lui plaît, il tire des grosses sommes des compétiteurs. De plus, tous les Gouverneurs des Provinces, &amp; les Officiers de la Cour étant obligés de donner les étrennes au Roi, ils n'osent oublier l'<i>Etmadaulet.</i> Il tire aussi un droit des provisions des charges qu'il distribue. Il a sous lui six Visirs ou Substituts qui l'aident à manier les Finances &amp; qui composent le Conseil dont il est le Chef. L'<i>Etmadaulet</i> a encore sous lui deux Secrétaires qui expédient tous les mandemens de la Cour. Samson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3262" id="1" type=" philosophique">
   <index type="head" value="ATARAXIE" />
   <index type="src_domain" value=" philosophique" />
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    <head>ATARAXIE</head>
    <p>
    ATARAXIE , s. f. Terme Philosophique . Il est purement Grec. <i>Ataraxia.</i> Les Pyrrhoniens appelloient ainsi un état tranquille, &amp; paisible ; &amp; cette immobilité de jugement qui exemte des agitations que nous recevons de l'opinion &amp; de la science que nous nous imaginons avoir. Ils faisoient consister le souverain bien dans cette <i>ataraxie.</i> Cette assiette de jugement droite &amp; inflexible des Stoiciens, qui recevoient tous les objets sans application, &amp; sans consentement, les acheminoit à l'<i>ataraxie.</i> Mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3263" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATÉ" />
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    <head>ATÉ</head>
    <p>
    ATÉ , sub. f. <i>Ate.</i> C'étoit chez les Grecs, la Déesse du mal, qui envoyoit le mal aux hommes : , <i>Ate,</i> signifie <i>mal, dommage.</i> Hésiode, <i>Theog.</i> v. 230. dit qu'elle étoit fille d'Eris ; c'est-à-dire, de la Contention, ou de la Chicanne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3264" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATELLANES" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ATELLANES</head>
    <p>
    ATELLANES , s. f. C'étoient chez les Romains certaines pièces comiques &amp; satyriques. <i>Fabulae Atellanae.</i> Elles étoient moins boufonnes que les petites pièces, &amp; les farces qui se jouent sur le théatre François ; mais elles étoient moins graves &amp; moins sérieuses que les Tragédies, ou les Comédies Grecques, ou Latines. On les appelloit <i>Atellanes,</i> d'Atella ville de Toscane, où ces sortes de pièces furent représentées la première fois. Elles devinrent si licencieuses, &amp; on y mêla tant de représentations lascives &amp; impudiques, que le Sénat fut obligé de les défendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3265" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATENANCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ATENANCHE</head>
    <p>
    ATENANCHE , s. f. <i>Induciae.</i> Vieux mot, qui a signifié cessation d'armes pour quelque temps, que des amis communs obtenoient des Gentils-hommes qui étoient en guerre. Selon Beaumanoir, quand deux Gentils-hommes étoient en guerre, celui qui appréhendoit d'être opprimé avoit quatre moyens de se délivrer de la fureur de son ennemi. Le premier étoit l'<i>atenanche</i> par amis, le second la trève par, amis, le troisième la trève par justice, le quatrième l'assurement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3266" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATERGATIS" />
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    <head>ATERGATIS</head>
    <p>
    ATERGATIS , s. f. <i>Atergatis.</i> Déesse des Syriens. Strabon, Liv. XVI. l'appelle <i>Atergata,</i> &amp; <i>Derceto.</i> Plin. Liv. V. ch. 23. la nomme <i>Atergatis,</i> &amp; dit que <i>Derceto</i> étoit le nom que les Grecs lui donnoient. Diodore de Sicile dit, Liv. II. qu'elle avoit le visage d'une femme, &amp; le reste du corps de poisson. Lucain, qui avoit vû cette idole, dit qu'elle avoit la moitié du corps de femme, &amp; l'autre de poisson. Cela a fait croire à quelques Savans, &amp; entre autres à Selden, que c'étoit Dagon, dont parle l'Ecriture dans le Livre des Juges. Vossius donne à ce mot une étymologie qui revient à ceci ; car il prétend qu'il est formé de , <i>adir,</i> grand, puissant, &amp; , <i>dag,</i> qui signifie poisson. Quelques-uns disent que la mère de Sémiramis eut tant de regret d'une foiblesse à laquelle elle se laissa aller, qu'elle se jetta dans un lac, &amp; que son corps n'ayant pû être trouvé, on crut qu'elle avoit été changée en poisson ; que c'est pour cela que les peuples de Syrie ne mangeoient point de poisson, &amp; que signifie en Syrie <i>sans poisson.</i> Macrobe au contraire dit qu'<i>Atergatis</i> étoit la terre, qui avec Adad, qui est le Soleil, produisoit tout, selon l'opinion des Assyriens. Mais Athénée, Liv. VIII. dit que Gatis fut une Reine qui aimoit extrêmement le poisson, &amp; que pour en avoir à souhait, elle avoit défendu que personne en mangeât, ; c'est-à-dire, <i>excepté Gatis.</i> Ainsi c'est là, selon lui, l'étymologie de ce nom. Selden croit qu'<i>Atergatis</i> est une corruption d'Astaroth. Voyez ce mot, &amp; Kirker, <i>Oedip. Aegypt. T. I. p.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3267" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="ATERMOIEMENT" />
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    <head>ATERMOIEMENT</head>
    <p>
    ATERMOIEMENT , s. m. Terme ou délai de payer. Terme de Palais , c'est le contrat passé entre celui qui a fait faillite &amp; ses créanciers, par lequel ils lui donnent un terme pour les payer. Souvent le même contrat porte aussi remise, comme du quart, du tiers, &amp;c. <i>Dilatio diei pecuniae.</i> Il y a des Lettres de Chancellerie par lesquelles le Prince donne un terme, ou un délai à un débiteur pour payer ses créanciers qui le pressent. On les appelle aussi <i>Lettres de répit.</i> Il se fait aussi des contrats d'<i>atermoiement</i> volontaires entre les créanciers &amp; les débiteurs. Le débiteur qui a obtenu un <i>atermoiement</i> de ses créanciers, ne peut plus faire <pb n="393" facs="bpt6k8542165/f433/full/1200,/0/native.jpg"/>cession. Les créanciers hypothéquaires ne sont obligés d'entrer en aucune composition, ou <i>atermoiement</i> avec le débiteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3268" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATERMOYER" />
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    <head>ATERMOYER</head>
    <p>
    ATERMOYER , v. act. Donner du terme, ou prolonger celui qui est échû. <i>Diem pecuniae proferre, differre.</i> Les créanciers ont <i>atermoyé</i> leur débiteur pour empêcher le divertissement de ses effets. On expédie des Lettres pour <i>atermoyer,</i> pour surseoir les payemens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3268" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATERMOYER" />
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    <head>ATERMOYER</head>
    <p>
    Atermoyé, ée , part. pass. &amp; adj. Billet <i>atermoyé. Dilatus pecuniae dies.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3269" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATERRAGE" />
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    <head>ATERRAGE</head>
    <p>
    ATERRAGE . Voyez <ref type="search" target="head:ATTERRAGE">ATTERRAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3270" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATERRIR" />
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    <head>ATERRIR</head>
    <p>
    ATERRIR . Voyez <ref type="search" target="head:ATTERRIR">ATTERRIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3271" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATH" />
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    <head>ATH</head>
    <p>
    ATH . Ou comme écrivent les Flamands AETH. s. <i>Athum.</i> Nom d'une Ville du Haynaut, sur le Dender. <i>Ath</i> a été prise par les François en 1667. &amp; en 1697. Jean Zuellard d'<i>Ath</i> a fait la description de cette Ville, imprimée en 1610.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3272" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATHALANTE" />
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    <head>ATHALANTE</head>
    <p>
    ATHALANTE , s. f. <i>Athalanta.</i> Nom propre de femme. <i>Athalante</i> étoit fille de Schénée Roi de Sciros. Sa beauté la fit rechercher en mariage ; mais elle mit pour condition à tous ceux qui la recherchèrent, qu'ils l'emporteroient sur elle à la course, ce qu'aucun ne put faire que le seul Hippomène, qui usa d'adresse en jettant des pommes d'or dans le lieu où elle couroit : <i>Athalante</i> s'étant arrêtée pour les amasser, Hippomène la devança, &amp; ensuite l'épousa.</p><p>Dans le langage de la Philosophie Hermétique, <i>Athalante</i> signifie l'eau mercuriale fugitive qui est arrêtée par les pommes d'or, c'est-à-dire, les soufres fixans &amp; coagulans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3273" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATHANASE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ATHANASE</head>
    <p>
    ATHANASE , s. m. <i>Athanasius.</i> Nom d'homme, qui signifie <i>immortel ;</i> car il vient du Grec, &amp; est formé de l' privatif, &amp; de , <i>morior, je meurs.</i> S. <i>Athanase</i> étoit un grand Docteur de l'Eglise. On fait la fète de S. <i>Athanase</i> le premier jour de Mai.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3274" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATHANATE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ATHANATE</head>
    <p>
    ATHANATE , s. m. <i>Athanatus.</i> Nom de milice chez les anciens Perses. Ce mot est Grec, &amp; signifie <i>Immortel,</i> composé de l' privatif, &amp; de , la <i>mort.</i> Les <i>Athanates</i> étoient un corps de Cavalerie de dix mille hommes toujours complet, parce qu'aussi-tôt qu'il en mouroit un, on en mettoit un autre à sa place. C'est de là qu'on les appella <i>Athanates,</i> ou <i>Immortels</i> Hésychius, Suidas, Hérodote, Liv. VII. p. 576. Quint-Curce, Liv. III. ch. 3. ont parlé des <i>Athanates.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3275" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="ATHANOR" />
   <index type="src_domain" value="chymie" />
   <index type="macro_domain" value="Chimie" />
   <index type="pred_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>ATHANOR</head>
    <p>
    ATHANOR , s. m. Terme de Chymie . C'est un grand fourneau immobile fait de brique. ou de terre, qui a une tour au milieu, où l'on met le charbon, qui communique sa chaleur par des canaux ou ouvertures qui sont aux côtés du foyer à plusieurs vaisseaux voisins où on fait différentes opérations en même-temps. On en voit plusieurs constructions &amp; figures dans la Pharmacopée de Charas.</p><p>Ce mot vient des Arabes, qui appellent <i>tanneron</i> un four. Les Grecs le nomment , qui signifie, <i>ne donnant aucun soin.</i> On l'a nommé aussi, <i>Piger Henricus,</i> parce que quand on a empli la tour de charbon, il est assez long-temps à se consumer, &amp; il n'est pas besoin d'être toujours auprès pour observer ce qu'il fait. On le nomme encore <i>Fourneau Philosophique,</i> ou <i>Fourneau des Arcanes.</i> D'autres le dérivent du vieux mot François <i>atta</i>, qui signifioit <i>fournaise,</i> Borelli. D'autres d', immortel, parce que ce fourneau est le plus propre à conserver le feu, dont on a besoin pour les opérations de Chymie.</p><p>D'autres disent qu'il ne vient point de l'Arabe, mais du mot Persien <i>tennous,</i> qui signifie, <i>four, fournaise.</i> C'est une correction qu'on avoit mise dans les additions de la première édition de ce Livre, mais qui n'est pas vraie. On dit en Persien <i>tannur,</i> &amp; non pas <i>tennous,</i> par un <i>s.</i> Ce mot originairement est Hébreu, <i>tannour, un four, une fournaise.</i> De-là il a passé dans les autres Langues, &amp; surtout en Arabe, où <i>tannour</i> signifie un four, une fournaise, &amp; avec l'article , <i>altannour,</i> qui à cause du <i>tesdit lambdale</i> se prononce <i>atthanour,</i> d'où s'est fait notre <i>Athanor,</i> que les Chymistes ont pris apparemment des Médecins Arabes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3276" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATHÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ATHÉE</head>
    <p>
    ATHÉE , s. m. &amp; f. Qui nie la Divinité ; qui ne croit pas en Dieu, ni en sa Providence ; qui n'a point de Religion vraie, ni fausse. <i>Atheos, Atheus.</i> En général on est <i>Athée</i> quand on ne reconnoît point d'être supérieur à la nature, c'est-à-dire, aux hommes &amp; aux êtres sensibles du monde : ainsi Spinosa est un franc <i>Athée,</i> quoiqu'il parle de Dieu dans tous ses Ouvrages ; &amp; quelques Savans ont tort de l'appeller Déïste, puisqu'il ne reconnoît point d'autre Dieu que la nature, dont les hommes font partie, &amp; qu'il n'y a point d'<i>Athée</i> qui nie l'existence du monde, &amp; qui ne soit convaincu de la sienne propre en particulier. On a appellé Lucien <i>Athée,</i> quoiqu'il ne se soit mocqué que des faux Dieux. Il n'y a point de Physicien ni d'Astronome qui puisse être vrai <i>Athée,</i> c'est-à-dire, nier tout-à-fait la Divinité. On prend souvent les libertins pour des <i>Athées.</i> Platon distinguoit trois espèces d'<i>Athées.</i> Les uns qui nioient absolument qu'il y eût des Dieux. Les autres qui convenant de l'existence des Dieux, soutenoient qu'ils ne se mêloient point des affaires humaines : &amp; les autres qui reconnoissoient aussi des Dieux ; mais qui s'imaginoient qu'on les appaisoit aisément par des prières, &amp; qu'on étoit quitte des plus grands crimes pour quelques supplications. On peut être <i>Athée</i> par le coeur ; mais on ne peut pas l'être par l'esprit. S. Evr. Spinosa, le Héros des <i>Athées,</i> crut se distinguer en devenant <i>Athée</i> de système &amp; de spéculation. Id. Il est inutile de raisonner contre ceux qui sont <i>Athées</i> par grossièreté, ou par débauche ; parce qu'ils ne sentent point la force d'un raisonnement. Pasc. Les <i>Athées</i> les plus déterminés font semblant de respecter les Dieux, de peur de s'attirer l'horreur des peuples, &amp; le châtiment des loix. S. Evr. La superstition entretient &amp; fortifie l'incrédulité des <i>Athées,</i> &amp; leur éloignement pour la Religion.</p><p>Le mot d'<i>Athée</i> vient d'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>Dieu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3276" id="2" type="">
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    <head>ATHÉE</head>
    <p>
    Athée , est aussi adjectif, &amp; signifie, qui est d'<i>Athée,</i> qui est impie. <i>Impius.</i> Ce sentiment est <i>athée.</i> Cette opinion est <i>athée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3277" id="1" type="">
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    <head>ATHEÏSME</head>
    <p>
    ATHEÏSME , s. f. Opinion des Athées. <i>Impietas Deum tollens, Atheismus.</i> Cette maxime libertine tient de l'<i>Athéisme.</i> Le libertinage mène à l'<i>Athéisme.</i> Les véritables Savans ne donnent point dans l'<i>Athéisme.</i> L'<i>Athéisme</i> est plutôt sur les lèvres que dans le coeur. Examinez ces braves de l'<i>Athéisme</i> à la mort, &amp; vous verrez le masque qui leur tombe du visage. S. Evr. L'<i>Athéisme</i> a été foudroyé par des adversaires redoutables, qui en ont fait voir l'absurdité, par des argumens démonstratifs. Boss. Spinosa est le premier qui ait réduit l'<i>Athéisme</i> en système, &amp; qui en ait fait un corps de doctrine lié &amp; tissu, selon les manières des Géomètres ; mais d'ailleurs son sentiment n'est pas nouveau. Bayl. Si l'idolatrie est un crime, l'<i>Athéisme</i> en est encore un plus grand. Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3278" id="1" type="">
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    <head>ATHEÏSTE</head>
    <p>
    ATHEÏSTE , s. m. signifie la même chose qu'<i>Athée</i> ; mais ce mot vieillit, &amp; n'est nullement en usage, quoique Baudouïn de l'Académie Françoise s'en soit servi. Il y a des <i>Athéistes</i> si détestables, qu'ils tachent d'avoir des disciples. Baud.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATHEMAT-DOULET</head>
    <p>
    ATHEMAT-DOULET . Voyez <ref type="search" target="head:ATAMADAULET">ATAMADAULET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3280" id="1" type="">
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    <head>ATHÉNÉE</head>
    <p>
    ATHÉNÉE , s. m. <i>Athenaeum.</i> Lieu public, dans lequel les Professeurs des Arts libéraux tenoient leurs assemblées, où les Rhéteurs &amp; les Poëtes lisoient leurs Ouvrages, &amp; où l'on déclamoit des pièces, comme il paroît par Capitolin, dans Pertinax, c. 11. &amp; dans Gordien, c. 3. par Lampridius dans Alexandre Sévère, c. 35. &amp; par Sidonius Apollinaris, <i>L. II. ep.</i> 9. <i>L. IV. ep.</i> 8. <i>L. IX. ep.</i> 14. Il paroît par ce dernier Auteur que ces lieux étoient disposés en amphitheatre, &amp; qu'il y avoit des siéges, que Sidonius appelle <i>cunei,</i> comme ceux des amphitheatres. Alexandre Sévère alloit souvent dans l'<i>Athénée</i> entendre les Rhéteurs &amp; les Poëtes Grecs &amp; Latins. Gordien s'étoit exercé dans sa jeunesse à déclamer dans l'<i>Athénée.</i> Les deux plus fameux <i>Athénées</i> ont été celui de Rome, &amp; celui de Lyon. Aurélius Victor nous apprend que c'est Hadrien qui fit construire l'<i>Athénée</i> de Rome. On se sert encore de ce mot en Latin, pour signifier les Académies des Savans, les lieux où ils s'assemblent ; mais en François on le dit peu, ou point du tout.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; vient ou du nom d'Athènes, Ville savante, &amp; où se tenoient beaucoup de ces sortes d'assemblées, ou du nom Grec de Pallas, , <i>Athéné,</i> Déesse <pb n="394" facs="bpt6k8542165/f434/full/1200,/0/native.jpg"/>des Sciences, comme si <i>Athénée</i> signifioit un lieu consacré à Pallas, ou destiné aux exercices auxquels elle préside.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3281" id="1" type="">
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    <head>ATHÉNEES</head>
    <p>
    ATHÉNEES , s. m. &amp; plur. est le nom d'une fête des Grecs à l'honneur de Minerve, qui s'appelle en Grec , <i>Athéné.</i> On appella ensuite cette fête Panathénées. Voyez Meursius de <i>Fer. Graec. p.</i> 7. &amp; dans son Livre des Panathénées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3282" id="1" type="">
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    <head>ATHÈNES</head>
    <p>
    ATHÈNES , s. f. <i>Athenae.</i> Ville de Grèce dans l'Attique. Quelques Auteurs disent qu'elle fut fondée par un certain Osius ; d'autres disent par Acrisius ; Pausanias écrit dans ses Attiques que ce fut par Actéus. Mais le sentiment le plus commun est que Cécrops en fut le Fondateur vers l'an du monde 2496. &amp; 1558. ans avant l'ère Chrétienne, que c'est pour cela qu'elle s'appella d'abord <i>Cecropia</i> ; qu'ensuite elle prit le nom de Mopsus, &amp; s'appella <i>Mopsopia</i> ; nom qu'elle changea encore en celui de <i>Ionia,</i> ou Ionie, qu'elle prit d'Ion fils de Xuthus. Enfin, elle prit celui d'<i>Athènes,</i> ou bien d'<i>Attea,</i> fille de Cranaüs, ou bien en l'honneur de Minerve qu'on appelle en Grec , <i>Athène,</i> ou <i>Athena.</i> La fable dit qu'il y eut une grande contestation entre Neptune &amp; Minerve qui des deux donneroit son nom à cette Ville ; que pour la terminer ils convinrent que celui qui produiroit la chose la plus utile au genre humain, l'emporteroit sur l'autre ; que Neptune frappant la terre de son trident en fit sortir un cheval ; que Minerve produisit un Olivier ; &amp; que la victoire lui fut adjugée. Voyez Hygin, <i>Fabul. Poet. c.</i> 164.</p><p>Phurnutus dit qu'il est bien difficile de trouver l'étymologie du mot <i>Athène,</i> que porte Minerve, &amp; qu'elle donna à <i>Athènes.</i> Platon en dit autant dans son Cratyle, pag. 407. de l'édition d'Etienne. Il ne laisse pas que de chercher cette étymologie ; &amp; il lui semble que les Anciens avoient eu de Minerve la même idée qu'en avoient les interprètes d'Homère, qui disoient que ce Poëte l'avoit prise pour l'esprit &amp; la pensée ; qu'ainsi il croit que celui qui avoit le premier donné le nom , <i>Athène,</i> à cette Déesse, avoit voulu exprimer la même chose ; mais d'une manière plus noble encore, en disant qu'elle étoit la pensée de Dieu, la pensée divine ; ensorte qu', <i>Athène,</i> n'est autre chose que , d'où en changeant l' en , selon un dialecte étranger, c'est-à-dire, le Dorique, ou l'Eolique, &amp; retranchant la terminaison de , s'est fait , puis . Il ajoûte qu'on pourroit dire encore qu'on a voulu la nommer , composé de , <i>la prudence dans les moeurs,</i> ce qui convient parfaitement bien à cette Déesse, &amp; que d', en adoucissant la prononciation, on a fait . Ainsi l'explique ce Philosophe à l'endroit que j'ai indiqué. D'autres disent que <i>Athena</i> s'est dit pour <i>Athrena,</i> , c'est-à-dire, du verbe , qui signifie <i>voir,</i> &amp; qu'elle a été ainsi nommée, parce que Minerve est la prudence. D'autres dérivent ce nom de l'<i>a</i> privatif, &amp; du verbe , <i>allaiter,</i> &amp; veulent que ait été dit pour , c'est-à-dire, qui n'a point été allaitée, qui n'a point teté, qui n'a point été en nourrice, parce qu'en effet Pallas n'ayant point été enfant, mais étant sortie du cerveau de Jupiter en âge parfait, elle ne fut point allaitée. Vossius, <i>Lib. II. de Idol. c.</i> 42. dit qu'il ne doute nullement que ce nom ne vienne de l'Orient, ou pour le moins de l'Egypte ; il croit qu'on le peut tirer du mot Hébreu , <i>Ethan,</i> qui signifie <i>fort, robuste,</i> &amp; selon lui encore, <i>perennis,</i> perpétuel, éternel. Il aime mieux néanmoins le faire venir du Chaldéen , <i>tena,</i> si usité parmi les Thalmudistes, &amp; qui est la même chose que l'Hébreu ; qu'il interprète, <i>penser, méditer, étudier, enseigner,</i> d'où vient <i>Tanaïm,</i> qui signifie <i>Docteurs.</i> Ainsi Minerve, au sentiment de cet Auteur, a été appellée , <i>Athène,</i> parce qu'elle préside à la doctrine, aux études &amp; aux sciences. L'<i>alpha</i> du commencement est l'article, dont on a seulement changé l'aspiration, comme il est arrivé en beaucoup d'autres noms. Quoi qu'il en soit, la ville d'<i>Athène</i> prit ce nom, lors qu'Amphictyon son troisième Roi l'eut consacrée à Minerve.</p><p>Platon, dans son <i>Critias,</i> décrit ce qu'étoit <i>Athènes</i> dans ses commencemens. <i>Athènes</i> dans sa naissance eut des Rois, mais ils n'en avoient que le nom ; toute leur puissance, presque restreinte au commandement des armées, s'évanouissoit dans la paix. Tourreil. Codrus, contemporain de Saül, fut le dernier. Ses enfans, Médon &amp; Nilée, disputèrent le Royaume entre eux. Les Athéniens en prirent occasion d'abolir la Royauté, &amp; déclarèrent Jupiter seul Roi d'<i>Athènes.</i> A la place des Rois, ils créèrent sous le nom d'Archontes des Gouverneurs perpétuels ; ils en réduisirent ensuite l'administration à dix ans, &amp; puis à un an. Une puissance aussi limitée que celle-là, contenoit mal des esprits si pointilleux &amp; si remuans. <i>Athènes</i> demeura ainsi longtemps hors d'état de s'accroître, trop heureuse de se conserver au milieu des longues &amp; fréquentes dissensions qui la déchiroient. Elle apprit enfin que la véritable liberté consiste à dépendre de la justice &amp; de la raison. Id.</p><p>Dracon, &amp; ensuite Solon, donnèrent des loix à <i>Athènes</i> ; Pisistrate son parent se fit ensuite reconnoître Roi. Il transmit la Royauté à ses ensans, qui en jouirent assez long-temps, &amp; jusqu'à Hippias, contre lequel ils gagnèrent la fameuse bataille de Marathon. L'Empire d'<i>Athènes,</i> qui commença peu de temps après cette victoire, dura 73 ans. Les femmes jusques au temps de Cécrops avoient eu droit de suffrage : elles le perdirent, pour avoir favorisé Minerve dans le jugement de son procès contre Neptune, à qui nommeroit la ville d'<i>Athènes.</i> Les dix Tribus d'<i>Athènes</i> élisoient par an chacune au sort 50 Sénateurs, qui composoient le Sénat des cinq cents. Chaque Tribu tour à tour avoit la préséance. Id. Cécrops, premier Roi d'<i>Athènes,</i> étoit venu d'Egypte. <i>Athènes</i> a un Archevêque, qui a six suffragans.</p><p><i>Athènes</i> fut encore plus fameuse par les gens d'esprit qu'elle produisit ou qu'elle éleva, &amp; par le soin qu'elle eut de faire fleurir &amp; de cultiver toutes les sciences, que par sa valeur, &amp; ses grands Capitaines. Les dépenses qui se faisoient à <i>Athènes</i> pour le théatre &amp; pour la représentation des pièces montoient aussi haut, au moins certaines années, que les dépenses de la guerre. Nulle part il n'y a eu tant de Philosophes, d'Orateurs, de Poëtes excellens qu'à <i>Athènes.</i> Les Poëtes sur-tout, y venoient de toutes parts satisfaire l'avidité de ce peuple pour la Comédie &amp; la Tragédie ; &amp; selon le témoignage de Platon, il n'y avoit point de voie plus courte ni plus sûre de s'enrichir. Les jeunes Romains alloient à <i>Athènes</i> faire ou perfectionner leurs études, &amp; prendre le bon goût. Les Turcs se rendirent Maîtres d'<i>Athènes</i> en 1455. L'ancienne <i>Athènes</i> étoit pleine d'idoles &amp; d'autels. On en érigea un par le Conseil d'Epiménides pour tous les Dieux d'Europe, d'Asie &amp; d'Afrique, dont l'inscription étoit,</p><p>On croit que c'est celle dont parle S. Paul <i>Act.</i> XVII, 23.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATHÈNES</head>
    <p>
    Athènes s'appelle aujourd'hui Sétines, &amp; non pas Athines, comme dit M. Tourreil, si ce n'est par les Grecs. Les Arabes l'appellent <i>Athiniah,</i> ou <i>Zaitomiah,</i> c'est-à-dire, la ville des Oliviers, &amp; ils la surnomment <i>Medinat al hhokamah,</i> la ville des Philosophes. Les Tables Arabiques lui donnent 60 ou 65 degrés, 40' de longitude, &amp; 37d 40' de latitude septentrionale. d'Herb. Les Transactions Philosophiques, T. I. p. 652. marquent la latitude d'<i>Athènes</i> à 38d 5'. Isaac Vossius dans son Traité de la grandeur de Rome dit, qu'à <i>Athènes</i> pour 20000 bourgeois on comptoit 400000 esclaves : il soutient encore qu'il y avoit plus de monde autrefois dans la seule ville d'<i>Athènes,</i> qu'on n'en trouveroit aujourd'hui dans toute la Grèce.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATHÈNES</head>
    <p>
    Athènes . M. Spon dans ses <i>Miscellanea,</i> section X. prétend qu'il y a eu aussi dans l'isle de Délos un bourg nommé <i>Athènes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATHÉNIEN, ENNE</head>
    <p>
    ATHÉNIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Qui est d'Athènes. <i>Atheniensis.</i> Les <i>Athéniens</i> portoient la gloire de leur origine jusqu'à la chimère ; &amp; descendus, si l'on en croit quelques Historiens, d'une Colonie de Saïtes, peuples d'Egypte, ils se disoient enfans de la terre. Tourreil. C'est un Prêtre de Sais qui le dit dans le Timée de Platon. Voyez aussi sur leur origine le panégyriqne d'Isocrate. Plutarque observe qu'Homère, dans le dénombrement des vaisseaux, ne donne le nom de peuple qu'aux seuls <i>Athéniens,</i> ce qui montre, non comme prétend cet Historien, que <pb n="395" facs="bpt6k8542165/f435/full/1200,/0/native.jpg"/>Thésée se démit de la Souveraineté, mais que les <i>Athéniens</i> avoient dès lors beaucoup de penchant pour la démocratie, &amp; que la principale autorité résidoit déja dans le peuple. Tourr. Solon interrogé s'il avoit donné de bonnes loix aux <i>Athéniens,</i> Oui, répondit-il ; les meilleures qu'ils étoient capables de recevoir.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATHÉNIEN, ENNE</head>
    <p>
    Athénien, enne . Est aussi adj. <i>Atheniensis.</i> Pour peu qu'un voisin eut offensé les <i>Athéniens,</i> il sentoit tout le poids de leur colère. D'où vint le proverbe rapporté par Aristote, Rhet. Liv. II. ch. 21. Voisinage <i>Athenien.</i> Tourr. A la bataille de Platée on voit les troupes <i>Athéniennes,</i> avec Aristide à leur tête, recevoir les ordres de Pausanias Roi de Lacédémone. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3284" id="1" type="medecine">
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    <head>ATHÉROME</head>
    <p>
    ATHÉROME , s. m. <i>Atheroma.</i> Terme de Médecine . C'est une espèce de tumeur, ou enflure. C'est une humeur coagulée, semblable à la substance des mammelles, &amp; renfermée dans un sac ou bourre membraneuse. Elle ne fait point de douleur, &amp; ne change point la couleur de la peau. Elle ne cède point quand on la touche, &amp; ne conserve aucun vestige du doigt quand on l'a pressée.</p><p>Ce mot est Grec, , ou , qui vient de , qui signifie une espèce de bouillie à laquelle l'humeur coagulée de l'<i>athérome</i> ressembloit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3285" id="1" type="">
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    <head>ATHLÈTE</head>
    <p>
    ATHLÈTE , s. m. Lutteur ; homme courageux &amp; robuste, qui s'attache aux exercices du corps pour combattre à la course, à la lutte, &amp; à d'autres jeux semblables, pour lesquels les Anciens avoient établi des prix. <i>Athleta, Xysticus.</i> Les <i>Athlètes</i> qui avoient remporté le prix aux jeux Olympiques, étoient couronnés d'une branche d'Olive. Pour se rendre plus robustes, les <i>Athlètes</i> vivoient dans une abstinence générale des plaisirs. Dac. Alexandre le Grand, invité de prendre part aux combats des jeux Olympiques, répondit, Je le ferai quand les autres <i>Athlètes</i> seront Rois comme moi.</p><p>On le dit figurément des Héros qui ont combattu pour leur patrie, ou pour la Foi. Les <i>Athlètes</i> de la République. Les <i>Athlètes</i> de l'Evangile. De quel honneur n'auroit-on pas jugé dignes ces incomparables <i>Athlètes</i> de la Foi ? Maucroix. Boileau a dit en parlant d'un jeune Avocat,</p><p>Ce mot vient d', en Grec, , <i>certo, pugno,</i> ou plutôt, <i>luctor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3286" id="1" type="">
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    <head>ATHLOTHÈTE</head>
    <p>
    ATHLOTHÈTE , s. m. C'est un synonyme d'Agonothète. Il signifie proprement celui qui proposoit &amp; qui distribuoit les prix aux vainqueurs dans les jeux sacrés.</p><p>Il vient du Grec , composé du Grec , <i>prix, récompense,</i> &amp; de , dans la même signification, que l'on peut voir dans l'article d'Agonothète.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3287" id="1" type="physique">
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    <head>ATHMOSPHÈRE</head>
    <p>
    ATHMOSPHÈRE , s. f. L'Académie fait ce mot masculin. Terme de Physique . C'est le bas étage de l'air, la partie de l'air la plus pesante qui environne la terre, &amp; où se forment les météores ; parce qu'elle est chargée de vapeurs, ou de nuages : c'est ce qui cause la réfraction de la lumière des astres. <i>Atmosphaera.</i> Ce mot est formé des noms Grecs vapeur, &amp; globe. Elle se termine à une certaine distance, &amp; forme comme un globe qui environne &amp; enferme celui de la terre. La lune paroît plus grande à son lever, à cause des vapeurs de l'<i>athmosphère.</i> S'il ne nous a pas été accordé de connoître la nature &amp; la disposition intérieure des parties qui composent l'assemblage des corps que nous voyons, nous ne devons pas nous flater de pouvoir comprendre la structure intime de ceux que nous ne voyons pas. Tel est le corps de l'<i>athmosphère,</i> je veux dire, de cette masse d'air qui nous environne immédiatement, &amp; où nous respirons ... <i>Spect. de la Nat.</i> M. Du Fay de l'Académie Royale des Sciences a fait plusieurs expériences, par lesquelles il paroît que non-seulement la rosée ne tombe point sur les métaux, mais qu'elle en est repoussée à une certaine distance, comme si les métaux étoient entourés d'une <i>athmosphère</i> qui écartât la rosée, &amp; l'empêchât de tomber dans tout l'espace où son action se peut étendre. Merc. <i>Déc.</i> 1736. Dans l'Histoire de l'Académie des Sciences de l'année 1709. M. de la Hire trouve que la quantité d'air qui répond au poids d'une ligne de mercure, est de 12 toises près de quatre pieds. Ainsi supposant que 28 pouces de mercure sont en équilibre avec l'<i>athmosphère</i> entière, il s'ensuit que l'<i>athmosphère</i> a 4254 toises, qui font dix-sept lieues de 3000 pas, plus 4 toises. Il faut remarquer néanmoins que l'<i>athmosphère</i> n'est pas également condensée, ni par conséquent également pesante à tous ses différens étages ; mais M. de la Hire a négligé ces différences. Voyez au mot AIR ce que nous avons dit de l'<i>athmosphère.</i></p><p>On varie sur la hauteur de l'<i>athmosphère.</i> Kepler lui donne 8 milles. Boile, en supposant que l'air fût par tout aussi comprimé &amp; aussi pesant qu'il est proche de la terre, dit que la hauteur commune de l'<i>athmosphère</i> est de 35000 pieds, c'est-à-dire, de sept milles, ce qui doit faire dans la réalité une hauteur de quelques centaines, &amp; même de quelques milliers de milles. Le même M. Boile fait monter le poids de toute l'<i>athmosphère</i> tout autour de la terre à 8' 990405732208000000 livres Romaines, ou de 12 onces ; ce qui revient à-peu-près au calcul de M. Pascal, qui donne à l'<i>athmosphère</i> 8' 283889440000000000 liv. M. Halley, fondé sur des expériences certaines, prétend, que le Mercure est à l'eau comme 13 1/3 à 1, ou fort peu près : il suppose que la gravité spécifique de l'air est à l'eau comme 1 à 800 ; de sorte que le mercure est à l'air comme 10800 à 1 ; qu'ainsi un cylindre d'air de 10800 pouces, ou 900 pieds, est égal à 1 pouce de mercure ; en sorte que si tout l'air étoit par-tout également comprimé, par-tout également dense, la hauteur de l'<i>athmosphère</i> seroit de plus de 5 milles &amp; 110 de mille. Mais l'étendue de l'air augmentant à proportion que son poids diminue, l'étendue de l'<i>athmosphère</i> doit être infiniment plus grande. Harris.</p><p>On appelle encore <i>Athmosphère</i> en Physique, le tourbillon d'Atomes, ou de corpuscules qui s'exhalent, &amp; qui voltigent autour de chaque corps.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATHOS</head>
    <p>
    ATHOS , s. m. <i>Athos.</i> Montagne de Macédoine, qui s'avance dans l'Archipel en forme de Presqu'isle, entre le Golfe de Contessa &amp; celui de <i>Monte-Sancto,</i> qui est le nom que les Grecs donnent aujourd'hui à cette montagne, , qu'ils prononcent , d'où les Turcs ont fait le nom qu'ils lui donnent, <i>Aionoroz.</i> Elle a environ dix lieues de circuit ; son isthme n'a qu'une demi-lieue, Xerxès le perça pour y faire passer sa flotte. Son sommet est si haut, qu'il s'élève au-dessus de la région où se forment les pluies. Aujourd'hui elle n'est habitée que par des Caloyers. Ils y ont vingt-quatre Monastères, qui renferment plus de 5000 Moines. Maty. Quelques Auteurs, &amp; entre autres Bellonius, ont traité de fable la fosse de Xerxès, parce qu'ils n'en ont point trouvé de vestiges ; mais quelle merveille qu'il n'en reste point depuis tant de siecles ? On en voyoit encore au temps d'Elien. Voyez <ref type="search" target="head:Liv">Liv</ref>. XIII. <i>De Animal. c.</i> 20. Le Père Montfaucon a donné à la fin de sa Palaeographie une description des Monastères du mont <i>Athos.</i></p><p>Stésicrate, ou selon Vitruve, Dinocrate, proposa à Alexandre de lui faire une statue du mont <i>Athos.</i></p><p>Jésuite. <i>Traduction d'une pièce du Père Commire sur ce dessein de Stésicrate.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3289" id="1" type="">
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    <head>ATHYR</head>
    <p>
    ATHYR , s. m. <i>Athyr.</i> Nom d'un mois Egyptien qui répond à-peu-près à notre mois de Novembre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3290" id="1" type="">
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    <head>ATHYTE</head>
    <p>
    ATHYTE , s. m. <i>Athyton.</i> Sacrifice sans victime. Lucien les appelle , <i>sacrifices sans fumée.</i> C'étoient ceux des pauvres qui n'avoient pas le moyen d'offrir des victimes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3291" id="1" type="">
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    <head>ATINTER</head>
    <p>
    ATINTER , v. act. Vieux mot, qui signifioit autrefois, Parer, orner ; &amp; il se disoit particulièrement des épousées. <i>Ornare, adornare.</i> Cette femme est toujours <i>atintée</i> comme une épousée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3292" id="1" type="">
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    <head>ATITRER</head>
    <p>
    ATITRER , Voyez <ref type="search" target="head:ATTITRER">ATTITRER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3293" id="1" type="">
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    <head>ATLANTE</head>
    <p>
    ATLANTE . <i>Atlantes.</i> Nom que les Grecs donnoient aux figures qui portoient des fardeaux dans l'Architecture. On le trouve aussi dans la basse Latinité pour colonnes. Voyez <i>Acta Sanct. Bened. saec. III. P. I. p.</i> 185.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3294" id="1" type="">
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    <head>ATLANTIDE</head>
    <p>
    ATLANTIDE , s. f. Nom de pays. <i>Atlantis.</i> Quelques Anciens ont parlé de ce pays, &amp; en ont dit même plusieurs particularités, sans qu'il nous soit plus connu pour cela. Platon est celui qui l'a écrit plus distinctement &amp; plus en détail dans son Timée &amp; dans son Critias. Voici en peu de mots ce qu'il en dit. L'<i>Atlantide</i> étoit une très-grande Isle de l'Océan occidental, située devant ou vis-à-vis le détroit d'Hercule, que nous appellons aujourd'hui détroit de Gibraltar. De cette Isle on passoit aisément dans d'autres, qui étoient vis-à-vis un grand continent, beaucoup plus étendu que n'est l'Europe &amp; l'Asie. Neptune s'étoit établi dans cette Isle ; il la partagea entre ses dix enfans. Le dernier eut en partage l'extrémité de l'Isle nommée <i>Gadir,</i> qui dans la langue naturelle de ces peuples signifie , <i>fertile,</i> ou <i>abondant en brebis.</i> Les descendans de Neptune y regnèrent de père en fils pendant plusieurs siècles, l'aîné succédant toujours à son père. Ils occupèrent une grande quantité d'autres Isles, &amp; passant en Europe &amp; en Afrique ils subjuguèrent toute la Lybie, jusqu'à l'Egypte, &amp; toute l'Europe, jusqu'à l'Asie mineure. Enfin cette Isle fut submergée, &amp; long-temps après la mer étoit encore toute boueuse en cet endroit-là, c'est-à-dire, pleine de vase &amp; de bancs.</p><p>Rudbecks, Professeur en l'Université d'Upsal, dans un Livre intitulé <i>Atlantica, sive Manheim,</i> &amp; imprimé en 1624. prétend que l'<i>Atlantide</i> de Platon est la Suède, &amp; attribue à son pays tout ce que les Anciens ont dit de l'<i>Atlantide,</i> ou Isle Atlantique. Quand on lira le précis que je viens de faire, de ce qu'en dit Platon, on sera surpris que l'on ait pû prendre la Suède pour l'<i>Atlantide.</i> Aussi Rudbecks, quelque plein d'érudition que soit son livre, a-t'il passé dans le Nord même pour un visionnaire en ce point. D'autres ont cru que l'<i>Atlantide</i> étoit l'Amérique, mais ce que Platon dit de cette Isle, n'y peut convenir. L'Amérique, à mon sens, est bien plutôt ce grand &amp; vaste continent qui étoit au-delà de l'<i>Atlantide,</i> &amp; des autres Isles, dont parle Platon. Becman, dans son <i>Hist. des Isles</i> ch. 5. a pensé bien plus sensément que Rudbecks, quand il dit que l'<i>Atlantide</i> étoit une grande Isle qui s'étendoit des Canaries aux Açores, &amp; que ces Isles en sont les restes que la mer n'a pas engloutis.</p><p>Quelques-uns disent <i>Atlantique, Atlantica,</i> au lieu de <i>Atlantide,</i> qui paroît meilleur. On dit aussi l'Isle Atlantique, <i>Atlantica insula.</i> Elle prit ce nom d'Atlas, fils-aîné de Neptune, qui y régna après son Père. Voyez Platon aux endroits que j'ai cités.</p><p>Les Arabes parlent d'une Isle sèche, ou plutôt d'une Isle continent, qu'ils nomment <i>Gezirat Kheschk.</i> Cette Isle sèche qui peut passer pour continent, est située, selon les Musulmans, au-delà du mont Caf, &amp; est, pour ainsi dire, un monde séparé du nôtre, qu'ils appellent aussi <i>Agiaib al makhloucat,</i> les merveilles de la nature. On ne peut douter, dit M. d'Herbelot, que cette Isle ne soit l'Isle <i>Atlantique,</i> ou l'<i>Atlantide</i> de Platon, au-delà du mont Atlas, qui est appellé par les Orientaux <i>Caf.</i> On est aussi assez persuadé, continue-t'il, que cette Isle <i>Atlantique</i> est l'Amérique, à laquelle le titre d'<i>Agiaib almakhloucat,</i> ou merveilles du monde, convient fort bien. Ainsi l'on voit que ce nouveau monde n'a pas été entièrement inconnu aux Anciens. Le même Auteur dit ailleurs que les Géographes Orientaux, qui parlent de cet autre monde, qu'ils appellent la Merveille des créatures, n'en parlent qu'avec beaucoup d'obscurité, &amp; de la même manière que Platon a parlé de l'Isle <i>Atlantique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3295" id="1" type="">
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    <head>ATLANTIDES</head>
    <p>
    ATLANTIDES , s. f. &amp; plur. <i>Atlantides.</i> C'est le nom que les Poëtes donnent à la constellation qu'on appelle autrement Vergilies, <i>Vergiliae,</i> composée de plusieurs étoiles, dont cinq sont appellées Hyades, &amp; les autres Pleïades. On les nomme <i>Atlantides,</i> parce que les Poëtes les font filles d'Atlas &amp; de Pleïone fille de l'Océan &amp; de Téthys.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3296" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATLANTIQUE" />
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    <head>ATLANTIQUE</head>
    <p>
    ATLANTIQUE , adj. m. &amp; f. <i>Atlanticus.</i> L'Isle <i>Atlantique, Insula Atlantica,</i> est l'Atlantide dont nous venons de parler. La mer ou plutôt l'Océan <i>Atlantique, Oceanus Atlanticus,</i> est, selon les Anciens, la vaste mer qui entoure tout le continent d'Europe, d'Asie &amp; d'Afrique. Voyez Platon dans le Critias, Cicéron dans le songe de Scipion, &amp; Macrobe sur cet ouvrage de Cicéron Liv. II. ch. 9. Mela Liv. I. ch. 3. &amp; 5. &amp; Liv. III. ch. 10. n'appelle Océan <i>Atlantique,</i> que la partie de cet Océan qui est à l'Occident de notre continent, c'est-à-dire, de l'Europe &amp; de l'Afrique. Pline ne semble pas lui donner plus d'étendue Liv. VI. ch. 31. Voyez encore Solin ch. 56. &amp; les notes de Saumaise. Aujourd'hui les Géographes ne donnent pas toujours la même étendue à l'Océan <i>Atlantique.</i> Quelquefois ils n'y renferment que la mer d'Espagne, celle des Canaries &amp; du Cap verd, depuis le Cap de Finisterre jusqu'à celui de Sierra Liona. D'autrefois ils y renferment tout l'Océan, qui est entre l'Europe &amp; l'Afrique d'un côté, &amp; de l'autre l'Amérique, &amp; entre le cercle du pole arctique &amp; la ligne équinoctiale. L'Océan <i>Atlantique,</i> si l'on en croit Platon dans son Critias, a pris ce nom, aussi-bien que l'Atlantide, d'Atlas fils-aîné de Neptune, qui régna dans l'Atlantide, comme nous l'avons dit. Pline Liv. V. ch. 1. dit que c'est du mont <i>Atlas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3297" id="1" type="">
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    <head>ATLAS</head>
    <p>
    ATLAS , s. m. <i>Atlas.</i> Nom propre d'homme. <i>Atlas</i> fils de Jupiter &amp; de Climene, &amp; frère de Prométhée, fut Roi de Mauritanie, selon la fable. Hésiode <i>Theog. v.</i> 509. dit qu'il étoit fils, non pas de Jupiter, mais de Japhet &amp; de Climène. L'Oracle l'ayant averti qu'il se donnât de garde d'un fils de Jupiter, il ne recevoit aucun étranger chez lui. Persée, indigné de cela, lui présenta la tête de Meduse &amp; le changea en montagne. Ovide Metam. Liv. IV. v. 656. On a dit qu'<i>Atlas</i> portoit le Ciel sur ses épaules, ou parce qu'<i>Atlas</i> étoit un grand Astronome, qui trouva le premier l'usage &amp; l'invention de la Sphère ; ou parce que la montagne dans laquelle on dit qu'il fut changé est très-haute, &amp; semble toucher le Ciel de sa cime. S. Aug. <i>de Civ. Dei Lib.</i> XVIII. <i>cap.</i> 8. &amp; Diodore de Sicile Liv. III. chap. 6. Pline Liv. II. ch. 8. Diodore le fait fils du Ciel, frère de Saturne, &amp; grand-père de Mercure ; &amp; il dit qu'il montoit souvent sur la montagne qui porte son nom, pour observer les astres, &amp; que c'est là ce qui a donné occasion à la fable. D'autres disent qu'<i>Atlas</i> ne fut point l'inventeur de la Sphère, comme Pline le prétend, puisque ce n'est qu'Archimède qui la trouva ; mais qu'il découvrit le premier que le monde étoit une Sphère. Servius, sur le VIIIe Livre de l'Enéïde, distingue trois <i>Atlas,</i> l'un de Mauritanie qui est le plus célèbre ; un autre d'Italie père d'Electre, &amp; un troisième Roi d'Arcadie père de Maïa, qui fut mère de Mercure. Apollodore donne aussi lieu de distinguer ces trois <i>Atlas.</i> Alexander Polyhistor a cru que cet <i>Atlas</i> étoit Enoch, qui fut, selon lui, l'inventeur de la science des Cieux &amp; des Astres.</p><p>Guido Bentivoglio avoit pour devise un <i>Atlas</i> portant le Ciel, avec ce mot, <i>Majus opus,</i> pour marquer que ce qu'il entreprenoit, étoit quelque chose de plus important que l'emploi d'<i>Atlas.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATLAS</head>
    <p>
    Atlas , s. m. <i>Atlas.</i> Nom propre de montagnes. Le mont <i>Atlas</i> est une haute montagne de l'Afrique. Pomponius Mela Liv. III. ch. 10. Pline Liv. V. <i>Hist. Nat.</i> ch. 1. Lucain Liv. IX. Phars. v. 654. le mettent sur la côte Occidentale d'Afrique. Les mêmes Auteurs disent qu'il est si haut, que les nuées empêchent qu'on ne voie sa cime, qui s'élève plus haut que la région où elles se forment ; &amp; à voir la manière dont ils la décrivent, le mont <i>Atlas</i> n'étoit chez les Anciens qu'une seule montagne qui s'élevoit en cone jusqu'au-dessus des nuées. C'est l'idée que Mela nous en donne à l'endroit que j'ai cité. En dépit de tous ces Auteurs, Rudbecks Médecin Suédois, qui imprima, il y a environ 39 ans les origines ou les antiquités de Suède sous le titre d'<i>Atlantica,</i> prétend qu'il faut chercher en Suède le mont <i>Atlas.</i> Il se fonde sur un passage d'Apollodore, qui dans son second livre dit que les pommes des Hespérides n'étoient pas en Libye, comme quelques-uns le croyoient, mais sur l'<i>Atlas</i> qui est dans les Hyperboréens : paroles qui montrent qu'Apollodore s'éloigne du sentiment commun, sans en apporter la moindre raison. Il se fonde en second lieu sur ce que Virgile met l'essieu du Ciel sur les épaules d'<i>Atlas,</i> comme si l'essieu du Ciel en <pb n="397" facs="bpt6k8542165/f437/full/1200,/0/native.jpg"/>langage de Poëte étoit autre chose que le Ciel. 3°. Il confirme la conjecture par cette raison, que les montagnes d'Afrique sont couvertes d'orangers, de citroniers, d'amandiers, de figuiers, &amp; de raisins ; au lieu que les Poëtes ne donnent que des pins, des neiges, des glaçons au mont <i>Atlas,</i> ce qui s'accorde merveilleusement avec une situation septentrionale. Tout ce raisonnement est d'un homme qui vit dans le Septentrion, &amp; qui ne connoît guère les pays du Midi : les Pyrénées, les Alpes, l'Appennin, sont souvent couverts de neige en plein été, &amp; tandis que leur pied est tout couvert d'orangers, de citroniers, de figuiers, &amp;c. on ne voit que des pins sur leur sommet. Le Liban, qui est entre le 33 &amp; le 34e degré de latitude septentrionale, c'est-à-dire, à la même hauteur que l'<i>Atlas</i> d'Afrique, le Liban, dis-je, est toujours couvert de neiges, &amp; ne porte au sommet que des cèdres &amp; d'autres semblables arbres, tandis qu'il croît à mi-côte de fort bon vin. Enfin dans le Pérou, qui est tout dans la zone torride, &amp; dont une partie même est sous la ligne, il y a cependant des montagnes, sur lesquelles il neige &amp; il grêle, comme dans les pays Septentrionaux. Ainsi ce n'est pas merveille que sur l'<i>Atlas</i> &amp; vers le tropique il y eût des pins, des neiges, &amp; des glaçons. Mais ce qui est plus positif, c'est que tous nos Voyageurs d'Afrique &amp; nos Géographes confirment ce que disent de l'<i>Atlas</i> les anciens Poëtes, que ces montagnes sont couvertes de neiges, &amp; que l'hiver y est très-rude &amp; très-long, comme nous allons le dire.</p><p>Aujourd'hui le mont <i>Atlas</i> n'est pas un seul sommet, mais de grandes &amp; longues chaînes de montagnes ; &amp; l'on distingue le grand &amp; le petit <i>Atlas.</i> Le grand <i>Atlas, Atlas major,</i> est une grande chaîne de montagnes, qui s'étend du Levant au Couchant, entre la Barbarie &amp; le Bildulgérid, depuis le Cap de Ger au Royaume de Maroc, jusques aux confins du Royaume de Tripoli. Là déclinant vers le Midi, elles traversent le Bildulgérid, &amp; vont côtoyer le Zaara jusques au désert de Barca où elles se terminent. Les hautes croupes de l'<i>Atlas</i> sont si élevées qu'elles sont toujours environnées de nues ; aussi sont-elles extrêmement froides &amp; désertes. Il n'y a dans ces montagnes que deux saisons de six mois chacune, l'Hiver &amp; l'Eté. Cela n'est pas particulier au mont <i>Atlas</i> ; toutes les grandes montagnes situées dans les climats chauds ont la même température d'air. Les neiges &amp; les glaces y entretiennent long-temps le froid ; mais quand le Soleil s'en est approché, &amp; a fondu tout cela, les chaleurs y sont grandes à leur tour, &amp; y durent assez long-temps. Maty. Tout ceci confirme ce que nous disions tantôt contre l'<i>Atlas</i> de Rudbecks.</p><p><i>Le Petit Atlas, Atlas minor,</i> est une branche du grand <i>Atlas,</i> qui s'étend d'Orient en Occident entre le Royaume de Fez, &amp; celui de Maroc : si cependant le petit <i>Atlas</i> est l'Errif, il doit s'avancer vers la Méditerranée ; car c'est-là qu'on place le mont Errif. Voyez Marmol Liv. I. ch. 4, 5, 7. &amp; Diego de Torrez <i>Histoire des Chérifs</i> ch. 79.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATLAS</head>
    <p>
    Atlas , s. m. Est aussi, selon Hérodote, un nom de fleuve qui sort du mont Aemus, &amp; se jette dans le Danube.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ATLAS" />
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    <head>ATLAS</head>
    <p>
    Atlas , s. m. Terme de Médecine , est un nom que quelques-uns donnent à la première vertèbre du col, qui supporte la tête, par allusion à cette montagne d'Afrique qui est si haute, qu'on croit qu'elle porte le Ciel, &amp; à la fable qui a voulu faire croire que le Roi <i>Atlas,</i> Seigneur de ce pays-là, portoit le Ciel sur ses épaules, pour figurer que c'étoit un grand Astronome. <i>Atlas.</i> L'<i>Atlas</i> n'a point d'apophyse épineuse, parce que les mouvemens de la tête ne se font point sur cette vertèbre, mais sur la seconde ; &amp; étant obligée de se tourner tout autant de fois que la tête se meut circulairement, si elle eût eu un apophyse épineuse, elle eut incommodé le mouvement des muscles dans l'extension de la tête. Elle est d'une substance plus déliée &amp; plus dure que les autres vertèbres. Elle en diffère encore, en ce que les autres vertèbres reçoivent d'une part &amp; sont reçues de l'autre : au contraire, celle-ci reçoit par ses deux extrémités ; car deux éminences de l'occiput entrent dans ses deux cavités supérieures, qui font son articulation avec la tête ; &amp; en même temps deux autres éminences de la seconde vertèbre entrent dans ses deux cavités inférieures qui les articulent ensemble. Dionis.</p><p>On appelle aussi <i>Atlas,</i> un livre de Géographie Universelle qui contient toutes les Cattes du monde, comme si on les voyoit du haut de cette montagne, que les Anciens ont crû être la plus haute de la terre ; ou plutôt, parce que ce livre porte en quelque sorte tout le monde comme <i>Atlas.</i> C'est pour cela qu'à la tête du grand <i>Atlas</i> on a mis un <i>Atlas</i> qui porte le monde sur ses épaules. Ce grand <i>Atlas</i> est un livre imprimé par Blaew en plusieurs grands volumes <i>in-fol.</i> qui contient non-seulement toutes les Cartes du monde, mais encore des explications de ces Cartes, &amp; une Géographie entière.</p><p>On appelle aussi <i>Atlas,</i> en Latin <i>Atlas,</i> ces figures ou demi-figures d'hommes, qui au lieu d'une colonne ou d'un pilastre, soutiennent quelque membre d'architecture, ou un balcon, ou quelqu'autre morceau, &amp; qu'on nomme autrement Telamons, <i>Telamones.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATOME</head>
    <p>
    ATOME , s. m. Petit corpuscule de toutes sortes de figures, qui entre dans la composition de tous les autres corps. <i>Atomus.</i> Les <i>atomes</i> ne tombent pas sous les sens à cause de leur extrême petitesse, qui les dérobe à la vûe. Moschus Phénicien, Leucippe, &amp; Démocrite, ont été les premiers Philosophes qui ont établi la doctrine des <i>atomes.</i> Plusieurs Philosophes ont eu la même opinion sous d'autres noms. Empédocle admettoit quatre élémens, composés de fragmens fort déliés ; Héraclide supposoit une poussière très-subtile, &amp; indivisible ; &amp; Platon divisoit les quatre élémens en parcelles invisibles, &amp; compréhensibles seulement par l'entendement. Cette opinion si ancienne a été depuis renouvellée par Epicure, &amp; par Lucrèce, &amp; fort bien expliquée par Gassendi, &amp; par Bernier son Traducteur &amp; son Abbréviateur. Les <i>atomes</i> sont la matière première &amp; préexistente, &amp; incorruptible, de laquelle toutes choses sont engendrées, &amp; dans laquelle toutes choses se résolvent en dernier lieu. Les <i>atomes</i> ne sont pas censés indivisibles seulement, parce qu'étant dénués de toute grandeur, ils n'ont point de parties ; mais ils sont indivisibles, parce qu'ils sont si solides, si durs &amp; si impénétrables, qu'ils ne donnent point lieu à la division ; &amp; qu'il n'y a aucun vuide qui donne entrée à une force étrangère pour les séparer, &amp; pour en désunir les parties. Comme les <i>atomes</i> sont la matière première, il faut bien qu'ils soient indissolubles, afin qu'elle soit incorruptible. Les Epicuriens ayant remarqué que leurs <i>atomes</i> tombant perpendiculairement, ne pouvoient se joindre, &amp; se prendre l'un à l'autre, y ajoûtèrent un mouvement de côté, &amp; fortuit, &amp; leur fournirent des parties courbes &amp; crochues, pour les rendre propres à s'accrocher, &amp; à s'unir les uns aux autres. Cependant il est difficile de soutenir, que les <i>atomes</i> sont leur propre cause à eux-mêmes, &amp; qu'ils sont éternels. S. Evr. La matière aveugle, &amp; qui s'est formée de l'amas confus des <i>atomes,</i> n'a pû produire un chef-d'oeuvre aussi admirable que l'Univers. Id. Les Anciens ont dit que la nature avoit assemblé tous les <i>atomes</i> de la sagesse pour composer Epicure. Mal.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>indivisible,</i> d' privatif, &amp; , <i>seco.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATOME</head>
    <p>
    Atome , se prend aussi pour toutes sortes de petits corps &amp; grains de poussière voltigeans qui sont sensibles à la vûe. On en fait même d'artificiels avec une poudre très-subtile enfermée dans une bouteille, qui continue son mouvement pendant plus de dix ans. Elle se fait avec un amalgame de Mercure &amp; de Jupiter, &amp; du sublimé, après qu'ils ont été plusieurs fois dissous, &amp; qu'ils ont passé par le feu de chasse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATOME</head>
    <p>
    Atome , est aussi un nom qu'on a donné au plus petit de tous les animaux, qu'on a découvert avec les plus excellens microscopes. C'est un animal qui ne paroît pas plus qu'un grain de sable le plus délié, &amp; passé par le tamis tel qu'on le voit sans microscope, pendant qu'un de ces grains de sable paroît avec le microscope, gros comme une noix ordinaire. On lui a découvert plusieurs pieds, le dos blanc &amp; plein d'écailles. On ne sauroit trop admirer l'art de l'ouvrier lequel a construit cette multitude d'insectes, qui sont comme autant d'<i>atomes</i> organisés &amp; animés. Malb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3299" id="1" type="philosophie">
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    <head>ATOMISTE</head>
    <p>
    &#9758; ATOMISTE , adj. Terme de Philosophie . Qui prétend que les corps sont composés d'atomes ou de parties indivisibles. <i>Voyage du Monde de Descartes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3300" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ATONIE" />
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   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>ATONIE</head>
    <p>
    &#9758; ATONIE , s. f. Terme de Médecine Grec francisé, qui <pb n="398" facs="bpt6k8542165/f438/full/1200,/0/native.jpg"/>signifie dérangement, débilité, affoiblissement. Le plomb dans sa préparation de sucre de Saturne, cause des <i>atonies</i> dans les nerfs, d'où viennent des atteintes d'impuissance &amp; de paralysie qu'il attire souvent à ceux qui en usent.... Il est des hemorrhagies ou des pertes de sang, qui viennent par l'<i>atonie,</i> c'est-à-dire, par la violence faite &amp; restée au mouvement tonique des vaisseaux, lesquels demeurent béans, pour ainsi dire, dans leurs diamètres entr'ouverts. <i>Brigandage de la Médecine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3301" id="1" type="">
   <index type="head" value="A TORS ET A TRAVERS" />
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    <head>A TORS ET A TRAVERS</head>
    <p>
    A TORS ET A TRAVERS , adv. Inconsidérément, aveuglément, à l'étourdie. <i>Temerè, inconsultè, inconsideratè.</i> Parler <i>à tors &amp; à travers.</i> A tort, &amp; à travers, est mal dit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3302" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATOUR" />
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    <head>ATOUR</head>
    <p>
    ATOUR , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois tout ce qui servoit à orner &amp; à parer une femme. <i>Ornatus, mundus muliebris.</i> Chez la Reine il y a encore une Dame d'<i>atour,</i> qui la coëffe, qui l'habille, &amp; qui garde les pierreries. On dit en Burlesque, Elle est brave comme une épousée avec ses beaux <i>atours.</i></p><p>On l'a dit aussi des habillemens des hommes. Les plus libertins des Chrétiens souvent au commencement de l'année, comme à présent au Carême-entrant, abusant de la licence aucunement permise de se réjouir plus qu'en autre saison, se déguisoient dans ces <i>atours</i> de Dieux payens, faisant mille folies inexcusables. Tristan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3302" id="2" type="coutumes & de droit">
   <index type="head" value="ATOUR" />
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    <head>ATOUR</head>
    <p>
    Atour , en termes de Coutumes &amp; de Droit , signifie Statut, ou Ordonnance faite par le Maire d'une ville, qu'on appelle en quelques lieux <i>Atourné. Decretum, Edictum Praetoris urbani.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3303" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATOURNARESSE" />
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    <head>ATOURNARESSE</head>
    <p>
    ATOURNARESSE , s. f. Vieux mot. Qualité qu'on donnoit aux femmes qui faisoient métier de coëffer, de parer &amp; de louer des pierreries aux épousées, aux Dames qui se vouloient parer pour le bal, pour une cérémonie. <i>Cosmeta, ornatrix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3304" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATOURNÉ" />
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    <head>ATOURNÉ</head>
    <p>
    ATOURNÉ , s. m. C'est ainsi qu'on appelloit anciennement un Procureur, ou celui qui fait les affaires d'un autre en vertu de la procuration qu'il en a. P<i>rocurator.</i> Autrefois on écrivoit <i>Atorné.</i> M. Du Cange nous apprend ce que c'étoit que l'<i>Atorné,</i> par ces paroles d'un vieux Coutumier manuscrit de Normandie. Li <i>Atorné,</i> est cil qui pardevant justice est <i>atorné</i> pour aucun en eschaquier, ou en assise, ou il aet recort, pour poursuivre &amp; pour défendre sa droiture. Et si doit estre receu en autre tel estat de la querelle, comme cellui en est ali <i>atorné.</i> Et quant il l'a <i>atorné,</i> li <i>atornez</i> ne doit estre de rien ois, fors de la querelle de quoi il est <i>atorné.</i></p><p>On appelle aussi en quelques Coutumes <i>Atournés,</i> ceux qu'on appelle ailleurs Maires. <i>Praetor urbanus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3305" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATOURNER" />
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    <head>ATOURNER</head>
    <p>
    ATOURNER , v. act. Vieux mot, qui signifioit autrefois, Orner &amp; parer une Dame. <i>Ornare, adornare, comere.</i> Il est hors d'usage dans le sérieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3305" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATOURNER" />
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    <head>ATOURNER</head>
    <p>
    Atourné, ée , part. <i>Ornatus, comptus.</i> Vous voilà bien <i>atournée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3306" id="1" type="jeu de cartes">
   <index type="head" value="A-TOUT" />
   <index type="src_domain" value="jeu de cartes" />
   <index type="macro_domain" value="Jeu" />
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    <head>A-TOUT</head>
    <p>
    A-TOUT , s. m. Terme de jeu de cartes , du jeu de la Triomphe. Carte qui emporte toutes les autres, ou plutôt, qui se peut jouer contre quelqu'autre carte que ce soit. Ce sont celles qui sont de même espèce que celles de quoi il tourne : par exemple, s'il tourne de pique, tous les piques sont des <i>a-tous.</i> Les règles du jeu veulent que quand celui qui joue le premier a joué une carte d'une espèce, par exemple un coeur, on joue contre cette carte une autre carte de même espèce, si l'on en a, c'est-à-dire, un autre coeur, à moins qu'on ne lui oppose un <i>a-tout,</i> c'est-à-dire, une qui soit de la même espèce que celle dont il tourne ; car celles-là sont privilégiées, on peut les jouer contre toutes les autres espèces, elles les emportent, &amp; ne cèdent qu'à celles qui sont de leur même espèce, &amp; plus considérables ; par exemple, le plus bas pique, s'il en tourne, l'emportera sur les Rois même de toutes les autres sortes, de coeur, de trèfle, de carreau. C'est donc pour cela, parce qu'elles vont à tout, qu'on les joue à tout, c'est-à-dire, non-seulement contre celles de leur espèce, mais encore contre toutes les autres, c'est pour cela, dis-je, qu'on les nomme <i>a-tout.</i> Faire <i>a-tout.</i> Jouer <i>a-tout.</i> Il n'a pas un <i>a-tout.</i> Ce mot ne devroit pas avoir de pluriel, cependant à en juger par la prononciation, qui allonge la dernière syllabe, quand on parle de plusieurs de ces sortes de cartes, il semble que l'usage lui en donne un, &amp; que l'on dise ; j'ai perdu tous mes <i>a-tous,</i> tous mes <i>a-tous</i> s'en sont allés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3307" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATRABILAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>ATRABILAIRE</head>
    <p>
    ATRABILAIRE , adj. m. &amp; f. Mélancolique, qui est d'un tempérament où la bile noire domine. <i>Atrâ bile affectus.</i> Il est aussi substantif. C'est un <i>Atrabilaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3308" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATRABILE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ATRABILE</head>
    <p>
    ATRABILE , s. f. Terme dont on se sert dans les Traités de Physique. Il signifie bile noire. <i>Atra bilis.</i> L'<i>atrabile</i> domine dans le lion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3309" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATRACTYLIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>ATRACTYLIS</head>
    <p>
    ATRACTYLIS . N'est point le chardon beni. Cette plante jette une tige ferme &amp; blanche dont on fait des fuseaux dits , dont les Anciens se servoient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3310" id="1" type="">
   <index type="head" value="A TRAVERS" />
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    <head>A TRAVERS</head>
    <p>
    A TRAVERS , Préposition. Voyez <ref type="search" target="head:TRAVERS">TRAVERS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3311" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>ATRE</head>
    <p>
    ATRE , s. m. Le sol, ou le bas d'une cheminée, entre les jambages, qui est garni de carreau, de brique, de pavé ou de fer ; le lieu où l'on fait le feu. <i>Focus.</i> La réparation des <i>atres,</i> est une des menues réparations dont sont tenus les locataires. Se mettre à l'<i>atre</i> ; c'est parmi les nourrices, s'asseoir sur l'<i>atre.</i> On dit aussi l'<i>atre</i> d'un four.</p><p>Ce mot vient, selon quelques-uns, de <i>atrium,</i> qui signifie <i>cour.</i> Ménage dit qu'il vient de <i>atrum</i>, parce qu'il est noir par la fumée. Mais du Cange soutient qu'il vient du mot <i>astrum</i>, qui signifioit autrefois une maison toute entière, &amp; que c'est un mot Saxon qui signifioit un <i>foyer,</i> ou une fournaise. Il ajoûte que ce nom a été étendu à tout le logis, comme nous avons appellé un <i>feu</i> toute la famille. Il dit aussi, que tous les foyers s'appelloient autrefois <i>atre,</i> &amp; <i>aitre,</i> dont on voyoit encore une marque en cette phrase, Savoir les <i>aitres</i> du logis, pour dire, en reconnoître les chambres, &amp; les foyers.</p><p>On dit proverbialement, qu'en telle maison il n'y a rien si froid que l'<i>atre,</i> pour dire, qu'on y fait mauvaise chère, qu'il n'y a point d'ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3312" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ATRIER" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>ATRIER</head>
    <p>
    ATRIER , s. m. Vieux terme de Coutume . C'est en Normandie le lieu où le Seigneur tient sa Justice. <i>Forum, Tribunal.</i> Voyez Terrien Liv. V. ch. 4. p. 175. Edit de 1654.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3313" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATROCE" />
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    <head>ATROCE</head>
    <p>
    ATROCE , adj. m. &amp; f. Outré, excessif, énorme. <i>Atrox.</i> Il n'est pas permis d'informer pour des injures, si elles ne sont <i>atroces.</i> Le parricide est un crime <i>atroce.</i> C'est un cas <i>atroce.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3314" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATROCITÉ" />
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    <head>ATROCITÉ</head>
    <p>
    ATROCITÉ , s. f. Qui a quelque chose d'atroce. <i>Atrocitas.</i> On condamne à faire réparation d'honneur, selon le degré d'<i>atrocité</i> des injures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3315" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ATRONCHEMENT" />
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    <head>ATRONCHEMENT</head>
    <p>
    ATRONCHEMENT , s. m. Terme de Coutume . <i>Atronchement</i> de bois, c'est un droit qu'un Seigneur a de faire saisir par son Juge, &amp; scier par le pied un arbre qui a été coupé, afin qu'en rejoignant ces deux parties, on reconnoisse ceux qui ont fait le vol. Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3316" id="1" type="science hermetique">
   <index type="head" value="ATROP" />
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    <head>ATROP</head>
    <p>
    ATROP . Terme de la science hermétique . Il signifie le plomb des Philosophes. Si ce mot vient de la Langue Arabe, comme le dit l'Auteur du Dictionnaire Hermétique, il faut que ce soit de , <i>asrob,</i> qui signifie du plomb. Il n'est point rare qu'un <i>s</i> se change en <i>t</i> ; &amp; moins encore qu'un <i>b</i> se change en <i>p.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3317" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ATROPHIE" />
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    <head>ATROPHIE</head>
    <p>
    ATROPHIE , s. f. Terme de Médecine , qui se dit d'une maladie, qui fait que le corps, ou un de ses membres ne prend point de nourriture, &amp; devient dans une étrange maigreur, ce que le peuple appelle <i>Etre en chartre. Atrophia.</i> Le lait de femme tiré à la mammelle, est bon pour ceux qui ont l'<i>atrophie</i> ; le lait de cavale leur est aussi très-bon, mais il faut toujours y mettre un peu de sucre. Degori.</p><p>Ce mot vient d' privatif, &amp; , <i>je nourris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3318" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATROPOS" />
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    <head>ATROPOS</head>
    <p>
    ATROPOS , s. f. <i>Atropos.</i> C'est le nom de l'une des trois Parques. Ce mot est Grec, &amp; signifie, qui ne change point, ou bien qui ne se tourne vers personne pour écouter ses prières. Il est composé de l' privatif, &amp; de , <i>je tourne.</i> Hésiode, dans le Bouclier d'Hercule, v. 259. dit que cette Parque n'étoit pas grande Déesse, qu'elle étoit cependant la plus puissante &amp; la plus âgée des deux autres Parques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3319" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTABLER" />
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    <head>ATTABLER</head>
    <p>
    ATTABLER , v. n. Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. S'asseoir autour d'une table, soit pour jouer, soit pour manger. <i>Assidere mensae.</i> Ils se sont <i>attablés</i> pour jouer, pour dîner. On s'en sert rarement.</p><p>Ce mot vient de <i>tabula</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3320" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTACHANT, ANTE" />
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    <head>ATTACHANT, ANTE</head>
    <p>
    ATTACHANT, ANTE , part. act. masc. &amp; fém. Il ne se dit guère que dans le sens figuré. <i>Deliniens, capiens.</i> Les grandeurs du monde les plus <i>attachantes</i> sont des fantômes qui frappent, qui trompent, &amp; qui n'ont point de réalité. Ab. de la Tr. Cet Orateur dit d'une maniére fort <i>attachante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3321" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTACHE" />
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    <head>ATTACHE</head>
    <p>
    ATTACHE , s. f. Le lien qui joint deux choses ensemble. <i>Vinculum, ligamen.</i> Elles s'emboîtent l'une dans l'autre sans ferremens, ni sans <i>attache.</i> Ablanc.</p><p>On appelle des chiens d'<i>attache,</i> des chiens qu'on tient attachés pendant le jour de peur qu'ils ne mordent. On dit aussi des lévriers d'<i>attache.</i></p><p>On appelle des bas d'<i>attache,</i> de grands bas qui vont jusqu'au haut des cuisses, &amp; qu'on attache à des trousses, ou à des culottes.</p><p>Dans les hôtelleries on fait payer le droit d'<i>attache,</i> quand on met les chevaux au ratelier, encore qu'on ne leur fournisse rien à manger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3321" id="2" type="anatomie">
   <index type="head" value="ATTACHE" />
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   <index type="macro_domain" value="Anatomie" />
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    <head>ATTACHE</head>
    <p>
    Attache , en termes d'Anatomie , est le ligament qui attache une partie du corps à un autre. <i>Ligamen.</i> Les <i>attaches</i> des poumons sont le médiastin qui les attache au sternum &amp; au dos, la trachée artère qui les attache au col, l'artère &amp; la veine des poumons, qui les attachent au coeur, &amp; quelquefois des ligamens fibreux, qui les attachent à la pleure &amp; au diaphragme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3321" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTACHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>ATTACHE</head>
    <p>
    Attache , en termes de Charpenterie , est la grosse pièce de bois qui soutient &amp; entretient un moulin à vent, qui porte à plomb sur les soles, &amp; autour de laquelle le moulin tourne.</p><p>Lettres d'<i>attache,</i> sont une Permission, ou des Lettres que donnent les Officiers des lieux sur d'autres Lettres de Chancellerie, ou sur la sentence d'un autre Juge, pour leur servir d'une espèce de vérification, &amp; pour pouvoir être exécutées dans leur ressort. <i>Edictum, proscriptum libello fixo.</i> Il ne suffit pas d'avoir des provisions d'une telle charge de Finance pour être payé de ses gages, il faut prendre l'<i>attache</i> des Trésoriers de France. Il faut prendre l'<i>attache</i> du Gouverneur pour exécuter un ordre dans sa place.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3321" id="4" type="">
   <index type="head" value="ATTACHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ATTACHE</head>
    <p>
    Attache , se dit figurément en Morale de l'engagement qu'on a à quelque chose. <i>Studium, amor.</i> Ce jeune homme a une forte <i>attache</i> pour cette femme. Il a beaucoup d'<i>attache</i> à l'étude. Il vaudroit mieux se servir du mot <i>attachement</i> en ces endroits-là. On dit bien, il joue avec <i>attache,</i> pour exprimer qu'il joue avec beaucoup d'ardeur &amp; d'application. <i>Attachement</i> ne seroit pas si bien. Bouh. Mrs. de Port-R. disent pourtant, Avoir de l'<i>attache</i> à son sentiment, à son sens : avoir de l'<i>attache</i> aux vanités, aux richesses, &amp; à la vie. Ils s'en servent aussi au pluriel : Quand on a une fois goûté les choses spirituelles, tout ce qui se ressent des <i>attaches,</i> &amp; de la contagion de la chair &amp; du sang, paroît insipide. Toutes les amitiés humaines seront anéanties par la mort, &amp; nous entrerons dans une solitude éternelle, où toutes nos <i>attaches</i> seront rompues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3322" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTACHEMENT" />
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    <head>ATTACHEMENT</head>
    <p>
    ATTACHEMENT , s. m. est la même chose qu'<i>attache</i> en certains endroits ; mais il ne se dit qu'au figuré, de la passion ou de la liaison qu'on a avec quelque personne, ou quelque parti ; de l'application qu'on donne à quelque chose. Cet homme a trop d'<i>attachement</i> au jeu. Quand <i>attachement</i> se dit des choses, il régit plus ordinairement le datif ; &amp; l'accusatif avec une préposition, quand il se dit des personnes. Si M. de la Roch. a dit : L'<i>attachement</i> &amp; l'indifférence que nous avons pour la vie, sont des goûts de l'amour propre ; c'est peut-être qu'<i>indifférence</i> a entraîné <i>attachement</i> dans le même régime. Bouh. Rien ne flatte plus agréablement les femmes que l'<i>attachement,</i> &amp; la soumission aveugle que l'on a pour elles. S. Evr. Un coeur noble, par un servile <i>attachement</i> à sa famille, est quelquefois entraîné à toutes les bassesses des ames intéressées. P. Gail. Ces violentes amitiés d'Oreste &amp; de Pylade, passeroient aujourd'hui pour des <i>attachemens</i> outrés, qui ne sont bons qu'à faire le sujet d'une Tragédie. S. Evr. Il se fait un plaisir, &amp; non pas un <i>attachement</i> sérieux du commerce des femmes. P. de Cl. Que dirai-je de son <i>attachement</i> immuable à la Religion de ses ancêtres ? Flech. Un homme peut tromper une femme par un feint <i>attachement</i> pourvû qu'il n'en ait pas ailleurs un véritable. La Bruy. Une vertu trop desséchée gagne notre estime sans avoir notre <i>attachement.</i> Ablanc. L'opiniâtreté est un <i>attachement</i> excessif à nos sentimens. Id. Un long <i>attachement</i> est d'ordinaire accompagné d'ennui &amp; de dégoût. S. Evr.</p><p>On dit au pluriel, les <i>attachemens</i> de la terre. Elle survécut à ses grandeurs, afin qu'elle pût survivre aux <i>attachemens</i> de la terre. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    ATTACHER , v. act. Joindre quelque chose à un autre avec un lien, avec quelque ferrement, ou autre chose propre à la lier, &amp; à l'unir avec un autre. <i>Alligare, colligare.</i> Il a <i>attaché</i> son cheval à un arbre. <i>Attacher</i> des pièces ensemble avec un filet. <i>Attacher</i> un placard à un carrefour. <i>Attacher</i> le petard à la porte d'un château. <i>Attacher</i> un tableau à la muraille avec un clou. Le noeud qui <i>attachoit</i> le joug du timon étoit fait d'écorce. Ablanc. En ce sens le mot d'<i>attacher</i> se dit aussi des personnes, &amp; entre dans des façons de parler figurées qui sont très-belles.</p><p>On le dit aussi en parlant de plusieurs supplices. <i>Attacher</i> au gibet, au carcan. <i>Attacher</i> en croix. <i>Attacher</i> à la chaîne.</p><p>On dit absolument <i>Attachez-vous</i> ; pour dire, Arrêtez votre haut-de-chausse.</p><p>Ménage dérive ce mot du Latin <i>attachiare,</i> qui se trouve dans les Auteurs, &amp; a été fait de <i>attaxare,</i> ou <i>attexere.</i> Il vient plutôt de <i>tach,</i> qui en langage Celtique, ou Bas-Breton, signifie <i>clou,</i> &amp; <i>tacha, clouer,</i> parce qu'on <i>attache</i> avec des clous. Icquez le dérive de <i>teacan</i>, mot Saxon, ou de <i>tacan,</i> mot pris des Langues du Nord. Ces deux mots veulent dire <i>prendre ;</i> on y a ajoûté la préposition <i>ad</i> en changeant le <i>d</i> en <i>t,</i> pour rendre la prononciation plus douce.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    Attacher , se dit figurément en Morale, pour dire, Attirer, engager, unir à soi par quelque chose d'agréable ou d'utile. <i>Allicere, devincire.</i> Dans une narration il faut savoir <i>attacher</i> l'esprit par le choix, &amp; par l'amas des plus considérables circonstances. Boil. Il faut éviter les femmes &amp; le jeu ; cela <i>attache</i> trop.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    Attacher , se dit aussi pour joindre &amp; unir si fortement les choses ensemble qu'on les fasse dépendre les unes des autres, comme si elles étoient inséparables. <i>Illigare, vincire, astringere.</i> L'humeur austère des vieilles gens ne manque pas d'<i>attacher</i> du crime aux plaisirs dont leur âge les prive. S. Evr. Mon sort est maintenant <i>attaché</i> au vôtre. Le Ciel n'<i>attache</i> point mon bonheur à ses jours. Racin.</p><p>Ceux qui tiennent à la vérité sans raison auroient la même obstination pour l'erreur, si le hazard les y avoit <i>attachés.</i> Les Rois n'ont pas besoin de rafiner beaucoup pour s'appercevoir que les louanges qu'on leur donne sont <i>attachées</i> à leur rang. Font. Comme je ne suis <i>attaché</i> à rien, la mort me trouvera toujours prêt à partir. M. Scud. Je veux rompre les noeuds qui m'<i>attachent</i> à vous. Racin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    <pb n="400" facs="bpt6k8542165/f440/full/1200,/0/native.jpg"/> Attacher , se dit aussi pour Entraîner, forcer quelqu'un à appliquer son esprit à la considération d'une chose, l'y rendre attentif par quelque charme secret. La Tragédie doit intéresser, &amp; <i>attacher</i> les spectateurs. S. Evr. L'Histoire <i>attache</i> le Lecteur par le récit des évènemens merveilleux. Inventez des ressorts qui puissent m'<i>attacher.</i> Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    Attacher . C'est quelquefois Faire dépendre une chose d'une autre, faire que l'une soit la cause, ou l'occasion de l'autre. Dieu a <i>attaché</i> notre bonheur dans cette vie &amp; pour la vie future à la pratique des vertus Chrétiennes. Ces évènemens sont autant de moyens auxquels Dieu avoit <i>attaché</i> notre sanctification. Ab. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    Attacher , avec le pronom personnel, signifie, Se coller, s'accrocher. <i>Inhaerere, adhaerescere,</i> La terre grasse s'<i>attache</i> aux souliers, la poix aux habits. Quand on se noie, on s'<i>attache</i> à tout ce qu'on peut attraper. Et figurément, on dit, qu'un homme s'<i>attache</i> auprès de quelqu'un ; pour dire, qu'il lui fait la cour, qu'il se dévoue à son service, soit par devoir, soit par affection. Je m'<i>attache</i> à tout votre destin. Mol. Ce n'est pas l'éclat de ta fortune qui nous <i>attache</i> à toi. Vaug.</p><p>On dit en ce même sens qu'un homme est trop <i>attaché</i> à son sens, <i>attaché</i> à son profit, <i>attaché</i> à ses intérêts ; pour dire, qu'il est opiniâtre, qu'il est avare, qu'il ne relâche rien de ses prétentions.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    Attacher , avec le pronom personnel, signifie encore, S'appliquer à quelque chose. <i>Animum adjungere alicui rei ad aliquid incumbere.</i> S'<i>attacher</i> à l'étude ; s'<i>attacher</i> à remplir les devoirs de sa charge ; s'<i>attacher</i> au barreau, s'<i>attacher</i> au solide ; s'<i>attacher</i> à la volupté ; pour dire, s'y appliquer fortement, s'y addonner entièrement. L'agrément de ceux qui s'<i>attachent</i> plus à bien parler, qu'à bien penser, ne plaît pas long-temps. Vall. Les hommes naturellement malins ne s'<i>attachent</i> qu'aux défauts des autres, &amp; ne remarquent pas leurs vertus. Bell.</p><p>On dit aussi s'<i>attacher,</i> pour dire, avoir de l'attachement &amp; de l'inclination pour quelqu'un, ou pour quelque chose. <i>Studere alicui.</i> Les mélancoliques croient aimer ceux à qui ils ne s'<i>attachent</i> que par un choix capricieux. M. Esp. Celui qui s'<i>attache</i> à la vérité sans raison est opiniâtre. Ablanc.</p><p>On dit aussi en mauvaise part, qu'un homme s'<i>attache</i> à un autre, lorsqu'il prend plaisir à faire de continuelles médisances de lui, &amp; à lui faire sans cesse quelque querelle, ou quelque outrage. <i>Insectari aliquem.</i></p><p>On dit proverbialement qu'il faut que la vache broute où elle est <i>attachée</i> ; pour dire, qu'il faut vivre du mieux qu'on peut dans le lieu où on est contraint de demeurer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTACHER</head>
    <p>
    Attaché, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Alligatus, vinctus, fixus ; defixus.</i> Il n'osoit avoir les yeux <i>attachés</i> sur elle, parce qu'il craignoit de laisser trop voir le plaisir qu'il avoit à la regarder. P. de Cl.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUABLE</head>
    <p>
    &#9758; ATTAQUABLE , adj. Qu'on peut attaquer. Ce n'est point cette partie de l'arrêt qui seroit <i>attaquable. Mém. de M. le Duc du Maine.</i> 1716.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3325" id="1" type="">
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    <head>ATTAQUANT</head>
    <p>
    ATTAQUANT , adj. &amp; s. Qui attaque, qui est aggresseur. <i>Oppugnator.</i> Les premiers <i>attaquans</i> ont souvent l'avantage du combat.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUE</head>
    <p>
    ATTAQUE , s. f. Aggression, action de celui qui querelle ou qui insulte le premier. <i>Aggressio.</i> L'Aggresseur qui a commencé l'<i>attaque,</i> doit être le plus sévèrement puni par les Juges. On appelle aussi <i>attaque,</i> le combat qu'on donne pour forcer un poste, ou un corps de troupes. <i>Irruptio, impressio.</i> Ce brave fut tué à l'<i>attaque</i> d'une telle place. On fit deux fausses <i>attaques,</i> &amp; une véritable en donnant l'assaut. Plusieurs Auteurs ont écrit de l'<i>attaque,</i> &amp; de la défense des places. On dit, Commencer, entreprendre, donner, soutenir une <i>attaque.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUE</head>
    <p>
    Attaque , se dit aussi des tranchées &amp; des travaux qu'on fait pour approcher d'une place. <i>Oppugnatio.</i> L'<i>attaque</i> de la droite fut plutôt achevée que celle de la gauche. On dit aussi, Emporter une place par de droites <i>attaques,</i> c'est-à-dire, dans les formes, &amp; par des travaux réglés, au lieu de la prendre par insulte. <i>Fausse attaque,</i> est un travail que l'on pousse seulement pour obliger les assiégés à partager leurs forces.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUE</head>
    <p>
    Attaque , se dit figurément des reproches, ou demandes qu'on fait, ou directement, ou par des paroles couvertes &amp; ambiguës. <i>Exprobratio.</i> Il lui donne toujours quelque <i>attaque</i> sur son avarice.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUE</head>
    <p>
    Attaque , se dit aussi figurément pour Atteinte, insulte. <i>Oppugnatio.</i> Le riche est exposé aux <i>attaques</i> du Démon. Maucroix. Les grands hommes cèdent quelquefois aux plus légères <i>attaques,</i> &amp; il y a toujours dans leur ame quelque endroit mal gardé. Vill.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUE</head>
    <p>
    Attaque , se dit aussi des avant-coureurs, ou signes, ou commencemens de plusieurs maladies. <i>Morbi tentatio.</i> Il a eu quelques <i>attaques</i> de la pierre, de la goutte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3327" id="1" type="">
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    <head>ATTAQUER</head>
    <p>
    ATTAQUER , v. act. Commencer une attaque, une querelle, une insulte. <i>Provocare, lacessere, adoriri.</i> Il a <i>attaqué</i> ce pauvre homme qui ne lui disoit mot. Il est du droit naturel de se défendre quand on est <i>attaqué.</i> Cicéron, après avoir hautement blâmé ceux qui <i>attaquent</i> les personnes, au lieu de n'<i>attaquer</i> que les raisons, souilla lui-même le Barreau par des injures. Bail. On a établi que c'est aux hommes à <i>attaquer,</i> &amp; aux femmes à se défendre, parce que les hommes se défendroient trop bien. Font. On peut douter de la vertu d'une femme qui n'a point été <i>attaquée.</i> S. Evr. On dit à la table, Je vous <i>attaque</i> ; pour dire, je vous porte une santé. On disoit autrefois <i>attacher : Et leur commanda qu'ils allassent attacher l'ennemi.</i> Amiot. Apparemment parce qu'on s'attache, ou qu'on paroît s'attacher à ceux qu'on <i>attaque.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUER</head>
    <p>
    Attaquer les ennemis, une place. <i>Oppugnare, invadere, aggredi.</i> Il <i>attaqua</i> l'ennemi jusques dans ses retranchemens. <i>Attaquer</i> en flanc, c'est <i>attaquer</i> les côtés d'un bataillon. On le dit aussi au jeu. Un bon joueur d'échets doit toujours <i>attaquer.</i> On dit encore <i>attaquer</i> une proposition.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUER</head>
    <p>
    Attaquer , signifie aussi, Entreprendre, offenser. On <i>attaque</i> l'innocence par de faux soupçons. Ils <i>attaquent</i> la mémoire de votre père. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUER</head>
    <p>
    Attaquer , avec le pronom personnel, signifie, Se prendre à quelqu'un ; le vouloir rendre garant, ou responsable de quelque chose. <i>Aggredi, lacessere, adoriri.</i> Si cet homme a perdu son argent, il ne faut pas qu'il s'<i>attaque,</i> ou qu'il s'en prenne à moi. Il ne faut pas s'<i>attaquer</i> à Dieu, quand il nous arrive quelque disgrace. Le caractère de l'envie est de s'<i>attaquer</i> aux plus louables actions. S. Evr. Tibère n'osa s'<i>attaquer</i> à ma personne, parce qu'il me crut assez aimé des soldats pour n'être pas <i>attaqué</i> impunément. Vill.</p><p>Ce mot marque d'ordinaire le sentiment qui fait entreprendre d'<i>attaquer</i> une personne plus puissante que soi, &amp; qu'on devroit redouter.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTAQUER</head>
    <p>
    Attaqué, ée , part. pass. &amp; adjectif. <i>Oppugnatus, lacessitus.</i> Celui qui se sent <i>attaqué</i> dans son foible, conçoit le même dépit qu'une femme laide à qui on présente le miroir. Bell. On dit en proverbe, A bien <i>attaqué,</i> bien défendu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3328" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTÉDIER" />
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    <head>ATTÉDIER</head>
    <p>
    ATTÉDIER , v. act. Ennuyer, importuner quelqu'un par de mauvais contes, par de sots discours. <i>Fastidium, nauseam parere.</i> Ce méchant Prêcheur sait l'art d'<i>attédier,</i> d'endormir ses auditeurs.</p><p>Ménage, après Vossius, dérive ce mot de <i>attaediare,</i> qui se trouve dans quelques Auteurs, pour dire, <i>taedio afficere.</i> Il n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3329" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTEINDRE" />
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    <head>ATTEINDRE</head>
    <p>
    ATTEINDRE , v. act. <i>J'atteins. J'atteignis. J'ai atteint. J'atteindrai ;</i> que <i>j'atteigne.</i> Parvenir à quelque chose éloignée de nous, soit à l'égard du temps, soit à l'égard du lieu. <i>Attingere, contingere.</i> On ne sauroit disposer de son bien qu'on n'ait atteint l'âge de majorité. Ce cordeau ne sauroit <i>atteindre</i> le bout de l'allée. Je vous <i>atteindrai</i> avant la dînée. Tu as beau suivre les Scythes, je te défie de les <i>atteindre.</i> Vaug. Ceux qui lançoient des javelots, ne pouvoient <i>atteindre</i> les frondeurs. Les armes à feu <i>atteignen</i>t de loin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3329" id="2" type="">
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    <head>ATTEINDRE</head>
    <p>
    <pb n="401" facs="bpt6k8542165/f441/full/1200,/0/native.jpg"/> Atteindre , v. n. Se dit figurément en Morale. <i>Assequi, consequi.</i> Plusieurs Géomètres ont écrit de la Quadrature du Cercle ; mais pas un n'a <i>atteint</i> au but. Il faut tâcher d'<i>atteindre</i> à la perfection Chrétienne. Il vaut mieux exceller dans le médiocre, que de s'égarer en voulant <i>atteindre</i> au grand &amp; au sublime. La Bruy. Tu aspires où tu ne saurois <i>atteindre.</i> Vaug.</p><p>Plusieurs ont imité Virgile, mais pas un ne l'a <i>atteint.</i> Il est actif dans ces derniers exemples.</p><p>On dit proverbialement à ceux qui briguent quelque charge, ou autre chose où ils ne peuvent parvenir, que leur épée est trop courte, qu'ils n'y sauroient <i>atteindre.</i> On dit aussi, Il ne faut qu'une queue de vache pour <i>atteindre</i> au ciel, mais il faut qu'elle soit bien longue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3329" id="3" type="palais">
   <index type="head" value="ATTEINDRE" />
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    <head>ATTEINDRE</head>
    <p>
    Atteint, einte , part. pass. &amp; adj. Touché, frappé, blessé : dans le propre &amp; dans le figuré. <i>Impetitus, percussus, lasus. Atteint</i> d'une flèche. <i>Atteint</i> d'un coup. Ceux qui étoient <i>atteints</i> de ce mal récitoient des Tragédies. Ablanc.</p><p>En termes de Palais , on déclare qu'un homme est <i>atteint</i> &amp; convaincu du crime, dans le jugement qui le condamne. <i>Convictus.</i> Il faut remarquer qu'il y a quelque différence entre ces mots <i>atteint,</i> &amp; <i>convaincu,</i> en ce que le mot <i>atteint</i> se dit seulement d'un accusé contre lequel il y a simplement des indices, ou des preuves imparfaites, ce qu'on dit autrement, <i>Etre prévenu du crime :</i> au lieu que le mot de <i>convaincu</i> se dit de celui contre lequel il y a une preuve claire &amp; certaine. Le trouvant <i>atteint</i> de plusieurs concussions, il le fit mourir. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3330" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTEINTE" />
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    <head>ATTEINTE</head>
    <p>
    ATTEINTE , s. f. Action par laquelle on atteint, on frappe &amp; on blesse. <i>Petitio.</i> Ce brave s'est trouvé en cent occasions sans avoir reçû la moindre <i>atteinte.</i></p><p>On dit aussi figurément en matière de disputes &amp; d'écrits, Cet Auteur au lieu d'épuiser la matière &amp; de décider la question, n'y a donné qu'une foible <i>atteinte. Leviter perstringere.</i> Cette preuve est hors des <i>atteintes</i> de la chicane. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3330" id="2" type="manege">
   <index type="head" value="ATTEINTE" />
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    <head>ATTEINTE</head>
    <p>
    Atteinte , en termes de Manége , se dit dans les courses de bague, quand on l'a seulement touchée avec la lance, au lieu d'avoir mis dedans pour l'emporter. Il a gagné le prix de cette course de bague, il a eu deux dedans &amp; une <i>atteinte.</i> On dit aussi, qu'un cheval se donne des <i>atteintes,</i> quand d'un de ses pieds il blesse l'autre, soit par devant, soit à côté. On le dit aussi quand il en reçoit d'un autre cheval qui marche trop près de lui.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="ATTEINTE" />
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    <head>ATTEINTE</head>
    <p>
    Atteinte , se dit figurément en Morale de ce qui ôte de la force d'un contrat, ou d'une loi, ou qui y déroge en quelque façon. Il n'a pas voulu passer cet acte, de peur de donner <i>atteinte</i> à sa donation. On a donné <i>atteinte</i> à un tel Edit par la Déclaration qu'on a obtenue ensuite. Tout ce qu'il peut dire ne sauroit donner <i>atteinte</i> à mes drois. Patr.</p><p>On le dit aussi dans un sens tout semblable, en parlant des résolutions que l'on forme, des desseins que l'on prend. Il faut demeurer ferme dans ses résolutions, &amp; ne rien écouter de ce qui peut leur donner la moindre <i>atteinte.</i> Ab. de la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTEINTE</head>
    <p>
    Atteinte , signifie aussi, Légère attaque, soit de maladie, soit de paroles. <i>Tentatio levis.</i> Il a tous les hivers quelques <i>atteintes</i> de goutte. Il lui a donné quelques <i>atteintes</i> sur sa vanité. La médisance donne de rudes <i>atteintes</i> à la réputation la mieux établie. Un amant dit aussi, qu'il a reçu de mortelles <i>atteintes</i> de sa maîtresse. J'ai reçû de vos yeux une <i>atteinte</i> fatale. Gomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3331" id="1" type="">
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    <head>ATTELAGE</head>
    <p>
    ATTELAGE , s. m. Assemblage, ou assortissement d'animaux attachés pour traîner, ou tirer une charrue, ou un carrosse, &amp;c. <i>Jumentorum &amp; currûs instrumentum.</i> On ne sauroit trouver un <i>attelage</i> de chevaux bien pareils. On dit qu'un Laboureur a deux <i>attelages</i> de boeufs, ou de chevaux ; quand il en a un nombre suffisant pour labourer à deux charrues en même temps.</p><p>Quand on dit absolument, un <i>attelage,</i> cela s'entend de sept chevaux pareils, dont il y en a six pour tirer, &amp; un volontaire, dont on se sert quand quelqu'un des autres vient à manquer. Cet Ambassadeur avoit à son entrée six beaux <i>attelages.</i></p><p>Il y a une fort jolie pièce de feu M. l'Abbé Regnier, intitulée l'<i>Attelage,</i> où il prend ce mot figurément pour les vertus &amp; les qualités qu'il faut avoir pour vivre heureux, &amp; qui finit par ces mots :</p><p>On dit de deux hommes grossiers, &amp; qui sont de même taille, Ce seroit-là un bel <i>attelage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3332" id="1" type="">
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    <head>ATTELER</head>
    <p>
    ATTELER , v. act. Attacher des chevaux, ou autres bêtes de voiture à quelque machine roulante sur des roues. <i>Equos ad rhedam, ad currum jungere.</i> L'art d'<i>atteler</i> les chevaux a été introduit dans la Grèce vers le temps de Bellerophon, qui, suivant le calcul du P. Petau, vivoit 13. ou 14. cents ans avant Jesus-Christ. Selon l'opinion la plus commune, Erichthonius, ou Erechthée Roi d'Athènes en fut l'inventeur. On ne les atteloit point à la queue les uns des autres, mais de front. <i>Journ. des Sav. Fév.</i> 1734. <i>Atteler</i> des chevaux à une charrue, à un chariot. Les Poëtes feignent que le chariot de Junon étoit <i>attelé</i> de deux paons ; celui de Vénus de deux pigeons. Les Heures <i>attèlent</i> les chevaux du soleil. Ablanc. Les chariots étoient <i>attelés</i> de quatre chevaux de front. Vaug. Ainsi on peut dire, <i>atteler</i> les chevaux au carosse ; mais l'usage le plus ordinaire est pour <i>mettre les chevaux au carosse.</i> Il étoit défendu par la loi de Moise d'<i>atteler</i> le boeuf avec l'âne.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>attelare.</i> Voyez-le.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3332" id="2" type="">
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    <head>ATTELER</head>
    <p>
    Atteler , se dit aussi figurément des Porteurs de chaise, qui sont comme attachés à la chaise qu'ils portent : au moins un très-habile Académicien s'en est-il servi dans ce sens. On n'avoit pas encore imaginé d'<i>atteler</i> des hommes à une litière. La Bruy.</p><p>M. l'Abbé Regnier l'a dit aussi en choses morales, dans la pièce qu'il a intitulée l'<i>Attelage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3332" id="3" type="">
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    <head>ATTELER</head>
    <p>
    Attelé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Ad rhedam, currum junctus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3333" id="1" type="">
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    <head>ATTELIER</head>
    <p>
    ATTELIER , s. m. Prononcez l'<i>a</i> long, &amp; ne faites sentir qu'un <i>t,</i> comme si l'on écrivoit <i>âtelier.</i> Lieu où plusieurs ouvriers travaillent ensemble. <i>Officina.</i> Il se dit principalement des bâtimens. Il y a un grand <i>attelier</i> au Louvre, à l'Arsenal. On le dit aussi des lieux où les Charpentiers, Peintres, Sculpteurs, tiennent plusieurs ouvriers qui travaillent sous leurs ordres à de grosses besognes. On a fait cesser les <i>atteliers</i> pour avoir des soldats.</p><p>Ce mot peut venir de ce que en quelque lieu on a donné le nom d'<i>atteliers</i> aux bassecours des grandes maisons de campagne, à cause que c'étoit le lieu où l'on atteloit les chevaux &amp; les boeufs aux charrues, chariots &amp; charrettes ; &amp; où logeoient aussi les Forgerons, Selliers &amp; Charrons, &amp; autres ouvriers nécessaires pour faire valoir les terres ; d'où il a été transporté aux autres lieux où plusieurs autres ouvriers travaillent ensemble.</p><p>M. de la Mare, dans son <i>Traité de la Police,</i> Tom. II. pag. 1042. rapporte un Arrêt du Parlement, où <i>Hattelier</i> est toujours écrit par un <i>h.</i> Ce n'est pas l'usage.</p><p>On le dit quelquefois de la machine dont un artisan a besoin pour travailler. <i>Instrumentum.</i> Un tour est l'<i>attelier</i> d'un Tourneur.</p><p>On dit aussi figurément d'une maison, ou d'une chambre mal propre, Voilà un vilain, un étrange <i>attelier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3333" id="2" type="">
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    <head>ATTELIER</head>
    <p>
    Atteliers de vers à soie. Ce sont des piliers ou des soliveaux dressés dans une chambre avec des perches, des claies, des rameaux, où les vers à soie filent. Isnard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3334" id="1" type="chirurgie">
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    <head>ATTELLE</head>
    <p>
    ATTELLE , s. f. Terme de Chirurgie , qui se dit de ce qui sert avec les bandages à lier &amp; panser les fractures des os. <i>Ferulae.</i> Les <i>attelles</i> sont faites de papiers collés ensemble, ou de bois mince &amp; délié, ou de lames de fer blanc, ou d'autre matière semblable, dure &amp; flexible. On les applique sur les os fracturés ou luxés pour les tenir fermes ou en état, depuis qu'ils sont remis, jusqu'à ce qu'ils soient tout-à-fait consolidés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3334" id="2" type="potier">
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    <head>ATTELLE</head>
    <p>
    Attelle . Terme de Potier . C'est un morceau de bois qu'on se met au doigt pour lever la poterie qu'on fait sur la roue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3335" id="1" type="vitrier">
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    <head>ATTELLES</head>
    <p>
    ATTELLES . Terme de Vitrier . Morceaux de bois creux, dont les Plombiers &amp; les Vitriers enveloppent la poignée de leur fer à souder, pour ne se point brûler. Ils les appellent quelquefois des <i>moufflettes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3335" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTELLES" />
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    <head>ATTELLES</head>
    <p>
    Attelles , se dit aussi des planches de bois qu'on met au-devant d'un collier de chevaux de coche, de charrue, ou de charrette. <i>Equini helcii alatae ferulae.</i> Du Cange dérive ce mot <i>de astula, à tollendo nuncupata, quasi abstula,</i> car c'est une espèce de petit copeau. Il croit aussi que le mot <i>éclat</i> vient de la même origine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3336" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTELOIRE" />
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    <head>ATTELOIRE</head>
    <p>
    ATTELOIRE , s. f. Cheville qu'on met dans les limons pour y engager &amp; arrêter les traits des chevaux de charroi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3337" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENANT, ANTE" />
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    <head>ATTENANT, ANTE</head>
    <p>
    ATTENANT, ANTE , adj. Ce qui joint, qui touche à un autre qui y tient. <i>Attinens, pertinens.</i> Il a acquis une vigne <i>attenante</i> à la sienne. Ce pré <i>attenant</i> est encore à lui. La bassecour est <i>attenante</i> au château.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3337" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTENANT, ANTE" />
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    <head>ATTENANT, ANTE</head>
    <p>
    Attenant , est aussi adverbe &amp; préposition. Ils sont logés <i>attenant</i> l'une de l'autre, tout proche. <i>Propè, proximè.</i> Il a bâti <i>attenant</i> ma maison, tout <i>attenant</i> de mon mur. Si vous savez où est une telle Eglise, je suis logé tout <i>attenant :</i> il vaut mieux dire, <i>tout proche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3338" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENDANT, ANTE" />
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    <head>ATTENDANT, ANTE</head>
    <p>
    ATTENDANT, ANTE , adj. Qui espère, qui attend. <i>Expectans, praestolans.</i> Il y a à Paris un Hôtel nommé <i>des Sots attendans,</i> en la rue Darnetal, qui doit une rente à l'Hôtel de Bourgogne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3338" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTENDANT, ANTE" />
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    <head>ATTENDANT, ANTE</head>
    <p>
    En Attendant , adv. Pendant quelque temps, jusqu'à un temps. <i>Dùm, donec.</i> Prenez toujours ce présent <i>en attendant</i> mieux. On dit proverbialement, Peloter <i>en attendant</i> partie ; pour dire, s'occuper à quelque petite chose dans l'espérance d'une meilleure. Quand ces mots <i>en attendant</i> se trouvent à la fin de la phrase, ils signifient, Cependant. Je vais écrire, lisez <i>en attendant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3339" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRE" />
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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    ATTENDRE , v. act. Demeurer dans un lieu, ou dans une situation, jusqu'à ce que quelqu'un, ou quelque chose arrive. <i>Expectare, praestolari, opperiri. Attendre</i> une maîtresse au rendez-vous. <i>Attendre</i> un carrosse. On a long-temps <i>attendu</i> le Messie, &amp; enfin il est venu. <i>Attendez</i> une saison propre. On <i>attend</i> à la Cour long-temps des récompenses. Celui qui donne ne doit point <i>attendre</i> de retour du bien qu'il a fait. Bell. Il faut <i>attendre</i> le tour de rôle pour plaider cette cause.</p><p>Attendre, se dit aussi figurément des personnes mortes, &amp; des choses inanimées, auxquelles on attribue l'action d'<i>attendre.</i> Les morts <i>attendent</i> le jour du jugement dans leurs tombeaux. Il y a une récompense qui <i>attend</i> dans le Ciel les enfans de Dieu. C'est en vain que les hommes détournent leurs pensées de cette éternité qui les <i>attend ;</i> comme s'ils la pouvoient anéantir en n'y pensant point. Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3339" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRE" />
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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    Attendre , signifie aussi, Marquer la disposition où l'on est, de recevoir ce que l'on croit qui arrivera, soit qu'on le desire, soit qu'on ne le craigne pas. <i>Attendre</i> la mort avec courage. <i>Attendre</i> l'ennemi, &amp; l'<i>attendre</i> de pied ferme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3339" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRE" />
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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    Attendre , se dit encore pour espérer. On n'<i>attend</i> rien de bon de cette maladie. J'<i>attends</i> tout de votre affection.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    Attendre après quelqu'un, ou après quelque chose ; c'est marquer qu'on les desire, &amp; qu'on en a besoin. J'<i>attends après</i> vous. Il y a long-temps qu'il <i>attend après</i> cette succession.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3339" id="5" type="">
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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    Attendre , se dit quelquefois absolument. Je suis las d'<i>attendre.</i> Je n'<i>attendrai</i> pas davantage. On dit <i>attendez,</i> quand on veut faire une pause ; pour dire, arrêtez-vous, ne continuez pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3339" id="6" type="">
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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    Attendre , se dit avec le pronom personnel, en parlant des choses qui apparemment arriveront. Je m'<i>attendois</i> bien qu'il feroit une telle sottise. Je ne m'<i>attendrai</i> plus à ses promesses. Je ne m'<i>attendois</i> pas à vous perdre si-tôt. <i>Attendez</i>-vous à tout le ressentiment dont je suis capable.</p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement, <i>attendez</i>-vous y, lorsqu'on témoigne qu'on ne veut pas exécuter quelque chose ; ou <i>attendez</i>-moi sous l'orme ; pour dire, qu'on ne croit pas aux discours, ou aux promesses de quelqu'un. On vous <i>attend</i> comme les Moines font l'Abbé, en commençant toujours à dîner. On dit aussi, Il ennuie à qui <i>attend.</i> Qui s'<i>attend</i> à l'écuelle d'autrui, est souvent mal dîné ; pour dire, qu'il ne se faut <i>attendre</i> qu'à soi-même, &amp; vivre de son bien. On dit, <i>Attendre</i> quelqu'un au passage ; pour dire, le surprendre en quelque occasion où il ne pourra se défendre d'accorder une demande. On dit, qu'il faut <i>attendre</i> le boiteux en matière de nouvelles ; pour dire, celui qui en apportera la confirmation. On dit aussi en disputant, C'est-là où je vous <i>attends</i> ; pour dire, c'est de cela que je veux tirer avantage contre vous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3339" id="7" type="">
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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    Attendu, ue , part. pass. &amp; adj. <i>Expectatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3339" id="8" type="">
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    <head>ATTENDRE</head>
    <p>
    Attendu que . Conjonction causative, qui signifie, <i>Car, parce que, d'autant que. Quoniam, quandoquidem.</i> Il a eu cet emploi <i>attendu qu</i>'il avoit déja servi. Il se met aussi tout seul. Il a eu cette récompense <i>attendu</i> ses services, son mérite ; pour dire, en considération de ses services, de son mérite. Cette conjonction est plus du Palais que du beau style : les bons Ecrivains évitent de s'en servir.</p><p>Tous ces mots viennent du Latin <i>attendere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3340" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRIR" />
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    <head>ATTENDRIR</head>
    <p>
    ATTENDRIR , v. act. Rendre tendre. <i>Emollire, mollire.</i> On tient que le figuier <i>attendrit</i> la viande qui y est pendue. La viande s'<i>attendrit</i> quand on la bat, quand on la laisse mortifier.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>tener</i>, du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3340" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRIR" />
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    <head>ATTENDRIR</head>
    <p>
    Attendrir , se dit figurément en choses Morales. <i>Movere, commovere, permovere.</i> Les mouvemens oratoires <i>attendrissent</i> le coeur des Juges, les excitent à la pitié. Selon les Stoïciens, une grande ame doit être trop au-dessus des disgraces humaines, pour se laisser <i>attendrir</i> par les foibles sentimens de la pitié. Une maîtresse s'<i>attendrit</i> par l'amour, par la persévérance qu'on a pour elle. Voilà un coeur de rocher qui ne s'<i>attendrit</i> point. Il est aussi naturel de s'<i>attendrir</i> sur le pitoyable, que d'éclater sur le ridicule. La Bruy. Vous avez un coeur qui s'<i>attendrit</i> trop aisément. S. Evr. On est plus occupé aux Pièces de Corneille ; plus ébranlé, &amp; plus <i>attendri</i> à celles de Racine. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3340" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRIR" />
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    <head>ATTENDRIR</head>
    <p>
    Attendri, ie , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3341" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRISSANT, ANTE" />
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    <head>ATTENDRISSANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; ATTENDRISSANT, ANTE , adj. Qui attendrit, qui excite la sensibilité. Un discours <i>attendrissant.</i> Une Tragédie <i>attendrissante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3342" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENDRISSEMENT" />
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    <head>ATTENDRISSEMENT</head>
    <p>
    ATTENDRISSEMENT , s. m. Mouvement du coeur qui lui fait concevoir de la tendresse, de l'amitié, de la compassion pour quelqu'un. <i>Misericordia.</i> Il faut avoir un coeur dur &amp; barbare, pour n'avoir point d'<i>attendrissement</i> à la vûe de la misère des pauvres. La véritable compassion ne s'arrête pas à des <i>attendrissemens</i> extérieurs, ni à de simples larmes : elle demande des secours effectifs. Dac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3343" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENTAT" />
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    <head>ATTENTAT</head>
    <p>
    ATTENTAT , s. m. Outrage ou violence faite, ou qu'on tâche de faire à quelqu'un. <i>Scelus, facinus.</i> On punit de mort les <i>attentats</i> contre les personnes sacrées. Il ne s'est trouvé coupable que d'un simple <i>attentat</i> sans exécution : le cas est rémissible.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3343" id="2" type="palais">
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    <head>ATTENTAT</head>
    <p>
    Attentat , en termes de Palais , se dit figurément de ce qui est fait contre l'autorité des supérieurs, &amp; de leur jurisdiction. <i>Alieni juris violatio.</i> Le Conseil privé, le grand Conseil cassent comme <i>attentat</i> toutes les procédures qui sont faites au préjudice des instances pendantes par-devant eux. Les Requêtes du Palais &amp; de l'Hôtel cassent pareillement comme <i>attentat</i> tout ce qui est fait au préjudice du renvoi. Cette entreprise est un <i>attentat</i> à l'autorité Royale, &amp; à l'autorité des Loix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3343" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTENTAT" />
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    <head>ATTENTAT</head>
    <p>
    Attentat , se dit figurément de toutes sortes d'entreprises hardies, de toutes sortes d'usurpations sur les droits d'autrui. Toute approbation qui marche devant la sienne est un <i>attentat</i> sur ses lumières. Mol. J'ai formé un illustre <i>attentat.</i> S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3344" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENTATOIRE" />
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    <head>ATTENTATOIRE</head>
    <p>
    ATTENTATOIRE , adj. m. &amp; f. Se dit au Palais des procédures, &amp; des jugemens qui se font au préjudice des défenses des Juges supérieurs, ou de la jurisdiction des Juges privilégiés. Cette sentence a été cassée comme <i>attentatoire,</i> &amp; rendue au préjudice d'un renvoi, ou des défenses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3345" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENTE" />
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    <head>ATTENTE</head>
    <p>
    ATTENTE , s. f. L'action d'attendre. Le temps pendant lequel on attend une personne, ou une chose. <i>Expectatio, spes.</i> Nous sommes dans l'<i>attente</i> du succès. Toute la Province est dans l'<i>attente</i> de la vengeance qu'on en fera.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3345" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTENTE" />
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    <head>ATTENTE</head>
    <p>
    Attente , signifie aussi, espérance, prévoyance d'une chose qui doit arriver. Le Messie a été l'<i>attente</i> des Nations : c'est une vaine <i>attente</i> que celle des Juifs. Toute mon <i>attente</i> est au Seigneur. Arn. Ce jeune homme n'a point trompé l'<i>attente</i> qu'on avoit de lui. Ce changement est arrivé dans l'Etat contre l'<i>attente</i> publique.</p><p>On appelle pierres d'<i>attente,</i> certaines pierres avancées alternativement à l'extrémité d'un mur, pour en faire la liaison avec celui qu'on a dessein de bâtir auprès. <i>Lapides nectendis novis parietibus extantes, eminentes, prominentes.</i> On le dit aussi au figuré, quand on laisse des marques d'un ouvrage, d'un dessein qu'on a entrepris, &amp; qu'on n'a encore exécuté qu'à demi.</p><p>On a dit de même, Mot d'<i>attente.</i> Dans ce nouveau système de l'Eglise, il n'y aura pas de difficulté qu'on ne se sauve parmi les Fanatiques, les Sociniens, les Photiniens, au moins avec un petit mot d'<i>attente</i> de l'Auteur du système qui les reconnoisse pour sociétés Chrétiennes. Pelisson.</p><p>On dit aussi, Table d'<i>attente,</i> des pièces de marbre, ou des quadres destinés à recevoir des inscriptions, des tableaux, des bas-reliefs, qu'on doit remplir en achevant un ouvrage. <i>Tabula rudis, pura, vacua.</i> On le dit aussi au figuré. L'esprit d'un jeune homme est une table d'<i>attente,</i> qui est capable de recevoir telles instructions qu'on y voudra mettre.</p><p>On dit aussi, en termes de Blason , qu'un Ecu où il n'y a rien, est une <i>table d'attente.</i></p><p>On dit proverbialement à ceux qui prêtent de l'argent à des insolvables, Vous n'y perdrez que l'argent, &amp; l'<i>attente.</i> On dit, qu'une bonne fuite vaut mieux qu'une mauvaise <i>attente.</i> On dit aussi, quand on prend un long terme pour payer, que l'<i>attente,</i> ou le terme vaut l'argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3346" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENTER" />
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    <head>ATTENTER</head>
    <p>
    ATTENTER , v. act. &amp; neut. Tenter, ou entreprendre quelque chose pour nuire à quelqu'un, ou lui faire violence, soit à l'égard de sa vie, soit à l'égard de son honneur. <i>Vitam alicujus, bona petere ; alicujus vitae, bonis, insidias parare.</i> Il a <i>attenté</i> le plus grand de tous les crimes en la personne de son Roi. Vaug. Cette femme est accusée d'avoir voulu <i>attenter</i> sur la vie, ou à la vie de son mari par poison ; ou de l'avoir voulu faire assassiner. Il a obtenu un Arrêt de défenses d'<i>attenter</i> à sa personne, &amp; à ses biens ; c'est-à-dire, de lui faire aucune violence. On punit les ravisseurs, &amp; les subornateurs qui ont <i>attenté</i> à la pudicité des personnes honnêtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3346" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTENTER" />
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    <head>ATTENTER</head>
    <p>
    Attenter , se dit figurément en Morale de ce qui est fait contre l'autorité des Loix, lorsqu'on juge, &amp; qu'on agit contre leur disposition. <i>Alicujus jura, auctoritatem violare.</i> On attente tous les jours aux priviléges des Ecclésiastiques ; on y contrevient, on les retranche.</p><p>Ces mots viennent du verbe Latin <i>Attento.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3347" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENTIF, IVE" />
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    <head>ATTENTIF, IVE</head>
    <p>
    ATTENTIF, IVE , adj. Qui écoute, qui regarde, qui examine quelque chose avec soin, &amp; sans distraction. J'ai vû ce tableau d'un oeil <i>attentif. Attentus, intentus.</i> Ce compagnon est fort <i>attentif</i> à sa besogne. Il n'y a point de moyen plus sûr pour se garantir de l'erreur, que de se rendre <i>attentif</i> &amp; appliqué. Malb. Toujours <i>attentif</i> à profiter des conjectures, ingénieux à les faire naître, <i>attentif</i> à ses intérêts, ferme à les soutenir. Le Gend. A la Chine, il y a un Temple dédié à l'Heure, qu'on ne fermè jamais, pour montrer qu'il faut être <i>attentif</i> au temps qui fuit. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3348" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENTION" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ATTENTION</head>
    <p>
    ATTENTION , s. f. Application de l'oreille &amp; de l'esprit à quelque discours qu'on entend, application des yeux &amp; de l'esprit à ce qu'on regarde, ou à quelque ouvrage. <i>Attentio.</i> Il y a aussi une pure <i>attention</i> de l'esprit pour la méditation. Les gens distraits n'ont point d'<i>attention.</i> L'Orateur doit réveiller l'<i>attention</i> de son auditoire, doit savoir se faire prêter <i>attention.</i> Faire languir l'<i>attention</i> des spectateurs. S. Evr. Les Savans, uniquement occupés des siècles passés, ne font nulle <i>attention</i> aux moeurs de ceux qui les environnent, &amp; avec qui ils sont obligés de vivre. La Bruy. Rien n'est plus digne d'occuper toute l'<i>attention</i> de l'esprit que la recherche de la Religion. Nicol. Les femmes ne sont pas capables d'apporter une <i>attention</i> sérieuse à tout ce qui est un peu abstrait. Vail. C'étoit un rival plus redoutable par l'<i>attention</i> qu'il avoit pour toutes ses actions, que par les progrès qu'il pouvoit faire auprès d'elle. P. de Cl. On ne se corrige guère à moins qu'on ne fasse une exacte <i>attention</i> sur soi-même. M. Scud. On fait beaucoup d'<i>attention</i> sur les démarches d'un nouveau Roi, pour mesurer par sa conduite ce qu'on peur en craindre, ou en espérer. Le Gend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3348" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTENTION" />
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    <head>ATTENTION</head>
    <p>
    <pb n="404" facs="bpt6k8542165/f444/full/1200,/0/native.jpg"/> Attention , se dit aussi de l'exactitude qu'on a pour examiner quelque chose. J'ai lû avec <i>attention</i> cet ouvrage ; Je l'ai critiqué avec <i>attention.</i> Ce livre est si obscur, qu'il demande beaucoup d'<i>attention</i> pour l'entendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3349" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENTIVEMENT" />
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    <head>ATTENTIVEMENT</head>
    <p>
    ATTENTIVEMENT , adv. D'une manière attentive. <i>Attentè, intentè, attento animo.</i> Un Juge doit écouter les raisons de part &amp; d'autre fort <i>attentivement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3350" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ATTÉNUATIF, IVE" />
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   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>ATTÉNUATIF, IVE</head>
    <p>
    ATTÉNUATIF, IVE . adj. Terme de Médecine . Qui a la force d'atténuer, d'affoiblir, de diminuer, de rendre tenu. <i>Attenuandi vim habens.</i> On se sert pour l'ordinaire des remèdes absorbans, après avoir employé les émolliens, &amp; les <i>atténuatifs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3351" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTENUATION" />
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    <head>ATTENUATION</head>
    <p>
    ATTENUATION , s. f. Affoiblissement, ou action par laquelle on affoiblit. <i>Attenuatio, extenuatio.</i> La grande <i>atténuation</i> de ce malade vient du grand nombre de remèdes qu'on lui a donnés. L'<i>atténuation</i> de l'esprit accompagne souvent celle du corps. Les fatigues de la guerre causent une grande <i>atténuation</i> de forces.</p><p>On dit au Palais, que l'appointement à ouïr droit en matière criminelle, ordonne que le complaignant donnera ses conclusions civiles, &amp; l'accusé ses défenses par <i>atténuation,</i> qui tendent à excuser, à amoindrir, à pallier son crime. <i>Criminis diminutio, elevatio.</i> Cette forme de procéder en matière criminelle, en donnant des défenses par <i>atténuation,</i> a été abrogée par l'Ordonnance de 1670. tit. 21. art. 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3352" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="ATTÉNUER" />
   <index type="src_domain" value="medecine" />
   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>ATTÉNUER</head>
    <p>
    ATTÉNUER , v. act. Affoiblir, diminuer. Les jeûnes, les veilles, les macérations <i>atténuent</i> le corps, &amp; le débilitent. <i>Attenuare, extenuare, tenuare.</i> Un corps est <i>atténué</i> par l'âge, par les fatigues, par les maladies. Il est <i>atténué</i> par les austérités. Maucroix.</p><p>On dit en termes de Médecine , <i>Atténuer</i> les humeurs ; pour dire, les rendre moins grossières &amp; plus fluides.</p><p>On dit aussi au Palais, qu'un accusé tâche d'<i>atténuer</i> son crime, de l'excuser, &amp; de le justifier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3352" id="2" type="science hermetique">
   <index type="head" value="ATTÉNUER" />
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    <head>ATTÉNUER</head>
    <p>
    Atténuer , en termes de science hermétique , c'est mettre en poudre, réduire en poudre. <i>Attenuare, in pulverem redigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3352" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTÉNUER" />
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    <head>ATTÉNUER</head>
    <p>
    Atténué, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Attenuatus, extenuatus, tenuatus, in pulverem redactus.</i> Il a les significations de son verbe. Dans la science hermétique on dit, substance ou matière <i>atténuée,</i> c'est-à-dire, réduite en poudre subtile, ou dégagée de toute terrestréité, ou subtilisée de quelque autre manière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3353" id="1" type="traiteur">
   <index type="head" value="ATTEREAU" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>ATTEREAU</head>
    <p>
    ATTEREAU , s. m. Terme de Traiteur . C'est un ragoût fait de rouelles de veau : on les coupe par tranches fort déliées aux endroits où il n'y a point de filets, on les pique de lardons, &amp; on les fait cuire dans une tourtière couverte, &amp; mitonner avec un peu de bouillon. De la Varen.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3354" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ATTERRAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>ATTERRAGE</head>
    <p>
    ATTERRAGE , s. m. Terme de Marine . C'est l'endroit où l'on vient reconnoître la terre en revenant de voyage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3355" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTERRER" />
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    <head>ATTERRER</head>
    <p>
    ATTERRER , v. act. Renverser un homme par terre. <i>Dejicere, sternere, prosternere.</i> Le grand effort des lutteurs consistoit à <i>atterrer</i> leur homme, à le jetter par terre à force de bras.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3355" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTERRER" />
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    <head>ATTERRER</head>
    <p>
    Atterrer , se dit figurément en Morale ; pour dire, Abattre, accabler quelqu'un, détruire sa fortune ; le ruiner, le perdre entièrement. <i>Affligere, perdere, evertere.</i> Il fut <i>atterré</i> par les menaces &amp; par la colère du Roi. S. Evr. Ce chicaneur a tant fait de procès à ce Gentilhomme, qu'il l'a enfin <i>atterré.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3355" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTERRER" />
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    <head>ATTERRER</head>
    <p>
    Atterré, ée , part. <i>Dejectus, prostratus.</i></p><p>Ce mot est vieux, &amp; en sa place on dit Terrasser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3356" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ATTERRIR" />
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    <head>ATTERRIR</head>
    <p>
    ATTERRIR . Terme de Marine . C'est prendre terre. <i>Ad terram appellere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3357" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTERRISSEMENT" />
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    <head>ATTERRISSEMENT</head>
    <p>
    ATTERRISSEMENT , s. m. Sables &amp; limon, que la mer, ou les rivières transportent d'un lieu à un autre, qui leur font changer de lit, &amp; de rivage. <i>Limi, arenarum alienum in locum deportatio.</i> La mer a fait de grands <i>atterrissemens</i> à Aiguesmortes, qui étoit un port où S. Louis s'embarqua, &amp; qui est maintenant assez loin de la mer. Le Roi prétend que les <i>atterrissemens</i> dans les rivières publiques &amp; navigables lui appartiennent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3358" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTESTATION" />
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    <head>ATTESTATION</head>
    <p>
    ATTESTATION , s. f. Témoignage que l'on donne par écrit de la verité de quelque chose. <i>Testimonium, testificatio.</i> On donne une permission à un malade de manger de la chair en Carême sur l'<i>attestation</i> du Médecin. Les <i>attestations</i> des personnes publiques, comme des Magistrats, Notaires &amp; Curés, sont reçues en Justice. Les Profesleurs donnent à leurs écoliers des <i>attestations</i> de leurs études, du temps qu'ils ont étudié.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3359" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTESTER" />
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    <head>ATTESTER</head>
    <p>
    ATTESTER , v. act. <i>Testari, testificari.</i> Rendre témoignage de la verité d'un fait. Ce miracle est <i>attesté</i> par des gens dignes de foi, par tout le peuple. Les écrits de cet Auteur <i>attestent</i> la pureté de ses moeurs. Les miracles de Jesus-Christ ont <i>attesté</i> la verité de ses paroles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3359" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTESTER" />
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    <head>ATTESTER</head>
    <p>
    Attester , signifie aussi, Invoquer, appeller à témoin ; &amp; se dit de Dieu &amp; des hommes. <i>Testari, attestari, appellare.</i> Il <i>atteste</i> ciel &amp; terre. Ils <i>attestent</i> contre lui &amp; les Dieux &amp; les hommes. Ablanc. J'<i>atteste</i> des grands Dieux la suprême puissance. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3359" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTESTER" />
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    <head>ATTESTER</head>
    <p>
    Attesté, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Perspectus, contestatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3360" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTICISME" />
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    <head>ATTICISME</head>
    <p>
    ATTICISME , s. m. L'Idiome ou le Dialecte des Athéniens. Il signifie encore cette façon de parler serrée, &amp; concise, usitée par les Athéniens. <i>Oratio concisa.</i> C'est un <i>Atticisme, Atticismus.</i> J'aime bien plus ces armes courtes &amp; tranchantes, cet <i>atticisme</i> de raisons, que ce long équipage de figures, que ces ornemens qui traînent par terre, que cette pompe ennuyeuse de l'éloquence d'Athènes. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3360" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTICISME" />
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    <head>ATTICISME</head>
    <p>
    Atticisme , se dit aussi d'une certaine raillerie agréable &amp; polie, &amp; d'une certaine politesse fine &amp; galante, qui étoit en usage parmi les Athéniens. <i>Lepidus jocus, liberalis urbanitas.</i> Les Romains ont laissé l'<i>atticisme</i> de la Grèce bien loin derrière leur urbanité. Balz. Ce sont des Princes qui ont su joindre aux plus belles &amp; aux plus hautes connoissances, &amp; l'<i>atticisme</i> des Grecs, &amp; l'urbanité des Romains. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3361" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ATTICURGES" />
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    <head>ATTICURGES</head>
    <p>
    ATTICURGES . En termes d'Architecture , ce sont des colonnes quarrées. <i>Atticurges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3362" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIÉDIR" />
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    <head>ATTIÉDIR</head>
    <p>
    ATTIÉDIR , v. act. Rendre tiède. <i>Tepidum facere, ardorem, fervorem imminuere.</i> On verse dans un bain, quand il est trop chaud, de l'eau froide pour l'<i>attiédir.</i></p><p>Ce mot n'est pas fort en usage dans le sens propre.</p><p>On dit au figuré, que les passions s'<i>attiédissent</i> avec l'âge, lorsqu'elles diminuent, &amp; qu'elles ne sont pas si violentes. <i>Tepescere, defervescere.</i> La ferveur de la dévotion d'un Novice s'<i>attiédit</i> après sa profession.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3362" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTIÉDIR" />
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    <head>ATTIÉDIR</head>
    <p>
    Attiédi, ie , part. pass. &amp; adj. <i>Tepidior factus, remissus, remissior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3363" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIÉDISSEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>ATTIÉDISSEMENT</head>
    <p>
    ATTIÉDISSEMENT , s. m. Relâchement de ferveur dans la dévotion, dans l'amitié, dans les passions. <i>Tepor, ardoris remissio, studii.</i> L'<i>attiédissement</i> en amour se tourne bien-tôt en indifférence. Un bon Auteur a dit, L'oraison fervente &amp; continuelle étouffe en nous l'<i>attiédissement</i> &amp; la paresse : les ames tombent dans l'<i>attiédissement</i> par l'ardeur de leur concupiscence. Cependant ce mot n'est pas tout-à-fait établi, &amp; il vaut mieux se servir de <i>tiédeur,</i> ou de relâchement. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3364" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIFER" />
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    <head>ATTIFER</head>
    <p>
    ATTIFER , v. act. Vieux mot, qui signifioit autrefois coeffer, parer la tête des femmes. <i>Comere.</i> On le peut dire encore dans le style simple &amp; familier. Allez-y sans être <i>attifée.</i> Voit. Les femmes sont long-temps à s'<i>attifer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3364" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTIFER" />
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    <head>ATTIFER</head>
    <p>
    Attifé, ée , part. <i>Comptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3365" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIFET" />
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    <head>ATTIFET</head>
    <p>
    ATTIFET , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois un ornement ou parure des femmes, &amp; principalement de la tête. <i>Comptus, ornatus.</i></p><p>Tous deux viennent du vieux mot François <i>Tiffer,</i> qui signifioit <i>Orner,</i> que Borel dérive du Grec , qui signifie <i>Coronare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3366" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIQUE" />
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    <head>ATTIQUE</head>
    <p>
    ATTIQUE , s. f. <i>Attica.</i> Pays d'Achaïe dans la Grèce, dans l'angle méridional &amp; oriental de la Grèce, entre la mer Egée, la Béotie, &amp; le territoire de Mégare. L'<i>attique</i> étoit une étendue de pays aux environs d'Athènes depuis Mégare jusqu'au Promontoire de Sunium. Tourr. Athènes étoit la capitale de l'<i>Attique.</i> Ce pays, si l'on en croit Strabon &amp; Pausanias, s'appelloit anciennement <i>Actique,</i> à cause d'Actoée. Atthis, selon ces deux Auteurs, fille de Cranaüs second Roi d'Athènes, changea le nom d'Actique en <i>Attique,</i> pour l'approcher davantage du sien. Estienne de Byzance au contraire, &amp; Harpocration disent, que l'<i>Attique</i> se nommoit autrefois Actique, du mot Grec , <i>rivage,</i> parce qu'on y abordoit de toutes parts avec beaucoup de facilité, &amp; qu'ensuite l'usage, toujours favorable à la plus douce prononciation, établit <pb n="405" facs="bpt6k8542165/f445/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'on diroit <i>Attique,</i> au lieu d'Actique. L'<i>Attique</i> étoit autrefois à peu près ce qu'on appelle aujourd'hui le Duché de Sétines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3366" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>ATTIQUE</head>
    <p>
    Attique , adj. m. &amp; f. <i>Atticus.</i> Qui est de l'Attique, qui appartient à l'Attique, ou à Athènes.</p><p>On a appellé Sel <i>Attique</i> parmi les Grecs, je ne sai quoi de vif &amp; de piquant ; une certaine éloquence, ou certaines graces qui se trouvoient dans le langage des Auteurs Athéniens. <i>Sal Atticum, sales Attici.</i> Théophraste fut reconnu à Athènes pour étranger, à cause de je ne sai quelle urbanité <i>Attique</i> qui lui manquoit. La Bruy.</p><p>On a dit aussi, Un témoin <i>Attique,</i> ou Athénien, <i>Atticus testis,</i> pour un témoin incorruptible, &amp; de même une fidélité <i>Attique.</i> Une Muse <i>Attique,</i> est une excellente Muse, ou un bon Poëte. Le miel <i>Attique</i> étoit estimé chez les Anciens. En François, Athénien est plus en usage qu'<i>Attique,</i> sur-tout pour les choses animées. On dira beaucoup mieux, Une Muse Athénienne ; l'Armée Athénienne, les troupes Athéniennes, que les troupes <i>Attiques,</i> l'Armée <i>Attique,</i> une Muse <i>Attique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3367" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="ATTIQUE" />
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    <head>ATTIQUE</head>
    <p>
    ATTIQUE , adj. &amp; subst. m. Terme d'Architecture . C'est un petit ordre d'architecture qu'on met au-dessus d'un plus grand pour le couronner, &amp; terminer le bâtiment. Ce petit ordre n'a ordinairement que des pilastres d'une façon particulière. Il y en a un au Louvre qui forme le troisième étage. On en met aussi aux autels qui sont fort élevés. Il a été ainsi nommé, parce qu'il a été mis en usage par les Athéniens. On appelle colonnes <i>Attiques,</i> celles qui sont quarrées : leur base est très-belle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3367" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTIQUE" />
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    <head>ATTIQUE</head>
    <p>
    Attique <i>continu,</i> Est celui qui environne le pourtour d'un bâtiment sans interruption, &amp; suit les corps, &amp; retours des pavillons. <i>Attique</i> interposé, est celui qui est situé entre deux grands étages, quelquefois décorés de colonnes, ou de pilastres. <i>Attique</i> circulaire, c'est un exhaussement en forme de grand piédestal rond, souvent percé de petites croisées. <i>Attique</i> de comble, se dit de tout étage, ou piédestal de maçonnerie, ou de bois revêtu de plomb, qui sert de gardefou à une terrasse, ou plate-forme. <i>Attique</i> de cheminée, est le revêtement de plâtre, de bois, ou de marbre, depuis le chambranle, jusques sur la première corniche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3368" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIQUEMENT" />
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    <head>ATTIQUEMENT</head>
    <p>
    ATTIQUEMENT , adv. A l'Attique, d'une manière Attique. <i>Atticè.</i> Cela est <i>attiquement</i> dit, <i>attiquement</i> fait. Cicéron dans son Orateur établit l'idée du vrai atticisme, &amp; montre que parler &amp; écrire <i>attiquement,</i> c'est parler &amp; écrire de la manière la plus parfaite : qu'à la vérité Lysias, Thucidide, Xenophon &amp; Isocrate ont quelques parties du style attique, mais qu'ils ne le possedent pas en entier ... Qui faut-il donc imiter ? Démosthène, répond Cicéron. C'est le modèle le plus accompli que l'on puisse se proposer ... L'Abbé Colin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3369" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIRAIL" />
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    <head>ATTIRAIL</head>
    <p>
    ATTIRAIL , s. m. Hardes, bagage, suite ; ce qui est nécessaire pour le service de quelque machine, pour l'exécution de quelque entreprise, pour la commodité de quelque voyage. <i>Instrumentum.</i> On le dit particulièrement en parlant de l'Artillerie, &amp; de la Marine <i>Exercitûs impedimenta.</i> Le canon ne marche point sans un grand <i>attirail.</i> Le bagage, &amp; l'<i>attirail</i> de cette armée occupoient bien du terrain. Il faut bien des cordages, des voiles, &amp; de l'<i>attirail,</i> pour équiper un vaisseau. Ne t'enorgueillis point de ton équipage, car on écarte tout cet <i>attirail</i> qui t'est étranger, pour pénétrer jusqu'à toi. La Bruy. Une belle femme ne perd rien à être négligée ; il y auroit moins de péril à la voir avec tout l'<i>attirail</i> de l'ajustement, &amp; de la mode. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3370" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIRANT, ANTE" />
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    <head>ATTIRANT, ANTE</head>
    <p>
    ATTIRANT, ANTE , adj. Qui a la force d'attirer. <i>Blandus, illecebrosus.</i> Cette femme est flatteuse &amp; <i>attirante.</i> La volupté, la débauche est <i>attirante</i> ; on a de la peine à se défendre de ses attraits. Vous admirez l'<i>attirante</i> sévérité de Climène.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3371" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTIRER" />
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    <head>ATTIRER</head>
    <p>
    ATTIRER , v. act. Tirer à soi, ou d'un certain côté. <i>Trahere, attrahere, pertrahere.</i> L'aiman <i>attire</i> le fer. L'ambre <i>attire</i> la paille. Il y a des médicamens qui <i>attirent,</i> d'autres qui résolvent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3371" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTIRER" />
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    <head>ATTIRER</head>
    <p>
    Attirer , se dit figurément en Morale. <i>Adducere, inducere, concitare.</i> Les crimes des hommes avoient <i>attiré</i> la colère de Dieu, quand le déluge arriva. La satyre, la médisance, <i>attirent</i> la haine publique. La grande fortune <i>attire</i> l'envie. Les conquêtes de ce Prince lui ont <i>attiré</i> une foule d'ennemis sur les bras. Il <i>attira</i> l'ennemi dans l'embuscade. Ablanc. Le mérite qui fait adorer les Princes, <i>attire</i> aux particuliers la haine &amp; l'envie. Bourd. Rien n'est plus capable d'<i>attirer</i> le mépris &amp; l'aversion des hommes, que de faire le brave contre Dieu. Pasc. Les richesses ont attiré les mondains dans l'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3371" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTIRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ATTIRER</head>
    <p>
    Attirer , signifie encore, Gagner, emporter, venir à bout par charmes, par douceur, &amp;c. <i>Allicere, illicere, pellicere, allectare.</i> Les délices de l'Italie ont <i>attiré</i> chez eux les Barbares. La beauté <i>attire</i> les coeurs. Les grands sentimens <i>attirent</i> du respect &amp; de l'admiration. Dieu après avoir menacé les hommes, les <i>attire</i> par l'espérance, leur proposant des biens capables d'<i>attirer</i> leurs desirs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3371" id="4" type="">
   <index type="head" value="ATTIRER" />
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    <head>ATTIRER</head>
    <p>
    Attirer , se dit aussi fort souvent avec le pronom personnel. <i>Conciliare sibi famam, amorem, &amp;c.</i> S'<i>attirer</i> les coeurs &amp; les respects de tout le monde. S'<i>attirer</i> une méchante affaire. Ablanc. Ne vous <i>attirez</i> pas cette fière beauté. Scar. On ne s'arrête pas aux plaintes d'un fou, parce qu'on présume toujours qu'il s'est <i>attiré</i> l'insulte dont il se plaint. Fonten. Les personnes vaines s'<i>attirent</i> l'envie &amp; le mépris, &amp; irritent la médisance. <i>Concitare, commovere in se invidiam, odium.</i> Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3371" id="5" type="">
   <index type="head" value="ATTIRER" />
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    <head>ATTIRER</head>
    <p>
    Attiré, ée , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3372" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTISER" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>ATTISER</head>
    <p>
    ATTISER , v. act. Raccommoder le feu, en approcher les tisons, les mettre en état de bien brûler. <i>Admotis titionibus ignem alere, excitare.</i> Le vulgaire dit qu'il faut être Philosophe pour bien <i>attiser</i> le feu ; c'est-à-dire, qu'il lui faut donner de l'air pour le faire brûler. Regnier a dit :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3372" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTISER" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ATTISER</head>
    <p>
    Attiser , se dit figurément en Morale, en parlant de la haine, de la colère, de la sedition. <i>Excitare, accendere, incendere, ciere.</i> C'est cet ambitieux qui a <i>attisé</i> le feu de la guerre civile ; qui est auteur de cette querelle, qui en a <i>attisé</i> le feu. Je suis bien éloigné d'<i>attiser</i> moi-même par mes discours la fureur de votre emportement. Rac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3372" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTISER" />
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    <head>ATTISER</head>
    <p>
    Attisé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Excitatus, incensus, accensus.</i> On l'a dit autrefois pour attiré. Guillaume de S. André, dans son Poëme sur Jean IV. Duc de Bretagne dit :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3373" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTISEUR, EUSE" />
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    <head>ATTISEUR, EUSE</head>
    <p>
    ATTISEUR, EUSE , adj. Celui qui attise. Cet homme est un mal-adroit, &amp; mauvais <i>attiseur</i> de feu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3374" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTISONNOIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>ATTISONNOIRE</head>
    <p>
    ATTISONNOIRE , s. m. Mot d'Artisan. C'est un outil, ou instrument crochu, dont les Fondeurs se servent pour attiser le feu. <i>Instrumentum ad excitandum ignem comparatum, uncus ferreus ad excitandum ignem comparatus, aptus, idoneus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3375" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="ATTITRER" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ATTITRER</head>
    <p>
    ATTITRER , v. act. Corrompre quelque personne pour nuire à quelqu'un. <i>Corrumpere, subornare.</i> Il avoit <i>attitré</i> des gens dans une embuscade pour assassiner son ennemi. Il <i>attitra</i> de faux temoins pour venir déposer.</p><p>Ce mot vient de <i>adtitulare</i>, qu'on a dit pour <i>inscribere.</i> Ménage après Vossius.</p><p>D'autres le dérivent, &amp; plus à propos, par métaphore de <i>titre,</i> terme de chasse , qui signifie le lieu, ou le relais où on pose des chiens frais en embuscade pour courir les bêtes ; car en effet les assassins, &amp; les faussaires, cherchent des lieux &amp; des occasions propres pour nuire. On appelle dans le propre des chiens <i>attitrés,</i> ceux qui sont posés dans des relais, qui attendent la chasse pour courir sur le gibier quand il paroîtra.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3375" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTITRER" />
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    <head>ATTITRER</head>
    <p>
    Attitré, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Corruptus, subornatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3376" id="1" type="peinture & de sculpture">
   <index type="head" value="ATTITUDE" />
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    <head>ATTITUDE</head>
    <p>
    ATTITUDE , s. f. Terme de Peinture &amp; de Sculpture . Certaine disposition de figures d'un tableau, ou l'action &amp; la posture d'une statue. <i>Status, habitus, gestus, situs.</i> Ce <pb n="406" facs="bpt6k8542165/f446/full/1200,/0/native.jpg"/>Peintre a un beau coloris, mais il n'est pas heureux à donner des belles <i>attitudes</i> à ses ouvrages.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>attitudine</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3376" id="2" type="maitre a danser">
   <index type="head" value="ATTITUDE" />
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    <head>ATTITUDE</head>
    <p>
    Attitude , est aussi un terme de Maître à danser . Sorte de posture. Voici un essai des plus beaux mouvemens &amp; des plus belles <i>attitudes,</i> dont une danse puisse être variée. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3377" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="ATTOMISSEUR" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
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    <head>ATTOMISSEUR</head>
    <p>
    ATTOMISSEUR , s. m. Terme de Fauconnerie , qui se dit d'un des oiseaux qui attaque le héron dans son vol. Quelques-uns lui donnent la première attaque, d'autres la seconde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3378" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="ATTOUCHEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>ATTOUCHEMENT</head>
    <p>
    ATTOUCHEMENT , s. m. Action par laquelle on touche. <i>Tactio, tactus, contactus.</i> La lumière est l'objet de la vûe, &amp; les corps palpables le sont de l'<i>attouchement.</i> On se purgeoit autrefois d'un crime par l'<i>attouchement</i> du fer chaud.</p><p>On le dit souvent en mauvaise part des impudicités. Il faut se confesser des <i>attouchemens</i> déshonnêtes.</p><p>C'est aussi un terme de manége , qui signifie l'action du Cavalier, ou l'aide qu'il donne au cheval de la main par le moyen de la bride, &amp; du talon par le moyen de l'éperon. Il ne faut point que les chevaux soient conduits par la vûe, &amp; par l'ouïe, mais seulement par l'<i>attouchement</i> à la bouche &amp; aux côtés. Il faut que l'<i>attouchement</i> seul opère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3379" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTOUCHER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ATTOUCHER</head>
    <p>
    &#9758; ATTOUCHER , v. n. Vieux mot, qui signifie, appartenir par consanguinité, par affinité. <i>Attoucher</i> de parenté à quelqu'un.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3380" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ATTOURNANCE" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>ATTOURNANCE</head>
    <p>
    ATTOURNANCE , s. m. Terme de Coutume . C'est un changement de Seigneur par lequel les vassaux renoncent à l'obéissance qu'ils devoient à leur ancien Seigneur, &amp; s'engagent à la même obéissance à l'égard de celui qui devient leur Seigneur, par achat, ou autrement. On joint ces deux mots <i>attournance</i> &amp; <i>avirance.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Dargentré">Dargentré</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3381" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="ATTOURNEMENT" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>ATTOURNEMENT</head>
    <p>
    ATTOURNEMENT , s. m. C'est aussi un terme de Coutume , qui veut dire la même chose qu'attournance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3382" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRACTIF, IVE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ATTRACTIF, IVE</head>
    <p>
    ATTRACTIF, IVE , adj. Qui peut attirer. <i>Attrahendi vim habens, attrahendi vi praeditus.</i> La cause de la vertu <i>attractive</i> de l'aiman est bien expliquée par Descartes &amp; Rohaut ; jusqu'ici on n'a pû aller plus loin. Les Médecins ont des remèdes <i>attractifs</i> qui sont chauds, &amp; attirent au-dehors, comme l'ail, le porreau, la racine de brionia, &amp;c. Bandage <i>attractif</i> ; c'est-à-dire, qui attire &amp; rappelle les esprits à une partie amaigrie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3383" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRACTION" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ATTRACTION</head>
    <p>
    ATTRACTION , s. f. Action de ce qui attire ; la propriété d'un corps à faire que d'autres corps soient attirés ou poussés vers lui. <i>Attractio.</i> Il y a des pompes qui font leur effet par <i>attraction,</i> &amp; d'autres par compression. Tous ces termes sont en quelque sorte consacrés à la Physique. Les Philosophes modernes ne reconnoissent point de mouvement par <i>attraction,</i> mais seulement par impulsion. Ils prétendent qu'on n'a aucune idee de cette cause particulière du mouvement qu'on appelle <i>attraction.</i> Roh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3384" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRACTRICE" />
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    <head>ATTRACTRICE</head>
    <p>
    ATTRACTRICE , adj. f. Qui a la force, la vertu d'attirer. <i>Attrahendi vim habens.</i> La vertu <i>attractrice</i> de l'aiman. La nouvelle Philosophie ne reconnoît point de vertu <i>attractrice,</i> non plus que d'attraction.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3385" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRACTYLIS" />
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    <head>ATTRACTYLIS</head>
    <p>
    ATTRACTYLIS , s. m. Carthame sauvage. <i>Attractylis.</i> Ce n'est autre chose que le chardon benit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3386" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRAIRE" />
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    <head>ATTRAIRE</head>
    <p>
    ATTRAIRE , v. act. Attirer, faire venir à soi par quelque appât, ou vertu secrette. <i>Allicere, illicere, allectare.</i> On <i>attrait</i> les poissons avec un appât à l'hameçon. La paille est <i>attraite</i> par l'ambre, le fer par l'aiman, par une vertu occulte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3386" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTRAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ATTRAIRE</head>
    <p>
    Attraire , se dit aussi figurément en Morale. Il faut <i>attraire</i> les enfans par la douceur, pour leur faire faire leur devoir. La vertu a le pouvoir d'<i>attraire</i> les esprits les plus sauvages, s'ils la pouvoient connoître. Mézerai s'est servi de ce mot ; mais il n'est presque plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3386" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTRAIRE" />
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    <head>ATTRAIRE</head>
    <p>
    Attrait, ite , part. <i>Illectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3387" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRAIT" />
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    <head>ATTRAIT</head>
    <p>
    ATTRAIT , s. m. Qualité qui attire. <i>Illecebra, illicium, invitamentum, lenocinium.</i> C'est un puissant <i>attrait</i> que la gloire pour les coeurs ambitieux. L'argent a bien des <i>attraits</i> pour corrompre les avares. Si on voyoit la vertu toute nue, on seroit épris de ses <i>attraits.</i> Paris a des grands <i>attraits.</i> Les sciences &amp; les lettres ont un certain <i>attrait</i> qui dégoûte peu-à-peu de tout autre plaisir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3387" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTRAIT" />
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    <head>ATTRAIT</head>
    <p>
    Attrait , se dit poëtiquement de la beauté, &amp; des charmes ; il est toujours pluriel. Cette Dame a beaucoup d'<i>attraits</i> ; tous les coeurs se rendent à ses <i>attraits.</i> Les femmes ne se pardonnent guère sur leurs <i>attraits.</i> La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3387" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTRAIT" />
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    <head>ATTRAIT</head>
    <p>
    Attrait , se prend encore pour le sentiment que fait en nous la chose qui nous attire, l'inclination par laquelle nous nous sentons portés à quelque objet. Je n'ai point d'<i>attrait</i> pour cela ; c'est-à-dire, d'inclination ; je ne me sens point porté, attiré. Ils ont tant d'<i>attrait</i> pour la Poësie, qu'ils ne sauroient s'en défendre. Il est inutile de consulter, si on doit prendre ou laisser le parti de la Religion, quand on n'a pour cet état si saint ni <i>attrait,</i> ni sentimens. Ab. de la Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3387" id="4" type="">
   <index type="head" value="ATTRAIT" />
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    <head>ATTRAIT</head>
    <p>
    Attrait , est aussi un terme de Coutume . Ce mot veut dire dans la Coutume de Bretagne l'attirail, &amp; tout ce qui sert à bâtir, ou à réparer une maison. <i>Instrumenta,</i> ou <i>materia domûs aedificandae, vel reparandae.</i></p><p>Ces mots viennent du Latin <i>attrahere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3388" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="ATTRAPE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>ATTRAPE</head>
    <p>
    ATTRAPE , sub. fém. Terme de Marine . Corde qui empêche que le vaisseau ne se renverse lorsqu'on lui donne la carenne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3389" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPEMINON" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ATTRAPEMINON</head>
    <p>
    &#9758; ATTRAPEMINON , s. m. Ce mot se dit d'un Hypocrite, ou d'un Cagot, qui sous prétexte de douceur &amp; de dévotion, attrape les simples. <i>Dict. des Proverbes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    ATTRAPER , v. act. Tromper quelqu'un, le surprendre, le faire tomber dans quelque piège ou embûche. <i>Fallere, decipere.</i> Un renard qui est échapé d'un piège n'y est plus <i>attrapé.</i> Ce Provincial a été vilainement <i>attrapé</i> au jeu. Quand on vous a vendu cette terre, on vous a bien <i>attrapé,</i> on vous l'a vendue trop cher. Il n'y a que les dupes qui se laissent <i>attraper</i> par des filous. J'appréhende le <i>distinguo,</i> &amp; j'y ai déja été <i>attrapé.</i> Pasc. Il ne faut pas se laisser <i>attraper</i> à ce que disent les amans dans leur colère. Voit. Je n'ai garde de me laisser <i>attraper</i> à vos regards trompeurs, &amp; à vos souris ambigus. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    Attraper , se dit aussi de toutes les choses où on est trompé innocemment, &amp; où l'on a lieu d'être surpris &amp; étonné. Je croyois aller au Sermon, mais j'ai été bien <i>attrapé</i> ; il n'y en avoit point. Vous seriez bien <i>attrapé,</i> si on alloit croire sur votre parole que vous n'avez point d'esprit. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="3" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    Attraper , signifie aussi, Gagner, faire des acquisitions légitimes par son travail, par son industrie. <i>Assequi, consequi.</i> Il a si bien fait sa cour, qu'il a <i>attrapé</i> un Gouvernement, un bon Bénéfice, une pension. On le dit aussi en mal &amp; en raillant. Il a bien couru, &amp; il n'a <i>attrapé</i> que des crottes. Souvent on va à l'affût, qu'on n'<i>attrape</i> que des roupies, que des mouches. Il a été à l'armée, il n'a <i>attrapé</i> que des coups.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="4" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    Attraper , signifie aussi, Atteindre quelqu'un qui est parti devant, quand on court après. On a envoyé un courier pour <i>attraper</i> le messager. Allez toujours, je vous <i>attraperai</i> au gîte. Voilà un chat qui <i>attrape</i> toutes les souris. Les femmes fuient devant nous, quand même elles ont dessein de se laisser <i>attraper</i> ; c'est leur rôle. Mont. On dit aussi, qu'un malade ne pourra pas <i>attraper</i> le printemps ; pour dire, parvenir jusques-là. Il faut deux jours &amp; demi à la lune après avoir fait son tour, pour <i>attraper</i> le soleil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="5" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    Attraper , signifie encore, Rencontrer, trouver quelqu'un en quelque lieu, l'y surprendre. <i>Deprehendere.</i> On a <i>attrapé</i> ce jeune homme sur le fait. Vous disiez que vous n'alliez point à la Comédie, je vous y <i>attrape.</i> Je n'ai pû encore vous <i>attraper</i> chez vous : J'y irai si matin, que je vous <i>attraperai</i> au lit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="6" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    Attraper , se dit figurément en choses Morales. <i>Assequi.</i> On ne peut jamais <i>attraper</i> le dernier point de perfection ; pour dire, y parvenir. Il a <i>attrapé</i> le secret d'une telle affaire, le mot d'une telle énigme. Il a <i>attrapé</i> le vrai sens de ce passage ; pour dire, il l'a découvert. Cet Auteur a une certaine naiveté dans son style, qu'il est difficile d'<i>attraper.</i> On dit aussi d'un Peintre, qu'il a <i>attrapé</i> l'air de ce visage ; qu'il étoit difficile de l'<i>attraper</i> ; pour dire, qu'il a bien <pb n="407" facs="bpt6k8542165/f447/full/1200,/0/native.jpg"/>réussi à faire un portrait. Ainsi on dit encore <i>attraper</i> son but. Ablanc. <i>Attraper</i> le merveilleux. Mol.</p><p>On dit aussi, qu'on a <i>attrapé</i> les doigts de quelqu'un dans une porte ; pour dire, qu'ils y sont demeurés engagés. <i>Inserere.</i> On dit encore, on lui a <i>attrapé</i> son manteau ; pour dire, qu'on le lui a pris. <i>Auferre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="7" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    Attraper , Se dit proverbialement en ces phrases. On dit que les chevaux courent les Bénéfices, &amp; que les ânes les <i>attrapent.</i> On dit d'une fraude bien subtile, que les plus fins y sont <i>attrapés.</i> Les boiteux <i>attrapent</i> souvent celui qui court le mieux ; pour dire, que les plus fins sont quelquefois trompés par les simples.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3390" id="8" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPER" />
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    <head>ATTRAPER</head>
    <p>
    Attrapé, ée , part. pass. &amp; adjectif. <i>Deceptus, falsus, illusus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3391" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPEUR, EUSE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ATTRAPEUR, EUSE</head>
    <p>
    &#9758; ATTRAPEUR, EUSE , s. m. &amp; f. Qui attrape, qui trompe, qui emploie toutes sortes de moyens pour parvenir à son but. La plupart des Marchands sont des <i>Attrapeurs</i> : c'est aux personnes qui achètent à y prendre garde. Il y a des <i>Attrapeurs</i> de succession, qui s'insinuent adroitement dans les maisons de ceux qui n'ont que des héritiers collatéraux, &amp; qui après s'être emparés de l'esprit du Maître, disposent de ses biens, &amp; s'en font donner la meilleure partie, quelquefois même la totalité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3392" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRAPOIRE" />
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    <head>ATTRAPOIRE</head>
    <p>
    ATTRAPOIRE , sub. masc. Terme populaire, qui se dit d'un piège, d'une chose préparée pour attraper, comme une souricière, une trape où on attrape des souris, des fouïnes, des loutres, &amp;c. <i>Decipula.</i> Ainsi on dit ironiquement &amp; bassement, d'un piège grossier, &amp; facile à découvrir : Voilà une belle <i>attrapoire,</i> une plaisante <i>attrapoire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3393" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRAYANT, ANTE" />
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    <head>ATTRAYANT, ANTE</head>
    <p>
    ATTRAYANT, ANTE , adj. Qui attire avec douceur. <i>Blandus, illecebrosus.</i> Les Sirènes avoient des chants fort <i>attrayans.</i> Les beautés douces &amp; flatteuses sont les plus <i>attrayantes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3394" id="1" type="science hermetique">
   <index type="head" value="ATTREMPANCE" />
   <index type="src_domain" value="science hermetique" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ATTREMPANCE</head>
    <p>
    ATTREMPANCE , s. f. Vieux mot &amp; hors d'usage, qui signifioit autrefois, une certaine modération du feu des passions qui vient avec l'âge. <i>Moderatio, temperatio.</i> On le dit encore quelquefois en style familier &amp; burlesque. Il m'a compté tout cela avec beaucoup d'<i>attrempance.</i> Les Italiens appellent élégamment un <i>attempato,</i> celui qui est sage, revenu des emportemens de la jeunesse.</p><p>En termes de science hermétique , on appelle <i>attrempance d'Alphidius,</i> le mercure philosophal, parce qu'il contient en soi les quatre élémens tempérés, ou prêts de le devenir.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>attemperatio</i>, ou <i>attemperantia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3395" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTREMPER" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>ATTREMPER</head>
    <p>
    ATTREMPER , v. act. Qui signifie chez les artisans, donner de la trempe au fer. On doute fort que ce terme soit en usage. Tremper est le véritable mot. Voyez <ref type="search" target="head:TREMPER">TREMPER</ref>.</p><p>On dit en Fauconnerie, qu'un bon oiseau doit être <i>attrempé</i> ; c'est-à-dire, ni gras, ni maigre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3396" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRIBUER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>ATTRIBUER</head>
    <p>
    ATTRIBUER , v. act. Attacher, donner quelque chose à quelqu'un, soit réellement, soit par la pensée. <i>Tribuere, attribuere, adscribere.</i> On a <i>attribué</i> plusieurs gages &amp; priviléges aux charges de Secrétaire du Roi. On <i>attribue</i> aux Généraux tout l'honneur du gain d'une bataille. On <i>attribue</i> à divers Auteurs le Livre de l'Imitation de Jesus-Christ. Montrez que le sens qu'on lui <i>attribue</i> est hérétique. Pasc. On ne doit point <i>attribuer</i> à la Religion les défauts de ses Ministres. Le. Cl. Les Historiens <i>attribuent</i> souvent aux événemens d'autres causes que les véritables. M. Scud. Il faut en <i>attribuer</i> la faute à la foiblesse de l'âge, de la nature. Quoiqu'un enfant soit né d'un adultère, la Loi l'<i>attribue</i> au mari ; elle présume qu'il lui appartient. On <i>attribue</i> aux plantes des vertus qu'elles n'ont pas. Tibère <i>attribua</i> la longueur de la guerre à mes intelligences avec les ennemis. Vill.</p><p>On le dit aussi avec le pronom personnel. <i>Sibi arrogare, vindicare, sumere.</i> Vous vous <i>attribuez</i> des droits, des honneurs qui ne vous sont point dûs. S'<i>attribuer</i> une gloire qu'on ne mérite pas. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3396" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTRIBUER" />
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    <head>ATTRIBUER</head>
    <p>
    Attribué, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Adscriptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3397" id="1" type="philosophie">
   <index type="head" value="ATTRIBUT" />
   <index type="src_domain" value="philosophie" />
   <index type="macro_domain" value="Philosophie" />
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    <head>ATTRIBUT</head>
    <p>
    ATTRIBUT , s. m. Terme de Philosophie . C'est une propriété qui convient à une personne, ou à une chose ; une qualité qui la détermine à être d'une certaine façon. <i>Attributum.</i> La fluidité, la dureté, la mollesse, le mouvement &amp; le repos, se pouvant séparer de la matière, il s'ensuit que tous ces <i>attributs</i> ne lui sont pas essentiels. Malb. Spinoza constituoit l'ame d'une même substance avec le corps, avec cette seule différence, que l'ame est conçue sous l'<i>attribut</i> de la pensée, &amp; le corps sous l'<i>attribut</i> de l'étendue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3397" id="2" type="theologie">
   <index type="head" value="ATTRIBUT" />
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    <head>ATTRIBUT</head>
    <p>
    Attribut , est aussi un terme de Théologie , qui se dit de toutes les qualités &amp; perfections que nous connoissons être en Dieu, &amp; qui sont de sa propre essence, comme la justice, la sagesse, &amp;c. <i>Divina nomina.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3397" id="3" type="logique">
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    <head>ATTRIBUT</head>
    <p>
    Attribut , en termes de Logique , est l'épithète qu'on donne à un sujet, &amp; qui lui est joint. <i>Attributum.</i> Toute proposition est composée d'un sujet, d'un <i>attribut,</i> &amp; de la particule conjonctive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3397" id="4" type="">
   <index type="head" value="ATTRIBUT" />
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    <head>ATTRIBUT</head>
    <p>
    Attributs , en Sculpture, &amp; en Peinture, sont des symboles qui marquent le caractère, &amp; l'office des figures. <i>Symbola.</i> Comme la massue est l'<i>attribut</i> d'Hercule, &amp; la palme l'<i>attribut</i> de la Victoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3398" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRIBUTIF" />
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    <head>ATTRIBUTIF</head>
    <p>
    ATTRIBUTIF , adj. m. ne se dit qu'à l'égard des droits qui sont attribués par quelque Edit ou Privilége. <i>Attribuens.</i> Le sceau du Châtelet de Paris est <i>attributif</i> de jurisdiction ; c'est-à-dire, quand les contrats sont passés à Paris sous le sceau du Châtelet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3399" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRIBUTION" />
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    <head>ATTRIBUTION</head>
    <p>
    ATTRIBUTION , s. f. Action de celui qui attribue. <i>Attributio.</i> Le Roi a fait de nouvelles <i>attributions</i> de gages à plusieurs Offices. Quand le Roi établit des commissions extraordinaires, c'est avec <i>attribution</i> de jurisdiction. L'<i>attribution</i> que le public fait d'un tel Livre à un tel Auteur, est mal fondée. Quand je vous donne la qualité d'orthodoxe, je vous avertis que c'est sans <i>attribution</i> de droit. S. Evr.</p><p>Il se dit aussi de la chose attribuée. Cet Officier jouït de plusieurs <i>attributions</i> de gages &amp; de priviléges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3400" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRISTANT, ANTE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>ATTRISTANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; ATTRISTANT, ANTE , adj. Qui attriste. Nouvelles <i>attristantes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3401" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTRISTER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>ATTRISTER</head>
    <p>
    ATTRISTER , v. act. Affliger quelqu'un, lui donner des sujets de tristesse, de chagrin, de douleur. <i>Aliquem moerore, tristitiâ afficere ; moerorem, tristitiam afferre, inferre.</i> Le vin a été donné à l'homme pour le réjouir, &amp; non pas pour l'<i>attrister.</i> Maucroix. La mort de cet ami m'<i>attriste</i> fort. Il se dit aussi avec le pronom personnel. <i>Moerere, tristitiae se tradere, tristari.</i> Il s'<i>attriste</i> de la moindre chose. Un vrai Philosophe ne s'<i>attriste</i> point quelque chose qu'il lui arrive. Il ne faut pas s'<i>attrister</i> avant le temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3401" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTRISTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>ATTRISTER</head>
    <p>
    Attristé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Moestus, moerens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3402" id="1" type="theologie">
   <index type="head" value="ATTRITION" />
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    <head>ATTRITION</head>
    <p>
    ATTRITION , s. f. Terme de Théologie . C'est une douleur d'avoir offensé Dieu, par la honte d'avoir commis le péché, ou par la crainte d'en recevoir le châtiment. <i>Attritio ; dolor post admissum peccatum ob debitam peccato poenam.</i> Elle dispose le pécheur à recevoir la grace de la justification par l'absolution, dans laquelle consiste principalement la force du Sacrement de Pénitence. Pour disposer à la justification il faut, 1°. Qu'elle soit excitée dans le coeur par un mouvement du Saint-Esprit, &amp; non pas seulement par un mouvement de la nature. 2°. Qu'elle exclue la volonté de pécher. 3°. Qu'elle enferme l'espérance du pardon. <i>Catechisme de Paris.</i> 1740.</p><p>Ce mot vient d'<i>atterere</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3402" id="2" type="">
   <index type="head" value="ATTRITION" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>ATTRITION</head>
    <p>
    Attrition , se dit aussi en Physique du frottement de deux corps durs qui se meuvent l'un contre l'autre. <i>Attritio.</i> La destruction des corps se fait par une <i>attrition</i> réciproque. La digestion des volailles se fait par l'<i>attrition,</i> &amp; le frottement des grains dans leur gesier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3403" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTROUPEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>ATTROUPEMENT</head>
    <p>
    ATTROUPEMENT , s. m. <i>Concursus, Coitio.</i> Les assemblées des revenderesses publiques, des joueurs de merelles, tourniquets, &amp; autres semblables <i>attroupemens,</i> sont défendus. De la Mar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3404" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTROUPER" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>ATTROUPER</head>
    <p>
    ATTROUPER , v. act. Assembler plusieurs personnes en troupes. <i>Cogere, congregare.</i> Il <i>attroupa</i> toute la canaille, tous les faîneants, tous les vagabonds, pour faire une sédition. Il se dit aussi avec le pronom personnel, des personnes qui s'assemblent en un même lieu, &amp; d'ordinaire à mauvais dessein. <i>Coire, congregari.</i> Le peuple s'émeut &amp; s'<i>attroupe,</i> il faut craindre une sédition. Un Charlatan a bientôt <i>attroupé</i> la canaille autour de lui. Les Nouvellistes s'<i>attroupent</i> par pelotons pour réformer l'Etat à leur mode. Les soldats s'<i>attroupent</i> &amp; courent à sa tente. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3405" id="1" type="">
   <index type="head" value="ATTUAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>ATTUAIRE</head>
    <p>
    ATTUAIRE , s. m. Les <i>Attuaires,</i> selon Marcellin, sont une partie de l'ancien peuple François. L'autre partie s'appelloit Salies, ou Saliens. Les <i>Attuaires</i> furent placés dans le Laonois. <i>Val. Not. Gall.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3406" id="1" type="">
   <index type="head" value="AU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AU</head>
    <p>
    AU , est, selon le langage de la plupart de nos Grammairiens, une diphtongue ; mais c'est une diphtongue très-impropre, &amp; seulement dans l'écriture. Car au vrai &amp; dans la prononciation, c'est un son très-simple, qui ne diffère point de celui de l'<i>o,</i> comme il paroît dans ce mot <i>Aurore,</i> où la première syllabe a le même son que la seconde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3406" id="2" type="">
   <index type="head" value="AU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AU</head>
    <p>
    Au . Article du datif singulier, dont on use devant les noms masculins qui commencent par des consonnes, &amp; qui ne sont pas des noms propres. <i>Au</i> père, &amp; à la mère. <i>Au</i> bois. <i>Au</i> public. <i>Au</i> feu. <i>Au</i> grenier, &amp;c. Assister <i>au</i> Sermon. Obéir <i>au</i> Roi. Consacrer ses jours <i>au</i> Seigneur. Arn. Avocat <i>au</i> Parlement, Président <i>au</i> Parlement, &amp; non pas <i>en</i> Parlement. Vaug. Mén.</p><p>C'est aussi une particule qui se met tantôt pour la préposition <i>dans.</i> Il est <i>au</i> lit. Bâton durci au fen. Vaug. Tantôt pour la préposition <i>avec.</i> Toucher <i>au</i> doigt. Tableau fait <i>au</i> pinceau. Tantôt au lieu de la préposition <i>pour.</i> Pot <i>au</i> lait. Tantôt au lieu de la préposition <i>selon. Au</i> sentiment de tout le monde. <i>Au</i> sentiment des Philosophes.</p><p>Il sert aussi à former une infinité d'adverbes, aussi-bien que la particule <i>a. Au</i> prorata. <i>Au</i> fur &amp; à mesure. <i>Au</i> pis aller. <i>Au</i> reste. <i>Au</i>-deçà, &amp; <i>au</i>-delà. <i>Au</i> devant. <i>Au</i> haut. <i>Au</i> bas. <i>Au</i> contraire. <i>Au</i> moins. C'est tout <i>au</i> plus. <i>Au</i> travers. <i>Au</i> partir delà. Ils seront expliqués à leur ordre.</p><p>Ce qu'on vient de dire est le langage ordinaire de nos Grammairiens ; mais au vrai <i>Au</i> n'est ni un article, ni une particule seulement, mais plutôt une particule, ou pour parler plus juste une préposition &amp; un article joints ensemble. Car <i>au</i> équivaut à <i>à le,</i> dont il s'est formé. D'abord on a dit <i>al,</i> que les Espagnols disent encore. Ensuite changeant l'<i>l</i> en <i>u,</i> selon notre coutume, nous avons dit <i>au</i> pour <i>al,</i> comme nous disons <i>aube</i> de <i>alba,</i> chevaux pour <i>chevals,</i> &amp;c. Et soit qu'il marque le datif, ou qu'il soit en quelque autre situation, c'est toujours la même chose ; même dans les adverbes qu'il forme, le mot qui suit est considéré comme nom, qui a un article, le pis aller, le reste, le devant, le haut, le bas, le plus, le moins. C'est pour cela que <i>au</i> a tous les sens de la préposition <i>a,</i> comme il les auroit si <i>a</i> étoit séparé de l'article, &amp; comme il les a devant l'article féminin <i>la,</i> auquel il ne se joint &amp; ne s'incorpore point comme au masculin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3407" id="1" type="">
   <index type="head" value="AU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AU</head>
    <p>
    AU , Voyez <ref type="search" target="head:AOU">AOU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3408" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVACCARI" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AVACCARI</head>
    <p>
    AVACCARI , <i>Garciae,</i> est un petit arbre des Indes, dont les feuilles, les fleurs, &amp; les fruits, sont semblables au myrthe, &amp; plus astringens. Il croît aux montagnes, en la Province de Malavar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3409" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVACHIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVACHIR</head>
    <p>
    AVACHIR , v. n. Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel des personnes qui deviennent lâches, fainéantes. <i>Flaccescere, mollescere, languescere, marcescere.</i> Cet homme s'est <i>avachi</i> depuis quelque temps, est devenu paresseux, n'est plus bon à rien. Ce mot est bas. Il vient du Latin <i>vacca, vache.</i></p><p>On le dit plus ordinairement des étoffes, des garnitures de rubans, lorsqu'elles s'applatissent, qu'elles ne bouffent plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3409" id="2" type="corroyeur & de cordonnier">
   <index type="head" value="AVACHIR" />
   <index type="src_domain" value="corroyeur & de cordonnier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVACHIR</head>
    <p>
    s'Avachir , est proprement un terme de Corroyeur &amp; de Cordonnier , qui se dit des cuirs quand ils s'amollissent trop, &amp; qu'ils cessent d'avoir un certain de gré de dureté qu'ils doivent avoir pour être bons. Ce cuir ne vaut rien ; il s'<i>avachit</i> trop.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3409" id="3" type="jardinier">
   <index type="head" value="AVACHIR" />
   <index type="src_domain" value="jardinier" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVACHIR</head>
    <p>
    s'Avachir , est aussi un terme de Jardinier , qui se dit des branches, quand au lieu de se soutenir droites, elles panchent par leur extrêmité. Les branches de cet Oranger s'<i>avachissent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3410" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>AVAGE</head>
    <p>
    AVAGE , s. m. Se dit d'un certain droit que lève le Bourreau tous les jours de marché, sur plusieurs sortes de marchandises. Prendre le droit d'<i>avage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3411" id="1" type="batelier">
   <index type="head" value="AVAL" />
   <index type="src_domain" value="batelier" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVAL</head>
    <p>
    AVAL , adv. Terme de Batelier , qui désigne la pente, la descente, l'inclination de quelque chose. <i>Lapsus.</i> On prononce maintenant <i>Avau.</i> Dans les débordemens tous les bois qui sont sur les bords de la rivière s'en vont <i>à vau</i>-l'eau. Ce bateau est détaché, il s'en va <i>à vau</i>-l'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3411" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVAL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVAL</head>
    <p>
    Aval veut aussi dire là-bas, de l'autre côté. On le voit dans ces vers, qui sont un dialogue entre Magni, qui en est l'Auteur, &amp; Caron.</p><p>On le dit aussi figurément des choses qui dépérissent, qui ne réussissent pas. <i>Deperire.</i> Toutes ses entreprises sont allées <i>à vau</i>-l'eau. Les biens mal acquis d'ordinaire s'en vont <i>à vau</i>-l'eau, ne passent point à un troisième héritier.</p><p>On appelle Vent d'<i>aval,</i> le vent du Couchant. <i>Favonius, Zephyrus.</i> On appelle aussi le Pays d'<i>aval,</i> par opposition au Pays d'<i>amont.</i> Ils courent la rivière, l'un <i>aval,</i> &amp; l'autre <i>amont.</i> Mézer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3411" id="3" type="negoce">
   <index type="head" value="AVAL" />
   <index type="src_domain" value="negoce" />
   <index type="macro_domain" value="Commerce" />
   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVAL</head>
    <p>
    Aval , s. m. Terme de Négoce , est une souscription qu'on met au bas d'une lettre, ou billet de change, par laquelle on s'oblige d'en payer le contenu, en cas qu'ils ne soient acquittés par les personnes sur lesquelles ils sont tirés : c'est proprement une caution pour faire valoir une lettre de change. <i>Cautio, vas.</i> Si un tel Marchand a donné son <i>aval,</i> cette lettre est bonne. Et on appelle ces cautions, Donneurs d'<i>aval,</i> qu'on peut contraindre par corps, de même que les tireurs de lettres de change.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3412" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>AVALAGE</head>
    <p>
    AVALAGE , s. m. Action d'avaler. <i>Demissio.</i> On doit tant au Tonnelier pour l'<i>avalage</i> de tant de muids dans la cave.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3413" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALAISON" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>AVALAISON</head>
    <p>
    AVALAISON , ou AVALASSE, s. f. Chûte d'eau impétueuse qui vient des grosses pluies qui se forment en torrens. <i>Aquarum lapsus.</i> Ce moulin a été ruiné par les <i>avalaisons,</i> par les chûtes d'eau. Voilà un rat, un canal qui s'est fait depuis peu par les <i>avalaisons</i> de cette montagne.</p><p>On dit encore, <i>avalaison,</i> ou <i>avaleson,</i> en parlant des poissons qui suivent le cours de l'eau, ou qui étant emportés par sa rapidité, tombent dans les nasses que l'on prépare pour cela.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3414" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALANGES" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVALANGES</head>
    <p>
    AVALANGES , s. f. Chûte de neiges qui se détachent des hautes montagnes dans les vallées : ce n'est quelquefois qu'un peloton de neige, qui en roulant devient d'une grosseur prodigieuse. <i>Nivium lapsus.</i> Les <i>avalanges</i> sont fort dangereuses quand on voyage dans les vallées durant le dégel.</p><p>Ce mot vient de <i>tomber en aval.</i> Le peuple dit les <i>lavanges,</i> &amp; quelques-uns <i>avalanches.</i> On dit plus communément <i>lavanges</i> dans le Dauphiné, &amp; <i>avalanges</i> vers Briançon &amp; Pignerol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3415" id="1" type="batelier">
   <index type="head" value="AVALANT, ANTE" />
   <index type="src_domain" value="batelier" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVALANT, ANTE</head>
    <p>
    AVALANT, ANTE , adj. Terme de Batelier , c'est-à-dire, qui descend, qui va en avalant. <i>Labens.</i> On ne mettra aucun empêchement au passage des bateaux montans, ou <i>avalans.</i> Ord. de Louis XIV. il se prend aussi substantivement. Le montant doit céder à l'<i>avalant. Ibid.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3416" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALE-DRU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AVALE-DRU</head>
    <p>
    &#9758; AVALE-DRU , s. m. Terme populaire qui se dit d'un homme qui mange vîte, dans la bouche de qui un morceau n'attend pas l'autre. C'est un <i>Avale-dru.</i> Il avale dru comme mouches. <i>Dict. Com.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALER" />
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    AVALER , v. act. Abaisser, couler dans un lieu plus bas. <i>Labi.</i> Les bateaux <i>avalent</i> quand ils descendent suivant le cours de la rivière. <i>Avalez</i> ce train de bois. Un Ordre d'Anne de Bretagne à Gilles de Coetlogon en 1490. porte, Avons avisé, délibéré &amp; ordonné, écouler &amp; <i>avaler</i> lesdits étangs. Si vous mandons &amp; commandons très-expressément vous transporter à ladite maison de Saudecourt, &amp; reaulmont &amp; de fait faire écouler &amp; <i>avaler</i> lesdits étangs.</p><p>Ce mot vient de <i>avallare</i>, qui a été fait de <i>ad,</i> &amp; de <i>vallis,</i> comme qui diroit, <i>Mettre aval.</i> Ménag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="2" type="">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avaler une oreille, <i>Avaler</i> un bras à quelqu'un, signifie, les couper avec une arme tranchante, &amp; les faire cheoir à terre. <i>Abscindere, amputare.</i> On ne croit pas que ce mot soit du bel usage en ce sens. L'Abbé Talleman s'en est pourtant servi dans sa Traduction de Plutarque. Il lui <i>avala</i> l'épaule d'un coup d'épée. Tail. vie de César.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="3" type="jardinage">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    <pb n="409" facs="bpt6k8542165/f449/full/1200,/0/native.jpg"/> Avaler , en termes de Jardinage , c'est, Couper une branche près du tronc. <i>Rescindere.</i> On dit aussi, <i>Ravaler,</i> ou <i>Abaisser,</i> dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="4" type="">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avaler , signifie aussi, Descendre quelque chose. <i>Demittere. Avalez</i> la lampe. <i>Avalez</i> le crocher à la viande. On dit aussi à un enfant qu'on veut fouetter, <i>Avalez</i> vos chausses. Il n'y a que le petit peuple qui parle de la sorte. On dit d'un Tonnelier, qu'il <i>avale</i> le vin dans la cave, lorsqu'il le descend. Il est bas aussi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="5" type="">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avaler , se dit encore du boire &amp; du manger qu'on fait descendre par le gosier dans l'estomac. <i>Sorbere, exsorbere, absorbere, haurire.</i> Alexandre prit d'une main la lettre, &amp; de l'autre le breuvage qu'il <i>avala.</i> Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="6" type="">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avaler , se dit figurément en Morale. On lui a fait un vilain affront, mais il a <i>avalé</i> cela doux comme lait. On lui a fait des difficultés sur son mariage, il a fallu les <i>avaler.</i> Il a enfin <i>avale</i> le calice. On lui a doré la pilule pour la lui faire <i>avaler.</i> On dit aussi, <i>Avaler</i> un chagrin, <i>avaler</i> des larmes. Il a tout <i>avalé</i> ; pour dire, il a dissipé tout son bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="7" type="banque">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avaler , en termes de Banque , c'est, Répondre d'un billet, ou d'une lettre de change, qu'on négocie, &amp; qu'on certifie bon &amp; exigible. <i>Cautionem, vadem dare.</i> Donner son aval, sa souscription.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="8" type="">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avaler , se dit aussi souvent avec le pronom personnel, &amp; signifie descendre dans l'estomac. <i>Sorberi, hauriri &amp;c.</i> Morceau qui s'<i>avale.</i> Cela s'<i>avale</i> à merveille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="9" type="">
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    s'Avaler , se dit aussi pour prendre trop bas, descendre trop bas. <i>Pendere.</i> Le ventre de ce cheval s'<i>avale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="10" type="">
   <index type="head" value="AVALER" />
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avaler , se dit proverbialement en ces phrases. On dit d'un goulu, qu'il ne fait que tordre &amp; <i>avaler,</i> qu'il <i>avaleroit</i> la mer &amp; les poissons. On dit aussi, qu'on a bien fait <i>avaler</i> des couleuvres à quelqu'un, pour dire, qu'on l'a mortifié, qu'il n'a osé se fâcher de plusieurs choses dont on l'a taxé sous des noms déguisés. <i>Avaler</i> sans corde &amp; sans poulain, c'est faire volontiers &amp; facilement une chose. On dit en ce sens, <i>avaler</i> un verre de vin sans corde &amp; sans poulain. Quand on a <i>avalé</i> le boeuf, il ne faut pas s'arrêter à la queue. De Roch. C'est-à-dire, que dans une entreprise, quand on a fait la plus difficile, ou la plus grande partie, il ne faut pas se laisser arrêter par une bagatelle, ou par la fin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3417" id="11" type="">
   <index type="head" value="AVALER" />
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    <head>AVALER</head>
    <p>
    Avalé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Sorptus, haustus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3418" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALESON" />
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    <head>AVALESON</head>
    <p>
    AVALESON , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:AVALAISON">AVALAISON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3419" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALEUR" />
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    <head>AVALEUR</head>
    <p>
    AVALEUR , s. m. Qui avale ; qui mange tout ; qui est goinfre ; qui est goulu. <i>Helluo.</i> On dit d'un Charlatan, que c'est un <i>avaleur</i> de pois gris. On le dit aussi d'un homme fort goulu. On dit d'un Capitan, d'un fanfaron, que c'est un mangeur, un <i>avaleur</i> de charrettes ferrées. Mais tout cela ne se dit que dans le style comique &amp; burlesque, lorsque l'on veut insulter quelqu'un, &amp; le railler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3420" id="1" type="negoce">
   <index type="head" value="AVALIES" />
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    <head>AVALIES</head>
    <p>
    AVALIES . Terme de Négoce . Ce sont des laines qui proviennent des peaux de mouton, de l'abatis des Bouchers, lorsqu'ils les vendent aux Mégissiers. Il faut faire les trames des étofes d'<i>avalies,</i> car les laines de toison ne sont propres que pour faire les chaînes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3421" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVALOIRE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AVALOIRE</head>
    <p>
    AVALOIRE , s. f. Gosier. <i>Guttur, fauces.</i> On ne le dit qu'en raillerie d'un goulu, à qui on reproche qu'il a une belle <i>avaloire.</i></p><p>&#9758; Baraton a donné ce nom burlesque à un valet dans cette Epigramme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3421" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVALOIRE" />
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    <head>AVALOIRE</head>
    <p>
    Avaloire , est aussi une pièce d'un harnois d'un cheval de trait, qui est sur le derrière, sur les cuisses &amp; la croupe, &amp; qui sert à l'arrêter, &amp; à faire reculer la voiture : comme qui diroit marcher en <i>avalant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3421" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVALOIRE" />
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    <head>AVALOIRE</head>
    <p>
    Avaloire . C'est aussi chez les Chapeliers un outil dont ils se servent pour faire couler la ficelle du chapeau au bas de la forme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3422" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="AVALURE" />
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    <head>AVALURE</head>
    <p>
    AVALURE , s. f. Terme de Manége . C'est la défectuosité d'une nouvelle corne molle &amp; raboteuse, qui croît au pied du cheval quand il fait quartier neuf.</p><p>&#9758; Avalure, est encore une maladie qui vient aux serins, &amp; que l'on connoît, lorsqu'ils deviennent fort maigres, &amp; que leur ventre est clair, très-gros &amp; fort dur, tout plein de petites veines rouges, tous leurs petit boyaux étant ordinairement descendus à l'extrémité de leur corps. Hervieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3423" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANAZE" />
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    <head>AVANAZE</head>
    <p>
    AVANAZE . C'est le nom d'un des meilleurs fruits du Brésil. Il vient à un arbrisseau, aux branches duquel il est attaché. Ce sont comme des noix, ou noisettes très-douces. On les met en morceaux en un certain temps, &amp; non seulement elles ont un excellent goût, mais elles sentent encore très-bon, &amp; elles se conservent long-temps, si on les confit dans du sucre. <i>Thomas Tamago de Vargas Restauration de la Ciudad del Salvador.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3424" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANCE" />
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    <head>AVANCE</head>
    <p>
    AVANCE , s. f. Terme relatif. Anticipation, priorité d'une chose à l'égard d'une autre. <i>Antecessio.</i> Quoiqu'il ait deux jours d'<i>avance</i> sur moi, je l'aurai bientôt rattrapé. <i>Avance</i> d'argent, quand on le compte par avance à quelqu'un. <i>Pecuniae repraesentatio.</i> L'<i>avance</i> de deniers qu'il a faite est fort considérable, il n'en sera de long-temps remboursé. C'est une grande <i>avance</i> dans un procès que d'avoir tous ses titres en main. Quand on paye les Artisans par <i>avance,</i> on attend long-temps la besogne. On dit aussi se réjouir par <i>avance,</i> s'affliger par <i>avance,</i> condamner par <i>avance,</i> justifier par <i>avance,</i> goûter par <i>avance,</i> faire du bien à quelqu'un par <i>avance.</i> Scar. <i>In antecessum.</i> Par <i>avance</i> s'exprime encore beaucoup mieux en Latin par certains verbes qui sont la plupart composés de la préposition <i>prae,</i> se réjouir par <i>avance. Praegestire, praegustare gaudia.</i> Goûter par <i>avance. Praegustare.</i> Avertir par <i>avance. Praemonere, &amp;c.</i></p><p>Ce mot vient d'<i>ad</i>, &amp; <i>ante</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3424" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVANCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AVANCE</head>
    <p>
    Avance , signifie aussi, Saillie ; ce qui <i>avance</i> hors d'oeuvre. <i>Projectura.</i> L'<i>avance</i> de ce bâtiment, ce coude qui anticipe sur la rue est contre les règlemens de Police.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3424" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVANCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AVANCE</head>
    <p>
    Avance , se dit figurément en Morale de certaines démarches, de certaines propositions que l'on fait le premier, soit pour gagner l'amitié de quelqu'un, soit pour se racommoder avec lui. <i>Provocare officiis.</i> Dans les accommodemens c'est toujours la partie la plus foible qui fait les <i>avances.</i> Il est honteux à une femme de faire des <i>avances.</i> J'ai fait toutes les <i>avances</i> pour rechercher son amitié, pour me remettre bien avec lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3425" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANCEMENT" />
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    <head>AVANCEMENT</head>
    <p>
    AVANCEMENT , s. m. Ce qu'on donne par anticipation, ou auparavant le temps. <i>Pecuniae repraesentatio.</i> L'<i>avancement</i> des deniers est le plus difficile quand on entre dans les Fermes. On appelle <i>avancement</i> d'hoirie, tout ce qui est donné aux enfans par avance, &amp; en attendant le surplus de la succession, quand elle sera ouverte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3425" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVANCEMENT" />
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    <head>AVANCEMENT</head>
    <p>
    Avancement , se prend aussi pour Progrès, &amp; se dit des personnes &amp; des choses. <i>Progressus, profectus.</i> Cet homme travaille de toutes ses forces à son <i>avancement</i> spirituel. Il fait tout ce qu'il peut pour son <i>avancement</i> dans la vertu, dans les belles lettres, &amp;c. Ce bâtiment, cet ouvrage ne s'achevera pas si-tôt, je n'y vois pas un grand <i>avancement.</i> Si on n'augmente le nombre des ouvriers, on ne verra pas un grand <i>avancement</i> en ce travail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3425" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVANCEMENT" />
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    <head>AVANCEMENT</head>
    <p>
    Avancement , se dir aussi d'un établissement avantageux, de ce qui procure quelque avantage à quelqu'un. Ce petit emploi qu'on lui a donné, a été cause de son <i>avancement</i> au changement de l'Etat. Employer toutes choses à l'<i>avancement</i> de sa fortune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANCER" />
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    AVANCER , v. act. Approcher quelque chose d'une autre, la pousser, la faire marcher en avant. <i>Protendere, extendere, porrigere.</i> Il faut <i>avancer</i> le bras, le pied, pour faire un tel mouvement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVANCER" />
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , se dit aussi en parlant de plusieurs choses qui sont commencées, &amp; qui ne sont pas achevées pour en marquer le progrès. <i>Procedere.</i> Ce livre est fort <i>avancé,</i> Il faut <i>avancer</i> besogne. L'Audience est fort <i>avancée,</i> elle va finir. Ce bâtiment <i>avance</i> fort. La vigne <i>avance,</i> c'est-à-dire, croît beaucoup. L'horloge <i>avance,</i> pour dire qu'elle va trop vîte. Cette affaire recule au lieu d'<i>avancer.</i> L'argent est ce qui fait <i>avancer</i> les affaires. Il <i>avance</i> fort sur l'âge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="3" type="">
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    <pb n="410" facs="bpt6k8542165/f450/full/1200,/0/native.jpg"/> Avancer , signifie aussi, Pousser quelqu'un dans les emplois, dans les charges, lui donner moyen de s'enrichir. <i>Promovere, provehere ad dignitates, ad honores.</i> Avec de la naissance on peut s'<i>avancer</i> en peu de temps : il suffit de ne rien gâter. La Bruy. Cet homme s'est fort <i>avancé</i> à la Cour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="4" type="">
   <index type="head" value="AVANCER" />
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , se dit aussi, pour, Faire réussir. C'est un admirable moyen d'<i>avancer</i> ses affaires. Mol. Le sage <i>avance</i> beaucoup, parce que le droit chemin est toujours le plus court ; au contraire le méchant politique arrive plus tard à ses fins, parce qu'il marche par des routes écartées, &amp; par des chemins détournés. <i>Maxime de Confucius.</i> P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="5" type="">
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , se dit encore pour, Profiter, servir de quelque chose. <i>Proficere.</i> Qu'ont <i>avancé</i> mes soins mes soupirs, mes larmes ? Gomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="6" type="">
   <index type="head" value="AVANCER" />
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , signifie encore, Payer une partie d'un traité, ou faire les frais d'une entreprise, avant que le temps soit venu de s'en rembourser. <i>Repraesentare pecuniam.</i> Il faut beaucoup <i>avancer</i> en prenant les Fermes du Roi. Il a <i>avancé</i> tous les frais de cette Manufacture.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AVANCER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , signifie aussi, Mettre ou être en saillie. Cet auvent <i>avance</i> trop sur la rue. <i>Exstare, eminere, prominere.</i> La corniche est la partie qui <i>avance</i> le plus dans un bâtiment. On dit aussi, qu'un Laboureur <i>avance</i> tous les ans de deux ou trois sillons sur l'héritage de son voisin ; pour dire, qu'il usurpe, qu'il anticipe sur lui. <i>Occupare, invadere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="8" type="">
   <index type="head" value="AVANCER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , se dit aussi des fruits, &amp; signifie, Croître. <i>Crescere, maturescere.</i> Le pur froment &amp; les blés ne furent point gâtés, parce qu'ils n'étoient point <i>avancés.</i> Port-R. La vigne <i>avance.</i></p><p>Quelquefois en parlant des plantes &amp; des fruits on emploie ce verbe en signification active. Il y a trois différens moyens d'<i>avancer</i> les plantes &amp; les fruits. Le premier est le fumier, dont le sel éveille la vertu générative de la terre, &amp; l'oblige à faire pousser les herbes en beaucoup moins de temps que l'ordinaire. Le second, est de remuer la terre, ou bien en changeant la plante de place, d'autant que par ce moyen la nourriture se porte plus facilement dans les racines, &amp; le mouvement excite les esprits de la terre. Ces deux moyens sont communs. Le troisième, moins en usage, bien que plus assuré, est d'arroser les graines avec des essences chaudes. On a souvent éprouvé que des laitues, ou d'autres herbes arrosées d'eau de vie, ou d'essence de canelle, croissent plus en un jour, qu'elles ne font en huit par les voies ordinaires. Chom. On a vû en Angleterre des laitues semées en se mettant à table, être non-seulement levées, mais avoir poussé quand on en sortoit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , se dit figurément en choses morales, pour dire, Proposer quelque chose, la mettre en avant. <i>Aliquid afferre, proferre in medium.</i> Vous avez <i>avancé</i> un tel fait, où en est la preuve ? Cet Avocat a <i>avancé</i> cela de son chef. Ce Docteur <i>avance</i> des propositions bien hardies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancer , se dit aussi avec le pronom personnel, pour dire, s'Approcher. <i>Accedere, accelerare, approperare,</i> L'armée s'<i>avançoit</i> au petit pas. Ablanc. La victoire s'<i>avançoit</i> à grands pas. Vaug. Il fait voler les éclats de la foudre par tout où s'<i>avancent</i> ses pas. Tristan. Il se dit aussi pour faire du progrès. S'<i>avancer</i> dans le chemin de la vertu. <i>Procedere.</i> Il se dit encore pour aller loin. Vous vous <i>avancez</i> trop sur les terres de l'ennemi ; &amp; figurément, il s'est trop <i>avancé</i> en faisant ces offres, il a excédé son pouvoir.</p><p>On dit proverbialement, Il ressemble au Cogne fétu, il se tue, &amp; n'<i>avance</i> rien ; pour dire, qu'un homme prend bien de la peine, &amp; que rien ne lui réussit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancé, ée , part. Il a la signification de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>On dit en termes de guerre , un corps de garde <i>avancé</i> ; pour dire, qu'on l'a mis assez loin du camp pour empêcher les surprises. <i>Progressum, antegressum agmen.</i> Un corps <i>avancé,</i> un travail <i>avancé,</i> en parlant d'une pièce de Fortification qui est faire pour couvrir les autres.</p><p>En termes d'Agriculture , on dit, des fruits <i>avancés,</i> pour dire, des fruits précoces. <i>Praecox, maturus.</i> En ce même sens on dit que la saison est fort <i>avancée,</i> que l'année est fort <i>avancée</i> ; pour dire, qu'il a fait chaud, qu'il a fait beau temps, &amp; que tous les fruits de la terre sont mûris plutôt que de coutume. On dit, un âge <i>avancé</i> ; pour dire, un grand âge, ou un âge mûr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3426" id="12" type="palais">
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    <head>AVANCER</head>
    <p>
    Avancé , s. m. Terme de Palais , qui se dit en cette Phrase. Le Président a donné un <i>avancé</i> sur le rôle ; pour dire, qu'il a ordonné qu'on appelleroit la cause avant que de venir à son tour de rôle. <i>Causa extra ordinem evocata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3427" id="1" type="">
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    <head>AVANIE</head>
    <p>
    AVANIE , s. f. Perfidie, querelle sans fondement, calomnie des Mahométans contre les Chrétiens, pour leur faire quelque affront, ou exaction. <i>Fraus ad extorquendam pecuniam instructa, comparata.</i> Les <i>avanies</i> qu'on souffre en Turquie contribuent à la ruine de cet Empire. La Croix.</p><p>Ce mot est venu des Orientaux. Les Turcs prononcent <i>avan,</i> qui vient de l'Hébreu <i>ava,</i> qui signifie <i>iniquè agere</i> ; ou de <i>aven,</i> qui signifie <i>iniquité,</i> comme témoigne Ménage. M. Huet croit que ce mot vient de l'Arabe <i>havana</i>.</p><p>En ces quartiers-ci on s'en sert pour exprimer un affront, une grande honte qu'on fait à quelqu'un, soit par une forte réprimande, soit par quelque insulte. <i>Injuria, contumelia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVANT</head>
    <p>
    AVANT . Préposition qui marque la priorité du temps, ou du lieu. <i>Ante.</i> Il ne faut pas demander un payement <i>avant</i> le temps. Il ne faut pas qu'un inférieur marche <i>avant</i> son supérieur. Personne ne peut être appellé heureux <i>avant</i> sa mort. Ablanc. Il faut aimer Dieu <i>avant</i> toutes choses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3428" id="2" type="">
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    <head>AVANT</head>
    <p>
    Avant , adv. Signifie, En delà, plus loin, profondément. <i>Ultra, ulteriùs, altiùs.</i> Il faut pousser ce corps de logis plus <i>avant</i> ; creuser ces fondemens plus <i>avant ;</i> enfoncer cette tente plus <i>avant</i> dans la plaie. Il lui planta sa javeline fort <i>avant</i> dans la gorge. Vaug. Cet arbre pousse ses racines bien <i>avant</i> dans la terre. Il ne faut pas aller plus <i>avant.</i> Il porta sa colère encore plus <i>avant.</i> Vaug. Un <i>chasse-avant,</i> un <i>passe-avant.</i> Voyez-les à leur ordre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVANT</head>
    <p>
    Avant , se dit figurément en choses spirituelles &amp; morales. Cet Historien a fouillé plus <i>avant</i> que tous les autres dans les Mémoires de l'Antiquité. Il est bien <i>avant</i> dans les bonnes graces du Prince. En faisant cette enchère vous allez trop <i>avant,</i> vous excédez votre pouvoir. La crainte de Dieu ne sauroit être gravée trop <i>avant</i> dans les esprits.</p><p>En termes de Palais on met dans les avenir cette formule, Pour procéder &amp; aller <i>avant,</i> pour dire, Pousser l'instruction ou le jugement d'une affaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3428" id="4" type="">
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    <head>AVANT</head>
    <p>
    Avant , s. m. Terme de Marine . <i>Prora.</i> On appelle Château d'<i>avant,</i> le bâtiment qui est sur la proue. On appelle aussi l'<i>Avant</i> du vaisseau, la proue ou la partie antérieure qui s'avance la première en mer. On dit aussi, Le vent se rangea de l'<i>avant,</i> pour dire, il nous prit par proue, &amp; devint contraire à notre route. On dit aussi, Être de l'<i>avant,</i> se mettre de l'<i>avant,</i> pour dire, Laisser derrière soi des vaisseaux, des ports, des côtes.</p><p>On dit proverbialement d'un méchant cheval, qu'il ne sauroit aller ni <i>avant,</i> ni arrière. <i>Avant</i> que cela arrive ; il passera bien de l'eau sous le pont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3428" id="5" type="manege">
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    <head>AVANT</head>
    <p>
    En avant , adv. Signifie presque la même chose. Il faut pousser cette pièce de bois, cette machine, un peu <i>en avant</i> : &amp; au figuré on dit, Mettre <i>en avant,</i> pour dire, Alléguer quelque fait, faire quelque proposition. <i>In medium.</i> Il mit <i>en avant</i> un Traité de paix. Ablanc. Il fut malheureux jusqu'à un tel jour, mais de là <i>en avant</i> il fit bien ses affaires.</p><p>En termes de Manége , on dit qu'un cheval est beau de la main <i>en avant,</i> pour dire qu'il a la tête &amp; l'encolure plus belle que la croupe. <i>Pars anterior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3428" id="6" type="">
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    <head>AVANT</head>
    <p>
    Avant que . Conjonctive qui régit l'infinitif, ou le subjonctif. <i>Antequam.</i> On doit se regarder soi-même fort long-temps, <i>avant que</i> de songer à condamner les gens. Mol. Tu vins sur la terre <i>avant que</i> Rome eût détroné ses Rois. Main. Quand cette conjonctive régit l'infinitif, il faut toujours mettre <i>que</i> &amp; <i>de</i> après <i>avant,</i> &amp; ce seroit une faute de dire seulement <i>avant de</i> ; ce qui n'est pas toujours observé. Restaut. Plusieurs Ecrivains très-habiles d'ailleurs, tombent dans cette faute. Tous ont les yeux sur lui, observent son maintien &amp; son visage, <i>avant de</i> prononcer sur le vin ou sur les viandes qui sont servies.... S'éloignera-t-on de la Cour, <i>avant d</i>'en avoir tiré le moindre <pb n="411" facs="bpt6k8542165/f451/full/1200,/0/native.jpg"/>fruit, ou persistera-t-on à y demeurer sans graces &amp; sans récompenses. La Bruyere. Il falloit écrire, <i>avant que de</i> prononcer, <i>avant que d'en</i> avoir tiré, conformément à la remarque de Vaugelas, &amp; à l'observation de l'Académie Françoise sur cette remarque. Voyez les <i>doutes du P. Bouhours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3428" id="7" type="">
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    <head>AVANT</head>
    <p>
    Avant , entre aussi dans la composition de plusieurs autres mots, comme en ceux qui suivent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3429" id="1" type="architecture">
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    <head>AVANT-BEC</head>
    <p>
    AVANT-BEC . Terme d'Architecture , qui se dit des pointes ou éperons qui avancent au-delà des piles des ponts de pierres pour les soutenir ou pour fendre l'eau. <i>Anterides.</i> Il y a l'<i>avant-bec</i> d'amont, &amp; l'<i>avant-bec</i> d'aval. Le premier est opposé au fil de l'eau, &amp; le second est au-dessous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3430" id="1" type="medecine">
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    <head>AVANT-BRAS</head>
    <p>
    AVANT-BRAS , s. m. Terme de Médecine . La partie du bras qui est depuis le coude jusqu'au poignet. <i>Cubitus, lacertus.</i> On le dit aussi de la partie de l'armure d'un Gendarme qui couvre cet endroit-là. <i>Bracchiale.</i> On trouve dans d'anciens titres <i>Antebracchia,</i> pour signifier cette partie de l'armure. Voyez l'<i>Histoire de Bretagne</i> de Don Lobineau, Tome II. pag. 566.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3431" id="1" type="">
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    <head>AVANT-COEUR</head>
    <p>
    AVANT-COEUR . Voyez ANTICOEUR, c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3432" id="1" type="">
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    <head>AVANT-CORPS</head>
    <p>
    AVANT-CORPS , en Architecture, se dit des parties d'un bâtiment qui ont de la saillie sur la face, à l'égard des autres qui sont plus retirées. <i>Pars aedificii eminens, prominens.</i> Comme un pilastre. On appelle <i>arrière-corps</i> la partie reculée qui lui sert de fond.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3433" id="1" type="">
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    <head>AVANT-COUR</head>
    <p>
    AVANT-COUR , s. f. Première cour qui est avant la principale cour du logis. <i>Vestibulum, atriolum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3434" id="1" type="">
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    <head>AVANT-COUREUR</head>
    <p>
    AVANT-COUREUR , s. m. Ce qui précède ou présage quelque évènement, quelque mal prochain. <i>Praecursor, Prodromus.</i> Le peuple croit que les monstres, les prodiges, les comètes, sont des <i>avant-coureurs</i> des grands évènemens. Les lassitudes spontanées sont les <i>avant-coureurs</i> des maladies. L'Écriture dit qu'il y aura plusieurs signes <i>avant-coureurs</i> du Jugement final.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3435" id="1" type="">
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    <head>AVANT-COURRIÈRE</head>
    <p>
    AVANT-COURRIÈRE , s. f. Les Poëtes appellent l'Aurore, l'<i>Avant-courrière</i> du Soleil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3436" id="1" type="">
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    <head>AVANT-DERNIER</head>
    <p>
    &#9758; AVANT-DERNIER , adj. Pénultième, ou qui est immédiatement avant le dernier. Les voyelles longues ne se trouvent ordinairement que dans les dernières, ou dans les pénultièmes ; c'est-à-dire, dans les <i>avant-dernières</i> syllabes des mots ; ou si elles se trouvent dans la syllabe qui précède la pénultième, comme au mot entêtement, on coule si légèrement sur les deux dernières, qu'on ne met presque pas plus de temps à les prononcer, que s'il n'y en avoit qu'une. Les voyelles des syllabes précédentes sont toujours brèves. Restaut.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3437" id="1" type="palais">
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    <head>AVANT-FAIRE-DROIT</head>
    <p>
    AVANT-FAIRE-DROIT , s. m. Terme de Palais . On appelle ainsi un Arrêt ou une Sentence interlocutoire. <i>Decretum Judicis interpositum, interlocutio decretoria, sententia disceptationis interposita.</i> Ce procès n'a pas été jugé définitivement, on n'a prononcé qu'un <i>avant-faire-droit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3438" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-FOSSÉ" />
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    <head>AVANT-FOSSÉ</head>
    <p>
    AVANT-FOSSÉ . <i>Fossa Prior.</i> Est un fossé creusé au-delà de la contrescarpe, &amp; qui règne le long du glacis : il est d'ordinaire plein d'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3439" id="1" type="guerre">
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    <head>AVANT-GARDE</head>
    <p>
    AVANT-GARDE , s. f. Terme de guerre . C'est la première ligne d'une armée rangée en bataille, la première division d'une armée, celle qui marche à la tête. <i>Prima acies, prima frons.</i> Tout corps d'armée est composé d'<i>avant-garde,</i> d'arrière-garde, &amp; de corps de bataille. Mener, conduire, commander l'<i>avant-garde.</i> Ablanc. Ce mot <i>avant-garde</i> est déja ancien dans la Langue Françoise. Il y a une Histoire de France manuscrite entre les rares manuscrits de la Bibliothèque de M. de Mesmes, premier Président du Parlement de Paris, où on lit ces paroles : le Comte du Perche, qui étoit Chévetain de l'<i>avant-garde,</i> mit ses gens en bonne ordonnance. Quelques Auteurs disent que c'étoit au Sénéchal à commander l'<i>avant-garde</i> &amp; l'arrière-garde ; mais d'autres l'attribuent au Maréchal, suivant ces deux vers d'un Poëte (<i>Willelmus Brito.</i>)</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3440" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-GOÛT" />
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    <head>AVANT-GOÛT</head>
    <p>
    AVANT-GOÛT , s. m. Plaisir imparfait qu'on goûte avant la pleine félicité, ou essai de quelque chose qui en donne, ou en fait concevoir quelque idée. <i>Praeceptum felicitatis specimen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3441" id="1" type="">
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    <head>AVANT-HIER</head>
    <p>
    AVANT-HIER . Le jour de devant la veille. <i>Nudius-tertius.</i> Ce n'est que d'<i>avant-hier</i> que je vous aime. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3442" id="1" type="">
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    <head>AVANT-JOUR, AVANT-MIDI</head>
    <p>
    AVANT-JOUR, AVANT-MIDI , adv. <i>Ante lucem, Ante meridianum tempus.</i> Qui signifient le temps que le Soleil n'est pas levé, ou qu'il n'est pas encore en son midi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3443" id="1" type="">
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    <head>AVANT-LOGIS</head>
    <p>
    AVANT-LOGIS . C'étoit chez les Anciens le logis de devant. <i>Vestibulum, prothyrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3444" id="1" type="">
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    <head>AVANT-MAIN</head>
    <p>
    AVANT-MAIN , s. m. Le mouvement naturel du bras &amp; de la main qui va en avant. <i>Manus interior, prima manus.</i> Il a frappé cette balle par un <i>avant-main.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3444" id="2" type="manege">
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    <head>AVANT-MAIN</head>
    <p>
    Avant-main . Terme de Manége . C'est le devant du cheval. La tête, le cou, les épaules. <i>Partes equi anteriores.</i> Ce cheval a un très-bel <i>avant-main.</i> J'ai connu plus de chevaux légers à la main, ayant la tête, le cou, &amp; les épaules épaisses, que de ceux qui étoient bien faits, &amp; avoient l'<i>avant-main</i> délié &amp; mince. Newc. Dans les sauts, croupades, balotades &amp; caprioles, c'est de la rêne de dehors qu'il faut aider le cheval, parce qu'il a l'<i>avant-main</i> serré &amp; la croupe en liberté. Au terre-à-terre, il faut aider de la rêne de dedans de la bride, parce qu'alors la croupe est serrée, &amp; l'<i>avant-main</i> au large. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3445" id="1" type="blason">
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    <head>AVANT-MUR</head>
    <p>
    AVANT-MUR , en termes de Blason , se dit d'un pan de muraille joint à une tour. <i>Murus turri praestructus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3446" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AVANT-PART" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>AVANT-PART</head>
    <p>
    AVANT-PART , s. f. Terme de Coutume . Préciput ; portion que quelques Coutumes accordent par privilége à l'aîné. <i>Pars prior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3447" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-PÊCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AVANT-PÊCHE</head>
    <p>
    AVANT-PÊCHE , s. f. <i>Malum persicum proecox.</i> Espèce de pêche qui vient des premières, comme un avant-coureur qui annonce la nouvelle des bonnes pêches ; c'est de là qu'on lui a donné ce nom. Elle entre d'ordinaire en maturité un mois devant toutes les autres, &amp; pour cela elle prend chair, grossit &amp; mûrit dès le commencement de Juillet : elle est petite, rondelette, avec une petite tête au bout ; elle est tellement blanche qu'aucun soleil ne la sauroit colorer : elle a la chair assez fine, mais sujette à être pâteuse ; elle a un petit goût de pêche. On en fait cas, parce qu'elle est la première qui paroisse. On s'en sert moins à la manger crue, qu'à faire des compôtes, à quoi elle est admirable. Sa fleur est des plus grandes, &amp; tellement blafarde, qu'elle en paroît presque blanche : naturellement elle pousse peu de bois, &amp; ainsi ne fait pas un bel arbre. C'est de toutes les pêches une des plus sujettes aux fourmis. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3448" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AVANT-PIED" />
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    <head>AVANT-PIED</head>
    <p>
    AVANT-PIED . En termes de Médecine , &amp; d'Anatomie, c'est le <i>metatarse,</i> ou la seconde partie du pied. <i>Pars pedis posterior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3449" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-PIEU" />
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    <head>AVANT-PIEU</head>
    <p>
    AVANT-PIEU . Bout de poutrelle qu'on met sur la couronne d'un pieu pour le tenir à plomb quand on le bat à la sonnette. On nomme aussi <i>avant-pieu</i> une espèce de pince de fer pointue, qui sert à faire des trous pour planter des jalons, des piquets, &amp; des échalas de treillage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3450" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-POIGNET" />
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    <head>AVANT-POIGNET</head>
    <p>
    AVANT-POIGNET , s. m. Est la paume de la main, qu'on appelle aussi <i>metacarpe. Palma.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3451" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-PORTAIL" />
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    <head>AVANT-PORTAIL</head>
    <p>
    &#9758; AVANT-PORTAIL , s. m. On dit que le Portail des Libraires à la Cathédrale de Rouen, a été enrichi d'un <i>avant-portail</i> en 1481. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 2. <i>pag.</i> 24.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3452" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-PROPOS" />
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    <head>AVANT-PROPOS</head>
    <p>
    AVANT-PROPOS , s. m. Préface d'un livre, ou discours qui en précède un autre pour en faciliter l'intelligence. <i>Praefatio.</i> Ce livre a un long <i>Avant-propos.</i> Je vous dis cela par manière d'<i>avant-propos.</i> Cette pièce est une espèce de Préface, ou d'<i>Avant-propos.</i> Ablanc. Pasquier dit que ce mot est nouveau, &amp; que le premier qui s'en est servi a été le nommé Louis Charron, en ses Dialogues, dont on se mocquoit alors.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3453" id="1" type="horloger">
   <index type="head" value="AVANT-QUART" />
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    <head>AVANT-QUART</head>
    <p>
    AVANT-QUART , s. m. Terme d'Horloger . <i>Prodromus.</i> <pb n="412" facs="bpt6k8542165/f452/full/1200,/0/native.jpg"/>Petite cloche avec un marteau, laquelle sonne avant qu'on entende le quart, la demie, les trois quarts, &amp; l'heure. C'est aussi le coup de marteau qui fait sonner la cloche. Ce petit coup s'appelle <i>avant-quart,</i> parce qu'il frappe avant les quarts. Ainsi l'on dit l'<i>avant-quart</i> du quart, ou pour le quart, l'<i>avant-quart</i> de la demie, ou pour la demie, &amp; de même pour les trois quarts, pour l'heure. On l'appelle aussi Petit-coup. Qu'est-ce qui vient de sonner ? C'est l'<i>avant-quart,</i> ou le petit-coup pour midi, pour trois heures, &amp;c. Le P. le Comte s'est aussi servi de ce mot, pour exprimer une division des cadrans solaires. Les Chinois sur leurs cadrans solaires (car ils en ont de très-anciens) marquoient de quatre en quatre diminutions une espèce d'<i>avant-quart,</i> qui tous ensemble faisoient 24 petites parties, dont la somme étoit égale à quatre divisions générales, afin que tout le cercle fût partagé en cent parties égales. P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3454" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-SCÈNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AVANT-SCÈNE</head>
    <p>
    AVANT-SCÈNE , s. m. <i>Proscenium.</i> C'étoit chez les Anciens la partie du Théatre, sur laquelle les Acteurs paroissoient. D'autres disent que c'étoit l'endroit où ils se préparoient, &amp; d'où ils s'avançoient sur celle qu'on appelloit <i>pulpitum,</i> d'où ils parloient. Pour le lieu de la Scène, il ne faut que lire le <i>Rudens</i> de Plaute, avec son <i>Curculio,</i> les Grenouilles d'Aristophane, l'Ajax de Sophocle, &amp; toutes les autres, où, par une infinité d'adresses, les singularités du lieu représenté par l'<i>avant-scène</i> sont clairement désignées. D'Aubignac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3455" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-TOIT" />
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    <head>AVANT-TOIT</head>
    <p>
    AVANT-TOIT , s. m. Toit avancé. <i>Compluvium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3456" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANT-TRAIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>AVANT-TRAIN</head>
    <p>
    AVANT-TRAIN , s. m. Nom qu'on donne aux deux roues qu'on ajoûte avec celles de derrière à l'affût d'un canon, pour le faire marcher en campagne. <i>Rotae priorec.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3457" id="1" type="">
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    <head>AVANT-VEILLE</head>
    <p>
    &#9758; AVANT-VEILLE , s. f. Mot qui signifie la même chose que <i>surveille</i> ; jour qui précède immédiatement la veille. Il se trouva l'<i>avant-veille</i> de la Pentecôte à la vûe de Constantinople. <i>Mém. de Trev. Juin 1722.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    AVANTAGE , s. m. Profit. <i>Utilitas, emolumentum, commodum.</i> Il se trompe toujours à son <i>avantage.</i> Cela est à mon <i>avantage.</i> Voit. Les vertus nous paroissent d'autant plus aimables, que nous en pouvons tirer quelque <i>avantage.</i> Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage . Ce qui fait préférer quelque chose à une autre, ce qui la met au-dessus. <i>Praestantia, excellentia.</i> Il y a des <i>avantages</i> naturels, d'autres qui sont acquis. La beauté, la force du corps, la naissance, sont des <i>avantages</i> de la nature. Un aîné a l'<i>avantage</i> de la naissance. L'<i>avantage</i> de la taille est considérable. Ablanc. Elle avoit tous les <i>avantages</i> de l'esprit &amp; de la beauté. Rochef. Ceux qui ont la facilité de parler entraînent toujours la multitude, parce qu'elle ne manque pas de donner la victoire à ceux qui ont l'<i>avantage</i> de la parole. Nicol. De quelque rare <i>avantage</i> dont on soit revêtu, on n'est point exemt des fatales loix de la mort. Maucroix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage , se prend aussi pour une sorte de prérogative. Il a montré les <i>avantages</i> que son art avoit sur les autres. Ablanc. Les <i>avantages</i> des Juifs sur tous les autres peuples de la terre étoient bien considérables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="4" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage , se dit aussi pour Grace, faveur, bien-fait, <i>Gratia, favor, beneficium.</i> Procurer de grands <i>avantages</i> à quelqu'un. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="5" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage , signifie encore Gloire, honneur. <i>Honor, gloria, commendatio.</i> La fortune tournoit à son <i>avantage</i> les obstacles qui lui arrivoient. Vaug. On peut dire à votre <i>avantage</i> que vous avez été plus loin que lui. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="6" type="manege">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage , se dit aussi de la victoire, &amp; de ce qui sert à l'obtenir. <i>Victoria, Palma.</i> César eut l'<i>avantage</i> sur Pompée. Ce Général sait bien ménager l'<i>avantage</i> du terrain. <i>Opportunitas loci.</i> Il a pris l'<i>avantage</i> de cette colline. Ils attendoient que les ennemis entrassent dans l'eau, pour les charger à leur <i>avantage.</i> Abl. Un assassin prend son ennemi à son <i>avantage</i> pour l'assassiner. Il a pris <i>avantage</i> de l'absence de cet homme, ou de sa foiblesse, pour obtenir gain de cause. En amour, comme en toute autre chose, Dieu a toujours l'<i>avantage</i> sur l'homme mortel. Peliss.</p><p>Ce mot est dérivé de <i>avant</i>, &amp; par conséquent c'est mal-à-propos que quelques-uns l'écrivent avec un <i>d.</i></p><p>En termes de Manége , on dit qu'un homme est monté à l'<i>avantage,</i> pour dire qu'il monte un bon cheval. <i>Expeditus in equo, generoso equo insidens.</i> Il est honteux à un Cavalier de prendre de l'<i>avantage</i> pour se mettre en selle ; c'est-à-dire, de monter sur quelque pierre, ou d'avoir besoin de quelqu'un qui lui aide à monter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="7" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage , en termes de Marine , c'est la partie de l'avant du vaisseau qui fait une grande saillie, qu'on appelle autrement, <i>éperon, cap, poulaine.</i></p><p>En termes de Jurisprudence , on appelle <i>Avantage,</i> ce qu'on donne à quelqu'un de plus qu'à un autre en partage, en succession, ou autrement. <i>Praecipuum quid, jus praerogativum.</i> Ce père a fait beaucoup d'<i>avantage</i> à ses cadets au préjudice de l'aîné. Les <i>avantages</i> indirects que les mariés se font l'un à l'autre sont défendus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="8" type="pratique">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage , en termes de Pratique , est un jugement obtenu par défaut, ou congé. <i>Obtentum ex deserto vadimonio judicium.</i> Si la partie ne comparoît, je prendrai mon <i>avantage</i> contre-elle ; c'est-à-dire, j'obtiendrai un jugement par défaut.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3458" id="9" type="jeu">
   <index type="head" value="AVANTAGE" />
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    <head>AVANTAGE</head>
    <p>
    Avantage , en termes de Jeu , se dit quand le meilleur joueur donne quelque avance au plus foible, comme aux échecs donner un tour, une dame ; au piquet dix points &amp; la main ; au trictrac deux trous. A la paume on dit qu'on a l'<i>avantage,</i> quand après que les deux joueurs sont devenus égaux, ou à deux, l'un d'eux gagne un coup : Il a l'<i>avantage,</i> c'est 45. L'<i>avantage</i> des jeux, c'est le premier jeu qu'on gagne quand on a été à deux, quand on a eu autant de jeux l'un que l'autre. <i>Antecessio.</i> On dit aussi, qu'un Courrier a de l'<i>avantage</i> sur un autre, quand il est parti devant lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3459" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGER" />
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    <head>AVANTAGER</head>
    <p>
    AVANTAGER , v. act. Donner plus à l'un qu'à l'autre. <i>Aliquid praecipui dare, tribuere.</i> Ceux que la nature a <i>avantagés</i> de ses dons, en doivent bien rendre graces à Dieu. Une femme convolant à de secondes noces, ne peut de droit <i>avantager</i> son mari plus que celui de ses enfans qui aura le moins. La Coutume de Caux en Normandie <i>avantage</i> fort les aînés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3460" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGEUSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVANTAGEUSEMENT</head>
    <p>
    AVANTAGEUSEMENT , adv. D'une manière avantageuse. <i>Utiliter.</i> Les cadets ont été partagés aussi <i>avantageusement</i> que l'aîné. <i>Commodè.</i> On doit parler <i>avantageusement</i> de ses amis en toutes rencontres. <i>Honorificè.</i> On dit aussi, Être habillé <i>avantageusement. Pulchrè &amp; eleganter.</i> Scar. Se poster <i>avantageusement. Opportunè.</i> Être pourvû <i>avantageusement</i> des biens de l'esprit &amp; de la fortune. <i>Amplissimis ingenii fortunaeque muneribus ornatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3461" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGEUX, EUSE" />
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    <head>AVANTAGEUX, EUSE</head>
    <p>
    AVANTAGEUX, EUSE , adj. Qui contient en soi quelque avantage ; qui est utile, considérable, grand, favorable. <i>Utilis.</i> Un Général doit toujours se camper dans un lieu <i>avantageux,</i> choisir un poste <i>avantageux.</i> Ablanc. Il a des sentimens de moi très-<i>avantageux.</i> Il nous sera <i>avantageux</i> de nous rendre. Vaug. La taille <i>avantageuse</i> est ce qui donne la majesté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3461" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVANTAGEUX, EUSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AVANTAGEUX, EUSE</head>
    <p>
    Avantageux en paroles, est celui qui parle insolemment, qui emporte tout à force de crier, ou qui dit des choses fâcheuses à celui qui le contredit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3462" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTIN" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AVANTIN</head>
    <p>
    AVANTIN , s. masc. C'est un brin de sarment courbé en forme de petite crosse, qu'on coupe pour lui faire prendre racine. <i>Tradux.</i> Les vignerons disent ordinairement <i>crocette.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3463" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTURE" />
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    <head>AVANTURE</head>
    <p>
    AVANTURE . Voyez <ref type="search" target="head:AVENTURE">AVENTURE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3464" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTURIER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVANTURIER</head>
    <p>
    AVANTURIER . Voyez <ref type="search" target="head:AVENTURIER">AVENTURIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3465" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVANTURINE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVANTURINE</head>
    <p>
    AVANTURINE . Voyez <ref type="search" target="head:AVENTURINE">AVENTURINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3466" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVARE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVARE</head>
    <p>
    AVARE , adj. m. &amp; fém. &amp; subst. Excessivement ménager ; qui est trop attaché au bien, à ses intérêts. <i>Avarus, sordidus.</i> Henri Estienne, pour faire valoir l'abondance de la langue, a fait une liste des mots François qui signifient <i>avare.</i> Il en compte jusqu'à onze ou douze, qui sont, <i>avaricieux, échars, taquin, tenant, trop-tenant, chiche, chiche-vilain, pince-maille, racle-denare, serre-denier, pleure-pain, serre-miette.</i> Ce n'est pas avoir appauvri la langue que d'en avoir retranché ces vilains mots. L'homme <i>avare</i> ne fait du bien qu'en mourant. Un <i>avare</i> ne possède point ses richesses, il en est possédé ; elles le tyrannisent. Claud. Un <i>avare</i> est toujours gueux ; il a également besoin de ce qu'il a, &amp; de ce qu'il n'a pas. Voit. Un <i>avare</i> n'a rien laissé à faire à la mauvaise fortune, elle ne lui pouvoit faire pis. Voit. Il n'est pas croyable combien les Auteurs de l'Anthologie ont rafiné sur les <i>avares.</i> Selon eux, un <i>avare</i> se pendit pour avoir songé la nuit qu'il faisoit de la dépense ; &amp; un autre <i>avare</i> ne se pendit pas, parce qu'on <pb n="413" facs="bpt6k8542165/f453/full/1200,/0/native.jpg"/>vouloit lui vendre trop cher la corde qu'il marchandoit. Bouh. Horace parle d'un <i>avare</i> qui ne put se résoudre à prendre une tisane faite avec du ris, laquelle coûtoit trois sols. Idem.</p><p>On dit aussi au figuré ; Dieu n'est point <i>avare</i> de ses graces, quand on les lui demande avec dévotion. Une honnête femme doit être très-<i>avare</i> de ses faveurs. Il ne faut point faire l'aumône d'une main <i>avare.</i> Ceux envers qui les Dieux ont été <i>avares</i> des richesses de l'esprit, sont bienheureux, quand ils leur donnent aussi la paresse, &amp; qu'ils demeurent cachés dans l'obscurité. M. Scud.</p><p>On dit proverbialement, que la Musique Dorienne est l'harmonie des <i>avares,</i> c'est-à-dire, qu'ils jouent de la harpe. Matth. en la <i>Vie d'Henry IV.</i> Liv. 4. Ce proverbe vient d'une mauvaise allusion au verbe Grec , qui signifie, prendre, ravir, dérober.</p><p>Pour exprimer que l'<i>Avare</i> ne fait du bien qu'en mourant, on lui a donné pour devise une vipère, avec ce mot Italien, <i>N'offende viva, &amp; ne risana morta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3467" id="1" type="">
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    <head>AVARE</head>
    <p>
    AVARE , ou AVARITÉ, s. m. <i>Avarus, Avaris.</i> C'est le nom d'une nation septentrionale, qui n'a été connue que sous le jeune Justin, environ l'an 567. de J. C. Paul Diacre écrit que les <i>Avares</i> furent mis avec les Huns en possession de la Pannonie, par Alboin Roi des Lombards, lorsqu'il quitta ce pays-là pour venir s'établir en Italie. Des Annales de France manuscrites, citées par Bollandus, T. I. p. 716. disent que Thudun, homme puissant parmi les <i>Avares,</i> envoya l'an 795. des Ambassadeurs à Charlemagne, pour l'assurer que lui &amp; tout son peuple vouloient se donner à lui, &amp; embrasser sous ses auspices la Religion Chrétienne, &amp; que l'année suivante 796. il exécuta sa promesse. Les Annales de Fulde rapportent la même chose des Huns, selon la remarque de Bollandus ; ce qui fait croire que les <i>Avares</i> n'étoient point différens des Huns. En effet Paul Diacre, Liv. II. ch. 10. dit, <i>Hunni qui &amp; Avares</i> ; c'est-à-dire, les Huns qu'on appelle ainsi <i>Avares.</i> Dans la vie de S. Eutychius, Patriarche de Constantinople, les <i>Avares,</i> ou Abares, qui ravageoient l'Empire d'Orient au VIe siècle, sont appellés , <i>Avarici.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ABARE">ABARE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3468" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVAREMENT" />
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    <head>AVAREMENT</head>
    <p>
    AVAREMENT , adv. D'une manière avare. <i>Avarè.</i> Bertaut a dit en une Epitaphe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3469" id="1" type="">
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    <head>AVARIC</head>
    <p>
    AVARIC , s. m. <i>Avaricum.</i> C'est le nom d'une ancienne ville des Gaules, dans le Berry. M. Catherinot, dans une Dissertation intitulée, <i>Le vrai Avaric,</i> montre que l'<i>Avaric</i> des Anciens est Bourges, &amp; non pas Vierzon ; &amp; les preuves qu'il en apporte sont si fortes, qu'il est impossible de n'être pas de son sentiment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3470" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVARICE" />
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    <head>AVARICE</head>
    <p>
    AVARICE , s. f. Passion d'amasser des richesses ; vice contraire à la libéralité ; trop grand attachement au bien. <i>Avaritia.</i> L'<i>avarice</i> contient en soi tous les vices, comme la justice toutes les vertus. Entre toutes les passions, celle qui est la plus ignorée de ceux qui en sont possédés, c'est l'<i>avarice.</i> L'<i>avarice</i> est un effet de l'amour propre, qui nous fait envisager toutes sortes d'avantages dans la possession des richesses, &amp; nous les fait desirer ardemment. Bayl. Les avares déguisent leur <i>avarice</i> sous le nom d'oeconomie. Bell. S. Paul, Eph. v. 5. appelle l'<i>avarice,</i> une idolatrie : parce que l'avare se fait un Dieu de son argent, &amp; que comme l'idolatre il adore l'or &amp; l'argent, l'un en statue, l'autre en monnoie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3471" id="1" type="">
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    <head>AVARICIEUX, EUSE</head>
    <p>
    AVARICIEUX, EUSE , adj. C'est la même chose qu'<i>Avare. Avarus.</i> Cet homme est <i>avaricieux</i> autant qu'on le peut être. Cette femme est extrêmement <i>avaricieuse.</i> Il se prend aussi substantivement. Que ne fait point un <i>avaricieux</i> pour conserver son argent ? Scar. La peste soit de l'avarice, &amp; des <i>avaricieux.</i> Mol. On appelle Lunettes d'<i>avaricieux,</i> celles qui ont des verres polyèdres, ou à plusieurs facettes, qui multiplient les objets, &amp; qui font voir vingt écus où il n'y en a qu'un.</p><p>Le mot <i>avaricieux</i> n'est pas du bel usage ; pour bien parler il faut dire avare. Il n'y a que les gens du commun qui se servent du mot d'<i>avaricieux.</i> Ils disent, par exemple ; Mr de ... est trop <i>avaricieux,</i> c'est un <i>avaricieux</i> ; au lieu que les gens qui parlent bien, disent en pareil cas : Mr de ... est trop <i>avare,</i> c'est un <i>avare.</i> Ce n'est pas que le mot d'<i>avaricieux</i> ne soit François, aussi-bien que celui d'<i>avare</i> : mais ce dernier est du bel usage, &amp; l'autre n'en est pas. <i>Suite des mots à la mode.</i> Le mot d'<i>avare</i> semble plus propre quand il s'agit de l'habitude &amp; de la passion même de l'avarice : le mot d'<i>avaricieux</i> paroît mieux convenir, lorsqu'il est question d'un acte ou d'un effet particulier de cette passion. Un homme qui ne donne jamais rien passe pour <i>avare</i> : un homme qui manque à donner dans l'occasion ou qui donne trop peu, s'attire l'épithète d'<i>avaricieux.</i> L'<i>avare</i> se refuse toutes choses : l'<i>avaricieux</i> ne se les donne qu'à demi. L'abbé Girard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3472" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AVARIE" />
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    <head>AVARIE</head>
    <p>
    AVARIE , s. f. Terme de Marine . C'est le dommage arrivé à un vaisseau, ou aux marchandises dont il est chargé, depuis le départ, jusqu'au retour. <i>Damnum, jactura, detrimentum.</i> On répute aussi pour <i>avaries,</i> les dépenses extraordinaires &amp; imprévues faites pendant le voyage, soit pour le vaisseau, soit pour les marchandises, soit pour le tout ensemble. Il y a des <i>avaries simples,</i> qui sont les dommages arrivés aux marchandises par leur vice propre ; comme l'empirance, pourriture, dégât, mouillure d'eau, visite, &amp; appréciation, ou pour les sauves, &amp;c. dont la répartition ou contribution se fait au marc la livre entre l'assuré &amp; les assureurs, &amp; seulement sur les choses qui ont souffert le dommage. Les <i>avaries ordinaires,</i> sont les emballages, enfonçages, chariages, droits de celui qui fait ou adresse la cargaison, &amp; le coût de l'assurance. Les autres <i>avaries</i> sont <i>grosses</i> &amp; <i>communes,</i> comme toutes celles qui adviennent par tourmente, ou par la faute du maître du navire, pour pilotage, touage, lamanage, ancrage, &amp; par un second fret qu'on est obligé de faire des vaisseaux ou alléges, quand le navire a touché. Elles sont réglées au sol la livre, tant sur les propriétaires du vaisseau, que des marchandises. Elles sont réglées dans le titre VII. du livre 3. de l'Ordonnance de la Marine de 1681. Toutes ces distinctions y sont marquées précisément. On appelle aussi <i>Avarie commune,</i> ou <i>grosse Avarie,</i> celle qui avient par jet des marchandises, pour cables, voiles, ou mâts coupés pour le salut commun.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3472" id="2" type="">
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    <head>AVARIE</head>
    <p>
    Avarie , signifie aussi un droit qui se paye pour l'entretien d'un port par chaque vaisseau qui y mouille. Mornac, sur la Loi 4. <i>Dig. ad Legem Rhodiam de jactu,</i> dit que ce mot est corrompu du Grec , qui signifie <i>navire</i> chez les Ioniens. Les Italiens &amp; les Espagnols se servent du même terme.</p><p>Cela s'appelle en Allemand <i>haveren,</i> d'où l'on a fait <i>havaria,</i> pour exprimer la même chose en Latin. Ce mot, dit un Auteur Allemand, vient de <i>hafen,</i> qui signifie <i>port.</i> Les Espagnols appellent ce droit, <i>El Gasto de haberia</i> ; &amp; D. Juan Solerzano, dans son ouvrage <i>De Indiar. Gubernat. L. IV. c.</i> 1. prétend que ce nom vient de l'Espagnol <i>haber,</i> bien, ou <i>haberes,</i> biens, qui vient du Latin <i>habere.</i> <pb n="414" facs="bpt6k8542165/f454/full/1200,/0/native.jpg"/>Voyez ce qu'il en dit au même endroit. Les Espagnols disent en Latin <i>haberia,</i> &amp; non pas <i>haveria,</i> comme dans le No d.</p><p>Il y a deux sortes d'<i>Avaries,</i> dit un Auteur qui a fait un Traité ou une Dissertation sur les <i>Avaries</i> ; l'une commune, &amp; l'autre qu'on nomme grosse. La première est celle à laquelle les marchandises seules contribuent ; la seconde, où le vaisseau &amp; les marchandises contribuent. Pour que la grosse ait lieu, il faut, dit le même Auteur. 1°. Que quelque chose ait été jettée en mer. 2°. Qu'au temps qu'on l'a jettée il y eût une nécessité grande &amp; inévitable de le faire. 3°. Que le Gouverneur ne l'ait fait qu'après avoir consulté les Marchands. 4°. que cela ait été fait pour le salut commun de tout le navire. 5°. Qu'en conséquence le navire se soit sauvé &amp; soit arrivé à bon port. Dans ces cas tous ceux pour l'intérêt desquels la chose a été jettée en mer, doivent contribuer au dédommagement de celui à qui elle appartenoit ; tout doit entrer en contribution, même les pierres précieuses &amp; les bijoux, qui ne chargent point le vaisseau, les esclaves &amp; le navire même ; mais non pas les têtes libres, ni les vivres, <i>nec Nautarum locaria.</i> L'estimation se doit faire par des Experts. Il faut y distinguer les choses qui ont été jettées en mer, &amp; celles qui ont été conservées. Le prix des premières doit être réglé sur ce qu'elles ont été achetées, &amp; celui des secondes, sur ce qu'elles peuvent être vendues. Pour l'argent, il en faut considérer la valeur intrinsèque &amp; l'extrinsèque. <i>Rainoldus Christian. à Derschau in Nov. Lit. Mart Balt.</i> 1700. <i>jul. p.</i> 200.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3473" id="1" type="mer">
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    <head>AVASTE</head>
    <p>
    AVASTE . Terme de mer , pour dire, c'est assez, arrêtez-vous. <i>Satis est, resiste, subsiste.</i></p><p>C'est un mot qui vient de l'Italien <i>basta, c'est assez.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3474" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVAUGOUR" />
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    <head>AVAUGOUR</head>
    <p>
    AVAUGOUR , s. f. &amp; nom propre de femme. C'est ainsi qu'on nomme en divers endroits de Poitou sainte Valburge. <i>Valburgis.</i> Chast. 25. Fév. Voyez <ref type="search" target="head:VALBURGE">VALBURGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3475" id="1" type="">
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    <head>AUBADE</head>
    <p>
    AUBADE , s. f. Concert qu'on donne dès le matin à la porte ou sous les fenêtres de quelqu'un, pour l'honorer, ou pour le réjouir. <i>Antelucanus ad fores alicujus gratulantium concentus.</i> Les tambours, les haut-bois, vont donner des <i>aubades</i> à leurs Capitaines le jour de l'an, le jour de leur fête.</p><p>M. le Fevre dit qu'on appelle ces concerts <i>aubades, quod sub albam, id est, auroram, edi soleant</i> ; &amp; l'étymologie est vraie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3475" id="2" type="">
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    <head>AUBADE</head>
    <p>
    Aubade , signifie à contre-sens, quelque insulte, quelque affront qu'on fait à quelqu'un. <i>Injuria, contumelia.</i> Quand des Sergens viennent exécuter dans une maison, c'est une étrange <i>aubade</i> pour le maître.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3476" id="1" type="">
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    <head>AUBAIN</head>
    <p>
    AUBAIN , s. m. Etranger qui habite dans un pays où il ne s'est point fait naturaliser. <i>Hospes loci, peregrinus, advena.</i> Le Roi prétend succéder à tous les <i>Aubains,</i> à l'exclusion de tous les autres Seigneurs. Un <i>Aubain</i> peut disposer de ses biens par donation entre vifs ; &amp; point du tout par testament. Les enfans d'un <i>Aubain,</i> nés en France, lui succèdent : leur naissance leur tient lieu de Lettres de naturalité.</p><p>Nicod dérive ce mot de <i>alibi natus.</i> Cujas le dérive de <i>advena</i> ; car les <i>Aubains</i> sont ainsi appellés dans les Capitulaires de Charlemagne. Caseneuve, après M. du Cange, le tire du mot <i>Albanus,</i> nom qu'on a donné aux Ecossois, ou Hibernois, qui autrefois avoient coutume de voyager aux pays étrangers, &amp; de s'y habituer. Ils ont été appellés <i>Aubains</i> en France, ce qui s'est étendu à tous les autres étrangers. M. de Laurière, dans ses notes sur Ragueau, appuie son sentiment de différens passages d'Auteurs, qui montrent que les Anglois, les Ecossois, &amp; les Irlandois, étoient autrefois les plus grands voyageurs du monde : il ajoûte que l'étymologie d'<i>Aubain,</i> que quelques-uns font venir du mot <i>albinus,</i> formé d'<i>alibi natus,</i> est un jeu de mots ridicule.</p><p>Les <i>Aubains</i> ne peuvent posséder ni charges, ni bénéfices, dans le Royaume, à moins qu'ils n'aient obtenu des Lettres de naturalité. Les enfans d'un François habitué, &amp; marié en pays étranger, ne sont point réputés <i>Aubains</i> lorsqu'ils reviennent demeurer en France. De Lange. Les biens des <i>Aubains</i> morts sans enfans &amp; sans héritier appartiennent au Roi par l'Ordonnance de S. Louïs. Se aucun <i>Aubain</i> ou bastard muert sans hoir, ou sans lignage, li Roi est hoirs, ou li Sires sous qui il est ; se il muert d cuer du Chastel.</p><p>Quelques Auteurs écrivent <i>Aubin</i> pour <i>Aubain</i> ; le plus grand nombre écrit <i>Aubain,</i> &amp; cela fait l'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3477" id="1" type="">
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    <head>AUBAINAGE</head>
    <p>
    AUBAINAGE , s. m. qui s'est dit pour Aubaine. <i>Jus peregrinorum haereditates cernendi.</i> Les Chanoines de Châlons ont droit d'<i>aubainage</i> &amp; de successions de bâtards. D. S. Jul.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3478" id="1" type="">
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    <head>AUBAINE</head>
    <p>
    AUBAINE , s. f. Succession d'un étranger qui meurt dans un pays où il n'est pas naturalisé. <i>Jus fisei vel domini cui obveniunt bona peregrinorum.</i> Un Ambassadeur non naturalisé mourant en France, n'est point sujet au droit d'<i>Aubaine.</i> Les Suisses, les Savoyards, les Ecossois, les Portugais, ceux de Cambray &amp; d'Avignon, ne sont point sujets au droit d'<i>Aubaine,</i> &amp; sont réputés naturels &amp; regnicoles. Bacquet a fait un beau Traité des droits d'<i>Aubaine.</i> Du Fresne, en son <i>Journal des Audiences,</i> a fait divers Traités du droit d'<i>Aubaine,</i> qui sont d'une grande instruction pour ceux qui fréquentent le Barreau. Deroch. Dans les Traités touchant les droits du Roi par M. du Puy, il y en a un à la fin sur le droit d'<i>Aubeine</i> (car il écrit toujours ainsi) dans lequel il examine si le droit d'<i>Aubeine</i> a lien contre les Princes Souverains étrangers ; &amp; si les parens François peuvent prétendre la part prétendue par leurs parens étrangers, à l'exclusion du Roi ; &amp; il prouve la négative par plusieurs exemples.</p><p>L'<i>Aubaine</i> en quelques Coutumes est appellée <i>Espavité,</i> &amp; les Aubains <i>Espaves.</i> Comme c'est un droit contraire à l'hospitalité, &amp; à la liberté naturelle, Bouteiller dans son vieux style l'appelle, un <i>droit haineux.</i></p><p>On ne connoît pas trop l'origine du droit d'<i>aubaine.</i> Il y a des Auteurs qui prétendent qu'il est aussi ancien que la Loi Salique ; d'autres disent qu'il est venu des Lombards, &amp; citent sur cela leur Loi, L. 3. tit. 15. qui défendoit à l'étranger, quand il n'avoir point d'enfans légitimes, d'aliéner ses biens sans la permission du Roi. Brodeau sur Louet croit que ce droit a été introduit en France par les testamens de Charlemagne, &amp; de Louis le Débonnaire, parce que ces deux Souverains, qui partagèrent leur Empire entre leurs enfans, les y réservent aux successions l'un de l'autre, &amp; ordonnent que tous les sujets de ces jeunes Princes se succéderoient aussi les uns aux autres, comme si l'Empire n'eût point été divisé. M. de Laurière, après avoir rapporté ces opinions, dans ses notes sur Ragueau, dit son sentiment qui est, que le droit d'<i>aubaine</i> tire son origine de ce qui arriva vers le commencement de la troisième race de nos Rois, lorsque les Seigneurs, après avoir ôté la liberté à leurs sujets, la ravirent aussi aux épaves &amp; aux <i>aubains</i> qui vinrent dans leurs terres &amp; leurs justices, d'où il arrivoit que leurs successions, quand ils étoient morts sans enfans légitimes nés dans le Royaume, appartenoient aux Seigneurs. Nos Rois dans la suite jugerent à propos d'unir à leur Couronne un droit si considérable, ce qui étoit d'autant plus juste, qu'il n'y avoit qu'eux qui pussent accorder des lettres de naturalité. Les preuves de ce sentiment de M. de Laurière se tirent d'un Cartulaire de Philippe Auguste, de l'ancien Coutumier de Champagne, des Ordonnances de Charles VI.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3478" id="2" type="">
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    <head>AUBAINE</head>
    <p>
    Aubaine , signifie figurément, Tout droit casuel qui arrive à quelqu'un. <i>Jus caducae haereditatis adipiscendae.</i> Quand il vaque quelques charges en la Justice de ce Seigneur, ce sont de bonnes <i>aubaines</i> pour lui. Quand il vient quelque succession collatérale, ou inespérée, on dit que c'est une bonne <i>aubaine.</i></p><p>Le P. Bouhours, dans le Recueil de vers qu'il a fait imprimer, écrit <i>aubeine,</i> &amp; non pas <i>aubaine,</i> aussi-bien que M. du Puy, comme nous l'avons observé ci-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3479" id="1" type="marine">
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    <head>AUBANS</head>
    <p>
    AUBANS . Terme de Marine . <i>Funes nautici.</i> Voyez HAUT-BANS.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3480" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBE" />
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    <head>AUBE</head>
    <p>
    AUBE , s. f. Le point du jour, l'aurore, le crépuscule du matin. <i>Diluculum.</i> L'<i>aube</i> commençoit déja à paroître, quand, &amp;c. Il faut partir dès l'<i>aube</i> du jour en voyage.</p><p>Ce mot vient de <i>alba</i>, qui signifie <i>blanc,</i> parce que l'<i>aube</i> est proprement cette blancheur qui commence à paroitre lorsque le Soleil se lève.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3480" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUBE" />
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    <head>AUBE</head>
    <p>
    Aube de moulin, est la petite planche attachée aux coyaux sur la jante de la roue, qui le fait tourner en faisant résistance au passage de l'eau qui la pousse. Le locataire d'un moulin est obligé de l'entretenir d'<i>aubes</i> &amp; de coyaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3480" id="3" type="">
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    <head>AUBE</head>
    <p>
    Aube , Vêtement de toile blanche qui descend jusqu'aux pieds, dont se revêtent les Prêtres, Diacres, &amp; Soudiacres, &amp; quelquefois aussi les Clercs qui servent à l'Autel. <i>Alba.</i> On voit aussi dans les Processions, des Moines &amp; des Pénitens, ou des gens de Confrairie qui en portent, &amp; qui marchent ordinairement nuds pieds.</p><p>Ce mot vient aussi du Latin <i>alba.</i> Le Curé est seulement revêtu de son <i>Aube</i> &amp; de son étole quand il fait l'eau benite. On appelloit aussi <i>Aube,</i> le vêtement blanc que dans la primitive Eglise on donnoit aux nouveaux baptisés la veille de Pâques, &amp; qu'ils devoient porter huit jours : d'où vient qu'on appelloit la semaine de Pâques <i>Alba,</i> &amp; le Dimanche qui la terminoit, <i>Dominica in albis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3480" id="4" type="marine">
   <index type="head" value="AUBE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>AUBE</head>
    <p>
    Aube , s. f. En termes de Marine , est l'intervale de temps depuis le soupé de l'équipage, jusqu'au temps qu'on prend le premier quart.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3481" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBEINE" />
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    <head>AUBEINE</head>
    <p>
    AUBEINE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:AUBAINE">AUBAINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3482" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBÊPIN" />
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    <head>AUBÊPIN</head>
    <p>
    AUBÊPIN , s. m. AUBÊPINE, s. f. &amp; ce dernier est le plus usité, le premier ne se trouvant que dans quelques anciennes Poësies. <i>Alba spina. Mespilus apii foliis sylvestris.</i> Arbre rangé parmi les Nefliers à cause de son fruit. Comme cet arbre ne craint point le froid ni le chaud, qu'il ne trace point, &amp; qu'il est armé de piquants très-forts, on s'en sert pour faire des haies vives. Son tronc est plus ou moins gros, suivant son âge, &amp; suivant qu'on le laisse croître ; il est recouvert d'une écorce cendrée qui est lavée d'un peu de pourpre sur les jeunes branches. Son bois est très-dur. Ses branches sont courtes, armées de piquants plus durs que son bois, &amp; garnis de feuilles vertes, luisantes, coupées en quelques segmens comme les feuilles de persil. Ses fleurs naissent par bouquets, elles sont blanches, de bonne odeur, petites, composées de cinq pétales. Plusieurs étamines occupent leur centre ; chaque fleur a son pédicule long de plus d'un pouce ; le calice qui soutient la fleur, devient un fruit gros comme un pois, rouge, charnu, douçâtre, un peu gluant au goût, &amp; renferme un ou deux osselets ou noyaux, qui contiennent une petite amande. Ce fruit meurit en Septembre &amp; Octobre. Son écorce, son bois &amp; ses feuilles sont astringentes ; ses fleurs sont laxatives. On greffe sur l'<i>Aubépin</i> la plupart des fruits à noyaux tels que la pêche, l'amande, l'abricot &amp; la prune. L'<i>Aubêpin</i> bien fleuri a une odeur charmante à la campagne. On dit, l'<i>aubêpine</i> est en fleur, pour signifier qu'on est entré dans le Printemps. Il se trouve quelquefois des pieds d'<i>aubêpine</i> à fleur double.</p><p>Les Botanistes l'appellent <i>Pyracantha, Oxyacantha Dioscoridis,</i> ou <i>Spina acuta</i> ; &amp; autrement en François, Buisson ardent ; parce que les Rabbins disent que le buisson dans lequel Dieu parut à Moise étoit d'<i>aubêpin.</i> On le nomme aussi Epine blanche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3483" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBER" />
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    <head>AUBER</head>
    <p>
    AUBER , ou AUBÈRE, adj. Qui ne se dit que d'un cheval qui a le poil blanc, semé par tout le corps de poil alézan &amp; de bai. <i>Equus coloris leucophaei grandibus maculis iisque nigris distinctus.</i> Un cheval <i>aubère</i> est sujet à perdre la vûe, &amp; peu estimé dans les Manéges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3484" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBEREAU" />
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    <head>AUBEREAU</head>
    <p>
    AUBEREAU . Voyez HOBEREAU, &amp; AUBERIER. Ce mot vient, selon quelques-uns, de l'Italien <i>Albergo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3485" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBERGE" />
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    <head>AUBERGE</head>
    <p>
    AUBERGE , s. f. Maison où l'on donne à manger, soit en pension, soit par repas, pour certaine somme. <i>Diversorium.</i> Il y a dans Paris, dans Rome, &amp; dans les grandes villes, des <i>auberges</i> à tout prix. La vie de l'<i>auberge</i> est fort commode pour les étrangers. Ménage dérive ce mot de <i>heriberga</i> ou <i>heribergium,</i> qui se trouve dans les Capitulaires pour signifier <i>hôtellerie</i> : ce qui vient de l'Allemand <i>herbergen,</i> qui signifie <i>loger.</i></p><p>On appelle <i>Auberge</i> à Malthe, les lieux où les Chevaliers qui y résident sont nourris en commun, chacun selon sa langue, ou sa nation. <i>Contubernium patrium Melitense.</i> L'<i>Auberge</i> de Provence, de France, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3486" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBERGISTE" />
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    <head>AUBERGISTE</head>
    <p>
    AUBERGISTE , s. m. Celui qui tient auberge. <i>Caupo, stabularius.</i> Il se dit particulièrement de ceux qui tiennent les petites auberges, où l'on vit à juste prix. Il y a obligation aux <i>Aubergistes</i> d'avertir tous les jours les Commissaires des gens qui arrivent chez eux, &amp; de leur représenter tous les mois leurs Registres pour être visés. De la Mar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3487" id="1" type="serrurier">
   <index type="head" value="AUBERON" />
   <index type="src_domain" value="serrurier" />
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    <head>AUBERON</head>
    <p>
    AUBERON , s. m. Terme de Serrurier . C'est un petit morceau de fer rivé au moraillon, qui entre dans une ferrure, à travers duquel passe le pène pour la fermer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3488" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBERONNIÈRE" />
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    <head>AUBERONNIÈRE</head>
    <p>
    AUBERONNIÈRE , s. f. Moraillon, ou bande de fer, sur lequel un ou plusieurs auberons sont rivés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3489" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBERT" />
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    <head>AUBERT</head>
    <p>
    AUBERT , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Audebertus, Autpertus.</i> S. <i>Aubert</i> fut mis sur le Siége de Cambray après la mort de l'Evêque Ablebert, l'an 633. Baill. <i>Aubert</i> se dit aussi en quelques occasions pour Albert, <i>Albertus,</i> comme S. <i>Aubert</i> Moine de Landevenech ; &amp; à Paris il y a une Place qu'on appelle la <i>Place Maubert,</i> ce que l'on prétend être la même chose que la Place de Maître Albert. <i>Platea Magistri Alberti.</i> Mais hors ces noms, sur-tout quand on parle des personnes, il faut dire Albert comme Albert le Grand, Maître de S. Thomas ; l'Archiduc Albert, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3490" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBERVILLIERS" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AUBERVILLIERS</head>
    <p>
    AUBERVILLIERS , s. fém. Espèce de laitue. <i>Albertivilleriana.</i> L'<i>Aubervilliers</i> se plante au mois d'Avril, &amp; ne monte pas si aisément en graines que certaines autres. Chom. La laitue d'<i>Aubervilliers</i> devient extraordinairement dure, &amp; n'est guère bonne pour les salades, elle est meilleure pour le potage : elle a cependant une grande disposition à être amère. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3491" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBIER" />
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    <head>AUBIER</head>
    <p>
    AUBIER , ou AUBOUR, s. m. Arbrisseau dont les rameaux ressemblent à ceux du sureau. <i>Opulus.</i> Ses feuilles sont larges, anguleuses, presque semblables à celles de la vigne. Ses fleurs sont de deux sortes, disposées en parasol : celles de la circonférence sont plus grandes que les autres, de belle couleur blanche, ressemblantes à des roues à cinq quartiers : elles ne laissent aucune graine après qu'elles sont passées. Les fleurs qui occupent le milieu sont plus petites, &amp; ressemblent à des godets coupés en cinq quartiers. Il succède à celles-ci une baie un peu plus grosse que celle du sureau, molle, rougissant à mesure qu'elle meurit, dans laquelle est renfermée une semence dure, fort aplatie, échancrée en coeur. C. Bauhin l'appelle <i>sambacus aquatica, flore simplici,</i> &amp; M. Tournefort <i>opulus Ruelli.</i> Il y a un autre espèce d'<i>aubier</i> dont les fleurs sont ramassées en rond ou en globe épais. M. Tournefort l'appelle <i>opulus flore globoso.</i> L'<i>aubier</i> sert à faire des bocages dans des maisons de plaisance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3492" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBIER" />
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    <head>AUBIER</head>
    <p>
    AUBIER , ou AUBOUR, s. m. Terme dont on use dans les forêts &amp; manufactures de bois. <i>Alburnum.</i> C'est une espèce d'écorce, dont les fibres sont plus serrées ; ou la partie blanche &amp; molle qui est entre le vif de l'arbre &amp; l'écorce. L'<i>aubier</i> se durcit par le moyen du suc qui s'y décharge, &amp; de la sève qui y coule. Ainsi il devient insensiblement &amp; peu-à-peu une partie de la substance ligneuse. L'<i>aubier</i> de chêne a un pouce ou un pouce &amp; demi d'épaisseur autour de l'arbre. Il est défendu par les statuts des Menuisiers &amp; Charpentiers d'employer du bois où il y ait de l'<i>aubier,</i> parce qu'il se pourrit trop tôt. Quand on équarrit le bois à vive arête, il en faut retrancher l'<i>aubier.</i> Pline prétend que les corps des arbres sont <pb n="416" facs="bpt6k8542165/f456/full/1200,/0/native.jpg"/>composés comme ceux des animaux, de peau, de sang, de chair, de nerfs, de veines, d'os, &amp; de moëlle, &amp; que l'<i>aubier,</i> ou <i>aubour,</i> est comme la graisse sous l'écorce, qui est aux arbres comme la peau est aux animaux. Liger.</p><p>Ce mot vient de <i>alburnum</i>, qui se trouve dans Pline, dont on a fait <i>aubour,</i> &amp; de <i>albarium,</i> &amp; <i>albinum,</i> dont on a fait <i>aubier</i> &amp; <i>aubin</i> en la même signification, &amp; cela fondé sur la couleur blanche de l'<i>aubier.</i> Ménag.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3493" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBIERGE" />
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    <head>AUBIERGE</head>
    <p>
    AUBIERGE , s. f. Nom propre de femme. <i>Edelberga, Edilburgis.</i> Sainte Edilburge, que le Peuple en France connoît mieux sous le nom de sainte <i>Aubierge,</i> étoit fille naturelle d'Anne Roi des Anglois Orientaux, &amp; fut troisième Abbesse de Farmoutier au VIIe &amp; VIIIe siècles. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3494" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBIFOIN" />
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    <head>AUBIFOIN</head>
    <p>
    AUBIFOIN , s. m. <i>Cyanus.</i> Plante qui croît parmi les blez, qui porte des fleurs bleues, &amp; qu'on appelle à cause de cela Bleuet. Voyez <ref type="search" target="head:BLEUET">BLEUET</ref>. Il y a le petit &amp; le grand <i>Aubifoin.</i> Le petit est celui qui vient dans les blez. Le grand se plaît sur les montagnes, ses fleurs sont quelquefois blanches. L'un &amp; l'autre sont froids &amp; secs, souverains pour les inflammations des yeux. Le grand <i>Aubifoin</i> a les feuilles plus larges que le petit, plus velues, &amp; toutes entières, semblables à celles de la <i>Lycnis coronaria.</i> Ses tiges sont plus grosses, plus velues &amp; plus longues : ses fleurs sont bleues, beaucoup plus longues &amp; plus larges ; pour le reste il est comme le petit. Il fleurit depuis Mai jusqu'en Août. Chom.</p><p>Il y a un autre <i>Aubifoin</i> de Levant qui croît en abondance dans les blez de Syrie, qui a une fleur jaune à cornets, presque semblable à un oeillet. On en voit la description dans les Mémoires de Dodard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3495" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBIN" />
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    <head>AUBIN</head>
    <p>
    AUBIN , s. m. Le blanc de l'oeuf. <i>Ovi album, Albumen.</i> Il y a cent occasions où on se sert des <i>aubins</i> d'oeufs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3495" id="2" type="manege">
   <index type="head" value="AUBIN" />
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    <head>AUBIN</head>
    <p>
    Aubin , en termes de Manége , est un train de cheval qui tient de l'amble &amp; du galop. Un cheval qui va l'<i>aubin,</i> est peu estimé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3496" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AUBINET" />
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    <head>AUBINET</head>
    <p>
    AUBINET . En termes de Marine , on appelle <i>saint Aubinet,</i> un pont de cordes supporté par des bouts de mâts posés en travers sur le platbord à l'avant des vaisseaux marchands, pour couvrir la cuisine &amp; la marchandise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3497" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBOUR" />
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    <head>AUBOUR</head>
    <p>
    AUBOUR . Voyez <ref type="search" target="head:AUBIER">AUBIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3498" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBRIER" />
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    <head>AUBRIER</head>
    <p>
    AUBRIER , s. m. Oiseau de proie, qui est la même chose que <i>Hobereau. Pygargus.</i> Il est ainsi nommé, parce qu'il marche sur les arbres, ou parce qu'il est de pennage aubère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3499" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBRINX" />
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    <head>AUBRINX</head>
    <p>
    AUBRINX , s. m. Nom propre d'homme. <i>Albricus,</i> ou peut-être <i>Adelbricus.</i> On conserve les ossemens de saint <i>Aubrinx</i> à Montbrison en Forêt, où on l'honore de temps immémorial comme Pontife. Le P. Chifflet a cru que c'est <i>Adelricus,</i> Evêque d'Autun, marqué dans les listes immédiatement devant Modoue. Car d'<i>Adelricus</i> on peut avoir fait <i>Adelbricus</i> en insérant une mute entre les deux liquides, pour faciliter la prononciation. Mais on n'en fait nulle mémoire à Autun en toute l'année. Chast. <i>Aubrinx</i> est la même chose qu'Aubry &amp; Auvry. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3500" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUBRY" />
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    <head>AUBRY</head>
    <p>
    AUBRY , sub. mas. &amp; nom propre. <i>Adelbricus, Albricus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AUBRINX">AUBRINX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3501" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUCUN, UNE" />
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    <head>AUCUN, UNE</head>
    <p>
    AUCUN, UNE . Pronom relatif, qui, à l'affirmative, signifie, Quelqu'un ; &amp; à la négative, Personne. <i>Ullus, aliquis, quispiam.</i> Il n'y a <i>aucun</i> Auteur qui ose avancer une proposition de la sorte. Y a-t'il <i>aucun</i> qui réclame contre une Ordonnance si juste ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3502" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUCUNEFOIS" />
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    <head>AUCUNEFOIS</head>
    <p>
    AUCUNEFOIS , adv. Quelquefois. <i>Aliquando, nonnunquam.</i> Il y a <i>aucunefois</i> des pécheurs qui se corrigent. Il vieillit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3503" id="1" type=" usite au barreau">
   <index type="head" value="AUCUNEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AUCUNEMENT</head>
    <p>
    AUCUNEMENT , adv. En nulle façon. <i>Nullo modo, nullâ ratione.</i> Il ne faut <i>aucunement</i> avoir commerce avec les méchans. Il se dit aussi à l'affirmative, pour dire, En quelque façon. <i>Aliquatenus. Quoquomodo.</i> Il se connoît <i>aucunement</i> en médailles, en livres, en tableaux ; c'est-à-dire, pas trop bien. Ce mot est tout-à-fait hors d'usage en ce dernier sens. Mais c'est un terme usité au Barreau , &amp; qui s'emploie dans les Arrêts ou Sentences, pour signifier En partie. Ayant <i>aucunement</i> égard à la Requête d'un tel, veut dire, y ayant égard pour quelques points, &amp; non pour le tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3504" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDACE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AUDACE</head>
    <p>
    AUDACE , s. f. Passion par laquelle l'ame s'excite &amp; se porte à surmonter les plus grandes difficultés. <i>Audacia, confidentia.</i> Mithridate ne croyoit rien au-dessus de ses desseins &amp; de son <i>audace.</i> Racin. Quand ce mot d'<i>audace</i> est employé seul, il se prend ordinairement en mauvaise part ; &amp; alors il signifie, Hardiesse mêlée d'insolence &amp; de témérité. Ovide auroit poussé ses témérités plus loin, si Julie n'avoit réprimé son <i>audace.</i> Vill. Un soldat qui a l'<i>audace</i> de tirer l'épée contre son Capitaine est puni de mort. Bessus n'eut pas assez d'<i>audace</i> pour excuser son crime. Vaug. Comment avoir l'<i>audace</i> de battre un Philosophe comme moi ! Mol. Aurai-je l'<i>audace</i> de prononcer hardiment, qu'il n'est pas possible à celui qui peut tout &amp; qui fait tout, de multiplier d'une manière toute surnaturelle &amp; toute divine la substance du corps de J. C ? Peliss. Il se prend quelquefois en bonne part, pour une entreprise hardie, sur-tout lorsqu'il est adouci, ou par quelque épithète favorable, ou par quelque autre substantif qui l'accompagne. Ainsi on dit, une belle <i>audace,</i> une noble <i>audace.</i></p><p>Le sujet que l'on traite peut encore rectifier ce mot, &amp; lui donner un sens favorable. Par exemple, Un autre cependant a fléchi son <i>audace.</i> Racin. En ce cas il signifie, Fierté. Trois cents Lacédémoniens eurent l'<i>audace</i> de s'opposer à toute l'armée de Perse au passage des Thermopyles. Alors il signifie, Hardiesse, courage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3504" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUDACE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>AUDACE</head>
    <p>
    Audace . Depuis quelque temps on appelle <i>audace,</i> une gance qui étant attachée à une agrafe, sert à soutenir &amp; à relever les bords d'un chapeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3505" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDACIEUSEMENT" />
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    <head>AUDACIEUSEMENT</head>
    <p>
    AUDACIEUSEMENT , adv. D'une manière audacieuse. <i>Audacter, confidenter.</i> Les mutins qui parlent <i>audacieusement</i> à leur Prince doivent être châtiés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3506" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDACIEUX, EUSE" />
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    <head>AUDACIEUX, EUSE</head>
    <p>
    AUDACIEUX, EUSE , adj. Plein d'audace. <i>Audax, temerarius.</i> Ce mot, selon quelques-uns, se prend en bonne &amp; en mauvaise part : mais selon le P. Bouhours, il ne se prend jamais qu'en mauvaise part, soit en vers, soit en prose. Les passions engendrent souvent celles qui leur sont contraires ; on est quelquefois ferme par foiblesse, &amp; <i>audacieux</i> par timidité. Rochef. Icare étoit un jeune <i>audacieux,</i> qui périt pour vouloir voler trop haut. La fortune aide aux <i>audacieux :</i> c'est un proverbe Latin, <i>Audaces fortuna juvat.</i></p><p>Promethée, l'<i>audacieux</i> fils de Japhet déroba le feu du ciel pour le donner aux hommes. Le P. Tart.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3506" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUDACIEUX, EUSE" />
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    <head>AUDACIEUX, EUSE</head>
    <p>
    Audacieux , <i>Audax, confidens,</i> se prend quelquefois figurément ; c'est la plus <i>audacieuse</i> de toutes les figures. Balz.</p><p>Les Poëtes appellent aussi des monts, des rochers, des arbres <i>audacieux,</i> qui semblent menacer le ciel par leur hauteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3507" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDARD" />
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    <head>AUDARD</head>
    <p>
    AUDARD , sub. masc. Nom propre d'homme. <i>Theodardus.</i> S. Thodart, ou saint <i>Audard,</i> Evêque de Narbonne, patron de Montauban, vivoit au IXe siècle. Bail. De saint Thodart, en retranchant un <i>t,</i> on a fait saint <i>Audard.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3508" id="1" type="">
   <index type="head" value="AU-DEÇA" />
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    <head>AU-DEÇA</head>
    <p>
    AU-DEÇA . Préposition qui signifie, De ce côté-ci, &amp; qui régit le génitif. <i>Cis, Citra,</i> avec l'accusatif. <i>Au-deçà</i> de l'Euphrate. Vauc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3508" id="2" type="">
   <index type="head" value="AU-DEÇA" />
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    <head>AU-DEÇA</head>
    <p>
    <pb n="417" facs="bpt6k8542165/f457/full/1200,/0/native.jpg"/> Au-deça , adv. <i>Citra :</i> Il est <i>au-deçà.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3509" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDÉEN" />
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    <head>AUDÉEN</head>
    <p>
    AUDÉEN . Voyez <ref type="search" target="head:AUDIEN">AUDIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3510" id="1" type="">
   <index type="head" value="AU-DELA" />
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    <head>AU-DELA</head>
    <p>
    AU-DELA . Préposition qui veut dire, Par delà, de l'autre côté, &amp; qui régit le génitif. <i>Ultra, trans,</i> avec l'accusatif. Il manquoit à vos aventures d'avoir un amant <i>au-delà</i> de l'Océan. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3510" id="2" type="">
   <index type="head" value="AU-DELA" />
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    <head>AU-DELA</head>
    <p>
    Au-dela , adv. <i>Ultrà.</i> Il est passé <i>au-delà.</i> On ne voit <i>au-delà</i> qu'un obscur avenir. M. Deshoul.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3511" id="1" type="">
   <index type="head" value="AU-DEVANT" />
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    <head>AU-DEVANT</head>
    <p>
    AU-DEVANT . A la rencontre. <i>Obviam.</i> Voyez <ref type="search" target="head:DEVANT">DEVANT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3512" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDIEN, ENNE" />
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    <head>AUDIEN, ENNE</head>
    <p>
    AUDIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Audianus.</i> Nom de Secte. Les <i>Audiens</i> tiroient leur nom du Fondateur de leur Secte appellé Audée, qui étoit de Mésopotamie. Il célébroit la Pâque le 14e de la Lune, comme les Juifs ; il enseignoit que Dieu avoit une figure humaine : il croyoit que les ténèbres, l'eau &amp; le feu n'avoient point de commencement. Les <i>Audiens,</i> ou <i>Adéens,</i> parurent sous l'empire de Constance vers l'an 345.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3513" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCE" />
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    <head>AUDIENCE</head>
    <p>
    AUDIENCE , s. f. Prononcez <i>Audiance.</i> Attention qu'on prête à quelque discours. <i>Audientia.</i> Les grands parleurs abusent souvent de l'<i>audience</i> qu'on leur donne. Il m'a conté toutes ses aventures ; je lui ai prêté une paisible <i>audience.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3513" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCE" />
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    <head>AUDIENCE</head>
    <p>
    Audience , se dit aussi de ces cérémonies, qui se font chez les Rois &amp; les Princes, pour recevoir &amp; écouter des Ambassadeurs. Cet Ambassadeur a envoyé demander <i>audience.</i> On l'a reçu à l'<i>audience</i> avec grande cérémonie. <i>Auditus est.</i></p><p>On le dit encore du temps que les Princes donnent à écouter les demandes ou les plaintes de leurs sujets. Charles, Duc de Calabre, avoit une cloche à l'entrée de son Palais, que les pauvres sonnoient, quand ils vouloient avoir <i>audience,</i> &amp; on les conduisoit aussi-tôt à lui. Deroch. Rodolphe, Fondateur de la Maison d'Autriche, disoit à ceux qui le blâmoient de ce qu'il donnoit <i>audience</i> à tout le monde, Pensez-vous qu'on m'ait fait Empereur pour être enfermé dans une boëte ? <i>Matth. en la vie de Louïs XI.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3513" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCE" />
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    <head>AUDIENCE</head>
    <p>
    Audience , se dit aussi des Juges qui sont assemblés pour écouter les parties, ou les Avocats qui plaident devant eux. Un Président doit donner <i>audience</i> aux parties à tour de rôle. <i>Senatum, consilium dare.</i> Toute <i>audience</i> est déniée aux condamnés par défaut, jusqu'à ce qu'ils aient refondé les dépens faits contre eux. Solliciter une <i>audience.</i> Le lever de l'<i>audience.</i> A l'issue de l'<i>audience.</i> On fait le, amendes honorables, l'<i>audience</i> tenant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3513" id="4" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCE" />
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    <head>AUDIENCE</head>
    <p>
    Audience , se dit aussi des heures que les Ministres destinent à écouter les parties. <i>Tempus audiendis litigantibus adscriptum.</i> Il faut attendre l'heure de l'<i>audience</i> pour présenter son Placet ; que le Ministre vienne dans sa salle d'<i>audience.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3513" id="5" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCE" />
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    <head>AUDIENCE</head>
    <p>
    Audience , signifie encore, le lieu, ou le temps destiné à entendre les plaidoyers, &amp; l'assemblée qui les écoute. <i>Forum, Tribunal, Praetorium.</i> Les Conseillers doivent entrer dans l'<i>Audience</i> dès huit heures. Il ne faut pas qu'un Avocat occupe toute une <i>Audience</i> pour une cause de néant. Toute l'<i>Audience</i> applaudit à son discours ; c'est à-dire, tout le Peuple qui étoit dans le lieu de l'<i>Audience.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3513" id="6" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCE" />
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    <head>AUDIENCE</head>
    <p>
    Audience Civile , est celle où on plaide toutes les causes civiles : l'<i>Audience Criminelle,</i> celle où il s'agit de quelque crime. <i>Cause d'Audience,</i> est celle qui se peut juger sur la seule plaidoirie des Avocats. <i>Grande Audience,</i> est celle où on juge les causes des rôles aux jours ordinaires, &amp; où les Juges sont assis sur les hauts siéges. <i>Petites Audiences,</i> ou <i>Audiences à huis clos,</i> sont celles où les Juges sont sur les bas siéges, &amp; où on ne juge que sur des Placets, ou des incidens &amp; instructions de procès, ou des matières legères. On appelle par excellence la Grand-Chambre de l'<i>Audience,</i> parce qu'il n'y avoit autrefois que celle-là où on plaidoit. Les ouvertures des <i>Audiences</i> sont des cérémonies qu'on fait, lorsque le Parlement recommence ses séances après les vacations. On dit alors une Messe solemnelle, &amp; les Présidens &amp; Avocats Généraux font des Harangues pour entretenir la discipline du Palais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3513" id="7" type="geographie">
   <index type="head" value="AUDIENCE" />
   <index type="src_domain" value="geographie" />
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    <head>AUDIENCE</head>
    <p>
    Audience , Terme de Géographie , qui se dit en parlant des pays de l'Amérique soumis à l'Espagne. <i>Jurisdictio, Jurisdictionis dioecesis.</i> Les Espagnols donnent le nom d'<i>Audience</i> aux Tribunaux de Justice qu'ils ont érigés dans l'Amérique. Ces <i>Audiences</i> sont la même chose que les Parlemens en France. Elles jugent sans appel, &amp; ont chacune leur ressort limité, qui renferme ordinairement plusieurs Provinces ; toutes ces Provinces, qui composent le ressort ou le district d'un Parlement, s'appellent en général <i>Audience,</i> du même nom que le Tribunal auquel elles ressortissent. C'est pour cela que Samson dans ses Cartes a divisé la nouvelle Espagne en autant d'<i>Audiences</i> qu'il y a de ces Tribunaux, comme nous divisons la France en 12. Gouvernemens. La Nouvelle Espagne comprend trois <i>Audiences,</i> l'<i>Audience</i> de Guadalajara, l'<i>Audience</i> du Mexique, &amp; celle de Guatimala. On les trouve dans l'ordre que l'on vient de dire, en allant du Couchant au Levant. Tout ce qui passe de l'<i>Audience</i> de Guatimala en Espagne, s'embarque à Cartagène des Indes. Maty. La Ville de la Conception est de l'<i>Audience</i> de Guatimala. Corn. Mais le Bourg de la Conception est de l'<i>Audience</i> du Mexique. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3514" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCIER" />
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    <head>AUDIENCIER</head>
    <p>
    AUDIENCIER , adj. Huissier qui porte la robe &amp; le bonnet, &amp; qui sert à l'Audience à ouvrir &amp; fermer les portes, à tenir le Barreau, à faire faire silence, &amp; rapporter les causes appellées. <i>Scriba, Notarius forensis.</i> Les Huissiers <i>Audienciers</i> du Châtelet sont distingués des autres Huissiers &amp; Sergens à verge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3514" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUDIENCIER" />
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    <head>AUDIENCIER</head>
    <p>
    Grand Audiencier , s. m. est un grand Officier de Chancellerie. <i>In Judiciali Cancellarii Franciae praetorio supremo diplomatum ac rescriptorum relator. Amanuensium Decurio, scribarum Magister.</i> Il y a quatre <i>Grands Audienciers</i> qui rapportent à Monsieur le Chancelier les Lettres de noblesse, &amp; autres Lettres d'importance. Les <i>Audienciers</i> de la petite Chancellerie mettent la taxe au haut des Lettres. Sur ces <i>Audienciers</i> &amp; sur le <i>Grand Audiencier,</i> leurs devoirs, leurs droits &amp; priviléges, voyez l'<i>Histoire de la Chancellerie</i> par Tessereau ; l'un &amp; l'autre Tome.</p><p>Quelques-uns croient que ce nom vient de ce que, comme il paroît par les formules de Marculphe, le papier, ou la lettre par laquelle les Rois autrefois accordoient audience à quelqu'un, s'appelloit <i>charta audientialis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3515" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDITEUR" />
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    <head>AUDITEUR</head>
    <p>
    AUDITEUR , s. m. Celui qui écoute. <i>Auditor.</i> Un Prédicateur doit édifier ses <i>auditeurs</i> par son exemple, aussi-bien que par son discours. J'ai été long-temps <i>auditeur</i> ; je veux enfin parler à mon tour. Il est de l'adresse de l'Orateur de faire germer dans l'esprit de l'<i>auditeur</i> la réflexion même qu'il alloit faire, afin que son <i>auditeur</i> l'embrasse comme la sienne propre. Perr. L'air de maître &amp; de pédagogue, révolte l'<i>auditeur,</i> qui ne veut pas qu'on s'élève trop au-dessus de lui, en le traitant de disciple. Id. L'Orateur qui ne dit que des choses vagues &amp; générales, rallentit l'attention de l'<i>auditeur.</i> Bell.</p><p>Ou le dit quelquefois des personnes qui sont en conversation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3515" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUDITEUR" />
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    <head>AUDITEUR</head>
    <p>
    Auditeur , se dit aussi de plusieurs Officiers commis pour ouïr quelques comptes ou plaidoiries. <i>Cognoscendis rationibus praefectus.</i> Un <i>Auditeur</i> des Comptes, est un Officier créé pour examiner &amp; arrêter les comptes des Finances du Roi, &amp; faire rapport à la Chambre des difficultés qui s'y trouvent, pour les juger. On les appelloit <i>Clercs</i> anciennement, &amp; c'étoient eux qui revoyoient les comptes, &amp; en faisoient leur rapport sans avoir voix délibérative. On commença à leur donner la qualité d'<i>Auditeurs</i> vers la fin du XVe siècle ; &amp; par une Ordonnance d'Henri II. en 1551. il fut ordonné qu'on les appelleroit Conseillers du Roi, &amp; <i>Auditeurs</i> ; &amp; en 1552. il leur fut permis d'opiner sur les difficultés qui se présentoient dans les comptes dont ils étoient rapporteurs. Louis XII. en 1511. en avoit fixé le nombre à 16. Depuis il est monté jusqu'à 60. Pasq. Les Juges <i>Auditeurs</i> du Châtelet à Paris, sont des Juges subalternes, qui jugent sommairement à l'Audience toutes les causes jusqu'à la somme de 50. liv. Leurs sentences s'exécutent nonobstant l'appel. Un <i>Auditeur</i> de Rote, est <pb n="418" facs="bpt6k8542165/f458/full/1200,/0/native.jpg"/>un Officier que le Roi nomme pour être un des Juges du Tribunal de la Rote à Rome. <i>Auditor Rotae.</i> On les appelle <i>Auditeurs</i> de la Rote, ou Roue, parce qu'ils sont assis en rond. C'est une Jurisdiction que les Papes ont établie pour se décharger de la peine, &amp; de l'embarras de juger les procès. Un <i>Auditeur</i> de la Chambre Apostolique à Rome, <i>Auditor Camerae Apostolicae,</i> est le Juge de la Cour Romaine ; &amp; son autorité s'étend au spirituel sur toutes sortes de personnes, citoyens ou étrangers, Prélats, Princes, &amp;c. Il connoît de toutes les appellations de l'Etat Ecclésiastique, même de tous les contrats où on s'est soumis aux censures Ecclésiastiques, lesquelles il fulmine en cas de désobéissance.</p><p>Ce mot d'<i>Auditeur</i> s'est dit autrefois en Justice de plusieurs fonctions, car il signifioit non seulement <i>Juge,</i> mais aussi les <i>Enquêteurs</i> commis pour l'instruction des procès, &amp; aussi pour en faire le rapport. On a appellé même les notaires <i>Auditeurs,</i> comme on voit aux Coutumes d'Amiens de Ponthieu, de Clermont, &amp;c. &amp; pareillement les témoins &amp; assistans qui étoient présens à la passation, &amp; à la lecture de quelque acte, ou qu'ils signoient. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3515" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUDITEUR" />
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    <head>AUDITEUR</head>
    <p>
    Auditeur , s. m. Dans l'Histoire Ecclésiastique c'est le nom des Catéchumènes du premier ordre. <i>Auditor.</i> Car il y avoit deux degrés de Catéchumènes. Les Oyans, ou <i>Auditeurs,</i> qui se préparoient de loin à devenir Chrétiens en écoutant les Instructions. Fleur. C'est-à-dire, que c'étoient ceux qui étoient nouvellement reçus Catéchumènes, &amp; qui étoient dans les premiers exercices, qui sont de s'instruire, &amp; d'apprendre la doctrine Chrétienne, en écoutant les explications qu'on leur en fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3516" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDITIF, IVE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUDITIF, IVE</head>
    <p>
    AUDITIF, IVE , adj. Qui sert à l'ouie. <i>Quod ad auditum pertinet.</i> La septième paire de nerfs est l'<i>auditive.</i> Dionis. Le nerf <i>auditif</i> qui vient dans l'oreille de la cinquième conjugaison, suivant le compte des Anciens, &amp; de la septième suivant le compte des Modernes. La surdité détruit la faculté <i>auditive.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3517" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="AUDITION" />
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    <head>AUDITION</head>
    <p>
    AUDITION , s. f. Terme de Palais . Examen d'un témoin, ou d'un compte. <i>Auditio.</i> L'Ordonnance veut que l'<i>audition</i> des témoins se fasse tant à charge, qu'à décharge. Les <i>auditions</i> des comptes doivent être réglées article par article.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3518" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDITOIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AUDITOIRE</head>
    <p>
    AUDITOIRE , s. m. Nom collectif. L'assemblée qui écoute quelqu'un qui parle en public. <i>Auditorum coetus, concio, Auditorium.</i> Il faut qu'un Orateur gagne d'abord la bienveillance de son <i>Auditoire.</i></p><p>Il signifie aussi, le siége où les Juges subalternes donnent audience. <i>Auditorium.</i> Les Juges doivent avoir un <i>auditoire</i> honorable &amp; certain, &amp; situé dans l'étendue de leur Jurisdiction. Il ne leur est point permis d'emprunter un <i>auditoire</i> hors leur territoire ; ni de rendre leurs sentences dans un lieu ou suspect, ou peu honnête, comme un cabaret : c'est rendre méprisable la puissance publique. Par cette raison les deniers qui proviennent des amendes sont d'ordinaire employés aux réparations de l'<i>auditoire.</i> A Rome les Magistrats avoient un <i>auditoire,</i> ou siége de Justice, selon leur dignité. Les Magistrats supérieurs avoient de hauts siéges que les Latins appelloient <i>tribunal</i> : les petits avoient de bas siéges appellés <i>subsellia.</i> Les Juges pédanées tenoient leur siége au Portique de l'Empereur. Les Hébreux rendoient la Justice à la porte des villes. Autrefois les Juges des Seigneurs donnoient leur sentence sous l'orme, qui d'ordinaire étoit planté devant le manoir seigneurial, &amp; qui leur servoit d'<i>auditoire.</i> De-là vient que les Juges de villages sont appellés, <i>Juges sous l'orme.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3519" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDITRICE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AUDITRICE</head>
    <p>
    &#9758; AUDITRICE , s. f. Celle qui écoute. Quoique quelques personnes se servent de ce mot, il n'est pourtant pas encore marqué du sceau du public.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3520" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUDRU" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AUDRU</head>
    <p>
    AUDRU , s. f. Nom propre de femme. <i>Austrudis.</i> Austrude, vulgairement Sainte <i>Audru,</i> &amp; Sainte Ostru, étoit fille du B. Blandin Blason, &amp; de Sainte Salaberge. Elle nâquit au Diocèse de Toul vers l'an 534. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3521" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AUDRY</head>
    <p>
    AUDRY , s. m. Nom propre d'homme. <i>Aldricus.</i> Saint Aldric, que le vulgaire appelle Saint <i>Audry,</i> Evêque de Sens, nâquit vers l'an 780. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3521" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUDRY" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AUDRY</head>
    <p>
    Audry , s. f. <i>Ethildrita, Etheldreda, Ediltruda.</i> Nom propre de femme. Ethildrite, ou Etheldrède, que les Martyrologes nomment Editrude, &amp; quelquefois Elidru, &amp; que nous appellons vulgairement Sainte <i>Audry,</i> fille d'Anne Roi d'Estangle, ou des Anglois Orientaux, &amp; de Héreswite, Princesse du Sang des Rois de Northumbrie, nâquit dans une famille de bénédiction. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3522" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVÉ" />
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    <head>AVÉ</head>
    <p>
    AVÉ , s. m. Mot Latin, qui signifie, <i>Je vous salue.</i> Il est devenu François, parce qu'on dit, Cinq Pater &amp; cinq <i>Avé.</i> Il n'a point de pluriel. Il y a dans le Rosaire cent cinquante <i>Avé,</i> &amp; quinze <i>Pater.</i> Les <i>Avé</i> d'un chapelet sont les menus grains, sur chacun desquels on dit <i>Avé.</i> C'est la prière qu'on fait à la Vierge, qui contient la salutation que lui fit l'Ange Gabriel au jour de l'Incarnation. <i>Salutatio Angelica.</i> Matthieu Arménien, premier Envoyé des Abyssins aux Portugais, dit dans sa relation, que la salutation Angelique est fort en usage dans l'Eglise d'Ethiopie. Voyez AVE MARIA.</p><p>On dit d'un homme ignorant, ou négligent dans la Religion, qu'il ne sait pas son Pater &amp; son <i>Avé,</i> qu'il ne dit pas seulement un Pater &amp; un <i>Avé.</i></p><p>On appelle l'<i>Avé-Maria</i> d'un Sermon, l'exorde qu'on fait aux Sermons en France, avant qu'on fasse l'invocation du Saint-Esprit, par l'intercession de la Sainte Vierge, à laquelle on adresse cette prière.</p><p>Etienne Guichard dérive ce mot <i>Avé</i> de l'Hébreu ; car il prétend que de , fut formé en Latin, <i>bave,</i> comme il se trouve souvent avec une aspiration, &amp; puis <i>Ave</i> simplement, omettant l'aspiration forte, comme au lieu de <i>Hava, Eva. Avé</i> donc de cette racine signifie <i>vive,</i> vivez. Or quelques-uns prétendent que les Anciens disoient <i>Avo,</i> pour <i>saluto,</i> selon ce que dit Plaute dans le <i>Poennlus. Havo, cujates estis, aut quo ex oppido</i> .... D. <i>Havo.</i> M. <i>Salutat.</i> &amp;c.</p><p>A la vérité on se trompe, <i>Avo</i> n'est point un mot Latin ; c'est un terme Punique, ou Carthaginois, qui est l'impératif de , &amp; signifie la même chose que <i>Ave</i> en Latin. Mais cela n'en prouve pas moins que <i>Ave</i> pourroit bien en effet avoir l'étymologie que Guichard lui donne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3523" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVE MARIA" />
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    <head>AVE MARIA</head>
    <p>
    AVE MARIA , s. m. Salutation Angélique ; la même prière dont nous venons de parler, &amp; que souvent on appelle simplement <i>Avé.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AVÉ">AVÉ</ref>. On lui a donné ces noms, parce que ce sont les mots par lesquels elle commence ; comme nous appellons l'Oraison dominicale <i>Pater noster</i> ; car c'est assez la coutume de donner pour nom aux prières que l'on dit souvent, les mots par lesquels elles commencent. Le <i>Salve Regina,</i> le <i>Credo,</i> le <i>Confiteor,</i> le <i>Te Deum,</i> &amp;c. Les Juifs en usent de même ; ils appellent une des prières qu'ils disent le plus souvent , <i>schema,</i> parce qu'elle commence par ces mots du Deuteron. VI. 4. , <i>Ecoute, Israel &amp;c.</i> Il ont même donné aux Livres, &amp; aux parasches ou divisions de l'Ecriture, pour noms les premiers mots par où elles commencent. <i>Bereschit, Schemot, Vajikra,</i> &amp;c.</p><p>Au reste, ce nom <i>Avé Maria,</i> comme tous les autres semblables pris des premiers mots de la prière dont ils sont devenus les noms, est masculin, &amp; n'a point de pluriel. Je n'ai dit qu'un <i>Avé Maria.</i> Voilà un <i>Avé Maria</i> bien long. Vous faites vos <i>Avé Maria</i> bien courts.</p><p>On se sert de ce mot pour marquer un espace de temps bien court. Cela n'a duré qu'un <i>Avé Maria.</i> Je ne tarderai point, je ne serai qu'un <i>Pater</i> &amp; un <i>Avé.</i> En moins d'un <i>Avé Maria</i> Catane fut abymée dans le tremblement de terre de 1693. Ces expressions ne sont que du style familier &amp; populaire.</p><p>On appelle aussi <i>Avé Maria,</i> ou Prière de l'<i>Ave Maria,</i> la prière qu'on nomme autrement l'<i>Angelus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ANGELUS">ANGELUS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3523" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVE MARIA" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AVE MARIA</head>
    <p>
    Avé-Maria . C'est ainsi qu'on appelle à Paris un Couvent de filles de l'Ordre de Saint François. C'est Louis XI. qui fonda le Monastère de l'<i>Avé-Maria</i> proche S. Paul. Les filles de l'<i>Avé-Maria</i> mènent une vie très-austère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3524" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEC" />
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    <head>AVEC</head>
    <p>
    AVEC . Préposition conjonctive, qui marque quelque assemblage, liaison, suite, connexité ou dépendance de quelque chose, &amp; qui régit l'accusatif. <i>Cum.</i> Philippe aimoit Alexandre <i>avec</i> une tendresse extrême. Vaug. Il ne faut point qu'un Noble s'allie <i>avec</i> des roturiers. On ne peut voir prospérer les méchans qu'<i>avec</i> douleur. <i>Avec</i> tout cela il ne vaut rien. Nous verrons cela <i>avec</i> le temps. Il est allé <i>avec</i> cet Ambassadeur, c'est-à dire, à sa suite. <pb n="419" facs="bpt6k8542165/f459/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Avec</i> tout son bien il ne laisse pas d'être malheureux. Je ferai cela <i>avec</i> l'aide de Dieu. La paix soit <i>avec</i> vous. <i>Avec</i> tout le respect que je vous dois.</p><p><i>Avec,</i> signifie quelquefois la manière, ou les manières. Que me veut cet homme <i>avec</i> sa mine austère ? Que veut, que prétend, que dit cet hypocrite, <i>avec</i> son air modeste ? Quel fou, <i>avec</i> son chapeau sur l'oreille, &amp; ses airs de petit-maître !</p><p>Il marque aussi l'instrument <i>avec</i> lequel on fait quelque chose. Il s'est voulu battre seul à seul <i>avec</i> l'épée, plutôt qu'<i>avec</i> le pistolet. On peint <i>avec</i> un pinceau ; on écrit <i>avec</i> une plume, ou <i>avec</i> un crayon. Ce convalescent ne peut encore marcher qu'<i>avec</i> un bâton.</p><p>Il désigne encore la matière. On dessine <i>avec</i> du crayon, ou <i>avec</i> de l'encre de la Chine. On bâtit <i>avec</i> du bois &amp; <i>avec</i> des pierres. On ne doit bâtir qu'<i>avec</i> des matériaux solides. On fait des étoffes <i>avec</i> de la soie, &amp; d'autres <i>avec</i> de la laine.</p><p>Observez que c'est une négligence vicieuse, de mettre deux <i>avec</i> qui se suivent de près, &amp; qui ont des rapports différens, dont l'un regarde la personne, &amp; l'autre la chose. Mais quand ils se rapportent tous deux ou à la chose, ou à la personne, c'est quelquefois une beauté. Tu sauras disputer <i>avec</i> les Sophistes, mais tu ne sauras pas vivre <i>avec</i> les hommes, disoit Socrate à Euclide, qui se plaisoit trop aux chicanes de la dispute. Ils ne choquent pas même quelque multipliés qu'ils soient : Pour avoir un véritable repos, il faut être bien <i>avec</i> Dieu, <i>avec</i> soi-même, &amp; <i>avec</i> les autres. Vaug. Bouh.</p><p>Il est quelquefois réduplicatif &amp; absolu. Il m'a pris mon manteau, &amp; s'en est allé <i>avec.</i></p><p>On dit proverbialement, La peste soit du fat, &amp; du fat encore <i>avec.</i> La peste soit du coquin, &amp; du coquin encore <i>avec,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3525" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVECQUE" />
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    <head>AVECQUE</head>
    <p>
    AVECQUE , ou AVÈQUE. Cette préposition est la même qu'<i>avec.</i> Toute la différence qu'il y a entre ces deux mots, consiste en ce qu'on ne doit jamais écrire <i>avèque</i> en prose, que pour rompre la mesure d'un vers, ou pour arrondir une période. Au lieu qu'en poësie on se sert d'<i>avèque</i> ou d'<i>avec</i> indifféremment, &amp; selon le besoin qu'on en a. Et pour ce qui est d'<i>avèques</i> avec une <i>s</i> finale, on ne s'en doit jamais servir. Il y en a même beaucoup qui évitent <i>avèque</i> en poësie aussi bien qu'en prose : mais quand on s'en sert, il doit précéder une consonne, excepté les pronoms <i>quelque, quelconque ;</i> parce qu'<i>avèque quelque,</i> ou <i>avèque quelconque</i> feroit un mauvais son. Vous êtes romanesque <i>avecque</i> vos chimères. Mol. Malherbe s'en est servi plus souvent qu'on ne le feroit aujourd'hui.</p><p>Et ailleurs,</p><p>M. Corneille a mis <i>avec</i> &amp; <i>avecque</i> dans le même vers.</p><p>Ce mot n'est plus du tout en usage aujourd'hui, ni dans la prose, ni dans la poësie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3526" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEINDRE" />
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    <head>AVEINDRE</head>
    <p>
    AVEINDRE , v. act. <i>J'aveins. J'ai aveint. J'aveignis. J'aveindrai. Que j'aveigne. Que j'aveignisse.</i> Tirer quelque chose d'un lieu où on l'avoit enfermée, d'une place où on l'avoit mise. <i>Promere, depromere, proferre.</i> Les Marchands n'<i>aveignent</i> jamais leurs plus belles étoffes d'abord, ils font plusieurs montres.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>aveo</i>, parce qu'on ne songe à <i>aveindre</i> que les choses qu'on desire avoir. Quoique ce soit un assez mauvais mot, il y a encore des personnes qui s'en servent, dans le sens qu'on lui vient de donner. Mais il ne faut pas lui donner la signification d'atteindre, ou d'attraper. Cela est si haut que je n'y saurois <i>aveindre,</i> est mal dit. Il falloit dire, <i>atteindre.</i> Ce mot devroit être relégué dans le peuple. Cail. <i>Aveignez</i>-moi mon ouvrage ... Je vous dis d'<i>aveindre</i> mon ouvrage de cette armoire. Ce mot d'<i>aveindre</i> me paroît du dernier bourgeois ... Il est bas &amp; populaire, &amp; il est bon d'éviter de s'en servir. Il falloit dire : tirer mon ouvrage de cette armoire ... Les mots par où Montagne, Liv. III. de ses Essais, commence le ch. 7. intitulé de l'<i>Incommodité de la Grandeur,</i> sont ceux-ci. Puisque nous ne la pouvons <i>aveindre,</i> vengeons-nous à en médire. Mr. Ménage, dans ses <i>Origines Françoises</i> au mot <i>aveindre,</i> apres avoir rapporté ce passage de Montagne, remarque qu'au lieu d'<i>aveindre,</i> il y a dans l'édition de Paris de Christophle Journel, <i>atteindre</i> ; ce qui, à mon sens, est une corruption, plutôt qu'une correction. De la Monnoye.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3527" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEINE" />
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    <head>AVEINE</head>
    <p>
    AVEINE , Voyez <ref type="search" target="head:AVOINE">AVOINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3528" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVELETS" />
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    <head>AVELETS</head>
    <p>
    AVELETS , s. plur. Ce mot se trouve dans les Ordonnances de Mets, &amp; veut dire les enfans des enfans. <i>Nepotes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3529" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVELINE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AVELINE</head>
    <p>
    AVELINE , s. f. Fruit rond, qu'on appelle autrement noisette. Voyez ce mot. <i>Avellana nux.</i> On dit aussi <i>avellaine</i> ; mais <i>aveline</i> est plus usité.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>avellana,</i> que Servius dit avoir été fait de <i>Avella,</i> village de Campanie, autour duquel il en croissoit beaucoup. Il y en avoit aussi beaucoup aux environs d'un autre lieu appellé <i>Abellinum</i> ; &amp; c'est pour cela que Pline dit, qu'on les appella d'abord <i>abellinae,</i> &amp; ensuite <i>avellanae,</i> d'où s'est fait le nom d'<i>avelines.</i> Le véritable nom Latin c'est <i>Corili.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3530" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVELINIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AVELINIER</head>
    <p>
    AVELINIER , ou comme disent tous nos Auteurs un peu anciens, AVELAINIER, s. m. <i>Avellana arbor.</i> C'est l'arbre qui porte les Avelines. On le nomme plus communément Coudrier. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3531" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AVENAGE</head>
    <p>
    AVENAGE , s. m. Redevance d'avoine qu'on doit à un Seigneur Censier. <i>Obligatio ad clientelaria avenarum vectigalia.</i> Cette terre a plusieurs droits de champages &amp; d'<i>avenages.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3532" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENANT, ANTE" />
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    <head>AVENANT, ANTE</head>
    <p>
    AVENANT, ANTE , adj. Qui est propre, gracieux, qui a bon air. <i>Aptus, concinnus, formosus.</i> C'est un homme fort <i>avenant,</i> qui est bien reçu par-tout. Cette étoffe ne vous sied pas bien avec celle-là, il en faut trouver quelqu'une plus <i>avenante.</i> Ce mot ne sort point de la conversation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3532" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVENANT, ANTE" />
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    <head>AVENANT, ANTE</head>
    <p>
    Avenant , ou A l'avenant, ad. Formé d'un gérondif du verbe <i>Avenir, Si accidat, si contingat.</i> Le cas <i>avenant</i> de la vacance, de la mort.</p><p>Il signifie aussi, Rapport, convenance. Il dépense beaucoup ; mais il gagne <i>à l'avenant,</i> à proportion. <i>Aequâ proportione.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3532" id="3" type="coutume">
   <index type="head" value="AVENANT, ANTE" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>AVENANT, ANTE</head>
    <p>
    Avenant , en termes de Coutume , est la legitime &amp; contingente portion du patrimoine auquel une fille peut succéder ab intestat. <i>Legitima patrimonii portio quae ad puellam pertinet.</i> Le plus que l'<i>avenant</i> est la quatrième partie de ladite portion que les père &amp; mère nobles, avant le mariage de leur fils aîné, peuvent donner en faveur de mariage, ou autre don de nôces, à leur fille aînée, ou autre premièrement mariée. Ragueau. On appelle en Normandie, Mariage <i>avenant,</i> la portion, &amp; la légitime d'une fille, qui monte d'ordinaire au tiers de la succession paternelle &amp; maternelle pour toutes les filles ensemble. Art. 249. de la Cout. de Normandie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3533" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVÉNEMENT" />
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    <head>AVÉNEMENT</head>
    <p>
    AVÉNEMENT , s. m. Venue, arrivée. <i>Adventus.</i> Il ne se dit guère qu'en ces deux phrases : Les Juifs sont encore dans l'attente de l'<i>avénement</i> glorieux du Messie &amp; de son regne temporel. Les Chrétiens attendent le second <i>avénement</i> de Jesus-Christ, quand il viendra juger les vivans &amp; les morts. Les Prophètes avoient prédit deux <i>avénemens</i> de Jesus-Christ : l'un dans l'humilité, &amp; l'autre dans l'éclat. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3533" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVÉNEMENT" />
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    <head>AVÉNEMENT</head>
    <p>
    Avénement , se dit aussi du temps que les Princes parviennent à la Couronne, de celui où ils prennent possession de leurs Etats. <i>Regni, Principatûs initia.</i> L'<i>avénement</i> de Tibère à l'Empire fut signalé par le meurtre d'Agrippa. Ablanc. Tous les corps payent un certain droit au Roi pour son joyeux <i>avénement</i> à la Couronne. Plusieurs Communautés font renouveller leurs priviléges par les Rois, au temps de leur joyeux <i>avénement.</i> Les Evêques exigeoient autrefois des presens à leur joyeux <i>avénement.</i> Le Pape accorde ordinairement un Jubilé pour son <i>avénement</i> au Pontificat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3534" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENIR" />
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    <head>AVENIR</head>
    <p>
    AVENIR , v. n. Arriver vaut mieux : se dit du succès &amp; de l'événement des choses ; de ce qui en peut arriver. <i>Evenire, contingere.</i> Je veux pousser cette affaire, quoiqu'il en puisse <i>avenir.</i> S'il vous <i>avient</i> jamais de retomber en faute, vous en serez châtié. Il est <i>avenu</i> tout le contraire de ce qu'on lui avoit prédit. Un infracteur de paix est responsable de tous les maux qui en <i>aviendront.</i> S'il <i>avient</i> que je meure, ce sera d'amour. Gom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3534" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVENIR" />
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    <head>AVENIR</head>
    <p>
    Avenu, ue , part. pass. du verbe <i>Avenir. Quod evenit, contigit.</i> Il faut attendre que le cas soit <i>avenu,</i> avant que de faire cette demande. On dit au Palais, Il faut regarder cette procédure comme non faite, &amp; non <i>avenue.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3535" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AVENIR</head>
    <p>
    AVENIR , s. m. Temps futur ; qui n'est pas encore présent. <i>Futurum.</i> Dieu, à qui l'<i>avenir</i> est présent, voyoit &amp;c. Peliss. Il seroit indigne de Dieu, de se servir de signes aussi vagues, &amp; aussi obscurs que le sont ceux que l'on débite pour des présages de l'<i>avenir.</i> Bayl. Le Seigneur dit à ses Disciples, qu'ils n'eussent point de soin de l'<i>avenir,</i> en parlant des choses temporelles. Comme le souvenir du passé donne du plaisir, l'espérance de l'<i>avenir</i> en donne aussi. M. Scud. C'est un effet de la Providence de Dieu, de nous avoir caché nos maux, &amp; de nous déveloper notre pénitence peine à peine, de peur que nous n'en soyons rebutés. Il ménage nos craintes, &amp; il épargne à notre foiblesse la connoissance importune d'un fâcheux <i>avenir.</i> Flech. On tient que les Anges mêmes ne peuvent pas pénétrer dans l'<i>avenir.</i> La connoissance de l'<i>avenir</i> est réservée à Dieu. Les sciences qui prédisent l'<i>avenir</i> sont toutes vaines &amp; sans fondemens. Les Loix n'ont de force que pour l'<i>avenir,</i> &amp; non point pour le passé. Dans le sombre <i>avenir</i> je ne vois pas trop clair. Bens. Nous ne nous tenons jamais au présent : nous anticipons l'<i>avenir,</i> comme trop lent, &amp; pour le hâter ; &amp; nous rappellons le passé pour l'arrêter comme trop prompt. Pasc. La curiosité insatiable de savoir l'<i>avenir</i> a fait inventer une infinité de manières de divination toutes chimériques, dont les hommes n'ont pas laissé de se payer. Bayl. Pourquoi fouiller dans l'<i>avenir</i> pour se rendre malheureux ? Port-R. Il y a de l'imprudence à hasarder l'<i>avenir</i> pour le présent. S. Evr. L'idée de la mort l'afflige d'autant plus, qu'elle ne lui laisse voir qu'un long <i>avenir</i> derrière un rideau, qui redouble ses inquiétudes. Abad. Le passé est un abyme qui engloutit toutes choses, &amp; l'<i>avenir</i> est un autre abyme impénétrable. L'<i>avenir</i> s'écoule dans le passé. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3535" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVENIR" />
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    <head>AVENIR</head>
    <p>
    Avenir , se dit quelquefois des personnes <i>avenir.</i> Ainsi dans un Sonnet aux Officiers François qui servoient un Prince étranger, on a dit :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3535" id="3" type="">
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    <head>AVENIR</head>
    <p>
    Avenir , se dit quelquefois pour la postérité. Les hommes des siècles futurs. Voilà bien de l'éclat, bien du fracas ; mais comment l'<i>avenir</i> en jugera-t-il ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3535" id="4" type="">
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    <head>AVENIR</head>
    <p>
    Le P. Chomel J.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3535" id="5" type="">
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    <head>AVENIR</head>
    <p>
    Avenir , Terme de Palais , Assignation, ou acte qu'on signifie à un Procureur de partie adverse, pour se trouver à l'Audience pour venir plaider. <i>In jus vocatio, denuntiatio vadimonii.</i> Il y a <i>avenir</i> précis à ce jour pour plaider. On ne peut pas obtenir un défaut qu'on n'aie un <i>avenir</i> en main.</p><p>A l'Avenir, façon de parler adverbiale, qui signifie désormais. Vous en userez à l'<i>avenir</i> comme il vous plaira. Ne faites plus cela à l'<i>avenir.</i> Acad. Fr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVENT</head>
    <p>
    AVENT , s. m. Le temps qui précède la Fête de Noël. Il dure quatre semaines. Le premier Dimanche de l'<i>Avent</i> est un Dimanche de la première classe. Les Religieux &amp; les personnes de piété jeûnent l'<i>Avent</i> comme le Carême. On ne marie point durant l'<i>Avent</i> sans dispense. Dans les premiers siècles de l'Eglise on jeûnoit pendant l'<i>Avent</i> trois fois la semaine, le Lundi, le Mercredi, &amp; le Vendredi. Il est parlé de ce jeûne dans le 9e Canon du Concile de Mâcon tenu en 581. Mais il étoit en usage dès auparavant dans l'Eglise Romaine, &amp; même dans l'Eglise de France, où l'on prétend que Rupert, Evêque de Tours, l'introduisit. Quelques-uns croient que le Concile de Mâcon ne le prescrit qu'aux Clercs. Ensuite on jeûna tous les jours. Ce jeûne commençoit depuis la fête de S. Martin ; c'est pour cela qu'on l'appelloit le Carême de S. Martin. Les Capitulaires de Charlemagne nous apprennent aussi qu'on faisoit dans le IXe siècle un jeûne de quarante jours avant Noël. Les Clercs y ayant été obligés, comme nous l'avons dit, les personnes pieuses entre les Laiques les imitèrent. La coutume s'en introduisit, &amp; l'usage &amp; la pratique en firent une Loi. Cependant Amalarius témoigne dans le IXe siècle que cette pratique ne regardoit que les personnes pieuses. En 1270. Urbain V. au commencement de son Pontificat, en fit une Loi pour les Clercs de la Cour Romaine. l'<i>Avent</i> n'a pas toujours commencé au même temps. Dans l'Office Ambrosien il y a six Dimanches de l'<i>Avent,</i> &amp; le premier est celui qui suit la fête de S. Martin. S. Grégoire, dans son Sacramentaire, met cinq Dimanches, qu'il appelle Dimanches d'avant Noël, &amp; qui sont comme les Dimanches de l'Avent ; &amp; l'on trouve que l'<i>Avent</i> est quelquefois appellé simplement Carême, <i>Quadragesima</i> ; comme dans la vie de S. Dominique l'Encuirassé. On appelle aujourd'hui première semaine de l'<i>Avent</i> celle par où l'<i>Avent</i> commence, &amp; qui des quatre qui le composent est la plus éloignée de la fète de Noël. Nous apprenons d'Amalarius &amp; de S. Grégoire dans son Sacramentaire, qu'autrefois c'étoit tout le contraire, &amp; que l'on appelloit première semaine de l'<i>Avent,</i> celle qui est la plus près de la fète de Noël, &amp; qu'on appelle aujourd'hui la dernière. Aujourd'hui, dans toute l'Eglise Romaine, l'<i>Avent</i> n'a que quatre Dimanches, &amp; le premier est le Dimanche le plus proche de la S. André. Dans l'Eglise Grecque il commence le 14. Novembre ; ce qui revient à l'ancienne pratique de le commencer à la S. Martin.</p><p>En parlant du temps de l'<i>Avent,</i> le peuple dit au pluriel, les <i>Avents,</i> la Saison des <i>Avents,</i> aux <i>Avents.</i> Ainsi La Quintinie dit ; les chasselats se maintiennent pour la plupart au-delà de la Saison des <i>Avents.</i></p><p>On dit, Prêcher l'<i>Avent.</i> Cet Abbé a l'<i>Avent</i> de la Cour ; c'est-à-dire, il est nommé pour prêcher pendant l'<i>Avent.</i> Les Marguilliers de S. Paul ont donné leur <i>Avent</i> à ce Prédicateur ; c'est-à-dire, ils l'ont choisi pour prêcher pendant l'<i>Avent</i> dans leur Paroisse.</p><p>Avent, signifie aussi les Sermons qu'un Prédicateur prêche pendant l'<i>Avent,</i> &amp; le Livre qui contient ces Sermons, soit manuscrits, soit imprimés. l'<i>Avent</i> d'un tel Prédicateur est beau ; mais son Carême ne l'est pas tant. Cet Abbé vient de chez Dadure acheter un <i>Avent</i> pour prêcher l'année prochaine. Il y a deux <i>Avents</i> de ce Prédicateur imprimés. L'<i>Avent</i> du P. Bourdaloue, imprimé chez Rigaud, m'a coûté tant. L'<i>Avent</i> du P. Texier est intitulé, L'<i>Impie malheureux</i> : celui de Biroat, <i>La condamnation du Monde.</i> C'étoit assez la coutume au commencement du dernier siècle de faire tous les Sermons de l'<i>Avent</i> sous une seule idée, telle que les deux que l'on vient d'indiquer ; de les rapporter tous à cette idée, de sorte qu'ils fissent un corps <pb n="421" facs="bpt6k8542165/f461/full/1200,/0/native.jpg"/>de Sermons suivis &amp; tendans tous au même but. Cette coutume a passé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVENTURE</head>
    <p>
    AVENTURE , s. f. Evénement, accident ; chose qui arrive inopinément. <i>Eventus, casus, fortuna.</i> Les Chiromanciens, les Bohémiens disent la bonne <i>aventure</i> : on croit sottement qu'ils prédisent ce qui doit arriver. Il m'est arrivé aujourd'hui une <i>aventure</i> que je n'attendois pas. Il m'a raconté ses <i>aventures</i> amoureuses. Ce Roman est plein d'<i>aventures</i> bien bizarres, &amp; bien burlesques. Cette Belle peut aisément me dire ma bonne <i>aventure,</i> puisqu'elle me la peut faire. Chev.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVENTURE</head>
    <p>
    Aventure , signifie simplement un événement, une action, un amas de plusieurs circonstances, &amp; l'épithète qu'on joint à <i>aventure</i> détermine plus en particulier sa signification. On dit également bien, plaisante <i>aventure,</i> fâcheuse <i>aventure.</i> Malherbe a dit :</p><p>Le même dit ailleurs :</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVENTURE</head>
    <p>
    Aventure , se dit aussi de ces accidens surprenans &amp; extraordinaires, qui sont souvent de pures imaginations, ou des entreprises hasardeuses, comme sont celles des Romans de Chevalerie. Il y a des gens qui sont sujets à trouver des <i>aventures :</i> &amp; certains esprits Romanesques qui courent après les <i>aventures.</i> Dom Quichote a voulu imiter les anciens Paladins, qui alloient chercher les <i>aventures.</i> L'Amadis est tout plein d'<i>aventures</i> perilleuses, surprenantes, enchantées. On dit aussi, C'est une femme à <i>aventure,</i> lorsqu'elle a fait parler d'elle par ses galanteries.</p><p>Une <i>aventure</i> galante ne le touche point, à moins qu'elle ne soit assaisonnée de danger, &amp; de crainte. S. Evr. La triste <i>aventure</i> d'un agneau injustement dévoré par un loup est un exemple instructif que la fable propose. Le Bos. Les bilieux, dont l'amitié est ardente &amp; emportée, font bien du bruit dans les fâcheuses <i>aventures</i> de leurs amis. M. Esp. Les <i>aventures</i> naissent sous les pas des Heros. S. Evr. Les <i>aventures</i> de Belfégor sont plaisamment imaginées, &amp; il y a beaucoup d'art. S. Evr. Les Portugais sont si superstitieux, qu'ils couvrent toutes les images de leur chambre avant que d'achever une <i>aventure</i> amoureuse. Inq. de Goa. Il arrive souvent qu'à la lecture d'un Roman, les filles se passionnent pour des intrigues, &amp; des <i>aventures</i> chimériques. Fenel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3537" id="4" type="">
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    <head>AVENTURE</head>
    <p>
    Aventure , signifie aussi, Un événement qui est au pouvoir du hasard, &amp; de la fortune. Je suis préparé à toute sorte d'<i>aventure.</i> Cet homme attend pour se marier quelque bonne <i>aventure,</i> c'est-à-dire, qu'il trouve par hasard quelque bon parti. Prendre sur soi l'<i>aventure</i> d'une affaire : c'est se résoudre à tout ce qui en peut arriver.</p><p>On dit en ce sens, Mettre de l'argent à la grosse <i>aventure,</i> pour dire, le mettre à profit sur le négoce de mer, &amp; sur la quille du vaisseau, où on risque le naufrage, &amp; la prise des Corsaires. Le bureau des assurances répond de la grosse <i>aventure.</i></p><p>A l'Aventure, D'<i>aventure,</i> &amp; <i>Par aventure,</i> sont des phrases adverbiales ; pour dire, par hasard, <i>Fortè, fortuito.</i> Errer à l'<i>aventure,</i> c'est marcher sans dessein, &amp; sans savoir où l'on veut aller. C'est être imprudent, que de mettre tout <i>à l'aventure,</i> de faire tout <i>à l'aventure</i> ; c'est-à-dire, sans réflexion. Chacun a la liberté de dire <i>à l'aventure</i> tout ce qu'il pense. Pasc. Combien a-t-on vû de Ministres étourdis gouverner les Etats <i>à l'aventure</i> ? Balz. La plupart des gens n'ont point de principes &amp; vivent <i>à l'aventure.</i> La Bruy. Un baiser bien souvent se donne <i>à l'aventure.</i> La Sabl. Si d'<i>aventure,</i> ou <i>par aventure</i> il arrivoit ; c'est-à-dire, si le hasard vouloit que cela arrivât. Ces deux derniers sont du style badin &amp; burlesque. Réfl.</p><p>On appelle aussi, Mal d'<i>aventure,</i> une apostume qui vient au bout des doigts, lorsqu'on s'est piqué, &amp; qu'on n'a pas bien fait sortir le sang de la plaie, qui ensuite s'y est corrompu. <i>Paronychia.</i> Il est fort différent du <i>panaris,</i> quoiqu'il vienne au même endroit. Voyez <i>Panaris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3538" id="1" type="">
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    <head>AVENTURER</head>
    <p>
    AVENTURER , v. n. Risquer, mettre au hasard. <i>Adire aleam. Fortunae committere, objicere.</i> Il a beaucoup <i>aventuré</i> de mettre son argent dans cette affaire. Cet argent est bien <i>aventuré,</i> pour dire, qu'on le tient perdu, ou qu'il est en grand danger. On le dit plus souvent avec le pronom personnel, Vous vous <i>aventurez</i> trop. Ce Capitaine s'est bien <i>aventuré,</i> d'entrer si avant dans le Pays ennemi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3539" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENTUREUX, EUSE" />
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    <head>AVENTUREUX, EUSE</head>
    <p>
    AVENTUREUX, EUSE , adject. Hardi, qui s'expose témérairement au péril. <i>Audax, periculi contemptor, ad audendum projectus.</i> Ce soldat est fort <i>aventureux.</i> Ce terme n'est guère en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3540" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENTURIER" />
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    <head>AVENTURIER</head>
    <p>
    AVENTURIER , s. m. Qui cherche la gloire par les armes ; qui court après la fortune à travers les dangers, &amp; les <i>aventures.</i> Il y avoit bien des volontaires, des <i>aventuriers</i> en cette armée. <i>Velites, velones.</i> Les anciens Paladins étoient des Chevaliers <i>aventuriers.</i> Combien de ces mots <i>aventuriers</i> qui paroissent subitement, qui durent un temps, &amp; qu'on ne revoit plus ? La Bruy. On a fait une Histoire des <i>Aventuriers</i> ; ce sont des Corsaires qui ont couru les Isles de l'Amérique. On le disoit particulièrement autrefois de ceux qui alloient volontairement à la guerre pour se signaler, &amp; pour acquérir la réputation de braves.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3540" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVENTURIER" />
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    <head>AVENTURIER</head>
    <p>
    Aventurier , se dit plus spécialement de ceux qui sont peu favorisés de la fortune, &amp; qui cherchent à s'établir. On le dit aussi des téméraires, qui hasardent tout légèrement, &amp; imprudemment. <i>Temerarius.</i> Cet homme est un <i>aventurier</i> que les mauvais succès ne reburent point. Le Maréchal de Gassion, si <i>aventurier</i> pour les partis, &amp; si brusque à charger, craignoit les engagemens entiers. S. Evr. Ce nouvel Auteur est un <i>aventurier</i> qui se veut faire connoître en attaquant un Auteur célèbre. Ce Mestre de Camp se mocque des gens, de se mettre à tous les jours ainsi que de pauvres <i>aventuriers.</i> Bussi. Son féminin Aventurière, est d'usage dans le style familier. Ce n'est qu'une <i>Aventurière.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3540" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVENTURIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>AVENTURIER</head>
    <p>
    Aventuriers . Il s'applique par similitude à ceux qui sans être amoureux d'aucune femme, tâchent de gagner les bonnes graces de toutes. C'est un jeune <i>aventurier,</i> qui ne s'attache à rien, &amp; qui donne à tout. Acad. Franç. Compagnie des <i>Aventuriers,</i> ancienne Compagnie d'Anglois autrefois établie à Hambourg, &amp; à Anvers. Larr. Edouard VI. p. 723.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3541" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENTURINE" />
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    <head>AVENTURINE</head>
    <p>
    AVENTURINE , s. f. Pierre précieuse, jaunâtre, remplie de plusieurs points d'or qui se répandent par toutes ses parties, qui lui donnent un brillant admirable. <i>Lapis fortuitus.</i> Il y en a aussi de couleur d'olive. On en trouve de fort grands morceaux dans la Bohème &amp; dans la Silésie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3541" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVENTURINE" />
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    <head>AVENTURINE</head>
    <p>
    Aventurine , s. f. Est une sorte de verre mêlé avec de la limaille de cuivre, qui y éclate comme de petits grains d'or. Ce nom lui a été donné, parce que le secret en a été trouvé par aventure. Le hasard ayant fait tomber quelque limaille de cuivre dans les fourneaux de verriers, pour faire de l'émail qui devoit venir de la couleur de l'émeraude, le métal demeura sans se fondre, &amp; fit cet agréable mélange de cuivre &amp; de verre qu'on voit en l'<i>aventurine,</i> &amp; qui la rend fort cassante. Ce nom lui peut venir aussi de la ressemblance qu'elle a avec l'<i>aventurine,</i> pierre précieuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3542" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVENUE" />
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    <head>AVENUE</head>
    <p>
    AVENUE , s. f. Passage pour aborder en quelque maison, en quelque Ville. <i>Aditus, introïtus.</i> Les Archers ont occupé toutes les <i>avenues</i> de la maison pour prendre ce criminel. La Cavalerie se saisit de toutes les <i>avenues</i> d'une Place pour la bloquer ; elle occupe, elle bouche tous les passages. Le Général s'est emparé de toutes les <i>avenues,</i> &amp; les a fait fermer par des retranchemens.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AVENUE" />
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    <head>AVENUE</head>
    <p>
    Avenue , est aussi une allée d'arbres plantés en étroite ligne, qui conduit à une maison de plaisance. <i>Aditus ductis arboribus ad lineam consitus.</i> Les <i>avenues</i> de Versailles, de Vincennes, &amp;c. Voilà de belles <i>avenues</i> d'ormes. Il y a devant ce chateau une grande <i>avenue</i> de noyers. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3543" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEO" />
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    <head>AVEO</head>
    <p>
    AVEO . Voyez <ref type="search" target="head:ABYDOS">ABYDOS</ref>. c'est le nom qu'on lui donne aujourd'hui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3544" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERAT" />
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    <head>AVERAT</head>
    <p>
    AVERAT , s. m. Espèce de poire autrement nommée Robine. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3545" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVÉRER" />
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    <head>AVÉRER</head>
    <p>
    AVÉRER , v. act. Vérifier, prouver, ou trouver la vérité d'un fait. <i>Explorare, probare, testari, evincere, demonstrare.</i> On a tant fait de recherches, qu'on a <i>avéré</i> le crime dont il étoit accusé ; on a <i>avéré</i> &amp; prouvé que c'étoit lui qui l'avoit commis. On doutoit de plusieurs coutumes étrangères des pays éloignés, qui ont été <i>avérées</i> par les Voyageurs modernes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3545" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVÉRER" />
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    <head>AVÉRER</head>
    <p>
    Avéré, ée , part. pass. &amp; adjectif. Quand une partie ne veut pas prêter l'interrogatoire sur des faits à elle signifiés, l'Ordonnance veut que les faits soient tenus pour confessés &amp; <i>avérés. Exploratus, perspectus, compertus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3546" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERNE" />
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    <head>AVERNE</head>
    <p>
    AVERNE , s. m. Terme poëtique, qui signifie l'Enfer. <i>Avernus.</i></p><p><i>dans les</i> <i>Divertissemens de Seaux.</i></p><p>Ce mot est tiré d'un lac d'Italie proche de Bayes, &amp; d'un Golphe que Strabon appelle <i>Lucrinus lacus</i> ; &amp; il vient du Grec , qui signifie <i>avibus carens.</i> Les Géographes Italiens l'appellent <i>Lago di Tripergola.</i> Les Anciens croyoient que les vapeurs qui s'élevoient de ce lac étoient si malignes, qu'elles étoient mortelles aux oiseaux qui passoient dessus ; ce qui joint à sa profondeur, a donné lieu de croire que c'étoit une entrée de l'Enfer. Peut-être cela venoit-il de ce que ses vapeurs sulphurées rendoient l'air d'une telle consistence, qu'il ne pouvoit soutenir les oiseaux. Vibius Sequester dit qu'il étoit d'une profondeur immense, qu'on n'y trouvoit point le fond, <i>immensae altitudinis cujus ima pars apprehendi non potest.</i> Lucain, Liv. II. v. 668. fait entendre la même chose, quand il dit qu'une haute montagne y seroit engloutie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3547" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERRUNCUS" />
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    <head>AVERRUNCUS</head>
    <p>
    AVERRUNCUS , s. m. <i>Averruncus.</i> C'étoit un Dieu des Anciens Romains, ainsi appellé, parce que son office étoit de detourner (<i>averruncare</i>) les maux. Les Grecs appelloient ces sortes de Dieux, , ou bien , &amp; leur Fête ; ou enfin , Voyez ci-dessus APOTROPEEN. Les Egyptiens avoient aussi leurs Dieux <i>Averrunques,</i> ou <i>Averrunci,</i> &amp; ils les représentoient avec un visage &amp; un geste menaçant, ou bien avec des fouets, ou des crocs à la main, &amp;c. Isis étoit une Divinité de cette espèce, comme le P. Kirker le montre. Il y a des Statues qui les représentent debout, d'autres à genoux, quelques-unes avec des têtes d'animaux, ou monstrueuses, d'autres avec des têtes humaines. Voyez le P. Kirker <i>Oed. Aegypt.</i> Tom. III. pag. 487. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3548" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AVERS" />
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    <head>AVERS</head>
    <p>
    AVERS . <i>Averia.</i> Terme de Coutume . C'est ainsi qu'on appelle en Normandie les animaux domestiques, &amp; en Dauphiné les bêtes à laine. Voyez Basnage sur la Coutume de Normandie.</p><p>Cowel croit que ce mot pourroit bien venir du mot François <i>avoir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3549" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERSAIRE" />
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    <head>AVERSAIRE</head>
    <p>
    AVERSAIRE , Voyez <ref type="search" target="head:ADVERSAIRE">ADVERSAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3550" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERSE" />
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    <head>AVERSE</head>
    <p>
    AVERSE , Voyez <ref type="search" target="head:ADVERSE">ADVERSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3551" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERSE" />
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    <head>AVERSE</head>
    <p>
    AVERSE , s. f. <i>Aversa.</i> Est une ville Episcopale d'Italie, dans la Terre de Labour, bâtie dans le XIe siècle par Robert Guischard Duc de la Pouille, pour l'opposer à Naples.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3552" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="A VERSE" />
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    <head>A VERSE</head>
    <p>
    A VERSE . Façon de parler adverbiale, qui ne se dit qu'en cette phrase, Il pleut <i>à verse</i> ; pour dire, il pleut abondamment. <i>Pluvia vehementior.</i></p><p>En termes de Jardinage on en fait aussi un subst. fem. <i>Averse</i> d'eau se dit d'une grande quantité d'eau de pluie survenue tout d'un coup par quelque orage. Il survint de si grandes &amp; de si fréquentes <i>averses</i> d'eau que tout le jardin paroissoit être devenu un étang. La Quint. Ordinairement on dit, de si grandes <i>agastes</i> d'eau. Voyez AVALAISON, AVALASSE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3553" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERSION" />
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    <head>AVERSION</head>
    <p>
    AVERSION , s. f. Haine qu'on a conçue contre quelque personne, ou quelque chose. <i>Odium, alienus animus, aversus, abhorens.</i> Témoigner une <i>aversion</i> étrange contre quelqu'un. Rochef. Prendre quelqu'un en <i>aversion.</i> Arn. C'est pécher contre le Christianisme au premier chef, que de nourrir des <i>aversions</i> implacables. Je ne saurois souffrir cet homme-là ; j'ai trop d'<i>aversion</i> pour lui, il m'a trop offensé. L'<i>aversion</i> du vice, du péché, est une marque d'un bon naturel. Vos décisions sont en <i>aversion</i> à tout le monde. Pasc. Le crime trouve moins d'<i>aversion</i> quand il est conduit avec adresse. S. Evr. Ceux que la passion d'être aimés rend si sensibles à l'<i>aversion,</i> l'attirent d'ordinaire par cette délicatesse incommode. Nicol. Il ne faut pas proposer la vérité d'une manière chagrine, qui attire sur elle la haine &amp; l'<i>aversion</i> des hommes. Port-R. Il n'y a point d'animaux plus farouches, que ceux qui font profession de mépris &amp; d'<i>aversion</i> pour tout le genre humain. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVERSION</head>
    <p>
    Aversion , signifie aussi Antipathie. <i>Naturalis repugnantia.</i> Il y a des gens qui ont une <i>aversion</i> naturelle pour les roses. On pardonne l'<i>aversion</i> qu'on a pour les serpens, pour les choses nuisibles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3554" id="1" type="">
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    <head>AVERTAIN</head>
    <p>
    AVERTAIN , s. m. Et nom propre. <i>Albertanus.</i> Le Bienheureux <i>avertain</i> étoit Limousin ; il se fit Carme à Limoges, il mourut à Lucques en 1380. Chast. 25. Févr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3555" id="1" type="">
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    <head>AVERTIN</head>
    <p>
    AVERTIN , s. m. Maladie d'esprit qui rend opiniâtre, furieux, ou emporté. <i>Morositas.</i> Quand son <i>avertin</i> le prend.</p><p>C'est aussi une maladie de brebis &amp; moutons qui leur est causée par l'ardeur du Soleil, principalement celui du mois de Mars, &amp; qui leur offense tellement le cerveau, qu'ils sont tous étourdis, &amp; ne font que tournoyer sans vouloir manger. <i>Vertigo.</i> L'<i>avertin</i> se guérit en faisant boire à l'animal du suc de bette, &amp; lui faisant manger des feuilles de cette herbe ; ou bien en lui faisant couler dans l'oreille du jus d'orvale. De Serres.</p><p>Ce mot vient de <i>vertigo</i>, qui signifie, <i>trouble d'esprit.</i> Borel le dérive de <i>ver</i>, ou de <i>avertere.</i></p><p>On dit proverbialement des enfans qui sont criards &amp; mutins, qu'il les faut vouer à <i>S. Avertin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3556" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVERTIR" />
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    <head>AVERTIR</head>
    <p>
    AVERTIR , verb. act. Apprendre à quelqu'un une chose qu'il lui importe de savoir ; l'instruire de ce qu'il ignore ; lui en donner avis. <i>Admonere.</i> Cet espion <i>avertit</i> de tout ce que les Ennemis entreprennent. Il faut l'<i>avertir</i> sans cesse de penser à ses devoirs. Un ami qui nous <i>avertit</i> judicieusement de nos fautes, est un bien inestimable. S. Evr. Les grands admirateurs sont de si sottes gens, qu'ils ont souvent besoin qu'on les <i>avertisse</i> quand il faut rire. Id. La mort qui nous <i>avertit</i> tous les jours du peu de temps que nous avons à jouir des biens fragiles du monde, ne modère point nos empressemens. P. Gail.</p><p>On dit en général qu'un homme est bien <i>averti</i> ; pour dire, qu'il est bien informé de ce qui se passe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3556" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVERTIR" />
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    <head>AVERTIR</head>
    <p>
    Averti, ie , part. <i>Admonitus.</i></p><p>On appelle au Manége, un pas <i>averti,</i> ou un pas <i>écouté,</i> celui qui est réglé &amp; soutenu ; un pas d'école.</p><p>On dit en proverbe, qu'un <i>averti</i> en vaut deux ; pour dire, qu'un homme instruit a un grand avantage, &amp; qu'il est dangereux d'attaquer un homme qui est sur ses gardes. <i>Avertir</i> quelqu'un de son salut ; pour dire, lui apprendre une chose qui décide de toute sa fortune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3557" id="1" type="">
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    <head>AVERTISSEMENT</head>
    <p>
    AVERTISSEMENT , s. m. Instruction, conseil, remontrance. <i>Admonitio.</i> Ce Précepteur donne de bons <i>avertissemens</i> à ses écoliers. <i>Avertissement</i> au Lecteur, est la préface d'un Livre, qui sert d'instruction au Lecteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3557" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVERTISSEMENT" />
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    <head>AVERTISSEMENT</head>
    <p>
    Avertissement , signifie aussi des pressentimens, des avant-coureurs ; des avis qu'on donne, ou qu'on reçoit, &amp; qui sont utiles pour profiter de quelque chose, ou pour éviter quelque mal. La lassitude, ou la pesanteur des membres, est un <i>avertissement</i> de quelque maladie.</p><p>On dit proverbialement, C'est un <i>avertissement</i> au Lecteur ; pour faire entendre à propos de quelque accident, que l'on doit prendre garde à soi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3557" id="3" type="palais">
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    <head>AVERTISSEMENT</head>
    <p>
    <pb n="423" facs="bpt6k8542165/f463/full/1200,/0/native.jpg"/> Avertissement , en termes de Palais , est une pièce d'écriture que font les Avocats en première instance pour l'instruction du procès, pour y déduire le fait, &amp; tous les moyens de droit. Requête d'<i>avertissement. Avertissement</i> en droit que met &amp; baille par-devant vous, &amp;c. c'est le titre des écrits d'un procès.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3558" id="1" type="">
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    <head>AVERTISSEUR</head>
    <p>
    AVERTISSEUR , s. m. Est un Officier chez le Roi, qui avertit lorsque le Roi vient dîner. <i>Admonitor, monitor.</i> Il y a des Etats de la Maison du Roi qui en marquent deux qui servent par sémestre. Ces Officiers servent lorsque le Roi est à la campagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3559" id="1" type="">
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    <head>AVETTE</head>
    <p>
    AVETTE , s. f. Vieux mot, qui signifie la même chose qu'<i>Abeille.</i> Ce mot vient de <i>apicula</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3560" id="1" type="">
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    <head>AVEU</head>
    <p>
    AVEU , s. m. Reconnoissance, confession. <i>Confessio.</i> Il a été condamné par son propre <i>aveu.</i> De votre propre <i>aveu</i> cette proposition est fausse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3560" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVEU" />
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    <head>AVEU</head>
    <p>
    Aveu , signifie aussi, Approbation, ou consentement donné. <i>Approbatio, comprobatio, auctoritas.</i> Il n'a rien fait que par l'<i>aveu</i> du Roi, ou de l'<i>aveu</i> du Roi. Ce fils ne fait aucune action sans l'<i>aveu</i> de son père. Il a l'<i>aveu</i> de ses parens pour ce mariage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3560" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVEU" />
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    <head>AVEU</head>
    <p>
    Aveu , en termes de Palais , signifie reconnoissance, ou Acte qu'on est obligé de donner au Seigneur de fief 40. jours après qu'on a fait la foi &amp; hommage, contenant un dénombrement en particulier de toutes les terres qu'on avoue tenir de lui. <i>Clientelaris juris professio.</i> On le joint ordinairement avec le mot <i>denombrement.</i> Il faut donner à la Chambre des Comptes un <i>aveu</i> &amp; dénombrement de toutes les terres qu'on tient du Roi. Par la Coutume de Paris un <i>aveu</i> &amp; dénombrement doit être blâmé dans les 40. jours après qu'il est donné, autrement il est reçu. En Normandie l'<i>aveu</i> peut être blâmé dans les 40. ans. Les <i>aveus</i> ne font preuve qu'entre ceux qui les donnent, ou qui les reçoivent.</p><p>On appelle communément un homme sans <i>aveu,</i> un vagabond, qui n'a ni feu, ni lieu, &amp; qui n'a personne de qui il se réclame. <i>Erro, vagabundus.</i> Le dernier est meilleur en ce sens, l'autre se dit plutôt d'un esclave fugitif, &amp; signifie moins que fugitif. Voyez. <i>Placitor. feud. gloss. L.</i> 4. §. <i>Praetor. ff. de damno infecto,</i> &amp; Bartole <i>in L.</i> 1. <i>C. Ubi de crim. agi opor. &amp; in L. Quisquis C. De agric. cens. &amp; colon. L. II. Spieg. Prat. Arrian. De re milit. L. Qui cum.</i> Les Ordonnances veulent que les Prévôts se saisissent des Bohémiens, vagabonds, &amp; gens sans <i>aveu,</i> &amp; qu'ils les envoient aux Galères.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3561" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="AVEUER" />
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    <head>AVEUER</head>
    <p>
    AVEUER , v. act. Terme de Fauconnerie , qui signifie, Bien voir &amp; discerner la perdrix au partir qu'elle fait. On dit encore, Pointer l'oeil, &amp; choisir bien.</p><p>Ce mot vient de <i>vûe,</i> qui vient de <i>visus, videre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3562" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEUGLE" />
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    <head>AVEUGLE</head>
    <p>
    AVEUGLE , adj. &amp; s. m. &amp; f. Qui a les organes de la vûe corrompus &amp; sans sentiment. <i>Coecus, oculorum sensu, videndi sensu carens.</i> Si un <i>aveugle</i> mène l'autre, ils tomberont tous deux dans la fosse. La fortune ne paroît jamais plus <i>aveugle</i> qu'à ceux à qui elle ne fait point de bien. Rochef. Si l'art ne prend soin de conduire la nature, c'est une <i>aveugle</i> qui ne sait où elle va. Boil.</p><p>On a vu à Paris un <i>aveugle</i> qui étoit excellent Organiste, qui discernoit fort bien toutes sortes de monnoies &amp; de couleurs, &amp; qui étoit bon joueur de cartes. On en a vu encore ailleurs. Aldrovandus nomme un Sculpteur qui devint <i>aveugle</i> à 20 ans, &amp; qui 10 ans après fit une statue de marbre qui ressembloit parfaitement à Cosme II. Grand Duc de Toscane, &amp; une d'argile qui ressembloit à Urbain VIII. Bartholin parle d'un Sculpteur <i>aveugle</i> en Dannemarc, qui discernoit au simple toucher toute sorte de bois &amp; de couleurs. Le Père Zahu de l'Ordre de Prémontré, a rapporté plusieurs exemples de choses difficiles faites par les <i>aveugles,</i> dans un livre publié en 1685. intitulé, <i>Oculus artificialis.</i> L'Auteur de l'ambassade de D. Garcie de Silva Figuéroa en Perse, rapporte qu'il y a certains lieux dans ce Royaume où l'on trouve un grand nombre d'<i>aveugles</i> de tout sexe &amp; de tout âge, à cause de certaines mouches qui piquent les yeux, les lèvres, qui entrent dans les narines, &amp; dont il est impossible de se garantir.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>aboculus,</i> ou <i>abocellus,</i> c'est-à-dire, <i>sine oculis,</i> comme <i>amens, sine mente</i> : ce sont des mots de la basse Latinité.</p><p>On appelle un <i>Aveugle-né,</i> celui qui est <i>aveugle</i> en naissant. Jesus-Christ guérit l'<i>aveugle-né.</i> Si quelqu'un parlant à un <i>aveugle-né</i> lui disoit, &amp;c. L'<i>aveugle-né</i> à qui l'on tiendroit ce discours pour la premiere fois, n'y comprendroit rien. Nous sommes pis qu'<i>aveugles-nés</i> dans les mystères du Ciel. Peliss.</p><p>On appelle aussi <i>Aveugle,</i> celui qui a la vûe courte, qui ne voit pas ce qui est à la portée de la vûe, &amp; qu'il devroit voir, soit des yeux du corps, soit des yeux de l'esprit. Ainsi l'Oracle appella ceux de Calcédoine <i>aveugles,</i> parce qu'ils bâtirent leur ville en un lieu peu commode, tandis qu'ils avoient vis-à-vis d'eux, la plus belle situation d'une ville qu'on pût souhaiter, qui est celle où est maintenant Constantinople.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3562" id="2" type="chymie">
   <index type="head" value="AVEUGLE" />
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    <head>AVEUGLE</head>
    <p>
    Aveugle , en termes de Chymie , se dit des vaisseaux bouchés qui n'ont qu'une ouverture d'un côté, &amp; point d'issue par l'autre. Ainsi on dit, un Alembic <i>aveugle.</i> On appelle aussi un Tuyau <i>aveugle,</i> celui qui est bouché par le haut. Et dans l'Anatomie on appelle Trou <i>aveugle,</i> la troisième cavité qui est dans l'oreille, qui est faite comme une coquille d'escargot, parce qu'elle est sans bout &amp; sans issue. On l'appelle autrement <i>labyrinthe.</i> Il y a aussi un des intestins que les Médecins appellent <i>aveugle,</i> ou <i>coecum</i> : c'est le premier de ceux qu'on appelle gros intestins. A la guerre il y a des grenades qu'on appelle <i>aveugles.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Grenade">Grenade</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3562" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVEUGLE" />
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    <head>AVEUGLE</head>
    <p>
    Aveugle , se dit figurément des passions qui préoccupent, qui offusquent l'esprit, &amp; empêchent les fonctions de l'entendement. Un desir, un amour <i>aveugle.</i> L'homme est <i>aveugle</i> pour ses défauts, &amp; clairvoyant pour ceux d'autrui. Les Dieux devroient être sourds aux <i>aveugles</i> souhaits. La Font. On est si partial, &amp; si <i>aveugle</i> pour soi-même, que l'on blâme avec emportement dans les autres, des choses que l'on pratique tranquillement. S. Evr. Ceux que la Religion sépare se regardent mutuellement comme des <i>aveugles,</i> &amp; déplorent sans cesse l'égarement l'un de l'autre. Fonten. En entrant dans le cloître, il faut faire plier sa volonté sous le joug d'une obéissance <i>aveugle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3562" id="4" type="">
   <index type="head" value="AVEUGLE" />
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    <head>AVEUGLE</head>
    <p>
    Aveugle , se dit proverbialement en ces phrases. Un <i>aveugle</i> sans bâton ; c'est un homme qui n'a pas ce qui lui est le plus nécessaire : &amp; en ce sens on dit, Crier comme un <i>aveugle</i> qui a perdu son bâton. On dit, Qu'au Royaume des <i>aveugles,</i> les borgnes sont Rois ; pour dire, que ceux qui ont des défauts ne laissent pas d'être estimés aux lieux où tous les autres en ont de plus grands. C'est ce que dit à peu près Sénèque ep. 48. <i>Navis quae in flumine magna est, in mari parvula.</i> Deroch. On dit que pour faire un bon ménage, il faut que l'homme soit sourd, &amp; la femme <i>aveugle</i> ; pour dire, qu'il faut que la femme ne s'offense point des défauts de son mari, ni le mari des crieries de sa femme. On dit d'une chose facile à découvrir, qu'un <i>aveugle</i> y mordroit. On dit, Que l'amour &amp; la fortune sont <i>aveugles,</i> parce qu'ils favorisent souvent ceux qui le méritent le moins. On dit, Il a changé son cheval borgne à un <i>aveugle</i> ; pour dire, qu'on a perdu dans le changement. On dit dans le même style ; Il en juge comme un <i>aveugle</i> des couleurs ; pour dire, Il en juge sans connoissance. Il n'est pire <i>aveugle</i> que celui qui ne veut pas voir, ni pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Cela n'entre que dans le discours familier. On appelle <i>aveugle</i> retourné, un filou, ou quelqu'autre qui aura été marqué de la fleur de lis par la main du bourreau, parce que ces sortes de gens portent la fleur de lis sur le dos, &amp; que les <i>aveugles</i> de l'Hôpital des Quinze-vingts à Paris en portent une de cuivre appliquée par-devant sur leur habit.</p><p>Il y a dans l'Anthologie Grecque quelques épigrammes sur des <i>aveugles,</i> Liv. I. ch. 4. .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3563" id="1" type="">
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    <head>AVEUGLEMENT</head>
    <p>
    AVEUGLEMENT , s. m. Privation du sentiment de la vûe. <i>Coecitas.</i> L'<i>aveuglement</i> de naissance ne se guérit que par un miracle.</p><p>Figurément il se dit de la raison prévenue, &amp; offusquée des nuages des passions. L'<i>aveuglement</i> des pécheurs n'est pas compréhensible. Dieu lui a fait la grace de revenir de son <i>aveuglement.</i> J'ai regretté ce faux repos dont vous m'avez tiré ; &amp; pourquoi ne me laissez-vous dans cet <i>aveuglement</i> tranquille, dont jouïssent tant de gens ? P. de Cl. Dans quel <i>aveuglement</i> ne tombe-t'on point, quand avec beaucoup de lumière on a peu d'humilité &amp; de soumission ? Le Gend. Toutes les grandes erreurs ont eu leurs Martyrs. Misérable <i>aveuglement</i> de l'esprit humain ! Il s'ignore lui-même, &amp; enyvré de sa propre gloire, il s'imagine que c'est celle de Dieu. Pelisson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3564" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEUGLÉMENT" />
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    <head>AVEUGLÉMENT</head>
    <p>
    AVEUGLÉMENT , adv. D'une manière aveugle ; sans raisonner ni murmurer. <i>Temerè, coeco impetu.</i> Il faut croire <i>aveuglément</i> tout ce que la foi nous enseigne. Les Supérieurs des Monastères veulent qu'on leur obéisse <i>aveuglément,</i> lors-même qu'ils commandent exprès des choses extraordinaires, afin d'accoutumer leurs inférieurs à l'obéissance, &amp;c. Le moyen de souffrir qu'on abandonne la raison &amp; l'expérience, pour suivre <i>aveuglément</i> les imaginations d'Aristote ? Maleb. Rien ne distingue plus l'homme des bêtes, qui vont <i>aveuglément</i> où on les mène, que l'amour de la vérité. S. Evr. Il vaut mieux se soumettre <i>aveuglément</i> aux ordres du Ciel, que de vouloir changer les arrêts du destin selon notre caprice. M. Scud. Quelques-uns disent <i>à l'aveugle,</i> pour <i>aveuglément</i> ; mais les bons Auteurs ne s'en servent point, &amp; le P. Bouhours le condamne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3564" id="2" type="">
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    <head>AVEUGLÉMENT</head>
    <p>
    Aveuglément , signifie aussi, Inconsiderément, sans nulle réflexion, d'une manière étourdie. <i>Temerè ; inconsultè.</i> Il donne <i>aveuglément</i> dans tous les panneaux qu'on lui présente. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3565" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEUGLER" />
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    <head>AVEUGLER</head>
    <p>
    AVEUGLER , verb. act. Priver de la vûe ; crever les yeux ; les éblouïr, ou les blesser par trop d'éclat. <i>Coecare, excoecare, obcoecare.</i> Les yeux mortels seroient <i>aveuglés</i> par la vision de Dieu. Il fut <i>aveuglé</i> par les Infidèles qui lui crevèrent les yeux. En Orient on a coutume d'<i>aveugler</i> les Princes en leur présentant un bassin ardent auprès des yeux, comme firent Michel Paléologue, &amp; Amurat II. Henri I. Roi d'Angleterre a usé aussi de ce supplice, dont il est fait mention dans le Gorgias de Platon : d'où vient que les Italiens disent <i>abbacinare,</i> pour dire, <i>aveugler.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3565" id="2" type="guerre">
   <index type="head" value="AVEUGLER" />
   <index type="src_domain" value="guerre" />
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    <head>AVEUGLER</head>
    <p>
    Aveugler , se dit figurément en Morale. Il faut empêcher que les passions, l'intérêt, l'amour propre, ne nous <i>aveuglent.</i> Il y a assez d'obscurité dans l'Ecriture pour <i>aveugler</i> les réprouvés, &amp; assez de clarté pour les rendre inexcusables. Pasc. Il ne faut point s'<i>aveugler</i> sur ses propres défauts, ni chercher des raisons pour s'étourdir. Bell. Les grandes fortunes <i>aveuglent</i> les hommes. Flech.</p><p>En termes de guerre , on dit <i>Aveugler</i> une casemate ; pour dire, dresser une batterie contre une casemate pour démonter le canon, &amp; le rendre inutile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3565" id="3" type="">
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    <head>AVEUGLER</head>
    <p>
    Aveuglé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Coecatus, excoecatus, obcoecatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3566" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEUGLETTES" />
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    <head>AVEUGLETTES</head>
    <p>
    AVEUGLETTES , adj. A tâtons, sans lumière. <i>Projectis in incertum manibus.</i> Qui cherche <i>aveuglettes,</i> trouve quelquefois ce qu'il ne voudroit pas trouver. On dit aussi dans un sens figuré, Faire une chose <i>aveuglettes</i> ; pour dire, sans la bien considérer, &amp; sans en examiner les conséquences. Cela est du langage populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3567" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVEULAS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AVEULAS</head>
    <p>
    &#9758; AVEULAS , s. m. Moines mariés. On ne doit pas omettre un établissement assez singulier qui subsistoit de nos jours à Chaalons, dans le second fauxbourg de Marne près le pont Rupé. C'étoit une manière de Communauté de Moines mariés, dont les femmes devoient avoir l'âge de cinquante ans pour y être reçues avec leurs maris. Ces Moines portoient des robes grises, &amp; bien qu'ils eussent de bons yeux, ils ne laissoient pas d'être appellés les <i>Aveugles</i> ou <i>Aveulas</i> ; &amp; avec cet habit &amp; une sonnette en main, ils avoient permission de quêter par la Ville : ils alloient aux Processions générales, aux enterremens ; &amp; ensévelissoient les morts. Ils étoient obligés de se remarier six semaines après la mort de leurs femmes, à peine d'être mis hors de la Maison. Ils étoient au nombre de douze, dont un portoit le titre de Prieur. On ne sait par qui, ni en quel temps ce Couvent avoit été fondé. L'Eglise sous le nom de sainte Pudentienne, &amp; une partie des bâtimens subsistent encore aujourd'hui. Feu M. Vialart, à qui cet établissement ne plaisoit pas, les supprima en 1641. <i>Mémoires Hist. de Champagne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3568" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGE" />
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    <head>AUGE</head>
    <p>
    AUGE , s. f. Lieu propre à donner à manger ou à boire aux chevaux, &amp; autres animaux. <i>Canalis, alveus.</i> L'<i>auge</i> d'une écurie, ou la mangeoire. L'<i>auge</i> de pierre qui est auprès du puits. <i>Auge</i> de bois, qui se fait d'une longue pièce de bois creusée dans sa longueur en forme de canal.</p><p>On dit proverbialement des gens mal propres, qu'ils font comme les cochons, quand ils sont saouls ils renversent leur <i>auge.</i> On dit aussi, Que les goulus sont des pourceaux à l'<i>auge.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3568" id="2" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>AUGE</head>
    <p>
    Auge , se dit aussi d'un vaisseau à gâcher du plâtre, qui sert aux Maçons, Couvreurs, Paveurs, &amp;c. On appelle les Maçons qui ne sont point dans les atteliers, &amp; qui cherchent de l'emploi pour de menues réparations, des <i>Porte-auge.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3568" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AUGE</head>
    <p>
    L'Auge d'un moulin, est un vaisseau étroit par où s'écoule sur la roue l'eau d'une source qu'on a ramassée pour le faire moudre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3568" id="4" type="">
   <index type="head" value="AUGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>AUGE</head>
    <p>
    Auge , chez les Serruriers, se dit d'une pierre, ou d'une pièce de bois creusée, dans laquelle ils ont de l'eau pour éteindre le fer au sortir de la forge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3568" id="5" type="">
   <index type="head" value="AUGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>AUGE</head>
    <p>
    Auge , se dit encore d'un Tripot ; &amp; c'est une espèce de saillie, qui est auprès des filets, &amp; qui est destinée pour recevoir les balles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3568" id="6" type="cartonnier">
   <index type="head" value="AUGE" />
   <index type="src_domain" value="cartonnier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>AUGE</head>
    <p>
    Auge , est aussi un terme de Cartonnier . C'est une espèce de grande huche où l'on jette les rognures de papier, lorsqu'elles sont broyées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3569" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGE" />
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    <head>AUGE</head>
    <p>
    AUGE , s. f. <i>Algia, Augia.</i> Le pays d'<i>Auge</i> est un petit pays de Basse-Normandie. Quelques Auteurs disent qu'on ne le connoît plus, ou qu'on n'en connoît pas bien les bornes. D'autres prétendent qu'il s'étend depuis la mer jusqu'à Séez, entre le Lieuvin &amp; le Bessin. On ne dit point <i>Auge</i> seul, on joint le mot de pays. Les Normands prononcent <i>Ouche,</i> ou plutôt <i>Aouche,</i> comme ils font toujours l'<i>au.</i> Le pays d'<i>Auge</i> est fertile en bons pâturages. Ceux qui sont de ce pays s'appellent <i>Augerons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3570" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGÉE" />
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    <head>AUGÉE</head>
    <p>
    AUGÉE , s. f. Plein une auge de plâtre, de ciment, de mortier. <i>Plenus gypso, caemento Alveus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3571" id="1" type="vigneron">
   <index type="head" value="AUGELOT" />
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    <head>AUGELOT</head>
    <p>
    AUGELOT , s. m. Terme de Vigneron , usité sur-tout aux environs d'Auxerre. Petite auge, manière de petite auge, fosse en manière de petite auge. <i>Alveolus.</i> Planter de la vigne à l'<i>augelot,</i> c'est creuser de petites fosses, en façon de petite auge, dans laquelle on pose le chappon, ou crossette, qu'on recouvre de terre ensuite. Cette maniere de planter la vigne s'exerce sur-tout aux environs d'Auxerre. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3572" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGERON, ONE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGERON, ONE</head>
    <p>
    AUGERON, ONE , s. m. &amp; f. <i>Algientis.</i> Qui est d'<i>Auge</i> en Normandie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3573" id="1" type="oiselier">
   <index type="head" value="AUGET" />
   <index type="src_domain" value="oiselier" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AUGET</head>
    <p>
    AUGET , s. m. Terme d'Oiselier . Petit vaisseau qu'on attache à la cage des petits oiseaux qu'on nourrit, où on met leur mangeaille. <i>Alveolus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3573" id="2" type="meunier">
   <index type="head" value="AUGET" />
   <index type="src_domain" value="meunier" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>AUGET</head>
    <p>
    Auget . Terme de Meûnier . C'est l'extrémité de la trémie d'un moulin par où le grain coule &amp; se distribue sur les meules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3574" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGIVE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGIVE</head>
    <p>
    AUGIVE , Voyez <ref type="search" target="head:OGIVE">OGIVE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3575" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="AUGMENT" />
   <index type="src_domain" value="droit" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGMENT</head>
    <p>
    AUGMENT , s. m. Terme de Droit , qui ne se dit qu'en cette phrase. L'<i>augment</i> de dot : c'est ce que le mari donne à sa femme par son contrat de mariage en pays de Droit <pb n="425" facs="bpt6k8542165/f465/full/1200,/0/native.jpg"/>écrit, &amp; qui lui tient lieu de ce qu'on appelle <i>douaire</i> en pays Coutumier. <i>Auctus, incrementum, accretio, accessio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3575" id="2" type="grammaire grecque">
   <index type="head" value="AUGMENT" />
   <index type="src_domain" value="grammaire grecque" />
   <index type="macro_domain" value="Grammaire" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGMENT</head>
    <p>
    Augment , en termes de Grammaire Grècque , c'est l'augmentation de quantité par le changement d'une syllabe brève en longue ; c'est l'<i>augment</i> temporel : ou de lettre au commencement du verbe en certains temps ; c'est l'<i>augment</i> syllabique. <i>Augmentum temporale,</i> ou <i>temporis : syllabicum,</i> ou <i>syllabae.</i> L'<i>augment</i> temporel se fait en changeant une voyelle brève en une longue, ou une dipthongue en une autre plus longue ; on l'appelle <i>augment</i> temporel, parce que la durée du temps qu'il faut employer à prononcer la syllabe est plus grande après le changement, qu'auparavant. L'<i>augment</i> syllabique s'appelle ainsi, parce qu'on le fait en augmentant le nombre des syllabes au commencement du mot. Ce terme d'<i>augment</i> syllabique, qui n'est en usage que lorsqu'on parle de la langue Grecque, pourroit être appliqué à la Grammaire des langues Orientales, où la même chose arrive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3576" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGMENTATEUR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AUGMENTATEUR</head>
    <p>
    &#9758; AUGMENTATEUR , s. m. Celui qui augmente. M. Laurent-Josse Le Clerc, dans sa Bibliothèque du Richelet, au commencement de l'article du <i>Mercure galant,</i> dit qu'après le nombre assez grand de particularites littéraires qu'il y a puisées, il ne pourroit sans ingratitude, ni même sans injustice, souscrire au jugement que le premier <i>Augmentateur</i> de ce Dictionnaire en a porté au mot <i>Galant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3577" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGMENTATIF, IVE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGMENTATIF, IVE</head>
    <p>
    AUGMENTATIF, IVE , adj. Qui augmente. <i>Quod augendi vim habet.</i> La particule <i>très,</i> qu'on ajoûte aux noms, a une vertu <i>augmentative.</i> Les poulies sont <i>augmentatives</i> de la force dans les machines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3578" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGMENTATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGMENTATION</head>
    <p>
    AUGMENTATION , s. f. Ce qui augmente, ce qu'on joint à la chose augmentée. <i>Accretio, accessio, amplificatio, incrementum.</i> Le Roi donne des <i>augmentations</i> de gages, quand il fait quelques taxes sur des Offices. On doit rembourser les <i>augmentations</i> d'une maison, quand le possesseur en est évincé. Les secondes éditions d'un livre contiennent souvent des <i>augmentations.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3578" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUGMENTATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGMENTATION</head>
    <p>
    Augmentations , sont, dans l'art de bâtir, des ouvrages faits au-delà du prix dont on est convenu. On les paye d'ordinaire par estimation de gens experts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3579" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGMENTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGMENTER</head>
    <p>
    AUGMENTER , v. act. Joindre quelque chose à une autre pour la rendre plus grande, ou plus considérable. <i>Augere, adaugere, amplificare.</i> Il a <i>augmenté</i> son parc de tant d'arpens. Il a <i>augmenté</i> son train, sa dépense. L'amplification est un discours qui <i>augmente,</i> &amp; qui aggrandit les choses. Boil. On dit aussi, Qu'il faudra <i>augmenter</i> la dose, l'ordinaire, quand il survient plusieurs gens pour diner.</p><p>Il est neutre aussi : Il <i>augmente</i> tous les jours en bien, en crédit, en force. Nos desirs <i>augmentent</i> toujours, tandis que nos forces diminuent. Sa fièvre <i>augmente,</i> au lieu de diminuer. Sa folie, sa fureur <i>augmente.</i> La rivière croît, <i>augmente</i> à vûe d'oeil. Le chaud <i>augmente.</i> Le prix du blé va toujours en <i>augmentant.</i> Les défauts de l'esprit <i>augmentent</i> en vieillissant, comme ceux du visage. Rochef.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>augmentare,</i> qui se trouve dans Cicéron, &amp; dans quelques Auteurs du bas siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3579" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUGMENTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGMENTER</head>
    <p>
    Augmenter , se dit aussi fort souvent, avec le pronom personnel, &amp; signifie, Croître ; acquérir de nouvelles forces. <i>Crescere, invalescere, increscere.</i> La contagion s'<i>augmente</i> tous les jours. La maladie s'étoit <i>augmentée.</i> Le vent s'<i>augmente</i> beaucoup. Le combat s'<i>augmentant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3579" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUGMENTER" />
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    <head>AUGMENTER</head>
    <p>
    Augmenté, ée , part. <i>Auctus, adauctus, amplificatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3580" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGURAL, ALE" />
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    <head>AUGURAL, ALE</head>
    <p>
    AUGURAL, ALE . adj. <i>Auguralis.</i> La science <i>Augurale</i> est l'art des Augures. Le bâton <i>Augural,</i> étoit un bâton de cérémonie que les Augures portoient pour marque de leur qualité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3581" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AUGURE</head>
    <p>
    AUGURE , s. m. Divination qu'on fait par l'observation du vol, du chant, &amp; de l'appétit des oiseaux, avec certaines cérémonies. <i>Augurium, auspicium.</i> L'observation des <i>augures</i> est fort ancienne. La coupe qui fut mise dans le sac de Benjamin en Egypte, étoit celle dont Joseph se servoit pour les <i>augures.</i> Voyez Aldrovandus de Bologne, qui a expliqué assez amplement la manière dont se prenoient les <i>augures,</i> dans les Prolégomènes de son <i>Ornithologie.</i> Varron distingue quatre espèces générales d'<i>augures,</i> selon les quatre élémens La Pyromantie, ou <i>augure</i> par le feu ; l'Aëromantie, ou <i>augure</i> par l'air ; l'Hydromantie, ou <i>augure</i> par l'eau ; &amp; la Géomantie, ou <i>augure</i> par la terre. Les espèces particulières sont l'Alectoromantie, l'Anthropomantie, la Belomantie, la Catopthromantie, la Capnomantie, la Gastromantie, la Géomantie, l'Haruspicine, la Libanomantie, la Lecanomantie, la Nécromantie, la Pyroscopie, qu'on nomme aussi Pyromantie. Voyez ces mots chacun en son lieu. Rien ne paroît plus indigne de la gravité des Romains, que leurs <i>augures.</i> Les déliberations du Sénat, ou des Généraux, étoient dépendantes de l'appétit, ou du dégoût d'un poulet. S. Evr.</p><p>On a depuis étendu cette signification non-seulement à tous les présages ; mais à tous les jugemens qu'on fait de l'avenir. C'est une folie de tirer un bon ou mauvais <i>augure</i> des choses qu'on rencontre en sortant de sa maison. Vous me donnez de bons <i>augures</i> de ma fortune. Voit.</p><p>On appelle un oiseau de mauvais <i>augure,</i> un hibou, une orfraie, &amp;c.</p><p>Il se dit aussi figurément, d'un homme odieux, ou qui apporte une mauvaise nouvelle, ou dont l'arrivée n'annonce rien que de funeste.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3581" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUGURE" />
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    <head>AUGURE</head>
    <p>
    Augure , chez les Romains étoit un Officier employé à l'observation du vol, du chant &amp; du manger des oiseaux. <i>Augur.</i> Cicéron étoit du Collége des <i>Augures,</i> qui fut d'abord composé de trois, puis de quatre, &amp; enfin de neuf <i>Augures</i> ; quatre Patriciens, &amp; cinq Plébéïens. Il s'étonnoit comment deux <i>Augures</i> se pouvoient rencontrer sans rire, &amp; sans se moquer l'un de l'autre : par-là il faisoit comprendre la vanité de cet art. Le mot d'<i>Augure</i> en ce sens s'étend &amp; s'applique à tous ceux qui conjecturent bien sur quelque chose que ce soit, &amp; qui prévoient ce qui doit arriver. Celui qui conjecture bien, est un bon <i>Augure.</i> Abl. L'Empereur Constance défendit de consulter les <i>Augures,</i> comme des imposteurs. S. Evr. La dignité d'<i>Augure</i> ne se perdoit que par la mort. Tillem.</p><p>Ce mot d'<i>Augure</i> est composé du mot <i>avis,</i> &amp; de <i>garritus.</i> Les <i>Augures</i> prenoient garde au gazouillement des oiseaux. Le P. Pezron étoit fort embarrassé d'où venoit cette dernière syllabe <i>gur,</i> ainsi il l'alloit chercher en Gaule. <i>Augur,</i> dit-il, vient du Celtique <i>au,</i> qui signifie <i>le foie,</i> &amp; de <i>gur,</i> ou <i>gar,</i> qui veut dire un <i>homme.</i> Ainsi <i>augur</i> est proprement, &amp; mot pour mot, <i>homme de foie,</i> c'est-à-dire, consultant le foie &amp; devinant par le foie. D'autres prétendent qu'il vient de l'Arabe <i>Ogor</i>, qui signifie Bonheur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3582" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGURER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AUGURER</head>
    <p>
    AUGURER , v. act. Conjecturer, prédire quelque chose <i>Augurari.</i> Quand l'éducation d'un Prince est mauvaise, on n'en doit <i>augurer</i> rien de bon. Il <i>augura</i> leur future grandeur par leur modestie. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3582" id="2" type="">
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    <head>AUGURER</head>
    <p>
    Auguré, ée , part. Il n'a guère d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTALE</head>
    <p>
    AUGUSTALE , s. m. <i>Augustalis.</i> On a donné ce nom chez les Romains ; 1°. A ceux qui conduisoient les premiers rangs dans l'armée, comme le témoigne Végèce <i>Rei milit. L.</i> 2. <i>C.</i> 7. 2°. A des Magistrats dans les villes. Il en est parlé, <i>L. Quinque Summates Cod. de Decur.</i> Et Alciat l'interprète ainsi. 3°. Tous les Officiers du Palais de l'Empereur ont porté ce nom. 4°. Le Gouverneur d'Egypte en particulier fut appellé <i>Augustale,</i> ou Préfet <i>Augustale,</i> parce que ce fut Auguste qui établit cette charge après la défaite d'Antoine &amp; de Cléopatre. Il résidoit à Aléxandrie &amp; il en est souvent parlé dans Socrate, dans Sozomène, &amp; dans d'autres Historiens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTALE</head>
    <p>
    Augustale . C'étoit un Prêtre qui avoit la direction des Jeux qui se faisoient à l'honneur d'Auguste. Ce fut Tibère qui institua les Augustaux, aussi-tôt après la mort d'Auguste, comme Tacite l'a remarqué, &amp; il nous apprend que c'étoient des <i>Prêtres.</i> Plusieurs villes en avoient six, d'où ils furent nommés IIIIIIVIRI <i>Seviri Augustales.</i> Lyon étoit du nombre de ces villes, comme le P. Ménestrier l'a <pb n="426" facs="bpt6k8542165/f466/full/1200,/0/native.jpg"/>montré dans son <i>Hist. de Lyon,</i> p. 77. par plusieurs anciennes inscriptions.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTALES</head>
    <p>
    AUGUSTALES , s. m. &amp; plur. <i>Augustalia.</i> C'est le nom d'une fête instituée pour l'Empereur Auguste. Cette fête fut instituée après qu'il eut terminé toutes les guerres, &amp; réglé toutes les affaires de Sicile, de Grèce, d'Asie, de Syrie &amp; des Parthes ; &amp; il fut ordonné que le jour qu'il rentra dans Rome seroit une fête, &amp; qu'on l'appelleroit <i>Augustales.</i> On appella aussi de ce nom des jeux qui se célébroient à l'honneur du même Prince, le 4e des Ides d'Octobre, c'est-à-dire, le 12e du mois. C'est Tacite, L. I. C. 15. &amp; Dion, L. 54. &amp; 56. qui nous l'apprennent. On peut voir encore Jean Rosinus, <i>Antiq. Rom. L. IV. c.</i> 14. <i>&amp; L. V. c.</i> 20. Je ne conçois pas pourquoi l'Auteur d'un nouveau Dictionnaire appelle cette fête <i>Augustine</i> ; car les Auteurs que j'ai cités disent toujours <i>Augustales</i> &amp; <i>Augustalia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3585" id="1" type="">
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    <head>AUGUSTE</head>
    <p>
    AUGUSTE , adj. m. &amp; fém. Majestueux, vénérable, sacré. <i>Augustus.</i> César <i>Auguste</i> fut le second des Empereurs Romains ; on le connoît &amp; on le distingue des autres par ce nom, quoiqu'ils l'aient porté. On disoit d'<i>Auguste</i> après sa mort qu'il auroit été à souhaiter qu'il ne fût jamais venu au monde, ou qu'il n'en fut jamais sorti. Ce titre d'honneur lui fut déféré après qu'il eut été confirmé par le Sénat dans la puissance absolue. Ce terme emportoit quelque chose de sacré &amp; de divin qui l'élevoit au-dessus du reste des hommes. Ses successeurs prirent la qualité d'<i>Auguste,</i> en sorte qu'Empereur &amp; <i>Auguste</i> c'étoit la même chose : ces deux mots étoient synonymes. Celui qui étoit destiné à succéder, &amp; l'héritier présomptif de l'Empire, étoit crée <i>César</i> : c'étoit un degré pour parvenir à être <i>Auguste,</i> ou Empereur. Le P. Pagi soutient le contraire, &amp; qu'il falloit être <i>Auguste</i> avant que d'être déclaré <i>César.</i> Mr Fléchier a rapporté que l'Empereur Valentinien I. fit proclamer Valens son frère <i>Auguste,</i> sans l'avoir auparavant déclaré César : ce qui ne s'étoit pas encore pratiqué. Marc-Aurele ayant succédé à Antonin, créa aussi-tôt L. Verus <i>César</i> &amp; <i>Auguste.</i> On vit alors pour la première fois deux <i>Augustes</i> en même-temps ; c'est pourquoi on marqua cette année-là (161) dans les fastes par le Consulat des deux <i>Augustes.</i> C'étoit un spectacle bien surprenant pour la ville de Rome, de se voir régie par deux Souverains, après avoir vu verser tant de sang pour le choix d'un seul maître.</p><p>Les Princesses reçurent la qualité d'<i>Auguste</i> dès le haut Empire ; &amp; même celles qui ne furent jamais femmes d'Empereurs. On le trouve quelquefois employé pour Reine. Ainsi Herric, ou Henri, dans le L. I. des Miracles de S. Germain, appelle indifféremment Chrotechilde femme de Clovis, ou Reine, ou <i>Auguste.</i> Voyez Lymnaeus dans son IIe. Livre du Droit public de l'Empire.</p><p>Théodebert Roi de France a le titre d'<i>Auguste</i> sur ses monnoies. Le Blanc. Childebert &amp; Clotaire son frère prennent aussi le titre d'<i>Auguste</i> sur les monnoies. Roricon, en parlant de l'Ambassade que l'Empereur Anastase envoya à Clovis, dit que cet Empereur ordonna à ses Ambassadeurs de traiter Clovis non-seulement de Roi, ou de Consul, mais même d'<i>Auguste.</i> Grégoire de Tours ajoûte que depuis ce jour-là il prit les titres de Consul &amp; d'<i>Auguste.</i> Il n'est pas hors d'apparence que les enfans de Clovis, Childebert &amp; Clotaire, aient pris, à l'imitation de leur père, ce titre d'<i>Auguste,</i> que leur neveu Théodebert avoit aussi porté, Id. De plus, la monnoie de Reccarède fait voir que les Empereurs Romains n'étoient pas les seuls qui prenoient le titre d'<i>Auguste,</i> &amp; que les Rois Visigoths le portoient quelquefois aussi-bien qu'eux. Id.</p><p>On appelle l'Histoire <i>Auguste,</i> celle de six Auteurs Latins qui ont écrit les vies des Empereurs Romains depuis Adrien jusqu'à Carin. On appelle par honneur Philippe II. Roi de France, Philippe <i>Auguste.</i> On appelle le Parlement, un Sénat <i>auguste,</i> une <i>auguste</i> Compagnie. On le dit plus proprement en matière de Religion. Il faut se prosterner devant l'<i>auguste</i> Majesté de Dieu, devant son Trône <i>auguste,</i> devant l'<i>auguste</i> Saint-Sacrement de l'Autel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTE</head>
    <p>
    Le P. Chom . Jésuite.</p><p>Ce mot vient du verbe <i>augeo</i> : <i>augustus, tanquam supra sortem humanam auctus,</i> c'est-à-dire, <i>provectus, sublatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTE</head>
    <p>
    Auguste . Ce nom se donne à tout Empereur, ou Roi, qui est magnifique, &amp; qui aime les belles Lettres. Un <i>Auguste</i> aisément peut faire des Virgiles. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTE</head>
    <p>
    Auguste , s. f. Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet rouge. C'est un cramoisi &amp; blanc, qui porte une grosse fleur, qui casseroit si on lui laissoit moins de 5 à 6 boutons. Sa plante est vigoureuse, &amp; se trouve en Flandres.</p><p>C'est aussi une tulipe qui a trois couleurs, colombin, blanc, &amp; rouge.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTE</head>
    <p>
    Auguste-le-grand . Terme de Fleuriste . Espèce d'oeillet piqueté. C'est encore une tulipe couleur de rose éclatante, &amp; blanc non d'entrée. Morin, <i>Cult. des fl.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUGUSTE</head>
    <p>
    Auguste-triomphant . , s. m. Terme de Fleuriste . C'est un des plus beaux oeillets piquetés, à cause de sa largeur, &amp; de la quantité de ses feuilles ; mais il est fort tardif à fleurir à cause de la foiblesse &amp; de la délicatesse de sa plante. Il faut lui donner du soleil jusqu'à midi ; le planter dans une terre légère, &amp; lui laisser cinq ou six boutons ; autrement il creveroit. Il se trouve à Lille &amp; à Paris. Morin, <i>Cult. des fl.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3586" id="1" type="">
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    <head>AUGUSTEMENT</head>
    <p>
    AUGUSTEMENT , adv. D'une manière auguste, magnifique, &amp; digne de vénération.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3587" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGUSTIN" />
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    <head>AUGUSTIN</head>
    <p>
    AUGUSTIN , s. m. <i>Augustinus.</i> Nom propre d'homme. S. <i>Augustin,</i> Evêque d'Hippone, mourut en 430. le 28. Août dans sa 76e année commencée. On a fait dans notre langue quelques applications du nom de ce Père, que l'usage a approuvées. On appelle quelquefois Jansénius Evêque d'Ipres l'<i>Augustin</i> d'Ipres. Ses Sectateurs le disent, pour le comparer à S. <i>Augustin,</i> dont ils pretendent faussement qu'il a développé le système. Les Catholiques le disent pour l'opposer au même S. Evêque d'Hippone, dont Jansénius a corrompu la Doctrine. L'<i>Augustin</i> de Jansénius, est l'Ouvrage de Jansénius Evêque d'Ipres, intitulé, <i>Cornelii Jansenii Episcopi Iprensis Augustinus,</i> divisé en trois Tomes, dont le premier comprend un Traité de l'hérésie Pélagienne en huit Livres ; le IIe un Traité de la raison &amp; de l'autorité dans les choses Théologiques ; un autre de la nature innocente, un troisième de la nature tombée par le péché, en quatre Livres ; un IVe de l'état de pure nature, en trois Livres : le IIIe comprend un Traité de la grace de Jesus-Christ Sauveur en dix Livres ; &amp; un parallèle de l'erreur des Marseillois avec la doctrine de quelques Modernes. C'est de ces différens Traités qu'ont été tirées les cinq fameuses Propositions condamnées par Innocent X. le 31 Mai 1653. Urbain VIII. trouva deux raisons pressantes de condamner l'<i>Augustin</i> de Jansénius ; l'une qu'il y soutenoit les erreurs de Baius condamnées par Pie V. &amp; par Grégoire XIII. l'autre qu'il choquoit directement l'autorité du S. Siége, Paul V. ayant expressément défendu qu'on n'imprimât rien sur ces matières, &amp; Urbain lui même ayant renouvellé &amp; confirmé ce Decret en 1625. Sa Bulle est du 4. de Mars 1641. Recueil Hist. des Bulles, &amp;c. En 1654. on vit paroître un Decret du 23. Avril, où l'<i>Augustin</i> de Jansénius fut condamné tout de nouveau, avec plus de quarantes autres livres, où sa doctrine étoit soutenue. Ibid.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3588" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGUSTIN" />
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    <head>AUGUSTIN</head>
    <p>
    AUGUSTIN , s. m. Religieux qui suit la Règle de S. Augustin. <i>Augustinianus.</i> Les <i>Augustins</i> sont originairement des Hermites que le Pape Alexandre IV. réunit en une même Congrégation, sous le Général Lanfranc, en 1256. Ils étoient établis à Paris dès le mois de Décembre 1259. &amp; leur maison étoit dans la rue Montmartre, alors hors de la ville, près celle que l'on nomme encore à cause d'eux la rue des vieux <i>Augustins.</i> Fleur. Il y a de deux sortes d'<i>Augustins.</i> Les <i>Augustins</i> sont vêtus de noir, &amp; font un <pb n="427" facs="bpt6k8542165/f467/full/1200,/0/native.jpg"/>des quatre Ordres des Mendians. Leur Réforme est celle des <i>Augustins</i> déchaussés, autrement dits <i>les Petits-Pères.</i> Il y a aussi des Chanoines Réguliers de S. Augustin, qui sont vêtus de blanc avec des rochets de toile, &amp; qui n'ont que la chappe noire. Ils sont connus à Paris sous le nom de <i>Religieux de Sainte Geneviève,</i> à cause que cette Abbaye est le chef de leur Réforme.</p><p>En Imprimerie, on appelle <i>S. Augustin,</i> le caractère qui est entre le gros Romain, &amp; le Cicéro.</p><p>Le <i>Saint-Augustin</i> est aussi une espèce de poire, qui se mange au mois de Novembre. La Quint. Il y en a qui sont peu grosses, &amp; qui ont la chair dure &amp; sèche. D'autres sont fort belles &amp; très-bonnes : elles sont à peu-près de la grosseur &amp; figure d'un virgoulé ; c'est-à-dire, qu'elles sont passablement longues, &amp; même assez grosses, ayant le ventre rond, &amp; la partie d'en bas pareillement, mais avec quelque diminution de grosseur, tant de ce côtè-là que du côté de la queue, qui est un peu longue, &amp; qui paroît droite en quelques-unes, &amp; panchée en d'autres, &amp; cependant point enfoncée dans la partie d'où elle sort ; l'oeil est médiocrement grand &amp; passablement enfoncé ; le coloris est d'un beau jaune de citron, un peu tiqueté, rougissant si peu que rien à l'endroit où le soleil donne ; la chair en est tendre sans être beurrée, &amp; fournit plus d'eau dans la bouche qu'elle n'en fournissoit au couteau : quelques-unes ont un petit goût aigret, qui leur sert de relief ; quelques-autres n'en ont presque point. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3589" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGUSTINES" />
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    <head>AUGUSTINES</head>
    <p>
    AUGUSTINES , s. f. Religieuses qui suivent la Règle de S. Augustin. <i>Moniales Augustinianae.</i> Ce mot se dit aussi au singulier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3589" id="2" type="fleuriste">
   <index type="head" value="AUGUSTINES" />
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    <head>AUGUSTINES</head>
    <p>
    Augustine , s. f. Terme de Fleuriste . Anémone, dont les grandes feuilles sont blanches, mêlées d'incarnat, sa peluche couleur de feu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3590" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGUSTINIEN, ENNE" />
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    <head>AUGUSTINIEN, ENNE</head>
    <p>
    AUGUSTINIEN, ENNE . <i>Augustinianus,</i> subst. m. &amp; f. Nom propre de secte. Les <i>Augustiniens</i> sont des hérétiques du XVIe siècle, ainsi nommés du nom de leur Chef qui fut un Sacramentaire, nommé Augustin, qui enseignoit que les ames des Saints n'entroient point au Ciel avant le jour du Jugement. Lindanus est presque le seul qui en ait parlé.</p><p>Les Jansénistes s'appellent aussi <i>Augustiniens,</i> parce qu'ils prétendent être les disciples de S. Augustin, &amp; enseigner sa doctrine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3591" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUGUSTINIEN, ENNE" />
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    <head>AUGUSTINIEN, ENNE</head>
    <p>
    AUGUSTINIEN, ENNE , est aussi adjectif.</p><p>Une Dame <i>Augustinienne,</i> est une femme Janséniste.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3592" id="1" type="">
   <index type="head" value="AU-GUY-L'AN-NEUF" />
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    <head>AU-GUY-L'AN-NEUF</head>
    <p>
    AU-GUY-L'AN-NEUF . Voyez <ref type="search" target="head:AGUILANNEUF">AGUILANNEUF</ref>. Quelques-uns écrivent <i>Au guy l'an neuf.</i> Les Gaulois nommoient le mois de Décembre, le mois sacré, aussi-bien que les Allemans, parce qu'en ce mois les sages Druïdes cueilloient le Guy de chêne en grande cérémonie, &amp; le distribuoient au peuple en bonne étrenne, &amp; pour un heureux commencement d'année. D'où est venu ce proverbe ancien, que nous avons retenu jusqu'à présent, <i>Au Guy l'an-neuf, Ad viscum Annus novus.</i> C'étoit donc la coutume parmi les Gaulois, que sur le soir du jour qui précédoit le premier jour de l'an, les Druïdes crioient d'une voix haute &amp; raisonnante, <i>Au guy-Gaulois.</i> A ce cri chacun se mettoit en quête dans les bois &amp; les forêts pour trouver le guy de chêne ; puis ceux qui l'avoient rencontré, en donnoient avis aux Druïdes, qui le cueilloient avec beaucoup de respect &amp; de cérémonie, &amp;c. Maichin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3593" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AVICTUAILLEUR" />
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    <head>AVICTUAILLEUR</head>
    <p>
    AVICTUAILLEUR , s. m. En terme de Marine , est le Marchand qui fournit les victuailles &amp; les choses nécessaires pour en user, comme bois, chaudières, plats, bidons, &amp; en outre paye le tiers de la haute somme. <i>Qui annonam subministrat.</i> Voyez <ref type="search" target="head:SOMME">SOMME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3594" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIDE" />
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    <head>AVIDE</head>
    <p>
    AVIDE , adj. m. &amp; fém. Goulu, âpre à manger. <i>Avidus.</i> Les Iroquois sont <i>avides</i> de chair humaine. Les lions dévorent les cadavres, tant ils sont <i>avides</i> de carnage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3594" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVIDE" />
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    <head>AVIDE</head>
    <p>
    Avide , se dit figurément en Morale des passions ardentes qui nous font desirer quelque chose. On n'est que trop <i>avide</i> des biens ; mais on ne l'est point assez de la gloire. On regarde avec des yeux <i>avides</i> une beauté qu'on aime. <i>Avide</i> de gloire &amp; de louange. Ablanc. Les beaux esprits sont <i>avides</i> de savoir. Catilina étoit <i>avide</i> du bien d'autrui, &amp; prodigue du sien. Bouh. Ceux qui ont de l'esprit sans érudition, indifférens pour toutes les choses qui les ont précédés, sont <i>avides</i> de celles qui se passent à leurs yeux. La Bruy. Les personnes si <i>avides</i> de réputation la perdent souvent par l'avidité avec laquelle ils la recherchent. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3595" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIDEMENT" />
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    <head>AVIDEMENT</head>
    <p>
    AVIDEMENT , adv. D'une manière avide. <i>Avidè.</i> On connoît la bonté d'un cheval à le voir manger <i>avidement</i> son avoine. L'amour <i>avidement</i> croit tout ce qui le flatte. Racin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3596" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIDITÉ" />
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    <head>AVIDITÉ</head>
    <p>
    AVIDITÉ , s. f. Desir d'un avide, tant au propre qu'au figuré. <i>Aviditas.</i> L'insatiable <i>avidité</i> du bien empêche les avares d'en jouïr. Quand on mange avec trop d'<i>avidité,</i> cela cause de l'indigestion. Il avoit une grande <i>avidité</i> de régner. Vaug. L'extrême <i>avidité</i> des hommes pour les honneurs vient de leur vanité. S. Evr. Ronsard s'excuse de s'être servi du mot d'<i>avidité,</i> qui étoit nouveau de son temps. Il vient du verbe <i>avere, souhaiter.</i></p><p>Tout le monde voit que ce mot vient du Latin <i>aviditas</i> ; mais on ne savoit pas qu'<i>aviditas</i> est pris du Celtique <i>avid.</i> Le P. Pezron nous l'apprend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3597" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIGNON" />
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    <head>AVIGNON</head>
    <p>
    AVIGNON , subst. m. <i>Avenio,</i> ou <i>Avennio Cavarum,</i> dans Grégoire de Tours, Liv. III. ch. 32. <i>Avennica,</i> &amp; dans les anciennes Notices, <i>Civitas Avennicorum.</i> C'est une ville de France, en Provence, située sur le Rhône &amp; sur une branche de la Sorgue. <i>Avignon</i> est fort ancien. On croit que cette ville de la Gaule Narbonnoise fut bâtie en même-temps que Marseille l'an 147. de Rome.</p><p>Gregoire de Tours a cru que ce nom venoit du mot Latin <i>vinum,</i> qui signifie du <i>vin</i> ; mais il n'y a pas d'apparence. <i>Avenio</i> est un mot Gaulois, dont nous ne savons ni l'origine, ni la signification.</p><p><i>Avignon</i> a un Archevêché établi l'an 1475. par Sixte IV. &amp; non pas par Jule II. comme dit Miraeus en sa Géographie. Ecclésiastique. Autrefois c'étoit un Evêché dépendant de Vienne, &amp; ensuite d'Arles. En 1348. Jeanne 1re Reine de Naples &amp; Comtesse de Provence, vendit <i>Avignon</i> &amp; le Comté Venaissin au Pape Clement VI. 30000 écus d'or. <i>Avignon</i> a été la demeure des Papes depuis Clement V. jusqu'à Gregoire XI. ou depuis 1305. jusqu'à 1376. c'est-à-dire, 70 ou 71 ans, que les Romains appellent la captivité de l'Eglise en Babylone, à cause que la captivité des Juifs en Babylone, dura 70 ans. <i>Avignon</i> a une Université fondée en 1303. par Charles II. Roi de Jérusalem &amp; de Sicile, &amp; Comte de Provence. Noguier a fait l'Histoire Ecclésiastique d'<i>Avignon,</i> imprimée à Lyon en 1660. Joseph Marie Suarès a fait une description du Comté Venaissin &amp; d'<i>Avignon,</i> imprimée à Lyon vers le milieu du siècle passé, en 1658. <i>in</i> 4°. <i>Avignon</i> étoit autrefois le pays des Cavares ; c'est pour cela que Mela l'appelle <i>Avenio Cavarum.</i> La longitude d'<i>Avignon,</i> selon MM. de l'Académie des Sciences, est 22d, 30'. Sa latitude 43d, 51'.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3598" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIGNONOIS, OISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AVIGNONOIS, OISE</head>
    <p>
    AVIGNONOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est d'Avignon. <i>Avenionensis.</i> En même-temps les <i>Avignonois</i> ayant surpris S. Laurent des Aubres, &amp; S. Victor de la Coste en Languedoc, incommodèrent extrêmement les places Protestantes d'alentour. De la Pise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3599" id="1" type="">
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    <head>AVILIR</head>
    <p>
    AVILIR , v. act. Rendré abject, contemptible. <i>In contemptum adducere.</i> Il a laissé <i>avilir</i> sa charge, sa dignité. Cet homme s'est <i>avili</i> lui-même par ses bassesses. Acad. F.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3599" id="2" type="">
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    <head>AVILIR</head>
    <p>
    Avilir , v. n. Devenir de bas prix. <i>Evilescere, vilescere.</i> Les marchandises s'<i>avilissent,</i> quand elles ne sont plus à la mode, quand elles n'ont plus de débit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3599" id="3" type="">
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    <head>AVILIR</head>
    <p>
    Avilir , se dit figurément en choses morales. Le courage des soldats s'<i>avilit</i> durant la paix. Les dignités s'<i>avilissent</i> <pb n="428" facs="bpt6k8542165/f468/full/1200,/0/native.jpg"/>quand elles ne sont pas remplies de bons sujets, quand elles sont sur la tête de gens qui font des bassesses. La Noblesse s'<i>avilit</i> par des Alliances indignes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3599" id="4" type="">
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    <head>AVILIR</head>
    <p>
    Avili, ie , part. pass. &amp; adjectif. <i>In contemptionem adductus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3600" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVILISSEMENT" />
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    <head>AVILISSEMENT</head>
    <p>
    AVILISSEMENT , s. m. Action par laquelle une chose s'avilit. Il se dit des personnes, des charges, des marchandises. <i>Demissio, submissio, contemptus.</i> La bassesse de la fortune fait tant de peine à l'orgueil, que les hommes entreprennent tout pour se retirer de l'<i>avilissement</i> ou elle les met. M. Esprit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3601" id="1" type="fauconnerie">
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   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>AVILLONS</head>
    <p>
    AVILLONS , sub. masc. Terme de Fauconnerie , qui se dit des serres du pouce de l'oiseau de proie, ou du derrière des mains. <i>Accipitris ungues.</i> Et on dit <i>Avillonner,</i> quand l'oiseau donne des serres de derrière, ou des <i>avillons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3602" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVINER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AVINER</head>
    <p>
    AVINER , v. act. Abbreuver de vin. <i>Vino imbuere.</i> Il n'est guère en usage qu'au participe ; &amp; on le dit des cuves &amp; des tonneaux où il y a eu déja du vin. Les fûtailles <i>avinées</i> sont les meilleures. On dit aussi d'un homme qui est accoutumé de boire beaucoup, qui s'enyvre difficilement, que c'est un corps <i>aviné,</i> un tonneau <i>aviné.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3603" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUJOURD'HUI" />
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    <head>AUJOURD'HUI</head>
    <p>
    AUJOURD'HUI , adv. de temps qui marque le jour où on est. <i>Hodiè.</i> Il n'a fait autre chose que pleuvoir tout <i>aujourd'hui.</i> C'étoit votre tour hier, c'est <i>aujourd'hui</i> le mien. L'Office d'<i>aujourd'hui</i> est fort long. Cette rente ne court que d'<i>aujourd'hui. Aujourd'hui</i> passé on ne mangera plus de viande. Si vous écoutez <i>aujourd'hui</i> sa voix, n'endurcissez point vos coeurs. Port-R. On a remis l'affaire à <i>aujourd'hui.</i> Vaug. Celui vit seulement lequel vit <i>aujourd'hui.</i> S. Evr.</p><p>On dit aussi <i>Cejourd'hui</i> en la même signification ; mais il n'est en usage que dans les exemples suivans, &amp; quelques autres semblables. <i>Cejourd'hui,</i> les Chambres assemblées, il a été ordonné, &amp;c. <i>Cejourd'hui,</i> date des présentes, sont comparus, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3603" id="2" type="">
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    <head>AUJOURD'HUI</head>
    <p>
    Aujourd'hui , se dit aussi d'un temps incertain, mais proche. <i>Aujourd'hui</i> l'un meurt, &amp; demain l'autre. <i>Aujourd'hui</i> sur le trône, &amp; demain dans les fers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3603" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUJOURD'HUI" />
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    <head>AUJOURD'HUI</head>
    <p>
    Aujourd'hui , signifie aussi le siècle présent. Le monde n'est plus <i>aujourd'hui</i> comme autrefois. C'est l'usage d'<i>aujourd'hui.</i> Le règne d'<i>aujourd'hui.</i> La nature a été toujours de même qu'elle est <i>aujourd'hui.</i> Pour bien juger des pièces anciennes, il faut perdre notre siècle de vûe, &amp; ne point juger par le goût d'<i>aujourd'hui.</i> Le Fevre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3604" id="1" type="">
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    <head>AVIRCE</head>
    <p>
    AVIRCE , s. m. Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:ABERCE">ABERCE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3605" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIRON" />
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    <head>AVIRON</head>
    <p>
    AVIRON , s. m. Longue pièce de bois plate par un bout, &amp; ronde par l'autre, qui sert à faire avancer les bateaux sur les rivières. <i>Remus.</i> Quand c'est sur la mer, ces pièces de bois s'appellent <i>rames,</i> &amp; sont plus longues. On dir que les nageoires servent d'<i>avirons</i> aux poissons. Ce mot vient de ce qu'il sert à virer &amp; tourner les bateaux. On s'en sert dans le style figuré, &amp; en comparant l'incertitude des choses humaines à l'inconstance de la mer.</p><p>Un jour qu'Edgar, Roi d'Angleterre, étoit à Chester avec huit autres Rois, il prit envie à ce Monarque de se promener dans sa Gondole, ou dans sa Barque, sur la Déc. Il s'assit à la pouppe sur de magnifiques carreaux ; &amp; prit le gouvernail, pendant que les huit Rois prenant l'<i>aviron</i> se mirent en la place des rameurs. Larrey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3606" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="AVIS" />
   <index type="src_domain" value="guerre" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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    <head>AVIS</head>
    <p>
    AVIS , s. m. Avertissement, instruction qu'on donne à quelqu'un de quelque chose qu'il ignore, ou à quoi il ne prend pas garde. <i>Admonitio, monitum.</i> Il lui a donné de bons <i>avis</i> sur la correction de son Livre. Un homme d'étude qui ne prend <i>avis</i> que de ses Livres, en entrant dans le monde, fait bien des faux pas. S. Evr. Il faut aider la liberté de celui qui nous avertit, en recevant facilement ses <i>avis.</i> Id. Il faut bien de l'adresse pour donner un <i>avis</i> à un Prince ; on ne leur doit parler qu'avec des paroles de soie, &amp; avec une certaine hardiesse toujours respectueuse, qui est difficile à attraper. Test. de Rich. C'est un métier bien délicat &amp; bien dangereux que celui de donneur d'<i>avis,</i> &amp; tel n'en a donné qu'un en toute sa vie qui en a trop donné.</p><p>En ce sens on dit en termes de guerre , de négoce, de marine, Donner <i>avis ;</i> pour dire, Faire savoir des nouvelles de ce qui se passe. <i>Nuntium.</i> Ce Gouverneur a reçu <i>avis</i> qu'on venoit assiéger sa Place. Une barque d'<i>avis,</i> est une barque destinée pour porter les nouvelles &amp; les ordres à une Flotte. Aller aux <i>avis,</i> c'est envoyer quelques troupes battre l'estrade, prendre des prisonniers pour découvrir les desseins de l'ennemi. Une lettre d'<i>avis,</i> c'est la lettre par laquelle un marchand ou un banquier mande à son correspondant, qu'il a tiré sur lui une telle lettre de change, qu'un tel associé est prêt à faire banqueroute. Cet homme a toujours de bons <i>avis</i> ; pour dire, de bonnes nouvelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3606" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AVIS</head>
    <p>
    Avis , signifie aussi, Sentiment, opinion. <i>Sententia, judicium.</i> Tous les Théologiens sont d'un même <i>avis</i> sur cette question. Ce Président est allé aux <i>avis,</i> a pris les <i>avis</i> de sa Compagnie. Cet Docteur est toujours d'un <i>avis</i> singulier. Les <i>avis</i> sont partagés. Voilà mon <i>avis.</i> Ouvrir un <i>avis</i> rigoureux. La Rochef. Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre <i>avis.</i> Id. Autant de têtes autant d'<i>avis.</i> Pel. On dit aussi, Il m'est <i>avis</i> ; pour dire, Il me semble : mais il n'est plus de bon usage. On appelle, <i>Avis Doctrinal,</i> le sentiment des Docteurs en Théologie consultés sur quelque point de doctrine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3606" id="3" type="palais">
   <index type="head" value="AVIS" />
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    <head>AVIS</head>
    <p>
    Avis , en termes de Palais , se dit de certains arrêtés ou délibérations de ceux qui sont commis par des supérieurs pour examiner une affaire, ou des faits dont ils ne peuvent pas être éclaircis autrement ; sur lesquels arrêtés ils donnent un jugement conforme. On a fait assembler les parens de ce mineur, pour donner leur <i>avis</i> sur la vente de ses biens. C'est en ce même sens que Boileau a dit en parlant d'Alexandre :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3606" id="4" type="">
   <index type="head" value="AVIS" />
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    <head>AVIS</head>
    <p>
    Avis , se prend presque en ce sens pour Réflexion, conseil, reproche, réprimande. <i>Consilium.</i> Je lui ai donné des <i>avis</i> sur sa conduite. Je vous remercie de tous vos bons <i>avis.</i> Il y a jour d'<i>avis</i> entre ci &amp; là ; pour dire, il y a du temps pour faire réflexion, pour prendre conseil. Le compartiteur d'un procès, est celui qui ouvre un second <i>avis.</i></p><p><i>Avis au Lecteur,</i> C'est une espèce de petite Préface qu'on met à la tête d'un Livre pour avertir le Lecteur de quelque chose. En ce sens on dit proverbialement d'un accident qui peut servir d'instruction à quelqu'un. C'est un <i>Avis au Lecteur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3606" id="5" type="">
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    <head>AVIS</head>
    <p>
    Avis , en termes de Finances , signifie l'invention, &amp; les moyens d'établir quelque imposition nouvelle, ou de faire la recherche des deniers divertis qui appartiennent au Roi. Les donneurs d'<i>avis</i> sont des gens fort odieux. Il a eu tant pour son droit d'<i>avis.</i> On le dit aussi de ces gens d'intrigue qui donnent <i>avis</i> des Offices ou Bénéfices vacans, qui négocient des affaires, ou des mariages.</p><p>On dit burlesquement &amp; ironiquement, A votre <i>avis,</i> me conseillerez-vous de faire cela ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3607" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AVIS</head>
    <p>
    AVIS , s. m. Ordre militaire de Portugal. Il fut institué par Alphonse premier Roi de Portugal, en mémoire de la prise d'Evora sur les Maures, en 1147. Ils prirent d'abord le nom de <i>Chevaliers de Sainte Marie d'Evora ;</i> parce que le Roi Alphonse attribua le bon succès de ses armes à un secours spécial de la Vierge. Ensuite il fut appellé l'Ordre d'<i>Avis,</i> à cause d'un Château qui leur fut donné par Alphonse I. Ces Chevaliers choisirent les règles de l'Ordre <pb n="429" facs="bpt6k8542165/f469/full/1200,/0/native.jpg"/>des Cîteaux, &amp; le Pape Innocent IV. approuva leurs constitutions en 1204. Ils se signalèrent dans les guerres contre les Maures, &amp; rendirent des services importans aux Rois de Portugal. Ils portent d'or à la Croix fleurdelisée de sinople, accompagnée en pointe de deux oiseaux affrontés de sable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3608" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVISEMENT" />
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    <head>AVISEMENT</head>
    <p>
    &#9758; AVISEMENT , s. masc. Avis, pensée, réflexion. Ce vieux mot a été renouvellé par M. De Marivaux dans ce passage du Paysan parvenu ; Avise-toi là-dessus .... Vous n'y songez pas avec votre <i>avisement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVISER" />
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    <head>AVISER</head>
    <p>
    AVISER , v. act. Consulter, délibérer, penser, pourvoir à une chose. <i>Consultare, deliberare, considerare, perpendere, providere.</i> Nous <i>aviserons</i> à ce que nous aurons à faire. Vous avez du loisir pour <i>aviser</i> à ce que vous avez à dire pour votre défense. Vous vous en <i>avisez</i> un peu tard. On y <i>avisera.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVISER" />
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    <head>AVISER</head>
    <p>
    Aviser , C'est aussi prendre une résolution après quelque délibération. <i>Statuere, decernere.</i> Les Etats assemblés pour la réformation du Royaume, <i>avisèrent</i> qu'il falloit que, &amp;c. Après avoir bien consulté, bien raisonné, on <i>avisa</i> que, &amp;c. Il fut <i>avisé</i> que, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="3" type="">
   <index type="head" value="AVISER" />
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    <head>AVISER</head>
    <p>
    Aviser , signifie aussi, Croire, juger. La Cour a renvoyé les parties pour se pourvoir comme elles <i>aviseront</i> bon être : pour dire, comme elles le jugeront à propos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="4" type="">
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    <head>AVISER</head>
    <p>
    Aviser , signifie aussi, Avertir. Il vous trompera, je vous en <i>avise. Admonere.</i> C'est le premier qui m'en a <i>avisé.</i> Mais en ce sens il vieillit, &amp; n'est en usage que dans quelques Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="5" type="">
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    <head>AVISER</head>
    <p>
    Aviser , quand on y ajoûte le pronom personnel, signifie se souvenir, faire réflexion, s'appercevoir. <i>Occurrere, venire in mentem.</i> Je ne m'en suis pas <i>avisé.</i> Personne presque ne s'<i>avise</i> de lui-même du mérite d'un autre. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="6" type="">
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    <head>AVISER</head>
    <p>
    Aviser , signifie encore, Voir de loin, ou découvrir avec quelque recherche ou application. <i>Prospicere.</i> Je vous ai <i>avisé</i> de cent pas. Il <i>avisa</i> son ennemi qui s'étoit caché dans la foule. Il est bas en ce sens, &amp; de la lie du Peuple. Ainsi au lieu de dire, Il <i>avisa</i> un homme sur une tour, il faut dire, Il découvrit, il apperçut un homme sur une tour. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="7" type="">
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    <head>AVISER</head>
    <p>
    Aviser , se dit figurément des découvertes qui se font par les yeux de l'esprit après quelque méditation. <i>Adinvenire, excogitare.</i> Il s'est <i>avise</i> d'une bonne invention. Ils se sont <i>avises</i> d'un mauvais expédient pour se tirer d'affaire. Il n'y a sottise, il n'y a malice dont il ne s'<i>avise.</i> S'<i>aviser</i> d'une ruse, d'un stratagème. Les hommes ne pouvant éviter la mort, se sont <i>avisés</i> de n'y point penser, afin de se rendre moins malheureux. Pasc. Fabius ayant trouvé l'armée rebutée de combattre sans succès, s'<i>avisa</i> de consumer Annibal par la lenteur. S. Evr. Il lui a fait toute la bonne chère dont il s'est pû <i>aviser.</i> On dit aussi, C'est bien <i>avisé</i> à vous ; pour dire, vous avez raison.</p><p>On dit proverbialement qu'un fou <i>avise</i> bien un sage, pour faire comprendre qu'il faut écouter les avis, de quelque part qu'ils viennent.</p><p>Ce mot vient de la préposition <i>ad</i>, &amp; du mot des Langues Septentrionales <i>Wisan,</i> en vieux Saxon <i>visan,</i> &amp; <i>visa</i> dans la Langue des Cimbres. Ce mot dans toutes ces Langues qui ont une même origine, signifie <i>monstrare, docere, instruere ; montrer, enseigner, instruire.</i> Icquez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3609" id="8" type="">
   <index type="head" value="AVISER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AVISER</head>
    <p>
    Avise, ée , part. pass. &amp; adj. Il a la signification de son verbe, en Latin comme en François. Il se dit d'un homme sage, prudent, circonspect, éclairé dans la conduite de ses affaires, &amp; qui ne fait rien sans bien considérer toutes choses. <i>Prudens, cautus, consideratus.</i> On n'est jamais si <i>avisé</i> en son propre fait qu'en celui d'autrui. Vaug. Plusieurs personnes très-judicieuses &amp; très-<i>avisées,</i> ont préféré l'exil aux douceurs de la Patrie. Balz. On peut lui fier cette négociation, il est fort <i>avisé.</i> Il a fait cette faute comme un imprudent, &amp; un mal-<i>avisé.</i></p><p>Ménage dérive ces mots de <i>advisare,</i> qui se trouve pour <i>deliberare</i> dans les Auteurs de la basse Latinité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3610" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIT" />
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    <head>AVIT</head>
    <p>
    AVIT , Voyez <ref type="search" target="head:AVY">AVY</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3611" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVITAILLER" />
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    <head>AVITAILLER</head>
    <p>
    AVITAILLER , v. act. Mettre des vivres dans une place assiégée, ou qui craint de l'être. <i>Commeatum in urbem importare.</i> On vient de bâtir cette Citadelle, &amp; on l'a bien <i>avitaillée.</i></p><p>Ce mot s'est dit par corruption de <i>avictuailler,</i> de <i>ad,</i> &amp; <i>victualia.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3611" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVITAILLER" />
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    <head>AVITAILLER</head>
    <p>
    Avitaillé, ée , part. adj. <i>Commeatus in urbem invectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3612" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIVER" />
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    <head>AVIVER</head>
    <p>
    AVIVER , v. act. Rendre plus vif. <i>Excitare, suscitare. Aviver</i> le feu, c'est le ratiser &amp; le souffler. Un Maréchal <i>avive</i> sa forge, en jettant des gouttes d'eau sur le feu. Ce mot n'est guère en usage en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3612" id="2" type="sculpteur">
   <index type="head" value="AVIVER" />
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    <head>AVIVER</head>
    <p>
    Aviver . Terme de Sculpteur . Il signifie Nettoyer, gratter &amp; polir des figures de métal pour les rendre plus propres à être dorées, soudées, &amp;c. <i>Polire, expolire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3612" id="3" type="charpentier">
   <index type="head" value="AVIVER" />
   <index type="src_domain" value="charpentier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>AVIVER</head>
    <p>
    Aviver . Terme de Charpentier, qui se dit du bois de charpente, quand on le coupe à vive arête.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3613" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVIVES" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>AVIVES</head>
    <p>
    AVIVES , s. f. plur. Enflure qui se fait quelquefois en de certaines glandes qui sont à côté de la gorge du cheval, qui l'empêchent de respirer, &amp; le font mourir, si on n'y met ordre promtement. <i>Vivulae.</i> Il faut promener un cheval qui a les <i>avives.</i> Quand on fait boire un cheval échauffé, cela lui donne les <i>avives.</i></p><p>Scaliger dérive ce mot <i>ab aquis vivis,</i> comme qui diroit <i>eaux vives,</i> parce que les eaux vives, comme étant plus fraîches, donnent plutôt les <i>avives.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; figurément d'un homme qu'on fait bien courir &amp; promener pour faire quelque affaire, qu'il n'aura pas les <i>avives.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3614" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULAIRE" />
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    <head>AULAIRE</head>
    <p>
    AULAIRE , s. f. Nom propre de femme. <i>Eulalia.</i> S. Eulalie, appellée communément sainte Ouille, sainte Olave, sainte <i>Aulaire,</i> &amp; sainte Aulaye, étoit de Barcelone, &amp; fut martyrisée sous Dioclétien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3615" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULAYE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AULAYE</head>
    <p>
    AULAYE , Voyez <ref type="search" target="head:AULAIRE">AULAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3616" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULERQUES" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>AULERQUES</head>
    <p>
    &#9758; AULERQUES , s. m. plur. <i>Aulerci.</i> Anciens peuples des Gaules qui habitoient ce que nous appellons aujourd'hui le Maine, <i>Aulerci Cenomani,</i> le Perche, <i>Aulerci Diablintes,</i> &amp; le Diocèse d'Evreux, <i>Aulerci Eburovices.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3617" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULIDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>AULIDE</head>
    <p>
    AULIDE , s. f. <i>Aulis,</i> au gén. <i>Aulidis</i> &amp; <i>Aulis,</i> Voyez Virgile Enéide Liv. IV. v. 426. &amp; Lucain Liv. V. v. 235. On ne convient point de ce que c'étoit autrefois que l'<i>Aulide,</i> ce lieu si fameux par l'embarquement des Grecs pour la guerre de Troie, &amp; le sacrifice vrai ou prétendu d'Iphigénie. Quelques-uns disent que c'étoit une ville de Béotie en Grèce. Servius assure que c'étoit une Isle qui avoit une ville de même nom, avec un port capable de tenir 50. vaisseaux. Eschyle dans Agamemnon, Sophocle dans Electre, &amp; après eux Lucrèce, Horace, &amp; beaucoup d'autres, veulent qu'on ait en effet répandu le sang d'Iphigénie, &amp; qu'elle soit morte en <i>Aulide.</i> Racin. Homère, le père des Poëtes, a si peu prétendu qu'Iphigénie eût été sacrifiée en <i>Aulide,</i> ou transportée en Scythie, que dans le neuvième Liv. de l'Iliade, Agamemnon fait offrir en mariage à Achille sa fille Iphigénie, qu'il a, dit-il, laissée à Micène dans sa maison. Iphigénie en <i>Aulide</i> est une Tragédie admirable d'Euripide, dont Racine a bien profité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3618" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>AULIQUE</head>
    <p>
    AULIQUE , s. f. C'est un acte qu'un jeune Théologien soutient dans l'Université, lorsqu'il s'agit de recevoir un Docteur en Théologie. <i>Aulica.</i> Cet acte est ainsi nommé du mot Latin <i>aula,</i> qui signifie <i>salle</i> ; parce qu'il se fait dans la grande salle de l'Archevêché de Paris. Celui qui y préside est le même qui doit prendre le bonnet de Docteur. La matière n'est point déterminée, puisque c'est toujours celle que le Soutenant possède le mieux. L'<i>aulique</i> commence par une harangue du Chancelier de Notre-Dame, à celui qui doit être reçû Docteur ; à la fin de laquelle il lui donne le bonnet. Le jeune Docteur lui fait aussi-tôt son compliment, &amp; préside à l'<i>Aulique.</i> Il y dispute même le premier, &amp; ensuite le Chancelier, le grand Maître de l'acte, &amp; enfin tous ceux des Docteurs qui veulent disputer. L'<i>Aulique</i> étant finie, le Chancelier &amp; les Docteurs, accompagnés des Bedeaux, menent le nouveau Docteur à Notre-Dame, où il fait le serment de la Faculté devant l'Autel de Saint Sébastien, à présent de Saint Denys. Ensuite, si le nouveau Docteur est de Sorbonne, ou de Navarre, on le reconduit dans l'une ou dans l'autre <pb n="430" facs="bpt6k8542165/f470/full/1200,/0/native.jpg"/>de ces maisons, où il donne à dîner à tous ceux qui sont de sa société. Ce dîné s'appelle à Navarre <i>Doctorerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3618" id="2" type="">
   <index type="head" value="AULIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>AULIQUE</head>
    <p>
    Aulique , adj. est aussi un nom qui s'applique à quelques Officiers de l'Empire, qui composent une Cour supérieure, laquelle a une Jurisdiction universelle &amp; en dernier ressort, sur tous les sujets de l'Empire, pour tous les procès qui y sont intentés. <i>Aulicus.</i> On dit Conseil <i>Aulique,</i> Cour ou Chambre <i>Aulique,</i> Conseiller <i>Aulique.</i> Le Conseil <i>Aulique</i> est établi par l'Empereur, qui nomme les Officiers ; mais l'Electeur de Mayence a droit de les visiter. Ce Conseil est composé d'un Président Catholique d'un Vice-Chancelier que l'Electeur de Mayence présente, &amp; de dix-huit Assesseurs ou Conseillers, neuf Catholiques &amp; neuf Protestans. Ils sont divisés en deux Bancs, dont l'un est occupé par des Nobles, &amp; l'autre par des Jurisconsultes. Ils tiennent leur Assemblée auprès de la personne de l'Empereur ; c'est pourquoi on l'appelle <i>Justice de l'Empereur</i> ; &amp; Conseil <i>Aulique,</i> parce qu'il suit la Cour, &amp; fait sa résidence dans l'endroit où elle est. Ce Conseil a concurrence avec la Chambre Impériale de Spire, en ce que la prévention y a lieu, &amp; que lorsqu'une cause y est retenue, elle ne peut être portée à la Chambre Impériale, &amp; <i>vice versa.</i> L'Empereur même ne peut pas empêcher, ni suspendre la décision, &amp; encore moins évoquer à soi les causes dont l'une ou l'autre Cour est une fois saisie ; si ce n'est du consentement commun des Etats de l'Empire. Dans beaucoup d'affaires pourtant ce même Conseil n'arrête rien sans la participation de l'Empereur, &amp; decrète ainsi, <i>fiat votum ad Caesarem.</i> C'est qu'on en fait le rapport à l'Empereur dans son Conseil d'Etat. Cette Cour <i>Aulique</i> cesse aussi-tôt que l'Empereur meurt. La Chambre Impériale de Spire au contraire est perpétuelle, représentant non seulement le Chef mort, mais encore tout le corps de l'Empire ensemble, qui est toujours réputé vivant. Heiss. Lymnaeus Liv. IX. ch. 4. Un tel Baron est Conseiller <i>Aulique</i> de l'Empereur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3619" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULNAYE" />
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    <head>AULNAYE</head>
    <p>
    AULNAYE , Voyez <ref type="search" target="head:AUNAIE">AUNAIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3620" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULNE" />
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    <head>AULNE</head>
    <p>
    AULNE , Voyez <ref type="search" target="head:AUNE">AUNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3621" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULNE NOIR" />
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    <head>AULNE NOIR</head>
    <p>
    AULNE NOIR , Voyez AUNE NOIR.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3622" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULNEE" />
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    <head>AULNEE</head>
    <p>
    AULNEE , Voyez <ref type="search" target="head:AUNEE">AUNEE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3623" id="1" type="">
   <index type="head" value="AULU-GELLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AULU-GELLE</head>
    <p>
    AULU-GELLE , s. m. Nom propre d'homme. C'est ainsi qu'on appelle en François <i>Aullus-Gellius,</i> l'Auteur des <i>Noctes Atticae,</i> &amp; non pas <i>Aule-Gelle,</i> ou <i>Aulus-Gelle.</i> Les Savans ont douté s'il falloit l'appeller <i>Aulus-Gellius.</i> Quelques-uns le nomment <i>Agellius,</i> d'autres <i>Augellius.</i> Lipse est le premier qui a remué cette dispute ; mais c'est la coutume de n'exprimer le prénom que par une seule lettre. De plus, les manuscrits du Vatican, ceux qu'avoit consulté Alde Manuce &amp; Lupus Ferrariensis, qui écrivoit il y a plus de 800. ans, mettent tout au long Aulus, ou séparent l'A de Gellius. Quelques-uns en François écrivent tout en un mot <i>Aulugelle.</i> Les <i>Noctes Atticae</i> d'<i>Aulu-Gelle</i> sont un ramas de choses curieuses &amp; agréables, &amp; une critique de plusieurs Auteurs qui l'avoient précédé. Il écrivit à Athènes au IIe siècle de l'Eglise. Aulus-Gellius, ou Agellius, que nous avons accoutumé de nommer <i>Aulu-Gelle,</i> doit avoir vécu du temps de Marc Aurèle, puisqu'il a été disciple de Favorin &amp; de Titus Castritius, tous deux connus par Adrien. Il semble avoir écrit ses nuits Attiques avant 165. Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3624" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMAILLES" />
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    <head>AUMAILLES</head>
    <p>
    AUMAILLES , s. f. plur. C'est un nom qu'on donne à des bêtes à cornes, ou autres bêtes domestiques. Ce métayer a un troupeau de cent bêtes <i>aumailles.</i> Du Cange dérive ce mot de <i>manualia pecora, seu animalia mansueta, quae ad manus accedere consueverunt,</i> comme dit Varron. Il en est parlé dans les Coutumes de Bretagne, de Sens, de Loudun, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3625" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMALE" />
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    <head>AUMALE</head>
    <p>
    AUMALE , s. f. <i>Albamata.</i> Petite ville de Normandie dans le pays de Caux sur la rivière de Brêle. Elle a titre de Duché. Quelques-uns croient qu'<i>Aumale</i> est un mot corrompu d'<i>Albe-Marle,</i> c'est-à-dire <i>Marne-blanche,</i> parce que cette espèce de terre abonde dans son territoire. Dom Du Plessis croit au contraire que ce mot est composé d'<i>Au,</i> qui est le nom Franc ou Teutonique de la rivière de Brêle, &amp; de <i>male,</i> ou <i>malle,</i> qui signifioit sous la première race de nos Rois une espèce d'assise, ou de Cour ambulante pour l'administration de la Justice. Voyez <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. pag.</i> 57.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3626" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMELETTE" />
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    <head>AUMELETTE</head>
    <p>
    AUMELETTE , Voyez <ref type="search" target="head:OMELETTE">OMELETTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3627" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNE" />
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    <head>AUMÔNE</head>
    <p>
    AUMÔNE , s. f. Libéralité qu'on fait, soit aux pauvres, soit à l'Eglise, soit pour quelques autres oeuvres pies. <i>Inopiae, egestatis, paupertatis subsidium, levamentum.</i> Il faut racheter ses péchés par des <i>aumônes.</i> C'est le plus grand des malheurs d'être réduit à l'<i>aumône.</i> C'est une belle <i>aumône</i> que de nourrir les vieilles gens ; l'<i>aumône</i> leur est bien employée. C'est un fainéant qui travailleroit bien, il dérobe l'<i>aumône</i> aux pauvres. Acad. Fr.</p><p>La Reine faisoit couler ses <i>aumônes</i> jusques dans ces retraites sombres où la honte renferme la pauvreté. Flech. Combien de gens font des <i>aumônes</i> que la vanité leur inspire, ou que l'importunité des pauvres arrache de leur main, &amp; non pas de leur coeur ? Id. Les Rois ont donné en <i>aumône</i> plusieurs terres à l'Eglise. Les biens que l'Eglise possède de cette manière s'appellent <i>tenures par aumônes,</i> car selon Rastal <i>aumônes,</i> ou tenure en <i>almoigne,</i> est tenure par divin service. Il y a chez le Roi des Trésoriers des <i>aumônes.</i> Autrefois les <i>aumônes</i> faites par les fidèles à l'Eglise se divisoient en trois parties, dont l'une appartenoit aux Evêques, la seconde aux Prêtres, la troisième aux Diacres &amp; Soudiacres. Quelquefois on les divisoit en quatre, dont la dernière partie étoit pour les pauvres, &amp; les réparations de l'Eglise, comme on voit dans les Conciles de Tolède, de Tarragone, d'Orléans, &amp; celui de Rome tenu sous Sylvestre I. Chrodegang, Evêque de Mets, du huitième siècle, au ch. 42. de sa Règle, ordonne qu'un Prêtre à qui l'on offre quelque chose pour sa messe, ou pour la confession, ou un Clerc à qui l'on offre quelque chose pour chanter des pseaumes ou des hymnes, le reçoive en <i>aumône.</i> M. de Tillemont remarque, dans Théodose pag. 257. que dès le quatrième siècle il y avoit des Dames occupées à recueillir les <i>aumônes</i> pour les prisonniers. C'étoit sans doute, ajoûte-t'il, des veuves &amp; des Diaconesses de l'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3627" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNE" />
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    <head>AUMÔNE</head>
    <p>
    Aumône , est quelquefois un payement forcé qu'on fait par autorité de Justice, quand elle condamne quelqu'un à payer une somme qu'on applique d'ordinaire au pain des prisonniers. Quand on fait quelques adjudications au Conseil des droits du Roi, il y a toujours une <i>aumône,</i> ou une somme qu'on destine à des oeuvres pies.</p><p>On dit proverbialement que c'est une belle <i>aumône,</i> quand on donne à ceux qui en ont un grand besoin.</p><p>On dit aussi hyperboliquement, qu'un Seigneur est réduit à l'<i>aumône,</i> quand il est ruiné, ou fort incommodé en ses biens, quoiqu'il ne mandie pas effectivement. On dit d'un mauvais payeur, que quand on va lui demander ce qu'il doit, il semble qu'on lui demande l'<i>aumône.</i></p><p>S. Paul, dans son Epître 2. aux Corinthiens ch. 9. explique la manière dont on recueilloit les <i>aumônes</i> dans les assemblées des Chrétiens. Cet usage qui est si saint, avoit passé des Synagogues dans nos Eglises ; les Juifs exercent encore cette charité envers leurs pauvres. Voici ce que dit là-dessus Léon de Modène au liv. 1. ch. 14. <i>des Cérémonies &amp; Coutumes</i> de ceux de sa nation : <i>Dans les grandes Villes les pauvres vont la veille du Sabat &amp; des autres Fêtes considérables chez les riches, &amp; chez ceux qui sont un peu à leur aise ; là chacun leur donne à proportion de ses forces. De plus, les</i> Parnassins, ou Memunins, <i>qui sont préposés pour cela, ont soin de leur envoyer toutes les semaines quelque argent, &amp; sur-tout aux pauvres honteux, aux veuves &amp; aux infirmes.</i> Les Juifs appellent l'<i>aumône tsedaka, Justice.</i> Les Evangelistes &amp; les Apôtres lui ont aussi donné ce nom dans le Nouveau-Testament. Voyez le mot de JUSTICE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3628" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNEE" />
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   <index type="pred_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>AUMÔNEE</head>
    <p>
    &#9758; AUMÔNEE , s. f. Les distributions de pain aux pauvres après les obsèques, s'appellent <i>aumônées,</i> &amp; il y en a qui sont fondées. J'en ai vu une fort ancienne à Courtenay petite ville de l'Hurepoix. Elle s'exécute fidèlement, &amp; tous les pauvres qui s'y trouvent, y ont part. Le P. Poupart.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3629" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNER" />
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    <head>AUMÔNER</head>
    <p>
    AUMÔNER , v. act. Qui ne se dit guère qu'en ces phrases. Il a été condamné à <i>aumôner</i> vingt écus au pain des prisonniers. Il faut <i>aumôner</i> de son bien, &amp; non pas de celui d'autrui. <i>Egenorum, inopum, miseriam levare ; pauperes adjuvare.</i> Le peuple le dit quelquefois en raillant, en mauvaise part, &amp; dans un sens bien bas, des coups que l'on <pb n="431" facs="bpt6k8542165/f471/full/1200,/0/native.jpg"/>donne à un autre. Il lui a <i>aumôné</i> un grand soufflet ; pour dire, il lui a donné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3630" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNERIE" />
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    <head>AUMÔNERIE</head>
    <p>
    AUMÔNERIE , s. f. Office claustral qui est dans la plupart des anciennes Abbayes &amp; des Prieurés Conventuels, dont le Titulaire doit avoir soin de faire les aumônes aux pauvres du revenu affecté à cet effet. <i>Largitionum praefectura.</i> Les <i>Aumôneries</i> sont des titres de Bénéfice. Dans les Congrégations Réformées, on a supprimé ces titres d'<i>Aumôneries,</i> &amp; on a réuni leur revenu a la Mense Conventuelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3631" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNIER, ERE" />
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    <head>AUMÔNIER, ERE</head>
    <p>
    AUMÔNIER, ERE , adj. Qui donne souvent l'aumône. <i>In pauperes benignus, largus, liberalis, effusus.</i> Cette femme est fort dévote, &amp; grande <i>aumônière.</i> Le Cardinal de Lorraine étoit si grand <i>aumônier,</i> qu'il portoit une gibecière pleine d'argent, &amp; distribuoit cet argent à poignée aux pauvres qu'il rencontroit par les rues. Brantome.</p><p>On appelloit autrefois <i>Aumôniere,</i> une petite bourse propre pour tenir ou recevoir des aumônes. Il en est parlé dans le Roman de la Rose, &amp; dans celui de Huon de Bordeaux, &amp;c. Sarasin s'en est aussi servi dans la pompe funèbre de Voiture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3632" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNIER" />
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    <head>AUMÔNIER</head>
    <p>
    AUMÔNIER , s. m. est un Officier Ecclésiastique qui sert le Roi, les Princes, &amp; les Prélats, dans les fonctions qui regardent le service de Dieu. <i>Eleemosynarius, Largitionum praefectus.</i> On doute s'il doit être mis au nombre des Officiers de la Couronne. Dans les Ordonnances il est seulement qualifié, <i>Grand Aumônier du Roi.</i> Cette Charge fut érigée par Charles VIII. en 1483. Il a la surintendance sur tous les Hôpitaux &amp; Maladreries de France. Autrefois il conféroit les Bénéfices qui étoient à la nomination du Roi. Le Grand <i>Aumônier</i> officie devant le Roi aux grandes cérémonies. L'<i>Aumônier</i> de quartier aide au Roi à faire ses prières, &amp; fait la bénédiction de la table. Les <i>Aumôniers</i> des Prélats les servent à l'Autel dans les jours qu'ils officient. Il en est parlé dans le Concile d'Oxfort en 1222. Can. 2. Et des <i>Aumôniers</i> des Papes dans le <i>Gesta Innocentii III. p.</i> 150. &amp;c.</p><p>Il y a aussi un premier <i>Aumônier</i> chez le Roi, &amp; des <i>Aumôniers</i> ordinaires. Sebastien Rouillard imprima en 1607. un Ouvrage qui a pour titre, Le Grand <i>Aumônier.</i> Il prétend que cette charge a été à la Cour de nos Rois dès le commencement de la Monarchie ; que sous la première race il s'appelloit Apocrisiaire, &amp; sous la seconde Archichapelain, &amp; sous la troisième <i>Grand Aumônier.</i> Ils furent nommés, dit-il Apocrisiaires, parce que leur principale charge étoit de répondre à tous ceux qui les consultoient sur les affaires du Royaume, principalement de celles de l'Eglise ; ou plutôt, parce que c'étoit un Prélat résident à la Cour, de même que l'Apocrisiaire du Pape résidoit à celle de Constantinople. Ils furent nommés Archichapelains, parce qu'il se chargèrent du soin de la chapelle de nos Rois. Et parce que sous la troisième race, &amp; principalement depuis S. Louis, les Maladreries, Léproseries, &amp; autres Hôpitaux Royaux s'étoient beaucoup accrus, on leur en donna l'administration ; ils furent appellés Grands <i>Aumôniers.</i> Il prouve ensuite par Hincmar, &amp; Adelard Abbé de Corbie, que l'Apocrisiaire &amp; l'Archichapelain étoient ce qu'est aujourd'hui le Grand <i>Aumônier</i> ; que sous la première race c'étoient des Evêques qui venoient tour-à-tour faire cet office au Palais ; que sous la seconde race ce ne furent que de simples Prêtres, pour n'empêcher point les Evêques de résider ; que quelquefois cependant il y eut des Evêques &amp; des Archevêques, témoin Drogon Evêque de Mets, qui le fut sous Louis le Débonnaire, &amp; Gonthier Archevêque de Cologne sous Lothaire, &amp;c. qu'il avoit jurisdiction sur tout le Clergé du Palais ; qu'il avoit pour Collègue &amp; Associé le Chancelier, qui s'appelloit alors Secrétaire ; qu'il décidoit toutes les affaires Ecclésiastiques, ou Monastiques, comme le Comte du Palais jugeoit les affaires seculières, qu'il étoit toujours appellé aux Parlemens, ou Etats ; qu'il étoit Evêque du Roi, ou Prélat de sa Cour ; que sous la seconde race il avoit toute l'Intendance de la Chapelle du Roi ; qu'il avoit soin de la conscience du Roi, &amp; de l'avertir des devoirs du Christianisme ; qu'il benissoit sa table, &amp; disoit les graces ; que l'Apocrisiaire, Archichapelain, ou Grand <i>Aumônier,</i> sont la même chose que le Protopapas de la Cour de Constantinople ; que l'Archichapelain est nommé Garde du Sacré Palais, <i>Custos Sacri Palatii,</i> Evêque du Sacré Palais, <i>Antistes Sacri Palatii,</i> Prêtre du Palais, <i>Presbyter de Palatio,</i> terme qui selon lui signifie Evêque ; Pontife domestique de l'Empereur, <i>familiarissimus Pontifex Domini Imperatoris ;</i> que sous la troisième race le Grand <i>Aumônier</i> avoit appartement chez le Roi, ce qui n'étoit point nouveau, puisque l'Apocrisiaire &amp; l'Archichambellan étoient Gardes du Palais ; que le Grand <i>Aumônier</i> &amp; le Confesseur seuls peuvent parler au Roi pendant la Messe ; que souvent les Princes &amp; Princesses l'ont fait leur Exécuteur Testamentaire ; qu'aux obsèques des Rois le Grand <i>Aumônier,</i> comme Evêque ou Curé du Roi, marche immédiatement devant l'Effigie ; qu'aux obsèques d'Henri II. l'Evêque de Paris accompagna le Grand <i>Aumônier,</i> disant qu'il étoit aussi Evêque du Roi ; mais qu'aux funérailles de François I. cette place lui fut refusée, parce qu'on lui remontra que la Cour du Roi ne reconnoît point d'Evêque de Sa Majesté que le Grand <i>Aumônier</i> ; que l'Archichapelain avoit été de même reconnu pour Evêque du Roi ; qu'en cette qualité l'Archichapelain de Louis le Débonnaire lui donna le S. Viatique à la mort ; qu'autrefois le Grand <i>Aumônier</i> devoir être Prêtre ; qu'il semble que dans la suite il ne le fut pas toujours, puisque Jean XXIII. dans la Bulle par laquelle il soustrait l'Hôtel des Quinze-Vingts à la jurisdiction de l'Archidiacre, &amp; le soumet à celle du Grand <i>Aumônier,</i> ajoûte cette clause ; pourvû qu'il soit Prêtre ; ou sinon à celle du Premier Chapelain du Roi ; que c'est au Grand <i>Aumônier</i> à donner les buletins des lépreux pour les mettre aux Léproseries ; que ses Ordonnances s'exécutent par provision, pourvû qu'elles soient signées de quatre Conseillers de Cour souveraine ; qu'il dispose à sa discrétion des Offrandes du Roi, &amp;c. Quoique cet ouvrage de Rouillard pût être écrit avec plus de goût, &amp; qu'on y trouve bien de l'antiquaille &amp; des digressions hors de propos, il ne laisse pas d'y avoir de recherches assez curieuses.</p><p>M. Du Cange croit que la Charge d'<i>Aumônier</i> est différente de celle de Chapelain. Avant Charles VIII. il n'avoit que le titre d'<i>Aumônier,</i> ce Prince augmenta cette charge, &amp; donna à celui qui en est pourvû la qualité de Grand <i>Aumônier.</i> Son office, dit Galland, est de se trouver des premiers au lever du Roi, de savoir de lui où &amp; à quelle heure il veut entendre la Messe. Il est le seul Evêque de toute la Cour. En quelque lieu que soit le Roi c'est de lui qu'il reçoit les Sacremens. Il a l'Intendance sur la Chapelle du Roi, sur les Pauvres, &amp; les Hôpitaux. C'est lui qui à l'arrivée du Roi dans une ville délivre les Prisonniers, quand le Roi a accordé leur grace, &amp;c. Voyez Galland dans la vie de Pierre Chastelain.</p><p>On appelle aussi <i>Aumônier</i> dans un Couvent, un Officier claustral qui est pourvû d'une Aumônerie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUMÔNIER</head>
    <p>
    Aumôniér , en vieux style de Coutumes, a signifié Légataire. On ne peut être <i>aumônier,</i> &amp; parsonnier tout ensemble, c'est-à-dire, légataire &amp; héritier.</p><p>Tous ces mots <i>Aumôner, Aumônerie, Aumônier,</i> viennent d'<i>Aumône,</i> qui est dérivé du Grec , qui signifie proprement <i>miséricorde,</i> &amp; le sentiment intérieur de la miséricorde ; &amp; parce que le nom de la cause passe souvent à l'effet qu'elle produit, de-là vient que le nom d'<i>Aumône</i> , est donné aux gratifications que l'on fait à ceux que l'on connoît en avoir besoin, comme l'a remarqué Naudé dans son Mascurat p. 263. quand la vertu &amp; le sentiment de la miséricorde ou de la piété est la cause de ces gratifications ; car hors de-là ce n'est plus <i>aumône</i> ; c'est gratification, c'est présent, c'est libéralité, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3633" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUMÔNIÈRE" />
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    <head>AUMÔNIÈRE</head>
    <p>
    &#9758; AUMÔNIÈRE , s. f. On a ainsi appellé en vieux langage une petite bourse ou gibecière, <i>almonaria,</i> &amp; <i>eleemosynaria</i> dans la basse latinité, à cause de l'argent qu'on y mettoit pour faire des aumônes. Comme son premier Trésorier lui bailla en garde son <i>aumônière.</i> Sarasin. C'étoit aussi pour les Dames un ornement pareil à celui qu'elles empruntent aujourd'hui d'une montre attachée à leur ceinture. Les hommes en portoient aussi, &amp; l'on en voit dans plusieurs anciens mausolées. <i>Supplem. au gloss. du Rom. de la Rose.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3634" id="1" type="">
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    <head>AUMUSSE</head>
    <p>
    AUMUSSE , ou AUMUCE, s. f. Fourrure que les Chanoines &amp; Chanoinesses portent sur le bras en Eté, &amp; dont ils se servoient autrefois en Hiver pour couvrir leur tête. <i>Pelliceum ac villosum amiculum.</i> Une <i>aumusse</i> de petit gris. L'<i>aumusse</i> a été autrefois non-seulement un habit de Moines, <pb n="432" facs="bpt6k8542165/f472/full/1200,/0/native.jpg"/>mais encore de gens Laïques, tant pour les hommes que pour les femmes.</p><p>Plus de mille ans durant on ne s'est couvert la tête en France que d'<i>Aumusses</i> &amp; de Chaperons. Le Chaperon étoit à la mode dès le temps des Mérovingiens ; on le fourra sous Charlemagne d'hermine, ou de menu vair. Le siècle d'après on en fit tout-à-fait de peaux : ces derniers s'appelloient <i>Aumusses</i> : ceux qui étoient d'étoffe retinrent le nom de Chaperons. Les <i>Aumusses</i> étoient moins communes ; on commença sous Charles V. à abattre sur les épaules l'<i>Aumusse</i> &amp; le Chaperon, &amp; à se couvrir d'un bonnet. Le Gendre. Dans un Registre de la Chambre des Comptes, on trouve un article de trente-six sous employés pour fourrer l'<i>aumusse</i> du Roi. La Couronne se mettoit sur l'<i>aumusse,</i> comme dit Du Cange, qui dérive ce mot de <i>amicula.</i> C'étoit, selon Festus &amp; Isidore, une coëffure ou chaperon de femme faite de peau, ou de fourrure. Il ajoûte qu'on dit aussi <i>almucia,</i> &amp; <i>almucium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3634" id="2" type="">
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    <head>AUMUSSE</head>
    <p>
    Aumusse , se prend aussi quelquefois figurément &amp; en riant pour le Chanoine même qui la porte. L'ambition, l'avarice, l'amour, se cachent souvent sous l'<i>aumusse.</i> Regnier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3635" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUNAGE" />
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    <head>AUNAGE</head>
    <p>
    AUNAGE , s. m. Mesurage des étoffes qui se fait avec une mesure certaine, réglée, qu'on appelle à Paris une <i>Aune, Telae, panni ad ulnam mensio.</i> On a mesuré cette pièce d'étoffe, l'<i>aunage</i> en est bon. Plusieurs Manufacturiers donnent des excédans d'<i>aunage</i> pour s'attirer de la chalandise, comme à Laval 24. aunes pour 20. &amp; quelquefois, jusqu'à 28. mais cet excédant d'<i>aunage</i> est réglé à une aune un quart par les deniers statuts, que les Façonniers donnent aux Marchands pour bonne mesure.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AUNAIE" />
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    <head>AUNAIE</head>
    <p>
    AUNAIE , s. f. Quelques-uns disent <i>Aunette.</i> Lieu planté d'aunes. <i>Locus alnis consitus.</i> Les <i>aunaies</i> se font en terres humides &amp; marécageuses. <i>Alnetum.</i> Pour planter les <i>aunaies,</i> on fait des alignemens à deux pieds l'un de l'autre, le long desquels on creuse des rigoles, de la profondeur d'un pied seulement, ou l'on pose le plant à un pied &amp; demi de distance ; on le recouvre aussi-tôt en dos d'âne, observant de lui couper l'extrémité à deux doigts de terre ; pour l'obliger à jetter plusieurs tiges. Chom. Les <i>aunaies</i> s'appellent aussi <i>Vernaies,</i> parce qu'on appelle les aunes, vernes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3637" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUNAIRE" />
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    <head>AUNAIRE</head>
    <p>
    AUNAIRE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Aunarius, Aunacharius.</i> Aunhar, communément S. <i>Aunaire,</i> Evêque d'Auxerre, étoit d'une famille riche &amp; noble, &amp; fort considérée dans la ville d'Orléans. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3638" id="1" type="">
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    <head>AUNAIS</head>
    <p>
    AUNAIS , s. m. Nom propre d'homme. <i>Honestus.</i> S. Honest, que l'on prononce comme s'il y avoit <i>Aunais,</i> est patron de la Paroisse d'Hières au Diocèse de Paris. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3639" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUNE" />
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    <head>AUNE</head>
    <p>
    AUNE , s. m. <i>Alnus.</i> Arbre d'une grosseur &amp; grandeur considérable, &amp; qui croît le long des ruisseaux &amp; aux bords des rivières. Son tronc qui est plus ou moins gros suivant son âge, est recouvert d'une écorce raboteuse &amp; brune ; &amp; le bois en est tendre &amp; un peu roussâtre. Il donne plusieurs branches, qui sont fort cassantes, couvertes d'écorce d'un brun cendré, tachée, &amp; jaunâtre en dedans. Elle est très-desagréable au goût, amère &amp; astringente. Le bois des jeunes branches est blanc. Ses feuilles sont alternes, assez semblables à celles du Coudrier, mais un peu plus arrondies, crénelées sur leurs bords, relevées par des nervûres qui parcourent toute sa surface, vertes, luisantes, &amp; gluantes au toucher. Ses fleurs, qui naissent aux extrémités des branches, sont des chatons grêles, longs d'un pouce, verds d'abord, qui s'allongent ensuite, &amp; deviennent de couleur de la rouille de fer, sur-tout lorsque les fleurs sont épanouïes. Chaque chaton est un composé de plusieurs petits pelotons de fleurs attachées à un filet commun. Chaque fleur est taillée en quatre quartiers, &amp; garnie de beaucoup d'étamines. Les fruits qui naissent sur le même pied, mais dans des endroits séparés, paroissent en même temps que les chatons. Chaque fruit n'est d'abord guère plus gros qu'un pois, conique, écailleux, &amp; rempli entre ses écailles d'embryons terminés par deux cornes. Le fruit grossit peu à peu, s'arrondit, devient noir &amp; gros comme une olive, &amp; s'ouvre de la même manière que les pommes de pin. Entre chaque écaille on trouve une petite semence aplatie, rougeâtre, presqu'insipide ; au lieu que les chatons &amp; les feuilles des fruits sont fort astingents, &amp; un peu amers.</p><p>On se sert du Tan d'<i>Aune</i> pour préparer les cuirs. Son écorce est aussi employée par les Teinturiers pour faire le noir. On prétend que son bois ne pourrit point dans l'eau : on croit au contraire qu'il y durcit de telle manière qu'il s'y petrifie. Les feuilles d'<i>Aune</i> appliquées sur les vieux ulcères les dessèchent : ces mêmes feuilles ramassées dans un sac s'échauffent, &amp; font beaucoup transpirer les parties du corps qui en sont ensuite enveloppées. C'est un remède dont on se sert quelquefois pour des Rhumatismes opiniâtres.</p><p>L'<i>aune</i> devient extrêmement haut, pourvû que la plupart de ses racines baignent dans l'eau. Il a la feuille comme le Coudrier, &amp; comme lui il jette de souche. Chom. On nomme Verme cet arbre dans quelques Provinces.</p><p>Ce mot <i>aune,</i> pourroit bien venir de l'Hébreu , c'est la conjecture du P. Thomassin, qui rapporte à la langue Hébraïque l'origine de tous les mots dont il parle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUNE NOIR</head>
    <p>
    AUNE NOIR . <i>Alnus nigra,</i> ou <i>Frangula,</i> est un arbre qui donne dès sa racine plusieurs jets gros comme le doigt, branchus, &amp; garnis de feuilles assez semblables à celles du Cerisier, mais plus petites, opposées. D'entre leurs aisselles naissent des fleurs à cinq pétales blanchâtres, qui sortent des échancrures de leur calice, au fond duquel s'élève un pistile qui devient une baie verte d'abord, ensuite rougeâtre, molle, qui renferme deux semences arrondies ; qui devient enfin noire, &amp; qui est d'un goût désagréable. L'écorce moyenne de ses branches purge les sérosités, &amp; fait vomir lorsqu'elle est fraîche. On trouve l'<i>aune noir</i> dans plusieurs bois à la campagne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUNE</head>
    <p>
    AUNE , s. f. Bâton d'une certaine longueur qui sert à mesurer les étoffes, toiles, rubans, &amp;c. <i>Ulna.</i> Il se dit aussi de la chose mesurée. <i>Aune courante,</i> c'est une mesure d'étoffe ou de tapisserie qui s'étend sur les longueurs, sans considérer la largeur, ou la hauteur. Tous les Marchands doivent avoir une <i>aune</i> marquée &amp; étalonnée, &amp; ferrée par les deux bouts. Les <i>aunes</i> sont différentes selon les lieux. L'<i>aune</i> de France, ou de Paris, contient trois pieds sept pouces, c'est du pied de Roi, dont il s'agit.</p><p>L'<i>aune</i> de Lyon est un peu plus courte que celle de Paris, il y a sur cent aunes une <i>aune</i> de différence.</p><p>L'<i>aune</i> de Rouen, de Bordeaux, de la Rochelle, de Nantes, se rapporte à celle de Paris.</p><p>L'<i>aune</i> d'Amsterdam a deux pieds, un pouce, &amp; deux lignes du pied de France appellé pied de Roi.</p><p>L'<i>aune</i> d'Anvers est longue de deux pieds, un pouce, &amp; six lignes du pied de France.</p><p>L'<i>aune</i> de Londres passe pour égale à celle de Paris.</p><p>L'<i>aune</i> de Hambourg a de longueur un pied, neuf pouces du pied de France.</p><p>L'<i>aune</i> de Lubeck est plus courte d'un seizième que celle de Hambourg.</p><p>L'<i>aune</i> de Francfort sur le Mein est égale à celle de Hambourg.</p><p>L'<i>aune</i> de Nuremberg est tenue égale à celle d'Amsterdam ; &amp; l'<i>aune</i> de Leipsic, de Naumbourg &amp; de Hall, est égale à celle de Francfort &amp; de Hambourg.</p><p>L'<i>aune</i> de Breslau est tenue égale à celle de Hambourg, &amp; l'<i>aune</i> d'Osnabruk à celle de Paris.</p><p>L'<i>aune</i> de Dantzick a de longueur un pied, dix pouces, quatre lignes &amp; demie du pied de France.</p><p>Les <i>aunes</i> de Riga, de Konigsberg, &amp; de Revel, sont un peu plus longues que celle de Dantzick.</p><p>L'<i>aune</i> de Bergue &amp; de Dronthem en Norwége sont un peu plus courtes que celle d'Amsterdam, de sorte que dix <i>aunes</i> d'Amsterdam en font onze de Bergue &amp; de Dronthem.</p><p>L'<i>aune</i> de Suède, ou de Stockolm est plus courte que celle d'Amsterdam, &amp; sept <i>aunes</i> de Suède en font six d'Amsterdam.</p><p>L'<i>aune</i> de Copenhague est d'un tiers plus courte que la verge d'Angleterre, qui a de long deux pieds, neuf pouces, huit lignes du pied de France.</p><p>L'<i>aune</i> de Cologne est égale à celle de Hambourg, Leipsic, &amp;c.</p><p>Il y a deux <i>aunes</i> en usage à saint Gal, l'une pour les toiles, l'autre pour les étoffes ; elles sont toutes deux plus courtes <pb n="433" facs="bpt6k8542165/f473/full/1200,/0/native.jpg"/>que l'<i>aune</i> d'Amsterdam. L'<i>aune</i> de saint Gal qui sert à mesurer les toiles fait une <i>aune</i> &amp; un sixième d'Amsterdam : celle qui sert à mesurer les draps est encore plus courte que l'autre, &amp; elle est plus courte que celle d'Amsterdam d'un peu plus d'un dixième.</p><p>L'<i>aune</i> de Bèrne &amp; de Bâle en Suisse est comptée égale à celle de Hambourg.</p><p>Il y a un dix-septième de différence entre l'<i>aune</i> de Paris &amp; celle de Genève, de sorte que dix-sept <i>aunes</i> de Paris n'en font que seize de Genève.</p><p>Samuël Ricard a ainsi réduit les <i>aunes</i> dans son <i>Traité du Commerce.</i> Cent <i>aunes</i> d'Amsterdam en font quatre-vingt-dix-huit &amp; trois quarts de Brabant, Anvers, Bruxelles ; cinquante-huit &amp; demie de France &amp; d'Angleterre ; cent vingt de Hambourg, Francfort, Leipsic, Cologne ; cent vingt-cinq de Bressau en Silésie ; cent douze &amp; demie de Dantzick ; cent dix de Bergue &amp; de Dronthem ; cent dix-sept de Stockolm ; de saint Gal pour les toiles quatre-vingt six, &amp; cent douze pour les draps.</p><p>Matthias Dogen, &amp; Casimir, Polonois, ont fait des réductions de toutes les <i>aunes</i> des plus fameuses villes de l'Europe au pied Rhenan ; &amp; le Père Mersene au pied du Capitole. Servius dit que l'<i>aune</i> est l'espace qui est contenu entre les deux mains étendues ; mais Suétone veut que ce ne soit qu'une coudée. Chez les étrangers, au lieu de ce nom l'on se sert de celui de <i>Cannes, Varres, Verges, Brasses, Palmes,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUNE</head>
    <p>
    Aune , se dit proverbialement en ces phrases : Cet homme mesure tout le monde à son <i>aune,</i> pour dire qu'il croit que tous les autres sont faits comme lui. On dit, qu'il ne faut pas mesurer les hommes à l'<i>aune,</i> pour dire, qu'il y a de petits hommes qui ont autant de coeur &amp; d'esprit que les grands : qu'un homme sait ce qu'en vaut l'<i>aune</i> ; pour dire, qu'il a déja eu de pareilles affaires : qu'il en aura tout le long de l'<i>aune</i> ; pour dire, qu'on lui fera tout le mal qu'on pourra. <i>Tout le long de l'aune</i> signifie aussi beaucoup, tout-à-fait, avec excès :</p><p>On dit aussi au bout de l'<i>aune</i> faut le drap ; pour dire qu'on verra avec le temps la fin d'une affaire. On dit d'un grand mangeur, qu'il a toujours dix <i>aunes</i> de boyaux vuides pour festoyer ses bons amis. Ce mot vient selon Icquez du vieux mot Saxon <i>eln</i> ou <i>aelne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3642" id="1" type="">
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    <head>AUNÉE</head>
    <p>
    AUNÉE , s. <i>Enula campana,</i> ou <i>Helenium.</i> Plante qui est du genre des <i>aster.</i> Ses racines sont branchues, longues, &amp; assez grosses, aromatiques, d'un goût douceâtre, mêlé d'un peu d'amèrtume. Elles donnent de leurs collets plusieurs oeilletons, d'où naissent de grandes feuilles longues, larges, pointues par leurs deux extrémités, molles, verd pâle en dessus, blanches en dessous, crénelées sur leurs bords. D'entre ses feuilles s'élèvent une ou deux tiges droites, velues, creuses, hautes de cinq à six pieds, garnies de quelques feuilles plus petites que celles du bas, &amp; semblables à celles du bouillon blanc : les tiges sont enfin terminées par quelques petites branches qui soutiennent des fleurs radiées jaune doré, d'un pouce &amp; demi environ de diamètre. Leur calice est écailleux, &amp; leurs semences sont oblongues, grêles, &amp; chargées d'une aigrette. Les racines d'<i>aunée</i> sont fort pectorales ; on en fait une conserve qui est bonne pour les asthmatiques, &amp; qui convient encore pour les maux d'estomac. L'onguent d'<i>aunée</i> est estimé pour la gale, &amp; pour dissiper les douleurs de rhumatismes. L'<i>aunée</i> croît communément en Normandie, dans le Bourbonnois ; &amp; on la trouve dans beaucoup de jardins. Elle est très-aisée à élever, d'ailleurs elle est vivace. La superstitieuse antiquité lui avoit donné le nom d'<i>Helenium,</i> à cause qu'elle croyoit que venant dans l'Isle d'Hélène, elle avoit été produite des larmes de cette belle Princesse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3643" id="1" type="">
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    <head>AUNER</head>
    <p>
    AUNER , v. act. Mesurer avec une aune. <i>Pannum, telam ulnâ metiri.</i> Les Marchands ont une adresse particulière pour <i>auner,</i> ils trompent en <i>aunant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3644" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUNEUR" />
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    <head>AUNEUR</head>
    <p>
    AUNEUR , s. m. Officier commis pour marquer &amp; visiter les aunes des Marchands. <i>Mensor.</i> Il y a à Paris un Corps de vingt-quatre Jurés <i>Auneurs.</i> L'Ordonnance veut que les <i>Auneurs</i> mesurent les étoffes bord à bois justement, &amp; sans évent. Cet évent étoit autrefois d'un pouce au-delà de l'aune, qu'on donnoit en mesurant. Les <i>Auneurs</i> ne peuvent être Courtiers, Commissionnaires, ni Facteurs, ni acheter aucune draperie pour leur compte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3645" id="1" type="">
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    <head>AUNHAR</head>
    <p>
    AUNHAR . Nom propre. Voyez <ref type="search" target="head:AUNAIRE">AUNAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3646" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUNIS" />
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    <head>AUNIS</head>
    <p>
    AUNIS , ou le pays d'<i>Aunis,</i> s. m. <i>Alnisium, Alnensis,</i> ou <i>Alnetensis tractus.</i> Petit pays de la Xaintonge en France. L'<i>Aunis</i> est borné au Couchant par la mer de Gascogne, séparé du Poitou au Nord par la Seure, &amp; environné de la Xaintonge au Midi &amp; au Levant. La Rochelle en est la Capitale. On ne dit guère <i>Aunis</i> tout seul, mais toujours le pays d'<i>Aunis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3647" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVOCASSER" />
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    <head>AVOCASSER</head>
    <p>
    AVOCASSER , v. n. Faire la profession d'Avocat. <i>Causas agere.</i> On ne le dit point des Avocats célèbres, mais de ceux qui ont peu de pratique. Il y a long-temps qu'il <i>avocasse,</i> &amp; meurt de faim. Ce mot est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3648" id="1" type="">
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    <head>AVOCASSERIE</head>
    <p>
    AVOCASSERIE , s. f. Profession d'Avocat. <i>Advocatio.</i> On ne voit guère de gens s'enrichir aujourd'hui par l'<i>Avocasserie.</i> Il y a déja plusieurs années que cet homme s'adonne à l'<i>Avocasserie.</i> Ce mot est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3649" id="1" type="">
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    <head>AVOCAT</head>
    <p>
    AVOCAT . s. m. Homme savant en Jurisprudence, qui en vertu de ses licences &amp; de sa matricule, plaide &amp; défend de vive voix, ou par écrit, le droit des parties qui ont besoin de son assistance. <i>Advocatus, causidicus ; causarum Actor. Avocat</i> au Conseil, est celui qui fait toutes les instructions des affaires du Conseil du Roi comme un Procureur. <i>Litis ordinator in Consilio Regio.</i> Un <i>Avocat plaidant,</i> celui qui s'applique à la plaidoirie. <i>Causidicus, causarum Actor.</i> Un <i>Avocat consultant,</i> celui qui se renferme à la consultation. <i>Patronus de jure respondens.</i> Cette distinction entre les <i>Avocats</i> plaidans, &amp; les <i>Avocats</i> consultans, se rapporte à celle que mettoient les Romains entre les <i>Avocats</i> &amp; les Jurisconsultes. Il y avoit seulement cette différence, que la fonction des Jurisconsultes, qui donnoient simplement leurs conseils, étoit distincte, &amp; séparée de celle des <i>Avocats.</i> Les Jurisconsultes ne plaidoient point ; c'étoit une espèce de magistrature privée, &amp; perpétuelle, principalement sous les premiers Empereurs. D'autre côté les <i>Avocats</i> ne devenoient point Jurisconsultes : au lieu qu'en France les <i>Avocats</i> deviennent Jurisconsultes en ce sens-là ; c'est-à-dire, qu'ayant acquis de l'expérience, &amp; de la capacité dans la plaidoirie, &amp; ne pouvant plus en soutenir le tumulte, &amp; la fatigue, ils deviennent <i>Avocats</i> consultants. C'est la récompense de leurs travaux, &amp; la retraite d'honneur de leur vieillesse. C'est pourquoi à l'audience des Parlemens, ils se placent sur les siéges inférieurs couverts de fleurs de lys, avec les Juges des Jurisdictions subalternes. Dans les anciennes Ordonnances ils sont nommés <i>Avocats</i> Conseillers ; <i>Advocati consiliarii.</i> Pour être reçu Avocat, il faut avoir pris ses licences dans une Faculté en Droit, après y avoir étudié trois ans, y avoir été examiné deux fois, &amp; y avoir soutenu deux Thèses. Il faut prêter serment, &amp; se faire immatriculer au Parlement où l'on veut plaider. Cicéron dit qu'un habile <i>Avocat</i> est comme l'Oracle que chacun va consulter. La Loi 14. du Code, Liv. 2. T. 7. appelle le métier d'<i>Avocat</i> une milice ; parce que les <i>Avocats</i> combattent pour la vie, &amp; pour la fortune de ceux qui implorent le secours de leur éloquence. Les Espagnols de Cuba ne voulurent plus qu'il passât d'<i>Avocats</i> dans leur Isle ; ils les appellent <i>Letrados</i> : &amp; ils obtinrent que ceux qui y étoient déja, ne plaideroient plus, disant qu'ils étoient cause de tous les débats &amp; procès des Habitans. Herrera.</p><p>Dans les anciennes pratiques &amp; styles des Cours, les <i>Avocats</i> ont été appellés <i>Parliers,</i> ou <i>Anparliers.</i> Le mot de <i>Parlier</i> est encore en usage en quelques endroits de la Suisse, comme dans le Comté de Neuchâtel. Ils ont été aussi appellés <i>Conteurs</i> &amp; <i>Plaideurs.</i></p><p>Les Romains avoient une opinion honorable de la profession d'<i>Avocat</i> Les siéges du barreau de Rome étoient remplis de Consuls, &amp; de Sénateurs, qui se tenoient honorés de la qualité d'<i>Avocat.</i> Les mêmes voix qui commandoient aux Peuples, étoient aussi employées à les défendre. C'est pourquoi les Empereurs préférant la robe à l'épée, donnoient aux <i>Avocats</i> le titre de Comtes, &amp; de Clarissimes ; <pb n="434" facs="bpt6k8542165/f474/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; ils portoient si loin l'honneur qui étoit dû à l'excellence de cette profession, qu'on les désignoit par le nom d'<i>Honorati.</i> C'étoit encore par ce même principe d'estime qu'on les appelloit <i>Patroni,</i> comme si leurs cliens ne leur étoient pas moins obligés, que les affranchis à leurs maîtres, qui les avoient tirés de servitude. Enfin l'Empereur Théodose après avoir réuni dans sa Novelle, <i>De postulando,</i> tous les éloges imaginables, conclut, que les priviléges qu'il leur accorde, sont peu de chose pour une fonction si noble, &amp; si nécessaire. Cette profession s'avilit dans la suite. Car pendant le temps de la République florissante, ceux qui aspiroient aux charges, &amp; aux honneurs, plaidoient gratuitement, pour s'acquérir la bienveillance du Peuple, &amp; se faire des cliens. Alors les Sénateurs eussent eu honte de rendre leur éloquence venale ; ils ne cherchoient que de la gloire, &amp; de la réputation. Mais depuis que la faveur populaire ne servit plus à parvenir aux dignités, &amp; que les <i>Avocats</i> ne furent plus récompensés par les charges, ils devinrent mercénaires. Le métier d'<i>Avocat</i> fut un métier lucratif ; &amp; ils vendirent leur zèle, &amp; leur colère, comme ils avoient fait dans les premiers temps. Les <i>Avocats</i> de Rome rançonnoient tellement leurs parties, que le Tribun Cincius fit une Loi qu'on appella de son nom, <i>Cincia,</i> afin de corriger cet abus ; elle défendoit aux <i>Avocats</i> de rien exiger de leurs cliens. Fredericus Brummerus a fait un ample Commentaire sur cette Loi. Il étoit d'abord défendu aux <i>Avocats</i> de prendre aucuns présens pour plaider une cause. L'Empereur Auguste y ajoûta une peine ; &amp; l'Empereur Claudius crut faire un grand coup, de les réduire à ne prendre pas plus de dix grands sesterces pour chaque cause, qui valoient 437. livres 10 sols de notre monnoie. Ménage cite un titre de Charlemagne tiré de Nauclerus, qui défend aux <i>Avocats,</i> quand ils viendront plaider, d'amener plus de trente chevaux. Autrefois en France les <i>Avocats</i> étoient élus dans chaque tribunal en présence du premier Magistrat, comme tous les autres Officiers. L'on y observoit les mêmes formalités, &amp; l'on y prenoit les mêmes précautions que pour l'élection des Juges. Ils étoient choisis entre ceux des Citoyens qui avoient le plus d'érudition, &amp; de probité, &amp; faisoient corps avec tous les autres Officiers de la Jurisdiction. Comme eux aussi ils étoient sujets à suppression. Les Capitulaires &amp; anciennes Ordonnances de nos Rois sont pleins de Règlemens sur cela. Voyez sur les <i>Avocats, Leg.</i> 14. <i>de Advoc. divers. Jud.</i> M. Mackensi, <i>Idea Elog. For.</i> &amp; M. Ménage dans l'Epître dédic. de ses <i>Juris Civil. Amoenitates.</i></p><p><i>Avocat Général,</i> est un Officier de Cour Souveraine, à qui les <i>Avocats</i> des parties communiquent les causes, où le Roi, &amp; le Public, l'Eglise, &amp; les Mineurs ont intérêt, &amp; qui en pleine audience en rend compte à Messieurs les Présidens &amp; les Conseillers, &amp; qui même donne ses conclusions, après avoir oui les plaidoyers des <i>Avocats</i> des parties. <i>Advocatus regius in supremo Senatu,</i> ou <i>Catholicus.</i></p><p><i>Avocat du Roi,</i> est celui qui est Substitut de l'Avocat Général, &amp; qui est employé dans une Jurisdiction qui relève d'un Parlement. <i>Advocatus regius in inferiore Curia.</i> L'<i>Avocat</i> du Roi conclut toujours à l'Audience, pour le Roi, pour le Public, pour les Mineurs. Sous la première &amp; la seconde race de nos Rois, il n'est fait aucune mention d'<i>Avocat</i> du Roi, ou du Fisc en particulier ; mais il semble que tous les <i>Avocats</i> en général en exerçoient les fonctions.</p><p><i>Avocat Fiscal,</i> est un Officier qui a été institué par l'Empereur Adrien, comme remarque Budée, pour défendre la cause du Fisc, non-seulement en la Chambre, mais aussi en tous les autres Tribunaux. <i>Fisci Advocatus.</i></p><p><i>Avocat Consistorial,</i> est un Officier de Cour de Rome créé pour y plaider sur les oppositions qu'on forme aux provisions des Bénéfices, qui étoient fort communes du temps des élections. Ils sont dix en nombre. <i>Advocatus in Pontificio Consilio.</i></p><p><i>L'Avocat d'une ville,</i> c'est en Allemagne un Magistrat établi dans cette Ville-là pour y rendre la Justice au nom de l'Empereur. Les Monastères y avoient autrefois leurs <i>Avocats,</i> pour soutenir leurs droits, &amp; rendre la justice à leurs vassaux ; mais ces <i>Avocats,</i> plus attentifs à leurs intérêts qu'à leur devoir, pilloient souvent ceux qu'ils étoient obligés de protéger. Voyez <ref type="search" target="head:Avoué">Avoué</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3649" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVOCAT" />
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    <head>AVOCAT</head>
    <p>
    Avocat, ate , se dit figurément de celui ou de celle qui prend nos intérêts en main, &amp; qui les défend. <i>Patronus. Patrona.</i> Quelques-uns croient qu'en ce sens il faut dire <i>Avocat,</i> &amp; non pas <i>Avocate.</i> Je veux prendre la vérité pour mon <i>Avocat.</i> Ablanc. Cependant il semble que l'usage veuille que dans cette phrase on dise <i>Avocate,</i> &amp; non pas <i>Avocat.</i> C'est pourquoi ceux qui ont eu le soin de la nouvelle édition de Lucien, après la mort d'Ablancourt, ont écrit ; Je veux prendre la vérité pour mon <i>Avocate.</i> On dit pareillement, la Sainte Vierge est l'<i>Avocate</i> des pécheurs. Dans les prières que l'Eglise offre pour nous à Marie, elle l'appelle Mère de miséricorde, refuge des pécheurs, porte du Ciel, notre <i>Avocate.</i> P. d'Ori. Il y a long-temps que la passion de** dont vous me parlez, me fait mal au coeur. Son mari a de l'esprit pour le Palais ; mais d'ailleurs sa figure est <i>Avocate,</i> &amp; plaide toujours contre lui. Bussy.</p><p>On appelle aussi <i>Avocate,</i> la femme d'un Avocat. Cependant on ne le dit ordinairement que de la femme d'un Avocat Général, ou d'un Avocat du Roi, en y ajoûtant le mot de Madame. Ainsi on dit Madame l'<i>Avocate</i> Générale, Madame l'<i>Avocate</i> du Roi.</p><p>Il y avoit autrefois des <i>Avocats</i> pour défendre les droits de l'Eglise, tant par armes qu'en justice, qu'on a appellés plus communément <i>Avoués.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AVOUE">AVOUE</ref>.</p><p>On appelle proverbialement &amp; ironiquement un Avocat qui manque de pratique, un <i>Avocat</i> à tort, &amp; sans cause, un <i>Avocat</i> de causes perdues. <i>Imperitus &amp; iners Causidicus, Patronus sine patrocinio.</i> On dit de même proverbialement un <i>Avocat</i> de balle, un <i>Avocat</i> de Pilate, par allusion à ce mot, <i>Non invenio causam.</i> On dit, il est altéré comme la bourse d'un <i>Avocat.</i> De Roch.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3650" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVOINE" />
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    <head>AVOINE</head>
    <p>
    AVOINE , ou AVEINE, s. f. <i>Avena.</i> Plante fromentacée, dont les racines sont chevelues &amp; ramassées à leur collet, d'où s'élève un chalumeau noueux par intervalles, revêtu de feuilles longues, étroites, dont une partie forme une gaine, ou chalumeau, qui est terminé par une panicule ou amas de plusieurs brins opposés le plus souvent, &amp; qui portent des paquets de balles longues, pointues, &amp; pendantes par leur propre poids, lesquelles servent d'enveloppe aux étamines de la fleur, &amp; à la semence. L'enveloppe propre de la semence d'<i>avoine</i> sauvage est terminée d'une arête roulée en tire-bourre, &amp; coudée par le haut. C'est de cette arête qu'on fait des hygromètres.</p><p>Ce mot <i>avoine</i> vient du Latin <i>avena,</i> &amp; l'on croit qu'<i>avena</i> vient du verbe Latin <i>aveo,</i> je souhaite, je desire, à cause que les animaux appètent beaucoup cet aliment.</p><p>On distingue l'<i>avoine</i> par la couleur de ses semences. Celle qui les fait blanches est la plus estimée ; &amp; celle qui les fait noires est la plus commune. On estime encore que la plus pesante est la meilleure. L'<i>avoine</i> est rafraîchissante. On ordonne la crème d'<i>avoine</i> aux malades sujets aux coliques néphrétiques, &amp; même aux poitrines foibles. On fait de la bière avec l'<i>avoine.</i> On dit du gruau d'<i>avoine,</i> de la paille d'<i>avoine,</i> qui n'est composée que des balles de la panicule d'<i>avoine.</i> Dans la disette on fait du pain avec de l'<i>avoine</i> ; il y a même bien des pays où le paysan ne mange assez communément que du pain d'<i>avoine.</i></p><p>L'<i>avoine</i> fait partie des petits blés qu'on appelle les <i>Mars :</i> elle sert à nourrir les chevaux. <i>Avena.</i> Un bon Cavalier doit voir manger l'<i>avoine</i> à son cheval. Les chevaux vont plus vîte le soir, quand ils sentent l'<i>avoine.</i> On appelle les gros chevaux, des coffres à <i>avoine.</i> Par l'Ordonnance du mois d'Octobre 1669. il est ordonné que l'<i>avoine</i> sera à l'avenir distribuée dans les mesures à blés, dont le septier est réglé à vingt-quatre boisseaux, qui n'étoit ci-devant que de vingt-deux, quoiqu'on donnât sept minots à blé, dont le dernier étoit comble, pour faire le septier d'<i>avoine</i> ; car il faut le double de la mesure d'<i>avoine</i> pour faire le même poids de blé.</p><p>On appelle <i>Folle-avoine,</i> celle qui est stérile. Il y a aussi une <i>avoine</i> sauvage, qui croît parmi les blés, &amp; les légumages. Elle est semblable à la Coquiole &amp; à l'autre <i>avoine,</i> excepté que ses grains sont plus grands &amp; plus noirs. Elle se forme des blés corrompus, comme le chamboucle, ou <i>ustilugo,</i> procède du seigle niélé, &amp; quelquefois de l'orge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3650" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVOINE" />
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    <head>AVOINE</head>
    <p>
    Avoine , est aussi un grain qui croît dans une terre de l'Amérique <pb n="435" facs="bpt6k8542165/f475/full/1200,/0/native.jpg"/>Septentrionale vers le Canada, &amp; dans les petites rivières dont le fond est de vase, au bout de la tige d'une herbe qui s'élève de deux pieds au-dessus de l'eau. Ce grain se recueille en Juin, &amp; est gros comme le nôtre ; mais il est une fois plus long, &amp; il rend plus de farine. Il est aussi bon que le ris.</p><p>On dit proverbialement &amp; figurément d'un homme qu'on a bien fait travailler tout le jour, qu'il a bien gagné son <i>avoine</i> ; pour dire, qu'il a bien gagné son souper. D'un homme avare, qui ne fait point part aux autres de ce qu'il a, qu'il mange son <i>avoine</i> dans son sac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3651" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVOINES" />
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    <head>AVOINES</head>
    <p>
    AVOINES , ou AVEINES, au pluriel, Se dit des plantes de l'avoine, quand elles sont encore sur pied. <i>Avenae.</i> Les <i>avoines</i> sont belles cette année. Jamais on ne vit tant d'<i>avoines.</i> Voit. Faucher les <i>avoines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3652" id="1" type="barreau">
   <index type="head" value="AVOIR" />
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    <head>AVOIR</head>
    <p>
    AVOIR , Verbe auxiliaire, qui sert à conjuguer les autres verbes actifs, &amp; même le substantif <i>Etre,</i> qui sert à conjuguer les passifs. <i>Habere.</i> Sa conjugaison est fort irrégulière, sur laquelle il faut consulter la Grammaire. On mettra pourtant ici quelques-uns de ses temps : J'<i>ai,</i> tu <i>as,</i> il <i>a,</i> nous <i>avons,</i> vous <i>avez,</i> ils <i>ont.</i> J'<i>avois.</i> J'<i>ai eu,</i> ne faisant qu'une seule syllabe, &amp; non pas deux. J'<i>avois eu.</i> J'<i>aurai.</i> Au subjonctif <i>que j'aie,</i> que <i>tu aies, qu'il ait,</i> &amp; non pas <i>qu'il aie,</i> ni en vers ni en prose. J'<i>aurois,</i> ou <i>que j'eusse,</i> pour l'imparfait. <i>Que j'eusse eu,</i> ou <i>j'aurois eu,</i> pour le plusque parfait. J'<i>aurai eu</i> pour le futur. La Gazette de Hollande écrit toujours, <i>ils ont u, ils urent,</i> au lieu de <i>ils ont eu, ils eurent :</i> Mais son autorité n'est pas plus infaillible sur les règles de la Grammaire, que sur les nouvelles du temps. Le P. Buffier. Pourquoi écrit-on, <i>il a eu,</i> puisqu'on prononce <i>il a u</i> ? c'est qu'on prononçoit autrefois <i>é-u</i> &amp; non pas <i>u</i> ; &amp; on l'entend encore prononcer ainsi à plusieurs personnes âgées, élevées en certaines Provinces. Id. Il y a d'habiles Grammairiens qui soutiennent qu'<i>ayant</i> est toujours gérondif, &amp; qu'il ne peut être participe adjectif, pour prendre une <i>s</i> au pluriel : Je les ai trouvés <i>ayans</i> le verre à la main. On devroit dire par la même raison au féminin, Je les ai trouvées <i>ayantes.</i> Il faut donc qu'il soit au gérondif pour n'avoir point de genre ni de cas. T. Corn Mais on écrit en terme de Barreau , lui, ses hoirs, &amp; <i>ayans</i> cause ; parce qu'alors il n'est plus au gérondif, &amp; qu'il est employé comme un substantif au pluriel avec le mot, cause. Il signifie, Posséder, &amp; agir. Il <i>a</i> du bien qu'il <i>a</i> mal acquis. Il <i>aura</i> raison de cet affront. Il <i>a</i> beau dire &amp; beau faire, &amp;c. Le blé est si cher, qu'on n'en sauroit <i>avoir</i> pour de l'argent. Il faut <i>avoir</i> patience.</p><p>On dit l'<i>avoir</i> beau, l'<i>avoir</i> belle, pour dire, avoir une occasion favorable de faire quelque chose.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AVOIR" />
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    <head>AVOIR</head>
    <p>
    Avoir , s'emploie souvent avec la particule <i>à</i> devant un infinitif ; &amp; alors il sert à marquer la disposition &amp; la volonté où l'on est de faire ce que le verbe, qui est à l'infinitif, signifie. J'<i>ai</i> à étudier. J'<i>ai</i> à travailler. J'<i>ai</i> à parler à mon Avocat, j'<i>ai</i> à l'entretenir de mon affaire. Il <i>a</i> beaucoup de choses à vous dire. N'<i>avez</i>-vous rien à m'ordonner ?</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVOIR</head>
    <p>
    Avoir , est aussi impersonnel ; &amp; alors il s'emploie toujours avec la particule <i>y,</i> &amp; signifie qu'une chose est, ou n'est pas. <i>Esse.</i> Il y <i>avoit</i> une certaine femme. Y <i>a</i>-t-il au monde un homme plus malheureux que moi ? Il n'y <i>a</i> personne, dont la compagnie me soit plus agréable que la vôtre. On en dit beaucoup plus qu'il n'y en <i>a.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3652" id="4" type="">
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    <head>AVOIR</head>
    <p>
    Avoir , en termes de Négoce , se dit des dettes actives des Marchands ; &amp; c'est de ce mot que sont timbrées ou intitulées les secondes pages de leur bilan.</p><p>On dit proverbialement en menaçant, Il en <i>aura,</i> on sousentend des coups. Je l'<i>aurai,</i> on sous-entend, en mon pouvoir. Il n'est que d'en <i>avoir,</i> on sous-entend, du bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3652" id="5" type="">
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    <head>AVOIR</head>
    <p>
    Eu, eue , part. Il n'est d'usage qu'étant joint à quelque autre temps du verbe Avoir. Les choses qu'il a <i>eues.</i> Le bien qu'il a <i>eu.</i> Sans lui j'aurois <i>eu</i> dîné de meilleure heure. On dit dans le discours familier, Dès qu'il a <i>eu</i> fait ; pour dire, Si-tôt qu'il <i>eut</i> achevé. Dès qu'il a <i>eu</i> fait, il est parti.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3653" id="1" type="">
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    <head>AVOIR</head>
    <p>
    AVOIR , s. m. Vieux mot qui signifioit, Bien, richesse. On lui prit tout son <i>avoir</i> &amp; chevance. Ce mot en ce sens est venu de <i>avera,</i> ou <i>averia,</i> mot de la basse Latinité, qu'on a dit de toutes sortes de biens, &amp; sur-tout des meubles, des chevaux &amp; des bestiaux qui servent au labourage. Les Espagnols disent aussi en ce sens <i>averias.</i> Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3654" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AVOIRS" />
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    <head>AVOIRS</head>
    <p>
    AVOIRS . Terme de Coutume . Ce mot signifie des animaux domestiques, comme moutons, &amp;c. Voyez <ref type="search" target="head:AVERS">AVERS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3655" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVOISINER" />
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    <head>AVOISINER</head>
    <p>
    AVOISINER , v. act. Etre voisin, être situé auprès. <i>Vicinum, propinquum esse.</i> Cette Province <i>avoisine</i> l'Espagne ; <i>avoisine</i> la mer. Sa Seigneurie <i>avoisine</i> ma terre.</p><p>Ce mot n'est guère bon en prose. Il est purement poëtique. On peut dire en faisant la description d'une montagne fort élevée, qu'elle <i>avoisine</i> les cieux. Charpentier ne l'exclud pourtant pas entièrement de la prose, puisqu'il dit que c'est par une mauvaise délicatesse que ce mot est consacré en poësie. Vaug. T. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3656" id="1" type="">
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    <head>AVOITRE</head>
    <p>
    AVOITRE . Vieux mot. Voyez <ref type="search" target="head:AVOUTRE">AVOUTRE</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3657" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AVORTEMENT" />
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    <head>AVORTEMENT</head>
    <p>
    AVORTEMENT , s. m. Terme de Médecine qui se dit quand l'enfant dont une femme est grosse sort dehors avant qu'il soit venu à son terme. <i>Abortio, abortus.</i> Il ne se dit que depuis que l'enfant a trois mois jusqu'à sept. On le dit aussi, quand les enfans meurent au ventre de la mère, encore qu'ils y demeurent quelquefois plusieurs années, &amp; même toute la vie. Degori dit que si l'<i>avortement</i> se fait avant le septième jour depuis la conception, on l'appelle perte de sang, ou faux gèrme. Les grandes peurs sont capables de causer un <i>avortement.</i> On le dit plus proprement dans le langage ordinaire, des animaux. A l'égard des femmes, on dit plutôt <i>une fausse-couche</i> ; si ce n'est quand l'<i>avortement</i> est provoqué par des remèdes. Les Journaux de Médecine imprimés à Paris en 1683. parlent d'un <i>avortement</i> par la bouche.</p><p>Les causes de l'<i>avortement</i> sont la grandeur du foetus, sa pesanteur, l'irritation de la matrice, la foiblesse du foetus, le défaut de nourriture, le relâchement des ligamens du placenta, le mauvais air, l'excès dans le manger, les longs jeûnes, les mauvais alimens, les longues veilles, les mouvemens violens de l'ame &amp; du corps, la course, les sauts, la danse, le grand travail, la chute de haut en bas, les efforts pour élever un fardeau trop pesant, les coups reçus au ventre, l'usage des busques pour se conserver la taille, les évacuations immodérées, les grandes sueurs, les grandes hémorragies, les mauvaises odeurs, les purgatifs violens, &amp; généralement tout ce qui peut provoquer les mois. Degori.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3658" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVORTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>AVORTER</head>
    <p>
    AVORTER , v. n. Pousser son fruit dehors avant le temps requis ordinairement par la nature ; ce qui est cause qu'il ne vient point à maturité, ou perfection. <i>Abortum pati ; abortum facere.</i> C'est un crime capital de faire <i>avorter</i> des femmes par des breuvages, ou autres moyens. Si c'est par quelque chute ou quelqu'autre accident de cette nature, qu'une femme accouche avant terme, on doit dire qu'elle a fait une fausse-couche, ou, qu'elle s'est blessée. Ablancourt a dit, l'Impératrice <i>avorta</i> ; mais l'usage n'est pas pour lui. Quand on fait trop travailler des cavales, cela est cause qu'elles <i>avortent.</i> Les arbres qui sont battus du mauvais vent, sont sujets à <i>avorter,</i> &amp; leurs fruits ne viennent point à maturité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3658" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVORTER" />
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    <head>AVORTER</head>
    <p>
    Avorter , se dit figurément de tout ce qui n'a pas les qualités, la force &amp; la perfection qu'il doit avoir.</p><p>Avorter, se dit aussi figurément en Morale, des desseins, des entreprises. <i>Malè procedere.</i> Quand on fait quelque entreprise au-delà de ses forces, elle est sujette à <i>avorter.</i> Souvent un Auteur croit faire une belle pièce, qui <i>avorte,</i> qui n'a pas le succès qu'il espéroit. Faire <i>avorter,</i> les desseins de quelqu'un, les rendre inutiles. <i>Discutere, dissolvere.</i> <pb n="436" facs="bpt6k8542165/f476/full/1200,/0/native.jpg"/>Dieu fait quelquefois <i>avorter</i> nos desseins, de peur que nous n'attribuions trop à la prudence humaine. Mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3658" id="3" type="">
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    <head>AVORTER</head>
    <p>
    Avorté, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Abortivus.</i> L'Ordonnance veut que les bois <i>avortés</i> soient resepés. Un fruit <i>avorté.</i> Lig. Il n'a guère d'usage que dans le figuré. Dessein <i>avorté.</i> Entreprise <i>avortée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3659" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVORTIN" />
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    <head>AVORTIN</head>
    <p>
    AVORTIN , s. m. <i>Abortivus.</i> Ce mot a le même sens qu'<i>Avorton</i> qui suit, il se dit par mépris, aussi bien qu'<i>Avorton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3660" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVORTON" />
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    <head>AVORTON</head>
    <p>
    AVORTON , s. m. Qui est né avant le temps, ou qui ne peut acquérir la perfection ordinaire. <i>Abortivus.</i></p><p>Il y a un Traité du P. Jérôme Florentinius sur le baptême des <i>Avortons.</i> Le but de cet Auteur est de montrer qu'en quelque temps qu'un <i>avorton</i> vienne au monde, on peut le baptiser, parce que le temps auquel le foetus commence d'être animé est incertain. Il y a plusieurs choses singulières dans ce Traité, dont le titre est, <i>Homo Dubius, sive de Baptismo Abortivorum. Lugd.</i> 1674. <i>in</i>-4°.</p><p>Le fruit d'une bête qui avorte, est aussi un <i>avorton.</i> Cet agneau ne profitera pas, ce n'est qu'un <i>avorton.</i> On le dit aussi des fruits des arbres, qui ne viennent point à leur perfection. Le plus bel arbre produit toujours quelque <i>avorton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3660" id="2" type="">
   <index type="head" value="AVORTON" />
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    <head>AVORTON</head>
    <p>
    Avorton , est aussi un terme injurieux, dont on ne se sert que dans le style simple &amp; comique. Ainsi on dit qu'un petit homme, qu'un Pygmée est un <i>avorton</i> de nature. Quel petit <i>avorton</i> est cela ? Ils périssent comme des <i>avortons</i> de vanité. Gomb.</p><p>Scaliger a dit aussi que la langue Françoise est un <i>avorton</i> de la langue Latine.</p><p>On l'applique aussi aux productions d'esprit trop précipitées, &amp; auxquelles on n'a pas donné assez de soin &amp; assez de temps. C'est un ouvrage plein de défauts &amp; fait à la hâte, ce n'est qu'un <i>avorton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3661" id="1" type="">
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    <head>AVOSETA</head>
    <p>
    AVOSETA , ou SPINZAGO d'AQUA, est un oiseau aquatique gros comme un pigeon ; son bec est long de quatre ou cinq doigts, noir, relevé, pointu. Sa tête est noirâtre, son corps est blanc, ses pieds sont bleuâtres, &amp; ont les doigts joints par des membranes, ses jambes longues ; son cri est <i>crex, crex.</i> Il habite en Italie. Sa graisse est résolutive &amp; anodine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3662" id="1" type="">
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    <head>AVOUÉ</head>
    <p>
    AVOUÉ , s. m. C'étoit autrefois un patron, un défenseur des droits d'une Eglise. <i>Bonorum Ecclesiae Patronus.</i> Charlemagne prenoit le titre d'<i>Avoué</i> de S. Pierre, &amp; Protecteur de la ville de Rome ; &amp; le Pape Léon III. lui envoya une bannière &amp; des clefs, en lui donnant cette qualité. Il y avoit aussi des <i>Avoués</i> pour les Eglises Cathédrales, &amp; pour les Abbayes ; même pour celles des filles. Le Roi Hugues, au rapport d'Hariulphe, avoit été <i>Avoué</i> de S. Riquier, &amp; son fils Angelram se contenta de la même dignité. Bollandus rapporte, dans la vie de S. Edouard Roi d'Angleterre, des lettres de Nicolas II. par lesquelles entre autres priviléges il le fait, lui &amp; ses Successeurs, <i>Avoué</i> &amp; défenseur du Monastère de Westminster &amp; de toutes les Eglises d'Angleterre. Sous Henri I. Roi de France, le Comte d'Anjou avoit la bannière de Saint Martin dans son armée en qualité d'<i>Avoué,</i> ou de défenseur de l'Abbaye de Marmoustier, comme les Comtes du Vexin portoient l'oriflamme de l'Abbaye de S. Denis avec un pareil titre. P. Dan. Les Vidames prenoient la qualité d'<i>Avoués,</i> &amp; même les Historiens du VIIIe siècle confondent ces deux qualités ; &amp; de-là vient que plusieurs séculiers d'Allemagne &amp; Grands Seigneurs portent des mitres en cimier sur leurs Ecus, parce qu'ils avoient les qualités d'<i>Avoués,</i> ou d'Officiers des grandes Eglises. Ces <i>Avoués</i> étoient d'abord des Avocats qui défendoient les causes des Eglises. On leur donne aussi le nom d'<i>Avoués</i> des Moutiers ; c'est-à-dire, des Monastères. Ils étoient comme patrons, gardes, &amp; administrateurs du temporel des Eglises, sous l'autorité desquels se faisoient tous les contrats qui concernoient les Monastères. Il paroît même, par les plus anciennes chartres, que les donations qu'on faisoit aux Eglises se conféroient en la personne des <i>Avoués.</i> C'étoient eux aussi qui se présentoient en jugement pour les Monastères dans toutes leurs causes, &amp; qui rendoient la justice pour eux, dans les lieux où ils avoient la Jurisdiction. Ils conduisoient à la guerre les vassaux des Monastères obligés de fournir des soldats au Roi. Ils se battoient même quelquefois en duel pour les Monastères. On prétend que cette charge fut introduite dès le temps de Stilicon, dans le IVe siècle. Le Canon 99. du Concile d'Afrique semble le dire. Les Bénédictins n'en fixent l'origine qu'au VIIIe siècle. Voyez sur tout cela leurs <i>Acta Sanct. Benedict. Saec. III. P. I. proef. pag.</i> 91. <i>&amp; suiv.</i> Ils reconnoissent néanmoins que cela avoit commencé long-temps avant ; mais on s'y étoit toujours opposé, témoin le Concile de Châlons en 664. ou environ. Mais enfin les grands Seigneurs prirent cette qualité ; quand il les fallut défendre par les armes, ou les protéger par leur autorité. Dans quelques Monastères on les appelloit Conservateurs, <i>Conservatores</i> ; mais sans en avoir le nom, ils avoient toutes les mêmes fonctions que les <i>Avoués.</i> Il y avoit aussi quelquefois plusieurs <i>Sous-Avoués,</i> pour chaque Monastère, qui en faisoient les affaires à la place des <i>Avoués,</i> ce qui ruinoit les Monastères. C'est pour cela que l'Empereur Othon en faisant Lambert Comte de Louvain <i>Avoué</i> du Monastère de Gemblours en 948. Il lui défend d'avoir jamais plus d'un <i>Sous-Avoué</i> ; &amp; ordonne que dans les métairies de ce Monastère ce <i>Sous-Avoué</i> n'ait jamais de droit par chaque année qu'un denier, une poule, &amp; un septier d'avoine de chaque maison. On appelloit aussi autrefois <i>Avoués,</i> les maris, les tuteurs, &amp; même ceux qui se battoient en combat singulier pour la querelle d'un autre, &amp; généralement tous ceux qui entreprenoient la défense d'autrui. Les Villes avoient aussi leurs <i>Avoués</i> ; on trouve dans l'Histoire, les <i>Avoués</i> d'Ausbourg, d'Arras, &amp;c. Ils s'établirent long-temps après les <i>Avoués</i> des Ecclésiastiques ; &amp; sans doute à leur exemple. Ce mot vient d'<i>Advocatus :</i> &amp; de-là vient que les Juges de Suisse s'appellent encore en Roman <i>Avoyers</i> ; c'est-à-dire, Défenseurs de la Justice, &amp; du Peuple opprimé. Chorier, dans son <i>Histoire de Dauphiné,</i> Tom. I. p. 521. se sert du terme d'Avocat au lieu d'<i>Avoué.</i> Il est mieux de dire <i>Avoué</i> ; Avocat, dans l'usage présent, signifie autre chose. Aussi, ajoûte-t-il, nos Pères ont du mot d'Avocat fait celui d'<i>Avoyer,</i> &amp; d'<i>Avoué</i> en notre Langue.</p><p>On trouve aussi des <i>Avoués</i> de Villes, de Pays, de Provinces. Ainsi dans une Chartre de l'an 1187. &amp; dans une autre de 1210. Berthold Duc de Zeringhen est appellé <i>Avoué</i> de Thurgic. <i>Thuregici loci.</i> Dans la Notice des Eglises Belgiques de Miroeus, ch. 109. Henri Comte de Louvain est appellé Comte &amp; <i>Avoué</i> de Brabant. On trouve encore au XIIe &amp; XIIIe siècles des <i>Avoués</i> d'Alsace, de Suabe ; &amp; Raymond de Agiles dit, qu'après la prise de Jérusalem, quand il fut question d'élire un Roi, les Evêques répondirent, qu'on ne devoit point élire de Roi dans un lieu où Dieu avoit souffert &amp; avoit été couronné ; mais qu'il falloit seulement élire quelque <i>Avoué</i> qui gardât la Ville, &amp; qui eût soin de distribuer à la garnison les tributs qui se leveroient dans le Pays. Et de vrai dans Dodechin Abbé Allemand, qui écrivoit un voyage de la Terre-Sainte dans le XIIe siècle, Godefroi de Bouillon est appellé <i>Avoué</i> du S. Sépulcre. Au reste, d'habiles gens prétendent que les Villes &amp; les Provinces n'ont jamais eu d'<i>Avoués,</i> mais seulement les Eglises ; &amp; que les Seigneurs qui portent le titre d'<i>Avoué</i> de quelque Pays, ne l'étoient que des Monastères &amp; des Eglises de ces Pays-là, comme Albert, Marquis d'Autriche, fils-ainé de Léopold, qui fut fait <i>Avoué</i> de tous les Monastères d'Autriche. Néanmoins, la réponse des Evêques pour la création d'un <i>Avoué</i> de Jérusalem, &amp; non pas d'un Roi, paroît contraire. <i>Non debere ibi eligi Regem, ubi Deus passus &amp; coronatus est .... Sed esset aliquis Advocatus, qui &amp; Civitatem custodiret, &amp; custodibus Civitatis tributa regionis divideret <pb n="437" facs="bpt6k8542165/f477/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; reditus.</i> Il ne s'agit point là d'Eglises, ni de Monastères, ni de leurs biens, mais de la Ville, &amp; des tributs &amp; revenus du Pays.</p><p>Les Empereurs ont nommé les <i>Avoués</i> des Provinces, ou des Villes. Bertold, dont nous avons parlé, est appellé, <i>Par la grace de Dieu &amp; de l'Empereur, Avoué.</i></p><p>Spelmam, savant Anglois du dernier siècle, distingue deux sortes d'<i>Avoués</i> des Eglises. Les uns qu'il appelle <i>Avoués</i> des causes, ou des procès, <i>Advocati Causarum</i> ; &amp; les autres qu'il nomme <i>Avoués</i> du territoire, <i>Advocati soli.</i> Ceux-ci étoient héréditaires, les autres se donnoient. Ceux-ci se donnoient par le Prince pour soutenir en justice les Droits des Eglises, comme il paroît par le Canon 99. du Concile de Carthage &amp; par les Capitulaires de Charlemagne, Liv. V. ch. 31. Les autres étoient les fondateurs des Eglises, ou leurs héritiers, que nous appellons aujourd'hui Patrons. En ce sens les femmes étoient aussi <i>Avouées, Advocatae,</i> ou <i>Advocatissae</i> ; &amp; l'on en trouve en effet dans le droit Canon qui ont ces titres, &amp; elles avoient droit de présenter dans les Eglises dont elles étoient <i>Avouées.</i> On trouve dans la Chronique de Sens, Liv. II. ch. 17. des <i>Avoués</i> libres, <i>Advocati liberi.</i> Les <i>Avoués</i> matriculaires, <i>Advocati matriculares,</i> dont parle une vieille Chartre rapportée par Vigul. Hondius dans la Métropole de Saltsbourg Tom. II. p. 254. étoient les <i>Avoués</i> de l'Eglise Cathédrale, appellée Eglise Matrice.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AVOUER" />
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    <head>AVOUER</head>
    <p>
    AVOUER , v. act. Reconnoître la vérité ; confesser, demeurer d'accord qu'une chose est véritable. <i>Fateri, confiteri. Avouer</i> le fait. <i>Avouer</i> ingénument son crime. Je vous <i>avoue</i> que je n'y comprends rien. Voilà, je vous l'<i>avoue,</i> un abominable homme. Mol. Il faut <i>avouer</i> que la Providence divine est merveilleuse. Ce criminel a tout <i>avoué</i> à la question. La malignité des hommes a de la peine à convenir de nos bonnes qualités. Ils les <i>avouent</i> plutôt qu'ils ne les souhaitent. La Plac.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AVOUER" />
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    <head>AVOUER</head>
    <p>
    Avouer , signifie aussi, Reconnoître quelqu'un pour son Seigneur : <i>Clientem se profiteri erga &amp;c.</i> Il s'est <i>avoué</i> vassal d'un tel Prince. Il a <i>avoué</i> tenir de lui un tel fief, tels héritages.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AVOUER" />
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    <head>AVOUER</head>
    <p>
    Avouer , signifie aussi, Approuver ce qu'on a donné charge de faire. <i>Approbare.</i> Cet Ambassadeur a plein pouvoir, il sera bien <i>avoué</i> de tout ce qu'il fera. Il y a ici des personnes qui m'<i>avoueront</i> de tout ce que j'écrirai. Voit. Quelque chose qu'il fasse, il en sera <i>avoué.</i> Je n'en ai pas charge spéciale ; mais je m'en ferai bien <i>avouer.</i> Mez.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVOUER</head>
    <p>
    Avouer , signifie aussi, Reconnoître pour sien, proteger. <i>Suum agnoscere, tueri.</i> Ce père <i>avoue</i> cet enfant pour son fils. Cet Auteur a <i>avoué</i> pour sien un tel Ouvrage. Il est <i>avoué</i> de ce Prince pour son domestique, pour son vassal.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVOUER</head>
    <p>
    s'Avouer de quelqu'un ; c'est se réclamer, s'autoriser de quelqu'un. <i>Inclamare.</i> Quand je serai-là, je m'<i>avouerai</i> de vous.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVOUER</head>
    <p>
    s'Avouer d'une telle Religion ; c'est confesser que l'on professe cette Religion. <i>Profiteri.</i> Il s'<i>avoua</i> franchement de la Religion Chrétienne.</p><p>On dit proverbialement, <i>Avouer</i> la dette ; pour dire, reconnoître qu'on a tort.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVOUER</head>
    <p>
    Avoué, ee , part. Il a la signification de son verbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3664" id="1" type="">
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    <head>AVOUERIE</head>
    <p>
    AVOUERIE , subst. fém. La qualité, &amp; la charge d'Avoué. <i>Advocatia,</i> en termes de la basse Latinité, ou <i>Advocatio.</i> Il signifie 1°, Protection. Dans la Chronique de Cambrai, Liv. I. ch. 10. implorer l'<i>avouerie</i> d'un Abbé, c'est implorer sa protection. 2°. La Charge d'<i>Avoué,</i> qui n'étoit autre que le soin de protéger, comme il paroît par les lettres de Nicolas II. à S. Edouard, où <i>Advocatio</i> &amp; <i>tuitio</i> sont synonimes. 3°. Le Droit de présenter à un Bénéfice, ou de Patronage. 4°. L'action de donner un Champion, ou Chevalier qui se batte en champ clos pour la défense de quelqu'un. 5°. <i>Avouerie, advocaria,</i> ou <i>advocatia,</i> est la pension qu'on faisoit à l'<i>Avoué</i> pour la protection qu'il donnoit. L'<i>avouerie</i> d'une Eglise se conféroit autrefois à celui qui l'avoit bâtie &amp; fondée, après la consecration de cette Eglise, en mettant sur lui un morceau de drap, <i>panno imposito.</i> Chorier, dans son <i>Histoire de Dauphiné,</i> Liv. VIII. Tom. I. pag. 522. se sert du terme d'Advocation, au lieu de celui d'<i>Avouerie,</i> mais mal. On a dit autrefois Avoueson pour <i>Avouerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AVOUERIE</head>
    <p>
    Avouerie , signifie aussi certain droit que les Sujets doivent à leur Seigneur, par lequel ils l'avouent &amp; le reconnoissent pour Seigneur. Dans les comptes du Domaine du Comté de Boulogne de l'an 1474. on lit ces paroles : Les <i>Avoueries</i> d'Estaples &amp; Rombly que doivent les habitans d'icelles villes à la Toussaints. Et dans les comptes du Comté de Ponthieu de la même année 1474. f. 1. cens, rentes, recognoissances, &amp; <i>Avoueries</i> deues au Roi à cause de sa Comté de Ponthieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3665" id="1" type="coutumes">
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    <head>AVOUTRE</head>
    <p>
    AVOUTRE , ou AVOUESTRE. Vieux terme de Coutumes , qui signifioit, <i>Bâtard, illégitime. Spurius.</i> On le trouve dans Rabelais. Beaumanoir donne une idée juste de ce que l'on entend par le mot <i>avoutre,</i> c'est au chap. 18. où il dit : Li <i>avoutres</i> sont chil, qui son engendrez en femmes mariées, d'autrui, que de leurs Seigneurs, de houmes mariez.</p><p>Jean de Meun emploie le mot <i>avoutre</i> dans son testament manuscrit.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>adulter</i> ; car on disoit aussi <i>avoutrie,</i> ou <i>avouterie,</i> pour signifier <i>adultère.</i> Les Florentins disent <i>avolterio.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ADULTÈRE">ADULTÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3666" id="1" type="">
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    <head>AVOYÉ</head>
    <p>
    AVOYÉ , s. m. Avoué. Magistrat de quelques villes. Ce mot est en usage pour signifier un Magistrat des villes Suisses. <i>Advocatus.</i> C'est originairement la même chose qu'Avoué ; car c'est une rêverie de dire avec Gollut qu'<i>Avoyé,</i> ou comme il écrit, <i>Avoyer,</i> vient d'<i>Ant-Voigat,</i> nom Celtique d'un ancien Roi des Gaulois, que les Romains prononcèrent Ambigat, &amp; qui signifioit Magistrat de très-grande puissance.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AUPARAVANT" />
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    <head>AUPARAVANT</head>
    <p>
    AUPARAVANT , adv. Il signifie premièrement, avant toutes choses. <i>Ante.</i> Je l'avois averti long-temps <i>auparavant.</i> Ne falloit-il pas <i>auparavant</i> parler avec moi de cette affaire ? Alexandre donna à Porus un Royaume plus grand que celui qu'il avoit <i>auparavant.</i> Vaug. Il y a des gens qui font suivre <i>auparavant</i> d'un <i>que,</i> &amp; qui disent : Il faut <i>auparavant que</i> de faire cela : il faut <i>auparavant que</i> de dîner benir les viandes que l'on met sur la table : mais c'est fort mal parler. Ils confondent le mot <i>auparavant,</i> qui étant adverbe ne régit rien, avec celui d'<i>avant.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AVANT">AVANT</ref>. C'est encore blesser la pureté du langage, que d'en faire une préposition suivie d'un régime, &amp; de dire par exemple, il est arrivé <i>auparavant</i> moi. Il faut dire, <i>avant</i> moi. Restaut.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AU PIS ALLER" />
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    <head>AU PIS ALLER</head>
    <p>
    AU PIS ALLER , adv. Tout le pis qu'il puisse arriver. <i>Ut res pessimè cedat, cadat. Au pis aller,</i> il m'en reviendra un tel avantage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3669" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUPRÈS" />
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    <head>AUPRÈS</head>
    <p>
    AUPRÈS . Préposition qui marque un lieu proche, &amp; qui régit le génitif. <i>Propè, propter.</i> Etre <i>auprès</i> du feu. Il loge <i>auprès</i> du Pont-neuf. La boule est <i>auprès</i> du but. Elle sert quelquefois à marquer un attachement domestique. Il est <i>auprès</i> d'un grand Seigneur ; pour dire, il est attaché à son service. Elle sert encore à faire comprendre qu'on a les bonnes graces de quelqu'un. <i>Apud.</i> Il est bien <i>auprès</i> du Prince. Il est bien <i>auprès</i> des Ministres. Il est bien <i>auprès</i> du sexe. Elle sert aussi à la comparaison. <i>Ad.</i> Les tableaux des Peintres modernes ne sont rien <i>auprès</i> de ceux de Raphaël. On se contente souvent d'une vertu commune, quand on la met <i>auprès</i> des dérèglemens publics. Ab. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="AUPRÈS" />
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    <head>AUPRÈS</head>
    <p>
    Auprès , est quelquefois adverbe. <i>Propè, proximè.</i> Je viens d'ici <i>auprès.</i> Il demeure tout <i>auprès,</i> &amp; joignant. On dit en proverbe, Si vous n'en voulez point couchez-vous <i>auprès.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3669" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUPRÈS" />
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    <head>AUPRÈS</head>
    <p>
    Par Auprès , s'emploie aussi adverbialement, &amp; signifie, Un peu à côté. Il n'est pas besoin d'entrer dans la ville, il ne faut que passer <i>par auprès.</i> La balle n'a pas donné dans le but, elle a passé <i>par auprès.</i> Acad. Fr.</p><p>Ce mot vient de <i>ad pressum</i>, Ménage ; ou de <i>ad</i> &amp; de <i>propè,</i> Nicot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3670" id="1" type="">
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    <head>AURA</head>
    <p>
    AURA , s. m. Oiseau du Mexique. Il est grand comme une poule d'Egypte. Son plumage est noir. Il a l'aile si forte qu'il vole contre le vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3671" id="1" type="">
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    <head>AURATE</head>
    <p>
    &#9758; AURATE , s. f. Sorte de poire d'été, du Latin <i>aurata,</i> dorée. La poire <i>aurate</i> mérite d'être multipliée, parce qu'elle est aussi hâtive que le petit muscat, qu'elle l'égale en délicatesse, &amp; qu'elle est sept ou huit fois plus grosse. <i>Spect. de la Nat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3672" id="1" type="">
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    <head>AVRANCHES</head>
    <p>
    AVRANCHES , s. f. <i>Abrinca,</i> ou <i>Abrincae, Abrincatum, Legedia,</i> ou <i>Jugena Abrincatuorum.</i> Nom propre d'une ville Episcopale de Normandie. <i>Avranches</i> n'est pas fort grande, elle est située sur une petite colline, dont le pied est baigné par la rivière de Sec, <i>Seva.</i> Maty. En 1172. il se tint à <i>Avranches</i> un Concile au sujet du meurtre de S. Thomas de Cantorbéry.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3673" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVRANCHIN" />
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    <head>AVRANCHIN</head>
    <p>
    AVRANCHIN , subst. masc. <i>Abrincatinus pagus, Abrincensis ager, Abrincatus.</i> Masson s'est trompé quand il a dit qu'on trouve ce dernier mot dans César ; mais il est dans Pline, Liv. IV. ch. 18. On trouve <i>Abrincateni</i> dans les Notices de l'Empire, &amp; <i>Abrincatae,</i> pour dire <i>Avranches.</i> L'<i>Avranchin</i> est un petit pays qui a eu autrefois titre de Vicomté. Il est dans la Basse-Normandie ; Avranches en est la capitale. L'<i>Avranchin</i> a été possédé autrefois par les Abrancates, &amp; auparavant par les Ambibariens. Maty. Pinet, dans sa traduction de Pline, prend <i>Abrincatui</i> pour <i>Auvrai,</i> proche de Vannes en Bretagne, que d'autres appellent <i>Auraicum.</i></p><p>Ces mots, <i>Avranches</i> &amp; <i>Avranchin,</i> se sont formés du Latin <i>Abrima, Abrincatui.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3674" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUREA ALEXANDRINA" />
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    <head>AUREA ALEXANDRINA</head>
    <p>
    AUREA ALEXANDRINA , s. f. Opiat. C'est un véritable antidote. On l'appelle <i>aurea,</i> à cause de l'or qui entre dans sa composition ; &amp; <i>Alexandrina,</i> à cause d'un Médecin nommé Alexandre qui l'a inventé. Il garantit de la colique &amp; de l'apoplexie ceux qui en font un usage un peu continu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3675" id="1" type="">
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    <head>AURÈLE</head>
    <p>
    AURÈLE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Aurelius.</i> Il faut dire Marc-<i>Aurèle</i>-Antonin, dit le Philosophe, Luce-<i>Aurèle</i>-Vère ; mais pour les autres qui portent le même nom, on dit <i>Aurelius.</i> T. Aelius <i>Aurelius,</i> fils de Marc-<i>Aurèle. Aurelius</i> Victor. Marc-<i>Aurèle</i> étoit si bien instruit de la Philosophie, qu'il écrivoit des dialogues étant encore tout jeune. Tillem. Les médailles de Marc-<i>Aurèle</i>-Antonin sont très-communes, mais celles de M. <i>Aurelius</i> Romulus sont rares en or &amp; en argent, &amp; assez rares en bronze, grand &amp; moyen.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3676" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURÉOLE" />
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    <head>AURÉOLE</head>
    <p>
    AURÉOLE , s. f. <i>Aureola.</i> Couronne qui est donnée par les Peintres &amp; par les Sculpteurs aux Saints, aux Vierges, aux Martyrs, &amp; aux Docteurs, pour marque de la victoire qu'ils ont remportée. Le P. Sirmond dit que cette coutume est empruntée des Payens, qui environnoient de rayons la tête de leurs Dieux. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Thomas au Supplément de sa Somme, Question 116.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3676" id="2" type="">
   <index type="head" value="AURÉOLE" />
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    <head>AURÉOLE</head>
    <p>
    Auréole , s'est dit originairement de quelque joyau qu'on proposoit pour prix de quelque dispute, qu'on donnoit pour récompense au mérite. Du Cange.</p><p>Les Théologiens Scholastiques appellent <i>Auréoles</i> les récompenses spéciales qui sont données aux Martyrs, aux Vierges, aux Docteurs, &amp; aux autres Saints, à cause de leurs oeuvres de <i>surérogation.</i> Et c'est ce que S. Augustin, dans son Livre de la Virginité, appelle <i>prérogative de gloire.</i> Le P. Séguenot de l'Oratoire, qui a traduit cet ouvrage de S. Augustin, dit dans sa remarque sur cet endroit : "C'est-à-dire, quelque haut degré de gloire, au moyen de quoi ils seront vraiment plus heureux que les autres. Il ne faut pas penser que ce soit cette sorte de récompense que les derniers Scholastiques ont inventée, &amp; qu'ils appellent <i>Auréole :</i> car les Pères n'en ont jamais parlé, ni même les premiers Docteurs de l'Ecole, &amp; il n'y en a nul fondement en l'Ecriture. Mais le fondement à mon avis est en cette fausse imagination que l'on ne peut vaincre, que la grandeur &amp; l'excellence de l'action contribue quelque chose au mérite." Cette proposition du P. Séguenot touchant l'<i>Auréole,</i> a été censurée par les Théologiens de la Faculté de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3677" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURICULA JUDAE" />
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    <head>AURICULA JUDAE</head>
    <p>
    AURICULA JUDAE , ou oreille de Judas, est un champignon approchant de la figure de l'oreille humaine, qui croît sur les vieux sureaux, sur lesquels on prétend que Judas se pendit. Ce champignon trempé dans l'eau rose, appliqué sur les yeux, en tire l'inflammation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3678" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURICULA LEPORIS" />
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    <head>AURICULA LEPORIS</head>
    <p>
    AURICULA LEPORIS , oreille de lièvre. C'est une herbe dont la feuille ressemble à l'oreille du lièvre ; on l'appelle bupleuron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3679" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURICULA URSI" />
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    <head>AURICULA URSI</head>
    <p>
    AURICULA URSI , oreille d'ours. C'est une herbe commune dont la feuille ressemble à l'oreille d'ours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3680" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURICULAIRE" />
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    <head>AURICULAIRE</head>
    <p>
    AURICULAIRE , adj. m. &amp; f. Qui se connoît par les oreilles. <i>Auricularis.</i> La Confession <i>auriculaire</i> est plus douce que la Confession publique. Un témoin oculaire est reçû en preuve ; mais le témoin <i>auriculaire,</i> ou qui ne parle que par ouï-dire, ne prouve rien. On appelle le petit doigt de la main, le doigt <i>auriculaire,</i> parce qu'il sert à nettoyer &amp; à curer les oreilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3681" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURICULAIRES" />
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    <head>AURICULAIRES</head>
    <p>
    AURICULAIRES . Si l'on en croit Bernardo Giustiniani, <i>Historia di tutti gl'Ordini militari e Cavallereschi,</i> c'est le nom d'un Ordre de Chevalerie institué dans le Pérou par Montézuma, &amp; ainsi appellé, parce que les Chevaliers portoient à l'oreille une figure de feuille d'arbre d'or, en guise de pendant d'oreille. Mais quoi qu'il en soit de l'existence &amp; de l'institution de cet Ordre, il y a certainement du mécompte dans le nom de l'Instituteur, ou dans le lieu de l'institution. Les Montézuma ont été Rois de Mexique, &amp; non point Incas du Pérou. Ainsi ou ce n'est point un Montézuma qui est l'Instituteur de cet Ordre, ou c'est au Mexique &amp; non au Pérou qu'il a été institué. Voyez Miraeus, <i>Origines Ordinum Equestr. Lib. I. cap.</i> 14. &amp; Bernardo Giustiniani, <i>Historia di tutti gl'Ordini Militari, cap.</i> 25.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3682" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVRIL" />
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    <head>AVRIL</head>
    <p>
    AVRIL , s. m. Quatrième mois de l'année selon notre supputation, &amp; le second suivant celle des Astronomes, pendant lequel le soleil parcourt le signe du Taureau. <i>Aprilis.</i></p><p>Ce mot vient de <i>aperilis</i>, du verbe <i>aperire,</i> parce qu'en ce mois la terre semble s'ouvrir pour produire toutes choses. Nicot. Les Turcs l'appellent <i>Abrillai,</i> &amp; ils emploient ce nom dans leurs éphémérides, ou almanachs, quand ils se servent du Calendrier Italien. d'Herb. Varron dérive le mot <i>Aprilis,</i> d'où nous avons fait <i>Avril,</i> d', Vénus, parce que ce mois étoit consacré à cette Déesse.</p><p>On dit figurément, qu'un homme est en l'<i>Avril</i> de ses jours ; pour dire, qu'il est en la fleur de sa jeunesse, au printemps de son âge, à cause qu'<i>Avril</i> est toujours au printemps. Mais ce n'est qu'en vers qu'on parle de la sorte.</p><p>On appelle <i>Poisson d'Avril,</i> un poisson de figure longue &amp; menue, dont on fait une pêche fort abondante en cette saison, qu'on nomme autrement <i>Maquereau :</i> &amp; parce qu'on appelle du même nom les entremetteurs des amours illicites, cela est cause qu'on nomme aussi ces gens-là, <i>Poissons d'Avril.</i> Les Espagnols disent en proverbe <i>Março ventoso, y Abril lluvioso, sacan a Mayo hermoso, Mars venteux,</i> Avril <i>pluvieux, font Mai joyeux ;</i> &amp; en France on dit, faire manger du poisson d'<i>Avril</i> ; pour dire tourmenter quelqu'un en lui faisant faire différentes courses. Le mot poisson se met ici pour passion, par corruption, &amp; le proverbe est fondé sur une allusion froide à la passion de notre Seigneur Jesus-Christ, qui arriva vers le mois d'<i>Avril,</i> &amp; même le 3e d'<i>Avril,</i> en supposant, comme je le crois vrai, que l'ère commune est la véritable ère de Jesus-Christ.</p><p>Les Poëtes prennent aussi le mois d'<i>Avril</i> pour le printemps, comme le mois de Décembre pour l'hiver.</p><p>Le même a dit sur la guérison de Chrysante.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3683" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURILLAC" />
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    <head>AURILLAC</head>
    <p>
    AURILLAC , s. m. <i>Auriliacum, Meriolacum.</i> Ville de France dans la haute Auvergne, sur la Jordane. Les Tapisseries &amp; les dentelles d'<i>Aurillac</i> sont fort communes en France. On prétend que ce mot est formé du Latin <i>aurum,</i> or, &amp; <i>lacus,</i> lac, &amp; qu'il a été donné à cette ville, parce qu'on trouvoit autrefois des grains d'or dans un lac voisin d'<i>Aurillac.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3684" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="AURILLAS" />
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    <head>AURILLAS</head>
    <p>
    AURILLAS . Terme de Manége , qui se dit des chevaux qui ont de grandes oreilles, &amp; qui les branlent souvent, <i>Auritus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3685" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVRILLEUX" />
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    <head>AVRILLEUX</head>
    <p>
    &#9758; AVRILLEUX , adj. Vieux mot que l'on trouve dans Borel. Temps <i>avrilleux,</i> c'est-à-dire, temps comme dans le mois d'Avril.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3686" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURIPEAU" />
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    <head>AURIPEAU</head>
    <p>
    AURIPEAU . Voyez <ref type="search" target="head:ORIPEAU">ORIPEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3687" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="AURISLAGE, & AURILLAGE" />
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    <head>AURISLAGE, & AURILLAGE</head>
    <p>
    AURISLAGE, &amp; AURILLAGE , s. m. Terme de Coutume . Ce mot veut dire en quelques lieux le profit des ruches des mouches à miel qui appartient au Seigneur, ou au Roi, comme en Provence. Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3688" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURONNE, & AURONE" />
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    <head>AURONNE, & AURONE</head>
    <p>
    AURONNE, &amp; AURONE , s. f. <i>Abrotanum,</i> s. m. Plante qui approche fort de l'absynthe par son port. Ses feuilles sont dans la plupart des espèces découpées menu : ses fleurs &amp; ses semences sont tout-à-fait semblables à celles de l'absynthe. On distinguoit autrefois cette plante en mâle &amp; femelle, <i>abrotanum mas &amp; foemina.</i> La femelle, qui ne porte point ses fleurs disposées en épi, est appellée à present <i>santolina,</i> garderobe, petit cyprès. L'<i>auronne</i> est apéritive. Sa décoction fait mourir les vers.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>inhumain</i> ; ou de , qui signifie une chose bonne à manger, &amp; de la particule privative , comme qui diroit une plante que l'on ne sauroit manger, à cause de son amertume, qui est plus grande que celle de l'absynthe. Cependant cette étymologie paroît difficile à accorder avec la quantité d'<i>Abrotonum,</i> dont Horace &amp; Lucain font la première syllabe brève, ce qui ne pourroît être, s'il venoit de , qui s'écrit par un . Ne seroit-il pas raisonnable de tirer l'étymologie de ce mot de l' privatif, &amp; de , qui signifie <i>mortalis, mortel,</i> &amp; de dire que l'<i>Aurone</i> est appellée <i>Abrotonum,</i> parce que les Médecins la donnoient aux malades pour les préserver de la mort. C'est l'idée que nous donne Horace de l'<i>Abrotonum,</i> lorsqu'il dit dans la première Epître du second Livre, <i>Abrotonum aegro non audet, nisi qui didicit, dare.</i></p><p>Vin d'<i>Aurone. Vinum abrotonites.</i> C'est un vin fait avec l'<i>aurone,</i> comme on fait du vin d'absynthe. Il y a plusieurs espèces d'<i>aurone.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3689" id="1" type="">
   <index type="head" value="AURORE" />
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    <head>AURORE</head>
    <p>
    AURORE , s. f. Crépuscule, lumière qui paroît quand le soleil est à 18. degrés près de l'horison. <i>Aurora.</i> Il n'y a rien de plus agréable à voir que le lever de l'<i>aurore</i> ; ce sont les nuées éclairées des rayons du soleil. Les Poëtes en font une Divinité, dont Céphale étoit amoureux. Ils lui donnent un char, &amp; des doigts de roses. Ils disent qu'elle sème des roses, à cause que souvent elle colore les nues d'un beau rouge.</p><p>Nicot dérive ce mot <i>ab oriente sole, quia aer aurescit.</i></p><p>On appelle <i>Aurore Septentrionale,</i> ou plus communément <i>Aurore Boréale,</i> une lueur, &amp; une clarté qui paroît quelquefois pendant une nuit obscure, &amp; qui occupe toute la partie Septentrionale du ciel, ensorte qu'on la prendroit pour l'<i>Aurore.</i> Gassendi a fait la description de ce phénomène qu'il observa exactement en 1621. On l'appelle <i>Aurore Boréale,</i> parce qu'elle paroît ordinairement vers le Nord, &amp; que proche de l'horison elle ressemble à l'<i>Aurore.</i> Suivant la plus commune opinion, sa cause est la lumière Zodiacale découverte en 1683. &amp; décrite par feu M. de Cassini, Cette lumière est l'atmosphere qui environne le soleil, &amp; qui atteignant quelquefois jusqu'à la terre, fournit la matière de l'<i>Aurore Boréale,</i> en tombant dans l'atmosphere terrestre. Voyez le traité qu'en a fait M. de Mairan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3689" id="2" type="">
   <index type="head" value="AURORE" />
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    <head>AURORE</head>
    <p>
    Aurore , se dit aussi pour la partie du monde où paroît l'<i>aurore,</i> qui est l'Orient. Les peuples de l'<i>Aurore</i> ; pour dire les Orientaux.</p><p>On nomme couleur d'<i>aurore,</i> un certain jaune doré, &amp; éclatant, comme celui qui paroît souvent dans les nues au lever du soleil. Les couleurs d'<i>aurore</i> se font étant alunées &amp; gaudées fortement, &amp; rabattues avec le raucour dissout en cendre gravelée, potasse, ou soute.</p><p>On appelle figurément une beauté naissante, une jeune fille qui commence à paroître dans le monde, une <i>aurore.</i> Je souhaite que cette <i>aurore</i> soit suivie d'un aussi beau jour qu'elle le mérite. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3689" id="3" type="fleuriste">
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    <head>AURORE</head>
    <p>
    Aurore , s. m. Terme de Fleuriste . C'est une renoncule jaune, panachée de nacarat par le dehors de la fleur sur un fond jaune d'aurore.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3689" id="4" type="">
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    <head>AURORE</head>
    <p>
    Aurore naissante , s. f. Terme de Fleuriste . C'est le nom d'un oeillet violet.</p><p>Pour marquer que la rougeur est la compagne de la pudeur, on peint l'<i>aurore,</i> ou l'aube, avec ce mot, <i>Absque rubore numquam,</i> jamais elle n'est sans rougeur. Une <i>aurore</i> avec ce mot Italien, S'<i>ascende, a noi s'asconde,</i> En montant elle se cache à nous, convient à ces personnes qui après leur élévation ne veulent plus se communiquer à ceux qu'elles ont laissés dans un rang inférieur.</p><p>Le mot <i>aurore,</i> selon le P. Thomassin, vient de l'Hébreu , <i>or, lumière.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3690" id="1" type="">
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    <head>AUSBOURG</head>
    <p>
    AUSBOURG , s. m. <i>Augusta Vindelicorum.</i> Ville d'Allemagne dans la Suabe, au confluant du Lech &amp; du Vertach, sur les confins de la Bavière. On dit que les Lycates, partie des Rhétiens, fondèrent cette ville, &amp; la nommèrent <i>Damasia.</i> Drusus la prit &amp; la nomma <i>Drusomagus.</i> Après la défaite de Varus l'an de Rome 739. Auguste la reprit, la rétablit, &amp; y envoya une Colonie de 3000. Citoyens Romains. C'est de-là qu'elle prit le nom d'<i>Auguste, Augusta,</i> qu'elle retient encore ; car <i>Ausbourg</i> s'est fait d'<i>Augustiburgum,</i> composé d'<i>Augusti,</i> nom de l'Empereur Auguste, &amp; de <i>burgum,</i> bourg, nom Allemand qui signifie forteresse. Ainsi <i>Ausbourg</i> signifie <i>ville d'Auguste, forteresse,</i> ou <i>château d'Auguste.</i> Sous Tibère elle fut nommée <i>Tiberia Augusta.</i> C'est aujourd'hui une des plus belles &amp; des plus considérables villes d'Allemagne ; ville libre &amp; Impériale. L'Evêque &amp; le Magistrat d'<i>Ausbourg</i> ont place aux Diètes de l'Empire. La Confession d'<i>Ausbourg, Confessio Augustana,</i> sont les articles de la croyance que les Luthériens d'Allemagne, appellés de-là Confessionistes, présentèrent à Charles V. le 8e Avril 1530. dans <i>Ausbourg.</i> La ligue d'<i>Ausbourg, foedus Augustanum,</i> est une ligue faite en 1688. entre l'Empire, l'Espagne &amp; la Hollande, contre la France. L'Evêché d'<i>Ausbourg, Episcopatus Augustanus,</i> un petit Cercle de la Suabe renfermé presque entre le Lech &amp; le Vertach, appartient à l'Evêque d'<i>Ausbourg</i> avec le Comté de Dillinghen. Maty. La longitude d'<i>Ausbourg</i> est 33d. &amp; sa latitude 48d. 15'. Voyez Lymnaeus, Liv. VII. ch. 4. Imhoff, <i>Notitia Procer. Imp. Lib. III. c.</i> 9. Le Moine Ardemar dans sa Chronique ecrit <i>Osburg.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3691" id="1" type="">
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    <head>AUSCH</head>
    <p>
    AUSCH , ou AUCH, ou AUX. Prononcez AUCHE, s. f. <i>Augusta Ausciorum, Ausci, Auscum.</i> Ville de Gascogne sur le Gers, dans le Comté d'Armagnac. Elle a un Archevêché. Son nom vient de celui des anciens peuples qui l'habitoient, nommés <i>Ausci,</i> &amp; que César place entre les Garites &amp; les Garonnes. Plusieurs Savans, &amp; entre autres Vossius, dans ses Notes sur Mela Liv. III. ch. 2. p. 234. disent que l'ancienne ville des Ausciens s'appelloit <i>Climberris,</i> ou <i>Climberrum,</i> dont parle l'Itinéraire d'Antonin, &amp; que la Table de Peutinger appelle <i>Cliberrum.</i> Mela l'appelle <i>Elusaberris,</i> &amp; sur son autorité quelques Auteurs disent qu'elle eut aussi ce nom ; mais Vossius prétend que <pb n="440" facs="bpt6k8542165/f480/full/1200,/0/native.jpg"/>c'est une erreur, que tous les anciens manuscrits ont <i>Eliumberrum,</i> à la réserve de celui du Vatican, où il y a <i>Cliumberrum</i> ; sur quoi Vossius soutient avec assez de fondement qu'il faut lire <i>Climberrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3692" id="1" type="">
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    <head>AUSCOIS, OISE</head>
    <p>
    AUSCOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est d'Auch, habitant d'Auch, ou Aux. M. De Marca se sert de ce mot, <i>Hist. de Bearn.</i> Liv. I. p. 35.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3693" id="1" type="">
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    <head>AUSPICE</head>
    <p>
    AUSPICE , s. m. C'étoit chez les Anciens une espèce d'augure, de vaine superstition, lorsqu'ils considéroient le vol &amp; le chant des oiseaux, pour savoir si quelque entreprise que l'on commençoit devoit être heureuse, ou malheureuse. <i>Auspicium, augurium, omen.</i> Pline en attribue l'invention à Tirésias Thébain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3693" id="2" type="">
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    <head>AUSPICE</head>
    <p>
    Auspice , signifie maintenant un présage, ou des circonstances qui font espérer un heureux succès, ou en appréhender un mauvais. La fondation de Rome a été commencée sous d'heureux <i>auspices,</i> dans des temps &amp; des lieux favorables pour son aggrandissement.</p><p>On dit aussi, qu'un homme est venu sous les <i>auspices</i> d'un tel ; pour dire, soutenu par sa faveur ; sous sa conduite &amp; sous sa protection. Il ne faut désespérer de rien sous la conduite &amp; sous les <i>auspices</i> de Teucer. Dacier. Cette façon de parler est venue de ce qu'autrefois à Rome on ne faisoit aucune affaire, &amp; sur-tout en mariage, sans consulter les Dieux par le moyen des <i>auspices,</i> comme on voit dans Cicéron en l'Oraison <i>pro Cluentio.</i> Ainsi, Venir sous les <i>auspices</i> de quelqu'un, c'ést, Marcher sous sa conduite, &amp; assuré de sa faveur.</p><p>Ce mot vient <i>ab avibus spectandis, aspiciendis,</i> &amp; n'a point de singulier en ce sens. Cela est trop naturel pour le P. Pezron, qui tient pour certain que ce mot vient du Celte <i>Au</i>, ou <i>afu</i>, &amp; de <i>spicio.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ARUSPICE">ARUSPICE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3694" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUSSI" />
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    <head>AUSSI</head>
    <p>
    AUSSI . Conjonction comparative, <i>tam, quam, aeque ac.</i> Qui achete le cheval, achete <i>aussi</i> la bride. Si on étoit <i>aussi</i> sage que Salomon, on ne feroit pas tant de fautes. Le soleil luit <i>aussi</i> bien sur les bons que sur les mauvais. Vous prétendez à cette charge, &amp; moi <i>aussi.</i> Je fais cela d'<i>aussi</i> bon coeur que si c'étoit pour moi. Ce mot vient de <i>ad sic</i>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUSSI</head>
    <p>
    Aussi , est encore une conjonction augmentative. <i>Etiam, quoque, item.</i> Non seulement cela est vrai, mais <i>aussi</i> fort raisonnable. Les troupes de Rutilius furent défaites, celles de Cépius le furent <i>aussi.</i> Quand elle est précédée d'une négation elle a quelquefois un sens diminutif, si l'on peut ainsi parler, plutôt qu'augmentatif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3694" id="3" type="">
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    <head>AUSSI</head>
    <p>
    Aussi , sert encore à rendre raison de la proposition qui a précédé. <i>Nam, enim.</i> Je n'irai point, <i>aussi</i> bien il est trop tard. Un Philosophe disoit pour se consoler de sa chûte, <i>aussi</i> bien voulois-je descendre.</p><p>Il faut remarquer sur cette conjonction <i>aussi,</i> que quand il y a comparaison, &amp; que la proposition est affirmative, il faut prendre garde à se servir toujours d'<i>aussi.</i> C'est une faute qui échape souvent de mettre <i>si</i> pour <i>aussi.</i> Il avoit en révérence la misérable fortune d'une Princesse issue du sang Royal, &amp; un nom <i>si</i> fameux que celui d'Ochus. Vaug. A un malheur <i>si</i> grand que le mien, il ne falloit pas une moindre consolation. Voit. Dans ces deux exemples il falloit <i>aussi</i> au lieu de <i>si.</i> Mais lorsque la proposition est négative, on doit se servir de <i>si,</i> &amp; non pas d'<i>aussi,</i> Rien ne la toucha <i>si</i> sensiblement que l'intérêt de sa Religion. Flech. On met toujours <i>que</i> après <i>si,</i> &amp; <i>aussi</i> en ces sortes d'occasions, quoique Malherbe ait dit, Il n'est rien de <i>si</i> beau <i>comme</i> Caliste est belle. Ma foi est <i>aussi</i> pure, comme le sujet en est beau. Son exemple n'est point à suivre en cela.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3695" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUSSI-BIEN QUE" />
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    <head>AUSSI-BIEN QUE</head>
    <p>
    AUSSI-BIEN QUE . Conjonction qui signifie, De même que. <i>Eodem modo, pariter, tanquam.</i> Les hommes les plus foibles, <i>aussi-bien que</i> les Héros, ont fait voir que la mort n'est pas un mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3696" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUSSI-TÔT" />
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    <head>AUSSI-TÔT</head>
    <p>
    AUSSI-TÔT , adv. Dans le même temps, dans le moment. <i>Statim, illicò, continuò.</i> Si vous me donnez vos ordres, je les exécuterai <i>aussi-tôt.</i> Il signifie encore, Aussi aisément, aussi volontiers. Je prendrois <i>aussi-tôt</i> la lune avec les dents.</p><p>On dit proverbialement, <i>Aussi-tôt</i> dit, <i>aussi-tôt</i> fait, des commandemens qui sont promptement exécutés. <i>Aussi-tôt</i> meurt veau que vache. <i>Aussi-tôt</i> pris, <i>aussi-tôt</i> pendu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3697" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUSSI-TÔT QUE" />
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    <head>AUSSI-TÔT QUE</head>
    <p>
    AUSSI-TÔT QUE . Conj. Au même temps que. <i>Simul ac, Ubi primum. Aussi-tôt qu</i>'il m'invoquera, je l'exaucerai. Arn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3698" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="AUSSIÈRE" />
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    <head>AUSSIÈRE</head>
    <p>
    AUSSIÈRE , s. masc. Terme de Marine . Grosse corde à trois tourons. <i>Rudens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3699" id="1" type="physique">
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    <head>AUSTÈRE</head>
    <p>
    AUSTÈRE , adj. m. &amp; fém. En termes de Physique , se dit d'une saveur âpre qui cause un resserrement dans la bouche : c'est une des neufs saveurs qui frappent l'organe du goût ; telle est celle du vitriol. <i>Asper, acidus, acer.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUSTÈRE</head>
    <p>
    Austere , signifie aussi, Rude, sévère ; qui ne pardonne rien. <i>Austerus, durus, severus.</i> Un Juge <i>austère</i> est moins corruptible qu'un autre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUSTÈRE</head>
    <p>
    Austere , se dit aussi de celui qui est sévère à lui-même, qui ne se permet aucuns plaisirs, qui maltraite son corps. Quand les louanges sont fines, elles séduisent les plus <i>austères.</i> Bell. Ce Religieux est fort <i>austère,</i> il porte la haire &amp; le cilice. On ne peut passer d'un Ordre à un autre, s'il n'est plus <i>austere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3699" id="4" type="">
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    <head>AUSTÈRE</head>
    <p>
    Austère , se dit figurément en choses morales. Les moeurs <i>austères</i> de Caton. Une vertu <i>austère.</i> Une mine <i>austère,</i> ou refrognée. Il y a des gens d'une probité si <i>austère,</i> qu'elle est plus propre à dégoûter de la vertu, qu'à la faire aimer. Il ne faut pas toujours suivre les ordres <i>austères</i> de la raison. S. Evr. Il s'élevoit par une <i>austère</i> vertu au-dessus des craintes, &amp; des complaisances humaines. Flech. Une morale peut être <i>austère,</i> sans être déraisonnable. Du Pin. Un Philosophe chagrin &amp; <i>austère</i> effarouche les jeunes gens, &amp; leur fait soupçonner que la vertu est d'une pratique ennuyeuse. La Bruy. Sénèque est trop ridé &amp; trop <i>austère.</i> S. Evr. Qu'une <i>austère</i> vertu paroisse dans tes yeux. L'Abbé Tetu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3700" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUSTÈREMENT" />
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    <head>AUSTÈREMENT</head>
    <p>
    AUSTÈREMENT , adv. D'une manière austère. <i>Austerè, severè, duriter.</i> Les Religieuses de Sainte Claire vivent fort <i>austèrement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3701" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUSTERITÉ" />
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    <head>AUSTERITÉ</head>
    <p>
    AUSTERITÉ , s. f. Sévérité. <i>Austeritas, severitas.</i> L'<i>austérité</i> des Censeurs Romains tenoit tout le monde dans le devoir. Il y a naturellement trop d'<i>austérité</i> dans le style d'un homme d'une vertu trop rigide. Vall. La frugalité des anciens Romains n'étoit qu'une ignorance des plaisirs ; &amp; cependant on a consacré cette <i>austérité</i> nécessaire comme une vertu. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3701" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUSTERITÉ" />
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    <head>AUSTERITÉ</head>
    <p>
    Austérité , signifie aussi, Mortification. <i>Vitae asperitas, duritia.</i> La plus grande <i>austérité</i> des Chartreux, est la solitude perpétuelle. On dit aussi, l'<i>austérité</i> des moeurs, de la vie, du visage. Faire des <i>austérités.</i> Arn. Renoncer aux <i>austérités.</i> Maucroix. Nous l'avons vûe pratiquer à la rigueur toute l'<i>austérité</i> des jeûnes &amp; des abstinences. Flech. Ce sont les lâches Chrétiens qui gémissent sous l'<i>austérité,</i> &amp; sous le poids de l'Evangile. Id. Une grande partie de ceux qui se donnent à Dieu mettent toute leur piété dans de certains exercices de l'esprit, comptant pour rien les <i>austérités</i> du corps, comme si elles n'étoient ni utiles ni nécessaires, &amp; tombent sans s'en appercevoir dans une vie molle &amp; voluptueuse. Ab. de la Tr.</p><p><i>Ces jeûnes, ces</i> austérités</p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3702" id="1" type="geographie">
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    <head>AUSTRAL, ALE</head>
    <p>
    AUSTRAL, ALE , adj. Terme de Géographie . <i>Australis, Austrinus.</i> Méridional, qui est du côté du Midi, du côté que souffle le vent, que les Latins appellent <i>Auster.</i> La Terre <i>Australe</i> est encore inconnue. Le Cap de bonne Espérance est à trente-cinq degrés de latitude <i>Australe.</i> Le Capricorne est dans la partie <i>Australe</i> du ciel. Les Terres <i>Australes</i> furent découvertes en 1628. par une flotte de la Compagnie Hollandoise des Indes Orientales, commandée par Charpentier. C'est-là qu'est la nouvelle Hollande, nommée d'abord <i>Carpentaria.,</i> du nom de ce Commandant. Larrey, <i>Tom. IV. p.</i> 86. Le P. Noël Jes. dans ses <i>Observationes Mathematicae &amp; Physicae, cap.</i> 4. donne un Catalogue plus exact que ceux de Riccioli &amp; d'Hervelius, de toutes les étoiles de l'hémisphère <i>Austral,</i> avec leur ascension droite, leur déclinaison &amp; leur grandeur, telles qu'elles se faisoient voir en 1687.</p><p>Ce mot vient d'<i>Auster, le vent du Midi.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUSTRASIE</head>
    <p>
    AUSTRASIE , s. f. <i>Austrasia.</i> Nom propre d'un grand pays de la France Orientale qui a eu titre de Royaume. Quelques-uns dérivent ce mot d'un Gouverneur qu'y envoya, dit-on, Justinien, &amp; qui se nommoit Austrasius ; d'autres d'un Roi nommé Austrase, <i>Austrasus,</i> qui regna dans ce pays. La véritable étymologie de ce nom est Gauloise. Dans cette Langue, comme en Allemand, Ost, ou Est, signifie l'Orient : de-là viennent les noms d'<i>Ostreling, d'Ostfrise,</i> d'<i>Estsaxe,</i> d'<i>Estangle,</i> d'<i>Ostrogoths,</i> &amp; beaucoup d'autres. Nous disons encore <i>Est,</i> pour dire l'Orient. Ce pays fut donc ainsi appellé, parce qu'il étoit la partie Orientale de la France, <i>Francia Orientalis.</i> On l'appella aussi Royaume de Metz, <i>Metense Regnum.</i> L'<i>Austrasie</i> fut d'abord renfermée entre la Meuse, la Moselle &amp; la rivière d'Ill, &amp; comprenoit la Lorraine, une partie de l'Alsace &amp; le Palatinat. On assure que quelquefois il a compris la Lorraine, la partie Septentrionale de la Champagne &amp; de l'Isle de France, avec toutes les contrées qui sont entre ces pays &amp; le Rhin ; &amp; encore tous les pays que les François avoient conquis en Allemagne, la Suabe, la Bavière, la Franconie, la Thuringe, une grande partie de la Saxe &amp; la Frise. Ensuite elle fut resserrée entre le Rhin, l'Escaut, la Meuse &amp; les montagnes de Vauge, &amp; on la divisa en deux parties, la supérieure &amp; l'inférieure. L'<i>Austrasie</i> inférieure étoit la partie Septentrionale de l'<i>Austrasie.</i> L'<i>Austrasie</i> supérieure étoit la partie Méridionale de l'<i>Austrasie,</i> qu'on appelloit aussi <i>Mosellanique,</i> ou <i>Toulingienne,</i> c'est-à-dire, l'<i>Austrasie</i> de Toul ou de la Moselle, &amp; elle répondoit à peu-près à la Lorraine d'aujourd'hui. Hoffm. Maty.</p><p>La France commença après la mort de Clovis, ou un peu auparavant, à être divisée en deux parties. L'une qui comprenoit tout ce qui étoit au-deçà du Rhin, jusqu'à la Meuse, s'appella <i>Austrie,</i> ou partie Orientale, &amp; puis <i>Austrasie.</i> L'autre partie, qui s'étendoit jusqu'à la Loire, s'appella Neustrie, ou partie Occidentale. Cordem. La division du Royaume François entre les Fils de Clovis fut l'occasion des nouveaux noms qu'on lui imposa. On nomma <i>Austrie,</i> ou <i>Austrasie,</i> cette partie des Gaules Françoises qui est située vers l'Orient entre le Rhin &amp; la Meuse. Ce nom venoit du mot <i>Ost,</i> quoique corrompu par les François dans l'Ecriture, qui signifioit Oriental. P. Dan. Depuis les enfans de Clovis, plusieurs Princes de la première &amp; de la seconde race de nos Rois possédèrent l'<i>Austrasie</i> avec titre de Royauté. Thierry, fils de Clovis, né d'une Concubine, fut le premier Roi d'<i>Austrasie</i> en 511. Au VIe siècle le Royaume d'<i>Austrasie</i> comprenoit une grande partie de l'Aquitaine, ou même toute l'Aquitaine, selon la remarque de Bollandus sur les Actes de S. Sigebert 1. jour de Févr. n. 28. &amp; du P. Papebroch sur S. Medard, Juin T. 11. p. 72. C.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3704" id="1" type="">
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    <head>AUSTRASIEN, ENNE</head>
    <p>
    AUSTRASIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est de l'Austrasie, ou qui appartient à l'Austrasie. La répugnance des <i>Astrasiens</i> à diviser les terres de l'ancien Royaume d'Austrasie sous Clotaire II. marque bien qu'encore qu'ils n'eussent qu'une même origine, &amp; souvent qu'un même Roi avec les Neustriens, ils se régardoient néanmoins comme un peuple différent d'eux. Ce qui les entretenoit le plus dans cette pensée, étoit que dans le temps même qu'il n'y avoit qu'un Roi dans toute la France, il y avoit un Maire du Palais en Austrasie différent de celui de Neustrie, &amp; ce Maire eût cru mal faire sa charge, s'il avoit souffert le démembrement de la moindre partie du Royaume dont il étoit Maire. Cord. La résolution que Dagobert prit en 629. de faire son séjour ordinaire en Neustrie augmenta la jalousie que les <i>Austrasiens</i> avoient déja contre les Neustriens. Id. Dagobert oubliant qu'il venoit d'épouser Nantilde, se donna tout entier à l'amour d'une jeune <i>Austrasienne,</i> qu'on appelloit Regnatrude. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3705" id="1" type="">
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    <head>AUSTREGESILE</head>
    <p>
    AUSTREGESILE . Voyez <ref type="search" target="head:OUTRILLET">OUTRILLET</ref>. En 624. S. Sulpice Sévère, qui étoit de Bourges, succéda à S. <i>Austrégésile</i> dans le siége de Bourges. Fleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3706" id="1" type="">
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    <head>AUSTÈGUE</head>
    <p>
    AUSTÈGUE , s. m. Arbitre, Juge, qui en Allemagne juge en première instance certaines affaires des Etats de l'Empire. <i>Arbiter, Judex, Austraga.</i> Si les Etats même ont des différends entre eux, la plupart vont en première instance devant les Arbitres nommés <i>Austrègues,</i> dont les uns sont établis par un consentement particulier des Etats, &amp; les autres par la disposition des Loix. Il est difficile d'en apporter l'origine. La plus vraisemblable est qu'ils ont commencé du temps de Frederic II. &amp; je ne puis être du sentiment de ceux qui en attribuent l'établissement à Maximilien I. quoiqu'il soit vrai qu'il leur a donné une nouvelle forme que l'on trouve dans l'Ordonnance de l'établissement de la Chambre donnée à Vormes l'année 1495. dans laquelle on voit diverses manières de prendre des arbitres, dont il n'y en a que deux qui soient en usage. L'une quand l'accusé nomme trois Princes aux Etats de l'Empire, desquels l'accusateur choisit un ami ; &amp; l'autre quand on obtient de l'Empereur un ou plusieurs Commissaires, mais il y a des affaires qui ne peuvent être jugées devant les arbitres, ou <i>Austrègues,</i> &amp; qui doivent aller directement à la Chambre de Spire, ou au Conseil Aulique. Ce qu'il y a de fâcheux en ces jugemens des <i>Austrègues,</i> c'est que l'on peut encore en appeller à la Chambre &amp; au Conseil Aulique, &amp; qu'ainsi peu d'affaires s'y terminent. D'ailleurs les dépenses y sont grandes, il faut donner des présens, &amp; faire des grands festins aux Commissaires des Princes Arbitres ; outre que leur puissance ne dure que six mois, ou au plus un an, qui n'est pas un temps suffisant pour vuider une grande affaire en Allemagne. Monsanbano, <i>traduit par D. C.</i></p><p>Il semble que la jurisdiction des <i>Austrègues</i> s'appelle aussi Austrègue, car George Schubhard, dans son Traité Méthodique des <i>Austrègues,</i> les définit ainsi, <i>Austragae sunt judicia in quibus certorum ordinum Imperii res controversae, in prima instantia, juxtà modum in ordinationibus Imperii praescriptum, ad utilitatem eorum diventilantur, examinantur &amp; deciduntur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUSTREMOINE</head>
    <p>
    AUSTREMOINE , subst. masc. Nom propre d'homme. <i>Stremonius,</i> ou <i>Strymonius.</i> Saint <i>Austremoine,</i> Evêque d'Auvergne, est l'un des sept illustres Missionnaires Apostoliques qui furent envoyés dans les Gaules par les Evêques de Rome vers le milieu du IIIe siècle de l'Eglise. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUSTRIE</head>
    <p>
    AUSTRIE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:AUSTRASIE">AUSTRASIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3709" id="1" type="">
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    <head>AUTAN</head>
    <p>
    AUTAN , subst. masc. Vent qui soufle du côté du Midi. <i>Altanus.</i> Selon quelques-uns, c'est le vent du Sud-est, &amp; selon quelques autres, de Sud-ouest. Il est d'ordinaire orageux, &amp; les Poëtes l'emploient en parlant des tempêtes.</p><p>On l'appelle <i>Garbin</i> sur la Méditerranée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    AUTANT , adv. relatif, qui sert à expliquer deux choses égales en nombre. <i>Tot, quot.</i> On demande quelquefois, s'il y a <i>autant</i> d'hommes que de femmes. Il envoya Parménion avec deux mille étrangers, &amp; <i>autant</i> de Macédoniens. <pb n="442" facs="bpt6k8542165/f482/full/1200,/0/native.jpg"/>Vaug. J'ai été <i>autant</i> de fois chez vous, que vous chez moi. <i>Toties, quoties.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    Autant , marque aussi l'égalité de prix. <i>Tantùm, quantùm.</i> Monsieur vaut bien <i>autant</i> que Madame. Ma maison est de mille écus sans en rien rabattre ; j'en veux tout <i>autant.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    Autant , sert encore à marquer l'égalité en toute autre chose. <i>Tantùm, quantùm.</i> Il faut dans cette composition <i>autant</i> de l'un que de l'autre. <i>Autant</i> qu'est vaste l'étendue qui est entre le ciel &amp; la terre, <i>autant</i> est grande &amp; infinie la miséricorde de Dieu sur ceux qui le craignent. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    Autant , se dit quelquefois sans relation, d'une quantité incertaine. <i>Tantùm, quantùm ; tàm, quàm.</i> Cette femme a <i>autant</i> de beauté, de vertu, d'esprit, qu'on en puisse avoir ; c'est-à-dire, qu'elle est belle, vertueuse, &amp; spirituelle au dernier point. Il fait des vers <i>autant</i> bien qu'on puisse faire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    Autant , signifie encore, Suffisamment, selon son pouvoir, extrêmement. Ce mulet est assez chargé, il en a <i>autant</i> qu'il en peut porter. On dit aussi d'un homme yvre, qu'il a bû d'<i>autant,</i> qu'il en a <i>autant</i> qu'il lui en faut ; tout ce qu'il peut porter de vin. Je l'ai nourri, protégé, assisté <i>autant</i> que j'ai pû, selon mes forces. <i>Autant</i> que je puis conjecturer, cette affaire réussira. Lisbonne est une des plus belles villes du monde, &amp; qui mérite <i>autant</i> d'être vûe. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    Autant , se dit quelquefois d'une certaine partie des choses. <i>Tantùm.</i> Cela est fait, ou <i>autant</i> vaut. C'est <i>autant</i> de fait, d'épargné ; <i>autant</i> de rabattu, <i>autant</i> de temps gagné. On dit absolument, C'est toujours <i>autant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3710" id="7" type="palais">
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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    Autant , en termes de Palais , signifie la copie d'un acte. Cet Arrêt est perdu, il en faut lever <i>autant</i> au Greffe. Les Huissiers doivent laisser <i>autant</i> de tous les exploits qu'ils font, &amp; de toutes leurs significations aux parties adverses, ou à leurs Procureurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTANT</head>
    <p>
    Autant , se dit proverbialement en ces phrases ailleurs expliquées. <i>Autant</i> dépense chiche que large. <i>Autant</i> vaut être mordu d'un chien que d'une chienne. <i>Autant</i> en emporte le vent. <i>Autant</i> de frais que de salé. <i>Autant</i> bien battu que mal battu. Il lui en pend <i>autant</i> sur la tête. <i>Autant</i> vaut traîner que porter. Il consommeroit <i>autant</i> de bien qu'un Evêque en pourroit benir. <i>Autant</i> comme <i>autant.</i> J'en fais <i>autant</i> de cas que de la boue de mes souliers. <i>Autant</i> qu'il en pourroit tenir dans mon oeil. <i>Autant</i> de têtes, <i>autant</i> d'opinions. <i>Autant</i> en dit le renard des mûres, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3711" id="1" type="">
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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    AUTEL , s. m. Lieu élevé pour sacrifier à une Divinité. <i>Ara.</i> C'étoit chez les Payens une espéce de piédestal, ou quarré, ou rond, ou triangulaire, orné de sculpture, de bas reliefs &amp; d'inscriptions, sur lequel on brûloit les victimes qu'on sacrifioit aux Idoles. Les <i>autels</i> destinés à l'honneur des Dieux célestes &amp; supérieurs étoient exhaussés &amp; posés sur quelque édifice rélevé ; &amp; c'est pourquoi on les appelloit <i>altaria,</i> du mot <i>alta ara,</i> qui signifie, <i>autel haut</i> &amp; élevé. Ceux qui étoient pour les Dieux terrestres, étoient posés sur la superficie de la terre ; &amp; au contraire on creusoit &amp; on ouvroit la terre pour ceux des Dieux infernaux. Il y avoit à Athènes un <i>autel</i> de la miséricorde, où tous les malheureux avoient leur refuge. Peut-on s'imaginer que les Dieux se repaissent de l'encens qu'on fait fumer sur leurs <i>autels,</i> &amp; qu'ils s'appaisent, ou s'irritent, selon le nombre des victimes qu'on leur immole ? S. Evr. Péricles, sollicité de faire un faux serment en faveur de l'un de ses amis, répondit : Nous sommes amis, mais <i>jusqu'aux autels.</i> Ablanc. La puissance paternelle finit aux pieds des <i>autels,</i> &amp; ne doit pas s'étendre au-delà des choses temporelles. Optat, dans la belle histoire qu'il a composée du Schisme des Donatistes, rapporte que sous Julien l'Apostat, ils rompirent les <i>autels</i> des Eglises, dont ils s'emparèrent, ou qu'ils les lavèrent ou les raclèrent ; les <i>autels</i> dit Optat, où eux-mêmes avoient autrefois offert, où les voeux du peuple, où les membres de J. C. ont été portés, où le Dieu tout-puissant étoit invoqué ; <i>autels</i> enfin qui ne sont autre chose que le siége du corps &amp; du sang de J. C. &amp; où durant certains momens l'un &amp; l'autre avoient habité : preuves très-puissantes, aussi bien qu'irréprochables, qu'en ce siècle il y avoit des <i>autels</i> &amp; un sacrifice, où l'Eglise croyoit que le corps &amp; le sang de J. C. étoient, non pas en figure, mais en vérité, &amp; comme l'Eglise le croit aujourd'hui. God.</p><p>Ce mot <i>autel,</i> vient d'<i>altare,</i> dans lequel l'usage a changé à l'ordinaire <i>al</i> en <i>au,</i> &amp; l'<i>r</i> en <i>l,</i> pour adoucir la prononciation. Le P. Pezron va plus loin à son ordinaire. <i>Autel</i> vient de l'Allemand <i>Autaer,</i> &amp; <i>Autaer</i> est pris du Celtique <i>Auter.</i> Ou bien <i>ara, autel,</i> vient du Celtique <i>ar,</i> qui veut dire de la terre. De-là on a formé <i>altar,</i> ou <i>altare, autel,</i> parce que les premiers <i>autels</i> ont été faits d'une terre un peu haute &amp; élevée. En effet, le mot <i>auter</i> chez les Celtes, comme <i>altar</i> chez les anciens Latins, ne signifie rien autre chose que terre élevée pour servir d'<i>autel.</i> Quand tout le reste seroit vrai, il resteroit toujours à prouver que les Celtes ont dit <i>alt</i> pour signifier <i>haut.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel , s'est dit autrefois chez les Juifs, de ces tables qu'ils dressoient à la campagne pour sacrifier à Dieu. En cet endroit il édifia un <i>autel</i> au Seigneur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel , se dit proprement dans le Christianisme d'une table quarrée consacrée à Dieu, élevée &amp; ornée, pour célébrer la Messe. Dans la primitive Eglise les <i>autels</i> étoient sans parure, &amp; sans pompe. Ils n'étoient que de bois, parce que la crainte des Gentils &amp; les persécutions obligeoient de les transporter souvent d'un lieu en un autre, &amp; de changer les lieux des assemblées &amp; des sacrifices, &amp; qu'on ne pouvoit en ce temps-là bâtir des temples &amp; des <i>autels</i> ; mais quand la conversion de Constantin eut donné la paix à l'Eglise, on fit des temples &amp; des <i>autels.</i> Les Chrétiens n'ont point donné à leurs <i>autels</i> la forme qu'ils avoient chez les Payens, ni même chez les Juifs dans le temple ; mais parce que J. C. institua la sainte Eucharistie au souper Paschal &amp; sur une table, ils ont donné à leurs <i>autels</i> la forme d'une table. Le Concile de Paris tenu en 509. ordonne que l'on ne consacrera point d'<i>autel</i> qui ne soit de pierre. S. Grégoire de Nysse, qui vivoit au IVe siècle, parle d'<i>autels</i> de pierre dans un discours qu'il a fait sur le Baptême de N. S. Il n'y eut d'abord qu'un <i>autel</i> dans chaque Eglise ; mais bientôt après il y en eut plusieurs, comme on le voit souvent dans S. Grégoire le Grand, qui vivoit au VIe siècle : dans sa 50e Lettre du Xe Livre il en compte jusqu'à 13. dans une seule Eglise. Les Pères d'Achery &amp; Mabillon ont aussi prouvé dans les <i>Acta Sanct.</i> de leur Ordre, <i>Saec. III. p.</i> 1. <i>praef. p.</i> 57. &amp; suivante, que la pluralité des <i>autels</i> dans une même Eglise a commencé avant le Xe siècle.</p><p>La Messe de Paroisse se doit dire au maître <i>autel,</i> au grand <i>autel,</i> qui est celui du choeur de l'Eglise. Stepelin, Auteur de l'onzième siècle, l'appelle barbarement <i>Altare Capitaneum.</i> On ne peut dresser un <i>autel</i> dans une maison particulière, si l'Evêque ne l'a beni, ou fait benir. Il paroît par Socrate Liv. I. ch. 36. de l'Hist. Eccl. &amp; par d'autres encore, que dans les premiers siècles les autels étoient élevés, &amp; qu'ils n'étoient point massifs, mais creux, en sorte que l'on se mettoit dessous pour prier.</p><p>Il y a des <i>autels portatifs</i> ; ce sont des pierres consacrées, qu'on peut transporter où l'on veut, &amp; selon le besoin. <i>Altare mobile.</i> On dit aussi barbarement <i>portatile.</i> Il y a des exemples d'<i>autels portatifs</i> avant le Xe siècle. <i>Acta SS. Benedict. Saec. III. Praef. p.</i> 58. On les appelle aussi quelquefois <i>Autel itineraire, Altare itinerarium.</i> Ainsi à la fin de la vie de S. Gerard Abbé de Braine le Comte, qui vivoit au Xe siècle, il est dit qu'en sortant de S. Denys pour aller être Abbé de Braine, il emporta avec lui l'<i>Autel itineraire,</i> dont S. Denys Apôtre de France se servoit, dit-on, pendant qu'il vivoit.</p><p>Le Patriarche Taraise, quoiqu'accablé de vieillesse &amp; de maladie, ne laissoit pas d'offrir encore le sacrifice, s'appuyant sur une table de bois que l'on mettoit devant l'<i>autel</i> ; ce qui montre qu'on n'eût osé s'appuyer sur l'<i>autel</i> même. Fleury. Comme les Martyrs étoient enterrés <pb n="443" facs="bpt6k8542165/f483/full/1200,/0/native.jpg"/>dans les cimetières, ce fut là particulièrement que les Chrétiens bâtirent des Eglises, lorsque Constantin leur eut donné une entière liberté ; &amp; on croit que c'est de cette coutume qu'est venue la règle qu'on observe aujourd'hui, de ne consacrer aucun <i>autel</i> sans y mettre des reliques des Martyrs. L'Eglise en a fait une loi dans le VIIe Concile Oecumenique : on y peut rapporter encore le Canon d'Afrique, qui défend de bâtir un <i>autel</i> sous le nom d'un Saint, à moins que ce ne soit le lieu de sa mort, ou qu'il n'y ait de ses reliques. Tillem.</p><p>On dit, Consacrer un <i>autel.</i> Il n'y a que l'Evêque qui consacre les <i>autels.</i> La consécration des <i>autels</i> est d'un usage très-ancien. Il en est parlé très-expressément dans un Decret qu'on attribue communément au Pape Evariste, qui gouvernoit l'Eglise au commencement du second siècle, &amp; que Gratien donne au Pape Hygin, qui est du milieu du même siècle, &amp; il n'en est point parlé comme d'une chose nouvelle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel Isolé , est un autel qui n'est adossé ni contre un mur, ni contre un pilier, &amp; qui a un contre-retable, comme dans la plupart des Eglises Cathédrales. <i>Ara insularia.</i> On appelle aussi, <i>autel isolé,</i> un autel qui est placé sous un dais, ou baldaquin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel Privilégié , est un <i>autel</i> auquel sont attachées quelques indulgences particulières. <i>Ara praerogativa.</i> Les Brefs d'<i>autels privilégiés</i> ne s'accordent que pour un jour la semaine, en faveur d'un <i>autel</i> d'une Eglise, en laquelle on dit sept Messes par jour ; ou pour deux jours, si on en dit quatorze ; ou pour trois jours, si on en dit vingt-une : on n'en accorde point au-delà, &amp; encore n'est-ce que pendant sept ans.</p><p>On appelle pierre d'<i>autel,</i> une pierre sur laquelle on pose le Calice &amp; la sainte Hostie pendant la Messe, &amp; dont on ne se peut servir qu'après qu'elle a été benite avec beaucoup de cérémonies. La table de l'<i>autel</i> est quelquefois soutenue d'une seule colonne, comme on le voit dans les chapelles souterraines de sainte Cécile à Rome, &amp; comme étoit à Constantinople, au rapport de Paul Diacre, l'<i>autel</i> de la mère de Dieu au Palais des Blaquernes. Quelquefois la table étoit soutenue de quatre colonnes, comme l'<i>autel</i> de S. Sébastien de <i>crypta arenaria</i> ; quelquefois enfin, &amp; c'est la forme la plus ordinaire, un corps de maçonnerie soutient la table de l'<i>autel</i> : ces sortes d'<i>autels</i> ressemblent à des tombeaux. C'étoit l'usage de l'Eglise, comme on l'a dit ci-dessus, de célébrer les saints mystères sur les tombeaux des Martyrs : &amp; quand on consacre une Eglise, on enferme encore dans l'<i>autel</i> avec de la maçonnerie des reliques des Martyrs : dans les Eglises qui ne sont pas consacrées, la pierre de l'<i>autel</i> sur laquelle on dit la Messe est marquée de croix, où il entre de la poudre des ossemens des Martyrs. C'est de ces Saints dont les reliques sont à l'<i>autel</i> que le Prêtre parle en baisant l'<i>autel</i> durant la prière qu'il dit après l'oblation.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel , se dit aussi figurément, pour le service, le culte, &amp; l'honneur que l'on rend à Dieu. <i>Honores divini.</i> Cet ambitieux, bien loin de refuser un trône, ne refuseroit pas des <i>autels,</i> ni tous les hommages qu'on rend aux Dieux. M. Scud.</p><p>On dit figurément d'une personne pour qui on a grand amour, estime ou vénération, qu'elle mérite des <i>autels,</i> qu'on lui veut élever un <i>autel.</i> Ils prophanent tes <i>autels</i> d'un indigne encens. Boil.</p><p>On appelle le Très-Auguste Sacrement de l'Eucharistie, le saint Sacrement de l'<i>Autel.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel , se dit proverbialement en ces phrases : Qui sert à l'<i>autel,</i> doit vivre de l'<i>autel</i> ; pour dire, qu'il faut trouver de quoi subsister dans sa profession. Cette expression est prise de l'Ecriture, 1. Cor. IX. 13. Elever <i>autel</i> contre <i>autel</i> ; pour dire, Faire un schisme, une division dans l'Eglise, dans une Communauté, y établir deux Supérieurs qui soient contraires. On dit d'un avare, d'un altéré du bien d'autrui, qu'il en prendroit sur l'<i>autel</i> ; pour dire, qu'il ne feroit point de difficulté de faire un sacrilége pour s'enrichir. On dit, Qu'on doit être amis jusqu'aux <i>autels</i> ; pour dire, qu'on ne doit pas servir ses amis aux dépens de sa conscience. On dit, Recourir aux <i>autels</i> ; pour dire, y chercher un asyle, y demander du secours, y chercher des consolations.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel , est aussi le nom qu'on donne à l'une des 15. constellations méridionales. <i>Ara.</i> Elle est composée de douze étoiles. Bayer n'en met que huit. Elle passe à notre horison sur le milieu de la nuit ; &amp; le méridien sur la fin de Juin. Les Poëtes disent que c'est l'<i>autel</i> sur lequel les Dieux prêterent serment de fidélité à Jupiter avant la Guerre contre les Titans, &amp; que ce Dieu le mit dans les astres après sa victoire. D'autres disent que c'est l'<i>autel</i> sur lequel Chiron le Centaure immola un loup, dont la constellation est dans le ciel proche de l'<i>autel.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel de la Prothèse . <i>Mensa Protheseos.</i> C'est le mot que les Grecs donnent à un petit <i>autel,</i> sur lequel ils benissent le pain avant que de le porter au grand <i>autel,</i> où l'on fait la liturgie. Le P. Goar néanmoins, dans ses notes sur l'Eucologue ou Rituel des Grecs, <i>pag.</i> 16. croit qu'on doit plutôt donner le nom de <i>table</i> que d'<i>autel,</i> à ce que les Grecs appellent <i>Prothesis,</i> &amp; que Genebrard a traduit par le mot Latin <i>altare.</i> En effet les Grecs ne célèbrent jamais la liturgie en un seul jour, que sur un <i>autel,</i> &amp; celui de la <i>prothèse</i> ne sert qu'à préparer le pain sur lequel le Prêtre fait plusieurs bénédictions. Le P. Goar prétend que cette table de la <i>prothèse</i> étoit autrefois dans la Sacristié, &amp; il le prouve par quelques exemplaires Grecs, où au lieu du mot de <i>prothèse,</i> on lit celui de <i>Sacristie,</i> ce qui a beaucoup de vrai-semblance ; &amp; en effet on préparoit autrefois dans les Sacristies de nos Eglises, aussi-bien que dans celles des Grecs &amp; des autres Orientaux, le pain qui étoit destiné au sacrifice. On faisoit cette préparation avec beaucoup de cérémonies. Voyez le mot de <i>pain.</i> Suicerus, dans son Trésor Eccles. &amp; du Cange dans son Glossaire Grec, sur le mot de <i>Prothesis,</i> ont parlé de ce petit <i>autel,</i> ou table de la <i>prothèse.</i> Meursius, dans son Glossaire sur le mot , <i>pain,</i> &amp; M. Simon, dans ses notes sur les Opuscules de Gabriel de Philadelphie, en ont aussi fait mention. Voyez le mot de <i>Don.</i></p><p>Ce nom d'<i>autel,</i> ou table de la <i>prothèse,</i> est pris apparemment de l'Ecriture, car les Septante appellent la table des pains de la <i>prothèse,</i> ce que nous appellons en notre langue la table des pains de proposition. C'est la signification de <i>prothèse,</i> . On y mettoit les pains que l'on offroit à Dieu, de même que les Grecs mettent sur celle-ci le pain qu'ils offrent pour être consacré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3711" id="10" type="">
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    <head>AUTEL</head>
    <p>
    Autel , s'est dit autrefois, &amp; se trouve dans l'histoire de l'onzième siècle, pour les oblations &amp; le casuel d'une Eglise ; dans ces temps-là les Monastères étoient en possession de plusieurs Eglises, dont les revenus avoient été usurpés par les Laïques, qui les leur avoient ensuite donnés, pour en décharger leur conscience. Le consentement de l'Evêque y étoit nécessaire. En le donnant il obligeoit les Moines a mettre dans chaque Eglise un Clerc capable de la desservir, &amp; à lui donner un entretien suffisant ; &amp; quelquefois l'Evêque se faisoit payer un droit en lui donnant l'institution, &amp; exigeoit des Moines le même droit à toutes les mutations de personne. Ce droit se nommoit rachat, à l'imitation du rachat des fiefs aux mutations de Seigneur, &amp; on le nommoit rachat d'<i>autels, Redemptio altarium,</i> parce qu'on distinguoit l'Eglise &amp; l'<i>autel.</i> On appelloit Eglise, les dîmes, &amp; les autres revenus fixes ; &amp; <i>autel,</i> les oblations &amp; le casuel. Fleury.</p><p>Les Payens ont distingué deux sortes d'<i>autels</i> pour les Sacrifices. Celui sur lequel on offroit des sacrifices aux Dieux, s'appelloit en Grec , &amp; étoit un véritable <i>autel,</i> différent de celui sur lequel on offroit des sacrifices aux Héros, qui étoit plus petit, &amp; qu'on nommoit en Grec . Pollux fait cette distinction d'<i>autel</i> dans son Onomasticon <i>liv.</i> 1. <i>chap.</i> 1. <i>num.</i> 5. Il ajoûte néanmoins que quelques Poëtes se sont servis du mot , pour marquer l'<i>autel</i> sur lequel on sacrifioit aux Dieux. La version des Septante se sert quelquefois de ce mot , pour signifier une forme de petit <i>autel,</i> qu'on peut exprimer en Latin par <i>craticula</i> : ce petit <i>autel</i> appellé , n'avoit aucune hauteur, &amp; étoit plutôt un foyer qu'un <i>autel,</i> comme Ammonius le remarque dans Harpocration sur le mot . <pb n="444" facs="bpt6k8542165/f484/full/1200,/0/native.jpg"/>Les Romains avoient aussi différens <i>autels.</i> Celui sur lequel on sacrifioit aux Dieux du Ciel s'appelloit <i>altare.</i> Celui sur lequel on offroit des victimes aux Dieux de la terre, se nommoit <i>ara.</i> Pour les Dieux des enfers on faisoit un trou en terre, où l'on égorgeoit les victimes ; &amp; ce trou s'appelloit <i>scrobiculus.</i> Voyez Horace Liv. I. Sat. VIIIe, v. 25.</p><p>Sur les médailles des Colonies on voit souvent au revers un <i>autel,</i> &amp; dessus un étendart élevé ; &amp; c'est la marque d'une Colonie, parce que la premiere chose que l'on faisoit, quand on établissoit une Colonie en quelque lieu, c'étoit d'y élever un <i>autel,</i> &amp; d'y faire des sacrifices. Dans une médaille singulière de Sarragosse frappée pour Auguste son Fondateur, il y a même trois <i>autels,</i> un plus grand, &amp; deux plus petits aux côtés. Sur le grand, qui est au milieu, un étendart ; &amp; sur les deux autres des boucliers élevés ou pendus à des bâtons comme l'étendart. Voyez <i>Vaill. Colon. T.</i> 1. <i>p.</i> 29.</p><p>L'Académie <i>de gli ardenti</i> à Naples, a pour devise l'<i>autel</i> d'Elie sur lequel le feu du Ciel descend, avec ce mot Grec, , <i>Non d'ailleurs,</i> pour marquer qu'ils ne sont ardens que du feu du ciel. Ce Corps n'est pas dans les règles de la devise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3712" id="1" type="">
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    <head>AUTENTIQUE</head>
    <p>
    AUTENTIQUE . Voyez <ref type="search" target="head:AUTHENTIQUE">AUTHENTIQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3713" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTEUR" />
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    <head>AUTEUR</head>
    <p>
    AUTEUR , s. m. &amp; f. Qui a créé ou produit quelque chose. <i>Auctor.</i> On le dit par excellence de la première Cause, qui est Dieu. L'<i>Auteur</i> de toute la nature. Le Souverain <i>Auteur</i> du monde. Ce mot vient d', <i>ipse.</i> L'<i>Auteur</i> est celui qui n'a pris son ouvrage d'aucun autre ; c'est celui qui l'a produit, qui l'a mis au jour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3713" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUTEUR" />
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    <head>AUTEUR</head>
    <p>
    Auteur , se dit en particulier de ceux qui sont les premiers inventeurs de quelque chose. On tient que Flavio de Melphe est l'<i>auteur</i> de la Boussole. Polydore Virgile a écrit huit livres de ceux qui ont été les <i>auteurs</i> &amp; inventeurs des choses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3713" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUTEUR" />
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    <head>AUTEUR</head>
    <p>
    Auteur , se dit aussi de ceux qui sont cause de quelque chose, ou qui ont dit quelque chose. Ce Ministre est l'<i>auteur</i> de ma fortune. Ce chicaneur est l'<i>auteur</i> de la ruine de votre maison. Des Chefs de diverses nations, &amp; indépendans entr'eux, s'opposent le plus souvent aux conseils dont ils ne sont pas les <i>auteurs.</i> Saraz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3713" id="4" type="">
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    <head>AUTEUR</head>
    <p>
    Auteur , se dit aussi des Chefs d'un parti, d'une opinion, d'une conspiration, d'un bruit qui court. Pythagore est <i>auteur</i> de l'opinion de la Métempsycose. Quand on a découvert quelque conjuration, il en faut punir sévèrement les <i>auteurs.</i> Celui-là est l'<i>auteur</i> du vol ; les autres n'en sont que les complices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3713" id="5" type="palais">
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    <head>AUTEUR</head>
    <p>
    Auteur , en fait de Littérature, se dit de tous ceux qui ont mis en lumière quelque livre. Maintenant on ne le dit que de ceux qui en ont fait imprimer. Il faut respecter les <i>Auteurs</i> Sacrés. Les <i>Auteurs</i> modernes ont enchéri sur les Anciens. Les <i>Auteurs</i> Latins ont beaucoup pillé les <i>Auteurs</i> Grecs. Cet homme s'est enfin érigé en <i>Auteur</i> ; il s'est fait imprimer. Les <i>Auteurs</i> sont sujets à se quereller, &amp; à se dire beaucoup d'injures. Les <i>Auteurs</i> les plus polis &amp; les plus exacts ne brillent pas toujours en conversation : ils ne disent presque rien, pour trop penser à ce qu'ils veulent dire. Bouh. Les <i>Auteurs</i> accoutumés à rêver profondément, afin de bien tourner une pensée, sont le plus souvent distraits, &amp; gardent un silence morne dans une conversation enjouée. Id. C'est peut-être ce qui a contribué à décrier la qualité d'<i>Auteur.</i> Car elle se prend quelquefois en mauvaise part, &amp; c'est plutôt une injure qu'une louange. On entend par-là un homme qui ne raisonne pas comme les autres ; qui pense tout autrement que le reste du monde ; qui ne parle point naturellement, &amp; qui est fort entêté de lui-même. C'est ce qui a fait dire à M. Pascal, que quand on voit un style naturel, on est tout étonné, parce qu'on s'attendoit de voir un <i>Auteur,</i> &amp; qu'on trouve un homme. Il faut plus que de l'esprit pour être <i>Auteur.</i> La Bruy. Les adorateurs de l'antiquité ne se piquent que du talent de bien entendre un vieux <i>Auteur.</i> Perr.</p><p>Un <i>Auteur original,</i> est celui qui a le premier traité une matière, ou qui l'a mieux traitée qu'aucun autre, qui n'a point eu de modèle, ou pour les choses qu'il a dites, ou pour la manière dont il les a dites. C'est un bon préjugé pour le progrès des lettres dans un pays, quand il s'y rencontre en même-temps plusieurs <i>Auteurs originaux</i> qui servent de modèle aux autres. De Vig. Mar. Voyez <ref type="search" target="head:ORIGINAL">ORIGINAL</ref>.</p><p>On dit aussi d'une femme, qu'elle est <i>Auteur,</i> quand elle a fait quelque livre ou pièce de théatre. La Reine Marguerite fille d'Henri II. étoit <i>Auteur.</i> Mlle De la Vigne du Croisic est <i>Auteur</i> de plusieurs belles pièces de vers. Lorsqu'il s'agit d'une femme, on fait quelquefois ce nom féminin ; mais il faut en cela beaucoup de réserve. Plusieurs jeunes Dames de la Cour, dont l'<i>Auteur</i> (Madame Guyon) étoit <i>connue. Hist. de l'Egl. de Meaux, tom.</i> 1. <i>pag.</i> 490.</p><p>En termes de Palais , on appelle <i>Auteurs,</i> ceux dont on a acquis le droit de posséder quelque héritage par vente, échange, donation, ou autre contrat. On donne en Justice un délai pour appeller en garantie son <i>auteur.</i> On dit aussi à celui qui débite une méchante nouvelle, Il faut nommer votre <i>auteur,</i> autrement on croira que vous l'avez inventée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3713" id="6" type="">
   <index type="head" value="AUTEUR" />
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    <head>AUTEUR</head>
    <p>
    Auteur , se dit aussi dans une Généalogie. L'<i>Auteur</i> de la race d'une maison, d'une famille, est celui jusqu'auquel on remonte ; qui a été le premier qui l'a annoblie ; qui l'a fondée &amp; rendue illustre. <i>Gaput, stirps.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3714" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTHENTICITÉ" />
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    <head>AUTHENTICITÉ</head>
    <p>
    &#9758; AUTHENTICITÉ , s. f. Autorité solemnelle. Ce mot est très en usage, &amp; s'emploie dans le même sens que son adjectif <i>authentique.</i> Comme on dit un acte authentique, un arrêt authentique, on dit de même l'<i>authenticité</i> d'un acte, l'<i>authenticité</i> d'un arrêt, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3715" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUE" />
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    <head>AUTHENTIQUE</head>
    <p>
    AUTHENTIQUE , ou AUTENTIQUE, adj. m. &amp; f. Solemnel, célèbre. <i>Res certae fidei, certus, Authenticus.</i> Les vérités Chrétiennes sont fondées sur des témoignages <i>authentiques.</i> Le Parlement a donné un Arrêt <i>authentique</i> contre les jeux de hasard. Il y a un passage <i>authentique</i> dans un tel endroit pour confirmer cette proposition.</p><p>Ce mot est purement Grec, &amp; signifie, <i>qui a de l'autorité, qni mérite qu'on y ajoûte foi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3715" id="2" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUE" />
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    <head>AUTHENTIQUE</head>
    <p>
    Authentique , en termes de Jurisprudence , signifie, Revêtu de toutes les formes, &amp; qui est attesté par des personnes publiques ; auquel on ajoûte foi en Justice. <i>Auctoritates.</i> Il faut prouver ce qu'on allègue en Justice par des pièces <i>authentiques,</i> ou titres originaux. Un acte n'est point <i>authentique</i> &amp; exécutoire, s'il n'est en original, signé &amp; scellé. On a appellé aussi autrefois, Personnes <i>authentiques,</i> les Nobles &amp; les premiers de l'Etat, comme étant gens dignes de foi, &amp; dont l'autorité étoit reçue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3715" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUE" />
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    <head>AUTHENTIQUE</head>
    <p>
    Authentique , se dit particulièrement d'un sceau d'une Justice subalterne, &amp; d'un Tabellion, pour le distinguer du scel Royal. Contrat passé sous le scel <i>authentique,</i> non Royal, ne porte point d'hypothèque hors la Jurisdiction, comme prétendent quelques-uns.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3715" id="4" type="droit">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUE" />
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    <head>AUTHENTIQUE</head>
    <p>
    Authentique , en termes de Droit , est un nom qu'on a donné aux Novelles de Justinien. <i>Autenticae.</i> On ne sait pas trop pourquoi on les a appellées <i>Authentiques</i> ; Alciat prétend que c'est Accurse qui leur a imposé ce nom. Comme elles avoient été d'abord composées, &amp; rédigées en Grec, elles furent traduites en Latin par le Patrice Julien, qui trouvant qu'elles étoient écrites d'un style trop diffus, les abrégea, &amp; en renferma le sens en moins de paroles. Du temps de Bulgarus l'on en fit une version moins élégante, mais exacte, &amp; littérale. Accurse préféra cette traduction, qu'il appelle <i>Authentique,</i> par préférence <pb n="445" facs="bpt6k8542165/f485/full/1200,/0/native.jpg"/>à celle de Julien ; &amp; comme plus fidèle, &amp; plus conforme à l'original. Les <i>Authentiques</i> ou Novelles sont divisées en IX. collations, ou chapitres. Les Notaires qui obligent des femmes en quelques contrats, y mettent toujours cette clause, qu'elle renonce à l'<i>Authentique, Si qua mulier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3715" id="5" type="">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUE" />
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    <head>AUTHENTIQUE</head>
    <p>
    Authentique , pris substantivement se dit encore pour un Acte ou un écrit authentique. Cette relique n'est accompagnée d'aucun <i>authentique,</i> en sorte qu'elle est bien incertaine. <i>Hist. de l'Egl. de Meaux, Tom. I. p.</i> 225. L'<i>authentique</i> de sa Châsse porte, &amp;c. <i>Ibid. p.</i> 236.</p><p>On à dit <i>Authentique,</i> en vers, pour Loi en général, ou pour publicité, notoriété publique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3716" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AUTHENTIQUEMENT</head>
    <p>
    AUTHENTIQUEMENT , adv. D'une manière authentique &amp; publique. <i>Summâ fide.</i> Il a déclaré cela en public &amp; <i>authentiquement.</i> Ce mariage s'est fait <i>authentiquement.</i> Il a prouvé <i>authentiquement</i> les faits par lui allégués. Ce Testament a été fait <i>authentiquement.</i> Le Maît.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3717" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUER" />
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    <head>AUTHENTIQUER</head>
    <p>
    AUTHENTIQUER , v. act. Rendre un acte authentique. <i>Auctoritatem dare, conciliare.</i> Quand on envoie un acte d'un Royaume dans un autre, ce n'est pas assez que des Notaires l'aient signé, il faut que le Magistrat l'<i>authentique,</i> qu'il y mette le sceau public, &amp; une attestation que ceux qui l'ont signé sont personnes publiques, aux actes desquels on ajoûte foi en Justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3717" id="2" type="">
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    <head>AUTHENTIQUER</head>
    <p>
    Authentiquer une femme, c'est la déclarer convaincue d'adultère. <i>Mulierem adulterii ream damnare.</i> La condamner selon l'Authentique <i>Ut nulli,</i> qui est la 134e Novelle de Justinien, à perdre sa dot &amp; ses conventions matrimoniales, &amp; à être rasée &amp; mise dans un Couvent pour y demeurer deux ans, pendant lesquels il est permis à son mari de la reprendre, à faute de quoi elle y doit demeurer renfermée à perpétuité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3717" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUTHENTIQUER" />
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    <head>AUTHENTIQUER</head>
    <p>
    Authentiqué, ée , part. passif &amp; adj. <i>Auctoritatem fidemque praeferens, nactus.</i></p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3718" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOCÉPHALE" />
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    <head>AUTOCÉPHALE</head>
    <p>
    AUTOCÉPHALE , s. m. <i>Autocephalus.</i> Ce mot est Grec, &amp; vient de , <i>ipse,</i> &amp; , <i>Caput,</i> &amp; signifie celui qui est lui-même Chef, n'en ayant point au-dessus de soi. C'est le nom que donnoient les Grecs à certains Archevêques qui étoient exemts de la jurisdiction des Patriarches ; qui ne leur étoient point soumis. Tel étoit l'Archevêque de Chypre, par un Decret du Concile d'Ephèse qui le tira de la jurisdiction du Patriarche d'Antioche. Il y avoit encore en Orient plusieurs autres Prélats <i>Autocéphales,</i> &amp; en Occident ceux de Ravenne s'attribuoient le même droit. Le sixième Concile, Canon 39. appelle cela avoir le même droit que le Patriarche ; quand il explique cependant ce droit plus en détail, il dit que ce n'étoit autre chose que d'avoir des Evêques sous sa jurisdiction. Cela veut dire que l'<i>Autocéphale</i> étoit métropolitain, &amp; n'avoit que des Evêques sous lui, &amp; non point des Archevêques ou métropolitains, comme avoit le Patriarche ; mais que néanmoins il étoit en quelque chose êgal au Patriarche, en ce qu'il n'étoit point soumis à un Patriarche. Les Evêques <i>Autocéphales</i> étoient principalement ceux de Bulgarie, de Chypre &amp; d'Iberie. Voyez Allatius <i>Lib. I. cap.</i> 25. <i>de utriusque Eccl. cons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3719" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="AUTOGRAPHE" />
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    <head>AUTOGRAPHE</head>
    <p>
    AUTOGRAPHE , s. m. Terme dogmatique , qui n'est en usage que dans les Colléges, ou chez les Notaires. <i>Scriptum autographum.</i> C'est l'original de quelque écrit. C'est ce qui est écrit de la main propre de quelque personne. Ainsi on peut dire que les <i>autographes</i> de S. Paul seroient quelque chose de fort curieux.</p><p>Ce mot est composé de deux mots Grecs, d', &amp; de .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3720" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOIR" />
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    <head>AUTOIR</head>
    <p>
    &#9758; AUTOIR , ou AUTOIS, s. m. Habillement de tête ou espèce de voile que les femmes du commun portent en différens endroits, sur-tout en Picardie, comme à Amiens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3721" id="1" type="mechanique">
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    <head>AUTOMATE</head>
    <p>
    AUTOMATE , s. m. Terme de Méchanique . Machine qui se remue par elle-même ; qui a en soi le principe de son mouvement ; comme une montre, une horloge à contrepoids, ou autres machines qui se meuvent par ressort. <i>Automatum.</i> Ce mot est purement Grec : plusieurs prononcent <i>aftomate</i> ; mais quoiqu'en dise Ménage, qui prononce de la sorte, il faut prononcer <i>automate</i> avec tous les meilleurs Auteurs. Au reste, ce terme d'<i>automate</i> est principalement consacré pour désigner les bêtes, que les Cartésiens prétendent être de pures machines, ou, pour parler plus précisément, de purs <i>automates.</i> On s'est d'abord fort soulevé contre cette opinion ; mais on commence à s'y accoutumer, &amp; même on ne la croit pas nouvelle. Si la régularité &amp; la subordination qui se remarquent dans la République des abeilles ne supposent pas un principe connoissant, qui m'empêchera de prendre pour des <i>automates</i> tous les ouvriers d'une manufacture ? P. Dan. Cette femme n'ouvre la bouche que par mesure ; il semble qu'elle agisse par ressorts, comme une machine : c'est un <i>automate.</i> Bell.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>ipse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3722" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOMNAL, ALE" />
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    <head>AUTOMNAL, ALE</head>
    <p>
    AUTOMNAL, ALE , adj. (L'M se prononce) Qui est propre à l'automne. <i>Autumnalis.</i> La partie <i>Autumnale</i> du Bréviaire contient le temps depuis le premier Septembre jusqu'à l'Avent. En Astronomie on dit section <i>automnale,</i> ou de la balance. Ce mot n'entre guère dans l'usage ordinaire. On dit même plutôt la partie d'Automne, que la partie <i>Automnale</i> d'un Bréviaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3723" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOMNE" />
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    <head>AUTOMNE</head>
    <p>
    AUTOMNE , s. m. &amp; f. Voiture &amp; Chapelain le font masculin, je le tiens hermaphrodite. Men. L'Académie Françoise le fait féminin, &amp; dit que quelques-uns le font masculin, sur-tout en Poësie. Troisième saison de l'année où on recueille particulièrement les vins &amp; les fruits d'hiver. <i>Autumnus. Automne</i> abondante en toutes sortes de fruits. Ablanc.</p><p>En quelques Provinces on a compté les années par les <i>automnes,</i> &amp; en d'autres par les hivers, comme chez les Saxons. Du Cange.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot du verbe <i>augeo, quòd frugibus annum augeat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3723" id="2" type="philosophie hermetique">
   <index type="head" value="AUTOMNE" />
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    <head>AUTOMNE</head>
    <p>
    Automne , en termes de Philosophie hermétique , signifie le temps auquel l'ouvrage est achevé. On dit l'<i>automne</i> des Philosophes pour marquer ce temps, qu'on appelle aussi le temps de la moisson, parce qu'alors on recueille le fruit de ses peines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3724" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="AUTORISATION" />
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    <head>AUTORISATION</head>
    <p>
    AUTORISATION , s. fém. <i>Autoritas.</i> Terme de Palais , qui ne se dit guère qu'en ces phrases : L'obligation que cette femme a passée, est nulle par le défaut de l'<i>autorisation</i> de son mari, parce qu'elle est sous sa tutelle par les loix du mariage. La vente d'un bien d'un mineur est sujette à l'<i>autorisation</i> d'un Tuteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3725" id="1" type="">
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    <head>LETTRES D'AUTORISATION</head>
    <p>
    LETTRES D'AUTORISATION , sont des lettres qu'une femme obtient du Roi, ou des Juges, pendant l'absence ou au refus de son mari, pour administrer son bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3726" id="1" type="">
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    <head>AUTORISER</head>
    <p>
    AUTORISER , v. act. Donner puissance de faire quelque chose ; donner force &amp; vigueur à quelque loi, à quelque usage, à quelque cérémonie. <i>Auctoritatem dare, tribuere.</i> L'Empereur Justinien a <i>autorisé</i> la Compilation des décisions des Jurisconsultes anciens pour en composer les Loix du Digeste. Une femme ne peut contracter, ni agir en Justice, si elle n'est <i>autorisée</i> par son mari, ou à son refus, par Justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3726" id="2" type="">
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    <head>AUTORISER</head>
    <p>
    Autoriser , signifie aussi, Approuver. <i>Approbare, comprobare.</i> Les Loix <i>autorisent</i> les ventes des biens des mineurs quand elles sont à leur avantage. Il y a bien des abus que la coutume <i>autorise.</i> Le temps, le long usage, ne peuvent rien <i>autoriser</i> contre la Loi de Dieu, ou de Nature. Un Magistrat <i>autorise</i> le vice, quand il n'en fait pas la punition. Les Politiques ne manquent pas d'alléguer la raison d'Etat, pour <i>autoriser</i> tout ce qu'ils font sans raison. S. Evr. C'est une doctrine capable d'<i>autoriser</i> les vols domestiques. Pasc. Il ne voulut pas <i>autoriser</i> l'exemple de cette action. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3726" id="3" type="">
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    <head>AUTORISER</head>
    <p>
    Autoriser , avec le pronom personnel, signifie, Acquérir, usurper de l'autorité. <i>Arrogare sibi, vindicare auctoritatem.</i> Les Tyrans s'<i>autorisent</i> peu à peu en flattant les peuples. Les abus s'<i>autorisent</i> avec le temps jusqu'à un point qu'il est malaisé de les réformer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3726" id="4" type="">
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    <head>AUTORISER</head>
    <p>
    Autorisé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Auctoritatem nactus, Auctoritate praeditus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3727" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTORITÉ" />
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    <head>AUTORITÉ</head>
    <p>
    AUTORITÉ , s. fém. Droit qu'on a de commander, de se faire obéïr ; pouvoir, puissance, crédit. Auquel sens le mot d'<i>autorité</i> n'a point de pluriel. <i>Auctoritas.</i> Avoir une <i>autorité</i> absolue. Arn. User de son <i>autorité.</i> Le Maist. Tout bon Chrétien se doit soumettre à l'<i>autorité</i> de l'Eglise, &amp; tout bon sujet à l'<i>autorité</i> Royale. Il faut employer l'<i>autorité</i> des Loix contre les méchans. Les decrets se font par <i>autorité</i> de Justice. Les dérèglemens du peuple viennent de ceux qui les gouvernent : l'<i>autorité</i> de leur personne donne du poids à leurs exemples. Flech. S. Paul recommande aux Evêques de tempérer par la mansuétude ce que l'<i>autorité</i> a de sévère. Le P. Gail. Le Cardinal de Richelieu avoit affermi la sureté du peuple, &amp; l'<i>autorité</i> du Roi, par l'abaissement des Grands. Id. Il faut que celui qui règne ait un air d'empire &amp; d'<i>autorité.</i> La Bruy. La raison de l'homme sujette à mille égaremens, a besoin d'être guidée par l'<i>autorité.</i> Malb. Vous n'avez agi par <i>autorité,</i> que parce que vous savez qu'il est plus aisé de trouver des esclaves, que des raisons. Pasc. Ruiner, détruire l'<i>autorité</i> d'une personne. Arn. Donner de l'<i>autorité</i> à un mot. Vaug. Il y a des opinions populaires à qui l'on donne trop d'<i>autorité.</i> Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3727" id="2" type="">
   <index type="head" value="AUTORITÉ" />
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    <head>AUTORITÉ</head>
    <p>
    Autorité , se dit quelquefois de l'usage de ce droit, ou de son usurpation. Un homme n'en peut arrêter un autre de son <i>autorité</i> privée. Il est mal-séant de vouloir emporter toutes choses d'<i>autorité</i> absolue. Un mineur, une femme, ne peuvent agir que sous l'<i>autorité</i> de son tuteur, ou de son mari. Une procuration porte pouvoir &amp; <i>autorité</i> de faire les affaires d'autrui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3727" id="3" type="">
   <index type="head" value="AUTORITÉ" />
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    <head>AUTORITÉ</head>
    <p>
    Autorité , signifie aussi, le témoignage d'un Auteur qui a écrit ; ou quelque apophthegme, ou sentence d'une personne illustre qu'on cite, &amp; qu'on allègue dans un discours pour lui servir de preuve, ou d'ornement. En ce sens le mot d'<i>autorité</i> a un pluriel. Voilà bien des <i>autorités.</i> Il est toujours muni d'un grand nombre d'<i>autorités.</i> J'ai cent bonnes <i>autorités</i> pour prouver ce que j'avance. Les textes d'Aristote sont de grande <i>autorité</i> dans les Colléges. Les paroles qu'on rapporte de Socrate sont de grande <i>autorité</i> dans la Morale. Les passages de l'Ecriture sont d'une <i>autorité</i> décisive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3727" id="4" type="palais">
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    <head>AUTORITÉ</head>
    <p>
    Autorité . Terme de Palais , On appelle <i>Autorités,</i> les Ordonnances, les Loix, les Jugemens &amp; le sentiment des Docteurs, qui servent à approuver &amp; autoriser ce que l'on dit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3728" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOUR" />
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    <head>AUTOUR</head>
    <p>
    AUTOUR . Préposition qui s'emploie quand on parle de ce qui environne quelque chose, &amp; qui régit le génitif. <i>Circa, circum,</i> avec l'accusatif. <i>Autour</i> de l'Eglise. Abl. Le diadème se mettoit sur le front <i>autour</i> de la tête. On a bâti des murs &amp; des bastions <i>autour</i> de la ville. Les lignes de circonvallation se font <i>autour</i> de la place qu'on assiége. On a fait la Procession <i>autour</i> de l'Eglise. Ces joueurs étoient rangés <i>autour</i> de la table.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3728" id="2" type="">
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    <head>AUTOUR</head>
    <p>
    Autour , se dit aussi de l'espace qui est aux environs. Il n'y a point de fauxbourgs ni de bâtimens <i>autour</i> des places fortes. Il y a des fossés <i>autour</i> de ce château. On le dit encore de ce qui se meut dans cet espace. Il s'est allé promener <i>autour</i> du Cloître. La lune tourne <i>autour</i> de la terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTOUR</head>
    <p>
    Autour , se dit aussi des lieux voisins. Les ennemis sont campés tout <i>autour</i> de nous. Les Sergens rodent autour de cette maison. Il a regardé tout <i>autour</i> de lui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTOUR</head>
    <p>
    Autour , se dit aussi des personnes. Les grands ont <i>autour</i> d'eux quantité de Courtisans &amp; de flatteurs. Le voilà qui vient roder <i>autour</i> de vous. Mol.</p><p>Autour, est aussi quelquefois adv. Il a acheté une maison ici <i>autour.</i> Il tourne tout <i>autour,</i> &amp; n'entre point dedans.</p><p>On dit proverbialement, Tourner <i>autour</i> du pot ; pour dire, n'oser pas parler d'une chose, ou n'oser la faire ouvertement ; mais user de circonlocution pour sonder si elle sera agréable.</p><p>Ce mot vient de <i>tour,</i> de <i>tornus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3729" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOUR" />
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    <head>AUTOUR</head>
    <p>
    AUTOUR , s. m. En Fauconnerie, est un grand oiseau de poing qui est le plus grand après le gerfaut, qui sert à la basse volerie sur les faisans &amp; les perdrix. <i>Accipiter, asterias.</i> Il a les ailes courtes, la tête petite, le bec long, les serres noires, les jambes hautes, &amp; la queue longue. Il est de couleur fauve, &amp; semé de taches jaunes, la queue large, les yeux profonds ayant une rondeur noire. Les <i>autours</i> font leurs nids dans les forêts, &amp; dans les montagnes. Le bel <i>autour</i> doit être court, bien curé, bas assis, &amp; avoir les mahutes larges. L'<i>Autour niais</i> est celui qui est pris dans le nid : <i>Autour branchier,</i> celui qui est pris sur les branches de l'arbre, commençant à voleter : <i>Autour passager,</i> celui qui est pris au passage, soit au filet, ou autrement : <i>Autour fourcheret,</i> celui qui est de moyenne taille entre formé, &amp; tiercelet : quelques-uns l'appellent <i>Second.</i> On donne à l'<i>autour</i> la qualité de <i>Cuisinier,</i> car il prend force perdrix. On dit que l'<i>autour</i> empiète, &amp; que le faucon lie le gibier. Au reste, il n'y a que la femelle de cette sorte d'oiseau de proie qui s'appelle <i>autour.</i> Le mâle s'appelle <i>Tiercelet</i> ; mais parce qu'il y a d'autres oiseaux de proie, dont les mâles s'appellent aussi <i>Tiercelets,</i> il faut dire <i>Tiercelet d'autour,</i> pour le distinguer du faucon, du gerfaut, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3730" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOUR" />
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    <head>AUTOUR</head>
    <p>
    AUTOUR , est aussi une écorce qui approche de la canelle en figure &amp; en couleur ; mais elle est plus épaisse &amp; plus pâle, ayant en dedans la couleur de muscade cassée, avec beaucoup de petits brillants : son goût est presque insipide &amp; sans odeur. Elle est apportée du Levant : elle entre dans la composition du carmin avec le fouhan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3731" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOURSERIE" />
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    <head>AUTOURSERIE</head>
    <p>
    AUTOURSERIE , s. f. Art de dresser &amp; de faire voler les autours. <i>Accipitrum disciplina.</i> Plusieurs termes de l'<i>Autourserie</i> sont différens de ceux de la Fauconnerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3732" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUTOURSIER" />
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    <head>AUTOURSIER</head>
    <p>
    AUTOURSIER , s. m. Celui qui a soin de dresser, ou de faire voler les autours. <i>Accipitrum institutor.</i> La baguette des <i>Autoursiers</i> s'appelle <i>chasseoire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3733" id="1" type="">
   <index type="head" value="AU-TRAVERS, A-TRAVERS" />
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    <head>AU-TRAVERS, A-TRAVERS</head>
    <p>
    AU-TRAVERS, A-TRAVERS , Prépositions, dont la première régit le génitif, &amp; la seconde l'accusatif. <i>Per,</i> avec un accusatif. Elles signifient, par le milieu, tout au milieu. Il n'a de jour qu'<i>au-travers</i> des vitres. Il regarde <i>au-travers</i> des barreaux. Il lui a donné un coup d'épée <i>au-travers</i> du corps. Il perça tout <i>au-travers</i> d'un bataillon. Aller <i>à-travers</i> les bois, <i>à-travers</i> les champs. Ils marchent <i>à-travers</i> la bataille des Grecs. Abl. Il donne <i>à-travers</i> les purgations &amp; les saignées. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3734" id="1" type="">
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    <head>AUTRE</head>
    <p>
    AUTRE . Pronom relatif m. &amp; f. Différent, contraire, opposé. <i>Alius, alter.</i> Les corps célestes sont d'une <i>autre</i> nature que les corps sublunaires. C'est tout <i>autre</i> chose que ce que vous pensez.</p><p>Nicot dérive ce mot du Latin <i>alter,</i> ou du Grec . Le P. Pezron, <i>Ant. des Celtes,</i> dit que , <i>alius, autre,</i> vient des Celtes qui disent <i>all.</i> Mais <i>all</i> en Celtique signifie <i>tout,</i> &amp; non pas <i>autre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTRE</head>
    <p>
    Autre , signifie différent. <i>Autre</i> est la certitude que nous avons dans les connoissances humaines, <i>autre</i> est celle de la foi. Pelis. En ce sens il faut toujours le répéter deux fois, comme en cet exemple.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTRE</head>
    <p>
    Autre , se dit aussi pour signifier deux choses qui vont ensemble. Sa réputation s'étend de l'un à l'<i>autre</i> Pole. Ils s'en sont allés l'un &amp; l'<i>autre.</i> Dans les défilés on marche l'un après l'<i>autre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTRE</head>
    <p>
    Autre , se dit aussi par exclusion. On a raison de ne parler d'<i>autre</i> chose que de son salut. Pour être savant, il ne faut faire <i>autre</i> chose qu'étudier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTRE</head>
    <p>
    Autre , se dit en plusieurs phrases ordinaires. L'un vaut l'<i>autre</i> ; pour dire, qu'il n'y a point à choisir entre deux choses. Il y en a d'un &amp; d'<i>autre</i> ; pour dire, il y a du bon &amp; du mauvais. Je ne connois <i>autre</i> ; pour dire, c'est l'homme que je connois le mieux. C'est une <i>autre</i> affaire ; pour <pb n="447" facs="bpt6k8542165/f487/full/1200,/0/native.jpg"/>dire, qu'il n'y a pas la même raison d'en juger. Comme dit l'<i>autre,</i> c'est une citation populaire, quand on ne nomme point d'auteur. Il est devenu tout <i>autre,</i> c'est-à-dire, Il est bien changé, en bien, ou en mal. Il en fait bien d'<i>autres</i> ; pour dire, Il a d'<i>autres</i> détours, finesses, malices. A d'<i>autres</i> ; pour dire, Allez chercher ailleurs votre dupe. En voici d'une <i>autre</i> ; pour dire, Voici un nouveau détour qu'on nous apporte, une nouvelle affaire qu'on nous fait. C'est bien un <i>autre</i> homme ; pour dire, C'est un homme qui est bien plus considérable. On dit que des gens sont nés l'un pour l'<i>autre</i> ; pour dire, qu'ils sont de même humeur, qu'ils s'accordent bien. Prendre l'un pour l'<i>autre</i> ; pour dire, se méprendre. Je regarde cela d'un <i>autre</i> oeil ; pour dire, d'un <i>autre</i> biais ; je le vois d'une <i>autre</i> manière. On dit, qu'un homme dit d'un, &amp; fait d'<i>autre,</i> quand ses actions sont contraires à ses discours ; qu'il va de côté &amp; d'<i>autre</i> ; pour dire, que c'est un coureur, un intrigueur. On dit aussi, C'est un <i>autre</i> Mars, un <i>autre</i> Alexandre ; pour dire, C'est un nouveau Mars, un nouvel Alexandre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>D'AUTRE PART</head>
    <p>
    D'AUTRE PART , adverb. D'ailleurs, de part &amp; d'autre, des deux côtés. <i>Aliundè.</i> Entre un tel Demandeur d'une part, &amp; un tel Défendeur d'<i>autre part. L'autre jour,</i> se dit d'un des derniers jours passés.</p><p>On dit proverbialement, C'est une <i>autre</i> paire de manches ; pour dire, C'est une <i>autre</i> affaire. <i>Autre</i> chose est de dire, &amp; <i>autre</i> chose de faire ; pour dire, qu'il est plus difficile d'agir que de parler.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>D'AUTRE PART</head>
    <p>
    Autre-part , adv. Ailleurs. Vous dites que vous n'avez été que là : je vous ai vû <i>autre-part.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3736" id="1" type="">
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    <head>AUTREFOIS</head>
    <p>
    AUTREFOIS , adv. Anciennement, ou ci-devant. <i>Aliàs, olim.</i> Le luxe étoit bien moindre <i>autrefois</i> qu'à présent. Vous m'avez dit <i>autrefois</i> que, &amp;c. Ce mot se disoit <i>autrefois,</i> mais on ne le dit plus.</p><p>Autrefois, signifie aussi, Un autre temps. Je ne puis faire cela maintenant, ce sera pour une <i>autrefois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTREMENT</head>
    <p>
    AUTREMENT , adv. D'une autre manière. <i>Aliter, alio modo, alia ratione.</i> Il ne faut point être bourru, ni vivre <i>autrement</i> que les autres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTREMENT</head>
    <p>
    Autrement , se met quelquefois pour servir de condition, ou de menace. On résigne des Bénéfices avec réserve d'une telle pension, &amp; non <i>autrement,</i> ni d'une autre manière. Il faut vivre dans l'ordre, <i>autrement</i> on s'en repent. A l'égard des vérités Chrétiennes &amp; des promesses générales de Dieu ; il faut avoir une certitude entière, parfaite, être infailliblement assuré qu'on est dans la voie du salut ; <i>autrement</i> ce ne seroit plus religion &amp; foi divine, mais opinion &amp; connoissance humaine. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTREMENT</head>
    <p>
    Autrement , se dit aussi pour marquer de la médiocrité. Jusques ici pour obtenir des Licences il ne falloit pas être <i>autrement</i> savant en Droit. Il n'est pas fort en usage en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3738" id="1" type="">
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    <head>AUTRICE</head>
    <p>
    &#9758; AUTRICE , s. f. Mot que l'usage n'admet pas, pour signifier celle qui a composé un ouvrage d'esprit. J'avois déja lû plus d'une fois, Mademoiselle, la lettre sur les bons mots, insérée dans le Mercure du mois d'Avril dernier, lorsque Madame la Marquise de la S. ** me dit que vous en êtes l'<i>autrice.</i> Merc. <i>Juin</i> 1726. Il falloit dire l'<i>auteur</i> suivant le bon usage &amp; la décision de l'Académie Françoise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3739" id="1" type="">
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    <head>AUTRICHE</head>
    <p>
    AUTRICHE , s. f. <i>Austria.</i> Nom propre d'une Province d'Allemagne. Les Allemans l'appellent <i>Oesterrich,</i> ou <i>Osterrich.</i> Elle doit son nom à sa situation, car elle est la partie d'Allemagne la plus Orientale, &amp; <i>ost</i> signifie <i>Orient.</i> Voyez ce que nous avons dit au mot Austrasie. Les bornes de l'<i>Autriche</i> sont au Levant la Hongrie, au Nord la Moravie &amp; la Bohème ; au couchant le Duché de Bavière, &amp; l'Archevêché de Saltzbourg ; &amp; au Midi la Stirie. La Capitale de l'<i>Autriche</i> est Vienne. Il y a la haute &amp; la basse <i>Autriche.</i> La haute <i>Autriche, Austria superior,</i> ou <i>Cisdanubiana,</i> est la partie d'<i>Autriche</i> qui est au Midi, ou à la droite du Danube, &amp; la basse <i>Autriche, Austria inferior,</i> ou <i>Transdanubiana,</i> est celle qui est au Nord, ou à la gauche du même fleuve. D'autres disent que la haute <i>Autriche</i> est la partie Orientale de cette Province, &amp; ils appellent la partie Occidentale la basse <i>Autriche.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Maty">Maty</ref>.</p><p>L'<i>Autriche</i> n'a eu d'abord que des Comtes, qui n'étoient même que des Gouverneurs envoyés par les Empereurs ; ensuite elle a eu des Marquis, puis des Ducs, &amp; enfin des Archiducs ; on ne sait pas bien quand ceux-ci ont commencé. On dit que c'est Maximilien premier qui en 1459. donna le titre d'Archiduché à l'<i>Autriche.</i></p><p>La Maison d'<i>Autriche</i> est une maison illustre d'Allemagne, qui descend de Rodolphe Comte d'Hapsbourg, qui fut élû Empereur en 1299. Rodolphe qui avoit été, à ce que l'on dit, domestique d'Ottocare, Roi de Bohème, lui enleva l'<i>Autriche</i> en 1273. &amp; la donna à son second fils Albert, duquel sont descendus les deux branches de la Maison d'<i>Autriche,</i> dont l'une tient l'Empire depuis long-temps, &amp; l'autre a regné en Espagne depuis Charles I. jusqu'à Charles II. Rodolphe Comte d'Hapsbourg a commencé la grandeur de la Maison d'<i>Autriche,</i> &amp; a transmis à ses descendans le nom d'<i>Autriche,</i> en leur en donnant le Duché qu'il conquit sur Ottocare Roi de Bohème, dont on dit qu'il avoit été domestique, <i>Magister aulae.</i> De la Chapp. Les Anglois ont-ils quelque droit à la succession d'Espagne ! Que leur importe que la Maison de France, ou la Maison d'<i>Autriche</i> la recueille ? Id. Voyez Lymnaeus, <i>Jus publicum Imperii L. II.</i> sur l'<i>Autriche,</i> &amp; la Maison d'<i>Autriche,</i> &amp; Imhoff, <i>Notitia Procer. Imp. Lib. I. cap.</i> 5.</p><p>Les pays héréditaires de la Maison d'<i>Autriche, Domus Austriacae patrimonium,</i> ou <i>ditiones haereditariae,</i> sont le Cercle d'<i>Autriche,</i> le Marquisat de Burgaw, le Landgraviat de Nellenbourg, le Brisgaw, l'Ornaw, &amp; les villes forestières, qui sont les pays que la Maison d'<i>Autriche</i> possède par droit de succession. L'Empire &amp; le Royaume de Hongrie sont electifs, &amp; celui de Bohème prétend l'être ; ainsi ils ne sont pas proprement, ou point du tout, pays héréditaires. Le Cercle d'<i>Autriche, Circulus Austriacus,</i> est une des neuf grandes Provinces qui composent l'Empire. On divise ce Cercle en deux parties : l'<i>Autriche intérieure,</i> qui comprend l'<i>Autriche,</i> la Stirie, la Carinthie &amp; la Carniole ; l'<i>Autriche extérieure,</i> qui n'est autre chose que le Tirol.</p><p><i>Autriche</i> s'est dit aussi autrefois de la Franconie, qu'on appelloit encore France Teutonique, &amp; qui par rapport à la France est <i>Autriche,</i> c'est-à-dire, Orientale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3740" id="1" type="">
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    <head>L'AUTRICHE</head>
    <p>
    L'AUTRICHE , s. f. Sorte de laitue. <i>Lactuca Austriaca.</i> L'<i>Autriche</i> se plante au mois d'Avril, &amp; ne monte pas si aisément en graine que d'autres laitues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3741" id="1" type="">
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    <head>AUTRICHIEN, ENNE</head>
    <p>
    AUTRICHIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Austrius, Austriacus.</i> Ce nom a trois significations aujourd'hui en François. 1°. Il signifie qui est d'Autriche, les peuples qui habitent l'Autriche. 2°. Il se prend pour les Princes de la Maison d'Autriche. Les <i>Autrichiens</i> ont regné environ 200. ans &amp; plus en Espagne. Que les <i>Autrichiens</i> sont éloignés d'arriver à l'une ni à l'autre de ces deux fins d'une guerre si furieuse ! De la Chapp. 3°. <i>Autrichien</i> se prend pour Partisan de la Maison d'Autriche. Charles, disent les <i>Autrichiens,</i> a-t-il dû, a-t-il pû changer dans la domination <i>Autrichienne,</i> ce que son Seigneur, son père, avoit sagement réglé ? Id. Il est aussi adjectif. Un Régiment <i>Autrichien.</i> Les Princes <i>Autrichiens.</i> La lipe <i>Autrichienne.</i> On a dit <i>Autrichois,</i> il n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3742" id="1" type="">
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    <head>AUTRUCHE</head>
    <p>
    AUTRUCHE , s. f. <i>Struthio camelus.</i> Grand oiseau qui a les ailes courtes, fort estimé pour ses plumes, qui servent d'ornement aux chapeaux, aux lits, aux dais, &amp;c.</p><p>L'<i>Autruche</i> a quelque chose de l'oie, mais est beaucoup plus grande. Elle a les jambes fort longues, &amp; le col de 4. ou 5. palmes de longueur. Marm. <i>Liv. I. ch.</i> 23. Les <i>autruches</i> se chassent en Afrique. Elles sont si communes au Pérou, qu'elles vont par troupes comme le bétail. Les Sauvages en mangent la chair ; &amp; leurs oeufs sont bons, quoique de difficile digestion. Les femelles sont presque toutes mêlées de gris, de noir &amp; de blanc. Les mâles sont blancs &amp; noirs, &amp; sont bien plus estimés, parce que leurs plumes sont plus larges &amp; mieux fournies, <pb n="448" facs="bpt6k8542165/f488/full/1200,/0/native.jpg"/>leurs bouts plus touffus, &amp; leurs soies plus fines. On ne les chasse qu'après leur mue, &amp; lorsque leur plumage est sec. Ce sont des oiseaux fort vîtes qu'on chasse avec des Barbes harpés comme levriers, qui les attrapent à la course. L'<i>autruche</i> se sert de ses ailes non pas pour voler, mais pour aider à sa course, lorsque le vent lui est favorable ; car alors elle s'en sert comme un navire fait de ses voiles. Marmol dit qu'elle s'en sert à courir, parce qu'elle s'en fouette en courant, &amp; qu'elle se pique aussi de quelques ergots ou éperons pour s'animer davantage. Xénophon rapporte que l'armée de Cyrus trouva proche de l'Euphrate beaucoup d'<i>autruches</i> ; qu'on leur donna la chasse avec les chevaux de l'armée les plus vîtes, sans pouvoir jamais les atteindre. On dit encore qu'elles prennent des pierres entre leurs ongles fendues, &amp; qu'elles les jettent contre ceux qui les suivent avec autant de violence que l'homme le plus fort.</p><p>Acarete Biscayen, dans la Relation de ses voyages dans la rivière de la Plata, &amp; de-là par terre au Pérou, dit qu'il y a une grande quantité d'<i>autruches</i> aux environs de Buenos Ayres ; que lorsqu'elles couvent &amp; que leurs oeufs sont prêts à éclorre, elles en cassent quatre qu'elles portent aux quatre coins du lieu où elles couvent ; qu'ils se corrompent, &amp; qu'il s'y engendre bientôt une grande quantité de vers, dont les petits de l'<i>autruche</i> se nourrissent, quand ils sont éclos ; &amp; que cela leur suffit, jusqu'à ce qu'ils puissent aller chercher leur nourriture. Cela confirme ce que dit Aelien, que l'<i>autruche</i> nourrit ses petits d'une partie de ses oeufs, mais il ajoûte que c'est de ceux qui ne se trouvent pas bons à couver. On a vû vers le Cap de bonne Espérance des oeufs d'<i>autruche</i> si gros, qu'un seul suffit pour donner à manger à sept hommes. On a fait la dissection de plusieurs <i>autruches</i> dans l'Académie des Sciences : la plus grande étoit de sept pieds &amp; demi de haut depuis la tête jusqu'à la terre. L'<i>autruche</i> a l'oeil comme l'homme en ovale, ayant de grands cils, &amp; la paupière d'enhaut mobile, contre l'ordinaire des oiseaux, avec une paupière au dedans, comme l'ont la plupart des brutes. Son bec est court &amp; pointu, sa langue petite, &amp; adhérante comme aux poissons ; ses cuisses grosses, charnues &amp; sans plumes, couvertes d'une peau blanche un peu rougeâtre, rayée par des rides qui représentent un reseau dont les mailles pourroient laisser entrer le bout du doigt. Ses jambes sont couvertes par-devant de grandes écailles en table, ses pieds fendus, &amp; composés seulement de deux doigts fort grands, &amp; aussi couverts d'écaille, avec des ongles aux grands doigts, &amp; non pas aux petits. Elle n'a pas des plumes de diverse sorte, comme les autres oiseaux, qui en ont de molles &amp; lanugineuses pour leur servir de fourrure, &amp; d'autres dures &amp; fermes pour voler. Celles de l'<i>autruche</i> sont toutes molles &amp; éfilées comme le duvet. Elles ne servent ni à voler, ni à les vêtir. Elles ont le tuyau justement au milieu de la plume : c'est pourquoi les Egyptiens représentoient la Justice par une plume d'<i>autruche.</i> La peau de son cou est de chair livide, couverte d'un duvet blanc clair-semé &amp; luisant, qui tient plus du poil que de la plume. Son corps est couvert de plumes noires, blanches &amp; grises. Celles qu'on voit d'autre couleur sont seulement teintes. Les grandes qui sortent des ailes &amp; de la queue sont ordinairement blanches. Celles du rang d'après sont noires. Celles qui garnissent le dos &amp; le ventre sont noires ou blanches. Ses flancs n'ont point de plumes, non plus que les cuisses, &amp; le dessous des ailes. Au bout de chaque aile il y a deux espèces d'ergots longs d'un pouce, cieux, &amp; ressemblans à de la corne, à-peu-près semblables aux aiguillons d'un porc-épic. Quant au dedans, on y a trouvé cinq diaphragmes ou cloisons qui divisent le tronc en cinq parties, dont quatre ont la situation droite de haut en bas, &amp; un cinquième situé en travers. Ses ventricules ont été trouvés remplis de foin, d'herbe, d'orge, de fèves, d'os, &amp; de cailloux, dont il y en avoit de la grosseur d'un oeuf de poule. On a trouvé dans un jusqu'à 70. doubles, la plupart usés &amp; consumés presque de trois quarts, &amp; rayés apparemment par leur frottement mutuel, plutôt que par érosion. Mais il faut remarquer que les <i>autruches</i> avalent le fer, de même que les autres oiseaux avalent les cailloux, pour aider à broyer leur nourriture, &amp; non pas pour s'en nourrir &amp; pour le digérer, comme ont crû les Anciens : au contraire elles meurent quand elles en ont beaucoup avalé. Diodore Sicilien appelle les <i>autruches,</i> des <i>Cerfs-oiseaux.</i></p><p>Le P. de Urreta, dans son Histoire d'Ethiopie, p. 45. prétend que les Anciens ont appellé les <i>autruches</i> Pégases ; &amp; que comme cet oiseau a des ailes, qu'il étend quand il court, &amp; qu'il y en a qui ont des oreilles de cheval, tout cela a donné occasion à la fable du cheval ailé nommé Pégase. Le même Auteur dit, Liv. I. ch. 26. qu'il est douteux si c'est un oiseau, parce qu'il a des ailes ; ou un animal terrestre, parce qu'il a des pieds de chameau ; que c'est pour cela qu'on l'appelle <i>struthio camelus,</i> c'est-à-dire, selon Isidore, Liv. XII. Etym. ch. 17. parce que c'est un animal terrestre qui a des plumes comme les oiseaux. Il y en a une quantité prodigieuse en Ethiopie, &amp; les Ethiopiens les nomment <i>Aostros,</i> &amp; c'est apparemment de-là que s'est formé le nom Espagnol <i>Abestruz,</i> &amp; le nom François <i>Autruche.</i> Elle pond au mois de Juin, met ses oeufs en terre, les couvre de sable, &amp; les abandonne ; c'est le soleil qui les fait éclorre. Ceux du pays disent, au rapport de Marmol, qu'elle a si peu de mémoire, qu'elle les oublie, mais qu'en courant deçà &amp; delà les femelles les couvent aux lieux où elles les rencontrent. Il est bien plus naturel de dire que l'<i>autruche</i> étant d'un poids énorme, elle romproit ses oeufs si elle les couvoit comme les autres oiseaux ; ainsi par un instinct naturel elle laisse au soleil le soin de faire éclorre ses petits. C'est pour cela que l'<i>autruche</i> est un symbole de cruauté &amp; d'oubli. Cet animal, dit Marmol, est fort simple, &amp; si sourd qu'il n'entend rien. Il dit qu'elle pond dix ou douze oeufs de la grosseur d'une grosse boule, &amp; quelques-uns moindres. Les Ethiopiens mangent ces oeufs, &amp; les tiennent pour un mets délicieux. On dit qu'ils font des vases des coques de ces oeufs ; Pierius dit même qu'ils en font des bonnets qu'ils portent, &amp; qu'ils estiment. La chair de l'<i>autruche,</i> dit encore Marmol, put, &amp; est gluante, particulièrement celle des cuisses ; mais tous les peuples de Numidie ne laissent pas d'en manger. Quand ils ont pris des petits, ils les élèvent, les engraissent, &amp; les mènent paître en troupes par le déserts : lorsqu'ils sont gras, ils les tuent &amp; les salent. La propriété qu'on lui attribue, de digérer le fer, a fait qu'on a pris l'<i>autruche</i> pour le symbole de patience dans les injures. On en fait encore le symbole de la justice, parce que toutes ses plumes, dit-on, sont égales, au lieu que dans les autres oiseaux, les unes sont petites, les autres sont grandes ; ou parce que le tuyau est justement au milieu de la plume.</p><p>On dit figurément à un homme qui mange beaucoup, ou des viandes difficiles à digérer, qu'il a un estomac d'<i>autruche.</i> Le Père Vanslebe, dans sa <i>Relation d'Egypte,</i> rapporte à la page 103. une chose fort particulière, en parlant des <i>autruches.</i> J'ai lû, dit-il, dans un vieux manuscrit Arabe, intitulé <i>Giauharet Innefisse,</i> que lorsque cet oiseau veut couver ses oeufs, il ne se met pas dessus, comme font les autres ; mais le mâle &amp; la femelle les couvent avec leur regard seulement, &amp; lorsque l'un des deux a besoin d'aller chercher sa nourriture, il avertit son compagnon par son cri, &amp; celui-ci reste &amp; continue à regarder les oeufs, jusqu'à ce que l'autre soit revenu ; &amp; de même encore quand celui-ci a besoin à son tour d'aller chercher sa nourriture, il avertit de la même manière son compagnon, afin qu'il demeure, &amp; afin qu'incessamment l'un d'eux soit toujours pour regarder les oeufs, jusqu'à ce que les poussins soient éclos. Car s'ils discontinuoient un moment, ils se corromproient, &amp; ils n'auroient aucun poussin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUTRUI</head>
    <p>
    AUTRUI , s. m. Le prochain, les autres hommes. <i>Alienus.</i> Ce mot est plus général qu'<i>autre.</i> Il ne s'applique jamais qu'aux personnes, &amp; toujours avec l'article indéfini. Vaug. T. Corn. Le bien d'<i>autrui</i> tu n'embleras, est un des Commandemens de Dieu. Il ne faut pas se décharger sur <i>autrui</i> de nos fautes personnelles. Dans les Lettres de Chancelerie le Roi met toujours cette clause, Sauf en autre chose notre droit, &amp; l'<i>autrui</i> en toutes. On dit aussi, Aller par <i>autrui ;</i> pour dire, subsister aux dépens d'<i>autrui,</i> soit en travaillant pour lui, soit en le servant actuellement. Vous autres Galands vous jugez d'<i>autrui</i> par vous-mêmes. Scar. Des personnes que nous estimons, nous ont envoyé leurs objections, &amp; celles d'<i>autrui.</i> Peliss.</p><p>C'est-à-dire, par tout autre que lui.</p><p>Ménage dérive ce mot du génitif <i>alterius,</i> en transposant les lettres, dont les Italiens ont fait aussi <i>altrui.</i></p><p>On dit proverbialement, Le mal d'<i>autrui</i> ne nous touche guère : Qu'il ne faut faire à <i>autrui</i> que ce qu'on voudroit qui nous fût fait. Qui s'attend à l'écuelle d'<i>autrui,</i> souvent dîne mal. On dit aussi, Le bien d'<i>autrui</i> n'est pas à nous.</p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="3744" id="1" type="">
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    <head>AUTUN</head>
    <p>
    AUTUN , s. m. <i>Augustodunum, Augusta Aeduorum, Hedua, Aedua. Civitas Aeduorum, Bibracte.</i> Nom propre d'une ville de Bourgogne. <i>Autun</i> est fort ancien. Le premier Auteur qui en parle, est Pomponius Mela : Tacite en fait mention comme d'une ville très-considérable sous Tibère. La fondation de cette ville est un point très-obscur, ou plutôt absolument inconnu. Ceux qui ont dit qu'elle avoit été bâtie par Samothes, fils de Japhet &amp; petit-fils de Noé, n'apportent aucune preuve de leur opinion. M. Baudot, dans la Dissertation dont nous parlerons, dit seulement qu'<i>Autun</i> est une ville très-ancienne : &amp; c'est en effet tout ce qu'on en peut assurer. Bien des gens croient qu'<i>Autun</i> est l'ancienne <i>Bibracte,</i> c'est le sentiment du P. de Saint Julien dans ses <i>Antiq. de Bourgogne.</i> M. Thomas, Chantre &amp; Official d'<i>Autun,</i> a entrepris de le prouver, dans un petit Livre intitulé, <i>De antiquis Bibracte seu Augustodini monumentis ;</i> &amp; il dit que c'est l'opinion des Savans. En effet, Mrs Sanson, Du Val, d'Ablancourt, les Pères Monet &amp; Labbe Jésuites, Cellarius, se sont déclarés pour <i>Autun.</i> Néanmoins Oronce Finé, Blaise Vigenère, Jean Passerat, Charles Estienne, M. de Salins &amp; quelques autres encore, croient que <i>Bibracte</i> est Baune ; mais ce sentiment, dit M. Thomas, ne mérite pas qu'on le réfute ; il est sans raison, dit M. de Valois dans sa Notice. D'autres la prennent pour Pebrac, bourg en Auvergne, &amp; d'autres pour Beuvray en Bourgogne ; sentimens qui ne paroissent avoir d'autre fondement que la ressemblance des noms. On imprima aussi en 1710. à Dijon une Dissertation de M. Baudot, où il prouve la même chose. Les principales raisons sont 1°, La marche de César en suivant les Suisses qui vouloient aller s'établir en Xaintonge. 2°, La situation d'<i>Autun,</i> la même que César décrit. 3°, Le nom de <i>dunum,</i> qui termine son nom, &amp; qui veut dire colline ; <i>Autun</i> est bâti sur une colline, adossée à une plus haute montagne. 4°, La grandeur &amp; la célébrité d'<i>Autun,</i> qui ne peut convenir ni à Baune, ni à aucune autre ville. 5°, Les restes superbes d'antiquité qu'on y voit. 6°, Enfin, deux marbres antiques &amp; une plaque de bronze avec des inscriptions qu'on y trouva il y a quelques années. L'un des marbres porte, DEAE BIBRACTI. L'autre, DEAE BIBRACTI SIGNATUM. Sur la plaque on lit, DEAE BIBRACTIP. CAPRIL PACATUS IIIIII VIR AUGUSTA. VSLM. Tout cela prouve en effet qu'<i>Autun</i> est l'ancienne Bibracte. Par-là tombe encore le sentiment de M. Mandajors Maire d'Alais, qui, dans ses nouvelles découvertes sur l'état de l'ancienne Gaule au temps de César, a prétendu montrer par la marche de ce Général à la suite des Suisses que Bibracte n'étoit point <i>Autun,</i> mais Pebrac, bourg aux confins de l'Auvergne &amp; du Gevaudan, parce que la bataille, dit-il, ne se donna point aux environs de Bibracte, mais à 5. ou 6. lieues de-là.</p><p>Coquille, dans son <i>Histoire du Nivernois,</i> prend un sentiment mitoyen, &amp; croit que l'ancienne Bibracte étoit sur la cime de la montagne de Beuvray, en laquelle, dit-il, encore aujourd'hui se tient une foire renommée par toute la France, qui représente beaucoup d'antiquité, car elle se tient chacun an le premier Mercredi du moi de Mai. Au temps du Paganisme (ce sont toujours les paroles de Coquille) les Marchands vouloient sacrifier &amp; faire leurs voeux à Maïa, Déesse, fille d'Atlas, &amp; à Mercure son fils, en ce mois de Mai, pour avoir leur faveur au trafic de leur marchandise. Le mois de Mai est, dit Maïus, en l'honneur de ladite Maïa, ainsi que dit Ovide au Ve Livre des Fastes. Mercure étoit le Dieu des Marchands, comme se voit au Prologue de l'Amphitryon de Plaute. Et on voit que cette foire est à jour de Mercredi, dit de Mercure, &amp; au mois de Mai, dit de Maïa. Il est vraisemblable, ajoûte-t'il, que les plus anciennes villes bâties après le déluge, aient été mises ès cimes des montagnes, &amp; depuis à cause de l'incommodité de ces lieux hauts aient été transférées en lieux plus bas &amp; de plus facile accès. Ainsi les Habitans de ce haut Beuvray se soient transférés au lieu où est de présent <i>Autun.</i> Coquille. Mais ce ne sont là que des conjectures, la plupart même assez foibles, quoique ingénieuses &amp; savantes. Au reste, Eumenius, dans les derniers mots de son panégyrique à Constantin, semble distinguer la capitale des Héduens de Bibracte. Je ne sai pourquoi M. Thomas ni M. Baudot n'ont point touché cette difficulté, qui a frappé quelques Savans, mais qui au fonds ne peut détruire leur sentiment : car le Panégyriste a très-bien pû comparer Bibracte avec elle-même, ce qu'elle avoit été, avec ce qu'elle étoit sous Constantin. <i>Bibracte quidem huc usque dicta est Julia, Pola, Florentia : sed Flavia est civitas Heduorum.</i></p><p>Quelques Auteurs prétendent encore qu'<i>Autun</i> est nommé <i>Aurelianum,</i> &amp; <i>Roma Celtica,</i> dans les Anciens ; mais d'autres croient que c'est plutôt Lyon, après lequel <i>Autun</i> tenoit le premier lieu dans la première Lugdunoise. Quoi qu'il en soit, le nom <i>Autun,</i> ou <i>Austun,</i> comme quelques-uns veulent qu'on écrive contre l'usage, <i>Autun,</i> dis-je, s'est formé du Latin <i>Augustodunum.</i> L'on a dit, <i>Augstdun, Augstun, Austun, Autun ; &amp; Augustodunum</i> est composé du Latin <i>Augustus,</i> &amp; du mot Gaulois <i>dun,</i> qui signifie <i>élévation, montagne,</i> parce qu'en effet <i>Autun</i> est au pied des montagnes appellées le mont Céniz ; ou comme parle M. Baudot, <i>Autun</i> est bâti sur une colline adossée à une haute montagne ; &amp; selon cet Auteur, c'est le desir de faire sa cour à Auguste qui lui fit prendre ce nom. Il ne paroît pas qu'on puisse douter de cette étymologie ; cependant Jean Picard, dans sa <i>Celtopédie,</i> p. 128. dit que Bartholomaeus Chassaneus, dans son Livre des <i>Coutumes de Bourgogne,</i> tire le nom d'<i>Autun, Augustodunum,</i> du Grec. Picard semble l'approuver, &amp; pour le confirmer il dit que l'autre nom de cette ville, <i>Hedua,</i> peut paroître venir aussi du Grec, , qui signifie <i>doux, agréable.</i> Mais Munier rejette avec raison ce sentiment, persuadé que le mot <i>Heduus</i> est purement Celtique.</p><p>Quelques Auteurs doutent si c'est Auguste fils adoptif de Jules César, ou quelqu'autre des Empereurs suivans, tous nommés Augustus, qui donna ce nom à cette ville ; mais puisqu'il paroît par Tacite que dès le temps de Tibère elle s'appelloit ainsi, elle ne peut avoir reçu ce nom que d'Auguste, ou de Tibère ; &amp; puisque dès le VIe Consulat de Tibère, c'est-à-dire, la septième année de son Empire, elle étoit révoltée, il ne semble pas probable que ce soit lui qui lui eût donné ce nom. Ainsi il faut que ce soit Auguste. Constantin lui donna ensuite celui de <i>Flavia civitas Heduorum,</i> (Voyez Eumenius dans les derniers mots de son remerciment à Constantin) ou seulement <i>Flavia Heduorum,</i> comme il dit dans les premiers mots de la même pièce ; &amp; les Citoyens s'appellèrent <i>Flavienses.</i> Dans la suite elle reprit son premier nom d'<i>Augustodunum,</i> qui lui est resté. <i>Autun</i> étoit anciennement la Capitale d'une des principales Républiques des Gaules. Il paroît par Tacite à l'endroit que j'ai cité, &amp; par Eumenius, qu'il y avoit à <i>Autun</i> une célèbre &amp; nombreuse Académie, où la jeunesse Gauloise alloit étudier. Il est vrai que dans le Panégyrique d'Eumenius, Rhénan &amp; Pighius attribuent cette gloire à Clèves, &amp; que le premier a mis <i>Augusto Cliviensium,</i> à la place d'<i>Augustodunensium.</i> Mais Juste Lipse les a très-bien réfutés dans sa note sur l'endroit de Tacite que j'ai indiqué. Les Druïdes y avoient leur Sénat. Le lieu où il se tenoit est celui qu'on appelle aujourd'hui le MontDru. <i>Mons Druidarum,</i> comme ce qu'on appelle le Janitoye étoit un temple de Janus, le Mont-Jou, un mont consacré à Jupiter ; &amp; Marchaut, un champ de Mars, <i>Martis campus. Autun</i> est situé sur une petite rivière nommée Arroux, &amp; que M. Thomas, dans le Livre que j'ai dit, écrit Arroux.</p><p><i>Autun</i> a eu des Comtes, sous l'autorité des Rois Bourguignons, <pb n="450" facs="bpt6k8542165/f490/full/1200,/0/native.jpg"/>qui passèrent la Saône &amp; le Rhône l'an de Jesus-Christ 414. Munier dit que quelque recherche qu'il ait faite, il n'a pû découvrir de Comtes d'<i>Autun</i> avant Attalus, dont parle Sidonius Apollinaris, ép. 18. &amp; qui, dit-il, étoit en charge l'an 460. <i>Autun</i> est un Evêché suffragant de Lyon. Sa longitude est 22d. 50'. Sa latitude 46d. 50'. selon la Carte de M. de Lisle. Voyez sur <i>Autun</i> le Panégyrique ou remerciment d'Eumenius à Constantin ; le Moine Henri, <i>Erricus Monachus,</i> dans le premier Liv. de la vie de saint Germain, D. <i>Thomae de Antiquis Bibracte seu Augustoduni monimentis libellus,</i> &amp; les <i>Recherches &amp; Mémoires servans à l'Histoire de l'ancienne ville</i> d'Autun, par Jean Munier, imprimé par Claude Thiroux à Dijon <i>in</i>-4°. 1660. Ce Livre contient trois parties ; la première traite de la République des anciens <i>Autunois</i> ; la seconde, des Comtes d'<i>Autun,</i> &amp; la troisième des hommes illustres d'<i>Autun.</i></p><p>
    </p>
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    <head>AUTUNOIS</head>
    <p>
    AUTUNOIS , s. m. <i>Augustodunensis pagus, tractus, ager.</i> Autrefois <i>Hedui.</i> Contrée du Duché de Bourgogne. Elle prend son nom d'Autun sa Capitale. L'<i>Autunois</i> est une partie du pays des anciens Héduens. Il confine avec le Nivernois, le Bourbonnois, le Charolois, le Châlonois, le Dijonnois, &amp; l'Aunois. Dumnorix l'un des plus grands Seigneurs de l'<i>Autunois.</i> Munier. César ayant levé le siége de Gergovie fit refaire des ponts sur l'Allier pour passer en l'<i>Autunois.</i> Id. Autrefois il comprenoit une longue étendue de pays, qui pouvoit contenir six bonnes journées de chemin du Septentrion au Midi, depuis la ville de Joigny en l'Auxerrois située sur la rivière d'Yonne, qui étoit limitrophe, &amp; faisoit les confins de ce côté-là, entre les Seigneuries de ceux d'Autun, &amp; de Sens, jusqu'à la rivière du Rhône. Pour sa largeur l'Autunois, ou la République Autunoise, contenoit un peu moins d'Orient en Occident, depuis la ville de Nantua, Chastillon, ou Boulogne, à une bonne journée de Genève, jusqu'à Ganat, ou S. Porsin proche de la rivière d'Allier, mais en deçà de cette rivière, laquelle séparoit la Seigneurie d'Autun de celle des Auvergnats ; car tout le Bourbonnois dépendoit de ceux d'Autun, &amp; étoit de leur vrai territoire, au rapport de César, Liv. I. &amp; 6. Le Rhône les distinguoit des Allobroges, la Saône des Séquanois, la rivière de Loire des Berruyers, celle d'Yonne des Sénonois &amp; le ruisseau de Seine des Langrois. Munier.</p><p>
    </p>
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    <head>AUTUNOIS, OISE</head>
    <p>
    AUTUNOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est d'Autun, ou de l'<i>Autunois. Augustodunensis,</i> anciennement <i>Heduus.</i> Cet ancien peuple que les Latins ont appellé <i>Hedui</i> en leur langue, &amp; les Interprètes François, Héduois, ou d'un mot plus extensif <i>Autunois,</i> étoit le plus hardi, le plus courageux, le plus noble &amp; relevé de la Celtique. Munier. L'Aristocratie des anciens <i>Autunois</i> a été l'une des plus illustres de l'Europe. Id. Les anciens <i>Autunois</i> appelloient leur souverain Magistrat <i>Vergobret,</i> &amp; nous aujourd'hui par syncope <i>Vierg.</i> Id. Les <i>Autunois</i> étoient frères du peuple Romain. <i>Cic. ad Att. Lib. I. ep.</i> 16. <i>ad Treb. Lib. VII. ep.</i> 10. Tacite, <i>Annal. Lib. XI. c.</i> 25.</p><p>
    </p>
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    <head>AUTUNOIS, OISE</head>
    <p>
    AUTUNOIS, OISE , adj. La République <i>Autunoise.</i> Mun. Divitiacus, Liscus, Convictolitanes, Litavicus, &amp; autres Princes <i>Autunois.</i> Id. César fit assassiner le vaillant Dumnorix, chef des troupes <i>Autunoises.</i> Id.</p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="3748" id="1" type="">
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    <head>AUVENT</head>
    <p>
    AUVENT , s. m. Petit toit fait de planches, qu'on met au-dessus des boutiques pour les garantir de la pluie, &amp; du Soleil. <i>Umbraculum, velum, tentoriolum.</i> Les <i>auvens</i> des Marchands avancent sur la rue. On a dit autrefois <i>ôtevent,</i> &amp; Nicot veut qu'on le prononce ainsi, parce qu'il rabat &amp; ôte la force du vent. Ménage prouve aussi cette même étymologie. Ducange dit qu'il vient de <i>advanna, quod advanni alti instar suspendatur ;</i> &amp; que dans les anciens titres on trouve <i>avaut-vant.</i> Quelques-uns veulent qu'il vient d'<i>avancer, avance.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3749" id="1" type="">
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    <head>AUVERGNAT, ATE</head>
    <p>
    AUVERGNAT, ATE , s. m. &amp; f. Qui est d'Auvergne. <i>Arvernus.</i> Les <i>Auvergnats</i> sont laborieux &amp; adroits. Quand on parle des anciens habitans de l'Auvergne, <i>Arverni,</i> il ne faut point dire <i>Auvergnat,</i> mais <i>Arverne,</i> ou <i>Arvernien.</i> C'est ainsi qu'en usent nos bons Auteurs récens. Bellovèze fit nombrer sa Colonie qui étoit composée de Bituriges, d'<i>Arvernes,</i> de Sénonois, d'Eduens, d'Ambarres, de Carnutes &amp; d'Aulerques Cenomans ; c'est-à-dire, de gens du Berry, de l'Auvergne, de Sens, d'Autun, de Châlons sur Saône, de Chartres, du Mans. Cordemoy. Munier, dans ses <i>Recherches sur la ville d'Autun</i> dit toujours <i>Auvergnat.</i> César s'empara des Gaules sous prétexte de donner du secours aux Autunois contre les <i>Auvergnats,</i> Séquanois &amp; Allemans. Munier. La rivière d'Allier séparoit la Seigneurie d'Autun de celle des <i>Auvergnats.</i> Id. Je crois qu'il est mieux de ne le point imiter. Les <i>Arvernes,</i> si l'on en croit Lucain, Liv. I. v. 427. se disoient originaires des Troyens, &amp; frères du Peuple Romain.</p><p>De Valois, dans sa <i>Notice des Gaules,</i> croit que Lucain se trompe, &amp; qu'il a mis les <i>Arvernes</i> pour les Héduens, ou Autunois. Il est vrai que Cicéron, dans une Lettre à Trébatius, Liv. VII. ép. 10. &amp; dans la 16. du 1r Liv. à Atticus ; &amp; Tacite, Liv. XI. <i>Ann.</i> c. 25. disent que les Héduens, ou Autunois, étoient frères du Peuple Romain ; mais d'autres qu'eux prirent ou reçurent cette qualité ; &amp; Juste-Lipse, dans ses Notes sur Tacite, montre à l'endroit que j'ai cité, que cet Historien s'est trompé, quand il a dit que les Héduens étoient les seuls qui l'eussent eue. Une ancienne inscription la donne aux Bataves : les <i>Arvernes</i> ont bien pû l'avoir aussi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUVERGNE</head>
    <p>
    AUVERGNE , s. f. <i>Alvernia, Arvernia.</i> Grégoire de Tours l'appelle <i>Regio Arvernorum, Territorium Arvernum.</i> Les Ecrivains qui ont été sous la seconde race, la nomment <i>Pagus Arvernicus.</i> L'ancienne <i>Auvergne</i> étoit un grand pays de l'Aquitaine, qui avoit au Nord le Berry &amp; le Bourbonnois, au Couchant le Limousin, le Perigord &amp; le Quercy ; au Midi le Languedoc, &amp; au Levant le Lyonnois. Strabon dit que l'Empire d'<i>Auvergne</i> s'étendoit depuis la Loire jusqu'à Marseille. Aujourd'hui l'<i>Auvergne</i> est une Province du Gouvernement de Lyon, bornée par le Bourbonnois au Nord, la Marche, le Limousin &amp; le Quercy au Couchant, le Rouergue &amp; le Gevaudan au Midi, le Velay &amp; le Forêt au Levant. L'<i>Auvergne</i> a titre de Comté. Elle a été souvent réunie à la Couronne, &amp; pour la dernière fois en 1606. par la donation que la Reine Marguerite en fit au Dauphin de France, qui fut depuis Louïs XIII.</p><p>Il y a la haute &amp; basse <i>Auvergne.</i> La haute <i>Auvergne</i> est du côté du Couchant, &amp; s'appelle ainsi, parce qu'elle est pleine de montagnes. La basse <i>Auvergne</i> comprend la Combraille, vers les confins de la Marche &amp; du Bourbonnois, &amp; la Limagne, le long des deux bords de l'Allier &amp; de la Dore, à l'Orient de l'<i>Auvergne.</i> Les Fromages d'<i>Auvergne</i> sont estimés.</p><p>Le Dauphiné d'<i>Auvergne</i> est un petit Canton de la basse <i>Auvergne</i> près de l'Allier &amp; de la ville d'Issoire.</p><p>Ce mot, <i>Auvergne,</i> s'est formé du Latin <i>Alvernia,</i> en changeant à l'ordinaire <i>al,</i> en <i>Au,</i> &amp; mouillant l'<i>n,</i> comme en beaucoup d'autres mots.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUVERNAS</head>
    <p>
    AUVERNAS , ou plutôt AUVERNAT, s. m. Vin fort rouge &amp; fumeux qui vient d'Orléans, qui n'est bon à boire que sur l'arrière-saison, ce qui fait qu'on l'appelle aussi <i>Vin de cerneau. Vinum arvernum.</i> Les Cabaretiers s'en servent à colorer leurs vins blancs. Il est fait de raisins noirs qu'on appelle du même nom, parce que le plan est venu d'Auvergne. Leur couleur les fait appeller ailleurs <i>Morillon,</i> &amp; <i>Pineau</i> en Auvergne. D'un <i>Auvernat</i> fumeux m'apporte un rouge bord. Boil. Il y a un <i>Auvernat</i> gris d'Orléans, qu'on appelle ailleurs <i>Malvoisie,</i> qui est un raisin gris fort sucré, &amp; le plus fondant de tous les raisins.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUVESQUE</head>
    <p>
    AUVESQUE , s. m. Espèce de cidre excellent qui se fait dans le Bessin en Basse-Normandie. Du Moulins, dans son Discours de la Norm. p. 5. au commencement de son <i>Hist. de Normandie,</i> dit sur le Bessin : Le cidre y est si excellent, principalement le doux <i>auvesque,</i> &amp; l'ameleon, que les plus délicats le préfèrent à beaucoup de vins.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUVRY</head>
    <p>
    AUVRY , s. m. Voyez AUDRY &amp; AUBRINX. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUXERRE</head>
    <p>
    AUXERRE , s. m. <i>Altissiodorum,</i> ou <i>Altissiodurum, Autissiodorum.</i> Nom propre d'une ville Episcopale de Bourgogne, située sur le penchant d'une colline, au pied de laquelle coule la rivière d'Yonne. Quelques Auteurs disent que l'éminence sur laquelle est aujourd'hui l'Evêché, s'est appellée autrefois <i>Autricum,</i> &amp; qu'elle a donné à la ville le nom d'<i>Autrica,</i> d'autres disent <i>Autricum.</i> Ammien Marcellin, qui est le premier qui en parle, la nomme <i>Autissiodorum,</i> ou <i>Autessiodorum.</i> Quelques-uns disent que ce nom lui est venu de ses eaux ; que <i>dur,</i> en langue Bretonne, qui est la même chose que la Gauloise, signifie <i>eau.</i> D'autres disent qu'il est composé de <i>Dorum,</i> qui en Gaulois signifioit <i>porte,</i> de même que <i>Thor</i> ou <i>Thur,</i> en Allemand ; &amp; de <i>Isan</i> ou <i>Isen,</i> qui veut dire fer : de sorte qu'<i>Autissiodorum, Auxerre,</i> signifie <i>porte de fer.</i> La longitude d'<i>Auxerre</i> est 24 deg. 41' &amp; sa latitude 46. deg. 20'.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUXERROIS, OISE</head>
    <p>
    AUXERROIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est d'Auxerre ou de l'Auxerrois. <i>Altissiodorensis.</i> Saint Germain l'<i>Auxerrois,</i> c'est Saint Germain Evêque d'Auxerre ; &amp; à Paris Saint Germain l'<i>Auxerrois,</i> est une Paroisse dont ce Saint est Patron. Saint Germain l'<i>Auxerrois</i> est la Paroisse du Louvre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AUXERROIS</head>
    <p>
    AUXERROIS , s. m. <i>Altissiodorensis pagus,</i> ou <i>ager.</i> L'<i>Auxerrois</i> est une Contrée du Duché de Bourgogne renfermée entre l'Auxois, le Nivernois, la Puisaie, &amp; la Champagne, &amp; qui tire son nom d'Auxerre, qui en est la capitale. L'<i>Auxerrois</i> a eu ses Comtes particuliers, qui le vendirent à Charles V.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3757" id="1" type="grammaire">
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    <head>AUXILIAIRE</head>
    <p>
    AUXILIAIRE , adj. m. &amp; f. Qui vient au secours. <i>Auxillaris.</i> Un Prince doit plus se fier à ses soldats qu'à ses troupes <i>auxiliaires.</i> Outre les raisons principales, on se sert quelquefois heureusement des moyens <i>auxiliaires,</i> ou subsidiaires. Chez vous les injures sont les troupes <i>auxiliaires</i> de la raison. s. Evr.</p><p>En termes de Grammaire , on appelle Verbes <i>auxiliaires,</i> ceux qui servent à conjuguer les autres, comme sont les verbes <i>Etre,</i> &amp; <i>Avoir,</i> tant en François qu'en Italien &amp; en Espagnol. Ils sont communs à toutes les langues vulgaires de l'Europe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3758" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUXOIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>AUXOIS</head>
    <p>
    AUXOIS , s. m. <i>Alexiensis tractus.</i> Petit pays du Duché de Bourgogne, entre l'Autunois, le Dijonnois, l'Auxerrois &amp; la Champagne. La ville d'<i>Alexia,</i> si fameuse dans les Commentaires de César, étoit autrefois dans ce pays à l'endroit où nous voyons aujourd'hui le bourg d'Alize. C'est du nom <i>Alexia</i> que s'est formé celui d'<i>Auxois.</i> Voyez les <i>Antiquités de Bourgogne,</i> par le P. de S. Julien, pag. 217.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3759" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUXONE" />
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    <head>AUXONE</head>
    <p>
    AUXONE , s. f. <i>Aussona.</i> Prononcez <i>Aussone</i> ; quelques-uns même écrivent ainsi. Petite ville du Duché de Bourgogne, à cinq lieues de Dijon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3760" id="1" type="">
   <index type="head" value="AVY" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AVY</head>
    <p>
    AVY , s. m. Nom propre d'homme. <i>Avitus.</i> Saint <i>Avit,</i> ou comme on l'écrit Saint <i>Avy,</i> étoit fils d'un Laboureur de Beauce. Baill. Celui-ci fut Abbé de Micy, ou de Saint Mesmin. Il y en a un autre qui le fut de Châteaudun. On appelle encore ainsi Alcime <i>Avit</i> Evêque de Vienne. M. Baillet écrit <i>Avy,</i> &amp; M. Chastelain toujours <i>Avit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3761" id="1" type="">
   <index type="head" value="AUZUBA" />
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    <head>AUZUBA</head>
    <p>
    AUZUBA , s. m. Arbre spacieux, qui croit dans l'Isle nommée Hispaniole. Il porte un fruit assez doux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3762" id="1" type="geometrie & d'astronomie">
   <index type="head" value="AXE" />
   <index type="src_domain" value="geometrie & d'astronomie" />
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   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>AXE</head>
    <p>
    AXE , s. m. <i>Axis.</i> Terme de Géométrie &amp; d'Astronomie . C'est la ligne qui passe par le centre d'une sphère, ou d'un globe ; comme la ligne qui traverse le globe de la terre. Toute la machine du monde tourne &amp; fait son mouvement journalier autour de cet <i>axe.</i> Les deux extrémités aboutissent à deux points qu'on nomme <i>poles.</i> L'<i>axe</i> du monde va d'un pole à l'autre en passant par le centre. L'<i>axe</i> de l'Equateur est immobile ; l'<i>axe</i> de l'Horison est variable &amp; mobile. L'<i>axe</i> du Zodiaque en traversant la terre, ne se termine pas aux poles du monde ; les poles du Zodiaque sont éloignés des poles du monde de vingt-trois degrés &amp; demi. En Géométrie on dit l'<i>axe</i> déterminé ; l'<i>axe</i> indéterminé. L'<i>axe</i> conjugué ; l'<i>axe</i> second d'une hyperbole. Voyez <ref type="search" target="head:HYPERBOLE">HYPERBOLE</ref>. Le grand <i>axe</i> de l'ellipse est la ligne droite qui en représente la longueur ; &amp; le petit <i>axe,</i> la ligne qui en représente la largeur. On observe dans le Ciel un mouvement fort lent qu'on appelle, <i>inclination de l'axe.</i></p><p>On le dit aussi des roues, cones, cylindres, &amp; autres figures qui se meuvent en rond ; &amp; on l'appelle en ce sens <i>aissieu</i> plus ordinairement. L'<i>axe</i> d'un cylindre, c'est une ligne droite immobile, autour de laquelle en tournant un parallélograme, sa révolution forme un cylindre. L'<i>axe</i> d'une section conique, c'est une ligne qui passe au milieu de la figure, &amp; qui est perpendiculaire aux ordonnées. L'<i>axe</i> de quelque figure que ce soit, c'est une ligne droite que l'on conçoit passer du haut de la figure à sa base.</p><p><i>Axe</i> de circonvolution, c'est une ligne imaginaire, autour de laquelle on conçoit que tourne un plan, &amp; qu'en tournant il fait un solide. Ainsi on conçoit qu'une sphère est faite par la révolution d'un demi-cercle autour de son diamètre, &amp; ce diamètre en est l'<i>axe.</i> Un cone est fait par la révolution d'un triangle à angle droit, autour de sa perpendiculaire, &amp; ainsi du reste. On dit le second <i>axe,</i> ou l'<i>axe</i> droit, ou l'<i>axe</i> conjugué dans les hyperboles &amp; les ellipses. C'est une ligne parallèle aux ordonnées, &amp; qui passe par le milieu du premier <i>axe,</i> &amp; le coupe à angle droit en deux parties égales.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3762" id="2" type="">
   <index type="head" value="AXE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>AXE</head>
    <p>
    Axe , ou Aissieu, se dit en Anatomie de la troisième vertèbre du cou : elle est ainsi appellée, parce que c'est elle qui commence à former un corps, sur lequel les deux premieres vertèbres, &amp; la tête sont portées comme sur un aissieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3762" id="3" type="architecture">
   <index type="head" value="AXE" />
   <index type="src_domain" value="architecture" />
   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>AXE</head>
    <p>
    Axe spiral . Terme d'Architecture . C'est dans la colonne torse l'<i>axe</i> tourné en vis pour en tracer les circonvolutions au dehors. L'<i>axe</i> dans le chapiteau Ionique, est la ligne, qui tombant à plomb, passe par le milieu de l'oeil de la volute. On l'appelle aussi <i>cathète.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3762" id="4" type="">
   <index type="head" value="AXE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>AXE</head>
    <p>
    Axe , se dit aussi en Optique du rayon visuel qui passe droit dans le centre de l'oeil, &amp; qui y tombe perpendiculairement, sans faire aucune réfraction dans le cristallin. L'<i>axe</i> d'incidence est une ligne droite tirée par le point d'incidence, &amp; perpendiculaire à la surface rompante. L'<i>axe</i> de réfraction est la continuation en ligne droite de l'<i>axe</i> d'incidence au dedans d'un milieu plus dense, ou plus rare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3763" id="1" type="">
   <index type="head" value="AXI" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AXI</head>
    <p>
    AXI . Espèce de poivre que Colomb trouva dans l'Isle Espagnole, &amp; qui étoit fort bon, &amp; meilleur, dit Herrera, que le poivre que l'on apporte du Levant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3764" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="AXILLAIRE" />
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    <head>AXILLAIRE</head>
    <p>
    AXILLAIRE , adj. Prononcez les deux <i>ll</i> sans les mouiller. Terme de Médecine . C'est un rameau d'une des veines souclavières qui va aux aisselles, &amp; qui se divise en plusieurs autres veines. <i>Axillaris.</i> L'artère <i>axillaire</i> est un reste du tronc de l'artère souclavière, lequel étant parvenu à l'aisselle, change de nom, &amp; s'appelle <i>axillaire</i> ; il se répand par tout le bras. Dionis. La seconde des vertèbres du dos est aussi appellée <i>axillaire,</i> à cause qu'elle est la plus proche de l'aisselle. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3765" id="1" type="">
   <index type="head" value="AXINOMANTIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Superstition" />
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    <head>AXINOMANTIE</head>
    <p>
    AXINOMANTIE , s. f. <i>Axinomantia.</i> Espèce de divination : c'est l'art de deviner par la hache. Ce mot vient d', <i>ascia, hache</i> ; &amp; de , <i>divinatio, divination.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3766" id="1" type="">
   <index type="head" value="AXIOME" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>AXIOME</head>
    <p>
    AXIOME , s. m. Principe qu'on a établi dans un art, ou science, qui est indubitable, ou tenu pour tel. <i>Effatum.</i> C'est un <i>axiome</i> de Géométrie, que les choses qui sont égales à une troisième, sont égales entre elles ; que le tout est plus grand que sa partie. On appelle aussi les <i>axiomes,</i> des communes notions de l'esprit, ou maximes, ou <i>vérités</i> ; parce qu'à cause de leur évidence, l'on ne peut les nier, sans démentir la raison naturelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3767" id="1" type="">
   <index type="head" value="AXUNGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AXUNGE</head>
    <p>
    AXUNGE , ou AXONGE, s. f. C'est une espèce de graisse la plus molle &amp; la plus humide du corps des animaux, qui s'appelle autrement de l'<i>oing. Axungia.</i> Elle est différente du lard, qui est une graisse ferme ; &amp; du suif qui est une graisse sèche. Les Latins font la même distinction de la graisse en <i>pinguedo,</i> qui est l'<i>axunge, lardum,</i> &amp; <i>sevum.</i> <pb n="452" facs="bpt6k8542165/f492/full/1200,/0/native.jpg"/>On l'appelle aussi en Latin <i>axungia,</i> qu'on dit avoir été fait <i>ab axe rotarum quae unguntur.</i> On se sert en Médecine de l'<i>axonge</i> d'oie, de canard, de vipère &amp; de plusieurs autres, même de celle de l'homme, qu'on estime beaucoup pour résoudre &amp; pour appaiser les douleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3767" id="2" type="">
   <index type="head" value="AXUNGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>AXUNGE</head>
    <p>
    Axonges de verre , qu'on appelle aussi fiel, ou sel de verre. C'est une écume séparée de dessus la matière du verre, avant qu'elle se vitrifie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3768" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYANT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>AYANT</head>
    <p>
    AYANT , participe du verbe Avoir, qu'on rencontre presque par tout dans les Auteurs, qui s'exprime en Latin par les adverbes, <i>Cum, postquam, Posteaquam. Ayant</i> dit cela, je m'en allai. <i>Ayant</i> fait beaucoup de plaintes, il se retira. <i>Ayant</i> été dangereusement blessé, il fut emporté par des soldats ; pour dire, Après avoir dit, après avoir fait, après avoir été blessé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3769" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYANS CAUSE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>AYANS CAUSE</head>
    <p>
    AYANS CAUSE . Voyez <ref type="search" target="head:AVOIR">AVOIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3770" id="1" type="">
   <index type="head" value="AY, AYE" />
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    <head>AY, AYE</head>
    <p>
    AY, AYE , interjection . Exclamation, qui marque que l'on sent de la douleur. <i>Heu. Ay, Aye,</i> vous me faites mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3771" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYEUL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>AYEUL</head>
    <p>
    AYEUL . Voyez <ref type="search" target="head:AÏEUL">AÏEUL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3772" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYEUL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AYEUL</head>
    <p>
    AYEUL , s. m. <i>Aygulphus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:AOU">AOU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3773" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>AYL</head>
    <p>
    AYL , ou AYLE, s. m. <i>Agilis.</i> Nom propre. L'usage a fait d'<i>agilis, Agile</i> ; puis adoucissant la prononciation du <i>g, Ajile,</i> &amp; l'<i>y</i> prenant la place des deux <i>ij,</i> ou n'étant autre chose que deux <i>ij,</i> on a écrit <i>Ayle.</i> Saint <i>Ayle,</i> Abbé de Rebais, étoit fils d'Agnoal, l'un des plus grands Seigneurs de la Cour de Childebert II. Saint Agile, que nous appellons vulgairement Saint <i>Ayl.</i> Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3774" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYMERIN" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AYMERIN</head>
    <p>
    AYMERIN , s. m. &amp; nom propre, le même que Damarin. <i>Amarinus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:DAMARIN">DAMARIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3775" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYNET" />
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    <head>AYNET</head>
    <p>
    AYNET , s. m. Petite verge, ou baguette, pour enfiler les harengs que l'on veut faire sorer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3776" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYOU" />
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    <head>AYOU</head>
    <p>
    AYOU , s. m. Nom propre d'homme. <i>Aigulphus.</i> S. Aigulphe, que nous appellons communement Saint <i>Ayou,</i> étoit né à Blois sur la Loire. Baill. Ce nom s'est formé du Latin, en retranchant le <i>g,</i> &amp; y suppléant par la prononciation de l'<i>i.</i> C'est ainsi que l'usage a rétranché dans le Grec moderne le devant , &amp; qu'on dit aujourd'hui pour , &amp; ainsi des autres. Il y a un autre S. Aigulphe, dont l'usage a changé le nom en <i>Aioul, Aou, Ayeul, Au, Hou.</i> Cette diversité vient des différentes Provinces où ces Saints sont honorés &amp; connus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3777" id="1" type="">
   <index type="head" value="AYRI" />
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    <head>AYRI</head>
    <p>
    AYRI , s. m. Arbre du Brésil. Son tronc est armé d'épines aiguës : on le prend pour de l'ébène. Son bois est noir, dur, &amp; si pesant qu'il ne flotte point sur l'eau. Les Sauvages en garnissent le bout de leurs flèches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3778" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZANITE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>AZANITE</head>
    <p>
    AZANITE , s. m. C'étoit autrefois le nom d'un Ministre dans les Synagogues des Juifs. <i>Azanita.</i> Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Epiphane, <i>Haer. XXX. c.</i> 11. <i>p.</i> 134. <i>D. &amp;</i> 135. Les Ministres inférieurs ; c'est-à-dire, les Chefs de la Synagogue, les Prêtres, les Anciens &amp; les <i>Azanites,</i> qui étoient comme les Diacres &amp; les Serviteurs de la Synagogue. Tillem. qui ajoûte, Tous ces Ministres étoient électifs, &amp; ne venoient point de succession &amp; de famille, puisqu'on déposoit ceux qui les tenoient. La raison n'est pas bonne. Nous avons dans l'Ecriture &amp; dans l'Histoire plusieurs dépositions des grands Prêtres, quoique cette charge vînt de succession &amp; de famille.</p><p>Ce nom vient apparemment d', <i>azan,</i> écouter ; &amp; signifie des gens qui étoient établis pour écouter &amp; exécuter les ordres que donnoient les Prêtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3779" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZAPE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AZAPE</head>
    <p>
    AZAPE . Voyez <ref type="search" target="head:ASAPE">ASAPE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3780" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="AZAR" />
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   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
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    <head>AZAR</head>
    <p>
    AZAR , s. m. Terme de Relation . C'est le nom d'une monnoie d'or, qui a cours dans l'Isle d'Ormuz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3781" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZARON" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AZARON</head>
    <p>
    AZARON . Plante. Voyez <ref type="search" target="head:CABARET">CABARET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3782" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZAUCHE" />
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    <head>AZAUCHE</head>
    <p>
    AZAUCHE , subst masc. Figuier sauvage. <i>Oleaster.</i> Ce nom est Espagnol. Wicquefort s'en est servi dans sa Traduction de l'Ambassade de Figuéroa.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3783" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>AZE</head>
    <p>
    AZE , subst. masc. Ce mot, qui est du style bas &amp; comique, signifie un âne. Il est plus doux qu'un <i>aze.</i> S. Amand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3784" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZEBRO" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>AZEBRO</head>
    <p>
    AZEBRO , s. m. Espèce de cheval sauvage, qui se trouve dans la basse Ethiopie. Sa peau est mouchetée de blanc &amp; de noir. Il court avec beaucoup de légèreté ; on ne l'apprivoise que très-difficilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3785" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZEDARAC" />
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    <head>AZEDARAC</head>
    <p>
    AZEDARAC , est un grand arbre qui a les feuilles semblables au frêne, dentelées en leurs bords d'un verd enfoncé. Sa fleur a cinq feuilles disposées en roses. Son fruit est rond, de la figure d'une jujube, charnu, de couleur de jaune pâle, d'un goût désagréable &amp; amer. Il renferme un noyau osseux, canelé, à cinq côtes ; on y trouve une semence presque ronde. On fait des chapelets de ce noyau. Il croît en Italie. Son fruit est mauvais &amp; veneneux. Son nom est Arabe, &amp; il se trouve dans Avicenne.</p><p>C'est une espèce de Lot, ou de Jujubier, dont les fleurs sont blanches, &amp; quelquefois bleues, marquées de points noirs, &amp; les fruits fort petits &amp; par grappes, dont l'amertume &amp; la qualité venimeuse approche fort de la coloquinte. Les Habitans de la Province de Giorgian, où cet arbre croît en abondance, l'appellent <i>Zeber Zemin,</i> poison de la terre ; &amp; c'est apparemment à cause de la mauvaise qualité de son fruit, qu'il est appellé l'<i>arbre libre,</i> parce que personne n'y touche. On fait des grains de chapelets de ses noyaux, ce qui fait qu'on l'appelle arbre des chapelets. Ce mot <i>Azedarach</i> est une corruption du nom <i>Azaddirakht</i> que les Persans lui donnent. D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3786" id="1" type="">
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    <head>AZERBE</head>
    <p>
    AZERBE . C'est le nom que les Anciens donnoient à la muscade mâle : elle n'a presque point de goût, ni d'odeur : on ne se sert aujourd'hui que de muscade femelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3787" id="1" type="">
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    <head>AZEROLE</head>
    <p>
    AZEROLE , s. f. Fruit d'Azerolier. L'<i>Azerole</i> est une espèce d'épine blanche, qui fait son fruit semblable en couleur &amp; figure au fruit de cette épine blanche ; mais il est une sois plus gros : l'oeil en est fort grand &amp; fort ouvert, la queue courte, menue &amp; enfoncée, la chair jaunâtre &amp; un peu pâteuse : il a deux assez gros noyaux, ce qui fait que ce fruit n'a pas beaucoup de chair ; le goût en est aigret. La Quint. C'est apparemment le fruit de l'Azerolier blanc de Versailles qu'il décrit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3788" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZEROLIER" />
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    <head>AZEROLIER</head>
    <p>
    AZEROLIER , sub. mas. Arbre sauvage, épineux, &amp; de moyenne hauteur. Ses feuilles sont découpées comme celles du persil. Ses fleurs sont blanches &amp; entassées en grapes. Il porte des fruits aigrets &amp; secs qu'on nomme <i>azeroles,</i> &amp; qui sont rouges, &amp; gros comme des cerises. Ils sont assez agréables au goût étant mûrs. C'est une espèce de nefflier, fort semblable à l'aubepin ; il devient plus gros &amp; plus grand ; ses feuilles sont plus charnues, &amp; ses fruits plus gros que des cerises ; ils ont un goût aigrelet agréable, &amp; ils renferment quelques osselets fort durs, qui contiennent chacun une semence. On confit ce fruit. On voit des azeroles blanches, mais elles sont rares. Cet arbre est commun en Provence &amp; en Languedoc. En Latin <i>mespilus apti folio laciniato,</i> ou <i>mespilus Aronia.</i> On le greffe sur l'épine blanche, ou sur le sauvageon de poirier, &amp; sur le cognacier. Il y en a un qui vient du Canada, dont les épines sont très-longues, &amp; les feuilles très-grandes. Il y en a aussi un blanc qui vient de Florence, qu'on ne trouve qu'à Versailles, &amp; qui ne diffère de l'autre que par la couleur de son fruit.</p><p>La Quintinie a dit <i>Azerole</i> pour <i>Azerolier,</i> prenant le nom du fruit pour celui de l'arbre comme il fait souvent. Il <pb n="453" facs="bpt6k8542165/f493/full/1200,/0/native.jpg"/>dit ailleurs <i>Azerolier.</i> C'est une espèce d'épine blanche qui fait beaucoup de bois, &amp; l'arbre est assez beau ; sa feuille un peu plus grande que celle de l'épine ordinaire, mais il ne rapporte pas tant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3789" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="AZIMUT" />
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    <head>AZIMUT</head>
    <p>
    AZIMUT , subst. masc. Terme d'Astronomie , C'est un grand cercle vertical qui passe par le zénith &amp; le nadir, &amp; qui coupe l'horison à angles droits. <i>Verticalis circulus horizontem ad angulos rectos intersecans.</i> Or comme l'horison est divisé par 360. degrés, il donne lieu à décrire 360. <i>azimuts.</i> Ce mot est purement Arabe. Ces cercles sont les mêmes que les rumbs des Mariniers, marqués sur la Carte. On commence à les compter depuis le point du vrai Orient, ou de l'Orient Equinoctial, &amp; on continue en allant vers le Midi jusqu'à 360. C'est dans ces cercles qu'on prend la hauteur des astres à toutes les heures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3790" id="1" type="astronomie">
   <index type="head" value="AZIMUTAL, ALE" />
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    <head>AZIMUTAL, ALE</head>
    <p>
    AZIMUTAL, ALE , adjectif. Terme d'Astronomie . Il ne se dit d'ordinaire qu'au masculin. Il signifie, Qui représente, ou qui mesure les azimuts. <i>Quod verticales circulos exhibet.</i> Un cercle <i>azimutal,</i> c'est celui qu'on s'imagine être mené du point vertical sur l'horison à angles droits. On dit aussi, Cadran <i>azimutal</i> ; &amp; c'est celui dont le style est à angles droits sur le plan de l'horison.</p><p>L'Horison <i>azimutal</i> de six pieds de diamètre. Troisième machine de l'Observatoire de Peckin. Cet instrument, qui sert à prendre les azimuts, n'est composé que d'un large cercle posé de niveau dans toute sa surface. La double alidade, qui en fait le diamètre, court tout le limbe selon les degrés de l'horison qu'on y veut marquer, &amp; emporte avec soi un triangle silaire, dont le sommet passe dans la tête d'un arbre élevé perpendiculairement sur le centre du même horison. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3791" id="1" type="philosophie hermetique">
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    <head>AZINABAN</head>
    <p>
    AZINABAN . Terme de Philosophie hermétique . Ce sont les fèces qu'on rejette comme quelque chose d'impur, séparé de ce qui est pur, c'est-à-dire, de la pierre des Philosophes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3792" id="1" type="mythologie">
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    <head>AZONE</head>
    <p>
    AZONE , s. m. &amp; f. ou adj. Terme de Mythologie . C'est une épithète que l'on donne aux Dieux, qui ne sont point les Divinités d'un pays particulier, ni révérés par certains peuples singuliers : mais les Dieux <i>Azones</i> sont des Dieux reconnus en tout pays, &amp; adorés par tous les peuples. Ce mot vient de l'<i>a</i> privatif &amp; , Zone, contrée, pays. Ces Dieux <i>Azones</i> étoient placés au-dessus des Dieux visibles &amp; sensibles, qu'on nommoit <i>Zonaei,</i> qui habitoient les parties visibles &amp; sensibles du monde, &amp; ne sortoient point du quartier, ou de la <i>Zone</i> qui leur étoit attribuée. Psellus dit que les Dieux <i>Azones,</i> ou <i>Azoniques,</i> , chez les Egyptiens, étoient Serapis, Denys ou Bacchus, &amp; la Chaîne d'Osiris. Voyez le P. Kirker. <i>Oedip. Aegypt. T. III. p.</i> 101.</p><p>Les <i>Azones</i> sont aussi des peuples d'Assyrie qui habitoient dans le pays qu'arrosoit le fleuve Lycus, &amp; où étoit la montagne appellée Thannutis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3793" id="1" type="chymie">
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    <head>AZOT</head>
    <p>
    AZOT , s. m. Terme de Chymie . C'est ainsi que les Chymistes appellent la matière première des métaux. <i>Azot</i> blanchissant le laiton, c'est le mercure ou l'argent-vif des Philosophes. <i>Azot</i> &amp; le feu te suffisent, c'est-à-dire, que le feu &amp; le mercure purgé &amp; préparé suffisent au Sage pour conduire l'oeuvre à sa perfection.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3793" id="2" type="">
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    <head>AZOT</head>
    <p>
    Azot , signifie aussi le compost, quand il est arrivé à la noirceur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3794" id="1" type="">
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    <head>AZOTE</head>
    <p>
    AZOTE , s. m. <i>Azotus.</i> Nom propre d'une ville de Palestine. <i>Azote</i> étoit l'une des cinq Satrapies des Philistins. Le Géographe Estienne dit qu'elle fut bâtie par un des Phéniciens qui quittèrent la mer rouge pour s'avancer vers le Nord, &amp; qu'il lui donna le nom de sa femme, qui s'appelloit <i>Aza.</i> Mais cela ne convient point, puisque <i>Azote</i> n'étoit point aux Phéniciens, mais aux Philistins. Il ajoûte que ce nom signifie chimère, autre erreur, car il est vrai qu'en Phénicien , <i>aza,</i> signifie une chèvre ; mais <i>Azot</i> s'écrit autrement, , <i>Asdod</i> &amp; par un <i>aleph,</i> non pas par un <i>aïn.</i> Quelques-uns interprètent ce nom <i>robur,</i> force, donnant dans une erreur à-peu-près semblable à celle du Géographe Estienne, &amp; tirant <i>Azotus</i> de , <i>fort, robuste,</i> comme si l'on disoit , &amp; non pas . D'autres disent qu'il signifie <i>depraedatio,</i> pillage, comme venant de , ravager, piller. Il y avoit à <i>Azote</i> un temple de Dagon ; les Philistins y ayant mis l'Arche de Dieu, Dagon fut renversé deux fois. Saci écrit <i>Azot.</i> Depuis le Christianisme établi <i>Azote</i> fut un siége Episcopal. Sa longitude est 65d. 15'. &amp; sa latitude 31d. 50'. On l'appelle aujourd'hui <i>Alsette,</i> ou <i>Alcet,</i> ou <i>Alzete.</i> Ce n'est plus qu'un village. Adrichomius distingue deux <i>Azotes</i> ; l'un appellé <i>Azotus Paralia,</i> c'est-à-dire, maritime, c'est celui de l'Ecriture ; &amp; l'autre, <i>Azotus Ippini,</i> c'est selon lui le siége Episcopal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3795" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZOVALALA" />
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    <head>AZOVALALA</head>
    <p>
    AZOVALALA , subst. masc. Petit fruit rouge de l'Isle de Madagascar. Il croît sur un petit arbrisseau comme les groseilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3796" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZOUFA" />
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    <head>AZOUFA</head>
    <p>
    AZOUFA , sub. fém. Bête du Royaume de Casubi. On en trouve aussi à Fez &amp; à Maroc. Ces animaux déterrent les morts, &amp; les dévorent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3797" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZUR" />
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    <head>AZUR</head>
    <p>
    AZUR , s. m. Pierre minérale qui est de couleur bleue. La pierre d'<i>azur. Lapis Lazuli.</i> Pline &amp; Dioscoride disent que c'est un sable ; Matthiole, une pierre ; Agricola, que c'est un minéral qu'on trouve dans les veines de la terre : mais la vérité est que c'est une pierre que nous nommons aussi simplement <i>lapis,</i> ou <i>lapis lazuli.</i> Il doit être rayé de petites taches ou étoiles d'or, &amp; pour cela Mesué l'appelle <i>lapis stellatus</i> ; &amp; pour être bon il doit résister au feu &amp; à la fumée, d'où il tire même un nouvel éclat. On en a vû de si précieux, qu'il a été vendu jusqu'à cent écus l'once, comme témoigne Fallope. On en trouve dans des mines d'airain, d'argent &amp; d'or, &amp; aussi parmi les marbres ; &amp; c'est celui dont on se sert le plus. On distingue cette pierre en trois sortes, en pierre de l'ancienne roche, qui est pure, bien nette, d'un beau bleu, qui est chargé de quelques veines dorées qu'on croit être d'or, &amp; qui cependant ne sont très-souvent que des veines de pyrite. La seconde sorte est appellée la nouvelle roche ; elle est farcie de gangue ; sa couleur est moins foncée, &amp; son prix est bien moindre. Ces deux espèces nous sont apportées de Perse, de Siam, &amp;c. La troisième sorte vient des montagnes d'Auvergne ; elle est mêlée de la pierre du rocher d'où on la tire : elle est d'un bleu plus pâle, &amp; est couverte de quelques taches verdâtres, &amp; a des veines dorées, c'est-à-dire, de Pyrite. Lorsque cette pierre est bien tachée en verd, on la vend pour la pierre Arménienne. On se sert de cette pierre en Médecine ; on la calcine &amp; on la lave plusieurs fois pour la préparer ; elle entre dans la confection alkerme : quelquefois malgré ces lotions elle ne laisse pas d'être purgative, à cause des matières vitrioliques qu'elle contient. On appelle la pierre d'<i>azur</i> par excellence <i>lapis.</i> On dit, voilà de beau <i>lapis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3797" id="2" type="">
   <index type="head" value="AZUR" />
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    <head>AZUR</head>
    <p>
    Azur , est aussi une poutre bleue, pesante, que les Epiciers vendent aux Peintres pour les couleurs, &amp; aux femmes pour mettre dans l'empois. Cette poutre est un produit de la préparation du Cobalt lorsqu'on tire le bismut de cette marcassite. Sthale parle de sa préparation On l'appelle aussi cendre d'<i>azur ;</i> les Peintres s'en servent, &amp; la mêlent avec du blanc de plomb pour l'employer. Les Médecins n'emploient que le naturel.</p><p>L'<i>Azur</i> s'appelle autrement, <i>Outremer,</i> à cause qu'il vient des lieux qui sont au-delà de la mer ; ou selon Brassavolus, parce que c'est un bleu plus fort que celui de la mer.</p><p>Il y a un <i>azur</i> factice qui se fait avec de l'indigo, ou du sue de violettes broyé avec certaine craie. L'ordinaire se fait avec du sel armoniac, &amp; des lames d'argent, ou bien avec du soufre, du vif-argent, &amp; du sel armoniac, dont la préparation se trouve dans Agricola &amp; dans Caesius.</p><p>Il y a aussi un <i>azur</i> d'Allemagne : c'est une teinture qu'on cueille &amp; ratisse proprement au-dessus des pierres qui sont dans les minières d'argent. Le verd <i>azur</i> est une exhalaison de mine de cuivre mêlée avec de l'argent, comme dit Biringuccio. Barbosa parle d'un <i>azur</i> très-fin qu'on apporte de la Babylonie à Ormuz ; &amp; Louis Barthema, dans son Itinéraire, dit qu'on trouve à Schiras une grande quantité d'<i>azur</i> d'outremer.</p><p>On dit par manière de proverbe, pour parler d'une maison richement ornée, que ce n'est qu'or &amp; <i>azur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3797" id="3" type="">
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    <head>AZUR</head>
    <p>
    Azur , s. m. est aussi la couleur de l'<i>azur. Lazuli color. Caeruleus color.</i> Voilà un bel <i>azur.</i> On le dit quelquefois en parlant du Ciel. On dit aussi, le bleu d'<i>azur.</i></p><p>En termes de Blason , <i>azur,</i> signifie aussi le bleu, &amp; c'est une des quatre couleurs. L'Ecu de France a trois fleurs de lis d'or en champ d'<i>azur :</i> c'est une couleur céleste qui est le symbole de la Justice. L'<i>azur</i> est marqué dans le Blason par des hachures, ou simples lignes qui vont de gauche à droite, d'un côté à l'autre de l'Ecu, &amp; sont parallèles au chef, ou à la fasce.</p><p>Ce mot <i>azur</i> vient de <i>Lazurd,</i> en retranchant les lettres <i>l</i> &amp; <i>d.</i> Huet. Car les Arabes appellent cette pierre , <i>allazurd,</i> &amp; sans article <i>lazurd,</i> &amp; non pas <i>lazuli,</i> comme on l'avoit dit dans la première édition. Le son du <i>d</i> sans voyelle à la fin étant obscur l'usage l'a retranché. Pour l'<i>l</i> il ne l'a pas retranchée apparemment, mais il l'a prise pour notre article François l' devant une voyelle pour <i>le</i> ; de même qu'il a pris l'<i>a</i> dans l'Apouille, &amp; dans l'Anatolie, pour un article, &amp; que l'on dit la Pouille, la Natolie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3797" id="4" type="">
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    <head>AZUR</head>
    <p>
    Azuré, ée , adj. Qui est peint d'azur. <i>Caeruleus.</i> On appelle poëtiquement le Ciel, la voûte <i>azurée,</i> parce qu'il semble à nos yeux qu'il est d'azur ; &amp; il nous paroît tel à cause de son grand éloignement.</p><p>En parlant de la mer, ils disent aussi, les plaines <i>azurées.</i></p><p>Il se dit encore des fleuves &amp; des canaux, &amp; dans la Description de Trianon Me Cheron a dit du canal de Versailles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3798" id="1" type="">
   <index type="head" value="AZURIN" />
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    <head>AZURIN</head>
    <p>
    AZURIN , s. m. <i>Azurinus.</i> Les <i>Azurins</i> sont les Chanoines de la Congrégation de S. George <i>in alga.</i> Ils sont ainsi appellés à cause de l'habit bleu qu'ils portent. Papebr. <i>Acta Sanct. April.</i> T. III. p. 618.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3799" id="1" type="medecine">
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    <head>AZYGOS</head>
    <p>
    AZYGOS , subst. masc. Terme de Médecine . C'est le nom qu'on donne à une veine qu'on appelle autrement <i>sans-pair,</i> parce qu'elle se trouve seulement du côté droit : c'est le troisième rameau du tronc ascendant de la veine cave, qui reçoit seize rameaux, huit qui lui viennent des huit espaces des huit côtes inférieures du côté droit, &amp; autant du gauche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3800" id="1" type="">
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    <head>AZYLE</head>
    <p>
    AZYLE . Voyez <ref type="search" target="head:ASYLE">ASYLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3801" id="1" type="">
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    <head>AXYME</head>
    <p>
    AXYME , adj. Qui n'est point fermenté, qui est sans levain : tel est le pain dont on fait des Hosties pour consacrer à la Messe. <i>Azymus, non fermentatus.</i> Les Juifs étoient fort soigneux pendant leur Fête de Pâques, c'est-à-dire, pendant sept jours, de n'avoir en toutes leurs maisons que des pains <i>azymes,</i> &amp; ils faisoient pour cela de grandes perquisitions qu'on voit dans le <i>Traité du Pain azyme,</i> que le sieur Compiegne a traduit du Rabbi Moses, extrait du Talmud. Jesus-Christ institua l'Eucharistie après avoir mangé l'agneau Paschal avec ses Apôtres au temps marqué par la Loi, qui étoit le quatorzième de la Lune, sur le soir, où commençoit aussi l'observation des pains <i>azymes,</i> c'est-à-dire, sans levain. God. La dispute des <i>azymes</i> n'est point la cause de la rupture entre les Grecs &amp; les Latins ; Photius avoit rompu avec les Papes 200. ans avant qu'elle éclatât. C'est Cerularius qui pour cela dans l'XIe siècle excommunia les Latins. S. Thomas <i>in</i> 4. <i>Sent. dist.</i> 11. <i>q.</i> 2. <i>art.</i> 2. <i>quaestione</i> 3. <i>dit,</i> que dans les commencemens on ne se servoit que d'<i>azyme</i> dans l'Eglise pour l'Eucharistie ; qu'ensuite l'hérésie des Ebionites, qui disoient qu'on étoit encore obligé aux observances de la loi de Moise, fit que l'Eglise d'Orient &amp; d'Occident usèrent de pain levé dans ce Sacrement ; que cette hérésie étant éteinte, l'Eglise Latine reprit l'ancien usage des <i>azymes,</i> &amp; il cite sur cela un Pape Léon.</p><p>Le P. Sirmond, dans une dissertation faite exprès, a montré qu'avant le Xe siècle les Latins ne s'étoient point servis d'<i>azymes,</i> &amp; qu'ils communioient avec du pain levé. Le Cardinal Bona <i>Rerum Liturg. c.</i> 23. <i>p.</i> 185. doute aussi de ce que dit S. Thomas, parce qu'on ne sait quel est ce Pape Léon qu'il cite. Dom d'Achery &amp; le P. Mabillon dans les <i>Acta Sanct. Benedictin. Saec. III. Part. I. pag.</i> 45. <i>&amp; suiv.</i> ont tâché de montrer contre le P. Sirmond que cet usage étoit plus ancien que le Xe siècle. La raison qu'ils apportent est que les Pères avant Photius ne parlent point du tout qu'on ait rien changé en cela à la manière dont Jesus-Christ consacra en instituant ce Sacrement, quoiqu'ils parlent des autres changemens ; par exemple, du Jeûne que l'Eglise exige dans les Consacrans &amp; les Communians. Quant aux autorités qu'ils rapportent, ou bien il n'y est point parlé de ferment, ni d'<i>azyme,</i> ou il paroît que les mots de ferment &amp; de fermenté ne s'entendent que du melange de quelque autre chose avec l'eau &amp; la farine ; ou ils disent seulement comme Léon IX. que jamais personne n'a dit, que ce fût une crime de consacrer avec des <i>azymes,</i> comme le disoit Cérularius : mais Léon ne dit pas que l'on n'ait jamais consacré qu'avec des <i>azymes.</i> Ainsi le sentiment du Père Sirmond se soutient toujours. Jean Ciampini imprima à Rome en 1688. un ouvrage sur les <i>azymes,</i> qu'il intitula, Conjecture sur l'usage perpétuel des <i>azymes</i> dans l'Eglise Latine, ou pour le moins dans la Romaine. On est convenu dans le Concile de Florence qu'on peut varier sur cette coutume selon qu'il plaît à l'Eglise. L'Eglise Latine a préféré l'usage des <i>azymes,</i> parce que Jesus-Christ fit la Pâque le jour des <i>azymes.</i></p><p>Il y a des médailles sur lesquelles on voit d'un côté une espèce de petit pavillon qui pourroit passer pour un parasol, avec ce mot Grec, ; &amp; de l'autre deux épics de blé, avec ces deux lettres, L d'un côté, &amp; de l'autre , c'est-à-dire, <i>anno sexto,</i> M. Spanheim s'est imaginé que cela signifioit d'un côté la fète des Tabernacles, &amp; de l'autre celle des <i>azymes,</i> ou de Pâques, parce qu'on offroit à Pâques une gerbe de nouveau ble dans le temple de Jérusalem ; mais deux épics ne sont point une gerbe, &amp; il y a plus d'apparence qu'ils marquent à l'ordinaire une contrée fertile en blés.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>sine fermento,</i> composé de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>fermentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>AZYMITES</head>
    <p>
    AZYMITES , s. m. Ceux qui se servent de pain non levé. <i>Qui pane non fermentato utuntur.</i> C'est le nom que Michel Cerularius donna aux Latins lorsqu'il les excommunia dans l'XIe siècle.</p><p>Les Arméniens &amp; les Maronites se servent aussi de pain azyme, ou sans levain, dans la célébration de la liturgie, de sorte que quelques Grecs leur ont donné le nom d'<i>Azymites,</i> comme l'a remarqué Abraham Echellensis dans une lettre qu'il écrivoit de Rome l'an 1654. au P. Morin de l'Oratoire. <i>Antiquissimus fuit mos iste apud duas Orientales nationes, nempe Maronitas &amp; Armenios. Hinc Azymitae à quibusdam Scriptoribus Graecis dicti &amp; appellati sunt.</i> Il y a néanmoins peu d'apparence que cet usage soit si ancien chez ces deux nations, principalement chez les Maronites. Car Jean Maron, Auteur d'un Commentaire sur la liturgie des Syriens, qu'Echellensis produit pour montrer l'antiquité du pain <i>azyme</i> chez les Maronites, n'est pas si ancien que ce Maronite l'a cru. Le Cardinal Bona a remarqué judicieusement, dans son Liv. I. des liturgies, ch. 23. pag. 274. que ce livre de Jean Maron n'a pas l'antiquité que lui donnoit M. Nairon neveu d'Echellensis. Il ne faut que lire cet ouvrage, dit ce savant Cardinal, pour juger qu'il a été écrit après <pb n="455" facs="bpt6k8542165/f495/full/1200,/0/native.jpg"/>la dispute des Grecs &amp; des Latins sur les pains <i>azymes. Patet autem ex contextu, scriptum hunc librum</i> (<i>Maronii</i>) <i>post Graecorum schisma &amp; post lites de azymo excitatas.</i></p><p>Abraham Echellensis prétend encore prouver invinciblement l'antiquité des pains <i>azymes</i> chez les Maronites par les constitutions de cette Eglise, qui ont été traduites il y a déja long-temps de Syriaque en Arabe. On lit au chap. 10. de ces constitutions, que Jesus-Christ, lorsqu'il institua l'Eucharistie, <i>prit du pain azyme qui étoit sur la table.</i> Mais il est aisé de juger, que ce mot d'<i>azyme</i> a été ajoûté après coup, &amp; que les Maronites ont eu plus d'égard en cela, à ce qui se pratiquoit chez eux, qu'à l'institution de Jesus-Christ. Il faut cependant avouer que l'usage des <i>azymes</i> n'est pas nouveau, tant chez les Maronites, que chez les Arméniens, mais il n'est pas si ancien que ces peuples le prétendent. Comme les uns &amp; les autres ont fait diverses unions avec l'Eglise Romaine, &amp; en différens temps, il se peut faire qu'ils aient emprunté des Latins cet usage. L'Auteur de l'<i>Histoire critique de la créance des Nations du Levant,</i> a fait une remarque au ch. 14. de son livre, laquelle mérite d'être rapportée au long, parce qu'elle éclaircit plusieurs faits qui regardent les coutumes &amp; cérémonies des Chrétiens du Levant, &amp; principalement des Maronites. <i>Je passe sous silence,</i> dit cet Auteur, <i>quelques actes qui ne se trouvent que dans les livres Arabes, &amp; qui ont été composés après la réunion des Maronites avec l'Eglise Romaine. Pour peu qu'on sache l'Histoire Ecclésiastique, il sera aisé de juger que ces Histoires n'ont aucun fondement dans l'antiquité, &amp; que les Maronites &amp; les autres Peuples du Levant qui ne sont point savans dans la critique de l'Histoire Ecclésiastique, ont rapporté à des temps anciens ce qui n'est en usage parmi eux que depuis quelques siècles seulement. C'est aussi sur ce principe qu'on ne croira pas facilement à l'autorité de Jean Maron, dont le Commentaire sur la Liturgie Syriaque de Saint Jacques, n'a pas toute l'antiquité qu'on lui attribue ; car il contient des faits qui sont postérieurs de plusieurs siècles.</i></p><p>
    </p>
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>B</head>
    <p>
    B Est la seconde lettre de l'Alphabet, dans notre langue, &amp; dans plusieurs autres, comme l'Hébraique, la Chaldaïque &amp; la Syriaque, l'Arabique, la Grecque, la Latine, &amp;c. C'est la neuvième dans l'Alphabet Ethiopien, tel que Ludolf l'a disposé ; la 26e dans l'Arménien, &amp;c. Le <i>B</i> est la première des consonnes. La prononciation du B approche un peu du cri &amp; du bêlement des moutons : il n'y a de différence que celle qui est entre <i>bé</i> &amp; <i>bê.</i></p><p>La figure de cette lettre est prise des Latins, qui l'avoient prise des Grecs. Le <i>bé</i> majuscule est tout-à-fait semblable au grand des Grecs, &amp; notre petit <i>bé</i> approche fort du petit des Grecs. Ceux-ci l'avoient eu des Phéniciens, dont Cadmus apporta les caractères en Grèce. Le <i>Beth</i> Phénicien, ou le <i>Beth</i> de l'ancien Hébreu ; car les Phéniciens &amp; les Hébreux, avant la captivité de Babylone, avoient le même caractère &amp; la même langue : ce <i>Beth,</i> dis-je, étoit à peu près la même chose que le des Grecs. Il a la pance d'en haut &amp; la moitié de celle d'en bas ; les Grecs n'ont fait que la fermer. Nous la trouvons souvent sur les médailles Hébraiques presque fermée, &amp; ayant quasi la forme de ce des Grecs. Voyez la Dissertation du P. Souciet Jésuite, sur les Médailles Hébraiques.</p><p>Pierius, dans ses Hiéroglyfiques, Liv. XLVII. ch. 28. dit, que les Egyptiens exprimoient par la figure d'une brebis le son que nous exprimons par le caractère B, parce que la brebis exprime presque ce son en bêlant, comme nous disions tout à l'heure.</p><p>Le B est une des lettres que les Grammairiens Hébreux, Chaldaiques, Syriaques &amp; Arabes, appellent labiales, <i>labiales,</i> parce que les lèvres, <i>labia,</i> sont le principal organe de la prononciation de ces lettres. Le B a beaucoup d'affinité avec d'autres lettres aussi labiales, qui sont l'V consonne, le P &amp; le des Grecs, ou notre F, que nous tenons des Latins. De là vient que dans les manuscrits le B &amp; l'V sont souvent mis l'un pour l'autre ; que les Arméniens ont très-souvent mis le B pour le P, &amp; le P pour le B, &amp; qu'ils disent, par exemple, <i>Betrus</i> au lieu de <i>Petrus, Bolus</i> au lieu de <i>Paulus,</i> &amp; <i>Aprahamui</i> pour Abraham. Ludolf a remarqué la même chose des Orientaux en général. Voyez encore sur ces changemens M. Spanheim le Médailliste, pag. 120. &amp; 128. Le même changement est souvent arrivé en Arabe &amp; dans les autres langues. De là vient encore que dans la prononciation Latine on ne distinguoit pas fort le B de l'V, comme saint Augustin l'indique quelque part, &amp; comme il paroît par les manuscrits, où nous trouvons <i>amabit,</i> pour <i>amavit,</i> &amp; <i>amavit</i> pour <i>amabit, Berna</i> pour <i>Verna,</i> ou autres semblables. C'est sur cela qu'étoit fondée l'équivoque d'Aurélien sur l'Empereur Bonose grand buveur : <i>Non ut vivat natus est, sed ut bibat.</i> Les Espagnols &amp; les François même voisins d'Espagne, comme les Gascons, ont conservé cet usage, ne mettant guère de différence entre le B &amp; l'V consonne. Il en faut mettre cependant en François pour bien parler. Le B a un son plus fort, &amp; pour le prononcer, il faut commencer par fermer entièrement les lèvres, &amp; les presser même un peu l'une contre l'autre ; au lieu que pour prononcer l'V consonne, il ne faut pas même les fermer entièrement. Plutarque, dans ses questions Grecques, dit, que les Macedoniens changeoient le en , &amp; prononçoient Bilippe, Balacre, &amp; Béronice, pour Philippe, Phalacre, &amp; Phéronice. Au contraire ceux de Delphe à la place d'un mettoient un B, disant pour ; &amp; pour , aussi-bien que les Aeoliens, comme le même Auteur nous l'apprend, <i>Symposiac, Lib. VI. quaest.</i> 8. Les Latins disoient <i>suppono, oppono,</i> au lieu de <i>subpono, obpono,</i> &amp; prononçoient <i>optinuit,</i> quoiqu'ils écrivissent <i>obtinuit,</i> comme l'a remarqué Quintilien. Ils faisoient aussi <i>scripsi</i> &amp; <i>scriptum</i> de <i>scribo,</i> &amp;c. Les Latins ont aussi fait quelquefois le changement non-seulement du B en P, ou du P en B, mais encore de l'F, ou PH, en B. Ainsi on trouve <i>Bruges</i> pour <i>Phryges,</i> &amp; dans une ancienne inscription rapportée par Gruter, p. DCCCLXXXVI. n. 16. obrendario, pour ofrendario : ce qui montre que le son du B n'étoit pas fort différent de l'F &amp; de l'V consonne.</p><p>La lettre B est une de celles que M. l'Abbé Dangeau dans ses <i>Essais de Grammaire</i> appelle foibles, lesquelles sont précédées par une petite émission de voix, ou d'un petit mouvement de bouche, &amp; qui par conséquent ne peuvent être employées qu'au commencement des syllabes, &amp; ne peuvent jamais terminer un mot dans la prononciation. De sorte que, pour ne parler ici que du B, s'il est à la fin du mot, comme dans <i>Aminadab, Joab,</i> on le changera naturellement en la lettre forte qui lui répond, c'est-à-dire, en P. &amp; l'on prononcera <i>Aminadap, Joap,</i> ou si l'on veut s'efforcer à prononcer le B, on ajoûtera nécessairement après un petit <i>e</i> féminin, pour donner lieu à la prononciation du B ; <i>Aminadabe, Joabe.</i> C'est ce que les Hébreux appellent un <i>scheva,</i> &amp; qu'ils supposent se trouver sous toutes ces consonnes finales.</p><p>Les lettres foibles, &amp; les lettres fortes, ont encore une propriété ; c'est que pour que deux de ces consonnes se prononcent l'une auprès de l'autre, il faut qu'elles soient de même force ; c'est-à-dire, toutes deux fortes, ou toutes deux foibles ; en sorte que si l'une est forte &amp; l'autre foible, il faut que l'une ou l'autre se change, &amp; devienne forte ou foible, selon que l'autre l'est ; &amp; c'est toujours la seconde qui fait changer la première. Ainsi parce que le B est la lettre foible, &amp; que le P est la lettre forte qui lui répond, dans ces rencontres le B se change en P, ou le P en B. C'est pourquoi, bien que nous écrivions <i>observer, obtenir, absoudre,</i> nous prononçons néanmoins <i>opserver, optenir, apsoudre,</i> comme s'il y avoit un P. Quintilien a remarqué que la même chose se faisoit en Latin. Voyez son Liv. 1. ch. 7. C'est encore pour cela que lorsque pour faire , <i>septième,</i> d', <i>sept,</i> on a changé le t en ou D, on a aussi changé le ou p, en b.</p><p>Enfin le B., dit encore M. l'Abbé Dangeau, s'il est passé par le nez, devient une M. Ainsi un homme qui est fort enrhumé, qui a le nez embarrassé, qui est fort enchifrené, ne pouvant faire passer les lettres par le nez, met des <i>b,</i> où il faut prononcer des <i>m,</i> &amp; il dit, par exemple, <i>je ne saurois banger de bouton,</i> au lieu de dire, <i>je ne saurois manger de mouton.</i> Le B en passant par le nez doit s'affoiblir, ou tout au moins sa prononciation ne sera pas si distincte qu'elle étoit. Si donc elle a à soutenir la prononciation d'une liquide, comme L &amp; R, il faudra qu'elle reprenne sa nature de B. C'est pour cela que quand <i>Tremulus</i> est devenu François, &amp; que dans le passage perdant l'V, l'M &amp; l'L se sont trouvées immédiatement l'une auprès de l'autre, l'M s'est changée en B, <i>trembler</i> ; &amp; de même dans <i>similis,</i> semblable ; <i>camera,</i> chambre ; <i>cucumer,</i> concombre ; <i>rememorari,</i> remembrer ; <i>cumulus,</i> comble ; <i>humilis,</i> humble. J'ai dit que l'M se change en B ; car l'M qui s'écrit dans ces mots, n'est pas l'M des mots Latins, ni proprement une consonne ; mais elle fait une voyelle avec celle qui précède, selon les principes de M. l'Abbé Dangeau qui sont très-vrais, &amp; dont nous parlerons en temps &amp; lieu. Tout ceci est extrêmement à remarquer pour la connoissance de l'origine des mots, &amp; des étymologies.</p><p>Le B en François se trouve au commencement &amp; au milieu des mots après toutes les voyelles &amp; toutes les diphtongues, comme dans <i>battre, befroi, bille, bon, bulbe, courbaton, courbe, corbillon, jambon, courbure, oublier, aubeine, aubier, bouline,</i> &amp;c. mais il ne se trouve jamais à la fin des mots, s'il n'est suivi au moins d'un <i>e</i> muet, comme dans <i>aube, bulbe,</i> &amp;c. Car dans les mots étrangers mêmes, que l'usage a conservés tous entiers sans y <pb n="457" facs="bpt6k8542165/f497/full/1200,/0/native.jpg"/>faire aucun changement, &amp; dans lesquels nous n'écrivons point d'<i>e</i> après le <i>b</i> final, tels que sont ceux-ci <i>Aminadab, Caleb, Eliasib, Jacob, Béelzebub,</i> nous ne laissons pas d'en prononcer un, ainsi qu'on vient de le dire.</p><p>B, Nom subst. qu'il faut prononcer <i>Bé.</i> C'est le nom propre de cette seconde lettre de l'Alphabet.</p><p>On dit d'un homme ignorant, qu'il ne sait ni <i>A</i> ni <i>B.</i> Voyez la Lettre <i>A.</i> On dit aussi d'un homme malin, qu'il est marqué au <i>B,</i> pour dire qu'il est borgne, ou bossu, ou boiteux ; parce que ceux qui sont tels, sont ordinairement malins. Mais cela se doit mettre au rang des proverbes.</p><p>B, chez les Anciens, étoit une lettre numérale qui signifioit 300, suivant ce vers.</p><p>Quand on mettoit une ligne par-dessus, elle signifioit trois mille. Le B chez les Grecs ne signifie que deux. Il se trouve souvent sur les médailles pour marquer des époques. On s'en est servi aussi pour marquer 200, en ajoûtant une espèce d'accent dessous. Chez les Hébreux il se prenoit aussi pour deux. C'est pour cela que dans les médailles Hébraïques frappées du temps du Grand Prêtre Simon, on trouve en ancien caractère Hébreu ; c'est-à-dire, <i>anno secundo.</i></p><p>Un B avec ce mot, <i>proxima primae,</i> est la devise d'un Favori, ou d'un premier Ministre. La même lettre renversée des quatre manières qu'elle peut l'être, &amp; faisant b d p q avec ce mot, <i>Eadem non eadem,</i> est celle d'un flatteur qui se tourne en toute manière, &amp; change au gré de ceux à qui il veut plaire. Ces devises sont <i>peu ingénieuses,</i> &amp; <i>peu nobles.</i></p><p>B <i>quarre,</i> &amp; B <i>mol,</i> sont des termes &amp; des marques de Musique, qui se mettent au commencement des réglets pour marquer la qualité du chant. <i>B. quadratum. B molle.</i></p><p>Le <i>B quarre</i> est le ton naturel &amp; ordinaire qui rend le chant plus dur &amp; plus rude. Il n'a pas besoin de marque particulière. On l'a ainsi nommé, parce que les choses quarrées sont plus dures que les rondes.</p><p>Le <i>B mol</i> se marque toujours par un <i>b</i> simple, qui fait que la voix chante plus aisément, à cause qu'elle fait seulement le demi ton, &amp; chante le <i>fa</i> où le <i>B quarre</i> fait le <i>mi.</i></p><p>Dans le chant de <i>B quarre</i> il y a un ton entier de la première notte à la seconde ; &amp; dans le <i>B mol</i> il n'y a qu'un demi-ton : de sorte que leur différence consiste en la seule transposition d'un demi-ton entre la première &amp; la seconde, ou entre la seconde &amp; la troisième notte.</p><p>B majuscule marque dans les basses-continues la basse chantante. B-C marque souvent la basse-continue. Chant par <i>b mol,</i> est un chant dans lequel en partant de la <i>mese,</i> ou de la notte <i>la,</i> au lieu de monter d'un ton par la <i>paramèse,</i> ou notte <i>si,</i> &amp; puis d'un semi-ton pour aller à la <i>trite dieseugmenon,</i> ou notre <i>ut,</i> ce qui fait la tierce mineure que quelques-uns appellent <i>bequarre harmonique,</i> ou naturelle, on ne monte que d'un semi-ton par la <i>trite synemennon,</i> ou notre <i>za</i> ou <i>si b mol</i> ; puis omettant la <i>paramèse,</i> on monte d'un ton pour gagner la <i>paranete synemennon,</i> ou la trite <i>dieseugmenon</i> (qui sont la même chose sous différens noms) ce qui fait la tierce mineure, que quelques-uns nomment molle &amp; arithmétique. Brossard.</p><p>
    </p>
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    <head>BAAILLER</head>
    <p>
    BAAILLER . Voyez <ref type="search" target="head:BÂILLER">BÂILLER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3805" id="1" type="">
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    <head>BAAL</head>
    <p>
    BAAL , s. m. Nom propre d'une Idole, dont il est souvent parlé dans la Sainte Ecriture. C'étoit une Idole des Samaritains &amp; des Moabites. Les Grecs croient que c'étoit leur Dieu Mars. C'est le sentiment de Jean d'Antioche, de Cedrenus &amp; de Suidas. S. Augustin croit que c'étoit Jupiter. Lightfoot veut que <i>Baal,</i> &amp; son pluriel <i>Baalim,</i> soient des noms communs à toutes les idoles, parce que <i>Baal</i> veut dire Seigneur : c'est apparemment pour cette raison que S. Augustin, qui avoit quelque connoissance de la langue punique, qui étoit la même que la Phénicienne, ou qui en étoit un dialecte, a cru que <i>Baal</i> étoit Jupiter, c'est-à-dire, le maître des Dieux &amp; des hommes, comme l'appelloient les Grecs &amp; les Romains. Il y a plus : au IIIe Liv. des Rois, ch. XVI. v. 31. &amp; au IVe ch. X. v. 18. &amp; 19. il est dit, qu'Achab avoit honoré <i>Baal</i> ; il lui avoit bâti un temple que Jehu détruisit. Achab ne l'avoit fait qu'en considération d'Ethbaal Roi de Sidon son beau-père ; ainsi <i>Baal</i> étoit un Dieu des Sidoniens. Or le Dieu des Sidoniens, au rapport d'Hésychius, étoit Jupiter, auquel, à cause de leur situation &amp; de leur port, ils donnoient l'épithète de , Marin, ou Maritime, ce qui montre que le <i>Baal</i> de l'Orient étoit appellé Jupiter en Occident. Quelques-uns ont cru que <i>Baal</i> étoit le même que Moloch, parce qu'il signifie <i>Roi,</i> ce qui est à peu près la même chose que <i>Baal,</i> c'est-à-dire, <i>Seigneur.</i></p><p>Les Chaldéens tenoient <i>Baal</i> pour le Créateur du monde. Ils appellèrent ensuite de ce nom le Soleil, que les Phéniciens regardoient comme le seul Dieu du Ciel. Enfin, il est vraisemblable qu'ils donnerent ce même nom à plusieurs astres, &amp; à des Rois, ou des Héros, en les plaçant dans le Ciel, &amp; les déifiant. C'est là probablement la cause du grand nombre de <i>Baalim</i> qu'il y avoit dans la Chaldée &amp; aux environs ; car c'étoit aussi un Dieu des Samaritains, des Moabites &amp; de plusieurs Chananéens, ou Phéniciens, comme il paroît par l'Ecriture, Nombres XXII. 41. Il le mena sur les hauts lieux de <i>Baal,</i> &amp; il lui fit voir de là l'extrémité de l'armée du peuple d'Israël. Saci. Liv. des Jug. VI. 25. 3. Liv. des Rois XVI. 31. 32. Liv. 4. des Rois X. 18. 19. C'est aussi dans S. Augustin un Dieu des Carthaginois, qui étoient une Colonie des Phéniciens. Mais tous ces <i>Baalim</i> étoient différens ; le <i>Baal</i> des Phéniciens n'étoit point celui des Babyloniens, non plus que le Jupiter des Grecs n'étoit point le Jupiter Ammon de la Libye ; l'un &amp; l'autre sont des noms communs à plusieurs Divinités. Voyez <ref type="search" target="head:Jérem">Jérem</ref>. II. 28. &amp; S. Paul 1. Cor. VIII.</p><p>Jean d'Antioche dit que le <i>Baal</i> des Babyloniens est le successeur de Ninus ; mais communément on le prend pour son père &amp; son prédécesseur, c'est-à-dire, Nimrod. Voyez le P. Pétau <i>De Doctr. Temp. &amp; Ration. Temp. P. I. Lib. cap.</i> 2. &amp; le P. Kirker <i>Oedip. T. I. Syntagma IV. c.</i> 4. <i>p.</i> 262. <i>&amp; suiv.</i> Le <i>Baal,</i> ou <i>Bel</i> d'Egypte, est Mitsraim, selon le P. Kirker au même endroit ; &amp; dans son <i>Latium</i> p. 5. il dit que <i>Baal</i> est Cham.</p><p>Ce nom vient de l'Hébreu , <i>Baal,</i> qui signifie <i>dominer, être maître</i> ; d'où se fait le nom , <i>Baal, Dominus.</i> Les Phéniciens, dont la langue étoit la même que celle des Hébreux, prononçoient aussi <i>Baal,</i> comme eux. Les Chaldéens, si l'on en croit Servius &amp; d'autres anciens, prononçoient <i>Bel,</i> car il faut lire dans cet Auteur <i>Bal,</i> &amp; <i>Bel,</i> &amp; non pas <i>hal,</i> &amp; <i>hel,</i> comme portoient quelques exemplaires corrompus, que Gyraldus &amp; d'autres ont suivis. C'est sur le premier Liv. de l'Enéide, v. 733. 734. De ce <i>Bel</i> des Chaldéens les Grecs ont fait , <i>Belus.</i> le P. Kirker, <i>Oedip. Aegyt. T. I. Synt.</i> 4. <i>cap.</i> 4. <i>p.</i> 264. prétend que ce nom donné aux deux premiers Auteurs de l'Idolatrie, &amp; qui les premiers ont reçû des honneurs divins, Mitsraim &amp; Nimrod, signifie celui qui est si parfait, que l'homme ne peut rien concevoir de plus grand, ni de meilleur, c'est-à-dire, Dieu entant qu'il peut, &amp; qu'il est prêt à secourir les hommes dans leurs nécessités. Si c'est la l'idée que les peuples y ont attachée dans la suite, ce n'est pas celle que fait ce mot, à raison de son origine.</p><p>Les Orientaux donnerent à <i>Baal</i> différens titres, ou épithètes, comme les Grecs &amp; les Romains en donnèrent à Jupiter, qu'ils appellèrent <i>Olympius, Capitolinus, Latialis, Pluvius,</i> &amp;c. On dit de même <i>Baal Peor,</i> ou <i>Beel Phegor, Beel Sephon, Béelzebub, Beelberith,</i> soit à cause des lieux où il étoit honoré, ou des bienfaits dont on croyoit lui être redevable, ou de quelqu'autre raison, que nous expliquerons sur ces mots, ou que nous ignorons, comme a remarqué Godwin, Liv. IV. ch. 3. de son <i>Moses and Aaron</i> ; ou pour distinguer ces faux Dieux les uns des autres.</p><p>Au Pluriel nous ne disons point <i>Baals,</i> comme nous le devrions <pb n="458" facs="bpt6k8542165/f498/full/1200,/0/native.jpg"/>dire en suivant les règles de notre langue ; mais nous prenons le pluriel Hébreu, comme on a fait aussi en Grec &amp; en Latin. Si vous revenez au Seigneur de tout votre coeur, ôtez du milieu de vous les Dieux étrangers, les <i>Baalim</i> &amp; les Astaroth, 1. Liv. des R. VII. 3. <i>Baal,</i> ou <i>Baalim</i> au pluriel, &amp; Astaroth, marquent en général les Dieux &amp; les Déesses des Payens. Saci <i>dans sa note sur cet endroit.</i> Cependant le même Auteur a toujours évité d'employer le pluriel <i>Baalim</i> dans le texte de l'Ecriture, &amp; il ne met jamais que le singulier <i>Baal.</i> Otez du milieu de vous les Dieux étrangers <i>Baal</i> &amp; Astaroth. Mais ce n'est pas parler assez exactement ; car comme nous avons dit, il y avoit plusieurs Dieux de ce nom tous différens les uns des autres. D'ailleurs, pourquoi ne pas retenir <i>Baalim,</i> comme Astaroth, qui est un pluriel, aussi-bien que <i>Baalim</i> ? Ou il falloit changer l'un &amp; l'autre, ou il falloit retenir l'un &amp; l'autre, comme ont très-bien fait les Lovanistes. C'est que Mr de Saci ne savoit pas les langues originales. Les Traducteurs de Genève ont encore plus mal fait : car quelquefois ils ont aussi substitué le singulier <i>Baal</i> au pluriel <i>Baalim</i> ; mais quand ils ont conservé le pluriel, au lieu de <i>Baalim,</i> ils ont mis <i>Bahalins,</i> comme si l'on disoit <i>Bahalin</i> au singulier, ou qu'en François le singulier <i>Bahal</i> pût jamais avoir <i>Bahalins</i> au pluriel ; c'est enter un pluriel François sur un pluriel Chaldéen, &amp; faire un double pluriel. Les Lovanistes font aussi une faute à mon sens ; c'est qu'ils prennent <i>Baalim</i> pour un singulier, &amp; ne lui joignent que l'article du singulier. Les enfans d'Israël firent donc mal en présence du Seigneur, &amp; servirent à <i>Baalim.</i> Frison le change quelquefois en singulier, <i>Baal,</i> &amp; quelquefois il met <i>Baalim</i> sans article, laissant à douter s'il en fait un singulier ou un pluriel. Otez du milieu de vous les Dieux étrangers <i>Baalim</i> &amp; Astaroth. Je crois que pour parler exactement il faut le faire pluriel, &amp; lui en donner l'article. <i>Les Baalim, des Baalim, aux Baalim.</i> Il y a même quelque chose de plus beau, &amp; de plus élégant à dire, Otez les <i>Baalim</i> &amp; les Astaroth, qu'à dire, ôtez <i>Baalim</i> &amp; Astaroth, ou <i>Baal</i> &amp; Astaroth. Voyez Vossius <i>de Idol. Lib. II. cap.</i> 4. &amp; dans d'Herbelot ce qu'en disent les Musulmans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3805" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAAL" />
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    <head>BAAL</head>
    <p>
    Baal , est aussi quelquefois un nom propre d'homme, comme I. Paral. VIII. 30. IX. 36. Et dans Josephe, Liv. III. contre Appion, un Roi de Tyr successeur de Ithobal, ou Ethbaal, est appellé <i>Baal,</i> soit que ce fût un nom appellatif &amp; général, comme celui de Pharaon, ou que ce fût son nom propre.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAAL" />
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    <head>BAAL</head>
    <p>
    Baal , est aussi un nom de lieu au Liv. I. des Paralipomènes, ch. IV. v. 23. &amp; v. 33. C'est le même que le Livre de Josué, ch. XV. 9. 10. 11. XIX. 8. appelle <i>Baalath,</i> ou <i>Baala.</i> Ce lieu étoit aux confins de la Tribu de Simeon du côté du Midi. S. Jerôme l'appelle <i>Ballath</i> dans son Livre <i>De Locis Hebraïcis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3806" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAAL-BERITH" />
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    <head>BAAL-BERITH</head>
    <p>
    BAAL-BERITH , s. m. Nom d'une idole dont il est parlé dans la Sainte Ecriture. Les Talmudistes prétendent que cette idole avoit une figure obscène. Ils se fondent sur la signification de son nom, qui veut dire <i>maître de l'alliance, dominus foederis</i> ; selon la remarque de Buxtorf, la Circoncision étoit la marque de l'alliance que Dieu avoit faite avec les hommes. Pseiffer croit que <i>Baal-Berth</i> étoit le Dieu protecteur des traités &amp; des alliances, tel à peu près qu'étoit, selon Kippin, Jupiter vengeur des sermens violés, . <i>Baal-Berith,</i> selon Bochart dans son <i>Phaleg,</i> Liv. II. ch. 17. p. 859. est l'idole, ou le Dieu de Berith, ou Beryte, patrie de Sanchoniathon. L'Ecriture en parle dans le Livre des Juges en deux endroits, 1°. <i>Jud. VIII.</i> 27. où elle dit que Gédéon étant mort, les Israëlites prirent <i>Baal-Berith</i> pour Dieu, &amp; au même Livre, IX. 2. où elle dit que les Sichémites donnèrent à Abimélech soixante pièces d'argent qu'ils tirèrent du temple de <i>Baal-Berith.</i> Et parce qu'on ne trouve <i>Baal-Berith</i> en aucun autre endroit, Bochart conjecture que cette idolatrie se communiqua aux Israëlites par le commerce fréquent qu'eut Gédéon avec quelque Bérytien considérable, ou de quelque alliance ou traité fait avec lui. Il y a cependant une difficulté ; c'est que le nom de la ville de Béryte vient, comme nous le disons, à sa place, de l'Hébreu , qui signifie <i>des puits,</i> &amp; très-différent de , <i>berith,</i> que l'Ecriture met toûjours à <i>Baal-Berith,</i> &amp; qui signifie traité, alliance, confédération, <i>foedus</i> ; mais cela ne l'arrête point. Autre conjecture : Nonnius appelle la ville de Bérith, Béroé, &amp; dit que ce nom lui fut donné en l'honneur de Béroé fille de Vénus &amp; d'Adonis, ou selon d'autres de Thétis &amp; de l'Océan. De là Bochart infère au même endroit que Béroé est la même que Bérith ; que Baal par conséquent, dans <i>Baal-Berith,</i> est féminin ; mais que cela n'est point extraordinaire, &amp; que les Septante le font souvent de ce genre, comme I. Sam. XVII. 4. Jer. II. 28. XI. 13. XIX. 5. XXXII. 35. Os. II. 8. Sophon. II. 4. &amp; S. Paul Rom. II. 4. Seldenus a remarqué la même chose dans son traité des Dieux de Syrie Synt. II. Ainsi, selon Bochart, <i>Baal-Berith</i> est une Déesse, &amp; non pas un Dieu. Il confirme ce sentiment par Sanchoniathon, qui parle d'un <i>Elioun,</i> c'est-à-dire, <i>Très-haut,</i> &amp; d'une femme nommée <i>Beruth,</i> qui demeuroient à Byblos, qui étoit entre Beryte &amp; Sidon. Pour ce qui est du Liv. des Juges qui, ch. VIII. v. 27. dit que les enfans d'Israël prirent <i>Baal-Berith</i> pour Dieu , il répond que les Hébreux ne connoissant point de sexe entre les Dieux, ils ont dû parler ainsi. Quoi qu'il en soit, il ne satisfait point sur la différence de , Beryte, &amp; , dans <i>Baal-Berith</i> ; &amp; il est plus probable que <i>Baal-Berith</i> étoit un Dieu des Phéniciens, ou des Syriens, ainsi nommé, parce qu'ils croyoient qu'il présidoit aux traités &amp; aux alliances ; <i>Baal-Berith,</i> Dieu du Traité, ou de l'alliance.</p><p>D'autres veulent que ce soit un nom de lieu, ou de montagne, dans la Tribu d'Ephraïm, non loin de Sichem, où les Israëlites bâtirent un temple à Baal, &amp; où selon d'autres ils firent alliance avec Baal, d'où vient le nom du lieu En ce cas <i>Baal-Berith</i> signifieroit <i>Alliance de Baal,</i> métathèse qui n'est point du génie des langues Hébraique, Syriaque, ni Phénicienne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3807" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAAL-GAD" />
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    <head>BAAL-GAD</head>
    <p>
    BAAL-GAD , s. m. Selon quelques Auteurs c'est une Idole des Syriens ; &amp; ce nom est composé de <i>Baal,</i> Seïgneur, ou Dieu ; &amp; de <i>Gad,</i> fortune, comme qui diroit Dieu de la fortune. Ils prétendent que l'on a dit aussi <i>Bagad,</i> ou <i>Begal,</i> noms qui signifient, disent-ils, Bonne fortune. Dans l'Allemagne, ajoûtent-ils, les Juifs ont coutume de mettre au-dessus de la porte de leur maison <i>Ba-gad,</i> ou <i>Mazaltob,</i> c'est-à-dire, <i>Bonne fortune,</i> ou <i>Bon génie,</i> pour attirer, ce semble, la prospérité dans leur famille. Il en est parlé dans Josué XI. 17. XII. 7. XIII. 5. &amp; c'est un nom de lieu qui étoit dans la plaine du Liban, au pied du mont Hermon. Quelques Interprètes Grecs l'ont appellé Baelgad, &amp; Galgal, &amp; Baegga, ou Balgad ; mais tous le prennent pour un nom de lieu. Il pourroit avoir été ainsi nommé, à cause de quelque idole qui y étoit adorée.</p><p>Quand à ce qui est de <i>Bagad,</i> ou <i>Begad,</i> que ces Auteurs disent avoir été la même chose que <i>Baal-gad,</i> ce mot ne se trouve qu'une seule fois dans l'Ecriture, Gen. XXX. 10. où l'Auteur sacré rapporte ce que Zelpha dit en mettant Gad au monde, &amp; ce qui le fit nommer Gad, . Ce mot Hébreu ne peut avoir que deux étymologies. Ou il est formé du verbe , <i>venit,</i> &amp; du nom , qu'on interprète <i>felicitas, fortuna,</i> &amp; qu'Aquila, qui suit ce sentiment, a tourné ; ou bien il est composé de la préposition , <i>in,</i> &amp; du même mot <i>Gad.</i> De quelque manière qu'on le prenne, c'est une manière de parler adverbiale que la Vulgate a très-bien rendue par <i>feliciter, prosperè.</i> Est-il vraisemblable que Zelpha ait réclamé, ou remercié une idole, &amp; que quand elle l'eût fait, ç'eût été de ce nom d'idole qu'on eût pris celui de son fils ? La coutume des Juifs d'Allemagne est une preuve que ce n'est point un nom d'idole ; jamais ils ne furent plus éloignés de l'idolatrie qu'ils le sont. Voyez Kirker, <i>Tom. I. Synt. IV. cap.</i> 8. Selden <i>de Diis Syriis Synt. I. cap.</i> 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3808" id="1" type="">
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    <head>BAALIS</head>
    <p>
    BAALIS . Voyez <ref type="search" target="head:BAALTIS">BAALTIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3809" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAALITE" />
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    <head>BAALITE</head>
    <p>
    BAALITE , s. m. &amp; f. Celui ou celle qui reconnoît Baal pour Dieu, &amp; lui rend un culte religieux. <i>Baalis cultor, Bali cultor.</i> Quelques nouveaux Auteurs ont forgé ce nom pour le donner aux Israëlites, qui adoroient Baal. Achab &amp; Jézabel étoient l'un &amp; l'autre <i>Baalites.</i> C'étoient des <i>Baalites</i> que ces Prophètes qu'Elie fit mettre en pièces, après que par le miracle du feu du Ciel qu'il fit descendre sur son sacrifice, il les eût convaincus que Baal n'étoit qu'une idole, &amp; un faux Dieu. 3. des Rois. XVIII. 40. C'est Philastrius qui a fait ce nom de <i>Baalite,</i> il dit aussi Bélite, <i>Belita,</i> parce qu'il croit <pb n="459" facs="bpt6k8542165/f499/full/1200,/0/native.jpg"/>que les <i>Baalites</i> descendent de Bélus. Il dit que Bélus est ou nom propre, ou nom qui fut donné à ce Prince pour sa valeur dans la guerre, <i>à fortitudine belli.</i> Il écrit <i>Baalites.</i> Il dit qu'ils adoroient les idoles dans des cavernes souterraines, &amp; il distingue encore une autre secte d'hérétiques parmi les Juifs, qui adoroient l'idole Baal, ou le faux Prophète Balaam. Ce sont autant de mécomptes. Au reste, les <i>Baalites</i> étoient plutôt idolatres qu'hérétiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3810" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAALPHÉGOR" />
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    <head>BAALPHÉGOR</head>
    <p>
    BAALPHÉGOR , ou BAALPÉOR, s. m. Idole des Ammonites &amp; des Moabites. Selon S. Jean Chrysostome il fut ainsi nommé du nom du lieu où il étoit adoré. Phégor, ou Péor, avec un , <i>aïn.</i> S. Basile, S. Jean Chrysostome, &amp; Théodoret disent que <i>Baalphegor</i> est le même que Saturne. D'autres en font le Soleil, Jupiter, ou Bacchus. Selon le P. Kirker, c'est le Priape des Grecs, divinité impure, que le Baal Aruch interprète , <i>Peorpe,</i> c'est-à-dire, selon le P. Kirker, <i>os nuditatis</i> ; de là à ce qu'il prétend, s'est formé le nom Priape, qui n'est point Grec. Origène &amp; S. Jérôme conviennent que c'étoit une idole infame, &amp; S. Jérôme dit sur Osée, ch. IX qu'on peut l'appeller Priape. Les Rabbins sont du même sentiment. Quelques-uns néanmoins, comme Salomon Jarchi &amp; Maimonides, trouvent à ce nom une origine plutôt ridicule &amp; impertinente, qu'elle n'est obscène. D'autres croient que son nom <i>Péor</i> lui vient de ce que cette idole avoit la bouche ouverte, ou béante. Certainement , <i>Peorpé,</i> signifie <i>apertum os,</i> ou <i>apertura oris,</i> &amp; non pas <i>os nuditatis.</i> Selden, <i>De Diis Syriis Synt. I. c.</i> 5. croit plutôt, avec S. Chrysostome &amp; Théodoret sur le Pseaume CV. v. 28. que c'est Baal, surnommé <i>Peor,</i> du nom de la montagne où il étoit adoré. Voyez Origène hom. XX. sur les Nombres ; S. Jérôme sur Osée, ch. IV. &amp; ch. IX. Maimonide <i>More Nevokim.</i> P. III. ch. 46. Jarchi sur les Nombres XXV. 3. Philon, Liv. des noms changés ; Selden <i>De Diis Syr. Synt. I. c.</i> 5. <i>&amp;</i> Vossius <i>De idol. Lib. II. cap.</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3811" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAALSEMEN" />
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    <head>BAALSEMEN</head>
    <p>
    BAALSEMEN , s. m. Nom Carthaginois, ou Punique, &amp; Phénicien, dont parlent Philo Biblius &amp; Eusèbe. Le P. Kirker. <i>Oedip. Aegypt. T. I. p.</i> 263. prétend que c'est Nemrod, qui fut ainsi appellé, parce qu'il étoit grand Astronome. <i>Baal</i> signifie <i>Dominus, Seigneur, Maître</i> ; &amp; <i>Semen</i> ou <i>Samain, les Cieux.</i> Ce qui fait un nom très-convenable à un habile Astronome. Vossius, <i>De idol. Lib. II. C.</i> 4. croit que c'est le Soleil, &amp; le même que les Juifs appelloient <i>Beelzebub.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3812" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAALTIS" />
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    <head>BAALTIS</head>
    <p>
    BAALTIS , ou BAALIS, s. f. Divinité payenne. <i>Baaldis, Baaltis.</i> C'étoit une Déesse des Phéniciens, appellée autrement <i>Beltis.</i> Hésychius au mot , dit que c'est, ou Junon, ou Vénus. Eusebe écrit , &amp; l'appelle Reine, d'autres disent que c'est la même que Diane, Vénus, ou la Lune ; Sanchoniathon dans Eusebe, Liv. I. les distingue, &amp; dit qu'Astharte &amp; <i>Baaltis</i> sont soeurs, que la première est Vénus, &amp; l'autre Diane, que l'on prend pour Lucifer ; Sanchoniathon ajoûte que <i>Baaltis</i> fut femme de Saturne, aussi-bien qu'Astharte, &amp; qu'elle n'eut de lui que des filles. Voyez Kirker, <i>T. I. Oedip. Aeg. p.</i> 319. &amp; Vossius, <i>De Idol. Lib. II. cap.</i> 21. Elle étoit honorée à Byblos, car Eusebe dit que Saturne lui avoit donné cette ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3813" id="1" type="">
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    <head>BAANITE</head>
    <p>
    BAANITE , s. m. &amp; f. <i>Baanita.</i> Hérétique Sectateur de Baanes ; car c'est de ce Chef de leur hérésie que les <i>Baanites</i> prirent leur nom. Il parut au commencement du IXe siècle, &amp; se disant disciple d'Epaphrodite, il fit une secte particulière de Manichéens. Pierre de Sicile en parle dans son Hist. du Manichéisme renaissant, &amp; Baronius à l'an 810.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3814" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAARAS" />
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    <head>BAARAS</head>
    <p>
    BAARAS , s. m. est une plante apparemment fabuleuse, dont parle Josephe, qui a une couleur de feu, étincelante comme une étoile, qui fuit sous terre, &amp; qu'on ne peut arrêter, jusqu'à ce qu'on jette de l'urine de femme, ou de son flux menstrual. Elle fait mourir quiconque la touche : de sorte que pour l'arracher on la déchausse tout alentour, &amp; on y attache un chien qui meurt en l'arrachant, après quoi on la peut manier sans danger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3814" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAARAS" />
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    <head>BAARAS</head>
    <p>
    &#9758; BAARAS , s. m.Baaras , est aussi le nom du lieu où cette plante croissoit. Ce lieu n'est point sur le mont Liban, comme on l'a dit dans le Moréri, mais dans une vallée. Josephe, de la Guerre des Juifs, L. VII. c. 23.<br/>Babau est je ne sai quel fantôme imaginaire, ou un Rien dont les nourrices de Languedoc &amp; Pays voisins se servent pour faire peur aux petits enfans, ou aux timides &amp; imbécilles. On appelle <i>Babau</i> généralement tout ce dont on fait peur, sans jamais pourtant faire de mal ... c'est ainsi que l'explique le Sr. de la Peyre dans son <i>AntiBabau,</i> qui, selon lui, ne veut dire autre chose que <i>chasse-frayeur.</i> Baillet. Panurge lui fit le <i>babau,</i> en signe de dérision, dit Rabelais. Ce que Mr. le Duchat interprète par <i>grimaces de singe,</i> en citant un passage, où une nourrice menace son enfant de la <i>baboue</i> &amp; du marmot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3815" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABÉE, BABET" />
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    <head>BABÉE, BABET</head>
    <p>
    BABÉE, BABET , s. f. Nom populaire, que l'on donne aux jeunes filles qui se nomment Elisabeth. <i>Elisabetha.</i> C'est un diminutif de ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3816" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABEL" />
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    <head>BABEL</head>
    <p>
    BABEL . C'est le nom qui fut donné à la Ville &amp; à la Tour que les hommes bâtirent dans une plaine nommée Sinar, ou Sennaar, quelque temps après le déluge, avant que de se séparer pour peupler la terre. Voyez dans la Genèse chap. XI. v. 1. &amp; suiv. Ce nom est purement Hébreu, composé de , <i>b,</i> préposition qui signifie, <i>in,</i> dans, &amp; de , <i>bal, confusion,</i> de sorte que <i>Babel,</i> soit la même chose que <i>dans la confusion</i> ; ou bien de , <i>ba,</i> verbe, qui signifie <i>venir,</i> &amp; de , <i>bal, confusion</i> ; de , <i>balal,</i> confondre ; de sorte que , <i>Babel,</i> signifie, la confusion vient, ou est venue. En effet, ce nom lui fut donné, ainsi que l'Ecriture le témoigne, parce que Dieu confondit là le langage des hommes, pour confondre leurs desseins. La confusion des langues arrivée à la Tour de <i>Babel</i> vint premièrement de l'orgueil, &amp; de la foiblesse des hommes, &amp;c. Bossuet. La ville de <i>Babel</i> fut la capitale de l'Empire qu'établit Nemrod, à peu près dans le même temps. C'est celle qui dans la suite fut nommée Babylone par les Grecs. Voyez <ref type="search" target="head:BABYLONE">BABYLONE</ref>. On dit qu'il y a encore dans une plaine à quelques milles de Bagdad des restes de la Tour de <i>Babel.</i> C'est une colline qui a environ 1150, ou selon d'autres trois mille pas de tour, &amp; dont la matière composée de terre, &amp; d'une espèce de ciment mêlé de bitume, est devenue si dure qu'on n'en peut qu'à grand peine rompre un petit morceau. Voyez le <i>Voyage</i> de le Blanc, Liv. I. chap. 5. Le P. Kirker a fait un ouvrage Latin intitulé, <i>La Tour de Babel,</i> où il a fait graver la figure de ces restes, vrais ou prétendus de la Tour de <i>Babel, Liv. II. p.</i> 92. <i>&amp; suiv.</i> Parce que la Tour de <i>Babel</i> étoit fort haute, &amp; que ceux qui la bâtirent vouloient l'élever jusqu'au Ciel ; le peuple dit quelquefois d'une chose bien grande, ou bien haute, qu'elle est grande, ou haute, comme la Tour de <i>Babel.</i> Cela n'est que du discours familier &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3816" id="2" type="">
   <index type="head" value="BABEL" />
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    <head>BABEL</head>
    <p>
    Babel , s. m. Nom propre d'homme, corrompu du nom Babylas. On dit aussi Baible. Voyez <ref type="search" target="head:BABYLAS">BABYLAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3817" id="1" type="">
   <index type="head" value="BA-BEURRE" />
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    <head>BA-BEURRE</head>
    <p>
    BA-BEURRE , s. m. Lait de beurre qui n'est pas encore pris, ou en consistence de beurre, <i>Butyrum lacteum, lactarium ;</i> ou qui demeure après que le beurre est fait, <i>Lac ex butyro residuum.</i> Un Auteur, de qui nous avons des remarques sur la première édition de ce Livre, l'appelle <i>Lac ebutyratum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3818" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABIA" />
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    <head>BABIA</head>
    <p>
    BABIA , s. f. Nom d'une fausse Divinité. <i>Babia.</i> C'étoit une Déesse révérée en Syrie, &amp; sur-tout à Damas. Nous l'apprenons de Photius, qui l'avoit appris lui-même de Damascius dans la vie du Philosophe Isidore. Il rapporte donc, dans sa Bibliothèque Cod. 242. que les Syriens, &amp; principalement ceux de Damas, appelloient les petits enfans en maillot <i>babia</i> ; il ajoûte qu'ils donnoient même ce nom aux jeunes enfans qui avoient déja quelque âge, &amp; que ce nom étoit pris de celui de la Déesse <i>Babia,</i> qu'ils honoroient. De-là Seldenus, dans son Liv. sur les Dieux des Syriens, <i>Synt. II. cap.</i> 4. conjecture que chez les Syriens, <i>Babia</i> étoit la Déesse de la jeunesse. Quelques exemplaires Grecs de Photius la nomment , au lieu de .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3819" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABICHE" />
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    <head>BABICHE</head>
    <p>
    BABICHE , s. f. Terme populaire &amp; enfantin. Nom que l'on donne quelquefois aux petites filles qu'on appelle <i>Babée</i> ou <i>Babet,</i> &amp; qui est un diminutif de ce diminutif. Voyez <ref type="search" target="head:BABÉE">BABÉE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3820" id="1" type="">
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    <head>BABICHE</head>
    <p>
    BABICHE , s. f. Petite chienne. <i>Catella, canicula.</i> Vous perdez pour <i>Babiche</i> des pleurs qui suffiroient pour racheter <pb n="460" facs="bpt6k8542165/f500/full/1200,/0/native.jpg"/>un Roi. Voit. Il ne paroît pas que <i>Babiche</i> soit un nom appellatif de chienne. C'est une espèce de nom propre que l'on donne à ces petits animaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3821" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABIL" />
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    <head>BABIL</head>
    <p>
    BABIL , s. m. Abondance de paroles sur des choses de néant ou superflues, un parler continuel &amp; importun. <i>Garrulitas, loquacitas.</i> Les femmes &amp; les vieillards ont toujours trop de <i>babil.</i></p><p>Nicot dérive ce mot de <i>Babel,</i> où se fit la confusion des langues. Ménage veut qu'il vienne de <i>bambinare,</i> qui a été fait de <i>bambino,</i> Italien, diminutif de <i>bambo,</i> lequel est dérivé du Syriaque <i>babion</i>, qui signifie <i>enfant,</i> d'où on a fait aussi <i>babiole</i> &amp; <i>bimbelots,</i> signifiant des <i>poupées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3822" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABILLARD, ARDE" />
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    <head>BABILLARD, ARDE</head>
    <p>
    BABILLARD, ARDE , adj. &amp; subst. Qui parle continuellement, &amp; qui ne dit que des choses de néant. <i>Garrulus, loquax.</i> C'est un franc <i>babillard.</i> Mol. L'hirondelle est <i>babillarde.</i> Ablanc. Si un <i>babillard</i> écoute un peu, ce n'est que comme un reflux de babil qui prend haleine pour rebabiller puis après encore davantage. Amiot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3822" id="2" type="chasse">
   <index type="head" value="BABILLARD, ARDE" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BABILLARD, ARDE</head>
    <p>
    Babillard , se dit aussi d'un indiscret, qui ne sauroit retenir sa langue ; qui répète tout ce qu'il a ouï dire. La joie est d'ordinaire imprudente &amp; <i>babillarde.</i></p><p>On appelle en termes de chasse , un chien <i>babillard,</i> lorsqu'il crie par ardeur, ou lorsqu'il est hors des voies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3823" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABILLER" />
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    <head>BABILLER</head>
    <p>
    BABILLER , v. n. Parler sans cesse, &amp; ne dire que des bagatelles, &amp; des choses inutiles. <i>Garrire, Blaterare.</i></p><p>On dit, qu'un homme ne fait que <i>babiller,</i> lorsqu'il parle &amp; promet beaucoup, &amp; qu'il n'exécute rien ; qu'il ne dit rien de solide, qui puisse terminer une affaire. Au reste, les mots de <i>babillard</i> &amp; de <i>babiller</i> ne sont en usage que dans le style familier &amp; comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3824" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABILLOIRE" />
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    <head>BABILLOIRE</head>
    <p>
    BABILLOIRE . Voyez <ref type="search" target="head:CAQUETOIRE">CAQUETOIRE</ref>. <i>Babilloire</i> ne se dit guère, ou point du tout, si ce n'est comme certains mots forgés qu'on hazarde quelquefois dans une conversation bien familière ; car ce mot seroit bien bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3825" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABINE" />
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    <head>BABINE</head>
    <p>
    BABINE , s. f. Lèvre de certains animaux, comme guenons, chats, &amp; chiens, &amp;c. <i>Labia, labella.</i> Ce chat a trouvé quelque chose à manger, il se lèche les <i>babines.</i> Cette expression se trouve dans Le Noble en parlant du loup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3825" id="2" type="">
   <index type="head" value="BABINE" />
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    <head>BABINE</head>
    <p>
    Babine , se dit improprement de l'homme en ces phrases proverbiales. Il s'est donné de son bien par les <i>babines.</i> Il faut qu'il s'en torche les <i>babines</i> ; pour dire, qu'il n'en tâtera pas.</p><p>On dit aussi d'un hypocrite, qu'il remue bien les <i>babines</i> ; quand il ne prie Dieu que des lèvres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3826" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABIOLE" />
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    <head>BABIOLE</head>
    <p>
    BABIOLE , s. f. Chose de peu de valeur &amp; puérile. <i>Crepundia.</i> On amuse les enfans avec toutes sortes de <i>babioles.</i> Louïs XI. portoit ordinairement un chapeau de méchant drap tout chargé de graisse &amp; de <i>babioles.</i> Mascur. Ce livre n'a rien de solide, il n'y a que des choses puériles, des <i>babioles.</i></p><p>Du Cange le dérive de <i>baubella</i>, mot de la basse Latinité, qui signifioit <i>petit joyau.</i> Les Italiens appellent des poupées, <i>bambale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3827" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BABORD, & BAS-BORD" />
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    <head>BABORD, & BAS-BORD</head>
    <p>
    BABORD, &amp; BAS-BORD , car on l'écrit des deux manières. Terme de Marine . C'est le côté gauche du navire quand on va de la pouppe à la proue. <i>Latus sinistrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3828" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABOUCHE" />
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    <head>BABOUCHE</head>
    <p>
    BABOUCHE , s. f. Soulier des Turcs. <i>Calceus Turcicus. Solea deposititia.</i> Quelques autres peuples Orientaux s'en servent aussi, comme les Siamois, ou plutôt on donne aussi ce nom à leurs souliers. Ils sont pointus, sans quartier ni talon. Ils les quittent aux portes, chez autrui &amp; chez eux mêmes, pour ne pas salir les lieux où ils entrent.</p><p>Ce mot vient, selon M. Huet, du Persan <i>papos,</i> qui signifie la même chose. D'autres prétendent que c'est un mot Turc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3829" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABOUÏN" />
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    <head>BABOUÏN</head>
    <p>
    BABOUÏN , s. m. Gros singe. <i>Simius.</i> Rabelais cite un livre burlesque de Marmoretus, de <i>Babouinis</i> &amp; Singis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3829" id="2" type="">
   <index type="head" value="BABOUÏN" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BABOUÏN</head>
    <p>
    Babouin , signifie aussi, un Marmouset, ou vilaine figure qu'on fait baiser par force à ceux à qui on veut faire quelque honte. <i>Imago ridiculum in modum efformata.</i> On dit figurément, faire baiser le <i>babouin</i> à quelqu'un ; pour dire, l'obliger à faire quelque soumission, quelque traité désavantageux malgré lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3829" id="3" type="">
   <index type="head" value="BABOUÏN" />
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    <head>BABOUÏN</head>
    <p>
    Babouin, ïne , s. m. &amp; fém. est aussi une injure qu'on dit aux petits enfans. <i>Pusiunculus.</i> Vous êtes un petit <i>babouin.</i> Vous êtes une petite <i>babouine. Pusiuncula.</i> Ce terme est bas, populaire &amp; familier. On le dit quelquefois par colère, mais le plus ordinairement par amitié en caressant un enfant, &amp; en badinant. On dit proverbialement, taisez-vous petit <i>babouin,</i> laissez parler votre mère qui est plus sage que vous.</p><p>Chorier le dérive de , Qui bégaye, &amp; ne peut s'expliquer que confusément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3830" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABOUÏNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>BABOUÏNER</head>
    <p>
    &#9758; BABOUÏNER , v. n. Badiner, faire des singeries, niaiser, s'amuser à des bagatelles, jouer comme les enfans. Ce mot est du style bas. Il se trouve dans le <i>Dict. Com.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3831" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABYLAS" />
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    <head>BABYLAS</head>
    <p>
    BABYLAS , s. m. Nom propre d'homme. <i>Babylas,</i> S. <i>Babylas</i> dit quelquefois par corruption S. Babel &amp; S. Baible, l'un des plus grands modèles que l'Eglise ait proposés à ses Ministres pour la fermeté Sacerdotale, fut mis sur le Siége d'Antioche vers le commencement du règne de Gordien, &amp; fut le douzième des Pasteurs de cette célèbre Eglise depuis S. Pierre. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3832" id="1" type="">
   <index type="head" value="BABYLONE" />
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    <head>BABYLONE</head>
    <p>
    BABYLONE , s. f. <i>Babilon.</i> Ville célèbre de l'Orient située sur l'Euphrate, au-dessus de l'endroit où il se joint au Tigre. L'Ecriture, dans la langue originale, appelle toujours <i>Babylone</i> Babel, ce qui montre que c'est la même ville, &amp; que le nom de <i>Babylone</i> s'est formé de Babel. <i>Babylone</i> est donc la capitale du plus ancien Empire du monde. Cette ville fut beaucoup augmentée &amp; embellie dans la suite par les successeurs de Nemrod qui en fut le premier Roi. La plus ancienne description que nous en ayons, après ce que l'Ecriture en dit en divers endroits, est celle qu'Hérodote en a faite dans son premier Livre. L'enceinte de <i>Babylone</i> étoit de 480. stades ; elle étoit quarrée, &amp; elle avoit sur chaque côté 120. stades. Cela fait vingt lieues de tour. Quelques Auteurs ne lui donnent que 365. stades, &amp; d'autres 385. Ceux qui en donnent le moins en mettent 360. c'est 15. lieues de tour. Tous les Anciens sans exception disent que les murailles de <i>Babylone</i> étoient de brique. Voyez Hérodote, Liv. I. p. 81. Diodore de Sicile, Liv. II. Dion dans Trajan ; Justin, Liv. I. chap. 2. Q. Curce. Liv. V. chap. 1. Aristophane dans la Comédie des oiseaux ; Théocrite, Idyl. 16. Ovid. Met. Liv. IV. v. 58. Properce, Liv. III. Elég. X. v. 21. Lucain, Liv. VI. v. 50. Mart. Liv. IX. Epigr. 77. Juven. Sat. X. v. 171. d'Herbelot, <i>Bibl. Orient.</i></p><p>Ses murs étoient si larges que des chars à quatre chevaux y pouvoient passer de front sans s'incommoder. Ils avoient deux cents pieds de haut, &amp; 32. ou selon d'autres, 50. <pb n="461" facs="bpt6k8542165/f501/full/1200,/0/native.jpg"/>pieds de large par en haut. Ses murailles étoient flanquées de 250. ou 300. grosses tours qui avoient 50. coudées de hauteur Ce qui a fait dire à un de nos Poëtes :</p><p>Plusieurs Anciens disent que c'est Sémiramis qui la bâtit, &amp; d'autres que ce fut Belus. D'autres prétendent que ce ne fut pas Belus, mais Babylon son fils, de qui elle prit son nom. Ce sont des fables ; nous avons un témoignage plus sûr que tout cela dans ce que nous en dit l'Ecriture. Voyez <ref type="search" target="head:BABEL">BABEL</ref>. Sémiramis accrut &amp; embellit beaucoup <i>Babylone.</i> Les jardins qu'elle y éleva en terrasse sur des voûtes ou plates-formes de pierres énormes, passoient pour une merveille du monde. L'Euphrate passoit au milieu de la ville. Hérodote nous parle du pont que Nitocris y bâtit comme d'une autre merveille. C'étoient de gros piliers de pierres liées ensemble par des barres de fer cramponées avec du plomb : sur ces piliers portoient des poutres &amp; des planches : il avoit 625. pieds de long, &amp; 30. de large. <i>Babylone</i> avoit cent portes d'airain, &amp; un Temple de Belus très-magnifique. Hérodote donne huit étages à la Tour de <i>Babylone.</i> On dit qu'elle étoit haute de 416. coudées, &amp; qu'elle avoit au rès de chaussée quatre ou cinq mille cent soixante pas de circuit. Cette ville fut d'abord la capitale de l'Empire Babylonien. Les Assyriens dans la suite réunirent les deux Empires, dont elle fut encore la capitale. Les Perses s'en rendirent maîtres sous la conduite de Cyrus ; Alexandre la prit, &amp; enfin elle a été détruite, de sorte que selon les oracles des Prophètes, il ne reste plus rien de tant d'ouvrages si superbes, &amp; on a même de la peine à trouver l'endroit où fut <i>Babylone.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BABYLONE</head>
    <p>
    P. Chomel , Jés.</p><p>Car ce n'est point Bagdad, comme on le dit ordinairement. Séleucus Nicanor ayant bâti Séleucie sur le Tigre à 300. stades de <i>Babylone, Babylone</i> déja beaucoup diminuée par la négligence des Macédoniens, devint déserte &amp; périt insensiblement. Séleucie fut appellée <i>Babylone</i> : &amp; comme Bagdad est au même lieu que Séleucie, ou n'en est pas loin, Bochart a cru que c'étoit là ce qui avoit fait qu'on l'a prise pour <i>Babylone.</i> Les étoffes, les tapis, les broderies de <i>Babylone,</i> sont fort vantées dans l'antiquité, surtout par les Poëtes.</p><p>On prétend que c'est dans <i>Babylone</i> que l'Idolatrie prit naissance. Les Israëlites du Royaume de Juda, c'est-à-dire, les deux Tribus de Juda &amp; de Benjamin, furent amenées captives en <i>Babylone</i> par Nabuchodonosor. C'est ce qu'on appelle la captivité de <i>Babylone,</i> qui dura 70. ans, jusqu'à la première année du règne de Cyrus à <i>Babylone.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BABYLONE</head>
    <p>
    Babylone est prise dans l'Ecriture pour un lieu de désordre &amp; de crime. C'est de-là que nous disons aussi en François dans le même sens, c'est une <i>Babylone,</i> pour dire en général, un lieu plein de trouble, de désordre, de débauches, de crimes, de confusion.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BABYLONE</head>
    <p>
    BABYLONE . La ville capitale de l'Egypte a porté autrefois ce nom. <i>Babylon.</i> Grégoire de Tours, <i>Lib. I. Hist. Franc.</i> l'appelle Babylonie, <i>Babylonia.</i> Quelques-uns croient que ce nom lui vint de ce qu'elle fut bâtie par des Babyloniens de la Babylone de Chaldée, qui se retirerent là, &amp; la bâtirent après les malheurs &amp; la destruction de leur Patrie. Le P. Kirker veut que la <i>Babylone</i> d'Egypte soit Héliopolis, &amp; que celle-ci soit la Ramessès dont parle l'Ecriture. Si cela est, ce sont les Israëlites qui l'ont bâtie. Voyez <i>Exod. Ch. I.</i> 11. Le Chevalier Marsham prétend que Cambyse ayant ravagé l'Egypte &amp; détruit Héliopolis, cette ville se bâtit, ce qu'il prouve par Josephe, Antiq. Livre II. ch. 5. Les ruines de cette <i>Babylone</i> se voient encore non loin du Kaire. On dit cependant communément que c'est le Kaire-même, &amp; le P. Mabillon l'a dit, <i>Act. SS. Bened. Saec. VI. Part. I. pag.</i> 374. aussi bien que le P. Ruinart dans ses Notes sur Grégoire de Tours, p. 12. comme on dit que Bagdad est la <i>Babylone</i> de Chaldée ; &amp; nos Poëtes sur-tout ne font nulle difficulté de dire <i>Babylone</i> pour le Kaire : mais des Savans devroient parler plus juste.</p><p>Il y a une monnoie d'or de Louïs XII. qui représente d'un côté ce Prince, &amp; de l'autre les armes de Naples &amp; de Sicile, avec ce mot, dit M. de Thou, Liv. I. pag. 8. Perdam Babylonis nomen. Cet Historien prétend que par le mot de <i>Babylone</i> Louis XII. vouloit désigner Rome, &amp; que ce Prince fit battre cette monnoie pour l'opposer aux menaces de Jules II. avec lequel il fut toujours mal. Mais le P. Hardouin, qui a fait une Dissertation sur cette monnoie, prétend que par <i>Babylonis nomen</i> il faut entendre l'Egypte &amp; l'Empire du Turc en Egypte ; que <i>Babylone</i> est le nom d'un village qui est en Egypte assez près du Kaire, &amp; sur les ruines de la <i>Babylone</i> dont nous venons de parler, &amp; que cette monnoie fut fabriquée avant que Louis XII. fût brouillé avec Jules II. Il est bon d'avertir en passant que ni M. de Thou, ni le P. Hardouin, n'ont exactement rapporté l'inscription dont il s'agit. J'ai vû cette monnoie d'or, &amp; il y a, Perdam Babillonis nomen, &amp; non pas Babylonis. Ce peut être une ouverture pour une autre explication. Le Blanc, dans son <i>Traité des monnoies,</i> met un peu mieux Babilonis, mais il y a deux ll sur la monnoie d'or que j'ai vue. Il n'y a encore que les armes de France, &amp; non celles de Naples, comme l'assure M. de Thou. Du côté de la tête l'inscription est, Ludo. Franc. Regniq. Nea. avec la tête de Louis XII. qui a une couronne rayonnée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BABYLONIE</head>
    <p>
    BABYLONIE , s. f. <i>Babylonia.</i> Pays d'Asie, dont Babylone étoit la capitale. Elle comprenoit la Chaldée, &amp; la partie de la Mésopotamie, qui est la plus près du confluent de l'Euphrate &amp; du Tigre ; d'autres disent la Chaldée, &amp; une partie de l'ancienne Assyrie. Solin prétend que l'on comprenoit sous ce nom la Mésopotamie &amp; l'Assyrie entière ; mais il s'est trompé. Mela distingue la <i>Babylonie</i> de la Mésopotamie, &amp; de l'Adiabène, ou Assyrie. La <i>Babylonie</i> dans le commencement se terminoit à la jonction du Tigre &amp; de l'Euphrate. La contrée qui est au-dessous de cette jonction jusqu'au Golfe Persique est appellée Iraque par les Géographes Arabes, du nom d'Erec, qui fut avec Babylone, &amp; d'autres lieux, le commencement du Royaume de Nemrod. Erec étoit une ville située le long du lit commun du Tygre &amp; de l'Euphrate au-dessous de la jonction. Ces deux villes donnerent le nom à deux Provinces. La <i>Babylonie</i> s'étendoit jusqu'à la jonction des fleuves ; &amp; la Province d'Erec, ou d'Iraque, s'étendoit le long du lit commun de ces deux fleuves, à droite &amp; à gauche depuis leur jonction jusqu'à la mer : le temps a changé ces choses. L'Iraque a empiété sur la <i>Babylonie,</i> sur l'Assyrie &amp; sur la Médie, &amp; leur a fait porter son nom. La <i>Babylonie</i> de son côté s'est mise en possession de toute l'ancienne Province d'Iraque. Huet. Il paroît par ceci que les Auteurs du Moreri se sont trompés, quand ils ont dit <i>Babylonienne,</i> au lieu de <i>Babylonie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3835" id="1" type="gnomonique">
   <index type="head" value="BABYLONIEN, ENNE" />
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    <head>BABYLONIEN, ENNE</head>
    <p>
    BABYLONIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. <i>Babylonius, a.</i> Qui est de Babylone, ou de la Babylonie ; qui appartient à Babylone, ou à la Babylonie. Les <i>Babyloniens</i> ont été les premiers Astronomes, &amp; les premiers Idolatres du monde. L'armée <i>Babylonienne,</i> les troupes <i>Babyloniennes</i> saccagèrent Jérusalem. Les <i>Babyloniens</i> étoient fort adonnés à l'Astrologie, d'où vient que Tertullien appelle <i>Babylonien,</i> un Mathématicien, ou faiseur d'horoscope. On a dit aussi un Chaldéen, &amp; les Chaldéens, pour un Astronome, les Mathématiciens.</p><p><i>Heures Babyloniennes,</i> c'est un terme de Gnomonique que l'on voit sur quelques cadrans solaires. Les Babyloniens, les Persans &amp; les Syriens, divisent le jour naturel en 24. heures, &amp; les comptent depuis le lever du soleil, jusqu'au soleil levant du jour qui suit. Les heures ainsi comptées, &amp; ainsi disposées sur un cadran, s'appellent en Gnomonique <i>Heures Babyloniennes, horae Babylonicae.</i> Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3836" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAC" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BAC</head>
    <p>
    BAC , sub. mas. Grand bateau plat qui n'a ni pouppe ni proue, &amp; qui est ouvert par le devant &amp; le derrière, que l'on abaisse sur le rivage, pour y faire entrer les charrettes &amp; les carrosses. <i>Ponto.</i> Les <i>bacs</i> tiennent ordinairement <pb n="462" facs="bpt6k8542165/f502/full/1200,/0/native.jpg"/>par des anneaux ou des pieux, à de grandes cordes attachées aux deux bords de la rivière, pour la traverser. Le droit de <i>bac</i> est un droit seigneurial qui s'afferme : ce qu'on appelle en quelques lieux <i>Pontenage,</i> ou <i>Pontonage.</i> Ce droit se lève sur ceux qui passent une rivière dans le <i>bac,</i> ou bateau du Seigneur, qui seul a le droit d'en avoir pour faire passer l'eau à ceux qui le souhaitent. Ce qui s'appelle passer le port, &amp; se dit tant de celui qui conduit le bateau, que de ceux qu'il conduit à l'autre bord. Ce droit s'afferme à un Batelier, qui seul en joüit, &amp; qui s'appelle Pontonier.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>barca,</i> ou <i>barcus.</i> Mais il vient plutôt de <i>bach</i> Allemand, qui signifie <i>vaisseau &amp; rivière</i> ; ou bien de <i>bacci,</i> dont Arrian a usé pour un <i>pont.</i> Le P. Papebrok, <i>Act. SS. April. T.</i> 1. <i>p.</i> 262. croit que <i>bacon,</i> qui se trouve dans la vie de S. Benezet, est un diminutif du François <i>bac</i> &amp; de l'Allemand <i>bach,</i> qui signifie un vase de bois ; &amp; qu'il servoit peut-être autrefois à porter quelque chose sur les épaules. Du Cange dit qu'on a usé du mot de <i>baccus,</i> &amp; de <i>bacus,</i> pour signifier un <i>bac</i> de rivière, d'où on a fait aussi <i>bacula,</i> pour signifier un <i>bacquet.</i> Isidore dit que les Latins l'appelloient <i>linter,</i> &amp; que c'étoit un bateau creusé d'une seule poutre. Selon le P. Pezron <i>bac</i> est un mot Celtique, d'où est venu le Grec , &amp; notre mot <i>bac.</i></p><p>Les Fontainiers appellent aussi <i>Bac</i> un petit bassin de fontaine. <i>Discus aquarius, concha, labrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3837" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BACALAS" />
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    <head>BACALAS</head>
    <p>
    BACALAS . Terme de Marine . Pièces de bois de 4. pieds de longueur, qui se clouent sur la couverture de la pouppe &amp; se continuent jusqu'aux cordelettes. <i>Transtra postica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3838" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACALIAU" />
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    <head>BACALIAU</head>
    <p>
    BACALIAU , s. m. C'est ainsi qu'on appelle la morue sèche en Provençal. Le <i>Bacaliau</i> fait une partie des provisions des vaisseaux de guerre &amp; de marchandises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3839" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACAUDES" />
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    <head>BACAUDES</head>
    <p>
    BACAUDES , s. m. plur. <i>Bacaudae.</i> Il est parlé des <i>Bacaudes</i> dans Salvien, dans Eumenius, dans Eutrope, &amp;c. Les <i>Bacaudes</i> étoient des Paysans révoltés dans les Gaules, qui prirent le nom de <i>Bacaudes</i> : ils couroient le pays, &amp; commettoient mille excès. Dioclétien associa à l'Empire Maximien, qui avoit rétabli la paix dans les Gaules en défaisant les <i>Bacaudes.</i> On les appelle aussi <i>Bagaudes,</i> &amp; en Latin <i>Bagaudae, Bacaudae ; Baogaudae, Bagoaudae, Bagandae, Vagandae.</i> Voyez Orosius, Salvien, Loensis, Lacerda. Voyez <ref type="search" target="head:BAGAUDE">BAGAUDE</ref>. Je crois que <i>Bagandae</i> &amp; <i>Vagandae</i> sont des fantes, &amp; que l'on a pris un <i>u</i> pour une <i>n.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3840" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACCALAUREAT" />
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    <head>BACCALAUREAT</head>
    <p>
    BACCALAUREAT , s. m. <i>Baccalaureatus.</i> C'est le premier des degrés qu'on donne dans les Universités pour les sciences de Theologie, de Médecine, de Droit Civil &amp; Canon. Voyez <ref type="search" target="head:BACHELIER">BACHELIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3841" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACCHANALES" />
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    <head>BACCHANALES</head>
    <p>
    BACCHANALES , s. f. <i>Bacchanalia.</i> Prononcez <i>Baccanales.</i> C'étoit autrefois une fête de Bacchus chez les Payens. Les Athéniens la solemnisoient avec beaucoup d'appareil, &amp; ils comptoient même les années par la célébration de cette fête avant qu'ils les comptassent par les Olympiades. Il s'y commettoit beaucoup d'excès &amp; de dissolutions. Maintenant c'est une réjouissance ou mascarade qu'on fait au Carnaval, où on se couronne de lierre, &amp; où on imite ces anciennes fêtes. Je hai ces repas où la joie ressemble à la fureur, &amp; qui tiennent un peu de la fête des <i>Bacchanales.</i> M. Scud. On appelle aussi la fête des <i>Bacchanales, Orgie,</i> du mot Grec , qui signifie fureur &amp; emportement ; par rapport à ce qui se passoit dans ces solemnités. Auprès de Vitellius on ne voyoit que désordre &amp; qu'yvrognerie, &amp; son armée ressembloit mieux à des <i>Bacchanales,</i> qu'à un camp bien discipliné. Harlay.</p><p>L'origine des <i>Bacchanales</i> vient des Egyptiens. Un certain Mélampus les apporta d'Egypte en Grèce, selon Diodore de Sicile, Liv. I. de ses Antiq. chap. 2. Plutarque, dans son Livre d'Isis &amp; d'Osiris, fait aussi venir d'Egypte les <i>Bacchanales.</i> La Cérès des Grecs est selon lui l'Isis des Egyptiens, &amp; leur Osiris est le Bacchus des Grecs. La forme &amp; la disposition des <i>Bacchanales</i> dépendoit chez les Athéniens de l'<i>Archonte,</i> ou premier Magistrat, comme nous l'apprenons de Pollux, Liv. 8. chap. 9. Elle étoit simple dans les commencemens, mais elle se fit dans la suite avec tant d'apparat, &amp; même avec tant de saletés, que les Romains, qui en eurent honte, la défendirent dans toute l'Italie. Les anciens Pères ont fort reproché aux Payens les désordres &amp; les abominations des <i>Bacchanales</i> parmi les Grecs. Ces sortes de divertissemens si contraires à la pureté &amp; à la modestie Chrétienne, furent défendus dans les Conciles. Pierre Castellan a traité à fonds de cette fête dans son Livre intitulé <i>Eortologion,</i> qui a été imprimé <i>in</i>-8°, à Anvers, &amp; qui est postérieur à celui que Meursius a écrit sur la même matière.</p><p>On appelle aussi <i>Bacchanales,</i> des tableaux ou bas reliefs qui nous restent de l'Antiquité, où ces fêtes sont figurées ; &amp; ce sont d'ordinaire des danses, &amp; des nudités. On voit encore des <i>Bacchanales</i> dans plusieurs frises anciennes. Il n'y a rien de plus plaisant &amp; de plus gracieux que des <i>Bacchanales</i> peintes par le Poussin. Félib.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3842" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACCHANALISER" />
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    <head>BACCHANALISER</head>
    <p>
    &#9758; BACCHANALISER , v. n. Terme bas, pour signifier Faire la débauche, se divertir, se réjouïr, se donner du bon temps, s'adonner à la joie &amp; aux plaisirs. <i>Dict. com.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3843" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACCHANTE" />
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    <head>BACCHANTE</head>
    <p>
    BACCHANTE , s. f. Prononcez <i>Baccante.</i> Femme qui célébroit autrefois les fêtes de Bacchus. <i>Baccha.</i> C'étoit d'abord le nom des femmes qui suivirent Bacchus à la conquête des Indes, portant à la main un Thyrse, c'est-à-dire, une petite lance couverte de lierre &amp; de pampre, &amp; chantant par-tout ses victoires &amp; ses triomphes. Ensuite elles instituerent à l'honneur de Bacchus des fêtes qu'on appella <i>Bacchanales.</i> Ces <i>Bacchantes,</i> ou ces Prêtresses du Dieu du vin, pendant la cérémonie, couroient vêtues de peaux de tigres, toutes échevelées, avec leur Thyrse, &amp; avec des torches &amp; des flambeaux, criant comme des furieuses, &amp; avec des hurlemens effroyables, <i>evohe Evan, evohe Bacche.</i> Ce furent les <i>Bacchantes</i> qui déchirerent Orphée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3843" id="2" type="">
   <index type="head" value="BACCHANTE" />
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    <head>BACCHANTE</head>
    <p>
    Bacchante . <i>Bacchans.</i> Se dit figurément d'une femme en fureur, emportée de colère, de rage, ou d'amour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3844" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACCHARIS" />
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    <head>BACCHARIS</head>
    <p>
    BACCHARIS , s. f. Plante qui est fort commune aux environs de Montpellier, d'où vient qu'on l'appelle <i>Baccharis de Montpellier.</i> En Latin, <i>Coniza major vulgaris.</i> C'est une espèce de <i>Conise.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CONISE">CONISE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3845" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACCHIONITES" />
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    <head>BACCHIONITES</head>
    <p>
    BACCHIONITES , sub. m. pluriel. <i>Bacchionitae.</i> Paschase Radbert dit que c'étoient des Philosophes, qui méprisoient tellement toutes les choses du monde, qu'ils ne gardoient que des vaisseaux pour boire : il rapporte aussi qu'un d'entre eux ayant vû quelqu'un qui buvoit dans le creux de sa main, il jetta comme une chose inutile la tasse dont il s'étoit servi jusqu'alors. On appelle quelquefois les <i>Bacchionites</i> du nom de Baccroperites, <i>Baccroperitae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3846" id="1" type="poesie latine">
   <index type="head" value="BACCHIQUE" />
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    <head>BACCHIQUE</head>
    <p>
    BACCHIQUE , ou comme il faut prononcer BACQUIQUE, s. m. <i>Bacchius.</i> Terme de Poësie Latine . C'est le nom d'un pied de vers Latins, qui est composé d'une brève &amp; de deux longues, comme <i>egestas.</i> Il se nommoit ainsi du nom du Dieu Bacchus, parce qu'il entroit souvent dans les hymnes que l'on faisoit à son honneur. M. Harris dit que le <i>Bacquique</i> est le contraire du Dactyle, parce qu'en effet l'un est composé d'une longue &amp; deux brèves, &amp; l'autre d'une brève &amp; deux longues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3847" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACCHUS" />
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    <head>BACCHUS</head>
    <p>
    BACCHUS , s. m. Nom d'un Dieu des Payens. <i>Bacchus. Bacchus</i> étoit fils de Jupiter &amp; de Proserpine, selon une hymne attribuée à Orphée : mais selon Homère, dans l'hymne qn'il a faite à l'honneur de <i>Bacchus,</i> selon Hésiode, <i>Theogon.</i> v. 941. selon une autre hymne attribuée à Orphée, &amp; selon le sentiment général des Poëtes, il étoit fils de Jupiter &amp; de Sémélé. Les Poëtes disent qu'il nâquit deux fois, &amp; qu'il eut deux mères, parce que Sémélé ayant été tuée par le foudre de Jupiter, on tira de son sein l'enfant qu'elle portoit, &amp; Jupiter se fit ouvrir la cuisse par un certain Sabazius, &amp; y fit enfermer <i>Bacchus,</i> afin qu'il achevât de s'y former jusqu'à ce que les neuf mois qu'il devoit être dans le sein de sa mère fussent accomplis, auquel temps il nâquit une seconde fois. C'est le Dieu de la vigne &amp; du vin chez les Payens. Il étoit invoqué par les débauchés, à cause qu'on le croyoit inventeur du vin. On dit du moins qu'il en apprit l'usage aux Indiens. On distingue plusieurs <i>Bacchus.</i> Un Arabique, que Vossius, <i>de Idol. Lib. I. cap.</i> 30. croit être Moise. Un <i>Bacchus</i> Indien, que le même croit être Noé. <i>Ib. cap.</i> 25. 19. Un autre Thébain surnommé Denys, <i>Dionysius.</i> Un quatrième Egyptien plus ancien que le Thébain selon Vossius. <i>Ib. cap.</i> 19. <i>Bacchus,</i> au sentiment du même Auteur, n'est autre chose que le Soleil, &amp; Osiris, Liv. II. ch. 14. Voyez encore le même Auteur, Liv. III. ch. 70. &amp; 71. <i>Bacchus</i> étoit pris par les Egyptiens pour la vertu, la sève &amp; la substance de tous les arbres, plantes &amp; fruits, disent Phurnutus &amp; Plutarque, Liv. V. Sympos. Tristan, qui dans ses <i>Comment. <pb n="463" facs="bpt6k8542165/f503/full/1200,/0/native.jpg"/>hist.</i> a remarqué bien des choses curieuses touchant ce Dieu.</p><p><i>Bacchus</i> a plusieurs noms différens chez les Poëtes Grecs &amp; Latins. Les principaux sont <i>Dionysius, Bromius, Liaeus, Lenaeus, Evan, Evius, Evoë, Iachus, Eleutherius,</i> ou <i>Liber.</i> Les peuples de Lucanie l'appelloient <i>Pantheus,</i> tout Dieu. Ses Sacrificateurs le nommoient <i>Phanaces.</i> On l'a quelquefois appellé <i>Phleo.</i> On ne l'a représenté d'abord que sous la figure d'une pierre brute. Voyez <i>Clem. Alex. Strom. Lib. I.</i> Ensuite on le représenta sous la forme d'un jeune homme fort délicat &amp; fort beau. On lui donne un char tiré par des tigres, ou des panthères, &amp; un Thyrse en main. Quelques-uns disent que <i>Bacchus</i> est l'Osiris des Egyptiens. D'autres veulent que ce soit Noé. D'autres Nemrod fils de Chus. Bochart tache de le prouver dans son <i>Phaleg.</i> Liv. I. ch. 2. parce que 1°. <i>Bacchus</i> est la même chose que , <i>Barchus,</i> fils de Chus, de même que <i>Darmesek</i> est la même chose que <i>Dammesek,</i> Damas. 2°. <i>Bacchus</i> est le fils de Jupiter ; &amp; Nimrod, s'il n'est pas fils, est au moins petit-fils de Cham, qu'il croit être Jupiter. 3°. On donne des Tigres à <i>Bacchus,</i> &amp; on le revêt d'une peau de Tigre. Tigre en Chaldéen, c'est , <i>Nimra,</i> nom approchant de celui de <i>Nimrod.</i> 4°. D'autres l'habillent d'une peau de Chevreau, appellé en Grec , <i>Nebride,</i> &amp; pour cela ils l'appellent lui-même , <i>Nebrod,</i> sans savoir que c'est le nom que les Septante donnent à Nemrod. 5°. On l'appelle , c'est-à-dire, <i>Chasseur fort &amp; robuste,</i> comme l'Ecriture dit de Nemrod. 6°. <i>Bacchus</i> étoit né dans l'Arabie en un lieu nommé Nysa. Nemrod, fils de Chus, étoit de l'Arabie. 7°. On le fait Dieu des vignes ; Nemrod étoit le premier Roi de Babylone, où il croît d'excellens vins. 8°. Les victoires de <i>Bacchus</i> dans les Indes sont celles de Nemrod &amp; de ses Successeurs.</p><p>Quinte-Curce, Liv. VIII. ch. 10. croit que la fable des Poëtes, qui disent que <i>Bacchus</i> sortit de la cuisse de Jupiter, vient d'une montagne des Indes, sur laquelle <i>Bacchus</i> avoit bâti une ville nommée Nysa. Le nom de la montagne étoit , qui signifie cuisse.</p><p>Quant au nom <i>Bacchus,</i> Bochart, comme nous avons dit, croit qu'il est formé de <i>Bar-Chus,</i> qui veut dire en Chaldéen, <i>fils de Chus.</i> D'autres pensent qu'il vient des Bacchantes, femmes furieuses qui le suivirent aux Indes. D'autres le tirent de , qui signifie <i>vociferari,</i> crier, hurler. Heinsius ne doute point que ce ne soit là son étymologie, &amp; qu'il ne soit dérivé de , <i>baccha,</i> qui signifie la même chose en Hebreu.</p><p>Quoiqu'on prononce l'<i>s</i> finale dans <i>Bacchus,</i> comme dans tous les mots Latins en <i>us,</i> nos Poëtes la retranchent quelquefois, comme on fait dans les mots François, &amp; font rimer <i>Bacchus</i> avec jus, vaincus, plus, &amp;c.</p><p>On appelle <i>Enfans de Bacchus,</i> des yvrognes, de bons buveurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3847" id="2" type="">
   <index type="head" value="BACCHUS" />
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    <head>BACCHUS</head>
    <p>
    Bacchus , se prend aussi pour le vin, comme Cérès, pour le blé. On dit en ce sens, que l'Amour languit sans Bacchus &amp; Cérès. Des-Houl. <i>Sine Cerere &amp; Baccho friget Venus.</i> Ce proverbe est pris des Anciens ; on le trouve dans Cicéron.</p><p>On dit aussi, que <i>Bacchus</i> &amp; Vénus vont de compagnie ; pour dire, que la débauche du vin mène à celle de l'amour.</p><p>Saint Amant a appellé du fromage pourri, du Cotignac de <i>Bacchus,</i> parce qu'il fait boire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3848" id="1" type="">
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    <head>BACELLE</head>
    <p>
    BACELLE , subst. fém. vieux mot, qui selon E. Guichard s'est dit en quelques pays pour signifier une jeune fille, une jeune servante, ou pucelle. <i>Virgo, puella.</i> Ce mot, à ce que croit le même Auteur, est venu de l'Hébreu , <i>bethula,</i> vierge, en changeant le en <i>c,</i> ou <i>s</i> ; car il écrit <i>Basselle.</i> Il paroît que c'est de <i>bacelle</i> qu'est venu le diminutif Bachelette dont nous parlerons au mot BACHELIER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3849" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACELLER" />
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    <head>BACELLER</head>
    <p>
    BACELLER . Vieux verbe neutre, à ce qu'il paroît, qui vient de <i>bacelle,</i> jeune fille, &amp; qui au témoignage de Guichard s'est dit en quelques pays au lieu de faire l'amour. Il écrit <i>Basseler,</i> mais il est mieux d'écrire <i>baceler</i> &amp; <i>baceller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3850" id="1" type="relations">
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    <head>BACHA</head>
    <p>
    BACHA , ou BASSA, s. m. On peut dire l'un ou l'autre. Bouh. Mén. <i>Bacha</i> est le meilleur. Terme de Relations . C'est un Officier en Turquie qui a le commandement dans une Province, ou qui en a le gouvernement. <i>Rector, Moderator, Provinciae Praefectus.</i> Le <i>Bacha</i> d'Alep, du Caire, de Bude.</p><p>On appelle aussi le <i>Bacha</i> de la Mer, celui qu'on appelle en France <i>Amiral,</i> qui commande les Forces maritimes du Grand Seigneur. <i>Talassiarchus Turcicus, Maris Praefectus.</i></p><p>Ce mot <i>Bacha,</i> ou <i>Bassa,</i> est Turc &amp; vient de , qui signifie la tête, le commencement, le sommet, l'extrémité d'une chose, &amp; par métaphore ; le principal d'un Corps, le Chef, le Commandant, le Général. Les Turcs prononcent indifferemment <i>Pascha,</i> ou <i>Bascha</i> ; cependant <i>Pascha</i> se donne plus ordinairement aux Grands Officiers de la Porte, comme aux Beglierbeys, à l'Amiral, &amp;c. &amp; <i>Bacha,</i> à de bas Officiers d'armée, &amp; quelquefois même à de simples Janissaires. Les Turcs écrivent souvent le mot <i>Pascha</i> avec une <i>h</i> à la fin, comme si c'étoit un mot abrégé de <i>Padischab.</i> D'Herb. <i>Padischa,</i> signifie, Roi, Monarque, Prince, Empereur. Une personne née en Turquie, qui y a vécu long-temps ; &amp; qui sait très-bien la langue ; m'assure que <i>Bascha</i> est un terme d'honnêteté qu'on donne à tout le monde, &amp; que la différence de <i>Pascha</i> &amp; de <i>Bascha,</i> est très-petite quant à la prononciation, &amp; ne vient que de ce que l'on appuie quelquefois plus sur cette lettre. Selon l'étymologie il faut écrire <i>Bascha,</i> mais l'usage en France est pour <i>Bacha,</i> ou <i>Bassa.</i> D'autres disent que <i>Bascha</i> est la prononciation des Arabes ; que la véritable prononciation est celle des Turcs, qui disent <i>Pascha</i> ; qu'en effet il vient du Persien, <i>Pai Schats, pied du Roi</i> ; les Souverains, ou les Rois, ont le pied, c'est-à-dire, qu'ils sont présens dans leurs Provinces par les Gouverneurs. Chez les anciens Persans il y avoit un des principaux Officiers de la Cour qui s'appelloit l'oeil du Roi, . Voyez les Comédies d'Aristophane. M. d'Herbelot interprète <i>Bacha,</i> un homme de commandement ; &amp; Meninski, Conseiller, Gouverneur de Province, Vice-Roi, Prince, Seigneur.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BACHELARD" />
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    <head>BACHELARD</head>
    <p>
    BACHELARD , s. m. Nom qui en Dauphiné signifie un jeune amoureux. <i>Amasius.</i> Chorier le dérive de , qui signifie un homme de grande taille, de peu de jugement, &amp; fort enclin à l'amour ; mais il est plus vraisemblable que c'est la même chose que Bachelier, qui signifioit autrefois un jeune Cavalier ; ou qu'il en est formé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHELETTE</head>
    <p>
    BACHELETTE , s. f. Jeune fille à qui on fait l'amour, &amp; dont l'Amant s'appelloit autrefois Bachelier. Ce mot n'est en usage que lorsque, soit en vers, soit en prose, on veut imiter la naiveté de nos pères.</p><p>Ces statues sont bien faites ; mais les <i>Bachelettes</i> de notre pays sont mille fois plus avenantes. RABELAIS. Voyez <ref type="search" target="head:BACELLE">BACELLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHELIER</head>
    <p>
    BACHELIER , s. m. Celui qui a le degré de Baccalaureat. <i>Baccalaureus. Bachelier</i> en Théologie, en Médecine, en Droit Civil &amp; Canon. La Glose sur le Concordat §. 1. <i>de Coll.</i> appelle <i>Bachelier formé,</i> celui qui n'a point pris ses degrés avant le temps, mais selon la forme des statuts, &amp; après le temps d'étude qui est de dix ans. On appelle au contraire <i>Bachelier courant,</i> celui qui a pris ses degrés avant que d'avoir achevé son temps d'étude. Aujourd'hui pour avoir les degrés de <i>Bachelier</i> en Théologie dans une Université, il faut cinq ans d'étude ; à savoir, deux ans de Philosophie, &amp; trois ans de Théologie.</p><p>Le mot <i>Bachelier</i> vient de <i>Baccalaureus,</i> &amp; Martinius croit que ce mot Latin peut venir de <i>Baccalaura, Baccalaurus dici possit tanquam qui baccalaurâ donatur.</i> Avant qu'il y eût des chaires de Théologie fondées, ceux qui avoient étudié en Théologie pendant six années, étoient admis à faire leur cours, d'où ils étoient appellés <i>Bacheliers faisant cours, Baccalarii cursores</i> : &amp; comme il y avoit deux cours, dont le premier consistoit à expliquer la Bible pendant trois aunées consécutives, &amp; le second à expliquer pendant une année les sentences de Pierre Lombard, ceux qui faisoient <pb n="464" facs="bpt6k8542165/f504/full/1200,/0/native.jpg"/>leur cours de la Bible étoient appellés <i>Baccalarii Biblici, Bacheliers de la Bible,</i> ceux qui faisoient leur cours des sentences, <i>Baccalarii Sententiarii, Bacheliers des Sentences</i> ; &amp; enfin ceux qui avoient achevé les deux cours <i>Baccalarii formati, Bacheliers formés</i> ; &amp; ces derniers avoient toujours employé dix ans à l'étude ; savoir, six devant que d'expliquer la Bible, trois à expliquer la Bible, &amp; un à expliquer les Sentences. Ceci peut servir pour l'intelligence du Concordat, qui requiert que le <i>Bachelier</i> formé ait étudié pendant dix années en Théologie. De Lauriere. Ces distinctions commencèrent au XIIIe siècle, sur-tout en France. En Angleterre on ne les connoît point.</p><p>Rhenanus croit que ce nom vient de <i>baculus,</i> ou <i>bacillus,</i> qui signifie <i>bâton,</i> parce qu'on leur mettoit en main un bâton, ou pour symbole de l'autorité qu'on leur donnoit, ou plutôt pour marque de la liberté qu'on leur donnoit, &amp; de la fin de leurs études, après lesquelles ils étoient en liberté ; ils n'étoient plus Ecoliers. C'est ainsi qu'on donnoit autrefois un bâton aux Gladiateurs à qui l'on donnoit leur congé ; ce qu'Horace appelle <i>Donatus rude.</i> C'est ainsi encore que l'on conféroit une dignité, qu'on en donnoit l'investiture en présentant une verge, ou une lance, ou un bâton ; ce qui s'est fait même pour les Royaumes. Et encore aujourd'hui tous les contrats qui se passent en Angleterre ; dans les cours des Barons, entre le Seigneur &amp; les Vassaux qu'on appelle tenans verge, sont accompagnés de la cérémonie de donner un bâton. Spelman ne croit pas néanmoins que ce soit là la véritable origine de ce nom, parce qu'on ne trouve nulle part que ç'ait été l'usage de créer des <i>Bacheliers</i> dans les Universités en leur mettant un bâton en main. De Laurière prétend qu'ils ont été ainsi nommés du nom que l'on donnoit autrefois à ceux qui servoient à la guerre pour s'avancer.</p><p>Le Pape Grégoire IX. est le premier qui vers le commencement du XIIIe siècle ait distingué les degrés de <i>Bachelier,</i> de Licentié, &amp; de Docteur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHELIER</head>
    <p>
    Bachelier . On a aussi appellé <i>Bacheliers,</i> les jeunes Ecuyers, ou Chevaliers qui faisoient leur première campagne, &amp; qui recevoient la ceinture militaire. <i>Justi imperti Dynastes equestris adhuc cinguli ac vexilli exsors. Militiae candidatus.</i> Janes hom estes, &amp; encore <i>Bachelier.</i> Rom. de Garin. Dans les Coutumes d'Anjou, du Maine &amp; autres, on appelle <i>Bacheliers,</i> les Seigneurs qui ont Châteaux, Forteresses, ou Maisons sorties de Comtés, Vicomtés, Baronies ou Châtelenies, &amp; qui ont pareille Justice ; &amp; on appelloit <i>Bachele</i> ou <i>Bacele,</i> la Châtelenie ou Seigneurie tenue par un <i>Bachelier</i> qui n'avoit pas encore droit de bannière. Avant que les Ordonnances de gens de cheval fussent dressées en ce Royaume par Charles VII. dit Du Tillet, il y avoit deux sortes de Chevaliers ; le Banneret, qui avoit assez de vassaux pour lover bannière, &amp; le <i>Bachelier,</i> qui marchoit sous la bannière d'autrui. Charles V. ayant donné la Lieutenance Générale de son armée à Bertrand du Guesclin, il voulut s'excuser de l'accepter, parce qu'il n'étoit que <i>Bachelier.</i> Mais le Roi ordonna que tous les Grands du Royaume lui obéissent. En Angleterre il n'en étoit pas de même ; &amp; dans les anciennes constitutions de l'Amirauté de ce Royaume, le titre de <i>Bachelier</i> est attribué à toutes les dignités qui sont au-dessous de celle de Baron.</p><p>Les Chevaliers <i>Bacheliers,</i> ou Chevaliers dorés, dit Larrey, sont ainsi nommés en Angleterre à cause des éperons dorés, qu'ils avoient droit de porter, &amp; qu'on leur mettoit aux pieds le jour de leur création. Cette dignité ne se donnoit autrefois qu'à des gens d'épée, qui l'avoient méritée par leurs services ; on l'a donnée depuis à des gens de robe. La cérémonie s'en fait sans beaucoup d'appareil ; le Chevalier se met à genoux, &amp; le Roi le touche légèrement d'une épée nue. Il ajoûtoit autrefois ces paroles : <i>Sois Chevalier au nom de Dieu :</i> &amp; celles-ci ensuite, <i>avance Chevalier.</i></p><p>La <i>Bachelerie</i> étoit autrefois un degré au-dessous de la Chevalerie, &amp; le <i>Bachelier</i> étoit entre le Chevalier &amp; l'Ecuyer. Le Banneret, dit Froissard, avoit deux payes du <i>Bachelier,</i> &amp; le <i>Bachelier</i> deux de l'Ecuyer. Depuis Charles VII. on n'a point oui parler de Bannerets ni de <i>Bacheliers.</i> Le Gendre. Voyez l'occasion de leur abolissement au mot Banneret.</p><p>Fauchet, Justiniani, &amp; le Docteur Chamberlayne, tiennent que ce mot vient de <i>bas Chevalier.</i> Loyseau, dans le même sens, le dérive de <i>bas eschelon,</i> parce que c'étoit le dernier des Ordres Militaires. Cujas croit qu'il vient de <i>Buccelarius</i>, noms d'anciens Chevaliers fort estimés. Ménage dit que ce mot vient des vieux François &amp; des Picards, qui appellent <i>Bacheliers</i> &amp; <i>Bachelettes,</i> les jeunes garçons &amp; les jeunes filles. Rhenanus dit qu'il vient de <i>Bacillus,</i> du nom d'un petit bâton qu'on mettoit à la main de ceux à qui on donnoit permission de lire, ou à qui on donnoit l'investiture de quelques Fiefs. On les a nommés d'abord <i>Baciliers,</i> &amp; en Latin <i>Bacularii.</i> On trouve <i>Bacelareus,</i> dans la vie de Saint Thomas écrite par G. Thocus, contemporain du Saint, c. 3. n. 15. pour signifier <i>Bachelier</i> dans une Université. On trouve aussi <i>Bacalarius, Bachilarius,</i> &amp; <i>Bacillarius.</i></p><p>Du Cange croit avec plus d'apparence, que ce mot vient de <i>baccalaria</i>, qui étoient des espèces de métairies, qui consistoient en plusieurs mas, ou pièces de terres, dont chacun contenoit douze arpens, ou le labourage de deux boeufs ; &amp; qu'ainsi on appelloit <i>Bacheliers,</i> ceux qui possédoient, ou qui cultivoient ces <i>Bacheleries.</i> Il y a encore des Gentilshommes qu'on appelle <i>de la Bachelerie,</i> du nom de leurs terres. Il ajoûte que <i>Bachelier</i> signifioit quelquefois <i>Laboureur,</i> &amp; quelquefois <i>Bourgeois</i> d'une ville. On appelloit aussi autrefois <i>Bachelier,</i> ou <i>Bachelier</i> d'armes, celui qui avoit vaincu en un Tournoi la première fois qu'il avoit combattu. Voyez Justiniani, <i>Histor. di tutti gl' Ord. Milit. Tom. I. p.</i> 134.</p><p>Caseneuve dérive <i>Bachelier</i> de <i>baculus,</i> bâton ; &amp; de Hauteserre aussi, parce qu'ils s'exerçoient à combattre avec des bâtons &amp; des boucliers. Ce qu'il montre par Adrevaldus Floriac. <i>L.</i> 1. <i>de mirac. de S. Bened. c.</i> 15. par la vie de S. Outrillet qui est dans Surius, T. III. 23. de Mai ; par les Capitulaires de Charlemagne, Liv. III. C. dern. Et ce qui le confirme dans ce sentiment, c'est qu'ils sont appellés <i>Baculares</i> dans Orderic Vitalis, <i>Hist. Eccl. L. X. a. C.</i> 1100. &amp; <i>Bacularii</i> par Valsingham, dans Richard II. 1383. mais il ne croit pas que ce soit à cause du bâton avec lequel on leur donnoit l'investiture de leur fief. Ce sentiment paroît le plus vraisemblable. Voyez. <i>Altaser. De Ducib. &amp; Comit. Provinc. c.</i> 8. <i>p.</i> 169. <i>&amp;</i> 170.</p><p>Alciat &amp; Vivès disent que le mot de <i>Baccalaureat</i> vient de ce qu'on couronnoit autrefois les Poëtes de laurier, <i>à baccis lauri,</i> comme Petrarque le fut à Rome en 1341. Gregorius Tholosanus, &amp; Gosselin, disent que ce mot vient <i>à Vassis,</i> &amp; qu'on a dit <i>Bacellarii, quasi Vassallarii, aut minores Vassi.</i></p><p>Quelques-uns l'ont tiré du mot Turc <i>Ballassar,</i> qui signifie un homme considérable, qui est du conseil du Prince, &amp; qui le suit toujours. Voyez <i>Lymnaeus, Lib. VIII. c.</i> 8.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHELIER</head>
    <p>
    Bachelier , est aussi parmi les artisans, &amp; dans tous les corps de métier, un Maître élu pour assister les Jurés en la fonction de leurs charges. On élit tous les ans deux Jurés &amp; deux <i>Bacheliers</i> du métier. En l'ancienne Coutume de Paris on a appellé <i>Bacheliers,</i> tous ceux qui étoient gradués &amp; passés Maîtres en quelque art que ce fût.</p><p>C'est là tous les sens dans lesquels <i>Bachelier</i> est en usage aujourd'hui ; mais autrefois il a encore signifié des paysans, ou plutôt des gens qui conduisoient &amp; gouvernoient les paysans qui cultivoient une terre ou métairie, ou ferme, appellés dans la basse Latinité <i>mansa, mansus,</i> ou <i>mansum,</i> &amp; en François, mas. C'étoient des Métayers, ou Fermiers, que l'on mettoit au nombre des paysans, quoiqu'ils fussent au-dessus d'eux. Ils étoient appellés <i>Bachelies,</i> en Latin <i>Bachelarii</i> ou <i>Baccalarei,</i> de <i>Baccalaria,</i> qui signifioit une espèce de métairie, ou de ferme qui contenoit quelquefois dix mas. Le mas, <i>mansum,</i> contenoit douze arpens de terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHELIERAT</head>
    <p>
    &#9758; BACHELIERAT , s. m. Mot peu en usage, qui signifie la même chose que <i>Baccalaureat,</i> degré de Bachelier. Entre le <i>Bachelierat</i> &amp; la licence. Merc. <i>Déc.</i> 1725.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHIQUE</head>
    <p>
    BACHIQUE , adj. m. &amp; f. <i>Bacchicus.</i> Qui appartient à Bacchus. Ode ou chanson <i>Bachique,</i> c'est une chanson à boire. Troupe <i>Bachique,</i> se dit poëtiquement d'une troupe de buveurs qui font débauche. Plutarque dit, que Marc Antoine, qui vouloit imiter Bacchus, fit une entrée solemnelle dans Ephèse avec une pompe <i>Bachique</i> trèssuperbe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHOT</head>
    <p>
    BACHOT , s. m. Petit bateau qui sert à passer les rivières pour les gens de pied, &amp; qui est aussi de service pour porter les cordages des grands bateaux, ou les décharger <i>Cymba.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHOTAGE</head>
    <p>
    &#9758; BACHOTAGE , s. m. Conduite d'un bachot. Vacation de Batelier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACHOTEUR</head>
    <p>
    &#9758; BACHOTEUR , s. m. Batelier, passeur d'eau. Il y a une Sentence de Ville du 20. de Sept. 1735. qui condamne un <i>Bachoteur</i> en 50 liv. d'amende, pour avoir conduit dans son <i>bachot</i> au-dessous de Paris, vingt-trois personnes au lieu de seize, portées par les Ordonnances &amp; Règlemens, &amp; qui lui fait défenses de récidiver, à peine d'être exclus pour toujours du <i>Bachotage,</i> &amp; de plus grandes peines, s'il y échet. Merc. <i>Déc.</i> 1735.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3859" id="1" type="">
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    <head>BACHOUE</head>
    <p>
    &#9758; BACHOUE , s. f. Espèce de vaisseau de bois, large par le haut, &amp; qui va en étrécissant.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BACHTAN" />
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    <head>BACHTAN</head>
    <p>
    BACHTAN . Nom d'une pierre que les Ismaëlites, c'est-à-dire, les Arabes, adoroient autrefois comme une Idole de Vénus. Ils disoient qu'Agar avoit conçu Ismaël sur cette pierre, ou bien qu'Abraham y attacha son chameau quand il voulut sacrifier Isaac. On y avoit représenté la forme d'une tête. Voyez Euthymius Zygabenus dans sa Panoplie, &amp; dans le Catéchisme des Sarasins, ou bien Seldenus <i>de Diis Syr. Synt. II. C.</i> 4.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACILLE</head>
    <p>
    BACILLE , s. f. ou Fenouil marin, Crête marine. <i>Crithmum,</i> ou <i>Foeniculum maritimum, creta marina.</i> Plante umbellifère qui croît sur les côtes maritimes dans des fentes de rochers, ou auprès des vieilles masures, &amp; qu'on cultive dans les jardins. Sa racine est longue, épaisse, blanchâtre, vivace, d'un goût &amp; d'une odeur acre, agréable, cependant aromatique ; ses feuilles sont à peu près semblables à celles de la queue de poireau, toujours découpées par trois segmens courts, charnus, d'un verd de poireau, &amp; d'un goût salin &amp; aromatique : sa tige est haute d'un pied, branchue à son extrémité, &amp; garnie de feuilles plus petites que celles qui partent de la racine. Ses fleurs sont en umbelles, blanc sale, petites, &amp; ses fruits sont composés de deux semences ovales, aplaties &amp; crénelées sur leur dos. La <i>bacille</i> est apéritive, diurétique On la confit au vinaigre, &amp; on la mange en salade ; elle excite l'appétit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACLE</head>
    <p>
    BACLE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Baculus.</i> S. <i>Bacle</i> est un des cinq protecteurs de Sorente, dont il a été Evêque. Son nom signifie la même chose que Scipion. Chast. C'est-à-dire, bâton.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACLER</head>
    <p>
    BACLER , v. act. Fermer avec chaînes, barres, bateaux, ou autres obstacles. <i>Ligneam pro pessulo subscudem foribus obdere ; catenis, repagulis obstruere, occludere.</i> Il s'est dit originairement des ports &amp; des rivières, lorsque le passage en est fermé &amp; bouché, ou par des bacs ou des bateaux, ou par les glaces. Il s'est dit ensuite de toutes sortes de passages &amp; d'ouvertures, comme de portes de boutiques, de fenêtres. En temps de guerre on <i>bacle</i> les ports. En temps de peste on <i>bacle</i> les maisons &amp; les boutiques où il y a eu de la contagion. On <i>bacle</i> les portes par derrière avec des barres &amp; des chevilles.</p><p>Nicot croit que ce mot vient de <i>baculus</i>, &amp; de <i>baculare.</i> Il est bas &amp; populaire, aussi-bien dans le sens propre que dans le figuré.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACLER</head>
    <p>
    Baclé, ée , part. &amp; adj. <i>Occlusus, obseratus ligneâ subscude, catenâ ferreâ.</i></p><p>On dit figurément &amp; bassement, C'est une affaire <i>baclée,</i> c'est-à-dire, conclue &amp; arrêtée, on n'y peut plus revenir.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACON</head>
    <p>
    BACON , s. m. Vieux mot François, qui se disoit d'un porc engraissé &amp; salé. Il est encore en usage dans quelques Provinces. Du Cange le dérive de l'Anglois <i>bacon</i>, ou de <i>bacco</i> &amp; <i>bacho,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification. Chorier dit qu'il vient du mot Grec . On juge par cet Auteur que <i>bacon</i> se dit encore en Dauphiné.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACOVEN</head>
    <p>
    BACOVEN , s. m. Fruit de la Côte d'or en Afrique. On y recueille quantité d'Ananas, &amp; de <i>Bacovens,</i> qu'on mange comme des pommes &amp; des poires. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACQUET</head>
    <p>
    BACQUET , s. m. Cuvier de bas bord, qui se fait d'une fûtaille qu'on scie vers les bouts. <i>Cupa minor, labrum minus, labellum.</i> Les Taverniers donnent souvent du vin du <i>bacquet,</i> qui est éventé. Les Marchands de poisson ont besoin de <i>bacquets</i> pour mettre leurs carpes, &amp; pour les conserver en vie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BACQUET</head>
    <p>
    Bacquet , en terme de Jardinage , est un vaisseau de bois rond, quarré, ou oblong, dans lequel un jardinier sème quelques graines particulières. La Quint. Lig. Les plus ordinaires sont ronds, &amp; sont proprement la moitié d'un muid ou d'un demi muid scié en deux, ou fait exprès par le Tonnelier. La Quint. Ce <i>bacquet</i> sera propre pour y semer des gérofflées. Lig.</p><p>Ce mot est un diminutif de <i>bac.</i> Quelques-uns le dérivent de <i>aquarium</i>, comme étant un vaisseau à recevoir de l'eau. Plusieurs écrivent <i>baquet</i> sans <i>c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3867" id="1" type="jardinier">
   <index type="head" value="BACQUETER" />
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    <head>BACQUETER</head>
    <p>
    BACQUETER , v. act. <i>Exhaurire aquam.</i> Terme de Jardinier . C'est ôter de l'eau avec une pêle, ou une écope. La Quint. <i>Bacqueter</i> de l'eau. On l'écrit aussi sans <i>c, baqueter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3868" id="1" type="cabaretier">
   <index type="head" value="BACQUETURES" />
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    <head>BACQUETURES</head>
    <p>
    BACQUETURES , s. f. plur. Terme de Cabaretier . C'est le vin qui tombe dans le bacquet, lorsque le Cabaretier emplit des bouteilles ou autres vaisseaux sous le tonneau. Les Cabaretiers disent qu'ils vendent leurs <i>bacquetures</i> aux Vinaigriers ; mais on croit qu'ils les mêlent avec d'autre vin, pour les vendre à ceux qui ne s'y connoissent pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3869" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTES" />
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    <head>BACTES</head>
    <p>
    BACTES , ou BABACTES, s. m. Surnoms de Bacchus, qui signifient, Crieur, criailleur, de , crier, parce que les gens qui ont bû, crient ordinairement beaucoup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3870" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTRE" />
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    <head>BACTRE</head>
    <p>
    BACTRE , s. m. <i>Bactrus.</i> C'est, selon quelques Auteurs, le nom ancien d'un fleuve qui a donné son nom à la ville de Bactres. Ils ajoûtent que c'est celui qu'on appelle aujourd'hui <i>Bachera nigro,</i> ou celui que quelques Modernes nomment <i>Buschiun</i> ; qu'il se joint au Géhon. Saumaise (<i>Exercitat in Solinum</i> p. 985.) a prétendu que les Anciens n'ont jamais parlé de fleuve qui se nommât <i>Bactrus</i> ; que Solin, qui en parle, a mal entendu Pline, &amp; mal ponctué le texte de cet Auteur ; &amp; que ç'a été la source de cette erreur. Mais Lucain, L. III. v. 267. avoit-il aussi mal ponctué &amp; mal entendu le texte de Pline, lui qui vivoit avant Pline ? Q. Curce, qui vivoit en même-temps que Pline, dit que le <i>Bactrus</i> passoit au milieu de Bactres, &amp; donnoit son nom à cette Ville &amp; à toute la Province.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3871" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTRE" />
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    <head>BACTRE</head>
    <p>
    BACTRE se met aussi quelquefois au singulier pour la ville de Bactres, ou pour la Bactriane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3872" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTRÉOLE" />
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    <head>BACTRÉOLE</head>
    <p>
    BACTRÉOLE , s. f. On appelle de ce nom les rognures de feuilles d'or. <i>Auri ramenta, laciniae, taeniae.</i> On broie avec du miel ces <i>bactréoles,</i> ou rognures, &amp; ensuite on les met dans de petites coquilles de moules ; &amp; cet or ainsi préparé on l'appelle or en poudre, ou en coquille : on s'en sert pour peindre en miniature.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3873" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTRES" />
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    <head>BACTRES</head>
    <p>
    BACTRES , s. m. &amp; plur. <i>Bactra, orum.</i> Nom d'une ancienne ville d'Asie, capitale d'une Province de l'Empire des Perses, nommée Bactriane. Samson &amp; quelques autres disent que c'est Termend, ville peu considérable, au pied du mont Caucase, à 360 milles d'Alexandrie, &amp; à 630 d'Antioche. Elle a aussi été nommée Zariaspe, <i>Zariaspa.</i> Voyez Saumaise sur Solin, p. 985. &amp; p. 1173.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3874" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTRIANE" />
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    <head>BACTRIANE</head>
    <p>
    BACTRIANE , s. f. <i>Bactriana.</i> Province de l'ancienne Perse, qui répond à ce que nous appellons aujourd'hui Corasan, ou Carassan, entre la Perse, les Etats du Mogol, le Royaume de Thibet, &amp; la Tartarie, dont proprement elle fait partie. Elle tiroit son nom de Bactres sa Capitale. On disoit au temps de Pline que la <i>Bactriane</i> portoit du blé, dont chaque grain étoit aussi gros que l'est ailleurs un épi entier. Zoroastre, Roi de la <i>Bactriane,</i> passe pour l'inventeur de la Magie &amp; de l'Astrologie. C'est pour cela qu'on le nomme aussi Astrothéates ; c'est-à-dire, contemplateur des Astres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3875" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTRIEN, ENNE" />
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    <head>BACTRIEN, ENNE</head>
    <p>
    BACTRIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Peuples qui habitoient autrefois la Bactriane. <i>Bactrius, Bactrianus.</i> Mercerus dit que les Cares, les Acarnaniens &amp; les <i>Bactriens</i> descendoient de Gether, comme si ces peuples eussent été voisins. Les <i>Bactriens</i> étoient, dit Q. Curce, les meilleurs soldats du monde ; mais ils étoient brutaux, &amp; n'avoient rien de la politesse des Perses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3876" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACTROPÉRATE" />
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    <head>BACTROPÉRATE</head>
    <p>
    BACTROPÉRATE , ou BACTROPERÈTE, s. m. C'est un nom que l'on donnoit autrefois aux Philosophes par <pb n="466" facs="bpt6k8542165/f506/full/1200,/0/native.jpg"/>mépris. Il signifie un homme à bâton &amp; à besace ; de , <i>bâton,</i> &amp; , <i>poche, besace.</i> C'est S. Jérôme sur le ch. X. de S. Matthieu, qui nous apprend qu'on donnoit autrefois ce nom aux Philosophes. Du Cange croit qu'il faut dire <i>Bactropérite,</i> &amp; que c'étoient des voyageurs qui portoient un bâton &amp; du vin dans des outres, ainsi que l'explique Papias, qui les appelle <i>Bactroperitae.</i> Voyez encore Hérodien, Liv. I. Martial. Liv. IV. épigr. 53. &amp; Laërce à l'entrée des vies des Philosophes. Savaron &amp; le P. Sirmond ont aussi parlé du bâton Philosophique sur l'épître II. du Liv. IVe de Sidonius Apollinaris, &amp; sur la neuvième du Livre neuvième.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3877" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACUL" />
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    <head>BACUL</head>
    <p>
    &#9758; BACUL , s. m. Ample croupière de bête de voiture, battant sur les cuisses. <i>Bacul</i> de mulet, en Latin <i>postilena, à batuendo culo.</i> Menage. Le cheval dit à l'âne ; pauvre &amp; chétif baudet, j'ai de toi pitié &amp; compassion, tu travailles journellement beaucoup, je l'apperçois à l'usure de ton <i>bacul.</i> Rabelais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3878" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACULE" />
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    <head>BACULE</head>
    <p>
    BACULE . Voyez <ref type="search" target="head:BASCULE">BASCULE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3879" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACULER" />
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    <head>BACULER</head>
    <p>
    &#9758; BACULER . C'est frapper à coups de bâton, <i>de Baculare,</i> qui se trouve en plusieurs lieux, &amp; qu'on peut voir dans le Glossaire de Mr Du Cange. Menage. Le bon Chevalier se print aux cornes de ce dyable, &amp; luy en arracha une, dont il le <i>bacula</i> trop bien, &amp; maulgré luy comme victorieux se départit du lieu, &amp; le laissa comme recreu. <i>Nouvelle nouvelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3880" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACULOMÉTRIE" />
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    <head>BACULOMÉTRIE</head>
    <p>
    BACULOMÉTRIE , s. f. Science par laquelle on mesure des hauteurs accessibles &amp; inaccessibles avec des bâtons.</p><p>Ce mot est composé de <i>baculus,</i> bâton, &amp; , mesurer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3881" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACUNÉ" />
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    <head>BACUNÉ</head>
    <p>
    BACUNÉ , <i>Bacuneus.</i> L'Abbé Serenus appelle un Démon <i>bacuné,</i> un Démon qui tente les hommes de vanité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3882" id="1" type="">
   <index type="head" value="BACURDE" />
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    <head>BACURDE</head>
    <p>
    BACURDE , ou BACURDUS. Nom d'un faux Dieu, qui ne se trouve que dans deux inscriptions rapportées par Gruter, p. LXXXVI. n. 9. &amp; 10.</p><p><i>La première est,</i></p><p>BACVRDO SACRVM M. ALBANVS PATERNVS OPTIO. V. S. L. M. TT. SIL. CONS.</p><p><i>Et la seconde,</i></p><p>BACVRDO SACRVM T. JVL. FORTVNATVS PRO SE ET SVIS V. S. L. M.</p><p>Comme ces deux inscriptions ont été prises à Cologne sur deux petits autels, &amp; que ce nom ne se trouve point ailleurs, il est à croire que ce <i>Bacurdus</i> étoit un Dieu particulier de ce pays.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3883" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADAJOX" />
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    <head>BADAJOX</head>
    <p>
    BADAJOX , s. m. Ville d'Espagne dans l'Estramadoure, sur la Guadiane, à huit ou dix lieues de Mérida. <i>Pax Augusta.</i> Quelques-uns écrivent <i>Badajoz,</i> &amp; c'est ainsi qu'on le prononce plus ordinairement. Ce mot s'est formé par corruption du nom Latin, qui en Espagnol se dit <i>Paz de Augusto</i> ; d'où l'on a fait <i>Padaugusto,</i> Padajust, Padajos, <i>Badajox.</i> Il ne faut donc pas dire que ce sont les Maures qui lui ont donné ce nom moderne, comme ont fait les Auteurs de Moreri. <i>Badajox</i> a un Evêché suffragant de Compostelle. Maty. <i>Badajox</i> est très-bien fortifié, &amp; défendu par le fort Saint Christophle, &amp; par une Citadelle. Le Roi (Jean I.) donna à Martin Alphonse la conduite de quelques troupes pour aller former le siége de <i>Badajox.</i> De La Neuv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3884" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADAUD, AUDE" />
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    <head>BADAUD, AUDE</head>
    <p>
    BADAUD, AUDE , s. m. &amp; f. Sot, niais, ignorant. <i>Stolidus, stupidus, bardus.</i> C'est un sobriquet injurieux qu'on a donné aux habitans de Paris, à cause qu'ils s'attroupent, &amp; s'amusent à voir, &amp; à admirer tout ce qui se rencontre en leur chemin, pour peu qu'il leur semble extraordinaire. Un Charlatan a bientôt amassé autour de lui plusieurs <i>Badauds.</i></p><p>Ce mot vient apparemment du mot Latin barbare <i>badaldus,</i> fait de <i>badare,</i> qui signifie <i>beer,</i> ou de l'Italien <i>badar,</i> qui ne signifie autre chose que <i>regarder</i> ; comme le mot de <i>hableur</i> qui vient de l'Espagnol <i>hablar,</i> qui ne signifie que <i>parler.</i> On disoit autrefois en François, <i>Bader</i> ; pour dire, tenir la bouche ou la gueule ouverte &amp; béante. Quelques Auteurs dérivent ce mot <i>à Bagaudis,</i> qui étoient des rebelles qui firent bien des désordres en France du temps de Dioclétien. M. Huet dit que <i>badaud</i> se dit par corruption pour <i>bidaut,</i> &amp; que <i>bidaut</i> est le même que <i>bedeau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3885" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADAUDAGE" />
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    <head>BADAUDAGE</head>
    <p>
    BADAUDAGE , s. m. Entretien &amp; action, manière de badaud. <i>Stoliditas, stupor.</i> Il a dit, il a fait cela par pur <i>badaudage.</i> On peut voir dans Marot l'épître du Biau fy de Pazy avec la réponse de la Dame, où le vulgaire <i>badaudage</i> &amp; Parisien est fort bien représenté. Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3886" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADAUDER" />
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    <head>BADAUDER</head>
    <p>
    BADAUDER , v. n. Faire le badaud, s'arrêter à une chose qui n'en vaut pas la peine. <i>Ineptire, oscitare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3887" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADAUDERIE" />
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    <head>BADAUDERIE</head>
    <p>
    BADAUDERIE , s. f. <i>Ineptia.</i> Action, discours de badaud, sottise. Ce que vous dites-là est une franche <i>badauderie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3888" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADAUDISME" />
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    <head>BADAUDISME</head>
    <p>
    &#9758; BADAUDISME , s. m. Qualité de Badaud. Journel, qui a été mon Imprimeur, ne vouloit pas imprimer ce que j'ai écrit dans mes Origines de la Langue Françoise touchant le <i>Badaudisme</i> de Paris, à cause qu'il en étoit. A Dieu ne plaise, disoit-il, que j'imprime rien contre ma Patrie. Sa naiveté m'inspira ces quatre vers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3889" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADE" />
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    <head>BADE</head>
    <p>
    BADE , s. C'est le nom de quelques Villes d'Allemagne. <i>Bada,</i> ou <i>Badena.</i> En Allemand <i>Baden.</i> Quelques-uns écrivent même <i>Baden</i> en François ; mais il est mieux d'écrire Bade, &amp; l'on prononce toujours ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3889" id="2" type="">
   <index type="head" value="BADE" />
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    <head>BADE</head>
    <p>
    Bade , petite ville en Suisse, sur la rivière de Limmal à cinq lieues au-dessous de Zurich. <i>Bada, Badenae aquae, Castellum aquarum, aquae Helvetiae, Thennae superiores.</i> Elle est renommée pour ses eaux chaudes &amp; médicinales, &amp; capitale d'un petit Comté dans l'Argow. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3889" id="3" type="">
   <index type="head" value="BADE" />
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    <head>BADE</head>
    <p>
    Bade , en Suabe, à une lieue du Rhin dans le Marquisat de <i>Bade-Baden,</i> à cinq lieues de Strasbourg, &amp; à huit de Spire. <i>Bada, Thermae inferiores. Bade</i> est une jolie Ville. Elle a des bains renommés. Le Marquisat de <i>Bade, Badensis Marchionatus,</i> est du cercle de Suabe. Il a au Nord le Palatinat du Rhin &amp; l'Evêché de Spire ; au Levant le Duché de Wirtemberg, &amp; le Comté d'Eberstein ; au Midi l'Ortnaw ; &amp; au Couchant l'Alsace, dont il est séparé par le Rhin. Il est divisé en Marquisat supérieur, ou de <i>Bade-Baden,</i> dont <i>Bade</i> est Capitale ; &amp; en Marquisat inférieur, ou de <i>Bade-Dourlach,</i> dont Dourlach est la Capitale. Maty. La Maison de <i>Bade</i> est très-noble &amp; très-ancienne. Les uns la font descendre des Rois Goths, d'autres des Ursins, &amp; d'autres des Ducs de Zeringhen, ou des Seigneurs de Véronne. La branche de <i>Bade-Baden</i> est Catholique. Celle de <i>Bade-Dourlach</i> est de la confession d'Ausbourg. Maty. Le Prince Louis de <i>Bade</i> a été un des plus grands Généraux qu'ait eu l'Allemagne de nos jours. Voy. Imhoff sur les Marquis de <i>Bade, Notit. Imper. Procer. Lib. IV. C. VIII.</i></p><p>Il y a encore une petite ville nommée <i>Bade</i> dans l'Autriche, à six lieues de Vienne au Midi.</p><p>En Allemand <i>Bad</i> signifie un <i>Bain,</i> &amp; <i>Baden,</i> se baigner. Tous ces lieux, &amp; beaucoup d'autres, portent ce nom, parce qu'ils ont des bains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3890" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BADELAIRE" />
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    <head>BADELAIRE</head>
    <p>
    BADELAIRE , ou BAUDELAIRE. Terme de Blason , qui se dit d'une épée courte, large &amp; courbée comme un sabre, ou un cimeterre ancien, qui étoit fort en usage chez les Huns. <i>Acinaces.</i> Ce mot se trouve dans plusieurs Auteurs François ; &amp; on croit qu'il vient de <i>baltearis</i>, parce qu'on appelloit autrefois <i>baudel</i> un baudrier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3891" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADIANE" />
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    <head>BADIANE</head>
    <p>
    BADIANE , ou Anis de la Chine, s. f. <i>Zingi,</i> ou <i>Anisum Indicum.</i> On appelle de ce nom un fruit qui est apporté de la Chine, &amp; des Philippines. Il a une odeur de Fenouil ou d'Anis fort agréable. On ne connoît pas bien la plante qui porte ce fruit. Il est composé de six à sept capsules disposées en rayons qui partent d'un même centre ; chacune de ces capsules est un peu oblongue, aplatie, brune ou rougeâtre, &amp; s'ouvre en deux pour laisser sortir une semence lenticulaire, luisante. On met la <i>Badiane</i> dans le Chocolat des Indes. Elle donne une bonne odeur aux drogues &amp; aux alimens auxquels on l'ajoûte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3892" id="1" type="maconnerie">
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    <head>BADIGEON</head>
    <p>
    BADIGEON , s. m. Terme de Maçonnerie . Prononcez comme s'il s'écrivoit <i>Badijon,</i> sans faire sonner l'<i>e.</i> C'est un mortier qui se fait des recouppes de pierre de taille, dont on enduit &amp; on colore le plâtre pour le faire ressembler à de la pierre de taille. On croit souvent que des chaînes, <pb n="467" facs="bpt6k8542165/f507/full/1200,/0/native.jpg"/>des murailles, des tableaux, des croisées, soient faites de pierre, &amp; ce n'est qu'un enduit de plâtre coloré avec du <i>badigeon. Incrustamentum lapideum.</i></p><p>Les Sculpteurs appellent aussi du <i>badigeon,</i> du plâtre délayé dans une jatte, qui leur sert à remplir le creux de leurs figures, à en réparer les défauts, &amp; les faire paroître d'une même couleur. <i>Incrustamentum gypseum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BADIGEONNER" />
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    <head>BADIGEONNER</head>
    <p>
    BADIGEONNER , v. act. Prononcez <i>Badijonner.</i> Colorer avec du badigeon. Les Maçons enferment les enduits de mortier par des naissances <i>badigeonnées. Lapideo incrustamento induere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BADIN, INE" />
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    <head>BADIN, INE</head>
    <p>
    BADIN, INE , adj. &amp; s. Folâtre, enjoué, peu sérieux, qui fait des plaisanteries. <i>Nugator, joculator.</i> Les enfans sont naturellement <i>badins.</i> Il n'y a rien de plus agréable qu'un amour <i>badin.</i> Il avoit un tour admirable dans son esprit enjoué &amp; <i>badin.</i> Rab.</p><p>Ce mot, selon M. Huet, vient de l'Hébreux , <i>Menteurs,</i> qui se dit particulièrement des Astrologues, ou du Chaldéen , <i>Devins.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BADIN, INE</head>
    <p>
    Badin, ine , se prend aussi pour sot, ridicule. <i>Ineptus.</i> Il nous vient étourdir de ses contes <i>badins.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BADIN, INE</head>
    <p>
    Badin , s'est pris substantivement pour dameret, damoiseau, jeune homme affecté dans sa politesse &amp; ses manières. Il fait beau voir un homme si crotté &amp; si mal peigné que toi parler des affaires de la Cour, comme feroit le plus fringant dameret, &amp; le plus frisé &amp; empoudré <i>badin</i> de tous ceux qui la fréquentent. Mascur. Aujourd'hui on ne parleroit pas ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BADINAGE</head>
    <p>
    BADINAGE , s. m. Folâtrerie, divertissement peu sérieux, jeu d'enfans. <i>Jocus, nugae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BADINAGE</head>
    <p>
    Badinage , signifie aussi en matière de galanterie, Enjouement ; manière de dire agréablement les choses ; de petits mystères, de petites façons &amp; grimaces qui servent à divertir, ou à cacher aux autres sa passion. Ainsi Sarasin a dit, que Voiture avoit fait, je ne sai comment, les Muses à son <i>badinage.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BADINAGE</head>
    <p>
    Badinage , se prend quelquefois dans une signification plus étendue, &amp; signifie tout ce qui est agréable &amp; délicat dans les manières, dans les ouvrages d'esprit : en ce sens on l'oppose au sérieux.</p><p>On le prend encore, dans un sens qui a quelque chose de figuré, pour des mouvemens, des manières agréables, qui font plaisir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3895" id="4" type="">
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    <head>BADINAGE</head>
    <p>
    Badinage , signifie aussi, manière sotte &amp; ridicule. <i>Ineptia.</i> Je laissai passer tout ce <i>badinage,</i> où l'esprit de l'homme se joue de l'amour de Dieu. Pasc. Et que prétendez-vous avec ce <i>badinage</i> ? Mol.</p><p>On dit aussi, qu'un valet est fait au <i>badinage</i> de son maître, lorsqu'il sait tous ses petits secrets ; qu'il s'accommode à ses petites façons de faire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3896" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADINANT" />
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    <head>BADINANT</head>
    <p>
    BADINANT , s. m. Quelques-uns appellent ainsi un cheval qu'on mène après un carrosse attelé de six chevaux, afin qu'on le puisse mettre à la place de quelqu'un des autres qui ne sera plus en état de servir. On l'appelle aussi le <i>volontaire.</i> Au Parlement de Paris on appelle <i>badinant,</i> le Conseiller qui est le neuvième dans sa chambre, &amp; qui n'est des grands Commissaires que quand l'un des huit plus anciens que lui est absent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3897" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADINEMENT" />
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    <head>BADINEMENT</head>
    <p>
    BADINEMENT , adv. D'une manière badine. <i>Jocosè.</i> Cet amoureux tout <i>badinement</i> a découvert sa passion. Pégase s'agenouilloit <i>badinement</i> quand Voiture le montoit. Sar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3898" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADINER" />
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    <head>BADINER</head>
    <p>
    BADINER , v. neut. Faire le badin, se jouer agréablement, dire les choses d'un air fin &amp; plaisant. <i>Jocari, ludere, nugari.</i> Les enfans <i>badinent</i> avec tout ce qu'ils tiennent. Un galant homme sait <i>badiner</i> agréablement. Les gens qui n'ont étudié que le monde savent d'ordinaire l'art de <i>badiner</i> avec esprit, &amp; de railler finement dans les conversations enjouées. Bouh. Pour <i>badiner</i> de bonne grace, il faut beaucoup de politesse. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3898" id="2" type="">
   <index type="head" value="BADINER" />
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    <head>BADINER</head>
    <p>
    Badiner , se dit aussi de plusieurs petits ornemens qu'on attache ; &amp; signifie, Avoir un petit mouvement agréable. <i>Nutare.</i> Il faut que cela <i>badine</i> un peu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3899" id="1" type="">
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    <head>BADINER</head>
    <p>
    &#9758; BADINER , v. act. Railler quelqu'un, se moquer de lui. Il a été bien <i>badiné.</i> Elle le <i>badina</i> beaucoup. Ce mot est du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3900" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADINERIE" />
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    <head>BADINERIE</head>
    <p>
    BADINERIE , s. f. Action badine, enjouement, badinage agréable. <i>Jocus, ludus, nugae.</i> On gagne plutôt une femme avec des <i>badineries,</i> qu'avec des entretiens sérieux. Ce qui n'est qu'une <i>badinerie</i> pour un séculier, est un crime dans un Ecclésiastique. Menag. La <i>badinerie</i> a des agrémens qui l'emportent sur le sérieux dans la société civile. S. Evr. Déesse <i>Badinerie</i> suivoit les Auteurs. Saras. On dit aussi, qu'un ouvrage ne contient que des <i>badineries,</i> quand il n'y a rien de sérieux ni de solide. Les génies les plus élevés tombent quelquefois dans la <i>badinerie.</i> Boil. <i>Badinerie</i> a quelque chose de moins bon que <i>badinage,</i> soit pour le sens, soit pour l'élégance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3901" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADINES" />
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    <head>BADINES</head>
    <p>
    &#9758; BADINES , s. f. pl. Pincettes legères qu'on appelle ainsi, parce qu'elles servent à badiner &amp; à s'amuser en arrangeant quelques charbons ou petits tisons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3902" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADOULAGES" />
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    <head>BADOULAGES</head>
    <p>
    &#9758; BADOULAGES , ou BADOLAGES, s. m. pl. On appelle ainsi à Beauvais des rapports que l'on fait les uns des autres. En Basse-Normandie on dit un <i>Bagoulier,</i> pour dire un médisant. Menage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3903" id="1" type="">
   <index type="head" value="BADUHENNE" />
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    <head>BADUHENNE</head>
    <p>
    BADUHENNE , s. f. <i>Baduhenna.</i> Corn. Tacite, à la fin du IVe Livre de ses Annales, dit, qu'un corps de 900. Romains fut défait dans le Pays des Frisons, en un lieu qu'on nommoit le bois de <i>Baduhenne.</i> Cluvier, <i>Germ. Ant. L. I. p.</i> 222. croit que <i>Baduhenne</i> étoit une Déesse des anciens Frisons, &amp; il interprète ce nom <i>principe,</i> parce que <i>Badon</i> en Arabe a cette signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3904" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAETIQUE" />
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    <head>BAETIQUE</head>
    <p>
    BAETIQUE , s. f. Grande partie de l'ancienne Espagne. <i>Baetica.</i> Quelques-uns écrivent Bétique, comme on prononce. Les Romains diviserent l'Espagne en Tarraconoise, en <i>Baetique,</i> &amp; en Lusitanique, ou Lusitanie. La <i>Baetique</i> comprenoit les Bastules, les Turdules, &amp; les Turdetans. Elle étoit séparée de la Tarraconoise par les montagnes d'Idubéda &amp; d'Orospéda, qu'on nomme maintenant la Sierra d'Alcaraz. La Guadiane la séparoit de la Lusitanie, &amp; elle avoit au Midi l'Océan, la mer Méditerranée, &amp; le détroit de Gibraltar. Les Turdetans occupant la plus grande partie de la <i>Baetique,</i> lui donnoient quelquefois le nom de Turdetanie, <i>Turdetania.</i> La <i>Baetique</i> étoit divisée en 4. Jurisdictions, qu'on nommoit <i>Conventus Juridici,</i> &amp; comprenoit l'Andalousie &amp; le Royaume de Grenade. Maty. Aben Joseph, Roi de Maroc, dépouilla Alphonse Roi de Castille de la <i>Baetique</i> en 1195. &amp; les Maures l'ont possédée jusqu'à Ferdinand &amp; Isabelle. Quelques Auteurs font ce nom adjectif, &amp; disent l'Espagne <i>Bétique.</i> Les laines <i>Bétiques</i> étoient célèbres dans l'antiquité. <pb n="468" facs="bpt6k8542165/f508/full/1200,/0/native.jpg"/>Tertullien dit, <i>de Pallio cap.</i> 3. qu'elles étoient naturellement colorées, parce qu'elles étoient noires.</p><p>Ce nom vient de <i>Baetis,</i> nom ancien d'un fleuve qui arrose ce pays, &amp; qu'on appelle aujourd'hui Guadalquivir. Quelques-uns dérivent le nom <i>Baetis,</i> de , <i>bath,</i> mot Punique ou Carthaginois, qui signifie <i>pernoctare,</i> comme en Chaldéen. Bochart, dans son <i>Chanaan</i> Liv. I. chap. 34. prétend qu'il vient de , autre mot Punique, qui signifie <i>marécageux,</i> de , <i>boue, limon, bourbe ;</i> qu'il fut ainsi nommé parce qu'il forme trois lacs, le premier à sa source, le second proche de Cordoue, &amp; le troisième vers son embouchure ; que c'est encore pour cela que les habitans, au rapport d'Etienne de Byzance, le nommoient <i>Perca,</i> c'est-à-dire, qui signifie <i>étang.</i> Le fleuve Bétis coule dans un pays fertile, &amp; sous un ciel doux, qui est toujours serein. Le pays a pris le nom du fleuve, qui se jette dans le grand Océan, assez près des colonnes d'Hercule. Fenel. <i>Telem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3905" id="1" type="mythologie">
   <index type="head" value="BAETYLE" />
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    <head>BAETYLE</head>
    <p>
    BAETYLE , s. m. Terme de Mythologie . <i>Baetylus.</i> Selon Priscien c'est le nom que les Grecs donnoient à la pierre que les Latins nomment Abadis, &amp; que Saturne dévora au lieu de Jupiter. Hésychius &amp; l'Etymologiste Grec sont de même sentiment. L'Etymologiste, en un autre endroit qui est corrompu, &amp; qu'il faut corriger par Phavorinus, dit que <i>Baetyle</i> étoit une pierre qui s'étoit formée proche du Liban, montagne de la ville d'Ilion, , ou plutôt, comme les Savans ont corrigé, , c'est-à-dire, de la ville du Soleil. Sanchoniathon, dans Eusebe <i>Praep. Lib. I.</i> dit que le Dieu Uranus inventa les <i>Baetyles,</i> fabricant, dit-il, des pierres animées. Philon de Biblos dit la même chose. Photius rapporte pag. 1062. &amp; 1063. que Damascius Auteur Payen fort superstitieux, qui vivoit sous Justinien, racontoit qu'il avoit vû la pierre <i>Baetyle</i> qui se mouvoit en l'air ; &amp; que le Philosophe Isidore disoit que c'étoit un Démon qui lui donnoit ce mouvement. Le même Damascius disoit qu'il y avoit des <i>Baetyles</i> consacrés à plusieurs Dieux différens, à Saturne, à Jupiter, au Soleil, &amp;c. Lampridius parle de pierres semblables, qui étoient dans le Temple de Diane à Laodicée, <i>in Anton. hel. cap.</i> 7. Voilà à peu près tout ce que l'Antiquité nous enseigne des <i>Baetyles.</i> Sur cela quelques-uns jugent que ce n'étoient que les pierres informes, dont les idolatres représentoient leurs Dieux avant l'invention de l'art de la Sculpture. Bochart, <i>Chanaan</i> Liv. II. chap. 2. croit que les Phéniciens imitèrent ce que Jacob avoit fait, lorsqu'après la vision de l'échelle mystérieuse il éleva une pierre au même lieu, qu'il nomma Bethel, versant de l'huile dessus ; &amp; que c'est de-là que vint cette coutume, &amp; le nom <i>baetyle,</i> qui fut donné à ces pierres. Il croit, conformément à cette conjecture, que Sanchoniaton n'avoit point dit que ces pierres étoient animées, mais qu'elles étoient oinctes ; que le texte de cet Auteur s'étoit ensuite altéré, ou qu'on l'avoit mal lû, &amp; que de , <i>Naschphim,</i> on avoit fait , <i>Naphschim.</i> Les Juifs ont une tradition qui confirme ceci, &amp; qui dit que cette pierre de Jacob fut d'abord agréable à Dieu ; mais qu'ensuite il l'eut en horreur, parce que les Chananéens transportèrent cet usage dans leur idolatrie. Voyez Scaliger sur Eusebe p. 198. Saumaise sur Lampridius cité, Bochart à l'endroit cité, le Chevalier Marshan <i>Can. Chron. Sect. IV.</i> Voss. <i>De Idol. Lib. VI. c.</i> 39. &amp; ci-dessus le mot Abadir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3906" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAFOUER" />
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    <head>BAFOUER</head>
    <p>
    BAFOUER , v. act. Traiter indignement &amp; avec mépris. <i>Contumeliis vexare, illudere.</i> Une des plus grandes souffrances de Notre Seigneur, c'est d'avoir été <i>bafoué</i> &amp; indignement traité par les Juifs. Il vient de l'Italien <i>Beffare,</i> moquer. Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3906" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAFOUER" />
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    <head>BAFOUER</head>
    <p>
    Bafoué, ée , part. &amp; adj. <i>Irrisus, illisus, contumeliâ affectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3907" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂFRE" />
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    <head>BÂFRE</head>
    <p>
    &#9758; BÂFRE , s. f. <i>Helluatio.</i> Faire la <i>bâfre</i> : C'est être à un repas, où les Convives semblent se disputer l'un à l'autre à qui mangera &amp; boira le mieux. C'est un mot bas &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3908" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂFRER" />
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    <head>BÂFRER</head>
    <p>
    &#9758; BÂFRER , v. n. Manger. Mot bas qui se dit d'un gourmand qui mange avec avidité &amp; avec excès. <i>Helluari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3909" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂFREUR" />
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    <head>BÂFREUR</head>
    <p>
    &#9758; BÂFREUR , s. m. Gourmand, grand mangeur. <i>Helluo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3910" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGAGE" />
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    <head>BAGAGE</head>
    <p>
    BAGAGE , s. m. Hardes, meubles, ustensiles, équipage de guerre, ou de voyage. <i>Impedimenta, sarcina.</i> Ce nom est collectif, dérivé de <i>bague.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3910" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAGAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BAGAGE</head>
    <p>
    Bagage , se dit aussi en nom collectif de tout l'équipage d'une armée, même de l'artillerie. On a défait les ennemis, pillé &amp; enlevé tout le <i>bagage.</i> Les valets gardent le <i>bagage.</i> Jean le Breton, Seigneur de Villandry, s'entretenant un jour avec Claude de Lorraine, premier Duc de Guise, d'une bataille du Roi François I. contre l'Empereur Charles V. jura qu'il s'y étoit trouvé, &amp; même en un lieu où le Duc n'auroit jamais osé paroître. Celui-ci témoignant être choqué de ce discours, le Breton l'appaisa aussi-tôt, en disant, J'étois avec le <i>bagage.</i></p><p>On dit figurément &amp; proverbialement, qu'il faut plier, trousser <i>bagage</i> ; pour dire, qu'il faut s'enfuir, qu'il faut déménager, qu'il faut mourir. Et on dit d'un homme mort, qu'il a plié <i>bagage.</i> On dit d'un homme fort stupide, que c'est un vrai cheval de <i>bagage.</i> On dit aussi qu'on a du <i>bagage</i> logé chez soi, quand on y a logé des filous, ou gens de mauvaise vie, qui à tous momens sont contraints de déménager, d'emporter leur <i>bagage,</i> leurs meubles.</p><p>Il vient du mot de <i>bagues,</i> entant qu'il signifie <i>hardes.</i> Ils s'en sont allés <i>bagues</i> sauves, c'est-à-dire, ils ont emporté leur <i>bagage.</i> Et l'un &amp; l'autre, c'est-à-dire, <i>bague</i> &amp; <i>bagage,</i> selon Etienne Guichard, peuvent être pris de l'Hébreu , <i>beghed,</i> qui signifie habit, harde. D'autres disent qu'il vient de <i>baga</i>, mot de la basse Latinité, qui signifie coffre, parce qu'on met le <i>bagage</i> dans des coffres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3911" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGANS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BAGANS</head>
    <p>
    &#9758; BAGANS , s. m. C'est un mot Gascon, qui signifie pâtres, ou paysans, qui gardent le bétail dans les Landes de Bordeaux, avec une charrette sur laquelle ils portent ce qui leur est nécessaire pour vivre, ne se retirant dans leurs maisons que rarement. Peut-être de <i>vagantes....</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3912" id="1" type="">
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    <head>BAGARRE</head>
    <p>
    BAGARRE , s. f. Batterie de plusieurs personnes, émotion populaire qui amasse beaucoup de monde. <i>Pugna, tumultus.</i> Il s'est sauvé heureusement de la <i>bagarre.</i> Ce mot est fait par contraction de <i>battre,</i> &amp; de <i>gare,</i> &amp; n'est en usage que parmi le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3913" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGASSE" />
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    <head>BAGASSE</head>
    <p>
    BAGASSE , s. f. <i>Lupa, prostibulum.</i> Vieux mot, qui étoit un terme injurieux dont se servoient les petites gens en se querellant. Ainsi Regnier a dit, <i>Bagasse,</i> ouvriras-tu, en parlant d'une servante.</p><p>Ce mot vient de ce qu'en vieux François on disoit <i>bague</i>, pour dire, une <i>putain</i> ; mot dérivé de l'Allemand <i>bag</i>, qui signifie la même chose. Ce mot peut aussi venir de l'Italien, <i>Bagascia</i>, qui selon M. Ménage vient de <i>vagus</i>, &amp; <i>vaga</i>, plutôt que de l'Allemand <i>balg</i>, ou <i>bag</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3914" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGATELLE" />
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    <head>BAGATELLE</head>
    <p>
    BAGATELLE , s. f. Chose de peu d'importance, &amp; qui ne mérite presque pas d'être considérée ; petite production d'esprit. <i>Nugae, frivola.</i> C'est un homme qui s'amuse à des <i>bagatelles.</i> Il a donné cette maison pour une <i>bagatelle.</i> Ce livre n'est rempli que de <i>bagatelles</i> ; pour dire, il n'y a rien de solide. Les <i>bagatelles</i> de Balzac étoient des <i>bagatelles</i> magnifiques &amp; harmonieuses, c'est-à-dire, des paroles vuides de sens, qui n'amusent que les oreilles, &amp; qui ne disent rien à l'esprit &amp; au coeur. Vous voilà bien embarrassé pour une <i>bagatelle.</i> Mol. A moi cent mille vers sont une <i>bagatelle.</i> Scar. Ce mot est un diminutif de <i>bague.</i></p><p>On dit absolument, <i>bagatelle,</i> quand on ne veut pas demeurer d'accord de quelques propositions qu'un autre met en avant. Vous croyez réussir en cette entreprise : <i>bagatelle.</i></p><p>Etienne Guichard le dérive de <i>bagad</i>, , qui en Hébreu signifie prévariquer, mentir, tromper ; en changeant le <i>d</i> en <i>t.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGAUDE</head>
    <p>
    BAGAUDE , s. m. Rebelle, Révolté. <i>Rebellis, perduellis, Bagauda.</i> C'est ainsi qu'il faut écrire &amp; prononcer, &amp; <pb n="469" facs="bpt6k8542165/f509/full/1200,/0/native.jpg"/>non point <i>Bacaude</i> ; cependant en quelques lieux, comme en Espagne, il semble qu'on ait dit <i>Bacaude,</i> parce qu'Idacius, dans sa Chronique, parlant des <i>Bacaudes</i> de la Tarragonoise, dit toujours <i>Bacaudae</i> ; Eutropius aussi, &amp; Orosius <i>Vacaudae</i> ; mais Prosper d'Aquitaine, dans sa Chronique, Salvien, <i>de Provid. Lib. V.</i> Eutrop. Liv. IX. Eumenius, dans son Panégyrique, &amp;c. écrivent <i>Bagaudae.</i> Chorier dit, dans son <i>Histoire du Dauphiné,</i> que <i>Bagaude</i> signifie en son propre sens <i>habitans des forêts.</i> Il tire cette étymologie de la langue des anciens Allobroges, dans laquelle <i>Gau,</i> dit-il, signifie une forêt. Il falloit ajoûter avec de Hauteserre, qui est du même sentiment, que le B est une préposition qui signifie dans, comme en Hébreu, d'où les premières langues étoient toutes descendues. D'autres tirent ce mot du Latin. César, disent-ils, avoit laissé à deux lieues de Paris, en un endroit qu'on nomme aujourd'hui S. Maur, sur les bords de la Marne, &amp; à l'entrée d'une presqu'Isle que fait cette rivière, il avoit mis, dis-je, en cet endroit une Légion Romaine en garnison, pour contenir le pays dans le devoir. On prétend que cette Légion étoit celle qu'on nommoit <i>Legio Alaudarum,</i> &amp; dont les soldats s'appelloient <i>Alaudae,</i> c'est-à-dire, <i>Alouettes,</i> pour la raison que nous avons dite au mot <i>Alouette.</i> Ces troupes, dit-on, ayant pris alliance dans les Gaules, se multiplierent jusqu'au point de faire une espèce de nation particulière ; &amp; leur nom qui avoit commencé par une simple désignation de leurs armes, devint un nom de faction. Ils furent si puissans dans la suite, qu'ils se rendirent les maîtres de cette Province des environs de Paris, où leur fort étoit bâti, &amp; lui donnèrent leur nom. Deux de leurs Chefs, Amand, dont on a trouvé quelques médailles avec le titre d'Auguste, &amp; Julien, se firent déclarer Empereurs sur la fin du IIIe siècle. Maximien marcha contre eux, les défit, &amp; fut pour cela, dit S. Jérôme dans sa Chronique, associé à l'Empire. D'<i>Alauda,</i> qui fut d'abord leur nom, on fit par corruption <i>Bagauda</i> ; &amp; la porte de Paris, qui étoit du côté de leur fort, &amp; par laquelle on y alloit, fut nommée <i>Porta Bagaudarum,</i> la Porte des <i>Bagaudes</i> ; d'où ensuite, comme on le voit dans les anciens titres, l'on fit <i>Porta Bauda,</i> d'où est venu le nom de Porte-Baudets, qu'elle a retenu jusqu'à ce jour. Voilà ce que l'on dit sur l'origine des <i>Bagaudes,</i> &amp; sur l'étymologie de leur nom. Voyez le premier Tome du <i>Traité de la Police</i> p. 74. Le P. Pezron &amp; d'autres, pensent qu'il est tiré de <i>Bagat,</i> ou <i>Bagad,</i> nom Celtique, qui subsiste encore dans le Bas-Breton, &amp; dans la langue du pays de Galle en Angleterre, qui signifie <i>Troupe.</i> Pour moi, je crois que <i>Bagaudae</i> n'est point un nom propre, beaucoup moins encore qu'il vienne d'<i>Alaude,</i> mais que c'est un nom appellatif, qui vient du Celtique , <i>bagad,</i> qui, comme en Hébreu, signifioit, prévariquer, être perfide, se révolter. Car c'est-là le sens de ce mot ; &amp; c'est pour cela que des Rabbins, des Grammairiens &amp; des Interprètes, croient que vêtement, habillement, s'est appellé en Hébreu , <i>beghed,</i> c'est-à-dire prévarication, révolte, parce que c'est à cause &amp; à l'occasion de la désobéissance, &amp; de la révolte d'Adam, que les habits prirent commencement, comme il est rapporté dans la Genèse II. 25. &amp; III. 21. <i>Bagauda</i> vient donc de <i>Bagad,</i> se révolter, &amp; ç'en est, non pas le participe actif , <i>boghed,</i> comme Bochart l'a cru dans son <i>Chanaan</i> Liv. I. ch. 42. mais le <i>paoul,</i> ou participe passif, , <i>bagoud,</i> qui signifie <i>perfide, rebelle.</i> Le féminin , <i>bagouda,</i> est dans Jéremie III. 7. en ce même sens. C'est de-là, &amp; non pas d'<i>Alauda,</i> qu'on nomma <i>Bagaudae</i> ceux qui se révoltèrent. Car 1°. il n'est pas sûr que les <i>Bagaudes</i> fussent les soldats de la Légion des <i>Alaudes.</i> Salvien dit même que ce furent des esclaves ; d'autres, des paysans. 2°. Quand il seroit sûr que ce seroit cette Légion qu'on eût ainsi appellée, il ne s'ensuivroit pas que ce seroit de son nom <i>Alauda,</i> &amp; je ne vois pas d'où viendroient le <i>b,</i> &amp; le <i>g,</i> dans <i>bagauda,</i> qui sont les deux principales radicales. 3°. <i>Bagauda</i> signifie révolte, comme il paroît par Salvien &amp; par Prosper. 4°. Ce n'est pas seulement la Légion des <i>Alaudes,</i> qui étoit en garnison proche de Paris qui fut ainsi nommée ; on donna aussi ce nom à des paysans, &amp; à des esclaves, qui se révoltèrent dans l'Armorique, &amp; qui en 435. soulevèrent presque toutes les Provinces d'en deçà la Loire. Peu de temps après, c'est-à-dire, en 452. ou 453. on appella aussi <i>Bagaudes</i> en Espagne des révoltés, qui se soulevèrent près de Tarragone, de sorte que <i>Bagaude</i> se dit, comme nous disons aujourd'hui Mécontens. Les Mécontens d'Hongrie, les Mécontens d'Angleterre, &amp;c. Telle est la première signification du mot <i>Bagaude.</i> Ensuite on appella un Larron <i>Bagaude,</i> parce que les <i>Bagaudes</i> pilloient. Salvien &amp; Prosper disent que ce qui fit révolter les <i>Bagaudes,</i> ce fut l'avarice &amp; les rapines des Magistrats, ou Officiers. M. Tillemont parle des <i>Bagaudes, Hist. des Emp.</i> Tom. IV. pag. 10. &amp; 5. 99. &amp; pag. 599. où il montre qu'ils n'étoient point Chrétiens, &amp; que ce ne fut point une révolte des Chrétiens contre les Romains, comme des Sacriléges ; ainsi que le dit l'Auteur de la vie de S. Babolin, qui n'est que du VIIe siècle. Maximien, dit la vie de S. Maurice dans Surius, demandoit deux sermens à ses Troupes, l'un de combattre contre les <i>Bagaudes,</i> &amp; l'autre de persécuter les Chrétiens. Ainsi elle ne confond point les Chrétiens avec les <i>Bagaudes.</i> Tillem. Voyez Salvien <i>Lib. V. de vero Jud. &amp; Provid.</i> Eutrope, Orose sur Dioclétien, Du Chesne <i>Hist. Franc. Script. Tom. I. p.</i> 89. 90. 189. 191. 199. 659. 661. 662.</p><p>Il paroît par ce que nous venons de dire que ceux qui écrivent <i>Bachauda,</i> comme Cambden, p. 14. ou <i>Bacaudae,</i> &amp; <i>Bacaudes,</i> au même endroit, Sigonius <i>de Imp. Occ.</i> Chorier, le P. Lobineau &amp; M. Godeau en parlant de ceux d'Espagne, &amp; ceux qui le dérivent de <i>Beiclriad</i>, qui en Anglois signifie des <i>Porchers,</i> des <i>Paysans,</i> se sont trompés, aussi-bien que M. Godeau, quand il dit, <i>Hist. de l'Egl.</i> Liv. III. p. 308. que <i>Bagaudes</i> signifie voleurs. Il n'est pas vrai non plus que ce soit Aelien &amp; Amand, les premiers Chefs de cette faction, qui aient tiré ce nom de la plus vile populace pour se l'appliquer, comme le dit Chorier. Il semble bien plutôt qu'on le leur donne, &amp; que ce ne fut point eux qui le prirent. Enfin le P. Jourdan se trompe aussi quand il dit, Liv. II. p. 93. que les <i>Bagaudes</i> prirent ce nom qui marquoit la bassesse de leur condition, ou peut-être le tribut qu'on les forçoit de payer. Quelques-uns les ont appellés aussi <i>Baogandes, Baccarides</i> &amp; <i>Bagarides.</i> Voyez de S. Julien, <i>Antiquités de Bourg.</i> pag. 653.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGAUDE</head>
    <p>
    Bagaude , s. f. S'est dit aussi pour révolte. Prosper dit dans sa Chronique, <i>Eudoxius.... in Bagaudâ id temporis motâ delatus, ad Cunnos confugit.</i> Quelques-uns disent que ce nom se donna aussi au lieu qu'ils occupoient, &amp; à tout le pays des environs de Paris, dont ils se rendirent les maîtres. Jusqu'ici je n'ai point de preuve de cette signification. Quelques autres croient que la <i>Bagaude,</i> ou <i>Bagaudie,</i> n'étoit point un lieu fixe, mais que c'étoit l'endroit où les <i>Bagaudes</i> étoient en plus grand nombre, où étoit leur principal corps, ou assemblée, leur armée, ou leur camp principal.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGDAD</head>
    <p>
    BAGDAD , ou BAGDAT, ou BAGDET, s. m. que Maty a fait féminin. <i>Bagdadum.</i> Ville d'Asie, dans l'Yerac, ou l'ancienne Chaldée, dont elle est Capitale. Elle est située sur le bord oriental du Tigre, qui la sépare d'un grand fauxbourg qu'elle a sur le bord occidental à l'endroit où étoit Séleucie, des ruines de laquelle <i>Bagdat</i> a été bâtie. Maty. Cette situation détruit l'opinion de ceux qui la prennent pour Babylone. Cependant on dit qu'elle a été appellée autrefois Baudras, &amp; même Babylone. On dit plus communément, <i>Bagdat</i> &amp; <i>Bagdet,</i> que <i>Bagdad. Bagdad</i> fut bâti par le Calife Abujafar Almansor, l'an de l'hégire 145. de J. C. 762. Cette Ville a été Capitale de l'Empire des Musulmans, &amp; la résidence des Califes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGHE</head>
    <p>
    BAGHE . <i>Sarcina.</i> Terme de Coutumes . Dans la Coutume de Hainaut, &amp; dans celle de Mons, <i>baghe</i> signifie le bagage qu'on donne à un ladre avant que de le mettre hors d'une Ville : ce bagage consiste en un chapeau, un manteau, une cliquette, &amp; une besace. De Lauriere. <i>Baghe,</i> suivant la manière d'écrire de ces pays-là, est la même chose que <i>Bague</i> en François. Voyez Bagage, ou Bague.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3918" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGNE" />
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    <head>BAGNE</head>
    <p>
    BAGNE , s. m. Ce mot signifie le lieu où l'on renferme les esclaves. Ce mot n'est pas un mot Turc dans cette signification. Les Turcs ne le connoissent pas dans leur langue. Il vient de l'Italien <i>bagno,</i> qui a cette signification avec celle de <i>bain.</i> Ainsi l'on dit, le <i>Bagno de Ligourno,</i> en parlant du lieu où les esclaves sont renfermés. On appelle <pb n="470" facs="bpt6k8542165/f510/full/1200,/0/native.jpg"/>les lieux où l'on enferme les esclaves en Turquie, <i>Bagnes,</i> du mot Italien <i>bagno,</i> parce qu'il y a des bains dans la prison où l'on enferme à Constantinople les esclaves du Grand Seigneur ; ensuite on a donné ce nom à tous les lieux de la même Ville où l'on enferme des esclaves. On dit les <i>Bagnes</i> du Grand Seigneur, pour dire, la prison des esclaves du Grand Seigneur. De Constantinople l'on a porté ce nom dans tous les autres endroits où les Mahométans sont établis. L'on dit les <i>Bagnes</i> d'Alger ; les <i>Bagnes</i> de Tunis ; les <i>Bagnes</i> de Tripoli. Dans le <i>Bagne</i> de Tripoli est une petite Chapelle, où quelquefois il y a des Prêtres captifs qui disent la Messe. P. Dan. Ces <i>Bagnes</i> sont d'assez grandes maisons, où il y a plusieurs petites chambres fort basses &amp; sombres, toutes voûtées. En chacune sont renfermés 15. ou 16. esclaves couchés sur la dure, si ce n'est qu'ils aient le moyen d'acheter quelques nattes de palmier. Celui qui a la charge de ces <i>Bagnes</i> s'appelle le Gardien Bachi, qui a quantité d'Officiers &amp; de valets commis à la garde de ces pauvres gens. S'ils s'échapent, c'est lui qui en doit répondre. Pour empêcher que cela n'arrive, il tient pendant la nuit plusieurs sentinelles en ces <i>Bagnes.</i> P. Dan. <i>Hist. de Barbarie.</i> A Salé, les lieux où l'on met les Captifs ne s'appellent point <i>Bagnes,</i> mais Matamoures. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAGNOLE" />
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    <head>BAGNOLE</head>
    <p>
    BAGNOLE , s. m. &amp; f. Nom d'hérétique. <i>Bagnolus.</i> On trouve aussi Bajole, <i>Bajolus.</i> On les nommoit encore Cazoques, <i>Cazoci,</i> &amp; <i>Concordes.</i> C'étoit une espèce de Manichéens. Voyez <ref type="search" target="head:Bagnolois">Bagnolois</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3920" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGNOLET" />
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    <head>BAGNOLET</head>
    <p>
    &#9758; BAGNOLET , s. m. ou BAGNOLETTE, s. f. Sorte de coëffe, à l'usage des Dames.</p><p>Les <i>bagnolettes</i> d'hiver sont de velours, de peluches, de chenilles, &amp; de satin sans envers. On met aux <i>bagnolettes</i> une dentelle de soie noire tout autour. Les <i>bagnolettes</i> d'Eté sont ordinairement de gaze blanche mouchetée, avec une dentelle de fil ou blonde de soie : quelques-unes sont de Marly, ou entièrement de point. <i>Merc. Mai</i> 1726. L'usage s'est déclaré pour <i>bagnolette</i> : il n'y a guère que les gens de Province qui disent <i>bagnolet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGNOLOIS, OISE</head>
    <p>
    BAGNOLOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Bagnols en Languedoc. <i>Balneoli ortus, è Balneolis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAGNOLOIS, OISE" />
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    <head>BAGNOLOIS, OISE</head>
    <p>
    Bagnolois , ou Bajolois, oise, s. m. &amp; f. <i>Bagnolus,</i> ou <i>Bajolus, a.</i> Nom de secte. Les <i>Bagnolois</i> sont des hérétiques du VIIIe siècle. C'étoient de vrais Manichéens ; mais ils déguisoient leurs erreurs, aussi-bien que celles des Albanois qu'ils tenoient aussi. Ils rejettoient l'ancien Testament &amp; une partie du nouveau. Ils tenoient l'éternité du monde, &amp; nioient que Dieu creât les ames quand il les met dans les corps. S. Antonin, <i>Summa Hist. P. IV. Tit. XI. cap.</i> 7. Prateole, &amp; Raynerus <i>contra Valdenses, cap.</i> 6. parlent des <i>Bagnolois.</i> Le dernier dit qu'ils furent ainsi appellés de la Ville de Bagnols en Languedoc. Les Vaudois ont aussi été appellés <i>Bagnolois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAGUE" />
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    <head>BAGUE</head>
    <p>
    BAGUE , s. f. Joyau précieux enrichi de quelques pierreries. <i>Annulus.</i> Il se dit premièrement de l'anneau qu'on porte au doigt, &amp; sur-tout de celui qu'on donne en la cérémonie du mariage. Scaurus, gendre de Sylla, fut le premier des Romains qui porta des <i>bagues</i> aux doigts.</p><p>Ce mot vient de <i>bacca</i>, que les Latins ont dit d'une perle ronde. Ménage, après plusieurs autres. Du Cange le dérive de <i>baga</i>, qu'il dit avoir signifié un <i>coffre</i> dans la basse Latinité, d'où il prétend qu'est venu aussi le mot de <i>bagage ;</i> ou bien, après l'<i>Elementarium Doctrinae Rudimentum</i> de Papias, de <i>bauga,</i> ou <i>bauca,</i> qui signifioit des <i>brasselets,</i> que les hommes portoient autrefois, d'où il prétend qu'est venu aussi le mot de <i>bagatelle.</i> Icquez remarque que <i>boug,</i> dans la langue des Francs, <i>baug</i> dans celle des Goths, <i>bagua</i> dans celle des Cimbres, <i>beag</i> &amp; <i>beg</i> dans celle des Saxons, signifient bijou, brasselet, pierrerie ; &amp; il dit que c'est de ces mots, qui sont tous fort approchans, que <i>bague</i> est dérivé. Il ajoûte que <i>bigan</i> &amp; <i>bugan</i> veut dire <i>fléchir, courber,</i> &amp; que ce verbe Saxon est la racine de tous les mots que nous avons rapportés ici. Etienne Guichard croit qu'il peut être emprunté de l'Hébreu , <i>beghed,</i> habit ; car <i>bague</i> signifie meuble, vêtement, comme il paroît par cette phrase, se retirer <i>bagues</i> sauves. Cependant <i>bague</i> en ce sens ne vient point de , <i>beghed,</i> mais de <i>braccae,</i> braies, habit très-commun chez nos anciens Gaulois. Le même Etienne Guichard dit que <i>bague</i> dans le sens d'anneau vient de l'Hébreu , qui signifie la même chose, en retranchant le . Cela ne paroît guère mieux fondé.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAGUE" />
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    <head>BAGUE</head>
    <p>
    Bague d'oreille , est un petit cercle d'or enrichi de pierreries, que les femmes portent aux oreilles, qu'elles percent à ce dessein. <i>Monile pensile.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGUE</head>
    <p>
    Course de bague , <i>Equestrispalestra, equestris discursionis genus, equestris decursio,</i> est un exercice de Manége que font les Gentilshommes pour montrer leur adresse, lorsqu'avec une lance en courant à toute bride, ils emportent une <i>bague</i> suspendue au milieu de la carrière à une potence.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGUE</head>
    <p>
    Bagues et Joyaux . <i>Gemmae, monilia, vasa, &amp;c.</i> Ce sont les ornemens précieux des femmes. Dans tous les contrats de mariage on stipule que les femmes emporteront leurs <i>bagues &amp; joyaux,</i> ou une certaine somme en argent qui leur en tiendra lieu. Par l'Ordonnance de 1667. les <i>bagues</i> &amp; joyaux de la valeur de trois cents livres &amp; plus ne peuvent être vendues qu'après trois expositions à trois jours de marché différens ; si ce n'est que le saisissant &amp; le saisi n'en conviennent par écrit. Charles IX. disoit que sa vie n'étoit pas de si grande conséquence, qu'elle dût être gardée dans un coffre, comme les <i>bagues</i> de la couronne. Brant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAGUE</head>
    <p>
    Bagues , signifie aussi, Tous les meubles qu'on a les plus précieux, soit en argent, pierreries, ou autres choses en petit volume. <i>Suppellex pretiosior.</i> Ainsi on dit dans les compositions qu'on fait aux gens de guerre qui se rendent, qu'ils sortiront vie &amp; <i>bagues</i> sauves ; pour dire, avec tous ce qu'ils pourront emporter. Cette manière de parler vient de ce qu'autrefois en France on disoit <i>bague</i> pour bagage. Et <i>bague</i> en ce sens semble moins signifier des meubles précieux, comme bijoux &amp; pierreries, que des habits, du Latin <i>braccae,</i> partie de l'habillement de nos anciens Gaulois.</p><p>On dit proverbialement qu'un homme s'en est allé <i>bagues</i> sauves ; pour dire, qu'il est sorti d'une affaire, d'un procès, du jeu, d'un péril, sans qu'il lui en ait rien coûté. <i>Salvus, incolumis. Salvis vasis, latere tecto evasit.</i></p><p>On dit figurément d'une maison de campagne, ou d'une autre chose de prix qu'on n'a que pour le plaisir, pour l'ornement, &amp; qu'on peut vendre aisément, que c'est une <i>bague</i> au doigt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3922" id="6" type="marine">
   <index type="head" value="BAGUE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BAGUE</head>
    <p>
    Bague , Terme de Marine . Nom qu'on donne à une petite corde mise en rond, dont on se sert pour faire la bordure d'un oeil de pie, ou oeillet de voile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3923" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGUENAUDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>BAGUENAUDE</head>
    <p>
    BAGUENAUDE , s. f. Vieux mot François. C'étoit une ancienne sorte de Poësie toute masculine, dont la rime étoit mauvaise &amp; peu estimée ; &amp; souvent sans rimes &amp; en galimathias. Pasquier en fait mention au Liv. VII. On en a fait le mot de <i>Baguenauder.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3923" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAGUENAUDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BAGUENAUDE</head>
    <p>
    Baguenaude , est aussi le fruit d'un petit arbre qu'on appelle Baguenaudier. Il y a dans ce fruit, outre les semences qui y sont contenues, du vent renfermé qui sort avec éclat quand on le presse. <i>Halicacabus, solanum, vesicaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3923" id="3" type="">
   <index type="head" value="BAGUENAUDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BAGUENAUDE</head>
    <p>
    Baguenaude , se dit d'une arbre dit <i>colutea vesicaria,</i> que quelques-uns appellent faux séné ; il porte sa graine dans des vessies. D'autres appellent le <i>solanum vesicarium, baguenaudier.</i> Il porte un fruit rouge, gros comme une cerise, dans une vessie rouge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3924" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGUENAUDER" />
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    <head>BAGUENAUDER</head>
    <p>
    BAGUENAUDER , v. n. Faire le badaud, s'amuser à faire des choses inutiles, légères &amp; peu estimées. <i>Nugari.</i> C'est à nous à rêver &amp; à <i>baguenauder,</i> &amp; aux jeunes gens à chercher de la réputation. Mont. Parmi tant d'admirables actions de Scipion l'aïeul, il n'est rien qui lui donne plus de grace que de le voir nonchalamment &amp; puérilement <i>baguenaudant,</i> amasser &amp; choisir des coquilles avec Laelius son ami intime. Id.</p><p>Ce mot qui est vieux &amp; bas, vient de ce que les enfans se <pb n="471" facs="bpt6k8542165/f511/full/1200,/0/native.jpg"/>jouent avec des baguenaudes, prenant plaisir au bruit qu'elles font en les crevant entre leurs mains ; ou selon Pasquier, de faire des baguenaudes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3925" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGUENAUDIER, & BAGENAUDIER" />
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    <head>BAGUENAUDIER, & BAGENAUDIER</head>
    <p>
    BAGUENAUDIER, &amp; BAGENAUDIER , s. m. <i>Colutea vesicaria.</i> Arbrisseau branchu, revêtu de deux écorces, l'une cendrée &amp; quelquefois lavée de pourpre, l'autre verte. Ses feuilles sont rangées comme par paires sur une côte terminée par une seule feuille. Elles sont petites, un peu ovales, charnues, molles, lisses &amp; vertes en dessus, plus pâles, &amp; un peu pelues en dessous, amères au goût. Ses fleurs sont jaunes, légumineuses ; auxquelles succèdent des fruits ou vessies vertes, quelquefois roussâtres, transparentes, faites en manière de nasselle, &amp; qui renferment des petites semences brunes &amp; taillées en rein. Cet arbrisseau vient en Languedoc, &amp; dans plusieurs endroits du Royaume : on en trouve aussi dans les jardins. Ses feuilles &amp; ses semences purgent plus violemment que le Séné.</p><p>Chomel, dans le <i>Dictionnaire Oecon.</i> décrit encore un autre <i>Baguenaudier,</i> qu'il appelle autrement l'<i>Arbre du raisin.</i> Il est petit, &amp; a sa feuille comme le Sureau : son bois est fort frêle, ses feuilles blanches, &amp; rangées en grappe, de même que le fruit, qui vient dans de petites gousses roussâtres, assez semblables aux poix chiches, quoique plus gros. Il a au-dedans un noyau tirant sur le verd, qui est doux à manger, &amp; qu'on appelle pistache sauvage ; mais il excite à vomir. Il naît dans les forêts. Il fleurit au moi de Mai, &amp; ses noisettes sont mûres en Septembre, &amp; ont les mêmes vertus que les pistaches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3925" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAGUENAUDIER, & BAGENAUDIER" />
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    <head>BAGUENAUDIER, & BAGENAUDIER</head>
    <p>
    Baguenaudier , s. m. Celui qui baguenaude. <i>Nugator.</i> Ce mot est vieux en ce sens &amp; du style familier. Voilà un franc <i>baguenaudier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3926" id="1" type="tailleur d'habits">
   <index type="head" value="BAGUER" />
   <index type="src_domain" value="tailleur d'habits" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BAGUER</head>
    <p>
    BAGUER , v. act. Terme de Tailleur d'habits , qui signifie arranger les plis d'une jupe, ou d'un bas de robe de femme, &amp; les arrêter avec une aiguillée de fil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    BAGUETTE , s. f. Bâton fort menu qui est ordinairement de saule. <i>Virga, bacillus.</i> Une <i>baguette</i> d'Huissier, de Sergent à verge. <i>Apparitoris virga.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette de Fusil, ou autre arme à feu, est une longue verge de bois qui sert à les charger, &amp; qui se remet dans le fût.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="3" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette , se dit aussi des bâtons qui servent à battre la Caisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="4" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette , se dit aussi des bâtons de Fauconniers propres à fourrer dans les buissons, &amp; à faire partir la perdrix, ou pour tenir les chiens en crainte. Celles des Autoursiers s'appellent <i>Chasseoires.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="5" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette , se dit aussi des petites moulures rondes sur lesquelles on taille certains ornemens dont on se sert en Architecture &amp; en Menuiserie, qui représentent une <i>baguette.</i> On l'appelle aussi astragale &amp; chapelet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="6" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette de fusée, est une petite pièce de bois qu'on attache à la fusée volante, &amp; qui doit être de poids égal à la fusée, pour lui servir de contrepoids ; autrement elle ne monteroit pas en l'air.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="7" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette , en Peinture, est ce que les Peintres appellent <i>appui-main.</i> C'est-à-dire, un petit bâton qu'ils appuient sur leur toile, pour soutenir la main qui travaille avec le pinceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="8" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Superstition" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette divinatoire. Branche de Coudrier fourchue, par le moyen de laquelle on prétend découvrir les mines, &amp; les sources d'eaux cachées sous la superficie de la terre. Celui qui porte la <i>baguette</i> marche lentement sur les lieux où il soupçonne qu'il y a des mines, ou des eaux ; &amp; alors les corpuscules qui s'exhalent du métal, ou de l'eau que l'on cherche impregnent la <i>baguette,</i> &amp; la font incliner. Avant le XVe siècle on ne trouve rien de la <i>baguette divinatoire</i> dans les Auteurs. Depuis qu'on s'en fut avisé, on lui chercha de beaux noms. On l'appella <i>Caducée,</i> la <i>verge divine ;</i> la <i>verge d'Aaron.</i> Les uns contestent le fait, &amp; nient que cela soit possible. Les autres se rendent aux diverses expériences qu'on allègue, &amp; en cherchent des raisons naturelles. Ils disent que les particules qui s'élèvent des sources d'eau, ou des métaux impregnent la verge de Coudrier, &amp; la déterminent à se baisser pour la rendre parallèle aux lignes verticales qu'elles décrivent en s'élevant. Ces particules d'eau sont poussées au-dehors par la chaleur souterraine, &amp; par les fermentations qui se font dans les entrailles de la terre. Or la <i>baguette</i> divinatoire étant d'un bois poreux, il donne aisément passage à ces corpuscules qui sont extrêmement subtils &amp; déliés. Ces vapeurs poussées par celles qui les suivent, &amp; pressées par l'air qui pèse dessus, sont forcées d'entrer dans les petits intervalles de la <i>baguette,</i> &amp; par cet effort elles la contraignent à s'incliner perpendiculairement, afin de se rendre parallèles avec les colonnes que forment ces vapeurs en l'élevant. Il y a environ vingt ans qu'on écrivoit beaucoup sur la <i>baguette</i> divinatoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3927" id="9" type="">
   <index type="head" value="BAGUETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BAGUETTE</head>
    <p>
    Baguette Sacrée . C'étoit autrefois une coutume parmi les François, quand ils étoient en guerre, d'envoyer vers leurs ennemis des Ambassadeurs avec de certaines <i>baguettes,</i> qu'ils appelloient <i>Sacrées,</i> parce qu'elles étoient les marques de leur commission, &amp; les mettoient en sûreté par le droit des gens contre toutes sortes d'insultes, ou de mauvais traitemens. P. Jourdan. C'étoit comme le Caducée chez les Romains &amp; les Grecs. Tit. Liv. <i>Liv. VIII. C.</i> 20. Rhodig. <i>Lect. Antiq. L. XXI. C.</i> 16.</p><p>On dit proverbialement, commander à <i>baguette</i> ; par une figure tirée de la verge ou <i>baguette</i> que portent les Sergens &amp; Huissiers qui commandent de la part du Roi &amp; de la Justice. D'autres disent qu'il est pris de la <i>baguette</i> des Ecuyers, qui manient les chevaux avec une <i>baguette</i> ou une gaule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3928" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAGUIER" />
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    <head>BAGUIER</head>
    <p>
    BAGUIER , s. m. Petit coffre ou écrain où on serre les bagues &amp; les pierreries. <i>Arcula.</i> Il est divisé en plusieurs petites raies ou sillons où on fourre l'anneau, ensorte qu'il ne paroît dehors que la pierre précieuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3929" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAHALITE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAHALITE</head>
    <p>
    BAHALITE , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:BAALITE">BAALITE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3930" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAHAREM" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BAHAREM</head>
    <p>
    BAHAREM , ou BAHREM, ou BAHRAIN. Isle d'Asie, dans le Golfe Persique, vers la côte de l'Arabie heureuse. <i>Tylus, Bahareima.</i> On fait à <i>Baharem</i> une grande pêche de perles aux mois de Juin, Juillet, Août &amp; Septembre. Il y a encore dans l'Arabie heureuse, sur le Golfe de Perse, une Ville de ce nom, entre Elcatif &amp; Lapsa. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3931" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAHURIM" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BAHURIM</head>
    <p>
    BAHURIM , s. m. Ville de Palestine dans la Tribu de Benjamin, aux confins de celle de Juda, environ à deux lieues de Jérusalem, du côté du Levant. Maty. Sur une montagne. Saci. Le Roi David étant venu jusqu'auprès de <i>Bahurim,</i> il en sortit un homme de la maison de Saül appellé Sémeï, fils de Gera, qui s'avançant dans son chemin maudissoit David. Saci. 2. <i>Liv. des Rois. C. XVI. v.</i> 5. On l'appelle aujourd'hui <i>Bachori.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3932" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAHUS" />
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    <head>BAHUS</head>
    <p>
    BAHUS , ou BAHUIS, subst. m. <i>Bahusium.</i> Forteresse du Royaume de Norwége, Capitale d'un Gouvernement auquel elle donne son nom. Elle est sur un rocher environnée de la rivière de Tholheta. Le Gouvernement de <i>Bahus, Bahusia,</i> ou <i>Bahusiensis,</i> ou <i>Bahusiana Praefectura.</i> Il a été cédé aux Suédois par les Danois en 1658. par la paix de Roschild.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3933" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="BAHUT" />
   <index type="src_domain" value="jardinage" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BAHUT</head>
    <p>
    BAHUT , subst. m. Coffre couvert de cuir dont le couvercle est arrondi en forme de voûte, quoique plusieurs ne croient pas qu'il soit de l'essence du <i>bahut</i> d'être tel. <i>Arca camerata.</i></p><p>Ce mot vient de <i>bajulo</i>, selon Nicot, à cause qu'on le porte sur des mulets. Ménage le dérive de l'Allemand <i>behuten</i>, qui signifie <i>garder</i> ; d'autres par métathèse de l'Hébreu <i>thebat,</i> qui signifie la même chose. Du Cange le dérive de <i>bahudum,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité, pour signifier une espèce de coffre. Quelques-uns croient qu'il vient du mot Celtique <i>bahu</i>, qui signifie coffre dont le dessus est fait en rond. Le mot <i>bahut</i> n'est plus guère en usage, en sa place on dit coffre.</p><p>En Maçonnerie, ou dit qu'une pierre est taillée en <i>bahut,</i> quand elle est un peu arrondie par-dessus, comme sont celles qui sont au-dessus des parapets, ou des appuis des quais &amp; des ponts.</p><p>En termes de Jardinage , on dit qu'une plate-bande, une planche, ou une couche, est en <i>bahut,</i> lorsqu'elle est bombée &amp; arrondie sur sa largeur, pour faciliter l'écoulement des eaux, &amp; mieux élever les fleurs. La Quintinie, dans son <i>Instruction pour les Jardins,</i> &amp; Liger, dans son <i>Dictionnaire d'Agriculture,</i> écrivent <i>Bahu</i> sans <i>t,</i> mais mal, quoique dans la prononciation on ne fasse point sentir le <i>t.</i> De plus, ils ne disent point simplement en <i>bahut,</i> mais en dos de <i>bahut,</i> ce qui paroît mieux. Elever de la terre en <pb n="472" facs="bpt6k8542165/f512/full/1200,/0/native.jpg"/>dos de <i>bahu.</i> Il faut dans les terres humides les élever autant que l'on peut en dos de <i>bahu.</i> Quint. Lig. Je crus qu'il en falloit venir à élever chaque quarré en dos de <i>bahu.</i> Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3934" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAHUTIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAHUTIER</head>
    <p>
    BAHUTIER , s. m. <i>Arcarum cameratarum opifex.</i> Ouvrier qui fait des bahuts, des coffres, des valises, des malles, des cantines ; le tout couvert ordinairement de veau, de vache de roussi, de porc, &amp; de toutes sortes de cuir, à la réserve du chagrin. <i>Bahutier</i> commence à vieillir. Plusieurs aiment mieux dire Mallier, &amp; même Coffretier, que <i>Bahutier.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'un homme fait comme les <i>Bahutiers,</i> qu'il fait plus de bruit que de besogne, lorsqu'il parle beaucoup, &amp; qu'il travaille peu ; car en effet, les <i>Bahutiers</i> après avoir cogné un clou, donnent plusieurs coups de marteau inutiles avant que d'en cogner un autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3935" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BAI" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAI</head>
    <p>
    BAI , adj. Prononcez BÉ. Terme de Manége . Couleur du poil d'un cheval que le vulgaire appelle <i>rouge,</i> &amp; qui tient de la couleur de châtaigne. <i>Badius, Phoeniceus, spadix. Bai</i> brun, <i>bai</i> clair, <i>Bai</i> mirouetté, qui a quelques marques d'un <i>bai</i> plus obscur. Les chevaux <i>bais</i> ont ordinairement le crin noir.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>baiu,</i> Latin, qu'il fait venir du Grec , qui signifie un <i>rameau de palme,</i> qui est en sa couleur <i>baie,</i> ou du Grec . Du Cange cite Ugution, qui dit que les Anciens appelloient un tel cheval <i>vadium,</i> de <i>vado,</i> à cause qu'il alloit plus vîte que les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3936" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIBLE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAIBLE</head>
    <p>
    BAIBLE , s. m. Nom propre d'homme. C'est le même que Babylas, dont il a été fait par corruption. <i>Babylas, Bablas, Bable, Baible,</i> ou bien <i>Babylas, Babyl, Babel, Babl, Bable, Baible.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BABYLAS">BABYLAS</ref>. On dit aussi Babel, pour le même nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3937" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAIE</head>
    <p>
    BAIE , s. f. Petit golphe, ou bras de mer qui s'ouvre entre deux terres, ou les vaisseaux sont en sureté, &amp; qui est beaucoup plus large par le dedans, que par l'entrée ; à la différence des Ances de mer, qui sont plus larges par l'entrée que par le dedans. <i>Sinus.</i> La <i>Baie</i> de Cadix. La <i>Baie</i> de Gibraltar. La <i>Baie</i> de tous les Saints au Brésil. On l'appelle aussi <i>Sein</i> &amp; <i>Anse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3937" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAIE</head>
    <p>
    Baie , se dit aussi en Maçonnerie de toutes sortes d'ouvertures qu'on laisse dans les murs qu'on élève, pour en faire des portes, &amp; des fenêtres. On appelle aussi sur mer, les <i>baies</i> d'un vaisseau, les ouvertures qui sont en sa charpente, comme celles des écoutilles, les trous par où passent les mâts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3937" id="3" type="botanique">
   <index type="head" value="BAIE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAIE</head>
    <p>
    Baie , en termes de Botanique , est un fruit mou, charnu, succulent, &amp; qui renferme des pepins ou des noyaux. <i>Bacca.</i> On se sert proprement de ce mot pour exprimer les fruits clairsemés, comme le fruit du génévrier, du laurier, &amp; semblables : mais lorsque les fruits sont ramassés en grape, ou en bouquet, on les appelle des grains : ainsi on dit un grain de raisin, &amp; un grain de sureau. Selon Saumaise <i>Bacca, baie</i> se dit de tout fruit plus petit que la pomme, tels que sont les cerises, les olives, &amp;c. Voyez cet Auteur sur Solin, p. 531. 598. 609. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3937" id="4" type="">
   <index type="head" value="BAIE" />
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    <head>BAIE</head>
    <p>
    Baie . Tromperie qu'on fait pour se divertir ; bourde ; mensonge ; plaisanterie qu'on fait aux dépens de quelqu'un, à qui on donne de grandes espérances, ou à qui on fait peur de quelque chose qui n'est pas vraie. <i>Mendacium, fraus.</i> Donner une <i>baie</i> à quelqu'un, payer d'une <i>baie, verba dare.</i> Le P. Thomassin remarque que les Italiens disent <i>baia</i> dans le même sens, &amp; il croit que ces mots viennent du Grec , <i>parvus : modicus, petit, modique :</i> il dérive même de <i>bohou,</i> mot Hébreu, qui signifie <i>inanis, inane, inanitas, res inanis.</i></p><p>On dit proverbialement d'un grand hableur, que c'est un donneur de <i>baies,</i> qu'il repaît de <i>baies,</i> lorsqu'il promet beaucoup, &amp; qu'il ne tient rien. L'origine de ce proverbe, selon Pasquier, se rapporte à un berger, qui dans la Farce de Pathelin étant cité en Justice, répondit toujours comme les moutons <i>baie,</i> à toutes les accusations de son maître, &amp; aux interrogatoires du Juge ; depuis lequel temps on a dit, Repaître ou payer de <i>baie,</i> en parlant de ceux qui payent de vaines promesses, ou qui ont des entretiens ridicules. Ménage au contraire veut que ce mot vienne de l'Italien <i>baia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAIE" />
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    <head>BAIE</head>
    <p>
    BAIE ou BAIES. <i>Baiae.</i> Ville ancienne d'Italie, dans ce que nous appellons aujourd'hui la Terre de Labour, proche de Naples, du côté de l'Occident. Strabon, Liv. V. dit qu'elle fut ainsi nommée du nom d'un des compagnons d'Ulysse qui y fut enterré. Il y avoit à <i>Baies</i> des eaux chaudes &amp; minérales ; ces eaux &amp; la beauté du pays, qui est un des plus délicieux de l'Italie, y attiroient une grande quantité de Romains, qui y venoient, ou pour leur santé, ou pour le plaisir ; ils avoient même bâti un grand nombre de maisons de plaisance tout autour. <i>Baies</i> a été ruinée par la mer, &amp; par les tremblemens de terre. C'étoit à <i>Baies</i> que les galères Romaines passoient l'hiver. On voit encore près de <i>Baies</i> un bâtiment souterrain nommé <i>Le Cento Camarelle</i> ; c'est-à-dire, les cent petites chambres, qui étoient à ce que l'on prétend des espèces de casernes pour loger la chiourme Romaine. Calicula voulut joindre par un pont le golphe qui sépare <i>Baies</i> de Pouzzol ; on en voit encore les restes. Maty. Il ne faut point écrire <i>Bajes,</i> comme a fait cet Auteur ; mais <i>Baies,</i> &amp; le prononcer seulement en deux syllabes, en sorte que <i>ai</i> n'ait que le son d'un <i>e</i> ouvert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3939" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIER" />
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    <head>BAIER</head>
    <p>
    BAIER . Voyez <ref type="search" target="head:BAYER">BAYER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3940" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAÏEUX" />
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    <head>BAÏEUX</head>
    <p>
    BAÏEUX , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:BAYEUX">BAYEUX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3941" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIGNER" />
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    <head>BAIGNER</head>
    <p>
    BAIGNER , v. act. Faire entrer dans l'eau, mettre dans l'eau : prendre le bain, mettre dans le bain. <i>In balneum, in aquam demittere.</i> Il se faut purger devant &amp; après, lorsqu'on se veut <i>baigner.</i> On ne guérit de la rage qu'en se <i>baignant</i> dans la mer. Ce médecin a <i>baigné</i> huit jours ce malade avant que de le mettre dans le grand remède. On dit aussi, <i>baigner</i> un chien, un cheval, pour dire, les tenir quelque temps dans l'eau. <i>Baigner</i> est aussi neutre ; mais il n'est guère en usage qu'au figuré, comme on le peut voir dans les articles suivans.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>vagnare</i>, qui a été fait de <i>vagna,</i> Ménage. D'autres le dérivent <i>à balneis,</i> &amp; de <i>balneare.</i></p><p>On dit hyperboliquement, qu'un homme assassiné <i>baigne</i> dans son sang ; qu'un affligé a le visage <i>baigné</i> de larmes ; pour dire, qu'il a perdu beaucoup de sang, qu'il a versé beaucoup de larmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3941" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAIGNER" />
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    <head>BAIGNER</head>
    <p>
    Baigner , se dit aussi, lorsque des liqueurs surnagent à quelque corps qu'on a mis dedans. <i>Innatare, supernatare.</i> Pour faire une bonne infusion, il faut que le séné, les herbes, <i>baignent</i> dans la tisane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3941" id="3" type="">
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    <head>BAIGNER</head>
    <p>
    Baigner , avec le pronom personnel, signifie user du bain. <i>Balneo uti, lavare.</i> Les chaleurs ont été si longues cette année, qu'on a pû se <i>baigner</i> pendant plusieurs mois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3941" id="4" type="">
   <index type="head" value="BAIGNER" />
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    <head>BAIGNER</head>
    <p>
    Baigner , avec le même pronom est encore plus en usage dans le sens figuré, &amp; signifie se plaire à quelque chose, y trouver un singulier plaisir. <i>Delectari.</i> Votre cruauté se <i>baigne</i> dans les pleurs que versent vos amans. Voit. Cet homme se <i>baigne</i> dans la joie, dans les plaisirs, quand il en a excessivement. Les cruels &amp; les conquérans se <i>baignent</i> dans le sang de leurs ennemis, quand ils en ont fait un grand carnage. Ainsi on peut, en comparant ce quatrième article avec le second, remarquer la différence qu'il y a entre <i>baigner</i> dans le sang, &amp; se <i>baigner</i> dans le sang. <i>Baigner</i> dans le sang, veut dire simplement perdre tout son sang ; &amp; se <i>baigner</i> dans le sang, veut dire prendre plaisir à le répandre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3941" id="5" type="">
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    <head>BAIGNER</head>
    <p>
    Baigner , se dit aussi des rivières qui arrosent une campagne, qui passent auprès d'une ville, qui fournissent des eaux à un pays. <i>Alluere.</i> L'Egypte est <i>baignée</i> par les eaux du Nil. Le Rhône <i>baigne</i> les murs de Lyon. L'Indus <i>baigne</i> la forteresse vers le Septentrion. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3941" id="6" type="fauconnerie">
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    <head>BAIGNER</head>
    <p>
    Baigner , en termes de Fauconnerie , se dit de l'oiseau lorsque de lui-même il se <i>baigne</i> par délices, &amp; qu'il se mouille à la pluie, ou qu'on le plonge dans le bassin quand on le poivre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3942" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIGNÉ, ÉE" />
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    <head>BAIGNÉ, ÉE</head>
    <p>
    BAIGNÉ, ÉE , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3943" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIGNEUR" />
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    <head>BAIGNEUR</head>
    <p>
    BAIGNEUR , s. m. Celui qui se baigne. <i>Balneator.</i> On voit dans le Gange des vingt ou trente mille <i>baigneurs</i> en même-temps par un principe supersticieux de dévotion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3943" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAIGNEUR" />
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    <head>BAIGNEUR</head>
    <p>
    Baigneur , est aussi celui qui fait profession de baigner les autres, qui tient chez lui des bains pour le public, &amp; qui est d'ordinaire aussi Perruquier, Barbier &amp; Etuviste. <i>Balneator.</i> Les gens de qualité vont loger chez les <i>Baigneurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3944" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIGNEUSE" />
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    <head>BAIGNEUSE</head>
    <p>
    BAIGNEUSE , s. f. Celle qui se baigne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3944" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAIGNEUSE" />
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    <head>BAIGNEUSE</head>
    <p>
    <pb n="473" facs="bpt6k8542165/f513/full/1200,/0/native.jpg"/> Baigneuse , Celle qui baigne les autres, &amp; qui a soin des bains, <i>Balneatrix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3945" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIGNOIR" />
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    <head>BAIGNOIR</head>
    <p>
    BAIGNOIR , s. m. L'endroit de la rivière où l'on se va baigner. <i>Lavatio, locus lavationi idoneus.</i> Il y a dans un tel endroit de la Seine un <i>baignoir</i> fort commode.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3946" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIGNOIRE" />
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    <head>BAIGNOIRE</head>
    <p>
    BAIGNOIRE , s. f. Le vaisseau ou la cuve où l'on se baigne. <i>Solium, labrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3947" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIGORRI" />
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    <head>BAIGORRI</head>
    <p>
    BAIGORRI , s. m. <i>Biguria, Baigoria.</i> Petit pays de la basse Navarre en France. Il est dans les Pyrénées entre la rivière de Nive, ou d'Orcais, &amp; la haute Navarre.</p><p>Le Dictionnaire de Moréri fait ce nom pluriel, <i>Les Baigorri,</i> puis immédiatement après se corrigeant ou se contredisant lui-même, il dit, S. Etienne de <i>Baigorri</i> &amp; non pas des <i>Baigorri.</i> Il a raison ; car ce mot est singulier. M. de Marca, dans son <i>Histoire de Bearn,</i> le fait toujours singulier. Oyenhart pense que le Roi Eneco étoit Vicomte de <i>Baigorri,</i> qui est une vallée de la basse Navarre de deux lieues d'étendue, où il y a six villages, &amp; le titre de Vicomté, qui s'est conservé à la maison d'Etchaus, le lieu principal étant nommé dans un ancien titre S. Etienne de Harizeta, d'où pourroit être procédé le surnom de Eneco <i>Arista.</i> Mais la qualité de Comté, que Roderic donne au pays de Bigorre, d'où vient le Roi Eneco, ne peut être donné à la vallée de <i>Baigorri.</i> Marca.</p><p>On appelle aussi ce pays <i>Baiguer.</i> Le Roi Eneco n'étoit pas le Vicomte de <i>Baiguer,</i> ou <i>Baigorri,</i> d'autant que le quartier de Sise en Basse Navarre, où est situé le Vicomté de <i>Baigorri,</i> étant compris dans le Comté des Gascons, le Vicomte étoit vassal du Comte Azénar, qui n'eût pû souffrir que son sujet lui eût été préféré en la Royauté. Marca. Quelques-uns, comme Maty, écrivent <i>Baigorri,</i> ou <i>Baygorry,</i> M. de Marca toujours <i>Baigorri.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3948" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BAIGU" />
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    <head>BAIGU</head>
    <p>
    BAIGU , ou BÉGU, uë, adj. Terme de Manége , qui se dit des chevaux qui depuis l'âge de cinq ans jusqu'à leur vieillesse, marquent toujours naturellement &amp; sans artifice à toutes les dents de devant ; car il s'y conserve un petit creux avec une marque noire, qu'on appelle <i>germe de fève,</i> qui aux autres chevaux s'efface vers les six ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3949" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    BAIL , s. m. Terme de Palais , qui fait <i>baux</i> au pluriel. <i>Locatio.</i> Convention qu'on fait pour donner à ferme, à loyer, à rente, un héritage, un droit. Le <i>bail</i> ne transfère que l'usage, &amp; la jouissance de la chose. Le <i>bail</i> d'une terre, d'une maison, d'une Seigneurie, d'une dîme, d'un champart. Le <i>bail</i> des Aides, des Gabelles. Un Arrêt du Parlement de Paris a confirmé un <i>bail</i> de maison, dont on demandoit la résolution, sur ce qu'on prétendoit qu'il y revenoit des esprits. Il y a des <i>baux</i> généraux &amp; des <i>baux</i> particuliers des monnoies. Boizard en traite dans son <i>Traité des Monnoies,</i> P. I. c. 14.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3949" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    Bail conventionnel , est celui qui se fait volontairement entre deux parties. <i>Locatio pactitia.</i> Les <i>baux</i> ordinaires n'excèdent point le temps de neuf années ; autrement c'est une emphythéose. Chez les Romains ils n'alloient point au-delà des cinq années. Si, avant que le <i>bail</i> soit expiré, le bailleur veut occuper lui-même sa maison, il peut chasser le locataire en payant un certain dédommagement. L'acheteur n'est point obligé d'entretenir le <i>bail,</i> à moins qu'il ne soit autrement convenu. De Lau. Le propriétaire d'une terre ne peut expulser son fermier, ni annuler le <i>bail</i> sous prétexte d'en jouir par ses propres mains. Brodeau. Si après l'expiration du <i>bail</i> le locataire demeure dans la maison, le <i>bail</i> est censé renouvellé, ou continué ; mais seulement pour un an. De Lange. Celui qui est pourvû d'un bénéfice par mort, n'est point obligé d'entretenir le <i>bail</i> fait par son prédécesseur. Brodeau. <i>Bail judiciaire,</i> celui qui se fait des biens saisis par des enchères en Justice ; &amp; après les proclamations requises. <i>Locatio judiciaria. Bail emphythéotique,</i> qui se fait à longues années, depuis 10 ans jusqu'à 99 ans. Il se fait des <i>baux au rabais,</i> en Justice, soit pour la conduite d'un prisonnier ; soit pour les réparations d'un héritage saisi réellement. On fait aussi des <i>baux</i> à vie, à quatre âges, quatre vies, &amp; quatre générations.</p><p>Nicot croit que ce mot peut venir de l'Hébreu , <i>baal</i> qui signifie <i>tradere.</i> Mais ne signifie point <i>tradere</i> en Hébreu. Il signifieroit plutôt prendre, devenir maître d'une chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3949" id="3" type="">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    Bail d'héritages, est un traité, ou vente, par lequel on abandonne le fonds d'un héritage, moyennant une rente, annuelle &amp; foncière que le preneur s'oblige de payer, laquelle n'est point rachetable, &amp; dont on ne se peut décharger qu'en abandonnant le fonds. <i>Traditio fundi retento annuo proventu,</i> ou <i>reditu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3949" id="4" type="">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    Bail <i>à ferme. Locatio fundi.</i> C'est le louage d'un fonds qui de sa nature produit quelque chose, soit par la culture, comme les terres, les vignes ; ou sans culture, comme un bois-taillis, un pâturage, un étang. On peut encore faire un <i>bail à ferme</i> d'une carrière, d'un lieu d'où l'on tire du sable, de la terre à Potier, de la chaux, du charbon, &amp;c. On peut encore donner par un <i>bail à ferme</i> un droit de chasse, ou de pêche, un droit de péage, le passage d'un pont, ou d'un bac, ou d'autres droits semblables. Le <i>bail à ferme</i> est distingué du bail à loyer d'une maison &amp; autres bâtimens, en ce que le locataire a sa jouissance connue &amp; réglée de l'habitation, ou autre usage d'un bâtiment qu'il prend à louage, &amp; que le Fermier ignore quels seront au juste les fruits &amp; autres revenus qu'il prend à ferme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3949" id="5" type="">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    Bail , est aussi l'expédition de ce traité qu'on lève chez un Notaire. Tout preneur d'héritages à loyer est obligé de fournir le <i>bail</i> en forme au propriétaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3949" id="6" type="coutume">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    Bail en termes de Coutumes , signifie, Garde &amp; tutelle des biens d'un mineur jusqu'à l'âge de 21. ans. <i>Pupillorum tutela.</i> En celle de Paris, ou l'appelle <i>Garde-noble,</i> ou <i>bourgeoise.</i> Elle diffère pourtant du simple <i>bail,</i> en ce que la <i>garde-noble,</i> ou <i>bourgeoise,</i> n'appartient qu'aux ascendans ; &amp; le <i>bail</i> se donne aux plus prochains parens collatéraux ; &amp; les dispositions en sont différentes selon les Coûtumes. On dit aussi, Vuider hors le <i>bail</i> ; pour dire, sortir de garde &amp; de tutelle.</p><p>On appelle aussi <i>bail,</i> en terme de coutume , l'action par laquelle on met quelqu'un en possession d'une personne, ou d'une chose. <i>Traditio.</i> Desbail est opposé à <i>bail,</i> pris en ce sens. Quand une fille se marie, il y a <i>bail,</i> parce qu'elle entre en la puissance de son mari ; &amp; quand son mari meurt, il y a <i>desbail,</i> parce qu'elle sort de garde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3950" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    BAIL . C'étoit autrefois un droit que les Seigneurs levoient en Bretagne sur leurs vassaux. Il paroît par quelques actes du commencement du Xe siècle, qu'à la mort des particuliers les Seigneurs prétendoient quelques droits sur leurs héritages ; mais on ne peut pas assurer que ce fût encore là le droit de <i>bail,</i> qui a depuis été changé en celui de rachat, parce que ce droit odieux de <i>bail</i> paroît n'avoir été introduit en Brétagne que par le Duc Geoffroy dans son assise de l'an 1185. Lobineau. Ce droit de <i>bail</i> consistoit en ce que les Ducs de Bretagne prenoient &amp; avoient à raison de <i>bail</i> les fruits &amp; revenus des terres &amp; des rentes des Gentilshommes après leur mort, quand leurs héritiers n'étoient point en âge, &amp; les retenoient jusqu'à ce que les heritiers eussent vingt ans accomplis ; &amp; de même par rapport aux cadets qui tenoient quelques terres en fief de l'aîné de leur maison. C'est le Duc Jean qui l'explique ainsi dans un titre de l'an 1275. où il change le droit de <i>bail</i> en rachat.</p><p>On a dit aussi autrefois, Tenir le Royaume en <i>bail</i> ; pour dire, en avoir la régence &amp; le gouvernement. <i>Regni administratio.</i> On a appellé aussi autrefois <i>Bail</i> un mari, parce qu'il a la tutelle &amp; administration des personnes &amp; biens de sa femme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3950" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAIL" />
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    <head>BAIL</head>
    <p>
    Bail <i>d'amour,</i> se dit dans le style familier &amp; comique, pour signifier un engagement galant &amp; amoureux, une assurance d'aimer toujours.</p><p>On dit figurément, cela n'est pas de mon <i>bail</i> ; pour dire, Cela est arrivé dans un temps où rien ne m'obligeoit à y prendre part.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3951" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAILE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BAILE</head>
    <p>
    BAILE , s. m. C'est le nom qu'on donne aux Ambassadeurs de Venise, résidens à Constantinople. On les appelloit ainsi dès le temps que les Empereurs commandoient en cette ville-là. Ils s'appelloient en Latin <i>Bajulus,</i> comme qui diroit <i>Bailli</i> ; &amp; ils faisoient originairement la charge de Consul de Venise &amp; de Résident à Constantinople. <i>Legatus, Orator Venetus.</i> Les Turcs &amp; les Grecs modernes les appellent <i>Bailos,</i> ou <i>Balios.</i></p><p>Ce mot se dit aussi dans le Languedoc &amp; dans le Roussillon, &amp; signifie une sorte de Juge Royal. Il vient de l'Espagnol <i>Bayle,</i> On prétend assujettir les enrôlés au payement des entrées, quand les Consuls ou les <i>Bailes</i> l'ordonnent. Patr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3951" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAILE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BAILE</head>
    <p>
    Baile , ou Bayle, étoit aussi un Officier des anciens Dauphins, préposé à la recette de leurs droits Seigneuriaux, qui en d'autres provinces s'appelloit Mistral. <i>Baylus, Ballius, Bajulus.</i> Ces Officiers étoient appellés Céleriers dans la Baronie de la Tour, &amp; dans les terres que le Dauphin avoit au-delà du Rhône. C'est principalement dans les contrées de Trieres, du Diois &amp; du Valentinois, qu'ils ont été nommés <i>Bayles.</i> Valbonnet. <i>p.</i> 116. qui écrit indifféremment <i>Baile,</i> ou <i>Bayle.</i> C'étoit proprement l'agent du Seigneur sous le Châtelain. Id.</p><p>Le nom <i>Bayle</i> pourroit aussi convenir au Baillif ; ou même au Châtelain, qui encore à présent en quelques endroits est appellé le <i>Bayle.</i> Valbon. <i>p.</i> 117.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3952" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAILIE" />
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    <head>BAILIE</head>
    <p>
    BAILIE , ou BAYLIE, s. f. Charge, Office de Bayle. <i>Bailia, Bajula, Balia, Ballia, bajuli munus.</i> Ce mot signifioit proprement Tutelle : il a été pris ensuite pour toute sorte de régie, dit M. Du Cange. C'est en ce dernier sens qu'on s'en est servi autrefois en quelques endroits de Dauphiné, pour y désigner l'emploi de celui qui étoit préposé à la recette des droits Seigneuriaux. On l'appelloit aussi Mistralie. Valbonnet, p. 116. &amp; 117. Voyez cet Auteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3953" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BAILLE" />
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    <head>BAILLE</head>
    <p>
    BAILLE , s. f. En termes de Marine , est une espèce de cuve ou de baquet fait d'un demi tonneau, qui sert à divers usages sur les vaisseaux, &amp; particulièrement à mettre le breuvage qu'on donne aux matelots. <i>Cupa.</i> On l'appelle aussi <i>Broute.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3954" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂILLEMENT" />
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    <head>BÂILLEMENT</head>
    <p>
    BÂILLEMENT , s. m. Prononcez la première syllabe longue, &amp; mouillez les deux <i>ll</i> avec l'<i>i,</i> sans donner aucun son ni aucun autre usage à cette voyelle. Quelques-uns l'écrivent par deux <i>aa, baaillement,</i> mais l'usage n'en souffre plus qu'un. Ouverture involontaire de la bouche, qui témoigne qu'on a envie de dormir, ou qu'on s'ennuie. <i>Oscitatio.</i> Hippocrate dit que le remède des <i>bâillemens</i> continuels, c'est de respirer à longue haleine, &amp; de même du hoquet. La membrane nerveuse de l'oesophage est le siége du <i>bâillement,</i> qui ne manque jamais d'arriver, quand quelque irritation détermine les esprits à y venir en grande abondance. La cause de cette irritation est une humidité incommode qui arrose la membrane intérieure de l'oesophage ; cette humidité vient ou des glandes dont la membrane interne est parsemée, ou des vapeurs acides qui s'élèvent de l'estomac, comme d'un pot bouillant, &amp; qui se condensent contre les parois de l'oesophage, comme contre un couvercle ; alors les fibres nerveuses de la membrane interne en étant irritées se gonflent, &amp; nous font bâiller en dilatant l'oesophage ; la bouche est obligée de suivre ce mouvement, parce qu'elle est tapissée de la même membrane. Voyez Duncan &amp; Dionis.</p><p>&#9758; Bâillement. Rencontre vicieuse de deux voyelles dans les vers François. C'est ce qu'on appelle autrement <i>hiatus,</i> mot emprunté du Latin. Le Père Morgues en a fait un chapitre dans son <i>Traité de la Poësie Françoise.</i> M. de Prepetit de Grammont, qui en parle aussi dans son <i>Traité de la Versification Françoise,</i> cite ces deux vers du premier chant de l'Art Poëtique de Boileau :</p><p>Et il remarque que les <i>bâillemens</i> sont fréquens dans les Satires de Regnier, comme dans ce vers de la Satire 9.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3955" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂILLER" />
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    <head>BÂILLER</head>
    <p>
    BÂILLER , v. n. Ce mot a la première syllabe longue, &amp; l'<i>i</i> ne sert qu'à mouiller les deux <i>ll.</i> On écrivoit autrefois <i>baailler. Oscitare.</i> Faire des bâillemens, qui sont causés par une vapeur qui fait ouvrir la bouche extraordinairement pour sortir, &amp; qui marque de l'ennui ou du sommeil. Vous êtes si dégoûté que les plus belles Comédies vous font <i>bâiller,</i> &amp; vous endorment. Bell. Boileau a dit de la Pucelle :</p><p>Faire quelque chose en <i>bâillant</i> ; c'est en style bas &amp; populaire, la faire avec négligence &amp; sans aucune application.</p><p>Ce mot vient de <i>balare</i>, qui a été dit par onomatopée du cri des brebis. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3955" id="2" type="">
   <index type="head" value="BÂILLER" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BÂILLER</head>
    <p>
    Bâiller , signifie aussi, S'entr'ouvrir, &amp; se dit des ouvertures ou crevasses qui se font dans les murs, ou bâtimens. <i>Hiare.</i> Il est moins en usage que son composé, <i>Entrebâiller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3955" id="3" type="">
   <index type="head" value="BÂILLER" />
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    <head>BÂILLER</head>
    <p>
    Bâiller , se dit aussi dans le style figuré &amp; populaire, pour Aspirer avec ardeur, <i>Inhiare.</i> Il <i>baille</i> après les richesses. Il <i>bâille</i> après cet emploi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3956" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAILLER" />
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    <head>BAILLER</head>
    <p>
    BAILLER , v. act. Prononcez la première syllabe brève, &amp; <i>ill,</i> comme deux <i>ll</i> mouillées. Donner, mettre en main. <i>Dare, tradere.</i> Il lui a <i>baillé</i> cent écus par cette donation. Il lui faut <i>bailler</i> cette lettre en main propre. En ce sens il est moins en usage que <i>Donner,</i> &amp; même on ne le dit guère hors de la conversation. Il signifie pourtant autre chose que <i>donner,</i> qui veut dire, faire un don ; au lieu que <i>bailler,</i> signifie seulement, mettre entre les mains. T. Corn. Un général qui s'est marié a <i>baillé</i> des gages à la fortune pour ne plus tant hasarder. Balz. La M. le Vayer soutient qu'il ne faut point tant mépriser <i>bailler,</i> &amp; qu'il est nécessaire pour diversifier la phrase.</p><p>Nicot le dérive du Grec , c'est-à-dire, <i>mitto</i> ; car celui qui <i>baille,</i> envoie en quelque façon. Estienne Guichard est de même avis, mais il va plus loin encore, car il dérive de l'Hébreu , <i>nabal,</i> en retranchant le signifie, tomber, couler.</p><p>Au Palais on dit aussi, <i>Bailler</i> des écritures ; pour dire, les fournir. Ainsi on dit, Griefs que met &amp; <i>baille</i> par-devant vous Noss. &amp;c. Des contredits offerts en <i>baillant,</i> c'est-à-dire, en se communiquant réciproquement telles écritures. <i>Bailler</i> bonne &amp; suffisante caution.</p><p>On dit proverbialement, En <i>bailler</i> d'une, en <i>bailler</i> à garder ; pour dire, en faire accroire à quelqu'un. On la lui a <i>baillé</i> belle ; pour dire, on s'est moqué de lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3956" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAILLER" />
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    <head>BAILLER</head>
    <p>
    Bailler à ferme, à loyer, à cens &amp; rente, c'est, Donner à quelqu'un la jouissance d'une terre, d'une maison, moyennant certain prix par an, à certaine rente, ou redevance. <i>Locare.</i> On le dit aussi des droits en général, comme Aides, Gabelles, dîmes, passages, &amp; autres droits seigneuriaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3956" id="3" type="">
   <index type="head" value="BAILLER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAILLER</head>
    <p>
    Baillé, ée , part. <i>Datus, traditus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3957" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAILLERESSE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAILLERESSE</head>
    <p>
    BAILLERESSE . Voyez <ref type="search" target="head:BAILLEUR">BAILLEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3958" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAILLET" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAILLET</head>
    <p>
    BAILLET , adjectif masc. Un cheval <i>baillet,</i> est un cheval de poil roux tirant sur le blanc. <i>Helvus equus.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3959" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAILLEUL" />
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    <head>BAILLEUL</head>
    <p>
    BAILLEUL , s. m. Celui qui remet les os disloqués, les côtes pliées, enfoncées, ou rompues. <i>Ossium loco suo motorum restitutor.</i> Les <i>Bailleuls</i> ne sont pas érigés en corps de métier, ni en Officiers. Il en faut pourtant excepter les <i>Bailleuls</i> qui servent par quartier chez le Roi. Les <i>Bailleuls</i> s'appellent aussi Renoueurs. Quand on s'est démis un bras, on envoie querir le <i>Bailleul.</i> Celui qui exerce cette profession en Espagne s'appelle <i>Algebrista.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3959" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAILLEUL" />
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    <head>BAILLEUL</head>
    <p>
    Bailleul , s. m. est aussi un nom de quelques lieux, ou bourgs en France, ou dans les Pays-Bas. <i>Balliolum,</i> ou <i>Belliolum.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BAILLI">BAILLI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3960" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂILLEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BÂILLEUR</head>
    <p>
    BÂILLEUR . Celui qui <i>bâille,</i> qui s'endort, ou qui s'ennuie. <i>Oscitans.</i> On dit proverbialement &amp; bassement qu'un bon <i>Bailleur</i> en fait bâiller deux. Faites l'<i>â</i> long, &amp; mouillez <i>ill.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3961" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="BAILLEUR" />
   <index type="src_domain" value="pratique" />
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    <head>BAILLEUR</head>
    <p>
    BAILLEUR , s. m. BAILLERESSE, s. f. Termes de Pratique . Faites l'<i>a</i> bref &amp; mouillez <i>ill.</i> Celui, ou celle qui donne à ferme un héritage, une maison, un droit. <i>Locator.</i> Le <i>bailleur</i> à ferme est chargé d'entretenir les bâtimens de grosses réparations, &amp; le preneur, de menues. Et ladite <i>bailleresse</i> a affermé cette terre, &amp;c.</p><p>On dit aussi un <i>bailleur</i> de bourdes ; pour dire, un Moqueur, un trompeur. <i>Illusor, Delusor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3962" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAILLI" />
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    <head>BAILLI</head>
    <p>
    BAILLI . Voyez <ref type="search" target="head:BAILLIF">BAILLIF</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3963" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="BAILLIAGE" />
   <index type="src_domain" value="palais" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAILLIAGE</head>
    <p>
    BAILLIAGE , s. m. Prononcez le premier <i>a</i> bref, &amp; les lettres <i>illi</i> qui suivent, comme si ce n'étoient que deux <i>ll</i> mouillées. Terme de Palais , Jurisdiction d'un Baillif dans certaine étendue de pays, de Seigneurie. <i>Praetoris peregrini,</i> ou <i>Ballivii jurisdictio. Bailliage</i> Royal. <i>Bailliage</i> subalterne.</p><p>Dans la basse Latinité on trouve <i>Balia,</i> pour signifier ce nom. Innocent III. Liv. II. ép. 252. <i>Praeposituras, quas</i> Balias <i>vulgariter appellatis</i> ; paroles qui montrent que ce nom étoit en usage dès le XIIe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3963" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAILLIAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BAILLIAGE</head>
    <p>
    Bailliage , est aussi le lieu où le Baillif tient son Siége. <i>Praetoris peregrini seu Ballivii Curia.</i> Il faut aller plaider au <i>Bailliage,</i> &amp; de-là au Présidial.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3963" id="3" type="">
   <index type="head" value="BAILLIAGE" />
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    <head>BAILLIAGE</head>
    <p>
    Bailliage , est aussi dans l'Ordre de Malthe, la première <pb n="475" facs="bpt6k8542165/f515/full/1200,/0/native.jpg"/>dignité après celle du Grand Prieur. Il y a dans chaque Grand Prieuré un <i>Bailliage.</i> Dans le Grand Prieuré de France il y a le <i>Bailliage</i> de la Morée, &amp; la Trésorerie. Le Chef-lieu du <i>Bailliage</i> de la Morée est la Commanderie de S. Jean de Latran à Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3963" id="4" type="geographie">
   <index type="head" value="BAILLIAGE" />
   <index type="src_domain" value="geographie" />
   <index type="macro_domain" value="Géographie" />
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    <head>BAILLIAGE</head>
    <p>
    Bailliage , est aussi un terme de Géographie , qui signifie un certain pays soumis à la jurisdiction d'un Bailli. Il y a quelques Provinces qui se divisent en <i>Bailliages.</i> Le <i>Bailliage</i> de Locarno, le <i>Bailliage</i> de Lugano, appartenoient autrefois au Duché de Milan, maintenant ils sont aux Suisses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3964" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="BAILLIE" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BAILLIE</head>
    <p>
    BAILLIE , s. f. Terme de Coutume . C'est un vieux mot, qui signifioit autrefois, Tutelle, garde &amp; administration ; régence, gouvernement, autorité ; avec cette différence, qu'on disoit <i>bail</i> ou <i>baillie,</i> pour tutelle en ligne collatérale, &amp; <i>garde-noble,</i> ou <i>bourgeoise,</i> en ligne directe. <i>Tutela Pupillorum.</i> On disoit autrefois, que les Rois mineurs étoient en <i>baillie,</i> quand leur éducation &amp; l'administration de leur Etat, étoient commises à la Reine, ou aux Grands du Royaume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3964" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAILLIE" />
   <index type="src_domain" value="" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAILLIE</head>
    <p>
    Baillie , signifioit aussi ce qu'on appelle aujourd'hui <i>Bailliage ;</i> c'est-à-dire, le territoire dans lequel chaque Bailli a le droit de rendre la Justice. <i>Praetoris peregrini seu Ballivii jurisdictio, Dioecesis.</i> L'ancien Coutumier de Normandie porte que le Bailli n'a pas le pouvoir de faire justice hors de sa <i>Baillie.</i> Ce mot étoit très-commun dès le temps du Pape Innocent III. car dans une de ses épîtres il est parlé de <i>praepositurae, quas vulgariter</i> Ballias <i>vocant.</i> Pasquier affirme que l'on ne commença à user du nom de <i>Bailliage,</i> que sous le règne du Roi Jean, &amp; même fort sobrement. Cependant l'ancienne Coutume de Normandie qui fait mention de <i>Baillie,</i> qui est la même chose que <i>Bailliage,</i> a été rédigée par écrit sous Philippe le Hardi, qui régnoit avant le Roi Jean.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3965" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="BAILLIF" />
   <index type="src_domain" value="guerre" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAILLIF</head>
    <p>
    BAILLIF , ou BAILLI, s. masc. L'usage est déclaré pour le second, &amp; c'est le seul que l'Académie a adopté. En terme de Guerre , est le Chef de la Noblesse de la Province, &amp; celui qui la commande quand on convoque l'Arrière-ban. <i>Nobilitatis Princeps ac Praefectus.</i></p><p>Le <i>Bailli</i> du Palais, le <i>Bailli</i> du Vermandois, sont hommes d'épée. <i>Veromanduorum Ballivius.</i> Le <i>Bailli,</i> le Sénéchal &amp; le Prévôt, sont des noms qu'on donne en divers lieux pour les mêmes fonctions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3965" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAILLIF" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BAILLIF</head>
    <p>
    Baillif , ou Bailli. Terme de Palais , signifioit Gardien, dans le vieux langage. C'est un Officier qui rend la Justice dans un certain ressort, ou territoire. <i>Praetor peregrinus,</i> ou <i>Ballivius.</i> Pasquier prétend, qu'originairement les <i>Baillis</i> étoient des Commissaires que les Rois envoyoient dans les Provinces, pour examiner si la Justice étoit bien rendue par les Comtes, qui étoient alors les Juges ordinaires. Ces <i>Baillis,</i> ou Juges délégués, s'informoient dans le territoire qui leur étoit assigné, de la conduite des Comtes, &amp; recevoient les plaintes des particuliers. De-là vient qu'on les appella <i>Baillis,</i> parce que l'exercice de la Justice leur étoit confié, &amp; que par-là ils devenoient les gardiens &amp; les conservateurs des droits du peuple, dont ils empêchoient l'oppression. Toutes les Provinces ayant demandé de ces Commissaires Royaux pour les défendre de l'oppression des Seigneurs, elles furent écoutées. Mais les Seigneurs à l'entour se plaignirent de cette inspection qui les rappelloit à leur devoir. Il fallut encore céder au temps, &amp; nos Rois se contenterent d'en fixer quatre ordinaires, sous le titre de <i>Baillis,</i> qui eurent leurs siéges à Vermande, aujourd'hui S. Quentin, à Sens, à Mâcon, &amp; à Saint Pierre le Moustier. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de la Mare dans son <i>Traité de la Police,</i> L. I. T. V. p. 30. 31. Philippe Auguste en mit dans toutes les Villes principales de ses Domaines en 1190.</p><p>Loiseau rapporte l'établissement des <i>Baillis</i> à l'usurpation de la puissance Royale par les grands Seigneurs de France, sous les derniers Rois de la seconde race. Au commencement ces Seigneurs rendoient eux-mêmes la Justice ; mais dans la suite ennuyés de tenir leurs assises, ils commirent en leur place des Officiers qu'ils appellerent <i>Baillis.</i> Quoi qu'il en soit, le <i>Bailli</i> est aujourd'hui dépouillé de toute sa fonction, &amp; toute l'autorité de cette charge a été transférée à son Lieutenant.</p><p>Les <i>Baillis</i> eurent d'abord toute l'Intendance des Armes, de la Justice &amp; des Finances de leurs Provinces. Quoique ce ne fût qu'une simple commission pour un temps assez court, cette triple autorité les rendoit néanmoins trop puissans. Ils ne furent pas long-temps sans en abuser. Les Ordonnances de S. Louis, de Decembre 1254. &amp; de Philippe le Bel du mois de Mai 1302. font assez connoître en combien de manières ils s'étoient déja écartés de leurs devoirs. L'administration des Finances fut celle où il parut de plus grands abus. Ce fut la première qu'on leur ôta. On fit des baux. Quelques-uns de ces Magistrats en furent adjudicataires. Les <i>Baillis</i> devinrent Fermiers, &amp; la Noblesse, à qui ces charges avoient été destinées, méprisa des Magistratures qui se donnoient à ferme, sans distinction de naissance, ni de mérite. Les Magistrats Fermiers ne penserent qu'à leur profit particulier. Tout le reste fut négligé. C'est pourquoi pour pourvoir à la sûreté des frontières, on y envoya des Commandans d'armes, sous le titre de Capitaines, qui dans la suite furent qualifiés Gouverneurs. Ainsi les armes furent insensiblement retirées de l'Office des <i>Baillis.</i> Il ne leur reste plus que la convocation &amp; la conduite de l'Arrière-ban. Quant à l'administration de la Justice, elle fut compatible avec les armes, tant qu'il n'y eut que très-peu de loix en France, qui ne consistoient qu'en quelques usages locaux, ou quelques coutumes non écrites. Mais lorsqu'après l'an 1300. on eut adopté le Droit Romain, ou comme des Loix en plusieurs endroits, ou du moins en d'autres, comme préceptes de la droite raison, &amp; comme les opinions des plus grands Jurisconsultes de l'antiquité, il fut difficile à des gens d'épée d'en être assez instruits. Cela donna lieu à Charles VI. par son Ordonnance du 27. Mai 1413. de leur permettre de se choisir des Lieutenans. Chaque <i>Bailli</i> s'en donna plusieurs. Charles VIII. par son Ordonnance du mois de Juillet 1493. en fixa le nombre à deux, l'un général, &amp; l'autre particulier. L'étude du Droit Civil croissant toujours, Louis XII. ordonna au mois de Mars 1498. qu'à l'avenir les <i>Baillis</i> seroient gradués ; &amp; il défendit aux <i>Baillis</i> de les changer à leur volonté. Enfin, aux Etats d'Orléans, Charles IX. par une Ordonnance de Janvier 1560. régla qu'à l'avenir tous les <i>Baillis</i> &amp; Sénéchaux seroient de Robe-Courte. C'est ainsi que l'administration de la Justice passa aux Lieutenans Généraux.</p><p>Il est néanmoins resté aux <i>Baillis</i> &amp; Sénéchaux plusieurs prérogatives &amp; fonctions considérables. Personne ne peut être reçu en leur Office, qui ne soit Gentil-homme de nom &amp; d'armes ; ils sont toujours les chefs de leur Jurisdiction ; c'est en leur nom que la Justice y est rendue, &amp; que les contrats &amp; autres actes sont intitulés. La convocation &amp; la conduite de l'Arriere-ban leur appartient. Ils peuvent, s'ils veulent, présider à tous les jugemens qui se rendent en leur Siége, en s'abstenant d'y opiner. Ils doivent résider en leur Province, la visiter quatre fois l'année, &amp;c. Outre les Ordonnances que nous avons citées, voyez celle de Moulins du mois de Février 1566. &amp; celle de Blois du mois de Mai 1579. &amp; M. de la Mare, <i>Traité de la Police,</i> L. I. Tit. V. C. 3. &amp; M. le Président Valbonnet, <i>Hist. de Dauph.</i> p. 105.</p><p>On a appellé ordinairement <i>Baillis,</i> les Juges ordinaires, qui rendoient la Justice sous les Sénéchaux. Mais on a aussi appellé de ce même nom les Sénéchaux des Provinces, &amp; on appelle encore présentement le Sénéchal de Touraine, le <i>Bailli</i> de Touraine. M. du Cange a remarqué dans son Glossaire qu'on appella Sénéchaux des Provinces, les Sénéchaux des Provinces, lesquelles appartenoient à des Seigneurs particuliers ; &amp; <i>Baillis</i> des Provinces, les Sénéchaux des Provinces lesquelles appartenoient directement au Roi. Je trouve néanmoins que contre cette règle Antoine d'Aubusson, Sénéchal d'Anjou, se trouve qualifié <i>Bailli</i> d'Anjou. Ménage, <i>Hist. de Sablé,</i> p. 213.</p><p>Il y a aussi des <i>Baillis</i> de robe, qui ne sont point Lieutenans de <i>Baillis</i> nobles, ou de Robe-courte, &amp; qui sont Juges dans des Siéges subalternes, ou dans les Hautes Justices appartenantes aux Seigneurs particuliers, comme le <i>Bailli</i> de S. Germain des Prez, le <i>Bailli</i> du Temple, &amp;c. Ainsi le nom de <i>Bailli</i> dans son institution ne devoit être donné qu'aux premiers Magistrats des Provinces, qui remplissent les Tribunaux supérieurs, que les Ducs &amp; les Comtes avoient autrefois occupés. Quelques Seigneurs dans ces temps de trouble firent aussi prendre ce nom de <i>Bailli</i> aux Juges de leurs petites Villes, Bourgs &amp; Villages ; &amp; il leur est resté jusqu'à présent. Ce n'est plus même qu'à ces <pb n="476" facs="bpt6k8542165/f516/full/1200,/0/native.jpg"/>Juges qu'on le donne dans l'usage ordinaire du monde &amp; hors du Barreau. De-là viennent les grands <i>Baillis,</i> &amp; les petits <i>Baillis,</i> ou les <i>Baillis</i> supérieurs &amp; inférieurs, que l'on trouve dans les anciennes Ordonnances. <i>Ballivii majores, minores ; superiores, inferiores.</i> Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de la Mare, <i>Trait. de la Pol. T. I. p.</i> 31. Un Prévôt, ou autre Juge subalterne, écrivant au <i>Bailli,</i> ou Sénéchal de la Province, le qualifioit de Haut &amp; Puissant Seigneur, pendant que celui-ci ne lui donnoit d'autres titres, en lui écrivant, que celui d'honorable homme, &amp; cela étoit encore en usage, selon l'Auteur de la <i>Somme rurale,</i> Tit. 34. sur la fin du 14e siècle.</p><p>Il y a aussi un <i>Bailli</i> du Palais, dont la Jurisdiction est renfermée dans l'enclos du Palais, c'est-à-dire, la salle, les galeries &amp; les Cours du Palais. Cette Jurisdiction fut instituée par Charles Duc de Normandie, Régent du Royaume pendant l'absence du Roi Jean son père, par lettres patentes du mois de Janvier 1358. enregistrées seulement au Châtelet. Les Marchands s'y étant opposés, le Parlement maintint les Officiers du Châtelet contre cette nouvelle érection. Charles VI. la confirma néanmoins en 1413. au mois de Mars. Les lettres furent enregistrées à la Chambre des Comptes. Les Marchands &amp; Artisans s'étant encore opposés aux visites que ce nouveau Magistrat vouloit faire chez eux, le Parlement par Arrêt du 7. Septembre 1463. ordonna que les Jurés des métiers feroient leurs visites dans l'enclos du Palais par le congé du <i>Bailli,</i> qu'il ne pourroit leur refuser ; &amp; qu'ils feroient leurs rapports des contraventions devant le Prévôt de Paris. Louis XI. donna cette charge à Jacques Coitier son Premier Médecin, &amp; les lettres furent registrées au Parlement pour la première fois, quoiqu'avec peine, le 10. Janvier 1482. Tels sont les titres du <i>Bailli</i> du Palais, qui d'abord fut appellé Concierge, &amp; n'étoit en effet que le Concierge du Palais du Roi ; ensuite sous Charles VI. il prit le titre de Capitaine, ou Gouverneur. Juvenal des Ursins, Chancelier de Guyenne, &amp; homme de qualité, ayant été pourvû de cette charge en 1413. par Charles VI. méprisa ce titre, &amp; fut le premier qui prit de lui-même celui de <i>Bailli</i> du Palais qui se trouve dans l'Arrêt du Parlement de 1463. &amp; qui sous Louis XI. en 1482. n'étoit pas cependant encore bien établi ; puisque ce Prince joint les deux noms de Concierge &amp; de <i>Bailli</i> dans les Lettres patentes données à son premier Médecin. Dès l'érection, Charles Régent attribua à cet office toute Seigneurie, Justice, Jurisdiction moyenne &amp; basse, dans l'enclos du Palais ; mais on lui ôta les cas capitaux en matière criminelle. Depuis long-temps il est constamment en possession de toute la Jurisdiction civile, même dans les cas qui sont de la haute Justice. Voyez La Mare, <i>Tr. de la Police,</i> L. I. Tit. IX. C. 5. Il y traite fort exactement &amp; fort au long du <i>Bailli</i> du Palais.</p><p>Il y a une Ordonnance de S. Louis qui défend aux <i>Baillis</i> de se marier, ni de faire des acquisitions dans l'étendue de leurs Bailliages, ou Baillies, pendant l'exercice de leur charge, ni pour eux, ni pour autrui, sans permission du Roi ; &amp; comme ils n'étoient point constitués en titre d'Office à perpétuité, &amp; qu'ils n'exerçoient leur charge que par commission, ils étoient obligés de demeurer 40. jours sur les lieux après avoir fini leur exercice, pour répondre aux plaintes que l'on voudroit faire contre eux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAILLIF</head>
    <p>
    Bailli Châtelain , dans la Coutume de Senlis, est le Juge des causes d'appel en la Seigneurie &amp; Justice subalterne. De Laurière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAILLIF</head>
    <p>
    Baillis Conventuels dans l'Ordre de Malthe, sont les Chefs des huit Langues, qui résident dans le Couvent de la Religion de Malthe. Les <i>Baillis Capitulaires,</i> sont ceux qui possèdent les Bailliages de l'Ordre.</p><p>On appelle aussi dans l'Ordre de Malthe, <i>Baillis,</i> les principaux Chefs, Conseillers, &amp; Commandeurs de l'Ordre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAILLIF</head>
    <p>
    Bailli de l'Empire, c'étoit autrefois le Gouverneur ou Régent de l'Empire, comme il paroît dans une Lettre d'Henri de Flandres à Innocent III. où il dit, les Princes, les Barons &amp; les soldats m'ont élû <i>Bailli</i> de l'Empire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAILLIF</head>
    <p>
    Bailli Errant , c'est en Angleterre un Officier de Justice que le Sherif envoie dans les lieux de sa Jurisdiction signifier ses ordres. Harris. C'est ce que nous appellons un Huissier, un Sergent.</p><p>On dit aussi <i>Bajuli Abbatum</i> ; pour dire, <i>Officiers domestiques.</i></p><p>Borel dérive le mot de <i>Bailli</i> du Grec , qui signifie <i>conseil.</i> On n'a commencé d'user de ce nom que du temps du Roi Jean. Cambden, <i>Scot.</i> p. 693. prétend que <i>Bailli</i> est un terme du bas Empire né en Grèce, qui de-là a passé en Sicile &amp; en France, &amp; qu'il signifie <i>Conservateur.</i> Il est certain que l'on trouve <i>Bajulus</i> pour un Juge, <i>Praetor ;</i> que l'on trouve ensuite <i>Bailus,</i> dans le même sens ; que de-là il est aisé qu'on ait fait <i>balivus,</i> en transposant l'<i>i,</i> Voyez <i>Act. Sanct. Maii T. I. p.</i> 391. <i>D.</i> 64. <i>E.</i> Dadin de Hauteserre, après avoir montré qu'on avoit appellé les Précepteurs &amp; Gouverneurs des Princes, &amp; même à ce qu'il prétend, des particuliers, <i>Bajules, Bajuli,</i> dit que sous la troisième race de nos Rois, ce nom passa de l'école dans le Barreau, &amp; qu'on le donna aux Juges, parce qu'ils sont les Gouverneurs du Peuple. <i>De Ducib. &amp; Comit. Prov. c.</i> 23. <i>p.</i> 282.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAILLIF</head>
    <p>
    Bailli , est aussi un nom de quelques lieux, dont les diminutifs sont <i>Bailleul</i> &amp; <i>Baillolet.</i> Ce mot vient du Celtique <i>Bali</i>, qui signifie une avenue d'arbres. <i>Descript. Geograph. &amp; Hist. de la Haute-Norm. T. I. pag.</i> 308.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAILLISEUR</head>
    <p>
    BAILLISEUR , s. m. Terme de Coutume . <i>Bajulus.</i> Dans l'ancienne Coutume d'Amiens <i>bailliseur</i> est un tuteur qui a la garde, la charge, &amp; la tutelle des personnes nobles mineurs d'ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3967" id="1" type="coutume">
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    <head>BAILLISTERIE</head>
    <p>
    BAILLISTERIE , s. f. Terme de Coutume . <i>Traditio, administratio.</i> Ce mot se trouve dans la Coutume de Bourgogne, (Duché) &amp; veut dire bail &amp; administration. De Lauriere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3968" id="1" type="jurisprudence">
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    <head>BAILLISTRE</head>
    <p>
    BAILLISTRE , s. m. Vieux terme de Jurisprudence , qui signifioit autrefois <i>Tuteur,</i> &amp; celui qui avoit la garde-noble, ou bourgeoise de ses enfans. <i>Tutor pupillorum.</i> Il venoit de <i>baillie,</i> signifiant <i>tutelle,</i> garde &amp; administration. Dans les vieux titres, &amp; dans la plupart des Coutumes de France, on trouve souvent le mot de Tuteurs, Gardiens &amp; <i>Baillistres.</i></p><p>Ménage dérive ces mots de <i>Baillivus,</i> terme de la basse Latinité, qui signifie <i>Juges,</i> qui a été fait de <i>Bajulus,</i> qu'on a dit d'abord d'un père nourricier qui porte son nourriçon, &amp; qui a été étendu aux Pédagogues, &amp; sur-tout à ceux des Princes, &amp; ensuite à un Tuteur &amp; à un Juge ; &amp; même il a été dit des maris, comme étant tuteurs de leurs femmes. D'autres le dérivent du Grec , qui signifie, <i>Curia,</i> lieu où l'on s'assemble.</p><p>Du Cange dit que dans la basse Latinité on a dit <i>bajulare</i> ; pour dire, <i>officium gerere,</i> &amp; <i>bajulus,</i> pour dire un <i>Tuteur ; Bail, Baillistre,</i> &amp; <i>Bailliseur,</i> &amp; <i>Bajula,</i> pour dire, <i>tutelle,</i> ou <i>baillie</i> ; &amp; <i>Ballivius regni,</i> pour dire, <i>Prince Régent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3969" id="1" type="">
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    <head>BAILLIVE</head>
    <p>
    BAILLIVE , s. f. est la femme d'un Bailli. <i>Ballivii uxor.</i> Cependant comme ce mot est un peu burlesque, il est mieux de dire la femme du Bailli.</p><p>La Fontaine a dit, <i>Baillie.</i></p><p>Mais l'Académie n'admet que <i>Baillive.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3970" id="1" type="">
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    <head>BAILLIVAGE</head>
    <p>
    BAILLIVAGE . Voyez <ref type="search" target="head:BALIVAGE">BALIVAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3971" id="1" type="">
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    <head>BAILLIVEAU</head>
    <p>
    BAILLIVEAU . Voyez <ref type="search" target="head:BALIVEAU">BALIVEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3972" id="1" type="">
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    <head>BÂILLON</head>
    <p>
    BÂILLON , s. m. Pièce de bois ou de fer qu'on met en la bouche d'un homme, ou d'un animal, pour l'empêcher de crier, ou de mordre. <i>Lignum in os insertum.</i> C'est une peine Monachale de mettre un <i>baillon</i> à la bouche de ceux qui ont rompu le filence. Cela se pratique particulièrement parmi les Bernardins.</p><p>On dit figurément, qu'on met un <i>bâillon</i> en la bouche de quelqu'un, quand on le corrompt par argent, ou par quelque autre voie, pour l'empêcher de parler, de dire ce qu'il sait d'une affaire, dont on appréhende que le secret ne se découvre. <i>Linguarium.</i> Mais cette façon de parler est tout-à-fait basse &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3973" id="1" type="">
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    <head>BÂILLONNER</head>
    <p>
    BÂILLONNER , v. act. Mettre un bâillon à une bête, à un animal. <i>Lignum in os animalis inserere.</i> On le dit aussi des hommes à qui on met un bâillon pour les empêcher de parler. L'on m'avoit dit que tel Curé, tel Bailli de village, tel paysan avoient été esaurillés, <i>baillonnés</i> par les Polaques, lesquels j'ai sû depuis se porter très-bien. Mascur.</p><p>On dit aussi, <i>baillonner</i> une porte, quand on la ferme en dehors avec une pièce de bois passée dans un tirefond.</p><p>Le Père Thomassin dérive ce mot de l'Hébreu <i>balam, claudere, obturare, constringere,</i> c'est-à-dire, <i>fermer, boucher, <pb n="477" facs="bpt6k8542165/f517/full/1200,/0/native.jpg"/>serrer ;</i> ou de , <i>bahal,</i> aussi Hébreu, qui veut dire, <i>dominari</i> ; en François, <i>dominer,</i> parce qu'on se rend maître de ceux qu'on <i>baillonne.</i> Quelles étymologies !</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂILLONNER</head>
    <p>
    Bâillonné, ée , adj. Terme de Blason , qui se dit des animaux peints avec un bâton entre les dents, comme les lions, les chiens, les cochons, &amp;c. <i>Pictum animal inserto in os bacillo,</i> ou <i>insertum in os gerens baculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    BAIN , s. m. Lieu plein d'eau où on se met quelque temps, soit pour se décrasser &amp; se laver, soit pour se rafraîchir. <i>Lavatio.</i> Le <i>bain</i> naturel est celui de la rivière. Le <i>bain</i> est bon en un tel endroit, il n'y a que du sable. Il se fait des <i>bains</i> par art. Le <i>bain</i> est fort ordinaire chez les Orientaux &amp; les Mahométans. L'usage des <i>bains,</i> sans rien établir contre l'honnête bienséance, permet tous les plaisirs que la vertu ne défend point. M. Scud.</p><p>L'usage du <i>bain</i> a passé d'Orient en Occident : on l'a même permis aux Moines. Le P. Martene Bénédictin rapporte, dans son <i>Traité des anciens rits des Moines,</i> quelques statuts que S. Lanfranc fit sur le sujet des <i>bains</i> qu'on permettoit aux Moines. Suivant ces règlemens un ancien Moine devoit avoir soin que tout fût prêt au lieu où l'on devoit prendre le <i>bain,</i> &amp; qu'il y eût des valets pour le servir ; ensuite il avertissoit les Moines que tout étoit prêt : ils ne pouvoient y aller que depuis Prime jusqu'à Complies : lorsqu'ils étoient arrivés au <i>bain,</i> après s'être fait raser ; ils se retiroient chacun dans un petit réduit fermé d'un rideau, ils y trouvoient une cuve, qu'ils appelloient <i>tine, tina,</i> dans laquelle ils prenoient le <i>bain</i> en silence. Voyez encore <i>Acta SS. Benedict. Saec. I. p.</i> 612. <i>&amp; Saec. IV. Part. II. Praef. p. XCVII.</i> Dans une assemblée des principaux Abbés de France tenue à Aix-la-Chapelle dans le Palais de Louis le Débonnaire, le 10. Juillet 817. il fut résolu que l'usage des <i>bains</i> dans les Monastères dépendroit des Prieurs. Chor. Saint Grégoire Liv. XI. ép. 3. dit, qu'il y avoit de son temps des gens qui prétendoient que le <i>bain</i> n'étoit pas permis le Dimanche ; &amp; il répond que si on le prend par volupté, il n'est jamais permis en aucun jour ; mais que si c'est par nécessité, il n'est pas défendu même le Dimanche. Saint Théodore Siceote reprenoit ceux qui alloient au <i>bain</i> après la sainte Communion. Fleur.</p><p>Ce mot, <i>bain,</i> s'est formé du Latin <i>balneum,</i> ou <i>balineum,</i> que Guichard dérive de l'Hébreu, <i>tabal , tingere, intingere, mergere, immergere, lavare,</i> c'est-à-dire, <i>plonger, enfoncer dans l'eau, laver,</i> en retranchant la première syllabe <i>ta.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bains , au plur. se dit par excellence des eaux chaudes &amp; minérales qu'on ordonne pour la santé. <i>Thermae.</i> Les <i>bains</i> de Bourbon, de Vichi, &amp;c. Aux <i>bains</i> d'Hiesberg en Silésie les eaux sont sulphurées, bleuâtres, &amp; fort puantes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain , se dit encore des bâtimens destinés pour se baigner. C'étoit chez les Anciens de grands édifices, qui avoient plusieurs cours, &amp; appartemens, dont les principales pièces étoient les salles du <i>bain,</i> l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes, &amp; au milieu de chaque salle il y avoit un bassin entouré de siéges, &amp; de portiques. A côté de chaque <i>bain</i> étoient des cuves d'où l'on tiroit de l'eau chaude, &amp; de l'eau froide, pour composer la tiède. <i>Balneae, balineae, balnea.</i> Ces <i>bains</i> servoient plus pour la volupté, que pour la santé. C'est de ceux-là principalement qu'est vrai ce que dit Rochefort : Les <i>bains</i> sont de l'équipage de l'amour &amp; de la volupté. Alexandre Sev. disoit en colère, <i>Milites Romani amant, potant, lavant.</i> On fait marcher en même rang <i>Balnea, Vina, Venus.</i></p><p>Les plus magnifiques, &amp; dont il reste encore quelque débris, sont ceux de Titus, de Paul Emile &amp; de Dioclétien. On prétend qu'à Rome il y avoit 856. <i>bains</i> tant publics que particuliers. Il y a eu de beaux restes de <i>bains</i> antiques en plusieurs villes de France, comme à Nismes &amp; à Orange. C'étoit une grosse tour ronde, soutenue sur de grands arcs ouverts du Septentrion au Midi, y en ayant deux de chaque côté, &amp; bâtie de grosses pierres de taille, &amp; plus bas à droit &amp; à gauche on y voyoit de longues grottes voûtées de menues pierres, avec les lieux où étoient les <i>bains.</i> D. l. Pise. Ces <i>bains</i> artificiels sont encore fort en usage dans l'Orient. Il y a un appartement au Louvre qu'on nomme les <i>bains de la Reine.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain , est aussi la cuve, ou baignoire où on se baigne. <i>Solium, Labrum.</i> On le dit aussi de chaque fois qu'on se baigne. Il en coûte tant chez un tel pour chaque <i>bain.</i> Il faut chauffer le <i>bain.</i> Un <i>demi-bain, Labrum minus,</i> est une petite baignoire où on ne met que la moitié du corps.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain , se dit aussi de la liqueur où on se baigne. Il y a des femmes qui se baignent dans un <i>bain</i> de lait, dans un <i>bain</i> d'eau rose. Le peuple croit que les ladres se guérissent dans un <i>bain</i> de sang d'innocens. Les Indiens disent que le <i>bain</i> pris dans certaines rivières efface entièrement les péchés. Lettr. Ed.</p><p>On appelle en Médecine un <i>bain</i> vaporeux, ou étuve, lorsque les malades ne sont pas plongés dans une liqueur, mais qu'ils reçoivent seulement une vapeur, ou une exhalaison qui les échauffe &amp; les fait suer. <i>Laconicum, sudatio, sudatorium.</i> Il y a deux sortes de <i>bain</i> vaporeux, un humide &amp; un sec. Le <i>bain</i> vaporeux, n'est autre chose que la vapeur qui s'élève d'une liqueur simple, ou d'une décoction d'herbes qu'on fait recevoir aux parties malades sur une chaise percée, ou avec des entonnoirs, pour ouvrir les pores, &amp; provoquer les sueurs, dont on use particulièrement pour les maladies du fondement &amp; de la matrice. Les matières du <i>bain</i> sont les mêmes que celles des fomentations. Le <i>bain</i> vaporeux sec est lorsqu'on provoque les sueurs par la simple chaleur du feu, ou par le moyen de briques, ou de cailloux bien chauds, qu'on met sous les aisselles, ou sous la plante des pieds, ou bien par ces mêmes cailloux ardens qu'on met dans un endroit étroit, où le malade est renfermé.</p><p>On dit en été, de l'eau qu'on donne à boire sans la rafraîchir, qu'elle est chaude comme un <i>bain.</i> On dit aussi en été, quand on voit un gros nuage, que c'est un <i>bain</i> qui chauffe. On appelle aussi un lieu où l'eau est sale &amp; bourbeuse, <i>bain</i> de grenouilles, <i>bain</i> de crapauts. S. Amant a dit du Tibre, <i>bain</i> de crapauts, ruisseau bourbeux.</p><p>En termes de monnoies , être en <i>bain,</i> c'est être entièrement fondu. De l'or en <i>bain,</i> c'est de l'or entièrement fondu ; &amp; quand il est prêt à fondre, on dit de l'or en pâte. On dit de même, de l'argent en <i>bain,</i> &amp; de l'argent en pâte. Boizard.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain , en termes de Chymie , se dit de plusieurs coctions, distributions, ou autres opérations qui se font sur des matières propres à entretenir une chaleur douce.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain de cendres , quand le vase ou la cucurbite qui contient la matière que l'on veut distiller est placé dans un pot où il y a des cendres, ensorte qu'il soit échauffé par la chaleur des cendres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain-Marie , que quelques-uns nomment en Latin <i>Balneum Mariae,</i> &amp; d'autres <i>Balneum maris,</i> c'est-à-dire, <i>bain de mer.</i> Ceux qui l'appellent <i>Bain-Marie,</i> disent que Marie la Prophétesse l'a inventé : ceux qui l'appellent <i>bain de mer,</i> ou <i>bain-marin,</i> disent qu'on l'appelle ainsi, parce que le vaisseau est porté sur l'eau comme sur une mer, &amp; que ce n'est que par corruption qu'on a dit <i>bain-Marie,</i> pour <i>bain-marin.</i> C'est quand on met la cucurbite dans de l'eau chaude, laquelle échauffe la matière contenue dans la cucurbite. <i>Ferventis aquae fornax distillaria.</i> Il y a aussi un <i>bain vaporatoire,</i> ou <i>vaporeux,</i> qui donne une moindre chaleur, &amp; qui se fait quand un vaisseau de verre, contenant quelque matière, est échauffé par la vapeur de l'eau. <i>Balneum roris.</i></p><p>On appelle encore en Chymie <i>bain,</i> une matière liquéfiée, rendue liquide &amp; fluide, réduite en liqueur ; de même qu'en termes de monnoies ci-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    &#9758; BAIN , s. m.Bain-Marie , en termes de Philosophie hermétique , signifie tout autre-chose que chez les Distillateurs, car il vent dire le fourneau philosophal, ou le mercure dans lequel le Roi &amp; la Reine (le soleil &amp; la lune) se baignent.<br/>Bain-Marie. Terme de cuisine . On appelle Faire chauffer ou cuire au <i>bain-Marie,</i> quand ce que l'on fait chauffer ou cuire n'est pas immédiatement sur le feu, mais trempe dans de l'eau qui est sur le feu. C'est ainsi que l'on fait cuire des oeufs au lait, du ris, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain de sable , qu'on appelle aussi, <i>bain de séparation, bain de limailles,</i> quand on y met du sable, ou des limailles de fer.</p><p>On dit en Maçonnerie, qu'une cour est pavée à <i>bain</i> de mortier ; pour dire, qu'on y a'mis du mortier abondamment, comme doivent être celles qui sont sur les caves.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain , en termes de Teinturiers , se dit d'une cuve pleine d'eau &amp; de drogues servant à la teinture, dans laquelle on trempe ou on fait bouillir les étoffes qu'on veut teindre. <pb n="478" facs="bpt6k8542165/f518/full/1200,/0/native.jpg"/>Le <i>bain</i> d'alun se doit donner à froid, parce que sa chaleur perd le lustre de la soie, &amp; la rend rude &amp; acre. Un <i>bain</i> de cochenille, de garence. Il ya aussi des <i>demi-bains.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3974" id="12" type="">
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    <head>BAIN</head>
    <p>
    Bain . Ordre Militaire en Angleterre, institué par Richard II. au XIVe siècle. Richard régla qu'il n'y auroit que quatre Chevaliers du <i>bain</i> ; mais Henri IV. son successeur en augmenta le nombre jusqu'à 46. La marque des Chevaliers du <i>Bain</i> étoit l'Ecu de soie bleue céleste en broderie, chargé de trois couronnes d'or, avec ces mots, <i>Tres in uno</i> ; c'est-à-dire, <i>Trois dans un,</i> pour marquer les trois vertus théologales. Ces Chevaliers avoient coutume de se baigner avant que de recevoir les épérons d'or ; coutume qui ne se garda qu'au commencement de l'Ordre, &amp; se perdit ensuite peu-à-peu. C'est de-là que leur vint leur nom. On ne donne guère l'Ordre du <i>Bain,</i> que dans la cérémonie du sacre des Rois, ou de l'inauguration du Prince de Galles, ou du Duc d'Yorck. Il paroit toujours, par un manuscrit cité par Du Cange, qu'on ne faisoit les Chevaliers du <i>Bain</i> qu'en temps de paix. Le titre du manuscrit est, <i>ci-après ensuit l'Ordonnance, &amp; manière de créer &amp; faire nouveaux Chevaliers du Baing au temps de paix, selon la coutume d'Angleterre.</i> Cela se fait, dit Larrey, avec de grandes cérémonies. Justiniani les décrit dans son <i>Hist. des Ordr. mil.</i> Tom. I. ch. 15. p. 151. La Messe, la Confession, la Communion, n'y sont pas oubliées. Il décrit aussi fort en détail leurs habits, leurs ornemens, leurs devoirs, &amp;c. Quand les Chevaliers prêtent le serment de fidélité dans la Chapelle d'Henri VII. ils sont vêtus d'un habit d'Hermite avec des sandales ; ensuite on les revêt d'une robe magnifique, &amp; le Roi leur fait quelquefois l'honneur d'aider à leur mettre les épérons. Ils portent un ruban rouge en écharpe. Cambden, &amp; d'autres après lui, font Henri IV. Auteur de cet Ordre en 1399. Cet Auteur dit que ce Prince étant au <i>bain</i> fut averti par un Chevalier que deux femmes veuves venoient lui demander justice. Il sortit sur le champ du <i>bain,</i> en disant qu'il devoit préférer de rendre justice à ses Sujets, au plaisir du <i>bain,</i> &amp; ensuite il institua cet Ordre.</p><p>Joseph de Michieli, Auteur Espagnol, le P. André Mendo, &amp; Jean Caramuel, suivent l'opinion de Cambden. Francesco Rédi, &amp; après lui justiniani, prétendent que Cambden se trompe ; que cet Ordre est beaucoup plus ancien. Ils se fondent sur l'ancien manuscrit rapporté par M. Du Cange ; &amp; dont nous avons parlé ; mais ce manuscrit ne prouve rien. D'autres disent seulement qu'on attribue cette institution à Henri IV. au lieu de Richard II. parce qu'Henri augmenta l'Ordre, &amp; lui donna une nouvelle forme, peut-être à l'occasion que Cambden raconte. Justiniani montre que cet Ordre avoit passé d'Angleterre en France &amp; en Italie, &amp; rapporte un titre curieux sur cela. Voyez Froissard, Matthieu Paris, Spencerus, Cambden, Salmonet, &amp; Justiniani, qui a ramassé tout ce que les autres ont dit, <i>Hist. di tutti gl Ord. milit. Tom. I. c.</i> 150. <i>edit. in fol.</i> qui est la meilleure &amp; la plus ample. Nicod. Uptonus, <i>De Officio militari. Lib. I. cap.</i> 3. Thomas Smith, <i>de Republ. Angl. Lib. I. cap.</i> 17. &amp; André Favin, <i>Theatre d'honneur.</i> Liv. V.</p><p>Sans qu'il y eût un Ordre du <i>Bain,</i> le bain a été en usage en France dans la Création des Chevaliers ; &amp; de vieux titres marquent que c'étoit au Grand Chambellan à préparer les <i>bains</i> des nouveaux Chevaliers, desquels les robes qu'ils avoient vêtues entrant auxdits <i>bains</i> lui appartenoient. Du Tillet. <i>Rec. des Rois de France</i> pag. 415. Voyez Du Cange au mot <i>Miles,</i> où il décrit toute cette cérémonie, d'après un vieux titre qu'il corrige en bien des endroits. Acosta, dans son <i>Hist. des Indes.</i> Liv. VII. ch. 27. dit qu'au Mexique les Prêtres lavent ou baignent les enfans des Seigneurs, avant qu'on leur fasse la cérémonie de leur ceindre le baudrier militaire. S. Grégoire de Nazianze dit qu'on initioit aussi par une semblable cérémonie les étudians dans l'Académie à Athènes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3975" id="1" type="">
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    <head>BAIN</head>
    <p>
    BAIN , s. m. Gros Village de Lorraine. Ce lieu est distingué par trois sources d'eaux chaudes minérales, qui sont limpides &amp; insipides. La première source est la plus abondante &amp; la plus chaude ; elle surpasse même la source de Plombière. Elle remplit le seul Bassin qui est dans ce village. Ce Bain a été bâti par les anciens Romains ; son ciment est encore plus dur que le roc. S. A. R. Léopol I. y a fait travailler en 1713. La seconde source n'est que tiède ; elle sort au côté gauche du Bassin, vers le milieu, par un robinet attaché à une pyramide de pierre de taille, &amp; au niveau de la marche du milieu du Bassin. La troisième source chaude usuelle est située au-delà du ruisseau : elle sort d'un jardin par un canal de bois. Cette eau est tiède ; elle a une légère acidité au goût après l'avoir bûë. Par diverses opérations de chymie, on a observé que ces eaux chaudes participent des parties spiritueuses de beaucoup de soufre bitumineux, de sel volatil talequeux, qui font 40. grains par pinte. Il est beaucoup plus modéré que celui qu'on a tiré des eaux de Plombière. Il fermente foiblement avec les acides. Il se voit encore à <i>Bain</i> au bas d'un pré près du ruisseau, des vestiges d'un ancien Bain appellé <i>Bain Casquin.</i> Les sources chaudes de ce Bain sont à present fort divisées. Les eaux chaudes minérales &amp; les Bains de <i>Bain,</i> quoiqu'un peu plus foibles que celles de Plombière, conviennent aux mêmes malades que ceux qu'on envoie à Plombiére, à la reserve néanmoins des paralitiques.</p><p><i>Cet article est tiré entièrement des Mémoires de</i> M. Mengin, <i>premier Médecin Ordinaire de S. A. R. le Duc de Lorraine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3976" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAJOARIEN, ENNE" />
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    <head>BAJOARIEN, ENNE</head>
    <p>
    BAJOARIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de peuple. Quelques Auteurs disent que c'est la même chose que Boien, ou Bavarois : voyez ce mot. Plusieurs croient, &amp; il est fort vraisemblable, que ce fut dans cette même expédition (<i>qui suivit la bataille de Tolbiac</i>) que les <i>Bajoariens,</i> ou <i>Bavarois,</i> voisins des Allemands, furent soumis à l'Empire des François. P. Daniel. Selon d'autres les <i>Bajoariens</i> ne sont point les mêmes que les Boïens. Les <i>Bajoariens</i> étoient Allemands. Après la mort du Roi Théodoric ils s'emparèrent du Norique, depuis la Pannonie jusqu'à la Suabe, &amp; depuis l'Italie au Midi jusqu'au Danube du côté du Septentrion. Voyez De Valois, <i>Rerum Francic. Lib. XXIV. pag.</i> 461.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3977" id="1" type="medailliste">
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    <head>BAJOIRE</head>
    <p>
    BAJOIRE , s. f. Terme de Médailliste &amp; de Monnoyeurs C'est une médaille ou monnoie qui a une empreinte de deux têtes en profil, dont l'une avance sur l'autre ; comme on en voit de Louïs &amp; de Carloman, du Roi Henri IV. &amp; de sa femme, &amp; une infinité d'autres. Quelques-uns croient que ce mot vient de <i>baisoire,</i> à cause que les joues de ces deux têtes se baisent, &amp; sont jointes l'une à l'autre. Voyez <ref type="search" target="head:BAISOIR">BAISOIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3978" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAJOLE" />
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    <head>BAJOLE</head>
    <p>
    BAJOLE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. <i>Bajolus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BAGNOLE">BAGNOLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3979" id="1" type="">
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    <head>BAÏONE</head>
    <p>
    BAÏONE , Voyez <ref type="search" target="head:BAYONE">BAYONE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3980" id="1" type="">
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    <head>BAÏONNETTE</head>
    <p>
    BAÏONNETTE , s. f. Dague, couteau pointu : sorte de petite épée longue d'un pied &amp; demi, ou environ, qui n'a point de poignée, mais seulement un manche de bois ou de fer de 8. à 10. pouces, &amp; qui n'a que deux petits boutons pour garde. <i>Sica.</i> Le manche de fer est creux pour s'enclaver dans le bout du canon des fusils sans empêcher qu'on ne les charge &amp; qu'on ne tire, quoique la <i>baïonnette</i> soit au bout. Pour tenir la <i>baïonnette</i> ferme au bout du fusil, son manche de fer a une petite ouverture longue en forme d'équerre, où on l'engage à un petit bouton de fer qui est au bout du fusil, ce bouton la tient sujette, &amp; sert à la retirer avec le fusil quand on a porté le coup. Quand le manche est de bois, on le fait entrer dans le canon du fusil, &amp; alors on ne peut plus tirer. La lame de la <i>baïonnette</i> est faite en forme de lancette, large d'un pouce ou deux, longue d'un pied, &amp; fort pointue. Aujourd'hui la lame de celles que l'on donne aux soldats est plus quarrée que large, &amp; les plaies qu'elle fait étant fort profondes &amp; peu larges, en sont plus dangereuses. Toutes les troupes d'Infanterie qui servent en campagne en France ont maintenant des <i>baïonnettes.</i> Les soldats appellent douille le manche de la <i>baïonnette.</i> La <i>baïonnette</i> est d'un grand service aux Dragons &amp; Fusiliers ; parce que quand ils ont fait leurs décharges, &amp; qu'ils se trouvent sans poudre &amp; sans plomb, ils peuvent mettre la <i>baïonnette</i> au bout du fusil, &amp; s'en servir comme d'une pertuisane. Elle est, par la même raison, fort utile aussi aux Chasseurs qui vont à la chasse de l'ours &amp; du sanglier, &amp; de toutes les autres bêtes qui viennent au feu : aussi leurs <i>baïonnettes</i> sont-elles plus larges que celles des Dragons, afin qu'elles fassent de larges plaies. Toute fabrique, débit, port &amp; usage des <i>baïonnettes,</i> est défendu par un Edit du Roi de 1666. excepté les <i>baïonnettes</i> à ressort, qui se mettent au bout des armes à feu pour l'usage de la guerre, lesquelles toutesfois <pb n="479" facs="bpt6k8542165/f519/full/1200,/0/native.jpg"/>ne peuvent être fabriquées, ni débitées, que par les ouvriers commis par le Roi à cet effet.</p><p>Ce mot est venu originairement de <i>Baïonne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3981" id="1" type="">
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    <head>BAÏONNIER</head>
    <p>
    BAÏONNIER , s. m. On appelloit autrefois <i>Baïonniers,</i> les Arbalêtriers ; à cause qu'à <i>Baïonne</i> on faisoit les meilleures arbalêtes ; de même que les pistolets ont pris leur nom de <i>Pistoie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3982" id="1" type="">
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    <head>BAJOQUE</head>
    <p>
    BAJOQUE , s. f. Petite monnoie d'Italie qui est la dixième partie d'un Jule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3983" id="1" type="charpenterie">
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    <head>BAJOU</head>
    <p>
    BAJOU , s. m. Terme de Charpenterie , est la première ou la plus haute des planches ; ou barre du gouvernail d'un bateau foncet, qui est posé immédiatement sous la casse de la masse du gouvernail. Quelques-uns disent &amp; écrivent <i>bajoue</i> au féminin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3984" id="1" type="">
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    <head>BAJOUE</head>
    <p>
    BAJOUE , s. f. Partie de la tête d'un cochon qui lui tient lieu de joues, qu'on mange par ragoût. <i>Mala.</i></p><p>On appelle par injure, <i>Bajoue,</i> une personne qui a les joues avalées &amp; pendantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3985" id="1" type="vitrier">
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    <head>BAJOUES</head>
    <p>
    BAJOUES . Terme de Vitrier . Ce sont des éminences, ou bossages qui tiennent aux jumelles de la machine nommée Tire-plomb, dont les Vitriers se servent pour apprêter le plomb qu'ils emploient aux vitres. On les appelle autrement <i>coussinet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAIRAM</head>
    <p>
    BAIRAM , s. m. Terme de Relation . Fête des Turcs, qu'ils célèbrent après le jeune du Ramazan. Ils célèbrent deux <i>Bairams</i> tous les ans : l'un qui suit immédiatement le Ramazan, comme dans l'Eglise Catholique Pâques suit le Carême, &amp; ils l'appellent le grand <i>Bairam :</i> l'autre qu'ils nomment le petit <i>Bairam,</i> ne vient que 70. jours après. Le <i>Bairam</i> dure trois jours, pendant lesquels on ne travaille point : on se fait des présens les uns aux autres, &amp; on se réjouit. Si le jour qui suit le Ramazan est obscur, ensorte qu'on n'ait pû voir la nouvelle Lune, on diffère le <i>Bairam</i> au lendemain, &amp; il commence ce jour-là, quand même la Lune seroit encore couverte de nuages. Lorsqu'ils célèbrent le <i>Bairam,</i> après avoir fait une infinité de cérémonies, ou plutôt de singeries étranges dans leurs Mosquées, ils achevent cette belle fête par une prière solemnelle, qu'ils font contre les Fidèles, par laquelle ils demandent à Dieu qu'il lui plaise exterminer entièrement les Princes Chrétiens, ou les armer les uns contre les autres, afin que par cette mauvaise intelligence ils puissent étendre les bornes de leur loi &amp; de leur Empire. Dan. <i>Hist. de Barb.</i> M. d'Herbelot écrit <i>Beiram.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAISEMAIN</head>
    <p>
    BAISEMAIN , s. m. Offrande qu'on fait à un Curé en allant baiser la paix. <i>Donarium.</i> Les Curés de Paris n'ont que le <i>baisemain,</i> qui vaut mieux que les dîmes des Curés de la campagne. C'est en cette seule occasion que le mot de <i>baisemain</i> a un singulier. Vaug.</p><p>L'Académie dit que ce terme n'a présentement d'usage au singulier qu'en matière féodale ; &amp; qu'il se dit de la soumission que le vassal rend au Seigneur de fief, en lui baisant la main. Il ne doit que le <i>baisemain.</i></p><p>On dit proverbialement au féminin, qu'un homme est venu à belles <i>baisemains</i> faire ou demander quelque chose ; pour dire, qu'il a été contraint par la nécessité de venir faire des soumissions pour l'obtenir. Cette façon de parler est du style simple &amp; familier ; &amp; il n'y a qu'en cette phrase consacrée que le mot de <i>baisemain</i> est féminin. L'Abbé de la Trappe n'a pas laissé de dire, Quand l'on n'a point d'autres moyens pour se mettre à couvert des inconvéniens dont on est menacé, que des <i>baisemains,</i> &amp; des condescendances lâches, l'ordre de Dieu est que le scandale arrive, &amp; que l'on souffre avec soumission &amp; avec patience le mal que l'on n'a pû détourner par des voies justes.</p><p>Guevara blâme l'usage des <i>baisemains,</i> estimant qu'il est contre la bienséance de baiser une chose qui est quelquefois employée à de si sales usages. Cette pensée est bien extraordinaire. L'usage décide contre cet Auteur, &amp; la coutume des <i>baisemains</i> est autorisée par tous les Anciens, qui ont toujours regardé le baiser des mains comme une marque de respect &amp; de profonde vénération. C'est même dans l'Ecriture une marque d'adoration ; &amp; Job, XXXI. 27. pour dire qu'il n'a point adoré le soleil &amp; la lune, dit qu'il n'a point baisé sa main en les voyant, ce qui est, ajoûte-t-il, un très-grand crime, &amp; la même chose que de nier le Dieu très-Haut ; c'est-à-dire, que ce feroit en reconnoître &amp; adorer d'autres que lui.</p><p>On dit aussi, Faire des <i>baisemains</i> ; pour dire, Faire des recommandations ou des civilités à quelqu'un, ou de sa part. <i>Salutem alicui dicere, salutare aliquem.</i></p><p>On a aussi appellé <i>baisemains</i> certains deniers d'entrée qu'on donnoit au Seigneur foncier quand il faisoit quelque arrentement : ce qu'on appelle aujourd'hui <i>Pot de vin.</i></p><p>On dit encore proverbialement, jamais tant de <i>baisemains</i> &amp; si peu d'offrandes. Voici ce que Pierre de S. Julien dit de ce proverbe, dans ses <i>Ant. des Bourguignons</i> p. 132. Depuis que les Rois ont permis estre appellez Majestez servis à teste nuë, &amp; à <i>baisemains</i> : non tant seulement les Princes, mais aussi les Gentils-hommes à simple semelle, les Nobles de bas alloi, les Dames mal damées, &amp; Damoiselles de trois leçons, ont voulu estre servis à la royalle. Dont est advenu que nous autres pauvres gens d'Eglise avons apprins à dire, qu'on ne vied jamais tant de <i>baisemains</i> &amp; si peu d'offrandes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAISEMENT</head>
    <p>
    BAISEMENT , s. m. Action de baiser. <i>Osculatio, basiatio.</i> Il ne se dit guère que de la cérémonie où l'on baise les pieds du Pape. Il a été introduit au <i>baisement</i> des pieds de sa Sainteté. Le <i>baisement</i> de la terre est une espèce d'hommage que les Rois de Perse se faisoient rendre, non-seulement par leurs sujets, mais encore par les Princes leurs Vassaux, ou leurs Feudataires, &amp; qu'ils appellent <i>Zemin bouz,</i> c'est-à-dire, <i>baisement</i> de la terre, ou <i>Roui Zemin,</i> qui signifie <i>la face contre terre.</i> Elle est encore en usage parmi les Persans, aussi-bien que le <i>Pabous,</i> qui est le <i>baisement</i> des pieds, que les Espagnols ont introduit parmi eux dans les lettres qu'ils écrivent aux gens d'une grande qualité, au lieu du <i>baisemain.</i> D'herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3989" id="1" type="">
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    <head>BAISER</head>
    <p>
    BAISER , s. m. Action de respect ou de soumission qu'on fait par l'application de la bouche sur une chose qu'on révère, ou qu'on aime. <i>Osculum, suavium, basium.</i> Le <i>baiser,</i> dit S. Ambroise, est une marque d'amitié, un gage précieux de charité, &amp; c'est un sacrilége d'en abuser. Rochef. On donne le <i>baiser</i> de paix en plusieurs cérémonies Ecclésiastiques. Saint Benoît veut qu'en recevant les hôtes dans ses monastères on leur donne le <i>baiser</i> de paix ; il veut aussi que les frères avant que de recevoir la Communion se donnent le <i>baiser</i> de paix : ces usages étoient fondés sur la coutume des premiers Chrétiens ; mais ils ont été abolis depuis que les Chrétiens ne sont plus si simples qu'ils étoient dans les premiers temps. L'Auteur du Livre de l'amitié, qu'on trouve parmi les oeuvres de saint Augustin, distingue quatre sortes de <i>baisers.</i> Le premier se donne pour marque de réconciliation, car on fait <i>baiser</i> &amp; embrasser les ennemis quand on les a réconciliés. Le second est le <i>baiser</i> de paix que les Chrétiens se donnoient dans l'Eglise au temps de la Communion, pour faire voir par cette marque extérieure la paix intérieure qui les unissoit. Le troisième est le <i>baiser</i> d'amour que se donnent ceux qui s'aiment, qui n'ont point de moyen plus efficace pour se témoigner leur tendresse. Le quatrième est le <i>baiser</i> de la foi, qui se donnoit entre les Catholiques, &amp; c'est celui qui se donnoit quand on exerçoit l'hospitalité. D. Joseph Mege. De Rancé. Il y a des pays où l'on <i>baise</i> la main, pour marquer son respect, sa soumission &amp; son attachement. Les Grands en Espagne le pratiquent à l'égard du Roi. Jornand de Saxe remarque que c'étoit la pratique des Hermites, qui avoient introduit le <i>baiser</i> de la main, au lieu de celui de la bouche. Un <i>baiser</i> de Judas, est un <i>baiser</i> de traître. On dit en amour, cueillir un <i>baiser,</i> dérober un <i>baiser.</i> Les Hollandoises peuvent souffrir un <i>baiser</i> sans risque, &amp; impunément ; elles n'y entendent point de finesse. Bail. Horace sait chanter un <i>baiser</i> cueilli sur les lèvres d'Iris. S. Evr. Le <i>baiser</i> que j'ai pris, je suis prêt à le rendre. Voit.</p><p>Mais il faut remarquer que les Latins ont des mots différens pour marquer la différence des <i>baisers.</i> Ils appelloient <i>osculum</i> un <i>baiser</i> fait entre amis ; <i>basium</i> un <i>baiser</i> fait par honnêteté ; &amp; <i>suavium,</i> un <i>baiser</i> impudique.</p><p>Le <i>baiser</i> des pieds, <i>Pabous,</i> est une cérémonie fort ancienne en Perse, instituée par Caioumarath leur premier Roi ; pour marque non-seulement du respect que les sujets <pb n="480" facs="bpt6k8542165/f520/full/1200,/0/native.jpg"/>rendoient à leur Prince, mais encore de la foi &amp; hommage que les Princes vassaux lui faisoient. Cette cérémonie fut changée depuis à l'égard des sujets de basse condition en celle de <i>baiser</i> la terre en présence de leurs Princes. D'Herb. au mot <i>Pabous.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAISER</head>
    <p>
    BAISER , v. act. Donner un témoignage d'amitié, d'amour, de respect, d'humilité par l'attouchement de la bouche. <i>Osculari, deosculari, basiare, suaviari.</i> Les pères &amp; mères <i>baisent</i> leurs enfans au front. Les amis se <i>baisent</i> à la joue, &amp; les amans à la bouche. Judas <i>baisa</i> Notre Seigneur en le trahissant. On <i>baise la main</i> par civilité, lorsqu'on donne, ou qu'on reçoit quelque chose. On <i>baise</i> la main d'un Evêque à l'offrande, la robe d'une Princesse qu'on salue, la main d'un Seigneur à qui on porte la foi &amp; hommage. On va <i>baiser</i> la mule du Pape par respect. On <i>baise</i> les Reliques par dévotion. On <i>baise</i> la terre par humilité. Les Grecs n'ont qu'un même mot pour signifier aimer &amp; <i>baiser</i> .</p><p>On dit figurément, que deux choses se <i>baisent</i> ; quand elles sont si près l'une de l'autre, qu'elle se touchent. Ces deux solives se <i>baisent,</i> s'entretiennent. On le dit aussi des flots de la mer à l'égard du rivage qu'ils touchent &amp; qu'ils mouillent.</p><p>On dit d'un méchant feu, qu'il n'y a que deux tisons qui se <i>baisent.</i> On dit odieusement, qu'une femme <i>baise ;</i> pour dire, qu'elle n'est pas chaste.</p><p>La coutume de donner le <i>baiser</i> est très-ancienne. Les différentes occasions où l'usage est de donner le <i>baiser,</i> outre celles qu'on a déja marquées, sont les salutations de civilité, les épousailles, les installations, ou réceptions dans un corps ; en recevant l'hommage d'un vassal, comme il paroît par d'anciens titres. Voyez l'<i>Hist. de Bret.</i> T. II. p. 811. &amp; Chorier <i>Hist. de Dauphiné,</i> p. 842. &amp; dans les donations qu'on faisoit, <i>Hist. de Bret.</i> p. 213. 247. Le <i>baiser</i> qui se donnoit dans les hommages, est appellé dans les anciens Actes, <i>Osculum pacis &amp; amoris ;</i> &amp; l'acte de l'hommage rendu par Beatrix de Viennois, Dame d'Arlay, au Dauphin Humbert II. son neveu le 16. Avril 1340. porte que ce fut <i>complosis manibus &amp; oris osculo,</i> les mains jointes &amp; par un <i>baiser.</i> Chorier. C'étoit la coutume autrefois de ne se point donner le <i>baiser</i> dans les temps de jeûne. A Rome c'étoit une coutume qui duroit encore du temps de Plutarque, que les femmes saluassent leurs parens &amp; leurs amis en les <i>baisant</i> à la bouche. On disoit, au rapport de Plutarque dans Romulus, que les Troyennes sauvées avec leurs maris du sac de Troye, &amp; abordées en Toscane, brûlerent leurs vaisseaux pour leur ôter l'envie de se remettre en mer ; &amp; qu'elles saluerent &amp; caresserent ainsi leurs maris, en les priant d'appaiser leur colère. D'autres font cette coutume moins ancienne, &amp; disent qu'elle fut établie pour s'assurer que les Dames Romaines ne buvoient point de vin. Plutarque.</p><p>On dit proverbialement, Je vous baise les mains ; pour dire, Je me recommande à vous, ou Je vous remercie, ou ironiquement, Je ne veux rien croire de ce que vous dites. On dit aussi, Faire <i>baiser</i> le babouin ; pour dire, Obliger quelqu'un à se soumettre aux plus dures conditions. On dit aussi de celui qui a grande obligation à un autre, qu'il devroit <i>baiser</i> les pas par où il passe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3990" id="2" type="coutume">
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    <head>BAISER</head>
    <p>
    Baiser le verrouil, la serrure de l'huis, ou la porte du fief dominant. Termes de Coutume . C'est un signe de l'hommage que le vassal fait à son Seigneur féodal au manoir du fief dominant, en l'absence du Seigneur, au lieu de la bouche &amp; des mains, que le Seigneur présente à son vassal en recevant le serment de fidélité.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAISER</head>
    <p>
    Baiser le cul de la vieille. Manière de parler usitée à Paris au jeu du Billard &amp; autres, pour dire, ne pas faire un seul point, perdre sans avoir pu gagner ni prendre un point. <i>Dict. Com.</i></p><p>Il y en a qui pour parler plus poliment disent perdre bredouille. C'est un terme du jeu de Trictrac , où celui qui gagne douze points de suite, marque deux troux, au lieu d'un : ce qui s'appelle <i>partie bredouille.</i> Mais comme on peut perdre la partie bredouille, après avoir pris jusqu'à dix points ; perdre bredouille ne signifie pas toujours perdre sans faire un seul point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3990" id="4" type="">
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    <head>BAISER</head>
    <p>
    Baisé, ée , part. <i>Basiatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3991" id="1" type="">
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    <head>BAISEUR, EUSE</head>
    <p>
    BAISEUR, EUSE , adj. Celui qui baise. <i>Basiator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3992" id="1" type="">
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    <head>BAISOIR</head>
    <p>
    BAISOIR , s. m. Monnoie d'or que les Archiducs Albert &amp; Isabelle firent battre dans les Pays-Bas, &amp; qui fut appellée <i>Baisoir,</i> parce que leurs deux têtes y étoient, &amp; qu'elles sembloient se baiser. Papebrock, <i>Acta Sanct. Maii, T. I. p.</i> 65.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3993" id="1" type="">
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    <head>BAISOTTER</head>
    <p>
    BAISOTTER , v. act. &amp; fréquentatif. Donner des baisers réiterés &amp; fréquens. <i>Crebra dare basiola.</i> Les nouveaux mariés ont accoutumé de se <i>baisotter</i> sans cesse. Cela est du style bas &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3994" id="1" type="">
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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    BAISSER , verbe act. Descendre quelque chose, &amp; la mettre plus bas qu'elle n'étoit. <i>Demittere.</i> Il faut <i>baisser</i> ce tableau pour le mettre à la portée de la vûe. <i>Baisser</i> la lampe. <i>Baisser</i> les piques pour combattre. <i>Baisser</i> un pont levis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3994" id="2" type="">
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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    Baisser , signifie aussi, Plier, incliner, se soumettre. Il faut <i>baisser</i> la tête quand les Puissances supérieures nous persécutent. Les Religieuses <i>baissent</i> les yeux par modestie. En ce même sens on dit figurément, <i>Baisser</i> la lance ; pour dire, Se soumettre aux volontés d'un plus fort que soi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3994" id="3" type="agriculture">
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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    Baisser . Terme d'Agriculture . C'est courber en dos de chat les branches de la vigne qu'on a laissées après que la taille en a été faite ; pour cela on les attache à une perche liée en échalas. <i>Curvare, arcuare.</i> Cette sorte de travail se pratique dans l'Auxerrois &amp; aux environs, où les vignes sont rangées plus proprement qu'en pas un endroit du Royaume. C'est aussi là que les vignerons disent, il est temps de <i>baisser</i> la vigne. Ma vigne est <i>baissee.</i> Ce mot exprime bien ce que l'on veut dire ; puisqu'en effet on <i>baisse</i> le serment de la vigne. Ailleurs, où l'on ne met aux vignes que des échalas sans perche en travers, on dit <i>accoller,</i> &amp; non pas <i>baisser ;</i> quoique souvent aussi on courbe les branches autant qu'on le peut avec de simples échalas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3994" id="4" type="">
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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    Baisser , est aussi neut. &amp; se dit de ce qui devient plus foible, qui diminue, qui décroît. <i>Deficere, Decrescere.</i> Ce malade <i>baisse</i> fort, il faut qu'il mette ordre à sa conscience. La riviere <i>baisse</i> &amp; diminue à vûe d'oeil. On dit, la mer <i>baisse,</i> quand elle est dans son reflux. Le jour <i>baisse</i> ; pour dire, la nuit vient. Ce vin <i>baisse,</i> pour dire, qu'il a perdu de sa force.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3994" id="5" type="banque ou de change">
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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    Baisser , se dit en terme de banque ou de change , pour Diminuer. Le change <i>a baissé,</i> les actions ont <i>baissé,</i> pour dire, ne valent plus tant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3994" id="6" type="marine">
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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    Baisser , se dit figurément des choses incorporelles. L'esprit <i>baisse</i> avec l'âge. La fortune <i>baisse</i> dès qu'elle ne croît plus. Sa faveur, son crédit <i>baisse.</i> Quand notre mérite <i>baisse,</i> notre goût <i>baisse</i> aussi. Rochef. Je vois mes honneurs croître, &amp; <i>baisser</i> mon crédit. Racine. On va toujours en <i>baissant,</i> &amp; notre propre poids nous fait pancher du côté de la terre. Ab. de la Tr. On dit proverbialement, C'est un homme qui ne se hausse, ni ne se <i>baisse</i> ; pour dire, qu'il est toujours égal, &amp; qu'il ne s'émeut de rien.</p><p>En termes de Marine on dit, <i>Baisser</i> les voiles, lorsque le vent est trop fort, ou quand on aborde. <i>Vela ponere, deponere, laxare, demittere. Baisser</i> le pavillon, quand un navire plus fort oblige un autre à le saluer. <i>Baisser,</i> suivre le fil de l'eau, obéir au reflux &amp; aux courans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    Baisser , se dit aussi fort souvent avec le pronom personnel, &amp; signifie, se courber, Se faire en quelque sorte plus petit que l'on est. <i>Demittere se.</i> La porte de sa chambre est si petite qu'il se faut <i>baisser</i> pour y entrer. Il se <i>baissoit</i> souvent pour lui parler à l'oreille.</p><p>On dit proverbialement d'une chose qu'on croit aisée, qu'il n'y a qu'à se <i>baisser,</i> &amp; en prendre. On dit, qu'un homme donne tête <i>baissee</i> dans les ennemis, dans quelque affaire ; pour dire, qu'il y va aveuglément, &amp; sans connoître le péril. <i>Irruere.</i></p><p><i>Baisser</i> l'oreille, ou les oreilles, c'est Donner des marques de crainte, perdre courage, craindre. Dans une chanson <pb n="481" facs="bpt6k8542165/f521/full/1200,/0/native.jpg"/>sur la bataille de Fleurus on faisoit dire au Général Valdek,</p><p>On dit de celui à qui une entreprise n'a pas réussi, qu'il revient les oreilles <i>baissées</i> ; parce que le chagrin, ou la honte lui font tenir une contenance humiliée, &amp; lui donnent un air mortifié.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAISSER</head>
    <p>
    Baissé, ée , part. &amp; adj. <i>Demissus, depressus.</i> On blâmoit Lycurgue, ce grand Législateur, de ce qu'il marchoit la tête <i>baissée.</i> Mascur.</p><p>Nicot fait venir ce mot de , d'autres le tirent de , <i>profond, creux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3995" id="1" type="">
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    <head>BAISSIERE</head>
    <p>
    BAISSIERE , ou BASSIERE. L'un &amp; l'autre se dit ; mais <i>baissiere</i> est plus doux &amp; plus usité. Il signifie du vin qui est au bas, où il n'y a presque plus que la lie. <i>Vinum feculentum.</i> Les <i>baissieres</i> font mal à la tête. Il faut écrire &amp; prononcer <i>baissiere</i> par un <i>ai,</i> &amp; non pas <i>bessiere,</i> comme on dit baisser &amp; abaisser, de bas, &amp; non pas besser, &amp; abesser.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAISURE" />
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    <head>BAISURE</head>
    <p>
    BAISURE , s. f. Endroit du pain qui est le moins cuit ; &amp; par où il touche à un autre qui est dans le four. A Paris on l'appelle <i>biseau.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAJULE</head>
    <p>
    BAJULE . C'est le nom d'un Officier de la Cour dans l'Empire Grec. Les <i>Bajules</i> sont les Précepteurs des Princes. Il y a le grand <i>Bajule,</i> &amp; les <i>Bajules :</i> le grand <i>Bajule</i> étoit comme le Précepteur, &amp; les <i>Bajules</i> étoient comme les Sous-précepteurs. Voyez Codinus, Boulenger, &amp;c. On le trouve en ce sens dans le Scholiaste de Sophocle, dans Balsamon, <i>Juris Graecor. p.</i> 472. &amp; dans Théophane, qui parle aussi de cet <i>Antiochus</i> que Théodose fit son <i>Bajule.</i> Un manuscrit de la Bibliothèque du Roi écrit , mais c'est la prononciation moderne des Grecs qui a causé cette erreur, car ils prononcent le comme un ; il faut dire . Ce mot se trouve encore dans un Auteur anonyme des Annales de France, dans l'<i>Hist. Miscellan. L.</i> 23. dans la Chronique de Frédégaire, dans Aimoin, <i>De Gest. Franc. L. IV. C.</i> 38. &amp; <i>bajulatio, bajulationi committere,</i> dans le même Auteur, <i>Hist. L. V. C.</i> 39. Le Précepteur de l'Empereur s'appelle Grand <i>Bajule</i> dans Codinus, C. 11. n. 81.</p><p>Le premier Officier de cette espèce qui se trouve est sous Théodose le jeune, qui, selon Cedrenus, établit un certain Antiochus Intendant, Patrice &amp; son <i>Bajule,</i> . Depuis, cet Officier eut le titre de <i>Grand Bajule.</i> C'est de là que les Italiens appellent <i>Bajule</i> du Royaume, ce qu'en Angleterre on appelle Protecteur. Ce n'est que dans les siècles postérieurs, à ce que croit Junius, que l'on a appellé <i>Bajules</i> les Gouverneurs, ou Précepteurs de l'Empereur , comme celui qui avoit porté l'Empereur encore enfant entre ses bras, c'est-à-dire, qui avoit eu soin de son éducation.</p><p>L'Auteur de la vie de Louïs le Débonnaire, dit que Charlemagne donna Arnoul pour <i>Bajule</i> à ce Prince ; c'est-à-dire, pour Conseil, pour Ministre. Hincmar, Ep. 2. C. 2. décrit au long les qualités que doivent avoir les <i>Bajules</i> qu'on donne aux Princes ; par où il paroît que de Grèce ce mot étoit passé en France. Dadin de Hauteserre, à la fin de son Liv. <i>De Ducib. &amp; Comitib. Provincialib. C.</i> 23. prétend que ce mot s'est dit aussi des Précepteurs des enfans des particuliers, parce que Balsamon, <i>Liv. VII. Medit.</i> dans Leunclavius, dit en général que l'on appelle des Précepteurs des enfans, <i>Bajules.</i> Voyez les notes du même Auteur sur Grég. de Tours, p. 208. &amp; 390. Grégoire, dans les Vies des Pères, C. 6. parle des <i>Bajules</i> de saint Gal qui n'étoit pas fils de Roi, quoiqu'il fût de grande qualité.</p><p>En Italie on a donné le nom de <i>Bajule</i> à plusieurs Officiers différens, comme celui de Baillif en France, c'est ce qui fait que quelques Auteurs croient que c'est de <i>Bajulus</i> que s'est fait notre mot <i>Bailli.</i> Les Vénitiens ont eu un <i>Bajule</i> auprès des Empereurs Grecs. Voyez Codinus, Curopalates dans les Offices de la Cour de Const. Flodoard dans l'<i>Hist. de l'Eglise de Rheims,</i> Liv. III. ch. 23. Spelman dans son <i>Gloss. Archoeol.</i> Glossaire de Cedrenus, celui qu'a imprimé R. Medon, &amp; celui de M. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAJULE</head>
    <p>
    Bajule . Terme de Liturgie , ou de Rubrique &amp; de Cérémonies Ecclésiastiques. C'est ainsi qu'on a nommé ceux qui dans les processions portent la Croix &amp; les Chandeliers. Pierre Diacre les nomme en Latin <i>Bajuli Cereostatarii, Stauroferi,</i> &amp;c. En François on dit <i>Porte Croix, Porte Chandeliers,</i> ou simplement, <i>La Croix, les Chandeliers.</i> Comme on dit, Cornette, Trompette &amp; Tambour, pour ceux qui portent la cornette, qui sonnent de la trompette, ou qui battent du tambour.</p><p>On trouve aussi des <i>Bajules</i> d'Abbés &amp; des <i>Bajules</i> d'Evêques. C'étoient des Officiers domestiques des uns &amp; des autres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAJULE</head>
    <p>
    Bajule , a encore été le nom d'un Office Conventuel dans les Monastères. C'étoit celui qui recevoit &amp; distribuoit les legs, &amp; l'argent qui se donnoit pour le Service divin &amp; les Obits. C'est pour cela qu'on les appelloit <i>Bajuli obituum novorum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAJULE</head>
    <p>
    Bajules Capitulaires , <i>Bajuli capitulares,</i> dans l'Ordre des Hospitaliers, ou de saint Jean de Jérusalem, aujourd'hui de Malte, sont ce que nous appellons <i>Baillis Capitulaires,</i> &amp; les <i>Bajules</i> Conventuels sont les Baillifs Conventuels. Voyez <ref type="search" target="head:BAILLIF">BAILLIF</ref>.</p><p>Dans les Loix de Naples les <i>Bajuli Dominorum</i> sont ceux à qui leurs Maîtres ont donné charge, ou commission d'exécuter quelque chose ; &amp; ils répondent aux Juges que nous appellons Baillifs. Les <i>Bajules</i> des Gabelles, <i>Bajuli Gabellati,</i> sont les Officiers qui lèvent les Gabelles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAJULE</head>
    <p>
    Bajule , dans Marcell. L. 24. s'est dit encore de ceux qui portent les morts en terre , <i>Vespillones.</i> Voyez la note de M. de Valois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3998" id="1" type="">
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    <head>BAL</head>
    <p>
    BAL , s. m. Assemblée de jeunes gens de l'un &amp; de l'autre sexe pour danser. <i>Chorearum celebritas, celebres choreae. Ballatio</i> se trouve dans quelques Auteurs Ecclésiastiques. Il y aura chez un tel <i>bal,</i> ballet &amp; comédie. La fiancée est la Reine du <i>bal.</i> Ces Messieurs ont couru le <i>bal</i> toute la nuit, &amp; ils ont été à sept ou huit <i>bals</i> différens. Selon S. Chrysostôme il n'y a point de plus dangereux ennemis que ces divertissemens nocturnes, ces <i>bals</i> &amp; ces danses pernicieuses. S. François de Sales, dans l'<i>Introduction a la vie dévote,</i> ch. 33. blâme aussi bien fortement les <i>bals</i> ; il avoue que les <i>bals</i> &amp; les danses sont choses indifférentes de leur nature ; mais il soutient que de la manière dont cet exercice se fait ordinairement, il est plein de danger &amp; de péril. Je vous dis des danses, ajoûte-t-il, comme les Médecins disent des potirons &amp; champignons ; les meilleurs n'en valent rien, disent-ils : &amp; je vous dis que les meilleurs <i>bals</i> ne sont guère bons. Voici encore la décision d'un homme qui savoit mieux que personne ce que c'étoit. J'ai toujours cru les <i>bals</i> dangereux : ce n'a pas été seulement ma raison qui me l'a fait croire, ç'a encore été mon expérience ; &amp; quoique le témoignage des Pères de l'Eglise soit bien fort, je tiens que sur ce chapitre celui d'un Courtisan doit être de plus grand poids. Je sai bien qu'il y a des gens qui courent moins de hazard en ces lieux-là que d'autres ; cependant les tempéramens les plus froids s'y échaufent. Ce ne sont d'ordinaire que de jeunes gens, qui composent ces sortes d'assemblées, lesquels ont assez de peine à résister aux tentations dans la solitude ; à plus forte raison dans ces lieux-là, où les objets, les flambeaux, les violons &amp; l'agitation de la danse, échauferoient des Anachorètes. Les vieilles gens qui pourroient aller au <i>bal,</i> sans intéresser leur conscience, seroient ridicules d'y aller ; &amp; les jeunes gens à qui la bienséance le permettroit ne le peuvent sans s'exposer à de trop grands périls. Ainsi je tiens qu'il ne faut point aller au <i>bal,</i> quand on est Chrétien, &amp; je crois que les Directeurs feroient leur devoir, s'ils exigeoient de ceux dont ils gouvernent la conscience, qu'ils n'y allassent jamais. Bussy Rab. <i>Illustr. Malh. p.</i> 179.</p><p>Desmarêts a dit figurément &amp; poëtiquement de la nuit, qu'elle conduisoit dans le ciel le grand <i>bal</i> des étoiles.</p><p>Nicot dérive ce mot du Grec , qui signifie <i>tripudio, je danse</i> : d'autres le font venir de , &amp; même de <i>Baal,</i> nom d'une idole qu'on honoroit en chantant &amp; en dansant. Selon le P. Pezron <i>Ball</i> est un mot Celtique <pb n="482" facs="bpt6k8542165/f522/full/1200,/0/native.jpg"/>d'où vient <i>bal,</i> baller, &amp; même le Grec , <i>danser.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="3999" id="1" type="">
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    <head>BALACRE</head>
    <p>
    BALACRE , s. m. Les Balacres étoient des soldats qui faisoient un Corps de Troupes dans l'armée Macédonienne, qui vainquit l'Asie sous la conduite d'Alexandre. Ils sont ainsi nommés du nom de Balacer fils de Nicanor, &amp; Gouverneur de Pisidie, qui les commandoit. Freinshemius croit que c'étoient des Phrygiens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAFRE</head>
    <p>
    BALAFRE , s. f. Estafilade, taillade sur le visage, soit à coups d'épée, soit par quelque autre instrument tranchant. <i>Citatrix luculenta.</i> Sa <i>balafre</i> lui donnoit un air guerrier, qui relevoit sa bonne mine. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAFRE</head>
    <p>
    Balafre , se dit aussi d'une découpure longue de deux travers de doigt, qu'on faisoit autrefois sur des pourpoints de satin. <i>Incisura longior.</i> On le dit encore des accrocs qui se font par accident sur les habits.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAFRER</head>
    <p>
    BALAFRER , v. act. Faire des balafres sur le visage de quelqu'un. <i>Luculentis plagis aliquem deformare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAFRER</head>
    <p>
    Balafré, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Luculentis cicatricibus deformatus.</i> On a appellé Henri I. Duc de Guise, <i>Le Balafré.</i> Ce Prince est enterré avec son épouse sous un magnifique Mausolée dans l'Eglise des Jésuites de la ville d'Eu ; &amp; Dom Duplessis remarque à ce sujet, que si le sculptent avoit employé pour le Prince le bloc de marbre dont il s'est servi pour la Princesse, la nature &amp; l'art auroient également concouru à faire de cette belle pièce une des raretés de l'Univers. Sur ce marbre, dit-il, qui est d'ailleurs d'une blancheur merveilleuse, il s'est trouvé une tache noire qui défigure un peu le visage de la Princesse, &amp; qui eût représenté parfaitement la <i>balafre</i> du Prince. <i>Descrip. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. pag.</i> 74.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAI</head>
    <p>
    BALAI , s. m. Ustensile de ménage, qui sert à amasser, &amp; à ôter les ordures, à tenir les maisons nettes &amp; propres. <i>Scopae.</i> On fait des <i>balais</i> de menues branches de bouleau liées ensemble au bout d'un bâton. On en fait aussi de genet, de jonc &amp; de plumes, pour nettoyer les tableaux &amp; les meubles. Les artisans se servent de <i>balais</i> qu'ils appellent <i>Escouvettes.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>valletus,</i> diminutif de <i>vallus,</i> à cause que les <i>balais</i> sont emmanchés au bout d'un bâton. D'autres avec plus d'apparence le dérivent de <i>betula, bouleau</i>. Ducange le dérive de <i>baleis</i>, qui a signifié la même chose dans la basse Latinité, &amp; qu'on trouve dans Matthieu Paris. Il ajoûte qu'on a dit aussi <i>balaium.</i> Les Bas-Bretons disent <i>balaën</i> dans le même sens ; ce qui fait croire que c'est un vieux mot Celtique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAI</head>
    <p>
    Balai du ciel . C'est le nom que les matelots donnent sur l'Ocean au vent du Nord-Ouest ; parce qu'il balaye, pour ainsi dire, le ciel, &amp; le nettoie de nuages.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAI</head>
    <p>
    Balai , en termes de Fauconnerie , se dit de la queue des oiseaux ; &amp; en Vénerie, du bout de la queue des chiens.</p><p>On dit proverbialement, Hasard sur les <i>balais,</i> quand on surfait une marchandise de vil prix. On dit, qu'un valet fait le <i>balai</i> neuf, quand il sert bien les premiers jours qu'il est dans une maison. On dit aussi, c'est un <i>balai</i> neuf qu'on jettera bientôt derrière la porte ; pour dire, en parlant de quelqu'un qui entre au service des Grands, que tout lui rit d'abord, mais qu'on ne tardera guère à le mépriser. On dit qu'on donnera du manche du <i>balai,</i> à ceux à qui on veut défendre l'entrée d'un logis. Le peuple croit aussi que les Sorcières vont au sabat sur un manche de <i>balai.</i> On dit aussi, Rôtir le <i>balai,</i> quand on ne profite point en quelque métier, en quelque profession. Du Bartas a dit figurément &amp; poëtiquement des vents, qu'ils étoient doux éventaux de l'air, frais <i>balais</i> de la terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALAI</head>
    <p>
    BALAI , ou BALAIS, adj. m. Qualité d'un rubis excellent. <i>Carbunculus pretiosior.</i> Ce mot vient de <i>Balassia,</i> qui est un Royaume en Terre-Ferme entre Pégu &amp; Bengala ; où se trouvent ces rubis <i>balais,</i> à ce que dit Ramusio ; dont parlent aussi Aiéthon, &amp; Paul Vénitien. Ne viendroit-il point plutôt de <i>balascius,</i> dont se sert Mattiotti dans la vie de sainte Françoise. Sur quoi les Bollandistes remarquent, <i>Mart. T. II. p.</i> * 112. que les Académiciens de la Crusca définissent le <i>balascio</i> une pierre précieuse très-brillante, <i>di color bruschino,</i> sans expliquer nulle part ce que c'est que <i>color bruschino.</i> Les Bollandistes conjecturent que ce mot pourroit venir de <i>brusco,</i> qui cependant signifie quelque chose de triste, d'austère, de désagréable ; ce qui ne paroît pas convenir à une pierre si brillante. Ils ajoûtent que <i>balascio</i> est peut-être un mot Lombard, qui signifieroit un cendré jaunâtre, que les Allemands appelleroient <i>Val-asche.</i> Quoi qu'il en soit, <i>balascius</i> est une pierre différente du rubis dans Mattiotti ; mais cela n'empêche point que l'éclat de cette pierre n'ait pû faire employer ce mot pour signifier ce qu'il y avoit de plus beau dans une autre espèce de pierre précieuse.</p><p>On le dit figurément des boutons rouges qui viennent sur le visage des yvrognes. Regnier a dit du nez de son Pédant,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALANCE</head>
    <p>
    BALANCE , s. f. Instrument qui sert à connoître l'égalité, ou la différence de la pesanteur des corps graves. <i>Trutina.</i> Ce mot est fait du Latin <i>bilanx.</i> Il y a deux sortes de <i>balances.</i> L'ancienne, ou la Romaine, est composée d'un levier ou fleau mobile sur un centre suspendu vers une de ses extrémités. On attache du côté gauche les corps graves, &amp; leur pesanteur se mesure par les points marqués sur le fleau, à l'endroit où s'arrête en équilibre un poids mobile qu'on fait courir sur la branche, ou le long du plus grand côté vers la droite. Cette <i>balance</i> est encore en usage aux Boucheries, &amp; aux lieux où il faut peser de grands fardeaux, ou qui sont en grand volume. On l'appelle autrement <i>Peson. Statera.</i></p><p>La seconde sorte se fait avec un fleau suspendu également par le milieu, aux extrémités duquel il y a des plats ou bassins attachés avec des cordes. <i>Libra.</i> Les parties de cette <i>balance</i> sont, les deux bassins. <i>Lances.</i> Le fleau. <i>Scapus.</i> La languette. <i>Examen.</i> L'anse. <i>Ansa.</i> Et la chasse, au haut de laquelle il y a un anneau pour la suspendre. On appelle les <i>cornes</i> du fleau de la <i>balance,</i> ses deux extrémités. <i>Capita.</i> Paul Petau a donné la figure des <i>balances</i> anciennes dans son livre des Meubles antiques.</p><p>Roberval, Professeur Royal des Mathématiques à Paris, a donné une nouvelle manière de <i>balance</i> très-différente des autres, dont on voit la description dans le Journal des Savans 1669. 10. Février. Dans le même Journal en 1676. pag. 263. M. Cassini donna l'idée d'une <i>balance arithmétique,</i> dont l'usage est de connoître le poids &amp; le prix des marchandises, &amp; de faire les règles de multiplication, de division, &amp; la règle de trois en tout nombre donné.</p><p>Les <i>balances</i> fines, qu'on appelle autrement <i>Trebuchets,</i> sont de petites <i>balances,</i> avec lesquelles on pèse l'or, &amp; qui servent aux Essayeurs. <i>Nummaria trutina.</i> Elle sont si justes, qu'on en a vû trébucher pour la 4096e partie d'un grain. Boisard dit seulement pour la 1000e partie d'un grain. Ces sortes de <i>balances</i> sont suspendues dans une grande lanterne, afin que l'air ne les agite pas, &amp; que les pesées puissent être plus justes. Boizard.</p><p>Les <i>balances sourdes,</i> sont des <i>balances</i> dont on se sert dans les monnoies, qui ont les deux bouts de leur fleau plus bas que leur clou, &amp; leur chapse, ou chasse, qui est soutenue en l'air par le moyen d'une guindole, que les ouvriers appellent <i>guignole.</i></p><p>Ce mot a été dit de <i>bis lancia,</i> pour <i>bis lanx.</i> Ménage, après Pasquier. Etienne Guichart va plus loin, &amp; fait venir <i>bilanx</i> de l'Hébreu , <i>palas,</i> qui signifie <i>librare, ponderare, dirigere,</i> c'est-à-dire, peser, rendre droit. Il n'y a point d'apparence à cette étimologie. signifie une manière de peser différente de la <i>balance,</i> qui s'appelle en Hébreu , <i>moznaim. Bis</i> &amp; <i>lanx, bilanx,</i> à cause des deux plats de la <i>balance,</i> est une étymologie trop naturelle &amp; trop évidente pour en chercher une autre. On trouve plusieurs belles démonstrations touchant les <i>balances</i> chez Guy Ubalde, Galilée, Simon Stevin, Jean Buteon, Casimir Polonois, &amp; autres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALANCE</head>
    <p>
    Balance , en termes de Négoce , se dit de la clôture de l'inventaire d'un Marchand, où il met à gauche en <i>debet</i> la somme de ce qu'il a de fonds en argent, marchandises, dettes actives, meubles &amp; immeubles ; &amp; à la droite il met <i>avoir,</i> qui sont ses dettes passives, &amp; l'argent qu'il doit payer : &amp; quand on a déduit ce qu'il doit d'un côté, de ce qu'il a de bien d'un autre, on voit tout étant compensé &amp; <i>balancé,</i> ce qui lui reste de clair &amp; de net, ou ce qu'il a perdu ou gagné.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALANCE</head>
    <p>
    <pb n="483" facs="bpt6k8542165/f523/full/1200,/0/native.jpg"/> Balance , se dit figurément en choses spirituelles, des raisonnemens contraires qui agissent en notre esprit ; &amp; qui le font pencher tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Tibère a tenu la <i>balance</i> égale entre son fils &amp; Germanicus. Abl. La plus ardente des affections humaines n'a pû emporter la <i>balance</i> en faveur du Légataire. Patru. On peint la Justice avec une <i>balance</i> à la main, pour figurer qu'un Juge doit peser, &amp; mettre en <i>balance</i> les raisons de l'une &amp; de l'autre des parties. Quand il s'agit de choisir entre la vertu &amp; le vice, il ne faut point être en <i>balance</i> pour prendre parti. Il n'est plus question d'entrer dans le détail, ni de peser à la fausse <i>balance</i> des subtilités humaines toutes les expressions des Pères. Peliss.</p><p>On dit aussi pendant un combat opiniâtre entre deux armées, que la victoire est en <i>balance,</i> en suspens, qu'elle ne sait pour quel parti se déclarer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALANCE</head>
    <p>
    Balance , est aussi un des signes du Zodiaque où le Soleil entre au mois de Septembre. <i>Libra.</i> Les Poëtes disent que c'est la <i>balance</i> d'Astrée, Déesse de la Justice, qui se retira au ciel pendant le siècle de fer. Quand le Soleil arrive au premier degré de la <i>balance,</i> nous avons l'équinoxe d'Automne, ce qui arrive le 23. de Septembre, ou environ, &amp; non pas le 12. comme M. Harris le dit.</p><p>La <i>balance</i> est le symbole de la Justice ; avec ce mot, <i>Omnibus aequè,</i> c'est la devise d'un homme juste. Au contraire avec ce mot Italien, <i>Pende onde prende,</i> ou bien, <i>Piega onde piu receve ;</i> c'est la devise d'un homme injuste. Le Cardinal Diomède Carafe d'Ariano avoit pour devise une <i>balance,</i> avec ce mot qui ne convient point au corps, <i>Moderata durant.</i></p><p>Sur les médailles Romaines l'Equité &amp; la Monnoie tiennent en main une <i>balance</i> semblable aux nôtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4005" id="1" type="">
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    <head>BALANCEMENT</head>
    <p>
    BALANCEMENT , s. m. Action du poids qui se balance également de deux côtés jusqu'à ce qu'il soit en arrêt, ou en équilibre. <i>Libratio, ponderatio.</i> Un pendule agité fait un long <i>balancement,</i> jusqu'à ce qu'il soit en un plein repos. Le flux &amp; reflux de la mer vient du <i>balancement</i> que le globe de la terre a sur son axe. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4005" id="2" type="danse">
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    <head>BALANCEMENT</head>
    <p>
    Balancement , ou Pas balancé, se dit en termes de danse d'un pas où l'on se jette sur la pointe du pied, tantôt à droit, tantôt à gauche. <i>Libratio corporis in alterutrum pedem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4006" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALANCER" />
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    <head>BALANCER</head>
    <p>
    BALANCER , v. act. &amp; n. Demeurer ou être mû en équilibre ; être agité de part &amp; d'autre, chanceler, <i>Esse in aequilibrio.</i> La terre <i>balance</i> également sur son centre. Cet homme a quelque temps <i>balancé</i> avant que de tomber.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALANCER</head>
    <p>
    Balancer , se dit aussi en ce sens de deux personnes, qui étant sur les deux bouts d'une planche mise en équilibre, se font hausser &amp; baisser alternativement. <i>Librare sese.</i> Les enfans se <i>balancent</i> &amp; brandillent par divertissement.</p><p>On le dit encore des mouvemens qui font aller &amp; venir une chose d'un côté à l'autre, ce que l'on appelle quelquefois <i>bercer,</i> &amp; quelquefois <i>balancer</i> ; mais il ne faut pas employer indifféremment ces deux verbes dans les mêmes occasions ; outre que <i>balancer</i> est toujours bon, &amp; bercer n'est guère que du style familier en ce sens. <i>Librare se.</i> La terre <i>balance,</i> ou se <i>balance</i> sur son axe. On assure qu'une montagne dans la Chine s'ébranle quand le Ciel menace de quelque orage, &amp; se <i>balance</i> à droit &amp; à gauche comme un arbre que le vent agite. P. Le Comte.</p><p>On dit d'un oiseau de proie, qu'il se <i>balance</i> en l'air ; pour dire, qu'il se tient suspendu en l'air, sans presque remuer les ailes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4006" id="3" type="">
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    <head>BALANCER</head>
    <p>
    Balancer , se dit figurément, pour délibérer, hésiter ; être irrésolu &amp; incertain, ensuite de l'examen qu'on fait dans son esprit, des raisons qui le tiennent en suspens, &amp; qui le font incliner de part &amp; d'autre. <i>Haerere, haesitare, suspenso esse animo, animi pendere.</i> Il <i>balançoit</i> entre l'honneur du monde, &amp; la crainte de M. le Prince. Rochef. Il y avoit long-temps qu'il <i>balançoit</i> s'il se marieroit ou non. On dit aussi, que la victoire a long-temps <i>balancé</i> entre les deux partis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4006" id="4" type="chasse">
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    <head>BALANCER</head>
    <p>
    Balancer , en termes de Chasse , se dit tant de la bête, que des chiens qui la poursuivent, quand ils ne tiennent pas une route certaine, &amp; quand ils se jettent tantôt d'un côté, &amp; tantôt de l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4006" id="5" type="">
   <index type="head" value="BALANCER" />
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    <head>BALANCER</head>
    <p>
    Balancer , signifie encore considérer murement une chose dans son esprit. <i>Pensare, pendere.</i> Il se mit à <i>balancer</i> en lui-même, tantôt son avis, &amp; tantôt celui de ses Capitaines. Vaug. Les Juges étoient partagés, &amp; cette affaire a été long-temps <i>balancée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4006" id="6" type="">
   <index type="head" value="BALANCER" />
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    <head>BALANCER</head>
    <p>
    Balancer , marque encore une espèce de comparaison d'une chose avec une autre, sans que l'une paroisse l'emporter par-dessus l'autre. <i>Adaequare.</i> Rien ne peut <i>balancer</i> son respect. Rag. La joie que l'on a de l'élévation de son ami, est <i>balancée</i> par la peine qu'on a de le voir au-dessus de soi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4006" id="7" type="danse">
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    <head>BALANCER</head>
    <p>
    Balancé , terme de danse , un <i>balancé,</i> pas <i>balancé.</i> Voyez BALANCEMENT, &amp; PAS.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4007" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALANCIER" />
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    <head>BALANCIER</head>
    <p>
    BALANCIER , s. m. Roue ou verge de fer d'une horloge. ou d'une montre, qui se meut sur un pivot ; qui a deux palettes au bas de son pivot, qui modèrent ou arrêtent l'effort ou le mouvement du ressort, qui sans cela se lâcheroit tout d'un coup. <i>Libramentum.</i> Selon qu'une horloge avance, ou retarde, il faut charger, ou alléger le <i>balancier.</i> Il y a aussi des <i>balanciers</i> de tournebroches qui servent à les gouverner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4007" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALANCIER" />
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    <head>BALANCIER</head>
    <p>
    Balancier , chez les ouvriers en Monnoie, est une presse ou machine qui sert à marquer la monnoie, composée d'une vis qui se meut par un fleau de fer fort chargé de plomb par les deux bouts, &amp; qui est tiré avec des cordes par plusieurs hommes. L'invention de ce <i>balancier</i> a été d'abord proposée en France par Nicolas Briot Tailleur général des monnoies. Par le moyen de cette machine un seul homme fait plus d'ouvrage en un jour, que vingt autres avec le marteau. On appelle le <i>Balancier du Roi,</i> le lieu où est la presse qui sert aux empreintes des médailles &amp; des jettons. Les Quarrés à monnoyer, vulgairement appellés coins, sont attachés à ce <i>balancier,</i> celui de l'effigie au-dessous du <i>balancier</i> dans une boëte quarrée, garnie de vis &amp; d'écroues, pour le serrer &amp; le tenir en état, &amp; l'autre en-dessus dans une pareille boëte aussi garnie de vis &amp; d'ecroues pour tenir le quarré à monnoyer. On pose le flan sur le quarré d'effigie : on tourne à l'instant la barre du <i>balancier,</i> qui fait tourner la vis qui y est enclavée ; la vis entre dans l'écroue qui est au corps du <i>balancier</i> ; &amp; la barre fait ainsi tourner la vis avec tant de force, que poussant l'autre quarré sur celui de l'effigie, le flan violemment pressé des deux quarrés, en reçoit les empreintes d'un seul coup en un moment Boizard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4007" id="3" type="">
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    <head>BALANCIER</head>
    <p>
    Balancier , est aussi la poignée de fer qui tient la balance suspendue par le milieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4007" id="4" type="">
   <index type="head" value="BALANCIER" />
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    <head>BALANCIER</head>
    <p>
    Balancier de Compas , est un cercle de laiton qui tient en équilibre l'affût du dedans de la boussole.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4007" id="5" type="">
   <index type="head" value="BALANCIER" />
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    <head>BALANCIER</head>
    <p>
    Balancier de lampe , est un cercle de fer mobile, qui dans un vaisseau soutient la lampe de l'habitacle en équilibre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4007" id="6" type="">
   <index type="head" value="BALANCIER" />
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    <head>BALANCIER</head>
    <p>
    Balancier , est aussi l'artisan qui vend &amp; qui fait des poids &amp; des balances de toutes les sortes ; des pesons, des romaines, des trebuchets. <i>Librarum faber, opifex.</i> Il est sujet à la jurisdiction des Monnoies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4008" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BALANCINES" />
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    <head>BALANCINES</head>
    <p>
    BALANCINES , s. f. plur. <i>Libratores funes, rudentes.</i> Terme de marine . Ce som les cordes qui descendent des barres de hune &amp; des chouquets, qui forment deux branches sur chaque bout d'une vergue pour la balancer, &amp; la tenir en assiète, ou pour la tenir haute &amp; basse. On les appelle aussi <i>Valancines. Balancines</i> de la grande vergue, <i>balancines</i> de sivadière, <i>balancines</i> de grand hunier. Les <i>balancines</i> des huniers servent d'écoutes aux perroquets. <i>Balancines</i> de chaloupe. La vergue d'artimon n'a pas de <i>balancines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4008" id="2" type="">
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    <head>BALANCINES</head>
    <p>
    <pb n="484" facs="bpt6k8542165/f524/full/1200,/0/native.jpg"/> Balancine de Chaloupe , est la manoeuvre qui sert à soutenir le guy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4009" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALANDRAN" />
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    <head>BALANDRAN</head>
    <p>
    BALANDRAN , s. m. Mot qui n'est en usage que dans le style simple &amp; comique, &amp; qui signifie un manteau de campagne, qui est doublé depuis les épaules jusques sur le devant. On passe ses bras entre les deux étoffes par une ouverture qu'on y fait exprès. Ils sont par ce moyen à couvert des injures de l'air. <i>Gausape, gausapina chlamys, penula.</i> S. Amant a dit figurément,</p><p>Cette sorte d'habit est fort ancienne, parce que dès l'an 1226. dans la Règle de Saint Benoît, il est défendu aux Religieux de porter des habits de Laiques, comme des <i>Balandrans</i> &amp; des Surtouts, qui sont appellés <i>Balandrana,</i> &amp; <i>Supertoti.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4010" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BALANT" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BALANT</head>
    <p>
    BALANT , s. m. Terme de Marine . C'est la partie d'une manoeuvre qui n'est point hallée. Le <i>balant</i> d'une manoeuvre se dit encore de la manoeuvre même lorsqu'elle n'est pas employée. Tenir le <i>balant</i> d'une manoeuvre, c'est l'amarrer ensorte qu'elle ne soit point lâche, ou qu'elle ne balance point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4011" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="BALANUS" />
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    <head>BALANUS</head>
    <p>
    BALANUS , s. m. Terme d'anatomie , on l'appelle autrement <i>gland,</i> de la signification propre du mot ; c'est l'extrémité de la verge, ou la tête du membre viril. <i>Balanus.</i> Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4012" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALAOU" />
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    <head>BALAOU</head>
    <p>
    BALAOU , s. m. Petit poisson fort commun à la Martinique. Il est long comme une Sardine, il a à la mâchoire inférieure un bec d'un cartilage assez fort, menu &amp; pointu comme une aiguille, &amp; long comme le doigt. Sa chair est délicate, &amp; de bon goût. P. Du Tertre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4013" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALARE" />
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    <head>BALARE</head>
    <p>
    BALARE , s. m. &amp; f. C'est le nom que prirent, ou que reçurent ceux qui composoient les Colonies qui partirent de Carthage, &amp; qui s'emparerent des montagnes de Sardaigne. <i>Balarus.</i> Pausanias dit que <i>Balare</i> chez les Cyréniens signifioit un exilé, un étranger, un homme venu d'un autre pays. Bochart croit que les <i>Balares,</i> les Corses, &amp; les Iliens, sont la même chose ; qu'ils furent appellés Iliens du mot Punique, , <i>Ilae,</i> haut, montagnard ; Corses, de , <i>Hhorasche,</i> habitant des forêts, &amp; <i>Balares,</i> de , <i>Baririm,</i> c'est-à-dire, <i>Sauvages,</i> en changeant comme il est souvent arrivé le premier <i>r</i> en <i>l ; , barari,</i> en Arabe, signifie <i>désert, solitude.</i> Tite-Live, Pline, Strabon, ont parlé des <i>Balares,</i> &amp; ces Auteurs les distinguent manifestement des Corses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4014" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALATRON" />
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    <head>BALATRON</head>
    <p>
    BALATRON , s. m. Vieux mot, qui signifie débauché, Acron ancien Grammairien, &amp; Commentateur d'Horace, rapporte différentes étymologies de ce nom, que Lambin &amp; les autres Commentateurs de ce Poëte ont copiées d'après lui. 1°. Il dit que ce nom vient de Servilius Balatro, dont Horace parle, Liv. II. Satyr. 8. Ce fut un fameux débauché de Rome, ce qui fit qu'on donna son nom à tous les gens de même sorte. Acron ajoûte qu'on trouve aussi <i>baratrones,</i> d'où <i>balatro</i> peut s'être formé ; en sorte qu'on ait appellé les débauchés <i>baratrons,</i> parce qu'ils jettent leurs biens comme dans un gouffre, <i>in barathrum mittunt.</i> Il dit encore qu'ils ont été appellés <i>Balatrons</i> du mot <i>balatus,</i> bêlement des brebis, pour marquer que ce sont des gens qui ne disent que des bagatelles ; <i>vaniloqui,</i> ou bien que ce sont des goinfres, de grands mangeurs, qui dépensent tout pour leur bouche. Un autre Commentateur plus récent croit que ce mot peut venir de <i>blatero,</i> qui signifie un grand parleur, un babilleur. Spelman le fait descendre de <i>balare,</i> danser, <i>balatro,</i> un danseur. Ce terme passa dans notre langue, &amp; l'on a dit que Henri III. Empereur chassa les farceurs, les <i>Balatrons,</i> &amp;c. Mais il ne se dit plus. Les Italiens appellent encore <i>Balatrons</i> les gens de néant, que nous appellons belîtres, peut-être au sens que Sextus Pompéius lui donne, en disant que <i>balatrons</i> signifie les tâches de boue, les crotes qui s'attachent aux pieds &amp; aux habits d'un homme qui va à pied.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4015" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="BALAUSTES" />
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    <head>BALAUSTES</head>
    <p>
    BALAUSTES , s. m. Terme de Pharmacie . C'est la fleur du grenadier. Les <i>Balaustes</i> sont astringentes, elles arrêtent les cours de ventre, les gonorrhées ; les crachemens de sang, &amp; conviennent dans les hernies. Lemery. Les plus belles <i>Balaustes</i> sont celles qui ont des fleurs larges, de la couleur d'un beau rouge velouté. Pomey fait ce nom de genre féminin. Voyez GRENADE &amp; GRENADIER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4016" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALAUSTIER" />
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    <head>BALAUSTIER</head>
    <p>
    BALAUSTIER , s. m. C'est le grenadier sauvage. Il y en a de deux sortes, le grand &amp; le petit. En Latin, <i>Malus punica sylvestris,</i> ou <i>Balaustium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4017" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALAYER" />
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    <head>BALAYER</head>
    <p>
    BALAYER , v. act. Prononcez Baleyer. Il y en a même qui disent <i>balier,</i> &amp; qui prétendent qu'il est plus en usage que <i>balayer,</i> parce qu'il est plus doux. C'est rendre nette une chambre, une rue, en ôter les ordures avec un balai. <i>Verrere, converrere, deverrere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4017" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALAYER" />
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    <head>BALAYER</head>
    <p>
    Balayer . Ce mot se dit aussi des habits longs, qui traînent &amp; amassent les ordures à mesure qu'on marche.</p><p>On dit proverbialement d'une personne dévote, qu'elle <i>balaye</i> l'Eglise, quand elle en sort toute la dernière.</p><p>On dit figurément que le vent de Nord <i>balaye</i> l'air ; pour dire, qu'il nettoie l'air, qu'il en chasse les nuages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4018" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALAYEUR, EUSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BALAYEUR, EUSE</head>
    <p>
    BALAYEUR, EUSE , s. Celui ou celle qui balaye. <i>Scoparius. Balayeur</i> de Temple, est originairement la même chose que <i>Néocore,</i> qui a maintenant une autre signification parmi les Antiquaires. Car le mot de <i>Néocore,</i> qu'on trouve si souvent sur les Médailles Grecques, est un titre que plusieurs villes Grecques &amp; leurs habitans ont pris, pour marquer qu'elles s'étoient dévouées &amp; consacrées au culte de quelque Divinité, &amp; qu'elles prenoient un soin particulier de leurs statues, de leurs Temples, des sacrifices que l'on faisoit sur leurs Autels, &amp; des jeux qu'elles célébroient à leur honneur. C'est en ce sens que la ville d'Ephèse est appellée <i>Néocore de Diane</i> dans les Actes des Apôtres, &amp; que plusieurs autres villes, comme elle, se disent aussi sur leurs Médailles Grecques, &amp; dans les inscriptions, <i>Néocores des Empereurs,</i> à cause des Temples qu'elles avoient bâti, &amp; des Jeux qu'elles célébroient à leur honneur, de même que du soin qu'elles prenoient de les entretenir. <i>Néocore</i> vient du Grec , qui signifie proprement <i>balayer le Temple,</i> &amp; dans un sens plus honorable, la même chose qu'<i>Aedituus</i> chez les Latins, &amp; Sacristain chez nous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4019" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALAYURES" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BALAYURES</head>
    <p>
    BALAYURES , s. f. plur. Ordures qui sont amassées avec le balai. <i>Purgamenta, sordes.</i> Les Saints se sont quelquefois appellés eux-mêmes par humilité, Les <i>balayures</i> du monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4019" id="2" type="mer">
   <index type="head" value="BALAYURES" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BALAYURES</head>
    <p>
    Balayures , ou Baliyures, en termes de Mer , sont plusieurs choses que la mer jette sur ses bords, comme de la mousse, &amp; ce que les Pilotes appellent <i>ovas marinas.</i> On dit que ce fameux Pedro Serrano qui fit naufrage en une Isle déserte qu'on a appellée depuis <i>Serranilla,</i> vivoit des <i>balayures</i> qu'il alloit ramasser le long de la mer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALBASTRO</head>
    <p>
    BALBASTRO , s. m. <i>Barbastrum</i> Ville Episcopale d'Espagne, dans l'Arragon, sur la rivière de Veré auprès de son embouchure, dans la Cinca. Quelques-uns prétendent qu'elle a été nommée autrefois <i>Bergidum,</i> ou <i>Belgida.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALBUTIEMENT</head>
    <p>
    &#9758; BALBUTIEMENT , s. m. Prononcez Balbucîment. Bégayement. Un esclave More poursuivi par son maître, s'étant sauvé dans l'Eglise, &amp; près du tombeau de Saint Loup ; ce maître, sans aucun respect pour ce saint asile, l'en tira avec fureur, &amp; dit que ce Loup enfermé dans son sépulcre, ne mettroit pas la patte dehors pour l'arracher de ses mains. Il porta dès l'heure même la peine de son blasphême, courant dans le Temple comme un furieux, &amp; ne parlant qu'en hurlant. Sa femme effrayée de son <i>balbutiement</i> &amp; de ses violentes agitations, offrit aux Prêtres un présent considérable, dans l'espérance que par leurs prières elle obtiendroit de Dieu pour ce malheureux un prompt soulagement. Ses voeux furent cependant inutiles : il mourut dans son péché, après avoir souffert d'horribles convulsions pendant trois jours ... <i>Saint Grégoire de Tours. Journ. des Sav.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALBUTIER</head>
    <p>
    BALBUTIER , v. n. Prononcez Balbucier. Parler avec difficulté, soit par le défaut de l'organe, quand on a la langue grasse, soit faute de présence d'esprit, ou de mémoire. <i>Balbutire.</i> Celui qui est sujet à <i>balbutier</i> ne peut jamais être un parfait Orateur. Quand on a trop bû on commence à <i>balbutier.</i></p><p>&#9758; Balbutier, se dit aussi figurément pour dire, Parler sur <pb n="485" facs="bpt6k8542165/f525/full/1200,/0/native.jpg"/>quelque sujet confusement &amp; sans connoissance. Il a voulu parler sur cette affaire, &amp; il n'a fait que <i>balbutier.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALCON</head>
    <p>
    BALCON , s. m. Avance, construction de pierre ou de bois, portée sur des colonnes attachées en saillie au-delà du mur d'un bâtiment, &amp; enfermée d'une balustrade de fer, ou de bois, pour y prendre l'air, ou pour découvrir de plus loin. <i>Podium, menianum.</i> On appelle aussi <i>balcon,</i> la balustrade même de fer composée de balustres plats, ou ronds, avec frises sous l'appui, &amp; des pilastres de fer aux encognures. Les grands <i>balcons,</i> sont ceux qui portent en saillie, &amp; qui sont plus larges que les croisées. Les petits <i>balcons,</i> sont ceux qui sont entre les tableaux des croisées, &amp; qui servent d'appui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALCON</head>
    <p>
    Balcons sur la mer, sont des Galeries qu'on élève sur le devant, &amp; aux têtes de certains vaisseaux, ou pour l'ornement, ou pour la commodité. En l'Isle Notre Dame à Paris, il y a un quai appellé <i>des balcons.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>balcone</i>, qui a été fait du Latin <i>palcus,</i> ou de l'Allemand <i>balk,</i> qui signifie <i>poutre.</i> Mén. Du Cange, après Acharisius, dit que c'est un nom propre venu des Vénitiens ; quelques-uns disent des Génois. Covarruvias croit que ce mot vient du Grec , <i>jacere.</i> Car il dit que les <i>balcons</i> sont proprement des avances, des tourrillons sur les portes des Citadelles, d'où on lançoit toutes sortes de traits sur les ennemis. Le P. Janning Jés. dans les <i>Act. SS. Jun. Tom. I. p.</i> 790. <i>D.</i> sur le mot <i>balconum</i> qui se trouve dans les Actes de S. Bertrand Patriarche d'Aquilée, dit que ce mot est un augmentatif de <i>palcus,</i> qui signifie <i>suggestus</i> ; que l'un &amp; l'autre de ces mots ont été portés en Italie par les Lombards, &amp; qu'ils viennent de l'Allemand <i>balk,</i> qui signifie poutre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALDACHIN</head>
    <p>
    BALDACHIN , ou BALDAQUIN, s. m. Dais, ou poile qu'on porte sur le S. Sacrement, ou sur la tête du Pape dans les grandes cérémonies. <i>Umbella.</i> Borel témoigne que <i>Baldechinum</i> est un vieux mot François, qui signifioit la plus riche des étoffes qui étoit tissue de fil d'or, &amp; dont la trame étoit de soie récamée de broderie. On tient qu'il a été ainsi nommé, à cause qu'il venoit de Baldac, ou de Babylone en Perse. On l'a appellé aussi en vieux François, <i>baudequin.</i> Voyez Du Cange.</p><p>On appelle aussi <i>Baldaquin,</i> un ouvrage d'Architecture qu'on élève en forme de dais, ou de couronne sur plusieurs colonnes, pour servir de couverture à un Autel. Le <i>baldachin</i> du Val-de-Grace est superbe, &amp; magnifique. Je veux bien qu'on se serve de <i>Baldaquins</i> dans nos Eglises Gothiques, qui n'ont pour l'ordinaire par elles-mêmes nulle beauté, nulle grandeur. Je les y souffrirai pourvû qu'il n'y ait rien d'outré. Mais que sous une coupolle, comme celle du Val-de-Grace, par exemple, qui est d'une excellente beauté, on y voie au-dessus de l'Autel une petite espèce de ciboire, qui est mal conçu, écrasé, enterré, &amp; recogné contre la muraille, &amp; qui n'ajoûte rien à la splendeur de son dôme, cela n'est pas supportable. Cordemoy.</p><p>Ce mot est Italien, &amp; vient de <i>Baldachino.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALDECHILDE</head>
    <p>
    BALDECHILDE , sub. f. <i>Baldechildis.</i> On en a fait Bathilde. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4026" id="1" type="">
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    <head>BALDERIC</head>
    <p>
    BALDERIC , s. m. <i>Baldericus.</i> Nom propre d'homme, dont s'est fait Baldric, Baldry, Baudry, nom que portent encore quelques familles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4027" id="1" type="">
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    <head>BALDICHERE</head>
    <p>
    &#9758; BALDICHERE , s. f. Vieux mot qui signifioit ce qu'on appelle aujourd'hui <i>Brandilloire.</i> Branches entrelacées, dont les jeunes gens se servent à la campagne pour se brandiller. Il se mit en contrepois entre deux haies sur une <i>baldichere,</i> &amp; là s'esbattoit &amp; estoit plus aise que ung Roy. <i>Nouvelles nouvelles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4028" id="1" type="">
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    <head>BALDUÏN</head>
    <p>
    BALDUÏN , s. m. <i>Balduinus.</i> Ancien nom propre d'homme, dont s'est formé celui de <i>Baudouin,</i> qu'ont porté plusieurs grands nommes, &amp; que portent encore plusieurs familles de tous les ordres. Aujourd'hui même je ne voudrois point dire <i>Balduin,</i> quand ce seroit en parlant de ceux qui ont porté autrefois ce nom ; je dirois toujours <i>Baudouin. Baudouin</i> Roi de Jérusalem, <i>Baudouin</i> Archevêque de Cantorberi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4029" id="1" type="">
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    <head>BALEARES</head>
    <p>
    BALEARES , s. f. &amp; plur. Isles de la mer Méditerranée, près des côtes du Royaume de Valence &amp; de celles de Catalogne. <i>Baleares,</i> ou <i>Balearides Insulae.</i> Il y a quatre principales <i>Baleares ;</i> Majorque, Minorque, Yvica, ou Erice, &amp; Formentera. Cette dernière est inhabitée, à cause de la quantité prodigieuse de serpens qu'il y a. Pline &amp; Strabon assurent que les habitans des <i>Baléares</i> demanderent un secours de troupes à Auguste contre les lapins, qui renversoient leurs maisons &amp; leurs arbres. Pline. <i>Liv. VIII. ch.</i> 55. Strab. <i>Liv. III.</i></p><p>Tite-Live a dit que le nom de <i>Baléares</i> leur vient de Baleus, l'un des Compagnons d'Hercule, qui y fut inhumé. D'autres prétendent qu'il vient du mot Grec , qui signifie <i>jetter, lancer,</i> parce que les habitans de <i>Baléares</i> excelloient dans l'art de lancer des pierres avec la fronde, qu'ils avoient appris, à ce que quelques-uns prétendent, des Phéniciens, &amp; auquel, selon Lycophron &amp; Florus Liv. III. ch. 8. ils exerçoient leurs enfans dès la plus tendre jeunesse, en leur exposant leur déjeûné pendu à une poutre, &amp; ne le leur donnant point qu'ils ne l'ieussent abattu avec la fronde. Nicolaus Spécialis dit même <i>Lib. I. Rer. Sic. p.</i> 613. <i>du Marca hisp,</i> que c'est dans les <i>Baléares</i> qu'on a inventé les Balistes. Mais les Auteurs du XIVe siècle, tel que celui-ci, ne sont pas toujours bons garants de l'antiquité. Quoi qu'il en soit, les habitans de <i>Baléares</i> étoient très-habiles à lancer, &amp; cette origine du nom de <i>Baléares</i> passe pour la plus vraie. Tite-Live lui-même semble la préférer à l'autre qu'il rapporte, &amp; qui n'est qu'une fable. Isacius sur Lycophron dit que <i>Baléares</i> est la même chose que Valeries, <i>Valeriae insulae,</i> ; c'est-à-dire, les Isles saines. C'est une idée sans fondement. Bochart, qui dans son <i>Chanaan</i> Liv. I. chap. 35. avoue que ce nom fut donné à ces Insulaires, à cause de leur habileté à lancer des pierres, ne veut pas cependant qu'il vienne du Grec , <i>jetter, lancer</i> ; mais du Phénicien , <i>baal-jaro</i> ; c'est-à-dire, <i>Magister jaculi,</i> ou <i>projiciendi lapides,</i> habile à lancer. Ces Isles ont encore été appellées , <i>Gymnesiae,</i> &amp; les habitans <i>Gymnetes,</i> de , <i>nud,</i> parce que les barbares qui les habitoient étoient tous nuds, se vêtant de peaux seulement l'hiver. Ces Isles ont fait un Royaume particulier, que les Maures envahirent lorsqu'ils se rendîrent maîtres de la Bétique, &amp; d'où Jacques I. Roi d'Arragon les chassa en 1230. Depuis ce temps-là les <i>Baléares</i> font partie du Royaume d'Arragon. Voyez sur les <i>Baléares</i> le <i>Marca Hispanica</i> de M. Baluse, où l'on voit à qui elles ont appartenu, tant pour le spirituel que pour le temporel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4030" id="1" type="">
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    <head>BALEARIQUE</head>
    <p>
    BALEARIQUE , adj. m. &amp; f. Qui est des Baléares, ou qui appartient aux Baléares. <i>Balearicus.</i> Il y a une espèce de Grue qu'on nomme Grue <i>Baléarique,</i> dont nous parlerons au mot Grue. Q. Caecilius Metellus fut surnommé <i>Baléarique,</i> pour avoir soumis les Baléares au peuple Romain. C'est ce que marque une ancienne inscription qui se voit sur les murailles de Tarragone du côté de l'Occident, &amp; qui porte Q. C. M. B. INS. BAL. O. ET. I. IMP. ROM. S. IN PER. c'est-à-dire, <i>Quintus Caecilius Metellus Balearicus insulas Baleares obtinuit, &amp; Imperio Romano subjecit in perpetuum.</i> Nous avons une histoire du Royaume <i>Baléarique</i> en Espagnol par le Docteur Jean Dameto, <i>La historia General del Reyno Balearico.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4031" id="1" type="">
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    <head>BALEINE</head>
    <p>
    BALEINE , s. f. <i>Balaena.</i> C'est le plus gros des poissons. Godeau les appelle des écueils vivans. Pline fait mention de quelques <i>baleines</i> longues de quatre arpens, d'autres de 200. coudées : mais il se trompe, ou il exagère. Il y en a dont les os ou arêtes sont capables d'étayer on de servir à construire de grands édifices. Les <i>baleines</i> du Nord sont beaucoup plus grandes que celles qui atterrissent sur les côtes de Guyenne, ou de la Méditerranée. Il y en a pourtant à l'Amérique de fort grandes, qui ont jusqu'à 90. ou 100. pieds entre la tête &amp; la queue, dont les nageoires ont 26. pieds, les ouies trois pieds, &amp; la largeur de leur queue est de 23. pieds. Le P. d'Ouaglie écrit dans sa <i>Relation du Chili</i> ch. 17. qu'il y a plus de <i>baleines</i> au Chili qu'en aucun autre lieu du monde, &amp; si grandes qu'on les prend quelquefois pour des Isles. Pomey rapporte qu'en 1658. on apporta à Paris le squélette d'une <i>baleine,</i> dont le crane étoit de seize à dix-sept pieds d'ouverture, pesant quatre mille six cents livres ; les mâchoires de dix pieds d'ouverture ; &amp; quatorze pieds de longueur, pesant chacune onze cents livres ; les nageoires qui ressembloient à des mains, de douze pieds de long, pesant chacune six cents livres ; les côtes de douze pieds &amp; demi, pesant chacune quatre-vingt livres ; les noeuds <pb n="486" facs="bpt6k8542165/f526/full/1200,/0/native.jpg"/>de l'échine depuis la tête jusqu'au bout de la queue de quarante-cinq pieds de long, les premiers noeuds pesant cinquante livres, &amp; les autres diminuant jusqu'au bout. Les Chinois disent qu'on en a pris dans leurs mers qui avoient 960. pieds de long. Nos Européens néanmoins n'en ont guère trouvé qui aient excédé 200. pieds. <i>Ambass. des Holl. à la Chine Part. II. p.</i> 99.</p><p>Il y a des <i>baleines</i> de plusieurs sortes, qui produisent toutes des baleinons vivans &amp; parfaits animaux, mais qui n'en portent que deux tout au plus. Elles les nourrissent à la mammelle avec grand soin. La nourriture des <i>baleines</i> est une eau ou écume qu'elles savent extraire de la mer, à ce que disent Aelian, Rondelet &amp; Gesner. Elles vivent aussi d'un petit insecte que les Basques nomment <i>Gueld,</i> qui est le <i>Psillus marinus,</i> ou la <i>Puce de mer,</i> qui se trouve dans le Nord en grande abondance pour nourrir le gros poisson. En effet dans la dissection des <i>baleines</i> on ne trouve autre pâture dans leur estomac que de l'eau épaisse, &amp; de ces menus insectes, rarement quelques anchois ou petits poissons blancs, mais jamais de gros poissons, ni de morceaux d'ambre, comme ont voulu faire croire Cardan &amp; autres. Les Hollandois, dans leur <i>Ambass. à la Chine Part. II. p.</i> 99. disent qu'on ne trouve dans leur estomac qu'environ 10. ou 12. poignées de petites araignées noires, &amp; quelque peu d'herbe verte ; &amp; que quand la mer se trouve couverte de ces araignées, c'est une marque que la pêche sera bonne. Ils ajoûtent qu'on a quelquefois trouvé 30. ou 40. cabilleaux dans leur ventre.</p><p>La plupart des <i>baleines</i> n'ont point de dents, mais seulement des fanons ou barbes dans la gueule larges d'un empan, &amp; longues de quinze pieds, plus ou moins, finissant en franges semblables par le bout aux soies de pourceaux, lesquelles sont enchassées par enhaut dans le palais, &amp; rangées en ordre selon leur différente grandeur, comme le manteau d'un oiseau. Ces barbes servent à dilater &amp; à restreindre les joues de la bête, qui sont quelquefois si amples, qu'elles sont capables de contenir le baleinon nouvellement né, comme dans une boëte, pendant les orages, comme écrit Olaüs. L'Auteur de l'<i>Ambass. des Holl. au Japon Part. II. p.</i> 139. dit que les <i>baleines</i> du Japon ont deux grands trous sur le mufle par où il entre quantité d'eau, qu'elles revomissent ensuite avec grande impétuosité. Le P. Du Tertre, <i>Hist. des Antilles</i> Tr. IV. ch. 1. §. 1. dit qu'elles vont souflant &amp; comme séringuant par les nazeaux deux petits fleuves d'eau, qu'elles poussent dans l'air haut de deux piques, &amp; que dans cet effort elles font un certain meuglement, qui se fait entendre d'un bon quart de lieue. L'Auteur de l'<i>Ambassade au Japon</i> ajoûte que leurs yeux sont longs de trois aunes, &amp; larges d'un pied &amp; demi ; leurs ouies beaucoup plus grandes dedans que dehors, &amp; qu'elles entendent le moindre bruit ; que quand elles ouvrent la gueule, elle est large de plus de cinq brasses ; que leur langue a dix-buit pieds de long sur six de large ; qu'il est certain qu'elles se nourrissent de poisson, &amp; qu'on a trouvé dans le ventre de quelques-unes 40. ou 50. morues.</p><p>Les Journaux des Savans d'Angleterre, en parlant des <i>baleines</i> qui se trouvent dans la mer de l'Amérique aux environs des Bermudes, disent qu'elles ont de grandes barbes pendantes depuis le dessous du nez jusques au nombril, &amp; vers la fin des parties de derrière une crête sur le dos ; que ce poisson a la figure fort aiguë par le derrière, approchant de celle du toit d'une maison ; qu'à côté de sa tête il y a plusieurs bosses, que son dos est extrêmement noir, &amp; son ventre blanc ; que l'agilité &amp; la vîtesse de ces poissons est inconcevable ; qu'une ayant été harponnée, elle entraîna le vaisseau plus de 6. ou 7. lieues loin en trois quarts d'heure ; que quand elles sont blessées elles font un cri horrible, auquel toutes les autres qui le peuvent entendre accourent, mais sans faire aucun mal à personne ; qu'elles sont plus longues que les <i>baleines</i> de Groenland, mais moins épaisses ; qu'elles se nourrissent des herbes qui croissent dans le fond de la mer ; que l'on a trouvé quelquefois dans leur estomac deux ou trois hottées de matière verte &amp; herbue ; que l'on peut tirer jusqu'à 7. ou 8. tonnes d'huile des plus grandes de ces <i>baleines,</i> que les baleinons en rendent peu, &amp; qu'elle ressemble plutôt à de la gelée qu'à de l'huile ; que celle des vieilles <i>baleines</i> se fige comme du sain de pourceau, &amp; ne laisse pas de très-bien brûler ; que celle que l'on tire de la graisse est claire comme du petit lait ; mais que celle que l'on tire du maigre entrelardé se durcit comme du suif, &amp; petille en brulant ; que celle enfin qu'on fait de la panne, est comme de la graisse de porc ; qu'on peut tremper sa main dans cette huile toute bouillante sans se brûler ; qu'elle est souveraine pour les plaies, &amp; pour plusieurs autres sortes de maux étant appliquée sur la partie malade.</p><p>Arrien rapporte dans les Navigations de Néarque que la flotte d'Alexandre ayant trouvé dans la mer des Indes des <i>baleines</i> qui jettoient beaucoup d'eau en l'air, tout l'équipage fut extrêmement épouvanté ; que Néarque ayant appris ce que c'étoit, ordonna qu'on allât droit à ces monstres en ordre de bataille, trompettes sonantes, criant beaucoup, frappant les armes pour faire un grand bruit ; &amp; que cela les fit plonger dans la mer, &amp; les chassa.</p><p>Il y a une espèce de <i>baleines</i> qui ont de petites dents plates dans la gueule sans fanon ; &amp; de celles-là les Basques tirent la drogue qu'on nomme <i>Sperme de baleine,</i> dont ils remplissent des tonneaux, le puisant dans la tête avec des poilons ou grandes cuillières. Les Droguistes l'étraignent, le lavent, &amp; le préparent ensorte qu'ils le rendent blanc comme la neige ou fleur de sel, &amp; ressentant l'odeur de la violette. Ils l'ont nommé <i>blanc de baleine,</i> à cause que les femmes s'en servent pour faire un fard excellent. Cette matière blanche &amp; écailleuse se fond comme de la cire. La plupart de ceux qui tirent cette matière des <i>baleines,</i> assurent que c'est son cerveau, mais il n'y a pas d'apparence, puisque nul cerveau de poisson n'a les qualités du blanc de <i>baleine.</i> Ne pourroit-on pas croire plutôt que c'est une substance moëlleuse qui se trouve logée entre les deux tables du crane de ce poisson ? Le blanc de <i>baleine</i> s'appelle sperme, ou la nature de <i>baleine, Sperma Ceti,</i> parce qu'on a long-temps douté si cette matière n'étoit pas le sperme même de l'animal. On la nomme encore ambre blanc, <i>ambarum album,</i> à cause qu'on en a trouvé des morceaux sur les bords de la mer. Le blanc de <i>haleine</i> sortant du poisson est presque tout en huile. Les Hollandois sont les seuls qui en séparent cette huile ; &amp; on tire d'eux cette matière rafinée &amp; blanchie ; &amp; lorsque cette même matière redevient jaunâtre, il ne faut que changer le papier qui l'enveloppe, &amp; la mettre dans des papiers non collés, qui s'abreuvent de cette partie huileuse, &amp; font que la matière devient blanche.</p><p>Il y a une autre espèce de <i>baleine</i> qui a l'ouverture de l'oreille sur les épaules. La queue de la <i>baleine</i> lui sert à nager en frappant l'eau. Elle s'en sert aussi à renverser les barques des Pêcheurs qui la poursuivent.</p><p>Les Pêcheurs appellent <i>bonnes baleines,</i> celles dont ils tirent le plus d'huile. Elles n'ont qu'un seul évent sur le front, d'où sort assez lâchement une bruine d'eau ressemblant à de la fumée : ce qui les fait remarquer, lorsqu'elles viennent en haut pour respirer. <i>Ces bonnes baleines</i> sont femelles, &amp; le plus souvent nourrices, car c'est alors qu'elles sont le plus grasses. On en prend à la Chine qui rendent plus de 240. barriques d'huile, &amp; dont la seule langue en donne quelquefois 60. barriques. Je ne sai si nos Hollandois en ont jamais tant tiré en leur pêche de Groenlande. <i>Ambass. des Holl. à la Chine Part. II. p.</i> 100.</p><p>Les <i>baleines</i> qui éjaculent &amp; font réjaillir leur fumée en l'air à la hauteur d'une lance, comme par une seringue, se nomment <i>Physetères,</i> ou <i>Souffleurs.</i> Pour celles qui fument &amp; respirent par deux ouvertures posées sur le front, car c'est leur manière de respirer, qui comme on l'a dit, se fait à grand bruit ; pour celles-là, dis-je, je ne trouve pas qu'elles aient de nom particulier. Leurs nageoires sont nommées <i>bras,</i> ou leurs <i>ailes,</i> &amp; sont couvertes de gros cuir noir, aussi bien que la queue &amp; tout le corps, à la réserve du ventre qui est blanc. Il y a une autre espèce de <i>baleines</i> qu'on appelle <i>Jubartes.</i></p><p>Le passage vient en hiver depuis l'Equinoxe de Septembre ; &amp; elles s'arrêtent en un lieu nommé <i>la Chambre d'amour,</i> proche le mur de l'ancien château de Ferragus à une lieue de Baïonne. Elles s'y viennent engouffrer pour éviter les profondes ténèbres de la Mer Glaciale du Nord, où elles séjournent pendant tout l'Eté, (car elles aiment la lumière &amp; le soleil) afin de jouir d'un jour continuel de six mois. Quand il se retire, elles courent en florte vers le <pb n="487" facs="bpt6k8542165/f527/full/1200,/0/native.jpg"/>Pole du Sud. Celles des Isles de l'Amérique paroissent depuis le commencement de Mars jusqu'à la fin de Mai. Les Pêcheurs conjecturent que le reste du temps elles se retirent dans les antres herbus du Golfe de la Floride, parce que l'on a observé que sur leurs ailes &amp; sur leurs queues il y avoit quantité de viscosités gluantes sur lesquelles il croissoit des rocailles, &amp; qu'on y a même trouvé des coquilles plus grandes que celles des huîtres. Elles sont alors en chaleur, &amp; s'accouplent pendant ce temps-là. Quand deux mâles se rencontrent auprès d'une femelle, ils se livrent un dangereux combat, frappant si rudement des ailes &amp; de la queue contre la mer, qu'il semble que ce soient deux navires qui sont aux prises à coup de canon.</p><p>La <i>baleine</i> suit ponctuellement son baleinon : ce qui a fait croire à quelques Naturalistes, comme à Aelian que c'étoit un poisson différent, qu'ils ont nommé <i>Musculus,</i> ayant présumé que la nature l'avoit produit exprès pour servir de guide à la <i>baleine.</i> Cardan l'appelle <i>Orca,</i> &amp; croit qu'il poursuit la <i>baleine</i> pour la blesser par le foible du ventre : mais au contraire cela n'arrive que quand le baleinon se dresse à la tetine pour prendre son aliment. Ces petits sont toujours sous les ailerons de la mère jusqu'à ce qu'ils soient sevrés. Les femelles n'ont point de pis, quoiqu'elles aient du lait en abondance, &amp; qu'on en ait quelquefois tiré de leurs mammelles jusqu'à deux barriques. <i>Ambass. des Holl. au Japon. II. p.</i> 140.</p><p>C'est une fable que tout ce que les Anciens ont dit d'un poisson qui sert de guide aux <i>baleines.</i> Jean Cabri, Académicien de Florence, fait mention d'une <i>baleine</i> qui échoua sur les côtes d'Italie en 1624. qui avoit, dit-il, la gueule si large, qu'un homme à cheval y auroit pû entrer commodément. Pour la prise &amp; la pêche des <i>baleines,</i> voyez ci-après Harpon, &amp; Harponneur. La manière dont Garcie décrit la pêche des <i>baleines</i> par les Sauvages de l'Amérique, paroît suspecte au P. Du Tertre.</p><p>Il y a des <i>baleines</i> si grasses, que vives &amp; mortes elles surnagent. Leur huile sert pour engraisser le brai, pour enduire &amp; espalmer les navires, pour brûler à la lampe ; aux Drapiers pour préparer les laines ; aux Corroyeurs pour les cuirs ; aux Peintres pour certaines couleurs ; aux Foulons pour faire du savon ; aux Architectes &amp; Sculpteurs, pour faire une laitance ou détrempe avec ceruse ou chaux, qui durcit &amp; fait croûte sur la pierre molle &amp; venteuse qui en a été enduite, &amp; la fait résister aux injures de l'air. Et les fanons avec le membre génital s'emploient à faire des parasols, des éventails, des baguettes aux Ecuyers &amp; aux Huissiers, des corsets, paniers, buscs aux Dames, &amp; à plusieurs ouvrages de Tourneurs, Couteliers, &amp;c. Un bourgeois de Ciboure, nommé François Soupite, a trouvé l'invention de cuire &amp; de fondre les graisses à flot &amp; en pleine mer, bâtissant un fourneau sur le second pont du navire. On se sert des grillons &amp; du marc de la première cuite, au lieu de charbon, pour la seconde.</p><p>Les <i>baleines</i> sont en si grande abondance au Nord de l'Islande &amp; vers Spisberg, qu'en Eté ces monstres nagent &amp; s'ébattent en grosses troupes comme des carpes dans un vivier, ou du poisson blanc dans une rivière. En Angleterre les <i>baleines</i> sont des poissons Royaux qui appartiennent au Roi, aussi-bien que les éturgeons, ensorte que la tête de la <i>baleine</i> appartient au Roi, &amp; à la Reine la queue.</p><p>On dit dans la plupart des versions Françoises du nouveau Testament au chap. 12. de S. Matth. v. 40. que <i>Jonas fut trois jours &amp; trois nuits dans le ventre de la baleine.</i> M. Simon a cru que cette interprétation n'étoit pas exacte, parce que le mot qui est dans l'original Grec, &amp; celui de <i>Ceti</i> qui est dans l'ancienne édition Latine, signifie en général <i>un grand poisson.</i> Et en effet, il n'y a point autrement dans le texte Hébreu du Prophète Jonas. M. de Saci même, dans son Commentaire sur ce Prophète, dit qu'on croit communément que les <i>baleines,</i> quelque grandes qu'elles soient, ont le gosier trop resserré &amp; trop petit pour pouvoir avaler un homme tout entier.</p><p>Les ennemis de la <i>baleine</i> sont le Dauphin, le Tonin, l'Orke, &amp; le Poisson noir, lequel tâche de lui ouvrir le ventre avec sa scie, ou bien d'entrer dans sa gueule pour lui emporter la langue. <i>Ambass. des Holl. à la Ch. P. II. pag.</i> 99.</p><p>Ce mot vient du Grec , ou , selon l'ancienne coutume des Grecs, qui disent par exemple, , pour . C'est le sentiment de Festus. On ajoûte qu'elles sont appellées de ce nom, à cause qu'elles jettent fort haut l'eau de la mer, car en Grec signifie <i>jetter, lancer.</i> D'autres font venir ce mot <i>phalaina</i> de , qui signifie en Grec <i>reluisant.</i> La <i>baleine</i> est un animal à poil, &amp; ses poils reluisent de loin sur sa tête. On pourroit encore ajoûter que la <i>baleine</i> est appellée par les Grecs <i>phalaina</i> de , <i>reluisant,</i> à cause de certaines taches blanches qu'elle a qui paroissent de fort loin. Selon le P. Pezron <i>balena, baleine,</i> est formé du Celtique <i>balen,</i> &amp; selon Vossius, <i>de Idol. Lib. IV. cap.</i> 22. vient du Chaldéen , <i>avaler,</i> parce que cet animal avale un homme entier.</p><p>Une <i>baleine</i> qui reçoit dans sa gueule ses baleinons pour les défendre des tempêtes, comme le dit Philostrate dans la vie d'Apollonius, Liv. II. ch. 7. &amp; ce mot. <i>Quos perdere visa, tuetur,</i> fut la devise qu'on donna à Victor Amedée Duc de Savoie, après son expédition contre le Duc de Nemours.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BALEINE</head>
    <p>
    Baleine . On appelle aussi de ce nom toutes les parties de la <i>baleine</i> qui servent, ou à mettre dans les corps de jupe, ou à faire des parasols, des éventails, des buscs, des baguettes, des paniers, &amp;c.</p><p>La chair de <i>baleine</i> est de mauvaise odeur, &amp; très-difficile à digérer, aussi n'en mange-t'on pas : il n'y a que les peuples qui habitent proche le Cap de Bonne Espérance qui en mangent quand ils en peuvent avoir : elle convient assez à leurs estomacs robustes &amp; peu délicats, qui s'accommodent d'intestins cruds &amp; puants, &amp; qui les digèrent comme les choses les plus tendres &amp; les plus agréables. Rondelet dit que la langue de la <i>baleine</i> est d'un bon goût.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BALEINON" />
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    <head>BALEINON</head>
    <p>
    BALEINON , ou BALEINEAU, subst. masc. Une jeune baleine, un petit de la baleine. <i>balaenaevitulus.</i> Quelques-uns écrivent <i>balenon</i> sans <i>i.</i> Il y a des <i>balenons</i> de 33. pieds de long.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BALENAS" />
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    <head>BALENAS</head>
    <p>
    BALENAS , subst. masculin. Le membre de la baleine qui sert à la génération : ce qui est particulier à cette sorte de poisson, qui engendre comme les animaux terrestres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4034" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BALESTRILLE" />
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    <head>BALESTRILLE</head>
    <p>
    BALESTRILLE . Terme de Marine . C'est un instrument avec lequel on prend les hauteurs : on l'appelle autrement arbalête, ou bâton de Jacob.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4035" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALEVRE" />
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    <head>BALEVRE</head>
    <p>
    BALEVRE , s. f. Lèvre d'enbas. <i>Labrum inferius.</i> Pasquier dérive ce mot de <i>bis labra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4035" id="2" type="architecture">
   <index type="head" value="BALEVRE" />
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    <head>BALEVRE</head>
    <p>
    Balevre , en termes d'Architecture , est ce qui passe d'une pierre plus que de l'autre près d'un joint dans la douelle d'une voûte, ou dans le parement d'un mur, &amp; qu'on retaille en le ragréant. C'est aussi un éclat d'un joint crevé, parce qu'il étoit trop serré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4036" id="1" type="relation">
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    <head>BALHOAVA</head>
    <p>
    BALHOAVA . s. m. Terme de Relation . Religieux Pénitent parmi les Arabes. Il y avoit un de ces Calenders que les Arabes nomment <i>Balhoava,</i> que le simple peuple honoroit comme un martyr, qui avoit un cimeterre fiché dans les flancs, qu'il tenoit par la garde, &amp; trois broches de fer comme de grosses lardoires, qui lui traversoient les muscles du bras, avec un panache fiché au milieu du front P. Roger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4037" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALI" />
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    <head>BALI</head>
    <p>
    &#9758; BALI . Langue en usage à Siam. Les Talapoins paroissent fort savans dans leurs Sermons, quand ils citent quelque passages de leurs Livres anciens, qui sont en Langue <i>Bali.</i> Ce <i>Bali</i> est comme le Latin parmi nous. Abbé de Choisy. Le Chevalier de Chaumont, qui dit la même chose, ajoûte, que cette Langue est très-belle &amp; emphatique, &amp; qu'elle a ses conjugaisons comme la Latine. <i>Relation du Voyage de Siam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4038" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BALISE" />
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    <head>BALISE</head>
    <p>
    BALISE , s. f. Terme de Marine . Marque qu'on met sur les côtes ou canaux de la mer, dans les lieux dangereux, &amp; aux havres de barre ou d'entrée où il y a peu de fond, pour assurer la navigation. Ce sont ordinairement des tonneaux attachés par une chaine de fer à de grosses pierres qu'on jette au fond. Ils nagent sur l'eau, &amp; marquent le chemin qui est le plus sûr. Il y en a beaucoup en Hollande pour arriver à Amsterdam. Il y a quelquefois des mâts dressés, qui servent de <i>balises</i> ou de bouées, qui signifient la même chose. Ce sont quelquefois de grands arbres touffus de feuillages &amp; ramages haut élevés, &amp; posés en échauguette à l'embouchure des rivières, au nombre de deux pour le moins, qu'il faut prendre en juste <pb n="488" facs="bpt6k8542165/f528/full/1200,/0/native.jpg"/>alignement l'un couvrant l'autre, ensorte que tous deux ne paroissent qu'un à l'oeil, &amp; il faut entrer en cette posture qu'on nomme <i>travers.</i></p><p>Les Mariniers expliquent cet alignement en ces termes, <i>Fermer l'un parmi l'autre pour être dedans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4039" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALISEUR" />
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    <head>BALISEUR</head>
    <p>
    &#9758; BALISEUR , s. m. Celui qui est chargé de veiller aux terres des riverains, qui sont tenus de laisser dix-huit pieds sur les bords de la rivière pour faciliter la navigation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4040" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALISIER" />
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    <head>BALISIER</head>
    <p>
    BALISIER , s. m. ou Canne d'Inde, s. f. <i>Cannacorus. Canna Indica.</i> Plante qui vient des Indes, &amp; qui a de ses racines composées de gros noeuds ou tubercules fibreux &amp; chevelus, d'où partent quelques tiges hautes de quatre à cinq pieds, enveloppées de feuilles, qui forment d'abord des cornets très-bien roulés, &amp; qui peu-à-peu se déploient &amp; ont souvent un pied &amp; demi de longueur sur demi pied ou huit pouces de large : elles sont rayées de plusieurs nervures transversales qui partent de la côte qui sépare la feuille en deux. Ses fleurs occupent le sommet des tiges ; elles sont d'un beau rouge ; chaque fleur est un tuyau découpé profondément en cinq ou six pièces inégales : la pièce du milieu représente une languette, qui est chargée d'un sommet. Le calice, qui est un autre petit tuyau qui enveloppe la fleur dans sa naissance, a à sa base un embryon, qui après que la feuille est passée devient un fruit qui contient dans ses trois cellules membraneuses des semences brunes, rondes, dures &amp; grosses comme des petits pois : on en fait des chapelets. Il y a plusieurs espèces de <i>Balisiers</i> qui diffèrent entre elles par la couleur de leurs fleurs, par la grandeur &amp; par la largeur des feuilles. Comme les feuilles de <i>Balisiers</i> sont fermes, elles servent aux Indiens à envelopper plusieurs drogues, &amp; même quelquefois à couvrir leurs cabanes. Les Auteurs Botanistes ont parlé de cette plante sous le nom de Canne d'Inde, <i>Canna Indica,</i> &amp; de <i>Flos cancri.</i> Voyez Daléchamp &amp; le P. Du Tertre. <i>Hist. des Antil.</i> T. II. p. 126.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4041" id="1" type="">
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    <head>BALISTE</head>
    <p>
    BALISTE , s. f. <i>Balista.</i> Machine de guerre, &amp; espèce de fronde dont se servoient les Anciens pour jetter des pierres. La <i>Baliste</i> différoit de la catapulte, en ce que les catapultes servoient à lancer des javelots &amp; des dards, au lieu qu'avec les <i>balistes</i> on ne lançoit que des pierres. Du reste, elles se bandoient de la même manière. On en peut voir les figures dans Juste-Lipse, Vegece, Liv. IV. ch. 22. &amp; autres. Ammien Marcellin la décrit fort exactement, Liv. XXIII. ch. 4. On l'appelloit en vieux François <i>Mangonneau.</i> Sanulus, Liv. II. P. IV. ch. 8. en rapporte les différentes espèces. Un Historien contemporain de Philippe Auguste, remarque à l'occasion du siége de Boves, que la <i>baliste</i> n'étoit point alors en usage en France, quoique cette machine fût fort ancienne, &amp; assez commune ailleurs. C'étoit une machine avec laquelle on jettoit dans les places assiégées de grosses pierres, des flèches, &amp; des feux d'artifice. On se servoit en France de la mine, &amp; du belier, pour renverser les murailles, &amp; de quelques autres machines qui approchoient de la <i>baliste.</i> P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4042" id="1" type="">
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    <head>BALISTAIRE</head>
    <p>
    BALISTAIRE . <i>Balistarius.</i> Nom d'un Officier de guerre dans l'Empire Romain &amp; dans l'Empire Grec. Les <i>Balistaires</i> étoient répandus dans les Villes de l'Empire, &amp; ils avoient soin d'entretenir en bon état les armes &amp; les machines qui étoient dans les arsenaux. Voyez <ref type="search" target="head:Guther">Guther</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4043" id="1" type="eaux & forets">
   <index type="head" value="BALIVAGE" />
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    <head>BALIVAGE</head>
    <p>
    BALIVAGE , s. m. Terme des Eaux &amp; Forêts . Compte ou marque des baliveaux qu'on doit laisser sur chaque arpent des bois qu'on a coupés, ou qui sont à couper, pour les laisser croître en haute fûtaie. <i>Designatae ad propagationem arbores, relictae post caesuram arbores.</i> Les Officiers des Eaux &amp; Forêts font le <i>balivage</i> des bois avant que d'en faire l'adjudication.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4044" id="1" type="eaux & forets">
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    <head>BALIVEAU</head>
    <p>
    BALIVEAU , s. m. Terme des Eaux &amp; Forêts . Jeune chêne au-dessous de 40. ans. <i>Relicta ad propagationem quercus.</i> Il est enjoint par les Ordonnances des Eaux &amp; Forêts de laisser seize <i>baliveaux</i> de l'âge du bois dans chaque arpent de taillis qu'on coupe, outre tous les anciens &amp; modernes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4044" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALIVEAU" />
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    <head>BALIVEAU</head>
    <p>
    Baliveau sur souche, ou sur brin, est le maître brin d'une souche qui est de belle venue, qu'on a réservée dans les coupes pour croître en haute fûtaie. Les <i>baliveaux</i> doivent être de chêne, ou de châtaignier, ou de hêtre. Ils prennent le nom d'<i>arbre</i> en quittant celui du taillis, &amp; s'appellent <i>Arbres baliveaux,</i> ou <i>lais,</i> ou <i>Arbres réservés</i> ; &amp; plusieurs les appellent <i>Etalons,</i> parce qu'ils repeuplent les ventes, par analogie aux chevaux : ce sont ceux qu'on appelle <i>de l'âge du bois. Primae caesurae superstes quercus.</i></p><p>On appelle <i>Pérots,</i> ceux qui sont laissés de deux coupes, &amp; <i>Tayons,</i> les <i>baliveaux</i> ou <i>lais</i> de trois coupes, comme qui diroit, fils, père &amp; aieul. <i>Tertia ex caesurâ superstes quercus.</i> Les <i>baliveaux</i> modernes sont les réservés des coupes précédentes jusqu'à 60. ou 80. ans. Les particuliers ont permission d'en disposer après 40. ans, &amp; non auparavant.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot de <i>bacillus,</i> qui signifie <i>bâton.</i> Il y a plus d'apparence qu'on a dit <i>baliveaux</i> pour <i>boisviaux,</i> &amp; <i>boisviaux</i> pour <i>boisvieux,</i> par opposition aux taillis. On trouve <i>boisviaux</i> dans les chartres. <i>Item il donnera à l'Empereur au parc de Pisons cent arpens de bois de huit ans, &amp; les boisviaux qui demeureront au Parc.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4044" id="3" type="">
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    <head>BALIVEAU</head>
    <p>
    Baliveaux de Tailleurs de pierre. Voyez <ref type="search" target="head:ECHASSES">ECHASSES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4045" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALIVERNER" />
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    <head>BALIVERNER</head>
    <p>
    &#9758; BALIVERNER , v. act. &amp; neut. Se moquer de quelqu'un, ou conter des balivernes, tenir des discours ridicules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4046" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALIVERNES" />
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    <head>BALIVERNES</head>
    <p>
    BALIVERNES , s. f. plur. Discours inutiles qui n'ont ni raison ni solidité, sornettes, contes faits à plaisirs. <i>Nugae.</i> Toutes les raisons de ce chicaneur ne sont que des <i>balivernes.</i> Je n'entens rien à toutes ces <i>balivernes.</i> Mol. Ce mot ne peut passer que dans le style simple &amp; comique.</p><p>Ce mot se trouve au singulier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4047" id="1" type="poesie">
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    <head>BALLADE</head>
    <p>
    BALLADE , s. f. Terme de Poësie . On prononce BALADE. La <i>balade</i> se rapporte au <i>chant royal</i> comme le triolet au rondeau. Elle n'a que trois couplets, &amp; l'envoi où l'on met quatre ou cinq vers, selon que le couplet est un huitain ou un dixain. Il faut que les mêmes rimes règnent dans tous les couplets chacune à la place qui lui a été réglée dans le premier. Les vers de huit syllabes y viennent fort bien, quand le sujet en est un peu sérieux ; autrement on doit s'en tenir à ceux de dix syllabes comme dans les rondeaux. Les <i>ballades</i> ont été fort en vogue ; elles n'y sont plus tant, mais ce goût ancien peut revenir. Le P. M. Mourgues. Les trois Strophes de la <i>Ballade</i> sont de huit on dix vers chacune, dont le dernier vers est répété toujours de même. <i>Genus odes versibus in eosdem rythmos exeuntibus compositae : Rythmus Gallicus similiter desinens.</i> Dans l'Envoi composé de quatre ou cinq vers, on répète encore le refrain. Il y a des exemples de <i>Ballades</i> dans Marot, &amp; chez les Poëtes anciens. Il y en a dans Sarasin entre les Modernes. Voyez Pasquier, <i>Recherch.</i> Liv. VII. ch. 5.</p><p>On appelle figurément le refrain de la <i>Ballade,</i> un discours qu'on répète souvent. Regnier a dit des Poëtes importuns à demander, C'est toujours le refrain qu'ils font à leur <i>Ballade.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4048" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLADIN" />
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    <head>BALLADIN</head>
    <p>
    BALLADIN , s. m. Danseur de profession sur les théatres publics, qui danse à gages &amp; pour de l'argent. On le dit quelquefois plus généralement des Bouffons &amp; Farceurs, qui divertissent le peuple. <i>Saltator.</i> Covarruvias, suivant le sentiment de quelques-uns, tire ce mot de l'Arabe <i>beledi,</i> qui signifie <i>bourgeois.</i> Sur quoi il remarque, que les Maures de la campagne appelloient de ce nom toutes les marchandises falsifiées qu'ils achetoient des gens de Ville qui savoient tromper leur simplicité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4049" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLADINE" />
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    <head>BALLADINE</head>
    <p>
    BALLADINE , s. f. Danseuse publique. <i>Saltatrix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4050" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLARIN" />
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    <head>BALLARIN</head>
    <p>
    BALLARIN . Espèce de Faucon. Voyez <ref type="search" target="head:FAUCON">FAUCON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4051" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BALLE</head>
    <p>
    BALLE , s. f. Petite boule, ou globe à jetter, ou tirer en l'air. <i>Pila.</i> Il s'en fait de plusieurs sortes. Une <i>balle</i> de jeu de paume est faite de petites bandes de laine bien <pb n="489" facs="bpt6k8542165/f529/full/1200,/0/native.jpg"/>battues, bien liées &amp; bien arrondies, &amp; couvertes d'une autre bande de laine blanche ou de feutre. Aller jouer une douzaine de <i>balles.</i> Un éteuf est une petite <i>balle</i> couverte de cuir, &amp; pleine de son.</p><p>Ce mot est fait de <i>palla,</i> d'où on a fait aussi <i>ballote, ballon</i> &amp; <i>ballotter.</i> Menage. Mais Nicot le dérive du Grec , <i>mitto, j'envoie.</i> Du Cange le dérive de l'Anglois <i>ball</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4051" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BALLE</head>
    <p>
    Balle de mousquet, de pistolet, d'arquebuse à feu ou à vent, &amp; même d'arbalête, se dit de certaines petites <i>balles</i> de plomb, de fer, de pierre, qui servent à charger ces armes. <i>Glans plombea.</i> Une <i>balle</i> de calibre. Un pistolet chargé de deux ou trois <i>balles.</i> Cette garnison est sortie tambour battant, mêche allumée, <i>balle</i> en bouche, c'est-à-dire, avec le mousquet chargé, &amp; une <i>balle</i> dans la bouche pour recharger prestement.</p><p>En Artillerie, quoiqu'on dise ordinairement <i>boulet</i> de canon, néanmoins on dit aussi <i>balie</i> en quelques occasions. Un canon de batterie porte trente-six livres de <i>balle.</i> Dans les saluts de mer, pour faire plus d'honneur, on tire des canons chargés à <i>balle.</i> C'est ce qu'on appelle <i>salve royale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4051" id="3" type="">
   <index type="head" value="BALLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BALLE</head>
    <p>
    Balle ramée , se dit à l'égard du mousquet, de deux <i>balles</i> attachées ensemble par un fil de fer : &amp; pour le canon, ce sont deux demi-boulets qui sont joints ensemble par une barre de fer pliée en forme de charnière de compas. <i>Glans veruculo trajecta, glans veruculo cum alia glande trajecta.</i> Ces <i>balles</i> étant sorties s'écartent &amp; coupent des cordes, des voiles, &amp; même des mâts. On les appelle aussi <i>balles à fiches,</i> &amp; <i>anges,</i> ou <i>balles</i> à deux têtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4051" id="4" type="">
   <index type="head" value="BALLE" />
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    <head>BALLE</head>
    <p>
    Balle , se dit aussi des marchandises ou meubles qu'on veut transporter au loin, &amp; qu'on empaquette dans de la toile, après les avoir bien garnies de paille pour empêcher qu'elles ne se mouillent, ou qu'elles ne se brisent. <i>Mercium colligatarum fascis.</i> Toutes les marchandises qui viennent aux Foires sont en <i>balles.</i> Il y a de petits Merciers de campagne qui portent des <i>balles</i> sur leur dos.</p><p>On appelle aussi des marchandises de <i>balle,</i> celles qui viennent de loin dans des <i>balles,</i> qui sont d'ordinaire fabriquées avec peu de soin par de méchans ouvriers, ou de méchante matière, à la différence de celles qu'on commande aux ouvriers choisis, &amp; qu'on voit faire devant soi. Les pistolets de S. Etienne en Forez sont des marchandises de <i>balle</i> ; ils sont faits de fer aigre &amp; trop à la hâte.</p><p>En ce sens on le dit figurément de toutes les choses qu'on méprise, ou qui ne valent rien. Ce sont des nouvelles, des contes de <i>balle.</i></p><p>On appelle aussi une <i>balle</i> de dez, un paquet de dez où il y en a plusieurs douzaines. On a trouvé autrefois dans la besace d'un Cynique une <i>balle</i> de dez, &amp; le portrait d'une Courtisanne. Balzac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4051" id="5" type="imprimerie">
   <index type="head" value="BALLE" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
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    <head>BALLE</head>
    <p>
    Balle , en termes d'Imprimerie , c'est un instrument de bois, qui est creux en forme d'entonnoir, avec une poignée au-dessus qui est aussi de bois. Le creux de cet instrument est rempli de laine, laquelle est couverte d'une peau de mouton qu'on trempe dans l'encre, pour toucher sur les formes ou sur les planches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4051" id="6" type="">
   <index type="head" value="BALLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BALLE</head>
    <p>
    Balle , en termes d'Agriculture , est une petite paille, capsule, ou gousse, qui sert d'enveloppe déliée au grain de blé quand il est dans l'épi, &amp; qui s'en sépare en le battant. <i>Gluma, folliculus.</i> La <i>balle</i> est un bon fourrage pour les bestiaux. Ce blé est encore tout plein de <i>balle.</i> Lig.</p><p>On dit proverbialement, au bon joueur la <i>balle</i> lui vient ; pour dire, qu'un homme qui est habile en une profession n'y fait point de fautes, y réussit ordinairement. On appelle Enfans de la <i>balle,</i> les enfans qui suivent la profession de leur père, &amp; entre autres les enfans d'un Maître de Tripot avec qui il fait dangereux de faire partie. On dit aussi prendre la <i>balle</i> au bond ; pour dire, se servir de l'occasion, ne la laisser pas échaper. On dit, La <i>balle</i> cherche le joueur ; pour dire, que les occasions changent d'elles-mêmes à ceux qui les demandent, &amp; qui en savent profiter. On dit encore que la <i>balle</i> est en amour ; pour dire, qu'elle est bien renvoyée, qu'elle ne touche pas à terre ; &amp; dans le sens figuré, cela se dit d'une conversation où il y a beaucoup de vivacité. On dit aussi, A vous la <i>balle,</i> ou, A vous le dé ; pour dire, c'est à votre tour à parler, à agir. On dit aussi figurément d'un homme qui s'est saoulé jusqu'à crever, que son estomac est chargé à <i>balle.</i> Il y va <i>balle</i> en bouche, mèche allumée ; c'est-à-dire, qu'il entreprend une affaire ouvertement, &amp; bien résolu de la pousser vigoureusement. Ce sont <i>balles</i> perdues ; c'est-à-dire, ce sont des efforts inutiles. On appelle <i>Rimeur de balle,</i> un Poëte dont les vers sont si mauvais qu'ils ne servent qu'à envelopper des marchandises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4052" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLER" />
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    <head>BALLER</head>
    <p>
    BALLER , v. n. Danser. <i>Saltare, choreas agere.</i> Cette jeunesse a dansé &amp; <i>ballé</i> toute la nuit. Pour être un vrai Galand, il faut toujours babiller, danser &amp; <i>baller.</i> Saras. Il est plus en usage en ces deux phrases. Cet homme va toujours les bras <i>ballans</i> ; pour dire, en agitant les bras : &amp; il est midi sonné &amp; <i>ballé</i> ; pour dire, midi passé.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>ballare,</i> fait du Grec , dont les Latins &amp; les Grecs se sont servis en la même signification. Du Cange dit qu'il vient de , qui signifie <i>pergo, gradior :</i> mais de quelque part qu'il vienne, on ne s'en peut jamais servir qu'en riant, &amp; dans le comique. De Rubis, dans son <i>Hist. de Lyon,</i> L. I. p. 108. &amp; 109. dit, que les anciens Gaulois alloient querir le Gui de chêne, &amp; le portoient dans leurs villes suivis des Prêtres &amp; du peuple, demenants joie avec leurs balations, qui étoient des chansons &amp; balades qu'ils alloient chantant avec mouvemens de corps, répondant à la cadence de la voix, &amp; que ces chansons &amp; danses s'appelloient balations, <i>à balatu ovium,</i> duquel elles approchoient fort, &amp; que de là nous avons retenu le mot <i>baller.</i> L'auteur du Sermon 215. <i>de temp.</i> dans Saint Augustin dit, <i>Erat Gentilium ritus inter Christianos retentus, ut diebus festis balationes, id est, cantilenas &amp; saltationes exercerent, quod balare, id est, vociferando saltare vocabant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4053" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLET" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>BALLET</head>
    <p>
    BALLET , s. m. Réprésentation harmonique, &amp; danse figurée &amp; concertée qui se fait par plusieurs personnes masquées, qui représentent par leurs pas &amp; postures quelque chose naturelle, ou quelque action ; ou qui contrefont quelques personnes. <i>Chorea dramatica, dramatica saltatio.</i> Les <i>ballets</i> du Roi sont fort magnifiques. Le <i>ballet</i> de la guerre, Le <i>ballet</i> des Arts, &amp;c. Ce sont les sujets de ces <i>ballets.</i> Un <i>ballet</i> est composé de plusieurs entrées. On fait des vers de <i>ballet</i> pour expliquer le caractère ou l'action des personnes qui dansent ; &amp; ces vers, qui tous ensemble composent une espèce de Poëme dramatique, portent aussi le nom de <i>ballet.</i> Benserade a fait plusieurs sortes de <i>ballets</i> ; &amp; le P. Menestrier en a fait un docte Traité.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a fait une entrée de <i>ballet</i> dans une compagnie, lorsqu'il y est entré brusquement, &amp; sans cérémonie, &amp; qu'il en est sorti de même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4054" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLON" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BALLON</head>
    <p>
    BALLON , s. m. Grosse boule de cuir ronde &amp; creuse, qui couvre une vessie, qu'on remplit de vent par une languette, ou soupape, lequel air faisant ressort, rend le <i>ballon</i> propre à se réfléchir. <i>Follis.</i> Il n'y a guère que les écoliers qui jouent des parties de <i>ballon.</i></p><p>On dit d'un hydropique qu'il est gros, qu'il est enflé comme un <i>ballon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4054" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALLON" />
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    <head>BALLON</head>
    <p>
    Ballon de Fer . Le <i>Ballon</i> de fer contient seize tables de fer. La table est d'un pied &amp; demi de long, &amp; de trois quarts de pieds de large, c'est-à-dire, de 9 pouces de large, &amp; épaisse d'un grain d'orge. <i>Goullut Mem. des Bour. L. II. C.</i> 26.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4054" id="3" type="chymie">
   <index type="head" value="BALLON" />
   <index type="src_domain" value="chymie" />
   <index type="macro_domain" value="Chimie" />
   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>BALLON</head>
    <p>
    Ballon , en termes de Chymie , est un très-gros matras, ou bouteille ronde de gros verre &amp; à cou court, qui sert de récipient en plusieurs distillations, ou opérations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4054" id="4" type="relations">
   <index type="head" value="BALLON" />
   <index type="src_domain" value="relations" />
   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
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    <head>BALLON</head>
    <p>
    Ballon , est aussi un terme de Rélations qu'on trouve souvent dans celles de Messieurs de Chaumont, &amp; de Choisi. C'est le nom d'un vaisseau à rames, dont on se sert dans le Royaume de Siam, tant pour des voitures, que pour des cérémonies. Il y a des <i>ballons</i> dorés &amp; bien parés qui ont jusqu'à 150. rameurs de chaque côté. Il y en a quelques-uns qui ont des clochers d'un ouvrage fort délicat : ce sont de petits bâtimens faits d'un seul arbre d'une longueur prodigieuse. Le Roi de Siam a les plus beaux <i>ballons</i> qui soient au monde. Les Siamois donnent à leurs <i>ballons</i> la figure de quelque animal, de quelque oiseau, ou de quelque reptile ; ce qui fait un fort bel effet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4055" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLONNIER" />
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    <head>BALLONNIER</head>
    <p>
    BALLONNIER , s. m. Faiseur de ballons. <i>Follium artifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4056" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLOT" />
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    <head>BALLOT</head>
    <p>
    BALLOT , s. m. Petite balle ou paquet de marchandise. <pb n="490" facs="bpt6k8542165/f530/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Fasciculus, sarcinula.</i> On le dit aussi des grosses balles : Il y avoit tant de <i>ballots</i> dans ce vaisseau.</p><p>On dit proverbialement &amp; figurément à un homme, Voilà votre vrai <i>ballot,</i> pour dire ; c'est votre fait, ce que vous cherchez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4056" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALLOT" />
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    <head>BALLOT</head>
    <p>
    Ballot , ou Ballon, signifie aussi ; Ces sommes ou panniers de verres en tables plates &amp; quarrées dont se servent les Vitriers, dont chacun contient vingt-cinq liens, &amp; six tables à chaque lien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4057" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BALLOTADE" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BALLOTADE</head>
    <p>
    BALLOTADE , s. f. Terme de Manége . C'est un saut qu'on fait faire à un cheval entre deux piliers ; en sorte qu'ayant les quatre pieds en l'air, il ne montre que les fers des pieds de derrière, sans détacher la ruade, &amp; s'éparer. A la capriole il rue, ou noue l'aiguillette ; à la croupade, il retire les pieds de derrière sous lui, au lieu de montrer ses fers. C'est ce qui fait leur différence. La <i>ballotade</i> est un saut, où le cheval semble vouloir ruer, mais il ne le fait pas pourtant, ce n'est qu'une demi-ruade, faisant seulement voir les fers des jambes de derrière, comme s'il avoit envie de ruer. Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4058" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BALLOTTE</head>
    <p>
    BALLOTTE , s. f. Petit bulletin, ou pois ; ou petites balles de diverses couleurs, qui servent à tirer au sort dans les élections qu'on remet au hasard. <i>Calculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4058" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTE" />
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    <head>BALLOTTE</head>
    <p>
    Ballotte . Plante. Voyez MARRUBE ; c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4059" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BALLOTTER</head>
    <p>
    BALLOTTER , v. n. &amp; act. qui se dit quand des joueurs de paume ne font que se renvoyer la balle l'un à l'autre, &amp; ne jouent point partie. <i>Pilam agitare.</i></p><p>En ce sens on dit figurément, <i>Ballotter</i> quelqu'un ; pour dire, se jouer de lui, s'en moquer, l'amuser par de vaines promesses, le renvoyer de l'un à l'autre, sans vouloir rien conclure en sa faveur. <i>Exagitare aliquem, ludere, illudere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4059" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTER" />
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    <head>BALLOTTER</head>
    <p>
    Ballotter , signifioit aussi, Donner des suffrages par bulletins, ou petites boules, ou ballottes. <i>Calculis dare, edere suffragium.</i> Il y a beaucoup d'élections qui se font en <i>ballottant,</i> qu'on remet au sort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4059" id="3" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTER" />
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    <head>BALLOTTER</head>
    <p>
    Ballotter , signifie encore Agiter en gros une question, discuter une affaire avant que d'opiner définitivement, ou de la juger. <i>Consultare, deliberare, rem aliquam agitare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4059" id="4" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BALLOTTER</head>
    <p>
    Ballotter , signifie aussi simplement, Mouvoir, agiter quelque chose. Ainsi on dit qu'un cheval fait <i>ballotter</i> le mords dans la bouche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4059" id="5" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BALLOTTER</head>
    <p>
    Ballotté, ée , part. &amp; adj. Il a les significations de son verbe, en Latin comme en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4060" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTIN" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BALLOTTIN</head>
    <p>
    BALLOTTIN , s. m. Ce mot se trouve dans l'<i>Histoire du Gouvernement de Venise.</i> On appelle <i>ballottins,</i> les enfans dont on se sert pour recevoir les petites boules qu'on emploie pour donner son suffrage lorsqu'on fait l'élection du Doge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4060" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALLOTTIN" />
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    <head>BALLOTTIN</head>
    <p>
    Ballottin , signifie encore un petit ballot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4061" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BALOIRE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BALOIRE</head>
    <p>
    BALOIRE , s. f. Terme de Marine . C'est ainsi que l'on appelle de longues pièces de bois, qui dans la construction donnent au vaisseau la forme qu'il doit avoir. La <i>baloire,</i> selon le P. Hoste, se dit aussi du contour extérieur du vaisseau représenté dans un de ses plans horizontaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4062" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BALOISE" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BALOISE</head>
    <p>
    BALOISE . Terme de Fleuriste . Tulipe de trois couleurs, rouge, colombin &amp; blanc. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4063" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALOTIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BALOTIN</head>
    <p>
    BALOTIN , s. m. Espèce d'oranger qui diffère des orangers ordinaires, principalement en deux choses, car premièrement ses feuilles sont plus grandes &amp; plus larges que celles des orangers communs, &amp; elles sont dentelées tout à l'entour. 2°. Ses fruits ou ses oranges ressemblent presque à des citrons, c'est-à-dire, qu'elles sont grosses &amp; longues. En certains climats les branches d'orangers, &amp; surtout celles de <i>balotin,</i> reprennent de bouture ou de marcote, aussi facilement que font ici les groseliers, figuiers, coignassiers, &amp;c. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4064" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALOTTES" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BALOTTES</head>
    <p>
    &#9758; BALOTTES , s. f. pl. Ce sont des vaisseaux de bois dans lesquels on met la vendange, &amp; qu'on charge sur des chevaux. Il y en a qui sont percées vers le haut, pour y passer des cordes &amp; les attacher à d'autres. Il y a des anneaux de fer, dans lesquels passent des cordes. Les vignerons les portent aussi quelquefois sur leur dos en guise de hottes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4065" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALOURD, BALOURDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BALOURD, BALOURDE</head>
    <p>
    BALOURD, BALOURDE , adj. &amp; s. m. &amp; f. Qui est stupide &amp; grossier. <i>Stupidus, plumbeus.</i></p><p>Ce mot n'est d'usage que dans le style simple &amp; comique. Il vient de l'Italien <i>balordo,</i> qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4066" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALOURDISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>BALOURDISE</head>
    <p>
    &#9758; BALOURDISE , s. f. Stupidité, faute grossière. Trivelin fait connoître par un <i>aparte</i> qu'il a dessein de se servir de la <i>balourdise</i> d'Arlequin &amp; de son ignorance, pour confirmer tout-à-fait Pantalon dans l'opinion que Lelio est le vrai Mario. Merc. <i>Fév.</i> 1718.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4067" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALSAME" />
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    <head>BALSAME</head>
    <p>
    BALSAME , s. m. Nom d'homme. S. Pierre <i>Balsame,</i> né en Palestine dans le village d'Anée, s'appelloit Abselame, d'où l'on a fait Absalme, &amp; puis par transposition <i>Balsame.</i> Voyez Baillet, T. I. p. 47.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4068" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALSAMINE" />
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    <head>BALSAMINE</head>
    <p>
    BALSAMINE , s. f. <i>Balsamina.</i> Plante annuelle qu'on sème dans les jardins, &amp; qui donne des racines fibreuses &amp; chevelues, d'où s'élève une tige branchue, haute d'un pied, charnue, épaisse, noueuse, couverte d'une écorce verdâtre, quelquefois rougeâtre &amp; pleine de suc d'un goût fade. Ses branches sont garnies de feuilles semblables à celles du pêcher, plus molles, plus succulentes, plus dentelées sur leurs bords, &amp; d'un goût très-amer. De leurs aisselles naissent une ou plusieurs fleurs portées par des pédicules longs de demi-pouce. Elles sont à quatre pétales inégales, dont la supérieure est voûtée ; l'inférieure est creuse &amp; terminée par un éperon, les deux latérales tombent en devant en manière de Tabac, garnies chacune d'une oreillette. Lorsque les fleurs sont à six pétales, la pétale inférieure qui est creuse, n'a point d'éperon sensible, &amp; il y a quelque changement dans la disposition des autres pétales. Quand la fleur est passée, le pistile devient un fruit fait en poire, composé de pièces assemblées, comme les douves d'un tonneau, &amp; qui en se recourbant par une manière de ressort, découvrent &amp; jettent avec impétuosité ses semences, qui sont rondes, &amp; roussâtres. On croit que son nom vient du mot Latin <i>Balsamum,</i> à cause qu'on se servoit du fruit d'une autre plante qui portoit autrefois ce même nom en Latin, &amp; qu'on a changé en celui de <i>Momordica,</i> en François, Pomme de merveille. La <i>Balsamine,</i> qu'on sème dans les jardins, est à fleur purpurine, à fleur mêlée de rouge &amp; de pourpre, à grande fleur, ou à fleur blanche. Elle fleurit en Juillet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4069" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BALSAMIQUE" />
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    <head>BALSAMIQUE</head>
    <p>
    BALSAMIQUE , adj. Terme de Médecine ; prononcez <i>balzamique.</i> On appelle <i>balsamique</i> ce qui est doux, ce qui est médiocrement atténué, qui n'a rien d'acre, ni de trop fort, &amp; de trop violent, qui est lié, coulant dans une juste température par un mêlange convenable des principes. Pour qu'une chose soit <i>balsamique,</i> il ne faut pas qu'elle ait trop de flegme, ni des parties trop visqueuses, ni trop d'acides, ni des esprits trop violens. On dit, un sang vélouté &amp; <i>balsamique.</i> Le ris nourrit beaucoup par ses parties huileuses, <i>balsamiques</i> &amp; embarrassantes. Les artichauds contiennent beaucoup de parties huileuses &amp; <i>balsamiques.</i> Lemery.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4070" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALSARA, BALSERA" />
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    <head>BALSARA, BALSERA</head>
    <p>
    BALSARA, BALSERA , ou plus communément BALSORA, s. f. Nom propre d'une ville. <i>Balsora,</i> anciennement <i>Térédon.</i> M. Corneille dit <i>Balsera.</i> Ni l'un ni l'autre n'est d'usage en France. Plusieurs écrivent <i>Balsora,</i> &amp; cet usage ne doit pas être condamné ; mais dans l'ordinaire on dit &amp; l'on prononce <i>Bassora</i> ; souvent on l'écrit aussi ; &amp; il semble qu'on le devroit toujours faire, parce que c'est le plus autorisé par l'usage. <i>Bassora</i> est une ville d'Asie sur le bord du fleuve <i>Sehat el Arab,</i> qui est le Tigre &amp; l'Euphrate joints ensemble. Quelques Cartes la mettent dans l'Yrak, partie du Diarbeck, à l'Orient de ce fleuve, &amp; d'autres à son Occident dans l'Arabie déserte. Elle est à une demie lieue du fleuve, &amp; à deux du lieu où étoit l'ancienne Térédon. Les Transactions Philosophiques, T. I. p. 656. &amp; 657. donnent à <i>Balsora</i> 21°, 20' de latitude, &amp; sur deux observations de l'immersion de l'oeil du Taureau, elles déterminent sa longitude la première fois à 86°, 20' de différence avec celle de Londres, &amp; la seconde fois à 86°, 14' seulement. D'où il s'ensuit que la longitude de Londres étant, selon l'Académie des Sciences, différente de celle de Paris de 2°, 18', Occident. &amp; par conséquent de 17°, 42', celle de <i>Balsora</i> est de 103°, 56', selon le second calcul, &amp; de 104°, 2', suivant le premier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4071" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALSANE" />
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    <head>BALSANE</head>
    <p>
    BALSANE . Voyez <ref type="search" target="head:BALZANE">BALZANE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4072" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALTIQUE" />
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    <head>BALTIQUE</head>
    <p>
    BALTIQUE , adj. Epithète qui se donne à une mer du Nord en Europe. La mer <i>Baltique, Balticum mare, Balticus sinus.</i> La mer <i>Baltique</i> est un Grand Golfe entre l'Allemagne, le Danemark, la Suède &amp; la Pologne. C'est le <i>sinus Codanus</i> des Anciens. Pline dit que Philémon l'appelloit <pb n="491" facs="bpt6k8542165/f531/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Morimarhuse,</i> &amp; Hécathaeus <i>Amalchium.</i> Tacite l'appelle mer de Suède, mer paresseuse. <i>Mare Suevicum &amp; pigrum.</i> Les Allemans l'appellent <i>Oorzée,</i> mer du Couchant ; &amp; <i>Die Belk,</i> d'où s'est formé le nom <i>Baltique.</i> La mer <i>Baltique</i> entre dans les terres, ou commence au détroit de la Sonde, par lequel elle tient à l'Océan, ou mer d'Allemagne. Elle forme deux grands Golfes principaux. Le Golfe de Boddes, ou de Bothnie, <i>sinus Bodnicus,</i> &amp; le Golfe de Finnes, ou de Finlande ; en langage du pays <i>Bothenzée,</i> &amp; <i>Finniezée.</i> On trouve de l'ambre dans la mer Bal<i>tique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4073" id="1" type="">
   <index type="head" value="BALTRACAN" />
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    <head>BALTRACAN</head>
    <p>
    BALTRACAN , s. m. Herbe qui croît dans la Tartarie, &amp; dont les Tartares se servent pour se soutenir, quand ils voyagent dans leurs déserts. Josaphat Barbaro, Marchand Vénitien, dit en avoir vû &amp; usé dans son voyage de Tartarie, &amp; la décrit ainsi dans une lettre à Pierre Barocci Evêque de Padoue. Le <i>Baltracan</i> a la feuille semblable à celle des raves. Au milieu naît une tige plus grosse que le doigt, &amp; qui dans le temps de la semence est de la longueur du bras ; cette tige pousse des feuilles éloignées l'une de l'autre de sa quatrième partie. La semence est semblable à celle du fenouil ; mais plus grosse, &amp; d'une bonne odeur, quoique forte. Quand c'est la saison il se rompt, &amp; l'écorce se sépare jusqu'à ce qui est tendre, comme au pampre de la vigne. Il a l'odeur de l'oranger, un peu même plus douce. Il n'a point besoin d'assaisonnement, ni même de sel, pour être mangé. On peut le semer comme toute autre semence, sur-tout dans un lieu tempéré, &amp; dont le fonds soit bon. La tige est un peu creuse, &amp; son écorce est verte, tirant sur le jaune. Il dit que depuis son retour de Tartarie, étant Provéditeur en Albanie, il y trouva du <i>Baltracan</i> proche de Croia, &amp; encore après dans le Padouan. Ramuzio, <i>T. II. p.</i> 112.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4074" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BALUSTRADE" />
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    <head>BALUSTRADE</head>
    <p>
    BALUSTRADE , s. f. Terme d'Architecture . Rang de petits piliers façonnés, de pierre, ou de fer, ou de bois, qui sont à hauteur d'appui, qu'on met sur des terrasses, ou au haut des bâtimens, pour faire quelque clôture, ou séparation. <i>Clathratum septum, columellarum septum.</i> On enferme les Autels par une <i>balustrade</i> de marbre, de bois, &amp;c. Chez les Princes le lit est environné d'une <i>balustrade.</i></p><p>BALUSTRE, s. m. se dit dans ce même sens de ces clôtures de petits piliers qui se mettent autour du lit des Princes, ou dans une chambre de parade, pour fermer les alcoves, ou le chancel du coeur d'une Eglise, ou d'une chapelle, ou les <i>balustres</i> d'escaliers entre l'appui &amp; le limon. <i>Columellae, clathri, cancelli.</i> Il y a un <i>balustre</i> de marbre à la Chapelle de Notre-Dame.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>balustrum,</i> &amp; <i>balustrium,</i> qui étoit un lieu chez les Anciens, où étoient plusieurs bains apparemment fermés de <i>balustres.</i> Selon d'autres il vient de <i>balaustrum</i>, qui signifie le calice de la fleur de grenade, auquel le <i>balustre</i> ressemble.</p><p>On le dit aussi de chaque pilier en particulier. Il faut tant de <i>balustres</i> pour faire la fermeture de cette Chapelle. Les <i>balustres</i> du grand escalier de Versailles sont de bronze massif. Les Orfèvres appellent <i>balustres,</i> les parties de leurs ouvrages, qui sont taillées ou façonnées en <i>balustres,</i> comme le pilier d'un guéridon, la tige d'un flambeau, ou d'un chandelier, d'un benitier, &amp;c. On appelle encore <i>balustre</i> la petite colonne ou le pilastre orné de moulures, pour remplir un appui à jour sous une tablette. Les Tourneurs appellent aussi <i>balustre,</i> la petite colonne de bois qu'ils mettent au dossier d'une chaise tournée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4074" id="2" type="">
   <index type="head" value="BALUSTRADE" />
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    <head>BALUSTRADE</head>
    <p>
    Balustre du chapiteau de la colonne Ionique, est la partie latérale du rouleau qui fait la volute.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4074" id="3" type="">
   <index type="head" value="BALUSTRADE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BALUSTRADE</head>
    <p>
    Balustres de serrure , sont de petites pièces de fer en forme de balustres, qui tombent sur l'entrée de la clef, &amp; servent à la couvrir.</p><p>On dit figurément, que les dais &amp; les <i>balustres</i> ne rendent pas un homme plus heureux ; pour dire, que l'éclat &amp; les honneurs de la Cour ne sont pas capables de satisfaire le coeur de l'homme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4075" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BALZANE" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BALZANE</head>
    <p>
    BALZANE , s. f. Terme de Manége . C'est la marque de poil blanc qui vient aux pieds de plusieurs chevaux, depuis le boulet jusqu'au sabot devant &amp; derrière. <i>Albedo in equino pede, Nota alba.</i> On dit qu'un cheval est chaussé trop haut quand ses <i>balzanes</i> montent trop haut.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>balzano</i>.</p><p>On appelle un cheval <i>balzan,</i> Celui qui a des balzanes à quelques-uns de ses pieds, ou à rous les quatre. <i>Equus quatuor pedibus albis.</i> On juge de la bonté &amp; de la nature des chevaux selon les pieds où les <i>balzanes</i> se rencontrent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4076" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAMBERG" />
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    <head>BAMBERG</head>
    <p>
    BAMBERG , subst. masc. <i>Bamberga,</i> ou <i>Babenberga.</i> Ville Episcopale d'Allemagne en Franconie, située sur une colline au confluent du Mein &amp; du Reduits. Quelques-uns croient que c'est le <i>Bergium</i> des Anciens. Il faudroit dire plutôt que <i>Bamberg</i> a été bâti à la place de Bergium. Car <i>Bamberg</i> ne fut bâti que vers le Xe siècle. C'est Babe fils de l'Empereur Othon qui lui a donné son nom, qui joint à celui de <i>berg,</i> colline, montagne, a formé <i>Babeberg,</i> d'où s'est fait <i>Babberg,</i> &amp; ensuite <i>Bamberg.</i> C'est l'Empereur Henri II. qui y fit établir un Evêque, qui bâtit la Cathédrale, qui est une des plus magnifiques d'Allemagne. Ce saint Roi desirant ériger un Evèché à <i>Babenberg,</i> ou <i>Bamberg</i> en Franconie, qui étoit de son patrimoine, pria l'Evêque de Wirsbourg, dans le Diocèse duquel étoit <i>Bamberg,</i> de la lui céder avec son territoire, lui offrant d'autres terres en échange. L'Evêque y consentit, à condition qu'il seroit fait Archevêque, &amp; que l'Evêque de <i>Bamberg</i> seroit son suffragant. On en convint dans l'Assemblée de Maïence l'an 1007. &amp; le Pape fit cette érection la même année au mois de Juin. Voyez encore Imhoff <i>Notit. Imp. Liv.</i> 3. <i>c.</i> 3. L'Evêque de <i>Bamberg</i> est Acéphale, &amp; dépend immédiatement du Pape. La longitude de <i>Bamberg</i> est 32d, 49', &amp; sa latitude 49d, 51'.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4077" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAMBIAYE" />
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    <head>BAMBIAYE</head>
    <p>
    BAMBIAYE , s. m. Oiseau de l'Isle de Cuba. Il ne s'élève presque point de terre, &amp; on le prend à la course. Sa chair est d'un bon goût.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4078" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAMBIN" />
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    <head>BAMBIN</head>
    <p>
    &#9758; BAMBIN , s. m. Enfant à la mammelle, ou qu'il a quittée depuis peu. Dans la Tragedie d'Oedipe on met en culotte les deux <i>bambins</i> qui dans Inès ne s'étoient montrés qu'en jaquette. Merc. <i>Avr.</i> 1726.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4079" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAMBOCHES" />
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    <head>BAMBOCHES</head>
    <p>
    BAMBOCHES , s. f. Petites figures en forme de Marionettes, auxquelles on fait représenter des Ballets, ou des Comédies. <i>Alienis nervis lignum mobile, sigillum automatum.</i> On a vû à Paris une Troupe de Comédiens qui faisoient jouer des <i>bamboches,</i> mais qui n'ont pas eu grand succès.</p><p>Ce mot vient de l'Italien. On appelle aussi une femme de fort petite taille, une <i>bamboche</i>. On le dit aussi d'un homme. Cet homme est proprement une <i>bamboche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4079" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAMBOCHES" />
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    <head>BAMBOCHES</head>
    <p>
    Bamboche , s. f. Petite canne qui vient des Indes, &amp; qui est pleine de noeuds. Les <i>bamboches</i> ont été fort à la mode quelque temps.</p><p>Ce mot vient de <i>bambous</i> qui suit, que l'on a pris des Indiens, qui appellent <i>bambu,</i> ou <i>mambu,</i> le roseau dont on fait ces sortes de cannes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4080" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAMBOU" />
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    <head>BAMBOU</head>
    <p>
    BAMBOU , s. m. <i>Arundo Tabaxifera, spinosa.</i> Plante des Indes que Pison dit être une espèce de roseau. Il part de sa racine plusieurs jets beaucoup plus considérables que ceux de nos roseaux ordinaires, branchus, creux, noueux, &amp; séparés d'espace en espace par des cloisons. Ces cavités au lieu de moëlle sont remplies d'un suc doux, fort agréable, &amp; qui s'épaissit ensuite par la chaleur, &amp; devient ce qu'on appelle <i>sacchar.</i> Ce suc dans les Indes est fort estimé. Ses feuilles naissent de chaque noeud, &amp; sont accompagnées d'épines. Elles sont longues de quatre à cinq pouces au plus, sur un bon doigt de largeur, terminées un peu en pointe, canelées par des nervures qui suivent toutes leurs longueurs, vertes, rudes &amp; âpres au toucher. Ses <pb n="492" facs="bpt6k8542165/f532/full/1200,/0/native.jpg"/>fleurs naissent en épics écailleux, &amp; semblables à ceux de blé de froment. Il s'est élevé beaucoup de disputes entre les Naturalistes sur le <i>Sacchar</i> &amp; <i>Tabaxer</i> ; la plupart prétendent que ces noms étoient propres à la canne de sucre &amp; au sucre qu'on en tire. Les autres au contraire soutiennent que c'est mal à propos, puisqu'ils sont encore usités dans les Indes, &amp; consacrés pour signifier le suc du <i>Bambou.</i> Les jets de <i>Bambou</i> viennent souvent si pressés qu'on ne sauroit pénétrer une forét de cette plante ; son suc est très-vanté dans les Indes pour plusieurs maladies. Il y a trois espèces de <i>Bambou</i> dans l'<i>Hortus Malabar.</i></p><p>On l'appelle aussi Mambou &amp; Voulou. Voulou est une espèce de Canne d'Inde, qui tient de l'arbre appellé par Linschot &amp; Acosta <i>Mambu</i> &amp; <i>Bambu,</i> à l'imitation des Indiens, d'où est venu le nom de bamboche, que nous lui donnons dans ce pays-ci. La moëlle humide approchante du lait qui se trouve dans le <i>Bambou</i> est nommée par les Médecins Arabes <i>Tabaxir,</i> &amp; par les Indiens <i>Sacar Mambou</i> ou <i>Bambou,</i> c'est-à-dire, <i>sucre de Mambou,</i> dont les Arabes, les Persans, les Indiens &amp; autres Orientaux, font un cas tout particulier. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4081" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂME" />
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    <head>BÂME</head>
    <p>
    BÂME , pour BAUME. Voyez <ref type="search" target="head:AMBROISE">AMBROISE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4082" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAMIA" />
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    <head>BAMIA</head>
    <p>
    BAMIA , ou <i>Kermia d'Egypte,</i> est une plante haute comme la guimauve : ses feuilles sont larges &amp; semblables à la vigne, découpées &amp; dentelées, attachées à la tige par des queues longues : ses fleurs sont petites, semblables à celles de la mauve, de couleur jaune. Il leur succède des fruits longs, pointus, qui s'ouvrent en plusieurs loges, garnies de semences presque rondes, noirâtres, grosses comme du crobec, contenant une pulpe douce. Les Egyptiens la cultivent &amp; la mangent. Dapper écrit <i>Bammia,</i> &amp; dit que cette plante a quatre ou cinq coudées de haut ; que ses fleurs &amp; ses feuilles ressemblent à-peu-près à celles de mauve, si ce n'est que ses feuilles ne sont pas si petites ni si douces au toucher, mais rudes &amp; tant soit peu velues, pendantes à de longues tiges, &amp; presque aussi grosses que celles de la courge ; que la fleur est de cinq feuilles d'un jaune pâle ; le fruit à cinq &amp; quelquefois à dix angles, &amp; qu'il ne ressemble pas mal aux concombres sauvages.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAMIA</head>
    <p>
    Bamia Moschata , est une plante presque semblable. Sa graine est gris-brun d'une odeur de musc. On en fait des petits chapelets. On la met dans la bouche pour donner une odeur agréable. Elle vient de l'Amérique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    BAN , s. m. Publication à haute voix, au son du tambour, ou de la trompette, ou des tymbales, par l'ordre d'un Supérieur, ou de la part du Roi &amp; de la Justice. <i>Rei cujuspiam praeconis voce denunciatio.</i> On à fait un <i>ban</i> portant défenses de sortir du camp, d'aller à la petite guerre. Pasquier a observé que ce mot est fort ancien dans la langue pour signifier une proclamation publique. Aussi trouve t'on ces phrases dans les Coutumes, Crier au <i>ban.</i> Cas de <i>ban.</i> A peine de <i>ban.</i> Procéder à <i>ban,</i> &amp;c. On appelle aussi <i>ban,</i> la publication &amp; le cri que fait faire le Seigneur Féodal pour se faire rendre les hommages, ou lui payer les redevances, &amp; le venir reconnoître. De Hauteserre, <i>Orig. feud. c.</i> 9. observe qu'anciennement on appelloit <i>Heribanum</i> l'obligation des vassaux d'aller à la guerre, quand leur Seigneur levoit des troupes, ou d'y envoyer quelqu'un à leur place, ou de lui payer une certaine somme, &amp; que ce mot venoit de <i>here,</i> qui en Allemand signifie armée ; que depuis on l'a nommé <i>bannum, ban,</i> &amp; <i>retrobannum,</i> arrière-ban. Il définit le <i>ban,</i> un Edit, une levée de gens d'armes qui tiennent des fiefs sujets au service noble des armes. Il remarque encore que le <i>ban,</i> ou service du <i>ban,</i> ne duroit que 40. jours, ou comme comptoient les François, 40. nuits. C'étoit autrefois un privilége des Ducs d'Autriche de ne servir qu'un mois. Il ajoûte qu'aujourd'hui le service du <i>ban</i> ne dure encore que quarante jours, quand c'est dans le Royaume, &amp; trois mois quand on sert hors du Royaume. Voyez encore les remarques du même Auteur sur le Ve L. de Grégoire de Tours, p. 184. 185. &amp; sur le XIe Liv. p. 386.</p><p>On dit aussi <i>Ban</i> de vendanges, Ouverture de <i>ban</i> &amp;c. pour dire, la publication de la permission des vendanges. Le Duc Odes en 1210. se trouvant à Beaune environ le temps des vendanges, fit présent aux Maire &amp; Echevins de la Ville du <i>ban</i> des vendanges, qui étoit un de ses principaux droits. Parad.</p><p>Du Cange dit qu'on a appellé aussi l'Excommunication, le <i>ban</i> de l'Evêque. Voyez encore dans les <i>Acta Sanct. Mart. Tom. I. p.</i> 217. <i>F.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de l'Allemand <i>ban,</i> qui signifie proprement <i>publication,</i> &amp; ensuite <i>proscription,</i> parce qu'elle se faisoit à son de trompe, d'où sont venus les mots de <i>bannir, ban, bannissement</i> de <i>bandi,</i> de <i>ban,</i> &amp; <i>arrière-ban, banlieue, bannière, bannal ; abandonner,</i> &amp;c. Nicot le dérive d'un autre mot Allemand <i>ban,</i> qui signifie <i>champ,</i> &amp; <i>territoire,</i> d'autant que c'est en vertu de ce qu'on tient des fiefs, champs &amp; héritages, qu'on est obligé au <i>ban</i> &amp; <i>arrière-ban</i> ; &amp; que le four à <i>ban</i> est le four du territoire de la Seigneurie. Borel le dérive du Grec , qui signifie <i>tout,</i> parce que la convocation est générale. Les Châtellenies ou Prévôtés de Lorraine ont sous elle certain nombre de <i>bans</i> ; &amp; chaque <i>ban</i> a sous soi un certain nombre de bourgs. Le Duché de Limbourg est divisé par <i>bans.</i> Le mot de <i>banlieue</i> a sans doute pris son origine du <i>ban.</i> P. Lubin dans son <i>Merc. Geogr.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , se dit aussi des publications qui se font aux prônes des Paroisses des noms de ceux qui veulent se marier, ou prendre les Ordres. <i>Solennis futurarum nuptiarum procbamatio.</i> La publication des <i>bans</i> n'est pas de nécessité du Sacrement ; mais de nécessité de précepte. Elle a été mise en usage par la Police Ecclésiastique de France, &amp; confirmée par les Ordonnances de Blois, de Melun, &amp; de Louis XIII. en 1639. Le Concile de Latran a rendu cet usage général. C'étoit pour prévenir les abus, &amp; les inconvéniens qui résultent des mariages clandestins. Le Concile de Trente a ordonné la publication de trois <i>bans</i> pour empêcher les mariages clandestins. Par l'Ordonnance de Blois, nul ne pouvoit valablement contracter mariage sans proclamation précédente des trois <i>bans ;</i> &amp; aucun ne pouvoit être dispensé que des deux derniers, &amp; seulement pour cause légitime, ou pour urgente nécessité. Mais on s'est fort relâché là-dessus. Il n'y a que les mineurs qui soient soumis nécessairement à cette formalité. A l'égard des majeurs, on en dispense plus aisément, &amp; même le défaut de <i>bans</i> n'emporte point de nullité. On achète les deux derniers <i>bans,</i> quand le premier a été publié. Quand un mineur veut se marier, les <i>bans</i> doivent être publiés à la Paroisse du domicile de son père, ou de son tuteur, ou de son curateur.</p><p>On prétend que la publication des <i>bans</i> est très-ancienne dans l'Eglise ; il y avoit du moins quelque chose de semblable dès le commencement de l'Eglise ; &amp; c'est des <i>bans</i> de mariage qu'on entend ce que Tertullien appelle <i>trinundina promulgatio.</i> Ces publications de <i>bans</i> ont été établies pour prévenir les abus qui pourroient se commettre dans le mariage à cause des empêchemens. Il est vrai qu'avant que ces sortes de publications fussent en usage, on prévenoit les inconvéniens autrement. Les hommes s'adressoient aux Diacres, &amp; les veuves ou les filles aux Diaconesses, &amp; proposoient le dessein de se marier : si les partis étoient sortables, les Diacres &amp; les Diaconesses avertissoient l'Evêque, lequel après en avoir communiqué au Clergé, faisoit la bénédiction du mariage. Fevret.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , se dit aussi de la publication qui se fait pour convoquer tous les Nobles d'une Province, pour servir le Roi dans ses armées, suivant qu'ils y sont obligés par la loi des fiefs. <i>Principis edictum primariae clientelae nobilitatem ad militaria munera convocantis.</i> On a publié le <i>Ban</i> &amp; l'<i>Arrière-ban. Ban</i> en ce sens signifie la convocation des vassaux qui tiennent du Roi immédiatement, &amp; <i>arrière-ban</i> de ceux qui tiennent médiatement. On confond aujourd'hui ces deux mots ; de sorte que <i>ban</i> &amp; <i>arrière-ban,</i> est un mandement à tous Gentilshommes &amp; autres tenans fiefs &amp; arrière-fiefs, de venir à la guerre pour le service du Prince.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , est aussi l'assemblée de ces Nobles en corps d'armée. <i>Primariae clientelae nobilitas armata.</i> Le <i>Ban</i> &amp; l'<i>Arrière-ban</i> est long-temps à se mettre en campagne. L'Abbé de la <pb n="493" facs="bpt6k8542165/f533/full/1200,/0/native.jpg"/>Roque a fait un Traité du <i>ban</i> &amp; de l'<i>arrière-ban,</i> avec plusieurs anciens rôles, où sont les noms &amp; qualités des Princes, Seigneurs &amp; Gentilshommes qui s'y sont trouvés. Les François ont servi leurs Rois dans leurs armées par manière de <i>ban</i> &amp; d'<i>arrière-ban</i> dès le commencement de la Monarchie ; mais on peut dire que ces convocations n'ont été bien réglées que dans le temps qu'il s'est fait des investitures des fiefs. Dès-lors les Laiques, Seigneurs de fiefs, ont rendu un service personnel dans les armées. Les Ecclésiastiques mêmes qui en possédoient étoient contraints de s'y trouver avec leurs vassaux ; ce qui a donné lieu à l'institution des Vidames, &amp; des Avoués, pour la défense des Evêchés &amp; des Abbayes. Ces Avoués en temps de guerre conduisoient les vassaux des Eglises ou des Abbayes, à la place des Seigneurs Ecclésiastiques. Mais parce que pendant les guerres saintes, ou contre les Anglois &amp; les Flamands, la plupart des Gentilshommes qui alloient en ces expéditions manquoient d'argent pour les frais de leurs voyages, ils furent contraints de supplier les Rois de permettre aux Roturiers &amp; aux gens de mainmorte d'acheter des fiefs, lesquels étant ainsi tombés entre les mains de personnes peu propres pour les armes, on vit bientôt les <i>bans</i> &amp; les <i>arrière-bans</i> peu fournis d'hommes capables des exercices militaires. C'est pourquoi les Rois ordonnerent d'abord la levée du droit des franc-fiefs sur les Roturiers, pour survenir au payement des gens de guerre, &amp; pour confirmer la permission de tenir des fiefs &amp; arrière-fiefs à la manière des Nobles. Outre ce droit ils furent encore obligés à servir de leurs personnes, ce qui s'exécute encore aujourd'hui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , se dit aussi des assignations qui se font à cri public aux vassaux pour comparoir devant leurs Souverains en certaines occasions, &amp; pour rendre compte de leurs actions. <i>Edictum Principis beneficiarios clientes evocantis.</i> Les Princes d'Allemagne sont souvent assignés, sont mis au <i>ban</i> de l'Empire, &amp; on confisque leurs fiefs, faute de rendre l'hommage &amp; le service dont ils sont tenus.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , signifie aussi, Bannissement. <i>Exilium.</i> Et on dit en termes de Palais , Il lui est enjoint de garder son <i>ban</i> à peine de la hart. Il a obtenu un rappel de <i>ban.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Petit Ban . Il étoit en usage en Dauphiné, &amp; les <i>petits bans</i> étoient différens des condamnations de justice. Celles-ci ne sont que les amendes ordinaires portées par les sentences des Juges, au lieu que par les autres on entend les peines pécuniaires imposées par les statuts des lieux pour des contraventions. Valbon, p. 120.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , signifie encore, un endroit &amp; un lieu public qu'ont les Seigneurs des grands fiefs, pour obliger tous les Habitans d'une Seigneurie de venir cuire au four du Seigneur, de moudre à son moulin, ou d'apporter leur vendange à son pressoir. <i>Jus indictivae moletrinae, jus indictivi furni, jus indictivi torculi vinarii.</i> Ainsi on dit un four à <i>ban,</i> un moulin à <i>ban,</i> un pressoir à <i>ban</i> ; &amp; on appelle <i>Sujets banniers,</i> &amp; <i>Droits de bannée,</i> ceux qui sont obligés à ce droit. En quelques Coutumes on appelle Four <i>bandier,</i> Moulin <i>bandier,</i> ce qu'on appelle ailleurs <i>bannal.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , <i>à vin. Jus praelationis in vendendo vino.</i> C'est le droit que quelques Seigneurs ont de vendre leur vin à l'exclusion des habitans qui sont dans leur territoire : ce droit n'est que pour quarante jours au plus, &amp; en quelques endroits pour un mois seulement. Le droit de <i>ban de vin</i> ne peut être transporté au Fermier, pour jouir par lui de l'exemption du huitième. Ce droit de <i>ban de vin</i> est appellé quelquefois <i>ban de Mai,</i> ou <i>ban d'Août.</i> Le Roi par un Edit du mois d'Avril 1702. a établi un droit de <i>ban de vin</i> dans tous les lieux où les droits d'Aides n'ont point de coutume : il permet à toutes personnes d'acquérir ce droit, &amp; leur donne de grands priviléges.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui a la bouche trop fendue, qu'elle est grande comme un four à <i>ban.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Ban , est quelquefois une dignité ; c'est ainsi qu'on appelle le Gouverneur de Croatie. <i>Banus, Gubernator, Praefectus.</i> M. Du Cange remarque que les Hongrois l'appellent <i>Isban</i> en leur langue : il ajoûte que ce nom de dignité vient du mot <i>band,</i> pris pour étendart, parce que c'est sous le band (<i>bandum</i>) ou sous les enseignes de cet Officier, que les Peuples de la Province doivent se ranger pour combattre.</p><p>M. d'Herbelot, <i>Bibl. Orient. p.</i> 183. prétend que <i>Ban</i> est un mot Esclavon, dont les Turcs se servent aussi, &amp; qu'il signifie, celui qui commande des troupes ou des milices dans les Provinces dépendantes du Royaume de Hongrie. Il est aussi, selon d'autres, en usage en Dalmatie. C'est ce que les Grecs modernes appellent , dont l'un se trouve dans Constantin <i>de Administr. Imper. cap.</i> 30. &amp; 31. &amp; l'autre dans Cinname. On croit même que c'est ce qu'Hésychius appelle , &amp; qu'il dit signifier <i>Roi,</i> ou bien <i>Grand Prince.</i> Voyez <ref type="search" target="head:J">J</ref>. Selden, <i>de Titul. honorar.</i> P. II. ch. 2. n. 5. Joan. Lucius, <i>de Regno Dalmat. Lib. VI. cap.</i> 1. les Decrets d'André Roi de Hongrie, ch. 25. &amp; Du Cange. Le Lieutenant ou Vicaire du <i>Ban</i> s'appelle Viceban, <i>Vicebannus</i> ; &amp; l'on trouve <i>Bannatus,</i> Bannat, pour signifier la dignité de <i>Ban.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAN</head>
    <p>
    Bans , au pluriel, en termes de Chasse , sont les lits des chiens. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4084" id="1" type="">
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    <head>BANAL, ALE</head>
    <p>
    BANAL, ALE , adj. qui se dit d'un lieu public qu'un Seigneur a droit d'établir pour y faire cuire le pain, moudre la farine, pressurer le vin des habitans de sa Seigneurie, &amp;c. <i>Indictivae legi obnoxius.</i> Un four <i>banal, Furnus indictivae legis.</i> Pressoir <i>banal. Juris indictivi Torculum.</i> Moulin <i>banal. Legis indictivae pistrinum.</i> Il y a aussi un droit de taureau <i>banal,</i> &amp; en certains lieux des mulets <i>banaux</i> pour fouler les grains. Anciennement on disoit <i>bannier.</i> Pasquier, <i>Rech.</i> Liv. VIII. ch. 36.</p><p>On appelle ironiquement un taureau <i>banal,</i> un homme qu'on veut accuser d'une grande corruption de moeurs.</p><p>On appelle aussi, Rivières <i>banales,</i> ou rivières de cense, celles qui appartiennent en propriété à quelqu'un, qu'il peut donner à ferme &amp; à cense.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANAL, ALE</head>
    <p>
    Banal , se dit aussi dans un sens métaphorique. La réputation de doucereux <i>banal.</i> Bussy. Témoin <i>banal.</i> Caution <i>banale.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANALITÉ</head>
    <p>
    BANALITÉ , s. f. Droit d'un Seigneur d'avoir un moulin, un four, un pressoir, un taureau banal, &amp; de contraindre ses vassaux à y moudre leurs grains, à y cuire leur pain, à y amener leurs vaches. <i>Indictivum jus dominicum. Bannalitas.</i> Les Seigneurs Hauts-Justiciers ne peuvent avoir droit de <i>banalité</i> que par des concessions du Roi, &amp; des titres ou dénombremens anciens ; car ils ne le peuvent acquérir par une possession immémoriale. C'est une servitude qu'on ne peut prescrire même par cent ans, parce qu'elle est odieuse.</p><p>Le droit de <i>banalité</i> étoit inconnu aux Anciens ; il n'en est fait aucune mention dans les Loix du Digeste, ni du Code ; &amp; l'Histoire ne nous en apprend pas davantage. On lit bien à la vérité &amp; très-fréquemment dans les Ordonnances ou Capitulaires de nos premiers Rois, &amp; dans les Auteurs leurs contemporains, ces mots <i>bannum, bannire, bannitas,</i> d'où celui de <i>banalité</i> tire son origine. Mais il ne se trouve en aucun lieu dans cette signification. De la Mare. La violence des Seigneurs &amp; la pauvreté des peuples en ont apparemment été la première origine. Dans les siècles suivans, plus doux &amp; plus tranquilles, on ajoûte pour troisième cause les manumissions &amp; affranchissemens des serfs. Idem. Tous les Auteurs qui ont écrit de la <i>banalité</i> ne remontent pas plus haut que vers la fin du Xe, ou le commencement du XIe siècle. Les Seigneurs faisoient bâtir des moulins, &amp; obligeoient leurs vassaux à y venir moudre ; &amp; de là s'est introduit le droit de <i>banalité,</i> qui n'étoit qu'une usurpation dans son commencement. La <i>banalité</i> produit au Seigneur un profit réglé ; on l'appelle, <i>droit de moute</i> pour le moulin. Quand le moulin, le pressoir, le four du Seigneur sont détruits, &amp; que pendant vingt-quatre heures ils ne peuvent servir, il est permis aux vassaux d'aller ailleurs. Voyez la Coutume de Paris, &amp; Brodeau sur M. Louet, M. le Prêtre.</p><p>La <i>banalité</i> des moulins a toujours paru si peu favorable en France, que de 280. Coutumes qui sont reçues pour loi, dans autant de différentes Provinces ou lieux particuliers, il n'y en a que 31. où cette servitude soit en usage. De celles-ci il y en a dix qui la mettent au nombre des droits féodaux &amp; de Justice, ensorte que quiconque a Justice a droit de <i>banalité</i> sur ses justiciables, sans être obligé d'en rapporter d'autres preuves. Ces Coutumes sont celles de Touraine, Loudunois, Anjou, le Maine, le Perche, Poitou, la Marche, Angoumois, Xaintonge, &amp; Bretagne : toutes les autres, plus conformes aux sentimens des Docteurs, réduisent la <i>banalité</i> au rang des servitudes personnelles, qui ne s'acquierent point sans titres. De la Mare, <i>Tom. I. p.</i> 799.</p><p>Dans les commencemens la <i>banalité</i> n'avoir point d'étendue <pb n="494" facs="bpt6k8542165/f534/full/1200,/0/native.jpg"/>fixée. Fulbert Evêque de Chartres, &amp; Chancelier de France sous le Roi Robert, dans le dixième siècle, se plaint à Richard Duc de Normandie, ép. 14. qu'il y avoit des moulins banaux éloignés de cinq lieues de la demeure des sujets que l'on contraignoit d'y aller moudre. Toutes nos Coutumes y ont pourvu, &amp; renferment toutes ce droit dans l'étendue d'une lieue. Selon quelques-unes cette lieue doit avoir 2000. pas de 5. pieds chacun, à prendre depuis l'entrée de la maison du sujet jusqu'à la huche du moulin. D'autres portent qu'elle doit contenir mille tours d'une joue de 15. pieds de circonférence par dehors, à prendre depuis la maison jusqu'au moulin. Celle de Bretagne porte que la Banlieue doit avoir d'étendue 120. cordes de 120. pieds chaque corde. De la Mare.</p><p>M. Bornier, dans ses <i>Conférences sur les nouvelles Ordonnances,</i> croit que le mot de <i>banalité</i> vient de <i>bannir,</i> qui signifie prohiber, ou empêcher, parce que ceux qui sont sujets au droit de <i>banalité,</i> ne peuvent aller à un autre moulin, four, ou pressoir, qu'à celui qui est banal. D'autres le dérivent du mot <i>ban,</i> qui signifie proclamation avec injonction sous quelque peine. En effet, on a coutume en quelques lieux d'appeller &amp; crier à haute voix à cor &amp; à cri que l'on vienne au four, au moulin, ou au pressoir. Id. M. De La Mare, <i>Trait. de la Pol.</i> L. V. Tit. IX. C. 3. dit que comme dans la suite cette sujetion fut limitée à l'étendue de la banlieue, les moulins en prirent le nom de Bannaux ou Banniers. Voyez sur la <i>banalité</i> des moulins tout le Ch. III. du Tit. IX. du Liv. V. du <i>Traité de la Police</i> de M. de La Mare ; &amp; sur la <i>banalité</i> des fours, Liv. V. Tit. XI.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANANE</head>
    <p>
    BANANE , s. f. C'est le fruit du Bananier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANANIER</head>
    <p>
    BANANIER , s. m. <i>Musa arbor.</i> Plante qui est fort commune dans les Indes Orientales &amp; Occidentales. C'est un gros roseau spongieux au dedans, qui vient volontiers dans des terres grasses, près des ruisseaux, ou dans les vallées qui sont à l'abri des vents. Il croît de la hauteur de douze ou de quinze pieds. Sa tige est verte, luisante, spongieuse, &amp; remplie d'eau : elle sort d'un gros oignon en forme d'une poire, qui a plusieurs petites racines blanches, qui le lient avec la terre. Ses feuilles viennent au haut de la tige au nombre de huit, de neuf &amp; même de douze ; elles sont longues d'environ quatre, cinq ou huit pieds, &amp; larges de quinze ou dix-huit pouces : elles peuvent servir de napes &amp; de serviettes, &amp; étant sèches tenir lieu de matelas &amp; de lits pour coucher mollement : elles sont d'un verd gai, polies &amp; fermes comme du papier, &amp; craquent de la même manière ; aussi quand elles sont agitées du vent elles font du bruit, &amp; se déchirent. Le nerf qui est tout le long de la feuille est gros comme le petit doigt. Son fruit est au sommet de la tige en forme de grosse grappe, ou de gros bouquet : il est gros comme le bras, long de douze à treize pouces, un peu recourbé vers l'extrémité : sa chair est ferme &amp; solide, propre à être cuite ou sous la cendre, ou au pot avec la viande, ou à être confite &amp; séchée au four, ou au soleil pour être gardée plus facilement. Dans chaque bouquet il n'y a que vingt-cinq ou trente <i>bananes</i> au plus, qui ne sont point trop serrées les unes près des autres. Ses fleurs sont d'un jaune blanc, d'une odeur douce, &amp; longues d'environ deux travers de doigt. Lorsque les fruits sont mûrs, on coupe toute la plante ; car elle ne porte qu'une fois du fruit, &amp; ne vit qu'une année ; mais avant qu'elle vieillisse il sort de la racine un ou deux rejettons qui lui succèdent, &amp; qui par ce moyen la perpétuent.</p><p>Dans la Province de Machicore en Afrique il y a des <i>bananes</i> aussi longs &amp; aussi gros que le bras, que l'on appelle <i>Outsi,</i> &amp; dans la Province de Mangabei <i>Foutsi</i> ; il y en a d'autres qui portent des fruits gros comme la moitié du bras, d'autres qui ne sont pas plus gros que le pouce ; &amp; d'autres qui sont plus petits, &amp; sont nommés <i>Acoudres,</i> dont il y en a bien cent à chaque grappe, qui sont de couleur verte, soit qu'ils soient recens, soit qu'ils soient gardés. Les <i>bananes</i> sont un bon manger dans ce pays-là, &amp; fort nourrissantes : on les fait rôtir comme des pommes, quand elles sont mûres. On cueille bien souvent les grappes qui ne sont pas mûres, &amp; on les pend au plancher, où elles mûrissent en moins de quinze jours. On file dans la Province d'Eringdrane l'écorce de cet arbre, &amp; l'on en fait des habits. Dapper. Cet Auteur fait <i>bananes</i> masculin, nom du fruit du <i>bananier.</i> Mais il se trompe, c'est un Hollandois qui ne sait pas le François.</p><p>Le P. du Tertre décrit les <i>bananiers</i> &amp; les <i>bananes</i> de l'Amérique dans son <i>Hist. des Antil. Traité II. ch.</i> 2. § 6. Il dit, qu'Acosta en a mieux écrit que tous les autres ; qu'il se trompe néanmoins en rangeant cette plante sous le nombre des arbres. Il distingue les figues des <i>bananes,</i> qui, dit-il, sont plus longues &amp; pour l'ordinaire plus grosses. Il y en a de grosses comme le bras, &amp; longues d'un grand pied, &amp; un peu courbées comme les cornes de vaches. Le suc de cette plante fait une vilaine tache sur le linge, qu'on ne peut jamais ôter. L'eau dont le tronc spongieux de cette plante est rempli, est extrêmement froide, &amp; l'on s'en sert avec succès contre toutes sortes d'inflammations. Quand on coupe la <i>banane</i> on voit une belle croix imprimée sur chaque tronçon. On appelle le <i>bananier</i> Figuier d'Adam, ou Pommier de Paradis, comme si c'étoit l'arbre du fruit défendu qu'Adam mangea dans le Paradis terrestre. Le <i>bananier</i> a beaucoup de rapport à un figuier des Indes : il en diffère néanmoins comme on le peut voir dans Lonvillers, <i>Hist. nat. des Antil. Liv. I. c.</i> 9. <i>art.</i> 3. &amp; dans l'<i>Hist. des Antil. du</i> P. Du Tertre, <i>Tr. III. ch.</i> 2. § 6.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    BANC , s. m. Siége de bois où plusieurs se peuvent asseoir de rang. <i>Scamnum.</i> Ce <i>banc</i> est capable de tenir tant d'écoliers. Les anciens Marguilliers ont un <i>banc</i> dans une Paroisse le plus près du Choeur. La concession des <i>bancs</i> dans une Eglise n'en transfère point la propriété, &amp; l'usage n'en est point transmissible aux héritiers. Louet. Il n'y a que le Patron qui ait droit d'avoir un <i>banc</i> à perpétuité.</p><p>Ménage dérive ce mot de l'Italien <i>banco,</i> ou du Latin <i>bancus,</i> ou <i>bancum,</i> qu'on a aussi écrit <i>banchum,</i> qui signifie la même chose ; &amp; qui, selon les Bollandistes, Mart. T. II. pag. 152. signifie la table autour de laquelle des Juges sont assis pour rendre la justice, ou des Banquiers pour faire leurs comptes, &amp; d'où est venu aussi le mot de <i>banqueter.</i> D'autres le dérivent de l'Allemand <i>pank</i>. Nicot le dérive de <i>abacus</i> ; d'autres du Saxon <i>benc.</i> Covatruvias remarque que quelques-uns tiennent que ce mot vient de l'Arabe <i>bancq</i>. Angelo Rocca dit que c'est un mot Gothique. Icquez dit que c'est un mot de la langue des Francs, qui disoient <i>benc,</i> ou <i>banc,</i> que nous avons retenus ; &amp; Chorier dit qu'il nous est resté de l'ancienne langue des Allobroges, qui disoient <i>bank</i> dans le même sens. Le P. Pezron dit qu'il est Celtique. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc , se dit aussi en parlant du temps d'étude qu'on doit faire dans les Universités pour parvenir aux Degrés. <i>Studiorum curriculum.</i> Il faut avoir été cinq ans sur les <i>bancs,</i> avant que d'être Docteur ; c'est-à-dire, Il faut avoir étudié cinq ans. Au Palais on appelle Messieurs du grand <i>Banc,</i> les Présidens à Mortier. <i>Judices primi subsellii.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc , est aussi une espèce de bureau, ou de rendez-vous, où les Avocats &amp; Procureurs se rangent pour parler à leurs Parties, pour y signer leurs expéditions, ou pour y serrer leur bonnet. <i>Procuratorum ac Causidicorum mensa.</i> Les règlemens du Palais portent, que les Procureurs doivent se tenir demi-heure à leur <i>banc</i> entre 10. &amp; 11.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc du Roi . C'est un Tribunal de Justice, &amp; une Cour Souveraine en Angleterre. <i>Tribunal primarium.</i> On l'appelle <i>Banc du Roi,</i> parce que le Roi y présidoit autrefois en personne, &amp; prenoit place sur un <i>banc</i> élevé, les Juges étant assis aux pieds du Roi sur un <i>banc</i> inférieur. C'est dans cette Cour que l'on plaide les causes de la Couronne entre le Roi &amp; ses Sujets, &amp; toutes celles qui regardent la vie des Sujets. Elle prend aussi connoissance des trahisons, complots, ou machinations qui se font contres le Gouvernement. Elle est ordinairement composée de quatre Juges, dont le premier est appellé le Lord Chef de Justice du <i>Banc du Roi.</i> Il porte des robes, &amp; des livrées de la Grande Garderobe. La Jurisdiction de la Cour du <i>Banc du Roi</i> est générale, &amp; s'étend par toute l'Angleterre. Il n'y en a point dans le Royaume qui soit plus indépendante, parce que la Loi suppose que le Roi y préside toujours. Voyez <ref type="search" target="head:Spelman">Spelman</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc commun , c'est la seconde Cour de Justice en Angleterre. <i>Tribunal secundarium.</i> On l'appelle <i>Banc commun,</i> parce qu'on y plaide les causes communes &amp; ordinaires entre sujet &amp; sujet. On y juge toutes les affaires civiles, <pb n="495" facs="bpt6k8542165/f535/full/1200,/0/native.jpg"/>réelles ou personnelles, à la rigueur de la Loi. Le premier Juge de la Cour des Plaidoyers communs est appellé, le Chef de la Justice des causes communes, ou du <i>Banc commun.</i> Il n'y a présentement que quatre Juges. Autrefois il y en a eu tantôt 8. tantôt 7. tantôt 6. &amp; tantôt 5. Voyez Spelman sur ces deux dernières significations de <i>Banc,</i> dans son <i>Gloss. Archaeol.</i> On pourroit aussi s'en servir en parlant d'affaires d'Italie, car le mot <i>bancus</i> &amp; <i>banco</i> se prend aussi pour tribunal, ou, selon les Académiciens de la Crusca, pour la table autour de laquelle des Juges &amp; Magistrats sont assis dans leurs assemblées. Voyez Du Cange au mot <i>bancus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc , en termes de Marine , est dans les Galères un siége où on met quatre ou cinq rameurs de rang pour tirer une même rame. <i>Transtra.</i> Les Galères ont vingt-cinq <i>bancs</i> de chaque côté. Les Galéasses ont 32. <i>bancs,</i> &amp; ont six ou sept forçats par <i>banc.</i> Le nombre des <i>bancs</i> est ce qui fait différence entre les Galères, &amp; autres vaisseaux à rames, pour la grandeur, &amp; pour la force.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Bancs de Chaloupes, sont les <i>bancs</i> qui sont joints autour de l'arrière de la Chaloupe en dedans, pour la commodité de ceux qui y navigent. <i>Sedilia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc signifie aussi un lieu dans la mer où il n'y a pas assez d'eau pour porter un vaisseau. On le dit aussi des sables &amp; des rochers qui s'élèvent un peu au-dessus de la surface de l'eau. <i>Arenariae moles.</i> Ce vaisseau est échoué sur un <i>banc</i> de sable. Le grand <i>banc</i> des Morues vers le Canada a plus de cent lieues de long, &amp; n'est pas dangereux ; car on y peut flotter. Il se nomme autrement, le <i>Grand banc.</i> Le <i>Banc</i> de l'Acadie dans l'Amérique Septentrionale sur la côte Méridionale de l'Acadie. Le <i>Banc aux baleines</i> au Couchant du <i>Grand banc.</i> Le <i>Banc à vert</i> près de la côte Méridionale de l'Isle de Terre Neuve. Le <i>Banc de Bimini</i> dans la mer du Nord en Amérique proche de l'Isle de Bimini. Le <i>Banc de la Cassie</i> dans la mer Méditerranée au Couchant de la Sardaigne. Le <i>Banc du Chien</i> à l'Occident d'Angleterre. Le <i>Banc de S. George</i> sur la côte Orientale de l'Acadie. Le <i>Banc de l'Isle de sable,</i> proche de cette Isle au Midi de l'Acadie. Le <i>Banc des Isles,</i> au Midi de l'Isle de Terre Neuve. Le <i>Banc Jacquet,</i> ou <i>le Petit banc,</i> au Levant du <i>Grand banc.</i> Le <i>Banc des Orphelins</i> dans le Golphe de S. Laurent. Le <i>Banc des Perles.</i> Il y en a deux en Amérique de ce nom ; l'un dans la mer du Nord, &amp; l'autre sur la côte de l'Acadie au Levant : on l'appelle autrement le <i>Banc aux Anglois.</i> La mer de la Manche &amp; celle du Pont-Euxin sont pleines de <i>bancs,</i> &amp; de difficile navigation. Les <i>bancs</i> de pierre s'appellent <i>haies de pierre ;</i> les grands glaçons, des <i>bancs de glace.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc , se prend aussi figurément pour le peu de succès que nous avons dans nos entreprises, aussi-bien que le mot d'<i>écueil.</i> En écrivant l'histoire, je crains de donner à travers quelque <i>banc</i> ou quelque écueil caché sous l'eau. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc de Jardin, est un siége qui se fait de gazon, ou de marbre, ou de bois dans un jardin. <i>Sedile cespititium.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANC</head>
    <p>
    Banc , signifie aussi un lit de pierre, ou un étage dans les carrières. Le <i>banc</i> de ciel, est celui d'enhaut qui est le plus dur, &amp; soutenu sur des piliers qu'on y laisse d'espace en espace : ensorte qu'il sert de ciel ou de plafond à la carrière. Il y a des carrières où l'on trouve deux <i>bancs</i> de ciel. Une carrière de bon <i>banc.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANCELLE</head>
    <p>
    BANCELLE , s. f. Petit banc long &amp; étroit comme celui qu'on met aux tables des petits cabarets. <i>Scabellum.</i> La <i>bancelle</i> nous y sert de tabouret. Scarron.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANCHE</head>
    <p>
    BANCHE , s. f. Terme de Marine . C'est le nom que l'on donne à un fond de roches tendres, &amp; unies, qui se trouvent en certains lieux au fond de la mer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANCROCHE</head>
    <p>
    &#9758; BANCROCHE , s. m. &amp; f. Nom de mépris &amp; du style familier que l'on donne aux personnes petites, contrefaites, ou qui ont les jambes tortues.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDAGE</head>
    <p>
    BANDAGE , s. m. Art de bander les plaies suivant les diverses parties du corps où elles se trouvent. Un Professeur en Chirurgie doit faire plusieurs leçons des <i>bandages.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDAGE</head>
    <p>
    Bandage , se dit aussi des ligatures avec quoi on lie les plaies. Cet homme est presque guéri, mais on ne lui a pas encore ôté les <i>bandages.</i></p><p>On appelle plus particulièrement <i>Bandage,</i> les brayers qu'on est obligé de porter quand on a des hernies, ou descentes, ou quelque autre maladie du scrotum. <i>Fascia herniae coercendae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDAGE</head>
    <p>
    Bandage , se dit aussi des ferremens qui lient, ou qui fortifient des roues, ou des pièces d'une machine. <i>Vincula, ligamina. Bandage</i> de roue. Ce sont des bandes de fer courbées &amp; percées de distance en distance pour les attacher avec de gros clous autour des <i>jantes</i> des roues. Liger. Ces roues ne valent rien, mais le <i>bandage</i> en est encore bon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDAGE</head>
    <p>
    Bandage , se dit aussi des pièces qui servent à bander une arbalête, un pistolet, &amp; autres choses qui font ressort. Il y avoit autrefois bien plus de pièces pour le <i>bandage</i> d'une arquebuse, qu'il n'en faut à present.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDAGISTE</head>
    <p>
    BANDAGISTE , s. m. C'est un faiseur de brayers. <i>Fasciarum ad coercendam herniam artifex.</i> Il est du Corps des Chirurgiens ; c'est à S. Côme qu'on le reçoit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDE</head>
    <p>
    BANDE , s. f. Pièce d'étoffe coupée en longueur, &amp; qui a peu de largeur. <i>Taenia.</i> Les Suisses portent des habits découpés par <i>bandes.</i> Il y a des <i>bandes</i> de velours sur les habits du train de cet Ambassadeur. Dans les guerres civiles des maisons d'Orléans &amp; de Bourgogne sous Charles VI. l'Orléanois portoit des écharpes, que le peuple appelloit comme il fait encore maintenant <i>bandes.</i> Pasq. <i>Recherc.</i> Liv. VIII. Ch. 51. Le Comte d'Armagnac Connétable avoit pour devise une <i>bande</i> ; c'est pour cela qu'ayant été tué dans la prise de Paris par les Bourguignons, on lui leva une <i>bande</i> de sa peau de la largeur de trois ou quatre doigts, depuis les épaules jusqu'au genouil, &amp; on la lui mit en écharpe. Parad.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande . Ordre militaire. L'Ordre de la <i>Bande.</i> Les Chevaliers de la <i>Bande, Bandae militia,</i> dit Miraeus dans ses <i>Origines Ordin. Equestr. cap.</i> 5. C'est un Ordre militaire d'Espagne, institué par Alphonse XI. ou selon d'autres XII. Roi de Castille l'an 1332. sous le Pontificat de Jean XXII. Il prit son nom d'une <i>bande,</i> ou ruban rouge, que les Chevaliers portoient croisé, passant de dessus l'épaule droite sous le bras gauche. <i>Banda</i> signifie en Espagnol la même chose que <i>bande</i> en François. On n'y recevoit que des gens Nobles ; mais les aînés des Grands en étoient exclus. Il falloit avoir servi au moins dix ans dans les armées, ou à la Cour. Ils devoient prendre les armes pour la Foi Catholique contre les Infidèles. Le Roi étoit Grand Maître de l'Ordre. Leur Règle, que Justiniani rapporte, consiste en 38. articles. Justiniani l'appelle l'Ordre de la <i>Bande,</i> ou de l'<i>écharpe.</i> Les Chevaliers de S. Jacques semblent avoir succédé à ceux de la <i>Bande.</i> Ceux qui ont écrit de cet Ordre sont Mariana, <i>Hist. d'Esp.</i> Liv. XVI. ch. 11. Antoine Guevara, Paul Maurigia, <i>Lib. II. Orig. Monast. cap.</i> 9. Justiniani, Tom. II. ch. 52. pag. 634. &amp; ceux qui ont traité des Ordres militaires en général, &amp; que nous indiquerons au mot Ordre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , est aussi un morceau de toile coupé en long, qui sert à lier les plaies, &amp; quelques membres du corps. <i>Fascia.</i> Les <i>bandes</i> d'un enfant en maillot, d'une femme en couche, d'un cautère.</p><p>Ménage, après Lipse &amp; Saumaise sur Solin 1130. dérive ce mot de l'Allemand <i>bandt,</i> qu'ils disent être aussi un mot Persan &amp; Arabe ; mais que les Persans &amp; les François l'ont pris du bas Grec <i>bandon,</i> ou du Latin <i>bandum,</i> signifiant une enseigne d'une pièce d'étoffe ou de linge, plus longue que large. <i>Bandum</i> se trouve dans la vie de Saint Anastase Persan, qui vivoit au commencement du VIIe siècle, &amp; dont la vie a été écrite au même siècle par un Auteur &amp; témoin oculaire ; <i>bandum</i> s'y trouve, dis-je, pour signifier un étendart, un drapeau, une enseigne militaire. Voyez <ref type="search" target="head:Bollandus">Bollandus</ref>. <i>Acta SS. Jan. Tom. II. p.</i> 439. Un vieux Glossaire Grec manuscrit de la Bibliothèque de M. Séguier, cité dans le Glossaire qui est à la tête de l'histoire de Théophilacte Sinéocartes, dit qu'il se tire du Latin, &amp; que les Italiens appellent les étendarts. Nous ne l'avons donc pas pris du Grec moderne <i>bandon,</i> mais plutôt les Grecs ont pris <i>bandon</i> du bas Latin <i>bandum,</i> qui probablement s'est formé selon les étymologies qui vont suivre.</p><p>Du Cange dit qu'il vient du Saxon <i>bend</i>, dont la basse Latinité a fait <i>bende</i> &amp; <i>bendellus, bandeau,</i> d'où sont venus aussi les mots de <i>banderolle</i> &amp; de <i>bannière,</i> les <i>bandes</i> des gens de guerre, parce qu'ils étoient distingués par <i>bandes</i> &amp; par enseignes. Dans la vie de Sainte Zite, on trouve <pb n="496" facs="bpt6k8542165/f536/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Binda</i> dans le même sens ; sur quoi le P. Papebrock remarque qu'il vient de l'Allemand <i>Binden</i>, qui signifie <i>lier. Act. Sanct. April. Tom. III. pag.</i> 519. Voyez encore <i>Maii Tom. IV. p.</i> 389. A. &amp; dans Anastase, sur le retour de Léon III. à Rome, on lit, <i>cum signis &amp; bandis,</i> avec les étendarts &amp; bannières ; la lettre du Pape Hadrien à Charlemagne, Procope, <i>de Bello Vand.</i> 2. <i>p.</i> 123. qui appelle , ceux qui portoient les étendarts, ou bannières, Liv. II. p. 134. Voyez le Glossaire de Fabretti, qui est à la tête de Cédrenus de l'édit. du Louvre, &amp; celui de Meursius. Ce mot néanmoins ne vient point du Grec, comme on l'a déja dit. Du Cange croit que <i>bande</i> s'est fait de ban, <i>bannum,</i> parce que ceux qui mettoient le ban à quelque chose, ou qui mettoient quelque chose au ban, y attachoient un voile, ou morceau d'étoffe. Enfin d'autres le dérivent de <i>bannar</i>, ancien mot Britannique, ou Cambrobritannique, qui signifie étendart, &amp; qui a été formé de <i>bann,</i> élévation ; car <i>bann,</i> comme on le peut voir dans Boxhornius, signifie <i>être haut, être élevé.</i></p><p>On appelle aussi des <i>bandes</i> de broderie, ou de tapisserie, les ornemens faits à l'aiguille, qui sont étendus en long &amp; avec peu de largeur sur des lits, sur des paremens d'Autels, sur des habits, &amp;c. <i>Instita opere Phrygio texta.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , se dit aussi du fer battu en long, qui sert à lier ou enfoncer quelque chose. <i>Ferrea lamina.</i> Il faut trois <i>bandes</i> de fer pour attacher une flèche de carosse. Il faut mettre deux <i>bandes</i> à cette roue. Voyez <ref type="search" target="head:BANDAGE">BANDAGE</ref>. On appelle <i>bandes</i> Flamandes, une espèce de peintures.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande d'une selle, se dit de deux pièces de fer plattes, larges de trois doigts, clouées aux arçons pour la tenir en état.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="6" type="patissier">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , est aussi un terme de Pâtissier , qui se dit d'un morceau de pâte étendue, qu'on coupe en long, pour bander des tourtes de godiveaux &amp; autres ouvrages de pâtisserie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , en Architecture, se dit de plusieurs membres plats &amp; unis, qui représentent en effet des <i>bandes,</i> ou lisières ; comme les frises, qu'on appelle autrement <i>plattes-bandes en fasces,</i> les architraves, &amp; autres pièces moindres, dont quelques-unes sont susceptibles d'ornemens. <i>Fascia.</i> Il y a aussi des <i>bandes</i> de trémie, qui sont des barres de fer qui servent à soutenir les atres, les manteaux &amp; les languettes des cheminées. <i>Vectis.</i> Les <i>bandes</i> de colonnes sont une espèce de bossage, dont on orne le fût des colonnes. <i>Fascia.</i> Il y en a de diverses sortes, selon les divers ordres d'Architecture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="8" type="">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bandes , chez les Imprimeurs, se dit des pièces de fer sur lesquelles roule le train de la presse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="9" type="">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande . Ce mot est aussi en usage parmi les Charcutiers. Ils appellent <i>bande de Cervelas,</i> six Cervelas attachés l'un au bout de l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="10" type="potier">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , est aussi un terme de Potier . On l'emploie pour signifier plusieurs carreaux arrangés de suite ; car alors on dit <i>bande de carreaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="11" type="">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande . Ce mot est aussi usité parmi les Ceinturiers, qui appellent <i>bande de baudrier,</i> presque tout le corps du baudrier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="12" type="blason">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , en termes de Blason , est une des pièces qu'on appelle <i>honorables</i> dans l'Ecu. <i>Taenia.</i> Elle est de métal ou de couleur, traverse l'Ecu d'angle en angle, &amp; prend depuis le chef du côté droit, &amp; aboutit à la pointe au côté gauche. La <i>bande,</i> quand elle est seule, doit régulièrement occuper le tiers de l'Ecu ; car si elle ne contient que les deux tiers de son ordinaire, on l'apppelle <i>cotice. Taeniola</i> ; &amp; quand elle n'est que du tiers, ou moins de ce tiers, on l'appelle <i>bâton,</i> ou <i>bande en devise. Obliquum Bacillum. Bande dentelée, engrélée, denchée, bretessée, échiquetée, ondée, potencée, chargée, accompagnée,</i> &amp;c. Et quand il y en a plusieurs, on en spécifie le nombre, &amp; on dit, un Ecu <i>bandé,</i> de 6. de 8. pièces, &amp;c. On l'appelle aussi <i>bandé,</i> quand les principales pièces sont chargées de <i>bandes,</i> comme le chef, la fasce, le chevron, &amp;c. Le Landgrave de Hesse porte d'azur au lion <i>bandé</i> d'argent &amp; de gueule de 8. pièces. On le dit aussi des bandeaux qui sont sur les têtes des figures du Blason. Quand le bâton ne touche pas les bords de l'Ecu, on l'appelle <i>péri en bande.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="13" type="marine">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , en termes de Marine , signifie, Côté. <i>Plaga, regio.</i> Nous navigeons à deux degrés de la Ligne de la <i>bande</i> du Nord. La déclinaison de l'aiguille est là de tant de degrés de la <i>bande</i> du Sud. On dit aussi, mettre son vaisseau à la <i>bande,</i> quand on le fait pencher sur un côté, pour lui donner le radoub, ou le suiver.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="14" type="">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , signifie encore une troupe de plusieurs personnes associées ensemble pour un même dessein. <i>Caterva, turba.</i> La grande <i>bande</i> des Violons se dit des 24. Violons du Roi. On dit aussi <i>bande</i> de séditieux, <i>bande</i> de factieux, <i>bande</i> de ligueurs, <i>bande</i> de voleurs. On a pris des voleurs, qui ont déclaré tous ceux qui sont de leur <i>bande.</i> On dit encore, <i>bande</i> de Bohémiens, <i>bande</i> d'Egyptiens.</p><p>Bande, se disoit autrefois des troupes de gens de guerre. <i>Militum manus.</i> Mais il n'est demeuré en usage qu'en cette phrase, Le Prévot des <i>bandes,</i> pour dire, le Juge des soldats du Régiment des Gardes. Cependant Vaugelas dit dans son Quinte-Curce, que les <i>bandes</i> Grecques avoient joint le gros de l'armée. Et M. De Harlai dans son Tacite, Il falloit aller droit au Camp s'assurer des <i>bandes</i> Prétoriennes. Ce mot vient en ce sens de ce que l'on a dit <i>bandum</i> pour un drapeau, une enseigne militaire, comme nous l'avons marqué ci-dessus. Les <i>Glossae Nomicae</i> disent que ce nom étoit en usage chez les Romains ; ce qu'il faut entendre du bas Empire. .</p><p>On dit encore, qu'un Général va de <i>bande</i> en <i>bande</i> pour animer ses soldats.</p><p>On le dit aussi des corps qui sont unis, &amp; qu'on sépare. Quand on est trop de personnes ensemble pour se réjouïr, il se faut séparer en plusieurs <i>bandes.</i> Le gros de la Cavalerie s'est séparé en deux <i>bandes</i> pour aller couper les ennemis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="15" type="">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , se dit aussi de plusieurs personnes assemblées pour se divertir. Ainsi on dit la <i>bande</i> joyeuse, la <i>bande</i> Bachique ; mais ce n'est que dans le style simple &amp; comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="16" type="">
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , se dit aussi parmi les Bouchers de plusieurs boeufs qu'on mene de compagnie. <i>Boum armentum.</i> Il vient d'arriver une belle <i>bande</i> de boeufs au marché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4094" id="17" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BANDE</head>
    <p>
    Bande , est encore un terme du jeu de billard . La <i>bande</i> est le bord de la table sur laquelle on joue, <i>ora.</i> La <i>bande</i> est haute de deux ou trois pouces. On dit, collé sous la <i>bande ;</i> ou simplement collé, en parlant d'une bille qui touche à la <i>bande,</i> &amp; qui s'y arrête.</p><p>On dit proverbialement, Faire <i>bande</i> à part ; pour dire, se séparer d'une troupe, d'un parti avec lequel on avoit quelque liaison. <i>Ab aliis discedere, sejungere se.</i> Le meilleur parti qu'on puisse prendre, c'est de faire <i>bande</i> à part, de crainte de s'affoiblir avec les foibles. Abb. d. l. Tr.</p><p>L'origine de ce mot en cette dernière signification vient, selon Pasquier, des querelles des Maisons d'Orléans &amp; de Bourgogne sous le règne de Charles VI. qui se distinguoient, parce que les Bourguignons portoient une Croix rouge de S. André, qu'on appelle encore <i>Croix de Bourgogne</i> ; &amp; les Orléanois portoient des écharpes, que le peuple appelloit <i>bandes,</i> de sorte qu'on les appelloit les <i>Bandés,</i> comme on avoit dit ailleurs les <i>Croisés</i> ; &amp; comme ils étoient fortement ligués, on a dit que des gens se <i>bandoient</i> contre quelqu'un, quand ils se liguoient contre lui : &amp; qu'ils étoient de sa <i>bande</i> ; pour dire, de son parti.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4095" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDEAU" />
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    <head>BANDEAU</head>
    <p>
    BANDEAU , s. m. Bande qu'on met sur le front, ou sur les yeux. <i>Fascia, velum.</i> On met un <i>bandeau</i> à ceux qui reçoivent la Confirmation. Les veuves portent un <i>bandeau</i> de crêpe en signe de grand deuil. Le <i>bandeau</i> que l'on met à ceux qui sont confirmés, doit être de linge. Autrefois on devoit le porter durant sept jours : dans la suite on se contenta de le porter trois jours : enfin, le Concile de Chartres en 1526. ordonna qu'on le garderoit au moins pendant vingt-quatre heures, au bout desquelles après <pb n="497" facs="bpt6k8542165/f537/full/1200,/0/native.jpg"/>avoir ôté le <i>bandeau,</i> on lavoit avec de l'eau &amp; du sel le front de la personne qui avoit été confirmée, &amp; on brûloit le <i>bandeau.</i> Les Auteurs Ecclésiastiques appellent ce <i>bandeau, vitta, linea, chrismale, bandellus.</i> Voyez le P. Martene Bénédictin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4095" id="2" type="">
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    <head>BANDEAU</head>
    <p>
    Bandeau de Religieuse. C'est une bande de toile que les Religieuses portent sur le front ; pour signifier qu'elles ferment volontairement les yeux, pour ne plus voir les folies du monde, auquel elles ont renoncé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4095" id="3" type="">
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    <head>BANDEAU</head>
    <p>
    Bandeau , en termes d'Architecture , se dit d'une architrave ou moulure qui s'étend depuis une imposte à l'autre, en se courbant en arc par-dessus une porte ou fenêtre. On le dit aussi des chambranles des portes quarrées.</p><p>On appelle le Diadème, un <i>Bandeau Royal</i> ; parce que la marque de la Royauté étoit autrefois un <i>bandeau,</i> que les Rois mettoient sur leur front. <i>Fascia candida.</i></p><p>On dit figurément qu'un homme a un <i>bandeau</i> sur les yeux ; pour dire, qu'il est aveugle par l'esprit ; qu'il est préoccupé de quelque passion, qui l'empêche de voir la vérité de quelque chose On attribue à l'Amour un <i>bandeau,</i> parce qu'un amant ne voit point les défauts de la personne qu'il aime. L'amour propre est comme un <i>bandeau</i> épais qui nous empêche d'appercevoir nos défauts. Bell. La discorde avoit mis un <i>bandeau</i> fatal sur tous les yeux. Racin.</p><p>On met aussi un <i>bandeau</i> aux figures qui représentent la Justice ; pour signifier que les Juges ne doivent connoître, ni favoriser personne ; &amp; qu'ils sont appellés à rendre également la Justice, &amp; sans distinction.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4095" id="4" type="">
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    <head>BANDEAU</head>
    <p>
    Bandeau , se dit aussi d'un médicament externe, qu'on applique sur le front, composé de fleurs, de semences concassées, de décoctions de plantes, ou d'huiles &amp; d'onguens, pour appaiser les douleurs de tête, &amp; faire dormir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4096" id="1" type="coutume">
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    <head>BANDÉE</head>
    <p>
    BANDÉE , s. f. Terme de Coutume , c'est l'ouverture des vendanges dont la proclamation se fait par ordonnance de Justice. <i>Vindemiae denuntiatio.</i> Ce mot vient apparemment du ban, qui se dit dans le même sens, comme on le peut voir en son lieu ; &amp; l'on a dit <i>bandée</i> pour <i>bannée</i> ; c'est-à-dire, proclamation du ban des vendanges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4097" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDEGE" />
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    <head>BANDEGE</head>
    <p>
    &#9758; BANDEGE , s. m. C'est ce qu'on appelle autrement <i>cabaret, plateau,</i> ou espèce de table à petits rebords, &amp; ordinairement sans pieds, sur laquelle on met des tasses de caffé, des soucoupes, un sucrier, &amp; des cuilliers lorsqu'on prend du thé, du caffé, ou du chocolat. Quatre grands <i>bandeges</i> garnis d'argent, ouvrage du Japon. Vingt-six sortes de <i>bandeges</i> du plus beau vernis du Japon. De Chaumont. Un <i>bandege</i> garni d'une caffetiere &amp; de tout le petit meuble qu'il faut pour prendre du caffé. Merc. de <i>Juin.</i> 1720. On apporte ensuite des tasses de thé sur un <i>bandege.</i> A la Chine, au commencement du second service, chaque convié fait apporter par un de ses valets un <i>bandege,</i> où sont divers petits sacs de papier rouge, qui contiennent un peu d'argent pour le cuisinier, pour les maîtres d'hôtel, pour les comédiens (car dans les festins il y a toujours une comédie qu'on représente pendant le repas) &amp; pour ceux qui servent à table. Les <i>bandeges</i> se portent devant le maître du logis. <i>Observ. sur les Ecrits Mod.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4098" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDELETTE" />
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    <head>BANDELETTE</head>
    <p>
    BANDELETTE , s. f. Petite bande avec laquelle on lie, on bande quelque chose. <i>Taenia, taeniola, vitta.</i> On tient les cheveux retroussés avec des <i>bandelettes.</i> Les victimes des Payens étoient ornées de <i>bandelettes.</i> Les Pontifes se couvroient aussi la tête de <i>bandelettes</i> qu'on appelloit <i>sacrées,</i> pour faire des sacrifices, ou des prières publiques dans les cérémonies extraordinaires. Les Dames Romaines se coëffoient avec de petites <i>bandelettes,</i> qui étoient la marque de la pudeur &amp; de la chasteté, &amp; que les Courtisanes n'osoient porter ; Ovide le dit : <i>Este procul vittae tenues, insigne pudoris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4098" id="2" type="">
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    <head>BANDELETTE</head>
    <p>
    Bandelette , est aussi un ornement d'Architecture, qu'on appelle aussi <i>règle,</i> qui est plus petite que la platebande, &amp; plus grande que le liteau. C'est comme la moulure plate qui couronne l'architrave Dorique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDER" />
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    BANDER , v. act. &amp; n. Lier avec une bande. <i>Fasciis vincire, astringere, alligare, obligare.</i> Il faut <i>bander</i> une plaie, afin d'empêcher que le sang ne se perde. On <i>bande</i> la tête de ceux qui ont la migraine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="2" type="">
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , signifie aussi, mettre un bandeau sur les yeux de quelqu'un, pour l'empêcher de voir ce qui se passe dan les lieux où on le mene. <i>Alicujus oculis velum obducere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="3" type="">
   <index type="head" value="BANDER" />
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , se dit aussi des choses qui font ressort, &amp; qu'on met dans un état violent. <i>Intendere, contendere, abducere. Bander</i> le ressort d'une montre, d'un pistolet. <i>Bander</i> un arc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , se dit aussi des choses qu'on tire avec violence. <i>Bander</i> la corde d'une grue, d'un cabestan, <i>bander</i> un cable, pour élever un fardeau. La corde de ce bateau qui remonte, ne <i>bande</i> pas. Il faut <i>bander</i> davantage la corde de ce théorbe. Il faut bien <i>bander</i> cette toile sur ce chassis.</p><p>On dit en Fauconnerie, qu'un oiseau <i>bande</i> au vent, quand il se tient sur les chiens faisant la cresserelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="5" type="">
   <index type="head" value="BANDER" />
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , se dit figurément en choses spirituelles. Il a <i>bandé</i> tous les nerfs de son esprit, tous les ressorts de son imagination, pour venir à bout de cette machine. Il ne faut pas toujours avoir l'esprit <i>bandé</i> à l'étude. Il faut trop <i>bander</i> son esprit, pour jouer aux échecs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="6" type="">
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , se dit aussi du froid, quand il augmente. Le temps est plus <i>bandé</i> aujourd'hui qu'hier ; pour dire, il fait plus froid qu'hier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="7" type="jeu de paume">
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , en termes de Jeu de paume , signifie enlever, jetter par-dessus les murs ou dans les filets une balle que ceux du parti opposé ont mise sous la corde. <i>Pilam extra sphaeristerii parietes mittere.</i> Et en ce sens on dit au propre <i>bander</i> à l'acquit, quand on parie une ou deux balles en faveur de celui à qui ce coup succède : &amp; au figuré on dit, <i>bander</i> à l'acquit quelqu'un, lorsqu'on se soucie peu d'un homme, &amp; qu'on s'éloigne le plus qu'on peut de sa personne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="8" type="architecture">
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , en termes d'Architecture , c'est assembler les voussoirs &amp; claveaux sur les cintres de charpente, &amp; les fermer avec la clef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="9" type="patissier">
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , en termes de Pâtissier , c'est mettre de petites <i>bandes</i> de pâte sur des tourtes &amp; autres pièces de four. Il faut <i>bander</i> cette tourte, ce godiveau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="10" type="">
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , en termes de Matrone &amp; de congrès, se dit de l'érection naturelle de la verge, dont le défaut est une marque d'impuissance, &amp; dont elles font leur rapport dans les Officialités. On le dit aussi des femmes, mais plus rarement. Ainsi Juvenal a dit,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="11" type="">
   <index type="head" value="BANDER" />
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bander , avec le pronom personnel, signifie se liguer, s'unir plusieurs ensemble pour s'opposer à quelque dessein. <i>Conjurare, conspirare.</i> Tous les Seigneurs du Parlement d'Angleterre s'étoient alors <i>bandés</i> contre le Roi. Tous les principaux Sénateurs s'étoient <i>bandés</i> contre lui. Ablanc. Cette expression vient de ce que dans les guerres civiles des maisons de Bourgogne &amp; d'Orléans, ceux qni tenoient pour la maison d'Orléans portoient des écharpes qu'on appelloit <i>bandes</i> ; d'où vint que ceux qui suivoient le parti des Ducs d'Orleans, de Berry, &amp; du Comte d'Armagnac, qui s'étoient ligués ensemble, furent appellés les <i>bandés</i> ; &amp; l'on dit, se <i>bander,</i> pour dire, prendre parti contre le Duc de Bourgogne. Et de là s'est dit en général, se <i>bander</i> contre quelqu'un ; pour dire, se déclarer, se liguer contre lui. Voyez Pasquier, <i>Recherch.</i> Liv. VIII. ch. 51.</p><p>On dit proverbialement, <i>bander</i> la caisse ; pour dire, S'enfuir, s'en aller, parce qu'en effet on bande la peau d'une caisse, ou tambour, quand on veut battre la marche ou la retraite. Par la même figure on dit, <i>bander</i> ses voiles ; pour dire, s'en aller, parce qu'en effet le vent fait <i>bander</i> les voiles d'un vaisseau qui sort d'un port. On dit qu'il faut se <i>bander</i> les yeux ; pour dire, qu'il ne faut pas prendre garde à quelque perte, à quelques désordres domestiques qu'on ne peut empêcher.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="12" type="">
   <index type="head" value="BANDER" />
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bandé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Intentus, contentus.</i> Le P. le Moine l'a dit pour orné de bandes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4099" id="13" type="">
   <index type="head" value="BANDER" />
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    Bandé , s. m. Nom que l'on donna sous Charles VI. à ceux <pb n="498" facs="bpt6k8542165/f538/full/1200,/0/native.jpg"/>de la faction d'Orléans. <i>Aurelianensis factionis homo.</i> Voyez Se bander.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4100" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDER" />
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    <head>BANDER</head>
    <p>
    BANDER , s. m. Nom Persan, que les Turcs ont aussi pris des Persans, comme beaucoup d'autres mots. Il signifie proprement ville de Douanne, ville où l'on s'arrête pour payer les droits d'entrée sur les marchandises. Et parce que ces droits se payent à l'entrée ou à la frontière d'un Royaume, un grand nombre de villes frontières en Turquie &amp; en Perse portent ce nom. Le Roi de Suède a été long-temps à <i>Bander,</i> où il s'étoit retiré après la bataille de Pultowa.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4101" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDEREAU" />
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    <head>BANDEREAU</head>
    <p>
    BANDEREAU s. m. est le nom qu'on donne au cordon qui sert à pendre la trompette au cou de celui qui en sonne. <i>Funiculi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4102" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDERET" />
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    <head>BANDERET</head>
    <p>
    BANDERET , s. m. Chef de la Milice. <i>Dux, Praefectus Copiarum.</i> Ce nom se donne aux Chefs de la Milice de tout le canton de Berne. Je ne sai s'il se dit ailleurs. Il y a dans Berne quatre <i>Banderets,</i> qui sont les Chefs de la Milice de tout le Canton. Maty. Peut-être que <i>Banderet</i> se dit pour <i>Banneret,</i> comme Bandée pour Bannée ; ou bien il vient de bande, &amp; signifie, Chef des bandes, c'est-à-dire, des troupes de Milice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4103" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDEROLE" />
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    <head>BANDEROLE</head>
    <p>
    BANDEROLE , s. f. Petit étendart en forme de guidon, étendu plus en longueur qu'en largeur, qu'on met sur les mâts des vaisseaux, &amp; sur les pains benits des personnes de condition qui veulent faire voir leurs Armoiries. <i>Parvum, minus vexillum.</i> On dit aussi une <i>banderole</i> de trompette, qui est un petit étendart armoirié attaché aux branches.</p><p>Ce mot est un diminutif de bande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4104" id="1" type="mer">
   <index type="head" value="BANDIERES" />
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    <head>BANDIERES</head>
    <p>
    BANDIERES , s. f. Terme de mer . Paremens de damas, ou de tafetas, que l'on met au-dessus des mâts, &amp; qui portent les Armes des Souverains. On dit aussi d'une armée qu'elle est rangée en front de <i>bandière,</i> lorsqu'elle est assemblée, &amp; rangée en campagne : cette situation d'une armée est opposée à celle qu'on exprime, quand on dit qu'elle est cantonnée, c'est-à-dire, divisée par troupes en différens endroits, bourgs, villages, ou cantons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4105" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDILLE" />
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    <head>BANDILLE</head>
    <p>
    BANDILLE , s. m. Nom propre d'homme, qui se dit en Lyonnois pour Baudille. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4106" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="BANDIMENT" />
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    <head>BANDIMENT</head>
    <p>
    BANDIMENT , s. m. Terme de Coutume . <i>Denuntiatio, promulgatio.</i> C'est lorsque le Seigneur Justicier, ou de fief, fait crier par un de ses Sergens les héritages, ou biens meubles, être saisis par lui comme vacans, ou par défaut d'hoir ; ou lorsque le Seigneur fait savoir à tous ses sujets de lui payer ses rentes ; ou quand les héritages sont en saisie, criées &amp; subhastations, &amp; qu'il y a main mise de justice sur meubles ou héritages, &amp; la chose qui est saisie ou arrêtée, est bannie ; ou quand on fait publier le procès d'interdiction de biens. Voyez les Coutumes de Baïonne, de Bretagne, &amp; M. de Laurière sur Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4107" id="1" type="mer">
   <index type="head" value="BANDINUS" />
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    <head>BANDINUS</head>
    <p>
    BANDINUS , s. m. <i>Clathri, cancelli.</i> Terme de mer . Ce sont les lieux où l'on s'appuie étant debout dans la pouppe du vaisseau. Ils sortent en dehors presque d'une toise pour soutenir les grandes consoles, qui sont ordinairement formées en Hercules, ou en Amazones, en façon de banc fermé par dehors de balustrades, qu'on appelle <i>Jalousie de Mezze pouppe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4108" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDIT" />
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    <head>BANDIT</head>
    <p>
    BANDIT , s. m. Exilé, voleur, assassin, qui court le pays à main armée. <i>Exul, extorris, latro ; grassator.</i> Il y a plusieurs <i>Bandits</i> dans les Pyrénées, dans l'Appennin, dans toute l'Italie. Les Princes sont souvent obligés à envoyer des troupes pour nettoyer leurs pays de <i>Bandits.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4108" id="2" type="">
   <index type="head" value="BANDIT" />
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    <head>BANDIT</head>
    <p>
    Bandit , se dit aussi par extension, des vagabonds, &amp; gens sans aveu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4109" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDOULIER" />
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    <head>BANDOULIER</head>
    <p>
    BANDOULIER , s. m. Sorte de vagabond. Voleurs de campagne qui volent en troupe, &amp; avec armes à feu, <i>Latrones, grassatores.</i> S'étant écartés pour aller au fourrage, ils furent chargés par des <i>Bandouliers</i> qui descendirent des montagnes. Vaug. Les montagnes des Pyrénées sont pleines de <i>Bandouliers,</i> &amp; ce sont les voleurs de ce lieu-là qui ont donné le nom à tous les autres. Ils sont nommés ainsi, de ce qu'ils vont en bandes, comme qui diroit <i>ban de voliers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4110" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANDOULIÈRE" />
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    <head>BANDOULIÈRE</head>
    <p>
    BANDOULIÈRE , s. f. Espèce de baudrier qu'on met sur le corps de gauche à droit, qui sert à ceux qui combattent avec des armes à feu, soit pour porter des carabines, soit pour porter des charges pour le mousquet. <i>Baltheus.</i> La <i>bandoulière</i> est la marque d'un Cavalier, d'un Mousquetaire, d'un Garde : mais avec cette différence, que les <i>bandoulières</i> des Mousquetaires &amp; des Gardes du Corps, sont d'ordinaire enjolivées, couvertes de velours, bordées d'un galon, &amp; attachées avec un crochet ; au lieu que les <i>bandoulières</i> des simples soldats ne sont garnies que de leurs charges.</p><p>On dit, donner la <i>bandoulière</i> à quelqu'un ; pour dire, L'établir Garde dans une terre. Porter la <i>bandoulière</i> ; pour dire, Etre Garde ; &amp; Oter la <i>bandoulière</i> à un Garde ; pour dire, Le casser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4111" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANG" />
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    <head>BANG</head>
    <p>
    BANG , s. m. Arbre du Pays des Nègres en Afrique, fort semblable au Palmier. On en tire du vin rouge, appellé Makensy. Ses feuilles ont plus d'une aune de long, &amp; son écorce est propre à faire des nattes, des sacs, &amp; des cordes. Ses rameaux sont longs &amp; épais, &amp; servent aux Nègres de toises pour mesurer. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4112" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANGUE" />
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    <head>BANGUE</head>
    <p>
    BANGUE , ou BENGE, ou plutôt BENGHE, s. m. est une plante presque semblable au chanvre, quoique pourtant d'une espèce fort différente. Mr Herman, Professeur de Leyde, veut qu'elle soit une espèce de guimauve des Indes. Sa tige est quarrée, &amp; a cinq paumes de longueur. Elle est de couleur verte &amp; difficile à rompre, &amp; n'est pas si creuse que celle du chanvre : son écorce peut se filer aussi-bien que celle du chanvre ; ses feuilles sont semblables à celles du chanvre, vertes par-dessus, &amp; couvertes par-dessous de duvet, d'un goût terrestre &amp; insipide. Les Indiens s'en servent pour exciter leur appétit, &amp; pour se rendre plus propres au plaisir des femmes. Les grands Seigneurs &amp; les Chefs d'armée, pour oublier leurs travaux, &amp; pour dormir plus tranquillement, prennent de la poudre de la graine &amp; des feuilles avec de l'areca verte, un peu d'opium &amp; du sucre. S'ils souhaitent de se représenter en dormant les images de diverses choses, ils y ajoûtent du camphre, des clous de gérofle, &amp; du macis. S'ils veulent être gais &amp; enjoués, &amp; sur-tout plus disposés à l'amour, ils y mêlent du musc &amp; de l'ambre, &amp; en font un électuaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4113" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANIANES" />
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    <head>BANIANES</head>
    <p>
    BANIANES , s. m. <i>Banianes.</i> Osorius les appelle <i>Baneanes</i> en Latin, &amp; son Traducteur <i>Baneanes</i> en François ; &amp; Ludolph, <i>Baneani</i> en Latin : toutes nos relations disent <i>Banianes. Baneanes</i> est le mot &amp; la prononciation Portugaise. Le P. Teliez l'écrit ainsi dans son <i>Histoire d'Ethiopie.</i> Ce sont des Idolatres des Indes qui croient à la Métempsychose, &amp; qui sont si superstitieux, qu'ils ne mangent d'aucun animal qui ait vie. Ils ne veulent pas même tuer des pous ; au contraire, ils les rachettent, quand ils les voient entre les mains des étrangers. Ils ont tant de peur d'avoir quelque communication avec d'autres nations, qu'ils cassent leurs pots, si quelqu'un d'une autre Religion y a bû, ou y a seulement touché. Ils font écouler toute l'eau d'un étang, s'il s'y est lavé. S'ils se touchent même entr'eux, il faut qu'ils se lavent, &amp; se purifient avant que de boire ou manger, ou rentrer seulement dans leur maison. Osorius dit, <i>L. IV. de Reb. gest. Emman.</i> qu'ils portent pendue au cou une pierre de la grosseur d'un oeuf, percée par le milieu, dont sortent trois filets ; qu'ils disent que cette pierre représente leur grand Dieu ; que pour cela ils sont fort respectés de tous les Indiens, &amp; que cette pierre si révérée se nomme Tambarane. On a imprimé un livre de la Religion des <i>Banianes,</i> traduit de l'Anglois de Henri Loyd.</p><p>Ce mot signifie en leur langue, <i>Peuple innocent &amp; sans malice,</i> parce qu'il fait profession de ne faire mal à aucune créature vivante, non pas même aux moindres animaux, &amp; de pardonner les injures qu'on lui a faites.</p><p>Quelques Auteurs écrivent <i>Banian</i> &amp; <i>Banians,</i> comme Wicqfort dans sa traduction de l'Ambassade de Figuéroa, &amp; même <i>Banjans</i> ; mais M. Tavernier écrit dans ses relations ou voyages de Perse <i>Banianes,</i> &amp; non pas <i>Banians.</i> Toutes les relations les plus récentes écrivent de même, &amp; <i>Baniane</i> au singulier ; &amp; c'est ainsi qu'il faut écrire &amp; prononcer. M. Tavernier dit qu'on trouve en Perse beaucoup de <i>Banianes</i> qui y vont trafiquer. Il remarque aussi que ces <i>Banianes</i> sont grands usuriers. Il paroît donner le nom de <i>Banianes</i> aux Indiens qui trafiquent en Perse, de quelque secte qu'ils soient. Les <i>Banianes</i> sont la carte des Marchands. Ce sont les <i>Banianes</i> qui suivent le plus exactement la doctrine de la Métempsychose, &amp; qui pratiquent le plus religieusement ce qu'elle exige. Plusieurs <pb n="499" facs="bpt6k8542165/f539/full/1200,/0/native.jpg"/>poussent le scrupule jusqu'à avoir des valets, qui avec un éventail excitent l'air, pendant qu'ils mangent, afin d'éloigner d'eux tous les petits moucherons, qui dans les Indes sont en grand nombre. De la Crequin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4113" id="2" type="">
   <index type="head" value="BANIANES" />
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    <head>BANIANES</head>
    <p>
    Arbre des Banianes . C'est un arbre de l'Inde &amp; de la Perse, qui d'un seul tronc fait une petite forêt, parce que ses branches pendant jusqu'à terre, elles y prennent racines, &amp; produisent un nouveau tronc, dont les branches en produisent d'autres de 15 pas en 15 pas, jusqu'à 300 pas à la ronde. Les Anciens, &amp; entre autres Quinte-Curce, ont parlé de cet arbre. Il porte un fruit de la grosseur d'une noix ; la peau en est rouge, &amp; renferme une graine semblable au millet. Il y a de grosses chauvesouris qui en mangent, &amp; qui font leurs nids sur ces arbres. Elles ne branchent point, mais elles s'accrochent à ces arbres, &amp; s'y pendent par les pieds ayant la tête en bas. Les Persans appellent cet arbre <i>Lul,</i> les Portugais, <i>Arbol de Reyes,</i> Arbre des Rois ; &amp; les François, <i>Arbre des Banianes,</i> parce que les <i>Banianes</i> se retirent dessous, &amp; y bâtissent des Pagodes &amp; des Caravanseras. Voyez Tavernier, Voyage de Perse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4114" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANILLE" />
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    <head>BANILLE</head>
    <p>
    BANILLE , s. f. Ce mot ne se dit pas en François, on dit Vanille. Ecrivez &amp; voyez <i>Vanille,</i> fruit des Indes très-agréable par son odeur douce. Ceux qui écrivent <i>banilles,</i> changent l'<i>v</i> en <i>b,</i> parce que les Espagnols prononcent l'<i>v</i> consonne à peu près comme nous prononçons le <i>b.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4115" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANIR" />
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    <head>BANIR</head>
    <p>
    BANIR . Voyez <ref type="search" target="head:BANNIR">BANNIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4116" id="1" type="">
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    <head>BANLIEUE</head>
    <p>
    BANLIEUE , s. f. Environs d'une ville qui sont dans l'étendue d'une lieue. <i>Urbanae jurisdictionis extra pomaerium fines,</i> ou simplement <i>ditionis fines,</i> ou <i>territorium.</i> La <i>banlieue,</i> selon Loisel, est estimée à deux mille pas, chacun valant cinq pieds ; ou à six vingts cordes, chacune de six vingts pieds. Ces publications ont été faites dans Paris &amp; dans sa <i>banlieue.</i> Il a été banni de la ville &amp; de sa <i>banlieue</i> c'est-à-dire, des environs. On le dit aussi des bornes &amp; de l'étendue d'une Jurisdiction, de son enclave ou détroit, qu'on appelle en quelques lieux <i>Quintaine,</i> ou <i>Septaine,</i> dans laquelle le Juge ordinaire de la ville peut faire bannie &amp; proclamation. On appelle aussi <i>banlieue</i> de moulin, l'espace dans lequel s'étend sa bannalité.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>banleuga</i>, ou <i>bannileuga,</i> ou <i>banluega,</i> c'est-à-dire, jurisdiction d'une lieue ; car <i>bannum,</i> ban, signifie jurisdiction, &amp; la <i>banlieue</i> ordinaire ne s'étend guère qu'une lieue à la ronde d'une ville. C'est ce que les Latins appelloient territoire, <i>Territorium</i> ; &amp; à Rome, selon quelques-uns, les Regions Urbicaires, ou suburbicaires, <i>Regiones urbicariae,</i> ou <i>suburbicariae.</i> Dans une ancienne inscription, la <i>banlieue</i> de Rome est appellée <i>Regio Romana.</i> Ainsi <i>banlieue</i> en Latin c'est <i>Regio.</i> Voyez Ménage, Du Cange, &amp; Saumaise, dans ses Notes sur les XXX. Tyrans de Trebellius Pollion, C. 24. dans l'Hist. Aug. p. 315, 316.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4117" id="1" type="">
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    <head>BANNAL</head>
    <p>
    BANNAL . Voyez <ref type="search" target="head:BANAL">BANAL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4118" id="1" type="">
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    <head>BANNALITE</head>
    <p>
    BANNALITE , Voyez <ref type="search" target="head:BANALITÉ">BANALITÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4119" id="1" type="">
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    <head>BANNE</head>
    <p>
    BANNE , s. f. Grande toile, ou couverture, qu'on met sur les bateaux de voiture, pour se garantir de la pluie, &amp; du soleil. <i>Velum.</i></p><p>On appelle aussi <i>Banne,</i> la petite loge de bois qu'on bâtit au milieu du bateau pour le même dessein.</p><p>On appelle de même <i>Banne,</i> la pièce de toile que les Rouliers mettent sur les marchandises qu'ils voiturent, pour les conserver.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNE</head>
    <p>
    Banne , est aussi une pièce de grosse toile, longue de cinq ou six aunes, que les lingères attachent sous l'auvent de leur boutique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNE</head>
    <p>
    Banne , ou Benne, est aussi une petite cuve, ou tinette oblongue, qu'on met des deux côtés d'une bête de somme pour transporter plusieurs sortes de marchandises. <i>Benna, Cista.</i> C'est presque la même chose que <i>Banneau.</i> Elle contient environ un minot de Paris.</p><p>On appelle aussi du charbon en <i>banne,</i> celui qu'on amene par charroi. Mais en ce sens le mot de <i>banne</i> signifie une espèce de grande manne faite de branchages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4119" id="4" type="">
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    <head>BANNE</head>
    <p>
    Banne dans le Languedoc signifie, Corne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4120" id="1" type="">
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    <head>BANNEAU</head>
    <p>
    BANNEAU , ou BENNEAU, s. m. Petite tine, vaisseau de bois qui sert à contenir les liquides, à les transporter sur des bêtes de somme, &amp; aussi à les mesurer. Il ne se dit pas tant à Paris que dans les Provinces, comme en Normandie, Picardie, Lionnois, &amp;c. où on dit un <i>banneau</i> de chaux, un <i>banneau</i> de blé, un <i>banneau</i> de vendange.</p><p>Ce mot signifioit autrefois un <i>tombereau,</i> &amp; vient comme croit Ménage, de <i>benellus,</i> diminutif de <i>benna,</i> qui est un mot Celtique, signifiant une espèce de chariot à deux roues, selon le témoignage de Festus. <i>Benna,</i> dit Festus, <i>lingua Gallicâ genus vehiculi appellatur ; unde vocantur combennones, in eadem benna sedentes.</i> Ce mot de <i>benna</i> est fort ancien, car il se trouve dans Varron : en quelques lieux de Normandie &amp; de Picardie, le peuple dit <i>beneau</i> pour <i>tombereau,</i> &amp; il appelle par raillerie <i>benal de cuir</i> un vieux carrosse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4121" id="1" type="coutume">
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    <head>BANNEE</head>
    <p>
    BANNEE , s. f. Terme de Coutume . <i>Indictivum jus dominicum.</i> C'est le droit qu'a un Seigneur de contraindre ses sujets de moudre à son moulin : &amp; de la part des sujets c'est l'obligation qu'ils ont de moudre au moulin du Seigneur. Voyez les Coutumes d'Amiens &amp; Ponthieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4122" id="1" type="">
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    <head>BANNER</head>
    <p>
    BANNER , v. act. Couvrir d'une <i>banne. Velare, operire Banner</i> un Bachot. <i>Banner</i> des sacs de blé.</p><p>BANNERET, adj. m. Seigneur dominant, qui a droit de porter bannière pour faire assembler ses vassaux, quand l'Arière-ban est convoqué, &amp; qui en peut faire une compagnie de gens de cheval. <i>Justi vexilli ac scuti Dynastes, Banneretus, Bannerarius, Vexillarius minor.</i> Cambden, p. 124. remarque que ceux-là se trompent qui les nomment <i>Baroneti.</i> Ainsi ce nom s'est formé de celui de bannière, ou plutôt de <i>ban,</i> ou <i>bande,</i> qui autrefois signifioit bannière. C'est le sentiment de Loiseau &amp; de Justiniani, qui néanmoins justifie ceux qui appellent les <i>Bannerets,</i> Baronets, parce qu'ils étoient au-dessous des Barons. Il y avoit de grands &amp; de petits Chevaliers. Les Grands s'appelloient <i>Bannerets,</i> les petits s'appelloient Bacheliers. Les premiers composoient la haute Noblesse, &amp; les seconds n'étoient que de la moyenne. Il falloit que le <i>Banneret</i> fût Gentilhomme de nom &amp; d'armes, c'est-à-dire, d'ancienne noblesse, qu'il eût droit de mettre sur pied un certain nombre d'hommes d'armes, &amp; du bien pour en défrayer au moins 28. ou 30. C'étoit une grande dépense, parce que chaque homme d'armes avoit outre ses valets deux Cavaliers pour le servir, armés l'un d'une arbalête, l'autre d'un arc &amp; d'une hache, de sorte que 100. hommes d'armes faisoient au moins 300. chevaux. Le Gendre. Un jour de bataille le Gentilhomme qui desiroit être fait <i>Banneret,</i> présentoit son pennon roulé au Roi, ou au Général, qui en faisoit une bannière ; en coupant la queue du pennon. Id. En effet Du Tillet rapporte que le Comte de Laval débattit que Messire Raoul de Couequen n'étoit Baron, mais seulement <i>Banneret,</i> &amp; qu'il avoit levé bannière, dont on se mocquoit, &amp; l'appelloit-on le Chevalier au drapeau quarré. Ce qui montre la forme de la bannière du <i>Banneret.</i> P. de S. Julien, qui dans ses <i>Antiquit. des Bourg.</i> C. XXVI. remarque la même chose, que la bannière du <i>Banneret</i> étoit différente de celle des Barons, en ce qu'elle étoit quarrée ; &amp; non à pennons &amp; queue, ajoûte que nuls hors les Bers, Sires &amp; Barons, ne doivent mettre sur leurs tours, &amp; porteaux de leurs Châteaux, &amp; places fortes, bannières, banderolles, ou pennons, mais seulement des penonceaux, qui sont girouettes quarrées ; &amp; que l'Enseigne a retenu la forme de bannières des anciens Barons, &amp; la Cornette celle des anciens <i>Bannerets.</i> Voyez encore Favin, <i>Hist. de Navarre,</i> Liv. XI. p. 620. &amp; suiv.</p><p>D'autres disent que les <i>Bannerets</i> étoient ceux qui avoient eu en leur partage quelque portion d'une Baronie, pour en jouir, au titre de Baron près, avec les mêmes prérogatives que le Baron. Quelques Auteurs attribuent l'institution des <i>Bannerets</i> à Conan Lieutenant de Maximus, qui commandoit les Légions Romaines en Angleterre sous l'Empire de Gratien en 383. Ce Général s'étant révolté, partagea le Royaume d'Angleterre, &amp; la Bretagne, qu'il avoit conquise, en 40. Cantons, &amp; distribua dans ces 40. Cantons 40. Chevaliers, avec pouvoir de rallier sous leur bannière ceux de leur quartier qui pourroient porter les armes. De-là ils furent appellés <i>Bannerets.</i> Ce Conan établit sur les <i>Bannerets</i> trois Chefs, ou Lieutenans, qu'on appelloit <i>Mathiberts.</i> Le Docteur Camberlayne, dan son <i>Etat présent d'Angleterre,</i> prétend que l'origine des <i>Bannerets</i> est en effet très-ancienne dans l'Isle <pb n="500" facs="bpt6k8542165/f540/full/1200,/0/native.jpg"/>de la Grande-Bretagne. Ces premières dignités de la Bretagne passerent depuis en France ; ensorte qu'avant les Ordonnances des gens de cheval dressées par Charles VII. il y avoit deux sortes de Chevaliers. Le <i>Banneret,</i> qui avoit assez de vassaux pour lever sa bannière, &amp; le <i>Bachelier,</i> qui combattoit sous la bannière de son Seigneur. Quoi qu'il en soit, l'on peut recueillir de Froissart &amp; de Monstrelet, que les Chevaliers <i>Bannerets</i> étoient autrefois ceux d'entre les Chevaliers qui étoient assez riches, &amp; assez puissans pour obtenir du Roi la permission de lever la banniére ; c'est-à-dire, une compagnie de gens de pied, ou de cheval, ou comme dit Loiseau, ceux qui avoient le moyen de lever bannière, c'est-à-dire, qui avoient si grand nombre de vassaux relevant de leurs Seigneuries, qu'ils étoient suffisans pour faire une Compagnie complète de gens de cheval, étoient appellés Chevaliers <i>Bannerets ;</i> non que pourtant ladite suffisance les rendît Chevaliers, mais <i>Bannerets ;</i> le mot de Chevaliers y ayant été ajoûté, parce qu'ils étoient ou de haute noblesse, ou Chevaliers simples auparavant. Il ajoûte que néanmoins les <i>Bannerets</i> ont été quelquefois appellés Chevaliers <i>Bannerets,</i> sans avoir été créés Chevaliers ; mais seulement parce qu'ils servoient à cheval. Ainsi avant que les Ordonnances de gens de cheval fussent dressées en ce Royaume par Charles VII. dit Du Tillet, il y avoit deux sortes de Chevaliers ; le <i>Banneret,</i> qui avoit assez de vassaux pour lever bannière ; &amp; le Bachelier, qui marchoit sous la bannière d'autrui.</p><p>On commettoit des Hérauts d'armes pour vérifier si le Seigneur étoit assez puissant pour lever une bannière, &amp; s'il avoit assez de vassaux pour la garder en guerre, c'est-à-dire, vingt-quatre Gentilshommes bien montés avec chacun son Sergent &amp; son Ecuyer. Voyez une création de <i>Bannerets</i> dans l'<i>Hist. de Bret. T. II. p.</i> 1147. <i>&amp;</i> 1148. &amp; au mot Bannière.</p><p>Le Chevalier <i>Banneret</i> à la guerre avoir double solde du Bachelier ; Froiss. &amp; du Til. le Bachelier double de l'Ecuyer. La solde accoutumée étoit de vingt sols pour <i>Banneret,</i> dix pour simple Chevalier, &amp; cinq sols pour Ecuyer, par chaque jour. Du Tillet. <i>Recueil des Rois de France,</i> p. 432.</p><p><i>Banneret</i> s'est dit aussi de ceux qui devoient servir avec bannières, qu'on nommoit aussi <i>Bannerets.</i> Dans un Arrêt du Parlement de Paris du 23. Février 1585. le Chevalier <i>Banneret</i> est appellé <i>miles vexillatus.</i> Chez les Espagnols les <i>Bannerets</i> sont connus par le nom de <i>Riccos hombres.</i> Justiniani en rapporte l'origine en Espagne au règne de D. Silo, &amp; d'Adosinde, fille d'Alfonse I. le Catholique, qui regnoient sur la fin du VIIIe siècle. Camberlayne dit qu'en Angleterre leur droit étoit de porter une bannière, où étoient leurs armes. Mr Larrey prétend que dans ce Royaume-là les Chevaliers <i>Bannerets</i> étoient ainsi nommés de la bannière, ou étendart, qu'on déployoit à la tête de l'armée, lorsqu'on leur donnoit l'Ordre. Ils ne cédoient autrefois qu'aux Chevaliers de la Jarretière, mais ils déchurent peu-à-peu, &amp; furent enfin abolis par l'Ordre des Chevaliers Baronets institué par Jacques I. On ne faisoit Chevaliers <i>Bannerets</i> que ceux qui s'étoient signalés dans les batailles.</p><p>Quant à l'abolissement des <i>Bannerets</i> en France, voici ce qu'en dit Mr le Gendre dans les <i>Moeurs &amp; Cout. des Fr. p.</i> 204. 205. Les Seigneurs épuisés par la cruelle guerre qui duroit depuis si long-temps entre la France &amp; l'Angleterre, ayant remontré à Charles VII. qu'ils ne pourroient de plusieurs années ni lever ni entretenir leurs Compagnies de Gendarmes, qui n'avoient point d'autres Capitaines que les Chevaliers <i>Bannerets,</i> Charles bien conseillé les en dispensa pour toujours. Par-là il les désarma. Depuis ce temps-là on n'a plus oui parler de <i>Bannerets,</i> ni de <i>Bacheliers.</i></p><p>Mr de Brieux a fait imprimer à Caen une petite pièce en vers François composés par un Moine, il y a près de 400. ans, touchant l'Ordre &amp; l'origine des <i>Bannerets</i> de Bretagne. Elle commence par ces vers,</p><p>Voyez aussi Pasq. <i>Recher.</i> Liv. II. ch. 16. Fauchet, <i>de l'Origine des Dignités,</i> la Colombière dans sa <i>Science Héroïque,</i> Franc. Mennenio, <i>Delicio de gli Ord. Eq.</i> &amp; Justiniani, <i>Hist. di tutti gl'Ord. mil. T. I. C. XII. p.</i> 132. Du Tillet, <i>Recueil des Rois de France,</i> p. 432. 433. les <i>Titles of honour</i> de Selden ; la <i>Britannia</i> de Cambden, &amp; Thomas Smith, <i>L. de Reb. Angl. c.</i> 18.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4123" id="1" type="">
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    <head>BANNERET</head>
    <p>
    BANNERET , est encore le nom de certains Officiers ou Magistrats de Rome sur la fin du XIVe siècle. Les Romains s'étoient faits dans Rome, &amp; dans tout le territoire de l'Eglise, une espèce de gouvernement Républicain. Toute la puissance étoit entre les mains d'un Magistrat qui prenoit la qualité de Sénateur, &amp; de douze Chefs de quartier, qu'on appelloit du nom de <i>Bannerets,</i> à cause des bannières, dont chacun avoit la sienne dans son district. P. Dan. Tom. II. p. 107. Le Sénateur &amp; les <i>Bannerets</i> voyoient avec plaisir cette division des François. Id. Le Sénateur &amp; les <i>Bannerets</i> entrerent dans le Conclave, obligerent les Cardinaux à s'assembler, &amp;c. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNERIE</head>
    <p>
    BANNERIE , s. f. Office de Bannier. Ce nom n'est en usage qu'en Dauphiné. <i>Bannerii munus.</i> Le Dauphin Jean donna des provisions en 1311. à Hugues de Commiers, Chevalier, de la Mistralie &amp; <i>Bannerie</i> de S. Laurent du Lac : elles contiennent un détail exact des fonctions qui y étoient attachées. Valbonnet, pag. 123. Ces fonctions sont de faire exécuter les Sentences des Juges, de contraindre les taillabes, &amp; les gens taxés à payer leur taille, ou leur taxe ; de saisir, ajourner, citer, imposer des peines &amp; des amendes, en faire le recouvrement &amp; les lever, faire payer les dettes. Voyez les Provisions dont nous venons de parler au même endroit, p. 149.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4125" id="1" type="peche">
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    <head>BANNETON</head>
    <p>
    BANNETON , s. m. Terme de Pêche , qui se dit d'une espèce de coffre que les Pêcheurs construisent dans les rivières, fermant à clef, dont ils font des réservoirs pour y garder leur poisson. <i>Cistula piscatoria.</i> Il est percé dans l'eau, comme sont les boutiques dans lesquelles on le transporte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIE</head>
    <p>
    BANNIE , s. f. Publication. <i>Promulgatio.</i> On appelle en termes de Coutumes , le temps des <i>bannies,</i> celui auquel les prairies sont défendues, où l'on n'y peut mener le bétail. On dit <i>banon</i> en Normandie. On dit aussi à l'adjectif, une terre <i>bannie,</i> une épave <i>bannie,</i> quand elle est criée &amp; publiée en Justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4127" id="1" type="coutume">
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    <head>BANNIER</head>
    <p>
    BANNIER , s. m. Terme de Coutume qui a plusieurs sens. C'est dans la Coutume de Bresse celui qui est établi à la garde des vignes. <i>Bannerius, vinearum custos, vinearum custodiae praefectus.</i> Il en est de même en Dauphiné. Il est ainsi appellé parce qu'il dénonçoit les coupables au Châtelain, qui leur faisoit payer le ban, ou amende. Quelquefois le <i>Bannier</i> en faisoit lui-même la recette. A cette fonction de Garde des fruits &amp; de dénominateur étoit jointe ordinairement celle de Sergent ; d'où vient peut-être que les noms de <i>Bannier,</i> &amp; de Meinier, se trouvent souvent ensemble. Il y a eu des Nobles qui n'ont pas dédaigné d'exercer ces offices en Dauphiné. Valbon. p. 123. 149. Aux environs de Paris, &amp; dans beaucoup d'autres endroits, on dit Messier, &amp; non pas <i>Bannier.</i> Le droit de nommer le <i>Bannier</i> appartient au Seigneur, ou au Châtelain en son absence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4127" id="2" type="">
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    <head>BANNIER</head>
    <p>
    Bannier , est aussi adjectif, &amp; signifie la même chose que <i>banal.</i> M. de la Mare, dans son <i>Traité de la Police,</i> dit, fours-bannaux, ou <i>banniers.</i> On dit aussi en quelques endroits un taureau <i>bannier, taurus admissarius,</i> ou <i>emissarius,</i> dans le même sens que l'on dit, un moulin banal, ou une boucherie <i>bannière.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4127" id="3" type="">
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    <head>BANNIER</head>
    <p>
    Bannier , <i>Bannarius, Bannerius,</i> se dit encore de ceux qui sont sujets au droit de ban. Les <i>banniers</i> sont obligés de se servir du four banal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4128" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BANNIÈRE" />
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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    BANNIÈRE , subst. fém. <i>Vexillum.</i> Terme de Marine . Etendart d'un vaisseau : drapeau qu'on arbore sur la pouppe du vaisseau, qui marque de quelle nation il est. On navige sûrement sur la Méditerranée sous la <i>Bannière</i> de France.</p><p>On le dit particulièrement des pavillons des vaisseaux du Roi. On dit, Mettre le perroquet en <i>Bannière,</i> lorsqu'on lâche la voile du perroquet, &amp; qu'on la laisse voltiger au gré du vent.</p><p>On appelle <i>Bannière de partance,</i> le pavillon que l'on met à la pouppe du vaisseau, pour faire signal à l'équipage qui est à terre de venir s'embarquer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Banniere de conseil , est la <i>Bannière</i> blanche que l'Amiral fait arborer en pouppe, quand il veut prendre avis de ses Capitaines. C'est aussi la <i>Bannière</i> de paix.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Bannière de combat , est le pavillon de gueules. <i>Bannière</i> d'aide &amp; d'assistance. La <i>Bannière</i> Royale ne se doit jamais abaisser. Des vaisseaux de semblable <i>Bannière</i> ; c'est-à-dire, de même nation.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Bannière , se dit aussi de l'enseigne sous laquelle se rangent les vassaux d'un même Fief, quand l'Arrière ban est convoqué. <i>Bandum.</i> C'est ainsi que la <i>Bannière</i> est appellée par les Auteurs de la basse Latinité. <i>Vexillum.</i> La <i>Bannière</i> étoit autrefois de forme quarrée, &amp; c'étoit plus de porter ses armes en <i>Bannière</i> qu'en écusson. On disoit autrefois relever <i>Bannière,</i> pour être fait Banneret ; &amp; relever quelqu'un en <i>Bannière,</i> pour le faire Banneret. Issu d'ancienne <i>Bannière</i> ; terre de <i>Bannière.</i> Messire Olivier de la Marche, en son Histoire, met la façon ancienne de relever <i>Bannière,</i> disant que le Roi d'armes présenta au Duc de Bourgogne étant en expédition de guerre le Seigneur de Sains, qui tenoit en une lance le pennon de ses pleines armes, en lui disant, M. voici le Seigneur de Sains qui est issu d'ancienne <i>Bannière,</i> à vous sujette ... Il vous supplie le faire Banneret, &amp; le relever en <i>Bannière.</i> Il vous présente son pennon accompagné de 25. hommes d'armes. Le Roi d'arme bailla un couteau au Duc, le Duc prit autour de sa main la queue du pennon, &amp; de l'autre main coupa cette queue avec le couteau, &amp; ce pennon demeura quarré en <i>Bannière,</i> qui auparavant étoit étendu en queue venant en pointe. Coquille, <i>Hist. du Nivern.</i> pag. 190. 191. La même cérémonie s'observoit en Angleterre. Harris. Apparemment parce que le Conquérant l'y porta.</p><p>Les Anciens donnoient le nom général de <i>Bannière</i> aux étendarts, qu'on nommoit aussi <i>Pennons, Gonfanons,</i> &amp; <i>Bassinets,</i> avec cette différence que le Gonfanon étoit une <i>Bannière</i> d'Eglise, pendante &amp; voltigeante ; au lieu que la <i>Bannière</i> étoit quarrée, attachée comme les Cornettes à une lance à la manière du panneton d'une clef ; &amp; le Pennon ou Guidon étoit à la longue queue, &amp; l'on ne faisoit que couper cette queue pour faire une <i>Bannière</i> d'un Pennon. La plupart des anciens Seigneurs sont représentés dans leurs sceaux avec des <i>Bannières</i> à la main, &amp; entroient ainsi dans la lice aux tournois. Il y avoit douze <i>Bannières</i> dans ce bataillon : c'est comme l'on parloit alors. (au XIVe siècle) Douze des principaux Seigneurs faisoient marcher ces douze <i>Bannières.</i> Chorier.</p><p>Les <i>Bannières</i> sont en plusieurs pays des marques de Connétable, comme les Colonnes en Italie ont deux <i>Bannières,</i> l'une d'Eglise, l'autre de l'Empire, derrière leur Ecu. En Allemagne &amp; en Suède plusieurs les portent en cimier, comme font aussi en France le Colonel de l'Infanterie, qui porte quatre Drapeaux ; &amp; le Général de la Cavalerie quatre Cornettes. Les Officiers de la Couronne &amp; leurs Lieutenans avoient droit autrefois de porter <i>Bannière</i> ; &amp; les seuls Seigneurs Bannerets. On donnoit autrefois l'investiture par la <i>Bannière,</i> lorsque les Seigneurs se présentoient à genoux devant l'Empereur avec la <i>Bannière</i> en main armoyée du Blason de leurs Armes. L'ancienne <i>Bannière</i> de France étoit chargée de fleurs de lis sans nombre. Voyez au mot Banneret la différence des <i>Bannières</i> des Barons &amp; de celles des Bannerets.</p><p>Les armes en <i>Bannière</i> sont des armes quarrées. Je n'ai guère vû que les Bretons porter les armes quarrées, que nous disons en <i>Bannière,</i> pour montrer qu'ils sont descendus de Chevaliers Bannerets. Favyn. <i>Hist. de Navarre Liv. XI. p.</i> 620. Voyez aussi la suite ; il y a beaucoup de choses sur les anciennes <i>Bannières.</i> Aux derniers Chevaliers du S. Esprit faits par notre Roi aux Augustins, entre toutes les armes des Princes &amp; Seigneurs, je n'ai remarqué d'armes en <i>Bannière</i> que celles du Maréchal de Liron purement écartelées d'or &amp; de gueule, sans aucune charge, &amp; je crois que la façon de ces armes en <i>Bannière</i> est passée d'Angleterre en Bretagne. Id. p. 621.</p><p>On dit aussi Ecu en <i>Bannière.</i> Je n'ai vû en tout Paris qu'un Ecu en <i>Bannière,</i> en la rue de Joui sur une porte. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Bannière de France , ou Penon Royal. C'étoit le Drapeau de nos anciens Rois quand ils alloient à la guerre. C'étoit le plus grand étendart &amp; le plus orné de tous. On s'avisa vers l'an 1100. d'attacher ce penon au haut d'un mast, ou gros arbre planté sur un échafaut, qui posoit sur un chariot tiré par des boeufs couverts de housses de velours, ornées des devises, ou des chifres du Prince regnant. Au pied du gros arbre, un Prêtre de fort grand matin disoit la Messe tous les jours. Dix Chevaliers jour &amp; nuit montoient la garde sur l'échafaut, &amp; autant de trompettes qui étoient au pied du gros arbre ne cessoient de jouer des fanfares, afin d'animer les troupes. Cette embarrassante machine, dont la mode venoit d'Italie, fut en usage en France cent vingt ou trente ans. Elle étoit au centre de l'armée. C'est là que se donnoient les plus grands coups pour enlever le Penon Royal, ou pour le défendre ; car on n'étoit point censé vainqueur, si on ne s'en rendoit maître, ni vaincu, qu'on ne l'eût perdu. Le Gend. <i>Moeurs &amp; Cout. de Franc. p.</i> 105-106.</p><p>Outre cette <i>Bannière,</i> qui étoit proprement la <i>Bannière</i> de France, nos Rois faisoient encore porter celle du Saint le plus célèbre qu'on réclamât dans leurs Etats. Il n'est mention dans nos histoires de la première &amp; seconde race que de la chappe de S. Martin, qui étoit un voile de taffetas, sur lequel le Saint étoit peint, &amp; qui avoit posé un jour ou deux sur son tombeau. Ce voile étoit gardé avec respect sous une tente. Avant que d'en venir aux mains, on le portoit comme en triomphe autour du Camp. Id.</p><p>A la chappe de S. Martin qui fut en vogue 600. ans, succéda une autre <i>Bannière</i> non moins fameuse, appellée l'oriflamme, dont nous parlerons en son lieu. On ne se servoit de ces <i>Bannières</i> que dans les grandes expéditions. Les Rois ne faisoient porter qu'un étendart beaucoup moins grands dans les petites guerres, qu'ils eurent 200. ans durant contre les Comtes &amp; les Ducs, &amp; quelquefois contre de simples Gentils-hommes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Bannière . Dans deux ou trois titres de 1451. qui sont des créations de Barons faites par le Duc Pierre de Bretagne, ce mot se trouve synonyme de Seigneurie. Icelui nostre dit nepveu &amp; cousin de Derval avons aujourd'hui de nostre plaine puissance, authorité &amp; grace espéciale, fait, institué, &amp; croyé, faisons, instituons, &amp; croyons par ces présentes, Baron en nostre pays &amp; Duché de Bretagne ; par raison &amp; à cause de sadite Seigneurie &amp; <i>Banniere</i> ancienne de Derval. Voyez l'<i>Hist. de Bretagne</i> Tom. II. p. 1145. 1146. 1147. &amp; 1142.</p><p>Ménage dérive ce mot du Latin <i>bandum,</i> &amp; croit qu'on a dit <i>bannière</i> pour <i>bandière.</i> On trouve en effet <i>banderia</i> dans la plus basse Latinité pour <i>bannière,</i> étendart. On trouve aussi <i>bannerium,</i> &amp; <i>bandora,</i> dans Anastase. Voyez de Hauteserre, <i>Not. in Anastas. p.</i> 116. &amp; les <i>Antiquit. de Bourg.</i> de P. de Saint Julien ch. 26. pag. 146. Hotman le dérive de l'Allemand <i>bannier</i> ; &amp; Pasquier du vieux mot <i>ban,</i> qui signifie la <i>publication</i> qu'on fait pour obliger les vassaux d'aller à la guerre. Nicot le dérive de <i>ban,</i> aussi Allemand, qui signifie <i>heritage,</i> ou <i>champ,</i> parce qu'il n'y avoit que les Seigneurs de Fiefs qui portoient <i>Bannière.</i> D'autres disent que c'est un vieux mot François qui signifioit commun. On trouve dans Jean de Mehun, Mort est à tous <i>bannière</i> ; pour dire, commune. Borel croit qu'il a été fait par corruption de <i>pannière,</i> dérivé de <i>pannus</i>, parce qu'on les faisoit de drap au commencement ; d'où vient qu'on appelloit <i>Pans, Pennons,</i> ou <i>Panonceaux,</i> les <i>Bannières</i> des Barons &amp; des Capitaines particuliers, qui venoient aussi de <i>pannus,</i> d'où a été fait encore par corruption <i>Fanon</i> &amp; <i>Gonfanon.</i> Saumaise dit que <i>bandum</i> vient du nom Persan <i>ban,</i> parce que l'étendart étoit une bande d'étoffe. D'autres soutiennent que <i>ban</i> étoit un vieux mot Cimbrique, qui signifioit <i>bannière</i> ; &amp; Chorier, que <i>banner</i> est un ancien mot Allobrogique qui avoit le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Bannière , est aussi un grand étendart quarré qu'on porte à une procession, qui marque de quelle Paroisse elle est, <pb n="502" facs="bpt6k8542165/f542/full/1200,/0/native.jpg"/>parce qu'elle porte ordinairement l'image de son Patron. <i>Sacrum Vexillum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Bannière , est aussi une pièce d'étoffe que quelques Tailleurs ménagent &amp; dérobent en coupant un habit.</p><p>On dit proverbialement, que les Tailleurs vont les premiers à la Procession, car ils portent la <i>Bannière.</i> On dit aussi d'un homme qu'on a de la peine à faire venir chez soi, qu'il faut avoir la Croix &amp; la <i>Bannière</i> pour l'avoir. On dit aussi de ceux à qui on a fait quelque belle réception, qu'on va au devant d'eux avec la Croix &amp; la <i>Bannière.</i> On dit aussi, cent ans <i>Bannière,</i> cent ans civière ; pour dire, qu'avec le temps on déchoit de la plus haute Noblesse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIÈRE</head>
    <p>
    Bannières , s. f. &amp; pl. Recueil, ou Registre pour l'enregistrement de toutes les Ordonnances, &amp; Lettres Patentes adressées au Châtelet, &amp; pour tous les autres actes, dont la mémoire doit être conservée à la postérité. Les <i>Bannières</i> sont des Registres séparés de celui des Audiences. Ils furent commencés en 1461. par Robert d'Estouteville Prévôt de Paris. On les a toujours continués : &amp; l'on en est aujourd'hui au 13e volume. Ils ont été nommés <i>Bannière,</i> du mot <i>ban,</i> publication, &amp; du verbe <i>bannire,</i> publier, parce que ce sont les Registres des Publications. C'est le Greffier des Insinuations qui en est le dépositaire, &amp; qui en délivre les expéditions. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de la Mare, <i>Traité de la Police</i> Liv. I. Tit. XV. ch. 2.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4129" id="1" type=" usite au parlement de toulouse">
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    <head>BANNIMENT</head>
    <p>
    &#9758; BANNIMENT , s. m. Terme usité au Parlement de Toulouse , pour signifier, Saisie. Sans préjudice des <i>banniments,</i> c'est-à-dire, des Saisies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIR</head>
    <p>
    BANNIR , ou BANIR, v. act. Exiler quelqu'un, le faire sortir d'une Jurisdiction, d'une Province, d'un Royaume, par Sentence ou condamnation de Justice, à perpétuité, ou pour un temps. <i>Aliquem exilio multare, afficere, in exilium ejicere.</i> A Rome dans les premiers temps on ne pouvoir pas <i>bannir</i> un Citoyen, mais on lui interdisoit l'usage de l'eau &amp; du feu, afin que se voyant privé de deux éleméns si nécessaires à la vie, il fût obligé de se retirer lui-même de la ville pour les aller chercher ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIR</head>
    <p>
    Bannir , signifie aussi, chasser, éloigner quelqu'un de sa présence. <i>Expellere.</i> Cette fille a banni son amant, elle ne le veut plus voir.</p><p>On dit aussi, Se <i>bannir</i> de la Cour. <i>Secedere ex Aula ;</i> se <i>bannir</i> du monde, <i>Mundo valedicere,</i> pour dire, s'en retirer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIR</head>
    <p>
    Bannir , se dit figurément des choses spirituelles. <i>Expellere, depellere.</i> Il faut <i>bannir</i> le chagrin. Il faut <i>bannir</i> un ingrat de sa mémoire, une pensée criminelle de son esprit. On dit aussi fort bien, qu'il ne faut pas <i>bannir</i> de la table les honnêtes libertés, qu'il ne faut pas <i>bannir</i> les pensées de la mort dans la plus haute fortune ; qu'il faut <i>bannir</i> toutes sortes de déguisemens de ses discours ; qu'il faut <i>bannir</i> de son esprit la mauvaise opinion qu'on a de quelqu'un.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANNIR</head>
    <p>
    &#9758; BANNIR ,Bannir , en quelques Coutumes, signifie, Publier, &amp; ainsi on dit, que les vendanges ont été bannies quand on a publié la permission de les faire. Promulgare. On dit en plusieurs lieux, qu'une personne a été bannie, quand on a fait en l'Eglise la publication des bans de son mariage.<br/>Bannir, au Parlement de Toulouse, signifie saisir.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BANNIR" />
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    <head>BANNIR</head>
    <p>
    Banni, ie , part. &amp; adj. &amp; s. <i>Exilio affectus, in exilium pulsus.</i> Un <i>banni</i> à perpétuité &amp; hors du Royaume, ne peut ni succéder, ni recevoir un legs, parce qu'il est mort civilement, &amp; par conséquent il est incapable de tous effets civils, ensorte même que s'il se marie, ses enfans quoique légitimes, ne peuvent lui succéder, on leur accorde seulement pour alimens une pension viagère ; mais ils ne sont point regnicoles, ils sont réputés étrangers. Dans la Coutume de Bretagne on appelle contrat <i>banni</i> le contrat qui a été publié en Justice, ou en la Cour du Seigneur : &amp; dans la Coutume de Normandie on dit, ost <i>banni,</i> pour dire, armée convoquée ; ce qui se fait quand les vassaux sont appellés pour aller en guerre, quand le Prince fait crier &amp; convoquer ceux qui sont tenus de lui faire service en guerre à cause de leurs fiefs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4131" id="1" type="">
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    <head>BANNISSEMENT</head>
    <p>
    BANNISSEMENT , s. m. Exil. <i>Exilium.</i> Un <i>bannissement</i> perpétuel emporte confiscation. Un <i>bannissement</i> à temps, &amp; hors le ressort de la Province seulement, ne va point au-delà de 9. ans. Autrement le <i>bannissement</i> hors du Royaume, qui excède le temps de 9. ans, emporte la confiscation. Parmi les Romains on perdoit le droit de bourgeoisie par le <i>bannissement.</i> Il y avoit deux sortes de <i>bannissemens</i> : la <i>deportation,</i> &amp; la <i>rélegation.</i> Par la déportation les bannis étoient transportés dans un lieu qui leur étoit désigné, avec défenses d'en sortir ; &amp; la rélégation n'étoit qu'un simple exil pour un certain temps, sans perdre les droits de Citoyen. On le dit aussi d'un <i>bannissement</i> volontaire, d'une retraite du monde. Cet amant a reçû de sa Maîtresse un arrêt de <i>bannissement.</i> Le <i>bannissement</i> se faisoit autrefois à son de trompe, &amp; cri public ; ce qui lui a donné son nom. Les Officiaux en France ne condamnent point au <i>bannissement,</i> parce que l'Eglise n'a point de territoire, outre que ce seroit un attentat sur l'autorité Royale, à laquelle seule il appartient d'ôter à une personne la qualité de Citoyen ; mais un Evêque peut ordonner à un Prêtre étranger de se retirer de son diocèse, sous peine d'être procédé contre lui par les voies de droit. Ducasse. Auboux. Le <i>bannissement,</i> soit à perpétuité, soit pour un temps, est une peine infamante, qui rend un homme incapable d'exercer aucune Charge publique. Voyez sur cette matière Brodeau sur M. Louet, Ricard <i>Traité des Donations,</i> Imbert en sa <i>Pratique, le Journal des Audiences.</i> En France les condamnations au <i>bannissement</i> perpétuel doivent êtres écrites seulement dans un tableau sans aucune effigie, suivant l'Ordonnance pour les matières criminelles faite en 1670.</p><p>Tous ces mots viennent de l'ancien mot François &amp; Allemand <i>ban,</i> qui signifie proclamation, publication, comme on l'a dit en sa place. Ces <i>bans</i> ou proclamations se faisoient pour obliger un homme à comparoir, soit pour levée de troupes, soit en Justice. Et parce que ceux que l'on cite ainsi par des <i>bans,</i> ou proclamations publiques, sont ou gens absens, ou gens qui se cachent, &amp; que d'ordinaire ils se cachent pour quelque forfait, &amp; que plus on les cite, plus ils ont coutume de se cacher, &amp; qu'ainsi ils s'exilent eux-mêmes &amp; se retranchent de la société ; c'est pour cela que dans la suite le mot de <i>bannir,</i> c'est-à-dire, citer, s'est pris pour exiler. Voyez Chifflet dans son Glossaire Salique aux mots <i>bannire, perbannire,</i> &amp; <i>perbannitus,</i> qui se trouvent dans les Loix Saliques, <i>Tit.</i> 52.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4132" id="1" type="coutume">
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    <head>BANON</head>
    <p>
    BANON , s. m. Terme de Coutume . Dans celle de Normandie il y a un titre du <i>Banon</i> &amp; défens. On appelle <i>banon,</i> le temps auquel toutes les terres sont ouvertes, de sorte que chacun y peut faire pâturer ses bestiaux. Par la même coutume que les prez, &amp; terres vuides &amp; non cultivées sont en défens depuis la mi-Mars jusqu'à la sainte Croix en Septembre, &amp; en autre temps elles sont communes &amp; en <i>banon,</i> excepté pour les porcs, chèvres &amp; autres bêtes malfaisantes, pour lesquelles elles sont en tout temps en défens. <i>Tempus quo praedia pascendis pecoribus patent. Jus pascendi in agris libere.</i> Voyez Pasquier en ses <i>Rech.</i> Liv. VIII. ch. 36.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUE</head>
    <p>
    BANQUE , s. f. Trafic d'argent qu'on fait remettre de place en place, d'une ville à une autre par des lettres de change, &amp; par correspondance. <i>Argentaria.</i> Il est permis à toutes sortes de personnes de faire la <i>banque</i> sans être Marchands. Ce Marchand a quitté le négoce, il ne fait plus que la <i>banque.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>banca</i>, qui a été fait de <i>banco :</i> c'étoit un siége où les Banquiers s'asseyoient dans les places de commerce, d'où on a fait aussi <i>banqueroute.</i> Mén. Ricard, dans son <i>parfait Négociant,</i> dit que c'étoit un banc sur lequel ils comptoient leur argent. Covarruvias dit que ce mot a la même origine que <i>banc</i> ; car l'Espagnol <i>banco</i> se prend aussi pour une <i>table ;</i> , qui signifioit chez les Grecs une <i>table,</i> se prend aussi pour une <i>banque,</i> , un <i>banquier.</i> Guichard croit que de l'Hébreu , <i>abach,</i> s'est fait <i>abacus,</i> de là <i>banc,</i> &amp; de banc, banque, qui signifie banc, ou table des trafiquans en argent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUE</head>
    <p>
    Banque . <i>Capsa, capsula, arca.</i> C'est la caisse ou le coffre où les Banquiers enferment leur argent, &amp; ce qu'ils ont de plus précieux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUE</head>
    <p>
    <pb n="503" facs="bpt6k8542165/f543/full/1200,/0/native.jpg"/> Banque , se dit aussi du lieu public où s'exerce ce trafic, où les Banquiers s'assemblent, &amp; où ils avoient autrefois un banc. On lui donne aussi d'autres noms ; à Londres, c'est la <i>Bourse,</i> à Lyon, le <i>Change</i> ; à Paris, <i>la place du Change.</i> On met son argent à la <i>banque</i> ; on y prête &amp; on y fait valoir son argent à gros intérêt, même en quelques lieux à fonds perdu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUE</head>
    <p>
    Banque , se dit aussi des Sociétés, Villes, &amp; Communautés qui se chargent de l'argent des particuliers pour le leur faire valoir à gros intérêt, ou pour le mettre en sûreté. La <i>banque</i> de Venise, de Hollande. La ville de Lyon a établi une <i>banque</i> pour prendre de l'argent à fonds perdu au denier 8. &amp; un tiers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUE</head>
    <p>
    Banque , se dit aussi en plusieurs jeux, comme au Hocca, à la Bassette, du fonds de celui qui est Maître du jeu, qui se charge de payer ceux qui gagneront.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUE</head>
    <p>
    BANQUE , adj. m. Il se dit d'un vaisseau qui va à la pêche de la morue sur le grand banc de Terre-neuve.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUEROUTE</head>
    <p>
    BANQUEROUTE , s. m. Faillite, fuite, abandonnement de biens que font les Banquiers, ou Négocians publics, à leurs créanciers, avec fraude &amp; malice. <i>Argentariae dissolutio.</i> Beaucoup de Marchands s'enrichissent par des <i>banqueroutes</i> frauduleuses, en mettant leurs biens à couvert. La <i>banqueroute</i> est différente de la faillite, parce que la <i>banqueroute</i> est volontaire &amp; frauduleuse, quand le banqueroutier s'enfuit, &amp; emporte le plus liquide de ses biens. <i>Creditorum per inopiae speciem simulatam fraudatio, fraudulenta renunciatio.</i> La faillite est contrainte &amp; nécessaire, &amp; est causée par quelque accident ; &amp; l'on tient qu'un homme a fait faillite, dès qu'il a manqué à acquitter ses lettres de change, ou qu'il y a quelque désordre dans son négoce. <i>Argentariae ob inopiam dissolutio.</i> Les banqueroutiers frauduleux encourent toute la rigueur des loix ; elles prononcent la peine de mort contre eux, quand la fraude est bien justifiée, comme quand ils ont diverti leurs effets, supposé des créanciers, ou declaré plus qu'il n'étoit dû aux véritables créanciers. Voyez l'Ordonnance de 1673.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BANQUEROUTE" />
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    <head>BANQUEROUTE</head>
    <p>
    Banqueroute , se dit aussi de l'insolvabilité des Bourgeois, ou autres personnes qui doivent plus qu'ils n'ont vaillant, &amp; qui ne payent pas leurs dettes. <i>Inopiae creditoribus denuntiatio.</i> Domitien bâtit tant de Temples, que si les Dieux avoient été obligés de les payer, ils auroient fait <i>banqueroute.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BANQUEROUTE</head>
    <p>
    Banqueroute , se dit figurément en choses spirituelles. <i>Nuntium remittere, abnegare, exuere.</i> Il a fait <i>banqueroute</i> à l'honneur, au bon sens, à Dieu : on le dit encore de ceux qui manquent à exécuter leurs promesses, &amp; à se trouver aux rendez-vous qu'ils ont donnés ; ou de ceux qui se retirent secrettement d'une compagnie, &amp; sans dire adieu.</p><p>Tout cela n'est bon que dans le style simple &amp; familier.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>banca rotta, banque rompue</i>, ou plutôt, <i>banco rotto</i>. Ce mot vient de ce que les Italiens autrefois faisoient le change en place publique, &amp; qu'ils avoient des bancs où ils comptoient leur argent. Quand quelqu'un de ces Négocians avoit mal fait ses affaires, &amp; qu'il ne revenoit plus à la place, on disoit que son banc étoit rompu, <i>Banco rotto,</i> d'où est venu en François <i>Banqueroute,</i> &amp; de-là <i>Banqueroutier,</i> qui va suivre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4136" id="1" type="">
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    <head>BANQUEROUTIER, IÈRE</head>
    <p>
    BANQUEROUTIER, IÈRE , s. m. &amp; f. Marchand, ou Banquier qui fait banqueroute. <i>Decoctor, conturbator, creditorum fraudator.</i> On n'est pas assez sévère pour condamner les <i>banqueroutiers</i> frauduleux ; on ne les met qu'au Pilori, &amp; souvent ils méritent la corde. On les condamne en quelques lieux à porter le bonnet verd, &amp; à Luques, à porter un bonnet orangé. L'Ordonnance de Henri IV. de l'an 1609. &amp; celle de l'an 1673. ordonnent qu'ils soient poursuivis extraordinairement, &amp; punis de mort ; ce qui a eu peu souvent son exécution. On appelle proprement <i>banqueroutiers</i> frauduleux, ceux qui divertissent leurs effets, ou qui les mettent à couvert sous des noms interposés par de fausses ventes, ou des transports simulés, ou qui font paroître de faux créanciers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4137" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANQUET" />
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    <head>BANQUET</head>
    <p>
    BANQUET , s. m. Festin, grand repas qu'on fait à ses amis. <i>Epulum, epulae.</i> Assuerus fit un fameux <i>banquet</i> à toute sa Cour, dont il est parlé au livre d'Esther. Plutarque a écrit du <i>banquet</i> des sept Sages. Suétone parle d'un <i>banquet</i> que le frère de Vitellius fit à cet Empereur, où on servit deux mille poissons différens, qui étoient tous rares. God.</p><p>Ce mot vieillit, &amp; on ne s'en sert plus que quand on parle ou du <i>banquet</i> de Platon, ou du <i>banquet</i> des Lapithes, ou dans certaines phrases particulières. Vaug. Ref. Il vient de l'Allemand <i>pancket,</i> dont les Italiens ont fait <i>banquetto,</i> &amp; les Espagnols <i>banquette.</i> Le P. Pezron croit que <i>banquet</i> est un mot Celtique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4137" id="2" type="">
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    <head>BANQUET</head>
    <p>
    Banquet , se dit aussi en matière spirituelle. <i>Sacrum epulum, sacra mensa.</i> Tous les Chrétiens doivent participer au sacré <i>banquet,</i> au <i>banquet</i> céleste. Le <i>banquet</i> des Elus, le <i>banquet</i> de l'Agneau, pour dire, la joie de la béatitude céleste.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4137" id="3" type="manege">
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    <head>BANQUET</head>
    <p>
    Banquet , en termes de Manége , est la petite partie de la branche de la bride qui est au-dessous de l'oeil, qui assemble les extrémités de l'embouchure avec la branche, &amp; qui est cachée sous le chaperon ou fonceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4138" id="1" type="">
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    <head>BANQUETER</head>
    <p>
    BANQUETER , v. act. Faire un Festin, faire grande chère avec ses amis. <i>Epulum dare.</i> Ce mot vieillit, &amp; n'a guère d'usage que dans le style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4139" id="1" type="fortification">
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    <head>BANQUETTE</head>
    <p>
    BANQUETTE , s. m. Terme de fortification . C'est un degré ou deux qui règnent tout le long des parapets, afin qu'on puisse tirer par-dessus, &amp; faire feu dans le fossé, &amp; sur les chemins couverts. <i>Cespes sedilis in morem ad loricam aggestus.</i> La <i>banquette</i> doit avoir un pied &amp; demi de haut, &amp; trois pieds de large.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4139" id="2" type="">
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    <head>BANQUETTE</head>
    <p>
    Banquette , se dit aussi d'un petit chemin relevé, ou d'une petite élévation au-dessus du niveau de la rue, pour servir de chemin commode aux gens de pied, comme il y en a à Paris au Pont-neuf, &amp; au Pont-Royal. <i>Crepido.</i> On appelle tablettes, les plus basses <i>banquettes,</i> qui ne sont élevées que d'un cours d'assise ; &amp; les assises de pierre de taille qui soutiennent les <i>banquettes</i> du côté du milieu du pont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4140" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANQUIER" />
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    <head>BANQUIER</head>
    <p>
    BANQUIER , s. m. Négociant en argent, qui donne des lettres de change pour faire tenir de l'argent de place en place. <i>Argentarius, Mensarius, Trapezita, Nummularius.</i> Dans l'ancienne Rome il y avoit des <i>banquiers,</i> qui étoient des personnes publiques. C'étoit par leur ministère que se faisoient les dépôts, les changes, les ventes, les achats. Ils exerçoient la Charge de Notaire d'aujourd'hui. Comme l'usure étoit permise à Rome, ils faisoient profiter l'argent qu'on leur mettoit entre les mains, &amp; en tiroient intérêt sans l'aliéner. Parmi nous la <i>banque</i> n'est permise que par nécessité, &amp; pour faire tenir de l'argent d'un lieu à un autre, à cause des correspondances que les <i>Banquiers</i> ont dans les pays étrangers, ou dans les villes du Royaume. Cela se fait par le moyen des lettres de change qu'on tire de place en place, c'est-à-dire, d'une ville à l'autre. Les <i>Banquiers,</i> pour récompense de leurs soins, exigent une petite remise, qu'on appelle le change, qui est un quart, un tiers, ou un demi pour cent par mois, suivant le cours du change. Voyez les Ordonnances, &amp; le <i>Diction. de Droit.</i></p><p>SI l'on en croit de Rubis dans l'<i>Hist. de Lyon,</i> Liv. III. p. 289. des Guelphes &amp; des Gibelins, qui au XIIIe siècle ne voulurent pas retourner dans leur pays, où ils ne se croyoient pas en sureté, obtinrent moyennant une grosse somme qu'ils payerent au Roi, la permission de se retirer à Lyon, &amp; par tout ailleurs où bon leur sembleroit en France, &amp; d'y lever train de banque ; &amp; ce fut alors qu'il commença à y avoir des <i>Banquiers</i> à Lyon, qui y attirèrent depuis le commerce des foires. Le P. Menestrier, dans son <i>Hist. Consul de Lyon,</i> semble en fixer l'époque plus haut ; car il montre, p. 392. que dès 1209. il y avoit de puissans <i>Banquiers</i> à Lyon, &amp; entre autres Ponce de Chapponay.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4140" id="2" type="">
   <index type="head" value="BANQUIER" />
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    <head>BANQUIER</head>
    <p>
    Banquier Expéditionnaire en Cour de Rome, est un Officier de nouvelle création, qui se charge de faire venir toutes les Bulles, Dispenses, &amp; autres expéditions qui se font en Cour Romaine, &amp; en la Légation d'Avignon, soit de la Chancellerie, soit de la Pénitencerie. Les <i>Banquiers</i> sont créés en titre d'Office formé &amp; héréditaire, &amp; dispersés dans toutes les villes où il y a Parlement, ou Présidial. Edit du mois de Mars 1673. Ils ont pouvoir, à l'exclusion de tout autre, de solliciter &amp; de faire venir des rescrits, signatures, &amp;c. de la Cour de Rome ; &amp; les Juges <pb n="504" facs="bpt6k8542165/f544/full/1200,/0/native.jpg"/>ne doivent point ajoûter foi à ces expéditions, si elles ne sont vérifiées par les certificats des <i>Banquiers.</i> Voyez l'Ordonnance de 1667. le <i>Diction. de Droit.</i></p><p>L'origine de ces <i>Banquiers,</i> comme celle des autres, vient de ce que les Guelphes du temps des guerres civiles d'Italie se réfugioienr en Avignon, &amp; dans le pays d'obédience ; &amp; comme ils étoient favorisés des Papes, dont ils avoient soutenu le parti, ils se mêlèrent de faire obtenir les graces &amp; expéditions de la Cour de Rome, &amp; s'appellèrent <i>Mercatores</i> &amp; <i>Scanbiatores Domini Papae,</i> comme témoigne Matthieu Paris. On les appelle aujourd'hui <i>institores bullarum &amp; negotiorum Imperii Romani.</i> Bornier. Mais comme ils se rendirent odieux alors par de grosses usures, on les appella <i>Carsins,</i> ou <i>Caorsins,</i> du nom de Cahors ville de Querci, dont le Pape Jean XXII. qui occupoit alors le S. Siége, étoit natif, à cause que de son temps ces usuriers étoient en leur plus haute élévation, comme témoigne Adam Thevenau en ses <i>Commentaires sur les Ordonnances</i> au titre des Usures. Les Italiens en firent aussi pour eux le mot <i>de scarsi,</i> qui signifie <i>avares</i> ; &amp; ils eurent tant de haine pour cette ville, que le Poëte Dante dans son enfer, met au même rang Sodome &amp; Cahors, &amp; y place tous les scélérats &amp; les usuriers. Les marques de cette haine ont duré long-temps en France ; &amp; on a appellé en Chancellerie les <i>Lettres Lombardes,</i> les Lettres qui s'expédioient en faveur des Lombards &amp; Italiens qui vouloient trafiquer, ou tenir banque en France, qui se taxoient au double des autres, en haine de ce qu'on appelloit alors tous Changeurs, Banquiers, Revendeurs, &amp; Usuriers, <i>Lombards,</i> de quelque nation qu'ils fussent ; &amp; on les appelle encore ainsi en plusieurs lieux d'Allemagne &amp; de Flandre même. La place du Change &amp; la Friperie d'Amsterdam s'appellent <i>Places Lombardes.</i> Ce nom de <i>Caorsin</i> a été aussi donné à tous les Banquiers &amp; Usuriers, qu'on a appellé en plusieurs titres Latins <i>Caorcini, Caturcini, Caursici, Corsini.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Caorsin">Caorsin</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4140" id="3" type="">
   <index type="head" value="BANQUIER" />
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    <head>BANQUIER</head>
    <p>
    Banquier , se dit aussi en de certains jeux, comme au Hocca, à la Bassette, de celui qui tient le jeu &amp; l'argent, &amp; qui a le fonds devant lui pour payer ceux qui gagnent. Tous les Pontes conspirent contre le <i>Banquier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4141" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANTAM" />
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    <head>BANTAM</head>
    <p>
    BANTAM . <i>Bantanum.</i> Ville des Indes Orientales dans l'Isle de Java, qui est une de celle de la Sonde. <i>Bantam</i> est Capitale d'un Royaume qui porte le même nom. Le Roi de <i>Bantam</i> est allié des Hollandois, qui ont Batavia à dix ou douze lieues de <i>Bantam.</i> Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4142" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANTAMOIS, OISE" />
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    <head>BANTAMOIS, OISE</head>
    <p>
    BANTAMOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de la ville ou du Royaume de Bantam. Le Roi de Bantam hérite de tous ceux de ses sujets, qui en mourant laissent des enfans mineurs, ce qui oblige les <i>Bantamois</i> à marier leurs enfans dès l'âge de huit ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4143" id="1" type="">
   <index type="head" value="BANVIN" />
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    <head>BANVIN</head>
    <p>
    BANVIN , s. m. est un privilége, ou droit qui donne pouvoir aux Seigneurs de vendre le vin de leur cru durant le temps porté par les Coutumes, ou par leurs titres, à l'exclusion de tous autres demeurans en la Paroisse. <i>Jus quod Domino competit, ut vinum fundo in suo natum apud se divendat.</i> Les titres de <i>banvin</i> doivent être établis auparavant le premier d'Avril de l'an 1560. Le vin doit être vendu dans la maison Seigneuriale, &amp; non point emmené ailleurs. Ce droit s'est étendu aussi aux autres liqueurs, &amp; même à la chair. Thibaud II. Comte de Champagne, avoit accordé aux Religieux de Nanteuil-le-Haudouin pendant tout le mois d'Août le droit de <i>Banvin,</i> qui leur fut ôté par Thibaud IV. l'un de ses descendans. <i>Hist. de l'Eg de Meaux, Tom. I. pag.</i> 121.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4144" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAPAUME" />
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    <head>BAPAUME</head>
    <p>
    BAPAUME . Ville de Pays-Bas dans l'Artois. <i>Bapalma, Palma.</i> Les François prirent <i>Bapaume</i> en 1641. &amp; elle leur fut cédée par le 45e article de la paix des Pyrénées. en 1659.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTE</head>
    <p>
    BAPTE , s. m. <i>Bapta.</i> Les <i>Baptes</i> étoient à Athènes les Prêtres de Cottito Déesse de l'impureté. Ils faisoient les sacrifices de cette Divinité abominable pendant la nuit, en s'abandonnant à des danses lascives, &amp; à toutes sortes de débauches. Ils furent appellés <i>Baptes,</i> du mot Grec , qui signifie <i>baigner,</i> parce qu'auparavant que de commencer leurs cérémonies exécrables, ils se baignoient dans de l'eau chaude. Eupolis ayant fait une Comédie contre eux, qu'il avoit intitulé ; les <i>Baptes,</i> pour s'en venger, le plongèrent dans la mer. On dit que la même chose arriva aussi à Cratinus, qui avoit aussi fait une Comédie contre les <i>Baptes,</i> &amp; à laquelle il avoit donné le même nom. Voyez Scaliger dans sa Poëtique, Liv. I. ch. 8.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4146" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAPTÊME" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>BAPTÊME</head>
    <p>
    BAPTÊME , s. m. On ne prononce pas le <i>p.</i> Le premier des Sacremens de l'Eglise, qu'on donne à celui qu'on veut faire Chrétien. <i>Baptismus, Baptisma, Prima Christianae Religionis initiamenta.</i> Le Catéchisme Romain définit le <i>Baptême,</i> le Sacrement de la régénération qui se confère avec de l'eau &amp; des paroles de vie. On peut encore le définir le premier Sacrement de la Loi Chrétienne institué par Jesus-Christ, pour effacer le péché originel, &amp; les péchés actuels dans les Adultes qui le reçoivent, &amp; pour nous faire membres de l'Eglise Chrétienne, enfans adoptifs de Dieu, &amp; Cohéritiers de Jesus-Christ. Le <i>Baptê</i>me se donne avec de l'eau au nom des trois personnes de la Trinité. Toute eau naturelle est bonne pour le <i>Baptême.</i> Tertullien, dans son Traité du <i>Baptême,</i> dit, qu'il n'y a point de différence d'être baptisé dans la mer, ou dans un étang, dans une rivière, ou une fontaine, une mare, un bassin, ni entre l'eau du Tibre ou de celle du Jourdain.</p><p>Tenir un enfant sur les fonds de <i>Baptême,</i> c'est être son parrain ou sa marraine ; c'est-à-dire, celui ou celle qui lui impose le nom.</p><p>Quelques Théologiens ont cru que le <i>Baptême</i> administré au nom de Jesus-Christ seul étoit valable ; mais ce sentiment est communément rejetté : le <i>Baptême</i> au nom de Jesus-Christ est le <i>Baptême</i> que Jesus-Christ a institué, &amp; qui comme les autres Sacremens, tire sa vertu &amp; son efficace des mérites de Jesus-Christ.</p><p>Avant la venue de Jesus-Christ la cérémonie du <i>Baptême</i> se pratiquoit déja chez les Juifs, qui baptisoient leurs Prosélytes, c'est-à-dire, ceux qui embrassoient leur Religion. Voici ce que dit Léon de Modène, Rabbin de Venise, dans son Livre des <i>Cérémonies &amp; Coutumes des Juifs, part.</i> 5. <i>ch.</i> 3. Celui qui veut se faire Juif, on le circoncit, &amp; quand il est guéri, on le baigne tout entier dans l'eau en présence des trois Rabbins qui l'ont examiné, après quoi il est censé Juif comme les autres.</p><p>On dit, la matière du <i>Baptême,</i> la forme du <i>Baptême,</i> le Ministre du <i>Baptême.</i> La matière du <i>Baptême,</i> c'est ce qui fait l'ablution extérieure du corps de celui qu'on baptise. Il y a la matière prochaine &amp; la matière éloignée du <i>Baptême.</i> Celle-ci est la matière que l'on applique au corps de celui qu'on baptise ; &amp; c'est l'eau. Celle-là est l'application de l'eau au corps de celui qu'on baptise ; application qui se peut faire en plusieurs manières. Le <i>Baptême</i> ne peut être donné qu'avec de l'eau ; c'est pourquoi le Pape Etienne II. déclara excommunié un Prêtre qui avoit baptisé un enfant avec du vin, parce qu'il avoit péché contre les canons de l'Eglise. Le Pape Grégoire IX. ayant été consulté par un Evêque de Norvége, si au défaut d'eau l'on ne pouvoit pas baptiser les enfans avec de la bière, il lui fit réponse que les paroles de Jesus-Christ étoient si expresses dans l'Evangile : <i>si quelqu'un ne renaît de l'eau, &amp;c.</i> que le <i>Baptême</i> donné avec de la bière étoit nul.</p><p>Dans la primitive Eglise le <i>Baptême</i> se faisoit par immersion, &amp; même encore aujourd'hui dans toute l'Eglise Orientale, il ne se fait point autrement ; en effet, le mot Grec , signifie <i>plonger,</i> comme Henri Estienne, Casaubon, &amp; quelques autres personnes savantes dans la langue Grecque, l'ont remarqué. Les Eglises d'Occident, qui ont changé cet ancien usage, ne l'ont fait que parce que c'est une chose de discipline, &amp; qui ne regardoit nullement l'essence du <i>Baptême.</i> On ne peut pas même dire proprement que les Eglises d'Occident aient changé sur ce point ; car quoique communément on donnât dans les premiers siècles le <i>Baptême</i> par immersion, cependant on reconnoissoit que cela n'étoit point nécessaire, qu'on le pouvoit donner par aspersion ; &amp; on le donnoit en effet souvent ainsi ; par exemple, à tous ceux que l'on appelloit Cliniques, c'est-à-dire, qui étoient baptisés dans leur lit étant dangereusement malades. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Cyprien, Lett. à Magnus, où il prouve que l'aspersion suffit. En 754. l'assemblée que Pepin tint à Quiercy sur l'Oise, approuve le <i>Baptême</i> donné en cas de nécessité par infusion, en versant <pb n="505" facs="bpt6k8542165/f545/full/1200,/0/native.jpg"/>de l'eau sur la tête avec une coquille, ou avec les mains, ce qui montre que quoiqu'on baptisât encore par immersion, on ne croyoit pas que cette manière de baptiser fût nécessaire, ou de l'essence du Sacrement. Les Protestans ont suivi en cela l'Eglise Romaine ; ensorte que dans tout l'Occident on ne donne plus le <i>Baptême</i> que par effusion, en versant de l'eau sur la tête de l'enfant ; il en faut néanmoins excepter l'Eglise de Milan, qui marque dans son Rituel qu'on plongera trois fois dans l'eau la tête de l'enfant.</p><p>Pendant très-long-temps on a fait trois immersions, pour marquer les trois jours de la sépulture de Jesus-Christ, ou les trois personnes de la très-sainte Trinité, ainsi que S. Grégoire le dit dans sa Lettre à Léandre, qui est la 41e du I. Livre ; &amp; cet usage duroit encore en ce temps-là. On ne le regardoit pas cependant comme nécessaire, puisque ce Père dit à ce S. Evêque, qui le consultoit là-dessus, que puisque les Ariens plongent trois fois, il est d'avis que les Catholiques ne le fassent qu'une fois, de peur qu'il ne semble aux hérétiques que l'on divise, comme eux, la Divinité. Et il paroît que c'est par là, &amp; pour cette raison, que cet usage se changea dans la suite. Nous apprenons de la vie de S. Otton, Apôtre de Poméranie, de quelle manière ce Saint donnoit le <i>Baptême</i> par immersion, &amp; l'on ne doit point douter que dans les autres Eglises on ne prît des précautions semblables, pour empêcher que la pudeur ne fût blessée dans une si sainte cérémonie. Ce Saint avoit fait enfoncer dans la terre des cuves ou des tonneaux, qui ne s'élevoient de terre que jusqu'à la hauteur du genou : il y en avoit pour les femmes au côté gauche du Baptistère, &amp; du côté droit pour les hommes. Ces tonneaux étoient entourés de rideaux, qui en formoient autant de loges différentes. Lorsque le Cathécumène étoit descendu dans le tonneau, qui étoit plein d'eau, le Prêtre levant doucement le rideau lui plongeoit trois fois la tête dans l'eau, que l'on tenoit chaude en hiver. Martene.</p><p>Quelques-uns ont cru que le <i>Baptême</i> par infusion avoit commencé à s'introduire par les pays froids. Il paroît qu'en Angleterre le <i>Baptême</i> par infusion s'introduisoit fort au commencement du IXe siècle ; car le Concile de Calchyt, ou Calchut, en 816. ordonne dans son IIe Canon que les Prêtres en baptisant ne répandront pas seulement l'eau Sainte sur la tête des enfans, mais les plongeront toujours dans le bassin.</p><p>On trouve dans les Auteurs Ecclésiastiques beaucoup de cérémonies qui ne sont plus en usage, comme de donner à ceux qui étoient baptisés, du lait &amp; du miel, ce qui se faisoit en Orient ; ou du vin &amp; du lait, comme en Occident ; de leur laver les pieds, de leur donner la Ste Eucharistie. Voyez <ref type="search" target="head:Durand">Durand</ref>. On donnoit, dit Tertulien, du lait &amp; du miel au <i>Baptême,</i> pour apprendre aux Néophytes, que le Christianisme étoit une loi de douceur &amp; de concorde.</p><p>Quelques Auteurs ont cru que dans les premiers temps on ne baptisoit que les seuls adultes. Walafride Strabon, dans son Livre <i>de rebus Ecclesiasticis,</i> ch. 26. a prétendu que c'étoit l'usage de la primitive Eglise. Louis Vivès, dans ses notes sur le 1r liv. de la Cité de Dieu de S. Augustin, appuie ce sentiment. Mais le <i>Baptême</i> des enfans est autorisé par toute l'ancienne tradition de l'Eglise depuis les Apôtres. Voyez ce que Saint Cyprien dit sur cela d'un Concile d'Afrique, dans son épître <i>ad Fidum.</i> Le premier Concile de Milève, Can. 2. le second, Can. 3. le Concile d'Auxerre, Can. 18. celui de Girone tenu sous Hormisdas l'année 4e du Roi Théodoric ; le Concile général de Vienne sous Clément V. le Concile de Trente, Sess. VII. Can. 13. l'Epître de Siricius <i>ad Himer. Tarrac.</i> celle d'Innocent I. au Concile de Milève ; <i>Clementin. de summa Trinitate, &amp; fide Cath.</i> Innocent III. <i>Extra. C. Majores de Baptismo ;</i> S. Irénée, Liv. II. ch. 8. Origène, <i>L. V. in cap. IV. epist. ad Roman.</i> le Livre <i>de Coelesti hierarch.</i> attribué à S. Denys au dernier chapitre ; S. Grégoire de Nazianze <i>orat. in S. baptisma</i> ; S. Jean Chrysostome, <i>hom. ad Neophyt.</i> S. Cyprien, <i>ep. ad Fidum</i> ; S. Augustin, <i>ep.</i> 2. <i>ad Hieronymum, serm.</i> 10. <i>de verb. Dom. L. III. de peccatorum meritis, c.</i> 1. <i>&amp;</i> 26. <i>L. IV. de bapt. c.</i> 23. S. Jérome, <i>Dialog. III. contrà Pelag.</i> S. Ambroise, <i>L. de Myst. Pasch. c.</i> 5. <i>L. I. de Vocat. Gent. c.</i> 6. Saint Grégoire le Grand, L. I. ép. 17.</p><p>La coutume d'imposer un nom au <i>Baptême,</i> &amp; un nom de Saint, est très-ancienne. Grégoire de Tours rapporte que S. Herménégilde fut nommé Jean à son <i>Baptême.</i> Voyez Denys d'Alexandrie, L. VIII. c. 20. S. Jean Chrysost. Hom. 12. sur la I. ép. aux Corinth. Vicecomes <i>de bapt. L. II. c.</i> 15. De Hauteserre sur Grég. de Tours, L. V. p. 201.</p><p>Le <i>Baptême</i> signifie en un sens figuré des grandes afflictions, comme quand Jesus-Christ dit aux fils de Zebedée, au chap. 10. de S. Marc, v. 38. <i>Pouvez-vous boire le Calice que je dois boire, ou être baptises du Baptême dont je dois être baptisé ?</i> Jesus-Christ dit encore au chap. 12. de S. Luc, v. 50. <i>Je dois être baptisé d'un Baptême, &amp; combien me sens-je pressé jusqu'à ce qu'il s'accomplisse</i> ? Il marque par cette expression métaphorique ses souffrances &amp; sa mort. C'est aussi dans ce sens qu'il faut entendre ces paroles du ch. XV. de la I. épître aux Corinth. <i>Que feront ceux qui sont baptisés pour les morts, s'il est vrai que les morts ne ressuscitent point</i> ?</p><p>Pour ce qui est de la forme du <i>Baptême,</i> ce sont les paroles que l'on prononce en appliquant l'eau au corps du baptisé. Jesus-Christ a prescrit cette forme en S. Matth. XXVIII. 19. <i>Allez, enseignez toutes les nations, &amp; baptisez-les au nom du Père, &amp; du Fils, &amp; du S. Esprit.</i> Elle est la même dans toutes les Eglises, soit d'Orient, soit d'Occident ; car ces paroles dont on se sert dans l'Eglise Romaine, <i>Je te baptise au nom du Père, &amp;c.</i> sont entièrement les mêmes que celles-ci, qui sont en usage chez les Grecs. <i>N. serviteur de Dieu est baptisé au nom du Père, &amp;c.</i> Les Grecs se servent de cette expression, parce qu'ils croient qu'il est plus modeste de s'exprimer en troisième personne. Plusieurs Théologiens ont prétendu que les Grecs ne disent pas <i>baptisatur,</i> c'est-à-dire, <i>est baptisé,</i> mais <i>baptizetur, soit baptisé,</i> en quoi ils se sont trompés.</p><p>Le ministre du <i>Baptême,</i> c'est celui qui donne, qui confère le <i>Baptême,</i> c'est-à-dire, qui fait l'application de l'eau au corps de celui qui est baptisé, en prononçant la forme. Les anciens Canons de l'Eglise ne donnent le droit de <i>baptiser</i> qu'aux Evêques seuls, puis aux Prêtres &amp; aux Diacres par la permission des Evêques. C'est ce que nous apprenons aussi de Tertullien dans son Traité du <i>Baptême,</i> &amp; de S. Jérome, qui, dans son Dialogue contre les Lucifériens, dit, que ni les Prêtres, ni les Diacres, n'ont le droit de baptiser que par l'ordre de l'Evêque. <i>Inde venit ut sine Episcopi jussione neque Presbyter neque Diaconus jus habeant baptizandi.</i> Le Diacre n'avoit ce pouvoir qu'en l'absence du Prêtre, &amp; en cas de nécessité. Les Laïques même pouvoient baptiser dans le cas de nécessité, comme l'assurent Tertullien &amp; S. Jérome aux mêmes endroits. <i>Si necessitas cogit, scimus etiam licere Laïcis baptizare.</i> Tertullien ajoûte même que le Laïque qui manque d'administrer ce Sacrement dans ce cas, est coupable de la perte d'un homme.</p><p>Il y a eu autrefois de grandes disputes sur le <i>Baptême</i> administré par les Hérétiques, savoir s'il étoit valide. La tradition constante a toujours été, que le <i>Baptême</i> administré par les Hérétiques au nom de la Trinité étoit bon &amp; valide, &amp; cela est de Foi. A plus forte raison le <i>Baptême</i> est bon &amp; valide, lorsqu'il est conferé par un Chrétien, quoiqu'il soit en péché mortel &amp; lié par des censures. Les femmes même le peuvent conférer en cas de nécessité ; mais hors le cas de la nécessité, ce doit être un Prêtre. On se plaignit au Concile de Limoges en 1031. que l'on <i>baptisoit</i> dans le Monastère de S. Martial, à Pâques &amp; à la Pentecôte, ce que les Clercs de la Cathédrale soutenoient ne se devoir faire que chez eux. Mais on représenta que c'étoit un ancien privilége de S. Martial, &amp; de quelques autres Monastères ; à la charge que ceux qui auroient été <i>baptisés,</i> seroient présentés le même jour devant l'Evêque pour la Confirmation. Fleury.</p><p>Le Concile de Rouen en 1072. ordonne au Prêtre de conférer le <i>Baptême</i> à jeun, revêtu d'une aube &amp; d'une étole, hors les cas de nécessité.</p><p>Le <i>Baptême</i> a succédé à la Circoncision, en ce que le <i>Baptême</i> fait enfans de l'Eglise ceux qui le reçoivent, comme la Circoncision rendoit sujets de la Synagogue ceux qui étoient circoncis ; &amp; le <i>Baptême</i> depuis Jesus-Christ distingue les Chrétiens des Infidèles, comme la Circoncision distinguoit les enfans mâles descendus d'Abraham des autres hommes.</p><p>On distingue trois sortes de <i>Baptême.</i> Le <i>Baptême</i> d'eau, dont nous avons parlé ; le <i>Baptême</i> de sang &amp; le <i>Baptême</i> de feu. <i>Baptismus fluminis, Baptismus sanguinis, Baptismus flaminis.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BAPTÊME</head>
    <p>
    Baptême de feu . C'est un acte de parfait amour de Dieu, lequel joint à un desir véritable de recevoir le <i>Baptême,</i> &amp; une résolution de le recevoir en effet quand on le pourra, supplée au <i>Baptême</i> d'eau, &amp; a les mêmes effets. On appelle ces actes <i>Baptême de feu, Baptismus flaminis,</i> c'est-à-dire, <i>Baptême</i> du S. Esprit, ou <i>Baptême</i> de charirité, d'amour de Dieu, parce que le feu est le symbole de la charité, &amp; qu'en cas de nécessité cet acte d'amour parfait supplée au <i>Baptême,</i> en sorte qu'un Infidèle adulte qui étant dans ces dispositions seroit surpris de la mort, sans pouvoir recevoir le <i>Baptême,</i> seroit néanmoins justifié &amp; sauvé. Mais ce qu'a dit Cajetan, qu'un pareil souhait dans les parens ; (car on l'appelle aussi <i>votum Baptismi,</i> voeu, souhait du <i>Baptême,</i> résolution de le recevoir) que ce voeu, dis-je, avec quelque bénédiction ou oblation de l'enfant à Dieu, jointe à l'invocation de la Sainte Trinité, peut suffire dans le danger pour un enfant encore dans le sein de sa mère, est une erreur réfutée entre autres par Alfonse de Castro <i>adv. haer. L. III.</i> au mot <i>Baptismus haer.</i> 9. On appelle aussi ce <i>Baptême de feu, Baptême</i> en desir, <i>baptismus in voto,</i> parce que la charité parfaite emporte toujours la résolution de garder tous les Commandemens, &amp; par conséquent celui qui oblige de recevoir le <i>Baptême.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BAPTÊME</head>
    <p>
    Baptême du Martyre , ou le Baptême de sang. On appelloit ainsi le martyre des Cathécumènes, qui mouroient pour la cause de l'Evangile avant que d'être baptisés. On croyoit que le martyre leur tenoit lieu de <i>Baptême.</i> Les premiers Chrétiens faisoient profession de desirer avec ardeur le <i>Baptême de sang.</i></p><p>Le <i>Baptême</i> est absolument nécessaire pour le salut, &amp; parce qu'on ne peut pas toujours le recevoir, il étoit de la bonté de Dieu de suppléer par quelque chose à l'impossibilité de recevoir un Sacrement si nécessaire, ce qui se fait par le <i>Baptême</i> de sang, &amp; par le <i>Baptême</i> de feu.</p><p>Cette distinction de ces trois <i>Baptêmes,</i> le <i>Baptême</i> d'eau, le <i>Baptême</i> de feu, &amp; le <i>Baptême</i> de sang, s'est toujours faite dans l'Eglise. Il y a parmi les ouvrages de S. Cyprien un Traité <i>De Baptismo haereticorum,</i> dont nous ne connoissons point l'Auteur ; c'est peut-être S. Etienne, ou quelqu'un des Papes suivans. Cet Auteur distingue d'abord le <i>Baptême</i> du S. Esprit &amp; le <i>Baptême</i> d'eau. Le <i>Baptême</i> du S. Esprit se trouve séparé, dit-il, du <i>Baptême</i> d'eau dans le Centenier Corneille, qui reçut le Saint-Esprit, avant que d'avoir reçu le <i>Baptême</i> d'eau. Le <i>Baptême</i> d'eau, continue-t-il, se trouve séparé dans les Apôtres, qui avoient été baptisés long-temps avant que de recevoir le S. Esprit, ce qui n'empêche pas que l'un &amp; l'autre ne doive ordinairement être joint ; le <i>Baptême</i> d'eau ne serviroit de rien sans celui du S. Esprit. Ensuite il explique le <i>Baptême</i> de sang. Il supplée au <i>Baptême</i> d'eau pour les Cathécumènes, &amp; remplit ce qui manquoit au <i>Baptême</i> des hérétiques convertis ; c'est-à-dire, la charité, la grace. Ce ne sont pas, dit-il, deux <i>Baptêmes</i> différents, mais deux matières qui concourent à donner le même salut : on peut se passer de l'un des deux. Les Cathécumènes Martyrs se passent d'eau ; néanmoins s'ils ont quelque relâche, on leur donne le <i>Baptême</i> d'eau. Les Fidéles baptisés régulièrement se passent du <i>Baptême</i> de sang, &amp;c. Voilà la Doctrine de l'Eglise expliquée dès les premiers siècles, comme on le fait encore aujourd'hui. Fleury.</p><p>Le <i>Baptême</i> confère la grace, &amp; efface le péché originel, &amp; même les péchés actuels des Adultes qui les détestent ; &amp; ils leur sont entièrement remis, &amp; quant à la tache, &amp; quant à la peine ; outre cela il imprime un caractère, &amp; nous fait enfans de Dieu &amp; membres de l'Eglise, en nous donnant, par les mérites de Jesus-Christ, droit au Ciel, qui est l'héritage du Père céleste. Le caractère qu'il imprime fait qu'il ne peut pas se réitérer, quand il est valide : quand il est douteux on le réitère sous condition.</p><p>Le <i>Baptême</i> ne s'administroit autrefois dans l'Eglise qu'à Pâques &amp; à la Pentecôte, hors les cas de nécessité : d'où vient qu'on ne fait encore la bénédiction solennelle de l'eau qu'en ces deux temps-là, &amp; qu'on parle des nouveaux baptisés dans la prière du Canon de la Messe qui commence par ces paroles, <i>Hanc igitur oblationem,</i> propre de ce temps-là. De Launoy a fait une dissertation sur l'ancienne manière de baptiser les Juifs &amp; les Infidèles, où il montre que la discipline ancienne n'a pas été sur cela la même dans toutes les Eglises. Il en a fait une autre sur les temps de conférer le <i>Baptême,</i> dans laquelle il montre qu'à Rome, &amp; d'abord en Afrique &amp; en Gaule, on ne baptisoit qu'à Pâques &amp; à la Pentecôte. Les Grecs, &amp; dans la suite les Eglises d'Afrique &amp; d'Espagne, baptisoient aussi le jour de l'Epiphanie. En Gaule on ajoûta aussi le jour de S. Jean-Baptiste, excepté en quelques Eglises, où l'on ne baptisoit qu'à Pâques. En Angleterre &amp; en Hibernie on administroit aussi le <i>Baptême</i> à Pâques, à la Pentecôte, le jour de Noël, &amp; celui de l'Epiphanie.</p><p>Dans l'ancienne Eglise les Cathécumènes ne s'empressoient point de recevoir le <i>Baptême.</i> S. Ambroise n'étoit pas même encore baptisé lorsqu'il fut élû Evêque de Milan. Les différens motifs étoient, pour les consciences tendres, qu'on ne pouvoit employer trop de temps pour s'y préparer : &amp; pour les autres qui ne pouvoient se dégager du monde, ils se flattoient que les eaux salutaires du <i>Baptême</i> effaçoient toutes leurs fautes passées ; ainsi ils entassoient tous leurs péchés, dans l'espérance d'en être purgés à l'extrémité de leur vie dans les eaux du <i>Baptême.</i> Les Pères déclamerent contre cette pieuse finesse, ensorte même qu'on passa dans un autre excès, &amp; que par un zèle ridicule &amp; mal instruit, on administra le <i>Baptême</i> aux morts : quelques-uns recevoient le <i>Baptême</i> pour le mort.</p><p>C'est une coutume en Allemagne de faire des présens d'argent, de vaisselle d'argent, &amp; quelquefois même de fiefs, aux enfans qu'on lève dans le <i>Baptême.</i> Le droit d'Allemagne est qu'on garde ces présens pour les enfans, &amp; que les pères n'en ont que l'usage, jusqu'à ce que les enfans soient en âge d'en disposer. On a fait un petit traité sur cela, intitulé, <i>De Pecuniâ lustricâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTÊME</head>
    <p>
    Baptême , se dit aussi d'une cérémonie Ecclésiastique qu'on fait sur les cloches, lorsqu'on leur impose un nom en les consacrant au service divin. On les lave dehors &amp; dedans avec plusieurs bénédictions &amp; prières. Cette cérémonie est fort ancienne, parce qu'Alcuin, Disciple de Bede &amp; Précepteur de Charlemagne, qui vivoit en l'an 770. en parle comme d'une chose qui étoit en usage il y avoit long-temps. Letaldus, Moine du Xe siècle, en parle aussi comme d'une coutume ancienne, mais qui n'étoit pas encore universelle.</p><p>
    </p>
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    <head>BAPTÊME</head>
    <p>
    Baptême , en termes de Marine , est une cérémonie profane dont usent tous les matelots envers ceux qui passent la première fois sous le Tropique, ou sous la Ligne, ou le Détroit. <i>Lotio, lavatio.</i> Il y en a quelques-uns qu'on baigne dans la mer, d'autres sur le vaisseau, d'autres à qui on fait essuyer quantité de sceaux d'eau que jettent sur eux les matelots, quand ils traversent leurs rangs en allant d'un bout du vaisseau à l'autre. On les fait en même-temps jurer de faire la même chose à ceux qui viendront après eux.</p><p>
    </p>
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    <head>BAPTEURE</head>
    <p>
    BAPTEURE , s. f. Terme de Coutume . En Bresse on appelle <i>bapteures</i> les droits &amp; les salaires de ceux qui battent le blé. <i>Merces frumenta terentium,</i> ou <i>frumenti tritorum,</i> ou <i>debita pro frumenti triturâ merces.</i> Ces salaires se payent en blé, &amp; se prennent sur le monceau, avant que le Propriétaire &amp; le Granger, ou le Métayer, partagent. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. De Laurière sur Ragueau.</p><p>
    </p>
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    <head>BAPTISER</head>
    <p>
    BAPTISER , v. act. Prononcez <i>batiser.</i> Conférer le Baptême. <i>Baptisare, Sacro Baptismi fonte aliquem tingere.</i> Notre Seigneur fut <i>baptisé</i> par S. Jean avec les eaux du Jourdain. On <i>baptise</i> aujourd'hui les enfans des qu'ils sont nés. On <i>baptise</i> au nom du Père, &amp; du Fils, &amp; du S. Esprit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTISER</head>
    <p>
    Baptiser , se dit aussi de certaines cérémonies Ecclésiastiques qui ne sont que des bénédictions. Ainsi on dit, <i>Baptiser</i> des cloches. Un Capitulaire de Charlemagne de l'an 789. défend de <i>baptiser</i> les cloches. Cependant on continua encore après de les <i>baptiser,</i> &amp; le Roi Robert faisant faire en 1029. la dédicace de l'Eglise de S. Agnan d'Orléans, avec plusieurs autres présens magnifiques, y donna cinq cloches, qu'il avoit fait <i>baptiser,</i> &amp; dont la plus grosse fut nommée Robert comme lui ; ce qui montre <pb n="507" facs="bpt6k8542165/f547/full/1200,/0/native.jpg"/>que le Capitulaire de Charlemagne n'eut pas de suite, &amp; que la bénédiction des cloches s'appelloit Baptême ; &amp; le Moine Helgand, qui rapporte ceci, remarque qu'on y employoit l'huile &amp; le chrême.</p><p>On dit aussi. <i>Baptiser</i> un vaisseau. <i>Baptiser</i> un enfant, pour réitérer, ou suppléer les cérémonies du Baptême d'un enfant, qui l'a déja reçu en effet, quand il a été ondoyé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTISER</head>
    <p>
    Baptiser , signifie dans l'Ecriture, Affliger, plonger dans la douleur. Les eaux sont dans le langage des Ecrivains sacrés le symbole des afflictions, &amp; des peines, &amp; s'emploient métaphoriquement en ce sens, à-peu-près comme orage, tempête, flots, inondation, abyme, dans notre langue ; témoins ces endroits des Pseaumes. <i>Assumpsit me de aquis multis ; eripuit me de inimicis meis fortissimis ;</i> que M. Coquelin a fort bien traduit, <i>Il m'a tiré du milieu de tous ces orages ; il m'a délivré de mes ennemis, dont la puissance étoit redoutable ;</i> &amp; au Pseaume LXVIII. 1. 2. <i>Salvum me fac, Domine, quoniam intraverunt aquae usque ad animam meam ; infixus sum in limo profundi.... Veni in altitudinem maris,</i> &amp;c. <i>Sauvez-moi, Seigneur, parce que les eaux sont entrées jusqu'à mon ame, je suis plongé dans la vase.... Je suis abymé dans la profondeur d'une vaste mer ;</i> &amp; mille autres pareils. Voyez aussi ce qui a été dit au mot Baptême.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4148" id="4" type="palais">
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    <head>BAPTISER</head>
    <p>
    Baptiser , se dit figurément en ces phrases, <i>Baptiser</i> son vin ; pour dire, Mettre beaucoup d'eau dedans. <i>Vinum aquâ diluere. Baptiser</i> quelqu'un dans la rue, se dit en parlant de ceux sur qui on a jetté de l'eau imprudemment par les fenêtres. <i>Aliquem gelidâ perfundere.</i> On dit aussi, qu'on le <i>baptise,</i> quand on lui donne quelque sobriquet, quelque nom plaisant, ou injurieux, qui lui demeure toute sa vie. <i>Ludicrum agnomen indere.</i> En tous ces sens le mot de <i>baptiser</i> est bas &amp; burlesque.</p><p>En termes de Palais , on dit <i>Baptiser</i> possession contraire ; pour dire, Soutenir chacun de son côté qu'on est en possession. On disoit aussi autrefois, <i>Baptiser</i> son appel ; pour dire, en déclarer les griefs apparens, &amp; pardevant quels Juges on prétendoit les relever. Car autrefois le mot de <i>Baptiser</i> ne signifioit autre chose que <i>Enoncer, déclarer,</i> comme on voit dans Masuer, Joannes Galli, &amp; autres vieux Praticiens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTISER</head>
    <p>
    Baptisé, ée , ad. <i>Sacro Baptismi fonte tinctus.</i> Celui qui croira, &amp; sera <i>baptisé,</i> entrera dans le Royaume des cieux.</p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="4149" id="1" type="">
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    <head>BAPTISMAL, ALE</head>
    <p>
    BAPTISMAL, ALE , adj. Prononcez ce mot comme il est écrit, Qui appartient au Baptême. Ce jeune homme est si sage, qu'il a encore l'innocence <i>baptismale. Gratia in Baptismo suscepta.</i> Les Fonts <i>baptismaux</i> sont la marque d'une Eglise Paroissiale. <i>Sacer Baptismi fons.</i> Une Eglise <i>baptismale</i> est celle où il y a des Fonts <i>baptismaux.</i> Le Canon 48. du Concile de Meaux tenu en 845. ordonne que les Prêtres ne baptiseront que dans les Eglises <i>baptismales,</i> &amp; aux temps réglés, hors le cas de nécessité. <i>Hist. de l'Egl. de Meaux, Tom. I. p.</i> 83.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTISTE</head>
    <p>
    BAPTISTE , s. m. <i>Baptista.</i> Le <i>p</i> ne se prononce pas. Qui baptise. C'est un surnom que l'Evangile donne à S. Jean, fils de Zacharie &amp; d'Elisabeth, &amp; précurseur de J. C. parce qu'il prêchoit le Baptême de la pénitence, &amp; baptisoit ceux qui venoient à lui. En ce temps-là parut Jean <i>Baptiste,</i> qui prêchoit dans le désert de Judée. Bouh. Matth<i>. III. I.</i> Souvent on appelle simplement <i>Baptiste,</i> un enfant qui a reçu au Baptême le nom de S. Jean-<i>Baptiste,</i> retranchant le nom de S. Jean dans l'usage ordinaire &amp; domestique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTISTÈRE</head>
    <p>
    BAPTISTÈRE , adj. &amp; subst. Prononcez <i>Batistère.</i> Registre des Baptêmes. <i>Eorum qui sacro Baptismi fonte tincti sunt index.</i> L'Ordonnance de 1667. veut qu'on garde dans les Sacristies, &amp; qu'on porte ensuite dans les Greffes des Justices ; les Registres <i>baptistères</i> qui contiennent le nom de ceux qu'on baptise, &amp; le jour qu'on leur a conféré le Baptême. Ils doivent être signés du père, s'il est présent, &amp; du parrein &amp; de la marreine. Les majorités se prouvent par les extraits <i>baptistères.</i> On appelloit aussi autrefois <i>Baptistère</i> le Livre où étoit contenu l'ordre &amp; la cérémonie du Baptême, &amp; même le droit que les Prêtres recevoient. Les Romains, pour justifier l'extraction, &amp; conserver la suite des familles, avoient aussi des actes publics, où les pères faisoient enregistrer la naissance de leurs enfans. Servius Tullius institua le premier cet ordre ; &amp; Auguste le renouvella.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAPTISTÈRE</head>
    <p>
    Baptistère , étoit anciennement une petite Eglise auprès d'une plus grande, où l'on administroit le Baptême, comme le <i>Baptistère</i> de Constantin proche de S. Jean de Latran à Rome. <i>Baptisterium.</i> On donnoit le même nom à une Chapelle, qui dans une grande Eglise servoit au même usage. Les <i>Baptistères</i> avoient autrefois l'image de S. Jean-Baptiste. Fleur. Le <i>baptistère</i> devoit être autrefois de forme ronde. Le <i>baptistère</i> de Constantin étoit magnifique. Durand, dans son traité des Rits, en donne la description qui suit, qu'il a tirée des Auteurs Ecclésiastiques &amp; des Historiens. Ce <i>baptistère</i> étoit incrusté de porphyre en dedans &amp; en dehors : le bassin étoit d'argent, au milieu du <i>baptistère</i> il y avoit une colonne de porphyre, sur laquelle étoit une phiole d'or du poids de cinquante livres, pleine de baume. Sur le bord du bassin on voyoit une figure d'agneau d'or, par où on faisoit couler l'eau dans le bassin : à côté de l'agneau il y avoit une figure de Jesus-Christ d'argent, du poids de cent soixante &amp; dix livres, &amp; à côté gauche une figure de S. Jean-Baptiste aussi d'argent, du poids de cent livres, &amp; tout autour du bassin sept figures de cerfs d'argent, chacune du poids de quatre-vingt livres, qui servoient à fournir de l'eau au bassin. Enfin, c'étoit autrefois la coutume de suspendre au-dessus du bassin des figures de colombes d'or, ou d'argent, pour représenter le S. Esprit.</p><p>Le <i>baptistère</i> a toujours été regardé comme un lieu sacré. On trouve dans l'Ordre Romain les cérémonies de la consécration du <i>baptistère.</i> Le <i>baptistère,</i> pris pour une Eglise, ou une Chapelle où étoient les Fonts baptismaux, est quelquefois appellé par les anciens Auteurs qui ont écrit sur les Liturgies, <i>Salle du Baptême, Aula Baptismatis :</i> cette Salle, ou cette Chapelle étoit fermée durant le Carême, &amp; la porte en étoit scellée du sceau de l'Evêque ; &amp; on ne l'ouvroit que le Jeudi Saint. On employoit autrefois le chrême pour la bénédiction ou la consécration du <i>Baptistère,</i> soit qu'on entende par ce mot la Chapelle où étoient les Fonts baptismaux, soit qu'on entende le bassin qui étoit dans la Chapelle. Voyez <ref type="search" target="head:Habert">Habert</ref>.</p><p>Le <i>baptistère</i> étoit à l'entrée de l'Eglise, comme l'a prouvé de Hauteserre dans ses Notes sur Grég. de Tours, pag. 69. &amp; sur Anastase, p. 27. Dans les <i>baptistères</i> il y avoit aussi des oratoires ; c'est-à-dire, des autels, selon la remarque du même Auteur sur Anastase, p. 43. Les <i>baptistères</i> n'ont commencé que sous Constantin, lorsque l'on commença à bâtir &amp; à dédier publiquement des Eglises. Auparavant on conduisoit les Cathécumènes à la rivière la plus voisine, &amp; on les y baptisoit.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAPTISTÈRE" />
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    <head>BAPTISTÈRE</head>
    <p>
    Baptistère , s'est pris aussi par les Auteurs payens pour la cuvette dans laquelle on prend le bain. Pline le Jeune l'emploie en ce sens, Liv. II. ép. 8. &amp; ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAPTISTÈRE" />
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    <head>BAPTISTÈRE</head>
    <p>
    Baptistère , se prend encore en particulier pour les Fonts baptismaux, qui étoient autrefois une espèce de piscine où l'on plongeoit le Cathécumène. Martyrius d'Antioche ordonna que la veille de la fête de l'Epiphanie on rempliroit d'eau les <i>baptistères.</i> Godeau.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BAPTISTÈRE" />
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    <head>BAPTISTÈRE</head>
    <p>
    Baptistère se prend encore quelquefois pour le Rituel où les cérémonies du Baptême sont marquées, &amp; pour l'eau dont on se sert pour baptiser. Voyez le Sacramentaire de S. Grégoire, Burchard, &amp;c. Il se prend aussi pour le Baptême même, &amp; pour les offrandes que les Fidèles font aux Prêtres qui ont conféré le Baptême.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4151" id="6" type="">
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    <head>BAPTISTÈRE</head>
    <p>
    Baptistère , vient du mot Grec . Il signifie en général le lieu ou l'on baptise, ensorte qu'il se prend quelquefois pour les fonts baptismaux. La figure tant du <i>baptistère,</i> que des Fonts baptismaux, étoit ordinairement d'une forme ronde. M. Du Cange, dans son Glossaire, a remarqué, que dans Florence vis-à-vis de la grande Eglise il y a un <i>baptistère</i> de forme ronde dédié à S. Jean-Baptiste. On trouve dans quelques vieux manuscrits Grecs des figures de Fonts baptismaux qui sont aussi d'une figure ronde. Et il y avoit plusieurs Fonts baptismaux dans chaque <i>baptistère,</i> parce qu'on baptisoit plusieurs personnes à la fois, &amp; même plusieurs autels, parce qu'on donnoit autrefois la communion immédiatement après le Baptême. Dans les commencemens les <i>baptistères</i> n'étoient que dans les grandes Villes où résidoient les Evêques, parce qu'il n'y avoit qu'eux qui euslent droit de baptiser. Il n'y en avoit même qu'un qui étoit dans l'Eglise Cathédrale : néanmoins Joseph Vicecomes prétend qu'il y a eu dès le <pb n="508" facs="bpt6k8542165/f548/full/1200,/0/native.jpg"/>commencement dans Rome plusieurs <i>baptistères,</i> &amp; que presque chaque Paroisse avoit le sien : ce qu'il regarde comme un privilège particulier à cette grande Ville. A la campagne, les Paroisses d'un Diocèse étoient divisées en Doyennés, c'étoit ainsi qu'on appelloit un certain nombre de Paroisses qui étoient sous la direction d'un Archiprêtre ; &amp; il n'y avoit des Fonts baptismaux que dans une des Eglises de chaque Doyenné. On appelloit en Latin cette Eglise <i>Plebs,</i> &amp; celui qui la desservoit s'appelloit <i>Doyen de la Chrétienté, Decanus Christianitatis,</i> parce que c'étoit dans son Eglise que l'on conféroit le Sacrement qui nous fait Chrétiens. Voyez le P. Thomassin. Dans la suite des temps pour administrer plus facilement le Baptême, les Evêques accorderent aux Paroisses le droit d'avoir des Fonts baptismaux. Ce droit étoit réservé aux seules Paroisses ; &amp; s'il se trouve des Monastères avec des Fonts baptismaux, c'est qu'ils jouïssent des Eglises baptismales de quelques lieux. Les Evêques accordoient quelquefois aux Moines ces Eglises, à condition qu'ils auroient avec eux un Prêtre séculier qui prendroit le soin du peuple. Ils trouvoient ensuite les moyens d'éloigner le Prêtre, &amp; par-là ils étoient les maîtres de l'Eglise, qui devenoit un Monastère, auquel les Fonts baptismaux étoient toujours attachés. On trouve des exemples de cela dans les Cartulaires.</p><p>Le mot de <i>Baptême</i> &amp; ses dérivés viennent du Grec , <i>immergere, plonger dans l'eau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4152" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAQUET, BAQUETER, BAQUETURES" />
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    <head>BAQUET, BAQUETER, BAQUETURES</head>
    <p>
    BAQUET, BAQUETER, BAQUETURES . Voyez BACQUET, BACQUETER, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4153" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BAR</head>
    <p>
    BAR , s. m. Civière renforcée qu'on porte à deux, à quatre, à six hommes, qui sert dans les atteliers à transporter des pierres, du moilon, &amp; autres matériaux nécessaires aux ouvriers. <i>Crates brachiata.</i> On s'en servoit aussi autrefois sur les ports pour décharger les bateaux de bois, &amp; autres marchandises ; d'où vient qu'on appelle aujourd'hui ceux qu'on y emploie, des <i>Débardeurs</i> ; &amp; on en use aussi dans les basse-cours pour transporter du fumier. Quand on se sert d'un <i>bar</i> pour porter des pierres taillées, on met des nattes sur le <i>bar,</i> &amp; alors on dit qu'un <i>bar</i> est armé de ses torches de nattes.</p><p>Dans la vie de S. Bernardin de Sienne, <i>Acta SS. Maii T. V. p.</i> 285. <i>A,</i> on trouve <i>bara</i> synonyme de <i>capsa,</i> &amp; pour signifier une chaise, ou une espèce de litière, dans laquelle un malade est porté par un cheval.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4154" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BAR" />
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    <head>BAR</head>
    <p>
    BAR , en termes de Blason , signifie autrement un <i>Barbeau, Barbus.</i> C'est un poisson qu'on met souvent dans les Armoiries, ordinairement courbé &amp; adossé, comme en celles du Duché de Bar. <i>Barbi gemini obversis dorsis picti.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4155" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAR" />
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    <head>BAR</head>
    <p>
    BAR , s. m. Nom propre de plusieurs Villes. <i>Barium.</i> Il y a <i>Bar</i> sur Aube, <i>Barium ad Albulam,</i> Ville de Champagne en France. <i>Bar</i> sur Seine, <i>Barium ad Sequanam,</i> petite Ville du Duché de Bourgogne. <i>Bar</i>-le-Duc, Ville Capitale d'un petit pays entre la Lorraine &amp; la Champagne. Fréderic I. Comte &amp; puis Duc de la haute Lorraine, appellée <i>Mozellane,</i> fit bâtir <i>Bar</i>-le-Duc en 951. pour arrêter les courses que faisoient les Champenois dans son pays. C'est pour cela qu'il lui donna le nom de <i>Bar,</i> qui signifioit, barrière. On l'appelle en Latin <i>Barro Ducum,</i> ou <i>Barium Ducis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4155" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAR" />
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    <head>BAR</head>
    <p>
    Bar , selon quelques Auteurs, est un ancien mot Gaulois, qui signifie port. Leur raison est que Barbehel, ou Barbeau, est appellé en Latin <i>Portus sacer ;</i> &amp; ils ajoûtent que les ports étoient peut-être ainsi appellés des barres dont on les fermoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4156" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="BARACAQUE" />
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    <head>BARACAQUE</head>
    <p>
    BARACAQUE , s. m. Terme de Relation . Nom de secte &amp; de Religieux Japonois. Les <i>Baracaques</i> s'occupent continuellement à de saintes méditations. Ambass. <i>de Holl. au Jap. I. p.</i> 127.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4157" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BARADAS" />
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    <head>BARADAS</head>
    <p>
    BARADAS , s. m. Terme de Fleuriste . C'est un oeillet d'un beau rouge brun, dont la fleur est fort large, grosse, &amp; garnie de quantité de feuilles qui lui font faire un dôme au milieu de sa fleur : ses panaches sont gros, mais non pas fort détachés : son blanc n'est ni carné, ni fin. Il est sujet au blanc. Il ne lui faut laisser que quatre ou cinq boutons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4158" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARADAT" />
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    <head>BARADAT</head>
    <p>
    BARADAT , s. m. Nom propre d'homme. On dit aussi Varadat. Voyez Baillet 22. Févr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4159" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARAGE" />
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    <head>BARAGE</head>
    <p>
    BARAGE . Voyez <ref type="search" target="head:BARRAGE">BARRAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4160" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARAGOUÏN" />
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    <head>BARAGOUÏN</head>
    <p>
    BARAGOUÏN , s. m. Langage corrompu ou inconnu, qu'on n'entend pas ; jargon composé de mots barbares, ou si mal prononcés qu'on ne les entend pas. <i>Sermo peregrinus ac barbarus.</i> Je ne puis rien comprendre à ce <i>baragouïn.</i> Mol. Le discours de cet homme est un vrai <i>baragouïn,</i> tant il parle mal.</p><p>Ménage a cru autrefois que <i>baragouïn</i> venoit de <i>bara,</i> qui signifie <i>pain</i> en Bas-Breton, &amp; qui vient de <i>bar,</i> Hébreu, qui signifie la même chose ; &amp; de <i>guin,</i> qui signifie <i>vin</i> aussi en Bas-Breton, &amp; qui apparemment vient de <i>vinum,</i> parce que ces mots de <i>pain</i> &amp; de <i>vin</i> sont les premiers qu'on apprend des langues étrangères. Le P. Thomassin est aussi de ce sentiment ; mais Ménage a changé depuis ; il fait descendre <i>Baragouïn</i> de <i>barbarus, barbaracus, baracuinus,</i> &amp; ainsi par degrés. Quoiqu'il en soit : <i>baragouïn</i> n'est bon que dans le style bas &amp; familier. Il n'est pas possible que ce mot vienne de <i>baracuinus.</i> Pour le croire, il faudroit que ce fût un mot commun à l'Italien, &amp; à l'Espagnol, qui viennent du Latin ; mais puisqu'il est propre à la langue Françoise, on ne peut pas douter qu'il ne vienne du Bas-Breton, <i>bara</i> &amp; <i>gouïn.</i> Le P. Pezron vient de l'assurer encore dans son dernier Ouvrage de la langue Celtique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4161" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARAGOUÏNAGE" />
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    <head>BARAGOUÏNAGE</head>
    <p>
    &#9758; BARAGOUÏNAGE , s. m. signifie la même chose que <i>baragouïn.</i> Un Suisse, en écorchant le François, réduit dans son <i>baragouïnage,</i> presque tout à l'infinitif. P. Du Cerceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4162" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARAGOUÏNER" />
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    <head>BARAGOUÏNER</head>
    <p>
    BARAGOUÏNER , v. n. Parler un langage étranger &amp; inconnu, ou parler si mal, qu'on ne peut se faire entendre à ceux d'un pays. <i>Peregrino ac barbaro uti sermone.</i> Ce mot n'est en usage que dans le style bas &amp; comique. Je ne me souviens plus comme ils <i>baragouïnent</i> ces mots. Mol. Pour dire, comme ils les prononcent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4163" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARAGOUÏNEUX" />
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    <head>BARAGOUÏNEUX</head>
    <p>
    BARAGOUÏNEUX , s. m. euse, s. f. Celui &amp; celle qui baragouïne, qui parle en langage qu'on n'entend pas, qui prononce de manière qu'on a de la peine à entendre. <i>Qui peregrinum ac barbarum sermonem adhibet.</i> Quel <i>baragouïneux</i> est-ce là ? Mol. Deux <i>baragouïneuses</i> me sont venu accuser de les avoir épousées toutes deux. Id. Ces mots ne sont d'usage que dans le style bas &amp; burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4164" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARALIPTON" />
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    <head>BARALIPTON</head>
    <p>
    BARALIPTON . Nom que l'on donne dans l'Ecole au premier mode indirect de la première figure. Un syllogisime en <i>baralipton,</i> est un syllogisme, dont les deux premières propositions sont universelles, &amp; la troisième particulière, &amp; dont le moyen terme est sujet dans la première, &amp; attribut dans la seconde. Exemple.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BARALOTTE" />
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    <head>BARALOTTE</head>
    <p>
    BARALOTTE , s. m. Nom de secte. <i>Baralottus.</i> Les <i>Baralottes</i> sont des Hérétiques de Boulogne en Italie. Parmi eux tout étoit commun, jusqu'aux femmes &amp; aux enfans. Leur facilité à se laisser aller &amp; à consentir à toutes les débauches les plus affreuses, leur fit aussi donner le nom d'obéissans, <i>Obedientes.</i> Ferdinand de Cordoue en parle dans son Traité <i>De exig. annonis. C. De Obedientiâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARANGE</head>
    <p>
    BARANGE , s. m. <i>Barangus.</i> C'est le nom d'un Officier chez les Grecs du bas Empire. Cujas les appelle en Latin <i>Protectores.</i> D'autres <i>Securigeri.</i> L'Office des <i>Baranges</i> étoit de garder les clefs des portes de la ville où l'Empereur se trouvoit. Voyez Cantacuzene, L. I. c. 1. Codinus, <i>De Off. Constant. c.</i> 5. <i>n.</i> 45. dit que les <i>Baranges</i> sont des Officiers qui sont à la porte de la chambre de l'Empereur, &amp; de la salle où il mange. Codinus, Curopalate, Nicétas, disent que ce mot est Anglois ; que les <i>Baranges</i> étoient Anglois de nation, &amp; qu'ils étoient armés d'une hache. Codinus les fait aussi Anglois, &amp; dit qu'ils parloient Anglois. Anne Comnene dit qu'on les faisoit venir <pb n="509" facs="bpt6k8542165/f549/full/1200,/0/native.jpg"/>de l'Isle appellée Thule. Le P. Goar doute si le mot Thule n'est point corrompu, ou changé. Jean Scylitzes dit qu'ils étoient Celtes. Nicetas dans Alexis dit qu'ils étoient Allemands. Dès le temps de Michel de Paphlagonie il y avoit des <i>Baranges,</i> comme il paroît par Cedrenus ; mais ils n'étoient encore que simples soldats, &amp; non Gardes du Corps. Leur Chef s'appelloit , comme qui diroit celui qui suit toujours l'Empereur. Il étoit aussi Chef des Francs. Vers l'an 1035. un <i>Barange</i> ayant voulu faire violence à une femme Thrace, elle lui arracha son coutelas &amp; lui en perça le coeur ; tous les <i>Baranges</i> la louerent fort, &amp; lui mirent une couronne sur la tête, &amp; le <i>Barange</i> tué fut privé de la sépulture. C'étoit sous l'Empire de Michel IV. <i>Bar</i> en Anglois signifie <i>fermer.</i> Voyez Codinus <i>de off. vet. insc.</i> Cantacuzene, Liv. I. Hist. c. 41. &amp; les Juriscons. Grecs <i>ad l.</i> 3. §. 5. <i>D. ad leg. Cor. de Sicar.</i> le Gloss. de Cedrenus au mot ; le P. Goar sur Codinus, p. 74. n. 53.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARAQUE</head>
    <p>
    BARAQUE , s. f. Hutte ou petit logement que les Soldats font dans un camp pour se loger. <i>Casula.</i> Autrefois la hutte étoit pour loger les piétons, &amp; la <i>baraque</i> pour les cavaliers : maintenant on les confond, &amp; les deux s'appellent <i>baraques.</i> On se sert pour cela de planches, de pièces de bois, de branches d'arbres. Les Soldats font des <i>baraques,</i> quand ils sont en campagne pendant l'hiver ; durant l'été ils se contentent de leurs tentes.</p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>barracas</i>, qui signifie des <i>cahuttes</i> que dressent les Pêcheurs au bord de la mer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARAQUER</head>
    <p>
    &#9758; BARAQUER , v. a. Faire des baraques. Il s'emploie ordinairement avec le pronom personnel. Les Soldats commencèrent par se <i>baraquer.</i></p><p>&#9758; Baraqué, ée. part. qui est dans une baraque.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARAT</head>
    <p>
    BARAT , s. m. Vieux mot François &amp; hors d'usage, qui signifioit, Tromperie, fourbe, mensonge, calomnie. <i>Dolus, fraus, fallacia.</i> On juroit autrefois qu'il n'étoit intervenu dans un contrat aucune fraude, <i>barat,</i> ni malengin.</p><p>C'est aussi un terme de Relation , &amp; connu de tous nos Marchands qui négocient dans les échelles du Levant, pour signifier une patente du grand Seigneur. En ce sens c'est un mot Turc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARAT</head>
    <p>
    Barat . Voyez BARATTERIE ; c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARATAS</head>
    <p>
    BARATAS , s. m. Espèce de rat, ou sorte d'animaux tels que les rats. <i>Mus marinus.</i> L'on demeura le reste du jour dans un grand calme &amp; fort incommodés non-seulement de la chaleur, mais aussi de l'incroyable quantite de rats &amp; de <i>baratas.</i> Wicqfort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4171" id="1" type="">
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    <head>BARATEUR</head>
    <p>
    BARATEUR , s. m. Ce mot ne se dit que par le peuple, &amp; signifie, trompeur. <i>Fallax, fraudator, deceptor.</i> Ce mot, aussi-bien que <i>baratterie,</i> vient de <i>barat.</i> Voyez ci-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4172" id="1" type="">
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    <head>BARATTE</head>
    <p>
    BARATTE , s. f. Vaisseau fait de douves, plus étroit par le haut que par le bas, qui sert à battre le beurre. <i>Vas, situla agitando lacti ad faciendum butyrum.</i> Il y a aussi des <i>barattes</i> de terre cuite. Ce sont de grands pots assez larges par le ventre, &amp; assez étroits par le haut. On couvre les <i>barattes</i> d'une espèce d'écuelle de bois percée d'un seul trou, au travers duquel passe un bâton qu'on appelle batte-beurre. On remplit ces <i>barattes</i> de crême que l'on bat, jusqu'à ce que le beurre soit fait.</p><p>Ce mot vient apparemment de l'Espagnol <i>barattar,</i> qui signifie <i>brouiller,</i> parce qu'il faut en effet que les parties du lait soient battues &amp; brouillées pour faire le beurre. D'autres disent qu'il vient du vieux mot François <i>barate</i>, qui signifie <i>bruit,</i> à cause du bruit qu'on fait en battant le beurre. Les Bas-Bretons disent encore <i>baraz</i> ; pour dire une <i>baratte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4173" id="1" type="marine">
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    <head>BARATTERIE</head>
    <p>
    BARATTERIE , s. f. Terme de Marine . C'est la tromperie du Patron, ou malversation du Maître, ensemble les larcins, altérations, &amp; déguisemens causés par le Maître, ou par l'équipage. <i>Fraus, dolus, fallacia, barataria.</i> La peine de la <i>baratterie</i> est mentionnée au livre 2e de l'Ordonnance de la Marine. Décharger une barque pendant le cours de la navigation, est un crime de <i>baratterie</i> qui est punissable. Un Capitaine de vaisseau faisant naufrage volontaire, fait un crime de <i>baratterie.</i> L'Assureur court le risque de la <i>baratterie.</i> On se sert aussi de ce terme en Italien &amp; en Espagnol. Originairement il ne signifioit que <i>marché</i> ; &amp; parce qu'on y faisoit souvent des fraudes, il a été appliqué aux tromperies du commerce. On a appellé aussi <i>Barattiers,</i> les chicaneurs qui faisoient des surprises en plaidant : &amp; on lit dans Matthieu Paris, que l'Empereur Frédéric fut accusé d'avoir dit, <i>tres fuisse baratores in mundo, seu tres impostores.</i></p><p>Ce mot est venu du vieux mot François, <i>barat,</i> qui de tout temps a signifié toutes sortes de tromperies. On disoit aussi <i>baratter,</i> pour dire, <i>tromper.</i> Quelques Auteurs appellent <i>baratteries</i> les malversations des Magistrats dans leurs charges, &amp; celles de leurs domestiques. Le P. Thomassin dérive <i>baratterie</i> de , mot Grec vulgaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4174" id="1" type="guerre">
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    <head>BARBACANE</head>
    <p>
    BARBACANE , s. f. Terme de guerre . Fente, ou petite ouverture qu'on fait dans les murs des Châteaux &amp; Forteresses pour tirer à couvert sur les ennemis. <i>Tabulare vallum arcendis telis.</i> Quelques-uns croient que c'est un parapet de bois crénelé. D'autres l'ont pris pour toutes sortes de défenses &amp; couvertures contre les ennemis. On a dit aussi autrefois <i>barbocane</i> &amp; <i>barbecane.</i> Du Cange dit que c'est une défense extérieure de la ville, ou du château, qui sert à en fortifier les portes, &amp; les murs, qu'il appelle en Latin <i>barbacana,</i> ou <i>barbicana, antemurale,</i> &amp; <i>promurale.</i> C'étoit autrefois un Fort qui étoit à l'entrée d'un pont, ou hors la ville, qui avoit un mur double &amp; des tours.</p><p>Il y a une semblable <i>barbacane</i> à un des bouts du pont de Rouen, où le Château qui est fortifié de cette manière est encore appellé par quelques personnes <i>barbacane.</i> On y mettoit autrefois de certains vaisseaux de guerre, faits en forme de galères, qui servoient à la défense de la ville dans des temps où ces sortes de galères étoient en usage ; &amp; l'on trouvera encore aujourd'hui dans les archives de Rouen, les noms de ceux qui commandoient ces vaisseaux ou galères. Le mot de <i>Barbacana</i> est aussi en usage dans le même sens chez les Espagnols. Voyez Covarruvias dans son Trésor de la langue Castillane. Ceux de la Crusca disent, que c'est la partie de la muraille qui est au bas de l'escarpe pour la sureté de la ville : en ce cas ce seroit la même chose qu'une fausse-braie.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>babacane</i>, qui est un mot Arabe, selon Spelmannus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4174" id="2" type="architecture">
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    <head>BARBACANE</head>
    <p>
    Barbacane , en termes d'Architecture , est une fente ou ouverture étroite &amp; longue en hauteur, qu'on laisse dans les murs pour faire entrer &amp; sortir les eaux, quand ils sont bâtis en un lieu sujet aux inondations, ou pour faire égouter les eaux des terrasses. <i>Spiramentum.</i> Mais en ce sens le mot de <i>barbàcane</i> n'est pas si usité que celui de <i>ventouse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4175" id="1" type="">
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    <head>BARBACINE</head>
    <p>
    BARBACINE , s. m. &amp; f. Nom de peuple. C'est la même chose que Berebère. Voyez ce mot. D'Ablancourt s'est servi de ce mot dans sa <i>Traduction de Marmol.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4176" id="1" type="">
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    <head>BARBACOLLE</head>
    <p>
    BARBACOLLE , s. Jeu de hazard appellé autrement Hocca, ou Pharaon. Le Jeu du Hocca ayant été défendu, pour éluder ces défences, on le nomma <i>Barbacolle.</i> C'est pourquoi le Roi le défendit sous tous ces noms par un Arrêt du 15e Janvier 1691. Le Roi ayant été informé que nonobstant les défenses réitérées, l'on n'a pas laissé de jouer au Hocca &amp; à la Bassette, que l'on a déguisés sous le nom de Pharaon, <i>Barbacolle,</i> &amp; de la Bassette, ou Pour &amp; Contre, défend très-expressément à toutes personnes, de quelque sèxe &amp; qualité qu'elles soient, de jouer auxdits jeux de Hocca, ou Pharaon, <i>Barbacolle</i> &amp; de la Bassette, ou Pour &amp; Contre, sous quelques noms &amp; formes qu'ils puissent être déguisés, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4177" id="1" type="">
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    <head>BARBADE</head>
    <p>
    BARBADE , s. f. Quelques-uns écrivent aussi Barboude, mais en François on dit toujours Barbade. <i>Barbata,</i> ou <i>Barbada.</i> C'est une Isle de l'Amérique, &amp; l'une des Antilles. La <i>Barbade</i> a bien 25 lieues de tour, &amp; est très-fertile en tabac, en coton, en cannes de sucre &amp; en gingembre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4178" id="1" type="">
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    <head>BARBANT</head>
    <p>
    &#9758; BARBANT , adj. m. Faisant la barbe. Mot peu en usage. Gui Patin appelle Barbier <i>barbant,</i> un homme qui est simplement Barbier, sans faire les fonctions de Chirurgien. Un Barbier <i>barbant</i> nommé Griselle avoit une femme fort jolie, à ce qu'on dit ....</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4179" id="1" type="">
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    <head>BARBARA</head>
    <p>
    BARBARA . C'est le nom qu'on donne dans l'Ecole au premier mode d'argument de la première figure. Un syllogisme en <i>barbara</i> est un syllogisme dont toutes les propositions sont universelles &amp; affirmatives, &amp; dont le moyen terme est sujet dans la première proposition, &amp; attribut dans la seconde. Exemple.</p><p><i>Tous ceux qui laissent mourir de faim ceux qu'ils doivent nourrir, sont homicides.</i></p><p><i>Tous les riches qui ne donnent pas l'aumône laissent mourir de faim ceux qu'ils doivent nourrir.</i></p><p><i>Donc tous les riches qui ne donnent pas l'aumône sont homicides.</i></p><p>C'est l'argument de S. Jean Chrisostome contre les riches, <i>Non pavisti, occidisti.</i> Le syllogisme en <i>barbara</i> est le premier des quatre directs de la première figure : <i>barbara</i> est le premier mode direct de la première figure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4180" id="1" type="">
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    <head>BARBARE</head>
    <p>
    BARBARE , adj. &amp; s. m. &amp; f. Etranger qui est d'un pays fort éloigné, sauvage, mal poli, cruel, &amp; qui a des moeurs fort différentes des nôtres. <i>Barbarus.</i> Rome a été plusieurs fois pillée par les <i>Barbares.</i> On n'est plus si sujet aux incursions des <i>Barbares.</i> Les Sauvages de l'Amérique sont fort <i>barbares.</i> Arioviste étoit un <i>barbare</i> furieux &amp; téméraire. Ablanc.</p><p>Les Grecs appelloient <i>Barbares</i> tous ceux qui n'étoient pas de leur pays ; &amp; ce mot ne signifie en leur langue qu'<i>étranger. Peregrinus.</i> Il en étoit à-peu-près de même des Romains. Ils appelloient <i>Barbares</i> généralement tous les peuples, hormis les Grecs, &amp; ceux qui vivoient selon leurs loix ; &amp; ce n'étoit point parmi eux un terme de mépris, comme parmi nous Ils donnoient des ôtages à des <i>Barbares</i> dans l'état le plus florissant de la République. Ablanc. Les Bourguignons &amp; les Francs qui s'établirent dans les Gaules, étoient appellés <i>barbares.</i> Les Gots d'Italie, furent aussi appellés <i>barbares.</i> Il semble que ce mot ne vouloit dire qu'<i>étranger,</i> &amp; que depuis long-temps on lui eût attaché cette signification ; car Ovide, qui étoit si poli à Rome, avoue qu'il étoit <i>barbare</i> parmi les Getes.</p><p>Nos Gaulois qui étoient soumis aux Romains, appelloient <i>barbares</i> les nations Germaniques qui habitoient au-delà du Rhin. On appelloit dans les Gaules la langue Teutone, langue <i>barbare.</i> Enfin, les ennemis de l'Etat, &amp; ceux qui n'étoient pas Catholiques étoient appellés <i>barbares.</i> Ce que l'on appelloit <i>barbares</i> dans les Gaules, sous les Empereurs Romains, n'étoit point les Gaulois originaires du pays ; mais des peuples de Germanie que les Empereurs y avoient fait passer pour cultiver les terres. Chifflet, <i>Gloss. Sal.</i> au mot <i>Barbarus.</i> De Hauteserre, dans ses notes sur Gregoire de Tours, p. 99. a remarqué que cet Auteur prend souvent <i>barbare</i> pour payen.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBARE</head>
    <p>
    Barbare , signifie aussi souvent, Cruel, impitoyable, qui n'écoute point la pitié, ni la raison. <i>Crudelis, saevus, immanis.</i> Un père est <i>barbare,</i> quand il n'a point de tendresse pour ses enfans. Un Prince <i>barbare,</i> qui tyrannise ses sujets. Médée faisoit des actions <i>barbares.</i> La coutume d'immoler des hommes, étoit bien <i>barbare.</i> Les Septentrionaux sont les plus <i>barbares</i> de tous les peuples.</p><p>On appelle souvent <i>barbares</i> les Idolatres, les Infidèles, les Mahométans, comme les Tartares, les Turcs, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBARE</head>
    <p>
    Barbare , se prend aussi quelquefois simplement pour malpoli, grossier, ignorant. <i>Impolitus, incultus, agrestis.</i> Cet homme a quelque chose de bien sauvage &amp; de bien <i>barbare</i> dans toutes ses manières. Souvent le plus <i>barbare</i> est sujet à l'amour. Théoph.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBARE</head>
    <p>
    Barbare , en termes de Grammaire , se dit du langage, ou des termes impropres, ou inconnus, qui sont durs à l'oreille, ou difficiles à entendre.</p><p>Ce mot , selon Strabon, est dit par imitation. Les étrangers, quand ils venoient en Grèce, , <i>id est balbutiebant, ils bégayoient,</i> parloient grossièrement. Cependant on peut dire qu'ils appelloient <i>barbares,</i> ceux dont ils n'entendoient pas le langage, tels qu'étoient les Persans, les Scythes, les Egyptiens. Scaliger tient que ce mot de <i>barbare</i> vient de l'Arabe <i>bar,</i> qui signifie <i>désert. Barbare,</i> selon son sentiment, est un <i>Sauvage,</i> un homme vivant dans les solitudes. Ravanelle dérive, comme les autres, le mot <i>barbare</i> du Grec , d'où l'on a fait <i>barbarus</i> ; mais il ajoûte que vient de l'Arabe <i>barbar,</i> auquel on a ajoûté la terminaison Grecque ; <i>barbar</i> signifie <i>bruit,</i> &amp; <i>désert.</i> Mais Ravanelle se trompe, on ne dit point <i>barbar</i> en Arabe pour signifier <i>désert,</i> mais seulement <i>bar.</i> D'autres prétendent, comme Picard dans sa <i>Celtopédie,</i> qu'il vient de , mot qui ne signifie rien, &amp; que certains étrangers venus à Athènes avoient sans cesse à la bouche ; ce qui fit qu'on les appella , <i>Barbares.</i> Vossius, <i>L.</i> 1. <i>De vitiis Sermonis, Cap.</i> 1. croit que ce mot vient de , adverbe Chaldéen, qui signifie, <i>extra, foris,</i> hors ; &amp; qui se trouve dans le Thalmud pour le des Hébreux. Ainsi un <i>Barbare,</i> dans sa signification primitive, est selon Vossius, un homme de dehors, qui est hors du pays de ceux qui l'appellent ainsi ; en un mot, un étranger ; &amp; Scaliger, au commencement de sa li. Exercitation, montre que , <i>barbari,</i> est un mot venu d'Orient, qui signifie <i>étranger.</i> Le Concile de Chalcedoine, Can. 28. appelle les Evêques qui sont hors des terres de l'Empire Romain , comme s'il disoit, <i>qui sont dans les pays étrangers.</i> Et le 52. des Canons de l'Eglise d'Afrique oppose la Mauritanie, Province de l'Empire, , au pays d'Afrique qui n'en étoit pas, &amp; qu'il appelle pour cela Barbarique, c'est-à-dire, hors de l'Empire, étranger à l'Empire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBARE, RESQUE</head>
    <p>
    BARBARE, RESQUE , s. m. &amp; f. <i>Barbarus, a.</i> Nom de peuple : Qui habite la Barbarie, pays d'Afrique le long des côtes Septentrionales, ou de la Méditerranée, depuis le détroit de Gibraltar jusqu'en Egypte. Les <i>Barbares</i> de la campagne sont laborieux, doux, libéraux. Ceux des villes sont fiers, avares, vindicatifs, &amp; de mauvaise foi. Les <i>Barbaresques,</i> tant les femmes que les filles, sont toujours couvertes d'un voile devant les hommes.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BARBARE, RESQUE" />
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    <head>BARBARE, RESQUE</head>
    <p>
    Barbare . Monnoie. <i>Barbarus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BARBARIN">BARBARIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4182" id="1" type="">
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    <head>BARBAREMENT</head>
    <p>
    BARBAREMENT , adv. D'une manière barbare, ou cruelle. <i>Barbarè.</i> On a traité ce misérable trop <i>barbarement.</i> Le peuple de cette contrée parle <i>barbarement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4183" id="1" type="">
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    <head>BARBARICAIRE</head>
    <p>
    BARBARICAIRE , &amp; dans la suite par corruption BRAMBARICAIRE, s. m. <i>Barbaricarius, Brambaricarius.</i> Ce nom a deux sens. 1°. Il signifie Brodeur, ou bien un Ouvrier qui fait des figures d'hommes, d'animaux, &amp;c. avec du fil d'or &amp; des soies de différentes couleurs ; comme nos brodeurs, ou nos tapissiers de haute lice. 2e. Les <i>Barbaricaires</i> étoient des Soldats ou Officiers qui portoient des casques, &amp; des visières ornées d'or &amp; d'argent. Voyez <ref type="search" target="head:Pancirole">Pancirole</ref>. <i>Notitia Dignit. Imp. Occid. Cap.</i> 39. <i>&amp;</i> 72. Bulenger <i>de Imp. Rom. VI.</i> 67.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBARICIN, INE</head>
    <p>
    BARBARICIN, INE , s. m. &amp; f. <i>Barbaricinus.</i> Les <i>Barbaricins</i> sont les peuples qui habitent les montagnes des Sardaigne, principalement dans la Province de Cagliari. S. Grégoire le Grand, Liv. III. ép. 14. &amp; Procope, Liv. II. de la guerre des Vandales, ch. 13. parlent des <i>Barbaricins.</i> Ce sont originairement des Maures d'Afrique, que les Vandales, après qu'ils eurent fait la conquête d'Afrique, transportèrent en Sardaigne avec leurs femmes &amp; leurs enfans, afin qu'ils ne les troublassent point. S. Grégoire leur envoya l'Evêque Cyriaque pour les convertir. C'est apparemment de ces <i>Barbaricins</i> que Dante a voulu parler dans son Purgat. Chant 23. quand il dit <i>la Barbagia di Sardina,</i> la Barbarie de Sardaigne. S. Grégoire en 594. travailla à la conversion des <i>Barbaricins.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BARBARIE</head>
    <p>
    BARBARIE , s. f. Cruauté, action faite contre la raison, l'humanité. <i>Crudelitas, saevitia, ferocitas.</i> Les Tyrans ont persecuté les Chrétiens avec une grande <i>barbarie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBARIE</head>
    <p>
    Barbarie , signifie aussi, Ignorance, grossièreté. <i>Barbaria.</i> La Grèce où regnoit autrefois la science &amp; la politesse, est présentement plongée dans une affreuse <i>barbarie.</i> La France a été long-temps un pays de <i>barbarie.</i> Et en ce sens il se dit tant des moeurs que du langage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBARIE</head>
    <p>
    Barbarie , en termes de mer , se dit des choses &amp; marchandises <pb n="511" facs="bpt6k8542165/f551/full/1200,/0/native.jpg"/>étrangères d'une autre nation &amp; pays. <i>Res p</i>ereg<i>rinae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4186" id="1" type="">
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    <head>BARBARIE</head>
    <p>
    BARBARIE , s. f. Partie d'Afrique, au Nord, sur les côtes de la Méditerranée. <i>Barbaria.</i> La <i>Barbarie</i> a l'Egypte à l'Orient, le Biledulgérid &amp; le mont Atlas au Midi, l'Océan ou mer Atlantique au Couchant, &amp; la Méditerranée au Septentrion. La <i>Barbarie</i> est habitée par trois Nations différentes ; les Barbares, ou Africains naturels, &amp; originaires du pays ; les Arabes, &amp; les Turcs. Les naturels du pays sont de deux sortes ; les blancs qui sont ceux des côtes qui habitent dans les villes, &amp; les noirs, qui sont plus au Midi. La <i>Barbarie</i> est un pays très-riche. Elle est en partie gouvernée par des Rois Arabes ou Africains, comme Fez, Maroc, &amp;c. &amp; en partie sujette au Turc, qui y envoie des Bachas, comme à Alger, à Tunis &amp; à Tripoli. Les Paysans de <i>Barbarie,</i> qui errent dans les campagnes à la suite de leurs troupeaux, n'ont presque point de Religion. Les autres sont ou Mahométans, ou Chrétiens, ou Juifs.</p><p>Ce nom est très-ancien à ce pays. Il ne semble pas néanmoins qu'originairement il ait été donné à tout ce pays. Il n'y eut d'abord que la partie qui n'étoit point soumise à l'Empire Romain que l'on appella Barbarique, comme il paroît par le 52e des Canons de l'Eglise d'Afrique ; &amp; il semble que ce nom ne signifioit rien autre chose, sinon qui est hors de l'Empire, qui n'est point de l'Empire ; voyez les étymologies du mot <i>Barbare</i> adj. Les Arabes prononcent <i>Barberie.</i> Voyez Dapper <i>Descript. de l'Afrique</i> p. 116. &amp; suiv. Marmol. Tom. I. p. 8-9. &amp; suiv. &amp; Diego de Torres <i>Hist. des Cherifs</i> pag. 2. &amp; suiv. Le P. Dan, Religieux Trinitaire, a fait une Histoire de <i>Barbarie,</i> où il dit Liv. I. ch. 1. que la plupart tirent ce nom du mot <i>Barbar,</i> qui signifie <i>murmure</i> ; qu'au temps que les Arabes commencerent d'habiter ce pays-là ; ils appellerent ainsi les Africains de Numidie, ou de la petite Afrique, où étoit autrefois Carthage, &amp; où se voit aujourd'hui Tunis ; &amp; qu'ils donnerent encore ce nom à l'une &amp; à l'autre Mauritanie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4187" id="1" type="">
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    <head>BARBARIN</head>
    <p>
    BARBARIN , s. m. <i>Barbarinus.</i> Nom d'une monnoie que les Vicomtes de Limoges firent battre dans le treizième siècle : il en est parlé dans la Chronique de S. Martial de Limoges à l'an 1211. celle de S. Etienne de Limoges à l'an 1263. &amp; les lettres d'Eustorge Evêque de Limoges de l'an 1127. Le P. Sirmond &amp; M. de Hauteserre prétendent que les <i>Barbarins</i> étoient originairement une monnoie Arabesque, qui après l'établissement des Arabes en Espagne, passa en France sous les Carlovingiens ; c'est-à-dire, sous la seconde race de nos Rois ; que le commerce lui donna cours en ce Royaume ; &amp; que c'est pour cela qu'on les appella <i>Barbares,</i> ou <i>Barbarins,</i> c'est-à-dire, Arabes ou Arabesques. Les Macri prétendent que c'étoit une monnoie fort commune en Sicile &amp; en Sardaigne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4188" id="1" type="grammaire">
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    <head>BARBARISME</head>
    <p>
    BARBARISME , s. m. Terme de Grammaire . Expression dure ou qui n'est pas du bel usage ; faute dans le langage qui tient le milieu entre le solécisme, &amp; l'impropriété. <i>Barbarismus.</i> Il se commet quand on se sert de quelque mot, ou phrase étrangère, &amp; qui n'est pas naturelle à la langue, ou en oubliant des particules, des pronoms, &amp; des prépositions dans les endroits où elles sont nécessaires. Vaug. <i>Rem.</i> On peut commettre un <i>barbarisme,</i> c'est-à-dire, parler barbarement, &amp; hors des bons termes d'une langue, ou en une seule parole, ou en une phrase entière. Les <i>barbarismes</i> d'un seul mot sont aisés à éviter ; mais pour les <i>barbarismes</i> de la phrase, il est facile d'y tomber, parce que tous les mots dont la phrase est composée, sont François, &amp; ainsi l'on ne s'apperçoit point de la faute ; au lieu qu'au <i>barbarisme</i> du mot, l'oreille qui n'y est pas accoutumée, le rebute, &amp; ne s'y laisse pas surprendre. Mais au <i>barbarisme</i> de la phrase, l'oreille étant comme trahie par les mots qu'elle connoît, lui ouvre la porte, &amp; la laisse passer dans l'esprit. Vaug. Mon esprit n'admet point un pompeux <i>barbarisme.</i> Boil. <i>Barbarisme,</i> selon Hesychius, Eusthatius &amp; Suidas, ne se trouve que dans un seul mot, &amp; non pas dans les phrases : lorsqu'on donne à un mot une terminaison, un accent, une mesure de quantité, ou une prononciation qu'il n'a pas, on fait, selon ces Auteurs, un <i>barbarisme.</i> On a pû étendre cette signification, &amp; l'appliquer aux phrases entières, suivant la remarque de M. de Vaugelas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4188" id="2" type="">
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    <head>BARBARISME</head>
    <p>
    Barbarisme , est aussi une des quatre espèces de sectes, ou d'hérésies, d'où les autres se sont formées. Le <i>Barbarisme</i> ne s'est trouvé que parmi les hommes qui ont vécu sans société, sans composer une Eglise, ni un corps politique. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Jean Damascène, qui dit que le <i>Barbarisme</i> a duré depuis Adam jusqu'à Noé, qui est le temps où les hommes ont vécu dans une entière indépendance &amp; dans une pleine liberté ; c'est cet état d'indépendance &amp; de liberté qui est marqué par le nom de <i>Barbarisme ;</i> soit que ceux qui vivoient ainsi dans les premiers temps, &amp; avant Noé, reconnussent &amp; adorassent le vrai Dieu, soit qu'ils fussent idolatres. D'autres disent que le <i>barbarisme,</i> qu'ils appellent aussi Scythisme, est l'athéisme, ou l'erreur de ceux qui, selon le Psalmiste, disent dans leur coeur, il n'y a point de Dieu. Quelques anciens, selon S. Epiphane, disoient que le <i>Barbarisme</i> avoit précédé le déluge, &amp; que le Scythisme avoit regné depuis le déluge jusqu'à Sarug, où l'Hellénisme avoit commencé. Mais 1°. S. Epiphane ne dit point que ces Barbares avant le déluge, &amp; ces Scythes d'avant Sarug, n'eussent point de connoissance de Dieu. 2°. Toute la distinction de ces sectes est vaine. Elle n'a d'autre fondement que l'onzième verset du ch. 3. de l'Epître aux Colossiens, où S. Paul dit, où il n'y a point de Gentil &amp; de Juif, de circoncis &amp; d'incirconcis, de Barbare &amp; de Scythe, d'esclave &amp; de libre. Mais S. Paul ne prétend point par ces mots marquer différentes sectes, ou opinions de Dieu ; mais seulement nous apprendre que tout homme étoit également appellé &amp; reçu, s'il vouloit au Christianisme, sans distinction de nation ou de condition, &amp; que les Juifs n'avoient point de privilége en cela plus que le Gentil, le Barbare, le Scythe &amp; le Grec, le libre plus que l'esclave.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4189" id="1" type="">
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    <head>BARBE</head>
    <p>
    BARBE , s. f. Poil qui vient au menton des hommes, à l'âge de 15, 18, ou 20 ans. <i>Barba.</i> Une longue <i>barbe</i> rend vénérable un vieillard, un Magistrat, un Capucin. C'est un affront &amp; une marque d'un mépris insigne, &amp; d'ignominie, d'arracher ou de faire arracher la <i>barbe</i> à un homme. David déclara la guerre au Roi des Ammonites, pour venger l'affront qu'il avoit fait à ses Envoyés, de leur faire couper la moitié de la <i>barbe.</i> Faire une <i>barbe,</i> c'est la raser. <i>Barbam radere.</i> La plupart des peuples sont différens en la manière de porter, de faire leur <i>barbe.</i> Les Américains furent fort surpris de voir les Espagnols qui avoient de la <i>barbe.</i> Une <i>barbe</i> à l'Espagnole, à la Turque, c'est une <i>barbe</i> dont le poil de dessus les lèvres est retroussé en crocs, ou en garde de poignard. C'est une marque de deuil chez la plupart des peuples, de laisser croître sa <i>barbe,</i> quoiqu'autrefois chez plusieurs nations ce fût une marque de tristesse de la couper. Plutarque dans Thésée, rapporte qu'Alexandre commanda à tous ses Capitaines de faire raser les <i>barbes</i> aux Macédoniens, de crainte de donner prise aux ennemis par leurs longues <i>barbes.</i> Jean Kinson dit que les Tartares sont en guerre avec les Persans, à cause qu'il ne veulent pas couper les moustaches de leur <i>barbe</i> comme font les Tartares ; &amp; pour cela ils les appellent <i>Infidèles,</i> quoiqu'ils s'accordent avec eux dans plusieurs points de la Religion Mahométane. Comme les Chinois affectent en tout un air de gravité qui attire le respect, ils se sont imaginé qu'une longue <i>barbe</i> y pouvoit contribuer : ils la laissent croître, &amp; s'ils n'en ont pas beaucoup, ce n'est pas faute de la cultiver ; mais la nature en ce point les a très-mal partagés, &amp; il n'y en a aucun qui ne porte envie aux Européens, qu'ils regardent en cette matière comme les plus grands hommes du monde. P. le Comte.</p><p>Les Grecs laissoient croître leur <i>barbe.</i> Athénée remarque que ce ne fut que du temps d'Alexandre que l'on commença à se raser la <i>barbe</i> en Grèce, &amp; que celui qui le premier se la fit couper à Athènes, fut appellé , <i>tondu.</i> Il y a néanmoins apparence qu'Athénée, ou plutôt Chrysippe, de qui Athénée avoit pris ce qu'il dit à ce sujet dans son XIIIe Livre ; que Chrysippe, dis-je, ne parle que du peuple &amp; d'un usage général, ou particulier d'Athènes ; car non seulement Alexandre, mais Philippe son père, Amyntas &amp; Archelaüs, Rois de Macédoine, long-temps avant lui sont représentés sans <i>barbe</i> sur leurs Médailles. Les Romains furent aussi long-temps sans se raser. Pline remarque que l'on ne commença que l'an 454. de Rome ; que cette année-là P. Ticinius Mena amena des Barbiers <pb n="512" facs="bpt6k8542165/f552/full/1200,/0/native.jpg"/>de Sicile, &amp; que Scipion l'Africain fut le premier qui introduisit la mode de se faire raser tous les jours.</p><p>Chez les Romains, on faisoit une visite de cérémonie à ceux à qui on faisoit la <i>barbe</i> pour la première fois, ou qui prenoient la robe virile. C'étoit une marque de tristesse &amp; de deuil que de laisser croître sa <i>barbe.</i> M. Livius ayant été condamné par le peuple en sortant du Consulat, en eut tant de chagrin qu'il se retira à la campagne, &amp; laissa croître sa <i>barbe</i> &amp; ses cheveux. Les Censeurs voulant le ramener au Sénat, l'obligerent de se faire couper la <i>barbe.</i> Les premiers Philosophes laissoient croître leur <i>barbe,</i> plutôt par mépris des ajustemens du corps, &amp; par nonchalance, que par affectation. Dans la suite ils la nourrirent avec grand soin, comme une marque &amp; un caractère de sagesse. Une longue <i>barbe</i> devint une bienséance essentielle à la gravité philosophique. S. Chrysostome dit, que les Rois de Perse se faisoient faire un tissu de leur <i>barbe</i> avec des fils d'or, &amp; tiroient vanité de paroître en cette figure monstrueuse. Tillem. Le Continuateur de Monstrelet dit que le Duc de Lorraine vêtu de deuil ayant une grande <i>barbe</i> d'or venant jusqu'à la ceinture, à la façon des anciens Preux, &amp; pour signe de la victoire qu'il avoit obtenue, vint donner de l'eau benite à Charles dernier Duc de Bourgogne. C'étoit aussi une ancienne coutume des Gentils de donner une <i>barbe</i> d'or à leurs Dieux en signe de magnificence. Favyn. <i>Hist. de Nav.</i> L. X. p. 557. qui croit que c'est de-là que cette coutume passa aux Princes &amp; Seigneurs.</p><p>Autrefois on faisoit une cérémonie de benir la <i>barbe,</i> &amp; de la consacrer à Dieu, quand on la rasoit aux Ecclésiastiques. Warnefridus dit, que le nom des <i>Lombards</i> vient de ce qu'ils portoient une longue <i>barbe.</i> Clodion commanda aux François de porter de grands cheveux, &amp; de laisser croître leur <i>barbe,</i> pour les distinguer des Romains. Cette coutume a duré jusqu'au Roi Louïs le Jeune, qui fit raser la sienne sur certaine remontrance que lui fit Pierre Lombard Evêque de Paris. Nos Rois de la première race portoient les cheveux longs tressés &amp; cordonnés de cordons &amp; rubans de soie, &amp; leur <i>barbe</i> nouée &amp; boutonnée d'or, ainsi que le remarquent nos anciens Annalistes. Favyn. Sous le règne de Philippe de Valois, la mode vint de porter une longue <i>barbe,</i> &amp; des habits fort courts. P. Dan. <i>T. II. p.</i> 531. Pasquier remarque que pendant les premières années du règne de François I. l'on suivoit l'ancienne coutume de porter longue chevelure, &amp; <i>barbe</i> rase. Mais ce Prince ayant été blessé à la tête, &amp; obligé à se faire couper les cheveux, tout le monde fit de même, &amp; on porta longue <i>barbe.</i></p><p>Les 14. premiers Empereurs Romains porterent <i>barbe</i> rase, comme on le voit par leurs effigies, jusqu'à l'Empereur Adrien, qui enseigna à ses successeurs à nourrir leurs <i>barbes.</i> Plutarque dit que cet Empereur ne laissa croître sa <i>barbe</i> que pour cacher des balafres qu'il avoit au visage.</p><p>Diodore de Sicile &amp; Tacite assurent que les Germains se faisoient raser la <i>barbe.</i> Les Goths &amp; les Francs ne portoient qu'une moustache, qu'on appelloit <i>crista.</i> Othon I. introduisit la coutume de laisser croître la <i>barbe</i> : mais Frederic I. ramena la mode ancienne, &amp; il n'y eut plus que les Paysans, ou les Moines, ou ceux qui vouloient porter une marque qu'ils avoient fait le voyage de la Terre-Sainte, qui se fissent honneur d'avoir une longue <i>barbe.</i></p><p>Les personnes de qualité faisoient autrefois couper la <i>barbe</i> à leurs enfans pour la première fois par d'autres personnes qualifiées ; &amp; l'on devenoit Parrein, ou Père spirituel d'une personne, en lui faisant la <i>barbe,</i> ou les cheveux. C'est ce que l'on apprend de Paul Diacre <i>De Gest. Longob. L. IV. cap.</i> 40. <i>&amp; L. VI. cap.</i> 53. Voyez le P. Mabillon, <i>Acta Sanct. Ord. Bened. saec.</i> 111. <i>praef.</i> 1. Auparavant c'étoit en touchant seulement la <i>barbe</i> d'une personne qu'on devenoit son Parrein. Une des conditions du Traité entre Alaric &amp; Clovis, fut qu'Alaric toucheroit la <i>barbe</i> de Clovis, pour devenir son Parrein, ainsi que Frédegaire le rapporte après Idatius.</p><p>Ce fut, il y a quelques siècles, la coutume de porter de fausses <i>barbes,</i> comme on porte de faux cheveux, &amp; des perruques au menton, comme on en porte aujourd'hui sur la tête. Car nous trouvons dans les Etats, ou Cortes de Catalogne, tenus en 1351. sous D. Pedre Roi d'Arragon ; nous trouvons, dis-je, une défense de porter de fausses <i>barbes.</i></p><p>A l'égard des Ecclésiastiques, la discipline a été fort diverse sur l'article des <i>barbes.</i> Tantôt on a trouvé qu'il y avoit de la mollesse à se faire raser, &amp; que les longues <i>barbes</i> convenoient mieux à la gravité Sacerdotale, &amp; tantôt qu'il y avoit trop de faste à porter une <i>barbe</i> vénérable. Le P. Du Moulinet, dans son <i>Histoire des Souverains Pontifes,</i> remarque sur les médailles de Clément VII. qu'il fut le premier des Papes dont on a connoissance, qui porta de la <i>barbe ;</i> parce qu'ayant négligé de se faire raser durant sa prison, qui dura cinq mois, &amp; en étant forti avec une longue <i>barbe,</i> il la porta toujours depuis, ce que ses Successeurs ont retenu jusqu'à présent. Mais les PP. Henschenius &amp; Papebrock parlent bien plus exactement dans le <i>Propylaeum</i> du mois de Mai pag. 209. Ils remarquent qu'Anastase IV. fut le premier de son siècle qui fit raser sa <i>barbe,</i> que plusieurs de ses Successeurs l'imiterent jusqu'à Jules II. qui la laissa croître ; qu'Anastase n'est pourtant pas le premier Pape qui se soit fait raser ; que dès l'an 797. il trouve que Léon III. portoit la <i>barbe</i> rasée ; qu'alors les Empereurs Grecs ne possédant plus rien en Italie, il paroît que ce Pontife préféra cet usage à celui des Grecs, chez qui encore aujourd'hui les Evêques &amp; les Moines conservent leur <i>barbe</i> avec grand soin ; qu'ensuite l'an 960. Jean XII. reparoît avec une longue <i>barbe ;</i> que ce fut en ce temps que Rome commença à avoir de grands égards pour les Empereurs d'Allemagne ; que c'est peut-être ce qui donna occasion à ce changement, la Nation Allemande ayant toujours été beaucoup plus curieuse d'entretenir sa <i>barbe</i> longue, que les François. En 1556. lorsque le Cardinal d'Angennes voulut prendre possession de son Evêché du Mans, il fallut des Lettres de Jussion du Roi Henri II. pour le faire admettre avec sa longue <i>barbe</i> ; parce qu'il ne pouvoit se résoudre à la faire couper.</p><p>Il semble que depuis le schisme des Grecs, les Latins pour se distinguer d'eux aient affecté de couper leurs <i>barbes.</i> Il y a même des constitutions <i>de radendis barbis,</i> &amp; l'on a crû se conformer en cela aux temps Apostoliques. Les Grecs au contraire ont soutenu avec chaleur le parti des grandes <i>barbes ;</i> ils ne peuvent souffrir dans nos Eglises les Images des Saints qui n'ont point de <i>barbe :</i> Saint Epiphane reprend fortement les Héretiques Massaliens de ce qu'ils rasoient leurs <i>barbes.</i> Il leur oppose la parole de Dieu dans les Constitutions des Apôtres, où il est défendu expressément de raser la <i>barbe.</i> Nous apprenons des Statuts &amp; des Coutumiers de différens Monastères que les Moines Clercs se faisoient couper la <i>barbe,</i> &amp; que les Moines laics la laissoient croître, &amp; qu'on benissoit avec cérémonie la <i>barbe</i> de ceux qu'on recevoit dans les Monastères. Martene. On trouve dans le Pontifical de Salisbery, &amp; dans un autre que l'on garde au Monastère du Bec en Normandie, des prières que l'on récitoit lorsqu'on coupoit la <i>barbe</i> de ceux que l'on tonsuroit, &amp; même des Evêques lorsqu'ils étoient sacrés. Id.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>barba</i>, que Guichard prétend s'être formé de l'Hébreu , <i>abab,</i> d'ou vient , qui est interprété, <i>prima foecunditas, germinatio, seu proventus frugum, &amp; fructuum</i> ; que de , <i>abab,</i> s'est fait <i>baba,</i> &amp; en ajoûtant une <i>r, barba.</i> Mais c'est là une de ces étymologies qui quand elles seroient vraies, sont sans preuves. Le mot <i>barbe</i> est pris des Celtes, qui disent <i>Bar,</i> &amp; <i>barf,</i> pour marquer la <i>barbe.</i> Pezr. Antoine Hottman a fait un dialogue Latin sur la <i>barbe,</i> intitulé qui fut imprimé en 1586. chez Plantin, dans lequel il rapporte tout ce que les Anciens ont dit de la <i>barbe.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit proverbialement en ces phrases. <i>Barbe</i> bien étuvée est à demi rasée. On dit aussi, Faire une chose à la <i>barbe</i> de quelqu'un ; pour dire, la faire hardiment, malgré lui, &amp; en sa présence. On dit aussi, qu'il faut qu'un homme s'en torche la <i>barbe,</i> ou les <i>barbes</i> ; pour dire, qu'il n'aura point de part à une affaire où il desiroit d'entrer. On dit, qu'on doit être sage, quand on a la <i>barbe</i> au menton. On dit aussi, Rire sous <i>barbe,</i> ou rire sous cape, quand on entend quelque discours avec plaisir, sans en rien témoigner à l'extérieur. On dit aussi abusivement, Faire <i>barbe</i> de foarre à Dieu, au lieu de dire, <i>gerbe</i> de foarre ; pour dire, lui faire une méchante offrande, <pb n="513" facs="bpt6k8542165/f553/full/1200,/0/native.jpg"/>lui donner le pire de ce qu'on a. Ce proverbe est tiré de la Bible, &amp; se dit de ceux qui offroient seulement à Dieu des gerbes de pailles, feignant offrir des gerbes de blé. Pasquier, <i>Rech. Liv. VIII. ch.</i> 62. On dit aussi par mépris aux jeunes gens qui se mêlent de donner conseil. Vous avez la <i>barbe</i> trop jeune, vous êtes une jeune <i>barbe,</i> pour dire, vous n'avez point d'expérience dans les affaires du monde. On dit encore, mais bassement, Faire danser <i>Sainte Barbe,</i> pour dire, qu'il faut traiter, saouler les gens, des suffrages desquels on a besoin. On dit aussi, Faire la <i>barbe</i> à quelqu'un ; pour dire lui faire affront, parce que c'étoit autrefois une peine fort ignominieuse de raser la <i>barbe</i> à quelqu'un, non seulement en France ; mais même chez les Grecs, &amp; chez plusieurs autres nations : d'où sont venues ces trois façons de parler, <i>Je veux qu'on me tonde : Je lui aurai le poil :</i> &amp;, <i>Je lui ferai la barbe.</i> Voyez les <i>Recherches</i> de Pasquier, Liv. VIII. ch. 10.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit quelquefois dans un sens un peu figuré, pour la personne même qui la porte. Ces vilaines <i>barbes</i> de bouc sont toujours en querelle. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit encore pour signifier présence. Il vient par le coche vous enlever à notre <i>barbe.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit aussi des poils qu'ont les autres animaux au menton, ou aux environs de la gueule. Les boucs &amp; les chèvres ont de la <i>barbe</i> sous le menton. Un lièvre, un lapin, un chat, un rat, ont des <i>barbes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit aussi des Comètes, &amp; signifie les rayons que la Comète darde vers l'endroit du ciel où son propre mouvement semble la porter. Et c'est en cela que l'on distingue la <i>barbe</i> d'avec la queue de la Comète, laquelle se dit des rayons qui s'étendent vers la partie du ciel d'où la Comète semble s'éloigner par son propre mouvement. Rohaut.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit aussi des petites arêtes ou cartilages, qui servent de nageoires aux poissons plats, comme les turbots, les barbues, les solles, les carrelets. <i>Spina.</i> Les <i>barbes</i> de la baleine sont celles qui lui tombent sur les mâchoires : ce sont des bandes plates &amp; pliantes qui servent à mettre dans des corps de jupes de femmes pour les rendre fermes. On les appelle autrement <i>fanons.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit aussi des petites branches que les plumes jettent à droite &amp; à gauche, &amp; dont elles sont composées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit aussi des longs poils qui sont au bout des épics. <i>Arista.</i> L'orge &amp; le seigle ont des <i>barbes</i> bien plus longues que le froment. Il se dit aussi des plumes, &amp; autres choses semblables.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit aussi des poils qui passent dans des étoffes effilées par l'usage. <i>Villus.</i> Il faut faire la <i>barbe</i> à cette garniture, à ce manteau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit encore de ces excrescences &amp; menus poils qui forment la chancissure des choses qui se corrompent. <i>Mucor.</i> Ces confitures sont gâtées, chancies ; elles ont de la <i>barbe.</i></p><p>On appelle aussi <i>barbes</i> dans les monnoies, les petites pointes ou filets qui y paroissent avant qu'elles aient été frottées ou polies. <i>Ramenta.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , se dit aussi de cette chair rouge qui pend au coq au-dessous du bec. <i>Palla.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4189" id="13" type="">
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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbe , ou Sous-barbe, est la partie de la tête du cheval qui porte la gourmette ; &amp; c'est le dehors de la mâchoire inférieure au-dessus du menton. <i>Maxilla inferior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4189" id="14" type="manege">
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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbes , en termes de Manége , sont des superfluités de chair qui viennent dans le canal de la bouche du cheval, dans cet intervalle qui sépare les barres, &amp; qui est sous la langue. On les appelle aussi <i>barbillons. Ranae equinae.</i> On le dit aussi des boeufs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4189" id="15" type="guerre">
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    <head>BARBE</head>
    <p>
    Barbes , se dit aussi de ces petites pièces élevées, ou avancées, qui sont à un des côtés du pène d'une serrure ; qui donnent prise à la clef pour la faire ouvrir, ou fermer.</p><p>En termes de Marine on appelle <i>barbes,</i> les parties du bordage de l'avant du vaisseau, à l'endroit où l'estrave s'assemble avec la quille ; &amp; quand on parle d'un bateau, la <i>barbe</i> est une petite pièce de bois jointe au bout du chef, &amp; posée sur le four : elle est longue de deux pieds dans les grands bateaux, sur douze pouces de grosseur. Caron.</p><p>On dit en termes de guerre , Tirer le canon en <i>barbe</i> ; pour dire, le tirer par-dessus la hauteur du parapet, au lieu de le pointer par l'ouverture des embrasures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4190" id="1" type="">
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    <head>BARBE</head>
    <p>
    BARBE , s. m. est un cheval de Barbarie qui a une taille menue, &amp; les jambes déchargées. <i>Equus punicus.</i> On dit que les <i>Barbes</i> meurent, mais qu'ils ne vieillissent jamais, parce qu'ils conservent leur vigueur jusqu'à la fin : c'est pourquoi on en fait des étalons. Et on appelle un <i>échapé de barbe,</i> un poulin engendré d'un <i>Barbe.</i> Les <i>Barbes</i> ont la corne du pied très-forte, &amp; passent tous les autres à la course. On dit que ces chevaux étoient autrefois sauvages, &amp; qu'ils couroient çà &amp; là dans les forêts de l'Arabie ; mais que les Arabes, au temps du Cheque Ismaël, commencerent à en dompter bon nombre, &amp; à en faire des haras, qui se multiplierent &amp; se repandirent par toute l'Afrique. Ce sentiment, ajoûte Jean de Léon, est assez vraisemblable, puisqu'encore aujourd'hui on trouve des chevaux sauvages dans les forêts de l'Afrique &amp; de l'Arabie, &amp; qu'il a vû dans les déserts de Numidie un poulain sauvage tout blanc avec du crin long &amp; frisé. Dapper.</p><p>Il y a des <i>Barbes</i> en Afrique qui attrapent les Autruches à la course : on les vend ordinairement dix mille livres, ou comme dit Dapper, mille ducats, ou cent Chameaux. On les entretient toujours maigres ; &amp; on les nourrit fort peu avec quelques grains &amp; de la pâte, ou, comme dit Dapper, du lait de Chameau qu'on leur donne deux fois par jour, le soir &amp; le matin : Marmol ajoûte des dattes. Dapper dit qu'on les envoie en pâture quand il y a de l'herbe. Ils ne sont point ferrés : ils ont de petites selles rases, des brides &amp; étriers légers, &amp; courent avec autant de liberté que s'ils n'étoient point montés. On prétend qu'en Barbarie on conserve la généalogie des chevaux <i>Barbes</i> avec le même soin qu'on fait en Europe celle des grandes familles. Pour vendre un cheval on produit ses titres de noblesse. Il y en a qu'on fait descendre en droite ligne de l'illustre cheval du grand Valid.</p><p>Le <i>Barbe</i> est de tous les chevaux celui qui approche le plus du cheval d'Espagne, duquel il ne possède pas entièrement toutes les bonnes qualités ; ce qui le rend plus aisé à dresser. Il est de fort bon naturel, docile, nerveux &amp; léger. C'est un aussi joli cheval qu'il s'en puisse voir ; mais il est un peu trop menu, &amp; si paresseux &amp; négligent en son marcher, qu'il broncheroit en un jeu de boules. Il trotte comme une vache, galope fort bas, &amp; n'a en ces deux actions aucune vivacité : il est ordinairement nerveux, a bonne force, &amp; l'haleine admirable, ce qui le rend capable de grandes corvées, &amp; de souffrir un grand voyage ; il apprend tout ce qu'on lui veut enseigner, &amp; est fort aisé à dresser, ayant la disposition bonne, le jugement, la conception, &amp; la mémoire excellente ; &amp; quand il est une fois soumis, il n'y a point de cheval qui aille mieux au manége en toutes sortes d'airs, &amp; va très-bien sur le terrein, de quelque manière que ce soit. On dit que les <i>Barbes</i> des montagnes sont les meilleurs ; je crois que ce sont les plus larges ; mais j'aime mieux un cheval moyen, ou même moindre ; &amp; ceux-là sont à assez bon marché en Barbarie. J'ai oui dire que ceux des environs de Marseille mêlent de leurs poulains parmi les <i>barbes,</i> &amp; les vendent comme s'ils étoient venus de Barbarie.</p><p>Le <i>Barbe</i> n'est pas si propre à être étalon pour avoir des chevaux de manége, que pour des coureurs ; car il engendre des chevaux longs &amp; lâches ; c'est pourquoi il ne faut point avoir de sa race pour le manége, s'il n'est court de la tête à la croupe, fort &amp; raccourci, &amp; d'une grande vivacité, ce qui se trouve en fort peu de <i>Barbes.</i> Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4191" id="1" type="blason">
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    <head>BARBE</head>
    <p>
    BARBE , adj. Terme de Blason qui se dit principalement du coq, comme s'il étoit barbu. <i>Barbatus.</i> Il portoit de gueule au coq d'argent <i>barbé,</i> crêté, becqué &amp; membré d'or. On dit aussi <i>barbelé.</i> On le dit aussi du dauphin ; &amp; il faut que leur <i>barbe</i> soit d'un autre émail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4192" id="1" type="marine">
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    <head>BARBE</head>
    <p>
    BARBE , s. f. Nom prope de femme. <i>Barbara.</i> La Chronique Orientale dit que sainte <i>Barbe</i> souffrit du temps de l'Evêque Héraclée disciple d'Origène, qui gouverna l'Eglise <pb n="514" facs="bpt6k8542165/f554/full/1200,/0/native.jpg"/>d'Alexandrie jusqu'en 248. <i>Barbe</i> s'est fait par apocope de <i>Barbara,</i> Barbare.</p><p>En termes de Marine , on appelle <i>Sainte Barbe, Cubiculum sanctae Barbarae,</i> la Chambre des Canoniers, qui est au bas du château de pouppe, au-dessus de celle où on met le biscuit, &amp; au-dessous de la chambre du Capitaine ; parce que les Canoniers ont choisi sainte <i>Barbe</i> pour Patrone. On l'appelle autrement <i>Gardiennerie</i> : les vaisseaux de guerre y ont deux sabords.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4193" id="1" type="">
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    <head>BARBE DE BOUC</head>
    <p>
    BARBE DE BOUC . <i>Tragopogon.</i> Plante qui vient communément dans les prez : sa racine est semblable à celle de la scorsonère, mais plus mince : elle donne des feuilles longues, étroites, pliées en goutière, &amp; pointues par leurs bouts ; sa tige s'élève d'un ou deux pieds de haut, garnie de feuilles alternes, &amp; terminée par une fleur jaune, qui est composée de plusieurs demi fleurons, renfermés dans un calice simple découpé en plusieurs pièces. Chaque demi-fleuron porte sur un embryon qui devient, après que le demi-fleuron est flétri, une semence oblongue, étroite, canelée, faite en forme de fuseau, &amp; terminée par une aigrette ouvragée en manière de gase ou de toile d'araignée. Comme cette aigrette sortant de son calice représente une brosse, on l'a apparemment comparée à la barbe d'un bouc. On mange les jeunes pousses de la <i>barbe de bouc</i> cuites en guise d'asperge ou de houblon, tant à la sauce blanche qu'à la vinaigrette ; &amp; on les nomme Pentecôte, parce que c'est dans ce temps qu'on use de ce mets. Dans le nombre de ces espèces de <i>Barbe de Bouc</i> est comprise celle que les Italiens nomment <i>Artisi Tragopogon porrifolium, quod artifi vulgò,</i> &amp; que le vulgaire appelle improprement cersifi. Ses fleurs sont pourpres ; ses racines brunes extérieurement. On les mange à la sauce blanche, ou mises en pâte, &amp; frittes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4194" id="1" type="">
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    <head>BARBE DE CHEVRE</head>
    <p>
    BARBE DE CHEVRE . <i>Barba caprae.</i> Plante dont les racines sont assez grosses, ligneuses, moëlleuses dans leur centre, fibreuses &amp; roussâtres ; d'où partent plusieurs feuilles oblongues, pointues par leur extrémité, dentelées sur leurs bords, &amp; rangées sur une côte branchue. Ses tiges sont hautes de quatre pieds, plates, canelées, moëlleuses, creuses, branchues, &amp; terminées par de longues grappes de fleurs longues de plus d'un pied. Chaque fleur est à cinq petites pétales blanches ; le calice est d'une seule pièce, découpé en cinq pointes. De son milieu s'élève le pistile qui devient un fruit composé de quelques graines longues d'une ligne &amp; demi : chacune renferme une semence oblongue ; l'arrangement de ces fleurs lui a fait donner ce nom. Elle croît dans les Alpes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4195" id="1" type="">
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    <head>BARBE DE JUPITER</head>
    <p>
    BARBE DE JUPITER . <i>Barba Jovis. Arbor pulchrè lucens. J. B.</i> Arbrisseau qui s'élève à la hauteur de quatre à cinq pieds : il est branchu, &amp; garni de feuilles petites, ovales, argentées ou soyeuses, rangées par paire sur une côte longue de deux pouces au plus. Ses fleurs naissent par bouquets à l'extrémité des branches, &amp; même des aisselles des feuilles qui terminent les branches. Elles sont légumineuses, d'un pâle tirant sur le jaune, petites pour la grandeur de la plante. A ces fleurs succèdent des gousses très-courtes, velues, composées de deux cases qui ne renferment qu'une semence oblongue. On range sous ce genre d'autres plantes différentes de celle-ci par leurs feuilles, leurs fleurs, &amp;c. L'Ebène de Candie, <i>Ebenus Cretica,</i> est suivant M. Tournefort, une espèce de <i>Barba Jovis.</i> Le <i>sempervivum,</i> en François, <i>joubarbe,</i> est appellé de ce même nom. <i>Jovis barba.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4196" id="1" type="">
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    <head>BARBEAU</head>
    <p>
    BARBEAU , s. m. Poisson d'eau douce qui est de la figure des carpes ; mais mollasse &amp; peu estimé. <i>Barbus.</i> Quelques-uns l'appellent aussi <i>mullus,</i> &amp; veulent que ce soit le <i>mullus</i> des Anciens. Les oeufs de <i>barbeau</i> font venimeux &amp; dangereux, à ce que dit Matthiole : &amp; en effet ils dévorent l'estomac par haut &amp; par bas. Sa chair est blanche, molle &amp; flegmatique, &amp; il n'est bon que quand il est vieux. On l'appelloit autrefois <i>bar</i> : d'où vient que les armes de Bar se blasonnent encore par deux <i>bars</i> adossés, qui sont des <i>barbeaux.</i> Il est ainsi nommé à cause de ses barbes. A Bordeaux on l'appelle <i>surmulet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4196" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARBEAU" />
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    <head>BARBEAU</head>
    <p>
    Barbeau , est aussi une petite fleur bleue qui croît dans les blez, dont les enfans se font des couronnes &amp; des écharpes par le moyen de leurs queues, qu'ils entrelacent. On l'appelle aussi <i>bluet. Cyanus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BLUET">BLUET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4197" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBÉCIAN, ANE" />
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    <head>BARBÉCIAN, ANE</head>
    <p>
    BARBÉCIAN, ANE , substantif masculin &amp; fémin. Nom de Peuple. Je trouve dans quelques Auteurs ce nom donné aux Nègres d'Afrique ; mais il est peu dans l'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4198" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBELÉ, ÉE" />
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    <head>BARBELÉ, ÉE</head>
    <p>
    BARBELÉ, ÉE , adj. qui se dit des traits ou flèches qui ont des dents ou des pointes dans leur ferrure. <i>Barbatus.</i> Une flèche <i>barbelée</i> est plus dangereuse qu'une autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4199" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBELOTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BARBELOTE</head>
    <p>
    &#9758; BARBELOTE , subst. fém. Vieux mot qui signifie une Grenouille, ou une sorte d'insecte qui se trouve dans les fontaines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4200" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBE-RENARD" />
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    <head>BARBE-RENARD</head>
    <p>
    BARBE-RENARD , s. f. <i>Tragacantha.</i> Plante vivace dont la racine est longue, branchue, filasseuse, grosse comme le doigt, blanchâtre, &amp; qui se plonge fort avant dans terre. Elle donne plusieurs tiges ligneuses, grosses comme des tuyaux de plumes à écrire, longues d'un pied, quelquefois branchues, &amp; toujours garnies d'un grand nombre de feuilles, petites, blanchâtres, rangées par paires sur une côte terminée par une aiguillon assez piquant, ce qui rend cette plante épineuse. Ses fleurs sont légumineuses, blanchâtres, &amp; naissent à l'extrémité des tiges, &amp; d'entre les aisselles des feuilles. Ses gousses sont courtes, divisées selon leur longueur en deux loges, qui renferment des semences blanchâtres, petites, &amp; taillées en forme de rein. Cette plante vient au bord de la mer auprès de Marseille. Il en vient une autre espèce dans les Alpes ; elle se distingue de celle de Marseille par ses fleurs, qui sont purpurines, &amp; rayées de veines plus foncées ; ses feuilles outre cela ne sont pas si blanches. M. de Tournefort en a remarqué plusieurs espèces dans le Levant. Des tiges de ce genre de plante découle une gomme qu'on nomme improprement <i>Adragan,</i> &amp; qu'on doit appeller <i>Tragacan,</i> du nom de la plante. Cette gomme se résout dans l'eau en un mucilage épais qui sert aux Peintres dans les colles, &amp; qui entre en médecine dans la préparation de plusieurs compositions. On recommande cette gomme pour la toux &amp; pour les fluxions. Elle nous est apportée du Levant : la meilleure est en petits brins longs, blancs &amp; vermiculés ; la seconde est d'un blanc gris ; la troisième est rougeâtre, ou noirâtre, &amp; remplie d'ordures. Cette plante est nommée par quelques Botanistes Ramebouc, &amp; Epinebouc, <i>spina hirci. Tragacantha</i> en Grec signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4201" id="1" type="">
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    <head>BARBELIOTE</head>
    <p>
    BARBELIOTE , s. m. <i>Barbeliota.</i> C'est le nom qu'on donne à une secte de Gnostiques dont parle Théodoret. S. Epiphane dit que c'est un des noms qu'on donnoit aux Gnostiques. Les <i>Barbéliotes</i> disoient qu'un des <i>Aeons</i> qui étoit exemt de la mort avoit eu commerce avec un esprit vierge appellé <i>Barbéloth</i> ; que cette <i>Barbéloth</i> lui avoit demandé la prescience, puis l'incorruptibilité, &amp; enfin la vie éternelle, qu'elle avoit en successivement, à mesure qu'elle les avoit demandées ; que Barbéloth étant un jour plus gaie qu'à ordinaire, avoit conçu, &amp; ensuite enfanté la lumière, laquelle étant perfectionnée par l'onction de l'esprit, fut appellée Christ. Christ témoigna qu'il vouloit avoir l'intelligence () &amp; il l'obtint. Ensuite, l'intelligence, la raison, l'incorruptibilité &amp; le Christ s'unirent : puis de l'union de l'intelligence &amp; la raison nâquit Autogène (.) A ces fables ils en ajoûtoient cent autres aussi impies &amp; aussi ridicules. Autogène produisit l'homme parfait, qu'ils appellent Adamas, &amp; sa femme la connoissance parfaite, qui produisirent le Bois () qu'on appelle aussi connoissance. Le premier Ange produisit le Saint-Esprit, qu'ils appellent sagesse &amp; <i>Prunic.</i> () La sagesse ayant desiré la compagnie d'un mari, elle fit un Ouvrage appellé Protarchonte, (premier Prince) en qui il se trouva de l'ignorance &amp; de l'arrogance. Protarchonte est l'auteur des créatures, &amp; c'est de son union avec l'arrogance qu'est né le vice avec ses parties, ou ses branches. Les <i>Barbéliotes,</i> en expliquant leurs dogmes, emploient des mots Hébreux, afin d'étonner les simples. Pour ce qui est de leurs cérémonies, elles sont remplies de tant d'abominations que cela passe tout ce qu'on en peut imaginer ; &amp; elles leur ont fait donner le nom de Borboriens. Voyez <ref type="search" target="head:Théodoret">Théodoret</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4202" id="1" type="">
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    <head>BARBEROT</head>
    <p>
    BARBEROT , s. m. Mot burlesque &amp; satirique, pour signifier un méchant petit Barbier, qui ne sait nullement son métier. <i>Tonsor rudis &amp; imperitus.</i> Il n'y a guère de Villes <pb n="515" facs="bpt6k8542165/f555/full/1200,/0/native.jpg"/>où il n'y ait quelque <i>Barberot.</i> Malheur à l'honnête-homme qui tombe entre les mains d'un <i>Barberot.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4203" id="1" type="">
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    <head>BARBET, ETTE</head>
    <p>
    BARBET, ETTE , s. m. &amp; f. Chien à gros poil &amp; frisé qui va à l'eau, &amp; qu'on dresse à la chasse des canards : ce qui fait qu'on l'appelle aussi canard, &amp; sa femelle canne. <i>Longioris atque crispi villi canis, cirratus canis.</i> On tond les <i>barbets,</i> &amp; de leur poil on fait des chapeaux. Voyez <ref type="search" target="head:CHIEN">CHIEN</ref>.</p><p>On appelle aussi <i>Barbets,</i> les Vaudois des montagnes de Piémont, à cause qu'ils sont gouvernés par des Ministres qu'ils appellent <i>Barbes,</i> c'est-à-dire, anciens.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui en suit toujours un autre, qu'il le suit comme un <i>barbet :</i> &amp; on dit d'un homme fort crotté, qu'il est crotté comme un <i>barbet,</i> parce que la crotte s'attache aisément au long poil des <i>barbets.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4204" id="1" type="">
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    <head>BARBETTE</head>
    <p>
    BARBETTE , subst. fém. Sorte de guimpe dont les Religieuses se couvrent le sein. <i>Fascia pectoralis, mamillare linteum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4205" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BARBEYER" />
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    <head>BARBEYER</head>
    <p>
    BARBEYER , v. n. Terme de Marine , qui se dit lorsque le vent au lieu de donner dans la voile, &amp; de la remplir, ne fait que la raser en passant à côté : ce qui arrive, lorsqu'elle est presque parallèle au vent. <i>Perstringere.</i> Cela s'appelle autrement <i>Friser, barboter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4206" id="1" type="">
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    <head>BARBICHON</head>
    <p>
    &#9758; BARBICHON , s. m. Diminutif de Barbet. Petit Barbet. Voilà un beau <i>Barbichon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4207" id="1" type="">
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    <head>BARBIER</head>
    <p>
    BARBIER , s. masc. Celui qui fait la barbe. <i>Tonsor.</i> Il y a des Chirurgiens <i>Barbiers,</i> d'autres Etuvistes, d'autres Perruquiers. Eutrapel, <i>Barbier</i> chez Martial, étoit si lent, que durant qu'il faisoit la barbe d'un côté, elle revenoit de l'autre.</p><p>Les Romains se passerent de <i>Barbiers</i> pendant 454. ans. Ce fut Ticinius Ménas, au rapport de Varron, qui en amena le premier dans la Ville à son retour de Sicile. Julien l'Apostat chassa les <i>Barbiers</i> de sa Cour.</p><p>Les <i>Barbiers</i> n'exerçoient point leur métier dans des boutiques, mais au coin des rues, &amp; par tout indifféremment où ils se trouvoient.</p><p>Les <i>Barbiers</i> furent érigés en corps en 1674. &amp; payerent pour cela chacun 1500. livres au Roi. Ils sont au nombre de 200. à Paris. Il n'est pas permis aux <i>Barbiers</i> d'exercer la Chirurgie, &amp; les Chirurgiens ont droit de visite chez les <i>Barbiers.</i> Voyez dans les <i>Recherches de Pasquier,</i> Liv. IX. ch. 32. plusieurs choses curieuses sur les Chirurgiens &amp; <i>Barbiers.</i></p><p>Aux Indes les <i>Barbiers</i> vont par les rues avec un instrument de cordes nouées, qui s'entrechoquant font du bruit, pour avertir ceux qui veulent se faire raser. Lettr. Ed.</p><p>On dit proverbialement, Glorieux comme un <i>Barbier.</i> On dit aussi, qu'un <i>Barbier rase</i> l'autre ; pour dire, que chacun dans sa profession se rend des offices réciproques.</p><p>On trouve dans les siècles de la basse Latinité <i>barberius,</i> pour signifier Chirurgien, parce que ces deux professions n'étoient point distinguées. Voyez les <i>Acta Sanct. Febr. T. II. p.</i> 634. <i>E.</i> 6. 35. <i>E. Jun. Tom. II. p.</i> 386. <i>A.</i> On trouve aussi <i>barbarius, Ib. p.</i> 382. <i>E.</i> &amp; il se dit non-seulement de celui qui fait la barbe, mais d'un Chirurgien, ou comme parlent les Bollandistes en cet endroit, d'un Médecin qui fait des cures en travaillant de la main. <i>Barbier</i> s'est aussi appellé dans la basse Latinité <i>barbator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4208" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBILLON" />
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    <head>BARBILLON</head>
    <p>
    BARBILLON , s. m. Petit Poisson d'eau douce ; diminutif de <i>barbeau.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BARBEAU">BARBEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4208" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARBILLON" />
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    <head>BARBILLON</head>
    <p>
    Barbillon , est aussi ce qui pend en forme de moustache, ou de barbe, au bout &amp; aux côtés de la bouche du barbeau, ou de quelqu'autre poisson. <i>Barbula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4208" id="3" type="">
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    <head>BARBILLON</head>
    <p>
    Barbillon , est aussi une maladie de cheval, &amp; est la même chose que <i>barbes.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BARBES">BARBES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4208" id="4" type="">
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    <head>BARBILLON</head>
    <p>
    Barbillon , en Fauconnerie, est aussi une maladie de la langue de l'oiseau, qui vient de rhûme chaud qui tombe sur des glandes qu'il fait enfler. Les <i>barbillons</i> sont une espèce de pepie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4209" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBINADE" />
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    <head>BARBINADE</head>
    <p>
    &#9758; BARBINADE , s. f. J'appelle des <i>Barbinades</i> ces nombreux colifichets de petits Livres qui ne servent qu'à faire perdre inutilement du temps, &amp; après la lecture desquels on se trouve l'esprit aussi peu rempli que si l'on n'avoit rien lu, &amp; qui n'ont pas laissé d'enrichir Barbin. La fille d'Elvire veut parler des Auteurs, &amp; décider de leur mérite, elle qui ne pourroit pas faire la différence des Ouvrages de Despreaux ou de l'Auteur des Pasquinades, d'avec les <i>Barbinades,</i> ou le Mercure Galant. Le Noble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4210" id="1" type="">
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    <head>BARBON, ONNE</head>
    <p>
    BARBON, ONNE , adj. &amp; s. Vieillard qui est revenu de tous les plaisirs de la jeunesse, qui les condamne, &amp; qui les empêche autant qu'il peut. <i>Senex severior, austerior.</i> Moquez-vous des Sermons d'un vieux <i>barbon</i> de père. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4210" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARBON, ONNE" />
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    <head>BARBON, ONNE</head>
    <p>
    Barbon , se dit aussi de ceux qui sont pédants, mal-propres, &amp; bourrus. <i>Morosus, tetricus.</i> Cet homme n'a que vingt-cinq ans, &amp; est déja <i>barbon.</i> Balzac en a fait une raillerie très-agréable, dans un Traité qu'il a intitulé le <i>Barbon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4211" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBONNAGE" />
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    <head>BARBONNAGE</head>
    <p>
    &#9758; BARBONNAGE , subst. m. Qualité de Barbon. Pour l'humeur, je suis plus loin du <i>barbonnage</i> que vous. Bussy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4212" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBOTE" />
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    <head>BARBOTE</head>
    <p>
    BARBOTE , sub. fém. Poisson de lac &amp; de rivière, qui a le bec &amp; la queue pointus, avec un barbillon qui pend de la mâchoire basse. Auprès du trou, par où sortent les excrémens, la <i>barbote</i> a une aile qui continue jusqu'à la queue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4213" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BARBOTER" />
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    <head>BARBOTER</head>
    <p>
    BARBOTER , verbe neutre. Terme de Chasse , qui se dit des cannes &amp; des canards, &amp; autres oiseaux aquatiques, lorsqu'ils boivent, ou fouillent dans la bourbe, &amp; qu'ils font un certain bruit en remuant le bec. <i>Coenum agitare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4213" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARBOTER" />
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    <head>BARBOTER</head>
    <p>
    Barboter , se dit aussi d'un homme qu'on plonge dans l'eau, &amp; qu'on fait boire malgré lui. <i>In aquam mergi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4213" id="3" type="">
   <index type="head" value="BARBOTER" />
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    <head>BARBOTER</head>
    <p>
    Barboter , se dit encore de ceux qui parlent entre leurs dents, &amp; qui font un certain bruit pareil à celui des canards, sans qu'on puisse entendre ce qu'ils disent. <i>Mussare, mussitare.</i> Mais cela n'est bon que dans le style bas &amp; comique. Il <i>barbote</i> je ne sai quoi entre ses dents. Mol. <i>Barbotons</i> les paroles que la magie enseigne. S. Amant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4214" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBOTEUR" />
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    <head>BARBOTEUR</head>
    <p>
    BARBOTEUR , s. m. Un canard privé, nourri près d'un moulin, ou dans une bassecour, qui est peu estimé en comparaison des canards sauvages. <i>Anas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4215" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBOTINE" />
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    <head>BARBOTINE</head>
    <p>
    BARBOTINE , s. f. Semence qu'on réduit en poudre, &amp; qu'on donne aux enfans pour tuer les vers qu'ils ont dans le corps : elle est petite, de couleur brune ou jaune, de figure oblongue, d'un goût amer &amp; d'une odeur forte. On ne convient pas quelle est la plante qui la produit. Les uns veulent que ce soit l'espèce d'absinthe qu'on appelle <i>santonicum,</i> ou <i>marinum absynthium,</i> les autres la <i>tanesie,</i> ou <i>tanacetum.</i> Mais il y a plus d'apparence que c'est une espèce d'<i>Aurone,</i> ou <i>Abrotonum.</i> Quelques-uns l'appellent <i>Semen sanctum,</i> ou <i>Semen contra vermes, Semen santonicum, sementina.</i> A Paris on dit de la poudre aux vers. M. Lippi. Médecin de Paris, qui fut tué avec M. le Comte du Roule, Ambassadeur du Roi en Ethiopie, avoit observé auprès du Caire une espèce d'absynte qui avoit tout-à-fait l'odeur de la <i>barbotine</i> ; M. de Tournefort en a trouvé une autre espèce en Espagne qui en approchoit par son odeur.</p><p>Les Botanistes ont été fort en dispute au sujet de la plante qui donne cette semence. J. Bauhin en a donné une grande dissertation. Ce qu'il y a de certain, c'est que nous ne connoissons pas cette plante. Rauwolfe nous parle d'une espèce d'absynthe qui a plus de rapport avec la véritable plante de la <i>Barbotine</i> qu'aucune autre ; car la figure de Mathiole ne paroît pas exacte. Rauwolfe l'a observée aux environs de Bethléem. Ses feuilles sont découpées, menues, cendrées ; ses tiges sont fort branchues à leurs extrémités, &amp; portent beaucoup de semences acres, salées, amères, &amp; qui sentent si mauvais, qu'elles font naître des envies de vomir. Les Arabes appellent cette plante <i>Scheha,</i> &amp; sa semence qui est menue <i>Zina.</i> Elle est souveraine pour tuer les vers. Les Marchands des Caravanes l'achetent pour la vendre sous le nom de graine pour les vers. On doit choisir la <i>Barbotine</i> nouvelle, verdâtre, d'un goût acre, amer, &amp; aromatique, cependant désagréable. On la fait prendre en dragées, ou en opiats, pour tuer les vers.</p><p>On dit d'un homme qui fait des vers à l'impromptu, il a pris de la <i>Barbotine.</i></p><p>Les Apoticaires &amp; les Droguistes donnent encore d'autres noms à cette plante. Ils l'appellent <i>Santoline,</i> ou <i>Xentoline,</i> Semencine. Voici ce qu'en dit M. Tavernier, dans <pb n="516" facs="bpt6k8542165/f556/full/1200,/0/native.jpg"/>le second tome de ses voyages. On ne peut recueillir la Semencine, ou poudre à vers, comme on fait les autres graines ; c'est une herbe qui croît dans les prez, &amp; qu'il faut laisser meurir, &amp; le mal est que lorsqu'elle approche de sa maturité, le vent en fait tomber une grande partie entre les herbes, où elle se perd, &amp; c'est ce qui la rend chère. Comme on n'ose la toucher de la main, parce qu'elle seroit plutôt gâtée, &amp; que même, quand on fait la montre, on la prend dans une écuelle, lorsqu'on en veut recueillir ce qui est demeuré de reste dans l'épi, voici de quelle adresse on se sert : ils ont deux paniers à anses, &amp; en marchant dans ces prez, ils font aller ces paniers l'un de la droite à la gauche, &amp; l'autre de la gauche à la droite, comme s'ils fauchoient l'herbe, laquelle toutefois ils ne prennent que par le haut ; c'est-à-dire, par l'épi, &amp; toute la graine tombe ainsi dans ces paniers. <i>Barbotine</i> est le nom de la graine dont nous parlons ; Semencine est le nom de la plante qui porte la <i>Barbotine</i> ; ces deux noms se confondent quelquefois dans l'usage. On couvre la <i>Barbotine</i> de sucre, &amp; on en fait des dragées à cause de son amertume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4216" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBOUILLAGE" />
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    <head>BARBOUILLAGE</head>
    <p>
    BARBOUILLAGE , subst. masc. Action de barbouiller, d'enduire d'une couleur. <i>Tinctura.</i> Le <i>barbouillage</i> de ce tripot a tant coûté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4216" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARBOUILLAGE" />
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    <head>BARBOUILLAGE</head>
    <p>
    Barbouillage , se dit aussi par mépris d'une méchante peinture. <i>Pictura rudior.</i> Il se dit aussi d'un récit mal fait, embrouillé. On ne comprend rien à ce <i>barbouillage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4217" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBOUILLER" />
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    <head>BARBOUILLER</head>
    <p>
    BARBOUILLER , v. act. Peindre grossièrement avec une brosse ; enduire d'une couleur. <i>Colorem inducere.</i> L'ocre sert à <i>barbouiller</i> les planchers ; le noir à noircir à <i>barbouiller</i> les jeux de paume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4217" id="2" type="">
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    <head>BARBOUILLER</head>
    <p>
    Barbouiller , se dit aussi pour ébaucher. <i>Rudiori penicillo pingere.</i> Ce dessein n'est encore que <i>barbouillé.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>barbulare,</i> qu'on a fait de <i>barbula,</i> diminutif de <i>barba,</i> d'ou on a fait aussi <i>barbuleius,</i> qui signifie un <i>bouffon enfariné.</i> Guichard le tire de , <i>conjunxit,</i> d'où se fait , <i>plaga, vibex, livor, tumor</i> : &amp; de là , <i>abarboura, macula livoris, macula livens,</i> une tache livide ; d'<i>abarboura</i> s'est formé en François, selon lui, <i>barbouiller.</i> Cela est tiré de bien loin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4217" id="3" type="">
   <index type="head" value="BARBOUILLER" />
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    <head>BARBOUILLER</head>
    <p>
    Barbouiller , signifie aussi, Sâlir, gâter quelque partie d'une chose. <i>Maculare, inquinare.</i> Les masques, les bouffons se <i>barbouillent</i> le visage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBOUILLER</head>
    <p>
    Barbouiller , se dit figurément en Morale des compositions d'esprit. <i>Inconditè, inconcinnè scribere.</i> Cet Auteur a bien <i>barbouillé</i> du papier, il a écrit bien des choses qui ne valent rien.</p><p>On dit aussi <i>barbouiller,</i> pour dire, gâter sa réputation. <i>Famam obscurare.</i> Cet homme s'est bien <i>barbouillé</i> dans le monde, on n'en fait guère d'état.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARBOUILLER</head>
    <p>
    Barbouiller , signifie encore figurément Embrouiller. <i>Implicare, impedire.</i> Il a tellement <i>barbouillé</i> &amp; embrouillé cette affaire, qu'on n'y connoît plus rien.</p><p>On dit se <i>barbouiller</i> l'esprit de Grec, de Latin, pour signifier un amas confus de Grec &amp; de Latin. <i>Indigestam Graeci Latinique sermonis comparare farraginem.</i></p><p>On dit aussi, qu'un Orateur, un Avocat se <i>barbouille,</i> lorsque la mémoire lui manque, qu'il parle en galimathias. <i>Cespitare, alienum à re proposita dicere.</i> On dit la même chose d'un homme qui s'enivre, lorsqu'il ne sait plus ce qu'il dit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4217" id="6" type="imprimeur">
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    <head>BARBOUILLER</head>
    <p>
    Barbouiller , v. n. est un terme d'Imprimeur , qui signifie être trop noir aux marges &amp; au fonds. <i>Atramento inficere.</i> Cette feuille <i>barbouille.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4217" id="7" type="">
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    <head>BARBOUILLER</head>
    <p>
    Barbouillé, ée , part. &amp; adj. Il a les significations de son verbe, en François &amp; en Latin.</p><p>On dit proverbialement &amp; bassement, Se mocquer de la <i>barbouillée</i> ; pour dire, faire des propositions extravagantes &amp; ridicules. Il se dit aussi de ceux qui ayant bien fait leurs affaires, se mocquent de tout ce qui peut arriver, &amp; de ce que l'on peut dire &amp; faire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4218" id="1" type="">
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    <head>BARBOUILLEUR, EUSE</head>
    <p>
    BARBOUILLEUR, EUSE , s. m. &amp; f. Qui peint grossièrement avec la brosse, qui enduit d'une couleur une muraille, un plancher. <i>Infector.</i> On l'appelle en raillerie un <i>Enlumineur de jeu de paume.</i></p><p>On dit aussi des mauvais Peintres, &amp; des mauvais Auteurs, qui gâtent de la toile, ou du papier, que ce sont des <i>barbouilleurs.</i> Va, va petit Grimaut, <i>barbouilleur</i> de papier. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4219" id="1" type="">
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    <head>BARBU, UE</head>
    <p>
    BARBU, UE , Qui a de la barbe, du poil. <i>Barbatus.</i> On a vû à Paris une femme <i>barbue</i> avec une longue barbe au menton, &amp; par tout le corps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4220" id="1" type="">
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    <head>BARBU</head>
    <p>
    BARBU . <i>Barbatus.</i> Est aussi un Frère Convers de l'Ordre de Grammont. Les <i>Barbus,</i> dans l'Ordre de Grammont, avoient le maniement &amp; l'administration du temporel. Ils voulurent aussi usurper le Gouvernement de l'Ordre, &amp; réduire les Prêtres sous leur obéissance ; mais ils perdirent leur cause. Voyez Mezerai dans Philippe Auguste. On a aussi appellé <i>Barbus</i> les Frères Convers dans l'Ordre de Cîtaux, ainsi qu'il paroît par l'histoire de cet Ordre ; &amp; dans d'autres encore, comme on le peut voir dans la vie de Sainte Erminolde. On trouve même un Ordre entier appellé les Frères <i>Barbus,</i> ou l'Ordre des Frères <i>Barbus,</i> dans Alberic, à l'an 1113. &amp; 1240.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4221" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBUE" />
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    <head>BARBUE</head>
    <p>
    BARBUE , se dit aussi d'une Comète, lorsque la lueur blanche qui en fait ordinairement la queue, paroît en sa partie antérieure entre son corps &amp; celui du Soleil comme si c'étoit une barbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4222" id="1" type="">
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    <head>BARBUE</head>
    <p>
    BARBUE , s. f. Poisson de mer, qui est plat &amp; bon à manger, du genre de ceux qu'on appelle <i>rhombes,</i> ou <i>turbots</i> ; mais celui-ci a la chair plus molle. <i>Rhombus levis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4222" id="2" type="">
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    <head>BARBUE</head>
    <p>
    Barbue . Marcote. Sarment avec sa racine ; &amp; toutes autres sortes de plantes qu'on tire avec leurs racines, ou chevelures, pour les transplanter. <i>Viviradix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4223" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARBUQUET" />
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    <head>BARBUQUET</head>
    <p>
    BARBUQUET , s. m. Ecorchure, ou petite gale sur le bord des lèvres. <i>Pustula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4224" id="1" type="relation">
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    <head>BARCALON</head>
    <p>
    BARCALON , s. m. Terme de relation . C'est ainsi qu'on nomme le premier Ministre du Roi de Siam. <i>Regni Siamensis supremus administer.</i> Le <i>Barcalon</i> a le département de tout le commerce qui se fait, soit dedans, soit dehors le Royaume. Il est le Sur-Intendant des Magazins du Roi, &amp; le Ministre de toutes les affaires étrangères. Le <i>Barcalon</i> reçoit aussi les revenus des villes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4225" id="1" type="">
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    <head>BARCEL</head>
    <p>
    BARCEL , s. m. Espèce de canons semblables aux faucons &amp; fauconneaux, mais plus courts, plus renforcés de métal, &amp; de plus grand calibre. Ils étoient autrefois fort communs sur la mer ; maintenant ils sont peu d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4226" id="1" type="">
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    <head>BARCELONE</head>
    <p>
    BARCELONE , s. f. <i>Barcino.</i> Ville Episcopale d'Espagne, dans la Catalogne, dont elle est Capitale. Antoine Augustin croit que c'est l'ancienne <i>Faventia,</i> &amp; il y applique une ancienne inscription, qui porte COL. F. I. A BARC. qu'il explique, <i>Colonia, Faventia Julia, Augusta Barcino.</i> Elle fut bâtie par Hamilcar 300. ans environ avant J. C. Ce Général surnommé <i>Barcha</i> lui donna son nom ; c'est pour cela que Tite-Live l'appelle <i>Barchino</i> ; Mela, Pline, &amp;c. <i>Barcino.</i> S. Paulin l'appelle <i>Barcinus,</i> Jornandez <i>Barcinona,</i> d'autres <i>Barcelona. Barcelone</i> est un port de mer sur la Méditerranée. <i>Barcelone</i> a été soumise successivement aux Romains, aux Visigoths, aux Sarasins, &amp; aux François sous Charlemagne. Le siége de <i>Barcelone</i> par le feu Duc de Vendôme en 1697. est un des plus beaux que l'on ait vûs depuis long temps. Louïs fils de Charlemagne, ayant pris <i>Barcelone</i> du vivant de son père, Charlemagne en donna le Gouvernement à Bera, ou Bernard, à titre du Comté, &amp; depuis ce temps-là <i>Barcelone</i> a conservé ce titre. <i>Comitatus Barcinonensis.</i> Sa hauteur est 41d, 26'. Sa longitude à 8d, 55'. Il y a bien des choses concernant <i>Barcelone</i> dans le <i>Marca Hispanica</i> imprimé par les soins de M. Baluze.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4227" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARCELONOIS, OISE" />
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    <head>BARCELONOIS, OISE</head>
    <p>
    BARCELONOIS, OISE , s. masc. &amp; f. &amp; adj. Qui est de Barcelone, ou qui appartient à Barcelone. <i>Barcinonensis.</i> Les <i>Barcelonois</i> sont légers, inquiets, remuants, &amp; toujours ennemis du Gouvernement auquel ils sont soumis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4228" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BARCO-LONGO" />
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    <head>BARCO-LONGO</head>
    <p>
    BARCO-LONGO ; c'est-à-dire, <i>Barque-longue.</i> Terme de Marine . C'est un petit bâtiment, bas, long, pointu, qui n'a point de pont, &amp; qui va à rames &amp; à voiles. Il est fort en usage en Espagne. Harris. Ce nom est Espagnol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4229" id="1" type="">
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    <head>BARD</head>
    <p>
    &#9758; BARD , s. m. Espèce de civière à bras, dont on se sert pour porter des pierres, du fumier, &amp; autres fardeaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4230" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDACHE" />
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    <head>BARDACHE</head>
    <p>
    BARDACHE , de l'Italien BARDASSO, s. m. Beau garçon <pb n="517" facs="bpt6k8542165/f557/full/1200,/0/native.jpg"/>dont les débauchés abusent. <i>Acersecomes, catamitus, cinoedus.</i> On a accusé César d'avoir été le <i>bardache</i> de Nicomède.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4231" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDANE" />
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    <head>BARDANE</head>
    <p>
    BARDANE , s. f. ou grand Gloutteron. <i>Glitteron, Lappa,</i> ou <i>Bardana, Personata.</i> Plante bisannuelle, qui a ses racines plongées fort avant dans terre, grosses, noirâtres en dehors &amp; blanches en dedans. Elles donnent de grandes feuilles, velues, arrondies, terminées en pointe, vertes en dessus, blanchâtres en dessous, finement dentelées sur leurs bords, &amp; attachées à une queue assez longue. Sa tige est haute de trois à quatre pieds, quelquefois plus branchue, épaisse, moëlleuse, velue, lavée d'un peu de pourpre, &amp; garnie par intervalle de feuilles semblables à celles du bas, mais beaucoup plus petites. Les extrémités des tiges &amp; des branches sont terminés par des têtes écailleuses, dont chaque écaille est courbée en crochet ; elles renferment des fleurons couleur de pourpre, soutenus par des embryons qui deviennent des semences brunes, oblongues, garnies d'une aigrette qui tombe aisément. Les têtes sont fort grosses dans quelques espèces, dans d'autres plus menues, &amp; dans une troisième les écailles des têtes sont entrelassées d'un coton blanchâtre. On appelle petit <i>Gloutteron, Xanthium,</i> une plante qui diffère du grand <i>Gloutteron</i> par ses fleurs &amp; par ses fruits. La <i>Bardane</i> croît communément le long des chemins, &amp; ses têtes s'accrochent aisément aux habits ; &amp; c'est d'où lui vient le nom de <i>Lappa,</i> du Grec , <i>prendre,</i> Celui de <i>Personata</i> lui a été donné, parce qu'on se couvroit autrefois le visage avec ses feuilles lorsqu'on montoit sur le Théatre, &amp; qu'on ne vouloit point être connu. Sa racine est d'usage en médecine. Elle est sudorifique, diurétique, bonne pour les maladies de la poitrine. Sa semence est recommandée pour la Néphrétique. Henri III. Roi de France, fut guéri d'une fièvre quarte avec la décoction de <i>Bardane.</i> Son eau distillée entre dans les potions sudorifiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4232" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDARIOTE" />
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    <head>BARDARIOTE</head>
    <p>
    BARDARIOTE , s. m. <i>Bardariota.</i> Les <i>Bardariotes</i> étoient des soldats de la garde de l'Empereur de Constantinople ; ils étoient armés de bâtons &amp; de baguettes, pour écarter le peuple quand l'Empereur passoit. Ils portoient à leur ceinture des fouets pour punir ceux qui étoient condamnés. Ils étoient Gardes des portes du Palais. Dans les Cavalcades que faisoit l'Empereur, ils marchoient devant lui, le bâton haut, pour faire ranger le peuple &amp; le tenir dans l'ordre. Ils étoient originairement Persans. Un Empereur, que Codin ne nomme point, les avoit transportés de Perse sur le fleuve Bardarius, d'où ils avoient pris leur nom de <i>Bardariotes.</i> Nicétas les nomme aussi , <i>Porte-verges,</i> ou <i>Porte-bâtons,</i> &amp; , <i>Manclavites,</i> du nom Grec de leurs verges ou bâtons, . A l'armée ils avoient leur poste au Septentrion de la tente Impériale, auprès de laquelle ils faisoient garde. Je ne sai où un Auteur moderne a pris ce qu'il dit, que leur Commandant s'appelloit <i>Primivergius.</i> Codin dit seulement qu'ils ont un <i>Primicirius</i> ; qu'ils obéissent au <i>Primicerius</i> de la Cour. Cedrenus l'appelle , <i>le Comite de la Cour</i> ; &amp; , <i>Manclabite.</i> Je ne lui trouve point jusqu'ici d'autre nom. Il n'est pas même sûr que ce soit lui que Cedrenus désigne par le premier, quoique le P. Goar le croie. Les <i>Bardariotes</i> étoient vêtus de rouge, &amp; portoient un bonnet à la Persanne nommé Augurot, qui au lieu de rebord, ou du retroussé, étoit bordé d'un drap de couleur de citron. Voyez Codinus <i>de Off. Const. C.</i> 5. <i>n.</i> 51. 53. 54. &amp; Boulanger. Charles Macri croit que les <i>Bardariates</i> sont les mêmes que les Barbutes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4233" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDE" />
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    <head>BARDE</head>
    <p>
    BARDE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois l'armure d'un cheval de gens d'armes, ou armés de toutes pièces. <i>Laterarium ac pectorale equi tegmen, equi armatura.</i> Il n'est plus en usage. La Crusca dit que <i>barda è armatura di cuoio cotto, ò di ferro, con la quale s'armava la groppa, il collo, el petto di cavalli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4233" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BARDE</head>
    <p>
    Barde , est aussi une longue selle qui n'a ni fer, ni bois, ni arçons, qui est faite de grosse toile piquée, &amp; de bourre. <i>Ephippium.</i> On l'appelle en quelques endroits <i>panneau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4233" id="3" type="">
   <index type="head" value="BARDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BARDE</head>
    <p>
    Barde , se dit aussi d'une grande tranche de lard qu'on met sur les volailles, au lieu de les larder pour les rôtir. <i>Lardum in ofellas sectum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4234" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDES" />
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    <head>BARDES</head>
    <p>
    BARDES , s. m. pl. parmi les anciens Gaulois, étoient les Chantres &amp; Poëtes, ou faiseurs de Romans, qui chantoient les louanges des Héros. <i>Bardi.</i> Leurs poësies servoient, ou à enseigner la vertu, ou quelquefois à encourager, &amp; quelquefois aussi à terminer le différend des armées au moment qu'elles alloient combattre. On a conservé dans la Bretagne beaucoup de mots anciens Gaulois. On y appelle encore aujourd'hui <i>Bards,</i> les joueurs de viele &amp; de violon, qui vont chanter par les villages. Merc. <i>Déc.</i> 1735. <i>Barde,</i> selon Festus, Hesychius &amp; Strabon, est un Chanteur en Gaulois. Ils chantoient, dit Festus, les louanges des grands hommes. M. le Gendre ajoûte qu'ils les chantoient au son des musettes ; Strabon qu'ils étoient aussi Poëtes, ; &amp; Lucain dit que leurs vers transmettent la mémoire des grands hommes à la postérité.</p><p>C'est de là, dit M. Le Gendre, dans les <i>Moeurs &amp; Cout. des Fr.</i> p. 262. que venoit la Coutume, qui étoit encore en usage au commencement de la troisième race, de ne point donner de combat que dix ou douze grosses voix n'eussent chanté de toutes leurs forces la chanson dite de Rolland, afin d'animer les troupes par le récit des hauts faits d'armes de ce Héros. Chorier prétend que c'est la terre des Allobroges qui leur a été ouverte presque la première ; que c'est là où ils ont commencé à s'établir &amp; à paroître, &amp; d'où enfin ils se sont répandus dans toutes les Gaules. Il le prouve parce qu'encore aujourd'hui les peuples qui habitent à l'Occident du Rhône, nomment <i>Bardouz</i> ceux qui habitent au deça, le long de son rivage oriental qui leur est opposé. C'est croire bien légèrement, que de se rendre à cette preuve. <i>Bardouz</i> n'auroit-il point une autre origine moins avantageuse ? Il y avoit aussi des <i>Bardes</i> dans l'Isle de la Grande Bretagne. Ils étoient, à ce que prétend Larrey, ce qu'étoient les Druïdes dans les Gaules ; c'est-à-dire, les Prêtres &amp; les Docteurs des Celtes qui s'y établirent. Bodin, dans sa Méthode, p. 365. remarque aussi qu'ils étoient Prêtres dans les Gaules ; sa raison est qu'en Alleman <i>Barde</i> signifie Prêtre. Cependant les <i>Bardes</i> paroissent fort différens des Druïdes. Ceux-ci étoient les Prêtres &amp; les Docteurs de la nation, &amp; ceux-là en étoient seulement les Poëtes &amp; les Ecrivains. Jamais les Anciens, qui en ont parlé, ne leur donnent d'autre qualité. On peut voir Posidonius dans Athénée, Liv. VI. Diodore de Sicile, Liv. V. Ammien Marcellin, Liv. XV. ch. 9. Festus &amp; Hésychius sur ce mot. La raison de Bodin est très-foible ; car sans que les <i>Bardes</i> fussent Prêtres, on a pu dans la suite donner leur nom aux Prêtres, parce que sans être Sacrificateurs, ils étoient cependant Ministres de la Religion. Larrey ajoûte en copiant à son ordinaire les histoires fabuleuses, que les <i>Bardes</i> étoient comme les Druïdes, la postérité de Samothes fils de Japheth. D'autres les font venir de <i>Bardus,</i> Druïde, Ve Roi des Celtes, que quelques-uns font fils de Dryis, &amp; non pas Denys, comme a mis Larrey. Voyez Picard dans sa <i>Celtopédie,</i> p. 72. 73. où il dit que ce <i>Barde</i> l'ancien (car il y en eut un autre qui ne fut que le VIIe Roi des Gaulois) institua une Académie de Poëtes, de Musiciens, de Rhéteurs. On prétend avec plus de fondement que Larrey, que Druïde étoit un nom général, qui comprenoit les Vaceres, ou Prêtres, les Eubages ou Augures, les Sarronides, qui étoient les Juges du peuple, &amp; les Instructeurs de la jeunesse, &amp; les <i>Bardes</i> ou Poëtes. On croit que les <i>Bardes</i> demeuroient sur une montagne de l'Aunois en Bourgogne, appellée Mont-Bard, ou Montbarri, &amp; que c'est d'eux qu'elle a pris ce nom.</p><p>Pasquier, qui écrit <i>Bardées,</i> sans qu'on en voie la raison, dit que des <i>Bardées</i> &amp; des Druïdes, qui manioient &amp; la Théologie &amp; la Philosophie des Gaulois, la Philosophie avoit pris sa première source &amp; origine ; &amp; les autres, que les Grecs même avoient emprunté d'eux leurs caractères. Il ajoûte qu'une chose lui déplaît en eux, c'est <pb n="518" facs="bpt6k8542165/f558/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'ils n'aient rien écrit, donnant leurs secrets de main en main seulement, dont, dit-il, les Grecs &amp; puis les Romains surent fort bien faire leur profit à nos dépens.</p><p>Cluvier, <i>Germ. Ant. Lib. I. pag.</i> 199. donne encore aux <i>Bardes</i> le titre d'Orateurs, &amp; il prétend que les anciens Germains avoient aussi leurs Druides &amp; leurs <i>Bardes,</i> quoique les Anciens n'en disent rien. Il se fonde sur ce que Tacite <i>De Morib. Germ.</i> &amp; <i>Annal. II.</i> parle de leur poësie, &amp; des chansons qui contenoient leurs histoires.</p><p>Bochart dit que ce mot vient de l'Hébreu <i>parat</i>, qui signifie <i>chanter.</i> Chorier souscrit à cette étymologie de Bochart. Cambden dit en son <i>Britannia, p.</i> 14. que <i>Barde</i> signifie <i>Chantre,</i> comme nous l'apprend Festus, &amp; que c'est un ancien mot Breton tout pur. Picard, dans sa <i>Celtopédie,</i> p. 72. 73. prétend que cette étymologie est suspecte à quelques gens, qui croient que ce mot est Grec ; qu'il est certain dans César que les Gaulois ont parlé Grec, que , &amp; par métathèse , signifioit originairement un homme ingénieux, un sage ; &amp; que c'est de là que s'est formé <i>Bardus</i> ; qu'à la vérité ce mot dans la suite a pris une signification toute contraire, &amp; s'est dit pour <i>pesant, stupide</i> ; mais que c'est un changement qui est arrivé à bien d'autres mots, &amp; qui ne prouve pas que la première signification de ce mot n'a point été celle que ces Auteurs soutiennent. Mais il paroît qu'il vaut mieux s'en tenir à ce que disent Festus, Strabon &amp; Hésychius. Il conjecture encore, p. 169. que l'habit des <i>Bardes</i> étoit le <i>Bardocucullus,</i> que tout le monde convient être un mot Gaulois, &amp; que quelques-uns disent avoir été un habillement de tête, qui avoit beaucoup de poil, &amp; d'autres une robe ou habit dont les soldats &amp; les gens de la campagne se servoient pendant la pluie.</p><p>Les chansons de ces Poëtes avoient aussi le nom de <i>Bardes,</i> comme les Poëtes mêmes, au rapport d'Athénée. Chorier. Selon le P. Pezron <i>Barde</i> est un mot pris des Celtes, qui disent <i>bardd,</i> pour signifier un Poëte : il veut dire aussi un Devin. <i>Barddoueg</i> est chez eux la même chose que <i>poësis, carmen,</i> poësie, poëme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4234" id="2" type="">
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    <head>BARDES</head>
    <p>
    Bardes , s'est dit aussi d'une Compagnie de Banquiers Florentins établis autrefois en Dauphiné, sous le nom de la Compagnie des Bardes. Chorier, p. 815.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4235" id="1" type="">
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    <head>BARDEAU</head>
    <p>
    BARDEAU , s. masc. Petit ais dont on se sert au lieu de tuiles pour couvrir les maisons. <i>Scandulae.</i> On en fait souvent des douves, ou d'autres ais aussi minces. On les appelle autrement <i>aissis</i> en plusieurs endroits, comme qui diroit des <i>ais sciés.</i> Les Romains pendant 470. ans n'eurent leurs maisons couvertes que de chaume, ou <i>bardeau.</i> Vigen.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4236" id="1" type="">
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    <head>BARDELLE</head>
    <p>
    BARDELLE , s. f. Selle en forme de selle à piquer. <i>Ephippium.</i> Elle n'est faite que de toile &amp; de paille ; &amp; il n'y entre ni cuir, ni fer, ni bois. Le vieux Grison, &amp; plusieurs Auteurs Italiens, veulent qu'au manége on se serve pour les poulains d'une <i>bardelle,</i> qui est une selle de paille à mettre sur leur dos, &amp; d'un cavesson de corde sur leur nez, qui est une invention qui ne sert de rien qu'à perdre le temps. Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4237" id="1" type="">
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    <head>BARDER</head>
    <p>
    BARDER , v. act. Mettre une barde à un cheval. <i>Equum tegere, armare, munire.</i> Dans les Carrousels on voit des chevaux <i>bardes</i> &amp; caparassonnés.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot du Latin <i>varare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARDER</head>
    <p>
    Barder , signifie aussi, mettre une barde, ou une grande tranche de lard sur un chapon, ou autre volaille. <i>Lardo in ofellas secto altilia tunicare.</i> Il y a des gens qui aiment mieux les viandes <i>bardees</i> que lardées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4237" id="3" type="blason">
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    <head>BARDER</head>
    <p>
    Bardé, ée , part. pass. &amp; adjectif. <i>Equus tectus, munitus, armatus.</i></p><p>On appelle, en termes de Blason , un cheval <i>bardé,</i> lorsqu'il est paré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4238" id="1" type="">
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    <head>BARDESANITE</head>
    <p>
    BARDESANITE , ou BARDESANISTE, s. mas. Nom de Secte. <i>Bardesanistae, Bardisianistae.</i> C'est le nom qu'on donne aux hérétiques sectateurs de Bardesanes. Cet hérétique étoit de Mésopotamie ; d'abord il fut Chrétien, &amp; il se distingua par la connoissance qu'il avoit de la Philosophie : ensuite il renonça à la Religion Catholique pour suivre les erreurs de Valentin, auxquelles il en ajoûta quelques autres, comme de dire que les actions des hommes dépendent du destin. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Augustin &amp; S. Jean Damascène. Bardesanes laissa des Sectateurs qui s'appelerent <i>Bardesanistes,</i> qui inventerent de nouvelles rêveries. God.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4239" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDEUR" />
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    <head>BARDEUR</head>
    <p>
    BARDEUR , s. m. Homme de journée qui sert dans les atteliers à porter le bât, ou la civière. <i>Cratis bracchiatae bajulus.</i> Il faut dans un tel attelier tant de <i>Bardeurs,</i> &amp; tant de Halebardiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4240" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDIN" />
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    <head>BARDIN</head>
    <p>
    BARDIN . Pomme de <i>Bardin</i> ; c'est celle qu'on nomme autrement Courpendu. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4241" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BARDIS" />
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    <head>BARDIS</head>
    <p>
    BARDIS , s. m. Terme de Marine . Bâtardeau fait de planches qu'on élève sur le bord du vaisseau, pour empêcher que l'eau n'entre sur le pont, lorsqu'on couche le vaisseau sur le côté pour carener.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4242" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDIT" />
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    <head>BARDIT</head>
    <p>
    BARDIT , s. m. Chant des anciens Germains en allant au combat ; récit de certains vers. <i>Barditus.</i> Ils chantent en allant au combat. Ils ont encore parmi eux certains vers par le récit desquels (nommé <i>bardit</i> en leur langue) ils s'échauffent le courage, &amp; de leur propre chant ils tirent un augure du succès du combat à venir. Harlay, <i>dans Tacite, sur les moeurs des Germ. c.</i> 3.</p><p>Il ne faut point douter que ce mot ne vienne de ce que ces vers étoient composés par les Bardes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4243" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARDOT" />
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    <head>BARDOT</head>
    <p>
    BARDOT , sub. masc. Petit mulet. <i>Mulus pusillus.</i> On dit, <i>passer pour bardot</i> ; c'est-à-dire, passer franc, &amp; sans payer ; parce que le Muletier ne paye rien pour le <i>bardot</i> qui le porte.</p><p>On appelle figurément, <i>Bardot,</i> dans une Compagnie, celui sur qui les autres se déchargent de leur tâche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4243" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARDOT" />
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    <head>BARDOT</head>
    <p>
    Bardot , se dit en terme de Librairie des exemplaires d'un Livre qui restent incomplets, &amp; auxquels on a recours pour changer ou prendre les feuilles dont on a besoin pour parfaire d'autres exemplaires moins défectueux. Il manque une feuille à ce Livre, il faut voir si elle est dans les <i>Bardots,</i> ou dans les Deffets. Voyez <ref type="search" target="head:DEFFETS">DEFFETS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4244" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAREDGE" />
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    <head>BAREDGE</head>
    <p>
    BAREDGE . La vallée de Baredge, <i>Baredgina vallis.</i> Vallée de Gascogne dans les Pyrénées à la source de l'Adour. <i>Baredge</i> Bourg dans cette vallée, célèbre par ses bains, &amp; ses eaux minérales.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4245" id="1" type="chasse">
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    <head>BARER</head>
    <p>
    BARER . Terme de Chasse , qui se dit quand un chien balance sur les voies. <i>Haerere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4246" id="1" type="">
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    <head>BARET</head>
    <p>
    BARET , s. m. est le cri d'un éléphant, ou d'un rhinoceros. <i>Clamor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4247" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARGACHE" />
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    <head>BARGACHE</head>
    <p>
    BARGACHE , subst. masc. Espèce de moucheron. <i>Culex.</i> Une nuée de certains petits moucherons noirs, nommés <i>bargaches,</i> parurent sur le champ, où six cents pavillons d'Arabes s'étoient retirés, auxquels ils firent une telle guerre, qu'ils penserent tous étouffer avec leur bétail ; car lorsqu'ils vouloient respirer, ces animaux entrant par la bouche &amp; les narines, leur ôtoient la liberté de prendre leur haleine. Pour s'en garantir ils mirent le feu aux herbes, afin que la fumée étouffât ces moucherons, ou les contraignît de passer ailleurs. P. Roger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4248" id="1" type="">
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    <head>BARGE</head>
    <p>
    BARGE , s. f. C'est le nom d'un oiseau qu'on appelle en Latin <i>Limosa.</i> Son bec est noirâtre de tous côtés. Le dedans de ses ailes est diversifié de taches de plusieurs couleurs ; le reste de la partie de dessus est blanchâtre. Elle a des taches au cou. Les dernieres pennes des ailes qui sont jointes aux côtés sont aussi longues que l'extrémité de la queue ; ses pieds sont plus longs que ceux du Corlieu : ils sont de couleur d'eau, ou d'un cendré verdâtre. Son cou est long d'une palme ; son bec semblablement. La <i>Barge</i> est moins grosse que le Corlieu, &amp; quasi de même couleur ; son bec n'est pas si long ni si voûté, mais il est quelque peu crochu par en haut. L'on fait cas de cet oiseau dans les festins. Il est beaucoup plus fréquent dans les pays maritimes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4248" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARGE" />
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    <head>BARGE</head>
    <p>
    Barge , s. f. Poisson qui ressemble fort au Corlieu, hormis qu'il n'a pas le bec si long.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4249" id="1" type="">
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    <head>BARGE</head>
    <p>
    BARGE , ou BERGE, s. f. Petit bateau, petite barque, espèce de Gondole. <i>Cymba.</i> Anne de Boulen fut arrêtée au sortir de sa <i>barge,</i> comme elle revenoit de Greenwich. Larrey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4250" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARGELACH" />
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    <head>BARGELACH</head>
    <p>
    BARGELACH , s. masc. Oiseau de Tartarie, qui se trouve dans des lieux déserts, où il est la nourriture des faucons. Il est de la grosseur d'une perdrix, il a la queue comme l'hirondelle &amp; les pieds semblables à ceux du Papeguay. Il vole très-rapidement. Ramuzio, <i>T. II. p.</i> 15.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4251" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARGUIGNAGE" />
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    <head>BARGUIGNAGE</head>
    <p>
    &#9758; BARGUIGNAGE , s. m. Mot familier, pour signifier irrésolution, ou mauvaises raisons que l'on donne pour se <pb n="519" facs="bpt6k8542165/f559/full/1200,/0/native.jpg"/>défendre de quelque chose. Voilà bien du <i>barguignage.</i> Point tant de <i>barguignage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4252" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARGUIGNER" />
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    <head>BARGUIGNER</head>
    <p>
    BARGUIGNER , v. n. Marchander sou à sou quelque chose. <i>In licitando cunctari.</i> Les Marchands n'aiment pas à vendre à des bourgeoises, parce qu'elles <i>barguignent</i> trop. Les Italiens se servent de ce mot pour dire, Vendre à crédit &amp; à terme.</p><p>Ce mot est très-ancien ; il est encore en usage dans le discours familier. Vaugelas dit qu'il est de la lie du peuple, &amp; qu'il est si bas &amp; si abject, qu'il feroit difficulté de s'en servir en écrivant à son Fermier. Il veut qu'on dise, sans tant marchander, sans hésiter ; au lieu de dire sans <i>barguigner.</i> Mais tout ce que M. de Vaugelas veut substituer en la place de <i>barguigner,</i> n'en exprime point tout le sens, &amp; il faut le retenir pour la conversation. Ménage.</p><p>Ménage le dérive de <i>barcaniare</i>, qui se trouve dans les Capitulaires de Charles de Chauve dans la même signification ; &amp; Scaliger, d'un vieux mot Latin <i>bargenna.</i> On disoit autrefois <i>bargagner,</i> pour signifier <i>marchander.</i> En Anglois on appelle <i>Bargain,</i> un marché, une convention : Et <i>To Bargain</i> marchander. Froissart dit que les Gascons voulant surprendre la Ville de Montferrant, dirent entre eux, Maintenant nous la <i>bargagnons,</i> une autrefois nous l'acheterons. Le mot <i>barguigner</i> n'est pas nouveau dans notre langue, on le trouve dans les libertés de la Ville de la Pérouse, <i>si hom astranges</i> bargine <i>aver à la Paerose.</i> Et dans le Roman d'Aubery nous lisons ces vers,</p><p>Les Statuts des Mégissiers de Paris portent, <i>nul ne puisse</i> berguigner <i>peaux de Boucherie au Dimanche, ne aux Festes Solennelles,</i> &amp;c. On trouve ce mot écrit comme aujourd'hui dans Joinville, &amp; dans Huon de Mery, en son <i>Tournoy de l'Antechrist.</i> Quelques Auteurs Latins ont dit <i>barguignare</i> dans le même sens que nous disons <i>barguigner</i> ; &amp; l'on n'a fait que donner la terminaison Françoise au mot Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4252" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARGUIGNER" />
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    <head>BARGUIGNER</head>
    <p>
    Barguigner , se dit figurément en choses spirituelles, des irrésolutions d'esprit, quand un homme a de la peine à se résoudre, à donner quelque parole, à conclure une affaire, à se défaire de quelque engagement. <i>Cunctari, haesitare.</i> Il ne faut point <i>barguigner</i> à quitter ses folles amours, &amp; les engagemens dans le vice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4253" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARGUIGNEUR, EUSE" />
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    <head>BARGUIGNEUR, EUSE</head>
    <p>
    BARGUIGNEUR, EUSE , s. m. &amp; f. <i>Cunctator.</i> Qui barguigne, qui marchande trop, qui est irrésolu &amp; indéterminé. Tous ces mots sont du style bas &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4254" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARI" />
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    <head>BARI</head>
    <p>
    BARI , s. m. <i>Barium, Barum, Bario, Baretum.</i> Ville Archiépiscopale d'Italie dans le Royaume de Naples, au 41d 12' de longitude &amp; 41d 5' de latitude. <i>Bari</i> est Capitale d'une petite Province qu'on appelle, <i>La Terre de Bari,</i> qui est une partie de la Pouille. Elle est sur le Golfe de Venise. C'est à <i>Bari</i> que les Rois de Naples avoient coutume de se faire couronner. Il y a une Histoire de <i>Bari</i> en Italien par un Jésuite nommé Barese, <i>in</i>-4°, à Naples en 1637.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4255" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARICAVE" />
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    <head>BARICAVE</head>
    <p>
    BARICAVE , s. f. Vieux mot qui signifie une <i>fondrière,</i> précipice au pied des montagnes. <i>Alta fovea, praecipitiorum horrendae proclivitates.</i> Mézerai s'en est servi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4256" id="1" type="">
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    <head>BARICOT</head>
    <p>
    &#9758; BARICOT , s. m. Le breuvage des Habitans de Madagascar vient, dit-on, d'un fruit gros quatre fois comme une citrouille qu'ils nomment <i>Baricot.</i> Il croît à un arbre gros à-peu-près comme les clochers de Notre-Dame de Paris, &amp; beaucoup plus haut. Ses feuilles ont du moins une toise de largeur, &amp; une toise &amp; demie de longueur. Cette liqueur est à-peu-près comme le cidre en Normandie, de couleur jaune &amp; doucereux, mais assez agréable quand on y est accoutumé. On appelle <i>Baricotier</i> l'arbre qui porte des <i>Baricots. Furetiriana.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4257" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARIGEL" />
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    <head>BARIGEL</head>
    <p>
    &#9758; BARIGEL , ou BARISEL, s. m. A Rome le <i>Barisel, Barigello,</i> est un Officier dont le soin est de veiller à la sûreté publique, en faisant arrêter &amp; punir les Bandits &amp; les Voleurs. C'est le Chef ou le Capitaine des Sbirres, qui sont des Archers. Le <i>Barigel</i> suivi de la plus grande partie de ses gens, alla dans la Place de Sienne, pour prendre un Bandit, qu'il poursuivit &amp; qu'il arrêta jusques dans le Palais Ursin. Il trouva, en le menant en prison, les Seigneurs Raymond Ursin, Sylla Savelli, &amp; Octavien Rusticucci, avec deux ou trois autres de leurs amis, suivis de plusieurs domestiques, qui revenoient de la promenade à cheval. Ursin commanda au <i>Barigel</i> de laisser aller ce misérable, qu'il n'avoit pas dû arrêter dans un Palais qui avoit droit d'asyle. Le <i>Barigel</i> n'ayant pas voulu obéïr, Rusticucci s'emporta, &amp; lui donna un coup de canne. Le <i>Barigel</i> enragé d'avoir été frappé, cria à ses gens de faire main basse, qui firent en même-temps une décharge de coups d'arquebuses, dont ces trois pauvres jeunes Seigneurs furent mortellement blessés. Rusticucci y mourut sur le champ, &amp; fut entraîné mort par son cheval. Les deux autres qui furent emportés tout couverts de coups, ne vécurent que jusqu'au lendemain. <i>Vie du Pape Sixte. V.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARIL</head>
    <p>
    BARIL , ou BARRIL, s. m. Petit vaisseau de bois rond en forme de tonneau. <i>Cadus.</i> On met le vinaire, le verjus, dans des <i>barils.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de l'Italien <i>barigle,</i> qui a été fait du Latin <i>varra,</i> à cause des petites barres qui sont aux <i>barils.</i> Du Cange le dérive de l'Anglois <i>baril</i>. On a dit aussi <i>barille</i> &amp; <i>barillus</i> dans la basse Latinité. Bollandus, <i>Act. Sanct. Janu. T. II. p.</i> 1068. ne prend point <i>barile</i> pour un mot Latin, mais pour un mot Italien. Il vient de l'Espagnol <i>barril,</i> qui signifie proprement un vaisseau de terre, qui a un grand ventre &amp; un cou étroit. On trouve dans le <i>Glossaire</i> de M. Du Cange dans la même signification.</p><p>Un <i>baril</i> de Tamaris, est un <i>baril</i> fait de bois de Tamaris, dans lequel on met de bon vin dont on fait sa boisson ordinaire quand on est sujet au mal de rate. Pomey. Il y a au Tunkin des roseaux si gros, que de l'espace qui est entre chaque noeud on en fait un <i>baril.</i> Kirker. <i>Chin. illustr. p.</i> 185.</p><p>Le <i>Baril</i> de Rome, selon Vigenère <i>Annot. sur Tit. T. I. p.</i> 1533. tient quatre congies, pese 170. livres 10. onces Ital. des nôtres 128. &amp; tient 76 pintes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARIL</head>
    <p>
    Baril , se dit aussi de plusieurs choses contenues dans un <i>baril.</i> Un <i>baril</i> de poudre à canon. Un <i>baril</i> de moutarde de Dijon. Un <i>baril</i> d'olives. <i>Baril</i> de plomb. <i>Baril</i> d'anchoies. <i>Baril</i> de harengs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARIL</head>
    <p>
    Baril a bourse , est un <i>baril</i> couvert de cuir, &amp; qui se ferme comme une bourse, &amp; où le Canonnier met de la poudre fine.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARIL</head>
    <p>
    Baril du quart , est un <i>baril</i> de galère, que l'on donne le soir rempli d'eau à ceux qui font le quart de la nuit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARILLAGE</head>
    <p>
    BARILLAGE , ou BARRILLAGE, s. m. Terme de Finances . Le <i>barrillage</i> est défendu par l'Ordonnance des Aides ; c'est-à-dire, de faire arriver du vin en bouteilles, cruches, barils, ni vaisseaux moindres que d'un huitième du muid, à la réserve des vins de liqueur venant en caisse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARILLAR</head>
    <p>
    BARILLAR , ou BARRILLAR, s. m. Officier qui a soin du vin &amp; de l'eau sur les vaisseaux. <i>Vini &amp; aquae Praefectus. Barillar</i> étoit aussi autrefois un Officier dans la maison de nos Rois, appellé en Latin <i>Barillarius.</i> C'étoit lui qui avoit soin des caves, ou des tonneaux, ou <i>barils</i> de vin qui étoient pour la bouche du Prince. C'est de ce dernier nom qu'il avoit pris le sien. Il est parlé du <i>Barillar</i> dans une Ordonnance de S. Louïs de l'an 1261. On a dit aussi <i>Barillier.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARILLET</head>
    <p>
    BARILLET , ou BARRILLET, s. m. Petit baril d'argent, d'ivoire, pour mettre des parfums, ou autres choses précieuses. <i>Doliolum, barillatum, bariola.</i> Il est hors d'usage en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARILLET</head>
    <p>
    Barillet , se dit aussi de la partie de la montre où est enfermé le ressort.</p><p>On appelle aussi <i>Barillet,</i> un tambour qui sert à faire jouer une orgue toute seule, ou un clavessin, par le moyen de plusieurs pointes ou crochets arrangés sur sa surface avec un ordre convenable, qui accroche les touches, &amp; qui se meut par le moyen d'un poids, d'un ressort, ou d'une manivelle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARILLET</head>
    <p>
    Barillet , en terme d'Hydraulique , est le tuyau où le piston agit, en haussant &amp; baissant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARILLIER</head>
    <p>
    BARILLIER , ou BARRILLIER, s. m. <i>Barillarius.</i> C'est le nom de certains Officiers de l'Echansonnerie du Roi &amp; des Princes, qui avoient soin du vin. Dans l'Etat des Officiers de l'Echansonnerie du temps de S. Louïs en 1261. il en est parlé. Dans un autre Statut du siècle suivant, <pb n="520" facs="bpt6k8542165/f560/full/1200,/0/native.jpg"/>il est dit, <i>Il y aura devers la bouche trois</i> barilliers, <i>&amp; mangeront à Cour.</i> Dans un autre Statut du même temps on lit, <i>Deux</i> barilliers, <i>qui mettront les deux sommiers de l'Echansonnerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4263" id="1" type="">
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    <head>BARIOLAGE</head>
    <p>
    BARIOLAGE , s. m. Assemblage de diverses couleurs mises sans règles. <i>Confusa colorum varietas.</i> Voilà un étrange <i>bariolage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4264" id="1" type="">
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    <head>BARIOLER</head>
    <p>
    BARIOLER , v. act. Diversifier de couleurs rudes, &amp; tranchantes, qui n'ont pas de nuance convenable. Les habits des bouffons, des extravagans, sont <i>bariolés,</i> chargés de bandes, ou de barres de diverses couleurs. <i>Ineptâ, &amp; confusâ colorum varietate rem aliquam inficere.</i> Autrefois on faisoit des chandelles des Rois fort <i>bariolées.</i></p><p>Ce mot vient de <i>varius</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4264" id="2" type="">
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    <head>BARIOLER</head>
    <p>
    Bariolé, ée , part. <i>Variis coloribus infectus.</i> Marqué de diverses couleurs Cruche <i>bariolée,</i> fève <i>bariolée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4265" id="1" type="">
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    <head>BARIQUE</head>
    <p>
    BARIQUE , ou BARRIQUE, s. f. Tonneau &amp; fûtaille. <i>Cadus, dolium.</i> Une <i>barique</i> de vin. Il faut quatre <i>bariques</i> pour faire le tonneau de vin à Bordeaux, ou trois muids de Paris. On se retranche avec des <i>bariques</i> vuides.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARIQUE</head>
    <p>
    Barique foudroyante , ou <i>Baril à feu.</i> C'est ainsi que l'on appelle des fûtailles de diverse capacité, où l'on met des pots à feu parmi quantité de filasse arrosée d'huile de petrole, &amp; trempée dans de la poix noire &amp; de la poix Grecque. <i>Igneae munitionis cadi, dolia.</i> Cela sert à défendre des brèches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4266" id="1" type="">
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    <head>BARISEL</head>
    <p>
    BARISEL . Voyez <ref type="search" target="head:BARIGEL">BARIGEL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4267" id="1" type="geometrie">
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    <head>BARLONG</head>
    <p>
    BARLONG , s. m. Terme de Géométrie . Quarré long, rectangle, ou figure parallélogramme à quatre angles droits, &amp; à quatre côtés, dont il y en a deux plus longs que les autres. <i>Quadratum longius quàm latius.</i> Quelques-uns disent <i>berlong</i> ; mais <i>barlong</i> est plus usité.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARLONG</head>
    <p>
    Barlong, Barlongue , adj. En langage ordinaire se dit seulement des habits, qui au lieu d'être également ronds, ont plus de longueur d'un côté que d'autre. <i>Longior quàm latior.</i> Ce manteau est <i>barlong.</i> Cette jupe est <i>barlongue.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4268" id="1" type="">
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    <head>BARLUE</head>
    <p>
    BARLUE . Voyez <ref type="search" target="head:BERLUE">BERLUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4269" id="1" type="">
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    <head>BARNABÉ</head>
    <p>
    BARNABÉ , s. m. Nom propre d'homme, c'est le nom propre d'un Apôtre qui accompagna quelque temps S. Paul dans ses voyages. <i>Barnabas.</i> Ce mot, suivant son origine, veut dire fils de Prophète, venant de , <i>bar,</i> fils, &amp; , <i>nabi,</i> Prophète. <i>Barnabé,</i> Cyprien de nation, quitta un héritage très-considérable. Gamaliel l'avoit instruit dans la Loi avec Etienne &amp; Saul. God. L'Evangile de S. Matthieu fut si estimé dès le temps de sa publication, que S. <i>Barnabé</i> en portoit un exemplaire dans tous ses voyages. Id. La tradition la plus assurée est que S. <i>Barnabé</i> a fondé l'Eglise de Milan. Il fut martyrisé en Chypre sous l'Empire de Néron. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Godeau, <i>Histoire de l'Eglise,</i> Liv. I. pag. 64. &amp; suiv. &amp; 70. 45.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4270" id="1" type="">
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    <head>BARNABITES</head>
    <p>
    BARNABITES , s. m. Sorte de Religieux, qu'on nomme Clercs Réguliers de la Congrégation de S. Paul. <i>Barnabitae.</i> Ils sont vêtus de noir, &amp; ont retenu les habits que les Prêtres portoient du temps de leur établissement. Ce fut en 1533. qu'ils furent établis par Bulles expresses du Pape Clément VII. Leur occupation est d'instruire, de catéchiser &amp; de servir dans les Missions. Ils ont pour Fondateur Antoine-Marie Zacarie. On les appelle <i>Barnabites</i> à cause de l'Eglise de S. Barnabé de Milan. Le peuple de Paris dit <i>Bernabites,</i> mais mal. Le P. Bouhours dit dans sa <i>Vie de Saint Ignace,</i> que l'Archevêque de Gennes souhaita fort d'unir la Congrégation des <i>Barnabites</i> de Milan à la Compagnie de Jesus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4271" id="1" type="">
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    <head>BARNACLE</head>
    <p>
    BARNACLE , ou BARNAQUE, s. Espèce d'huître, ou de moule, qui se produit des bois, sur-tout du sapin &amp; du hêtre qui a été dans la mer, principalement dans les Isles qui sont à l'Occident d'Ecosse. Voyez les <i>Transactions Philos.</i> T. II. p. 850. &amp; 851. C'est aussi l'animal de mer, qu'on appelle en François Macreuse ; la même page 851. ou l'Oie d'Ecosse, ainsi que Boyer l'appelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4272" id="1" type="">
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    <head>BARNAGE</head>
    <p>
    BARNAGE , s. m. Vieux mot François, qui signifie les Grands, les Seigneurs, les Gentils-hommes qui composent la Cour du Prince. <i>Aulici, Palatini, Proceres, Nobiles.</i></p><p>Ce mot se trouve souvent dans nos anciennes Histoires &amp; dans nos vieux Romanciers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4272" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARNAGE" />
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    <head>BARNAGE</head>
    <p>
    Barnage , est aussi un droit qui se payoit au Roi, &amp; aux Seigneurs, à raison des feux, dont les Nobles &amp; les Ecclésiastiques étoient exemts. <i>Barnagium.</i> Voyez de Laurière, Ragueau, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4273" id="1" type="">
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    <head>BARNARD</head>
    <p>
    BARNARD , subst. m. Nom propre d'homme. <i>Bernardus.</i> Bernard, ou Bern-hart, vulgairement dit <i>Barnard,</i> issu d'une des bonnes Noblesses du Lyonnois, fut fait en 810. Evêque de Vienne. Baillet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4274" id="1" type="salines de salins">
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    <head>BARNE</head>
    <p>
    BARNE , s. f. Terme des Salines de Salins , qui signifie le lieu où la muire est conduite pour faire le sel, où la chaudière pour cuire est dressée, le fourneau pour la cuite façonné, &amp; où les bois nécessaires sont conduits pour cuire les muires. <i>Officina Salaria.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Gollut">Gollut</ref>. <i>Mémoires des Bourguignons,</i> Liv. II. ch. 26. Il y avoit de son temps huit <i>barnes</i> dans la grande Saulnerie de Salins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4275" id="1" type="">
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    <head>BAROCO</head>
    <p>
    BAROCO . Nom qu'on donne dans l'Ecole au quatrième mode de syllogisme de la seconde figure. Un syllogisme en <i>baroco</i> doit avoir la première proposition universelle &amp; affirmative, la seconde &amp; la troisième particulières &amp; négatives, &amp; son moyen terme est attribut dans les deux premieres propositions, &amp;c. Exemple :</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAROIS</head>
    <p>
    BAROIS , Voyez <ref type="search" target="head:BARROIS">BARROIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4277" id="1" type="">
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    <head>BAROMÈTRE</head>
    <p>
    BAROMÈTRE , s. m. ou BAROSCOPE. Instrument de Méchanique &amp; de Physique, qui sert à connoître &amp; à mesurer la pesanteur ou la légèreté de l'air. <i>Barometrum.</i> Ce mot a été fait du Grec. Il est composé de , <i>pondus,</i> pesanteur, &amp; de , <i>metior,</i> mesurer. Le <i>Baromètre</i> simple est composé d'un tuyau de verre, ayant environ quatre pieds de long, &amp; la quatrième partie d'un pouce de diamètre dans sa cavité. Il est scellé hermétiquement par le bout d'enhaut, &amp; par celui d'enbas, qui est recourbé &amp; percé ; on l'emplit de vif-argent. Après en avoir chassé tout l'air grossier, l'on plonge le bout percé dans d'autre mercure exposé à l'air ; &amp; le mercure qui tâche à s'échapper du tuyau, y demeure suspendu à la hauteur d'environ vingt-sept pouces, plus ou moins, selon que l'air, qui appuie sur le mercure exposé à l'air extérieur, est plus léger ou plus pesant, laissant la partie supérieure du tuyau vuide. On voit les degrés de cette élévation marqués sur une platine de cuivre clouée sur le bois qui sert à le soutenir. Depuis on a trouvé l'invention de faire le bout d'enbas en forme de phiole, qui tient lieu de cet autre vaisseau de mercure exposé à l'air dont on s'étoit servi dans les premières expériences : &amp; enfin l'on a fait le <i>Baromètre</i> double par le moyen d'un autre tuyau fort menu qu'on a ajoûté à cette phiole ou bouteille. L'une des branches de ce nouveau <i>Baromètre</i> est fermée hermétiquement par l'une de ses extrémités. L'autre est ouverte par enhaut, &amp; pleine d'eau seconde &amp; colorée, ou de quelque liqueur qui ne gêle point en hiver. A côté de ce tuyau, on marque les divisions de la platine, qui marquent la pesanteur &amp; la légèreté de l'air. Or comme le mouvement de la liqueur qui est dans ce second canal ouvert est comme de 14. à un, à l'égard du vif-argent, il s'ensuit que les changemens de l'air sont beaucoup plus sensibles dans cette espèce de <i>Baromètre,</i> que dans ceux où il n'y a que du mercure, dont les mouvemens ne sont pas si perceptibles. Ce <i>Baromètre</i> est d'autant plus commode qu'il se peut transporter facilement. C'est M. Huygens qui l'a inventé. Cette suspension du mercure a été inventée en Italie par Galilée &amp; Torricelli, d'où vient qu'on l'appelle quelquefois <i>Experimentum Torricellianum.</i> Mais la première idée en est dûe surtout à Torricelli, Mathématicien du Duc de Florence. Il remplit de vif-argent un tuyau de 4. pieds, &amp; remarqua que le vif-argent ne demeuroit suspendu qu'à la hauteur <pb n="521" facs="bpt6k8542165/f561/full/1200,/0/native.jpg"/>de 27 à 28 pouces : d'où l'on conclut qu'une colonne d'air de la grosseur du tuyau, &amp; de toute la hauteur de l'air, pèse 27 à 28 pouces de vif-argent. On en fit l'expérience en France pour la première fois en 1646. Elle a été beaucoup perfectionnée depuis par les Sieurs Petit &amp; Paschal, par le Père Mersenne, &amp; par M. Huyghens. Le <i>Baromètre</i> nous a fait découvrir que la colonne d'air pèse 28 pouces de mercure, &amp; 32 pieds d'eau. On a fait à l'Observatoire de Paris un <i>Baromètre</i> d'eau. Voyez <ref type="search" target="head:BAROSCOPE">BAROSCOPE</ref>.</p><p>Les <i>Transactions Philosophiques,</i> n. 236. p. 3. au Tom. II. pag. 10. &amp; M. Harris, dans son second tome, au mot <i>Baromètre,</i> donnent la description d'un <i>baromètre</i> portatif, ou la manière de rendre un <i>Baromètre</i> portatif sans qu'il y ait danger de répandre le mercure de la phiole, ou de laisser entrer l'air au fond du tube, ou du mercure enfermé dans le tube, en rompant l'extrémité du tube par le mouvement que le transport doit causer en dedans au mercure. Pour prévenir les deux premiers inconvéniens, il faut que le tube ait au-dessus de la phiole un cou, ou un creux rond tout autour, par le moyen duquel on puisse y attacher bien ferme un morceau de cuir mouillé, pour le boucher. On remédie au dernier en deux manières, 1°, en pressant le mercure jusqu'au bout du tube, ensorte que dans le transport étant toujours plein, le mercure ne puisse s'agiter. La 2e. manière est que le tube par enhaut à un doigt de l'extrémité aille en retrécissant, de sorte qu'il se termine en cone, ou par un canal fort étroit, &amp; moins large qu'une paille : on amortit par-là la force du mercure, qui frape contre le haut du tube. Au même endroit des <i>Transactions Philosophiques</i> &amp; pp. suiv. on trouvera beaucoup d'observations curieuses sur le <i>baromètre.</i> Le Docteur Piacentini a fait deux dissertations sur le <i>Baromètre.</i> Les Anglois appellent le <i>Baromètre,</i> Balance de l'air. Harris.</p><p><i>Baromètre à roue,</i> est un instrument qui se fait par l'application d'un Index au baroscope commun. C'est une invention de M. Hook Anglois. M. Harris le décrit fort exactement.</p><p><i>Baromètre marin,</i> est un instrument de l'invention de M. Hook, décrit fort au long par le même M. Harris.</p><p>
    </p>
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    <head>BARON, BARONNE</head>
    <p>
    BARON, BARONNE , s. m. &amp; f. Degré de Noblesse qui est au-dessus des simples Gentils-hommes &amp; des Châtelains. <i>Baro.</i> Il y a un très-grand nombre de <i>Barons</i> en Allemagne. On croyoit à la Cour les <i>Barons</i> trépassés, dit le <i>Baron</i> de la Crasse. Le mot &amp; la dignité de <i>Baron</i> est fort ancien parmi les Bourguignons, &amp; se trouve dans Grégoire de Tours environ l'an 580. de J. C. Il ne paroît pas sitôt en Angleterre, ni dans les loix des Anglo-Saxons ; la première fois qu'il se trouve, c'est dans un fragment des loix de Canut, Roi des Anglois &amp; des Danois ; mais ce titre n'a point été établi en Angleterre avant les loix de Guillaume le Conquérant ; c'est l'opinion de Cambden pag. 121. Bientôt après la Conquête, tous les <i>Barons</i> vinrent au Parlement, &amp; eurent séance dans la Chambre Haute comme les Pairs, mais comme ils étoient alors en très-grand nombre, il fut réglé qu'aucun <i>Baron</i> n'auroit droit d'y venir, si le Roi ne l'y appelloit par écrit, &amp; cet écrit n'avoit force que pour cette fois là. Dans la suite ils obtinrent du Roi des Patentes, &amp; on les appella <i>Barons</i> par Patentes, ou par création, par érection. Les Grands Vassaux de la Couronne, fussent-ils Ducs, Comtes, ou Vicomtes, étoient autrefois indifféremment appellés Pairs, Princes, &amp; <i>Barons.</i> Pairs, comme égaux entre eux ; Princes, comme Seigneurs des lieux de leurs dépendance ; &amp; <i>Barons,</i> comme les premiers &amp; les plus puissans du Royaume. Cette dernière qualité passoit au XIIe siècle, &amp; bien avant dans le XIIIe, pour si noble &amp; si relevée, qu'on quittoit le titre de Prince pour prendre celui de <i>Baron.</i> C'est ce que fit le Sire de Bourbon environ l'an 1200. quoique ses ancêtres eussent porté pendant plus de trois cents ans le nom de Comtes &amp; de Princes. C'est en imitant cet ancien usage qu'une illustre Princesse prend dans ses ingénieux divertissement le titre de <i>Baronne</i> de Sceaux.</p><p><i>Baron,</i> étoit autrefois un nom général que l'on donnoit à tous les gens illustres, tant dans l'Eglise que dans l'Etat, comme aujourd'hui celui de Seigneur. De-là vient qu'une ancienne traduction Françoise des Histoires de Guil. de Tyr dit, Venu étoit li mois de Mars, quand li <i>Barons</i> &amp; hauts Homs, &amp;c. Frédégaire dit, <i>Burgundiae Barones, tam Episcopi, quam coeteri leudes,</i> &amp; Orderic. <i>Lib. II. Hist. A. C.</i> 1109. <i>Pro tantorum itaque transitu Baronum videtur ipse mundus lugere.</i> Il parle de S. Anselme Archevêque de Cantorberi, &amp; de Guillaume Archevêque de Rouen. Froissard a donné ce titre à S. Jacques, vol. 3. ch. 30. 33. Or eurent-ils affection d'aller en pélerinage au <i>Baron</i> S. Jacques. Et encore, Et fit ses voeux devant le benoist corps Saint, &amp; <i>Baron</i> S. Jacques. C'est ainsi que le peuple a dit, &amp; dit encore quelquefois, Monsieur S. Jacques. Mais proprement les <i>Barons</i> étoient des Gentils-hommes qui tenoient leurs Fiefs immédiatement du Roi. Voyez Hauteserre, <i>De Duc. &amp; Comitib. c.</i> 5. Voyez aussi les Notes du même Auteur sur Gregoire de Tours, p. 383. &amp; Du Tillet, <i>Recueil des rangs,</i> p. 11.</p><p>En Bretagne, il semble que pour être créé <i>Baron,</i> il falloit être parent du Duc. Voyez les titres rapportés dans l'<i>Hist. de Bret.</i> Tom. II. p. 1145. 1146. 1147. Il est dit dans les mêmes Actes, qui sont des Créations de <i>Barons</i> faites par le Duc Pierre en 1451. que les anciens <i>Barons</i> de Bretagne n'étoient que neuf. D'Argentré conclut d'une lettre Patente d'Alain le Long, de l'an 689. qu'en ce temps la dignité de <i>Baron</i> n'étoit point encore en usage dans la Bretagne, parce que nul de ceux qui y ont souscrit, n'ont pris ce titre.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>Baro,</i> qui signifioit parmi les Romains un homme fort &amp; vaillant, &amp; aussi un brutal &amp; féroce : &amp; parce que les Rois avoient auprès d'eux les hommes les plus vaillans &amp; les plus forts, &amp; qu'ils les récompensoient de plusieurs Fiefs &amp; Seigneuries, on a depuis appellé <i>Barons,</i> ces Nobles qui les avoient obtenus. De sorte que ce n'est pas merveille, si dès le temps même de S. Augustin on a appellé <i>Barons,</i> les gens les plus considérables de la Cour &amp; de l'armée. Hirtius même, dans l'Histoire de la Guerre d'Alexandrie, en fait mention.</p><p>Quelques autres dérivent <i>Baron</i> de l'Allemand <i>baver,</i> qui se dit en un contre sens, &amp; signifie <i>paysan.</i> Dans la basse Latinité on a appellé <i>Barons,</i> des gens de journée, de peine &amp; de travail, parce qu'ils doivent être forts &amp; robustes, comme on voit dans Isidore, qui dit que ce mot vient du Grec , qui signifie <i>gras,</i> &amp; <i>fort.</i> Papias est aussi de ce sentiment, aussi bien que le Port-Royal, qui dit que <i>Baro</i> parmi les Latins signifioit un homme vaillant, ou même un homme féroce ou brutal. Cambden entend par ce mot des <i>soldats mercénaires,</i> p. 121. C'est d'Isidore qu'il a pris cette interprétation. C'étoient, dit Chifflet, de braves soldats à qui l'on donnoit la paye. Ainsi nos <i>Barons</i> ont pris leur nom d'une dignité militaire. Si l'on en croit encore le Port-Royal ce mot vient de , qui se prend pour autorité, puissance. En ancien Gaulois on appelloit <i>Varons,</i> les valets des soldats, qui étoient extrêmement lourds &amp; stupides, &amp; qui d'ailleurs résistoient à la fatigue. Et comme cette espèce de gens étoient fort brutaux &amp; fort méchans, on donnoit le nom de <i>Baron</i> au Diable, &amp; aux Lutins. Cicéron, pour signifier un homme lourd &amp; stupide, se sert du mot de <i>Baro.</i> Dans les anciennes Loix d'Allemagne on dit, Souffleter un <i>Baron ;</i> pour dire, Donner un soufflet à un vilain. On appelle aussi en Italien un gueux <i>Barone</i> ; &amp; on dit <i>baronare ;</i> pour dire, <i>gueuser.</i></p><p>Chorier prétend que le mauvais sens que les Latins donnent au mot <i>Baron,</i> qu'il croit être un mot Gaulois, n'est point sa véritable signification ; qu'il y a apparence que chez les Gaulois il signifioit un jeune homme seulement, &amp; que celui de garçon en est venu ; qu'on sait que les Barbares, qui ont inondé si souvent la France, y ont introduit avec eux la coutume de prononcer l'V comme le G, &amp; le G comme l'V. D'autres dérivent le mot de <i>Baron</i> d'un vieux mot Gaulois <i>Ber,</i> ou <i>Bers,</i> qui signifioit <i>Haut Seigneur,</i> d'où on a fait le Fief de <i>Haut-ber.</i> Bouteiller, en sa <i>Somme rurale,</i> &amp; de S. Julien en ses <i>Antiq. de Bourg.</i> ch. 34. disent que <i>Ber</i> &amp; <i>Baron</i> sont synonymes. Et Etienne Guichard dérive <i>bar</i> de l'Hébreu , <i>gever,</i> ou <i>geber,</i> qui signifie <i>homme, Seigneur, Prince</i> ; en retranchant le , ou <i>g</i> Hébreu.</p><p>Quelques-uns l'ont fait venir de <i>Barrus,</i> qui signifie <i>Eléphant,</i> à cause que les <i>Barons</i> sont ceux qui ont le plus de pouvoir.</p><p>Mais la plus vraisemblable opinion est qu'il vient de l'Espagnol <i>varo</i>, qui signifie un <i>homme vigoureux, vaillant</i> &amp; <i>noble.</i> D'où vient que quelques Coutumes ont appellé un mari, <i>Baron,</i> ce que les femmes appellent leurs <i>hommes.</i> Une femme ne peut contracter, ni appeller sans l'autorité de son <i>Baron.</i> D'où vient que les Princes ont appellé <i>Barons,</i> leurs vassaux, qu'on appelle encore aujourd'hui leurs <i>Hommes</i> &amp; <i>Feudataires.</i> Et dans les Loix Saliques &amp; <i>Ripuaires,</i> le mot de <i>Baron</i> signifie généralement un <i>homme.</i> Le vieux Glossaire Grec &amp; Latin de Philoxène traduit <i>Baro</i> par . Dans les Loix des Lombards <i>Baro</i> est pris par-tout pour <i>Vir.</i> De même dans les Loix Saliques ; voyez Tit. 34. &amp; elles l'opposent à <i>mulier ingenua,</i> comme si <i>Baro</i> étoit <i>vir ingenuus.</i> Encore à présent, dit Chifflet, dans son <i>Gloss. Saliq.</i> au mot <i>Baro,</i> les Walones appellent leur mari <i>mon Baron.</i> Dans les Loix Allémaniques &amp; Ripuaires <i>Baro</i> est aussi opposé à <i>foemina</i> ; il en est de même dans les Loix d'Angleterre, dit M. Harris ; &amp; les Espagnols disent encore <i>Varon</i> pour homme. Ainsi M. de Marca, <i>Marca Hisp. Lib. III. cap.</i> 8. §. 6. croit que ceux qui tirent ce mot du Latin se trompent, puisqu'il y a un sens fort différent ; mais qu'il vient de l'Allemand <i>bar,</i> un homme. Cependant Lymnaeus <i>Jur. Imp. Lib. IV. cap.</i> 5. conclut des loix que nous venons de citer, que <i>Baron</i> ne signifioit qu'un valet comme en Latin, parce que dans les loix des Allemands il n'y a que la même peine pour donner un soufflet à un <i>Baron,</i> ou le donner à une servante. Il ajoûte que dans les loix Ripuaires <i>Baron</i> est pris pour un Commis qui lève les droits ou tributs. Voyez cet Auteur, qui a ramassé plusieurs choses sur les <i>Barons.</i></p><p>D'autres disent que c'est un mot François, &amp; la même chose que <i>Par-hommes,</i> c'est-à-dire, hommes égaux en dignité. Quelques Jurisconsultes Anglois veulent qu'il signifie <i>Robora belli,</i> dans Cambden p. 121. Quelques Allemands le tirent de <i>Banner-haires,</i> c'est-à-dire, <i>Enseigne, Porte-enseigne.</i> Alciat prétend qu'il vient d'une ancienne nation d'Espagne, qui s'appelloit <i>Bérons.</i> Cambden préfere pag. 121. l'opinion qui le fait venir de <i>Bar,</i> qui en Allemand signifie un homme libre, &amp; indépendant.</p><p>Waserus le dérive de l'Hébreu <i>bar, pur, net</i>, pour montrer la pureté &amp; la noblesse de l'origine des <i>Barons ;</i> Martinius du mot Allemand <i>bar, prompt,</i> qui est <i>présent,</i> qui <i>paroît,</i> parce que les <i>Barons</i> étoient toujours auprès de la tente du Roi, pour le garder &amp; le défendre. Ebrard de Bethune en donne ces étymologies, qui sont sans fondement.</p><p>Et en un autre endroit :</p><p>En Grec , <i>gravis.</i></p><p>Jean de Garlande dit quelque chose de semblable dans ce vers,</p><p>Icquez dit que <i>bar</i> dans la langue des Francs, &amp; <i>vair</i> dans la langue Gothique, veulent dire <i>homme,</i> celui qui a quelque chose de mâle, &amp; que c'est de-là qu'est venu le mot de <i>Baron :</i> &amp; <i>Baron,</i> selon cet Auteur, veut dire l'<i>homme du Roi,</i> qui est obligé de le défendre, de le servir à la guerre, de garder ses châteaux. Parce qu'on trouve <i>farro,</i> ou <i>faro,</i> ou <i>pharro</i> dans Grégoire de Tours <i>Hist. Franc. Lib. II. cap.</i> 42. &amp; <i>Burgundiae farones</i> dans la Chronique de Frédegaire n. 41. où un manuscrit de la Bibliothèque de M. Colbert, &amp; quelques éditions mettent <i>Barons ;</i> Dom Ruinart dérive le nom de <i>Baro</i> de <i>faro,</i> &amp; <i>faro</i> de <i>fara,</i> qui signifie, dit-il, génération, branche, ligne de famille, comme il paroît par les loix des Lombards Liv. III. tit. 14. &amp; Paul Diacre <i>Hist. des Lombards</i> Liv. II. chap. 9. On pourroit ajoûter que <i>fara</i> vient de l'Hébreu , <i>phara,</i> qui signifie porter du fruit, &amp; engendrer des enfans, produire, laisser lignée. Dieu s'en sert Gen. I. 28. &amp; IX. 1. quand il ordonne aux hommes de produire &amp; de multiplier. Mais il n'y a pas de nécessité de le tirer de si loin.</p><p>On a appellé <i>Barons Châtelains,</i> ceux qui avoient des Châteaux. On appelle aussi <i>Barons</i> en France, ceux qui étoient les Pairs dans les Justices. On appelle <i>Barons</i> en Arragon, ceux qui ont plusieurs vassaux, qu'on nomme autrement <i>Ricos hombres.</i> En Angleterre on distingue aussi des <i>Barons</i> par écrit, ou par Brevet, &amp; des <i>Barons</i> par Patentes, ou par création, par érection. Cambden rapporte l'origine de ces <i>Barons</i> par Brevet à Henri III. Les <i>Barons</i> par Patentes commencerent au temps de Richard II. Quelques-uns ajoûtent une troisième espèce de <i>Barons,</i> qu'ils appellent <i>Baron by tenure.</i> Ce sont les Evêques, qui tiennent à titre de Baronie quelques terres annexées à leur Evêché, &amp; qui leur donnent séance dans la Chambre haute. Ils sont appellés les Lords spirituels. Harris, <i>Tom. II.</i></p><p>On a appellé aussi <i>Barons,</i> les premiers Bourgeois de la ville de Londres.</p><p><i>Barons d'un Comté, Barones Comitatûs,</i> en Angleterre sont les premiers Vassaux d'un Comté. Les <i>Barons Aumôniers, Barones Eleemosynarii,</i> sont encore en Angleterre les Ecclésiastiques, comme Archevêques, Evêques, Abbés ou Prieurs, qui tiennent du Roi des biens d'Eglise à titre de Baronie. Les <i>Barons</i> des cinq Ports dans la même Isle sont les cinq <i>Barons</i> qui demeurent dans les cinq principaux Ports d'Angleterre, du côté de France ; qui sont Hasting, Dover, Hih, Rumnen &amp; Sandwic ; &amp; dans les bourgs adjacents, sur-tout à Rye, &amp; à Winchelsey. Les <i>Barons du Roi</i> sont les Seigneurs de la Cour, ou ceux qui tiennent des terres immédiatement du Roi. Les <i>Barons de l'Echiquier,</i> sont les Juges de l'Echiquier, dont le principal est appellé le <i>Lord Chef Baron,</i> &amp; les trois autres ses Assistans. Les <i>Barons</i> Terriers, <i>Barones Terrarii,</i> dans Guillaume de Puits-Laurent sont tous ceux qui ont de grandes terres &amp; beaucoup de fiefs. Quelques anciennes Notices les appellent <i>Barons</i> des Châteaux, <i>Barones Castellorum,</i> ou <i>Castellenses. Barons</i> du Parlement, sont les Lords du Parlement, qui ont droit d'y assister.</p><p>On a appellé <i>Hauts-Barons,</i> ceux qui tenoient une des quatre notables Baronies de France, qui sont Coucy, Craon, Sully &amp; Beaujeu. Les <i>Hauts-Barons</i> de France tenoient les terres en la même franchise que font présentement les leurs les Princes de l'Empire. Ils avoient droit de battre monnoie ; &amp; dans les premiers temps c'étoit toujours un <i>Haut-Baron</i> qui présidoit au Parlement. Le Gendre. Mais il n'entend pas par <i>Hauts-Barons</i> seulement les quatre qu'on vient de nommer, mais les Ducs, les Comtes, &amp; même quelques Vicomtes privilégiés.</p><p>Du Chesne dit que les <i>Seigneurs</i> de Montmorency ont été appellés les premiers <i>Barons</i> de France.</p><p>
    </p>
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    <head>BARON, BARONNE</head>
    <p>
    Baron , se disoit autrefois des Grands du Royaume de France. Quand le Roi tenoit les Etats, ou des Conseils d'importance, il assembloit ses <i>Barons,</i> qui ont changé souvent de degrés &amp; de qualités selon le temps &amp; les lieux. Il falloit autrefois pour être <i>Baron</i> avoir sous soi trois ou quatre Châtellenies, &amp; trois Maladreries. La Coutume de Tours dit en l'article 71. <i>Avant qu'aucun se puisse dire Seigneur</i> Baron, <i>il convient qu'il ait sous lui plusieurs Châtellenies, ou deux pour le moins.</i> Henri III. par son Ordonnance de 1579. veut <i>que la Baronnie soit composée de trois Chatellenies pour le moins, qui seront unies &amp; incorporées ensemble, pour être tenues à un seul hommage du Roi.</i> On disoit autrefois par manière de proverbe, nul ne doit seoir à la table du <i>Baron,</i> s'il n'est Chevalier. Cela fait connoître combien les <i>Barons</i> étoient distingués. Voyez de S. Julien, <i>Antiq. des Bourguign.</i> ch. 34. &amp; la <i>Somme rurale</i> de Boutillier.</p><p>On appelle communément en Espagne <i>Baron,</i> un homme illustre, mâle, ou vigoureux ; &amp; quelquefois c'est un nom qu'on donne à un mari.</p><p>
    </p>
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    <head>BARONAGE</head>
    <p>
    BARONAGE , s. m. Etat, qualité de Baron. <i>Baronis conditio, dignitas.</i> Ce mot ne se diroit que dans le style familier, burlesque, ou comique, &amp; marque du mépris. Que veut ce fanfaron, avec son <i>baronage ?</i> en parlant d'un homme qui diroit qu'il est Baron, &amp; qui prendroit des airs de qualité. Le <i>Baronage</i> d'Angleterre est une histoire de la Noblesse d'Angleterre, écrite en Anglois par Guill. Dugdale.</p><p>
    </p>
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    <head>BARONET</head>
    <p>
    BARONET , s. m. diminutif de Baron. <i>Baronettus.</i> On appelle en Angleterre <i>Baronet</i> celui que nous nommons en France Banneret. On lit, dans un statut de Richard II. Roi d'Angleterre, <i>soit-il Archevêque, Evêque, Abbé, Prior, Duc, Comte, Baron,</i> Baronet, <i>Chivaler de Countée, Cittizen de Citté, &amp;c.</i></p><p><i>Chevaliers Baronets.</i> C'est une Classe de Nobles entre les Barons &amp; les simples Chevaliers. Jacques I. Roi d'Angleterre institua l'Ordre des Chevaliers <i>Baronets</i> en 1611. &amp; les substitua aux anciens Valvasseurs, les plaçant entre les Chevaliers &amp; les Barons. Il ordonna qu'ils précéderoient tous les Chevaliers, excepté ceux de la Jarretière, &amp; qu'ils auroient le privilége de charger leurs écus sous des armes d'Ulster, qui sont d'argent à une main de gueules, à condition qu'ils défendroient la Province d'Ulster en Irlande, l'une des plus exposées aux rebelles, &amp; d'entretenir pour cela trente soldats trois ans durant. Leur nombre fut réglé d'abord à deux cents ; mais dans la suite il augmenta. Larrey, <i>Tom. II. p.</i> 696. Il paroît par le statut de Richard II. que les <i>Baronets</i> sont plus anciens en Angleterre que Jacques I.</p><p>D'Argentré blâme ceux qui disent <i>Baronets</i> ; il prétend qu'il faut dire <i>Bannerets :</i> cela est bon pour la France, mais non pas pour l'Angleterre.</p><p>
    </p>
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    <head>BARONNIE</head>
    <p>
    BARONNIE , s. f. Terre qui donne la qualité de Baron à celui qui la possède. <i>Baronatus, Baronia.</i> La <i>Baronnie</i> de Beaujollois a quatre villes, &amp; 80. villages. La <i>Baronnie</i> de Gentilly n'est que d'un seul village.</p><p>
    </p>
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    <head>BARONNIE</head>
    <p>
    Baronnie , a signifié quelquefois la première Seigneurie après la souveraine, ayant toute Justice, &amp; droits mouvans de la Couronne : ce qu'on appelloit <i>Fiefchevel,</i> ou tenu à chef. Voyez Du Tillet. Aujourd'hui c'est une dignité moindre que celle de Comte, &amp; plus grande que celle de Seigneur Châtelain. Suivant l'ancienne définition <i>Baronnie</i> est une terre <i>où il y a toute justice, marché, Chastellenie, péage &amp; lige ostage, meurtre, rapt, &amp; encis.</i> Voyez les <i>Etablissemens de France</i> Liv. I. Pour ce qui est du droit de tenir <i>Baronnie,</i> le même Auteur dit, <i>nus ne tient de</i> Baronnie, <i>se il ne part de</i> Baronnie <i>par partie ou par frerage, ou se il n'a le don dou Roi sans rien retenir que fors le ressort &amp; qui a marché,</i> &amp;c.</p><p>En Angleterre une <i>Baronnie</i> doit comprendre treize fiefs &amp; un tiers de fief d'un Gentilhomme. Par le Registre de Philippe Auguste publié par M. d'Hérouval, il semble qu'en Normandie il suffisoit de cinq fiefs pour une <i>Baronnie.</i> On a aussi donné ce nom à des terres que des Prélats tenoient du Roi. C'est à ce titre que les Evêques en Angleterre ont séance au Parlement. On trouve aussi que sous Edouard I. les maisons qu'occupoient les principaux Bourgeois de Londres sont appellées <i>Baronnies.</i></p><p>Le P. Ménestrier, <i>Hist. de Lyon</i> p. 284. prétend que <i>Baronne</i> est aussi un terme général pour toutes sortes de dignités, Duché, Marquisat, Comté, Vicomté, &amp;c. &amp; il s'étonne que les Avocats qui ont fait des Factums contre le Chapitre de Lyon aient voulu lui disputer le titre de Comté, sous prétexte que dans les Traités de Philippe le Bel le Comté de Lyon est souvent appellé <i>Baronnie.</i></p><p>L'Auteur du Grand Coutumier écrit qu'au Royaume de France il n'y avoit autrefois que trois <i>Baronnies,</i> Bourbon, Coucy, &amp; Beaujeu.</p><p>
    </p>
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    <head>BAROQUE</head>
    <p>
    BAROQUE . Terme de Jouallier , qui ne se dit que des perles qui ne sont pas parfaitement rondes. <i>Gemmae rudes &amp; impolitae.</i></p><p>&#9758; Baroque, se dit aussi au figuré, pour irrégulier, bizarre, inégal. Un esprit <i>baroque.</i> Une expression <i>baroque.</i> Une figure <i>baroque.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4283" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAROSCOPE" />
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    <head>BAROSCOPE</head>
    <p>
    BAROSCOPE , s. m. C'est la même chose que Baromètre. C'est M. Bayle &amp; les Journaux des Savans d'Angleterre, qui l'ont appellé <i>Baroscope,</i> qui signifie un instrument propre à faire voir ou connoître la pesanteur de l'air ; de , <i>pondus,</i> ou <i>poids,</i> &amp; , <i>video, considero,</i> je vois, je considère. En France le mot de <i>Baroscope</i> n'a pas fait fortune, quoi qu'on l'ait employé dans quelques livres ; Baromètre a pris le dessus. Voyez ce mot.</p><p><i>Baroscope Statique,</i> est un instrument inventé par M. Boyle pour juger des variations de la gravité de l'air. M. Harris l'a décrit dans son <i>Dictionn. des Aris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4284" id="1" type="marine & de charpenterie">
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    <head>BAROT</head>
    <p>
    BAROT , s. m. Terme de Marine &amp; de Charpenterie . On appelle <i>barots,</i> ou <i>baux,</i> les pièces de bois qui traversent d'un bord à l'autre du navire dans l'épaisseur des membres, &amp; servent à porter les planchers que l'on nomme ponts. <i>Tignum navis,</i> ou <i>navale transversum.</i> Caron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4285" id="1" type="">
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    <head>BAROTÉ</head>
    <p>
    BAROTÉ , adj. Un vaisseau <i>baroté,</i> est un vaisseau dont le fond de cale est rempli jusqu'aux barots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4286" id="1" type="">
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    <head>BAROTIN</head>
    <p>
    BAROTIN , s. m. Diminutif de barot. On appelle quelquefois les <i>barotins</i> demi-barots : ce sont des pièces de bois de moindre grosseur que les <i>barots</i> qui traversent la largeur des ponts ; ils sont de deux pièces, &amp; sont soutenus par des arcboutans ou traversins, à cause des ouvertures d'écoutilles, caillebotis, passage des mats, &amp; autres baies servant pour l'utilité du vaisseau. <i>Tigillum transversum navis.</i> Caron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4287" id="1" type="">
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    <head>BARQUE</head>
    <p>
    BARQUE , s. f. Bâtiment de mer qui n'a que des voiles Latines, au nombre de deux ou trois pour le plus. <i>Navicula.</i> La voile d'avant ou de proue se nomme le <i>trinquet</i> ; celle du milieu <i>la maîtresse ;</i> celle de pouppe, la <i>voile d'artimon,</i> ou la <i>meiane.</i> Il y en a qu'on nomme les <i>barques de rous,</i> &amp; en Grec , qui ne sont faites que d'un arbre creusé, auquel on ajoûte quelques pièces de côté &amp; d'autre, &amp; qui sont néanmoins capables de 50. rames.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>barca,</i> Latin ; le Père Fournier, de <i>Percé</i> ville d'Afrique ; &amp; Rodéric Us Tolérants, de <i>Barcelonne</i> ; d'autres, entre lesquels est Saumaise, de , mot Grec, qui signifie un <i>édifice fait en rond,</i> qu'on a étendu aux <i>barques,</i> à cause qu'elles sont courbées. Jules Scaliger le dérive de , <i>ab oneribus gerendis.</i> Il vient plus vraisemblablement de <i>berge,</i> ou <i>barca ;</i> terme fréquent dans les loix Saliques, pour dire un bateau. De Laurière. <i>Barca</i> se trouve en effet non seulement dans les Auteurs de la basse Latinité, mais aussi dans S. Paulin, poëme 13. <i>ad Cytochimie.</i> Isidore, <i>Orig. L. XIX. c.</i> 1. dit que c'est la <i>barque</i> qui porte à terre les marchandises d'un vaisseau, &amp; qu'en pleine mer la <i>barque</i> se met dans le vaisseau, ne pouvant soutenir les flots. C'étoit donc ce que nous appellons aujourd'hui chaloupe. Matthieu Paris, Abbon, &amp; plusieurs autres, &amp; entre les Modernes, Vossius <i>Lib. II. de vitiis serm. cap.</i> 3. &amp; les Bollandistes en plusieurs endroits, comme <i>Jan. Tom. II. p.</i> 830. <i>Febr. Tom. II. p.</i> 731. <i>A.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4287" id="2" type="">
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    <head>BARQUE</head>
    <p>
    Barque , se dit aussi d'un fort petit bâtiment de mer, ou navire sans hune, qui sert à porter des munitions, à charger, ou à décharger les navires qui sont à la rade dans les lieux où les grands vaisseaux ne peuvent pas aborder, &amp; à plusieurs autres usages. <i>Cymba.</i> Une <i>barque d'avis,</i> est celle qu'on envoie porter quelques nouvelles, soit d'un vaisseau à un autre, soit dans un lieu éloigné.</p><p>On appelle aussi <i>barque longue,</i> ou <i>double chaloupe,</i> les bâtimens qui sont de bas-bord, &amp; ne sont pas pontés. Quelques-uns appellent <i>barques,</i> tous les vaisseaux qui n'ont point de hune.</p><p>Une <i>barque en fagot,</i> c'est tout le bois taillé pour faire une <i>barque</i> ; qu'on porte dans un vaisseau pour l'assembler quand on est parvenu aux lieux où on en a besoin, &amp; pour remonter dans les rivières.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARQUE</head>
    <p>
    Barque , se dit aussi d'un petit bateau qui sert à passer une rivière, ou à y voiturer des marchandises en petite quantité. Il est arrivé une <i>barque</i> d'huîtres à l'écaille. Une <i>barque</i> de Pêcheur.</p><p><i>DROIT DE BARQUE, barganaticum,</i> est une remise de tous tributs &amp; péages à cause de ce qui sera conduit par eau ou par terre. Ce droit fut accordé par Charles le Chauve à l'Abbé &amp; aux Religieux de S. Denys en France, pour les choses qui leur appartenoient. Voyez De Laurière sur Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARQUE</head>
    <p>
    Barque droite , en termes de Marine , est un avertissement à ceux qui sont dans la chaloupe de se placer également, afin qu'elle soit droite sur l'eau.</p><p>On appelle la <i>Barque de Caron,</i> le vaisseau dans lequel les Poëtes ont feint que les ames passoient aux Enfers. <i>Cymba Charontis.</i> Et on dit poëtiquement, Avoir passé la <i>barque ;</i> pour dire, être mort.</p><p>La <i>barque</i> de Caron, la <i>barque</i> fatale, se prend figurément pour la mort. Malherbe même a mis la <i>barque</i> simplement pour la mort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4287" id="5" type="">
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    <head>BARQUE</head>
    <p>
    Barque , se dit figurément de la <i>barque</i> de S. Pierre ; pour dire, l'Eglise. Etre hors la <i>barque,</i> c'est, être Hérétique, ou Schismatique.</p><p>On le dit encore pour Conduite, événemens bons ou mauvais, &amp;c. Il faut vouloir ce que Dieu veut, &amp; tous nos efforts &amp; nos in quiétudes ne nous tireront point de la tempête, tant qu'il lui plaira que nous y demeurions ; abandonnons-lui le soin &amp; le gouvernement de notre <i>barque</i> avec assurance. Abb. de la Tr.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme conduit bien sa <i>barque,</i> quand il sait ménager sagement sa fortune. On dit aussi, qu'il conduit la <i>barque,</i> qu'il tient le timon de la <i>barque</i> ; pour dire, que c'est lui qui est le chef, le maître d'une affaire, d'un dessein entrepris.</p><p>Une <i>barque</i> qui range la terre, avec ce mot de Virgile, <i>Altum alii teneant,</i> marque la modération dans une fortune médiocre ; &amp; l'inconstance, la légèreté, avec ce mot Italien, <i>Ad ogni vento.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4288" id="1" type="">
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    <head>BARQUEROLE</head>
    <p>
    BARQUEROLE , s. f. diminutif de <i>Barque. Cymbula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4288" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARQUEROLE" />
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    <head>BARQUEROLE</head>
    <p>
    Barquerole , est aussi un s. m. Celui qui conduit une barque. Il vient de l'Italien <i>Barcaruolo,</i> qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4289" id="1" type="">
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    <head>BARQUETTE</head>
    <p>
    BARQUETTE , s. f. Sorte de pâtisserie venue de Languedoc. Elle s'appelle <i>barquette,</i> parce qu'elle est faite en forme de petite barque. Elle est faite de fine fleur de farine, de sucre, &amp;c. On en vend chez les Limonadiers de Paris.</p><p>&#9758; Barquette, Petite armoire portative &amp; légere, où il y a plusieurs étages. Elle sert à porter les mets chez des Officiers de la Maison du Roi, dont la cuisine est éloignée du Château.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4290" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRACAN" />
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    <head>BARRACAN</head>
    <p>
    BARRACAN . Voyez <ref type="search" target="head:BOURACAN">BOURACAN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4291" id="1" type="">
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    <head>BARRAGE</head>
    <p>
    BARRAGE , s. m. Droit établi pour la réfection des ponts &amp; passages, &amp; principalement du pavé. <i>Jus exigendi vectigalis pro transitu.</i> Il a été originairement de cinq deniers pour charrette, huit deniers pour chariot, &amp; pour chaque charge de mulet à proportion. C'étoit une Ferme particulière qui est maintenant comprise dans le Bail général des Aides. On a nommé ce droit <i>Barrage,</i> à cause de la barre qui traversoit le chemin pour empêcher le passage jusqu'à ce qu'on l'eût payé. On entend encore par ce mot un droit Seigneurial, par lequel il est permis à quelques Seigneurs de lever certaine somme de deniers sur les marchandises qui passent dans leur détroit. <i>Portorium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4292" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRAGER" />
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    <head>BARRAGER</head>
    <p>
    BARRAGER , s. m. Fermier qui reçoit le droit de barrage. <i>Vectigalium conductor pro transitu.</i> Les <i>Barragers</i> ont certain droit pour assister à des cérémonies publiques, comme à la Procession de Saint Vincent à Saint Germain de Prez, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4293" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRAQUE" />
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    <head>BARRAQUE</head>
    <p>
    BARRAQUE . Voyez <ref type="search" target="head:BARAQUE">BARAQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4294" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRAS" />
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    <head>BARRAS</head>
    <p>
    BARRAS , s. m. <i>Chrysocolla.</i> On l'appelle aussi <i>borax.</i> C'est un minéral qui se trouve dans les mines d'or &amp; d'argent, de cuivre ou de plomb. Il est ordinairement blanchâtre, jaune, verd, noirâtre. Il est appellé <i>chrysocolle,</i> à cause qu'il sert à souder l'or, &amp; même l'argent &amp; le cuivre. On en fait d'artificiel avec de l'alun &amp; du salpêtre. Perr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4294" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARRAS" />
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    <head>BARRAS</head>
    <p>
    Barras , est aussi une espèce d'encens : on en distingue de deux sortes, l'un qu'on appelle galipot, ou encens blanc, &amp; l'autre qu'on appelle encens marbré. Pomet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4295" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRAULT" />
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    <head>BARRAULT</head>
    <p>
    BARRAULT , s. m. Nom d'une mesure de choses liquides. <i>Cadus.</i> Le <i>barrault</i> est de divers calibres, mais communément de 36. pintes, autant qu'il y a de septiers au muid. Vigen.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
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    <head>BARRE</head>
    <p>
    BARRE . Dans la prononciation de ce nom faites l'<i>a</i> long, &amp; ne prononcez qu'une <i>r.</i> s. f. Menue &amp; longue pièce de bois, ou de métal, qui sert à assembler, ou à fermer quelque chose. <i>Vectis.</i> Cette porte est composée de trois ais cloués sur deux ou trois <i>barres.</i> Ces fenêtres ferment bien, il y a des <i>barres</i> de fer par tout.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>vara</i>, qui signifie un <i>pieu,</i> une <i>perche,</i> d'où l'on a fait aussi <i>barreau.</i> Ménag. Nicot &amp; Guichard le dérivent de , <i>beria,</i> mot Hébreu, qui signifie <i>levier,</i> ou <i>barre.</i> Le P. Pezron prétend qu'il vient de <i>baar</i>, mot Celtique, qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre de Trémie , est une barre de fer plate, &amp; qui sert à soutenir une atre, ou la hotte d'une cheminée de cuisine. <i>Barre d'appui,</i> est dans une rampe d'escalier, ou dans un balcon de fer, la <i>barre</i> de fer aplati sur laquelle on s'appuie, &amp; dont les arêtes doivent être abattues. <i>Barre de croisée,</i> se dit de toutes les barres de fer, ou de bois, qu'on met aux volets, ou contrevents de croisées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre d'arcasse , autrement, <i>Lisse de hourdi,</i> est la pièce que l'on place de travers sur l'étambot, &amp; qui fait la largeur de la pouppe à la hauteur du premier pont, ou franc tillac, qui est environ des deux tiers du maître bau. Il y a d'autres <i>barres</i> qui sont parallèles, &amp; posées au-dessous, nommées <i>sous barres d'arcasse ;</i> mais qui sont moindres en longueur, à cause de la diminution de la largeur du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre de pont , est une autre <i>barre</i> d'arcasse, presque pareille à la lisse de hourdy, &amp; qui lui est parallèle, sur laquelle on pose le bout du pont du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barres d'écoutilles , sont les barres avec lesquelles on ferme les écoutilles du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BARRE" />
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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barres de cabestan , sont les <i>barres</i> qui servent à faire tourner &amp; virer le cabestan. Il y a des demies <i>barres</i> à l'Angloise, qui n'entrent qu'à moitié dans le cabestan.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barres ou <i>traversins de Cuisine,</i> sont les barres de fer mises de travers ou de long dans les cuisines, pour soutenir les chaudières sur le feu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barres de hune , ce sont des pièces de bois mises en saillie, &amp; enclavées au haut des mâts, qui supportent les hunes. On les appelle aussi <i>barreaux,</i> &amp; <i>tasseaux.</i> On les appelle sur la Méditerranée <i>ganterias.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , se dit aussi des lingots ou pièces de métal étendues en longueur. On a apporté à la Monnoie 2000. <i>barres</i> d'argent. Le fer se met en <i>barre</i> à la fonderie. On purifie l'argent tiré des mines &amp; on l'affine, puis on le jette en <i>barres.</i> Il y a ordinairement quatre marques sur chaque <i>barre,</i> celle du poids, celle du titre, celle du millésime, &amp; celle de la Douane où les droits ont été acquités. Boizard. On dit d'une chose précieuse &amp; de bon débit, que c'est de l'or en <i>barre.</i></p><p>On appelle aussi <i>barre,</i> une traverse à fermer un passage d'un pont, d'une avenue, &amp;c. d'où sont venus les mots de <i>Barrière, Barrage,</i> &amp; autres. <i>Prothyrum.</i></p><p>D'autres croient que <i>barre</i> signifioit autrefois toute sorte de tributs, principalement ceux qui se payoient aux <i>barres</i> &amp; portes des villes &amp; des bourgs. <i>Vectigal ad portas urbis pendi solitum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , est aussi une longue pièce de bois, qui par un des bouts entre dans la tête du gouvernail, pour le faire mouvoir ; &amp; tout le reste entre dans le navire au-dessous du deuxième pont. <i>Clavus.</i> Ce timonier tient la <i>barre</i> à la main devant l'habitacle. Elle est supportée par un traversin qui traverse le vaisseau. On l'appelle aussi <i>timon du gouvernail.</i> Pousser <i>la barre du gouvernail</i> tout à bord, c'est la pousser aussi loin qu'elle peut aller vers l'un des côtés du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , est aussi une ligne qu'on tire avec la plume. <i>Linea.</i> On s'en sert pour marquer la fin d'un article, d'un chapitre, d'un traité, &amp; pour les distinguer les uns des autres. On s'en sert aussi pour rayer quelques parties d'un acte, en passant la <i>barre</i> ou la plume par-dessus ou de travers. Quand en écrivant on fait une <i>barre</i> sous quelques lignes, ou quelques mots, cela signifie ordinairement que ce qui est ainsi marqué d'une <i>barre</i> est cité ; &amp; cela avertit les Imprimeurs qu'il faut imprimer ces choses-là d'un caractère différent de celui qu'on emploie pour le reste.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="12" type="ceinturier">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="ceinturier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre . Terme de Ceinturier . Bande de cuir qui sert aux sangles &amp; aux ceinturons. <i>Cingulum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="13" type="vanier">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="vanier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre de panier . Terme de Vanier . Bâton ou cerceau sous le fond du panier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="14" type="agriculture">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , se dit aussi en termes d'Agriculture . Planter une vigne à la <i>barre,</i> ou à la fiche ; c'est la planter en fichant le sarment dans un trou. <i>Pali in morem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="15" type="faiseur de clavessins">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="faiseur de clavessins" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre . Terme de faiseur de Clavessins . C'est un morceau de bois de la longueur du registre de l'épinette ou du clavessin, raboté, drapé, &amp; enjolivé d'ordinaire de petites <pb n="525" facs="bpt6k8542165/f565/full/1200,/0/native.jpg"/>fleurs, posé au-dessus des sautereaux, &amp; attaché à l'assemblage de l'épinette ou du clavessin, pour empêcher que les sautereaux ne sortent de leurs mortaises. <i>Asserculus.</i> Poser la <i>barre,</i> lever ou ôter la <i>barre</i> de l'épinette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="16" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , se dit aussi parmi les Cochers &amp; les Postillons, pour signifier la perche qu'on attache d'espace en espace aux piliers des écuries, pour empêcher que les chevaux ne s'approchent &amp; ne se battent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="17" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , se dit aussi de la pièce d'un tonneau qui traverse le fond par le milieu. <i>Asserculus transversum dolii fundum dividens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="18" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Blason" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , en termes de Blason , est une des pièces honorables de l'Ecu, qui divise l'Ecu en deux parties d'angle en angle, à commencer par le côté gauche d'enhaut, en tirant du côté droit. <i>Taenia diagonalis à sinistrâ ad dextram ducta &amp; tertiam scuti partem occupans.</i> Elle sert communément pour les bâtards, aussi-bien que le bâton ou filet mis en contrebande. Quand le bâton ne touche pas les bords de l'Ecu, on l'appelle <i>peri-en-barre.</i> De-là vient qu'on dit en proverbe, quand on veut taxer quelqu'un de bâtardise, qu'il est du côté gauche, ou de contrebande. On dit aussi, <i>Barré</i> d'or ou de gueules à cinq, ou huit pièces, &amp;c. quand l'Ecu, ou les pièces sont couvertes de <i>barres</i> qui traversent l'Ecu diagonalement de gauche à droite.</p><p>On appelle la <i>barre</i> de la Cour, le lieu où se placent quelques Conseillers commis pour faire quelques instructions de procès, &amp; les adjudications par decret. <i>Curiae repagula.</i> Il y avoit autrefois une grande <i>barre</i> de fer à la porte de la Grand'Chambre, sur laquelle se venoient appuyer les Conseillers pour recevoir les requêtes des parties : ce qu'on a appellé depuis <i>Instructions &amp; instances à la barre.</i> Voyez Imbert en sa <i>Pratique.</i> On appelloit autrefois <i>Barres,</i> les exceptions &amp; fins de non recevoir, que les défendeurs proposoient dès le commencement de l'instance : ce que Du Cange prouve par de vieux titres ; &amp; il dit qu'on les appelloit ainsi, parce qu'elles étoient comme des <i>barres</i> pour empêcher les plaideurs d'aller plus avant. L'Ordonnance de 1667. a abrogé les procédures qui se faisoient à la <i>Barre,</i> qui s'appelloient <i>Défauts aux Ordonnances.</i></p><p>On distingue trois sortes de <i>barres.</i> 1°, Les fins déclinatoires, qui sont proposées par le défendeur à l'effet de décliner la Justice, &amp; d'être renvoyé devant son juge naturel. 2°, Les fins dilatoires ; qui sont les fins de non recevoir résultantes de la prescription, ou autre cause. 3°, Les fins péremptoires, qui sont mises en avant par le défendeur, à l'effet de montrer au fonds que le demandeur est mal fondé en son action. Chaline. Qui de <i>barres</i> se veut aider, doit commencer aux déclinatoires, pour venir aux dilatoires, &amp; finalement aux péremptoires : &amp; si la dernière met devant, ne s'aidera des premières. Loisel. Ces Auteurs ont écrit avant l'Ordonnance de 1667. &amp; peuvent servir à entendre l'ancienne jurisprudence.</p><p>On fait l'adjudication des Offices à la <i>Barre</i> de la Cour. Elle se tient à Paris à la porte de la Grand'Chambre. Autrefois c'étoit au barreau qui ferme le parquet, d'où elle a pris son nom. La <i>Barre</i> des Requêtes du Palais s'appelle encore aujourd'hui leur <i>Parquet,</i> &amp; c'est-là où se font les instructions des affaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="19" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , se dit encore de quelques Jurisdictions subalternes. <i>Jurisdictio civilis.</i> La <i>Barre</i> du Chapitre Notre-Dame, c'est la Jurisdiction temporelle du Chapitre de Paris. On appelle aussi la <i>Barre</i> &amp; Siége de Nantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="20" type="escrime">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="escrime" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , Terme d'Escrime . On appelle dans les salles d'armes un fleuret qui a été rompu par le bout, &amp; auquel on a fait remettre un bouton, une <i>barre,</i> parce qu'elle est plus roide qu'un fleuret qui a toute sa longueur, <i>Gladius praepilatus, decurtatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="21" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , en termes de Marine , est un port où on n'entre que quand la mer est haute, parce que les bancs ou les rochers en défendent l'entrée. <i>Portus nisi alto mari invius.</i> Goa est un port de <i>barre</i> où on n'entre pas en tout temps. On appelle une des portes de Dieppe la porte de la <i>barre,</i> parce que ce lieu-là étoit autrefois l'entrée du port qui a changé de situation.</p><p>On appelle sur la Seine la <i>Barre,</i> un certain flot particulier à cette rivière, qui est environ de deux pieds de haut, qui vient fort impétueusement avec le flux de la mer, &amp; qui est fort dangereux pour les bateaux. <i>Fluctus decumanus.</i> On peut l'appeller de cette manière par analogie à ce dixième flot de la mer si formidable chez les Poëtes, &amp; qui n'étoit à craindre que par sa grandeur. Il y en a un pareil sur la Garonne &amp; sur la Dordogne, qu'on appelle le <i>Masquaret.</i> C'est le même flux de la mer, que ceux du pays nomment la <i>Barre,</i> parce qu'il s'élève sur la surface de la Seine en forme de <i>barre,</i> qu'on voit bien sensiblement passer à Quilbeuf, à Vilquier, à Caudebec, à la Mailleraye, &amp; à Jumiége, &amp; qui en remontant fait aussi remonter les eaux de la Seine environ quarante lieues, deux fois le jour, depuis le Havre de Grace jusqu'au pont de l'Arche, quoiqu'il n'y ait guère plus de vingt lieues de trajet par terre. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="22" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , ou <i>Barre sacrée,</i> étoit chez les Egyptiens un instrument de bois en forme de cassette partagée par deux sceptres posés en sautoir. Ils s'en servoient pour leurs sacrifices, &amp; pour leurs divinations. <i>Kirker Obelic. Pamph. &amp; Oedip. Aegypt. T. III. p.</i> 358.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="23" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BARRE" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barre , s. f. Terme de Fleuriste . Tulipe, qui est rouge, colombin clair &amp; blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="24" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barres , au plur. se dit d'un jeu ou course, où les deux partis se placent toujours en des lieux opposés. <i>Decursio palaestrica.</i> Il y avoit aussi autrefois un exercice militaire, qui étoit de lancer la <i>barre,</i> où celui-là montroit plus de force, qui la jettoit le plus loin. Les enfans jouent aux <i>barres,</i> pour s'échauffer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4296" id="25" type="">
   <index type="head" value="BARRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BARRE</head>
    <p>
    Barres , en termes de Manége , sont les parties de la gencive du cheval où il n'y a point de dents, situées entre les dents mâchelières &amp; les crochets : c'est où se fait l'appui du mors. <i>Gengivae pars genuinos inter &amp; caninos dentes media.</i> C'est un défaut à un cheval que d'avoir les <i>barres</i> rondes &amp; peu sensibles.</p><p>On appelle en terme de Chasse , Armes de la <i>barre,</i> les défenses d'un sanglier. <i>Dentes falcarii.</i></p><p>On appelle en Fauconnerie, <i>Barres</i> de la queue de l'éprevier, certaines bandes noires qui traversent sa queue. <i>Pullae taeniae caudam intersecantes.</i></p><p>On dit qu'on donnera cent coups de <i>barre</i> à quelqu'un, quand on le veut menacer de la bien battre. On dit, Avoir <i>barre</i> sur quelqu'un ; pour dire, Avoir avantage sur lui. On dit qu'on joue aux <i>barres,</i> lorsqu'on se va chercher réciproquement en même-temps, &amp; qu'on ne se trouve point. On dit encore proverbialement &amp; bassement, Roide comme la <i>barre</i> d'un huis ; pour dire, Sans pitié, sans rémission. On dit aussi des personnes peu sociables, qui se querellent souvent, qu'il faut mettre une <i>barre</i> entredeux, comme on fait aux chevaux dans les écuries. On dit aussi que des rats jouent aux <i>barres,</i> quand on veut dire qu'ils font un grand bruit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4297" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARREAU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARREAU</head>
    <p>
    BARREAU , s. m. En prononçant ce mot, faites comme dans <i>barre,</i> l'<i>a</i> long, &amp; ne prononcez qu'une <i>r.</i> Barre de bois, ou de fer, qui ferme à jour quelque passage quelque porte, quelque fenêtre, comme une espèce de grille ou de balustrade. Les fenêtres des prisons sont fermées avec de gros <i>barreaux</i> de fer. <i>Clatbri.</i> Le Choeur de cette Eglise est fermé de <i>barreaux</i> de bois. On met des <i>barreaux</i> de fer au bout des allées pour en continuer la vûe dans la campagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4297" id="2" type="imprimerie">
   <index type="head" value="BARREAU" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARREAU</head>
    <p>
    Barreau , en termes d'Imprimerie , est la pièce de fer en forme de manche qui sert à faire tourner la viz de la presse pour imprimer. <i>Manubrium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4297" id="3" type="">
   <index type="head" value="BARREAU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>BARREAU</head>
    <p>
    Barreau , au Palais, se dit des bancs où se mettent les Avocats dans les Chambres d'Audience, &amp; qui entourent le parquet, lequel se ferme avec un <i>barreau</i> de fer, d'où il a tiré son nom. <i>Curiae claustra.</i> Tous les <i>barreaux</i> étoient pleins pour voir cette cérémonie. On obligeoit autrefois les Avocats Généraux à passer le <i>barreau,</i> quand ils plaidoient seulement pour l'intérêt du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4297" id="4" type="">
   <index type="head" value="BARREAU" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARREAU</head>
    <p>
    Barreau , signifie aussi le lieu où l'on plaide. <i>Forum.</i> Cicéron après avoir hautement blâmé la conduite de ceux qui attaquent les personnes, au lieu de n'attaquer que les raisons, souilla pourtant lui-même le <i>Barreau</i> par des injures. Bail. Le P. Rapin a fait un Traité de l'éloquence de la Chaire, &amp; du <i>Barreau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4297" id="5" type="">
   <index type="head" value="BARREAU" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARREAU</head>
    <p>
    Barreau , se dit figurément des Avocats. Cet Avocat est l'honneur de <i>Barreau.</i> On a consulté tout le <i>Barreau</i> sur cette question. Ce jeune homme suit le <i>Barreau</i> ; pour dire, fait la profession d'Avocat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4297" id="6" type="">
   <index type="head" value="BARREAU" />
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    <head>BARREAU</head>
    <p>
    <pb n="526" facs="bpt6k8542165/f566/full/1200,/0/native.jpg"/> Barreau , se dit aussi de la discipline du Palais, &amp; des règlemens que doivent observer les Avocats. Toute la forme du <i>Barreau</i> est changée depuis quelque temps. C'est la règle, c'est l'usage du <i>Barreau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4298" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARREMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARREMENT</head>
    <p>
    BARREMENT , s. m. Ce mot se trouve dans Mézeray pour cassation des gages. <i>Abrogatio.</i> Dans ce mot, comme dans les précédens, &amp; dans le suivant, l'<i>a</i> est long, &amp; l'on ne prononce qu'une <i>r.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4299" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRER</head>
    <p>
    BARRER , v. act. Mettre une ou plusieurs barres. <i>Barrer</i> des fenêtres, des portes. <i>Obductis obicibus fores, fenestras occludere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4299" id="2" type="">
   <index type="head" value="BARRER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BARRER</head>
    <p>
    Barrer , signifie aussi, Fermer, &amp; se dit des ports &amp; des passages. Un port est <i>barré,</i> quand on en empêche l'entrée, soit par des défenses publiques, soit en le bouchant avec des pieux, des navires ou du canon, soit enfin quand on l'assiége avec une armée navale. On <i>barre</i> les passages lorsqu'on les garde, &amp; qu'on s'y retranche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4299" id="3" type="">
   <index type="head" value="BARRER" />
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    <head>BARRER</head>
    <p>
    Barrer , se dit encore des lignes &amp; ratures qu'on fait sur un acte pour en annuller les clauses, ou même toute la substance, quand on <i>barre</i> les signatures. <i>Scripturam expungere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4299" id="4" type="">
   <index type="head" value="BARRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRER</head>
    <p>
    Barrer les veines d'un cheval, est une opération qu'on fait sur ses veines pour arrêter le cours des mauvaises humeurs qui s'y jettent. <i>Venam intercidere.</i> On ouvre le cuir, on dégage la veine, on la lie dessus &amp; dessous, &amp; on la coupe entre les deux ligatures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4299" id="5" type="">
   <index type="head" value="BARRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRER</head>
    <p>
    Barré, ée , participe &amp; adj. Il a les significations de son verbe.</p><p>On appelle en Médecine l'Os <i>barré,</i> l'os pubis, ou du penil, qui s'ouvre, selon quelques-uns, lorsque les femmes accouchent.</p><p>On appelloit autrefois les Carmes, les Frères <i>barrés,</i> &amp; dans les vieux titres <i>birrati, radiati</i> &amp; <i>stragulati,</i> à cause qu'ils portoient des habits <i>barrés</i> de diverses couleurs, en ce que ces habits étoient divisés par quartiers blancs &amp; noirs, selon que s'en exprime le Père Louïs Beurrier dans les <i>Antiquités des Célestins de Paris,</i> &amp; le P. Papebrok, <i>Act. SS. April. T. I. p.</i> 795. &amp; suiv. Ils portoient d'abord des habits blancs ; mais les Sarasins, chez qui le blanc est la marque de la Noblesse, &amp; une distinction, quand ils eurent conquis la Terre Sainte, les obligerent à quitter le blanc. Ainsi ils furent contraints de s'habiller à la mode des Orientaux, d'habits rayés. Ils les avoient quand ils passerent en Occident, &amp; c'est ce qui les fit appeller les Frères <i>Barrés.</i> En l'an 1279. le Pape Martin changea leur nom &amp; leur habit, les appella <i>Carmes,</i> &amp; leur donna des manteaux blancs. Voyez Tritheme, <i>De Laud. Carmelitar. Lib. VI.</i> Le Concile de Vienne a défendu aux Ecclésiastiques des habits <i>barrés, virgatas vestes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4300" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRETTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BARRETTE</head>
    <p>
    BARRETTE , s. f. Bonnet dont on use en Italie. <i>Birretum.</i> En ce mot l'<i>a</i> est bref, &amp; l'on ne prononce qu'une <i>r.</i> A Venise les Nobles portent la <i>barrette</i> aux Cardinaux. Le Roi a accoutumé de donner lui-même la <i>barrette</i> à ceux qui ont été faits à sa nomination. C'est le bonnet qu'on donne aux Docteurs. Sur le déclin de l'Empire la vanité des Romains croissant à mesure que leur pouvoir diminuoit, ils ordonnerent que les seuls Patrices portassent les cheveux longs, &amp; eussent la tête découverte, bien qu'autrement la <i>barrette,</i> chez eux appellé <i>pileum,</i> fût la marque de la liberté. Mezer. En effet, sur les médailles la liberté tient de la main gauche une pique, &amp; de la droite une <i>barrette,</i> ou bonnet qui a la figure d'un cone.</p><p>Ménage dit que tous ces mots viennent de <i>birreta,</i> diminutif de <i>birrus,</i> dont les Latins ont usé pour une espèce de chapeau. D'autres disent qu'il signifie simplement un <i>bonnet d'enfant,</i> ainsi nommé, à cause qu'il est barré de passemens. C'étoit autrefois une coëffure fort serrée sur la tête, faite de toile fort fine, qui n'étoit d'abord portée que par les Papes. Depuis on donna ce nom au bonnet des Docteurs, &amp; ensuite à diverses autres coëffures qui ont été en usage en Italie, qui étoient différentes du chapeau, comme témoigne la Crusca. C'est un diminutif de <i>birrus,</i> qui signifioit autrefois un habillement qui couvroit tout le corps, &amp; non pas simplement un chapeau, comme dit Ménage. Voyez <ref type="search" target="head:BIRETTE">BIRETTE</ref>.</p><p>On dit proverbialement &amp; bassement, Parler à la <i>barrette</i> de quelqu'un ; pour dire, le quereller, lui faire quelque reproche, quelque réprimande. Il signifie même Battre, frotter les oreilles. Et moi je pourrois bien parler à ta <i>barrette.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4301" id="1" type="venerie">
   <index type="head" value="BARREUR" />
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    <head>BARREUR</head>
    <p>
    BARREUR . Terme de Venérie . On dit un chien <i>barreur</i> ; c'est le meilleur pour le chevreuil. Voyez <ref type="search" target="head:CHIEN">CHIEN</ref>. Dans ce mot, &amp; dans les suivans, l'<i>a</i> est long, &amp; l'on ne prononce qu'une <i>r.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4302" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRI" />
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    <head>BARRI</head>
    <p>
    BARRI , s. m. C'est le nom qu'on donne au cri de l'éléphant &amp; du rhinoceros. <i>Clamor.</i> Quelques Auteurs Latins ont appellé un éléphant <i>Barrus,</i> &amp; entre autres Festus &amp; Pierre Damien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4302" id="2" type="">
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    <head>BARRI</head>
    <p>
    Barri , subst. masc. Ce mot en langage Toulousain signifie fauxbourg ; &amp; en langage Provençal, muraille d'une Ville, que Du Bartas appelle <i>Barrailles</i> en ses Poëmes Gascons. Les anciens actes Latins faits dans ces Pays appellent un fauxbourg <i>barrium,</i> &amp; un acte fait en Espagne <i>Varrium.</i> Le bourg est distingué des <i>Barris,</i> ou fauxbourgs, dans un acte de l'an 1210. Catel <i>Hist. de Langued. L. II. p.</i> 130.</p><p>Ce mot vient apparemment de celui de <i>barre,</i> parce que les fauxbourgs sont aux barres ou portes des Villes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4303" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRICADE" />
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    <head>BARRICADE</head>
    <p>
    BARRICADE , s. f. Défense &amp; fortification, ou retranchement que l'on fait à la hâte avec des chaînes, des barriques, des charrettes, poutres ou arbres abattus, pour garder quelque passage, &amp; arrêter l'ennemi. <i>Munitio è doliis in aditu viarum.</i> Aussi-tôt les <i>barricades</i> se firent dans la Ville, &amp; on courut aux armes. On en fait aussi derrière la porte d'une chambre en la fermant avec des verrous, des barres, des coffres &amp;c. Les <i>Barricades</i> de la Ligue ; celles de la guerre de la Fronde faites à Paris au mois d'Août en 1648.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4304" id="1" type="">
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    <head>BARRICADER</head>
    <p>
    BARRICADER , verbe act. Fermer les avenues, les passages avec des barricades. <i>Viae alicujus fauces obductis doliis occludere.</i> On sonna l'alarme, &amp; on <i>barricada</i> toutes les rues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4304" id="2" type="">
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    <head>BARRICADER</head>
    <p>
    Barricader , se dit aussi fort souvent avec le pronom personnel, &amp; signifie, Se fortifier dans un lieu, &amp; empêcher les gens d'y entrer, en opposant quelque chose qui retienne ceux qui nous y veulent forcer. <i>Objectis obicibus munire se.</i> En un mot, <i>se barricader</i> se dit de tous les efforts que l'on peut faire, pour n'être point pris dans le lieu où l'on s'est retiré. Ils s'étoient bien <i>barricadés</i> par dedans. Nous nous <i>barricadâmes</i> dans le poste que nous venions de prendre, de crainte que l'ennemi ne nous vînt attaquer. On dit aussi, <i>se barricader</i> dans une maison. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4305" id="1" type="monnoie">
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    <head>BARRIER</head>
    <p>
    BARRIER , sub. m. Prononcez <i>Barier,</i> terme de monnoie . C'est l'ouvrier qui tourne la barre d'un balancier, qui sert à monnoyer les flans d'or &amp; d'argent. Il y a plusieurs <i>Barriers</i> qui font tourner le balancier. On dit aussi tireur de barre. <i>Libramenti motor.</i> Boizard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4306" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRIÈRE" />
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    <head>BARRIÈRE</head>
    <p>
    BARRIÈRE , s. f. l'<i>a</i> est long. Sorte de Fortification qui se fait à un passage, à un retranchement, à une porte, pour en défendre l'entrée. <i>Obex, repagulum, portae cataracta.</i> Elle est faite de plusieurs grosses pieces de bois, fichées en terre à hauteur d'homme, à travers desquelles passent des solives ; &amp; au milieu il y a une barre des bois qui est mobile, qui s'ouvre &amp; qui se ferme quand on veut.</p><p>Ce mot vient de <i>barreria</i>, ou <i>barrera</i>, qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification. On en met aussi dans les cours des grandes maisons, pour empêcher que les carrosses n'approchent trop près des murs, &amp; ne les gâtent, &amp; en tous les lieux où on veut empêcher le passage aux chevaux &amp; aux carrosses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4306" id="2" type="">
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    <head>BARRIÈRE</head>
    <p>
    Barrière , est aussi, dans les lieux où l'on paye les entrées, une grosse pièce de bois posée le long de deux poteaux. <i>Vectis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4306" id="3" type="">
   <index type="head" value="BARRIÈRE" />
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    <head>BARRIÈRE</head>
    <p>
    Barrière , est aussi un petit parc fermé de semblable façon, où on fait des combats de taureaux, &amp; où on faisoit des joûtes, des tournois, des courses de bague. <i>Carceres.</i> Les anciens Chevaliers faisoient autrefois plusieurs combats de <i>barrière.</i> Si-tôt qu'un cheval de bague a franchi la <i>barrière,</i> il court de toute sa force.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4306" id="4" type="">
   <index type="head" value="BARRIÈRE" />
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    <head>BARRIÈRE</head>
    <p>
    Barrière des Sergens, est un pavillon ou une espèce de boutique où se tiennent les Sergens pour attendre la pratique. <i>Apparitorum officina.</i> Autrefois ils se tenoient sur la <i>barrière</i> qui étoit à la porte de l'Hôtel Seigneurial où l'on rendoit la justice, &amp; ils en étoient comme les gardes. Depuis on leur a permis de bâtir un petit logement un peu plus loin, pour y écrire plus commodément leurs exploits : ce logement a retenu le nom de <i>barrière.</i></p><p>Les Romains établissoient en certains lieux de leurs Villes des corps de garde d'Huissiers, ou Sergens, qu'ils nommoient <pb n="527" facs="bpt6k8542165/f567/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Stationarii,</i> parce qu'ils étoient obligés de demeurer continuellement un certain nombre dans ces postes, pour être toujours prêts d'appaiser les querelles, ou émotions populaires, d'arrêter les coupables, &amp; de se rendre aux mandemens des Magistrats &amp; Officiers de police. Nos Ancêtres prirent cet usage des Romains. Ce sont aujourd'hui nos <i>barrières</i> des Sergens, dont le nombre a été augmenté à Paris en différens temps, jusqu'à quatorze, à proportion de l'accroissement de la Ville. Il n'y a aucune de ces <i>Barrières</i> dont l'établissement ne soit connu, ou par des lettres patentes, ou par des Arrêts du Parlement, excepté trois établies aux deux Portes de la Cité, aujourd'hui le grand &amp; le petit Châtelet, &amp; à la Porte Baudets. D'où l'on conclut que ces trois corps de garde avoient été établis dès le temps des Romains, aux trois principales portes de la Ville, &amp; que la Garde leur en étoit commise. Nous les avons nommés <i>Barrières,</i> du mot <i>Barra</i> de la basse Latinité, parce que ces premières furent établies proche des portes de la Ville, où il y avoit des barrières pour arrêter ceux qui auroient entrepris de troubler la tranquillité publique. Du Cange au mot <i>Barra. Barrae dicuntur praesertim repagula ac septa, quae ad munimenta Oppidorum &amp; Castrorum vel ad eorum introitus ac portas ponuntur, ne inconsultis custodibus in eas aditus quibusvis pateat. Guilel. Brito. L. III. Philip.</i> Et une Charte de Philippe Auguste de l'an 1195. nous apprend que c'étoit l'usage d'y établir un certain nombre de Sergens pour y veiller. Du Cange au même endroit. <i>Servientes villae, &amp; ii qui Barras &amp; portas villae servant,</i> &amp;c. De la Mare. <i>Tr. de Pol. L. I. T. VI. C.</i> 3. <i>&amp; T. XI. C.</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4306" id="5" type="">
   <index type="head" value="BARRIÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BARRIÈRE</head>
    <p>
    Barrière , se dit figurément en Morale d'un obstacle, d'un passage difficile qu'on trouve en voulant passer d'un pays à un autre, comme la mer, les grandes rivières, les montagnes. <i>Obex, obstaculum.</i> La nature a eu beau mettre des <i>barrières</i> entre l'ancien &amp; le nouveau monde, elle n'en a pas pû empêcher l'entrée à l'avarice des hommes. Le Rhin n'étoit pas une assez forte <i>barrière</i> à leur courage. Ablanc. Je prévois trois ou quatre inconvéniens &amp; de puissantes <i>barrières</i> qui s'opposeront à votre course. Pasc. L'étude de la Philosophie est une bonne <i>barrière</i> pour opposer à l'ambition, à l'avarice, &amp;c. La rigueur des supplices n'est pas une assez forte <i>barrière</i> pour arrêter la méchanceté des hommes. Les Favoris veulent que les graces se distribuent par leurs mains, &amp; ils s'offensent quand on force la <i>barrière</i> pour s'adresser directement au Prince. Cail. Les préjugés sont autant de <i>barrières</i> qui arrêtent d'abord les esprits paresseux &amp; superficiels. Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4307" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRIL" />
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    <head>BARRIL</head>
    <p>
    BARRIL . Voyez <ref type="search" target="head:BARIL">BARIL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4308" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARRIQUE" />
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    <head>BARRIQUE</head>
    <p>
    BARRIQUE . Voyez <ref type="search" target="head:BARIQUE">BARIQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4309" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARROIS" />
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    <head>BARROIS</head>
    <p>
    BARROIS , s. m. En ce mot l'<i>a</i> est bref, &amp; l'on ne prononce qu'une <i>r.</i> Pays entre la Champagne &amp; la Lorraine. Le Barrois a titre de Duché, &amp; c'est un fief dépendant de la Couronne de France. Il se divise en <i>Barrois Royal,</i> qui est à l'Occident de la Meuse, &amp; dans lequel est Bar-le-Duc, Capitale du <i>Barrois,</i> &amp; le <i>Barrois Ducal</i> qui est à l'Orient de la même rivière. Dans l'ordinaire on dit plus le Duché de <i>Bar,</i> que le <i>Barrois. Bariensis Ducatas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4310" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARROIS, OISE" />
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    <head>BARROIS, OISE</head>
    <p>
    BARROIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de <i>Bar,</i> ou du <i>Barrois. Bariensis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4311" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARROT" />
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    <head>BARROT</head>
    <p>
    BARROT . Voyez <ref type="search" target="head:BAROT">BAROT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4312" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARROTIN" />
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    <head>BARROTIN</head>
    <p>
    BARROTIN . Voyez <ref type="search" target="head:BAROTIN">BAROTIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4313" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARROYER" />
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    <head>BARROYER</head>
    <p>
    BARROYER , v. n. L'<i>a</i> est long comme dans Barreau. Hanter le Barreau. <i>Forum frequentare.</i> Ce terme est vieux &amp; burlesque, &amp; ne se dit que par mépris des jeunes Avocats qui plaident, tellement quellement. Mais dans l'ancienne Pratique ce mot signifioit, Faire des procédures, &amp; instruire des procès dans certains délais ; ce qui se faisoit à la Barre de la Cour : &amp; alors on appelloit <i>Barres</i> les défenses &amp; exceptions qu'on y proposoit les unes après les autres. Voyez <ref type="search" target="head:Ragueau">Ragueau</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4314" id="1" type="luthier">
   <index type="head" value="BARRURE" />
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    <head>BARRURE</head>
    <p>
    BARRURE , s. f. L'<i>a</i> est long. Terme de Luthier . Barre du corps du Luth.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4315" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARSANIENS" />
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    <head>BARSANIENS</head>
    <p>
    BARSANIENS . <i>Barsaniani.</i> Nom de certains hérétiques qui soutenoient toutes les erreurs des Gaïanites &amp; des Théodosiens. Ils faisoient leur sacrifice &amp; leur communion en mettant une certaine pâte sur le bout de leur doigt ; puis ils en mangeoient une petite partie, &amp; ils en ajoûtoient ensuite autant qu'ils en avoient consumé. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Jean Damascène. La division se mit parmi les hérétiques, qui rejettoient le Concile de Chalcédoine, &amp; étoient Eutychiens. Sévère donna à ses disciples le nom de Sévériens ; Gajan aux siens celui de Gaïanites ; Théodose &amp; Themistius celui de Théodosiens &amp; de Thémistiens à leurs Sectateurs ; &amp; d'eux nâquirent quelque temps après les Jacobites &amp; les <i>Barsaniens.</i> God.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4316" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARSANUPHIEN, ENNE" />
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    <head>BARSANUPHIEN, ENNE</head>
    <p>
    BARSANUPHIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de Secte hérétique. <i>Barsanuphianus.</i> C'est la même chose que Barsanien. Du temps de Marc Patriarche Jacobite d'Alexandrie, qui fut ordonné l'an 193. de l'hégire, c'est-à-dire, 815. de J. C. &amp; qui tint le siége 10. ans &amp; 70. jours selon Elmacin, 20. ans selon l'Histoire des Patriarches Cophtes, imprimée par Echellensis, &amp; au vrai 20. ans 81. jours, comme le P. Du Solier Jésuite l'a montré dans son <i>Hist. Chronol. des Patriarches d'Alexandrie,</i> p. 81. De son temps, dis-je, les <i>Barsanuphiens,</i> séparés des Jacobites dès le temps de l'Empereur Zénon, se réunirent à eux. Fleur. Au reste, on ne voit pas pourquoi M. l'Abbé Fleury dit <i>Barsanuphiens.</i> Je trouve par-tout <i>Barsaniens,</i> &amp; jamais <i>Barsanuphiens.</i> Cela pourroit même causer une erreur, &amp; faire croire que <i>Barsanuphius,</i> ce Moine d'Egypte si saint, dont l'Histoire Ecclésiastique parle au quatrième siècle, seroit Auteur de quelque Secte hérétique, ce qui n'est pas. Il faut donc dire <i>Barsanien,</i> &amp; non pas <i>Barsanuphien.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4317" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAS-SUR-AUBE" />
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    <head>BAS-SUR-AUBE</head>
    <p>
    BAS-SUR-AUBE , s. m. Espèce de raisin appellé autrement Chasselas. Voyez <ref type="search" target="head:CHASSELAS">CHASSELAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4318" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARTAVELLE" />
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    <head>BARTAVELLE</head>
    <p>
    &#9758; BARTAVELLE , s. f. Espèce de perdrix rouge, plus grosse que les perdrix ordinaires. Les <i>Bartavelles</i> viennent de Dauphiné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4319" id="1" type="">
   <index type="head" value="BARTHELEMI" />
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    <head>BARTHELEMI</head>
    <p>
    BARTHELEMI , s. m. <i>Bartholomaeus.</i> Nom d'homme. C'est le nom d'un des Apôtres de Jesus-Christ. Quelques-uns croient que ce mot vient de <i>bar</i>, &amp; de <i>tholmaï</i> ; &amp; qu'ainsi il veut dire <i>fils de Tholmaï</i> ; ils ajoûtent que <i>Tholmaï</i> est le même mot en Hébreu &amp; en Syriaque, que en Grec, Ptolomée. Voyez Drusius &amp; Vossius, dont Ravanelle ne croit pas qu'on doive suivre le sentiment. Hésychius l'interprète, , ce qui signifie non pas fils de celui qui tire de l'eau, <i>filius haurientis aquas,</i> comme a dit Hoffman, mais <i>filius suspendentis aquas.</i> Car outre que c'est le sens de , c'est qu'Hésychius n'a pû tirer cette étymologie &amp; ce sens que de <i>bar,</i> fils, , <i>thole,</i> suspendant, qui suspend, &amp; <i>maïm, les eaux.</i> Or ne signifie point puiser, tirer de l'eau, c'est ou : pour , il ne signifie que <i>suspendre.</i> Cette étymologie d'Hésychius est fausse. On pourroit peut-être absolument la tirer de , en changeant le , ou <i>d,</i> en , ou <i>t</i> ; mais c'est à celle de Drusius, de Vossius &amp; de Lightfoot, rapportée ci-dessus, qu'il s'en faut tenir. Depuis la conquête des Grecs, les noms Grecs ou demi-Grecs étoient très-communs dans la Syrie &amp; la Palestine, même parmi les Juifs, comme on le voit dans Josephe ; &amp; <i>Tholemaeus</i> en particulier est un nom de Juif qui se trouve dans cet Auteur, <i>Antiq.</i> L. XX. c. 1. Les uns prononcent <i>Barthelémi,</i> les autres <i>Barthélemi,</i> ou Barthelmi. Le premier est le meilleur ; l'autre est du peuple.</p><p>S. Barthelémi travailla dans l'Arménie majeure, &amp; convertit les peuples de Lycaonie. Il prêcha aussi en Albanie, &amp; dans l'Inde citérieure. Le frère d'un Prince, qu'il avoit converti, le fit écorcher tout vif. God. Eusèbe, <i>Hist.</i> Liv. III. ch. X. dit que S. <i>Barthelémi</i> prêcha dans les Indes. On tient qu'il fut écorché vif dans la ville d'Albe en Arménie par l'ordre du Roi, nommé Astyage. Quelques-uns croient que S. <i>Barthelémi</i> est le Nathanaël que S. Philippe amena à J. C. Gregoire de Tours &amp; Anastase le Bibliothécaire, disent que son tombeau étoit à Lipari, petite Isle voisine de Sicile, soit qu'il y soit effectivement mort, soit, comme il est plus vrai semblable, qu'on y eût apporté son saint corps.</p><p>
    </p>
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    <head>BARTOLE</head>
    <p>
    BARTOLE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Bartolus. Bartole</i> est un grand Jurisconsulte moderne, qui nâquit en 1309. &amp; eut pour Précepteur Pierre des Assises, ou Pierre de la Piété. <i>Bartole</i> est, ou a passé pour être fort décisif, comme le dit Alciat dans une épigramme.</p><p>De là, c'est-à-dire, de ses fréquentes décisions ou résolutions, est venu le Proverbe, Résolu comme <i>Bartole,</i> ou <pb n="528" facs="bpt6k8542165/f568/full/1200,/0/native.jpg"/>Plus résolu que <i>Bartole,</i> qui consiste en une équivoque du mot <i>résolu.</i> Voyez Pasquier, <i>Rech.</i> Liv. VIII. chap. XIV.</p><p>
    </p>
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    <head>BARULE</head>
    <p>
    BARULE , s. m. Nom de Secte. <i>Barulus.</i> Les <i>Barules</i> renouvelloient les erreurs d'Origène touchant la création &amp; le péché des ames, disant qu'elles avoient été créées toutes ensembles avant la création du monde, &amp; qu'elles avoient péché dèslors. Ils attribuoient aussi un corps fantastique à J. C. comme font les Anabaptistes. C'est ce qu'en rapporte Sanderus <i>de haer.</i> 149.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BARWICK</head>
    <p>
    BARWICK . Ville du Comté de Northumberland dans l'Angleterre septentrionale, à l'embouchure de la Twede, &amp; aux confins de l'Ecosse. <i>Bervicum, Borcovicum. Barwick</i> a titre de Duché. C'est l'ancienne <i>Tuesis</i> des Ottadiens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS</head>
    <p>
    BAS , s. m. Ce qui est au-dessous d'une autre chose à laquelle il a relation. <i>Inferior pars.</i> Cette femme a le <i>bas</i> du visage fort beau. Le <i>bas</i> d'une maison est mal-sain pour y habiter. Cette maison est bâtie dans le <i>bas</i> de la montagne. Le <i>bas</i> du pavé, c'est le côté du ruisseau. Dans ce pays il y a du haut &amp; du <i>bas.</i> Il y avoit au <i>bas</i> de votre lettre trois écritures différentes. Voit. Il y a un écriteau au <i>bas</i> de la statue. Il l'accompagna jusqu'au <i>bas</i> de l'escalier. On dit figurément la même chose d'un style, d'un Ouvrage de Poësie ou d'Eloquence, qui a de grandes inégalités.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS</head>
    <p>
    Bas se prend quelquefois dans un sens figuré, &amp; on l'oppose au sublime : Vouloir unir les extrêmes, le comique au sérieux, le <i>bas</i> au sublime... Ne confondez point le <i>bas</i> avec le comique. Amusemens sérieux et comiq.</p><p>Ce mot vient de <i>bassus</i>, qui selon Isidore &amp; Papias a signifié un homme gros &amp; gras, court &amp; de petite taille. Nicot dérive ce mot du Grec , qui signifie <i>base,</i> &amp; <i>soutenement.</i></p><p>On appelle sur la mer les <i>bas,</i> les parties du vaisseau qui sont au-dessous.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS</head>
    <p>
    BAS , se dit en Botanique. Les feuilles du <i>bas</i> d'une plante, c'est-à-dire, les premières feuilles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS</head>
    <p>
    Bas , se dit aussi de la partie inférieure des habillemens. Un <i>bas</i> de robe, c'est la partie de la robe d'une femme, qui est depuis la ceinture. On baise aux Princesses le <i>bas</i> de la robe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS</head>
    <p>
    &#9758; BAS ,On dit en Astrologie, le bas du ciel, imum coeli ; pour dire, la troisième ou quatrième maison d'un horoscope, ou est le nadir, ou la partie du ciel la plus basse à notre égard.<br/>On dit d'une médecine ou d'un autre remède, qu'elle a fait aller le malade par haut &amp; par <i>bas,</i> ou qu'elle l'a purgé par haut &amp; par <i>bas,</i> pour dire qu'elle l'a fait vomir &amp; aller à la selle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    BAS, BASSE , adj. Terme relatif. <i>Humilis, infimus, imus.</i> Qui a moins de hauteur qu'un autre corps auquel on le compare. Le centre de la terre est le lieu le plus <i>bas</i> du monde à notre égard. Ce plancher est trop <i>bas,</i> n'est pas assez élevé. Les <i>bas</i> côtés d'une Eglise. Des souliers <i>bas,</i> qui n'ont pas le talon fort haut.</p><p>En Botanique, une plante qui est <i>basse,</i> veut dire une plante qui ne s'élève guère haut.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas , se dit aussi de ce qui est au rez de chaussée, ou au dessous. Une salle <i>basse.</i> Un appartement <i>bas.</i> La Chapelle <i>basse</i> d'une Eglise. La <i>basse</i> fosse d'une prison. Les <i>basses</i> offices.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas , se prend aussi quelquefois pour Profond. <i>Altus, profundus.</i> Un fossé <i>bas,</i> un puits <i>bas,</i> une cave <i>basse.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas , se dit aussi des pays qui approchent près de la mer en comparaison de ceux qui sont vers les montagnes, ou vers la source des rivières. <i>Inferior.</i> Le <i>bas</i> Languedoc. La <i>basse</i>-Bretagne. La <i>basse</i>-Normandie. La <i>basse</i>-Saxe. Le <i>bas</i> Palatinat. On nomme la Flandre absolument le <i>Pays-Bas.</i> Il est vrai que dans les pays qui sont près de la mer, on appelle souvent <i>bas</i> ce qui est plus près de la mer, &amp; <i>haut</i> ce qui en est plus éloigné, comme la haute &amp; la <i>basse</i>-Brétagne, la haute &amp; la <i>basse</i>-Normandie, la haute &amp; la <i>basse</i>-Provence, le haut &amp; le <i>bas</i>-Languedoc, le haut &amp; le <i>bas</i>-Poitou, la haute &amp; la <i>basse</i>-Picardie, &amp;c. Il est vrai aussi que dans les pays éloignés de la mer, on se règle souvent sur le cours des rivières qui les traversent, &amp; qu'on appelle <i>haut,</i> ce qui approche le plus de la source de la rivière, &amp; <i>bas</i> ce qui est le plus près de l'embouchure : c'est ainsi qu'on a distingué le haut &amp; le <i>bas</i>-Maine, la haute &amp; la <i>basse</i>-Alsace, la haute &amp; la <i>basse</i>-Autriche. Enfin, il est vrai qu'on se règle aussi souvent sur la situation du pays par rapport aux montagnes, &amp; qu'on appelle pays haut celui qui est dans les montagnes, &amp; pays <i>bas</i> celui qui est dans les plaines. Ainsi on a dit la haute &amp; la <i>basse</i>-Auvergne, &amp;c. Mais avec tout cela il est aussi certain que sans aucune autre raison apparente, le seul usage a fait donner ces noms à différens pays pour les distinguer, &amp; c'est ainsi qu'on appelle haute-Champagne le pays qui est vers Rheims, &amp; <i>basse</i>-Champagne le pays qui est vers Troyes &amp; Langres. Bien plus, on appelle haute-Gascogne, la partie de la Gascogne qui approche le plus de la mer, &amp; <i>basse</i>-Gascogne, la partie qui est la plus éloignée de la mer, ce qui est contre toutes les règles ordinaires.</p><p>On dit, la <i>basse</i> region de l'air ; pour dire, la partie de l'air où sont les nuées, &amp; où se forment les foudres &amp; les tempêtes. On appelle aussi un temps <i>bas,</i> lorsque l'air est obscur, chargé de nuées, &amp; lorsqu'elles semblent plus près de la terre. On dit aussi la <i>basse</i> région de l'ame ; pour dire, celle où se forment les violentes passions &amp; les desirs déréglés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas , se dit aussi de ce qui est au-dessous des autres dans les emplois, dans les conditions des hommes. Les <i>bas</i> Officiers sont les subalternes, qui en ont d'autres qui les commandent. Le <i>bas</i> Choeur du Chapitre, ce sont les Chantres &amp; les Chapelains. Les <i>basses</i> classes, sont celles qui sont au dessous de la Rhétorique &amp; de la Philosophie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas , se dit aussi de ce qui est moins estimé en quelque chose. On l'a mis au <i>bas</i> bout de la table ; c'est-à-dire, au lieu le plus éloigné des personnes de condition. Les <i>basses</i> cartes, ce sont les moindres du jeu. Ce vin est au <i>bas,</i> &amp; sent la lie.</p><p>En termes de Jurisprudence , on appelle <i>basse</i> Justice, celle qui connoît des droits dûs au Seigneur, cens &amp; rentes, exhibitions de contrats, de la Police, d'un dégat des bêtes, d'injures légères dont l'amende ne peut excéder sept sols six deniers ; &amp; cela par opposition à la <i>moyenne,</i> &amp; à la <i>Haute</i> Justice.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas , se dit encore de la mer, des lacs, des étangs, des rivières, &amp; signifie qui a peu d'eau. <i>Depressus.</i> Ces étangs sont bien <i>bas.</i> Les rivières sont bien <i>basses.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bas , se dit du temps aussi-bien que du lieu. Les médailles du <i>bas</i> Empire, ce sont celles des Empereurs qui ont vécu depuis la décadence de l'Empire, depuis Constantin le Grand jusqu'au dernier Empereur du même nom. <i>Recentior.</i> La <i>basse</i> Latinité, c'est la corruption de la langue Latine. <i>Corruptus.</i> Le Carême est <i>bas,</i> c'est-à-dire, il commence de bonne heure, dès le mois de Février. <i>Proximus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bas , se dit figurément en choses morales. <i>Abjectus, humilis, demissus.</i> Une ame <i>basse,</i> un esprit <i>bas,</i> qui n'ont rien d'élevé. Un coeur <i>bas,</i> qui est lâche. Une mine <i>basse,</i> qui ne témoigne aucune grandeur d'ame. Il y a des esprits élevés qui ont l'ame <i>basse.</i> Le P. Bourd. Un esprit né sans fard, sans <i>basse</i> complaisance, fuit ce ton radouci. Boil. On dit encore un style <i>bas,</i> qui est rampant, qui n'a rien de noble, qui est sans figure. Un mot <i>bas,</i> qui ne se dit que par le peuple.</p><p>C'est ici le lieu d'expliquer nettement &amp; au juste ce que c'est qu'un terme <i>bas,</i> une expression <i>basse,</i> &amp; avec quel soin on doit éviter ces sortes de fautes dans le discours, surtout s'il est grave &amp; sérieux. Nous avons là-dessus d'excellentes remarques dans la dernière Edition des Oeuvres de M. Despréaux. Voyez la neuvième de ses réflexions critiques sur quelques passages de Longin ; il n'y a rien de mieux écrit ni de plus sensé. En voici le précis. Longin dit, chap. 34. que les mots <i>bas</i> sont comme autant de marques honteuses qui flétrissent l'expression. Là-dessus M. Despréaux remarque que cela est vrai dans toutes les langues, qu'on souffrira plutôt, généralement parlant, une pensée <i>basse</i> exprimée en termes nobles, que la pensée la plus noble exprimée en termes <i>bas.</i> La raison qu'il en apporte, est que tout le monde ne peut pas juger de la justesse &amp; de la force d'une pensée, mais qu'il n'y a presque personne, sur-tout dans les langues vivantes, qui ne sente la bassesse des mots. Il ajoûte que les mots des langues ne répondent pas toujours juste les uns aux autres, &amp; qu'un terme Grec très-noble ne peut souvent être exprimé en François que par un terme très-<i>bas.</i> Cela se voit par les mots d'<i>asinus</i> en Latin, &amp; d'<i>âne</i> en François, qui sont de la dernière bassesse dans l'une &amp; dans l'autre de ces langues, quoique le mot qui signifie cet animal, n'ait rien de <i>bas</i> en Grec ni en Hébreu ; on le voit employé dans les endroits mêmes les plus magnifiques. Il en est de même du mot de <i>mulet</i> &amp; de plusieurs autres. Enfin, ce qui est encore plus propre de ce Dictionnaire, il remarque fort judicieusement que les langues ont chacune leur bizarrerie, mais que la Françoise est principalement capricieuse sur les mots, &amp; que bien qu'elle soit riche en beaux termes sur de certains sujets, il y en a beaucoup où elle est fort pauvre, &amp; qu'il y a un très-grand nombre de petites choses qu'elle ne sauroit dire noblement. Ainsi, par exemple, quoique dans les endroits les plus sublimes elle nomme sans s'avilir, <i>un mouton, une chèvre, une brebis,</i> elle ne sauroit sans se diffamer, dans un style un peu élevé, nommer <i>un veau, une truie, un cochon.</i> Le met de <i>genisse</i> en François est fort beau, sur-tout dans une Eglogue : <i>vache</i> ne s'y peut pas souffrit : <i>Pasteur</i> &amp; <i>Berger</i> y sont du plus bel usage ; <i>gardeurs de pourceaux,</i> ou <i>gardeurs de boeufs</i> y seroient horribles. Cependant il n'y a peut-être pas dans le Grec deux plus beaux mots que , qui répondent à ces deux mots François ; &amp; c'est pourquoi Virgile a intitulé ses Eglogues de ce doux nom de <i>Bucoliques,</i> qui veut pourtant dire en notre langue à la lettre, les Entretiens des bouviers, ou des gardeurs de boeufs.</p><p>On peut ajouter que la langue Françoise est celle qui souffre moins les termes <i>bas,</i> non-seulement dans le style élevé, mais dans les conversations ordinaires des honnêtes-gens, où les termes <i>bas</i> ne s'emploient point, à moins qu'on ne parle de certaines choses qui font tout le sujet du discours, comme d'agriculture, d'anatomie, car ailleurs le bel usage veut qu'on substitue d'autres termes à la place de ceux qui sont communs, quoique François d'ailleurs. On a des exemples de cela au Palais ; il y a même quelques personnes qui croient qu'en parlant de guerre on dit <i>tranchée</i> &amp; <i>fascine,</i> au lieu de <i>fossé</i> &amp; de <i>fagot,</i> pour éviter des expressions communes &amp; basses ; en effet, on seroit surpris de lire dans une gazette qu'un Lieutenant général portoit des <i>fagots.</i> Quoi qu'il en soit de cette remarque, qui n'est peut-être ni tout-à-fait vraie, ni tout-à-fait fausse, il est sûr que la langue Françoise est aussi réservée dans l'usage des expressions <i>basses,</i> que d'autres langues sont libres, &amp; hardies ; on en peut juger par la manière dont on s'exprime en parlant de certaines actions naturelles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas , en termes de Médecine , se dit du <i>bas</i> ventre : ce qui fait la troisième partie de la division du corps humain en trois ventres, dont le premier est la tête, le second la poitrine, avec ce qui est au-dessous du diaphragme, &amp; le troisième ce qui est au-dessous jusqu'aux cuisses, que le peuple appelle absolument le <i>ventre. Alvus.</i> Et à l'égard des autres organes des sens, on dit qu'un homme a la vûe <i>basse, Myops,</i> pour dire, qu'il a la vûe courte ; &amp; la voix <i>basse ; Submissus, depressus, debilis,</i> pour dire ; qu'il l'a foible.</p><p>En termes d'Orfèvre , on appelle de l'or <i>bas,</i> de l'argent <i>bas,</i> ou de <i>bas</i> aloi, celui qui est foible, où il y a de l'alliage, qui n'est pas au titre du poinçon de Paris, ou de celui auquel on bat les monnoies. <i>Vilis.</i> L'argent d'Allemagne est fort <i>bas.</i> On appelle <i>bas</i> billon d'argent, celui qui est au-dessous de cinq deniers ; &amp; <i>haut</i> bilion, celui qui est au-dessus jusqu'à dix.</p><p>En termes de Sculpture , on appelle <i>bas-relief,</i> ou <i>basse-taille,</i> ce qui est opposé à <i>plein-relief,</i> ou ronde-<i>bosse</i> ; une sculpture relevée en demi-bosse, qui est attachée à un fond, d'où elle ne sort qu'en partie. <i>Minora sigilla.</i> M. Félibien distingue trois sortes de <i>bas-reliefs</i> ; dans les uns les figures qui sont sur le devant paroissent presque de relief ; dans les autres elles ne sont qu'en demi-bosse, &amp; d'un relief beaucoup moindre ; &amp; dans la dernière espèce elles sont encore moins élevées, &amp; ont peu de relief à la manière des vases, des camaïeux, des médailles, &amp; des monnoies.</p><p>On dit en tapisserie, Haute &amp; <i>basse</i> lisse, ou <i>basse</i> marche, selon la manière du travail. <i>Supremi &amp; infimi licii aulaeum.</i></p><p>En termes de guerre , on appelle <i>basse</i> enceinte, la fausse braie ; &amp; Place <i>basse,</i> la casemare, &amp; le flanc retiré ; qui sert à défendre le fossé. <i>Depressus.</i> On dit, faire <i>main-basse,</i> quand on ne donne point de quartier.</p><p>En termès de Marine, on appelle aussi <i>Bas</i>-bord ; le côté gauche du navire, opposé à <i>stribord,</i> qui est le côté droit, eu égard à celui qui étant à la pouppe, regarde la proue. <i>Latus sinistrum.</i> Les Levantins disent <i>orse.</i> Faire feu de <i>bas-bord.</i> On appelle aussi un vaisseau de <i>bas-bord,</i> une Galère, ou autre bâtiment qui n'a qu'un pont ; par opposition aux grands vaisseaux qu'on appelle de <i>haut-bord.</i> Les Brigantins qui ne portent point de couverte, sont des vaisseaux de <i>bas-bord. Bas-bord-tout,</i> est le commandement que l'on fait au timonier de pousser la barre du gouvernail tout-à-fait à gauche. On appelle <i>bas-bords,</i> la partie de l'équipage qui doit servir <i>à bas-bord.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas-fond , est un fond où il y a peu d'eau, qui est dangereux, où il est aisé d'échouer, &amp; où il faut être guidé par des Pilotes côtiers. <i>Locus aquae depressior.</i> On l'appelle autrement <i>Pays-somme.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas-Justicier . Voyez plus bas en son rang.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4325" id="13" type="">
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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Basse-cour , s. f. Cour de derrière dans un hôtel, où on loge les valets, &amp; où sont les écuries, les remises de carrosse. Le mot de <i>basse-cour</i> dans cette signification est tout-à-fait impropre, on dit seulement cour de derrière. <i>Area postica.</i></p><p>On appelle aussi à la campagne une <i>basse-cour,</i> la cour où l'on met tout l'attirail d'une maison de campagne ; comme sont les charrues, les bestiaux, les volailles, le fumier, les cuves, pressoirs, &amp;c. <i>Chors, cors.</i> Un Gentilhomme vit honnêtement à la campagne des fruits de sa <i>basse-cour.</i></p><p>On appelle des nouvelles de la <i>basse-cour,</i> celles qui sont fausses, &amp; qui viennent de gens mal informés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Basses-voiles , sont les grandes voiles d'en bas : ce qui se dit sur-tout de celles du grand mât, &amp; du mât de misaine, par opposition à celles de hune, &amp; de perroquet. <i>Velum summi mali maximum, infimum.</i></p><p>En termes de Fauconnerie , on appelle un oiseau <i>bas,</i> quand il est maigre &amp; décharné. <i>Macer, macilentus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS, BASSE</head>
    <p>
    Bas-voler , s. m. Terme de Chasse , qui se dit des perdrix, des cailles, &amp; autres oiseaux qui ont le vol peu élevé. <i>Volatus demissior.</i></p><p>En l'Eglise on appelle une Messe <i>basse, Missa sine cantu,</i> celle qui est dite sans être chantée par le Choeur, &amp; sans assistance de Diacre &amp; de Soûdiacre.</p><p>En Musique, on dit qu'une corde est trop <i>basse,</i> qu'un luth est monté trop <i>bas,</i> lorsqu'elle ne s'accorde pas avec les autre cordes, ou qu'un instrument ne s'accorde pas avec les autres. <i>Demissus, suppressus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS</head>
    <p>
    BAS , adv. Il a acheté cette charge dix mille écus argent <i>bas</i> ; pour dire, argent comptant. <i>Praesente, numeratâ pecuniâ.</i> Quand on demande la vie, il faut mettre <i>bas</i> les armes ; pour dire, il les faut quitter. <i>Arma ponere ; deponere.</i> Il faut parler tout <i>bas</i> dans la chambre d'un malade, c'est-à-dire, doucement. Parlons <i>bas,</i> &amp; d'une manière qu'on ne soit pas entendu des autres. <i>Submissè.</i></p><p>On dit aussi, Cet homme, ce malade est bien <i>bas</i> ; pour dire, que sa maladie, ou sa pauvreté sont extrèmes. <i>Inclinata salus, fortuna.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAS</head>
    <p>
    Bas , signifie encore, Dans un état bas &amp; obscur, dans une condition basse &amp; méprisable. <i>Humiliter, abjectè.</i> La fortune est accoutumée à prendre bien <i>bas</i> ceux qu'elle veut mettre bien haut, &amp; elle se plaît à former ses créatures de rien. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4326" id="3" type="">
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    <head>BAS</head>
    <p>
    Bas , se dit aussi pour marquer les parties basses d'une chose par opposition aux hautes. <i>Inferiora.</i> Il a fait réparer, reblanchir sa maison de haut en <i>bas.</i></p><p>On dit figurément, traiter un homme de haut en <i>bas</i> ; pour dire, lui parler avec orgueil, le traiter avec mépris. <i>Superbè, arroganter.</i> On croit se donner un air de distinction &amp; d'autorité, en traitant les autres de haut en <i>bas.</i> Bell. On dit aussi absolument, Le tenir <i>bas</i> ; pour dire, le tenir sujet, &amp; dans la soumission. On dit encore, quand on a un dégorgement de bile, qu'on va par haut &amp; par <i>bas</i> ; pour dire, qu'on vomit, &amp; qu'on a le cours de ventre.</p><p>Mettre <i>bas,</i> signifie encore se dépouiller de quelque chose, la quitter, s'en défaire. Mettez <i>bas</i> votre manteau ; c'est-à-dire, Quittez votre manteau. Mettez <i>bas</i> ce pesant fardeau ; c'est-à-dire, Déchargez-vous de ce fardeau. Et figurément on le dit en choses spirituelles &amp; morales, Mettez <i>bas</i> tous ces soins, toutes ces inquiétudes sur l'avenir ; Dieu y pourvoira. Il a mis <i>bas</i> toutes ses défiances, tous ses soupçons.</p><p>On dit en termes de Marine , qu'on met <i>bas</i> le pavillon, quand on l'abaisse pour saluer un vaisseau plus puissant, ou pour se rendre. <i>Vexillum demittere.</i> Et figurément on dit, Mettre pavillon <i>bas</i> ; pour dire, Ôter son chapeau, ainsi qu'on fait quand on boit les santés des personnes qu'on honore : cela ne se dit qu'en ces sortes d'occasions. <i>Caput aperire.</i></p><p>On dit qu'on a mis <i>bas,</i> dans une Imprimerie, dans un attelier, pour dire, qu'on n'y travaille plus, &amp; qu'on a été contraint de cesser le travail pour le trop grand froid, ou pour quelque autre obstacle. Les Imprimeurs appellent aussi le <i>bas,</i> la partie de leur presse où est enclavé le marbre.</p><p>On dit, en termes de Chasse , que les cerfs ont mis <i>bas</i> ; pour dire, que leur bois est tombé : ce qui arrive ordinairement en Avril. <i>Deponere.</i> Les vieux cerfs mettent <i>bas</i> devant les jeunes.</p><p>On dit en termes de Manége , qu'une cavale a mis <i>bas</i> ; pour dire, qu'elle a pouliné. <i>Foetum edere.</i></p><p>On dit aussi d'une chienne, qu'elle a mis <i>bas</i> ; pour dire, qu'elle a fait ses petits. Il y a des Provinces où le peuple dit chioler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4326" id="4" type="">
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    <head>BAS</head>
    <p>
    Bas , se joint aussi adverbialement avec plusieurs particules, comme, Mettre à <i>bas,</i> c'est, Jetter à terre un Cavalier, démolir un bâtiment, éteindre une maison, une famille. <i>Dejicere, deturbare.</i> Il y avoit déja deux tours à <i>bas.</i> Mol.</p><p>En <i>bas,</i> &amp; là <i>bas,</i> se disent d'un lieu <i>bas</i> à l'égard du lieu où nous sommes. <i>Infrà, deorsùm.</i> Allez là <i>bas</i> ; descendez en <i>bas.</i> On le dit aussi de l'Enfer, que S. Augustin croit être au centre de la terre.</p><p>On dit encore dans les Tribunaux de Justice, qu'on envoyera une partie là <i>bas</i> ; pour dire, en prison, qu'on la fera descendre en <i>bas.</i></p><p>On dit encore proverbialement à la table, Je ne payerai rien, je suis des <i>bas</i> assis. Il faut prendre votre chemin par en <i>bas.</i> Plusieurs veulent loger en <i>bas. Ici bas,</i> signifie non-seulement le lieu où nous sommes, en comparaison d'un lieu plus haut, mais aussi tout ce <i>bas</i> monde opposé à la gloire éternelle. C'est se tromper que de compter sur les choses d'<i>ici-bas,</i> quelque éclat qu'elles puissent avoir. Abb. de la Tr.</p><p>En termes de Fauconnerie , on dit <i>bas</i>-voler, ou <i>bavoler</i> à tire d'aile, en parlant de la perdrix, &amp; d'autres oiseaux qui n'ont pas le vol hautain. <i>Terram radere.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a le coeur haut &amp; la fortune <i>basse</i> ; pour dire, qu'il n'a pas le moyen de faire voir toute sa générosité. On dit aussi d'un homme qui n'a guère d'argent, que les eaux sont <i>basses</i> chez lui. On dit aussi, Parler d'un ton plus <i>bas,</i> quand on s'adoucit après avoir bien menacé &amp; querellé. On dit aussi, qu'un homme est <i>bas</i> percé, quand il n'a pas de quoi vivre. On dit aussi, A <i>bas</i> couvreur, la tuile est cassée, quand on veut faire descendre quelqu'un d'un lieu élevé où il est. On dit aussi d'un discours ou d'une langue qu'on n'entend point, c'est du <i>Bas</i>-Breton pour moi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4327" id="1" type="manege">
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    <head>BASSE</head>
    <p>
    BASSE , s. f. Terme de Manége . <i>Declivis.</i> C'est une pente douce d'une coline, sur laquelle on accoutume le cheval à courir au galop, pour lui apprendre à plier les jambes. On l'appelle autrement <i>calade.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4327" id="2" type="musique">
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    <head>BASSE</head>
    <p>
    Basse , en termes de Musique , est la partie de la Musique qui fait les sons les plus graves &amp; les plus sourds. <i>Gravior. imus sonus.</i> Les plus gros tuyaux de l'orgue font la <i>basse.</i> Les plus grosses cordes d'un luth sont les <i>basses.</i> Les Musiciens tiennent que la <i>basse</i> est la principale partie des concerts, &amp; le fondement de la composition. D'autres veulent que la principale partie soit le dessus, comme étant le principal ornement de la Musique. On dit encore <i>basse</i> récitante, ou <i>basse</i> du petit choeur ; <i>basse continue, basse</i> chantante, <i>basse</i> double, <i>basse</i> de haut-bois, petite <i>basse,</i> première <i>basse, basse</i> de chromorne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4327" id="3" type="">
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    <head>BASSE</head>
    <p>
    Basse , se dit aussi de celui qui chante cette partie. Il faut avoir un grand creux de voix pour être une bonne <i>basse.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSE</head>
    <p>
    Basse , est aussi l'instrument sur lequel on joue cette partie, qui est le plus gros &amp; le plus long de ceux qui forment le concert. <i>Soni gravis musicum organum.</i> Une <i>basse</i> de viole. Une <i>basse</i> de violon. <i>Soni gravis barbites.</i> Une <i>basse</i> de haut-bois. Le theorbe est propre pour la <i>basse.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSE</head>
    <p>
    Basse-continue , est l'harmonie que font des theorbes, ou des <i>basses</i> de violes qui jouent continuellement tandis que les voix chantent, ou que d'autres instrumens jouent leurs parties, ou que quelques-uns s'arrêtent. <i>Sonus gravior totâ musicâ continuatus.</i> Selon M. Brossard la <i>basse-continue</i> est une partie de la Musique moderne, inventée &amp; mise en usage vers 1600. par un Italien, nommé Ludovico Viadana, qui le premier en a donné un Traité. On la joue avec les chiffres marqués au-dessus des notes sur l'orgue, l'épinette, le clavessin, le theorbe, la harpe, &amp;c. &amp; souvent simplement &amp; sans chiffres sur la <i>basse</i> de viole, ou de violon, avec le basson, le serpent, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSE</head>
    <p>
    Basse-taille , est le Musicien, ou Joueur d'instrumens qui tient une seconde partie de la taille en un concert où il y a plus de quatre voix, ou instrumens. <i>Voce subgravi canere,</i> ou, <i>soni subgravis instrumentum pulsare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSE</head>
    <p>
    Basse-taille , se prend aussi pour une voix d'un certain caractère, on l'appelle quelquefois concordant. La <i>Basse-taille</i> est une voix qui va de haut en bas. Ceux qui peuvent chanter cette partie peuvent servir de taille &amp; de <i>basse</i> en un besoin. Brossart. Petite <i>basse.</i> C'est comme nos quintes &amp; nos <i>basses</i> de violon. Id. <i>Basse-contre.</i> On appelle ainsi ceux qui chantent la plus basse partie de la Musique. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4327" id="8" type="">
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    <head>BASSE</head>
    <p>
    Basse-contre , est le Musicien, ou Joueur d'instrumens qui tient une seconde <i>basse</i> dans les mêmes concerts. <i>Gravium <pb n="531" facs="bpt6k8542165/f571/full/1200,/0/native.jpg"/>partium cantor.</i> Il y a quelques gens qui distinguent ici entre cette partie de la Musique, &amp; le Musicien qui la joue. Quand il est question de la Musique, ils veulent bien qu'on dise <i>basse-contre,</i> comme on dit <i>haute-contre.</i> Mais quand il est question du Musicien, ils veulent que l'on dise <i>basse-conte</i> &amp; <i>baute-conte.</i> Cependant Mrs de l'Académie, Richelet, &amp; beaucoup d'autres, ne s'arrêtent point à cette distinction. Ils disent <i>basse-contre</i> &amp; <i>haute-contre</i> ; &amp; cet usage s'accorde à l'étymologie. Ménage le décidoit aussi de même autrefois, parce que la <i>basse-contre</i> est la partie de Musique qui est contre la taille, comme la <i>haute-contre</i> est celle qui est contre le dessus ; cependant il a changé d'avis, &amp; prétend que l'usage le plus général est pour <i>basse-conte. Soni gravis organu</i>m pu<i>lsare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4328" id="1" type="">
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    <head>BASALTES</head>
    <p>
    BASALTES , s. m. <i>Basaltes.</i> Nom d'une espèce de pierre, ou de marbre, dont parlent Pline, Liv. XXXVI. ch. 7. Strabon, Liv. XVII. &amp; Ptolomée en parlant de la côte Arabique de l'Egypte. Elle avoit la couleur &amp; la dureté du fer. Le plus gros bloc qu'on en ait jamais vû, selon Pline, fut mis par Vespasien dans le Temple de la Paix ; on y avoit représenté seize jeunes enfans jouants sur le bord du Nil. Daléchamp dit que l'on trouve proche de Gaillon en Normandie de petites pierres de cette espèce. Pline rapporte encore que la statue de Memnon, qui résonnoit au lever du soleil, étoit d'une pierre égale à celle du Temple de la Paix ; cette statue se voyoit dans le Temple de Sérapis à Thebes. C'est apparemment de cette pierre que sont les figures Egyptiennes qui nous restent de l'antiquité, &amp; qui sont d'une pierre noire ; car le <i>basalte</i> est une pierre noire, ou de touche résistant à la lime, pesante, unie, douce au toucher. Elle vient d'Ethiopie &amp; d'Allemagne. Elle sert à examiner l'or &amp; l'argent. Son nom vient de <i>basal,</i> qui signifie <i>du fer,</i> ou de , <i>diligenter examino.</i> On la nomme aussi pierre de Lydie, &amp; en Latin <i>Lapis Lydius.</i> Voyez Pline, Liv. XXXVI. ch. 7. &amp; Saumaise sur Solin, pag. 558. Strabon a donné aussi une description des <i>basaltes,</i> Liv. XVII.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4329" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASAN" />
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    <head>BASAN</head>
    <p>
    BASAN . Région &amp; Royaume situé à l'Orient du Jourdain. C'étoit un Royaume d'Amorrhéens, dont le dernier Roi, nommé Og, géant d'une grandeur prodigieuse, fut vaincu par Moise, &amp; ses terres données à la moitié de la Tribu de Manassé. Il avoit à l'Orient les montagnes de l'Arabie Pétrée, ou de Galaad, à l'Occident le Jourdain, &amp; s'étendoit depuis le torrent de Jaboc au Midi jusques vers l'Antiliban, ou les montagnes appellées Hermon dans l'Ecriture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4330" id="1" type="">
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    <head>BASANE</head>
    <p>
    BASANE , subst. fém. Peau de veau ou de mouton passée par le tan, qui n'est point corroyée, qui sert sans autre préparation à couvrir des livres, des pantoufles, &amp;c. <i>Aluta.</i></p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>basan,</i> qu'on a dit dans la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4331" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASANÉ, ÉE" />
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    <head>BASANÉ, ÉE</head>
    <p>
    BASANÉ, ÉE . Hâlé, brûlé ; qui a le teint olivâtre, &amp; tirant sur le noir. <i>Fuscus, subniger, aquilus.</i> Les Espagnols sont <i>basanés</i> ; &amp; c'est pour cela qu'on dit burlesquement, Les troupes <i>basanées</i> ; pour dire, les troupes Espagnoles. Un voyageur revient ordinairement tout <i>basané,</i> tout hâlé du soleil. Les paysans sont ordinairement hâlés &amp; <i>basanés.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie proprement <i>Lapis Lydius,</i> ou <i>Herculeus,</i> la <i>pierre de toucbe,</i> qui est noire, ou d'une couleur noirâtre, dont la <i>basane</i> peut aussi avoir pris son nom, parce que les premières basanes étoient des cuirs qu'on préparoit avec peu de soin, &amp; qu'on teignoit d'un mauvais noir. Il est plus vraisemblable que c'est un ancien mot François ou Gaulois, qui reste encor en Espagnol, où <i>baça</i> signifie couleur noire, ou brune, <i>color fuscus,</i> dit l'Auteur de la Notice de Gascogne.</p><p>Chez les Romains le visage <i>basané</i> étoit une marque de vertu ; la pâleur étoit une marque de mollesse &amp; de volupté ; &amp; au contraire un visage noir &amp; brûlé étoit regardé comme un signe de courage &amp; de valeur. Le Cl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4332" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASCONADE" />
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    <head>BASCONADE</head>
    <p>
    BASCONADE , s. f. C'est le nom que l'on donne en quelques endroits à la langue des Biscayens, que les Espagnols appellent Vascaence, ou Viscaina, &amp; nous langue Basque. T. Corn. <i>Cantabrica lingua.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4333" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASCULE" />
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    <head>BASCULE</head>
    <p>
    BASCULE , s. f. Quelques gens disent <i>bacule</i> ; mais <i>bascule</i> est le plus usité. Contrepoids qui sert à lever le pont-levis d'une Ville, d'un Château. <i>Cratitia porta quae suspensa tollenonis in morem modò sublevatur, modò deorsùm agitur.</i> Ce sont de grosses pièces de charpente dont une partie s'avance en dehors de la porte, &amp; soutient des chaînes attachées au pont-levis ; &amp; l'autre est en dedans de la porte qui en fait le contrepoids. Elles se meuvent en équilibre sur deux forts pivots attachés aux jambages de la porte, ensorte qu'en appuyant sur l'un des bouts, l'autre hausse. Il se fait encore plusieurs machines à <i>bascule,</i> tant pour élever les eaux, que pour d'autres ouvrages. <i>Tolleno.</i> Une <i>bascule</i> de moulin à vent, c'est une pièce de bois qui abat le frein du moulin, &amp; qui sert à l'arrêter. <i>Tolleno pistrinensis,</i> ou <i>molendinarius.</i> La <i>bascule</i> de frein d'un moulin est d'environ douze pieds de long. Une <i>bascule</i> de comptoir, c'est une petite plaque de fer qui baisse par un bout, &amp; hausse par l'autre sur les comptoirs des Marchands, &amp; par où l'on jette dans le comptoir l'argent que l'on reçoit. <i>Lamina Tollenonis instar suspensa.</i> On dit une <i>bascule,</i> ou trappe d'un piége, d'une ratière. Il y a aussi une sorte de machine à jetter des grenades, qui s'appelle <i>bascule.</i> Nicot dérive ce mot de <i>basculus,</i> ou bien <i>à battuendo culo.</i></p><p>On appelle aussi <i>bascule,</i> une pièce de bois, soit planche ou solive, qu'on met sur un autre en travers, qui est un peu élevée, sur laquelle les enfans se jouent, &amp; se brandillent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4333" id="2" type="fortification">
   <index type="head" value="BASCULE" />
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    <head>BASCULE</head>
    <p>
    Bascule , s. f. Terme de fortification . Porte appuyée sur deux paux, qui s'ouvre &amp; se ferme en manière de trébuchet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4333" id="3" type="">
   <index type="head" value="BASCULE" />
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    <head>BASCULE</head>
    <p>
    Bascule se dit encore d'une espèce de serrure ainsi nommée parce qu'elle se hausse &amp; se baisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4333" id="4" type="">
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    <head>BASCULE</head>
    <p>
    Les Bascules les plus simples sont celles qui ne consistent qu'en une pièce de bois soutenue d'une autre par le milieu ou autrement, comme d'un essieu pour être plus ou moins en équilibre. Lorsqu'on pèse sur un des bouts l'autre hausse. Ces sortes de <i>bascules</i> sont les plus communes ; on s'en fert pour élever des eaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="1" type="">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    BASE , s. f. Appui, soutien ; terrain sur lequel on fonde, on élève quelque construction. <i>Fulmentum, fundamentum.</i> Il faut qu'un bastion de terre ait en sa <i>base</i> le double de la largeur qu'il a en sa plus haute superficie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="2" type="arpentage">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , est aussi la partie qui est au dessous du fût d'une colonne, &amp; qui pose sur le piédestal, lorsqu'il y en a. <i>Basis.</i> La <i>base</i> a ses ornemens, qui sont des astragales, des tores, &amp;c. On nomme aussi <i>spire,</i> la <i>base</i> d'une colonne, du Latin <i>spirae,</i> qui signifie les tours d'un serpent couché, qui fait à-peu-près la même figure. La <i>base Toscane</i> est la plus simple de celles des cinq ordres laquelle n'a qu'un tore. La <i>base Dorique</i> a une astragale plus que la Toscane. La <i>base Ionique</i> a un gros tore, sur deux foibles scoties séparées par deux astragales. La <i>base Corinthienne</i> a deux tores, deux scoties &amp; deux astragales. La <i>base Composite</i> a une astragale moins que la Corinthienne. La <i>base Attique</i> a deux tores, &amp; une scotie. On l'appelle <i>base rudentée,</i> celle dont les tores sont taillés en manière de cables. <i>Base mutilée,</i> celle qui n'est profilée que par les côtés d'un pilastre. <i>Base</i> se dit aussi de tout ce qui sert comme de premier fondement hors le rez de chaussée, pour soutenir toute sorte de corps ou d'édifice.</p><p>En termes d'Arpentage on appelle <i>base,</i> la ligne sur laquelle on établit des mesures certaines. On prend d'ordinaire pour <i>base,</i> quelque muraille, ou le plus grand coté de la superficie qu'on veut mesurer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="3" type="geometrie">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , en termes de Géométrie , est le côté du triangle opposé à l'angle que forment ses deux autres côtés ; ainsi en tout triangle chaque côté peut être considéré comme la <i>base. Basis trianguli.</i> Mais dans un triangle rectangle, la <i>base</i> est le côté opposé à l'angle droit. On l'appelle autrement <i>subtendante,</i> &amp; <i>hypothenuse.</i> On dit aussi la <i>base</i> d'un cube, c'est le quarré sur lequel il est posé. La <i>base</i> d'un hémisphère, est un plan, ou un cercle, dont le diamètre est égal à celui de la sphère, &amp; dont le centre est le même que celui de cette même sphère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="4" type="fortification">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , en termes de fortification , est le côté extérieur d'un polygone, ou bien une ligne qu'on imagine tirée d'un angle du flanc d'un bastion à celui qui lui est opposé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="5" type="">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , se dit figurément des choses qui servent d'appui &amp; de fondement à quelque chose. <i>Fundamenta, columina.</i> La foi est la <i>base</i> sur laquelle roule toute la Religion. Cette vérité est la <i>base</i> de tout mon discours. Il faut poser ce principe pour <i>base</i> de cette doctrine. La Logique est la <i>base</i> de la Philosophie. La justice est la <i>base</i> &amp; le fondement de l'autorité Royale. La Religion &amp; la piété <pb n="532" facs="bpt6k8542165/f572/full/1200,/0/native.jpg"/>sont la <i>base</i> la plus solide de l'honnêteté. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="6" type="botanique">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , en termes de Botanique , est le bas des feuilles ou des tiges. On l'appelle autrement la naissance des feuilles. Ainsi on dit, ces feuilles sont arrondies à leur <i>base,</i> ou à leur naissance ; les feuilles entourent la tige par leurs <i>bases.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="7" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , se dit aussi du principal ingrédient qui entre dans quelque corps artificiel, ou composition. <i>Pars praecipua.</i> Le citron est la <i>base</i> du sorbet. Le cacao est la <i>base</i> du chocolat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="8" type="anatomie">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , en termes d'Anatomie , se dit de la partie supérieure du coeur qui est la plus large, &amp; opposée à sa pointe. Il se dit encore du fondement de l'os hyoïde. La <i>base</i> du coeur est sa partie supérieure &amp; la plus large, opposée à la pointe. De même, on dit la <i>base</i> de l'omoplate, qui est sa partie postérieure &amp; la plus prochaine des vertèbres du dos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4334" id="9" type="musique">
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    <head>BASE</head>
    <p>
    Base , en termes de Musique , c'est la plus basse partie de la Musique, qui sert de fondement aux autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4335" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="BASIGLOSSE" />
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    <head>BASIGLOSSE</head>
    <p>
    BASIGLOSSE . Terme d'Anatomie . <i>Basioglossum.</i> C'est un des muscles de la langue qui prend son origine de la base de l'os hyoïde, &amp; s'insère à la racine de la langue. Il la tire vers le fond de la bouche. Il y a deux <i>basiglosses.</i> M. Bourdon écrit <i>basioglosses,</i> aussi-bien que M. Harris, qui dit aussi que c'est une paire de muscles, &amp; qu'elle élève aussi la chair de la base de l'os hyoïde. M. Dionis écrit <i>basiglosses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4336" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASILAIRE" />
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    <head>BASILAIRE</head>
    <p>
    BASILAIRE , adj. C'est un nom que les Médecins donnent à un des os de la tête qui est au haut de la bouche, &amp; qu'on appelle aussi l'os du palais. Il est couvert d'une tunique glanduleuse, dans laquelle se sépare une sérosité, qui se décharge dans la bouche par une infinité de petits tuyaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4337" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASILE" />
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    <head>BASILE</head>
    <p>
    BASILE , s. m. <i>Basilius.</i> Nom propre d'un homme, formé du Grec , qui signifie <i>Royal,</i> de , <i>Roi.</i> Saint <i>Basile</i> le Grand est un Père Grec, Evêque de Césarée en Cappadoce, &amp; l'un des plus savans &amp; des plus éloquens hommes que l'Orient ait portés. <i>Basile</i> le Macédonien est un Empereur de Constantinople, qui de simple Ecuyer qu'il étoit, fut associé à l'Empire par Michel III. <i>Basile</i> le Jeune, aussi Empereur de Constantinople, succéda à Jean Zimisces l'an 975.</p><p>Ordre de S. <i>Basile,</i> Ordre Religieux le plus ancien de tous, ainsi nommé de S. <i>Basile,</i> Evêque de Césarée en Cappadoce qui fut Auteur de la Règle que cet Ordre suivit. Il la composa dans la Province du Pont, où il se retira parmi les solitaires depuis 357. jusqu'en 362. L'Ordre de S. <i>Basile</i> a été très-fameux en Orient. Cette Règle n'a été suivie en Occident que dans l'onzième siècle. Grégoire XIIIe réforma cet Ordre en 1579.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4338" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASILÉOPATOR" />
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    <head>BASILÉOPATOR</head>
    <p>
    BASILÉOPATOR . Voyez <ref type="search" target="head:Père">Père</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4339" id="1" type="mythologie">
   <index type="head" value="BASILIA" />
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    <head>BASILIA</head>
    <p>
    BASILIA , ou BASILÉE. <i>Basilia.</i> Terme de Mythologie . C'étoit une Déesse des peuples de l'Atlantide, qui selon Selden étoit la même que l'Amilca, &amp; la Déesse Céleste des Carthaginois. Voyez cet Auteur <i>De Diis Syr. Synt.</i> 1. <i>cap.</i> 6. <i>p.</i> 182.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4340" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASILIC" />
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    <head>BASILIC</head>
    <p>
    BASILIC , s. m. Serpent qu'on dit tuer par ses regards, &amp; être le Roi des Serpens. <i>Basiliscus.</i> Galien dit que le <i>basilic</i> est un serpent jaunâtre, ayant la tête munie de trois petites éminences, marquetée de taches blanchâtres en forme de couronne ; ce qui l'a fait nommer <i>Roi des serpens.</i> Sa morsure, son sifflement &amp; son toucher, font mourir tous les autres animaux. Pas une bête n'ose manger de sa charogne quand il est mort. On meurt subitement pour en avoir mangé, ou même pour avoir mangé des bêtes mortes par sa morsure. Elien dit qu'il n'a pas plus d'une palme, &amp; que son venin est si pénétrant, qu'il fait mourir les plus grands serpens par sa seule vapeur, &amp; qu'il tue soudain ceux qui l'ont touché de loin avec une perche, ou autre arme d'hast ; qu'il fait mourir toutes les plantes par où il passe ; qu'il brûle les herbes, &amp; rompt les pierres, tant sa vapeur est venimeuse. Pline dit que dans la région Cyrénaïque en Ethiopie autour de la fontaine Nigris, qu'il croit être la source du Nil, il y a un serpent qu'il nomme <i>Catoblepas,</i> qui est petit, &amp; incommodé de ses membres, qui a la tête si pesante, qu'il ne la peut soutenir, c'est pourquoi il la porte toujours inclinée vers la terre ; qui est si venimeux, qu'il tue tous ceux qui l'ont seulement regardé ; (il entend parler du <i>basilic</i>) que la belette est son ennemie ; &amp; que si on en fait jetter une dans sa tanière, elle tue &amp; étouffe le <i>basilic</i> par son haleine &amp; son odeur. Et Solin dit que ceux de Pergame acheterent chèrement un corps mort de <i>basilic,</i> pour empêcher les araignées de faire leurs toiles dans le Temple d'Apollon.</p><p>Le P. Roger Récolet, dans sa <i>Terre-Sainte,</i> Liv. I. ch. 12. dit qu'il en a vû un mort, &amp; le décrit ainsi : C'est une espèce de lézard d'environ un pied &amp; demi de long, de couleur grise, tirant sur le roux, la peau rude, la tête assez longue, sur laquelle il y avoit six petites marques blanches un peu élevées, qui représentoient la forme d'une couronne ; son regard est audacieux comme celui d'un coq. Il ajoûte qu'un Marchand Lyonnois, nommé Mertier, en avoit eu un petit vif, qu'il envoya mort au Cardinal de Richelieu ; qu'il faut être à une certaine distance ; qu'il tue de son regard ; car, dit-il, s'il voit un homme ou un animal par les pieds, ou par le côté, ou par le dos ; ou bien que l'on ne s'arrête pas un peu à lui regarder les yeux, il ne pourra pas lancer son venin, encore moins par les mains, ni par la face, ni par aucune autre partie que par les yeux ; que Dieu a donné à cet animal un instinct, qui fait que toutes les fois qu'il sort de sa caverne, il crie deux ou trois fois d'une voix lamentable, qui donne l'effroi, &amp; qui avertit les autres animaux de se retirer ; que sous Léon IV. on trouva à Rome un <i>basilic,</i> lequel de son regard fit mourir plusieurs personnes.</p><p>Nonobstant cela le <i>basilic</i> passe chez les Modernes pour un serpent fabuleux, d'autant plus qu'on dit qu'il naît de l'oeuf d'un vieux coq. Les Auteurs en font cent contes ridicules. Ils disent que s'il regarde le premier quelqu'un, il le tue ; mais que s'il en est regardé le premier, il meurt lui-même ; que l'homme qui crache sur lui à jeun, ou quand il a communié, le fait mourir ; &amp; mille autres choses si particulières, que tous les gens de bon sens avec Mathiole s'étonnent des relations qu'ils en font, qui ne peuvent être vraisemblables, à moins qu'ils n'en aient nourri quelques-uns.</p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>Un <i>Basilic,</i> avec ce mot, <i>Aut perit, aut perimit,</i> peut faire une devise assez juste, pour bien des choses. Un Italien a remarqué par-là qu'il faut étouffer une passion naissante, ou qu'elle donnera la mort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4340" id="2" type="philosophie hermetique">
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    <head>BASILIC</head>
    <p>
    Basilic , en termes de Philosophie hermétique , c'est la pierre au blanc ou au rouge parfait, qui tue le mercure, c'est-à-dire, qui le fixe, comme le basilic tue de sa vûe, &amp; rend immobiles ceux qu'il regarde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4340" id="3" type="guerre">
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    <head>BASILIC</head>
    <p>
    Basilic , en termes de Guerre , est le plus gros des canons, qui porte jusqu'à 160. livres de balle ; mais il n'est plus de service. Hanzelet l'appelle <i>double coulevrine,</i> &amp; lui donne 26. calibres de long, &amp; 28. livres de balle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4340" id="4" type="astronomie">
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    <head>BASILIC</head>
    <p>
    Basilic , s. m. Terme d'Astronomie . <i>Basilicus.</i> Autrement coeur du Lion. <i>Cor Leonis.</i> C'est une étoile fixe de la première grandeur dans la Constellation du Lion. Sa longitude est 145d, 21' &amp; sa latitude 0d, 26'. Son ascension droite 147d, 47'. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4340" id="5" type="">
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    <head>BASILIC</head>
    <p>
    Basilic . Terme de Botanique , s. m. <i>Ocimum Basilicum.</i> Plante annuelle qu'on sème dans les jardins, &amp; qu'on a nommée ainsi ou parce que son odeur la rendoit digne d'être présentée aux Rois, ou parce qu'on prétendoit qu'elle engendroit les Basilics, les scorpions, &amp; autres insectes venimeux. On a cru qu'<i>Ocimum</i> venoit du mot Grec , <i>celer, velox</i> ; c'est-à-dire, <i>vîte, prompt,</i> à cause que sa semence ne demeure pas long-temps en terre, &amp; qu'elle lève assez vîte. Il y a plusieurs espèces de <i>Basilic.</i> On les distingue ordinairement en grands, <i>Ocimum majus ;</i> en moyens, <i>Ocimum medium</i> ; en petits, <i>Ocimum minus</i> ; &amp; en très-petits, <i>Ocimum minimum.</i> Le grand <i>Basilic</i> s'élève environ à la hauteur d'un demi pied, &amp; est branchu, garni de grandes feuilles, &amp; pareilles à peu-près à celles du Citronier, <i>Ocimum majus Citrii folio :</i> elles sont quelquefois <pb n="533" facs="bpt6k8542165/f573/full/1200,/0/native.jpg"/>boisselées &amp; gaudronnées, <i>Ocimum majus bullatum</i> ; d'autrefois dentelées profondément, &amp; on le nomme pour lors <i>Basilic</i> à feuilles de chêne. Ces grandes espèces sont vertes le plus souvent, teintes quelquefois d'un pourpre noirâtre, ou d'un violet. Leurs épis sont longs dans certaines espèces, courts &amp; ramassés dans d'autres. Leur odeur varie, les uns sentent très-fort le clou de Gérofle, les autres ont quelque chose d'approchant du storax liquide, &amp; quelques-uns une odeur mêlée &amp; désagréable.</p><p>Le moyen <i>Basilic</i> est plus petit dans toutes ses parties que le précédent ; ses feuilles sont beaucoup moins grandes : elles sont arrondies, velues ou glabres, vertes, ou entièrement teintes de pourpre, ou mêlées de pourpre, de jaune &amp; de verd, ce qui forme le <i>Basilic</i> tricolor.</p><p>Le petit <i>Basilic</i> approche du moyen ; il en diffère néanmoins par sa petitesse, &amp; parce qu'il est plus branchu : ses feuilles ressemblent à celles de la marjolaine, c'est cette espèce qu'on met sur les fenêtres, &amp; qui s'arrondit si-bien. La plus petite espèce est plus basse &amp; plus menue, &amp; ses feuilles se peuvent comparer à celles du serpolet.</p><p>Toutes ces espèces ont leurs fleurs en gueule, blanches, on purpurines, suivant que leurs tiges &amp; leurs feuilles sont teintes. Chaque fleur est un tuyau découpé par le haut en deux lèvres, dont la supérieure est arrondie, relevée, crénelée, &amp; plus grande que l'inférieure, qui est ordinairement frisée, ou légèrement crénelée. Son pistile est composé à sa base de quatre embryons qui deviennent ensuite autant de semences oblongues, menues &amp; brunes, ou noirâtres, enfermées dans une capsule qui a servi de calice à la fleur. Cette capsule est découpée en deux lèvres, dont la supérieure est relevée &amp; échancrée, l'inférieure est dentelée. Le <i>Basilic</i> a une odeur aromatique, très-forte, &amp; qui entête lorsqu'on le sent trop long-temps ou de trop près, ou qu'il est verd. Le <i>Basilic</i> aime l'humide, &amp; une terre un peu légère, ce qui convient assez aux scorpions, c'est pourquoi il n'est pas étonnant de voir sous des pots de <i>Basilic</i> de ces insectes. Les histoires qu'on rapporte de quelques personnes qui avoient fait usage du <i>Basilic</i> en poudre en guise de tabac, &amp; dans le cerveau desquels on a trouvé des scorpions, doivent être regardées comme fausses, quoi qu'en disent ceux qui croient que les scorpions aiment l'odeur de cette plante, s'en approchent, &amp; font leurs oeufs sur ses feuilles, qui dans la suite viennent à éclorre dans les endroits où ils ont pû pénétrer. Le <i>Basilic</i> sec sert aux Cuisiniers, qui le mêlent dans les sausses avec les autres aromates pour donner bon goût aux viandes. La semence du <i>Basilic</i> entre dans quelques compositions de Pharmacie. Le <i>Basilic</i> est du nombre des plantes aromatiques.</p><p>Le <i>Basilic,</i> tant celui de la grande espèce que celui de la petite, ne se multiplie que de graine, qui est d'un minime noirâtre, &amp; fort menue, un peu ovale &amp; lice. La Quint. <i>Part. VI. pag.</i> 279. On n'en seme guère que sur des couches, &amp; cela en plein champ, comme le pourprier &amp; les laitues. On commence de le semer ainsi dès le mois de Février, &amp; on peut continuer toute l'année. Ses feuilles tendres se mettent en petite quantité parmi les fournitures de salades, &amp; y font un agréable parfum ; on en met même dans les ragoûts, &amp; sur-tout de sèches, que l'on garde pour l'hiver. On recueille sa graine dans le mois d'Août, &amp; d'ordinaire pour le faire grainer, on en replante au mois de Mai, soit en pot, soit en planche. La Quint. <i>pag.</i> 373.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4341" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASILICAIRE" />
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    <head>BASILICAIRE</head>
    <p>
    BASILICAIRE , s. m. <i>Basilicarius.</i> Nom d'un Officier Ecclésiastique. On appelloit autrefois certains Clercs du nom de <i>Basilicaires,</i> parce qu'ils assistoient le Pape, l'Evêque, ou le Prêtre, lorsqu'ils disoient la Messe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4342" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASILICATE" />
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    <head>BASILICATE</head>
    <p>
    BASILICATE , s. f. <i>Basilicata.</i> Province du Royaume de Naples, qui a au Nord une partie de la Capitanate, la terre de Barri, &amp; une partie de la terre d'Otrante ; au Midi la Calabre citérieure ; au Couchant la Principauté citérieure, &amp; au Levant le Golfe de Tarente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4343" id="1" type="pharmacie">
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    <head>BASILICON</head>
    <p>
    BASILICON , s. m. Terme de Pharmacie . C'est un certain onguent qu'on appelle <i>basilicon,</i> c'est-à-dire, Royal, à cause de ses vertus &amp; de ses fréquens usages. On l'appelle aussi <i>Tetrapharmacum,</i> parce qu'il est composé de quatre médicamens, qui sont la poix, la résine, la cire &amp; l'huile. Les Chirurgiens l'appellent ordinairement <i>suppuratif,</i> parce qu'ils s'en servent à faire suppurer les plaies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4344" id="1" type="">
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    <head>BASILIDIENS</head>
    <p>
    BASILIDIENS . Nom d'anciens Hérétiques Sectateurs de Basilide, qui vivoit presque dès le commencement du deuxième siècle. Ce Basilide étoit sorti de l'Ecole des Gnostiques, dont le Chef étoit Simon le Magicien. Il croyoit avec lui que Jesus-Christ n'avoit été Homme qu'en apparence, &amp; que son Corps n'étoit qu'un fantôme ; qu'il avoit donné sa figure à Simon le Cyrénéen, qui avoit été crucifié en sa place. Il permettoit à ses disciples de renoncer la Foi pour éviter le martyre, parce que Jesus-Christ disoit-il, n'avoit souffert la mort que par feinte. Il avoit plusieurs opinions qui lui étoient communes avec les autres sectaires Gnostiques, touchant le Père, qui seul étoit Dieu, touchant le , ou <i>entendement,</i> le , ou <i>verbe,</i> &amp; les autres émanations. Le premier des Dieux, ou des vertus &amp; des intelligences, que <i>Basilide</i> admettoit, il l'appelloit <i>Abraxas,</i> ou <i>Abrasax,</i> parce qu'il renfermoit la force &amp; la puissance des trois cents soixante &amp; cinq intelligences, dont le nombre est exprimé par les lettres Grecques du mot , ou ; car les lettres, comme l'on sait, servent de chiffres en Grec : en voici la valeur dans le mot dont il s'agit :</p><p>.</p><p>1. 2. 100. 1. 60. 1. 200.</p><p>en joignant ensemble tous les chiffres, qui répondent à chaque lettre, &amp; qui sont séparés d'un point, on trouve 365.</p><p>Ces <i>Basilidiens</i> prétendoient trouver plusieurs secrets ou mystères dans les lettres du nom de Dieu, &amp; par ces sortes de superstitions qui ont été adoptées par les Juifs Cabalistes, ils imposoient au simple peuple. Ils avoient inventé de certains amulètes ou phylactères, auxquels ils attribuoient de grandes vertus. Consultez S. Irenée &amp; S. Epiphane, S. Philastrius, S. Augustin, S. Jean Damascène, qui ont parlé au long de Basilide, comme d'un Magicien &amp; d'un Enchanteur, &amp; des <i>Basilidiens.</i> Nous apprenons d'Eusebe Liv. IV. de son <i>Hist. Ecclés.</i> ch. 7. que cet imposteur avoit écrit 24. Livres sur les Evangiles, &amp; qu'il avoit feint je ne sai quels Prophètes, à deux desquels il avoit donné les noms de <i>Barcaba</i> &amp; de <i>Barcoph.</i> Les Gnostiques se plaisoient à inventer des noms inconnus, pour imposer plus facilement à leurs Sectateurs, &amp; ils attachoient à ces noms supposés des vertus particulières, croyant avec Pythagore &amp; avec Platon que les noms n'avoient pas été inventés par hasard, mais qu'ils signifioient tous quelque chose de leur nature. Basilide, pour imiter Pythagore son Patriarche, vouloit que ses disciples fussent dans le silence pendant l'espace de cinq ans. Eusebe avoit appris toutes ces particularités d'un célèbre Ecrivain, nommé Agrippa Castor, contemporain de Basilide, qu'il avoit réfuté doctement en mettant au jour toutes les impostures de cet Hérétique. Origène, dans la Préface de son Commentaire sur S. Luc, met au nombre des faux Evangiles celui qui avoit été composé par Basilide. Voyez <ref type="search" target="head:Gnostiques">Gnostiques</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4345" id="1" type="">
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    <head>BASILIEN</head>
    <p>
    BASILIEN , s. m. <i>Basilianus.</i> Religieux de l'Ordre de Saint <i>Basile,</i> suivant la règle de S. <i>Basile.</i> Il y a des Religieux <i>Basiliens</i> en Italie, en Espagne, en Sicile, &amp;c. La plupart des Religieux Grecs sont <i>Basiliens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4346" id="1" type="">
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    <head>BASILINDE</head>
    <p>
    BASILINDE , s. <i>Basilenda.</i> Espèce de Fête que l'on célébroit à l'honneur de Vénus à Tarente. Pollux Liv. IX. dit que c'étoit un jeu des Grecs, où celui que le sort avoit fait Roi, commandoit quelque chose aux autres. Voyez le <i>Lexic. Juridic. Calvini.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4347" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASILIQUE" />
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    <head>BASILIQUE</head>
    <p>
    BASILIQUE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois, Palais du Prince ; ou seulement, une grande salle, ou un lieu public avec portiques, ailes, tribunes &amp; tribunal, où les Rois rendoient eux-mêmes la justice ; depuis il a signifié une grande Eglise. <i>Basilica.</i> Ce nom de <i>basilique,</i> qui signifioit dans les commencemens une grande salle où le Roi rendoit la justice à son peuple, fut attribué dans la suite aux lieux où les Juges la rendoient, &amp; où les Marchands s'assembloient. Perrault.</p><p>Azor prétend qu'on appelloit autrefois <i>basiliques</i> les Eglises qui n'étoient pas encore consacrées ; il paroît plus vrai de dire, avec le Cardinal Baronius, qu'on appelloit ainsi les Eglises les plus magnifiques, lorsque par leur magnificence elles surpassoient autant les autres Eglises, que les Palais <pb n="534" facs="bpt6k8542165/f574/full/1200,/0/native.jpg"/>des Princes surpassent les maisons des particuliers. On appelle encore en Italie la <i>Basilique de S. Pierre ;</i> pour dire, la grande Eglise de S. Pierre ; &amp; <i>Basilique d'or,</i> l'Eglise de S. Sauveur, ou de Latran, à cause de son excellente structure, &amp; de ses riches ornemens. M. Perrault a observé que les <i>Basiliques</i> étoient différentes des temples, en ce que les colonnes des temples étoient en dehors, &amp; celles des <i>Basiliques</i> en dedans. Il y avoit autrefois à Rome de quatre sortes d'Eglises ; les Patriarchales, les Titulaires, les Diaconies, &amp; les Oratoires. Les Patriarchales étoient celles que l'on nommoit particulièrement <i>Basiliques</i> ; elles appartenoient proprement au Pape, comme S. Jean de Latran, S. Pierre au Vatican, Sainte Marie Majeure, Saint Laurent hors des murs, &amp; Sainte Croix de Jérusalem. Elles avoient des Mansionnaires, ou Gardiens, chargés de les tenir propres &amp; de les orner. Hadrien de Valois a fait un Traité des <i>Basiliques</i> bâties par nos premiers Rois, &amp; Launoy en a fait la Critique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4347" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASILIQUE" />
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    <head>BASILIQUE</head>
    <p>
    Basilique , s. m. <i>Basilicus.</i> Les <i>Basiliques</i> étoient dans l'Empire Grec des Officiers qui portoient les ordres de l'Empereur. Ce mot vient de .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4347" id="3" type="medecine">
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    <head>BASILIQUE</head>
    <p>
    Basilique , en termes de Médecine , est une veine qui naît du rameau axillaire, qu'on nomme aussi <i>hépatique</i> ou <i>jécoraire,</i> c'est-à-dire, du foie, qui va tout le long du bras, &amp; qui a deux rameaux, dont l'un descend le long du grand focile, &amp; l'autre le long du petit focile, &amp; dont les petites branches s'étendent jusqu'aux doigts de la main. Il y en a deux, dont l'une s'appelle <i>la superficielle,</i> ou <i>sous cuir,</i> l'autre <i>la profonde.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4348" id="1" type="">
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    <head>BASILIQUES</head>
    <p>
    BASILIQUES , chez les Jurisconsultes, c'est une collection des loix Romaines traduites en Grec. On y a compris les Institutes, le Digeste, le Code, &amp; les Novelles de Justinien, quelques Edits de Justinien, de Justin le Jeune, de Tibère de Thrace, de Zenon, de Basile le Macédonien, &amp; de quelques autres Empereurs. Cette compilation est divisée en 60. livres ; c'est pourquoi elle a été appellée . On croit que ce recueil est l'ouvrage de l'Empereur Léon le Philosophe, &amp; que par honneur il attribua les <i>Basiliques</i> à Basile le Macédonien son père, parce qu'il avoit commencé à faire travailler à la version Grecque des loix Romaines. Quelques-uns ont crû que Constantin Porphyrogénète y avoit autant de part que Basile, &amp; Léon, son aïeul, &amp; son père. Cependant on ne lui peut attribuer que l' ; c'est-à-dire, la revision, ou répurgation. Des 60. livres des <i>Basiliques,</i> il ne nous en reste que 41. M. Fabrot les a traduits en Latin, &amp; en a donné en 1644. une édition Grecque &amp; Latine, en 7. vol. <i>in-folio.</i> Il est vrai que M. Fabrot a rétabli les 19. livres qui étoient péris, en les ramassant, <i>ex Synopsi Basilicon,</i> traduite par Leunclavius, &amp; des autres lieux où il en a pû retrouver quelques débris. Ce mot vient, ou de l'Empereur Basile qui en avoit formé le premier projet ; ou du mot Grec <i>Basilicos,</i> qui signifie Royal, ou Impérial.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4349" id="1" type="">
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    <head>BASILISSE</head>
    <p>
    BASILISSE , s. f. Nom propre de femme. <i>Basilissa.</i> Ce mot vient du Grec , <i>Reine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4350" id="1" type="">
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    <head>BASIN</head>
    <p>
    BASIN , s. m. Espèce de futaine fort fine &amp; à poil, faite de cotton, &amp; où il entre fort peu de fil. C'est une étoffe croisée. <i>Tela è filo xylino texta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4351" id="1" type="">
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    <head>BAS-JUSTICIER</head>
    <p>
    BAS-JUSTICIER , s. m. <i>Infimae jurisdictionis Dominus, is cui jus infligendae levioris mulctae competit.</i> On appelle <i>bas-justiciers,</i> les Seigneurs qui ont droit de Justice, &amp; dont les Juges qu'ils commettent n'ont pouvoir de juger entre les sujets de la Justice, que les causes personnelles qui n'excèdent pas trois livres quinze sols, &amp; de condamner pour délits à l'amende de sept sols six deniers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4352" id="1" type="">
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    <head>BASLE</head>
    <p>
    BASLE , s. f. Ville de Suisse sur le Rhin, Capitale d'un des 13. Cantons, qui a une Université. <i>Basilea,</i> &amp; selon Cluvier <i>Arialbinum.</i> Ce nom s'est fait du nom Latin <i>Basilea,</i> d'où s'est fait <i>Basula,</i> qui se trouve dans la division du Royaume de Lothaire &amp; dans le IIe Livre des Miracles de S. Omer, ou <i>Basala,</i> dans les Annales de Mets, &amp; <i>Basla,</i> dans les deux vies anciennes de Charlemagne. Quelques Auteurs veulent que son nom lui vienne de Basiline, mère de l'Empereur Julien. Cluvier, Liv. II. ch. 5. de la Germanie, prétend qu'il vient d'un vieux chêne qu'il y avoit là dédié au Dieu Basil ; Beatus Rhenanus, dit que c'est une corruption de <i>Passilea,</i> qui signifioit passage, &amp; qu'on lui donna ce nom parce que c'étoit un passage du Rhin. D'autres le dérivent d'un Basilic qui s'y trouva ; d'autres de <i>T. Minutius Basillus</i> ; d'autres enfin soutiennent que ce nom est Grec, &amp; que comme on a appellé plusieurs villes Auguste, <i>Augusta,</i> on a nommé celle-ci ; c'est-à-dire, Royale. C'est le sentiment qui a le plus d'apparence. Stumpf a écrit l'Histoire de <i>Basle</i> dans sa Chronique Liv. XII. ch. 22. Aeneas Sylvius a fait la description de <i>Basle</i> Chrétienne ; Ramus a fait l'éloge de la ville de <i>Basle</i> ; voyez encore Cluvier dans son <i>Germania</i> ; Rhenanus, <i>Rerum Germ. Nov. Ant. Lib. III.</i> avec les Notes du Jurisconsulte Otton, &amp; l'<i>Epitome Historiae Basiliensis Auctore Christ. Urftisio.</i> La longitude de <i>Basle</i> est de 25d, 45'. sa latitude de 45d, 40'.</p><p>Le Canton de <i>Basle, Basileensis pagus.</i> Petit pays de Suisse, dont <i>Basle</i> est Capitale. Il est en deçà du Rhin, &amp; le 9° des Cantons, auxquels il se joignit en 1501.</p><p>L'évêché de <i>Basle</i> est une Province d'Allemagne du cercle du haut Rhin. L'Evêque fait sa résidence à Porentru, depuis que <i>Basle</i> est hérétique. <i>Episcopatus Basileensis.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Imhoff">Imhoff</ref>. <i>Notit. Imp. L. III. c.</i> 18.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4352" id="2" type="">
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    <head>BASLE</head>
    <p>
    Basle , s. m. Nom propre d'homme. <i>Basolus.</i> S. <i>Bâle</i> nâquit au sixième siècle, dans le Limousin, de parens qui voyoient dans leur famille de grandes richesses jointes à la noblesse d'une extraction illustre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4353" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASMOTHÉEN, ENNE" />
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    <head>BASMOTHÉEN, ENNE</head>
    <p>
    BASMOTHÉEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Basmotheus.</i> C'est le nom de certains Hérétiques qui gardoient le Sabbat. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Clément d'Alexandrie, &amp; les Constitutions des Apôtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4354" id="1" type="">
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    <head>BASMULE</head>
    <p>
    BASMULE . <i>Basmulus.</i> On appelloit <i>Basmule</i> dans l'Empire Grec, ceux qui venoient d'un père François &amp; d'une mère Grecque. On croit que ce mot vient du mot Latin <i>mulus</i>, un mulet, parce que cet animal vient de deux animaux de différente espèce, ou de l'Italien <i>mulo,</i> qui veut dire quelquefois bâtard. Du Cange. Dans la suite on a appellé dans l'Empire Grec <i>Basmules,</i> les Cavaliers armés à la légère. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4355" id="1" type="">
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    <head>BASOCHE</head>
    <p>
    BASOCHE . Quelques-uns écrivent BAZOCHE, s. f. Communauté des Clercs du Parlement de Paris. C'est un ancien établissement qui a plusieurs droits &amp; priviléges, entre autres de tenir une Jurisdiction pour vuider tous les différends qui naissent entre les Clercs, &amp; régler leur discipline. <i>Scribarum collegium.</i> Il y a un Chancelier &amp; un Trésorier de la <i>Basoche.</i> Les différends qui surviennent entre les Officiers de la <i>Basoche</i> sont réglés par l'ancien Conseil, c'est-à-dire, par les anciens Procureurs de communauté. Les Armes de la <i>Basoche</i> sont trois écritoires d'or en champ d'azur. Ragueau remarque qu'on est venu demander autrefois à la Grand'Chambre le renvoi d'une cause grasse qui y étoit pendante, pour la faire juger à la <i>Basoche.</i> On a dit autrefois en proverbe, Monnoie de <i>Basoche</i> ; pour dire, Mauvais payement fait d'une chose vile au lieu d'argent. Il ya un recueil de statuts, ordonnances, règlemens, antiquités, &amp; prérogatives du Royaume de la <i>Bazoche,</i> imprimé à Paris en 1654. <i>in</i>-8°.</p><p>&#9758; Les Clercs de la <i>Basoche</i> étoient connus dès le temps de Philippe le Bel. Ils furent Auteurs &amp; Acteurs de plusieurs farces qu'ils représentèrent à Paris sur différents Théatres. Le Roi Louïs XII. leur permit de dresser leur Théatre sur la table de marbre qui étoit pour lors dans la grande salle du Palais, &amp; qui fut détruite par l'incendie qui arriva en 1618. Ils jouerent à l'hôtel de ville une farce en présence de François I. Le Parlement leur ordonna en 1538. de remettre à la Cour les manuscrits de leurs pièces quinze jours avant que de les représenter, &amp; leur défendit de déclamer les endroits rayés. Enfin leurs jeux furent proscrits en 1540, sous peine de la hart. <i>Hist. des Th.</i></p><p>Le Roi de la <i>Bazoche</i> est le Chef des Clercs du Parlement : anciennement aucun n'étoit reçu Clerc, ni Praticien, qu'il n'eût pris lettres du Roi de la <i>Bazoche</i> ; la taxe étoit d'un écu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4356" id="1" type="">
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    <head>BASOCHIEN</head>
    <p>
    BASOCHIEN , s. m. Qui est de la Basoche, Officier de la Basoche. Ce sont les <i>Basochiens,</i> ou Officiers de la Basoche, qui ont soin de planter le Mai du Palais.</p><p>Ces mots viennent de <i>basilica, basilicani.</i> Voyez <ref type="search" target="head:MÉNAGE">MÉNAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4357" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASQUE" />
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    <head>BASQUE</head>
    <p>
    BASQUE , s. f. Petite pièce d'étoffe qui fait la partie d'en bas d'un pourpoint, qui a la figure d'un Trapèse. Les <i>basques</i> sont faites pour couvrir l'ouverture qui est entre le pourpoint, &amp; le haut-de-chausses. <i>Thor Acis scutula.</i> M. Huet, Evêque d'Avranches, croit qu'on a dit <i>basques</i> de <pb n="535" facs="bpt6k8542165/f575/full/1200,/0/native.jpg"/>pourpoint, parce que la mode des pourpoints à <i>basques</i> est venue de Biscaye. Selon le même Auteur ce mot, pourroit bien venir de <i>tasque,</i> qui signifie <i>bourse</i> ; les <i>basques</i> ayant été premièrement des bourses qui s'attachoient aux pourpoints. On appelle aujourd'hui <i>basques</i> d'un juste-au-corps ou d'une veste, les pans de devant &amp; de derrière. Tirer quelqu'un par la <i>basque</i> de son habit. Les <i>basques</i> des juste-au-corps sont à présent plus amples qu'elles n'ont jamais été.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4357" id="2" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BASQUE</head>
    <p>
    Basque , en Architecture, se dit des pièces de plomb qui sont sur les couvertures taillées en forme de <i>basque</i> vers les arêtiers. <i>Tectorum scutulae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASQUE</head>
    <p>
    Basque , s. m. &amp; f. Nom de peuples. <i>Vascitania, Vascorum regio.</i> Les <i>Basques</i> sont un peuple de Gascogne en France, qui occupent un pays borné au Couchant par la mer de Biscaye, au Nord par les Landes &amp; le Béarn, qui le confine aussi du côté du Levant. Il a au Midi les monts Pyrénées, qui le séparent de la haute Navarre, &amp; la rivière de Bidasse, qui le sépare de la Biscaye. Ce pays s'appelle du nom du peuple, les <i>Basques,</i> ou le pays des <i>Basques</i> ; quelques-uns l'appellent la Biscaye Françoise. Il comprend la terre de Labour, la basse Navarre, &amp; le pays de Soule. Bayonne est la Capitale. Les <i>Basques</i> passent pour adroits, intelligens dans le commerce, &amp; fidèles. Ils ont une langue qui n'est connue que dans leur pays &amp; dans la Biscaye. M. de Marca dans son <i>Histoire de Béarn,</i> L. 1. c. 29. les distingue des Vascons Espagnols &amp; des Vascons du pays de Soule, de Navarre &amp; Labour. Il dit que les uns &amp; les autres sont Vascons, &amp; prennent leur nom du Latin <i>Vasco ;</i> que néanmoins dans la prononciation vulgaire il y a quelque différence, quoique l'un &amp; l'autre des termes qui signifient ces peuples, conservent leur rapport à la racine commune, qui est <i>Vascones</i> ; car les Vascons originaires qui restèrent avec leur ancienne langue dans le pays de Soule, Navarre &amp; Labour, après l'invasion que firent dans ces quartiers les Vascons Espagnols, sont nommés communément <i>Bascos</i> avec l'accent sur la première syllabe. Les anciens Novempopulains, qui voulurent accroître par leur jonction le Duché des Vascons du temps d'Ebroin Maire du Palais, sont désignés par le terme de Gascoôs, avec un accent circonflèxe sur la dernière syllabe. Il y a plus de 500 ans que l'on gardoit la même différence pour distinguer ces Nations, comme il paroît par Guibert Abbe de Nogent, dans son Histoire de Jérusalem.</p><p>Dans la suite on ajoûta un <i>b</i> à l'un de ces mots, &amp; l'un de ces pays fut appellé <i>Gasconia,</i> l'autre <i>Basconia,</i> comme dans la Chronique de Hugues Moine de Vezelai. Le Synode de Latran, tenu en 1179. sous Alexandre III. nomme ces peuples <i>Basculos,</i> que l'on trouve même dans Varron, <i>De re rust. L. II. c.</i> 9. &amp; le Pape Lucius III. en ses Epîtres, &amp; Roger de Hoveden en ses Annales, <i>Basclos.</i> Quelques Auteurs les nomment <i>Frontalliers,</i> à cause qu'ils sont sur la frontière.</p><p>Tambour de <i>Basque,</i> certain petit tambour, dont on doit l'invention aux <i>Basques.</i> C'est un cercle de bois large de trois doigts, sur lequel est tendu un parchemin, &amp; auquel sont attachées des sonnettes, ou grelots, &amp; quelques petites lames de cuivre propres à faire du bruit quand on le remue, ou qu'on le frappe. <i>Vasconium tympanum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4357" id="4" type="">
   <index type="head" value="BASQUE" />
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    <head>BASQUE</head>
    <p>
    Basque , adj. m. &amp; f. <i>Vasconicus.</i> La langue <i>Basque.</i> Nous appellons langue <i>Basque</i> non-seulement celle des <i>Basques,</i> mais encore celle des Biscayens, que les Espagnols appellent <i>Vascuence,</i> ou <i>Viscanya,</i> &amp; d'autres <i>Bascondague.</i></p><p>Ce mot vient de <i>Basculus</i>, &amp; <i>Basclus</i>, dont on a parlé dans l'article précédent. Voyez de Hauteserre, <i>Not. in Greg Tur. L. XI. p.</i> 381. &amp; <i>Arnaldi Oihenarti Notitia utriusque Vasconiae.</i> Quelques Auteurs prétendent que les <i>Basques</i> descendent des Alains.</p><p>On dit proverbialement, Courir comme un <i>Basque</i> ; pour dire, marcher vîte &amp; long-temps ; parce que ceux de Biscaye sont en réputation pour cela.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4358" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSE" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASSE</head>
    <p>
    BASSE . Voyez <ref type="search" target="head:BAS">BAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4359" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSE-CONTRE" />
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    <head>BASSE-CONTRE</head>
    <p>
    BASSE-CONTRE . Voyez <ref type="search" target="head:BAS">BAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4360" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSE-COUR" />
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    <head>BASSE-COUR</head>
    <p>
    BASSE-COUR . Voyez <ref type="search" target="head:BAS">BAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4361" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSEMENT" />
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    <head>BASSEMENT</head>
    <p>
    BASSEMENT , adv. D'une manière basse. <i>Humiliter, Demissè.</i> Il ne se dit qu'au figuré. Il a été nourri &amp; élevé <i>bassement.</i> Tout ce que fait un avare, c'est <i>bassement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4361" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASSEMENT" />
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    <head>BASSEMENT</head>
    <p>
    Bassement , se dit aussi du style, &amp; signifie d'une manière rampante, qui n'a rien d'élevé, rien de noble. Il parle <i>bassement.</i> Il écrit <i>bassement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4362" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BASSES" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BASSES</head>
    <p>
    BASSES , en termes de Marine ; ce sont des lieux sur la mer où il n'y a pas assez d'eau pour naviger, qui sont pleins de bancs ou de rochers. <i>Locus aquae depressioris.</i> L'entrée du port est étroite &amp; dangereuse, à cause des bancs &amp; des <i>basses</i> qui s'y rencontrent. Sar. On les appelle aussi <i>battures,</i> ou <i>brisans.</i> On appelle aussi <i>basse marée,</i> le temps du reflux, ou l'eau d'un port ou d'un havre de rivière est basse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4363" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSESSE" />
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    <head>BASSESSE</head>
    <p>
    BASSESSE , s. f. Il n'est en usage qu'au figuré. Petitesse, foiblesse. <i>Humilitas, vilitas.</i> L'homme qui considère sa <i>bassesse,</i> se doit humilier devant la hauteur de la Majesté Divine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4363" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASSESSE" />
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    <head>BASSESSE</head>
    <p>
    Bassesse , se dit aussi pour état bas &amp; obscur. <i>Ignobilitas ; obscuritas.</i> Ils ne cessoient de ravaler ce Prince à cause de sa <i>bassesse</i> &amp; de sa pauvreté. Vaug. Il lui reprocha la <i>bassesse</i> de sa condition. J'ai trop de sincérité pour nier la <i>bassesse</i> de ma naissance. Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4363" id="3" type="">
   <index type="head" value="BASSESSE" />
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    <head>BASSESSE</head>
    <p>
    Bassesse , se prend encore pour lâcheté ; pour tout ce que l'on fait de bas, de lâche &amp; d'indigne, pour parvenir à quelque but. <i>Ignavia, dedecus.</i> On peut quelquefois s'abaisser sans <i>bassesse.</i> S. Evr. Vous ne voyez que <i>bassesses</i> dans ses actions, dans sa conduite. Quelquefois pour un servile attachement à sa famille, un coeur noble est entraîné dans les <i>bassesses,</i> &amp; dans les importunités des ames intéressées. P. Gail. Un Favori qui a de l'élévation se trouve souvent confus, &amp; déconcerté par les <i>bassesses</i> &amp; la flatterie de ceux qui s'attachent à lui. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4363" id="4" type="">
   <index type="head" value="BASSESSE" />
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    <head>BASSESSE</head>
    <p>
    Bassesse , se prend aussi pour tout ce qui est opposé à grandeur, à élévation. <i>Bassesse</i> de courage. <i>Bassesse</i> d'ame. <i>Abjectio animi.</i> Le vers se sent toujours des <i>bassesses</i> d'un coeur. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4363" id="5" type="">
   <index type="head" value="BASSESSE" />
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    <head>BASSESSE</head>
    <p>
    Bassesse , se dit encore du langage, &amp; signifie, qui n'a nulle beauté, nulle noblesse. Manière de s'exprimer basse &amp; rampante. <i>Stylus demissus, humilis oratio.</i> Quoique vous écriviez, évitez la <i>bassesse.</i> Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4364" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSE-TAILLE" />
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    <head>BASSE-TAILLE</head>
    <p>
    BASSE-TAILLE . Voyez <ref type="search" target="head:BAS">BAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4365" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSET, ETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BASSET, ETTE</head>
    <p>
    BASSET, ETTE , adj. Qui est de taille médiocre. <i>Homo staturae brevioris.</i> Cet homme a bonne mine ; mais il est un peu <i>basset.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4365" id="2" type="chasse">
   <index type="head" value="BASSET, ETTE" />
   <index type="src_domain" value="chasse" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BASSET, ETTE</head>
    <p>
    Basset , s. m. Terme de Chasse . C'est un nom qu'on donne à des chiens de petite taille, qu'on nomme autrement <i>Chiens de terre. Canis brevioribus tibiis animalium subterraneorum indagator. Bassets,</i> ce sont des chiens pour aller en terre. Salnove. Voyez <ref type="search" target="head:CHIEN">CHIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4366" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BASSETTE</head>
    <p>
    BASSETTE , s. f. Jeu de cartes qui a été fort commun ces dernières années. Voici comment il se joue. Celui qui taille, qu'on nomme <i>Banquier,</i> ou <i>Tailleur,</i> a un jeu entier de 52 cartes, &amp; ceux qui jouent contre lui ont en main chacun 13 cartes d'une couleur. On les appelle le livre. Après que le Tailleur a battu ses cartes, les Joueurs découvrent devant eux telles cartes de leur livre qu'ils veulent, sur lesquelles ils couchent de l'argent à discrétion ; ensuite le Tailleur tourne son jeu de cartes, ensorte qu'il voit la première, qui étoit dessous. Après cela il tire ses cartes deux à deux jusqu'à la fin du jeu ; la première de chaque couple ou main est toujours pour lui, &amp; la seconde ordinairement pour le joueur, de sorte que si la première est, par exemple, un Roi, le Banquier gagne tout ce qui a été couché sur les Rois ; mais si la seconde est un Roi, le Banquier donne aux joueurs autant qu'ils ont couché sur les Rois. Si les deux cartes d'une main sont semblables, par exemple, deux Rois, ce qu'on appelle <i>doublets,</i> le Banquier gagne encore ce qui a été couché sur les Rois. Chaque joueur a la liberté de coucher de l'argent sur telle carte qu'il veut, lorsque le jeu est commencé ; mais le couple, ou la main, dont il voit la première ou la seconde carte, lorsqu'il couche, est nulle à l'égard de la carte sur laquelle il vient de coucher ; &amp; si la carte sur laquelle on a couché, se rencontre dans la seconde de la main qui est nulle, le jeu est fini pour cette carte ; c'est pourquoi il faut coucher de nouveau ; mais si elle ne s'y rencontre point, le Banquier face dans la première de la <pb n="536" facs="bpt6k8542165/f576/full/1200,/0/native.jpg"/>main suivante lorsqu'il gagne, c'est-à-dire, qu'il ne prend que les deux tiers de ce qui est couché sur la carte. Lorsqu'il ne reste plus qu'une carte semblable à celle sur laquelle on a couché, la dernière carte est nulle. Lorsque le Banquier gagne à la première main, dans laquelle il peut gagner une carte découverte, il face pour lors. Quand on couche sur une carte lorsqu'on ne voit que la première d'une main, on dit que la seconde de cette main est trop jeune, c'est-à-dire, qu'elle est nulle. Ces règles ont été inventées pour balancer les avantages &amp; les désavantages du Tailleur &amp; des Joueurs. Quelques années après que ce funeste jeu eut été introduit en France, M. Sauveur fit par les règles d'Algèbre une supputation &amp; une table, où il montre, non pas comme quelques-uns le crurent, qu'il y a des coups sûrs pour les joueurs, mais seulement qu'il y a des coups moins désavantageux les uns que les autres pour les joueurs. Voyez les Ordonnances de Police, &amp; les Arrêts qui défendent la <i>Bassette,</i> dans le <i>Tr. de la Police</i> de M. de la Mare, Liv. III. T. IV. c. 6. Pour éluder ces défenses, on déguisa la <i>Bassette</i> sous le nom de <i>Pour</i> &amp; <i>Contre</i> ; ce qui attira de nouveaux Arrêts du Conseil rapportés par le même Auteur. Ib. &amp; ci-dessus au mot BARBACOLE.</p><p>On prétend que c'est un Noble Vénitien qui a inventé ce jeu, &amp; qui pour cela a été banni de Venise. Il a été introduit en France par M. Justiniani Ambassadeur de la République l'an 1674. ou 1675. Cette maudite <i>bassette</i> est venue pour dépeupler l'empire d'Amour, &amp; c'est le plus grand fléau que la colère du Ciel lui pût envoyer. On peut appeller ce jeu-là, l'Art de vieillir en peu de temps. Du moins la <i>bassette</i> enlaidit furieusement les femmes. Vous les voyez là avec un visage enflammé, &amp; des yeux ardens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4367" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSI" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BASSI</head>
    <p>
    BASSI , s. m. Arbre d'Afrique de deux ou trois brasses d'épaisseur, d'une hauteur proportionnée, &amp; dont l'écorce est roussâtre. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4368" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSIÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BASSIÈRE</head>
    <p>
    BASSIÈRE , s. f. Vin au bas, qui est près de la lie. Il faut percer un autre tonneau pour le maître, &amp; laisser la <i>lassière</i> pour ses gens. <i>Baissière,</i> ou <i>Bessière,</i> qui est beaucoup plus doux, est aussi beaucoup plus usité. Voyez <ref type="search" target="head:BAISSIÈRE">BAISSIÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4369" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSIGNI" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BASSIGNI</head>
    <p>
    BASSIGNI . Nom de pays, &amp; s. m. <i>Bassiniacum.</i> Le <i>Bassigni</i> est un pays de France en Champagne, aux environs des sources de la Marne &amp; de la Meuse, du côté de la Lorraine &amp; du barrois. Quelques Auteurs disent qu'il est ainsi nommé, parce que c'est la partie de Champagne la plus basse. D'autres soutiennent qu'il a pris son nom d'un Bourg du Diocèse de Langres nommé <i>Vassy,</i> en Latin <i>Basseium</i> ou <i>Vasseium.</i> Miraeus croit que le <i>Basimacum,</i> qui se trouve dans la division du Royaume de Lothaire, est le <i>Bassigni</i> ; mais M. de Valois n'est pas de ce sentiment dans sa <i>Notice des Gaules.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4370" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BASSILLE</head>
    <p>
    BASSILLE , s. f. Herbe dont parle Dioscoride. Elle est haute d'une coudée, branchue, chargée de feuilles de tous côtés, &amp; qui ressemblent à celles du pourpier. Sa fleur est blanche. On l'appelle autrement <i>crête marine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    BASSIN , s. m. Vaisseau plat qu'on met sur un buffet, qui sert ordinairement à laver les mains. <i>Pelvis.</i> On trouve <i>bacinus,</i> pour dire un <i>bassin,</i> dans quelques Auteurs Ecclésiastiques, comme dans l'Auteur de la vie de Robert Evêque de Chartres. Un <i>bassin</i> d'argent. Il y a aussi plusieurs <i>bassins</i> qui servent seulement de parade. Thierry affecta de marquer à Clotaire plus de cordialité que jamais, &amp; lui fit présent d'un fort beau <i>bassin</i> d'argent, qui étoit apparemment quelque pièce du trésor du Roi de Turinge. P. Dan. Cette espèce de présent étoit alors à la mode, comme on le voit par quelques passages de Grégoire de Tours, &amp; entre autres par celui du L. III. c. 14. où parmi les présens que Childebert fit à son neveu Théodebert, après que ce jeune Prince eût été élevé sur le thrône d'Austrasie, il y avoit une demi douzaine de ces sortes de <i>bassins</i> ; au L. VI. c. 2. parmi les présens que Chilperic envoya à Tibère Constantin, Empereur de Constantinople, il y avoit un <i>bassin</i> d'or enrichi de pierreries qui pesoit 50 livres. L'Historien même appelle ce <i>bassin</i> du nom <i>Missorium,</i> qui signifie un présent que l'on envoie. Sisenandes, Roi des Visigots en Espagne, fit présent à Dagobert I. d'un <i>bassin,</i> qu'Aëtius avoit autrefois donné à Torismond : &amp; dans la vie de S. Martin, il est dit que le Tyran Maxime lui fit présent d'un <i>bassin</i> de porphyre. P. Dan.</p><p>Borel dérive ce mot du vieux mot François <i>bachinon,</i> qui signifie une <i>tasse de bois.</i> Du Cange le dérive de <i>baccinus</i>, qu'on trouve dans Grégoire de Tours en la même signification. Il ajoûte qu'on a dit aussi <i>bacinus, baccinum,</i> &amp; <i>baccinium</i> dans la basse Latinité, &amp; que <i>bechin</i> est aussi un mot Allemand, qui signifie <i>bassin.</i> Voyez la vie de sainte Hildeburge, tirée d'un vieux Cartulaire du Monastère de Pontoise, par le P. d'Achery, <i>Spicileg. T. II.</i> &amp; les <i>Acta SS. Junit, T. I. p.</i> 363. <i>A.</i> &amp; en plusieurs autres endroits. Dans la vie de S. Austreberte écrite au VIIIe siècle en France, <i>Act. SS. Bened. saec. III. P. I. p.</i> 44. on trouve <i>Bachinus urceus ex aere ;</i> ce qui montre que ce mot étoit aussi François. Il y a bien de l'apparence qu'il s'est formé du Latin <i>Vas, vase.</i> Etienne Guichard le tire de l'Hébreu ; car il prétend que de , <i>cabas,</i> c'est-à-dire, <i>lavare,</i> en retranchant la première radicale, s'est fait <i>bas</i> ; que de là sera dérivé <i>Wesche</i> en Allemand pour signifier <i>lavare, quasi vascen</i> ; &amp; que de même de , <i>bas, bassin</i> peut s'être fait en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASSIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , se dit aussi des grands plats à mettre sur la table pour y servir des viandes, ou des fruits en pyramide, &amp; plusieurs assiettes de divers mets. <i>Lanx, Catinus.</i> On a servi tant de <i>bassins</i> de confitures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="3" type="">
   <index type="head" value="BASSIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , se dit aussi de ces plats qui servent dans les Eglises pour recevoir les offrandes, soit à la Messe, soit auprès des Reliques. Les Païens dans leurs sacrifices se servoient d'un <i>bassin</i> pour recevoir les entrailles de la bête, &amp; les chairs qui devoient être offertes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="4" type="">
   <index type="head" value="BASSIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassins de Rôtisseur, sont de grands vaisseaux de cuivre fort plats, qui servent à porter leurs volailles lardées.</p><p>On nomme aussi <i>bassin,</i> le moule sur lequel on use &amp; on polit les verres pour faire des lunettes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="5" type="">
   <index type="head" value="BASSIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin de L'arbier, est un <i>bassin</i> à bord large &amp; échancré, qui lui sert à faire la barbe, &amp; à mettre à ses enseignes. <i>Pelvis tonsoria.</i></p><p>On appelle aussi <i>Bassin</i> de chambre, un <i>bassin</i> creux propre à recevoir les excrémens, particulièrement des malades. <i>Lasanum, scaphium</i> ; &amp; l'on dit qu'il faut garder leurs <i>bassins</i> ; pour dire, qu'il faut faire voir leurs selles aux Médecins. On dit aussi, Aller au <i>bassin</i> ; pour dire, Aller à ses nécessités.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="6" type="botanique">
   <index type="head" value="BASSIN" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin . Terme de Botanique . On s'en sert dans la description de certaines fleurs, qui approchent de la figure d'un <i>bassin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="7" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BASSIN" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , s. m. Terme de Fleuriste . C'est une fleur ainsi nommée à cause de sa ressemblance à un <i>bassin.</i> Il y a des <i>bassins</i> blancs, de jaunes, de pâles, de simples, de doubles, de grands, de communs, de hâtifs &amp; de tardifs. Les grands <i>Bassins</i> sont de deux façons ; les uns unis, &amp; les autres séparés. Les unis jettent six feuilles blanches &amp; larges, qui portent l'une sur l'autre, avec le godet au milieu de la même couleur. Les séparés ont pareillement six feuilles blanches, avec un petit godet de même couleur ; mais elles sont bien plus étroites &amp; plus séparées, &amp; ne s'étendent pas si bien que les premières. Les petits ne diffèrent des grands que par la petitesse de leurs fleurs : Le pâle a les fleurs grandes &amp; bien unies, avec un godet couleur de citron. Le jaune fait une fleur un peu plus petite, &amp; a le godet un peu plus couvert en couleur. Le double est le plus estimé, tant à cause de l'abondance de ses feuilles, que parce qu'il est plus agréable à la vûe ; il est rare, &amp; manque bien souvent à fleurir. Les <i>Bassins</i> veulent avoit du soleil &amp; de la terre comme les Potagers ; il faut leur en donner de la profondeur de six doigts, de la distance d'un demi pied. Au bout de trois ans il faut les lever pour en ôter le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="8" type="">
   <index type="head" value="BASSIN" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , en termes d'Anatomie , est une cavité ronde en forme d'entonnoir, située au milieu des ventricules antérieurs du cerveau, qui descend à sa base, en se terminant en pointe, &amp; qui va finir sur la glande pituitaire, qui est dans la selle de l'os sphénoïde. <i>Infundibulum.</i> Elle est formée de la pie mère, &amp; reçoit les sérosités, qui viennent du cerveau, qui passent dans la glande pituitaire, &amp; de là dans les veines, qui rapportent le sang. On appelle aussi <i>Bassin,</i> cette capacité qui est formée par les os des hanches &amp; l'os sacré, qui contient la vessie, la matrice &amp; les intestins. Les femmes ont le <i>bassin</i> plus grand que les hommes, à cause de la matrice, qui y est contenue, &amp; qui a besoin d'un plus grand espace, sur-tout dans la grossesse. <pb n="537" facs="bpt6k8542165/f577/full/1200,/0/native.jpg"/>On le dit aussi d'une seconde cavité qui est dans l'oreille derrière la membrane, nommée <i>le tambour,</i> ou plutôt la membrane du tambour. Cette cavité est appellée ordinairement la caisse du tambour.</p><p>On dit aussi, que les Chapeliers mettent un chapeau sur le <i>bassin,</i> lorsqu'ils le fabriquent, ou qu'ils le remettent en forme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="9" type="">
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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , se dit aussi des lieux préparés dans les jardins pour recevoir les eaux des sources &amp; des fontaines jaillissantes. <i>Crater, labrum.</i> C'est une espace creux en terre, de figure ronde, ou ovale, revêtu de pierre &amp; bordé de gazon. Il y a des <i>bassins</i> de décharge ; ce sont ceux où les eaux s'écoulent, &amp; se déchargent à mesure que les fontaines jouent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , se dit dans les atteliers, des lieux qu'on prépare pour y éteindre la chaux, pour y faire du mortier. <i>Mortarium.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , est aussi un grand reservoir d'eaux qu'on amasse pour nourrir des écluses, des canaux. <i>Piscina.</i> Le <i>bassin</i> de Nourouse recueille les eaux dont se fait le canal pour la communication des mers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , se dit aussi du lieu où sont les vaisseaux dans les ports de mer, ou d'un petit espace de mer renfermé, pour y tenir les vaisseaux à flot. <i>Alveus.</i> Le <i>Bassin</i> du Hâvre de Grace fut achevé dans l'état où il est en 1669. On y retient ordinairement avec le secours des écluses seize pieds d'eau, &amp; il peut contenir à flot une escadre de vaisseaux de guerre de différentes grandeurs. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. pag.</i> 197.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , est aussi un petit port particulier, pratiqué dans un plus grand, où on radoube les vaisseaux. On l'appelle autrement <i>Chambre,</i> on <i>Darsine.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin . Ce mot se dit aussi d'une petite tasse ronde &amp; creuse, où les aveugles des Quinze-vingts reçoivent les aumônes qu'on leur donne. <i>Crater.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , se dit encore d'une balance ; &amp; c'est la pièce de cuivre ou de laiton faite en forme de petit plat creux sans bords, attaché avec des cordes, &amp; où l'on met, ou les poids, ou les choses que l'on veut peser. <i>Lanx.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4371" id="16" type="">
   <index type="head" value="BASSIN" />
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    <head>BASSIN</head>
    <p>
    Bassin , se prend encore pour la cuve où l'on se baigne. <i>Labrum.</i></p><p>On dit figurément d'une belle plaine entourée de montagnes, &amp; dont la forme approche de la rondeur ; Que c'est un beau <i>bassin.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'on a fait cracher quelqu'un au <i>bassin ;</i> pour dire, qu'on l'a obligé à faire quelque don, ou contribution en quelque rencontre, ou affaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4372" id="1" type="">
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    <head>BASSINE</head>
    <p>
    BASSINE , s. f. est un grand bassin de cuivre un peu plat, qui sert aux Confiseurs &amp; Apothicaires pour faire des confitures, &amp; à quelques autres opérations. <i>Pelvis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4373" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSINER" />
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    <head>BASSINER</head>
    <p>
    BASSINER , v. act. Etuver une plaie, une tumeur avec de l'eau, du vin, ou autre liqueur préparée pour l'amollir, ou pour la rafraîchir, ou la déterger. <i>Abluere.</i> Les Médecins disent <i>fomenter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4373" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASSINER" />
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    <head>BASSINER</head>
    <p>
    Bassiner , signifie aussi, Chauffer un lit avec une bassinoire <i>Lectum tepefacere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4373" id="3" type="jardinier">
   <index type="head" value="BASSINER" />
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    <head>BASSINER</head>
    <p>
    Bassiner . Terme de Jardinier . Arroser légèrement. <i>Leviter aliquantulùm, tantisper irrigare, humectare. Bassiner</i> une couche de melons. La Quint. Cette planche n'en vaudroit pas pire, quand elle seroit <i>bassinée.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4374" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSINET" />
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    <head>BASSINET</head>
    <p>
    BASSINET , s. m. Petite fleur jaune qui croît en abondance dans les prez. <i>Ranunculus.</i> C'est une espèce de renoncule, qu'on appelle <i>bassinet,</i> parce que sa fleur est jaune comme le dedans d'un bassin, ou parce qu'elle a la figure d'un bassin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4374" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASSINET" />
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    <head>BASSINET</head>
    <p>
    Bassinet , est aussi la partie du mousquet, du pistolet, ou fusil, proche de la lumière, où on met l'amorce pour y mettre le feu. <i>Scopi alveolus.</i> Ouvrir le <i>bassinet,</i> est un des commandemens de l'exercice militaire.</p><p>On appelle aussi <i>Bassinet,</i> la partie supérieure d'un chandelier, d'une plaque, qui sert à recevoir le suif ou la cire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4374" id="3" type="">
   <index type="head" value="BASSINET" />
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    <head>BASSINET</head>
    <p>
    Bassinet , s'est dit autrefois de l'habillement de tête fait en forme de chapeau de fer que portoient les hommes d'armes. <i>Cassis, Galea.</i> Et on disoit, Il y a deux mille <i>bassinets</i> en cette armée ; pour dire, deux mille gens d'armes. On trouve <i>bacinetum</i> &amp; <i>basinetum</i> dans ce sens dans la basse Latinité.</p><p>On appelle aussi en Médecine, <i>Bassinet,</i> une petite cavité qui est au milieu du rein, &amp; qui a la figure d'un entonnoir. Il reçoit l'urine, qui se sépare dans le rein, &amp; forme en s'étrécissant l'urétère, qui va aboutir à la vessie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4375" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSINOIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>BASSINOIRE</head>
    <p>
    BASSINOIRE , subst. fém. Ustensile de chambre fait de cuivre, ou d'argent, qui sert à chauffer un lit ; qui est une espèce de poële, où on met du feu, qui a un couvercle à jour. <i>Vas excalfactorium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4376" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSON" />
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    <head>BASSON</head>
    <p>
    BASSON , s. m. L'<i>a</i> est long dans la prononciation. Instrument de Musique à vent &amp; à anche, qui sert de Basse aux concerts de Musique &amp; de hautbois. <i>Gravioris soni tibia.</i> Il se brise en deux parties pour être porté plus commodément, &amp; alors on l'appelle <i>fagot,</i> parce qu'il ressemble à deux morceaux de bois liés &amp; fagottés ensemble. Sa patte a presque neuf pouces de diamètre, &amp; on bouche ses trous avec des boëtes &amp; des clefs, comme aux autres grandes flûtes. Quelques-uns appellent cet instrument <i>tarot.</i></p><p>Il se dit aussi de l'homme qui joue de cet Instrument. C'est un excellent <i>basson.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4377" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASSORA" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BASSORA</head>
    <p>
    BASSORA , Voyez <ref type="search" target="head:BALSORA">BALSORA</ref>. Remarquez seulement ici que <i>Bassora</i> est autant ou plus d'usage, au moins pour la prononciation &amp; dans le discours ordinaire, que <i>Balsora</i> ; le lettre <i>l</i> devant <i>s</i> se changeant aisément en <i>s.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4378" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAST" />
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    <head>BAST</head>
    <p>
    BAST , Voyez <ref type="search" target="head:BÂT">BÂT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4379" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTAGAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BASTAGAIRE</head>
    <p>
    BASTAGAIRE . <i>Bastagarius.</i> Nom de certains Officiers des Empereurs Grecs. Les <i>Bastagaires</i> avoient soin des bagages de l'Empereur. Voyez la Notice de l'Emp. Boulenger, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4379" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASTAGAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASTAGAIRE</head>
    <p>
    Bastagaire , est encore le nom d'un Officier dans l'Eglise Grecque. Dans le catalogue des Officiers de l'Eglise de Constantinople il est dit que l'emploi du <i>Bastagaire</i> est de porter les jours de fêtes solemnelles &amp; aux processions l'image du Saint de l'Eglise. C'est ce que font chez nous ceux qui portent la bannière des Eglises, ou le bâton des Consrairies. <i>Bajulus.</i> Voyez Allatius, le P. Goar, l'Euchologe des Grecs, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4380" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTAGE" />
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    <head>BASTAGE</head>
    <p>
    BASTAGE , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTAGE">BÂTAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4381" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTANT, ANTE" />
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    <head>BASTANT, ANTE</head>
    <p>
    BASTANT, ANTE . adj. Qui suffit, qui convient, qui contente. <i>Quod sufficit, quod satis est.</i> Ces vivres ne sont pas <i>bastans</i> pour me nourrir. Ces raisons ne sont pas <i>bastantes</i> pour me persuader. Cette caution n'est pas <i>bastante</i> pour me contenter. Cela ne se dit guère que dans le style comique &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4382" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTARD" />
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    <head>BASTARD</head>
    <p>
    BASTARD , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTARD">BÂTARD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4383" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTARDEAU" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASTARDEAU</head>
    <p>
    BASTARDEAU , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTARDEAU">BÂTARDEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4384" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTARDIÈRE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASTARDIÈRE</head>
    <p>
    BASTARDIÈRE , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTARDIÈRE">BÂTARDIÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4385" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTARDISE" />
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    <head>BASTARDISE</head>
    <p>
    BASTARDISE , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTARDISE">BÂTARDISE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4386" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BASTE</head>
    <p>
    BASTE , s. f. Panier, ou manequin qui s'attache au bât d'une bête de somme, pour mettre dedans ce que l'on veut porter. <i>Benna dossuaria, Cista vectaria ;</i> dans la basse Latinité <i>Basta.</i> Le P. Mabillon, <i>Acta SS. Bened. Saec. III. Part. I. p.</i> 581. dit que ce nom <i>Baste</i> se dit dans le Périgord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4387" id="1" type="jeu de l'ombre">
   <index type="head" value="BASTE" />
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   <index type="macro_domain" value="Jeu" />
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    <head>BASTE</head>
    <p>
    BASTE , s. m. Terme du jeu de l'Ombre , qui signifie l'as de trèfle. Le <i>baste</i> me vient souvent, mais c'est un fourbe qui m'engage mal-à-propos, &amp; qui me fait faire la bête. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4388" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTELAGE" />
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    <head>BASTELAGE</head>
    <p>
    BASTELAGE , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTELAGE">BÂTELAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4389" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTELÉE" />
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    <head>BASTELÉE</head>
    <p>
    BASTELÉE , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTELÉE">BÂTELÉE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4390" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTELEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BASTELEUR</head>
    <p>
    BASTELEUR , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTELEUR">BÂTELEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4391" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTER" />
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    <head>BASTER</head>
    <p>
    BASTER , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTER">BÂTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4392" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTER" />
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    <head>BASTER</head>
    <p>
    BASTER , v. n. Etre en bon état ; réussir. <i>Benè stare, procedere feliciter.</i> Il ne se dit guère que des affaires. Son procès est sur le bureau, mais il <i>baste</i> mal pour lui, il y a apparence qu'il le perdra. Lambris qui voit des siens <i>baster</i> mal les affaires. Sar.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>benè stare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4392" id="2" type="">
   <index type="head" value="BASTER" />
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    <head>BASTER</head>
    <p>
    Baster , signifioit autrefois Suffire ; <i>Sufficere, satis esse.</i> Et se dit encore en cette phrase proverbiale, <i>Baste</i> pour cela, ou absolument, <i>Baste</i> ; pour dire, <i>Passe,</i> j'en suis content.</p><p>Ce mot n'est venu en usage qu'au temps de la Reine Catherine de Médicis, comme remarque Borel. Les Italiens disent <i>bastare</i> dans ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4393" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTERNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BASTERNE</head>
    <p>
    BASTERNE , s. f. <i>Basterna.</i> Espèce de voiture dont les Dames Romaines se servoient autrefois. Saumaise, sur le Livre de Tertullien <i>De Pallio,</i> dit que la <i>Basterne</i> avoit succédé à la litière, &amp; qu'elle en différoit peu ; que la litière étoit portée sur les épaules des esclaves, au lieu que la <i>basterne</i> l'étoit par des bêtes. Casaubon, sur Lampridius dans la vie d'Elagabale ch. 4. dit que les <i>basternes</i> avoient succédé à la voiture qu'on appelloit <i>carpentus,</i> &amp; qui étoit, après celle qu'on nommoit <i>pilentum,</i> la plus honorable des voitures dont les Dames Romaines usoient ; qu'elle étoit portée par des mulets, des bidets, ou des mules. Il soutient qu'elles étoient toutes semblables à nos litières ; qu'en effet les <i>Glossae legales</i> donnent pour synonymes ; qu'enfin la description qu'en fait une vieille épigramme, qui se trouve dans la collection de M. Pithou, le démontre. La voici.</p><p>Isidore, Orig. Liv. XX. ch. 12. en fait la même description. Servius en parle aussi sur le 666e vers du VIIIe Livre de l'Enéïde. Le P. Daniel, dans son <i>Histoire de France</i> T. I. p. 13. dit que c'étoit une espèce de chariot, &amp; que cette voiture étoit tirée par des boeufs pour aller plus doucement. Et certainement Grégoire de Tours Liv. III. de l'<i>Hist. de Franc.</i> ch. 24. dit que Deuterie, femme de Théodebert I. Roi de Mets, voyant sa fille nubile, &amp; craignant que le Roi n'en devint amoureux &amp; ne l'enlevât, la mit dans une <i>basterne,</i> &amp; y fit atteler deux taureaux indomptés, qui la précipitèrent du haut du pont de Verdun ; mais après tout il ne paroît pas par cet endroit de Grégoire, que les boeufs fussent l'attelage ordinaire de la <i>basterne</i> : on n'y mit des taureaux indomptés cette fois-là que pour précipiter la jeune Princesse ; &amp; l'Auteur de l'épigramme que j'ai raportée, aussi-bien qu'Isidore, ne parlent que de mulets, de mules, &amp; de bidets, ou chevaux Gaulois, <i>Bardones, mulae, manni :</i> &amp; dans les Gloses d'Isidore &amp; ailleurs elle est appellée <i>Lectica mannalis</i> ; car il faut lire <i>mannalis,</i> &amp; non pas <i>manualis :</i> ce qui montre que les chevaux appellés <i>manni</i> en étoient l'attelage ordinaire. Au reste c'est peut-être le P. Mabillon qui a trompé les autres, après s'être trompé lui-même ; car dans les <i>Acta SS. Bened. saec. V. p.</i> 430. il prétend prouver par cet endroit de Grégoire de Tours, que les boeufs étoient l'attelage ordinaire des chariots des Grands &amp; des Princes. Quoiqu'il en soit de ce fait, ce n'étoit pas celui de la <i>basterne.</i> Le dedans de cette voiture s'appelloit <i>Cavea,</i> c'est-à-dire, <i>Cage,</i> &amp;c. <i>Acta S. Claudii c.</i> 2. <i>Acta Sanct. Febr. T. III. p.</i> 62. Elle étoit garnie de coussins fort mols qu'on appelloit <i>Lecti,</i> les lits de la <i>basterne.</i> Les deux côtés étoient ornés de glaces, qui se faisoient d'une espèce de pierre transparente, comme on l'apprend de Pline Liv. XXXVI. ch. 22. &amp; de Sénèque dans son ép. 90. &amp; dans son Livre de la Providence. C'est pour cela que le Poëte dont j'ai rapporté l'épigramme leur donne l'épithète de <i>radians :</i></p><p>Ainsi ces ouvertures qu'on appelloit <i>specularia,</i> Juven. IV. 21. Martial, VII. 14. n'étoient point bouchées d'une étoffe transparente, comme l'a traduit l'Abbé de Villeloin à l'endroit de Juvenal que je viens de citer.</p><p>La mode des <i>basternes</i> passa d'Italie dans les Gaules, comme il paroît par l'endroit de Grégoire de Tours que j'ai cité, &amp; par les circonstances du mariage de Clotilde avec Clovis. Gondebaud la fit partir dans une espèce de chariot qu'on appelloit <i>basterne,</i> escortée de quantité de François qui se trouverent alors à la Cour de Bourgogne. P. Dan. Les mieux montés allerent assez vîte pour atteindre la <i>basterne,</i> qu'ils investirent ; mais ils n'y trouverent plus Clotilde, &amp; ils apprirent qu'elle étoit déja en lieu d'assurance. Ils ne laisserent pas de se saisir de la <i>basterne,</i> &amp;c. P. Dan.</p><p>Papias dit que <i>Basterna</i> se dit pour <i>Vesterna,</i> le P. Rosweid croit qu'il faut lire <i>vix sterna,</i> &amp; qu'il a appris ceci d'Isidore, qui dit <i>Basterna, quasi vix sterna.</i> Le mot <i>Basterne</i> vient de , ou , <i>je porte,</i> d'où se forme , qui signifie tout ce qui est propre à porter quelque chose. Juret sur Symmaque Liv. VI. ép. 15. M. du Chesne dans son Glossaire, Saumaise sur Lampridius ch. 4. de la vie d'Elagabale <i>Hist. Aug.</i> p. 189. &amp; 190. le P. Rosweid Jés. dans les vies des Pères pag. 1015. 1016. où il remarque encore que dans les Jurisconsultes Grecs <i>Basterna</i> est pris pour <i>transenna,</i> &amp; pour <i>tecta, Acta Sanct.</i> de Fév. T. II. pag. 775. Etienne Guichard prétend que ce mot vient de l'Hébreu , <i>tsab,</i> pris à rebours, ou lû de gauche à droite, au contraire des Hébreux qui lisent de droite à gauche.</p><p>Je ne sai pourquoi nous appellons nos carrosses en Latin, <i>currus,</i> &amp; non pas <i>basternae</i> ; ils n'ont aucun rapport à ce qu'on appelloit <i>currus,</i> &amp; ressemblent entièrement aux <i>basternes,</i> ou plutôt ce sont de vraies <i>basternes</i> perfectionnées. Vigénère dit que le <i>pilentum</i> &amp; la <i>basterne</i> sont la même chose, <i>Annot. sur Tite-Live. Tom. I. p.</i> 1670.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BASTERNE" />
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    <head>BASTERNE</head>
    <p>
    BASTERNE , est aussi un nom de peuple de la Thrace, ou de la Sarmatie d'Europe. Les Grecs les appellent <i>Basternes,</i> &amp; les Latins <i>Basternae,</i> de même qu'ils disent <i>Alemanni,</i> &amp; les Grecs . Voyez Pline Liv. IV. c. 12. &amp; 14. Ovid. 11. <i>Trist.</i> v. 197. Vopiscus dans Probus, &amp; Saumaise <i>Hist. Aug.</i> pag. 434. Denys le Géogr. Strabon Liv. VII. Etienne de Byzance, Claudien sur le 4. Cons. d'Honorius v. 450. &amp; sur le premier de Stilicon Liv. I. v. 95. &amp; Cluvier, <i>Germ. ant. Lib. III. ch.</i> 43. Val. Flaccus a dit Liv. VI. v. 95. <i>Baternas,</i> par licence poëtique, pour <i>Basternas.</i> Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Du Cange. M. de Harlay dans son Tacite, M. de Tillemont, &amp; quelques autres de nos Auteurs, écrivent <i>Bastarnes,</i> imitant les Grecs plutôt que les Latins ; mais M. de Tillemont au IVe Tome de l'<i>Hist. des Emp.</i> p. 41. revient aux Latins, &amp; écrit <i>Basternes,</i> &amp; au Ve Tome <i>Bastarnes,</i> ou <i>Basternes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BASTIDE" />
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    <head>BASTIDE</head>
    <p>
    BASTIDE , Vieux terme, qui signifioit autrefois une <i>maison. Domus, villa.</i> Il est encore en usage en Provence, &amp; aux pays voisins. Tout le chemin qui conduit d'Aix à Marseille est plein de <i>bastides,</i> ou de maisons de plaisance. La Faille, dans ses <i>Annales de Toulouse</i> p. 86. dit que c'étoient des forts, &amp; non pas simplement des maisons. Anciennement, dit-il, les Sénéchaux &amp; les Gouverneurs de Province avoient accoutumé de bâtir des forts à la campagne, &amp; autour des villes, pour les tenir en sujettion. Ces forts s'appelloient <i>bastides,</i> ou <i>bastilles.</i> Elles sont aussi appellées <i>Populationes,</i> du mot Latin, <i>Populatio,</i> ou <i>Populatus,</i> qui veut dire tout le contraire de ce qu'on prétendoit lui faire signifier. Comme les Sénéchaux &amp; les Gouverneurs de ce temps-là étendoient fort leur pouvoir, ils donnoient aux habitans de ces nouveaux lieux de grands avantages, pour porter les sujets du Roi à s'y aller habituer. Mais aujourd'hui on n'entend par ce mot que des maisons de campagne, ou comme dit Nostradame, dans son <i>Histoire de Provence,</i> de champêtres métairies, dont ce territoire (de Marseille) est merveilleusement populeux &amp; fertile, n'étant réputé homme de bien, celui qui n'y possède une canne de bâtiment, sur l'étendue d'un méchant arpent de vigne.</p><p>Ce mot vient de <i>bâtir,</i> ou de <i>bastilles.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BASTIEN, & BASTIENNE" />
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    <head>BASTIEN, & BASTIENNE</head>
    <p>
    &#9758; BASTIEN, &amp; BASTIENNE , nom propre d'homme &amp; de femme, diminutif de <i>Sebastien,</i> &amp; de <i>Sebastienne.</i> Voyez <ref type="search" target="head:SEBASTIEN">SEBASTIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4397" id="1" type="">
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    <head>BASTIER</head>
    <p>
    BASTIER , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTIER">BÂTIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4398" id="1" type="">
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    <head>BASTILLE</head>
    <p>
    BASTILLE , s. f. Petit Château fortifié à l'antique avec des tours, &amp; qui sert maintenant à mettre des prisonniers, comme celle de Paris, que Hugues Aubriot, ou Ambriot, natif de Bourgogne, fit bâtir par ordre de Charles V. l'an 1369. ou comme dit M. de la Mare en 1371. qui ne fut achevée, que sous le Regne de Charles VI. en 1383. <i>Bastrum, Castellum.</i> La <i>Bastille</i> de Paris est le seul Château que l'on sache qui ait retenu ce nom. C'est aumoins celui que l'on entend communément quand on dit Mettre à la <i>Bastille,</i> être à la <i>Bastille,</i> &amp;c. Ce mot signifioit originairement des redoutes qu'on faisoit devant les places assiégées. Dans Froissard il signifie simplement un fort, ou un château.</p><p>Ce mot vient de <i>bâtir.</i> Ménag. D'autres le dérivent de <i>balista</i> &amp; <i>bastilla,</i> parce qu'on tiroit les grosses arbalêtes de ces redoutes. Ce mot vient de , un bâton à porter des fardeaux, ou de , <i>baculus.</i> Port-R. Borel dérive <pb n="539" facs="bpt6k8542165/f579/full/1200,/0/native.jpg"/>les mots de <i>bastion</i> &amp; <i>bastille,</i> de <i>bailles,</i> qui signifioit autrefois <i>parapet</i> ; ou du Latin <i>bastiae,</i> qui étoit une espèce de tours qui servoient pour la défense. Du Cange le dérive de <i>bastia, bastita, bastile</i>, d'où on a fait <i>bastille, bastie,</i> &amp; <i>bastide,</i> selon les lieux ; ce qui se disoit autrefois de tout ce qui étoit remparé de fossés, de bois, de terre, &amp; de toutes sortes d'autres défenses. On appelle <i>Bastille de Meremio,</i> une forteresse de bois.</p><p>On dit proverbialement, d'un homme qui ne bouge quand on lui commande quelque chose, qu'il branle comme la <i>bastille.</i> On le dit aussi des autres choses qui sont fermes &amp; inébranlables.</p><p>On dit aussi de celui qui fait quelque chose contre le Roi, ou l'Etat, que cela sent la <i>bastille</i> : il y va de la <i>bastille ;</i> pour dire, qu'on le mettra prisonnier à la <i>bastille.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4399" id="1" type="blason">
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    <head>BASTILLÉ</head>
    <p>
    BASTILLÉ , adj. Terme de Blason , qui signifie, Garni de tours, ou forteresses. <i>Turriculis fastigiatus.</i> On dit aussi <i>Bastillé aux créneaux renversés,</i> d'un chef, d'une fasce, d'une bande dont les créneaux sont du côté d'enbas. <i>Pinnis deorsum spectantibus, versis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTIMENT</head>
    <p>
    BASTIMENT , Voyez <ref type="search" target="head:BÂTIMENT">BÂTIMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4401" id="1" type="marine">
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    <head>BASTINGUE</head>
    <p>
    BASTINGUE , ou BASTINGURE. Terme de Marine , est une bande d'étoffe ou de toile qu'on tend le long du plat-bord des vaisseaux pendant le combat, afin de couvrir les soldats &amp; les matelots. On l'appelle autrement <i>pavois,</i> ou <i>pavesade.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BASTION" />
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    <head>BASTION</head>
    <p>
    BASTION , s. m. Boulevart, grosse masse de terre qui est souvent revêtue de brique, &amp; quelquefois de pierre, qui s'avance en dehors de la place, pour la fortifier à la moderne. <i>Saxeus vel terreus agger in aciem prominens, Propugnaculum.</i> Il est composé de deux faces, ou pans de muraille, qui font un angle saillant ; &amp; de deux flancs qui l'attachent aux courtines, avec une gorge par où on y entre. L'union des deux faces fait l'angle saillant, que l'on appelle simplement l'angle du <i>bastion.</i> L'union des deux faces aux deux flancs fait les angles des côtés, qu'on appelle autrement épaules ; &amp; l'union de l'autre extrémité des flancs avec les courtines forme les angles des flancs.</p><p>Ce mot peut venir de baston. Port-R. Voyez <ref type="search" target="head:BÂTIR">BÂTIR</ref>.</p><p>Il y a des <i>bastions</i> qui sont pleins, &amp; d'autres qui sont vuides. Un <i>bastion creux,</i> ou <i>vuide,</i> est celui qui n'est qu'une simple enceinte d'un rampart, ou d'une muraille avec leurs parapets. Le <i>bastion plein,</i> ou <i>solide,</i> est celui qui est tout rempli de terre, sur lequel on peut combattre &amp; se retrancher.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTION</head>
    <p>
    Bastion double , se dit lorsqu'il y en a deux ou trois l'un sur l'autre, tels que ceux qui sont bâtis sur des collines, comme à Besançon, Namur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTION</head>
    <p>
    Bastion plat , est un <i>bastion</i> posé au milieu d'une courtine, quand elle est trop longue pour être défendue par les <i>bastions</i> qui sont à son extrémité ; au lieu qu'on les met ordinairement sur les angles de la place, quand elle est régulière. M. Harris le définit un <i>bastion</i> construit sur une ligne droite.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTION</head>
    <p>
    Bastion composé, c'est celui dans lequel les deux côtés du polygone intérieur sont fort inégaux, ce qui fait aussi des gorges inégales.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTION</head>
    <p>
    Bastion irrégulier, ou difforme, comme parle M. Harris, est celui qui n'a point une de ses demi gorges, parce qu'un de ses flancs est trop court.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTION</head>
    <p>
    Bastion régulier, est celui dont les faces, les flancs &amp; les gorges, ont la proportion requise.</p><p>On appelle un <i>Pantagone,</i> un <i>Hexagone,</i> une place à cinq, à six <i>bastions,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTION</head>
    <p>
    Bastion coupé , est celui qui a un angle rentrant à la pointe, fait en tenaille, lorsque sans ce remède il auroit été trop aigu.</p><p>On appelle aussi un <i>Bastion coupé,</i> Celui qui est retranché de la place par quelque fossé ; quelques Ingénieurs ayant enseigné la façon de fortifier par des pièces détachées. En ce cas on les appelle <i>Ravelins.</i></p><p>On dit pendant un siége, Attacher un Mineur au <i>bastion.</i> Sapper, miner un <i>bastion.</i> Se loger sur le <i>bastion.</i></p><p>On appelle le <i>Bastion de France,</i> une petite place qui est sur la côte de Barbarie entre Tunis &amp; Alger, quoique ce ne soit qu'une Tour &amp; un Donjon où les Marchands entretiennent une garnison de 50. hommes pour favoriser la pêche du corail, qu'ils font à huit milles de-là. On donne des noms aux <i>bastions</i> pour la commodité du service. <i>Bastion</i> du Roi, <i>bastion</i> de la Reine, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BASTION</head>
    <p>
    Demi-Bastion , est une pièce de Fortification qui n'a qu'une face &amp; un flanc. Pour fortifier un angle trop aigu d'une place, on en coupe la pointe, &amp; on y met deux <i>demi-bastions</i> qui font une tenaille, ou un angle rentrant. Leur plus grand usage c'est d'être à la tête des ouvrages à corne ou à couronne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4403" id="1" type="">
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    <head>BASTIR</head>
    <p>
    BASTIR . Voyez <ref type="search" target="head:BÂTIR">BÂTIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4404" id="1" type="">
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    <head>BASTISSE</head>
    <p>
    BASTISSE . Voyez <ref type="search" target="head:BÂTISSE">BÂTISSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4405" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTISSEUR" />
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    <head>BASTISSEUR</head>
    <p>
    BASTISSEUR . Voyez <ref type="search" target="head:BÂTISSEUR">BÂTISSEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4406" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTON" />
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    <head>BASTON</head>
    <p>
    BASTON . Voyez <ref type="search" target="head:BÂTON">BÂTON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4407" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTONNABLE" />
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    <head>BASTONNABLE</head>
    <p>
    BASTONNABLE , adj. Mot burlesque ; pour dire, qui mérite des coups de bâton. <i>Dignus fustibus.</i> Le Héros de son Roman est très-<i>bastonnable.</i> Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4408" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTONNADE" />
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    <head>BASTONNADE</head>
    <p>
    BASTONNADE , s. f. Action par laquelle on donne des coups de bâtons. <i>Fustis ictus, fustuarium.</i> Les satyriques médisans sont sujets aux <i>bastonnades.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4409" id="1" type="mechanique">
   <index type="head" value="BASTONNEE" />
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    <head>BASTONNEE</head>
    <p>
    BASTONNEE , s. f. Terme de Méchanique . C'est la quantité d'eau qu'on puise à la pompe à chaque fois que la brimbale joue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4410" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTONNER" />
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    <head>BASTONNER</head>
    <p>
    BASTONNER , verbe act. Donner des coups de bâtons à quelqu'un. <i>Fustibus caedere.</i> Sa bosse est souvent <i>bastonnée.</i> Main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4411" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTONNER" />
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    <head>BASTONNER</head>
    <p>
    BASTONNER . Voyez <ref type="search" target="head:BÂTONNER">BÂTONNER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4412" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTONNET" />
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    <head>BASTONNET</head>
    <p>
    BASTONNET . Voyez <ref type="search" target="head:BÂTONNET">BÂTONNET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4413" id="1" type="">
   <index type="head" value="BASTONNIER" />
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    <head>BASTONNIER</head>
    <p>
    BASTONNIER . Voyez <ref type="search" target="head:BÂTONNIER">BÂTONNIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4414" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BASTUDE" />
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    <head>BASTUDE</head>
    <p>
    BASTUDE , s. f. Terme de Marine . C'est une espèce de filet, duquel on se sert pour pêcher dans les étangs salés, dont il est fait mention dans l'Ordonnance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4415" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAT" />
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    <head>BAT</head>
    <p>
    BAT , s. m. Vieux mot qui n'est plus en usage qu'en la cuisine du Roi, en cette phrase : On estime les poissons selon la quantité des pouces qu'ils ont entre oeil &amp; <i>bat</i> ; c'est-à-dire entre la tête &amp; la queue. <i>Cauda.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4416" id="1" type="">
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    <head>BAT</head>
    <p>
    BAT . Voyez <ref type="search" target="head:BATH">BATH</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4417" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂT" />
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    <head>BÂT</head>
    <p>
    BÂT , en prononçant l'<i>a</i> long &amp; ouvert. Selle grossière qu'on met sur le dos des bêtes de somme. <i>Clitellae.</i> C'est une manière de harnois qui est composé d'un bois, qu'on appelle fût, d'un panneau &amp; de deux crochets. Le <i>bat</i> d'un âne ; un cheval de <i>bât. Jumentum clitellarium.</i> Que mes chevaux de <i>bât</i> suivissent l'armée, chargés de ma vaisselle d'argent. Bussy.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>bastum</i>, signifiant la même chose, qui est dérivé du Grec , signifiant un <i>bâton</i> avec lequel on porte des fardeaux. Mén. &amp; Du Cange, que le Port-Royal a copiés dans ses <i>Racines Grecques.</i> Nicot le dérive du Grec ; c'est-à-dire, <i>bajulo, je porte.</i> D'autres le dérivent par métathèse de l'Hébreu <i>tsab,</i> qui signifie, <i>tumidum, cameratum.</i> Etienne Guichard du même mot Hébreu , <i>tsab,</i> dans le sens de couverture d'un char, ou d'une litière, d'où il prétend que se fait <i>bât,</i> parce que c'est la couverture d'une <i>bête</i> de somme, <i>stramentum, stratorium.</i> Mais il y a plus d'apparence qu'il vient du vieux mot Celtique <i>bass</i> ; qu'on dit encore en Basse-Bretagne dans la même signification. Dans les loix Palatines de Jacques I. Roi de Majorque, au titre <i>De falliis,</i> on trouve le mot <i>bât. Cum animali sive de Sella, sive de bast fuerit.</i> Sur quoi le Père Papebrock, <i>Acta SS. Jun. T. III. p. LXXXII.</i> dit que ce mot <i>bât,</i> vient de l'Allemand <i>bast,</i> qui signifie une corde, parce que le <i>bât</i> s'attache avec des cordes, &amp; non pas avec des courroies, comme la selle. Dans les <i>Acta Sanct. Bened. saec. III. P. I. p.</i> 581. on trouve <i>bastae,</i> qui se dit du harnois d'un âne, &amp; que le P. Mabillon prend pour les paniers ou manequins qui se mettent sur le <i>bast,</i> &amp; qui s'appellent, dit-il, dans ce pays-là, c'est-à-dire, proche de Sarlate, <i>Bastes.</i> On paroît en effet distinguer cela du <i>bât</i> ; car il y a, <i>Stravit Asinum, &amp;, ut rusticè loquar, super imposuit bastas, in quarum una, &amp;c.</i> Ce nom vient de ce qu'ils s'attachoient au <i>bât.</i></p><p>On dit proverbialement d'un homme qui est trop vêtu, qu'il est rembourré comme le <i>bât</i> d'un mulet. On dit de celui qui a quelque affaire domestique fâcheuse, &amp; qu'il cache, qu'on ne sait pas où le <i>bât</i> le blesse. On dit aussi d'un homme fort stupide, que c'est un cheval de <i>bât.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4418" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTAGE" />
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    <head>BÂTAGE</head>
    <p>
    BÂTAGE , subst. m. Droit que lèvent quelques Seigneurs <pb n="540" facs="bpt6k8542165/f580/full/1200,/0/native.jpg"/>sur les chevaux de bât. <i>Vectigal jumentorum clitellariorum.</i> Ce droit se prend pour tous les chevaux bâtés, chargés, ou non chargés, pour raison du <i>bât,</i> outre le péage, pour raison de la marchandise. M. De Lauriere, <i>sur Ragueau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4419" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATAIL" />
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    <head>BATAIL</head>
    <p>
    BATAIL , s. m. Espèce de marteau fait en forme de massue, ou morceau de fer long &amp; rond, &amp; beaucoup plus gros par le bout d'enbas, que par le bout d'enhaut, qui pend au milieu de la cloche étant attaché à la belière, &amp; qui frappant à droite &amp; à gauche sur ses bords la fait sonner. <i>Clava, tudicula.</i> Le poids du <i>batail</i> doit être proportionné au poid de la cloche. L'art de le fondre &amp; de le proportionner est écrit au sixième Livre de la Pyrotéchnie de Biringuccio.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>Batallum,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité pour signifier un <i>batail,</i> ou <i>battant de cloche.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Battant">Battant</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4420" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BATAILLÉ" />
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    <head>BATAILLÉ</head>
    <p>
    BATAILLÉ , adj. Terme de Blason , qui se dit d'une cloche de métal avec son batail d'une autre couleur. <i>Clavatus, tudiculâ instructus.</i> De Bellegarde porte d'azur à une cloche <i>bataillée</i> de sable. On dit quelquefois <i>batelée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4421" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATAILLE" />
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    <head>BATAILLE</head>
    <p>
    BATAILLE , s. f. Combat, choc de deux armées ennemies. <i>Praelium, certamen. Bataille rangée,</i> est celle où on a le loisir de ranger ses troupes en bon ordre des deux côtés, &amp; où aucune des deux armées n'est enfermée dans des retranchemens. <i>Acies instructa. Bataille navale,</i> est le choc de deux armées de mer rangées en diverses escadres. <i>Pugna navalis.</i> Livrer, donner, présenter, gagner la <i>bataille.</i> La journée ou la <i>bataille</i> de Cannes, d'Arbelles. <i>Pugna ad Cannas, ad Arbela.</i> Les François courroient cent lieues chercher une <i>bataille,</i> &amp; n'en voudroient pas attendre l'occasion huit jours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4421" id="2" type="">
   <index type="head" value="BATAILLE" />
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    <head>BATAILLE</head>
    <p>
    Corps de bataille , ou <i>Bataille</i> absolument, est la seconde ligne, ou le second rang d'escadrons, ou de bataillons qui soutiennent l'avant-garde ou la première ligne, &amp; où le Général a accoutumé de combattre. <i>Acies.</i> Un tel commandoit la <i>bataille</i> ; le corps de <i>bataille.</i> La <i>bataille</i> des Indiens fut rompue. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4421" id="3" type="">
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    <head>BATAILLE</head>
    <p>
    Bataille , se dit aussi d'une armée prête à combattre, de troupes rangées en état de combat, &amp; toutes disposées à donner &amp; à recevoir le choc. <i>Acies ad pugnam instructa, comparata.</i> La <i>bataille</i> étant trop étendue, ils ne pouvoient donner ordre à tout, ni voir ce qui manquoit en chaque lieu. Il marchoit en <i>bataille</i> avec le bagage au milieu. Ablanc. Il marchoit en <i>bataille</i> sur quatre fronts. Id. Il donna beaucoup de hauteur à sa <i>bataille.</i> Id.</p><p>Le <i>Champ de bataille</i> est le terrain où l'on combat ; &amp; l'on dit que le <i>champ de bataille</i> est demeuré à un parti, quand il a obligé l'ennemi à s'en retirer. <i>Locus praelii, pugnae.</i> On le dit aussi figurément dans une dispute, quand on a eu avantage sur son adversaire, &amp; qu'on l'a réduit à céder, ou à acquiescer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4421" id="4" type="">
   <index type="head" value="BATAILLE" />
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    <head>BATAILLE</head>
    <p>
    Maréchal de bataille , étoit autrefois un grand Officier qui avoit soin de ranger l'armée en <i>bataille ;</i> mais dont la charge est maintenant exercée par les Maréchaux de camp. <i>Castrorum praefectus.</i></p><p>Marcher en <i>bataille,</i> c'est marcher en bataillons &amp; escadrons, dans le même ordre que si on avoit à donner <i>bataille,</i> quand le terrain le permet : ce qu'on fait toujours quand on est près des ennemis. <i>Procedere in acie.</i></p><p>Cheval de <i>bataille,</i> est un cheval fort &amp; adroit, que les Officiers réservent pour les occasions où il faut combattre. <i>Equus bellator.</i></p><p>On dit figurément de celui qui a une bonne raison, un argument bien pressant en quelque dispute, que c'est son cheval de <i>bataille.</i></p><p>On dit aussi figurément, qu'il faut qu'une personne livre des <i>batailles,</i> quand elle rencontre des difficultés pour obtenir d'un supérieur ce qu'elle lui demande. Ainsi le mot de <i>bataille</i> au figuré, se prend pour toutes sortes de combats &amp; d'assauts, ou d'entreprises en général : &amp; en particulier pour les combats &amp; les assauts que la beauté des femmes livre au coeur des hommes ; mais en ce sens il ne doit être employé que dans le style bas &amp; comique. Ses charmes ont livré à mon coeur une horrible <i>bataille.</i> Démarais.</p><p>On dit proverbialement, Voilà ce que j'ai sauvé de la <i>bataille</i> ; pour dire, ce qui m'est resté de mes pertes, de mes procès, des contestations que j'ai essuyées. On le dit aussi de ceux qui peuvent retirer &amp; arracher quelque chose des mains des personnes qui se battent.</p><p>Ce mot vient de <i>battualia</i>, qui signifie proprement le lieu où deux hommes s'exerçoient au combat ; ou de <i>batalia,</i> qui signifie l'<i>exercice</i> ou l'apprentissage des gens de guerre ; de-là on a aussi dérivé le mot de <i>battere,</i> dont on a fait <i>battre.</i> Mena. On trouve aussi <i>batallum</i> dans la basse Latinité, pour <i>duellum. Mabillon Annal. Bened. L. XLIV. p.</i> 478.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4422" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATAILLER" />
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    <head>BATAILLER</head>
    <p>
    BATAILLER , v. act. qui ne se dit qu'en cette phrase figurée &amp; basse : Il m'a bien fallu <i>batailler</i> avant que d'obtenir telle chose ; c'est-à-dire, avoir bien des contestations. <i>Pugnare, certare.</i> Un vieux Historien a dit que les Flamands avoient <i>bataillé</i> une Eglise ; pour dire, qu'ils l'avoient attaquée. On a dit dans la basse Latinité <i>batalare</i> ; pour dire, <i>manier les armes :</i> &amp; <i>batalia</i> ; pour dire, un <i>combat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4423" id="1" type="evolution">
   <index type="head" value="BATAILLON" />
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    <head>BATAILLON</head>
    <p>
    BATAILLON , s. m. Petit corps d'Infanterie rangé en bataille ; certain nombre de fantassins, ou de gens de pied, rangés en ordre &amp; prêts à combattre. <i>Agmen.</i> Cette armée est composée de tant de <i>bataillons</i> &amp; d'escadrons. Un <i>bataillon</i> est d'ordinaire composé de 500. ou de 800. hommes. Chaque <i>bataillon</i> a cinq ou six hommes de hauteur. Le premier, le second <i>bataillon</i> des Gardes. Les piquiers sont au milieu d'un <i>bataillon,</i> les mousquetaires sur les ailes. <i>Bataillon</i> quarré. <i>Agmen quadratum. Bataillon</i> dressé en triangle, ou en pointe, ou en forme de coin. <i>Cuneus. Bataillon</i> épais. <i>Bataillon</i> serré. <i>Phalanx.</i> Former un <i>bataillon.</i> Serrer un <i>bataillon.</i> Etendre un <i>bataillon.</i> Enfoncer, ouvrir, percer, rompre, renverser un <i>bataillon.</i></p><p>Rompre un <i>bataillon</i> ; c'est aussi en termes d'Evolution , Remettre un <i>bataillon</i> par Compagnie, pour le faire défiler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTARD, ARDE" />
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    BÂTARD, ARDE , adj. &amp; s. Dans le genre, c'est un enfant naturel, qui n'est pas provenu d'un légitime mariage ; dans l'espèce en ce qu'il diffère de l'adulterin &amp; de l'incestueux, c'est celui qui est né de la conjonction illicite de deux personnes libres. <i>Nothus filius.</i> Les <i>bâtards</i> des Rois lorsqu'ils sont reconnus, sont Princes, ceux des Princes &amp; des Grands Seigneurs sont Gentilshommes : &amp; ceux des simples Gentilshommes ne sont que roturiers, &amp; payent la taille. Les <i>bâtards</i> sont quelquefois légitimés.</p><p>Les <i>bâtards</i> non légitimés ne succèdent point, &amp; on ne leur succède point, excepté leurs propres enfans sortis d'un mariage légitime. Autrement leur succession appartient au Roi. Par la Coutume d'Auvergne &amp; de S. Omer, les <i>bâtards</i> succèdent. Par le Droit Romain, la mère succédoit à son fils <i>bâtard,</i> &amp; le fils <i>bâtard</i> à sa mère. Cependant il y avoit une grande différence entre les enfans naturels &amp; les <i>bâtards,</i> qu'on appelloit <i>spurios.</i> La Loi ne reconnoissoit point les derniers, &amp; leur refusoit même les alimens, comme étant sortis d'une prostitution vague &amp; incertaine : <i>Is non habet patrem, cui pater est populus.</i> Pour les autres qui étoient nés d'une concubine, &amp; d'un commerce qui imitoit le mariage, ils succédoient à leur mère, &amp; avoient droit de demander les alimens à leur père naturel. On les regardoit comme des créanciers domestiques, qu'il faut traiter d'autant plus favorablement, qu'ils sont les fruits innocens du crime de leurs pères ; &amp; que c'est assez qu'ils portent sur le front les marques du vice, dont ils sont la production, sans qu'on leur refuse encore les secours de l'humanité.</p><p>Solon vouloit que les pères fussent privés de l'autorité paternelle sur les <i>bâtards,</i> parce que n'étant devenus pères que par volupté, le plaisir devoit être leur unique récompense. Aristophane fait mention de cette Loi de Solon dans sa Comédie intitulée des <i>oiseaux.</i> Démosthène en parle aussi dans son Oraison pour Macartatus, &amp; après lui Harpocration &amp; Pollux : Suidas ajoûte que le père ne pouvoit laisser à son <i>bâtard</i> plus de cinq mines, qui selon la supputation de Budée font cinquante écus. Anciennement à Rome les enfans naturels étoient entièrement exclus de la succession de leur père <i>ab intestat.</i> Mais ils pouvoient être institués héritiers universels. Les Empereurs Arcadius &amp; Honorius y apporterent cette restriction : c'est que s'il y avoit des enfans légitimes, les <i>bâtards</i> ne pouvoient être institués que pour un douzième, qu'ils partageoient avec leur mère. Justinien ordonna depuis qu'ils pourroient être institués pour la moitié, &amp; succéder <i>ab intestat</i> pour un <pb n="541" facs="bpt6k8542165/f581/full/1200,/0/native.jpg"/>sixième, quand il y avoit des enfans légitimes. Novelle quatre-vingt. Les <i>batards</i> peuvent être légitimés par le mariage subséquent, ou par les lettres du Prince. C'est le Roi seul en France qui peut leur donner le droit de légitimation, &amp; les rendre capables de succéder. L'Empereur Anastase avoit permis aux pères de légitimer leurs <i>bâtards</i> par la seule adoption. Justin &amp; Justinien, Novelle 74. abolirent cette légitimation, pour ne pas autoriser le concubinage par cette indulgence &amp; cette facilité. Le Pape a quelquefois légitimé des <i>bâtards.</i> Philippe Auguste, craignant que l'état des deux enfans qu'il avoit eu d'Agnës de Méranie ne fût contesté, s'adressa à Innocent III. pour les faire légitimer, ce que le Pape lui accorda par une Bulle du deuxième Novembre 1201. où il dit : Le Saint Siége a quelquefois dispensé des enfans illégitimes, même adultérins, quant aux effets spirituels, en permettant leur promotion même à l'Episcopat. Donc, comme il faut une plus grande capacité pour le spirituel que pour le temporel, on ne doit pas douter que le Saint Siége ne puisse légitimer pour les effets civils ; principalement à la prière de ceux qui ne reconnoissent point entre les hommes d'autres Supérieurs que le Pape.</p><p>Les <i>batards</i> non légitimés peuvent disposer de leurs biens par donation entre vifs, ou par testament. Mais leurs parens ne leur succèdent point, &amp; ils ne succèdent point à leurs parens <i>ab intestat.</i> Les <i>bàtards</i> légitimés par mariage subséquent, sont de même condition, &amp; entrent dans les mêmes droits que ceux qui sont nés pendant le Mariage. Mais pour ceux qui sont légitimés par lettres du Roi, ils ne sont réputés légitimes, &amp; habiles à succéder, qu'à l'égard de ceux de leurs parens qui ont consenti à leur légitimation. Le Pape Clément VII. par sa Bulle de l'an 1533. défend qu'un Prêtre puisse résigner son Bénéfice à son <i>batard.</i></p><p>Les armes des <i>batards</i> doivent être traversées d'une barre, filet ou traverse de la gauche à la droite. Du Tillet en ses <i>Mémoires,</i> p. 322. dit que les <i>bâtards</i> ne portoient point autrefois les armes de celui qui étoit cru leur père ; ils s'en forgeoient à leur mode, &amp; cela s'observoit même parmi les <i>bâtards</i> des Rois. Rochef. Je ne trouve point cela dans les <i>Mémoires</i> de du Tillet ; l'édition que j'ai de Rouen 1578. n'a pas même 300. pages. A la page 184. il dit, la Maison de France rejettant les <i>bâtards</i> ne leur endure son armoirie tant fût-elle barrée. Cependant à la pag. 165. il dit que Charles VII. permit à Mademoiselle de Valois sa fille naturelle &amp; à ses successeurs, de porter les armes de France à la différence de la bande, que les enfans naturels ont accoutumé de porter.</p><p>Les <i>bâtards</i> ne peuvent être admis aux Bénéfices simples, &amp; aux moindres Ordres, sans dispense de l'Evêque ; ou du Pape, pour les Ordres sacrés &amp; pour les Bénéfices qui ne sont pas simples ; ni aux charges sans Lettres du Prince. Ils prennent des Lettres de légitimation <i>quoad honores.</i> Ç'a été par des <i>bâtards</i> que la France s'est sauvée des plus visibles dangers, comme si pour des nécessités trop pressantes il ne falloit que des hommes extraordinaires. Mezer.</p><p>Ménage &amp; de Hauteserre. <i>De Ducib. &amp; Comit. Prov. C.</i> 9. dérivent ce mot de l'Allemand <i>bastard,</i> qui signifie la même chose, qui est composé de <i>boes</i> &amp; de <i>hard,</i> qui signifie, <i>mauvaise naissance.</i> Mais il est certain que c'est un vieux mot Celtique, qu'on dit encore en Basse-Bretagne sans aucune altération. Le P. Pezron croit que c'est un mot Celtique <i>Bas-tard,</i> comme si l'on disoit d'une <i>origine basse</i> &amp; méprisable. Du Cange, après Boxhornius, dit aussi que c'est un vieux mot François &amp; Breton, &amp; qu'on appelloit un fils illégitime <i>bastard,</i> du mot composé de <i>bas,</i> &amp; de <i>tardol,</i> qui signifioit <i>germer</i> &amp; <i>sortir :</i> d'où vient que quelques Auteurs les ont appellés <i>fils de bas,</i> comme qui diroit, <i>sortis de femmes publiques &amp; de basses conditions.</i> Selon Port-Royal ce mot vient de , une prostituée, une perdue.</p><p>Le Cardinal Gabriel Paleota a fait un savant Livre touchant les <i>bâtards, De liberis Spuriis ac Nothis,</i> que Pontus Heuterus a compilé dans son Traité sur le même sujet, intitulé, <i>Tractatus de libera hominis nativitate, seu liberis naturalibus,</i> dans lequel il a prétendu ramasser tout ce que les Jurisconsultes ont dit avant lui sur ce sujet, mais qu'il établit sur des principes bien mauvais &amp; bien contraires à l'Evangile, à la raison, &amp; au sentiment de tous les Docteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="2" type="">
   <index type="head" value="BÂTARD, ARDE" />
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtard . Ce mot se dit d'une espèce de faction, ou de bande de brigands qui s'éleva en Guyenne vers le commencement du XIVe siècle sous Charles le Bel. Certaines troupes de Gascons, que nos Annales nomment <i>Batards,</i> je ne sai pourquoi, se mirent à courir cette Province, &amp; mêlant avec eux des compagnies Angloises allerent brûler la Ville de Xaintes. Mezer. Ces <i>Batards,</i> à mon avis, devoient être ceux des Seigneurs de Guyenne ; car j'ai remarqué que les <i>Batards</i> depuis qu'on les eut exclus de la succession de leurs pères, afin de maintenir l'état de leur naissance, aussi-bien que les légitimes, se faisoient chefs de routiers, brigands, &amp; troupes de pillards, &amp; s'entretenoient de vols &amp; de ravages. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="3" type="medecine">
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtard , se dit en termes de Médecine , pour signifier qui n'est pas vrai. C'est une pleurésie <i>bâtarde,</i> c'est-à-dire, fausse pleurésie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="4" type="jardinier">
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtard , se dit encore en termes de Jardinier , pour signifier Sauvage, qui n'est pas franc, qui n'est pas cultivé. <i>Adulterinus.</i> Arbres <i>bâtards.</i> Plantes <i>bâtardes. Silvestris planta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="5" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="BÂTARD, ARDE" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtard , en termes de Fauconnerie , se dit de l'oiseau qui tient de deux espèces, comme de sacre &amp; de lanier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="6" type="">
   <index type="head" value="BÂTARD, ARDE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtard , se dit aussi de ce qui n'a point de nom certain, qui participe de deux natures différentes. <i>Bâtard</i> de dogue, chien né d'un dogue d'Angleterre, &amp; d'une chienne d'un autre pays. Lévrier <i>bâtard,</i> chien né d'un lévrier &amp; d'une chienne d'une autre espèce. Une pièce de canon <i>batarde,</i> de moyenne grandeur. Une porte <i>bâtarde,</i> est une moyenne porte entre la porte cochère &amp; la bourgeoise. Une écriture <i>bâtarde,</i> est celle qui est moyenne entre la Françoise &amp; l'Italienne. Un fruit <i>bâtard,</i> qui n'est point franc, qui participe d'une autre nature que celle dont il porte le nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="7" type="marine">
   <index type="head" value="BÂTARD, ARDE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtard , en termes de Marine , est le nom d'une corde qui assemble les racages, &amp; qui les amarre sur le mât proche la vergue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="8" type="">
   <index type="head" value="BÂTARD, ARDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtard , en Musique, se dit de deux modes de la Musique : l'un est l'Hyper-Eolien ; il a sa finale en <i>B,</i> &amp; conséquemment la 5e au-dessus fausse, ou diminuée diatoniquement ; &amp; par cette raison rejetté du nombre des modes authentiques. L'autre est l'Hyper Phrygien ; il a sa finale en <i>F ut fa,</i> &amp; la 4e au-dessus superflue, &amp; pour cela rejetté du nombre des modes plagaux. Brossart.</p><p>On dit proverbialement que l'hiver n'est pas <i>bâtard,</i> &amp; qu'il vient tôt ou tard.</p><p>On dit aussi en quelques endroits de Normandie <i>bâtard</i> de <i>Caux</i> ; pour dire, un pauvre cadet qui n'a point de bien. Avant que la Coutume de Normandie fût réformée, les cadets du pays de Caux n'entroient point en partage avec leurs aînés, on leur donnoit seulement quelque chose en argent, comme on fait encore présentement en Angleterre. Aujourd'hui même les cadets de Caux parmi les roturiers n'ont tous ensemble que le tiers du bien ; l'aîné a les deux tiers avec le préciput dans les biens situés à la campagne, &amp; c'est ce qui fait qu'on nomme les cadets de ce pays-là <i>bâtards de Caux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4424" id="9" type="">
   <index type="head" value="BÂTARD, ARDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BÂTARD, ARDE</head>
    <p>
    Bâtarde , est la plus grande des voiles d'une Galère, qui se porte quand il y a peu de vent. <i>Area.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4425" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTARDEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BÂTARDEAU</head>
    <p>
    BÂTARDEAU , s. m. Construction qu'on fait dans des eaux ou des rivières pour détourner le cours de l'eau, ou y fonder quelques bâtimens. <i>Pulvinus.</i> On le fait avec deux rangs de pieux qui soutiennent deux cloisons de planches, entre lesquelles il y a un massif de terre glaise bien pêtrie. On fait des <i>bâtardeaux</i> pour fonder les piles d'un pont, les quais, les écluses, &amp;c.</p><p>Le P. Thomassin dérive le nom de <i>bâtardeau</i> de <i>batar,</i> mot Hébreu, qui veut dire <i>dissecuit, couper, séparer,</i> parce qu'un <i>bâtardeau</i> fait une séparation dans l'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4426" id="1" type="agriculture">
   <index type="head" value="BÂTARDIÈRE" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BÂTARDIÈRE</head>
    <p>
    BÂTARDIÈRE , subst. f. Terme d'Agriculture . <i>Plantarium.</i> Plant d'arbres greffés, qu'on élève dans des vergers, ou pépinières, jusqu'à ce qu'on les déplante pour en faire des buissons ou des espaliers &amp; contre espaliers. Je ne sai si <i>bâtardière</i> se dit du plant d'arbres ; mais Liger, dans son <i>Dict. d'Agric.</i> le dit seulement du lieu, &amp; le définit, Lieu destiné pour y planter des arbres au sortir de la pépinière, &amp; où ils sont comme dans un magasin, pour s'en servir lorsqu'on en a besoin.</p><p>Ce mot, ajoûte-t-il, est bien trouvé, puisqu'il est vrai de dire que la <i>bâtardière</i> devient la mère, &amp; nourrit des enfans <pb n="542" facs="bpt6k8542165/f582/full/1200,/0/native.jpg"/>qui ne sont pas à elle, mais qu'elle adopte : ce qui montre l'étymologie de ce mot. Lig. Chomel, dans son <i>Diction. Oecon.</i> ne le dit aussi que du lieu, &amp; non pas du plant, &amp; le définit de même que Liger. Vous ferez des trous tirés au cordeau de deux pieds de large en tout sens, &amp; de deux autres bons pieds de profondeur, distans de quatre pieds l'un de l'autre, &amp; les rangs aussi éloignés de quatre bons pieds. Vous prendrez des arbres greffés dans votre pépinière, &amp; les transplanterez dans votre <i>bâtardière</i> ; &amp; pour les planter vous observerez ponctuellement de mêler du petit fumier de vieille couche avec la bonne terre, &amp; faisant une petite butte au milieu du trou, y poser l'arbre, étendant les racines de tous côtés, toujours tirant en bas, puis après remplir le trou jusqu'à la greffe, qui doit toujours être jusqu'à l'effleurement de la terre ; ensuite il faut marcher la terre pour assurer l'arbre. Chom. La <i>bâtardière</i> est nécessaire, 1°. Pour avoir des arbres de provision, propres à remettre à la place de ceux qui meurent, ou ne profitent pas. 2°. Pour dégager la confusion qui pourroit être dans votre pépinière, à cause de la trop grande quantité d'arbres. 3°. Pour en avoir à vendre en récompense de la première dépense que vous aurez faite à planter votre jardin. Ils pourront aussi vous rapporter en ce lieu-là. Outre cela un arbre replanté plusieurs fois est beaucoup plus franc que si directement tiré de la pépinière il étoit placé en lieu à demeurer. Il est aussi besoin d'avoir une <i>bâtardière</i> pour les arbres greffés sur franc que l'on veut faire monter en grands arbres de six pieds de tige. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4427" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTARDISE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BÂTARDISE</head>
    <p>
    BÂTARDISE , s. f. Naissance ou qualité de bâtard. <i>Nothorum genus.</i> Il signifie aussi le droit par lequel le Roi de France succède aux bâtards. Droit de <i>batardise.</i> Bacquet a fait un beau traité de la <i>bâtardise.</i> On dit aussi <i>bâtardise</i> en ce sens. Le droit de <i>bâtardise</i> est un droit en vertu duquel les biens délaissés par les bâtards intestats appartiennent au Roi, ou aux Seigneurs hauts-justiciers, &amp; en quelques lieux aux Seigneurs bas-justiciers, &amp; même aux féodaux, lorsque les biens délaissés sont situés dans leurs justices &amp; sur leurs terres, &amp; que les bâtards y sont nés &amp; décedés ; ce qui a été dans son principe une usurpation de l'autorité souveraine. Voyez les Coutumes d'Anjou, du Maine &amp; de Normandie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4428" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATATAFE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BATATAFE</head>
    <p>
    BATATAFE , s. f. <i>Rapa Africana, Rapum Aethiopicum.</i> Les <i>Batatafes</i> sont des racines qui croissent sous terre dans les pays des Nègres ; elles ont à-peu-près le même goût que nos raves, &amp; sont sèches &amp; douces au goût. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4429" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATATE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BATATE</head>
    <p>
    BATATE , ou BATATÉ, s. f. Racine qui est fort commune aux Isles Antilles. Voyez <ref type="search" target="head:Patate">Patate</ref>. Il y en a dans l'Isle de S. Thomé ; les habitans les nomment Ignames ; ils en font leur nourriture ordinaire, &amp; en mangent au lieu de pain. Il y en a de quatre sortes. La première s'appelle Bénin ; la seconde Achorère ; la troisième Maniconge ; &amp; la quatrième Saffranée ; qui prennent toutes leurs noms des lieux d'où on les apporte à cette Isle. Les deux premières sont les meilleures, l'une à cause de sa douceur, &amp; l'autre parce qu'elle se peut garder long-temps. Dapp.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4430" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATAVE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BATAVE</head>
    <p>
    BATAVE , s. m. &amp; f. Peuple ancien de la Germanie inférieure, que nous appellons aujourd'hui les Pays-Bas. Les anciens <i>Bataves</i> occupoient l'Isle que font le Vahal &amp; le Rhin, ainsi qu'il paroît par César, Liv. IV. ch. 10. &amp; par Pline, Liv. IV. ch. 15. Ils ne l'occupoient pas même seuls ; car Pline &amp; Tacite, Liv. IV. <i>Hist.</i> ch. 15. y placent encore les <i>Canénéfates,</i> ou <i>Capunefates.</i> Quelques-uns prétendent qu'ils s'étendoient au delà du Vahal jusqu'à la Meuse, dans le pays qu'on nomme aujourd'hui <i>Riik Nimmeguen,</i> c'est-à-dire, Royaume de Nimègue, &amp; dans celui qu'on nomme <i>Maes Wael.</i> Leur raison est qu'on voit dans ce pays des restes du nom des anciens <i>Bataves,</i> dans la ville appellée Batembourg, qui est un abrégé de Batavenbourg, &amp; qui signifie le bourg des <i>Bataves.</i> Mais tous les Anciens renferment les <i>Bataves,</i> comme je l'ai dit, entre le Vahal &amp; le Rhin. Un seul Bourg ne prouve pas qu'ils se soient étendus au delà. Il n'est pas clair que le nom de Battenbourg soit le même que Batavenbourg. Quoi qu'il en soit, si les <i>Bataves</i> ont occupé ce terrain, ce n'est que dans la suite des temps. Ils y vont tenir les <i>Bataves</i> dans l'obéissance &amp; le respect. P. Tart. Voyez sur les anciens <i>Bataves</i> Cluvier. <i>German. Antiq. L. I. p.</i> 165. 317. <i>L. II.</i> 139. <i>&amp; suiv.</i></p><p>Aujourd'hui on appelle <i>Bataves,</i> ou les Provinces unies des Pays-Bas en général ; ou en particulier, les Hollandois ; mais ce n'est qu'en vers qu'on emploie ce mot dans ces deux sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4431" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATAVIA" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BATAVIA</head>
    <p>
    BATAVIA , s. f. Nom de ville. <i>Batavia.</i> C'est une ville des Indes Orientales, située sur la côte Septentrionale de l'Isle de Java, à 18 lieues de la ville de Bantam. <i>Batavia</i> a été bâtie par les Hollandois sur les ruines de Jacatra, dont elle porte encore le nom. Ils lui ont donné celui de <i>Batavia,</i> du nom de leur pays, qu'on appelle aujourd'hui <i>Batavia</i> en Latin, quoique ce ne soit pas l'ancien pays des Bataves, qui ne comprenoit que l'Isle qui est entre le Vahal &amp; le Rhin. <i>Batavia</i> est un très-bon port de mer, &amp; une ville très-peuplée de Chinois, de Maures, de Malayes &amp; d'Européens. Le Général de la Compagnie des Indes y fait sa résidence. Maty. Voyez l'<i>Ambassade des Holl. au Japon,</i> I. p. 25. Cette ville passe pour une des merveilles du pays, parce qu'elle est construite à la manière de celles d'Europe ; au lieu que les maisons des autres villes ne sont que de méchantes cabanes de bois couvertes de chaume, de ris &amp; de feuilles de palmier. Larrey. C'est l'an 1619. que les Hollandois s'y établirent, &amp; lui donnèrent le nom de <i>Batavia.</i> Elle s'appelloit au commencement Kalappa, &amp; ensuite Jakatra. Nous disons <i>Batavia</i> en François, &amp; non point <i>Batavie.</i> Les Hollandois ont encore donné le même nom à une rivière qu'ils ont découverte dans le pays de Carpentaria, dans les terres Australes.</p><p>Plusieurs Auteurs récens donnent aussi ce nom à l'ancien pays des Bataves, c'est-à-dire, à l'isle que forment le Vahal &amp; le Rhin ; mais l'antiquité ne l'a point appellé <i>Batavia,</i> mais Isle des Bataves.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4432" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BATAVIE" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BATAVIE</head>
    <p>
    BATAVIE , s. f. Terme de Fleuriste . Oeillet rouge fort clair, qui prend un peu de couleur de rose. Il est fort large sur un blanc qui n'est point fin. Il casse facilement, si on ne lui laisse au moins six boutons. La beauté de sa fleur est sa grosseur. Il a porté 14 pouces de tour. Sa plante est néanmoins foible, &amp; sujette au blanc, ne portant facilement ni marcotes, ni graine. Il vient de Noyon. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4433" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BATAYOLES" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BATAYOLES</head>
    <p>
    BATAYOLES , s. f. plurier. Terme de Marine . Pièces de bois quarrées, hautes de trois pieds, que l'on attache à plomb en dedans aux bacalas que l'on cloue sur la couverture de la pouppe du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4434" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BATEAU</head>
    <p>
    BATEAU , s. m. Vaisseau qui sert à naviger sur les rivières, les lacs, les étangs. <i>Navicula, parvum navigium. Bateaux</i> de Marne, sont des <i>bateaux</i> de voiture petits &amp; plats, qu'on nomme <i>Marnois. Bateaux</i> de Seine, sont de grands <i>bateaux</i> forts &amp; longs qui viennent de Rouen, &amp; de la rivière d'Oise, qu'on appelle autrement <i>Foncets.</i> Les <i>bateaux</i> qui viennent de la Loire s'appellent <i>Chalands. Bateaux</i> de voiture, qu'on appelle autrement <i>Coches d'eau,</i> sont des <i>bateaux</i> qui portent des gens, &amp; des marchandises. <i>Navicula oneraria.</i> Un <i>bateau</i> couvert.</p><p>Le P. de Challes, dans son <i>Traité de la Navigation,</i> propose un problème de la construction d'un <i>bateau,</i> qui quelque chargé qu'il soit, non-seulement monte sans voiles &amp; sans rames contre le courant d'une rivière, mais qui monte d'autant plus vîte que la rapidité de l'eau est plus grande. Ce <i>bateau</i> n'est pas différent des autres ; il y a seulement aux deux côtés deux roues qui produisent cet effet, avec une corde qui s'entortille à une espèce de treuil à mesure que les roues tournent.</p><p>Ce mot, selon Cambden, vient de l'Anglois ; &amp; selon Spelman, de <i>bat,</i> mot Saxon, ou Anglois, qui signifie une <i>barque.</i> Icquez le dérive du même mot <i>bat</i>, qui dans la langue des Francs signifie <i>bateau</i> ; selon Ménage, de <i>bastum,</i> à cause qu'il est fait de plusieurs pièces de bois ; &amp; selon Nicot, <i>à batuendâ aquâ</i> ; selon d'autres, de l'Hébreu <i>budal,</i> qui signifie <i>separavit,</i> parce que le <i>bateau</i> sépare les eaux, comme le soc de la charrue sépare la terre. Du Cange le dérive de <i>batalaria</i>, mot de la basse Latinité, qui a signifié un <i>vaisseau</i> qui bat l'eau avec ses rames &amp; avirons, ou de <i>batu, battus, batellus,</i> &amp; <i>batella.</i> Il <pb n="543" facs="bpt6k8542165/f583/full/1200,/0/native.jpg"/>peut encore venir de <i>vas</i> ; &amp; est dit <i>bateau,</i> comme <i>vaisseau, petit vaisseau.</i> Selon le P. Papébrock, <i>Act. SS. Jun. Tom. II. p.</i> 145. <i>bateau</i> vient de <i>batellus,</i> diminutif de <i>batus</i> ; les Anglois disent <i>boat,</i> &amp; les Flamands <i>baot</i> ; &amp; T. IV. p. 838. E. il interprète <i>batus, cymba, scapha ;</i> &amp; <i>batellus, cymbula, scaphula.</i></p><p>On appelle <i>bateau</i> de bois, <i>bateau</i> de charbon, <i>bateau</i> de fagots, <i>bateau</i> de blé, &amp;c. les <i>bateaux</i> qui sont chargés de ces marchandises. On appelle <i>bateau</i> des selles, un <i>ba</i>teau où il y a plusieurs rangs de planches où on lave la lescive. Il y a des <i>bateaux</i> de poste sur le Rhône, qui sont longs &amp; étroits, qui font grande diligence, &amp; qui vont de Lyon à Avignon en 24. heures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4434" id="2" type="">
   <index type="head" value="BATEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>BATEAU</head>
    <p>
    Bateau Maire , est le principal <i>bateau</i> d'une conduite de sel. <i>Navicula primaria.</i> L'Ordonnance des Gabelles veut que le péage du sel soit levé sur le <i>bateau maire</i> seulement, &amp; non sur les allèges, tirots, &amp; soûtirots.</p><p>Ais de <i>bateau,</i> sont de gros ais provenans de la démolition des <i>bateaux,</i> qui servent à faire des clôtures, des échafaudages, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4434" id="3" type="">
   <index type="head" value="BATEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATEAU</head>
    <p>
    Bateau de cuivre , ou Ponton, est une nouvelle invention de <i>bateaux</i> faits de lames d'airain avec une bordure de bois. <i>Ponto.</i> Ils sont de grand usage à l'armée pour faire des ponts de <i>bateaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4434" id="4" type="">
   <index type="head" value="BATEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>BATEAU</head>
    <p>
    Bateau , est aussi les bois de menuiserie assemblé pour faire le corps d'un carrosse, sur lequel on met les garnitures de cuir &amp; d'étoffes par dehors &amp; par dedans.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est tout étourdi du <i>bateau,</i> quand il lui est arrivé depuis peu quelque infortune qui lui a causé quelque trouble d'esprit. On dit ironiquement à ceux qui vantent trop quelque personne, il n'en vient que deux en trois <i>bateaux.</i></p><p>Un <i>bateau,</i> avec ce mot, <i>Quò me cumque trahes,</i> ou <i>trahet,</i> ou <i>trahent,</i> est une devise naturelle de la dépendance dans laquelle on veut être de quelqu'un, de l'obéissance qu'on lui voue, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4435" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATELAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BATELAGE</head>
    <p>
    &#9758; BATELAGE , s. m. Droit qu'on paye au Batelier, pour être voituré dans son bateau. Payer son <i>batelage.</i> Avez-vous payé votre <i>batelage</i> ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4436" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTELAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>BÂTELAGE</head>
    <p>
    BÂTELAGE , s. f. Métier, action de Bâteleur &amp; de Charlatan. <i>Ludus mimicus, ludionum praestigiae.</i> Ils amasserent beaucoup d'argent par ce <i>bâtelage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4437" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BATELÉ, ÉE" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
   <index type="macro_domain" value="Blason" />
   <index type="pred_domain" value="Blason" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATELÉ, ÉE</head>
    <p>
    BATELÉ, ÉE , adj. Terme de Blason , qui se dit d'un timbre ou d'une cloche garnis de leur batail. <i>Clavatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4438" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATELÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BATELÉE</head>
    <p>
    BATELÉE , s. f. Charge d'un bateau, qui se dit plus particulièrement des personnes, que des marchandises. <i>Navigii vectura.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; bassement, une <i>batelée</i> de gens ; pour dire, une quantité de gens ramassés &amp; inconnus, qui s'incommodent les uns les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4439" id="1" type="ancienne poesie francoise">
   <index type="head" value="BÂTELÉE" />
   <index type="src_domain" value="ancienne poesie francoise" />
   <index type="macro_domain" value="Belles-lettres" />
   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BÂTELÉE</head>
    <p>
    BÂTELÉE , s. f. Terme d'ancienne Poësie Françoise . Nos vieux Poëtes François affectoient de faire rimer le milieu du vers, ou le premier hémistiche, avec la fin du vers précédent, &amp; c'est de ces sortes de rimes qu'ils faisoient leurs <i>batelées</i> ; mais il y a long-temps que la mode des <i>bâtelées</i> est passée. M. Mourgues. Jean Moline est l'inventeur de ces sortes de vers. Il semble qu'il vaut mieux écrire <i>bâtelée</i> que <i>bâtelée,</i> en prenant ce mot dans la signification dont il s'agit ici.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4440" id="1" type="marine">
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    <head>BATELER</head>
    <p>
    BATELER . Terme de Marine . On dit, <i>Bateler</i> du maquereau, <i>bateler</i> du harenc. C'est aller prendre avec des chaloupes le harenc &amp; le maquereau des autres bateaux qui l'ont pêché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4441" id="1" type="">
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    <head>BATELET</head>
    <p>
    BATELET , s. m. Grand bachot. Sorte de petit bateau. <i>Cymba.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4442" id="1" type="">
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    <head>BÂTELEUR, EUSE</head>
    <p>
    BÂTELEUR, EUSE , s. m. &amp; f. Charlatan, Danseur de corde, Bouffon. <i>Histrio, mimus, ludio, ludius.</i> Il se dit de toute autre sorte de gens qui amassent le peuple pour le divertir, en faisant des sauts, des danses, &amp; des tours de passe-passe. Les <i>Bâteleurs</i> &amp; Comédiens ne pouvoient être enrôlés dans les armées Romaines. Vigen.</p><p>Un de nos Ecrivains a appellé les Romans, des <i>Bâteleurs</i> en papier. Outre que ces sortes de pensées sont basses, &amp; un peu burlesques, elles tiennent fort de l'énigme. Bouh.</p><p>Ce mot, selon Saumaise, vient de <i>balator,</i> qui signifie, Celui qui en public fait plusieurs tours surprenans avec les armes. Guyet le dérive de <i>bastel</i>, qui a été dit de <i>bastum,</i> pour un <i>échafaut de bois</i> ; comme qui diroit, <i>Qui monte sur le théatre.</i> D'autres le dérivent de <i>baste</i>, vieux mot Gaulois, signifiant <i>tromperie.</i> Nicot le dérive du Grec , qui signifie <i>hableur,</i> qui dit des choses vaines &amp; frivoles. On le peut faire venir de <i>balatro.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4443" id="1" type="">
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    <head>BATELIER, IÈRE</head>
    <p>
    BATELIER, IÈRE , s. masc. &amp; f. Celui qui conduit un bateau. <i>Navicularius, Naviculator, Nauta.</i> Il se dit plus particulièrement de ceux qui mènent des bateaux pour passer les rivières : les autres s'appellent <i>Mariniers.</i> A Lyon ce sont des femmes qui sont <i>Batelières.</i> Comme il y avoit un corps de Pilotes pour la mer, il y avoit aussi à Rome une Communauté de <i>Bateliers</i> pour la navigation du Tibre. L'on appelloit ceux-là <i>Naucleri,</i> du Grec , &amp; plus communément <i>Navicularii,</i> de <i>Navis,</i> navire ou vaisseau de mer ; &amp; l'on nommoit ceux-ci <i>Candicarii,</i> Conducteurs de bateaux, ou nasselles ; ces petits vaisseaux des rivières ayant été ainsi nommés de <i>Caudices,</i> assemblages de plusieurs planches de bois. Voyez Varron dans Nonnius au mot <i>Caudicularii.</i> On les nomma aussi <i>Nautae Tiberis.</i> De la Mare. Il y en avoit aussi à Paris sur la Seine ; &amp; sur un des monumens trouvés en creusant les fondemens de l'Autel magnifique que le Roi vient d'ériger dans N. Dame de Paris, les Bateliers de la Seine sont appellés <i>Nautae Parisiaci.</i> Ce monument est du temps de l'Empereur Tibère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4444" id="1" type="">
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    <head>BÂTER</head>
    <p>
    BÂTER , v. act. Mettre un <i>bât</i> sur une bête de somme. <i>Clitellas imponere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4444" id="2" type="">
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    <head>BÂTER</head>
    <p>
    Bâte, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Clitellatus.</i> C'est un âne <i>bâté.</i></p><p>On dit proverbialement, que l'âne du commun est toujours le plus mal <i>baté</i> ; pour dire, qu'on a moins de soin du public que de son intérêt particulier. On dit aussi, Qui <i>bate</i> la bête, la monte ; pour dire, que celui qui habille quelque femme, en a les dernières faveurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4445" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATEUIL" />
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    <head>BATEUIL</head>
    <p>
    BATEUIL , s. m. Partie du harnois des ânes &amp; des mulets, ou autres bêtes à somme, qui leur bat sur la crouppe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4446" id="1" type="">
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    <head>BATH</head>
    <p>
    BATH , s. m. Nom de mesure des choses liquides chez les Hébreux ; c'étoit la dixième partie du chomer. Le <i>bath</i> étoit pour les liquides une mesure égale à l'épha pour les choses arides ; R. David. Menochius dit que le <i>bath</i> étoit égal à la <i>métrète,</i> &amp; à l'<i>amphore Romaine.</i> Leusden croit qu'il y avoit deux <i>baths,</i> l'un plus grand d'un tiers que l'autre ; que le plus grand étoit à l'usage des Prêtres &amp; pour le temple, &amp; le plus petit à l'usage commun de tout le monde. M. De Chamberland a prouvé que le cube du Derac, ou coudée du Caire, contenoit précisément six <i>baths.</i> Pelet. Vign. Mar.</p><p>Le <i>Bath</i> étoit aussi une mesure d'Egypte, que les Auteurs Cophtes appellent <i>Pibatos.</i> Les Arabes disent qu'elle contenoit 60 Kost, &amp; que le Kost étoit, c'est-à-dire, contenoit, pesoit une livre Romaine plus les deux tiers, c'est-à-dire, 20. onces Romaines. Kirker. <i>Oedip. Aeg. T. II. p.</i> 286.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4447" id="1" type="">
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    <head>BATHILDE</head>
    <p>
    BATHILDE , s. f. Nom de femme. <i>Bathildis,</i> ou <i>Baldechildis.</i> Sainte <i>Bathilde,</i> ou Baldechilde, Reine de France, eut trois fils de Clovis II. qui régnèrent tous trois successivement ; elle acheva le Monastère de Chelles commencé par Sainte Clotilde, &amp; s'y retira. Voyez Baillet, 30. de Février. Les anciens Historiens François la nomment sainte <i>Badour</i> ; &amp; le peuple de Chelles sainte <i>Bateur.</i> Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4448" id="1" type="">
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    <head>BÂTIER</head>
    <p>
    BÂTIER , s. m. Ouvrier qui fait &amp; qui vend des bâts de mulets, &amp; d'autres bêtes de somme. <i>Clitellarum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4448" id="2" type="">
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    <head>BÂTIER</head>
    <p>
    Bâtier , est aussi une épithète qu'on donne à celui qu'on veut taxer de bêtise. <i>Stolidus, plombleus.</i> Cet homme est un sot <i>bâtier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4449" id="1" type="">
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    <head>BATIFOLER</head>
    <p>
    BATIFOLER , v. n. Terme populaire, qui se dit de ceux qui s'amusent à se jouer, &amp; à badiner les uns avec les autres, particulièrement des paysans &amp; paysanes. <i>Nugari, ludere, jocari.</i> Cela vient des Italiens, qui ont appellé <i>batifolle,</i> certaines tours de bois qui sont sur les <pb n="544" facs="bpt6k8542165/f584/full/1200,/0/native.jpg"/>remparts &amp; les beffrois, où les jeunes gens alloient jouer &amp; badiner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4450" id="1" type="blason">
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    <head>BATILLÉ</head>
    <p>
    BATILLÉ . Terme de Blason , se dit des pièces qui ont des crénaux renversés, qui regardent la pointe de l'Ecu. <i>Pinnis deorsum spectantibus instructus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4451" id="1" type="">
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    <head>BÂTIMENT</head>
    <p>
    BÂTIMENT , s. m. Ouvrage fait par des Architectes &amp; des Maçons. <i>Aedificium.</i> Il se dit non-seulement des maisons &amp; palais, mais aussi des Eglises, des ponts, aquéducs, &amp; autres édifices publics, ou particuliers ; en un mot, de tout ce qui sert ou à la Religion, ou à la sureté, ou à l'utilité, ou à la magnificence. Un <i>batiment régulier,</i> est celui dont le plan est d'équerre, qui a ses côtés opposés, égaux, &amp; dont les parties sont disposées avec symmétrie. Un <i>bâtiment isolé,</i> est celui qui n'est lié, ni attaché à aucun autre. On appelle <i>bâtiment enterré,</i> un <i>bâtiment</i> dont l'aire est au-dessous du rez-de-chaussée : <i>Bâtiment déchiré,</i> une maison ouverte, &amp; dont on rebâtit les murs. Il y a en France des Intendans, des Contrôleurs, &amp; des Trésoriers des <i>Bâtimens</i> du Roi. Les <i>Bâtimens</i> modernes sont plus beaux &amp; plus commodes que les anciens. La 90e épître de Sénèque contient une ingénieuse invective contre la magnificence des <i>bâtimens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4451" id="2" type="">
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    <head>BÂTIMENT</head>
    <p>
    Bâtiment , se dit aussi en fait de Charpenterie, de ce qui regarde en général les vaisseaux, tant de mer que des rivières. <i>Navis, navigium.</i> L'armée du Roi est composée de tant de grands <i>batimens,</i> &amp; de tant de petits. On le dit plus ordinairement des vaisseaux marchands. Un <i>bâtiment</i> ras, est un vaisseau qui n'est pas ponté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4452" id="1" type="">
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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    BÂTIR , v. act. Construire, faire quelque édifice. Il se dit tant de celui qui fait la dépense d'un bâtiment, que du Maçon qui l'élève, &amp; de l'Architecte qui en a donné &amp; conduit le dessein. <i>Aedificare.</i> Le Bramante a <i>bâti</i> S. Pierre de Rome. Salomon de Brosses a <i>bâti</i> le Palais appellé Luxembourg. Noé <i>bâtit</i> son Arche par l'ordre de Dieu. Ce Prince <i>bâtit</i> beaucoup, fait grande dépense en bâtimens. On dit qu'un Entrepreneur <i>bâtit</i> bien, quand ses bâtimens sont bien construits, avec choix de bons matériaux, &amp; avec le soin &amp; la propreté que l'art demande. Pour bien <i>bâtir,</i> il faut <i>bâtir</i> solidement, agréablement &amp; commodément. Abr. de Vitr.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot de l'Hébreu <i>bitser,</i> qui signifie <i>extruxit.</i> Du Cange le dérive de <i>bastire</i>, mot de la basse Latinité, qu'il dit signifier proprement <i>bastias, aut bastitas exstruere.</i> De baston peut venir bastion &amp; <i>batir,</i> parce que les anciens bâtimens n'étoient faits que de perches &amp; de longs bâtons. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4452" id="2" type="">
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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâtir , se dit aussi en parlant de l'ordonnance d'un bâtiment. <i>Bâtir</i> à la Grecque, à la Romaine, à la Gothique, à la Moderne. <i>Graeco, Romano, Gothico, recenti more aedificare. Bâtir</i> avec symmétrie.</p><p>On dit aussi, que Dieu a <i>bâti</i> l'Univers de ses propres mains ; pour dire, qu'il l'a créé &amp; mis en l'état où nous le voyons.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâtir , se dit aussi de petites constructions, &amp; passagères. <i>Extruere, erigere.</i> Abraham <i>bâtit</i> un autel à Dieu. Et figurément on dit, <i>Bâtir</i> des autels en son coeur ; pour dire, adorer secrètement quelque Divinité.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâtir , signifie quelquefois, Fonder, établir. <i>Fundare, condere.</i> C'est Romulus qui a <i>bâti</i> Rome. Didon a <i>bâti</i> Carthage. Saint Louis a <i>bâti</i> beaucoup de Monastères. Saint Bernard a <i>bâti</i> Clervaux. Le Cardinal de Richelieu a <i>bâti</i> la Sorbonne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4452" id="5" type="">
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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâtir , se dit figurément en choses spirituelles. <i>Construere, extruere.</i> Celui qui ne fait point son salut, <i>bâtit</i> sur l'arène, dit Jesus-Christ en S. Matthieu. Cet homme se flatte de belles espérances, mais il <i>bâtit</i> en l'air. On dit en ce sens, Vous <i>bâtissez</i> sur un faux principe, sur un mauvais fondement. Toute la Religion des Paiens étoit <i>bâtie</i> sur des fables. J. C. dit à S. Pierre, que ce seroit sur lui qu'il <i>bâtiroit</i> son Eglise. Si le bien que l'on fait n'est appuyé sur une humilité véritable &amp; sincère, on <i>batit</i> sur le sable. Abb. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâtir , signifie aussi, Mettre en ordre, disposer, régler ; &amp; ne se dit guère qu'avec la négative, ou ironiquement. <i>Disponere, ordinare.</i> Tout ce livre, ce discours, est mal <i>bâti,</i> il n'y a point d'ordre. Cette ville est mal <i>bâtie,</i> tant pour ses bâtimens, que pour sa police.</p><p>On dit dans ce même sens, qu'un homme est tout mal <i>bâti,</i> lorsqu'il est indisposé, qu'il est prêt à tomber malade ; qu'il est mal <i>bâti,</i> quand il est laid, mal fait, ou mal vêtu. <i>Malè affectus.</i> Et qu'il est ainsi <i>bâti</i> ; pour dire, qu'il est fait ainsi, &amp; que telle est son humeur. Mais tout cela n'est bon que dans le style familier &amp; burlesque.</p><p>On dit aussi qu'un homme s'est <i>bâti</i> une petite fortune, une petite retraite, un asyle, lorsqu'il s'est assuré quelque revenu, qu'il a acquis une maison pour se retirer. Colletet a dit agréablement,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâtir , se dit aussi chez les Tailleurs, de l'assemblage qu'ils font des pièces d'un habit qu'ils ont taillé, quand ils joignent l'étoffe avec la doublure, en ne les cousant qu'à grands points, afin d'avoir le moyen de les essayer, &amp; d'en reformer les malfaçons. <i>Componere, copulare, jungere.</i> Un Tailleur de femme n'a jamais <i>bati</i> d'habit, qu'il n'ait eu quelque chose à racommoder.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4452" id="8" type="">
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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâtir , en terme de Chapelier , signifie former un chapeau avec des capades.</p><p>On dit proverbialement qu'un homme <i>bâtit</i> des châteaux en Espagne ; pour dire, qu'il emplit son esprit de chimères, de choses qui ne sont point effectives, parce qu'en Espagne les Nobles habitent dans les villes. On dit que les Communautés commencent par <i>bâtir</i> la cuisine ; pour dire, qu'elles se font du revenu pour subsister, avant que <i>bâtir</i> leur Eglise. On dit, <i>Bâtir</i> de boue &amp; de crachat, quand on ne <i>bâtit</i> pas solidement &amp; avec de bons matériaux. On dit d'un homme qui devient gras extraordinairement, &amp; qui a un gros ventre, qu'il <i>batit</i> sur le devant. On dit aussi, Qui <i>bâtit,</i> ment, par une méchante allusion ; pour dire, qu'un homme qui <i>bâtit</i> fait toujours plus de dépense qu'il ne s'étoit proposé de faire. On dit aussi, qu'une affaire, qu'un Traité, est <i>bâti</i> à chaux &amp; à ciment ; pour dire, qu'il est bien fait, qu'il doit durer, qu'il sera inébranlable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4452" id="9" type="">
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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâti, ie , part. &amp; adj. <i>Aedificatus, extructus.</i> Il a toutes les significations de son verbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4452" id="10" type="">
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    <head>BÂTIR</head>
    <p>
    Bâti , s. m. se dit aussi en Menuiserie de l'assemblage des montans &amp; traversans qui renferment un ou plusieurs panneaux. <i>Compages, coagmentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4453" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTISSE" />
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    <head>BÂTISSE</head>
    <p>
    BÂTISSE , s. f. L'action de bâtir, ou l'entreprise d'un bâtiment. <i>Aedificatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4454" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTISSEUR" />
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    <head>BÂTISSEUR</head>
    <p>
    BÂTISSEUR , s. m. Celui qui se plaît à faire faire des bâtimens. <i>Aedificator.</i> Le Roi François I. étoit un grand <i>Bâtisseur,</i> il a fait <i>bâtir</i> S. Germain, Chambor, &amp;c. Le mot de <i>Bâtisseur</i> ne se dit ni du Maçon, ni de l'Architecte. M. Godeau l'a pourtant employé en ce sens ; mais on ne croit pas qu'il le faille imiter ; &amp; même <i>Bâtisseur</i> ne se dit guère qu'en riant, pour marquer un homme qui ne fait que <i>bâtir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4455" id="1" type="">
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    <head>BATISTE</head>
    <p>
    &#9758; BATISTE , s. f. Toile de lin très-fine, &amp; très-blanche, dont on fait des rabats, des manchettes, &amp; des surplis. Il y en a de trois sortes ; les unes claires, les autres moins claires, &amp; les autres beaucoup plus fortes, qu'on appelle <i>batistes hollandées,</i> parce qu'elles approchent de la qualité des toiles d'Hollande, étant comme elles, très-serrées &amp; très-unies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATITURE D'AIRAIN</head>
    <p>
    BATITURE D'AIRAIN , s. f. C'est l'écaille qui se sépare de l'airain, après qu'il a été au feu, en frappant dessus avec le marteau. <i>Aeris putamina.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    BÂTON , s. m. Morceau de bois rond, long &amp; menu, qui <pb n="545" facs="bpt6k8542165/f585/full/1200,/0/native.jpg"/>sert ordinairement pour s'appuyer en marchant. <i>Baculum, bacillum, baculus, scipio.</i> Les vieilles gens, les estropiés, se soutiennent sur un <i>baton,</i> marchent avec un <i>bâton,</i> sont réduits au <i>bâton.</i> Le Cardinal Bona remarque, dans son Traité des Liturgies, qu'autrefois ceux qui avoient un <i>bâton</i> dans l'Eglise pour se soutenir, étoient obligés de le quitter, &amp; de se tenir debout, droits &amp; fermes, lorsqu'on lisoit l'Evangile, pour montrer leur respect par leur posture, &amp; faire connoître qu'ils étoient prêts à obéir à J. C. &amp; à aller où il leur commanderoit. Les Philosophes autrefois avoient un <i>bâton</i> &amp; une besace, ce qui leur fit donner le nom de Bactropérates. Voyez ce mot.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>bastone,</i> qui a été fait de <i>bastum,</i> qui s'est pris pour un <i>bâton,</i> avec lequel on porte des fardeaux. C'est de-là qu'il fait aussi venir <i>bastion</i> &amp; <i>bastille, bast</i> &amp; <i>bastir.</i> Nicot le dérive du Grec , ou du Latin <i>batuo, batuis,</i> qui signifie <i>battrè.</i> Le P. Pezron, qui tire tout du Celtique, le dérive de <i>bach</i>, ou <i>bagl</i>, mot Celtique, qui a la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , est aussi une arme naturelle, offensive &amp; défensive, quand on se bat seulement à coups de main. <i>Fustis.</i> Ces paysans se sont battus à coups de <i>bâton.</i> C'est un affront irréparable à un Gentilhomme de recevoir des coups de <i>bâton.</i> Ils étoient armés de piques &amp; de <i>bâtons</i> durcis au feu. Vaug. Les Lacédémoniens ne portoient point d'épée pendant la paix, &amp; se contentoient d'un gros <i>bâton</i> courbé, qui leur étoit particulier. La correction par les coups de <i>bâton</i> étoit la moins sévère que les Romains exerçassent sur leurs esclaves ; parce qu'ils les recevoient sur les habits. S. Evr. C'est un plus grand affront d'être battu à coups de <i>bâton</i> qu'à coups d'épée ; l'épée est l'instrument de la guerre, &amp; par conséquent il est honnête ; le <i>bâton</i> est l'instrument des outrages, &amp; par conséquent il est infame. Le Mait.</p><p>Par le dixième article du Règlement de Messieurs les Maréchaux de France, sur diverses satisfactions &amp; réparations d'honneur, du 22. Août 1653. il est dit : <i>Pour les coups de</i> bâton, <i>ou autres pareils outrages, l'offensant tiendra prison un an antier, &amp; ce temps ne pourra être modéré, sinon de six mois, en payant trois mille livres, appliquables à l'Hôpital le plus proche du lieu de la demeure de l'offensé ;</i> outre cela l'offensant est obligé de demander pardon à genoux à l'offensé, &amp; à être prêt à recevoir pareils coups de <i>bâton,</i> qu'on pourra en certaines occasions obliger l'offensé de lui donner, quand il auroit la générosité de ne le pas faire. Par le règlement des Maréchaux de France du 22. Juin 1679. celui qui donne des coups de <i>bâton</i> apres avoir reçu un soufflet, ou des coups de main dans la chaleur d'un démêlé, est condamné à deux ans de prison ; &amp; à quatre, s'il n'a point été frappé le premier de la main. Par un Edit du Roi de 1666. les épées en <i>bâtons,</i> &amp; <i>bâtons</i> à ferremens, sont défendus. Le Duc Louïs d'Orléans, ennemi du Duc Jean de Bourgogne, portoit pour devise dans ses banderolles un <i>bâton</i> épineux &amp; noueux, avec ce mot, <i>Je l'envie,</i> par lequel il vouloit dire que où il frapperoit, la bugne y leveroit. Le Duc de Bourgogne, pour y répondre, faisoit peindre un rabot dans ses bannières, voulant dire qu'il raboteroit &amp; applaniroit le <i>bâton</i> noueux du Duc d'Orléans. Parad.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , se dit aussi des véritables armes montées sur un fût ou hampe. <i>Hastile ferreâ cuspide utrinque praefixum.</i> C'est une bonne arme qu'un <i>bâton</i> à deux bouts. Les mousquets les fusils, les arquebuses, sont appellés des <i>bâtons</i> à feu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , se dit aussi de toutes sortes de bois menu qui sert à brûler. <i>Ligna, virgulta.</i> Un <i>bâton</i> de fagot, de cotret. Un <i>bâton</i> de gros bois : c'est autrement un rondin ; car quand le bois est fendu par quartier, on l'appelle <i>bûche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton de chaise . Morceau de bois épais de deux ou trois pouces, &amp; long de six ou sept pieds, qu'on met dans les portans de la chaise, pour la soulever &amp; la porter par la ville. <i>Vectis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton a Gants . Manière de grand fuseau, dont le Gantier se sert pour donner plus de forme aux gants, quand ils sont faits. <i>Bacillum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton de cage . C'est un petit morceau de bois que l'on passe en travers dans une cage, pour que l'oiseau puisse s'y percher. Il est d'une grande importance que les <i>bâtons</i> de la cabane (des Serins) soient bien stables, afin qu'ils ne puissent tomber, sur-tout lorsque le mâle va après sa femelle ; ce qui feroit faire une quantité d'oeufs clairs à la femelle. Hervieux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton de chasse . Il se dit de ceux que l'on porte quand on va coutre. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , se dit encore des choses qui ressemblent au <i>bâton,</i> quoiqu'en très-petit volume. Un <i>bâton</i> de casse, un <i>bâton</i> de cire d'Espagne. Le petit <i>bâton</i> d'un Charlatan.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton rompu , est une manière de tapisserie, qui représente plusieurs <i>bâtons</i> qui sont rompus &amp; entremêlés l'un dans l'autre. On en fait aussi des ornemens d'Architecture &amp; de Menuiserie, des dispositions de panneaux de vitres en façon de <i>batons rompus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , est quelquefois une marque de commandement. Le <i>bâton</i> de Maréchal de France, est un <i>bâton</i> fleurdelisé, que le Roi envoie à celui qu'il fait Maréchal : &amp; on dit absolument, il aspire au <i>baton,</i> il a eu le <i>bâton</i> ; pour dire, qu'un homme aspire, ou a eu cette Charge. <i>Bacillum Marescalli.</i></p><p>Il y a aussi des <i>bâtons</i> de Maître d'Hôtel, de Capitaines des Gardes, d'Exemts, qui sont faits diversement, &amp; qu'un homme met en sautoir sous l'Ecu de ses Armes, pour marque qu'il est revêtu de ces charges. <i>Bacillus, radius.</i></p><p>Autrefois ceux qui enseignoient Homère, &amp; qu'on nommoit , avoient un <i>bâton</i> rouge, quand ils expliquoient l'Iliade, &amp; un <i>bâton</i> jaune, quand c'étoit l'Odyssée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton augural . C'étoit un <i>bâton</i> tourné par le haut en forme de crosse, que portoient les Augures. <i>Lituus auguralis.</i> Ils s'en servoient pour partager le ciel, afin de faire leurs observations. On en voit sur des médailles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton Pastoral , est la crosse d'un Evêque qu'il prend en main quand il donne la bénédiction au peuple solennellement. <i>Pedum pastorale.</i> Les Auteurs de la vie de Saint Césaire disent qu'il y avoit un Clerc chargé de porter le <i>bâton pastoral</i> de l'Evêque, &amp; que cette fonction appartenoit aux Notaires. Un Evêque après avoir rappellé les brebis égarées avec la voix du Pasteur, les peut frapper du <i>bâton pastoral,</i> quand elles ne veulent pas se rendre à cette voix. P. Gail. Les Chantres ont aussi des <i>bâtons</i> de cérémonie, qu'ils portent en officiant. Les <i>bâtons</i> de Chantre sont la représentation des <i>bâtons</i> que portoient autrefois les Hébreux quand ils mangeoint l'Agneau Pascal. Sur quoi Honorius d'Autun remarque que les Chantres qui, tenoient leur <i>bâton</i> de la main pendant la Messe, le quittoient lorsqu'on lisoit l'Evangile, parce que la publication de l'Evangile a fait cesser les cérémonies des Juifs. Les crosses &amp; <i>bâtons</i> d'argent doivent être contremarqués aux vases, fonds de lanterne, dômes, douilles &amp; croisillons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="14" type="">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton de la Croix , est un <i>bâton</i> qui sert à porter la Croix dans les Processions. <i>Baculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="15" type="joueurs de marionnettes & de gobelets">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton de Confrairie . C'est un semblable <i>bâton,</i> qui sert à porter aux Processions l'image de quelque Saint, ou la représentation de quelque Mystère, pour le faire voir au Peuple : &amp; l'on appelle une Fête à <i>bâtons,</i> celle où on célèbre la Fête du Saint qui est au bout de ces <i>batons.</i></p><p>En termes de Géométrie , on appelle <i>Bâton de Jacob,</i> un instrument qui sert à prendre les hauteurs, ou les distances, par les angles. <i>Radius astronomicus.</i> Il est composé de deux règles divisées en plusieurs parties égales, qui se coupent à angles droits, &amp; qui sont mobiles dans une boëte ou charnière qui les tient fermes. Aux extrémités il y a des pinnules pour faire des observations justes. C'est la même chose que l'arbalête dont on se sert sur la mer. Il est apparemment ainsi appellé, parce que les divisions du monde ne ressemblent pas mal aux degrés d'une échelle pareille à celle que Jacob eut en vision, qui alloit jusqu'au Ciel. On le nomme aussi sur la mer <i>Verge d'Or, Radiomètre,</i> &amp; <i>Rayon astronomique.</i> Son traversier s'appelle <i>marteau.</i> On peint les anciens Astronomes avec un <i>bâton de Jacob</i> à la main.</p><p>En termes de Joueurs de Marionnettes &amp; de Gobelets , on appelle aussi <i>bâton de Jacob,</i> le petit <i>bâton</i> dont ces sortes de gens se servent pour faire leurs tours de passe-passe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="16" type="architecture">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , en termes d'Architecture , se dit d'un gros anneau ou <pb n="546" facs="bpt6k8542165/f586/full/1200,/0/native.jpg"/>moulure en saillie, qui est un ornement de la base des colonnes, qu'on appelle autrement <i>tore,</i> ou <i>bosel. Torus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="17" type="marine">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , en termes de Marine , s'applique à diverses choses. <i>Bâton</i> de pavillon, ou d'enseigne, est un petit mât qui sert à arborer le pavillon. On met aussi ces <i>bâtons</i> sur la pouppe du vaisseau. <i>Bâton</i> de girouette, est un petit mât, où la verge de fer qui tient la girouette est plantée. <i>Bâton</i> de flamme, le <i>bâton</i> où la flamme est attachée au haut du mât.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="18" type="blason">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , en termes de Blason , se dit d'une espèce de bande qui n'a que le tiers de sa largeur ordinaire, ou la moitié d'un cotice, qu'on appelle <i>brochant sur le tout,</i> quand il tire d'une extrémité de l'Ecu à l'autre. <i>Scutarius radius longior</i> ; &amp; quand il est raccourci &amp; vraiment alaisé, on l'appelle <i>peri en bande,</i> ou absolument <i>peri. Accisus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="19" type="">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , dans la Coutume de Troyes, se prend pour le berger qui garde un troupeau, ou pour la garde d'un troupeau ; de sorte qu'un troupeau est sous un seul <i>bâton,</i> quand il est conduit par un seul pasteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="20" type="">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    Bâton , se dit figurément en ces phrases : <i>Bâton</i> de vieillesse, est le jeune parent, ou ami, dont le vieillard espère du secours &amp; de l'assistance sur ses vieux jours. <i>Praefidium, columen.</i> On dit aussi, qu'un homme en mène un autre le <i>bâton</i> haut, le <i>bâton</i> à la main ; pour dire, qu'il lui commande avec autorité &amp; vigueur, ou qu'il lui fait faire quelque chose par force.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4457" id="21" type="">
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    <head>BÂTON</head>
    <p>
    &#9758; BÂTON , s. m.Pour marquer qu'on n'attaque point ceux qui sont en état de se défendre.<br/>On dit proverbialement, <i>Bâton ferrat &amp; non ferrat</i> ; pour dire, Toute sorte d'armes. Les paysans de ce village sortirent sur une troupe de voleurs, avec <i>bâton ferrat &amp; non ferrat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4458" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATONNE, ÉE" />
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    <head>BATONNE, ÉE</head>
    <p>
    BATONNE, ÉE , adj. On dit, une serviette <i>batonnée</i> : c'est une serviette proprement pliée, à gaudrons &amp; à petits carreaux. Etat de France. <i>Mantile in speciem operis vermiculati complicatum,</i> ou <i>specimen operis vermiculati vario sinu referens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4458" id="2" type="">
   <index type="head" value="BATONNE, ÉE" />
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    <head>BATONNE, ÉE</head>
    <p>
    Bâtonner , v. act. Donner des coups de bâton à quelqu'un. <i>Fustibus caedere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4458" id="3" type="">
   <index type="head" value="BATONNE, ÉE" />
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    <head>BATONNE, ÉE</head>
    <p>
    Bâtonné, ée , part. &amp; adj. <i>Fustibus caesus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4459" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="BÂTONNER" />
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    <head>BÂTONNER</head>
    <p>
    BÂTONNER , en termes de Palais , signifie, Tirer des raies entre des lignes d'un acte ou d'une pièce, pour avertir de lire cet endroit, qui contient quelque clause décisive, une date, ou quelque chose de remarquable &amp; de nécessaire. <i>Lineis distinguere.</i> Un Juge saute par dessus une clause essentielle, quand on n'a pas eu le soin de la <i>bâtonner.</i></p><p>&#9758; Bâtonner, terme de Chancellerie ; qui veut dire, rayer, biffer. Le Juge ordonne que des écritures seront apportées au Greffe pour y être <i>bâtonnées. Bâtonner</i> un Arrêt, le rayer, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4460" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTONNET" />
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    <head>BÂTONNET</head>
    <p>
    BÂTONNET , s. m. <i>Bacilli ludus.</i> Jeu de petits enfans, qu'ils font avec un petit bâton. C'est aussi &amp; premièrement le nom de l'instrument avec lequel ils jouent. C'est un petit bâton long d'un demi pied ou environ, &amp; gros comme le doigt, ou un peu plus. Il est amenuisé par les deux bouts. On frappe sur l'un des bouts pour le faire sauter en l'air &amp; le chasser loin de soi, &amp;c. C'est ce qui s'appelle à Paris jouer au <i>bâtonnet.</i> En Berry on l'appelle Bicarelle, ou bigarrelle, en Touraine Pic, &amp; Bele en Dauphiné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4461" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÂTONNIER, IÈRE" />
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    <head>BÂTONNIER, IÈRE</head>
    <p>
    BÂTONNIER, IÈRE , s. m. &amp; f. Celui ou celle qui ont en garde pendant un temps le Bâton d'une Confrairie, &amp; qui le portent ou le suivent aux processions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4461" id="2" type="palais">
   <index type="head" value="BÂTONNIER, IÈRE" />
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    <head>BÂTONNIER, IÈRE</head>
    <p>
    Bâtonnier , en terme de Palais , est un ancien Avocat qu'on choisit tous les ans selon l'ordre du tableau, pour être le Chef de la Communauté des Avocats &amp; Procureurs, pour être Maître de leur Chapelle &amp; de leur Confrairie, &amp; présider au Siége qu'ils tiennent pour l'entretenement de la discipline du Palais &amp; des règlemens. C'est à lui aussi qu'appartient la commission des charges des Juges inférieurs pendant leur interdiction. Quelques Auteurs ont donné le nom de <i>Bastonerius</i> à de simples Sergens ou Bédeaux &amp; Appariteurs. Il se trouve dans ce sens dans la Chartre de Pierre II. Roi d'Arragon, pour la confirmation des libertés &amp; Coutumes de Catalogne. Voyez Du Cange au mot <i>Bastonerius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4462" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATRACHITE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BATRACHITE</head>
    <p>
    BATRACHITE , s. f. est une pierre qui se trouve dans les grenouilles, à laquelle les Médecins attribuent la vertu de résister au venin. <i>Batrachites.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , <i>rana, grenouille.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4463" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATRACHOMYOMACHIE" />
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    <head>BATRACHOMYOMACHIE</head>
    <p>
    BATRACHOMYOMACHIE , s. f. Guerre des grenouilles &amp; des rats. <i>Batrachomyomachia, bellum ranarum cum muribus.</i> C'est un Poëme burlesque d'Homère, ou du moins qui lui est attribué, &amp; qui est fort agréable. Perrault a traduit la <i>Batrachomyomachie</i> d'Homère en vers François. M. Boivin le jeune en a aussi fait une traduction en vers François, sous le nom du Docteur <i>Junius Biberius Mero,</i> qui est une imitation latine de son nom. Le sujet de la guerre est la mort de Psvcharpax, rat, fils de Toxartes, qui étant monté sur le dos de Physignate grenouille, pour aller dans son palais, où elle l'invitoit, fut saisi d'une si grande peur, quand il se vit au milieu du marais, qu'il tomba dans l'eau &amp; se noya. Physignate fut soupconnée de l'avoir secoué par malice. Les rats déclarèrent la guerre aux grenouilles pour en tirer raison. Henri Estienne <i>Schediasmat. Lib. VI. cap.</i> 22. Pierre Nunnès <i>Comment. ad Phrynichi dictiones Attic.</i> &amp; d'autres, ont cru que ce Poëme n'étoit point d'Homère. Il y a cependant long-temps qu'on le lui attribue ; &amp; Stace, qui vivoit &amp; qui écrivoit sous Domitien, semble n'en pas douter. Il le donne au moins à un illustre Poëte qu'il égale à l'Auteur du <i>Culex,</i> c'est-à-dire, à Virgile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4464" id="1" type="agriculture">
   <index type="head" value="BATTAGE" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
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    <head>BATTAGE</head>
    <p>
    BATTAGE , s. f. Terme d'Agriculture , l'action ou le travail de battre le blé. <i>Tritura, trituratio.</i> Les Laboureurs disent, le bon <i>battage</i> des blez est lorsqu'ils ont sué dans le tas. Liger. Le <i>battage</i> des blez se fait en deux manières, ou plutôt il y a deux manières de les tirer de leurs épics. L'une est de frapper dessus à grands coups de fléau ; c'est là proprement ce que nous nommons <i>battage.</i> Quelques-uns ne veulent point qu'on appelle cela en Latin <i>tritura,</i> ou <i>trituratio,</i> mais <i>flagellatio,</i> de <i>flagellum,</i> un <i>fléau</i> ; mais <i>tritura</i> peut aussi convenir à cette manière. L'autre est, comme on fait en bien des pays, à ce que dit Liger, de faire courir dessus en tournant des mulets, ou des chevaux accoutumés à cette sorte de manoeuvre. C'est ce que les Anciens appelloient <i>tritura,</i> &amp; <i>trituratio.</i> Ils se servoient aussi de boeufs, comme les Hébreux, qui en accouploient quelquefois quatre ensemble, ou bien ils les attachoient à un pieu posé dans la grange, &amp; les faisoient <pb n="547" facs="bpt6k8542165/f587/full/1200,/0/native.jpg"/>trépigner le blé. Ils avoient encore un assemblage de planches qu'ils chargeoient de pierre, ou de fer, &amp; qu'un homme monté dessus faisoit traîner sur le blé par des chevaux. Cet instrument s'appelloit <i>Traha,</i> ou <i>tribulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4465" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATTAISON" />
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    <head>BATTAISON</head>
    <p>
    BATTAISON , s. f. Ce mot n'est pas en usage aujourd'hui. M. de Cambray s'en est servi dans son parallèle de l'Architecture ancienne avec la moderne, ou en parlant du théatre avec Marcellus, il dit que les gouttes tombent en <i>battaison</i> sur les triglyphes, c'est-à-dire, qu'elles inclinent en devant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATTANT" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    BATTANT , s. m. L'un des côtés d'une porte qui s'ouvre en deux. <i>Fori.</i> Il faut ouvrir les deux <i>battans</i> de la porte cochère. Dans l'Eglise de Tyr, que Paulin Evêque de cette ville fit rebâtir lorsque Constantin eut donné la paix à l'Eglise, les <i>battans</i> étoient de cuivre, avec des liaisons de fer, ornées de sculptures agréables. Fleury. On le dit aussi des volets des fenêtres, des armoires, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="2" type="">
   <index type="head" value="BATTANT" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    Battant , est aussi le volet d'un comptoir de Marchand, ou de Banquier, qui se lève &amp; se baisse. <i>Foricula.</i> Corneille a dit dans la Galerie du Palais, en faisant parler une Marchande, Aussi votre tapis est tout sur mon <i>battant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="3" type="marine">
   <index type="head" value="BATTANT" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    Battant , en termes de Marine , est la longueur du pavillon qui voltige en l'air. Sa hauteur qui règne le long du bâton s'appelle <i>le guindant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="4" type="menuiserie">
   <index type="head" value="BATTANT" />
   <index type="src_domain" value="menuiserie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    Battant , en termes de Menuiserie , se dit des pièces de bois de sciage qui servent à faire des portes, &amp; qui sont les principales pièces en hauteur, où s'assemblent les <i>traverses. Postis.</i> Elles se débitent ordinairement de quatre pouces sur huit d'épaisseur, ou de cinq pouces sur douze. On appelle aussi <i>battans</i> les ventaux des portes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="5" type="">
   <index type="head" value="BATTANT" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    Battant , se dit aussi du fer d'un loquet qui se lève, &amp; qui s'abaisse pour fermer une porte. <i>Pessulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="6" type="">
   <index type="head" value="BATTANT" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    Battant , est aussi une pièce de fer qui est suspendue au milieu d'une cloche, qui sert à la battre &amp; à la faire sonner. <i>Clava, Tudicula, Tintinnabulum.</i> Le <i>battant</i> de la grosse cloche de Paris pese 1300 livres. Quelques-uns disent <i>batail.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BATAIL">BATAIL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="7" type="">
   <index type="head" value="BATTANT" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    Battant , Gérondif du verbe <i>battre. Plagosus.</i></p><p>Dans une Chanson sur la bataille de Fleurus on fait dire au Général Valdek,</p><p>Le mot de <i>battant</i> se dit aussi en ces phrases proverbiales, Faire une chose tambour <i>battant</i> ; c'est-à-dire, de hauteur, au vû &amp; sû de tout le monde, sans craindre que personne l'empêche. On dit aussi des gens qu'on a mis en fuite, qu'on les a menés <i>battant,</i> soit à l'armée, soit dans les combats particuliers ; &amp; figurément de ceux sur qui on a eu de continuels avantages, soit en dispute, soit en procès, soit au jeu. On dit aussi d'un habit, d'un meuble, qu'il est tout <i>battant</i> neuf ; pour dire, qu'il a tout son éclat, qu'il n'a point du tout servi. Mais cette dernière façon de parler est tout-à-fait basse &amp; populaire. Je crois que cette expression vient de ce que d'abord l'on a dit <i>bastant</i> neuf, c'est-à-dire, valant un neuf, équivalant à un neuf, ce qui d'abord se disoit non pas des choses toutes neuves, mais si bonnes encore, &amp; si peu usées, qu'elles valoient autant que si elles avoient été neuves ; ensuite on a prononcé <i>battant,</i> en ôtant l'<i>s,</i> &amp; ce mot ainsi changé ne présentant plus la première idée de <i>Bastant, valant,</i> &amp; ne signifiant plus rien, on l'a attribué aux choses toutes neuves.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4466" id="8" type="rubanier">
   <index type="head" value="BATTANT" />
   <index type="src_domain" value="rubanier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BATTANT</head>
    <p>
    Battant . Terme de Rubanier . Partie du métier d'un Rubanier, où il y a des dents d'acier, avec quoi on travaille &amp; on bat le velouté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4467" id="1" type="artisans">
   <index type="head" value="BATTE" />
   <index type="src_domain" value="artisans" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>BATTE</head>
    <p>
    BATTE , s. f. Terme d'Artisans , qui se dit de gros maillets plats &amp; ferrés, qui servent à battre &amp; à aplanir des granges, à battre du ciment, du plâtre, des gravois, &amp;c. <i>Malleus biceps.</i> Les Jardiniers s'en servent aussi pour battre les allées des jardins. Il est impossible d'aplanir ces allées sans employer la <i>batte.</i> Lig.</p><p>On le dit aussi des outils des Tapissiers pour battre la bourre &amp; la laine ; des Vaniers pour battre leurs ouvrages d'osier, &amp;c. D'un bâton gros &amp; court avec quoi les Bouchers battent les boeufs &amp; les veaux, quand ils sont tués.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4467" id="2" type="manege">
   <index type="head" value="BATTE" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BATTE</head>
    <p>
    Batte , Terme de Manége . Les <i>battes</i> sont des parties élevées d'une selle à piquer. Elle sont élevées sur les arçons, tant par devant que par derrière, pour tenir les cuisses du Cavalier, &amp; le rendre plus ferme, &amp; afin que les secousses du cheval ne l'ébranlent point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4467" id="3" type="blanchisseuses">
   <index type="head" value="BATTE" />
   <index type="src_domain" value="blanchisseuses" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BATTE</head>
    <p>
    Batte , est aussi un terme de Blanchisseuses . C'est un petit banc à quatre pieds au bord de la rivière de Seine, sur quoi les Blanchisseuses de Paris savonnent &amp; battent le linge qu'elles blanchissent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4467" id="4" type="">
   <index type="head" value="BATTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>BATTE</head>
    <p>
    Batte , est encore la partie du battoir qui frappe &amp; qui reçoit la balle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4467" id="5" type="">
   <index type="head" value="BATTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BATTE</head>
    <p>
    &#9758; BATTE , s. f.Batte a beurre . C'est un bâton rond d'environ deux pieds &amp; demi de long, enchâssé par le bout à une espèce de tranchoir, avec quoi on bat la crême, jusqu'à ce qu'elle se forme en beurre. Butyraria pavicula.<br/>On dit, qu'un poisson a tant de pouces entre oeil &amp; <i>batte.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BAT">BAT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4468" id="1" type="relieur & de marchand papetier">
   <index type="head" value="BATTÉE" />
   <index type="src_domain" value="relieur & de marchand papetier" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>BATTÉE</head>
    <p>
    BATTÉE , s. f. Terme de Relieur &amp; de Marchand Papetier . C'est ce qu'on bat à la fois de papier, ou d'un livre en blanc sur la pierre à battre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4469" id="1" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BATTELEMENT" />
   <index type="src_domain" value="maconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTELEMENT</head>
    <p>
    BATTELEMENT , s. m. Terme de Maçonnerie . C'est l'extrémité d'une couverture, l'endroit par où l'eau tombe dans les gouttières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4470" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BATTEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>BATTEMENT</head>
    <p>
    BATTEMENT , s. m. Terme de Médecine . Agitation de pouls, du coeur, palpitation. <i>Cordis, arteriae palpitatio.</i> Il y a des Médecins qui distinguent jusqu'à 81 sortes de <i>battemens</i> de pouls simples, &amp; 15 de composés. On compte environ 60 <i>battemens</i> de pouls à un homme tempéré dans une minute, ce qui fait 3600 <i>battemens</i> dans une heure. Il y a des personnes à qui on en compte 4000 &amp; 4500. On ne sauroit entendre parler de ce qu'on aime, sans quelque <i>battement</i> de coeur. Quand on s'est long-temps appliqué à écouter la voix de la nature qui s'explique par les <i>battemens</i> du pouls, on sent parfaitement les différences des maladies. P. le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4470" id="2" type="menuiserie">
   <index type="head" value="BATTEMENT" />
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    <head>BATTEMENT</head>
    <p>
    Battement , en termes de Menuiserie , est une tringle de bois, ou une barre de fer plat, qui cache l'endroit où les ventaux d'une porte se joignent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4470" id="3" type="">
   <index type="head" value="BATTEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTEMENT</head>
    <p>
    Battement , en Musique, est ce qu'on appelle aussi tour de gosier, ou double cadence. C'est un des agrémens du chant, qui procède de plusieurs <i>battemens</i> du gosier, qui se font d'une note à la note qui est immédiatement au-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4470" id="4" type="escrime">
   <index type="head" value="BATTEMENT" />
   <index type="src_domain" value="escrime" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BATTEMENT</head>
    <p>
    Battement de mains, se dit en Morale des applaudissemens qu'on donne en battant effectivement des mains. <i>Plausus.</i></p><p>A la guerre on fait plusieurs sortes de <i>battemens</i> de tambour. <i>Pulsus tympani.</i> Le <i>battement</i> du bâton rond se fait, lorsque les deux bâtons frappent l'un après l'autre : celui du bâton rompu, lorsque chaque main frappe des coups de suite ; &amp; celui du bâton mêlé, lorsque chaque main bat tantôt une fois, &amp; tantôt deux. A la retraite les deux bâtons battent ensemble.</p><p>En termes d'Escrime , on appelle le <i>battement</i> de l'épée, un simple attouchement du foible de l'épée d'un assaillant au foible de l'épée de l'ennemi, pour l'obliger à quitter la ligne, lequel se doit exécuter hors la mesure ; &amp; c'est une espèce de feinte ou d'appel ; mais le <i>battement</i> qui se fait en poussant de pied ferme, en passant, ou en quartant, se doit commencer du demi-fort au foible. <i>Conflictus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATTERIE" />
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    BATTERIE , s. f. Querelle, action de ceux qui se battent. <i>Rixa, pugna.</i> Il se dit seulement de ceux qui se battent à coups de poing, de bâton, ou tumultuairement, &amp; non point des combats réglés. Il y a une <i>batterie</i> dans cette rue, dans cette maison. La <i>batterie</i> a duré long-temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="2" type="guerre">
   <index type="head" value="BATTERIE" />
   <index type="src_domain" value="guerre" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie , en terme de Guerre , est le lieu où l'on place les canons pour tirer. <i>Majorum tormentorum sedes, suggestus.</i> On les met sur une plate-forme de planches ou madriers appellés <i>tablouins,</i> pour empêcher que la pesanteur des canons ne fasse entrer les roues dans la terre ; ces planches sont élevées par derrière, pour diminuer ou empêcher le recul : elles sont couvertes par un parapet, où sont les embrasures, qui sont défendues par un fossé &amp; deux redoutes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="3" type="">
   <index type="head" value="BATTERIE" />
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    <pb n="548" facs="bpt6k8542165/f588/full/1200,/0/native.jpg"/> Batterie , se prend aussi pour les canons mêmes mis en <i>batterie. Tormenta bellica in suggestu disposita, collocata.</i> Et c'est en ce sens qu'on dit, La <i>batterie</i> a été bien servie ; la <i>batterie</i> a fait beaucoup d'effet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="4" type="">
   <index type="head" value="BATTERIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie enterrée , ou ruinante, est celle dont la plateforme est au-dessous du rez de chaussée, ou du niveau de la campagne, qu'on a creusé exprès, &amp; où on a fait des ouvertures dans la terre pour servir d'embrasure. <i>Tormenta terras inter explosa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="5" type="">
   <index type="head" value="BATTERIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie croisee , est celle qui se fait de deux <i>batteries</i> assez éloignées l'une de l'autre, &amp; qui tirent en un même endroit, en sorte que les coups se rencontrent à angles droits, &amp; le coup de la seconde achève d'abattre ce que le coup de la première a ébranlé. <i>Tormenta eundem in locum transverse concurrentia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="6" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie d'enfilade , est celle qui tire en ligne droite, &amp; qui enfile une ligne, une rue, &amp;c. <i>Tormenta rectè explosa.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie en echarpe , est celle qui bat par bricolles &amp; de côté, ou par un coup oblique. <i>Tormenta obliquè explosa.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie en rouage , est celle dont on se sert pour démonter les pièces de l'ennemi. <i>Tormenta dissolvendis hostilibus tormentis explosa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="9" type="">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie de revers , ou meurtrière, est celle qui bat à dos, &amp; qui voit dans la place : ce qui arrive quand la <i>batterie</i> est sur quelque éminence plus haute que la place. <i>Tormenta ab editiore loco &amp; aversis ictibus emissa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="10" type="">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batteries par camarade , sont celles dont les pièces tirent toutes ensemble sur une même ligne, &amp; au même endroit. <i>Tormenta simultaneis &amp; directis ictibus eundem in locum vibrata.</i></p><p>Il y a encore des <i>batteries à ricochet. Tormenta subsultim cadentia &amp; ferientia.</i> C'est lorsqu'ayant fait des <i>batteries</i> à la droite &amp; à la gauche des attaques, qui enfilent &amp; battent de revers les chemins couverts &amp; autres ouvrages, l'on charge les pièces d'une petite quantité de poudre, suffisante néanmoins pour porter leurs boulets à toute volée dans les ouvrages qu'elles enfilent, &amp; dans lesquels ils font plusieurs bonds &amp; ricochets, après leur chûte, qui incommodent de manière ceux qui les défendent, qu'ils sont forcés de les abandonner pendant le jour. Surirey. Les étrangers nomment l'effet de ces boulets, des boulets sourds, à cause qu'ils sont chassés avec si peu de bruit, qu'il est presque impossible de s'en garantir. Id.</p><p>On dit, Ruiner une <i>batterie,</i> lorsqu'on démonte le canon de l'ennemi, ou qu'on en abat les défenses. <i>Demoliri, dissolvere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="11" type="arquebusier">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie . Terme d'Arquebusier . C'est la pièce ou le morceau de fer qui couvre le bassinet, &amp; contre le haut duquel bat le chien de l'arme à feu. <i>Lamina ferrea cui allisus catapultae canis ignem excitat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="12" type="marine">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie , en termes de Marine , se dit des canons qui sont rangés sur les ponts du vaisseau, &amp; qui tirent par les sabords. La première <i>batterie</i> est celle qui est au premier pont, &amp; le plus près de l'eau : de même la seconde ou la troisième est ou au premier ou au second pont. Mettre la <i>batterie</i> dedans, c'est mettre le canon dans le vaisseau en fermant les sabords. Mettre la <i>batterie</i> dehors ; c'est mettre le canon aux sabords.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="13" type="">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie , se dit figurément des contestations qui se font dans les élections, ou dans les jugemens, pour lesquels on fait des brigues, des sollicitations, des importunités. <i>Ambitus, sollicitatio, prensatio.</i> Un tel a trois Juges pour lui dans cette Chambre, il a une forte <i>batterie.</i> Il avoit employé plusieurs amis pour obtenir cette charge, qu'il n'a pû avoir ; mais il a encore une autre <i>batterie</i> à faire jouer. Le mot de <i>batterie</i> en ce sens est du style familier &amp; comique, &amp; se prend en général pour toutes sortes de moyens &amp; d'inventions que l'on emploie pour réussir dans ses entreprises. Nous avons préparé une bonne <i>batterie</i> pour renverser ce dessein ridicule. Mol. Je vais dresser une autre <i>batterie.</i> Id.</p><p>On dit aussi, Redoubler la <i>batterie,</i> lorsqu'on fait de nouvelles sollicitations, de nouvelles brigues, qu'on intéresse quelque Puissance en une affaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="14" type="">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie , se dit aussi de la manière de battre le tambour suivant les occasions, ou pour la marche, ou pour l'assemblée, ou pour la charge, &amp;c. Voyez <ref type="search" target="head:TAMBOUR">TAMBOUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="15" type="">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie , se dit encore du jeu de plusieurs instrumens, comme de la guittare, où l'on bat des doigts de la main droite plusieurs cordes ensemble en les raclant, plutôt qu'en les pinçant. <i>Pulsus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="16" type="">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie de cuisine . <i>Vasa coquinaria.</i> Terme collectif, qui se dit de tous les ustensiles servant à la cuisine, qui sont de cuivre, ou de fer, comme les marmites, chauderons, tourtières, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4471" id="17" type="">
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    <head>BATTERIE</head>
    <p>
    Batterie , dans les atteliers, se dit aussi des hies, ou sonnettes qui servent à enfoncer des pieux. <i>Fistula.</i> Il y a dans cet attelier tant de <i>batteries</i> ; pour dire, tant de ces machines.</p><p>On dit proverbialement &amp; figurément, qu'il faut changer de <i>batterie,</i> lorsqu'on se sert de nouveaux moyens, qu'on prend de nouvelles voies pour faire réussir une affaire, les premières n'ayant pas succédé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4472" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATTEUR" />
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    <head>BATTEUR</head>
    <p>
    BATTEUR , s. m. Ce mot ne se dit presque jamais seul. Il signifie celui qui bat. <i>Percussor.</i> Les <i>batteurs</i> de gens trouvent souvent de plus méchans qu'eux, qui les battent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4472" id="2" type="">
   <index type="head" value="BATTEUR" />
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    <head>BATTEUR</head>
    <p>
    Batteurs , se dit aussi de ceux qui battent du blé en grange. <i>Tritor frumentarius.</i> Un vieux Poëte, nommé Pelletier, dans une description de l'hiver, représente quatre <i>batteurs en grange,</i> qui</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4472" id="3" type="">
   <index type="head" value="BATTEUR" />
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    <head>BATTEUR</head>
    <p>
    Batteurs , se dit tout de même de ceux qui battent l'or. <i>Malleator.</i> Les <i>batteurs</i> d'or sont de deux sortes. Il y en a qui ne font autre chose que faire passer le trait d'or ou d'argent sur le moulin pour le rendre plat. Mais il y en a d'autres qui a force de battre l'or à coups de marteau, le font devenir en feuilles, &amp; le distribuent aux Peintres &amp; aux diverses sortes de Doreurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4472" id="4" type="">
   <index type="head" value="BATTEUR" />
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    <head>BATTEUR</head>
    <p>
    Batteurs , se dit aussi de ceux qui battent &amp; pilent la soute dans un gros &amp; grand mortier de métal. Ces sortes d'Ouvriers travaillent dans les boutiques des Epiciers de Paris. Il faut avoir de bons bras pour être <i>Batteur</i> de soute.</p><p>On appelle à la Guerre, des <i>batteurs</i> d'estrade, des cavaliers détachés de l'armée, qui vont reconnoître l'ennemi, ou découvrir le terrain, pour en donner avis aux Officiers Généraux. <i>Concursator, excursor.</i></p><p>On appelle proverbialement des filous &amp; des faineans, <i>batteurs</i> de chemin, <i>batteurs</i> de pavé. <i>Otiosus ambulator, qui furandi animo,</i> ou <i>causà, vicos obambulat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4473" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATTOIR" />
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    <head>BATTOIR</head>
    <p>
    BATTOIR , s. m. Instrument fait de bois, plat &amp; large, qui a un manche, qui sert à battre. <i>Palmula.</i> Il y a des <i>battoirs</i> pour battre la lescive. Il y en a d'autres propres pour jouer à la longue paume, dont le manche est fort long ; d'autres pour la courte paume, dont le manche est plus court.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4474" id="1" type="grammaire">
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    <head>BATTOLOGIE</head>
    <p>
    BATTOLOGIE , s. f. Terme de Grammaire , Multiplicité de paroles, affluence d'expressions superflues ; vice du discours, qui arrive lorsqu'on répète plusieurs fois la même chose, ou qu'on dit plusieurs choses vaines, frivoles &amp; inutiles au sujet. <i>Battologia, inanis repetitio.</i> Ce mot vient de Battus, Poëte ennuyeux, lequel par ses longueurs &amp; ses répétitions fit inventer cette expression, laquelle a transmis le chagrin de ses auditeurs. Ovide raconte que Mercure ayant volé les boeufs du Roi Admete, gardés par Appollon, donna à Battus une vache pour l'engager dans le secret. Mercure se déguisa pour l'éprouver, &amp; lui promit une double récompense ; aussi-tôt le babillard Battus lui révéla tout, &amp; répéta même deux fois le lieu ou Mercure avoit caché son vol. De-là est venu le mot de <i>battologie.</i></p><p>Au ch. 6. de S. Matth. v. 7. où nous lisons dans notre Vulgate, <i>Orantes nolite multùm loqui,</i> il y a dans le Grec un mot qui signifie, ne tombez point dans la <i>battologie,</i> Mrs de Port-Royal ont traduit : <i>Ne soyez pas grands parleurs dans vos prières.</i> Les Jésuites de Paris ont mis dans leur version : <i>En priant ne faites pas de longs discours.</i> Le P. Amelote a traduit plus à la lettre par rapport à l'original, <i>N'usez pas dans vos prières de grandes répétitions de paroles.</i> En effet la <i>battologie</i> des Paiens dans leurs prières ne consistoit pas tant en de longs discours, que dans une longue répétition des mêmes mots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="1" type=" militaire">
   <index type="head" value="BATTRE" />
   <index type="src_domain" value=" militaire" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    BATTRE , v. act. &amp; n. <i>Je bats. J'ai battu. Je battis. Je battrai. Que je battisse. Ferire, caedere, percutere, pulsare, verberare.</i> Ce mot est de grand usage, &amp; a plusieurs significations, selon les choses à quoi on l'applique : &amp; premièrement <pb n="549" facs="bpt6k8542165/f589/full/1200,/0/native.jpg"/>il signifie, Frapper, outrager, blesser quelqu'un. C'est un méchant valet, il le faut <i>battre</i> pour le faire obéir. Je te <i>battrois,</i> si je n'étois pas en colère, disoit un jour Platon à son valet.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>batuo, batuis</i>, selon Nicot, Ménage &amp; Du Cange. On a dit <i>battidere</i> pour <i>batuere</i> ; il se trouve dans les Loix Saliques Tit. 38. &amp; <i>battere.</i> Le premier, dit Chifflet, étoit un terme militaire , &amp; l'autre Romain, ou venu du Romain, <i>Romanicum.</i> C'est de ces mots que s'est formé <i>battre.</i> Mais selon Guichard <i>batuo</i> &amp; battre, viennent de l'Hébreu <i>abat,</i> qui signifie <i>excutere fructus ex arbore, vel frumenta aut legumina ex folliculis,</i> c'est-à-dire, <i>battre</i> un arbre pour en faire tomber les fruits, ou le blé, ou des légumes, pour faire tomber les grains de leurs gousses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="2" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , signifie aussi, Défaire des troupes assemblées en un corps. <i>Fundere, caedere, profligare.</i> Les petites armées <i>battent</i> bien souvent les grandes. Samson <i>battit</i> les Philistins avec une mâchoire d'âne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="3" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , signifie aussi, Tourmenter, agiter, secouer. <i>Agitare, pulsare, concutere, jactare.</i> Ce navire a été <i>battu</i> de la tempête. Ces fruits ont été <i>battus</i> du mauvais vent. Toute cette côte a été <i>battue</i> de l'orage.</p><p>On le dit à peu près en ce sens, en termes d'Agriculture &amp; de Jardinage même, des pluies, des grands agastes d'eau, &amp; des arrosemens abondans, qui foulent les terres, &amp; les rendent plus dures. Voilà des terres qui ont été bien <i>battues</i> des pluies. Les grandes eaux ont <i>battu</i> ces terres de telle manière qu'on diroit que le dessus n'est qu'une croûte. Liger.</p><p>On <i>bat</i> les noyers avec la gaule pour en recueillir les noix. On le dit aussi des plus légères agitations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="4" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , est neutre quelquefois, comme dans ces exemples. Ce malade est bien bas, son pouls ne <i>bat</i> plus. <i>Arteria non micat.</i> Quelquefois, l'artère ne <i>battra</i> pas de coup, mais s'enflera peu à peu. P. Le Comte. Le coeur <i>bat</i> étant hors du corps de l'animal. <i>Cor palpitat.</i> On dit même dans un sens figuré, que le coeur <i>bat</i> ; pour dire, qu'on tremble de peur.</p><p>On dit aussi qu'un cheval <i>bat</i> du flanc, quand il est poussif. <i>Ducere, trahere ilia.</i> Qu'une montre <i>bat</i> encore, lorsque la fusée n'est pas encore au bout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="5" type="">
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , se dit encore pour, Donner sur quelque chose. <i>Imminere.</i> Le soleil <i>bat</i> à plomb dans la zone torride. Le soleil <i>battoit</i> à plomb sur la terre. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="6" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , signifie encore, Forger, ou frapper avec le marteau. <i>Tundere, fabricare. Battre</i> du fer à la forge. <i>Battre</i> à chaud. <i>Battre</i> à froid. <i>Battre</i> de l'or ou de l'argent, c'est l'étendre en feuilles. <i>In laminas ducere.</i> On <i>bat</i> ces métaux sur une pierre de marbre noir, d'un pied en quarré, élevée de trois pieds de terre. On se sert de trois marteaux en manière de maillets de fer, dont l'un est de 3. à 4. livres pour chasser ; l'autre de 11. à 12. livres pour fermer, &amp; le 3e de 14. à 15. livres pour étendre &amp; achever. On se sert aussi de quatre moules de différentes grandeurs, dont nous parlerons au mot Moule. <i>Battre,</i> ou frapper carreaux, est la seconde des huit façons qu'on donne aux carreaux des monnoies, ce qui se fait par un habile ouvrier sur une enclume oblongue, qui est sur son banc dans sa fournaise.</p><p><i>Battre la chaude,</i> c'est étendre sur l'enclume les lames d'or &amp; d'argent après qu'on les a fait recuire. Boizard.</p><p><i>Battre</i> monnoie, c'est faire &amp; marquer de la monnoie. <i>Cudere.</i> Ce qui se dit non seulement des ouvriers qui la <i>battent,</i> mais aussi de ceux qui ont droit de la faire <i>battre. Battuere.</i> Le Prince de Monaco <i>bat</i> monnoie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="7" type="">
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre le fer, signifie, s'exercer à tirer des armes chez les Maîtres d'Escrime. <i>Exercere se.</i> En ce sens on dit figurément, qu'un homme a long-temps <i>battu</i> le fer, quand il s'est long-temps exercé en quelque art ou profession que ce soit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , se dit aussi de diverses préparations qui se font en plusieurs sortes de choses, ou de marchandises : c'est les piler &amp; les réduire en poudre. <i>Battre</i> de la poudre à canon, du poivre, du tan, du ciment, du plâtre. <i>Pinsere. Battre</i> des livres, c'est en presser les feuilles avec le marteau pour en rendre la reliure plus belle. <i>Tundere, contundere. Battre</i> des siéges, des tapisseries, c'est en faire sortir la poudre en les frappant avec des baguettes. <i>Excutere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre le blé, <i>battre</i> la grange, ou <i>battre</i> en grange, &amp;c. c'est faire sortir le grain des épis de blé en les frappant avec un fléau. <i>Terere.</i> Au reste, <i>battre</i> la grange se dit en plusieurs lieux, mais je ne sai s'il se dit par-tout. De plus, <i>battre</i> la grange, &amp; <i>battre</i> en grange signifient quelque chose de plus que <i>battre</i> le blé simplement ; car on le <i>bat</i> en plusieurs endroits dans une aire, &amp; alors c'est <i>battre</i> le blé, &amp; non point <i>battre</i> la grange, ou <i>battre</i> en grange, qui ne se disent que lorsqu'on le bat dans une grange. Voyez les différentes manières de <i>battre</i> le blé au mot Battage.</p><p><i>Battre</i> le fusil, c'est en tirer du feu en le frappant avec une pierre. <i>ex pyrite ignem excutere. Battre</i> des pieux, c'est, Enfoncer des pieux avec un mouton. <i>Defigere, deprimere, adigere. Battre</i> la terre, <i>battre</i> une allée de jardin ; c'est la rendre ferme, &amp; plus unie, avec des maillets. <i>Tundere malleis, ac complanare.</i> Il est nécessaire de <i>battre</i> les allées de ce jardin, si on veut les rendre unies comme il faut. <i>Battez</i> bien cette allée. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , signifie quelquefois, Mêler, brouiller. <i>Miscere, subigere. Battre</i> des oeufs pour faire une omelette. <i>Battre</i> les cartes dont on joue pour les bien mêler. <i>Battre</i> le beurre, c'est agiter &amp; brouiller tellement les parties de la crême, qu'elles s'épaississent en beurre. <i>Agitare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , signifie aussi, Fouler en marchant. <i>Terere.</i> Ainsi on dit, <i>Battre</i> la semelle, <i>battre</i> la calabre ; pour dire, Voyager à pied. Voyez au mot Calabre. <i>Battre</i> le pavé, Marcher sans cesse dans une ville où on est sans occupation. <i>Concursare.</i> Le chemin est <i>battu,</i> c'est-à-dire, frayé, foulé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="12" type="">
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , signifie aussi, Approcher de près, toucher légèrement. <i>Perstringere, alluere.</i> Cette rivière <i>bat</i> au pied de la montagne, <i>bat</i> les murs de cette ville ; pour dire, qu'elle en est proche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="13" type="">
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre des mains, applaudir : ce qui se dit non seulement du battement effectif des mains, qui est un témoignage de joie, ou d'approbation publique que donne le peuple ; mais encore de tous les applaudissemens que les honnêtes gens donnent à quelque action, ou à quelque ouvrage public. <i>Plaudere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre les oreilles à quelqu'un de quelque chose ; c'est la lui répéter souvent, l'en importuner à force de la redire inutilement. <i>Verberare, obtundere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , avec le pronom personnel, se dit des combats singuliers. <i>Pugnare, decertare, dimicare.</i> Il est défendu sévèrement de se <i>battre</i> en duel. Cet homme est un brave qui se <i>bat</i> avec honneur. Se <i>battre</i> à l'épée, au poignard, à coups de pistolet. Ce bataillon s'est bien <i>battu,</i> il a soutenu tout l'effort du combat.</p><p>Se <i>battre,</i> signifie aussi, S'empresser fort pour avoir une chose. <i>Ambire, concurrere.</i> On se <i>bat</i> pour avoir du pain. Il y a une si grande foule d'acheteurs à cette vente, qu'on s'y <i>bat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="16" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , en termes de Guerre , se dit en parlant du tambour. <i>Battre</i> la caisse. <i>Tympanum tundere,</i> c'est-à-dire, Assembler des soldats, ou les enrôler. <i>Battre</i> aux champs, c'est lorsque l'armée est en marche : on <i>bat</i> aussi aux champs pour faire honneur aux Généraux. <i>Battre</i> l'assemblée, ou la générale ; la diane, ou le réveil ; la marche ; la chamade ; pour donner le signal de tous les mouvemens militaires.</p><p>On dit aussi, <i>Battre</i> l'estrade ; pour dire, Envoyer des Cavaliers par la Campagne pour aller aux avis, &amp; découvrir les ennemis. <i>Excurrere, concursare. Battre</i> la campagne, c'est faire des courses sur les terres des ennemis, &amp; les ravager.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="17" type="">
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , se dit aussi des attaques qui se font avec des machines &amp; de l'artillerie. <i>Quatere, verberare.</i> Une armée que le canon <i>bat</i> en flanc est bien-tôt défaite. On a <i>battu</i> Rhodes avec cent pièces de canon. <i>Battre en brèche,</i> c'est vouloir faire tomber une muraille, ou la chemise d'un <pb n="550" facs="bpt6k8542165/f590/full/1200,/0/native.jpg"/>bastion, ou de quelque autre ouvrage, pour y donner l'assaut. Surirey. <i>Battre par camarade,</i> est quand plusieurs pièces de canon tirent tout à la fois sur un même corps, soit d'une même batterie, soit de différentes. On appelle <i>Battre</i> en ruine une ville, quand on en détruit tous les édifices avec le canon &amp; les bombes. En ce sens on le dit figurément des personnes qu'on poursuit jusqu'à l'extrémité, &amp; des disputes où on apporte de si fortes raisons, qu'elles détruisent absolument le parti contraire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="18" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , se dit aussi de cette guerre perpétuelle que se font les élémens, &amp; les animaux, par leurs qualités contraires. <i>Pugnare, adversari.</i> Les vents contraires se <i>battent</i> sur la mer. Le froid se <i>bat</i> contre le chaud. Les taureaux sont furieux quand ils se <i>battent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="19" type="musique">
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   <index type="macro_domain" value="Musique" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , en termes de Chasse , signifie, Etendre ses Veneurs par la campagne pour faire lever &amp; sortir le gibier. <i>Excurrere, concursare. Battre</i> les bois, la plaine, les buissons. On dit aussi, <i>Battre</i> à route, faire la battue ; pour dire, <i>Battre</i> les buissons avec la houssine pour lancer la bête.</p><p>On dit figurément en ce sens d'un Orateur, d'un Ecrivain, qu'il <i>bat</i> la campagne, qu'il <i>bat</i> bien du pays ; pour dire, qu'il s'égare, qu'il s'éloigne de son sujet, qu'il dit bien des choses inutiles. <i>Vagari, deflectere à proposito.</i></p><p>On dit aussi, qu'un oiseau bat de l'aile, lorsqu'il agite fortement ses ailes pour se soutenir en l'air en se <i>battant. Agitare.</i> Et en ce sens on dit figurément &amp; dans le style familier, qu'un homme ne <i>bat</i> plus que d'une aile, lorsque sa fortune, ou sa santé, ont beaucoup diminué, &amp; qu'il a peine à subsister.</p><p>On dit en termes de Chasse , <i>Battre</i> le ruisseau ; pour dire, Nager, quand la bête qu'on poursuit se sauve par les eaux. <i>Aquas findere.</i> Et de même <i>Battre</i> l'eau, c'est quand une bête est dans l'eau ; alors on doit dire aux chiens, Il <i>bat</i> l'eau. Salnove.</p><p>Se faire <i>battre,</i> se dit de ceux qui s'attirent des coups mal à propos, sans nécessité, &amp; lorsqu'il leur auroit été facile de les éviter. <i>Ictus, plagas accersere.</i> Ainsi on dit d'un Général, qu'<i>il se fit battre</i> ; pour dire, qu'il s'engagea imprudemment dans un combat inégal, de quelque côté que l'inégalité vînt.</p><p>Se faire <i>battre,</i> se dit aussi en termes de Chasse , des bêtes qui se font chasser long-temps dans un certain canton de Pays. Salnove. <i>Venatores longiùs morari.</i></p><p>En termes de Manége , on dit qu'un cheval <i>bat</i> à la main, ou begaye ; quand un cheval n'a pas la tête ferme, &amp; lève le nez, branle &amp; secoue la tête à tout moment en secouant sa bride. <i>Agitare, movere, succutere.</i> Les chevaux Turcs &amp; Cravates sont sujets à <i>battre</i> la main, &amp; il faut leur mettre une martingale.</p><p>On dit aussi, qu'un cheval <i>bat</i> la poudre en poussière, lorsqu'il trépigne, qu'il fait un pas trop court, &amp; qu'il avance peu. <i>Terram quatere, tundere.</i> On dit aussi, qu'un cheval <i>bat</i> du flanc, quand il commence à être poussif. <i>Ilia ducere.</i></p><p>En termes de Musique , on appelle <i>battre</i> la mesure, Donner un signal aux Musiciens en haussant &amp; baissant la main, du temps qu'ils doivent employer à chaque cadence pour chanter &amp; jouer tous ensemble. <i>Musicum concentum moderari certa quadam manûs agitatione.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="20" type="trictrac">
   <index type="head" value="BATTRE" />
   <index type="src_domain" value="trictrac" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , Terme de Trictrac , se dit lorsque les points des dez vous conduisent sur une dame découverte. Une dame peut être <i>battue</i> d'un seul coup, ou par un dé, ou par l'autre, ou par tous les deux séparément, ou par tous les deux joints ensemble, &amp; quand les deux dez sont semblables ; par exemple, deux quines, deux sonnets, deux carmes, &amp;c. Cela s'appelle <i>battre</i> par doublet, &amp; chaque dame que l'on <i>bat</i> vaut six points au lieu de quatre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="21" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , s'emploie aussi figurément en ces autres phrases, <i>Battre</i> froid à quelqu'un, c'est lui faire mauvais accueil, lui témoigner qu'on est mal satisfait de sa visite, de ses discours. <i>Frigidè aliquem excipere.</i> On dit aussi, Il l'a <i>battu</i> de cette raison, de cet argument ; pour dire, Il lui a fait une telle objection, il l'a convaincu par cette raison. <i>Oppugnare.</i> On dit aussi qu'un homme se <i>bat</i> en retraite ; pour dire qu'il se retire des affaires, du commerce du monde. <i>Cedere, recedere, valedicere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="22" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battre , s'emploie proverbialement en ces phrases : Ils se <i>battent</i> comme chiens &amp; chats. Cet homme a été <i>battu</i> comme un chien, a été <i>battu</i> comme plâtre, a été <i>battu</i> dos &amp; ventre. On dit, qu'il fait bon <i>battre</i> orgueilleux, il ne s'en vante pas. On dit qu'il vaut autant <i>battre</i> sa tête contre un mur ; pour dire, que toute la peine qu'on prendroit à faire quelque chose seroit inutile. On dit aussi en même sens, que c'est <i>battre</i> l'eau, quand on s'amuse à quelque travail où il n'y a rien à profiter. On dit, qu'il faut <i>battre</i> le fer tandis qu'il est chaud ; pour dire, qu'il ne faut pas perdre l'occasion de faire réussir une affaire, quand on la trouve. On dit aussi, nous avons <i>battu</i> les buissons, un autre a pris les oiseaux ; pour dire, qu'un autre a profité de notre travail. On dit aussi, A <i>battre</i> faut l'amour : pour dire, qu'on n'aime jamais les gens qui nous ont <i>battus.</i> On dit aussi, <i>Battre</i> le chien devant le lion, ou devant le loup ; pour dire, Corriger un Grand, en châtiant un petit devant lui. On dit aussi, c'est la coutume de Lorris, où le <i>battu</i> paye l'amende, quand un homme qui a reçu quelque injure ou dommage d'un autre, est encore réprimendé ou condamné par ses supérieurs. Voyez l'origine de ce proverbe à COUTUME. On dit aussi ironiquement à ceux qui disent qu'ils n'ont rien à faire, qu'ils aillent <i>battre</i> le Prévôt, qu'ils gagneront double amende. On dit qu'un homme se <i>bat</i> de l'épée qui est chez le Fourbisseur ; pour dire, qu'il se met en peine d'une chose qui ne le regarde point. On dit aussi qu'un homme est <i>battu</i> de l'oiseau ; pour dire, qu'il est rebuté des traverses, des persécutions qu'on lui a faites en une affaire. On dit aussi, Se <i>battre</i> à la perche ; pour dire, qu'un homme se met fort en peine d'une chose dont il ne lui revient aucun profit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="23" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battu, ue , part. &amp; adj. Il a presque toutes les significations de son verbe <i>Battre,</i> en François &amp; en Latin. Ainsi <i>battu</i> signifie ordinairement, frappé, maltraité, outragé, terrassé, défait, vaincu, mis en déroute. Quelquefois aussi frayé : Un chemin <i>battu.</i> Quelquefois baigné. Une ville <i>battue</i> des flots de la mer. Vaug. Quelquefois secoué, agité :</p><p>Mais outre tout cela, on dit encore, qu'une femme a les yeux <i>battus,</i> quand ils n'ont plus ni éclat, ni vivacité, <i>Liventes, lividi</i> ; qu'un homme a eu long-temps les oreilles <i>battues</i> d'un tel discours ; pour dire, qu'il a été souvent importuné du même récit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="24" type="science hermetique">
   <index type="head" value="BATTRE" />
   <index type="src_domain" value="science hermetique" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battu , en termes de Science hermétique , se dit des esprits, &amp; signifie élevé, fortement poussé par le feu : en ce sens on dit que des esprits <i>battus</i> s'évanouissent facilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="25" type="danse">
   <index type="head" value="BATTRE" />
   <index type="src_domain" value="danse" />
   <index type="macro_domain" value="Musique" />
   <index type="pred_domain" value="Musique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battu , est aussi un terme de danse : Pas <i>battu</i> dessus &amp; dessous. Voyez <ref type="search" target="head:PAS">PAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4475" id="26" type="">
   <index type="head" value="BATTRE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTRE</head>
    <p>
    Battu , se dit aussi des draps, des tapisseries où il y a beaucoup d'or mêlé, &amp; qui sont <i>battues</i> d'or &amp; d'argent. <i>Intextus auro.</i></p><p>On dit proverbialement, Autant vaut bien <i>battu</i> que mal <i>battu</i> ; pour dire, que souvent on n'est pas plus puni en Justice, pour avoir donné plusieurs coups, que pour en avoir donné un seul.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4476" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BATTUE" />
   <index type="src_domain" value="chasse" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTUE</head>
    <p>
    BATTUE , s. f. Terme de Chasse , quand on bat les buissons avec la houssine pour en faire sortir le gibier ; on appelle cela, Faire la <i>battue</i> ; Battre à routes. <i>Praedam diverberandis dumis per strepitum elicere, exigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4477" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATTURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTURE</head>
    <p>
    BATTURE , s. f. L'action de battre le blé dans l'aire. <i>Tritura.</i> M. Bossuet Evêque de Meaux, dans son Livre de la <i>Politique tirée de l'Ecriture,</i> dit, en parlant de Joachaz : Dieu l'abandonna. Or le Roi de Syrie fit de lui, &amp; de son peuple, comme on fait de la poudre que l'on secoue dans la <i>batture.</i> On doute que ce mot soit en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4478" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BATTURES" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTURES</head>
    <p>
    BATTURES , s. f. &amp; plur. Terme de Marine . Ce sont les plages de la mer où il n'y a pas assez d'eau pour mettre les vaisseaux à flor. On les appelle autrement <i>basses,</i> ou <i>brisans.</i> Ces deux rivières ne sont séparées l'une de l'autre <pb n="551" facs="bpt6k8542165/f591/full/1200,/0/native.jpg"/>que par une langue de terre fort basse, qui produit dans l'une &amp; dans l'autre de très-grandes <i>battures.</i> Letr. éd.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4479" id="1" type="">
   <index type="head" value="BATTUS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BATTUS</head>
    <p>
    BATTUS , s. m. On appelle ainsi certains Pénitens qu'on voit en Italie, en Avignon, &amp; même en Provence, qui ont la dévotion de se donner rudement la discipline, tant en public qu'en particulier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4480" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAU</head>
    <p>
    BAU , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:BAUX">BAUX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4480" id="2" type="mythologie phenicienne">
   <index type="head" value="BAU" />
   <index type="src_domain" value="mythologie phenicienne" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAU</head>
    <p>
    Bau . Terme de la Mythologie Phénicienne , pris, selon plusieurs Savans, du 2e verset du ch. 1. de la Genèse, où il est dit que dans le commencement la terre étoit nue, vuide &amp; sans forme ; en Hébreu , <i>Tohu &amp; abohu.</i> De ces deux mots <i>Tohu,</i> &amp; <i>Bohu,</i> les Phéniciens ont pris <i>Thot</i> &amp; <i>Bau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4481" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVARD, ARDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAVARD, ARDE</head>
    <p>
    BAVARD, ARDE , adject. Indiscret, impertinent en ses discours, qui parle trop, qui dit tout ce qu'il sait. <i>Loquax ineptè, insulsè.</i></p><p>Ce mot est bas, &amp; est dérivé par Nicot du Grec , qui signifie, <i>causeur.</i> Un Poëte, en envoyant un Pigeon à un de ses amis, lui a fait dire :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4482" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVARDER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAVARDER</head>
    <p>
    BAVARDER , v. neut. Parler trop, faire des indiscrétions, dire des vanités. <i>Ineptè, insulsè loqui, garrire.</i> Ce mot est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4483" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVARDERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAVARDERIE</head>
    <p>
    BAVARDERIE , ou BAVARDISE, s. f. Mots bas &amp; populaires, qui signifient Indiscrétion, impertinence dans les discours, sotte vanterie. <i>Stulta loquacitas, insulsa garrulitas.</i> Ils ne se trouvent que dans Pomey. Ils déguisoient toutes ces <i>bavarderies.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4484" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVARDIN" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BAVARDIN</head>
    <p>
    &#9758; BAVARDIN , Aller en <i>Bavardin.</i> Façon de parler entre quelques Dames de la Cour ; pour dire, aller quêter des nouvelles &amp; causer par la ville. Mad. de Sevigné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4485" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVAROIS, OISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAVAROIS, OISE</head>
    <p>
    BAVAROIS, OISE , s. m. &amp; fém. &amp; adj. Qui est de Bavière, ou qui appartient à la Bavière. <i>Boius, Bavarus.</i> Quelques-uns veulent que les <i>Bavarois</i> soient originairement des <i>Avares,</i> lesquels étoient des Huns, qui chassés du Norique s'arrêterent dans le pays des Boïens &amp; s'y établirent, &amp; que de leur nom <i>Avarus</i> s'est formé celui de <i>Bavarois,</i> en ajoûtant un <i>B</i> au commencement. D'autres tirent ce nom de Bavaric Roi de Toscane. Les <i>Bavarois</i> porterent autrefois leurs armes dans l'Italie, dans la Grèce, &amp; jusques au-delà de l'Hellespont. Les <i>Bavarois</i> sont les premiers des Germains qui aient arboré leurs étendarts sur les bords du Tibre &amp; du Thermodoon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4486" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVAROISE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BAVAROISE</head>
    <p>
    &#9758; BAVAROISE , s. f. On appelle ainsi une liqueur chaude, composée de thé &amp; de sirop de capillaire. Quand on y mêle du lait, on l'appelle <i>bavaroise</i> au lait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4487" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUBI" />
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    <head>BAUBI</head>
    <p>
    BAUBI , subst. masc. Espèce de chien Anglois qui sert à courir les lièvres, les renards &amp; sangliers. Voyez <ref type="search" target="head:Chien">Chien</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4488" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUCAL" />
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    <head>BAUCAL</head>
    <p>
    BAUCAL , subst. m. Vase qui a le goulot long &amp; étroit <i>Baucalis.</i> Il vient de , <i>aboyer,</i> parce que l'eau y tombant fait un bruit sourd. Port-R. D'autres le dérivent de l'Arabe <i>baucal</i>, &amp; d'autres de <i>bauca,</i> qui a été dit pour <i>bucca,</i> bouche, parce que ce vase a le goulot long &amp; étroit. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4489" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUCHE" />
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    <head>BAUCHE</head>
    <p>
    BAUCHE . Voyez <ref type="search" target="head:BAUGE">BAUGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4490" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BAUD" />
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    <head>BAUD</head>
    <p>
    BAUD , s. m. Terme de Chasse . Espèce de chien courant, qui a eu ce nom à cause de sa race, qui vient de Barbarie, d'une chienne nommée <i>Baude. Secutor canis.</i> Ces chiens sont blancs la plupart, &amp; tout d'une pièce, c'est-à-dire, tout d'une couleur. Ils sont aussi appellés <i>chiens-cerfs,</i> parce qu'ils courent particulièrement le cerf. On les appelle aussi <i>chiens muets,</i> d'autant que venant le cerf au change, ils ne disent mot jusqu'à ce qu'il en soit hors. Ils sont bons chasseurs, forcenans, requerans, &amp; de haut nez, &amp; de meilleure créance que les autres. On les surnomme aussi <i>Greffiers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4491" id="1" type="">
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    <head>BAUDELS</head>
    <p>
    BAUDELS , s. m. Nom propre d'homme, qui se dit en quelques lieux pour Baudille. <i>Baudelius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Baudille">Baudille</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4492" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDEQUIN" />
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    <head>BAUDEQUIN</head>
    <p>
    BAUDEQUIN , s. m. Petite monnoie qui avoit cours en France au commencement du XIVe siècle. Un <i>baudequin</i> valoit six deniers. Les Monétaires démanderent le décri des <i>baudequins</i> en 1308. comme il paroît par un vieux titre de la Chambre des Comptes. <i>Item que l'on fasse faire la défense des</i> baudequins, <i>qui courent communément pour six deniers.</i></p><p>Quelques-uns conjecturent que ce mot étant le même que <i>baldaquin,</i> cette monnoie fut peut-être ainsi appellée parce que le Roi y étoit représenté sous un dais, ou baldaquin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4493" id="1" type="marine">
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    <head>BAUDES</head>
    <p>
    BAUDES , subst. fém. pluriel. Terme de Marine . C'est ainsi qu'on nomme les pierres attachées aux filets des madragues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4494" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDET" />
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    <head>BAUDET</head>
    <p>
    BAUDET , s. m. Vieux mot, mais encore en usage, qui signifie un <i>âne. Asinus.</i> On le dit aussi d'un homme fort ignorant, ou fort bête.</p><p>Borel après Vignère dérive ce mot de l'Hébreu <i>badel,</i> qui signifie <i>stupide.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4494" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAUDET" />
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    <head>BAUDET</head>
    <p>
    Baudet , se dit aussi des tréteaux sur lesquels les Scieurs de long posent leur bois pour le scier. <i>Tigna.</i> On appelle aussi de ce nom un lit de sangle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4495" id="1" type="">
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    <head>BAUDILLE</head>
    <p>
    BAUDILLE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Baudelius.</i> Saint <i>Baudille</i> souffrit le martyre à Nîmes au IIIe siècle sous Maximien, ou au IVe sous Julien l'Apostat. Son nom est encore fort célèbre dans plusieurs Eglises de France, &amp; dans quelques-unes d'Espagne. Mais il y est défiguré en bien des manières, selon les inflexions différentes du langage vulgaire des peuples, qui ont dressé leurs Temples à Dieu en son honneur. Car selon la remarque de M. l'Abbé Chastelain, c'est le même que l'on appelle S. <i>Bauzille</i> en Languedoc, S. <i>Boile,</i> ou S. <i>Boy,</i> en Catalogne, S. <i>Baudille</i> en Lyonnois, S. <i>Bauzire</i> en Auvergne, S. <i>Bauzely</i> en Rouergue, S. <i>Baudt</i> en Flandres. On dit aussi S. <i>Baudels</i> en quelques Paroisses du Diocèse de Paris, quoique dans les autres l'on dise S. <i>Baudille,</i> comme dans presque tout le reste du Royaume. Bail. Il faut encore ajoûter <i>Baudelle,</i> qui est de la façon de M. Baillet, mais qu'on ne dit nulle part, &amp; que par conséquent il ne faut pas dire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4496" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDIR" />
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    <head>BAUDIR</head>
    <p>
    BAUDIR , v. act. Vieux mot, qui signifioit autrefois, <i>Se réjouïr,</i> qui n'est en usage que dans son composé <i>Ebaudir. Gaudere laetari.</i> Il signifioit encore garantir. Je <i>baudis,</i> à dire d'Experts, mon noel aussi délicat que l'autre. Il vient du bas Latin, ou de l'Italien <i>bandire</i> dans la signification de publier, proclamer, notifier, en changeant l'<i>n</i> en <i>u,</i> comme de <i>montone,</i> mouton ; de <i>Conventus,</i> Couvent ; de <i>Constancia,</i> Coutance, Ville Episcopale de Basse-Normandie. <i>Gloss. Bourg.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4496" id="2" type="chasse">
   <index type="head" value="BAUDIR" />
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    <head>BAUDIR</head>
    <p>
    Baudir , en termes de Chasse , se dit lorsqu'on parle aux chiens, ou qu'on les excite à la course. <i>Excitare, stimulare, incendere.</i> Il faut qu'un chasseur sache <i>baudir</i> &amp; <i>rebaudir</i> les chiens à propos. <i>Baudir</i> un faucon après un héron ; pour dire, l'exciter &amp; l'encourager au combat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4497" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDOUÏN" />
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    <head>BAUDOUÏN</head>
    <p>
    BAUDOUÏN , s. m. Nom propre d'homme. <i>Balduinus.</i> Il s'est formé du Latin. On a dit <i>Baldewinus,</i> puis <i>Baldwinus,</i> &amp; enfin <i>Balduinus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4498" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDOUÏNAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BAUDOUÏNAGE</head>
    <p>
    &#9758; BAUDOUÏNAGE , s. m. Accouplement des baudets. Quel <i>baudouinage</i> me dis-tu, baudet, demandoit le cheval à un âne. Rabel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4499" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDOUÏNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BAUDOUÏNER</head>
    <p>
    BAUDOUÏNER , v. act. Qui se dit des baudets qui travaillent à la conservation de l'espèce. <i>Asinum gignere, edere.</i> Rabelais fait dire à un Baudet, quand nous sommes en foire, nous <i>baudouïnons</i> à gogo.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4500" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDOUR" />
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    <head>BAUDOUR</head>
    <p>
    BAUDOUR , s. f. Nom propre de femme. <i>Bathildis, Baldechildis.</i> Sainte Bathilde, ou Baldechilde, que les peuples ont appellée par corruption sainte Bauteur, &amp; sainte <i>Baudour,</i> étoit issue de l'ancienne Maison de Saxe en Allemagne, d'où les premiers Rois de France avoient tire leur origine. Baillet. Sainte <i>Baudour</i> fut Reine de France, femme de Clovis II. Régente du Royaume, puis Religieuse à Chelles, où elle mourut. Voyez <i>Baillet</i> 30. <i>Janv.</i> Jumieges, jadis Monastère de S. Pierre, fondé par sainte <i>Baudour,</i> femme de Clovis II. G. Du Moulin, <i>Hist. de Norm. p.</i> 7. Paradin n'est pas le seul qui ait mis des impostures sur la bonne Reine sainte <i>Baudour.</i> De <pb n="552" facs="bpt6k8542165/f592/full/1200,/0/native.jpg"/>Rubis. Du Tillet, <i>Rec. des Rois de France,</i> pag. 28. dit qu'elle est vulgairement appellée Sainte <i>Bautour,</i> l'écrivant par un <i>t,</i> qui dans la suite s'est changé en <i>d.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4501" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDRIER" />
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    <head>BAUDRIER</head>
    <p>
    BAUDRIER , s. m. Echarpe de cuir qu'on porte sur l'épaule droite, &amp; qui descend sur le côté gauche, qui sert à tenir l'épée. <i>Balteus, balteum.</i> Un <i>baudrier</i> à frange. Il reprit les ornemens Impériaux, le <i>baudrier</i> militaire, &amp; l'épée, marques de noblesse &amp; de commandement, dont il avoit été dégradé. Mézer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4501" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAUDRIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BAUDRIER</head>
    <p>
    Baudrier , est aussi une valise faite de drap, pour porter ce que l'on veut allant en campagne. <i>Hippopera pannea.</i></p><p>On se sert aussi de ce mot dans les termes d'Astronomie : Une des plus belles étoiles est celle qui est au milieu du <i>baudrier</i> d'Orion.</p><p>Ce mot vient de <i>Baudroyeur,</i> qui est un homme qui endurcit le cuir en le maniant : d'où vient que les Corroyeurs prennent encore dans leurs Lettres le titre de <i>Baudroyeurs,</i> quoiqu'ils ne fassent plus de <i>baudriers.</i> Du Cange le dérive de <i>baldrellus</i>, mot de la basse Latinité, signifiant la même chose, &amp; M. Huet de <i>baltenrius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4502" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDROYER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>BAUDROYER</head>
    <p>
    BAUDROYER , v. act. Vieux mot qui signifie. <i>Corroyer,</i> préparer les cuirs tannés à recevoir la couleur. <i>Coria perficere, concinnare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4503" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDROYEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BAUDROYEUR</head>
    <p>
    BAUDROYEUR , s. m. C'est une qualité que prennent les Corroyeurs qui préparent le cuir, &amp; qui faisoient autrefois des baudriers. <i>Coriarius, alutarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4504" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDRUCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BAUDRUCHE</head>
    <p>
    BAUDRUCHE , subst. masc. Certain boyau de boeuf bien dégraissé &amp; préparé, dont les Batteurs d'or se servent pour faire leurs deux plus grands moules. Boiz. Voyez <ref type="search" target="head:MOULE">MOULE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4505" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDT" />
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    <head>BAUDT</head>
    <p>
    BAUDT , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:BAUDILLE">BAUDILLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4506" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUDUFFLE" />
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    <head>BAUDUFFLE</head>
    <p>
    BAUDUFFLE , s. f. Toupie. <i>Turbo.</i> Ce mot n'est en usage qu'en Provence &amp; en Languedoc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4507" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVE" />
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    <head>BAVE</head>
    <p>
    BAVE , s. f. Ecume qui sort de la bouche ou de la gueule. <i>Saliva ex ore fluens.</i> La <i>bave</i> d'une bête enragée donne la rage.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>Bava</i>.</p><p>On appelle <i>bave</i> d'un limaçon, cette humeur visqueuse &amp; gluante qu'il jette, avec laquelle il s'attache aux arbres, aux parois. <i>Salivosus humor, salivarius lentor.</i></p><p>On appelle aussi <i>bave,</i> le venin, que jette la salamandre.</p><p>On dit aussi populairement, qu'un homme n'a que de la <i>bave</i> ; pour dire, du babil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4508" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVER" />
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    <head>BAVER</head>
    <p>
    BAVER , v. n. Jetter de la bave ou de la salive, soit naturellement, comme font les enfans, soit par la vertu &amp; la violence des remèdes. <i>Salivam ex ore emittere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4508" id="2" type="plombier">
   <index type="head" value="BAVER" />
   <index type="src_domain" value="plombier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BAVER</head>
    <p>
    Baver , se dit aussi en termes de Plombier , des tuyaux qui ne jettent pas l'eau droit ; &amp; il signifie, ne pas couler droit. <i>Diffluere.</i> Ce tuyau <i>bave,</i> il le faut rajuster.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4509" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BAVETTE</head>
    <p>
    BAVETTE , s. f. Linge qu'on met aux petits enfans au-devant de l'estomac, de peur qu'ils ne salissent leurs robes avec leur bave. <i>Linteum pectorale.</i> Cette fille est jeune, il n'y a pas long-temps qu'elle étoit encore à la <i>bavette.</i></p><p>On dit dans le style populaire, bas &amp; familier, à la <i>bavette</i> ; pour dire dans l'enfance, dès la <i>bavette,</i> pour dès l'enfance. Pour le Cardinal j'ai sû d'un homme de Chambre, qui en pouvoit parler assurément, puisqu'il l'avoit connu dès la <i>bavette,</i> qu'il étoit né à Rome. Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4509" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAVETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BAVETTE</head>
    <p>
    Bavette , en Architecture, se dit d'une bande de plomb blanchi qui couvre les bois, &amp; les devans des chénaux sur les maisons couvertes d'ardoises.</p><p>On dit proverbialement &amp; bassement, que des femmes vont tailler des <i>bavettes,</i> quand elles s'assemblent pour caqueter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4510" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVEUSE" />
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    <head>BAVEUSE</head>
    <p>
    BAVEUSE , s. f. Poisson de mer, brun sur le dos &amp; moucheté. <i>Salivaria.</i> Il est appellé <i>baveuse,</i> parce qu'il se couvre de la bave qu'il jette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4511" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVEUX, EUSE" />
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    <head>BAVEUX, EUSE</head>
    <p>
    BAVEUX, EUSE . adj. Qui jette de la bave. <i>Saliva fluens.</i> On le dit d'un enfant, d'un vérolé, d'un limaçon. On appelle aussi une omelette <i>baveuse,</i> celle qui n'est pas tout-à-fait cuite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4512" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUFRER" />
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    <head>BAUFRER</head>
    <p>
    BAUFRER , v. n. Manger avidement. <i>Helluari.</i> Ce mot est bas. Il vient <i>à bis faucibus,</i> comme qui diroit, <i>avoir deux bouches.</i> D'autres le dérivent de <i>Vorare</i>, ou <i>valivorare. Baffrer</i> est plus usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4513" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUFREUR" />
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    <head>BAUFREUR</head>
    <p>
    BAUFREUR , s. m. Grand mangeur. <i>Helluo. Baffreur</i> est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4514" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BAUGE" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BAUGE</head>
    <p>
    BAUGE , s. f. Terme de Chasse , lieu où reposent le sanglier, ou autres bêtes noires &amp; mordantes ; qui est d'ordinaire sale &amp; bourbeux. <i>Apri volutabrum.</i> Le sanglier fait sa <i>bauge</i> dans des lieux fourrés &amp; des épiniers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUGE</head>
    <p>
    Bauge , se dit aussi des murs qui ne sont bâtis que de cailloux, dont la liaison est faite de terre grasse humectée, &amp; mêlée avec de la paille &amp; du foin. Presque toutes les cabanes des paysans n'ont que des murs de <i>bauge.</i> On dit quelquefois <i>bauche. Lutamentum, lutum palearum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUGE</head>
    <p>
    Bauge , est aussi l'enduit qu'on met sur les murs de terre pour les conserver : cet enduit est de terre &amp; de paille. <i>Incrustamentum ex sectis paleis &amp; dilutâ terrâ.</i> On écrit &amp; on prononce quelquefois <i>bauche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUGE</head>
    <p>
    Bauge , se dit proverbialement &amp; bassement en cette phrase. Avoir tout à <i>bauge,</i> pour signifier Avoir en abondance ; &amp; se dit particulièrement des valets à la discrétion desquels on a abandonné les provisions d'une maison.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAVIÈRE</head>
    <p>
    BAVIÈRE , s. f. Pays d'Allemagne. <i>Boiaria, Bavaria.</i> La <i>Bavière</i> a été anciennement appellée Norique. <i>Noricum.</i> Des Boïens, peuples de la Gaule, qui habitoient ce que nous appellons aujourd'hui le Bourbonnois, s'y établirent ainsi que dit César, L. I. de la guerre des Gaules, C. 5. &amp; on appella ce pays qu'ils occuperent le pays des Boïens ; &amp; parce que dans la suite ils furent appellés <i>Bojarii,</i> on forma de là le nom <i>Bajoria,</i> qui fut donné à ce pays, &amp; d'où s'est formé <i>Beyeru,</i> qui est son nom Allemand, &amp; peut-être le mot Latin <i>Bavaria,</i> d'où nous avons fait <i>Bavière.</i> Voyez d'autres étymologies au nom Bavarois. La <i>Bavière</i> a eu titre de Royaume, &amp; quelques-uns prétendent qu'elle a eu ses Rois particuliers jusqu'au temps de l'Empereur Arnulphe. C'est pour cela que Louïs le Débonnaire déclara son fils Louïs Roi de <i>Bavière.</i> Dans la suite la <i>Bavière</i> n'a eu que le titre de Duché, qu'elle conserve encore. Le premier Duc de <i>Bavière</i> est Arnulphe, qui fut tué par les Normands en 891. Ce nom <i>Bavière</i> se donne aujourd'hui à un des Cercles de l'Empire, à un Duché qui est aussi Electorat, &amp; à un Palatinat.</p><p>Le Cercle de <i>Bavière</i> est une des neuf grandes Provinces qui composent l'Empire d'Allemagne, sous le nom de Cercles, &amp; tient le second rang parmi ces Cercles. Il a au Couchant les Cercles de Suabe &amp; de Franconie ; au Midi le Tirol, &amp; la Carinthie ; au Levant une petite partie de la Stirie avec l'Archiduché d'Autriche ; &amp; au Nord le Royaume de Bohème. Les Directeurs du Cercle de <i>Bavière</i> sont l'Electeur de <i>Bavière,</i> &amp; l'Archevêque de Saltzbourg.</p><p>Le Duché de <i>Bavière,</i> ou l'Electorat de <i>Bavière,</i> est la plus grande &amp; la plus considérable partie du Cercle de <i>Bavière.</i> Il est borné au Nord par le Palatinat de <i>Bavière,</i> la Bohème &amp; le Duché de Neubourg ; au Couchant par le même Duché &amp; la Suabe ; au Midi par le Tirol, avec l'Archevêché de Saltzbourg ; &amp; par l'Autriche &amp; l'Evêché de Passau au Levant. Ce Duché n'a la dignité Electorale que depuis le 5. Mars 1623. que Ferdinand II. en dépouilla Fréderic V. Electeur Palatin élû Roi de Bohème, pour en revêtir Maximilien I. Duc de <i>Bavière,</i> ce qui fut confirmé par la Paix de Westphalie. On divise le Duché de <i>Bavière</i> en haute &amp; basse <i>Bavière.</i> La haute <i>Bavière</i> est la partie Occidentale de ce Duché, &amp; la basse <i>Bavière</i> en est la partie Orientale. Consultez Imhoff, <i>Not. Imp. Proc. L. II. C.</i> 6.</p><p>On a sur l'Histoire de <i>Bavière,</i> Joannes Aventinus, <i>Annales Boiorum, L. VII.</i> imprimé à Ingolstad en 1554. <i>in-fol.</i> &amp; à Leipsic en 1710. Marc. Velserus, <i>De Rebus Boicis in</i>-4°, à Ausbourg en 1602. Joannes Aldzreiter, <i>Annales Boiae Gentis, &amp; Annales Boici,</i> du P. And. Brunner Jés. Joachin Meïer <i>De Boiorum Migrationibus, in</i>-4°. à Gottinga en 1702.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    BAUME , s. m. Plante médecinale étrangère. Cette plante se nomme en Latin <i>balsamum</i> ; son bois, <i>xylobalsamum</i> ; sa liqueur <i>opobalsamum</i> ; son fruit <i>carpobalsamum,</i> Le <i>baume</i> est un arbrisseau qui croît en Arabie, &amp; qui ne s'élève guère plus haut que nos grenadiers : quelques-uns lui donnent la hauteur du violier blanc. Dapper dit qu'il est de la forme de l'agnus castus, &amp; de la hauteur du troësne ; qu'il a peu de feuilles. Il jette beaucoup de branches garnies de petites feuilles arrondies, que Prosper Alpin compare à celles de rue ; mais elles ne sont pas si blanches, <pb n="553" facs="bpt6k8542165/f593/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; elles sont toujours vertes. Son bois est gommeux, &amp; de couleur rougeâtre. Ses branches sont de la même couleur, longues, minces, &amp; garnies de peu de feuilles. Ses fleurs sont petites, blanches &amp; fort odoriférantes. Son fruit est un noyau couvert d'une peau sèche &amp; brune ; il renferme quelquefois une petite amande ; d'autrefois, la semence étant avortée, la cavité de ce fruit est remplie d'une liqueur jaune, semblable à du miel, d'un goût amer, &amp; qui pique la langue. Marmol, qui le décrit dans son XIe Livre Chap. 12. dit que c'est un arbrisseau de trois pieds de haut, dont les branches sont comme le sarment de la vigne, &amp; de même couleur ; &amp; que la graine en est rouge.</p><p>On en tire une liqueur pendant les mois de Juin, de Juillet &amp; d'Août, par le moyen des incisions qu'on fait à l'écorce : il en sort aussi naturellement. Théophraste veut que ces incisions se fassent avec des griffes de fer, &amp; Pline avec du verre, ou de la pierre ; parce, dit-il, que le fer le feroit mourir, ce qu'on ne remarque pourtant pas. Tacite dit, <i>Hist.</i> L. V. C. 6. que quand la sève fait enfler les branches du <i>baume,</i> il semble que ses veines appréhendent le fer, &amp; s'arrêtent quand on y fait incision avec ce métal ; mais qu'on les ouvre avec quelque morceau de pierre, ou de pot cassé. Marmol dit qu'on le fait avec un couteau d'ivoire, ou de verre, parce que le fer feroit sécher les branches. Ce suc est blanc au commencement ; peu après il devient verd, ensuite de couleur d'or ; &amp; enfin quand il vieillit, il est de couleur de miel ; il est trouble d'abord, après il s'éclaircit, &amp; a la consistence de la térébenthine. Son odeur est agréable, &amp; fort pénétrante, son goût amer, acre &amp; astringent. Il est fort léger quand il est nouveau ; si on en verse dans l'eau, il ne va pas fort avant, mais s'élevant tout aussi-tôt, il se répand sur toute la surface de l'eau, se mêle avec elle, &amp; s'y dissout promptement ; mais peu après il se coagule, &amp; devient blanc comme du lait ; &amp; c'est alors qu'on le tire de l'eau.</p><p>On a cru que le <i>Baume</i> croissoit en Egypte &amp; en Judée ; cependant Dapper, dans sa <i>Descript. d'Egypte,</i> pag. 62. dit que le <i>baume</i> n'est point originaire d'Egypte ou de Syrie, comme l'ont cru Théophraste, Dioscoride, Pline, Justin, Strabon, &amp; plusieurs autres Anciens ; que bien loin qu'il croisse de lui-même en Egypte, on n'en trouve que dans le seul jardin d'Elmatharea, d'où les Pélerins de la Mecque l'apportent ; que tous les Pélerins conviennent unanimement qu'auprès de la Mecque &amp; de Médine, sur la montagne &amp; dans la plaine, dans les terres cultivées &amp; les incultes, &amp; même sur les sablons, il y croît une infinité d'arbres de <i>baume</i> ; mais ceux qui croissent dans ces lieux stériles ne rendent que fort peu de gomme ; ils portent beaucoup de graine, qu'on envoie vendre en Europe. Les habitans, pour tirer plus de profit de ces arbres, les transplantent de ces lieux arides en des terres grasses. De plus tous les anciens Arabes témoignent, selon le récit des mêmes Pélerins, que de tout temps il a crû en plusieurs endroits de l'Arabie heureuse une infinité d'arbres de <i>baume,</i> &amp; que ces quartiers n'en ont jamais été dénués. Josephe est du même sentiment, <i>Antiq. Jud. L. VIII.</i>Dapper. M. d'Herbelot assure aussi qu'il n'en croît plus maintenant qu'en Arabie. Pline dit que de son temps ce n'étoit qu'en deux jardins appartenans au Prince, qui contenoient environ vingt journaux. Mais les Romains le firent multiplier en la vallée de Jéricho, comme témoigne Justin. La Reine de Saba en apporta une plante à Salomon ; &amp; Josephe dit qu'on lui a l'obligation de ce que la Judée a été depuis fertile en <i>baume.</i> On élève présentement en Arabie une infinité de ces arbres, dont les Arabes tirent beaucoup de profit. Il n'y a pas long-temps qu'on s'est apperçu du gain qu'il y avoit à faire. Mais depuis qu'on y a pris garde il y en a des vergers tout pleins. Cependant on a fait une loi qui défend de semer ou de planter cet arbre sans la permission du Souverain. Dapper. Voyez cet Auteur, p. 62. 63. il y a plusieurs choses curieuses touchant le <i>baume.</i> Tandis que le <i>baume</i> découle des arbres qui sont dans le jardin du Grand Seigneur au Grand Caire, il y a des Janissaires qui gardent ce <i>baume.</i></p><p>Le <i>baume</i> qu'on apporte d'Arabie au Caire, encore qu'il soit de bonne odeur, n'est pas tout véritable gomme, ni des larmes de l'écorce, car il en tombe fort peu : la plupart du <i>baume</i> est fait du bois &amp; des branches vertes de l'arbre distillées au feu ; encore n'est-il pas tout pur ; on le falsifie en y mêlant de la térébinthe de Cypre. De plus on extrait de la graine une liqueur qu'on fait passer pour du véritable <i>baume,</i> quoiqu'il n'ait pas l'odeur si forte, &amp; qu'il soit plus amer au goût. Dapper. Le Moine qui a composé dans l'onzième siècle la vie de S. Bononius, parle d'un Jardin qu'avoit le Roi de Babylone en Egypte, tout planté d'arbres de <i>baume.</i> Marmol écrit aussi, L. XI. que l'on dit qu'il ne croît que dans un jardin du Grand Seigneur proche du Caire.</p><p>Outre ce <i>baume</i> d'Orient, il nous en vient de plusieurs sortes de l'Amérique. Les plus considérables sont ceux du Pérou, de Tolu, &amp; de Capaiba. Le <i>baume</i> du Pérou, est un suc tiré d'un arbre qui est de la grandeur du Grenadier, ayant ses feuilles semblables à l'ortie. Quand on fait une incision à son écorce, il en sort une liqueur blanchâtre &amp; gluante qu'on appelle <i>baume,</i> parce qu'on y a remarqué les vertus de l'ancien <i>baume</i> de Judée : mais les Indiens gardent le naturel pour eux, &amp; nous envoient de l'artificiel, qu'ils font en faisant bouillir le tronc &amp; les branches hachées de cet arbre, &amp; en amassant avec une coquille l'huile qui nage au-dessus de cette décoction, &amp; qui est de couleur noire, rougeâtre &amp; fort odoriférante ; &amp; c'est ce qu'on appelle <i>baume</i> noir, ou <i>baume</i> de lotion : on appelle encore <i>baume</i> noir le <i>labdanum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume , s. m. signifie aussi, comme on voit par ce qui a été dit, la liqueur qui découle de l'arbre appellé <i>Baume, opobalsamum.</i> Le <i>baume</i> de Tolu est tiré par l'incision de l'écorce d'un arbre qui ressemble à un petit pin. Il est rouge tirant sur le doré, de consistence moyenne, fort gluant &amp; adhérant, de saveur douce &amp; agréable, d'une odeur excellente, qui approche de celle du Limon. Il a les mêmes vertus de celui du Pérou. On l'apporte d'une Province de l'Amérique, que les Indiens appellent Tolu, située entre les Villes de <i>Carthagène,</i> &amp; de <i>Nombre de Dios.</i></p><p>Le <i>baume</i> de <i>Copaiba,</i> que nous nommons <i>baume</i> de Capaü, &amp; quelquefois <i>baume</i> de Copahu, est tiré de même par l'incision d'un arbre qui croît en abondance dans l'Isle de <i>Matanhou.</i> Cet arbre est assez grand, &amp; son bois fort rouge &amp; dur, dont on fait des planches larges pour divers usages. Ses feuilles sont ovales, longues de quatre ou cinq doigts, &amp; larges de deux, ou de deux &amp; demi. Ce <i>baume</i> est fort clair, de la consistence &amp; de l'odeur de l'huile de térébenthine distillée ; on en tire quelquefois jusqu'à douze livres dans l'espace de trois heures. Il est admirable pour les plaies, comme les autres <i>baumes.</i> Les Juifs s'en servent, après la circoncision, pour arrêter le sang qui coule de la plaie.</p><p>Le <i>baume</i> de la Mecque a pris son nom du lieu d'où il vient, comme les autres <i>baumes</i> dont on vient de parler ; il est sec &amp; blanc, semblable en figure à la couperose blanche calcinée, sur-tout quand il est suranné. Pomey. Il y a aussi un <i>baume</i> de vanille dont nous n'avons guère connoissance ; on le fait, ou on le tire au Mexique ; mais les Espagnols le gardent pour eux, &amp; ils n'en font point commerce.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume <i>de liquid-ambar,</i> est une huile qui a la consistence de la térébenthine, &amp; qui ressemble à une résine claire &amp; rougeâtre : elle découle du tronc de certains arbres fort gros &amp; fort grands, dont les feuilles sont semblables à celles du lierre : ces arbres croissent en quantité dans la nouvelle Espagne.</p><p>Il y a encore un <i>baume</i> qu'on appelle nouveau, qui vient de l'Isle Espagnole. L'arbre qui le produit est de la hauteur de deux hommes : on en prend les sommités, &amp; les fruits, qui ressemblent à des raisins ; on en tire le suc, &amp; on le fait cuire jusques à ce qu'il ait acquis la consistence du miel. Prosper Alpin, Marc-grave, Tesmandès, Jean de Laët, ont parlé de ces différens <i>baumes.</i></p><p>Le <i>baume</i> a servi de corps à d'assez belles devises, avec ces ames. <i>Vulnere sano,</i> ou <i>Vulnus opem,</i> ou <i>In pretio lacrymae ;</i> on l'a appliqué à des personnes pénitentes. Avec ce mot, <i>Sponte fluunt melius,</i> il marque très-bien que les bienfaits doivent n'être point forcés.</p><p>Le <i>baume</i> artificiel est un remède qu'on emploie le plus souvent à l'extérieur. On le fait d'une consistence un peu plus solide que celle de l'onguent ordinaire. Il est préparé pour récréer &amp; fortifier les parties nobles par la bonne odeur. Il s'en fait aussi d'une consistence liquide entre celles des <pb n="554" facs="bpt6k8542165/f594/full/1200,/0/native.jpg"/>huiles &amp; des linimens, dont le principal usage est pour les plaies. Il s'en fait de plusieurs façons, de divers aromates &amp; huiles distillées. L'huile de noix muscade est la base ordinaire des <i>baumes,</i> ou la cire blanche. On y mêle la graisse d'agneau, la moële de cerf ou de veau, ou la manne en larmes, &amp;c. On lui donne les noms d'<i>apoplectique, stomachique, bésoardique, hystérique, vulnéraire,</i> &amp;c.</p><p>Le <i>Baume Apoplectique</i> rejouït le coeur, réveille les esprits suffoqués dans l'apoplexie, &amp; donne le temps de préparer d'autres remèdes plus efficaces. Alors il en faut frotter les tempes, les sutures, &amp; la fontenelle, &amp; en faire avaler quelques grains dissous dans de l'eau de la Reine d'Hongrie, ou dans de l'eau de canelle.</p><p>On appelle aussi le <i>baume</i> du Samaritain, de l'huile commune mêlée, &amp; cuite avec du vin, parce qu'on croit que le charitable Samaritain de l'Evangile se servit de ce remède.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume , ou huile de poix, est un huile rougeâtre qu'on tire de la poix par le moyen d'une cornue : on lui a donné le nom de <i>baume,</i> à cause de ses grandes propriétés. Le <i>baume</i> de poix est un très-bon <i>baume,</i> &amp; l'on prétend que ses qualités approchent de celles du <i>baume</i> naturel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume ardent . C'est une composition qui est un remède pour les plaies, les meurtrissures &amp; les humeurs froides. Ce remède se fait d'une teinture jaune de Karabé broyé qu'on tire par le moyen de l'esprit de vin, dans laquelle on fait dissoudre du camphre rafiné.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume de Saturne . C'est un sel de Saturne. M. Harris dit sucre de Saturne, dissous dans l'huile ou l'esprit de térébenthine, &amp; digéré, dit M. Harris, jusqu'à ce que la matière ait pris une teinture rouge. Ce <i>baume</i> résiste à la putréfaction des humeurs, &amp; est fort propre à nettoyer &amp; cicatriser les ulcères.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume de Souffre . Il y en a deux sortes. Le <i>baume de souffre</i> commun, &amp; le <i>baume de souffre</i> anisé. Le <i>baume de souffre commun</i> est un <i>baume</i> tiré par le moyen du feu d'une composition faite d'huile de noix tirée sans feu, de fleur de souffre, de sel de tartre, &amp; de vin blanc mêlés ensemble. Le <i>baume de souffre</i> commun est bon pour digérer, pour résoudre les matières crues, découlées &amp; amassées en quelque partie du corps : on l'emploie en onction extérieure ; il sert de base à l'emplâtre de souffre. Le <i>baume de souffre</i> anisé est tiré de l'huile d'anis verd, &amp; de véritable fleur de souffre qu'on a fait dissoudre ensemble.</p><p>On appelle des Charlatans, Vendeurs de <i>baume,</i> qui vendent des onguens ou des huiles pour les plaies, qu'ils nomment abusivement de ce nom. Ils vendent aussi une certaine liqueur pour le fard, qu'ils appellent du <i>baume blanc.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume , suivant quelques Chymistes, n'est autre chose que l'ame du sel commun extraite par l'art. Ils le font dissoudre à l'humide, &amp; ils mettent sa résolution bien clarifiée dans du fumier de cheval pour la putréfier pendant deux ou trois mois, &amp; ensuite ils la font distiller fortement avec feu de sable ; il en monte une onctuosité précieuse, dans laquelle mettant tremper les choses les plus corruptibles, elles demeureront éternellement entières. Ils disent que c'est par ce moyen que les Anciens &amp; les plus curieux ont conservé des corps entiers sans les réduire en momies, &amp; que c'est ainsi que fut conservé le corps d'une femme dont parle Volaterran, qui fut trouvé dans un Mausolée près d'Albane du temps d'Alexandre VI. lequel par son ordre fut jetté secrettement dans le Tybre pour éviter l'idolatrie ; car il paroissoit vivant &amp; très-beau, quoiqu'il fût mort il y avoit treize siècles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume Universel , en termes de Philosophie hermétique , c'est l'élixir parfait, un remède rare &amp; universel, qui produit des choses étonnantes dans la nature.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume , se dit aussi d'une certaine composition noirâtre de bonne odeur, que l'on porte dans de petites boëtes. La base en est l'huile de muscade, à laquelle on ajoûte le storax, &amp; autres choses semblables, suivant l'odeur qu'on veut lui donner.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume enfin se dit de toutes sortes de choses odoriférantes, de toute substance spiritueuse &amp; pénétrante, qui a de la consistence. C'est dans ce sens que l'on dit <i>baume apoplectique, baume de rose,</i> &amp;c. 2°, de toute liqueur faite, ou extraite de la substance de quelque gomme, ou résine, avec de l'esprit de vin. 3°, de quelques préparations de médecine, comme du <i>baume</i> de souffre, &amp;c. Harris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume , est aussi une petite herbe qu'on met dans les fournitures de la salade. Elle est odoriférante. C'est une espèce de menthe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume , se dit figurément de ce qui est de bonne odeur, ou qui cause la guérison. A l'ouverture des Reliques de ce Saint, il en sortit un <i>baume</i> précieux qui parfuma tout l'air d'alentour. La grace que les Sacremens confèrent est un <i>baume</i> qui guérit toutes les plaies de nos ames. Le <i>baume</i> que l'on mêle avec l'huile pour faire les onctions dans les Sacremens &amp; les cérémonies Ecclésiastiques, signifie, selon Amalarius Fortunatus, la bonne odeur des vertus que doit répandre celui à qui on l'applique. L'auteur Arabe du Giavaheral Bokhur, Histoire abrégée de l'Egypte, écrit que le <i>Baume</i> de Matharée auprès du Caire en Egypte étoit fort recherché des Chrétiens, à cause de la foi qu'ils y avoient. Il veut dire que les Chrétiens se servoient de ce <i>baume</i> pour faire le chrême de la Confirmation. d'Herb. C'est une preuve de la créance de l'Eglise Catholique sur ce Sacrement.</p><p>On dit proverbialement d'une chose agréable, comme de l'argent comptant, que cela flaire comme <i>baume.</i> On le dit quelquefois en contresens &amp; ironiquement de ce qui est très-puant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4516" id="14" type="">
   <index type="head" value="BAUME" />
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    <head>BAUME</head>
    <p>
    Baume , signifie en Provence &amp; en Dauphiné une Caverne. On y appelle la <i>sainte Baume,</i> la Caverne que l'on prétend avoir été habitée par sainte Magdelaine. Chorier dit qu'il signifie tantôt une Grotte, &amp; tantôt un Territoire coupé de valons, &amp; couvert de bois, &amp; que c'est ce que signifie en Grec, d'où il le dérive. M. Ménage croit que ce mot a été pris du Latin barbare <i>balsima,</i> qui se trouve en cette signification dans les Capitulaires de Charles le Chauve. Le P. Mabillon, <i>Annal. Bened. Lib. I. p.</i> 24. prétend que <i>balma</i> est un ancien nom Gaulois, qui signifioit un rocher, <i>rupes.</i> M. de Valois dit, <i>Notit. Gall. pag.</i> 74. que <i>balma</i> en Italie signifie un antre ; qu'en Gaulois il croit que <i>baume</i> signifie un antre, ou une Caverne, sur-tout si elle est sur une montagne, ou sur un lieu élevé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4517" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUMIER" />
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    <head>BAUMIER</head>
    <p>
    BAUMIER , subst. m. Arbre de baume, ou qui porte le baume. <i>Balsamum.</i> Le Traducteur de Dapper s'est servi de ce mot p. 62. Il n'y a pas long-temps, dit-il, qu'on s'est apperçu du gain qu'il y avoit à faire, &amp; qu'il est devenu si précieux &amp; si cher en Orient. (le baume) Dès que les Arabes y eurent pris garde, ils s'empresserent à transplanter les jeunes <i>Baumiers</i> des terres montueuses &amp; arides dans les jardins fertiles &amp; cultivés ; de sorte qu'il y en a maintenant des vergers tout pleins. Mais ce mot n'est plus François ; la gomme, &amp; la plante qui la produit, s'appellent également <i>Baume.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4518" id="1" type="peinture">
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    <head>BAVOCHÉ</head>
    <p>
    BAVOCHÉ , adj. m. Terme de Peinture . Il se dit d'un contour qui n'est pas couché nettement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4519" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVOLET" />
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    <head>BAVOLET</head>
    <p>
    BAVOLET , s. m. Coëffure de jeunes paysannes auprès de Paris, qui se fait de linge délié &amp; empesé, &amp; qui a une longue queue pendante sur les épaules. On pourroit l'appeller en Latin <i>Capital,</i> par analogie au linge dont les femmes avoient la tête couverte dans les sacrifices, &amp; qui portoit ce nom, au rapport de Festus. Les paysannes craignent fort qu'on ne chiffonne leur <i>bavolet.</i> Vous voulez faire voir dans vos trophées amoureux, des calles, &amp; des <i>bavolets.</i> Scar.</p><p>On dit figurément d'une jeune paysanne, que c'est une jolie <i>Bavolette,</i> ou que c'est un joli <i>Bavolet.</i></p><p>Ce mot est formé de <i>bas-volet. Volet</i> se disoit autrefois pour <i>voilet,</i> &amp; <i>voilet</i> est un diminutif de <i>voile</i> : de-là on a appellé <i>bavolettes</i> les jeunes paysannes qui portoient ces sortes de coëffures. Huet. De <i>bavolette</i> on dit en Normandie <i>filer bavol ;</i> pour dire, filer inégalement, faire du fil qui n'est pas égal parce que les jeunes <i>bavolettes,</i> peu savantes en l'art de filer, filent ainsi. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4520" id="1" type="monnoie">
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    <head>BAVOUER</head>
    <p>
    BAVOUER , ou BAVOIS, s. m. Terme de Monnoie . C'est le tableau ou feuille de compte qui contient le fondement <pb n="555" facs="bpt6k8542165/f595/full/1200,/0/native.jpg"/>de l'évaluation des droits de seigneuriage, foiblage, écharceté &amp; brassage, selon le prix qui court, &amp; qui est attribué par l'Ordonnance du Roi à l'or, argent &amp; billon, tant en oeuvre que hors oeuvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4521" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAVON" />
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    <head>BAVON</head>
    <p>
    BAVON , s. m. Nom propre d'homme. <i>Bavo.</i> S. <i>Bavon,</i> en Flamand Saint Baef, qui avoit été nommé Allowin sur les fonts du Baptême, d'une très-noble famille du pays de Hasbain, ou Haspengaw dans le Brabant Liegeois, vint au monde vers l'an 589. Bail. Cet Auteur prétend que <i>Bavon</i> étoit un sobriquet, ou nom de guerre. L'Auteur de sa vie dit seulement que le peuple l'appelle <i>Bavon.</i> Saint Baef est patron de Gand, d'Harlem, &amp;c. Voyez le P. Mabillon <i>Saec. II. Bened. p.</i> 394.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4522" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUQUE" />
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    <head>BAUQUE</head>
    <p>
    BAUQUE , s. f. On appelle ainsi l'algue à feuilles étroites qui vient dans les étangs salés près de Montpellier. Elle y est si commune qu'on en fume les champs. Les Parfumeurs &amp; les Vitriers en emballent leurs caisses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4523" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUTEUR" />
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    <head>BAUTEUR</head>
    <p>
    BAUTEUR , s. f. Nom propre de femme. Voyez <ref type="search" target="head:BAUDOUR">BAUDOUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4524" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BAUX" />
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    <head>BAUX</head>
    <p>
    BAUX , ou BARROTS, Terme de Marine . Ce sont des pièces de bois ou poutres qui traversent en largeur d'un bout à l'autre du navire, &amp; servent à porter les planchers que l'on nomme <i>ponts,</i> ou <i>tillacs.</i> A chaque bout des <i>baux,</i> il y a une courbe triangulaire nommée <i>courbaton,</i> qui en fait la liaison avec le corps du bâtiment. Elle est d'un bout attachée aux <i>baux,</i> &amp; de l'autre contre les vaigres, ou contre les planches qui font le revêtement intérieur du vaisseau. On appelle <i>Maître bau,</i> celui qui est à la plus grande ouverture du navire ; &amp; qui joint l'extrémité supérieure d'un genouil à l'autre. Il peut avoir près du quart de la quille, &amp; le creux du vaisseau peut être égal à la moitié du <i>bau.</i> Celui qui est le dernier vers l'avant sur l'extrémité, se nomme <i>bau de lof,</i> &amp; à Marseille <i>madier dernier.</i> Celui qui est le dernier vers l'arrière s'appelle <i>bau de dalle.</i> On dit, qu'un navire a tant de pieds de quille, &amp; tant de pieds de <i>baux</i> ; pour dire, qu'il a tant de pieds de long, &amp; tant de large. Il y a aussi des <i>baux</i> qui servent à fortifier les vaisseaux. Ces même pièces de bois dans les bateaux foncets, &amp; autres bâtimens sur les rivières, s'appellent <i>matières.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4525" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUZELY" />
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    <head>BAUZELY</head>
    <p>
    BAUZELY , s. m. Nom propre d'homme usité en Rouergue. Voyez <ref type="search" target="head:BAUDILLE">BAUDILLE</ref>. C'est le même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4526" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUZILLE" />
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    <head>BAUZILLE</head>
    <p>
    BAUZILLE . Le même selon l'usage de Languedoc. Voyez <ref type="search" target="head:BAUDILLE">BAUDILLE</ref>. C'est le même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4527" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAUZIRE" />
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    <head>BAUZIRE</head>
    <p>
    BAUZIRE . Le même en Auvergne. Voyez <ref type="search" target="head:BAUDILLE">BAUDILLE</ref>. C'est le même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4528" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAY" />
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    <head>BAY</head>
    <p>
    BAY , Voyez <ref type="search" target="head:BAI">BAI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4529" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYE" />
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    <head>BAYE</head>
    <p>
    BAYE , Voyez <ref type="search" target="head:BAIE">BAIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4530" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYER" />
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    <head>BAYER</head>
    <p>
    BAYER , v. n. Tenir la bouche ouverte en regardant long-temps quelque chose. <i>Ore aperto &amp; hiante aliquid aspicere.</i> Il tire son étymologie de l'Italien <i>badare,</i> qui est aussi Latin, selon les Gloses attribuées à Isidore. Ce mot est vieux &amp; si fort hors d'usage, qu'on ne s'en peut plus servir qu'en cette phrase figurée &amp; proverbiale, <i>bayer aux Corneilles,</i> pour exprimer un homme oisif, &amp; qui s'amuse à regarder niaisement toutes choses. Cependant une Dame illustre s'en est servie dans cette phrase ; M. Guittaut m'envoya une cassette de ce qu'il a de plus précieux. Je la mis dans mon cabinet, &amp; puis je voulus aller dans la rue <i>bayer</i> comme les autres. Mad. de Sevigné.</p><p>Il y en a d'autres qui disent <i>beér aux Corneilles.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BÉER">BÉER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4531" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYETTE" />
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    <head>BAYETTE</head>
    <p>
    BAYETTE , s. f. Espèce d'étoffe qui est une revêche de Flandres, ou d'Angleterre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4532" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYEUR, EUSE" />
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    <head>BAYEUR, EUSE</head>
    <p>
    &#9758; BAYEUR, EUSE , s. m. &amp; f. Celui ou celle qui regarde avec avidité, comme les gens du peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4533" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYEUX" />
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    <head>BAYEUX</head>
    <p>
    BAYEUX , s. masc. Prononcez <i>Baïeux.</i> Ville Episcopale de France en Basse-Normandie, sur la rivière d'Aure. <i>Bajocae, Bajocum, Bajocassium Civitas.</i> César Liv. VIII. chap. 7. l'appelle <i>Belocasses,</i> ou <i>Velocasses,</i> comme Pline Liv. IV. chap. 18. <i>Bayeux</i> a titre de Vicomté, &amp; est Capitale du Bessin. Il parut il y a quelques années en 1705. à Caën une première partie de l'histoire du Diocèse de <i>Bayeux</i> par M. Hermant. <i>Bayeux</i> est au 19d, 45' de longitude, &amp; 49d, 20' de latitude. Les Auteurs du Moréri &amp; Maty écrivent <i>Baieux.</i> Mais Du Moulin, dans son <i>Histoire générale de Normandie,</i> Hermant, dans son <i>Histoire du Diocèse de Bayeux,</i> Mezeray, &amp; M. Huet, dans ses <i>Origines de Caën,</i> écrivent <i>Bayeux.</i> Nous les suivons ; c'est l'ancien usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4534" id="1" type="">
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    <head>BAYLE</head>
    <p>
    BAYLE , Voyez <ref type="search" target="head:BAILE">BAILE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4535" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYONE" />
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    <head>BAYONE</head>
    <p>
    BAYONE , ou BAÏONE, ou BAÏONNE. Prononcez <i>Baïone. Lapurdum, Baiona.</i> Ville de France en Gascogne, dans la Terre de Labour dont elle est Capitale. Elle est située à la jonction des rivières de l'Adour &amp; de la Nire, qui font <i>Bayone</i> une ville de fort grand trafic, &amp; un port de mer fameux. Corn. Quelques-uns croient que c'est les <i>Aquae Tarbellicae</i> des Anciens. Scaliger &amp; Vinet estiment que les Boiates ou Boiens, dont la Cité, appellée dans les Notices la Cité des Boiates, autrement Boiens, étoit l'une des douze Cités de la Novempopulanie, &amp; qui est le bourg de Buchs ; ils estiment, dis-je, que les Boiens avoient leur étendue depuis le pays de Buchs jusqu'à <i>Bayone,</i> &amp; que cette ville étoit leur cité. Mais le pays de la cité d'Acqs s'oppose à cette conjecture ; car cette partie de ce pays est située entre <i>Bayone</i> &amp; le pays de Buchs, &amp; empêche toute sorte de communication entre <i>Bayone</i> &amp; Buchs. La dénomination de cette ville, qui sert de fondement à cette opinion, ne doit point être considérée ; car outre qu'elle est nommée constamment <i>Bayone</i> dans tous les titres, aussi bien que par le vulgaire, &amp; non pas <i>Baïone,</i> comme nous voudroit persuader Vinet, il ne faut pas douter que cette diction ne soit récente, &amp; qu'elle ne prenne son origine de la langue Basque, signifiant Bonne Baie, ou bon port, <i>Baya ona, Baïa ;</i> c'est-à-dire, port, en langage de Marine, &amp; <i>ona,</i> bon. De Marca. Je dis que le nom de <i>Bayone</i> est récent, étant certain que cette ville &amp; son Evêché sont appellés dans les vieux titres <i>Lapurdensis,</i> &amp; non pas <i>Baionensis.</i> Id. <i>Bayone</i> n'est donc pas la cité des Boiates. C'est une cité érigée par quelque Synode provincial, pour la substituer après la ruine de Buchs, à la place de la douzième cité qui avoit été distraite de l'Aquitaine IIIe en faveur de l'Aquitaine IIe, &amp; de l'Archevêché de Bordeaux, auquel le terroir de la Cité de Buchs avoit été incorporé. Cela se fit avant la venue des Normands de l'an 845. attendu qu'une Charte de Lescar témoigne qu'ils la ruinerent avec les autres Cités de Gascogne, &amp; que l'Evêque Arsius témoigne en 980. que cette ville étoit en possession de toute ancienneté de certaines vallées. La longitude de <i>Bayone</i> est 16d, 11' ; &amp; sa latitude 43d, 30'.</p><p>L'Evêché de <i>Bayonne</i> autrefois de Labour, <i>Episcopatus Lapurdensis, Baïonensis.</i> L'Evêché de <i>Bayonne,</i> qui a seulement 60 Paroisses, étoit autrefois d'une plus grande étendue, comme on le peut voir dans l'<i>Histoire de Bearn</i> de M. De Marca, Liv. I. Ch. 4. n. 5. Il est remarqué en la Session XXXIe, du Concile de Constance, que cet Evêché avoit son étendue en trois Royaumes ; à savoir, de France, de Navarre &amp; de Castille. Ils y ont continué leur jurisdiction jusqu'à ce que le Pape, à l'instance de Philippe II. Roi d'Espagne, y ordonna par provision un Vicaire Général, tandis qu'il y auroit hérésie aux pays voisins de France ; quoique l'Evêque ni le Chapitre de <i>Bayonne</i> n'aient point été troublés en la jouïssance des revenus qu'ils possèdent en ce quartier. De Marca.</p><p><i>Bayone</i> a eu des Vicomtes, &amp; il y a des monumens qui en marquent jusqu'en 1205, où ils ont manqué. Cette Vicomté à été depuis confondue avec le Duché de Guyenne, &amp; Charles VII. la réunit à la Couronne en 1451.</p><p>Le Golfe de <i>Bayonne, Baionae sinus Tarbellicus,</i> ou <i>Lapurdensis sinus.</i> Petite partie de la mer de Gascogne, vers les frontières de la terre de Labour, &amp; de la Biscaye. On l'appelle aussi <i>mer des Basques.</i> Maty.</p><p>Il y a encore <i>Bayone,</i> ville de la nouvelle Castille, &amp; <i>Bayone</i> port de mer en Galice, à la hauteur duquel sont les Isles de <i>Bayone. Bayona.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4536" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYONOIS, OISE" />
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    <head>BAYONOIS, OISE</head>
    <p>
    BAYONOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Bayone. <i>Bayonensis.</i> Les <i>Bayonois</i> font tort à l'antiquité de leur Evêché, lorsqu'ils estiment que S. Léon, qui vivoit environ l'an 900, du temps du Roi Charles le simple, fut le premier Evêque de cette Ville ; puisqu'il y avoit eu des Evêques avant la première descente des Normands en Guyenne. <pb n="556" facs="bpt6k8542165/f596/full/1200,/0/native.jpg"/>Mais il fut le premier Evêque après la ruine de cet Evêché, qui lui fut commune avec tous les autres de Gascogne. De Marca.</p><p>Voyez sur <i>Bayonne,</i> &amp; sur les <i>Bayonois,</i> outre M. de Marca dans son <i>Hist. de Bearn, Notitia utriusque Vasconiae Auct. Arn. Oihenarto,</i> le <i>Marca Hispanica</i> de M. De Marca, Liv. I. ch. 14. §. 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4537" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYONNETTE" />
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    <head>BAYONNETTE</head>
    <p>
    BAYONNETTE . Voyez <ref type="search" target="head:BAÏONNETTE">BAÏONNETTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4538" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAYONNIER" />
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    <head>BAYONNIER</head>
    <p>
    BAYONNIER . Voyez <ref type="search" target="head:BAÏONNIER">BAÏONNIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4539" id="1" type="">
   <index type="head" value="BAZADOIS, OISE" />
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    <head>BAZADOIS, OISE</head>
    <p>
    BAZADOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Bazas, ou du pays appellé <i>Bazadois. Vasas,</i> ou <i>Vasatensis.</i> Les <i>Bazadois</i> sont les peuples que les Anciens appelloient <i>Vasates,</i> &amp; peut-être les <i>Cocosates.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4539" id="2" type="">
   <index type="head" value="BAZADOIS, OISE" />
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    <head>BAZADOIS, OISE</head>
    <p>
    Bazadois , s. m. <i>Vasatensis ager, Vasatum Regio.</i> Petit pays de France en Guyenne, dont Bazas est la Capitale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4540" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="BAZAR" />
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    <head>BAZAR</head>
    <p>
    BAZAR , ou BAZARI, s. m. Terme de Relation . C'est une espèce de rue longue, large, &amp; voûtée, à la hauteur de 40 ou 50 pieds, destinée au commerce. Ce terme est usité parmi les Orientaux, principalement dans la Perse. Il est purement Turc, &amp; non point Arabe ; &amp; signifie, Achat &amp; échange de marchandises ; &amp; se dit par extention des lieux où se fait le trafic.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BAZAS</head>
    <p>
    BAZAS , s. m. Ville Episcopale de France, en Guyenne, sur un rocher, dont le pied est baigné par la petite rivière de Lavasane, ou de Beuve. <i>Vasates, Vasatum.</i> Vinet &amp; quelques autres prétendent que c'est l'ancien <i>Cossium</i> d'Ausone &amp; de Ptolomée. L'Evêque de <i>Bazas</i> est suffragant de l'Archevêque de Bourdeaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4542" id="1" type="">
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    <head>BDELLIUM</head>
    <p>
    BDELLIUM , subst. m. est la gomme résine d'un arbre qui vient dans la Bactriane, dans l'Arabie &amp; aux Indes. Cet arbre est épineux, noir, &amp; ressemble à l'olivier quant à sa grosseur ; ses feuilles sont semblables à celles du chêne, &amp; son fruit à celui du figuier sauvage. Cette gomme doit être amère, transparente, grasse, odoriférante, semblable à la cire ou à la colle de taureau, molle &amp; facile à fondre. Moïse dit que la manne des Hébreux ressembloit à cette drogue quant à la forme ; &amp; quant à la grosseur, qu'elle étoit comme la graine de coriandre, &amp; qu'elle avoit le goût de miel.</p><p>Du Cange après Isidore appelle <i>bdellium,</i> une eau faite avec des vessies d'orme, qui est bonne pour les plaies, &amp; croit que c'est la même chose que le <i>bdellium</i> des Grecs &amp; des Latins. Scaliger dit qu'on ne sait pas au vrai ce que c'est que le <i>bdellium</i> dont il est parlé dans la Genèse, &amp; qu'on n'en parle que par conjecture. Voyez dans la <i>Bibliothèque sacrée</i> de Ravanelle, &amp; dans les Interprètes de la sainte Ecriture, les différentes opinions des Savans sur le <i>bdellium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4543" id="1" type="">
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    <head>BÊ</head>
    <p>
    BÊ . Terme indéclinable, qui marque le cri des moutons. Les Grecs prononçoient leur <i>ita</i> comme un <i>ê :</i> témoin le Poëte Cratinus : <i>Sicut ovis</i> bê bê <i>dicens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4544" id="1" type="">
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    <head>BÉANT, ANTE</head>
    <p>
    BÉANT, ANTE , adj. Qui montre une grande ouverture. <i>Hians.</i> On dépeint les dragons avec une gueule <i>béante</i> ; l'Enfer comme un gouffre <i>béant.</i> Ils reçoivent l'eau à bouche <i>béante.</i> Vaug.</p><p>On le dit figurément de ce qui est vuide &amp; ouvert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4545" id="1" type="">
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    <head>BÉARN</head>
    <p>
    BÉARN , s. m. Nom d'une Province de France, qui a titre de Principauté. <i>Benearnia.</i> Le <i>Béarn</i> est au pied des monts Pyrénées, entre le Comté de Bigorre à l'Orient ; la Prévôté d'Acqs, la basse Navarre, &amp; une partie du pays de Soule au Couchant ; les Pyrénées au Midi, &amp; la Gascogne au Septentrion. La Capitale de <i>Béarn</i> est Pau. Louïs le Débonnaire après avoir condamné Loup Centule, Duc de Gascogne au commencement du IXe siècle, établit des Vicomtes dans le <i>Béarn</i> ; &amp; depuis ce temps-là jusqu'à Henry IV. cette Province a toujours eu ses Princes particuliers. Par l'avenement de ce Prince à la Couronne, le <i>Béarn</i> y fut réuni. M. de Marca, étant encore Président au Parlement de Navarre, fit l'Histoire de <i>Béarn</i> que nous avons.</p><p>Ce mot s'est fait du mot Latin <i>Benearni,</i> qui se trouve dans les anciens Itinéraires, &amp; dans les Notices de l'Empire, où il est parlé de la Cité des Bénéarniens. De là on a fait <i>Béarniens,</i> &amp; enfin <i>Béarn.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉARN</head>
    <p>
    Béarn . Ville ancienne des Béarnois. La Cité des Béarnois étoit nommée <i>Benearnus,</i> comme on voit dans l'Itinéraire d'Antonin, ou <i>Benarnus,</i> comme le représentent la Notice des Provinces, le Concile d'Agde, &amp; Grégoire de Tours. Marca.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4546" id="1" type="">
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    <head>BÉARNOIS, OISE</head>
    <p>
    BÉARNOIS, OISE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est de Béarn, ou qui appartient au Béarn. <i>Bearnensis, Bearniensis.</i> Ortelius estime que les <i>Preciani</i> de César sont les <i>Béarnois.</i> Vigenère croit que ce sont les <i>Crosates.</i> Villeneuve &amp; Bergier prennent les <i>Cucueni</i> de Ptolomée pour ceux d'Oleron. Le P. Monet prétend que les <i>Béarnois</i> font une portion des Bigordans, qu'il nomme Bigordans Occidentaux, &amp; les vrais peuples de Bigorre Bigordans Orientaux. M. de Marca, <i>Hist. de Béarn,</i> L. I. ch. II. croit que les <i>Venami</i> de Pline sont les <i>Béarnois,</i> pourvu que le texte soit remis avec une correction fort aisée, &amp; très-recevable, lisant <i>Venarni,</i> au lieu de <i>Venami</i> ; il ne faut que séparer la première jambe de l'<i>m</i> pour faire deux lettres d'une ; savoir, de l'<i>m</i> une <i>r</i> &amp; une <i>n.</i> Dans les exemplaires de Pline imprimés à Paris en 1516. on y reconnoît la leçon de <i>Venarni,</i> au lieu de <i>Venami.</i></p><p>On lit dans l'Histoire de la Ligue <i>Le Béarnois</i> ; c'est Henri IV. que les Ligueurs appelloient ainsi, parce qu'ils s'obstinoient à ne le point reconnoître pour Roi de France, mais seulement pour Prince de Béarn ; ne lui donnant pas même la qualité de Roi de Navarre, parce qu'il n'étoit point en possession de ce Royaume, quoiqu'il en fût l'héritier &amp; le maître légitime. Le Pape Sixte V. bien informé de la façon de vivre de Henri IV. &amp; de celle du Duc de Mayenne, pronostica hardiment que le <i>Béarnois,</i> il l'appelloit ainsi, comme faisoient tous les Ligueux, ne pouvoit manquer d'avoir le dessus, puisqu'il n'étoit pas plus long-temps au lit, que le Duc de Mayenne étoit à table, &amp; qu'il usoit plus de bottes, que l'autre n'usoit de souliers. Perefixe. Henri IV. étoit né à Pau en Béarn, le 13. de Décembre 1553. <i>p.</i> 15.</p><p>Le Gave <i>Béarnois,</i> est une rivière qui a sa source dans les montagnes de Bareige en Bigorre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4547" id="1" type="">
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    <head>BÉAT, ATE</head>
    <p>
    BÉAT, ATE , adj. Qu'on estime saint, qui est mort en réputation de sainteté. <i>Beatus.</i> Ce défunt n'est pas encore canonisé, mais il est déclaré <i>Béat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4547" id="2" type="">
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    <head>BÉAT, ATE</head>
    <p>
    Béat , se dit aussi de celui qui affecte de paroître dévot &amp; modeste, soit en ses actions, soit en ses paroles &amp; en ses habits. <i>Probitatis, ac pietatis simulator.</i> Cet homme est un <i>Béat.</i> Un <i>Béat</i> pourroit-il s'exprimer plus heureusement ? Boil. Ce mot de <i>Béat</i> ne se dit ordinairement qu'en riant &amp; dans le style comique &amp; burlesque. Mon Révérend, dit-elle au <i>béat</i> homme, je viens vous voir. La Font. Cette coquette est maintenant une Soeur <i>Béate.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4547" id="3" type="">
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    <head>BÉAT, ATE</head>
    <p>
    Béat , s. m. Terme de joueurs . C'est celui qui ne joue point, &amp; cependant qui a sa part de ce que l'on joue. Quand ceux qui veulent jouer une collation, ou un souper, sont en nombre impair, on tire, &amp; l'on fait un <i>béat.</i></p><p>On dit à l'Eglise, en termes de Rubriques , une Messe <i>de Beata</i> ; pour dire, une Messe en l'honneur de la sainte Vierge.</p><p>On dit proverbialement &amp; populairement, <i>Beati garniti vaut mieux que beati quorum,</i> pour enseigner qu'il faut tâcher d'avoir toujours la main garnie quand on a à contester quelque chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4548" id="1" type="">
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    <head>BÉATIFICATION</head>
    <p>
    BÉATIFICATION , s. f. Acte par lequel le Pape déclare qu'une personne est bien-heureuse après sa mort. <i>Alicujus in Beatos relatio, in Beatorum numerum adscriptio.</i> La <i>béatification</i> diffère de la canonization, en ce que dans la <i>béatification</i> le Pape n'agit pas en juge qui décide sur l'état de celui qui est béatifié, mais il accorde seulement à certaines personnes <pb n="557" facs="bpt6k8542165/f597/full/1200,/0/native.jpg"/>le privilége d'honorer d'un certain culte religieux celui qui est béatifié, sans encourir les peines portées contre ceux qui rendent un culte superstitieux. Dans la canonization il parle en juge, &amp; comme l'on dit, il prononce <i>ex cathedra,</i> sur l'état de celui qu'il canonize. Voyez Casteldunois, Galesinus, Cantelarius, Lezana, Silveira, Scacchi, &amp;c. La <i>béatification</i> a été introduite depuis qu'on a jugé à propos de ne plus traiter la canonization des Saints que par de longs délais, pour s'assurer davantage de la vérité dans les voies des procédures les plus sevères. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4549" id="1" type="">
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    <head>BÉATIFIER</head>
    <p>
    BÉATIFIER , v. act. Mettre quelqu'un au catalogue des bienheureux. <i>Aliquem inter Beatos referre, adscribere.</i> Les Saints qui sont seulement <i>béatifiés,</i> &amp; qui ne sont point encore canonisés, sont honorés d'un culte moins solemnel que ceux qui sont canonisés. Suivant le droit commun, &amp; sans une concession particulière, on ne peut prendre pour patrons les Saints qui ne sont que <i>béatifies.</i> Leur office n'a point d'octave ; le jour qu'on en fait l'office ne peut être une Fête de commandement ; on n'en peut dire une Messe votive. Voyez Durant sur les Rits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4549" id="2" type="">
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    <head>BÉATIFIER</head>
    <p>
    Béatifié, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Inter Beatos relatus, adscriptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4550" id="1" type="theologie">
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    <head>BEATIFIQUE</head>
    <p>
    BEATIFIQUE , adj. Terme de Théologie , qui se dit de la jouïssance de la présence de Dieu dans le Paradis, qui fait les bienheureux. <i>Qui Beatos efficit.</i> La vision <i>béatifique</i> est celle que Dieu promet dans la gloire éternelle. On se sert ironiquement de ce terme, &amp; on dit qu'une personne a des visions <i>béatifiques,</i> lorsqu'elle a des imaginations creuses, qu'elle croit avoir des révélations, &amp; goûter les félicités du Paradis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4551" id="1" type="">
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    <head>BÉATILLES</head>
    <p>
    BÉATILLES , s. f. plur. Petites viandes délicates, dont on compose des pâtés, des tourtes, des potages, des ragoûts, comme ris de veau, palais de boeuf, crêtes de coq, truffes, artichaux, pistaches, &amp;c. <i>Fartile.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4552" id="1" type="">
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    <head>BÉATITUDE</head>
    <p>
    BÉATITUDE , s. f. Le souverain bien ; la félicité éternelle. <i>Beatitudo, Beatitas.</i> Dieu a promis à ses Saints la <i>béatitude,</i> le Paradis. Il y a des Pères de l'Eglise qui ont crû que les ames ne jouïroient de la <i>béatitude</i> qu'après la résurrection. Du Pin. La <i>béatitude</i> de l'homme, selon Epicure, consiste dans le sentiment du plaisir, ou en général dans le contentement de l'esprit. Le mot <i>béatitude,</i> en tant qu'il signifie la félicité éternelle, se prend en trois manières différentes. 1°. Pour l'objet dont la possession doit nous rendre heureux : c'est Dieu qui est le souverain bien, la <i>béatitude</i> objective. 2°. Pour les actes de l'ame par lesquels elle possède le souverain bien, &amp; elle en jouït : c'est ce qu'on appelle <i>béatitude</i> formelle. 3°. Pour l'état où la possession de Dieu met une ame ; &amp; en ce sens la <i>béatitude</i> renferme, ou suppose, la <i>béatitude</i> objective &amp; la <i>béatitude</i> formelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4552" id="2" type="">
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    <head>BÉATITUDE</head>
    <p>
    Béatitude , se dit aussi du contentement d'esprit, de ce qui rend bienheureux. Les <i>béatitudes</i> de ce monde sont annoncées par J. C. au nombre de huit dans le Chapitre V. de saint Matthieu.</p><p>Cebès représente la <i>béatitude</i> arrêtée sur un cippe, ou sur une pierre quarrée, pour marquer qu'elle doit être inébranlable, tranquille, éternelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4552" id="3" type="">
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    <head>BÉATITUDE</head>
    <p>
    Béatitude , est aussi un titre d'honneur qu'on donne maintenant au Pape. Autrefois il se donnoit à tous les Evêques, &amp; même dans les lettres de saint Anselme il est donné à quelques Laïques.</p><p><i>Béatiude</i> s'est formé du Latin <i>beatitudo,</i> &amp; à proportion <i>béat, béatification, béatifier, béatifique,</i> de <i>beatus, beatificatio, beatificare, beatificus,</i> qui se sont dits dans la basse Latinité. Isidore, mauvais Etymologiste, dit que <i>beatus</i> s'est dit <i>quasi bene auctus,</i> parce qu'on appelle <i>beatus,</i> heureux, celui qui a ce qu'il veut, &amp; qui ne souffre point ce qu'il ne veut point ; mais <i>beatus,</i> selon la remarque de Vossius, vient de <i>beo,</i> comme <i>legatus</i> vient de <i>lego</i> ; &amp; <i>beo,</i> selon le même Auteur, vient de , qui se prend non-seulement pour vie, mais encore pour biens, richesses, qui sont les choses en quoi le vulgaire fait consister la <i>béatitude</i> en cette vie. On pourroit encore tirer <i>beo</i> de l'ancien <i>benus,</i> de sorte qu'on en eût fait <i>beneo,</i> &amp; par syncope <i>beo</i> ; mais il est plus vraisemblable, dit Vossius, que <i>benus</i> s'est fait de <i>beo,</i> comme <i>fenus</i> de l'ancien <i>feo.</i> On peut encore dériver <i>beo</i> de , ou , je <i>vais,</i> je <i>marche,</i> j'<i>avance,</i> qu'Hésychius interprète aussi je <i>vis</i> : c'est le sentiment de Martinius. Ainsi <i>beo</i> signifie, <i>facio ut res eat, sive procedat,</i> dit Vossius, qui remarque que les mots qui signifient <i>aller</i> &amp; <i>avancer,</i> s'emploient dans presque toutes les langues, pour exprimer le bon état des choses. Ainsi l'on dit en François, cela va bien, cela va son train, en Allemand <i>es gehet,</i> &amp; en Flamand <i>'t gaet wel.</i> Dans ce sentiment, il faut encore remonter plus haut, &amp; tirer , &amp; , de l'Hébreu , ou , <i>aller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4553" id="1" type="">
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    <head>BÉATRIX</head>
    <p>
    BÉATRIX , s. f. Nom propre de femme. <i>Béatrix.</i> Quoique nous ayions coutume de changer en <i>ice</i> les noms féminins qui se terminent en <i>ix,</i> comme <i>motrix,</i> motrice, <i>protectrix,</i> protectrice, nous en conservons cependant quelques-uns dans leur forme Latine ; tel est celui de <i>Béatrix.</i> Ainsi il faut dire sainte <i>Béatrix,</i> Martyre sous Dioclétien ; <i>Béatrix</i> de Savoye, Comtesse de Provence ; <i>Béatrix</i> de Portugal, Duchesse de Savoye, &amp;c. &amp; non point <i>Béatrice.</i></p><p>Ce mot signifie celle qui rend ou qui peut rendre heureux, de <i>beare, beo,</i> je rends heureux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    BEAU , ou BEL, BELLE, adj. Qui a de la beauté, qui plaît à la vûe, par l'agréable &amp; charmante proportion qui se trouve entre les parties d'un tout. <i>Pulcher, formosus, venustus, decorus.</i> Cet adjectif fait <i>beau</i> &amp; <i>bel</i> au masculin ; &amp; <i>belle</i> au féminin. Autrefois on disoit communément <i>bel</i> pour <i>beau.</i> Nous ne l'avons plus retenu que quand le substantif qui suit, &amp; auquel il se rapporte, commence par une voyelle, comme un <i>bel</i> arbre, un <i>bel</i> homme, un <i>bel</i> enfant. Le surnom de Charles le <i>bel,</i> &amp; de Philippe le <i>bel,</i> qui fut donné à ces deux Rois de France, pour la beauté de leur visage, leur est cependant demeuré. Hors ces deux cas, il faut toujours dire <i>beau,</i> même devant une voyelle. Par exemple, il faut dire, cet enfant est <i>beau</i> en tout temps, &amp; non pas est <i>bel</i> en tout temps ; parce que le mot de <i>beau</i> n'est pas là devant un substantif auquel il soit joint. Vaug. <i>Rem.</i> Un <i>beau</i> visage, une <i>belle</i> femme. Un <i>beau</i> garçon. Une <i>belle</i> taille. Une <i>belle</i> vûe. Une <i>belle</i> maison, de <i>beaux</i> meubles.</p><p>Ne soyez point si fière de votre beauté : on a peu de temps à être <i>belle,</i> &amp; long-temps à ne l'être plus. Des-Houl. Le premier mérite d'une femme c'est d'être <i>belle.</i> Font. Les soins d'être <i>belles</i> ne se prennent guère pour les maris. Mol.</p><p>On le dit aussi de ce qui touche agréablement l'oreille, ou le toucher. <i>Egregius, jucundus.</i> Une <i>belle</i> voix. Un <i>beau</i> poli. <i>Egregiè politus.</i> Un <i>beau</i> temps. La <i>belle</i> saison où l'air est serein. <i>Sudus, serenus.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>bellus</i>. Nicot.</p><p>On le dit aussi de ce qui est de prix, ou excellent en son genre. <i>Eximius, egregius.</i> Voilà de <i>belles</i> pierreries ; un <i>beau</i> tableau ; le dessein, le coloris en est <i>beau.</i> Voilà un <i>beau</i> livre. Il seroit à souhaiter que ceux qui parlent, ou qui écrivent, fussent bien persuadés de cette règle, <i>qu'il n'y a rien de</i> beau, <i>que ce qui est vrai,</i> cela retrancheroit des discours une infinité de vains ornemens, &amp; de fausses pensées. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , dans l'Ecriture, &amp; dans tous les Auteurs Grecs, se prend pour bon, convenable, utile. <i>Gen.</i> 1. 4. Dieu vit que la lumière étoit <i>bonne.</i> Les Interprètes Grecs ont traduit là &amp; dans les endroits suivans, que la lumière étoit <i>belle</i> .</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit aussi pour Heureux, glorieux. <i>Felix, decorus.</i> Voilà un <i>beau</i> commencement. Pasc. Il est <i>beau</i> de mourir maître de l'Univers. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit aussi de ce qui est grand, excessif. <i>Ingens.</i> On a fait <i>beau</i> feu toute la nuit de la courtine. Cet homme est un <i>beau</i> dîneur.</p><p>On le dit aussi des manières d'agir. <i>Decorus.</i> Il ne hante que des gens du <i>bel</i> air. Il n'est ni <i>beau,</i> ni honnête, de jurer, de s'enyvrer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , signifie quelquefois, Certain. <i>Certus, quidam.</i> Il arriva <pb n="558" facs="bpt6k8542165/f598/full/1200,/0/native.jpg"/>un <i>beau</i> jour, c'est-à-dire, un certain jour. Il vint un <i>beau</i> matin me faire défi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit figurément des choses spirituelles &amp; morales. C'est un <i>bel</i> esprit que Virgile. <i>Praestans, excellens, praeclarus.</i> Simonide avoit une <i>belle</i> mémoire. Michel Ange avoit une <i>belle</i> imagination. Socrate avoit une <i>belle</i> ame. L'Iliade est un <i>beau</i> Poëme. Cet homme a manqué une <i>belle</i> occasion de faire sa fortune. Il auroit fait un <i>beau</i> coup, s'il eût pû entrer dans cette charge. Il a eu une <i>belle</i> peur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit aussi par exagération. Cela est <i>beau</i> à peindre. Les Poëtes se déchirent à <i>belles</i> dents. <i>Mordicùs.</i> Il viendra me redemander mon amitié à <i>belles</i> baisemains.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit ironiquement. <i>Lepidus.</i> Vous êtes un <i>bel</i> homme, un <i>beau</i> discoureur, pour dire, Vous ne dites rien qui vaille. C'est un <i>beau</i> maraut, un <i>beau</i> coquin.</p><p>On appelle aussi le <i>beau monde,</i> les gens qui ont de la qualité, de l'esprit, de la politesse, qu'on appelle aussi <i>le grand monde. Politus, elegans, ingeniosus.</i></p><p>On appelle de <i>belles</i> eaux, non seulement celles qui sont claires &amp; nettes, mais celles que l'art a embellies par des jets, des cascades dans des grottes ; des fontaines, &amp;c. <i>Egregius, admirabilis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Bel Age , se dit non seulement du grand âge, &amp; de la vieillesse ; mais aussi de la jeunesse, &amp; de la fleur de l'âge. <i>Gratus, acceptus, jucundus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau Chasseur . Terme de Chasse . C'est un chien qui crie bien dans la voie, &amp; retourne volontiers toujours la queue sur les reins. Saln.</p><p>Un <i>beau</i> joueur est non seulement celui qui joue <i>beau</i> jeu, grand jeu ; mais aussi celui qui joue &amp; qui perd paisiblement. <i>Pacificus, liberalis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit aussi substantivement. <i>Pulchrum, eximium.</i> Il y a du <i>beau,</i> du grand dans cet ouvrage. Une femme emporte le plus <i>beau</i> &amp; le meilleur de la succession de son mari. Joindre ensemble le <i>beau</i> &amp; l'effroyable. Voit. Le <i>beau</i> des images est de représenter la chose comme elle est. Boil. Le <i>beau</i> n'est point à souhaiter pour le sage. C'est une maxime de Confucius. P. Le Comte.</p><p>Le nom de <i>belle</i> pensée, si on prend le nom de <i>beau</i> dans sa propre signification, emporte grandeur selon Aristote, qui a décidé que les petits hommes n'étoient point beaux, quelque bien faits qu'ils fussent, &amp; qu'ils étoient seulement jolis. Nous appellons cependant quelquefois <i>belle</i> pensée ce qui n'est que joli ; &amp; alors nous confondons le <i>beau</i> avec ce qui plaît, à l'exemple de Démétrius, qui donne le nom de beauté aux choses qui flattent les sens, ou touchent le coeur. Bouh. J. P. Crousaz, Professeur en Philosophie &amp; en Mathématique dans l'Académie de Lausanne, a fait un Traité du <i>beau.</i> Il y dit que lorsqu'on dit, cela est <i>beau,</i> on exprime par ce terme un certain rapport d'un objet, ou avec des sentimens agréables, ou avec des idées d'approbation, &amp; que dire cela est <i>beau,</i> c'est-à-dire, j'aperçois quelque chose que j'approuve, ou quelque chose qui me fait plaisir ; par où, continue-t-il, on voit que l'idée que l'on donne au mot de <i>beau</i> est double, ce qui la rend équivoque ; &amp; c'est la principale cause des contestations sur le <i>beau.</i> Il distingue donc, comme en effet il faut les distinguer, les idées &amp; les sentimens. Les idées occupent l'esprit, les sentimens intéressent le coeur. Quoiqu'on ne trouve rien dans un objet qui intéresse, on peut cependant découvrir dans l'idée qu'on en a quelque chose qui mérite notre approbation. Un tel objet plaît donc &amp; ne plaît pas ; il plaît à l'idée, &amp; ne plaît pas au sentiment. Au contraire il y a des objets dont l'idée n'offre rien de louable, lesquels ne laissent pas d'exciter des sentimens agréables. Il y a donc beauté &amp; beauté ; il y a plaisir &amp; plaisir. Après avoir démêlé ce qui plaît à l'esprit d'avec ce qui plaît au coeur, il vient aux caractères réels &amp; naturels du <i>beau,</i> &amp; il montre que l'unité &amp; la variété en sont l'essentiel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Bel-Esprit , Voyez <ref type="search" target="head:Esprit">Esprit</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4554" id="13" type="">
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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Belle , se dit aussi absolument des Dames bien faites. <i>Elegans, formosa.</i> Ce galant court de <i>belle</i> en <i>belle.</i> Il faut avoir toujours du respect pour les <i>belles.</i> Mais c'est particulièrement en Poësie qu'on s'en sert.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit aussi adverbialement. Il fait <i>beau,</i> absolument ; ou, Il fait <i>beau</i> chasser, se promener. <i>Aptum tempus, sudum, commodum ad, &amp;c.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau . Quand ce mot est joint avec le verbe avoir, il signifie, Quoique, encore que. <i>Etsi, quanquam.</i> Vous avez <i>beau</i> parler, &amp; me promettre, je n'en ferai rien. Vous avez <i>beau</i> faire, vous n'en viendrez pas à bout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4554" id="16" type="jeu de paume">
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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Tout beau . Sorte d'interjection, qui signifie, Doucement ; modérément. <i>Bona verba, quaeso. Tout beau,</i> n'allez pas si vîte. <i>Tout beau,</i> ne vous fâchez pas. <i>Tout beau,</i> ne parlez pas si haut. On le dit aussi aux chiens couchans, quand on les veut dresser, ou quand on a peur qu'ils poussent les perdrix qu'ils ont arrêtées. <i>Tout beau, tout beau,</i> crie-t-on de loin.</p><p>On dit aussi, qu'un Peintre fait ressembler en <i>beau,</i> pour dire, qu'il farde ses portraits, qu'il leur donne un agrément particulier.</p><p>On dit d'un Général, &amp; de tout autre Officier d'armée, qu'il a le commandement <i>beau</i> ; pour dire, qu'il commande de bonne grace.</p><p>On dit aussi, Avoir les armes <i>belles</i> ; pour dire, faire bien des armes.</p><p>On dit en termes de Manége , qu'un cheval a un <i>beau partir de la main,</i> quand on veut exprimer la vigueur avec laquelle un cheval part de la main sur une ligne droite, sans s'en écarter depuis son partir jusqu'à son arrêt. On dit encore d'un cheval, qu'il porte en <i>beau lieu</i> ; pour dire, qu'il porte bien sa tête.</p><p>On dit en termes de jeu de Paume , ou de jeu du Volant, <i>Donner beau ;</i> pour dire, Jouer un coup facile à prendre. Et figurément, <i>le donner beau</i> à quelqu'un, c'est lui procurer une occasion favorable de dire, ou de faire ce qu'il desiroit. Ainsi on dit, Vous l'<i>avez beau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4554" id="17" type="fleuriste">
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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau, &amp; Belle , en terme de Fleuriste , entre dans les noms de beaucoup de fleurs. Ainsi le <i>Beau</i> de nos jours, le <i>Beau</i> roturier, la <i>Belle</i> Déesse, la <i>Belle</i> de jour, la <i>Belle</i> Hortense, la <i>Belle</i> Iris, sont des noms d'oeillets violets. La <i>Belle</i> Agnès est un ancien oeillet marqué de peu de violet sur un blanc passable. Le <i>Beau</i> roturier, est un violet sur un fin blanc, qui vient d'Amiens ; sa fleur est large &amp; ses feuilles bien rangées. Sa plante est fort délicate, mais fort hâtive à porter fleur. Il est sujet au blanc &amp; à la pourriture. Le <i>Beau</i> cramoisi est un oeillet cramoisi, dont le blanc le pourroit disputer avec la neige. Ses panaches sont emportés, &amp; extrêmement détachés, sans mouchetures, sa fleur très-large, garnie de très-grande quantité de feuilles. Sa plante est vigoureuse &amp; d'un beau verd. Il vient de Lille. Il ne lui faut laisser que six boutons. Il ne graine point, sa fleur n'est pas hâtive. Le <i>Bel</i> inconnu, <pb n="559" facs="bpt6k8542165/f599/full/1200,/0/native.jpg"/>est un oeillet rouge clair sur un beau blanc ; sa plante est délicate, sujette aux taches grisâtres, &amp; prend difficilement racine. Trois boutons suffisent pour son maître dard. Le <i>Beau</i> Thrésor, est un beau rouge sur un grand blanc ; sa fleur est ronde &amp; large, ses panaches détachés. Il graine, ne crève point, se trouve à Lille, est hâtif, abondant en marcottes, sujet à dégénérer, &amp; au blanc : quatre boutons lui suffisent. Il s'appelle autrement la <i>Belle</i> Ecossoise. Le <i>Beau</i> Daumont, autrement l'Incarnat Laubinoy, ou l'Epicier, est un très-bel oeillet élevé à Paris, sa couleur est de feu assez vif, son blanc n'est pas des plus fins, mais un peu carné ; sa fleur est large, quoique plate ; il graine facilement, il a de gros panaches d'une couleur fort recherchée ; sa plante est délicate, sujette au blanc, &amp; même à la pourriture ; quoiqu'il ne crève point d'ordinaire ; il ne faut lui laisser que cinq boutons. La <i>belle Douce,</i> est un oeillet blanc, dont la fleur est grosse &amp; large, garnie de beaucoup de feuilles, la plante forte &amp; vigoureuse, &amp; qui avec cinq ou six boutons ne crève point. Le <i>Beau</i> piqueté, est piqueté de pourpre clair, fort gros &amp; large, mais sujet à crever si on ne lui laisse six ou sept boutons. Tout de même parmi les Tulipes ils appellent la <i>Belle</i> d'Anvers, une tulipe qui est gris de lin, pourpre &amp; blanc. La <i>Belle</i> Helène, rouge enfoncé, ou sang de boeuf, &amp; blanc d'entrée. La <i>Belle</i> Morine, rouge cramoisi, &amp; beaucoup de blanc d'entrée. La <i>Belle</i> la Barre, pourpre, rouge &amp; blanc. La <i>Belle</i> Perlée, incarnadin, éclatant, &amp; beaucoup de blanc d'entrée. Le <i>Beau</i> Courroy est pourpre obscur, violet clair, &amp; blanc terni. Le <i>Beaupré</i> rouge &amp; blanc. Il y a encore la <i>Belle</i> mignone, la <i>Belle</i> Callite, la <i>Belle</i> Tragède, la <i>Belle</i> marinière. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4554" id="18" type="">
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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Belle de nuit , s. f. ou Jalap, <i>Mirabilis Peruviana,</i> ou <i>Jalapa.</i> Plante étrangère, à présent fort connue, &amp; qu'on élève dans les Jardins à cause de ses fleurs. Sa racine est grosse, épaisse, branchue, quelquefois longue &amp; pointue en manière de navet, chargée de quelques fibres, noirâtre en dehors, blanchâtre en dedans, d'abord fade au goût, mais ensuite acre &amp; piquante. De son collet part une tige haute de deux pieds, quelquefois plus, grosse comme le pouce, charnue, ferme, d'un jaune tirant sur le verd, noueuse, branchue ; à chaque noeud de ses branches naissent deux feuilles opposées, vertes, charnues, succulentes, amples vers leur pédicule, pointues à leur extrémité, qui étant froissées ont une odeur forte, &amp; qui sont désagréables au goût. Sa fleur est un tuyau évasé en entonnoir à pavillon de trompette crénelé. Du fond d'un calice membraneux, verd, à cinq pointes, s'élève un embryon qui supporte la fleur, &amp; qui devient, après qu'elle est passée, un fruit arrondi, brun en dehors, gros comme un pois, &amp; qui contient une semence blanche presque ronde, &amp; qui étant froissée, se réduit en une poudre blanche. La <i>Belle de nuit</i> varie beaucoup par ses fleurs, qui sont cramoisies ; il y en a de jaunes, de rougeâtres, de panachées de jaune &amp; de purpurin, de rouge, de jaune &amp; de blanc ; il s'en trouve de mi-parties de blanc &amp; de purpurin, ou marbrées &amp; panachées de purpurin ; d'autres les ont blanches fouettées de jaune. On en remarque des pieds qui ont leurs fleurs plus petites ; &amp; une espèce entre autres a ses semences toutes raboteuses ; &amp; c'est cette dernière espèce qu'on a envoyée d'Amérique pour le véritable <i>Jalap.</i> Rai, &amp; plusieurs autres Botanistes, ont cru que le <i>Jalap</i> étoit une espèce de Lizeron, &amp; Herman prétendoit que la Scammonée, le Turbith, le Méchoacan &amp; le <i>Jalap,</i> étoient des Plantes congénères. Tout ce qu'on en peut dire pour le présent, c'est que dans nos Isles d'Amérique on se sert de cette racine en guise de <i>Jalap.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4554" id="19" type="">
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    <head>BEAU</head>
    <p>
    Beau , se dit proverbialement en ces phrases. Il lui fait <i>beau beau</i> ; pour dire, Il fait semblant de l'aimer. La <i>belle</i> plume fait le <i>bel</i> oiseau ; pour dire, que les <i>beaux</i> habits augmentent la beauté. On dit aussi qu'un homme passe pour <i>beau,</i> quand il ne paye point dans les parties de divertissement. On dit aussi, Il fera <i>beau</i> temps quand je l'irai voir ; pour dire, Je n'y veux jamais aller. On dit aussi ironiquement, Il vous fait <i>beau</i> voir ; pour dire, Vous avez mauvaise grace de faire telle chose. On dit aussi, Il est rentré de plus <i>belle ;</i> pour dire, Il a recommencé à parler de la même matière qu'il avoit quittée. On dit encore, il nous la baille <i>belle</i> ; pour dire, Il nous en fait bien accroire. On dit voilà une <i>belle</i> équipée, lorsqu'on n'a pas réussi dans quelque entreprise. On dit encore, des choses qu'on méprise, C'est un <i>beau</i> venez-y-voir. On dit aussi, A <i>beau</i> jeu <i>beau</i> retour, pour dire, que chacun à son tour trouve occasion de se venger. On dit aussi d'un débauché, qu'il se fait <i>beau</i> garçon quand il ruine sa santé, ou sa fortune. On dit encore, qu'on donne <i>beau</i> jeu à quelqu'un, quand on lui donne quelque occasion de faire ce qu'il souhaite, soit en bien, soit en mal. On dit aussi quand on refuse d'admettre quelques raisons, Tout cela est <i>bel</i> &amp; bon, mais je n'en veux rien faire. On dit encore, Il a mis cela en <i>beau</i> jour, en <i>beau</i> début ; pour dire, Il l'a bien expliqué ou il a fait voir une chose par son plus bel endroit. On dit, Il n'y a point de <i>belle</i> prison, ni de laides amours. Il l'a mis en <i>beaux</i> draps blancs ; pour dire, Il en a parlé fort désavantageusement. On dit aussi, qu'on l'a échappé <i>belle</i> ; pour dire, qu'on a couru un grand danger. On le dit aussi d'un homme qui a épousé une laide femme. On dit aussi, Il n'est ni <i>beau</i> ni bon ; il n'est point fardé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4555" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEAUBEC" />
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    <head>BEAUBEC</head>
    <p>
    &#9758; BEAUBEC . Abbaye d'hommes de l'Ordre de Cîteaux, &amp; de la filiation de Savigni, fondée en 1128. dans le pays de Brai, au Diocèse de Rouen. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. p.</i> 152.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4556" id="1" type="">
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    <head>BEAUCAIRE</head>
    <p>
    BEAUCAIRE , s. m. Ville de France, située dans le bas Languedoc sur le Rhône. <i>Belloquadrum.</i> Quelques Géographes la prennent pour l'ancien <i>Uggernum.</i> Maty. <i>Beaucaire</i> est célèbre pour la Foire qui s'y tient toutes les années le 22e de Juillet, où il y a un grand concours de Marchands de toute l'Europe, &amp; même d'Afrique &amp; d'Asie. On dit qu'il y a de <i>Beaucaire</i> à Tarascon un chemin souterrain qui passe sous le Rhône. Voyez Catel <i>Hist. de Lang.</i> p. 343.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4557" id="1" type="">
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    <head>BEAUCE</head>
    <p>
    BEAUCE , ou BEAUSSE, s. f. Province de France, que les Modernes appellent <i>Belsia,</i> &amp; les Auteurs plus anciens <i>Belsa.</i> L'ancienne <i>Beauce</i> n'avoit pas les mêmes limites que la <i>Beauce</i> a présentement. Quelques-uns la resserrent entre Etampes &amp; l'Orléanois. D'autres la divisent en trois parties ; la <i>Beauce</i> Chartraine, <i>Belsia Carnutensis ;</i> la <i>Beauce</i> Dunoise, <i>Belsia Dunensis</i> ; la <i>Beauce</i> de Pluviers, ou Pithiviers <i>Belsia Pitivarensis.</i> D'autres y comprennent le pays Chartrain, l'Orléanois, l'Anjou, le Maine &amp; la Touraine ; c'est-à-dire, tout ce qui est entre l'Isle de France, la Normandie, la Bretagne, &amp; la rivière de Loire. Mérula la divise en trois. 1°, La <i>Beauce</i> supérieure, qui commence au bourg d'Ablys, &amp; s'étend vers Chartres &amp; au-delà. 2°, La <i>Beauce</i> moyenne s'étend à droite &amp; à gauche de la Loire, depuis Remorentin jusqu'à Vendôme, &amp; depuis Chateaudun jusqu'à la Touraine. 3°, La <i>Beauce</i> inférieure, qui n'est qu'une grande &amp; vaste plaine, occupe la partie Orientale depuis Etampes jusqu'aux Sénonois du côté de l'Orient, &amp; du côté du Midi jusqu'à Orléans. Aujourd'hui la <i>Beauce</i> en la prenant en général, comprend le pays Chartrain, le Dunois, le Vendômois, &amp; la partie de l'Orléanois qui est au Nord de la Loire. Dans un sens plus particulier elle ne comprend que le pays Chartrain. Maty. La <i>Beauce,</i> dans les Cartes de l'Académie des Sciences, a la figure d'un triangle, dont la base appuie sur la Loire, &amp; dont la pointe aboutit entre le Perche &amp; l'Isle de France, ayant le Gâtinois au Levant, la Sologne au Midi, une partie de Touraine &amp; du Maine avec le Perche au Couchant. La <i>Beauce</i> propre, ou particulière, est une petite Province dépendante du Gouvernement Général d'Orleans ; elle est renfermée entre l'Orléanois propre, le Blaisois, le Perche &amp; l'Isle de France. Maty. Chartres en est la Capitale. Quelques-uns y mettent même Etampes, &amp; ils la confondent avec le pays Chartrain. Id. Ce mot est venu en usage dans la langue en ces proverbes. C'est un Gentilhomme de <i>Beauce,</i> qui se tient au lit quand on refait ses chausses ; pour marquer que la Noblesse de ce pays est fort pauvre. Des plaines de <i>Beauce ;</i> pour dire, fort étendues, à cause que ce pays est fort uni &amp; sans arbres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4558" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEAUCOUP" />
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    <head>BEAUCOUP</head>
    <p>
    BEAUCOUP . Adverbe de quantité, qui marque l'abondance, l'excès. <i>Multum, valdè.</i> Ce Docteur est <i>beaucoup</i> plus habile que ses Confrères : ils n'en savent pas tant à <i>beaucoup</i> près. Il y avoit <i>beaucoup</i> de gens à cette assemblée.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>beau</i> &amp; <i>coup.</i> D'autres le dérivent de <i>bella copia</i>. Ce mot ne vient pas de <i>bella copia,</i> qui n'est qu'une allusion, mais simplement de <i>beau</i> &amp; de <i>coup,</i> en prenant <i>coup</i> pour <i>fois,</i> parce que ramasser en un seul coup une grande quantité de quelque chose qu'on souhaite, c'est un <i>beau coup.</i> Ainsi le pêcheur, qui du coup qu'il jette son filet, prend quantité de poissons, fait, dit-on, un beau coup de filet, ce qui a même passé en proverbe pour la capture qu'un Prévôt fait d'une compagnie de voleurs. A Dijon, <i>en voici une belle fois,</i> est la même chose qu'<i>en voici beaucoup,</i> ce qui ne sert pas peu à confirmer l'étymologie que j'ai donnée. Ménage qui l'avoit d'abord proposée dans la première édition de ses <i>Origines Françoises,</i> s'en est assez mal-à-propos retracté dans la seconde, où il a mieux aimé dire qu'il ne savoit d'où venoit ce mot. <i>Glossaire Bourguignon.</i></p><p>Lorsque <i>beaucoup</i> est employé pour signifier <i>plusieurs,</i> il y faut d'ordinaire ajoûter, <i>gens,</i> ou <i>personnes :</i> car quoiqu'on puisse dire, <i>beaucoup</i> s'imaginent, il seroit encore mieux d'ajoûter, beaucoup de <i>gens</i> s'imaginent &amp;c. <i>Multi, plurimi.</i> Cependant si l'on disoit, nous sommes <i>plusieurs,</i> au lieu de dire nous sommes <i>beaucoup,</i> sans que rien suivît, on ne diroit pas la même chose. Nous sommes <i>plusieurs,</i> ne fait pas entendre un si grand nombre, que nous sommes <i>beaucoup.</i> Vaug. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4558" id="2" type="">
   <index type="head" value="BEAUCOUP" />
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    <head>BEAUCOUP</head>
    <p>
    Beaucoup . Quand ce mot est mis après un adjectif, il veut être immédiatement précédé de la particule <i>de.</i> Exemple. L'esprit de qui la promptitude est plus diligente <i>de beaucoup</i> que celle des astres. Vaug. <i>Rem</i> Mais quand <i>beaucoup</i> est devant l'adjectif, il est mieux de ne lui pas donner un <i>de.</i> Exemple. Gassendi &amp; Descartes sont <i>beaucoup</i> plus éclairés que les autres Philosophes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4559" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEAU-FILS" />
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    <head>BEAU-FILS</head>
    <p>
    BEAU-FILS , s. m. Gendre, qui a épousé la fille d'un autre. <i>Gener.</i> Les <i>beaux-fils</i> &amp; les <i>belles-filles</i> ne s'accordent pas long-temps avec les beaux-pères, &amp; les belles-mères. Un <i>beau-fils</i> est considéré comme propre fils de celui dont il a épousé la fille ; c'est pour cela que les Loix l'ont obligé de nourrir son beau-père en cas de nécessité : <i>Quia sun. loco parentum. Louet, Arrest</i> 29. <i>Lettre. F.</i>Rochef.</p><p>On appelle aussi <i>Beau-fils,</i> &amp; <i>Belle-fille,</i> des enfans qui sont nés d'un premier mariage à l'égard des mariés en secondes nôces. <i>Privignus.</i> Les enfans du mari sont <i>beau-fils,</i> &amp; <i>belles-filles</i> à l'égard de la seconde femme, &amp; les en fans de la femme sont la même chose à l'égard du second mari.</p><p>On appelle aussi ironiquement <i>Beau-fils,</i> un jeune homme qu'on veut faire venir à soi.</p><p>On dit aussi, en termes burlesques &amp; comiques, qu'un garçon fait le <i>beau-fils</i> ; pour dire, qu'il se pare, qu'il fait l'agréable, qu'il hante les Grands, &amp; fait de la dépense comme eux. <i>Politus, ad unguem factus.</i></p><p>Pasquier, <i>Rech.</i> Liv. VIII. ch. 50. croit que les mots de belle-mere, <i>beau-fils, belle-fille,</i> sont venus par erreur de ce que l'on disoit <i>beau-père,</i> pour Béat père.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4560" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEAUFORT" />
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    <head>BEAUFORT</head>
    <p>
    BEAUFORT , subst. masc. Nom de lieu. <i>Bellofordia,</i> ou <i>Befordia.</i> Il y a <i>Beauford,</i> petite Ville d'Anjou. <i>Beaufort,</i> Village &amp; Château en Champagne, qui a titre de Duché. <i>Beaufort,</i> petite Ville, ou Bourg du Duché de Savoye.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4561" id="1" type="">
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    <head>BEAU-FRÈRE</head>
    <p>
    BEAU-FRÈRE , subst. masc. Terme relatif entre deux personnes qui ont épousé le frère, ou la soeur l'une de l'autre. <i>Mariti vel uxoris frater.</i> Les nations étrangères établissent une grande alliance entre les <i>beaux frères</i> ; les Espagnols les appellent Cunados, les Italiens <i>Cognati,</i> les Gascons &amp; les Languedociens <i>Cognados,</i> qui sont des mots qui équivalent aux premiers degrés de consanguinité. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4562" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEAUJEU" />
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    <head>BEAUJEU</head>
    <p>
    BEAUJEU , s. m. <i>Bellojovium, Bellijovium.</i> Petite Ville de France, à huit lieues au Nord de Lyon. <i>Beaujeu</i> est situé sur l'Ardiere, &amp; fut autrefois Capitale du Beaujolois. Pierre Maurice dans une lettre l'appelle <i>Bellus jocus,</i> &amp; quelques Modernes <i>Baujovium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4563" id="1" type="">
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    <head>BEAUJOLOIS</head>
    <p>
    BEAUJOLOIS , s. m. <i>Bellojoviensis,</i> ou <i>Bellojocensis ager.</i> Quelques-uns disent aussi <i>Baujoviensis,</i> mais il n'est pas si bien. Le <i>Beaujolois</i> est une contrée de France comprise dans le Gouvernement Général de Lyon. Le <i>Beaujolois</i> est borné au Midi par le Lyonnois propre ; au Couchant par le Forêt, au Nord par la Bourgogne, &amp; au Levant par la Principauté de Dombes. Il ne faut prononcer ni écrire <i>Beaujeulois,</i> comme quelques Auteurs, mais <i>Beaujolois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4564" id="1" type="">
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    <head>BEAULIEU</head>
    <p>
    BEAULIEU , s. m. Nom de plusieurs lieux en France, ainsi nommés à cause de la beauté du pays dans lequel ils sont situés. <i>Bellus locus.</i> Il y a <i>Beaulieu</i> en Berry proche de la Loire ; <i>Beaulieu,</i> Abbaye en Champagne, près du Duché de Bar ; <i>Beaulieu</i> en Roumois, avec un Prieuré de Chanoines Réguliers, fondé en 1200. &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4565" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEAUMONT" />
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    <head>BEAUMONT</head>
    <p>
    BEAUMONT , s. m. Nom de plusieurs lieux différens, ainsi nommés apparemment, ou parce qu'ils sont situés sur de belles montagnes, ou parce qu'ils en sont proche. <i>Bellomontium, Bellus mons. Beaumont,</i> village du pays de Vaud en Suisse. <i>Beaumont</i> en Argone, petite Ville de France dans le petit pays d'Argone en Champagne ; <i>Beaumont,</i> petite Ville de France dans le Cotentin ; <i>Beaumont le Roger, Bellomontium Rogerii,</i> dans le Diocèse d'Evreux en Normandie. C'est un Comté qui a pris son nom de quelqu'un de ses Comtes nommé Roger, qui a fondé ou aggrandi cette petite Ville ; <i>Beaumont</i> sur Oyse dans l'Isle de France ; <i>Beaumont le Vicomte,</i> petite Ville dans le Maine, avec titre de Duché ; <i>Beaumont ville,</i> bourg de Normandie proche de <i>Beaumont le Roger.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4566" id="1" type="">
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    <head>BEAUNE</head>
    <p>
    BEAUNE , subst. fém. Ville de France dans la Bourgogne, sur une petite rivière nommée la Bourgeoise. <i>Castrum Belnum, Belni,</i> ou <i>Belna,</i> mais plus rarement ; <i>Baelna</i> aussi, d'où s'est formé <i>Beaune. Beaune</i> est fort connue par les bons vins que produit son terroir. Qui est de <i>Beaune. Belnicus.</i> Le vin de <i>Beaune, vinum Belnicum, vina Belnica.</i></p><p>Il y a encore dans le Gâtinois un bourg nommé <i>Beaune, Belna,</i> à cinq lieues de Montargis au Couchant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4567" id="1" type="">
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    <head>BEAU-PÈRE</head>
    <p>
    BEAU-PÈRE , s. m. Terme relatif à l'égard des enfans d'un premier lit. Il se dit d'un mari qui a epousé leur mère en secondes noces. <i>Vitricus.</i> Et <i>belle-mère</i> est la femme que leur père a épousée de la même manière. Comme un <i>beau-père</i> n'est que l'ombre d'un vrai père, de même son affection n'est que l'ombre de la paternelle. Le Mait. Un <i>beau-père</i> est un faux père. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4567" id="2" type="">
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    <head>BEAU-PÈRE</head>
    <p>
    Beau-pere , se dit aussi pour le père du mari d'une femme, &amp; pour le père de la femme du mari. <i>Socer.</i> C'est mon <i>beau-père</i> ; pour dire, c'est le père de ma femme, ou de mon mari. Porphyrion, sur l'Art Poëtique d'Horace, au vers <i>Perfidus Ixion,</i> dit qu'anciennement la coutume étoit que les gendres donnassent une dot à leur <i>beau-père,</i> ce qu'il appelle <i>dotem,</i> ou <i>nuptialia munera,</i> c'est-à-dire, qu'on achetoit les femmes, comme on fait encore en quelques endroits des Indes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4567" id="3" type="">
   <index type="head" value="BEAU-PÈRE" />
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    <head>BEAU-PÈRE</head>
    <p>
    Beau-pere , est un titre que l'on donnoit autrefois aux Religieux ; &amp; qui se disoit encore du temps de Pasquier.</p><p>Disoit Victor de Brodeau en ce huictain qui fut tant solemnisé sous le regne de François. I. Pasq. <i>Rech. VIII.</i> 50.</p><p>Ce mot, selon Pasquier, vient de <i>Béat Père,</i> qu'on donnoit aux Religieux, parce qu'ils ont épousé une vie sainte ; &amp; aux pères, parce qu'en mariant leurs enfans ils semblent se procurer une vie immortelle. Rabelais, en son troisième Livre de Pentagruel, appelle <i>Beats Pères</i> les Moines que nous appellons <i>Beaux Pères.</i> Pasq. Ménage prétend qu'on a dit <i>beau-père</i> ; comme on a dit <i>Beau Sire,</i> par une épithète d'honneur. Mais toutes ces qualités avoient autrefois leurs noms propres, &amp; on appelloit <i>paratre, marâtre, filiatre,</i> les <i>beau-père, belle-mère,</i> &amp; <i>beau-fils ;</i> &amp; <i>serourge,</i> ou <i>sereur,</i> celui qui avoit épousé notre soeur, dont les exemples sont fréquens dans les Coutumes, &amp; dans Boutilier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4568" id="1" type="marine">
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    <head>BEAUPRÉ</head>
    <p>
    BEAUPRÉ , s. m. Terme de Marine . C'est le mât d'un vaisseau le plus avancé, qui est sur la proue, incliné ou couché sur la poulaine. Sa voile s'appelle <i>sivadière.</i> Le mât qu'on ente au-dessus s'appelle le <i>tourmentin,</i> ou le <i>petit beaupré.</i> <pb n="561" facs="bpt6k8542165/f601/full/1200,/0/native.jpg"/>On dit qu'un vaisseau est <i>beaupré</i> sur pouppe ; pour dire, qu'il suit le plus près qu'il peut un autre vaisseau. Quand le mât de <i>beaupré</i> a douze toises cinq pieds de long, sa vergue a huit toises deux pieds de long, &amp; le mât de perroquet de <i>beaupré</i> a trois toises un pied de long. Le mât de <i>beaupré</i> est enchâssé par le bout d'enbas sur le premier pont dans le mât d'avant, ou de misaine, &amp; passe directement au-dessus de l'éperon : il est garni d'une hune, d'un mât de perroquet &amp; de deux vergues, comme aussi de deux chouquets, qui servent à tenir ledit mât de perroquet &amp; le bâton du pavillon. Le mât de <i>beaupré</i> doit avoir les deux tiers du grand mât, &amp; sa grosseur doit être égale à celle du mat de misaine par le plus gros, &amp; la moitié du diamètre par le bout. Caron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4569" id="1" type="chasse">
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    <head>BEAU-REVOIR</head>
    <p>
    BEAU-REVOIR , s. m. Terme de Chasse , qui se dit quand le limier bande fort sur la botte, &amp; sur le trait, étant sur les voies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4570" id="1" type="">
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    <head>BEAUTÉ</head>
    <p>
    BEAUTÉ , s. f. Ce qui plaît, ce qui agrée à nos sens, &amp; sur-tout à la vûe, en conséquence d'une certaine proportion agréable qui se trouve entre les parties de quelque tout. <i>Pulchritudo, species, decor, venustas, formositas.</i> Socrate définissoit la <i>beauté,</i> une tyrannie de peu de temps ; Platon l'appelloit une Principauté établie par la nature ; Carneades un regne solitaire, d'autres un Royaume sans armes &amp; sans gardes. Quelqu'un a dit que la <i>beauté</i> est le plus puissant &amp; le plus foible ennemi de l'homme ; qu'il ne lui faut qu'un regard pour vaincre ; qu'il ne faut que ne la pas regarder pour triompher d'elle. Selon le P. Bouhours c'est là sophistiquer ses pensées. La <i>beauté</i> du corps donne plus d'agrément à la vertu. Bouh. Il se dit principalement de l'agrément des femmes, soit dans le visage, soit dans la taille, soit dans leurs autres qualités naturelles. La <i>beauté</i> est plus en imagination qu'en réalité ; elle est dépendante des goûts. Il y a des <i>beautés</i> Grecques &amp; des <i>beautés</i> Romaines. On appelle une <i>beauté</i> Romaine, celle dont l'air est grave &amp; majestueux, &amp; qui a de grands traits, un grand front, le nez un peu grand, la bouche médiocrement ouverte, &amp; les lèvres bien rebordées. Au contraire, on appelle <i>beauté</i> Grecque, une personne qui a tous les traits petits &amp; mignons, le nez un peu retroussé, &amp; l'air badin, vif &amp; enjoué. La <i>beauté</i> des femmes Tartares, c'est de n'avoir point de nez ; celle des Indiens, d'avoir des longues mammelles &amp; de longues oreilles ; celle des Mores, d'être noires &amp; camuses. La <i>beauté</i> a un droit naturel de commander aux hommes ; &amp; la valeur n'a qu'un droit acquis par la force. Fonten. La jalousie de la <i>beauté</i> n'est pas moins violente que celle des Amans. S. Evr. Sa <i>beauté</i> lui donne l'empire de tous les coeurs. Mol. La <i>beauté</i> la plus rare est fragile, &amp; mortelle. Vill. Un peu de fierté sied bien à une femme qui est jeune &amp; belle ; la jeunesse &amp; la <i>beauté</i> donnent de grands priviléges. Bell. Lorsque l'âge ou quelque accident imprévû effacera votre <i>beauté,</i> dont vous êtes idolatre, vous avouerez que ce n'étoit que vanité. Flechier. Chez les Poëtes, Minerve est la prudence, Vénus est la <i>beauté.</i> Boil. La plus grande partie des femmes doivent leur <i>beauté</i> à leurs ornemens. Rochef. La <i>beauté</i> est différente à raison des âges différens. La <i>beauté</i> d'un jeune homme est d'avoir le corps propre à toutes sortes d'exercices. Il faut encore qu'il soit agréable à voir. La <i>beauté</i> d'un homme fait, &amp; qui est dans l'âge de vigueur, est de pouvoir supporter toutes les fatigues de la guerre, &amp; d'avoir, je ne sai quoi, dans le visage qui le rende agréable à voir, &amp; redoutable tout ensemble. Enfin, celle d'un vieillard consiste à pouvoir faire toutes les fonctions nécessaires, &amp; cela sans se plaindre, comme ne sentant aucune des incommodités qui affligent d'ordinaire la vieillesse. Cas. <i>Traduct. de la Rhet. d'Arist.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAUTÉ</head>
    <p>
    Beauté , se dit aussi de l'air &amp; de la manière de marcher, de vivre, &amp; de tout ce qui peut agréer en quelque personne. <i>Venustas, formae dignitas.</i> On dit aussi, la <i>beauté</i> de la voix. <i>Vocis suavitas, elegantia, suavitudo.</i></p><p>On appelle aussi absolument <i>Beauté,</i> la personne qui est belle. <i>Veneres, venustates.</i> C'est la seule manière de rendre en Latin le mot de <i>beauté</i> quand il signifie la personne même ; encore seroit-il difficile de s'en servir par-tout en ce sens. C'est un Cavalier qui court après toutes les <i>Beautés.</i> On s'en sert plus fréquemment en Poësie qu'en Prose.</p><p>En Poësie on personnifie quelquefois la <i>Beauté.</i> Anacréon a feint que les graces avoient lié l'amour avec des chaînes de roses, &amp; l'avoient vendu pour esclave à la <i>Beauté.</i> M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAUTÉ</head>
    <p>
    Beauté , se dit figurément des choses spirituelles &amp; morales, &amp; même de toutes les choses qui nous donnent du plaisir à voir &amp; à ouïr. La <i>beauté</i> de l'esprit, des sentimens, est plus estimable que celle du corps. <i>Ingenii praestantia, vis.</i> La véritable <i>beauté</i> de l'esprit est une <i>beauté</i> mâle, qui n'a rien de mol ni d'efféminé. Bouh. Le Marquis Pignatelli a fait un traité pour montrer que la <i>beauté</i> de l'esprit a beaucoup plus de force &amp; de charmes que celle du corps. <i>Quanto più alletti la bellezza dell'animo, che la bellezza del corpo.</i> Il a été traduit en François sous ce titre, <i>De la</i> beauté <i>de l'esprit comparée à celle du corps.</i> La <i>beauté</i> de l'éloquence consiste quelquefois autant dans un certain air facile &amp; naturel, que dans la grandeur des pensées. Nicot. La <i>beauté</i> de l'ame. <i>Pulchritudo.</i> La <i>beauté</i> des pensées. <i>Elegantia.</i> La <i>beauté</i> de la vertu, &amp; la laideur du vice. La <i>beauté</i> du temps, la <i>beauté</i> de la campagne invite à la promenade. La <i>beauté</i> du ciel &amp; de la terre. La <i>beauté</i> des fleurs. La <i>beauté</i> des eaux. La <i>beauté</i> des arbres. La <i>beauté</i> de tant d'animaux différens. <i>Amoenitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAUTÉ</head>
    <p>
    Beauté , se dit quelquefois en conversation, ou en style plaisant pour singularité, &amp; pour exprimer quelque chose de surprenant, ou d'extraordinaire. <i>Novitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4570" id="5" type="fleuriste">
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    <head>BEAUTÉ</head>
    <p>
    Beauté triomphante . Terme de Fleuriste . C'est un oeillet d'un rouge de sang sur un blanc de lait ; ses panaches sont petits, aussi-bien que sa fleur. Il est fin &amp; sa plante vigoureuse. Il ne lui faut laisser que trois ou quatre boutons. Il se trouve à Lille. Cult. d. Fleurs. La <i>Beauté</i> de Chartres est le nom d'une tulipe. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAUVAIS</head>
    <p>
    BEAUVAIS , s. m. Ville Episcopale de France, Capitale du Beauvoisis. <i>Bellovacum, Bellovaci, Caesaromagus.</i> L'Evêque de <i>Beauvais</i> tient le premier rang entre les Comtes Ecclésiastiques Pairs de France. Quelques Géographes croient que <i>Beauvais</i> est la Ville que les Anciens nommoient <i>Bratuspantium,</i> que d'autres placent à Gratepance, &amp; d'autres à Grandville, Villages de Beauvaisis. Jean de Paris l'appelle <i>Belvacum,</i> d'où a pu se former <i>Beauvais.</i> La longitude de <i>Beauvais</i> est selon l'Académie des Sciences, 19d. <pb n="562" facs="bpt6k8542165/f602/full/1200,/0/native.jpg"/>45'. &amp; sa latitude 49d. 26'. Louvet a fait les Antiquités de <i>Beauvais</i> en deux vol. <i>in</i>-12. 1635. à <i>Beauvais.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4572" id="1" type="">
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    <head>BEAUVAISIN, INE</head>
    <p>
    BEAUVAISIN, INE , s. m. &amp; f. Qui est de Beauvais, ou plutôt du Beauvaisis. <i>Bellovacus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de Valois, <i>Notit. Galliar.</i> p. 79. Il dit que <i>Beauvaisin</i> vient du Latin, comme si l'on disoit <i>Bellovacinus,</i> ou <i>Bellovacensis.</i> Les <i>Beauvaisins,</i> très-puissans parmi les Belges, pouvoient armer jusqu'à cent mille hommes. T. Cor. Les <i>Beauvaisins,</i> les meilleurs guerriers de tous les Gaulois &amp; Belges, levoient des Troupes sous la conduite de Corbeus &amp; de Comius. Id. Nous avons déja remarqué que plusieurs de nos bons Auteurs ne se servent point des noms récens &amp; en usage aujourd'hui, quand ils parlent des peuples anciens qui habitoient le même pays ; mais qu'ils donnent une forme Françoise à l'ancien nom Latin. Ainsi dans les exemples que nous venons de citer, j'aurois mieux aimé dire les Bellovaces ou Bellovaciens, comme Cordemoi, que les <i>Beauvaisins.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEAUVAISIS</head>
    <p>
    BEAUVAISIS , s. m. <i>Bellovacensis ager.</i> Contrée de France, qui faisoit autrefois partie de la Picardie, &amp; qui est aujourd'hui de l'Isle France. Elle a pris son nom de Beauvais sa Capitale. Le <i>Beauvaisis</i> est borné au Couchant par les Elections de Compiegne &amp; de Senlis, au Midi par le Vexin François, au Couchant par la Normandie, &amp; au Nord par la Picardie. Maty. Le <i>Beauvaisis,</i> autrefois Comté, fit partie de celui de Vermandois. Il passa aux Comtes de Troies issus des Comtes de Blois : Eudes II. Comte de Troies, l'échangea en 996. pour Sancerre en Berry, avec son frère Roger, Evêque de Beauvais, qui donna ce Comté à son Eglise en 1016. du consentement du Roi Robert. Voyez du Chesne. Le P. Louvet a donné l'Histoire &amp; les Antiquités de <i>Beauvaisis,</i> à Beauvais <i>in</i>-4°. en 1631. &amp; D. Simon un Supplement à l'Histoire de <i>Beauvaisis, in</i>-4°. à Paris en 1704.</p><p>
    </p>
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    <head>BEC</head>
    <p>
    BEC , s. m. La partie dure &amp; pointue de l'oiseau, qui lui sert à manger, &amp; d'armes pour se défendre. <i>Rostrum.</i> Les oiseaux de proie aiguisent leur <i>bec</i> contre les rochers &amp; les pierres. La colombe revint dans l'Arche avec une branche d'olivier en son <i>bec.</i> C'est par le <i>bec</i> que l'oiseau commence sa mue au renouveau. On dit en Fauconnerie, un <i>bec</i> droit. <i>Rectum.</i> Crochu. <i>Aduncum.</i> Affilé. <i>Acutum.</i> Rond. <i>Rotundum.</i> Plat. <i>Depressum.</i> Aquilin. <i>Aquilinum.</i> Fendu. <i>Fissum.</i> Emoussé. <i>Obtusum.</i> Epointé. <i>Cassum acumine.</i> Endenté, ou en forme de scie. <i>Serratum.</i></p><p>Ce mot est ancien dans la langue, &amp; on le dit encore dans le même sens &amp; sans aucun changement parmi les Bas-Bretons, qu'on tient parler la langue Celtique. Suétone dit à la fin de la vie de Vitellius qu'Antoine surnommé Primus, né à Toulouse, &amp; qu'il appelle <i>homo Gallicanus,</i> avoit porté dans son enfance le surnom de <i>Beccus,</i> qui signifie, ajoûte-t'il, le <i>bec</i> d'un Coq ; par où il est évident que c'est un nom Celtique. C'est de-là qu'on a fait <i>bécasse, becquée, becqueter,</i> &amp; que les Flamands disent <i>bec</i> dans le même sens que nous ; que les Italiens disent <i>becco,</i> &amp; <i>beccare,</i> pour <i>bec</i> &amp; becqueter. Les Allemands &amp; les Suisses <i>becken</i> ; les peuples du pays de Galles en Angleterre <i>pic,</i> les Espagnols <i>pico,</i> &amp; <i>picar,</i> becqueter, &amp; plusieurs Allemands <i>picken</i> &amp; <i>pecken,</i> dans la même signification, selon la remarque de Cluvier, <i>Germ. Ant. L. I. p.</i> 71.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec , se dit quelquefois de la bouche &amp; de la langue d'un homme. <i>Os.</i> Il ne faut pas s'aller coucher le morceau au <i>bec,</i> c'est-à-dire, au sortir de table. Voilà bien du gibier, mais cela nous passera bien loin du <i>bec.</i> Il fit sortir de son divin <i>bec</i> telles &amp; semblables paroles. Scar. Quand ma Muse est échauffée, elle n'a pas tant mauvais <i>bec.</i> S. Amand. Tout cela n'est bon que dans le style burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec . On se sert quelquefois de ce mot en termes de caresse, &amp; en parlant à un enfant, à une Maîtresse. <i>Suavium, suaviolum.</i> Mon pauvre petit <i>bec,</i> tu le peux si tu veux. Mol.</p><p>On dit d'un sot, que c'est un <i>bec-cornu. Ineptus, stolidus.</i> Que maudit soit le <i>bec-cornu</i> de Notaire. Mol. C'est un Cornart, de l'Italien, <i>Becco cornuto,</i> qui signifie la même chose. Mais <i>Becco</i> en Italien, est proprement <i>un bouc.</i> En François, on ne prononce pas le <i>c</i> de <i>bec,</i> &amp; l'on dit <i>bécornu.</i></p><p>On dit de ceux qui parlent tête-à-tête, ayant le visage près l'un de l'autre ; qu'ils causent <i>bec-à-bec. Os ad os.</i> Et d'une femme qui fait la petite bouche, qu'elle fait le petit <i>bec.</i></p><p><i>Tour de bec</i> ; pour dire, un Baiser. <i>Osculum.</i> Il la rencontra par hazard, &amp; lui donna en passant un petit tour de <i>bec.</i> Toutes ces façons de parler sont basses &amp; comiques.</p><p>On dit proverbialement, Donner un coup de <i>bec</i> ; pour dire, Donner en passant quelque trait satyrique à quelqu'un. On dit, Prendre une personne par le <i>bec</i> ; pour dire, la confondre par sa propre confession. On dit aussi, lui passer la plume par le <i>bec</i> ; pour dire, la frustrer de quelque avantage qu'elle avoit prétendu. Quelques-uns croient que ce proverbe vient des Clercs, &amp; des écoliers niais, à qui leurs compagnons tirent une plume pleine d'encre qu'ils leur voient tenir à la bouche, afin de les barbouiller. Voyez <ref type="search" target="head:Oison">Oison</ref>.</p><p>On dit aussi, Avoir <i>bec</i> &amp; ongles ; pour dire, qu'on se sait bien défendre. Ce proverbe est expliqué autrement dans les <i>Amusemens serieux &amp; comiques,</i> où il est dit, Tel Auteur en son vivant eut <i>bec</i> &amp; ongles, c'est-à-dire, sut mordre &amp; piller à toutes mains. L'autre sens est celui qu'on lui donne ordinairement. Celui-ci n'est point de l'usage. On dit aussi qu'on a bon <i>bec</i> ; pour dire, qu'on parle bien &amp; beaucoup. On appelle dans les Conciergeries, la porte de <i>bon bec,</i> celle par où on mene les prisonniers à la question. On dit aussi d'une grande causeuse, qu'elle a le <i>bec</i> bien affilé ; &amp; d'une personne interdite &amp; qui ne dit mot, qu'elle a le <i>bec</i> gelé. Et on dit encore, Faire le <i>bec</i> à quelqu'un ; pour dire, lui donner des instructions de ce qu'il doit répondre aux demandes qu'on lui fera. On dit aussi, Tenir le <i>bec</i> en l'eau ; pour dire, Amuser quelqu'un de belles paroles, sans vouloir rien conclure. On dit encore, qu'on lui fera voir son <i>bec jaune</i> ; pour dire, qu'on lui fera voir qu'il s'est trompé. Voyez <ref type="search" target="head:Béiaune">Béiaune</ref>. On dit aussi, qu'il n'y a plus que le <i>bec</i> à ourler pour faire une canne, quand on se veut moquer de ceux qui ont de l'impatience de voir la fin de quelque ouvrage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec , se dit aussi de certains poissons, &amp; signifie la partie qui se termine en pointe, &amp; fait l'entrée de la bouche du poisson. Les saumons ont le <i>bec</i> plus pointu que les truites Rond.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec se dit aussi de plusieurs choses pointues. Le <i>bec</i> d'un alambic, d'une plume, d'une aiguiere. Une lampe à trois <i>becs.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec , se dit aussi des pointes de terre qui se rencontrent aux lieux où les rivières s'assemblent. <i>Lingula.</i> Il y en a deux célèbres en France ; le <i>Bec</i> d'Ambez, où la Garonne se joint à la Dordogne ; le <i>Bec</i> d'Allier, où l'Allier se joint à la Loire vers Moulins, &amp; qui se prononce <i>Bé d'Allier.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec , se dit aussi sur la mer, des terres qui se jettent &amp; avancent en la mer, qui sont diversement nommées suivant les figures qu'elles représentent, <i>becs, pointes, langues, encolures de terre.</i></p><p>On appelle aussi en Architecture <i>becs,</i> ces masses de pierre de taille disposées en angles saillans qui couvrent les piles d'un pont de pierre. On appelle <i>avant-becs,</i> ceux qui sont opposés au fil de l'eau ; &amp; <i>arrière-becs,</i> ceux qui sont de l'autre côté.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec , en termes de Blason , se dit des pendans du lambel, qui étoient faits autrefois en pointes ou rateaux, &amp; ont maintenant la figure des goutes qui sont au-dessous des triglyphes en Architecture.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec d'ane . Instrument de Ménuisier. C'est une des espèces de ciseaux dont les Menuisiers se servent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de canne , Instrument de Chirurgie fait en forme de pincettes pour tirer des balles de dedans les plaies. Le <i>bec de canne</i> a son extrémité large, ronde &amp; dentelée, pour mieux prendre la balle.</p><p>Les Serruriers ont aussi des crochets qu'ils appellent <i>Bec de canne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de cigne , est un instrument de Chirurgie, qui s'ouvre à vis, pour faire la dilatation de la plaie, tandis qu'on en tire quelques corps étrangers avec le <i>bec de grue.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de corbin , est le nom d'une Compagnie de cent Gentils-hommes de la Maison du Roi, qui portoient autrefois une arme appellée du même nom, qui ressembloit à une halebarde. Ils ne servent que dans les grandes cérémonies. <pb n="563" facs="bpt6k8542165/f603/full/1200,/0/native.jpg"/>Alors ils marchent deux à deux devant le Roi portant le <i>bec de corbin,</i> ou faucon à la main. On y a ajoûté cent hommes, outre les cent de la première institution.</p><p>Les Maréchaux appellent aussi <i>Bec de corbin,</i> une petite pièce de fer soudée en saillie à la pince d'un fer de cheval, qui l'oblige à marcher sur le talon, &amp; empêche qu'il n'appuie sur la pince, quand il est boiteux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de corbin , en termes de Marine , est un instrument de fer, avec lequel un Calfat tire la vieille étoupe d'une couture.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    &#9758; BEC , s. m.Bec de corbin , est aussi un instrument de Chirurgie fait en forme de pincettes, ou tenailles, qui servent à tirer des plaies les corps étrangers &amp; nuisibles. Ils ont un long bec recourbé &amp; arrondi en pointes pareilles à celles du bec des corbeaux, &amp; ils sont plus ou moins larges, pour s'en servir selon l'ouverture des plaies.<br/>Bec de corbin, se dit encore des pommes de cannes qui imitent le bec d'un corbeau, en ce qu'elles avancent, ou sont renversées en pointe, pour soutenir la main. On y met souvent des lorgnettes pour servir de lunettes d'approche ou d'opera. Ces becs se faisoient autrefois de bois d'inde, ou de corne, d'ivoire, &amp;c. On en fait à présent d'or, &amp; c'est la mode parmi les gens riches. On dit, une canne à <i>bec de corbin.</i> On appelle aussi <i>bec de corbin</i> la canne même toute montée, où il y a une pomme de cette espèce.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec courbé , s. m. C'est un oiseau qui n'est point connu en France, &amp; ne se voit qu'en Italie, que je sache, sur-tout aux environs de Ferrare, &amp; particulièrement vers le lac de Verbanne. Les Italiens l'appellent <i>Arrosetta,</i> ou <i>Becco storto.</i> Il est aquatique, &amp; a les pieds plats. Ses pieds sont d'une couleur bleuâtre, fort claire &amp; lavée, aussi bien que ses jambes, qui sont hautes. Ses doigts sont joints par des membranes. Tout le dessous du corps est blanc ; son <i>bec</i> est noir &amp; élevé en haut, aigu à l'extrémité, &amp; long de cinq doigts. Le devant de son corps est alternativement partagé de blanc &amp; de noir. Sa tête est d'un brun tirant sur le noir. Il a une ligne blanche, qui traverse ses ailes, qui sont pareillement brunes. Tout son corps est à peu près de la grandeur d'une colombe, excepté qu'il est plus menu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de grue , ou de cigogne, <i>Geranium,</i> de , mot Grec, qui signifie <i>Grue.</i> Plante ainsi appellée à cause que ses fruits ont quelque ressemblance avec le <i>bec</i> d'une Grue. Ce genre de plante a un très-grand nombre d'espèces différentes, &amp; l'Afrique paroît être plus féconde en <i>Geranium</i> que toutes les autres parties du monde. On en a apporté de ses côtes plusieurs belles espèces, dont quelques-unes croissent en manière d'arbrisseau. Parmi celles d'Europe, il y en a certaines dont les feuilles ont une odeur de musc ; &amp; dans le nombre de celles des Indes, il s'en trouve certaines, dont les fleurs ne sentent presque rien dans la journée, &amp; répandent cependant le soir &amp; dans la nuit une odeur très-douce &amp; très-suave. Plusieurs des unes &amp; des autres ont leurs feuilles arrondies &amp; déchiquetées ; le nombre de celles qui ont leurs feuilles entières est très-petit. A l'égard de leurs fleurs elles sont constamment composées de plusieurs pétales disposées en roses autour du pistile, qui devient un fruit en aiguille, dont le noyau est à cinq renures dans sa longueur, dans chacune desquelles est assemblée une capsule oblongue, terminée par une longue queue, renfermant une semence, rarement deux. Ces capsules se détachent ordinairement de la base du fruit vers la pointe, &amp; se roulent en demi-cercle ; la queue, dans quelques espèces, se tortille en tire-bourre ; dans d'autres cette même queue est velue comme la barbe d'une plume.</p><p>Ce que nous nommons herbe à Robert, <i>herba Roberti, Geranium Robertianum,</i> est une espèce de <i>Bec de Grue</i> fort commune à la campagne ; elle naît auprès des masures &amp; dans les bois. Sa racine est menue, de couleur de buis, &amp; donne quelques feuilles approchantes en quelque façon de celles de la matricaire, mais plus velues, plus menues, plus petites, &amp; d'une odeur de panais, &amp; portées sur des queues assez longues. D'entre ces feuilles s'élève une tige noueuse, velue, branchue, haute d'un pied ou d'un pied &amp; demi, &amp; garnie de feuilles pareilles aux premières. Ses fleurs sont à 5 pétales purpurines, rayées, petites, soutenues par un calice à cinq découpures. Les sommets des étamines de ses fleurs sont jaunes de saffran. Ses fleurs sont portées sur des pédicules longs de plus d'un pouce. Le fruit est en aiguille, tout de même que dans les autres espèces. L'herbé à Robert est quelquefois toute verte, d'autrefois entièrement lavée de pourpre. Elle est vulnéraire, un peu astringente. Elle arrête le flux de sang, elle soulage les goutteux ; appliquée extérieurement elle est recommandée pour les Cancers, &amp; pour les autres maladies des mammelles. On en fait cas pour les écrouelles.</p><p><i>Le bec de Grue</i> ordinaire, <i>Geranium folio Malvae rotundo C. B.</i> est une plante assez basse, dont les racines sont menues, blanchâtres, &amp; qui donne des feuilles velues, arrondies, semblables à celles de la mauve, plus petites &amp; découpées en plusieurs lobes. Ses tiges sont branchues, &amp; poussent quelques pédicules qui soutiennent de petites fleurs purpurines, au nombre de deux sur le même pédicule, &amp; auxquelles succèdent de petits fruits oblongs, en manière de <i>Bec</i> de Grue.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de grue coudé , est aussi un instrument de Chirurgie fait en forme de pincettes courbées, &amp; dentelées par le bout, pour tirer des esquilles d'os fracturés ; des balles, dragées, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4574" id="18" type="">
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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de lézard , est aussi une espèce de tire-balles, qui sont des pincettes aplaties.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4574" id="19" type="chirurgie">
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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de lièvre , s. m. Terme de Chirurgie . On appelle <i>Bec de lièvre</i> une difformité, ou une plaie, où la lèvre supérieure est fendue comme celle des lièvres. Le <i>bec de lièvre</i> vient ou naturellement, lorsqu'on apporte cette difformité en naissant, ou par accident, comme par un coup, par une cheute. On ne guérit les plaies aux lèvres, qu'on appelle <i>bec de lièvre,</i> que par la suture, à cause du mouvement que les lèvres ne peuvent pas s'empêcher de faire en parlant, ou en prenant de la nourriture. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4574" id="20" type="">
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    <head>BEC</head>
    <p>
    Bec de perroquet , est aussi une tenaille, qui ressemble au <i>bec d'un perroquet,</i> dont on se sert dans les fractures du crane pour tirer quelque pièce d'os, qui presse ou qui pique les membranes du cerveau.</p><p>Toutes ces expressions, qui sont fondées sur le rapport &amp; la ressemblance qu'ont les différens instrumens dont nous avons parlé avec le bec d'un oiseau, doivent se rendre en Latin par l'adjectif <i>Rostratus,</i> qu'il faut joindre avec les substantifs auxquels ils se rapportent.</p><p>Quelques lieux particuliers ont pris le nom de <i>bec,</i> comme <i>Caudebec, Bolbec</i> dans le Pays de Caux. Et ordinairement en ces lieux-là, il y a une jonction de deux rivières ou ruisseaux ; ce qu'on appelle confluent : ou du moins quelque ruisseau, ou torrent. C'est de là que sont venus les noms de l'Abbaye du <i>Bec,</i> de <i>Caudebec,</i> d'<i>Orbec,</i> de <i>Robec,</i> selon Icquez, qui remarque que les Normands, ou peuples du Nord, ont porté en Neustrie chez les François leur mot <i>bek,</i> qui veut dire <i>ruisseau, torrent.</i> Les Islandois &amp; les Norvégiens ont le même mot, auquel ils ajoûtent la terminaison propre de leur langue <i>beckur,</i> qui veut dire la même chose que <i>bek.</i> Sur la célèbre Abbaye du <i>Bec,</i> voyez la <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 2. <i>p.</i> 277. <i>&amp; suiv.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4575" id="1" type="">
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    <head>GROS BEC D'INDE HUPE</head>
    <p>
    GROS BEC D'INDE HUPE . <i>Coccotraustes Indicus cristatus.</i> Cet oiseau imite parfaitement bien la voix des autres oiseaux, principalement du Rossignol. Il mange du millet, du pignon, &amp; d'autres espèces de fruits semblables. Lorsqu'il se voit dans un miroir, il semble par les mouvemens qu'il se donne &amp; les cris qu'il fait, qu'il se désespère, abattant sa crête, dressant sa queue, comme les paons, battant des ailes, &amp; donnant de grands coups de bec contre le miroir. Il est d'un tempérament très-chaud, ce qui se connoît facilement, en ce qu'il aime extrêmement à se baigner. Quant à sa forme, il a en tête une huppe, qui est de figure triangulaire, &amp; de couleur d'écarlate. Son cou, sa poitrine, &amp; son ventre, sont éclatans : les extrémités de ses ailes ne sont pas d'une couleur de pourpre si éclatante, non plus que sa queue, qui est fort longue à proportion du corps, savoir, d'une paume, elle est un peu élevée de la largeur du petit doigt. Ses jambes sont courtes &amp; blanchâtres ; ses ongles robustes, &amp; un peu courbés. La longueur de tout l'oiseau est de deux paumes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4576" id="1" type="">
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    <head>BECABUNCA</head>
    <p>
    BECABUNCA , s. m. Plante aquatique qu'on met au nombre <pb n="564" facs="bpt6k8542165/f604/full/1200,/0/native.jpg"/>des espèces de Véronique, à cause de sa fleur &amp; de ses fruits. <i>Veronica aquativa.</i> Voyez <ref type="search" target="head:VERONIQUE">VERONIQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4577" id="1" type="">
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    <head>BÉCAFIGUE</head>
    <p>
    BÉCAFIGUE , s. m. Becfigue est plus doux &amp; plus usité. On dit aussi <i>Beccafi</i> par apocope, ou abréviation ; &amp; au pluriel <i>Beccafis.</i> Petit oiseau très-délicat, &amp; commun en Provence &amp; en Syrie. <i>Ficedula.</i> Il se nourrit de figues &amp; de raisins, ce qui a donné lieu à cette jolie plainte que Martial lui fait faire,</p><p>Il est fort gras, &amp; sa graisse est dedans, dehors, &amp; dans la substance même de sa chair. Il est d'une seule couleur, gris-clair. Il vit neuf à dix ans. On l'appelle à Marseille Tête-noire. Ils viennent en Septembre dans les lieux où il y a des figues &amp; des raisins, &amp; s'en vont en Novembre, tant en Syrie qu'en Provence, où ils sont très-communs. Il y en a une si grande quantité dans l'Isle de Chypre, qu'on les marine au vinaigre, dans des barils, &amp; l'on en fait commerce. Il s'en débite beaucoup à Venise. C'est là le <i>Beccafi</i> commun.</p><p>Il y a encore un autre <i>Beccafi,</i> ou <i>Becafigue,</i> qui est un oiseau parfait, rare, &amp; peu connu en France. <i>Boccaticus canepinus,</i> ou <i>Ficedula canepina.</i> Il siffle fort bien, &amp; contrefait le chant de plusieurs oiseaux, &amp; entre autres de la Fauvette &amp; du Rossignol. Il y en a par tout pays, bien que nous n'en nourrissions point en France. Mais en Lombardie on a trouvé l'usage d'en élever &amp; d'en tenir en cage, &amp; l'on en fait grande estime. Son pennage est un peu plus rougeâtre que celui du <i>Beccafi</i> commun. Il fait son nid dans les buissons, ou arbrisseaux, ou bien dans quelque épine bien épaisse &amp; feuillée, avec des écorces de vigne &amp; des racines d'herbes. Il fait jusqu'à cinq petits, mais communément quatre. Lorsqu'on le veut lever du nid, il faut qu'il ait les plumes toutes poussées, &amp; il faut lui donner du coeur pendant huit ou dix jours au bout d'un bâton, jusqu'à ce qu'il commence à becqueter de lui même. Sa mangeaille est conforme à celle du Rossignol. Si on le gouverne soigneusement, il vivra jusqu'à dix ans. Cet oiseau est semblable par tout le corps aux fauvettes. Il est presque par-tout d'une couleur cendrée, tirant sur le brun, principalement par le dos, &amp; les parties de dessus. Sa poitrine est jaunâtre, &amp; ses pieds noirs. Voyez Olina dans son <i>Traité des oiseaux qui chantent.</i></p><p>D'autres croient avec Aristote, <i>Hist. des Anim.</i> L. IX. c. 49. que c'est le même oiseau qui change de chant &amp; de nom, &amp; même, selon Pline, de forme &amp; de plumage deux fois l'année ; qu'en Automne, au temps des figues, les Grecs le nommoient , &amp; les Latins <i>Ficedula</i> ; qu'après l'Automne son plumage change, &amp; brunit sur la tête ; les Grecs le nommoient , &amp; les Romains <i>Atricapilla.</i> Cet oiseau a aussi deux noms en France. On le nomme en Automne <i>Becquefigues</i> ; dans les autres saisons Pivoines : Les Italiens de même les nomment <i>Beccafico</i> en Automne, quand les figues son mûres, &amp; qu'ils en mangent ; &amp; le reste de l'année <i>Caponero.</i> D'autres en mettent encore une troisième espèce qui a le dessus de la tête roux obscur, &amp; qu'on appelle Tête-rousse.</p><p>Les Anciens faisoient grand cas des <i>Becfigues,</i> comme on le peut voir dans Athénée, L. II. &amp; L. IV. &amp; dans Aulu-Gelle, L. XV. c. 8. Voyez encore Pline, L. X. c. 29. Bruyerin. Compeg. L. IX. c. 44. Aldrov. L. XXVII. ch. 36. Voss. <i>De Idolol. L. III. c.</i> 92. Bochart <i>Hieroz.</i> P. II. L. I. c. 16. Saumaise sur Solin, p. 238.</p><p>Turnerus rapporte qu'en Angleterre il n'y a point de <i>Beccafis.</i> Aristote dit que le <i>Beccafi</i> fait son nid dans les arbres, &amp; il ajoûte aussi-bien que Pline, que cet oiseau est extrêmement fécond, &amp; qu'il fait plus de vingt oeufs. Ils entendent parler du <i>Beccafi</i> commun. Voyez encore au mot Pivoine quelques autres espèces de <i>Becafigues.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4578" id="1" type="">
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    <head>BECARD</head>
    <p>
    BECARD , s. f. Quelques-uns disent que c'est la femelle du saumon, qui a le bec plus crochu que le mâle. <i>Sulmo foemina.</i> D'autres disent que ce sont les saumons du Printemps, qui deviennent <i>becards</i> au mois d'Août &amp; de Septembre, auquel temps ils sont les moins bons de l'année.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4579" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉCASSE" />
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    <head>BÉCASSE</head>
    <p>
    BÉCASSE , s. m. Oiseau de passage, qui est très-bon à manger. <i>Scolopax, Gallinago.</i> La <i>Becasse</i> est environ de la grosseur de la Perdrix. Elle est diversifiée de couleurs &amp; de taches ; savoir, de roux, ou de couleur de terre cuite, de couleur blanchâtre, de noirâtre, &amp; de quelques autres couleurs. Son bec est long de six doigts, ou environ, un peu noirâtre par le bout, rude, &amp; foible ; la partie de dessus passe celle de dessous ; sa langue est menue, longue &amp; nerveuse ; ses jambes tirent sur la couleur de rose. L'on voit des <i>Bécasses</i> en toutes sortes de Pays, particulièrement en Hiver, car cet oiseau change de pays suivant les saisons ; elles se tiennent en Eté dans les hautes montagnes des Alpes, des Pyrénées, de Suisse, de Savoye &amp; d'Auvergne. Elles viennent en France à la fin du mois d'Octobre, &amp; cherchent les lieux où il y a des taillis, &amp; les fontaines chaudes, autour desquelles elles tirent les vers ; &amp; pour le faire, elles volent le soir &amp; le matin, &amp; c'est pendant ce temps qu'on les prend à la passée. Elles vont seules, ou deux ensemble pour le plus. Elles font leurs nids à la montagne.</p><p>La <i>Bécasse</i> est pesante, &amp; vole difficilement ; mais elle court fort vîte. L'on prétend que c'est le d'Aristote, à cause de son bec qui ressemble à un pieu, qui s'appelle en Grec ; &amp; le <i>Rusticula,</i> ou <i>Gallinago,</i> ou <i>Perdrix Rustica</i> des Latins, dont Martial a parlé, L. XIII. ép. 75. mais que d'autres prennent pour la perdrix grise.</p><p>Aldrovand parle d'une espèce de <i>Bécasse,</i> qu'il nomme <i>Bécasse</i> de bois, &amp; en Latin <i>Rusticula.</i> Il dit qu'elle est plus grande que celle dont nous venons de parler, &amp; qu'elle est de même couleur, hormis qu'elle est plus couverte &amp; plus semée ; que ses jambes sont cendrées, son ventre blanchâtre, &amp; son bec un peu plus court. Je crois que toute la différence qu'il y a, n'est que du sèxe ; parce que nous voyons qu'en tous les oiseaux, les mâles ont leurs couleurs plus vives ou plus couvertes que les femelles ; &amp; d'ailleurs tous les Auteurs ne parlent que d'une espèce de <i>Bécasse</i> ; car la Bécassine est toute autre chose.</p><p>Pour ce qui est de la chasse, comme la grosse <i>Bécasse</i> fait pour l'ordinaire sa demeure dans les bois taillis ; lorsqu'on reconnoît particulièrement le lieu qu'elles fréquentent, il faut leur tendre des collets, ainsi qu'à la perdrix &amp; au faisan, &amp; les proportionner à la hauteur de la <i>Bécasse.</i> La façon la meilleure &amp; la plus usitée, est d'avoir un filet que l'on appelle passée, ou <i>grand rets,</i> que l'on tend dans les lieux où l'on a découvert qu'elles vont &amp; viennent le soir &amp; le matin. Le rets doit être de grande étendue ; on le tend entre deux grands arbres ; les plus hauts que l'on peut rencontrer sont les meilleurs. Quand ils ne sont pas assez hauts, l'on y met des perches, &amp; à l'un des arbres on met une poulie ; c'est à celui du côté duquel on veut lâcher le rets. La principale adresse est de le lâcher bien à propos, lorsque l'on voit que la <i>Bécasse</i> donne dedans ; &amp; afin de faire descendre le rets avec plus de rapidité, il faut mettre aux deux bouts d'enhaut du filet, du plomb, ou quelque pierre. Cette chasse ne se fait que le soit après le soleil couché, &amp; le matin à la pointe du jour. Il y a bien des pays où elle est en usage.</p><p>La <i>Bécasse</i> a un goût différent de la perdrix, mais elle n'est pas moins bonne, sur-tout pour les personnes qui ne haissent pas le petit goût de sauvagine qu'elle a. La chair de <i>Bécasse</i> est noire, &amp; sent un peu le marécage ; elle fortifie, elle restaure &amp; nourrit beaucoup ; mais il faut les choisir jeunes &amp; grasses, autrement leur chair est dure, &amp; difficile à digérer. Elles n'ont point de fiel, tout en est bon. On les fait rôtir sans les vuider. De la Marre. Voyez Aristote, <i>Hist. des An. L. IX. c.</i> 26. Belon, <i>L. IX. c.</i> 26. Bruyerin Campeg. <i>L. IX. c.</i> 36. Aldrovand. <i>L. XX. c.</i> 51. Non. <i>De re Cibaria, L. II. c.</i> 28.</p><p>Les <i>Bécasses</i> se prennent à la passée vers la saint Remi. On grille les têtes de <i>Bécasse</i> à la chandelle pour les manger. On mange la merde de <i>Bécasse,</i> ou plutôt ce qu'elle a dans le corps. Les Normands l'appellent <i>vit de coq,</i> par corruption du mot Anglois <i>Woodcock,</i> qui signifie <i>coq de bois.</i> Autrefois on l'appelloit <i>acée,</i> du mot Latin <i>acceia,</i> qui étoit formé de <i>acus, aiguille,</i> à cause de son long bec.</p><p>On dit proverbialement, aile de perdrix, &amp; cuisse de <i>Bécasse</i> ; pour dire, que ce sont les meilleurs endroits de ces oiseaux. On dit aussi, Brider la <i>Bécasse</i> ; pour dire, Tromper, surprendre, attaquer quelqu'un : ce qui se dit figurément, à cause d'une chasse que les paysans font aux <i>Bécasses</i> avec des lacets &amp; collets qu'ils tendent, où elles se <pb n="565" facs="bpt6k8542165/f605/full/1200,/0/native.jpg"/>brident elle-mêmes. Ma foi, Monsieur, la <i>Bécasse est bridée.</i> Mol.</p><p>Il y a aussi une <i>Bécasse</i> de mer, qui est un oiseau plus gros qu'un canard. Elle a le bec long de quatre doigts, la tête, le cou, le dessus de l'estomac, &amp; le bout de la queue, noires ; le dessus du corps &amp; des ailes, de couleur de fumée ; &amp; les côtés avec le milieu des ailes &amp; de la queue, blancs ; les jambes grosses &amp; rougeâtres, &amp; trois doigts à chaque pied. Voyez Pie de mer.</p><p>Il y a aussi un poisson de mer qui s'appelle <i>Bécasse.</i> Il a le bec pointu &amp; fait en aiguille ; &amp; sans avoir de dents, il a des mâchoires qui coupent comme une scie. Rondelet. C'est une sorte de Bécunes que nos François des Isles de l'Amérique ont nommée <i>Bécasse de mer,</i> à cause de la figure de son bec, qui est presque pareille à celui d'une <i>Bécasse,</i> excepté que la partie d'enhaut est plus longue de beaucoup que celle d'en bas, &amp; que ce poisson remue l'une &amp; l'autre mâchoire avec une égale facilité. On en voit qui ont quatre bons pieds entre queue &amp; tête, &amp; 12. pouces de largeur. Sa tête a presque la forme de celle d'un pourceau, mais elle est éclairée de deux gros yeux qui sont extrêmement luisans. Il a la queue divisée en deux, des nageoires aux côtés &amp; au-dessous du ventre, &amp; une empennure haute &amp; rélevée par degrés comme une crête qui commence au sommet de la tête, &amp; s'étend tout le long du dos jusques près de la queue. Outre le bec, dont nous avons parlé, il a encore deux espèces de cornes dures, noires, &amp; longues d'un pied &amp; demi, qui pendent au-dessous de son gosier ; il les peut cacher aisément dans une enfonçure qui est sous son ventre, &amp; qui leur sert de gaine. Il n'a point d'écailles ; mais il est couvert d'une peau rude, noirâtre sur le dos, grise aux côtés, &amp; blanche sous le ventre. On en peut manger sans péril, encore que sa chair ne soit pas si délicate que celle de plusieurs autres poissons. Lonvill. <i>Hist. nat. des Ant. Liv. I. c.</i> 17. <i>art.</i> 9.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉCASSE</head>
    <p>
    Bécasse , est aussi un terme de Vanier . C'est un outil de fer en forme de cou &amp; de bec de <i>Bécasse,</i> duquel on se sert pour enverger les hottes &amp; les vans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4580" id="1" type="">
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    <head>BÉCASSEAU</head>
    <p>
    BÉCASSEAU , s. m. C'est le petit de la Bécassine. <i>Rusticula minor,</i> C'est aussi une des trois espèces de Bécassines. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4581" id="1" type="">
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    <head>BÉCASSINE</head>
    <p>
    BÉCASSINE , s. f. Autre oiseau plus petit que la Bécasse, &amp; qui a le bec long &amp; noir au bout. On compte ordinairement trois espèces de <i>Bécassines,</i> qui sont différentes pour le goût. La première, que l'on nomme aussi Bécasseau, a son plumage du dos à peu près semblable à la Caille ; les ailes plus noires, &amp; le ventre plus blanc. Elle a une tache blanche à l'extrémité de l'aile ; son bec a quatre doigts de long, le bout en est noir &amp; cannelé, taché de différentes couleurs, &amp; gros à l'extrémité. Elles se tiennent dans les prairies &amp; les lieux découverts, sont fréquentes en hiver, &amp; se retirent au printemps comme les Bécasses. Les <i>Bécassines</i> de la seconde espèce sont de même grosseur que celles de la première. Leur bec est plus pointu, uni &amp; tout noir. Leur plumage, à la tête &amp; sur le dos, est brun, ou cendré obscur ; le dessous de la gorge &amp; la poitrine moucheté de blanc. Le ventre, les cuisses &amp; le dessous de la queue d'un très-beau blanc, les grosses plumes de la queue mouchetées de noir. Elles aiment les lieux aquatiques. On ne sait si les Anciens ont connu cet oiseau. Belon, Liv. IV. ch. 2. croit que c'est celui qu'Aristote nomme Cinclus, . Les <i>Bécassines</i> de la troisième espèce sont plus petites que les autres, &amp; plus semblables à la première espèce qu'à la seconde. Seulement leurs plumes sur le dos sont de couleurs changeantes, à peu près comme celles de l'Etourneau. Les <i>Bécassines</i> au reste, de quelque espèce qu'elles soient, sont plus tendres &amp; plus délicates que les Bécasses. C'est un des plus excellents mets, &amp; l'aliment le plus capable d'exciter &amp; de réveiller l'appétit. La seconde espèce est pourtant plus estimée.</p><p>Il y a encore une quatrième espèce de <i>Bécassine,</i> appellée en Latin <i>Tringa.</i> Cet oiseau est de la grandeur d'une grive ; son bec est noir &amp; long de deux doigs, un peu courbé à l'extrémité ; dans lequel est une langue bien aiguë, qui est de la longueur de celle de la Mésange, &amp; qui se cache de même. Le haut de sa tête, de son cou, de son dos &amp; de ses ailes, est brun, tirant un peu sur le châtain ; mais en toutes ses parties, &amp; principalement aux ailes on voit quelque blancheur aux plumes, autour des yeux, au menton, à la poitrine, au ventre &amp; au croupion : elles sont pareillement blanchâtres. Les douze plumes dont sa queue est composée sont traversées de lignes blanches &amp; noires. Ses jambes sont longues de cinq doigts, &amp; sont d'une couleur composée de brun &amp; de verd. Ses trois doigts de devant s'étendent quasi d'une demie paume ; celui de derrière est très-court.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4582" id="1" type="agriculture">
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    <head>BÊCHE</head>
    <p>
    BÊCHE , s. f. Terme d'Agriculture , &amp; plus particulièrement de Jardinage. <i>Ligo, marra.</i> C'est un outil de fer, qui est plat, large à peu près de 8 à 9 pouces, &amp; long d'environ un pied, assez mince par enbas, &amp; un peu plus épais en haut, sur-tout au milieu, où le fer est tourné en manche rond d'environ trois pouces, &amp; long de trois à quatre, par lequel ce fer est encore emmanché d'un manche de bois de près de trois pouces de tour, &amp; de trois pieds de long. On se sert de cet instrument ainsi emmanché pour couper la terre, la remuer, labourer un jardin ; ce qui se fait en tenant le manche des deux mains, &amp; enfonçant le fer de sa hauteur, c'est-à-dire, d'environ un pied dans la terre, &amp; pour cela foulant, s'il est besoin, du pied sur ce fer, pour couper ainsi la terre, la renverser sans dessus dessous, &amp; par ce moyen déraciner &amp; faire mourir les méchantes herbes, &amp; la disposer à recevoir une nouvelle semence, ou nouveau plant. La Quint. &amp; Lig. Il n'est rien tel que la <i>bêche</i> pour remuer la terre d'un jardin. Lig.</p><p>Nicot dérive ce mot de <i>bec.</i> D'autres le dérivent par métathèse de l'Hébreu <i>scheber,</i> qui signifie <i>fraction,</i> parce qu'elle sert à couper la terre. D'autres le dérivent de <i>becca, besca</i>, &amp; <i>bessa,</i> mots de la basse Latinité signifians la même chose, <i>eò quod becci seu rostri formam referat.</i> Du Cange le dérive de <i>vanga</i>, mot de la basse Latinité dont se servent aussi les Italiens en la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4583" id="1" type="">
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    <head>BÈCHE</head>
    <p>
    &#9758; BÈCHE , s. f. Petit animal. Insecte. La <i>bèche</i> est une espèce de petit scarabée, moins gros qu'une mouche ordinaire, revêtu d'une écaille verte, qui est relevée d'un bout à l'autre par l'or le plus eclatant. Il a au lieu de tête une espèce de trompe dure, fort longue, armée de plusieurs scies, avec lesquelles il fait beaucoup de tort aux raisins. Il n'en fait pas moins aux feuilles encore tendres, qu'il roule autour de lui comme un cornet, &amp; qu'il tapisse d'une sorte de toile ou de duvet pour y déposer ses oeufs. En hiver il se retire sous terre ou dans les fumiers, où il demeure endormi. On s'applique à rechercher les cornets qui renferment les oeufs, &amp; on les brûle au pied de la vigne. <i>Spect. de la Nat.</i> Ces petits insectes ont beaucoup d'autres noms, qui sont dans les Dictionnaires, par exemple, <i>Coupe-bourgeon, Liset</i> ou <i>Lisette, Vercoquin, Urebec,</i> en Latin <i>Convolvulus</i> &amp; <i>Volucra.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉCHÉE</head>
    <p>
    BÉCHÉE , ou BECQUÉE, s. f. Ce qu'on donne à un petit oiseau pour le nourrir ; ou ce qu'un grand oiseau porte à ses petits, &amp; qu'il tient au bec. <i>Esca.</i> A Paris on dit <i>becquée.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÊCHER</head>
    <p>
    BÊCHER , v. act. Labourer la terre avec une bêche. <i>Ligone, marrâ terram fodere. Bêchez</i>-moi bien cette planche. Cette platebande est mal <i>bêchée.</i> Lig.</p><p>On dit proverbialement de celui qu'on occupe à un travail trop pénible, qu'il aimeroit mieux <i>bêcher</i> la terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4586" id="1" type="">
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    <head>BECHET</head>
    <p>
    BECHET , s. m. C'est le nom qu'on donne à une espèce de chameaux ; ils ont deux bosses sur le dos, &amp; sont plus propres à monter que les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4587" id="1" type="medecine">
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    <head>BÉCHIQUE</head>
    <p>
    BÉCHIQUE , adj. C'est un remède propre pour les incommodités du poumon &amp; de la poitrine. On l'appelle aussi pectoral. <i>Béchique</i> est aussi un terme de Médecine , qui signifie ce qui a rapport à la toux. Un remède <i>béchique</i> est un remède bon pour guérir de la toux. On appelle simplement des <i>béchiques,</i> des tablettes qu'on fait pour guérir de la toux.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; vient de , <i>tussis,</i> la <i>toux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4588" id="1" type="jardinier">
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    <head>BÊCHOTER</head>
    <p>
    BÊCHOTER , v. act. Terme de Jardinier . Voyez <ref type="search" target="head:Bequiller">Bequiller</ref>. C'est la même chose, &amp; celui-ci se dit plus ordinairement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4589" id="1" type="">
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    <head>BÉCHU</head>
    <p>
    BÉCHU , ou BECCU, adj. qui se dit des oiseaux qui ont le bec de différentes figures. On appelle aussi un cheval <i>beccu,</i> ou <i>begu,</i> un cheval qui marque toujours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4590" id="1" type="">
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    <head>BECNAUDE</head>
    <p>
    &#9758; BECNAUDE , s. f. Mot injurieux, qui est en usage dans quelques Provinces de France, &amp; sur-tout à Meaux, <pb n="566" facs="bpt6k8542165/f606/full/1200,/0/native.jpg"/>pour signifier une femme criarde, ou qui a mauvaise langue. L'Histoire fabuleuse de S. Faron &amp; de S. Fiacre fait mention d'une <i>Becnaude,</i> dont on peut voir un trait dans l'Histoire de l'Eglise de Meaux, <i>Tom. I. pag.</i> 55.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4591" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BECQUÉ, ÉE" />
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    <head>BECQUÉ, ÉE</head>
    <p>
    BECQUÉ, ÉE , adj. Terme de Blason , qui se dit d'un oiseau qui a le bec d'un autre émail que le reste du corps. <i>Rostratus, rostro instructus.</i> Un aigle de sable <i>becqué</i> &amp; membré de gueules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4592" id="1" type="">
   <index type="head" value="BECQUER, BECQUETER" />
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    <head>BECQUER, BECQUETER</head>
    <p>
    BECQUER, BECQUETER , ou BECHER, v. act. qui se dit en Fauconnerie d'un oiseau qui prend la becquée tant qu'il en peut attraper d'un coup de bec. L'Académie n'adopte que <i>becqueter.</i> Il signifie aussi donner des coups de bec. <i>Rostro appetere, impetere.</i> Les poires deviennent pierreuses aux endroits où les oiseaux les ont <i>becquetées.</i> Un Peintre ayant si bien peint un raisin, que les oiseaux le venoient <i>becqueter,</i> son camarade s'avisa de peindre un rideau avec tant d'artifice, que l'autre ordonna de le tirer pour voir ce qu'il cachoit. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4593" id="1" type="">
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    <head>BECTASCHITE</head>
    <p>
    BECTASCHITE , s. m. Espèce de Religieux Turc. Les <i>Bectaschites</i> sont ainsi nommés du nom de Bectasch leur Instituteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4594" id="1" type="">
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    <head>BÉCUNE</head>
    <p>
    BÉCUNE , s. f. Poisson qui se pêche sur les côtes de l'Amérique. Il ressemble à un brochet par sa figure, &amp; par le goût. On en prend qui ont huit pieds de longueur. Il y a une sorte de <i>bécune</i> que les François appellent en ce pays-là <i>Bécasse de mer,</i> parce qu'elle a un bec assez pareil à celui de la Bécasse. Ce poisson est gourmand, carnassier, hardi, &amp; autant ou plus dangereux que le Requiem ; car outre qu'il mord plus facilement, il ne s'étonne nullement du bruit, ni des mouvemens qu'on peut faire dans l'eau ; au contraire, c'est alors qu'il se lance sur les personnes pour les dévorer. Sa chair a le même goût que celle du brochet ; &amp; s'il a les dents bien blanches, &amp; le foie doux, on en peut manger, mais s'il les a tant soit peu noircies &amp; le foie amer, ou acre, sa chair est un poison aussi dangereux que l'arsenic. On dit dans les Isles que cela vient de ce que ce poisson mange de la mancenille, qui tombe des arbres dans la mer. P. du Tert. <i>Hist. des Ant. Tr. IV. ch.</i> 1. §. 5. Voyez aussi Lonvill. <i>Hist. nat. des Ant. p.</i> 181. ou <i>Liv. I. ch.</i> 17. <i>Art.</i> 8.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4595" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEDAINE" />
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    <head>BEDAINE</head>
    <p>
    BEDAINE , s. f. Terme populaire, qui signifie un gros ventre, la panse d'un goinfre. <i>Abdomen.</i> Saint Amant a dit du Tibre :</p><p>Et Molière fait dire au Cocu imaginaire,</p><p>Ce mot vient de <i>bis</i>, &amp; <i>dondaine</i>, Or <i>dondaine</i> étoit un certain instrument de guerre à jetter des pierres, qui étoit gros &amp; court, qui a fait qu'on a appellé de gros ventres, des <i>dondaines,</i> &amp; ensuite <i>bedaines</i> ; &amp; grosse <i>dondon,</i> une femme courte &amp; grosse. Ménage. D'autres le dérivent de l'Hébreu . Cette étymologie a plus d'apparence. Elle est de Guichard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4596" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="BEDATS" />
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    <head>BEDATS</head>
    <p>
    BEDATS , s. m. &amp; plur. Terme de Coutume . Ce sont des garennes &amp; des bois prohibés, ou défendus. Ce mot vient de <i>vetare</i>, défendre. On dit aussi bois <i>vétés,</i> du même mot <i>vetare.</i> Voyez De Laurière sur Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4597" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEDEAU" />
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    <head>BEDEAU</head>
    <p>
    BEDEAU , s. m. C'étoit autrefois un Sergent dans les Justices subalternes ; &amp; les Sergens Royaux, quand ils plaident contre eux, les qualifient encore de ce nom. <i>Accensus, Apparitor.</i> En effet, ils servent de Porte-verges dans les Eglises des Jurisdictions Ecclésiastiques, comme on voit encore à S. Germain des Prez. On les appelle en Latin <i>Bidelli,</i> qu'on croit avoir été fait par corruption de <i>pedellus,</i> comme servans à pied. Fauchet dit qu'on les appelloit autrefois <i>Bidaux,</i> &amp; que c'étoient des soldats Paysans.</p><p>Ce mot selon quelques-uns, vient de l'Hébreu , <i>badal, ordinare, arranger,</i> ce qui regarde la fonction des <i>Bedeaux.</i> D'autres le tirent de <i>pedo, seu baculo, quia virgâ utebantur.</i> On a dit <i>Pedellus</i> de <i>pedum,</i> qui est cette sorte de verge, ou bâton, dont les Huissiers se servent ; &amp; de <i>Pedellus</i> on a fait <i>Bidellus.</i> Cela paroît plus vrai-semblable. L'Hébreu , signifie <i>dividere,</i> diviser, séparer, plutôt qu'ordonner.</p><p>Spelmannus, Vossius &amp; Somnerus, le dérivent du mot Saxon <i>bidel</i>, qui signifie Crieur public, Sergent ou Héraut. C'est ainsi que dans les vieux manuscrits Saxons les Evêques sont appellés <i>Dei Bedelli,</i> les <i>Bedeaux</i> de Dieu, c'est-à-dire, <i>Praecones,</i> les Hérauts de Dieu ; &amp; dans Ingulfe, <i>Hist. Croyl.</i> Edgar Roi d'Angleterre défend à tous ses ministres, <i>Bedeaux</i> &amp; Baillifs &amp;c. Ce mot Saxon, <i>Bidel,</i> ou <i>bydel,</i> vient du verbe Saxon <i>bydde,</i> qui signifie <i>demander, prier.</i> L'Interprète Saxon du Nouveau Testament en S. Luc XII. 58. traduit <i>Exactor</i> par <i>bydele</i> ; dans les loix d'Ecosse <i>bedellus</i> est pris au même sens ch. 112. Quelquefois au lieu de <i>Bedellus</i> ou trouve <i>Pedellus,</i> d'où vient que Skenaeus a dit qu'il ne pouvoit venir de <i>bydel,</i> mais de <i>pedum.</i> Dans les loix d'Angleterre <i>Beadle,</i> c'est-à-dire, <i>Bedeau,</i> est un Huissier de la Cour, qui cite les personnes que la Cour appelle pour y comparoître, &amp; pour y répondre. Harris. Dans le vieux Coutumier de Normandie on fait différence entre les Sergens à l'épée, &amp; les <i>Bedeaux</i> ; ceux-ci étoient destinés aux moindres services : Li <i>bedel,</i> dit-il, sont li mineur Sergeant, qui doivent faire les meneures semonces. Voyez Spelman, <i>Glossar. Archaeol.</i> &amp; les Macri dans leur <i>Hierolexicon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4597" id="2" type="">
   <index type="head" value="BEDEAU" />
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    <head>BEDEAU</head>
    <p>
    Bedeaux , se dit aussi de ceux qui servent d'Huissiers &amp; de Porte-masses dans les Universités, qui marchent devant le Recteur, &amp; les Facultés. Il y a dans l'Université de Paris quatorze <i>Bedeaux,</i> deux en chaque Nation, &amp; deux en chaque Faculté. On divise les <i>Bedeaux</i> en grands &amp; petits <i>Bedeaux.</i> Les grands ont le double de gages des petits ; &amp; les petits, qu'on nomme sous-<i>Bedeaux,</i> sont comme les serviteurs des grands. Entre ces <i>Bedeaux</i> il y en a un qu'on appelle le grand <i>Bedeau</i> de France, qui est le premier <i>Bedeau</i> de la Nation de France. On ne sait positivement le temps de l'institution des <i>Bedeaux</i> ; mais il est constant que l'Université n'a jamais fait corps qu'elle n'ait eu des <i>Bedeaux</i> pour porter ses ordres. Les <i>Bedeaux</i> des Nations sont plus anciens que les <i>Bedeaux</i> des Facultés, lesquels n'ont commencé que lorsque les Nations ont commencé à faire corps. Les <i>Bedeaux</i> de la Faculté des Arts s'élisent par les Nations. Les <i>Bedeaux</i> à leur réception prêtent serment, &amp; lorsqu'ils ont bien servi, on leur permet de résigner leur Office. Les grands <i>Bedeaux</i> ont quatre livres pour chaque Ecolier qu'on reçoit <i>Maître-ès-Arts,</i> &amp; les petits <i>Bedeaux</i> ont quatre sols.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4597" id="3" type="">
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    <head>BEDEAU</head>
    <p>
    Bedeau , est aussi un Porte-verge, qui sert à l'Eglise &amp; aux Confrairies pour les quêtes, pour la conduite des personnes de qualité aux Offrandes, aux Processions, &amp;c. Voyez les <i>Recherches</i> de Pasquier, Liv. IV. ch. 30. où il traite des Sergens &amp; <i>Bedeaux.</i></p><p>Naudé, dans son <i>Mascurat,</i> a dit <i>Bedeau</i> en parlant des Académies d'Italie. Tu peux facilement t'imaginer, ensuite de ce que M. Gassendi a déja remarqué des Humoristes, que ces Assemblées se font à jour nommé &amp; intimé par le <i>Bedeau</i> à tous les Académistes. Masc. En France nos Académies n'ont point de <i>Bedeaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4598" id="1" type="">
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    <head>BÉDÉGAR</head>
    <p>
    BÉDÉGAR , s. m. Plante. C'est la même chose que l'épine sauvage. Gaspar Bauhin dit que c'est le faux <i>Bédégar</i> que le rosier sauvage. Ce rosier est l'Eglantier, dont la tisanne sert pour dégager les sables des reins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4598" id="2" type="">
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    <head>BÉDÉGAR</head>
    <p>
    Bédégar , s. m. Eponge qui se forme sur l'Eglantier à l'occasion des piqures d'insectes. Voyez <ref type="search" target="head:Rosier">Rosier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4599" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEDON" />
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    <head>BEDON</head>
    <p>
    BEDON , s. m. Homme gras, replet. <i>Obesus, pinguis.</i> Il n'est en usage qu'en ces phrases populaires. Mon gros <i>bedon.</i> Mon petit <i>bedon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4599" id="2" type="">
   <index type="head" value="BEDON" />
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    <head>BEDON</head>
    <p>
    Bedon , signifioit aussi autrefois un <i>tambour. Exiguum tympanum.</i> La punition des ribaudes à Paris étoit de les mener publiquement avec la flûte &amp; le <i>bedon</i> jusqu'à leur asyle du Heuleu avec un chapeau de paille, montées sur un âne, le visage tourné vers la queue, qu'elles tenoient en main en guise de bride. Cette coutume a lieu encore à Bruxelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4600" id="1" type="">
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    <head>BEDOUÏNS</head>
    <p>
    BEDOUÏNS , ou BEDUÏNS, s. m. plur. C'est ainsi qu'on appelle des troupes d'Arabes, ou de Pastres qui vivent <pb n="567" facs="bpt6k8542165/f607/full/1200,/0/native.jpg"/>comme les Arabes. Il s'en trouve dans le Diarbek, qui est la Mésopotamie des Anciens, &amp; au long de l'Euphrate ; ils se retirent dans les rochers, volent les voyageurs, &amp; les marchands, lors même qu'ils sont en caravanne, surtout la nuit, s'ils ne font une garde exacte. Tavernier. Le Roman d'Aubery parle des <i>Beduins.</i></p><p>Quelques Auteurs croient que ce sont les <i>Arabes Scenitae,</i> des Anciens : ils n'habitent en effet que sous des tentes qu'ils transportent d'un lieu à l'autre, selon la commodité des pâturages. L'Auteur de l'<i>Histoire de l'expédition de Fréderic I.</i> les nomme <i>Bedewini.</i> Tous les Arabes qui habitent sous des tentes ne sont pas <i>Bedouïns</i> ; mais ceux qu'on appelle proprement <i>Beduïns,</i> se tiennent dans les montagnes qui sont à l'Orient de la Mecque &amp; de Médine. Quelques-uns disent qu'ils habitent sous des tentes ; &amp; Abraham Echellensis, dans l'<i>Histoire des Arabes,</i> ch. 1. prétend que ce sont eux que Strabon appelle Scenites, de leurs tentes. Volaterran dit qu'ils combattoient sans armes, disant qu'ils ne mourroient point, ou qu'ils ne pourroient éviter de mourir, selon que leur destinée étoit réglée ; qu'ils rapportoient tout au destin, &amp; qu'ils adoroient le Soleil couverts de boue. Joinville, Pasquier, &amp; Mézeray, les confondent avec les Assassins. Voyez les Notes de Du Cange sur Joinville. Ils étoient en une extrême perplexité si un <i>Beduin</i> ne leur eût promis de leur montrer un gué. Mezer. Ces <i>Beduïns</i> sont Arabes de nation, &amp; hérétiques dans le Mahométisme, qui se vantent d'être de la race d'Heli, oncle de Mahomet ; mais au reste sont diffamés par leurs trahisons, &amp; prêts à toute heure de vendre les Mahométans, aussi bien que les Chrétiens. Id. Voyez Pasquier <i>Rech.</i> Liv. VIII. ch. 25. On trouve aussi <i>Baduinus, Baduin,</i> &amp; selon Abraham Echellensis il vient du nom du désert <i>Badia,</i> où ils habitent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4601" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉE" />
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    <head>BÉE</head>
    <p>
    BÉE , adj. f. Qui se dit proprement avec le mot de <i>gueule,</i> pour signifier une fûtaille ouverte, ou défoncée par un bout. <i>Hians, apertus.</i> On dit aussi, qu'une porte, qu'une fenêtre est ouverte à gueule <i>bée,</i> pour dire qu'elle est tout-à-fait ouverte.</p><p>On appelle <i>Vûes bées,</i> celles qui regardent de côté sur le voisin. L'article 202. de la Coutume de Paris veut que personne ne puisse avoir de vûes droites sur son voisin, s'il n'y a six pieds de distance ; &amp; des vûes <i>bées</i> &amp; de côté, s'il n'y a deux pieds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4601" id="2" type="">
   <index type="head" value="BÉE" />
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    <head>BÉE</head>
    <p>
    Bée , se dit aussi pour fenêtre, ou ouverture. Quand on toise un pan de bois, on rabat toutes les <i>bées,</i> &amp; portes. On dit aussi <i>baies.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4602" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉELLER" />
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    <head>BÉELLER</head>
    <p>
    BÉELLER , Voyez <ref type="search" target="head:BÊLER">BÊLER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4603" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉELPHÉGOR" />
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    <head>BÉELPHÉGOR</head>
    <p>
    BÉELPHÉGOR , s. m. Nom d'une idole des Moabites &amp; Madianites. Isidore, dans ses <i>Origines,</i> en parle ainsi : <i>Béelphégor</i> signifie <i>idole d'ignominie,</i> c'étoit l'idole que les Moabites adoroient sur le mont Fégor. Les Latins l'appellent Priape. S. Jérôme dit que cette idole avoit une figure bizarre &amp; obscène. Les Rabbins disent qu'on l'honoroit par des actions qui blessent la modestie &amp; la pudeur. La vérité est qu'on ne sait guère ce que c'étoit que ce faux-Dieu. Origène, dans son Hom. 20e, sur le Livre des Nombres dit, qu'il n'a rien trouvé dans les interprétations des noms des Hébreux touchant cette idole impure, sinon que c'étoit une représentation d'impureté. Il ajoûte qu'elle étoit adorée dans le Pays de Madian, principalement par les femmes. Au livre des Nombres XXV. 3. Moise dit que les Israëlites l'adorerent : Et Israël se consacra au culte de <i>Béelphégor.</i> Saci.</p><p>Selden, <i>De Diis Syr. Synt. I. c.</i> 5. croit que <i>Béelphégor</i> est le même qui est appellé simplement <i>Phégor,</i> ou <i>Phogor,</i> dans l'Hébreu au chap. XXII. de Josué v. 17. &amp; Nomb. XXXI. 16. L'Auteur de la Vulgate étoit de ce sentiment ; car Jos. XXII. 17. il traduit <i>Béelphégor,</i> quoiqu'il n'y ait dans l'Hébreu que , <i>Phégor</i> ; mais il le prend pour un nom de lieu. Origène ajoûte à ce que j'ai déja rapporté de lui que l'Auteur des interprétations des noms Hébreux, qu'il avoit consulté, n'avoit point expliqué quelle sorte d'impureté cette idole représentoit, ou signifioit ; apparemment, dit-il, pour ménager la pudeur. R. Salomon Jarkhi sur les Nombres XXV. 3. l'a prétendu faire, &amp; il dit que cette idole étoit ainsi nommée, parce que ses adorateurs faisoient leurs ordures devant cette idole, &amp; les lui offroient. Car , selon lui, d'où vient , <i>pheor,</i> signifie <i>aperire &amp; distendere foramen podicis.</i> Maimonides insinue la même opinion dans son <i>Moreh Nebuhhim,</i> P. III. chap. 46. &amp; il prétend que c'étoit afin que les Prêtres du vrai Dieu s'éloignassent le plus qu'il étoit possible d'un culte si absurde &amp; si abominable, que les préceptes de l'Exode XXVIII. 42. &amp; XX. 26. avoient été portés. D'autres disent que cette idole avoit la bouche béante, que c'est de-là que lui vient son nom. Car signifie en effet <i>aperuit, distendit,</i> &amp; ne se dit jamais dans l'Ecriture que de la bouche. Ainswort croit qu'il est ainsi nommé, parce qu'il ouvroit la bouche pour prophétiser, de même que le Dieu Nebot tiroit son nom de <i>Nabi,</i> Prophète. Philon, dans son Livre du Changement des noms, l'interprète <i>Ospellis,</i> comme s'il étoit composé de , <i>os,</i> &amp; de , <i>pellis.</i> S. Jérôme, sur le ch. IX. d'Osée, semble dire que c'est le Priape des Latins, &amp; fait connoître que sa figure n'étoit pas moins obscène. Il dit encore la même chose Liv. I. contre Jovinien ch. 12. Ruffin Liv. III. sur Osée, &amp; Isidore dans ses <i>Origines,</i> disent aussi que <i>Béelphégor</i> &amp; Priape sont la même chose. Le P. Kirker, Masius, Bochart, &amp; plusieurs autres, sont du sentiment de S. Jérome, &amp; le premier croit que cette infame idolatrie étoit venue de l'Egypte, &amp; des cérémonies abominables d'Osiris. Martin Bucer s'est imaginé, dans son Commentaire sur le Pseaume CVI. v. 29. que c'est l'Ecriture qui a donné ce vilain nom à ce Dieu, &amp; que c'est sa coutume de donner de semblables noms aux faux-Dieux par dérision ; que c'est ainsi qu'elle appelle Béelzebub, Dieu des mouches, le Dieu d'Accaron. Joseph Scaliger, qui est de même sentiment, ajoûte que le nom véritable de ce Dieu étoit <i>Baal-reem,</i> Dieu du tonnerre, &amp; que les Israëlites, pour le tourner en ridicule, lui avoient donné celui de <i>Baal-Phégor,</i> qui veut dire, selon lui, <i>Dieu du pet,</i> parce qu'il n'y a rien qui marque plus de mépris que cette comparaison du prétendu tonnerre de ce Dieu. Vossius, Liv. II. <i>de l'Idolatrie</i> ch. 7. croit que le 28e. verset du Ps. CVI peut faire juger que <i>Béelphégor</i> étoit le Moth des Phéniciens, c'est-à-dire, le Pluton des Grecs &amp; des Latins. Apollinaire, dans sa <i>Paraphrase des Pseaumes,</i> S. Augustin sur cet endroit, Cassiodore, &amp; Remi d'Autun, dans son <i>Commentaire sur les Pseaumes,</i> semblent être de cet avis. Apollinaire, dans la <i>Chaîne Grecque,</i> sur le Ps. CVI. 28. dit que <i>Béelphégor</i> est Saturne. S. Chrysostôme &amp; Théodoret suivent aussi ce sentiment. Vossius au IIe. Liv. <i>de l'Idolatrie</i> ch. 7. soutient que c'est le Soleil, &amp; prétend par-là réunir tous les sentimens des Anciens ; que Saturne, Priape, &amp; le Soleil, ou le Ciel, <i>Uranus,</i> sont la même Divinité, c'est-à-dire, le maître de la nature, de la génération &amp; de toutes les productions qui se font dans le monde ; que Priape, selon Suidas, est l'Orus des Egyptiens, &amp; qu'Orus est le Soleil ; que les figures que l'on donnoit à ce Dieu, &amp; les ânes qu'on lui sacrifioit, ne sont que des symboles de la vertu de produire qu'a le Soleil, ou le Ciel, qui n'est autre que Jupiter ; que le nom de Priape vient de celui de <i>Peor,</i> ou <i>Pegor,</i> que ce Dieu porte quelquefois, selon lui, sans <i>Baal,</i> comme Deut. XXXIV. 5. 6. &amp; Jos. XXII. 17. que la première partie du mot <i>Priapus</i> est , <i>peor,</i> &amp; la 2e , <i>ab,</i> ou <i>ap,</i> père ; de sorte que <i>Priapus</i> n'est autre chose que <i>Peor Pater</i> ; comme <i>Jovis Pater, Marspiter, Saturnuspater, Januspater, Diespiter,</i> &amp;c. qu'on peut dire aussi qu'il vient de , <i>fructifier,</i> &amp; de , père, &amp; qu'il signifie <i>fructificationis pater ;</i> qu'il étoit appellé <i>peor</i> de , <i>aperire,</i> parce qu'on le représentoit tout nud ; ou bien parce que le Soleil produit tout, met tout au jour ; qu'enfin ceux qui disent que Priape est Bacchus, ne sont point contraires à son sentiment, parce que Bacchus est le même que le Soleil. Tel est à peu-près le sentiment de Vossius.</p><p>Un Auteur récent conjecture, dit-on, que c'est Orus, que c'est Adonis, ou Osiris. Pour Orus, la conjecture n'est point de lui, mais de Vossius. Pour Adonis, rien n'est moins vraisemblable, ni plus mal trouvé. Sa raison est <pb n="568" facs="bpt6k8542165/f608/full/1200,/0/native.jpg"/>que David dit, Ps. CV. 28. Ils furent initiés à <i>Béelphegor,</i> &amp; ils mangerent les sacrifices des morts. Par ces sacrifices des morts il entend les cérémonies des fêtes Adoniennes, qui étoient celles des funérailles. Mais 1°. l'Ecriture ne diroit pas <i>les sacrifices des morts,</i> mais du mort. 2°. Elle ne diroit point <i>les sacrifices</i> ; car ces cérémonies n'étoient point des sacrifices. 3°. On n'y mangeoit point, au moins dans la partie qui représentoit les funérailles d'Adonis. Ces sacrifices des morts ne sont donc autre chose que les sacrifices des faux Dieux, qui ne sont que des hommes morts. Comme le vrai Dieu est appellé par l'Ecriture Dieu vivant, les faux Dieux sont appellés morts. 4°. Il n'y a nulle affinité dans les noms. Certainement S. Jerôme n'a pas cru que les Hébreux appellassent Adonis <i>Béelphégor,</i> mais Thammuz, qu'il rend par <i>Adonidem.</i> Ezech. VIII. 14.</p><p>Selden, <i>de Diis Syriis Syn. I. C.</i> 5. ne peut souffrir qu'on dise que <i>Béelphégor</i> soit Priape. Il est bien vrai que les Israëlites qui l'adorerent commirent des crimes abominables ; mais il ne s'ensuit pas que ces abominations fussent les cérémonies du culte de <i>Béelphégor</i> ; non plus que les crimes que commit Salomon avec les femmes Sidoniennes n'étoient point une partie du culte des Dieux de Sidon qu'il adora avec elles. L'Ecriture ne donne pas plus lieu de croire l'un que l'autre. Ainsi cet Auteur croit que ce Dieu est le Baal, ou Belus, ou Jupiter des Chaldéens, si connu ; &amp; que le surnom de Phégor est ou le nom de quelque Prince déifié qu'on lui a donné, ou celui du lieu où il avoit un Temple, &amp; où il étoit honoré. Ce dernier sentiment est sans comparaison le plus probable. En effet, Phegor est une montagne, au Liv. des Nomb. XXIII. 28. &amp; une ville dans Josué XIII. 19. <i>Bethphegor,</i> Deut. XXXIV. est le Temple que ce Dieu avoit en ce lieu. On pourroit ajoûter que cette montagne s'appelloit , <i>peor,</i> ouvert, parce qu'elle s'ouvroit en effet &amp; laissoit un passage, &amp; qu'il y avoit là un col, une ouverture dans les montagnes par où l'on passoit. Et de vrai c'est-là que le peuple d'Israël passa.</p><p>Quelques-uns écrivent <i>Belfegor.</i> Le Mariage de <i>Belfegor.</i> C'est un petit ouvrage de Machiavel, dont la moralité est de faire voir qu'il se trouve quelquefois des femmes qui font plus méchantes que le Diable. Il a été traduit par M. Le Fevre, &amp; imprimé à Saumur avec ses vies des Poëtes Grecs.</p><p>
    </p>
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    <head>BÉELTSÉPHON</head>
    <p>
    BÉELTSÉPHON , s. m. <i>Beeltsephon.</i> C'est-à-dire, Dieu ou Seigneur caché, de , <i>baal,</i> &amp; , <i>caché,</i> participe passif de , <i>cacher.</i> Ou bien Dieu du Septentrion ; car , <i>tsaphon,</i> signifie aussi en Hébreu Septentrion. C'est le nom d'un lieu situé proche de la mer rouge, &amp; de l'endroit où les Israëlites passerent cette mer à sec. Quelques Auteurs veulent que ce fût une Ville, &amp; d'autres seulement un lieu, ou un rocher qui étoit dans le désert. Les Rabbins disent que c'étoit une idole de Baal, qui avoit été placée là par les Egyptiens pour observer les Israëlites, &amp; les empêcher de sortir d'Egypte. , d'où ils tirent , qui signifie <i>speculer, observer</i> ; de sorte que le nom de , <i>speculator,</i> auroit été donné à Baal, comme celui de <i>Stator</i> à Jupiter, pour avoir arrêté une armée qui fuyoit. C'est une fable. Ce n'étoit pas là la route qu'il falloit tenir naturellement pour sortir d'Egypte. Le P. Kirker croit que ç'a pû être le nom d'un lieu, comme les Commentateurs de l'Ecriture le disent ordinairement ; mais il juge que ce lieu n'a été ainsi appellé que parce qu'il y avoit une idole de ce nom, qui y étoit adorée ; que cette idole étoit placée là comme le Gardien de l'Egypte, <i>Custos Aegypti</i> ; que le lieu où elle étoit placée le marque ; que toute la côte de la mer rouge étant pleine de montagnes, ou de basses, ou de lieux marécageux, à cet endroit seul il y avoit un port par où l'on pouvoit entrer en Egypte, ou en sortir ; que c'est pour cela que ce <i>Béeltsephon,</i> c'est-à-dire, Bel Gardien, y avoit été placé. Il n'est point du sentiment de ceux qui croient que <i>Béeltsephon</i> avoit la figure d'un chien. Cependant parce que les Egyptiens avoient la coutume de mettre Mercure sur les chemins, comme le Gardien des chemins, il soupçonne que <i>Béeltséphon</i> pourroit bien être ce Mercure ; &amp; si ceux qui lui donnent la figure de chien entendent par-là Hermanubis, il est assez de leur sentiment ; il ne le croit pas néanmoins tout-à-fait certain. Quelques-uns écrivent <i>Beelzéphon,</i> &amp; d'autres <i>Béelsephon</i> ; c'est un <i>tsade</i> en Hébreu, <i>Béeltsephon.</i> Voyez sur ce Dieu Fagius sur l'Exode Ch. 14. v. 1. Godwin, <i>Moses and Aaron,</i> Liv. IV. Ch. 3. &amp; sur-tout le P. Kirker, <i>Oedip. Aeg. T. I. Synt. IV. C.</i> 7.</p><p>
    </p>
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    <head>BÉEL-ZEBUT</head>
    <p>
    BÉEL-ZEBUT , s. m. Nom d'une idole des Philistins. <i>Béelzebub.</i> Il faut écrire &amp; prononcer <i>Béelzébut</i> en François, ou <i>Beelsébut.</i> C'est l'usage. Quelques-uns écrivent <i>Bélzébut.</i> M. Collier, dans sa <i>Critique du Théatre Anglois,</i> appelle les impiétés &amp; les blasphèmes que les Poëtes Anglois font vomir à leurs Acteurs sur le théatre, des exhalaisons échapées du cachot ténébreux d'Asmodée &amp; de <i>Belzébut.</i> Ochosias étant tombé d'une fenêtre de son Palais, envoya consulter <i>Belzébut</i> dans Accaron. God. Aujourd'hui on met deux <i>ee.</i> Or si c'est par le moyen de <i>Béelzébut</i> que je chasse les Démons, par le moyen de qui vos enfans les chassent-ils ? Bouh. Et s'ils ont appellé le Père de famille <i>Béelzébut,</i> ne feront-ils pas encore plutôt le même traitement à ses domestiques ? Port-R. Il ne chasse les Démons qu'au nom de <i>Béelzébut,</i> Prince des Démons. Et si je chasse les Démons par <i>Béelzebut,</i> vos enfans par qui les chassent-ils ? Simon. Ainsi il ne faut point imiter les Traducteurs de Genève &amp; ceux de Louvain, qui disent <i>Béelzebub,</i> suivant en cela les Traducteurs Latins, &amp; l'Hébreu ; car le texte Hébreu, 4e Liv. des Rois 1. 2. 3. 6. 16. dit toujours , <i>Baal-Zebub,</i> qui signifie le <i>Dieu de la mouche,</i> ou <i>le Dieu des mouches,</i> en prenant ce singulier pour signifier l'espèce, comme ont traduit les Septante à l'endroit des Rois que j'ai cité, &amp; quelques exemplaires dans le Nouveau Testament. D'autres exemplaires manuscrits, les éditions du N. T. Aquila à l'endroit des Rois que j'ai cité, &amp; en général tous les Grecs, selon Capperonnier sur Nicéphore, p. 707. mettent <i>Béelzébul,</i> aussi-bien que les versions Arabes, Cophtes, &amp; Ethiopiennes du N. T. que quelques Auteurs entreprennent de justifier. Le P. Kirker &amp; Godwin disent que ce sont les Traducteurs qui l'ont mis exprès, &amp; pour donner à cette idole un nom méprisable ; que <i>Baal-Zebul</i> veut dire Dieu du fumier, parce qu'en Chaldéen c'est la signification de <i>Zebul,</i> . J'aimerois autant dire, que les Philistins eux-mêmes l'appelloient le Dieu de l'habitation, ou le Dieu du Ciel ; car en Hébreu signifie habitation, &amp; il se dit par excellence du Ciel, qui est l'habitation de Dieu. Mais au vrai ni l'un ni l'autre ne sont bien ; parce que <i>Béelzebul</i> est une corruption ou changement que les Copistes ou que l'usage a fait en Grec dans ce nom, qui se dit dans la langue originale <i>Béelzebub.</i> Drusius &amp; Capperonnier ne croient pas qu'il faille réformer ce mot en Grec, à moins qu'on ne prouve que c'est une faute de Copiste, &amp; non pas l'usage qui l'a introduit. Il y a aussi des gens qui prétendent que l'on a dit <i>Béelzebut</i> en Hébreu ; que l'on a dit , <i>Baal zebuboth,</i> au pluriel, Dieu des mouches, qu'ensuite de <i>zebuboth</i> on a fait <i>zebboth,</i> &amp; de <i>zebboth, zebot,</i> ou <i>zebut.</i> Mais on ne trouve que , <i>Beelzebut,</i> au singulier, &amp; jamais <i>Beelzebuboth</i> au pluriel. Ainsi il est clair que c'est un changement que nous avons fait dans notre langue du <i>b</i> en <i>t</i> ; car nous ne mettons jamais le <i>b</i> à la fin des mots. Il n'y en a qu'un seul où il se trouve, qui est plomb, mais nous ne l'y prononçons pas. Il n'est donc point étonnant que nous l'ayons changé en <i>t</i> dans <i>Béelzébut. Béelzébut</i> étoit le Dieu d'Accaron, &amp; on alloit l'y consulter comme un Oracle, 4e Liv. des R. Ch. I. v. 2. 3. 6. 16. On ne sait pas trop pourquoi on l'appelle Dieu de la mouche, ou Dieu mouche ; ni qui lui donna ce nom, si ce furent les Accaronites, ou les Juifs par mépris. Quelques-uns disent qu'il fut ainsi appellé à cause des mouches, qui se mettent ordinairement sur les victimes ; d'autres parce que son idole toute grasse de la fumée des victimes qu'on lui sacrifioit, étoit toujours couverte de mouches. Le P. Kirker croit avec raison que ce nom lui fut donné par les Accaronites, &amp; non point par mépris ; car, dit-il, Ochosias ne prétendoit point lui donner un nom méprisable, 4e des R. Ch. I. v. 2. lorsqu'il l'envoyoit consulter ; &amp; que c'est le même Dieu que les Grecs adoroient sous le nom de Myagre, &amp; dont parlent Pausanias &amp; Solin ; &amp; Pline dit qu'à Cyrene on invoquoit le Dieu Achor contre la multitude des mouches, qui engendroient la peste. Il a voulu dire le Dieu d'Accaron. <i>Béelzebub,</i> ou Myagre, est donc le Dieu qu'on invoquoit contre les mouches. Les Grecs ont encore honoré une pareille Divinité sous le nom de , <i>Jupiter Chasse-mouche.</i> <pb n="569" facs="bpt6k8542165/f609/full/1200,/0/native.jpg"/>Voyez Godwin, <i>Moses and Aaron, Lib. IV. c.</i> 3. Selden <i>De Diis Syriis Synt. II. c.</i> 6. &amp; sur-tout le P. Kirker, <i>Oedip. Aegypt. T. I. Synt. IV. cap.</i> 6. Capperonnier croit que c'est par mépris pour ce Dieu que les Juifs dans la suite donnerent son nom au Prince des Démons. Matth. X. &amp; XII. Voss. <i>de Idol. L. II. c.</i> 4. croit que c'est le même que Béelsamen, ou le Soleil.</p><p>
    </p>
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    <head>BÉER</head>
    <p>
    BÉER , v. neut. Ouvrir la bouche d'une façon niaise &amp; admirative. <i>Ore biante &amp; patulo esse.</i> Le badaut s'amuse à <i>béer</i> des qu'il voit quelque chose d'extraordinaire.</p><p>
    </p>
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    <head>BÉER</head>
    <p>
    Béer , se dit aussi des écoliers ou des gens de journée qui se détournent de leur travail, &amp; qui perdent leur temps. Travaillez, &amp; ne vous amusez point à <i>béer.</i> On le dit aussi de ceux qui cherchent quelque chose des yeux, &amp; avec attention. Il <i>bée</i> de tous côtés pour voir s'il ne trouvera point un homme à qui il a à faire. <i>Curiosiùs circumspicere.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BÉER</head>
    <p>
    Béer , se dit figurément de ceux qui desirent quelque chose ardemment, &amp; qui attendent. <i>Inhiare, avidiùs appetere.</i> Il y a long-temps qu'il <i>bée</i> après cette charge.</p><p>On dit proverbialement, <i>béer</i> aux corneilles ; pour dire, être oisif, s'ennuyer, ne rien faire. Il y a bien des Courtisans qui <i>béent</i> aux corneilles, qui sont long-temps à la Cour sans rien attraper. Il y a des Auteurs qui disent <i>bayer.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
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    <head>BEFFLER</head>
    <p>
    BEFFLER , v. act. Mener un homme par le nez comme un buffle ; le tourner en ridicule, se moquer de lui, le tromper. <i>Illudere, os alicui sublinere.</i> Quand on vient dans le monde, il ne faut pas se laisser <i>beffler,</i> on n'en revient point. Ce mari a été toujours <i>befflé</i> par sa femme, &amp; par tout le monde. Ce mot est vieux, &amp; ne peut plus entrer que dans le comique &amp; burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEFFLER</head>
    <p>
    Befflé, ée . part. pass. &amp; adj. <i>Illusus, irrisus.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BEFFROI</head>
    <p>
    BEFFROI , s. m. Tour, clocher, lieu élevé où il y a une cloche dans une place frontière, où on fait le guet, &amp; d'où on sonne l'alarme, quand les ennemis paroissent. <i>Specula.</i> Du Cange dérive ce mot du Saxon ou Allemand <i>bell,</i> qui signifie <i>cloche,</i> &amp; <i>freid,</i> qui signifie <i>paix.</i> On l'appelle diversement dans la basse Latinité, <i>belfredus, berfredus, berefridus, verfredus, bilfredus, balfredus, belfreit, belfragium, beaufroy</i> &amp; <i>belfroy.</i> Nicot dérive ce mot de <i>bée,</i> &amp; de <i>effroi,</i> parce qu'il est fait pour béer &amp; regarder ; &amp; ensuite donner l'effroi Pasquier croit que c'est un mot corrompu ; qu'il est dit simplement pour <i>effroy,</i> &amp; que sonner le <i>beffroy</i> n'est autre chose que sonner l'effroy, <i>Rech. Liv. VIII. chap.</i> 62.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEFFROI</head>
    <p>
    Beffroi , dans les Coutumes d'Amiens &amp; d'Artois, est une tour où l'on met la ban-cloque, <i>Campana bannalis,</i> c'est-à-dire, la cloche à ban, ou la cloche destinée à convoquer les habitans d'une ville. La Chartre de l'affranchissement de S. Vallery accordée en 1376. par Jean Comte d'Artois porte ceci : Item nous avons ordonné &amp; accordé eschevinage, ban-cloque, grande &amp; petite, pilori, seel &amp; banlieue aux Maires, Eschevins &amp; Commune de S. Vallery. De Lauriere <i>sur Ragueau.</i> Ainsi le droit de <i>beffroi</i> étoit un privilége, &amp; Charles le Bel en 1322. l'ôta à la ville de Laon avec plusieurs autres, pour la punir d'un sacrilége que les habitans commirent dans l'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEFFROI</head>
    <p>
    Beffroi , est aussi la charpenterie qui soutient les cloches dans un clocher. <i>Canterii.</i></p><p>On appelloit autrefois <i>beffroi,</i> ces tours ou machines de charpente montées sur des roues, qui égaloient en hauteur les murs des villes qu'on attaquoit, sur lesquelles on mettoit des soldats pour y jetter des traits, avant l'invention de l'artillerie. <i>Turris lignea supposita rotis.</i> Le Roman de Garin décrit ainsi un <i>beffroi.</i></p><p>Quelquefois on trouve écrit <i>belfroit,</i> &amp; <i>belfroy,</i> du Latin <i>belfridus.</i> On trouvera encore la description d'un <i>beffroi</i> dans l'Empereur Léon, <i>de Tacticis c.</i> 15. <i>n.</i> 30. dans Sanut. Liv. II. p. 4. c. 22. dans Juste Lipse, <i>Politicor. L. II. dial.</i> 4.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEFFROI</head>
    <p>
    Beffroi , se dit aussi de certaines cloches qui sont dans des lieux publies, qu'on ne sonne qu'en certaines occasions, comme de réjouissances, d'alarmes, ou d'incendie. <i>Maximum cymbalum.</i> Il y a trois <i>beffrois</i> à Paris, celui de l'Hôtel de Ville, du Palais &amp; de la Samaritaine. Quand il haît un fils de France, on donne ordre de tinter le <i>beffroi</i> pendant vingt-quatre heures.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEFFROI</head>
    <p>
    Beffroi , en termes de Blason , est un nom que les Rois d'armes &amp; Hérauts ont donné à un Ecu vairé, du composé de trois tires de vair, parce qu'il est fait en forme de cloches qui servent à sonner l'effroi ; &amp; quand on dit simplement <i>beffroi,</i> on doit entendre qu'il est composé d'argent &amp; d'azur. <i>Laterculis argenteis ac caeruleis instructus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4609" id="1" type="">
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    <head>BÉGAIEMENT</head>
    <p>
    BÉGAIEMENT , s. m. Prononciation imparfaite &amp; difficile à entendre, causée par la difficulté que l'on a de prononcer certaines lettres de l'alphabet, telles que sont le B, l'R &amp; le T. <i>Linguae haesitantia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉGAYER</head>
    <p>
    BÉGAYER , v. n. &amp; act. Prononcer mal, ou avec difficulté ; répéter plusieurs fois les mots, &amp; les syllabes. <i>Balbutire.</i> Les enfans <i>bégayent</i> en apprenant à parler. Ceux qui ont la langue grasse <i>bégayent</i> toute leur vie. Quand un homme a bû beaucoup, il commence à <i>bégayer.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉGAYER</head>
    <p>
    Bégayer , se dit figurément des choses qu'on a peine d'expliquer, ou de faire entendre. Ce Commentateur n'a fait que <i>bégayer</i> en voulant expliquer l'Apocalypse. Pardonnez, Seigneur, à vos enfans, s'ils <i>bégayent</i> sur votre grandeur, pour tâcher de vous donner d'autres enfans. Peliss. Le sourd <i>bégayant</i> guéri en prononçant <i>Epphata.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉGAYER</head>
    <p>
    Bégayer . Terme de Manége , qui se dit d'un cheval qui bat à la main, qui lève le nez, qui branle la tête, &amp; qui secoue la bride. <i>Succutere.</i></p><p>Ce mot vient de <i>bigare</i>, répéter : de <i>bis</i> on a formé <i>biga,</i> &amp; <i>bigare,</i> comme de <i>ter</i> &amp; de <i>quater, triga</i> &amp; <i>quatriga.</i> Huet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEGHILER-BEGHI</head>
    <p>
    BEGHILER-BEGHI ou BEGLER-BEG, ou BEGLER-BEY, ou enfin, comme on prononce souvent même en Turquie, BEYLER-BEY, s. m. &amp;c. La Boullaye écrit <i>Béglerbeg.</i> C'est chez les Turcs un Gouverneur de Province. Un <i>Beglerbey</i> a sous lui plusieurs Sangiacs, ou Gouverneurs particuliers On compte 28. <i>Béglerbeys</i> dans tout l'Empire Ottoman. Les Turcs appellent <i>Dins-Béglerbey</i> le Bacha de la mer, ou l'Amiral de Turquie. <i>Deniz-Béglerbeghi.</i> Beg, chez les Turcs signifie <i>Seigneur,</i> &amp; Beglerbeg, ou <i>Beglerbegni, Seigneurs des Seigneurs.</i> Voyez au mot BEY.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4612" id="1" type="">
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    <head>BEGLIER-BEGLIC</head>
    <p>
    BEGLIER-BEGLIC , ou BEGLIERBELIC, s. m. Nom de l'Office ou dignité de Beglerbey chez les Turcs. Il se dit aussi du pays soumis au Beglerbey. <i>Praefectura.</i> C'est un Gouvernement Général, dans lequel sont d'autres Gouververnemens particuliers, nommés Sangiacats. Il y a vingt-deux <i>Beglier-belics</i> dans l'Empire du Turc. Le <i>Beglier-belic</i> de la Natolie renferme quatorze Sangiacats. Voyez les <i>Voyages de la Boulaye.</i> p. 534.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4613" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEGNINA" />
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    <head>BEGNINA</head>
    <p>
    &#9758; BEGNINA , mal écrit, <i>Benigna</i> dans le Dictionnaire Comique. On prononce <i>Baignina.</i> Faire l'<i>O Begnina.</i> Faire le pied de grue, caresser, flatter, faire des soumissions basses &amp; indignes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4614" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉGU" />
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    <head>BÉGU</head>
    <p>
    BÉGU , ou BAIGU, uë adj. Ce mot ne se dit que des chevaux. Un cheval <i>bégu</i> est celui qui depuis cinq ans jusqu'à sa vieillesse marque naturellement, &amp; sans artifice, à toutes les dents de devant, &amp; y conserve un petit creux &amp; une marque noire, qu'on appelle germe de fève. <i>Equus cujus in dentibus semper aetatis indicium remanet.</i> Les chevaux <i>bégus</i> ont les dents plus dures que les autres chevaux, ce qui <pb n="570" facs="bpt6k8542165/f610/full/1200,/0/native.jpg"/>fait que quand ils ont une fois marqué, ils marquent toujours. Les cavales sont plus sujettes à être <i>béguës</i> que les chevaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4615" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEGUARD" />
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    <head>BEGUARD</head>
    <p>
    BEGUARD , s. m. Nom de Secte. <i>Beguardus.</i> Les <i>Beguards,</i> ou comme quelques-uns écrivent, <i>Berguards,</i> ou <i>Begghars,</i> sont des Hérétiques qui s'éleverent en Allemagne vers la fin du XIIIe siècle. Le Chef de cette Secte fut un certain Dulcinus. Leurs principales erreurs étoient que l'homme on cette vie pouvoit être impeccable, &amp; acquérir un degré de perfection si élevé qu'il ne pourroit plus croître ; qu'en cet état il n'étoit plus obligé ni aux jeûnes de l'Eglise, ni à obéir aux supérieurs ; qu'il étoit heureux comme dans le Ciel ; que toute créature intellectuelle est de soi heureuse ; qu'elle n'a que faire de la lumière de gloire pour l'élever à la vision &amp; à la possession de Dieu ; qu'il n'y avoit que les imparfaits qui s'exerçassent à pratiquer des actes de vertu ; qu'on ne devoit point adorer Jesus-Christ quand on élevoit l'Hostie, ni s'occuper des mystères de son humanité sainte. Ils blâmoient les bonnes oeuvres, &amp; débitoient des maximes d'impureté. Ces fanatiques, qui portoient l'habit monastique sans garder aucune règle, &amp; sans observer le célibat, furent condamnés sous Clément V. au Concile de Vienne l'an 1311. Pratéole, Sanderus, <i>haeres.</i> 160. <i>&amp;</i> 161. S. Antonin, <i>Chron. P.</i> 111. <i>T.</i> 21. <i>c.</i> 3. §. 2. Turre-Crem. <i>Summ. de Eccles. P.</i> 11. <i>L.</i> 14. <i>c.</i> 36. Sponde, Bzovius, &amp; Rainaldi à l'an 1310. &amp; 1311. ont parlé des <i>Begguars.</i> Pierre Coëns en a fait l'Histoire, intitulée, <i>De origine Beguardorum.</i> Alex. Rossaeus <i>in</i> , Christ. Urstisius, dans son <i>Histoire de Bâle,</i> d'où ils furent chassés en 1411. &amp; Phil. de Limborch, en ont aussi parlé. Voyez <ref type="search" target="head:BEGUIN">BEGUIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4616" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEGGUARS" />
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    <head>BEGGUARS</head>
    <p>
    BEGGUARS , ou BEGGHARS. On appelle de ce nom dans les Pays-Bas les Religieux du Tiers-Ordre de S. François. Ce nom fit croire au peuple dans le XIVe siècle que les hérétiques, dont nous venons de parler, étoient de l'Ordre de S. François ; c'est ce qui fit que Jean XXII. déclare qu'ils n'en sont nullement, en les condamnant derechef par une Decrétale de l'an 1322.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4617" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÈGUE" />
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    <head>BÈGUE</head>
    <p>
    BÈGUE , adj. m. &amp; f. Celui qui a difficulté de parler, qui ne peut achever de dire un mot sans en répéter une partie plusieurs fois. <i>Balbus, linguâ haesitans.</i> Il se dit aussi substantivement. C'est un <i>bègue.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>balbus,</i> qui signifie <i>bègue.</i> Borel le dérive de <i>beccus</i>, qui est un vieux mot Gaulois qui signifioit <i>bec.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4618" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEGUEULE" />
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    <head>BEGUEULE</head>
    <p>
    BEGUEULE , s. f. Injure populaire qn'on dit aux femmes de basse condition qu'on taxe de niaiserie, &amp; d'avoir toujours la gueule <i>bée,</i> ou ouverte. <i>Fatua, insulsa.</i> On le dit encore d'une femme folle &amp; impertinente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4619" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEGUIN" />
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    <head>BEGUIN</head>
    <p>
    BEGUIN , s. m. Coëffe de linge qu'on met aux enfans sous leur bonnet, &amp; qu'on leur attache par-dessous le menton. <i>Lintea puerorum calantica.</i></p><p>Ce mot vient de <i>bègue,</i> parce que tous les enfans sont <i>bègues</i> quand ils commencent à parler.</p><p>On dit proverbialement que les ânes ont les oreilles bien longues, parce que leurs mères ne leur ont point mis de <i>beguin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4619" id="2" type="">
   <index type="head" value="BEGUIN" />
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    <head>BEGUIN</head>
    <p>
    Beguin , s. m. Nom de Secte. <i>Beguinus.</i> C'est un nom que l'on donna au XIVe siècle, à des hérétiques, nommés autrement <i>Beguards.</i> Voyez ce nom. Ils se disoient pauvres Frères du Tiers-Ordre de S. François, &amp; furent aussi nommés Fratricelles : ils regnoient particulièrement en Provence, dit l'Historien de cette Province. Ils disoient qu'il n'étoit point permis non-seulement aux particuliers, mais même aux Communautés, de posséder des fonds, ni rien en propriété, &amp; ils traitoient le Pape d'Antechrist, parce qu'il le permettoit à l'Ordre de saint François.</p><p>Quelques Savans dérivent les noms de cette Secte du mot Saxon, ou Anglo-Saxon, <i>beggen, mendicare, mandier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4620" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEGUINAGE" />
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    <head>BEGUINAGE</head>
    <p>
    BEGUINAGE , s. m. Maison de filles nommées Beguines, Couvent ou Communauté de Beguines, lieu où elles demeurent. <i>Beguinarum domus</i> Ce mot se dit en Flandre &amp; en Picardie. Messieurs de ville jouissent de la dépouille des Beguines d'Amiens, que l'on nomme encore aujourd'hui le <i>Beguinage.</i> De la Morlière, <i>Antiq. d'Amiens, p.</i> 102. Le <i>Beguinage</i> de Malines est le plus beau de toute la Flandre. Il est grand comme une petite ville, &amp; l'on dit qu'il y a dans ce <i>Beguinage</i> quinze ou seize cents Beguines, sans comprendre les Pensionnaires, dont le nombre est trois fois plus grand. Il y en a eu en France ; &amp; au rapport de Thomas de Chantpré, Philippe de Montmiral en assembla cinq cents en plusieurs <i>Beguinages.</i> Saint Louïs établit des Beguines à Paris, &amp; leur <i>Beguinage,</i> ou principale demeure étoit où est présentement le Monastère de l'<i>Ave-Maria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4621" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEGUINES" />
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    <head>BEGUINES</head>
    <p>
    BEGUINES , s. f. Ce sont des Sociétés de filles dévotes établies en plusieurs lieux de la Flandre, de Picardie &amp; de Lorraine. <i>Beguinae.</i> Il en est parlé dans l'Extravagante de Jean XXII. <i>Ratio recta.</i> Elles vivent du travail de leurs mains, ont un genre de vie qui tient le milieu entre le laïque &amp; le religieux, &amp; ne font point de voeux. Il y en avoit autrefois plusieurs en France, dont les maisons ont été données à des Soeurs du Tiers-Ordre de saint François. comme sont à Paris les Filles de l'<i>Ave-Maria.</i> Les Sociétés des <i>Beguines</i> commencerent à Nivelle en Flandre l'an 1226. &amp; en peu de temps elles se répandirent dans toute la Flandre, &amp; même en France. Elles ne faisoient point voeu de pauvreté, ni d'obéissance, mais elles avoient un habit particulier &amp; fort modeste : elles vivoient en commun, &amp; étoient gouvernées par des hommes d'une grande piété. Quelques-unes de ces <i>Beguines</i> ayant donné dans des erreurs pleines d'absurdité, le Concile de Vienne, tenu sous le Pontificat de Clément V. abolit leur institut, &amp; bien-tôt après il n'y en eut plus en France. Elles se maintinrent ailleurs, &amp; Jean XXII. successeur de Clément V. expliqua le decret de son prédécesseur, &amp; déclara qu'il n'y avoit de sociétés éteintes, que celles dont les <i>Beguines</i> étoient tombées dans l'héresie. Thomassin. La porte des <i>Beguines</i> étoit une porte de la ville de Paris, ainsi nommée, parce que la demeure des <i>Beguines</i> en étoit proche. C'étoit le Monastère de l'<i>Ave Maria.</i></p><p>Le nom de <i>Beguines</i> est venu à ces Communautés de filles, selon quelques-uns, de Lambert le Bègue, Prêtre &amp; Religieux, qui en fit l'institution : Borel le dérive de Louis le Bègue Roi de France ; ou plutôt de <i>beguin,</i> qui est leur coëffure. Mais d'autres prétendent que cette coëffure a pris leur nom d'elles, &amp; non pas les <i>Beguines</i> de cette coëffure. Jöach. Hopperus tire ce nom du verbe Allemand <i>beguinen,</i> qui signifie <i>commencer,</i> parce que c'est un commencement de l'Ordre monastique ; <i>Quod initium,</i> dit-il, <i>rei monasticae ponant.</i> En Flandre, où les <i>Beguines</i> sont en grand nombre, l'opinion constante est que leur nom vient de Begga, ou Begge, leur Institutrice, fille de Pepin de Landen, &amp; qui étoit fils du Duc Carloman, &amp; petit-fils de Charles Comte de Hesbaye dans le pays de Liége. Cette Begge étoit soeur de sainte Gertrude, Abbesse, &amp; conjointement avec sa mère Itte, ou Juberge, femme de Pepin de Landen, fondatrice du célèbre Monastère de Nivelle. Car il ne faut pas distinguer Begge, soeur de sainte Gertrude, de Bègue fille de Pepin, comme on a fait dans la première édition de ce Livre ; ni prendre ce Pepin pour un de nos Rois de France. Celui-ci fut seulement Maire du Palais sous Sigebert. Cette dernière étymologie paroit la plus vraie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4621" id="2" type="">
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    <head>BEGUINES</head>
    <p>
    Beguine , s. f. Est aujourd'hui en France parmi le peuple, au moins en plusieurs endroits, un terme méprisant, &amp; signifie sotte, imbécille, badine, qui n'a pas beaucoup d'esprit, chipotière. C'est une <i>beguine.</i> Taisez-vous <i>beguine.</i> C'est encore une vieille fille qu'on veut taxer de bigotterie.</p><p>On appelle aussi quelquefois en général <i>Beguine,</i> toute Religieuse ou fille de Communauté, de quelque Ordre ou Congrégation qu'elle soit ; &amp; il a encore en ce sens quelque chose de méprisant. Ce sont des <i>beguines,</i> disent les gens du monde en parlant des Religieuses, qui paroissent s'attacher à des choses qui leur semblent petites &amp; légères, qui sont des vetilles à leurs yeux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4621" id="3" type="">
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    <head>BEGUINES</head>
    <p>
    Beguine , s. f. Femme de la Secte des Beguins, ou Beguards. <i>Beguina.</i> Quelques-uns écrivent aussi Begghines, mais cela n'est bon qu'en Flamand, ou en Allemand ; en François il faut écrire <i>Beguin</i> ou <i>Beguines.</i> Voyez Beguard, &amp; Beguin. Quelques-uns écrivent Bequins &amp; Bequines, mais mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4622" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉHÉMOTH" />
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    <head>BÉHÉMOTH</head>
    <p>
    BÉHÉMOTH , s. m. Nom Hébreu, que l'on a retenu dans des versions Françoises de la sainte Ecriture. Il est parlé de <pb n="571" facs="bpt6k8542165/f611/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Béhémoth</i> dans le Livre de Job, &amp; ce mot a exercé les Interprètes anciens &amp; modernes, &amp; les Critiques. Les uns croient que <i>Béhémoth</i> est l'éléphant : ils se fondent sur ce que, dans l'endroit de la sainte Ecriture où il est parlé de <i>Béhémoth,</i> il s'agit de donner une grande idée de la puissance de Dieu, ce qui se fait en parlant des deux plus grands animaux que Dieu ait créés, Leviathan. &amp; <i>Béhémoth,</i> la baleine entre les poissons, &amp; l'éléphant entre les animaux terrestres. D'autres pensent que <i>Béhémoth</i> signifie en général toute sorte de bête d'une grandeur énorme. Il y en a qui prétendent, que par <i>Béhémoth</i> on doit entendre le diable. S. Grégoire de Nysse est de ce sentiment. Voyez les Interprètes de la sainte Ecriture, sur Job XL. 10. &amp; Vossius, <i>De Idol. L. III.</i> ca<i>p.</i> 50.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BEHEN" />
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    <head>BEHEN</head>
    <p>
    BEHEN , ou BEN. Voyez <ref type="search" target="head:BEN">BEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4624" id="1" type="">
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    <head>BEHIMA</head>
    <p>
    BEHIMA . C'est le nom d'une herbe qui croît dans la Province de Tremécen en Afrique. Elle engraisse les chevaux &amp; le bétail en moins de douze ou quinze jours ; mais quand elle jette un petit épi barbu, on les empêche d'en manger, parce qu'elle les étrangle &amp; les tue. Marm. d'Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4625" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉHOURD" />
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    <head>BÉHOURD</head>
    <p>
    BÉHOURD , s. m. Vieux mot, qui signifioit une <i>joûte,</i> un choc de lances ; combat que l'on faisoit à cheval, la lance à la main ; course de lances. <i>Lancearum exercitatio palaestrica, hastiludium.</i> Les anciens Romans font souvent mention de <i>béhourds</i> &amp; tournois. En la basse Latinité on l'a appellé <i>behordium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4626" id="1" type="">
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    <head>BÉHOURDER</head>
    <p>
    BÉHOURDER , ou BÉHORDER, &amp; BORDER, v. n. Vieux mot François dont on s'est servi en parlant de ces exercices de jeunes gens où ils combattoient avec des lances &amp; des boucliers. Les Espagnols ont encore retenu quelque espèce de ce jeu qu'ils appellent <i>cannas.</i> En France les gens de la campagne &amp; la bourgeoisie des petites villes ont eu aussi semblable exercice. A certain jour assigné, qu'on appelloit le jour de <i>Bouhordeis,</i> ils s'assembloient &amp; joûtoient ensemble avec des bâtons &amp; des canes. Cela se pratique encore en Angleterre en certains temps de l'année. Nicot &amp; le P. Monet, au mot <i>Bouhordi,</i> disent que ce mot signifie le premier &amp; le second Dimanche de Carême ; ainsi c'étoit ces deux jours que l'on faisoit en France cet exercice. Les Italiens disent <i>Bagordare,</i> pour signifier le même exercice, &amp; les Académiciens de la Crusca l'expliquent par <i>Festeggiare armeggiando &amp; giostrando</i> ; c'est-à-dire, faire ou célébrer une fète par des exercices d'armes &amp; des joûtes. Il paroît en effet par les exemples qu'ils citent, que c'étoit une espèce de fêtes, ou jeux solemnels, dans lesquels les combattans se couronnoient de différentes branches d'arbres. Ils appellent aussi <i>bagordo</i> l'arme offensive dont on se servoit dans ces combats, &amp; le combat même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4627" id="1" type="fauconnerie">
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    <head>BÉJAUNE</head>
    <p>
    BÉJAUNE , s. m. Terme de Fauconnerie , qui se dit des oiseaux niais, &amp; tout jeunes, qui ne savent encore rien faire, parce que la plûpart de ces oiseaux ont le bec jaune avant que d'avoir des plumes. <i>Pullus recentior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4627" id="2" type="">
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    <head>BÉJAUNE</head>
    <p>
    Béjaune , signifie figurément, ignorance, bévûe. <i>Ignorantia, stupor.</i> Il se dit en cette phrase proverbiale : On lui a fait voir son <i>béjaune</i> ; pour dire, son ignorance &amp; sa méprise.</p><p>Ce mot a été dit par corruption de <i>bec jaune,</i> par la métaphore des oisons &amp; autres oiseaux niais qui ont le bec jaune ; ce qu'on a appliqué aux apprentis en tous les arts &amp; sciences. <i>Rudis, Tiro, imperitus.</i> Et ainsi on faisoit payer autrefois aux écoliers de Droit leur <i>béjaune</i> ; pour dire, leur <i>bien-venue</i> : &amp; les Clercs de la Basoche de Paris appellent encore les Lettres de <i>béjaune,</i> celles qu'on leur donne pour attestation du service qu'ils ont fait chez les Procureurs, quand ils veulent être reçus à une telle charge. On a appellé aussi <i>béjaune,</i> le festin que faisoient les Clercs, ou les Apprentis, lorsqu'ils étoient reçus en charge, ou passés Maîtres. <i>Tironis epulum Tirocinio excedentis.</i> Du Cange dit qu'en la basse Latinité on a appellé <i>bejaunus</i> un jeune écolier de l'université, &amp; <i>bejaunium</i> le festin qu'il faisoit pour sa bien-venue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4628" id="1" type="">
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    <head>BEID</head>
    <p>
    BEID , s. m. Plante d'Egypte. Ses feuilles sont deux à deux, larges, &amp; fort épaisses, d'où il écoule une liqueur blanche. Ses fleurs sont de couleur de safran, tirant sur le rouge.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEIGNET</head>
    <p>
    BEIGNET , s. m. Certaine pâtisserie qui se fait au Carnaval avec de la farine, des oeufs &amp; des pommes, le tout cuit avec du saindoux. <i>Artolaganus.</i> Quelques-uns dérivent ce mot par métathèse de l'Hébreu <i>pinneq,</i> qui signifie <i>faire bonne chère à quelqu'un.</i> D'autres le font venir du vieux mot <i>bigne,</i> qui signifie enflure ou tumeur, parce que les <i>beignets</i> sont enflés.</p><p>On dit aussi, Faire les <i>beignets,</i> quand on fait une certaine collation en ce temps-là, ou on sert des <i>beignets.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEIRA</head>
    <p>
    BEIRA , s. f. Province du Royaume de Portugal, bornée au Nord par celle de Tra los-Montes, &amp; d'Entre-Douro &amp; Minho ; au Midi par l'Estramadoure de Portugal ; au Levant par l'Estramadoure d'Espagne, &amp; au Couchant par l'Océan Atlantique. <i>Beira.</i> On prétend que c'est le pays des anciens Transcadani. Conimbre est Capitale de la Province de <i>Beira.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEIRAM</head>
    <p>
    BEIRAM , s. m. Terme de Relation . Mot Turc, qui signifie Fête solemnelle. <i>Festum, dies festus, dies solemnis.</i> Les Musulmans n'ont que deux <i>Beirams.</i> Le premier tombe au dixième mois du dernier jour de l'année Arabique, &amp; s'appelle <i>Beiram Buink.</i> Grand <i>Beiram.</i> Le second finit le jeûne du mois Ramazan, &amp; tombe au premier jour du mois de Scheval ; on le nomme <i>Beiram Kutschuk,</i> ou <i>Kitchi-Beiram,</i> petit <i>Beiram.</i> On l'appelle communément la Pâque des Turcs, &amp; dans l'opinion du vulgaire, elle passe pour leur plus grande Fête, &amp; pour le Grand <i>Beiram.</i> D'Herb. L. P. Roger écrit <i>Behiram</i> ; mais mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4632" id="1" type="">
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    <head>BEL</head>
    <p>
    BEL . Voyez <ref type="search" target="head:BEAU">BEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4633" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEL" />
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    <head>BEL</head>
    <p>
    BEL , s. m. <i>Belus.</i> C'est le nom d'un Dieu, ou d'une idole des Babyloniens. Il est parlé de <i>Bel</i> dans la prophétie de Daniel. Alexandre étant à Babylone fit réparer le temple de <i>Bel. Bel,</i> ou <i>Belus,</i> fut un Roi de Babylone, le premier du monde à qui l'on décerna les honneurs divins, à ce que l'on croit ; ce qui fut le commencement &amp; l'origine de l'idolatrie. On ne convient point quel fut ce <i>Bel.</i> Xénophon, ou l'Auteur du livre <i>de Aequivocis,</i> qu'on lui attribue, dit qu'on appelle Saturne tous les Princes qui avoient autrefois fondé quelque ville célèbre ; &amp; leurs fils Jupiter ; &amp; il ajoûte que Nembrod est Saturne, &amp; que <i>Belus</i> son fils est le Jupiter Babylonien. Le P. Kirker, <i>Oed. Aeg. T. I. p.</i> 263. croit que <i>Baal,</i> ou <i>Bel</i> est Nembrod. Plusieurs autres sont du même sentiment. D'autres disent que c'est Cham fils de Noé, ou Menes. C'est le sentiment du Chevalier Marsham, qui prétend que Belus, Menes, Hammon, Osiris &amp; Adonis, sont le même. Il fut, dit-on, père de Ninus, qui lui fit ériger une statue. Il avoit un temple magnifique à Babylone, qu'Hérodote a décrit dans son premier Livre. Si c'est Nembrod, il fut le fondateur de Babylone. On dit qu'il fut grand Astronome, cela s'entend, pour son temps, &amp; que c'est pour cela qu'on l'appella <i>Baalsemen,</i> Seigneur du Ciel. Quelques-uns prétendent qu'il ne fut point l'auteur de l'idolatrie, mais que ce fut Sarug. Voyez Eusebe dans sa <i>Chronique,</i> &amp; dans la <i>Préparation Evangelique,</i> L. IX. c. 4. S. Augustin, <i>de la Cité de Dieu,</i> L. XVIII. c. 2. 17. 21. Bede, <i>De</i> 6. <i>aetat.</i> S. Jérôme, sur Osée, dit que ce fut Sémiramis, qui enflée de la victoire qu'elle remporta sur Zoroastre Roi des Bactriens, donna commencement à l'idolatrie en faisant un Dieu de Ninus son mari fils de <i>Belus.</i> Servius prétend que <i>Belus</i> est le Soleil ; que c'est de ce nom que les Grecs ont formé le nom Grec , changeant le <i>B</i> en aspiration ; que c'est de-là aussi que vient le nom Punique, ou Carthaginois, <i>bal,</i> qui signifioit Dieu. Mais comme le P. Kirker l'a remarqué, <i>Oedip. Aegyp. T. I. p.</i> 264. <i>Synt. IV. c.</i> 4. Servius s'est trompé, il ne faut que savoir un peu d'Hébreu pour en être convaincu. Ce nom vient de , qui signifie, Dieu.</p><p>Il y a eu plusieurs <i>Bels</i> ou <i>Baals.</i> Le <i>Bel</i> Egyptien, qui selon le P. Kirker est Mitsraim. Le <i>Bel</i> Babylonien, qui est son petit-fils Nimrod, qu'on appelle aussi Jupiter Babylonien, &amp; que Sanchoniathon &amp; Eusèbe disent avoir été fils de Saturne. Il y a un <i>Belus</i> petit fils de Jupiter, fils de l'Epaphus Roi d'Egypte, qui a encore eu pour fils un autre <i>Bel,</i> ou <i>Belus.</i> Le <i>Bel</i> Tyrien, ou des Phéniciens, qui l'appelloient Baal, &amp; qui en distinguoient plusieurs, Baal-berith, <pb n="572" facs="bpt6k8542165/f612/full/1200,/0/native.jpg"/>Baalgad, Baalsemon, Baalsephon, &amp;c. Voyez Baal, &amp; Beel, &amp; tous ces mots en leur place. Voyez aussi Vossius, <i>de Idol. L. I. c.</i> 16. <i>&amp;</i> 24. <i>L. II. c.</i> 6. <i>&amp;</i> 15.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4634" id="1" type="">
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    <head>BELAMIE</head>
    <p>
    BELAMIE , s. f. <i>Belamia.</i> Espèce de vêtement, ou tunique, dont il est parlé au C. II. de la Règle de Fontevraut, faite par Robert d'Arbrissel. <i>Ut non habeant vestimenta fimbriata, neque in lecto praeter belamiam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4635" id="1" type="marine">
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    <head>BELANDRE</head>
    <p>
    BELANDRE , ou BELANDE, s. f. <i>Belandre</i> se trouve dans l'Hydrographie de Fournier, &amp; <i>Belande</i> dans <i>l'Histoire du siége de Dunkerque</i> par Mr Sarasin. D'où l'on peut conclure que l'un &amp; l'autre sont bons ; si ce n'est que <i>Belande</i> est un peu plus doux que <i>Belandre,</i> ce qui suffit pour le faire préférer. Quoi qu'il en soit, c'est un terme de Marine , qui signifie un petit bâtiment de mer qui est fort plat de varangue, qui a son appareil de mâts &amp; de voiles semblable à celui d'un heu, &amp; dont la couverte, ou le tillac s'élève de proue à pouppe d'un demi pied plus que le platbord. Ainsi entre le platbord &amp; le tillac, il y a un espace d'environ un pied &amp; demi qui règne en bas, tant à stribord qu'à basbord. Les <i>Belandes</i> servent au transport des marchandises ; &amp; les plus grandes, qui sont de 80. tonneaux, se peuvent conduire par trois ou quatre personnes. Elles vont à la bouline, comme le heu, &amp; ont des semelles pour cela. On s'en sert principalement dans la basse Flandre, étant fort propres pour aller sur les canaux, &amp; sur les rivières. Le Maître y loge ordinairement avec toute sa famille, n'ayant point d'autre maison que sa <i>Belande.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4636" id="1" type="">
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    <head>BÊLANT</head>
    <p>
    BÊLANT , adj. Qui bêle. <i>Balans.</i> On dit proverbialement, boeuf saignant, mouton <i>bêlant,</i> porc pourri ; tout n'en vaut rien, s'il n'est bien cuit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4637" id="1" type="">
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    <head>BELATUCADRE</head>
    <p>
    BELATUCADRE , s. m. Nom propre d'un faux Dieu adoré autrefois en Angleterre. <i>Belatucadrus.</i> On ne le connoît que par trois inscriptions qui sont dans le Comté de Cumberland.</p><p>La première est,</p><p>DEO SANCTO BELA TVCADRO AVRELIVS DIATOVA ARAE X VOTO POSVIT LL MM.</p><p>La seconde,</p><p>DEO BELATVCAD RO LIB. VOTV M FECIT IOLVS</p><p>Et la troisième,</p><p>BELATVCADRO IVL. CIVILIS OPT. V. S. L. M.</p><p>Selden, dans son Traité <i>de Diis Syriis Synt. II. c.</i> 1. prétend que ce <i>Belatucadre</i> est le même Dieu que Belenus, &amp; Abellium, qui étoient honorés par les Gaulois &amp; par les Noriques, comme il paroît par Tertullien. Julius Capitolinus, dit le même des habitans d'Aquilée. Il veut encore que tous ces noms soient tirés de celui de <i>Bel,</i> ou <i>Baal,</i> &amp; que ce soit la même chose ; enfin, il soutient avec Vossius, <i>de Idol. L. II. c.</i> 17. que tous ces noms sont des noms différens du même Dieu, qui est le Soleil. La dernière de ces trois inscriptions est, selon lui, du temps de l'Empereur Commode, environ 200. ans après la naissance de Jesus-Christ.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4638" id="1" type="">
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    <head>BELAY</head>
    <p>
    BELAY . Voyez <ref type="search" target="head:BELLEY">BELLEY</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4639" id="1" type="">
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    <head>BELCINACE</head>
    <p>
    &#9758; BELCINACE , s. m. Isle de la Seine, &amp; ancien Monastère. Cette isle qui avoit au VII. siècle 3000. pas de long sur 1500 de large, a souvent paru &amp; disparu : elle est entièrement submergée depuis l'an 1641. son ancien nom étoit <i>Lutum,</i> ou plutôt <i>Lotum,</i> ou <i>Lotus,</i> qui étoit aussi le nom d'une Habitation voisine, sur laquelle, ou près de laquelle s'est élevée dans la suite des temps la ville de Caudebec. <i>Voyez <ref type="search" target="head:Descript">Descript</ref>. Geogr. &amp; Histor. de la Haute-Norm. tom.</i> 1. <i>pag.</i> 85.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4640" id="1" type="">
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    <head>BELE</head>
    <p>
    BELE , s. f. Les enfans nomment ainsi un petit bâton aigu des deux côtés ; ils frappent d'un autre plus grand une des deux pointes, &amp; le font sauter en l'air. C'est un de leurs passetemps. Chez les Grecs, , est un trait, ou un dard. Chorier. C'est en Dauphiné qu'on l'appelle ainsi. A Paris les enfans le nomment bâtonnet, en Berry <i>bicarelle,</i> ou <i>bigarelle,</i> en Touraine <i>pic.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4641" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÊLEMENT" />
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    <head>BÊLEMENT</head>
    <p>
    BÊLEMENT , s. m. Cri des moutons &amp; des agneaux. <i>Balatus.</i> La brebis entend le <i>bêlement</i> de son agneau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4642" id="1" type="">
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    <head>BELEN</head>
    <p>
    BELEN , ou BELIN, s. m. Nom propre d'un faux Dieu des anciens Gaulois. On trouve en Latin, <i>Belenus, Belinus,</i> &amp; <i>Bellenus.</i> On lit dans Hérodien, L. VIII. c. 3. , mais Saumaise soutient dans ses Notes sur Capitolin, que c'est une faute, &amp; qu'il faut lire . Il étoit honoré surtout à Aquilée en Italie, dans la Gaule Cisalpine, dont il étoit protecteur, &amp; où il avoit des Aruspices, par lesquels il rendoit des oracles, comme il paroît par Jule Capitolin, dans la vie de Maximin, c. 22. Hérodien dit aussi dans l'endroit que nous venons de citer, qu'il avoit un Oracle qu'il appelle l'Oracle du Dieu de la patrie, Jule Capitolin, dans les deux Maximins, pag. 146. de l'<i>Hist. August.</i> l'appelle d'abord <i>Belenus,</i> &amp; ensuite <i>Apollo</i> ; en effet, <i>Belenus</i> étoit la même chose que le Soleil &amp; Apollon ; &amp; les anciennes inscriptions à l'honneur de ce Dieu, qu'on a trouvées à Aquilée, l'appellent Apollon <i>Belenus,</i> C. APOLLINI BELENO AVG. IN HONOREM C. PETTI. Et une autre, APOLLINI BELENO C. AQVILEIENS. FELIX. Quelques-uns, dit Saumaise dans ses Notes sur Capitolin, p. 253. lui donnent aussi le titre d'Aquiléïen. APOLLO BELENUS AQVILEIENSIS. Au reste, ce n'étoit pas seulement un Dieu de la Gaule Cisalpine ; il étoit aussi honoré dans la Transalpine, comme il paroît par Ausone dans les Professeurs de Bourdeaux, où il dit à l'éloge de Patera, qu'il étoit de Baieux, de race de Druïde, &amp; de ceux qui servoient le Dieu <i>Belenus</i> dans son temple. Il parle encore dans la 10e pièce de ce même livre d'un nommé Phoebicius de race de Druides, qui étoit Sacristain de <i>Belenus,</i> ce qui montre que ce Dieu étoit honoré des Gaulois. Cependant Tertullien, c. 24. dit que <i>Belenus</i> est Dieu des Noriques, ce que Saumaise, dans ses Notes sur Vopiscus, p. 382. étend à toute l'Illyrie ; &amp; parce qu'il paroît par Vopiscus, au commencement de son Aurelien, que la forme &amp; les ornemens que les Illyriens donnoient à <i>Belenus</i> étoient les mêmes que ceux de Mithra chez les Perses, il en conclut que le <i>Belenus</i> de l'Occident étoit le Mithra de ces Orientaux. Joseph Scaliger, <i>Auson. Lect. L. I. c.</i> 9. qui croit comme Herodien, Vopiscus, Saumaise, Elias Vinet, Selden, Vossius, que <i>Belenus</i> étoit le même qu'Apollon, dit que c'est de là que les Gaulois appelloient <i>Belenium,</i> l'herbe dont ils frottoient leurs flèches. Voyez encore Cambden, <i>Britan. p.</i> 70. 71. Apollon a été adoré d'un culte particulier dans Vienne ; &amp; le Soleil de même, sous le nom de <i>Belenus</i> &amp; de <i>Belinus.</i> Chorier. Voyez encore Vossius, <i>de Idol. L. I. c.</i> 35. <i>L. II. c.</i> 17.</p><p>Quelques-uns croient que ce mot, <i>Belenus</i> ; car c'est ainsi qu'il faut lire, &amp; non pas <i>Bellenus,</i> comme Vinet le conclut de la 10e pièce d'Ausone sur les Professeurs de Bourdeaux, où ce nom a les deux premières brèves ; quelques-uns, dis-je, croient que ce nom vient de Béel, &amp; Enos, qui signifie l'ancien Enos, que les Esséens &amp; les Machabées reconnoissoient pour leur Chef ; ils ajoûtent que les Druïdes tenoient quelque chose des Esséens &amp; des Machabées ; qu'ainsi il n'est pas surprenant qu'ils honorassent le Soleil sous ce nom ; opinion sans fondement, &amp; hors de toute vraisemblance. Selden &amp; d'autres le font venir de , <i>Baal,</i> ou <i>Belus.</i> Elias Schedius, persuadé comme les autres que <i>Belenus</i> est le Soleil, a cru que ce nom n'étoit qu'un assemblage de lettres, qui prises ensemble font en chifre le nombre de jours que le Soleil est à faire sa révolution. Car :</p><p>2, 8, 30, 5, 50, 70, 200.</p><p>font 365. mais est-il sûr que , ou US, soit du nom Gaulois, &amp; que ce ne soit pas une terminaison Grecque, ou Latine, ajoûtée au mot Gaulois, Illyrien, ou Phénicien ? Elias Schedius, <i>de Diis Germanis,</i> Elias Vinet, dans son Commentaire sur Ausone, &amp; les autres Auteurs que j'ai cités, parlent de ce Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4643" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÊLER" />
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    <head>BÊLER</head>
    <p>
    BÊLER , v. n. Faire des bêlemens. <i>Balare.</i> Les moutons <i>bêlent,</i> quand ils aperçoivent de l'eau.</p><p>Ce mot est fait par onomatopée ; c'est-à-dire, du son que fait l'animal en criant, &amp; selon Pasquier il est plus naturel que le <i>balare</i> des Latins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4643" id="2" type="">
   <index type="head" value="BÊLER" />
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    <head>BÊLER</head>
    <p>
    <pb n="573" facs="bpt6k8542165/f613/full/1200,/0/native.jpg"/> Bêler , se dit figurément, mais dans le style bas, des cris des petits enfans qui souffrent quelque douleur, ou qui veulent avoir quelque chose. Il ne faut pas laisser accoutumer les enfans à <i>bêler.</i></p><p>On dit proverbialement que la brebis <i>bêle</i> toujours d'une même sorte ; pour dire, qu'on ne change guère les manières qui nous viennent de la nature.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4644" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELETTE" />
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    <head>BELETTE</head>
    <p>
    BELETTE , s. f. Petit animal sauvage qui fait la guerre aux pigeons, qui a le gosier blanc, le dos rouge, &amp; le museau étroit. <i>Mustella.</i> Il y en a de deux espèces : l'une qui est sauvage, qu'on appelle proprement <i>moustelle,</i> qui vit à la campagne : l'autre domestique, qui se cache dans les greniers, qu'on appelle <i>fouïne.</i> Cet animal est petit, mais cruel &amp; hardi. Ovide a dit que la <i>belette</i> faisoit ses petits par la bouche : mais c'est à cause que l'amour qu'elle a pour ses petits, fait qu'elle les transporte souvent d'un lieu en un autre. Plutarque dit qu'il y en a qui croient que la <i>belette</i> s'accouple avec son mâle, &amp; qu'elle fait ses petits par la bouche ; &amp; que les Thessaliens honoroient les <i>belettes.</i> On dit que la <i>belette</i> combat le serpent ayant auparavant mangé de la rue ; Plutarque dit au contraire que quand les <i>belettes</i> ont mangé un serpent, elles prennent de la rue pour se purger. Elle fait mourir le basilic, selon Pline ; &amp; elle recouvre la vûe comme le lézard, si par accident elle a un oeil crevé, ou poché. Les fumées des fouines, martes &amp; <i>belettes,</i> sentent le musc. La cendre de la <i>belette</i> incorporée dans de l'eau, &amp; appliquée sur le front, ôte les douleurs de tête, &amp; si on la jette dans les yeux, elle guérit les cataractes. Les Naturalistes mettent au rang des <i>belettes</i> les martes, les furets &amp; les écurieux. Les Espagnols appellent ce petit animal <i>comadreja,</i> &amp; les Italiens <i>donnola.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4645" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELGE" />
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    <head>BELGE</head>
    <p>
    BELGE , s. m. &amp; f. <i>Belga.</i> Nom de peuple. Les <i>Belges</i> sont des anciens peuples des Gaules. Ils habitoient au Nord des Celtes, desquels ils étoient séparés par la Marne &amp; la Seine, comme dit César au commencement de ses Commentaires. Il ajoûte que les <i>Belges</i> étoient les plus braves des trois nations qui occupoient la Gaule. Les <i>Belges</i> étoient les inventeurs du Char, nommé <i>Essedum,</i> à moins que Virgile dans ce vers Liv. III. Georg. vers. 204.</p><p>n'ait mis <i>Belgica</i> pour <i>Gallica,</i> comme Servius l'interprète.</p><p>Quelques Auteurs, au rapport d'Hoffman, font venir ce nom du mot Allemand <i>Wahlen,</i> ou <i>Walgen,</i> qui est le nom que les Allemands donnent aux François &amp; aux Italiens ; mais ce mot ne paroît pas si ancien que celui de <i>Belga,</i> &amp; est formé sur lui, ou sur celui de <i>Gallus.</i> La partie de l'Italie qui touche l'Allemagne, étoit la Gaule Cisalpine. D'autres font venir ce nom du mot <i>Balgen,</i> qui selon Junius, signifie <i>combattre,</i> &amp; venir aux mains, &amp; ils disent qu'il fut donné aux <i>Belges,</i> à cause de leur férocité naturelle dans les combats, ou de leur humeur guerrière. D'autres croient que ce nom est un mot Celtique ; que dans cette langue, qui venoit de l'Hébreu, on disoit, comme en Hébreu, , <i>balag,</i> que Buxtorf traduit <i>confortare se</i> ; que de-là se forma le mot <i>Belga,</i> qui fut donné à ces peuples, parce que, comme dit César, <i>horum omnium (Celtarum &amp; Aquitanorum) fortissimi sunt Belgae. Comment. de bello Gall.</i> Liv. I. ch. 1. Guillaume Breton, Auteur de la <i>Philippide,</i> le tire de Berg S. Vinoch, comme si le mot <i>Belga</i> n'étoit pas plus ancien que celui de ce Fort. Le Moine Robert, dans sa Chronique à l'an 1210. dit qu'il vient de <i>Belgis</i>, ancien nom de la ville de Trèves. D'autres le dérivent aussi d'une ville nommée <i>Belgis ;</i> mais ils la placent en Bourgogne, &amp; disent que c'est Baugey proche de Mâcon, mais les <i>Belges</i> n'habitoient point là. Dom Du Plessis le dérive de <i>Bel</i>, qui selon lui doit signifier un <i>Belier,</i> ou un <i>mouton,</i> comme <i>Belch</i> ou <i>Belg</i> a du signifier un <i>Berger.</i> Encore aujourd'hui, dit-il, <i>Belec</i> en Bas-Breton veut dire un <i>Prêtre,</i> sans doute dans le sens de <i>Pasteur.</i> En effet les anciens Belges étoient adonnés à la vie Pastorale : <i>Pascat Belga pecus,</i> dit Claudien. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. T. II. pag.</i> 2.</p><p>On appelle aujourd'hui <i>Belges</i> en Poësie Françoise, &amp; en Latin, tant en prose qu'en vers, les habitans des XVII. Provinces des Pays-Bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4646" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELGIQUE" />
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    <head>BELGIQUE</head>
    <p>
    BELGIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient aux Belges, qui concerne les Belges. <i>Belgicus.</i> Ce mot se disoit autrefois par rapport au peuple Gaulois, qu'on appelloit <i>Belges.</i> Aujourd'hui il est fort bien reçû dans notre Poësie, &amp; pourroit même trouver place dans la prose, pourvu qu'on en usât sobrement, pour signifier ce qui concerne les peuples des Pays-Bas. Ainsi nous disons, Nos bataillons, nos armées ont inondé les plaines <i>Belgiques,</i> &amp;c.</p><p>Le Lion <i>Belgique,</i> c'est-à-dire, les Belges, parce que les armes des Provinces-Unies sont un Lion.</p><p>La Gaule <i>Belgique,</i> est le pays qu'habitoient les anciens Belges. <i>Belgium.</i> Nous savons ses bornes du côté du Midi, &amp; de l'Orient, &amp; de l'Occident ; car César dit qu'ils étoient séparés des Celtes par la Marne &amp; la Seine, &amp; qu'ils étoient voisins des Germains qui habitoient de l'autre côté du Rhin ; ainsi ils s'étendoient jusqu'à ce fleuve, qui les séparoit des Germains, ou Allemands ; mais on ne sait pas si bien jusqu'où ils s'étendoient du côté du Nord. Cluvier prétend que la Gaule <i>Belgique</i> étoit le pays des <i>Bellovaces,</i> aujourd'hui le Beauvaisis. Sanson y ajoûte l'Amienois, l'Artois, &amp; peut-être même le Vermandois, &amp; les Sylvanectes, ou le pays de Senlis. César, Liv. V. ch. 24. distingue le pays des Belges de celui de Rheims, des Morins, des Nerviens &amp; des Eburons, mais Hertius y comprend le pays des Atrébates, ou l'Artois. Ainsi il semble que les Belges ne s'avançoient point du côté de l'Occident jusqu'à l'Océan Britannique, &amp; que du côté du Septentrion il ne passoit pas les Atrébates.</p><p>Aujourd'hui par la <i>Belgique,</i> ou le pays des Belges, <i>Belgium,</i> nous entendons les XVII. Provinces des Pays-Bas, c'est-à-dire, que nous le commençons où il finissoit autrefois ; mais comme je l'ai dit, cela n'est presqu'en usage qu'en poësie. En Latin on se sert de ce nom en prose comme en vers dans ce sens. Wassebourg Archidiacre de Verdun, a fait les <i>Antiquités de la Gaule Belgique</i> en deux vol. <i>in fol.</i> 1549. Petrus Divaeus a écrit <i>De Belgio veteri,</i> du pays des Belges sous les Romains. Il avoit aussi traité de l'Etat du même pays sous les Francs ; mais cette partie n'a point été imprimée, dit Miroeus, qui l'avoit manuscrite.</p><p>
    </p>
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    <head>BELGIQUE</head>
    <p>
    Belgique , s. f. Terme usité dans l'Histoire Ecclésiastique. <i>Belgica.</i> C'est le nom qu'on a donné à deux Provinces Ecclésiastiques des Gaules. La première <i>Belgique, Prima Belgica,</i> c'est la Province dont Trèves étoit la Métropole. Elle comprenoit l'Archevêché de Trèves, &amp; les Evêchés ses suffragants ; qui sont Metz, Toul &amp; Verdun. La seconde <i>Belgique, Secunda Belgica,</i> c'est la Province de Rheims, qui comprenoit les Diocèses de Rheims, de Soissons, de Châlons sur Marne, de Laon, de Senlis, de Beauvais, d'Amiens, de Noyon, de Boulogne, de Cambray, d'Arras, de Tournay &amp; de Térouenne. Voyez la Notice des Evêchés de Papirius Masson.</p><p>
    </p>
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    <head>BELGRADE</head>
    <p>
    BELGRADE , s. f. Ville de Turquie en Europe, dans la Servie, proche du Danube, un peu au-dessous du confluent de la Save. <i>Alba Graeca, Alba Bulgarica, Belgrada, Belgrade</i> s'appelle autrement Albe Grecque, &amp; en Allemand Griechish Wissenbourg. Les Hongrois la nomment <i>Nandor Alba. Belgrade</i> fut vendue par le Despote de Servie au Roi de Hongrie, auquel elle fut soumise jusqu'en 1521. que Soliman II. s'en rendit maître. Les Impériaux la prirent en 1688. sous la conduite du Duc de Bavière, &amp; la perdirent en 1690. Loyd croit que ceux qui la prennent pour l'ancien <i>Taurunum</i> sont mal fondés, &amp; que <i>Belgrade</i> seulement s'est accrue des ruines de cette ville. Voyez Hoffman, Maty, Corneille.</p><p>Il y a encore une autre <i>Belgrade</i> en Turquie sur la mer Noire, à six ou sept lieues de Galata au Septentrion, qu'on a ainsi appellée à cause de sa beauté. T. Corn. <i>d'après Wheler. Voyage du Levant.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BELIAL</head>
    <p>
    BELIAL , s. m. C'est le nom qu'on donne au Démon, &amp; qui signifie en général quelque chose de fort mauvais, fort malin ; celui qui ne sauroit souffrir le joug : ce qui convient très-bien au Démon, aux libertins, &amp; aux grands pécheurs. S. Paul, 1. Cor. VI. 15. donne ce nom au Démon, &amp; l'oppose à J. C. Quel accord entre J. C. &amp; <i>Belial</i> ? Port-R. Et quelques-uns croient en effet que c'est un nom du Démon : Aquila le rend par Apostat, , &amp; Suidas au mot , où il faut lire , comme a remarqué Hoffman, &amp; comme M. Kuster a corrigé, Suidas dit que c'est là sa signification en Hébreu. La Paraphrase Chaldaïque l'interprète , <i>impieté, méchanceté</i> ; mais je ne sai où un Auteur moderne a pris que <i>Belial</i> est le nom d'une idole des Sidoniens : ce Dieu de Syrie a échappé, si je ne me trompe, à Seldenus.</p><p>L'Ecriture fait entrer ce nom dans plusieurs phrases que notre langue a consacrées ; ainsi l'on dit, <i>Enfans de Belial, Deut.</i> XIII. 13. Des enfans de <i>Belial</i> sont sortis de vous, qui ont détourné du Seigneur les habitans de la ville. Sac. Fille de <i>Belial,</i> 1. des Rois I. 16. Anne répond au grand Prêtre Héli, qui l'accusoit d'être yvre, Ne croyez pas que votre servante soit comme l'une des filles de <i>Belial.</i> Sacy. Et Seméi dit à David, II. des Rois XVI. 7. Sors homme de sang, &amp; homme de <i>Belial.</i> Id. David dit au même livre, XXII. 5. Les douleurs de la mort m'ont assiégé, les torrens de <i>Belial</i> m'ont épouvanté. Id. Nahum I. 15. promet à Juda que <i>Belial</i> ne passera plus au milieu de lui ; parce qu'il est entièrement détruit. R. David Kimhhi, dans son Commentaire, dit que <i>Belial</i> signifie Sennacherib, qui étoit mort.</p><p>Ce mot est Hébreu, mais il n'est pas aisé d'en déterminer l'étymologie. Quelques-uns prétendent qu'il est formé de la négation , ou , &amp; de , <i>joug</i> ; &amp; qu'il signifie un homme qui n'a point de joug, &amp; qui ne le peut souffrir, qui secoue le joug de Dieu, de la loi, de sa conscience, un impie, un scélérat. Il semble que ç'ait été là le sentiment des Septante, qui traduisent , <i>Enfans de Belial,</i> . Ils le traduisent encore en d'autres endroits . Peut-être aussi étoit-ce le sentiment d'Aquila, qui le rend par , <i>Apostat.</i> C'est celui de S. Jérôme, de plusieurs Modernes aussi bien que des Thalmudistes au Traité Sanhédrin, &amp; de R. Schélomoh, <i>Deuter.</i> XIII. 13. D'autres, en y donnant le même sens, le tirent de , <i>non,</i> &amp; , <i>sur, au-dessus,</i> comme si l'on avoit voulu dire que c'est un homme qui ne peut souffrir personne au-dessus de lui, ni maître, ni supérieur, &amp;c. Ceux qui croient que c'est un nom du Diable, le dérivent de la même négation , <i>sans</i> : &amp; de , qui signifie le <i>Très-Haut,</i> pour dire, celui qui est séparé du <i>Très-Haut.</i> Arias Montanus le compose de , <i>non,</i> &amp; , <i>monter,</i> de sorte que <i>Belial,</i> selon lui, est la même chose que celui qui ne monte point, qui n'avance, qui ne profite point, <i>absque profectu, homo frugis, profectûs &amp; emendationis expers.</i> Il a pris cette interprétation de R. D. Kimhhi, qui explique ce mot , <i>qui ne monte &amp; ne prospère pas.</i> D'autres après les Rabbins le dérivent de , &amp; de , <i>profuit,</i> &amp; le prennent pour inutile, qui n'est bon à rien, un vaurien, méchant, mauvais. Grégorius Grégori, dans son <i>Lexicon Sanctum cap.</i> 618. croit qu'on peut encore le tirer de la négation , &amp; de , <i>faire,</i> &amp; l'expliquer, un paresseux, un fainéant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELIC</head>
    <p>
    BELIC , ou BELIF. Terme de Blason , dont on se sert quelquefois pour signifier <i>gueules,</i> ou couleur rouge. <i>Coccineus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉLIDE</head>
    <p>
    BÉLIDE , s. m. &amp; f. Nom patronymique, qui signifie, Qui est de la race de Belus. Ainsi Virgile Enéïd. Liv. II. v. 81. appelle Palame de <i>Bélide,</i> &amp; les Danaïdes sont aussi appellées <i>Bélides,</i> parce qu'elles étoient petites-filles de Bel surnommé l'ancien, père de Danaüs Roi d'Argos, dont elles étoient filles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELIER</head>
    <p>
    BELIER , s. m. C'est le mâle de la brebis qui engendre les agneaux ; qui a une toison de laine, &amp; des cornes en forme de volute. <i>Aries.</i> Le <i>belier</i> Colonel de la laineuse troupe. Ronsard. Les <i>beliers</i> doguent les uns contre les autres, c'est-à-dire, se battent entre eux en se présentant la tête. Un divertissement des Rois de Perse est de faire choquer des <i>beliers,</i> pour qui l'on parie de tous côtés, pendant que les maîtres &amp; les intéressés de part &amp; d'autre les animent au combat. Wicqfort. Il ne faut qu'un bon <i>belier</i> pour tout un troupeau de brebis. Quand les Romains déclaroient la guerre à quelqu'un de leurs voisins, le Héraut appellé <i>Foecialis</i> prenoit un <i>belier,</i> le conduisoit sur les terres de l'ennemi, &amp; l'y abandonnoit, pour marquer que ces terres seroient bient-tôt des patûrages du peuple Romain.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>vellarius,</i> qui a été fait de <i>vellus, toison.</i> D'autres de <i>balarius,</i> ou de <i>balare</i> ; Borel de <i>belin,</i> vieux mot François, qui signifioit <i>sot</i> &amp; <i>mouton</i> ; le Père Thomassin de l'Hébreu <i>Bahal, dominus,</i> maître, parce que le <i>belier</i> est le maître du troupeau, il y domine ; mais cette étymologie est tirée de bien loin ; Guichard de , <i>Jobel,</i> mot Hébreu, qui se donne au même animal.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELIER</head>
    <p>
    Belier , est aussi une grosse poutre de bois ferrée par le bout, &amp; qui a quelquefois des pointes en forme de cornes de <i>belier. Aries, arietaria machina.</i> Les Anciens s'en servoient avant l'invention du canon pour battre les murailles d'une ville. Il y a plusieurs sortes de <i>beliers</i> décrits dans Juste Lipse, Vegece, &amp; autres. M. Félibien dit qu'il y avoit trois sortes de <i>beliers</i> ; les uns qu'on suspendoit à des cordes ; les autres qui couloient sur des rouleaux ; &amp; les autres que soutenoient sur leurs bras ceux qui les faisoient agir contre la muraille qu'on vouloit battre. Vitruve assure que ce furent les Carthaginois qui inventerent le <i>belier</i> pendant qu'ils assiégeoient Cadis. Ils se servirent d'abord d'une grosse pièce de bois que plusieurs hommes tenoient entre leurs bras, &amp; dont ils donnoient de grands coups contre la muraille. Péphasmenos Tyrien trouva le moyen de suspendre cette grosse pièce de bois à une autre. D'autres partagent entre Geras &amp; Péphasmene la gloire d'avoir trouvé le moyen de suspendre le <i>belier.</i> La machine qu'on opposoit au <i>belier</i> pour en arrêter la force, s'appelle Loup. Josephe <i>de la Guerre des Juifs</i> Liv. III. ch. 15. remarque que ce qui fit donner à cette machine le nom de <i>Belier,</i> c'est qu'elle étoit armée au bout d'un gros fer qui avoit la forme de tête de <i>belier,</i> &amp; apparemment on lui donna ce nom &amp; cette forme, parce qu'elle doguoit les murailles à peu près comme les <i>beliers</i> doguent les uns contre les autres, c'est-à-dire, parce qu'elle frappoit les murailles à peu-près de même qu'un <i>belier</i> heurte son adversaire. Enfin Polydus Thessalien perfectionna cette machine, pendant le siége que Philippe, Roi de Macedoine, &amp; fils d'Amintas, mit devant Bysance, qui est aujourd'hui Constantinople. Il y a pourtant quelques Critiques qui prétendent que les Grecs menerent Epeus au siége de Troye, &amp; que ce fut lui qui inventa le <i>belier</i> pour abattre les murs de la ville. Felib. Les François se servoient comme les Romains de Tortues, ou de galeries couvertes, pour faire jouer contre les murailles cette longue &amp; grosse poutre ferrée par le bout, à qui on avoit donné le nom de <i>belier,</i> &amp; qui par le moyen des cables où elle étoit suspendue, étoit poussée contre la muraille, pour la rompre &amp; l'abattre. P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELIER</head>
    <p>
    Belier , autrement <i>Aries.</i> Terme d'Astronomie . Le premier des douze signes du Zodiaque où le soleil entre au mois de Mars : c'est le point d'où on commence à compter les degrés du Zodiaque suivant l'ordre &amp; la succession des signes. Cette Constellation est composée de treize étoiles, selon Ptolomée : c'est le domicile de Mars, &amp; l'exaltation du soleil, &amp; elle fait avec le Lion &amp; le Sagittaire le trigone de feu. Les Poëtes ont feint que c'est le <i>belier</i> qui portoit la toison d'or, &amp; sur lequel Phrixus se sauva avec sa soeur Hellé, en fuyant la persécution d'Ino, femme d'Athamas Roi de Thebes. En traversant l'Hellespont sur ce <i>belier,</i> Hellé effrayée tomba dans la mer, &amp; donna le nom à l'Hellespont. Phrixus passa dans la Colchide, où il sacrifia son <i>belier</i> à Jupiter : &amp; ce <i>belier</i> fut placé au ciel. Poëtiquement le <i>belier</i> signifie le printemps : On ne voit point la fourmi,</p><p>D'autres disent que c'est celui qui montra une fontaine à Bacchus <pb n="575" facs="bpt6k8542165/f615/full/1200,/0/native.jpg"/>errant dans les déserts de Lybie, &amp; pressé de la foif. On dit que ce sont les Egyptiens qui ont donné le nom de <i>belier</i> au premier signe du Zodiaque, &amp; cela à l'honneur de Cham, ou de Jupiter Ammon, que l'on représentoit avec des cornes de <i>belier</i> pour marque de sa puissance. Cependant cette constellation n'a pas seulement passe pour le signe de Jupiter Ammon, mais encore pour celui de Minerve, &amp; c'est ainsi que Virgile l'appelle, Enéïd. Liv. XI. v. 258. &amp; c'est parce qu'il est le premier des signes, &amp; qu'il conduit pour ainsi dire les autres, qu'on en a fait le signe de Minerve, Déesse de la prudence &amp; de la conduite, &amp; ce qui a fait dire à Manilius Liv. II.</p><p>Sa figure en Astronomie est ; dans les ouvrages des Grecs ses cornes sont plus tortillées en forme de volute. On peut voir sur tout ceci le <i>Coelum Astronomicum</i> de Caesius, pag. 21. Saumaise sur Solin p. 1236. &amp; Vossius <i>de Idolol. Lib. II. cap.</i> 36.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELIÈRE</head>
    <p>
    BELIÈRE , s. f. Anneau qui suspend le battant d'une cloche. <i>Annulus.</i> C'est aussi l'anneau qui est au dedans du dessus d'une lampe d'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4653" id="1" type="fleuriste">
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    <head>BELIN</head>
    <p>
    BELIN , subst. masc. Terme de Fleuriste . Nom de tulipe. Le <i>Belin ordinaire</i> est rouge, colombin, blanc. Le <i>Belin Trelon</i> violet, peu de rouge &amp; blanc. Cult. des Fleurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉLISAME</head>
    <p>
    BÉLISAME , s. f. Terme de Mythologie . <i>Belisama.</i> C'est la même chose en Europe que Béel-samin (Seigneur du Ciel) en Orient. Les Européens avoient emprunté ce terme des Orientaux. C'étoit une épithète que l'on donnoit à Minerve, à Junon, à Vénus &amp; à la Lune. Une inscription antique trouvée à Conserans porte,</p><p>MINERVAE BELISAMAE Q. VALERIVS MONVM....</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELÎTRAILLE</head>
    <p>
    BELÎTRAILLE , s. f. Troupe de belîtres. <i>Mendiculorum grex.</i> Ce mot ne se trouve que dans Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELÎTRE</head>
    <p>
    BELÎTRE , s. m. Gueux qui mandie par fainéantise, &amp; qui pourroit bien gagner sa vie. Il se dit quelquefois par extension des coquins qui n'ont ni bien, ni honneur. <i>Mendicus, vilis homuncio, homo tressis, trioboli.</i> Ménage dérive ce mot de l'Allemand <i>betler,</i> qui signifie, <i>gueux, mendiant ;</i> Scaliger du Latin <i>balatro</i> ; d'autres <i>à balistâ,</i> parce que souvent les Archers &amp; Arbalêtiers ont tenu la campagne, &amp; pillé le Paysan. Erasme le dérive du Grec , en Latin <i>blitum,</i> espèce d'herbe fort inutile qui n'a aucune saveur, d'où la métaphore a été tirée à un stupide, &amp; à un lourdaut, à un <i>belître,</i> qu'on appelle aussi un <i>vautrien.</i> D'autres disent qu'il vient de <i>Velitrensis</i>. A Pontoise les Confrères Pélerins de la Confrerie de saint Jacques ont porté long-temps le nom de <i>Belîtres</i> ; &amp; ce nom n'étoit point odieux. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. II. p.</i> 204.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie un <i>rien.</i> De-là est venu le mot <i>Blîtri,</i> dont on se sert dans l'Ecole pour désigner un homme sans nom. Nous disons en François un <i>quidam.</i> Huet. Cet Auteur écrit <i>blitre,</i> au lieu de <i>belître.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELITRERIE</head>
    <p>
    BELITRERIE , s. f. Gueuserie. <i>Mendicitas.</i> Métier de belître &amp; de fainéant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELLAGINES</head>
    <p>
    BELLAGINES , ou BILAGINES, s. f. &amp; plur. <i>Bellagines.</i> Loix municipales des Goths recueillies par Diceneus, qui leur donna ce nom, comme le rapporte Jornandez, <i>De Reb. Goth. L. I. C.</i> 11. Spelman explique fort au long ce mot dans son <i>Glossar. Archaeol.</i> C'est un nom Saxon. <i>By</i> en Saxon signifie, une habitation, un bourg, une ville chez les Goths, &amp; <i>Lagen</i> veut dire une loi. Encore aujourd'hui en Angleterre <i>Bilawa</i> signifie les loix que les bourgs se sont faites. En Ecosse on dit <i>Birlawa,</i> &amp; <i>Burlaws.</i> En Allemand <i>Baur</i> signifie un Paysan, &amp; <i>law</i> une loi, d'où il s'ensuit qu'on a peut-être dit <i>Bellagines,</i> ou <i>Bilagines,</i> pour Birlagines.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELLANDE</head>
    <p>
    BELLANDE , s. f. Nom propre de femme. <i>Berelendis.</i> Il y a un Prieuré de sainte <i>Bellande</i> en Rételois. Voyez sur cette Sainte Bollandus, &amp; M. Chastelain au troisième de Fév. D. Mabillon au troisième siècle de ses <i>Acta SS. Ben. P. I. p.</i> 16.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELLÂTRE</head>
    <p>
    &#9758; BELLÂTRE , s. m. Qui a un faux air de beauté, une beauté mêlée de fadeur. <i>Pulchellus.</i> C'est un <i>bellatre</i> qui se croit fort beau. Il s'emploie quelquefois adjectivement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELLE</head>
    <p>
    BELLE , adj. f. Voyez <ref type="search" target="head:BEAU">BEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BELLE</head>
    <p>
    BELLE , en termes de Marine , est la partie du pont d'en haut qui regne entre les hautsbans de misaine, &amp; les hautsbans d'artimon. Cet endroit du pont est presque à découvert par les flancs, à cause que son platbord est moins élevé que le reste : aussi c'est ordinairement par la <i>belle</i> qu'on vient à l'abordage.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BELLE CHEVREUSE" />
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    <head>BELLE CHEVREUSE</head>
    <p>
    BELLE CHEVREUSE , s. f. Espèce de pêche, que l'on nomme aussi simplement <i>Chevreuse.</i> La <i>Belle Chevreuse</i> succède à la Mignone, &amp; devance un peu la Violette. La Quint. <i>P. III. C.</i> 14. <i>p.</i> 435. La <i>Chevreuse</i> a de très-grands avantages ; premièrement elle ne cède guère à aucune autre en grosseur, en beauté de coloris, en belle figure, qui est un tant soit peu longuette, en chair fine &amp; fondante, en abondance d'eau sucrée &amp; de bon goût, &amp; par-dessus cela elle excelle par la fécondité de son rapport. Elle n'a d'autre défaut que celui d'être quelquefois pâteuse ; mais elle ne l'a que quand on la laisse trop mûrir, ou qu'elle a été nourrie dans un fond froid &amp; humide, ou qu'elle a rencontré un été peu chaud &amp; peu sec. Elle demande sur-tout place au Levant ou au Midi ; dans les fonds médiocrement humides elle ne s'accommode pas mal du Couchant. C'est une très-bonne espèce de Pêche, &amp; la plus commune parmi les gens qui en élevent pour en vendre. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4664" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLE-DAME" />
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    <head>BELLE-DAME</head>
    <p>
    &#9758; BELLE-DAME , s. f. Sorte d'herbe potagère, de l'Italien <i>bella Donna.</i> Men.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4665" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLE ET BONNE" />
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    <head>BELLE ET BONNE</head>
    <p>
    BELLE ET BONNE , s. f. Nom d'une espèce de poire, que la Quintinie T. I. pag. 385. met parmi les mauvaises. Elle est du 10. d'Octobre. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4666" id="1" type="">
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    <head>BELLE-FILLE</head>
    <p>
    &#9758; BELLE-FILLE , s. f. Celle qui n'est fille que d'alliance par mariage. La femme du fils, ou la fille de celui ou de celle qu'on épouse. <i>Nurus. Privigna.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4667" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLEGARDE" />
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    <head>BELLEGARDE</head>
    <p>
    BELLEGARDE , s. f. Espèce de Pêche qui mûrit en Septembre. La Quint. Elle est des petites. Id. <i>P. III. c.</i> 5. <i>p.</i> 422. Elle ne réussit pas au Couchant. Id. La <i>Bellegarde</i> est une très-belle pêche du commencement de Septembre, un peu hâtive, un peu moins colorée dehors &amp; dedans que l'Admirable, &amp; a même la chair un peu plus jaunâtre, &amp; peut-être le goût un peu moins relevé. A cela près on la pourroit prendre pour l'Admirable, à voir sa grosseur &amp; sa figure ; mais elle ne fait pas un si bel arbre. Id. <i>P. III. C.</i> 14. <i>p.</i> 450.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4667" id="2" type="">
   <index type="head" value="BELLEGARDE" />
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    <head>BELLEGARDE</head>
    <p>
    Bellegarde , s. f. est aussi une sorte de laitue pommée. <i>Lactucae species.</i> La <i>Bellegarde</i> ne diffère de la Royale qu'en ce que celle-ci est plus crépée. Chomel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4668" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLEMENT" />
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    <head>BELLEMENT</head>
    <p>
    BELLEMENT , adv. D'une manière lente &amp; sans bruit. <i>Lentè, placidè, leniter.</i> Il faut marcher tout <i>bellement</i> dans la chambre d'un malade. Ce mot est bas &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4669" id="1" type="">
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    <head>BELLE-MERE</head>
    <p>
    &#9758; BELLE-MERE , s. f. La femme qu'un père épouse en secondes nôces, ou la mère de celui ou de celle qu'on épouse. <i>Noverca. Socrus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4670" id="1" type="">
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    <head>BELLE-SOEUR</head>
    <p>
    &#9758; BELLE-SOEUR , s. f. La soeur de celui ou de celle qu'on épouse. <i>Glos.</i> Deux femmes qui ont épousé les deux frères sont aussi <i>belles-soeurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4671" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLEVERGE" />
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    <head>BELLEVERGE</head>
    <p>
    BELLEVERGE , s. f. Espèce de mauvaise poire, qui se mange au mois d'Août. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4672" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLEY" />
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    <head>BELLEY</head>
    <p>
    BELLEY , s. m. qu'on dit aussi avec l'article, Le <i>Belley,</i> du <i>Belley,</i> au <i>Belley.</i> Ville Episcopale de France, située près du Rhône, &amp; du Foran, dans le Bugey, dont elle est Capitale. Maty. <i>Bellica, Belliga, Belisma, Belisama, Belicensium,</i> ou <i>Bellicensis Civitas.</i> Voyez de Valois, <i>Not. Gall. p.</i> 78. L'Evêque du <i>Belley</i> est Seigneur temporel de l'Evêché, &amp; se dit Prince de l'Empire. Audax, le premier Evêque du <i>Belley</i> dont nous ayons connoissance, vivoit l'an 412. On écrit aussi <i>Béley,</i> ou <i>Belay ;</i> ou <i>Bellay,</i> selon M. de Valois. Jamais les diversités de M. Du <i>Bellay</i> n'y firent oeuvre. Masc. C'est une espèce de proverbe qui se dit d'un homme qui parle, ou d'un Auteur qui écrit de différentes espèces de choses dans un même discours, ou dans un même Livre. Ces diversités de M. Du <i>Belley</i> sont un Poëme de la nature &amp; de la diversité des Pierres précieuses fait par Remi du <i>Belley,</i> &amp; qui est son meilleur ouvrage. <pb n="576" facs="bpt6k8542165/f616/full/1200,/0/native.jpg"/>Guichenon a donné en Latin une suite Chronologique des Evêques du <i>Belley.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4673" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BELLINCOURT" />
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    <head>BELLINCOURT</head>
    <p>
    BELLINCOURT . Terme de Fleuriste . Tulipe de couleur de feu &amp; blanc de lait. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4674" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLIQUEUX, EUSE" />
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    <head>BELLIQUEUX, EUSE</head>
    <p>
    BELLIQUEUX, EUSE , adj. Qui aime la guerre. <i>Bellicosus.</i> Les François sont des peuples <i>belliqueux.</i> Les chevaux sont des animaux <i>belliqueux.</i> Alexandre, César, avoient l'humeur <i>belliqueuse.</i> Ceux qui ont bien connu l'Egypte, ont reconnu qu'elle n'étoit pas <i>belliqueuse.</i> Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4675" id="1" type="">
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    <head>BELLISSIME</head>
    <p>
    BELLISSIME , adjectif superlatif. Très-beau. <i>Bellissimus.</i> Il n'est en usage que dans la conversation, ou dans une lettre. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4675" id="2" type="">
   <index type="head" value="BELLISSIME" />
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    <head>BELLISSIME</head>
    <p>
    Bellissime , s. f. Sorte de poire du mois d'Août, &amp; qui est mauvaise. La Quint. <i>T. I. p.</i> 386.</p><p>Les Fleuristes donnent aussi ce nom à une tulipe couleur de pêcher, fleur de lin &amp; blanc d'entrée. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4676" id="1" type="">
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    <head>BELLOCES</head>
    <p>
    &#9758; BELLOCES , ou BELOCES, selon le Glossaire du Roman de la Rose s. f. Ce sont des sortes de prunes. On le dit en Champagne de toutes les prunes en général, &amp; il n'est en usage que parmi le peuple. Manger des <i>beloces. Belloce</i> vereuse. On prononce <i>Bloce,</i> que le petit peuple emploie aussi pour dire <i>blette</i> ou <i>bleque, éne poëre bloce,</i> c'est-à-dire, <i>une poire blette,</i> une poire molle par trop de maturité. Borel, qui ne savoit pas la véritable signification de <i>beloce,</i> dit que c'est ou quelque petite monnoie, ou autre chose de petite considération.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4677" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLON" />
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    <head>BELLON</head>
    <p>
    &#9758; BELLON , s. m. Grand cuvier ovale qu'au temps de la vendange on charge sur une charrette pour y mettre des raisins, &amp; les transporter de la vigne à la cuve. Ce mot est en usage en quelques endroits de Champagne. Furetiere écrit <i>banneau,</i> du <i>bennau</i> : un <i>banneau</i> de vendange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4678" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLONAIRE" />
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    <head>BELLONAIRE</head>
    <p>
    BELLONAIRE , s. m. <i>Bellonarius.</i> Prêtre de Bellone. C'est du Grammairien Acron que nous apprenons ce nom, &amp; l'ancien Scholiaste de Juvenal s'en sert aussi. Les <i>Bellonaires,</i> au rapport de Tertullien &amp; de Lactance, se déchiroient le corps dans les sacrifices de Bellone, &amp; lui offroient leur sang. Il semble que dans la suite ils se contenterent de faire semblant de se déchirer ; car Lampridius, dans Commode, C. 9. dit que cet Empereur par un esprit de cruauté les obligea de se déchirer effectivement les bras ; preuve que d'ordinaire ils ne le faisoient pas véritablement. On peut voir ce que disent des <i>Bellonaires</i> Tertullien, <i>Apolog.</i> C. 9. Lactance, L. I. C. 1. le Scholiaste de Juvenal sur la Satyre VI. v. 105. Jacob Ouzelius sur Minutius Felix, p. 196.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4679" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLONE" />
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    <head>BELLONE</head>
    <p>
    BELLONE ; s. f. <i>Bellona.</i> Déesse de la Guerre, soeur ou compagne de Mars. Si l'on en croit Varron elle se nomma d'abord Duellone, <i>Duellona,</i> d'où se forma <i>Bellone.</i> Hygin, Fab. 274. dit qu'elle fut l'inventrice de l'aiguille, qui en Grec s'appelle , &amp; que c'est de-là que lui vint son nom. On la dépeint les cheveux épars, couverte de sang, une pique ou une faux d'une main &amp; une torche ardente, ou quelquefois un bouclier, ou un fouet de l'autre, &amp; vêtue d'un casque &amp; d'une cuirasse. <i>Bellone</i> avoit un Temple à Rome dans lequel le Sénat donnoit Audience aux Ambassadeurs étrangers, &amp; aux Généraux qui revenoient de commander les armées. La Divinité contraire à <i>Bellone</i> étoit le Dieu Pause, <i>Pausus,</i> c'est-à-dire, <i>repos,</i> comme l'a remarqué Turnèbe. <i>Adv. L. XV. C.</i> 21. Rosin, <i>Antiq. Rom. L. IV. C.</i> 10. Casaubon sur Lampridius, C. 9. de la vie de Commode, Tertullien, <i>Apolog. C.</i> 9. <i>de Pallio, C.</i> 4. &amp; Lactance, <i>Instit. L. I. C.</i> 21. parlent de <i>Bellone.</i> Vaienton ne se récria pas moins que lui sur la beauté du turbot ; mais en homme que <i>Bellone</i> inspiroit, il prononce cet oracle. P. Tarter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4680" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLOSANNE" />
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    <head>BELLOSANNE</head>
    <p>
    &#9758; BELLOSANNE . Abbaye d'homme de l'Ordre de Prémontré, fondée en 1198. dans le Pays de Brai au Diocèse de Rouen. Jacques Vatable, François Amiot, &amp; Pierre Ronsard en ont été Abbés. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. p.</i> 165.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4681" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLOT, OTTE" />
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    <head>BELLOT, OTTE</head>
    <p>
    BELLOT, OTTE , adjectif. Qui a quelque beauté. <i>Bellulus.</i> Il se dit particulièrement de la beauté des petits enfans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4682" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLOVAGE" />
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    <head>BELLOVAGE</head>
    <p>
    BELLOVAGE , s. m. &amp; f. ou BELLOVACIEN, enne. Ancien peuple de Gaule qui habitoit ce que nous appellons aujourd'hui le Beauvaisis, &amp;c. Voyez BEAUVAIS, BEAUVAISIN, BEAUVAISIS. Des Auteurs modernes prétendent que les vallées d'Andegouste, &amp; de Volvacene, ont été habitées par les Andes &amp; les <i>Bellovaciens.</i> Cord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4683" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLUNE" />
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    <head>BELLUNE</head>
    <p>
    BELLUNE , s. f. Ville Episcopale d'Italie dans l'Etat des Vénitiens, située sur la rivière de Piave dans les Alpes. <i>Bellunum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4684" id="1" type="">
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    <head>BELLUNOIS, OISE</head>
    <p>
    BELLUNOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Bellune. <i>Bellunensis.</i> Georgio Piloni, Docteur <i>Bellunois,</i> a fait l'histoire de sa patrie, à Venise 1607. <i>in</i>-4°.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4685" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELLUNOIS" />
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    <head>BELLUNOIS</head>
    <p>
    BELLUNOIS , s. m. Petit pays de l'Etat de Venise en Italie, qui prend son nom de Bellune sa Capitale. <i>Ager Bellunensis.</i> Le <i>Bellunois</i> est dans la Marche Trévisanne, &amp; il y a de fort bonnes mines de fer. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4686" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELOMANCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Superstition" />
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    <head>BELOMANCE</head>
    <p>
    BELOMANCE , ou BELOMANTIE, s. f. <i>Belomantia.</i> Ce mot est Grec, composé de , <i>flèche,</i> &amp; , <i>divination,</i> &amp; il signifie, Divination qui se fait par les flèches. La <i>Belomance</i> étoit en usage parmi les Orientaux, mais sur-tout chez les Arabes. Elle se faisoit en plusieurs manières. La première étoit de marquer des flèches, &amp; de les mettre dans un sac au nombre d'onze, ou davantage ; ensuite on les tiroit, &amp; selon qu'elles étoient marquées ou non, on en tiroit des conséquences pour l'avenir. Une autre manière étoit d'avoir seulement trois flèches, sur l'une desquelles on écrivoit, Dieu me l'ordonne ; sur une autre, Dieu me le défend, &amp; sur la troisième on n'écrivoit rien. On les enfermoit dans un carquois, ensuite on en tiroit une des trois au hazard : si c'étoit celle sur laquelle on avoit écrit, Dieu me l'ordonne, on faisoit la chose pour laquelle on consultoit le sort : si celle où il y avoit Dieu me le défend venoit la première, on ne faisoit point la chose dont il étoit question ; &amp; si c'étoit la troisième, sur laquelle il n'y avoit rien d'écrit, on recommençoit tout de nouveau. Les Arabes appellent cette divination <i>Alazlam.</i> Elle paroît fort ancienne, &amp; il semble qu'Ezéchiel en ait parlé XXI. 21. Saint Jérôme l'entend ainsi, &amp; il dit que cette superstition étoit en usage chez les Assyriens, ou Babyloniens. Il en parle encore sur le chap. IV. d'Osée, à cela près qu'au lieu de flèches, il dit que c'étoient des baguettes. Les Septante traduisent aussi , des baguettes ; ce qui seroit plutôt <i>Rabdomance</i> que <i>Belomance :</i> mais dans Ezéchiel, que saint Jérôme cite, il y a flèches, &amp; non pas baguettes. D'autres interprètent le mot d'Ezéchiel , non pas par <i>commiscens sagittas,</i> comme S. Jérôme, ce qui marqueroit qu'on mêloit, qu'on battoit, ou qu'on remuoit les flèches dans le carquois, mais par <i>tersit ;</i> &amp; prétendent que cette superstition consistoit à fourbir ou polir le fer des flèches, pour y considérer comme dans un miroir ce qu'on vouloit savoir, de même qu'on le regarde dans l'ongle du pouce, après qu'on l'a frotté &amp; rendu luisant. C'est le sentiment de Vatable &amp; de Munster. Enfin, d'autres rendent par <i>jecit,</i> &amp; disent qu'on lançoit des flèches en l'air, &amp; qu'on observoit où elles tomboient : c'est l'interprétation du Paraphraste Chaldéen &amp; de Kimhhi. Pocock traite de la <i>Belomance</i> dans son <i>Specimen historiae Arab.</i> S. Jérôme, sur l'endroit d'Ezéchiel que j'ai cité, &amp; Grotius au même endroit, confondent la <i>Belomance</i> &amp; la Rabdomance, comme une même divination ; &amp; Grotius montre que cette superstition étoit en usage chez les Mages, c'est-à-dire, les Chaldéens, &amp; chez les Scythes. C'est le Scholiaste de Nicandre qui le dit d'après Dion ; que les Alains, nation Scythe, en usoient aussi au rapport d'Ammien, Liv. XXXI. que des Scythes elle avoit passé aux Sclavons leurs voisins, chez lesquels on la pratiquoit, si l'on en croit Rabbi Moise de Kotsi dans l'Hist. du 52e Jubilé, &amp; Adam de Brémen, <i>Narrationis Ecclesiastic. c.</i> 6. que les Germains la prirent des Sclaves, puisque Tacite nous apprend qu'ils en usoient. <i>Tacit. De Mor. Germ. C.</i> 11. ou <i>n.</i> 10. Paulus Venetus, en parlant des Tartares, Liv. I. ch. 53. explique encore une autre manière de <i>Belomance,</i> à ce que dit Grotius ; mais il se trompe, ce n'est ni <i>Belomance,</i> ni une coutume de ces peuples, c'est une divination arbitraire que leurs Prêtres pratiquerent en une occasion particulière, non pas avec des flèches, mais avec un roseau fendu en deux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4687" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELOUSE, BELOUSER" />
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    <head>BELOUSE, BELOUSER</head>
    <p>
    BELOUSE, BELOUSER . Voyez BLOUSE, BLOUSER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4688" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELTIS" />
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    <head>BELTIS</head>
    <p>
    BELTIS . Voyez <ref type="search" target="head:BAALTIS">BAALTIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4689" id="1" type="">
   <index type="head" value="BELVEDÈRE" />
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    <head>BELVEDÈRE</head>
    <p>
    BELVEDÈRE , s. f. L'Académie écrit BELVEDER, &amp; fait ce mot masculin. <i>Chenopodium linifolio villoso.</i> Plante annuelle, qu'on sème dans les jardins : elle donne des racines noires, chevelues, d'où part une tige canelée haute d'un pied &amp; demi, quelquefois plus, droite, cassante, &amp; qui pousse une infinité de branches dans toute sa longueur, disposées de manière qu'elles forment une pyramide agréable. Sa tige &amp; ses branches sont garnies de feuilles alternes, semblables à celles de la linaire, mais velues. De leurs aisselles à l'extrémité des branches naissent des fleurs qui sont à cinq étamines, soutenues par un calice verdâtre divisé en cinq quartiers, du fond duquel s'élève un pistile qui devient ensuite une petite semence arrondie, aplatie, un peu brune, enveloppée du calice de la fleur.</p><p><i>Belvedère,</i> est un nom Italien, qui signifie en François, <i>plante belle à voir,</i> à cause que ses branches sont bien rangées contre la tige, &amp; qu'elles ne s'écartent point d'aucun côté. On a adopté en France ce terme, &amp; cette plante est connue sous ce nom chez les Fleuristes &amp; les Jardiniers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4689" id="2" type="">
   <index type="head" value="BELVEDÈRE" />
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    <head>BELVEDÈRE</head>
    <p>
    Belvedère , signifie aussi un lieu dont la vûe n'est point bornée, soit en rase campagne, soit en lieu élevé &amp; éminent, qui découvre un paysage agréable. <i>Locus editus praeclaro aspectu.</i> Ce mot est purement Italien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4689" id="3" type="">
   <index type="head" value="BELVEDÈRE" />
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    <head>BELVEDÈRE</head>
    <p>
    Belvedère , est une des quatre grandes Provinces de la Morée. Sa Capitale porte aussi le nom de <i>Belvedère. Belvedera, Elis.</i> C'est l'ancienne Elis Capitale de l'Elide, sur le Penée. <i>Belvedère</i> est encore un bourg du Royaume de Naples, dans la Calabre citérieure, près de la mer de Toscane. <i>Belvedère</i> est la même chose en Italien que Beauvoir &amp; Beauregard en François, nom que nous avons aussi donné à plusieurs lieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4690" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÈME" />
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    <head>BÈME</head>
    <p>
    BÈME , subst. m. <i>Bema.</i> C'est le nom de l'autel des Manichéens ; ils le dressoient dans un lieu différent &amp; éloigné de celui où les Catholiques disoient la Messe. Anselme d'Havelberg parle dans ses dialogues du <i>bema</i> des Manichéens. Le mot de <i>bème</i> vient du Grec , <i>tribunal, degré.</i> On appelle aussi <i>bème</i> parmi les Manichéens le jour de la mort de Manès. Le <i>bème</i> est un grand jour chez les Manichéens, c'est un jour de fête ; ils appelloient <i>bème</i> le jour que Manès fut tué, parce qu'ils le célébroient en ornant magnifiquement leur <i>bème</i> ou leur autel. En général les Grecs appellent <i>bème</i> ce que nous appellons sanctuaire. De tous les laïques il n'y avoit que l'Empereur qui put entrer dans le <i>bème.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4691" id="1" type="philosophie hermetique">
   <index type="head" value="BÉMBEL" />
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    <head>BÉMBEL</head>
    <p>
    BÉMBEL , subst. masculin. Terme de Philosophie hermétique , qui signifie, ou le mercure, ou la pierre philosophale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4692" id="1" type="musique">
   <index type="head" value="BÉMOL, BÉQUARRE" />
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    <head>BÉMOL, BÉQUARRE</head>
    <p>
    BÉMOL, BÉQUARRE . Terme de Musique . Saint Grégoire s'est servi des sept premières lettres de l'Alphabet, pour distinguer les sept tons de la voix. Or quelquefois l'espace entre <i>A</i> &amp; <i>B</i> est d'un ton entier, qui étant plus haut est un peu plus dur, &amp; on le marque d'une figure quarrée, ce qui l'a fait appeller <i>béquarre.</i> Mais quand le <i>B</i> est plus bas d'un demi ton, il est plus doux, &amp; plus mol, &amp; c'est pourquoi on l'appelle <i>bémol.</i> Voyez <ref type="search" target="head:B">B</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4693" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉMUS" />
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    <head>BÉMUS</head>
    <p>
    BÉMUS , subst. m. Terme méprisant &amp; bas, qui signifie un homme qui ne sauroit dire un mot ; un sot, un lourdaut. Pourquoi donc en parler comme d'un Clerc d'armes, ou comme d'un novice de Couvent, &amp; enfin d'un <i>bémus,</i> d'un lourdaut, d'un ignorant ? Mascur. De qui me parlez-vous là ? C'est un vrai <i>bémus</i> ; c'est-à-dire, un innocent. Vous faites le <i>bémus,</i> le bon <i>bémus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4694" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEN" />
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    <head>BEN</head>
    <p>
    BEN , ou BEHEN, s. m. se prend pour un arbre qui croît en Arabie, &amp; qui s'élève presque aussi haut que le Bouleau. Ses feuilles sont arrondies, assez petites pour la grandeur de l'arbre, rangées par paire sur une côte branchue, &amp; sont même clairsemées. Son fruit est une gousse longue de cinq pouces environ, composée de deux cosses canelées, coriaces, d'un goût plus insipide qu'astringent, &amp; renfermant comme dans des cellules des noyaux blancs, triangulaires, gros comme de petites noisettes, qui contiennent sous leurs coques minces une semence amere, huileuse, semblable à celle de la noisette, mais plus blanche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4694" id="2" type="">
   <index type="head" value="BEN" />
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   <index type="pred_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>BEN</head>
    <p>
    Ben , se prend quelquefois pour le noyau seul, qu'on casse pour en avoir la semence, dont on tire une huile employée par les Parfumeurs, parce qu'elle n'a point d'odeur de soi-même ; mais qu'elle est très-propre à recevoir facilement les impressions des odeurs dont on veut la charger : elle a aussi cela de particulier, qu'elle ne rancit pas comme les autres huiles exprimées, &amp; qu'elle peut être conservée en bon état pendant long-temps. Ce fruit, que les Arabes appellent <i>Ben,</i> est nommé des Grecs <i>Balanus Myrepsica,</i> &amp; des Latins <i>Glans unguentaria.</i> L'huile sert aussi à effacer les taches, &amp; les lentilles du visage, appliquée seule, ou mêlée dans des pommades. Les meilleurs noix de <i>ben</i> sont pleines, fraîches, blanches, &amp; fort aisées à peler. Elles servoient aux parfumeurs dès le temps de Pline qui en donne un témoignage. On dit de la noix de <i>ben,</i> l'huile de <i>ben.</i></p><p>On donne ce nom de <i>Behen</i> à deux autres plantes bien différentes, l'une est appellée <i>Behen Blanc,</i> &amp; l'autre <i>Behen rouge.</i> Le premier est une espèce de <i>Lychnis</i> sauvage, qu'on appelle aussi <i>Papaver spumeum</i> ; &amp; l'autre, savoir le rouge, est une plante maritime qui croît dans les marais salés, &amp; qui est une espèce de <i>limonium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4695" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENAIS" />
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    <head>BENAIS</head>
    <p>
    BENAIS . Voyez <ref type="search" target="head:BENÊT">BENÊT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4696" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENARDE" />
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    <head>BENARDE</head>
    <p>
    BENARDE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:BESNARDE">BESNARDE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4697" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNARI" />
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    <head>BÉNARI</head>
    <p>
    BÉNARI . C'est ainsi qu'on appelle un Ortolan en Languedoc. Ce sont des oiseaux passagers : ils passent deux fois l'an, au mois de Mai &amp; au mois d'Août, on les prend avec des filets au temps de leur passage. Les <i>bénaris</i> étant nourris en cage deviennent si gras, qu'on les apporte bien souvent tous morts dans une petite malète pleine de millet en poste de Toulouse à Paris, pour la table du Roi &amp; des Princes. Il s'en prend quantité dans les plaines de Toulouse, mais en hiver ils sont très-rares &amp; très-chers, valant quelquefois jusqu'à un quart d'écu la pièce. Comme les cailles sont beaucoup plus excellentes en Lauraguais qu'en Italie, à cause que l'Italie est trop sèche, de même les Ortolans ou <i>Bénaris</i> sont beaucoup plus gras, &amp; ont meilleur goût à Toulouse qu'en Italie. Catel, <i>Hist. de Langued. L. I. p.</i> 46.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4698" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENDIS" />
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    <head>BENDIS</head>
    <p>
    BENDIS , s. f. <i>Bendis.</i> C'est le nom que les Thraces, dit Hésychius, donnoient à Diane. Palaephatus, C. 32. &amp; Suidas, disent aussi que c'est la Lune, ce qui revient au même, comme l'on sait. Les Fêtes de <i>Bendis,</i> nommées par les Athéniens , Bendidées, &amp; qui se célébroient dans le Pyrée le 21e du mois Targélion, étoient semblables aux Bacchanales. C'est ce que nous apprennent Strabon dans son neuvième Livre, &amp; Proclus dans son premier livre sur le Timée de Platon. Vossius parle de la Déesse <i>Bendis, De Idol. L. II. C.</i> 57.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4699" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNÉDET" />
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    <head>BÉNÉDET</head>
    <p>
    BÉNÉDET , s. m. Nom propre d'homme. <i>Benedictus.</i> S. <i>Bénédet</i> est un des quatre patrons d'Arbaigne. Malabay le Feuillant a écrit la vie de S. <i>Bénédet</i> sur d'anciens mémoires. Chastel. 12. <i>Févr.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4700" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNÉDICITÉ" />
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    <head>BÉNÉDICITÉ</head>
    <p>
    BÉNÉDICITÉ , s. m. Prière qui se fait avant le repas pour benir les viandes qui sont sur la table. <i>Mensae consecratio.</i> Un bon Chrétien doit dire <i>bénédicité,</i> &amp; graces. Le <i>Bénédicité</i> de Godeau est une Paraphrase sur le Cantique des trois Enfans dans la fournaise.</p><p>On dit proverbialement, Il est du quatorzième <i>Bénédicité,</i> à ceux qu'on veut taxer de bêtise : car le quatorzieme verset du Cantique des trois Enfans dans la fournaise porte, <i>Benedicite omnes bestiae &amp; pecora Domino.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4701" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="BÉNÉDICTE" />
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    <head>BÉNÉDICTE</head>
    <p>
    BÉNÉDICTE , s. m. Terme de Pharmacie , est une électuaire laxatif qui purge bénignement. Il est composé de 24 ingrédiens, sans y comprendre le miel. On appelle ordinairement le <i>bénédicte</i> de Nicolas de Salerne, du nom de son inventeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4702" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNÉDICTIN" />
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    <head>BÉNÉDICTIN</head>
    <p>
    BÉNÉDICTIN , s. m. Religieux qui a fait la profession de vivre sous la Règle de S. Benoit. <i>Ordinis sancti Benedicti Monachus.</i> Les <i>Bénédictins</i> sont divisés en plusieurs Congrégations de Cluni, de S. Maur, &amp;c. Ils sont vêtus d'un ample froc noir, à grandes &amp; larges manches, avec un capuchon qui leur couvre la tête, &amp; qui finit en pointe, &amp; pend sur le derrière du froc.</p><p>Les <i>Bénédictins</i> sont appellés dans tout le Droit Canon <i>Monachi nigri,</i> c'est-à-dire, <i>Moines noirs,</i> en sorte qu'ils y sont plutôt distingués des autres Ordres par leur habit, <pb n="578" facs="bpt6k8542165/f618/full/1200,/0/native.jpg"/>que par le nom de leur Patriarche S. Benoit. Il y avoit avant les <i>Bénédictins</i> un grand nombre de Moines, même dans l'Occident. S. Ambroise, S. Jérôme &amp; S. Grégoire, font mention des Moines qui étoient en Italie, dans les Gaules, &amp; dans plusieurs autres endroits de l'Europe. Il y avoit cette différence entre les anciens Moines, &amp; les <i>Bénédictins,</i> que les premiers étoient simplement Moines, sans être attachés à aucun Ordre particulier. C'étoit assez d'être Moine pour être reçu en cette qualité dans tous les Monastères, quand on voyageoit ; car on ne parloit point alors de règles particulières. Le Cardinal Baronius, Gallon, Prêtre de l'Oratoire de Rome, le P. Le Cointe, Prêtre de l'Oratoire de France, ont accusé les <i>Bénédictins</i> d'avoir mis parmi les Moines de leur Ordre plusieurs saints Moines qui n'en ont point été. Consultez le P. Le Cointe dans ses <i>Annales Ecclésiastiques de France.</i> Voyez aussi dans le premier Tome des <i>Acta SS. Ben.</i> le Catalogue des Saints omis, où le P. Mabillon convient que dans le Kalendrier des <i>Bénédictins</i> il y a des Saints qui n'ont point été <i>Bénédictins,</i> ni même Moines. C'étoit la coutume de mettre dans ces Kalendriers les noms des Bienfacteurs morts ; on les a pris ensuite pour des Moines. Dom Bastide a cependant répondu au P. Le Cointe, <i>Act. SS. Ben. Saec. III. P. II.</i> à la fin. On trouve plusieurs choses concernant l'Ordre des <i>Bénédictins,</i> &amp; leurs divers établissemens, dans les Préfaces de tous les tomes de ces <i>Acta SS.</i> Enfin, le P. Mabillon a donné les Annales de l'Ordre de S. Benoît.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4703" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNÉDICTINES" />
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    <head>BÉNÉDICTINES</head>
    <p>
    BÉNÉDICTINES , s. f. Religieuses habillées de noir, qui suivent la Règle de S. Benoît. <i>Ordinis sancti Benedicti Moniales.</i> Elles ont un voile noir, une guimpe de toile blanche, &amp; une grande robe de même serge que leur voile. Il y a de simples Congrégations, il y a aussi des Prieurés &amp; des Abbayes de <i>Bénédictines.</i> Le Roi nomme à leurs Prieurés &amp; à leurs Abbayes, &amp; leurs Prieures &amp; leurs Abbesses sont perpetuelles. Voyez la Préface du premier siècle des <i>Acta SS. Ben.</i> §. 3. <i>p. XX.</i> &amp; du IIe siècle §. 3. <i>p. XXIII.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4704" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNEDICTION" />
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    <head>BÉNEDICTION</head>
    <p>
    BÉNEDICTION , s. f. Louange à Dieu, remerciment de ses graces. <i>Laus, gratiarum actio, benedictio.</i> Les Martyrs donnoient à Dieu de continuelles <i>bénédictions</i> dans leurs souffrances. On a dit autrefois par abrégé, <i>benisson.</i> Il y a une Abbaye qu'on appelle <i>La Benisson Dieu.</i> On le dit des prières qu'on fait pour les Princes, pour les bienfaiteurs, &amp; des souhaits qu'on fait pour leur prospérité. Ce Prince attire par ses bienfaits les <i>bénédictions</i> de ses peuples.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4704" id="2" type="">
   <index type="head" value="BÉNEDICTION" />
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    <head>BÉNEDICTION</head>
    <p>
    Bénédiction , se dit aussi des prières &amp; des souhaits que fait un père en faveur de ses enfans, &amp; particulièrement à sa mort. <i>Fausta precatio.</i> Jacob reçut la <i>bénédiction</i> de son père au lieu d'Esaü. On dit aussi qu'un nom est en <i>bénédiction</i> à tout le monde. Pat. pour dire, que c'est un nom pour lequel tout le monde fait des voeux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNEDICTION</head>
    <p>
    Bénédictions , signifie aussi, les faveurs, les graces que le Ciel nous accorde. <i>Divinum beneficium, coeleste munus, donum.</i> Job après avoir été éprouvé, reçut mille <i>bénédictions</i> de Dieu. L'abondance des fruits est une <i>bénédiction</i> céleste. Dieu versera sur vous à pleines mains, pour récompense de vos vertus, les <i>bénédictions</i> que je vous souhaite. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNEDICTION</head>
    <p>
    Bénédiction , est aussi une cérémonie Ecclésiastique qui se fait pour rendre une chose sacrée ou vénérable. <i>Consecratio.</i> La <i>bénédiction</i> d'une Abbesse, d'une cloche, des Fonts de Baptême. La <i>bénédiction</i> nuptiale. La <i>bénédiction</i> du lit, du pain benit, de l'eau benite, des cierges, des drapeaux. La communauté commence, &amp; le douaire est dû du jour de la <i>bénédiction</i> nuptiale.</p><p>L'esprit de piété a introduit dans l'Eglise Catholique des <i>bénédictions</i> pour presque toutes sortes de choses. On trouve ces <i>bénédictions</i> dans le Pontifical Romain, dans le Missel Romain, dans le livre des cérémonies Ecclésiastiques imprimé du temps de Léon X. &amp; dans les Rituels &amp; les Cérémoniaux de différentes Eglises, que l'on trouve ramassés dans l'ouvrage du P. Martène sur les rits &amp; la discipline de l'Eglise. Il y en a pour les cierges, pour les rameaux, pour les cendres, pour les vases &amp; les ornemens sacrés, pour les drapeaux, pour les armes, pour l'Agneau pascal, pour les fruits &amp; les biens de la terre, pour une maison, pour un navire, pour les oeufs à la fête de Pâques, pour le cilice de ceux qui font la pénitence publique, pour un cimetière, &amp;c. Autrefois on faisoit la <i>bénédiction</i> des fruits nouveaux durant la Messe après la consécration, &amp; après cette <i>bénédiction</i> qui finissoit par les paroles ordinaires <i>per Christum Dominum nostrum,</i> on ajoûtoit la prière qui commence par ces paroles, <i>Per queue haec omnia, Domine, semper bona creas, &amp;c.</i> Voyez le Cardinal Bona, &amp; Dom Luc d'Acheri, le Glossaire de M. Du Cange, où l'on trouve toutes les espèces de <i>Bénédictions</i> qui ont été en usage ; &amp; celui des Macri.</p><p>En général ces <i>bénédictions</i> se font par des aspersions d'eau benite, des signes de Croix, &amp; des Prières conformes au sujet de la cérémonie. Quand il y a onction, cela s'appelle consécration : ainsi on consacre le calice, &amp; on benit le ciboire, parce qu'on emploie l'onction pour le calice : dans l'usage ces mots se confondent quelquefois. M. Fléchier, Evêque de Nîmes, en faisant la <i>bénédiction</i> des drapeaux d'un Régiment Suisse, prononça un fort beau discours par rapport à cet usage de l'Eglise, &amp; à la destination de ce Régiment, que le Roi envoyoit combattre les Fanatiques des Cévènes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4704" id="5" type="">
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    <head>BÉNEDICTION</head>
    <p>
    Bénédiction , se dit plus particulièrement du signe de la Croix que font les Prélats &amp; autres Supérieurs en plusieurs occasions. <i>Sublatâ manu figuras Crucis exprimere, &amp; bene precari.</i> Les Evêques en passant dans les rues, dans l'Eglise, donnent leur <i>bénédiction</i> au peuple. Autrefois quand les Evêques alloient par la ville, &amp; lorsqu'ils passoient par les bourgs &amp; les villages, on sonnoit une petite cloche pour avertir le peuple de venir recevoir leur <i>bénédiction.</i> Quand ils alloient à la Cour, ils ne s'en retournoient point qu'ils n'eussent donné la <i>bénédiction</i> au Roi. Voyez le P. Thomassin, <i>Discipl. de l'Egl.</i> Il est fait mention de cette <i>bénédiction</i> des Evêques dans Theodoret, <i>Hist. Eccles.</i> L. IV. C. 5. &amp; dans Evagrius, L. IV. C. 34. comme M. de Valois l'a montré. On donne la <i>bénédiction</i> à la fin de la Messe. La <i>bénédiction</i> du S. Sacrement se donne au Salut quand on le resserre. <i>Ipso Christi corpore figuram Crucis effingere.</i></p><p>L'usage de donner la <i>bénédiction</i> au peuple en étendant les mains, &amp; en prononçant des paroles qui expriment les souhaits que l'on fait, est très-ancien. Il en est parlé dans S. Ambroise <i>de Poenit. L. I. C.</i> 7. &amp; S. Jérôme <i>Ep. ad Eust.</i> dans les anciennes liturgies Grecques, dans les Conciles d'Agde, d'Orléans, dans le quatrième de Tolède. Walfridus, Bernon, Burchard, en font mention. JeanBap. Scortia Jésuite, croit avec S. Isidore, Jansénius de Gand, &amp; plusieurs savans interprètes de l'Ecriture, que cette coutume est venue des Juifs. Jansénius dit, dans son commentaire sur l'Ecclésiastique, que les Prêtres chez les Juifs donnoient la <i>bénédiction</i> en élevant les mains, &amp; en les portant en forme de Croix vers les quatre parties du monde ; &amp; Galatinus prétend que la <i>bénédiction</i> se faisoit avec le nom inéffable , <i>Jehova,</i> à quoi répond dans la religion Catholique l'invocation d'un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils, &amp; le saint Esprit. On peut voir Levit IX. 22. au Livre des Nomb. VI. 23. 24. 25. 26. Exod. VIII. 9. Luc. XXIV. 50.</p><p>La <i>bénédiction</i> de la table, des viandes, &amp; des choses que l'on boit, en faisant le signe de la Croix dessus, est une très-ancienne coutume, comme il paroît par S. Grégoire, dans la vie de S. Benoît, au L. II. de ses Dialogues. Le premier Traité du premier Ordre du Thalmud des Juifs est intitulé , les <i>bénédictions,</i> &amp; l'on y traite des prières que les Juifs font en différentes occasions, le matin en se levant, le soir avant que de se coucher, avant, après &amp; pendant le repas, &amp;c. C'est-là ce qu'ils appellent <i>bénédiction.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNEDICTION</head>
    <p>
    Bénédiction Apostolique , est le salut que donne le Pape au commencement de toutes ses Bulles, en ces termes : <i>Salutem, &amp; Apostolicam benedictionem.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNEDICTION</head>
    <p>
    Bénédiction , est aussi une Rubrique du Breviaire, où il y a un titre des <i>bénédictions</i> &amp; absolutions. Elle se fait au commencement des Leçons de Matines, en ces termes : <i>Jube, Domine, benedicere.</i></p><p>On dit proverbialement ; Donner sa <i>bénédiction</i> ; pour dire, Congédier, éconduire quelqu'un. On appelle un Pays, une maison de <i>bénédiction,</i> un lieu où toute richesse &amp; prospérité abonde, une maison de bonne chère. Donner à quelqu'un des <i>bénédictions</i> de S. Roch, c'est donner des malédictions, dans Mascurat.</p><p>
    </p>
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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    BÉNÉFICE , s. m. Eglise dotée de quelque revenu pour y faire le service divin : il se dit non-seulement de la fonction, mais aussi du revenu qui y est affecté. <i>Beneficium Ecclesiasticum.</i> Un <i>bénéfice</i> est une certaine portion du bien de l'Eglise assignée à une personne Ecclésiastique, pour en jouïr pendant toute sa vie, pour rétribution du service qu'il rend, ou qu'il doit rendre à l'Eglise. Pour être pourvû d'un <i>bénéfice,</i> il suffit d'être tonsuré ; à moins que le <i>bénéfice</i> ne soit sacerdotal par sa fondation. A l'égard de l'âge, il se règle selon la différence des <i>bénéfices.</i> Pour les simples Chapelles il faut avoir sept ans. Pour les Prébendes des Eglises Collégiales, dix. Pour les Prébendes des Eglises Cathédrales, quatorze. Pour les dignités qui n'ont point charge d'ames, vingt. Pour les Abbayes, &amp; prieurés Conventuels, vingt-trois. Pour les Cures &amp; les dignités à charge d'ames, vingt-cinq commencés. Pour les Evêchés &amp; Archevêchés, vingt-sept.</p><p>Les <i>bénéfices</i> peuvent vaquer en trois manières, ou de droit, ou de droit &amp; de fait, ou par Sentence du Juge. Un <i>bénéfice</i> vaque de droit, lorsque le droit prive celui qui en est pourvû pour des crimes exprimés dans le Droit, comme l'hérésie, la simonie réelle, la confidence, la falsification des lettres Apostoliques, la protection qu'on donne à ceux qui font profession d'hérésie, le meurtre d'un Clerc, battre un Cardinal, le crime de Lèze-Majesté humaine, de fausse monnoie, la sodomie dont on est atteint &amp; convaincu, emprisonner un Bénéficier, afin de le contraindre à résigner son <i>bénéfice,</i> les violences que l'on fait à son Evêque, &amp;c. Ces crimes font vaquer un <i>bénéfice</i> dès qu'on les a commis ; ensorte qu'un Bénéficier est incapable de le posséder, &amp; même de le résigner, &amp; qu'il n'est pas nécessaire d'attendre qu'il en soit déposé par la justice, pour s'en faire pourvoir. Un <i>bénéfice</i> vaque de droit &amp; de fait, par la mort naturelle du titulaire, &amp; par le renoncement exprès ou tacite. Il y renonce expressément par la démission qu'il en fait entre les mains du Collateur, &amp; que le Collateur admet, lorsqu'ensuite il en abandonne la possession. Il y renonce tacitement, lorsqu'il s'engage dans un état, ou dans un <i>bénéfice</i> qui est incompatible avec celui dont il est pourvû, &amp; qu'il ne se dépouille pas de l'un de ces deux <i>bénéfices</i> dans le temps prescrit. Ainsi dès qu'on contracte mariage par paroles de présent, qu'on fait profession dans un Ordre Religieux ; dès qu'on est sacré Evêque, &amp; qu'on prend possession de son Évêché, on renonce tacitement à tous les <i>bénéfices</i> qu'on possédoit. Un <i>bénéfice</i> vaque par Sentence d'un Juge, en punition de certains crimes qui obligent un Juge à déposer un Clerc de son <i>bénéfice.</i> Tels sont le concubinage, si après en avoir été averti par son Supérieur on ne se corrige point, comme il est dit dans le Concordat, &amp; au titre <i>De concubinartis.</i> L'ingratitude envers son résignant, qu'on traite injurieusement, &amp; qu'on refuse de secourir dans ses besoins, ou à l'égard du Collateur, de qui on a reçu le <i>bénéfice,</i> en s'efforçant de lui faire perdre le droit qu'il a de le conférer, ou en attaquant sa Jurisdiction. La non résidence dans un <i>bénéfice</i> qui demande un service personnel, nonobstant les monitions canoniques qui ont été faites pour ce sujet. Le parjure, le sortilége, toute sorte d'irrégularité où l'on tombe par quelque crime. Le mépris que font les Bénéficiers de l'état Ecclésiastique, étant d'ordinaire vêtus comme des laiques. <i>Clem. I. De vitâ &amp; honest. Cleric.</i> Ducasse. Auboux.</p><p>S. Vincent Ferrier, cité par M. Auboux Official de Cahots, dans la <i>Véritable Pratique, civile &amp; criminelle des Cours Ecclésiastiques,</i> disoit que de son temps on parvenoit aux dignités &amp; aux <i>bénéfices</i> par cinq cas. Par le nominatif, ainsi qu'il appert par la rubrique de la nomination royale aux prélatures dans le Concordat ; &amp; par le droit de régale que le Roi a dans son Royaume. Par le génitif, lorsque les Princes &amp; les grands Seigneurs pourvoient ou font pourvoir aux <i>bénéfices</i> leurs enfans, ou les enfans de leurs domestiques &amp; serviteurs. Par le datif, lorsqu'on dit, quand il est question d'avoir un <i>bénéfice, date, &amp; dabitur vobis.</i> Par l'accusatif, lorsque par une accusation fausse, ou véritable, on veut déposséder d'un <i>bénéfice</i> celui qui en est bien pourvû. Par l'ablatif, lorsqu'on ravit les <i>bénéfices</i> par sa puissance &amp; son autorité aux pauvres &amp; aux foibles qui les possèdent. Le vocatif, qui est le cas le plus juste &amp; le plus legitime, est aujourd'hui fort peu en usage, c'est pourquoi il a été omis ; car le corbeau de la brigue, ou simonie, a suffoqué la colombe, qui est le symbole du S. Esprit. De sorte que le nominatif est pour le Roi ; le génitif pour les grands &amp; les puissans, le datif pour les riches &amp; les simoniaques ; l'accusatif pour les ambitieux ; l'ablatif pour les méchans &amp; les chicaneurs ; mais le vocatif est réservé au S. Esprit seul, qui ouvre la vraie porte pour y entrer.</p><p>En général il n'y a que deux sortes de <i>bénéfices</i> : car tout <i>bénéfice</i> est ou séculier, ou régulier. Les différentes espèces de <i>bénéfices</i> sont <i>bénéfices</i> à charge d'ames, ou simples, électifs, collatifs, ou mixtes, en titre, ou en commende. Les Evêchés, Abbayes, Cures, Chanoinies, Chapelles, Prieurés, sont encore sous ces espèces générales des espèces particulières de <i>bénéfices.</i> Deux <i>bénéfices</i> sous un même toit, ou dans une même Eglise, sont incompatibles : on prétend que c'est épouser la mère &amp; la fille. <i>Bénéfice</i> vacant, en dépôt, rempli de fait &amp; de droit. Les <i>bénéfices</i> qui ne sont conférés que par élection, ne sont point affectés aux Gradués. Auboux.</p><p>Il y a de Pastor un Traité <i>De Beneficiis, &amp; censuris Ecclèsiasticis, &amp; de bonis temporalibus,</i> qu'on réimprima à Toulouse en 1711. ou 1712. avec des notes de M. Solier savant Canoniste.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice Consistorial , est celui qui étant à la nomination du Roi, doit être proposé dans le Consistoire de Rome, c'est-à-dire, la congrégation des Cardinaux où préside le Pape ; comme les Archevêchés, Evêchés &amp; Abbayes. <i>Beneficium in sacro Pontificis consilio proponendum.</i> Ces fortes de <i>bénéfices</i> étoient autrefois électifs : mais par le Concordat qui a aboli les élections, ils sont conférés par le Pape sur la nomination du Roi. Les provisions des autres <i>bénéfices</i> s'expédient à la Chancellerie. Pour les <i>bénéfices consistoriaux,</i> il faut payer l'annate, &amp; obtenir des Bulles.</p><p>Le <i>bénéfice non consistorial,</i> est ou électif ou collatif. Les collatifs sont en la libre disposition du Collateur ordinaire, ou en patronage. Les <i>bénéfices</i> collatifs dépendent du seul Collateur, qui les confère à qui bon lui semble, sans avoir besoin de confirmation, pourvû que ce soit à une personne qui ait les capacités requises. Les <i>bénéfices</i> en patronage sont ceux qui ne peuvent être conférés par les Collateurs ordinaires ; le Collateur est obligé de les conférer à ceux qui sont présentés par le Patron. Les <i>bénéfices</i> électifs sont ceux qui sont remplis par élection ; seulement l'élection doit être confirmée par le Supérieur. Présentement il y a peu de ces <i>bénéfices</i> en France.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice simple , est celui qui peut être possédé à sept ans par un Clerc tonsuré, qui n'a autre obligation que de dire son Breviaire. <i>Simplex.</i> On l'obtient sur une simple signature de Rome. Il y a des <i>bénéfices</i> simples qui ont prééminence &amp; dignité, &amp; d'autres qui n'en ont point.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bénéfice Sacerdotal a charge d'ames , est celui qui oblige à être Prêtre, &amp; qui est chargé de la direction des ames soumises à sa conduite, &amp; sur lesquelles il a jurisdiction pour le for intérieur, &amp; la conscience. <i>Sacerdotale.</i> Les Evêchés, les Cures, les Abbayes Régulières, les Prieurés Conventuels, les premières dignités des Chapitres, sont des <i>bénéfices à charge d'ames.</i> Ceux qui sont pourvûs de <i>bénéfices</i> sans charge d'ames, ne sont obligés qu'à prier Dieu ; comme les Chanoines, les Chapelains.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice en titre , ou en Règle, ou Régulier, est celui qui est possédé par un Religieux, ou un Régulier, lequel a fait profession dans quelque. Ordre Religieux ; comme les Abbayes, les Prieurés Conventuels, &amp;c. <i>Regulare.</i> On appelle un <i>bénéfice régulier,</i> celui qui ne doit être conféré qu'à des Religieux, soit par sa fondation, soit par l'institution du Supérieur, soit par prescription ; car c'est à celui qui prétend qu'un <i>bénéfice</i> est régulier à le prouver : autrement il est censé séculier. Un <i>bénéfice</i> est réputé régulier quand il a été possédé pendant 40 ans par un régulier sans dispense.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice en commende . C'est en Droit Canon celui dont on a donné pour six mois la régie ou l'oeconomat à un Ecclésiastique. Mais en France c'est un vrai titre, &amp; perpétuel, qu'on donne à un séculier Ecclésiastique, avec faculté de disposer de tout le revenu à son profit, &amp; sans en rendre compte. <i>Beneficii fiducia autoritate Pontificis concessa.</i> <pb n="580" facs="bpt6k8542165/f620/full/1200,/0/native.jpg"/>Le Pape seul peut donner des provisions en Commende, &amp; dispenser de la règle, <i>regularia regularibus.</i> Mais le <i>bénéfice en commende</i> demeure toujours en règle, &amp; ne change point de nature.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice séculier , est celui qu'on doit donner aux séculiers, comme sont presque toutes les Cures. <i>Saeculare.</i> Tous <i>bénéfices</i> sont présumés séculiers, s'il n'est justifié du contraire. On appelle un <i>Bénéfice, séculier,</i> parce qu'il est affecté aux Prêtres séculiers ; c'est-à-dire, à ceux qui vivent dans le monde, ou dans le siècle, &amp; qui ne sont engagés dans aucun Ordre Monastique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bénéfice sécularisé , est un <i>bénéfice</i> qui étant régulier de sa nature, &amp; n'étant auparavant possedé que par des Réguliers, devient Séculier pour toujours, par une Bulle du Pape qui éteint la règle, &amp; en change l'état ; en sorte qu'il n'est possédé à l'avenir que par des séculiers ; comme le Chapitre de Véselay, de Tulle, de Clérac, &amp;c. <i>Beneficium à religioso statu ad saecularem auctoritate Pontificis traductum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bénéfice-serf . Par un Arrêt du Parlement de Paris du 5. Août 1705. les titres de Grands-Chapelains ou de Vicaires dans l'Eglise de Meaux ont été declarés <i>Bénéfices-serfs,</i> c'est-à-dire qu'ils ne peuvent en disposer qu'avec l'agrément de l'Evêque &amp; du Chapitre. <i>Hist. de l'Egl. de Meaux, Tom. I. pag.</i> 103, <i>&amp;</i> 104.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice manuel , est un <i>bénéfice</i> dépendant d'une Abbaye, qu'on envoie desservir par un Religieux, qui est amovible, &amp; qu'on change quand il plaît au Supérieur. <i>Manuale.</i></p><p>Au reste, le terme de <i>bénéfice</i> est venu des Romains. Ils avoient accoutumé de distribuer aux gens de guerre sur les frontières de l'Empire une partie des terres qu'ils avoient conquises : ces gens d'armes, qui jouïssoient de ces sortes de récompenses, s'appelloient <i>bénéficiers, Beneficiarii,</i> &amp; la terre qu'on leur donnoit <i>bénéfice, beneficium</i> ; &amp; on l'appella ainsi, parce que c'étoit un pur bienfait, &amp; une libéralité du Prince. Voyez Bollandus, <i>Act. Sanct. Jan. Tom. II. p.</i> 341. Les François qui passerent dans les Gaules firent les mêmes libéralités aux soldats, &amp; en conservant le nom aussi bien que la chose ils appellerent <i>bénéfices,</i> les terres qu'on leur assigna. Ainsi dans l'origine, <i>bénéfice</i> signifie ce que nous appellons Fief ; &amp; en effet ceux qui ont écrit des Fiefs en Latin, se servent du mot <i>beneficium.</i> Ces <i>bénéfices</i> se donnoient à vie seulement, &amp; par privilége à ceux qui faisoient profession des armes. Depuis, c'est-à-dire sous Louïs le Débonnaire, &amp; Charles le Chauve, ces <i>bénéfices</i> sont devenus héréditaires &amp; patrimoniaux. Cependant sous ces Princes on demandoit encore leur consentement pour faire passer les <i>bénéfices</i> aux enfans ; mais dans la décadence de la seconde race on ne le demanda plus, &amp; ils passerent comme de plein droit aux héritiers de ceux qui les possédoient. Voyez De Hauteserre, <i>Orig. Feudor. c.</i> 2. C'est sans doute de-là qu'est venu le nom de <i>bénéfices,</i> qui a été donné aux biens de l'Eglise ; car outre que les Ecclésiastiques les possèdent à vie, à l'exemple des gens de guerre, à qui cet usufruit tenoit lieu de récompense pour leurs services ; les richesses de l'Eglise proviennent de la libéralité &amp; des bienfaits des Princes ou des particuliers. Avant que le mot de <i>fief</i> fût en usage, on se servoit de celui de <i>bénéfice,</i> qui signifioit la même chose. Les <i>bénéfices,</i> ou fiefs, ne changerent de nature que par la décadence de la seconde race des Rois : alors chacun s'attribua la propriété de son <i>bénéfice,</i> pour le transmettre à sa postérité.</p><p>A l'égard des <i>bénéfices</i> Ecclésiastiques, on ne sait pas fort exactement en quel temps s'est fait ce partage des biens de l'Eglise : il est certain qu'avant le quatrième siècle tous les revenus étoient entre les mains de l'Evêque, qui en faisoit la distribution par des Oeconomes. Ces biens ne consistoient qu'en aumônes, &amp; en collectes. Quand l'Eglise eut aquis des héritages, les Evêques en assignoient une portion pour la subsistance des Clercs : &amp; c'est ce qu'on appella <i>bénéfice.</i> Dès le commencement du VIe siècle on trouve des traces de cet usage ; car dans le Concile de Rome convoqué par le Pape Symmaque, dans son Epître à Caesarius, l'an 502. on défend d'aliéner à perpétuité aucun héritage de la campagne, ni de le donner en usufruit, si ce n'est aux Clercs qui l'auront mérité, aux captifs &amp; aux étrangers, ou en faveur de quelques Monastères, ou des Hôpitaux, &amp; cela pour la vie seulement de ceux qui l'auront mérité. Voyez le premier tome des Conciles de France, ann. 513. Les paroles de Symmaque ont aussi été insérées dans le decret de Gratien, <i>caus.</i> 16. <i>qu.</i> 1. <i>can.</i> 61. On connoît par-là qu'il y avoit dès ces anciens temps quelque espèce de <i>bénéfice,</i> quoique la portion des biens ne fût pas encore faite aux Ecclésiastiques en particulier ; mais cela étoit alors fort rare, &amp; ne s'accordoit que pour des causes extraordinaires. Il y a de plus quelques vestiges de fondations de <i>bénéfices</i> &amp; du droit de patronage dans le Canon 10. du premier Concile d'Orange ; mais l'usage de ces temps-là est bien éloigné de celui des derniers siècles. On donnoit donc dès lors du bien de l'Eglise au Clercs en usufruit. En 506. le Concile d'Agde permet aussi aux Clercs de retenir les biens de l'Eglise, suivant la permission de l'Evêque, sauf le droit de l'Eglise, &amp; sans pouvoir les vendre, ou les donner sous peine d'indemniser l'Eglise de leur bien propre, &amp; d'être privés de la Communion. Le IIIe Concile d'Orleans en 538. indique encore la même chose dans son 17e Canon. Telle fut donc l'origine des <i>bénéfices,</i> qui commencerent par conséquent avec le VIe siècle, ou même dès le Ve. Car en tous ces Canons on en parle comme d'une chose déja établie, &amp; en usage au moins pour quelques cas particuliers. Car le plus souvent les offrandes &amp; les revenus se partageoient par l'avis du Clergé, selon le mérite de chaque Prêtre ; &amp; cela se pratiquoit encore au VIIIe &amp; IXe siècle ; à la fin duquel le P. Thomassin remarque néanmoins que le nom de <i>bénéfice</i> étoit déja en usage dans l'Eglise. Dans le XIIe siècle on partagea les revenus, &amp; on fixa à chacun une portion &amp; une subsistance certaines : de-là sont venues tant de loix qui composent la Jurisprudence Canonique. Chacun se contenta d'abord d'un seul <i>bénéfice</i> ; mais la pluralité s'introduisit dans la suite sous prétexte d'équité ; parce qu'un Prêtre n'avoit pas assez d'un <i>bénéfice</i> pour subsister, on lui permit d'en posséder deux, &amp; enfin plusieurs, jusqu'à ce qu'il fût rempli du nécessaire. Mais on étendit si loin ce nécessaire, qu'il n'y eut plus de règle fixe. On regarda la personne autant que la qualité, en sorte que les Cardinaux, qui prétendent s'égaler aux Princes ; prétendent aussi avoir un revenu conforme à leur condition. On peut ajoûter ici le mot de la Bruyère : Que tel homme monte en chaire, sans autre talent, ni vocation, que le besoin d'un <i>bénéfice.</i></p><p>Le ministère, ou <i>bénéfice,</i> n'étoit point autrefois distingué de l'ordination, c'est pourquoi lorsque par l'introduction du droit nouveau ils ont été séparés, on a toujours gardé l'ancienne maxime ; savoir que celui qui ordonne confère aussi le <i>bénéfice,</i> &amp; que celui qui ne peut point ordonner, ne peut conférer aucun <i>bénéfice.</i> Mais peu à peu les Papes ont dérogé par leurs priviléges &amp; leurs exemptions au droit commun ; qui étoit fondé sur le droit ancien. Nous voyons présentement que les Abbés exemts de la Jurisdiction des Ordinaires confèrent de plein droit des Cures &amp; d'autres <i>bénéfices.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfices vacans in curia . Ce sont les <i>bénéfices</i> dont les Titulaires meurent en Cour, c'est-à-dire, dans les dix lieues autour de Rome. Le Pape a droit de les conférer, &amp; ce droit est une espèce de réserve dont le Pape Clément IV. est Auteur. On trouve la Constitution de cette réserve dans le <i>Sexte</i> au chap. <i>Licet</i> ; &amp; comme il n'y est point parlé des Evêchés &amp; des Abbayes ; quelques-uns ont prétendu qu'ils n'étoient point du nombre des <i>bénéfices</i> vacans <i>in curia</i> ; mais le Concordat, qui nous sert de règle, les y comprend. C'est pourquoi Charles Du Moulin a été obligé de dire qu'il y avoit eu en cela de la surprise, les Commissaires du Roi pour le Concordat ayant laissé passer cet article.</p><p>Le Roi reconnoît cette réserve des <i>bénéfices</i> vacans <i>in curia,</i> par les Brévets qu'il accorde aux Bénéficiers qui ne sont point du Royaume, &amp; qui pourroient mourir <i>en Cour.</i> Il ne leur donne leurs <i>bénéfices</i> qu'à condition qu'ils obtiendront du Pape un Bref <i>de non vacando in curia.</i> Après cela, soit qu'ils obtiennent ce Bref, ou qu'ils ne l'obtiennent point, les <i>bénéfices</i> dont ils sont pourvûs ne peuvent plus vaquer <i>in curia.</i> M. Doujat a fait imprimer en 1667. Le Bref <i>de non vacando in curia,</i> que le Pape Clément IX. accorda au Cardinal Mancini, pour les Abbayes que ce Cardinal possédoit en France. Il est adressé au Roi sur sa <pb n="581" facs="bpt6k8542165/f621/full/1200,/0/native.jpg"/>supplique en ces termes : <i>Nos, ne praedicto Cardinale fortè apud sedem Apostolicam decedente, majestas tua impediatur, quominus ad monasteria hujus, moderatione dictorum concordatorum, aut specialis indulti Apostolici, nominare possit, opportunè providere volentes, supplicationibus ejusdem majestatis tuae nomine nobis super hoc humiliter porrectis inclinati, eidem majestati tuae, &amp;c.</i> On voit que le Pape prétend que tous les <i>bénéfices</i> vacans <i>in curia</i> lui sont réservés par les articles du Concordat, &amp; que le Roi reconnoît cette réserve du Pape. Les Papes accordent assez rarement ces sortes de Brefs. Monsieur le Prince de Neubourg en obtint un pour son Abbaye de Fescamp en 1673. qui est semblablement adressé au Roi.</p><p>On a beaucoup écrit contre la pluralité des <i>bénéfices.</i> La Place, Recteur de l'Université de Paris, a fait un Traité qui a pour titre, <i>De singularitate beneficiorum.</i> Le Sr De la Roque, Ministre Calviniste, écrivit aussi en 1688. contre la pluralité des <i>bénéfices.</i> Et jusqu'ici personne n'avoit osé se déclarer publiquement, ni écrire en faveur de cet abus, qu'un Auteur Anonyme qui sous le nom d'Abbé de Sidichembech (Jac. Boileau) fit paroître en 1710. un ouvrage intitulé, <i>De Re Beneficiaria Liber singularis, sive Quaestionis celebris ac difficilis &amp;c.</i> . Il fut aussitôt solidement réfuté par plusieurs écrits. Le IIIe &amp; le IVe Concile de Latran ont condamné la pluralité des <i>bénéfices.</i></p><p>S. <i>Augustin n'en veut pas tant.</i></p><p>Ce mot se trouve aussi dans le Catholicon d'Espagne en une autre acception.</p><p>c'est-à-dire, ce qu'il mérite.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BÉNÉFICE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice , signifie aussi, Gain, profit, avantage. <i>Lucrum, commodum, fructus, utilitas.</i> Les Banquiers de Lyon font souvent tenir de l'argent à Paris avec <i>bénéfice</i> ; c'est-à-dire, qu'au lieu de demander des remises pour le change, ils donnent du profit. Les Changeurs donnent du <i>bénéfice</i> en leur portant à changer des louis d'or. On dit aussi, qu'un Traitant a eu du <i>bénéfice</i> en une affaire, quand il a profité ; qu'une telle somme a tourné à son <i>bénéfice.</i> En matière de Lotterie ; on appelle Avoir un <i>bénéfice ;</i> pour dire, Avoir un billet marqué, avoir un bon lot.</p><p>En termes de médecine , on appelle <i>Bénéfice de ventre,</i> un devoiement naturel &amp; spontanée qui arrive sans aucune médecine. <i>Alvi profluvium.</i></p><p>En termes de Jurisprudence , il signifie Grace, concession gratuite du Prince. On dit qu'on est reçu au <i>bénéfice</i> de cession, quand on reçoit un homme à abandonner ses biens à ses créanciers ; moyennant quoi il est élargi des prisons, excepté pour les cas réservés par les Ordonnances.</p><p>En termes de Chancellerie , on appelle des Lettres de <i>bénéfice</i> d'âge, celles que les mineurs obtiennent pour être émancipés, &amp; avoir la faculté de gouverner leur revenu depuis dix-huit ans jusqu'à la pleine majorité ; mais ils ne peuvent vendre ni aliéner, ni hypothéquer leurs immeubles, qu'ils n'aient atteint l'âge de majorité. Les clauses des lettres de <i>bénéfice</i> d'âge sont que les parens paternels &amp; maternels seront appellés, qu'ils donneront leur consentement, &amp; que le mineur est capable d'administrer ses biens, &amp; de jouïr de ses revenus. <i>Litterae Principis quibus administrare bona minoribus conceditur.</i></p><p>Il y a aussi des Lettres de <i>bénéfice</i> d'inventaire, qu'on obtient pour être héritier d'un homme sans être obligé de payer ses dettes au delà des forces de sa succession, de laquelle à cet effet on fait inventaire, pour en rendre compte, s'il est besoin. <i>Litterae Principis quibus haereditatem adeunti conceditur, tantùm teneri, quantùm valere bona haereditatis contingit.</i> C'est Justinien qui a mis dans l'usage commun le <i>bénéfice d'inventaire,</i> par lequel l'héritier n'est responsable ni envers les créanciers, ni envers les légataires, que jusqu'à la concurrence des biens. C'est une grace du Prince qui fut d'abord introduite par l'Empereur Gordien en faveur des gens de guerre. L'Empereur Justinien l'étendit ensuite à tous ses sujets ; ce qui étoit nécessaire dans un temps où les successions étoient tellement obérées, à cause des grandes guerres que l'Empire avoit soutenues, que personne n'osoit se déclarer héritier. L'héritier présomptif, qui n'accepte la succession que sous <i>bénéfice d'inventaire,</i> ne peut être exclus par un parent plus éloigné qui se déclare héritier pur &amp; simple. Les Lettres de <i>bénéfice</i> d'inventaire s'adressent au Juge de l'impétrant, s'il est royal, sinon mandement est fait au premier Huissier, ou Sergent Royal, de faire commandement au Juge du Seigneur haut Justicier de procéder à l'entérinement. Les conditions des <i>Lettres de bénéfice d'inventaire</i> sont de faire l'inventaire des biens, de n'avoir fait aucun acte d'héritier, &amp; de payer les dettes jusqu'à concurrence de l'inventaire. Il faut que l'impétrant donne caution du contenu en l'inventaire. Les Lettres de <i>bénéfice</i> d'inventaire ne servent de rien à l'égard du Roi aux héritiers de ceux qui sont comptables des deniers du Roi, parce qu'il ne donne rien, ni aucun privilége contre ses droits. Nul n'est admis à jouir du <i>bénéfice</i> d'âge, ou du <i>bénéfice</i> d'inventaire, sans Lettres scellées des Chancelleries. Voyez plusieurs Arrêts sur cela dans l'<i>Hist. de la Chancel. Tom. II.</i> Le Roi en a cependant exemté les Provinces régies par le Droit écrit, par un Arrêt du 7. Janv. 1684. <i>Ibid. p.</i> 121.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice , se dit aussi en parlant du temps, &amp; veut dire, Grace, faveur ; dont le temps est souvent la seule cause. Il faut attendre le <i>bénéfice</i> du temps. La Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4705" id="14" type="">
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    <head>BÉNÉFICE</head>
    <p>
    Bénéfice , se dit aussi en ces phrases proverbiales. Il faut prendre le <i>bénéfice</i> avec ses charges : ce qui se dit tant au propre des charges d'un vrai <i>bénéfice,</i> qu'au figuré de toute autre chose qui a des avantages, &amp; des inconvéniens. On dit aussi que les chevaux courent les <i>bénéfices,</i> &amp; que les ânes les attrapent. On dit encore, d'un homme qui n'a point de revenu, qu'il n'a Office, ni <i>Bénéfice ;</i> qu'il est obligé de vivre du travail de ses mains. On dit d'un homme qui n'a point de Religion, qu'il croit en Dieu par <i>bénéfice</i> d'inventaire, c'est-à-dire, qu'il fait profession de la Religion autant qu'il y trouve son profit &amp; son intérêt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4706" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNÉFICENCE" />
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    <head>BÉNÉFICENCE</head>
    <p>
    BÉNÉFICENCE , s. f. Bonté particulière ; grace extraordinaire. <i>Beneficentia.</i> Ce mot de <i>bénéficence,</i> quelque doux qu'il soit, n'est pas assez heureux pour plaire à tout le monde ; au contraire le nombre de ceux à qui il déplaît, est bien plus grand que le nombre de ceux à qui il plaît. M. de la Mothe, de l'ancienne Académie Françoise, a dit que les peuples avoient adoré le soleil à cause de sa <i>bénéficence. Bénéficence</i> s'est beaucoup établi dans les Pays étrangers. On le trouve dans l'Oraison funèbre de la Princesse d'Orange par Labadie, &amp; dans plusieurs autres écrits de gens qui se piquent de parler bien le François. Mais ce mot n'est pas reçû en France, &amp; par conséquent ne doit point être mis parmi les mots François que l'usage autorise. Et généralement parlant ces Auteurs étrangers, ou réfugiés, sont de très-mauvais garants de l'usage, &amp; le plus souvent de médiocres Auteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4707" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNÉFICIAIRE" />
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    <head>BÉNÉFICIAIRE</head>
    <p>
    BÉNÉFICIAIRE , adj. m. &amp; f. Héritier qui a obtenu Lettres de bénéfice d'inventaire. <i>Beneficiarius.</i> Un héritier pur &amp; simple n'exclut point le <i>bénéficiaire</i> en ligne directe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4708" id="1" type="">
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    <head>BÉNÉFICIALE</head>
    <p>
    BÉNÉFICIALE , adj. f. Qui ne se dit qu'en ces phrases. Rebuffe a écrit six volumes des matières <i>bénéficiales.</i> Une pratique <i>bénéficiale.</i> Tournet a recueilli tous les Arrêts rendus sur des causes <i>bénéficiales. Quod ad beneficia pertinet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4709" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNÉFICIER" />
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    <head>BÉNÉFICIER</head>
    <p>
    BÉNÉFICIER , s. m. Celui qui possède un ou plusieurs Bénéfices. <i>Beneficio Ecclesiastico praeditus.</i> On distingue les <i>Bénéficiers</i> du Royaume payans décimes, d'avec ceux qui n'en payent point, qui n'ont que de simples administrations. Le <i>Bénéficier</i> n'est pas propriétaire des biens de l'Eglise, il n'en a que l'administration, dont néanmoins il ne rend compte qu'à Dieu. Cependant à l'égard des hommes il est tenu des réparations, des décimes, &amp; des droits attribués aux Evêques. Fleur. Un <i>Bénéficier</i> qui a assisté <pb n="582" facs="bpt6k8542165/f622/full/1200,/0/native.jpg"/>à un jugement de mort, devient irrégulier, &amp; privable de son bénéfice. De Lange. Le <i>Bénéficier</i> condamné à mort ne peut résigner pendant l'appel ; son bénéfice est vacant de plein droit. Id. Par l'art. 14. de l'Ordonn. de 1667. les <i>Bénéficiers</i> mineurs de 25. ans peuvent agir, &amp; sont réputés majeurs, pour ce qui concerne les bénéfices dont ils sont pourvûs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4710" id="1" type="astrologie">
   <index type="head" value="BÉNÉFIQUE" />
   <index type="src_domain" value="astrologie" />
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    <head>BÉNÉFIQUE</head>
    <p>
    BÉNÉFIQUE , adj. m. &amp; f. Terme d'Astrologie , qui se dit des astres à qui on attribue des influences favorables. <i>Beneficus.</i> Jupiter &amp; Vénus sont des Planètes <i>bénéfiques,</i> c'est-à-dire, bienfaisantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4711" id="1" type="">
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    <head>BENÊT</head>
    <p>
    BENÊT , adj. m. &amp; subst. Idiot, niais, nigaut, qui n'a point vû le monde. <i>Insulsus, stolidus.</i> Molière a dit, un grand <i>benais</i> de fils aussi sot que son père. Mais l'usage est pour <i>benêt.</i></p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>bonifacies,</i> qui signifie <i>bon enfant.</i> Quelques-uns disent encore <i>Boniface</i> en la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4712" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENETIER" />
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    <head>BENETIER</head>
    <p>
    BENETIER , Voyez <ref type="search" target="head:BENITIER">BENITIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4713" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNEVENT" />
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    <head>BÉNEVENT</head>
    <p>
    BÉNEVENT , s. m. Ville Archiépiscopale du Royaume de Naples, dans la Principauté citérieure, au confluent du Sabato, &amp; du Calore. <i>Bénevent</i> a titre de Duché. <i>Bénevent</i> fut nommé d'abord <i>Maleventum,</i> si l'on en croit Pline, Liv. III. ch. 11. &amp; si l'on en croit Procope, ce fut à cause des vents malins qui y soufflent. D'autres le tirent de <i>malus eventus,</i> mauvais événement, &amp; disent qu'il lui fut donné à cause de la défaite des Samnites, qui perdirent là auprès plus de 30000 hommes. Mais Vigenère <i>Annot. sur Tite-Live,</i> Tom. I. pag. 1757. remarque fort bien que Tite-Live dit qu'elle s'appelloit dès auparavant <i>Male-vent</i> ; &amp; il ajoûte que plutôt les Romains à raison de leur heureux succès lui auroient donné le nom de <i>Bénevent.</i> Quoi qu'il en soit, elle changea dans la suite ce nom de Malevent en celui de <i>Bénevent. Beneventum.</i> Festus dit que ce fut lorsqu'on y conduisit une Colonie, afin que ce nom fût d'un meilleur augure que celui qu'elle avoit, parce qu'auparavant les Grecs qui l'habitoient, l'appelloient , apparemment de , qui signifie, <i>pernicieux.</i> Ces mots de Festus confirment l'étymologie de <i>Bonus eventus,</i> ou <i>Bene eveniat,</i> ou <i>Bene ventum,</i> qui est pour marquer l'heureuse arrivée de la Colonie. La première Colonie Romaine fut menée à <i>Bénevent,</i> l'an de Rome 485. <i>Paterc. L. I.</i> Elle fut ensuite renouvellée par Auguste, &amp; encore depuis par Néron, &amp; appellée Concorde, &amp; son Territoire fut assigné aux Vétérans, avec celui de <i>Claudium.</i> Frontin. Une ancienne Inscription porte IMP. CAESARIAUGUSTO ET COLONIAI BENEVENTANAI. Voyez Pline, Liv. III. c. 11. Strabon, Etienne de Byzance, &amp; Vigenère cité.</p><p>Quelques-uns disent que c'étoit une ville des Samnites, &amp; d'autres des Hirpiniens. Solin veut que <i>Bénevent</i> ait été bâti par Diomede ; &amp; Pline que ce fut par les Hirpiniens ; d'autres par les Sabelliens, &amp; qu'il fut seulement réparé par Diomede. Voyez sur cette ville le P. Cantel, <i>Hist. des Métrop.</i> pag. 409. Il y a une Chronologie des Evêques &amp; Archevêques, &amp; du Chapitre de <i>Bénevent,</i> par Mario de Vipera, en Latin, à Naples 1636. <i>in</i> 4°.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4714" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉNEVENTAIN, AINE" />
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    <head>BÉNEVENTAIN, AINE</head>
    <p>
    BÉNEVENTAIN, AINE , ou BÉNEVENTIN, ine, s. m. &amp; f. Qui est de la Ville ou du Duché de Bénevent. <i>Beneventanus.</i> Pierre <i>Béneventain,</i> ou de Bénevent, Secrétaire ou Notaire d'Innocent III. est un Collecteur des Decrétales. Les deux Orbilius excellens Grammairiens, &amp; Odofredus Denarius, Professeur du Droit à Boulogne vers l'an 1200. étoient <i>Béneventins.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4715" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="BÉNEVISER" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
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    <head>BÉNEVISER</head>
    <p>
    BÉNEVISER , v. act. Vieux terme de Coutume . Il signifie fixer, abonner, &amp; dans le Lyonnois une dixme <i>bénévisee</i> un service <i>bénévisé,</i> ne sont autre chose qu'une dixme &amp; un service abournés, ou abonnés. <i>Clientelaria jura certo pretio vendere,</i> ou <i>mancipare.</i> On dit aussi <i>abénéviser</i> dans le même sens. De Lauriere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4716" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENEVOLE" />
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    <head>BENEVOLE</head>
    <p>
    &#9758; BENEVOLE , adj. de tout genre. Bienveillant, favorablement disposé. Il ne se dit qu'en badinant dans ces phrases, Lecteur <i>bénévole,</i> Auditeur <i>bénévole,</i> Spectateur <i>bénévole.</i> Que je suis heureux, dit le Poëte Nugnez, d'avoir été siflé à double carillon ! Si le Public plus <i>bénévole</i> m'eût honoré de ses applaudissements, à quoi cela m'auroit-il mené ? à rien. Je n'aurois tiré de mon travail qu'une somme assez modique : au lieu que les sifflets m'ont mis tout d'un coup à mon aise pour le reste de mes jours. Le Sage.</p><p>Voyez <ref type="search" target="head:MALEVOLE">MALEVOLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4717" id="1" type="">
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    <head>BÉNEZET</head>
    <p>
    BÉNEZET , s. m. Nom propre d'homme. <i>Benedictus.</i> S. <i>Bénézet</i> étoit un simple Pasteur, qui fut envoyé de Dieu pour bâtir un pont sur le Rhône à Avignon, &amp; fut fondateur des Religieux Pontifes, ou faiseurs de pont. Il commença ce pont en 1176. &amp; fut 12 ans à le bâtir. Il y a 18. arches. Sa vie a été écrite par Magne Agricole, &amp; imprimée à Aix en 1708. Voyez encore Bouche, <i>Hist. de Prov.</i> T. II. p. 162. Ce nom s'est formé de <i>Benedictus.</i> On a fait d'abord <i>Bénédet :</i> les Italiens &amp; nos Provinces voisines d'Italie disent <i>Benedetto,</i> puis on a changé le <i>d</i> en <i>z,</i> ce qui est fort ordinaire, sur-tout dans les Provinces d'où étoit S. <i>Bénézet,</i> où il est plus connu, &amp; d'où nous vient ce nom. C'est ainsi que de <i>Baudelius</i> on a fait en Languedoc <i>Bauzille,</i> en Auvergne <i>Bauzire,</i> en Rouergue <i>Bauzely</i> ; de <i>Benitti,</i> Benizzi, &amp; de <i>Quinidius,</i> Quiniz, &amp;c. M. Baillet prétend néanmoins que <i>Bénézet</i> est un diminutif, comme qui auroit dit Petit Benoît, à cause de son âge &amp; de sa taille. Quoi qu'il en soit, puisque l'usage l'a voulu, il faut dire <i>Bénézet,</i> &amp; non pas <i>Bénédict,</i> ni <i>Bénédet,</i> comme M. Baillet a fait d'abord. <i>Bénédict</i> n'est pas François, &amp; <i>Bénédet</i> est appliqué par l'usage à un autre Saint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4718" id="1" type="">
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    <head>BENGALE</head>
    <p>
    BENGALE , s. f. La ville de <i>Bengale, Bengala,</i> est dans l'Inde sur la rivière de Cosmin, selon quelques Géographes, ou sur celle de Caor, selon d'autres, vis-à-vis de Chatigan. La plupart des Géographes modernes prétendent que <i>Bengale</i> n'est autre chose que Chatigan, à laquelle on a mal-à-propos donné le nom du Royaume dans lequel elle est ; mais les cartes marines des Hollandois, qui fréquentent beaucoup ces pays-là, distinguent Chatigan &amp; <i>Bengale.</i> Maty. La longitude de <i>Bengale</i> est environ de 23 degrés, &amp; sa latitude de 137.</p><p>Le Royaume de <i>Bengale</i> en Latin, <i>Bengalae regnum,</i> est un grand pays d'Asie, qui a eu autrefois ses Rois particuliers, mais qui dépend aujourd'hui du Mogol. Le Gange le coupe presque par le milieu.</p><p>Le Golfe de <i>Bengale,</i> en Latin, <i>Bengalae sinus, sinus Gangeticus</i> : c'est la partie de l'Océan Indien, qui est entre les deux presqu'Isles de l'Inde, &amp; s'étend jusqu'aux Isles de Sumatra &amp; de Céilan au Midi. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4719" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENGE" />
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    <head>BENGE</head>
    <p>
    BENGE , ou BENGHE. Voyez <ref type="search" target="head:BANGUE">BANGUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4720" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENJAMIN" />
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    <head>BENJAMIN</head>
    <p>
    BENJAMIN , s. m. Nom propre d'homme. <i>Benjaminus.</i> Le premier qui a porté ce nom, est <i>Benjamin</i> fils de Jacob, &amp; de Rachel. Sa mère l'avoit appellé Benoni, mais son père lui donna le nom de <i>Benjamin.</i> Ce mot, suivant l'étymologie, veut dire, <i>enfant de la droite</i> ; c'est-à-dire, enfant très-cher. D'autres veulent qu'il signifie <i>Enfant du Midi,</i> parce que <i>Benjamin</i> nâquit dans un pays qui est plus au Midi, que celui où ses frères étoient nés. D'autres enfin prétendent que ce mot veut dire <i>Enfant des jours</i> ; c'est-à-dire, enfant né durant la vieillesse de son père, ou lorsque son père étoit déja avancé en âge. Ceux qui sont pour cette dernière étymologie, avouent qu'elle n'est point Hébraïque, mais Chaldaïque ; &amp; ils disent que Jacob, qui avoit parlé long-temps la Langue Chaldaïque en Mésopotamie, donna à son fils <i>Benjamin</i> un nom en cette Langue. La peine que Jacob eut à souffrir que <i>Benjamin</i> s'éloignât de lui, &amp; qu'il allât en Egypte avec ses frères, marque que ce Patriarche aimoit plus <i>Benjamin</i> que ses autres enfans. C'est par allusion à cet amour particulier qu'il lui portoit, que nous appellons <i>Benjamin</i> un fils que son père ou sa mère aiment plus que leurs autres <pb n="583" facs="bpt6k8542165/f623/full/1200,/0/native.jpg"/>enfans. Celui-là est le <i>Benjamin</i> du père, &amp; celui-ci est le <i>Benjamin</i> de la mère. Philippe Auguste fut bien aise de donner à Henri II. Roi d'Angleterre, la mortification de voir à la tête des Conjurés son fils Jean, dont il faisoit son <i>Benjamin.</i> Larrey.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENJAMIN</head>
    <p>
    Benjamin , Nom d'une des douze Tribus d'Israël composée des descendans de <i>Benjamin,</i> le dernier des enfans de Jacob. <i>Benjamini Tribus,</i> ou <i>Benjaminia, Benjaminitica Tribus.</i> La Tribu de <i>Benjamin</i> étoit entre celle de Juda au Midi, celle d'Ephraim au Septentrion, &amp; le Jourdain au Levant. Voyez le livre de Josué C. XVIII. v. 11. &amp; suiv.</p><p>Les enfans de <i>Benjamin,</i> en style de l'Ecriture, sont aussi la Tribu, ou les descendans de <i>Benjamin.</i> Les enfans de <i>Benjamin</i> se rallièrent auprès d'Abner, &amp; ayant fait un gros, demeurèrent sur le sommet d'un côteau. Sacy. 2. <i>des Rois, C. II. v.</i> 25.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENJAMIN</head>
    <p>
    Benjamin . Terme de Fleuriste . C'est un oeillet incarnat clair sur un fin blanc, mais dont les panaches sont confus. Sa plante est assez robuste, mais tardive à porter fleur. Le <i>Benjamin</i> ne casse pas, si on lui laisse quatre à cinq boutons. Cult. des Fleurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNIBEL</head>
    <p>
    BÉNIBEL , s. m. Terme de Philosophie hermétique , qui signifie le mercure hermétique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4722" id="1" type="">
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    <head>BENIÇON</head>
    <p>
    &#9758; BENIÇON , s. f. Vieux mot qui signifie épousailles, de <i>benedictio,</i> comme maudiçon de <i>maledictio,</i> cuiçon de <i>coctio,</i> façon de <i>factio,</i> leçon de <i>lectio.</i> Men.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIGNE</head>
    <p>
    BENIGNE , s. m. <i>Benignus.</i> Nom propre d'homme. S. <i>Benigne</i> Apôtre de Bourgogne, &amp; Martir, y fut envoyé, selon la tradition du pays, par S. Polycarpe. <i>Benigne</i> établi à la Cour dégénéra-t-il de lui-même ? Ignora-t-il ses amis ? P. de la Rue, <i>dans l'Oraison Funèbre de M. Jacque</i> Benigne <i>Bossuet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIGNEMENT</head>
    <p>
    BENIGNEMENT , adv. D'une manière benigne, douce, humaine. <i>Benignè, humaniter.</i> Il a été reçu <i>benignement</i> de son Prince. Rien n'est plus méprisable que la sotte patience d'un mari qui souffre <i>benignement</i> les infidélités de sa femme. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉNIGNITÉ</head>
    <p>
    BÉNIGNITÉ , s. f. Humanité, douceur, indulgence. <i>Benignitas, lenitas, humanitas.</i> Alexandre reçut avec grande <i>bénignité</i> la mère, la femme &amp; les filles de Darius. Jupiter &amp; Vénus sont les Planètes qui ont le plus de <i>bénignité.</i> C'est là où vous verrez la dernière <i>bénignité</i> de la conduite de nos pères. Pasc. Heureux celui qui dans son affabilité naturelle trouve des dispositions favorables à la <i>bénignité</i> Chrétienne. P. Gail.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIN, BENIGNE</head>
    <p>
    BENIN, BENIGNE , adj. Qui ne se dit guère que des remèdes, &amp; des influences célestes. <i>Benignus, humanus, lenis.</i> Un remède <i>benin,</i> est celui qui purge doucement, &amp; sans de grandes évacuations, ni tranchées. Les Cieux <i>benins,</i> les Astres <i>benins</i> ont favorisé son voyage. Hors de là <i>benin</i> ne se dit guère qu'en riant. Molière dit en parlant des maris de Paris : Les maris sont ici les plus <i>benins</i> du monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4727" id="1" type="">
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    <head>BENJOIN</head>
    <p>
    BENJOIN , s. m. C'est une sorte de résine très-excellente, qu'on apporte du Royaume de Lao, &amp; d'autres pays des Indes Orientales. <i>Benzuinum.</i> On la tire par incision d'un arbre qui est beau &amp; très-grand, dont les feuilles ressemblent à celles de citronnier, &amp; qui, selon Dapper, s'appelle Fatra. Elle est de couleur jaune, d'une odeur fort agréable, &amp; facile à fondre. Il y en a de trois sortes. La première s'appelle <i>Amydaloïdes,</i> parce qu'elle est tachetée de plusieurs marques blanches, qui ressemblent à des amandes rompues : elle vient de Siam. La seconde est noire &amp; fort odoriférente, &amp; coule des jeunes arbres : elle nous vient de Sumatra. On l'appelle <i>Benjoin de Boninas.</i> La troisième est aussi noire, mais de moindre odeur. On la cueille dans les Isles de Java &amp; de Sumatra. Le <i>Benjoin</i> est différent de la Gomme de <i>Laser,</i> ou <i>Assa foetida.</i> Il l'est aussi de la mirrhe.</p><p>M. d'Herbelot, au mot <i>Ban,</i> rapporte que quelques-uns disent que le <i>Benjoin</i> que les Persans nomment <i>Bassam pieh,</i> huile ou graisse de baume, se tire du fruit d'un arbre appellé <i>ban,</i> semblable au Tamarin, &amp; qui croît en abondance dans l'Iémen, ou Arabie heureuse, &amp; particulièrement au terroir de Mahara ; &amp; il dit au mot <i>Hassalban,</i> que les Turcs appellent le <i>Benjoin, Hassalban,</i> mot dérivé ou corrompu de celui de ban. Chorier dit, dans son <i>Histoire de Dauphiné,</i> p. 58. que les Mélèzes, qui sont fréquens dans les Alpes aux environs de Briançon, produisent une espèce si excellente de résine, qu'on ne lui refuse pas communément le nom de térébenthine &amp; de <i>benjoin.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    BENIR , v. act. Louer Dieu, le glorifier, le remercier de ses graces. <i>Deum, laudare, benedicere.</i> Les trois enfans <i>benissoient</i> Dieu dans la fournaise. Job dans toutes ses afflictions disoit seulement, Dieu soit <i>beni.</i> Il faut <i>benir</i> Dieu des graces qu'il nous fait à tous momens. Que la terre <i>benisse</i> le Seigneur, &amp; qu'elle célèbre éternellement ses louanges. Port-R. Il est aisé de louer Dieu &amp; de le <i>benir,</i> quand il nous fait riches, &amp; qu'il ne nous laisse manquer de rien. Flech.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , qui est si souvent dans le Nouveau Testament, signifioit chez les Juifs, prononcer une certaine formule de Prière sur quelque chose. Ils ont dans leurs Rituels un grand nombre de ces sortes de Prières ou Bénédictions. Ils en ont de différentes pour diverses choses, croyant que c'est un péché d'ingratitude de jouïr ou de se servir de quoi que ce soit au monde, sans premièrement reconnoître par quelques paroles de louange ou de bénédiction, qu'on le tient de Dieu, qui est le maître de tout. Ils sont obligés de dire au moins cent bénédictions par jour, &amp; la plupart les récitent le matin. Consultez Léon de Modène dans son <i>Traité des cérémonies de Juifs,</i> part I. Chap. IX.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , est quelquefois dans le Nouveau Testament la même chose que <i>faire des actions de graces,</i> ensorte que ces deux mots s'y prennent l'un pour l'autre au Ch. 26. de S. Matthieu, v. 26. où il est dit que Jesus-Christ <i>prit le pain &amp; le benit</i> : on lit dans plusieurs exemplaires Grecs, <i>fit des actions de graces,</i> &amp; c'est la même chose quant au sens ; parce que la prière de <i>bénédiction,</i> ou <i>consécration,</i> s'appelle aussi <i>action de graces.</i> C'est en ce sens là que S. Paul, dans sa première Epître aux Corinthiens, ch. 10. où il parle de la liberté que les Chrétiens avoient de manger de tout, dit au v. 30. <i>Si je mange avec action de graces, pourquoi serai-je accusé d'impiété pour une chose dont je fais des actions de graces ?</i> Les Chrétiens aussi-bien que les Juifs, ne buvoient ni ne mangeoient jamais sans faire la Prière, qui s'appelloit <i>action de graces,</i> ou <i>bénédiction.</i> Jesus-Christ a fait éxactement cette bénédiction, comme quand il <i>benit</i> les cinq pains dans le désert. <i>Benedixit illis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , selon plusieurs Interprètes, se prend dans l'Ecriture pour maudire, ou pour injurier, calomnier, parler mal de quelqu'un. Il y a trois endroits dans lesquels ils y donnent ce sens. Job I. 5. 11. &amp; 3. Liv. des Rois XXI. 10. Quelques-uns disent que c'est une ironie ; d'autres une antiphrase. Ce n'est pas le seul verbe qui ait à la troisième conjugaison un sens contraire à celui des précédentes, comme l'a remarqué. Codure sur Job I. 5. Hottinger dans son Hexaéméron, &amp; Drusius, Observ. XVI. 7. D'autres disent que les Hébreux avoient tant d'horreur du blasphème, (car c'est toujours de Dieu que <i>benir</i> se prend en ce sens.) qu'ils ne l'appelloient point par son nom, mais d'un nom tout contraire. Mercerus, Casaubon &amp; Cocq, trouvent des vestiges du même usage dans les autres Langues. Les Latins disoient <i>Rectè</i> pour <i>nihil, Bona fortuna</i> pour <i>Nemo, Sacrum</i> pour exécrable. D'autres croient que <i>benir</i> en ces endroits signifie <i>dire adieu,</i> parce qu'en prenant congé de quelqu'un, on le <i>benissoit,</i> &amp; de même que nous avons transporté le terme de <i>dire adieu</i> à la signification de quitter, abandonner, renoncer, parce qu'on dit adieu en quittant les gens. Les Hébreux l'avoient fait de , <i>benir.</i> Ce sont les deux interprétations les plus raisonnables.</p><p>Celui qui <i>benit</i> parmi les Juifs le Pain &amp; le Vin, est ordinairement la personne la plus qualifiée de la compagnie. Notre Seigneur fit la cérémonie de la Pâque avec ses Disciples, en qualité de Maître &amp; de Docteur. S. Luc, qui a rapporté cette Histoire avec plus d'exactitude que S. Matthieu &amp; S. Marc, fait mention de deux coupes, sur lesquelles Jesus-Christ prononça la <i>bénédiction.</i> En effet, quand les Juifs font encore aujourd'hui une espèce de Pâque, ils commencent d'abord par <i>benir</i> la coupe qu'ils remplissent de vin, &amp; ils appellent cette première bénédiction, <i>la bénédiction de la coupe du manger.</i> Ils prennent quatre coupes durant tout ce repas ; mais ils ne <i>benissent</i> que la première &amp; la dernière, au moins est-ce l'usage <pb n="584" facs="bpt6k8542165/f624/full/1200,/0/native.jpg"/>de presque tous les Juifs, à la réserve des Tudesques, qui <i>benissent</i> toutes les coupes. Consultez les Rituels des Juifs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , se dit aussi des puissances temporelles qu'on loue, ou pour qui on fait des souhaits ; &amp; même des choses inanimées. <i>Benè precari.</i> Les Princes bienfaisans sont <i>benis</i> de leurs Peuples. <i>Benissons</i> le jour que nous commençâmes à nous connoître.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , se dit aussi activement à l'égard de Dieu, &amp; passivement à l'égard des hommes. <i>Fortunare, foecundare, cumulare beneficiis.</i> Dieu <i>benit</i> le travail des gens de bien. Dieu a <i>beni</i> son lit, &amp; lui a donné lignée. Dieu a <i>beni</i> les armes du Roi, &amp; lui a fait obtenir la victoire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , se dit aussi des cérémonies Ecclésiastiques, &amp; des prières que font les Prélats &amp; les Prêtres, sur les choses qu'ils consacrent au service &amp; au culte de Dieu. Ainsi, on dit, <i>Benir</i> une Eglise, des Fonts, une pierre d'Autel, un Calice, un Amict, une cloche. <i>Consecrare.</i> On dit aussi, <i>benir</i> un cierge, des drapeaux. <i>Benir</i> un Abbé Régulier, une Abbesse. <i>Benir</i> le lit des nouveaux mariés.</p><p>On appelle aussi, <i>Benir</i> la table, faire une prière avant le repas, qu'on appelle, <i>Bénédicité,</i> avec un signe de croix sur les viandes. <i>Mensam consecrare, consuetas ante cibum preces recitare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , se dit aussi des pères à l'égard de leurs enfans. <i>Fausta precari.</i> Isaac <i>benit</i> Jacob au lieu de son frère Esaü. Noé <i>benit</i> Sem &amp; Japhet, &amp; maudit Cham.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benir , se dit aussi en ces phrases proverbiales. Dieu vous <i>benisse, Adsit tibi Deus</i> : ce qui se dit tant à ceux qui éternuent, qu'aux pauvres qu'on éconduit, &amp; aussi à ceux d'avec qui on sort mal content. On dit aussi, Dieu <i>benisse</i> Chrétienté, Dieu <i>benisse</i> qui a été cause de ce procès ; pour faire une honnête imprécation. Dieu soit <i>beni.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Beni, ie , part. &amp; adj. Dieu a <i>beni</i> vos soins. Cette pieuse famille est <i>benie</i> de Dieu. <i>Fortunatus, beneficiis cumulatus.</i> Autrefois on disoit toujours <i>benit</i> : depuis, l'usage a adouci ce participe pour les choses ordinaires ; mais il est demeuré dans les choses de la Religion pour conserver tous les termes consacrés &amp; accoutumés. Ainsi on dit à la Sainte Vierge, Tu est <i>benite</i> entre toutes les femmes. Vaug. Chap.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benit, ite , adj. Qui a été <i>beni,</i> consacré à Dieu. Une Abbesse <i>benite,</i> de l'eau <i>benite,</i> un pain <i>benit,</i> des grains <i>benits.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENIR</head>
    <p>
    Benit , se dit encore en ces phrases proverbiales. Eau <i>benite</i> de Cour, ce sont de grandes caresses, de belles protestations d'amitié des gens de Cour, qui sont simulées, &amp; qui n'ont aucun effet. On dit que c'est pain <i>benit,</i> que d'attraper un homme qui fait le fin, ou quand il arrive quelque infortune à un homme qui l'a bien mérité. C'est pain <i>benit,</i> de vous montrer à tous tant que vous êtes de pedans, l'impertinence de vos citations, puisque vous en voulez tant faire. Mascur. C'est-à-dire, c'est un avantage, un plaisir, une joie. On dit autrement, C'est bien employé. On appelle aussi les Bédeaux des Paroisses, Ventres <i>benits,</i> parce qu'ils vivent le plus souvent de pain <i>benit.</i> On dit qu'un homme est réduit à la chandelle <i>benite,</i> lorsqu'il est en extrémité de maladie, qu'il a reçu l'Extrême onction. On dit aussi d'un homme qui ne vient point après avoir été plusieurs fois prié de venir, qu'il faut avoir la croix &amp; l'eau <i>benite</i> pour l'avoir. On dit aussi, Changement de corbillon, appétit de pain <i>benit</i> ; pour dire que la diversité plaît en toutes choses.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENITIER</head>
    <p>
    BENITIER , ou BENETIER, s. m. Le premier est le meilleur. M. Ménage est pour <i>benetier,</i> mais il avoue que l'usage est pour <i>benitier.</i> On disoit autrefois <i>benoistier,</i> &amp; on prononçoit <i>benaitier.</i> Tous les Auteurs au-dessus de 60 ans écrivent <i>benoistier.</i></p><p>par rapport à l'Architecture, <i>benitier,</i> est un vase rond &amp; isolé, ordinairement de marbre, &amp; taillé en coquille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENNE</head>
    <p>
    BENNE , s. f. Petit vaisseau qui sert à charger les bêtes de somme pour transporter des grains, de la chaux, de la vendange, &amp; autres choses. Il sert aussi de mesure dans la plupart des Provinces, &amp; tient environ deux minots de Paris.</p><p>Ce mot vient de <i>benna</i>, qui étoit une espèce de chariot ou de tombereau des Anciens Gaulois, dont parle Festus, qu'on nommoit aussi <i>benel,</i> ou <i>venel,</i> dont Monstrelet fait aussi mention. Goropius dérive ce mot de <i>benne,</i> qui a signifié chez les Allemands un <i>panier plat,</i> ou une <i>corbeille.</i> Et même Cluvier, <i>Germ. ant. Lib. I. p.</i> 70. remarque qu'encore à présent on appelle en Allemagne <i>benne,</i> une charrette à deux roues. Chorier dit qu'en Dauphiné on dit <i>benna,</i> parmi le bas peuple, &amp; <i>bannante</i> parmi ceux qui parlent plus purement, &amp; prétend que c'est un ancien mot Allobrogique. Voyez <ref type="search" target="head:Banne">Banne</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENNON</head>
    <p>
    BENNON , s. m. Nom propre d'homme. <i>Benedictus. Bennon,</i> que nous appellerions Benoît en notre langue, si l'on en croit les Allemans, étoit fils d'un Gentilhomme de Saxe. Il vint au monde près de Goslar l'an 1010. Bail.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BENOÎT, OÎTE</head>
    <p>
    BENOÎT, OÎTE , adj. Vieux mot, qui signifioit autrefois <i>beni. Sacer. Benoît</i> soit Dieu. Le <i>benoît</i> S. Esprit. L'eau <i>benoîte.</i> La <i>benoîte</i> Vierge Marie, &amp; tous les <i>benoîts</i> Saints &amp; Saintes de Paradis. Il n'est plus en usage, à moins qu'on ne l'emploie en riant, comme dans cet exemple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4733" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENOÎT" />
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    <head>BENOÎT</head>
    <p>
    BENOÎT , est aussi un nom propre d'homme. <i>Benedictus.</i> S. <i>Benoît</i> est le Fondateur de l'Ordre des Bénédictins. Les Célestins sont de l'Ordre de S. <i>Benoît.</i> Beurrier. Un nourrisson du grand S. <i>Benoît.</i> Patru. Pourvû que j'entre dans le sentiment de S. <i>Benoît,</i> cela me suffit. De Rancé. Treize Papes &amp; deux Antipapes ont porté le nom de <i>Benoît.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4734" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENOÎTE" />
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    <head>BENOÎTE</head>
    <p>
    BENOÎTE , s. f. Nom propre de femme. <i>Benedicta.</i> On fait la fête de Sainte <i>Benoîte</i> d'Origny, Martyre, le 8e Octobre. Aux Hospitalières de S. Joseph de Moulins, on honore sous le nom de sainte <i>Benoîte,</i> un corps saint apporté des Cimetières de Rome, où on l'avoit nommé Euphémie ; mais parce qu'il y avoit déja dans la même Ville un corps saint honoré sous ce nom, on a changé celui d'Euphémie en <i>Benoîte,</i> qui est la même chose. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4735" id="1" type="">
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    <head>BENOÎTE</head>
    <p>
    BENOÎTE , s. f. ou GALLIOTE. <i>Caryophyllata.</i> Plante vivace, ainsi appellée à cause de ses racines qui ont une odeur &amp; un goût qui approche du clou de Gérofle. On croit que le nom de <i>Benoîte</i> lui a été donné par rapport à ses vertus, <i>Quasi herba benedicta</i> ; d'autres disent <i>Sanamunda.</i> Sa racine est composée d'un paquet de fibres longues &amp; chevelues à leurs extrémités, d'un goût &amp; d'une odeur aromatique, &amp; qui approche du Gérofle, sur-tout dans le printemps avant qu'elle pousse sa tige. Du collet de sa racine sortent quelques feuilles tapées contre terre, velues, &amp; découpées profondément jusqu'à leurs côtés en plusieurs segmens dentelés, dont celui qui termine chaque côté est plus ample, plus arrondi, crénelé sur ses bords, &amp; souvent échancré légèrement en trois quartiers. D'entre ces feuilles s'élèvent quelques tiges menues, velues, remplies de moële blanche, hautes d'un pied &amp; demi, branchues à leurs extrémités, garnies par intervalle de feuilles alternes ; chaque branche est soutenue par une petite feuille en manière d'aileron, &amp; est terminée par des fleurs jaunes à cinq petales, dont le calice est découpé en dix parties, cinq grandes, &amp; cinq plus petites, vertes. Plusieurs étamines occupent le milieu de la fleur, dont le pistile fait le centre, &amp; devient un fruit arrondi, composé de plusieurs semences ramassées en tête, &amp; terminées <pb n="585" facs="bpt6k8542165/f625/full/1200,/0/native.jpg"/>par une barbe crochue avec laquelle elles s'attachent aux habits des passans. Outre ces fleurs, qui terminent les tiges &amp; les branches, il y en a d'autres qui prennent naissance du côté opposé des feuilles, &amp; qui sont portées sur des pédicules assez longs. La <i>Benoîte</i> croît communément le long des chemins dans les bois. On se sert de ses racines pour arrêter des pertes &amp; pour guérir les fièvres. On met ses feuilles tremper dans le vin pour les obstructions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4735" id="2" type="chymie">
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    <head>BENOÎTE</head>
    <p>
    La Benoîte . Terme de Chymie . C'est l'épithète que donnent encore à présent tous les Chymistes à la Pierre Philosophale, qu'ils font tantôt adjectif, tantôt substantif, en la nommant absolument la <i>Benoîte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4736" id="1" type="">
   <index type="head" value="BENS" />
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    <head>BENS</head>
    <p>
    BENS , ou Bouge, ou la Poire du Légat. Espèce de méchante poire qui se mange au mois d'Août. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4737" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEORI" />
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    <head>BEORI</head>
    <p>
    BEORI , s. m. Animal des Indes Occidentales. Il ressemble à un veau. Sa peau est extrêmement dure &amp; épaisse. Il vit d'herbes sauvages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4738" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉOTARQUE" />
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    <head>BÉOTARQUE</head>
    <p>
    BÉOTARQUE , s. m. Chef des Béotiens, premier Magistrat des Béotiens. <i>Baeotarcha.</i> Les <i>Béotarques</i> étoient chez les Béotiens ce que les Archontes étoient chez les Athéniens. Voyez Tite-Live, Liv. XLII. Ch. 43.</p><p>Ce mot est formé de , <i>Béotien,</i> &amp; , <i>Commandement, Empire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4739" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉOTIE" />
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    <head>BÉOTIE</head>
    <p>
    BÉOTIE , s. f. <i>Baeotia.</i> C'étoit anciennement une Contrée de la Grèce, qui avoit porté auparavant les noms d'Aonie, d'Ogigie, d'Hyantide, de Messapie, de Cadmeïde. Diodore l'appelle Arné. La <i>Béotie,</i> dit Estienne le Géographe, touchoit trois mers ; celle du Péloponèse, la mer de Sicile &amp; la mer Adriatique. Elle s'étendoit depuis le Golfe de Zeiton, &amp; le détroit de Nègrepont, jusqu'au Golfe de Lépante. Elle avoit la Mégaride vers le Midi, l'Attique au Levant, la Phocide avec les Locres, ou Locriens Epinemidiens, au Couchant. On divisoit la <i>Béotie</i> en haute &amp; basse. La haute étoit au Midi, &amp; la basse au Septentrion. Aujourd'hui ce pays porte le nom de Stramulipa, &amp; fait une partie de la Livadie. La Capitale de <i>Béotie</i> étoit Thebes, bâtie par Cadmus.</p><p>Le Géographe Estienne rapporte plusieurs étymologies de ce nom. Quelques-uns le tiroient de Béotas, que les uns font fils d'Itonus, fils d'Amphictyon, le plus jeune des enfans de Deucalion &amp; de Pyrrha, &amp; d'autres fils de Neptune &amp; d'Arne. C'est peut-être par allusion à cette fable, ou à cause de la multitude de leurs côtes &amp; de leurs ports de mer, que l'on voit quelquefois sur leurs médailles un Neptune. Quoiqu'il en soit, les Auteurs dont je parle prétendent qu'il fut ainsi nommé de , boeuf, parce que sa mère le cacha dans du fumier de boeufs quand il fut né, pour en dérober la connoissance à son père. Une seconde étymologie dérive ce nom de , boeuf, parce que Cadmus trouva un boeuf qui le conduisit dans l'endroit, où ensuite il bâtit Thebes. D'autres veulent qu'il ait été donné aux Béotiens à cause de leur esprit pesant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4740" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉOTIEN, ENNE" />
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    <head>BÉOTIEN, ENNE</head>
    <p>
    BÉOTIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de peuple &amp; adjectif, qui se dit de ce qui appartient à ce peuple. <i>Baeotus, Baeotius.</i> Les <i>Béotiens</i> passoient pour avoir l'humeur sauvage, de sorte que pour l'adoucir on eut besoin de joueurs de flûtes, ce qui les rendit depuis affectionnés à cet instrument. T. Corn. Les <i>Béotiens</i> furent d'abord sujets à des Rois. Ils établirent ensuite une sorte de République, dont les Thébains furent ordinairement les Chefs. Id. Estienne dit que les <i>Béotiens</i> l'emportoient sur les autres peuples de Grèce dans les exercices du corps, ou de la Gymnastique. C'est peut-être ce que marquent sur leurs médailles le bouclier &amp; la massue qu'on y voit souvent, aussi-bien qu'une figure d'homme armé qui tient une pique. On disoit d'étranges choses de la stupidité des <i>Boeotiens,</i> témoin le proverbe ; un cochon, un esprit, une oreille de <i>Boeotie</i> ; pour signifier un sot &amp; un hébété. Homère traite les <i>Boeotiens</i> d'hommes fort épais &amp; fort stupides. Pindare &amp; Plutarque, deux <i>Boeotiens,</i> qui ne sentent guère le terroir, &amp; qui prouvent bien que l'esprit est de tout pays &amp; de tout sexe, passent condamnation sur la bêtise de leurs compatriotes. Lucien, dans ses Dialogues, fait répondre par un interlocuteur : Ce que vous dites là est bien sauvage, &amp; diablement <i>Boeotien.</i> Horace dit qu'à juger d'Alexandre par son mauvais goût sur la Poësie, on jugeroit que c'est un franc <i>Boeotien.</i> Tourr.</p><p>M. Tourreil, comme on le voit, écrit toujours <i>Boeotie,</i> &amp; <i>Boeotien</i> ; &amp; M. Th. Corneille écrit quelquefois <i>Béotie,</i> &amp; <i>Béotien,</i> &amp; quelquefois <i>Boeotie, Boeotien.</i> Il est certain que selon l'étymologie Grecque, il faut l'écrire par un <i>oe,</i> comme il paroît par les Auteurs Grecs, sur-tout par Estienne de Byzance, Hésychius, &amp; l'Etymologiste, &amp; par l'inscription des médailles des <i>Boeotiens,</i> ; mais il faut prononcer <i>Béotie,</i> &amp; <i>Béotien.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4741" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉQUÉ" />
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    <head>BÉQUÉ</head>
    <p>
    BÉQUÉ . Voyez <ref type="search" target="head:BECQUÉ">BECQUÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4742" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉQUÉE" />
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    <head>BÉQUÉE</head>
    <p>
    BÉQUÉE . Voyez Béchée, c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4743" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEQUÊNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BEQUÊNE</head>
    <p>
    BEQUÊNE , s. f. Sorte de mauvaise poire. La Quint. Quelquefois il dit le <i>Béquêne,</i> de masculin : c'est en parlant de toute l'espèce de ce fruit en général.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4744" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉQUETER" />
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    <head>BÉQUETER</head>
    <p>
    BÉQUETER . Voyez <ref type="search" target="head:BECQUETER">BECQUETER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4745" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉQUILLARD" />
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    <head>BÉQUILLARD</head>
    <p>
    BÉQUILLARD , s. m. Mot comique &amp; plaisant, pour signifier un homme qui va avec une béquille. <i>Qui baculo supernè rostrato utitur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4746" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉQUILLE" />
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    <head>BÉQUILLE</head>
    <p>
    BÉQUILLE , s. f. Bâton propre pour s'appuyer en marchant. <i>Baculum supernè rostratum.</i> Les vieillard, les convalescens sont réduits à se servir de <i>béquilles.</i> On le dit par extension des potences ou bâtons qu'on met sous les aisselles pour soutenir ceux qui sont entrepris des jambes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4747" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉQUILLER" />
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    <head>BÉQUILLER</head>
    <p>
    BÉQUILLER , v. n. Ce mot est comique, &amp; signifie aller avec une béquille. <i>Uti baculo supernè rostrato.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4747" id="2" type="jardinage">
   <index type="head" value="BÉQUILLER" />
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    <head>BÉQUILLER</head>
    <p>
    Béquiller , v. act. Terme de Jardinage . Bêchoter, faire un petit labour avec la houlette, ou avec la cerfouette. <i>Terram pedo vertere.</i> Par exemple, dans une planche de laitues, ou dans une caisse d'arbrisseaux, pour remuer la terre, qui paroît battue, ensorte que l'eau dont on les arrose puisse pénétrer dans le fond, &amp; aller servir de nourriture aux racines. <i>Bequillez</i>-moi ces laitues. Il faut <i>bequiller</i> ces Orangers. Il est plus d'usage que bêchoter, ensorte que Liger n'a pas même mis celui-ci, comme si il ne se disoit point, &amp; la Quintinie ne le met que dans <i>béquiller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4748" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="BEQUILLON" />
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    <head>BEQUILLON</head>
    <p>
    BEQUILLON , s. m. Terme de Fauconnerie , qui se dit du bec des menus oiseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4748" id="2" type="fleuriste">
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    <head>BEQUILLON</head>
    <p>
    Béquillon , se dit aussi en termes de Fleuriste , des petites feuilles qui ont peu de largeur, &amp; qui finissent en pointe. La peluche de l'anémone doit faire le dôme, &amp; être garnie de <i>béquillons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4749" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEQUIN, INE" />
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    <head>BEQUIN, INE</head>
    <p>
    BEQUIN, INE . Voyez BEGUIN &amp; BEGUINES.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4750" id="1" type="">
   <index type="head" value="BER" />
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    <head>BER</head>
    <p>
    BER . <i>Ber, Acosta.</i> C'est une espèce de pommier ou grand arbre des Indes, chargé de beaucoup de feuilles, fleurs &amp; fruits. Ses feuilles ressemblent à celles de pommier, de couleur verte, obscure, blanchâtre par le bas, velues comme celles de la sauge, d'un goût astringent. Ses fleurs sont petites &amp; blanches, garnies de cinq feuilles sans odeur : ses fruits sont semblables aux jujubes, &amp; plus agréables au goût. Cet arbre croît en Malaca, &amp; Malabar. On le nomme Malaio. On le voit souvent en été chargé de fourmis ailées, qui font la gomme lacque. Ses feuilles arrêtent le cours de ventre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4751" id="1" type="">
   <index type="head" value="BER" />
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    <head>BER</head>
    <p>
    BER . Vieux mot qui n'est plus en usage, &amp; qui étoit la même chose que <i>Baron</i> ; de-là est venu le Fief de <i>Hautber,</i> qui est cependant moins que <i>Baronnie.</i> Voyez Bouteillier en sa <i>Somme Rurale,</i> &amp; S. Julien, <i>Antiq. des Bourg.</i> Ch. 24. &amp; p. 410.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4752" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERBERIS" />
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    <head>BERBERIS</head>
    <p>
    &#9758; BERBERIS , subst. masc. Arbrisseau, Epine-vinette qui porte un petit fruit rouge d'un goût très-aigu. <i>Syrop de berberis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4753" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERCAIL" />
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    <head>BERCAIL</head>
    <p>
    BERCAIL , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois <i>bergerie. Ovile.</i> Il n'est en usage qu'en cette phrase figurée : Ramener une brebis égarée au <i>bercail</i> de l'Eglise ; pour dire, convertir quelqu'un qui s'étoit perverti. Combien de brebis errantes &amp; dispersées, qu'un Pasteur vigilant peut faire rentrer dans le <i>bercail,</i> ou par une douceur salutaire, ou par une discrète sévérité. Flech.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4754" id="1" type="">
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    <head>BERCE</head>
    <p>
    BERCE , s. f. <i>Sphondylium.</i> Sa racine est un pivot, long, blanchâtre, dont l'écorce est douceâtre, &amp; a quelque acrimonie. De son collet naissent quelques feuilles d'un verd foncé, amples, velues, découpées profondément en plusieurs segmens étroits &amp; refendus, &amp; plus souvent crénelés sur leurs bords. Le segment qui termine sa feuille est ordinairement divisé en trois parties. La tige est environnée dans sa naissance par les queues des feuilles du bas : elle est haute de trois pieds, velue, canelée, creuse, branchue au sortir de terre, &amp; garnie de quelques feuilles moindres que celles qui partent immédiatement de sa racine. L'extrémité de sa tige &amp; de ses branches est couronnée par des umbelles de fleurs blanches fleur de lisées, c'est-à-dire, composées de 5. pétales inégales, échancrées ordinairement &amp; disposées en fleur de Lis de France, sur l'extrémité d'un embryon qui devient un fruit à deux semences aplaties, ovales, échancrées par le haut, rayées sur le dos, &amp; que l'on dépouille aisément de leur enveloppe. Le nom de <i>sphondylium</i> a été donné à cette plante à cause de ses semences, qu'on prétend avoir l'odeur ou la figure d'un insecte appellé sphondyle. Quelques Auteurs ont recours à d'autres ressemblances.</p><p>Les Médecins Allemands emploient les feuilles de <i>Berce</i> au lieu de celles d'Acanthe ; &amp; c'est pourquoi ils l'ont nommée <i>Acanthus,</i> ou <i>Branca ursina Germanica.</i> On fait en Pologne &amp; en Lithuanie une espèce de Bière avec la semence de <i>Berce.</i> Cette sorte de boisson se nomme <i>Parst,</i> &amp; il n'y a, dit-on, que les pauvres gens qui en usent. Les semences de <i>Berce</i> sont recommandées pour les vapeurs.</p><p>Il y a plusieurs espèces de <i>Berce</i> ; &amp; dans ce nombre il y en a une qui donne des feuilles plus larges, moins découpées que l'ordinaire qu'on vient de décrire ; la tige de celle-ci est plus haute, ses fleurs plus grandes, aussi-bien que ses semences. Cette espèce est étrangère, &amp; est nommée par les Botanistes <i>sphondylium majus, sive panax heraclium.</i> On prétend qu'il sort de la racine de cette plante une gomme rousse d'une odeur forte, &amp; d'un goût amer &amp; acre. Cette gomme se nomme communément <i>Opopanax,</i> &amp; par corruption <i>Opoponax.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCE</head>
    <p>
    Berce , s. m. Petit oiseau. Il a un bec fort pointu, &amp; son plumage est de couleur de cendre tirant sur le jaune. <i>Erithacus.</i> Il vit seul dans les bois : c'est pourquoi Phavorin l'a nommé l'oiseau solitaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCEAU</head>
    <p>
    BERCEAU , subst. mas. Lit de jeune enfant, qui est mobile &amp; branlant, afin de l'endormir. <i>Cunae, cunabula.</i> Le Comte Louis de Flandres avoit eu un <i>berceau</i> d'argent. Parad.</p><p>Ce mot vient de <i>versus</i> &amp; <i>versullus,</i> à <i>vertendo,</i> selon Ménage. C'est pourquoi il soutient qu'on doit écrire <i>berseau</i> avec une <i>s.</i> On disoit autrefois <i>bers</i> au lieu de <i>berceau</i> ; &amp; on dit encore le <i>bers</i> d'une charrette, pour signifier les <i>ridelles.</i></p><p>Si l'on a dit <i>bers</i> pour <i>berceau,</i> il y a long-temps : dès le VIIIe siècle on disoit <i>berceau, berciolus,</i> ou <i>barciolus,</i> comme il paroît par la vie de S. Pardulfe, Ch. 18. <i>Acta SS. Bened. Saec. III. P. I. p.</i> 379. 380. <i>Et in agitario quod vulgò berciolum vocant, pannis constrictum imposuit.... per se agitari coepit berciolus.</i> Dans un autre manuscrit <i>barciolus.</i> Ainsi de <i>versus</i> s'est fait <i>versiolus,</i> ou <i>bersiolus,</i> &amp; non pas <i>versellus,</i> &amp; de là <i>berceau.</i> D'autres le dérivent de son primitif <i>bers</i>, qui est un diminutif de l'Hébreu <i>rebez,</i> qui signifie <i>cubile.</i></p><p>On dit figurément qu'on a pris quelqu'un au <i>berceau,</i> ou dès le <i>berceau</i> ; pour dire, dès sa plus tendre jeunesse. <i>A cunabulis.</i></p><p>On emploie aussi ce mot pour signifier le moment auquel une chose naît, ou paroît. Etouffer l'hérésie dans son <i>berceau.</i> Patr. On le dit des foibles commencemens d'un art, ou d'une science. Il eût fallu marquer le temps où notre langue a commencé à sortir comme d'un cahos, &amp; la représenter comme en son <i>berceau,</i> ne faisant encore que bégayer. Ablanc. On eût dit que cette Province, qui avoit été comme le <i>berceau</i> du Calvinisme, en devoit être le dernier refuge. Flech.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCEAU</head>
    <p>
    Berceau , en termes d'Imprimerie , se dit de la partie de la presse qui roule sur les bras, où est enclavé le marbre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCEAU</head>
    <p>
    Berceau , en Treillage, &amp; en termes de Jardinage , est une allée couverte en cintre fait de perches, de charpente, ou de fer, qui est couvert de pampres, de vignes, de verjus, de chèvrefeuille, de coulevrées, &amp; autres plantes. qui s'étendent. <i>Vinea arcuata, camerata.</i> Voilà un beau <i>berceau</i> de vigne. Ce <i>berceau</i> de chèvrefeuille est enchanté. Liger. Cette espèce de treillage est ainsi nommée à cause de sa figure, qui représente un <i>berceau</i> renversé. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCEAU</head>
    <p>
    Berceau , en termes d'Architecture , se dit d'une voûte ronde, &amp; en plein cintre. <i>Arcus, apsis.</i> On appelle <i>berceau surbaissé,</i> une voûte plus basse qu'un demi cercle ; &amp; <i>berceau surhaussé,</i> une voûte qui excède en hauteur un demi-cercle. La grande Sale du Palais a deux beaux <i>berceaux.</i></p><p>On dit aussi, un <i>berceau</i> d'eau, quand il y a sur deux lignes plusieurs rangs de jets d'eau qui s'inclinent les uns vers les autres, &amp; qui par leurs courbures forment des arcades, &amp; représentent un <i>berceau. Arcus aqueus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCELLES</head>
    <p>
    BERCELLES , s. f. Petit instrument d'Orfèvre, fait de laiton, qui aboutit d'un côté en petites pincettes, &amp; de l'autre en une petite pelle, qui sert à travailler en diamans, &amp; en d'autres menus ouvrages.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCER</head>
    <p>
    BERCER , v. act. Agiter deçà &amp; delà le berceau d'un enfant pour l'endormir. <i>Infantis cunas agitare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERCER</head>
    <p>
    Bercer , se dit figurément des belles promesses, &amp; des belles paroles dont on endort, dont on amuse les gens, sans en exécuter aucunes. <i>Lactare.</i> Il y a long-temps qu'on me <i>berce</i> de l'espérance de me payer. De plaisir mon ame est <i>bercée.</i> Voit. Je sai bien les discours dont il le faut <i>bercer.</i> Mol. Il se <i>berce</i> de ses propres chimères. Boil.</p><p>On dit proverbialement, J'ai été <i>bercé</i> de tels contes ; pour dire, il y a long-temps que je sai cela, ma nourrice me l'a appris en me <i>berçant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4758" id="1" type="marine">
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    <head>BERCHE</head>
    <p>
    BERCHE , s. f. Terme de Marine . Ce sont de petites pièces de canon de fonte verte qu'on nomme aussi <i>espoir de fonte.</i> Il y en a aussi de fer fondu qu'on nomme <i>barces. Navale tormentum minus.</i> Elles ne sont plus guère en usage. Borel dit que <i>Berche</i> est une sorte d'Artillerie ancienne, &amp; que l'on s'en sert encore dans les navires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4759" id="1" type="">
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    <head>BÈRE</head>
    <p>
    BÈRE , s. m. C'est un mot Normand, qui signifie la même chose que cidre ou boisson. On dit communément en Normandie, <i>du bon bère</i> ; pour dire, <i>du bon cidre.</i> C'est une corruption du François <i>boire,</i> qui se dit substantivement pour <i>boisson.</i> Par exemple, le boire &amp; le manger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4760" id="1" type="">
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    <head>BÉRÉBÈRE</head>
    <p>
    BÉRÉBÈRE , s. m. &amp; f. Nom de Peuple. <i>Bereberus a.</i> Les <i>Bérébères</i> sont un peuple de la Barbarie en Afrique, distingués des Afriquains naturels, &amp; des Arabes, qui étant entrés dans l'Afrique long-temps après les <i>Bérébères,</i> y ont conservé leur ancien nom. On dit que les <i>Bérébères</i> sont originaires de l'Arabie heureuse, &amp; qu'ils passerent en Afrique avec Melech-Isiriqui, Roi de l'Arabie heureuse ; que dans le commencement ils peuplerent la partie Orientale de l'Arabie, s'étendirent ensuite, &amp; se rendirent maîtres de la plus grande partie de l'Afrique. Ils étoient divisés en cinq Tribus. Les Muçamadins, les Zénètes, les Haoares, les Zinhagiens, &amp; les Gomères. C'est de ces Tribus de <i>Bérébères</i> que descendoient les Rois qui ont regné à Tunis, à Trémécen, &amp; à Alger, jusqu'à l'invasion des Turcs. Aujourd'hui ils sont sujets des Rois de Fez, ou de Maroc, des Algériens, des Tunétans ou des Turcs ; à la réserve de quelques familles qui ont conservé <pb n="587" facs="bpt6k8542165/f627/full/1200,/0/native.jpg"/>leur liberté dans les montagnes. Voyez Dapper, p. 20. 203. 205. 215. Marmol, T. II. pag. 24. &amp; suiv. &amp; p. 183. Tom. III. p. 2. &amp; suivantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4761" id="1" type="">
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    <head>BÉRÉCYNTHIE</head>
    <p>
    BÉRÉCYNTHIE , s. f. Nom ou plutôt surnom de Cybele, qui lui avoit été donné de Bérécynthe, montagne de Phrygie, où elle étoit adorée. Ce nom avoit pénétré dans les Gaules, &amp; la mère des Dieux y étoit aussi honorée sous ce nom. L'Evêque Simplicius détruisit la plus grande idolatrie qui fut en Autunois de son temps ; car lors les Païens, dont encore la plupart du pays étoit rempli, avoient pour cérémonie, de charrier par les champs une idole qu'ils nommoient <i>Berecynthia,</i> avec cantiques, par lesquels ils prioient cette idole de conserver les fruits de la terre. Parad. <i>Annal. de Bourg.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4762" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉRECYNTHIEN, ENNE" />
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    <head>BÉRECYNTHIEN, ENNE</head>
    <p>
    BÉRECYNTHIEN, ENNE , adj. m. &amp; f. <i>Berecynthius.</i> Qui appartient à Bérécynthe. Hésychius parle d'une flûte <i>Bérécynthienne,</i> &amp; Horace, Liv. I. Od. XVIII. d'une trompette ou d'un cor <i>Bérécynthien,</i> ainsi nommés, parce qu'ils étoient en usage dans les fêtes de Bérécynthe. L'Abbé de Marolle a dit <i>Bérécynthe</i> en vers au lieu de <i>Bérécynthien.</i> C'est dans sa traduction de la première Satyre de Perse, v. 93.</p><p>Et le P. Tarteron l'a copié.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4763" id="1" type="">
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    <head>BÉRENGARIEN, ENNE</head>
    <p>
    BÉRENGARIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. <i>Berengarianus.</i> Nom de Secte-Hérétique qui soutient les erreurs de Bérenger, Archidiacre d'Angers. C'étoit un esprit fort médiocre, qui ne pouvant se faire de nom par la voie des sciences, dans lesquelles il ne brilloit pas, cherche à suppléer au défaut de ses talens par la nouveauté de ses opinions, ainsi que le décrit Guimond, Moine de la Croix S. Leufroy &amp; depuis Archevêque d'Averse, qui a écrit contre lui. D'abord il combattit le mariage, soutenant que l'on pouvoit user de toutes sortes de femmes ; il soutint ensuite que le Baptême des enfans étoit nul ; enfin il attaqua le Sacrement de l'Eucharistie ; &amp; voyant que les plus déréglés même rejettoient les deux premières erreurs, il se borna tout entier à la dernière, &amp; nia que Jesus-Christ fût véritablement &amp; réellement présent dans l'Eucharistie. Il eut peu de disciples, qui en quelque petit nombre qu'ils fussent ne s'accorderent pas dans leurs erreurs. Tous disoient que le pain &amp; le vin ne sont pas changés essentiellement ; mais les uns soutenoient qu'il n'y a rien absolument du corps &amp; du sang de Notre Seigneur dans le Sacrement, &amp; que ce n'est qu'une ombre &amp; une figure ; d'autres cédant aux raisons de l'Eglise sans quitter leur erreur, disoient que le corps &amp; le sang de N. S. y sont en effet contenus, mais cachés par une espèce d'impanation, afin que nous puissions les recevoir. C'étoit-là, selon les <i>Bérengariens,</i> l'opinion la plus subtile de leur Maître. D'autres opposés à Bérenger, mais touchés de ses raisons, croyoient que le pain &amp; le vin sont changés en partie, d'autres qu'ils sont entièrement changés ; mais que quand on se présente à la Communion sans en être digne, la chair &amp; le sang de Jesus-Christ redeviennent tout à coup du pain &amp; du vin. C'est ce Guymond, dont j'ai parlé, qui nous rapporte ces différens tours que les <i>Bérengariens</i> donnoient à l'hérésie de leur Chef. Voyez <i>Biblioth. des PP.</i> Tom. XVIII. de l'édit. de Lyon p. 440, 441.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4764" id="1" type="">
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    <head>BERG</head>
    <p>
    BERG . Le Duché de <i>Berg. Bergarum,</i> ou <i>Montium Ducatus.</i> Province du Cercle de Westphalie en Allemagne, entre le Duché de Clèves au Nord, le Comté de la Marck, &amp; le Duché de Westphalie au Levant, la Wétéravie au Midi, &amp; le Diocèse de Cologne au Couchant. Il est aujourd'hui à l'Electeur Palatin. Voyez <ref type="search" target="head:Imhoff">Imhoff</ref>. <i>Notit. Imp. Proc. Lib. IX. cap.</i> 4.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4765" id="1" type="">
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    <head>BERGAMASQUE</head>
    <p>
    BERGAMASQUE . Quelques-uns écrivent BERGAMASC. s. m. Pays d'Italie, dans l'Etat de Venise. <i>Bergomensis ager, Bergomates.</i> Il est borné à l'Orient par le Bressan, au Nord par la Walteline, au Couchant &amp; au Midi par le Milanois. Il n'y a point d'autre ville dans le <i>Bergamasque</i> que Bergame, qui lui donne son nom. Le langage du <i>Bergamasque</i> est le plus grossier de toute l'Italie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4765" id="2" type="">
   <index type="head" value="BERGAMASQUE" />
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    <head>BERGAMASQUE</head>
    <p>
    Bergamasque , adj. m. &amp; f. Qui est du Bergamasque, ou qui appartient au Bergamasque. <i>Bergomensis.</i> Nous avons les Métamorphoses d'Ovide tournées en langue <i>Bergamasque,</i> par un qui n'a point d'autre nom que Baricocol. Dottor di val Bambrena. Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERGAME</head>
    <p>
    BERGAME , s. f. <i>Bergomum.</i> Les Modernes disent <i>Bergamum,</i> mais Pline, Liv. III. chap. 17. dit <i>Bergomum.</i> Ville d'Italie dans le Bergamasque, Province de l'Etat de Venise. <i>Bergame</i> est le siége d'un Evêché suffragant de Milan. <i>Bergame</i> a été bâtie par les Gaulois Genomanois. L'origine de son nom le peut confirmer ; car Cluvier, <i>Ital. Ant. Lib. I. cap.</i> 25. prétend avec assez de vraisemblance qu'il est composé de <i>Berg,</i> qui en langage Celtique signifie <i>montagne,</i> &amp; de <i>home,</i> qui signifie demeure, domicile, comme on le voit encore dans l'Anglois : de sorte que <i>Bergomum</i> n'est autre chose que <i>demeure de la montagne</i> ; &amp; Pline, à l'endroit que j'ai cité, rapporte en effet, que Cornelius Alexander disoit que ce nom signifioit des gens qui habitent sur les montagnes ; mais cet ancien Auteur tiroit ce sens &amp; cette étymologie de la langue Grecque, parce qu'il ignoroit la langue Celtique d'où elle vient. Le P. Célestin Capucin a fait en Italien l'Histoire de <i>Bergame. Historia quadripartita di Bergamo, in</i>-4°. à Bergame 1617.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERGAME</head>
    <p>
    Bergame , s. f. Tapisserie grossière faite d'un tissu de laine, de fil, ou de cotton, sur le métier, sans représenter aucunes figures. <i>Aulaeum levidense.</i> On les appelle maintenant <i>tapisseries de Rouen.</i> Il y a apparence que la première fabrique vint de la ville de Bergame.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4767" id="1" type="">
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    <head>BERGAMOIS, OISE</head>
    <p>
    BERGAMOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Bergame. <i>Bergomas.</i> Après la mort de Philippe Duc de Milan les <i>Bergamois</i> se soumirent aux Vénitiens, qui ayant perdu Bergame dans le temps de la célèbre bataille d'Aignadel que Louis XII. leur donna le 14. Mai 1509. la reprirent vers l'an 1516. &amp; l'ont toujours gardée depuis ce temps-là. Sur <i>Bergame</i> &amp; les <i>Bergamois</i> ; voyez l'ancienne Italie de Cluvier, Liv. I. ch. 25. &amp; la <i>Descript. d'Ital.</i> de Léandre Alberti.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERGAMOTE</head>
    <p>
    BERGAMOTE , s. f. Sorte de poire verte &amp; ronde. <i>Pirum bergomium. Bergamote</i> de Bugey, <i>Bergamote</i> d'Eté, d'Hiver. Quelques-uns croient que cette poire a été ainsi nommée de <i>Bergame,</i> ville d'Italie. Mais Ménage prétend que ce mot vient du Turc <i>Begarmout</i>, c'est-à-dire, <i>poire du Seigneur ; Beg</i> signifiant <i>Seigneur,</i> &amp; <i>armout, poire.</i> Bauhin en fait une description particulière, &amp; l'appelle <i>poire Royale.</i> En fait des poires crues, j'aime en premier lieu celles qui ont la chair beurrée, ou tout au moins tendre &amp; délicate, avec une eau douce, sucrée &amp; de bon goût. &amp; sur tout quand il s'y rencontre un peu de parfum. Telles sont les poires de <i>Bergamote,</i> &amp;c. La Quint.</p><p>Il a une <i>Bergamote</i> d'Eté &amp; une <i>Bergamote</i> d'Automne. Mais il n'y a point de <i>Bergamote</i> tardive, ou <i>Bergamote</i> de Carême, comme quelques-uns l'ont voulu. Ce qui a donné lieu de parler de la <i>Bergamote</i> tardive est, qu'en quelques années assez pluvieuses, ou, que de quelques fonds plus gras &amp; plus humides, ou de quelque exposition moins bonne, ou de quelque arbre plus vigoureux &amp;c. on en conserve assez souvent quelques-unes jusqu'en Carême. La Quint. <i>Part. III. c.</i> 2.</p><p>La <i>Bergamote</i> d'Eté s'appelle autrement la Milan de la Beurrière, ou poire de Milan, ou de la Beurrière. La Quintinie dit que c'est une poire du dixième Août, &amp; la met parmi les poires médiocres.</p><p>La <i>Bergamote</i> d'Automne a sa chair tendre &amp; fondante, son eau douce &amp; sucrée, &amp; un petit parfum. La Quint. Il y a une <i>Bergamote</i> d'Automne qui est grise, verdâtre ; &amp; c'est celle-là qu'on nomme simplement <i>Bergamote</i> ou <i>Bergamote commune,</i> ou de la Hilière, ou du Recous, &amp;c. tout cela n'étant qu'une même chose. Il y en a une autre qui est rayée, c'est-à-dire, marquée par bandes jaunes &amp; vertes, &amp; c'est ce qui la fait nommer la <i>Bergamote Suisse,</i> cette bigarrure se trouvant en même temps dans le bois &amp; dans le fruit ; mais à l'égard du mérite intérieur il me paroît égal dans l'une &amp; dans l'autre. La Quint. Le bois du poirier de <i>Bergamote</i> est fort délicat de son tempérament, &amp; sujet à la gale aussi-bien que le fruit. Id. La <i>Bergamote</i> est une poire de la mi-Septembre &amp; du commencement d'Octobre. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERGAMOTE</head>
    <p>
    Bergamote-crasane . Autre espèce de poire nommée communément <i>Crasane,</i> &amp; par d'autres <i>Bergamote Crasane, Bergamote</i> à cause de sa chair, &amp; <i>Crasane</i> à cause de sa figure, qui paroît comme écrasée. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERGAMOTE</head>
    <p>
    <pb n="588" facs="bpt6k8542165/f628/full/1200,/0/native.jpg"/> Bergamote , se dit aussi d'une essence, qu'on appelle essence de Cedra, ou de <i>Bergamote. Succus subtilissimus ex piro Bergomio expressus.</i> Elle se tire d'un citron produit par une branche de citronier, qui est enté sur le tronc d'un poirier de <i>Bergamote</i> ; de sorte que le citron qui en provient tient des deux qualités. Pour en tirer l'essence on coupe de petits morceaux d'écorce de ces citrons que l'on presse avec les doigts dans un vaisseau, comme on presse un zest d'orange dans un verre de vin. Ainsi par la quantité l'on a de l'essence.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERGAMOTE</head>
    <p>
    Bergamote , se dit encore d'un Tabac, qu'on appelle Tabac de Cedra ou de <i>Bergamote. Tabacum Bergomio succo conditum, perfusum.</i> Ce n'est que le tabac purgé, sur lequel on verse quelques gouttes d'essence de <i>Bergamote,</i> &amp; on les mêle bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4769" id="1" type="mer">
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    <head>BERGE</head>
    <p>
    BERGE , s. f. Bord d'une rivière élevé ou escarpé. <i>Moles, agger.</i> Le rivage, c'est le bord où l'eau arrive ; mais la <i>berge</i> est la terre qui est élevée auprès, qui garantit la campagne des inondations. Une armée a de la peine à passer une rivière quand la <i>berge</i> est escarpée ; il faut auparavant abattre la <i>berge,</i> y faire une pente.</p><p>On appelle aussi en terme de mer , <i>berges,</i> ou <i>barges,</i> les grands rochers âpres &amp; relevés à pic, c'est-à-dire, droitement &amp; à plomb, comme les <i>berges</i> ou <i>barges</i> d'Olonne : tels sont <i>Scylla</i> &amp; <i>Carybde</i> vers Messine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4769" id="2" type="">
   <index type="head" value="BERGE" />
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    <head>BERGE</head>
    <p>
    Berge , est aussi une sorte de petit bateau fait à-peu-près comme une barque. <i>Cymba.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4770" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERGER, ÈRE" />
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    <head>BERGER, ÈRE</head>
    <p>
    BERGER, ÈRE , s. m. &amp; f. Qui garde les moutons. <i>Pastor gregis, ovium custos.</i> Les Poëtes, &amp; les faiseurs de Romans, traitent l'amour sous des personnages de <i>bergers</i> &amp; de <i>bergères.</i> On dit aussi que chaque <i>berger</i> menoit sa <i>bergère</i> ; pour dire, que chaque Amant menoit sa Maîtresse. La Poësie pastorale est apparemment la plus ancienne, parce que la condition de <i>berger</i> est la plus ancienne des conditions. Comme les premiers <i>bergers</i> n'avoient personne au-dessus de leur tête, &amp; qu'ils étoient les Rois de leurs troupeaux, il est vraisemblable qu'une certaine joie, qui suit l'abondance &amp; la liberté, les porta à chanter leurs plaisirs &amp; leurs amours. Fonten. C'est pourquoi il est impossible que la vie des <i>bergers,</i> qui est très-grossière, ne leur abaisse l'esprit, &amp; ne les empêche d'être aussi galans, &amp; aussi spirituels qu'on nous les représente dans les Eglogues. L'Astrée n'est peut-être pas moins fabuleuse par les agrémens que d'Urfé y donne à ses <i>bergers,</i> qu'Amadis par ses enchantemens. Les viles occupations des <i>bergers</i> ne font envie à personne : mais on a regardé la vie pastorale comme la plus propre à faire naître l'amour, &amp; à le favoriser :</p><p>On appelle communément, L'étoile de Vénus, L'étoile du <i>berger.</i></p><p>Quelques-uns dérivent ce mot du Celtique &amp; de l'Allemand <i>berg,</i> qui signifie <i>montagne,</i> à cause que les <i>bergers</i> menent paître leurs troupeaux sur les montagnes. Mais Ménage prétend qu'il vient de <i>berbicarius</i>, dont a été fait aussi <i>brebis.</i> Nicot le dérive de <i>vervex</i>.</p><p>On dit proverbialement l'heure du <i>berger</i> ; pour dire, l'heure favorable à un Amant pour gagner sa Maîtresse ; figurément on le dit de toutes les occasions propres pour faire réussir une affaire. Le matin est un temps si favorable aux Muses, que s'il étoit permis de prétendre à la galanterie de ces farouches pucelles, la naissance de l'Aurore seroit pour elles l'<i>heure du berger.</i> Saras.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4771" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERGERAC" />
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    <head>BERGERAC</head>
    <p>
    BERGERAC , s. m. <i>Bergeracum.</i> Ville de France dans le haut Périgord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4772" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERGERIE" />
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    <head>BERGERIE</head>
    <p>
    BERGERIE , s. f. Etable qui est dans une bassecour où on retire les moutons. <i>Ovile.</i> Voilà une <i>bergerie</i> capable de tenir deux cents moutons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4772" id="2" type="">
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    <head>BERGERIE</head>
    <p>
    Bergerie , se dit figurément en matière spirituelle du lieu où se retirent les Fidèles qui sont sous la conduite d'un Pasteur. Il faut que le vrai Pasteur entre dans la <i>bergerie</i> par la porte, dit Saint Jean. Il se dit aussi de toute maison qui est sous la conduite de quelqu'un, tant pour le temporel, que pour le spirituel. Elle voit le feu dans sa <i>bergerie.</i> Patr. Les mauvais Pasteurs font périr malheureusement la <i>bergerie</i> du souverain Pasteur, au lieu de la conserver. Abb. de la Tr. La <i>bergerie</i> sacrée de Jesus-Christ. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4772" id="3" type="">
   <index type="head" value="BERGERIE" />
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    <head>BERGERIE</head>
    <p>
    Bergeries , sont aussi des Pastorales, ou Histoires amoureuses décrites sous le nom de bergers. <i>Pastorale carmen.</i> Les <i>Bergeries</i> de Racan font une très-belle Pastorale. L'illusion, &amp; en même temps l'agrément des <i>Bergeries,</i> consiste à n'offrir aux yeux que la tranquillité de la vie pastorale, à en dissimuler la bassesse, &amp; la misère, &amp; à n'en laisser voir que la simplicité. Fonten.</p><p>On dit proverbialement, enfermer le loup dans la <i>bergerie,</i> quand il se forme un sac dans quelque plaie qu'on ne laisse pas entièrement suppurer, &amp; où il reste du pus qui se corrompt, &amp; qui oblige à la r'ouvrir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4773" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERGERONNETTE" />
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    <head>BERGERONNETTE</head>
    <p>
    BERGERONNETTE , ou BERGERETTE, s. f. Vieux mot qui signifioit autrefois <i>petite bergère. Puella gregis custos.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4773" id="2" type="">
   <index type="head" value="BERGERONNETTE" />
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    <head>BERGERONNETTE</head>
    <p>
    Bergeronnette , est aussi un petit oiseau qu'on appelle autrement <i>hochequeue, vattemare, lavandière,</i> qui est noir &amp; blanc, &amp; qui fréquente les rivières. <i>Cinclus, Motacilla.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4773" id="3" type="">
   <index type="head" value="BERGERONNETTE" />
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    <head>BERGERONNETTE</head>
    <p>
    Bergeronnette jaune . <i>Motacilla Flava.</i> Elle est de la grandeur de la grande Mésange : elle remue incessamment la queue, qui est fourchue, &amp; beaucoup plus longue que le reste du corps ; elle est composée de huit plumes, desquelles les deux qui sont à l'extrémité de part &amp; d'autre, sont de trois couleurs ; savoir, beaucoup de blanc, un peu moins de noir, &amp; très-peu de jaune. Les intérieures, savoir, les deux du milieu, sont noirâtres avec un peu de jaune, &amp; sont un peu plus courtes que les autres. Elle a le bec long, droit, grêle &amp; noirâtre ; le crane &amp; la tête fort délicats. Son ventre est blanchâtre, avec quelque peu de jaune. Cette couleur paroît au commencement de sa queue ; à l'extrémité elle est d'un jaune plus couvert ; proche du croupion ses plumes sont mélangées de jaune &amp; de verd. Sa tête &amp; son dos sont bruns. Les pannes de ses ailes sont noirâtres, &amp; au milieu par le travers blanchâtres, hormis les dernières, qui sont entièrement noires. Ses ailes sont courtes ; sa tête est petite à proportion de son corps ; &amp; ses jambes menues &amp; brunes. On distingue le mâle de la femelle, en ce qu'il est tellement jaune par-dessous le ventre, qu'il n'y a pas un oiseau qui le soit davantage. Il a aussi des lignes jaune-paille, qui lui prennent depuis le bec jusqu'aux sourcils, &amp; descendent vers le cou. Sa poitrine est orangée. Mais la femelle est cendrée dessus la tête &amp; le cou ; au lieu que le mâle a les sourcils orangés, elle les a blancs. Ils ont l'un &amp; l'autre une plume blanche à chaque côté de la queue. La <i>Bergeronnette</i> jaune fait sa demeure aux mêmes endroits que la <i>Bergeronnette</i> blanche, qui s'en va &amp; nous quitte en certain temps de l'année ; mais celle-ci demeure toujours avec nous : elle suit les troupeaux, ainsi que l'autre, à cause des mouches qu'elle y rencontre ; elle ne vit point en cage. Lorsqu'elle a été poursuivie de l'éprevier &amp; qu'elle en est échapée, elle chante incontinent, en signe de réjouissance : elle est très-bonne pour les Faucons, &amp; les autres oiseaux de proie qui sont à la mue.</p><p>Il y a une autre espèce de <i>Bergeronnettes jaunes.</i> Celle-ci est depuis le gosier jusques au-dessous du commencement de la queue d'un jaune plus couvert que la précédente. Sa tête &amp; son dos sont presque de couleur de rouille, laquelle regne au commencement du gosier, &amp; forme comme une espèce de collier, bien qu'elle soit plus claire en cet endroit. La partie qui est jointe au-dessous du bec est garnie d'une tache blanche qui l'environne. Ses ailes, à l'endroit qu'elles touchent le dos, sont pareillement de couleur de rouille, ainsi que ses côtés. Son bec est grêle, noir, longuet, &amp; un peu courbé à l'extrémité. Les plumes de sa <pb n="589" facs="bpt6k8542165/f629/full/1200,/0/native.jpg"/>queue sont noires, bordées d'un peu de blanc. Son croupion est jaune, ses pieds bruns, ses ongles longs &amp; assez crochus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4774" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERGEROTTE" />
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    <head>BERGEROTTE</head>
    <p>
    &#9758; BERGEROTTE , s. f. Vieux mot qui signifie <i>bergerette, petite bergère.</i> Chloé estoit seulette aux champs assise, en gardant ses moutons, &amp; ploroit chaudement, en disant ce que peut dire une pauvre <i>bergerotte</i> comme elle. <i>Amours de Daphnis &amp; de Chloé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4775" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERGOPSOM" />
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    <head>BERGOPSOM</head>
    <p>
    BERGOPSOM . On dit en Flamand BERG-OP-SOOM, ou ZOOM, c'est-à-dire, Berg, ou montagne sur la rivière de Zoom, s. m. Ville des Provinces-Unies dans le Brabant Hollandois. <i>Bergopsom</i> est situé sur une petite colline, &amp; s'étend jusqu'à la rivière de Zoom. Elle a titre de Marquisat. <i>Berga ad Zoomam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4776" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉRICHOT" />
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    <head>BÉRICHOT</head>
    <p>
    BÉRICHOT , s. m. Oiseau appellé autrement Boeuf de Dieu, &amp; Passereau Troglodyte, &amp; en Normandie Rebetrer. Voyez Passereau Troglodyte. Le Poëte sans fard appelle le <i>Bérichot</i> Roitelet, comme il paroît par les vers suivans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4777" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉRIL" />
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    <head>BÉRIL</head>
    <p>
    BÉRIL , s. m. Pierre précieuse que les Italiens appellent <i>eau marine,</i> à cause de sa couleur, qui est d'un verd pâle, en quoi elle diffère de la couleur de l'émeraude, qui est aussi verte, mais plus chargée. <i>Beryllus.</i> Il s'en trouve quelquefois de si grosses pièces, qu'elles peuvent servir à faire de fort beaux vases. M. Félibien dit qu'il y en a beaucoup à Camboge, à Martaban, au Pegu, &amp; dans l'Isle de Ceilan. Plus le <i>béril</i> approche du verd de mer, &amp; plus il est estimé. Solin c. 52. &amp; Pline Liv. XXXVII. V. distinguent plusieurs espèces de <i>bérilles.</i> Saumaise sur Solin p. 567. &amp; 115. dit bien des choses du <i>béril.</i> Il croit que le <i>béril</i> est la pierre précieuse que nous nommons <i>oeil de chat.</i> L'Anneau du Roi Porsenna étoit un <i>béril.</i> Le <i>béril</i> est la huitième des pierres qui composent les fondemens de la nouvelle Jérusalem. Apoc. XXI. 20. Le huitième (fondement) de <i>béril.</i> Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4778" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERLAN" />
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    <head>BERLAN</head>
    <p>
    BERLAN , Voyez <ref type="search" target="head:BRELAN">BRELAN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4779" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERLANDER" />
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    <head>BERLANDER</head>
    <p>
    BERLANDER , Voyez <ref type="search" target="head:BRELANDER">BRELANDER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4780" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERLANDIER" />
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    <head>BERLANDIER</head>
    <p>
    BERLANDIER , Voyez <ref type="search" target="head:BRELANDIER">BRELANDIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4781" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERLE" />
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    <head>BERLE</head>
    <p>
    BERLE , s. f. <i>Sium.</i> s. n. ou <i>Berula.</i> s. f. Plante umbellifère dont les feuilles sont rangées par paires, sur une côte terminée par une seule feuille. La <i>berle</i> ordinaire vient dans l'eau &amp; s'y étend beaucoup, au lieu que hors de l'eau elle devient plus maigre, plus petite &amp; plus ramassée. Ses racines sont blanches &amp; chevelues : elles poussent une tige ronde, creuse, noueuse, couchée, &amp; qui donne plusieurs racines de chacun de ses noeuds ; de cette manière, toute la plante s'étend &amp; se multiplie. De chacun de ces noeuds naît une côte qui enveloppe &amp; embrasse étroitement, par sa base, la tige. Cette côte sert de queue à quatre à cinq paires de feuilles qui sont rangées, crénelées dans leur contour, &amp; d'une odeur de Chervi. Il sort encore de chacun de ces noeuds ou une branche, ou un pédicule, qui soutient une umbelle de fleurs blanchâtres, petites, aux quelles succèdent des graines menues, canelées sur leurs dos, acres &amp; piquantes au goût. Celle-ci est le <i>Sium umbellatum, repens,</i> espèce plus commune que celle qui est nommée <i>Sium, sive apium palustre foliis oblongis,</i> dont les feuilles sont plus étroites &amp; dentelées plus profondément. Il y a une troisième espèce de <i>berle</i> qu'on nomme la grande <i>berle,</i> &amp; dont les feuilles ont à peu près le volume de celles du panais. La <i>berle</i> est antiscorbutique, apéritive &amp; diurétique.</p><p>Le nom de <i>berle</i> étoit appliqué autrefois indifféremment à plusieurs plantes de différens genres, telles que le <i>bécabunga,</i> qui est une espèce de Véronique, &amp; à l'<i>Oenanthae.</i> Plusieurs Auteurs ont fait mention d'une plante umbellifère &amp; aquatique, nommée <i>Sium Erucae foliis,</i> &amp; qu'on croit être très-venimeuse. Vepferus a cru que cette dernière plante étoit la ciguë aquatique des Anciens. Daléchamp fait venir l'étymologie de <i>Sium</i> du Grec, , à cause que cette plante est continuellement agitée par l'eau courante, dans laquelle elle croît.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4782" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERLIN" />
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    <head>BERLIN</head>
    <p>
    BERLIN , s. m. <i>Berolinum, Berlinum.</i> Ville du Cercle de la haute Saxe en Allemagne, dans la moyenne Marche de Brandebourg sur la rivière de Sprehe, capitale des Etats de Brandebourg, &amp; la résidence ordinaire des Electeurs de ce nom. <i>Berlin</i> a été fondé par Albert l'Ours en 1162. Maty, Corn. Il y a dans la Suisse une ville de ce même nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4783" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERLINE" />
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    <head>BERLINE</head>
    <p>
    BERLINE , s. f. Espèce de Carrosse venue de Berlin, ville d'Allemagne, dont nous venons de parler. <i>Currus Berilonensis.</i> C'est de-là que ces carrosses ont pris leur nom. Quelques-uns néanmoins en donnent l'invention aux Italiens. Il y a des Ordonnances du Roi pour les postes, qui défendent aux Officiers de courir la poste en <i>berline.</i> Dans les commencemens qu'on en vit à Paris, il y a peu d'années, quelques personnes disoient <i>brelingue,</i> ou brelinde, mais mal. On dit <i>berline,</i> &amp; l'étymologie montre qu'il le faut dire.</p><p>La <i>berline</i> est une voiture commode pour aller en campagne, parce qu'elle est plus légère &amp; moins sujette-à verser qu'un carrosse. C'est une machine posée sur deux brancards, soutenue par des soûpentes. On y entre par des étriers ou marchepieds. Les <i>berlines</i> sont fort à la mode depuis quelque temps. On s'en sert même à la ville autant qu'en campagne. On y met des mantelets qu'on baisse dans le mauvais temps, &amp; qu'on lève quand il fait beau, au lieu de glaces aux côtés. Il y a des <i>berlines</i> à ressort. Une <i>berline</i> a beaucoup de commodités, des poches, des accoudoirs, une cave, &amp;c. Une <i>berline</i> douce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4784" id="1" type="">
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    <head>BERLINGOT</head>
    <p>
    &#9758; BERLINGOT , s. m. Berline coupée : On dit plus ordinairement, <i>brélingot.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4785" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERLU" />
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    <head>BERLU</head>
    <p>
    BERLU , ou BRELU. Terme bas &amp; populaire. On dit d'un homme léger, inconsidéré, qui agit avec précipitation &amp; sans attention, que c'est un <i>berlu berlu,</i> ou un <i>brelu brelu</i> ; car on ne dit jamais ce mot seul : on le répète toujours deux fois. Je crois qu'on le dit aussi au féminin d'une femme, ou d'une fille. C'est une <i>brelu brelu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4786" id="1" type="">
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    <head>BERLUE</head>
    <p>
    BERLUE , s. f. Eblouïssement de la vue par une trop grande lumière, qui fait voir long-temps après les objets d'une autre couleur qu'ils ne sont. <i>Oculorum caligatio.</i> Donner la <i>berlue,</i> c'est éblouïr, obscurcir la vue. Il est du style familier.</p><p>Avoir la <i>berlue</i> se dit figurément en choses spirituelles des conceptions de l'esprit. <i>Caligare.</i> Quand vous avez avancé une telle proposition, vous aviez la <i>berlue</i> sans doute.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4787" id="1" type="fortification">
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    <head>BERME</head>
    <p>
    BERME , s. f. Terme de fortification . Relais. C'est un petit espace de trois ou quatre pieds entre le rempart ou la fausse braie, &amp; le fossé : elle sert à recevoir les terres qui s'éboulent par le canon, afin que le fossé n'en soit pas comblé. C'est pour cela qu'on a coutume de palissader les <i>bermes,</i> ou de les défendre par une haie vive. On l'appelle aussi <i>retraite, lisière, le pas de la souris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4788" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERMUDES" />
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    <head>BERMUDES</head>
    <p>
    BERMUDES , s. f. &amp; plur. Les Isles <i>Bermudes. Bermudae, Aestivae Insulae.</i> Isles de l'Amérique Septentrionale, ainsi appellées du nom de Jean Bermudo, qui les découvrit. Herrera les met au 33e degré de latitude Septentrionale ; mais les Anglois, qui les ont observées plus exactement, les placent au 32d 30' au Levant de la Virginie &amp; de la Caroline. Les <i>Bermudes</i> sont fort petites. Corn. Maty. Les Anglois les nomment aussi les Isles de Sommer, <i>Sommeriae,</i> du nom de George Sommer Anglois, qui y fut poussé par la violence des vents en 1609. Le Grand Atlas, &amp; M. Corneille qui l'a copié, ne parlent que d'une <i>Bermude</i> ; mais il y en a cependant plusieurs, comme il paroît par la carte même de l'Atlas. Maty s'est trompé quand il a dit que la plus grande des <i>Bermudes,</i> porte le nom de saint George ; elle s'appelle la Grande Isle, &amp; celle de saint George est beaucoup plus petite. Voyez le Grand Atlas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4789" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERNABITE" />
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    <head>BERNABITE</head>
    <p>
    BERNABITE , s. masc. Quelques-uns disent <i>Barnabite,</i> &amp; c'est ainsi qu'il faut dire. Voyez <ref type="search" target="head:Barnabite">Barnabite</ref>. Nom d'un certain Ordre de Religieux vêtus de noir en manteaux <pb n="590" facs="bpt6k8542165/f630/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; soutanes, qui ont été ainsi nommés de l'Eglise de saint Barnabé de Milan, où ils ont été premièrement établis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERNABLE</head>
    <p>
    &#9758; BERNABLE , adj. qui mérite d'être berné.</p><p>... <i>Un mariage à me rendre</i> bernable,</p><p>Cet excellent Poëte François n'a pas apparemment été content de cette expression, puisqu'il l'a changée dans une édition suivante, où il a mis,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERNAGE</head>
    <p>
    BERNAGE , s. m. Vieux mot. Le train, le bagage, l'équipage d'un grand Seigneur. <i>Comitatus, sarcinae, impedimenta.</i> Il signifie aussi la Maison du Roi, &amp; toute sa suite. On trouve dans un ancien Auteur, le Roi tint Cour plenière, &amp; en icelle manda tout son <i>bernage</i> : c'est pourquoi M. Ménage le fait venir de <i>Baronagium,</i> c'est-à-dire, l'assemblée des Barons. On a dit Ber pour Baron. Voyez <ref type="search" target="head:BER">BER</ref>.</p><p>Parmi les Laboureurs, <i>bernage</i> signifioit un mêlange de diverses espèces de grains, comme froment, seigle, orge, &amp;c. En ce sens le P. Labbe le fait venir d'<i>bybernagium.</i> Voyez Du Cange sur le mot Hybernagium.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4792" id="1" type="">
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    <head>BERNARD</head>
    <p>
    BERNARD , s. m. <i>Bernardus.</i> Nom d'homme. Selon quelques-uns il vient de l'Allemand, &amp; signifie qui a un esprit d'ours ; <i>art</i> en Allemand veut dire esprit naturel, &amp; <i>ber</i>, ou <i>beer</i>, ou <i>bar</i>, ours. D'autres prétendent qu'il signifie <i>filialis indoles.</i> On le trouve écrit avec aspiration, <i>Bernhard</i> ; &amp; parce qu'on change souvent l'aspiration en <i>W,</i> on trouve aussi S. <i>Bernward,</i> Evêque de Hildesheim. Mais c'est toujours le même mot. L'Auteur de la vie de S. <i>Barnard,</i> ou <i>Bernard,</i> Evêque de Vienne, dit que ce nom signifie <i>fils de bonne odeur</i> ; c'est-à-dire, qu'il le dérive du Syriaque, ou Chaldéen , <i>filius,</i> &amp; de l'Hébreu , <i>Nered,</i> en Chaldéen, , <i>nardus.</i> Il ne faut point chercher si loin l'étymologie de ce nom. <i>Bern</i> est un ancien nom des peuples du Nord. Il est parlé d'un Roi <i>Bern,</i> ou <i>Born,</i> qui regnoit vers la mer Baltique. Il y a de l'apparence que ce sont les Bourguignons ou les François qui ont apporté ce nom dans les Gaules.</p><p>S. <i>Bernard</i> a écrit autrefois à un grand Prélat touchant les dépenses inutiles &amp; superflues. De Rancé. S. Bernard<i>,</i> l'un des plus grands ornemens de l'Eglise de France, nâquit l'an 1091. au village de Fontaine en Bourgogne, à trois quarts de lieue de Dijon. Son père Técelin, surnommé Sorus, ou Rousseau, Seigneur du lieu, étoit de l'une des plus anciennes noblesses de la Province, &amp; sa mère la B. Alette, ou Alix, étoit fille de Bertrand, Seigneur de Mombard, qui étoit parent aux Ducs de Bourgogne. Baillet. Voyez aussi BARNART.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4793" id="1" type="">
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    <head>BERNARDIÈRE</head>
    <p>
    BERNARDIÈRE , s. f. Espèce de poire dont parle La Quintinie, P. III. T. III. p. 322. C'est une mauvaise poire du mois d'Avril &amp; de Mai. Id. p. 386.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4794" id="1" type="">
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    <head>BERNARDIN</head>
    <p>
    BERNARDIN , s. m. Nom de Religieux, dont l'Ordre est fort étendu dans l'Europe. C'est une Réforme de l'Ordre de S. Benoît faire par Robert Abbé de Molême, &amp; depuis par S. Bernard Abbé de Clervaux. <i>Monachi Ordinis sancti Bernardi.</i> Leur habit est une robe blanche, avec un scapulaire noir ; &amp; lorsqu'ils officient, ils sont vêtus d'une coule ample &amp; large, qui est toute blanche, &amp; qui a de grandes manches, avec un chaperon de la même couleur. Il y a cinq Abbayes Chefs d'Ordre de S. Bernard en France ; Cîteaux, Clervaux, Pontigny, La Ferté, &amp; Morimont. Les Ordres de Calatrava &amp; d'Alcantara en Espagne, sont sous la Règle de S. Bernard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4795" id="1" type="">
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    <head>BERNARDINE</head>
    <p>
    BERNARDINE , s. f. Religieuse qui suit la Règle de Saint Bernard <i>Moniales sancti Bernardi.</i> Elles sont habillées comme les Bernardins, &amp; elles ont de bonnes Abbayes, auxquelles le Roi nomme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4796" id="1" type="">
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    <head>BERNE</head>
    <p>
    BERNE , s. f. <i>Berna.</i> Ville de Suisse Capitale du Canton, sur une colline entourée de trois côtés de la rivière d'Aar. Le nom de <i>Berne</i> signifie Ours. Cette ville en a un dans ses armes, &amp; en entretient plusieurs dans une fosse fort propre. M. Corneille dit qu'elle fut nommée <i>Berne,</i> ours, parce qu'on trouva un ours dans ses fondemens. Hoffman dit que <i>Berne</i> fut commencée par Berthold IV. Duc de Zeringhen, achevée par son fils Berthold V. qui lui donna le nom de <i>Berne,</i> ours, de la première chose qu'il rencontra dans la ville, en 1191. De là vient que quelques-uns la nomment en Latin <i>Arctopolis.</i> A <i>Berne</i> l'adultère &amp; la prostitution sont des crimes punis de mort, &amp; la simple fornication rend un homme incapable d'aucune charge pour toute sa vie. Maty.</p><p>Le Canton de <i>Berne</i> est le plus puissant des XIII. qui composent la République des Suisses. Il occupe seul plus d'un tiers de tout le Pays. <i>Bernensis Pagus.</i> Il se divise en deux parties, le Pays Allemand &amp; le Pays Roman. Voyez Simler <i>De Rep. Helvet.</i> &amp; Burnet, <i>Voyage de Suisse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4797" id="1" type="">
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    <head>BERNE</head>
    <p>
    BERNE , s. f. Saut en l'air qu'on fait faire à quelqu'un, soit par divertissement, soit par malice, en le secouant dans un drap, ou dans une couverture. <i>Ludicra alicujus è sago linteo in altum jactatio, ludicrum sagi supplicium.</i></p><p>&#9758; C'est aussi un supplice cruel chez les Maures ou peuples de Maroc. Trois ou quatre Nègres des plus forts prennent le patient par les jarrêts, &amp; le lancent en l'air aussi haut que leurs forces le permettent. <i>Hist. de l'Emp. des Cherifs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4797" id="2" type="marine">
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    <head>BERNE</head>
    <p>
    Berne , se dit figurément de ceux qu'on raille, qu'on balotte dans une compagnie. Une proposition si déraisonnable mérite la <i>berne.</i></p><p>On dit en termes de Marine , Mettre le pavillon en <i>berne</i> ; pour dire, le tenir ferlé le long de son bâton : c'est un signal que donnent les vaisseaux pavillons aux vaisseaux inférieurs pour les avertir de venir à bord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4798" id="1" type="">
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    <head>BERNEMENT</head>
    <p>
    BERNEMENT , s. m. Action de berner ; manière dont une personne est bernée. <i>In sublime jactatio.</i> L'histoire du <i>bernement</i> du Cavalier nous donne dequoi rire. D. Quich.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4799" id="1" type="">
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    <head>BERNER</head>
    <p>
    BERNER , v. act. Faire sauter quelqu'un en l'air dans une couverture, par jeu, ou par dérision. <i>Aliquem è linteo in altum jactare.</i> Sancho Pança, valet de Dom Quichotte, fut violemment <i>berné</i> dans la taverne. Suétone rapporte que c'étoit un des plaisirs de l'Empereur Othon de se faire <i>berner.</i></p><p>Ménage &amp; Borel prétendent que ce mot vient de <i>berne,</i> qui est, comme dit Cujas, un ancien mot François, qui signifie un certain habillement, que les Latins ont appellé <i>sagum,</i> avec lequel on <i>bernoit</i> ; &amp; Nicot dit qu'il vient de <i>Hibernia</i> ; où il prétend qu'on porte encore de semblables vêtemens faits d'un drap grossier &amp; velu ; qu'on appelle <i>bernée.</i> Covarruvias appelle aussi <i>bernia</i> un manteau fort large fait d'un gros drap.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BERNER</head>
    <p>
    Berner , se dit aussi figurément pour balotter, railler quelqu'un, le faire servir de jouet à une compagnie. <i>Ludere, illudere, irridere.</i> Cet homme est un ridicule, qui se fait <i>berner</i> par tout où il se rencontre.</p><p>Je leur découvre (aux Grands) les horribles flatteries dont on les <i>berne</i> continuellement. Mascur.</p><p>Originairement ce mot ne signifioit autre chose que <i>vanner,</i> ou <i>jetter en haut avec le van.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4799" id="3" type="">
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    <head>BERNER</head>
    <p>
    Berné, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Jactatus in altum, irrisus, illisus.</i> Les cris affreux que faisoit le misérable <i>berné,</i> allèrent jusqu'aux oreilles de son Maître. D. Quich.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4800" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERNEUR" />
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    <head>BERNEUR</head>
    <p>
    BERNEUR . s. m. celui qui berne. <i>Jactator, illusor.</i> Il n'y a ici ni berne, ni <i>berneur.</i> D. Quich.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4801" id="1" type="">
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    <head>BERNICLE</head>
    <p>
    &#9758; BERNICLE . Mot populaire pour dire <i>rien.</i> Il s'attendoit a avoir un gros profit, &amp; il a eu <i>bernicle.</i> C'étoit encore une sorte de gehenne des Sarrasins, décrite par Joinville. Borel. " Le Sultan menaça S. Louïs de le mettre aux <i>bernicles,</i> tourment cruel, où un homme attaché entre deux pièces de bois avoit tous les os brisés ; &amp; il se contenta de dire à ceux qui lui firent cette menace, qu'il étoit leur prisonnier, &amp; qu'ils pouvoient faire de lui ce qu'ils voudroient. Fleury. "</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4802" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERNIQUET" />
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    <head>BERNIQUET</head>
    <p>
    BERNIQUET , s. m. Qui ne se dit qu'en ces phrases proverbiales, Envoyer quelqu'un au <i>berniquet.</i> Il est allé au <pb n="591" facs="bpt6k8542165/f631/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>berniquet</i> ; pour dire qu'il est ruiné, qu'il a mal fait ses affaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4803" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERNOIS, OISE" />
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    <head>BERNOIS, OISE</head>
    <p>
    BERNOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Berne. <i>Bernensis, Arctopolita.</i> En 1353. les Bernois firent alliance avec les autres Cantons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4804" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERRI" />
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    <head>BERRI</head>
    <p>
    BERRI , ou BERRY, s. m. <i>Bituriges, Cubi, Bituricensis Provincia,</i> ou <i>Ducatus.</i> Province de France qui a titre de Duché. Elle a la Sologne au Nord, le Nivernois &amp; le Bourbonnois à l'Orient, la Marche au Midi, le Poitou &amp; la Touraine au Couchant. Le Cher divise cette Province en haut &amp; bas-<i>Berry.</i> La Capitale du <i>Berri</i> est Bourges. Le <i>Berry</i> fur érigé en Duché &amp; Pairie par le Roi Jean, &amp; donné à Jean son fils en Octobre 1360. Du Till. Les laines du <i>Berry</i> sont admirables. Le <i>Berry</i> est fertile en bled, en vin, en pâturages &amp; en bétail. Les Habitans de <i>Berry</i> s'appelloient autrefois Bituriges, &amp; s'appellent aujourd'hui Berruyers. Voyez ces mots. L'Histoire de <i>Berry</i> a été écrite par Chaumeau &amp; par la Thaumassière, qui a fait aussi un Commentaire sur la Coutume de <i>Berry.</i></p><p>M. Catherinot a fait aussi beaucoup de petits Ouvrages sur l'Histoire &amp; les Antiquités de <i>Berry.</i> Les fondateurs de <i>Berry,</i> les Ducs &amp; Duchesses de <i>Berry,</i> la Chronologie de <i>Berry,</i> le Bullaire de <i>Berry,</i> le Diplomataire de <i>Berry,</i> les Dominateurs de <i>Berry,</i> le Calvinisme de <i>Berry,</i> les Alliances de <i>Berry,</i> les Philippes du <i>Berry,</i> les Annales Ecclésiastiques de <i>Berry,</i> les Annales Thémistiques de <i>Berry,</i> le Sanctuaire de <i>Berry,</i> les Antiquités Romaines de <i>Berry,</i> les Illustres de <i>Berry,</i> le Droit de <i>Berry,</i> le Nobiliaire de <i>Berry,</i> les Patronages de <i>Berry,</i> les recherches de <i>Berry,</i> le Nécrologe de <i>Berry</i> ; tout cela est plein d'Antiquités &amp; de Remarques curieuses. Voyez encore Mézeray dans Philippe I. Tome I. pag. 409. &amp; 410.</p><p>Ce mot s'est formé du Latin <i>Bituriges, Beturiges, Betri, Berri.</i> Mézeray croit que la dérivation du mot de <i>Berry</i> n'a rien de certain ; mais il a tort. De Biturige s'est fait Béturige, Bétrige, Bétri, <i>Berri,</i> ou <i>Berry.</i></p><p>On dit proverbialement, C'est un mouton de <i>Berry,</i> ou bien, Il est doux comme un mouton de <i>Berry ;</i> pour marquer l'humeur douce de ceux de cette Province, par allusion aux excellens moutons qu'elle produit en abondance. On dit aussi d'une personne qui a quelque tache au visage, Il est marqué, ou elle est marquée sur le nez comme les moutons de <i>Berry,</i> parce qu'on marque les moutons de chaque troupeau pour les reconnoître, quand ils s'égarent ou se mêlent, quoique ce ne soit pas souvent sur le nez qu'on les marque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4805" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERRICHON, ONNE" />
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    <head>BERRICHON, ONNE</head>
    <p>
    BERRICHON, ONNE , s. m. &amp; f. qui est de Berry. <i>Bituricus, Bituricensis.</i> Le Peuple dit, C'est un <i>Berrichon,</i> une <i>Berrichone</i> ; pour dire, un homme ou une femme de <i>Berry</i> ; mais il n'y a que le Peuple qui parle ainsi, &amp; c'est très-mal parler. Il faut dire un <i>Berruyer,</i> une <i>Berruyere.</i> Si les honnêtes gens disent quelquefois <i>Berrichon,</i> ils n'en usent que comme d'un terme populaire, ou d'un diminutif en badinant ; mais sur-tout il ne faut jamais l'écrire, à moins que ce ne fût en style burlesque ou comique, &amp; en imitant le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4806" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERRIE" />
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    <head>BERRIE</head>
    <p>
    BERRIE , s. f. C'est une plaine, une campagne, un désert, un lieu uni, tel que les déserts où habitent les Bédouins ou Arabes du désert : &amp; disoient qu'ils étoient venus nés &amp; concréés d'une grande <i>Berrie</i> de sablon, là où il ne croissoit nul bien. Joinville. <i>Beria, locus, planus, campestris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4807" id="1" type="">
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    <head>BERRIOIS</head>
    <p>
    BERRIOIS , ou BERRYOIS, oise, s. m. &amp; f. De Vigenère appelle ainsi les habitans de <i>Berry</i> ; mais ce mot ne se dit point. Il faut dire <i>Berruyer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4808" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERRUYER" />
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    <head>BERRUYER</head>
    <p>
    BERRUYER , ou BERRUIER, ère, s. m. &amp; f. <i>Biturix, Bituricus.</i> Qui est de Berry, originaire, natif de Berry. Il ne se dit que des personnes. Il n'y a point d'adjectif pour exprimer les choses qui sont de Berry. Ainsi il faut dire, des moutons de Berry, les laines de Berry, les draps de Berry, &amp;c. <i>Berruyers</i> sont ceux de Berry. Ménage. Le P. Labbe, Catherinot, le P. de Champs, de la Thaumassière, le P. Bourdaloue, étoient <i>Berruyers.</i> Quelques uns pensèrent qu'il n'étoit pas tant coupable de ce crime, comme d'avoir été un des principaux Ministres de la tyrannie du <i>Berruyer.</i> Mezer. C'est-à-dire, du Duc de Berry.</p><p>Quelques-uns disent aussi <i>Berruyers,</i> pour signifier les anciens Peuples du Berry. Les <i>Berruyers,</i> Peuples anciens, qui ont possédé la Gaule Celtique, &amp; qui formoient une Monarchie très-puissante dans les Gaules. T. Corn. J'aimerois mieux imiter M. de Cordemoy &amp; d'autres, &amp; me servir du mot <i>Bituriges,</i> en parlant de ces anciens habitans de Berry. Voyez BITURIGE, &amp; BERRICHON.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4809" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERS" />
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    <head>BERS</head>
    <p>
    BERS , s. m. Berceau. Vieux mot. On ne s'en sert plus que dans quelques Provinces. <i>Cunae.</i></p><p>On a dit <i>Bers</i> par abréviation.</p><p><i>Ce qu'on apprend au</i> ber,</p><p><i>On le retient jusqu'au ver.</i></p><p>Ce proverbe signifie, qu'on conserve toujours les impressions &amp; les habitudes de l'enfance, &amp; qu'on les porte jusqu'au tombeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4810" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERSABEE" />
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    <head>BERSABEE</head>
    <p>
    BERSABEE , s. f. <i>Bersabee.</i> Ville de la Palestine dans la Tribu de Siméon, aux extrémités de la Terre-Sainte, du côté du Midi. Ce nom est composé de deux mots Hébreux, , <i>Beer,</i> un puits, &amp; , <i>seba,</i> ou <i>saber, sabée</i> ; c'est-à-dire, jurement, &amp; signifie, <i>Le Puits du jurement.</i> Il fut donné à ce lieu par Abraham, parce que ce fut là que ce Patriarche &amp; Abimelech Roi de Gérar, jurèrent une alliance ensemble. Abraham y avoit fait creuser un puits ; le Patriarche, aussi-bien que son fils Isaac, y demeurèrent long-temps, à cause de la commodité de cette eau. Que le Thrône de David soit élevé sur Israël, &amp; sur Juda ; depuis Dan jusqu'à <i>Bersabée.</i> Sacy. C'est une expression fort ordinaire aux Ecrivains sacrés, pour marquer les deux extrémités de la Terre-Sainte, &amp; tout le Peuple de Dieu ; toute la Terre-Sainte, d'un bout à l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4811" id="1" type="">
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    <head>BERSARIEN</head>
    <p>
    BERSARIEN , s. m. <i>Bersarius.</i> Nom de certains bas Officiers de la Cour de Charlemagne, qu'on appelle aussi Bévérariens, <i>Beverarii,</i> &amp; dont Hincmar parle, Epître 3. c. 13. Quelques-uns croient que les <i>Bersariens</i> étoient les Gladiateurs qui combattoient avec les bêtes, &amp; qu'on nommoit pour cela <i>Bestiarii</i> ; mais Spelman tient que les <i>Bersariens</i> étoient les Officiers des Chasses, sur-tout de celle du loup ; &amp; par les Bévérariens, il entend les Chasseurs du Castor, parce que cet animal est appellé presque par tout <i>Bever,</i> ou <i>Beber,</i> comme écrit le Scholiaste de Juvénal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4812" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERTAUD" />
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    <head>BERTAUD</head>
    <p>
    &#9758; BERTAUD , ou BERTAUT, nom propre d'homme, diminutif de <i>Philibert.</i> Voyez <ref type="search" target="head:PHILIBERT">PHILIBERT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4813" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERTAUDER" />
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    <head>BERTAUDER</head>
    <p>
    BERTAUDER , ou BRETAUDER, quelques-uns même disent BERTOUDER, vieux mot, qui signifioit autrefois, Tondre inégalement, <i>Inaequaliter tondere,</i> &amp; qui a depuis signifié, Couper les oreilles à un cheval. <i>Aures equi mutilare.</i> Et ensuite, Châtrer. On s'en sert encore dans le burlesque. <i>Castrare, evirare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4814" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERTE" />
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    <head>BERTE</head>
    <p>
    BERTE , ou BERTHE, s. f. Nom propre de femme. <i>Berta, Bertha.</i> Berth, ou Bert en Lombard signifie Prince, selon les Jésuites d'Anvers, <i>Acta Sanct. Mart. Tom. II. pag.</i> 54. &amp; en Allemand, Eclatant, brillant, selon la remarque du P. Mabillon, <i>Acta Sanct. B. Saec. II. pag.</i> 8. 16. Le même Auteur a fait une dissertation sur le temps auquel le Roi Robert répudia <i>Berte</i> pour épouser Constance, <i>Act. Sanct. Bened. Saec. VI. Part. I. praef.</i> §. 7. <i>p.</i> 29. On appelle une Dévote, une <i>Berte</i> ; mais ce terme a quelque chose de méprisant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4815" id="1" type="">
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    <head>BERTHAIRE</head>
    <p>
    BERTHAIRE , s. m. <i>Bertharius.</i> Ancien nom propre d'homme, dont on a fait <i>Berthier.</i> On trouve <i>Berthierus,</i> &amp; <i>Bercharius</i> pour <i>Bertharius. Berthaire,</i> ou <i>Berthier,</i> étoit Maire du Palais sous Thierry.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4816" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERTHIER" />
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    <head>BERTHIER</head>
    <p>
    BERTHIER , s. m. <i>Berthierus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BERTHAIRE">BERTHAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4817" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERTOU" />
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    <head>BERTOU</head>
    <p>
    BERTOU , ou BERTOUL, s. m. <i>Berthulphus.</i> Nom propre d'homme, qui s'est formé de <i>Bertulphus.</i> On a dit d'abord Berthulphe, prononçant l'<i>u</i> comme notre <i>ou,</i> &amp; ensuite <i>Berthoul,</i> puis <i>Bertou.</i> S. <i>Bertoul</i> nâquit en Allemagne, sous le regne de S. Sigebert en Austrasie au 7e siècle. Baill. 5e <i>Févr.</i> Voyez les Notes de M. Chastelain le même jour. p. 542.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4818" id="1" type="">
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    <head>BERTRAN</head>
    <p>
    BERTRAN , s. m. Nom propre d'homme différent de Bertrand. <i>Berti-Chrammus, Bertramus,</i> &amp; non pas <i>Bertrandus.</i> Ce nom s'est formé du Latin. <i>Bert-Chram, Bert-ran, Bertran. Bertran,</i> né de famille noble dans le Poitou, se consacra à Dieu dans la ville de Tours, où il reçut la tonsure <pb n="592" facs="bpt6k8542165/f632/full/1200,/0/native.jpg"/>Clericale, &amp; fut ensuite Evêque du Mans. Voyez Baillet, au 3e Juillet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4819" id="1" type="">
   <index type="head" value="BERTRAND" />
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    <head>BERTRAND</head>
    <p>
    BERTRAND , s. m. Nom propre qui est venu en usage dans cette phrase proverbiale tirée de l'Italien. Qui aime <i>Bertrand,</i> aime son chien. <i>Bertrandus. Bertrand.</i> C'est aussi un nom que l'on donne aux singes. Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4820" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉRYTE" />
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    <head>BÉRYTE</head>
    <p>
    BÉRYTE , s. f. <i>Berytus.</i> Ancienne ville d'Asie dans la Phénicie, entre la ville de Tripoli &amp; celle de Sidon. <i>Béryte</i> étoit autrefois considérable, &amp; avoit un Archevêque dépendant du Patriarche d'Antioche. On dit qu'elle fut bâtie par Gergesée, cinquième fils de Chanaan, qui la nomma <i>Geris.</i> Les Phéniciens lui donnerent dans la suite le nom de <i>Béryte.</i></p><p>Ce nom <i>Béryte,</i> semble venir de , <i>beer,</i> &amp; au pluriel , <i>beerot,</i> des puits. Il a été donné à cette ville à cause des sources d'eau, ou de quelques sources d'eau qu'il y avoit en cet endroit. D'autres prétendent que <i>Beryth</i> s'est dit pour <i>Abyrith,</i> &amp; qu'il vient de , <i>force, puissance,</i> de , mot Hébreu &amp; Phénicien, qui signifie <i>fort, puissant.</i> La première étymologie est d'Etienne de Byzance, qui avec raison la préfère à la seconde, qui est d'Isthaeus, au rapport du même Etienne.</p><p>Auguste accorda à <i>Beryte</i> de grands priviléges, &amp; la nomma <i>Julia Felix.</i> Aujourd'hui c'est <i>Barut,</i> &amp; <i>Bayrut,</i> selon Maty, &amp; <i>Béroot</i> selon M. Corneille ; mais probablement il a pris ce dernier nom dans quelque Voyageur Anglois. Les Anglois prononcent <i>oo</i> comme nous prononçons <i>ou.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4821" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESA" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>BESA</head>
    <p>
    BESA , s. m. Nom d'un faux Dieu adoré à Abyde dans la Thébaïde. <i>Besa.</i> Constance envoya cette année (359) le Secrétaire Paul, célèbre par ses cruautés, pour poursuivre diverses personnes accusées d'avoir consulté l'oracle de l'idole appellée <i>Besa,</i> qui étoit à Abyde, à l'extrémité de la Thébaide. Tillem. La manière de consulter cet oracle étoit de donner des billets cachetés aux Prêtres, qui les portoient dans le Sanctuaire du temple, &amp; en rapportoient les réponses.</p><p>Il y avoit aussi une ville dans la Thébaïde, qui portoit le nom de ce Dieu, &amp; qu'Adrien appella ensuite Antinoüs, ou Antinople, <i>Antinopolis,</i> &amp; que les habitans nommerent Besantinoüs. Voyez sur ce Dieu Ammien Marc. Liv. XIX. p. 150. 151. Saumaise dans ses Notes sur Spartien, <i>in Hadrian.</i> c. 14. &amp; sur Solin p. 71.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4822" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESACE" />
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    <head>BESACE</head>
    <p>
    BESACE , s. f. Bissac ; longue pièce de toile cousue en forme de sac, qui est ouverte par le milieu, qu'on porte sur une épaule, dont l'un des bouts pend par-devant, &amp; l'autre par-derrière. <i>Pera, mantica.</i> Les paysans portent des <i>besaces</i> au marché. Les mendians demandent l'aumône avec la <i>besace.</i> On dit, réduire quelqu'un à la <i>besace</i> ; c'est-à-dire, à l'aumône, &amp; à la dernière misère. Porter la <i>besace,</i> c'est Etre gueux &amp; misérable :</p><p>Ce mot vient de <i>bis sacca</i>, qu'on a dit pour <i>bis saccus.</i> Mén. &amp; Nicot. On trouve le mot de <i>bisacium</i> dans Pétrone. Icquez dérive le mot <i>besace</i> de <i>bedelsac,</i> ou <i>betelsac,</i> mot de la langue des Francs, qui signifie la même chose.</p><p>On dit proverbialement, qu'une <i>besace</i> bien promenée nourrit son maître. On dit d'un homme qui fait épier les actions de sa femme, qu'il en est jaloux comme un gueux de sa <i>besace.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4823" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESACIER" />
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    <head>BESACIER</head>
    <p>
    BESACIER , s. m. Qui porte une besace. <i>Mendicus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4824" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESAIGRE" />
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    <head>BESAIGRE</head>
    <p>
    &#9758; BESAIGRE , adj. Du vin <i>besaigre.</i> C'est ainsi qu'on appelle du vin qui tourne à l'aigre, ou qui pique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4825" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESAIGUË" />
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    <head>BESAIGUË</head>
    <p>
    BESAIGUË , ou BESIGUË, s. f. Outil de fer servant aux Charpentiers pour unir &amp; tailler le bois. <i>Bipennis.</i> C'est une barre de fer acérée par les deux bouts en forme de ciseau, ayant un manche de fer au milieu, qui sert particulièrement à faire des mortaises &amp; des tenons.</p><p>Ce mot vient de <i>bis acuta</i>, à cause de ses deux taillans. Nicot. de <i>bis acutus</i> ; car l'on trouve l'un &amp; l'autre dans la basse Latinité, pour signifier un instrument qui a deux taillans. Un Glossaire manuscrit de l'Abbaye de sainte Marie de Cambron, cité par le savant Rosweid, le définit ainsi, <i>Bis acuta, ferramentum quoddam utrimque incidens.</i> Dans la vie de S. Antoine, &amp; dans celle de Frontonius, on lit <i>bis acutum,</i> &amp; <i>bisacutos.</i> Voyez Rosweid, pag. 1018. Bollandus, <i>Act. Sanct. Janu. Tom. II. p.</i> 131. dans la vie de S. Antoine le Grec, met .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4825" id="2" type="">
   <index type="head" value="BESAIGUË" />
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    <head>BESAIGUË</head>
    <p>
    Besaiguë , on appelle encore de ce nom un marteau dont les Vitriers se servent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4826" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESANÇON" />
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    <head>BESANÇON</head>
    <p>
    BESANÇON , Prononcez <i>Bezanson,</i> s. m. Ville Capitale du Comté de Bourgogne, l'une des plus anciennes de l'Europe, avec Université, Parlement, &amp; Archevêché, sur le Doux. <i>Vesontio,</i> ou <i>Besuntio, Vesuntium,</i> ou <i>Bisuntium, Vesunticum, Chrysopolis.</i> César, <i>Lib. I. cap.</i> 9. <i>de Bell. Gall.</i> dit que <i>Besançon</i> étoit la plus grande &amp; la plus forte ville des Séquaniens. <i>Besançon</i> étoit ville libre &amp; Impériale, mais l'an 1631. elle fut cédée aux Espagnols par l'Empereur. <i>Besançon</i> est à la France depuis 1674. qu'il fut pris par le Roi. Il y a plusieurs restes d'antiquités dans <i>Besançon,</i> entre autres un arc de triomphe élevé en l'honneur de l'Empereur Aurélien. La longitude de <i>Besançon</i> selon l'Académie ; est de 24d. Sa latitude de 47d. 20'. <i>Besançon</i> porte de gueules à l'aigle d'or. Jean Jacq. Chiflet a fait une Histoire Latine de <i>Besançon,</i> imprimée en 1618. à Lyon <i>in</i>-4°.</p><p>Ce nom purement Celtique doit signifier un Cimetière, ou des sépulchres dans une vallée. <i>Voyez la Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. pag.</i> 32. <i>&amp; Tom. II. pag.</i> 211.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4826" id="2" type="fleuriste">
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    <head>BESANÇON</head>
    <p>
    Besançon , s. m. Terme de Fleuriste . Le <i>Besançon</i> est une renoncule simple de double couleur, d'un jaune pâle marqueté de rouge, sur un fonds jaune. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4827" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESANT" />
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    <head>BESANT</head>
    <p>
    BESANT , ou BESAN, s. m. Nom d'une espèce de monnoie qui a été d'abord battue, du temps des Empereuts, à Constantinople, qu'on appelloit autrefois <i>Bysance</i> : elle étoit d'or pur, ou de 24. carats. On en présente treize à la Messe du Sacre des Rois ; &amp; Henri II. en fit battre treize expressément pour cela, qui furent nommés <i>Bysantins.</i> Ceux-là valoient un double ducat la pièce. On ne sait pourquoi nos Princes se servent d'une monnoie étrangère dans leur Sacre. Quelques-uns ont cru que c'est parce qu'ils n'en faisoient point frapper d'or ; mais on en a plusieurs d'or de Hugues Capet &amp; de Robert, &amp;c. Le Blanc conjecture qu'en ce temps-là on donnoit le nom de <i>besant</i> à toute monnoie d'or, quoiqu'elle ne fut pas frappée à Constantinople, comme dans la suite on donna le nom de Florin généralement à toutes les espèces d'or, quoiqu'elles ne fussent pas de Florence, où l'on prétendoit que le Florin avoit pris son origine. Et ce qui pourroit appuyer cette conjecture, c'est que les Sarrazins appelloient leur monnoie d'or <i>besant,</i> bien qu'elle ne fût pas fabriquée à Constantinople. Quoi qu'il en soit, les <i>besans</i> ont eu long-temps cours en France ; &amp; il en est parlé dans plusieurs anciens titres depuis 1148. jusqu'à 1297. Le Blanc les a cités pag. 170. Le Roman de la Rose en parle plus d'une fois ; &amp; de manière à faire voir que c'étoit la monnoie d'or la plus usitée en France. Cependant comme il n'en est fait mention dans aucune des Ordonnances de Philippe le Bel, le Blanc conjecture encore que <i>besant</i> étoit un terme général que le peuple donnoit à toutes les monnoies d'or.</p><p>On est en doute de la valeur du <i>besant</i> ancien. Ragueau &amp; Baquet l'évaluent à 50. livres. Le Sire de Joinville dit qu'on demanda pour la rançon de S. Louïs, deux cents mille <i>besans</i> d'or, qui valoient cinq cents mille livres : c'est à raison de 50. sols pour chacun. Dans plusieurs titres d'abonnemens de Fiefs, le <i>besant</i> n'est apprécié qu'à 20. sols. Dans un compte des Baillifs de France de l'an 1297. le <i>besant</i> est évalué à 9. sols. Le denier tournois étoit alors à 1. denier 6. grains de loi, à la taille de 200. au marc ; ainsi il valoit de notre monnoie courante 4. deniers &amp; 14 de denier ; &amp; par conséquent le <i>besant</i> vaudroit 21. sols 3. deniers de la monnoie d'aujourd'hui. Le Blanc.</p><p>Dans un vieux titre du commencement du XIIIe siècle cité dans les <i>Act. Sanct. Maii. Tom. I. p.</i> 64. par le P. Papebrock, on lit <i>besond</i> au lieu de <i>besant. Et promittuntur pro <pb n="593" facs="bpt6k8542165/f633/full/1200,/0/native.jpg"/>pretio viginti tria scuta in saluts, tastarts, &amp; besonds solvenda.</i> Et dans l'<i>Index Onomasticus,</i> on dit que c'est la même chose que <i>besant, besond, byzantinus, genus pecuniae ;</i> mais à la pag. 65. de l'ouvrage, le P. Papebrock prétend que <i>besons</i> signifie Jumeaux, <i>Gemelli,</i> &amp; que cette monnoie fut ainsi appellée, parce qu'il y avoit deux têtes, de même, dit-il, que l'on appelle <i>Baisoir</i> la monnoie d'or de l'Archiduc Albert &amp; d'Isabelle, parce que leurs têtes y sont, &amp; qu'elles semblent se baiser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4828" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BESANT" />
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    <head>BESANT</head>
    <p>
    BESANT , s. m. Terme de Blason . C'est une pièce de métal ronde &amp; pleine, dont on charge l'Ecu, à la différence des tourteaux qui sont de couleur, &amp; des cercles &amp; anneaux qui sont à jour. <i>Byzantii nummi.</i> Messieurs Du Puy portent d'or à la bande d'azur chargée de trois <i>besans</i> d'or. Les Paladins François mirent sur leurs Ecus de ces sortes de <i>besans,</i> pour faire voir qu'ils avoient fait le voyage de la Terre Sainte.</p><p>On appelle <i>besant-tourteau,</i> celui qui est parti moitié de métal, &amp; moitié de couleur.</p><p>Les Espagnols confondent les <i>besans</i> &amp; les tourteaux, &amp; les appellent indifféremment <i>roeles.</i> Plusieurs appellent les <i>besans</i> d'argent <i>plates,</i> ce qui vient du mot Espagnol <i>plata,</i> qui signifie <i>argent.</i> Upton nomme les <i>besans</i> d'or <i>talens,</i> &amp; ceux d'argent <i>palets.</i> Il y a aussi des <i>besans Saraceniques.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4828" id="2" type="">
   <index type="head" value="BESANT" />
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    <head>BESANT</head>
    <p>
    Besanté, ée , adj. Qui se dit d'un Ecu orné, ou chargé de besans. <i>Bysantiis nummis instructus.</i> Une bordure <i>besantée,</i> chargée de tant de besans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4829" id="1" type="jeu de dez">
   <index type="head" value="BESAS" />
   <index type="src_domain" value="jeu de dez" />
   <index type="macro_domain" value="Jeu" />
   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BESAS</head>
    <p>
    BESAS , s. m. Terme du jeu de dez , qui signifie, Deux as. Pasq. <i>Rech. Liv. VIII. ch.</i> 30. On s'en sert aussi au jeu de Trictrac. L'usage veut à présent que l'on dise <i>beset.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4830" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESCHE" />
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    <head>BESCHE</head>
    <p>
    BESCHE , Voyez <ref type="search" target="head:BÊCHE">BÊCHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4831" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESCHER" />
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    <head>BESCHER</head>
    <p>
    BESCHER , Voyez <ref type="search" target="head:BÊCHER">BÊCHER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4832" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESCHOTER" />
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    <head>BESCHOTER</head>
    <p>
    BESCHOTER , Voyez <ref type="search" target="head:BÊCHOTER">BÊCHOTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4833" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESET" />
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    <head>BESET</head>
    <p>
    BESET , Voyez <ref type="search" target="head:BESAS">BESAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4834" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESICLES" />
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    <head>BESICLES</head>
    <p>
    BESICLES , s. f. plur. <i>Conspicillum.</i> On ne se sert de ce mot que dans le style burlesque. Il signifie des lunettes appliquées aux deux yeux. <i>Vitrum ocularium.</i> Voyez <i>Lunettes,</i> où on a parlé de l'invention des <i>besicles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4834" id="2" type="">
   <index type="head" value="BESICLES" />
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    <head>BESICLES</head>
    <p>
    Besicles , est aussi un terme de Lunetier ; pour dire, une sorte de masque où il y a deux yeux de verre, &amp; qui sert à ceux qui vont à la campagne, pour empêcher que le vent ou la poussière ne leur fasse mal aux yeux. Il se sert de <i>besicles</i> toutes les fois qu'il monte à cheval.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme n'a pas mis ses <i>besicles,</i> quand il se trompe au jugement de quelque chose, soit corporellement, soit spirituellement.</p><p>Ce mot vient <i>à duobus circulis,</i> ou <i>cyclis,</i> qui composent des lunettes ; ou selon Pasquier, de <i>bis oculi,</i> doubles yeux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4835" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESI DE CAISSOY" />
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    <head>BESI DE CAISSOY</head>
    <p>
    BESI DE CAISSOY , s. m. Sorte de poire, qui s'appelle autrement <i>Roussette d'Anjou.</i> C'est une petite poire de Décembre &amp; Janvier, de la grosseur à peu près d'un blanquet : le fond du coloris est jaunâtre, chargé par-tout de rousseurs ; la peau peu unie, la chair tendre, mais pâteuse ; beaucoup de pierre &amp; de marc ; l'eau peu agréable, tirant au goût de cormes. Quelquefois néanmoins on en voit d'assez bonnes. La Quint. <i>Tom. I. Part. III. pag.</i> 369.</p><p>Ce mot vient de <i>Besi</i>, qui en Breton signifie Poire, &amp; de <i>Caissoy,</i> nom du lieu d'où apparemment elle est venue, comme dans les suivantes. Le <i>Besi de Caissoy</i> est une poire de Décembre &amp; de Janvier. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4836" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESI-D'HERI" />
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    <head>BESI-D'HERI</head>
    <p>
    BESI-D'HERI , s. m. Espèce de poire qui a été ainsi appellée du mot <i>Besi,</i> qui en langage Breton signifie <i>poire,</i> &amp; de <i>Heri,</i> qui est une forêt de la Bretagne, où cette sorte de poire a été trouvée. Le <i>Besi-d'heri</i> est une poire très-ronde, de la grosseur à peu près d'une grosse balle de jeu de paume ; le coloris jaune, &amp; d'un verd blanchâtre, la queue assez droite &amp; longue, &amp; mûrissant en Octobre &amp; Novembre. La Quint. Le <i>Besi-d'heri</i> se conserve pendant l'hiver. <i>Besie-d'hery. Dery</i> en vieux Gaulois signifie <i>bois,</i> &amp; <i>Besie,</i> poire. De sorte que <i>Besiedery</i> signifie <i>Poire de bois, Pirum Sylvestre.</i> Ce mot se trouve encore dans la Langue Irlandoise. <i>London-dery</i> en Irlande signifie <i>Londinum Sylvestre</i> ; car c'est une colonie de Londres, établie dans le Bois d'Irlande. M. Huet.</p><p>On devroit écrire <i>besi de heri</i> ; mais l'usage, qui se met peu en peine de la raison, fait écrire <i>besi-d'heri.</i> La Quintinie écrit quelquefois <i>Besideri.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4836" id="2" type="">
   <index type="head" value="BESI-D'HERI" />
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    <head>BESI-D'HERI</head>
    <p>
    Besi d'heri-landry . Espèce de poire que l'on nomme plus communément Poire de Leschasserie ; &amp; quelques-uns, vertelongue d'hiver. Voyez <ref type="search" target="head:Leschasserie">Leschasserie</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4836" id="3" type="">
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    <head>BESI-D'HERI</head>
    <p>
    Besi de la motte . Autre espèce de poire qui se mange en Octobre. La Quint. <i>Part. III. c.</i> 2. C'est une poire de la fin d'Octobre. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4836" id="4" type="">
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    <head>BESI-D'HERI</head>
    <p>
    Besi de mapan . Espèce de poire qui se mange au mois d'Août, &amp; que la Quintinie estime peu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4836" id="5" type="">
   <index type="head" value="BESI-D'HERI" />
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    <head>BESI-D'HERI</head>
    <p>
    Besi des essars . Autre espèce de poire, dont la Quintinie ne fait pas grand cas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4837" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESIERS" />
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    <head>BESIERS</head>
    <p>
    BESIERS , Voyez <ref type="search" target="head:BEZIERS">BEZIERS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4838" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESIGUË" />
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    <head>BESIGUË</head>
    <p>
    BESIGUË , Voyez <ref type="search" target="head:BESAIGUË">BESAIGUË</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4839" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESLANT" />
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    <head>BESLANT</head>
    <p>
    BESLANT , Voyez <ref type="search" target="head:BÊLANT">BÊLANT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4840" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESLEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BESLEMENT</head>
    <p>
    BESLEMENT , Voyez <ref type="search" target="head:BÊLEMENT">BÊLEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4841" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESLER" />
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    <head>BESLER</head>
    <p>
    BESLER , Voyez <ref type="search" target="head:BÊLER">BÊLER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4842" id="1" type="serrurier">
   <index type="head" value="BESNARDE" />
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    <head>BESNARDE</head>
    <p>
    BESNARDE , s. f. Terme de Serrurier , est le nom qu'on donne aux serrures qui s'ouvrent de deux côtés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4843" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESOARD" />
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    <head>BESOARD</head>
    <p>
    BESOARD , Voyez <ref type="search" target="head:BEZOARD">BEZOARD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4844" id="1" type="agriculture & de jardinage">
   <index type="head" value="BESOCHE" />
   <index type="src_domain" value="agriculture & de jardinage" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BESOCHE</head>
    <p>
    BESOCHE , s. f. Terme d'Agriculture &amp; de Jardinage . Instrument de fer avec lequel on fait les labours dans les terres pierreuses. C'est la même chose qu'un hoyau, qui selon Nicot en quelques pays s'appelle <i>Besoche. Ligo.</i> Il se fait des labours de plusieurs façons ; premièrement à la bêche &amp; la houe, &amp; cela dans les terres aisées. En second lieu il s'en fait à la fourche, &amp; à la <i>besoche,</i> &amp; cela dans les terres pierreuses. La Quint. Prononcez <i>bezoche,</i> comme écrit quelquefois Nicot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4845" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESOGNE" />
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    <head>BESOGNE</head>
    <p>
    BESOGNE , s. f. Travail, occupation à quoi que ce foit qui est utile. <i>Opus, opera, labor.</i> Quand on se retranche contre les ennemis, il faut qu'unchacun mette la main à la <i>besogne.</i> L'Avocat a sa <i>besogne,</i> aussi bien que l'Artisan. Le Potier &amp; l'Orfèvre travaillent en <i>besogne</i> platte, &amp; en <i>besogne</i> ronde, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4845" id="2" type="">
   <index type="head" value="BESOGNE" />
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    <head>BESOGNE</head>
    <p>
    Besogne , se dit aussi figurément dans le style simple &amp; familier, de tout ouvrage d'esprit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4845" id="3" type="">
   <index type="head" value="BESOGNE" />
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    <head>BESOGNE</head>
    <p>
    Besogne , dans le même sens, se dit encore de toute affaire importante &amp; embarrassante.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4845" id="4" type="">
   <index type="head" value="BESOGNE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BESOGNE</head>
    <p>
    Besognes , s. f. plur. Hardes qu'on porte avec soi, dont on a ordinairement besoin : il se dit particulièrement des hardes, ou <i>besognes</i> de nuit. <i>Sarcinae, sarcinulae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4845" id="5" type="">
   <index type="head" value="BESOGNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BESOGNE</head>
    <p>
    Besogne , se dit quelquefois en style vieux &amp; badin pour chose.</p><p>C'est-à-dire, C'est bien pauvre chose, c'est bien peu de chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4845" id="6" type="">
   <index type="head" value="BESOGNE" />
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    <head>BESOGNE</head>
    <p>
    Besogne , se dit proverbialement en ces phrases. Il ressemble au Bahutier, il fait plus de bruit que de <i>besogne.</i> Vous nous faites de belle <i>besogne ;</i> pour dire, vous ne faites rien qui vaille. Selon l'argent la <i>besogne</i> ; pour dire, que les ouvriers travaillent selon qu'ils sont payés. On dit aussi, Tailler de la <i>besogne</i> à quelqu'un ; pour dire, non-seulement au propre, lui préparer de la <i>besogne</i> pour travailler, mais aussi au figuré, lui susciter bien des affaires. On dit aussi d'un fainéant, d'un méchant valet, qu'il aime <i>besogne</i> faite. Et qu'il s'endort sur la <i>besogne</i> ; pour dire, qu'Il travaille nonchalamment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4846" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESOGNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BESOGNER</head>
    <p>
    BESOGNER , v. act. Travailler, faire sa besogne. <i>Opus facere, exercere ; labori incumbere.</i></p><p>Ce mot est vieux ; il a été employé par Amyot Evêque d'Auxerre dans ses <i>Vies de Plutarque</i> en un sens qui passe maintenant pour obscène. <i>Besogne</i> bien ta jeune Chélidonide, &amp; engendre de beaux enfans à Sparte. On ne le dit plus que dans le style burlesque, mais au premier sens que nous avons dit.</p><p>C'est-à-dire, bien fait, bien travaillé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4847" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESOIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BESOIN</head>
    <p>
    BESOIN , s. m. Nécessité, disette, manque de quelque chose. <i>Vitae necessitates, rerum penuria.</i> Par le mot de nécessité, ou de <i>besoin,</i> on doit entendre tous les desirs de l'appétit sensuel ; mais principalement ceux qui donnent de l'impatience, &amp; qui fâchent toujours lorsqu'on n'a pas la chose qu'on voudroit avoir. Cassandre, <i>Trad. de la Rhét. d'Arist.</i> Dans notre langue il a plus d'étendue. Il faut avoir recours à Dieu dans ses <i>besoins.</i> Trouve-t'on dans le monde des gens qui entrent de bonne foi dans nos <i>besoins</i> ? Nic. Si vous réglez vos <i>besoins</i> sur la nature, vous ne serez jamais pauvre ; &amp; si vous les réglez sur l'opinion, vous ne serez jamais riche. Bouh. Les <i>besoins</i> de la vie, &amp; la loi de la nécessité, forcent la nature, &amp; y apportent de grands changemens. La Bruy. N'attendez pas que vos amis vous expliquent leurs <i>besoins</i> ; prévenez-les. Il faut que nos soins s'étendent, &amp; que les espaces de notre coeur se dilatent, à mesure que les <i>besoins</i> du prochain augmentent. Flech.</p><p>Le mot de <i>besoin</i> marque quelquefois la nécessité qu'on a de faire quelque chose. <i>Opus est.</i> On a <i>besoin</i> d'argent pour faire la guerre. Le <i>besoin</i> d'aimer Dieu est indispensable. Les hommes sont liés par une chaîne ; c'est le <i>besoin</i> qu'ils ont les uns des autres. Dès que l'un des membres est en péril tous les autres concourent à sa conservation, sans avoir <i>besoin</i> des ordres de la raison, &amp; de la volonté. P. Dan.</p><p>On dit proverbialement ; <i>besoin</i> fait vieille troter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4848" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESOINS" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BESOINS</head>
    <p>
    &#9758; BESOINS , au pl. signifie aussi l'envie de se décharger le ventre, faire ses <i>besoins,</i> aller à ses <i>besoins.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4849" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESSARABIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BESSARABIE</head>
    <p>
    BESSARABIE , s. f. <i>Bessarabia.</i> Province de la Turquie en Europe, bornée au Nord par la Podolie, au Couchant par la Moldavie, au Midi par le Danube, qui la sépare de la Bulgarie, &amp; au Levant par la mer Noire. La Bulgarie fut anciennement une partie de la Dace, &amp; la demeure des Arpiens, des Tyrangites, &amp; des Britolages. Corn. &amp; Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4850" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESSIÈRE" />
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    <head>BESSIÈRE</head>
    <p>
    BESSIÈRE . Voyez <ref type="search" target="head:BAISSIÉRE">BAISSIÉRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4851" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESSIN" />
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    <head>BESSIN</head>
    <p>
    BESSIN , s. m. Nom d'un petit pays de France dans la Basse Normandie. Il a le Lieuvin à l'Orient, l'Avranchin au Midi, le Cotentin au Couchant, &amp; la mer de Bretagne au Septentrion. Il y a le haut &amp; le bas <i>Bessin</i> ; le premier au Levant, &amp; l'autre au Couchant. Bayeux, Capitale du <i>Bessin,</i> est dans le bas <i>Bessin.</i> Voyez Du Moulin, <i>Discours sur la Normandie.</i></p><p>Mr Corneille semble dire que ce nom est venu de <i>Bajocasses</i> ou <i>Biducasses,</i> noms des anciens peuples, qui habitoient ce pays. Je crois qu'il vient de Bayeux. On a dit Bayossin, Bayeussin, Bayessin, Bassin, &amp; enfin <i>Bessin. Bajocensis ager,</i> ou <i>Dioecesis.</i> M. Huet dit qu'on l'appelle <i>Bagirinum</i> dans les Ordonnances de Charles le Chauve. Encore que l'Evêché de Bayeux s'étende depuis la rivière de Vire, jusqu'à la rivière de Dive, il ne faut pas s'imaginer que le nom de <i>Bessin</i> ait toujours marqué cette même étendue. Cénales ne fait commencer le <i>Bessin</i> qu'à Estreham, qui est à l'embouchure de la rivière d'Orne. Huet, <i>Ant. de Caen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4852" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESSIN, INE" />
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    <head>BESSIN, INE</head>
    <p>
    BESSIN, INE , s. m. &amp; f. Habitant du Bessin, pays de Normandie. <i>Bajocensis.</i> Les <i>Bessins,</i> qui sont fins &amp; rusés, s'adonnent au labeur &amp; à la draperie, voire se plaisent assez à trafiquer. G. Du Moulin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4853" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESSON, ONNE" />
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    <head>BESSON, ONNE</head>
    <p>
    BESSON, ONNE , adj. Vieux mot, qui se disoit autrefois de deux enfans d'une même ventrée. <i>Geminus, gemellus.</i> Jacob &amp; Esaü étoient deux enfans <i>bessons.</i></p><p>Ce mot vient, selon Ménage, de <i>bis</i> simplement. Pasquier, avec plus d'apparence, le dérive de <i>bis homines</i>, parce qu'on disoit autrefois <i>homs</i> pour <i>hommes :</i> c'est comme si on disoit <i>beshoms.</i></p><p>En Astrologie on appelle le signe des <i>Bessons,</i> celui qu'on nomme autrement des <i>Gemeaux. Gemini.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4854" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTAIL" />
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    <head>BESTAIL</head>
    <p>
    BESTAIL . Voyez <ref type="search" target="head:BÊTAIL">BÊTAIL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4855" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BESTE</head>
    <p>
    BESTE . Voyez <ref type="search" target="head:BÊTE">BÊTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4856" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTIA MAGNA" />
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    <head>BESTIA MAGNA</head>
    <p>
    BESTIA MAGNA . C'est la même chose qu'Elan. Voyez donc Elan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4857" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTIAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BESTIAIRE</head>
    <p>
    BESTIAIRE , s. m. Celui qui combat contre les bêtes, ou qui y est exposé. <i>Bestiarius.</i> On distinguoit communément deux sortes de <i>bestiaires.</i> Les premiers étoient ceux qui étoient condamnés aux bêtes, ou parce qu'ils avoient été pris en guerre &amp; qu'on vouloit les traiter inhumainement ; ou pour quelques crimes ; ou parce que c'étoient des esclaves, qui avoient commis quelque faute considérable. Tous ces <i>bestiaires</i> étoient exposés aux bêtes sans armes &amp; sans défenses. Il ne leur servoit de rien de vaincre la bête &amp; de la tuer, on en lâchoit toujours de nouvelles contre eux, jusqu'à ce qu'ils eussent été mis à mort ; mais il étoit rare qu'il fallut en lâcher deux contre un même homme ; il étoit bien plus ordinaire qu'une seule bête défit plusieurs hommes. Cicéron, dans l'Oraison pour Sestius, parle d'un Lion qui seul avoit suffi contre 200. <i>bestiaires.</i> Ceux qui succédoient aux premiers s'appelloient en Grec , &amp; les derniers ; &amp; chez les Romains <i>Meridiani,</i> ceux qui, le combat ayant commencé le matin, n'étoient exposés que l'après-midi. Voyez Suétone dans Claude, C. 34. &amp; ceux-ci étoient armés d'une épée. Les Chrétiens étoient <i>bestiaires</i> de cette première espèce ; c'est-à-dire, qu'on les condamnoit aux bêtes, même ceux qui étoient Citoyens Romains, quoique ce fût un droit des Citoyens Romains de n'y être point condamnés. Voyez <ref type="search" target="head:Clem">Clem</ref>. Alex. <i>de Constit. Apost. c.</i> 1. S. Irénée, Liv. V. Ch. 28. Eusèbe, <i>Hist. Eccles.</i> Liv. III. ch. 33.</p><p>La seconde espèce de <i>bestiaires</i> étoient, dit Sénèque, ép. 70. de jeunes gens, qui pour s'exercer à bien manier les armes, combattoient tantôt entre-eux, &amp; tantôt contre des bêtes ; ou quelques braves qui par ostentation, &amp; pour faire montre de leur assurance &amp; de leur adresse, s'exposoient à ce dangereux combat. Auguste y produisit quelquefois de jeunes gens de la première noblesse, <i>Suet. in Aug.</i> 43. Néron s'y exposa lui-même. <i>Id. in Nerone,</i> 53. Et c'est pour avoir tué des bêtes dans l'amphithéatre que Commode fut appellé l'Hercule Romain, ainsi que Lampridius nous l'apprend. Vigenère, dans ses <i>Annot. sur Tite-Live,</i> Tome I. p. 1434. &amp; suiv. ajoûte encore trois espèces de <i>bestiaires.</i> L'une est de ceux qui faisoient ce métier pour de l'argent. Une autre sorte de combat étoit quand on mettoit plusieurs gens armés tous à la fois contre plusieurs bêtes ; voyez Suétone dans Claude, n. 21. Enfin la dernière de ces sortes de chasses étoit quand on abandonnoit à tout le peuple confusément &amp; en foule un grand nombre de bêtes sauvages, pour courir après &amp; les tuer. Mais ceux qui combattoient dans les dernières manières de combattre n'étoient pas proprement <i>bestiaires.</i> Nous n'avons pas même d'exemple de la dernière.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BESTIAL, ALE" />
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    <head>BESTIAL, ALE</head>
    <p>
    BESTIAL, ALE , adj. Qui tient de la nature de la bête. <i>Belluinus, ferinus.</i> Une ame <i>bestiale.</i> Une fureur <i>bestiale.</i> Boucicault, vanté par notre Histoire comme l'honneur de la France, est décrit pour un <i>bestial</i> &amp; stupide par Cortésius. Mascur.</p><p>Il est aussi substantif, &amp; se prend pour bétail. Voilà bien du <i>bestial.</i> Ce <i>bestial</i> est bien mal gouverné &amp; bien mal soigné, vos gens ne font pas leur devoir. Au reste, il ne se dit guère ainsi que par les gens qui se mêlent du <i>bestial.</i> Tous les autres disent plus communément bétail. Cependant une Ordonnance de Police faite le 5e Sept. 1635. dit, qu'à cause des regratteries &amp; intelligences qu'il y a au fait de la marchandise de <i>bestial,</i> qui se vend en débit, la viande de boucherie en est plus chère. Et Naudé dit dans le Mascurat : Certain Paysan du temps de Charlemagne confessoit avoir semé des poudres par les campagnes, afin de faire mourir le <i>bestial.</i> Tout ceci montre que la remarque de Furetière au mot <i>bétail</i> est fausse, que l'on dit <i>bestial</i> au singulier dans le même sens que bétail, &amp; que <i>bestiaux</i> n'est point le pluriel de <i>bétail,</i> mais de <i>bestial.</i></p><p>Dans <i>bestial</i> il faut prononcer l'<i>s,</i> tant au singulier qu'au pluriel ; au pluriel il fait <i>bestiaux,</i> qui lui est commun avec bétail, qui a pris ou retenu ce pluriel de <i>bestial.</i> On dit en François, Une grande nourriture de <i>bestiaux.</i> Il y a des charges de vendeurs de <i>bestiaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4859" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTIALEMENT" />
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    <head>BESTIALEMENT</head>
    <p>
    BESTIALEMENT , adv. D'une manière brutale, &amp; en bête. <i>Belluino, ferino more, pecudis ritu.</i> Les yvrognes vivent <i>bestialement.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BESTIALITÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BESTIALITÉ</head>
    <p>
    BESTIALITÉ , subst. fém. Brutalité. <i>Stupiditas, ftupor.</i> La stupidité de cet homme a quelque chose de la <i>bestialité.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4860" id="2" type="">
   <index type="head" value="BESTIALITÉ" />
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    <head>BESTIALITÉ</head>
    <p>
    Bestialité , se dit aussi du péché contre nature qui se commet avec des bêtes, &amp; qu'on punit du feu. <i>Coitio cum bellua.</i> On punit la bête même qui a été l'instrument du crime.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4861" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTIAUX" />
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    <head>BESTIAUX</head>
    <p>
    BESTIAUX . Voyez BESTIAL &amp; BÉTAIL.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4862" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTIOLE" />
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    <head>BESTIOLE</head>
    <p>
    BESTIOLE , s. f. Petite bête. <i>Bestiola.</i> Il se dit particulièrement des insectes &amp; de la vermine, comme fourmis, tignes, punaises, cloportes, &amp;c.</p><p>Il se dit figurément des jeunes personnes qui ont peu d'esprit. Cette fille fait la capable, &amp; ce n'est q'une <i>bestiole.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4863" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BESTION" />
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    <head>BESTION</head>
    <p>
    BESTION , subst. m. Terme de Marine . C'est le bec ou la pointe de l'éperon, ou la partie du vaisseau qui est le plus en faillie. <i>Rostrum.</i> Il porte ordinairement la figure de quelque bête, (ce qui l'a fait appeller <i>bestion</i>) &amp; sur-tout celle d'un lion : ce qui fait que quelques-uns lui donnent aussi ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4864" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTISE" />
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    <head>BESTISE</head>
    <p>
    BESTISE Voyez <ref type="search" target="head:BÊTISE">BÊTISE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4865" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTORS, ORTE" />
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    <head>BESTORS, ORTE</head>
    <p>
    BESTORS, ORTE , adj. Vieux mot, qui signifioit Traversé, oblique. <i>Obliquus.</i> Et tant fit les chemins <i>bestors.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4866" id="1" type="">
   <index type="head" value="BESTOURNER" />
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    <head>BESTOURNER</head>
    <p>
    BESTOURNER , v. act. <i>Invertere.</i> Vieux mot qui signifie, Renverser, d'où a été fait Bistourner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4866" id="2" type="">
   <index type="head" value="BESTOURNER" />
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    <head>BESTOURNER</head>
    <p>
    Bestourner . Ce mot a été aussi employé pour, Tourmenter l'esprit, &amp; le mettre hors de son assiette. <i>Turbare, perturbare.</i> On le trouve en ce sens dans Alain Chartier, où on lit ce qui suit : Par leurs paroles épouvantables &amp; très-perceans le coeur &amp; la pensée, m'avoit jà ces trois derroyées &amp; séditieuses de caresses, <i>bestourné</i> le sens, &amp; aveuglé la raison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4867" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTAIL" />
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    <head>BÉTAIL</head>
    <p>
    BÉTAIL , s. m. Terme collectif, qui signifie des bêtes à quatre pieds qui servent au labourage, ou à la nourriture de l'homme. Il ne se dit guère que des boeufs, des moutons. <i>Pecus.</i> On dit, Riche en gros &amp; en menu <i>bétail,</i> &amp; non pas en gros &amp; menu <i>bétail.</i> Il y a eu cette année grande mortalité sur le <i>bétail.</i> Il se consomme bien du <i>bétail</i> à Paris. Henri IV. créa en 1605. des Jurés-Vendeurs de <i>bétail.</i> La Mare, <i>Tr. de la Police, Liv. V. T. XVIII.</i> où il rapporte tous les Règlemens faits pour la vente du <i>bétail.</i></p><p>Il fait au pluriel <i>bestiaux</i> ; en prononcant l'<i>s,</i> quoiqu'on ne dise point <i>bestial</i> au singulier.</p><p>Cette remarque de Furetière est fausse ; <i>bestial</i> se dit au singulier, voyez ce mot ci-devant : &amp; <i>bestiaux</i> n'est point le pluriel de <i>bétail,</i> mais de <i>bestial ; bétail</i> n'en a point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4868" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÊTE" />
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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    BÊTE , s. f. Animal privé de raison. Ce mot signifie la même chose que celui d'animal ; excepté que les hommes n'y sont pas compris. Il signifie seulement les animaux, entant qu'ils sont différens des hommes. <i>Bestia, bellua, pecus.</i> La plupart des Philosophes de l'Antiquité ont cru que les <i>bêtes</i> raisonnoient. Plurarque a fait un discours assez grave pour prouver que les <i>bêtes ont de la raison.</i> Toute la secte des Pythagoriciens devoit être dans le même sentiment, parce que la Métempsychose emporte, que les ames humaines passent dans le corps des animaux ; &amp; Platon dans son Dialogue ne nie point, que sous le règne de Saturne les <i>bêtes</i> étoient en commerce de conversation avec les hommes. On a prétendu même qu'elles ont un jargon intelligible entr'elles ; &amp; Porphyre rapporte que Tirésias &amp; Appollone de Tyane entendoient leur langage. S. Basile lui-même a compté parmi les beautés du Paradis terrestre, que les <i>bêtes</i> y parloient. Mais plusieurs entre les Modernes ont prétendu prouver que les <i>bêtes</i> n'ont point de sentiment, &amp; que ce sont seulement des machines. C'est une opinion qui a été renouvellée par M. Descartes. Un Médecin Espagnol, nommé <i>Gomesius Pereira,</i> avança le premier ce paradoxe impur ; car tout le monde étoit réuni à croire que les <i>bêtes</i> ont du sentiment. Il fut 30. ans à en composer un Traité, qu'il a intitulé <i>Antoniana Margarita,</i> du nom de son père &amp; de sa mère. Il le publia en 1655. On ne lui fit pas l'honneur de réfuter son opinion, &amp; elle s'éteignit avec lui. Ainsi jusqu'à Descartes l'on a cru sans contestation que les <i>bêtes</i> connoissoient. On disputoit seulement entre les Philosophes, si les <i>bêtes</i> ont la faculté de raisonner en vertu de leur principe de connoissance. Mais le dogme des automates fit en peu de temps beaucoup de progrès. Il y a bien de l'apparence que M. Descartes a été poussé par sa doctrine à soutenir que les <i>bêtes</i> ne sentent point : car en considérant les suites de son principe touchant la substance étendue, &amp; la substance qui pense, il s'apperçut que la connoissance des <i>bêtes</i> renversoit toute l'oeconomie de son système. Le Père Pardies a fait un Livre de la connoissance des <i>bêtes,</i> pour montrer qu'elles ne sont destituées ni d'intelligence, ni de sentiment, &amp; qu'il est impossible d'expliquer tous leurs mouvemens, &amp; toutes leurs actions, par les seuls ressorts d'une machine qui se meut sans connoissance. Thomas Willis a fait aussi un Traité de l'ame des brutes. Il y a aussi un Traité du fleur Le Grand fur le même sujet, &amp; un Livre de l'ame des <i>bêtes,</i> imprimé à Lyon en 1676. composé par Antoine d'Illy Prêtre d'Ambrun.</p><p>Dans le Journal de Hollande 1684. il est dit que cette opinion est ancienne, &amp; qu'on en a disputé dès le temps de S. Augustin. Il est vrai que S. Augustin faisoit ce raisonnement : Que la misère étant une suite du péché, il en résulte que les <i>bêtes</i> qui n'ont point péché ne doivent point être sujettes à la misère. Or elles y seroient sujettes si elles avoient du sentiment. Donc elles n'ont point de sentiment. Si les <i>bêtes</i> avoient une ame, Dieu n'auroit point donné à l'homme pécheur un pouvoir absolu sur elles, &amp; le pouvoir de les égorger pour se nourrir. Le sieur Du Rondel, Professeur à Mastricht, a prouvé que plus de 300. ans avant les Stoïciens de Rome, un Cynique avoit soutenu que les <i>bêtes</i> n'avoient ni sentiment ni connoissance, &amp; étoient de pures machines. Ainsi on a eu tort d'accuser Péreira d'avoir débité une nouveauté. Le P. Daniel, dans ses <i>Nouvelles difficultés</i> en 1693. a bien pressé M. Descartes, en soutenant qu'il y a dans les <i>bêtes</i> un principe de connoissance &amp; d'intelligence. Un Médecin Epicurien, nommé Lami, a soutenu que l'homme n'a d'autre empire sur les <i>bêtes</i> que celui de la force &amp; de l'adresse. Boileau fait dire à l'âne,</p><p>Quoique les <i>bêtes</i> soient privées de raison &amp; de liberté, on ne laisse pas de les punir quelquefois comme si elles en avoient. Guy Pape rapporte que passant auprès de Châlons il vit un cochon attaché aux fourches patibulaires de cette Ville, &amp; qu'en ayant demandé la raison, on lui répondit, qu'on l'avoit fait parce que ce cochon avoit tué un enfant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4868" id="2" type="">
   <index type="head" value="BÊTE" />
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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , se dit particulièrement des animaux à quatre pieds qui servent à voiturer. Une <i>bête</i> de somme, de charge. Une rosse est une méchante <i>bête</i> pour faire un long voyage.</p><p>On dit au Palais, une <i>bête asine,</i> pour parler plus honnêtement d'une âne.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BÊTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , se dit aussi de la vermine. <i>Vermis.</i> J'avois cette année de beaux fruits, mais les <i>bêtes</i> les ont mangés ; les tignes, les vers, les chenilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4868" id="4" type="chasse">
   <index type="head" value="BÊTE" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , en termes de Chasse , se dit absolument du gros gibier. <i>Fera.</i> Lancer la <i>bête. Bêtes noires,</i> ce sont les sangliers. <i>Bêtes fauves,</i> ce sont les cerfs. On les distingue aussi par le nom de <i>bêtes de brout,</i> comme les cerfs, chevreuils, &amp;c. &amp; <i>bêtes mordantes,</i> comme le sanglier, le blereau, le renard, l'ours, le loup, la loutre, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , se dit figurément en Morale d'un homme qui ne cherche que ses plaisirs sensuels, qui n'a point du goût pour les choses célestes. <i>Bellua, pecus.</i> C'est une <i>bête</i> brute. Il a vécu, il est mort en <i>bête.</i></p><p>On dit de celui qui est trop particulier, que c'est une <i>bête</i> farouche ; de celui qui est trop colère, que c'est une <i>bête</i> féroce.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , se dit aussi d'une personne sans esprit, qui est stupide, <pb n="596" facs="bpt6k8542165/f636/full/1200,/0/native.jpg"/>lorsqu'elle ne peut rien comprendre, ni retenir. <i>Stolidus, recors, bellua.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , se dit quelquefois en riant, comme dans cet exemple : La bonne <i>bête</i> a ses raisons. <i>Vulpecula.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , se dit encore dans le style burlesque, pour quelque chose que ce puisse être. Par ma foi, je ne sai pas quelle <i>bête</i> c'est là. Mol. Pour dire, je ne sai pas quelle chose c'est-là.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête , se dit aussi au jeu de cartes ; quand celui qui fait jouer ne gagne pas, il paye autant que ce qu'il y a au jeu, &amp; on dit qu'il a fait la <i>bête. Multam committere : quod fit, cum quis ab tis vincitur quos subire ludi aleam coegit.</i> On l'appelle autrement le <i>jeu de l'homme.</i> On dit aussi au jeu de l'ombre, de celui qui fait jouer, &amp; qui ne gagne pas, qu'Il fait la <i>bête.</i> On le dit aussi de la somme qu'on a perdu en faisant la <i>bête.</i> Ma <i>bête</i> est sur le jeu. Les deux <i>bêtes</i> vont ensemble.</p><p>On appelle populairement la <i>bête,</i> ce qui fait peur. Une nourrice dit à son enfant qui crie, Je ferai venir la <i>bête.</i> On le dit aussi d'un homme chagrin, qui a de l'autorité, qui vient troubler la joie des autres. Voici la grande <i>bête</i> qui vient. Les Artisans qui voient un Commissaire qui va en Police, l'appellent la <i>bête noire.</i> L'Antechrist est aussi appellé la <i>grande bête</i> dans l'Apocalypse. On le dit aussi de deux ennemis. M. Viette étoit la <i>bête</i> de Scaliger ; il l'attaquoit toujours, &amp; il avoit peur de lui.</p><p>On dit proverbialement, Remonter sur sa <i>bête,</i> non-seulement dans le jeu, quand on gagne le coup suivant, après celui où on a fait la <i>bête,</i> ce qu'on avoit perdu, mais aussi quand on a rétabli sa fortune ruinée, réparé une perte qu'on avoit faite. On appelle aussi deux personnes qu'on voit toujours ensemble, des <i>bêtes</i> de compagnie. On dit aussi, Prendre du poil de la <i>bête</i> ; pour dire, Boire le matin, quand on a été incommodé d'avoir trop bû le soir ; ou, Se guérir par les mêmes choses qui ont causé le mal. On dit aussi, qu'un homme a fait la <i>bête,</i> quand il a fait quelque méchante affaire de sa tête, &amp; malgré les conseils de ses amis. On dit ironiquement, qu'un homme est une bonne <i>bête,</i> une fausse <i>bête</i> ; pour dire, qu'il est dangereux de s'attaquer à lui, qu'il est plus à craindre qu'on ne pense.</p><p>On dit aussi, Morte la <i>bête,</i> mort le venin ; pour dire, que ceux qui sont morts ne font plus de mal, ou qu'on ne garde point sa colère contre les morts. On dit aussi dans une grande solitude ou obscurité, On n'y voyoit ni <i>bêtes</i> ni gens. On dit en Normandie, Haro sur toi &amp; sur ta <i>bête,</i> pour une formule dont on se sert pour arrêter quelqu'un prisonnier. On dit aussi, que quand Jean <i>bête</i> est mort il a bien laissé des héritiers ; pour dire ; qu'il y a encore bien des sots au monde. On dit d'un logis où il y a plusieurs locataires, que c'est l'Arche de Noé, il y a toutes sortes de <i>bêtes.</i> On appelle <i>bête épaulée,</i> une fille qu'on marie qui n'a pas bien conservé son honneur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4868" id="10" type="grand art">
   <index type="head" value="BÊTE" />
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    <head>BÊTE</head>
    <p>
    Bête venimeuse des sages , en termes du grand Art , signifie la pierre Philosophale, lorsqu'elle est sublimée. On l'appelle aussi <i>serpent.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BÊTE-BIR" />
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    <head>BÊTE-BIR</head>
    <p>
    BÊTE-BIR . Sorte de mauvaise poire, qui se mange au mois de Mars. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4870" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETEL" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BETEL</head>
    <p>
    BETEL , ou BETLE, s. m. Dans l'Ambassade des Hollandois à la Chine, P. II. Ch. XIII. p. 85. on l'appelle <i>Betelle,</i> ou <i>Betre,</i> &amp; l'on dit que quelques-uns soutiennent que c'est le <i>Malabathrum</i> des Indes, nommé par d'autres <i>Syri-boa,</i> &amp; <i>Tembal,</i> &amp; <i>Pam.</i> Le Traducteur de la <i>Relation du Tunquin</i> du P. Marini l'appelle <i>Betlé,</i> &amp; en Tunkin <i>Blau.</i> Voyez ce qu'il en dit p. 92.</p><p>C'est une plante qui s'attache aux arbres &amp; qui y monte, comme le lierre : ses feuilles sont semblables à celles du citronier, &amp; d'un goût amer ; elles ont des nerfs suivant leur longueur, de même que le plantin. Lorsqu'elles sont mûres, elles doivent être de couleur rouge pour être bonnes. Le <i>betel</i> porte dans les Isles Moluques un fruit entortillé, qui ressemble à la queue d'un lezard ou d'un rat, que les Indiens appellent, <i>Siru boa</i> ; ils l'estiment beaucoup plus que la feuille, parce qu'il est plus rare. Il croît dans tous les lieux maritimes de l'Inde. Il croît fort bien aussi aux parties méridionales de la Chine, mais cependant moins bien qu'au Pays de Decan, de Guzarate, de Canan, de Bisnagar, &amp; autres des Indes plus tempérés ; car il ne se plaît pas dans les pays trop froids, comme dans la Chine Septentrionale, ni dans les pays trop chauds, comme le Mozambique &amp; Sofala. <i>Ambass. de Holl. à la Chine.</i> Voyez là-même sa Description, &amp;c. <i>P. II. p.</i> 86. Voyez aussi l'<i>Ambass. du Japon,</i> I. p. 29. Il est bien différent du <i>Malabathrum,</i> ou feuille d'Inde, avec laquelle les anciens Botanistes l'ont confondu.</p><p>Les Indiens mangent du <i>betel,</i> le matin, l'après-midi, le soir, &amp; même la nuit ; &amp; ils en portent toujours entre leurs mains ; mais comme il est amer ils le mêlent avec l'<i>Aréca</i> &amp; un peu de chaux, pour diminuer cette amertume ; &amp; de cette manière ils le trouvent d'un goût très-agréable ; il y en a qui ajoûtent du bois d'Aloës, de l'ambre &amp; du musc. Le <i>betel</i> est bon pour affermir les gencives, pour fortifier le coeur &amp; l'estomac, pour dissiper les vents, &amp; sur-tout pour empêcher la puanteur de la bouche, à quoi les Indiens sont fort sujets. C'est pourquoi ils en portent toujours avec eux, &amp; se le présentent par cérémonie. Cependant il noircit les dents, &amp; si on en abuse il les ronge, &amp; les fait tomber.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4871" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÊTEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BÊTEMENT</head>
    <p>
    &#9758; BÊTEMENT , adv. En bête, lourdement. Un mouton qui va sur la foi d'autrui, est celui qui fait <i>bêtement</i> ce qu'il voit faire aux autres. <i>Notes sur les Fables de la Font.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4872" id="1" type="grammaire hebraique">
   <index type="head" value="BETH" />
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    <head>BETH</head>
    <p>
    BETH , s. m. Terme de Grammaire Hébraïque . <i>Beth,</i> ou <i>betha.</i> C'est le nom de la seconde lettre de l'alphabet Hébraïque, qui est la même que le des Grecs, &amp; potre <i>B.</i> La forme de cette lettre dans l'Hébreu quarré est . Le <i>beth,</i> est une lettre servile, ou une préposition qui répond à l'<i>in</i> des Latins. Ce que dit Zuingle sur cette lettre est singulier ; car, si nous l'en croyons, ce n'est point ici (Exod. VI. 3.) une préposition, c'est un article. Un <i>beth,</i> article, n'est pas l'invention d'une érudition bien profonde ; &amp; quiconque entend ainsi l'Hébreu, peut sans doute voir dans le texte original de la parole de Dieu bien des choses qui n'y furent jamais. P. Souc. <i>Dissert. p.</i> 303. Le <i>beth</i> est aussi en Hébreu une lettre numérale, qui signifie deux ; &amp; deux mille, quand il est devant un nombre de cent.</p><p>Ce nom vient du mot Hébreu , <i>baith,</i> qui signifie <i>maison,</i> parce que cette lettre, dit-on, en a la forme. Il faudroit donc prononcer <i>baith,</i> qui est la forme absolue de ce nom, &amp; non pas <i>beth,</i> qui est la forme construite ; mais l'usage en a autrement décidé, &amp; l'on dit toujours <i>beth.</i> De ce mot s'est formé en Grec le nom du , <i>betha,</i> ou <i>vita.</i> C'est la forme Syriaque &amp; Chaldaïque du nom de cette lettre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4873" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTHA" />
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    <head>BÉTHA</head>
    <p>
    BÉTHA , s. m. C'est le nom de la seconde lettre des Grecs, que quelques-uns prononcent <i>Vita,</i> comme font les Grecs depuis plusieurs siècles. Voyez <ref type="search" target="head:Beth">Beth</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4874" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTHANIE" />
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    <head>BÉTHANIE</head>
    <p>
    BÉTHANIE , s. f. <i>Bethania.</i> Bourg &amp; Château de la Tribu de <i>Benjamin,</i> aux environs de Jérusalem au Levant, au pied du mont des Olives. C'est à <i>Béthanie</i> que J. C. ressuscita le Lazare. Or <i>Béthanie</i> étoit environ à 15. stades de Jérusalem. Bouh. <i>Jean</i> XI. 18. selon M. Dacier c'est à trois quarts de lieues. Selon la Guilletière ce n'est qu'un peu plus d'une demi lieue. Il y avoit encore une <i>Béthanie</i> au-delà du Jourdain. On l'appelloit autrement Béthabara. Beze, Drusius, Casaubon, Scultet, Light-foot &amp; Grotius veulent même qu'il y ait une faute dans la Vulgate, &amp; qu'on lise <i>Bethabara,</i> au lieu de <i>Bethania.</i> Mais tous les anciens manuscrits, la version Syriaque &amp; l'Arabe, saint Epiphane, ont dit <i>Béthanie,</i> &amp; non pas Béthabara, &amp; il n'est pas rare de trouver dans l'Ecriture deux lieux de même nom. Ces choses se passerent à <i>Béthanie,</i> au-delà du Jourdain, où Jean baptisoit. Bouhours, <i>Jean</i> 1. 28.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4875" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTHEL" />
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    <head>BÉTHEL</head>
    <p>
    BÉTHEL , s. m. <i>Béthel, Luza.</i> C'étoit anciennement une Ville de la Terre-Sainte dans la Tribu de Benjamin, environ à six lieues de Jérusalem vers l'Orient Septentrional. Son premier nom étoit Luz. La vision que le Patriarche Jacob eut auprès de cette Ville, d'une échelle qui touchoit au Ciel, &amp;c. la lui fit appeller <i>Béthel ;</i> c'est-à-dire, <i>Maison de Dieu,</i> de , <i>Beth, maison,</i> &amp; , <i>El, Dieu,</i> Suidas ne traduit pas assez bien quand il traduit Temple divin . Hésychius a mieux dit . Depuis que Jéroboam y eut éleve un taureau d'or, elle fut appellé Bethaven, c'est-à-dire, <i>Maison d'iniquité.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4876" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHLÉEM" />
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    <head>BETHLÉEM</head>
    <p>
    BETHLÉEM , s. f. <i>Bethlehem.</i> Petite Ville de la Terre-Sainte dans la Tribu de Juda, à deux lieues de Jérusalem au Sud-Est, célèbre par la naissance du Fils de Dieu, ainsi qu'il avoit été promis dans le Prophète Michée, ch. V. v. 2. Les anciens Traducteurs de l'Ecriture, comme ceux de Genève &amp; de Louvain, écrivoient <i>Bethléhem,</i> ce qui est plus conforme à l'étymologie de ce nom, qui a une aspiration très-forte à la troisième syllabe : il vient de , <i>beth,</i> maison, &amp; de , <i>lehhem,</i> pain ; mais nos Traducteurs récens, &amp; presque tous nos Auteurs aujourd'hui, ôtent l'<i>h,</i> &amp; écrivent <i>Bethléem,</i> comme on prononce. Jesus étant donc né à <i>Bethléem</i> de Juda. Bouh. Et vous <i>Bethléem</i> terre de Juda, vous n'êtes pas la dernière parmi les principales Villes de Juda. Port-R. On croit que cette Ville fut ainsi nommée parce qu'elle étoit dans un pays fertile en blé. <i>Bethléem</i> fut érigée en Evêché en 1110.</p><p>Il y avoit encore un autre <i>Bethléem</i> au Nord de la Terre-Sainte, que le P. Lubin croit être Béthulie, que Josué XIX. 15. place dans la Tribu de Zabulon. C'est pour distinguer de celle-ci celle dont nous avons parlé d'abord, que l'Ecriture l'appelle <i>Bethléem de Juda.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4877" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHLÉÉMITE" />
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    <head>BETHLÉÉMITE</head>
    <p>
    BETHLÉÉMITE , ou BETHLEHÉMITE, s. m. Qui est de Bethléem. <i>Bethléhémites.</i> Les anciens Traducteurs ne font point difficulté de se servir de ce mot. Emplis ton cornet d'huile, &amp; viens que je t'envoie à Isay <i>Bethléhémite.</i> Louv. Ainsi en ont usé Olivétan, &amp; les autres Traducteurs de Genève, Chasteillon, &amp;c. Mais Jacques le Fèvre d'Etaples, &amp; tout récemment M. de Saci, ont évité ce mot ; ils disent toujours l'un &amp; l'autre, qui est de Bethléem, ou de Bethléhem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4878" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHLÉMITES" />
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    <head>BETHLÉMITES</head>
    <p>
    BETHLÉMITES , s. m. Sorte de Moines qui se sont établis d'abord à Cambridge, Ville d'Angleterre, en 1257. <i>Bethlemitae.</i> Ils étoient vêtus comme les Dominicans, &amp; portoient une étoile rouge sur leur poitrine, de la figure d'une Comète, en mémoire de l'étoile qui parut à la naissance de Jesus-Christ.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4879" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHPHAGÉ" />
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    <head>BETHPHAGÉ</head>
    <p>
    BETHPHAGÉ , s. <i>Bethphage.</i> Bourgade de la Terre-Sainte assez près de Jérusalem à côté du mont Olivet. Ce fut là que le Fils de Dieu commença son entrée triomphante à Jérusalem six jours avant sa passion. Etant près de <i>Bethphagé</i> &amp; de Béthanie vers la montagne qu'on nomme des Oliviers. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4880" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHPHÉGOR" />
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    <head>BETHPHÉGOR</head>
    <p>
    BETHPHÉGOR , subst. m. Nom de lieu, qui signifie en Hébreu, maison, c'est-à-dire ; Temple de Phégor. Voyez Béelphégor ; &amp; si vous voulez, <i>Voss. De Idol. L. II. cap.</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4881" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHSAÏDE" />
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    <head>BETHSAÏDE</head>
    <p>
    BETHSAÏDE , s. f. <i>Bethsaïda.</i> Ville de Galilée dans la Décapole, sur le bord de la mer de Tibériade, dans la Tribu de Zabulon. Philippe étoit de la Ville de <i>Bethsaïde,</i> d'où étoient aussi André &amp; Pierre. Bouh. <i>Jean</i> 1. 44. Dans la suite elle fut appellée Juliade, <i>Julias.</i> Le P. Lubin. <i>Bethsaïde</i> signifie maison de chasse, ou maison de victuailles, d'alimens. Il est formé de , <i>beth,</i> maison ; &amp; , <i>tsaida,</i> chasse, ou généralement chose bonne à manger, aliment.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4882" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHSAMES" />
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    <head>BETHSAMES</head>
    <p>
    BETHSAMES , s. f. <i>Bethsames.</i> C'est un nom Hébreu, qui signifie maison du ministère, ou maison du soleil. Il est composé de , <i>maison,</i> &amp; , <i>soleil.</i> La prononciation Hébraïque, que les Protestans conservent dans leurs Versions malgré l'usage, est <i>Bethschemesch, Bethscemes,</i> ou <i>Bethsemes.</i> C'étoit une Ville Sacerdotale de la Tribu de Juda, Jos. XV. 10. &amp; ensuite Ville Lévitique, Jos. XXI. 16. C'est à <i>Bethsames</i> que les vaches des Philistins ramenerent l'Arche. I. Liv. des Rois V I. 12. Les vaches ayant commencé d'aller, marcherent tout droit par le chemin qui mene à <i>Bethsames,</i> &amp; avançoient toujours d'un même pas en meuglant, sans se détourner ni à droit, ni à gauche. Saci.</p><p>Il y avoit encore deux autres <i>Bethsames.</i> L'une dans là Tribu de Nephtali, Jos. XIX. 38. &amp; l'autre dans la Tribu d'Issachar au pied du mont Carmel.</p><p>Il est évident que c'étoient les Phéniciens qui avoient donné ce nom à ces Villes, puisque la seconde dont nous avons parlé n'étoit point aux Israëlites, qui n'avoient pû la prendre. Liv. des Jug. I. 33. De-là il s'ensuit bien clairement, 1°. Que la langue Phénicienne étoit la même que la langue Hébraïque ; 2°. Qu'apparemment ils nommerent ainsi ces Villes, parce qu'ils y adoroient le soleil.</p><p>Quelques-uns appellent aussi <i>Bethsames,</i> ou <i>Bethsemes,</i> l'Héliopolis d'Egypte. Voyez <ref type="search" target="head:Maty">Maty</ref>. Il est vrai que <i>Bethsemes</i> en Hébreu &amp; <i>Heliopolis</i> en Grec signifient la même chose, <i>Ville du Soleil</i> ; mais l'usage n'est point de dire en François <i>Bethsames</i> pour Heliopolis, ni Heliopolis pour <i>Bethsames.</i> Le dernier se pourroit souffrir en Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4883" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETHSAMITES" />
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    <head>BETHSAMITES</head>
    <p>
    BETHSAMITES , s. m. &amp; f. <i>Bethsamites, Bethsamita.</i> Habitant de Bethsames, qui est de Bethsames. Les <i>Bethsamites</i> scioient alors leur blé dans une vallée. Le Chariot vint se rendre dans le Champ de Josué <i>Bethsamite,</i> &amp; s'arrêta là. Saci. Cinquante mille <i>Bethsamites</i> d'entre le peuple, &amp; septante de leurs Chefs moururent subitement, pour avoir regardé l'Arche à découvert avec une curiosité peu respectueuse. God.</p><p>Il y a plusieurs Interprètes qui prétendent que Dieu n'en fit mourir que soixante &amp; dix. C'est un sentiment commun parmi les Rabbins, qui expliquent différemment cet endroit de l'Ecriture. Le Targum ou Paraphrase Chaldaïque de Jonathan dit que Dieu frappa septante <i>Bethsamites,</i> &amp; 50000. hommes de tout le peuple qui s'étoit assemblé là. D'autres anciens Rabbins disent que Dieu ne fit mourir que 70. hommes, mais qui en valoient 50000. parce que c'étoient les principaux du peuple ; ou bien qu'il fit mourir 50000. hommes, dont chacun en valoit 70. ou valoit autant que les septante Conseillers du Sanedrin. Abarbanel trouve ces explications trop tirées ; il croit que ces 50070. sont tous ceux qui moururent à cause de l'Arche, tant Philistins, que <i>Bethsamites,</i> &amp; qu'il n'y en eut que septante de ces derniers, de sorte que c'est comme si l'Ecriture disoit, Dieu fit mourir septante <i>Bethsamites,</i> ce qui joint aux Philistins, qui étoient aussi morts à cause de l'Arche, fait en tout 50070. Cette interprétation est ingénieuse, &amp; vient bien au texte Hébreu, &amp; même aux anciennes Versions.</p><p>Des Auteurs Chrétiens l'expliquent encore autrement. Quelques-uns disent que le sens est : de 50000. qui étoient là assemblés, ou de 50000. Habitans de <i>Bethsames,</i> Dieu en frappa de mort septante. Tirin, Sanctius, Serrarius, Mariana, Mendoza, croient qu'on peut l'entendre en cette manière. Bochart veut qu'on le prenne ainsi : Dieu fit mourir septante <i>Bethsamites,</i> cinquante de mille, c'est-à-dire, la vingtième partie des coupables. De toutes ces explications c'est la moins bonne. Au reste ; un grand nombre d'autres Auteurs veulent qu'il y eut effectivement cinquante mille septante <i>Bethsamites,</i> à qui leur curiosité coûta la vie. Tel est le sentiment entre autres de S. Grégoire, de Théodoret, de Denys le Chartreux, Mendoza, Calvin, Junius, Corn. à Lapide, Serarius.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4884" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTHULIE" />
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    <head>BÉTHULIE</head>
    <p>
    BÉTHULIE , s. f. <i>Bethulia.</i> Ville de la Terre-Sainte dans la Tribu de Zabulon, &amp; non pas dans celle de Simeon, comme quelques-uns l'ont cru. Elle étoit sur une montagne, &amp; elle est fameuse par l'action hardie de Judith, la mort d'Holoferne &amp; la défaite des Assyriens qui assiégeoient cette Ville.</p><p>Il y a eu aussi la <i>Béthulie</i> des Francs, qui étoit une forteresse que les Chrétiens firent bâtir sur le sommet d'une montagne, ou plutôt d'un rocher, &amp; que les Arabes appellent <i>Bethliel Franki.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4885" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTHUNE" />
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    <head>BÉTHUNE</head>
    <p>
    BÉTHUNE , ou BÉTUNE, subst. fém. <i>Bethunia.</i> Ville des Pays-Bas dans l'Artois sur la Biette. C'est aussi le nom d'une rivière de Normandie dans le Pays de Caux. <i>Bethunia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4886" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTILLE" />
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    <head>BÉTILLE</head>
    <p>
    BÉTILLE , s. f. Sorte de toile. C'est une espèce de mousseline. <i>Lineae telae genus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4887" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÊTISE" />
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    <head>BÊTISE</head>
    <p>
    BÊTISE , s. f. Sotise, stupidité. <i>Stoliditas, stupor.</i> La <i>bêtise</i> de ce valet n'est pas concevable. Cet homme a fait une grande <i>bêtise</i> de se marier à une femme publique. Le silence est quelquefois un signe de jugement, &amp; quelquefois de <i>bêtise.</i> S. Evr. Etre toujours dans l'admiration, est une marque de <i>bêtise,</i> ou d'une affectation qui approche de la flatterie. Bell. C'est fierté ou <i>bêtise</i> que de ne point approuver ce qui mérite de l'approbation. Id. La bonne foi n'est plus que foiblesse ou <i>bêtise.</i> S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4888" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTOINE" />
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    <head>BÉTOINE</head>
    <p>
    BÉTOINE , s. f. <i>Betonica.</i> Plante vivace à fleurs en gueule. Sa racine est grosse comme le doigt, &amp; garnie de plusieurs fibres longues &amp; chevelues. Les feuilles qui en partent sont oblongues, bosselées, velues, &amp; portées sur des queues longues d'un pouce ou deux. Ses tiges sont quarrées, rarement branchues, hautes d'un pied &amp; demi, chargées par intervalle de quelques feuilles opposées, plus <pb n="598" facs="bpt6k8542165/f638/full/1200,/0/native.jpg"/>allongées que celles du bas, &amp; plus étroites. Ces tiges se terminent par un épi de fleurs purpurines assez pressées, dont chacune est un tuyau découpé par devant en deux lèvres. La supérieure est relevée, pliée en gouttière, &amp; échancrée ; &amp; l'inférieure est divisée en trois parties ; le calice est un cornet verdâtre, au fond duquel sont contenues quatre petites semences oblongues. La <i>Bétoine</i> est céphalique. Antonius Musa, Médecin de l'Empereur Auguste, en a recueilli les vertus dans un Traité particulier qu'il nous a laissé. On a tant attribué de bonnes qualités à la <i>Bétoine,</i> que les Italiens disent en proverbe d'une personne qu'on veut louer beaucoup, qu'il a autant &amp; plus de mérite que la <i>Bétoine. Tu hai piu virtu che non há la Betonica.</i></p><p><i>Betonica</i> vient de <i>Vetones</i> peuples d'Espagne, qui ont les premiers employé cette plante ; on croit que ce sont les Béarnois. Pline dit que cette herbe s'appelloit <i>Vettonica</i> dans la Gaule, en Italie, <i>Serratula</i> ; &amp; en Grèce <i>Castron</i> &amp; <i>Psycotrophon,</i> &amp; que les Gaulois l'avoient appellée <i>Vettonica à Vetonibus.</i></p><p>On prend la poudre de <i>Bétoine</i> en guise de tabac. Elle est acre &amp; amère ; elle attenue, elle ouvre, elle absterge. Sur-tout on l'estime dans les maladies du cerveau, du foie, de la rate, &amp;c. Elle est aussi diurétique &amp; vulnéraire. Il y a des Médecins qui s'en servent avec succès dans la goutte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4889" id="1" type="">
   <index type="head" value="BÉTON" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BÉTON</head>
    <p>
    BÉTON , s. m. Sorte de mortier qu'on jette dans les fondemens, &amp; qui se durcit extrêmement. <i>Signini operis structura.</i> Le <i>béton</i> se pétrifie dans la terre, &amp; devient dur comme un roc. Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4890" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BETRE" />
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    <head>BETRE</head>
    <p>
    BETRE , s. f. Terme de Botanique . Quelques-uns donnent ce nom au bétel, dont il est parlé ci-devant : d'autres le donnent à une autre plante, qu'ils appellent poivre long du Brésil. C'est un arbrisseau haut de quatre ou cinq pieds : sa tige est droite, noueuse, de la grosseur du doigt, d'un verd pâle, &amp; marquetée de petits points blancs. Dans sa partie supérieure à l'endroit de quelques noeuds elle jette des branches qui sont aussi noueuses &amp; de la même couleur. Il sort à chacun de ces noeuds une feuille longue de cinq ou six travers de doigt, &amp; de la figure de la langue, d'un verd pâle, tirant sur le jaune, &amp; de l'épaisseur des feuilles de laurier. Il y a aussi à chacun de ces noeuds un chaton long d'un ou deux doigts, &amp; gros comme une plume de cigne. Sa semence est oblongue, noirâtre, &amp; d'une odeur forte comme le gingembre, mais insipide, &amp; de nul usage : elle a la forme de poivre long. Le bois de la tige est spongieux. Sa racine a quelque chose d'aromatique : elle a le goût, la couleur &amp; l'odeur du gingembre, sur-tout quand elle est récente. On s'en sert pour appaiser les douleurs, pour dissiper les vents, &amp; les tumeurs des pieds qui viennent par le froid. Voyez Marcgrave, de qui tout ceci est tiré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4891" id="1" type="">
   <index type="head" value="BETTE" />
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    <head>BETTE</head>
    <p>
    BETTE , ou POIRÉE, s. f. est une plante fort commune. <i>Beta.</i> Il y en a de blanche, de rouge, de jaune, &amp; de plusieurs autres sortes. La blanche a ses feuilles, qui sont d'un verd pâle. La rouge a ses feuilles fort rouges, tantôt plus, &amp; tantôt moins. Et la jaune les a d'un verd jaune. Pour les plantes à longues racines, savoir, les artichauts, betteraves, scorsonnères, panais, &amp;c. il faut qu'au dessous de la superficie de la terre, qui paroît bonne, il y ait trois pieds de terre semblable à celle de dessus. La Quint. Voyez <ref type="search" target="head:Poirée">Poirée</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4892" id="1" type="">
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    <head>BETTERAVE</head>
    <p>
    BETTERAVE , s. f. est une espèce de bette, ou de <i>poirée,</i> ainsi appellée, parce que sa racine est fort grosse, &amp; qu'elle ressemble à celle de la rave. Elle est de couleur de sang par dehors &amp; par dedans. <i>Beta-rubra.</i> On la fait cuire, on la coupe par tranches, &amp; on en mange dans la salade pendant l'hiver. Les Cuisiniers les coupent diversement, &amp; les mettent autour des plats pour orner leurs mets. Les <i>betteraves</i> sont plantes annuelles qui ne viennent que de graines ; on les sème au mois de Mars, soit en plein champ, soit en bordures, &amp; il les faut semer clair ; au moins si elles ont levé trop drues, il les faut éclaircir beaucoup, autrement elles ne viennent pas belles. Les meilleures <i>betteraves</i> sont celles qui ont la chair la plus rouge ; leur fane est pareillement fort rouge : elles ne sont bonnes à prendre qu'à la fin d'automne, &amp; tout l'hiver. Pour en avoir de la graine on en replante au mois de Mars quelques-unes de celles de l'année précédente qu'on avoit gardées de la gelée. La graine s'en recueille au mois d'Août &amp; de Septembre. La Quint. P. VI. p. 373. Ces graines sont grosses comme des pois médiocres, rondes, mais toutes graveleuses dans leur rondeur, jaunâtres, &amp; si semblables à celles de la poirée, qu'on ne les sauroit guère distinguer les unes d'avec les autres. La Quint. P. VI. p. 279. Voyez <ref type="search" target="head:Poirée">Poirée</ref>.</p><p><i>Un nez de betterave,</i> se dit figurément &amp; dans le style burlesque pour un nez rouge, dont la rougeur est, dans celui qui le porte, la marque d'un biberon, d'un homme qui aime le vin. <i>Rubicundus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4893" id="1" type="">
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    <head>BETTERAVE</head>
    <p>
    BETTERAVE . Sorte de mauvaise poire, qui est du mois d'Août. La Quint.</p><p>Il y a aussi une espèce de Pêche qu'on nomme <i>Betterave,</i> ou <i>Pêche-betterave.</i> Les <i>Pêches-betteraves</i> ont la chair grossière. La Quint. <i>P. III. c.</i> 12. Je condamne la <i>betterave,</i> à moins qu'on ne veuille quelques-unes des <i>betteraves</i> pour la compote, à quoi elles sont admirables. Id. <i>c.</i> 13. <i>p.</i> 424.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4894" id="1" type="">
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    <head>BETUNE</head>
    <p>
    &#9758; BETUNE , s. f. On appelle ainsi par derision à Paris un carrosse à un cheval, par allusion à <i>bête-une.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4895" id="1" type="">
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    <head>BETUSE</head>
    <p>
    &#9758; BETUSE , s. m. Tonneau ouvert sur le côté avecune fermeture à charnière, où les palefereniers conservent l'avoine. On en a pour charrier du poisson d'un étang à l'autre, quand on lève le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEVEAU</head>
    <p>
    BEVEAU , s. m. Instrument de Géométrie. Espèce de sauterelle, dont les deux règles, ou seulement une, est courbe en dehors, ou en dedans, &amp; dont on se sert pour transporter un angle mixtiligne d'un lieu dans un autre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉVERARIEN</head>
    <p>
    BÉVERARIEN , s. m. <i>Beverarius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BERSARIEN">BERSARIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4898" id="1" type="">
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    <head>BEUF</head>
    <p>
    BEUF . Voyez <ref type="search" target="head:BOEUF">BOEUF</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4899" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEUGLEMENT" />
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    <head>BEUGLEMENT</head>
    <p>
    BEUGLEMENT , s. m. Mugissement, cri du taureau, du boeuf, de la vache, <i>Boatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4900" id="1" type="">
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    <head>BEUGLER</head>
    <p>
    BEUGLER , v. neut. Mugir. <i>Boare.</i> Ménage dérive ce mot de <i>buculare,</i> qui a été formé de <i>bucula,</i> quoique Pasquier croie qu'il a été fait par onomatopée.</p><p>On dit figurément d'un homme qui a la voix forte, rude &amp; dissonante, qu'il <i>beugle</i> au lieu de chanter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4901" id="1" type="">
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    <head>BEUILLER</head>
    <p>
    &#9758; BEUILLER , v. act. Vieux mot, qui signifie regarder de près &amp; avec attention : de <i>beu</i> &amp; d'<i>euille,</i> c'est-à-dire, de <i>boeuf</i> &amp; d'<i>oeil,</i> comme qui diroit, regarder avec de gros yeux de boeuf, tels qu'Homère en donne à Junon. La Monnoye.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEURRE</head>
    <p>
    BEURRE , s. m. Substance grasse &amp; onctueuse, qui se fait du lait épaissi en le battant. <i>Butyrum.</i> Le lait a trois substances, le fromage, le <i>beurre,</i> &amp; le lait clair. On ne fait du <i>beurre</i> que du lait de vache, d'où il a pris son nom qui vient du Grec . Les Grec n'ont presque point connu le <i>beurre,</i> ou ne l'ont connu que fort tard. Homère, Théocrite, Euripide, &amp; tous les autres Poëtes, parlent souvent de lait &amp; de fromage, jamais de <i>beurre.</i> Aristote a ramassé plusieurs choses remarquables touchant le lait &amp; le fromage, dans son <i>Hist. des Anim.</i> Liv. III. c. 20. &amp; 21. Il n'a pas dit un mot du <i>beurre.</i> Pline dit, Liv. XVIII. c. 9. que le <i>beurre</i> étoit un mets délicieux chez les nations barbares, &amp; qui distinguoit les riches d'avec les pauvres.</p><p>Martin Schookius a fait un Traité du <i>beurre</i> si exact, qu'il n'y a aucune question qu'on puisse faire sur cette matière qui n'y soit décidée, <i>Schoockius de Butyro &amp; aversione casei.</i> Il commence par proposer tous les différens noms Hébreux, Grecs, Latins, &amp; Allemans, qu'on a donnés au <i>beurre,</i> &amp; il en recherche les étymologies avec beaucoup de soin. Il examine si le <i>beurre</i> étoit déja connu du temps d'Abraham, &amp; si ce fut de ce mets qu'il régala les trois pelerins qu'il retira chez lui. De là il vient aux Scythes, &amp; recherche de quelle manière ils faisoient le <i>beurre.</i> Il parle des diverses couleurs qu'on donne au <i>beurre,</i> &amp; de celle qu'il prend de lui-même. Il enseigne comment on peut lui rendre sa couleur naturelle, comment il faut le battre, &amp; le saler, &amp; donne des préceptes pour corriger tous les accidens qui y peuvent survenir. Il dit que sans l'industrie des Hollandois, il n'y auroit point de <i>beurre</i> dans les Indes, qu'en Espagne le <i>beurre</i> n'y est en usage que pour les ulcères, &amp; que le meilleur opiate pour avoir les dents belles, c'est de les frotter avec du <i>beurre.</i></p><p>On appelle par tout le monde les Hollandois <i>Botorboeren,</i> <pb n="599" facs="bpt6k8542165/f639/full/1200,/0/native.jpg"/>c'est-à-dire, <i>Paysan à beurre.</i> En France on dit <i>Mangeurs de beurre.</i></p><p>On trouve les Règlemens de Police sur les <i>beurres</i> dans le <i>Traité de la Police</i> de M. De la Mare, T. I. p. 124. &amp; Liv. IV. T. VII. p. 576. Dans l'Inde le <i>beurre</i> se fait dans le premier pot qui tombe sous la main. On fend un bâton en quatre, &amp; on l'étend à proportion du pot où est le lait : ensuite on tourne en divers sens ce bâton par le moyen d'une corde, qui y est attachée, &amp; au bout de quelque temps le <i>beurre</i> se trouve fait. Lettr. éd.</p><p>On a fait du <i>beurre</i> non-seulement de lait de vache, mais encore de lait de brebis &amp; de chèvre ; &amp; même de lait de cavale, &amp; d'ânesse. Voyez Bochart, <i>Hieroz.</i> P. I. Liv. II. c. 45. &amp; Vossius, <i>De Orig. &amp; prog. Idolol. L. III. c.</i> 64.</p><p>Les anciens Chrétiens d'Egypte, dit Clément Alexand. <i>Poedag. L. I. c.</i> 6. brûloient du <i>beurre</i> dans leurs lampes au lieu d'huile. Les Abyssins retiennent encore quelque chose de semblable au rapport de <i>Nicol. Godignus de Abassin. reb. Lib. I. c.</i> 23. car il dit qu'au lieu d'huile ils mettent de la graisse dans les lampes, qui brûlent devant l'Autel. Clement Alexand. y trouve du mystère. Vossius, qui parle du <i>beurre,</i> &amp; de ses bonnes &amp; mauvaises qualités, <i>De Idol. Lib. III. C.</i> 64. sur la fin, remarque que les Romains ne s'en servoient qu'en remède, &amp; n'en faisoient point un mets. En effet, Pline, Liv. XXVIII. Ch. 9. l'appelle un manger des nations barbares, dont les seuls riches se régaloient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4902" id="2" type="">
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    <head>BEURRE</head>
    <p>
    Beurre frais . <i>Recens coactum.</i> Est celui qui est battu depuis peu. <i>Beurre salé. Salum.</i> Celui qu'on garde par le moyen du sel. <i>Beurre fort. Acre.</i> Celui qui est gâté, &amp; qui prend au gosier. <i>Beurre refait. Denuò subactum.</i> Celui qui est relavé, &amp; repaîtri de nouveau. <i>Beurre noir.</i> C'est du <i>beurre</i> fondu qui a quelque-temps bouilli dans la poële.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEURRE</head>
    <p>
    Pot a beurre , Un pot de grès rond &amp; haut, où on met du <i>beurre salé</i> pour le conserver : &amp; on dit des formes de chapeau, quand elles sont trop hautes, que ce sont des <i>pots à beurre.</i></p><p>Il y avoit aussi ci-devant dans les Eglises un tronc pour le <i>beurre,</i> pour la permission qu'on donnoit d'en manger le Carême. A Nôtre-Dame il y a la tour de <i>beurre.</i> Il y a aussi à la Cathédrale de Rouen une tour appellée la tour de <i>beurre,</i> parce que George d'Amboise, Archevêque de Rouen en 1500. voyant que l'huile manquoit dans son diocèse pendant le Carême, permit l'usage du <i>beurre,</i> à condition que chaque diocèsain payeroit six deniers tournois ; &amp; de la somme qu'on amassa, on en bâtit cette tour. Il y en a encore une fort belle à la Cathédrale de Bourges, qui porte le même nom. Il me semble que M. Cathérinot dit quelque part que c'est parce que pour la bâtir on mit un droit sur tout le <i>beurre</i> qui entroit dans la ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4902" id="4" type="">
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    <head>BEURRE</head>
    <p>
    Beurre , se dit de plusieurs préparations de Chymie. Il y a <i>beurre</i> d'antimoine, <i>beurre</i> d'arsenic, <i>beurre</i> de cire, <i>beurre</i> de Saturne, &amp;c.</p><p>On dit proverbialement, Promettre plus de <i>beurre</i> que de pain ; pour dire, Amuser une personne par plusieurs belles promesses. On dit aussi, en voyant des contusions qui rendent les parties proche des yeux livides, que ce sont des yeux pochés au <i>beurre</i> noir. On dit aussi d'une personne, qu'on lui a ôté son bon <i>beurre,</i> quand on lui a ôté quelque chose, quelque liqueur qu'elle estimoit beaucoup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4903" id="1" type="">
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    <head>BEURRÉ, ÉE</head>
    <p>
    BEURRÉ, ÉE , adj. Qui ressemble en quelque sorte à du beurre. <i>Pinguis.</i> Il se dit de la chair de quelques fruits. En fait de poires crues, j'aime en premier lieu celles qui ont la chair <i>beurrée.</i> La Quintinie. La poire de bon Chrétien d'hiver n'est pas <i>beurrée.</i> Id. La maturité de la plupart des fruits <i>beurrés</i> passe comme des éclairs, elle n'est pas sitôt arrivée qu'elle mollit, &amp; dégenère en pourriture. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4904" id="1" type="">
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    <head>BEURRÉ</head>
    <p>
    BEURRÉ , s. m. Sorte de poire qui mûrit en Septembre &amp; en Octobre. <i>Pirum butyraceum.</i> On l'appelle aussi poire de <i>beurrée.</i> En fait de poires crues, j'aime celles qui ont la chair <i>beurrée,</i> ou tout au moins tendre &amp; délicate avec une eau douce, sucrée &amp; de bon goût, &amp; sur-tout quand il s'y rencontre un peu de parfum ; telles sont les poires de bergamotes, de vertelongue, de <i>beurré,</i> &amp;c. Quint. Ainsi écrit La Quintinie ; mais on dit communément poires de <i>beurrée</i> ; car quand on met le mot <i>poire</i> devant, on dit toujours <i>beurrée,</i> &amp; non pas <i>beurré</i> ; mais quand on ne met point le mot <i>poire</i> devant, on dit <i>beurré.</i> Le <i>beurré,</i> de bon <i>beurré.</i> Du <i>beurré</i> gris. Et l'on dit <i>beurré,</i> même au pluriel, &amp; non pas <i>beurrés.</i> Au mois d'Octobre il y a abondance de poires très-exquises, les <i>beurré gris,</i> les bergamottes, &amp;c. La Quint. Tant le <i>beurré</i> rouge, autrement l'angloise, ou l'isambert des Normands, que le <i>beurré</i> gris, &amp; le <i>beurré</i> verd, ne sont qu'une même chose, si bien que souvent il s'en trouve de toutes ces façons sur un même arbre ; ces différences n'ont d'autre fondement que la différence de l'exposition, ou de la vigueur de l'arbre, ou de la branche sur laquelle le fruit est venu. La Quint. Aucune poire ne dispute au <i>beurré</i> en abondance d'eau, ni même en chair fine &amp; délicate, &amp; en goût relevé. Elle est grosse, d'une belle figure d'un beau coloris ; tous les ans &amp; en toutes sortes de terreins elle charge à rompre, elle réussit également sur le franc &amp; sur le coignassier. Elle est un peu sujette à être pâteuse, insipide, &amp; farineuse. Id. Le <i>beurré</i> a un peu d'acre dans son eau. Id. C'est une poire de la mi-Septembre, &amp; du commencement d'Octobre.</p><p>Il y a un <i>beurré</i> blanc, qui s'appelle <i>beurré blanc d'Automne</i> ; Un <i>beurré</i> doré ; un <i>beurré d'Angleterre,</i> autrement poire d'Angleterre, qui est plus longue que ronde, ressemblant par sa figure &amp; sa grosseur à une belle vertelongue, mais non pas par son coloris ; la peau en est unie, grise, verdatre, chargée de piquures rousses, la chair fort tendre &amp; beurrée, bien de l'eau qui est agréable. Sa chair est d'ordinaire farineuse : elle mollit aisément, &amp; même sur l'arbre. Elle vient en Eté. La Quint.</p><p>Ce nom a été donné à ces poires, à cause qu'elles fondent dans la bouche comme du <i>beurre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4905" id="1" type="">
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    <head>BEURRÉE</head>
    <p>
    BEURRÉE , s. f. Enduit, ou couche de <i>beurre</i> sur du pain. <i>Panis butyro illitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4906" id="1" type="">
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    <head>BEURRER</head>
    <p>
    BEURRER , v. act. C'est étendre du beurre sur quelque chose. <i>Butyro illinere. Beurrer</i> du pain. Le pain est suffisamment <i>beurré.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4906" id="2" type="patissier">
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    <head>BEURRER</head>
    <p>
    Beurrer , en termes de Pâtissier , c'est faire tremper dans du beurre. <i>Butyro condire. Beurrer</i> des choux. <i>Beurrer</i> un <i>poupelin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4907" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEURRIER, IÈRE" />
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    <head>BEURRIER, IÈRE</head>
    <p>
    BEURRIER, IÈRE , s. m. &amp; f. Marchand &amp; marchande de beurre, qui se dit particulièrement d'une femme qui vend le beurre en détail. <i>Qui, quae Butyrum vendit.</i> Et on dit des méchans livres, qu'ils vont à la <i>beurriere,</i> parce qu'elles ont besoin de méchant papier pour envelopper leur beurre. Les Règlemens de Police pour les <i>beurriers</i> &amp; <i>beurrières,</i> sont rapportés par M. De la Mare, <i>Traité de la Police, Liv. I. T. VIII. Ch.</i> 3.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4907" id="2" type="">
   <index type="head" value="BEURRIER, IÈRE" />
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    <head>BEURRIER, IÈRE</head>
    <p>
    Poire de la beurrière . Voyez Bergamotte d'Eté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4908" id="1" type="">
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    <head>BEUVANT</head>
    <p>
    BEUVANT . Voyez <ref type="search" target="head:BUVANT">BUVANT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4909" id="1" type="">
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    <head>BEUVE</head>
    <p>
    BEUVE , s. f. Nom propre de femme. <i>Bova.</i> Sainte <i>Beuve,</i> ou sainte <i>Bove,</i> que plusieurs étrangers appellent sainte Bonne par corruption, tiroit son origine d'une race si illustre qu'on la croyoit du sang royal, &amp; parente de Dagobert. Baillet. Elle fut élue en 639. première Abbesse du Monastère de S. Pierre bâti par Baudry son frère. Au reste, il faut dire <i>Beuve,</i> &amp; non pas <i>Bove,</i> avec M. Baillet ; c'est l'usage. Il y a des familles de ce nom, &amp; l'on ne dit pas M. de Sainte <i>Bove</i> a fait un Traité de la Confirmation, &amp; un de l'Extrême-Onction, ni M. de sainte <i>Bove</i> étoit un habile Casuiste ; mais M. de sainte <i>Beuve.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4910" id="1" type="">
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    <head>BÉVÛE</head>
    <p>
    BÉVÛE , s. f. Faute qu'on commet pour ne savoir pas bien les choses, &amp; quand on prend l'un pour l'autre. <i>Error, Erratum.</i> Ce Sergent a fait une <i>bévûe,</i> il a emprisonné une personne pour une autre. Cet Auteur a fait une <i>bévûe</i> en une telle citation, elle n'est pas de celui auquel il l'attribue. Les Clercs, les novices, dans les affaires sont sujets à se tromper &amp; à faire des <i>bévûes.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>bis veduta,</i> parce que les objets qu'on voit doubles sont connus imparfaitement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4910" id="2" type="imprimerie">
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    <head>BÉVÛE</head>
    <p>
    Bévûe , se dit particulièrement au jeu des échecs, quand on fait une faute grossière manque d'attention, ou quand on touche une pièce pour l'autre. Ce joueur est fort rigoureux, il ne pardonne aucune <i>bévûe.</i></p><p>En termes d'imprimerie , on appelle <i>bévûe,</i> la faute qu'on fait quand on tire des formes de diverses signatures l'une sur l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BEUVETTE</head>
    <p>
    BEUVETTE . Voyez <ref type="search" target="head:BUVETTE">BUVETTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4912" id="1" type="">
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    <head>BEUVETIER</head>
    <p>
    BEUVETIER . Voyez <ref type="search" target="head:BUVETIER">BUVETIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4913" id="1" type="">
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    <head>BEUVEUR</head>
    <p>
    BEUVEUR . Voyez <ref type="search" target="head:BUVEUR">BUVEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4914" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEUVON" />
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    <head>BEUVON</head>
    <p>
    BEUVON , s. m. Nom propre d'homme. <i>Bobo.</i> S. Bobon, <pb n="600" facs="bpt6k8542165/f640/full/1200,/0/native.jpg"/>que nous appellons communément S. <i>Beuvon,</i> &amp; les Italiens <i>Sam-Bovo,</i> nâquit en Provence dans le Château de Noguiers vers les commencemens du regne de l'Empereur Othon I. &amp; du Roi Louis d'Outremer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4915" id="1" type="">
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    <head>BEUVOTTER</head>
    <p>
    BEUVOTTER . Voyez <ref type="search" target="head:BUVOTTER">BUVOTTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4916" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEUVRIÈRE" />
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    <head>BEUVRIÈRE</head>
    <p>
    BEUVRIÈRE . Voyez MILAN DE LA BEUVRIÈRE. C'est une sorte de poires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4917" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEXUGO" />
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    <head>BEXUGO</head>
    <p>
    BEXUGO , <i>Clusii.</i> C'est une racine du Pérou sarmenteuse presque par tout, aussi grosse que le doigt ; les endroits les plus déliés ressemblent à la viorne. Elle purge à la dose d'une dragme. Les Indiens la préfèrent au Mechoacan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4918" id="1" type="relation">
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    <head>BEY</head>
    <p>
    BEY , s. m. Terme de Relation . Gouverneur des pays ou villes maritimes dans l'Empire Turc. Le <i>Bey</i> de Misitra. On appelle <i>Beyglière,</i> le vaisseau, ou la galère que monte le <i>Bey.</i></p><p>Ce nom, que les Turcs écrivent <i>Begh,</i> on <i>Bek,</i> ou <i>Beg,</i> comme écrit La Boulaye, &amp; qu'ils prononcent souvent <i>Bey,</i> d'où le mot François est venu, ce nom, dis-je, est un mot Turc, qui signifie proprement Seigneur ; mais on l'applique en particulier à un Seigneur de bannière, que l'on appelle aussi dans la même langue Sangiakbeghi, ou <i>Bey</i> Sangiak, qui signifie bannière, ou étendart chez les Turcs, &amp; la marque de celui qui commande dans un lieu considérable de quelque Province. Il est le Chef d'un certain nombre de Spahis ou Cavaliers entretenus d'une Province. Toutes les Provinces de l'Empire Turc sont divisées en plusieurs de ces Sangiaks, ou bannières, &amp; chacun de ceux qui en sont pourvus se qualifie de <i>Bey,</i> ou <i>Sangiakbeghi</i> ; &amp; le Gouverneur général auquel ils obéissent en chaque Province, porte le titre de Beghiler-Beghi, &amp; Beyler-bey, qui signifie <i>Seigneur des Seigneurs,</i> ou des <i>Beys</i> de toute la Province. Ces <i>Beys</i> sont à peu près ce qu'étoient autrefois en France les Chevaliers Bannerets. d'Herb. Voyez les <i>Voyages</i> de la Boulaye, p. 534.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4919" id="1" type="">
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    <head>BEYUPURA</head>
    <p>
    BEYUPURA , s. m. Poisson de la mer du Brésil, qui est fort gras, d'un bon goût &amp; sain. Il est long de six ou sept paumes. Il a le dos noir &amp; le ventre blanc, &amp; approche fort de l'éturgeon de Portugal. On le prend avec l'hameçon dans la pleine mer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4920" id="1" type="">
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    <head>BEZANT</head>
    <p>
    BEZANT . Voyez <ref type="search" target="head:BESANT">BESANT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4921" id="1" type="trictrac">
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    <head>BEZET</head>
    <p>
    BEZET , s. m. Terme de Trictrac , qui signifie deux as en dez. <i>Lusoriae tesserae monas gemina.</i></p><p>Ce mot vient de <i>bis</i>, &amp; <i>as</i>. On dit dans le même sens <i>ambesas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4922" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEZI" />
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    <head>BEZI</head>
    <p>
    BEZI . Voyez <ref type="search" target="head:BESI">BESI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4923" id="1" type="">
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    <head>BEZIER</head>
    <p>
    &#9758; BEZIER , s. m. Poirier sauvage qui porte beaucoup de fruit fort menu &amp; fort âpre. Les poires s'appellent <i>besies, bezialles.</i> On en peut faire un bon fruit en les cuisant, telles que sont les <i>Besies-d'Heri</i> &amp; de l'Echassiere. Voyez <ref type="search" target="head:BESI">BESI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4924" id="1" type="">
   <index type="head" value="BEZIERS" />
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    <head>BEZIERS</head>
    <p>
    BEZIERS , s. m. Ville Episcopale de France dans le Languedoc, sur une colline, autour de laquelle passe la rivière d'Orbe. Pline l'appelle <i>Bliterrae Septimanorum.</i> Ptolomée l'appelle , <i>Baetirae.</i> Casaubon a cru que c'étoit une faute, &amp; qu'il falloit une L, ; mais il s'est trompé. Julien de Tolède, Grégoire de Tours, l'Appendix de Frédégaire, la table de Peutinger &amp; Aethius disent <i>Beterras.</i> Holstenius dit que M. Peyresc lui avoit fait présent d'une médaille, sur laquelle on lisoit , qu'ainsi il faut dire <i>Baeterra,</i> , &amp; que par-tout où il y a <i>Bliterra</i> ou <i>Biterrae,</i> c'est une faute qui consiste en ce qu'on a pris un pour un , &amp; qu'au lieu de on a lû . D'autres soutiennent qu'on a dit l'un ou l'autre, <i>Bliterrae,</i> ou <i>Biterrae,</i> ou <i>Baeterrae.</i> Le plus ancien Evêque de <i>Beziers</i> que l'on connoisse, est S. Aphrodise, que l'on prétend avoir été disciple des Apôtres. <i>Beziers</i> a eu des Vicomtes. T. Corn. Maty. Hoffman donne à <i>Beziers</i> 23d, 50' de longitude, &amp; 42d, 42' de latitude. Voyez sur <i>Beziers</i> Catel <i>Hist. de Lang.</i> Liv. II. Ch. 3. p. 273. &amp; Liv. IV. p. 644. 645. Andoque, <i>Hist. de Lang.</i> p. 15. 36. 51.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4925" id="1" type="">
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    <head>BÉZOARD</head>
    <p>
    BÉZOARD , ou BEZOART. s. m. Plusieurs écrivent <i>Bézoar, Bézoars,</i> sans <i>d.</i> Pierre médicinale, qui est un excellent contrepoison. <i>Lapis Bezahar.</i> Elle se trouve dans le ventre d'un animal nommé <i>Pazan.</i> C'est une espèce de bouc, ou de chevreuil qui a le poil court, &amp; un bois presque semblable à celui du cerf. Du Renou dit que cet animal est très-agile, &amp; fort cruel ; qu'il tue souvent les chasseurs qui le pressent trop ; qu'il a la corne des pieds fendue en deux comme le bouc ; que ses jambes sont assez grosses, sa queue courte &amp; retroussée, son corps velu comme celui d'un bouc, mais couvert d'un poil beaucoup plus court, qui est de couleur cendrée tirant sur le roux ; sa tête est comme celle d'un bouc, armée de deux cornes fort noires, creuses en la partie inférieure, &amp; renversées, &amp; presque comme couchées sur le dos, sur lequel elles font un angle obtus en se réunissant. M. Pomet confirme ceci, &amp; dit qu'il a vu à Coubert, Château du Maréchal de Vitri, deux cornes de cet animal tout-à-fait semblables à celles que du Renou a décrites.</p><p>Le <i>Bézoard</i> Oriental qui est le plus estimé, vient de l'Inde, &amp; sur-tout dans le Royaume de Golconda, &amp; de Cananor. Quelques-uns disent, dans une Province du Royaume de Golconde tirant au Nord-est. Dans la Perse &amp; dans les Indes, il est fort ordinaire de trouver le <i>bézoard</i> dans l'estomac des chèvres, qu'on nourrit en certains pâturages. On ne convient pas néanmoins en quelle partie de l'animal il se forme. Quelques-uns veulent que ce soit dans le coin des yeux, d'autres dans le ventricule ; quelques autres dans les reins ; il y en a qui soutiennent que c'est dans la vésicule du fiel ; quelques-uns près du foie ; &amp; enfin les derniers auprès du coeur. Ce que nous avons dit, &amp; ce que nous dirons encore, montre que c'est dans le ventricule, ou estomac.</p><p>La figure de ces pierres de <i>bézoard</i> est différente ; les unes sont rondes, les autres oblongues, &amp; les autres semblables à un oeuf de pigeon, à un rein, ou à une châtaigne. Leur couleur est différente aussi, tantôt noire, &amp; tantôt cendrée, quelquefois tirant sur le jaune, &amp; quelquefois verdâtre ; mais pour l'ordinaire d'un gris obscur, ou d'un verd noirâtre. Elles sont composées de plusieurs couches ou enveloppes, comme les oignons, qui sont les unes sur les autres, polies &amp; luisantes, la seconde plus que la première, &amp; ainsi des autres. Au centre de ces pierres il y a une petite cavité, dans laquelle on trouve un peu de poudre qui est de la même nature que la pierre ; ou bien quelque paille, ou quelque brin d'herbe, quelques fruits, des fèves, des morceaux de bois, ou un petit caillou qui sert d'ame au <i>bézoard,</i> c'est-à-dire, qui a donné lieu à la production de la pierre, &amp; qui en a été la base. Leur grosseur est aussi diverse ; il y en a qui ne pesent qu'une dragme, &amp; d'autres qui en pesent douze &amp; quinze, &amp; même davantage.</p><p>Pour les éprouver, on les frotte avec de la chaux détrempée dans l'eau ; si elles sont bonnes, elles doivent devenir jaunâtres : on les éprouve en frottant du papier avec de la craie blanche, &amp; en frottant ce même papier avec quelqu'une de ces pierres ; si elles sont bonnes, les marques qu'elles y laisseront seront vertes. On l'éprouve encore en le mettant sur un fer chaud ; s'il est bon, il ne souffrira rien ; s'il n'est pas bon, le fer le fait rissoler ; ou bien en le mettant dans de l'eau après l'avoir pesé, &amp; si après l'avoir laissé tremper deux heures il ne perd rien de son poids, c'est une marque assurée qu'il est bon &amp; véritable. Il se fait un grand débit de <i>bézoard</i> à la côte de Coromandel.</p><p>Il y a des <i>Bézoards</i> de chèvre, de vache, qui ne sont formés que par un amas du poil de l'animal, qui en se léchant les a enlevés avec sa langue ; sa salive se trouvant pour lors visqueuse, colle ces poils les uns aux autres, lesquels forment en roulant dans l'estomac une boule de différente figure, &amp; qu'on nomme Egagropile, <i>Agagropila.</i> Velschius a fait un traité sur cette matière.</p><p>Il y a encore des <i>Bézoards</i> qu'on nomme fossiles, à cause qu'on les trouve dans la terre, &amp; qu'ils ne sont produits par aucun animal. Ces pierres sont rondes ordinairement, ou arrondies ; il s'en voit qui ont d'autres figures. Elles sont toutes composées de plusieurs couches appliquées <pb n="601" facs="bpt6k8542165/f641/full/1200,/0/native.jpg"/>les unes sur les autres. Boccone en a trouvé en Sicile, &amp; il en parle dans ses observations, &amp; dans son <i>Musaeum.</i> On en a observé à Boutonet près de Montpélier ; elles sont là plus petites qu'en Sicile.</p><p>Ce qu'on nomme <i>bézoard</i> de Goa est une composition dont la base, à ce qu'on prétend, est le <i>bézoard.</i> Cette pierre n'est point par couches ; elle est sudorifique, on la rape dans les bouillons pour cet effet.</p><p>Dapper rapporte pag. 346. que l'on dit que dans la basse Ethiopie au Royaume de Congo, dans la tête de certains Eléphans, on trouve une espèce de pierre de <i>bézoard</i> de couleur pourpre ; qu'elle n'est pas trop dure, &amp; qu'elle sert à teindre en pourpre, &amp; à des remèdes.</p><p>Le <i>bézoard</i> Occidental, ou celui du Pérou, est tout-à-fait différent, &amp; se trouve dans plusieurs animaux qui sont particuliers à ce pays-là. Dans les uns le <i>bézoard</i> est de la grosseur d'une noisette ; dans les autres gros comme une noix ; dans d'autres de la grosseur d'un oeuf de poule. Quelquefois on en trouve trois ou quatre dans le même animal tout à la fois. On en trouve de figure ovale, d'autres qui sont ronds, d'autres qui sont presque plats ; les uns de couleur cendrée, d'autres de couleur fort obscure. Les animaux dans lesquels on trouve cette pierre dans le Pérou sont ceux qu'on appelle <i>Guanacos, Jachos, Vicunnas, Taraguas.</i> Les Taraguas portent les meilleurs. Le P. d'Ouaglie dit qu'on en trouve aussi dans le Chili.</p><p>Quelques-uns disent qu'il y a un <i>bézoard</i> de Perse qui se trouve dans le corps des singes. Celui-ci est si fort, que deux de ses grains font autant d'effet que la dose ordinaire de celui des chèvres ; mais il est fort rare, &amp; ces sortes de singes se trouvent particulièrement dans l'Isle de Macassar.</p><p>Il y a aussi un <i>bézoard</i> qu'on appelle d'Allemagne, qui est une pierre qui se trouve dans le ventricule des chamois. Pline dit qu'on en trouve aussi dans les jeunes vaches, que Cardan appelle <i>oeufs</i> de vaches. Il est certain qu'on trouve également dans l'Orient &amp; dans l'Occident quantité de <i>bézoards</i> qui viennent des vaches. Il y en a qui pesent jusqu'à 18 onces ; mais il est peu estimé, &amp; six grains de l'ordinaire font plus d'effet que trente de celui-ci.</p><p>Bartholin dit qu'en Danemarc on en trouve souvent dans le ventre des moutons, &amp; d'autres pierres qui se forment dans le ventricule ou dans les intestins des chevaux, qui chassent le venin des corps pestiférés, qu'on préfère &amp; compare au <i>bézoard</i> Occidental. Celles-ci sont comme des pelottes de poil, qu'on croit être faites des restes des herbes qui n'ont pû être digérées. Mr. de Choisi, dans sa <i>Relation de Siam,</i> dit, que le <i>bézoard</i> vient dans le ventre du hérisson, du singe, de la chèvre, &amp; quelquefois de la vache, &amp; que celui du hérisson est le meilleur.</p><p>La rareté du <i>bézoard</i> est dans sa grosseur, quoique le menu n'ait pas moins de vertu que le plus gros. Il y a des personnes qui savent grossir le <i>bézoard</i> avec une certaine pâte composée de gomme, &amp; d'une autre matière de couleur de <i>bézoard.</i> Ils lui savent même donner autant d'enveloppes, que le naturel en doit avoir. La plupart des <i>bézoards</i> qu'on trouve en si grand nombre, ne sont que des compositions faites avec des magistères, de la rue, du scordium, &amp; d'autres semblables plantes qu'on sait être très-propres pour faire suer.</p><p>La véritable valeur du <i>bézoard</i> Oriental ne consiste que dans sa vertu médicinale. Pour cette raison il est estimé au poids de l'or, c'est-à-dire, à raison de 40. ou 45. livres l'once ; &amp; pour l'Occidental il n'excède pas 10. à 12. livres l'once, si ce n'est qu'il fût d'une extraordinaire grosseur ; auquel cas, pour la curiosité plutôt que pour l'utilité, il seroit vendu jusqu'à 20. livres l'once. De Rosnel.</p><p>Ménage tient qu'on a dit ce mot par corruption pour <i>pazar,</i> &amp; qu'il vient de <i>pazan,</i> qui est le nom de l'animal qui le porte. Vossius <i>de Idol. Liv. III. c.</i> 68. <i>p.</i> 542. est de même sentiment. Il dit que les Arabes l'appellent <i>hager bezahar ;</i> que quelques-uns croient avec plus de raison qu'il faut dire <i>belzoar</i> au lieu de <i>bezahar</i> ; ou plutôt encore <i>belpazar,</i> formé de <i>bel,</i> Seigneur, &amp; <i>pazan,</i> qui est le nom que les Arabes &amp; les Perses donnent à l'espèce des chèvres qui le produisent. Bochart croit qu'il vient du Persan <i>bedzahar</i>, qui signifie <i>antidote contre les poisons,</i> composé de <i>bed, remède,</i> &amp; de <i>zahar, poison.</i> D'autres disent que <i>bezahard</i> est un mot Arabe, qui signifie <i>conservateur de la vie.</i> D'autres disent que cette pierre est appellée des Hébreux <i>bazarzehar,</i> c'est-à-dire, <i>victorieuse du venin,</i> ou <i>belzahar,</i> maître du venin. De-là vient qu'on appelle <i>bézoardiques,</i> tous les antidotes &amp; contre-poisons. Cluzius croit que <i>bézoard</i> vient du mot Indien <i>bazar, marché, forum,</i> d'où l'on a fait <i>bézard,</i> &amp; enfin <i>bézoard.</i> Voyez Garcias ab Horto, qui en a fait une particulière description. Et Anselinus Boethius, <i>Hist. Gemmar. &amp; lapid. Lib. II. cap.</i> 191. avec les Notes que Tollius y a faites. Bien des Auteurs ont parlé des pierres de <i>bézoard,</i> entre autres Camille Leonard. <i>Spec. Lap.</i> Garcias, Liv. I. <i>de Aromat. Histor. apud Indos,</i> Christoph. Acosta <i>Lib. Arom. &amp; Med. in Ind. Orient.</i> Chapuzeau <i>Histoire des Joyaux,</i> Vossius <i>de Idolol. L. III. c.</i> 68.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉZOARD</head>
    <p>
    Bézoard , en termes de Chymie , se dit d'une poudre émetique corrigée avec l'esprit de nitre, &amp; parfaitement adoucie par plusieurs lotions qui ôtent la vertu purgative de l'antimoine, &amp; la convertissent en diaphorétique. On la nomme <i>bézoard minéral,</i> à cause qu'elle a des qualités <i>bézoardiques</i> ; c'est-à-dire, qu'elle fait suer comme la pierre de <i>bézoard.</i></p><p>On appelle aussi <i>bézoard Jovial,</i> une préparation qu'on fait de l'étain. Voyez <ref type="search" target="head:Etain">Etain</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉZOARD</head>
    <p>
    Bézoard animal , est une poudre composée du coeur &amp; du foie des vipères, pulvérisés ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÉZOARDIQUE</head>
    <p>
    BÉZOARDIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient au bézoard, qui est du bézoard. <i>Bezahardicus, bezoardicus, pazaricus, bedzaharicus.</i> M. Boyle appelle le bézoard minéral, minéral <i>bézoardique.</i> Il a des qualités <i>bézoardiques.</i> Les remèdes <i>bézoardiques</i> sont ceux qui ont la vertu de résister à la malignité du poison, &amp; de le chasser. Il y a différentes préparations <i>bézoardiques</i> en Chymie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4926" id="2" type="">
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    <head>BÉZOARDIQUE</head>
    <p>
    Bézoardique , s. m. Terme de Chymie . <i>Bezoardicum.</i> On donne ce nom à trois différentes préparations de Chymie, que M. Harris explique. Il appelle l'une <i>Bezoardicum Joviale,</i> l'autre <i>Bezoardicum Lunale,</i> &amp; la troisième <i>Bezoardicum Martiale ;</i> c'est-à-dire, <i>Bézoardique</i> de Jupiter, <i>Bézoardique</i> de la Lune, <i>Bézoardique</i> de Mars.</p><p>Le <i>Bézoardique</i> de Jupiter est un régule qui se fait en fondant trois onces de régule d'antimoine avec deux onces d'étain noir, lequel étant pulvérisé se mêle avec six onces de sublimé corrosif ; après quoi il se résout dans une espèce de beurre, lequel ensuite on dissout dans le poids de trois fois autant d'esprit de nitre ; puis on distille trois fois cette dissolution. Le bézoard demeure au fond du vase : on le pulvérise, on le lave, &amp; alors on le mêle dans de l'esprit de vin, dans lequel on le laisse se digérer, ou s'infuser jusqu'à ce qu'il devienne insipide. Harris.</p><p>Le <i>Bézoardique</i> de la Lune se fait en mêlant 8. onces de beurre rectifié d'antimoine avec une once d'argent fin. On le dissout dans de l'esprit de nitre, qu'il faut verser dessus tout doucement, &amp; continuellement, jusqu'à ce que tous les bouillonnemens soient passés. Ensuite de cette matière on en tire l'esprit à une chaleur modérée, &amp; par trois rectifications. Après quoi le bézoard se fait comme le précédent. Id.</p><p>Le <i>Bézoardique</i> de Mars est une dissolution du <i>Crocus Martis,</i> dans du beurre d'antimoine, faite, au moins autant qu'on le peut, par réverbération. Puis on verse dessus de l'esprit de nitre, &amp; l'on y procède pour le reste comme aux autres préparations <i>bézoardiques.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4927" id="1" type="">
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    <head>BHAVANI</head>
    <p>
    BHAVANI , s. f. Déesse des Indes. Ils disent que c'est <i>Xacta,</i> ou la <i>Puissance.</i> Ils appellent son mari <i>Xacteunt,</i> c'est-à-dire, le Puissant. Tout ce qu'ils racontent de cette Déesse &amp; de son mari est mystérieux, &amp; signifie la matière &amp; les causes des choses. Kirker, <i>Chin. ill. p.</i> 161. d'après le P. Roth Missionnaire très-habile dans la langue des Brachmanes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4928" id="1" type="coutume">
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    <head>BIAIN</head>
    <p>
    BIAIN , s. m. On dit aussi BIAN. Terme de Coutume . Ce sont des corvées, tant d'hommes que de bêtes. <i>Operarum praebitio.</i> M. De Laurière croit que le mot <i>bians,</i> ou <i>biains,</i> vient de ce que ces corvées se bannissoient, c'est-à-dire, se proclamoient. M. Hevin le dérive du mot <i>biens,</i> parce <pb n="602" facs="bpt6k8542165/f642/full/1200,/0/native.jpg"/>que ces corvées étoient dûes pour la récolte des biens de la terre. Il en est parlé dans l'<i>Histoire de Bretagne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4929" id="1" type="arpentage">
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    <head>BIAIS</head>
    <p>
    BIAIS , s. m. Terme d'Arpentage . Qui est oblique, de travers ; qui n'est pas taillé, coupé à angle droit. <i>Obliquitas.</i> Le <i>biais</i> d'une maison en gâte toute la symmétrie. Une étoffe coupée de <i>biais</i> ne fait point de profit, il faut la couper de droit fil. Les Maçons appellent <i>biais gras,</i> &amp; <i>biais maigre,</i> ce que les Géomètres appellent <i>angle obtus,</i> &amp; <i>angle aigu.</i> Ils se servent aussi de <i>biais par tête,</i> de <i>biais par dérobement,</i> de <i>biais par équarrissement,</i> pour marquer la coupe de quelques pierres. On dit <i>biais passé,</i> lorsque dans les bâtimens certaines sujetions obligent à faire des portes, ou des fenêtres de <i>biais,</i> &amp; cela s'appelle ainsi à cause du trait Géométrique, dont le trait se fait ou par équarrissement, ou par panneaux. On dit, <i>corne de boeuf,</i> ou <i>corne de vache,</i> quand les ouvertures ou les passages, que l'on fait de cette sorte, sont seulement de <i>biais</i> d'un côté.</p><p>Ce mot vient de l'ancien Gaulois <i>bihay</i>, c'est-à-dire, <i>de travers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4929" id="2" type="">
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    <head>BIAIS</head>
    <p>
    Biais . Sorte de Linge, morceau de toile taillé de <i>biais,</i> que les femmes mettent sur leur gorge. <i>Linteum oblique sectum.</i> Il y a déja quelque temps que les femmes ne portent plus de <i>biais.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4929" id="3" type="">
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    <head>BIAIS</head>
    <p>
    Biais , se dit en Morale, &amp; figurément, des diverses faces dont on peut envisager une chose ; des divers moyens, des divers expédiens dont on se peut servir pour y réussir ; des diverses manières de tourner, de regarder une affaire, une entreprise. <i>Ratio, modus.</i> Ce Rapporteur a tourné cette affaire de tous les <i>biais</i> pour la faire réussir. Vous avez pris le bon <i>biais</i> pour toucher son coeur. Mol. Ils l'exclurent par des <i>biais</i> dont on étoit convenu. Rochef. Si vous ne prenez cette affaire d'un autre <i>biais,</i> vous ne réussirez pas. Je ne sai que ce <i>biais</i>-là pour vous tirer d'affaire. Il suffit qu'il soit illustre par quelque <i>biais</i> que ce soit. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4929" id="4" type="manege">
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    <head>BIAIS</head>
    <p>
    De biais , sorte d'adv. Qui signifie de travers, de mauvais sens. <i>Obliquè.</i> Il se remue <i>de biais.</i> Ce morceau d'étoffe est coupé <i>de biais.</i> Piqué <i>de biais.</i> Mettre une chose <i>de biais.</i></p><p>On dit en termes de Manége , aller en <i>biais,</i> c'est-à-dire, les épaules avant la croupe. Faire aller un cheval en <i>biais.</i> La leçon du <i>biais</i> au passager. Si les épaules vont avant la croupe, le cheval est en <i>biais,</i> &amp; il a la croupe un peu en dehors. Newc. Mettre le cheval en <i>biais,</i> tantôt à une main, &amp; puis le pousser en avant ; tantôt à l'autre, &amp; puis le pousser de même en avant ; &amp; réitérer cela de main en main &amp; en avant, lui fait obéir la main &amp; le talon, &amp; est une excellente leçon ; mais d'autant qu'il est mis en <i>biais,</i> il faut que les parties de devant aillent toujours avant celles de derrière. Id. Voyez dans le même Auteur pag. 257. &amp; 258. la manière de faire aller un cheval en <i>biais</i> ; faire faire au cheval des courbettes en <i>biais,</i> le mettre au pas en <i>biais,</i> &amp; en courbettes en <i>biais.</i> Id. Pour aller en <i>biais,</i> il faut à toutes mains aider aussi le cheval de la rêne de dehors, &amp; soutenir ; c'est-à-dire, le tenir ferme, sans lui donner aucun temps ; car le cheval le prend mieux que vous ne lui pouvez donner, &amp; il faut l'aider de la jambe de dehors, c'est-à-dire, qu'il faut que la rêne &amp; la jambe soient d'un même côté, &amp; toujours en dehors. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4930" id="1" type="">
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    <head>BIAISEMENT</head>
    <p>
    BIAISEMENT , s. m. Manière d'aller en biaisant. <i>Obliquè.</i> Le vent de bouline fait par son <i>biaisement</i> pencher le vaisseau. Guillet, <i>Art de nav.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4930" id="2" type="">
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    <head>BIAISEMENT</head>
    <p>
    Biaisement , se dit aussi au figuré, &amp; signifie, Détour qu'on fait pour tromper quelqu'un, ou pour éluder ses poursuites. <i>Simulatio.</i> Les honnêtes gens ne veulent point voir de <i>biaisement</i> dans les affaires ; ils veulent qu'on marche droit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4931" id="1" type="">
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    <head>BIAISER</head>
    <p>
    BIAISER , v. n. N'être pas droit, être posé obliquement. <i>Obliquare.</i> L'aile de ce bâtiment <i>biaise</i> du côté gauche. J'ai paré le coup en <i>biaisant</i> un peu. Il ne marchoit pas droit, mais en <i>biaisant,</i> &amp; en suivant le fleuve. Ablanc. Remarquez le pole d'une pierre d'aiman, qui <i>biaise</i> d'un degré vers le Couchant. Roh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4931" id="2" type="">
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    <head>BIAISER</head>
    <p>
    Biaiser , se dit figurément de ceux qui n'agissent pas sincèrement, qui cherchent des biais, des détours, de mauvaises finesses, des échappatoires pour sortir d'une méchante affaire, ou pour surprendre quelqu'un. <i>Simulare, parùm sincerè agere, vel loqui.</i> C'est un homme qui <i>biaise,</i> qui n'agit pas rondement. Conte-lui l'affaire d'un bout à l'autre sans <i>biaiser.</i> Il voulut <i>biaiser</i> pour se tirer de ce mauvais pas. Si l'on m'interroge, je <i>biaiserai.</i></p><p>On le dit quelquefois en bonne part des négociations importantes, quand on y cherche des tempéramens, &amp; un milieu, pour contenter les deux parties. <i>Dissimulare.</i> Il n'y a guère d'arbitres qui ne <i>biaisent</i> un peu pour juger entre leurs amis. Quand on se trouve entre deux extrémités fâcheuses, il est de l'adresse d'un homme de savoir <i>biaiser.</i> Il y a des hommes qu'il ne faut prendre qu'en <i>biaisant.</i> Mol. Après tout <i>biaiser</i> se dit en bonne part beaucoup moins ordinairement que biais.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIAISER</head>
    <p>
    Biaiser , est aussi quelquefois actif, &amp; signifie, Détourner un peu. <i>Detorquere.</i> J'ai un peu <i>biaisé</i> la pensée de l'Auteur pour l'ajuster à notre langue. Il faut <i>biaiser</i> en traduisant, pour trouver les graces de la langue en laquelle on traduit. Le mot de <i>biaiser</i> ne se trouve en ce sens que dans Danet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4932" id="1" type="">
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    <head>BIARQUE</head>
    <p>
    BIARQUE , s. m. Nom d'un Officier des Empereurs de Constantinople. <i>Biarchus.</i> Le <i>Biarque</i> étoit un Intendant des vivres, comme le nom même le marque ; car il est composé de , <i>vie, vivre,</i> &amp; , <i>Chef</i> ; &amp; signifie, celui qui a l'administration des vivres en chef. Les Latins l'appelloient <i>Praefectus annonae.</i> S. Jérôme parle de cet Officier dans sa lettre à Pammachius. La Charge de cet Officier se nommoit <i>Biarchie, Biarchia.</i> Voyez sur ces mots le Dictionnaire de Droit de Calvin, &amp; dans M. Du Cange, les Constitutions de l'Empereur Léon Liv. III. C. <i>de Agent. in reb.</i> &amp; dans le Code la dernière loi du titre <i>de Offic. Praef. Praetor. African.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4933" id="1" type="">
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    <head>BIBERON, ONNE</head>
    <p>
    BIBERON, ONNE , s. m. &amp; f. Ivrogne ; qui boit avec excès. <i>Potor acer, bibax.</i> Les Allemands sont de grands <i>biberons.</i> Ce mot est bas &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4933" id="2" type="">
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    <head>BIBERON, ONNE</head>
    <p>
    Biberon , est aussi un vase qui a un tuyau extérieur qui sert à verser la liqueur qui y est contenue, &amp; par où on peut boire avec aspiration. <i>Guttus, Guttulus.</i> Les vinaigriers &amp; les vaisseaux où on met l'huile ont un <i>biberon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4933" id="3" type="">
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    <head>BIBERON, ONNE</head>
    <p>
    Biberon . Ce mot se trouve dans Pomey pour papier qui boit. <i>Cbarta bibula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4934" id="1" type="">
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    <head>BIBÉSIE</head>
    <p>
    BIBÉSIE , ou BIBESIA, s. f. <i>Bibesia.</i> C'est le nom de l'une des Déesses des banquets, l'autre étoit Edésie. <i>Bibésie</i> présidoit aux mesures &amp; aux vases dans lesquels on mettoit le vin &amp; les liqueurs que l'on servoit dans un festin, &amp; c'est de-là que lui venoit son nom, qui est dérivé de <i>bibo</i>, je bois. Voyez Saumaise sur Spartien, p. 146. de l'<i>Hist. Aug.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4935" id="1" type="">
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    <head>BIBIANE</head>
    <p>
    BIBIANE , s. f. <i>Bibiana.</i> Nom propre de femme, dont nous avons fait Vivienne. Sainte <i>Bibiane,</i> ou Vivienne, Vierge &amp; Martyre, souffrit la mort sous Julien, &amp; est honorée le deuxième Décembre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4936" id="1" type="">
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    <head>BIBLE</head>
    <p>
    BIBLE , s. f. Livre par excellence qui contient la Sainte Ecriture, le Vieux &amp; le Nouveau Testament. <i>Biblia.</i> La <i>Bible</i> est le principal fondement de l'Eglise Catholique, qui a pris des Juifs l'ancien Testament. Les Evangélistes &amp; les Apôtres ont écrit le nouveau. L'original de l'ancien est en Hébreu, à la réserve de quelques Livres qu'on n'a qu'en Grec. L'Index, ou Table des livres que contient la <i>Bible,</i> s'appelle Canon. Le Concile de Trente l'a donné dans la Session IV. Tout ce qu'on y ajoûte par une ancienne coutume, comme l'oraison de Manassès, le troisième &amp; le quatrième Livre d'Esdras, ne sont point de la <i>Bible.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CANON">CANON</ref>.</p><p>Les <i>Bibles</i> Hébraïques sont, ou manuscrites, ou imprimées. Les meilleurs exemplaires manuscrits de la <i>Bible</i> en Hébreu sont ceux qui ont été copiés par les Juifs du Rit Espagnol. Il y en a plusieurs de cette sorte dans la Bibliothèque du Roi. On en trouve aussi quelques-unes dans la Bibliothèque des Pères de l'Oratoire de Paris. Les <i>Bibles</i> Hébraïques manuscrites, qui ont été écrites par des Juifs du Rit Allemand ne sont point exactes. La plupart de celles qui se trouvent en manuscrit dans la Bibliothèque de Sorbonne, &amp; dans celle de M. Colbert sont Allemandes. On distingue facilement les unes d'avec les autres par les caractères. Les Espagnoles sont écrites en beaux caractères, tels que sont ceux des <i>Bibles</i> Hébraïques de Bombergue, d'Estienne, &amp; de Plantin. Les Allemandes sont dans <pb n="603" facs="bpt6k8542165/f643/full/1200,/0/native.jpg"/>ces caractères que nous voyons dans la <i>Bible</i> Hébraïque de Munster, dans les éditions de Griphe, &amp; dans les premiers Livres que les Allemans ont publiés en Hébreu. M. Simon a prétendu que les plus anciennes <i>Bibles</i> Hébraïques manuscrites ne passoient point six ou sept cents ans ; &amp; en effet R. Ménahem de Lonzano, qui en a cité un assez grand nombre, ne donne pas plus de 600. ans aux plus anciennès.</p><p>Les plus anciennes <i>Bibles</i> Hébraïques ont été imprimées par les Juifs d'Italie, principalement à Pésaro &amp; à Bresce. Les Juifs de Portugal ont aussi imprimé quelques parties de la <i>Bible</i> Hébraïque à Lisbonne avant qu'ils fussent chassés. On en trouve un exemplaire dans la Bibliothèque du Roi. On remarquera en général que les meilleures <i>Bibles</i> Hébraïques imprimées sont celles dont les Juifs ont pris le soin ; car il y a tant de minuties à observer dans l'impression de ces <i>Bibles</i> ; qu'il est difficile que des Chrétiens y réussissent, &amp; toutes sortes de Juifs même n'y sont pas propres. Il faut qu'ils aient une connoissance exacte de la Massore, qui est une espèce de critique du texte Hébreu de la <i>Bible.</i></p><p>Daniel Bambergue a imprimé à Venise au commencement du seizième siècle plusieurs <i>Bibles</i> Hébraïques <i>in quarto</i> &amp; <i>in folio,</i> qui la plupart ont été estimées par les Juifs &amp; par les Chrétiens. La meilleure est celle qu'il publia <i>in folio</i> en 1526. avec la Massore &amp; avec les Commentaires de plusieurs Rabbins. Il y a à la tête de cette édition une Préface en Hébreu de R. Jacob Benchajim : on la nomme ordinairement la seconde édition, pour la distinguer d'une autre édition <i>in-folio</i> peu exacte, que le même Bombergue avoit publiée en 1517. avec les Commentaires des Rabbins. Elle s'appelle communément la <i>Bible</i> de Felix Pratensis, du nom de celui qui en a pris le soin, &amp; de qui Bombergue avoit appris la langue Hébraïque. Elias Lévita &amp; les autres Juifs n'estiment point cette édition.</p><p>Le même Bombergue publia en 1548. une seconde édition de la <i>Bible</i> Hébraïque <i>in-folio</i> de R. Jacob Benchajim, qui est la plus parfaite &amp; la plus exacte de toutes. On la distingue de la première du même Rabbin par le Commentaire de R. David Kimchi sur les Paralipomènes, qui n'est point dans les éditions précédentes. Cette édition est la troisième de celles de Bombergue <i>in-folio</i> ; &amp; on la nomme néanmoins quelquefois <i>la seconde,</i> par rapport à la première de R. Jacob Benchajim.</p><p>C'est sur cette édition que Buxtorf le père a fait imprimer sa <i>Bible</i> Hébraïque des Rabbins à Basle en 1618. mais il s'y rencontre plusieurs fautes, principalement dans les Commentaires des Rabbins, où ce savant homme à corrigé quelques endroits qui étoient contre les Chrétiens. Il parut en la même année à Venise une nouvelle édition de la <i>Bible</i> des Rabbins, dont l'Auteur est Léon de Modéne, Rabbin de la même ville, qui prétend avoir corrigé un grand nombre de fautes qui étoient dans les éditions précédentes ; mais outre qu'elle est fort inférieure aux autres <i>Bibles</i> Hébraïques de Venise <i>in-folio,</i> pour ce qui est des caractères &amp; du papier, elle a passé par les mains des Inquisiteurs, qui ont fait retoucher en quelques endroits les Commentaires des Rabbins.</p><p>Pour ce qui est des <i>Bibles</i> Hébraïques <i>in-quarto,</i> on estime celle de Robert Estienne, à cause de la beauté des caractères ; mais elle n'est pas exacte. Plantin a aussi imprimé plusieurs <i>Bibles</i> Hébraïques à Anvers en fort beaux caractères, semblables à ceux de Bombergue. La meilleure de ses éditions est celle <i>in-quarto</i> de 1566. Menassé Ben-Israël, savant Juif Portugais, a publié deux éditions de la <i>Bible</i> Hébraïque à Amsterdam, une <i>in-quarto,</i> &amp; l'autre <i>in-octavo.</i> La première, qui est de 1635. est la meilleure ; elle est à deux colonnes, &amp; par conséquent commode pour la lecture.</p><p>R. Jacob Lombroso a publié une nouvelle édition de la <i>Bible in-quarto</i> à Venise en 1634. avec de petites notes littérales au bas de chaque page. Il y explique les mots Hébreux difficiles par d'autres mots Espagnols. Cette <i>Bible</i> est fort estimée par les Juifs du Rit Espagnol qui sont à Constantinople. On y a marqué d'une petite étoile dans le texte les endroits où il faut lire le point <i>Cames</i> par un <i>Cames hatouph,</i> c'est-à-dire, par un <i>o</i> &amp; non par un <i>a.</i></p><p>De toutes les éditions de la <i>Bible</i> Hébraïque <i>in-octavo</i> les plus belles &amp; les plus exactes sont les deux de Joseph Athia, Juif d'Amsterdam. La première, qui est de meilleur papier &amp; de 1661. est moins exacte que la seconde qui est de 1667. &amp; que l'on préfère à l'autre. Mais celle qui en a été faite à Amsterdam en 1705. par les soins de Vander Hooght vaut encore mieux. Il y a une Préface de l'Editeur qui est utile.</p><p>Depuis Athia trois Hébraïsans Protestans ont travaillé à la révision &amp; à l'édition de la <i>Bible</i> Hébraïque, Clodius, Jablonski, &amp; Opitius. L'édition de Clodius faite à Francfort en 1677. <i>in-quarto,</i> contient au bas des pages des variantes, tirées des éditions précédentes. L'Auteur ne savoit point assez l'art des accens, sur-tout dans les livres poëtiques. D'ailleurs comme l'édition ne s'est point faite sous ses yeux, il s'y est glissé beaucoup de fautes d'impression.</p><p>Celle de Jablonski à Berlin en 1699. <i>in-quarto,</i> est fort belle, pour le caractère Hébreu &amp; le papier ; mais quoi qu'il dise qu'il a profité de celles d'Athia &amp; de Clodius, quelques Critiques trouvent qu'elle n'est presque point différente de celle de Bombergue <i>in-quarto.</i> Jablonski y a joint une Préface utile &amp; savante en son genre.</p><p>Celle d'Opitius est aussi <i>in-quarto,</i> à Kiel en 1709. le caractère est gros &amp; assez bon, mais le papier mauvais. Elle est faite avec beaucoup de soin, mais on n'a consulté que les manuscrits des Bibliothèques d'Allemagne. Ceux de France fourniroient de meilleurs secours, &amp; en plus grande abondance ; mais aucune de ces éditions ne les a eus.</p><p>Aureste, elles ont cela de commode, qu'avec les divisions des Juifs, tant générales que particulières, en parasches &amp; en pesuchim, on y a joint celles des Chrétiens, ou des Bibles Latines, en Chapitres &amp; en Versets ; des Sommaires Latins aux marges, les <i>Keriketib,</i> ou variantes Hébraïques, &amp;c. Ce qui est d'une très-grande utilité par rapport à nos éditions Latines, &amp; aux Concordances de la <i>Bible.</i></p><p>On estime beaucoup la petite <i>Bible</i> Hébraïque de Robert Estienne <i>in-seize,</i> à cause de la beauté des caractères. Il faut néanmoins prendre garde qu'il y en a une édition tout-à-fait semblable qui est de Genève ; mais qui est fort inférieure, soit pour l'impression, soit pour la correction du texte.</p><p>Outre toutes ces <i>Bibles</i> Hébraïques, il y en a quelques éditions sans points voyelles <i>in-octavo</i> &amp; <i>in-vingt-quatre.</i> Ces éditions sont recherchées par les Juifs ; ce n'est pas qu'ils les croient plus exactes que les autres, mais parce qu'elles sont plus commodes, &amp; qu'ils s'en servent dans les Synagogues &amp; dans les Ecoles. Il y en a deux éditions fort belles de Plantin, dont l'une est <i>in-octavo</i> à deux colonnes, &amp; l'autre <i>in-vingt-quatre,</i> que Raphélengue a réimprimée à Leyde en 1610. Il y en a aussi une édition de Henri Laurens à Amsterdam en 1631. qui est <i>in-octavo,</i> &amp; en plus gros caractères. On a fait une nouvelle édition <i>in-douze</i> à Francfort en 1694. de ces <i>Bibles</i> Hébraïques sans points voyelles. Cette dernière édition, où l'on a mis à la tête une Préface de M. Leusden, est remplie de fautes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIBLE</head>
    <p>
    Bibles Grecques . Il y a un grand nombre d'éditions de la <i>Bible</i> en Grec ; mais elles peuvent être toutes réduites à trois ou quatre principales : savoir, à celle de Complute ou d'Alcala de Henares, à celle de Venise, &amp; à celle de Rome. La première fut publiée en 1515. par le Cardinal Ximenès, &amp; insérée dans sa <i>Bible</i> Polyglotte, qu'on nomme ordinairement la <i>Bible</i> de Complute. Quoique cet illustre Cardinal eût de bons manuscrits Grecs de la <i>Bible,</i> &amp; qu'il ait employé à ce travail des personnes savantes dans la langue Grecque &amp; dans la Critique, son édition n'est point fidèle, parce que le Grec des Septante a été retouché en plusieurs endroits sur le texte Hébreu. Cette édition a été réimprimée dans la <i>Bible</i> Polyglotte d'Anvers, dans les Polyglottes de Paris, &amp; dans la <i>Bible</i> à 4. col. qu'on appelle communément la <i>Bible</i> de Vatable.</p><p>La seconde édition de la <i>Bible</i> Grecque est celle de Venise en 1518. On y a imprimé le texte Grec des Septante, tel qu'il a été trouvé dans le manuscrit ; c'est pourquoi elle est pleine de fautes de Copistes ; mais il est aisé de les redresser. Cette édition a été réimprimée à Strasbourg, à Basle, à Francfort, &amp; en plusieurs autres endroits, avec quelques changemens, parce qu'on l'a voulu faire approcher davantage de l'Hébreu. La plus commode de toutes est celle de Francfort, parce qu'on y a joint des petites Scholies, où sont marquées les diverses interprétations <pb n="604" facs="bpt6k8542165/f644/full/1200,/0/native.jpg"/>des anciens Traducteurs Grecs. L'Auteur de ce recueil n'y a point mis son nom ; mais on croit communément qu'il est de Junius.</p><p>La troisième édition de la <i>Bible</i> Grecque est celle de Rome en 1587. avec les Scholies Grecques, qui ont été recueillies de divers manuscrits des Bibliothèques de Rome par Pierre Morin. Le Père Jean Morin de l'Oratoire a fait réimprimer à Paris en 1628. cette belle édition Grecque, en y joignant la traduction Latine qui avoit été aussi imprimée à Rome séparément avec des Scholies. On a inséré dans la <i>Bible</i> Polyglotte de Londres l'édition Grecque de Rome, ajoûtant au bas les variantes du manuscrit Alexandrin. Les Anglois l'ont aussi fait imprimer <i>in</i>-4°. &amp; <i>in-douze,</i> en y réformant néanmoins quelque chose. Un Protestant, nommé Boz, l'a fait aussi imprimer <i>in-quarto,</i> à Franeker en 1709. avec toutes les variantes qu'il a pû trouver, &amp; une Préface, où il y a de bonnes choses. Pour avoir une bonne <i>Bible</i> Grecque, on doit recourir à l'édition de Rome, ou à celle de Paris qui a été faite exactement sur celle-là ; mais il faudroit y ajoûter les variantes du manuscrit Alexandrin, &amp; celles du manuscrit dé M. Seguier, que le P. Montfaucon a données dans ses Hexaples d'Origène.</p><p>La quatrième édition est celle qui a été faite sur le manuscrit Alexandrin, &amp; commencée à Oxford par M. Grabe en 1707. Il y a un défaut qui paroît essentiel. C'est qu'on n'a point imprimé le manuscrit Alexandrin tel qu'il est, mais tel qu'on a cru qu'il devoit être ; c'est-à-dire, qu'on l'a changé dans tous les endroits où l'on a cru qu'il y avoit une faute de Copiste, &amp; dans tous ceux où l'on a cru que le mot avoit été mis par un dialecte particulier. Il falloit donner le manuscrit absolument &amp; exactement tel qu'il est, &amp; rejetter les conjectures sur les leçons qui s'y trouvent dans de courtes Scholies au bas des pages.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIBLE</head>
    <p>
    Bibles Latines . On peut réduire à trois Classes toutes les différentes éditions des <i>Bibles</i> Latines ; savoir, à l'ancienne Vulgate qui a été faite sur le Grec des Septante ; à la Vulgate d'aujourd'hui, dont la meilleure partie a été faite sur le texte Hébreu ; &amp; aux nouvelles traductions Latines, qui ont été aussi faites sur l'Hébreu dans le seizième siècle. Il ne nous reste plus rien de l'ancienne Vulgate qui a été en usage dans les Eglises d'Occident dès les premiers siècles, que les Pseaumes, la Sagesse &amp; l'Ecclésiastique. Nobilius a tâché de la rétablir sur les Ouvrages des anciens Pères Latins ; mais son recueil ne pouvoit être exact, parce que la plupart des Pères ne l'ont pas suivie fidèlement dans leurs citations.</p><p>Pour ce qui est de la Vulgate d'aujourd'hui, il y en a un très-grand nombre d'éditions qui sont assez différentes les unes des autres. Le Cardinal Ximenès en a inséré dans la Bible d'Alcala une édition corrigée &amp; retouchée en beaucoup d'endroits. Robert Estienne, &amp; après lui les Docteurs de Louvain, se sont appliqués à cette correction avec un très-grand soin. La meilleure édition des Bibles Latines de Robert Estienne est celle de 1540. qui a été réimprimée en 1545. il y marque aux marges les diverses leçons de plusieurs exemplaires Latins qu'il avoit consultés. Les Docteurs de Louvain ont revû après Robert Estienne l'édition Vulgate sur plusieurs manuscrits Latins, dont ils ont aussi marqué les variétés aux marges de leurs éditions. Les meilleures sont celles à la fin desquelles on a ajoûté les notes critiques de François Luc de Bruge. Pour suppléer aux éditions des <i>Bibles</i> de Louvain où ne sont point ces notes critiques, on y joindra un volume <i>in-quarto,</i> où se trouvent ces mêmes notes imprimées séparément à Anvers en 1580.</p><p>Toutes ces réformations de la <i>Bible</i> Latine se sont faites avant les corrections de Sixte V. &amp; de Clément VIII. Depuis ce temps-là on n'a plus osé prendre cette liberté, si ce n'est dans des commentaires &amp; dans des notes séparées. La correction de Clément VIII. qui est de 1592. sert aujourd'hui de Loi dans toute l'Eglise Latine. Cette édition est la première correction de Clément VIII. &amp; quant à l'impression c'est la plus correcte. Les <i>Bibles</i> de Plantin ont été faites sur celles-là, &amp; ensuite sur celles de Plantin toutes les autres. Ainsi nous n'avons point dans nos <i>Bibles</i> ordinaires les corrections suivantes de Clément VIII. Bien plus, les <i>Bibles</i> de Plantin, ni par conséquent toutes les autres, ne sont pas parfaitement conformes à cette édition Romaine de 1592. Voyez <ref type="search" target="head:Vulgate">Vulgate</ref>. Au reste, ces corrections de la <i>Bible</i> n'ont point été faites d'une maniere arbitre, &amp; sans raison, pour y mettre des passages qui prouvent les dogmes Catholiques ; ils y étoient avant la correction, du moins quant au sens, comme ils y sont aujourd'hui. Par exemple, le célèbre passage de S. Jean, <i>Tres sunt &amp;c.</i> se trouve dans la <i>Bible</i> de Théodulphe Evêque d'Orleans, qui mourut au commencement du neuvième siècle ; il n'y a qu'un mot de différence qui ne change rien au sens. Ce rare manuscrit est dans la Bibliothèque de M. De Mesmes, premier Président du Parlement de Paris.</p><p>Il y a un grand nombre de <i>Bibles</i> Latines de la troisième Classe qui comprend les versions faites depuis près de deux cents ans sur les originaux des livres sacrés. Comme elles n'ont aucune autorité publique dans l'Eglise, on se contente de les consulter, &amp; elles ont toutes leur utilité pour éclaircir quelques endroits de la Vulgate. Mr Simon en a traité à fonds dans ses Histoires critiques du vieux &amp; du nouveau Testament. La première de toutes est la version de Pagnin, Religieux Dominicain, imprimée à Lyon <i>in-quarto</i> en 1528. qui a été fort estimée des Juifs. L'Auteur l'a retouchée dans une seconde édition. Il y en a une belle édition <i>in-folio</i> à Lyon en 1542. avec des Scholies : on a mis à la tête de cette édition une Préface sous le nom de <i>Michaël Villanovanus,</i> qui est Michel Servet, Auteur des Scholies. Ceux de Zurich ont aussi publié une nouvelle édition <i>in-quarto</i> de la <i>Bible</i> de Pagnin. De plus, Robert Estienne a imprimé cette même <i>Bible in-folio</i> avec la Vulgate en 1557. prétendant la donner plus exacte qu'elle n'étoit dans les éditions précédentes. Elle est aussi dans une autre édition à quatre colonnes qui porte le nom de Vatable, &amp; qui est de l'an 1586. Cette même <i>Bible</i> se trouve dans une édition de Hambourg qui est en quatre langues.</p><p>On met communément au nombre des <i>Bibles</i> Latines la version du même Pagnin corrigée, ou plutôt rendue litérale par Arias Montanus. Cette correction, qui fut approuvée par les Docteurs de Louvain, &amp; par quelques savans de Paris, a été insérée dans la <i>Bible</i> Polyglotte de Philippe II. &amp; depuis dans celle d'Angleterre. On en a fait diverses éditions <i>in-folio, in-quarto, in-octavo,</i> auxquelles on a joint le texte Hébreu de l'ancien Testament &amp; le Grec du nouveau. La meilleure de toutes est la première, qui est <i>in-folio</i> de l'an 1571. Elle est utile pour ceux qui commencent à apprendre l'Hébreu.</p><p>Les Protestans ont aussi publié plusieurs versions Latines de la <i>Bible</i> sur les originaux. Les plus estimées sont celles de Munster, de Léon de Juda, Zuinglien, de Castalio, ou Chastillon ; &amp; de Trémellius. Ces trois dernières ont été réimprimées plusieurs fois. Le beau Latin de Castalio a plû à bien de gens ; mais les plus sages ont trouvé son Latin trop affecté ; la meilleure de ses éditions est celle de 1573. Le nom de Léon de Juda, qui avoit été odieux aux Théologiens de Paris, ne déplut point à ceux de Salamanque ; ils retoucherent sa version en un petit nombre d'endroits ; ils la joignirent à l'ancienne édition Latine, telle que Robert Estienne l'avoit donnée avec des notes sous le nom de Vatable. Pour ce qui est de la <i>Bible</i> de Trémellius &amp; de Junius, elle a été du goût des Calvinistes, qui en ont publié diverses éditions.</p><p>On pourroit faire une quatrième Classe des <i>Bibles</i> Latines, qui comprendroit l'édition Vulgate retouchée sur les originaux. La <i>Bible</i> d'Isidorus Clarius est de ce nombre. Cet Auteur ne s'est pas contenté de réformer l'ancien exemplaire Latin ; il a corrigé l'Interprète en un grand nombre d'endroits qu'il a crû mal traduits ; quelques Protestans ont suivi cette même méthode, &amp; entr'autres André &amp; Luc Osiander, qui ont chacun publié une nouvelle édition de la Vulgate avec quelques corrections sur les originaux.</p><p>
    </p>
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    <p>
    BIBLES ORIENTALES . On doit mettre à la tête des versions Orientales de la <i>Bible,</i> celle des Samaritains, comme la plus ancienne de toutes : ne recevant pour toute Ecriture Sainte que les cinq livres de Moise, ils n'ont aussi traduit en leur langue Samaritaine que le Pentateuque ; ils ont fait leur traduction sur leur texte Hébreu Samaritain, qui est un peu différent du texte Hébreu des Juifs. Cette version Samaritaine n'a point été imprimée séparément. Elle ne se trouve que dans les Polyglottes de Paris &amp; de Londres.</p><p>
    </p>
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    <p>
    <pb n="605" facs="bpt6k8542165/f645/full/1200,/0/native.jpg"/> Bibles Chaldaïques . Ces <i>Bibles</i> ne sont autre chose que les gloses qui ont été faites par les Juifs dans le temps qu'ils parloient la langue Chaldaïque. Ils leur ont donné le nom de <i>Targumim,</i> ou <i>paraphrases,</i> parce que ce ne sont point de simples versions de l'Ecriture. Elles ont été insérées entières dans les grandes <i>Bibles</i> Hébraïques de Venise &amp; de Bâle ; mais on les peut lire plus commodément dans les Polyglottes, parce qu'elles y sont avec une traduction Latine.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Bibles Syriaques . Dès l'année 1562. Widmanstadius fit imprimer en Syriaque tout le nouveau Testament à Vienne en fort beaux caractères. Depuis ce temps-là il y en a eu plusieurs autres éditions, &amp; il a été inséré dans la <i>Bible</i> de Philippe II. avec une version Latine. Gabriel Sionita a aussi donné une belle édition Syriaque des Pseaumes à Paris en 1525. avec une interprétation Latine. On a imprimé toute la <i>Bible</i> en Syriaque dans les Polyglottes de Paris &amp; d'Angleterre.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Bibles Arabes . Dès l'année 1516. Augustin Justiniani, Evêque de Nébio, avoit fait imprimer à Gènes une version Arabe du Pseautier, avec le texte Hébreu &amp; la paraphrase Chaldaïque, &amp; il y a joint des interprétations Latines. On trouve des versions Arabes sur toute l'Ecriture dans les Polyglottes de Paris &amp; de Londres, &amp; une entière de tout l'ancien Testament qui a été imprimée à Rome en 1671. par ordre de la Congrégation de la propagation de la foi ; mais elle n'a point été estimée, parce qu'on l'a retouchée sur notre édition Vulgate. Les <i>Bibles</i> Arabes que nous avons ici ne sont point celles dont les Chrétiens se servent dans l'Orient. Quelques Savans croient que la version Arabe de l'ancien Testament, qui a été imprimée dans les Polyglottes de Paris &amp; de Londres, est celle de Saadias, au moins pour le fonds. Leur raison est qu'Aben-Ezra, grand Antagoniste de Saadias, rapporte des endroits de sa version, qui sont les mêmes que dans la version Arabe de ces deux Polyglottes. Cependant d'autres gens très-habiles ne croient point que nous ayons la version de Saadias. Erpénius fit imprimer en 1622. un Pentateuque Arabe, qu'on appelle communément le Pentateuque d'Erpénius, ou de Mauritanie, parce que cette version est faite par les Juifs de Mauritanie, &amp; à leur usage. Cette version est excellente, non seulement comme l'a remarqué Erpénius, parce qu'elle est très-littérale &amp; très-exacte ; mais encore parce que l'Auteur paroît avoir été très-habile dans l'Hébreu, &amp; dans l'intelligence de l'Ecriture, &amp; qu'il donne aux mots Hébreux des interprétations qui outre une grande exactitude marquent encore beaucoup de capacité.</p><p>On a publié aussi à Rome en 1591. <i>in-folio</i> les quatre Evangiles en Arabe, avec une version Latine qui y est jointe, &amp; il se trouve des exemplaires de cette édition de Rome, où il n'y a que le texte Arabe. Gabriël Sionita a depuis fait réimprimer dans la <i>Bible</i> Polyglotte de Paris ces quatre Evangiles Arabes, les ayant seulement retouchés en quelques endroits. Les Anglois ont mis dans leur Polyglotte ces mêmes Evangiles Arabes de Gabriël Sionite. Erpénius a donné au public un nouveau Testament Arabe entier, tel qu'il étoit dans son exemplaire manuscrit ; il a été imprimé à Leyde en 1616.</p><p>
    </p>
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    <p>
    Bibles Cophtes , ou Coptes. Nous n'avons rien de la <i>Bible</i> imprimé en Cophte ; mais on en trouve plusieurs exemplaires manuscrits dans les bonnes Bibliothèques, &amp; principalement dans celle du Roi. Consultez l'<i>Histoire critique du nouveau Testament</i> ch. 16.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bibles Ethiopielles . Les Ethiopiens ont aussi toute la <i>Bible</i> traduite en leur langue. On en a imprimé separément les Pseaumes, le Cantique des Cantiques, quelques chapitres de la Genèse, Ruth, Joël, Jonas, Sophonias, Malachie, &amp; le Nouveau Testament ; tous ces livres ont été depuis réimprimés dans la <i>Bible</i> Polyglotte d'Angleterre. Pour ce qui est du nouveau Testament Ethiopien qui a été d'abord imprimé à Rome en 1548. c'est une pièce peu exacte. Les Anglois l'ont inséré avec les mêmes fautes dans leur Polyglotte. On pourroit donner une <i>Bible</i> Ethiopienne entière sur les manuscrits qui se trouvent dans la Bibliothèque de Mr. le Chancelier Seguier, &amp; dans celle des Religieux Dominicains de la rue S. Honoré.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bibles Arméniennes . Il y a une version assez ancienne de toute la <i>Bible</i> en langue Arménienne. Elle a été faite sur le texte Grec des Septante par quelques-uns de leurs Docteurs qui vivoient vers le temps de saint Jean Chrysostome. Comme elle ne se trouvoit qu'en manuscrit, à la réserve de quelques petites parties qui avoient été imprimées séparément ; un de leurs Evêques la fit imprimer entière en beaux caractères Arméniens <i>in</i>-4° à Amsterdam en 1664. avec le nouveau Testament <i>in</i>-8°. Consultez l'<i>Histoire Critique du Vieux Testament,</i> liv. 2. chap. 16.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bibles Persiennes . Quelques Pères semblent affirmer que toute l'Ecriture a été autrefois traduite dans la langue des Persans. Mais il ne nous reste rien aujourd'hui de cette ancienne version, qui avoit été faite sans doute sur le Grec des Septante. Le Pentateuque Persan qu'on a imprimé dans la Polyglotte d'Angleterre, est de la façon d'un Juif. On trouve dans la même Polyglotte les quatre Evangiles en Persan, avec une traduction Latine ; mais cette version Persienne, qui est assez nouvelle &amp; peu exacte, ne peut pas être d'une grande utilité. Dans le Moréri l'on a dit <i>Bibles Persannes,</i> qui en effet paroît mieux que <i>Persiennes</i> ; car on dit la langue <i>Persanne,</i> un manuscrit <i>Persan,</i> un livre <i>Persan.</i> On pourroit dire aussi <i>Bibles Persiques</i> ; mais <i>Persannes</i> paroît meilleur. R. Jacob, fils de Joseph, est un Juif Persan, né dans la ville de Tusi, de la Province de Corassan ; il est Auteur de la version Persanne du Pentateuque. P. Le Long. Et ici même l'on vient de dire, le Pentateuque <i>Persan,</i> &amp; non pas <i>Persien.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bibles Gothes . On croit communement que Wlphilas, Evêque Goth, qui vivoit dans le quatrième siècle, a fait une version entière de la <i>Bible</i> pour ceux de sa nation, à la réserve des livres des Rois, qu'il ne traduisit point à cause des guerres fréquentes dont il y est parlé : il craignoit d'inspirer à sa nation déja trop guerrière l'amour de la guerre, en lui proposant l'exemple de tant de Rois. Il ne nous reste de cette version écrite en l'ancienne langue des Goths que les quatre Evangiles qui ont été imprimées <i>in</i>-4°. à Dordrecht en 1665. sur un très-ancien manuscrit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bibles Moscovites . On a imprimé à Ostrovie dans la Volindie en 1581. une <i>Bible</i> entière en langue Esclavone. C'est ce qu'on appelle communément la <i>Bible</i> Moscovite. Constantin Basile, Duc d'Ostrovie, a fait imprimer cette version pour l'usage de tous les Chrétiens qui parlent la langue Esclavone, dont la Moscovite est un dialecte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bibles en langues vulgaires . L'usage des versions en langues vulgaires ne vient point des Protestans ; car avant que le nom des Protestans fût connu dans le monde, il y avoit des traductions de l'Ecriture en François, en Espagnol, en Allemand, en Italien, &amp; même long-temps auparavant en vieux François, qui étoit la langue Allemande, &amp; en vieux Saxon. On trouve dans la bibliothèque du Roi un grand nombre de <i>Bibles</i> Françoises manuscrites, qui ont appartenu à nos Rois &amp; aux plus grands Seigneurs de leur Cour. On y voit un exemplaire Latin &amp; François de toute la <i>Bible,</i> qui a été écrit par un Duc de Bourgogne. Il y a dans cette même bibliothèque une <i>Bible</i> entière manuscrite en langue Catalane. Consultez l'<i>Histoire critique des versions, tant du nouveau, que de l'ancien Testament ;</i> il y est parlé en détail des traductions de l'Ecriture en langues vulgaires. Voyez <ref type="search" target="head:Polyglotte">Polyglotte</ref>. Voyez aussi le P. Le Long de l'Oratoire, dans sa <i>Bibliothèque sacrée,</i> où il indique toutes les <i>Bibles</i> que l'on peut connoître en quelque langue que ce soit, &amp; toutes leurs éditions.</p><p>Guillaume Breton, Cordelier, a fait un Opuscule des mots les plus difficiles dans la <i>Bible.</i></p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>On dit aussi la Grand' <i>Bible</i> des Noëls vieux &amp; nouveaux ; pour dire, les livres où sont contenues les Chansons de Noël. On appelle aussi <i>Bible Guyot,</i> une Satire universelle faite par un vieux Poëte François, nommé Hugues de Bercy, Religieux de Cluny, qu'on nomma d'abord <i>Bible Huguyot.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIBLIOGRAPHIE</head>
    <p>
    BIBLIOGRAPHIE , s. f. Ce mot vient du Grec, &amp; signifie la connoissance &amp; le déchiffrement des anciens manuscrits sur l'écorce des arbres, sur le papier &amp; sur le parchemin. <pb n="606" facs="bpt6k8542165/f646/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Bibliographia</i>. Scaliger, Saumaise, Casaubon, Sirmond, Petau &amp; Mabillon, étoient habiles dans la <i>Bibliographie.</i> Spon. Le R. P. Louïs Jacob nous donne tous les ans la <i>Bibliographie</i> Parisienne. Mascur. Les Journaux rendent maintenant une <i>Bibliographie</i> pareille inutile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4939" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIBLIOMANE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BIBLIOMANE</head>
    <p>
    &#9758; BIBLIOMANE , s. m. Qui est atteint de la bibliomanie, ou de la passion des livres. Cette espèce de maladie, assez commune, est assez bien décrite dans ces vers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4940" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIBLIOMANIE" />
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    <head>BIBLIOMANIE</head>
    <p>
    BIBLIOMANIE , s. f. Passion, fureur d'avoir des livres. <i>Bibliomania.</i> La <i>Bibliomanie,</i> disoit M. Patin, est une des maladies de ce siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4941" id="1" type="">
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    <head>BIBLIOPHILE</head>
    <p>
    &#9758; BIBLIOPHILE , s. m. Qui aime les Livres. Les Ouvrages d'une grosseur énorme, doivent être regardés comme des Mémoires à consulter, suivant le besoin, ou la curiosité. Ce sont des Archives, plutôt que des Livres. On ne lit point ces Ouvrages ; on les parcourt ; &amp; souvent sans savoir ce qu'ils contiennent, on sait seulement qu'on les possède. Il arrive de-là que ces grands magasins de science n'en donnent que médiocrement au Public, qu'ils effrayent ; &amp; que tant de doctes recherches ne servent qu'à augmenter les grandes Bibliothèques, &amp; qu'à orner les cabinets des riches <i>Bibliophiles. Observ. sur les Ecr. mod.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIBLIOTHÉCAIRE</head>
    <p>
    BIBLIOTHÉCAIRE , s. m. Celui qui est préposé pour garder, ou pour avoir soin d'une Bibliothèque. <i>Bibliothecae custos, praefectus.</i> Fabian étoit <i>Bibliothécaire</i> du Vatican, dont il a fait un Index ou un Catalogue, qui compose un volume <i>in-fol.</i> C'est présentement (1698.) le Cardinal Noris, qui est <i>Bibliothécaire</i> du Vatican. On a dit d'un <i>Bibliothécaire</i> ignorant, que c'étoit un Eunuque à qui l'on avoit donné à garder le Serrail. Un <i>Bibliothécaire</i> de cette espèce faisant le catalogue de la Bibliothèque, dont il avoit soin, trouva un livre Hébreu qu'il marqua en ces termes sur son catalogue : Item un livre dont le commencement est à la fin.</p><p>L'emploi de <i>Bibliothécaire</i> étoit autrefois dans les Monastères un office claustral, &amp; celui qui l'exerçoit étoit regardé comme administrant une partie du temporel du Monastère. Voyez le P. Thomassin. Un des Offices de l'Eglise Romaine étoit celui de <i>Bibliothécaire. Anastase dans Grégoire II.</i> M. de Bautru étant en Espagne, alla voir la Bibliothèque du fameux Monastère de l'Escurial, &amp; ayant trouvé le <i>Bibliothécaire</i> si ignorant, qu'il ne savoit pas le nom de la plupart des livres, il dit au Roi d'Espagne qu'il devoit donner l'administration de ses finances au <i>Bibliothécaire</i> de l'Escurial. Pourquoi ? dit le Roi d'Espagne. C'est, lui repliqua M. de Bautru, parce qu'il n'a jamais touché à ce que votre Majesté lui a confié.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4942" id="2" type="">
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    <head>BIBLIOTHÉCAIRE</head>
    <p>
    Bibliothécaire , se dit aussi des Auteurs qui ont écrit des Catalogues des livres, tels que ceux qui sont nommés dans le livre du Père Labbe, qui en a fait une compilation. <i>Qui scribendis librorum Catalogis operam dederunt.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4943" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIBLIOTHÈQUE" />
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    <head>BIBLIOTHÈQUE</head>
    <p>
    BIBLIOTHÈQUE , s. f. Appartement ou lieu destiné pour y mettre des livres ; galerie, bâtiment plein de livres. <i>Bibliotheca.</i> On le dit aussi des livres en général qui sont rangés dans ce vaisseau.</p><p>Quelques Auteurs rapportent l'origine des <i>Bibliothèques</i> aux Hébreux, &amp; ils disent que le soin qu'ils eurent de conserver les livres divins, &amp; les mémoires qui concernoient les actions de leurs ancêtres, fut un exemple pour les autres nations, &amp; principalement pour les Egyptiens. Osymandrias, Roi d'Egypte, voulut qu'il y eût une <i>Bibliothèque</i> dans son palais, &amp; que l'on mît sur la porte . Les Ptolomées, qui regnèrent dans le même pays, furent aussi curieux &amp; magnifiques en livres. L'Ecriture Sainte parle d'une <i>Bibliothèque</i> des Rois de Perse. 1. Esdr. V. 15. VI. 1. Quelques-uns veulent qu'elle fut composée principalement des Historiens de la nation, &amp; des mémoires qui regardoient les affaires ; mais il semble que c'étoit plutôt un trésor des titres, ou des chartres &amp; ordonnances des Rois, qu'une <i>Bibliothèque.</i> Le texte Hébreu l'appelle d'abord seulement la maison des trésors, &amp; ensuite la maison des livres des trésors. On pourroit plus justement appeller <i>Bibliothèque,</i> celle que l'Auteur du second Livre d'Esdras, dit que Néhémie construisit, &amp; dans laquelle il rassembla les livres des Prophètes &amp; de David, &amp; les lettres des Rois.</p><p>Le premier qui en dressa une à Athènes, fut le Tyran Pisistrate. A la vérité Strabon, dans le 17e livre de sa Géog. assure qu'Aristote fut le premier d'entre les Grecs, qui se mit en peine d'amasser plusieurs livres, &amp; de dresser une <i>Bibliothèque</i> ; mais il est constant que long-temps avant Aristote, Pisistrate en avoit fait une à Athènes, que Xerxès transporta en Perse, &amp; que Séleucus Nicanor fit reporter à Athènes. Voyez Aulu-Gelle, Liv. VI. ch. 17. Dans la suite Sylla la pilla ; Hadrien la rétablit. Voyez sur cette <i>Bibliothèque</i> &amp; ses ornemens. Meursius, <i>Athen. Att. L. III. C.</i> 5.</p><p>Plutarque dit que sous Eumenes, la <i>Bibliothèque</i> de Pergame contenoit 200000 volumes. Tyrannion, Grammairien célèbre, contemporain de Pompée, avoit une <i>Bibliothèque</i> de 3000 volumes. Celle de Ptolomée Philadelphe en contenoit, au rapport d'Ammien Marcellin, 700000. Ces volumes étoient des cahiers en rouleaux. Elle fut presqu'entièrement brûlée par les gens de César.</p><p>Constantin &amp; ses successeurs érigèrent à Constantinople une magnifique <i>Bibliothèque.</i> Julien fit transporter à Antioche la riche <i>Bibliothèque</i> de Georges, faux Patriarche d'Alexandrie. Valens &amp; Théodose le Jeune, entre les autres, prirent à coeur d'accroître la <i>Bibliothèque</i> de Constantinople, ensorte qu'au VIIIe siècle, lorsque Léon l'Isaurique la fit brûler, il y avoit 300000 volumes, &amp; un entr'autres, où l'Iliade &amp; l'Odissée d'Homère étoient écrites en lettres d'or sur les boyaux d'un serpent.</p><p>Les plus fameuses <i>Bibliothèques</i> de l'ancienne Rome étoient l'Ulpienne, &amp; la Palatine. On vante aussi celle de Paul Emile, qui vainquit Persée, de Lucilius Lucullus, d'Asinius Pollio, de Julius Sévérus, de Domitien, de Séranus, de Pamphyle Martyr, &amp; de l'Empereur Gordien. Voyez Picard <i>Celtoped.</i> Liv. V. p. 217. 218. César en avoit plusieurs très-bien fournies ; Cicéron avoit aussi fait beaucoup de dépense à la sienne, comme il paroît par sa lettre 77e du L. XIIIe. Il disoit qu'il préféroit la <i>Bibliothèque</i> de P. Atticus à toutes les richesses de Crassus. La <i>Bibliothèque</i> de Trajan, dressée par les soins de Pline le jeune, étoit aussi fort ample, &amp; fort belle. Sénèque, <i>De Tranquil. cap.</i> 9. parle de <i>Bibliothèques</i> qui contenoient des livres sans nombre, &amp; dont le maître n'avoit pas seulement lû le catalogue en sa vie. La première <i>Bibliothèque</i> publique qui a été à Rome fut l'ouvrage d'Asinius Pollio.</p><p>Autrefois les grandes Eglises avoient des <i>Bibliothèques.</i> Saint Jérôme, contre Jovinien, fait mention des <i>Bibliothèques</i> des Eglises. Eusèbe, Liv. V. ch. 4. parle de celle de Jerusalem, faite par l'Evêque Alexandre. S. Jérôme, sur l'épître à Tite &amp; dans son troisième Livre contre les Pélagiens, de celle de Césarée ; Anastase, dans la vie de Gélase, de celle de Rome. Et dans la vie d'Hilarus il dit qu'il fit deux <i>Bibliothèques</i> dans le Baptistère de Latran. Le Pape Nicolas V. a été très-curieux d'amasser des livres ; c'est lui qui a jetté les fondemens de la <i>Bibliothèque</i> du Vatican en 1450. Elle fut ruinée par le Connetable de Bourbon au sac de Rome, &amp; rétablie dans la suite par Sixte V. Elle s'est fort enrichie des débris de celle de Heidelberg, qui fut pillée par le Comte de Tilly en 1622.</p><p>Une des plus accomplies <i>Bibliothèques</i> de l'Europe, a été celle qui fut dressée à Florence par Cosme de Médicis, le Patron des Muses. Les Ducs de Florence ont fait graver sur la porte de leur <i>Bibliothèque, Labor absque Labore.</i> François I. qui avoit une passion extraordinaire pour les sciences, chargea le savant Budée du soin d'ériger une <i>Bibliothèque</i> ; elle a été fort augmentée par le Cardinal de Richelieu, &amp; elle doit le comble de sa gloire à Mr de Colbert ; ensorte que la <i>Bibliothèque</i> du Roi est peut-être la plus riche, la plus nombreuse &amp; la plus curieuse de l'Europe. La <i>Bibliothèque</i> de l'Empereur est composée de 80000 volumes, &amp; de 15940 médailles curieuses, comme témoigne Lembétius.</p><p>M. De Galois a publié en 1680. Un Traité des <i>Bibliothèques.</i> Conringius en a fait un de la composition d'une <i>Bibliothèque</i> <pb n="607" facs="bpt6k8542165/f647/full/1200,/0/native.jpg"/>par rapport à celle de Wolfenbuttel, qui est fort ample, &amp; fort curieuse. Il n'y a peut-être point de meilleur Traité des <i>Bibliothèques</i> anciennes &amp; modernes que celui de Lomeyer, imprimé à Zutphen en 1669.</p><p>On dit figurément d'un homme savant, que c'est une <i>Bibliothèque</i> vivante. Béroalde a été appellé une <i>Bibliothèque vivante</i> par Pic de la Mirandole, &amp; Longin par Wormius.</p><p>Durandus témoigne qu'on a appellé <i>Bibliothèques</i> les livres du vieux &amp; du nouveau Testament : c'est un nom qu'on leur a donné par excellence.</p><p>Les Bénédictins de la Congrégation de S. Maur ont fait imprimer à Paris en 1693. sous le titre de <i>Bibliothèque divine de S. Jérôme,</i> la version Latine que ce Père a faite de l'Ecriture sur le texte Hébreu, &amp; qu'il a appellé lui-même le <i>Canon Hébreu.</i> Mais il y a de grandes raisons de douter que cette <i>Bibliothèque divine</i> soit le pur Canon Hébreu de S. Jérôme.</p><p>Ce mot vient du Grec , comme <i>librorum repositorium.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIBLIOTHÈQUE</head>
    <p>
    Bibliothèque , est aussi un Recueil, une Compilation de plusieurs ouvrages de même nature, ou d'Auteurs qui ont compilé tout ce qui se peut dire sur un même sujet. <i>Collectanea, excerptiones, excerpta.</i> Appollodore d'Athènes, qui vivoit du temps de Ptolomée Evergete Roi d'Egypte, environ 240 ans avant Jesus-Christ, a donné le premier l'idée de ces sortes d'ouvrages. La <i>Bibliothèque</i> de l'origine des Dieux que ce célèbre Grammairien composa, a trouvé des imitateurs en chaque genre de littérature, comme on le va voir. La <i>Bibliothèque historique</i> de Diodore de Sicile est une histoire générale de tous les temps, ou un Recueil de plusieurs points historiques de tous les temps. La <i>Bibliothèque</i> des Pères ; c'est un recueil des Ouvrages de divers Pères. Il fut commencé par Marguarin de la Bigne, Docteur de Sorbonne, sur la fin du XVIe siècle. Il y en a eu depuis cinq éditions, dans chacune desquelles cet ouvrage a toujours grossi. Les deux plus amples sont celle de Cologne qui est en XV. volumes, &amp; celle de Lyon faite en 1678. qui est de XXVII. Mais il y a un grand défaut ; c'est que les ouvrages des Pères Grecs n'y sont qu'en Latin dans des traductions. La <i>Bibliothèque</i> du Droit François par Laurent Bouchel. Pierre d'Alva a fait la <i>Bibliothèque</i> de la conception de la Vierge en VI. volumes. Enfin, on appelle <i>Bibliothèque</i> un livre qui parle indifféremment de toutes sortes d'Auteurs &amp; d'écrits sur différentes matières. Photius, parmi les Grecs, nous a laissé une <i>Bibliothèque,</i> où il a donné l'abrégé de près de 300 volumes de différens Auteurs, &amp; porté son jugement sur chacun.</p><p>On a appellé <i>Bibliothèque volante,</i> des Recueils de diverses pièces qui n'excèdent pas six feuilles. M. Bayle a nommé ces sortes de pièces, des <i>pièces fugitives,</i> parce qu'elles se perdent, &amp; qu'on les néglige à cause de leur petitesse ; comme des Panégyriques, Harangues, Descriptions de fêtes, &amp;c. telle qu'est celle de Jean Cinelli, Italien, Academicien de Florence, qu'il appelle <i>Bibliothèque</i> volante, <i>Bibliotheca volante,</i> imprimée en 1677. La <i>Bibliothèque</i> des Philosophes Chymiques, contenant plusieurs Traités &amp; Dialogues d'Hermès, de Marie, de Calid, de Morien, d'Artéphius, de Géber, &amp;c. Il y a une <i>Bibliothèque</i> Anatomique faite par Le Clerc &amp; Manget, Médecins de Genève, qui ont rassemblé en un corps un grand nombre de Traités singuliers d'Anatomie.</p><p>On appelle aussi <i>Bibliothèque,</i> les livres qui contiennent les Catalogues des livres qui composent les <i>Bibliothèques. Librorum Catalogi, indices.</i> Gesner, Possevin, Photius ont fait des <i>Bibliothèques.</i> La <i>Bibliothèque</i> de M. de Cordes, de M. de Thou par Bouilland. Le Père Labbe, Jésuite, a fait la <i>Bibliothèque</i> des <i>Bibliothèques</i> ; c'est un livre <i>in</i>-8°. qui contient seulement le Catalogue de ceux qui ont écrit des <i>Bibliothèques.</i> On y trouve un Recueil de tous les Catalogues des livres qui ont été faits jusqu'à présent par les Auteurs de toutes sortes de nations ; les Elogistes des hommes illustres ; les plus fameux Imprimeurs &amp; Libraires de l'Europe ; &amp; tous ceux qui ont écrit des cabinets célèbres, des monnoies, des poids &amp; des mesures, des inscriptions &amp; monumens de l'antiquité.</p><p>Martin Lippenius, Allemand, a fait une <i>Bibliothèque</i> réelle de Philosophie, Médecine, Jurisprudence &amp; Théologie, en quatre volumes <i>in-fol.</i> qui contient les noms des Auteurs qui ont écrit de ces sciences. Il l'appelle <i>réelle,</i> parce qu'il suit l'ordre des matières. Michel Hertzius a fait la <i>Bibliothèque</i> d'Allemagne, ou le recueil des Auteurs qui ont écrit des affaires de ce pays-là.</p><p>En France on n'a point encore une <i>Bibliothèque</i> générale de tous les Auteurs. Il y en a de particulières du sieur de La Croix du Maine, Manceau, &amp; d'Antoine du Verdier. La <i>Bibliothèque</i> Françoise de Sorel, est un livre où l'on a prétendu dresser une <i>Bibliothèque</i> qui ne soit composée que de livres François, &amp; qui soit néanmoins suffisante pour parvenir à l'Encyclopédie. L'Espagne en a une par Nicolas Antonio. Il y a aussi une <i>Bibliothèque</i> d'Espagne de Peregrinus, ou d'André Schot, des Ecrivains Espagnols en 1608. La <i>Bibliothèque</i> Sainte de Sixte.</p><p><i>Bibliothèque Rabbinique.</i> C'est un livre qui contient une liste des Rabbins qui ont écrit, de leurs ouvrages, des éditions de ces ouvrages, du temps qu'ont vécu les Auteurs, des lieux &amp; des années auxquelles leurs ouvrages ont été imprimés. Il y a plusieurs <i>Bibliothèques Rabbiniques.</i> Manasse Ben Israël, R. Jean-Baptiste Jonas, Juif converti au Christianisme, en ont commencé deux, que la mort les empêcha de finir. R. Schabtai Ben Joseph en a donné une, intitulée, <i>Siphte Jeschenim</i> ; c'est-à-dire, <i>Les lèvres des dormans.</i> Nous en avons aussi une de Julius Conradus Ottho, Juif converti, sous le titre de <i>Galiae Razia, l'Explication des choses cachées.</i> Entre les Chrétiens Gesner, Sixte de Sienne, Molderus, Théodore Ebert, Possevin, Besodneus, Plantavit de la Pause, Hottinger, Celestin du Mont Marsan, Nicolaus Antonius Heddeger, Buxtorf, &amp; M. Simon, nous ont donné de ces Notices des ouvrages Rabbiniques. Mais la plus ample, &amp; qui mérite le mieux de porter le nom de <i>Bibliothèque Rabbinique,</i> est celle de Bartolocci, Abbé de l'Ordre de S. Bernard, continuée par Imbonali en cinq volumes, imprimés à Rome.</p><p>La <i>Bibliothèque</i> Chymique de Borelli. Le Royaume de Naples en a une faite par Nicolas Toppy, commentée par Leonard Nicodème.</p><p>Il y a des <i>Bibliothèques</i> des Bénédictins par Trithème ; de ceux de Cîteaux, par Charles de Visch ; des Chanoines Réguliers, par Gabriel Pennet ; des Augustins, par Herrera &amp; Elsius. La <i>Bibliothèque</i> des Prémontrés, par Jean le Page ; des Dominicains, par Leander Alberti, Antoine de Sienne, &amp; par Ambroise d'Altamura ; des Franciscains, par Luc de Wading, Cordelier Hibernois ; des Jésuites, par Philippe Alegambe, Pierre Ribadeneira, &amp; Nathanaël Sotwel.</p><p>La <i>Bibliothèque</i> Orientale des livres Hébraïques, Syriaques, Arabiques, Egyptiaques, Ethiopiques, &amp;c. de Henri Hottinger, Suisse en 1667. La <i>Bibliothèque</i> Orientale de M. d'Herbelot. Elle ne contient pas seulement le Catalogue des Livres Arabes, Persans &amp; Turcs ; c'est aussi un Dictionnaire historique, Géographique, &amp;c. des Orientaux ; c'est-à-dire, des Arabes, des Persans, &amp; des Turcs.</p><p>Il y a une nouvelle <i>Biblothèque</i> des Auteurs Ecclésiastiques par M. Du Pin, Docteur de Paris, contenant l'Histoire de leur vie, le Catalogue, la Critique &amp; la Chronologie de leurs Ouvrages, le sommaire, le jugement de leur style &amp; de leurs différentes éditions.</p><p>La <i>Bibliothèque</i> Historique de Paul Bolduanus, qui a fait un Recueil des Historiens &amp; des Géographes.</p><p>La <i>Bibliothèque</i> choisie de Paul Colomies, imprimée en 1682.</p><p>La <i>Bibliothèque</i> curieuse de Jean Hallervord de Konisberg, imprimée en 1672.</p><p>Gabriel Naudé a fait un Avis pour dresser une <i>Bibliothèque,</i> publié en 1627.</p><p>La <i>Bibliothèque</i> Universelle, est un Journal des Savans composé par M. Le Clerc. Il commence à l'année 1686. &amp; finit en 1693. en 25. vol. <i>in</i>-12. Il a donné depuis à ses Compilations le titre de <i>Bibliothèque</i> Choisie, &amp; depuis deux ou trois ans celui de <i>Bibliothèque</i> ancienne &amp; moderne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIBLIOTHÈQUE</head>
    <p>
    Bibliothèque , s'est pris autrefois très-souvent pour la Bible. On en trouve plusieurs exemples dans les Auteurs Ecclésiastiques. L'Auteur de la vie de Guillaume Evêque du Mans, dit qu'entre les présens qu'il fit en mourant à son <pb n="608" facs="bpt6k8542165/f648/full/1200,/0/native.jpg"/>Eglise, il y avoit une <i>Bibliothèque</i> en deux volumes, c'est-à-dire, une Bible.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4944" id="1" type="">
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    <head>BIBLISTE</head>
    <p>
    BIBLISTE , s. m. &amp; f. <i>Biblista. Haereticus solis Bibliis inhaerens.</i> C'est le nom que quelques Auteurs, comme Sanderus, ont donné aux Hérétiques qui ne reçoivent pour règle de leur for que l'Ecriture-Sainte, sans reconnoître ni les Traditions, ni de Juge des controverses, ni d'Interprête infaillible de l'Ecriture. Ce mot, quant à sa signification, revient à ce que les Juifs appellent Caraïtes ; mais d'ailleurs les Caraites diffèrent fort des <i>Biblistes</i> ; car les Caraites reconnoissent l'autorité qu'avoient l'Eglise &amp; le Grand Prêtre, &amp; ne rejettent que les Traditions, au lieu que les <i>Biblistes,</i> contre le précepte de l'Ecriture, rejettent les Traditions divines &amp; Apostoliques, ne reconnoissant point de Juge en matière de dogme, &amp; font profession de s'en tenir à l'Ecriture malgré l'Ecriture même, qui recommande les Traditions, &amp; qui enseigne clairement l'infaillibilité de l'Eglise dans ses décisions. Encore les Caraïtes sont-ils regardés par les Juifs comme des Hérétiques. Que penser donc des <i>Biblistes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4945" id="1" type="">
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    <head>BIBRACTE</head>
    <p>
    BIBRACTE , s. f. <i>Bibracte.</i> Ancienne Ville des Eduens dans la Gaule. Voyez Autun, &amp; de S. Julien, <i>Ant. des Bourg.</i> p. 299.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4946" id="1" type="">
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    <head>BIBUS</head>
    <p>
    BIBUS . Terme indéclinable &amp; ironique, qui se dit des choses qu'on veut mépriser. <i>Nullius nominis, ponderis.</i> Un Avocat, un Poëte de <i>bibus,</i> est un méchant Avocat, un mauvais Poëte. Des raisons de <i>bibus,</i> ce sont des raisons vaines &amp; peu solides. C'est une affaire de <i>bibus</i> ; c'est-à-dire, de nulle importance.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BICA" />
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    <head>BICA</head>
    <p>
    BICA , subst. fém. Poisson qui se pêche sur la côte de Biscaye. L'on pêchoit une espèce de poisson ressemblant en grandeur, couleur, &amp; goût, aux <i>Vesugos de S. Ander,</i> en Biscaye, que les Mariniers appellent <i>Bicas.</i> Wicqfort.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BICARRELLE</head>
    <p>
    BICARRELLE , ou BIGARRELLE, s. f. C'est le nom que les enfans donnent en Berry à l'instrument &amp; au jeu qu'ils appellent Bâtonnet à Paris. Jouer à la <i>bicarrelle,</i> une partie de <i>bicarrelle.</i> La <i>bicarrelle</i> est trop grosse. Voyez <ref type="search" target="head:Bâtonnet">Bâtonnet</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BICEPS" />
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    <head>BICEPS</head>
    <p>
    BICEPS , subst. masc. C'est un des muscles de l'os du coude qui sert à le fléchir. Il est ainsi appellé, parce qu'il a deux têtes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BICEPS</head>
    <p>
    Biceps , se dit aussi par la même raison d'un des muscles fléchisseurs de la jambe. On l'appelle quelquefois <i>biceps femoris,</i> pour le distinguer de l'autre, qui est le <i>biceps cubiti,</i> ou du coude.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BICÊTRE</head>
    <p>
    BICÊTRE , s. m. Château proche de Paris au dessus du village de Gentilly. Une Charte de l'an 1290. fait connoître que cette maison appartenoit en ce temps-là à l'Evêque de Paris, &amp; qu'elle étoit appellée la Grange aux gueux. Ce Château ayant été possédé ensuite par Jean Evêque de Wincestre en Angleterre, il fut appellé le Château de <i>Wincestre,</i> d'où l'on a fait par corruption <i>Bicêtre</i> ; nom qu'il a toujours conservé, quoique dans la suite des temps il ait été démoli &amp; bâti bien des fois. C'est aujourd'hui un Hôpital, &amp; une espèce de prison où l'on enferme les gueux, les vagabonds, les coureurs, &amp; les jeunes garçons dont les parens sont mal contens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4950" id="2" type="">
   <index type="head" value="BICÊTRE" />
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    <head>BICÊTRE</head>
    <p>
    Bicêtre , s. m. C'est un nom populaire &amp; bas, que l'on donne à des enfans criards, opiniatres, malins, fripons, <i>adolescens nequam, nebulo</i> ; en un mot, semblables à ceux qu'on enferme à <i>Bicêtre</i> ; car c'est de-la qu'est venu ce mot. C'est un <i>bicêtre</i> qui me fait enrager. Petit <i>bicêtre,</i> si je vais à toi. Ah les <i>bicêtres,</i> je crois qu'ils me feront désespérer ! Tout cela ne se dit que par le peuple, &amp; en colère. Cependant on dit quelquefois en riant d'un enfant remuant &amp; vif, C'est un petit <i>bicêtre.</i> Ce mot a pénétré aussi dans les Provinces, où ceux qui le disent ne savent souvent guère ce que c'est que le Château de <i>Bicêtre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4951" id="1" type="">
   <index type="head" value="BICHE" />
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    <head>BICHE</head>
    <p>
    BICHE , s. f. Femelle du cerf. <i>Cerva.</i> Elle n'a point de bois sur la tête. Elle est d'une couleur tirant sur le bai-rouge. Elle court d'une très-grande vîtesse, &amp; a la vûe fort bonne. Un fan de <i>biche.</i> La <i>biche</i> entre en rut aux mois d'Août &amp; de Septembre. Elle porte son petit huit mois &amp; n'en fait qu'un à la fois. Callimaque donne des cornes aux <i>biches</i> comme aux cerfs. Voyez le Callimaque de Mademoiselle le Fèvre aujourd'hui Madame Dacier. Plutarque dit que les <i>biches</i> font ordinairement leur faons le long des grands chemins, parce que les bêtes qui vivent de proie n'y hantent pas ordinairement.</p><p>On dit qu'une <i>biche</i> montra un gué à Clovis, qui y fit passer la Vienne à son armée. Ce gué se nomme encore le pas de la <i>biche.</i> Le P. Jourdan.</p><p>Saumaise dérive ce mot de <i>bicula</i> ; Ménage de <i>bicca,</i> féminin de <i>biccus, bouc.</i> Guichard de , <i>tsebi, Caprea,</i> chèvre, dont se fait , <i>tsebija,</i> qui signifie la même chose, &amp; selon lui <i>cerva, bije,</i> d'où <i>biche</i> s'est formé.</p><p>On dit proverbialement, Il s'enfuit comme une <i>biche</i> ; pour dire, avec poltronnerie &amp; légèreté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4952" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="BICHENAGE" />
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    <head>BICHENAGE</head>
    <p>
    BICHENAGE , s. m. <i>Vectigal ex frumento, nucibus, &amp;c.</i> C'est un terme de Coutume . On connoît ce que c'est que le <i>bichenage,</i> par un extrait du dénombrement fait au Roi l'an 1522. par le Châtelain de la Terre &amp; Seigneurie de Bussi en Bourgogne. Le droit de <i>bichenage</i> de tous grains, &amp; de toutes autres choses qui se vendent au boessault au marché dudit lieu, &amp; non à autre jour est tel. C'est à savoir que d'un boessault l'on ne doit rien : de deux boesseaults l'on doit pour le <i>bichenage</i> une écuelle, de trois boessaults l'on ne paye qu'une éculée ; de quatre boesseaults, deux éculées ; de cinq boesseaults, l'on ne paye que deux éculées ; de six boesseaults l'on paye trois éculées, &amp; ainsi de plus le plus, &amp; du moins le moins, sans rien payer du non pair.... <i>Item</i> est à savoir que ledit <i>bichenage</i> se prend &amp; leve audit marchef des noix, des oignons ; &amp; de toutes autres choses qui se mesurent au boesseault en la forme &amp; manière que dessus.... <i>Item</i> est encore à savoir que ceux qui payent ledit <i>bichenage</i> ne doivent rien de vente ni de peage, à cause de ce dont ils auront payé le <i>bichenage.</i> M. Galland.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4953" id="1" type="">
   <index type="head" value="BICHET" />
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    <head>BICHET</head>
    <p>
    BICHET , s. m. Mesure de grains qui contient environ un minot de Paris. On le dit tant de la mesure que du blé qui y est mesuré. Le <i>bichet</i> est particulièrement en usage en Bourgogne &amp; en Lyonnois. Dans les anciens titres on trouve qu'il en falloit deux pour faire une hémine, ou deux quartaux ; en d'autres qu'il contenoit deux quartes ; que chaque quarte contenoit deux boisseaux, &amp; le boisseau vingt écuelles. <i>Bichetus.</i></p><p>Le <i>Bichet</i> est encore en usage à Montreau, à Moret, à Sens, à Meaux. A Montreau le <i>bichet</i> de froment pese 40. livres ; celui de méteil 38. livres, de seigle 36. livres : d'orge 32. livres, de champart 32. livres ; huit <i>bichets</i> font un septier du pays, qui est de seize boisseaux de Paris. Ainsi le <i>bichet</i> est égal à deux boisseaux de Paris. Le muid est de douze septiers ; mais on y ajoûte toujours quatre <i>bichets</i> pour faire le compte rond de 100. <i>bichets</i> pour un muid. Le <i>bichet</i> de Moret est un peu plus petit que celui de Montreau. A Sens il y a huit <i>bichets</i> au septier du pays, &amp; il en faut sept pour faire le septier de Paris. Ainsi il est plus petit d'une sixième que celui de Montreau : car le septier de Paris est de douze boisseaux. A Meaux le septier contient quatre minots, ou <i>bichets,</i> &amp; pese 200. livres ; par conséquent le <i>bichet</i> pese 50. livres, &amp; est de dix livres plus pesant &amp; plus grand que celui de Montreau.</p><p>On dit aussi un <i>bichet</i> de terre, en parlant de la mesure d'une terre qui a besoin d'un <i>bichet</i> de blé pour être semée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4954" id="1" type="">
   <index type="head" value="BICHON" />
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    <head>BICHON</head>
    <p>
    BICHON , s. m. Petit chien qui a le nez court, &amp; le poil long, blanc, &amp; fort délié. <i>Catellus.</i> Les <i>bichons</i> ont été long-temps à la mode chez les Dames : ce sont des chiens de manchon. On dit <i>bichonne</i> quand on veut parler de la femelle, &amp; alors il est féminin.</p><p>Quelques-uns croient que ce mot vient de <i>barbet,</i> &amp; qu'on a dit <i>barbiche, barbichon,</i> puis <i>babiche, babichon,</i> &amp; enfin par abrégé <i>biche</i> &amp; <i>bichon,</i> comme si c'étoit un petit <i>barbet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4955" id="1" type="">
   <index type="head" value="BICHOT" />
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    <head>BICHOT</head>
    <p>
    BICHOT , s. m. Mesure de grains en usage à Dijon, qui est la charge d'un cheval, &amp; pese 336. livres. <i>Mensura aridorum pondo</i> 336. <i>librarum.</i> A Dijon l'on y compte par quatranches, <pb n="609" facs="bpt6k8542165/f649/full/1200,/0/native.jpg"/>quartaux, <i>bichots</i> &amp; hémines. Le quatranche de froment tient 13. pintes &amp; demi de la grande mesure, il pese 42. livres, &amp; criblé 41. livres ; le quartau tient quatre quatranches ; le <i>bichot</i> deux quartaux ; &amp; l'hémine, qui est la charge de deux chevaux, tient deux <i>bichots.</i> De la Mare, <i>Traité de la Pol. L. V. T. VIII. c.</i> 3.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4956" id="1" type="">
   <index type="head" value="BICIA" />
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    <head>BICIA</head>
    <p>
    BICIA , s. f. Plante qui croît de soi-même aux Indes Occidentales. Elle est haute de la moitié plus qu'un homme : elle a les branches comme l'arbre du coton ; ses fruits sont enfermés dans des gousses semblables aussi à celles du coton, excepté qu'en dehors elles sont revêtues d'une petite toile un peu grosse en certaines veines, qui marquent par dehors les compartimens qui se voient au-dedans de la gousse, dans laquelle sont renfermés de petits grains rouges, qui s'attachent comme de la cire, &amp; sont encore plus visqueux. Les Sauvages font de ces grains de petites boules, auxquelles ils mêlent de la gomme, &amp; dont ils se peignent le visage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4957" id="1" type="mechanique">
   <index type="head" value="BICOQ" />
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    <head>BICOQ</head>
    <p>
    BICOQ , ou PIED DE CHEVRE, s. m. Terme de Méchanique . C'est le troisième pied qu'on ajoûte à la chèvre, ou machine qui sert à élever des poutres, ou autres gros fardeaux, quand on n'a point de murailles contre lesquelles on la puisse appuyer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4958" id="1" type="">
   <index type="head" value="BICOQUE" />
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    <head>BICOQUE</head>
    <p>
    BICOQUE , s. f. Place peu fortifiée &amp; sans défense. <i>Vile oppidulum.</i> On pend les Gouverneurs qui osent attendre le canon d'une armée royale dans une <i>bicoque.</i></p><p>Ce mot vient d'une place sur le chemin de Lodi à Milan, qui étoit une simple maison de Gentilhomme entourée de fossés, dans laquelle les Impériaux s'étant postés en l'année 1522. soutinrent l'assaut de l'armée Françoise conduite par le sieur de Lautrec du temps de François I. &amp; cette bataille s'appella <i>la journée de la Bicoque.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4959" id="1" type="anatomie">
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    <head>BICORNIS</head>
    <p>
    BICORNIS , s. m. Terme d'Anatomie . Plusieurs ne font qu'un muscle de deux des extenseurs du bras, le long &amp; le court, &amp; ils les appellent radial externe, &amp; d'autres <i>bicornis.</i> Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4960" id="1" type="">
   <index type="head" value="BICQUETER" />
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    <head>BICQUETER</head>
    <p>
    BICQUETER . Voyez <ref type="search" target="head:BIQUETER">BIQUETER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4961" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIDAUS" />
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    <head>BIDAUS</head>
    <p>
    BIDAUS , ou BIDEAUX, s. m. plur. Vieux mot François, qui signifioit autrefois des gens de guerre à pied, qu'on a appellés autrement <i>Pitauts.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4962" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIDENTALE" />
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    <head>BIDENTALE</head>
    <p>
    BIDENTALE , s. m. Prêtre chez les anciens Romains. <i>Bidentalis.</i> Les <i>Bidentales</i> étoient des Prêtres institués pour faire certaines cérémonies &amp; les expiations prescrites, lorsque la foudre étoit tombée quelque part. La première &amp; la principale étoit un sacrifice d'une brebis de deux ans, qui en Latin s'appelle <i>bidens.</i> De-là le lieu frappé de la foudre s'appelloit <i>bidental</i> ; il n'étoit point permis d'y marcher ; on l'entouroit de murailles, ou de palissades ; on y dressoit un autel ; &amp; les Prêtres qui faisoient ces cérémonies, du même mot <i>bidens,</i> étoient nommés <i>Bidentales.</i> Ce mot se trouve dans les Inscriptions antiques. Par exemple, SEMONI SANCO DEO FIDIO SACRUM SEX. POMPEIUS SP. F. COL. MVSSIANVS QVINQVENNALIS DE CVR. BIDENTALIS DONVM DEDIT.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4963" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIDET" />
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    <head>BIDET</head>
    <p>
    BIDET , s. m. Cheval de petite taille. <i>Mannus.</i> Les meilleurs <i>bidets</i> viennent en France. Pégase fut un bon <i>bidet.</i> Voit. Poussez votre <i>bidet.</i> Mol. c'est-à-dire, figurément, poussez votre fortune ; persévérez. Ce mot a aussi signifié <i>un petit pistolet de poche.</i></p><p>On appelle <i>double bidet,</i> un cheval de taille médiocre au-dessus de celle du <i>bidet.</i></p><p>&#9758; Bidet, signifie encore un petit établi de Menuisier, qui est portatif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4964" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BIDON" />
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    <head>BIDON</head>
    <p>
    BIDON , s. m. Terme de Marine . C'est un vaisseau de bois, dont on se sert sur mer pour mettre la boisson de chaque plat de l'équipage. Il contient sept chopines pour sept personnes. On l'appelle autrement <i>canette.</i> Ceux qui sont d'étain, ou de terre cuitte, s'appellent <i>frisons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4965" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIELLE" />
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    <head>BIELLE</head>
    <p>
    BIELLE , s. f. Petite Ville de Piedmont en Italie. <i>Bugella, Gaumellum, Laumellum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4966" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIELLOIS" />
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    <head>BIELLOIS</head>
    <p>
    BIELLOIS , s. m. <i>Bugellensis ager.</i> Petit pays de Piedmont, qui tire son nom de la Ville de Bielle, qui en est Capitale. Les Italiens l'appellent <i>Bielese.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4967" id="1" type="theologie">
   <index type="head" value="BIEN" />
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    <head>BIEN</head>
    <p>
    BIEN , s. m. Terme de Théologie . C'est en sa première signification le synonyme de <i>bon. Borum.</i> Le <i>bien</i> de chaque chose, est ce qui convient à sa nature. Les Philosophes Païens n'ont point connu le souverain <i>bien.</i> La Théologie Chrétienne nous apprend que Dieu est le souverain <i>bien</i> : c'est celui à qui on doit rapporter toutes choses : c'est ce que tous les êtres souhaitent. Sur la nature du <i>bien,</i> sur ses différences &amp; ses espèces, voyez la <i>Rhétorique d'Aristete,</i> Liv. I. c. 6.</p><p>Tout ce qui est propre à causer, ou à augmenter le plaisir en nous, se nomme <i>bien,</i> &amp; le contraire <i>mal.</i> C'est sur ce <i>bien,</i> &amp; sur ce mal, que roulent toutes nos passions.</p><p>On dit aussi en Théologie, l'arbre de la science du <i>bien</i> &amp; du mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4967" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIEN" />
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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , en termes de Jurisprudence , signifie, Toutes sortes de possessions &amp; de richesses. <i>Bona, divitiae, fortunae, opes.</i> Il y a deux sortes de <i>biens</i> ; les meubles, <i>Res moventes, mobiles</i> ; &amp; les immeubles, <i>Res non moventes, immobiles.</i> On ne doit pas quitter les <i>biens</i> éternels pour les <i>biens</i> temporels. Malheur à celui qui usurpe le <i>bien</i> d'autrui. Qui confisque le corps, confisque les <i>biens</i> ; pour dire, que tous les <i>biens</i> des condamnés au supplice, ou au bannissement perpétuel, appartiennent au Fisc. On dit qu'un homme s'oblige corps &amp; <i>biens</i> ; pour dire, qu'outre ses <i>biens</i> qu'il hypothèque, il s'oblige personnellement, &amp; se soumet encore à demeurer en prison, faute d'exécuter ce qu'il promet. On dit aussi, Séparer de corps &amp; de <i>biens</i> ; pour dire, faire jouïr une femme de son <i>bien</i> propre, &amp; la séparer de son mari, tant à l'égard du lit que des <i>biens,</i> &amp; la dispenser de l'obéissance conjugale.</p><p>On appelle un Curateur aux <i>biens</i> vacans, celui qu'on nomme pour défendre une succession abandonnée ; où il n'y a point d'héritiers.</p><p>On appelle Cession de <i>biens,</i> une renonciation qu'un débiteur fait en Justice à tous ses <i>biens,</i> qui pour cela étoit autrefois obligé de porter un bonnet verd. Il faut qu'une caution donne un état de ses <i>biens</i> &amp; facultés. Thémistocle disoit, J'aime mieux pour ma fille un homme qui ait besoin de <i>bien,</i> que du <i>bien</i> qui ait besoin d'un homme. Ablanc. Il faut savoir mépriser les richesses, les honneurs, &amp; tous ces autres <i>biens</i> en apparence, qui ne passeront jamais pour de véritables <i>biens</i> dans l'esprit du Sage. Boil. Le <i>bien</i> contribue beaucoup à affermir les hommes dans la vertu ; au lieu que la pauvreté est une tentation continuelle. Le Mait. Sans le <i>bien</i> la grandeur des Grands n'est que <i>bassesse,</i> &amp; c'est l'instrument le plus nécessaire à leur fortune, Id. On dit par manière de proverbe, Tous <i>biens</i> sont communs, &amp; n'y a moyens que de les avoir, mais il faut qu'ils soient légitimes. Loisel.</p><p>Les <i>biens</i> se divisent 1°. en meubles, <i>mobilia,</i> &amp; en immeubles, <i>immobilia.</i> 2°. En propres, <i>avita, paterna, haereditaria ;</i> en acquets, <i>alio quàm haereditatis jure acquisita, adepta ;</i> &amp; en conquets, <i>à viro &amp; uxore stante societate acquisita.</i> 3°. En droits réels, <i>jura realia,</i> &amp; en droits personnels, <i>jura personalia, quae personas afficiunt.</i> 4°. En nobles, <i>nobilia, immunia ;</i> &amp; en roturiers, <i>non immunia.</i></p><p>Les <i>biens</i> du Domaine de la Couronne, <i>ad fiscum spectantia,</i> ne peuvent être aliénés à perpétuité, si ce n'est par échange ; <pb n="610" facs="bpt6k8542165/f650/full/1200,/0/native.jpg"/>ils peuvent être vendus à la faculté de rachat perpétuel.</p><p>Les <i>biens</i> dotaux, <i>dotalia,</i> sont ceux qui procèdent de la dot, &amp; dont l'aliénation n'est pas permise au mari.</p><p>Les <i>biens</i> vacans, <i>vacantia,</i> sont ceux qui se trouvent abandonnés, soit parce que les héritiers renoncent, soit parce que le défunt n'a point d'héritiers.</p><p>Les <i>biens</i> paraphernaux, <i>paraphernalia,</i> sont ceux desquels la femme donne la jouissance à son mari, à condition de les retirer quand il lui plaît.</p><p>Les <i>biens</i> aventices, <i>adventitia,</i> sont ceux qui procèdent d'ailleurs que de succession de père ou de mère, d'aïeul ou d'aïeule.</p><p>Les <i>biens</i> profectifs, <i>profectitia,</i> sont ceux qui viennent de la succession directe.</p><p>Les <i>biens</i> réceptices, <i>receptitia,</i> étoient ceux que les femmes pouvoient retenir en pleine propriété, pour en jouïr à part, à la différence des paraphernaux &amp; des dotaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4967" id="3" type="">
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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se dit aussi pour signifier un héritage particulier. <i>Fundi.</i> Ce Gentilhomme a un beau <i>bien</i> dans telle Paroisse ; pour dire, un beau domaine, un grand territoire, un bon revenu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se dit aussi des fruits des héritages. <i>Fructus, fruges.</i> La gelée est bonne pour les <i>biens</i> de la terre, &amp; fait mourir la vermine. Les Rogations sont instituées pour prier Dieu pour les <i>biens</i> de la terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , en Physique &amp; en Morale, se dit encore de tout ce qui accommode nos affaires, de tout ce qui nous est utile, de tout ce qui nous peut procurer quelque avancement, de tout ce qui regarde notre intérêt &amp; notre profit, ou qui conserve ou rétablit notre santé. <i>Bonum, commodum, utilitas.</i> Cet homme étoit ruiné, la succession de son oncle lui a fait tous les <i>biens</i> du monde. Ce Seigneur fait du <i>bien</i> à ses domestiques. Les avis de ce Magistrat vont toujours au <i>bien</i> public. Caton alloit droit au <i>bien</i> public, mais d'un air farouche. S. Evr. Un ambitieux ne voulant du <i>bien</i> qu'à lui seul, tâche de persuader qu'il en veut à tous, afin que tous lui en fassent. La Br. Les gens vains regardent ceux à qui ils ont fait du <i>bien</i> comme leurs débiteurs, &amp; comme leurs inférieurs. S. Evr. En amour, un peu d'absence fait grand <i>bien.</i> Rab. Un remède pris à propos fait grand <i>bien.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se prend aussi pour Plaisir, joie. <i>Gaudium, voluptas, laetitia.</i> Nul <i>bien</i> sans peine. Voit. Tous les maux que j'ai soufferts n'égalent pas le bien de l'avoir vue. Id. Je n'aurai ni <i>bien</i> ni repos, que cela ne soit fait. C'est la condition humaine d'être assujettie à des révolutions du <i>bien</i> au mal, &amp; du mal au <i>bien.</i> Flech.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se dit aussi pour Faveur, grace, bienfait, bon office. <i>Beneficium, favor, gratia.</i> Ton amour est un <i>bien</i> qui m'est justement dû. Main. Votre Majesté ne se feroit pas grand tort, si elle me faisoit un peu de <i>bien.</i> Scar. Je lui ferai tant de <i>bien,</i> disoit Henri IV. en parlant d'un homme qui ne l'aimoit pas, que je l'obligerai à m'aimer. Vous m'avez fait un grand <i>bien</i> par vos avis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se prend encore pour Louange. <i>Laus.</i> Cet homme est obligeant, il dit du <i>bien</i> de tout le monde. Chacun dit du <i>bien</i> de son coeur, &amp; personne n'en ose dire de son esprit. Rochef. Ne parler de personne ni en <i>bien,</i> ni en mal. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se dit aussi de ce qui regarde la vertu, l'honnêteté, la valeur. <i>Probitas, virtus.</i> On dit, les gens de <i>bien,</i> des gens de <i>bien</i> ; pour dire, des gens vertueux, bons Chrétiens. Ce Prélat étoit un grand homme de <i>bien.</i> On exhorte les autres à faire le <i>bien,</i> il suffisoit de le proposer à cette Princesse. Flech. Nul ne fait le <i>bien</i> pour le <i>bien :</i> tous les hommes ont leurs vûes. Gom. Nous sommes portés au <i>bien</i> ou au mal, selon les premières impressions que nous recevons. S. Evr.</p><p>Cet étranger a bonne mine, il sent son <i>bien.</i> Corneille a dit d'un homme brave, Tu n'as fait le devoir que d'un homme de <i>bien ;</i> pour dire, d'un homme généreux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se dit aussi figurément pour science, lumière, connoissance, &amp; généralement pour tous les avantages de l'esprit. <i>Dotes ingenii, animi bona.</i> Ce Philosophe égaloit les richesses des Rois par les <i>biens</i> de l'esprit. S. Evr.</p><p>En termes de Rhétorique , on dit que c'est l'art de <i>bien</i> dire. <i>Ars benè dicendi.</i> Il s'est mis sur son <i>bien</i> dire, Il parle éloquemment.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIEN</head>
    <p>
    Bien , se dit aussi en plusieurs phrases adverbiales, &amp; alors il se prend pour <i>beaucoup,</i> ou pour <i>sagement,</i> ou pour <i>commodément,</i> ou pour <i>justement. Multùm, prudenter, commodè, rectè.</i> Ainsi on doit rapporter à l'une ou à l'autre de ces quatre significations les exemples qui suivent, comme, Il y a <i>bien</i> à profiter auprès de vos Docteurs. Pasc. Il feroit fort <i>bien</i> de se taire. Voit. Quand on est <i>bien,</i> il s'y faut tenir. Elle mérite <i>bien</i> cela. Mol. <i>Bien</i> marque aussi quelquefois la capacité, le pouvoir de faire une chose, comme quand on dit, Ferez-vous <i>bien</i> cela ? Je le ferai <i>bien.</i> Je m'acquitterai <i>bien</i> de cette commission. <i>Bien</i> se dit aussi pour, Véritablement, à la vérité : Il est <i>bien</i> en chemin, mais il n'est pas encore arrivé. Il est <i>bien</i> embarqué, mais il n'a pas encore désancré. <i>Bien</i> a encore plusieurs autres significations qu'on peut voir dans les exemples suivans, &amp; qui se rapportent plus ou moins à ce qu'on en a déja dit. Cela va de <i>bien</i> en mieux. Cet homme est fort <i>bien</i> dans ses affaires. On dit qu'un portrait ressemble en <i>bien</i> ; pour dire, qu'il est un peu flatté. On dit qu'un homme est <i>bien</i> mal ; pour dire, qu'il est dangereusement malade. Sa maladie se tourne en <i>bien.</i> Il boit &amp; mange <i>bien.</i> Il est <i>bien</i> buvant &amp; <i>bien</i> mangeant. On lui a donné des remèdes <i>bien</i> à propos. Cela n'est pas venu à <i>bien,</i> n'a pas profité. Il y avoit <i>bien</i> du monde à ce sermon. Cette affaire ira <i>bien</i> autrement qu'on ne pense. Cet homme fait <i>bien</i> tout ce qu'il fait, il dit <i>bien.</i> Ces vers sont <i>bien</i> tournés. Il a fait cela tant mal que <i>bien.</i> On dit qu'un homme voit <i>bien</i> clair ; pour dire, qu'il est <i>bien</i> intelligent. Il n'en faut parler ni en <i>bien,</i> ni en mal. Vous en parlez <i>bien</i> à votre aise. C'est <i>bien</i> dit. <i>Bien</i> loin que cela lui serve, il lui pourra nuire. Ce Critique ne trouve rien de <i>bien.</i> On dit ironiquement qu'un homme se porte <i>bien</i> ; pour dire qu'il est <i>bien</i> saoul. On dit aussi un homme <i>bien</i> fait, une femme <i>bien</i> faite ; pour dire, belle &amp; de bonne mine. On dit aussi par interjection, He <i>bien</i> qu'est-ce ? he <i>bien</i> achevez. On dit aussi, <i>bien bien,</i> quand on veut témoigner quelque approbation, ou faire quelque menace.</p><p>On dit proverbialement, <i>bien</i> attaqué, <i>bien</i> défendu. Autant vaut <i>bien</i> battu, que mal battu. Un fou avise <i>bien</i> un sage. On dit aussi nul <i>bien</i> sans peine. A mal exploiter <i>bien</i> écrire. <i>Bien</i> en sa maison qui de ses voisins est aimé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4968" id="1" type="">
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    <head>BIEN-AIMÉ, ÉE</head>
    <p>
    &#9758; BIEN-AIMÉ, ÉE , adj. Qui est fort chéri ; qui est aimé par préférence à tout autre. <i>Dilectus.</i> C'est son fils <i>bien-aimé</i> ; sa fille <i>bien-aimée.</i> Dans le Baptême &amp; dans la Transfiguration de Jesus-Christ, on entendit une voix du Ciel ; qui dit, Celui-ci est mon fils <i>bien-aimé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4968" id="2" type="">
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    <head>BIEN-AIMÉ, ÉE</head>
    <p>
    Bien-aimé , est aussi substantif. C'est le <i>bien-aimé</i> de la maison. C'est la <i>bien-aimée</i> de sa mère. Il est dit dans l'Ecriture, qu'au jour du Jugement, J. C. dira aux Elus, Venez les <i>bien-aimés</i> de mon Père.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4969" id="1" type="">
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    <head>BIEN-DIRE</head>
    <p>
    BIEN-DIRE , s. m. Langage poli &amp; éloquent ; manière de s'exprimer agréable &amp; engageante. <i>Disertè.</i> Ils sont les arbitres souverains du <i>bien-dire.</i> Se mettre sur son <i>bien-dire.</i> Mais cette phrase est un peu proverbiale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4970" id="1" type="">
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    <head>BIEN-DISANT, ANTE</head>
    <p>
    BIEN-DISANT, ANTE , adj. Orateur disert, qui parle avec élégance, &amp; avec politesse. <i>Disertus, elegans, politus.</i> Les gens de Cour se piquent d'être <i>bien-disans.</i> Cependant ce mot ayant quelque chose de comique, ne se doit guère employer que dans le style simple &amp; familier. C'est un Amant <i>bien-disant</i> &amp; matois. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4971" id="1" type="">
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    <head>BIEN-ÊTRE</head>
    <p>
    &#9758; BIEN-ÊTRE , s. m. Situation aisée &amp; commode. On dit que quelqu'un a le nécessaire, mais qu'il n'a pas le <i>bien-être.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4972" id="1" type="">
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    <head>BIENFACTEUR</head>
    <p>
    BIENFACTEUR , ou BIENFAICTEUR, ou BIENFAITEUR, s. m. BIENFACTRICE, ou BIENFAICTRICE, <pb n="611" facs="bpt6k8542165/f651/full/1200,/0/native.jpg"/>ou BIENFAITRICE, s. f. L'Académie met les deux premiers, &amp; paroît adopter <i>bien-facteur</i> dans les exemples. Celui ou celle qui a donné, qui a fait du bien à quelqu'un. <i>De aliquò benè meritus,</i> ou <i>benè merita.</i> On ne peut parler contre son <i>bienfaiteur</i> sans ingratitude.</p><p>Il n'y a point de mot dans la langue Françoise, sur lequel les opinions soient plus partagées, que sur celui de <i>Bienfacteur,</i> de <i>Bienfaiteur,</i> ou de <i>Bienfaicteur.</i> Je dirois <i>Bienfaicteur</i> avec Messieurs de Voiture, Pelisson &amp; Corneille. Celui qui fait du bien pour en tirer du profit, ne mérite point d'être appellé un <i>Bienfaicteur</i> ; son action est un commerce, &amp; une négociation. L'Antiquité a fait ses idoles de ses <i>Bienfaicteurs,</i> &amp; n'a pris pour objets de ses adorations religieuses, que ceux qui le devoient être de la reconnoissance publique. Le Mait. Un homme enivré de la félicité du siècle jouït des bienfaits sans regarder le <i>Bienfaiteur.</i> Flech.</p><p>On appelle dans les Couvents <i>Bienfacteurs</i> &amp; <i>Bienfactrices,</i> ceux qui ont fait les fondations, ou qui y ont apporté de grands biens en y entrant, ou qui en ont fait sans y entrer. Autrefois les noms des <i>Bienfacteurs</i> s'écrivoient dans le Missel. On les mettoit aussi dans le Calendrier des Moines morts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4973" id="1" type="">
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    <head>BIEN FAIRE</head>
    <p>
    BIEN FAIRE , v. act. S'acquitter comme il faut de son devoir. <i>Officio rectè fungi, partes implere. Je fais bien, j'ai bien fait, je fis bien, je ferai bien.</i> Il faut tâcher de <i>bien faire</i> ce que l'on nous ordonne. Il a très-<i>bien fait</i> sa commission.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4973" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIEN FAIRE" />
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    <head>BIEN FAIRE</head>
    <p>
    Bien faire , v. n. Obliger quelqu'un par quelque libéralité, par quelque service. <i>Benè mereri de aliquo, praestare officium alicui.</i> On dit plus ordinairement <i>faire du bien.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4974" id="1" type="">
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    <head>BIENFAISANCE</head>
    <p>
    &#9758; BIENFAISANCE , s. f. Inclination à faire du bien. Ce mot est nouveau, &amp; a été hazardé par M. l'Abbé de Saint Pierre dans cette phrase ; L'esprit de la vraie Religion &amp; le principal but de l'Evangile, c'est la <i>bienfaisance,</i> c'est-à-dire, la pratique de la charité envers le prochain. <i>Mém. de Trev. Mai 1725.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4975" id="1" type="">
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    <head>BIENFAISANT, ANTE</head>
    <p>
    BIENFAISANT, ANTE , adj. <i>Beneficus.</i> Qui a l'inclination à obliger, à faire du bien aux autres. Il faut qu'un Seigneur soit <i>bienfaisant,</i> s'il veut gagner l'amitié du peuple.</p><p>Il a un comparatif : N'avois-je pas raison de trouver étrange, que vous, le meilleur &amp; le <i>mieux faisant</i> de tous les hommes, me refusassiez cinq ou six lignes ? Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4976" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIEN FAIT, AITE" />
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    <head>BIEN FAIT, AITE</head>
    <p>
    BIEN FAIT, AITE , adj. Qui a de la beauté, de l'agrément, de la grace ; qui est bien tourné, bien placé. <i>Egregius, elegans, venustus, ad unguem factus.</i> Voilà un ouvrage <i>bien fait,</i> une commission <i>bien faite.</i> Cet homme est très-<i>bien fait.</i> C'est un esprit <i>bien fait,</i> un coeur <i>bien fait.</i> Il a aussi un comparatif. C'est l'homme le <i>mieux fait</i> que j'aie vû. C'est la fille la <i>mieux faite</i> de France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4976" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIEN FAIT, AITE" />
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    <head>BIEN FAIT, AITE</head>
    <p>
    Bienfait , s. m. Don, faveur, grace, bon office, bien, plaisir que l'on fait à quelqu'un. <i>Beneficium, munus, donum, gratia.</i> Les <i>bienfaits</i> s'oublient plus aisément que les injures. Sénèque a écrit un beau Traité des <i>Bienfaits,</i> qui a été traduit par Malherbe. Pour conserver de la reconnoissance, il faut s'arrêter au <i>bienfait,</i> sans en rechercher la source, qui est d'ordinaire fort corrompue. Nicol. Ceux que la fortune aveugle &amp; sans choix, a comme accablés de ses <i>bienfaits,</i> en jouïssent avec orgueil, &amp; sans modération. La Bruy. Les <i>bienfaits</i> même veulent être assaisonnés de manières obligeantes. Bell. Un <i>bienfait</i> reproché tient toujours lieu d'offense. Racin. C'est un crime, dit Sénèque, que de rendre le <i>bienfait</i> aussi-tôt qu'il est reçu ; &amp; d'obliger celui qui le fait à le reprendre. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4976" id="3" type="">
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    <head>BIEN FAIT, AITE</head>
    <p>
    Bienfait , en termes de Coutumes , se dit aussi de la troisième partie des biens successifs du père &amp; de la mère, dont la jouïssance par usufruit étoit donnée aux puînés, &amp; entre autres en la Coutume d'Anjou.</p><p>On dit proverbialement, <i>Bienfait</i> n'est jamais perdu,</p><p><i>Quae rectè fiunt numquam benè facta peribunt.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4976" id="4" type="">
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    <head>BIEN FAIT, AITE</head>
    <p>
    Bienfait . Divinité payenne. <i>Beneficium.</i> C'est Démocrite qui fit un Dieu du <i>Bienfait.</i> Voyez Pline Liv. XI. chap. 7. Budé sur les Pandectes pag. 46. &amp; Gyraldus <i>Synt. Dcor.</i> pag. 53. Démocrite ne reconnoissoit que deux Divinités, la Peine, &amp; le <i>Bienfait.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4977" id="1" type="">
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    <head>BIENHEUREUX, EUSE</head>
    <p>
    BIENHEUREUX, EUSE , adj. &amp; s. Il faut prononcer <i>bienheureux,</i> &amp; non pas <i>bienhureux.</i> Celui qui jouit de la béatitude. <i>Beatus. Beati, coeli cives, coelites.</i> Le Paradis est le séjour des <i>Bienheureux.</i> La <i>Bienheureuse</i> Vierge Marie. Les <i>Bienheureux</i> Apôtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4977" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIENHEUREUX, EUSE" />
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    <head>BIENHEUREUX, EUSE</head>
    <p>
    Bienheureux , se dit aussi de ceux qui sont morts en odeur de sainteté, &amp; qùe l'Eglise a destinés pour être canonisés, dont elle a approuvé cependant la vénération. <i>Beati.</i> Le titre de <i>Bienheureux</i> ne peut être donné que par l'Eglise ; quand ce titre est donné à quelqu'un par ceux qui en écrivent la vie, ou qui en parlent, ce n'est qu'un témoignage de l'opinion qu'ils ont de sa sainteté, qui n'a nulle autorité ; un Evêque particulier ne peut pas même donner le titre de <i>Bienheureux.</i> Aussi quand l'Eglise le donne, elle fait faire un procès, qui prouve les vertus héroïques &amp; les miracles de celui à qui elle le donne ; c'est toujours en vûe de la canonization qu'elle le donne ; mais le culte qu'elle permet de rendre à un <i>Bienheureux,</i> est différent de celui qu'elle fait rendre à un Saint canonizé. Voyez <ref type="search" target="head:Scacchi">Scacchi</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4977" id="3" type="ecriture">
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    <head>BIENHEUREUX, EUSE</head>
    <p>
    Bienheureux , en termes de l'Ecriture , se dit de ceux qui ont les qualités comprises dans les huit Béatitudes mentionnées dans l'Evangile. <i>Bienheureux</i> sont les pauvres d'esprit, les pacifiques, les affligés, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4977" id="4" type="">
   <index type="head" value="BIENHEUREUX, EUSE" />
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    <head>BIENHEUREUX, EUSE</head>
    <p>
    Bienheureux , se dit en Morale de ceux qui ont quelque bien, quelque avantage. <i>Felix, fortunatus. Bienheureux</i> qui vous possède, qui vous peut gouverner. <i>Bienheureux</i> ceux qui sont morts avant que de voir la ruine de leur patrie. Voici le <i>bienheureux</i> sejour, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4978" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIEN LOIN" />
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    <head>BIEN LOIN</head>
    <p>
    BIEN LOIN . Conjonctive qui signifie, Au lieu, &amp; qui veut un infinitif avec la particule <i>de. Tantùm abest ut, &amp;c. adeò non, ut &amp;c. Bien loin</i> de se repentir, il s'obstine dans son crime. <i>Bien loin</i> d'être notre ami, il est au contraire notre plus dangereux ennemi. <i>Bien loin</i> de lui envoyer des Députés, ils vinrent escarmoucher. Ablanc. Il y en a qui construisent aussi <i>bien loin</i> avec le subjonctif du verbe, précédé de la particule <i>que. Bien loin</i> qu'il soit homme à vous faire satisfaction, il est homme à vous quereller. <i>Bien loin</i> que le discours soit affoibli par l'arrangement des mots, il ne peut sans cela avoir aucune force.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4979" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIEN QUE" />
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    <head>BIEN QUE</head>
    <p>
    BIEN QUE . Conjonctive qui régit le subjonctif, &amp; qui signifie, quoique, encore que. <i>Etiamsi, quamvis, etsi. Bien que</i> la beauté &amp; la force du corps vous donnent de l'avantage par-dessus les autres. <i>Bien que</i> ce qu'il y a de plus terrible semble devoir tomber sur moi. <i>Bien qu</i>'il n'y ait aucun danger pour vous. Mais il faut remarquer sur cette conjonctive <i>bien que,</i> lorsque la période a plusieurs membres, que le mot <i>bien</i> ne veut pas être répété, sur tout dans le style simple &amp; historique. Exemple, <i>Bien que</i> l'expérience nous fasse voir, qu'il n'y a point d'innocence à l'épreuve de la calomnie, &amp; que les plus gens de biens soient exposés à la persécution. C'est ainsi qu'il faut écrire, au lieu de répéter <i>bien que</i> dans le second membre de cette période, en disant &amp; <i>bien que</i> les gens de bien, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BIENSÉAMMENT" />
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    <head>BIENSÉAMMENT</head>
    <p>
    &#9758; BIENSÉAMMENT , adv. Avec bienséance. Ce mot se trouve dans quelques écrits, mais qui n'ont pas assez d'autorité pour lui donner cours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4981" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIENSÉANCE" />
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    <head>BIENSÉANCE</head>
    <p>
    BIENSÉANCE , s. f. Ce qui convient à une chose ; qui lui donne de la grace, &amp; de l'agrément, ou si l'on veut, action qui quadre aux temps, aux lieux &amp; aux personnes ; égards que l'on a pour toutes ces sortes de circonstances. <i>Decorum, decentia, condecentia.</i> Un Auteur qui a fait un discours sur la <i>bienséance,</i> la fait consister en des actions &amp; des manières où l'on ne remarque rien qui ne réponde précisément à ce que l'on est. Les <i>bienséances</i> sont d'une étendue infinie, le sexe, l'âge, le caractère, imposent des devoirs différens ; &amp; si l'on n'observe pas toutes ces différences, qui font la <i>bienséance,</i> l'on passe pour un homme impoli. Bell. Il est de la <i>bienséance</i> de se tenir dans une posture honnête devant les Dames. La <i>bienséance</i> exige de nous plusieurs devoirs &amp; des civilités. Il faut en toutes choses garder les <i>bienséances.</i> Combien de gens font <pb n="612" facs="bpt6k8542165/f652/full/1200,/0/native.jpg"/>des crimes de tous leurs soupçons, &amp; décrient la vertu même, quand elle ne garde pas à leur gré toutes leurs rigoureuses <i>bienséances.</i> Flech. La <i>bienséance</i> est la moindre de toutes les Loix, &amp; la plus suivie. Rochef. Les femmes choisissent bien souvent la dévotion, comme une <i>bienséance</i> de l'âge. La Bruy. Le Tasse ne garde pas aussi exactement que Virgile toutes les <i>bienséances</i> des moeurs, mais il ne s'égare pas comme l'Arioste. Bouh. L'étroite <i>bienséance</i> doit être gardée jusqu'à la scène. Boil. Il y a des choses qu'on peut faire impunément, &amp; que la <i>bienséance</i> ne permet pas. S. Evr. Rien n'est plus contraire à la <i>bienséance,</i> que d'en observer avec trop d'affectation toutes les règles &amp; toutes les loix. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BIENSÉANCE" />
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    <head>BIENSÉANCE</head>
    <p>
    Bienséance , se dit aussi de ce qui est commode, utile, &amp; avantageux. <i>Commodum, utilitas, convenientia.</i> Il a acheté cette maison, cette terre, parce qu'elle étoit à sa <i>bienséance,</i> dans son voisinage. On a dans ce quartier toutes choses à sa <i>bienséance,</i> l'Eglise, le marché, la rivière, &amp;c. Les Princes occupent souvent des places par droit de <i>bienséance,</i> parce qu'elles sont à leur <i>bienséance,</i> qu'elles assurent, &amp; arrondissent leurs frontières. Rien n'est plus à la <i>bienséance</i> du Roi que cette ville. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4982" id="1" type="">
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    <head>BIENSÉANT, ANTE</head>
    <p>
    BIENSÉANT, ANTE , adj. Qui sied bien à quelque chose. <i>Decorus, decens.</i> Cela n'est pas <i>bienséant</i> à un homme de votre rang. Il est <i>bienséant</i> à une fille d'être modeste, de rougir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4983" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="BIENTENANT, ANTE" />
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    <head>BIENTENANT, ANTE</head>
    <p>
    BIENTENANT, ANTE , adj. Terme de Palais . Qui possède les biens, &amp; les héritages qui ont appartenu à un autre. On assigne les tiers acquéreurs en déclaration d'hypothèque comme <i>bientenans.</i> On recherche les malversations des Financiers contre leurs héritiers, &amp; <i>bientenans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4984" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIENVEIGNER" />
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    <head>BIENVEIGNER</head>
    <p>
    BIENVEIGNER , v. act. Vieux mot, qui se trouve dans Nicot, &amp; qui signifie saluer quelqu'un, le féliciter sur quelque bonheur qui lui est arrivé, le recevoir avec bienveillance &amp; affection. <i>Salutare aliquem, alicui gratulari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4985" id="1" type="">
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    <head>BIENVEILLANCE</head>
    <p>
    BIENVEILLANCE , s. f. Affection, inclination qu'on a pour quelqu'un, disposition à lui vouloir du bien. <i>Benevoleutia.</i> Il ne se dit que du supérieur à l'égard de l'inférieur. L'Orateur dans son exorde doit gagner la <i>bienveillance</i> de ses auditeurs. Un serviteur qui a la <i>bienveillance</i> de son maître. Je vous demande, Monsieur, l'honneur de votre protection &amp; de votre <i>bienveillance.</i> Voit.</p><p>L'impôt de la <i>bienveillance</i> inventé en Angleterre par Edoüard IV. supprimé par Richard III. &amp; rétabli par le Parlement sous Henri VIII. étoit une taxe à laquelle chacun se cottisoit à proportion de son revenu. Larrey. C'est ce que nous pourrions appeller en France Don Gratuit, si ce terme n'étoit pas affecté par l'usage aux contributions que le Clergé s'impose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4986" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIENVEILLANT, ANTE" />
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    <head>BIENVEILLANT, ANTE</head>
    <p>
    BIENVEILLANT, ANTE , adj. Qui veut du bien à quelqu'un, qui a de la bienveillance pour lui. <i>Benevolus.</i> Ce mot n'est pas fort en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4987" id="1" type="">
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    <head>BIENVENU, UE</head>
    <p>
    BIENVENU, UE , adj. Qui se dit de ceux dont l'arrivée est souhaitée en quelque endroit, qui sont bien reçus &amp; regardés de bon oeil. <i>Qui feliciter &amp; optatò advenit.</i> Les honnètes gens sont toujours <i>bienvenus</i> par-tout. Quand vous voudrez venir chez moi, vous serez le <i>bienvenu,</i> la <i>bienvenue.</i></p><p>On dit proverbialement, Vous soyez le <i>bienvenu</i> comme en votre maison de l'Isle Bouchart. On dit aussi, Vous serez le <i>bienvenu,</i> &amp; le mal reçu, à ceux dont on n'agrée pas les visites. On dit encore, On est toujours <i>bienvenu</i> quand on apporte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4988" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIENVENUE" />
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    <head>BIENVENUE</head>
    <p>
    BIENVENUE , s. f. Bonne arrivée, heureuse arrivée. Célébrer la <i>bienvenue.</i> Ce terme n'est que du style enjoué, ou familier, &amp; populaire. Une Ballade élégante présentée à feu Monseigneur à son retour du Camp de Compiegne commence ainsi :</p><p><i>Bienvenue</i> est en style familier ce que les Romains appellent sur leurs médailles Felix adventus, comme dans Dioclétien, Constantin le Grand, Valentinien, Galère Maximin, &amp;c. ou simplement Adventus. Comme dans Neron, dans Vitellius, dans Trajan, dans Hadrien ; dans Pescennius Niger, dans Caracalla, dans Geta, dans Sevère, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIENVENUE</head>
    <p>
    Bienvenue , Est aussi le repas qu'on donne à ceux avec qui on entre en quelque espèce de Communauté. <i>Festum epulum amicis adventum gratulantibus datum.</i> Les prisonniers font payer la <i>bienvenue</i> à tous ceux qui entrent dans la prison ; les écoliers à ceux qui entrent dans un Collége. Le Roi, par son Ordonnance de 1670. pour les matières criminelles, défend, à peine de punition exemplaire, aux Geoliers, Greffiers, Guichetiers, &amp; à l'ancien des prisonniers, sous prétexte de <i>bienvenue,</i> de rien prendre des prisonniers en argent ou vivres, quand même il leur seroit volontairement offert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4989" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIENVOULU, UE" />
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    <head>BIENVOULU, UE</head>
    <p>
    BIENVOULU, UE , adj. Qui est aimé, pour qui on a de l'estime &amp; de la vénération. <i>Gratus, acceptus, verendus.</i> Ce Prince a été si doux &amp; si juste, qu'il a été toujours <i>bienvoulu</i> de son peuple. Ce mot ne se dit presque plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4990" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIÈRE" />
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    <head>BIÈRE</head>
    <p>
    BIÈRE , subst. f. Cercueil de bois pour mettre un mort. <i>Feretrum, sandapila, capulus.</i> La <i>bière</i> est un séjour par trop mélancolique. Moliere.</p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>baer</i>, ou <i>baar,</i> signifiant la même chose, d'où les Italiens ont fait <i>bara,</i> &amp; les Anglois <i>beer.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4991" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIÈRE" />
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    <head>BIÈRE</head>
    <p>
    BIÈRE , s. f. signifie une boisson faite d'orge, de froment, d'avoine, ou d'une autre sorte de blé. <i>Cervisia.</i> On y ajoute du houblon pour lui donner le goût du vin. On les brasse long-temps, &amp; on les fait cuire dans des chaudières ; cette boisson enivre comme le vin, &amp; cette ivresse dure même plus long-temps, à cause que la <i>bière</i> étant plus matérielle, est plus difficile à digérer que le vin. La <i>bière</i> de Mars se garde toute l'année. Matthiole croit que le <i>Zythum</i> &amp; le <i>Curmi</i> des Anciens, n'étoient autre chose que la <i>bière</i> dont on use en Allemagne, en Flandre, en France, &amp; en plusieurs autres régions de l'Europe, &amp; qu'il n'y avoit pas plus de différence entre le <i>Zythum</i> &amp; le <i>Curmi,</i> qu'entre la manière de la faire, qui augmentoit ou diminuoit la propriété de ces breuvages. En effet, ajoûte-t-il, quoique toutes les <i>bières</i> se fassent d'orge, ou de froment, ou d'avoine, elles ont pourtant différens goûts, selon qu'elles sont brassées. Les unes sont douces &amp; agréables à boire, &amp; il y en a d'autres qui sont âpres &amp; amères. Les unes sont troubles, &amp; les autres claires. Pour faire la <i>bière,</i> il faut que les Brasseurs donnent au grain un commencement de germination, &amp; qu'ils concentrent ensuite dans le même grain la disposition qu'il avoit à germer, en le séchant. On y ajoûte trois fois autant d'autre grain non germé, qui sont ensemble moulus grossièrement. On jette sur le tout de l'eau à demi bouillante, &amp; ensuite de la froide ; &amp; après avoir agité le tout, on le laisse quatre ou cinq jours dans un vaisseau couvert jusqu'à un parfaite fermentation. Quelques-uns y ajoûtent de l'ivroie pour irriter davantage le goût. Il faut que la <i>bière</i> soit bien cuite, bien épurée, &amp; qu'elle ne soit point récente &amp; nouvelle lorsqu'on la boit ; autrement elle fermente dans l'estomac, &amp; elle excite des bouillonnemens dans le corps qui nuisent à la santé. Les Anglois, pour la faire plus agréable, jettent dans les tonneaux après qu'elle est brassée, du sucre, de la canelle, &amp; des clous de gérofle ; les Flamands, du miel &amp; des épices. Dioscoride dit que la vieille <i>bière</i> engendre enfin la lèpre. On sophistique la <i>bière</i> en y jettant de la chaux, pour lui donner plus de force, &amp; en y mêlant de la suie au lieu de houblon.</p><p>Les anciens Statuts des Brasseurs de Paris de l'an 1292. l'appellent cervoise, &amp; portent que nul n'en peut faire, sinon d'eau, &amp; de grain, c'est-à-savoir, d'orge, de méteil, ou de dragée, c'est-à-dire, de seigle &amp; d'avoine mêlés ensemble ; <pb n="613" facs="bpt6k8542165/f653/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; non point de baie, piment, ou poix resine ; que tels choses ne sont mie bonnes ne loy aux à mettre en cervoise ; car elles sont mauvaises au chief &amp; au corps, aux malades &amp; aux sains. Ils défendent encore de vendre de la <i>bière</i> aigre ou tournée. Les Règlemens de 1630. défendent d'y mettre ivroie, sarasin, ni autres mauvaises matières ; les houblons ne doivent point être mouillés, échauffés, moisis, ni gâtés.</p><p>Levûre de <i>bière,</i> est l'écume de la <i>bière</i> qui fort par le bondon. Dans une grande dispute qu'il y eut à Paris en 1668. sur la levûre de <i>bière</i> dont se servoient les Boulangers pour levain, Messieurs Pasin, Brayer, Blondel, &amp; Courtois, parlent ainsi de la <i>bière.</i> La <i>bière,</i> dit Cornelius Tacitus, <i>de Morib. Germ.</i> cette triste boisson faite de houblon, d'orge, ou de froment corrompu, &amp; d'eau gâtée, souvent même tirée des marres, n'a pas été plutôt inventée, qu'elle a été condamnée par Dioscoride, Galien, &amp; les autres Médecins, &amp; par les hommes les plus éclairés. Tous l'accusent de nuire à la tête, aux nerfs, &amp; aux parties membraneuses, d'engendrer un très-mauvais suc, de causer une ivresse plus longue &amp; plus fâcheuse que celle du vin, &amp; tantôt la difficulté, tantôt la suppression d'urine, quelquefois aussi la ladrerie. D'autres Médecins la défendirent, &amp; entre autres Messieurs Perrault &amp; Raissant, qui disent entre autres choses dans leurs avis : Le bruit que la <i>bière</i> a d'être faite avec de l'arsénic, n'est fondé que sur une équivoque de la langue Flamande, dans laquelle <i>Batten Bruick</i> signifie tout ensemble la nourriture &amp; le poison des rats ; c'est-à-dire, le grain dont on fait la <i>biere,</i> que les rats aiment, &amp; l'arsenic qui les tue. Le houblon aussi n'est point une plante malfaisante ; au contraire, tous les Médecins le louent de la vertu qu'il a de purifier le sang, &amp; d'ôter les obstructions : c'est pourquoi il a été ajoûté à la <i>bière,</i> pour corriger les vices dont on accusoit celle des Anciens, qui étoit différente de la nôtre, parce qu'elle étoit sans houblon.</p><p>Dans les Coutumes de Flandre on appelle <i>Ban de bière,</i> un impôt qu'on lève sur la <i>bière,</i> ou <i>bierbank,</i> qui signifie aussi une <i>taverne.</i></p><p>On dit proverbialement d'un portrait mal fait, où ridicule, que c'est une enseigne à <i>bière.</i> Les ivrognes disent aussi, qu'il ne veulent point mettre leur corps en <i>bière</i> ; pour dire, boire de la <i>bière</i> au lieu de vin.</p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>bier</i>, signifiant la même chose, que Vossius dérive du Latin <i>bibere</i>. Plusieurs autres le dérivent de l'Hébreu <i>bar</i>, qui signifie le <i>blé</i> dont on le fait ; d'autres de <i>bion,</i> dont Pline fait mention en parlant de breuvage. Le P. Pezron dit que <i>bière</i> est un mot Celtique, dont vient l'Allemand <i>berie,</i> ou <i>berrie,</i> &amp; non pas <i>bier.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIÈVRE</head>
    <p>
    BIÈVRE , s. m. Espèce de loutre, ou de castor, qui vit dans l'eau &amp; sur terre. <i>Castor, Fiber.</i> Cet animal est couvert d'une peau pleine de poils mous &amp; drus. Il a la tête semblable à un rat. Ses yeux, sa langue &amp; ses dents, ressemblent aux yeux, à la langue &amp; aux dents d'un cochon. Son museau ressemble à celui d'un barbet. Ses pieds de devant sont semblables à ceux d'un singe, &amp; ses pieds de derrière à ceux d'un oie. Le <i>bièvre</i> a au deçà &amp; au delà de ses parties naturelles deux tumeurs, de la liqueur desquelles on se sert en Médecine. On prend des <i>bièvres</i> dans la Province de Batta dans la basse Ethiopie, &amp; leur peau est si chère, qu'elle est du prix d'un Esclave. C'est pourquoi personne n'en porte que par la permission du Roi. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIÈVRE</head>
    <p>
    Bièvre , est aussi un oiseau de rivière, gros comme une moyenne oie sauvage. Il a le bec long, menu, dentelé, crochu par le bout, &amp; semblable à celui de la piette de mer. Il a une crête sur le cou, la tête grosse &amp; de couleur fauve, &amp; le dessus du dos cendré, tirant sur la couleur plombée. Son ventre est presque blanc, &amp; les pieds rougeâtres. Ses yeux ne sont pas grands, ses ailes petites, eu égard à la grosseur de son corps ; elles ont une ligne blanche qui les traverse ; son bec est long de trois doigts, rouge par-dessous &amp; brun par-dessus. L'on y voit deux trous qui servent à la respiration. Sa queue est ronde comme celle des oiseaux de rivière. Il fait son nid sur les arbres &amp; parmi les rochers. Il a une cavité ou bourse dans le corps composée de membranes. Elle sert à conserver l'air ; c'est une partie qui est particulière aux oiseaux qui plongent. L'on ne fait pas grand cas de la bonté &amp; de la délicatesse de sa chair. On le nomme en Latin <i>Mergorum maxima.</i> On le nomme <i>bièvre</i> en François, parce qu'il est du naturel de l'animal amphibie nommé <i>bièvre,</i> qui fait grand dégât de poisson.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>bebrus,</i> que les Latins des bas siècles ont dit pour <i>fiber,</i> aussi-bien que <i>baver</i> &amp; <i>beveron.</i> Les Anglois &amp; les Allemands l'appellent <i>bever,</i> les Anglo-Saxons <i>béfer.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Castor">Castor</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4993" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIÈVRE" />
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    <head>BIÈVRE</head>
    <p>
    BIÈVRE , s. f. <i>Bivara.</i> Petite rivière qui passe à Paris, &amp; qui y sert aux belles teintures de la Manufacture des Gobelins. Les eaux de la <i>Bièvre</i> ont des qualités singulières pour les teintures, sur-tout pour celle d'écarlate. Cette rivière a été nommée Gobelin, d'un Jean Gobelin qui demeuroit sur ses bords. T. Corn. On la nomme aujourd'hui communément la rivière des Gobelins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4994" id="1" type="">
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    <head>BIEZ</head>
    <p>
    BIEZ , s. f. Canal qui renferme &amp; conduit des eaux dans quelque élévation, pour les faire tomber sur la roue d'un moulin ; &amp; les <i>arrière-biez</i> sont les <i>biez</i> qui sont au delà en remontant. On disoit autrefois <i>bier</i> : ce qui a fait croire à quelques-uns que ce mot venoit de <i>bière,</i> parce que le <i>biez</i> en a la figure.</p><p>Du Cange dérive ce nom de <i>bedale,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification. Je crois qu'il vient de <i>via aquae</i>, comme étant un conduit d'eau, en lui donnant la prononciation Gasconne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4995" id="1" type="">
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    <head>BIFFAGE</head>
    <p>
    BIFFAGE , s. m. Vieux mot, qui veut dire examen ; il se dit des comptes. <i>Biffage</i> des comptes. <i>Examen rationum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BIFFER</head>
    <p>
    BIFFER , v. act. Pocher une écriture, la rayer &amp; effacer en telle sorte qu'on ne la puisse plus lire. <i>Delere.</i> Le Cardinal Baronius a <i>biffé</i> deux Consuls des Fastes Romains. Quand les emprisonnemens sont déclarés injurieux, on ordonne que l'écrou sera rayé &amp; <i>biffé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4996" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIFFER" />
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    <head>BIFFER</head>
    <p>
    Biffer , signifie aussi, examiner des comptes. <i>Examinare, excutere, dispungere rationes.</i> On le dit aussi métaphoriquement de quelque ouvrage que l'on défait, que l'on rompt, que l'on déchire. Ainsi un Poëte a dit d'un ouvrage de tapisserie, ou broderie.</p><p>Biffé, ée, part. &amp; adj. Ecriture <i>biffée,</i> écrou rayé &amp; <i>biffé. Deletus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4997" id="1" type="dentiste">
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    <head>BIFURQUER</head>
    <p>
    &#9758; BIFURQUER (Se) v. n. p. Se diviser en deux, avoir deux fourchons. Terme de Dentiste . On voit des dents molaires, dont les racines <i>se bifurquent</i> vers le bout. M. Fauchard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4998" id="1" type="">
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    <head>BIGAME</head>
    <p>
    BIGAME , adj. &amp; s. m. Qui a deux femmes en même-temps, épousées en face de l'Eglise. <i>Digamus.</i> A Rome celui qui avoit contracté deux mariages en même-temps, étoit noté d'infamie par l'Edit du Préteur. On punissoit ci-devant les <i>bigames</i> de mort, mais par erreur, car il n'y a pas d'Ordonnance qui les condamne à ce supplice ; maintenant on leur impose d'autres punitions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4998" id="2" type="">
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    <head>BIGAME</head>
    <p>
    Bigame , en Droit Canonique, se dit de celui qui a épousé deux femmes successivement, ou qui ne s'étant marié qu'une fois, a épousé une veuve. En l'un &amp; l'autre cas on ne pent tenir un Evêché sans dispense. Ce point de discipline est fondé sur ce que S. Paul dit dans son Epît. à Tit, chap. 1. <i>Mari d'une seule femme.</i> C'est pourquoi les <i>bigames</i> n'étoient point admis aux Ordres sacrés ; soit que la bigamie fût réelle pour avoir épousé deux femmes, soit qu'elle fût interprétative, pour avoir épousé une veuve, ou une fille qui avoit été corrompue avant son mariage. Ceux-là même passoient pour <i>bigames</i> qui avoient fait voeu de virginité avant leur mariage ; &amp; l'Eglise observoit une si grande rigueur à l'égard des <i>bigames,</i> que le Pape Léon I. ne voulut jamais permettre à un Evêque de Mauritanie de les ordonner. Le P. Doucin, dans son <i>Histoire du Nestorianisme,</i> dit qu'Irénée étant <i>bigame</i> en ce qu'il <pb n="614" facs="bpt6k8542165/f654/full/1200,/0/native.jpg"/>avoit été marié deux fois, avoit été élu Evêque de Tyr contre les Canons. S. Jerôme, Gennadius &amp; les Grecs, ne regardoient comme <i>bigames</i> que ceux qui avoient épousé deux femmes successivement, depuis qu'ils avoient reçu le baptême ; mais S. Ambroise, S. Innocent &amp; S. Augustin, ont regardé avec l'Eglise Latine comme <i>bigames,</i> ceux qui avoient épousé deux femmes, quand même ils auroient épousé la première devant que d'être baptisés. Voyez le P. Thomassin. S. Epiphane dit <i>haer.</i> 59. <i>n.</i> 4. que l'Eglise observe exactement de ne point ordonner les <i>bigames,</i> quoiqu'ils n'aient épousé la seconde femme qu'après la mort de la première. Dans le 6. 7. &amp; 8e siècles, les <i>bigames</i> n'étoient exclus, tant en Orient qu'en Occident, que de l'Episcopat, de la Prêtrise &amp; du Diaconat ; ils pouvoient recevoir les Ordres inférieurs avec dispense de leur Evêque, selon plusieurs Théologiens, &amp; plusieurs Canonistes, qui citent pour eux S. Thomas ; mais le P. Thomassin dit que les Cardinaux interprètes du Concile de Trente, &amp; Sixte IV. ont déclaré qu'il falloit, même en ce cas, avoir recours au Pape.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4999" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGAMIE" />
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    <head>BIGAMIE</head>
    <p>
    BIGAMIE , s. f. Action criminelle, provenant d'un mariage contracté avec deux femmes en même-temps. <i>Digamia.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie un double mariage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4999" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGAMIE" />
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    <head>BIGAMIE</head>
    <p>
    Bigamie , est aussi une qualité contractée par le mariage de deux femmes qu'on épouse successivement, ou par un mariage avec une veuve, ou avec une femme débauchée ; la première espèce de <i>bigamie</i> s'appelle réelle, &amp; la seconde interprétative. La <i>bigamie</i> n'emporte point d'irrégularité pour les Ordres mineurs ; mais seulement pour les Ordres majeurs, &amp; il n'y a que le Pape qui en puisse dispenser. Le Pape Innocent I. dans sa Decrétale à Victrice, Evêque de Rouen, déclare qu'il y a <i>bigamie,</i> &amp; par-conséquent irrégularité, quand même le premier mariage auroit été contracté avant le baptême, parce que le mariage n'est pas comme les péchés, qui sont effacés par le baptême.</p><p>Il y a une troisième espèce de <i>bigamie,</i> qu'on appelle par ressemblance : elle est encourue par le mariage, qu'un homme engagé dans les Ordres sacrés, ou qui a fait profession dans quelque ordre religieux, contracte avec une fille : l'Evêque peut dispenser, au moins en certaines occasions, de l'irrégularité qu'elle produit. Ducasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="4999" id="3" type="">
   <index type="head" value="BIGAMIE" />
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    <head>BIGAMIE</head>
    <p>
    Bigamie , se dit aussi dans les choses spirituelles. Quand on possède deux bénéfices incompatibles, de même nature, comme deux Evêchés, deux Cures, deux Chanoinies, <i>sub eodem tecto,</i> &amp;c. on commet une <i>bigamie</i> spirituelle. Voyez la déclaration du Roi du 12. de Février 1681. sur l'incompatibilité des bénéfices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5000" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARADE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BIGARADE</head>
    <p>
    BIGARADE , s. f. Sorte d'orange, qui a sur la peau plusieurs pointes &amp; excrescences. <i>Malum aureum.</i> Un jus de <i>bigarades.</i> Dans la classe des oranges aigres les <i>bigarades</i> sont les meilleures, les plus belles &amp; les plus considérables. La Quint. <i>Tr des Or. c.</i> 12.</p><p>La diversité de sa couleur &amp; l'inégalité de sa figure, lui ont fait donner le nom de <i>bigarade</i> en Provence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5000" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGARADE" />
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    <head>BIGARADE</head>
    <p>
    Bigarade , s. f. C'est aussi une espèce de poire grosse, plate, d'un gris jaunâtre, &amp; qui a la chair cassante : elle se nomme autrement Tulipée, ou la Vilaine d'Anjou. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5001" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARRAT" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BIGARRAT</head>
    <p>
    BIGARRAT , subst. m. Pendant la ligue tous ceux qui tenoient le parti du Roi furent appellés <i>Bigarrats.</i> Bouché. <i>Hist. de Prov. T. II. p.</i> 704. &amp; De Ruffi. <i>Hist. de Marseille, L. VIII. p.</i> 371. <i>&amp; suivantes.</i> Celui-ci écrit <i>Bigarras.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5002" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARREAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BIGARREAU</head>
    <p>
    BIGARREAU , s. m. Fruit rouge, blanc &amp; doucereux, qui vient au temps des cerises, qui a la chair plus ferme, &amp; une figure moins ronde que les cerises, &amp; approchante de celle d'un coeur ; qui ressemble à une guigne, &amp; qui a été ainsi appellé, à cause qu'il est bigarré de rouge, de blanc, &amp; de noir. <i>Cerusa duracina.</i> Le <i>Bigarreau</i> est un très-bon fruit en arbre de tige. La Quint. Il y a aussi un <i>bigarreau</i> qu'on appelle <i>coeur.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Cerise">Cerise</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5003" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARREAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BIGARREAU</head>
    <p>
    BIGARREAU , s. m. Se dit aussi pour l'arbre même, qui se nomme Bigarrotier. Le <i>Bigarreau</i> a son fruit ferme, &amp; croquant, longuet &amp; quasi quarré, mais toujours fort doux &amp; fort agréable. Le bois en est fort gros, assez badinant, &amp; la feuille longuette. La Quint. <i>P. III. Ch.</i> 15. <i>p.</i> 493.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5004" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARREAUTIER" />
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    <head>BIGARREAUTIER</head>
    <p>
    BIGARREAUTIER , s. m. Arbre qui porte des bigarreaux. <i>Cerasus duracina.</i> La Quintinie écrit <i>Bigarrotier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5005" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BIGARRER</head>
    <p>
    BIGARRER , v. act. Mettre sur un habit diverses couleurs mal assorties, &amp; qui choquent la vûe. <i>Variare, vario colore distinguere.</i> Les masques, les bouffons, portent des habits <i>bigarrés.</i> Les Sergens en faisant leurs exploits portoient autrefois des manteaux <i>bigarrés,</i> comme on voit dans la France de Patelin.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>bivariare,</i> qu'on a dit <i>bisvarare,</i> d'où il dérive aussi <i>bigarreau</i> &amp; <i>bigearre</i> ; Pasquier le dérive de <i>virgatus</i>, <i>&amp; diversis coloribus partitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5005" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGARRER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGARRER</head>
    <p>
    Bigarré, ée , part. &amp; adj. Qui est couvert, qui est orné de diverses couleurs. <i>Varius, discolor, versicolor, diversus.</i> Il avoit un habit <i>bigarré.</i> Ils reluisoient, non pas d'or, ni de parures <i>bigarrées</i> ; mais d'acier bien poli. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5005" id="3" type="blason">
   <index type="head" value="BIGARRER" />
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   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>BIGARRER</head>
    <p>
    Bigarré, ée , part. &amp; adj. Une compagnie <i>bigarrée,</i> est une troupe de gens ramassés par hasard, qui n'ont ni le même génie, ni les mêmes inclinations. Un discours <i>bigarré</i> de phrases recherchées, &amp; de paroles étudiées, donne dans la vûe des personnes peu intelligentes ; mais il paroît ridicule aux gens de bon goût. Port-Royal.</p><p>En termes de Blason , <i>bigarré</i> se dit du papillon, &amp; de tout ce qui a diverses couleurs. De gueules à un papillon d'argent miraillé &amp; <i>bigarré</i> de sable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5006" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARROTIER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGARROTIER</head>
    <p>
    BIGARROTIER . Voyez BIGARREAUTIER, &amp; CERISIER.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5007" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGARRURE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGARRURE</head>
    <p>
    BIGARRURE , s. f. Mauvais assortiment de couleurs &amp; d'ornemens sur un habit, sur des meubles, &amp;c. <i>Insulsa, inepta varietas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5007" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGARRURE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGARRURE</head>
    <p>
    Bigarrure , se dit aussi des ouvrages d'esprit composés de plusieurs choses qui n'ont aucune liaison ni relation ensemble. <i>Mala congeries, farrago.</i> Les <i>Bigarrures</i> du sieur Des Accords, c'est un livre d'une façon extraordinaire, fait de plusieurs pièces ramassées. Pasquier, Liv. VIII. de ses lettres, f. 245. loue aussi les <i>Bigarrures</i> de Tabourot, comme pleines de gentillesse &amp; de naiveté d'esprit, &amp; bigarrées &amp; diversifiées d'une infinité de beaux traits. La <i>bigarrure</i> de ce chapitre vous plaira. Balzac. N'est-ce pas profaner le sérieux, que de le mêler avec du comique ? Quelle <i>bigarrure</i> ! Amusements serieux et comiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5007" id="3" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="BIGARRURE" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BIGARRURE</head>
    <p>
    Bigarrure , en termes de Fauconnerie , se dit des taches rousses ou noires, ou diversités de couleurs qui rendent le pennage d'un oiseau bigarré. <i>Versicolor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5008" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGAT" />
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGAT</head>
    <p>
    BIGAT , s. m. <i>Bigatus.</i> C'est le nom d'une ancienne monnoie des Romains, qui étoit d'argent, &amp; sur laquelle étoit d'un côté un char tiré par deux chevaux, en Latin <i>biga.</i> C'est de là qu'elle avoit pris son nom. Pline, Liv. XXXIII. Ch. 3. C'étoit le denier, dont la marque fut, au temps de la République, un char conduit par une victoire, &amp; tiré, ou par deux chevaux ou par quatre, d'où ils furent appellés ou <i>bigats,</i> ou quadrigats ; <i>quadrigati.</i> Quelquefois sur le <i>bigat,</i> au lieu de deux chevaux, le char est tiré par deux cerfs, comme sur les médailles de la famille Axsia : &amp; dans la famille Crepereia deux hippopotames portent un Neptune sur leurs queues. Plusieurs des médailles que nous appellons Consulaires sont des <i>bigats.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5009" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGE</head>
    <p>
    BIGE , s. f. Chariot à deux chevaux, tiré par deux chevaux, attelé de deux chevaux. <i>Biga.</i> Quoique ces sortes de mots ne soient pas dans l'usage, &amp; qu'il n'y ait que quelques Savans qui s'en servent en certaines rencontres, cependant ils sont très-utiles, &amp; épargnent des périphrases. On s'est servi de celui-ci dans ce Dictionnaire-ci même, au mot <i>Carrière.</i> Les <i>biges</i> &amp; les quadriges étoient les chariots qui couroient dans la lice. Dans des temps plus anciens, les <i>biges</i> étoientaussi d'un usage fort commun à la guerre &amp; dans les combats. Dans Homère, dans Hésiode, dans Virgile, tous les Héros combattent en <i>bige,</i> c'est-à-dire, dans un char traîné par deux chevaux. Il y a des <i>biges</i> sur plusieurs médailles, sur tout sur celles qu'on nomme Consulaires, sur celles de Syracuse, &amp;c.</p><p>Ce mot est formé du Latin <i>biga,</i> qui se dit comme pour <i>bijuga,</i> &amp; signifie un Char qui a deux chevaux, ou autres animaux attachés à son joug, ou qui a un joug de deux animaux, de <i>bis</i> &amp; <i>jugum,</i> ou qui a un double joug, &amp; probablement <pb n="615" facs="bpt6k8542165/f655/full/1200,/0/native.jpg"/>ce mot a passé par métaphore des voitures tirées par des boeufs, à celles qui étoient attelées de chevaux ; ou bien les chevaux même dans les commencemens étoient enharnachés d'une espèce de joug, qui leur portoit sur le garot, ou sur le cou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5010" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGEARRE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGEARRE</head>
    <p>
    BIGEARRE . Voyez <ref type="search" target="head:BIZARRE">BIZARRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5011" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGÉRRIEN, ENNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGÉRRIEN, ENNE</head>
    <p>
    BIGÉRRIEN, ENNE , subst. masc. &amp; fém. <i>Bigerro, Bigerrus.</i> Ancien nom des Habitans du Pays de Bigorre, dont M. de Marca s'est servi quelquefois ; Bigordan est celui qu'on donne aujourd'hui aux Habitans de la même contrée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5012" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGÉRIQUE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGÉRIQUE</head>
    <p>
    BIGÉRIQUE , ou BIGERRIQUE, adj. m. &amp; f. <i>Bigerricus.</i> Les robes &amp; les manteaux rudes &amp; velus fabriqués d'une laine grossière portoient anciennement le nom de <i>Bigaradiers,</i> en considération du Pays de Bigorre où se travailloit cette manufacture, comme l'on peut voir dans Sévère Sulpice, &amp; dans Fortunat, qui témoignent que S. Martin acheta pour son usage une cape <i>Bigerrique</i> ; car c'est ainsi que je veux la nommer, estimant que ces habillemens <i>Bigerriques</i> pouvoient être semblables aux capes qui se fabriquent maintenant en Béarn, d'une laine grossière, pour défendre les pauvres gens contre le froid &amp; les pluies. De Marca. Paulin les appelle en Latin <i>Pellitae Bigerrae</i> ; Sulpice Sévère, <i>Bigerrica vestis brevis atque hispida, Bigerrica palla</i> ; d'autres <i>Bigerra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5013" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>BIGLE</head>
    <p>
    BIGLE , adj. &amp; subst. masc. &amp; f. Qui a les yeux tournés, qui ne peut regarder droit &amp; fixement, qui est louche. <i>Strabo, distortis oculis.</i></p><p>Ce mot vient de <i>obliquulus</i>, diminutif de <i>obliquus.</i> Mén. D'autres le font venir de <i>binus oculus,</i> c'est-à-dire, oeil double, &amp; qui regarde en deux endroits. Cos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5013" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGLE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGLE</head>
    <p>
    Bigle , est aussi une espèce de chien de chasse qui vient d'Angleterre, qui sert pour les lièvres &amp; lapins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5014" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGLER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGLER</head>
    <p>
    BIGLER , v. n. Regarder en bigle, en louche. <i>Distortis oculis intueri, aspicere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5015" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGNE</head>
    <p>
    BIGNE , s. f. Tumeur, bosse au front, qui vient par quelque coup reçu, ou par quelque chute. <i>Tuber, tuberculum.</i> Il n'est pas du bel usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5016" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGNET" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGNET</head>
    <p>
    BIGNET . Voyez <ref type="search" target="head:BEIGNET">BEIGNET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5017" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGORDAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGORDAN</head>
    <p>
    BIGORDAN , ou BIGOURDAN, ane, s. m. &amp; f. Qui est du Pays de Bigorre. <i>Bigerrio</i> dans César, <i>Bigerrus</i> dans Pline, &amp; dans Paulin. Paulin, écrivant à son ami Ausone, parle avec mépris des habits des <i>Bigordans,</i> qu'il insinue avoir été faits de peaux de bêtes. De Marca. Le P. Monet prétend que les Béarnois font une portion des <i>Bigordans,</i> qu'il nomme <i>Bigordans</i> Occidentaux, &amp; les vrais Peuples de Bigorre, <i>Bigordans</i> Orientaux. Id. M. de Marca n'est pas de ce sentiment, non plus que Favyn. Vigénère, corrigeant sa première version, met en sa table les Bigerrions pour les Béarnois, à quoi il y auroit plus d'apparence, qu'à les prendre pour Baïonne. Néanmoins ces Bigerriones de César sont les <i>Bigourdans.</i> Favyn, <i>Hist. de Nav. p.</i> 62. <i>&amp;</i> 64.</p><p><i>Bigourdan</i> paroît meilleur que <i>Bigordan</i> ; il est plus doux, &amp; plus selon l'usage de notre langue, qui change volontiers l'<i>o</i> en <i>ou.</i> Toulouse, Bourdeaux, Bourdelois, Périgourdain, &amp;c. &amp; non pas Tholose, Bordeaux, Périgordain. Quelques-uns écrivent <i>Vigordan,</i> parce que dans ces contrées voisines d'Espagne, comme en Espagne, on ne met point de différence entre le <i>B</i> &amp; l'<i>V</i> consonne. Mais il faut laisser cette prononciation aux <i>Bigordans</i> &amp; aux Gascons. On prononce &amp; on écrit en François <i>Bigordan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5017" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGORDAN" />
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    <head>BIGORDAN</head>
    <p>
    Le Bigordan , s. m. C'est la langue que parlent les Peuples du Bigorre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5018" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGORNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BIGORNE</head>
    <p>
    BIGORNE , subst. fém. Espèce d'enclume qui aboutit en pointe, sur laquelle on bat le fer qu'on veut arrondir. <i>Incus bicornis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5019" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGORNEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BIGORNEAU</head>
    <p>
    BIGORNEAU , subst. masc. est une petite bigorne dont on se sert sur l'établi : elle a un bout rond &amp; l'autre quarré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5020" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGORNER" />
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    <head>BIGORNER</head>
    <p>
    BIGORNER , v. act. Forger le fer en rond sur la bigorne. <i>Ferrum rotundare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5021" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGORRE" />
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    <head>BIGORRE</head>
    <p>
    BIGORRE , s. m. Prononcez Bigre. Pays de France en Gascogne, avec titre de Comté. <i>Bigerrones, Bigerri</i> ; Ausone dit <i>Bigeritani.</i> Nos Livres récens disent <i>Bigorrensis,</i> ou <i>Bigerrensis Comitatus.</i> J'aimerois beaucoup mieux dire <i>Bigeritanus,</i> ou <i>Bigorritanus Comitatus,</i> puisque ces mots se trouvent dans l'antiquité, &amp; que <i>Bigorrensis,</i> ni <i>Bigerrensis,</i> ne s'y trouvent point. Le <i>Bigorre</i> est presque tout dans les Pyrénées, qui le séparent de l'Arragon du côté du Midi ; il a le Béarn au Couchant, l'Armagnac propre &amp; l'Estarac au Nord, &amp; les montagnes de l'Armagnac au Levant. Ce Pays a la forme d'une courge de vin, dont la longueur qui est de 18. lieues s'étend du Midi au Nord, la largeur est de 8. ou 10. lieues. Le nom de la cité des Peuples de <i>Bigorre</i> étoit tellement altéré dans les exemplaires des Notices par quantité de diverses leçons corrompues, que les Doctes ont eu de la peine à le remettre en sa pureté, étant tantôt nommé <i>Tursambica, Tralugorra,</i> &amp; quelquefois <i>Tursa.</i> Mais les manuscrits plus corrects, &amp; de meilleure foi, lui baillent le nom de <i>Turba,</i> ou de <i>Tarba ; Tarba ubi Castrum Bigorra.</i> Dans cette Ville il y avoit un Château appellé <i>Bigorre,</i> comme les Notices l'assurent, qui a donné enfin le nom à toute la Cité ; de sorte qu'elle est nommée <i>Bigorre,</i> &amp; non pas Tarbe, en l'accord des Rois Gontran &amp; Chilperic chez Grégoire de Tours ; &amp; les Evêques Aper &amp; Julien ont souscrit au Concile d'Agde &amp; d'Orléans quatrième, en qualité d'Evêques de la Cité de <i>Bigorre</i> ; &amp; Amelius au second de Mâcon comme Evêque de <i>Bigorre,</i> qui est la qualité que Grégoire de Tours lui donne. Le Territoire ancien de la Cité avoit les mêmes limites que celui de l'Evêché, &amp; n'étoit pas si étroit &amp; resserré, comme celui qui porte aujourd'hui le titre de Comté de <i>Bigorre,</i> qui a été diminué de la Rivière Basse, de la Viguerie, du Mauvaisin, &amp; de la Ville de S. Séver, de Rustan, &amp; d'autres pièces qui en ont été détachées en divers temps. Voyez <i>Notitia utriusque Vasconiae Auct. Arn. Oihenarto.</i></p><p>Maty a fait <i>Bigorre</i> féminin. La <i>Bigorre,</i> dit-il, a été le Pays des anciens Bigerrons. Maty est un étranger, ou pour le moins un homme qui écrit en pays étranger, son autorité n'est pas d'un grand poids ; mais M. de Marca en use de même dans son <i>Hist. de Béarn.</i> Si de ce côté-là, dit-il, la <i>Bigorre</i> a été exposée à la raillerie, elle a un grand sujet de gloire d'avoir nourri cet excellent Orateur &amp; Poëte, Paulus Aëtius, dont Ausone fait un état singulier. Il faut dire à cela que du temps de M. de Marca, &amp; peut-être en Béarn, <i>Bigorre</i> étoit féminin ; mais aujourd'hui il est masculin, &amp; M. T. Corneille a dit, Tarbe est la Capitale du <i>Bigorre,</i> qui a eu des Comtes dès le VIIe siècle. Il faut s'en tenir au sentiment de cet Académicien, qui est en effet conforme à l'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5022" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGOT, OTE" />
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    <head>BIGOT, OTE</head>
    <p>
    BIGOT, OTE , adj. &amp; s. Qui contrefait le dévot ; qui prie Dieu par hypocrisie. <i>Simulator pietatis.</i> La cabale des <i>bigots</i> est fort dangereuse.</p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>bey</i> &amp; <i>Gott,</i> ou de l'Anglois <i>by God,</i> qui signifie <i>de par Dieu.</i> Cambden rapporte en sa Bretagne, que les Normands ont été appellés <i>Bigots,</i> à cause que le Roi Charles donnant la Normandie avec sa fille Gissa à Rollon, les Courtisans ayant averti ce Duc qu'il falloit qu'il baisât les pieds de Charles en reconnoissance d'un si grand bienfait, il répondit en Anglois <i>No so by God,</i> c'est-à-dire, <i>Non par Dieu.</i> Aussi-tôt le Roi &amp; les siens en se moquant l'appellerent <i>Bigot :</i> ce qui a passé aux autres Normands. Plusieurs autres Histoires &amp; Chroniques rapportent la même chose. Voyez <ref type="search" target="head:Pasquier">Pasquier</ref>. Originairement ce mot n'étoit pas odieux, &amp; signifioit seulement, <i>de par Dieu.</i> Dans le procès de la Canonization de Saint Wernher, <i>Act. SS. April. T. I. p.</i> 722. on trouve <i>beguttae</i> pour des filles dévotes. Il est du commencement du XVe siècle. Guillaume de Nangis récite que les Normands desirant de se faire Chrétiens, s'écrierent <i>Bigot, Bigot.</i> Le Père Thomassin, outre l'étymologie que nous venons de rapporter, donne celle que l'on trouve dans Etienne Guichard, qui dérive <i>bigot,</i> quand il se prend pour hypocrite, de l'Hébreu <i>bagad, transgredi, praevaricari, transgresser, prévariquer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5022" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGOT, OTE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BIGOT, OTE</head>
    <p>
    Bigot , se dit aussi de ceux qui ont une superstition &amp; une dévotion outrée. <i>Superstitiosus.</i> Les gens du menu peuple sont fort <i>bigots</i> : ce sont des esprits foibles qui se font de vains scrupules sur toutes choses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5022" id="3" type="marine">
   <index type="head" value="BIGOT, OTE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BIGOT, OTE</head>
    <p>
    Bigot , en termes de Marine , est une petite pièce de bois <pb n="616" facs="bpt6k8542165/f656/full/1200,/0/native.jpg"/>de différente longueur, percée de deux ou trois trous par où l'on passe le bâtard pour la composition du racage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5023" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGOTÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BIGOTÈRE</head>
    <p>
    BIGOTÈRE . Quelques-uns disent BIGOTELLE, s. f. Brosse de poche enfermée dans un petit étui, qui sert à retrousser la moustache de la barbe. <i>Scopula.</i> On en fait aussi d'une pièce de cuir, dont on se bride la nuit pour tenir en état une barbe retroussée. La <i>bigotère</i> est fort peu en usage présentement ; parce qu'il y a peu de personnes qui laissent aujourd'hui croître leur barbe. Les Amours tenoient, l'un la <i>bigotère,</i> l'autre le miroir, &amp; les autres les peignes d'écaille, à la pompe funèbre de Voiture. Saras.</p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>bigotera</i>, &amp; de <i>vigotes,</i> qui signifie de <i>grands crocs de barbe</i> retroussés en garde de poignard, comme on les porte en Espagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5024" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGOTERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BIGOTERIE</head>
    <p>
    BIGOTERIE , s. f. Dévotion d'un bigot, qui est fausse, outrée ou superstitieuse. <i>Simulatio pietatis,</i> ou <i>superstitio.</i> Il y a des Savans qui vont jusqu'à l'idolatrie, &amp; jusqu'à la <i>bigoterie,</i> pour l'Antiquité, &amp; qui chicannent l'honneur de toutes choses aux Modernes. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5025" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGOTISME" />
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    <head>BIGOTISME</head>
    <p>
    BIGOTISME , subst. masc. Profession que l'on fait de la bigoterie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5026" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGRE, ESSE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BIGRE, ESSE</head>
    <p>
    &#9758; BIGRE, ESSE , s. m. &amp; f. Mot injurieux parmi la populace.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5027" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIGUER" />
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    <head>BIGUER</head>
    <p>
    BIGUER , v. act. Changer de main à la main, troquer but à but. <i>Permutare. Biguer</i> un cheval. <i>Biguer</i> une carte au jeu de hère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5028" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BIGUES" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BIGUES</head>
    <p>
    BIGUES , s. f. Terme de Marine . Grosses &amp; longues pièces de bois qu'on passe dans les sabords, soit pour soulever, soit pour coucher le vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5028" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIGUES" />
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    <head>BIGUES</head>
    <p>
    Bigues , On appelle aussi de ce nom les mâts qui soutiennent celui d'une machine à mâter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5029" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIHAI" />
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    <head>BIHAI</head>
    <p>
    BIHAI , s. m. Plante de l'Amérique, qui produit des branches assez semblables au plane. Elle jette des verges, ou jets, au milieu &amp; autour desquels sont les feuilles, qui sont assez grandes &amp; assez larges, &amp; dont les Indiens couvrent leurs maisons. Ils s'en couvrent aussi la tête quand il pleut, &amp; des branches ils en font des corbeilles, ou paniers, mettent entre deux des feuilles de la plante, de sorte qu'ils ne prennent point l'eau quand ils les y plongent. Ils appellent ces corbeilles, havas. Dans le besoin ils mangent aussi les racines des <i>bihais</i> les plus tendres ; elles sont blanches, tendres, &amp; n'ont pas un mauvais goût. Elles ressemblent assez à la partie tendre du jonc qui est dans la terre, mais elles sont meilleures. Ramuz. <i>T. III. p.</i> 112.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5030" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIHOUAC" />
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    <head>BIHOUAC</head>
    <p>
    BIHOUAC . Voyez <ref type="search" target="head:BIVOUAC">BIVOUAC</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5031" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="BIJON" />
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   <index type="macro_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>BIJON</head>
    <p>
    BIJON , s. m. Terme de Pharmacie . Les Paysans donnent ce nom à la térébenthine, dont on se sert communément &amp; qu'on tire par incision des sapins, des pins &amp; des melèses en Dauphiné. <i>Terebinthina resina.</i> Cependant ce nom convient proprement à la térébenthine qui découle en été sans incision des mêmes arbres. M. Pomet dit que le mot de <i>bijon</i> n'est en usage que parmi les Lyonnois, qui vendent le <i>bijon</i> pour le baume blanc du Pérou, en quoi cependant il avoue qu'ils ne font point tort au public, parce que le <i>bijon,</i> qui est découlé sans aucune incision durant les grandes chaleurs, a autant de vertu que le véritable baume blanc du Pérou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5032" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIJOU" />
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    <head>BIJOU</head>
    <p>
    BIJOU . Quelques-uns disent BIGEOU, subst. m. Ce qu'on donne ordinairement aux femmes, ou aux enfans, pour les divertir, ou pour les parer. <i>Gemmae, lapilli, monilia, &amp; alia id genus pretiosa ornamenta.</i> Cette femme a des <i>bijoux</i> de prix, garnis de diamans, des ouvrages de filigrane.</p><p>Borel dérive ce mot de <i>bis</i> &amp; de <i>joie</i> ; Ménage de <i>bis joculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5032" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIJOU" />
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    <head>BIJOU</head>
    <p>
    Bijou , se dit aussi de toutes les petites curiosités qui ornent une chambre, ou un cabinet.</p><p>On dit aussi d'une femme jeune &amp; belle, que c'est un joli <i>bijou.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5033" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIJOUTERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>BIJOUTERIE</head>
    <p>
    BIJOUTERIE , s. f. C'est la profession de ceux qui font commerce de bijoux &amp; de pierres précieuses. <i>Pretiosae cujuscumque supellectilis commercium.</i> Mais en ce sens <i>bijouterie</i> n'est pas en usage : il faut dire <i>jouaillerie.</i> Vaug. <i>Rem. Nouv. Bijouterie</i> ne peut donc passer qu'en lui donnant un sens plus général &amp; plus étendu qu'à <i>jouaillerie.</i> Ainsi <i>bijouterie</i> sera le commerce de toutes sortes de petites curiosités propres à orner ou les personnes, ou les cabinets.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5034" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIJOUTIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BIJOUTIER</head>
    <p>
    BIJOUTIER , s. m. Celui qui fait trafic de toutes sortes de bijoux, &amp; de curiosités. <i>Qui gemmas, monilia, pretiosa vasa &amp; alia id genus vendit.</i> Les <i>Bijoutiers</i> prennent la saint Loüis pour le jour de leur Fête, &amp; ne font qu'un corps avec les Orfevres. On est reçu <i>jouaillier-bijoutier</i> au Châtelet devant le Procureur du Roi, &amp; cela après avoir fait trois ans d'apprentissage,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5034" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIJOUTIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BIJOUTIER</head>
    <p>
    Bijoutier , se dit aussi d'un Curieux qui n'a dans son cabinet que de petites pièces, ou d'un prix médiocre. <i>Supellectilis pretii alicujus dominus.</i> Cet homme n'a ni Rubens, ni Poussin, ni grands tableaux, ce n'est qu'un <i>Bijoutier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5035" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIL" />
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    <head>BIL</head>
    <p>
    BIL , s. m. C'est un mot Anglois qui est devenu François par l'usage que le Gazetier en fit pour la première fois, dans la Gazette du mois de Juin de l'année 1685. Il signifie un papier contenant les propositions qu'on veut faire passer par les Chambres du Parlement d'Angleterre, pour les représenter au Roi, &amp; en faire un Acte, c'est-à-dire, un Règlement ou une Loi. <i>Rerum edicto vel lege sanciendarunt libellus.</i> Dresser un <i>Bil.</i></p><p>Ce mot, en Anglois, s'écrit par deux <i>ll. Bill.</i> De-là vient qu'en France on le mouille. Il a encore d'autres significations dans cette langue, comme celle d'obligation, cédule, &amp; comme nous disons, billet ; celle d'Ecriteau ; celle de Lettres du Prince accordées pour différens effets, &amp;c. mais nous n'avons reçu que celle qu'on vient d'expliquer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5036" id="1" type="banque">
   <index type="head" value="BILAN" />
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    <head>BILAN</head>
    <p>
    BILAN , s. m. Terme de Banque . C'est un petit Livre que les Marchands ou Banquiers portent sur eux, où d'un côté ils écrivent leurs dettes actives &amp; de l'autre leurs dettes passives. <i>Peculiaris ac privatus codex nominum. Bilan,</i> selon M. Bornier dans ses Notes sur l'Ordonnance de 1673. est en usage seulement à Lyon, à cause des foires, &amp; il est le même en abrégé que le grand Livre qui doit, suivant l'Ordonnance, contenir tout le négoce des Marchands, leurs lettres de change, leurs dettes actives &amp; passives, &amp; les deniers employés à la dépense de leur maison.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>bilanx</i>, parce que ce Livre leur sert à <i>balancer</i> leurs gains &amp; leurs pertes. Il leur sert aussi au virement des parties. Les Marchands de Lyon appelloient ci-devant <i>Bilan des acceptations,</i> un petit Livre qu'ils portoient sur la place, où ils écrivoient toutes les lettres de change tirées sur eux ; &amp; leur acceptation n'étoit autre chose que de mettre à côté de la lettre qu'ils avoient enregistrée dans leur <i>bilan</i> une croix, qui signifioit <i>acceptée.</i> S'ils vouloient délibérer sur l'acceptation, ils mettoient un <i>V,</i> qui signifioit <i>vue.</i> Et s'ils ne là vouloient point accepter, ils mettoient <i>S. P.</i> qui signifioit <i>sous protest.</i> Mais depuis l'Ordonnance de 1667. il ne se fait plus d'acceptation que par écrit.</p><p>On appelle l'entrée &amp; l'ouverture du <i>bilan,</i> le sixième jour du mois des payemens, jusqu'à la fin duquel on fait le virement des parties, où les Marchands écrivent chacun de leur côté les parties virées.</p><p>On appelle aussi <i>bilan</i> ou <i>balance,</i> l'arrêté ou la clôture de l'inventaire d'un Marchand, où on a écrit vis-à-vis tout ce qu'il doit, &amp; ce qui lui est dû. Un Marchand après la faillite, pour s'accommoder avec ses créanciers, leur doit présenter un <i>bilan,</i> qui contienne l'état au vrai de ses affaires. Si un Négociant qui a accoutumé de porter <i>bilan</i> sur la place, ou autre pour lui, ne s'y rencontre pendant le temps du payement, il est réputé avoir fait faillite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5037" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILBAO" />
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    <head>BILBAO</head>
    <p>
    BILBAO , subst. masc. Ville d'Espagne dans la Biscaye, dont elle est Capitale. <i>Bilbaum.</i> Quelques-uns la prennent pour la <i>Floriobriga</i> de Ptolomée. D'autres disent qu'elle ne fut fondée qu'en 1300. par Dom Diégo Lopes de Haro. Elle est à l'embouchure de la rivière de Nerio, ou d'Ibaycaval ; &amp; son port, qui est un des meilleurs d'Espagne, est celui que les Anciens appelloient <i>Amanus portus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5038" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILBILIS" />
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    <head>BILBILIS</head>
    <p>
    BILBILIS , s. f. <i>Bilbilis.</i> Ancienne Ville des Celtibères dans l'Espagne Tarragonoise sur le Xalon. C'est Calatayud selon <pb n="617" facs="bpt6k8542165/f657/full/1200,/0/native.jpg"/>Villeneuve ; Xiloa, selon Varrius, &amp; Boubula, à demi lieue au-dessous de Calatayud, selon Maty. <i>Bilbilis</i> a été la patrie de Martial.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5039" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILBOQUET" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BILBOQUET</head>
    <p>
    BILBOQUET , s. m. Jeu d'enfans fait d'un bâton creusé en rond par les deux bouts, au milieu duquel est une corde, où une balle de plomb est attachée. Ils la jettent en l'air, &amp; la reçoivent alternativement dans ces deux concavités. <i>Crepundia.</i> Le Journal de Henri III. nous apprend que ce Prince portoit quelquefois un <i>bilboquet</i> à la main, dont il se jouoit. On a appellé ironiquement un nombril, un <i>bilboquet.</i> Guy Patin appelloit des gens que la Fortune avoit fort élevés, Les <i>bilboquets</i> de la fortune. De Vign. Mar.</p><p>&#9758; Bilboquet, se dit aussi d'une petite figure qui a deux plombs aux deux jambes, &amp; qui est posée de manière, que de quelque façon qu'on la tourne elle se trouve toujours debout. C'est de-là qu'on dit d'un homme qui se tient toujours debout, qu'Il se tient droit comme un <i>bilboquet.</i> Et d'un homme dont les affaires demeurent toujours en bon état, quelques traverses qu'on lui suscite, qu'il se trouve toujours sur ses pieds comme un <i>bilboquet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5039" id="2" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BILBOQUET" />
   <index type="src_domain" value="maconnerie" />
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    <head>BILBOQUET</head>
    <p>
    Bilboquet , est aussi un terme de Doreur , &amp; signifie un petit morceau de bois quarré où est attaché un morceau d'étoffe fine, pour prendre l'or &amp; le mettre dans les endroits les plus difficiles, comme dans les filets quarrés, dans les gorges, &amp; dans les autres endroits creux.</p><p>Les Ouvriers appellent en termes de Maçonnerie , <i>bilboquet,</i> tout petit quartier de pierre, détaché d'un plus gros morceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5040" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILE" />
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    <head>BILE</head>
    <p>
    BILE , s. f. Humeur jaune &amp; acre, qui est dans le corps des animaux. <i>Bilis.</i> Le réceptacle de la <i>bile</i> est une petite vessie, située au-dessous du foie. Un dégorgement de <i>bile,</i> quand il n'est pas trop violent, est fort bon pour la santé. La meilleure partie de l'esprit de cet homme est dans sa <i>bile,</i> puisqu'en remuant cette humeur, on éveille sa vivacité. Cos. Il y a deux sortes de <i>bile,</i> la <i>bile jaune, Bilis lurida, flava</i> ; &amp; la <i>bile noire,</i> qu'on nomme autrement <i>melancolie. Atra bilis.</i> On appelle <i>Bile</i> porracée, celle qui est verdâtre &amp; de couleur de porreau, <i>porracea bilis.</i></p><p>On distingue encore deux sortes de <i>bile</i> ; l'une subtile, qui est portée par les conduits biliaires dans la vésicule, qui la dégorge ensuite dans les intestins ; &amp; l'autre qui est grossière, laquelle ayant été séparée par les glandes du foie qui sont aux extrémités des rameaux de la veine porte, est portée par de petits canaux dans le cholidoque, &amp; de-là dans le canal commun, où l'une &amp; l'autre se rencontrent, &amp; vont de compagnie se rendre dans les boyaux. Il y a des Modernes qui prétendent que la <i>bile</i> subtile est apportée dans le fond de la vésicule par trois endroits différens, &amp; que même elle est composée du mélange de trois <i>biles</i> différentes. La première est celle qui y est apportée par les conduits biliaires, c'est celle dont nous venons de parler. La 2e est celle qui y est portée par un conduit que Blasius appelle singulier, &amp; qu'il dit se glisser entre deux tuniques pour s'insérer dans le fond de la vésicule. Il assure qu'il a une valvule qui permet à la <i>bile</i> d'en sortir, &amp; qui empêche qu'elle ne regorge dans le même conduit. Et la 3e suivant Malpighi, est célle qui est filtrée &amp; séparée par les glandules qui sont entre les deux tuniques de la vésicule. Dionis. La <i>bile</i> étant un dissolvant très-puissant, elle achève de briser dans les premiers intestins les parties de l'aliment, qui ne l'avoient pas été suffisamment dans l'estomac. Id. Quand la veine porte a reçu le sang qui a été poussé par les artères dans la rate, l'épiploon, le mésentère &amp; les intestins, elle se divise en plusieurs rameaux dans le foie, où le sang laisse un suc acre qu'on nomme <i>bile.</i> Tauvry. <i>P. I. C.</i> 9. où il décrit la situation de la <i>bile</i> dans le foie. Voyez <ref type="search" target="head:FOIE">FOIE</ref>.</p><p>Borelli, Médecin Néapolitain, dans un ouvrage intitulé <i>De motu Animalium,</i> prétend qu'une partie de la <i>bile</i> qui est épanchée dans les intestins rentre dans les veines méthanoïques, &amp; se mêle avec le sang de la veine porte, pour se cribler de nouveau dans le foie. Voilà une circulation particulière qu'il donne à la <i>bile</i> dans le bas ventre. Si la <i>bile</i> n'étoit qu'un excrément, &amp; qu'elle n'eût son conduit dans les intestins que pour être évacuée avec les impuretés du bas ventre, la nature auroit dû mettre ce conduit dans les gros boyaux, &amp; non pas au commencement des grêles, où la plus grande partie se mêlant avec le chile, est portée dans le sang. Dionis. Le canal commun de la <i>bile</i> est formé par la jonction du cholidoque &amp; du pore biliaire. Id. Tous les animaux ont de la <i>bile.</i> Les pigeons &amp; beaucoup d'autres animaux qui n'ont point de vésicule du fiel, ne laissent pas d'avoir de la <i>bile,</i> leur foie se trouvant amer. Id. La <i>bile,</i> qui est peut-être une des principales causes de la soif, quand elle se mêle au suc salivaire, est extrêmement amortie par tous les aigres. Tauvry.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>bilis</i>, que quelques-uns font venir du Grec , <i>violence</i> ; parce que les bilieux sont sujets à la colère. Les autres font venir ce mot de <i>bullire, bouillir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5040" id="2" type="">
   <index type="head" value="BILE" />
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    <head>BILE</head>
    <p>
    Bile , signifie figurément, La colère. Un Satyrique décharge sa <i>bile</i> sur le papier. Il est aisé d'émouvoir la <i>bile</i> des Poëtes, &amp; des Auteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5041" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILEDULGÉRID" />
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    <head>BILEDULGÉRID</head>
    <p>
    BILEDULGÉRID , s. m. Grand pays d'Afrique, qui s'étend depuis l'Egypte jusqu'à l'Océan Atlantique. Il a la Barbarie au Nord, &amp; le Saara au Midi. <i>Biledulgerida.</i> Le <i>Biledulgérid</i> est enfermé entre le 22e &amp; 32e degré de latitude, &amp; entre le 5e &amp; 60e de longitude. Ce pays étoit autrefois la demeure des Gétules, &amp; en partie des Garamantes. La partie du <i>Biledulgérid</i> qui s'étend depuis la frontière de Biscara, jusqu'à l'Isle des Gelves porte particulièrement le nom <i>Biledulgérid.</i></p><p>Ce mot, <i>Biledulgérid,</i> vient du nom que lui donnent les Arabes, <i>Beled-Algerid,</i> qui signifie <i>Contrée infructueuse, stérile,</i> telle qu'est en effet le <i>Biledulgérid,</i> ou bien <i>Contrée des Basilics ;</i> &amp; en effet Maty remarque qu'il est plein de serpens &amp; de scorpions très-venimeux. Marmol dit au contraire que ce nom signifie pays des dattes. La plus grande partie du <i>Biledulgêrid</i> portoit autrefois le nom de Numidie. Voyez <ref type="search" target="head:Marmol">Marmol</ref>. Liv. VII. ch. 1. &amp; 53.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5042" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILHOM" />
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    <head>BILHOM</head>
    <p>
    BILHOM , ou BILHON. s. m. <i>Bilhomum.</i> Ville de France dans la basse Auvergne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5043" id="1" type="medecine & d'anatomie">
   <index type="head" value="BILIAIRE" />
   <index type="src_domain" value="medecine & d'anatomie" />
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    <head>BILIAIRE</head>
    <p>
    BILIAIRE , adj. m. &amp; f. Qui sert ou qui a rapport à la bile. <i>Bilarius : a.</i> Terme de Médecine &amp; d'Anatomie , qui se dit sur-tout des vaisseaux destinés à contenir, ou à porter, ou à faire passer la bile, que l'on appelle vaisseaux <i>biliaires.</i> Des observations anatomiques touchant la structure des vaisseaux <i>biliaires</i> ont découvert, qu'outre le rameau que Glisson, les Anatomistes du Collége d'Amsterdam, Blasius, &amp;c. ont remarqué dans le col de la vésicule du fiel, il en sort encore de ce même endroit d'autres plus considérables qui viennent de la substance du foie, ou du moins qui s'y répandent ; &amp; que même quelques-uns de ces rameaux ont communication avec le conduit hépatique.</p><p>On a trouvé dans un boeuf, dans un homme &amp; dans un chien, les mêmes trous que les Anatomistes d'Amsterdam n'ont observés que dans un boeuf tout proche du foie. Ces trous sembloient être autant d'embouchures des vaisseaux <i>biliaires.</i> On en a remarqué trois dans un chien, cinq dans un homme, &amp; douze dans un boeuf, mais on n'en a aussi quelquefois trouvé que huit. Dans un foie de boeuf, où les parties se découvrent mieux que dans les petits sujets, outre les autres conduits du canal de la vésicule du fiel qui se répandent dans sa substance du foie, on a remarqué deux vaisseaux dont l'ouverture est plus grande, qui s'insèrent au moins légèrement dans sa substance. Ils panchent vers le conduit hépatique ; &amp; d'autres encore qui communiquent les uns dans les autres, &amp; avec le conduit de la vésicule &amp; celui du foie, &amp; qui ont beaucoup de petites branches. Il y a dans les Journaux de Lipsik 1682. pag. 20. &amp; suiv. des Observations anatomiques sur la structure des vaisseaux <i>biliaires,</i> &amp; sur le mouvement de la bile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5044" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILIEUX, EUSE" />
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    <head>BILIEUX, EUSE</head>
    <p>
    BILIEUX, EUSE , adj. Qui est plein de bile. <i>Biliosus.</i> Les gens d'une humeur <i>bilieuse,</i> d'un tempérament <i>bilieux,</i> sont plus propres pour la guerre que pour l'étude. Les gens <i>bilieux</i> sont colériques.</p><p>Il s'emploie aussi substantivement. Les <i>bilieux</i> sont sujets à de grandes maladies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5045" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLARD" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BILLARD</head>
    <p>
    BILLARD , s. m. Mouillez les deux <i>ll</i> dans ce mot &amp; dans les suivans. Jeu honnête &amp; d'adresse : on le joue sur une grande table, où on pousse des boules dans des blouses, avec des bâtons faits exprès, &amp; selon certaines loix, &amp; conditions du jeu. <i>Ludus in quo super oblongam mensam globulos incurvis clavis impellimus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5045" id="2" type="">
   <index type="head" value="BILLARD" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BILLARD</head>
    <p>
    Billard , est aussi la grande table couverte d'étoffe sur laquelle on joue &amp; on pousse les billes dans les blouses qui sont sur les coins &amp; sur les bords. <i>Mensa viridi instrata panno.</i> On fait aussi des <i>billards</i> dans des places qu'on prépare exprès dans des jardins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5045" id="3" type="">
   <index type="head" value="BILLARD" />
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    <head>BILLARD</head>
    <p>
    Billard , est aussi le bâton recourbé avec lequel on pousse les boules. <i>Clava incurva.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5046" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLARDER" />
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    <head>BILLARDER</head>
    <p>
    BILLARDER , v. n. C'est toucher sa bille deux fois en jouant, ce qui fait un coup perdu. <i>Ictu gemino globulum trudere, ictum iterare.</i> Il a <i>billardé,</i> le coup ne vaut rien. <i>Billarder</i> se dit encore, lorsqu'on touche les deux billes avec le billard, <i>utrumque globulum clavâ percutere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5047" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLE" />
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    <head>BILLE</head>
    <p>
    BILLE , s. f. est une boule d'ivoire, ou de bois, avec laquelle on joue au billard. <i>Globus eburneus vel buxeus.</i> On dit, <i>faire une bille ;</i> pour dire, la mettre dans une des blouses qui sont autour de la table. <i>Globulum in fundulam trudere.</i> On dit <i>doubler une bille ;</i> pour dire, la prendre de plein, &amp; la pousser de toutes ses forces. <i>Globulum loco trudere.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>pila</i>.</p><p>On dit proverbialement, que deux hommes sont <i>billes pareilles,</i> qu'ils sont sortis d'une affaire <i>billes pareilles</i> ; quand ils n'ont point remporté d'avantage l'un sur l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5047" id="2" type="">
   <index type="head" value="BILLE" />
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    <head>BILLE</head>
    <p>
    Bille , est aussi un bâton pointu qui sert aux Emballeurs pour serrer les cordes de leurs ballots, &amp; à serrer les charges des mulets. <i>Sarcinatoris clava.</i></p><p>Autrefois le mot de bille ne signifioit qu'un <i>bâton</i> : ce que témoignent les mots de <i>biller,</i> &amp; de <i>débiller,</i> dont on use encore sur les rivières ; pour dire, Attacher la corde du bateau aux <i>billes,</i> ou bâtons qui sont au bout des traits des chevaux qui tirent.</p><p>Ce mot vient de <i>billus</i>, qu'on a dit dans la basse Latinité pour signifier un <i>gros bâton,</i> ou une <i>petite massue.</i> Cependant Borel veut que <i>bille</i> signifiant un bâton, vienne de <i>vilis</i> ; c'est-à-dire, chose vile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5047" id="3" type="">
   <index type="head" value="BILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BILLE</head>
    <p>
    Bille , se dit aussi d'une pièce d'étoffe qui lie les deux bouts d'une chape d'Eglise sur le devant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5047" id="4" type="">
   <index type="head" value="BILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BILLE</head>
    <p>
    Bille d'acier , est un morceau quarré &amp; marqué d'un fer doux &amp; écumé, qu'on prépare en sorte qu'il lui reste un grain menu. Il vient de l'acier en <i>bille,</i> d'autre en pain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5047" id="5" type="marine">
   <index type="head" value="BILLE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BILLE</head>
    <p>
    Bille , Terme de Marine . Il se dit d'un bout de menu cordage, où il y a une boucle &amp; un noeud. Son usage est de tenir le grand écouet aux premiers des grands haubans, lorsqu'il ne sert pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5047" id="6" type="">
   <index type="head" value="BILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BILLE</head>
    <p>
    Bille , Branche d'arbre, ou plutôt verge coupée par les deux bouts pour planter. <i>Talea, clavola, clavula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5048" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLEBARRER" />
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    <head>BILLEBARRER</head>
    <p>
    BILLEBARRER , v. act. Mettre plusieurs couleurs différentes &amp; peu convenantes sur un habit, sur des meubles. <i>Variare.</i> Le verd &amp; le bleu sont des couleurs qui <i>billebarrent</i> un habit. Cela s'est dit originairement des habits des bouffons &amp; des masques, qui les rendoient extravagans par plusieurs bandes ou barres de couleurs qui choquent la vûe. Les anciens Chevaliers mettoient aussi de ces pièces sur leurs habits, pour leur servir d'ornement ; &amp; c'est de-là que sont venues les <i>billettes</i> du Blason.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5048" id="2" type="">
   <index type="head" value="BILLEBARRER" />
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    <head>BILLEBARRER</head>
    <p>
    Billebarré, ée , part. &amp; adj. <i>Variatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5049" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLEBAUDE" />
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    <head>BILLEBAUDE</head>
    <p>
    &#9758; BILLEBAUDE , s. f. Mot du style familier, qui signifie, Confusion. Cette assemblée est une vraie <i>billebaude.</i> Chasse à la <i>billebaude,</i> c'est-à-dire, chasser sans ordre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5050" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLEGOH" />
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    <head>BILLEGOH</head>
    <p>
    BILLEGOH , s. m. Arbre de la basse Ethiopie, haut &amp; épais, &amp; dont les Médecins du pays se servent. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5051" id="1" type="navigation">
   <index type="head" value="BILLER" />
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    <head>BILLER</head>
    <p>
    BILLER , v. act. Terme de Navigation . C'est, Attacher à une courbe de chevaux la corde qui sert à tirer les bateaux sur les rivières. <i>Alligare.</i> Le contraire est <i>débiller,</i> quand on la détache. Au passage des ponts &amp; des pertuis il faut <i>biller</i> &amp; <i>debiller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5051" id="2" type="embaleur">
   <index type="head" value="BILLER" />
   <index type="src_domain" value="embaleur" />
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    <head>BILLER</head>
    <p>
    Biller , est aussi un terme d'Embaleur , qui signifie, Serrer avec la bille. <i>Stringere. Biller</i> un balot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5052" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLET" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BILLET</head>
    <p>
    BILLET , s. m. Petit écrit, petite lettre qu'on envoie pour apprendre ou négocier quelque chose. <i>Schedula.</i> La mode est venue d'écrire par <i>billets</i> sans signature ni souscription, au lieu des lettres de cérémonie.</p><p>Ce mot vient de <i>billetus</i> diminutif de <i>billus,</i> qui a été fait de l'Allemand &amp; de l'Anglois <i>bill,</i> qui signifie la même chose. Ménage. D'autres le dérivent de <i>libellus</i>. Dans la basse Latinité on a dit aussi <i>billa.</i> Du Cange le dérive de <i>pittacium</i>, qui étoit chez les Anciens une <i>tablette</i> préparée avec de la poix, que les Grecs appellent , qui servoit à écrire des cédules, ou <i>billets,</i> qu'on a appellés au commencement <i>pillets.</i> Il peut venir du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billet , se dit aussi des poulets qu'on envoie à des Maîtresses. <i>Schedula amatoria. Billet</i> doux. <i>Billet</i> galant. <i>Billet</i> tendre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billets d'enterremens. <i>Scheda funebris. Billets</i> de Charlatan, sont des imprimés qu'on donne pour semondre des enterremens, ou pour annoncer le logis &amp; la science d'un Opérateur : ce qui se dit aussi de ces petits écrits circulaires, par lesquels on fait assembler les gens d'un même corps, ou qui sont intéressés en une même affaire ; ce qui s'appelle <i>faire courir le billet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billet , se dit aussi de toute écriture privée, par laquelle on s'oblige à quelque payement, ou on fait la reconnoissance de quelque chose. <i>Chirographi cautio, syngrapha.</i> D'ordinaire tous les biens, les effets des Marchands, consistent en <i>billets,</i> ils n'ont point d'immeubles, ni de rentes. Toutes les Négociations de la Place du Change se font par <i>billets,</i> par lettres de change &amp; rescriptions. Il ne peut pas nier que je ne lui aie donné ce dépot, j'en ai son <i>billet.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Change">Change</ref>. Par l'Ordonnance de 1629. toutes promesses, le nom du créancier en blanc, ou rempli depuis qu'elles ont été faites, sont déclarées nulles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billet de change . On connoit ce que c'est qu'un <i>billet de change,</i> par l'article XXVII. de l'Ordonnance de 1673. qui porte qu'aucun billet ne sera réputé <i>billet de change,</i> si ce n'est pour lettres de change qui auront été fournies, ou qui le devront être. Il n'y a que deux sortes de <i>billets</i> qu'on appelle <i>billets de change :</i> la première, quand il porte valeur reçue en lettres de change, c'est-à-dire, lorsque les banquiers &amp; négocians fournissent à un autre négociant des lettres de change pour les lieux dans lesquels il a besoin d'argent, &amp; que pour la valeur de ces lettres il donne son <i>billet</i> de payer pareille somme au tireur. La deuxième est quand les <i>billets</i> portent, <i>Pour laquelle somme je promets fournir lettres de change sur telle ville.</i> Ces <i>billets</i> ont le même privilége que les lettres de change, &amp; les <i>billets</i> pour lettres de changes fournies ; celui au profit de qui sont faits ces sortes de <i>billets</i> de lettres de change à fournir, ou ceux au profit de qui les ordres seront passés, peuvent contraindre le débiteur à les lui fournir, &amp; au refus lui faire rendre l'argent qu'il a reçu, &amp; lui faire payer ce qu'il coûteroit pour avoir leur argent par lettres de change dans les lieux désignés par leurs <i>billets.</i> Bornier, <i>dans ses notes sur l'Ordonnance de</i> 1673.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billet pour lettres de change fournies , doit faire mention de celui sur qui elles ont été tirées, qui en aura payé la valeur, &amp; si le payement a été fait en deniers, marchandises, ou autres effets, à peine de nullité. Ordon. <i>de</i> 1673.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billet pour lettres de change a fournir , doit faire mention du lieu où elles seront tirées, &amp; si la valeur en a été reçue, &amp; de quelles personnes, à peine de nullité. Ordon. <i>de</i> 1673. Le formulaire d'un <i>billet de change pour une lettre à fournir</i> se conçoit en ces termes : <i>J'ai reçû comptant de tel la somme de tant, pour laquelle je promets lui fournir lettre de change payable à lui, ou à son ordre, en telle ville, en ces prochains payemens de tel mois. Fait, &amp;c.</i> Bornier, <i>dans ses notes sur l'Ordonnance de</i> 1673. Les <i>billets</i> de monnoie ont commencé à avoir cours en 1704. on jugeoit alors qu'ils tenoient lieu de deniers comptans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billets de l'Epargne , sont des ordonnances, mandemens, ou rescriptions données à recevoir sur les Trésoriers de l'Epargne, qui n'ont point été acquittées &amp; qui sont surannées. <i>Rescriptum ad quaestores aerarii.</i></p><p>En ce dernier sens on dit, Faire courir le <i>billet</i> ; pour dire, Négocier un <i>billet,</i> ou chercher de l'argent à emprunter par le moyen des Notaires, Courtiers de change, ou autres personnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5052" id="9" type="">
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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billet , se dit aussi de certains petits bulletins ou papiers roulés, qui servent pour donner des suffrages dans une <pb n="619" facs="bpt6k8542165/f659/full/1200,/0/native.jpg"/>élection. <i>Suffragium.</i> Il a donné son <i>billet</i> en faveur d'un tel aspirant à cette charge. On le dit aussi en termes de Blanque , ou de Lotterie. Il a eu un bon <i>billet</i> à cette blanque, à cette lotterie, un <i>billet</i> noir, où il y avoit un bénéfice.</p><p>En ce sens on dit que des soldats tirent au <i>billet, Sorte ducere,</i> quand de plusieurs soldats qui sont coupables d'une même faute, on n'en veut punir qu'un pour donner l'exemple ; &amp; pour cela on les fait tirer au sort, &amp; on punit celui qui a tiré le <i>billet</i> noir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5052" id="10" type="">
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    <head>BILLET</head>
    <p>
    Billet , se dit aussi des marques &amp; passeports qui se donnent pour avoir la liberté de passer ou d'entrer en quelque lieu. <i>Commeatus.</i> En temps de peste il faut prendre un <i>billet</i> de santé au lieu d'où on sort. Le Magistrat, ou le Conseil de santé des lieux sains éloignés de dix ou douze lieues du lieu pestiféré, ou plus loin, selon la grandeur du mal, donnera des <i>billets</i> de santé à ceux qui en partiront pour aller ailleurs. De la Mare. Celui qui aura un <i>billet</i> de santé, prendra un certificat au bas de tous les lieux où il aura dîné, ou couché, &amp; la même chose sera observée à son retour. Id. On prend les <i>billets</i> aux portes pour faire passer du bétail debout à travers la ville. On n'entrera à cette cérémonie que par <i>billets.</i> On obtient des <i>billets</i> pour entrer aux Ballets du Roi, aux Comédies. Les Officiers de ville donnent des <i>billets</i> aux soldats pour leur assigner leur logement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5053" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BILLETÉ" />
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    <head>BILLETÉ</head>
    <p>
    BILLETÉ , adj. m. Terme de Blason . On appelle un Ecu <i>billeté,</i> celui qui est chargé de billettes. <i>Scuti area schedis inspersa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5053" id="2" type="negoce">
   <index type="head" value="BILLETÉ" />
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    <head>BILLETÉ</head>
    <p>
    Billeté, ée , en termes de Négoce , c'est une épithète qu'on donne aux marchandises, sur lesquelles on a mis des billets, ou des étiquettes qui contiennent un numero, qui est relatif à ceux des livres, ou de l'inventaire du Marchand. <i>Inscriptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5054" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLETTE" />
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    <head>BILLETTE</head>
    <p>
    BILLETTE , s. f. Petite enseigne en forme de billet, qu'on met aux lieux où on doit péage, pour apprendre aux voituriers qu'il ne faut pas passer sans payer le droit, soit au Roi, soit aux Seigneurs qui sont chargés d'entretenir les chemins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5054" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="BILLETTE" />
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    <head>BILLETTE</head>
    <p>
    Billette , en termes de Blason , est une pièce solide dont on charge l'Ecu, qui est faite en forme de quarré long. <i>Scheda.</i> Il y a des <i>billettes</i> de métal, &amp; d'autres de couleur. Lavardin porte d'or à onze <i>billettes</i> d'azur, 4. 3. 4. On appelle <i>Billettes couchées,</i> ou <i>renversées,</i> quand leur plus long côté est couché par terre sur l'Ecu, &amp; le plus petit à plomb. C'étoient anciennement des pièces d'étoffe d'or, d'argent ou de couleur, plus longues que larges, qui se cousoient par intervalle sur les habits pour leur servir d'ornemens, qu'on a transportées depuis sur les Ecus. Les <i>billettes</i> sont aussi des marques de franchise qu'on mettoit autrefois aux bornes des terres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5055" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLETTES" />
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    <head>BILLETTES</head>
    <p>
    &#9758; BILLETTES , s. m. pl. Espèce de Religieux, qu'on appelloit encore les Frères <i>de la Charité N. D.</i> Ils ont donné leur nom à un Couvent de Paris, qui appartient aujourd'hui aux Carmes. Ces Religieux n'étoient plus en 1630. qu'au nombre d'environ, 30. ou 40. dans tout le Royaume. Aujourd'hui il n'y en a plus. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. p.</i> 12.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5056" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLEVESÉE" />
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    <head>BILLEVESÉE</head>
    <p>
    BILLEVESÉE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois une <i>balle soufflée, pleine de vent. Folliculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5056" id="2" type="">
   <index type="head" value="BILLEVESÉE" />
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    <head>BILLEVESÉE</head>
    <p>
    Billevesée , se dit figurément des paroles ou des choses vaines, qui n'ont aucune apparence ni solidité. <i>Nugae, somnia, fabulae.</i> C'est un donneur, un compteur de <i>billevesées.</i> Cela ne se dit que dans le style bas &amp; populaire, Sottes <i>billevesées,</i> pernicieux amusemens, Romans, puissiez-vous être à tous les Diables. Mol. Chacun sait que c'est pure <i>billevesée.</i> Sar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5057" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLON" />
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>BILLON</head>
    <p>
    BILLON , s. m. C'est un terme particulièrement affecté aux monnoies. <i>Nummi forfice incisi, &amp; iterùm conflandi.</i> Il signifie, Toute matière d'or, ou d'argent, qui est alliée, c'est-à-dire, mêlée au-dessous d'un certain degré, &amp; principalement de celui qui est fixé pour la fabrication des monnoies ; comme maintenant que la fabrication des louis d'or est fixée à 22. carats, &amp; des louis d'argent à 11. deniers, le <i>billon d'or</i> est celui qui est à 21. carats ; &amp; le <i>billon d'argent,</i> celui qui est au-dessous de dix deniers. Il y a deux sortes de <i>billon d'argent,</i> l'un nommé <i>baut billon,</i> qui est à dix deniers, &amp; au-dessous jusqu'à cinq ; &amp; l'autre <i>bas billon,</i> qui est au-dessous de cinq deniers. Voyez Bouteroue, <i>Rech. Cur. des Monn. de Fr. p.</i> 144. &amp; Boizard, <i>Tr. des Monn. P. I. c.</i> 3.</p><p>Il est défendu à tous Merciers, Billonneurs, &amp; autres personnes qui ne sont point Orfèvres, de vendre ni acheter aucun or, ni argent, si ce n'est par <i>billon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5057" id="2" type="">
   <index type="head" value="BILLON" />
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    <head>BILLON</head>
    <p>
    Billon , signifie aussi toute sorte de monnoie qui est décriée à quelque titre, &amp; quelque alloi qu'elle puisse être. <i>Nummi exauctorati.</i> En ce sens on dit, qu'il faut envoyer la monnoie au <i>billon</i> ; c'est-à-dire, qu'elle sera fondue &amp; remise sous les coins. Ordonner qu'elle sera mise au feu pour <i>billon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5057" id="3" type="">
   <index type="head" value="BILLON" />
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    <head>BILLON</head>
    <p>
    Bielon , se dit aussi de la menue monnoie de cuivre, comme sont liards, doubles, &amp;c. <i>Nummi aerei.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5057" id="4" type="">
   <index type="head" value="BILLON" />
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    <head>BILLON</head>
    <p>
    Billon , signifie aussi le lieu où l'on porte la monnoie décriée, légère ou défectueuse, pour la refondre, &amp; en recevoir la juste valeur, comme sont les Bureaux du Change, ou de la Monnoie. <i>Officina liquandis ac reficiendis nummis.</i> Porter au <i>billon.</i> Envoyer au <i>billon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5057" id="5" type="">
   <index type="head" value="BILLON" />
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    <head>BILLON</head>
    <p>
    Billon , est aussi du bas argent qu'on affine avec la casse d'Orfèvre comme l'autre argent, mais sans eau forte.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>binio,</i> qui signifie un <i>denier.</i> Covarruvias, de <i>vellus,</i> à cause que les Romains marquoient leurs monnoies de cuivre de la figure d'une brebis. Nebrissensis le dérive de <i>vilis</i>. Borel de <i>villon,</i> ou de <i>guillon,</i> qui signifioit autrefois <i>tromperie ;</i> d'où vient qu'on donna ce nom à un vieux Poëte nommé François Corbeuil, à cause de ses friponneries. Mais Bouteroue le dérive du Latin <i>bulla</i>, qui a signifié autrefois des <i>sceaux,</i> &amp; des <i>matrices</i> qui servoient à former les coins des monnoies ; &amp; c'est ainsi que les appelle Harmenopule. Du Cange croit qu'on l'a ainsi nommé, à cause que c'est <i>aurum &amp; argentum in massam seu</i> billam, <i>i. baculum, conflatum, necdum purgatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5057" id="6" type="">
   <index type="head" value="BILLON" />
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    <head>BILLON</head>
    <p>
    Billon , se dit figurément &amp; dans le style comique, de tout ce que l'on n'estime point, de tout ce que l'on rejette. <i>Res vilioris pretii.</i> Hors de Paris, je mets tout au <i>Billon</i> ; pour dire, de toutes les Villes de France, je n'estime que Paris. Lorsque l'on fit recherche de la noblesse, &amp; que l'on examina les titres de ceux qui se disoient Gentilshommes, on dit que la noblesse avoit été mise au <i>billon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5057" id="7" type="">
   <index type="head" value="BILLON" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BILLON</head>
    <p>
    Billon , terme de Vigneron . C'est une verge de vigne taillée de la longueur de trois ou quatre doigts seulement. <i>Palmes brevior.</i> Ne laissez qu'un <i>billon</i> sur ce sep. Cela se pratique sur-tout à l'égard du raisin blanc, tel qu'est le meunier, &amp; autres, qui maillent toujours plus près que le raisin noir. Liger. On ne croit pas que ce terme soit en usage, ou du moins fort commun, ailleurs qu'en Bourgogne, d'où étoit Liger ; il y a de fort grands vignobles où on ne l'a jamais entendu dire.</p><p>On ne voit pas d'où ce nom est venu en ce sens, si ce n'est peut-être que les vignerons aient dit <i>billon</i> pour un diminutif de Bille, qui signifioit autrefois bâton. <i>Billon</i> est un petit bâton, un bois court.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5058" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLONNAGE" />
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    <head>BILLONNAGE</head>
    <p>
    BILLONNAGE . s. m. Trafic illicite de celui qui billonne. <i>Nummorum exauctoratorum commercium.</i> Le <i>billonnage</i> est un crime qu'on recherche, &amp; qu'on punit, comme celui de fausse monnoie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5059" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLONNEMENT" />
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    <head>BILLONNEMENT</head>
    <p>
    BILLONNEMENT , s. m. Action de billonner. <i>Monetae incisio &amp; conflatura.</i> Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5060" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLONNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BILLONNER</head>
    <p>
    BILLONNER , v. n. qui est pris en bonne &amp; mauvaise part. Il signifie proprement, Recueillir les espèces décriées &amp; envoyées au billon ; ce qui étoit autrefois permis à certaines personnes préposées pour cet effet. <i>Obnoxiam forfici monetam conflaturae gratiâ conquirere.</i> Mais il se prend ordinairement en mauvaise part, &amp; signifie, Trafiquer de monnoie de billon ; substituer des espèces défectueuses en la place des bonnes : Profiter induement sur les espèces au préjudice des Ordonnances. Boiz. <i>Obnoxiam forfici monetam commercii gratiâ colligere</i> L'Ordonnance en a fait un crime, qui peut être commis en plusieurs façons. 1°. Lorsqu'on achète, ou qu'on change la monnoie pour moins qu'elle ne vaut, pour la remettre à plus haut prix, soit dans le même lieu, soit dans une autre Province. 2°. Quand les Receveurs payent en des espèces moindres, ou plus légères qu'ils ne les ont reçues, ou quand ils payent en espèces qu'ils font valoir à plus haut prix que celui de l'Ordonnance. 3°. Quand les Changeurs remettent dans le commerce des espèces défectueuses, étrangères &amp; décriées. 4°. Quand on choisit les espèces plus pesantes pour les vendre <pb n="620" facs="bpt6k8542165/f660/full/1200,/0/native.jpg"/>aux Orfèvres ou Changeurs qui les fondent. 5°. Et généralement quand on profite sur le prix de la monnoie. Boizard rapporte neuf différentes manières de <i>billonner,</i> à prendre ce mot en mauvaise part. Voyez <i>Tr. des Mon.</i> P. II. c. 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5060" id="2" type="agriculture">
   <index type="head" value="BILLONNER" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
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    <head>BILLONNER</head>
    <p>
    Billonner , v. act. Terme d'Agriculture , &amp; de Vigneron. C'est ne laisser que des <i>billons.</i> Couper les verges de la vigne courts, &amp; ne leur laisser que trois ou quatre doigts de long. <i>Palmites brevissimos amputando facere, breviores amputare ; plurimùm decurtare.</i> Taillons cette vigne, &amp; ne faisons que la <i>billonner.</i> Liger. On le dit quelquefois absolument comme s'il étoit neutre. On a toujours coutume de <i>billonner</i> dans la vallée d'Aillan. Lig.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5061" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLONNEUR" />
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    <head>BILLONNEUR</head>
    <p>
    BILLONNEUR , s. m. Celui qui se mêle de billonner. <i>Monetae sorfici obnoxiae conquisitor.</i> Les <i>Billonneurs</i> étoient autrefois des personnes préposées par le Roi, pour recueillir les espèces décriées, &amp; mises au billon. Du temps de Charles VI. en 1385. ces <i>billonneurs</i> tenoient leur boutique dans la rue au Feurre le long du Cimetière S. Innocent ; &amp; cette place s'appelloit le <i>Billon.</i> Maintenant on appelle <i>Billonneurs,</i> ceux qui font un trafic illicite d'argent, en profitant sur la valeur des espèces. On les punit comme une espèce de faux monnoyeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5062" id="1" type="">
   <index type="head" value="BILLOS" />
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    <head>BILLOS</head>
    <p>
    BILLOS , s. m. Ce sont des droits &amp; impositions qu'on lève sur le vin en Bretagne, comme les vingtieme, onzième, quatrième, &amp;c. soit que le Roi les lève, soit quelques Seigneurs, ou Villes, par octroi &amp; concession.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5063" id="1" type="">
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    <head>BILLOT</head>
    <p>
    BILLOT , s. m. Grosse pièce de bois d'un ou de deux pieds de haut, &amp; plus longue que large, difficile à remuer, sur laquelle on coupe quelque chose, ou on l'y attache. <i>Brevior ligni truncus.</i> Ainsi la pièce de bois, sur laquelle les Boisselliers &amp; les Tourneurs travaillent, s'appelle un <i>billot.</i> Celle sur laquelle on pose une enclume, s'appelle encore un <i>billot.</i> Celle que l'on met sous les pinces ou leviers pour mouvoir quelque fardeau, s'appelle aussi un <i>billot.</i> Celle sur laquelle on coupe en plusieurs lieux la tête aux criminels, s'appelle encore un <i>billot.</i> Enfin on appelle un <i>billot</i> ce qui sert aux Serruriers pour tourner les rouleaux.</p><p>Ces mots de <i>bille, billard,</i> &amp; <i>billot,</i> viennent du Latin <i>billus,</i> qui signifie un <i>baton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5063" id="2" type="">
   <index type="head" value="BILLOT" />
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    <head>BILLOT</head>
    <p>
    Billot , est aussi un bâton que l'on met le long des flancs des chevaux neufs, qu'on amène d'Allemagne, &amp; qui sert à les conduire à la file les uns des autres, ou que l'on met au cou des chiens pour les empêcher de chasser &amp; d'entrer dans les vignes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BILLOT</head>
    <p>
    &#9758; BILLOT , s. m.Billot , On appelle aussi de ce nom, une sorte de souricière, qui est en effet comme un petit billot, où il y a des trous, &amp; du fil d'archal, pour attraper les rats &amp; les souris.<br/>Billot, est encore le nom que l'on donne à un gros Livre court &amp; fort épais. C'est un <i>billot</i> que ce Livre là : Il falloit le relier en deux volumes, en un seul il est <i>billot.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5063" id="4" type="">
   <index type="head" value="BILLOT" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BILLOT</head>
    <p>
    Billots , en termes de Mer , sont des pièces de bois courtes qu'on met entre les fourcats des vaisseaux pour les garnir en les construisant.</p><p>On dit proverbialement, J'en mettrois ma tête sur le <i>billot</i> ; pour dire, j'en suis bien assuré ; J'en gagerois ma tête à couper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5064" id="1" type="botanique">
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    <head>BIMAUVE</head>
    <p>
    BIMAUVE , s. f. Terme de Botanique . C'est une espèce d'Althée. <i>Althea, Hibiscus.</i> Quelques-uns donnent ce nom de <i>Bimauve</i> à la guimauve. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5065" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIMBELOT" />
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    <head>BIMBELOT</head>
    <p>
    BIMBELOT , subst. mas. Petit jouet d'enfant, comme poupée, moulinet, carrosse, ou autre petite machine de carte ou de bois qui est propre à réjouïr les enfans. <i>Crepundia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5066" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIMBELOTIER" />
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    <head>BIMBELOTIER</head>
    <p>
    BIMBELOTIER . Quelques-uns disent BIMBLIOQUIER, s. m. Marchand ou Artisan qui vend, ou qui fait des <i>bimbelots. Crepundiorum opifex.</i> Il y a à Paris de riches Marchands <i>Bimbelotiers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5067" id="1" type="">
   <index type="head" value="BINAIRE" />
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    <head>BINAIRE</head>
    <p>
    BINAIRE , adj. m. &amp; f. <i>Binarius.</i> Le nombre <i>binaire</i> est composé de deux unités. En Musique, la mesure <i>binaire</i> est celle qu'on bat également dans le lever &amp; dans le baisser de la main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5068" id="1" type="">
   <index type="head" value="BINARD" />
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    <head>BINARD</head>
    <p>
    BINARD , s. m. Chariot ayant quatre grosses roues d'égale hauteur, avec un plancher de grosses pièces de bois, sur lesquelles on transporte des colonnes ou des pierres d'une grosseur extraordinaire. <i>Carrus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5069" id="1" type="">
   <index type="head" value="BINDELLES" />
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    <head>BINDELLES</head>
    <p>
    BINDELLES (on dit aussi BIDELLE) s. f. Vieux mot qui s'est dit d'une sorte de manches anciennes. Cousant mes manches à <i>bindelles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5070" id="1" type="">
   <index type="head" value="BINEMENT" />
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    <head>BINEMENT</head>
    <p>
    BINEMENT , s. m. Action de Biner. Seconde façon que l'on donne à la vigne. <i>Vineae repastinatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5071" id="1" type="agriculture">
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    <head>BINER</head>
    <p>
    BINER , v. act. Terme d'Agriculture . Donner aux terres, aux vignes, un second labour, une seconde façon, qu'on appelle <i>Binement. Vineam repastinare.</i> Les Anciens appelloient ces secondes façons <i>binalia</i> ; &amp; on dit <i>Iterare agrum</i> dans le même sens. Je <i>binerai</i> demain cette terre. Il est temps de <i>biner</i> les vignes. Lig.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5071" id="2" type="jardinage">
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    <head>BINER</head>
    <p>
    Biner . Terme de Jardinage , est la même chose que Béquiller. C'est quand avec un outil de fer emmanché, &amp; ayant deux dents renversées, on ferfouït ou ferfouette les pois, les fèves, les laitues, les chicorées, &amp;c. c'est-à-dire, qu'on y fait une manière de petit labour, qui ne fait qu'ameublir la terre autour de chaque pied, sans l'arracher, ou le blesser. La Quint. C'est une seconde façon qu'on donne à ces légumes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5071" id="3" type="eglise">
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    <head>BINER</head>
    <p>
    Biner , v. neut. Terme d'Eglise , qui se dit quand un Prêtre a la permission de dire deux Messes en un jour. <i>Eodem die binas Missas dicere.</i> Son Evêque lui a permis de <i>biner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5072" id="1" type="">
   <index type="head" value="BINET" />
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    <head>BINET</head>
    <p>
    BINET , s. m. Bout de chandelle qu'on lève sur le haut du chandelier, afin qu'il se consume tout-à-fait. <i>Candelaeima pars.</i> C'est-un avare qui a donné le bal, où les bougies étoient si courtes, qu'il a fallu faire <i>binet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5072" id="2" type="">
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    <head>BINET</head>
    <p>
    Binet , se dit aussi d'un petit morceau de laiton plat, délié, &amp; large comme un écu blanc, avec une queue que l'on met dans la bobèche du chandelier. Au milieu de ce petit morceau de laiton, il y a une pointe de fer, où l'on fiche le bout de la chandelle qui reste à brûler, afin que rien ne se perde ; &amp; c'est ce qu'on appelle faire <i>binet.</i> On fait aussi des <i>binets</i> de fer blanc. Un Auteur, qui a critiqué Messieurs de l'Académie Françoise, prétend que le mot de <i>binet</i> ne se dit qu'en ce dernier sens, &amp; nullement pour signifier le bout de chandelle que l'on met sur le haut du chandelier pour le faire consumer tout-à-fait : cependant l'invention de faire <i>binet,</i> pour épargner les bouts de chandelle qui restent à brûler, a été mise en usage fort long-temps avant qu'on eût imaginé la petite machine dont on vient de donner la description. Si donc Messieurs de l'Académie ont fait en cela quelque faute, c'est seulement en ce qu'ils ont oublié cette seconde signification du mot de <i>binet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5073" id="1" type="cloitre">
   <index type="head" value="BINI" />
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    <head>BINI</head>
    <p>
    BINI , s. m. Terme de Cloître , qui se dit d'un Moine qu'un Supérieur donne à celui qui veut sortir pour l'accompagner, &amp; n'aller pas seul. On applique ce vers à ces deux compagnons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5074" id="1" type="optique">
   <index type="head" value="BINOCLE" />
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    <head>BINOCLE</head>
    <p>
    BINOCLE , s. m. Terme d'Optique . C'est une lunette à longue vûe qui est double ; c'est-à-dire, deux tuyaux joints ensemble, par lesquels on peut observer un objet éloigné par les deux yeux en même-temps. Il a été inventé par le Père Rheita, Capucin d'Orléans, qui en a écrit dans son Livre intitulé, <i>Oculus Henoc &amp; Eliae</i> ; &amp; depuis a été renouvellé par le Père Chérubin Capucin, qui en a écrit un grand volume en l'année 1678.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5075" id="1" type="">
   <index type="head" value="BINOCULAIRE" />
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    <head>BINOCULAIRE</head>
    <p>
    BINOCULAIRE , adj. Qui sert aux deux yeux. Le P. Chérubin s'est servi de ce terme dans son Traité de la Vision parfaite. Astrocope <i>binoculaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5076" id="1" type="algebre">
   <index type="head" value="BINOME" />
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    <head>BINOME</head>
    <p>
    BINOME , s. f. Terme d'Algebre . C'est un nombre produit de l'addition de deux nombres, ou grandeurs incommensurables. <i>Binomius.</i> Quand il y en a trois, on l'appelle <i>trinome</i> : quand il y en a quatre, <i>quatrinome</i> ; quand il y en a plusieurs, <i>multinome.</i> Cela vient de ce que ces grandeurs doivent se nommer de noms différens. Il faut observer que quand on ajoûte des nombres ou grandeurs commensurables parmi des incommensurables, on ne les compte point pour leur faire changer le nom de <i>binome</i> ou <i>trinome,</i> &amp;c. L'<i>apotome</i> est la différence qu'il y a entre ces sommes ajoûtées. Euclide en traite dans son dixième Livre des Elémens, &amp; ensuite tous les Algébristes. Chez <pb n="621" facs="bpt6k8542165/f661/full/1200,/0/native.jpg"/>les Anciens on appelloit <i>binomes,</i> ceux qui avoient deux noms. Voyez les nouveaux <i>Elémens des Mathématiques</i> par M. Prester.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5077" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIOCOLYTE" />
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    <head>BIOCOLYTE</head>
    <p>
    BIOCOLYTE . <i>Byocolita, ae.</i> On appelloit <i>Biocolytes</i> dans l'Empire Grec certains Officiers ou Soldats qui étoient obligés d'empêcher les violences qui se commettoient dans l'Empire. Les <i>Biocolytes</i> étoient autrefois à-peu-près ce que sont aujourd'hui les Archers de nos Maréchaussées. Le nom de <i>Biocolyte</i> vient de deux mots Grecs, , <i>vis,</i> violence, , <i>impedio, j'empêche.</i> L'Empereur Justinien supprima les <i>Biocolytes.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Boulenger">Boulenger</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5078" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIOGRAPHE" />
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    <head>BIOGRAPHE</head>
    <p>
    BIOGRAPHE , s. m. Auteur qui écrit des vies, ou de Saints, ou d'autres. M. l'Abbé Chastelain s'est servi de ce mot pour éviter d'user si souvent d'une périphrase, mais il n'est point en usage. Il vient du Grec , <i>vita,</i> &amp; , <i>scribo</i> ; mot à mot <i>vitae,</i> ou <i>vitarum scriptor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5079" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIOUAC" />
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    <head>BIOUAC</head>
    <p>
    BIOUAC . Voyez <ref type="search" target="head:BIVOUAC">BIVOUAC</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5080" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIPENNE" />
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    <head>BIPENNE</head>
    <p>
    BIPENNE , s. f. <i>Bipennis.</i> M. Moreau de Mautour a employé ce terme dans son discours préliminaire sur les Amazones, pour signifier la double hache qui étoit l'arme ordinaire dont usoient ces femmes guerrières. Ce n'est autre chose que le mot Latin, auquel il a donné une terminaison Françoise. Je ne crois pas qu'on trouvât ce terme dans aucun autre Auteur ; mais ce sont de ces libertés que l'on se permet quelquefois dans des discours d'érudition, &amp; que l'on ne doit point se donner ailleurs. Ainsi dans une dissertation sur les médailles de l'Isle de Ténédos, on pourroit peut-être dire à l'exemple de M. de Mautour, qu'elles ont au revers une <i>bipenne</i> avec ce mot, , &amp;c. Mais après tout je crois que les Vaugelas, les Patru, les Regnier, les Des Marais, les Fénelons, les Bouhours, diroient plutôt une double hache, qu'une <i>bipenne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5081" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIQUE" />
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    <head>BIQUE</head>
    <p>
    BIQUE , s. f. <i>Capra.</i> Ce mot se dit dans quelques Provinces de France, &amp; principalement en Champagne, pour marquer la femelle du bouc ; mais à Paris ce mot est inconnu, &amp; on dit une chèvre.</p><p>Le Père Thomassin dérive le mot <i>bique</i> &amp; bouc de , qu'on trouve dans Hésychius, pour signifier une chèvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5082" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="BIQUELAR" />
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   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
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    <head>BIQUELAR</head>
    <p>
    BIQUELAR , s. m. Terme de Relation . Cuisinier du Divan d'Alger. <i>Coquus.</i> Les Janissaires, que les Algériens appellent Oldachis, après avoir été quelque temps simples soldats, sont faits <i>Biquelars,</i> autrement Cuisiniers du Divan, qui est le premier degré pour monter aux grands offices suivans. Ces <i>Biquelars</i> sont ceux qui dans les Casseries, aux Garnisons, aux Champs &amp; aux Armées, ont soin d'apprêter à boire &amp; à manger aux Officiers &amp; aux Chefs principaux de la Milice d'Alger. De <i>Biquelars</i> ils deviennent Odabachis, c'est-à-dire, Caporaux des Compagnies, ou Chefs de quelque Escadre de soldats. Dan. <i>Hist. de Barb.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5083" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="BIQUET" />
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    <head>BIQUET</head>
    <p>
    BIQUET , subst. masc. Terme de Monnoie . C'est une sorte de Trébuchet, dont on se sert pour peser. <i>Nummaria trutina.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5083" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIQUET" />
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    <head>BIQUET</head>
    <p>
    Biquet , s. m. Chevreau. Le petit d'une chèvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5084" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIQUETER" />
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    <head>BIQUETER</head>
    <p>
    BIQUETER , v. act. C'est se servir du Biquet pour peser. <i>Appendere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5085" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIQUETER" />
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    <head>BIQUETER</head>
    <p>
    BIQUETER , v. n. Ce mot se dit des chèvres, &amp; signifie, faire un petit chevreau. <i>Haedulum parere.</i> Notre chèvre a <i>biqueté.</i></p><p>Le P. Pezron dit que <i>biq</i> est un mot Celtique, qui signifioit chèvre, &amp; qu'en plusieurs endroits on dit encore une <i>bique.</i> Il dérive même de-là le Grec , <i>chèvre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5086" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIRAMBROT" />
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    <head>BIRAMBROT</head>
    <p>
    BIRAMBROT , s. m. Mot corrompu du Hollandois. Il ne se dit qu'en riant, à l'exemple de Scarron, qui a dit : Adieu mon cher mangeur de <i>Birambrot</i> &amp; de tartines, revenez vous mettre au beurre de Vanvre. Le <i>Birambrot</i> est une sorte de soupe qu'on fait avec de la bière, du sucre, de la muscade, &amp; quelquefois avec du beurre &amp; du pain.</p><p>Ce mot est composé de <i>bier, bière,</i> &amp; <i>broot, pain.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5087" id="1" type="peche">
   <index type="head" value="BIRE" />
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    <head>BIRE</head>
    <p>
    BIRE . Terme de pêche . Engin ou instrument d'Osier pour prendre des poissons. Il est défendu dans le temps de fraie par le VIIIe Article de l'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5088" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIRETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>BIRETTE</head>
    <p>
    BIRETTE , s. f. Sorte de bonnet que portent les Novices chez les Jésuites, pendant leur Noviciat. <i>Biretum.</i> Ce bonnet vient d'Italie, aussi-bien que le nom, qui cependant vient encore de plus loin, &amp; qui se trouve dans la vie de S. Henri, Evêque d'Upsal &amp; Martyr, <i>Act. Sanct. Jan. T. II. p.</i> 250. Les Bollandistes remontent même encore plus haut dans le IIe T. du mois de Mars, p. 241. &amp; il leur paroît que <i>biretrum</i> est un diminutif de <i>birrhum,</i> que l'on trouve parmi les noms des habits saints ou sacerdotaux, dès le temps de S. Cyprien. Ils ajoûtent que ce nom vient de la couleur rouge foncé que cet habit avoit, &amp; qu'en Grec il se nommoit , dont les Latins firent <i>birrum,</i> en changeant le en <i>b.</i> Dans le même Ouvrage, T. I. de Mai, p. 340. F. <i>biretum</i> est distingué de <i>galerus,</i> &amp; les Bollandistes disent que <i>biretum</i> est un bonnet quarré. Aujourd'hui ce qu'on appelle <i>birette</i> est rond. C'est l'ornement de tête que les hommes portoient en France il y a 200. ou 250. ans, comme il paroît par les anciens tableaux &amp; nos anciennes tapisseries.</p><p>Quoique le <i>birrus</i> ou <i>birrum</i> fût un habit du corps, &amp; non pas un habillement de tête, son diminutif <i>birette</i> a pû se donner à un ornement ou habillement de tête, parce qu'autrefois il étoit joint à l'habit &amp; en faisoit partie ; que le <i>byrrus</i> ou <i>byrrum</i> étoit un habillement qui couvroit non-seulement la tête, mais aussi les épaules ; d'où vient que quand on en retrancha la partie d'en-bas qui couvroit les épaules, gardant seulement la partie d'en-haut qui couvroit la tête, comme il étoit appetissé, on ne lui donna plus pour nom que le diminutif de <i>birrus ou birrum,</i> &amp; on l'appella <i>birette</i> ou <i>barrette</i> ; car on dit aussi <i>barette,</i> mais aujourd'hui il signifie autre chose, comme on le peut voir à sa place.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5089" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIRGITTE" />
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    <head>BIRGITTE</head>
    <p>
    BIRGITTE . Voyez <ref type="search" target="head:BRIGIDE">BRIGIDE</ref>.</p><p>&#9758; BIRLOIR, s. m. On appelle ainsi cette petite machine qui sert à arrêter un chassis quand il est levé de <i>Girulatorium.</i> Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5090" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIRON" />
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    <head>BIRON</head>
    <p>
    BIRON , s. m. <i>Biranium.</i> Ville de France dans le Périgord, qui a donné son nom à la Maison de Biron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5091" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>BIS</head>
    <p>
    BIS , adverbe. Ce mot est purement Latin, &amp; signifie deux fois, en François. On s'en sert en Musique pour marquer la répétition d'un couplet, ou d'un vers, d'une chanson, qu'il faut faire par deux fois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5091" id="2" type="pratique">
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    <head>BIS</head>
    <p>
    Bis , se dit en termes de Pratique , lorsqu'on paraphe des pièces, ou des feuillets d'un Registre, &amp; qu'on en cotte deux de même nombre, on met à tous les deux <i>bis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5091" id="3" type=" ecclesiastiques">
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    <head>BIS</head>
    <p>
    Bis , se dit aussi à la Chambre des Comptes, lorsqu'il y a un double emploi, ou qu'il y a deux quittances rapportées pour une même partie qui ne valent que pour une ; on met sur l'une &amp; l'autre <i>bis</i> ; &amp; quelquefois un <i>bis capit,</i> quand on est payé deux fois d'une même partie.</p><p>On appelle aussi en termes Ecclésiastiques un <i>Bis-cantando,</i> une permission qu'on donne à certains Curés de dire deux Messes, pour desservir deux Cures en des lieux ruinés où il n'y a pas moyen d'entretenir deux Prêtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5092" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIS, ISE" />
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    <head>BIS, ISE</head>
    <p>
    BIS, ISE , adj. Qui est entre le blanc &amp; le noir. <i>Cibarius, secundarius panis.</i> Les lièvres qu'on veut transporter se conservent mieux en pâte <i>bise.</i> Ce blé est trop <i>bis.</i> Cette <pb n="622" facs="bpt6k8542165/f662/full/1200,/0/native.jpg"/>farine est trop <i>bise.</i> Les pauvres, &amp; ceux qui vivent dans l'austérité ne mangent que du pain <i>bis.</i></p><p>On appelle du pain <i>bis-blanc,</i> celui qui est mitoyen entre le pain de fine farine de froment, &amp; le pain <i>bis</i> où il y a du son &amp; du seigle.</p><p>On dit aussi d'une personne, qu'elle a le teint <i>bis,</i> qu'elle est <i>bise</i> ; pour dire, qu'elle n'a pas ce grand éclat, cette vivacité de blancheur qui seroit à desirer. Mais cela ne se dit qu'en riant, &amp; dans le style comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5093" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISACRAMENTAUX" />
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    <head>BISACRAMENTAUX</head>
    <p>
    BISACRAMENTAUX , s. m. &amp; pl. Hérétiques qui ne reconnoissent que deux Sacremens, le Baptême &amp; la Cène, ou l'Eucharistie. Ce mot est composé de <i>bis,</i> qui dans la composition signifie deux, &amp; de <i>Sacramentum.</i> Pratéole a forgé ce mot, &amp; quelques Auteurs François s'en sont servis ; mais l'usage ne l'a point reçu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5094" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISAÏEUL, EULE" />
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    <head>BISAÏEUL, EULE</head>
    <p>
    BISAÏEUL, EULE , s. m. &amp; f. Terme relatif. Qui est père ou mère d'un grand-père ou d'une grand-mère, ou d'un aïeul ou aïeule. C'est le troisième degrè de parenté dans la ligne ascendante avec les petits-fils. <i>Proavus.</i> Chacun de nous en particulier ne peut douter que son père, son aïeul, son <i>bisaïeul,</i> ne crussent comme croient les Catholiques. Ce <i>Bisaïeul</i> étoit très-certain que son <i>bisaïeul</i> avoit cru de même. Peliss. La cérémonie de la béatification de S. François de Borgia, faite à Madrid, fut particulièrement remarquable, en ce que le corps du Saint fut suivi dans toutes les différentes processions par quarante-six Seigneurs, qui le reconnoissoient pour leur aieul, pour leur <i>bisaïeul,</i> ou pour leur trisaieul, dont il y en avoit quatorze Grands d'Espagne. P. Verj.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5095" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISANCE" />
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    <head>BISANCE</head>
    <p>
    BISANCE , ou plutôt BYZANCE, s. m. <i>Bysantium.</i> Voyez BYZANCE, car c'est ainsi qu'il faut écrire, &amp; M. Corneille lui-même qui écrit <i>Bisance,</i> a cependant écrit dans le même article <i>Byzas,</i> &amp; <i>Bizantius</i> ; ce qui est d'autant mieux, qu'il faut distinguer cette Ville d'une autre Ville de Thrace, selon Ptolomée, ou de Macédoine, selon Etienne de Byzance, &amp; dont j'ai vû une médaille, avec cette inscription, .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5096" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISACHO" />
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    <head>BISACHO</head>
    <p>
    BISACHO , s. m. Sorte d'animal du Pérou, dont la chair est semblable à celle de nos lapins, &amp; qui a la queue longue comme celle d'un écureuil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5097" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISBILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BISBILLE</head>
    <p>
    &#9758; BISBILLE , s. f. Terme bas &amp; de peu d'usage, pour signifier Murmure, chuchoterie, ou quelquefois dispute. Ils ont eu quelques <i>bisbilles</i> ensemble. De l'Italien <i>bisbiglio.</i> Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5098" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISCAPIT" />
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    <head>BISCAPIT</head>
    <p>
    BISCAPIT , s. m. Mot Latin, devenu François seulement dans le style de la Chambre des Comptes. Il se dit du double emploi d'une somme employée, comptée, ou reçue deux fois. Un comptable qui fait un <i>biscapit</i> dans son compte, doit être condamné à payer le double de la somme mal employée ; c'est-à-dire, que si le <i>biscapit</i> est de cinq mille livres, la peine du double doit être de dix mille livres, sans y comprendre les cinq mille livres qui ont donné lieu au <i>biscapit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5099" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISCAYE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BISCAYE</head>
    <p>
    BISCAYE , s. f. <i>Biscaia, Viscaia, Cantabria.</i> Province d'Espagne bornée au Nord par la mer de <i>Biscaye,</i> au Couchant par les Asturies, par la vieille Castille au Midi, &amp; par le pays de Guipuscoa au Levant. Bilbao est Capitale de la <i>Biscaye.</i> La <i>Biscaye</i> a été anciennement la demeure des Cantabres, selon quelques-uns ; selon d'autres la <i>Biscaye</i> a été habitée anciennement par les Antrigons, vers le Levant, &amp; par une partie des Cantabres propres vers le Couchant. La <i>Biscaye</i> est abondante en bois, en fruits sauvages, &amp; en pommes, dont ils font de la <i>Sidra,</i> ou du cidre ; en vin, en millet, en noix, en châtaignes, en raisins, en mines de fer, d'acier, de plomb. La mer de <i>Biscaye, mare Cantabricum,</i> est la partie de l'Océan Atlantique, qui baigne la côte Septentrionale de l'Espagne. La <i>Biscaye</i> Françoise, <i>Biscaia,</i> ou <i>Cantabria Gallica,</i> c'est le pays des Basques. Nous avons en Espagnol un <i>Epitome</i> des Seigneurs de <i>Biscaye</i> par Antonio Navarre. La nouvelle <i>Biscaye</i> est une nouvelle Province de l'Audience de Guadalajara, dans le Mexique. Voyez <ref type="search" target="head:Arn">Arn</ref>. Oihenarti, <i>Notitia utriusque Vasconiae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5100" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISCAYEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BISCAYEN, ENNE</head>
    <p>
    BISCAYEN, ENNE , s. m. &amp; f. Qui est de Biscaye, natif, originaire de Biscaye. <i>Cantaber.</i> Catel, dans son <i>Hist. de Languedoc,</i> écrit <i>Biscoyn.</i> Larrey, dans son <i>Histoire d'Angleterre,</i> T. II. p. 373. a écrit <i>Biscain</i> avec quelques Anciens, &amp; Maty dit <i>Biscaïn,</i> les <i>Biscains.</i> L'un &amp; l'autre est mal. Il faut dire avec M. Corneille <i>Biscayen,</i> qui se prononce <i>Biscaïen.</i> Les <i>Biscayens</i> sont affables, agiles, vifs, courageux, mais sujets à la colère. T. Corn. Les filles <i>Biscayennes</i> vont tête nue, &amp; se coupent les cheveux, parce que selon la coutume du pays, les vierges ne doivent pas les porter longs, ni être voilées. Quand elles sont mariées elles se couvrent la tête d'une toile jaune, qui fait au-dessus du front une espèce de corne qui s'élève en pointe. Cet habillement de tête semble approcher de celui de quelques anciens Espagnols &amp; Montagnards. Id. Les <i>Biscayens</i> ont eu des Comtes, ou Gouverneurs, envoyés par les Rois d'Oviedo &amp; de Léon jusqu'en 859. Les <i>Biscayens,</i> au rapport de Botero, prétendent que le Roi, qui se nomme seulement Seigneur de Biscaye, doit entrer dans leur pays avec un pied déchaussé. Id. M. de Tillemont semble éviter ce mot. Il dit toujours, les peuples de Biscaye. Il est cependant François &amp; en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5101" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISCORNU, UE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BISCORNU, UE</head>
    <p>
    &#9758; BISCORNU, UE , adj. Mal fait, mal bâti, qui est d'une forme irrégulière. Une maison <i>biscornue,</i> un ouvrage <i>biscornu,</i> un esprit <i>biscornu,</i> un raisonnement <i>biscornu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5102" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISCOTIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BISCOTIN</head>
    <p>
    BISCOTIN , s. m. Pâte cuite avec du sucre, qu'on met sur table au dessert. <i>Placenta.</i> Pour faire des <i>biscotins,</i> il faut prendre une demi-livre ou une livre de sucre, suivant la quantité que vous en voulez faire, le faire cuire à la plume, prendre une demi-livre ou trois quarterons de farine, la jetter dans le sucre cuit, la remuer proprement pour la mettre en pâte ; mais il ne faut plus la mettre sur le feu, il faut la dresser sur une table, ou sur une planche, avec un peu de sucre, la pétrir proprement, puis la piler dans le mortier, avec un blanc d'oeuf, un peu d'eau de fleur d'orange, un peu de musc &amp; d'ambre, si l'on y en veut ; la bien piler, &amp; le tout incorporer, &amp; la bien pétrifier comme de la pâte ferme. Ensuite on la met par petites boules, comme les petits pains de citrons. Après l'on a une poëlée d'eau bouillante sur le feu, on les jette dedans ; ils vont d'abord au fond ; &amp; quand ils viennent dessus, il faut les lever avec une écumoire, &amp; les faire égoutter, les dresser, si faire se peut, sur des feuilles de fer blanc, sinon sur du papier, &amp; les mettre dans le four pour les faire cuire, &amp; leur faire prendre une belle couleur. Chomel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5103" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISCUIT" />
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    <head>BISCUIT</head>
    <p>
    BISCUIT , s. m. Pain fort desséché par une double cuisson, d'où il est appellé <i>biscuit,</i> pour le garder long-temps, &amp; particulièrement sur la mer. <i>Panis nauticus, buccellatum, buccellum.</i> Le <i>biscuit</i> est bon à tremper dans le vin d'Espagne. La soute est le lieu où on garde le <i>biscuit</i> dans les vaisseaux. Le <i>biscuit</i> pour les voyages de long cours se cuit quatre fois, &amp; on le fait six mois avant l'embarquement. Le <i>biscuit</i> qu'on charge sur les vaisseaux du Roi, est de farine de froment épurée de son, &amp; de pâte bien levée. On appelle faire du <i>biscuit,</i> lorsqu'on va faire sa provision de <i>biscuit,</i> comme on dit, faire de l'eau, &amp; faire du bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5103" id="2" type="teinture">
   <index type="head" value="BISCUIT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BISCUIT</head>
    <p>
    Biscuit , se dit aussi en termes de Teinture . Il est défendu aux Teinturiers de faire aucun <i>biscuit,</i> ni faux noir, c'est-à-dire, entre deux galles, vieille &amp; neuve.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5103" id="3" type="">
   <index type="head" value="BISCUIT" />
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    <head>BISCUIT</head>
    <p>
    Biscuit , est aussi une pâtisserie friande faite avec de la plus fine farine, des oeufs &amp; du sucre ; on y met aussi de l'anis &amp; de l'écorce de citron. <i>Copta dulciaria.</i> On les fait cuire au four dans des moules de fer blanc, ou de papier. Il y a aussi des <i>biscuits</i> de Carême faits sans oeufs avec de la pâte d'amandes, des <i>biscuits</i> de conserve de roses, de citron, de grenade, &amp;c.</p><p>Les Maçons appellent <i>biscuits</i> ou <i>bécuits</i> les pierres de chaux qui restent dans le bassin, après que la chaux est détrempée.</p><p>On dit proverbialement, qu'il ne faut pas s'embarquer sans <i>biscuit</i> ; pour dire, entreprendre une affaire sans avoir les moyens, ou les provisions nécessaires, &amp; convenables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5104" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BISE</head>
    <p>
    BISE , s. f. L'un des vents cardinaux. Il est froid &amp; sec. Il règne dans le fort de l'hiver, &amp; souffle entre l'Est &amp; le Septentrion. <i>Aquilo, Boreas.</i> La <i>bise</i> est un vent très-dangereux sur la Méditerranée. Il s'appelle <i>Nord</i> sur l'Océan, &amp; <i>Tramontana</i> en Italien, chez les Anciens <i>Boreas, Aparctias.</i> C'est un air froid qui gèle les vignes, qui sèche les fleurs. Comme tombe une fleur que la <i>bise</i> a séchée, dit Malherbe.</p><p>Lipse dérive ce mot de l'Allemand <i>bisa,</i> qui signifie <i>tourbillon de vent</i> ; &amp; dit que <i>biesen</i> &amp; <i>biisen</i> signifient en <pb n="623" facs="bpt6k8542165/f663/full/1200,/0/native.jpg"/>Flamand, <i>être fort agité.</i> Le P. Pezron le tire du Celtique <i>bis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5104" id="2" type="">
   <index type="head" value="BISE" />
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    <head>BISE</head>
    <p>
    Bise , est aussi une petite miche de pain bis blanc qu'on donne aux écoliers. <i>Bise</i> est aussi le nom d'un certain poisson qui approche fort du thon. <i>Amia.</i> Rond.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a été frappé du vent de <i>bise,</i> pour dire qu'il est ruiné, qu'il lui est arrivé quelque mauvaise fortune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5105" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISEAU" />
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    <head>BISEAU</head>
    <p>
    BISEAU , s. m. Endroit du pain où il n'y a pas de croûte, ce qui arrive lorsque les pains se touchent dans le four en cuisant. <i>Panis pars mollior,</i> &amp; dans la basse Latinité, <i>bisellus.</i> Ceux qui ont de mauvaises dents demandent du <i>biseau.</i></p><p>Quelques-uns le dérivent de <i>baiseau,</i> c'est-à-dire, le lieu par où les pains se baisent. Mais Ménage le dérive de <i>bis</i>, dont il fait <i>bisus</i> &amp; <i>bisellus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5105" id="2" type="">
   <index type="head" value="BISEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BISEAU</head>
    <p>
    Biseau , se dit aussi en parlant de la taille des verres, des diamans, des pierres précieuses, des glaces de miroir, lunettes à sacettes : c'est l'angle formé de leurs superficies qui se joignent. <i>Lingula angulata.</i> On voit les objets doubles, quand on les expose au <i>biseau</i> des deux côtés.</p><p>On dit aussi, qu'un ciseau, ou qu'un fermoir de Menuiserie est à deux <i>biseaux,</i> lorsque le taillant est en forme de coin, &amp; qu'il a un angle ou <i>biseau</i> des deux côtés. <i>Obliquè angulata ferri acies.</i> Ce qui est coupé en talus sur le dos d'un couteau, ou d'un rasoir, s'appelle aussi <i>biseau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5105" id="3" type="orfevre & de metteur en oeuvre">
   <index type="head" value="BISEAU" />
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    <head>BISEAU</head>
    <p>
    Biseau , est aussi un terme d'Orfèvre &amp; de metteur en oeuvre , &amp; c'est ce qui tient &amp; arrête la pierre de la bague dans le chaton.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5105" id="4" type="">
   <index type="head" value="BISEAU" />
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    <head>BISEAU</head>
    <p>
    Biseau , Parmi les Organistes, signifie un petit morceau d'étain, ou de plomb, qui couvre le tuyau, &amp; qui aide au raisonnement de l'orgue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5105" id="5" type="imprimerie">
   <index type="head" value="BISEAU" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
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    <head>BISEAU</head>
    <p>
    Biseau , ou <i>chamfrain.</i> C'est aussi une surface inclinée, ou plate-bande, faite par l'arête rabattue d'une pièce de bois équarrie. On dit taillé en chamfrain, ou en <i>biseau.</i> On se sert aussi de ce terme dans la description de certains fruits.</p><p>En termes d'Imprimerie , on appelle <i>biseau,</i> les morceaux de bois qui sont en glacis, qui servent à entourer les pages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5106" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISELLIAIRE" />
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    <head>BISELLIAIRE</head>
    <p>
    BISELLIAIRE , s. m. <i>Biselliarius.</i> Ce nom se trouve dans une inscription rapportée par Gruter, p. mxcix. n. 2. Cn. Plaetorio. Viviro. Augustali. Biselliario, &amp;c. Ce mot vient de <i>bisellium</i>, qui selon quelques-uns est la même chose que le Siége Curule, <i>Sella Curulis</i> ; &amp; selon d'autres un siége plus grand, plus commode, plus honorable, qui se donnoit à certaines personnes aux spectacles, aux théatres, &amp; dans de semblables assemblées. Le droit d'avoir ce siége s'appelle, sur deux inscriptions trouvées en Italie, Honor Bisellii, &amp; par la dernière, trouvée depuis quelques années, il paroît qu'au moins quelquefois on achetoit ce droit. L'<i>honor bisellii</i> étoit donc à peu près comme nous dirions en France <i>droit de fauteuil</i> ; &amp; les <i>Biselliaires</i> seroient parmi nous ceux qui dans les assemblées auroient droit de fauteuil, tandis que les autres seroient debout ou assis sur des bancs, des tabourets, des pliants, ou de simples chaises. Ce que nous venons de dire, montre que Scaliger s'est trompé dans les Tables des Inscriptions de Gruter, quand il met les <i>Biselliaires</i> parmi les Artisans, comme si c'étoient ceux qui faisoient les siéges appellés <i>bisellia,</i> &amp; non pas ceux qui, comme on l'a dit, avoient droit d'en avoir aux assemblées. C'est une remarque de Pitiscus. Au reste, ces grands siéges appellés <i>Bisellia,</i> étoient anciens. Varron en parle <i>De Ling. Lat. L. IV.</i> &amp; dit que c'étoient des siéges une fois plus grands que les chaises ordinaires, où bien deux siéges ou deux personnes pouvoient tenir. C'est pour cela qu'ils étoient appellés <i>Bisellia,</i> comme qui diroit <i>double siége.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5107" id="1" type="agriculture">
   <index type="head" value="BISER" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
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    <head>BISER</head>
    <p>
    BISER , v. n. Terme d'Agriculture . Devenir bis. <i>Nigrescere, nigricare.</i> C'est une maxime chez les Laboureurs, que les blez <i>bisent</i> toujours, &amp; que quand on ne semeroit que du pur froment, il deviendra du méteil dans quelque temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5108" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISET" />
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    <head>BISET</head>
    <p>
    BISET , s. m. Pigeon sauvage plus petit que le ramier, qui a les pieds &amp; le bec rouges. <i>Palumbus.</i> On fait de bonne soupe aux choux avec des <i>bisets.</i></p><p>Belon &amp; Jules Scaliger disent qu'il a été ainsi nommé, à cause de sa couleur noire ou <i>bise.</i></p><p>Quelques-uns l'appellent le grand <i>Biset.</i> Il est un peu plus petit que les pigeons domestiques. Son pennage est de couleur de rouille, enfumé, approchant de la couleur des raisins noirs. Ses plumes sont si livides qu'elles en paroissent noires. On voit plus cet oiseau en Automne qu'en aucune autre saison. Le <i>Biset</i> ne fait des petits qu'une fois l'an. Il a le bec entièrement rouge, long environ comme celui du pigeon privé, &amp; pointu par le bout. Il a toute la tête, le ventre &amp; les ailes cendrées, excepté les grandes pennes, qui sont plus noirâtres : son vol est très-long &amp; bien affilé, ce qui est cause qu'il fend l'air d'une grande vîtesse. Il a le sommet de la tête verdâtre, &amp; mélangé de plumes noires. Sa queue, en approchant du croupion, est cendrée, &amp; noire dans le reste. Ses pieds sont rouges, rabotteux, &amp; munis d'ongles noirs. La femelle a le bec &amp; les pieds d'un rouge moins éclatant. L'on fait cas de la chair du <i>biset,</i> &amp; elle est plus délicate &amp; plus serrée que celle du pigeon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5108" id="2" type="">
   <index type="head" value="BISET" />
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    <head>BISET</head>
    <p>
    &#9758; BISET , s. m.On dit aussi un caillou biset, en parlant d'un caillou noirâtre ; &amp; ce nom est quelquefois substantif. La voûte, qui est de biset, ou de caillou brisé brut, &amp;c. Descrip. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom. 2. pag. 231.<br/>Biset, s. m. Grosse étoffe bise. Gerard Segarelle laissa croître sa barbe &amp; ses cheveux, se fit faire un habit de <i>biset,</i> avec un manteau blanc d'une grosse étamine, &amp; prit une corde pour ceinture, &amp; des sandales comme les Frères Mineurs. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5109" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISETTE" />
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    <head>BISETTE</head>
    <p>
    BISETTE , s. f. Petite dentelle que font les Paysannes pour leur usage, &amp; qui est de peu de valeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5110" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BISLINGUA" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
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    <head>BISLINGUA</head>
    <p>
    BISLINGUA , s. f. Terme de Botanique . C'est une espèce de <i>Ruscus,</i> ou de Houx-frêlon. Elle est ainsi appellée, parce que du milieu de chacune de ses feuilles il en sort une autre plus petite, &amp; qui a la même forme. On l'appelle autrement <i>Hyppoglossum.</i> Mais ces mots <i>bislingua,</i> &amp; <i>Hyppoglossum,</i> ne sont point François. Voyez Laurier Alexandrin, qui est le nom François de cette plante, &amp; sous lequel on en parlera.</p><p>BISMUTH, s. m. C'est un corps minéral à demi métallique, composé de la première matière de l'étain qui est encore imparfaite. On le trouve dans les mines de ce métal. Sa substance est fort dure, pesante, aigre &amp; cassante, &amp; d'un grain gros, poli, blanc &amp; éclatant. On l'appelle autrement <i>étain de glaces,</i> parce qu'étant brisé, il fait voir plusieurs petites substances polies comme une glace, &amp; qu'il tient beaucoup de l'étain. On l'appelle aussi <i>marcassite</i> par excellence, à cause qu'il surpasse les autres en blancheur &amp; en beauté. Il contient un sel arsénical, qui est dangereux à le prendre intérieurement. Son précipité est un magistère fort blanc, qu'on mêle avec des eaux &amp; des pommades pour en faire un fard qui embellit le teint des Dames, &amp; qui guérit les altérations de la peau. On en tire aussi des fleurs qui effacent les taches du visage ; ce qui fait qu'on l'appelle autrement <i>blanc de perle</i> : Voyez la façon de le faire dans Charras. Voyez encore la Métallographie de Webster.</p><p>Alonso Barba dit qu'on en a trouvé depuis peu une mine en Bohème, &amp; il le met au rang des métaux. Mais le <i>bismuth</i> est proprement le régule de la pierre appellée Cobalt, <i>Cobaltum</i> ; pierre d'où l'on tire l'arsénic, l'azur, le caffre &amp; le <i>bismuth.</i> M. Stalh, Médecin Allemand, a donné sa préparation ; il faut le consulter pour être parfaitement instruit de cette matière.</p><p>On fait du <i>bismuth</i> artificiel, en réduisant l'étain en petites lames &amp; petits morceaux, &amp; en le cimentant par une mixtion de tartre blanc, de salpêtre &amp; d'arsénic stratifié dans un creuset à feu nud. On fait la même chose du zinch, ou zain, en mettant du plomb au lieu de l'étain, &amp; un peu de calamine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5111" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISNAGUE" />
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    <head>BISNAGUE</head>
    <p>
    BISNAGUE , s. m. On dit aussi Visnague. Les <i>bisnagues</i> sont les mouchets d'une plante qui croît en Turquie ; il s'en trouve en plusieurs endroits de France, &amp; principalement au Jardin du Roi à Paris. Les personnes de qualité se servent de <i>bisnagues,</i> comme les Turcs, pour faire des cure-dents. Pomet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5112" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISNOW" />
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    <head>BISNOW</head>
    <p>
    BISNOW . Nom de Secte parmi les Banianes des Indes, qui <pb n="624" facs="bpt6k8542165/f664/full/1200,/0/native.jpg"/>sont la Caste des Marchands, dans laquelle il y a deux Sectes. Celle de <i>Bisnow,</i> &amp; celle de Samarath. Ils reconnoissent un Dieu seul, qu'ils appellent <i>Ram Ram.</i> Ce nom pourroit venir de l'Hébreu , <i>Ram,</i> &amp; signifier par conséquent <i>haut haut,</i> c'est-à-dire, en style de langues Orientales, <i>Très-haut.</i> Ils ne donnent point de Lieutenans à ce Dieu, comme fait la Secte de Samarath. Il fait tout par lui-même, c'est-à-dire, qu'ils ne reconnoissent qu'un seul Dieu. Ils lui donnent cependant une femme. Ils parent leurs idoles de chaînes d'or, de colliers de perles &amp; de pierreries. Ils chantent dans leurs temples des hymnes à l'honneur de ces idoles, &amp; dansent au son des flageolets, des tambours, des bassins de cuivre, &amp;c. Les femmes de la Secte de <i>Bisnow</i> ne se brûlent point après la mort de leurs maris, comme celles de la Secte de Samarath. Elles se contentent de ne se plus remarier. Peut-être que <i>Bisnow</i> est la même chose que le Dieu Visnou, dont nous avons parlé au mot Brama, &amp; dont nous parlerons encore en son lieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5113" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BISON" />
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   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>BISON</head>
    <p>
    BISON . En termes de Blason , est la même chose que <i>bufle. Bos ferus.</i> Une tête de <i>bison</i> couronnée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5114" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISQUE" />
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    <head>BISQUE</head>
    <p>
    BISQUE , s. f. Potage exquis fait de plusieurs pigeons, poulets, béatilles, jus de mouton, &amp; autres bons ingrédiens. <i>Catinus jurulento pane, pullis, &amp; exquisitis fartilibus refertus.</i></p><p>Ce mot en ce sens vient de <i>bis cocta</i> ; parce que la <i>bisque</i> se faisant de plusieurs béatilles, il en faut faire plusieurs cuissons séparées &amp; réitérées avant que de lui donner la dernière perfection. Vive la France pour les ragoûts &amp; pour les <i>bisques.</i> Main. Rien ne charme tant leur esprit, que la <i>bisque</i> &amp; la fricassée. Gomb.</p><p>On appelle <i>demi-bisque,</i> celle qui se fait à moindres frais, &amp; où on ne met que la moitié des ingrédiens de la précédente.</p><p>On appelle <i>bisque de poisson,</i> celle qui se fait avec des hachis de carpes, leurs oeufs &amp; leurs laites, &amp; avec des écrevisses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5114" id="2" type="">
   <index type="head" value="BISQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BISQUE</head>
    <p>
    Bisque . Terme de jeu de Paume , est un coup que l'on donne gagné au joueur qui est plus foible, pour égaler la partie par cet avantage, &amp; qu'il prend quand il veut une fois en chaque partie. <i>Quadrans pilarii quindenarii.</i></p><p>Quelques-uns en ce sens dérivent ce mot de <i>bis capit,</i> parce que d'ordinaire on la prend après un avantage qu'on vient de gagner, &amp; ainsi on prend deux coups en même temps.</p><p>On dit aussi dans ce sens <i>demi-bisque,</i> pour un semblable avantage qu'on ne prend qu'une fois en deux parties ou en deux jeux.</p><p>On dit proverbialement à un homme sur qui on se vante d'avoir de l'avantage en quelque chose que ce soit, qu'on lui donneroit quinze &amp; <i>bisque.</i> On dit aussi, qu'un homme prend sa <i>bisque,</i> quand il quitte son travail ordinaire pour se promener, pour se divertir, &amp; sur-tout quand il le fait rarement, &amp; sans rien risquer pour les affaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5115" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISSAC" />
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    <head>BISSAC</head>
    <p>
    BISSAC , s. m. Sac double &amp; tout d'une pièce, qui a une ouverture par le milieu, &amp; deux poches qu'on emplit des deux côtés. <i>Mantica.</i> Les <i>bissacs</i> se peuvent mettre à l'arçon de la selle. Les Paysans portent sur l'épaule un <i>bissac</i> pour les nécessités de leur voyage. Il ne diffère de la besace, qu'en ce qu'il est plus petit, &amp; est fait ordinairement de cuir. On dit d'un homme ruiné, qu'il est au <i>bissac.</i></p><p>Ménage dérive ce mot du Latin <i>bisaccium,</i> qui se trouve dans Pétrone en la même signification. Nicot le dérive de <i>bis</i>, &amp; de <i>saccus</i>, aussi-bien que besace, c'est-à-dire, double sac, ou deux sacs s'entretenans ; &amp; le P. Monet l'appelle sac à double fond. Les Bollandistes, <i>Act. Sanct. Mart. T. II. p.</i> 756. croient qu'il seroit peut-être mieux de le tirer d'un ancien mot François, ou Teutonique, &amp; de dire que <i>bissac</i> signifie un sac à mettre le manger, ou bid-sac, <i>saccus mendicatorius,</i> sac propre à mandier ; car il n'y a, disent-ils, que les pauvres, ou ceux qui vivent d'aumône, qui se servent de <i>bissac</i> ; cependant la première étymologie paroît sans comparaison meilleure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5116" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BISSE" />
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   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>BISSE</head>
    <p>
    BISSE , s. f. Terme de blason , qui signifie un <i>serpent,</i> qui est la même chose que <i>guivre, givre,</i> ou <i>vivre. Anguis.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>biscia</i>, signifiant la même chose. Quelques-uns disent que c'est à cause de son sifflement, qu'on lui a donné ce nom. D'autres croient qu'il peut venir du François <i>bis,</i> qui signifie <i>couleur cendrée</i> &amp; <i>grise,</i> comme on dit du blé <i>bis,</i> de la pâte <i>bise,</i> &amp; pain <i>bis</i>blanc ; parce que ces serpens sont cendrés ordinairement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5117" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISSE" />
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    <head>BISSE</head>
    <p>
    BISSE . Voyez <ref type="search" target="head:BYSSE">BYSSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5118" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISSÊTRE" />
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    <head>BISSÊTRE</head>
    <p>
    BISSÊTRE , s. m. Malheur ; accident causé par l'imprudence de quelqu'un. <i>Calamitas.</i> Si vous laissez entrer cet étourdi, il fera quelque <i>bissêtre</i> en la maison.</p><p>Ce terme est populaire, &amp; est venu par corruption de <i>bissexte,</i> parce que les superstitieux ont crû que c'étoit une année malheureuse. On ne s'en doit donc servir que dans le style bas &amp; comique, à l'exemple de Molière, qui fait dire à un valet :</p><p>Voyez <ref type="search" target="head:BICÊTRE">BICÊTRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5119" id="1" type="chronologie">
   <index type="head" value="BISSEXTE" />
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    <head>BISSEXTE</head>
    <p>
    BISSEXTE , s. m. Terme de Chronologie . Année de 366. jours, qui arrive de quatre en quatre ans, à cause de l'addition qu'on y fait d'un jour qu'on insère dans le mois de Février, pour remplacer les six heures que le Soleil emploie à faire son cours chaque année au delà de 365. jours. On appella ce jour-là <i>bissexte</i> ; parce que César ordonna qu'il fût intercalé après le 25. de Février, qui étoit le 6. des Calendes de Mars ; ainsi parce que l'on comptoit cette année-là deux fois le 6. des Calendes de Mars, <i>Bissexto calendas,</i> on nomma <i>bissexte</i> le jour qui étoit intercalé ; &amp; <i>année bissextile,</i> l'année où cela arrivoit. <i>Intercalaris dies, annus intercalaris.</i> Les Grecs modernes ont aussi adopté ce mot , qui se trouve dans Anastase d'Antioche, &amp; dans un Glossaire manuscrit de là Bibliothèque du Chancelier Seguier.</p><p>Cependant les Astronomes, qui travaillerent à la réformation du calendrier par les ordres du Pape Grégoire XIII. ayant observé que le <i>bissexte</i> ajoûtoit en 4. ans 40. minutes plus que le soleil n'emploie à retourner au même point du Zodiaque, ils supputerent que ces minutes rassemblées composoient un jour en 133. ans. Ainsi pour prévenir que cela ne changeât insensiblement l'ordre des saisons, il fut arrêté que dans le cours de 400. ans l'on retrancheroit trois <i>bissextes.</i> L'année 1700. n'a point été <i>bissextile</i> par cette raison. Ammian Marcellin rapporte que l'Empereur Valentinien ne vouloit point sortir le jour du <i>bissexte</i> de Février, comme le croyant malencontreux. Voyez le mot An. Le P. Noris se sert pour rectifier la chronologie de deux <i>bissextes</i> qui sont fixes, l'un en 222. par le cycle pascal de S. Hippolyte, &amp; l'autre en 364. par Ammien. Tillem.</p><p>&#9758; Bissexte, s. m. On nommoit ainsi un certain droit Episcopal, dont parle M. l'Abbé Fleury, &amp; qu'il n'explique pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5120" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISSEXTIL, ILE" />
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    <head>BISSEXTIL, ILE</head>
    <p>
    BISSEXTIL, ILE , adj. Epithète de l'année où se rencontre le bissexte. <i>Intercalaris, intercalarius.</i></p><p>Ce mot vient de ce que les Romains comptoient deux fois le même jour de Février où l'on mettoit le bissexte, <i>bis sexto Calendas Martias,</i> six jours devant Mars.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5121" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISTONIE" />
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    <head>BISTONIE</head>
    <p>
    BISTONIE , subst. f. <i>Bistonia.</i> Ancienne ville de Thrace, bâtie par Biston fils de Mars &amp; de Callirhoé, duquel elle prit son nom. De-là la Thrace fut aussi appellée <i>Bistonie,</i> en Grec &amp; en Latin, <i>Bistonia,</i> &amp; les Thraces, si souvent dans les Poëtes, <i>Bistoniens, Bistones, Bistonii.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5122" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISTOQUET" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BISTOQUET</head>
    <p>
    BISTOQUET , s. m. Instrument de billard avec lequel on joue à coup sec, quand on craint de billarder. Le dessus de la masse est presque rond, &amp; la queue fort relévée, <i>clava lusoria supernè rotunda.</i> On l'appelle <i>bistoquet</i> par ironie, puisqu'on s'en sert pour ne pas toquer ou toucher deux fois la bille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5123" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISTORTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BISTORTE</head>
    <p>
    BISTORTE , s. f. Nom de Plante. <i>Bistorta.</i> Ses racines sont rougeâtres, charnues, grosses comme le pouce, tortues, repliées ordinairement les unes sur les autres, &amp; garnies de chevelu. Elles jettent des feuilles longues, ressemblantes à celles de la Patience, mais plus petites &amp; vertes en-dessus, blanches en-dessous. Leur tige est haute d'un pied environ, lisses, arrondies, noueuses par intervalles, <pb n="625" facs="bpt6k8542165/f665/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; garnies de quelques feuilles beaucoup plus petites que celles du bas de la plante. Chaque tige est surmontée d'un épi de fleurs purpurines, long d'un ou deux pouces, &amp; fort serré. Chaque fleur est composée de cinq étamines, soutenues par un calice fendu jusqu'à sa base en cinq quartiers purpurins. Le pistile, qui occupe le fond du calice, devient après que la fleur est passée, une graine à trois coins, brune, &amp; renfermée dans une enveloppe fermée par le calice de la fleur. Son nom de <i>bistorte</i> vient de deux mots, <i>bis torta,</i> deux fois tort. La racine de <i>bistorte</i> est fort astringente, bonne pour les flux de sang, pour les pertes, pour empêcher l'avortement ; &amp; on la recommande dans les fièvres malignes causées par une dissolution de la masse du sang.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5124" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="BISTOTIER" />
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   <index type="macro_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>BISTOTIER</head>
    <p>
    BISTOTIER , s. m. Terme de Pharmacie . C'est un instrument de bois, de figure cylindrique. Il y en a de différente longueur &amp; grosseur. On s'en sert pour le mêlange de plusieurs compositions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5125" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISTOURI" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BISTOURI</head>
    <p>
    BISTOURI , s. m. Instrument de Chirurgie, qui est en forme de petit rasoir, qui sert à couper, à faire des incisions dans les chairs. <i>Novacula incurva.</i> On l'appelle <i>bistouri,</i> parce qu'il est retourné. M. Huet croit que ce nom est formé de Pistoie, ville autrefois renommée pour ses ouvrages de fer. <i>Pistoriensis gladius,</i> ou <i>novacula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5126" id="1" type="">
   <index type="head" value="BISTOURNER" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BISTOURNER</head>
    <p>
    BISTOURNER , v. n. Qui se dit des chevaux, ou autres animaux à qui on tourne deux fois les testicules, pour les rendre inhabiles à la génération. Autrefois on disoit <i>bestourner,</i> qui signifioit <i>renverser, tourmenter, mettre en désordre.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Bestourner">Bestourner</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5127" id="1" type="dessinateur">
   <index type="head" value="BISTRE" />
   <index type="src_domain" value="dessinateur" />
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    <head>BISTRE</head>
    <p>
    BISTRE , s. f. Terme de Dessinateur . C'est ainsi que les Peintres &amp; Dessinateurs appellent de la suie cuite, &amp; ensuite détrempée, qui leur sert à laver leurs desseins. <i>Fuligo cocta ac diluta.</i> On s'en sert aussi en miniature. Il y a des Peintres qui au lieu de <i>Bistre,</i> emploient avec les traits de la plume, un peu de lavis fait avec de l'encre de la Chine ; d'autres de la sanguine, &amp; d'autres de la pierre noire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5128" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITHYNIARCHIE" />
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    <head>BITHYNIARCHIE</head>
    <p>
    BITHYNIARCHIE , s. f. <i>Bithyniarchia.</i> Nom du Sacerdoce de Bithynie, qui étoit peut-être aussi la première Magistrature de cette Province. La <i>Bithyniarchie</i> exemtoit de tutelle pendant qu'on étoit en charge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5129" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITHYNIARQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BITHYNIARQUE</head>
    <p>
    BITHYNIARQUE , subst. m. <i>Bithyniarcha.</i> Premier Prêtre, ou premier Magistrat de Bithyme. C'est ainsi qu'on disoit Asiarque, Béotarque, &amp;c. Voyez Guther, <i>De Vet. jur. Pontif. I.</i> 28.</p><p>Ces deux mots sont composés de , <i>Bithynie,</i> &amp; , commandement, magistrature, principauté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5130" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITHYNIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BITHYNIE</head>
    <p>
    BITHYNIE , s. f. Grande Contrée ou Royaume de l'Asie mineure proche du Pont d'un côté, &amp; de la Troade de l'autre, vis-à-vis la Thrace. <i>Bithynia.</i> La <i>Bithynie</i> s'appella d'abord Bébrycie, <i>Bebrycia</i> ; puis <i>Migdonie, Migdonia :</i> enfin elle prit le nom de Bithynus, un de ses Rois. Claudien, Liv. I. contre Eutrope v. 246. &amp; d'autres encore, disent que les Thynes, <i>Thyni,</i> peuples de Thrace, étant venus s'établir dans ce pays, il fut nommé <i>Bithynie.</i> Bochart, <i>Chanaan</i> Liv. I. chap. 10. tire ce nom de l'Hébreu , <i>ventre,</i> d'où les Arabes ont fait , pour signifier ce qui est intérieur, &amp; il prétend que les Bithyniens furent ainsi appellés, parce qu'ils occuperent l'intérieur des terres, comme disent Mela Liv. I. chap. 19. &amp; Pline Liv. VI. ch. 32. Il prétend aussi que les Bithyniens sont une Colonie de Phéniciens, amenés là par Phoenix frère de Cadmus. D'autres disent qu'ils ont pris leur nom de Bithynes, fils de Jupiter &amp; de Thrace, fille de Titan, &amp; qu'ils passerent de Thrace en Asie. Voyez Strabon Liv. VII. &amp; X. Nicée fut capitale de <i>Bithynie.</i> Nous ne connoissons que trois Rois de <i>Bithynie,</i> Prusias, dont il y a quelques médailles, &amp; deux Nicomèdes. J'ai vû quelques médailles dont l'inscription est . Les Turcs appellent aujourd'hui la <i>Bithynie,</i> Bursie, &amp; Besangial, selon quelques-uns. Corn. ou selon Maty Becsangil. Arrien avoit fait l'Histoire de <i>Bithynie</i> sa patrie. Photius la cite ch. 58. p. 52.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5131" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITHYNIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BITHYNIEN, ENNE</head>
    <p>
    BITHYNIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Bithynus.</i> Qui est de Bithynie. Les <i>Bithyniens</i> étoient si riches, que Pithyus, Roi de ce pays, fit présent à Darius Roi de Perse d'une plane d'or, &amp; d'une vigne aussi d'or. T. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5132" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BITORD" />
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    <head>BITORD</head>
    <p>
    BITORD , s. m. Terme de Marine . Menue corde à deux fils, dont on se sert pour faire des enfléchures, pour amarrer, pour renforcer les manoeuvres. <i>Funiculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5133" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BITTES" />
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    <head>BITTES</head>
    <p>
    BITTES , s. f. Terme de Marine . Ce sont deux pièces de bois élevées debout depuis le bas du fond de cale, jusques à quatre pieds &amp; demi au-dessus du premier pont. C'est autour de ces pièces que l'on met, &amp; qu'on attache le cable, quand on a mouillé l'ancre. Elles sont à côté du mât de misaine, &amp; entretenues par un traversin ou grosse pièce de bois travée contre, &amp; sont appuyées par des courbes, ou arcboutans qui sont sur les ponts, qu'on appelle <i>contre-bittes.</i></p><p>Les <i>bittes</i> d'écoutes d'huniers, ou petites <i>bittes,</i> sont placées au-devant du grand mât, &amp; du mât de misaine, sur le second pont, au-travers desquelles il y a des ruaux ou rouets de cuivre, par où passent les écoutes de hunes, qui servent à faire bander les écoutes de huniers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5134" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITTER" />
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    <head>BITTER</head>
    <p>
    BITTER le cable, c'est le rouler &amp; arrêter autour des bittes. <i>Circumducere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5135" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITTON" />
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    <head>BITTON</head>
    <p>
    BITTON , s. m. Pièce de bois ronde &amp; haute de deux pieds &amp; demi, par où l'on attache une Galère en terre. On appelle aussi <i>bittons</i> de petites bittes qu'on met proche des mâts d'un vaisseau, pour lancer ou amarrer quelques manoeuvres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5136" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITTONNIÈRES" />
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    <head>BITTONNIÈRES</head>
    <p>
    BITTONNIÈRES , s. f. Ce sont des canaux ou égouts qui règnent à fond de cale, à côté de la carlingue, par où s'écoulent les eaux d'un vaisseau, &amp; viennent à la pompe. Voyez <ref type="search" target="head:Vitonnieres">Vitonnieres</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5137" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITUME" />
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    <head>BITUME</head>
    <p>
    BITUME , s. m. C'est une espèce de graisse épaissie &amp; onctueuse en forme de bourbe, qui se trouve dans le lac Asphaltite, &amp; en d'autres lieux, qui est d'une nature fort inflammable, comme du soufre. <i>Bitumen.</i> Il y a du <i>bitume</i> dur &amp; fossile, qu'on tire de la terre en guise de tourbes &amp; de mottes, qui sert à des forges. Il y a du <i>bitume</i> qui sert de chaux, &amp; est propre à lier les pierres des bâtimens, tel que celui dont on dit qu'ont été bâtis les murs de Babylone. Il y a enfin du <i>bitume</i> liquide, qu'on brûle dans les lampes &amp; dans les lanternes, comme de l'huile, comme on fait entre autres en Sicile. Les Juifs, au rapport de Strabon, se servoient de <i>bitume</i> pour embaumer leurs corps morts.</p><p>Le plus excellent <i>bitume</i> s'apporte de Judée, &amp; est resplendissant, de couleur de pourpre, fort pesant, &amp; d'une odeur forte. Le noir ne vaut rien. Les Médecins l'appellent <i>Asphaltus.</i> On n'apporte plus de <i>bitume</i> de Judée, mais les Apothicaires le composent de poix &amp; d'huile de pétreol, &amp;c. Il faut dire la même chose des Egyptiens ; car les Momies sont toutes pleines d'un <i>bitume</i> semblable à celui de Judée. Le P. Kirker a fait cette remarque dans son <i>Oed. Aeg. Tom. III. pag.</i> 394. &amp; je l'ai remarqué en effet dans des Momies, &amp; principalement dans celles des Augustins déchaussés de Paris. Martinius dérive le mot <i>bitumen,</i> d'où <i>bitume</i> a été formé, de , <i>pix, poix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5138" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITUMINEUX, EUSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BITUMINEUX, EUSE</head>
    <p>
    BITUMINEUX, EUSE , adj. Qui tient du bitume. <i>Bituminosus.</i> Il y a plusieurs terres &amp; minéraux qui sont de nature <i>bitumineuse</i> &amp; sulphurée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5139" id="1" type="">
   <index type="head" value="BITURIGE" />
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    <head>BITURIGE</head>
    <p>
    BITURIGE , s. m. &amp; f. <i>Biturix.</i> Nom d'un ancien peuple de Gaule, qui occupoit ce qu'on appelle aujourd'hui le Diocèse de Bourges, c'est-à-dire, le Berry &amp; une partie du Bourbonnois, &amp; dont Bourges étoit la ville Capitale. César &amp; Tite-Live, Pline, Lucain, Florus, &amp;c. disent toujours <i>Biturix,</i> &amp; <i>Bituriges.</i> La Table de Peutinger dit <i>Beturiges</i> ; d'autres disent <i>Betorici,</i> &amp; <i>Bitorices,</i> Grégoire de Tours <i>Biturici.</i></p><p>Entre tous les peuples de la Gaule, ceux qui portoient particulièrement le nom de Celtes, ont été les premiers connus parmi les Nations étrangères, &amp; depuis que les <i>Bituriges</i> se furent mis en possession de lui donner des Rois, elle fut si heureusement gouvernée, qu'elle devint bientôt la plus florissante. Cordem. Lorsque le premier Tarquin étoit Roi de Rome, Ambigat, l'un des <i>Bituriges,</i> étoit Roi des Celtes. Id. Et comme dit Tite-Live, les <i>Bituriges</i> étoient en possession de l'Empire des Celtes. Ce Prince, pour décharger le pays, qui étoit trop peuplé, envoya un très-grand nombre d'hommes, de femmes &amp; d'enfans, sous la conduite de Sigovèse &amp; de Bellovèse, enfans de sa soeur. Le sort donna à Sigovèse la forêt Hercynie, <pb n="626" facs="bpt6k8542165/f666/full/1200,/0/native.jpg"/>dont une partie a été appellée depuis la forêt noire. Plusieurs croient qu'entre les peuples qui suivirent Sigovèse, il y eut des <i>Bituriges,</i> des Volsces-Tectosages, des Boiens, des Sénonois, des Andes, &amp; des Bellovaciens. Ce qui le fait croire, c'est qu'on a trouvé dans la Germanie des nations &amp; des pays qui portoient le nom de ces peuples ; &amp; suivant cette conjecture les <i>Bituriges</i> auroient occupé ce qui est entre la Frise &amp; le Wezer ; on dit même que ce fleuve fut nommé <i>Viturgis,</i> ou <i>Biturgis,</i> du nom de ce peuple. Id. La Colonie de Bellovèse composée de <i>Bituriges,</i> d'Arvernes, de Sénonois, d'Eduens, d'Ambarres, de Carnutes, &amp; d'Aulerques-Cénomans, se partagea en deux bandes ; l'une tourna vers les Pyrénées, &amp; l'autre avec Bellovèse passa les Alpes ; tous les peuples voisins s'enfuirent devant eux. Quelque temps après les Toscans voulurent s'opposer à ces Gaulois ; ils furent défaits, &amp; les vainqueurs se rendirent maîtres de toute la partie Occidentale de l'Italie, qu'on a nommée depuis Gaule Cisalpine. Au temps de César les <i>Bituriges</i> étoient sous la protection des Héduens.</p><p>Les <i>Bituriges Cubes</i> sont ceux qui occupoient le Berry &amp; une partie du Bourbonnois, ainsi appellés <i>Bituriges Cubi,</i> pour les distinguer des autres <i>Bituriges</i> dont nous parlerons tout à l'heure. Ils avoient un grand nombre de villes ; &amp; César rapporte que Vercingentorix en fit brûler plus de vingt en un seul jour. Leur capitale étoit Bourges, comme elle l'est encore du Berry. Quelques Auteurs les appellent Berruyers, comme on fait maintenant ; mais il vaut mieux dire <i>Bituriges</i> en parlant de ces anciens temps, comme a fait M. de Cordemoy en l'expliquant ensuite. Mais il ne faut pas dire <i>Biturigeois,</i> comme Chaumeau dans son <i>Hist. de Berry,</i> ni recevoir les étymologies qu'il donne de ce nom, &amp; les histoires fabuleuses qu'il rapporte de l'origine des <i>Bituriges,</i> fondées sur le faux Bérose &amp; sur les contes d'Annius de Viterbe ; &amp; la Thaumassière a raison de les rejetter comme fausses &amp; romanesques. Liv. I. ch. 2.</p><p>Les <i>Bituriges Vibisques</i> sont un peuple de Gaule, entre les Santonois, &amp; les Aquitains. Strabon dit qu'ils étoient les seuls de l'Aquitaine, qui fussent , c'est-à-dire, comme plusieurs l'interprètent, venus d'ailleurs ; expression par laquelle ils croient avec raison que ce Géographe a voulu marquer que c'étoit une Colonie des premiers <i>Bituriges.</i> Il est certain que César n'a jamais parlé que des <i>Bituriges Cubes,</i> &amp; que de son temps il n'y avoit point encore de <i>Bituriges Vibisques.</i> M. de Marca prétend que Strabon par le terme , ou , comme il parle ailleurs, n'a point entendu une nation étrangère, mais une nation distincte &amp; séparée de l'Aquitanique ; &amp; que par cette véritable, quoique nouvelle explication, l'on détruit la prétendue Colonie du peuple de Berry. Mais pour peu qu'on ait d'usage de la langue Grecque, on sait qu' n'a point ce sens, non plus qu', &amp; qu'il ne signifie autre chose qu'un étranger, un homme venu d'ailleurs. Et s'ils sont originaires du pays, comme les Santonois &amp; les Aquitains, pourquoi César n'en parle-t-il jamais ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5140" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIVAL" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BIVAL</head>
    <p>
    &#9758; BIVAL . Abbaye de filles de l'Ordre de Cîteaux, mais soumise à l'Ordinaire, fondée vers l'an 1150. dans le Pays de Brai, à deux lieues de Neuf-Chatel, au Diocèse de Rouen. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Normand. Tom. I. pag.</i> 159.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5141" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="BIVENTER" />
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    <head>BIVENTER</head>
    <p>
    BIVENTER , s. m. Terme d'Anatomie . C'est le sixième muscle de la mâchoire, &amp; le dernier des ouvreurs, nommé <i>diagastoïque,</i> ou <i>bivento,</i> parce qu'il a deux ventres à ses deux extrémités, &amp; un tendon dans son milieu. Il prend son origine d'une scissure qui est entre l'os occipital, &amp; l'apophyse mastoïde, &amp; passant son tendon par un trou, qui est au muscle styloïdien, il va s'insérer à la partie inférieure &amp; interne du menton. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5142" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIVIAIRE" />
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    <head>BIVIAIRE</head>
    <p>
    BIVIAIRE , adj. Place où deux chemins aboutissent. <i>Bivium.</i> L'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts veut que dans les angles des places croisées, <i>biviaires,</i> ou triviaires des grandes routes ou chemins Royaux des forêts, on plante des croix, poteaux, ou pyramides, avec une inscription qui enseigne le lieu où ils conduisent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5143" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIVOIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BIVOIE</head>
    <p>
    BIVOIE , s. f. Qui se dit d'un chemin fourchu qui tend vers deux lieux différens. <i>Bivium.</i> Il y a plusieurs lieux en France qu'on appelle <i>la Bivoie.</i> Ce mot signifioit aussi autrefois la garde extraordinaire d'un camp, d'où les Flamands ont fait <i>bivouac,</i> qui est maintenant en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5144" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="BIVOUAC" />
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    <head>BIVOUAC</head>
    <p>
    BIVOUAC , ou BIOUAC, ou BIHOUAC, s. m. Terme de Guerre . C'est une garde qu'on fait de nuit pour la sureté d'un camp qui est proche de l'ennemi. <i>Vigiliae.</i> Cette garde se fait par toute l'armée, ou la meilleure partie, qui sort de ses lignes en escadrons &amp; bataillons pour passer la nuit sous les armes à la tête du camp. Cet avis l'obligea de redoubler la garde des lignes, &amp; même de faire le <i>bivouac</i> toutes les nuits. De la Chap. Etre au <i>bivouac,</i> se trouver au <i>bivouac.</i> Monter à cheval pour le <i>bivouac.</i> Passer la nuit au <i>bivouac.</i> Guillet. Faire coucher les Troupes au <i>bivouac.</i> Lever le <i>bivouac,</i> c'est Renvoyer l'armée dans ses tentes, dans ses barraques, quelque temps après la pointe du jour. Id. On fait aussi le <i>bivouac,</i> lorsqu'on assiége une place, pour empêcher les ennemis de faire entrer quelque chose dans la ville, ou pour prévenir les surprises &amp; les attaques du camp.</p><p>Ce mot est nouveau, &amp; vient de l'Allemand <i>wey-wach,</i> qui signifie <i>double garde.</i> D'autres le dérivent de <i>bivoie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5145" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIZACÈNE" />
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    <head>BIZACÈNE</head>
    <p>
    BIZACÈNE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:BYZACÈNE">BYZACÈNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5146" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIZARRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BIZARRE</head>
    <p>
    BIZARRE , il y a encore quelques gens qui disent <i>bigearre,</i> mais mal. adj. m. &amp; f. Fantasque, qui a des moeurs inégales, des opinions extraordinaires &amp; particulières. <i>Morosus, tetricus, varius.</i> C'est un homme <i>bizarre,</i> avec lequel on ne peut vivre. Les gens <i>bizarres</i> ne sont pas un moment dans la même situation d'esprit. Ils passent d'une extrémité à l'autre ; de la plus belle humeur ils passent tout d'un coup à un sérieux, &amp; à un silence morne &amp; mélancholique. Ils n'ont point de sentimens fixes, &amp; leur humeur chagrine s'oppose à tout ce que les autres souhaitent. On ne peut compter sur leur bienveillance, qui varie comme leur humeur. Voilà le caractère ou la définition des personnes <i>bizarres.</i> Bell. Il y a des gens capricieux que les plus grands plaisirs ne touchent point, à moins qu'ils ne soient <i>bizarres</i> &amp; extravagans. Id. C'est beaucoup que ce <i>bizarre</i> sorte quelquefois de sa taciturnité pour contredire, &amp; qu'il daigne une fois le jour avoir de l'esprit. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5146" id="2" type="">
   <index type="head" value="BIZARRE" />
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    <head>BIZARRE</head>
    <p>
    Bizarre , est aussi un substantif. C'est un vrai <i>bizarre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5146" id="3" type="fleuriste">
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    <head>BIZARRE</head>
    <p>
    Bizarre ducadet . Terme de Fleuriste . Tulipe feuille morte, rouge brûlé, &amp; jaune enfumé. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5147" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIZARREMENT" />
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    <head>BIZARREMENT</head>
    <p>
    BIZARREMENT , adv. D'une manière bizarre &amp; capricieuse. <i>Morosè.</i> La fortune dispose bien <i>bizarrement</i> de moi. Voit.</p><p>En musique Chanter <i>bizarrement,</i> c'est Chanter tantôt vîte, tantôt lentement, tantôt fort, tantôt doucement, selon la fantaisie du compositeur, ou plutôt selon les diverses expressions que demande le sens des paroles. Brossard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5148" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIZARRERIE" />
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    <head>BIZARRERIE</head>
    <p>
    BIZARRERIE , s. f. Humeur bizarre ; caprice, extravagance. <i>Morositas.</i> Cet homme est bourru, &amp; sujet à de grandes <i>bizarreries.</i> La <i>bizarrerie</i> de votre coeur vous fit revenir à moi, à mesure que vous voyiez que je m'éloignois de vous. P. de Cl.</p><p>Ces mots viennent apparemment de l'Espagnol <i>bizarro,</i> qui signifie <i>beau, agréable,</i> parce que la diversité des couleurs a quelque agrément, sur-tout quand elles sont bien ménagées. C'est pour cela que le mot de <i>bizarrerie</i> se prend aussi quelquefois pour une variété bizarre, agréable.</p><p>Quelquefois le mot de <i>bizarrerie</i> ne signifie autre chose que variété. Il y a de la <i>bizarrerie</i> dans beaucoup d'ouvrages de la nature, dans la variété des coquilles, des pierres, des animaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5149" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIZERT" />
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    <head>BIZERT</head>
    <p>
    BIZERT , s. m. Oiseau de passage, appellé en Languedoc Pérengue. Il passe les monts Pyrénées près Baignières au <pb n="627" facs="bpt6k8542165/f667/full/1200,/0/native.jpg"/>mois d'Octobre, &amp; vient en très-grande quantité. Catel. <i>Hist. de Langued. Liv. I. chap.</i> 5. <i>p.</i> 46.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5150" id="1" type="">
   <index type="head" value="BIZET" />
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    <head>BIZET</head>
    <p>
    BIZET , Voyez <ref type="search" target="head:BISET">BISET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5151" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLACHE" />
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    <head>BLACHE</head>
    <p>
    BLACHE , s. f. <i>Blachia.</i> Ce mot est en usage en Dauphiné ; il signifie en cette Province une terre plantée de chênes, ou châtaigniers, si distans les uns des autres, qu'ils n'empêchent pas qu'on n'y laboure. <i>Ager raris arboribus consitus.</i> Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5152" id="1" type="">
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    <head>BLADAGE</head>
    <p>
    BLADAGE , s. m. Terme en usage dans l'Albigeois ; il signifie un droit qui s'exige en forme de censive, &amp; par-dessus la censive, lorsqu'il est établi par titre. Ce droit consiste en certaine quantité de grains que l'emphytéote paye pour chaque bête de labourage qui travaille le fonds inféodé. Ce mot <i>bladage</i> vient de ce que ce droit se paye en grains. <i>Jus annui frumentarii reditûs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5153" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAFARD, ARDE" />
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    <head>BLAFARD, ARDE</head>
    <p>
    BLAFARD, ARDE , adj. Couleur effacée qui tire sur le blanc, étoffe mal teinte, ou décolorée. <i>Pallidus, Pallens.</i> L'eau-de-vie allumée fait une lueur <i>blafarde.</i> L'or qui sort des mines est mol &amp; <i>blafard.</i> Cette couleur est trop <i>blafarde,</i> elle n'a pas assez d'éclat &amp; de vivacité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5154" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAÎCHE" />
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    <head>BLAÎCHE</head>
    <p>
    BLAÎCHE , adj. m. &amp; f. Mol, paresseux. <i>Mollis, ignavus.</i> On le dit principalement d'un homme sans vigueur, &amp; qui soutient mal son sentiment. Ce mot n'est pas du beau style. Il ne faut point compter sur lui, c'est un <i>blaîche</i> qui mollira d'abord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5155" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAINVILLE" />
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    <head>BLAINVILLE</head>
    <p>
    &#9758; BLAINVILLE , s. f. Village &amp; Collégiale du Diocèse de Rouen. Ce nom est formé de celui de <i>Blain,</i> ou <i>Belain,</i> qui a signifie un Mouton ou un Belier. En effet plusieurs Seigneurs de ce lieu ont porté au XIV. siècle le nom de <i>Mouton. Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. II. p.</i> 341.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5156" id="1" type="">
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    <head>BLAIREAU</head>
    <p>
    BLAIREAU , s. m. Petit animal qui vit de fruits &amp; de charogne, qu'on appelle autrement <i>taisson. Meles, taxus.</i> Il tient du porc, du chien &amp; du renard. Il est plus grand que le renard. Il se cache sous terre. Il est puant comme un <i>blaireau.</i> Il y a deux espèces de <i>blaireaux.</i> Les uns s'appellent Porchins, parce qu'ils ont le nez fait comme celui d'un porc : ce sont les plus gros. Les autres se nomment Chenins, parce qu'ils ont le nez fait comme un chien : ceux-ci sont plus petits que les autres. Chomel. Cet Auteur écrit <i>Bléreau.</i></p><p>Ce mot, selon Saumaise, vient de <i>glirellus,</i> parce que c'est une espèce de loir, qui lui ressemble, en ce qu'il s'engraisse en dormant, quoiqu'il diffère en autre chose. On connoît l'âge des <i>blaireaux</i> à la quantité des trous qu'ils ont sous la queue ; car ils augmentent d'un tous les ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5157" id="1" type="coutumes">
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    <head>BLAIRIE</head>
    <p>
    BLAIRIE , s. f. Terme de Coutumes . C'est un droit qui appartient au Seigneur Haut-Justicier pour la permission qu'il donne aux habitans de pâture pour leurs bestiaux sur les terres &amp; prez dépouillés, ou dans les bois &amp; héritages non clos &amp; fermés. Ce droit se lève tant sur les nobles que sur les roturiers, à proportion des héritages qu'ils possèdent, &amp; des bestiaux qu'ils ont. On appelle aussi Seigneur <i>Blayer,</i> celui qui a ce droit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5158" id="1" type="">
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    <head>BLAISE</head>
    <p>
    BLAISE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Blasius.</i> S. <i>Blaise</i> fut fait Evêque de Sébaste en Arménie du temps de l'Empereur Dioclétien. Baill.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5159" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAISE" />
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    <head>BLAISE</head>
    <p>
    BLAISE , s. m. <i>Ordre de saint Blaise.</i> C'est un Ordre militaire, que les Rois d'Arménie établirent à l'honneur de ce Saint, comme étant le Patron de leur Royaume. <i>Ordo militaris sancti Blasii.</i> L'habit des Chevaliers étoit bleu, &amp; ils portoient une croix d'or, qui servoit de brisure au Lion d'Arménie. Justiniani, T. I. c. 24. traite de cet Ordre qu'il appelle Ordre, ou Chevalier de Saint <i>Blaise</i> &amp; de Sainte Marie, &amp; non pas de S. <i>Blaise</i> seulement. Il le place non pas en Arménie, mais en Palestine. Il dit qu'on ne trouve point l'année de son institution, mais seulement qu'elle se fit à-peu-près en même-temps que celle des Templiers &amp; des Hospitaliers ; que les armes qu'ils portoient dans leur bannière étoit une croix de gueules toute unie, au centre de laquelle étoit un saint <i>Blaise</i> ; que leurs réguliers étoient les mêmes que ceux des Templiers ; que les Profés faisoient un voeu particulier de défendre la Religion Catholique &amp; l'Eglise Romaine ; &amp; qu'ils avoient la Règle de S. Basile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5160" id="1" type="">
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    <head>BLAISOIS</head>
    <p>
    BLAISOIS , s. m. Pays de France qui confine avec la Beauce vers le Septentrion, avec l'Orléanois à l'Orient, avec le Berry au Midi, &amp; la Touraine au Couchant. <i>Blesensis ager,</i> ou <i>pagus.</i> Selon le P. Monet le <i>Blaisois</i> a été la demeure des Corbiloniens. Le <i>Blaisois</i> a titre de Comté. Il se divise en supérieur &amp; en inférieur. Le supérieur étoit autrefois compris dans la Beauce ; l'inférieur est dans la Sologne. Il a pris son nom de Blois sa Capitale. Prononcez comme s'il étoit écrit <i>Blésois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5161" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAISOIS, OISE" />
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    <head>BLAISOIS, OISE</head>
    <p>
    BLAISOIS, OISE , subst. masc. &amp; fém. Qui est de Blois. <i>Blesensis.</i> Les <i>Blaisois</i> passent pour prononcer fort bien le François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5162" id="1" type="">
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    <head>BLÂMABLE</head>
    <p>
    BLÂMABLE , adj. m. &amp; f. Ce qui mérite qu'on le blâme, qu'on le corrige, qu'on le réprimande, <i>Vituperabilis, reprehensione dignus.</i> Cet homme est fort <i>blâmable.</i> Sa conduite n'a rien que de <i>blâmable.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5163" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLÂME" />
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    <head>BLÂME</head>
    <p>
    BLÂME , s. m. Répréhension faite ou reçue pour quelque action honteuse, ou criminelle. <i>Vituperatio, reprehensio.</i> Ce mot a plus communément une signification passive. Le vice mérite autant de <i>blâme,</i> que la vertu mérite de louange. Cet homme étoit l'aggresseur, tout le monde lui donne le <i>blâme.</i> Je mets hors de <i>blâme.</i> Tout le <i>blâme</i> de cette action retombera sur vous. J'en rejetterai tout le <i>blâme</i> sur lui. Peu de gens sont assez sages, pour préférer le <i>blâme</i> qui leur est utile, à la louange qui les trahit. Rochef. Nous n'entrons en part de la gloire, ou du <i>blâme</i> du bien ou du mal, que du jour que nous commençons à agir par raison. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5163" id="2" type="palais">
   <index type="head" value="BLÂME" />
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    <head>BLÂME</head>
    <p>
    Blâme , en termes du Palais , est le contredit que donne un cohéritier contre les lots qui lui sont présentés par son cohéritier ; ou un Seigneur contre l'aveu ou le dénombrement que lui donne son vassal quand il est défectueux. La Coutume donne quarante jours au Seigneur pour fournir ses <i>blâmes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5163" id="3" type="">
   <index type="head" value="BLÂME" />
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    <head>BLÂME</head>
    <p>
    Blâme , signifie aussi la réprimande qui est faite par un Juge pour raison d'un crime, c'est une peine qui emporte l'infamie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5164" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLÂMER" />
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    <head>BLÂMER</head>
    <p>
    BLÂMER , v. act. Reprendre, condamner quelque mauvaise action ; témoigner par des paroles qu'on désapprouve quelque chose. <i>Vituperare, reprehendere, culpare.</i> Je l'ai fort <i>blâmé</i> de son emportement. Tout le monde <i>blâme</i> sa conduite. Je vous <i>blâme</i> d'avoir attendu si tard à me découvrir vos peines &amp; vos ennuis. J'ai <i>blâmé</i> la patience de Bibulus. Il me <i>blâme</i> de mon éloquence, comme si c'étoit un vice que d'être éloquent. Souvent ceux qui <i>blâment</i> les autres tombent dans les mêmes défauts.</p><p>Blâmer, se dit aussi d'une peine infamante ordonnée en Justice pour quelque action dont on fait faire réparation d'honneur en présence des Juges, ou de quelques témoins mandés exprès : ce qu'on exprime par cette formule, Il sera <i>blâmé</i> &amp; réprimandé en l'Audience en présence de six personnes, telles que la partie voudra choisir. <i>Aliquem infamiâ notare.</i></p><p>Nicot prétend que ce mot vient de <i>blasphemare</i>, ou du Grec , qui signifie, <i>famam laedere, médire.</i> D'autres croient au contraire que le mot de <i>blasphémer</i> vient du mot de <i>blâmer,</i> qui ne signifie autre chose que <i>reprendre, condamner, diffamer.</i> On trouve <i>blasphemium</i> dans le sens. de <i>blâme</i> dans la vie de S. Gunthram Roi de France, P. IV n. 24. tirée de Grégoire de Tours, Liv. VIII. <i>Hist. Eccl.</i> C. 28.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5164" id="2" type="">
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    <head>BLÂMER</head>
    <p>
    <pb n="628" facs="bpt6k8542165/f668/full/1200,/0/native.jpg"/> Blâmer , signifie aussi, Contredire, ou débattre l'aveu &amp; dénombrement qui est donné à un Seigneur par ses vassaux. <i>Repugnare, contradicere, refragari, adversari.</i> A faute de <i>blamer</i> par le Seigneur dans le temps de la Coutume, l'aveu est reçu. Par la Coutume de Paris un aveu &amp; dénombrement doit être <i>blâmé</i> dans les 40. jours après qu'il est donné, autrement il est reçu. Dans celle de Normandie il peut être <i>blâmé</i> dans les 40. ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5164" id="3" type="">
   <index type="head" value="BLÂMER" />
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    <head>BLÂMER</head>
    <p>
    Blâmé, ée , part. &amp; adj. <i>Vituperatus, reprehensus, culpatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANC, BLANCHE" />
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    BLANC, BLANCHE , adj. Ce qui renvoie, &amp; réfléchit la lumière en toutes ses parties ; ce qui est le plus éclairé, le plus aisé à apercevoir. <i>Albus, candidus.</i> Entre toutes les choses <i>blanches,</i> quand on en veut exagérer la blancheur, on se sert de ces comparaisons. <i>Blanc</i> comme un satin, parlant de la peau. <i>Blanc</i> comme un cigne, en parlant du poil. <i>Blanc</i> comme ivoire, en parlant des dents. <i>Blanc</i> comme neige, en parlant du linge. <i>Blanc</i> comme albâtre, en parlant d'un beau sein. Il crache <i>blanc</i> comme coton, en parlant de la salive. Ceux qui briguoient les Magistratures à Rome étoient habillés de <i>blanc</i> : c'est pourquoi on les appelloit <i>Candidats.</i> On appelle papier <i>blanc,</i> celui où il n'y a rien d'écrit. Hévélius dit qu'il est très-certain que les animaux deviennent <i>blancs</i> en hiver dans les pays Septentrionaux, comme les lièvres, les renards &amp; les ours ; &amp; que l'été ils reprennent leur couleur naturelle. En Ethiopie on a du <i>blanc</i> l'idée que nous avons du noir. On y peint le Diable <i>blanc,</i> si l'on en croit Ludolphe.</p><p>Les Thraces ont été les premiers qui ont marqué les jours heureux avec de petits cailloux <i>blancs,</i> &amp; les malheureux avec des noirs. Les Grecs ont imité cette coutume ; &amp; cela a donné lieu au proverbe, Marquer un jour de <i>blanc</i> ; pour dire, Témoigner une fort grande joie.</p><p>Ce mot, selon Covarruvias, est Goth. Ménage, après Guyet, dit qu'il vient de <i>albicus</i>, d'où les Italiens ont fait <i>bianco,</i> &amp; les Espagnols <i>blanco.</i> Il en dérive aussi le mot de <i>blond.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLANC, BLANCHE" />
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc , se dit aussi de ce qui est pur &amp; net, qui n'est ni sale, ni gâté. <i>Nitidus, purus.</i> Du linge <i>blanc.</i> Une assiette <i>blanche.</i> En ce sens on dit au figuré, Ce criminel a gagné le Juge ; il l'a fait sortir tout <i>blanc</i> de cette affaire. Ce mot, pris ainsi dans un sens figuré, a diverses autres significations. Par exemple, Ils sont tout <i>blancs</i> au-dehors &amp; tout noirs au-dedans ; c'est-à-dire, qu'ils sont vertueux en apparence, mais qu'au fonds ce sont des méchans.</p><p>C'est-à-dire, quand je veux dire d'une façon, elle dit d'une autre.</p><p>C'est-à-dire, que l'homme est volage &amp; inconstant dans toutes ses résolutions. M. Claude a dit que S. Augustin avoit passé du <i>blanc</i> au noir, sur le sujet de la tolérance pour les Hérétiques ; pour dire, que ses premiers sentiments sur cet article étoient fort différens de ceux qu'il embrassa dans la suite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="3" type="">
   <index type="head" value="BLANC, BLANCHE" />
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc , se marie avec plusieurs substantifs, qui changent sa signification en y ajoûtant quelque chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="4" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Argent Blanc , ou Monnoie Blanche, c'est toute la monnoie d'argent. <i>Nummi argentei.</i> Et il est opposé à l'<i>or</i> &amp; au <i>billon.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Armes blanches , c'étoient jadis les Armes d'un jeune Chevalier, dont l'Ecu n'étoit chargé d'aucunes Armoiries. <i>Parma alba.</i> On appelle aujourd'hui <i>armes blanches</i> celles qui ne sont pas armes à feu, comme les épées, les sabres, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    &#9758; BLANC, BLANCHE , adj.Bière blanche . On appelle ainsi la bière qui tire sur la couleur du vin blanc, pour l'opposer à la bière rouge. Cervisia albida.<br/>Billet blanc, Un billet de Lotterie où il n'y a rien d'écrit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc racine , s. m. Terme de Fleuriste . Oeillet blanc ; qui a une grosse &amp; large fleur. M. Racine a fait la conquête de cet oeillet. Cult. des Fl. C'est de-là que lui vient ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc de Paris , subst. m. Autre oeillet commun à Paris. Ib.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Bois blanc , est du bois de bouleau, peuplier, tremble, &amp;c. <i>Populus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Boudin blanc , est un boudin fait avec du lait &amp; du <i>blanc</i> de chapon. <i>Botulus lacte &amp; albâ caponum carne fartus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Carte blanche , est une carte où il n'y a point de peintures de Roi, Dame, ni de Valet. <i>Charta alba.</i> On dit, Donner la <i>carte blanche</i> à quelqu'un ; pour dire, Offrir de faire quelque chose à telles conditions qu'il lui plaira.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Cheveux blancs , des cheveux de vieillards blanchis avec l'âge. <i>Cani.</i> Ainsi on dit, Il est tout <i>blanc</i> de vieillesse. Par la même raison, le mot de <i>blanc</i> se prend encore quelquefois pour la blancheur même des cheveux, ou pour la maladie qui les fait devenir <i>blancs.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    &#9758; BLANC, BLANCHE , adj.Cire blanche , est de la cire, qui, étant jaune naturellement, a été blanchie à la rosée.<br/>Cornette Blanche, se dit en France du premier Régiment de Cavalerie.<br/>Cure blanche, est un terme usité dans l'Orléanois &amp; ailleurs, &amp; qui se dit des Cures possédées par des Chanoines Réguliers de S. Augustin, parce qu'ils ont des soutanes blanches, pour les distinguer des autres Curés Séculiers qui en ont de noires à l'ordinaire. Ainsi on dit Cures <i>blanches</i> &amp; Cures noires.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Drapeau blanc , est en France l'Enseigne de la Colonelle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Eau blanche , c'est de l'eau où on a mis du son pour faire boire aux chevaux malades.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Écharpe blanche , Signal de ceux qui suivent le parti de France.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Épée blanche , est l'épée nue. <i>Nudus ensis.</i> Il s'est battu à <i>l'épée blanche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Fer-blanc , est du fer battu en lames, &amp; blanchi avec l'étain. <i>Ferrum stanno illitum.</i> On appelle Taillandiers en <i>fer-blanc,</i> ceux qui font des entonnoirs, des lanternes, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Gelée blanche , c'est la première gelée qui se fait de la rosée, ou du brouillard congelé. <i>Pruina.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Gris blanc , c'est du gris pâle tirant sur le <i>blanc. Albidus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc-manger , est un mets délicat fait en forme de gelée. <i>Jus è carnibus elixis concretum, &amp; albidum colorem referens.</i> Il y a un fruit à Mexique qu'on appelle <i>blanc-manger,</i> qui en effet en a presque le goût. Il fond dans la bouche comme la neige, &amp; l'emplit d'une eau sucrée. Il est gros comme une poire, &amp; est plein au-dedans de plusieurs noyaux ou petites pierres noires.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Magie blanche , est un art innocent de faire des choses extraordinaires par la connoissance des secrets de la nature, que le peuple croit ne se pouvoir faire que par le pouvoir des Démons. <i>Ars innocens &amp; ingeniosa stupenda patrandi.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Mer blanche , c'est la Mer Glaciale, ou Hyperborée. <i>Mare Glaciale, Hyperboreum.</i> On appelle aussi <i>Mer blanche</i> la Mer Egée ; parce qu'on tient que c'est une mer fort sûre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Meurier blanc . Espèce de meurier qui sert à nourrir les vers à soie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Moine blanc , est un Religieux de l'Ordre des Chanoines Réguliers de S. Augustin, ou de Prémontré, ou des Feuillans. <i>Monachus albà veste indutus.</i> On appelle, Vouer au <i>blanc</i> un enfant, quand on l'habille de <i>blanc</i> jusqu'à un certain âge en l'honneur de quelque saint Fondateur d'un Ordre qui porte le <i>blanc.</i> Il y a eu aussi à Paris des <i>Blancs-Manteaux,</i> appellés autrefois des <i>Guillemins,</i> dont la Maison est maintenant remplie de Bénédictins. Ce nom de <i>Blancs-Manteaux</i> a été aussi donné aux Religieux de la Congrégation des Serfs de sainte Marie Mère de Jesus-Christ. Elle fut instituée à Marseille dans le Monastère de sainte Marie des Arènes, &amp; le Pape Alexandre IV. la confirma en 1225.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    <pb n="629" facs="bpt6k8542165/f669/full/1200,/0/native.jpg"/> Note blanche , est une note de Musique dont la tête est <i>blanche,</i> c'est-à-dire, vuide dans le milieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="27" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Pain bis-blanc , qui est mêlé de son, ou de seigle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="28" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Pavillon blanc , est le pavillon de l'Amiral de France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="29" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Poivre blanc , est un poivre dépouillé de son écorce. Voyez <ref type="search" target="head:POIVRE">POIVRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="30" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Poudre blanche , est de la poudre à canon qui tire sans faire du bruit, à ce que l'on prétend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="31" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Reine blanche . Voyez <ref type="search" target="head:REINE">REINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="32" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BLANC, BLANCHE" />
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Rose blanche . Terme de Fleuriste . Oeillet, ainsi appellé, parce qu'il n'est ni plus large, ni plus feuillu que la rose blanche ; sa plante est foible, mais sa fleur ne casse point en lui laissant cinq boutons. Cult. des fl. La <i>blanche</i> printanière, la <i>blanche</i> tardive, sont des noms de Tulipes. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="33" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanche d'Andilly . Espèce de pêche qui mûrit dans le mois de Septembre. La Quint. <i>T. I. p.</i> 267. Il ne les estime pas. Voyez <i>P. III. c.</i> 5. <i>p.</i> 418. <i>du I. T.</i> Elles sont sujettes à avoir la chair molle &amp; presqu'en bouillie. Id. <i>C.</i> 12. <i>p.</i> 422. La <i>blanche d'Andilly</i> est une pêche de grand rapport, belle à voir, grosse, ronde, platte ; elle colore fort vif au soleil, n'a nul rouge au dedans. Si on la laisse trop mûrir elle devient pâteuse. Id. <i>C.</i> 14. <i>p.</i> 457.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="34" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Sausse blanche , est une sausse faite avec du beurre fondu, &amp; qui n'est pas noirci à la poële.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="35" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Sel blanc , est du sel décrépité, ou séché au feu. <i>Excoctus igne sal.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="36" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Verre blanc , c'est du verre pur, &amp; bien plus clair &amp; diaphane que le verre commun. <i>Chrystallus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="37" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc , se dit substantivement. <i>Fucus, pigmentum, cerussa.</i> Mettre du <i>blanc</i> ; pour dire, du fard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="38" type="">
   <index type="head" value="BLANC, BLANCHE" />
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc de plomb . C'est la rouillure du plomb, qui est ainsi appellée à cause de sa blancheur. <i>Cerussa, psimmithium.</i> Elle se fait à la vapeur de vinaigre : on l'appelle autrement Céruse. On met du plomb dans des pots, au fond desquels il y a du vinaigre. On bouche ces pots de telle manière que l'air n'y puisse entrer ; ensuite on les enterre dans du fumier, où on les laisse trente jours : au bout de ce temps on les débouche, &amp; on trouve le plomb devenu blanc &amp; cassant : on rompt le plomb en morceaux ; on le fait sécher à l'air, &amp; on le broie pour les Peintres qui s'en servent : c'est le plus beau <i>blanc</i> que nous ayons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="39" type="jardinier">
   <index type="head" value="BLANC, BLANCHE" />
   <index type="src_domain" value="jardinier" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc , s. m. Terme de Fleuriste qui se dit des oeillets. C'est une maladie qui survient à cette fleur &amp; qui est la même chose que la Nuile, ou Nielle. C'est une rouille qui est jaune, &amp; quelquefois blanche, qui se met sur les pieds &amp; sur les feuilles des plantes, &amp; les fait mourir. <i>Tabes, marcor.</i> C'est une espèce de tache blanche, qui s'attache aux fanes de l'oeillet, &amp; qui peu-à-peu, comme une peste, gagne le coeur. Le <i>blanc</i> est une maladie incurable de l'oeillet. Pour le préserver pourtant des accidens que cause cette maladie, il faut le garantir des nuits froides &amp; des brouillards, l'exposer en grand air, &amp; l'arroser souvent. Voyez le <i>Traité de la Cult. des fleurs,</i> c. 18. J'ai un oeillet qui a le <i>blanc.</i> Liger. Mes oeillets périssent par le <i>blanc.</i> La Quint.</p><p>C'est aussi un terme de Jardinier , qui se dit des concombres &amp; des melons. Mes concombres, ou mes melons, ont le <i>blanc.</i> Liger. Ce mal, qui est mortel pour ces plantes, n'est autre chose qu'une altération dans les fibres de leurs fanes, ou de leurs bras, qui n'étant plus capables de recevoir le suc qui les nourrit, périssent. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="40" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc d'Espagne . Espèce de fard qui sert à blanchir le visage. <i>Fucus, pigmentum.</i> C'est l'étain de glace dissous dans l'esprit de nitre, &amp; précipité en une poudre <i>très-blanche</i> par le moyen de l'eau salée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="41" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc Rhasis , que le vulgaire appelle <i>Blanc Raisin,</i> est un onguent qui est ainsi appellé de sa couleur <i>blanche,</i> &amp; du nom de son inventeur, qui est Rhasis, Médecin. Il est composé d'huile rosat, de cire, de céruse &amp; de camphre. On l'emploie dans les brûlures, les gratelles, &amp; plusieurs autres maladies de la peau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc d'eau . Plante qu'on appelle autrement <i>Nénuphar. Nymphaea.</i> Voyez <ref type="search" target="head:NÉNUPHAR">NÉNUPHAR</ref>.</p><p>Le <i>Blanc de Mesué,</i> est une emplâtre qu'on nomme autrement <i>diachylon.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc de chapon , c'est la chair de chapon cuit, sur-tout celle des ailes &amp; de la poitrine.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc d'oeuf , est la glaire de l'oeuf où est le germe. <i>Albumen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="45" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc de baleine . C'est la cervelle d'une espèce de baleine que les Basques appelles Byaris, &amp; ceux de S. Jean de Luz Cachalot. C'est, selon quelques-uns, la baleine mâle. On prend la cervelle de cet animal ; on la fait fondre sur un petit feu ; ensuite on la met dans des moules semblables à ceux où l'on jette le sucre ; après qu'elle est refroidie &amp; égouttée de son huile, on la fait refondre comme la première fois, &amp; ainsi plusieurs fois de suite, jusqu'à ce qu'elle soit bien purifiée &amp; bien blanche : alors on la coupe en écailles avec un couteau fait exprès. Le <i>blanc de baleine</i> veut être conservé dans des vaisseaux bien bouchés, car il n'y a guère de chose qui se gâte plus aisément à l'air. Pomet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="46" type="medecine">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc de perle . Voyez <ref type="search" target="head:BISMUTH">BISMUTH</ref>.</p><p>En termes de Médecine , on dit le <i>blanc</i> de l'oeil. <i>Oculi album, oculorum albor.</i> C'est la première tunique, ou peau de l'oeil, qu'on appelle aussi <i>conjonctive,</i> parce qu'elle sert à joindre &amp; à soutenir les autres. Elle ne va que jusqu'au cercle qu'on nomme <i>iris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="47" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc . Monnoie ancienne de billon qui valoit communément dix deniers tournois, quelquefois plus, quelquefois moins. <i>Quincunx Francicus.</i> On appelloit <i>grands blancs,</i> ou gros deniers <i>blancs,</i> ceux qui valoient dix deniers tournois ; &amp; petits <i>blancs,</i> ou demi <i>blancs,</i> ceux qui n'en valoient que cinq. Les <i>blancs</i> dans leur origine, c'est-à-dire, sous Philippe de Valois &amp; au commencement du règne du Roi Jean, étoient aussi quelquefois appellés <i>Gros tournois,</i> parce qu'ils tenoient la place des gros tournois qu'on ne fabriquoit plus. Le Blanc. Les droits Curiaux sont taxés pour chaque Paroissien à Pâques à un <i>blanc.</i> Pendant les guerres contre les Anglois les <i>blancs</i> à la couronne valoient 12. deniers : cela varioit selon la différence des monnoies.</p><p>On fabriqua aussi sous Charles VI. des <i>blancs</i> &amp; des <i>demi-blancs</i> à l'écu. On a appellé des grands <i>blancs</i> au soleil de Louïs XI. &amp; Charles VIII. des sous qui valoient treize deniers, qu'on a aussi nommé <i>trézains.</i> Sous Charles VIII. les <i>blancs</i> furent nommés Carolus. <i>Carolus Francicus.</i> Et <i>Ludovicus</i> sous Louis XII. Sous François I. on les nommoit <i>Franciscus,</i> ou <i>douzains</i> à cause qu'ils valoient 12, deniers. <i>Decunx Francicus.</i> Il y a eu aussi des pièces de six <i>blancs</i> appellées <i>Néeles,</i> parce qu'elles avoient été faites en la tour de Néele à Paris. On a appellé cette monnoie <i>sous,</i> ou <i>livres blancs,</i> à cause qu'elle étoit blanchie, à la différence d'une autre monnoie noire, qui étoit de moindre valeur, qu'on appelloit <i>sous nerets.</i> Le Blanc dit que ce fut pour la distinguer des doubles &amp; des deniers qu'on appelloit communément <i>monnoie noire,</i> à cause de leur couleur qui tiroit sur le cuivre. En 1358. on fabriqua de gros deniers <i>blancs</i> à la couronne. Le Blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="48" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc signé , (les Provinciaux disent <i>Blanc seing</i>) est un papier que l'on donne à des amis, ou à des arbitres en qui l'on se confie, pour le remplir de ce qu'ils jugeront raisonnable pour terminer un procès, <i>Potestas rei gerendae ad arbitrium.</i> On le dit aussi de tout acte où on laisse quelques lignes en <i>blanc,</i> que l'on confie à la discrétion de quelqu'un pour le remplir, soit d'une quittance, soit d'une rescription, soit de quelque autre chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="49" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    En blanc , adv. Se dit en ces phrases. Procuration, quittance <i>en blanc,</i> où on laisse le nom <i>en blanc</i> de celui qui doit agir, ou recevoir. <i>Pura tabula cum Chirographo.</i> Ce mot est <i>en blanc,</i> c'est-à-dire, il y a de l'espace pour le mettre, lorsqu'il n'a pas été rempli. On le dit aussi de ce qui a été omis.</p><p>Un Livre <i>en blanc,</i> est un Livre en feuilles sans reliure. <i>Folia dissoluta. Rôtisseur en blanc,</i> Celui qui vend les viandes lardées, &amp; non rôties. On dit aussi que des étoffes, des chapeaux, sont <i>en blanc,</i> lorsqu'ils n'ont point passé par la teinture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="50" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Blanc , s. m. signifie encore une marque blanche, ou noire, qu'on met à un but pour tirer de l'arc ou du fusil. <i>Signum.</i> Tirer au <i>blanc,</i> donner dans le <i>blanc.</i> Tirer de but en <i>blanc,</i> c'est du lien marqué où l'on est, tirer droit dans le <i>blanc</i> où l'on vise.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui est entre deux vins, qu'il est entre le <i>blanc</i> &amp; le clairet. On dit, qu'un homme a mangé son pain <i>blanc</i> le premier ; pour dire, qu'il a été nourri délicatement dans sa jeunesse, &amp; qu'il aura bien des maux, des fatigues à essuyer dans la suite. On dit <pb n="630" facs="bpt6k8542165/f670/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'un homme se fait tout <i>blanc</i> de son épée ; pour dire, qu'il se promet de faire bien des choses, où souvent il ne peut pas réussir. On dit aussi que des personnes se mangent le <i>blanc</i> des yeux ; pour dire, qu'elles sont extrêmement ennemies. On dit aussi qu'on a mis un homme en beaux draps <i>blancs,</i> quand on a mal parlé de lui en quelque compagnie. On dit aussi, qu'un homme est réduit au bâton <i>blanc,</i> ou absolument, réduit au <i>blanc,</i> quand il est devenu extrêmement pauvre &amp; misérable. On dit aussi qu'un homme passe du <i>blanc</i> au noir ; pour dire, qu'il passe d'une extrémité à l'autre, soit en ses discours, soit en ses manières de vivre. On dit aussi, qu'il faut faire une telle chose à bis ou à <i>blanc</i> ; pour dire, qu'il la faut faire absolument de gré ou de force. On dit aussi, Dire une chose de but en <i>blanc</i> à quelqu'un, la dire hardiment, sans façon, sans considérer s'il l'aura agréable ou non. On dit aussi à celui qui promet de faire une chose impossible, qu'en ce cas on lui donnera un merle <i>blanc.</i> Les voyageurs disent aussi, Rouge au soir, <i>blanc</i> au matin, c'est la journée du Pélerin. Les joueurs d'échecs disent, Dame <i>blanche</i> a le cul <i>blanc,</i> pour dire, que le Roi <i>blanc</i> doit être posé d'abord sur une case noire. On dit aussi, pour marquer l'égalité de deux choses, que c'est bonnet <i>blanc,</i> &amp; <i>blanc</i> bonnet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5165" id="51" type="">
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    <head>BLANC, BLANCHE</head>
    <p>
    Les Blancs , s. m. &amp; pluriel. Nom d'une faction qui se forma dans la ville de Pistoie en Italie, l'an 1300. Ceux de la faction contraire furent appellés les <i>Noirs.</i> Le Poëte Dante étoit de la faction des <i>Blancs</i> ; &amp; parce que Charles de Valois, frère de Philippe le Bel, &amp; Vicaire de l'Empire dans la Toscane, chassa les <i>Blancs</i> de Florence, dont ils s'étoient emparés, Dante, qui fut chassé avec eux, se déchaîna contre les François. C'est la cause de ses invectives, &amp; des contes injurieux &amp; faux qu'il a feints contre eux.</p><p>On distingue encore dans plusieurs pays des Indes les <i>Blancs</i> &amp; les <i>Noirs.</i> On appelle <i>Blancs</i> les Européens, ou d'autres peuples moins bazanés que les naturels du pays. Ainsi dans l'Inde les <i>Blancs</i> sont les Mogols, &amp; les Noirs sont les Indiens. Les <i>Blancs</i> dans l'Isle de Madagascar sont les Zafferamini, &amp; les Casimambous qui y sont venus d'Arabie ; &amp; les Noirs sont les naturels de l'Isle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5166" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCS-MANTEAUX" />
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    <head>BLANCS-MANTEAUX</head>
    <p>
    BLANCS-MANTEAUX , s. m. pl. Nom que l'on donna aux Servites, ou Serviteurs de la Sainte Vierge. Depuis on a toujours conservé ce nom aux différens Religieux qui ont occupé la maison qu'avoient les Servites à Paris, quoique depuis plus de 400 ans elle soit à des Religieux qui ont des manteaux noirs. Car en 1298. elle fut donnée aux Guillemites, qui la cédèrent en 1618. aux Bénédictins de Cluni, qui l'ont cédée à leur tour aux Bénédictins de saint Maur qui l'ont aujourd'hui. Je viens des <i>Blancs-Manteaux.</i> Je vais à vêpres aux <i>Blancs-Manteaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5167" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHAILLE" />
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    <head>BLANCHAILLE</head>
    <p>
    BLANCHAILLE , s. f. Ce mot n'a point de pluriel ; il signifie fretin, menu poisson. <i>Viles pisciculi.</i> La pêche de nos étangs n'a pas été bonne cette année, on n'y a trouvé que de la <i>blanchaille.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5168" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHE" />
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    <head>BLANCHE</head>
    <p>
    BLANCHE , s. f. Nom propre de femme. <i>Blanca. Blanche</i> de Castille, fille d'Alphonse IXe. &amp; femme de Louis VIII. Roi de France, disoit souvent à S. Louïs son fils, qu'elle eût mieux aimé le voir mort, que souillé d'un seul péché mortel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5168" id="2" type="">
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    <head>BLANCHE</head>
    <p>
    Blanche . <i>Reine Blanche.</i> Nom que l'on a donné aux veuves de nos Rois. Le P. Ménestrier prétend que ce nom leur fut donné à cause de la coëffure qu'elles portoient, faite d'une guimpe &amp; d'un voile blanc, comme le portent aujourd'hui les novices chez les Religieuses ; &amp; il donne pour garant de ce sentiment un ancien tableau, où Isabeau de Valois, veuve de Louïs I. Duc de Bourbon, est ainsi représentée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5168" id="3" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BLANCHE" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BLANCHE</head>
    <p>
    Blanche vulgaire , s. f. Terme de Fleuriste . C'est une Anémone à péluche, toute blanche, &amp; dont les fleurs sont petites.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5168" id="4" type="jeu de cartes">
   <index type="head" value="BLANCHE" />
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   <index type="macro_domain" value="Jeu" />
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    <head>BLANCHE</head>
    <p>
    Blanche . Terme de jeu de cartes . C'est douze cartes qu'on a en main sans peintures, sans Roi, Reine, Valet. <i>Alba folia.</i> C'est un avantage au Piquet &amp; au Hoc. Il vaut dix au Piquet commun, cinq marques aux petites parties, &amp; en quelques endroits cent points au Piquet écrit : à l'Impériale il en vaut deux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5169" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHÂTRE" />
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    <head>BLANCHÂTRE</head>
    <p>
    BLANCHÂTRE , adj. m. &amp; f. Couleur pâle, qui approche du blanc, &amp; qui n'est point foncée. <i>Albicans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5170" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHEMENT" />
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    <head>BLANCHEMENT</head>
    <p>
    BLANCHEMENT , adv. D'une manière blanche &amp; propre. <i>Purè, nitidè.</i> Il faut tenir les enfans <i>blanchement,</i> pour les garantir de la vermine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5171" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHERIE" />
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    <head>BLANCHERIE</head>
    <p>
    BLANCHERIE , s. f. Lieu destiné à blanchir des toiles. <i>Officina albaria.</i> Il y a plusieurs <i>blancheries</i> en Hollande, &amp; dans les lieux où on trafique de toiles. On le dit aussi des lieux où on blanchit de la cire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5172" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHET" />
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    <head>BLANCHET</head>
    <p>
    BLANCHET , s. m. Sorte de camisole que les Paysans appellent <i>blanchet,</i> parce qu'elle est d'ordinaire d'étoffe blanche. <i>Lanea vestis alba.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5173" id="1" type="imprimerie">
   <index type="head" value="BLANCHETS" />
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    <head>BLANCHETS</head>
    <p>
    BLANCHETS . Terme d'Imprimerie . Ce sont les langes que l'on met entre les deux timpans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5174" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHEUR" />
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    <head>BLANCHEUR</head>
    <p>
    BLANCHEUR , s. f. Qualité qui résulte de la couleur blanche qui est sur les corps, ou plutôt de la lumière qu'ils réfléchissent. <i>Albor, albitudo.</i> La <i>blancheur</i> du teint, de l'albâtre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5174" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLANCHEUR" />
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    <head>BLANCHEUR</head>
    <p>
    Blancheur , Quand elle paroît dans les opérations du grand art, c'est signe qu'en ce moment l'union se fait du souffre &amp; du mercure, du mâle &amp; de la femelle, du fixe au volatil. En termes du même art on appelle <i>blancheur capillaire,</i> de petits filamens blancs, comme des cheveux, qui paroissent lorsque le régime de Jupiter est achevé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5175" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHIMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BLANCHIMENT</head>
    <p>
    BLANCHIMENT , subst. masc. Ce qui blanchit, &amp; l'art de blanchir. <i>Alboris inductio.</i> Les Chymistes cherchent le <i>blanchiment</i> des métaux pour faire de l'argent. Le <i>blanchiment</i> du fer blanc se fait avec de l'étain. Les plus excellens <i>blanchimens</i> de toile se font en Hollande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5175" id="2" type="orfevre">
   <index type="head" value="BLANCHIMENT" />
   <index type="src_domain" value="orfevre" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BLANCHIMENT</head>
    <p>
    Blanchiment . Terme d'Orfèvre . C'est une sorte de baquet, où par le moyen de l'eau forte &amp; de l'eau commune, on met blanchir la vaisselle. Mettre la besogne dans le <i>blanchiment.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5175" id="3" type="monnoie">
   <index type="head" value="BLANCHIMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BLANCHIMENT</head>
    <p>
    Blanchiment , en termes de Monnoie , est une façon qu'on donne aux flans avant que de les marquer, en les faisant bouillir dans l'eau commune avec le sel, le tartre ou gravelée ; après quoi on les lave, on les sèche, &amp; on les essuie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5175" id="4" type="">
   <index type="head" value="BLANCHIMENT" />
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    <head>BLANCHIMENT</head>
    <p>
    Blanchiment , est aussi le lieu où l'on donne cette façon aux flans d'or &amp; d'argent. On porte les flans qui ont été ajustés dans un lieu appellé le <i>Blanchiment,</i> pour donner la couleur aux flans d'or, &amp; blanchir les flans d'argent. Boizard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5176" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    BLANCHIR , v. act. &amp; neut. Rendre blanc. <i>Candefacere. Blanchir</i> du linge à la lescive. <i>Lixivio imbuta lintea purgare. Blanchir</i> une muraille avec de la chaux. <i>Dealbare.</i> De la pâte à <i>blanchir</i> les mains. <i>Blanchir</i> de l'argent sur le feu. <i>Blanchir</i> de la cire à la rosée. <i>Candorem inducere.</i></p><p>&#9758; On dit qu'une femme <i>blanchit,</i> pour dire qu'Elle fait métier de blanchir du linge : Et qu'Elle <i>blanchit</i> quelqu'un, pour dire qu'Elle blanchit le linge de celui dont on parle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5176" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLANCHIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    Blanchir , se dit aussi de la neuvième façon qu'on donne aux flans des monnoies, lorsqu'on leur donne la couleur naturelle de leur métal. Ce blanchiment se fait par le Maître ou Fermier, qui met ses espèces d'or, d'argent, de billon &amp; de cuivre, bouillir dans un pot, où il y a de l'eau sorte mêlée avec de l'eau commune, &amp; qui les jette ensuite dans de l'eau fraîche ; après quoi on les sablonne, &amp; on les met dans un crible de fer, pour en ôter les barbes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    Blanchir des ais , en termes de Menuiserie , c'est les unir &amp; rabotter de leur longueur pour faire des cloisons ; &amp; en termes de Serrurier , c'est limer &amp; polir le fer. En termes de Chaudronnier, c'est mettre la besogne sur le tout, &amp; en ôter avec la paroire la superficie qui est sale &amp; crasseuse. <i>Dolare, perpolire, purgare. Blanchir</i> un chauderon. On dit aussi parer un chauderon : mais il n'est pas si usité que <i>blanchir.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    &#9758; BLANCHIR , v. act. &amp; neut.Blanchir , se dit aussi par les Rôtisseurs, pour Faire revenir la viande sur les charbons. Quelques-uns disent aussi Refaire. Il faut blanchir ou refaire ce chapon, &amp; le mettre à la broche.<br/>On dit, Faire <i>blanchir</i> de la chicorée, des cardes, du céleri, &amp;c. pour dire, Les faire devenir blancs, en liant les feuilles quand elles sont encore verres, &amp; en les couvrant avec de la terre ou du fumier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    Blanchir , se dit aussi des coups de canon qui ne font qu'effleurer une muraille, &amp; y laissent une marque blanche. <pb n="631" facs="bpt6k8542165/f671/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Leviter perstringere.</i> En ce sens on dit au figuré de ceux qui entreprennent d'attaquer, ou de persuader quelqu'un, &amp; dont tous les efforts sont inutiles, que tout ce qu'ils ont dit n'a fait que <i>blanchir</i> devant cet homme ferme &amp; opiniâtre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    &#9758; BLANCHIR , v. act. &amp; neut.Blanchir, se dit dans un sens figuré, pour couvrir de neige. Candefacere, operire nivibus. Quand la vieillesse de l'année blanchit la terre ailleurs, elle est toujours verte ici. Voit.<br/>Blanchir, se dit encore figurément &amp; dans un sens actif ; pour dire, Faire paroître innocent un homme accusé. On l'accusoit de plusieurs malversations, mais il a trouvé de bons amis qui l'ont entièrement <i>blanchi.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    Blanchir , se dit aussi de la mer agitée par les rames, ou par les flots. <i>Albescere, inalbescere.</i> La mer <i>blanchissoit</i> sous les Galères de cette armée. La tempête faisoit <i>blanchir</i> la mer.</p><p>Il se dit aussi de la lumière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    P. le M .</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    Blanchir . Dans la Philosophie hermétique, ce mot signifie, Cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit parfaite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5176" id="10" type="">
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    <head>BLANCHIR</head>
    <p>
    Blanchi, ie , part. &amp; adj. <i>Dealbatus.</i> Jesus-Christ appelle des sépulchres <i>blanchis,</i> Les Pharisiens, les hypocrites, beaux au dehors, &amp; sales au dedans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5177" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHISSAGE" />
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    <head>BLANCHISSAGE</head>
    <p>
    BLANCHISSAGE , s. m. Action, ou salaire de celui qui blanchit. <i>Ablutio, purgatio</i> ; ou dans un autre sens, <i>dealbatio.</i> Il dépense tant en <i>blanchissage.</i> L'eau de la mer ne vaut rien pour le <i>blanchissage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5178" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANCHISSANT, ANTE" />
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    <head>BLANCHISSANT, ANTE</head>
    <p>
    BLANCHISSANT, ANTE . adj. Qui devient blanc. <i>Canescens, albescens.</i> Il se dit en ces phrases : Des flots écumeux &amp; <i>blanchissans.</i> Des cheveux gris &amp; <i>banchissans.</i> Voyez tout l'Hellespont <i>blanchissant</i> sous nos rames. Rac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5179" id="1" type="">
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    <head>BLANCHISSERIE</head>
    <p>
    BLANCHISSERIE , s. f. Lieu destiné à blanchir des toiles. <i>Officina albaria.</i> On a établi des <i>blanchisseries</i> en plusieurs endroits du Royaume. Il y en a qui prétendent que le mot de <i>blanchisserie</i> se dit particulièrement des lieux où l'on blanchit les habits &amp; le linge dans les Monastères.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5180" id="1" type="">
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    <head>BLANCHISSEUR, EUSE</head>
    <p>
    BLANCHISSEUR, EUSE , s. m. ou f. Celui ou celle qui blanchit le linge. <i>Qui,</i> ou <i>quae linteas vestes purgat.</i> Il est défendu aux <i>Blanchisseuses</i> &amp; Lavandières de laver leur linge en certains endroits à Paris, &amp; aux porteurs d'eau de puiser leur eau auprès des bateaux des <i>Blanchisseuses</i> &amp; Lavandières. Voyez le <i>Traité de la Police</i> de M. de la Mare, T. 1. p. 557. 558.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui a du linge sale, qu'il porte le deuil de sa <i>Blanchisseuse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5181" id="1" type="palais">
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    <head>BLANDICES</head>
    <p>
    BLANDICES , s. f. plur. Terme de Palais . Cageolleries, flatteries pour tromper quelqu'un. <i>Blandiciae, illecebrae, adulatio.</i> Il a extorqué cette donation, ce testament, par <i>blandices,</i> &amp; mauvais moyens. Ce mot vient du Latin <i>blanditiae</i>, de <i>blandus.</i> Il est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5182" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANDILALIE" />
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    <head>BLANDILALIE</head>
    <p>
    BLANDILALIE , s. f. Espèce de pomme, autrement appellée la <i>haute-bonté.</i> C'est en Poitou qu'on la nomme <i>Blandilalie.</i> Voyez HAUTE-BONTÉ.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5183" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANDIR" />
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    <head>BLANDIR</head>
    <p>
    BLANDIR , Vieux mot, qui signifie Amadouer, flatter, caresser. <i>Blandiri, adulari, permulcere, palpari.</i> On dit aussi <i>blandissant</i> ; pour dire, qui flatte, qui caresse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5184" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANGI" />
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    <head>BLANGI</head>
    <p>
    &#9758; BLANGI , s. m. Petite ville sur la Brêle, qui n'est plus aujourd'hui qu'un Bourg. <i>Voyez la Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 1. <i>pag.</i> 65.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5185" id="1" type="">
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    <head>BLANQUE</head>
    <p>
    BLANQUE , s. f. Espèce de lotterie, ou jeu de hasard, où l'on achète certain nombre de billets, dans lesquels, s'il y en a quelqu'un noir, ou marqué de quelque meuble qui est à l'étalage, on en profite. <i>Ludicrae sortes, Ludicra sortitio.</i> S'il n'y en a point, on perd son argent ; &amp; alors on dit qu'on a trouvé <i>blanque,</i> d'où ce jeu a tiré ce nom. Il vient de l'Italien <i>bianca</i>. Ce jeu, selon Pasquier, <i>Rech.</i> Liv. VIII. 49. a été introduit en France par les Italiens. Voyez dans cet Auteur comment il se pratiquoit d'abord.</p><p>On dit figurément, qu'on a trouvé <i>blanque</i> en quelque lieu, quand on n'y trouve pas ce qu'on y cherchoit. J'ai fouillé dans ma poche pour tirer ma montre, mais j'y ai trouvé <i>blanque,</i> on me l'avoit prise.</p><p>On dit proverbialement, Hasard à la <i>blanque</i> ; pour dire, Entreprendre quelque chose dont le succès est incertain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5186" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANQUET" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BLANQUET</head>
    <p>
    BLANQUET , s. m. Espèce de poires ainsi nommées, parce qu'elles ont la peau assez blanche. <i>Pirum lacteum.</i> Il y en a de deux sortes, le gros &amp; le petit <i>blanquet.</i></p><p>La poire de gros <i>blanquet</i> est le véritable <i>blanquet</i> musqué. La Quin. La poire de gros <i>blanquet</i> est fort différente de celle qu'on appelle simplement <i>blanquet,</i> ou petit <i>blanquet.</i> Elle est plus hâtive de quinze jours, plus grosse, moins bien faite en poire que le petit <i>blanquet</i> ; elle colore un peu, même en buisson, &amp; a la queue fort courte, fort grosse, &amp; un peu enfoncée ; son bois, qui est menu, &amp; sa feuille approchent assez du bois &amp; de la feuille de la Cuisse-Madame ; au lieu que le bois du petit <i>blanquet</i> est d'ordinaire fort gros &amp; assez court. Le gros <i>blanquet</i> est aussi fort différent de la blanquette à longue queue. Il réussit fort bien, soit en buisson, soit en arbre de tige. Id. Le gros <i>blanquet</i> est une poire de l'entrée de Juillet ; &amp; le petit <i>blanquet</i> de la fin de Juillet. Id.</p><p>Il l'appelle aussi quelquefois au féminin <i>blanquette.</i> Le <i>blanquet</i> musqué, ou la <i>blanquette</i> musquée, est une poire du commencement de Juillet, ressemblant assez par sa grosseur &amp; par sa figure à un muscat-Robert : elle a la peau fine, le coloris d'un jaune blanc, qui se teint un peu à l'aspect du Soleil ; sa chair est un peu ferme, si bien qu'elle n'est pas sans marc &amp; sans pierre ; mais l'eau en est fort douce &amp; fort sucrée. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5187" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLANQUETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BLANQUETTE</head>
    <p>
    BLANQUETTE , s. f. Sorte de vin blanc qui vient de Gascogne, &amp; qui a un goût assez délicat. <i>Vinum album.</i> On le dit aussi d'une espèce de bière blanche.</p><p>&#9758; Blanquette, est aussi une fricassée blanche, &amp; faite ordinairement de veau ou d'agneau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5187" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLANQUETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BLANQUETTE</head>
    <p>
    Blanquette <i>à la longue queue,</i> s. f. Espèce de poire. La <i>blanquette à la queue longue,</i> est une poire bien faite, dont l'oeil est assez grand &amp; en dehors, le ventre rond, assez allongé vers la queue, qui est un peu charnue, assez longue &amp; un peu courbée, la peau fort lice, blanche, &amp; quelquefois tant soit peu colorée à l'aspect du Soleil : la chair est entre-cassante &amp; tendre, fort fine, ayant beaucoup d'eau fort sucrée &amp; fort agréable. Elle a les défauts de la plupart des poires d'Eté, qui sont d'avoir un peu de marc, &amp; de devenir pâteuses, quand on les laisse trop mûrir. Elle réussit bien, soit en buisson, soit en arbre de tige. La Quint. Cet Auteur écrit quelquefois <i>blanquet à la longue queue,</i> &amp; le fait masculin ; de même qu'il appelle aussi le <i>blanquet, blanquette</i> au féminin. Voyez <ref type="search" target="head:Blanquet">Blanquet</ref>. C'est une poire du mois de Juillet. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5188" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAQUE" />
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    <head>BLAQUE</head>
    <p>
    BLAQUE , s. f. Vessie où l'on met le tabac pour le tenir frais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5189" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAQUERNES" />
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    <head>BLAQUERNES</head>
    <p>
    BLAQUERNES , s. f. &amp; plur. <i>Blaquernae.</i> Lieu voisin de Constantinople, où l'on bâtit un fauxbourg, dans lequel entre-autres édifices somptueux étoit le Palais des <i>Blaquernes,</i> qu'on appella Pentapygrion ; c'est-à-dire, le Château des cinq tours. Héraclius voulant mettre ce fauxbourg à couvert des insultes des Barbares, le fit enfermer dans la ville. Les <i>Blaquernes</i> étoient vers le fond du port de Constantinople du côté de l'Occident, ou comme dit Lambécius, dans ses notes sur Codinus, n. 101. vers l'entrée du Pont Euxin.</p><p>On prétend que ce nom vient d'un Prince Barbare, qui régnoit autrefois dans cette partie de la Thrace, &amp; qui avoit son palais en ce lieu-là. Codinus rapporte cette étymolologie ; Gretser l'approuve, Gillius la suit, &amp; l'attribue à Denys de Byzance ; ce qui n'empêche pas Lambécius de <pb n="632" facs="bpt6k8542165/f672/full/1200,/0/native.jpg"/>la rejetter. D'autres le dérivent du Grec , qui signifie <i>fougère,</i> &amp; disent que ce lieu fut ainsi appellé, parce qu'il étoit tout plein de fougère, desorte que selon Codinus se dit pour . Le même Auteur dit encore que est dit pour , qui est la même chose que , plein de lacunes, marécageux ; &amp; quoique Lambécius croie ces deux étymologies fausses, il dit qu'elles sont probables à cause de la situation de ce lieu. Codinus en rapporte encore une assez obscurément, . Lambécius croit que cela veut dire, <i>parce qu'un Valaque avoit été tué là.</i> Junius tire ce nom de la langue Arabe. Gretser rejette cette étymologie de Junius sans la rapporter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5190" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLASER, SE BLASER" />
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    <head>BLASER, SE BLASER</head>
    <p>
    &#9758; BLASER, SE BLASER , v. act. &amp; n. p. Gâter, altérer, brûler, dessécher. Il se dit en parlant de l'effet des liqueurs que l'on boit. Il a tant bu d'eau-de-vie qu'il s'est <i>blasé.</i></p><p>Blasé, ée. part. C'est un homme <i>blasé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5191" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLASMABLE" />
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    <head>BLASMABLE</head>
    <p>
    BLASMABLE . Voyez <ref type="search" target="head:BLÂMABLE">BLÂMABLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5192" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLASMER" />
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    <head>BLASMER</head>
    <p>
    BLASMER . Voyez <ref type="search" target="head:BLÂMER">BLÂMER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5193" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLASON" />
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   <index type="pred_domain" value="Blason" />
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    <head>BLASON</head>
    <p>
    BLASON , s. m. Devise &amp; Armes qui sont dépeintes sur un Ecu, telles que les portoient les anciens Chevaliers ; ou, selon quelques autres, l'Assemblage de tout ce qui compose l'Ecu armorial. <i>Scutum Gentilitium.</i> Voilà le <i>Blason</i> d'une telle maison. On reconnut ce Chevalier à son <i>Blason.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>latio,</i> à cause que le <i>Blason</i> étoit porté par les Chevaliers sur leurs Ecus. D'autres le dérivent par métathèse de l'Hébreu <i>sobal,</i> qui signifie <i>tulit, portavit.</i> Borel le fait venir du mot Latin <i>laus,</i> qui signifie louange, &amp; de celui de <i>sonare,</i> qui signifie Sonner, en mettant un <i>B</i> devant le mot entier. Mais la plus commune opinion est que le mot <i>Blason</i> est venu de l'Allemand <i>blasen,</i> qui signifie <i>sonner du cor,</i> parce que ceux qui se présentoient aux lices des anciens Tournois sonnoient du cor pour faire savoir leur venue. Les Hérauts après sonnoient de leurs trompettes, &amp; puis blasonnoient les Armoiries de ceux qui se présentoient, &amp; les décrivoient à haute voix, &amp; quelquefois s'étendoient sur les louanges &amp; les exploits de leurs Maîtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5193" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLASON" />
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    <head>BLASON</head>
    <p>
    Blason . Ce mot a été pris aussi quelquefois pour l'Ecu même où sont les Armoiries ; ce qui a fait dire à Perceval, Et se couvrent de leurs <i>blasons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5193" id="3" type="">
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    <head>BLASON</head>
    <p>
    Blason , se dit aussi de la science particulière qui apprend à déchiffrer les Armes, ou Armoiries des Maisons nobles, &amp; à en nommer toutes les parties dans leurs termes propres, &amp; particuliers. <i>Earum, quae in scuto expressa sunt, figurarum interpretatio,</i> ou <i>interpretandi ars, scientia, ars</i> ; ou <i>scientia heraldica.</i> Le <i>Blason</i> étoit la science des Hérauts d'armes. Les François sont les premiers qui ont réduit le <i>Blason</i> en art, &amp; ce sont eux qui ont les Armes les plus régulières. Il y a cette différence entre <i>Armes</i> ou <i>Armoiries,</i> &amp; <i>Blason,</i> qu'<i>Armoiries</i> se dit de la devise, ou des figures qu'on porte sur le bouclier, ou sur la cotte d'armes ; au lieu que <i>Blason</i> en est le déchiffrement, ou la description. Tous les termes &amp; jargon du <i>Blason</i> étoient de l'usage ordinaire de la Langue dans l'onzième siècle où le <i>Blason</i> commença à se mettre en vogue ; car alors les sautoirs, les fusées, les girons, les rustres, &amp;c. étoient des pièces du harnois des Chevaliers.</p><p>Le <i>Blason</i> représente en image la naissance, la noblesse, les alliances, les emplois, &amp; les belles actions des hommes illustres. Barthole a écrit du <i>Blason</i> &amp; des Armoiries en Jurisconsulte, &amp; le Président Chasseneu, dans son Catalogue de la gloire du monde. Plusieurs en ont écrit en Curieux &amp; en Historiens, comme André Favin, Spelman, la Colombière, Bara, Segoin, Geliot, les Pères de Varenne &amp; Ménestrier Jésuites ; Philippe Moreau, Avocat Bourdelois, &amp; Scohier Chanoine de Berghes en Hainaut, qui dit que l'étude du <i>Blason</i> est un abyme, &amp; que celui qui s'y est appliqué 30. ou 40. ans y trouve toujours matière d'apprendre. Le Père Ménestrier a fait une Bibliothèque de tous les Auteurs qui ont écrit du <i>Blason,</i> des Armoiries &amp; des Généalogies, &amp; a fait un dénombrement de près de 300. Auteurs qui en ont écrit en diverses langues. On ne voit point avant l'an 1150. d'Auteur qui parle du <i>Blason,</i> selon les gens qui ont remonté jusqu'aux sources de cet art ; il n'y a point eu avant ce temps de véritables armoiries. Le Gendre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASON</head>
    <p>
    Blason , signifie aussi un grand nombre d'Armoiries qu'on met en certaines cérémonies, particulièrement aux enterremens, sur les tentures, litres ou ceintures funèbres, ou aux cierges &amp; aux torches. On a dépensé une grosse somme pour payer le <i>Blason</i> d'une telle pompe funèbre. <i>Insignia gentilitia.</i></p><p>On dit aussi, le <i>Blason</i> des couleurs, pour expliquer ce qu'elles signifient, comme l'Or, qui est le jaune, signifie, Richesse, force, foi, constance ; l'Argent, qui est le blanc, Espérance, pureté, innocence, humilité ; l'Azur, Justice, loyauté, beauté, réputation, &amp;c. Le Père Monet a traité au long du <i>Blason</i> des couleurs dans son livre du <i>Blason</i> qu'il a fait en François, &amp; en Latin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASON</head>
    <p>
    Blason , se disoit autrefois des louanges, des éloges qu'on donnoit à quelque chose. <i>Laudatio.</i> Il y a eu des Poëtes qui ont fait le <i>Blason</i> ou l'éloge de la rose. Amyot a aussi appellé une épitaphe, <i>Blason funéral.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASONNEMENT</head>
    <p>
    BLASONNEMENT , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey, &amp; signifie l'action de blasonner, de déchiffrer les armes d'un Ecu. <i>Interpretatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASONNER</head>
    <p>
    BLASONNER , v. act. Peindre des armoiries avec les métaux &amp; les couleurs qui leur appartiennent. <i>Figuras in scuto gentilitio pingere, adumbrare.</i> Le Peintre n'a pas bien <i>blasonné</i> ces Armoiries.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASONNER</head>
    <p>
    Blasonner , se dit aussi par les Graveurs, quand il s'agit de faire certaines marques ; pour représenter les métaux &amp; les couleurs dont les Peintres <i>blasonnent</i> les armoiries. <i>Incidere in aes, aurum, in argentum.</i> Le Graveur a fort bien réussi en <i>blasonnant</i> ma vaisselle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASONNER</head>
    <p>
    Blasonner , se dit aussi pour, Expliquer le Blason, ou les parties des Armes d'une Maison ou Province en termes propres &amp; convenables à l'art. <i>Figuras scuti gentilitii conceptis verbis &amp; ordine recensere, edisserere.</i> Les Armes de France se <i>blasonnent</i> ainsi, Trois fleurs de lis d'or en champ d'azur, deux en chef, &amp; une en pointe. Pour bien <i>blasonner</i> un Ecu, on commence toujours par le champ, &amp; puis on spécifie les figures ou pièces honorables ; &amp; quand il y en a plusieurs, le chef &amp; la bordure sont nommées les dernières.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASONNER</head>
    <p>
    Blasonner , signifioit aussi, Expliquer les symboles, les mystères de l'email, &amp; des figures du Blason. <i>Scuti aream, typos &amp; iis subjectam vim interpretari.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASONNER</head>
    <p>
    Blasonner , se disoit autrefois pour signifier, Parler de quelqu'un, le décrire avec ses bonnes ou mauvaises qualités, &amp; particulièrement pour <i>médire. Maledicere.</i> En donnant l'ordre de l'Ecu aux Chevaliers, on leur commandoit de ne pas ouïr <i>blasonner</i> ni médire des Dames, &amp; de ne le pas souffrir. On s'en sert encore dans le style familier. C'est un homme qui <i>blasonne</i> tout le monde.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLASONNER</head>
    <p>
    Blasonné, ée , part. pass. &amp; adj. Il a les significations de son verbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5196" id="1" type="">
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    <head>BLASONNEUR</head>
    <p>
    BLASONNEUR , s. m. Celui qui blasonne. <i>Interpres, enunciator scuti gentilitii.</i> Il est peu en usage ; si ce n'est qu'on dit encore les anciens <i>Blasonneurs,</i> en parlant des vieux Auteurs qui ont écrit du Blason assez différemment des Modernes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5197" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLASPHÉMATEUR" />
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    <head>BLASPHÉMATEUR</head>
    <p>
    BLASPHÉMATEUR , s. m. Celui qui blasphème, qui prononce des paroles outrageuses &amp; impies contre Dieu, &amp; injurieuses à sa gloire. <i>Divini numinis obtrectator.</i> On peut être <i>blasphémateur</i> en deux manières, ou en attribuant à Dieu des choses qui ne lui peuvent convenir, &amp; qui détruisent sa nature ; ou en refusant de reconnoître en lui des attributs qui lui sont essentiels, &amp; sans lesquels il ne seroit point Dieu : tels que sont ceux qui font Dieu injuste, ou qui nient sa toute-puissance &amp; sa providence. Cependant il faut remarquer, qu'à la rigueur ce n'est point assez d'attaquer la gloire de Dieu, &amp; de dire des choses contraires à sa nature, pour être un vrai <i>blasphémateur,</i> un <i>blasphémateur</i> proprement ainsi nommé, &amp; qui <pb n="633" facs="bpt6k8542165/f673/full/1200,/0/native.jpg"/>par conséquent mérite d'être puni par le Magistrat. Il faut outre cela que le <i>blasphémateur,</i> lorsqu'il prononce ses blasphèmes, ait intention de blasphémer, ou du moins qu'il sache que les choses qu'il dit sont effectivement des blasphèmes : tel que seroit un Chrétien qui par un brutal emportement vomiroit quelque chose d'injurieux contre Jesus-Christ. Mais on ne doit pas faire le même jugement de ceux qui parlent par le principe d'uné fausse Religion. Par exemple des Juifs qui, par une malheureuse suite des erreurs dont ils sont prévenus, regardent Jesus-Christ comme un imposteur. Il est bien vrai que ces sortes de <i>blasphémateurs</i> ne laissent pas d'être coupables devant Dieu d'un si horrible blasphème ; mais il ne s'ensuit pas qu'ils soient censés tels à la rigueur, attendu qu'ils ne croient nullement blasphémer, &amp; qu'ils ne sont point <i>blasphémateurs</i> d'esprit &amp; d'intention. Mais dans le langage ordinaire, on appelle indifféremment <i>blasphémateurs,</i> tous ceux dont la doctrine renferme quelque chose d'impie, &amp; d'injurieux à la gloire de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5197" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLASPHÉMATEUR" />
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    <head>BLASPHÉMATEUR</head>
    <p>
    Blasphémateur , se prend aussi pour celui qui attribue à la créature des honneurs qui ne sont dûs qu'à Dieu. <i>Qui debitum soli Deo honorem creaturae impertit.</i> Ainsi les Juifs traitoient Jesus-Christ de <i>blasphémateur,</i> parce qu'il se disoit égal à Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5198" id="1" type="">
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    <head>BLASPHEMATOIRE</head>
    <p>
    BLASPHEMATOIRE . adj. m. &amp; f. Qui contient un blasphème. <i>Contumeliosus in Deum, blasphemus.</i> Les dogmes des Hérétiques sont la plupart <i>blasphématoires.</i> Il ne faut entendre qu'avec horreur les paroles <i>blasphématoires.</i> Cette proposition est impie &amp; <i>blasphématoire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5199" id="1" type="">
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    <head>BLASPHÈME</head>
    <p>
    BLASPHÈME , s. m. Crime énorme qui se commet contre la divinité par des paroles, ou des sentimens qui choquent sa Majesté, ou les mystères de la vraie Religion. C'est proprement une injure que l'on fait à Dieu en lui attribuant ce qui ne lui convient point, ou en lui ôtant ce qui lui convient, comme sa sagesse, sa bonté, sa puissance, &amp;c. C'est un <i>blasphème</i> de dire que Dieu commande des choses impossibles. <i>Vox in Deum contumeliosa, verborum impietas, blasphemia. Blasphème</i> horrible, exécrable, détestable. Le <i>blasphème</i> est un crime qu'on punit de mort, pour lequel on perce, on arrache la langue. Il n'y a rien que Dieu haïsse plus que le <i>blasphème.</i> Maucroix. Une traduction d'une épitaphe de l'Aretin dit :</p><p>L'Italien est plus serré ; &amp; d'un satyrique plus badin, &amp; plus enjoué :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5199" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLASPHÈME" />
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    <head>BLASPHÈME</head>
    <p>
    Blasphème , se dit aussi des paroles impies &amp; injurieuses que l'on dit des Saints, des choses saintes, des mystères de la Religion. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Augustin, S. Thomas, les Théologiens Scholastiques &amp; les Casuistes. Voyez sur les <i>Blasphèmes</i> &amp; les blasphémateurs le VI. titre du Liv. III. du <i>Traité de la Police</i> de M. De la Mare. <i>Blasphème</i> se prend quelquefois en style bas &amp; burlesque pour un adjectif, &amp; signifie blême, pâle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5200" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLASPHÉMER" />
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    <head>BLASPHÉMER</head>
    <p>
    BLASPHÉMER , v. act. &amp; n. Parler contre Dieu &amp; la Religion. <i>Atroces in Deum voces jactare, impia in Deum verba profundere.</i> Il est défendu de jurer &amp; de <i>blasphémer</i> le saint nom de Dieu. C'est le propre des Diables &amp; des damnés de <i>blasphémer</i> contre Dieu.</p><p>Nicot dérive ce mot du Grec , c'est-à-dire, <i>blesser l'honneur &amp; la réputation.</i> Eustathius le dérive de , <i>attaquer par ses discours.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5201" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLÂTIER" />
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    <head>BLÂTIER</head>
    <p>
    BLÂTIER , s. m. Marchand qui va acheter du blé dans les greniers de la campagne, pour le transporter &amp; le revendre dans les marchés des villes &amp; gros bourgs. <i>Frumentarius.</i> Il y avoit à Paris, au temps de S. Louis, une Communauté de <i>Blâtiers,</i> &amp; ce Prince leur donna des Statuts, comme à tous les autres corps des Marchands &amp; Artisans. M. De la Mare les rapporte dans son <i>Traité de la Police Liv. V. Tom. II. ch.</i> 2. Il y a plus de trois siècles que ceux qui composent cette ancienne Communauté à Paris, ont été réduits à ne vendre des grains qu'à petite mesure ; qu'ils se trouvent nommés dans les Règlemens, Revendeurs de grains, Regratiers, ou Grainiers, &amp; que ceux qui font le grand commerce ont pris le nom de Marchands de grains. Ainsi le nom de <i>Blatiers</i> est demeuré à certains petits Marchands forains, qui vont avec des chevaux ou des ânes chercher du blé dans les campagnes éloignées des grandes villes &amp; des rivières, &amp; l'amènent à somme dans les marchés de proche en proche, jusqu'à ce qu'il soit arrivé aux lieux où il s'en fait une plus grande consommation ; ou bien proche des rivières, où ils le vendent aux Marchands qui chargent pour les provisions des grandes villes. De la Mare, <i>Tr. de la Pol. Liv. V. Tom. VI.</i> L'on a autrefois agité la question sur ce commerce des <i>Blatiers,</i> s'il étoit plus utile que dangereux au public. Id. <i>ib.</i> où il rapporte le pour &amp; le contre.</p><p>Ce mot s'est fait de <i>bladum, blé</i> ; d'abord on a dit Bladier, &amp; puis par le changement du <i>d</i> en <i>t,</i> qui arrive souvent, <i>Blatier,</i> &amp; pour rendre l'<i>a</i> long <i>Blâtier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5202" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="BLATTA BYZANTIA" />
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    <head>BLATTA BYZANTIA</head>
    <p>
    BLATTA BYZANTIA . Terme de Pharmacie , ou <i>unguis odoratus.</i> C'est un coquillage long comme la moitié du petit doigt, mince, &amp; de couleur de châtaigne. Il renferme un petit poisson longuet, rouge, odorant, qui se trouve dans les lacs des Indes Orientales, &amp; qui a l'odeur du Nard : les coquilles n'ont point d'odeur lorsqu'elles n'ont plus le poisson. On a trouvé que ce coquillage venoit de Constantinople, autrefois Byzance, à cause de sa ressemblance à l'ongle. Et c'est ce qui lui a fait donner le nom de <i>blatta byzantia,</i> comme on l'appelle <i>unguis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5203" id="1" type="">
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    <head>BLAVET</head>
    <p>
    BLAVET , Voyez <ref type="search" target="head:BLUET">BLUET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5204" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLAYER" />
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    <head>BLAYER</head>
    <p>
    BLAYER , Voyez <ref type="search" target="head:BLADAGE">BLADAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5205" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLÉ" />
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    <head>BLÉ</head>
    <p>
    BLÉ , ou BLED, s. m. Plante qui produit dans son épi une graine, dont on fait le pain, qui est la principale nourriture de l'homme. <i>Frumentum.</i> Joseph enrichit les Rois d'Egypte, en leur faisant faire des magasins de <i>blé</i> durant les années fertiles. Des terres à <i>blé. Frumentarium solum,</i> ou <i>frumenti ferax ager. Blé</i> mêlé. <i>Miscellum frumentum.</i> Battre le <i>blé. Terere.</i> Scier les <i>blez. Metere.</i> On a vû dans la Suisse garder des <i>blez</i> jusqu'à cent ans, en les laissant dans l'épi. Quelques Naturalistes ont compté jusqu'à cent maladies, auxquelles les <i>blez</i> sont sujets.</p><p>Ce mot vient de <i>bladus</i>, ou <i>bladum</i>, qui signifie <i>fruit,</i> ou <i>semence,</i> d'où est venu <i>imbladare</i> ; pour dire, <i>ensemencer,</i> ou <i>emblaver.</i> Vossius &amp; Somnerus le dérivent du Saxon <i>blad</i>, ou <i>blada,</i> signifiant la même chose ; ou du Grec , qui signifie, <i>germe.</i> Les Italiens appellent encore <i>biade,</i> tous les légumes, fruits &amp; moissons, excepté le froment. Selon les premières étymologies, qui sont les véritables, il faut écrire <i>bled,</i> comme on faisoit il y a déja quelques années, &amp; comme font encore quelques Auteurs. Cependant l'usage contraire semble avoir prévalu, &amp; l'on n'écrit plus guère le <i>d,</i> comme on ne le prononce point, quand même on l'écriroit, pas même devant une voyelle ; ainsi il faut dire du <i>blé</i> &amp; du vin, acheter du <i>blé</i> en épis, &amp; non pas du <i>blé-t</i>-&amp; du vin, du <i>blé-t</i>-en épis.</p><p>On appelle par excellence <i>blé,</i> celui qui est de pur forment. <i>Frumentum, triticum. Blé méteil,</i> celui qui est mêlé de seigle. <i>Miscellum. Petit blé,</i> ou <i>blé maigre,</i> c'est du seigle, ou du <i>blé</i> où il n'y a guère de froment, ou dont le grain est mal nourri ; en un mot le <i>blé</i> du moindre prix. <i>Trinca, olyra.</i></p><p>On appelle aussi <i>petits blez,</i> les autres grains que l'on sème au mois de Mars, comme l'orge, l'avoine, les pois, les vesses ; ce qu'on appelle aussi en général <i>les Mars,</i> &amp; en quelques lieux <i>termois,</i> de <i>trimestris. Miscellum.</i></p><p>Chomel, dans son <i>Dictionn. Oeconomique,</i> au mot <i>abondance,</i> pag. 6. &amp; suiv. donne plusieurs secrets pour la multiplication des <i>blez.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5205" id="2" type="laboureur">
   <index type="head" value="BLÉ" />
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    <head>BLÉ</head>
    <p>
    Blé Cornu . Terme de Laboureur . Ce sont certains grains qui viennent quelquefois dans les épis du seigle, &amp; qui sont noirs &amp; plus longs que les autres, sortant de l'épi comme une espèce de corne noire ; ce qui fait qu'on les appelle en Gâtinois <i>Blé cornu,</i> &amp; en Sologne aussi-bien que dans le Berry des <i>Ergots.</i> Le <i>blé cornu</i> cause de fâcheuses maladies à ceux qui en mangent. Quelques-uns disent que cela vient du terroir ; mais ce sentiment est peu probable, parce que cela n'arrive que certaines années, &amp; dans les meilleures terres comme dans les plus mauvaises. D'autres prétendent que cela vient des chaleurs &amp; des humidités de l'air. D'autres, comme M. Bernier dans son <i>Hist. de Blois,</i> disent que la cause de cette malignité sont certaines bruïnes qui tombent en quelques années vers le mois de Mai. Il semble que l'expérience montre qu'il faut qu'elles soient accompagnées ou suivies de raies de soleil chaudes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5205" id="3" type="">
   <index type="head" value="BLÉ" />
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    <head>BLÉ</head>
    <p>
    Blé Blanc , espèce de froment commune en Dauphiné. Chorier prétend que c'est celle que Pline appelle Brance, <i>Brance</i> en Gaulois, <i>Sandelum</i> en Latin. Pline fait mention de deux espèces de froment, de l'Arinque &amp; du Brance. Il dit que l'Arinque est commun à la Gaule &amp; à l'Italie : &amp; le Brance propre à la Gaule seulement. Le Dauphiné les conserve encore toutes deux avec leurs premiers noms, corrompus néanmoins, en ceux de riguet, &amp; de <i>blé blanc.</i> Chorier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5205" id="4" type="">
   <index type="head" value="BLÉ" />
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    <head>BLÉ</head>
    <p>
    Blé de Turquie , qu'on appelle autrement <i>Mays,</i> ou <i>blé d'Inde. Triticum Indicum, frumentum Indicum, tragus, tragum.</i> Ses racines sont chevelues, longues, nombreuses, blanches, &amp; elles donnent une tige branchue dès le bas, haute de cinq pieds, ronde, épaisse d'un pouce, droite, noueuse par intervalle, remplie d'une moële blanche, douce &amp; sucrée. Plusieurs feuilles qui partent de ces noeuds l'enveloppent &amp; s'étendent ensuite de la longueur d'un pied environ, sur deux à trois pouces de largeur, pointues à leur extrémité, rudes sur leurs bords, &amp; relevées de plusieurs nervures droites qui parcourent toute leur longueur en manière de plis. L'extrémité de la tige est terminée par une panicule ou amas d'épis, composés de plusieurs fleurs à étamines &amp; stériles. Les fruits naissent dans des endroits séparés &amp; au-dessous de ces panicules : ce sont autant d'épis enveloppés de feuilles roulées en graine, d'où s'échapent plusieurs longs filets. Chaque filet aboutit à un embryon qui devient une graine presque ronde, grosse comme un pois, mais ordinairement anguleuse, &amp; un peu platte d'un côté par où elle tient à l'épi, couverte d'une peau ou écorce ferme, le plus souvent rousse ou jaunâtre, quelquefois grise, rouge, brune, qui renferme une substance farineuse. L'ame de cet épi à fruit est un poinçon tout couvert de pareils grains, ou semences enchassées chacune dans une espèce de chaton.</p><p>Le Mays sert de nourriture à une grande partie de l'Amérique, de l'Asie &amp; de l'Afrique. On en fait moins d'usage en Europe, à cause qu'on en trouve la farine trop douce, &amp; on n'a recours à cette sorte de grain que dans les disettes de froment. On le cultive en plusieurs endroits du Royaume pour engraisser les volailles. Les Sauvages du Canada ne connoissoient pas d'autre farine auparavant l'établissement des François dans ce vaste pays : ces sauvages ne font dans leurs courses qu'une simple bouillie de la farine de mays avec l'eau pour se nourrir. On a vu que lorsque les soldats François étoient obligés de vivre de cette bouillie dans le temps des guerres, leurs blessures étoient plutôt consolidées. On appelle le mays <i>Blé d'Inde,</i> &amp; <i>Blé de Turquie,</i> à cause qu'il a été apporté de ces endroits-là, où il est nommé vulgairement <i>maya,</i> ou <i>mayza.</i></p><p>Le <i>blé de Turquie</i> étoit fort connu en Italie dès les temps de Pline. Les Grecs le nommoient , &amp; les Latins <i>Irio,</i> comme on le peut voir dans Pline Liv. XVIII. ch. 7. &amp; 10. si cependant l'Irio de Pline est le <i>blé de Turquie.</i> Le pain de <i>blé de Turquie</i> est sec, friable, pesant sur l'estomac, &amp; difficile à digérer. L'on en voit peu en France, si ce n'est en Dauphiné, en quelques lieux de Languedoc, de la Guyenne, du Béarn &amp; de la Navarre. On le nomme dans la plupart de ces lieux du gros Millet, ou du Millois. Hors les temps de disette, dans lesquels on en mêle avec d'autre blé, il ne sert qu'à nourrir des volailles, qu'il engraisse beaucoup. Dans les autres Provinces on n'en voit guère, que quelques plantes dans les jardins par curiosité. Voyez <ref type="search" target="head:Gal">Gal</ref>. <i>de Alim. facult. Lib. I.</i> Bruyerin Campege <i>de re cibariâ Lib. V. cap.</i> 23.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLÉ</head>
    <p>
    Blé noir , ou blé Sarrasin. <i>Frumentum Sarracenicum,</i> ou <i>Fagopyrum, Fegopyrum,</i> ou <i>Fago triticum.</i> On le nomme <i>Blé-noir,</i> par rapport à la couleur noire de l'écorce de son grain ; &amp; <i>blé-sarrasin,</i> parce qu'il a été d'abord apporté d'Afrique. Il se nomme en Latin <i>Fago triticum,</i> &amp; <i>Fagopyrum,</i> à cause qu'il ressemble au fruit du hêtre. Cette plante ne ressemble point au <i>blé,</i> quoiqu'on lui en donne le nom : sa racine est fibrée &amp; chevelue, &amp; pousse une tige haute de deux pieds, mince, lisse, verte, &amp; quelquefois rougeâtre, branchue, chaque branche sortant alternativement des aisselles des feuilles. Elles sont taillées comme un coeur, soutenues par des queues qui ont jusqu'à deux pouces de long, sur-tout dans les feuilles du bas de la tige, qui sont plus amples, vertes, lisses, alternes, &amp; d'un goût fade ; leur grandeur domine à mesure qu'elles approchent de l'extrémité des branches ; &amp; en cet endroit, &amp; des aisselles de ses feuilles, naissent des brins minces &amp; longs d'un pouce environ, qui portent des bouquets de fleurs purpurines ; chaque fleur est composée de cinq étamines soutenues par un calice blanc &amp; lavé de pourpre, divisé en cinq parties jusqu'à sa base. La pistile qui se trouve au milieu de ces étamines, devient une graine relevée le plus souvent de trois coins, enfermée dans l'enveloppe qui a servi de calice à la fleur. Le <i>blé-noir</i> est une manne pour le paysan qui n'a pas eu une bonne récolte en seigle &amp; en froment. Dans les temps de disette on sème beaucoup de champs de <i>blé-noir,</i> parce qu'il vient bien par-tout, &amp; qu'il est bientôt mûr. On fait avec la farine de ses semences des gâteaux, de la bouillie &amp; du pain, à faute d'autre grain. On en engraisse aussi la volaille.</p><p>
    </p>
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    <head>BLÉ</head>
    <p>
    Blé , se dit aussi particulièrement du grain qui sort de l'épi quand il est battu. <i>Granum</i> L'opinion commune est que dans les premiers siècles du monde on ne vivoit que des fruits de la terre, &amp; de gland ; quelques-uns ajoûtent cette espèce de noisette que produit le hêtre, qu'ils prétendent avoir été appellé pour cela <i>fagus</i> en Latin, du mot Grec , je mange. Ils disent qu'on n'avoit point l'usage du <i>blé,</i> ni l'art de le préparer &amp; de le rendre mangéable ; &amp; que dans les histoires de ces premiers siècles il n'y a nulle mention de <i>blé.</i> D'autres soutiennent que cela est contraire à l'Ecriture, qui dit que Dieu commanda à Adam, &amp; devant &amp; après son péché, de cultiver la terre, &amp; que Caïn fut Laboureur. Mais le mot de l'Ecriture n'est pas déterminé, comme celui de Laboureur, ou d'<i>Agricola</i> en Latin ; il signifie seulement qui travaille à la terre, qui la cultive ; ce qui convient à la culture des arbres, des herbes &amp; des légumes, &amp; a pû se dire de ces choses seules, quand on n'auroit point eu alors de connoissance du <i>blé.</i></p><p>On dit que c'est Cérès qui fit connoître le <i>blé</i> aux hommes ; c'est pour cela qu'on la mit au nombre des Dieux. D'autres disent que ce fut Triptolème, fils de Celéus Roi d'Eleuse, Ville de l'Attique. D'autres veulent que Cérès ait trouvé les <i>blez,</i> &amp; que Triptolème ait inventé l'art de les semer &amp; de les cultiver ; ou Cérès dans ses courses fut reçue par Céléus père de Triptolème, &amp; lui apprit à connoître le <i>blé</i> ; celui-ci l'enseigna aux hommes. Diodore de Sicile dit que ce fut Isis ; en quoi Polydore dit qu'il ne diffère point des autres, parce qu'Isis &amp; Cérès sont la même.</p><p>Les Athéniens prétendoient que c'étoit chez eux que cet art commença. Les Crétois ou Candiots, &amp; les Siciliens, aspiroient à la même gloire, aussi-bien que les Egyptiens. Quelques-uns croient que les Siciliens sont mieux fondés, parce que c'étoit la patrie de Cérès, puisque ce fut en cette Isle qu'elle fut enlevée ; &amp; Polydore Virgile dit d'après Diodore, L. VI. que Cérès n'enseigna ce secret aux Athéniens qu'après l'avoir appris aux Siciliens. D'autres prétendent que Cérès passa d'abord dans l'Attique, de là en Crète, &amp; ne vint qu'ensuite en Sicile. Il est cependant des Savans qui soutiennent que c'est en Egypte que l'art de cultiver les <i>blez</i> a commencé, &amp; certainement il y avoit des <i>blez</i> en Egypte &amp; dans l'Orient long-temps avant tous ces temps-là, comme il paroît par l'histoire de Joseph, <pb n="635" facs="bpt6k8542165/f675/full/1200,/0/native.jpg"/>Gen. C. XLI. &amp; suiv. &amp; même par celle d'Abraham, Gen. XII, 11. qui passa en Egypte pour éviter la disette qui désoloit la terre de Chanaan, ou pour le moins par celle d'Isaac, qui, Gen. XXVI. 21. sema dans la terre de Gérar en Palestine, après une grande famine, &amp; recueillit le centuple l'année même, ce qui ne se peut entendre que du <i>blé.</i> Joint qu'il est parlé de farine &amp; de pains faits de farine. Gen. XVIII. 6. dans le repas qu'Abraham donna aux trois Anges qui lui apparurent. Voyez encore Vossius <i>de Idol. Lib. I. Cap.</i> 17. &amp; Polyd. Virg. <i>de invent. Rer. Lib. III. Cap.</i> 2. Plin. <i>Prooem.</i> Liv. XIV. 17. Selon Servius &amp; Macrobe, c'est Saturne qui apprit la même chose dans le <i>Latium.</i></p><p>Le Livre V. du <i>Traité de la Police</i> de M. De la Mare comprend entre autres choses, ce qui concerne les <i>blez.</i> Le 2e titre traite du <i>blé</i> &amp; des autres grains. Le 3e, du Commerce des grains en général. Le 4e, de la Police des Romains sur cela. Le 5e, de la Police de France. Le 6e, des Blâtiers. Le 7e, des Cribleurs. Le 8e, du Mesurage des grains, &amp; le 9e, de la conversion du <i>blé</i> en farine. Les Romains faisoient état que chaque homme consommoit par an 60. boisseaux de <i>blé.</i> De la Mare.</p><p>Le commerce des <i>blez</i> par eau n'a commencé à Paris que depuis Philippe Auguste. Les anciens statuts qui furent donnés aux Jurés Mesureurs par S. Louïs, &amp; qui font mention pour la première fois de ce commerce des grains par eau, n'en disent qu'un seul mot, au lieu que celui qui se fait par terre, y est expliqué fort au long. Le déchet de <i>blez</i> au moulin ne doit être que de deux livres, selon les Ordonnances de Police.</p><p>Le <i>blé,</i> pour être bon, doit être sec, &amp; non pas aride, mais conservant une espèce de fraîcheur, que les Marchands appellent, <i>avoir de l'amitié,</i> ou <i>de la main.</i> Il doit être pesant &amp; bien nourri, l'écorce fine, &amp; d'une couleur nette &amp; claire. Les années trop sèches, ou trop humides, lui sont contraires. Les unes le dessèchent trop, le rendent maigre, coti, ou glacé. Les autres le font à la vérité grossir, &amp; lui donnent du poids ; mais l'eau, qui s'introduit dans ses pores, en détrempe les sels, lui ôte une partie de sa force, &amp; souvent lui cause en peu de temps une assez grande fermentation pour le faire germer. Ainsi l'année sèche diminue la quantité, l'année trop humide est préjudiciable à la qualité. Cette différence des <i>blez</i> nourris de sècheresse ou d'humidité se reconnoît à leurs farines, par le plus ou moins d'eau qu'elles prennent en les paîtrissant. Pline, qui a fait cette remarque, Liv. XVIII. ch. 7. dit que la farine du plus excellent <i>blé,</i> moissonné dans les meilleures années, prend ordinairement un conge d'eau pour chaque boisseau. Le conge d'eau étoit du poids de dix livres, &amp; le boisseau de vingt livres de farine.</p><p>On reconnoît encore la bonté des <i>blez</i> par le nombre des pains qu'ils rendent. Quoiqu'il soit difficile de rien déterminer de certain sur le poids du pain que le <i>blé</i> doit rendre, parce que cela dépend du terroir, de la disposition des saisons, du soin des Laboureurs à préparer la terre, des temps favorables ou non de la récolte, de la conservation du <i>blé</i> ; Pline a cependant remarqué que le meilleur de tous les <i>blez</i> doit rendre un tiers pesant de pain plus que le poids du <i>blé,</i> &amp; que l'expérience l'avoit fait connoître. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. De la Mare, <i>Traité de la Police, Liv. V. Tr. X.</i></p><p>Pour conserver le <i>blé,</i> il le faut bien sécher &amp; le tenir net. Le grenier doit avoir ses ouvertures au Septentrion, ou à l'Orient, il doit y avoir au haut des soupiraux ; &amp; il faut bien se donner de garde de les lambrisser ; il faut faire une clôture aux fenêtres, pour garantir le <i>blé</i> des chats, des fouïnes, des oiseaux, &amp;c. Il faut avoir soin de le travailler de 15. en 15. jours, tout au moins les six premiers mois : dans la suite il suffit de le cribler tous les mois ; après deux années il ne s'échauffe plus, &amp; il n'y a plus rien à craindre que de l'air &amp; de l'humidité étrangère. Peu de temps après le siège que souffrit Metz sous Henri II. la citadelle fut bâtie sous Henri III. Le Duc d'Epernon y fit faire de grands amas de grains, qui se sont conservés jusqu'en 1707. Il y en avoit un tas dans le Magasin, qui avoit dix toises dans un sens, sur cinq à six de l'autre, &amp; environ deux pieds de hauteur ; on n'y avoit point touché depuis. La date de l'année qu'on le serra étoit encore gravée dessus. Le Roi, M. le Dauphin, &amp; les Seigneurs qui ont passé par Metz, ont mangé du pain fait de ce <i>blé.</i> Une des choses qui contribue le plus à la conservation du <i>blé,</i> c'est la croûte qui se forme sur toute la superficie, de l'épaisseur d'un doigt &amp; demi. On se promenoit sur celui de Metz sans que cette croûte obéît. On a vû à Sedan un Magasin taillé dans le roc &amp; assez humide, dans lequel il y avoit un tas de <i>blé</i> très-considérable depuis 110. ans. Il étoit revêtu d'une forte croûte, dure, épaisse d'un pied, formée de la germination des grains extérieurs de la superficie. Sous cette croûte se trouva un <i>blé</i> d'un grain assez gros, beau &amp; bon, &amp; l'on en fit du pain qui se trouva excellent.</p><p>A Châlons il y a des greniers où l'on conserve le <i>blé</i> 30. ou 40. ans. On choisit le plus beau <i>blé,</i> &amp; du meilleur crû qu'il est possible. Après l'avoir travaillé, on en fait un tas aussi gros que le plancher le peut porter. On met ensuite trois pouces de haut de chaux vive en poudre très fine sur tous les tas également ; puis avec des arrosoirs on humecte cette chaux, qui forme avec le <i>blé</i> une croûte ; les grains de la superficie germent, &amp; poussent une tige d'environ un pied &amp; demi de haut ; l'Hiver la fait périr, &amp; l'on n'y touche point que quand la nécessité y oblige ; alors on trouve le <i>blé</i> aussi beau que s'il n'avoit que deux ans. Voyez <i>l'Hist. de l'Acad. des Sciences</i> de 1708.</p><p>Marmol. Liv. III. ch. 60. dit que dans la ville de Miatbir en Afrique, c'est-à-dire, cent puits, il y a plusieurs puits taillés dans le roc, où les habitans serrent leur <i>blé</i> ; qu'il s'y conserve plusieurs années sans se gâter ; qu'on en a trouvé de 80 ans, qui étoit aussi sec &amp; aussi bon que si on n'eût fait que de l'y mettre.</p><p>Les mesures dont on se sert communément en France pour mesurer le <i>blé</i> sont, le muid, le septier, le minot, le boisseau, le demi-boisseau, le quart, &amp; le demi-quart de boisseau, le litron, &amp; le demi-litron. Toutes celles qui sont au-dessous du boisseau ne servent guère pour le <i>blé.</i> On mesure en quelques endroits par bichets au lieu de boisseaux ; au Mans par charges, qui sont de 12. boisseaux ; à Sedan par quartels ; à Dijon par quatranches, quartaux, bichots &amp; hémines ; à Metz par quarts, à Rennes par mines ; à Aix par charges ; à Avignon par hémine ; à la Fère par mancots. On divise aussi quelquefois les mesures des arides en pintes. Voyez le <i>Traité de la Police</i> de M. de la Mare, Liv. V. Tr. VIII. ch. 2. L'explication de toutes ces mesures se trouvera dans ce Dictionnaire chacune à sa place.</p><p>Par des essais faits à Paris en différens temps par les Magistrats, &amp; avec beaucoup d'exactitude, on a trouvé en 1432 que,</p><p>La mine du meilleur 7 douzaines de petits pains blancs de 15 onces en pâte, pour revenir à 12 onces cuits.</p><p>La mine du moyen 2 douzaines de petits pains bourgeois de 19 onces en pate, pour revenir à 16 onces cuits, &amp; 22 grands pains bourgeois de 37 onces en pâte, pour revenir à 32 onces cuits.</p><p>Le minot de seigle &amp; gruaux 22 grands pains bis, appellés brode de 4. l. &amp; demie en pâte, pour revenir à 3 l. cuits.</p><p>On fit en 1477. un pareil essai, où tout revint à peu près au même.</p><p>Au dernier qui fut fait en 1700. la mine du plus beau <i>blé</i> froment fut trouvée peser 118 livres. Etant moulue elle produisit 8 boisseaux &amp; demi de farine, pesant ensemble 116 liv. La farine ayant été blutée, rendit 3 boisseaux &amp; 1 quart de fleur pour le pain le plus blanc. De la seconde farine 2 boisseaux &amp; 1 quart ; &amp; il resta de son 4 boisseaux 3 quarts. Ce qui fait en tout 10 boisseaux &amp; 1 quart. Ayant été pétrie, &amp; le poids du levain qui y avoit été ajoûté ayant été ôté, on en fit,</p><p>Pain molet, 40, pesant en pâte chacun 5 onces &amp; demi, &amp; ensemble 220 onces.</p><p>Pain à la Reine, 6, pesant en pâte chacun 5 onces &amp; demi, &amp; ensemble 33 onces.</p><p>Pain à la Segovie, 7, pesant en pâte chacun 5 onces &amp; demi.</p><p>Pain de Chapitre, 26, pesant en pâte chacun 6 onces &amp; demi, &amp; ensemble 169 onces.</p><p>Pain façon de Gonesse, 48, pesant en pâte chacun 6 onces &amp; demi, ensemble 312 onces.</p><p>Pain bis blanc, 67, pesant en pâte chacun 10 onces, &amp; ensemble 670 onces.</p><p>Poids total 1442 onces &amp; demi, ou 90 liv. 2. onces &amp; demi. Après la cuisson</p><p>Poids total, 1158 onces, ou 69 livres 14 onces.</p><p>Voyez le <i>Traité de la Police</i> de Mr De la Mare, Commissaire qui présidoit à cet essai, Liv. V. Tr. XIV. 18.</p><p>Il y a plusieurs Isles de l'Amérique où il ne vient point de <i>blé.</i> En France le <i>blé</i> doit être semé avant l'Hiver, c'est-à-dire, le froment &amp; le seigle. Si on le seme après l'Hiver, il pousse à l'ordinaire, mais les épis n'ont point de grain, &amp; sont vuides. Mais si on fauche cette herbe, &amp; qu'on fasse paître les bestiaux comme dans un pré, qu'ensuite on laisse passer l'Hiver dessus, l'année suivante elle portera abondamment, &amp; comme si on l'avoit semée tout de nouveau. Cela arriva ainsi en 1709. &amp; 1710. aux portes de Bourges &amp; en d'autres endroits de Berry, &amp; ailleurs encore, où l'on sema des <i>blez</i> au Printemps qui suivit l'Hiver de 1709, dont le froid extraordinaire fit périr les <i>blez.</i></p><p>On dit proverbialement, Crier famine sur un tas de <i>blé,</i> quand un avare se plaint de la misère du temps, quoiqu'il ait dequoi vivre dans l'abondance. On dit d'une marchandise d'un sûr &amp; promt débit, que c'est du <i>blé</i> en grenier. On dit aussi, Etre pris comme dans un <i>blé</i> ; pour dire, Etre surpris sans défense &amp; sans armes. On dit aussi, Manger son <i>blé</i> en verd ; pour dire, Manger son revenu avant que les termes en soient échus, &amp; être mauvais ménager.</p><p>
    </p>
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    <head>BLÊCHE</head>
    <p>
    BLÊCHE . On appelle ainsi en Normandie un homme de mauvaise foi. On dit <i>blêche</i> pour <i>blaque</i> ; c'est ainsi qu'on appelloit autrefois les Valaques. Froissard dit que les Valaques sont de fort mauvaises gens. Huet.</p><p>&#9758; C'est encore un terme d'injure du style familier, qui signifie un homme mou, qui n'a point de fermeté, &amp; qui n'a pas la force de tenir les paroles qu'il donne. Il faut avouer que vous êtes bien <i>blêche.</i> Je ne sai ce que c'est que de faire le <i>blêche.</i> Boursault.</p><p>
    </p>
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    <head>BLEIME</head>
    <p>
    BLEIME , s. f. Terme de Manége . Maladie du cheval, ou inflammation de la partie intérieure du sabot vers le talon entre la sole &amp; le petit pied.</p><p>
    </p>
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    <head>BLÊME</head>
    <p>
    BLÊME , adj. m. &amp; f. Décoloré, pâle. <i>Pallidus, Pallens.</i> Il ne se dit que du visage. Quand on lui fit ce reproche, il devint <i>blême.</i></p><p><i>La disette au teint</i> blême, <i>&amp; la triste famine.</i> Id.</p><p>
    </p>
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    <head>BLÊMIR</head>
    <p>
    BLÊMIR , v. n. Pâlir, changer de visage par l'émotion de quelque passion violente, de colère, de honte, de douleur. <i>Pallescere, exalbescere.</i> Quand on a annoncé à cette veuve la mort de son fils, elle a <i>blêmi,</i> &amp; s'est pamée. Il <i>blêmit</i> à la vûe du moindre péril. C'est un fort bon Acteur, il <i>blêmit,</i> il rougit quand il veut. Je <i>blêmis</i> toujours en commençant mes harangues.</p><p>
    </p>
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    <head>BLÊMISSEMENT</head>
    <p>
    BLÊMISSEMENT , s. m. Pâleur. <i>Pallor.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BLEMYES</head>
    <p>
    BLEMYES , ou BLEMMYES, s. m. &amp; pl. <i>Blemyes, Blemyae, Blenae, Bleptae.</i> Peuple de l'Ethiopie, que l'on a cru être sans tête, &amp; avoir les yeux &amp; la bouche à la poitrine. Ils furent ainsi nommés du nom d'un Roi d'Ethiopie appellé <i>Blemys.</i> Quelques Auteurs disent que l'origine de la fable vint de ce qu'ils s'enfonçoient la tête entre les épaules, qu'ils élevoient beaucoup. Bochart, dans son <i>Phaleg,</i> Liv. IV. ch. 29. en apporte une autre raison. Il dit que <i>Blemyes</i> vient de , qui en Hébreu signifie négation, privation, &amp; de , qu'il interprète <i>cerveau,</i> quoiqu'il n'y ait que les Rabbins qui y donnent ce sens, &amp; que dans l'Ecriture il signifie moëlle : de sorte que selon lui, <i>Blemyes</i> a été pris pour sans cerveau, sans tête, &amp; c'est ce qui a donné lieu à la fable. Florus, Lieutenant de l'Empereur Marcien, dompta les <i>Blemyes</i> l'an de J. C. 450.</p><p>M. Godeau, <i>Hist. de l'Egl.</i> T. III. p. 240. &amp; M. l'Abbé Fleury, Liv. XXXII. p. 324. les appellent <i>Blemmyens.</i> En Ethiopie sur la frontière d'Egypte, les <i>Blemmyens</i> &amp; les Nobates tributaires des Romains, adoroient entre autres Dieux, Isis, Osiris, &amp; Priape, &amp; les <i>Blemmyens</i> sacrifioient des hommes au Soleil. Fleur. Le premier se trompe quand il dit que ce sont des peuples d'Egypte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLEQUE</head>
    <p>
    &#9758; BLEQUE , adj. Mot Normand. Poire <i>bleque,</i> pomme <i>bleque,</i> c'est-à-dire, plus que molle. Men.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLEREAU</head>
    <p>
    BLEREAU . Voyez <ref type="search" target="head:BLAIREAU">BLAIREAU</ref>.</p><p>
    </p>
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    <head>BLEREUX</head>
    <p>
    BLEREUX , s. m. Animal sauvage. <i>Moeles, moelis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLESCHE</head>
    <p>
    BLESCHE . Voyez <ref type="search" target="head:BLÊCHE">BLÊCHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5216" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLESME" />
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    <head>BLESME</head>
    <p>
    BLESME . Voyez <ref type="search" target="head:BLÊME">BLÊME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5217" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLESMIR" />
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    <head>BLESMIR</head>
    <p>
    BLESMIR . Voyez <ref type="search" target="head:BLÊMIR">BLÊMIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5218" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLESMISSEMENT" />
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    <head>BLESMISSEMENT</head>
    <p>
    BLESMISSEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:BLÊMISSEMENT">BLÊMISSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5219" id="1" type="">
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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    BLESSER , v. act. Frapper, ou serrer violemment quelque partie d'un corps sensitif. <i>Ferire, vulnerare, sauciare.</i> Les coups orbes <i>blessent</i> en faisant des contusions. Les instrumens tranchans <i>blessent</i> en faisant des plaies. Les souliers trop serrés <i>blessent</i> les pieds. Une selle dure <i>blesse</i> un cheval. <i>Urere.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>laesare</i> Latin, en y ajoûtant un <i>b.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blesser , se dit en parlant de navire &amp; de galère, &amp; signifie, Endommager. <i>Detrimentum afferre.</i> La Réale rencontra l'éperon d'une des galères, dont elle fut <i>blessée.</i> Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blesser , se dit avec le pronom personnel, quand on se fait mal, soit en tombant, soit par mégarde, soit volontairement. <i>Offendere partem corporis aliquam.</i> Je me suis <i>blessé</i> par mégarde. On dit aussi d'une femme grosse, qu'elle s'est <i>blessée</i> ; pour dire, que quelque chûte, ou quelque autre accident, l'a fait accoucher avant terme. <i>Abortum facere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blesser , signifie aussi, Choquer, toucher trop fortement ce qui est délicat. <i>Offendere.</i> Les couleurs trop vives <i>blessent</i> la vûe. Une dissonance <i>blesse</i> l'oreille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5219" id="5" type="">
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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blesser , se dit figurément des choses spirituelles. Une chose monstrueuse <i>blesse</i> l'imagination. Un extravagant a l'esprit <i>blessé,</i> est <i>blessé</i> au cerveau. Il ne faut rien dire devant les femmes qui <i>blesse</i> la pudeur, qui <i>blesse</i> les oreilles chastes. Trois choses, ou plutôt trois imaginations, <i>blessent</i> principalement l'esprit de nos frères. Peliss.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blesser , se dit figurément en matière d'amour. Cet amant a le coeur <i>blessé</i> ; les beaux yeux de cette Dame l'ont <i>blessé.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blesser , signifie encore au figuré, Nuire à quelque chose, y donner atteinte, y faire brèche : choquer quelqu'un, l'offénser par quelque discours. Ces faits que vous avez avoués <i>blessent</i> votre cause, donnent atteinte à votre droit. Il ne faut point faire de médisances qui <i>blessent</i> la réputation du prochain ; qui lui nuisent. Les railleries trop fortes <i>blessent</i> l'amitié : il y en a d'innocentes qui ne <i>blessent</i> personne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5219" id="8" type="">
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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    <pb n="637" facs="bpt6k8542165/f677/full/1200,/0/native.jpg"/> Blesser , signifie encore, Porter dommage. <i>Detrimentum afferre, inferre.</i> Cette Sentence me <i>blesse</i> en ce chef ; elle me fait un grief, un préjudice notable.</p><p>On dit proverbialement, qu'on ne sait pas où le soulier nous <i>blesse,</i> où le bât nous <i>blesse,</i> quand on ne sait pas le déplaisir secret que nous avons dans l'ame. On dit aussi, Autant de morts que de <i>blessés,</i> il n'y eut qu'un chapeau perdu : pour dire, il n'y arriva pas grand mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5219" id="9" type="">
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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blessé, ée . participe &amp; adject. <i>Vulneratus, sauciatus.</i> Il est <i>blessé</i> à mort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5219" id="10" type="">
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    <head>BLESSER</head>
    <p>
    Blessé , se dit aussi substantivement. Il faut avoir soin des malades &amp; des <i>blessés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5220" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLESSURE" />
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    <head>BLESSURE</head>
    <p>
    BLESSURE , s. f. Plaie, contusion. <i>Vulnus, plaga.</i> Ce brave est mort de ses <i>blessures.</i> Ce Capitaine prouve sa valeur par les marques des <i>blessures</i> qu'il a reçues. Ses <i>blessures</i> sont larges &amp; profondes, mais elles ne sont pas mortelles. Il s'est chargé de <i>blessures</i> pour vous gagner des batailles. Vaug. Il étoit extrêmement affoibli de la <i>blessure</i> qu'il avoit reçue. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5220" id="2" type="">
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    <head>BLESSURE</head>
    <p>
    Blessure , se dit aussi figurément des choses morales &amp; spirituelles. Je suis assez embarrassé à guérir les <i>blessures</i> de la République. Si vous méprisez cet outrage, il ne va pas jusqu'à vous ; &amp; cette langue pleine de venin ne vous a point fait de <i>blessures.</i> Mauc. Vos corrections devoient être des <i>blessures</i> de charité, &amp; non pas de haine. Nic. Si vous voyez cette femme, vos <i>blessures</i> ne manqueront pas de se r'ouvrir. S. Evr.</p><p>Une action lâche est une <i>blessure</i> à l'honneur. L'amour fait souvent de grandes <i>blessures</i> dans le coeur. J'ai montré mes <i>blessures</i> aux deux mers d'Italie. Main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5221" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLET, ETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BLET, ETTE</head>
    <p>
    BLET, ETTE , adj. m. &amp; f. Ce mot se trouve dans Pomey, pour signifier qui est trop mûr, qui est à demi pourri. Des fruits <i>blets. Fracidus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5222" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BLETTE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
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    <head>BLETTE</head>
    <p>
    BLETTE , s. f. Terme de Botanique . <i>Blitum. s. n.</i> Plante qu'on appelle ainsi du mot Grec , qui signifie une chose vile, à cause que quelques-unes de ses espèces sont communes, &amp; viles par conséquent. L'espèce qui nous est la plus familière, <i>Blitum spicatum,</i> vient ordinairement dans les coins, le long des chemins, &amp; dans des jardins où elle s'y sème d'elle-même. Sa racine est blanchâtre, longue d'environ quatre à cinq pouces, épaisse à son collet de quelques lignes, &amp; divisée en fibres chevelues. Les tiges qui en partent sont en partie couchées sur terre &amp; en partie droites, branchues, longues d'environ un pied, canelées, rougeâtres le plus souvent, pleines de suc, garnies de feuilles alternes, semblables à peu près à celles de la Pariétaire, mais moins longues ; lisses &amp; relevées d'une nervure qui parcourt toute leur longueur, &amp; qui donne des branches latérales, qui vont se terminer à son contour. Les tiges &amp; branches portent des épis de fleurs assez serrés. Chaque fleur est composée de trois petites étamines, soutenues par un calice verdâtre, quelquefois lavé en dehors d'un purpurin sale, découpé profondément en trois parties, qui sont comme pliées en goutière. Du milieu du calice &amp; de ces trois étamines s'élève un pistile, qui devient un fruit enveloppé d'une vessie membraneuse qui servoit de calice à la fleur. Cette vessie en se crevant laisse échaper une semence menue, noire, polie, &amp; luisante comme celle de l'Amarante. La <i>Blette</i> est du nombre des plantes émollientes.</p><p>Il y en a de rouge &amp; de blanche. L'une &amp; l'autre se divise en grande &amp; petite. La <i>blette</i> rouge, grande, croît facilement. Sa racine est de la grosseur du pouce, &amp; d'un goût insipide, de même que toute la plante. Sa tige est fistuleuse, rouge par dedans &amp; par dehors comme du sang. On en tire un suc qui est de la même couleur. Ses feuilles sont aussi rouges, plus petites que celles de la poirée, mais plus ridées. Ses fleurs sont composées de quelques filets chargés de sommets de couleur pâle. La <i>blette</i> blanche, grande, est fort semblable à la précédente, &amp; n'en diffère que par la couleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5223" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLEU, BLEUE" />
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    <head>BLEU, BLEUE</head>
    <p>
    BLEU, BLEUE , adj. &amp; s. Qui est de couleur d'azur. <i>Caeruleus, caerulus, cyaneus.</i> La belle couleur <i>bleue</i> qui est naturelle, est faite de <i>lapis lazuli.</i> On se sert en peinture d'un <i>bleu</i> artificiel, qui est fait de sable, de sel, de nitre &amp; de limaille de cuivre. Les Peintres emploient encore une autre couleur <i>bleue,</i> que l'on fait en Flandre ; mais comme elle verdit aisément, ils ne s'en servent que dans les paysages. On l'appelle <i>cendre verte.</i> Il y a aussi un autre <i>bleu</i> dont on se sert dans les grottes, c'est-à-dire, pour la fabrique du dedans des grottes, &amp; on l'appelle <i>bleu</i> de forges. Le <i>bleu</i> des Teinturiers est une couleur qui se fait avec le pastel, qui croît dans le haut Languedoc ; ou avec la voëde, ou petit pastel qui croît en Normandie ; ou avec de l'indigo qui vient des Indes. Les nuances du <i>bleu</i> sont le <i>bleu blanc,</i> le <i>bleu naissant,</i> le <i>bleu pâle,</i> le <i>bleu mourant, bleu mignon, bleu céleste,</i> il tient le milieu de la nuance ; <i>bleu reine, bleu turquin,</i> c'est un <i>bleu</i> bien foncé ; <i>bleu de Roi,</i> fleur de guède, <i>bleu pers</i> Aldego, &amp; <i>bleu d'enfer.</i> Du <i>bleu</i> &amp; du jaune se compose le verd. Du <i>bleu</i> &amp; du rouge d'écarlate de France se fait la couleur de Roi, l'amaranthe, la couleur de pensée, le violet. Du <i>bleu</i> &amp; du rouge cramoisi se compose le colombin, le pourpre, le gris de lin, &amp; autres gris, suivant qu'ils sont plus ou moins bouillis. Les <i>bleus pâles,</i> ou <i>bleus beaux</i> sont teints de pure cuve d'Inde. Les <i>bleus célestes</i> ou <i>complets</i> doivent avoir un pied d'orseille de Lyon, puis être passés sur une cuve d'Inde. C'est une condition nécessaire à la lumière pour paroître <i>bleue</i> d'être discontinuée : telle est celle de la flamme du soufre, de l'esprit de vin, du bois pourri, des vers luisans, des écailles de quelques poissons, &amp;c. Les sucs des fleurs <i>bleues</i> &amp; violettes deviennent verds par les alkalis, &amp; prennent un beau rouge par les acides. Il paroît du <i>bleu</i> dans l'eau où on a mis tremper du bois néphrétique. Le <i>bleu</i> des Teinturiers ne reçoit point de changement par les acides, ni par les alkalis ; c'est pourquoi on se sert de pastel avant que de donner une autre couleur, quand on veut donner le bon teint à quelque étoffe. C'est le très-grand éloignement qui nous fait croire que les Cieux sont <i>bleus.</i> Les étoiles paroissoient toutes d'un or pur, &amp; éclatant ; &amp; qui étoit encore relevé par le fond <i>bleu</i> où elles sont attachées. Fonten. Une mer très-éloignée paroît <i>bleue.</i> Anciennement le <i>bleu</i> étoit le symbole de la mer. C'est pourquoi aux jeux Circenses les combattans qui représentoient la mer étoient habillés de <i>bleu.</i> A Rome celui qui devoit commander la cavalerie prenoit un étendart <i>bleu,</i> parce que Neptune, qui est le Dieu de la mer, a produit le cheval : &amp; ceux qui avoient fait une belle action sur mer, étoient honorés d'une enseigne de couleur <i>bleue.</i></p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>blew</i>, ou <i>blauve,</i> ainsi qu'écrivent les Bollandistes, Mart. Tom. III. p. 526. C. signifiant la même chose. Saumaise lui donne une origine Latine, &amp; croit qu'on a dit <i>blutum,</i> quasi <i>ablutum</i> aut <i>dilutum,</i> parce que c'est une espèce de couleur de pourpre bien lavée : d'où vient aussi qu'on appelle ces fleurs <i>bleues</i> qui viennent dans les blez, <i>blaveoli.</i> On trouve <i>blavius</i> pour signifier <i>bleu</i> livide, dans la vie de sainte Catherine de Suède composée en 1471. mais c'est un mot barbare, forgé de l'Allemand <i>blauve.</i></p><p>En peinture on dit que le <i>bleu</i> est la couleur la plus fuyante, dont on peint le Ciel &amp; les lointains.</p><p>On dit figurément qu'un homme devient tout <i>bleu,</i> quand il lui survient quelque violente douleur dans l'ame, comme lorsqu'on lui apporte quelque fâcheuse nouvelle, qu'on lui fait quelque reproche dont il se sent coupable, parce qu'alors il devient en effet pâle &amp; livide.</p><p>On appelle un Cordon-<i>bleu,</i> un Chevalier de l'Ordre du S. Esprit, parce que la marque de cet Ordre est une Croix attachée à un Cordon <i>bleu. Vitta caerulea.</i></p><p>On le dit figurément d'un homme considérable dans son corps, C'est un <i>Cordon-bleu.</i> Mais cela n'est bon que dans le style familier.</p><p>On dit, Mettre une Carpe au <i>bleu,</i> pour dire, L'accommoder à une certaine sausse, à une sorte de court-bouillon, qui lui donne une couleur approchante du <i>bleu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5223" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLEU, BLEUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BLEU, BLEUE</head>
    <p>
    Bleu , est aussi un terme de guerre . On appelle un parti-<i>bleu,</i> une troupe de Soldats qui vont butiner sans commandement, ni permission. <i>Grassatorum,</i> ou <i>praedatorum militum manus.</i> Aller en parti-<i>bleu.</i> Les Passeports ne servent de rien contre les partis-<i>bleus.</i></p><p>Officier <i>bleu,</i> en termes de Marine , est un Officier qu'un Capitaine de vaisseau crée dans son bord.</p><p>On dit proverbialement, Faire des coups <i>bleus</i> ; pour dire, Faire des efforts inutiles, des tentatives qui ne réussissent point.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5223" id="3" type="">
   <index type="head" value="BLEU, BLEUE" />
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    <head>BLEU, BLEUE</head>
    <p>
    Bleu , s. m. On appelle ainsi les pauvres de l'Hôpital de la Trinité à Paris. Tous les <i>bleus</i> étoient à cet enterrement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5224" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLEUÂTRE" />
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    <head>BLEUÂTRE</head>
    <p>
    BLEUÂTRE , adj. m. &amp; f. Couleur qui approche du bleu, qui est entre le blanc &amp; le bleu. <i>Subcaeruleus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5225" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BLEUE" />
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    <head>BLEUE</head>
    <p>
    BLEUE , ou quasi Bleue, s. f. Terme de Fleuriste . C'est une Anémone à peluche, dont la fleur en son entrée approche du bleu, ensuite elle s'éclaircit, &amp; enfin elle devient gris-de-lin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5225" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLEUE" />
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    <head>BLEUE</head>
    <p>
    Bleues . <i>Filles Bleues.</i> Ce sont des filles de l'Annonciade que l'on nomme ainsi. Voyez <ref type="search" target="head:ANNONCIADE">ANNONCIADE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5226" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLEUET" />
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    <head>BLEUET</head>
    <p>
    BLEUET , Voyez <ref type="search" target="head:BLUET">BLUET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5227" id="1" type="chymiste & d'artisan">
   <index type="head" value="BLEUÏR" />
   <index type="src_domain" value="chymiste & d'artisan" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>BLEUÏR</head>
    <p>
    BLEUÏR , v. act. Terme de Chymiste &amp; d'Artisan . Quand on veut <i>bleuïr</i> du fer, il faut lui donner un certain degré de feu. Le mercure &amp; le souffre mis sur le feu commencent bientôt à <i>bleuïr.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5228" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLIDOU" />
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    <head>BLIDOU</head>
    <p>
    BLIDOU , s. m. Nom propre d'homme. <i>Blidulfus.</i> Le Prêtre <i>Blidou,</i> Moine de S. Colomban, étant à Pavie où il avoit été envoyé par S. Attale, y reprocha au Roi des Lombards Ariovald, Arien, son hérésie. Chast.</p><p>Ce mot s'est formé du Latin. Les Italiens le nomment <i>Bidolfo,</i> les Allemands Plidorf. Il y a des manuscrits où il est nommé <i>Baldulfus,</i> &amp; pour cela Théophile Raynaud avertit de ne le pas confondre avec S. Badou Abbé d'Ainay à Lyon. Maynard le nomme <i>Bladulfus</i> ; peut-être pour avoir mal lû son nom, ou pour avoir eu quelque manuscrit fautif. Jonas de Bobio, comtemporain de ce Saint, met <i>Blidulfus.</i> C'est au Chap. XIIIe des <i>Merveilles de Farmoutier</i> qu'il parle de ce Saint. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5229" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLIDRAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BLIDRAN</head>
    <p>
    BLIDRAN , s. m. Nom propre d'homme. <i>Blidrannius.</i> L'Eglise de Vienne fait mémoire de S. <i>Blidran</i> le 22e Janvier. Du Saussay l'a mal nommé <i>Blidien.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5230" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLIER" />
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    <head>BLIER</head>
    <p>
    BLIER . s. m. Nom propre d'homme. <i>Blitharius.</i> C'est de ce nom Latin que le François s'est fait. S. <i>Blier</i> étoit un Prêtre Irlandois qui se retira à Broies en Champagne proche de Troies, &amp; y mena une vie solitaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5231" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLIMOND" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BLIMOND</head>
    <p>
    BLIMOND , s. m. Nom propre d'homme. <i>Blitmundus.</i> S. <i>Blimond</i> avoit été Moine à Bobio en Italie sous S. Attale. Hugues Ménard, Liv. I. de ses Observ. &amp; D. Mabillon, Siec. II. le font natif de Dauphiné, sur ce que l'Auteur de la vie de S. Valery parlant de lui, dit <i>erga Isarae alveum,</i> (Ménard dit <i>Isaram</i>) <i>oriundus :</i> mais on ne peut douter que cet Auteur, qui écrivoit en Picardie, n'entendît parler là de la rivière d'Oise, &amp; non de celle d'Isère, qu'il ne connoissoit peut-être point du tout ; &amp; qu'en tout cas, si elle eût été la véritable patrie de S. <i>Blimond,</i> il l'auroit désignée d'une manière moins simple, crainte que dans le Vimeu on ne la prît pour la rivière d'Oise. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5232" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BLIN" />
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    <head>BLIN</head>
    <p>
    BLIN , s. m. Terme de Marine . Pièce de bois quarré, où il y a plusieurs barres clouées de travers à angles droits ; elle sert à pousser des coins de bois sous la quille du vaisseau, lorsqu'on le veut mettre à l'eau. Il y a aussi des <i>blins</i> avec des cordes au lieu de barres, pour enfoncer des coins sous le vaisseau, en élançant les <i>blins</i> de loin, ce qu'on ne pourroit faire avec les barres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5233" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="BLINDER" />
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    <head>BLINDER</head>
    <p>
    BLINDER , v. act. C'est en termes de Guerre , se couvrir de blindes, s'assurer par des blindes. <i>Blinder</i> une tranchée. Guillet. C'est la couvrir de blindes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5234" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="BLINDES" />
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    <head>BLINDES</head>
    <p>
    BLINDES , s. m. pl. Terme de Guerre . Défenses faites de bois, ou de branches entrelassées, qu'on enferme entre deux rangs de pieux debout, ou de claies. Les pieux sont de la hauteur d'un homme, &amp; distans de quatre ou cinq pieds. On s'en sert particulièrement à la tête des tranchées, quand on les pousse de front vers les glacis, ou lorsqu'elles sont enfilées pour mettre à couvert les travailleurs.</p><p><i>Blindes</i> est un nom Flamand, qui signifie <i>chandelier.</i> D'autres disent qu'il vient de l'Allemand, ou Hollandois, <i>blind</i>, qui signifie <i>aveugle</i> ; d'autres de l'Anglois <i>blif</i>, qui est une espèce de machine de guerre qu'on a appellé dans la basse Latinité <i>blida.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5235" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOC" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BLOC</head>
    <p>
    BLOC , s. m. Pièce de marbre, telle qu'on la tire de la carrière, &amp; qui n'a encore aucune forme de la main de l'ouvrier. <i>Massa.</i> Il y a tant de <i>blocs</i> de marbre dans ce bateau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5235" id="2" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BLOC</head>
    <p>
    Bloc , se prend aussi collectivement pour plusieurs pièces ou marchandises qui sont considérées toutes ensemble. <i>Summatim, simul, acervatim.</i> Il a acheté toute cette boutique en <i>bloc.</i></p><p>Quelques-uns disent que ce mot vient du Latin <i>globus</i>. D'autres le dérivent de <i>volutum</i>, ou <i>involutum,</i> parce qu'on achète souvent des marchandises emballées ou enveloppées, ce qu'on dit, <i>acheter en tâche &amp; en bloc.</i> Mais il y a plus d'apparence qu'il vient de <i>bloch</i>, mot Celtique ou Bas-Breton, qui signifie, <i>tout.</i></p><p>On dit aussi, Faire un marché en <i>bloc</i> &amp; en <i>tâche,</i> particulièrement des bâtimens ; pour dire, Fournir, moyennant certain prix, tous les matériaux &amp; les peines des ouvriers, sans compter en détail ces fournitures, ni les journées des ouvriers qui pourront travailler à leur <i>tâche,</i> On le dit aussi par extension des marchés où il n'entre point de <i>tâche</i> ou de journées. Il faut pourtant ajoûter qu'en <i>bloc</i> &amp; en <i>tâche,</i> n'est en usage que parmi le peuple de Paris, &amp; qu'il est mieux de dire en <i>bloc &amp; en tas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5235" id="3" type="">
   <index type="head" value="BLOC" />
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    <head>BLOC</head>
    <p>
    Bloc de plomb , C'est parmi les Graveurs une sorte de billot tout rond de cinq à six pouces de diamètre, &amp; de trois pouces de haut, sur lequel on pose l'ouvrage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5235" id="4" type="marine">
   <index type="head" value="BLOC" />
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    <head>BLOC</head>
    <p>
    Bloc , en termes de Marine , se dit des gros billots de bois d'ormes quarrés &amp; percés en mortoises, comme ceux qui embrassent les tenons des mâts, le bâton du pavillon qu'on appelle <i>chouquets,</i> ou <i>tête de More :</i> ou ceux qui enferment des poulies pour élever les vergues, qu'on appelle <i>bloc d'issas,</i> ou <i>sep de drisse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5235" id="5" type="">
   <index type="head" value="BLOC" />
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    <head>BLOC</head>
    <p>
    &#9758; BLOC , s. m.Bloc , en termes de Fauconnerie , se dit de la perche sur laquelle on met l'oiseau de proie. Le bloc doit être garni de drap.<br/>Bloc, on appelle aussi de ce nom une pierre attachée à une planche, ou plutôt un morceau de bois fait exprès pour tomber sur les rats, lorsqu'ils viennent manger le lard. Cette machine est plus connue sous le nom d'<i>assommoir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5236" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOCAGE" />
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    <head>BLOCAGE</head>
    <p>
    BLOCAGE , ou BLOCAILLE, s. m. Menu moilon ou pierres qui servent à remplir &amp; à garnir les vuides qui sont dans les murs entre de plus grosses pierres, ou les paremens. <i>Caementum, caementum lapideum, saxeum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5237" id="1" type="charpenterie">
   <index type="head" value="BLOCHET" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie" />
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    <head>BLOCHET</head>
    <p>
    BLOCHET , s. m. Terme de Charpenterie . C'est une pièce de bois posée sur les sablieres de croupes, qui porte &amp; entretient les chevrons des couvertures. On appelle <i>blochet d'arêtier,</i> celui qui étant posé à l'encognure d'une croupe, reçoit le tenon du pied de l'arêtier dans sa mortoise. On doit établir &amp; traîner les <i>blochets</i> ; pour dire, établir les entraits dessus. Il y a des <i>blochets</i> mordans, &amp; à queue d'aronde.</p><p>Le <i>blochet</i> est aussi une pièce de bois qui se met sous la panne au-dessus du gousset, qui tient à tenon &amp; à mortoises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5238" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOCUS" />
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    <head>BLOCUS</head>
    <p>
    BLOCUS , s. m. Siége d'une ville qu'on veut prendre par famine, en occupant tous les passages par où les vivres &amp; les autres nécessités de la vie lui peuvent arriver. <i>Omnium ad urbem adituum interclusio.</i> Les <i>blocus</i> se forment par la Cavalerie.</p><p>On le dit aussi du commencement d'un siége, quand on envoie des troupes se saisir des principales avenues où l'on veut établir ces quartiers.</p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>blochus</i>, qui signifie un <i>boulevart,</i> ou <i>maison de bois.</i> Ménage. Le Bâtelier obéit, &amp; fit tirer les rames, laissant aller le bateau au courant de l'eau entre les <i>blocus,</i> sans que les gardes s'en aperçussent. <i>Dom Du Plessis, Hist. de Jacques II. p.</i> 26.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5239" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOIS" />
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    <head>BLOIS</head>
    <p>
    BLOIS , s. m. <i>Blese, Blesense Castrum.</i> Ville de France, <pb n="639" facs="bpt6k8542165/f679/full/1200,/0/native.jpg"/>Capitale du Blaisois, avec le titre de Comté. Elle est sur le bord Septentrional de la Loire. <i>Blois</i> étoit du Diocese de Chartres ; mais le Pape Innocent XII. l'érigea en Evêché l'an 1694. à la sollicitation de Louïs le Grand. <i>Blois</i> a été nommée la ville des Rois, parce que comme l'air en est fort pur, on l'a souvent choisie pour y élever les enfans de France. On dit les Etats de <i>Blois,</i> l'Ordonnance de <i>Blois.</i> Les Etats ont été assemblés deux fois à <i>Blois</i> par Henri III. en 1577. &amp; en 1588. Jean Bernier imprima en 1656. à Paris une <i>Histoire de Blois</i> in-quarto. Voyez encore BLAISOIS.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5239" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLOIS" />
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    <head>BLOIS</head>
    <p>
    Blois. De Blois . s. m. Nom propre d'homme. <i>Blosius.</i> Louïs <i>de Blois,</i> qu'on appelle plus communément Blosius, Abbé de Lessies, tiroit son origine des anciens Comtes de <i>Blois</i> du côté de son père, &amp; des Seigneurs de Barbançon du côté de sa mère. Nous avons de Blosius d'excellens traités de dévotion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5240" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOND, ONDE" />
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    <head>BLOND, ONDE</head>
    <p>
    BLOND, ONDE , adj. &amp; s. Couleur du poil de l'homme qui est entre le blanc &amp; le roux. <i>Flavus.</i> Les Italiens aiment le <i>blond</i> doré, le <i>blond</i> un peu ardent. Les gens du Nord ont souvent un <i>blond</i> fade, un <i>blond</i> de filasse. Les beautés <i>blondes</i> durent moins que les beautés brunes : elles sont moins vives, &amp; moins animées. Le <i>blond</i> cendré ou mêlé de gris, est plus agréable. Il se dit aussi des personnes. Un <i>blond</i> bien fait. Une belle <i>blonde.</i></p><p>On dit figurément &amp; poëtiquement la <i>blonde</i> Cérès, à cause de ses épis jaunissans ; &amp; le <i>blond</i> Phoebus, à cause qu'on le dépeint avec une chevelure <i>blonde.</i></p><p>Du Cange dérive ce mot du Saxon <i>blond,</i> qui signifie <i>mêlé,</i> ou de <i>blondel,</i> qui signifie <i>teint coloré par art,</i> d'où on a dit dans la basse Latinité <i>blundus</i> ou <i>blondus.</i></p><p>On dit par extension, Du lin bien <i>blond,</i> un rôt <i>blond,</i> une sausse <i>blonde.</i></p><p>On dit proverbialement qu'un homme est délicat &amp; <i>blond,</i> quand il fait trop le beau, ou le difficile : qu'il est <i>blond</i> comme un bassin ; pour dire, que ses cheveux ont de l'éclat. On dit aussi ironiquement un <i>blond</i> d'Egypte, en parlant d'un homme fort noir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5241" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLONDE" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BLONDE</head>
    <p>
    &#9758; BLONDE , s. f. Espèce de dentelle de soie. Coëffure de <i>blonde.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5242" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLONDIN, INE" />
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    <head>BLONDIN, INE</head>
    <p>
    BLONDIN, INE , subst. Qui a les cheveux blonds, ou une perruque blonde : &amp; figurément les gens qui font les beaux. Les coquettes aiment fort les <i>blondins</i> ; ce sont de vrais séducteurs de femmes. Mol.</p><p>Mademoiselle de la Vigne le prend pour un jeune homme, en disant que dans les Champs Elisées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5243" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLONDIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BLONDIR</head>
    <p>
    BLONDIR , v. n. Devenir blond. <i>Flavescere.</i> Avec le temps les cheveux brunissent plutôt que de <i>blondir.</i></p><p>On le dit figurément &amp; poëtiquement des épics, quand ils deviennent jaunes vers le temps de la moisson. Les épics commencent à <i>blondir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5243" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLONDIR" />
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    <head>BLONDIR</head>
    <p>
    Blondissant, ante , part. Qui blondit. <i>Flavescens.</i> Il n'a guère d'usage qu'en style poëtique. Les épics <i>blondissans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5244" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOQUER" />
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    <head>BLOQUER</head>
    <p>
    BLOQUER , v. act. Occuper les passages par où on amene les vivres, &amp; les autres nécessités dans une place. <i>Urbem circumjectis undiquàque praesidiis claudere.</i> C'est aussi en commencer le siège, en occupant les postes où doivent être les principaux quartiers.</p><p>Ce mot vient du vieux Gaulois <i>blocal</i>, ou <i>bloquil,</i> c'est-à-dire, <i>barricade.</i> Borel. Quelques-uns le dérivent du Latin <i>buculare</i>, d'où on a fait aussi <i>boucler,</i> qui signifie <i>fermer le passage.</i> Icquez de <i>belocan,</i> ancien mot Allemand, formé de <i>be,</i> &amp; de <i>loc,</i> qui veut dire serrure, clôture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5244" id="2" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BLOQUER" />
   <index type="src_domain" value="maconnerie" />
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    <head>BLOQUER</head>
    <p>
    Bloquer , en termes de Maçonnerie , c'est élever des murs de moilon d'une grande épaisseur, le long des tranchées, sans les aligner au cordeau, comme on fait les murs de pierres sèches. C'est aussi remplir les vuides de moilon &amp; de mortier, sans ordre, comme on fait pour les ouvrages fondés dans l'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5244" id="3" type="marine">
   <index type="head" value="BLOQUER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BLOQUER</head>
    <p>
    Bloquer , en termes de Marine , c'est mettre de la bourre sur du goudran entre deux bordages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5244" id="4" type="imprimerie">
   <index type="head" value="BLOQUER" />
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    <head>BLOQUER</head>
    <p>
    Bloquer , en termes d'Imprimerie , est, Mettre dans la forme en la composant une lettre renversée pour tenir la place d'une autre qui manque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5244" id="5" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="BLOQUER" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BLOQUER</head>
    <p>
    Bloquer , en termes de Fauconnerie , se dit lorsque l'oiseau a remis la perdrix, &amp; qu'il la tient à son avantage, gagnant le haut ou quelque arbre prochain ; &amp; il ne faut pas dire en ce cas qu'il l'arrête. On dit aussi, que l'oiseau se <i>bloque</i> ; pour dire, qu'il pend en l'air, &amp; s'y soutient sans battre de l'aile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5244" id="6" type="billard">
   <index type="head" value="BLOQUER" />
   <index type="src_domain" value="billard" />
   <index type="macro_domain" value="Jeu" />
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    <head>BLOQUER</head>
    <p>
    Bloquer . Terme de Billard , v. act. &amp; neut. se dit lorsqu'on force une bille comme si on la vouloit faire sauter, &amp; qu'on la <i>bloque</i> dans une blouse du coin. <i>Globulum vi magnâ in cavum detrudere.</i> On dit encore cette blouse <i>bloque</i> ; celle-ci ne <i>bloque</i> pas. <i>Globulum recipere, admittere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5245" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOSIUS" />
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    <head>BLOSIUS</head>
    <p>
    BLOSIUS . Voyez <ref type="search" target="head:Blois">Blois</ref>. On dit cependant toujours <i>Blosius</i> dans l'usage. Le Miroir des Religieux de <i>Blosius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5246" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOT" />
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    <head>BLOT</head>
    <p>
    BLOT , subst. m. est le petit chevalet de bois où se repose l'oiseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5247" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOTTIR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BLOTTIR</head>
    <p>
    BLOTTIR , v. n. Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel. Se tapir, se cacher en quelque lieu étroit ; se mettre, se ramasser en petit volume. <i>Abscondere se, delitescere.</i> On a trouvé ce criminel qui s'étoit <i>blotti</i> dans le trou d'une fenêtre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5247" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLOTTIR" />
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    <head>BLOTTIR</head>
    <p>
    Blottir , se dit principalement des perdrix, lorsque pour se cacher, elles s'abaissent &amp; se ramassent le plus qu'elles peuvent. Voilà l'endroit où cette perdrix s'étoit <i>blottie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5248" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOUSE" />
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    <head>BLOUSE</head>
    <p>
    BLOUSE , subst. fém. Trou d'un billard, ou d'un tripot, où on jette les billes, ou les balles. <i>Fundula, cavum foramen.</i> La grande adresse du billard, c'est de pousser la bille de son adversaire dans la <i>blouse.</i> Cette balle de tripot est entrée dans la gallerie &amp; dans la <i>blouse. Blouse</i> volante.</p><p>Ce mot, en vieux François, signifie des <i>terres grasses à blé,</i> qui sont molles ou marécageuses, qui ont tiré leur nom du <i>blé</i> qu'on y semoit.</p><p>On dit aussi proverbialement qu'on a mis quelqu'un dans la <i>blouse,</i> quand on l'a mis en prison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5249" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLOUSER" />
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    <head>BLOUSER</head>
    <p>
    BLOUSER , v. act. Pousser une bille dans la blouse. <i>In fundulam trudere.</i> On dit en Saxon <i>blosan,</i> qui signifie <i>périr, être submergé,</i> &amp; c'est de ce mot que le P. Thomassin dérive notre verbe <i>blouser.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5249" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLOUSER" />
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    <head>BLOUSER</head>
    <p>
    Blouser , avec le pronom personnel, signifie figurément, Se tromper, échouer, prendre mal ses mesures dans ses affaires, ou dans ses marchés ; n'y réussir pas, se tromper en parlant, ou discourant. <i>Falli, decipi, hallucinari.</i> Mais ce terme est populaire. Voilà mon homme qui sé <i>blouse.</i> Il s'est <i>blousé</i> là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5250" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BLUET" />
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    <head>BLUET</head>
    <p>
    BLUET , ou BLEUET, ou BLAVET, s. m. Terme de Botanique . <i>Cyanus, Cyanus segetum, s. m.</i> Noms qu'on a donnés à une plante qui est très-commune dans les blez. La couleur de ses fleurs lui a fait attribuer le nom de <i>Bluet,</i> &amp; de <i>Cyanus,</i> comme qui diroit bleuâtre, bleu du ciel. Sa racine est fibreuse, ligneuse &amp; annuelle ; elle jette de son collet, qui est épais de quelques lignes, plusieurs feuilles blanches semblables en quelque façon par leurs découpures aux feuilles de corne de cerf. Les tiges qui partent d'entre ces feuilles sont branchues, anguleuses, blanchâtres, &amp; garnies de quelques feuilles alternes, plus petites &amp; moins découpées que les inférieures. Chaque branche est terminée par une tête écailleuse, grosse comme une petite noisette, &amp; qui est couronnée de quelques fleurons qui débordent &amp; qui sont plus grands que ceux du centre. Les fleurons du centre sont encore distingués de ceux de la circonférence par leur couleur, &amp; ils sont bleus lorsque les autres sont pourpres, &amp; blancs lorsque les autres sont purpurins. Comme ces variétés de couleur plaisent à la vûe, on sème aussi les <i>bluets</i> dans les grands jardins, &amp; ils y viennent en plusieurs couleurs ; <pb n="640" facs="bpt6k8542165/f680/full/1200,/0/native.jpg"/>quelquefois même il s'en trouve de doubles. Sa semence est oblongue, pâle, blanchâtre, &amp; chargée d'une aigrette. Le <i>bluet</i> est fort recommandé pour les maladies des yeux : cette vertu lui a fait prendre le nom de casselunette ; on s'en sert aussi pour les érésipèles &amp; pour les rougeurs du visage.</p><p>Il y a encore une autre espèce de <i>Cyanus</i> qui vient dans les montagnes du côté de Genève : cette espèce est nommée <i>Cyanus vel verbasculum Cyanoides,</i> en François l'Aubefoin. Elle diffère de la précédente par toutes ses parties ; sa racine est vivace, trace beaucoup &amp; donne plusieurs rejettons. Ses feuilles sont longues, entières, blanches, étoffées ; sa tige n'est guère branchue, &amp; ne s'élève qu'à un pied de terre : elle est garnie de plusieurs feuilles oblongues, &amp; elle est terminée par une tête écailleuse aussi grosse qu'une petite noix. On range parmi les <i>Cyanus</i> ces plantes qu'on cultive dans les jardins, &amp; qu'on nomme Ambrettes à cause de leur odeur. Voyez <ref type="search" target="head:Ambrette">Ambrette</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5251" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLUETTE" />
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    <head>BLUETTE</head>
    <p>
    BLUETTE , subst. fém. Petite étincelle de feu. <i>Scintilla.</i> Il ne faut qu'une <i>bluette</i> de feu pour causer un grand incendie.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>balucetta,</i> diminutif de <i>balux,</i> qui se prend pour ces petits grains luisans qui paroissent dans le sable. M. Huet le dérive de <i>bleu,</i> parce que les étincelles qui sortent des fournaises &amp; du fer rouge quand on le bat sont ordinairement bleues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5251" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLUETTE" />
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    <head>BLUETTE</head>
    <p>
    Bluette , se dit figurément en choses spirituelles. Il n'y a pas une <i>bluette</i> de bon sens, une <i>bluette</i> d'esprit dans ce discours, dans ce livre ; pour dire, qu'il n'y a rien qui marque que l'Auteur ait du bon sens ou de l'esprit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5252" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLUTEAU" />
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    <head>BLUTEAU</head>
    <p>
    BLUTEAU , ou BLUTOIR, s. m. Instrument à séparer le son de la farine. <i>Pollinarium cribrum.</i> Il est fait en manière de grand sas, ou tamis long &amp; cylindrique, composé de plusieurs cercles qui soutiennent une pièce de toile de soie, ou autre étoffe fort fine, par où la farine passe, quand on le tourne avec une manivelle.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>bultellus,</i> qu'on a dit en même sens dans la basse Latinité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5253" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLUTER" />
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    <head>BLUTER</head>
    <p>
    BLUTER , verbe actif. Séparer la farine d'avec le son en la passant par un bluteau. <i>Farinam incernere, succernere.</i></p><p>Ménage dérive ce mot du Latin <i>volutare,</i> &amp; de <i>volutorium, blutoir</i> ; mais plusieurs croient qu'il vient de l'Allemand <i>beuteln</i>, signifiant la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5253" id="2" type="">
   <index type="head" value="BLUTER" />
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    <head>BLUTER</head>
    <p>
    Bluté, ée , part. pass. &amp; adjectif. <i>Cribratus, incretus, succretus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5254" id="1" type="boulanger">
   <index type="head" value="BLUTERIE" />
   <index type="src_domain" value="boulanger" />
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    <head>BLUTERIE</head>
    <p>
    BLUTERIE , s. f. Terme de Boulanger . C'est un lieu qui est d'ordinaire le plus haut de la maison, &amp; où le Boulanger tient son bluteau pour bluter sa farine. <i>Succretoria cella.</i> J'ai une <i>bluterie</i> fort commode.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5255" id="1" type="">
   <index type="head" value="BLUTOIR" />
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    <head>BLUTOIR</head>
    <p>
    BLUTOIR . Voyez <ref type="search" target="head:BLUTEAU">BLUTEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5256" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOA" />
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    <head>BOA</head>
    <p>
    BOA , est un serpent aquatique d'une prodigieuse grosseur qui suit les troupeaux de boeufs, d'où vient son nom. Jonston. Il succe les mammelles des vaches, tant il aime le lait. Duncan dit même qu'il ne sauroit vivre d'autre chose. On en trouve quelquefois dans la Calabre. On en tua un sous le règne de l'Empereur Claude, dans lequel on trouva un enfant entier. Quelques Auteurs disent qu'il peut avaler un boeuf ; mais cela paroît faux. Voyez Ludolf, <i>Hist. Ath. T. II. p.</i> 166.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5257" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOAGE" />
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    <head>BOAGE</head>
    <p>
    BOAGE , s. m. <i>Pretium locationis boum.</i> C'est en Bresse le prix dû pour le louage des boeufs. Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5258" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOBA" />
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    <head>BOBA</head>
    <p>
    BOBA , s. f. Grimace qui se fait avançant les lèvres pour se mocquer de quelqu'un, de , injure, moquerie. Chorier. Ce mot est de Dauphiné ; ailleurs on dit moue, faire la moue. <i>Labiorum projectio, porrectio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5259" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOBAQUE" />
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    <head>BOBAQUE</head>
    <p>
    BOBAQUE , s. m. Animal qui se trouve autour du fleuve Niéper, &amp; qui ressemble un peu au lapin. Le <i>bobaque</i> a quatre dents, deux en haut &amp; deux en bas ; &amp; son poil est de la couleur de celui du bléreau. Le <i>bobaque</i> se terre comme le lapin ; &amp; au mois d'Octobre il se retire dans un trou, &amp; n'en sort qu'à la fin d'Avril ; &amp; alors il court la campagne, &amp; cherche à faire ses provisions pour l'hiver. Il mange de l'herbe sèche : il vit avec police, &amp; sa conduite ne cède en rien à celle de la fourmi. Les <i>bobaques</i> sont tous hermaphrodites. Ils sont faciles à apprivoiser. Ils sont jolis dans la maison, &amp; y donnent autant de plaisir qu'un singe. Ils sont si fins que quand ils sortent pour paître, il y en a un qui fait sentinelle, &amp; qui sifle pour avertir les autres de ce qu'il découvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5260" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOBÈCHE" />
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    <head>BOBÈCHE</head>
    <p>
    BOBÈCHE , s. f. Partie supérieure d'un flambeau, ou d'un chandelier, qui est creuse, où on met la chandelle, ou la bougie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5260" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOBÈCHE" />
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    <head>BOBÈCHE</head>
    <p>
    Bobèche , se dit aussi d'une petite machine d'argent, de fer blanc, ou de cuivre, &amp;c. qu'on met dans les flambeaux, quand la chandelle est trop menue, afin qu'elle ne chancelle pas dans l'embouchure du flambeau ; ou pour empêcher que la chandelle ou la bougie ne le gâte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5261" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOBINE" />
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    <head>BOBINE</head>
    <p>
    BOBINE , s. f. Petit morceau de bois tourné en rond, cylindrique, avec des rebords à chaque bout, long d'un demi-pied tout au plus, percé &amp; mobile sur une verge, qui sert à filer au rouet, ou à devider du fil, de la laine, de la soie, de l'or, &amp;c. <i>Fusus.</i></p><p>Ce mot vient de <i>bombina</i>, qu'on a fait de <i>bombix.</i> Ménage après Saumaise. Etienne Guichard le tire de l'Hébreu , <i>sabab,</i> en retranchant la première syllabe <i>sa. Sabab</i> en Hébreu signifie entourer, <i>circuire, circumdare, vallare, gyrare.</i> Il dérive de ; &amp; <i>bombix,</i> du même mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5262" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOBINER" />
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    <head>BOBINER</head>
    <p>
    BOBINER , v. act. Devider du fil, de la laine, de la soie, de l'or sur la bobine. <i>Torquere fusum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5263" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOBO" />
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    <head>BOBO</head>
    <p>
    BOBO , s. m. Terme enfantin, qui signifie <i>mal</i> &amp; <i>douleur. Dolor, vulnus.</i> On s'en est servi agréablement dans une chanson. L'amour est un grand <i>bobo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5264" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOBONE" />
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    <head>BOBONE</head>
    <p>
    BOBONE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:BUBONE">BUBONE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5265" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOCAGE" />
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    <head>BOCAGE</head>
    <p>
    BOCAGE , subst. m. Petit bois, ou bosquet, ou buisson <i>Silvula, nemus.</i> Il se dit des bois touffus &amp; agréables, &amp; de petite étendue.</p><p>Ce mot vient de <i>bosco</i>.</p><p>C'est aussi le nom d'un petit pays de Basse-Normandie, dans le Diocèse de Lisieux. <i>Nemorensis tractus.</i> Quoique M. Corneille le fasse singulier, ne seroit-il point mieux de le faire pluriel ? Car on dit Villers aux <i>Bocages,</i> &amp; non pas au <i>Bocage.</i> Apparemment que ce pays étoit autrefois plein de <i>bocages.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5266" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOCAGER, ÈRE" />
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    <head>BOCAGER, ÈRE</head>
    <p>
    BOCAGER, ÈRE , adjectif. Qui se plaît dans les bocages, ou qui y demeure. <i>Silvosus.</i> Il ne se dit que dans les fictions poëtiques. Des Nymphes <i>bocagères.</i> Il vieillit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5267" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOCAL" />
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    <head>BOCAL</head>
    <p>
    BOCAL , s. m. Vaisseau où on met de la boisson ; espèce de grosse bouteille ronde qui a le col étroit, qui est ordinairement de verre. <i>Lagena vitrea.</i></p><p>Ce mot, selon Scaliger, vient de <i>baucalis</i> Latin, qui vient de l'Arabe <i>baucal,</i> qui signifie une espèce de vase sans anse. On appelloit aussi en vieux François <i>baucale,</i> un vaisseau à rafraîchir. Selon Saumaise, il vient de <i>bauca</i>, qui se trouve dans la même signification. On trouve aussi <i>bocularis, vulgò bocar,</i> dit le P. Mabillon, <i>Acta SS. Ben. Saec. IV. P. I. p.</i> 116. Peut-être qu'en quelques endroits on dit <i>bocar,</i> au lieu de <i>bocal,</i> par un changement ordinaire de la lettre <i>l</i> en <i>r.</i></p><p>On appelle des instrumens à <i>bocal,</i> ceux qu'on embouche pour exciter quelque son, &amp; qui n'ont que deux trous, celui par où on pousse le vent, &amp; celui par où il sort, comme les cors des Vachers, des Postillons, faits de cornes de belier ou de boeuf ; des trompes &amp; cors de chasse, des trompettes &amp; saquebutes, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5267" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOCAL" />
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    <head>BOCAL</head>
    <p>
    Bocal , se dit aussi de la petite partie de l'instrument qui sert à l'emboucher, qu'on fait d'argent, de cuivre, d'yvoire, ou de bois. <i>Lingula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5268" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOCANE" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>BOCANE</head>
    <p>
    BOCANE , s. f. Sorte de danse grave &amp; figurée. Elle fut <pb n="641" facs="bpt6k8542165/f681/full/1200,/0/native.jpg"/>appellée <i>Bocane,</i> parce qu'elle avoit été inventée par Bocan, &amp; elle fut long-temps dansée parce que Bocan étoit Maitre de danse de la Reine Anne d'Autriche. Ce fut en 1645. qu'on commença à danser la b<i>ocane.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5269" id="1" type="logique">
   <index type="head" value="BOCARDO" />
   <index type="src_domain" value="logique" />
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    <head>BOCARDO</head>
    <p>
    BOCARDO , subst. masc. Terme de Logique . Manière, ou forme d'un argument. Faire un argument en <i>bocardo.</i> Par exemple,</p><p><i>Bocardo</i> est le cinquième mode d'argument de la troisième figure. Dans un Syllogisme en <i>bocardo,</i> la première proposition est particulière &amp; négative, la seconde est universelle &amp; affirmative, &amp; le moyen terme est sujet dans les deux premières propositions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5270" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOCCAN" />
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    <head>BOCCAN</head>
    <p>
    BOCCAN , s. m. Terme populaire, qui signifie un bordel, un lieu de prostitution. <i>Lustrum, lupanar.</i> D'autres écrivent <i>boucan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5271" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOCHERON" />
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    <head>BOCHERON</head>
    <p>
    BOCHERON . Voyez <ref type="search" target="head:BUCHERON">BUCHERON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5272" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOCHETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BOCHETTE</head>
    <p>
    &#9758; BOCHETTE , s. f. C'est un mot que le Cardinal Mazarin a apporté en France, &amp; qui signifie ce jeu de boule qu'on appelle le Maître. Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5273" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BOCQUET" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOCQUET</head>
    <p>
    BOCQUET , s. m. Terme de Blason , qui dans quelques Auteurs signifie un fer de pique. <i>Ferrum lanceae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5274" id="1" type="">
   <index type="head" value="BODENZÉE" />
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    <head>BODENZÉE</head>
    <p>
    BODENZÉE , s. m. Nom d'un Lac le plus grand de tous ceux de la Suisse, appellée autrement Lac de Constance. <i>Lacus Bodanicus</i> ; Pline &amp; Solin l'appellent <i>Brigantinus, Acronius</i> ; mais Cluvier montre qu'il est différent du <i>Lacus Acronius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5275" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BODINURE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BODINURE</head>
    <p>
    BODINURE , s. f. Terme de Marine . <i>Funiculus.</i> Les <i>bodinures</i> sont de petites cordelettes tortillées autour de l'arganeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5276" id="1" type="">
   <index type="head" value="BODRUCHE" />
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    <head>BODRUCHE</head>
    <p>
    BODRUCHE , s. f. Parchemin fort délié, qui se fait de la première peau qu'on lève sur les boyaux d'un boeuf. <i>Membrana tenuis, subtilis.</i> La <i>bodruche</i> sert à faire plusieurs ouvrages délicats. La <i>bodruche</i> est transparente, &amp; pourroit servir à faire des chassis. Elle sert principalement à battre l'or qu'on réduit en feuille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5277" id="1" type="">
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    <head>BOËDROMIES</head>
    <p>
    BOËDROMIES , subst. m. &amp; pl. Fêtes qui se célébroient à Athènes. Harpocration dit qu'on célébroit les <i>Boëdromies</i> en mémoire du secours qu'on donna aux Athéniens contre Eumolpe ; &amp; il ajoûte que c'est aussi de-là que vient ce nom ; que est la même chose que , <i>secourir,</i> &amp; qu'il signifie, <i>courir au combat.</i> En effet il est composé de , <i>cri,</i> &amp; de , <i>je cours,</i> &amp; signifie mot à mot, <i>courir en criant,</i> comme l'on faisoit en allant au combat. Plutarque, dans la vie de Thésée, prétend que cette Fête fut instituée au sujet de la guerre contre les Amazones, &amp; que son nom lui vint de ce que ce Général les vainquit au mois de Juin, appellé par les Athéniens Boëdromion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5278" id="1" type="">
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    <head>BOESJES</head>
    <p>
    BOESJES , s. f. pl. Coquilles qui servent de monnoies aux Nègres de la Basse Ethiopie. Les richesses du Prince consistent en Esclaves, en Simbons ou Coquilles de Lovando, en <i>Boesjes,</i> ou coquilles des Indes, en petites pièces d'étoffes, &amp; semblables bagatelles, qu'on estime autant en ce pays-là que l'or &amp; l'argent en Europe. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5279" id="1" type="">
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    <head>BOESTE</head>
    <p>
    BOESTE . Voyez <ref type="search" target="head:BOÎTE">BOÎTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5280" id="1" type="">
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    <head>BOESTIER</head>
    <p>
    BOESTIER . Voyez <ref type="search" target="head:BOÎTIER">BOÎTIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5281" id="1" type="">
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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    BOEUF , s. m. Le mâle de la vache, c'est un Taureau qu'on a châtré pour l'engraisser, ou pour le rendre plus doux pour le labourage. <i>Bos.</i> Ce mot vient de <i>bos, bovis</i>, qui a été fait du Grec , lequel, selon le P. Kirker, est derivé de , qui signifie, <i>je nourris,</i> parce que le <i>boeuf</i> par son travail nous nourrit en cultivant la terre, qui produit le blé. Mais Guichart prétend que tous ces mots, aussi-bien qu'<i>Apis, boeuf</i> adoré en Egypte, viennent de l'Hébreu , <i>abas,</i> c'est-à-dire, <i>engraisser,</i> d'où se fait , <i>abus,</i> participe passif, <i>engraissé,</i> d'où s'est formé , <i>bos, boeuf.</i> Pour le P. Pezron il les tire tous du Celtique <i>bu,</i> qui signifioit la même chose.</p><p>Il est défendu par la Loi de convoiter le <i>boeuf</i> ou l'âne de son prochain. Moïse ne vouloit pas qu'on accouplât l'âne &amp; le <i>boeuf</i> pour labourer. Les Indiens se servent de <i>boeufs</i> pour leurs voitures &amp; pour leurs chariots, qui font 15 ou 20 lieues par jour, &amp; jusqu'à 60 journées de chemin. Ces <i>boeufs</i> sont différens des nôtres, en ce qu'ils ont sur les épaules une bosse fort grosse &amp; fort charnue. Le Père Ovalle, en son <i>Voyage du Pérou,</i> dit qu'il a vû des <i>boeufs</i> sentir l'eau de 4 à 5 lieues, &amp; y courir, quelque force qu'on employât pour les arrêter. Les Athéniens firent marquer un <i>boeuf</i> sur leurs monnoies, d'où est venu le proverbe Grec, Le <i>boeuf</i> sur la langue, qui se disoit d'un Orateur corrompu par argent. On appelle une paire de <i>boeufs,</i> les deux <i>boeufs</i> attelés sous un même joug. Crois-tu, Milon, que se vanter de porter un <i>boeuf,</i> ce ne soit pas se vanter de lui ressembler beaucoup ? Fonten.</p><p>Les <i>boeufs</i> d'Auvergne sont les plus beaux du Royaume, les mieux tenus &amp; les mieux engraissés, &amp; qui sont d'un meilleur goût. Rochef.</p><p>Les <i>boeufs</i> étoient autrefois l'attelage du Char des Grands Seigneurs François, dit le P. Mabillon, <i>Act. SS. Ben. Saec. V. p.</i> 310.</p><p>Le Duc de Brunswic se plaisoit à assommer des <i>boeufs. Scalig. verbo Brunsvic.</i> Rochef. Dans l'Egypte on révéroit le <i>boeuf</i> Apis. Voyez <ref type="search" target="head:APIS">APIS</ref>. A la Cérémonie du Couronnement de l'Empereur, on dit que l'on rôtit avec une broche de bois un <i>boeuf</i> tout entier, rempli de plusieurs animaux ; qu'on en sert un plat à l'Empereur, &amp; qu'on abandonne le reste au peuple.</p><p>Les <i>boeufs,</i> ou Uris d'Italie, haïssent fort le rouge, &amp; se ruent sur ceux qui portent cette couleur ; on les appelle Buffali. Rochef.</p><p>Il y a un <i>boeuf</i> sauvage aux Indes, qui est fort grand ; &amp; on dit que quand il se trouve la queue embarrassée alentour d'un arbre, il y demeure plutôt que de souffrir la honte de perdre quelqu'un de ses poils.</p><p>Il y a en Afrique une sorte de <i>boeufs,</i> qui sont petits comme des veaux d'un mois, qui travaillent fort bien. <i>Scalig. in verbo boeuf.</i> Rochef. Au contraire, ceux d'Ethiopie sont beaucoup plus grands que les nôtres. Elien dit, deux fois plus grands, &amp; dit vrai. Voyez Ludolf, <i>Hist. Aeth.</i> L. I. c. 10. &amp; T. II. p. 145. Bien plus Marc Paul, L. II. c. 45. dit qu'il y en a dans la Province de Bengale, moins gros à la vérité, mais aussi hauts qu'un éléphant ; &amp; L. I. c. 50. il dit qu'il y a dans la Tartarie des <i>boeufs</i> de même grandeur, &amp; très-beaux, parce qu'ils sont blancs &amp; noirs. On trouve en Afrique une espèce de <i>boeufs</i> sauvages, que les originaires du pays appellent <i>Guahe,</i> &amp; les Espagnols <i>Vacasbrevas,</i> des vaches farouches. Cet animal est aussi léger qu'un cerf, mais plus petit qu'un petit <i>boeuf</i> : sa queue est d'un brun enfoncé, ses cornes fort aiguës ; &amp; sa peau est bonne à faire des souliers, quand elle est corroyée. Dapper.</p><p>Il y a dans l'Isle de Madagascar trois sortes de <i>boeufs,</i> dont les uns sont cornus, les autres sans cornes, avec des têtes rondes, appellés <i>Bourry</i> ; &amp; d'autres dont les cornes sont lâches &amp; pendantes, n'étant fermement attachées qu'au cuir de la tête. Ils ont tous de grosses nuques élevées comme une bosse pleine de graisse, que les habitans font fondre, &amp; dont ils se servent comme de beurre. Dapper.</p><p>Le <i>boeuf</i> a servi de corps à plusieurs devises. Celle de René Roi de Sicile étoit un <i>boeuf,</i> avec ce mot, <i>Pas à pas.</i> D'autres ont mis, <i>Tardè, sed tutò,</i> pour signifier la prudence &amp; la maturité des résolutions. Henri Farnèse, pour marquer les qualités d'un Prince qui gouverne, avoit <pb n="642" facs="bpt6k8542165/f682/full/1200,/0/native.jpg"/>pris pour devise un <i>boeuf</i> à la charrue, &amp; pour ame, <i>Arte &amp; viribus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Boeuf-marin , est une autre sorte d'animal qui ressemble au <i>boeuf,</i> &amp; qui se nourrit dans l'eau. <i>Bos marinus.</i> On en trouve dans le Nil &amp; dans le Niger, selon ce que rapporte M. d'Ablancourt dans son Marmol. Cet animal est de la grandeur d'une genisse de six mois, &amp; a la peau extrêmement dure, mais la chair fort bonne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Boeuf , se dit aussi des chairs coupées de cet animal, qu'on vend à la boucherie. Ainsi on dit, la pièce de <i>boeuf</i> tremblante est celle qui est la plus proche de la poitrine, parce qu'elle palpite encore long-temps après que le <i>boeuf</i> est tué ; c'est celle qu'on sert sur les bonnes tables. La pièce de <i>boeuf</i> parée, est celle qui se lève à la tête de la surlonge. Le gîte, le trumeau de <i>boeuf.</i> Le cimier de <i>boeuf,</i> est la partie charnue de la cuisse : ce qu'on appelle au mouton une <i>éclanche.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Cimier">Cimier</ref>. L'ordinaire du bourgeois est le <i>boeuf</i> &amp; le mouton.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Aloyau de boeuf , est une pièce qui se coupe le long des vertèbres &amp; des côtes. <i>Costa bubula.</i> En parlant on dit simplement un <i>aloyau,</i> sans ajoûter de <i>boeuf.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Nerf de boeuf , est la partie du <i>boeuf</i> destinée à la génération.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Langue de boeuf , est la langue détachée du <i>boeuf,</i> qu'on sale, &amp; qu'on fume d'ordinaire pour en faire un ragoût qui excite à boire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5281" id="7" type="">
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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Boeuf a la mode, est un <i>boeuf</i> bien lardé, cuit dans son jus, &amp; assaisonné avec du poivre, &amp; autres choses de haut goût. On appelle à Paris le simple Bourgeois, du <i>boeuf à la mode</i> ; ce terme est bas &amp; populaire. Allons nous promener au Luxembourg. Oh ! Non, répondra une précieuse du bas étage, à l'heure qu'il est il n'y a que du <i>boeuf à la mode</i> au Luxembourg.</p><p>C'est un symbole très-commun sur les revers des médailles, que deux <i>boeufs</i> tirant une charrue, pour marquer une Colonie composée de peuple &amp; de simples habitans : car on y gravoit des aigles Romaines, si elle étoit peuplée de soldats. La raison de ce symbole est, que l'on se servoit de <i>boeufs</i> pour tracer l'enceinte de la Colonie ; &amp; afin qu'il y eût plus de mystère, l'on joignoit une vache à un <i>boeuf</i> sous le même joug, en plaçant la vache vers la ville, &amp; le <i>boeuf</i> de l'autre côté vers le dehors. C'étoit pour montrer que les femmes doivent se charger du soin du ménage, &amp; se renfermer dans l'intérieur de la maison, &amp; que la culture des champs est le partage des hommes. Les villes municipales avoient pour symbole la tête d'un <i>boeuf.</i> Vail.</p><p>Les Egyptiens représentoient le Soleil, ou Osiris, sous la forme d'un <i>boeuf.</i> Kirker, <i>Oedip. Aeg. T. I. p.</i> 30. <i>&amp;</i> 31. Trois têtes de <i>boeuf</i> sur la statue d'Isis signifioient en Hiéroglyphes, les trois temps de l'année propres à la culture des champs. Les Romains mettoient aussi une tête de <i>boeuf,</i> ou métope, dans leurs bâtimens, pour symbole du travail, &amp; de la patience dans le travail. Id. p. 192. Souvent on voit sur les médailles Grecques &amp; Romaines un <i>boeuf</i> baissant la tête &amp; fléchissant un genouil. C'est, selon Tristan, la marque de l'établissement &amp; fondation d'une ville. C'est la posture d'un <i>boeuf</i> donnant un coup de corne, &amp;, si l'on en croit M. Vaillant, il désigne des jeux donnés à l'honneur d'un Prince. Quand ses cornes sont ornées de bandelettes, c'est la marque d'un <i>boeuf</i> victime, ou d'un sacrifice. Un <i>boeuf</i> couronné étoit chez les Assyriens, le symbole de la paix, dit Marcellin.</p><p>On appelle figurément un <i>gros boeuf,</i> un homme stupide, grossier, tant du corps que de l'esprit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Oeil de boeuf , se dit de ceux qui ont l'oeil gros, beau &amp; à fleur de tête. Homère donne souvent pour épithète à ses Déesses, <i>oeil de boeuf.</i></p><p>On appelle en termes d'Architecture , un <i>oeil de boeuf,</i> une fenêtre ronde qui se fait au-dessus du dernier entablement, ou dans les toits pour les greniers. <i>Fenestella rotunda.</i></p><p>On appelle aussi <i>oeil de boeuf,</i> un petit vaisseau rond de fayence, propre pour mettre des couleurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Oeil de boeuf , est aussi le nom d'une plante. Voyez <ref type="search" target="head:OEIL">OEIL</ref>.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme met la charrue devant les <i>boeufs,</i> lorsqu'il a mal arrangé son discours, qu'il a mis au commencement ce qui devoit être à la fin ; &amp; il se dit non-seulement d'un discours, mais de tout ce que l'on fait de travers. On dit encore de ce qu'on a accoutumé de manger à son ordinaire, ou de voir continuellement, que c'est la pièce de <i>boeuf.</i> On dit aussi en cuisine, <i>Boeuf</i> saignant, mouton bélant, porc pourri, tout n'en vaut rien, s'il n'est bien cuit ; ce qui veut dire, qu'il faut manger le <i>boeuf</i> avec son jus. Il saigne comme un <i>boeuf</i> ; pour dire, en abondance. Je ne lui ai dit ni oeuf, ni <i>boeuf</i> ; pour dire, Je ne lui ai point dit de grosses paroles. Il y a aussi un jeu des petits enfans, qu'on appelle <i>le pied de boeuf.</i> On dit des gens fort stupides, qu'ils sont de la Paroisse de S. Pierre aux <i>boeufs,</i> le Patron des grosses bêtes. S. Pierre aux <i>boeufs</i> est une Paroisse de Paris ; &amp; ce proverbe n'est que dans cette ville &amp; parmi le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Boeuf de Dieu . Oiseau appellé autrement Bérichot, ou Passereau Troglodite, &amp; en Normandie Rebêtre. Voyez Passereau troglodite.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Coeur de boeuf . Espèce de prune de couleur violette tirant au rouge. Elle est de celles qui sont fort grosses. La Quint. <i>P. III. c.</i> 14.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOEUF</head>
    <p>
    Oeil de Boeuf noir . Espèce de prune qui ne quitte point le noyau, &amp; qui est des mauvaises. La Quint. <i>P. III. c.</i> 14.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5282" id="1" type="">
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    <head>BOFFUMER</head>
    <p>
    &#9758; BOFFUMER (Se) Se fâcher, être bouffi de colère. Vieux mot. Borel au mot <i>Boffume,</i> rapporte ces deux vers de Coquillard :</p><p>De là vient, selon toutes les apparences, le verbe <i>emboffumer,</i> si usité en Province ; pour dire, tâcher par de mauvais discours ou de faux rapports de brouiller deux personnes ensemble ; exciter quelqu'un à la colère, à la haine, &amp; à la vengeance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOGARMITE</head>
    <p>
    BOGARMITE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. <i>Bogarmita.</i> Les <i>Bogarmites</i> parurent à Constantinople sous l'Empire d'Alexis Comnene, qu'un certain Basile, qui fut leur Chef, renouvella les erreurs des Anthropomorphites, des Audiens &amp; des autres qui avoient soutenu que Dieu étoit corporel. Basile fut brûlé à Constantinople, &amp; il ne paroît pas que cette secte, peu connue, ait eu de suite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5284" id="1" type="">
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    <head>BOGOMILE</head>
    <p>
    BOGOMILE , <i>Bogomilius,</i> ou <i>Bougomilius.</i> Nom de certains hérétiques qui parurent dans le XIIe siècle. Leur Chef, appellé Basile, fut pris &amp; brûlé par ordre de l'Empereur Alexis Comnene. Les <i>Bogomiles</i> étoient une espèce de Manichéens, ou plutôt une branche des Pauliciens. Ils nioient le mystère de la Sainte Trinité, &amp; disoient que Dieu avoit une forme humaine ; que le monde avoit été créé par les mauvais Anges ; que l'Archange Michaël sétoit incarné : ils rejettoient les livres de Moïse, &amp; ne reconnoissoient que sept livres de la sainte Ecriture. Le culte des Images leur paroissoit être une Idolatrie : ils méprisoient la Croix, parce qu'elle avoit été l'instrument de la mort du Sauveur : Ils assuroient que l'Oraison Dominicale étoit l'Eucharistie ; que le Baptême de l'Eglise Catholique étoit celui de S. Jean, &amp; que le leur étoit celui de Jesus-Christ ; que tous ceux de leur secte concevoient le Verbe comme la Sainte Vierge ; enfin ; qu'il n'y avoit point d'autre résurrection que la pénitence. Voyez Euthymius Zigabene dans sa <i>Panoplie dogmatique,</i> Baronius &amp; Sponde à l'an 1118.</p><p>Du Cange dit que le nom de <i>Bogomile</i> vient de deux mots de la langue des Bulgares, <i>Bog, Deus, Dieu</i> ; &amp; <i>milui,</i> en Latin <i>miserere, ayez pitié</i> ; ainsi <i>Bogomile</i> veut dire celui qui implore la miséricorde de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOGUE</head>
    <p>
    BOGUE , s. f. Sorte de drogue ou d'arbre. Le feu puisse brûler la <i>bogue,</i> le châtaigner &amp; la châtaigne. Pomey prétend que <i>bogue</i> signifie la couverture piquante qui enveloppe la châtaigne ; &amp; on croit qu'il a raison. <i>Echimus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOGUE</head>
    <p>
    BOGUE , s. m. Poisson de mer. <i>Box.</i> Rondelet dit qu'on l'appelle en Grec , parce qu'il a de la voix.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOHADE</head>
    <p>
    BOHADE , C'est en quelques Provinces une corvée que le sujet doit au Seigneur, de deux boeufs, ou d'une charrette, pour aller pour lui au vin, ou en son vignoble. Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOHÈME</head>
    <p>
    BOHÈME , s. f. Pays d'Allemagne, qui a pour bornes au Nord la Misnie, la Lusace, &amp; une partie de la Silésie ; au Levant une autre partie de la Silésie &amp; la Moravie ; au Midi l'Autriche &amp; la Bavière, &amp; au Couchant le haut Palatinat. <i>Bohémien.</i> La <i>Bohème</i> est toute environnée de montagnes. Ceux du pays l'appellent en leur langue <i>Czezkazeme,</i> qu'il faut prononcer <i>Chezkazem,</i> c'est-à-dire, <i>Terre de Czechi</i> leur premier Gouverneur ; &amp; les Allemands <i>Behaim,</i> ou <i>Boehaim.</i> Froissard la nomme <i>Béhaigne.</i> Cosmas, dans les Chroniques de <i>Bohème,</i> tire ce nom de je ne sai quel ancien <i>Bohemus</i> ; mais ce qu'il dit est un Roman.</p><p>Quelques-uns croient que ce nom, <i>Bohème,</i> est Sclavon, &amp; qu'il signifie <i>prédiction, prophétie</i> ; que les Sclavons s'étant emparés de ce pays le lui donnèrent, parce qu'il y avoit là je ne sai quelle fameuse Prophétesse de Lybie. Cela sent encore bien la fable. D'autres prétendent que ce nom s'est fait de celui de Boïens, <i>Boii,</i> peuples de l'ancienne Gaule ; car les uns disent que les Boiens, ou habitans du Cap de Buchs en Gascogne, ayant suivi Segovèse en Germanie, au temps du vieux Tarquin, s'établirent en ce pays, auquel leur nom fut donné. C'est le sentiment de M. de Cordemoy dans son <i>Histoire de France,</i> &amp; celui qui paroît le plus vrai. Les autres ne remontent qu'au temps des César, &amp; disent que ces Boiens sont les anciens habitans de ce que nous appellons aujourd'hui le Bourbonnois, qui, chassés par ce Général Romain, passèrent le Rhin &amp; s'établirent dans la <i>Bohème,</i> qui fut d'abord appellé <i>Bojohème,</i> en Latin <i>Bojohemus,</i> c'est-à-dire, demeure, habitation des Boiens, &amp; que de <i>Bojohème</i> s'est fait <i>Bohème.</i> Je trouve cependant encore entre deux <i>Bevehem.</i> Ademar l'appelle ainsi dans sa Chronique. Ce sentiment n'a point d'apparence. César ne chassa point les Boïens du Bourbonnois ; il les y plaça à la prière des Aeduens. Voyez César <i>de Bello Gall. Lib. I.</i> &amp; ci-après au mot BOÏEN, ou au mot BOURBONNOIS.</p><p>Les Boïens établis en <i>Bohème</i> par Segovèse, en furent chassés dans la suite par les Marcomans, peuple d'Allemagne, &amp; ceux-ci par les Sclavons, venus de la Croatie sous la conduite de Zechus, ou Czechus. C'est pour cela que l'on trouve quelquefois la <i>Bohème</i> appellée Esclavonie. <i>Sclavonia.</i> Voyez <i>Acta SS. Bened. Saec. V. p.</i> 873.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOHÈME</head>
    <p>
    BOHÈME . Royaume, <i>Bohemiae Regnum.</i> Les Sclavons établis en <i>Bohème</i> vécurent quelque temps dans l'Anarchie après la mort de leur Chef ; ensuite ils se choisirent des Ducs : &amp; ce ne fut que l'an 1086 que la <i>Bohème</i> fut érigée en Royaume, &amp; que Vratislas I. l'un de ses Ducs, reçut de l'Empereur Henry IV. le titre de Roi dans un Concile tenu à Maïence. Ce titre ne passa point à ses successeurs, mais fut redonné à Ladislas II. par l'Empereur Frédéric Barberousse : &amp; enfin Primislas, surnommé Ottocare I. obtint de l'Empereur Philippe, que la <i>Bohème</i> auroit le droit de s'élire des Rois. Ils en ont jouï jusqu'au commencement du XVIIe. siècle, que la Maison d'Autriche s'est attribué ce Royaume, &amp; l'a rendu héréditaire. Maty, &amp; Hoffman. C'est depuis 1620. que Ferdinand II. vainquit Frédéric, Comte Palatin élû Roi de <i>Bohème.</i></p><p>Le Royaume de <i>Bohème</i> comprend non-seulement la <i>Bohème</i> propre, dont nous parlions dans l'article précédent, mais encore la Moravie, la Silésie &amp; la Lusace. Il parut il y a quelques années une Dissertation en forme de Lettre, pour montrer que le Royaume de <i>Bohème</i> est électif, ou héréditaire. Goldast a fait un livre exprès pour prouver non-seulement que le Royaume de <i>Bohème</i> est héréditaire, mais successif mâle &amp; femelle, avec le droit de primogéniture. Plusieurs filles ont porté la Couronne de <i>Bohème</i> dans des Maisons étrangeres. Elisabeth, fille de Sigismond, la porta à Albert d'Autriche. Anne, fille d'Uladislas, l'a portée à Ferdinand. Uladislas avoit des frères, &amp; entre autres Sigismond Roi de Pologne ; cependant Anne est préférée à ses oncles, &amp; la Couronne de <i>Bohème</i> passe par son moyen pour la troisième fois dans la Maison d'Autriche. Le Royaume de <i>Bohème</i> est divisé en douze Provinces qu'on appelle Cercles. Hoffman. Maty n'attribue cette division qu'à la <i>Bohème</i> propre ; &amp; il a raison. C'est Charles qui fut élû Roi &amp; Empereur en 1346. qui fit cette division. Nous avons l'Histoire de <i>Bohème</i> par Aeneas Sylvius, qui fut depuis Pie II. Pape ; une autre par Dubravius, Evêque d'Olmutz, imprimée à Bâle en 1575. <i>in-fol.</i> Georg. Pontanus a fait <i>Bohemia pia.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BOHÈME</head>
    <p>
    BOHÈME , s. m. &amp; f. Nom de Peuple. Qui est de Bohème. <i>Bohemus,</i> ou <i>Boëmus.</i> Faut-il dire <i>Bohème,</i> ou Bohémien ? Sans parler de Maty, qui dit, les <i>Bohémiens</i> passent pour spirituels, robustes, hardis, mais fort dissolus pour la table. Mézeray dit aussi <i>Bohémiens.</i> Les Huns, jadis si formidables à toute la terre, abattus maintenant par nos forces, étoient tellement méprisables à leurs voisins, que les Sclaves <i>Bohémiens</i> appellés lors <i>Bohemanes</i> &amp;c. Mezer. Il ne falloit pas laisser sans châtiment l'insolence des <i>Bohémiens.</i> Id. L'Auteur de la lettre sur les affaires de <i>Bohème,</i> dont j'ai parlé dans l'article précédent, cet Auteur, dis-je, qui l'a écrite &amp; qui vit à la Cour, dit toujours <i>Bohémiens.</i> Albert Duc d'Autriche, qui devint Empereur, Roi de <i>Bohème,</i> &amp; de Hongrie, mourut sans être marié. Après sa mort les <i>Bohémiens</i> n'eurent aucun égard à ses soeurs. Les <i>Bohémiens</i> procéderent à l'élection d'un Roi. Goldast prétend que l'élection parmi les <i>Bohémiens,</i> n'a jamais été qu'une reconnoissance du successeur légitime. Et ainsi dans d'autres endroits de sa lettre dans laquelle il ne dit jamais <i>Bohèmes.</i> Au contraire M. Corneille de l'Académie Françoise, dans son <i>Dictionnaire Géographique,</i> dit <i>Bohème.</i> En 661. les <i>Bohèmes</i> élûrent Crocus pour leur Juge. T. Corn. Libusse jugea le peuple pendant neuf ans, après quoi les <i>Bohèmes</i> lui donnerent douze Conseillers pour assesseurs. Id. Premislas fut créé Roi de <i>Bohème</i> en 1200. par l'Empereur Philippe. Il reçut de lui la Couronne, &amp; obtint ensuite pour les <i>Bohèmes</i> le pouvoir d'élire des Rois. Id. M. de Cordemoy, autre Académicien, dans son <i>Histoire de France,</i> dit <i>Bohèmes</i> &amp; <i>Bohémiens.</i> Il fut averti que les <i>Bohèmes</i> méditoient une révolte. Cord. Bien que ce Prince eût assez affaire de ses troupes contre les Dalmates, &amp; contre les <i>Bohémiens,</i> ils ne laissa pas de promettre tout ce qu'on voulut. Id. Tous les Sclaves s'étoient révoltés contre lui, &amp; les <i>Bohémiens</i> qui avoient commencé la révolte, s'étoient jettés dans la Bavière. Id. Les deux armées, qu'il avoit envoyées contre les Sclaves de Moravie, &amp; contre les <i>Bohémiens,</i> avoient eu des succès bien différens. Id. De tous ces exemples il faut conclure que l'on peut dire l'un &amp; l'autre : mais je voudrois éviter <i>Bohémien</i> &amp; <i>Bohème,</i> quand il pourroit faire un équivoque, &amp; se prendre pour ces Coureurs qui se mêlent de dire la bonne avanture. Le P. Bouhours a même crû que l'on ne disoit <i>Bohème</i> &amp; <i>Bohémien,</i> que de ces sortes de gens ; &amp; pour les habitans de la <i>Bohème,</i> qu'il falloit les appeller Peuple de la <i>Bohème.</i></p><p>Sur la <i>Bohème</i> &amp; sur les <i>Bohèmes,</i> ou <i>Bohémiens,</i> voyez Aeneas Sylvius, l'<i>Historia Bohemica</i> de Le Mire, Cluvier Liv. III. Geogr. ch. 13. Cromer Liv. I. <i>Rerum Polonicarum.</i> Nous avons une histoire de <i>Bohème</i> par Dubravius. Nous avons encore en Latin des Mélanges historiques du Royaume de <i>Bohème, Miscellanea historica,</i> &amp;c. par le Père Bohuslas Balbin Jésuite, imprimés à Prague en 1680. qui contiennent beaucoup de choses touchant l'histoire naturelle &amp; civile de ce Royaume. Voyez aussi Imhoff. <i>Notit. Imp. Procer. Lib. I. c.</i> 6.</p><p>
    </p>
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    <head>BOHÉMIEN, ENNE</head>
    <p>
    BOHÉMIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Qui se dit de certains gueux errans, vagabonds &amp; libertins, qui vivent de larcins, d'adresse &amp; de filouteries ; qui sur-tout font profession de dire la bonne avanture au peuple crédule, &amp; superstitieux. <i>Bohemus.</i> Les <i>Bohémiennes</i> dansent agréablement des Sarabandes. Plusieurs masques se déguisent en <i>Bohémiens.</i></p><p>Borel dérive ce mot de <i>boëm,</i> vieux mot François, qui signifioit <i>ensorcelés. Baume</i> en Provençal signifie retraite, endroit propre à se cacher. On dit encore en ce pays-là la Sainte <i>Baume</i> de l'endroit dans lequel se retira la Magdelaine, selon la tradition du pays. C'est de ce mot de <i>Baume</i> que quelques-uns font venir celui de <i>Bohémiens,</i> qu'il faudroit écrire <i>Baumiens,</i> si cette étymologie étoit véritable. Mais Pasquier, <i>Rech.</i> Liv. IV. ch. 19. en rapporte <pb n="644" facs="bpt6k8542165/f684/full/1200,/0/native.jpg"/>l'origine, &amp; dit que le 17. Avril 1427. vinrent à Paris douze Pénanciers, c'est-à-dire, Pénitens, comme ils disoient, un Duc, un Comte, &amp; dix hommes à cheval, qui se qualifioient Chrétiens de la basse Egypte chassés par les Sarrasins, qui étant venus vers le Pape confesser leurs péchés, reçurent pour pénitence d'aller sept ans par le monde sans coucher en lit. Leur suite étoit d'environ 120. personnes, tant hommes que femmes &amp; enfans restans de douze cents qu'ils étoient à leur départ. On les logea à la Chapelle, où on les alloit voir en foule. Ils avoient les oreilles percées, où pendoit une boucle d'argent. Leurs cheveux étoient très-noirs &amp; crêpés, leurs femmes très-laides, sorcières, larronnesses, &amp; diseuses de bonne avanture. L'Evêque les obligea à se retirer, &amp; excommunia ceux qui leur avoient montré leurs mains. Par l'Ordonnance des Etats d'Orléans de l'an 1560. il fut enjoint à tous ces imposteurs sous le nom de <i>Bohémiens,</i> ou <i>Egyptiens,</i> de vuider du Royaume à peine des galères. Raphaël Volaterran en fait mention, &amp; dit que cette sorte de gens étoit extraite des Euxiens, peuples de la Perside qui se mêloient de dire la bonne avanture. Par un Edit de 1666. le Roi ordonne que les nommés vulgairement Egyptiens, ou <i>Bohémiens,</i> ou autres de leur bande &amp; suite, soient arrêtés prisonniers, attachés à la chaîne, &amp; conduits aux galères, pour servir comme forçats, sans autre forme ni figure de procès, &amp; à l'égard des femmes &amp; filles qui les accompagnent, qu'elles soient fouettées, flétries, &amp; bannies hors du Royaume. Rochefort dit au mot <i>Bohèmes,</i> Nous appellons en Bresse les <i>Bohèmes,</i> Sarrasins, du mot <i>Sarac,</i> qui veut dire un larron en Arabe. Voyez <i>Scaligeriana in verbo Sarrasins.</i></p><p>On dit d'une maison, où il n'y a ni ordre ni règle, que c'est une maison de <i>Bohème.</i></p><p>On dit proverbialement qu'un homme vit comme un <i>Bohème,</i> pour dire, qu'Il vit comme un homme qui n'a ni feu ni lieu.</p><p>On dit <i>les peuples de Bohème,</i> en parlant des habitans de la Bohème. Les noms de <i>Bohèmes</i> &amp; de <i>Bohémiens,</i> sont attachés à ces coureurs de profession. Bouh. Voyez Bohème, où l'on examine l'usage de ces mots, &amp; où l'on montre par plusieurs exemples, que <i>Bohème</i> &amp; <i>Bohémien</i> se dit aussi des peuples de <i>Bohème.</i></p><p>Les Protestans ou Evangéliques de Bohème, s'appellent les frères <i>Bohémiens,</i> ou <i>Bohèmes, fratres Bohemici.</i> Jean Lasicius a écrit <i>de Gestis fratrum Bohemicorum ;</i> &amp; Camérarius l'histoire des frères <i>Bohémiens.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BOHEMILLON</head>
    <p>
    &#9758; BOHEMILLON , s. m. Petit Bohémien. On se mit à table. Les Bohémiens avoient des perdrix &amp; des lièvres, qu'ils avoient pris à la chasse, &amp; deux poulets d'inde, &amp; autant de cochons de lait, qu'ils avoient volés. Ils avoient aussi un jambon, &amp; des langues de boeuf ; &amp; on entama un pâté de lièvre, dont la croûte fut mangée par quatre ou cinq <i>Bohemillons</i> qui servirent à table. Ajoutez à cela la fricassée de six poulets de Ragotin, &amp; vous avouerez que l'on n'y fit pas mauvaise chère. <i>Scarron, Roman comique, Part. II. chap.</i> 16. <i>p.</i> 206.</p><p>
    </p>
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    <head>BOÏARD</head>
    <p>
    BOÏARD , s. m. Terme de Pêcheur de morue . Civière à bras sur quoi l'on met la morue pour la porter où il faut. <i>Brachiata crates.</i> Visiter les <i>boïards,</i> charger la morue sur les <i>boïards.</i> Quand il est question de porter le <i>boïard</i> personne n'en est exemt. Denis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOJAR</head>
    <p>
    BOJAR , ou BOIAR. Voyez <ref type="search" target="head:BOYAR">BOYAR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIAU</head>
    <p>
    BOIAU , Voyez <ref type="search" target="head:BOYAU">BOYAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIBI</head>
    <p>
    BOIBI , dont parlent <i>Pison</i> &amp; <i>Jonston,</i> est un serpent du Brésil, que les Portugais appellent <i>cobre verde.</i> Il est long d'une aune, &amp; gros comme le pouce, de couleur poiracée luisante. Sa gueule est grande, &amp; sa langue noire. Il se tient dans les pierres &amp; dans les édifices. Il ne fait point de mal si on ne l'irrite ; mais alors il se lève droit sur sa queue, &amp; se jette sur la main plus proche de lui. Sa morsure est très-venimeuse. Les Indiens font avaler la racine de l'herbe <i>caa-pia</i> ; ils l'écrasent bien, &amp; la font prendre dans l'eau à ceux qui en ont été mordus. Sa chair a des vertus approchantes de celle de la vipère.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOICININGA</head>
    <p>
    BOICININGA , en Espagnol <i>cascavel,</i> est un serpent du Brésil, long de quatre ou cinq pieds, gros comme le bras, rougeâtre, tirant sur le jaune : sa tête est longue &amp; large d'environ un doigt &amp; demi. Ses yeux sont petits, sa langue est fourchue, ses dents sont longues &amp; aiguës. Sa queue est chargée vers son extrêmité d'un corps parallélogramme, long de deux doigts, large d'un demi doigt. Il court après les passans &amp; marche très-vîte. Il est fort venimeux. Les habitans portent au bout d'un bâton un morceau de la racine dite viperine, dont l'odeur l'arrête. Les Mexicains le nomment <i>tutlato cauhqui.</i> Sa chair résiste au venin comme celle de vipère.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIDESLAR</head>
    <p>
    BOIDESLAR . Espèce d'Apocin qui croît en Egypte, &amp; dont parle Prosper Alpin dons son <i>Histoire des Plantes d'Egypte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5299" id="1" type="">
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    <head>BOÏEN, ENNE</head>
    <p>
    BOÏEN, ENNE , s. m. &amp; f. Prononcez <i>Boïen.</i> Anciens peuples de la Gaule Celtique. <i>Boius.</i> M. de Marca, dans son <i>Hist. de Béarn,</i> les appelle aussi <i>Boiates,</i> On trouve dans César des <i>Vocates</i> ou <i>Voïates</i> parmi les peuples de l'Aquitaine, ou Gascogne. Les <i>Boïens</i> occupoient le pays de Buchs, où est le Bourg appellé vulgairement Tête de Buchs. Ce Bourg de Buchs étoit anciennement l'une des douze Cités de la Novempopulanie, appellée dans les Notices la Cité des <i>Boiates,</i> autrement <i>Boïens.</i> De Marca. Cordemoy suit ce sentiment Tom. I. p. 9. Voyez encore le <i>Marca Hispan. L. I. c.</i> 14. §. 3. Scaliger &amp; Vinet estiment que les <i>Boiens</i> avoient leur étendue depuis le pays de Buchs jusqu'à Baïone, &amp; que cette ville étoit leur Cité. Mais le pays de la Cité d'Acqs s'oppose à cette conjecture ; car une partie de ce pays est située entre Baïone &amp; le pays de Buchs. De Marca. D'autres prétendent que les <i>Boiens</i> habitoient la contrée que l'on appelle à present Medoc. C'est le sentiment qu'ont embrassé Maty &amp; M. Corneille. Quoi qu'il en soit, une partie de ces <i>Boiens</i> se joignit à Segovèse, passa le Rhin sous sa conduite, &amp; s'établit, partie en Bohème, comme nous avons dit au mot Bohème, &amp; partie en Italie. Dans la suite ceux de Bohème chassés à leur tour par les Marcomans, se retirerent en Bavière. Ceux d'Italie, au commencement du gouvernement de César, se joignirent aux Helvétiens, c'est-à-dire, aux Suisses, pour entrer en Gaule. César les défit, &amp; obligea les Helvétiens de retourner chez eux. Pour les <i>Boïens,</i> les Héduens demanderent au Général Romain, qu'il leur permît de se mettre dans leur voisinage ; il y consentit, &amp; leur assigna une partie du Bourbonnois d'aujourd'hui, &amp; la partie de l'Auvergne qui est entre la Loire &amp; l'Allier. Voyez César, <i>Comment.</i> Liv. I. ch. 28. &amp; M. de Valois dans sa <i>Notice des Gaules</i> au mot <i>Boii,</i> &amp; pag. 326. où il dit qu'on les nomme encore aujourd'hui Buics, &amp; leur pays le pays de Buchs. De Vigenère a dit <i>Boïes</i> au lieu de <i>Boïens.</i> Favin croit au contraire que ce sont les Bourbonnois qui ont peuplé le pays de Buchs, ou Baïone, <i>Histoire de Nav.</i> p. 63. mais sans fondement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOJITES</head>
    <p>
    BOJITES , s. m. &amp; plur. <i>Bojitae.</i> Nom propre d'une famille Persanne sortie de Bojas, que l'on disoit descendre de Darius Histaspides, &amp; des anciens Rois de Perse. Les <i>Bojites</i> ont délivré leur patrie de la domination des Caliphes. Alis, fils de Bojas, fut le premier <i>Bojïte</i> qui monta sur le Trône vers l'année 928. de J. C. Melecva fut le dernier <i>Bojite</i> qui occupa le Trône. Les Selgiucides, Turcs d'origine, leur succéderent en 1055. Ainsi la domination des <i>Bojites</i> dura 127. ans. Voyez <i>Horn. Orb. Imp.</i> Joachim Feller, dans ses notes sur Hornius, dit que les <i>Bojites</i> s'appellent aussi Pujans, <i>Pujani.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    BOIRE , v. act. Avaler quelque liqueur pour étancher sa soif, pour se rafraîchir, pour se purger, ou pour le simple plaisir. <i>Bibere.</i> Ainsi on dit, <i>Boire</i> à sa foif ; pour dire, Ne <i>boire</i> que pour la nécessité. <i>Boire</i> frais, <i>boire</i> à la glace, <i>boire</i> pour se rafraîchir. <i>Boire,</i> avaler une médecine, <i>Boire</i> à l'Allemande. <i>Boire</i> à tire larigot. Voyez <ref type="search" target="head:Larigot">Larigot</ref>. <i>Boire</i> d'autant. <i>Boire</i> tout pur. <i>Boire</i> comme un trou. <i>Boire</i> à longs traits, des rasades, des rouges bords, pour dire, <i>boire</i> en débauché, &amp; pour s'enivrer. Il y a des animaux qui sont long-temps sans <i>boire,</i> comme le chameau. L'Auteur de l'<i>Histoire des Antilles</i> assure que les cochons des Caraïbes <i>boivent</i> peu, ou point du tout ; que les chèvres ne <i>boivent</i> qu'une fois la semaine ; les civettes qu'une fois le mois ; &amp; que les vaches sont six mois sans <i>boire.</i> Montagne dit dans ses <i>Essais</i> Liv. III. ch. 13. qu'un Gentilhomme de sa connoissance avoit fait <pb n="645" facs="bpt6k8542165/f685/full/1200,/0/native.jpg"/>le trajet de Madrid à Lisbonne en Eté sans <i>boire.</i> Les Chinois tiennent pour un grand régal de <i>boire</i> chaud : &amp; leur boisson qui est le thé, &amp; le vin de ris, est toujours sur le feu dans quelque vaisseau proche la table.</p><p>On dit absolument dans ce sens, qu'un homme est sujet à <i>boire,</i> ou qu'il <i>boit</i> ; pour dire, qu'il est coutumier de s'enivrer : &amp; qu'il <i>boit</i> bien ; pour dire, qu'il porte bien son vin : qu'il <i>boit</i> sec ; pour dire, qu'il ne paroît pas qu'il soit désaltéré, ou qu'il <i>boit</i> jusqu'à la dernière goutte, &amp; qu'il laisse le verre à sec. Charlemagne, Liv. III. ch. 33 de ses Ordonnances, fait défense aux soldats de <i>boire</i> les uns aux autres, à cause des querelles qui naissent de la débauche. <i>Boire</i> à la santé, est une cérémonie de bûveurs qui se fait en saluant quelqu'un, lorsqu'on veut <i>boire</i> pour lui faire honneur : &amp; porter une santé, inviter un autre d'en faire autant. <i>Propinare alicui.</i> On trouve dans une Gazette, Les santés de leurs Majestés furent <i>bues</i> &amp; répondues. <i>Boire</i> à la ronde, c'est <i>boire</i> la santé de toute la compagnie l'un après l'autre. <i>Boire</i> les inclinations, c'est recommencer à <i>boire</i> les santés des mêmes personnes. Crier le Roi <i>boit,</i> c'est une cérémonie qui est en usage dans toute l'Europe, en élisant pour Roi au hazard, &amp; par le moyen d'une fève, quelqu'un de la compagnie le jour des Rois, auquel on est obligé d'applaudir toutes les fois qu'il <i>boit.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Boire ensemble, est aussi un témoignage d'amitié, qui se fait en se donnant l'un à l'autre quelque repas. <i>Compotare.</i> Il l'est aussi de réconciliation : car quand on veut racommoder des gens brouillés, on dit qu'on les fera <i>boire</i> ensemble. On dit même en ce sens au figuré, quand les voix, ou les instrumens de deux Musiciens ne sont pas d'accord, qu'il les faut faire <i>boire</i> ensemble. Dès le dixième siècle <i>boire</i> ensemble étoit en Bretagne une clause des contrats &amp; des traités particuliers. Il paroît que les Bretons aimoient le vin dès ce temps-là ; du moins <i>boire</i> ensemble étoit une des conditions essentielles des Traités entre particuliers. Lobineau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Boire le vin du marché, est aussi une coutume pratiquée parmi le peuple, &amp; sur-tout à la campagne, de ne faire aucun marché sans aller <i>boire</i> ensuite en signe de bonne foi &amp; de réjouïssance : &amp; on dit aussi des petits présens qu'on donne aux valets, &amp; aux artisans qui ont rendu quelque service, que c'est pour <i>boire,</i> pour se réjouïr. <i>Boire</i> bouteille, ou vuider bouteille. Voyez <ref type="search" target="head:BOUTEILLE">BOUTEILLE</ref>.</p><p>On dit aussi, principalement en Poësie, ceux qui <i>boivent</i> le Gange, le Thermodon ; pour dire, les peuples qui habitent sur les rives de ces fleuves.</p><p>On dit figurément, que la terre <i>boit,</i> que le papier <i>boit</i> ; &amp; de toutes les autres matières sèches &amp; spongieuses, qu'elles <i>boivent,</i> quand elles sont pénétrées de quelque liqueur. Anacréon dit plaisamment, dans sa dix-neuvième ode, La terre <i>boit,</i> les plantes <i>boivent</i> la terre, c'est-à-dire, la sucent, la mer <i>boit</i> l'air, le soleil <i>boit</i> la mer, la lune <i>boit</i> le soleil ; pourquoi, compagnons, voulez-vous donc m'empêcher de <i>boire</i> ? On dit en Chymie, que les alkalis <i>boivent</i> les acides ; pour dire, qu'ils s'en empreignent, qu'ils s'en imbibent, &amp; qu'ils entrent l'un dans l'autre pour faire un corps nouveau, &amp; différent des autres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Boire le calice, se dit aussi figurément ; pour dire, Souffrir avec patience quelque infortune qu'on ne peut éviter ; faire quelque chose par une force majeure. <i>Haurire calicem.</i> En ce même sens on dit, <i>Boire</i> une honte, une injure. Il fallut <i>boire</i> la raillerie, de peur de l'accroître en la défendant. Ablanc. Malheureux que je suis, faut-il que je <i>boive</i> cet affront. Mol.</p><p>On dit en terme de Lingerie &amp; de Couture , Mener <i>boire</i> une étoffe, du linge, du passement ; pour dire, le coudre lâche, &amp; un peu plissé.</p><p>On dit au Manége, <i>Boire</i> la bride, quand le mords remonte trop haut, &amp; se déplace de dessus les barres où se fait l'appui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Boire , est aussi un terme de Tanneur , qui signifie, Faire tremper. Faire <i>boire</i> une peau vingt-quatre heures dans la rivière.</p><p>On dit en termes des Eaux &amp; Forêts , qu'une mare, un fossé, ou une chantepleure <i>boit</i> en rivière, quand elle a quelque communication avec elle : ce qui est défendu par l'Ordonnance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Boire , est quelquefois subst. &amp; signifie Boisson. <i>Potus, potio.</i> Cet homme est si attaché à son travail, à son amour, qu'il en perd le <i>boire</i> &amp; le manger.</p><p>A Boire, se dit adverbialement &amp; absolument. Donner <i>à boire.</i> Du vin prêt <i>à boire.</i> Chansons <i>à boire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Boire , se prend souvent dans un sens moral, sur-tout en Poësie &amp; dans les proverbes.</p><p>Tout cela veut dire, Toi qui es maintenant au Ciel, où l'on ne souffre plus rien.</p><p>Une Ballade fort galante présentée à feu Monseigneur après le camp de Compiegne a pour refrain, un peu de honte est bientôt <i>bûe.</i> En voici un couplet :</p><p>On dit poëtiquement, <i>Boire</i> le Nectar ; pour dire, Etre au rang des Dieux, assis à leur table. <i>Boire</i> le Styx, le Cocyte ; pour dire, Etre mort.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Boire , se dit proverbialement en ces phrases. On ne sauroit si peu <i>boire</i> qu'on ne s'en sente : cela se dit à ceux qui disent ou font quelque extravagance au milieu d'un repas. On dit, A petit manger bien <i>boire</i> ; pour dire, qu'on se récompense sur le vin, quand on n'a pas beaucoup de mets. On dit, qu'on commence matines par tousser, &amp; souper par <i>boire.</i> On dit, Qui fait la folie la <i>boit</i> ; pour dire, que chacun doit porter la peine de sa faute. On dit encore, On ne sauroit faire <i>boire</i> un âne s'il n'a soif, pour dire, qu'on ne peut pas obliger un homme à faire une chose malgré lui. On dit encore, Puisqu'il est tiré, il le faut <i>boire</i> ; pour dire, qu'il faut poursuivre les affaires où on est engagé. On dit, qu'un homme a bien gagné à <i>boire,</i> tant sérieusement qu'ironiquement, quand il a fait quelque action utile, ou dommageable. On dit aussi, <i>Boire</i> en âne, lorsqu'on laisse une partie du vin dans le verre. On dit encore, <i>Boire</i> le petit doigt, le petit coup gaillard ; pour dire, Faire une petite débauche entre honnêtes gens. On dit, <i>Boire</i> comme un Templier, comme un trou ; ou boire en chantre &amp; en sonneur : pour dire, <i>Boire</i> par excès. On dit aussi en voyant un homme yvre, Il a plus <i>bû</i> que je ne lui en ai versé. On dit encore, Qui bon l'achète, bon le <i>boit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5301" id="9" type="">
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    <head>BOIRE</head>
    <p>
    Bu, ue , part. pass. &amp; adj. <i>Potus, haustus, exhaustus.</i></p><p>On dit proverbialement, Après graces Dieu <i>but,</i> ce qu'on croit venir d'une Indulgence, qui fut donnée aux Allemands qui <i>boiroient</i> un coup après avoir dit graces, pour les obliger par ce moyen à les dire. On dit aussi, Il a toute honte <i>bue,</i> il a passé par devant l'huis du Pâtissier, en parlant d'un homme sans honneur, qui se moque de tous les reproches qu'on lui peut faire. Ce proverbe vient de ce que les Pâtissiers tenoient autrefois cabaret sur le derrière de leur logis, où ceux qui avoient quelque pudeur entroient par une porte secrette ; &amp; quand un débauché y entroit par la boutique, ou par le devant, on disoit qu'il avoit toute honte <i>bue.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOICER</head>
    <p>
    BOICER , v. a. Terme de monnoie . C'est la huitième &amp; dernière façon que l'on donne aux carreaux, après lesquelles ils s'appellent flans, ou espèces. Voyez <ref type="search" target="head:CARREAU">CARREAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    BOIS , s. m. Substance qui forme le corps des arbres, &amp; qui prend son accroissement du suc de la terre. <i>Lignum.</i> Il y a des <i>bois</i> durs, comme le cormier, le poirier ; des <i>bois</i> légers, comme le liége, &amp;c. On a peint ce lambris en couleur de <i>bois.</i> M. Grew, dans son Anatomie des Plantes, a découvert que la partie qu'on appelle proprement le <i>bois</i> dans un végétable, n'est autre chose qu'une infinité de canaux fort petits, ou des fibres creuses, dont les unes <pb n="646" facs="bpt6k8542165/f686/full/1200,/0/native.jpg"/>s'èlèvent en haut, &amp; se rangent en forme d'un cercle parfait ; &amp; les autres, qu'il appelle <i>insertions,</i> vont de la circonférence au centre. Elles se croisent mutuellement, comme les lignes de Longitude &amp; de Latitude sur un globe, ou les fils des Tisserans étendus en long &amp; en large, &amp; entrelacés ensemble.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>boscum,</i> ou <i>boscus,</i> qui signifie <i>forêt.</i> Il vient plutôt de l'Allemand <i>busch,</i> d'où les Italiens ont fait <i>bosco,</i> &amp; les Espagnols <i>bosque.</i> En vieux François on disoit <i>bos.</i> Du diminutif <i>boskettus</i> on a fait <i>bôquet</i> &amp; <i>bouquet</i> ; &amp; de <i>boscium</i> on a fait pareillement buisson ; de <i>bosca, bûche</i> ; &amp; de <i>boscagium, bocage.</i></p><p>On appelle chez les Chrétiens par excellence, le sacré <i>bois</i> de la Croix, le <i>bois</i> de la vraie Croix, celui où fut attaché notre Sauveur. <i>Lignum Crucis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois , se distingue en plusieurs sortes, tant par sa nature, ses vertus, &amp; ses qualités, que par ses défauts, ses façons, ses voitures, ses mesures, &amp; ses emplois.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois , considéré selon ses diverses qualités, utiles, curieuses &amp; médicinales, est premièrement le bois de charpente ou à bâtir, tels que sont le chêne, châtaignier, le sapin qu'on scie &amp; qu'on équarrit, &amp;c. qui sert à bâtir les maisons, à faire les planchers &amp; les toits des moulins, des machines, &amp;c. <i>Materies, materia.</i></p><p>Les <i>bois</i> estimés par curiosité, sont les <i>bois</i> de citron, de cèdre, d'ébène, de calemba ou calembouc, de bouïs, à cause de leur odeur &amp; de leur dureté, &amp; parce qu'ils reçoivent un beau poli, dont on fait des tables, des buffets, des chapelets, des peignes.</p><p>Les <i>bois</i> de teinture sont des <i>bois</i> d'Inde, <i>bois</i> de Brésil, <i>bois</i> de Campèche, <i>bois</i> jaune, &amp;c.</p><p>Les <i>bois</i> médicinaux sont le Gaiac, que les Espagnols appellent <i>Ligno sancto,</i> l'Aloës ou <i>Agallocum,</i> le <i>bois</i> d'aigle, ou <i>Pao d'aquila,</i> &amp; d'autres qui seront expliqués à leur ordre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois , en termes de Forêts , considéré suivant son état, s'appelle <i>bois en étant</i> lors qu'il est debout sur ses pieds, vivant &amp; prenant son accroissement sur la terre. <i>Arbor nixa stirpibus.</i> Cette expression vient de ce que ce mot <i>étant</i> étoit autrefois un substantif ; &amp; on disoit qu'un homme étoit en son <i>étant</i> ; pour dire, qu'il étoit debout sur ses pieds ; comme on dit encore, qu'il est en son séant ; pour dire, qu'il est à demi couché.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois vif , est celui qui prend nourriture, ou qui porte du fruit, qui pousse des branches &amp; des feuilles. <i>Lignum vivens.</i> Caron, dans son <i>Traité des</i> bois, oppose <i>bois</i> vif à celui qu'on appelle mort <i>bois</i> : l'un &amp; l'autre prend nourriture, &amp; porte des feuilles ; la différence se prend de l'espèce des arbres ; le <i>bois</i> vif, ce sont les arbres propres à faire de l'ouvrage, comme chêne, hêtre, châtaignier, &amp; autres qui ne sont point compris dans les morts-<i>bois. Lignum fabrile.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois d'entrée , est celui qui est entre verd &amp; sec, dont les arbres ont les houppiers ou quelques branches sèches, &amp; d'autres vertes. <i>Arbor aliqua sui parte arida.</i> La coupe en est défendue aux usagers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois gisant , Celui qui est coupé ou abattu &amp; couché sur terre. <i>Arbor jacens humi.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois mort , Celui qui est séché sur pied, qui n'a plus de sève. <i>Lignum aridum.</i> La Coutume de Nivernois dit, art. 13. ch. 17. <i>bois mort,</i> est <i>bois</i> chu, abattu ou sec, qui ne peut servir qu'à brûler.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Mort-bois , est celui qui est expliqué &amp; désigné dans la Charte Normande, accordée par Louis X. en 1313. <i>Arbor caduci roboris.</i> Il y en a neuf espèces, <i>saux, marsaux, épines, puines, aunes,</i> le <i>seur</i> ou <i>sureau, génet, genièvre,</i> &amp; <i>ronces.</i> Dans l'Ordonnance de François I. sur le fait des Chasses, Art. 55. le Roi déclare que pour ôter toute difficulté sur ce qu'on doit appeller <i>bois mort</i> &amp; <i>mort bois,</i> il veut qu'on suive l'interprétation &amp; la restriction qui est contenue en la Charte aux Normands du Roi Louïs X. les Ordonnances postérieures y sont conformes. Ce mot s'est dit, selon quelques-uns, par corruption pour <i>maubois,</i> ou <i>mauvais bois,</i> qui ont voulu y comprendre tout le <i>bois en étant,</i> qui n'avoit ni fruit, ni graine, comme on voit dans la Coutume de Nivernois. Cependant il y a bien d'autres arbres qui ont vie, &amp; qui ne portent point de fruit, qui ne sont pas renfermés dans le petit nombre d'espèces que l'Ordonnance met sous ce nom de <i>mort-bois,</i> qui n'est en usage que suivant les restrictions qui y sont comprises. Le <i>mort-bois</i> n'est point sujet au tiers &amp; danger. Coquille dit que le <i>mort-bois</i> est <i>bois verd</i> sur pied non portant fruit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois blanc , est le peuplier, le bouleau, le tremble, &amp; autre bois léger &amp; peu solide. Il n'y doit avoir que le tiers au plus de <i>bois blanc</i> dans la voie de <i>bois</i> de corde ou à brûler, suivant l'Ordonnance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois en grume , est tout le <i>bois</i> qu'on amène sans être équarri, qui est avec son écorce, &amp; tel qu'il est sur pied, comme sont les pilotis &amp; plusieurs <i>bois</i> de charronnage &amp; d'ouvrages. <i>Lignum scabrum, asperum.</i> Il y a des règles pour réduire le <i>bois en grume</i> au quarré, c'est-à-dire, pour savoir combien un arbre sur pied de tant de pourtour donnera de pieds de <i>bois</i> équarri.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois Chablis , sont des <i>bois</i> abattus ou rompus par les vents, soit par les pieds, soit ailleurs, aux corps, ou aux branches, ou déracinés. <i>Arbor dejecta violentià tempestatis.</i> On l'appelle aussi <i>caable,</i> ou <i>bois versé.</i> Tous les arbres de condamnation pour forfaiture ou délit y sont aussi compris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois encroué , est un arbre qui en l'abattant est tombé sur un autre, &amp; dont les branches sont engagées les unes dans les autres. <i>Ruinosa arbor arboris propinquae ramis implicita.</i> L'Ordonnance défend d'abattre les <i>bois</i> sur lesquels d'autres sont <i>encroués.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois en Etant , est celui qui est debout. <i>Arbor radicibus haerens terrae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois en Recepage , est un <i>bois</i> incendié, ou gâté par délit, ou de jeunes taillis abroutis excessivement par les bestiaux, ou par de fortes gelées, de sorte que le restant des <i>bois,</i> ne profitant plus qu'en rabougrissant, l'on est obligé de le récéper par le pied, pour en faire revenir d'autres d'une plus belle venue. <i>Silva incendio, belluarum morsu, frigoris asperitate vitiata.</i> Caron.</p><p>Le BOIS, considéré selon ses défauts, est premièrement le <i>bois roulé</i> : c'est du <i>bois</i> que les vents ont abattu pendant qu'il étoit en sève ; en sorte que les crûes de chaque année n'ont point fait corps ensemble, mais sont demeurées de leur épaisseur sans aucune liaison. Ce <i>bois</i> ne peut être débité ni en fente, ni en autre marchandise. Il n'est bon tout au plus que pour les petits ouvrages.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois tranché , est celui qui a le fil de travers, qui au lieu de suive le long de l'arbre, le traverse d'un côté à l'autre de l'écorce. <i>Obliquis fibris arbor.</i> Il ne peut être employé à la fente, &amp; il se casse aisément.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois charmés , sont des <i>bois</i> auxquels on a fait quelque chose pour les faire mourir ou tomber <i>Lignum fascinatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois arsins , sont des <i>bois</i> où a été le feu, soit qu'on l'y ait mis par malice, soit qu'il y ait pris par accident. <i>Lignum exustum.</i></p><p>On appelle <i>louppe de bois,</i> des bosses ou gros noeuds qui s'élèvent sur l'écorce. <i>Nodosum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois rabougris , ou <i>abougris, broutés</i> ou <i>avortés,</i> sont les <i>bois</i> tortus &amp; malfaits qui ne croissent qu'à la manière des pommiers, qui ne sont pas de belle venue, &amp; qui doivent être récépés. <i>Arbor non adepta justam magnitudinem.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois rustique et noailleux , est celui qui a crû sur le gravier, &amp; est exposé au soleil du Midi, qui ne se peut fendre, si ce n'est un peu vers le tronc. <i>Arbor nodosa, retorrida, arefacta.</i> On le dit aussi des racines d'olivier, de noyer, &amp; d'autres <i>bois</i> veinés, qui servent aux Ebénistes pour des ouvrages de placage. On l'appelle aussi <i>bois madré. Lignum undatim crispatum, &amp; vermiculatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois mouline , ou <i>bois carrié,</i> est du <i>bois</i> corrompu, pourri, &amp; où il y a des vers &amp; des malandres. <i>Lignum cariosum, putridum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois bombé , est celui qui est naturellement un peu courbe, &amp; qu'on pose sur son fort, quand on met par-dessus sa partie la plus élevée, &amp; qui fait la bosse. <i>Curvatum, incurvum.</i></p><p>Le BOIS se considère aussi selon sa taille &amp; ses façons.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois d'émail , c'est du bois qui est fendu &amp; scié du centre à la circonférence.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois d'equarissage , ou <i>Bois quarré,</i> est tout le <i>bois</i> équarri destiné à bâtir, qui est au-dessus de six pouces ; &amp; selon qu'il est debité, chaque grosseur porte son nom particulier. <i>Ligna in quadratum decisa.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    <pb n="647" facs="bpt6k8542165/f687/full/1200,/0/native.jpg"/> Bois flacheux , est celui qui n'est pas bien équarri, &amp; à vive arête. <i>Lignum decisum infabre. Bois meplat,</i> celui qui est beaucoup plus large qu'épais, comme les membrures pour la menuiserie. <i>Ligna lata magis quàm profunda. Bois lavé,</i> dont avec la besaiguë on a ôté tous les traits que la scie y avoit laissés. <i>Lignum politum. Bois deverse,</i> ou <i>gauche,</i> celui qui n'est pas droit par rapport à ses angles &amp; à ses côtés. <i>Pravatum, contortum. Bois gelif,</i> celui qui a des fentes qui lui sont venues par la gelée. <i>Rimosum.</i> Et <i>bois de refend,</i> celui dont on fait du merrain, des lates, des échalas ; il est appellé ainsi, à cause qu'il se refend par éclats, <i>Fissile.</i> On appelle <i>bois d'échantillon,</i> des pièces de <i>bois</i> de certaines longueurs &amp; grosseurs ordinaires, telles qu'on les trouve dans les chantiers des Marchands. <i>In tigna variae magnitudinis decisum.</i> Et <i>bois apparent,</i> celui qu'on ne couvre point de plâtre après qu'on l'a mis en oeuvre dans les planchers, cloisons, &amp;c.</p><p>On appelle aussi <i>bois qui se tourmente,</i> le <i>bois</i> qui n'étant pas sec quand on l'emploie, ne manque jamais de se déjetter ; &amp; on appelle <i>bois sain &amp; net,</i> celui qui n'a ni gales, ni fistules, ni noeuds vicieux.</p><p>Un <i>Cent de bois</i> chez les charpentiers, c'est cent fois 72. pouces de <i>bois</i> en longueur. Une pièce de <i>bois,</i> c'est 12 pieds de long sur six pouces d'épaisseur &amp; de largeur ; de sorte qu'une seule poutre est souvent comptée pour quinze ou vingt pièces de <i>bois.</i> Tout le <i>bois</i> de charpente se réduit à cette mesure, soit pour la vente, soit pour la voiture, soit pour le toisé des ouvrages. Il est taillé en longueur depuis six jusqu'à trente pieds, en augmentant les pièces toujours de trois pieds en trois pieds. Celles de menuiserie ne vont guère qu'à quinze pieds avec la même gradation. Ainsi on dit en ce sens, qu'un navire de 1100 tonneaux, comme le Victorieux qui a 120 pieds de quille portant sur grève, est composé de 17465 pièces de <i>bois,</i> réduits selon l'usage de Paris, &amp; sa mâture de 4000, qui font bien 1800. charretées de <i>bois,</i> tant que deux chevaux en peuvent tirer, sans les affûts de canon &amp; les pièces de rechange. Le Caron, Arpenteur, a fait deux petits volumes de la qualité &amp; du toisé des <i>bois,</i> fort utiles pour les Marchands ou Bourgeois qui veulent acheter du <i>bois</i> à bâtir. Des expériences que M. Perraut rapporte pour faire voir le passage des différens saus dans les plantes, il en tire un précepte pour les Charpentiers, qui est de mettre les poteaux, &amp; les autres pièces de <i>bois,</i> qui doivent être debout, en une situation contraire à celle que les arbres ont naturellement, afin que l'eau qui peut tomber sur les ouvrages découverts, ne pénètre pas avec tant de facilité dans les pores du <i>bois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de charronnage , est celui qui sert à faire des roues de chariots &amp; charrettes, comme l'orme &amp; le chêne. <i>Lignum curribus, carris, ac plaustris fabricandis aptum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de sciage , est le <i>bois</i> coupé en planches &amp; en solives, qui sert pour les menuiseries : comme aussi tout le <i>bois</i> quarré, dont l'épaisseur est moindre de six pouces, s'appelle <i>bois de sciage. In asceres ac tigna decisum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois d'ouvrage , est celui qu'on travaille dans les forêts, dont on fait des sabots, des pelles, des seaux, des lattes, des cercles, des éclisses, &amp;c. <i>Fabrile.</i></p><p>On appelle aussi en général du <i>bois ouvré,</i> ou <i>non ouvré</i> celui qui est façonné par les mains des ouvriers, ou celui qui est en état de l'être.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois merrein , c'est du <i>bois</i> fendu en petits ais, dont on fait les douves des tonneaux, des cuves. <i>In asserculos decisum.</i> On l'appelle aussi <i>bois à baril, bois d'enfonçures, bois à douvin, bois à pipes.</i> Les Menuisiers en font aussi des panneaux ; mais il ne sert point à bâtir, quoiqu'abusivement quelques-uns l'étendent à tout le <i>bois</i> de charpente, &amp; plusieurs aux perches, échalas, &amp;c. Le mot de <i>merrein</i> vient de <i>materiamen,</i> qu'on disoit dans la basse Latinité pour <i>materia</i> ; de <i>materiamen</i> on a fait <i>marrein, merrein,</i> marrien. De Lauriere.</p><p>Les Menuisiers appellent aussi, du <i>bois refait,</i> du <i>bois</i> équarri &amp; dressé sur toutes ses faces. Ils appellent <i>corroyer le bois,</i> quand ils lui donnent cette façon. Ils disent aussi, que des <i>bois</i> sont bien poussés &amp; bien rabotés, quand ils sont bien unis.</p><p>Les Charpentiers appellent aussi <i>bois affoiblis,</i> les <i>bois</i> qu'on a taillés en cintre, qu'on a rendus courbes. Les <i>bois</i> affoiblis exprès sont toisés de la grandeur de leur bossage, &amp; les courbes de la grandeur de leur plein cintre, c'est-à-dire, qu'il faut comprendre le plus grand vuide de la courbe avec sa largeur. Ils disent aussi <i>encliner le bois avec une règle</i> ; pour dire, mettre les pièces sur une même ligne. On dit <i>mettre les pièces de bois en leur raison,</i> quand, en mettant en chantier les pièces de <i>bois</i> qui doivent servir à un bâtiment, on met chaque morceau en sa place. On dit encore, <i>piquer les bois suivant le devers qui s'y trouve</i> ; ce qui se fait avec le plomb percé en triangle.</p><p>Les Imprimeurs appellent <i>bois de tête,</i> les petites pièces de <i>bois</i> qui se mettent dans le chassis au-dessus des pages pour tenir les formes serrées ; &amp; <i>bois de fonds, les bois</i> qui se mettent entre les pages.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois a brûler , est celui qu'on destine à faire du feu, qui se divise en plusieurs espèces. <i>Lignum igniarium, focarium.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois flotté , est celui qu'on amene en trains, &amp; lié avec des perches &amp; des rouettes sur des rivières. <i>Lignum fluctibus Jactatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois perdu , est celui qu'on jette dans les petites rivières qui n'ont pas assez d'eau pour porter des trains ni des bateaux, &amp; qu'on va recueillir &amp; mettre en trains aux lieux où elles commencent à porter. Il est permis aux Marchands de jetter leurs <i>bois à bois perdu</i> en avertissant les Seigneurs dix jours auparavant, comme aussi de faire des canaux, &amp; de prendre les eaux des étangs pour faire flotter leurs <i>bois,</i> en les dédommageant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois volans , sont les <i>bois</i> qui viennent par le flot droit au port où on les recueille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois echappés , ceux qui par les inondations s'échappent dans les prez &amp; dans les terres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois canars , ceux qui demeurent au fond de l'eau, ou qui s'arrêtent sur les bords des ruisseaux où on a jetté un flot de <i>bois à bois perdu.</i> Les Marchands ont quarante jours après que le flot est passé pour faire pêcher leurs <i>bois canars</i> sans rien payer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois neuf , est le <i>bois</i> qui vient dans des bateaux sans tremper dans l'eau. <i>Naviculariae vectionis lignum,</i> ou <i>navibus advectum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bois pelard , est du <i>bois</i> menu &amp; rond, dont on à ôté l'écorce pour faire du tan.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bois de moule , ou <i>de quartier,</i> est du <i>bois</i> qui est mesuré. Il doit avoir au moins dix-huit pouces de grosseur. <i>Caudex annullarius.</i> Les Marchands Ventiers doivent fournir aux Bûcherons des chaînes &amp; mesures de ces longueurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de corde , est du bois fait ordinairement de branchage, ou de taillis. <i>Lignum ex consuetâ silvae caesurâ proveniens.</i> On l'appelle ainsi quand il est au-dessous de 17 pouces de grosseur. Il doit être au moins de six, &amp; se vend à la membrure, qui a quatre pieds de haut sur quatre pieds de large. Il est ainsi appellé, à cause qu'on le mesuroit n'a guère à Paris avec des cordes. Tout <i>bois</i> à brûler en général doit avoir trois pieds &amp; demi de long compris la taille. La corde de <i>bois</i> vaut deux voies de Paris. La mesure de la corde de <i>bois,</i> selon l'Ordonnance, est de huit pieds de long &amp; quatre de haut. Du <i>bois en chantier,</i> c'est du <i>bois</i> en pile &amp; en magasin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de compte , est celui dont les 62 bûches au plus se trouveront remplir les trois anneaux qui composent la voie de <i>bois</i> par les Ordonnances de la Ville ; &amp; ceux qui sont au-dessous de dix-huit pouces de grosseur, doivent être rejettés &amp; renvoyés parmi le <i>bois</i> de corde. <i>Lignorum strues ex stipitibus ac truncis conflata.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois dechiré , c'est le <i>bois</i> qui revient de quelque ouvrage qu'on met en pièces ; par exemple, un vieux bateau qu'on déchire, c'est-à-dire, qu'on défait.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois fossil . Il y a des endroits où l'on trouve du <i>bois</i> dans la terre, soit qu'il y ait été enterré autrefois, &amp; dès le déluge, comme quelques-uns le croient ; soit qu'il s'y forme, comme il arrive à celui des mines d'ambre. Voyez au mot Ambre gris, &amp; la Dissertation de M. Hartman qui y est citée. Il me souvient que voyageant par l'Italie j'eus la curiosité d'aller voir une mine ou carrière de <i>bois fossil,</i> ou estimé tel, qui étoit proche de la Ville d'Aquasparta, &amp; de laquelle un des Lyncées nommé Stelluti, avoit fait un Livre. Mascur. On a découvert en 1712. dans les marais de Ciiuk, village à une lieue de Douay, un gros <pb n="648" facs="bpt6k8542165/f688/full/1200,/0/native.jpg"/>chêne avec ses principales branches, lequel, par le long séjour qu'il a fait dans ces lieux humides, enfoncé 15 ou 20 pieds sous terre, a contracté une couleur noire qui fait honte à l'ébène. Il y a quelque temps qu'on trouva en Angleterre à plus de 100 pieds sous terre des chênes d'une prodigieuse grosseur avec toutes leurs branches, lesquels avoient aussi contracté une couleur parfaitement noire, jointe à une dureté, qui passoit de beaucoup celle qu'ils avoient lorsqu'ils végétoient. Ces arbres peuvent-ils s'être trouvés là par une autre cause que par le bouleversement général du globe terrestre pendant le déluge ? <i>Mém. de Trév. 1713.</i> <i>p.</i> 61. 62.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Mouleur de bois , est un Officier de Ville établi sur les ports pour faire mesurer le <i>bois</i> dans les moules ou membrures. <i>Lignorum mensor.</i></p><p>On appelle à Paris <i>bois de gravier,</i> un <i>bois</i> demi-flotté, qui vient du Nivernois &amp; de Bourgogne dans des endroits pierreux.</p><p>On appelle du <i>bois d'Andelle,</i> un <i>bois</i> de deux pieds &amp; demi qui vient par bateaux par la rivière d'Andelle. Il est ordinairement de hêtre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de brin , est un morceau de <i>bois</i> de belle venue, droit &amp; long, qui n'est point scié, si ce n'est pour l'équarrissage, &amp; qui est de toute la grosseur de l'arbre. <i>Lignariae fabricae materia.</i> Il est excellent pour faire des planchers.</p><p>On appelle aussi un <i>brin de bois,</i> un <i>bois</i> de pique, un <i>bois</i> de lance, ou les <i>bois</i> de ces armes avant qu'ils soient ferrés. <i>Hastile.</i></p><p>Les anciens Chevaliers appelloient <i>bois,</i> leurs lances. Lents <i>bois</i> volerent en éclats. Et on disoit qu'ils portoient bien leur <i>bois,</i> lorsqu'ils couroient en lice de bonne grace. C'est de-là que figurément on dit qu'une femme porte bien son <i>bois</i> ; pour dire, qu'elle a bonne mine à marcher.</p><p>On dit en termes de Guerre , quand on fait faire halte à l'Infanterie, Haut le <i>bois,</i> à cause qu'on lève alors les piques ; &amp; dans la marche, Faire <i>long bois,</i> quand on veut augmenter l'intervalle qui est entre les rangs.</p><p>On appelle en Menuiserie des <i>meubles de bois,</i> des tables, des siéges, des <i>bois</i> de lit, quand ils n'ont point de garniture d'étoffe ni de tapisserie.</p><p>En termes de Vénerie , on dit un <i>bois de cerf</i> ; ce qu'on appelle autrement <i>corne de cerf. Ramosa cervi cornua</i> ; &amp; l'on dit qu'un cerf a touché au <i>bois,</i> quand il a dépouillé la peau de sa tête en se frottant contre des arbres.</p><p>On dit figurément en ce sens, qu'une femme fait porter du <i>bois</i> à son mari ; pour dire, qu'elle lui fait porter les cornes, qu'elle lui est infidèle.</p><p>En Agriculture <i>bois</i> se dit des menues branches, sions &amp; rejettons que les arbres poussent chaque année. <i>Virgulta.</i> Ainsi on dit, qu'un arbre nain pousse trop de <i>bois</i> ; qu'une vigne est trop chargée de <i>bois</i> ; pour dire, qu'il la faut tailler, &amp; qu'il faut émonder ou élaguer les arbres. On appelle aussi la vigne, le <i>bois tortu.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    BOIS , est aussi un nom collectif, qui signifie les arbres qui sont plantés fort épais &amp; en grand nombre, soit dans un jardin, soit dans la campagne. <i>Nemus.</i> Un <i>bois</i> épais. Un <i>bois</i> dégradé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de haute fûtaie . Arbre de tige. C'est le <i>bois</i> qui est parvenu à sa plus grande hauteur, qui est réputé immeuble, &amp; qui ne peut être abattu par un usufruitier. <i>Alta, ardua, &amp; procera silva. Bois</i> est réputé de haute fûtaie, dit Loisel, quand on a demeuré trente ans sans le couper. C'est aussi la définition qu'en donne la Coutume de Blois. Celle de Sens dit qu'un <i>bois</i> est <i>bois</i> de haute fûtaie quand il est planté de temps immémorial, &amp; qu'il est propre à bâtir. Dans celle de Nivernois, après 20. ans, en le faisant néanmoins notifier, par affiches &amp; cri public. Il est permis à ceux qui ont le droit d'usages ou pâcages de mener leurs bestiaux dans les <i>bois de haute fûtaie,</i> en tout temps, excepté la saison de la glandée, ou vive pâture. De la Mare.</p><p>On appelle <i>bois de haut revenu,</i> celui qui est de demi-fûtaie de 40. ou de 60. ans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois sur le retour , est un <i>bois</i> trop vieux, qui commence à diminuer de prix, &amp; à se corrompre, qui a plus de 200. ans à l'égard des chênes. <i>Silva vetula.</i> Il est différent du <i>bois taillis,</i> qui renaît sur les vieilles souches de la haute fûtaie coupée, &amp; qu'on peut couper tous les neuf, douze ou quinze ans ; qui tourne au profit de l'usufruitier.</p><p>
    </p>
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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois taillis , est le <i>bois</i> qu'on met en coupes ordinaires tous les dix ans au moins, &amp; qui est au-dessous de quarante ans ; car au-delà c'est une <i>fûtaie sur taillis. Silva caedua.</i> C'est dont on fait le charbon &amp; le <i>bois</i> à brûler. Les <i>bois taillis</i> sont en pâtures pendant toutes les saisons de l'année que les bestiaux ne peuvent nuire au jeune <i>bois.</i> Les Coutumes de Berri, de Bourbonnois &amp; d'Auvergne, fixent ce temps à trois ans, &amp; au mois de Mai depuis la dernière coupe. Celles de Nivernois &amp; de Bourgogne à 4. ans, que l'on peut encore proroger. Celles de Poitou à 4. ans, &amp; pour les chèvres 5. ans. Celles de Troyes, de Vitry &amp; de Chaumont jusqu'à 5. ans, &amp; aux chèvres pour toujours. Celles de Sens &amp; d'Auxerre jusqu'à ce que par jugement le <i>bois</i> ait été déclaré assez fort. De la Mare.</p><p>
    </p>
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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois a faucillon , est un petit taillis qu'on peut couper avec un petit ferrement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois en Pueil . C'est un <i>bois</i> nouvellement coupé, qui n'a pas encore trois ans. Ce mot se trouve en plusieurs Coutumes, &amp; entr'autres en celle d'Auvergne.</p><p>On appelle un <i>bois en défends,</i> quand on a défendu de couper un <i>bois</i> qu'on a reconnu de belle venue dans quelque triage, pour le conserver &amp; le laisser croître, jusqu'à ce qu'on en ait besoin : &amp; on dit qu'un <i>bois</i> est jugé défensable, quand le Juge a donné permission d'y faire entrer les bestiaux en panage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois Marmenteaux , ou <i>Bois de touche,</i> sont des <i>bois</i> autour d'une maison, ou d'un parterre, pour leur servir d'ornement, auxquels on ne touche point. <i>Nemus domesticum, aedibus adsitum.</i> Les usufruitiers ne peuvent faire couper les <i>bois marmenteaux</i> &amp; <i>bois de touche,</i> ni en haute fûtaie, ni en taillis, quand ils servent à la décoration d'une maison ou d'un Château.</p><p>Une coupe de <i>bois</i> réglée, est une division qui se fait d'un grand <i>bois</i> en certaines portions, afin qu'on en coupe chaque année une certaine quantité sans dégrader le <i>bois,</i> ni en diminuer le revenu. <i>Consuetae caesurae saltus.</i> On appelle <i>l'âge du bois,</i> ou <i>l'essence du bois,</i> le temps écoulé depuis sa dernière coupe. <i>L'usance du bois</i> se dit de son exploitation.</p><p>
    </p>
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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Garde-bois , est l'Officier préposé pour empêcher les dégradations des <i>bois,</i> &amp; conserver le gibier. <i>Silvarum custos.</i></p><p>En Poësie on appelle les Divinités des <i>bois,</i> les Dryades, Hamadryades, les Faunes, les Satyres, &amp;c. Parmi les Payens il n'y avoit presque point de <i>bois</i> qui n'eût son Dieu tutélaire, &amp; un Temple consacré au Dieu qui y présidoit. Le silence &amp; l'horreur qui y règnent, leur paroissoient propres à inspirer du respect, &amp; à imprimer je ne sai quel sentiment de Religion, ensorte qu'ils se figuroient que la Divinité y habitoit, c'est pourquoi ils étoient sacrés &amp; inviolables ; &amp; Cicéron, en déclamant contre Clodius, n'exagère rien tant que la profanation qu'il avoit commise, en portant le fer &amp; le feu dans ces <i>bois</i> défendus par la dévotion des peuples. <i>Lucus.</i> Les sombres ombrages des <i>bois</i> les rendoient vénérables aux hommes, &amp; les faisoient choisir comme des lieux propres à la célébration des mystères. S. Evr. La solitude &amp; les <i>bois</i> inspirent je ne sai quelle tendresse qui enfonce le trait dans le coeur, au lieu de l'en arracher. Id.</p><p>En termes de Marine on dit, Faire du <i>bois, Lignari</i> ; pour dire, Descendre en terre pour aller couper des <i>bois</i> nécessaires <pb n="649" facs="bpt6k8542165/f689/full/1200,/0/native.jpg"/>à l'équipage. On dit aussi qu'un vaisseau a reçu des coups en <i>bois</i> ; pour dire, dans les bas, dans les oeuvres vives.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de raquette . C'est tout le <i>bois</i> qui compose la raquette. <i>Lignum reticuli.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de tourne-broche . C'est la fusée &amp; les poulies du tourne-broche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de lit . Ce sont les pans, les colonnes, le dossier, les tringles &amp; les goberges du lit. <i>Fulcrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Haut-bois , s. m. est une flûte qui est de différente grandeur, selon les quatre parties qui servent à en faire un concert. <i>Major tibia.</i> Il est devenu depuis un instrument militaire, le Roi en ayant mis dans les compagnies des mousquetaires.</p><p>On dit figurément, qu'un homme joue du <i>haut-bois,</i> quand il fait abattre des <i>bois</i> de haute-fûtaie.</p><p>Au Trictrac on dit, Abattre du <i>bois,</i> quand on abat beaucoup de dames de dessus le premier tas, pour faire plus facilement des cases dans la suite.</p><p>On appelle un homme estropié d'une jambe, <i>Jambe de bois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois , en Poësie, &amp; en termes de guerre &amp; de tournois , se dit pour lance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois , se dit aussi en plusieurs phrases proverbiales. On dit d'une personne qui a grand air, qu'elle porte bien son <i>bois</i> ; cette femme porte bien son <i>bois</i> ; pour dire, qu'elle a un port majestueux. On dit d'un fanfaron, que c'est un grand abatteur de <i>bois,</i> qui se vante de faire beaucoup plus de prouesses qu'il n'en fait. On le dit aussi d'un homme qui expédie beaucoup de besogne, &amp; même d'un Juge qui rapporte beaucoup de procès. On dit de ceux qui font les choses avec éclat, violence &amp; impétuosité de naturel, que c'est la force du <i>bois,</i> par allusion au <i>bois</i> verd, qui se tourmente &amp; qui travaille. On dit, Avoir l'oeil au <i>bois</i> ; pour dire, Prendre garde à ses affaires, &amp; ne se laisser point surprendre, par allusion aux embuscades qui se font d'ordinaire dans les <i>bois</i> dont on se doit défier toujours, quand on passe auprès. On dit aussi, Il y a plus de <i>bois</i> en l'air qu'en terre ; pour dire, qu'on a beau dégrader des <i>bois,</i> il en revient plus qu'on en consume. On dit que le <i>bois</i> tortu fait le feu droit. On dit aussi, il n'est tel feu que de gros <i>bois,</i> en faisant allusion à un Philosophe qui voyoit constamment brûler sa maison. On dit en menaçant, Il verra de quel <i>bois</i> je me chauffe ; pour dire, je le bâtonnerai du <i>bois</i> que j'ai à mon feu. On dit en ce même sens, charger un homme de <i>bois,</i> lui donner sa provision de <i>bois</i> ; pour dire, lui donner plusieurs coups de bâton. On dit qu'un homme est du <i>bois</i> de quoi on fait les vièles, qu'il est de tous bons accords ; pour dire, qu'il est foible ou complaisant, qu'il n'ose ou ne veut contredire personne. Etre du <i>bois</i> dont on fait une chose, c'est avoir de son côté les qualités &amp; les dispositions nécessaires pour parvenir à cette chose-là, y être propre, pouvoir y prétendre, en voici un exemple : Un Gentilhomme disoit au Maréchal de la Meilleraye, si je ne suis pas Maréchal de France, je suis du <i>bois</i> de quoi on les fait : vous avez raison, repartit le Maréchal, quand on en fera de <i>bois</i> vous y pourrez prétendre. On dit ne savoir de quel <i>bois</i> faire flèche ; pour dire, être réduit au petit pied ; être si misérable, qu'on ne sait où, ni comment subsister. On dit d'une chair dure, ou trop cuite, qu'elle est sèche, dure comme du <i>bois,</i> que c'est du <i>bois.</i> On dit bassement d'un visage pale, défait ; d'une mauvaise mine, que c'est un visage de <i>bois flotté.</i> Tu mets bien du <i>bois</i> au feu tout d'un coup. Mascur. Pour dire, tu proposes bien des choses, bien de la matière tout d'un coup. Il ne faut pas mettre son doigt entre le <i>bois</i> &amp; l'écorce ; pour dire, qu'Il ne faut pas s'ingérer mal-à-propos dans les différends des personnes naturellement unies. Trouver visage de <i>bois</i> ; pour dire, Trouver la porte fermée, ne trouver personne. A gens de village trompette de <i>bois</i> ; pour dire, qu'A des gens de peu ou de mauvais goût, il ne faut pas des choses bien délicates, bien exquises.</p><p>On dit dans le Droit, Le <i>bois</i> acquiert le plain. Loisel. M. Chaline explique ainsi cette espèce d'axiome, La terre, qui est demeurée sans culture pendant l'espace de trente ans, appartient au Seigneur Haut-Justicier, à cause de sa forêt bannale y joignante, s'il n'y a séparation entre la forêt &amp; le plain, par bornes, murs, fossés, ou autres marques.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de chandelle . Les Habitans de l'Isle de la Tortue font des flambeaux de <i>bois</i> de Santal jaune, qu'ils fendent par éclats. Ce <i>bois</i> rend une flamme fort claire, quoiqu'il soit verd. C'est pourquoi ils le nomment <i>bois de chandelle.</i> Oexm. On l'appelle aussi <i>bois</i> de citron à cause de son odeur, &amp; <i>bois</i> de Jasmin, à cause de ses fleurs, qui ressemblent à celles de Jasmin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de délit , dans les Ordonnances, signifie <i>bois</i> qu'on vole, qu'on prend en commettant un délit. Il y a confiscation des chevaux, bouriques, &amp;c. qui se trouvent chargés de <i>bois de délit. Lignum furto ablatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois sujet à tiers &amp; danger, est un <i>bois</i> dont le possesseur doit au Roi le tiers &amp; le dixième du prix de la vente. <i>Silva praestationi obnoxia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois a enivrer . C'est un arbre des Isles de l'Amérique, ainsi nommé parce qu'étant pris, ou son écorce battue dans un sac, &amp; mise dans de l'eau dormante, il enivre tous les poissons, de sorte qu'on les prend à la main. Cet arbre croît environ haut comme un poirier, &amp; a les feuilles semblables à un trèfle. Oexm.</p><p>Le <i>bois</i> de Fustet, ou Fustel, comme on dit ordinairement, est la racine &amp; le tronc d'un arbrisseau qui vient en Provence &amp; en Italie ; Pline l'appelle <i>cotinus.</i> Il est d'une couleur jaune, il sert à teindre en couleur de café &amp; de feuille morte ; les Ebénistes s'en servent aussi.</p><p>Le <i>bois</i> jaune, ou le <i>bois</i> d'Angleterre, ainsi appellé parce que nous le tirons d'Angleterre, est un <i>bois</i> étranger de couleur qui sert aux Teinturiers &amp; aux Ebénistes.</p><p>Le <i>bois</i> de sainte Lucie vient de Lorraine : il est d'un gris rougeâtre, dur, &amp; médiocrement pesant : son odeur agréable, qui augmente à mesure qu'il vieillit, le fait rechercher pour les ouvrages de marqueterie. Voyez <ref type="search" target="head:Cerisier">Cerisier</ref>.</p><p>Le <i>bois</i> de Calembouc est verdâtre, il a une très-bonne odeur ; on s'en sert pour plusieurs petits ouvrages : les Barbiers en font bouillir dans l'eau dont ils se servent quand ils font la barbe.</p><p>Le <i>bois</i> violet ne sert que pour les ouvrages de marqueterie. Il y en a de deux sortes ; celui qu'on connoît sous le nom de <i>bois</i> violet, &amp; un autre qui est d'une couleur rougeâtre tirant sur le violet ; les Hollandois l'appellent <i>letterhout.</i></p><p>Le <i>bois</i> d'ébène, si connu par les ouvrages qu'on en fait, &amp; par quelques remèdes qu'on en tire, est de trois sortes ; savoir l'ébène noir qui est la plus connue, l'ébène rouge ou grenadine, &amp; l'ébène verte.</p><p>Le <i>bois</i> d'anis, ainsi nommé à cause qu'il a l'odeur d'anis, est d'une couleur grisâtre ; il vient des Indes, &amp; est employé par les Tabletiers &amp; par les Ebénistes.</p><p>Le <i>bois</i> de corail est d'une couleur rouge vive, semblable à celle du corail. Les Américains en font divers ouvrages.</p><p>Le <i>bois</i> de Santal est en usage dans la Médecine, &amp; chez les Parfumeurs. Voyez <ref type="search" target="head:Santal">Santal</ref>.</p><p>Le <i>bois</i> d'aloës vient des Indes Orientales, de la Chine, de la Cochinchine, du Calécut, de Lao, &amp;c. On en fait des ouvrages dans ces pays-là qui sont fort estimés. Les Ambassadeurs de Siam firent présent au Roi (LOUÏS XIV.) de plusieurs ouvrages de <i>bois</i> d'aloës, entre autres d'une aiguière avec une espèce de sous-couppe ou bassin pour laver les mains : cet ouvrage avoit été fait à Siam, &amp; à la mode du pays : les Ambassadeurs l'estimoient plus que s'il eût été d'or.</p><p>Le <i>bois</i> de Gaiac sert à plusieurs choses. On en tire du flegme, de l'esprit, de l'huile, de la résine, du sel : on en fait de la poudre ; la plupart de ces choses sont fort en usage dans la Médecine.</p><p>Le <i>bois</i> de Gaiac de France est le bouïs, que quelques-uns appellent Gaiac de France, parce qu'ils croient qu'il a les mêmes qualités que le Gaiac ; &amp; ils l'emploient à peu près aux mêmes usages.</p><p>Le <i>bois</i> de Brésil est fort en usage pour les teintures rouges : le Brésil, d'où il vient, lui a fait donner son nom : il en croît en différens endroits de l'Amérique : il en vient aussi du Japon ; les Anglois &amp; les Hollandois l'appellent <i>Bois</i> de Sapan. Voyez <ref type="search" target="head:Brésil">Brésil</ref>.</p><p>Le <i>bois</i> d'Inde, ou <i>bois</i> de campèche, ou <i>bois</i> de la Jamaïque, sert pour les teintures en violet &amp; en noir. Voyez <ref type="search" target="head:Campèche">Campèche</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois gentil . Les Bourguignons ont donné ce nom au Mézéreon, qu'on appelle autrement aureole femelle. C'est une espèce de <i>Garou,</i> ou de <i>Thymelaea.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Mezereon">Mezereon</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois puant . <i>Anagyris foetida.</i> Arbre d'une moyenne grandeur, &amp; qui donne dès sa racine plusieurs jets. Son <i>bois</i> est pâle, &amp; son écorce est d'un verd brun. Ses branches sont garnies de feuilles qui sont par trois sur une même queue longue environ d'un pouce. Elles sont oblongues, pointues, vertes par-dessus, &amp; blanchâtres par-dessous, d'une odeur forte &amp; désagréable, sur-tout lorsqu'on les froisse. Les fleurs naissent des aisselles des feuilles &amp; sont légumineuses, allongées, jaunes, &amp; soutenues par un calice blanchâtre, comme argenté, &amp; à cinq pointes. A ses fleurs succèdent des gousses longues &amp; larges comme le doigt, qui renferment entre leurs cosses des semences taillées en rein, grosses comme des haricots, &amp; qui brunissent en mûrissant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bois épineux , est un arbre des Antilles. <i>Lignum spinosum.</i> Il y en a de quatre sortes. Le plus grand croît &amp; grossit si promptement, qu'en trois ou quatre ans il surpasse la hauteur de nos plus gros chênes. Il est fort chargé de branches &amp; de feuilles, qui font une ombre épaisse. Il porte un fruit qui ressemble à une calebasse ; on y trouve un coton gris brun. On l'appelle <i>Bois épineux,</i> à cause de certaines excrescences qui s'élèvent sur l'écorce en forme de pointes. Le <i>bois épineux</i> jaune est plus dur, &amp; bon à bâtir, au lieu que l'autre est trop mol &amp; trop tendre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de rose , est dans la Guadaloupe la même chose que le <i>bois</i> de Cypre dans la Martinique. <i>Lignum cyprium</i> C'est un <i>bois</i> qui croît fort haut, &amp; fort droit. Il a plusieurs branches, accompagnées de fleurs molles, velues d'un côté, &amp; longues à peu près comme celle du Noyer. Dans la saison des pluies il porte de gros bouquets de fleurs blanches de bonne odeur. Ces fleurs sont suivies d'une petite graine noirâtre &amp; polie. L'écorce de son tronc est d'un gris blanc. Son <i>bois</i> est au-dedans de couleur de feuille morte, &amp; quand le rabot &amp; le polissoir ont passé par-dessus, on y remarque plusieurs veines de différentes couleurs, qui lui donnent un éclat marbré &amp; un lustre merveilleux. La douceur de l'odeur qu'il exhale lorqu'on le met en oeuvre, &amp; qu'on le manie, est ce qui le fait priser davantage, &amp; qui lui donne le beau nom qu'il porte, &amp; celui de <i>bois</i> de Cypre qu'on lui donne en quelques-unes des Antilles. Lonvill. <i>Hist. nat. des Antil. L. I. c.</i> 7. <i>art.</i> 3. Le <i>bois</i> de rose a l'odeur de rose ; quelques-uns l'appellent <i>bois</i> de Rhodes, à cause qu'il en vient de l'Isle de Rhodes. On s'en sert pour faire des chapelets : on l'emploie aussi dans la Médecine.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de couleuvre , Plante de la Martinique : on l'appelle ainsi, parce qu'elle s'attache aux arbres en serpentant. Son <i>bois</i> est tortu, &amp; gros d'un pouce ou deux. On assure qu'il est mortel pour les serpens. Le P. du Tertre, qui en parle dans son <i>Histoire des Antilles.</i> Tr III. c. 4. §. 9. confirme cela. Selon le P. Plumier c'est l'Arum montant à grandes feuilles percées. Voyez <ref type="search" target="head:Arum">Arum</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois néphretique , Arbrisseau de la nouvelle Espagne. Son <i>bois</i> teint l'eau en bleu, &amp; cette eau nettoie les reins, &amp; tempère l'acrimonie de l'urine. Cette vertu lui a fait donner le nom de <i>bois néphretique</i> par les Espagnols. Il produit de petites fleurs jaunes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de la Chine , est un <i>bois</i> propre pour faire des ouvrages de marqueterie, que les Hollandois appellent <i>Letterhout,</i> qui ne croît en aucun autre lieu du monde, que dans le Continent de Guyane. <i>Lignum Sinense.</i> Le millier pesant ne revient sur les lieux qu'à un écu. On le vend à Paris jusqu'à cent, &amp; jamais moins de cinquante écus.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois luisant . <i>Lignum lucidum.</i> C'est du <i>bois</i> qui jette de la lumière, qui luit dans les ténèbres, comme un ver luisant. On dit qu'il y a du <i>bois</i> pourri qui est luisant. M. Boyle a fait la comparaison du <i>bois luisant</i> &amp; du charbon allumé. Elle est dans les <i>Trans. Phil.</i> n. 32. p. 605. T. III. p. 646.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois verd . C'est pour l'ordinaire un buisson comme les grosses épines blanches ; il est fort chargé de petites feuilles vertes &amp; lissées, assez semblables à celles du bouïs, mais un peu plus grandes : son écorce est grosse &amp; polie. On n'en voit guère de plus gros que la cuisse : il a toujours un pouce ou deux d'aubier blanc, &amp; tout le coeur du <i>bois</i> est verd fort brun, &amp; même plus noir que verd, mêlé de quelques veines jaunes. Il se polit comme l'ébène, &amp; noircit si bien avec le temps que les Ebénistes le font souvent passer pour de vraie ébène. Les Teinturiers s'en servent pour teindre un verd naissant. Il y en a grande quantité dans la Guadeloupe. P. du Tert.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois a petites feuilles . Il vient dans les lieux humides &amp; dans les terres grasses de toutes les Isles de l'Amérique. C'est une sorte d'arbre chargé de petites feuilles assez semblables à celles du bouïs ; elles sont attachées à de petites queues si menues, qu'au moindre vent elles tremblent. L'écorce de l'arbre est jaspée comme celle du bois d'Inde ; mais de temps en temps la petite écorce s'élève, &amp; se roule comme de la canelle, &amp; il ne lui en manque que le goût &amp; l'odeur. P. Du Tert. <i>Hist. des Ant. Tom. III. ch.</i> 4. §. 7.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de fer . Arbre des Isles de l'Amerique, ainsi nommé à cause de sa grande dureté. Il croît jusqu'à une pique &amp; demie de hauteur, gros comme le corps d'un homme ; son écorce est presque semblable à celle de l'Erable, mais plus dure &amp; un peu plus grise. Il a quantité de petites feuilles, &amp; porte un grand nombre de beaux bouquets de fleurs, semblables à celles du Lilac, &amp; même plus belles, mais en si grande abondance, qu'il semble qu'il n'y ait que des fleurs sur l'arbre. Tout l'aubier est jaune &amp; fort dur jusques vers le coeur, qu'il a fort petit, &amp; de couleur de fer rouillé, mais si dur que les haches de la meilleure trempe rebroussent dessus, quand on le frappe. P. Du Tert. <i>Tom. III. ch.</i> 4. §. 8. &amp; Lonvill. <i>Hist. nat. des Ant. Liv. I. ch.</i> 7. <i>art.</i> 5.</p><p>Il y a un arbre au Tunquin qui s'appelle <i>Lim,</i> &amp; que les Portugais nomment <i>Palo ferro,</i> c'est-à-dire, pieu de fer, soit à cause de sa pesanteur, parce que si on le met dans l'eau il va plutôt au fond que l'ébène ; soit à cause de sa couleur, qui a du rapport à la rouille, ou de sa dureté, qui est telle que si à coups de marteau on enfonce dedans un clou bien trempé, il n'y a point d'homme quelque robuste qu'il soit qui puisse l'arracher, même avec des tenailles ordinaires, au contraire il semble que ce bois s'aigrisse contre le fer ; il le corrode &amp; le consume de telle manière, que dans la structure des galions dont on se sert, il est absolument nécessaire de renouveller les clous dans la partie du dedans du vaisseau, dont l'assemblage est fait de ce bois ; autrement les pièces se détachent. <i>Relat. de Tunq. par le P. Marini.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois d'Inde . C'est une espèce de Laurier qui croît excessivement gros quand il est en bonne terre, &amp; dans les lieux humides. Il a l'écorce jaunâtre, déliée, &amp; si douce, si unie, si polie par-tout, qu'il semble que ce soit le bois dépouillé de son écorce. Sa couleur est d'un gris vif &amp; argenté, &amp; en quelques endroits elle tire sur le jaune ; ce qui fait remarquer cet arbre entre tous les autres. Elle est fort sèche &amp; astringente au goût. Ses feuilles sont presque semblables à celles du Laurier, mais un peu plus souples &amp; plus rondes, dit le P. Du Tertre, ou à celles du Goyavier, dit M. Lonvillers : elles sentent le clou de gérofle, dit celui-là, &amp; quand on les manie, dit celui-ci, elles parfument les mains d'une senteur plus douce que celle du Laurier. Elles ont, ajoûte le premier, un goût de canelle, picquant, astringent, &amp; qui laisse dans la bouche une petite amertume qui n'est pas désagréable. Elles donnent, continue le second, à la viande &amp; aux sauces un goût si relevé, qu'on l'attribueroit plutôt à une composition de plusieurs sortes d'épiceries, qu'à une simple feuille. Cet arbre fleurit une fois l'an au temps des pluies ; &amp; pour lors il renouvelle une partie de son feuillage. Son bois est le plus dur, le plus plein, le plus massif &amp; le plus pesant de tous les bois des Isles de l'Amérique ; de-là vient qu'il coule à fond comme du plomb, qu'il souffre d'être poli comme du marbre, &amp; que les sauvages en font leurs massues. L'Aubier est de couleur de chair, &amp; le coeur de l'arbre est tout violet, extrêmement dur. La décoction de ses feuilles est fort bonne pour fortifier les nerfs, soulage beaucoup les paralytiques, &amp; fait désenfler les hydropiques, &amp; l'enflure qui reste aux jambes de ceux qui ont eu des fièvres malignes. M. Robin, qui en éleva un au Jardin Royal, le nommoit Laurier aromatique : c'est en effet un véritable Laurier, &amp; toutes ses baies ou graines, qui sont semblables à celles du <pb n="651" facs="bpt6k8542165/f691/full/1200,/0/native.jpg"/>Laurier, aussi-bien que ses feuilles, en sont une preuve évidente. Lonvill. <i>Hist. nat. des Ant. Liv. I. c.</i> 7. <i>art.</i> 4. P. Du Tertre. <i>Tr. III. c.</i> 4. §. 2.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5304" id="31" type="">
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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois rouge . On appelle ainsi dans les Antilles plusieurs autres espèces d'arbres qui ont le <i>bois</i> rouge, solide, &amp; pesant, qui résiste aux vers, &amp; à la pourriture ; &amp; qui sont tous très-propres à bâtir des maisons, &amp; à faire de beaux ouvrages de menuiserie. Tels sont l'Acajou, le <i>bois</i> de fer, le Courrouça. Consultez Lonvillers de Poincy, <i>Hist. nat. des Ant. Liv. I. ch.</i> 7. <i>art.</i> 5. &amp; le Père du Tertre <i>Hist. des Ant. Tr. III. ch.</i> 4. §. 8.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5304" id="32" type="philosophie hermetique">
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    <head>BOIS</head>
    <p>
    Bois de vie . Terme de Philosophie hermétique . On l'appelle autrement le grand arbre des Philosophes, ou des Sages : c'est le mercure des Philosophes. Ils lui attribuent des qualités admirables, jusqu'à donner la vie aux substances mortes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5305" id="1" type="">
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    <head>BOISER</head>
    <p>
    BOISER , verbe actif. Garnir de menuiserie une cheminée, un plafond, une alcove, une chambre. <i>Tabulis vestire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5305" id="2" type="">
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    <head>BOISER</head>
    <p>
    Boisé, ée , part. &amp; adject. <i>Tabulis vestitus.</i> On dit qu'une terre est bien <i>boisée,</i> quand elle a des bois de haute-fûtaie dans ses jardins, dans un parc, dans ses dépendances. <i>Proceris arduisque sylvis obsitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5306" id="1" type="">
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    <head>BOISERIE</head>
    <p>
    BOISERIE , s. m. <i>Tabulatum.</i> Ouvrage de menuiserie, où l'on emploie le bois de chêne, de sapin, ou autre, pour appliquer contre les murs d'une chambre, ou d'un appartement, &amp; les orner. Le chêne de Danemarck est le plus propre à faire de belles <i>boiseries,</i> parce qu'il a moins de noeuds, &amp; moins de défauts que celui des pays plus chauds. Au reste, <i>boiserie</i> ne se dit que des ouvrages de menuiserie qui s'appliquent contre les murs, &amp; nullement ou rarement de ceux qui se mettent ou au sol, ou au plafond d'une chambre ou d'un appartement. Le premier s'appelle parquetage, &amp; l'autre lambris, ou plafond.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5307" id="1" type="jardinier">
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    <head>BOISEUX, EUSE</head>
    <p>
    BOISEUX, EUSE , adj. Terme de Jardinier , qui ne se dit que des plantes qui ont quelque solidité dans leurs racines, troncs, branches &amp; rameaux, qui sont de la nature du bois. Il y a un <i>Cedon arborescens</i> qui est une sorte de petit arbre <i>boiseux.</i> Corn. <i>Dict. des Arts.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5308" id="1" type="">
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    <head>BOISSEAU</head>
    <p>
    BOISSEAU , s. m. Mesure pour du grain, de la farine, du sel, des navets, de la cendre, du charbon, &amp;c. <i>Modius.</i> Sous nos premiers Rois le <i>boisseau,</i> &amp; toutes les mesures étoient égales en France. Charlemagne établit une nouvelle mesure. C'étoit un <i>boisseau,</i> qui contenoit le poids de vingt livres de froment. Aujourd'hui &amp; depuis très-long-temps, le <i>boisseau</i> est très-différent en France, &amp; change presque en toutes les Jurisdictions. A Paris il contient quatre quarts, ou huit litrons ; &amp; il faut trois <i>boisseaux</i> pour faire un minot, &amp; quatre minots pour faire un septier de blé, &amp; quarante-huit minots pour faire un muid. Le blé se mesure à <i>boisseau</i> ras, &amp; la farine à <i>boisseau</i> comble. Par la dernière Ordonnance de 1669. le <i>boisseau</i> doit avoir huit pouces deux lignes &amp; demie de haut, sur dix pouces de large ou de diamètre d'un fût à l'autre ; le <i>demi-boisseau</i> de huit pouces cinq lignes de haut, &amp; huit pouces de diamètre entre les deux fûts. <i>Semodius.</i> Cenalis, dans son <i>Traité des poids &amp; des mesures,</i> prétend que le <i>boisseau</i> de Paris est le tiers de l'amphore, qui contenoit dix-huit quartaires, dont le <i>boisseau</i> de Paris ne contient que six. Le Père Mersenne a observé que le <i>boisseau</i> de blé de Paris contient 220160 grains, quand il est comble, &amp; 172000 quand il est ras. Les Romains donnoient quatre <i>boisseaux</i> de blé à leurs esclaves pour les nourrir ; &amp; l'on a supputé que la mesure de ces <i>boisseaux</i> revenoit à celle de Paris. Il y a douze <i>boisseaux</i> au septier. Courtin. En plusieurs lieux, &amp; sur-tout à Lyon, on l'appelle <i>bichet.</i></p><p>Lorsque Sévère mourut il y avoit à Rome dans les greniers publics du blé pour sept ans, à dépenser par jour septante cinq mille <i>boisseaux</i> ; c'est-à-dire, pour nourrir 600 mille hommes, le <i>boisseau</i> Romain n'étant que pour huit personnes par jour. Tillem.</p><p>Ce mot, selon Du Cange, vient de <i>busellus,</i> ou <i>bustellus, bisellus,</i> diminutif de <i>buz,</i> ou de <i>buza,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification. On trouve même <i>boissellus,</i> &amp; <i>boistellus,</i> mais dans le treizième ou quatorzième siècle. Voyez <i>Act. Sanct. Maii Tom. IV. p.</i> 556. <i>B.</i> On trouve aussi <i>bussulus,</i> pour une urne où l'on jette les sorts ; mais peut-être est-il mis pour <i>buxulus,</i> boîte de bouis. Voyez <i>Act. Sanct. Tom. II. Mart. pag.</i> 244. <i>C.</i></p><p>Les divisions ou parties du <i>boisseau</i> sont le demi-<i>boisseau,</i> le quart, &amp; le demi-quart, le litron, &amp; le demi-litron, qui tous deux ne servent guère qu'à mesurer les menus grains, &amp; les légumes secs. Le <i>boisseau</i> de Paris de bon blé froment pese vingt livres. Le <i>boisseau</i> de Châlon en Champagne est plus petit que celui de Paris d'un 8e, puisqu'il en faut treize &amp; demi pour faire le septier de Paris. Le <i>boisseau</i> de Vitry est de près d'un 5e, plus petit que celui de Paris, 14 &amp; demi en font douze, ou le septier de Paris. A Troyes, Mery, Arci, le <i>boisseau</i> comble, qui est la mesure dont on se sert, pese quarante livres. De la Mare. Il est donc double de celui de Paris. A Nogent six <i>boisseaux</i> font le septier de Paris, Id. &amp; par conséquent il est double de celui de Paris. A Bray neuf <i>boisseaux</i> font le septier de Paris. Id. Le <i>boisseau</i> de Bray est donc plus grand d'un quart que celui de Paris. Provins a deux sortes de <i>boisseaux,</i> l'un qui sert dans le marché, que l'on nomme le <i>boisseau</i> du minage ; il pese vingt-quatre livres ; les dix <i>boisseaux</i> font le septier, &amp; les 120 le muid de Paris. L'autre <i>boisseau</i> ne sert que dans les maisons des bourgeois ; ils le nomment le <i>boisseau</i> de grenier ; il tient trois demi septiers moins que celui du minage, qui est environ un seizième. Id. Ainsi le <i>boisseau</i> de minage, est d'un cinquième plus grand que celui de Paris ; &amp; le <i>boisseau</i> du grenier de près d'un septième seulement. A Nangis le <i>boisseau</i> tient douze pintes mesure de Paris, il pese quarante livres, les six font le septier de Paris. Id. Il est donc double de celui de Paris. A Melun &amp; à Fontainebleau dix <i>boisseaux</i> de blé font le septier de Paris. Id. Par conséquent il est d'un cinquième plus grand que celui de Paris. A Milly le septier contient huit <i>boisseaux</i> mesure du pays, &amp; pese 176 livres. Id. Donc chaque <i>boisseau</i> pese 22. livres. C'est deux livres plus que celui de Paris, ainsi il est d'un dixième plus grand. A Rozoy le septier tient huit <i>boisseaux</i> du pays, qui font dix <i>boisseaux</i> &amp; demi mesure de Paris, il pese 210 livres, &amp; conséquemment est plus petit que celui de Paris d'un <i>boisseau</i> &amp; demi. Id. Ainsi le <i>boisseau</i> de Rozoy pese 26 livres &amp; demie, c'est-à-dire, six livres &amp; demie plus que celui de Paris, &amp; consequemment est plus grand de près d'un tiers. A Chaume les huit <i>boisseaux</i> du pays font le septier, qui pese 225. livres. Id. D'où il s'ensuit que ce <i>boisseau</i> pese 28 livres &amp; deux onces, c'est-à-dire, 8 livres &amp; deux onces plus que celui de Paris ; &amp; qu'il est plus grand de plus d'un tiers. A Brie-Comte Robert le septier est plus petit d'un <i>boisseau</i> que celui de Paris, ensorte que onze <i>boisseaux</i> de Paris font le septier de Brie. Id. Le <i>boisseau</i> de Brie est donc d'un douzième plus petit que celui de Paris. A Tournan le septier est un peu plus petit que celui de Paris ; &amp; un peu plus grand à Damp-Martin, où le septier pese 242 livres ; c'est deux livres plus que celui de Paris, &amp; par conséquent le <i>boisseau</i> 20 livres, &amp; un sixième de livre, un 16 de livre plus que celui de Paris, c'est-à-dire, qu'il n'est plus grand que d'une 120e. A Colommiers &amp; à Farmoutier les huit <i>boisseaux</i> font le septier du pays ; il pese 200 livres, le blé qui croît en ce pays est fort bon &amp; fort pesant. Id. Ainsi le <i>boisseau</i> pese 25 livres, &amp; est d'un quart plus grand, ou du moins plus pesant que celui de Paris ; car le poids du <i>boisseau</i> peut venir de la pesanteur du blé. Le <i>boisseau</i> du Mans pese 33 livres. Le <i>boisseau</i> de Nevers pese 30 livres. Voilà ce que nous avons pû trouver de plus exact sur la grandeur des <i>boisseaux.</i> Au reste, tout cela ne se doit pas prendre dans la dernière précision, parce que le blé est plus pesant en un lieu qu'en un autre, une année qu'une autre, selon les saisons, &amp;c. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. De la Mare, <i>Tr. de la Police Liv. V. Tit. VIII. c.</i> 2.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOISSEAU</head>
    <p>
    Boisseau de blé , Boisseau d'avoine. C'est un <i>boisseau</i> plein de cette sorte de grain. <i>Frumenti modius.</i></p><p>En matière de Médailles, le <i>boisseau</i> d'où il sort des épics de blé &amp; des pavots, est le symbole de l'abondance. Une médaille singulière de Caracalla qui est à M. de Boze, &amp; n'a point encore été publiée, a d'un côté la tête nue de cet Empereur, avec ces mots, M. AVR. ANTONINUS PIVS AVG. P. B. G. MAX. &amp; au revers un <i>boisseau</i> d'où il sort des épics, avec ces mots, AETERNVM BENEFICIVM .... Elle est de grand bronze.</p><p>On dit, par un proverbe sacré, qu'il ne faut pas mettre la <pb n="652" facs="bpt6k8542165/f692/full/1200,/0/native.jpg"/>lumière sous le <i>boisseau</i> ; pour dire, qu'il ne faut point rendre ses talens inutiles, ni s'abstenir de prêcher quand on en a la capacité, parce que cela va à l'édification, ou à l'instruction du prochain. C'étoit un des préceptes mystérieux de Pythagore, qu'il ne faut jamais s'asseoir sur le <i>boisseau.</i></p><p>On dit populairement, qu'un homme a de pleins <i>boisseaux</i> de pistoles ; pour dire, qu'il en a beaucoup. Qu'on donnera un <i>boisseau</i> de diamans, pour Faire une promesse hyperbolique. On dit aussi, que le <i>boisseau</i> est plein, lorsque la providence châtie ceux qui ont commis un grand nombre de crimes.</p><p>On appelle <i>boisseau de poterie,</i> un corps rond &amp; creux de terre cuite, &amp; fait en forme de <i>boisseau</i> qui n'a point de fond. On forme la chausse d'une aisance, en emboîtant plusieurs de ces <i>boisseaux</i> les uns dans les autres.</p><p>Les Boutonniers appellent <i>boisseau,</i> une machine de bois en forme d'un demi globe, &amp; longue d'environ un pied &amp; demi, fort légère, qui se met sur les genoux pour travailler. On s'en sert pour faire des tresses, du cordon rond, des ceintures de soie, ou autres ouvrages qu'on appelle faits au <i>boisseau,</i> pour les distinguer de ceux qui sont faits au métier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOISSELÉE</head>
    <p>
    BOISSELÉE , s. f. Plein un boisseau de grain, ou d'autres choses qui se mesurent au boisseau. <i>Frumenti modius.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOISSELÉE</head>
    <p>
    Boisselée , se dit plus particulièrement d'une certaine mesure de terre, dont on use en la plupart des Provinces de France. C'est autant de terre qu'il en faut pour contenir la semence du grain contenu en un boisseau. Cette terre contient tant de <i>boisselées.</i> Pour faire un arpent de Paris, il faut environ huit <i>boisselées.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOISSELIER, ÈRE</head>
    <p>
    BOISSELIER, ÈRE , s. m. &amp; f. Artisan qui fait, qui vend des boisseaux, des cribles, des tambours, des éclisses, des salières, des litrons, des seaux, des pelles &amp; autres ouvrages. <i>Modiorum faber.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOISSON</head>
    <p>
    BOISSON , s. m. Ce qui est propre à boire, ce qu'on boit ordinairement. <i>Potus, potio.</i> L'eau est la boisson ordinaire des animaux. Les Chinois font toujours chauffer leur <i>boisson.</i> Dans les pays différens on a de différentes <i>boissons,</i> du vin, de la bière, du cidre, du sorbet, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    BOÎTE , s. f. Petit vaisseau qui se ferme avec un couvercle. <i>Pyxis.</i> Lorsque la <i>boîte</i> est grande, &amp; qu'elle approche d'une cassette, on peut l'appeller <i>Cassa.</i> Une <i>boîte</i> à portrait. Une <i>boîte</i> de diamans. Dans les belles collations on donne des <i>boîtes</i> de confitures. Une <i>boîte</i> à poudre. Des <i>boîtes</i> d'Apothicaire.</p><p>Ce mot vient de <i>buxuletta</i>, diminutif de <i>buxula,</i> qui a été fait de <i>buxus,</i> à cause que les <i>boîtes</i> se font ordinairement de buis. Ménage. <i>Buxula, buxtula, buxcula,</i> se trouvent dans la basse Latinité. Voyez <i>Act. Sanct. Janu. Tom. I.</i> 1056. 1057. <i>Febr. Tom. III. p.</i> 535. C'est ainsi qu'en Grec de , ou , <i>buis,</i> s'est fait , <i>boîte.</i> Du Cange le dérive de <i>buxis, buxida, bossida</i>, &amp; <i>bustula,</i> qu'on a dit dans le même sens dans la basse Latinité, ou du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOÎTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte , se dit aussi communément, de ce qui est contenu dans une <i>boîte.</i> Une <i>boîte</i> de prunes, <i>boîte</i> d'abricots, <i>boîte</i> d'onguent.</p><p>On appelle la <i>boîte</i> des pauvres, des prisonniers, celle où on reçoit les charités. La <i>boîte</i> d'une Confrairie, certain petit tronc portatif, &amp; fermé à clef, dans lequel on reçoit les aumônes pour les pauvres, pour la Confrairie ; ou les dons qu'on leur fait, quand on va quêter par la ville, &amp; faire payer sa confrairie. Le peuple appelloit par dérision, <i>Boîte à Perrette, la boîte</i> des aumônes dans les temples des Réformés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="3" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte , en termes de Monnoies , se dit des petits cofres, où l'on enferme les monnoies qu'on a essayées, pour les envoyer à la Cour des Monnoies, &amp; en faire un nouvel essai. Les <i>boîtes</i> se font par les Gardes des Monnoies : ils y doivent mettre sans choix de vingt pièces d'or une, &amp; de dix-huit marcs de pièces d'argent une autre, qui servent d'échantillon pour les faire juger.</p><p>On appelle aussi <i>boîte</i> à la Monnoie, l'endroit où on met le quarré des médailles, quand on les marque. Cette <i>boîte</i> est d'acier, &amp; l'on y fait tenir fermes les quarrés qu'on met dedans, par le moyen des vis qui les serrent.</p><p>On appelle, <i>boîte de la poste,</i> La <i>boîte</i> où l'on va porter les lettres pour la poste ; Et, <i>la boîte de la lanterne,</i> la boîte où est enfermée la corde qui sert à hausser &amp; à abaisser chaque lanterne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="4" type="imprimeur en taille-douce">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte . Terme d'Imprimeur en Taille-douce ; c'est un morceau de bois qui est en forme d'arc, &amp; qui par dedans est garni de fer blanc pour faire tourner le rouleau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="5" type="gainier">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte de montre . Terme de Gaînier . Petite <i>boîte</i> de métal où l'on met une montre de poche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="6" type="">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte a Foret . C'est où les Serruriers &amp; les Couteliers mettent le foret quand ils veulent percer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="7" type="tisserand">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte de navette . Terme de Tisserand . C'est la partie de la navette où l'on met la trème.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="8" type="taillandier">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte a poivre . Terme de Taillandier . C'est d'ordinaire une manière de vase de fer blanc partagé en petits quarrés, pour mettre le poivre, les cloux de girofle &amp; la muscade. Les Vitriers ont aussi une <i>boîte</i> parmi leurs outils, &amp; c'est où ils mettent la poix résine en poudre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="9" type=" en botanique">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte a savonnette . C'est une <i>boîte</i> qui est faite en boule, &amp; qui s'ouvre en travers en deux hémisphères ; les Barbiers s'en servent pour porter une savonnette.</p><p>On se sert de ce terme en Botanique , pour exprimer la figure de plusieurs fruits qui ressemblent assez à une <i>boîte à savonnette.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="10" type="">
   <index type="head" value="BOÎTE" />
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte a moutarde . Vase de bois, où les Vinaigriers mettent la moutarde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="11" type="anatomie">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte , en termes d'Anatomie , est le lieu où les os sont enclavés &amp; emboîtés l'un dans l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="12" type="marine">
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte , est aussi la partie du vilbrequin où on attache sa mèche.</p><p>En général, chez les Artisans on appelle <i>boîtes,</i> les ais qui servent à revêtir d'autres pièces de bois, comme poutres ou solives ; ou les trous où entrent d'autres pièces. <i>Boîte</i> de roue, où entre l'aissieu. Ils appellent aussi en Architecture <i>boîte</i> ce qu'on nomme autrement hoches, amarres, &amp; que les Charpentiers de Paris appellent jouières. Voyez <ref type="search" target="head:AMARRES">AMARRES</ref>.</p><p>En termes de Marine , on appelle la <i>boîte</i> du gouvernail, la pièce de bois percée, à travers de laquelle passe la barre, ou le timon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="13" type="artillerie">
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   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte , en termes d'Artillerie , est un petit mortier de fer, haut de sept à huit pouces, qu'on charge de poudre jusqu'au haut, &amp; qu'on bouche avec un fort tampon de bois pour le tirer dans des feux &amp; réjouissances publiques, afin que le bruit s'en fasse ouir de plus loin. <i>Aeneum crepitaculum.</i> On appelle aussi <i>boîte,</i> le bouton qui est au bout de la hampe des écouvillons qui servent à nettoyer, à rafraîchir le canon. La tête d'un refouloir s'appelle aussi <i>boîte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="14" type="">
   <index type="head" value="BOÎTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte pour allezer le canon. Cette <i>boîte</i> est de cuivre, ou de fonte, &amp; armée d'un couteau bien acéré. On suspend la pièce en l'air, ayant la bouche en bas, en sorte que le couteau, enchassé dans la <i>boîte,</i> coupe &amp; unit le dedans de l'ame de la pièce, à mesure qu'un cheval tourne une roue placée horizontalement sous cette machine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="15" type="">
   <index type="head" value="BOÎTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte , est aussi une emboîture de fer, ou de fonte, dans laquelle entre le bout d'un essieu d'affut, ou autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5312" id="16" type="">
   <index type="head" value="BOÎTE" />
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    <head>BOÎTE</head>
    <p>
    Boîte a Pierrier . C'est un corps cylindrique &amp; concave, fait de bronze ou de fer, rempli de poudre, avec une anse &amp; une lumière, qui répond à cette poudre. On met cette <i>boîte</i> ainsi chargée dans le pierrier par la culasse, derrière le reste de la charge, qu'elle chasse aussi-tôt qu'elle a pris feu.</p><p>On dit proverbialement, que dans les petites <i>boîtes</i> sont les bons onguens ; pour dire, que les choses précieuses se mettent en peu de lieu. On dit aussi d'une chambre chaude &amp; bien fermée, qu'elle est close comme une <i>boîte.</i> On dit aussi d'une personne qui est très-propre, qu'il semble toujours qu'elle sorte d'une <i>boîte.</i> On dit aussi, mais fort bassement d'un homme qu'on a mis prisonnier, qu'on l'a mis dans la <i>boîte</i> aux cailloux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5313" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOITE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BOITE</head>
    <p>
    BOITE , s. f. On dit aussi boitillon. C'est un morceau de bois d'orme qui est emboîté dans l'oeillet de la meule, il est serré avec des coins, &amp; contient environ un pied en quarré. Caron. <i>Modiolus molae pistrinensis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5314" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOITE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BOITE</head>
    <p>
    BOITE , s. f. Le point, le temps, la saison où le vin est bon à boire. <i>Bibendi vini maturitas.</i> Ce vin est trop verd, il ne sera dans sa <i>boite</i> que dans trois mois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5314" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOITE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BOITE</head>
    <p>
    Boite , est aussi du petit vin qu'on fait à la campagne pour des valets, en mettant des seaux d'eau sur le marc avant qu'il soit entièrement pressuré. <i>Famulare vinum.</i> On a fait trois muids de <i>boite</i> pour les gens.</p><p>On appelle aussi <i>boite</i> l'appât qu'un pêcheur à la ligne met à son hameçon pour prendre le poisson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5315" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOITEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BOITEMENT</head>
    <p>
    BOITEMENT , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey. Il signifie l'action de celui qui boite, qui marche mal, à cause de quelque mauvaise disposition dans les parties qui servent à marcher. <i>Claudicatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5316" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOITER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>BOITER</head>
    <p>
    BOITER , v. neut. Clocher, incliner plus d'un côté que d'un autre en marchant. <i>Claudicare.</i> On <i>boite</i> du pied : quand l'un est plus court que l'autre. On <i>boite</i> aussi de la hanche, quand elle est foible. On <i>boite</i> par blessure, on <i>boite</i> par douleur, lorsque les jambes, ou les cuisses, ou les pieds sont incommodés, &amp; ne peuvent faire leurs fonctions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5317" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOITEUX, EUSE" />
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    <head>BOITEUX, EUSE</head>
    <p>
    BOITEUX, EUSE , adj. &amp; s. Celui ou celle qui boite. <i>Claudus.</i> Il est presque gueri de sa goutte, il n'est plus qu'un peu <i>boiteux.</i> Lorsque l'on présenta à un Picard une fille qui demandoit de l'épouser pour le tirer de la potence, s'étant aperçu qu'elle étoit <i>boiteuse,</i> il dit au bourreau, fais ton devoir. Mont. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5317" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOITEUX, EUSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BOITEUX, EUSE</head>
    <p>
    Boiteux , se dit aussi figurément d'un esprit mal-fait, qui juge de travers. <i>Ingenium distortum.</i> C'est un esprit <i>boiteux.</i> Pasc.</p><p>En termes de Manége , on appelle un cheval <i>boiteux</i> de l'oreille, ou de la bride, quand par ses mouvemens de tête il marque tous les pas qu'il fait en boitant.</p><p>En musique, Contrepoint <i>boiteux,</i> ou à la <i>boiteuse,</i> se dit, parce que comme on est obligé de mettre toujours &amp; dans chaque mesure contre le sujet donné une blanche entre deux noires ; quand on vient à exécuter ce contrepoint, il semble que ces fréquentes syncopes faisant sautiller la voix, la fassent marcher en chancellant &amp; en boitant. Brossard.</p><p>Le <i>Boiteux,</i> dans la science hermétique, signifie Vulcain, le feu, ou la chaleur de la nature.</p><p>On dit proverbialement en matière de nouvelles, qu'il faut attendre le <i>boiteux</i> ; pour dire, qu'il en faut attendre la confirmation, avant que de les croire. Cette expression, <i>il faut attendre le boiteux,</i> vient de ce que le temps semble être <i>boiteux,</i> &amp; marcher lentement à tous ceux qui sont dans l'attente de quelque chose. On dit, qu'il ne faut pas clocher devant les <i>boiteux</i> ; pour dire, qu'il ne faut pas se moquer des défauts naturels de son prochain, &amp; qu'il n'a pas par sa faute. On dit aussi que les <i>boiteux</i> sont de bons mâles, &amp; vigoureux en amour. Ce proverbe vient. d'une réponse que firent les Amazones pour se moquer des Scythes qui leur vouloient persuader de se rendre à eux, en leur disant qu'elles ne seroient plus caressées par des <i>boiteux,</i> comme étoient tous les mâles de ce pays-là, à cause qu'elles leur tordoient les jambes en naissant, afin de demeurer toujours les maîtresses. Cette réponse passa d'abord en proverbe chez les Grecs, &amp; chez les autres nations. On dit que les <i>boiteux</i> sont marqués au B. Voyez <ref type="search" target="head:B">B</ref>.</p><p>Etienne Guichard dérive ce mot de l'Hébreu , <i>labat,</i> qui signifie selon lui, <i>perverti, impingere, offendi, ruere, caedere, festinare, accelerare, claudicare,</i> &amp; selon ces significations, dit-il, de <i>labat, labor</i> peut-être formé en Latin, &amp; omettant la première radicale, de bat, <i>boiteux</i> en François. Il est vrai que R. David Kimhhi, dans son <i>Dictionnaire Hébraique,</i> rapporte que son père R. Joseph Kimhhi, dans son <i>Commentaire sur les Proverbes,</i> l'interprétoit <i>festinare,</i> se hâter, &amp; <i>claudicare,</i> boiter : interprétations qu'il tiroit de la langue Arabique, où nous trouvons en effet des vestiges de ces deux significations. Ainsi les Maures pourroient nous avoir apporté ce nom ; mais cela est bien incertain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5318" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOITIAPO" />
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    <head>BOITIAPO</head>
    <p>
    BOITIAPO , est un serpent du Brésil, que les Portugais appellent <i>cobus,</i> de <i>cipo.</i> Marcgrave, Jonston. Il est long de sept ou huit pieds, gros comme le bras, rond &amp; pointu en forme d'une alene vers la queue, couvert de belles écailles comme triangulaires, de couleur d'olive &amp; jaunâtre. Il vit de grenouilles. Sa morsure est dangereuse comme celle des autres serpens. Sa chair résiste au venin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5319" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOÎTIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BOÎTIER</head>
    <p>
    BOÎTIER , s. m. Boîte de Chirurgien, dans laquelle il porte sur lui plusieurs sortes d'onguens ; &amp; pour cet effet elle est divisée en plusieurs petites cellules. <i>Capsula unguentaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5319" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOÎTIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BOÎTIER</head>
    <p>
    Boîtier , se dit aussi d'une certaine boîte de chagrin, ou de marroquin, où les Jouailliers, &amp; mêmes les personnes riches &amp; curieuses mettent leurs bagues &amp; leurs bijoux. Mon <i>boîtier</i> est bien garni. Voilà la plus belle pierre de mon <i>boîtier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5320" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOI-TOUT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BOI-TOUT</head>
    <p>
    BOI-TOUT , s. m. Prononcez <i>Boi-tou.</i> Ce mot ne se dit guère qu'en riant, &amp; en parlant familièrement. Il signifie un verre qui n'a point de pate, un verre dont la pate est cassée. On appelle ainsi ces verres, parce que quand on y a versé à boire, il faut boire, car ils ne peuvent se soutenir, n'ayant point de pates. Donnez-moi ce <i>boi-tout,</i> je veux boire dedans. Quand vous n'aurez qu'un <i>boi-tout,</i> il faudra bien que vous le vuidiez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5321" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOITURE" />
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    <head>BOITURE</head>
    <p>
    BOITURE , s. f. Vieux mot, qui signifie Débauche qu'on fait à boire. <i>Pergraecari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5322" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BOL" />
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   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BOL</head>
    <p>
    BOL , ou BOLUS, s. m. Terme de Médecine . C'est un remède interne &amp; d'une consistence molle. <i>Bolus.</i> Il a été inventé principalement pour les malades qui ont de la répugnance à boire les remèdes, ou qui n'en peuvent supporter le goût ni l'odeur : on y a recours aussi pour faire mieux avaler certains remèdes, qui par leur pesanteur resteroient au fond du verre, s'ils étoient mêlés dans des liqueurs ; comme feroient diverses préparations de mercure, d'antimoine, &amp;c. Il y en a de plusieurs sortes. On les fait avec des électuaires, des confections, des conserves, des pulpes, des poudres, des sels, des huiles, des essences, des extraits, des syrops, &amp; avec une infinité de remèdes, dont il faut qu'il y en ait qui aient assez de solidité, ou assez de sècheresse pour donner de la consistence à ceux qui sont trop liquides, ou trop mols. On les prend à la pointe d'un couteau ; mais le plus souvent on les enveloppe de pain à chanter, de sucre en pore, de poudre de réglisse, de fruits cuits ou cruds, ou de quelque confiture ou autre matière, qui puisse empêcher en quelque façon qu'on ne sente l'odeur &amp; le goût des médicamens, dont les <i>bols</i> sont composés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5322" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOL" />
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    <head>BOL</head>
    <p>
    Bol . <i>Bolus,</i> s. f. Sorte de terre qui est ordinairement en morceaux rougeâtres, quelquefois jaunâtres, ou blanchâtres. Elle est grasse au toucher, onctueuse, stiptique au goût, &amp; astringente. Elle happe la langue lorsqu'on l'en approche, &amp; se fond dans l'eau. Il y a plusieurs espèces de <i>Bols.</i> Il s'en trouve du rouge &amp; du jaune aux environs de Lyon : auprès de Montpellier il y en a de fort rouge ; près de Paris on en trouve d'incarnat, mais moins pur que les précédens. Le <i>Bol</i> qui nous est apporté d'Arménie est le plus estimé. Il se fond aisément à la bouche, il est plus fin &amp; plus pur, sur-tout lorsqu'il est bien choisi. Les Alchymistes font grand cas de deux autres espèces de <i>Bols,</i> qu'ils nomment <i>Axungia solis,</i> &amp; <i>axungia lunae.</i> Le premier vient des mines d'or de Silésie ; le second vient apparemment de quelques mines d'argent, ou bien son nom se prend peut-être de sa blancheur. Le <i>Bol</i> rouge est astringent, stiptique. On l'applique extérieurement pour arrêter les hémorragies des plaies, intérieurement pour les dyssenteries, les aigreurs, les cours de ventre &amp; les pertes. Il entre dans la composition de quelques emplâtres stiptiques &amp; astringentes. Agricola, Vormius, Charleton, ont parlé de ses différences.</p><p>Beaucoup de gens confondent le <i>Bol d'Arménie</i> avec la terre Lemnienne. Les Marchands les falsifient, &amp; les vendent l'un pour l'autre. On le tire en certaines baumes ou cavernes de Cappadoce, &amp; on l'apporte en la ville de Sinope, d'où il a pris son nom. Mathiole dit qu'on le trouve dans les mines d'or, d'argent, de cuivre &amp; de fer. Voyez Fallope, Agricola, Cardan, Scaliger, qui en ont traité amplement. On l'appelle aussi <i>terra Lemnia,</i> parce que ce sont les habitans de l'Isle de Lemnos qui en font le trafic.</p><p>On trouve dans la Province de Machicore en Afrique une <pb n="654" facs="bpt6k8542165/f694/full/1200,/0/native.jpg"/>terre rouge, qui est aussi bonne, ou qui est la même que celle que les Apothicaires appellent <i>Bol d'Arménie</i> ; on l'appelle dans la langue du pays <i>Tamene.</i> Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5323" id="1" type="mythologie">
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    <head>BOLATHEN</head>
    <p>
    BOLATHEN , s. m. Terme de Mythologie . <i>Bolathen,</i> en Grec . C'est un des noms que les Phéniciens &amp; les Syriens donnoient à Saturne, au rapport de Damascius dans la vie du Philosophe Isidore, dont Photius nous fait l'extrait dans sa Bibliothèque, <i>Cod.</i> 242.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5324" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOLDUC" />
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    <head>BOLDUC</head>
    <p>
    BOLDUC , s. m. <i>Silva ducis, Boscum Ducis, Bolducum.</i> Ville des Pays-Bas dans le Brabant sur la Duese. Ce nom s'est formé par corruption de <i>Bois le Duc.</i> Quelques-uns même, comme Maty, l'écrivent encore ainsi, &amp; semble préférer <i>Bois le Duc,</i> ou Bos le Duc, à <i>Bolduc</i> ; mais ils se trompent, nous disons &amp; nous écrivons <i>Bolduc. Bolduc</i> est dans une plaine dans laquelle étoit un bois, où les Ducs de Brabant alloient souvent à la chasse, &amp; qui pour cela étoit appellé Bois le Duc, <i>Silva Ducis.</i> Le Duc Henri voulant s'opposer aux courses que ceux de Gueldres faisoient sur ses terres, fit couper ce bois qui les favorisoit, vers l'an 1172. &amp; l'on y jetta les fondemens d'une ville, que le Duc Geoffroi fit achever en 1184. Le territoire de cette ville s'appelle la Mairie de <i>Bolduc.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5325" id="1" type="fleuriste">
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    <head>BOLHUERT</head>
    <p>
    BOLHUERT , subst. m. Terme de Fleuriste . Tulipe incarnat &amp; blanc. Morin, <i>Cult. des fleurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5326" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOLLANDISTE" />
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    <head>BOLLANDISTE</head>
    <p>
    BOLLANDISTE , s. m. <i>Bollandianus.</i> Les <i>Bollandistes</i> sont les Jésuites d'Anvers, qui ont travaillé, &amp; qui travaillent encore à la collection des Actes &amp; des Vies des Saints. Comme nous citons souvent ces savans Auteurs, &amp; qu'on leur sera obligé de plusieurs choses excellentes, que l'on trouvera dans ce Dictionnaire ; que ce nom d'ailleurs s'est établi dans notre langue, on sera bien aise de les connoître, &amp; d'apprendre d'où on leur a donné ce nom. Le P. Héribert Rosweide d'Utrecht, Jésuite de la maison Professe d'Anvers, connu par un grand nombre d'excellens ouvrages, fit dessein au commencement du XVIIe siècle de recueillir toutes les vies des Saints, &amp; de les donner telles qu'elles ont été écrites par les Auteurs originaux, avec des Notes semblables à celles qu'il a mises à ses vies des Pères, pour éclaircir les choses obscures, distinguer les vraies des fausses, &amp;c. Il mourut en 1629. sans avoir pû commencer son ouvrage. Jean Bollandus reprit le même dessein l'année suivante : mais au lieu que Rosweide n'avoit eu dessein de donner que les vies des Saints qui ont été composées, Bollandus se proposa, quand il n'y auroit point de vies d'un Saint, de la tirer lui-même des Auteurs qui en auroient parlé, &amp; de la faire. On lui associa en 1635. le P. Godefroy Henschenius, &amp; en 1641. il donna le mois de Janvier en deux gros volumes <i>in-fol.</i> En 1658. on leur joignit le P. Daniel Papebroch, qui commença aux Saints du mois de Mars. Henschenius étant tombé en paralysie, on joignit au P. Papebroch le P. Fr. Baert, &amp; le P. Conrad Janning, qui commencèrent à travailler au premier Tome du mois de Mai, au 2e &amp; 3e de Juin : ils ont eu pour Collègue le P. Nicolas Rayé, &amp; après encore le P. Jean Sollier, qui ne paroît sur les rangs qu'au dernier Tome de Juin. Les PP. Baert, Janning &amp; Sollier, vivent (1721.) &amp; travaillent encore à ce grand ouvrage, dont il a paru jusqu'ici, c'est-à-dire, en 80. ans qu'il y a qu'on l'a commencé, deux volumes du mois de Janvier, trois de Février, trois de Mars, trois d'Avril, sept du mois de Mai, &amp; un Propyloeum, ce qui fait huit volumes pour ce seul mois, &amp; cinq pour celui de Juin ; c'est vinq-quatre volumes pour les six premiers mois, auxquels ils feront encore des additions. Ce grand Ouvrage, &amp; les Dissertations ou Notes savantes qu'ils y ajoûtent, servent infiniment à éclaircir toute l'Histoire, tant Ecclésiastique que Civile. C'est du P. Bollandus, ou Bolland, qui commença ce grand Recueil projetté par Rosweide, qu'on appelle ces Auteurs les <i>Bollandistes,</i> c'est-à-dire, ceux qui continuent l'ouvrage commencé par Bollandus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5327" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="BOLUC BASSI" />
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    <head>BOLUC BASSI</head>
    <p>
    BOLUC BASSI , s. m. Terme de relation . Officier de la Porte. Les <i>Bolucs Bassis</i> sont chefs de bande, ou Capitaines de cent Janissaires, ayant état de 60 aspres par jour, montés de cheval &amp; habillés. Nicolay.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5328" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOLUS" />
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    <head>BOLUS</head>
    <p>
    BOLUS . Voyez <ref type="search" target="head:BOL">BOL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5329" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBANCE" />
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    <head>BOMBANCE</head>
    <p>
    BOMBANCE , s. f. Vieux mot, qui signifioit, Grande dépense Faite pour la parade, pour la vanité. <i>Luxus.</i> On a vécu toujours dans cette maison avec grande <i>bombance</i> ; ce n'est que <i>bombance</i> &amp; que festins.</p><p>Ménage le dérive de <i>pompancia</i>, qui a été fait de <i>pompa.</i> Borel le dérive du vieux mot Gaulois <i>bobance</i>, &amp; <i>bobancier,</i> qui signifient <i>vanité, superfluité.</i> Guichard prétend, mais sans apparence, que de , <i>abab,</i> la fleur de la jeunesse, &amp; ce qui en est le signe, <i>pubes,</i> a été fait en Grec , <i>pubes, inflammatio &amp; tumor pubis propriè, deinde alterius etiam partis</i> ; que de , est dérivé <i>boub,</i> en Allemand, <i>puer ;</i> &amp; peut-être que de , <i>bobans</i> a été dit en François ; <i>luxus, luxuries, prodigalitas, &amp; affluentia deliciarum, tàm in moribus quàm in cultu</i> ; &amp; bobancier, <i>luxuriosus, dissolutus, lascivus, prodigus, ganeo.</i></p><p>On peut encore se servir de ce mot, pourvû que ce soït en riant, en goguenardant, ou en imitant le langage qu'on parloit il y a cent ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5330" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBARDE" />
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    <head>BOMBARDE</head>
    <p>
    BOMBARDE , s. f. Pièce d'Artillerie dont on se servoit autrefois, qui étoit grosse &amp; courte, ayant une ouverture fort large. <i>Aeneum tormentum murale.</i> Quelques-uns l'ont appellée <i>basilic,</i> &amp; d'autres <i>passe-volant.</i> Il y a eu des <i>bombardes</i> qui ont porté jusqu'à 300 livres de bale, &amp; pour les tirer on les balançoit sur des cordages soutenus par des chèvres ou grues de charpente, qui ne sont plus en usage que dans l'Histoire. On s'en servoit pour tirer de gros bouiets de pierre, &amp; on leur donnoit une grande charge de poudre. Aussi les <i>bombardes</i> étoient-elles en usage devant l'invention des canons. Car Froissart fait mention d'une <i>bombarde</i> qui avoit 50 pieds de long, &amp; faisoit si grande noise au decliquer, qu'on entendoit le bruit des pierres qu'elle jettoit, de cinq lieues durant le jour, &amp; de dix lieues pendant la nuit, &amp; qu'il sembloit que tous les diables fussent en chemin. Elle ne jouoit qu'avec des cordes &amp; des machines. Il parle aussi d'une <i>bombarde</i> portative qu'on tiroit avec la main, &amp; qui lançoit des carreaux de fer &amp; empennés. Casimir, Polonois, dans sa <i>Pyrotechnie,</i> écrit que les Danois ont été les premiers qui se sont servis de cette machine.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot par corruption de <i>Lombarde,</i> croyant qu'elle est venue de <i>Lombardie</i> ; &amp; ainsi l'appelloient les Espagnols. Mais Ménage, après Vossius, &amp; autres le dérivent du Grec , ou du Latin <i>bombus, à bombo,</i> &amp; <i>ardeo,</i> à cause du bruit éclatant que font ces terribles machines : car <i>bombus,</i> selon Laurent Valla, qui donne cette étymologie du mot <i>bombarde,</i> se dit non-seulement du bruit que font les abeilles, mais aussi des bruits du tonnerre. D'autres le dérivent de <i>bomba</i>, dont quelques Auteurs se sont servis pour parler de certaines coquilles qui servoient de trompettes. Mais il vient de l'Allemand <i>bomberden</i>, qui est le pluriel de <i>bomber,</i> qui signifie <i>balista.</i> Les premiers canons ont été appellés <i>bombardes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5331" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBARDEMENT" />
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    <head>BOMBARDEMENT</head>
    <p>
    BOMBARDEMENT , s. m. Action de bombarder : fracas que l'on fait en jettant des bombes dans une place. <i>Aenei tormenti jactus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5332" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBARDER" />
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    <head>BOMBARDER</head>
    <p>
    BOMBARDER , v. act. Jetter plusieurs bombes dans une place, soit qu'on se veuille contenter de la détruire, sans être obligé de l'assiéger, soit qu'on en veuille faciliter la prise quand on l'assiége. <i>Tormento aeneo muros quatere.</i> Le Roi a fait <i>bombarder</i> Alger, &amp; l'a obligée à demander la paix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5333" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBARDIER" />
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    <head>BOMBARDIER</head>
    <p>
    BOMBARDIER , s. m. Celui qui mire, &amp; qui jette les bombes par le moyen des mortiers. M. Toinart trouvoit qu'il falloit dire <i>bombier. Aenei tormenti jaculator.</i> Il y a 200. ans qu'il signifioit, Celui qui servoit les bombardes, qui étoient les principales pièces d'artillerie de ce temps-là. On appelloit aussi <i>Couleuvrinier,</i> celui qui servoit les couleuvrines ; comme on appelle aussi <i>Canonnier,</i> celui qui sert le canon. Les Espagnols &amp; les Italiens appellent encore un Canonnier <i>Bombardeco.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5334" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBASIN" />
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    <head>BOMBASIN</head>
    <p>
    BOMBASIN , subst. masc. Futaine à deux envers, doublement croisée, ou double basin qui vient de Lyon. <i>Bombycinum lana mistum.</i></p><p>Ce mot vient de <i>bombasum</i>, mot Arabe qui signifie <i>coton.</i> Mais Ménage le dérive de <i>bombassinum</i>, &amp; de <i>bombyx</i>, ver à soie ; ou de <i>bombax,</i> qui selon Du Cange signifie du <i>coton,</i> qu'il dit être quelque chose de mitoyen entre la laine &amp; le lin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5335" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBE" />
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    <head>BOMBE</head>
    <p>
    BOMBE , s. f. Grosse grenade, ou gros boulet de fer aigre qui est creux &amp; rempli de poudre. <i>Globus ingens ex aere fusus excavatusque, ingesto intus pulvere refertus.</i> On le tire dans un mortier monté sur un affût, &amp; le feu se met à la fusée lente qui entre dans sa lumière. Son poids, quand elle tombe, &amp; les éclats du fer quand elle se brise, font de grands désordres dans une ville assiégée. On appelle <i>bombe foudroyante,</i> celle qui tue, fracasse &amp; brise tout ; &amp; <i>bombe flamboyante,</i> celle qui étant seulement pleine de feu d'artifice, ne sert qu'à éclairer. Alphonse I. Duc de Ferrare, avoit pris pour devise une <i>bombe</i> qui crevoit en l'air, avec ces mots François, <i>Au lieu &amp; temps,</i> pour marquer que les grandes affaires veulent être faites dans des conjonctures favorables, &amp; qu'il faut beaucoup de prudence pour les ménager.</p><p>Ce mot vient de <i>bombus</i>, <i>crepitus, aut sibilus ani,</i> à cause du bruit que fait la <i>bombe.</i> M. Blondel a fait un livre de l'<i>Art de jetter les bombes ;</i> &amp; il croit que l'usage des mortiers est aussi vieux que celui du canon. Pour les <i>bombes,</i> les premières, selon lui, furent jettées sur la ville de Wachtendonch en Gueldres l'an 1588. D'autres prétendent qu'un siècle auparavant, l'an 1495. on en jetta à Naples sous Charles VIII. &amp; ils tâchent de le prouver par un endroit du Verger d'honneur, composé par Octavien de S. Gelais, &amp; par André de la Vigne. On en trouve un exemple de l'année 1495. Il est parlé aussi des mortiers au siége de Naples sous Charles VIII. On tient que ce fut un habitant de Venlo, qui inventa les <i>bombes</i> sur la fin du dernier siècle, pour les faire servir aux feux d'artifice. Les Hollandois disent qu'un Ingénieur Italien en fit des épreuves à Bergopzoom, avant que l'homme de Venlo y eût songé ; que les premières qu'on ait fait servir à la guerre, furent jettées dans Wachtendonck en Gueldres, lorsque le Comte de Mansfeld l'assiégeoit en 1588. qu'on ne s'en est servi en France qu'au siége de la Mothe en 1634. quoique dise Casimir, que les François en jettèrent dans la Rochelle ; que l'Ingénieur qui les jetta étoit un Anglois nommé Malthus ; qu'au siége de Thorn en Prusse les Polonois se servirent contre les Suédois d'une manière extraordinaire de jetter des pierres sans mortier, qui pesoient plus de 800 livres. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Blondel, l'<i>Art de jetter des bombes.</i> D'autres disent qu'on s'en servit au siége de Mezières en 1521.</p><p>Un caisson de <i>bombes,</i> est un fourneau superficiel, un creux où on met cinq ou six <i>bombes,</i> qu'on couvre d'un peu de terre, &amp; qu'on fait tirer quand l'ennemi arrive sur ce terrain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5336" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMBÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>BOMBÉ</head>
    <p>
    BOMBÉ , ou courbé, en Géométrie, est une portion circulaire fort plate : comme celle qui se forme sur la base d'un triangle équilatéral, dont l'angle au sommet est le centre. <i>Curvatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5337" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BOMBEMENT" />
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    <head>BOMBEMENT</head>
    <p>
    BOMBEMENT , subst. m. Terme d'Architecture , qui signifie, Curvité, renflement, convexité. <i>Arcus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5338" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="BOMBER" />
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    <head>BOMBER</head>
    <p>
    BOMBER , v. act. Faire un trait plus ou moins renflé. <i>Arcum describere.</i></p><p>En termes de Jardinage <i>Bomber,</i> &amp; mettre en dos de bahut, est la même chose. On <i>bombe</i> maintenant toutes les platebandes des jardins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5338" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOMBER" />
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    <head>BOMBER</head>
    <p>
    Bombé , adj. m. Les artisans appellent ainsi le bois renflé qui est creux &amp; courbé en arc. <i>Curvatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5339" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOMERIE" />
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    <head>BOMERIE</head>
    <p>
    BOMERIE , s. f. Terme de Marine . C'est le nom qu'on donne sur les côtes de Normandie à un contrat ou prêt à la grosse avanture, qui est assigné sur la quille du vaisseau. La <i>bomerie</i> diffère de l'assurance, en ce qu'il n'est rien dû en vertu de ce contrat en cas de naufrage, mais seulement quand le navire arrive à bon port.</p><p>Ce mot vient de <i>bome</i>, Flamand, qui signifie <i>quille du vaisseau</i> ; &amp; <i>bomerie</i> est une quille équipée, ou vaisseau garni. On a ainsi nommé l'argent prêté à gros intérêt, qui monte quelquefois à 25 pour cent, parce que l'argent n'est prêté que sur la quille du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5340" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOMONIQUE" />
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    <head>BOMONIQUE</head>
    <p>
    BOMONIQUE , s. m. <i>Bomonica.</i> C'est le nom qu'on donnoit à Lacédémone à de jeunes enfans, qui dans les sacrifices de Diane, disputoient à l'envi à qui recevroit le plus de coups de fouet, &amp; qui les souffroient quelquefois pendant tout un jour jusqu'à la mort, ainsi que Plutarque le rapporte dans ses apophthegmes. Souvent leurs mères présentes les voyoient avec joie, &amp; animoient leur constance. Voyez Meursius <i>Graec. feriat. Lib. II.</i></p><p>Ce mot vient de , <i>autel,</i> &amp; , <i>victoire,</i> &amp; signifie <i>victor ad aram,</i> victorieux aux autels ; qui a remporté la victoire pendant les sacrifices aux pieds des autels.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5341" id="1" type="">
   <index type="head" value="BON, BONNE" />
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    BON, BONNE , adj. Qui se dit premièrement, &amp; éminemment de Dieu. <i>Bonus.</i> La Nature Divine est <i>bonne</i> par sa nature. Il n'y a que Dieu seul qui soit <i>bon,</i> dit Jesus-Christ en saint Matthieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5341" id="2" type="">
   <index type="head" value="BON, BONNE" />
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon , se dit à l'égard des créatures spirituelles, de ce qui perfectionne leur nature, &amp; qui leur acquiert l'estime des hommes. En ce sens il est opposé à <i>méchant</i> &amp; à <i>mauvais. Bon</i> Ange, mauvais Ange. <i>Bon</i> Démon, méchant Démon. <i>Bon</i> Génie, mauvais Génie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5341" id="3" type="">
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon , se dit aussi des êtres corporels, soit hommes, soit animaux, plantes, minéraux, &amp; même de tout ce qui résulte de l'art. <i>Bon</i> garçon, <i>bon</i> cheval, <i>bon</i> oiseau, <i>bon</i> or, <i>bon</i> bois, <i>bonne</i> pierre, <i>bon</i> vin, <i>bonne</i> terre, <i>bon</i> Philosophe. Les personnes excessivement <i>bonnes,</i> qui approuvent tout, sont un peu ennuyeuses en conversation. M. Scud. Ces personnes <i>bonnes,</i> sans esprit &amp; sans savoir, ne sont pas d'un grand usage dans le monde. M. Scud. Il est dangereux d'être trop <i>bon</i> ; ceux qui ne se font point appréhender sont trop exposés à la médisance. S. Evr. La plus belle qualité qui ait été jamais donnée à un Prince, est celle de très-<i>bon</i> Prince, qui se voit sur tant de médailles de Trajan, &amp; que le Sénat &amp; le peuple lui déférèrent à l'envi. S. P. Q R. Optimo Principi.</p><p>Généralement parlant ce mot peut servir d'épithète à tous les substantifs de la Langue ; &amp; cela fait qu'il a plusieurs sens différens, selon la différente nature des substantifs ausquels il sert d'épithète. Ainsi le mot de <i>bon</i> signifie quelquefois vaillant, comme quand on dit, c'est un <i>bon</i> soldat : quelquefois adroit, comme quand on dit, c'est un <i>bon</i> ouvrier : quelquefois excellent, comme quand on dit, ces vers sont fort <i>bons</i> : quelquefois ingénieux, subtil, plaisant, comme quand on dit, il y a de <i>bonnes</i> Epigrames dans Catulle &amp; dans Martial : quelquefois fort, vigoureux, comme quand on dit, une <i>bonne</i> preuve, un <i>bon</i> coup de poing : quelquefois utile, nécessaire, comme quand on dit, il n'est <i>bon</i> à rien, il étoit <i>bon</i> de faire une telle chose. <i>Bon</i> a encore je ne sai combien d'autres significations dont on va voir quelques exemples, sans compter qu'il est souvent augmentatif tant en bien qu'en mal. <i>Bon</i> Apôtre, <i>bon</i> coquin, <i>bon</i> drôle, <i>bon</i> diable, <i>bon</i> enfant, <i>bon</i> éveillé, <i>bon</i> frère, <i>bon</i> fripon, <i>bonne</i> pièce, <i>bon</i> scélérat, bon vivant, <i>bonne</i> peste, une <i>bonne</i> lieue, une <i>bonne</i> heure, un bon homme de mer, un <i>bon</i> homme de cheval.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon , est quelquefois relatif aux choses à quoi il peut servir, alors il signifie utile, salutaire, propre, convenable. La diète est <i>bonne</i> pour la santé. Le lit est bon pour le rhume. Les artichauts sont <i>bons</i> à manger. Cela est <i>bon</i> à toutes sauces. Cette quinte n'est pas <i>bonne,</i> j'ai une sixième. On dit aussi, Cela est <i>bon</i> à quelque chose, cela n'est <i>bon</i> à rien.</p><p>On dit aussi, à quelque chose malheur est <i>bon,</i> &amp; le même M. de la Fontaine s'est heureusement servi de ce tour dans le sens d'une de ses fables.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon , se dit aussi de ce qui est franc &amp; sincère. C'est un homme qui va à la <i>bonne</i> foi. C'est un <i>bon</i> coeur d'homme. On le dit aussi de l'habileté. C'est une <i>bonne</i> tête, <i>bon</i> sens, un <i>bon</i> esprit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Mon bon , <i>Ma bonne,</i> est un terme de caresses familières, qui veut dire, <i>Mon cher, Ma chère.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon-bon , s. m. Terme enfantin, qui signifie quelque friandise <pb n="656" facs="bpt6k8542165/f696/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'on donne aux enfans. <i>Crustula ; cupedia.</i> Voilà du <i>bon-bon.</i></p><p>Au pluriel on dit <i>Bonbons.</i></p><p>On se sert aussi de ce mot dans le style burlesque ; pour dire, des rafraîchissemens, des confitures.</p><p>Un Poëte l'a dit aussi en parlant d'un petit chien.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bonne aventure , s. f. Rencontre favorable &amp; avantageuse. <i>Sors, fortuna.</i> Par <i>bonne aventure</i> j'ai trouvé celui que je cherchois il y a long-temps. On appelle, Dire la <i>bonne aventure</i> à quelqu'un, quand par l'inspection de la main on lui prédit ses bonnes ou mauvaises fortunes. Les Bohémiens sont des diseurs de <i>bonne aventure.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bonne année , est une année fertile. <i>Annus fertilis.</i> Il m'en a donné pour la <i>bonne année</i> tout mon saoul. On dit aussi, <i>Bon an, mal an ;</i> pour dire, par années communes, la bonne compensant la mauvaise.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bon air , signifie, Bonne grace, bonne mine, agréable manière d'agir, de s'habiller, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bon bord . <i>Courir le bon bord,</i> c'est, Pirater. <i>Piraticam exercere.</i> On le dit aussi des femmes publiques qui fréquentent les mauvais lieux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bonne bouche , se dit de la bonté de l'haleine qu'on se conserve en mangeant quelque chose d'odoriférant après le repas. <i>Suavis extremi ferculi odor in ore.</i> Il se dit encore figurément des choses qu'on fait en dernier lieu. Il lui a gardé cette nouvelle pour la <i>bonne bouche.</i> Il lui a suscité cette affaire pour la <i>bonne bouche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bons-corps , s. m. &amp; plur. Milice levée par François II. Duc de Bretagne, dans la guerre qu'il eut en 1468. contre Louis XI. Le Duc en attendant le secours d'Angleterre fit assembler les forces du Pays par l'Amiral de Quelenec, &amp; mit sur pied une nouvelle milice composée de gens du commun les plus robustes que l'on pouvoit trouver, qui fut depuis appellée les <i>Bons corps.</i> La commission de les lever, &amp; de les armer, fut donnée à Rolland de Brefeillac Maître d'Hôtel, &amp; à Jean de Montbourcher. Lobineau. Il donna ordre qu'on levât parmi les roturiers 10000. hommes effectifs de cette nouvelle milice que l'on appelloit les <i>Bons corps,</i> gens robustes &amp; de service. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon Chrétien , se dit de ceux qui s'acquittent bien des devoirs du Christianisme. C'est un <i>bon Chrétien,</i> signifie aussi, C'est un homme simple, ou un homme bon, franc, aisé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon-chrétien , se dit aussi de certaines poires fort grosses, qu'on appelle en Latin <i>pyra panchresta,</i> ou <i>boni christiani.</i> Le <i>bon-chrétien</i> est admirable cuit, quoique sa compôte pèche en couleur. La Quint.</p><p>Bien des gens estiment que le <i>bon-chrétien</i> ne sauroit réussir en buisson, &amp; qu'on n'en peut avoir de beau si on ne le met en espalier ; &amp; c'est en effet principalement en espalier qu'il réussit, sur-tout pour acquérir ce vermillon qui lui sied si bien, &amp; que le plein air ne lui peut entièrement donner. On peut cependant dans des Jardins bien exposés élever en buisson des poires de <i>bon-chrétien</i> très-belles, c'est-à-dire, fort grosses, bien faites, avec une peau assez fine, un peu colorée à l'endroit où le soleil donne, &amp; d'un verd propre à jaunir en maturité. La Quint.</p><p>Ce mot, <i>bon-chrétien,</i> s'est fait par corruption du Latin, ou plutôt du Grec <i>panchresta,</i> qui signifie, Tout-à-fait bon, ou tout-à-fait utile, &amp; composé de , tout, &amp; , bon, utile, de , <i>utor.</i></p><p>Il y a le <i>bon-chrétien</i> d'été, &amp; le <i>bon-chrétien</i> d'hiver. Le <i>bon-chrétien</i> d'été est un fruit du mois d'Août. Chomel, <i>Dict. Oeconom.</i> dit qu'on l'appelle autrement Graccioli. Le <i>bon-chrétien</i> d'hiver, est un des fruits dont la réputation soit la plus ancienne. L'ancienne Rome l'a connu &amp; cultivé sous le nom de <i>Crustumium,</i> &amp; de <i>Volemum.</i> C'est encore un des plus beaux fruits qui se voient. Sa figure est longue &amp; pyramidale, sa grosseur est surprenante, de trois ou quatre pouces dans sa largeur, &amp; de cinq à six dans sa hauteur, si bien qu'on en voit fort communément qui pesent plus d'une livre. Il s'en trouve qui en pesent jusqu'à deux. Son coloris naturel est jaune ; il est relevé par un incarnat, quand il est dans une belle exposition. Il demeure long-temps sur l'arbre, c'est-à-dire, depuis le mois de Mai jusqu'à la fin d'Octobre, &amp; se conserve ensuite quatre ou cinq mois dans la serre. La poire de <i>bon-chrétien</i> d'hiver est très-bonne cuite, quand on la veut manger un peu avant sa maturité, &amp; très-excellente crue, quand on lui veut donner le temps d'y parvenir. Elle est long-temps sans mollir. A la vérité elle n'est pas beurrée, mais elle a la chair cassante, &amp; souvent assez tendre, avec un goût agréable, &amp; une eau douce &amp; sucrée assez abondante, &amp; même un peu parfumée. Son défaut est d'avoir la chair coriasse &amp; pierreuse, ou tout au moins peu fine. En Poitou on l'appelle simplement <i>Poire de Chrétien.</i> La Quintin.</p><p>Les Poires de <i>bon chrétien</i> d'hiver en buisson, ou en espalier, ne peuvent que difficilement acquérir sur franc la couleur jaune &amp; incarnate qu'on y souhaite ; il faut de celles-ci sur cognassiers. La Quint. Les buissons de <i>bon-chrétien</i> sur franc font ordinairement leur fruit tavellé, petit, raboteux, &amp;c. Id.</p><p>Le <i>bon chrétien</i> musqué est une des principales poires d'été. La Quint. Il l'appelle ailleurs <i>bon-chrétien d'été musqué.</i> Le <i>bon-chrétien</i> d'été musqué ne vient guère bien que sur franc. La poire est excellente, &amp; fait un fort bel arbre ; elle est bien faite en poire, d'une grosseur raisonnable, &amp; à peu près comme celle des belles Bergamortes ; son coloris est blanc d'un côté &amp; rouge de l'autre ; sa chair est entre cassante &amp; tendre, ayant beaucoup d'eau, accompagnée d'un très-agréable parfum. Sa maturité vient au mois d'Août. La Quint.</p><p>Certains curieux distinguent différentes espèces de <i>bon-chrétien ;</i> le long, le rond, le verd, le doré, le brun, le satiné, celui d'Auche, celui d'Angleterre, celui qui est sans pepin, &amp;c. Mais La Quintinie s'en moque, &amp; dit que tout cela souvent se trouve sur le même arbre ; &amp; ne vient que de la différence du fonds, des expositions, des années, de la vigueur ou de la foiblesse de l'arbre ; &amp; qu'au reste la ressemblance non seulement du bois, des feuilles &amp; des fleurs, qui se trouvent en tous les Poiriers de ces sortes de <i>bon-chrétiens,</i> mais sur-tout de la figure de la poire, du temps de sa maturité, de sa chair cassante, &amp; de l'eau sucrée, &amp;c. montrent visiblement que c'est toujours la même espèce. Voyez plusieurs choses curieuses &amp; utiles sur ce fruit dans cet Auteur, T. I. P. III. ch. 1.</p><p>Le <i>bon-chrétien d'Espagne</i> en Novembre &amp; Décembre n'a-t-il pas, pour ainsi-dire, des adorateurs de sa beauté, &amp; même quelques-uns de sa bonté ? La Quint. C'est une poire grosse, longue, &amp; bien faite en pyramide, ressemblant tout-à-fait par-là à un beau <i>bon-chrétien</i> d'hiver, d'où lui est venu le nom qu'elle porte ; elle a d'un côté un beau rouge éclatant tout piqué de petits points noirs ; &amp; de l'autre côté elle est blanche, jaunâtre : sa chair est la plus cassante de toutes celles que je connois : elle a d'ordinaire une eau douce, sucrée &amp; assez bonne, quand elle est venue dans un bon fonds, &amp; qu'elle est dans sa parfaite maturité, qui arrive communément depuis la mi-Novembre jusqu'à la mi-Decembre, &amp; va quelquefois jusqu'en Janvier ; mais elle a la chair rude, grossière &amp; pierreuse, particulièrement dans les terroirs &amp; les années un peu humides. La Quint.</p><p>BONNE-DAME. Terme de Botanique . s. f. Plante que quelques-uns appellent autrement Arroche &amp; Folette. <i>Atriplex, Blitum.</i> La <i>bonne-dame</i> ne vient que de graines ; on la sème des premières du printemps ; elle est des plus promtes à lever, &amp; des plus promtes aussi à monter en graine <pb n="657" facs="bpt6k8542165/f697/full/1200,/0/native.jpg"/>dès le mois de Juin : on la sème assez claire ; &amp; pour en avoir de belles graines, il est bon d'en replanter quelques pieds à part. La feuille de cette plante est fort bonne en potage &amp; en farce ; on s'en sert presque d'abord qu'elle est sortie de terre ; car elle passe fort promtement. La Quint. Chomel.</p><p>BONNE DÉESSE, s. f. <i>Bona Dea.</i> Non propre d'une Déesse que les Anciens ont aussi appellée <i>Fauna,</i> &amp; <i>Fatua.</i> Elle avoit été si chaste que nul homme ne l'avoit jamais vûe, ni sû son nom ; aussi les hommes ne pouvoient-ils assister à ses sacrifices, qui ne se faisoient que la nuit, &amp; par les seules femmes. <i>Tibul. L. I. Eleg.</i> VI. <i>v.</i> 22. <i>Juven. Sat. VI. v.</i> 314. Quelques-uns croient que la <i>Bonne Déesse</i> étoit Proserpine, &amp; que c'est pour cela qu'on lui sacrifioit une truie, parce qu'elle gâte les blez de sa mère Cérès. Les Romains, au rapport de Plutarque dans la vie de César, la prenoient pour une Nymphe Dryade, femme de Faune. Lactance rapporte, d'après Sext. Clodius, que cette Nymphe ayant bû du vin, contre la coutume des femmes en ce temps-là, Faune son mari la fouetta de verges de myrte jusqu'à la mort ; que dans la suite regrettant son épouse il la plaça entre les Dieux ; qu'en mémoire de ces faits la bouteille de vin qui servoit aux libations dans ses sacrifices étoit toujours enveloppée &amp; couverte, &amp; ne s'appelloit point bouteille de vin, mais bouteille de miel ; &amp; que l'on n'admettoit point de myrte dans ces cérémonies. D'autres disent que c'est parce que le myrte est consacré à Vénus, &amp; que la <i>Bonne Déesse</i> avoit été très-chaste. Les Vestales étoient les principales de ses Prêtresses. Ce sont eux maintenant qui se rendent propice la <i>Bonne Déesse,</i> par l'effusion de leurs grandes coupes de vin, &amp; par le sacrifice de ce qu'il y a de plus tendre &amp; de plus délicat dans les jeunes truies. P. Tart. Juven<i>.</i> Les secrets qui se pratiquent aux cérémonies de la <i>Bonne Déesse,</i> sont assez connus, quand la flûte incite à danser, &amp; que les Ménades de Priape, transportées hors d'elles-mêmes par le vin &amp; par le bruit du cornet à bouquin, portent leurs cheveux épars, &amp; font ouïr des hurlemens. Ab. de Marolles, Juven<i>.</i></p><p>Les Mythologues prennent la <i>Bonne Déesse</i> pour la terre. Cette Déesse a eu plusieurs noms, &amp; on l'a confondue avec d'autres Divinités ; on la trouve nommée Opis, ou Ops, Proserpine, l'ancienne Vesta, la Grande Mère, la Grande Mère des Dieux, Mère Idéenne, Déesse Phrygienne &amp; Palatine, Mère Bérécynthienne.</p><p>Les sacrifices de la <i>Bonne Déesse</i> s'appelloient <i>Mystères,</i> ou mystères Romains, &amp; se faisoient le 4. Décembre. Voyez Gronovius, <i>Observ. L. IV. c.</i> 9. Il s'y passoit bien des infamies affreuses, comme il paroît par les Anciens qui en ont parlé. Lucrece, L. II. v. 598. nous apprend qu'on la dépeignoit en l'air dans un char traîné par des lions, &amp; portant en tête une couronne murale. C'est en effet ainsi qu'elle est représentée sur des médailles de l'Empereur Philippe. Outre les Auteurs cités, Properce, L. IV. Eleg. 10. v. 25. Ovide, <i>de Arte, L. III. v.</i> 637. &amp; V. <i>Fast.</i> v. 148. &amp; 153. &amp; Joan. Rosin. <i>Antiq. Rom. L. II. C.</i> 19. <i>L. III. C.</i> 26. <i>&amp; L. IV. C.</i> 9. Struvius, <i>Antiq. Rom. Syntagm. p.</i> 122. Vossius, <i>de Idol. L. I. C.</i> 12. <i>L. II. C.</i> 61. parlent de cette Déesse, ou de ses sacrifices, &amp;c. Trois inscriptions dans Gruter, p. LXXXI. 11. CCXXVII. 1. CCXXXVIII. 8. l'appellent <i>Bona Dea.</i> Une autre, p. LXXXII. n. I. lui donne aussi la qualité de sainte.</p><p>BONAE DEAE SANCTAE SACR. &amp;c.</p><p>BONNE ENTE, s. f. Sorte de poire. Voyez <ref type="search" target="head:Doyenné">Doyenné</ref>. C'est son nom plus ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bonne Espérance . Divinité Païenne. <i>Bona spes.</i> Une inscription antique dans Gruter, p. MLXXV. n. 1. porte.</p><p>BONAE SPEI AUG. VOT. PP. TR.</p><p>Soit que ce fût la même Déesse que l'Espérance, à laquelle ils donnoient quelquefois l'épithète de bonne ; ou plutôt qu'ils distinguassent ces deux Divinités.</p><p>Le Cap de <i>Bonne Espérance</i> est à la pointe Méridionale de l'Afrique. Il fut découvert en 1498. par Vasquez de Gama Portugais. On le nomma la tête d'Afrique, le Cap des tourmentes, le Lion de la mer, parce qu'il est le plus dangereux &amp; le plus long qu'on connoisse. Emmanuel Roi de Portugal lui donna le nom de <i>Bonne Espérance,</i> parce qu'après l'avoir doublé, on peut espérer de continuer heureusement sa navigation. Les Hollandois y ont un Fort qu'ils appellent le Fort de <i>Bonne Espérance.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon évènement . Les Anciens en avoient fait un Dieu, à l'honneur duquel il nous reste encore quelques inscriptions dans Gruter, p. CL. v. 7. &amp; 8. Euphranor avoit fait une Statue du <i>Bon Evènement</i> que Pline décrit, L. XXXIV. C. 8. De la main droite il tenoit une patère, ou coupe, &amp; de la gauche un épi &amp; un pavot. On le voit ainsi gravé sur quelques médailles. Varron, <i>De Re Rust.</i> L. I. C. 1. met le <i>Bon Evènement</i> au nombre des douze Dieux <i>Consentes,</i> de la campagne, qui passoient pour les conducteurs &amp; les Patrons des laboureurs. Le <i>Bon Evènement</i> est le dernier. On l'invoquoit au commencement des entreprises &amp; des actions plus considérables. Voyez Struvius, <i>Antiq. Rom. Syntagma. C.</i> 1. <i>p.</i> 149.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
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    Bonne fois . Une <i>bonne fois,</i> c'est-à-dire, sérieusement, absolument, définitivement, à n'y plus revenir. Il lui a dit une <i>bonne fois,</i> c'est-à-dire, définitivement. On dit aussi, une <i>bonne fois pour toutes.</i> Je vous prie une <i>bonne fois pour toutes</i> ne me parlez plus de cette affaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    Bonne fortune , se dit non-seulement de l'élevation en biens &amp; en honneurs, mais aussi des accidens ou rencontres favorables &amp; avantageuses qui arrivent dans la vie. <i>Prospera, secunda fortuna.</i> On le dit encore des conquêtes amoureuses. C'est un homme à <i>bonnes fortunes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bonne foi . <i>De bonne foi ;</i> en <i>bonne foi,</i> sont des phrases adverbiales qui équivalent à des adverbes affirmatifs ; sincèrement, véritablement, en conscience. <i>Certè, verè, sincerè. De bonne foi</i> le croyez-vous ? <i>En bonne foi</i> lui avez-vous dit cela ? <i>De bonne foi,</i> ou <i>en bonne foi,</i> je l'ai fait, comme j'ai l'honneur de vous le dire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bonne grace , se dit de l'agrément d'une personne qui a bonne mine, bonne façon. <i>Corporis venustas, dignitas.</i> Et on dit, Se recommander aux <i>bonnes graces</i> de quelqu'un ; pour dire, lui demander la continuation de son amitié. <i>Gratia, benevolentia.</i> On dit aussi, Vous avez <i>bonne grace</i> de vous mêler de cette affaire ; tant en parlant sérieusement, qu'ironiquement.</p><p>On appelle aussi <i>bonne grace,</i> un petit rideau qui est au chevet d'un lit.</p><p>BONNE VOGLIE. Voyez <ref type="search" target="head:BONAVOGLIE">BONAVOGLIE</ref>.</p><p>
    </p>
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon henri . <i>Bonus henricus. Chenopodium folio triangulo, Inst. R. Herb.</i> Sa racine est vivace, grosse, épaisse, chargée de quelques fibres, jaunâtre, amere, &amp; acre au goût. Elle pousse plusieurs feuilles triangulaires assez semblables à celles des Epinars, ou du pied de veau. Elle donne aussi plusieurs tiges hautes d'un pied, en partie droites, en partie couchée sur terre, canelées, creuses, succulentes, &amp; garnies de feuilles plus petites que celles du bas, également charnues, &amp; pareillement triangulaires, vertes en dessus, &amp; quelquefois couvertes en dessous d'une poussière blanche, &amp; d'un goût nitreux. Ses fleurs naissent en épics à l'extrémité des tiges, comme l'Amarante : chaque fleur est à cinq étamines soutenues par un calice verdâtre découpé en cinq parties ; le pistile devient une semence noire, taillée en rein &amp; renfermée dans une enveloppe qui a servi de calice à la fleur. On mange les fleurs de <i>Bon Henri</i> de même que celles des Epinars ; c'est pourquoi on les a pris pour des Epinars sauvages. Il est bien émollient, &amp; par cette raison anodin : on s'en sert en cataplasme pour soulager les douleurs de la goutte.</p><p>
    </p>
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon homme , se dit d'un vrai homme de bien, qui ne peut faire de mal. <i>Vir probus, vir frugi.</i> D'un homme simple, qui ne songe à aucune malice, qui a peu d'esprit, ou de pénétration, qui n'entend point de finesse, qui croit légèrement. <i>Vir simplex.</i> On le dit tout de même d'une femme, ou d'une fille. Que vous êtes <i>bonne !</i> est-ce qu'on épouse un homme riche pour l'aimer ? On se marie simplement pour se mettre à son aise. Dans ce sens <i>plus</i> peut être joint avec <i>bon,</i> pour en faire un comparatif. On pourroit <pb n="658" facs="bpt6k8542165/f698/full/1200,/0/native.jpg"/>dire en répondant, vous êtes encore <i>plus bonne</i> de vous imaginer que je pense autrement. On dit, Les soldats pillent le <i>bon homme</i> ; c'est-à-dire, le paysan. On appelle un vieillard, un <i>bon homme. Senex.</i> Une vieille femme, une <i>bonne femme. Vetula.</i></p><p>On appelle <i>Bons-hommes,</i> de certains Religieux que le Prince Edmond établit en Angleterre en 1259. Ils portoient un habit bleu, &amp; professoient la Règle de S. Augustin. Quelques-uns croient que leur Institut étoit celui du bienheureux Jean le Bon, qui vivoit en ce temps-là ; &amp; qui les faisoit appeller <i>Bons-hommes.</i> On appelloit aussi autrefois <i>Bons-hommes</i> les Religieux de l'Ordre de Grand-mont. Ils furent établis dans le Bois de Vincennes près de Paris, &amp; les Minimes qui leur succèderent dans cette Maison en prirent le nom de <i>Bons-hommes.</i> Cependant aujourd'hui on appelle <i>Bons-hommes</i> les Minimes d'une autre Couvent que ces Religieux ont à Chaillot au-dessous de Paris ; &amp; ceux de Vincennes ne s'appellent plus guères que les Minimes de Vincennes. Quelques-uns disent que les Minimes en général ont été appellés <i>Bons-hommes,</i> à cause que le Roi Louis XI. appelloit S. François de Paule leur Fondateur le <i>bon-homme.</i> Voyez l'<i>Hist de Sablé de Ménage.</i></p><p>Les Hérétiques Albigeois se faisoient aussi appeller <i>Bons-hommes</i> ; ou du moins des Hérétiques qui étoient dans la Province de Toulouse, lesquels furent condamnés par un Concile, ou plutôt Sentence arbitrale donnée en l'an 1176. entre les Catholiques &amp; les gens de guerre qui les soutenoient, &amp; qui étoient dans Lombers, ville aujourd'hui détruite, à cause de la rébellion de ses habitans. C'est tout ce qu'en dit Catel, <i>Hist. de Langue.</i> Liv. II. pag. 350. Ces prétendus <i>Bons-hommes,</i> interrogés par Gaucelin Evêque de Lodève, l'un des Juges qui avoient été choisis, répondirent qu'ils ne recevoient point la loi de Moise, ni les autres livres de l'ancien Testament, mais seulement le Nouveau ; qu'ils n'exposeroient point leur foi, s'ils n'y étoient forcés, mais qu'on ne devoit point y être contraint. Ils refuserent de répondre sur le Baptême des enfans, &amp; sur l'état du mariage. Ils dirent que tout homme de bien, tant Clerc que Laïque, consacroit le Corps de N. S. qu'il suffisoit aux malades de se confesser à qui ils voudroient ; que la confession seule suffisoit ; que S. Jacques ne parloit que de cela, &amp; nullement de contrition du coeur, ni de satisfaction &amp; d'oeuvres de pénitence ; qu'ils ne vouloient pas être meilleurs que cet Apôtre, ni rien ajoûter du leur ; qu'on ne doit jamais faire aucun serment ; que si les Evêques &amp; les Prêtres n'ont les qualités qu'a marquées S. Paul, leur ordination est nulle ; que ce sont des loups ravissans, des hypocrites, des séducteurs, des mercénaires, des Prêtres semblables à ceux qui livrerent J. C. à la mort ; &amp; qu'il ne faut point leur obéïr. Tous ces points montrent que c'étoient des Albigeois, c'est-à-dire, de vrais Manichéens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon Jour , est une Fête solemnelle. <i>Dies solemnis.</i> Faire son <i>bon jour,</i> c'est, Recevoir le S. Sacrement de l'Eucharistie. <i>Sacro Christi corpore refici.</i> Donner le <i>bon jour,</i> c'est, Faire un compliment à une personne pour lui souhaiter une heureuse journée. <i>Salutem dicere.</i> Et on dit absolument, <i>Bon jour</i> ; pour dire, Dieu vous garde. On dit aussi, <i>Bon jour,</i> &amp; <i>bon an,</i> le premier jour de l'année. <i>Faustum diem &amp; annum apprecari.</i></p><p>Quand on parle de quelque action bonne ou mauvaise, arrivée quelque jour remarquable, on dit, <i>bon jour, bonne oeuvre.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bonne main , est une main propre à bien écrire, à bien dessiner, à bien réussir à toutes sortes d'arts où elle se veut appliquer. <i>Manus expedita.</i> On le dit aussi de celui qui a la main forte, qui a bonne serre, qui ne rend rien. On le dit aussi de celui qui est en autorité, qui obligera à faire ce qu'il lui plaira. On dit encore, qu'une affaire est en <i>bonne main</i> ; pour dire, qu'elle est sous la conduite d'un homme qui la saura faire réussir. On dit aussi par civilité, Cela est en <i>bonne main,</i> quand on ne veut pas reprendre une chose qui est tombée entre les mains d'une personne à qui on en veut faire un présent. On dit aussi en jugeant d'un livre, d'un tableau, ou d'autre chose fort artiste, dont l'Auteur est inconnu, qu'ils viennent d'une <i>bonne main,</i> d'un <i>bon</i> Auteur, d'un habile homme.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bonne maison . Famille noble. <i>Clara, illustris domus.</i> Ou enrichie. <i>Lauta.</i> La grande oeconomie fait les <i>bonnes maisons.</i> On l'a traité en enfant de <i>bonne maison</i> ; pour dire, On l'a bien châtié. On dit un <i>bon logis,</i> en parlant d'une hôtellerie où on est bien traité.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon mot , se dit de quelque trait sententieux, ou plaisant, d'une bonne rencontre. <i>Acutè, ingeniosè dictum.</i> Il y a des gens qui se piquent d'être diseurs de <i>bons mots.</i> M. Pascal dit que le caractère de diseurs de <i>bons mots</i> est un mauvais caractère. Un <i>bon mot,</i> dit un Auteur récent, est un sentiment vivement &amp; finement exprimé sur les choses qui se présentent, ou une repartie promte &amp; ingénieuse sur ce qui a été dit auparavant. Un <i>bon mot</i> ne doit point rouler sur un jeu de mots, ou sur une équivoque, il faut qu'un <i>bon mot</i> puisse être traduit en toutes sortes de langues sans rien perdre de sa justesse. <i>Bon mot,</i> selon le P. Bouhours, est ce que les Anciens nommoient apophthegme, ce que les Italiens appellent <i>motto,</i> &amp; les Espagnols <i>agudeza</i> : c'est un mot spirituel à quoi on ne s'attendoit pas, &amp; qui renferme d'ordinaire une raillerie fine ; par exemple, une Dame Espagnole se confessant à un Prêtre qui voulut savoir qui elle étoit, &amp; qui lui demanda son nom, elle lui répondit, <i>Padre, mi nombre no es pecado</i> ; c'est-à-dire, <i>Mon Père, mon nom n'est pas un péché.</i> L'Auteur du Traité des <i>bons mots</i> croit que le <i>bon mot</i> est différent de l'apophthegme, parce que l'apophthegme est d'ordinaire grave &amp; instructif, &amp; le propre du <i>bon mot</i> est de réjouir en instruisant, comme ce que dit Vespasien en mourant à ses courtisans, je sens bien que je deviens Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Bon succès . Nom d'un faux Dieu. Voyez Bon évènement.</p><p>
    </p>
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon visage , signifie non-seulement un visage sain ; mais aussi un accueil favorable, doux, riant, un témoignage qu'on donne à ses amis, qu'ils sont les bienvenus. <i>Vultus hilaris, laeta frons ac placida.</i></p><p>On dit adverbialement, <i>A la bonne heure</i> ; pour dire, Fort-à-propos. <i>Commodè, opportunè. A la bonne heure</i> nous a pris la pluie. Il signifie aussi, Consentir à quelque chose. On dit aussi, Il est encore <i>bonne heure</i> ; pour dire, Il n'est pas tard, ou il n'est pas encore temps.</p><p>
    </p>
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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon , sert quelquefois d'interjection, tant pour faire une exclamation, <i>Bon Dieu ! Bone Deus ! Bonne Vierge !</i> que pour faire une ironie en se mocquant d'une proposition. Vous me menacez, <i>bon,</i> je ne vous crains pas ; ou pour exciter à poursuivre, <i>Bon,</i> courage. <i>Bon,</i> suivez. <i>Euge, fortiter, bellè.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon , est quelquefois substantif. Le <i>bon</i> de l'affaire, veut dire l'avantage qu'on y trouve. Le <i>bon</i> du conte, c'est le trait plaisant, le sel qui s'y rencontre. Le <i>bon</i> &amp; le beau sont les objets de nos affections. Dans cet ouvrage il y a du <i>bon</i> &amp; du mauvais. On dit aussi, qu'un homme a du <i>bon,</i> du revenant <i>bon</i> dans une affaire ; pour dire qu'il y a profité, qu'il lui est demeuré une partie de sa recette entre les mains. On dit aussi, qu'une armée a eu du <i>bon</i> ; pour dire, qu'elle a eû la victoire, ou quelque avantage sur ses ennemis. On dit aussi, qu'un homme est en ses <i>bonnes</i> ; pour dire, qu'on l'a trouvé dans une disposition favorable d'accorder une demande. On dit aussi, il la lui a gardé <i>bonne</i> ; pour dire, Il a conservé son ressentiment jusqu'à une occasion de se venger. Et on dit, &amp; du <i>bon</i> du coeur ; pour dire, Sincèrement &amp; avec affection. Trouver son <i>bon,</i> c'est, Trouver un parti plus avantageux que celui qu'on avoit auparavant. On dit aussi, Cela ne présage rien de <i>bon</i> ; pour dire, C'est l'avantcoureur de quelque mal. On dit encore faire <i>bon ;</i> pour dire, répondre de quelque chose, assurer qu'elle est. Vous pourrez demeurer méchant garant de tout le mérite dont vous leur avez fait <i>bon</i> en moi. Comtesse de B.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    <pb n="659" facs="bpt6k8542165/f699/full/1200,/0/native.jpg"/> Bon , se dit quelquefois absolument &amp; adverbialement. Boire du <i>bon,</i> on sous-entend, vin. Il fait <i>bon</i> vivre en ce pays-là ; pour dire, On y vit à <i>bon</i> marché. On dit aussi, Il fait <i>bon</i> vivre, &amp; ne rien savoir, on apprend toujours. Il fait <i>bon</i> battre glorieux, il ne s'en vante pas. Il fait <i>bon</i> être en la compagnie des honnêtes gens. Tenir <i>bon,</i> c'est, Se défendre avec courage, disputer avec opiniâtreté. Faire <i>bon,</i> promettre de payer pour soi, ou pour autrui. A quoi <i>bon</i> tant de soins, pour dire, Que sert-il ? Sentir <i>bon</i> ; pour dire, Exhaler, ou ressentir une odeur agréable. Coûter <i>bon,</i> ou <i>bonne</i> ; pour dire, Faire quelque grande pette en acquérant quelque chose peu considérable. On dit aussi, <i>Tout de bon, à bon</i> escient ; pour dire, Sérieusement, &amp; sans jeu ni fiction. On dit aussi, qu'un homme trouve <i>bon</i> quelque chose, lorsqu'il l'approuve, qu'il la goûte bien, tant au propre qu'au figuré. Et on dit absolument, <i>Bon bon</i> cela, quand il en demeure d'accord. On dit aussi, Il y fait <i>bon</i> ; pour dire, L'occasion est favorable. Il fait <i>bon</i> semer, donner bataille, &amp;c. Il fait <i>bon</i> avec ce Seigneur ; pour dire, On fait fortune avec lui. On dit aussi, Il y fait <i>bon</i> ; pour dire, Il y fait sûr, ou pour dire, Le temps, l'occasion est favorable pour faire une telle chose. Il fait <i>bon</i> passer la rivière à ce gué. Il fait <i>bon</i> se fier aux gens d'honneur. Ce drap est d'un <i>bon</i> user. On dit au Palais, Comme il avisera <i>bon</i> être, comme <i>bon</i> lui semblera.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON, BONNE</head>
    <p>
    Bon , se dit proverbialement en ces phrases. Les <i>bons</i> pâtissent pour les mauvais, quand on fait un mauvais jugement de plusieurs personnes du même genre, quoiqu'il y en ait parmi de fort innocens. On dit, que les <i>bons</i> maîtres font les <i>bons</i> valets ; pour dire, qu'il faut qu'il y ait de la douceur &amp; de l'amitié réciproque entre les maîtres &amp; les valets. Les <i>bons</i> comptes font les <i>bons</i> amis. A tout <i>bon</i> compte revenir. Recevoir une somme à <i>bon</i> compte. On dit aussi, Jouer <i>bon</i> jeu, <i>bon</i> argent ; pour dire, qu'il faut bien payer quand on joue sérieusement. On dit aussi, <i>Bonne</i> mine &amp; mauvais jeu ; pour dire, Ne pas faire paroître tous les chagrins qu'on a dans l'ame, ou cacher ses méchantes affaires. Contre fortune <i>bon</i> coeur ; pour dire, qu'il faut de la constance dans les adversités. On dit aussi, A <i>bon</i> entendeur salut, quand on fait quelque reproche ou réprimande à quelqu'un en paroles couvertes. On dit, Avoir <i>bon</i> pied &amp; <i>bon</i> oeil, pour dire, Etre alèrte, avoir l'esprit present pour ne se pas laisser surprendre, prendre garde à tout. On dit, <i>Bon</i> jour, <i>bonne</i> oeuvre ; pour dire, que les méchans prennent l'occasion des bonnes Fêtes pour faire leurs crimes, lorsqu'on s'en défie le moins. On dit, A <i>bon</i> chat, <i>bon</i> rat, de ceux qui se battent avec forces égales. On dit aussi d'un homme doux &amp; simple, que c'est un <i>bon</i> Prince. On dit aussi, Mettre quelqu'un sur le <i>bon</i> pied, non seulement pour Etablir sa fortune, &amp; le faire paroître avec éclat, mais encore pour Le mettre en disposition d'obéir, de ne point contredire. On dit aussi, A quelque chose malheur est <i>bon</i> ; pour dire, qu'un habile homme peut profiter des malheurs qui lui arrivent. On dit aussi à un homme qui fait trop de cérémonie pour se couvrir, Couvrez-vous, la chaleur vous est <i>bonne.</i> On dit aussi, qu'un homme n'est <i>bon</i> à rien, n'est <i>bon</i> qu'à noyer, n'est <i>bon</i> ni à rôtir, ni à bouillir, n'est <i>bon</i> à aucune sauce ; pour dire, que c'est un homme inutile, qui n'est propre à quoi que ce soit. On dit aussi, qu'on ne seroit pas <i>bon</i> à jetter aux chiens, si on avoit fait une telle chose ; pour dire, qu'on attireroit l'indignation publique sur soi. On dit aussi, que ce qui est <i>bon</i> à prendre est <i>bon</i> à rendre, de ceux qui s'emparent du bien d'autrui injustement, &amp; par provision. On dit encore, un <i>bon</i> averti en vaut deux ; pour dire, Un homme est bien plus fort quand il a pris ses précautions. On dit, qu'un valet est allé à la <i>bonne</i> eau, quand il est long-temps à revenir. On dit aussi, qu'un homme ne tirera rien d'un autre que par le <i>bon</i> bout ; pour dire, qu'il n'en aura rien que par la force, par la voie de la Justice. On dit aussi, Qui <i>bon</i> l'achète, <i>bon</i> le boit ; pour dire, qu'on ne trouve de l'avantage qu'à acheter de <i>bonnes</i> denrées. On dit aussi, Tout cela est bel &amp; <i>bon,</i> mais l'argent vaut mieux, à ceux qui apportent des raisons &amp; des excuses pour ne point payer. On dit aussi, qu'un homme est un <i>bon</i> Gaulois ; pour dire, qu'il est à la vieille mode ; qu'il est <i>bon</i> François ; pour dire, fort affectionné à sa patrie ; &amp;, En <i>bon</i> François ; pour dire, s'expliquer franchement, &amp; sans rien déguiser. Une <i>bonne</i> fuite vaut mieux qu'une mauvaise attente. On disoit autrefois, <i>Bon</i> prou vous fasse, Je souhaite que cela vous profite.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BON</head>
    <p>
    BON , s. m. Terme de relation . C'est le nom d'une Fête que les Japonois célèbrent tous les ans à l'honneur des morts. Ce jour là on voit à chaque porte des chandelles allumées, &amp; chacun courir aux tombeaux chargé de plats pleins de mets exquis qu'ils offrent aux morts. <i>Ambass. des Holl. au Jap.</i> 1. <i>pag.</i> 114.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONACE</head>
    <p>
    BONACE , s. f. Calme de la mer, quand le vent est abattu, ou a cessé ; quand le ciel est serein, &amp; la mer tranquile. <i>Malacia.</i> La <i>bonace</i> trompe souvent le Pilote. La <i>bonace</i> se tourne souvent en orage. Je crains les <i>bonaces</i> qui me peuvent retarder le bonheur de vous voir. Voit. On le dit figurément en Morale. Le Gouvernement Politique est aisé pendant la <i>bonace</i> &amp; la paix. Tout nous rit, notre navire a la <i>Bonace</i> qu'il desire. Mol. Ménage dérive ce mot de <i>bonacia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONASSE</head>
    <p>
    BONASSE , adj. m. &amp; f. Qui est bon, simple &amp; facile, qui se laisse conduire par les autres ; &amp; quelquefois qui est imprudent. <i>Simplex, facilis.</i> Vous avez affaire à un homme d'un naturel <i>bonasse,</i> il entendra volontiers à un accommodement. Ce mot est du style bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5345" id="1" type="marine">
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    <head>BONAVOGLIE</head>
    <p>
    BONAVOGLIE , ou BONNE VOGLIE, comme écrit l'Académie. s. m. Terme de Marine pris de l'Italien <i>buona voglia.</i> Galérien volontaire ; un homme qui se loue volontairement pour tirer la rame. <i>Remex voluntarius.</i> Ménage écrit <i>Bonne-vouille.</i></p><p>Il s'emploie adverbialement dans cette phrase : <i>De bonne voglie,</i> qui signifie, De bonne volonté. Faire quelque chose <i>de bonne voglie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5346" id="1" type="">
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    <head>BONBANC</head>
    <p>
    BONBANC , s. m. Sorte de pierre fort blanche, qui se tire des carrières qui sont aux environs de Paris. Le <i>Bonbanc</i> se mouline &amp; ne résiste pas beaucoup au fardeau, mais il subsiste lorsqu'il n'est ni dehors, ni à l'humidité. Celui qui a un lit coquilleux &amp; quelques molières est le meilleur. Il a depuis 15. pouces jusqu'à 24. de hauteur, &amp; on s'en sert aux façades de dedans des bâtimens, &amp; pour faire des rampes &amp; des appuis. On en tire aussi des colonnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5347" id="1" type="fleuriste">
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    <head>BONCORE</head>
    <p>
    BONCORE , s. m. Terme de Fleuriste . C'est le nom d'un Narcisse, qui produit à l'extrêmité de sa tige douze fleurs qui ont les feuilles blanches &amp; épaisses, &amp; au milieu de ces feuilles un godet crèpu &amp; pelissé. On lui a donné le nom de <i>Boncore,</i> parce que celui qui l'a trouvé le premier s'appelloit ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5348" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOND" />
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    <head>BOND</head>
    <p>
    BOND , s. m. Réflexion, rejaillissement que fait un corps dur en tombant à terre. <i>Saltus ex soli repercussu.</i> Un balon en tombant fait plusieurs <i>bonds.</i> Le boulet rejaillit sur lui d'un <i>bond</i> qu'il fit. Ils se mirent à rouler des pierres du haut de la montagne, qui faisant plusieurs <i>bonds,</i> en tomboient avec plus de violence. Vaug.</p><p>Quelques-uns tirent ce mot du Grec , <i>resonare, strepere,</i> ce qui est le propre des choses qui bondissent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOND</head>
    <p>
    Bond , se dit particulièrement dans les jeux de paume, pour marquer le saut que fait la balle en s'élevant en l'air, de dessus le carreau. C'est un coup perdu quand on prend la balle du second <i>bond.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOND</head>
    <p>
    Bond , se dit aussi des sauts fréquens que font les chevaux, les agneaux, les chèvres, &amp; autres animaux par gaieté ; ou par emportement. <i>Saltus.</i> Ce cheval ne va que par sauts &amp; par <i>bonds.</i></p><p>La même chose se dit aussi figurément d'une certaine manière d'écrire fougueuse &amp; impétueuse.</p><p>On dit proverbialement, Faire une chose du second <i>bond,</i> quand on la fait de mauvaise grace, &amp; lorsqu'on n'en est plus requis. Cette phrase est tirée du jeu de la paume, à cause que le coup qu'on joue après le second <i>bond</i> ne vaut rien. On dit aussi, Prendre la balle au <i>bond,</i> ou entre <i>bond</i> &amp; volée ; pour dire, Prendre justement le temps, l'occasion favorable de faire, d'obtenir quelque chose. On dit aussi, qu'un homme a fait faux <i>bond,</i> lorsqu'il a fait banqueroute, ou qu'il a manqué à quelque devoir d'amitié, <pb n="660" facs="bpt6k8542165/f700/full/1200,/0/native.jpg"/>à quelque chose qu'il avoit promise. Cette fille a fait faux <i>bond</i> à son honneur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONDE</head>
    <p>
    BONDE , s. f. Grande planche ou pièce de bois qui sert à boucher la rigole qu'on laisse dans la chaussée d'un étang, pour en faire écouler les eaux quand on le veut pêcher. <i>Objectaculum ligneum.</i> Elle se lève avec un vis, ou des leviers.</p><p>On dit figurément, Lâcher la <i>bonde</i> à ses soupirs, à ses larmes, &amp; à ses passions ; pour dire, les laisser couler, ou agir en pleine liberté. <i>Laxare viam, aditum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONDE</head>
    <p>
    Bonde , s. m. Arbre d'une grandeur prodigieuse qui se trouve au Royaume de Quoya, &amp; qui surpasse en hauteur tous les autres arbres des forêts. Il a plus de six ou sept brasses d'épaisseur, &amp; son écorce toute hérissée d'épines épaisses. Son bois est huileux, &amp; l'on en fait des canots, des cuillières, des plats &amp; des chaises. On fait d'excellent savon avec ses cendres, qu'on passe en lessive, &amp; que l'on mêle avec de vieille huile de dattes. Les planches qu'on tire des racines de cet arbre, qui paroissent cinq ou six pieds au-dessus de terre, servent à faire des portes &amp; autres choses semblables. On en coupe des rameaux qu'on plante dans les confins des villages pour les séparer. Les racines prennent fort facilement ; &amp; en peu de temps elles deviennent de grands arbres. Voyez Dapper p. 254.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5349" id="3" type="">
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    <head>BONDE</head>
    <p>
    Bonde , s. f. Petite rivière du Vexin, qui passe à Etrepagni, &amp; à Bezu-le-long. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. II. p.</i> 236.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5350" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONDEVILLE" />
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    <head>BONDEVILLE</head>
    <p>
    BONDEVILLE , s. f. Prieuré de filles de l'Ordre de Cîteaux, mais soumis à l'Ordinaire, situé à deux lieues au-dessous de Rouen, &amp; érigé en Abbaye en 1657. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. II. p.</i> 324.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5351" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONDIR" />
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    <head>BONDIR</head>
    <p>
    BONDIR , v. n. Faire des bonds. <i>Salire, resilire, subsilire.</i> La tête du criminel <i>bondit</i> deux ou trois fois sur l'échaffaut. Les chèvres <i>bondissent</i> dans les campagnes. On dit aussi, que le coeur <i>bondit,</i> quand l'estomac se soulève par quelque dégoût, ou quand on est prêt de vomir. <i>Commoveri, nauseam experiri.</i></p><p>Cela est pris d'une pièce sur la grossesse de Madame la Dauphine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5351" id="2" type="venerie">
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    <head>BONDIR</head>
    <p>
    Bondir . Terme de Vénerie . Faire <i>bondir,</i> c'est dire qu'un cerf, un dain, un chevreuil, fait partir de la reposée d'autres bêtes fauves. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5352" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONDISSANT, ANTE" />
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    <head>BONDISSANT, ANTE</head>
    <p>
    BONDISSANT, ANTE . adj. Qui bondit. <i>Saliens, resiliens, subsiliens.</i> Il ne se dit guère que des animaux, comme chèvres, agneaux qui <i>bondissent</i> dans les champs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5353" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONDISSEMENT" />
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    <head>BONDISSEMENT</head>
    <p>
    BONDISSEMENT , s. m. Mouvement de ce qui bondit. <i>Subsultus.</i> Le <i>bondissement</i> des agneaux dans une prairie. On dit aussi, Le <i>bondissement</i> du coeur soulevé par quelque prochain vomissement, ou quelque dégoût. <i>Nausea.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5354" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONDON" />
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    <head>BONDON</head>
    <p>
    BONDON , s. m. Cheville de bois grosse &amp; courte, qui sert à boucher un trou qu'on laisse aux tonneaux par-dessus pour les emplir. <i>Dolii obturamentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5354" id="2" type="">
   <index type="head" value="BONDON" />
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    <head>BONDON</head>
    <p>
    Bondon , signifie aussi le trou même qui est bouché. Quand le vin bout, l'écume sort par le <i>bondon. Cadi, dolii umbilicus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5355" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONDONNER" />
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    <head>BONDONNER</head>
    <p>
    BONDONNER , v. act. Boucher le bondon d'un tonneau. <i>Obturare dolium.</i> Ce vin a assez bouilli dans ces tonneaux, il le faut <i>bondonner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5355" id="2" type="">
   <index type="head" value="BONDONNER" />
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    <head>BONDONNER</head>
    <p>
    Bondonné, ée , part. <i>Obturatus.</i> Une fûtaille mal <i>bondonnée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5356" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONDRÉE" />
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    <head>BONDRÉE</head>
    <p>
    BONDRÉE , s. f. Oiseau de rapine qui a le bec court, la tête plate &amp; grosse, le col fort court, garni de beaucoup de plumes. Tout le dessus de cet oiseau est d'une couleur assez obscure. Le ventre est blanc, marqueté de plusieurs taches longues, &amp; d'une couleur brune. Sa queue est fort large. Aldrovandus donne trois testicules à cet oiseau. C'est pour cette raison que les Latins l'appellent <i>buteo triorchis.</i> Car est un mot Grec qui signifie, <i>qui a trois testicules.</i> Les Italiens appellent cette espèce d'oiseau <i>poyano,</i> les Espagnols &amp; les Portugais, <i>Gaccia.</i></p><p>D'autres distinguent quatre espèces de Buses, dont deux qu'il appellent Buses, ou Busards, <i>Perenopteros,</i> ou <i>Oripelargos,</i> sont des espèces d'aigles, dont nous parlerons au mot Buse. Pour les deux autres espèces ils les nomment seulement Buse, <i>Buteo.</i> La première espèce qu'ils nomment simplement Buse, &amp; en Latin <i>Buteo,</i> &amp; <i>Triorchis,</i> est celle à laquelle ils attribuent ce qui vient d'être dit ici ; Nous l'avons décrite au mot Buse. La seconde espèce qu'ils appellent Buse de Bellon, est l'oiseau, selon eux, qui est appellé communément <i>Bondrée.</i> Voici comme Bellon en parle : Si on la considère, le vol étendu par le dessous, on lui verra les extrémités des cinq premières grandes pennes noires, à la partie éloignée du ventre ; car tout le reste qui en approche paroît blanc lorsqu'elle vole ; mais lorsqu'elle est sur la perche le vol plié, elles paroissent d'un cendré obscur, ou noirâtre, &amp; les cinq premières ont des crans noirs comme une scie, à l'endroit où elles commencent à blanchir ; les pennes qui couvrent le ventre seroient entièrement blanches, si une tache noire ne paroissoit au bout ; elle prend du milieu du tuyau. Les plumes, dont les jambes sont revêtues, sont obscures. Ses ongles sont médiocrement crochus, &amp; ne sont pas fort grands. Pour ce qui regarde la diversité de sa queue, elle est comme au Francolin, &amp; traversée avec le même ordre. Ses jambes sont courtes, &amp; ne sont pas entierement rondes. Ses doigts sont couverts de tablettes ou d'anneaux. Le reste est couvert de petites taches, &amp; est jaune de part &amp; d'autre. Son bec est court &amp; noir à la pointe ; savoir, à l'endroit auquel il est crochu. Le tour des nazeaux &amp; l'ouverture de son bec sont jaunâtres. L'âge apporte souvent du changement à la couleur de leur pennage, comme en tous les autres oiseaux de proie. Celui-ci se prend d'une manière assez facile. L'Oiseleur attache une souris contre terre, le ventre en haut, &amp; met un cercle de bois qui l'environne, &amp; qui sert à mettre des vergettes engluées, qui sont dressées tout autour : la <i>bondrée</i> voulant prendre le mulot, ou la souris, demeure prise à la glu. Il y a des pays où l'on nomme cet oiseau un Goiran.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5357" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONE" />
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    <head>BONE</head>
    <p>
    BONE , s. f. Port de mer &amp; ville d'Afrique, autrement appellée la neuve Hippone, ou la nouvelle <i>Bone. Bona Hipponoya.</i> Ce nom s'est fait par corruption de celui d'Hippone, parce que l'on prétend que c'est l'Hippone de Ptolomée, ou qu'elle a été bâtie des ruines de celle-là. Voyez <ref type="search" target="head:Marmol">Marmol</ref>. T. II. p. 434. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5358" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONET" />
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    <head>BONET</head>
    <p>
    BONET , &amp; vulgairement <i>Bond.</i> Nom propre d'homme, <i>Bonitus,</i> d'où le nom François s'est formé. <i>Bonus, Bonifacius.</i> S. <i>Bonet,</i> d'une très-bonne famille d'Auvergne, nâquit vers l'an 623. &amp; fut grand Echanson de Sigebert Roi d'Austrasie, &amp; ensuite son Référendaire, puis Evêque de Clermont. Voyez Baillet, T. I. p. 181. M. Savaron, dans ses notes sur la vie de S. <i>Bonet,</i> dit qu'on l'appelle vulgairement <i>Bon,</i> &amp; non pas <i>Bond,</i> comme M. Baillet. Voyez les notes &amp; recherches de Savaron sur la ville de Clermont, p. 184.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5359" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONGOMILE" />
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    <head>BONGOMILE</head>
    <p>
    BONGOMILE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. Hérétique qui suit les erreurs de Basile, qui sous l'habit de Moine exerçoit la Médecine. Il nioit la Trinité, soutenoit que Dieu avoit une forme humaine, que les Anges avoient créé le monde, que l'Archange S. Michel s'étoit incarné. Il ne recevoit que sept livres de l'Ecriture ; il blâmoit le culte des images, &amp; outrageoit la sainte Croix. Il tenoit que le Baptême de S. Jean étoit celui de l'Eglise, &amp;c. Voyez Baronius à l'an 1118. de J. C. N. XII. &amp; Sanderus hér. 138.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5360" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONHEUR" />
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    <head>BONHEUR</head>
    <p>
    BONHEUR , subst. m. Félicité, possession d'un bien <i>Felicitas, prospera, secunda fortuna.</i> Les hommes ne sauroient jouïr d'un <i>bonheur</i> parfait que dans le Ciel. Les paiens ont estimé que le <i>bonheur</i> étoit dans la possession de la vertu. Les voluptueux le font consister dans la jouïssance de toutes sortes de plaisirs.</p><p>Tout plaisir, ou sentiment agréable est un <i>bonheur,</i> puisqu'il met l'ame dans un état de joie &amp; de satisfaction. Malb. C'est parler très-improprement que de donner le nom de <i>bonheur</i> à l'état où les plaisirs des sens mettent l'ame. Saint Augustin &amp; tous les Philosophes, ont défini <i>le bonheur, ce qui est desirable pour soi-même.</i> Port-R.</p><p>Ce mot vient d'<i>heur,</i> qui signifioit <i>bonheur,</i> d'où vient le mot d'<i>heureux,</i> peut-être du Latin <i>hora.</i></p><p>Ménage a observé qu'on ne s'en sert au pluriel, que quand il est opposé à <i>malheurs.</i> Je ne ferois cependant point de difficulté de dire, Il lui est arrivé toutes sortes de <i>bonheurs.</i> Corn. Il lui pourroit arriver tous les <i>bonheurs</i> &amp; tous les malheurs du monde, qu'il ne se hausseroit, ni se baisseroit. Vaug. <i>Rem.</i> Cependant il est certain qu'excepté en certaines phrases semblables à celles-là, le mot de <i>bonheur</i> ne se dit jamais qu'au singulier. Ne parlez point en votre <i>bonheur</i> devant les misérables ; la comparaison qu'ils font de leur état au vôtre, leur est odieuse. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5360" id="2" type="">
   <index type="head" value="BONHEUR" />
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    <head>BONHEUR</head>
    <p>
    Bonheur , se dit aussi en cette vie, des honneurs, des richesses, des plaisirs, &amp; de tout ce qui contribue à la rendre agréable. Le <i>bonheur</i> de la vie est traversé de mille déplaisirs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5360" id="3" type="">
   <index type="head" value="BONHEUR" />
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    <head>BONHEUR</head>
    <p>
    Bonheur , se dit encore des rencontres fortuites ; du hasard. Le <i>bonheur</i> est nécessaire aux grands Capitaines, aussi-bien qu'aux joueurs. Cet homme a joué de grand <i>bonheur,</i> d'être échappé des piéges qu'on lui a tendus ; il en a été averti par <i>bonheur.</i> Dans ce sens on entend par ce mot, un évènement favorable à quelqu'un, qui n'est point une suite de ses soins, &amp; de sa prévoyance, &amp; à quoi il n'a point contribué par son adresse. On attache communément une autre idée à ce qu'on appelle <i>bonheur.</i> On croit d'ordinaire qu'il y a un certain principe de <i>bonheur</i> qui accompagne certaines personnes, &amp; qui les fait réussir en des choses où d'autres échoueroient, sans que l'on puisse attribuer ce bon succès à leur prudence. Mais à proprement parler, le terme de <i>bonheur</i> ne signifie rien dans la bouche de bien des gens ; ou ils y joignent des idées très-obscures. Car si le <i>bonheur</i> est un effet du <i>hasard,</i> lequel se détermine sans règle, &amp; par caprice, l'on ne peut pas dire, que le <i>bonheur</i> est attaché &amp; fixé à certaines personnes : autrement c'est fixer &amp; déterminer une chose qui ne peut être fixée ni déterminée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5360" id="4" type="">
   <index type="head" value="BONHEUR" />
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    <head>BONHEUR</head>
    <p>
    Bonheur , se dit aussi en termes de complimens par exagération. Depuis que j'ai eu le <i>bonheur</i> de vous écrire, de vous voir, de vous parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5361" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONIFACE" />
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    <head>BONIFACE</head>
    <p>
    BONIFACE , s. m. est un nom propre d'homme, qui se dit aussi en conversation de ceux qui sont doux, simples, &amp; incapables de malice. Cet homme est un vrai <i>Boniface.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5362" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONIFIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BONIFIER</head>
    <p>
    BONIFIER , v. act. Rendre meilleur. <i>Meliorem reddere.</i> Ce jus d'éclanche <i>bonifiera</i> notre sauce. Un zest d'orange <i>bonifie</i> le vin. La marne <i>bonifie</i> les terres labourables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5362" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="BONIFIER" />
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    <head>BONIFIER</head>
    <p>
    Bonifier , en termes de Marine , signifie, Dépecer une baleine, en tirer ce qu'il y a de bon, en fondre le lard sur la grève. On tire quelquefois d'une baleine qu'on <i>bonifie</i> jusqu'à sept ou huit cents livres de ses huiles, &amp; de ses barbes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5363" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONJOUR" />
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    <head>BONJOUR</head>
    <p>
    BONJOUR . Voyez <ref type="search" target="head:BON">BON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5364" id="1" type="">
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    <head>BONITE</head>
    <p>
    BONITE , s. m. Poisson qui est fort commun sur la mer Atlantique, qui est d'un goût, &amp; d'une couleur assez approchante de celle de nos maqueraux, si ce n'est qu'il est bien plus grand. Il se pêche plus fréquemment en haute mer que le long des côtes : c'est un des ennemis des poissons volants. Il est gros, rond, &amp; a environ deux pieds en ovale, y compris la tête, auprès de laquelle il a deux grands ailerons pointus comme ceux du marsouïn ; &amp; depuis ces ailerons une ligne d'écaille tirée jusqu'à la queue, qui est fourchue ; &amp; deux autres au-dessous, une au bas ventre, &amp; une inégalement grande depuis le milieu du dos jusqu'à la queue. Il est couvert d'un cuir comme le marsouin : il est demi chair &amp; demi poisson. Ce qui est proche de la grosse arête, qui est la seule qu'il ait, est une chair semblable à celle du marsouïn, mais plus tendre, &amp; d'un goût incomparablement meilleur, &amp; qui approche de celui du canard. Elle est sèche, ferme, &amp; fort nourrissante. Quelquefois la mer en est presque toute couverte. On les voit sauter dix ou douze pieds de haut, &amp; alors on les prend avec des foines, des tridents, &amp; des harpons ; on les prend aussi avec des hameçons gros comme le petit doigt, où l'on met deux plumes de pigeons blancs, enveloppées de petits linges ; l'on attache la ligne à une vergue, en sorte que l'hameçon, qui semble être un petit poisson volant, ne fait que sautiller dans l'eau ; &amp; la <i>bonite</i> ne manque pas de se jetter dessus, &amp; de se prendre. P. Du Tertre, <i>Hist. des Antill. Tr. IV. Ch.</i> 1. §. 12.</p><p>Cet Auteur, comme l'on voit, fait <i>bonite</i> féminin, &amp; non pas masculin. Il semble que c'est le mieux. Plusieurs croient que ce poisson est le même que le Thon. Lonvill. <i>Hist. nat. des Ant. Liv. I. Ch.</i> 16. <i>Art.</i> 4.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5365" id="1" type="">
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    <head>BONNARET</head>
    <p>
    BONNARET , ou BONAREZ. Voyez <ref type="search" target="head:CONCOMBRE">CONCOMBRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5366" id="1" type="">
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    <head>BONNE</head>
    <p>
    BONNE , s. fém. <i>Bona.</i> Nom propre de femme. <i>Bonne</i> de Savoye, Duchesse de Milan ; <i>Bonne</i> d'Artois, Comtesse de Nevers, &amp; depuis Duchesse de Bourgogne ; <i>Bonne</i> de Bourbon, Comtesse de Savoye ; <i>Bonne</i> de Berry, Comtesse de Savoye ; <i>Bonne</i> Sforce, Reine de Pologne ; <i>Bonne,</i> femme de Pierre Brunoro, toute paysanne qu'elle avoit été, fut une illustre guerrière, &amp; une véritable Héroïne au XVe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5367" id="1" type="">
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    <head>BONNE</head>
    <p>
    BONNE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:BEUVE">BEUVE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5368" id="1" type="">
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    <head>BONNE</head>
    <p>
    BONNE , s. f. <i>Bonna.</i> Ville d'Allemagne sur le Rhin, à quatre lieues au-dessus de Cologne, capitale de l'Electorat, comme Cologne l'est de l'Archevêché. <i>Bonne</i> est ancienne : On prétend qu'elle a été bâtie au plus tard par Drusus sous l'Empire d'Auguste. <i>Bonne</i> s'est appellée anciennement <i>Colonia Julia, Verona,</i> &amp; <i>Ara Ubiorum,</i> à ce que l'on prétend. Hoffman donne à cette ville 28d 48' de longitude, &amp; 50d 42' de latitude. M. De L'Isle ne la met qu'à 24d 40' de longitude. Il ne faut point écrire <i>Bon,</i> comme a fait Maty, mais écrire &amp; prononcer toujours <i>Bonne</i> ; c'est l'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5369" id="1" type="marine">
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    <head>BONNEAU</head>
    <p>
    BONNEAU , s. m. Terme de Marine . Morceau de bois, ou de liége, qui flotte sur l'eau, &amp; qui marque l'endroit où l'on a mouillé l'ancre. C'est aussi quelquefois un baril relié de fer. On l'appelle autrement <i>Gaviteau,</i> ou <i>Hoirin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5370" id="1" type="">
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    <head>BONNEMENT</head>
    <p>
    BONNEMENT , adv. D'une manière bonne, sincère, naïve, <i>Simpliciter, bonâ fide.</i> Il a confessé sa faute naïvement, <i>bonnement,</i> à la bonne foi.</p><p>Il marque quelquefois de l'incertitude. Je ne saurois <i>bonnement</i> dire où j'ai appris cette histoire. Je ne sai pas <i>bonnement</i> la date de ce contrat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5371" id="1" type="jeux de carte">
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    <head>BONNES</head>
    <p>
    BONNES , s. f. &amp; plur. Terme de jeux de carte ; quoique ce mot vienne de <i>bon,</i> on le met ici, &amp; non pas sous <i>bon</i> adj. parce qu'il ne se dit point au singulier. On appelle <i>bonnes</i> toutes les fois qu'on a une couleur privilégiée, j'ai quatre <i>bonnes,</i> j'ai six <i>bonnes,</i> j'ai de la <i>bonne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5372" id="1" type="">
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    <head>BONNET</head>
    <p>
    BONNET , s. m. Habillement qui sert à couvrir la tête, &amp; qui en a à peu près la figure. <i>Pileus, Pileum. Bonnet</i> d'enfant. <i>Bonnet</i> à l'Angloise. On met les cheveux sous le <i>bonnet</i> pour les friser. Il y a des <i>bonnets</i> de plume, des <i>bonnets</i> ronds, des <i>bonnets</i> de fer, ou salades. On voit sur diverses médailles des <i>bonnets</i> à la Phrygienne.</p><p>C'est dans l'entrée de Charles VII. à Rouen, le 10. Novembre 1449. ou du moins sous ce règne, qu'on commença à voir en France l'usage des chapeaux &amp; des <i>bonnets,</i> qui s'y introduisit depuis peu-à-peu à la place des chaperons, desquels on s'étoit servi de tout temps. P. Dan. Tom. II. p. 1204. M. Le Gendre, dans les <i>Moeurs &amp; Cout. des Fr.</i> p. 234. remonte plus haut. On commença, dit-il, sous Charles V. à abattre sur les épaules l'aumusse &amp; le chaperon, &amp; à se couvir d'un <i>bonnet</i> ; si ce <i>bonnet</i> étoit de velours, on l'appelloit mortier ; s'il n'étoit que de laine, on le nommoit simplement <i>bonnet.</i> L'un étoit galonné, l'autre n'avoit pour ornement que des cornes peu élevées, par l'une desquelles on le prenoit. Il n'y avoit que le Roi, les Princes &amp; les Chevaliers qui se servissent de mortier : le <i>bonnet</i> étoit la coëffure du Clergé &amp; des Gradués : le mortier fut peu à la mode, les <i>bonnets</i> y ont toujours été, avec cette différence, qu'autrefois ils étoient de laine, &amp; <pb n="662" facs="bpt6k8542165/f702/full/1200,/0/native.jpg"/>que depuis environ cent ans, on ne les fait plus que de carte, que l'on couvre de drap ou de serge.</p><p>Ménage dérive ce mot de l'Anglois <i>bonnet,</i> ou de l'Allemand <i>bonnit.</i> Le P. Pezron prétend que <i>bonnet</i> est un mot Celtique. Pasquier dit qu'il est venu par corruption de <i>bourrelet,</i> parce que les chaperons, qui étoient autrefois la couverture de la tête, que les gens de robe ont quitté les derniers, étoient environnés d'un <i>bourrelet</i> rond qui couvroit la tête ; &amp; le surplus pendoit d'un côté &amp; d'autre : &amp; comme il étoit inutile, on l'a retranché pour en faire des <i>bonnets ronds,</i> que depuis on a changés en <i>bonnets quarrés</i> de l'invention d'un nommé Patrouillet. Ils furent aussi appellés <i>bonnets à quatre brayettes.</i> On appelloit aussi <i>Bifurcati canonici,</i> les Chanoines qui portoient des <i>bonnets quarrés.</i> Il dit aussi, que quand on a donné le <i>bonnet</i> dans les Universités aux écoliers, c'étoit pour montrer qu'ils avoient acquis toute liberté, &amp; n'étoient plus sujets à la verge des Supérieurs, à l'imitation des Romains, qui donnoient un <i>bonnet</i> à leurs Esclaves, quand ils les vouloient affranchir. C'est aussi pour cela qu'on les appelle <i>maîtres.</i></p><p>Le <i>bonnet</i> sur les médailles est le symbole de la liberté. Elle le tient de la main droite, par la pointe, &amp; il a la forme de ceux que portent nos matelots. Voyez les <i>Antiq. de Nismes</i> de Paradin, p. 177. Les Esclaves, à qui on donnoit la liberté, prenoient ce <i>bonnet</i> ; d'où venoit le proverbe, <i>vocare servos ad pileum.</i> Voyez Erasme <i>Adag.</i> Cent. I. n. 27. Aulu-Gelle, Liv. VII. Ch. 4. &amp; Budé sur la dernière Loi, <i>ff. de Origin. Jur.</i></p><p>Quoiqu'on ait mis dans la définition de <i>bonnet,</i> qu'il a à peu près la figure de la tête, cela n'empêche pas qu'on ne donne ce nom à des habillemens de tête qui n'en ont guère la figure. Tel est celui des Chinois. Ils n'ont point l'usage du chapeau comme nous, mais ils portent un <i>bonnet,</i> que la civilité leur défend d'ôter. Ce <i>bonnet</i> est différent selon les différentes saisons de l'annee ; celui dont on use en Eté a la forme de cone, c'est-à-dire, qu'il est rond &amp; large par le bas, mais court &amp; étroit par le haut, où il se termine tout-à-fait en pointe. Le dedans est doublé d'un beau satin, &amp; le dessus couvert d'une nate très-fine, &amp; très-estimée dans le pays. Outre cela on y ajoûte un gros flocon de soie rouge qui tombe tout à l'entour, &amp; qui se répand jusques sur les bords ; de sorte que quand on marche, cette soie flotte irrégulièrement de tous côtés, &amp; le mouvement continuel de la tête lui donne un agrément particulier. Quelquefois au lieu de soie on porte une espèce de crin d'un rouge vif &amp; éclatant, que la pluie n'efface point ; &amp; qui est sur-tout en usage parmi les Cavaliers. En Hiver on porte un <i>bonnet</i> de peluche, bordé de zibeline, ou de peau de renard ; le reste est d'un beau satin noir, ou violet, couvert d'un gros flocon de soie rouge, comme celui d'Eté. Il n'y a rien de plus propre que ces <i>bonnets</i> ; on les vend quelquefois huit &amp; dix écus ; mais ils sont si courts que les oreilles paroissent toujours découvertes, ce qui est très-incommode au Soleil &amp; dans les voyages. Quand les Mandarins se trouvent en cérémonie, le haut du <i>bonnet</i> est terminé par un diamant, ou par quelque autre pierre de prix assez mal taillée, mais enchassée dans un bouton d'or très-bien travaillé. Les autres ont un gros bouton d'étoffe, de cristal, d'agathe, ou de quelque autre matière que ce soit. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNET</head>
    <p>
    Bonnet , est quelquefois un ornement, une marque de quelque caractère. Un <i>bonnet</i> rouge, est un chapeau de Cardinal. Un <i>bonnet</i> de Docteur, est un <i>bonnet</i> qu'on donne à ceux qui reçoivent le Doctorat. Les Docteurs vont toujours en robe &amp; en <i>bonnet</i> aux cérémonies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNET</head>
    <p>
    Bonnet quarré , est le <i>bonnet</i> que portent les gens d'Eglise, les gens de Justice, &amp; les gens de Collége, qui sont Philosophes, ou Gradués. <i>Pileus quadratus,</i> ou si l'on veut se servir de l'expression de Wiclef, <i>Pileus bifurcatus</i> ; car cet Hérésiarque, dans son Trialogue, art. 10. appelle les Chanoines <i>bifurcati,</i> à cause de leurs <i>bonnets quarrés.</i> Pasquier &amp; du Vair racontent le changement qui est arrivé dans la forme de ces <i>bonnets.</i> Il dit qu'on les appelloit <i>bonnets ronds</i> de son temps, quoiqu'ils fussent quarrés. Ils disent qu'à ces <i>bonnets,</i> qui étoient ronds, on commença d'y apporter je ne sai quelle forme de quadrature grossière &amp; lourde, qui fut cause qu'on les appelloit <i>bonnets</i> à quatre brayettes ; que le premier qui y donna la façon fut un nommé Patrouillet, lequel se fit riche Bonnetier aux dépens de cette nouveauté.</p><p>Le P. Lobineau, dans l'<i>Histoire de Bret.</i> T. I. p. 845. prétend qu'au XIIIe siècle, &amp; même plus de deux cents ans auparavant, l'usage étoit en Bretagne parmi les Ecclésiastiques, sur-tout parmi les Chanoines, de porter de certains chapeaux qui étoient comme des <i>bonnets,</i> &amp; que c'est de là que sont venus les <i>bonnets quarrés</i> des Ecclésiastiques, qui, ajoûte-t-il, tout de même que les mitres, ont crû peu-à-peu jusqu'à l'énorme figure qu'on leur donne à présent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNET</head>
    <p>
    Bonnet , est quelquefois une marque d'infamie. Le <i>bonnet jaune</i> est la marque des Juifs en Italie : à Luques ils le portent orangé. Le <i>bonnet verd</i> étoit la marque de ceux qui avoient fait cession.</p><p>Autrefois ceux qui avoient fait cession de leurs biens étoient obligés de porter un <i>bonnet verd,</i> pour être connus de tout le monde, afin qu'on ne pût être trompé dans le commerce que l'on avoit avec eux. Il y a un Arrêt du Parlement de Rouen, du 15. Mars 1584, &amp; un du Parlement de Paris, du 26. Juin 1682, par lesquels il est jugé que ceux qui seroient reçus au bénéfice de cession, après avoir justifié la perte de leurs biens sans fraude, seroient tenus de porter le <i>bonnet verd,</i> &amp; que s'ils étoient trouvés ne l'ayant pas, ils seroient déboutés du bénéfice de la cession, permis à leurs créanciers de les emprisonner, en leur fournissant un <i>bonnet</i> par an à leurs dépens. Par Arrêt du 10e Mai 1622. un Gentilhomme qui fait cession de biens doit porter le <i>bonnet verd.</i> Par un Arrêt du 1. Décembre 1628, un cessionnaire de biens fut condamné à porter le <i>bonnet verd</i> continuellement, sans distinction de jours de fêtes ; mais aujourd'hui cela n'est pas exécuté. Bruneau. Cet usage du <i>bonnet verd</i> n'a été introduit en France par aucunes Ordonnances, mais par les Arrêts des Cours Supérieures. Ragueau.</p><p>Etienne Guichart dit que de , <i>colline, bonnet</i> a été formé en François, <i>pileus nocturnus</i> ; comme aussi, continue-t-il, Turban a été dit <i>à turbinis figurâ,</i> &amp; plusieurs semblables mots, qui retiennent le nom de leur figure.</p><p>On dit figurément, qu'une question passe du <i>bonnet,</i> qu'on opine du <i>bonnet,</i> lorsque tout le monde est de même avis, ou qu'on opine sans raisonner, &amp; selon le sentiment de ceux qui ont déja opiné.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNET</head>
    <p>
    Bonnet a la Polonoise . C'est un <i>bonnet</i> fort long, &amp; presque de même largeur depuis l'ouverture jusques au bout : ce bout est émoussé &amp; tant soit peu courbé. Quelques Botanistes se servent de ce terme pour exprimer la figure de la partie supérieure de la fleur de l'aconit appellé <i>Tue loup.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNET</head>
    <p>
    Bonnet a Prêtre , en termes de Guerre , est un dehors ou pièce détachée qui a deux angles rentrans, &amp; trois saillans, qui est presque comme une double tenaille ; si ce n'est que ses côtés sont en queue d'aronde, au lieu d'être parallèles, &amp; occupent moins de terrain en dedans, c'est-à-dire, vers la gorge, qu'ils n'en occupent du côté de la campagne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNET</head>
    <p>
    Bonnet a Prêtre , se dit aussi d'une plante, qui porte un petit fruit rouge, quarré, &amp; en forme de <i>bonnet</i> de Prêtre. On l'appelle autrement <i>fusain,</i> ou <i>fusin,</i> Voyez l'un &amp; l'autre de ces mots.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNET</head>
    <p>
    &#9758; BONNET , s. m.Bonnet , est aussi le nom du second ventricule du boeuf, &amp; des autres animaux qui ruminent, qu'on appelle autrement reseau. Reticulum. C'est où les alimens tombent quand ils ont ruminé, pour y faire une seconde digestion, &amp; delà passer dans le troisième ventricule, qu'on appelle le millet. Il a été nommé bonnet, parce qu'il ressemble au bonnet de lacis, dans lequel les femmes autrefois enfermoient leurs cheveux.<br/>Bonnet. On appelle ainsi une perruque courte qui descend à peine jusqu'aux épaules, &amp; telle à peu près que les Abbés les portent. Les <i>bonnets</i> sont fort à la mode aujourd'hui, &amp; il y a lieu de croire que cette mode durera, à cause de sa grande commodité.</p><p>On dit proverbialement, Triste comme un <i>bonnet</i> de nuit sans coëffe, à cause qu'un <i>bonnet</i> en cet état est sans ornement &amp; sans propreté. On dit, Mettre la main au <i>bonnet</i> ; pour dire, Saluer quelqu'un, à cause que les enfans qui ont leur <i>bonnet</i> attaché saluent ainsi. On dit aussi de trois personnes liées de grande amitié, &amp; qui sont toujours de même sentiment, que ce sont trois têtes dans un <i>bonnet.</i> On dit aussi, que Janvier a trois <i>bonnets</i> ; pour dire, qu'il se faut bien couvrir la tête durant le froid. On dit, qu'un homme a mis son <i>bonnet</i> de travers ; pour dire, qu'il est chagrin, &amp; qu'il querelle tout le monde. On dit encore, <i>Bonnet</i> blanc, ou blanc <i>bonnet</i> ; pour dire, que deux choses sont égales, &amp; qu'on peut prendre indifféremment l'une pour l'autre. On dit, qu'un homme a la tête près du <i>bonnet</i> ; pour dire, qu'il est aisé à mettre en colère, à s'emporter. On dit, J'y mettrois mon <i>bonnet</i> ; pour dire, Je gagerois ce que j'ai de plus précieux, ce qui m'est le plus nécessaire. On dit encore qu'Un homme a pris une chose sous son <i>bonnet ;</i> pour dire, que c'est une chose qu'il a imaginée, &amp; qui n'a point de fondement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5373" id="1" type="">
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    <head>BONNETADE</head>
    <p>
    BONNETADE , s. f. Révérence, compliment, cageollerie qu'on fait à ceux dont on croit avoir besoin. Les plaideurs sont accoutumés à faire bien des <i>bonnetades</i> à leurs Juges. Cela ne se peut dire qu'en riant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNETER</head>
    <p>
    BONNETER , v. act. Solliciter quelqu'un, lui faire la cour, en lui faisant bien des révérences. <i>Nudato capite frequenter honorem habere cuipiam.</i> Les Juges sont bien aises d'être <i>bonnetés</i> par leurs cliens. Cela est du style bas &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNETERIE</head>
    <p>
    BONNETERIE , s. f. Corps de Marchands Bonnetiers, qui est le cinquième des six Corps des Marchands de Paris. <i>Pileorum Opificum Collegium.</i> Ils vendent toutes sortes de bonnets de drap ou de laine, de bas, &amp; de camisolles tricottées, ou faites à l'aiguille, ou au métier, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5376" id="1" type="">
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    <head>BONNETEUR</head>
    <p>
    BONNETEUR , s. m. Filou, Trompeur, sur-tout au jeu. <i>Fraudator, deceptor, fur.</i> Je croyois jouer avec d'honnêtes gens ; c'étoient des <i>Bonneteurs.</i> Les <i>Bonneteurs</i> portent toujours sur eux plusieurs jeux de cartes apprêtées. Les <i>Bonneteurs</i> ont des dez chargés ou garnis de plomb. Un homme qui aime le jeu, doit sacrifier quelques pistoles pour se faire instruire des différentes manières dont on peut tromper aux cartes &amp; aux dez, afin de reconnoître &amp; d'éviter les <i>Bonneteurs.</i></p><p>Apparemment qu'on a appellé ainsi ces filous parce qu'ils bonnetent les gens pour les engager au jeu, &amp; les filouter ; c'est-à-dire, qu'ils leur font des civilités, qu'ils les préviennent d'honnêtetés pour les attirer au jeu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5377" id="1" type="">
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    <head>BONNETIER</head>
    <p>
    BONNETIER , s. m. Celui qui fait ou qui vend des bonnets. <i>Pileorum opifex.</i> Chardon de <i>Bonnetier.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Chardon">Chardon</ref>.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est comme le <i>Bonnetier,</i> qu'il n'en fait qu'à sa tête ; pour dire, qu'il ne prend conseil de personne, qu'il ne suit que son caprice.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BONNETTE</head>
    <p>
    BONNETTE , en termes de Fortification , est une espèce de petit ravelin au-delà de la contrescarpe pour y mettre un corps de garde avancé. <i>Munimenti genus quod Bonetam vocant.</i> Il n'a que deux faces, qui forment un angle saillant. Sa hauteur est de trois pieds, &amp; il est bordé d'une palissade, qui en a encore une autre à la distance de dix ou douze pas. On l'appelle autrement <i>Flèche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5379" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BONNETTES" />
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    <head>BONNETTES</head>
    <p>
    BONNETTES , s. f. plur. Terme de Marine . Ce sont de petites voiles qu'on attache au bas des grandes voiles, quand il fait beau temps, ou trop peu de vent, pour aller plus vîte. <i>Artemon.</i> Ainsi elles servent ou à aggrandir celles du vaisseau, ou à en mettre un plus grand nombre. Il y a des <i>bonnettes maillées,</i> qui servent à allonger les basses voiles, qui s'attachent à des anneaux, ou à des mailles ou des oeillets qui sont en bas. Il y a d'autres <i>bonnettes en étui,</i> qu'on appelle autrement <i>coutelas,</i> qui s'attachent à chaque extrémité de la grande vergue sur des pièces de bois appellées <i>boute dehors,</i> ensorte qu'elles règnent le long des côtés de la grande voile, pour l'élargir &amp; prendre plus de vent. Il y a encore des <i>bonnettes lardées ;</i> ce sont de petites voiles piquées avec du fil de voile, &amp; lardées d'étoupe, dont on se sert pour boucher une voie d'eau, lorsqu'elle se trouve dans un endroit du vaisseau qu'on ne peut découvrir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5380" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONOSIAQUE" />
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    <head>BONOSIAQUE</head>
    <p>
    BONOSIAQUE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. Les <i>Bonosiaques</i> sont des Hérétiques du IVe siècle, qui étoient une secte de Photiniens, comme il paroît par le second Concile d'Arles, Can. 17. Cependant ils baptisoient au nom de la très-sainte Trinité. De-là vient que quoique le Concile ordonne selon les anciens Canons, Can. 16. de baptiser les Photiniens, ou Paulianistes, il règle néanmoins qu'on recevra les <i>Bonosiaques</i> sans baptême. Voyez <ref type="search" target="head:Bonosien">Bonosien</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5381" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONOSIEN, ENNE" />
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    <head>BONOSIEN, ENNE</head>
    <p>
    BONOSIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Bonosianus.</i> Nom de Secte. Bonosus, Evêque en Macédoine, renouvella au 4e siècle les erreurs de Photin, &amp; enseigna que la sainte Vierge n'avoit point été vierge après l'enfantement. Ses disciples furent appellés <i>Bonosiens,</i> ou <i>Bonosiaques.</i> Le Pape Gélase les condamna avec Photin, &amp;c. Gennadius &amp; le Pape Innocent I. disent qu'ils suivoient les erreurs de Photin. Voyez cependant la différence au mot Bonosiaques. On s'est trompé quand on les a nommés <i>Bonasiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5382" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONT" />
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    <head>BONT</head>
    <p>
    BONT , s. m. <i>Bonitus.</i> Nom propre d'homme, qui s'est formé de Bonet. Voyez <ref type="search" target="head:Bonet">Bonet</ref>. Les Auvergnats appellent cet Evêque S. <i>Bonet,</i> les Parisiens S. <i>Bont,</i> comme on voit par le nom de son Eglise qui est presque au centre de Paris. Il y a aussi des Eglises de son nom à Bourges où l'on dit aussi <i>Bonnet,</i> &amp; à Moulins. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5383" id="1" type="">
   <index type="head" value="BONTÉ" />
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    <head>BONTÉ</head>
    <p>
    BONTÉ , s. f. Attribut de la Divinité, quand on la considère souverainement bonne à cause de sa clémence, de sa miséricorde, de ses graces. <i>Bonitas.</i></p><p>Il se prend aussi pour les effets de cette bonté, c'est-à-dire, pour les faveurs, pour les bienfaits que Dieu répand sur les hommes par bonté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5383" id="2" type="">
   <index type="head" value="BONTÉ" />
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    <head>BONTÉ</head>
    <p>
    Bonté , en Physique, est la qualité de ce qui est bon dans chaque corps ; ce qui le perfectionne. La <i>bonté</i> de la terre. La <i>bonté</i> de l'or. Ce corps a tant de degrés de <i>bonté.</i> On ne sauroit trop louer la <i>bonté</i> de cette étoffe. On admire la <i>bonté</i> de son esprit, de sa mémoire. Il se confioit en la <i>bonté</i> de la place. Vaug. Les machines ne firent pas grand effet à cause de la <i>bonté</i> du mur. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5383" id="3" type="">
   <index type="head" value="BONTÉ" />
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    <head>BONTÉ</head>
    <p>
    Bonté , en Morale Chrétienne, se dit de la vertu ; &amp; particulièrement de la charité, de la douceur des moeurs, de l'inclination à assister son prochain ; de la patience à souffrir les afflictions, les injures. La <i>bonté</i> est la source de toutes les vertus bienfaisantes, parce qu'elle paroît la plus opposée à l'amour propre, qui rapporte tout à sa propre utilité. M. Esp. Les ambitieux ne pratiquent la <i>bonté</i> que par une envie de regner dans tous les coeurs, &amp; dans tous les esprits. Id. Nul ne mérite d'être loué de <i>bonté,</i> s'il n'a pas la force d'être méchant. Toute autre bonté n'est le plus souvent qu'une paresse, ou une impuissance de la volonté. La Rochef. Il est malaisé de distinguer la <i>bonté</i> générale, &amp; répandue sur tout le monde, de la grande habileté. Id. La <i>bonté</i> n'est pas une qualité fort louable quand elle n'est pas accompagnée d'esprit &amp; de jugement, sans quoi elle est fade &amp; ennuyeuse. M. Scud. Les hommes sont aisément convenus que la <i>bonté</i> est une vertu, parce qu'il n'y a point de bonne qualité dont ils tirent plus d'avantage que de la <i>bonté.</i> M. Esp.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5383" id="4" type="">
   <index type="head" value="BONTÉ" />
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    <head>BONTÉ</head>
    <p>
    Bonté , dans les Princes, se dit particulièrement de leur clémence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5383" id="5" type="">
   <index type="head" value="BONTÉ" />
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    <head>BONTÉ</head>
    <p>
    Bonté , se dit aussi des actions, &amp; est opposée à <i>malice.</i> La <i>bonté</i> d'une action dépend souvent de l'intention avec laquelle on la fait. Cet homme est plein de <i>bonté,</i> sans malice ; c'est la <i>bonté</i> même.</p><p>Il signifie aussi, Simplicité, facilité, sottise. <i>Simplicitas.</i> Cet homme s'est ruiné par sa <i>bonté.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5383" id="6" type="">
   <index type="head" value="BONTÉ" />
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    <head>BONTÉ</head>
    <p>
    Bonté , se dit aussi des simples civilités. Vous aurez la <i>bonté</i> de faire tenir ma lettre. Je rends graces à vos <i>bontés.</i> Votre <i>bonté</i> à me favoriser de votre attention, m'a fait prendre la liberté d'étendre mon discours. Ne craignez point que j'abuse de votre <i>bonté.</i> Ils ne peuvent manquer de <i>bonté</i> pour moi, eux qui en ont pour tout le monde. Voit. La <i>bonté</i> est représentée comme une Déesse vêtue de gaze d'or, couronnée de rue, avec un Pélican entre ses bras. Sa guirlande marque qu'elle n'a pas moins de force à exterminer les mauvaises pensées, que la rue a de vertu contre les malins <pb n="664" facs="bpt6k8542165/f704/full/1200,/0/native.jpg"/>esprits. Le Pélican est le symbole de son ardente charité. Sa robe est d'un métal qui se fait aimer par-tout. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5384" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="BONZE" />
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    <head>BONZE</head>
    <p>
    BONZE , s. m. &amp; f. Terme de Relation . C'est le nom qu'on donne aux Prêtres Orientaux ; particulièrement à la Chine &amp; au Japon. <i>Bonzius.</i> Il y a au Japon un <i>Bonze</i> souverain qui décide en dernier ressort de tout ce qui regarde le culte des Dieux. Les <i>Bonzes</i> ont porté à la Chine la doctrine de la transmigration des ames. Les <i>Bonzes</i> ont plusieurs Universités au Japon, où ils enseignent les mystères ridicules de leur secte, &amp; vivent en communauté. Il y a aussi des filles &amp; des femmes <i>Bonzes, Bonziae,</i> qui vivent en communauté dans une espèce de Monastère. Les lettres de S. François Xavier, sur-tout la 4e &amp; la 5e du III. Liv. &amp; la 1re du IVe Livre ; la vie de ce Saint par le P. Bouhours, une lettre du P. Vilelo Jésuite, <i>L. III. Epist. Japon.</i> Maffée, <i>Hist. des Ind.</i> Liv. XII. &amp; XIV. Vossius <i>de Idodolatriâ, L. I. Cap.</i> 25. Le Mire, <i>Pol. Eccl. Lib. II. Cap.</i> 29. &amp; l'<i>Histoire de la Comp. de Jesus,</i> T. I. Liv. IX. N. 192. &amp; suiv. Liv. XI. N. 105, 125. T. II. Liv. IV. N. 284. instruisent parfaitement de ce que c'est que les <i>Bonzes</i> du Japon.</p><p>Il y a aussi des <i>Bonzes</i> au Tunquin. Voyez la <i>Relat. de Tunq.</i> de Marini. Trad. Franç. p. 71. 167. 232. Quelques vieux Auteurs ont dit <i>Bonzie,</i> parce qu'ils ont trouvé <i>Bonzius</i> en Latin ; mais il faut dire <i>Bonze,</i> masc. &amp; fém.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5385" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOOPE" />
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    <head>BOOPE</head>
    <p>
    BOOPE , s. m. Poisson de mer du Brésil. Il a la figure &amp; la grandeur des thons d'Espagne. On le coupe comme les turbots, &amp; on le sale. Sa graisse ressemble au lard, &amp; on en fait une certaine huile. On appelle ces poissons <i>Boopes,</i> à cause que leurs yeux sont comme des yeux de boeuf, du Grec , <i>boeuf,</i> &amp; de , <i>face, aspect.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5386" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOÔTÈS" />
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    <head>BOÔTÈS</head>
    <p>
    BOÔTÈS , s. m. <i>Bootes, Arctophylax.</i> Constellation voisine du pole arctique. Ce mot est Grec, de , <i>boeuf,</i> &amp; signifie proprement <i>Bouvier.</i> C'est une étoile proche de la grande Ourse, qui semble suivre le Chariot comme un Bouvier. On l'appelle encore <i>Arctophylax,</i> c'est-à-dire, <i>Gardien de l'Ourse,</i> parce qu'il est derrière l'Ourse, comme s'il la gardoit. Les Poëtes ont dit que c'étoit Icare Athénien, qui ayant reçu du vin de Bacchus, le mit sur un chariot, &amp; parcourant l'Attique en donna à boire aux Paysans, qu'il enivra. On crut qu'il les avoit empoisonnés, &amp; on le tua ; Erigone sa fille se pendit de douleur. Jupiter les plaça dans le Ciel, &amp; fit d'Icare une Constellation, qui fut appellée <i>Boôtès,</i> ou <i>Bouvier,</i> à cause du chariot qu'il avoit conduit par l'Attique, &amp; qui lui avoit attiré la mort. De sa fille il en fit la Vierge, &amp; de son chien la Canicule. D'autres croient que c'est Arcas fils de Callisto, fille de Lycaon ; &amp; d'autres l'appellent Orion. Cette Constellation est de 34. étoiles, dont l'une qui est sur le bord de sa robe, s'appelle <i>Arcturus,</i> &amp; est de la première grandeur. Cette troupe de clients, qui se presse dès le point du jour, &amp; même dans la saison où le <i>Boôtès</i> conduit son chariot glacé, pour rendre leur hommage à leurs Patrons. P. Tart. Juven<i>.</i> Il faut en ce mot faire sonner <i>l's</i> finale, comme dans les mots Grecs &amp; Latins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5387" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOQUETEAU" />
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    <head>BOQUETEAU</head>
    <p>
    &#9758; BOQUETEAU , s. m. Petit bois, ou petit bouquet de bois. <i>Ordonnance des Eaux &amp; Forêts.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5388" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOQUILLON" />
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    <head>BOQUILLON</head>
    <p>
    &#9758; BOQUILLON , s. m. C'est le même que BOCHERON ou BÛCHERON. Mercure étant venu aux cris de celui qui avoit perdu sa coignée, lui en montra d'abord une d'or qu'il refusa, ensuite une d'argent qu'il refusa aussi, .... Enfin une de bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5389" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORAMETS" />
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    <head>BORAMETS</head>
    <p>
    BORAMETS , s. m. <i>Agnus Scythicus, Frutex Tartaricus.</i> Racine d'une espèce de fougère qu'on taille en manière de mouton, &amp; dont les tiges servent de pieds. Duret, Scaliger, &amp; plusieurs Naturalistes ont regardé cette plante comme un zoophyte, c'est-à-dire, une plante animale à laquelle on donne la figure d'un agneau, &amp; qui vivoit des plantes voisines. Rien cependant n'est plus faux. La figure qu'en donnent plusieurs Auteurs est faite à plaisir ; &amp; il y a plusieurs Fougères en Amérique dont on pourroit faire de pareils <i>Boramets.</i> Cette racine est ordinairement couverte d'un poil fin, soyeux, court, n'ayant pas plus d'un tiers de pouce de longueur. Ce poil est nommé <i>Poco sempis.</i> Il est astringent, &amp; on s'en sert pour arrêter le sang dans des plaies récentes. On l'appelle encore <i>Kinkia.</i> On dit qu'il est en usage dans la Chine sous ce nom-là. Voyez le Commentaire de Moscovie du Baron Sigismond.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5390" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORAX" />
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    <head>BORAX</head>
    <p>
    BORAX , s. m. Sel minéral qui se tire d'une pierre qu'on trouve aux Indes Orientales dans les terres nitreuses, &amp; qu'on fait calciner, lesciver &amp; cristalliser. On prétend que c'est la première préparation du <i>borax</i> que nous appellons naturel, qui est ordinairement en cubes allongés, verdâtres, un peu transparens. Ce <i>borax</i> est quelquefois enveloppé d'une matière grasse, d'une couleur jaune tirant sur le verd, d'une odeur rance. C'est ce qu'on nomme <i>borax gras.</i> On croit qu'à Venise &amp; en Hollande, pour y préparer le <i>borax</i> que nous nommons artificiel, on ne fait que faire refondre &amp; cristalliser de nouveau ces premiers cristaux de <i>borax</i> ; d'autres ont dit qu'il se faisoit avec l'urine des jeunes gens buvant du vin, battue dans un mortier de bronze, &amp; sur laquelle on jettoit de la rouille d'airain &amp; quelquefois du nitre. Mais ce dernier sentiment n'est pas probable, puisque plusieurs personnes qui ont suivi cette manipulation, n'ont jamais pû venir à bout de faire aucun sel qui approchât du <i>borax.</i> On ne connoît point positivement la manière dont il se prépare, ni de quoi il est composé. Le <i>borax</i> factice, ou artificiel ; ressemble à l'alun glacial ou alun de roche d'Angleterre ; il est pareillement âpre au goût. Les Orfèvres &amp; les Ouvriers qui travaillent sur les métaux s'en servent non-seulement pour souder les métaux, mais encore pour avancer leur fonte. Quelques Modernes prétendent que le <i>Chrysocolla</i> des Anciens, &amp; le <i>Tinear</i> des Arabes n'étoient autre chose que notre <i>borax.</i> Le <i>borax</i> sert pour procurer la sortie du délivre retenu, pour faciliter l'écoulement des mois aux femmes ; mais il faut le donner avec prudence.</p><p>Pline dit que le <i>borax</i> est une humeur qui se congèle l'hiver dans les mines &amp; dans les caves ; &amp; que ce limon congelé est dur comme une pierre ponce. Il s'en trouve dans les mines de plomb, de cuivre, d'or &amp; d'argent. Dioscoride dit que le <i>borax</i> d'Arménie est le meilleur, &amp; est verd comme un poirau. On appelle <i>borax jaune</i> le verd de terre qui est beaucoup plus dur que l'artificiel, qui se fait en jettant de l'eau sur les veines minérales tout le long de l'hiver jusqu'au mois de Juin ; auquel temps on détourne l'eau, &amp; on laisse pendant deux mois sécher la mine, desorte que le <i>borax</i> n'est autre chose qu'une mine pétrifiée. Le <i>noir</i> se trouve aux mines de plomb, le <i>blanc</i> aux mines d'argent, &amp; le <i>jaune</i> aux mines d'or. Il se trouve encore du <i>borax</i> naturel en quelques endroits, &amp; entre autres au fond d'un torrent dans les montagnes de Purbet, dans les terres de Radziaribron qui vont jusqu'aux confins de la Tartarie blanche ; &amp; il croît en forme de corail. On le ramasse deux fois tous les ans sans autre préparation, comme il est écrit dans les Relations des Hollandois recueillies par Thévenot. Biringuccio écrit qu'il vient quantité de vrai <i>borax</i> d'Allemagne, &amp; que c'est une pierre luisante, &amp; de forme semblable au sucre candi, ou au sel gemme, quoique Pline dise qu'elle soit verte ; &amp; qu'elle sert non-seulement à souder l'or, mais aussi à hâter la fonte des métaux, &amp; à peindre. Agricola dit qu'il y a du nitre fossile, dur &amp; épais <pb n="665" facs="bpt6k8542165/f705/full/1200,/0/native.jpg"/>comme une pierre dont on fait le <i>borax</i> à Venise ? mais la vérité est, comme on l'a dit, qu'on ne sait ce que c'est que le <i>borax</i> artificiel. On dit <i>borax</i> sec ou rafiné, <i>borax</i> naturel, brute ou gras. Pline, Dioscoride, Agricola, Thevenot, dans son <i>Recueil des Voyageurs Hollandois,</i> en ont parlé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5391" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORBORIEN, ENNE" />
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    <head>BORBORIEN, ENNE</head>
    <p>
    BORBORIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. <i>Borborianus.</i> Quelques-uns disent <i>Borborien,</i> au lieu de Borborite, dont l'on va parler toute à l'heure. Aëtius s'attacha à disputer avec un de ceux que l'on nommoit <i>Borboriens,</i> &amp; qui étoient les plus infames des Gnostiques ; Aëtius fut entièrement vaincu &amp; en pensa mourir de chagrin. Fleur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORBORITE</head>
    <p>
    BORBORITE , s. m. Nom de Secte de Gnostiques dans le second siècle. <i>Borboriani,</i> ou <i>Borboritae.</i> Ceux qui en étoient ne se contentoient pas d'admettre seulement toutes les ordures de ces infames Hérétiques ; ils nioient outre cela le jugement dernier.</p><p>Le nom de <i>Borborites</i> vient du Grec , <i>coenum, boue, ordure</i> ; &amp; ce nom a été donné à ces Hérétiques, non pas parce qu'ils commettoient les crimes les plus sales, mais parce qu'ils avoient coutume de se barbouiller le visage &amp; le corps de boue &amp; d'ordure. Cet usage étoit dans eux non-seulement une chose extravagante, mais aussi une impiété, parce qu'ils prétendoient par là défigurer l'image de Dieu, qui est sujette à commettre tant de crimes, comme si les péchés des hommes ne venoient pas du dérèglement de leur volonté. Voyez le Traité de Philastrius sur les hérésies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5393" id="1" type="">
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    <head>BORD</head>
    <p>
    BORD , s. m. Ce qui termine, ce qui est aux extrémités de quelque chose. <i>Ora.</i> Le <i>bord</i> de la mer. <i>Littus.</i> Le <i>bord</i> de l'eau. <i>Ripa.</i> Il ne fut pas plutôt à l'autre <i>bord</i> du fleuve, qu'il fut enveloppé par les ennemis. Ablanc. <i>Bord</i> d'une fontaine. <i>Margo. Bord</i> d'un précipice. <i>Crepido. Bord</i> d'un fossé. <i>Labrum.</i></p><p>On dit aussi le <i>bord</i> d'un verre, le <i>bord</i> d'un plat, le <i>bord</i> d'une assiète, le <i>bord</i> d'une jupe, le <i>bord</i> d'un manteau. <i>Ora.</i></p><p>Ce mot est pur Allemand. Ménage dit que le François &amp; l'Allemand viennent du Latin <i>Orlum,</i> qui a été fait de <i>Ora,</i> d'où nous avons fait aussi <i>ourlet.</i> Du Cange témoigne qu'on a dit <i>bordus</i> dans la basse Latinité, en la signification de <i>bord.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORD</head>
    <p>
    Bord , signifie aussi, Un ruban, un galon, une dentelle, qu'on met aux extrémités d'un chapeau, d'une jupe, &amp; sur des coutures, ou sur les ouvertures des habits. <i>Limbus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORD</head>
    <p>
    Bord , en termes de Marine , signifie un navire. Il est allé au <i>bord</i> de l'Amiral. <i>Navis praetoria.</i> Il lui a donné à dîner sur son <i>bord.</i> Il a obligé ce vaisseau ennemi d'abattre le pavillon, &amp; de venir à son <i>bord.</i> Etre à <i>bord,</i> c'est être sur le vaisseau. Aller à <i>bord</i> ; pour dire, aller au vaisseau.</p><p>On appelle aussi un vaisseau de <i>haut-bord,</i> un grand bâtiment à voiles, à la différence des Galères, Pataches, &amp; des petits bâtimens qu'on appelle de <i>bas-bord.</i></p><p>On appelle <i>bas-bord,</i> le côté gauche du navire, <i>Latus sinistrum</i> ; &amp; <i>stribord, dextribord,</i> ou <i>tienbord,</i> le côté droit, eu égard à la main du patron qui est à la pouppe. <i>Latus dextrum.</i></p><p>On dit des vaisseaux Corsaires, qu'ils courent le <i>bon-bord</i> ; pour dire, qu'ils piratent ; &amp; figurément on le dit des femmes impudiques, qui courent dans les mauvais lieux. On dit aussi, Renverser le <i>bord,</i> ou Changer le <i>bord</i> ; pour dire, Revirer le navire, &amp; naviger sur une autre aire de vent. Rendre le <i>bord,</i> c'est venir ancrer, ou donner fond dans quelque port ou rade. On dit, Courir <i>bord</i> sur <i>bord</i> ; pour dire, Louvoyer &amp; gouverner tantôt à droit, tantôt à gauche. Courir même <i>bord</i> que l'ennemi, c'est-à-dire, Faire les mêmes mouvemens, gouverner comme lui. On appelle, Faire un <i>bord,</i> ou une <i>bordée,</i> la route qu'on fait jusqu'à ce qu'on soit obligé de virer, &amp; de mettre à l'autre <i>bord.</i> On dit aussi, Courir <i>bord</i> à <i>bord</i> ; pour dire, Louvoyer autant sur un côté du vaisseau que sur un autre. On dit un <i>bord</i> qui allonge ; pour dire, que la bordée que l'on court, lorsque le vent est contraire, sert à la route. On dit encore que l'on a fait un <i>bon bord</i> ; pour dire que l'on a gagné ou avancé à sa route étant au plus près du vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5393" id="4" type="">
   <index type="head" value="BORD" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BORD</head>
    <p>
    Bord a la terre, Bord au large . Termes qu'on emploie, lorsqu'on parle d'un vaisseau qui court la mer, &amp; recourt à terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5393" id="5" type="">
   <index type="head" value="BORD" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BORD</head>
    <p>
    Bord a bord , adv. De niveau, proche du <i>bord.</i> La rivière est <i>bord à bord</i> du quai. Il faut coudre ce ruban <i>bord à bord</i> de la jupe. On dit que deux vaisseaux sont <i>bord à bord</i> ; pour dire, qu'ils sont près l'un de l'autre de l'avant en arrière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5393" id="6" type="">
   <index type="head" value="BORD" />
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    <head>BORD</head>
    <p>
    Plat-Bord , s. m. Les <i>plats-bords</i> d'un bateau, sont les pièces de bois qui font le dessus du bordage d'un bateau, &amp; qui règnent d'un bout à l'autre. Dans les bateaux foncets le <i>plat-bord</i> a environ dix-huit toises de chaque côté. <i>Summa lateris pars ; tignum lateris summum,</i> ou <i>superius.</i> Caron.</p><p>On appelle <i>Bord de bassin,</i> la tablette de marbre ou de pierre, ou le cordon de gazon ou de rocaille qui pose sur le petit mur circulaire, quarré, ou à pans d'un bassin d'eau. <i>Labrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5393" id="7" type="">
   <index type="head" value="BORD" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BORD</head>
    <p>
    Bord , a aussi signifié autrefois, un <i>bâtard,</i> comme témoigne Du Cange ; d'où Covarruvias a dérivé le mot de <i>bordel,</i> &amp; croit que ce mot venoit de <i>burdo,</i> qui signifie un <i>mulet</i> engendré d'un cheval &amp; d'une ânesse. <i>Nothus.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; figurément qu'un homme est sur le <i>bord</i> d'un précipice ; pour dire, qu'il est en danger de faire une grande chute : qu'il est sur le <i>bord</i> de la fosse ; pour dire, qu'il est vieux ; qu'il a la mort sur le <i>bord</i> des lèvres ; pour dire, qu'il est à l'agonie. On dit aussi, qu'on a une chose sur le <i>bord</i> des lèvres, quand on a de la peine à nommer une chose à un certain moment, qu'on nommera facilement quelque temps après. On dit aussi, Boire de rouges <i>bords</i> ; pour dire, Boire des verres tout pleins de vin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5394" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BORDAGE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BORDAGE</head>
    <p>
    BORDAGE , s. m. Terme de Marine . Ce sont les planches qui couvrent les côtes ou les membres du navire en dehors : celles du dedans s'appellent <i>serrage,</i> ou <i>vaigres. Marginum navis constructio.</i> Les deux planches qui sont des deux côtés de la quille s'appellent particulièrement <i>gabords.</i> Les <i>bordages</i> sont des planches fort épaisses. <i>Tabula crassior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5394" id="2" type="coutume">
   <index type="head" value="BORDAGE" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BORDAGE</head>
    <p>
    Bordage , en termes de Coutume , est un droit seigneurial dû sur une borde, loge, hôtel, ou maison baillée pour faire les vils services du Seigneur ; laquelle ne peut être vendue, donnée, ni engagée par les Bordiers ou débiteurs de ce droit. <i>Vectigal clientelaris casae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5395" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BORDAYER" />
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    <head>BORDAYER</head>
    <p>
    BORDAYER , v. n. Terme de Marine . Gouverner tantôt de côté, tantôt d'un autre, lorsque le vent ne permet pas de porter à route. <i>Navim dextrorsùm ac sinistrorsùm moderari.</i> Il signifie aussi faire des bordées. Quelques-uns disent <i>Bordeger.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5396" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BORDE</head>
    <p>
    BORDE , s. f. Vieux mot qui signifioit autrefois une petite maison de campagne. <i>Agrestis casa, mapale, rusticum praediolum. Bord</i> est un mot Saxon qui signifie <i>maison,</i> ou une <i>petite ferme de campagne.</i> De ce mot on a fait aussi autrefois <i>borderie,</i> qui signifioit une <i>petite ferme,</i> &amp; <i>Bordier,</i> pour signifier le <i>Fermier</i> ou le <i>Metayer.</i> Quelques-uns le dérivent de <i>Boaria</i>, c'est-à-dire, <i>lieu à tenir des boeufs.</i> On a dit aussi <i>Bourde,</i> &amp; ce mot signifioit une logette, une maisonnette. Ne trouverez meshui ne <i>bourde,</i> ne maison.</p><p>Dans le Grand Terrier d'Angleterre on trouve des gens appellés <i>Bordarii,</i> que nous pouvons nommer en François <i>Bordiers.</i> Ils sont distingués des Serfs, <i>Servi,</i> &amp; des Vilains, <i>Villani,</i> &amp; il paroît qu'ils étoient d'une condition inférieure à ceux-là. Ils étoient ainsi appellés du nom <i>Bord,</i> qui est le même que le François <i>Borde,</i> &amp; qui selon M. Harris, signifie non pas maison, mais une petite partie de terre, qu'on leur donnoit, à charge &amp; condition de fournir le Maître de volailles &amp; d'oeufs. Il est probable que le même nom a été en usage en France, &amp; que c'est de là que vient à plusieurs familles leur nom de <i>Bordier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5397" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDÉ" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BORDÉ</head>
    <p>
    &#9758; BORDÉ , s. m. Galon d'or, d'argent, ou de soie, qui sert à border des habits, des meubles, &amp;c. <i>Lacinia aurea, argentea, serica.</i> Le <i>bordé</i> de cette veste n'est pas assez large.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5398" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BORDEAU</head>
    <p>
    BORDEAU , s. m. Lieu de débauche où on fait venir des femmes de mauvaise vie pour se prostituer aux hommes, &amp; où se retirent toutes sortes de filous &amp; de coquins. <i>Lustrum, <pb n="666" facs="bpt6k8542165/f706/full/1200,/0/native.jpg"/>lupanar.</i> Ainsi Regnier a dit dans ses satires :</p><p>Ce mot est vieux : on dit maintenant <i>bordel,</i> &amp; il vient de <i>borde,</i> parce que les femmes de mauvaise vie étoient logées dans de petites maisons. D'autres croient que ce mot vient de <i>bord</i> &amp; <i>eau,</i> parce que ces maisons étoient autrefois le long de l'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5399" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDEAUX" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDEAUX</head>
    <p>
    BORDEAUX , Voyez <ref type="search" target="head:BOURDEAUX">BOURDEAUX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5400" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BORDÉE</head>
    <p>
    BORDÉE , s. f. Pièces d'Artillerie qui sont le long des côtés du vaisseau. <i>Disposita in utroque navigii latere tormenta.</i> Ce Capitaine lâcha sa <i>bordée</i> contre l'ennemi. Donner la <i>bordée,</i> c'est tirer tout le canon d'un bord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5400" id="2" type="">
   <index type="head" value="BORDÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BORDÉE</head>
    <p>
    &#9758; BORDÉE , s. f.Bordée , signifie aussi le cours d'un vaisseau depuis un revirement jusqu'à l'autre. La nuit le vent étant à l'Est, j'ai continué ma bordée tirant à la côte d'Espagne. M. Le Comte de Toulouse. Ce vaisseau a fait son voyage tout d'une bordée sans revirer. Quand on est obligé de louvoyer, il faut courir plusieurs bordées ; revirer souvent. Faire la grande bordée ; c'est le terme dont on se sert dans une rade, lorsqu'on y veut faire le quart de mer. Faire la petite bordée, c'est lorsqu'on partage le quart en deux portions.<br/>Bordée, se dit aussi au figuré d'une grande tirade de phrases &amp; de discours d'un Babillard. Ce Babillard infatigable nous lâche des <i>bordées</i> de paroles qui ne finissent pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5401" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDEGER" />
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    <head>BORDEGER</head>
    <p>
    BORDEGER , v. n. Voyez BORDAYER, c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5402" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDEL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BORDEL</head>
    <p>
    BORDEL , s. m. Lieu de débauche où les femmes se prostituent. <i>Lustrum, lupanar.</i> Les <i>bordels</i> publics ont été abolis du temps de François I. Ils ont subsisté à Madrid jusqu'à l'année 1627. Il y avoit autrefois à Paris plusieurs endroits assignés à la demeure des femmes de débauche, où elles étoient maintenues par autorité de Justice. Ainsi on disoit le <i>bordel</i> de Glatigni, du Heuleu, &amp;c. On a appellé à Paris autrefois la <i>Porte Bordel,</i> celle qu'on nomme maintenant la <i>Porte S. Marcel.</i></p><p>Etienne Guichard dérive ce mot de l'Hébreu , <i>parad,</i> auquel il donne une signification qu'on ne lui trouve nulle part ; car il l'interprète <i>scortari ut mulus, facere opus muli qui non generat, coïre eo pacto ;</i> parce que , <i>pered,</i> dérivé de <i>parad</i>, signifie un mulet. Il prétend donc que delà s'est fait <i>bourdeau</i> en François, que l'on disoit apparemment de son temps, &amp; <i>burdel</i> en Espagnol, <i>bordeel</i> en Flamand, <i>bordello</i> en Italien, le ou <i>p</i> Hébreu s'étant changé en <i>b.</i> Or, continue-t-il, comme du mot , <i>pered,</i> exposé <i>mulus, , parad,</i> a été exposé <i>scortari,</i> ainsi on a abusé en François du mot qui se dit des chevaux au sens de <i>coïre</i> ; en quoi l'on reconnoît la conformité des langues, ès mots dérivés par mêmes similitudes. Ainsi les femmes de mauvaises vie étoient appellées , <i>pulli Veneris,</i> &amp; du mot , <i>equus,</i> a été fait , <i>meretrix, , qui meretricio amore debacchatur</i> ; &amp; de , <i>parad,</i> a pris son origine en Grec, pour étant converti en .</p><p>Ce nom est composé selon quelques autres du nom <i>bord,</i> &amp; de celui d'eau, à cause que les femmes débauchées étoient autrefois placées proche des fleuves. Selon d'autres, il vient du Saxon <i>bord</i> que les François avoient conservé, &amp; qui signifioit <i>loge,</i> ou <i>maisonnette,</i> de même que les Romains nommoient ces lieux <i>fornices,</i> petite voûte, parce qu'en effet c'étoit leur véritable forme. De la Mare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5403" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDELAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BORDELAGE</head>
    <p>
    BORDELAGE , s. m. Vieux mot, qui signifie un domaine, un tenement, ou métairie de campagne qui est chargée de quelque redevance, qui étoit tenue ordinairement par des gens de condition servile, &amp; qui rapportoit quelque revenu. <i>Villula, herediolum, praediolum.</i> Il est dérivé de <i>borde.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Borde">Borde</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5403" id="2" type="">
   <index type="head" value="BORDELAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BORDELAGE</head>
    <p>
    Bordelage , signifie aussi le droit que les Seigneurs perçoivent sur le revenu de certaines fermes &amp; de certaines métairies : un Seigneur qui a ce droit s'appelle Seigneur Bordelier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5404" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDELIER" />
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    <head>BORDELIER</head>
    <p>
    BORDELIER , s. m. Vilain, débauché, qui hante les femmes de mauvaise vie. <i>Ganeo, scortator.</i> Il vieillit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5404" id="2" type="">
   <index type="head" value="BORDELIER" />
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    <head>BORDELIER</head>
    <p>
    Bordelier , est aussi le nom qu'on donne à un Seigneur à qui on paye le droit de bordelage. Voyez <ref type="search" target="head:Bordelage">Bordelage</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5405" id="1" type="peinture en email">
   <index type="head" value="BORDEMENT" />
   <index type="src_domain" value="peinture en email" />
   <index type="macro_domain" value="Beaux-arts" />
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    <head>BORDEMENT</head>
    <p>
    BORDEMENT , s. m. Terme de Peinture en émail .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5406" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BORDER</head>
    <p>
    BORDER , v. act. Mettre quelque chose le long des extrémités d'une autre. <i>Praetexere, cingere, circumdare.</i> Ce Gouverneur avoir <i>bordé</i> la courtine de Mousquetaires. Cette rivière est toute <i>bordée</i> d'arbres. Les chemins étoient <i>bordés</i> de monde. J'ai un exemplaire des oeuvres de Desportes, dont toutes les marges sont <i>bordées</i> des observations de Malherbe. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5406" id="2" type="jardinage">
   <index type="head" value="BORDER" />
   <index type="src_domain" value="jardinage" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDER</head>
    <p>
    Border , se dit aussi des garnitures qu'on met aux extrêmités des habits, des chapeaux. Les jupes des femmes sont <i>bordées</i> de franges. Les chapeaux des Cavaliers sont <i>bordés</i> d'argent. On appelle aussi, <i>Border</i> un lit, quand on engage le bout des draps &amp; de la couverture entre le bois de lit, la paillasse, ou le matelas.</p><p>On dit en termes de Jardinage , <i>Border une allée</i> ; pour dire, planter une bordure de bouis, ou de quelque autre chose de cette nature, dans un parterre, pour séparer la planche, ou plate-bande des carreaux, d'avec l'allée. On dit aussi <i>border</i> une planche, <i>border</i> une plate-bande. Bordez-moi cette plate-bande de cerfeuil. Lig.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5406" id="3" type="marine">
   <index type="head" value="BORDER" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDER</head>
    <p>
    Border la haie, se dit en Termes de Guerre , d'une certaine manière qu'ont les Mousquetaires de combattre, quand leur bataillon n'est pas soutenu de Piquiers contre la Cavalerie : on fait mettre ceux du premier rang un genou à terre ; le second se courbe, le troisième est droit ; &amp; ainsi ils tirent tous trois ensemble les uns par dessus les autres sans s'offenser.</p><p>En termes de Marine , on dit <i>Border</i> une voile ; pour dire, l'étendre &amp; l'arrêter par en bas, ensorte qu'elle puisse retenir le vent. <i>Explicare &amp; astringere.</i> On dit aussi, <i>Border</i> un vaisseau ennemi ; pour dire, le suivre de côté, afin de l'observer, &amp; de le reconnoître. Il signifie aussi, Venir à l'abordage. Voyez <ref type="search" target="head:Abordage">Abordage</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5406" id="4" type="">
   <index type="head" value="BORDER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BORDER</head>
    <p>
    Border un vaisseau, c'est couvrir ses membres de bordages. <i>Border</i> une carvelle, c'est <i>Border</i> ensorte que les bordages ne se touchent point. <i>Border</i> à quin, c'est <i>border</i> ensorte que l'extrémité d'un bordage passe sur l'autre. <i>Border</i> l'artimon, c'est hâler l'écoute d'artimon pour toucher une poulie qui est mise sur le haut de l'arrière du vaisseau. <i>Border</i> une écoute, c'est hâler l'écoute jusqu'à ce que le coin de la voile touche à un certain point. <i>Border</i> les écoute-arrières, c'est hâler les deux écoutes de chaque voile pour aller vent en pouppe. <i>Borde</i> plat, <i>borde</i> l'artimon, &amp;c. c'est la manière de faire le commandement pour <i>border</i> les écoutes, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5406" id="5" type="">
   <index type="head" value="BORDER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDER</head>
    <p>
    Bordé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Praetextus, cinctus, circumdatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5406" id="6" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BORDER" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Blason" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDER</head>
    <p>
    Bordé , en termes de Blason , se dit des meubles ou pièces dont l'Ecu est chargé, lorsqu'il y a autour quelque filet ou bordure d'un métal, ou d'une couleur différente, comme les croix, les bandes, les gonfanons, &amp;c. <i>Limbo cinctus.</i></p><p>La <i>Bordée &amp; rebordée,</i> en termes de Fleuriste , est le nom d'une Tulippe. Morin, <i>Cult. des fleurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5407" id="1" type="finances">
   <index type="head" value="BORDEREAU" />
   <index type="src_domain" value="finances" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDEREAU</head>
    <p>
    BORDEREAU , s. m. Terme de Finances . <i>Scheda, notae, adversaria.</i> C'est un mémoire des diverses espèces dont on fait un gros compte, ou payement, ou des sommes d'un compte qui doivent être tirées en ligne pour en voir plus facilement le total. Tous les comptes qu'on rend à la Chambre doivent avoir leur <i>bordereau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5408" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BORDIER" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDIER</head>
    <p>
    BORDIER , adj. On appelle en termes de Marine , un vaisseau <i>bordier,</i> celui qui a un côté plus fort que l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5408" id="2" type="">
   <index type="head" value="BORDIER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BORDIER</head>
    <p>
    &#9758; BORDIER , adj.Bordier , vieux mot qui signifioit autrefois une espèce de fermier, ou de métayer. Voyez BORDE, où ce mot est expliqué.<br/>Bordier, signifie encore celui qui a des terres qui confinent aux bords des grands chemins. On peut les appeller aussi <i>Riverains</i> des grands chemins. Cependant il semble que <i>Riverain</i> soit consacré pour ceux qui bordent les rivières ou les forêts, selon l'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts. Ainsi il faudroit employer seulement <i>Bordier</i> pour ceux qui ont des terres au bord des grands chemins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5409" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BORDIGUE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BORDIGUE</head>
    <p>
    BORDIGUE , s. f. Terme de Marine . C'est un espace retranché de roseau, ou de cannes, sur le bord de la mer, pour prendre du poisson. Les <i>bordigues</i> sont ordinairement construites sur les canaux qui communiquent de la mer aux étangs salés, pour prendre le poisson dans le passage de l'un à l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5410" id="1" type="peinture en email">
   <index type="head" value="BORDOYER" />
   <index type="src_domain" value="peinture en email" />
   <index type="macro_domain" value="Beaux-arts" />
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    <head>BORDOYER</head>
    <p>
    BORDOYER , v. act. Terme de Peinture en émail . M. Félibien <pb n="667" facs="bpt6k8542165/f707/full/1200,/0/native.jpg"/>s'est servi de ce mot dans le chapitre où il parle de cet art. Les émaux clairs, dit-il, mis sur un bas or, plombent &amp; deviennent loûches ; c'est-à-dire, qu'il y a un certain noir comme une fumée, qui obscurcit la couleur de l'émail, ôte de sa vivacité, &amp; la <i>bordoie</i> se rangeant tout autour, comme si c'étoit un plomb noir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5411" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORDURE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BORDURE</head>
    <p>
    BORDURE , s. f. Ce qui garnit, ce qui soutient, ce qui termine, ou ce qui orne les bords de quelque chose. <i>Margo, ora.</i> On met des chiffres &amp; des emblèmes dans les <i>bordures,</i> qui soutiennent des tapisseries. Les <i>bordures</i> des parterres se font d'ordinaire de bouïs. Des <i>bordures</i> de lavande, d'appétits. Une <i>bordure</i> de gazon dans un parterre a quelque chose de charmant. Liger. La <i>bordure</i> d'un chapeau se fait avec un petit galon. La <i>bordure</i> d'un seau, d'un minot, est la pièce de bois qui sert à les renforcer par le haut &amp; par le bas.</p><p>Ce mot se dit &amp; de la chose qui borde, &amp; de la chose qui est bordée. <i>Bordure</i> de galon, &amp; <i>bordure</i> de chapeau, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5411" id="2" type="">
   <index type="head" value="BORDURE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Beaux-arts" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORDURE</head>
    <p>
    Bordure , se dit particulièrement du quadre dans lequel on met un tableau, des miroirs, des estampes. Un tableau paroît beaucoup plus lorsqu'il est bien emborduré, qu'il a une belle <i>bordure.</i> On fait des miroirs avec des riches <i>bordures</i> de bois, ou de cuivre ; d'or, d'argent, de cristal, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5411" id="3" type="">
   <index type="head" value="BORDURE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BORDURE</head>
    <p>
    Bordure de pavé . Les Paveurs appellent ainsi les deux rangs de pierre rude &amp; rustique, qui font les bords du pavé d'une chaussée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5411" id="4" type="doreur sur cuir">
   <index type="head" value="BORDURE" />
   <index type="src_domain" value="doreur sur cuir" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BORDURE</head>
    <p>
    Bordure . Terme de Doreur sur cuir . Il se dit des ornemens qui sont au haut &amp; au bas du livre immédiatement après les filets du premier &amp; du dernier bouquet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5411" id="5" type="blason">
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    <head>BORDURE</head>
    <p>
    Bordure , en termes de Blason , est une espèce de brisure faite comme un passement, posée de plat au bord de l'Ecu, en forme de ceinture qui l'environne tout autour. <i>Limbus.</i> La <i>bordure</i> doit occuper en largeur la sixième partie de l'Ecu. La <i>bordure</i> simple est tout d'une couleur, ou d'un métal, &amp; est la première brisure des puînés. Il y en a de componées, cantonnées, engrêlées, endentées, &amp; chargées de plusieurs pièces qui sont des brisures différentes des puînés de puînés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5412" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORÉAL, ALE" />
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    <head>BORÉAL, ALE</head>
    <p>
    BORÉAL, ALE , adj. Qui est du Septentrion. <i>Boreus, borealis.</i> Cette ville est à tant de degrés de latitude <i>boréale.</i> Le vent <i>boréal</i> est froid &amp; sec. Les parties <i>boréales</i> de la France sont la Normandie, la Bretagne, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5413" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>BORÉE</head>
    <p>
    BORÉE , s. m. Mot poëtique ; pour dire, Vent Septentrional, Bise, vent du Nord. <i>Boreas.</i> Ce vent est froid, sec ; il rend l'air pur &amp; serein.</p><p>Le mot <i>borée</i> vient du mot Latin <i>boreas,</i> &amp; celui-ci vient du Grec , dont on rapporte différentes étymologies. Quelques-uns le font venir de , <i>clamor, bruit,</i> à cause du bruit que fait ce vent ; d'autres le dérivent de , <i>esca,</i> nourriture, parce que ce vent donne de l'appétit, qui est une envie de prendre de la nourriture ; ou parce qu'il est bon pour les biens de la terre, qui sont notre nourriture. Ces étymologies paroissent forcées : celles que Martinius en rapporte seulement par conjecture, pour être plus savantes &amp; plus recherchées, ne sont pas plus naturelles. Il dit que ce mot vient peut-être des mots Hébreux <i>birjah,</i> qui signifie <i>cibus,</i> nourriture ; <i>beri,</i> qui veut dire, <i>serenitas,</i> sérénité, <i>Bor,</i> c'est-à-dire, <i>puritas,</i> pureté, <i>bar,</i> qui est la même chose que <i>frumentum,</i> blé.</p><p>Les Anciens ne faisoient venir le <i>Borée</i> que de la Thrace, mais c'étoit une erreur dont Cluvier montre les causes, <i>Germ. Ant. L. I. p.</i> 15. Les Athéniens érigerent un autel à <i>Borée. Voss. De Idol. L. III. c.</i> 1. M. Sperlingius a fait un Livre sur le <i>Borée</i> &amp; ses louanges, <i>Boreas ejusque laudes, Hafniae</i> 1707. Quoiqu'il s'étende souvent en général sur le Septentrion, son principal sujet est le <i>Borée</i> ; il y montre qu'on l'a regardé comme un Dieu dans l'antiquité ; il parle des sacrifices, des jeux, des festins, des fêtes qu'on faisoit à son honneur. Il dit qu'il purifie l'air, &amp; qu'il lui donne la sérénité &amp; la salubrité ; qu'il empêche les édifices de se pourrir ; qu'il chasse la peste, &amp; les autres maladies ; qu'il emporte &amp; jette dans la mer les sauterelles qui ravagent les campagnes. Il prétend que les Etesies viennent du Nord.</p><p>On prend communément le <i>borée,</i> dit le P. Pezron, pour le vent du Septentrion ; mais anciennement on le regardoit avec raison comme le vent du Nord-est qui vient du Levant d'été, &amp; qui souffle entre l'Orient &amp; le Septentrion. Il ajoûte que ce mot est formé sur le <i>Bore</i> des Celtes, qui veut dire le matin ; parce que le matin, ou la lumière la plus grande de l'été, venoit d'entre l'Orient &amp; le Septentrion, d'où ce vent ordinairement souffloit vers ce temps-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5414" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORGNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORGNE</head>
    <p>
    BORGNE , adj. m. &amp; f. Qui n'a qu'un bon oeil. <i>Cocles, unoculus, luscus.</i> Ménage croit que ce mot vient du Bas-Breton <i>Born</i>, qui signifie la même chose. Les <i>Borgnes</i> passent pour être méchants. On dit populairement, Malin <i>borgne,</i> &amp; Malin comme un <i>Borgne.</i> Pierre Flotte, homme violent &amp; avare, fit révolter la Flandre par ses concussions sous Philippe le Bel l'an 1302. Mezeray, en la viè de ce Monarque, dit qu'il ne faut pas s'en étonner, parce qu'il étoit <i>borgne.</i> Les <i>Borgnes</i> sont de ceux qu'on dit être marqués au B. Voyez <ref type="search" target="head:B">B</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5414" id="2" type="">
   <index type="head" value="BORGNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORGNE</head>
    <p>
    Borgne , se dit figurément d'un lieu obscur &amp; mal éclairé. <i>Obscurus, tenebrosus, caecus.</i> Un cabaret <i>borgne,</i> c'est un méchant cabaret. Une maison <i>borgne,</i> est celle dont on a bouché les vûes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5414" id="3" type="">
   <index type="head" value="BORGNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORGNE</head>
    <p>
    Borgne , en terme de Médecine , se dit du premier des trois gros boyaux ou intestins. On l'appelle aussi <i>caecum,</i> ou <i>sac,</i> parce qu'il n'a qu'un trou ou conduit ouvert. Il est situé entre l'ileon &amp; le colon. Les pourceaux &amp; les animaux gloutons ont le <i>caecum</i> grand ou double.</p><p>On appelle aussi une grenade <i>borgne,</i> ou <i>aveugle,</i> celle qui n'a pas besoin d'être allumée pour être jettée avec le mortier, mais qui s'allume en tombant. Voyez <ref type="search" target="head:Grenade">Grenade</ref>.</p><p>On dit proverbialement, Faire des contes <i>borgnes</i> ; pour dire, Réciter des fables, des contes de vieilles. On dit aussi, un compte <i>borgne</i> ; pour dire, opposé à rond. On m'offre 295 liv. 10 s. de cette dette, c'est un compte <i>borgne,</i> j'en veux cent écus, c'est un compte rond. On dit aussi, Changer son cheval <i>borgne</i> contre un aveugle ; pour dire, Faire un mauvais troc. On appelle aussi un <i>faux borgne,</i> un qui fait le niais, qui seint de n'avoir pas bonne vûe, &amp; qui toutefois tâche à tromper. On dit aussi, qu'au Royaume des aveugles les <i>borgnes</i> sont Rois. On dit aussi, Voilà bien visé pour un <i>borgne,</i> pour se mocquer des tireurs mal-adroits, parce que, selon les Médécins, on voit mieux, plus droit &amp; plus loin d'un oeil, que quand on se sert des deux ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5415" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORGNESSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORGNESSE</head>
    <p>
    BORGNESSE , s. f. Femme qui n'a qu'un oeil. <i>Lusca, altero oculo capta.</i> Il ne se dit que par injure &amp; par mépris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5416" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORGNIBUS" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORGNIBUS</head>
    <p>
    BORGNIBUS , s. m. Terme burlesque, qui signifie un grand borgne. Hannibal a été appellé burlesquement, Capitaine <i>Borgnibus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5417" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BORGUE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BORGUE</head>
    <p>
    BORGUE , en termes de Marine , est une espèce de panier dont les Pêcheurs bouchent l'ouverture, qui est au fond d'un bouchot du côté de la mer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5418" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORIN" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORIN</head>
    <p>
    BORIN , s. m. Oiseau. Voyez <ref type="search" target="head:Bouvier">Bouvier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5419" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORISTÈNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORISTÈNE</head>
    <p>
    BORISTÈNE , ou BORYSTÈNE, &amp; BORYSTHÈNE, s. m. Grande rivière d'Europe. <i>Boristhenes.</i> Le <i>Boristhène</i> a sa source dans la Moscovie, au Midi de celle du Volga, &amp; au Couchant de la ville de Moscou. Il traverse une partie de la Moscovie, &amp; de la Lithuanie, &amp; toute la Basse Volhinie, &amp; se décharge dans la mer noire, entre la petite Tartarie, &amp; la Bessarabie. Jornandez l'appelle <i>Danaster,</i> Ammien Marcellin <i>Danastus.</i> Louïs Decius <i>Denieper,</i> Mercator <i>Niéper,</i> Leunclavius <i>Brisna,</i> Pencet <i>Beresina,</i> Cromer <i>Dnester</i> &amp; <i>Nester.</i> Mais le Niéper est le Neparis d'Hérodote ; pour le Nester, c'est le Tyras, qui coule entre le <i>Boristhène</i> &amp; le Danube ; &amp; la Beresine c'est le <i>Boristhène.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Baudrand">Baudrand</ref>. Les Géographes conviennent que le Pripèce est le <i>Boristhène</i> Méridional des Anciens, &amp; quelques-uns même pensent que la <i>Beresina</i> étoit le <i>Boristhène</i> Septentrional. De cette sorte le Niéper, auquel on donne aujourd'hui le nom de <i>Boristhène,</i> n'auroit été autrefois qu'une des rivières qui se jettoient dans ce fleuve. Le <i>Boristhène</i> a treize sauts ou cascades formées par des rochers qui traversent son lit, &amp; qui en rendent la navigation impossible.</p><p>L'Empereur Hadrien avoit un cheval de chasse qu'il appelloit <i>Boristhène,</i> &amp; auquel il érigea un tombeau, &amp; des colonnes après sa mort, avec des inscriptions, ou épitaphes. Voyez Scaliger, sur Spartien, dans la vie d'Hadrien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5420" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORISTÈNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>BORISTÈNE</head>
    <p>
    BORISTÈNE , s. f. Ville ancienne située sur le Boristène, &amp; habitée par des Grecs, ou plutôt mêlée de Grecs <pb n="668" facs="bpt6k8542165/f708/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; de Barbares, c'est-à-dire, de Scythes ou de Gètes. <i>Borysthenis, Olbia, Olbiopolis.</i> Strabon dit qu'elle fut bâtie par les Milésiens, qui la nommèrent <i>Olbia,</i> c'est-à-dire, l'heureuse ; qu'ensuite elle prit le nom du fleuve sur lequel elle étoit située. Le P. Lubin prétend que c'est Oczacow.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5421" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORISTÉNITE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORISTÉNITE</head>
    <p>
    BORISTÉNITE , s. m. &amp; f. Habitant de la ville de Boristène. <i>Boristenites. Olbiopolites.</i> Plutarque, dans la vie de Cléomène, parle de Sphoerus le <i>Boristénite.</i> Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5422" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORITIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORITIS</head>
    <p>
    BORITIS , dans le grand art, signifie le mercure parvenu au noir très-noir, ou le laiton qu'il faut blanchir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5423" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="BORNAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORNAGE</head>
    <p>
    BORNAGE , s. m. Terme de Palais . <i>Metatio.</i> Action de borner ou de planter des bornes. L'action de <i>bornage</i> peut être intentée, ou entre particuliers pour les confins de leurs héritages, quand l'un se plaint que son voisin entreprend sur son héritage ; ou entre les Curés, &amp; les Décimateurs, pour les limites de leurs Paroisses, ou de leurs dîmages ; ou entre différens Seigneurs, pour les limites de leur territoire, &amp; de leur Jurisdiction. Voyez le <i>Nouveau Praticien François</i> de Pimont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5424" id="1" type="bateliers">
   <index type="head" value="BORNAGER" />
   <index type="src_domain" value="bateliers" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORNAGER</head>
    <p>
    BORNAGER , v. n. Terme des Bateliers de la Loire. C'est piquer obliquement le bâton ou rivereau dans le sable, du côté que le bateau est emporté par le cours de l'eau, en sorte que le bateau venant à heurter contre le bout du bâton que le batelier tient, &amp; qu'il dirige contre le rebord d'une planche, ou contre des entailleures faites exprès au bord du bateau pour donner prise au bâton, le bateau soit repoussé de l'autre côté. <i>Lintrem conto opposito repellere.</i> On ne <i>bornage</i> guère que dans les grands bateaux, comme chalans, sapinières, &amp;c. Dans les petits on pousse à l'épaule. Les bateliers de la Seine au lieu de <i>bornager</i> disent <i>bouter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5425" id="1" type="arpentage">
   <index type="head" value="BORNE" />
   <index type="src_domain" value="arpentage" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BORNE</head>
    <p>
    BORNE , s. f. Ce qui sépare un héritage, ou un lieu d'avec un autre, soit par une marque qui s'y trouve naturellement, soit qu'elle y ait été mise exprès. <i>Terminus, finis, meta.</i> L'infini est sans <i>bornes.</i> Cette prairie a pour <i>bornes</i> d'un côté la rivière, de l'autre un bois ; les Seigneurs qui ont des bois ou des terres près des forêts du Roi, ont été obligés d'y faire des fossés pour leur servir de <i>bornes,</i> par la dernière Ordonnance des eaux &amp; forêts. Une telle croix sert de <i>borne</i> à ces deux Paroisses. Les Arpenteurs qui plantent des <i>bornes,</i> sont tenus d'y laisser des témoins, qui sont des tuileaux, ou autres marques dont ils chargent leur procès verbal. Les Juges souvent ordonnent qu'une pierre qu'on prétend servir de <i>borne</i> sera levée, pour voir si on trouvera des témoins.</p><p>La haie vive, buisson, terre, ou <i>borne,</i> étant entre pré &amp; terre, vigne, ou bois, sont réputés être du pré, &amp; non de la terre, vigne, ou bois. Loisel. Nos pensées vont souvent plus loin que les cieux, &amp; pénètrent au delà de ces <i>bornes</i> qui environnent, &amp; qui terminent toutes choses. Boil.</p><p>Numa Pompilius mit les <i>bornes</i> des terres au nombre des choses sacrées ; il fit entendre qu'elles étoient sous la protection du Dieu <i>Terminus,</i> &amp; défendit de les changer de place, à peine de la vie. De la Mare. Il se trouve quelques Seigneurs qui ont marqué les <i>bornes</i> des terres qu'ils ont données, avec la pointe de leur épée ; manière qui a quelque chose de noble, &amp; qui peut marquer en même-temps que les personnes de qualité commençoient à porter toujours l'épée. Lobineau. Il parle du commencement du XIIIe siècle. Rindenus a fait une Dissertation sur les pierres qui servent de <i>bornes. Christoh. Adami Rindeni Dissertatio de Diversitate Lapidum finalium, eorumque jure.</i> Elle contient tout ce que le Droit, l'Histoire ancienne &amp; moderne peuvent fournir sur ce sujet ; &amp; elle est pleine de critique.</p><p>Nicot dérive ce mot du Grec , qui signifie <i>tumulus, acervus</i> ; car les premières marques des <i>bornes</i> ont été les petites mottes ou élévations de terre, que Rigaut dit avoir été appellées <i>botones</i> en termes d'Arpentage . Du Cange dit que dans la basse Latinité on appelloit une <i>borne, bonna, bunda, bodina,</i> &amp; <i>bodula,</i> d'où on a fait les autres mots de <i>boonne,</i> pour <i>borne,</i> &amp; de <i>boonner</i> pour <i>borner</i> ; d'où on a fait aussi <i>abonagium</i> &amp; <i>asbonagium</i> &amp; <i>esbonare</i> ; pour dire, <i>mesure</i> &amp; <i>mesurer.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNE</head>
    <p>
    Borne , se dit aussi de ce qui sépare les Provinces &amp; les Royaumes. <i>Limites.</i> La France a pour <i>bornes</i> la Mer, le Rhin, les Alpes, &amp; les Pyrénées. Les Romains décernoient le triomphe à ceux qui avoient étendu les <i>bornes</i> de leur Empire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNE</head>
    <p>
    Borne , se dit aussi d'une pierre à hauteur d'appui, ou d'une barrière qui arrête les carrosses &amp; les charrois, &amp; les empêche d'endommager les portes, ou les murailles d'un bâtiment. <i>Cancelli.</i> On met des <i>bornes</i> aux deux côtés d'une porte cochère, aux parvis des Eglises, &amp;c. A chaque coin de rue il y a des <i>bornes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNE</head>
    <p>
    Borne , se dit aussi chez les Vitriers des losanges, ou quarreaux de vitres disposées en plusieurs façons en manière de <i>bornes,</i> de doubles <i>bornes</i> ; ou des pièces de verre hexagones, qui entrent dans les compartimens des vitres. Quand une place, qui est au-devant d'un bâtiment sur une voie publique, est renfermée par des <i>bornes,</i> elles font connoître que cette place appartient au particulier par qui elles ont été plantées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNE</head>
    <p>
    Borne de Cirque . Pierre en forme de cone, qui servoit de marque chez les Grecs pour déterminer &amp; désigner la longueur d'un stade, &amp; qui régloit chez les Romains la course des chevaux dans les Cirques &amp; les Hippodromes. <i>Meta.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNE</head>
    <p>
    Bornes , se dit figurément au plur. seulement des choses spirituelles &amp; morales. S. Thomas étoit un esprit vaste &amp; sans <i>bornes.</i> L'ambition d'Alexandre n'avoit point de <i>bornes.</i> Cet Ambassadeur a été désavoué, il a passé les <i>bornes</i> de son pouvoir. Les Tyrans abusent de leur pouvoir, quand il est sans <i>bornes.</i> On dit aussi qu'un Orateur n'a point passé les <i>bornes</i> de son sujet, quand il n'a point trop étendu son discours, ni fait de longues digressions : qu'une pièce de théatre, un Poëme est renfermé dans de justes <i>bornes,</i> quand ils ont la juste étendue qu'ils doivent avoir dans les règles. Les vertus ont leurs <i>bornes,</i> &amp; ne vont point dans l'excès. Un homme sage se tient toujours dans les <i>bornes</i> du devoir. Mettre des <i>bornes</i> à ses desirs. Ablanc. Se tenir dans les <i>bornes</i> de l'honnête satyre. Mol. Mon chagrin n'a plus de <i>bornes.</i> Bens. Il n'y a que la Religion qui nous puisse consoler des <i>bornes</i> étroites de notre vie. Nicol. Quand la complaisance est sans <i>bornes,</i> elle devient fade. Bell. Aujourd'hui le luxe &amp; la vanité n'ont plus de <i>bornes.</i> Flech. Le sage passe pour fou, &amp; le juste pour injuste, s'ils poussent la vertu au delà de ses justes <i>bornes.</i> En vous laissant votre liberté sur votre conduite, je vous donne des <i>bornes</i> plus étroites que je ne pourrois vous prescrire. P. de Cl. Quand on est un peu raisonnable on sait donner des <i>bornes</i> à son ambition. S. Evr. La vaillance a ses <i>bornes</i> comme toutes les autres vertus, &amp; elle doit être accompagnée de prudence. Voit. L'adversité est la véritable <i>borne</i> de l'ambition. B. Rab. On ne peut imaginer trois pouvoirs &amp; trois êtres infinis, dont l'un seroit par nécessité la <i>borne</i> de l'autre. Peliss. Quand il plaît à Dieu de franchir les <i>bornes</i> de la nature. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNER</head>
    <p>
    BORNER , v. act. Terminer un champ, une Province. <i>Finire, terminare, cicumscribere.</i> Cette rivière, ce grand chemin, ce fossé, <i>bornent</i> cetre prairie de trois côtés. La mer &amp; les Pyrénées <i>bornent</i> l'Espagne &amp; le Portugal.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNER</head>
    <p>
    Borner , signifie aussi, Planter des bornes. <i>Metari.</i> Les Juges ont ordonné un transport sur cet héritage contentieux, pour le faire mesurer &amp; <i>borner</i> par un Arpenteur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNER</head>
    <p>
    Borner , signifie encore, finir, achever. <i>Perficere, finire.</i> Hercule <i>borna</i> ses travaux &amp; sa navigation au Détroit de Gibraltar où il posa ses colonnes. S. Louis <i>borna</i> sa vie dans une sainte expédition. Qui ne sait se <i>borner</i> ne sut jamais écrire. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BORNER</head>
    <p>
    Borner , se dit aussi figurément des choses spirituelles &amp; morales. Il faut <i>borner</i> ses prétentions, sa fortune, son ambition, son discours. Se <i>borner</i> à ses propres affaires. Qui <i>borne</i> ses desirs au seul nécessaire, ne court point les mers orageuses. S. Evr.</p><p>La bonté, la puissance, la grandeur de Dieu, ne sont point <i>bornées,</i> ni limitées.</p><p>Borné, ée, part. &amp; adj. <i>Finitus, terminatus, circumscriptus.</i> <pb n="669" facs="bpt6k8542165/f709/full/1200,/0/native.jpg"/>On appelle une maison d'une vûe <i>bornée,</i> une maison qui est de petite étendue, &amp; sise en un lieu où il est difficile de s'accroître ; une vûe qui est offusquée par des bois ou par des montagnes. On dit aussi qu'un esprit est <i>borné,</i> lorsqu'il n'est pas de grande étendue ; qu'il a des vûes <i>bornées,</i> qu'il n'est pas capable de grands desseins, ni de sciences difficiles. On appelle aussi une fortune médiocre, une fortune <i>bornée,</i> qu'on n'a pas dessein de pousser plus avant. Lesesprits <i>bornés</i> admirent tout. Bell. Ce qui fait qu'on se lasse des objets, &amp; des plaisirs du monde, c'est qu'ils sont <i>bornés.</i> Nicol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5427" id="1" type="">
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    <head>BORNEYER</head>
    <p>
    BORNEYER . Voyez <ref type="search" target="head:BORNOYER">BORNOYER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5428" id="1" type="architecture & de jardinage">
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    <head>BORNOYER</head>
    <p>
    BORNOYER . Verbe act. Terme d'Architecture &amp; de jardinage . Voir &amp; reconnoître à l'oeil si une chose est droite. Viser, aligner quelque chose d'un seul oeil, pour voir si une chose est droite, &amp; la dresser. <i>Observare, inspicere.</i> Un Tailleur de pierre <i>bornoie</i> un parement de pierre pour examiner s'il est droit, &amp; bien dégauchi.</p><p>La Quintinie &amp; Liger écrivent BORNEYER. C'est apparemment ainsi que les Jardiniers prononcent. Il faut être ou à genoux, ou assis, ou debout, pour <i>borneyer</i> à son aise. La Quint. On met la règle sur deux bâtons, on voit avec l'équerre si elle est bien justement de niveau, &amp; cela étant on <i>borneye.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5429" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORNOYEUR" />
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    <head>BORNOYEUR</head>
    <p>
    BORNOYEUR , ou comme écrit La Quintinie. BORNEYEUR. s. m. Qui bornoie, qui mire ou vise d'un oeil pour voir si une chose est droite, ou pour la mettre droite &amp; de niveau. Quand on veut mettre un terrain de niveau, il faut hausser ou baisser la perche, suivant l'ordre du <i>borneyeur,</i> jusqu'à ce que l'extrémité en ayant été observée par le <i>borneyeur,</i> on suppute juste combien de pieds &amp; de toises il y a en ligne droite &amp; à plomb, depuis cette extrémité qui est au haut de la perche ou du jalon, jusqu'à la superficie de la terre. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5430" id="1" type="">
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    <head>BORRELISTE</head>
    <p>
    BORRELISTE , s. m. <i>Borrelianus, Borreli discipulus.</i> Nom de Secte, qui a pris son nom d'Adam Borréel son Chef, qui étoit Zélandois. Les <i>Borrelistes</i> suivent la plus grande partie des erreurs des Mennonistes, qui sont des Anabaptistes. Ils ne se trouvent pas néanmoins dans leurs assemblées. Ils menent, dit-on, une vie assez sévère ; ils font de grandes aumônes ; ils blâment &amp; méprisent toutes les fonctions extérieures de la Religion, assemblées dans les temples, prières publiques, usage des Sacremens, &amp;c. Ils soutiennent que depuis la mort des Apôtres, il n'y a point eu, &amp; qu'il n'y a point de vraie Eglise. Ils veulent qu'on ne lise que la parole de Dieu ; sans aucune interprétation. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Stoup, dans son <i>Traité de la Religion des Hollandois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5431" id="1" type="">
   <index type="head" value="BORROW" />
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    <head>BORROW</head>
    <p>
    BORROW , s. m. Arbre des Indes. Son écorce est couverte d'épines crochues : quand on y fait quelque incision il en sort un suc purgatif. Son bois est si poreux, qu'il n'est pas même bon à brûler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5432" id="1" type="relation">
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    <head>BOSAN</head>
    <p>
    BOSAN , s. m. Terme de Relation . C'est un breuvage de millet bouilli dans l'eau, dont les Turs boivent beaucoup, &amp; c'est ce qui les rend si robustes &amp; si forts. De la Boulaye.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5433" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BOSEL" />
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    <head>BOSEL</head>
    <p>
    BOSEL , s. m. Terme d'Architecture . C'est un membre rond qui est la base des colonnes, qui est comme un gros anneau, ou bourrelet, qu'on nomme aussi <i>bâton, tore, spire &amp; astragale. Torus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5434" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSNIE" />
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    <head>BOSNIE</head>
    <p>
    BOSNIE , s. f. Province d'Europe, qui est une partie de la Servie, qui a été autrefois une des Provinces du Royaume de Hongrie, qui ensuite a eu titre de Royaume, &amp; qui enfin est soumise au Turc depuis Mahomet II. qui la prit en 1463. &amp; fit écorcher vif Etienne, le dernier des Rois de <i>Bosnie. Bosnia, Bossena, Bosna.</i> On dit qu'elle a pris ce nom d'un fleuve de même nom qui l'arrose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5435" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSPHORE" />
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    <head>BOSPHORE</head>
    <p>
    BOSPHORE , s. m. Détroit ou canal de mer si peu large, qu'un boeuf le peut passer à la nage. <i>Bosphorus</i> ; Properce dit aussi <i>Bosphorum,</i> L. III. el. 10. On n'a donné ce nom qu'à deux détroits de la mer Méditerranée ; le <i>Bosphore</i> de Thrace, &amp; le <i>Bosphore</i> Cimmérien. Le <i>Bosphore</i> de Thrace est celui que nous appellons aujourd'hui Détroit de Constantinople, ou Canal de la mer noire, par lequel cette mer, nommée Pont Euxin, communique à la mer de Marmora. Il sépare la Thrace de l'Asie mineure, &amp; c'est par cette raison qu'on l'a nommé <i>Bosphore</i> de Thrace, <i>Bosphorus Thracius.</i></p><p>Le <i>Bosphore</i> Cimmérien, <i>Bosphorus Cimmerius,</i> est ce que nous appellons aujourd'hui Détroit de Kapha, ou de Kiderleri, du nom de deux villes qui sont dessus. On le nomma Cimmérien à cause des Cimmériens, peuples qui n'en étoient pas loin, ainsi que l'assure Denys le Géographe, v. 167. &amp; suiv. Il séparoit la Chersonèse Taurique du côté d'Europe, de la Sarmatie du côté d'Asie, c'est-à-dire, qu'il étoit entre ce que nous appellons aujourd'hui Tartarie d'un côté, &amp; Circassie de l'autre. Il joignoit le Pont Euxin au Palus Méotides. Voyez <ref type="search" target="head:Pompon">Pompon</ref>. Mela, L. I. C. 1. Hésychius l'appelle <i>Bosphore Scytique.</i> Le <i>Bosphore</i> Cimmérien, appellé autrement la Chernonèse Taurique, reçut pour Roi, de la part d'Auguste, Polémon Roi du Pont. Tillem.</p><p>Le mot <i>Bosphore</i> est Grec, formé selon quelques-uns de , <i>boeuf,</i> &amp; , <i>je porte,</i> ou selon d'autres de , <i>boeuf,</i> &amp; , passage ; d'où vient que selon ceux-ci, il faudroit dire <i>Bospore.</i> Et il n'est point extraordinaire qu'un se change en , c'est-à-dire, un <i>p,</i> en <i>ph.</i> Si l'on convient de l'étymologie de ce nom, on ne convient pas de la raison pour laquelle il a été donné au <i>Bosphore</i> de Thrace. Les uns disent qu'Io fille d'Inachus, ayant été changée en vache par Junon, passa ce Détroit, qui de là fut nommé <i>Bosphore.</i> C'est le sentiment d'Apollodore, L. II. de l'Interprète d'Apollonius, de Pline, L. II. c. 1. de Denys le Géographe, v. 140. d'Eschyle dans son Prométhée, de Valer. Flaccus, L. IV. v. 344. de Nonnus, L. III. de Callimaque, de Polybe, de Palaephatus dans Ion, de Tzetzès, Chil. I. hist. 31. d'Amm. Marcellin, L. XXII. &amp; de cent autres, sur-tout parmi les Poëtes. Arrien dit que les Phrygiens ayant reçu une réponse de l'oracle qui leur ordonnoit de suivre la route que leur marqueroit un boeuf, ils en agitèrent un qui se jetta à la mer pour éviter leurs poursuites, &amp; passa ce détroit à la nage. Denis de Byzance dit qu'un boeuf tourmenté d'un taon se jetta dans le détroit &amp; le passa. D'autres disent que tout détroit étoit autrefois appellé <i>Bosphore.</i> D'autres disent que quand les habitans des côtes vouloient le passer, ils joignoient des bateaux ensemble, &amp; y atteloient des boeufs. Nymphius raconte, sur le témoignage d'Accarion, que les Phrygiens voulant passer ce détroit construisirent un navire, à la proue duquel il y avoit une figure de tête de boeuf, &amp; qui apparemment pour cela fut appellé , <i>boeuf.</i> Jean d'Antioche dit que Byzas, Fondateur de Byzance, jetta un boeuf dans ce détroit, &amp; qu'il le passa à la nage. Ephorus dit que ce nom vient du taureau, que le Roi de Phénicie envoya à Inachus pour Io, que les Phéniciens avoient ravie. Quelques-uns même, au rapport de Lloyd &amp; d'Hoffman, ont cru que ce nom venoit du vaisseau qui porta Phryxus dans la Colchide, &amp; qui se nommoit <i>belier,</i> &amp; non pas <i>boeuf.</i> Pline dit qu'on appelle <i>Bosphoer</i> cet espace de mer, parce qu'il est si étroit que des boeufs peuvent aisément le passer ; en effet on entend d'un bord de la mer à l'autre les hommes parler, les oiseaux chanter, les chiens aboyer. P. Gyllius a composé trois livres du <i>Bosphore</i> de Thrace.</p><p>Je ne trouve rien sur l'origine du nom de <i>Bosphore</i> Cimmérien : peut-être n'a-t-il été ainsi appellé qu'à cause de sa ressemblance au <i>Bosphore</i> de Thrace, c'est-à-dire, parce que c'est un canal fort étroit. De ce <i>Bosphore</i> le port de Constantinople fut appellé , &amp; puis par corruption, , Voyez Lambecius sur Codin, n. 119.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5436" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSQUET" />
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    <head>BOSQUET</head>
    <p>
    BOSQUET , s. m. Petit bois planté avec symmétrie. <i>Nemus, silvula.</i> Il se dit particulièrement de ceux qu'on élève dans les jardins des maisons de plaisance, ou des cabinets couverts d'arbres fort touffus, pour la décoration.</p><p><i>Bosquet</i> est le diminutif de <i>bosc,</i> qui a signifié bois, forêt. On trouve <i>boscum</i> dans le même sens dans l'histoire des miracles de S. Benoit par Adrevalde. Et selon Nicot ce nom vient de , <i>pasco,</i> comme <i>nemus</i> vient de . De <i>boscum</i> nos pères ont fait <i>bosc,</i> que l'on disoit encore en Flandre du temps de Nicot, &amp; qui reste dans des noms de famille. Les Picards l'ont adouci en disant <i>bos,</i> dont les François ont fait <i>bois.</i> Il y a apparence que <i>bosc</i> est un <pb n="670" facs="bpt6k8542165/f710/full/1200,/0/native.jpg"/>mot Celtique ; car il est dans le Bas-Breton, &amp; signifie la même chose qu'en François. Les Allemands disent aussi <i>bosch,</i> pour signifier la même chose. On trouve le diminutif <i>boschetum</i> dans la basse Latinité. <i>Act. SS. T. IV. Jun. p.</i> 765. <i>B.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5437" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BOSSAGE" />
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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    BOSSAGE , s. m. Terme d'Architecture . C'est une pierre qui a quelque saillie, qu'on laisse sans être taillée dans les bâtimens qu'on élève, pour y tailler ensuite des chapitaux, des armes, ou quelques autres ouvrages. <i>Eminentia, anaglyphum, anaglyptum.</i> On appelle aussi, Joindre les pierres en <i>bossage,</i> quand elles avancent au delà des endroits où sont les joints : comme on laisse certaines bosses aux tambours des colonnes de plusieurs pièces, pour conserver les arêtes de leurs joints de lit, que les cordages pourroient émousser, &amp; pour en faciliter la pose. On appelle encore <i>bossages,</i> certaines pierres avancées qu'on laisse au-dessous des coussinets d'un arc, ou d'une voûte, &amp; qui servent de corbeaux pour porter les cintres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5437" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOSSAGE" />
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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    Bossages , ou Pierres de refend, ce sont les pierres qui semblent excéder le nud du mur, à cause que les joints de lit en sont marqués par des enfoncemens, ou canaux quarrés.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOSSAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    Bossage rustique , est celui qui est arrondi, &amp; dont les paremens paroissent brutes, ou pointillés également.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5437" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOSSAGE" />
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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    Bossage arrondi , est celui dont les arêtes sont arrondies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5437" id="5" type="">
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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    Bossage a anglet , est celui qui étant chanfrainé, &amp; joint à un autre de pareille manière forme un angle droit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    Bossage en pointe de diamant , est celui dont le parement a quatre glacis qui se terminent à un point lorsqu'il est quarré, &amp; à une arête, quand il est barlong.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5437" id="7" type="">
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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    Bossage en cavet , est celui dont la saillie est terminée par un cavet entre deux filets, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5437" id="8" type="charpenterie">
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    <head>BOSSAGE</head>
    <p>
    Bossage , en termes de Charpenterie , est la rondeur en bosse que font les bois courbes, ou cintrés. <i>Arcus.</i> On toise les bois affoiblis exprès de toute la grandeur de leur <i>bossage.</i> On appelle aussi <i>bossage,</i> les parties éminentes ou les plus grosses qu'on laisse sur les poinçons, ou autres pièces de bois qu'on emploie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    BOSSE , s. f. Eminence de chair sur les épaules, ou sur l'estomac, qui gâte la taille ordinaire &amp; naturelle. <i>Gibbus, gibber.</i> Un homme qui a une <i>bosse</i> ne se peut jamais vanter d'avoir bonne mine. Un chameau a une <i>bosse</i> sur le dos ; un dromadaire en a deux.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>pusa,</i> d'où il fait <i>busa,</i> &amp; ensuite <i>bosse.</i> Il en dérive aussi <i>busse</i> &amp; <i>bussart,</i> vieux mots François. Il fait aussi venir <i>boisseau</i> de son diminutif <i>bussellum.</i> De l'Hébreu , <i>dabas,</i> qui signifie <i>miel, , dabbeset,</i> est exposé <i>gibbus, seu tuberculum, quod est super dorsum camelorum,</i> la <i>bosse</i> des chameaux. Ensorte que selon cette signification de , <i>debas, tebas, tuber</i> pourroit avoir dégénéré, pour signifier la même chose, <i>gibbus, tumor.</i> Et ainsi en François retranchant le , ou <i>d</i> Hébreu, de , <i>besset, bosse</i> a été formé. Guichard. Ailleurs il le tire de , <i>tsaba, tumescere, enfler,</i> dont en transposant ses radicales il fait , <i>batsa,</i> d'où <i>bosse,</i> dit-il, a été formé en François. Ni l'une ni l'autre de ces origines n'a guère de vraisemblance.</p><p>Ce mot, selon Du Cange, vient de <i>bossa,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , se dit aussi des bignes, ou blessures qui se font à la tête par quelque coup ou quelque contusion, &amp; qui y causent quelque enflure. <i>Tumor, tuber.</i> Il avoit des <i>bosses</i> au front, &amp; au derrière de la tête des coups qu'il avoit reçus. On le dit aussi de quelques autres tumeurs. Une <i>bosse</i> chancreuse. La <i>male-bosse,</i> est un bubon de peste, qui ne diffère du charbon qu'en ce que la matière de la <i>bosse</i> est plus crasse &amp; plus visqueuse, &amp; celle du charbon est plus acre, bouillante, furieuse &amp; subtile, faisant escarre au lieu où il vient. <i>Ulcus pestilens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , se dit aussi des enfonçures qui se font par hazard aux pots, &amp; aux plats, &amp; aux ustensiles de ménage d'argent, d'étain, ou de cuivre. <i>Recessus, lacuna.</i> Ce flacon, ce chaudron, cette bassinoire, font pleins de <i>bosses.</i> On dit aussi d'un habit mal taillé, qui n'est pas bien uni sur le corps, qu'il fait des <i>bosses.</i></p><p>On appelle aussi de la vaisselle en <i>bosse,</i> celle qui n'est pas toute unie &amp; toute plate, comme les pots, les pintes, les flacons, qui sont plus larges par le bas que par l'ouverture. <i>Toreuma, analyphum.</i> Des bassins relevés en <i>bosse,</i> qui sont ciselés, &amp; où il y a plusieurs figures ou desseins de bas-relief.</p><p>Les Serruriers appellent <i>Serrures à bosse,</i> celles qui s'attachent par dehors avec des clous, &amp; qui se ferment avec un moraillon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , s. f. Petit bossage laissé dans le parement d'une pierre par l'ouvrier, pour faire connoître que l'on n'en a pas toisé la taille. <i>Eminentia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="5" type="chasse">
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , en termes de Chasse , se dit de la première poussée du bois d'un cerf qui a mis bas ; ce qui commence dès les mois de Mars ou d'Avril. <i>Subula.</i> Il se dit aussi au chevreuil dans le même sens, &amp; s'appelle encore autrement enflure. Au cerf il se nomme meule ; c'est la <i>bosse</i> qui est sur sa tête d'où sort le merrein, la perche, ou le fût de son bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="6" type="">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , se dit aussi des terres qui ont quelque élévation ronde au-dessus du rez de chaussée. <i>Tuber.</i> Ce terrein, ce pays est inégal &amp; plein de <i>bosses,</i> de collines &amp; de montagnes. On dit aussi d'une rue qui n'est pas en droit alignement, qu'elle fait une <i>bosse</i> au milieu. On dit aussi d'un mur qui menace ruine, qu'il fait une <i>bosse,</i> ou qu'il fait ventre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="7" type="tripot">
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , en termes de Tripot , est un endroit où la muraille biaise, &amp; fait un angle obtus, où quand la balle donne, elle est difficile à juger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="8" type="">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , en termes de Sculpture , signifie, Bas-relief, ou plein-relief. Cet ouvrage est relevé en <i>bosse,</i> en demi-<i>bosse,</i> c'est un bas-relief qui a des parties saillantes &amp; détachées. <i>Prostypa.</i> En ronde <i>bosse,</i> c'est un plein relief dont toutes les parties ont leur véritable rondeur, &amp; sont isolées, comme les figures. <i>Ectypa.</i> On dit aussi des Médecins, qu'ils relèvent en <i>bosse</i> les cimetières.</p><p>On dit aussi en Peinture, travailler d'après la <i>bosse. Statua, signum.</i> Pour dire, Copier ou dessiner une figure de relief.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="9" type="artillerie">
   <index type="head" value="BOSSE" />
   <index type="src_domain" value="artillerie" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosse , terme d'Artillerie . C'est une bouteille de verre fort mince, remplie de quatre ou cinq livres de poudre, au cou de laquelle, après qu'on l'a bien bouchée, on met quatre ou cinq mèches qui pendent en bas. On lui attache ensuite une corde longue de deux à trois pieds, qui sert pour la jetter ; &amp; quand la bouteille vient à se briser, elle met le feu à tout ce qu'elle rencontre. On se sert de cette machine sur la Méditerranée, &amp; on la jette dans les vaisseaux pour mettre l'équipage en désordre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="10" type="marine">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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    <head>BOSSE</head>
    <p>
    Bosses , en termes de Marine , sont des bouts de corde qui ont des noeuds à leurs extrémités, qui servent à rassembler &amp; à rejoindre les manoeuvres qui ont été rompues, ou coupées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5438" id="11" type="">
   <index type="head" value="BOSSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BOSSE</head>
    <p>
    &#9758; BOSSE , s. f.Bosses a aiguillettes , ou à raban. Ce sont les bosses qui sont pour le cable ; c'est-à-dire, qui ont au bout une petite corde qui sert à saisir le cable. Les bosses à fouet, sont celles qui étant tressées par le bout, vont jusqu'à la pointe en diminuant ; &amp; la bosse du bossoir, est la manoeuvre qui sert à tirer l'ancre hors de l'eau pour l'amener au bossoir, lorsqu'elle paroît. On appelle bosse de chaloupe, les cordes dont on se sert pour amarrer les chaloupes. On dit, Prendre une bosse ; pour dire, Amarrer une bosse à quelque manoeuvre.<br/>Bosse, signifie aussi mesure de sel. Une <i>bosse</i> est une espèce de tonne d'une certaine grosseur. C'est un terme usité à Salins en Franche-Comté. Par traité fait avec les Suisses, Salins est obligé de leur fournir chaque année 9143. <i>bosses</i> de sel. Merc. <i>Décemb.</i> 1738.</p><p>On dit proverbialement, que les Chirurgiens ne demandent que plaies &amp; <i>bosses</i> ; pour dire, qu'ils sont bien aises d'avoir de la pratique. On le dit aussi figurément de ces esprits malins qui ne cherchent qu'à faire naître des querelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5439" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSELAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOSSELAGE</head>
    <p>
    BOSSELAGE , s. m. Travail en bosse sur de la vaisselle. Travailler en <i>bosselage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5440" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSELER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOSSELER</head>
    <p>
    BOSSELER , v. act. BOSSELÉ, part. adj. C'est la même chose que <i>Bossuer</i> &amp; <i>bossué.</i> Voyez ces mots. Il signifie encore mieux Travailler en bosse sur de la vaisselle, sur de l'argenterie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5440" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOSSELER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOSSELER</head>
    <p>
    Bosselé, ée , adj. Ce terme se dit de certaines feuilles des plantes qui sont ciselées naturellement ; elles ont des éminences à grandes mailles &amp; creuses en dessous, comme celles <pb n="671" facs="bpt6k8542165/f711/full/1200,/0/native.jpg"/>des plaques d'argent ciselé. Telles sont les feuilles de chou, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5441" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSELURE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOSSELURE</head>
    <p>
    BOSSELURE , s. f. Espèce de ciselure naturelle qui se trouve sur certaines feuilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5442" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOSSEMAN" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BOSSEMAN</head>
    <p>
    BOSSEMAN , ou BOSSEMENT, s. m. Terme de Marine . C'est un Officier de l'équipage, qui a soin de l'ancre &amp; des cordages, de lever les ancres, &amp; de bosser les cables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5443" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOSSER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BOSSER</head>
    <p>
    BOSSER . Terme de Marine . C'est, Mettre l'ancre sur les bosseurs, ou pièces de bois destinées à la recevoir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5444" id="1" type="eperonnier">
   <index type="head" value="BOSSETTE" />
   <index type="src_domain" value="eperonnier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BOSSETTE</head>
    <p>
    BOSSETTE , s. f. Terme d'Eperonnier . Ornement d'embouchure qui couvre le banquet. Ainsi c'est un petit rond doré &amp; élevé en bosse, qu'on met aux deux côtés d'un mords de cheval. <i>Umbo equini lupati.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5444" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOSSETTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>BOSSETTE</head>
    <p>
    Bossette , signifie encore une pièce de cuivre qu'on met sur les yeux d'un mulet. <i>Paropium, paropis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5445" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSETIER" />
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    <head>BOSSETIER</head>
    <p>
    BOSSETIER , s. m. C'est un des noms dont on appelle les Fondeurs ; &amp; on les appelle de la sorte, parce qu'ils peuvent faire quantité de petits ouvrages d'airain, de cuivre ou de laiton, en bosse, comme des grelots, des bossettes, des clochettes, des sonnettes, &amp;c. <i>Umbonum, paropiorum faber, opifex.</i> Un tel a été reçu Fondeur, Mouleur en terre &amp; en sable, &amp; <i>Bossetier</i> de la ville de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5446" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOSSEURS" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BOSSEURS</head>
    <p>
    BOSSEURS , ou BOSSOIRS, s. m. Terme de Marine . Ce sont des poutres ou pièces de bois qui sont mises en saillie des deux côtés du château d'avant du vaisseau, au-dessous de l'éperon, pour soutenir l'ancre quand on l'a levée, &amp; empêcher qu'elle n'offense le franc bordage &amp; les ceintes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5447" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSU, UE" />
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    <head>BOSSU, UE</head>
    <p>
    BOSSU, UE , adj. &amp; s. Qui a une bosse. <i>Gibber, gibbus.</i> On dit, qu'un homme n'est ni tortu, ni <i>bossu,</i> quand on le vante d'être médiocrement bien fait. Patin prétend que les <i>bossus</i> ont le poumon mauvais.</p><p>On dit aussi figurément, qu'un pays est <i>bossu,</i> quand il est inégal &amp; montueux. On dit aussi, que les cimetières sont <i>bossus,</i> quand on y a enterré bien du monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5448" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSUER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BOSSUER</head>
    <p>
    BOSSUER , v. act. Faire une bosse à de la vaisselle, à de la batterie de cuisine. <i>Recessus, lacunas facere.</i> On dit aussi <i>Bosseler,</i> mais il n'est pas si usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5448" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOSSUER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BOSSUER</head>
    <p>
    Bossué, ée , adj. Vaisselle, ou batterie de cuisine qui a des bosses. <i>Lacunatus.</i> On dit aussi <i>Bosselé,</i> mais <i>Bossué</i> est plus usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5449" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSSY" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BOSSY</head>
    <p>
    BOSSY , s. m. Arbre qui croît au Royaume de Quoja en Afrique. Il a l'écorce sèche, &amp; le bois gras &amp; huileux, dont on fait des cendres pour le savon. Ses fruits sont des prunes longues &amp; jaunes, qui sont aigres &amp; bonnes à manger. Dapper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5450" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="BOSTANGI" />
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   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
   <index type="pred_domain" value="Voyage" />
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    <head>BOSTANGI</head>
    <p>
    BOSTANGI , s. m. Terme de relation . C'est un mot Turc qui signifie Jardinier. Il vient de <i>Bostan,</i> jardin, comme Ekmekgi, qui signifie <i>boulenger,</i> vient d'Ekmek, <i>pain.</i> D. l. Boulaye.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5451" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOSTANGI-BASCHI" />
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    <head>BOSTANGI-BASCHI</head>
    <p>
    BOSTANGI-BASCHI , s. m. Officier du Grand Seigneur, qui a soin des jardins, des fontaines, de toutes les maisons de plaisance, &amp; de tous ceux qui y travaillent, Intendant des jardins du Grand Seigneur. <i>Hortulanorum Praefectus.</i> Le <i>Bostangi-Baschi</i> est tiré des Agiamoglans.</p><p>Ce mot est Turc, &amp; vient de , <i>Bustan,</i> &amp; vulgairement <i>Bostan,</i> qui signifie <i>jardin,</i> &amp; de , qui signifie <i>Chef,</i> Commandant, le premier dans un Corps, comme en Hébreu, &amp; <i>Chef,</i> en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5452" id="1" type="">
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    <head>BOSUEL</head>
    <p>
    BOSUEL , s. m. C'est ainsi qu'on nomme la seule tulipe qui ait de l'odeur, &amp; dont on ne fait pourtant point de cas. Morin, dans le <i>Traité de la culture des fleurs,</i> dit que le <i>Bosuel</i> est une tulipe rouge de sang &amp; jaune ; &amp; rien autre chose.</p><p>C'est aussi le nom d'une renoncule double à double fleur. Il provient du petit rat orangé vulgaire, qui est rayé de jaune. Mor. <i>Cult. des fleurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5453" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOT" />
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    <head>BOT</head>
    <p>
    BOT , adj. m. Qui ne se dit que d'un pied estropié, dont on a coupé le bout, ou qui est maltourné, dont on a peine à se servir. <i>Pes in obtusum coactus ac contractus.</i> C'est un pied <i>bot,</i> un homme estropié d'une jambe.</p><p>Borel dit que ce mot est Gaulois, &amp; signifioit autrefois <i>trou en terre,</i> ou <i>fossette à jouer aux noix,</i> dérivé du Latin <i>buttum</i>, d'où on a fait aussi <i>sabot</i> &amp; <i>pot,</i> à cause de leur cavité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5453" id="2" type="">
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    <head>BOT</head>
    <p>
    Bot , s. m. signifie aussi un petit vaisseau, dont on se sert aux Indes Orientales ; il est mâté comme un heu, &amp; n'est point ponté. On appelle encore <i>Bot</i> certain gros bateau Flamand, &amp; on prétend que c'est de là qu'est venu le mot de <i>Paque-bot,</i> pour signifier le vaisseau qui apporte les lettres de Douvre à Calais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5454" id="1" type="anatomie">
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    <head>BOTAL</head>
    <p>
    BOTAL . Terme d'Anatomie . Le trou <i>botal,</i> ainsi appellé du nom de celui qui l'a découvert le premier, est une des ouvertures par le moyen desquelles le sang circule dans le foetus sans entrer dans les poumons, ni dans le ventricule gauche du coeur. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5455" id="1" type="">
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    <head>BOTANIQUE</head>
    <p>
    BOTANIQUE , adj. &amp; s. f. C'est la partie de la Médecine qui traite des plantes, tant médicinales, que potagères &amp; autres : ainsi l'Agriculture &amp; le Jardinage sont des parties de la Botanique. <i>Pars Medicinae quae in plantis versatur, occupatur.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , herbe ; vient de , mangeaille, &amp; vient de , je nourris : car la plupart des animaux se nourrissent d'herbes. Ce Docteur s'attache à la <i>Botanique.</i> Un Professeur de <i>Botanique,</i> ou en <i>Botanique.</i> Loeselius, Médecin de Konigsberg, imprima en 1705. à Konigsberg un Ouvrage sur les plantes de Prusse, intitulé, <i>Flora Prussica.</i> Le P. Plumier Minime en a donné un sur celles de l'Amérique, &amp; M. Jussieu vient d'imprimer (en 1714.) celui du P. Barrelier sur les Plantes de France, d'Espagne &amp; d'Italie. Les bons Traités de <i>Botanique</i> sont encore, l'<i>Historia plantarum,</i> de Ray. 3. vol. fol. sa <i>Synopsis Stirpium Anglican.</i> in 8°. <i>Basis Botanica</i> de Welschius, à Lipsic 1697. les <i>Praeludia Botanica</i> de Morison, à Londres 1669. l'<i>Universal herbal,</i> ou Traité Universel de <i>Botanique</i> par le même ; la <i>Phytographia</i> des Plukener ; l'<i>Almagestum Botanicum</i> du même Auteur, la <i>Méthode des Plantes,</i> de M. Tournefort 3. vol. <i>in</i> 4° ; elle est en Latin &amp; en François ; <i>Plantar. Umbelliferarum distributio nova per tabulas cognationis &amp; affinitatis ex Libr. naturae orservatae detecta, Auct. R. Morison. Oxonii</i> folio 1672. l'Anatomie des Plantes de Grew ; celle de Malpighius à Londres 1679. <i>Cowlei Angli sex Libri Plantarum Poëmate Latino conscripti.</i> Lond. <i>in</i> 8°. <i>Quadripartitum Britannicum Simonis Pauli, Med. Reg. in Dania. Argentor. in</i> 4°. <i>Catalogus Plantarum quae in Insulâ Jamaicâ sponte proveniunt,</i> Lond. 1696. <i>in</i> 8°. <i>Icones &amp; Descriptiones Plantar. Siciliae,</i> &amp;c. <i>per Paulum Boccone</i> 1674. <i>Leon. Thurneisseri Histor. Plantar. Berlini</i> 1578. <i>fol.</i> L'<i>Herbal</i> de Johnson &amp; celui de Parkinson ; Rivinus <i>de Re herbaria</i> 2. <i>vol. in fol. Jacobi Breynii Exot. &amp; minus cognitar. Plantar. Centuria</i> Fab. Columna <i>de Stirpium rarior. cognitione.</i> 2. <i>vol. in</i> 4°. <i>Hortus Indicus Malabaricus.</i> Boccone, <i>Icones &amp; Descriptiones Plantar. Italiae, Galliae</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5456" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOTANISTE" />
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    <head>BOTANISTE</head>
    <p>
    BOTANISTE , s. m. Celui qui s'applique à la connoissance des plantes, &amp; qui s'en sert pour la guérison des maladies. <i>Qui in plantis cognoscendis versatur.</i> Selon La Quintinie, Jardinier est le genre, &amp; <i>Botaniste</i> est une espèce ; c'est celui qui s'attache aux plantes rares &amp; médicinales. Mais une personne qui se contente de savoir le nom des plantes, n'est <i>Botaniste</i> qu'à demi ; &amp; celui qui cultive les plantes, sans en connoître les vertus, n'est proprement qu'un Jardinier. Le titre de <i>Botaniste</i> ne se donne dans l'usage qu'à ceux qui connoissent &amp; expliquent la nature, la forme, les qualités, &amp; les usages des plantes. Les plus fameux <i>Botanistes</i> anciens sont Hippocrate, Théophraste, Dioscoride, Pline, Galien, &amp;c. Dans le seizième siècle ceux qui ont travaillé à rétablir l'ancienne Botanique, qui avoit été extrêmement négligée, sont Leonicenus, Brasavolus, Cordus, Fuchsius, Matthiole, Daléchamp, &amp;c. Dans le même siècle, &amp; au commencement de celui-ci, il s'en est trouvé plusieurs autres qui ont fait de plus grands progrès dans cette science, s'étant appliqués les premiers à en former un corps. Tels sont Gesner, Dodonée, Cesalpin, Clusius, Lobel, Columna, Prosper Alpin, les deux Bauhins, &amp;c. Ceux qui sont venus ensuite, &amp; qui ont beaucoup contribué à la perfectionner, à quoi quelques-uns s'occupent encore à présent avec succès, sont Morison, Malpighius, Herman, Rayus, Magnol, Tournefort, Sloane, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5457" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOTRUSSES" />
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    <head>BOTRUSSES</head>
    <p>
    BOTRUSSES , s. f. plur. Vieux mot. Sorte de viande épicée. Boudins, andouilles &amp; <i>botrusses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="1" type="jardinage">
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    BOTTE , s. f. Espèce de fagot de plusieurs choses de même <pb n="672" facs="bpt6k8542165/f712/full/1200,/0/native.jpg"/>genre liées ensemble. <i>Fascis, manipulus, fasciculus.</i> Une <i>botte</i> de lattes, d'échalas, des perches, d'osier. Une <i>botte</i> d'allumettes.</p><p>On le dit aussi de quelques herbages ou racines. Une <i>botte</i> d'asperges, d'oignons, de porreaux. Une <i>botte</i> de foin, de paille. Mais il y a cette différence, selon Liger, que quand il se dit des légumes, &amp; qu'il est terme de jardinage , il ne signifie qu'une grosse poignée, ou plusieurs petites poignées de légumes, de racines, ou d'herbages. C'est en ce sens qu'on dit une <i>botte</i> d'asperges, une <i>botte</i> de raves ; au lieu que quand il est terme d'Agriculture , on entend par-là approchant la charge d'un homme, telle qu'est une <i>botte</i> d'échalas, une <i>botte</i> de paille.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>botulus</i>, qui se prend pour une espèce de farce où il y a beaucoup de différentes choses de ramassées. D'autres vont le chercher plus loin. , <i>abat,</i> fait , <i>abot,</i> qui est exposé <i>intricatum &amp; instar funis perplexum &amp; complicatum, funis intricatus &amp; perplexus, &amp; plerùmque dicitur de foliis ramisque perplexis &amp; complicatis.</i> Desquelles significations je forme de , <i>abot, botte</i> en François, <i>Fasciculus intricatus &amp; perplexus,</i> comme nous disons une <i>botte</i> de cordes, &amp; une <i>botte</i> ou boteau de foin. Guichard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="2" type="">
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , en termes de Botanique , se dit d'un amas de fleurs &amp; de fruits disposés en gros paquets. Les fleurs du millet naissent par <i>bottes.</i> On dit aussi que certaines racines naissent par <i>bottes.</i></p><p>En fait de Marchandises, on le dit seulement des soies non ouvrées. Quinze onces de soie font une <i>botte.</i> Un Marchand de soie en <i>bottes.</i> On appelle aussi <i>bottes,</i> de petits rouleaux de la longueur d'un pied ou environ, que les Merciers &amp; autres Marchands font pendre à leurs boutiques pour leur servir d'étalages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="3" type="">
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , en vieux François, signifioit aussi un <i>crapaut. Bufo.</i> On disoit aussi <i>Botterel.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , se dit aussi d'un vaisseau à tenir du vin, qui est environ de la grandeur d'un muid. <i>Dolium, cadus.</i> On appelle <i>bottatum vinum,</i> du vin qui sent le fût. Ce mot est en usage seulement aux Provinces de France qui tirent vers le Midi, &amp; vers l'Italie, où on appelle <i>Bottaio,</i> un <i>Tonnelier.</i> Vigénère, dans ses <i>Annot. sur Tite-Live,</i> T. I. pag. 1533. dit que la <i>botte</i> de Rome contient 8. barrils, pese 1365. livres, quatre onces d'Italie, &amp; des nôtres 1024. tient environ 600. pintes. Cette mesure est aussi en usage chez les Espagnols, &amp; elle contient 30. arrobes : chaque arrobe pese environ 30. livres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="5" type="">
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , se dit aussi figurément &amp; bassement de plusieurs choses de même nature. <i>Cumulus, congeries.</i> Ce Pédant a toujours une <i>botte</i> de Livres sur sa table. Demandez à un tel une chanson, il en a des <i>bottes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="6" type="escrime">
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , en termes d'Escrime , est un coup qu'on porte avec un fleuret, une estocade. <i>Gladii praepilati ictus.</i> Il lui a porté une <i>botte franche</i> au troisième bouton. En ce sens il vient de l'Italien <i>botta. Botte</i> marquée, <i>botte</i> diguée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="7" type="">
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , en ce sens se dit figurément des attaques qu'on fait à quelqu'un dans le discours familier, en lui faisant quelque reproche, ou en lui disant quelque brocard, ou en lui faisant quelque emprunt qui lui donne du chagrin. <i>Petitio.</i> Il lui a poussé une terrible <i>botte.</i> On le dit aussi de celui qui dispute contre un autre dans les Ecoles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="8" type="">
   <index type="head" value="BOTTE" />
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , signifie aussi une chaussure de cuir dont on se sert quand on monte à cheval, tant pour y être plus ferme, que pour se garantir des injures du temps. <i>Ocrea. Bottes</i> de Pêcheurs, sont de grosses <i>bottes</i> &amp; fortes qu'ont les Pêcheurs quand ils pêchent des étangs. <i>Bottes</i> de chasse, ou demi-chasse, sont des <i>bottes</i> plus ou moins épaisses, qui servent aux Chasseurs. Les Dragons de l'armée sont des Cavaliers sans <i>bottes.</i> La tige, la genouillère, les tirants d'une <i>botte.</i></p><p>Ménage prétend que ce mot a été dit par ressemblance à de grandes bouteilles de cuir plus larges par enhaut que par enbas, dont se sont servis les Anciens, qu'ils ont appellées du même nom. Borel le dérive de <i>bot</i>, parce que cette chaussure contrefait la jambe, &amp; rend en quelque façon le pied <i>bot.</i> Du Cange le dérive de l'Anglois <i>botta</i>. Dans la vie de S. Richard Evêque de Chicester écrite au XIIIe siècle par un Anglois, &amp; rapportée par J. Carpgravius dans la Légende Anglicane, on trouve <i>bota</i> en Latin en ce sens ; aussi-bien que dans celle qui a été écrite par Radulphe Dominicain ; &amp; dans les Procès des miracles de S. Yves, qui est du même siècle. Etienne Guichard croit que <i>botte</i> a été fait par abbréviation de botine, qu'il tire de , nom Grec d'une espèce de chaussure. Mais il est clair que botine au contraire est un diminutif de <i>botte</i> ; comme les botines sont de petites <i>bottes.</i></p><p>Les <i>bottes</i> des Chinois sont de soie, &amp; les bas à <i>bottes</i> d'une étoffe picquée doublée de coton, &amp; épaisse d'un bon pouce ; la jambe est par là bien défendue contre le froid ; mais en été, dans un pays où les chaleurs sont extrêmes, il n'y a que les Chinois au monde, qui pour conserver un air de gravité puissent se résoudre d'être ainsi dans une espèce d'étuve depuis le matin jusqu'au soir. Aussi le peuple qui travaille ne s'en sert presque point. La forme de ces <i>bottes</i> est un peu différente des nôtres ; car elles n'ont ni talon, ni genouillière. Quand on fait un long voyage à cheval elles sont d'un cuir bien passé, ou d'une grosse toile noire de coton piquée ; mais dans la Ville on les porte ordinairement de satin, avec un gros bord de velours, ou de panne sur le genou. P. Le Comte. Voyez <ref type="search" target="head:BOTTER">BOTTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="9" type="chasse">
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , en termes de Chasse , se dit de la longe ou du collier avec quoi on mène le limier au bois. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="10" type="">
   <index type="head" value="BOTTE" />
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , se dit aussi du cuir des portières de carrosses à la vieille mode, où on mettoit les deux jambes, dont l'usage s'est conservé seulement aux carrosses des voituriers, &amp; de quelques Princesses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5458" id="11" type="">
   <index type="head" value="BOTTE" />
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    <head>BOTTE</head>
    <p>
    Botte , se dit encore de la terre grasse qui s'attache aux souliers, quand on marche dans des terres marécageuses, ou en temps de pluie. On le dit aussi de la neige qui s'attache de la même sorte aux talons des souliers de ceux qui y marchent.</p><p>On dit proverbialement, A propos de <i>bottes,</i> quand on prend occasion de parler en attendant quelque chose de semblable. On le dit aussi quelquefois de toute sorte d'interruption. On dit aussi, qu'un homme a laissé les <i>bottes</i> en quelque endroit ; pour dire, qu'il est mort ; &amp; aussi qu'il graisse ses <i>bottes</i> ; pour dire, qu'il se prépare à un long voyage, &amp; même à la mort. On dit, Graissez les <i>bottes</i> à un vilain, il dira qu'on les lui brûle, pour accuser un homme d'ingratitude. On dit aussi, Accoler la <i>botte</i> de quelqu'un ; pour dire, lui faire des révérences, des soumissions. On dit aussi, Je ne m'en soucie non plus que de mes vieilles <i>bottes,</i> pour témoigner un grand mépris de quelqu'un. On dit aussi, qu'un homme a bien mis du foin dans ses <i>bottes,</i> ou de la paille dans ses souliers ; pour dire, qu'il a bien gagné du bien. On dit encore par une expression basse &amp; triviale, où va la <i>botte,</i> ou comment va la <i>botte ?</i> pour demander à quelqu'un où il va, ou comment il se porte. Aller à la <i>botte,</i> se dit d'un cheval vicieux qui tâche de mordre à la jambe celui qui le monte. La même chose se dit d'un homme accoutume à faire des réponses piquantes aux railleries les plus innocentes. Il ne faut pas se jouer à cet homme, il va d'abord à la <i>botte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5459" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOTTELAGE" />
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    <head>BOTTELAGE</head>
    <p>
    BOTTELAGE , subst. masc. L'action de celui qui fait des bottes de foin, &amp; la grosseur dont il les fait. <i>Manipulorum coactio.</i> Le <i>bottelage</i> d'un millier de foin coûte tant. Ce foin coûte moins, mais le <i>bottelage</i> en est plus petit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5460" id="1" type="">
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    <head>BOTTELER</head>
    <p>
    BOTTELER , v. act. Mettre en bottes ou en gerbes. <i>In manipulos colligare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5461" id="1" type="">
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    <head>BOTTELEUR</head>
    <p>
    BOTTELEUR , m. Homme de journée employé à mettre en bottes du foin, &amp;c. <i>Coactor.</i> Défenses sont faites aux <i>Botteleurs</i> de faire aucuns marchés en bloc pour le bottelage de la Marchandise, ains seulement au cent. La Mare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5462" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOTTER" />
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    <head>BOTTER</head>
    <p>
    BOTTER , verbe act. Faire des bottes, chausser des bottes. <i>Ocreas alicui induere.</i> Ce Cordonnier nouveau m'a mieux <i>botté</i> que celui que j'avois auparavant. Ce Valet m'a <i>botté de travers.</i></p><p>Se <i>botter,</i> prendre <i>botte,</i> ou ses <i>bottes. Ocreas induere.</i> Cet homme s'est <i>botté</i> à la hâte pour partir.</p><p>On dit aussi, qu'on se <i>botte</i> dans les terres grasses ; pour dire, qu'on emporte à ses pieds beaucoup de terre qui s'attache aux souliers. On le dit tout de même de la neige.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOTTER</head>
    <p>
    Botté, ée , part. &amp; adj. <i>Ocreatus.</i> Les Chinois sont toujours <i>bottés,</i> &amp; lorsqu'on leur rend visite, si par quelque accident ils se trouvoient sans bottes, ils font attendre les gens pour les aller prendre. C'est pour eux une assez grande bizarrerie de n'oser aller en Ville sans bottes, puisqu'ils se font toujours porter en chaise. P. Le Comte.</p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement, Je m'y <i>botte,</i> quand un homme se moque d'un commandement qu'on lui fait d'aller en quelque endroit. On appelle un vilain <i>botté,</i> une homme de Ville qui a des bottes, à cause que cela n'appartenoit autrefois qu'aux Nobles qui alloient à la guerre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5463" id="1" type="">
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    <head>BOTTINE</head>
    <p>
    BOTTINE , s. f. Petite botte de cuir délié qu'on met sans éperon, qui s'attache avec des quartiers, &amp; qui n'est presque qu'un soulier, qui a une tige de botte. <i>Leviores ocreae.</i> Philippe II. envoya à Dom Juan des <i>bottines</i> parfumées qui lui coûterent la vie. On portoit autrefois une espèce de <i>bottines</i> qu'on appelloit <i>Aestivalia,</i> Henses, ou Estivaux. Selon du Cange elles étoient fort en usage parmi les Nobles &amp; les gens de guerre, qui affectoient d'en porter par ornement &amp; par distinction. Ces <i>bottines</i> étoient faites de cuir fort mince &amp; fort uni, teint en pourpre, ou en quelque autre couleur. Valbonnet, pag. 218. Nos Pères ont encore vû porter de semblables <i>bottines.</i></p><p>Ce mot vient, selon Guichard, de , nom d'une espèce de chaussure des Grecs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5463" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOTTINE" />
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    <head>BOTTINE</head>
    <p>
    Bottine , se dit aussi des chaussures de linges ou de peau de chien faites pour couvrir la jambe de ceux qui ont des varices. Ces <i>bottines</i> se lacent en dehors de la jambe avec un petit cordon qu'on passe dans des oeillets. Sous ces <i>bottines</i> il y a une grande compresse trempée dans un eau stiptique, que ces <i>bottines</i> tiennent toujours appliquée sur les varices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5464" id="1" type="monnoyeur">
   <index type="head" value="BOUAR" />
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    <head>BOUAR</head>
    <p>
    BOUAR , ou BOUARD, s. m. Terme de Monnoyeur , est un gros marteau qu'on tient à deux mains, du poids de seize livres, qui est fait à la façon du flattoir, sinon qu'il est plus gros &amp; plus racourci ; qui servoit à bouer les monnoies quand on les travailloit au marteau. <i>Tudes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5465" id="1" type="">
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    <head>BOUBAK</head>
    <p>
    &#9758; BOUBAK , s. m. Sorte d'animal quadrupede. Il y a sur les confins de Pologne, vers la Moscovie, un petit espace de terre d'environ sept lieues, où il y a des animaux appellés <i>Boubaks,</i> qui quoique d'un même genre, sont de deux espèces, les uns de la couleur &amp; de la grandeur des Bléraux, &amp; les autres de celle des Renards. Ils ont une antipathie invincible les uns pour les autres, de sorte qu'ils se font une guerre continuelle, &amp; à la manière même des hommes. Ils ont des sentinelles avancées, ils donnent des combats, &amp; ils font des prisonniers, qu'ils traitent en véritables captifs : ils les font coucher sur le dos, les pattes en haut, &amp; en cette situation, qui ressemble à une espèce de traineau, ils les chargent de paille, &amp; d'autres provisions dont ils ont besoin. Furetieriana.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5466" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUBIE" />
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    <head>BOUBIE</head>
    <p>
    BOUBIE , s. f. Oiseau aquatique qu'on trouve en plusieurs lieux de l'Amérique. Il est d'un gris clair, &amp; un peu moins gros qu'une poule. Il a le bec fort, plus long &amp; plus gros que les corneilles, &amp; plus large par le bout. Ses pieds sont plats comme ceux des canards ; sa chair est noire, &amp; a le goût de poisson. Les Avanturiers en mangent souvent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5467" id="1" type="ecriture">
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    <head>BOUC</head>
    <p>
    BOUC , s. masc. Bête à corne, qui est le mâle de la chèvre. <i>Hircus.</i></p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>bock</i>, d'où l'Italien a fait <i>becco.</i> Ménage le dérive de <i>buccus</i>, qui se trouve dans la Loi Salique, ou plutôt du Celtique <i>Bouch.</i> Id. Icquez de <i>buk,</i> mot de la langue des Francs, qui veut dire la même chose, comme <i>bocken</i> chez les Allemands, &amp; chez les Allobroges de qui il nous vient, si l'on en croit Chorier, ou chez les Celtes, comme pense le P. Pezron.</p><p>Les <i>boucs</i> dessèchent &amp; font mourir toutes les plantes où ils portent la dent. C'est pour cela que les Anciens sacrifioient des <i>boucs</i> aux Dieux qui présidoient aux plantes, à Bacchus, à Minerve, &amp;c. C'est pour la même raison que nos Coutumes défendent qu'on les mène dans les jeunes bois, ou qu'on les laisse aller dans les vignes. Voyez BOIS TAILLIS. Il y a même cinq Arrêts du Parlement de Dauphiné, des 14. Août 1534. 4. Novembre 1565. 18. Octobre 1579. 19. Décembre 1605. qui portent défenses de nourrir aucuns <i>boucs,</i> ou chèvres, dans les lieux où il y a des vignes, des vergers, des saussaies, &amp; des bois taillis ; mais seulement dans les montagnes &amp; lieux incultes. Les <i>boucs</i> &amp; les chèvres sont les plus lascifs de tous les animaux, &amp; ceux dont l'odeur est plus forte &amp; plus mauvaise. Les Hébreux donnent au <i>bouc</i> l'épithète de , <i>matineux,</i> Dan. VIII. 5. 21. soit parce qu'il l'est en effet, &amp; qu'il conduit les chèvres aux pâturages de grand matin, soit parce qu'en certaine saison il se tourne toujours du côté de l'Orient. Dans les jeux du Cirque il paroissoit des enfans à cheval sur des <i>boucs</i> sellés &amp; bridés. L'Anthologie en fait mention, L. I. C. XXXIII. Epigr. 28. Un des ouvrages de sculpture que l'antiquité a le plus vanté étoit un <i>bouc</i> en plein relief sur une phiole. Il étoit de Myos ou de Myron. Voyez <ref type="search" target="head:CHÈVRE">CHÈVRE</ref>.</p><p>En termes de l'Ecriture on appelle <i>Bouc Emissaire,</i> un <i>bouc</i> qui étoit envoyé dans le désert. On présentoit deux <i>boucs</i> devant l'autel, sur lesquels on jettoit le sort : l'un étoit destiné au sacrifice ; l'autre étoit abandonné dans la solitude. Les <i>boucs</i> sont dans l'Ecriture les symboles des Rois, des Chefs &amp; Conducteurs des peuples, Isaie XIV. 9. Dan. VIII. 5. Dans le Nouveau Testament J. C. emploie ce mot pour signifier les réprouvés, Matth. XXV. 32. 33. Toutes les nations se rassembleront devant lui, &amp; il séparera les uns d'avec les autres, comme un berger sépare les brebis d'avec les <i>boucs.</i> Il placera les brebis à sa droite, &amp; les <i>boucs</i> à sa gauche. Bouh. Voyez aussi AZAZEL.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5467" id="2" type="">
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    <head>BOUC</head>
    <p>
    Bouc étain . C'est le nom qu'on donne au bouc sauvage. <i>Hircus silvestris.</i> Cet animal est peu connu en France, mais il y en a beaucoup en Suisse. Belon parle ainsi des <i>boucs étains,</i> du moins de ceux de Candie. Leur grandeur n'excède point la juste corpulence des chèvres ordinaires &amp; privées ; mais ils ont bien autant de chair qu'un grand cerf ; leur poil est fauve &amp; court ; les mâles ont une grande barbe brune, ce qu'on ne voit point arriver aux animaux qui ont le poil comme le cerf. Ils deviennent gris en vieillissant, &amp; portent une ligne noire sur le dos. Il y a des <i>boucs étains</i> qui ont des cornes hautes de quatre coudées ; les cornes ont autant de raies en travers que l'animal qui les porte a d'années. Le <i>bouc étain</i> a l'odorat très fin, &amp; il sent de fort loin. On se sert contre la perte de sang de <i>bouc étain</i> préparé &amp; desséché. Voyez BOUQUETIN, &amp; BOUCTEIN.</p><p>Chez les Anciens le Poëte qui avoit remporté la victoire avoit pour prix un <i>bouc,</i> victime ordinaire de Bacchus qui présidoit à la Tragédie. C'est de-là que la Tragédie a tiré son nom : car en Grec signifie un <i>bouc.</i></p><p>On appelle aussi <i>bouc,</i> ou outre, un vaisseau fait de la peau d'un <i>bouc,</i> où l'on met du vin, de l'huile, &amp; autres liqueurs qu'on transporte. <i>Uter.</i> On se sert aussi de <i>boucs</i> pour toutes les navigations qui se font sur les rivières d'Orient, tant pour passer les rivières à la nage, que pour soutenir des radeaux qui transportent les marchandises sur l'Euphrate, &amp; autres rivières qui ont des sauts. On dit aussi que le Diable se fait adorer au sabat sous la forme d'un <i>bouc.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a une barbe de <i>bouc,</i> quand il n'a de la barbe que sous le menton. Et c'est pour cela qu'on appelle <i>Barbe de bouc</i> ceux qui ont la barbe de cette sorte. Ces vilaines <i>barbes de bouc</i> sont des mélancoliques qui sont toujours en querelle. Ablanc. On dit, Puant comme un <i>bouc,</i> à cause que cet animal sent mauvais. Lascif comme un <i>bouc.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5468" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCACHARD" />
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    <head>BOUCACHARD</head>
    <p>
    BOUCACHARD , s. m. Petit Bourg de Normandie à 5 lieues de Rouen, au Couchant, dans lequel il y a une maison de Chanoines réguliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5468" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUCACHARD" />
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    <head>BOUCACHARD</head>
    <p>
    Boucachard , s. m. Espèce de Chanoine Régulier réformé. Une réforme de Chanoines Réguliers se fit il y a quelques années, &amp; commença dans la maison de <i>Boucachard.</i> C'est de-là que ceux de cette réforme s'appellent les <i>Boucachards.</i> C'est un <i>Boucachard.</i> Quoique cette réforme soit très-nouvelle, &amp; ne soit pas encore approuvée par l'Eglise, elle a plusieurs maisons, &amp; bien des Evêques l'ont introduite dans les maisons de Chanoines Réguliers qui sont dans leurs Diocèses, où on les appelle <i>Boucachards,</i> aussibien qu'en Normandie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5469" id="1" type="">
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    <head>BOUCAGE</head>
    <p>
    BOUCAGE , s. m. <i>Tragoselinum.</i> Plante umbellifère qu'on <pb n="674" facs="bpt6k8542165/f714/full/1200,/0/native.jpg"/>a ainsi nommée à cause que ses racines, &amp; ses semences ont une odeur de bouc très-forte. Par rapport à ses feuilles, qui ressemblent en quelque manière à celles de la Pimprenelle, on l'a appellée <i>Pimpinella saxifraga.</i> On trouve en France assez communément trois espèces de <i>Boucage,</i> la grande, la moyenne &amp; la petite ; &amp; ces différences se tirent de la grandeur de leur tige &amp; de leurs feuilles ; car elles ont toutes les trois une racine longue, blanchâtre, un peu fibreuse, fort piquante au goût. Leurs feuilles sont rangées comme par paire sur une côte qui est terminée par une seule feuille. Elles ont un goût moins piquant &amp; moins desagréable que leurs racines. Les tiges sont branchues, hautes d'un pied &amp; demi dans la grande espèce, &amp; garnies de grandes feuilles ; au lieu que dans la moyenne &amp; la petite espèce les tiges sont bien moins hautes, moins branchues, &amp; leurs feuilles sont coupées en des lanières fort étroites. Ses fleurs sont en ombelles ; chaque fleur est composée de cinq pétales inégales, échancrées &amp; disposées en fleurs de lis de France. Elles sont communément blanchâtres, quelquefois purpurines. Les semences sont arrondies, canelées, menues comme celles du persil. Les racines de <i>Boucage</i> sont fort apéritives &amp; très-diurétiques ; on les préfère à celles du persil ordinaire. Elles sont si piquantes qu'elles pourroient servir de poivre. Aux racines du <i>Boucage</i> sont attachées quelquefois des petites vessies rondes, qui teignent en rouge comme le kermès.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5470" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCAHU" />
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    <head>BOUCAHU</head>
    <p>
    &#9758; BOUCAHU . On dit à Angers qu'une fille a été <i>boucahu,</i> quand elle n'a point dansé au bal. Cette façon de parler vient de ce qu'il y avoit autrefois à Angers une femme de ce nom, qui gardoit des siéges pour le Sermon dans l'Eglise des Cordeliers. Mr Bernier de Blois, homme célèbre par son Histoire de Blois, &amp; par celle des Médecins, a employé cette façon de parler dans un Poëme qu'il fit autrefois dans sa jeunesse, intitulé le <i>Bal de Blois.</i></p><p>On dit à Paris d'une fille qui n'a point dansé au bal, qu'elle a été <i>capot,</i> qu'elle a été <i>bredouille.</i> La première façon de parler a été prise du Jeu de Piquet, &amp; la seconde, du Jeu de Trictrac. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5471" id="1" type="">
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    <head>BOUCAL</head>
    <p>
    BOUCAL , s. m. Nom d'une mesure d'Italie, qui selon Vigénère tient quatre feuillettes, pese cinq livres quatre onces Ital. des nôtres quatre livres, &amp; tient une quarte trois poissons. Voyez <ref type="search" target="head:BOUCAUT">BOUCAUT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5472" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCAN" />
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    <head>BOUCAN</head>
    <p>
    BOUCAN , s. m. Mot bas &amp; populaire, qui signifie, Bordel ; lieu de débauche avec les femmes de mauvaise vie. <i>Lustrum, lupanar, Fornix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5472" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUCAN" />
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    <head>BOUCAN</head>
    <p>
    Boucan . Mot Américain. C'est un gril fait de bois de brésil, qu'on élève au-dessus du feu pour y faire griller de la viande. Le mot de <i>Boucan</i> se dit aussi d'une loge couverte avec des manières de claies, où les Américains se retirent pour y boucaner leur viande.</p><p>En quelques ports de Normandie on dit d'un lieu où il fume beaucoup, C'est un vrai <i>boucan.</i> Il y fume comme dans un <i>boucan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5473" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCANER" />
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    <head>BOUCANER</head>
    <p>
    BOUCANER , v. act. Faire cuire du poisson, ou de la chair, à la manière des Sauvages, &amp; les faire sècher à la cheminée, ou les faire sorer sans sel. <i>Fumo siccare pisces vel carnes.</i> On les dessèche aussi sur une espèce de gril fait de bâtons élevés de trois pieds au-dessus du feu ; &amp; cette sorte de gril s'appelle boucan. On dit aussi, <i>Boucaner</i> des cuirs ; pour dire, Les préparer à la manière des Sauvages. Et simplement, <i>Boucaner</i> ; pour dire, Aller à la chasse des boeufs sauvages ou autres bêtes, pour en avoir les cuirs. Dans cette acception, <i>Boucaner</i> est neutre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5473" id="2" type="">
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    <head>BOUCANER</head>
    <p>
    Boucaner , est aussi un verbe neutre, qui se dit dans le style comique &amp; satyrique, de ceux qui fréquentent les lieux de prostitution &amp; de débauche. <i>Scortari.</i> C'est un infame, qui ne fait que <i>boucaner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5473" id="3" type="">
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    <head>BOUCANER</head>
    <p>
    Boucane, ée , part. pass. Préparé au boucan, à la fumée &amp; au feu, à la manière des Sauvages. <i>Fumo siccatus.</i> La viande <i>boucanée</i> a un goût si excellent, qu'on la peut manger en sortant du boucan sans la faire cuire. Elle est vermeille comme la rose, &amp; a une odeur admirable ; mais elle ne dure que très-peu dans cet état, &amp; six mois après avoir été <i>boucanée,</i> ou fumée, elle n'a plus de goût que de sel. Oexmelin. Il y a des Habitans qui envoient en ces lieux leurs. Engagés, lorsqu'ils sont malades, afin qu'en mangeant de la viande fraîche, qui est une bonne nourriture, ils se puissent remettre en santé. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5474" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCANIER" />
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    <head>BOUCANIER</head>
    <p>
    BOUCANIER , s. m. Qui fait boucaner les viandes, ou ceux qui vivent de viande, ou de poisson apprêté de la sorte. <i>Qui fumo pisces, vel carnes exsiccat.</i> On a appellé ainsi les François de l'Isle S. Dominique, tandis qu'ils y étoient vagabonds &amp; sans maisons.</p><p>Voici ce que l'Histoire des Flibustiers &amp; <i>Boucaniers,</i> T. I. P. I. Ch. 8. dit de l'origine de ces mots. Les Caraïbes Indiens naturels des Antilles ont accoutumé de couper en pièces leurs prisonniers de guerre, &amp; de les mettre sur des manières de claies, sous lesquelles ils font du feu. Ils nomment ces claies <i>Barbacra,</i> &amp; le lieu où elles sont <i>boucan,</i> &amp; l'action <i>boucaner</i> ; pour dire, rôtir &amp; fumer tout ensemble. C'est de-là que nos <i>Boucaniers</i> ont pris leur nom, avec cette différence qu'ils font aux animaux ce que les Indiens font aux hommes. Les premiers qui ont commencé étoient Habitans de ces Isles, &amp; avoient conversé avec les Sauvages. Ainsi par habitude lorsqu'ils se sont établis pour chasser, &amp; qu'ils ont fait fumer de la viande, ils ont dit <i>boucaner</i> de la viande, &amp; ont nommé le lieu <i>Boucan,</i> &amp; les Acteurs <i>Boucaniers.</i> Les Espagnols appellent les leurs <i>Matadores</i> de <i>Toros,</i> Tueurs de Taureaux, &amp; le lieu <i>Materia,</i> Tuerie. Ils les appellent aussi <i>Monteros,</i> Coureurs de bois. Les Anglois nomment les leurs <i>Cows-slayers,</i> Tueurs de vache.</p><p>Les <i>Boucaniers</i> ne font point d'autre mêtier que de chasser. Il y en a de deux sortes. Les uns ne chassent qu'aux boeufs, pour en avoir les cuirs ; les autres aux sangliers, pour en avoir la viande, qu'ils salent &amp; vendent aux Habitans. Tous ont le même équipage &amp; la même manière de vivre. Les <i>Boucaniers</i> qui chassent aux boeufs sont ceux qu'on nomme véritablement <i>Boucaniers,</i> car ils se distinguent des autres qu'on appelle Chasseurs. Leur équipage est une meute de 25. à 30. chiens, dans laquelle ils en ont un ou deux Veneurs, qui découvrent l'animal. Ils ont avec cette meute de bons fusils, qu'ils font faire en France. Leurs habillemens sont deux chemises, un haut de chausse, une casaque, le tout de grosse toile, &amp; un bonnet d'un cul de chapeau ou de drap, où il y a un bord seulement devant le visage, comme celui d'un Carapoux. Ils font leurs souliers de peau de porc &amp; de boeuf, ou de vache. Ils ont avec cela une petite tente de toile fine, afin qu'ils puissent la tordre facilement, &amp; la porter avec eux en bandolière ; car quand ils sont dans les bois ils couchent où ils peuvent, &amp; cette tente les défend des moucherons. Ils se joignent toujours deux ensemble, &amp; se nomment l'un &amp; l'autre Matelot. Ils mettent en communauté ce qu'ils possèdent, &amp; ont des valets qu'ils font venir de France, dont ils payent le passage, &amp; les obligent de les servir trois ans : ils les nomment <i>Engagés.</i></p><p>Les <i>Boucaniers</i> qui ne chassent qu'aux sangliers ont leur équipage comme ceux dont on vient de parler. Lorsqu'ils sont venus le soir de la chasse, chacun écorche le sanglier qu'il a apporté, &amp; en ôte les os ; il coupe la chair par éguillettes longues d'une brasse, ou plus, selon qu'elle se trouve. Ils la mettent sur des taches, &amp; la soupoudrent de sel fort menu ; ils la laissent ainsi jusqu'au lendemain, quelquefois moins, selon qu'elle a tôt pris sel, &amp; qu'elle jette sa saumure. Après ils la mettent au boucan.</p><p>Ce boucan est une loge couverte de taches qui la ferment tout autour. Il y a 20. ou 30. bâtons gros comme le poignet, &amp; longs de sept à huits pieds rangés sur des travers environ à demi-pied l'un de l'autre. On y met la viande, &amp; on fait force fumée dessous, où les <i>Boucaniers</i> brûlent pour cela toutes les peaux de sangliers qu'ils tuent, avec leurs ossemens, afin de faire une fumée plus épaisse. Cela vaut mieux que du bois seul ; car le sel volatil qui est contenu dans la peau &amp; dans les os de ces animaux s'y vient attacher ; aussi cette viande a un goût si excellent qu'on la peut manger en sortant de ce boucan sans la faire cuire. Oexmelin. La récompense que les <i>Boucaniers</i> donnent à leurs valets, lorsqu'ils ont servi trois ans, c'est un fusil, deux livres de poudre, six livres de plomb, deux chemises, deux caleçons &amp; un bonnet ; &amp; après qu'ils ont été leurs valets ils deviennent leurs camarades, &amp; vont aussi chasser avec eux. Id. Les <i>Boucaniers</i> vivent fort librement entre eux, &amp; se gardent une grande fidélité. Id.</p><p>Les <i>Boucaniers</i> ou Matadores Espagnols, chassent d'une autre <pb n="675" facs="bpt6k8542165/f715/full/1200,/0/native.jpg"/>manière que les François. Ils ne se servent point d'armes à feu, mais de lances &amp; de croissans. Ils ont des meutes comme les François. Quand ils chassent, il y a deux ou trois valets, qui suivent &amp; animent les chiens ; &amp; quand ils ont trouvé un taureau, ils le poussent dans une prairie, où le <i>Boucanier</i> se trouve monté à cheval, qui court lui couper le jarret, &amp; après le tue avec sa lance. Cette chasse est très-plaisante à voir ; car outre que ces gens y sont adroits, ils font autant de cérémonies &amp; de détours que s'ils vouloient courir le Taureau devant le Roi d'Espagne ; mais ces animaux étant en fougue crèvent des chevaux, blessent &amp; tuent des hommes. Id. Les <i>Boucaniers</i> Espagnols ne se donnent pas tant de peine que les François. Ils font sécher leurs cuirs comme eux ; mais ils se servent de chevaux pour les porter. Ils préparent leurs mets avec plus de délicatesse, &amp; ne mangent point leur viande sans pain ou cassave, outre qu'ils ont toujours avec eux du vin, de l'eau-de-vie, ou des confitures. Ils sont aussi dans leurs habits infiniment plus propres, &amp; fort curieux d'avoir du linge blanc. Oexmelin, <i>Hist. des Avant. Flibust. &amp; Boucan.</i></p><p>Fusil de <i>Boucanier.</i> C'est le fusil dont se servent les <i>Boucaniers,</i> &amp; dont la monture est autrement faite que celle de nos fusils ordinaires. Les meilleurs fusils de <i>Boucaniers</i> se font à Dieppe, &amp; à Nantes. Ces fusils sont de quatre pieds &amp; demi de long, pour le canon. Ils sont tous d'un calibre tirant une balle de seize à la livre. Poudre de <i>Boucanier,</i> c'est la plus excellente poudre dont se servent les <i>Boucaniers,</i> &amp; qui se fait à Cherbourg en basse Normandie. Ils en portent ordinairement quinze ou vingt livres. Ils la mettent dans des calebasses, bien bouchées avec de la cire, de crainte qu'elle ne soit mouillée. Oexm.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCASSIN</head>
    <p>
    BOUCASSIN , s. m. Etoffe de coton, ou de lin, qui est entre le treillis &amp; le bougran, qui sert aux doublures, qui est mise en oeuvre comme la laine. <i>Linteum textum, à fullone subactum ac tinctum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5476" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCASSINE, ÉE" />
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    <head>BOUCASSINE, ÉE</head>
    <p>
    BOUCASSINE, ÉE . adj. Toile <i>boucassinée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5477" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCAUT" />
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    <head>BOUCAUT</head>
    <p>
    BOUCAUT , s. m. Vieux mot, dont le peuple se sert encore en quelques endroits, &amp; qui signifie une sorte de vaisseau, ou de tonneau propre à mettre du vin. On a dit aussi <i>bouchel,</i> pour dire, un barril à vin. Voyez <ref type="search" target="head:BOUCAL">BOUCAL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5477" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUCAUT" />
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    <head>BOUCAUT</head>
    <p>
    Boucaut , est aussi le nom que l'on donne à l'embouchure de quelques rivières, comme celle des Basques &amp; des Landes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5478" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCHAIN" />
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    <head>BOUCHAIN</head>
    <p>
    BOUCHAIN , s. m. Ville des Pays-Bas dans le Hainaut sur l'Escaut. <i>Bocanium. Bouchain</i> fut bâti par Pepin, en mémoire de la victoire qu'il remporta en ce lieu sur Théodoric Roi des Goths. Phil. Petit, Dominicain, a fait l'Histoire de <i>Bouchain,</i> imprimée à Douay en 1659. <i>in</i>-8°.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5479" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCHARDE" />
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    <head>BOUCHARDE</head>
    <p>
    BOUCHARDE , s. f. Outil de Sculpteur en marbre, qui est une espèce de ciseau taillé en plusieurs pointes de diamant fort acérées. <i>Scalprum cuspidatim sectum.</i> On se sert de cet outil quand on veut faire dans le marbre un trou d'égale largeur, à quoi les outils tranchans ne seroient pas propres. On frappe sur la <i>Boucharde</i> avec la masse, &amp; ses pointes mettent le marbre en poudre en le meurtrissant. Cette poudre sort par le moyen de l'eau qu'on verse de temps en temps par le trou à mesure qu'on le creuse ; ce qui empêche le fer de s'échaufer, &amp; l'outil de perdre sa trempe. Ceux qui travaillent avec la <i>boucharde,</i> la passent dans un morceau de cuir percé, afin que l'eau ne leur rejaillisse pas au visage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    BOUCHE , s. f. Ouverture qui est dans le visage de l'homme au dessous du nez, &amp; qui sert à boire &amp; à manger ; à respirer, à parler, à chanter &amp; à rire. Os. Il faut bien examiner les remèdes qui se prennent par la <i>bouche.</i> Les morceaux trop hâtés se pressent dans sa <i>bouche.</i> Boil. On dit aussi, Dire de <i>bouche,</i> Parler de <i>bouche,</i> Parler <i>bouche</i> à <i>bouche</i> ; pour dire, Parler à la personne même à qui on veut faire savoir quelque chose, sans la lui expliquer par message ou par lettres. Il est plus expédient de consulter de <i>bouche</i> que par écrit. Ablanc. Lorsque nous sommes ensemble, &amp; que nous nous disons tout ce qui nous vient à la <i>bouche</i> ; pour dire, Lorsque nous nous parlons sans contrainte. Vous me l'avez arraché de la <i>bouche,</i> malgré la résistance de ma raison. S. Evr. Pour dire, Vous m'avez forcé de parler, &amp; de vous dire ce que je devois taire. Il m'a mis dans la <i>bouche</i> un nouveau cantique. Port-R. Je n'ai point eu la <i>bouche</i> fermée, quand il a fallu parler de vos merveilles. Id.</p><p>On dit d'une grande <i>bouche,</i> qu'elle est fendue jusques aux oreilles. <i>Rictum habere diductum vastius.</i> On dit, Faire la petite <i>bouche</i> ; pour dire, Affecter de faire paroître qu'on a la <i>bouche</i> petite. <i>Elegantiorem oris parvi compositionem affectare.</i> On le dit aussi pour faire paroître qu'on est petit mangeur, qu'on est délicat au choix des viandes. <i>Inter vescendum delicias facere ; praeferre exigui cibi laudem &amp; gloriam.</i> On le dit figurément d'un homme qui est sobre en ses paroles, qui ne veut pas dire tout ce qu'il sait d'une affaire ; &amp; au contraire, on dit qu'il n'en fait pas la petite <i>bouche,</i> pour dire, qu'il déclare frauchement tout ce qui en est. Mais tout cela est du style bas &amp; familier, &amp; ne se peut dire qu'en riant. L'Abbé de Choisi, dans sa <i>Relation du Voyage de Siam,</i> dit que la Reine de Siam fait coudre la <i>bouche</i> aux Dames de sa Cour, quand elles parlent trop en sa présence ; &amp; qu'elle la leur fait fendre jusqu'aux oreilles, quand elles ne parlent pas assez. Quand on voit un morceau délicat l'eau en vient à la <i>bouche.</i> La raison est, que comme les esprits qui sont dans les nerfs du nez &amp; des yeux ne sauroient être considérablement ébranlés par l'odeur de quelque morceau délicat qui les frappe, ou par les espèces de quelque chose qui a flatté notre goût, sans que cet ébranlement passe bientôt à la <i>bouche,</i> il arrive que les conduits salivaires, qui sont alors pressés par la contraction des anneaux nerveux qui les environnent, font couler la salive, qui est rendue plus liquide par les esprits qui s'y mêlent alors, &amp; qui la font quelquefois petiller. On dit proverbialement d'une chose qui se mange, &amp; dont on a envie, que l'eau en vient à la <i>bouche,</i> pour marquer l'envie qu'on en a.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche vient du Latin <i>bucca</i> : Le P. Pezron tire l'un &amp; l'autre du Celtique <i>boch.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , se dit aussi des personnes qu'il faut nourrir. Le train de ce Seigneur est composé de cent <i>bouches. Centena ad mensam capita.</i> On y comprend les chevaux &amp; les mulets. On a chassé de la ville les <i>bouches</i> inutiles ; c'est-à-dire, ceux qui étoient incapables de défense. Il y a plus de cent mille <i>bouches</i> à l'armée ; c'est-à-dire, plus de cent mille créatures qui mangent, soit hommes, soit femmes, soit chevaux.</p><p>En ce sens on appelle Dépense de <i>bouche,</i> celle qu'on fait seulement pour la nourriture de soi &amp; de sa famille. Nous avons pris sur notre <i>bouche</i> la dépense de ses funérailles. Patr. Pour dire, Nous avons vécu fort petitement, pour fournir aux frais de ses funérailles.</p><p>On dit aussi en ce sens, qu'un homme est sujet à sa <i>bouche,</i> qu'il est sur sa <i>bouche</i> ; pour dire, qu'il est goulu, affamé. <i>Gulae deditus, vorax, gulae parens.</i> On dit, qu'un homme s'est ôté le morceau de la <i>bouche</i> ; pour dire, qu'il s'est privé de ses nécessités. On dit qu'une chose fait bonne <i>bouche,</i> quand elle laisse quelque bonne odeur dans la <i>bouche. Edulium palato blandiens,</i> ou <i>grati odoris.</i> On dit aussi, Garder une chose pour la bonne <i>bouche</i> ; pour dire, Garder la meilleure chose pour la servir la dernière. On dit aussi qu'on laisse les gens sur la bonne <i>bouche,</i> quand on interrompt le discours à l'endroit qui est le meilleur, &amp; qui est le plus attendu.</p><p>Flux de <i>bouche. Loquendi profluentia,</i> se dit non-seulement de ceux qui crachent beaucoup, ou de ceux à qui on provoque la salivation par des remèdes ; mais encore de ceux qui parlent trop, qui ne se peuvent taire, qui disent tout <pb n="676" facs="bpt6k8542165/f716/full/1200,/0/native.jpg"/>ce qu'ils savent. On dit encore, Fermer la <i>bouche</i> à quelqu'un, lorsqu'on lui défend de parler, ou qu'on lui coupe la parole, &amp; qu'on le corrompt par l'espérance de quelque récompense ; comme quand on dit, On lui a fermé la <i>bouche</i> avec de l'argent. On le dit aussi, quand on lui apporte des raisons si convaincantes, qu'il ne sauroit y répondre.</p><p>Au contraire, on dit qu'un homme n'ose ouvrir la <i>bouche</i> ; pour dire, qu'il n'ose se plaindre des maux qu'il souffre, des violences qu'on lui fait ; on le dit aussi pour exprimer qu'il est timide &amp; honteux, qu'il n'ose dire son sentiment dans les compagnies où il se trouve.</p><p>La réserve de la <i>bouche</i> &amp; de la main dans les anciennes inféodations, étoit une clause ou condition qui restreignoit les droits &amp; le pouvoir du Seigneur en faveur de qui se faisoit l'inféodation, &amp; par laquelle il s'obligeoit ; 1°, à ne jamais reconnoître d'autre Seigneur que le Roi, &amp; ne jamais dire un mot qui lui fut préjudiciable ; 2°, à ne pouvoir mener les mains, c'est-à-dire, entrer en guerre contre son gré. De S. Julien. <i>Antiq. des Bourguignons, p.</i> 306.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , se dit aussi des ouvertures par lesquelles les fleuves se déchargent dans la mer. <i>Ostium.</i> Damiette est sur une des <i>bouches</i> du Nil. Le Danube se décharge par sept <i>bouches</i> dans le Pont Euxin. On le donne aussi à l'entrée des Golfes &amp; des Détroits ; Les <i>Bouches</i> de Bexinora entre les Isles de Sardaigne &amp; de Corse ; La <i>Bouche</i> du Golfe de Venise. T. Corn.</p><p>On appelle aussi les Volcans, ou les montagnes qui jettent des flammes, des <i>bouches</i> de l'Enfer.</p><p>On dit aussi <i>bouche</i> d'estomac, <i>bouche</i> de matrice, <i>bouche</i> de ventricule, <i>bouche</i> d'un puits, <i>bouche</i> d'un four, <i>bouche</i> d'une carrière, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="5" type="organiste">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , en termes d'Organiste , se dit de l'ouverture d'un tuyau qui donne libre entrée au vent. <i>Hiatus.</i> Elle est large de la quatrième ou cinquième partie de sa grosseur. On la nomme ainsi, parce qu'on dit que les tuyaux parlent. On l'appelle quelquefois <i>lumière.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="6" type="">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , se dit figurément en Morale. Les plaies d'un homme assassiné sont autant de <i>bouches</i> muettes qui demandent vengeance. <i>Ora.</i></p><p>Les trophées, les grands monumens, sont autant de <i>bouches</i> qui annoncent la gloire des Héros. Les charités que nous faisons aux pauvres sont autant de <i>bouches</i> qui prient Dieu pour nous.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="7" type="palais">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , signifie aussi chez les Rois &amp; les Princes, ce qui regarde leur boire &amp; leur manger. <i>Quidquid ad quotidianam Principis mensam pertinet.</i> Les Officiers de la <i>bouche.</i> Le vin de la <i>bouche.</i> Aller à la <i>bouche</i> du Roi ; c'est-à-dire, au lieu où on lui prépare son manger. <i>Bouche</i> en ces phrases signifie un des sept offices de chez le Roi, qu'on appelle aussi cuisine-<i>bouche,</i> pour le distinguer du gobelet, qui est un autre office : les officiers de ces deux offices ne travaillent que pour la personne du Roi, &amp; ne servent que Sa Majesté. On dit d'un mets qu'on veut bien priser, Quand ce seroit pour la <i>bouche</i> du Roi, je n'en donnerois pas de meilleur. On dit aussi, Avoir <i>bouche</i> à Cour ; pour dire, être nourri aux tables &amp; aux dépens des Princes &amp; des Grands Seigneurs. <i>Quotidianae mensae jus habere apud Principem.</i></p><p>On dit en Cour de Rome, Ouvrir la <i>bouche</i> aux Cardinaux, en parlant d'une cérémonie qui se fait en un Consistoire secret, où le Pape ferme la <i>bouche</i> aux Cardinaux qu'il a nouvellement nommés, ensorte qu'ils ne parlent point, quoique le Pape leur parle ; ils sont privés de toute voix active &amp; passive jusqu'à un autre Consistoire, où le Pape leur ouvre la <i>bouche,</i> &amp; leur fait une petite harangue, pour leur montrer de quelle manière ils doivent parler, &amp; se comporter dans le Consistoire.</p><p>En termes de Palais , on dit, Ouir un homme par sa <i>bouche,</i> lorsqu'il comparoît en personne, &amp; non par Procureur. On dit qu'un vassal doit à son Seigneur la <i>bouche</i> &amp; les mains ; pour dire, qu'il lui doit un hommage, aveu &amp; soumission : ce qui se fait non-seulement de la <i>bouche</i> &amp; par paroles : mais aussi des mains, en mettant ses mains entre les mains de son Seigneur féodal. <i>Beneficiariae possessionis obligatio. Clientelae professio ore facta &amp; manu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="8" type="guerre">
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , en termes de Manége , se dit des chevaux, &amp; de la sensibilité qu'ils ont en cette partie où on leur met le mords. On dit qu'ils ont la <i>bouche</i> fine, tendre, légère, loyale, quand ils s'arrêtent pour peu qu'on lève la main. <i>Os eruditum ac docile.</i> Une <i>bouche fausse,</i> est celle qui n'a aucune sensibilité. <i>Sensu carens.</i> Une <i>bouche forte, ruinée,</i> &amp; <i>désespérée,</i> se dit des chevaux qui n'obéissent point, qui s'emportent. <i>Durum atque asperum.</i> Une <i>bouche assurée,</i> c'est celle qui ne bat, qui ne pese jamais à la main. <i>Tractabile.</i> On appelle un cheval sans <i>bouche,</i> celui qui n'obéit point au Cavalier. <i>Indocile, intractabile. Bouche chatouilleuse,</i> c'est celle qui craint trop le mords. <i>Delicatum, tenerum. Bouche à pleine main,</i> est celle qui a l'appui assuré, &amp; qui souffre qu'on tourne la main sans se cabrer, ni peser sur le mords. <i>Patiens. Bouche au delà de pleine main,</i> ou <i>plus qu'à pleine main,</i> est celle d'un cheval qui a de la peine à obéir. <i>Durum, difficile, froeni impatiens.</i> Le cavesson doit être fort serré, &amp; bien doublé d'un cuir double pour le moins, de peur qu'il ne blesse le cheval ; car bien que ce soit un vieux proverbe, que nez saigneux fait bonne <i>bouche,</i> je suis fort assuré que si on ne lui fait point mal au nez, la <i>bouche</i> n'en sera que meilleure. Newc. Les imperfections de la <i>bouche</i> des chevaux sont, 1°, Lorsque le cheval tire en haut &amp; suce la langue. 2°, Quand il la met par-dessus le mords, 3°, Lorsqu'il la double autour du mords. 4°, Quand il la laisse pendre hors de la <i>bouche,</i> soit tout droit en avant, ou de l'un des deux côtés. Le cheval ne reçoit aucun préjudice de tous ces vices ausquels il n'y a point de remèdes. Idem. <i>p.</i> 426. <i>&amp; suiv.</i></p><p>En ce sens, on dit figurément d'un homme, qu'il n'a ni <i>bouche</i> ni éperon ; pour dire, qu'il n'est bon a rien, qu'il ne sait rien faire, ni même se laisser conduire ; &amp; on dit qu'un homme est fort en <i>bouche,</i> non-seulement quand il est difficile à conduire, mais aussi quand il est violent en paroles, qu'il parle beaucoup, avec hauteur, ou qu'il s'emporte à dire des injures.</p><p>Il y a encore d'autres animaux, à l'égard desquels on se sert du mot de <i>bouche.</i> Rondelet, dans son <i>Histoire des poissons,</i> dit <i>bouche</i> de saumon, <i>bouche</i> de carpe, <i>bouche</i> de grenouille.</p><p>On dit en termes de Guerre , la <i>bouche</i> d'un canon, la <i>bouche</i> d'un petard, la <i>bouche</i> d'un mortier. On dit aussi Des munitions de <i>bouche</i> ; pour dire, Tout ce qui est nécessaire à la subsistance d'une garnison, ou d'un peuple enfermé dans une ville assiégée. On dit aussi qu'une garnison est sortie tambour battant, mèche allumée, balle en <i>bouche</i> ; pour dire qu'elle est sortie avec un mousquet chargé, &amp; une balle dans la <i>bouche,</i> pour le charger plus promtement une autre fois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="9" type="marine">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , ou Bosson. Terme de Marine . C'est la rondeur des bancs &amp; tillacs, &amp; c'est proprement tout ce qui est relevé hors d'oeuvre, qui n'est pas plat &amp; uni.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="10" type="">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , se dit aussi adverbialement. Cette nouvelle va de <i>bouche</i> en <i>bouche.</i></p><p>On appelle en Poësie la Rénommée, un monstre à cent <i>bouches.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5480" id="11" type="">
   <index type="head" value="BOUCHE" />
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    <head>BOUCHE</head>
    <p>
    Bouche , se dit proverbialement en ces phrases. Il a dit cela de <i>bouche,</i> mais le coeur n'y touche, en parlant d'un hypocrite qui ne parle pas selon ses vrais sentimens. On dit, Faire venir l'eau à la <i>bouche</i> ; pour dire, Exciter l'envie, l'appétit de jouïr d'une chose qu'on décrit agréablement. On dit aussi, qu'on a traité quelqu'un à <i>bouche</i> que veux-tu ; pour dire, qu'on lui a présenté toutes sortes de mets les plus friands. On dit, Manger une chose de broc en <i>bouche</i> ; pour dire, tout chaudement. On dit aussi d'un indiscret qui dit tout ce qu'il sait, que c'est un S. Jean <i>bouche</i> d'or. On dit aussi, <i>Bouche</i> cousue, pour recommander le secret à quelqu'un. On dit qu'il arrive beaucoup de choses entre la <i>bouche</i> &amp; le verre ; pour dire, qu'il ne faut qu'un moment pour faire manquer une affaire par quelque accident imprevu. Cette façon de parler vient de ce qu'un homme portant son verre à la <i>bouche</i> pour boire, on lui vint dire qu'un sanglier étoit entré dans sa vigne, &amp; qn'il la ravageoit. Aussi-tôt il quitte son verre, <pb n="677" facs="bpt6k8542165/f717/full/1200,/0/native.jpg"/>prend une arme, &amp; va au sanglier qui se jette sur lui, &amp; le tue : ce qui a donné lieu à ce vers Latin.</p><p>On dit, qu'un homme a toujours une parole à la <i>bouche</i> ; pour dire, qu'il a accoutumé de répéter souvent un même mot, une même sentence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5481" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCHÉE" />
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    <head>BOUCHÉE</head>
    <p>
    BOUCHÉE , s. f. Ce qu'on met, ce qu'on mâche à chaque fois dans la bouche. <i>Buccella, Bolus.</i> On dit en badinant, Cette femme est si délicate, qu'elle fait deux <i>bouchées</i> d'une cerise.</p><p>On s'en sert aussi quelquefois hyperboliquement. Ce gueux ne demande qu'une <i>bouchée</i> de pain. Ce goulu ne feroit qu'une <i>bouchée</i> de tout ce repas ; pour dire, qu'il auroit bien-tôt tout dévoré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5482" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCHEL" />
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    <head>BOUCHEL</head>
    <p>
    BOUCHEL , s. m. <i>Boccale.</i> On a dit ce mot pour signifier un baril à vin. Voyez <ref type="search" target="head:BOUCHAUT">BOUCHAUT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5483" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCHER, ÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BOUCHER, ÈRE</head>
    <p>
    BOUCHER, ÈRE , s. m. &amp; f. Marchand qui prépare &amp; qui vend de la chair de boeuf, de vache, de veau &amp; de mouton, taillée en pièces. <i>Lanius.</i> Il y avoit autrefois à Rome de trois sortes de <i>Bouchers.</i> Car, 1°, Il y avoit deux corps, ou Colléges composés chacun d'un certain nombre de citoyens chargés de fournir la ville de tous les bestiaux nécessaires, &amp; du soin de les faire préparer, &amp; d'en débiter les chairs. L'une de ces Communautés n'eut d'abord que le soin de l'achat des porcs. On la nommoit <i>Suarii.</i> L'autre avoit soin de l'achat des autres bestiaux, &amp; sur-tout des boeufs, ce qui les fit nommer <i>Pecuarii,</i> ou <i>Boarii.</i> 2°, Ils avoient sous eux des gens, dont l'emploi étoit de tuer &amp; d'habiller les bestiaux, d'en couper les chairs, &amp; de les mettre en état d'être exposées en vente. Ceux-là s'appelloient <i>Lanii,</i> &amp; quelquefois <i>Carnifices,</i> Préparateurs de chairs. Le Président Brisson, <i>Select. Ant.</i> 1. <i>C.</i> 6. &amp; Franc. Modius, au Ve Tome du Trésor critique, disent qu'autrefois chez les Romains les <i>Bouchers</i> vendoient plaisamment la viande. Celui qui venoit en acheter fermoit les yeux : le <i>Boucher</i> élevoit &amp; étendoit quelques-uns des doigts de la main, &amp; si l'acheteur pouvoit deviner combien il en avoit élevé, c'étoit lui qui mettoit le prix à la viande ; sinon c'étoit le <i>Boucher.</i> Apronius, Préfet de Rome, abolit cette coutume, &amp; ordonna qu'on la vendroit à la livre.</p><p>Tous ces usages s'établirent dans les Gaules avec la domination des Romains. Il y a eu de temps immémorial dans Paris, un certain nombre de familles chargées d'acheter les bestiaux, &amp; d'en avoir toujours une provision suffisante pour la subsistance de la Ville, &amp; d'en débiter, ou faire débiter les chairs. Ces familles, comme à Rome, faisoient un corps, élisoient un chef, qui l'étoit à vie, &amp; n'étoit destituable qu'en cas de prévarication. Il s'appelloit le maître des <i>Bouchers</i> ; il avoit jurisdiction sur tous les <i>Bouchers,</i> &amp; décidoit toutes les contestations qui naissoient entre eux concernant leur profession. Ils demandèrent la confirmation de cet usage à Henri II. qui la leur accorda par lettres patentes du mois de Juin 1550. registrées au Parlement le 20. Novembre de la même année. Nous avons aussi eu en France, comme à Rome, des Tueurs &amp; Ecorcheurs de bestiaux, créés par Edit de François I. du mois de Novembre 1543. &amp; c'est encore aujourd'hui l'emploi d'un certain nombre de garçons <i>Bouchers,</i> dont les uns abattent &amp; habillent les bestiaux, &amp; les autres que l'on nomme Etaliers, découpent &amp; préparent les chairs. Les Maîtres <i>Bouchers</i> ne se mêlent, non plus que ceux de l'ancienne Rome, que de l'achat des bestiaux. Aux <i>Bouchers</i> appellés anciennement <i>Suarii,</i> répondent ceux que nous nommons Charcutiers. Le nom de <i>Boucher</i> ne se donne pas à ceux-ci dans notre langue ; mais il convient à tous les autres.</p><p>Il y a au Vatican une ancienne inscription qui contient une Ordonnance de Police pour les <i>Bouchers,</i> dont les principaux points sont, qu'ils vendront la viande au poids ; qu'après que l'animal aura été pesé, la tête, les pieds, &amp; le suif appartiendront au <i>Boucher</i> qui l'aura tué, pour son salaire ; &amp; la chair avec la peau &amp; les entrailles appartiendront au Marchand <i>Boucher.</i></p><p>Quoique toutes les petites justices qu'avoient les Corps ou Communautés des Arts &amp; Métiers fussent inféodées par nos premiers Rois de la troisième race en faveur des Grands Officiers de leur maison, les <i>Bouchers,</i> ni les Arts qui concernent les bâtimens, ne furent point compris dans ces inféodations. Les Marchands <i>Bouchers</i> sont tenus d'aller prendre, &amp; se faire adjuger leurs étaux à la Police ; &amp; là ils s'obligent de les tenir fournis pendant l'année. Etalier <i>Boucher,</i> est un compagnon qui vend la chair dans l'étal.</p><p>Ménage, après Turnèbe, dérive ce mot de <i>buccarius,</i> qui a été fait de <i>bucca,</i> à cause qu'il tranche les viandes pour la bouche. C'est ainsi qu'on le trouve aussi appellé <i>Beccarius</i> de <i>beccus,</i> le bec ou la bouche, selon la remarque du P. Papebrock, <i>Acta SS. April. T. III. p.</i> 609. En Allemand <i>bek</i> signifie la bouche, pour laquelle les <i>Bouchers</i> travaillent, ce qui leur a fait donner ces noms, dit le même Père, <i>Junii Tom. III. p.</i> 917. <i>D.</i> M. de Valois l'aîné le dérive de <i>bouc,</i> étymologie peu vraisemblable, puisque les <i>Bouchers</i> ne tuent &amp; ne vendent point de <i>bouc,</i> &amp; qu'on n'en mange point, ou presque point en France. Lancelot le tire du mot , <i>Tueur de boeufs.</i> Le P. Labbe <i>à bovinâ, seu bubulâ carne,</i> de la chair de boeuf, qui fait leur principal commerce, Guichard, de , <i>mactare, jugulare, occidere, immolare, sacrificare ;</i> d'où , <i>coquus, carnifex,</i> cuisinier, bourreau, d'où en retranchant la première syllabe reste , <i>bach,</i> d'où selon lui s'est fait <i>Boucher.</i> La première origine est la véritable.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHER, ÈRE</head>
    <p>
    Boucher , se dit odieusement d'un Chirurgien qui taille &amp; coupe rudement &amp; ignoramment les membres qu'on lui donne à panser. On le dit aussi des gens cruels qui se plaisent à verser le sang humain.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHER</head>
    <p>
    BOUCHER , v. act. Fermer tous les passages, fentes &amp; ouvertures par où l'air peut entrer en quelque lieu. <i>Occludere, claudere.</i> Cette chambre est bien <i>bouchée</i> de tous côtés ; il y fera bon l'hiver.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHER</head>
    <p>
    Boucher , se dit aussi d'un trou particulier qu'on remplit, qu'on étoupe. <i>Obturare.</i> On condamne à <i>boucher</i> les vûes qu'on a sur le voisin, quand on n'a point de titre pour cela. On dit en ce sens ; <i>Boucher</i> un évier, <i>boucher</i> une bouteille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHER</head>
    <p>
    Boucher , signifie aussi, Occuper les avenues, ou les passages, pour empêcher qu'il n'entre rien dans une ville, dans un camp, ou que les ennemis n'entrent dans un pays. <i>Praecludere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHER</head>
    <p>
    Boucher , se dit aussi des fluxions, des obstructions. <i>Obstruere.</i> L'apoplexie est mortelle, parce qu'elle <i>bouche</i> tous les passages de la respiration.</p><p>On dit encore, Se <i>boucher</i> les yeux ; pour dire, Ne vouloir pas voir, dissimuler quelque chose ; &amp;, Se <i>boucher</i> les oreilles ; pour dire, Ne vouloir pas écouter les plaintes, les remontrances.</p><p>On dit figurément, qu'un homme a <i>bouché</i> un trou, quand il a acquitté quelque dette, en attendant qu'il acquitte les autres.</p><p>On dit proverbialement, <i>Boucher</i> la bouteille, pour dire, Prendre un morceau de pain après avoir bû, de peur de sentir le vin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHER</head>
    <p>
    Boucher . On dit en termes de dorure , <i>boucher d'or moulu ;</i> pour dire, ramender avec de l'or moulu les petits défauts que l'on trouve encore à l'or après qu'on l'a bruni. Cet or moulu se met dans une petite coquille avec un peu de gomme Arabique, &amp; il n'y a point de meilleur moyen pour faire quelque chose de propre, pourvû que l'endroit gâté ne soit pas grand.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHER</head>
    <p>
    Bouché, ée , part. &amp; adj. <i>Clausus, obstructus, obturatus.</i> On ordonne des lavemens à ceux qui ont le ventre <i>bouché.</i></p><p>On dit figurément qu'un homme a l'esprit <i>bouché,</i> quand il est peu intelligent, quand il a la conception dure &amp; tardive.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHERIE</head>
    <p>
    BOUCHERIE , s. f. Lieu où il y a plusieurs étaux de Bouchers, où on vend de la grosse viande pour l'ordinaire, &amp; en détail. <i>Carnarium, macellum carnarium.</i> Les quatre anciennes <i>Boucheries</i> de Paris sont fondées sur un ancien privilége. Néron bâtit une belle <i>Boucherie</i> à Rome. La médaille qu'on lui frappa à ce sujet, représente d'un côté la tête de cet Empereur, Nero Claudi. Aug. Germ. p. <pb n="678" facs="bpt6k8542165/f718/full/1200,/0/native.jpg"/>m. tr. Imp. p. p. &amp; de l'autre un bâtiment soutenu de colonnes, &amp; dans lequel on entre par un perron de quatre degrés avec ces mots, Mac. Aug. S. C. C'est-à-dire, <i>Macellum Augusti Senatus Consulto.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHERIE</head>
    <p>
    Boucherie , se dit aussi du lieu où l'on tue les bêtes. <i>Laniena.</i></p><p>On appelle viande de <i>boucherie,</i> la grosse viande, boeuf, veau &amp; mouton.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHERIE</head>
    <p>
    Boucherie , se dit figurément d'un grand massacre d'hommes, d'une grande défaite. <i>Caedes, strages.</i> Charles Martel fit une sanglante <i>boucherie</i> de ses ennemis. Les Turcs en prenant Rhodes passerent tout au fil de l'épée, &amp; firent une cruelle <i>boucherie.</i> Ils enfoncent l'Escadron, &amp; en font une étrange <i>boucherie.</i> Vaug. Il y eut une grande <i>boucherie,</i> &amp; le sang ruisseloit de tous côtés. Ablanc. Exposer une armée à la <i>boucherie</i> ; la mener à la <i>boucherie.</i></p><p>On dit aussi quand on mène quelqu'un à la guerre en une occasion où il court un péril évident, que c'est le mener à la <i>boucherie.</i></p><p>On dit proverbialement d'un homme qui ne peut rien en quelque affaire, ou assemblée, qu'il y a du crédit comme un chien à la <i>boucherie.</i></p><p>On a dit dans la basse Latinité <i>beccaria</i> pour signifier <i>boucherie,</i> &amp; du mot Latin on a fait le mot François. De La Mare traite au long de tout ce qui regarde les Bouchers &amp; les <i>Boucheries</i> dans son <i>Traité de la Police</i> Liv. V. Titre XX.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHET</head>
    <p>
    BOUCHET , s. m. Nom que les Médecins donnent à l'hypocras d'eau, qui est un breuvage fait d'eau aromatisée avec sucre &amp; canelle. <i>Hydrosaccarum.</i> On fait bouillir l'eau quelque temps avant que d'y mettre le sucre, dont on ne doit mettre que la huitième ou dixième partie ; après quoi on fait cuire le tout ensemble, en l'aromatisant d'un peu de canelle. Ensuite on l'ôte de dessus le feu, &amp; on le passe par la manche. Il est fort salutaire, &amp; on en peut user même dans la fièvre. Il est bon pour l'estomac, car il ne rafroidit pas comme l'eau crue, ni n'échauffe pas comme l'hypocras de vin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHET</head>
    <p>
    Bouchet . <i>Poire du Bouchet.</i> Sorte de poire qui est grosse, ronde &amp; blanche, &amp; à peu-près comme un Besidéry : quelques-unes du même arbre ressemblent à de mediocres Bergamottes, &amp; d'autres à de grosses cassolettes : la chair en est belle &amp; tendre, &amp; l'eau sucrée ; le bois semblable à celui de la poire appellée Mon-Dieu. Elle mûrit à la mi-Août. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHETURE</head>
    <p>
    BOUCHETURE , s. f. Qui se dit de tout ce qui sert à fermer &amp; à boucher un pré, une terre labourable, &amp; autres héritages, pour les conserver, &amp; empêcher que les bêtes n'y entrent ; comme sont les haies vives &amp; fagots, palis &amp; échaliers, &amp;c. <i>Obturamentum.</i> En pays de pâturages il est défendu d'ôter les <i>bouchetures</i> d'un héritage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5488" id="1" type="marine">
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    <head>BOUCHIN</head>
    <p>
    BOUCHIN , s. m. Terme de Marine . C'est l'endroit où se mettent les principales côtes d'un navire, &amp; qui fait la plus grande ouverture ou largeur, à prendre cette largeur de dehors en dehors. On la mesure vis-à-vis du grand mât de toute la longueur du maître-bau vers la maîtresse-côte. On dit qu'un bâtiment est plus court de varangue, &amp; plus petit de <i>bouchin</i> qu'un autre ; pour dire, qu'il est plus rond par la quille, &amp; plus étroit de bordage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5489" id="1" type="boulanger & de patissier">
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    <head>BOUCHOIR</head>
    <p>
    BOUCHOIR , s. m. Terme de Boulanger &amp; de Pâtissier . <i>Operculum.</i> C'est une grande plaque de fer, au milieu de laquelle il y a une poignée, &amp; qui sert à boucher le four. Mettre le <i>bouchoir,</i> ôter, tirer le <i>bouchoir.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHON</head>
    <p>
    BOUCHON , s. m. Ce qui sert à boucher quelque chose. <i>Obturamentum.</i> Les <i>bouchons</i> de liége d'Angleterre ou de verre, bouchent fort juste, &amp; empêchent que les esprits les plus subtils ne s'exhalent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHON</head>
    <p>
    Bouchon , se dit aussi de plusieurs morceaux de foin ou de paille entortillés, avec quoi on panse un cheval, &amp; on le frotte après l'avoir étrillé. <i>Stramineus, seu foeneus peniculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHON</head>
    <p>
    Bouchon de taverne , est aussi un signe qu'on met à une maison pour montrer qu'on y vend du vin à pot. Il est fait de lierre, de houx, de cyprès, &amp; quelquefois d'un chou. <i>Ramus viridis, Hedera suspensa vini venalis index.</i> Les Taverniers payent un droit de <i>bouchon.</i></p><p>Ce mot pris figurément signifie le cabaret même, &amp; le lieu où le vin se vend à pot &amp; à pinte. <i>Taberna.</i> Ainsi on dit d'un ivrogne, qu'il va de <i>bouchon</i> en <i>bouchon.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHON</head>
    <p>
    Bouchon , en termes de Jardinage , se dit du lieu où se forment les chenilles, &amp; où elles se conservent pendant l'hiver. <i>Erucarum receptaculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHON</head>
    <p>
    Bouchon , se dit aussi de ce qui est ramassé, foupi, frippé. <i>Fasciculus incompositus.</i> Il a mis tout son linge, ses habits en un <i>bouchon.</i> Il s'est mis en un <i>bouchon</i> pour se cacher dans ce trou.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHON</head>
    <p>
    Bouchon , est aussi un nom de cageollerie qu'on donne aux petits enfans, aux jeunes filles de basse condition. Mon petit coeur, mon petit <i>bouchon. Corculum, animula.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'à bon vin il ne faut point de <i>bouchon ;</i> pour dire, qu'une maison où il y a de bonne marchandise est bien-tôt achalandée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHONNE</head>
    <p>
    &#9758; BOUCHONNE , s. f. Terme de caresse, comme qui diroit, ma chere enfant, mon petit coeur. Ne craignez rien, ma <i>bouchonne,</i> vous m'aviez enlevé mon amant ; mais je suis déja vengée, puisqu'il vous a sacrifiée à moi. Regnard.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHONNER</head>
    <p>
    BOUCHONNER , v. act. Frotter un cheval avec un bouchon. <i>Defricare equum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCHONNER</head>
    <p>
    Bouchonner , signifie aussi, Mettre du linge, des habits en un bouchon, les foupir, les chifonner. <i>Multa incomposita congerere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5492" id="3" type="">
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    <head>BOUCHONNER</head>
    <p>
    Bouchonner , se dit aussi dans le style bas &amp; comique, pour cageoller, faire des caresses. <i>Blandiri, procari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5493" id="1" type="marine">
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    <head>BOUCHOTS</head>
    <p>
    BOUCHOTS , s. m. Terme de Marine . Ce sont des espèces de parcs faits de claies pour pêcher sur les côtes de la mer, pour lesquels il y a des règlemens faits dans le tit. 3. du Livre V. de l'Ordonnance de la Marine. <i>Septum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5494" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUCIQUANT" />
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    <head>BOUCIQUANT</head>
    <p>
    BOUCIQUANT , adj. Vieux mot, qui signifie Mercenaire, qui fait tout pour de l'argent. <i>Mercenarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5495" id="1" type="">
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    <head>BOUCLE</head>
    <p>
    BOUCLE , s. f. Espèce d'anneau de métal servant à divers usages. <i>Orbiculus fibula instructus, fibula.</i> On met des <i>boucles</i> à des jumens pour les empêcher de concevoir. Des <i>boucles</i> d'oreilles sont de petits ronds d'or, ou de cuivre garnis de diamans, que les femmes attachent à leurs oreilles sans aucuns pendans.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>bucula</i>. Ménage. <i>Bucula</i> se trouve dans la basse Latinité pour la partie du bouclier, dans laquelle on passoit le bras. De boucle, ou de <i>bucula,</i> les Grecs modernes ont aussi fait , qui signifie la même chose chez eux. Etienne Guichard tire <i>boucle</i> de l'Hébreu , <i>Kebel,</i> transposant les radicales en <i>Bekel,</i> d'où <i>boucle</i> selon lui peut être dérivé en François ; mais il y a peu d'apparence.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCLE</head>
    <p>
    Boucle , se dit aussi de ces anneaux ronds ou quarrés qui ont un ardillon au milieu, qui servent à tenir quelque chose attachée &amp; serrée. Des <i>boucles</i> de souliers, de baudrier, d'un ceinturon. Les <i>boucles</i> d'une sangle, d'une étrivière. Les <i>boucles</i> ou agraphes du Tabernacle de Moise étoient d'or.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCLE</head>
    <p>
    Boucle , se dit aussi des cheveux frisés en rond &amp; par anneaux, soit avec le fer, soit avec les papillotes. <i>Cincinni.</i> Les plus belles perruques sont celles qui sont frisées à grosses <i>boucles.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCLE</head>
    <p>
    Boucle , se dit aussi des gros anneaux de fer qu'on met à des portes, qui servent à les fermer, &amp; à y heurter. <i>Annulus.</i> On le dit aussi de ces petits anneaux de fer dont on faisoit autrefois des jaques de maille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUCLE</head>
    <p>
    Boucles , en Architecture, sont de petits ornemens en forme d'anneaux lacés sur une moulure ronde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5495" id="6" type="marine">
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    <head>BOUCLE</head>
    <p>
    Boucle , en termes de Marine , signifie, Mettre ou tenir sous clef, ou en prison. On a mis ce matelot sous <i>boucle.</i> Les Capitaines doivent arrêter &amp; tenir sous <i>boucle</i> les soldats &amp; compagnons coupables de crime, pour au retour les livrer à la Justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5496" id="1" type="">
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    <head>BOUCLEMENT</head>
    <p>
    BOUCLEMENT , s. m. Action de boucler, par laquelle on boucle, pour empêcher la génération. Dionis se sert de ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5497" id="1" type="">
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    <head>BOUCLER</head>
    <p>
    BOUCLER , v. act. Fermer avec une boucle. <i>Fibulare, fibulâ astringere.</i> On <i>boucle</i> les jumens, quand on les veut empêcher de concevoir, en leur fermant la nature avec une boucle. Il vient du Latin <i>buculare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5497" id="2" type="maconnerie">
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    <head>BOUCLER</head>
    <p>
    Boucler , se dit figurément des cheveux, quand on les <pb n="679" facs="bpt6k8542165/f719/full/1200,/0/native.jpg"/>frise par anneaux. <i>Cincinnare.</i> Les Perruquiers font bouillir les cheveux pour les <i>boucler.</i> Cette femme est une heure à sa toilette pour se faire friser &amp; <i>boucler.</i></p><p>On dit aussi, <i>Boucler une affaire</i> ; pour dire, la finir entièrement. <i>Perficere.</i> On dit de même, <i>Boucler un marché.</i> On dit encore, <i>Boucler les ennemis</i> ; pour dire, leur fermer le passage.</p><p>En termes de Maçonnerie , on dit <i>la muraille boucle,</i> pour dire, qu'elle fait ventre, qu'elle est prête à tomber. <i>Paries ventrem facit.</i> Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5497" id="3" type="blason">
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    <head>BOUCLER</head>
    <p>
    Bouclé, ée , part. &amp; adj. <i>Fibulatus, obstructus.</i></p><p>On dit aussi, qu'un port est <i>bouclé,</i> qu'un passage est <i>bouclé, Praeclusus</i> ; quand l'entrée en est défendue, soit pour les ennemis, soit pour quelque précaution, à cause de la peste, ou de la disette.</p><p>En termes de Blason , on appelle <i>bouclé,</i> un collier d'un levrier ou d'un autre chien qui a des boucles. <i>Fibulatus.</i> On le dit particulièrement des bufles qui sont <i>bouclés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5498" id="1" type="">
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    <head>BOUCLIER</head>
    <p>
    BOUCLIER , s. m. Arme défensive dont les Anciens se servoient pour se couvrir le corps contre les coups de leurs ennemis. <i>Clypeus, parma, scutum.</i> Les <i>boucliers</i> d'Achille &amp; d'Enée sont décrits dans l'Iliade &amp; dans l'Enéïde, &amp; celui d'Hercule dans Hésiode. Celui d'Ajax étoit couvert de sept peaux de boeuf. Les Ecus ont succédé aux <i>boucliers.</i> Les Espagnols qui vont la nuit portent encore l'épée &amp; le <i>bouclier.</i> On met encore dans des trophées des casques &amp; des <i>boucliers.</i> Les Coninefates &amp; les François élisoient leurs Rois ou Princes en les élevant sur un <i>bouclier.</i> Voyez Tillemont, <i>Hist. des Emp.</i> Tom. II. pag. 12. &amp; du Tillet I. pag. 18. &amp; 21. Nos anciens François pour armes défensives n'avoient que le <i>bouclier</i> fait d'un bois léger &amp; poli, &amp; couvert d'un bon cuir bouilli. Le Gendre. Perdre, ou se laisser ôter en combattant son <i>bouclier,</i> étoit une grande ignominie aux anciens Germains. Du Tillet.</p><p>Ce mot est dérivé de <i>bucularium</i>, à cause des <i>boucles</i> dont les <i>boucliers</i> des Anciens étoient garnis. Ménage. Il est souvent parlé dans la basse Latinité de <i>buccula clypei,</i> la <i>boucle</i> du bouclier. Le P. Thomassin le dérive de <i>bucca, bouche,</i> ou gueule, parce qu'on représentoit sur les boucliers des têtes &amp; des gueules.</p><p>Le <i>Bouclier</i> sur les médailles signifie, ou des voeux publics rendus aux Dieux pour la conservation du Prince ; ou qu'on le regarde comme le défenseur &amp; le protecteur de ses sujets. On appelloit ces <i>boucliers, clypei votivi</i> ; &amp; on les pendoit aux autels, &amp; aux colonnes des temples. Philon, <i>de Legat. ad Caium,</i> dit que Pilate pour faire sa Cour à Tibère, &amp; plus encore pour faire dépit aux Juifs, voulut ériger dans Jérusalem des <i>boucliers</i> dorés à l'honneur de cet Empereur ; mais qu'on s'y opposa comme à une chose contraire à la loi. On remarque deux <i>boucliers</i> sur une médaille d'Antonin, pour exprimer que ce bon Prince étoit le maître de la destinée de l'Empire. C'étoit par allusion au <i>bouclier</i> fatal descendu du ciel sous le règne de Numa Pompilius, à la conservation duquel étoit attachée la grandeur de Rome.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5498" id="2" type="">
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    <head>BOUCLIER</head>
    <p>
    Bouclier , se dit figurément de toute sorte de défense ou de protection. Il y a plusieurs livres intitulés le <i>Bouclier de la foi.</i> Hector fut long-temps le <i>bouclier</i> de Troye. Le Seigneur est mon <i>bouclier.</i> Port-R. Celui qui a été le <i>bouclier</i> de la France n'a pû se mettre à couvert de leurs coups. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5498" id="3" type="">
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    <head>BOUCLIER</head>
    <p>
    Bouclier , dans l'Architecture, est un ornement qui sert pour les frises, les trophées, &amp;c. <i>Umbo.</i> On appelle <i>bouclier naval,</i> un ovale qui est couché avec deux enroulemens.</p><p><i>Levée de boucliers,</i> c'est un terme d'Escrime , l'essai que l'on fait avant que d'escrimer tout de bon. <i>Ludicra prolusio.</i> Pomey. On appelle aussi <i>bouclier</i> une sorte de météore ignée. Id.</p><p>On dit proverbialement, Faire une grande levée de <i>boucliers,</i> lorsqu'on fait de grands préparatifs pour quelque entreprise, qu'on en fait grand bruit, &amp; qu'on ne l'exécute pas, ou qu'on y réussit mal, qu'elle aboutit à rien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5499" id="1" type="">
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    <head>BOUCON</head>
    <p>
    BOUCON , s. m. Qui ne se dit qu'en ces phrases. Donner le <i>boucon,</i> avaler le <i>boucon</i> ; pour dire, Empoisonner quelqu'un, soit en buvant, soit en mangeant. <i>Venenum, toxicum.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>buccone</i>, qui a été fait de <i>bucca.</i> Ménage. Il est du style bas.</p><p>Il se dit figurément de ceux à qui on fait faire, ou souffrir patiemment quelque chose, quoiqu'elle donne du chagrin &amp; du dégoût. Cet homme a surpris sa femme en adultère, mais il a fait sagement d'avaler le <i>boucon</i> sans bruit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5500" id="1" type="">
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    <head>BOUCTEIN</head>
    <p>
    BOUCTEIN , s. m. Animal qui se trouve dans les montagnes de Dauphiné. <i>Ibex.</i> Les <i>Boucteins,</i> qui sont les <i>Ibices</i> de Pline suivant le sentiment du savant Président de Boissieux, quoique Paradin écrive que le Chamois est l'<i>Ibex</i> de cet Auteur, sont fréquens dans les Alpes qui séparent le Dauphiné d'avec la Savoye. Leur grandeur égale celle des cerfs, &amp; le nom qu'ils ont leur est venu du rapport qu'a leur figure avec celle des <i>boucs.</i> Leurs cornes sont longues &amp; grosses outre mesure. Elles croissent d'un noeud chaque année, de sorte qu'il s'en trouve qui ont plus de 30. noeuds, &amp; qui pesent plus de 25. livres. Leur couleur est grise. Encore qu'ils soient d'une énorme grosseur, il n'est point de rocher si rapide (roide) dont ils ne gagnent la cime facilement. Leur légèreté &amp; leur vîtesse est telle qu'ils sautent de la pointe des rochers les plus élevés à d'autres fort éloignés au travers des précipices &amp; des abymes de ces montagnes. Paradin remarque qu'il ne leur est point difficile de sauter d'en bas sur une muraille de la hauteur du 5 ou 6 hommes, pourvû qu'elle ne soit point unie, &amp; qu'ils puissent mettre leurs pieds en quelqu'endroit qui les arrête. Cet animal s'apprivoise rarement, &amp; quand il l'a été, il retourne lorsqu'il devient vieux à sa première nature. Il n'aime que les rochers les plus hauts &amp; les plus escarpés, à cause du froid qui y domine, &amp; sans lequel il perd la vûe, &amp; bientôt après la vie. Chorier. <i>Hist. de Daup. p.</i> 63.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5501" id="1" type="">
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    <head>BOUDELLE</head>
    <p>
    BOUDELLE , s. f. Espèce de plume tirée du bout de l'aile des oies. <i>Penna.</i> Du Cange dérive ce mot de <i>bdellus,</i> qu'on a dit au même sens dans la basse Latinité. C'est plutôt un mot corrompu de <i>bout d'aile.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5502" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUDER" />
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    <head>BOUDER</head>
    <p>
    BOUDER , v. n. Témoigner par son silence, ou par sa mauvaise humeur, qu'on est fâché de quelque chose, sans se plaindre, ni en vouloir dire la cause. <i>Mussare apud se tacitum.</i> Les esprits foibles &amp; timides sont sujets à <i>bouder.</i> Il ne sort point de la conversation familière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5502" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUDER" />
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    <head>BOUDER</head>
    <p>
    Bouder , s'emploie quelquefois avec un régime actif. D'où vient que vous me <i>boudez ?</i> Il me <i>boude</i> depuis quelque temps.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUDERIE</head>
    <p>
    BOUDERIE , s. f. Mauvaise humeur, fâcherie cachée. <i>Morositas.</i> Il faut laisser passer la <i>bouderie</i> de cette personne, &amp; la prendre en meilleure humeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5504" id="1" type="">
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    <head>BOUDEUR, EUSE</head>
    <p>
    BOUDEUR, EUSE , adj. Celui qui boude. <i>Morosus, tetricus, iratus.</i> C'est un enfant naturellement <i>boudeur.</i> Il est d'une humeur <i>boudeuse.</i></p><p>Il s'emploie aussi au substantif. C'est un <i>boudeur,</i> c'est une <i>boudeuse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5505" id="1" type="">
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    <head>BOUDIN</head>
    <p>
    BOUDIN , s. m. Boyau de porc empli de son sang &amp; de sa graisse, dont on fait un mets bon à manger. <i>Botulus, botellus.</i> Celui-là s'appelle <i>boudin noir</i> ; mais le <i>boudin blanc</i> est le même boyau rempli de blanc de chapon, de lait, &amp; autres ingrédiens. Par la Novelle 18. de l'Empereur Léon, il est défendu de manger du <i>boudin.</i> Bonner, Evêque de Londres, étant en prison sous Henry VIII. écrivoit à un de ses amis pour le prier, aussi-bien que ses autres amis, de lui envoyer des poires &amp; du <i>boudin.</i> Larrey, <i>d'après les Recueils de Burnet.</i></p><p>On dit une demi-aune, une aune de <i>boudin,</i> &amp; deux aunes de <i>boudin,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5505" id="2" type="">
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    <head>BOUDIN</head>
    <p>
    <pb n="680" facs="bpt6k8542165/f720/full/1200,/0/native.jpg"/> Boudin , est un mot dont se servent les Architectes, pour signifier le tore de la colonne. <i>Torus.</i> Les Serruriers appellent <i>ressort à boudin,</i> un ressort délicat qu'ils appliquent dans la serrure pour repousser le demi tour du pène. Le <i>ressort à boudin</i> est aussi un fil d'archal tourné en helice dans quelque tuyau, qui se lâche avec effort quand il a été pressé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5505" id="3" type="verriers">
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    <head>BOUDIN</head>
    <p>
    Boudin , en termes de Verriers , est aussi ce noeud ou éminence qui se trouve au milieu d'un plat, ou rond de verre, dont se servent les Vitriers ; c'est l'endroit par où il se finit quand on le fait. Quelques-uns disent <i>boudine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5505" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOUDIN" />
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    <head>BOUDIN</head>
    <p>
    Boudin . Les Mineurs appellent aussi <i>boudin,</i> une fusée où il entre des étoupes, &amp; autres matières susceptibles du feu, &amp; dont on se sert dans les mines.</p><p>On dit proverbialement &amp; bassement, qu'une affaire, une entreprise s'en ira en eau de <i>boudin</i> ; pour dire, qu'elle ne réussira pas, qu'elle s'en ira à néant. On dit qu'on envoie de son <i>boudin</i> à quelqu'un ; quand on a tué son cochon ; quand on lui fait présent de quelque plat de son métier. On dit d'un homme qui a un gros visage, que c'est un souffleur de <i>boudin.</i></p><p>Faire un <i>boudin,</i> est un vieux proverbe, qui signifie, Marier un Gentilhomme avec une riche roturière, parce que le mari annoblit la femme, &amp; est le soutien de la maison ; &amp; la femme qui est riche fournit de la graisse pour l'entretenir. Ce proverbe a été fait à l'occasion d'un nommé Reynold, Comte de Gueldre, qui vivoit il y a 260. ans, lequel rétablit ses affaires ruinées par le mariage qu'il fit avec la fille d'un nommé Bertaut riche marchand, comme témoigne Bellingen en son <i>Etymologie des Proverbes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5506" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUDINE" />
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    <head>BOUDINE</head>
    <p>
    &#9758; BOUDINE , s. f. Noeud des verres, ou bosse qui se trouve au milieu du plat de verre à l'endroit où on l'a coulé. Les vitriers &amp; ouvriers en verre blanc, ont des moulins ou mouloirs pour ôter les <i>boudines,</i> ou du moins pour les diminuer beaucoup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5507" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUDINIÈRE" />
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    <head>BOUDINIÈRE</head>
    <p>
    BOUDINIÈRE , s. f. Petit entonnoir de fer blanc qui sert à faire du boudin. <i>Infundibulum farciendo botulo comparatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5508" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOUDINURE" />
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    <head>BOUDINURE</head>
    <p>
    BOUDINURE , s. f. Terme de Marine . C'est une enveloppe de cordage qu'on met au tour de l'arganeau de l'ancre pour conserver le cable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5509" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUDOIR" />
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    <head>BOUDOIR</head>
    <p>
    &#9758; BOUDOIR , s. m. Petit réduit, cabinet fort étroit, auprès de la chambre qu'on habite, ainsi nommé apparemment, parce qu'on a coutume de s'y retirer, pour bouder sans témoin, lorsqu'on est de mauvaise humeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5510" id="1" type="">
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    <head>BOUE</head>
    <p>
    BOUE , s. f. Pus, humeur corrompue qui sort d'une plaie, d'un abcès, d'une apostume. <i>Pus, sanies.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5510" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUE" />
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    <head>BOUE</head>
    <p>
    Boue , signifie aussi, Crotte, ordure, terre détrempée avec de l'eau. <i>Lutum, coenum.</i> On ne sauroit marcher en hiver dans Paris, qu'on ne soit tout plein de <i>boue.</i> Les pourceaux se veautrent dans la <i>boue.</i> Le Soleil fond la cire, &amp; sèche la <i>boue.</i> On taxe les bourgeois pour les <i>boues</i> &amp; les lanternes.</p><p>Ménage dérive ce mot du Flamand <i>brou,</i> qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5510" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUE" />
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    <head>BOUE</head>
    <p>
    Boue , signifie figurément, Bassesse. La fortune met aujourd'hui des personnes sur le trône, &amp; demain dans la <i>boue.</i> Ce Prince a tiré ce favori de la <i>boue.</i></p><p>L'homme a été fait de <i>boue,</i> ce n'est que <i>boue</i> &amp; pourriture. On dit aussi, Une ame de <i>boue</i> ; pour dire, une ame vile, basse, mercenaire, rampante, Tu vas couvrir de <i>boue</i> les beaux titres de ta Maison. Main. pour dire, tu vas deshonorer les titres de ta Maison.</p><p>On dit proverbialement, qu'une maison n'est que de <i>boue</i> &amp; de crachat ; pour dire, qu'elle n'est pas bâtie solidement. On dit aussi que le Soleil ne salit point ses rayons, quoiqu'ils tombent dans la <i>boue.</i> En parlant d'une chose qu'on méprise ; on dit proverbialement &amp; bassement, qu'on n'en fait non plus d'état que de la <i>boue</i> de ses souliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5510" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BOUE</head>
    <p>
    Boue , dans la Philosophie hermétique, est le nom qu'on donne à la matière quand elle ressemble à de la poix fondue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5510" id="5" type="">
   <index type="head" value="BOUE" />
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    <head>BOUE</head>
    <p>
    Boue , s. f. <i>Cella infima.</i> C'est le nom qu'on donne en Artois &amp; en Flandre à une seconde cave qui est au-dessous de la première, &amp; où on met la bière pour la mieux conserver : les caves ordinaires ne sont pas assez profondes ; elle s'y gâte pendant l'Eté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5510" id="6" type="">
   <index type="head" value="BOUE" />
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    <head>BOUE</head>
    <p>
    Bove de terre . <i>Bovata terrae.</i> On appelloit autrefois <i>bove de terre,</i> un espace de terre tel que deux boeufs peuvent le labourer en un jour. Ce mot vient de <i>bos bovis</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5511" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOUÉE" />
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    <head>BOUÉE</head>
    <p>
    BOUÉE , s. f. Terme de Marine . C'est un morceau de bois, ou de liége, ou même un baril, qui flotte sur l'eau attaché à quelque pieu ou rocher. On s'en sert ordinairement pour indiquer les ancres mouillés dans les ports, ou laissés dans les rades. Le cordage avec lequel il est attaché s'appelle <i>boirin.</i> Quelquefois ce mot se prend pour <i>balise</i> ; &amp; alors la <i>bouée</i> sert à marquer les passages dangereux, afin qu'on les évite. On l'appelle aussi quelquefois <i>bonneau, aloigne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5512" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUEMENT" />
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    <head>BOUEMENT</head>
    <p>
    BOUEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:ABOUEMENT">ABOUEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5513" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUER" />
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    <head>BOUER</head>
    <p>
    BOUER , v. act. Qui se dit de la huitième façon qu'on donnoit aux monnoies qu'on fabriquoit au marteau. <i>Fluidam aequabilitatem monetariis inducere.</i> On frappoit sur un bloc le flan entassé, lequel s'affaissoit tout-à-coup, &amp; faisoit joindre, coupler, &amp; toucher d'assiette les deniers de monnoyage, afin de les faire couler plus aisément au compte &amp; à la main. L'Ordonnance enjoint de répéter cette façon deux fois, &amp; de recuire &amp; rechauffer les flans à chacune de ces façons, &amp; de <i>bouer</i> une troisième fois sans recuire ; après quoi l'ouvrier met les flans entre les mains du Maître pour les blanchir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5514" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUEUR" />
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    <head>BOUEUR</head>
    <p>
    BOUEUR , s. m. Vuidangeur qui enlève les boues d'une ville. <i>Purgandae luto urbis curator.</i> Les <i>Boueurs</i> sont tenus de nettoyer les rues toutes les semaines deux fois.</p><p>On appelle aussi <i>Boueur</i> un certain Officier sur les ports de Paris, qui a soin de nettoyer le port, &amp; d'en faire enlever toutes les ordures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5515" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUEUX, EUSE" />
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    <head>BOUEUX, EUSE</head>
    <p>
    BOUEUX, EUSE , adj. Qui est plein de boue, de fange <i>Lutosus, coenosus.</i> Les lieux bas sont sujets à être <i>boueux.</i> Le Parnasse doit être bien <i>boueux,</i> car il en vient beaucoup de Poëtes crottés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5516" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFANT, ANTE" />
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    <head>BOUFFANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; BOUFFANT, ANTE , adj. Qui bouffe, qui paroît gonflé : ce qui se dit sur-tout des étoffes. Une étoffe <i>bouffante,</i> une garniture <i>bouffante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5517" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFE" />
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    <head>BOUFFE</head>
    <p>
    BOUFFE , s. f. Enflure de joues. <i>Bucca.</i> Les écoliers menacent leurs compagnons de leur donner sur la <i>bouffe.</i> Ce mot est bas. Les Médecins appellent proprement <i>bouffe,</i> la partie inférieure de la joue, qu'on enfle de vent quand on veut. On disoit autrefois <i>buffe,</i> pour dire un <i>soufflet</i> ; &amp; <i>buffeter,</i> pour dire <i>souffleter</i> : mot qui vient de l'Italien <i>buffa,</i> qui signifie cette partie du casque par où on respire. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5518" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFÉE" />
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    <head>BOUFFÉE</head>
    <p>
    BOUFFÉE , s. f. Petite agitation de l'air, &amp; passagère, qui semble venir d'un souffle de bouche, tel que les Peintres &amp; les Poëtes le dépeignent sortant des joues enflées d'un vent. <i>Venti flatus.</i> On le dit aussi du feu, de la fumée, &amp; des maladies qui ne durent pas. Une <i>bouffée</i> de fièvre, un accès de fièvre qui n'a point de suite. En parlant d'un homme qui ne s'adonne aux choses que par boutade &amp; par intervalle, on dit figurément qu'Il ne s'y adonne que par <i>bouffées.</i> On dit dans le même sens, <i>Bouffée</i> d'humeurs, <i>bouffée</i> de dévotion. Tout cela est du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5518" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUFFÉE" />
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    <head>BOUFFÉE</head>
    <p>
    Bouffée , se dit aussi des personnes, mais en mauvaise part. <i>Halitus.</i> Il signifie un soufle qui sort de la bouche de quelqu'un. Il sort de la bouche de ces ivrognes de vilaines. <i>bouffées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5519" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFER" />
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    <head>BOUFFER</head>
    <p>
    BOUFFER , v. neut. Enfler les joues. <i>Buccas inflare.</i> En ce sens il n'a guère d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5519" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUFFER" />
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    <head>BOUFFER</head>
    <p>
    Bouffer se dit plus ordinairement au figuré. On dit des toiles, des étoffes, des rubans, ou d'une garniture neuve, qu'elles <i>bouffent</i> ; &amp; du taffetas qui sort par les bandes d'un haut-de-chausse de Suisse, qu'il <i>bouffe. Tumere.</i></p><p>Les Bouchers qui soufflent la viande, nomment cette action <i>bouffer,</i> auquel sens il est actif. <i>Inflare. Bouffer</i> un boeuf. <i>Bouffer</i> un veau. <i>Bouffer</i> un mouton. <i>Bouffer</i> un agneau. Le peuple le dit aussi en quelques Provinces pour Souffler, en quelque matière que ce soit ; <i>bouffer</i> le feu, <i>bouffer</i> la chandelle ; mais c'est très-mal parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5519" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUFFER" />
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    <head>BOUFFER</head>
    <p>
    <pb n="681" facs="bpt6k8542165/f721/full/1200,/0/native.jpg"/> Bouffer , v. n. signifie aussi dans le style bas &amp; populaire, Etre en mauvaise humeur, être dans une colère qui n'éclate pas. <i>Irasci, stomachari.</i> Il <i>bouffe</i> de colère &amp; de dépit. On dit aussi <i>bouffer</i> d'orgueil &amp; de vanité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5520" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BOUFFETTE</head>
    <p>
    BOUFFETTE , s. f. Touffe de petits rubans, ou de nompareille que les Dames se mettent aux oreilles. C'est aussi une houpe de laine qui pend sur le nez &amp; à côté de la bride d'un cheval de harnois. <i>Floccus, flocculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5521" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFIR" />
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    <head>BOUFFIR</head>
    <p>
    BOUFFIR , v. act. Enfler. <i>Tumidum facere, inflare.</i> Il ne se dit guère que du visage. L'hydropisie <i>bouffit</i> le visage. Ce convalescent n'est pas gras, c'est son visage qui est <i>bouffi.</i> Quand il s'agit du reste du corps, <i>bouffir</i> n'est pas si bon qu'<i>enfler.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5521" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUFFIR" />
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    <head>BOUFFIR</head>
    <p>
    Bouffir , est aussi neut. passif. <i>Tumere, turgere.</i> Le visage de cet hydropique se <i>bouffit</i> tous les jours.</p><p>On le dit encore des harengs qu'on fait dessaler, &amp; qu'on laisse <i>bouffir</i> à la cheminée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5521" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUFFIR" />
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    <head>BOUFFIR</head>
    <p>
    Bouffi, ie , part. &amp; adj. <i>Tumidus, turgidus, tumens.</i> Visage <i>bouffi</i> de fureur. Vill. Hareng <i>bouffi.</i> On le dit figurément des choses spirituelles &amp; morales. C'est un esprit <i>bouffi</i> d'orgueil &amp; de colère. Cet Orateur a le style <i>bouffi</i> ; pour dire, enflé, plein de grands mots, &amp; qui frise le galimathias &amp; le phoebus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5522" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFISSURE" />
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    <head>BOUFFISSURE</head>
    <p>
    BOUFFISSURE , s. f. Enflure de visage, de hareng, de style, &amp;c. <i>Tumor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5523" id="1" type="rotisseur">
   <index type="head" value="BOUFFOIR" />
   <index type="src_domain" value="rotisseur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BOUFFOIR</head>
    <p>
    BOUFFOIR , s. m. Prononcez BOUFFOI. C'est un terme de Rôtisseur , qui veut dire un petit instrument de cuivre, qui est grand &amp; gros comme une lardoire, qui est percé par les deux bouts, dont on met l'un dans la partie de l'agneau qu'on veut bouffer, &amp; dont on tient l'autre dans la bouche, afin de pouvoir faire passer son vent jusqu'à l'agneau qu'on bouffe.</p><p>BOUFFON, s. m. Comédien, Farceur qui divertit le public par ses plaisanteries ; qui fait &amp; qui dit mille sottises pour faire rire les gens, &amp; pour attraper de l'argent. <i>Mimus.</i> Les Comédiens Italiens sont les meilleurs <i>Bouffons.</i> On appelle <i>Arlequins, Trivelins,</i> les excellens <i>Bouffons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5523" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUFFOIR" />
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    <head>BOUFFOIR</head>
    <p>
    Bouffon, onne , se dit aussi de ceux qui ne cherchent qu'à rire, &amp; à divertir les autres par des choses plaisantes &amp; folâtres, ou par un emportement de bonne humeur. <i>Sannio, scurra.</i> C'est un ennuyeux personnage, qu'un mauvais plaisant, &amp; un <i>bouffon</i> insipide. S. Evr. C'est une qualité qui tient lieu de mérite en beaucoup d'endroits, de savoir faire le <i>bouffon</i> à propos.</p><p>On dit aussi, d'Une femme qui est de même humeur, qu'Elle fait la <i>bouffonne.</i> Et on dit par caresse à une petite fille gaie &amp; enjouée, que c'est une petite <i>bouffonne.</i></p><p><i>Servir de bouffon,</i> c'est être un sujet de mocquerie, de risée. Dans ce sens un homme qui voit qu'on se mocque de lui, dit, Je vois bien que je sers ici de <i>bouffon.</i> Je ne prétends pas vous servir de <i>bouffon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5523" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUFFOIR" />
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    <head>BOUFFOIR</head>
    <p>
    Bouffon , se prend quelquefois adjectivement, tant au masculin qu'au féminin. <i>Scurrilis, Mimicus.</i> Il a fait un discours, une conte <i>bouffon.</i> C'est une humeur <i>bouffonne.</i></p><p>Quelques-uns dérivent ce mot d'une Fête qui fut instituée au pays d'Attique par le Roi Erechrée, à l'occasion d'un Sacrificateur nommé <i>Buphon,</i> lequel après avoir immolé le premier boeuf sur l'autel de Jupiter Polien, ou Gardien de la ville, s'enfuit sans sujet si soudainement, qu'on ne le put arrêter, ni le trouver, laissant la hache &amp; les autres ustensiles du sacrifice par terre. On les mit entre les mains des Juges pour leur faire leur procès, qui jugèrent la hache criminelle, &amp; le reste innocent. Toutes les autres années suivantes on fit le sacrifice de la même sorte. Le Sacrificateur s'enfuyoit comme le premier, &amp; la hache étoit condamnée par des Juges. Comme cette cérémonie &amp; ce jugement étoient tout-à-fait burlesques, on a appellé depuis <i>bouffons</i> &amp; <i>bouffonneries,</i> toutes les autres momeries &amp; farces qu'on a trouvées ridicules. Cette histoire est rapportée dans Coelius Rhodiginus, liv. 7. chap. 6.</p><p>Ménage après Saumaise dérive ce mot de <i>buffo.</i> On nommoit ainsi en Latin ceux qui paroissoient sur le théatre avec des joues enflées pour recevoir des soufflets, afin que le coup faisant plus de bruit, fît rire davantage les spectateurs. Vossius est de même avis, &amp; dit que <i>bouffer</i> signifioit autrefois <i>enfler</i> &amp; <i>souffler</i> : d'où vient qu'on dit <i>bouffi</i> d'orgueil, que les habits <i>bouffent,</i> &amp; une <i>bouffée</i> de vent. Il tire de la même origine le mot de <i>soufflet,</i> qu'on appelle aussi une <i>buffe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5524" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFONNER" />
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    <head>BOUFFONNER</head>
    <p>
    BOUFFONNER , v. n. Plaisanter, faire des actions bouffonnes, soit sur le théatre pour divertir le peuple, soit dans les compagnies par enjouement, &amp; pour plaire. <i>Scurrari, scurriliter ludere.</i> Il se prend toujours en mauvaise part, à moins qu'on n'y ajoûte quelque adoucissement : comme, Il y a du plaisir avec lui, il <i>bouffonne</i> agréablement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5525" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFONNERIE" />
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    <head>BOUFFONNERIE</head>
    <p>
    BOUFFONNERIE , s. f. Action ou parole pour faire rire : chose bouffonne, plaisanterie. <i>Mimicus jocus, scenica dicacitas.</i> Une méchante <i>bouffonnerie.</i> Une agréable <i>bouffonnerie.</i> La <i>bouffonnerie</i> est un Fourrier de l'Athéisme qui lui marque le logis. Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5526" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUFFONESQUE" />
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    <head>BOUFFONESQUE</head>
    <p>
    BOUFFONESQUE , adj. m. &amp; f. <i>Lepidus, jocularis, ridiculus.</i> Naudé s'est servi de ce mot dans son Mascurat ; pour dire, plaisant agréable, burlesque ; mais Naudé n'est pas un bon Auteur en fait de langue Françoise : il ne faut point se servir de ce terme, si ce n'est comme on fait de certains mots que l'on forge ou que l'on hazarde quelquefois en badinant dans la conversation, ou dans le style comique. Après avoir donné carrière à son humeur plaisante &amp; <i>bouffonesque,</i> il se mit tout-à-fait dans la sérieuse. Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5527" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUGE" />
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    <head>BOUGE</head>
    <p>
    BOUGE , s. m. Petite chambre ou garderobe qui accompagne une plus grande. <i>Cellula.</i> Les chambres des maisons garnies sont accompagnées d'un <i>bouge</i> pour coucher un valet. Il signifie aussi une chambre, une maison extrêmement mal propre &amp; toute en désordre. Avez-vous vû l'endroit où il loge ? C'est un vrai <i>bouge.</i></p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>bugia,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité, pour dire, une <i>maison fort petite.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5527" id="2" type="charpenterie">
   <index type="head" value="BOUGE" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>BOUGE</head>
    <p>
    Bouge , en termes de Charpenterie , signifie une pièce de bois qui a du bombement, &amp; qui courbe en quelque endroit. <i>Arcuatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5527" id="3" type="potier d'etain">
   <index type="head" value="BOUGE" />
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    <head>BOUGE</head>
    <p>
    Bouge . Terme de Potier d'étain . C'est le demi-cercle qui est autour du fond de l'assiette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5527" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOUGE" />
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    <head>BOUGE</head>
    <p>
    Bouge . Terme de Tonnelier . Le milieu de la fûtaille, &amp; la partie la plus grosse &amp; la plus élevée. <i>Umbo.</i></p><p>Villon s'est servi du mot de <i>bouges,</i> pour signifier l'habillement que nous nommons haut-de-chausses &amp; culotte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5527" id="5" type="">
   <index type="head" value="BOUGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BOUGE</head>
    <p>
    Bouge , s. f. signifie aussi la même chose que Bougette, &amp; en ce sens Pasquier, <i>Rech.</i> Liv. VIII. ch. 2. le dérive de <i>Bulga</i>. Nous disons encore qu'un homme qui s'est fait riche, a bien mis dedans ses <i>bouges</i> ; pour dire, dedans sa bourse. Pasq. Ce mot n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5527" id="6" type="">
   <index type="head" value="BOUGE" />
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    <head>BOUGE</head>
    <p>
    Bouge , sorte de mauvaise poire qui se mange au mois d'Octobre. Elle se nomme autrement Bens, ou la poire de Légat. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5528" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUGEOIR" />
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    <head>BOUGEOIR</head>
    <p>
    BOUGEOIR , s. m. Petit chandelier qui a un manche, une queue, ou un anneau, pour le porter à la main, &amp; où on met une bougie. <i>Cerarium.</i> C'est le plus ancien des Aumôniers d'un Prélat qui porte le <i>bougeoir</i> quand il officie. <i>Bougeoir</i> est aussi une sorte d'étui, où il tient la bougie. Tach.</p><p>&#9758; Bougeoir, se dit aussi particulièrement de ce petit chandelier d'or, qu'un valet de chambre porte au coucher du Roi ; &amp; que le Roi, lorsqu'il se deshabille, fait donner par distinction à quelqu'un des Courtisans. Le Roi fit donner le <i>bougeoir</i> à un tel Seigneur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5529" id="1" type="">
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    <head>BOUGER</head>
    <p>
    BOUGER , v. n. Se remuer, changer de lieu. <i>Moveri, movere se.</i> Il ne s'emploie guère qu'avec la négative. On dit par civilité à ceux qui se lèvent pour vous faire honneur, &amp; pour vous donner leur place. Monsieur, ne <i>bougez,</i> <pb n="682" facs="bpt6k8542165/f722/full/1200,/0/native.jpg"/>ne vous <i>bougez</i> pas. On commande à une sentinelle de ne <i>bouger</i> pas du poste où on la met. Lorsque les soldats de César virent que les autres ne <i>bougeoient,</i> ils s'arrêterent d'eux-mêmes. L'armée ennemie s'avançoit au petit pas, &amp; la nôtre ne <i>bougeoit.</i> Ablanc. Cette horloge est arrêtée, il y a long-temps que l'aiguille ne <i>bouge</i> d'un lieu. On s'en sert quelquefois sans la négative. Si vous <i>bougez</i> de votre place, vous me désobligerez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5529" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUGER" />
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    <head>BOUGER</head>
    <p>
    Bouger , s'emploie avec une négation, pour signifier qu'une personne est fréquemment dans un lieu, qu'elle n'en sort presque point. <i>Consistere.</i> Ce badaut n'a jamais <i>bougé</i> de Paris. Ce poltron n'a jamais <i>bougé</i> du coin de son feu. Ce débauché ne <i>bouge</i> du cabaret. Il ne <i>bouge</i> d'auprès du Roi. Il ne <i>bouge</i> d'avec les Dames. Voit.</p><p>On dit proverbialement, Ce sont des commandemens de M. de B .... quand il commande personne ne <i>bouge.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5530" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUGETTE" />
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    <head>BOUGETTE</head>
    <p>
    BOUGETTE , s. f. Petit sac ou poche pour les voyageurs, qu'on porte à l'arçon, ou sur la croupe. <i>Bulga.</i> Nonius l'appellent <i>sacculus ad brachium pendens.</i> Pompeius Festus dit que <i>bulga</i> étoit un mot Gaulois, &amp; l'interprète <i>Saccus scorteus.</i> Les Allemans l'appellent encore aujourd'hui <i>Bulgen,</i> &amp; les Anglois <i>bolgan. Bougette</i> s'est formé de bolgette, selon notre coutume de changer la lettre <i>l</i> en <i>u.</i> Voyez Cluvier, <i>Germ. ant. L.</i> 1. <i>p.</i> 70.</p><p>Le mot <i>bougette</i> est un diminutif de <i>bouge,</i> qui se disoit autrefois dans le même sens. Henri Estienne, <i>de latinitate falsò suspectâ.</i> c. 8. pag. 355. observe qu'on disoit de son temps, <i>Il a bien rempli ses bouges</i> ; pour dire, <i>il a fait un gros gain.</i> Voyez encore ci-dessus Bouge. On prononçoit dans les commencemens <i>boulge,</i> de <i>bulga,</i> mot fort connu chez les Latins, &amp; dont la signification est si bien exprimée dans ces quatre vers du Poëte Lucilius.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5531" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUGIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BOUGIE</head>
    <p>
    BOUGIE , s. f. Chandelle de cire pour éclairer les chambres. <i>Cereus candidus.</i> Chez le Roi on ne brûle que de la <i>bougie.</i> On donne de la <i>bougie</i> en présent en plusieurs Communautés.</p><p>Ménage croit que ce mot vient de la ville de <i>Bugie</i> en Afrique, d'où on apporte beaucoup de cire. Et cela est plus croyable que ce que dit Guichard, que <i>bougie</i> vient de , <i>abac, ligo,</i> d'où se forme , <i>abouca,</i> qui est exposé, <i>fascis, virga cereata,</i> c'est-à-dire, <i>bougie,</i> menue chandelle de cire, <i>linum cereatum,</i> comme de <i>abouga.</i></p><p>On appelle aussi <i>bougie,</i> une très-petite chandelle dont les pauvres gens se servent à faire des offrandes. <i>Filum modicè ceratum.</i> Une <i>bougie</i> d'un double.</p><p>On appelle un <i>pain de bougie,</i> une menue chandelle de cire d'une très-grande longueur, &amp; qui est tortillée en façon de pain pour la transporter plus commodément. <i>Fili incerati massula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5532" id="1" type="tailleur d'habits">
   <index type="head" value="BOUGIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BOUGIER</head>
    <p>
    BOUGIER , v. act. Terme de Tailleur d'habits . Mettre de la cire sur le bord d'une étoffe coupée qui est sujette à s'effiler, en attendant qu'on la couse : ce qui se fait avec une bougie allumée. <i>Incerare oram vestiariam,</i> ou <i>panni. Bougier</i> du tafetas, du damas, de la moire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5532" id="2" type="chirurgie">
   <index type="head" value="BOUGIER" />
   <index type="src_domain" value="chirurgie" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BOUGIER</head>
    <p>
    Bougier , se dit aussi en termes de Chirurgie , de ceux à qui on fait entrer une bougie dans la verge, pour les garantir des carnosités qui s'y pourroient former.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5533" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUGRAN" />
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    <head>BOUGRAN</head>
    <p>
    BOUGRAN , s. m. Toile forte &amp; gommée qu'on met dans des doublures du corps des habillemens, afin qu'ils se soutiennent, &amp; qu'ils gardent mieux leur forme. <i>Tela gummi oblita.</i></p><p>Un Grammairien Allemand dérive ce mot par métathèse de l'Hébreu <i>gabar,</i> qui signifie <i>validus fuit,</i> à cause que c'est une étoffe forte de gomme. Du Cange prétend qu'on a dit autrefois <i>bouqueran,</i> &amp; qu'il vient de <i>boqueranus, bucaranum</i>, &amp; <i>buchiranum,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5534" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUGRANIÈRE" />
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    <head>BOUGRANIÈRE</head>
    <p>
    BOUGRANIÈRE , adj. qui n'est pourtant usité qu'au féminin. C'est le titre qu'on donne aux Lingères dans leurs Lettres de Maîtrise. On les appelle Maîtresses Lingères, <i>Bougranières,</i> Canevassières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5535" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUGRE, ESSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BOUGRE, ESSE</head>
    <p>
    BOUGRE, ESSE , s. m. &amp; f. Sodomite ; non-conformiste en amour. <i>Sodomita.</i> Quelques-uns prétendent que ce mot vient des Bulgares, qui étoient fort attachés à l'amour des garçons, &amp; que les vieux Auteurs appellent <i>Bougres</i>, comme leur pays <i>Bougrie,</i> pour Bulgarie. D'autres parce qu'on brûloit les coupables du crime de non-conformité, de même que les Hérétiques qu'on appelloit <i>Bougres.</i> On voit à la Chambre des Comptes un don de l'an 1373. fait à un Religieux Inquisiteur des <i>Bougres</i> &amp; Albigeois. Les Albigeois furent appellés Bulgares, parce que c'est de Bulgarie que cette erreur se répandit dans ces pays-ci ; &amp; de Bulgare, on fit <i>Bougre.</i> Rochefort prétend que ce mot vient de Bagoas favori d'Alexandre ; mais il n'y a point de vraisemblance ; &amp; l'autre étymologie paroît sûre. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. De Marca, <i>Hist. de Bearn,</i> Liv. VIII. p. 728.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5536" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUILLANT, ANTE" />
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    <head>BOUILLANT, ANTE</head>
    <p>
    BOUILLANT, ANTE , adj. Qui bout. <i>Fervens.</i> On faisoit mourir autrefois les faux-monnoyeurs dans de l'huile <i>bouillante.</i> Cela se pratique encore en Flandre.</p><p>On dit aussi d'un bain, d'un breuvage chaud, ou même tiède, qu'il est <i>bouillant.</i> On boit le caffé tout <i>bouillant.</i> Des petits pâtés tout <i>bouillans</i> ; pour dire, tout chauds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5536" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUILLANT, ANTE" />
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    <head>BOUILLANT, ANTE</head>
    <p>
    Bouillant , se dit aussi au figuré, &amp; signifie Chaud, ardent, vif, promt. <i>Fervidus, fervens.</i> Sablons <i>bouillans.</i> Un esprit <i>bouillant.</i> Il faut laisser passer l'ardeur <i>bouillante</i> de la jeunesse. Il y a des gens dont l'humeur est chaude &amp; <i>bouillante.</i> Abl. Il est tout <i>bouillant</i> du desir de la gloire. Il est trop <i>bouillant</i> &amp; trop emporté. Tout <i>bouillant</i> de vin &amp; de colère. Boil. Les tempéramens <i>bouillans</i> &amp; impétueux rompent toutes les mesures de l'amitié. S. Evr.</p><p>On appelle <i>S. Martin bouillant,</i> la Fête de S. Martin qui vient en été.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5537" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUILLAR" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BOUILLAR</head>
    <p>
    BOUILLAR , s. m. Quelques-uns nomment ainsi sur la mer, certain nuage qui donne du vent &amp; de la pluie. <i>Nubes ventorum ac pluviae praenuncia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5538" id="1" type="peche">
   <index type="head" value="BOUILLE" />
   <index type="src_domain" value="peche" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BOUILLE</head>
    <p>
    BOUILLE , s. f. Terme de Pêche , est une longue perche grosse par le bout en forme de rabot, qui sert à remuer la vase, &amp; à troubler l'eau pour faire que le poisson entre plus facilement dans les filets.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5539" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUILLER" />
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    <head>BOUILLER</head>
    <p>
    BOUILLER , v. act. Se servir de la bouille pour pêcher. <i>Limum agitare.</i> L'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts défend aux Pêcheurs de <i>bouiller,</i> de se servir de bouilles &amp; de rabots dans leurs pêches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5540" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUILLI" />
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    <head>BOUILLI</head>
    <p>
    BOUILLI , s. m. Voyez le participe de BOUILLIR.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5541" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUILLIE" />
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    <head>BOUILLIE</head>
    <p>
    BOUILLIE , s. f. Quelques-uns disent <i>boulie,</i> c'est-à-dire, qu'ils ne mouillent point la double <i>ll,</i> mais mal. C'est une sorte de mets préparé pour la nourriture des enfans, qui ne peuvent encore mâcher ni digérer les viandes. <i>Puls.</i> Elle se fait avec du lait &amp; de la farine délayée &amp; cuite. Les gens âgés en usent aussi quelquefois. On dit en riant pour appaiser quelqu'un qui crie, qu'il lui faut donner de la <i>bouillie.</i> Valère Maxime dit qu'une marque de la sobriété des premiers Romains, c'est qu'ils mangeoient beaucoup plus de <i>bouillie</i> que de pain. Dans le haut pays d'Auvergne les peuples ne mangent aussi que de la <i>bouillie</i> faite de farine de blé noir, &amp; boivent du petit lait ; &amp; ils ne laissent pas d'être bien sains &amp; bien vigoureux. Rochef.</p><p>Dans une pièce de vers sur la grossesse de Madame la Dauphine, &amp; intitulée Les signes au Taureau, le Poëte dit,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5541" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUILLIE" />
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    <head>BOUILLIE</head>
    <p>
    Bouillie , se dit figurément des choses qui sont trop cuites dans une liqueur, &amp; qui font une espèce de <i>bouillie.</i> Ce chapon est si cuit, que ce n'est plus que de la <i>bouillie.</i> <pb n="683" facs="bpt6k8542165/f723/full/1200,/0/native.jpg"/>On fait bouillir les peaux des pieds de boeufs jusqu'à ce qu'ils soient réduits en <i>bouillie.</i></p><p>On le dit aussi de ce qui est réduit en une consistence liquide. Pour faire du papier on fait pourrir &amp; hacher le drapeau jusqu'à ce qu'il soit en <i>bouillie.</i></p><p>On dit proverbialement, Faire de la <i>bouillie</i> pour les chats ; pour dire, Faire une chose qui sera inutile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5542" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUILLIR" />
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    <head>BOUILLIR</head>
    <p>
    BOUILLIR , v. n. <i>Fervere, bullire.</i> Ce verbe se conjugue ainsi. <i>Je bous, tu bous, il bout. Nous bouillons, vous bouillez, ils bouillent. Je bouillois. Je bouillis. J'ai bouilli. Je bouillirai. Que je bouillisse. Je bouillirois.</i> C'est se renfler, se gonfler, se raréfier, soit par la chaleur naturelle de la fermentation, soit par un feu actuel qu'on applique au-dessous de quelque liqueur. Le vin, le cidre <i>bouillent</i> dans les tonneaux en se fermentant. La chaux vive <i>bout</i> quand on l'arrose d'eau. L'eau <i>bout</i> quand on applique du feu auprès. Il y a des lacs qui <i>bouillent</i> quand il doit arriver quelque orage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5542" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUILLIR" />
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    <head>BOUILLIR</head>
    <p>
    Bouillir , se dit du vaisseau dans lequel est la liqueur qui <i>bout,</i> &amp; des autres choses qu'on y met dedans pour les cuire, ou pour les épaissir. La marmite <i>bout.</i> Faire <i>bouillir, Fervefacere.</i> On fait <i>bouillir</i> la viande pour faire de la soupe. On fait <i>bouillir</i> du miel, du sucre, du sirop, pour lui donner une consistance plus épaisse.</p><p>On dit figurément des gens courageux &amp; ardens, que le sang leur <i>bout</i> dans les veines. On le dit aussi de ceux qui sont encore dans la vigueur de leur jeunesse ; ce qui a fait dire à Malherbe ; Quand le sang <i>bouilloit</i> dans mes veines, je, &amp;c.</p><p>On dit encore de ceux qui sont exposés à la grande ardeur du soleil, que la tête, que la cervelle leur <i>bout.</i> On dit encore de celui qui est agité de quelque violente passion d'amour, de colère, &amp; sur-tout d'impatience, qu'il <i>bout</i> de rage, de vengeance ; &amp; absolument qu'il <i>bout.</i></p><p>On dit proverbialement, Il me semble qu'on me <i>bout</i> du lait ; pour dire, On me donne de vains amusemens qui ne me satisfont pas. Dans cette phrase <i>bouillir</i> est employé activement. L'origine de ce proverbe est obscène. Quelques-uns prétendent qu'on peut s'en servir dans un sens favorable ; pour signifier, Faire plaisir à quelqu'un, lui dire des choses agréables. Loin de le fâcher, c'est lui <i>bouillir</i> du lait. On dit qu'un homme n'est bon ni à rôtir ni à <i>bouillir</i> ; pour dire, qu'il n'est propre à rien, que c'est un homme inutile. On dit aussi d'un profit qui vient journellement, que Cela fait <i>bouillir</i> la marmite. Mainard a dit que le feu des vers n'est point propre à la faire <i>bouillir,</i> c'est-à-dire, qu'il ne peut fournir à la dépense de la maison. Toutes ces expressions sont basses &amp; burlesques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5542" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUILLIR" />
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    <head>BOUILLIR</head>
    <p>
    Bouilli, ie , part. &amp; adj. Ce qui a <i>bouilli. Decoctus.</i> L'eau <i>bouillie</i> perd ses crudités. <i>Bouilli,</i> en parlant des viandes qu'on a fait bouillir dans l'eau. <i>Elixus.</i> La viande <i>bouillie</i> est plus aisée à digérer. <i>Bouilli</i> se prend aussi substantivement pour la viande qui a bouilli dans l'eau. <i>Elixum.</i> Dans les bonnes tables on sert toujours du <i>bouilli</i> avant le rôti.</p><p>On appelle proverbialement un visage de cuir <i>bouilli</i> un homme qui a le teint noir, le cuir épais &amp; rude. On dit aussi pour mépriser un mets mal apprêté, rôti, <i>bouilli,</i> traîné par les cendres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5543" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="BOUILLITOIRE" />
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   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
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    <head>BOUILLITOIRE</head>
    <p>
    BOUILLITOIRE , s. m. Terme de monnoie . On dit <i>Donner le bouillitoire</i> ; pour dire, jetter les flans dans le bouilloir ; &amp; les y faire bouillir pour les nettoyer jusqu'à ce qu'ils soient devenus tout-à-fait blancs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5544" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="BOUILLOIR" />
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    <head>BOUILLOIR</head>
    <p>
    BOUILLOIR , s. m. Terme de Monnoie . Vaisseau de cuivre dans lequel il y a de l'eau bouillante avec du sel commun &amp; du tartre de Montpellier, ou gravelée, &amp; où l'on jette les flans que l'on a laissé refroidir dans un crible de cuivre rouge, après qu'ils ont été assez recuits. <i>Vas monetae expurgandae comparatum.</i> On les fait bouillir dans ce <i>bouilloir</i> pour les décrasser, après quoi on les jette dans un autre <i>bouilloir,</i> rempli de même que le premier, où on les fait encore bouillir pour achever de les nettoyer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5545" id="1" type="">
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    <head>BOUILLOIRE</head>
    <p>
    &#9758; BOUILLOIRE , s. f. Vaisseau de cuivre ou d'autre métal, propre à faire bouillir de l'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5546" id="1" type="">
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    <head>BOUILLON</head>
    <p>
    BOUILLON , subst. masc. Bouteille qui vient sur la surface des liqueurs échauffées, soit par la fermentation naturelle, soit par le feu. <i>Unda.</i> Le pot bout à gros <i>bouillons.</i> Il ne faut que deux ou trois <i>bouillons</i> pour faire de la ptisane.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUILLON</head>
    <p>
    Bouillon , se dit aussi de la liqueur, ou suc des viandés, ou des herbes, dont on fait le potage. Cette soupe est trop épaisse, il y faut mettre encore du <i>bouillon. Jus, sorbitio.</i> Les <i>bouillons</i> rouges ont été quelque temps en vogue.</p><p>On dit aussi, Prendre un <i>bouillon</i> ; pour dire, Prendre une portion de suc de viandes ou d'herbes, qui sert à nourrir les estomacs qui ont de la peine à digérer les gros alimens. Cet homme ne vit que de <i>bouillons</i> ; est réduit aux <i>bouillons.</i> On prend aussi des <i>bouillons</i> pour se rafraîchir, &amp; conserver son embonpoint. On donne encore des médecines dans des <i>bouillons.</i> On dit aussi, qu'on a donné le <i>bouillon</i> à quelqu'un ; pour dire, qu'on l'a empoisonné. On appelle, par une expression burlesque &amp; métaphorique, <i>bouillon</i> pointu, ou <i>bouillon</i> postérieur, un clystère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5546" id="3" type="manege">
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    <head>BOUILLON</head>
    <p>
    Bouillon , se dit encore d'un jet d'eau qui est assez gros ; mais qui retombe incontinent après qu'il est sorti du tuyau, comme s'il sortoit d'une source. <i>Undarum erumpentes globi, scatebra.</i> On se sert de ces jets d'eau pour garnir des cascades, rigoles, gargouilles, &amp;c.</p><p>On dit en ce dernier sens, que le sang sort à gros <i>bouillons</i> d'une plaie ; pour dire, qu'il sort avec impétuosité, ou en abondance.</p><p>On dit figurément, Les <i>bouillons</i> de l'âge. <i>Aetatis fervor.</i> Les <i>bouillons</i> de la jeunesse. Il faut arrêter les <i>bouillons</i> de sa colère. Modère les <i>bouillons</i> de ta mélancolie. Boil.</p><p>On le dit encore des étoffes qui sortent avec une enflure à travers les bandes &amp; ouvertures d'un habit. <i>Crispa teniola.</i> On le dit aussi d'une sorte de canetille, qu'on attache sur des habits en forme de <i>bouillon</i> d'écume. <i>Crispatum segmentum.</i></p><p>On appelle en terme de Broderie , <i>bouillon,</i> certain cordon d'or ou d'argent tortillé en petites boucles ou anneaux. <i>Aurei funiculi undans sinus.</i> On fait aussi sur les habits des <i>bouillons</i> avec des rubans ou autres étoffes qu'on coud fort lâches, &amp; en y conservant quelque enflure.</p><p>Bouillon, en termes de Manége , est une excrescence de chair qui vient sur la fourchette du pied du cheval, lequel est gros comme une cerise, &amp; fait boiter le cheval. Les chevaux de Manége qui ne se mouillent pas le pied sont plus sujets aux <i>bouillons</i> de chair que les autres. Guillet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5546" id="4" type="gabelles">
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    <head>BOUILLON</head>
    <p>
    Bouillon , est aussi un terme de Gabelles , c'est le nom d'une mesure. Voyez l'art. 39. du tit. XIV. de l'Ordonnance pour les Gabelles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUILLON</head>
    <p>
    Bouillon blanc , ou Méline, s. f. <i>Verbascum, Tapsus barbatus.</i> Plante bis-annuelle, ou triennale. Sa racine est ligneuse, blanche, de l'épaisseur d'un porreau, plus branchue, &amp; chargée de quelques fibres menues &amp; courtes. Elle jette quelques grandes feuilles de neuf pouces de long sur quatre de largeur, ovales, molles, étoffées, couvertes d'un duvet blanc, &amp; crénelées sur leurs bords. La tige qui sort d'entre ces feuilles s'élève à la hauteur de quatre à cinq pieds, &amp; quelquefois plus, fort velue, moëlleuse en dedans, garnie de feuilles assez près les unes des autres, pareilles à celles du bas, hormis celles qui embrassent la tige à demi par leur base, qui forment des pans sur la tige ; ce qui la rend ailée. Ses fleurs sont disposées en épi. Chaque fleur est une rosette jaune, d'une seule pièce, découpée <pb n="684" facs="bpt6k8542165/f724/full/1200,/0/native.jpg"/>en cinq quartiers arrondis. Elle est soutenue par un calice à cinq pointes &amp; velu. Ses étamines sont jaunes &amp; leurs sommets purpurins. Le pistile qui s'emboîte avec la fleur devient un fruit ou une case ovale, terminée en pointe, divisée en deux loges par une cloison mitoyenne ; &amp; renferme des semences menues, anguleuses &amp; brunes. Il y a plusieurs espèces de <i>bouillon blanc,</i> qui diffèrent de celui-ci, ou par la couleur de leur fleur, &amp; par la petitesse des mêmes fleurs, des tiges, feuilles, &amp;c. Le <i>bouillon blanc</i> est estimé pour les maladies de la poitrine, pour les maux de ventre, dans les dyssenteries, pour les maladies du fondement. C'est une plante fort anodine. On emploie ses feuilles &amp; ses fleurs.</p><p>Il y a une autre plante que l'on avoit appellée <i>bouillon noir,</i> dans la première édition de ce Livre. <i>Verbascum nigrum.</i> Mais ce mot ne se dit point. Cette plante approche de la précédente ; mais elle n'a pas tant de feuilles : elles sont d'ailleurs plus petites &amp; disposées alternativement, semblables à celles de sauge, mais plus grandes, puantes, vertes &amp; moins velues. Ses fleurs sont aussi semblables, mais plus petites, &amp; d'un jaune obscur. En un mot, on ne dit point <i>Bouillon noir</i> en Botanique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5546" id="6" type="fleuriste">
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    <head>BOUILLON</head>
    <p>
    Bouillon de Constantinople . Terme de Fleuriste . C'est une fleur qui élève sa tige à deux pieds de hauteur, ou environ. Elle est entourée de plusieurs tasses, qui s'étalant &amp; pullulant, jettent quantité de boutons, qui étant ouverts forment une balle fleurie ; &amp; ces fleurs, qui sont pleines de feuillages rouges, ressemblent à des marguerites. Le <i>Bouillon de Constantinople</i> fleurit l'été, &amp; dure long-temps en fleur. Il veut être au soleil, mais dans une terre grasse &amp; détrempée. Sa racine se taille par morceaux ; &amp; au commencement du printemps on le met dans des pots à la profondeur de deux doigts, &amp; on l'arrose bien. En hiver on le retire en un lieu chaud ; &amp; l'été, quand il est en fleur, on le met à l'ombre, pour faire durer les fleurs plus long-temps, &amp; les rendre plus belles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5546" id="7" type="">
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    <head>BOUILLON</head>
    <p>
    Bouillon , s. m. Ville dans le pays de Liége, avec titre de Duché, dont les dépendances sont presque enfermées dans le Duché de Luxembourg. <i>Bullonium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5547" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>BOUILLONNEMENT</head>
    <p>
    BOUILLONNEMENT , s. m. Fermentation d'une liqueur qui sort en bouillons. <i>Liquoris erumpentes globi.</i> Le <i>bouillonnement</i> du vin rompt les tonneaux. Le <i>bouillonnement</i> du sang dans les veines cause la fièvre. Le <i>bouillonnement</i> de ce lac a été le présage d'une tempête. Le <i>bouillonnement</i> de l'eau procède du feu par le moyen de l'extrême agitation de ses parties, qui mettent celles de l'eau en mouvement. Quand on met un peu de limure de laiton dans une grande bouteille où il y ait un peu d'eau-forte, l'on voit tout-à-coup un si grand <i>bouillonnement,</i> que la bouteille paroît toute pleine. Roh. Si l'on mêle ensemble de l'huile de vitriol, &amp; de l'huile de tartre, bien que chacune à part ne soit pas combustible, il arrive cependant qu'elles acquièrent tout-d'un-coup un <i>bouillonnement</i> incroyable, &amp; en même-temps un degré de chaleur assez sensible. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5548" id="1" type="medecin">
   <index type="head" value="BOUILLONNER" />
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    <head>BOUILLONNER</head>
    <p>
    BOUILLONNER , v. n. Sortir avec impétuosité. Les sources des eaux minérales <i>bouillonnent</i> en sortant de leur source. <i>Undante scatebrâ emicare, ebullire.</i> Le sang <i>bouillonne</i> dans les veines des jeunes gens.</p><p>On le dit aussi des étoffes qui sortent en dehors des bandes ou ouvertures des habits. Ces manches <i>bouillonnent</i> trop.</p><p>On dit aussi, selon Liger, le vin <i>bouillonne,</i> en parlant de la fermentation du vin nouveau, quand on l'a mis dans la cuve, dans les muids, ou poinçons : mais apparemment c'est dans l'Auxerrois qu'on parle ainsi ; car ailleurs on dit, le vin bout ; ce qui est mieux.</p><p>&#9758; Bouillonner, en terme de Médecin , veut dire quelquefois, ne faire vivre un malade que de bouillons, ou lui en faire prendre très-souvent. J'ai été bien <i>bouillonné</i> dans ma maladie. Mais en ce sens il n'est pas du bel usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5549" id="1" type="">
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    <head>BOVINES</head>
    <p>
    BOVINES , s. Ville du Pays-Bas dans le Comté de Namur, sur la Meuse. <i>Bovinae, Boviniacum, Bovinium.</i> Il y a aussi Pont-à-<i>Bovines,</i> bourg de Flandres, sur la Marque, entre Lille &amp; Tournai. La Bataille de <i>Bovines</i> gagnée par Philippe Auguste contre l'Empereur Othon en 1213. ne se donna point à <i>Bovines,</i> mais à <i>Pont-à-Bovines,</i> comme le déclare Paul Emile par ces mots ; <i>Haec est Bovinensis pugna. Ita pontem vocant ad quem commissa fuit, profligataque.</i> T. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5550" id="1" type="">
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    <head>BOUÏS</head>
    <p>
    BOUÏS , ou BUIS. Le dernier est le plus usité, s. m. Arbre dont le bois est dur, solide, jaunâtre, égal &amp; fort pésant ; de sorte qu'étant jetté dans l'eau, il va d'abord au fond, &amp; ne nage jamais. <i>Buxus.</i> On a remarqué qu'il ne s'y carioit point. Sa dureté &amp; son amertume empêchent que les vers ne s'y engendrent. Son écorce est blanche &amp; raboteuse. Il a beaucoup de feuilles qui sont toujours vertes, plus rondes &amp; plus fermes que celles de myrte : elles sont d'une odeur desagréable, &amp; d'un goût qui l'est encore davantage. Ses fleurs sont un peu jaunes &amp; à trois ou quatre étamines : elles ne laissent aucun fruit après elles. Les jeunes fruits viennent sur les mêmes pieds qui portent les fleurs, mais ils sont séparés de ces mêmes fleurs. Ils ressemblent assez à une marmite renversée. On fait des palissades de <i>buis,</i> des allées ou des labyrinthes. Il y a du <i>buis</i> nain dont on fait les bordures des parterres, &amp; qu'on tond tous les ans. On fait du bois de <i>bouis</i> des peignes, des boules de mail, des toupies. On s'en sert aussi à l'Eglise le jour des Rameaux pour porter en guise de palme.</p><p>Ce mot <i>bouis,</i> ou <i>buis</i> vient du Latin <i>buxus,</i> d'où s'est fait d'abord <i>bux,</i> ensuite <i>buix,</i> &amp; enfin <i>buis,</i> ou <i>bouis,</i> en prononçant l'<i>u</i> en <i>ou.</i> De <i>bouïs,</i> ou <i>buis,</i> se sont formés les noms de Boucey, Bussy, Poussy, Poissy, Poussey, Possey, la Bussière, Busserole, Fouquesolle, Boussigny. <i>Buxetum, Buxiacum, Buxaria, Buxariola, Buxaliola, Buxiviacum.</i> Huet. Le P. Pezron prétend que <i>buis</i> vient de <i>beus,</i> &amp; <i>box,</i> mots Celtiques. Voyez <ref type="search" target="head:Buis">Buis</ref>.</p><p>Chez les Anciens le <i>buis</i> étoit consacré à Cybèle, parce qu'on en faisoit des flûtes, comme on en fait encore. Stace, au L. IX. de sa Thébaide, p. 479. semble aussi à Pitiscus marquer qu'il étoit consacré à Bacchus ; mais il se trompe. <i>Cum Bacchica mugit Buxus,</i> signifie seulement les flûtes, dont on jouoit aux fêtes de Bacchus, &amp; <i>buxus</i> est pris là pour flûtes, comme la matière ordinaire dont on les faisoit ; &amp; non pour un arbre consacré à Bacchus. Vossius, <i>De Idol. L. V. C.</i> 48. dit que le <i>buis</i> étoit aussi consacrés à Cérès chez les Romains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5550" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUÏS" />
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    <head>BOUÏS</head>
    <p>
    Bouis , est aussi un instrument de Cordonnier qui est d'un morceau de <i>bouïs,</i> qui sert à polir les talons des souliers.</p><p>On dit figurément en ce sens, Donner le <i>bouis</i> ; pour dire, Adoucir quelque chose, &amp; la faire voir du bon côté, comme si on l'avoit polie avec ce morceau de <i>bouis.</i></p><p>On appelle aussi un menton large, &amp; qui avance en dehors, un menton de <i>bouïs,</i> parce qu'en effet il a la figure de ce <i>bouïs</i> des Cordonniers : mais tout cela est bas &amp; populaire. Voyez <ref type="search" target="head:Buis">Buis</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5551" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULANGER" />
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    <head>BOULANGER</head>
    <p>
    BOULANGER , ou BOULENGER, ère, s. m. &amp; f. Celui qui fait le pain. <i>Pistor.</i> Les <i>Boulangers</i> de Gonesse, de gros pain, de petit pain. Un <i>Boulanger</i> ne peut acheter à chaque fois plus d'un muid de blé, &amp; un muid de farine, par les Ordonnances de la Ville. Le maître garçon d'un <i>Boulanger</i> s'appelle <i>geindre</i> ; &amp; par le peuple <i>mitron.</i></p><p>Autrefois on disoit &amp; on écrivoit <i>boulangier.</i> Les Romains furent plus de 580 ans sans aucuns <i>boulangiers</i> publics. Vigen. Pline, Liv. XVIII. chap. 11. en met l'époque à la guerre contre Persée, &amp; dit qu'avant ce temps-là c'étoient les femmes qui faisoient le pain, comme ce sont encore elles aujourd'hui parmi le peuple ; ou bien le <i>Boulanger</i> étoit le Cuisinier. Avant ce temps ceux qu'on appelle <i>Boulangers</i> dans l'histoire Romaine, <i>Pistores,</i> ce sont ceux qui à la campagne, dans les moulins, broyoient ou mouloient le blé. C'est Varron qui nous l'apprend au I. Liv. de la vie du Peuple Romain &amp; dans les Ménippiennes ; &amp; c'est de-là qu'ils furent appellés <i>Pistores,</i> de <i>pinsere, pinso,</i> qui signifie <i>broyer, piler</i> dans un mortier, parce que dans le commencement on piloit ainsi le blé pour le réduire en farine. La plus grande partie des peuples de l'Amérique ne le broient point encore autrement qu'avec des pierres.</p><p>Les Orientaux n'avoient point non plus de <i>Boulangers.</i> C'étoient les mères de famille qui faisoient le pain, comme fait Sara dans la Genèse ch. 18. v. 6. &amp; suiv. Le même usage étoit dans les Gaules &amp; dans tout le Nord, comme Olaüs Magn. le montre dans son Hist. des Nations Septentrionales, Liv. IX. ch. 13. &amp; suiv. Aussi ne faisoit-on point alors du pain levé, mais des galettes, que l'on cuisoit au <pb n="685" facs="bpt6k8542165/f725/full/1200,/0/native.jpg"/>foyer, comme font encore les Arabes. Quoiqu'on ne sache pas précisément quand les <i>Boulangers</i> commencerent à paroître au monde, il est toujours certain qu'ils sont fort anciens, &amp; qu'ils ont commencé en Orient. Plusieurs veulent qu'il y en eût en Egypte dès le temps de Joseph ; que l'un de ceux dont il expliqua le songe dans la prison, fût le Chef ou Maître des <i>Boulangers</i> de Pharaon ; &amp; c'est ainsi qu'ils interprètent , avec les Septante &amp; la Vulgate. Il est certain que ces , <i>Ophim,</i> ne faisoient pas seulement du pain, mais plusieurs sortes de mets qui se font avec de la farine : cela paroît par le verset 17. du même chapitre. Faisoient-ils même proprement du pain ? C'est une question. Les Septante ne les appellent pas , <i>faiseurs de pain,</i> mais , gens qui font des ouvrages de farine. Quoi qu'il en soit ; les <i>Boulangers</i> passerent de Grèce en Italie après la guerre de Macédoine, vers l'an 583. de la fondation de Rome, comme on l'a dit. Apparemment ils étoient venus d'Asie en Grèce. Les <i>Boulangers</i> Cappadociens étoient les plus estimés, selon Athénée Liv. III. chap. 13. &amp; après eux ceux de Lydie, &amp; de Phénicie. Dans les commencemens lorsque le pain se cuisoit encore au foyer, les <i>Boulangers</i> n'étoient pas différens des cuisiniers ; &amp; peut-être que chez les Egyptiens même les , <i>Ophim,</i> étoient l'un &amp; l'autre. Depuis très-long-temps ils sont distingués. Aux <i>Boulangers</i> étrangers qui vinrent s'établir à Rome on joignit plusieurs affranchis, &amp; l'on en fit un corps, ou, comme l'on parloit, un Collége, dont ni eux, ni leurs enfans ne pouvoient se séparer. Ils avoient des biens en commun, dont ils ne pouvoient disposer. Il y avoit dans chaque boulangerie un Patron qui en avoit l'intendance. Ces Patrons créoient tous les ans un d'entre eux, qui avoit la Surintendance sur tous les autres, &amp; le soin des affaires du Corps. On tiroit quelquefois quelques-uns du Corps des <i>Boulangers</i> pour être Sénateurs, mais ils ne pouvoient monter plus haut. Pour conserver l'honneur &amp; la probité dans le Collége des <i>Boulangers,</i> il leur étoit défendu de s'allier avec des Comédiens, ou des Gladiateurs. Ils avoient chacun une boutique, ou boulangerie, &amp; étoient distribués en 14. régions de la ville. Ils étoient déchargés des tutelles, curatelles, &amp; autres charges qui pouvoient les distraire de leur emploi. Il y eut dans la suite des <i>Boulangers</i> du Palais destinés à faire le pain du Palais de l'Empereur.</p><p>En France il y a eu des <i>Boulangers</i> dès le commencement de la Monarchie. Il en est parlé dans les Ordonnances de Dagobert II. de l'an 630. <i>Capit. Reg. Franc. Tom. I. p.</i> 120. Leur emploi fut d'abord comme à Rome, de faire moudre le blé au moulin qu'ils avoient chez eux, qu'ils tournoient à bras, ou qu'ils faisoient tourner à des animaux ; ou à quelques moulins bâtis sur de petites rivières. Ils vendoient ensuite la farine à ceux qui vouloient cuire chez eux, &amp; en faisoient du pain pour les autres. C'est pour cela qu'on les trouve appellés, jusque sous la troisième race dans quelques titres, <i>Pistores,</i> ou en François <i>Pestore</i> ; mais plus souvent néanmoins Panetiers, Talmeliers &amp; <i>Boulangers.</i> Il y a aujourd'hui quatre sortes de <i>Boulangers.</i> Ceux des villes, ceux des fauxbourgs &amp; banlieue, les Privilégiés &amp; les Forains. Autrefois la Maîtrise s'achetoit du Roi ; mais pour être reçu Maître <i>Boulanger,</i> le prétendant portoit au Maître des <i>Boulangers,</i> ou Lieutenant du Grand Pannetier, un pot de terre neuf rempli de noix, &amp; de nieules fruit que l'on ne connoît plus, &amp; en présence de cet Officier, &amp; des autres Maîtres &amp; Geindres, il cassoit ce pot contre la muraille, &amp; ensuite on beuvoit ensemble. Les Rois ont donné au Grand Pannetier de France la maîtrise des <i>Boulangers</i> &amp; Talmeliers en la ville &amp; banlieue de Paris, avec droit de Justice sur eux. Ce fut S. Louïs qui donna cette Jurisdiction sur eux, &amp; sur leurs compagnons à son Maître Pannetier pour en jouïr tant qu'il plairoit au Prince, comme on l'apprend d'un Recueil des usages de la Police des <i>Boulangers</i> fait environ l'an 1264. par E. Boileau Prévôt de Paris. Voyez <ref type="search" target="head:PANNETIER">PANNETIER</ref>. Les <i>Boulangers</i> privilégiés sont de deux sortes. 1°, Les <i>Boulangers</i> suivans la Cour établis par Henri IV. au nombre de 10, en 1601. &amp; augmentés de deux par Louis XIII. Ils ont tous demeure à Paris. 2°, Ceux qui demeurent en lieux de franchise. Les <i>Boulangers</i> Forains sont ceux qui demeurent hors de la ville &amp; des fauxbourgs.</p><p>Il y a des <i>Boulangers</i> de petit pain, &amp; des <i>Boulangers</i> de gros pain. De crainte que sous le titre de Marchands les <i>Boulangers</i> ne se rendissent les maîtres de tous les grains, les loix Romaines leur défendoient d'être Pilotes, ou Mariniers des vaisseaux qui amenoient des blez à Rome, ou Mesureurs de grains. Voyez <i>L. I. Navicularios Cod. Theod. de Naviculariis. L. IX. Ex Libertinis Cod. Theod. de Pistoribus. L. X. Libertini Cod. Theod. eod. titul.</i> &amp; Godefroy sur ces loix. En France ils ne peuvent être ni Mesureurs de grains, Arrêt du Parlem. 4e Mai 1476. Ordonnance de Charles VI. Févr. 1415. Edit de Déc. 1672. ni Meuniers, Ordonnance de 1415. Arrêt du 13. Juillet 1420. Il y a dans Paris 250 <i>Boulangers</i> de petit pain. Il y a dans les fauxbourgs environ 900 <i>Boulangers</i> de gros pain. Suivant le compte qui fut fait environ l'an 1686. ils emploient tous ensemble environ 6000 muids de blé par semaine. De la Mare. Voyez le <i>Traité de la Police</i> de cet Auteur. Tout le titre XII. du Ve Livre traite de la police, tant ancienne que moderne par rapport aux <i>Boulangers.</i></p><p>Ce mot est pur François, &amp; n'est pas bien vieux. On ne le trouve point avant le XIIe siècle. Comme on se servoit du Latin dans les Actes publics, on y trouve <i>Bolendegarius,</i> ou <i>Bolengarius.</i> Ménage le dérive de <i>polentarius</i>. Du Cange croit qu'il vient de ce qu'en pétrissant la farine, on la tourne en <i>globe,</i> ou en <i>boule,</i> &amp; on l'arrondit en pain. Caseneuve le tire de <i>buccellarius</i> ; mais il avoue que ce n'est là qu'une simple conjecture qu'il n'avance qu'au hazard. Il se fonde sur ce que Constantin Porphyrog. <i>De Themat.</i> Tome VI. dit que celui qui a la garde du pain dans les armées s'appelle , <i>Buccellaire</i> ; il ajoûte que <i>buccellarius</i> est formé de <i>buccellus,</i> viande de figure ronde : &amp; <i>Cellarius,</i> qui garde le pain. D'où il conclut que de même les Anciens avoient fait de <i>buccellus,</i> ou <i>buccella,</i> le mot <i>buccellatum,</i> pour signifier ce que nous appellons du pain de munition : on aura bien pû du même mot faire <i>Buccelliger,</i> Porteur de pain, &amp; de là <i>Boulenger,</i> &amp; que <i>Boulenger</i> de <i>buccelliger</i> n'est pas moins vraisemblage que verger de <i>Viridarium.</i> Pithou le tire comme Ménage de <i>Pollix, Pollenta, Pollentarius, Bollentarius, Bollengarius, Boulanger.</i> Cette étymologie paroît la meilleure. Celle de M. Du Cange ne laisse pas d'être probable, parce que, comme il l'a remarqué, il y a d'anciens titres où ils sont appellés <i>Boulens.</i> Mais celle de Guichard, qui prétend qu'il vient du Chaldéen , <i>gibbel, pinsere,</i> &amp; , <i>gebal, Pistor,</i> &amp; en transposant les radicales , <i>belag,</i> d'où <i>Boulanger</i> a été formé, celle-là, dis-je, est tirée de trop loin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULANGER</head>
    <p>
    BOULANGER , v. act. Pétrir la farine, &amp; en faire du pain. <i>Farinam subigere.</i> Un garçon qui <i>boulange</i> bien.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULANGER</head>
    <p>
    Boulangé, ée , part. Du pain bien <i>boulangé.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULANGÈRE</head>
    <p>
    BOULANGÈRE , s. f. Nom que l'on donne à une Soeur Converse, qui fait le pain d'un Couvent de Religieuses. <i>Pistoria foemina.</i> On appelle aussi <i>Boulangères</i> les femmes des Boulangers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULANGERIE</head>
    <p>
    BOULANGERIE , s. f. L'art de faire le pain. <i>Pistura, pistoria.</i> Ce garçon entend bien la <i>boulangerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULANGERIE</head>
    <p>
    Boulangerie , se dit aussi dans les Couvents du lieu où on fait le pain, &amp; où on garde la farine. <i>Pistrina.</i> Et encore dans les Arsenaux de Marine, du lieu où l'on fait le biscuit. Autrefois à Rome c'étoit une boutique des Boulangers, l'endroit où ils faisoient le pain. Voyez <ref type="search" target="head:BOULANGER">BOULANGER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULDURE</head>
    <p>
    BOULDURE , s. f. C'est la fosse qui est sous la roue, &amp; les bâtimens des moulins à eau. Ragueau. <i>Fossa moletrinae,</i> ou <i>pistrino subjecta.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULE</head>
    <p>
    BOULE , s. f. Globe, corps sphérique qui a un point au milieu, d'où les lignes tirées à la surface sont égales. <i>Globus.</i> Les jeux de <i>boule</i> sont les jeux d'exercice des bourgeois &amp; des petites gens. Le fort de la <i>boule,</i> est l'endroit où le bois est plus serré, &amp; par conséquent le plus pesant. Cela vient de ce que les arbres étant debout, ont leur bois plus serré du côté du Nord, que du Midi. Aller à l'appui de la <i>boule,</i> c'est, Jouer une <i>boule</i> qui en aille soutenir une autre sans la débutter. Jouer à la longue, ou à la courte <i>boule.</i> Charles V. défendit le jeu de <i>boule.</i> Le Gendre. Les Poëtes dépeignent la Fortune avec un pied sur une <i>boule,</i> pour marquer son inconstance.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>bulla,</i> à cause de la rondeur des <pb n="686" facs="bpt6k8542165/f726/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>bulles,</i> ou petites <i>bouteilles</i> qui se font sur l'eau ; ou plutôt de <i>pola,</i> dont on a fait <i>pila,</i> qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULE</head>
    <p>
    Boule , Terme de Tourneur . Il signifie un morceau de bois touné en forme ronde, qui sert à soutenir quelque ouvrage de Menuiserie, ou de Tourneur. Ainsi on dit <i>boule</i> d'armoire, <i>boule</i> de cabinet, <i>boule</i> de table, <i>boule</i> de guéridon, &amp;c.</p><p>On appelle aussi <i>boule</i> en termes d'Architecture , tout corps sphérique qui termine une décoration, &amp; qui se met à la pointe d'un clocher, ou sur la lanterne d'un dôme, auquel cette <i>boule</i> est proportionnée. On en met aussi au bas des rampes, &amp; sur les piédestaux dans les jardins. Quand cette <i>boule</i> termine quelque ouvrage, on l'appelle <i>boule d'amortissement.</i></p><p>On dit proverbialement, Faire une chose <i>à boule vue</i> ; pour dire, inconsidérément, à l'étourdie, à tout hasard, &amp; d'une manière incertaine. Pasquier prétend que ce mot a été dit par corruption au lieu de <i>bonne vue</i> : de sorte que de son temps, <i>A boule vue,</i> signifioit, Certainement, assurément. Sur quoi on peut voir les Observations de Ménage sur la Langue Françoise. Jouer à <i>boule vue.</i></p><p>On dit au jeu des Quilles, pied à <i>boule,</i> Pour avertir celui qui joue de tenir le pied à l'endroit où sa <i>boule</i> s'est arrêtée : &amp; figurément qu'un homme tient <i>pied à boule</i> ; pour dire, qu'il ne quitte point son travail, son occupation. Et faire tenir pied à <i>boule</i> à quelqu'un, pour dire, L'obliger à une grande assiduité. On dit qu'une personne est ronde comme une <i>boule,</i> quand elle est grosse &amp; courte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULEAU</head>
    <p>
    BOULEAU , s. m. <i>Betula,</i> s. f. Arbre qui ressemble au peuplier noir, mais qui en diffère par son bois &amp; ses fruits. Son écorce change de couleur suivant son âge, car elle est roussâtre dans les jeunes troncs, blanchâtre dans les plus avancés, &amp; gersée sur les vieux pieds. Cette écorce se sépare en plusieurs lames plus fines que du papier, transparentes &amp; blanches. L'extérieure est rousse, ou brune, lorsque l'arbre est encore jeune. Ensuite elle blanchit un peu, &amp; on peut en séparer plusieurs peaux déliées : après elle devient plus blanche, &amp; pleine de fentes. Au-dessous de cette écorce il y en a une autre qui est fort mince, polie, &amp; transparente. L'écorce des plus grosses branches est aussi blanche, mais celle des plus petites est d'un rouge éclatant. Ses branches sont composées de verges fort menues, longues, pendantes dans quelques individus. Elles sont garnies de feuilles alternes, semblables à celles du peuplier noir, plus petites cependant, d'un verd plus foncé, visqueuses lorsqu'elles sont jaunes, amères au goût, &amp; un peu odorantes. Ses fleurs sont des chatons qui n'ont pas tout à fait deux pouces de long, ni plus d'une ligne &amp; demie d'épaisseur ; ils sont à plusieurs écailles, entre lesquelles sont placées des étamines. Les fruits naissent sur le même pied dans des endroits séparés : ce sont d'abord de petits épis étroits qui n'ont pas un demi pouce de longueur, &amp; qui en grossissant deviennent longs de plus d'un pouce sur cinq lignes environ d'épaisseur. Ils sont verds, cylindriques, &amp; composés de plusieurs écailles coupées en trefle, &amp; attachées à un pivot commun qui occupe le centre du fruit ; entre chaque écaille est placée une semence bordée de deux ailes ou feuillets membraneux. Le <i>Bouleau</i> donne par incision au printemps une eau douce &amp; agréable qu'on recommande pour les goutteux, les graveleux &amp; les phthysiques, pour ôter les taches du visage, pour rendre la peau belle, &amp;c. Le champignon qui vient sur le <i>bouleau</i> est merveilleux pour les hémorroïdes. Cet arbre est très-commun en France. Il croît dans les lieux froids &amp; humides.</p><p>On se sert des petites branches de <i>bouleau,</i> pour faire des verges &amp; des balais. En plusieurs endroits on en fait des cercles pour relier les tonneaux, &amp; des côtes pour faire des corbeilles. Comme l'écorce est fort résineuse, on en fait des torches pour brûler de nuit. Plusieurs croient qu'avant l'invention de faire du papier, on se servoit des petites écorces blanches de <i>bouleau</i> pour écrire, à quoi elles semblent fort propres. Il y a dans le Château d'Augustbourg, appartenant au Duc de Saxe, un <i>bouleau</i> si grand, qu'on peut ranger sous ses branches une grande quantité de tables, &amp; autant, dit-on, qu'il y a de jours en l'an. Tavernier <i>en ses Relations.</i> Un Professeur de Philosophie de Kiel a fait une Dissertation savante sur l'antiquité &amp; l'usage du <i>bouleau</i> de la Pentecoste, <i>De Antiquitate &amp; usu betulae Pentecostalis,</i> dans lequel il a ramasse bien des choses curieuses sur cet arbre, &amp; beaucoup d'autres points d'érudition.</p><p>Ce mot vient de <i>butelellum</i>, ou <i>betula</i>, qui sont deux vieux mots Gaulois qui ont été latinisés, comme Pline le témoigne. Mais Matthiole dit qu'il a été appellé <i>betula,</i> à cause du <i>bitume</i> dont il est plein.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULEE</head>
    <p>
    &#9758; BOULEE , s. f. Les paysans en Bourgogne donnent le nom de <i>boulée</i> à des raisins attachés en boule, dont ils font des presents pendant la vendange aux gens de leur connoissance qui n'ont point de vignes. On disoit aussi anciennement une <i>boulée</i> de clefs, parce qu'alors elles étoient attachées par un cordon à une boule de bois. <i>Suppl. au Gloss. du Rom. de la Rose.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULENOIS, OISE</head>
    <p>
    BOULENOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Boulogne en France, &amp; du pays de Boulogne. <i>Bononiensis.</i> Les <i>Boulenois</i> sont tous aguerris &amp; bons soldats. Les <i>Boulenois</i> ont plusieurs priviléges, qui leur ont été accordés ou confirmés par nos Rois, depuis que le Comté fut réuni à la Couronne sous Louis XI. Quelques-uns écrivent <i>Boulonnois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULENOIS, OISE</head>
    <p>
    Boulenois , s. m. <i>Bononiensis ager,</i> ou <i>Comitatus.</i> Pays de Picardie, aux environs de Boulogne, dont il a pris son nom, parce qu'elle en est la capitale. Quelques-uns écrivent aussi <i>Boulonois,</i> &amp; M. Corneille n'écrit même point autrement. Cependant nos cartes de Géographie mettent communément <i>Boulenois,</i> &amp; dans le discours on ne prononce point autrement. Le <i>Boulenois</i> est un Comté, &amp; a eu ses Seigneurs particuliers. Le <i>Boulonois</i> est assez fertile, &amp; a de très-bons haras. T. Corn. Peut-être peut-on dire aussi <i>Boulenois</i> du Pays de Boulogne en Italie, mais je ne l'ai point trouvé. Voyez BOULONOIS, Pour Bolognois, ou Boulognois, il ne vaut rien, &amp; ne se dit point.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULE-PONCHE</head>
    <p>
    BOULE-PONCHE , ou BONNE-PONCHE, s. f. Boisson Angloise. On met une chopine d'eau de vie sur une pinte de limonade avec de la muscade, &amp; un peu de biscuit de mer grillé &amp; pilé, &amp; l'on bat le tout ensemble jusqu'à ce que les liqueurs soient bien mêlées.</p><p>Ce mot vient de ces mots Anglois <i>bowl of punch</i>, qui veulent dire une <i>tasse de ponche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULER</head>
    <p>
    BOULER , v. n. se dit de certains pigeons qui ont une grosse gorge, &amp; signifie, Enfler la gorge. <i>Intumescere.</i> Les jeunes pigeons de cette espèce commencent à <i>bouler</i> à trois ou quatre mois.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULET</head>
    <p>
    BOULET , s. m. Grosse balle de fer avec laquelle on charge le canon. <i>Globulus ferreus.</i> Un canon de batterie porte depuis 24 jusqu'à 36 &amp; 48 livres de <i>boulet.</i> Quelques-uns le font venir de <i>botellus</i> Latin, ou du Grec , qui signifie <i>jetter.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULET</head>
    <p>
    Boulet rouge , est un <i>boulet</i> qu'on fait rougir dans une forge, dont on charge le canon pour mettre le feu aux lieux où il tombe, quand il y trouve des matières combustibles. <i>Fervens globulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULET</head>
    <p>
    Boulet creux , est celui dont le diamètre est proportionné à celui du canon qui le doit chasser. Sa figure est longue &amp; creuse, &amp; il a une lumière à l'une des ses extrémités. <i>Cavus globulus.</i> L'usage de cette lumière est d'y mettre le feu : ce que l'on fait en y passant une mèche souffrée, qui s'allume lorsque le <i>boulet</i> sort du canon, en sorte que ce <i>boulet</i> crève lorsqu'il est dans la terre, &amp; produit le même effet qu'un petit fourneau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULET</head>
    <p>
    Boulets a chaîne , sont deux <i>boulets</i> joints ensemble par une chaîne, qui a trois à quatre pieds de longueur. <i>Globuli catenati.</i> On en charge un canon, &amp; quand on le tire, l'effet de ces deux boulets est d'autant plus grand, sur-tout dans un combat, que la chaîne embrasse &amp; sépare tout ce qu'elle rencontre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULET</head>
    <p>
    Boulets a branche , sont deux <i>boulets</i> joints ensemble par une barre de fer, longue de cinq à six pouces seulement. <i>Ramosi globuli.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULET</head>
    <p>
    Boulets a deux têtes , qu'on appelle aussi <i>Anges.</i> Ce sont deux moitiés de <i>boulet</i> jointes par une barre de fer, ou par une chaîne, comme la balle ramée d'un mousquet. <i>Globuli bicipites.</i> Ces deux moitiés se séparent si-tôt qu'elles <pb n="687" facs="bpt6k8542165/f727/full/1200,/0/native.jpg"/>sont hors du canon, &amp; font presque le même effet que les <i>boulets</i> à chaîne. Ces <i>boulets</i> servent sur la mer pour couper les cables, les mâts, &amp; les voiles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULET</head>
    <p>
    Boulet , se dit aussi d'une jointure qui est en la jambe du cheval au-dessous du pâturon, qui tient lieu d'un second genou à la jambe de devant, &amp; d'un second jarret à chaque jambe de derrière. Les entorses se font au <i>boulet.</i> C'est au <i>boulet</i> que le cheval se coupe.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOULETE" />
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    <head>BOULETE</head>
    <p>
    BOULETE , adj. Qui se dit d'un cheval dont le boulet est hors de sa situation naturelle, &amp; qui s'est jetté trop en avant ; ce qui lui arrive par un trop violent travail, ou quand il est court-jointé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5564" id="1" type="">
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    <head>BOULETTE</head>
    <p>
    BOULETTE , s. f. Petite boule. <i>Globulus.</i> Les enfans jouent à la <i>boulette,</i> en poussant une balle dans une petite fosse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5565" id="1" type="guerre">
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    <head>BOULEVART</head>
    <p>
    BOULEVART , ou BOULEVARD, s. m. Gros bastion. <i>Agger.</i> On ne se sert plus de ce mot en termes de guerre . On dit encore à Paris, Aller sur le <i>boulevart</i> de la porte S. Antoine, qui est un des plus gros bastions de France.</p><p>Nicot dérive ce mot de <i>boule,</i> &amp; <i>waer</i> Flamand, ou du Picard <i>ward,</i> qui signifie <i>garder,</i> comme qui diroit, <i>défense contre les boulets.</i> Turnèbe croit qu'il vient de <i>boules vertes.</i> D'autres le dérivent de l'Italien <i>balaordo</i>, ou de l'Espagnol <i>balvartè,</i> qu'on a dit aussi dans la basse Latinité. Mais Ménage croit qu'il vient de l'Allemand <i>bolwerk,</i> qui signifie <i>ouvrage de poutre ; bol</i> signifiant <i>poutre,</i> &amp; <i>werk, ouvrage :</i> ce qu'il a dit après Hotman. Du Cange le dérive de <i>burgwart</i>, <i>quod burgum servat &amp; tuetur.</i> Les Grecs modernes ont fait de ce mot leur .</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOULEVART" />
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    <head>BOULEVART</head>
    <p>
    Boulevart , se dit par extension des places fortes qui couvrent tout un pays, &amp; qui en défendent l'entrée aux ennemis. <i>Propugnacula.</i> Rhodes étoit autrefois le <i>boulevart</i> de la Chrétienté. Il se dit aussi figurément de tout ce qui sert de défense, &amp; qui fait obstacle à l'ennemi. Le Tygre &amp; l'Euphrate sont les deux puissans <i>boulevarts</i> de ce Royaume. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5566" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULEVERSEMENT" />
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    <head>BOULEVERSEMENT</head>
    <p>
    BOULEVERSEMENT , s. m. Grand changement, désordre, renversement. <i>Eversio, disturbatio.</i> Une mine qui joue cause le <i>bouleversement</i> d'un rempart. Au figuré, Les nouvelles hérésies causent un grand <i>bouleversement</i> dans l'ordre, dans la discipline de l'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5567" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULEVERSER" />
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    <head>BOULEVERSER</head>
    <p>
    BOULEVERSER , v. act. Renverser, mettre en désordre, en confusion. <i>Evertere, demoliri, disturbare, disjicere.</i> Au siége de Candie tout le terrain des environs étoit <i>bouleversé,</i> à force de mines &amp; de fourneaux. Il fait rebâtir une partie de son logis, tout est <i>bouleversé</i> chez lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5567" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOULEVERSER" />
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    <head>BOULEVERSER</head>
    <p>
    Bouleverser , se dit aussi figurement en choses morales. Les grandes afflictions lui ont <i>bouleversé</i> l'esprit. La banqueroute d'un tel a <i>bouleversé</i> les affaires de tous ses associés. Les guerres civiles <i>bouleversent</i> un Etat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5567" id="3" type="">
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    <head>BOULEVERSER</head>
    <p>
    Bouleversé, ée , part. &amp; adj. <i>Eversus, disjectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5568" id="1" type="">
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    <head>BOULEUX</head>
    <p>
    &#9758; BOULEUX , s. m. C'est ainsi qu'on appelle un cheval trapu &amp; propre à des services de fatigue. Ce cheval est un bon <i>bouleux.</i> On dit aussi au figuré, en parlant d'un homme d'un genie borné ; mais qui fait bien son devoir dans l'occasion, que c'est un bon <i>bouleux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5569" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULI" />
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    <head>BOULI</head>
    <p>
    BOULI , s. m. Sorte de pot où les Siamois préparent leur thé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5570" id="1" type="marine">
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    <head>BOULIER</head>
    <p>
    BOULIER , s. m. Terme de Marine . C'est un filet fait comme une seine, dont les Pêcheurs se servent sur les côtes de la Méditerranée, &amp; qu'ils tendent aux embouchures des étangs salés. <i>Rete.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5571" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BOULIMIE" />
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    <head>BOULIMIE</head>
    <p>
    BOULIMIE , s. f. Terme de Médecine . C'est une maladie qui cause un appétit désordonné. Plusieurs furent travaillés de la <i>boulimie.</i> Ablanc. Les Transactions Philosophiques, N. 264. p. 598. &amp; Tom. III. p. 111. parlent d'un paysan malade d'une <i>boulimie</i> furieuse, dont il guérit en rendant plusieurs vers de la longueur &amp; de la grosseur d'une pipe à fumer ; après quoi sa faim diminua peu à peu, &amp; revint à un appétit ordinaire.</p><p>Ce mot vient du Grec , &amp; de , qui signifient <i>boeuf</i> &amp; <i>faim,</i> comme si on vouloit dire, qu'un homme a une faim capable de manger un boeuf,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5572" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULIN" />
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    <head>BOULIN</head>
    <p>
    BOULIN , s. m. Petit trou ou logette qu'on dispose tout autour d'un colombier pour y nicher des pigeons ; c'est l'endroit où ils font leurs oeufs. Un colombier à pied a quelquefois mille &amp; douze cents <i>boulins.</i></p><p>On appelle aussi <i>Boulins,</i> des pots de terre faits exprès pour servir de retraite à des pigeons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5572" id="2" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BOULIN" />
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    <head>BOULIN</head>
    <p>
    Boulin , en termes de Maçonnerie , est le trou qu'on laisse dans le mur qu'on élève pour s'en servir aux échaffaudages. On appelle aussi <i>boulins,</i> les pièces de bois qu'on met dans ces trous pour soutenir les planches nécessaires pour échaffauder.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5573" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOULINE" />
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    <head>BOULINE</head>
    <p>
    BOULINE , s. f. Terme de Marine . C'est une corde amarrée vers le milieu de chaque côté d'une voile, qui la rend disposée à prendre le vent de côté, quand on ne l'a pas en pouppe ou de quartier. <i>Velum obliquè obtentum.</i> La <i>bouline de revers,</i> est celle qui est larguée &amp; sous le vent. Le vent de <i>bouline,</i> est celui qui est éloigné de cinq pointes, ou aires de vent de celui de la route. La <i>bouline grasse,</i> est le vent qui s'en éloigne davantage de six à sept pointes. On dit, Aller à la <i>bouline,</i> ou tenir le lit du vent, quand on est porté d'un vent de biais, qui semble contraire à la route, en se servant de <i>boulines</i> hâlées &amp; roidies. <i>Obliquo vento navigare ; pedem facere.</i> On le dit aussi figurément, pour signifier, Biaiser, n'aller pas droit dans une affaire : mais cela n'est que du style familier.</p><p><i>Courre la bouline,</i> c'est un châtiment qui se pratique sur mer. L'Equipage se range en deux haies de l'avant à l'arrière du vaisseau. Chaque matelot tient une corde, ou garcette à la main. On fait passer le criminel deux ou trois fois entre ces deux haies de matelots, qui lui donnent chacun un coup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5573" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOULINE" />
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    <head>BOULINE</head>
    <p>
    Hâle-bouline , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey. C'est un nom de raillerie que l'on donne à un matelot qui n'est point encore expérimenté. Tu n'es qu'un <i>hâle-bouline.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5574" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULINER" />
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    <head>BOULINER</head>
    <p>
    BOULINER , v. n. Aller à la bouline, prendre le vent de côté. <i>Obliquo vento navigare.</i> On appelle aussi cette manière de naviger, <i>louvoyer.</i></p><p>On commence à dire figurément, <i>Bouliner</i> ; pour dire, Biaiser dans les affaires, n'aller pas droit, trouver quelque détour, ou échapatoire. Cela est bas &amp; du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5574" id="2" type="gens d'armee">
   <index type="head" value="BOULINER" />
   <index type="src_domain" value="gens d'armee" />
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    <head>BOULINER</head>
    <p>
    Bouliner , v. act. &amp; neut. Terme de gens d'armée , qui signifie, Voler dans le camp. <i>Furari.</i> Il a perdu au jeu tout ce qu'il avoit <i>bouliné.</i> Ce soldat se fera pendre, il s'amuse à <i>bouliner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5575" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULINEUR" />
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    <head>BOULINEUR</head>
    <p>
    BOULINEUR . On prononce <i>Boulineux,</i> s. m. Ce mot se dit des soldats qui volent dans le camp. <i>Fur, latro.</i> C'est un <i>boulineur.</i> On prend tous les <i>boulineurs,</i> quand on les attrape.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5576" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOULINGUE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BOULINGUE</head>
    <p>
    BOULINGUE , ou <i>bouringe,</i> s. f. Terme de Marine . <i>Velum ad ipsa carchesia intentum.</i> Petite voile au haut du mât.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5577" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="BOULINGRIN" />
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    <head>BOULINGRIN</head>
    <p>
    BOULINGRIN , s. m. Terme de Jardinage . C'est un mot purement Anglois, qui signifie <i>un gazon sur lequel on joue à la boule. Area cespitia.</i> On l'a dit en France d'un jardin verd, &amp; orné de palissades. On a nommé ainsi le <i>Boulingrin</i> de S. Germain. On l'a dit aussi d'un parterre de pièces de gazon découpées avec bordure en glacis, qu'on prend soin de tondre souvent, afin d'entretenir l'herbe toujours courte &amp; verte. On fait des <i>boulingrins</i> de plusieurs manières. Cette espèce d'ornement de jardin vient d'Italie. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5578" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULINIER" />
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    <head>BOULINIER</head>
    <p>
    BOULINIER , s. m. On dit d'un vaisseau, qu'il est bon, ou mauvais <i>boulinier,</i> lorsqu'il va bien, ou mal à boulines hâlées, <i>Navis excipiendo obliquè vento apta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5579" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULOGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BOULOGNE</head>
    <p>
    BOULOGNE , s. f. Ville Archiépiscopale de l'Etat de l'Eglise en Italie, sur le Reno. <i>Bononia.</i> La situation de cette ville est charmante, &amp; son terroir si abondant en toutes sortes de biens, qu'elle en a pris le nom de <i>Boulogne la Grasse.</i> Il y a à <i>Boulogné</i> une Académie très-fameuse pour les études de Droit. Honoré II. Luce II. Grégoire XIII. Innocent IX. &amp; Grégoire XV. étoient de <i>Boulogne.</i> La même ville a donné la naissance aux Carraches, au Guide, au Dominicain &amp; au Guerchin. T. Corn. <i>Boulogne</i> est la seconde ville de l'Etat Ecclésiastique. Le Légat de <i>Boulogne</i> est un Prélat que le Pape y envoie pour la gouverner. <i>Boulogne</i> a le privilége d'envoyer au Pape un Ambassadeur pour se maintenir dans sa liberté &amp; dans ses droits. Idem.</p><p>Il y a une Histoire de <i>Boulogne</i> écrite en Italien par Gaspar Bonbaci, qui remarque plusieurs circonstances qui ne se trouvent pas dans les autres Histoires de <i>Boulogne.</i> Agnechius, Archevêque d'Amasie, a fait aussi un Traité de la fondation de la ville de <i>Boulogne.</i> Cette ville a été long-temps connue sous le nom de Felsine, soit qu'elle ait reçu <pb n="688" facs="bpt6k8542165/f728/full/1200,/0/native.jpg"/>ce nom d'un Roi d'Etrurie nommé <i>Felsinus,</i> qui, comme l'écrit Dempsterus, la rétablit long-temps après la première fondation que le Roi <i>Celsinus</i> en fit, dit-on, mille ans avant la fondation de Rome, <i>fine teste nihil volo tale</i> : soit qu'on l'ait ainsi nommée, parce qu'elle a été autrefois la forteresse de tout le pays, qui en langue vulgaire &amp; ancienne, étoit exprimée par le terme de <i>Felsina.</i> C'est le sentiment d'Agnechius, qui ne reconnoît parmi les Rois d'Etrurie, ni de <i>Felsinus,</i> ni de <i>Bonus,</i> à qui quelques-uns ont cru qu'elle devoit le nom de <i>Boulogne.</i> Quoiqu'il en soit, c'est pour cela que le Comte Carlo Malvasia a intitulé son Traité des Peintres de <i>Boulogne, Felsine Pittrice,</i> car cette ville s'est fort distinguée par cet art ; &amp; l'Ecole de <i>Boulogne</i> passe sans contredit pour une des plus excellentes ; plusieurs disent pour la plus excellente de l'Italie.</p><p>Quelques-uns écrivent quelquefois <i>Bologne</i> ; mais on écrit plus ordinairement aujourd'hui, &amp; l'on prononce toujours <i>Boulogne.</i> Sa longitude est, selon Hoffman, 33d, 35' ; &amp; sa latitude 43d, 52' Falfoni, Chanoine Regulier, a donné en Italien des Mémoires historiques de l'Eglise de <i>Boulogne</i> &amp; de ses Pasteurs, à <i>Boulogne</i> 1649. <i>in</i>-4° ; &amp; nous avons deux ouvrages de Sigonius sur <i>Boulogne,</i> l'un de <i>Rebus Bononiensibus,</i> &amp; l'autre <i>De Episcopis Bononiensibus.</i> Il y a aussi <i>Historie Bolognese de Vizani,</i> &amp; deux volumes d'Alidosi, qui traitent de tous les hommes recommandables de <i>Boulogne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5579" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOULOGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BOULOGNE</head>
    <p>
    Pierre de Boulogne . C'est une pierre petite, grise, pesante, tendre, &amp; sulphureuse, de l'épaisseur à peu près d'une noix, &amp; dans laquelle on trouve une espèce de cristal, ou de talc, quand on la rompt. Elle se trouve aux environs de <i>Boulogne</i> en Italie, &amp; c'est de là qu'elle a pris son nom. Il y en a cependant encore en d'autres lieux, comme au pied du mont de Palerne. C'est là qu'un Cordonnier nommé Vincenzo Casciarolo, ayant ramassé de ces pierres, &amp; les ayant portées chez lui, &amp; mises au feu dans l'espérance d'en tirer de l'argent ; au lieu de ce qu'il attendoit, il découvrit ce phénomène admirable, &amp; la propriété qu'elles ont, &amp; qui consiste en ce que quand on les a exposées à la lumière, elles la retiennent, &amp; luisent ensuite dans les ténèbres. C'est M. Hombert qui a appris la manière de préparer cette pierre. Il a fait un voyage en Italie pour s'instruire de ce qui regarde la <i>pierre de Boulogne,</i> &amp; la manière de la calciner. C'est une espèce de Phosphore, qui a l'apparence d'une pierre calcinée. Quand on l'a exposée quelque-temps au grand jour, &amp; qu'on la porte aussi-tôt dans un lieu obscur, elle éclaire, &amp; luit pendant quelque temps. Quoique plusieurs personnes aient prétendu savoir la manière de préparer &amp; de calciner la <i>pierre de Boulogne,</i> en sorte qu'elle conserve quelque temps la lumière dont elle aura été une fois imbibée, il n'y a cependant jamais eu qu'un Ecclésiastique qui ait eu ce secret, à moins qu'il ne l'ait laissé à quelqu'un en mourant. Malpighius dit qu'un certain Zagonius avoit trouvé l'art de faire avec la <i>pierre de Boulogne</i> des statues &amp; des peintures, qui brilloient dans l'obscurité ; mais il ajoûte qu'il étoit mort sans avoir découvert son secret à personne. <i>Transact. Philos. n.</i> 21. <i>p.</i> 375. <i>n.</i> 134. <i>p.</i> 842. <i>&amp; Tom. III. p.</i> 346.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5579" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOULOGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOULOGNE</head>
    <p>
    Boulogne , s. f. Ville Episcopale de France en Picardie, Capitale du Boulenois. <i>Bononia.</i> On trouve <i>Bolonia</i> dans des siècles postérieurs. On croit que <i>Boulogne</i> est le <i>Gessoriacum Morinorum.</i> D'autres l'appellent aussi <i>Morinorum Navale.</i> M. Bately, Archidiacre de Cantorbery, après avoir montré que le Port appellé <i>Rutupiae,</i> où César débarqua, est le terrein qui s'étend entre Richborroug &amp; Recuver, en infère que l'<i>Iccius Portus,</i> où il s'embarqua pour passer dans la Grande Bretagne, est <i>Boulogne,</i> parce que le bras de mer qui étoit entre deux, n'avoit que 40 milles de largeur selon César. Dans la Carte de France faite par M. de Lisle, la longitude de <i>Boulogne</i> est environ 15d, &amp; sa latitude de 50 degrés environ 40. minutes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5580" id="1" type="charpenterie & de charonnage">
   <index type="head" value="BOULON" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie & de charonnage" />
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    <head>BOULON</head>
    <p>
    BOULON , s. m. Terme de Charpenterie &amp; de Charonnage . Grosse cheville de fer qui a une tête ronde, &amp; qui est percée &amp; arrêtée par l'autre bout avec une clavette. <i>Clavus trabalis.</i> Il sert à attacher des poutres, des tirants de charpente à un poinçon, à soutenir le fleau d'une porte cochère, sur lequel il est mobile. Il y a aussi des <i>boulons</i> qui ont des têtes rondes à leurs deux extrémités, comme ceux qui attachent les arcboutans d'un carrosse aux moutons. On appelle aussi <i>boulon,</i> la masse, poids, ou peson de la balance Romaine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5580" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOULON" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BOULON</head>
    <p>
    Boulon , est aussi une pièce ronde de fer ou de cuivre, qui sert de noyau pour faire les tuyaux de plomb sans soudure. Elle est un peu plus longue que le moule, &amp; de la grosseur que doit être le diamètre du dedans du tuyau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5580" id="3" type="artillerie">
   <index type="head" value="BOULON" />
   <index type="src_domain" value="artillerie" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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    <head>BOULON</head>
    <p>
    Boulons , en termes d'Artillerie , sont des branches de fer, c'est-à-dire, les deux plus longues &amp; plus grosses pièces où pose le canon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5581" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULONNER" />
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    <head>BOULONNER</head>
    <p>
    BOULONNER , v. n. Arrêter une pièce de charpenterie avec des boulons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5582" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOULONOIS" />
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    <head>BOULONOIS</head>
    <p>
    BOULONOIS . Voyez <ref type="search" target="head:BOULENOIS">BOULENOIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5582" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOULONOIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BOULONOIS</head>
    <p>
    Boulonois, oise , s. m. &amp; f. <i>Bononiensis.</i> Qui est de <i>Boulogne</i> en Italie, ou du pays dont Boulogne est la Capitale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5582" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOULONOIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOULONOIS</head>
    <p>
    Boulonois , s. m. <i>Bononiensis ager.</i> Petite Province des Etats de l'Eglise en Italie, qui a le Ferrarois au Nord, la Romagne propre à l'Orient, la Toscane au Midi, &amp; le Duché de Modène à l'Occident. Il a pris son nom de Boulogne sa Capitale. Les Italiens l'appellent <i>Bolognese.</i> Davity &amp; le grand Atlas le nomment <i>Boulognois</i> ; Maty <i>Boulognois</i> ou <i>Boulonois</i> ; M. Corneille <i>Boulonois</i> seulement : &amp; de vrai jamais on ne dit <i>Boulonois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULONOIS</head>
    <p>
    Boulonoise , s. f. Terme de Fleuriste . Anémone dont les grandes feuilles sont blanches à fond incarnat, sa peluche entremêlée de blanc, d'incarnat, &amp; de citron : elle demeure long-temps en fleur. Sa peluche est fort bien rangée. <i>Anemone Bononiensis.</i> C'est aussi le nom d'une tulipe rouge, pâle &amp; blanc. Morin. <i>Cult. des fleurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOULOUCBACHI</head>
    <p>
    BOULOUCBACHI , s. m. Terme de Relation . Capitaine de Janissaires. <i>Janissariorum Centurio.</i> Alloient deux à deux les <i>Bouloucbachis,</i> ou les Capitaines des Janissaires, avec leurs grandes plumes sur le turban. P. Dan. <i>Hist. de Barb.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOULU, UE" />
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    <head>BOULU, UE</head>
    <p>
    BOULU, UE , adj. Ce mot est du petit peuple de Paris, qui dit <i>châtaigne boulue,</i> pour <i>châtaigne bouillie. Elixus.</i> En quoi il ne faut pas l'imiter, si ce n'est en de certaines occasions pour rire, à l'exemple de Sarrasin, qui a dit dans son Testament de Goulu, deux litrons de châtaignes <i>boulues.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUER</head>
    <p>
    BOUQUER , v. n. Baiser par force ce qu'on présente. Ce verbe ne se dit proprement qu'en parlant d'un singe, lorsqu'on le contraint de baiser quelque chose. Ce singe a eu bien de la peine à <i>bouquer.</i> Faire <i>bouquer</i> un singe. On dit aussi à un singe, <i>Bouquez</i> cela ; &amp; dans cette phrase, <i>Bouquer</i> est employé activement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUER</head>
    <p>
    Bouquer , se dit aussi figurément des choses qu'on est contraint de faire par la violence. <i>Vi cedere.</i> On a beau avoir du coeur, on est contraint de <i>bouquer</i> quand on a affaire à de plus puissans que soi. Parmi les Chasseurs on dit, Faire <i>bouquer</i> un renard ; pour dire, le faire sortir de son terrier avec des chiens ; ou un blaireau, un lapin avec des furets.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>buccare,</i> qu'on a fait de <i>bucca,</i> qui signifie <i>jouë.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUERAN</head>
    <p>
    BOUQUERAN , s. m. Vieux mot, qui signifie une sorte d'étoffe, qu'on croit avoir été faite de poil de chèvre, comme le camelot est fait de poil de chameau. La grand putain a pouvoir de soi vestir de <i>bouqueran</i> blanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUET</head>
    <p>
    BOUQUET , s. m. Assemblage de fleurs arrangées &amp; liées ensemble. <i>Florum fasciculus.</i> Un <i>bouquet</i> de fleurs d'orange, de roses. Un <i>bouquet</i> de Confrairie, de pain benit.</p><p>Ce mot vient de <i>boscetum</i>. Guichard dit de , <i>abak,</i> qui signifie <i>lier,</i> d'où en lisant par transposition , s'est fait <i>bouquet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUET</head>
    <p>
    Bouquet , se dit aussi des fruits, &amp; d'autres choses liées ensemble. Voilà un beau <i>bouquet</i> de poires, un beau <i>bouquet</i> de plumes. On dit aussi, <i>bouquet</i> de diamans, <i>bouquet</i> de pierreries, <i>bouquet</i> de perles.</p><p>On appelle aussi <i>bouquets,</i> les réprésentations de ces fleurs liées ensemble, qu'on fait dans des tapisseries, dans des peintures de panneaux de menuiserie, &amp;c.</p><p>On appelle aussi <i>bouquet,</i> un petit bois qui est dans un jardin d'une maison de plaisance. <i>Nemus, silvula.</i> Quand il est à la campagne, on l'appelle <i>buisson.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUET</head>
    <p>
    Bouquet , en termes de Vénerie , signifie le mâle du lièvre. <pb n="689" facs="bpt6k8542165/f729/full/1200,/0/native.jpg"/>Il y a plusieurs lièvres qui sont mâles &amp; femelles. On le dit aussi d'un chevreau comme diminutif du <i>bouc.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUET</head>
    <p>
    Bouquet . Terme de Marine &amp; de Charpenterie . <i>Tigillum.</i> Les deux <i>bouquets</i> d'un bateau sont deux pièces de bois, faisant ensemble cinq pieds de long, servant à lier la matière-feuillie avec les deux courbes de devant. Caron.</p><p>On appelle une barbe en <i>bouquets,</i> lorsqu'elle n'est pas égale, &amp; qu'il y en a des touffes en quelques endroits seulement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUET</head>
    <p>
    Bouquet , est aussi un fer dont se servent les Doreurs ou Relieurs pour appliquer le <i>bouquet</i> dont ils ornent le dos d'un livre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUQUET</head>
    <p>
    Bouquet , se dit aussi par les Maquignons, de la paille qu'ils mettent à la queue &amp; aux crins des chevaux qu'ils veulent vendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5587" id="7" type="">
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    <head>BOUQUET</head>
    <p>
    Bouquet , se dit figurément en choses spirituelles. Le <i>bouquet</i> sacré.</p><p>On dit proverbialement d'une maison, qu'elle a le <i>bouquet</i> sur l'oreille ; pour dire, qu'elle est à vendre : &amp; d'une fille ; pour dire, qu'elle est à marier. On dit aussi, Donner le <i>bouquet</i> à quelqu'un, quand on l'engage à donner un bal ou un repas à une compagnie : &amp; Rendre le <i>bouquet,</i> quand il s'acquitte de son devoir. On dit aussi qu'une femme fait porter le <i>bouquet</i> à son mari, quand elle lui est infidèle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5588" id="1" type="faiancier">
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    <head>BOUQUETIER</head>
    <p>
    BOUQUETIER , s. m. Terme de Faïancier . C'est un vase de faiance en ovale, où l'on met des fleurs en forme de bouquet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5589" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUQUETIÈRE" />
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    <head>BOUQUETIÈRE</head>
    <p>
    BOUQUETIÈRE , s. f. Qui fait des bouquets. <i>Coronaria.</i> Glycere est une fameuse <i>Bouquetière</i> de l'antiquité, souvent citée par les méchans Orateurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5589" id="2" type="">
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    <head>BOUQUETIÈRE</head>
    <p>
    Bouquetière , signifie aussi celle qui a le droit d'exposer &amp; de vendre toutes sortes de bouquets, de chapeaux, de guirlandes de fleurs aux portes des Eglises de Paris, ou d'autres villes. Elles sont appellées maîtresses <i>Bouquetières, Chapellières en fleurs.</i> Il leur est défendu de se servir de fleurs d'Acacia ; &amp; les autres fleurs qu'elles emploient doivent être nouvellement cueillies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5590" id="1" type="">
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    <head>BOUQUETIN</head>
    <p>
    BOUQUETIN , s. m. Bouc sauvage qui se trouve dans les pays de montagnes, qui est une espèce de chamois, mais qui a de plus longues cornes &amp; plus larges. <i>Ibex.</i> Il est d'un naturel fort chaud, &amp; se tient presque toujours sur la glace. On en trouve dans les Alpes du Dauphiné &amp; de Savoye, &amp; dans le pays des Grisons. On tient que son sang est extrêmement chaud, &amp; que si on en boit, il a la vertu de dissoudre le sang caillé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5591" id="1" type="poesie">
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    <head>BOUQUIN</head>
    <p>
    BOUQUIN , s. m. Vieux bouc. <i>Hircus.</i> On appelle aussi <i>Bouquins,</i> les mâles des lièvres &amp; des lapins.</p><p>On appelle figurément un vieux <i>bouquin,</i> un homme puant &amp; lascif, qui a passé sa vie dans la débauche.</p><p>En termes de Poësie , on appelle les Satyres, les Dieux Chèvrepieds, des <i>Bouquins,</i> à cause qu'on les peint avec des pieds de bouc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5591" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUQUIN" />
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    <head>BOUQUIN</head>
    <p>
    Cornet a bouquin . C'étoit autrefois une grande flûte de paysan. <i>Cornu musicum.</i> Elle sert maintenant dans les Choeurs de Musique des Eglises.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>buccinum,</i> qu'on a dit pour <i>buccina.</i></p><p>On appelle aussi de vieux livres frippés &amp; peu connus, de vieux <i>bouquins. Vilis &amp; obsoletus codex.</i> Ta besace est pleine de bribes &amp; de vieux <i>bouquins.</i> Ablanc.</p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>buck</i>, ou <i>bouc,</i> qui signifie un livre, &amp; parce que les premiers livres imprimés nous sont venus de ce pays-là, on a appellé <i>bouquins</i> les vieux livres. Voyez Naudé dans le <i>Mascurat,</i> p. 172. Mais Lipse croit que l'Allemand vient du Latin <i>buxus,</i> parce que le buis servoit à leur relieure. Le P. Kirker, <i>Oed. Aeg. T.</i> 2. <i>p.</i> 6. en rapporte une étymologie plus vraisemblable. Il dit qu'on écrivoit autrefois dans le Septentrion sur des tablettes de hêtre, qui dans les langues Septentrionales s'appelle <i>Buech, buechbamnb</i> ; que c'est de là qu'ils ont aussi appellé un livre <i>buech,</i> &amp; <i>bûcher</i> au pluriel. Car pour l'étymologie de Guichard, qui le tire de l'Hébreu , <i>Catab, Ferire,</i> d'où en transposant les lettres s'est fait , <i>bacath,</i> &amp; de là en Grec <i>libellus, tabula, epistola,</i> duquel a été retenu en Latin <i>pyctacium</i> ; &amp; dont s'est formé en Allemand <i>buch, book</i> en Anglois, <i>boeck</i> en Flamand, <i>liber, quasi scriptum</i> : pour cette étymologie, dis-je, elle ne paroît pas recevable quant à l'Hébreu ; &amp; quant au reste celle du P. Kirker est plus vraisemblable.</p><p>On dit proverbialement, Sentir le <i>bouquin</i> ; pour dire, Sentir mauvais. Ce mot se dit particulièrement des aisselles, lorsqu'il en sort une odeur forte, comme celle d'un bouc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5592" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUQUINER" />
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    <head>BOUQUINER</head>
    <p>
    BOUQUINER , v. neut. Chercher de vieux livres inconnus &amp; frippés chez des Libraires, ou s'amuser à les lire. <i>Veteres &amp; obsoletos libros ac codices scrutari, vel evolvere.</i> Il y a force curieux qui ne font toute leur vie que <i>bouquiner,</i> Ce mot est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5592" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUQUINER" />
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    <head>BOUQUINER</head>
    <p>
    Bouquiner . Ce mot se dit aussi du lièvre, lorsqu'il est en amour, &amp; qu'il tient sa hase. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5593" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUQUINERIE" />
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    <head>BOUQUINERIE</head>
    <p>
    BOUQUINERIE , s. f. Terme méprisant qui se dit d'un grand ramas de citations &amp; de passages de vieux livres, ou de bouquins. Au nom de Dieu trèves de passages, &amp; puisque tu m'as promis la lecture de ces nouveaux titres que je suis plus envieux de voir que toute ta <i>bouquinerie,</i> oblige-moi de m'en faire lecture. Masc. On le pourroit dire aussi pour signifier l'action de faire ces ramas ; &amp; de l'action de lire &amp; feuilletter de vieux <i>bouquins,</i> ou de les chercher chez les Libraires. Il a passé tout le jour en <i>bouquinerie.</i> Voilà bien de la <i>bouquinerie.</i> Je n'en ai point trouvé jusqu'ici d'exemple en ces sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5594" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUQUINEUR" />
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    <head>BOUQUINEUR</head>
    <p>
    BOUQUINEUR , s. m. Mot qui se trouve dans Pomey, &amp; qui signifie celui qui se plaît à bouquiner, à lire les livres vieux &amp; inconnus. <i>Antiquarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5595" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURACAN" />
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    <head>BOURACAN</head>
    <p>
    BOURACAN , s. m. On disoit autrefois <i>Barracan.</i> Gros camelot, ou étoffe tissue de poil de chèvre, qui sert à faire des manteaux de pluie. <i>Pannus è caprinis pilis contextus.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>baracane</i>. Ménage. D'autres le dérivent de <i>varocino</i>, ou <i>varonico,</i> parce que c'étoit une étoffe qui étoit particulièrement propre à vêtir les hommes, que les Espagnols nomment <i>varones.</i> Du Cange le dérive de <i>barres,</i> parce que leurs fils ou leurs lisses représentent des barres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5596" id="1" type="">
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    <head>BOURASQUE</head>
    <p>
    BOURASQUE . Voyez <ref type="search" target="head:BOURRASQUE">BOURRASQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5597" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURBE" />
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    <head>BOURBE</head>
    <p>
    BOURBE , s. f. Terre molle détrempée d'eau ; fange, boue, comme celle des terres grasses, des eaux croupies, &amp; des lieux marécageux. <i>Coenum.</i> Les tanches, les anguilles, sentent ordinairement la <i>bourbe,</i> quand elles ne sont point dégorgées. On dit aussi, La <i>bourbe</i> d'une plaie ; pour dire, le pus épais qui en sort.</p><p>Nicot dérive ce mot du Grec , signifiant la même chose. Etienne Guichard allant plus loin à son ordinaire prétend que de , <i>abarboura,</i> qui vient de , <i>conjunxit,</i> &amp; signifie, <i>macula sic appellata quod sit livori similis,</i> &amp; selon les Grammairiens Hébreux, <i>macula livoris,</i> une tache livide, <i>color ex pallido nigrescens,</i> couleur d'un pâle noirâtre, que de-là, dis-je, a été formé en Grec , &amp; <i>bourbe</i> en François, &amp; <i>borra</i> en Espagnol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5597" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURBE" />
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    <head>BOURBE</head>
    <p>
    Bourbe , se dit figurément de la bassesse, &amp; de toute sorte d'ordures. Cet homme croupiroit encore dans la <i>bourbe,</i> s'il n'en eût été tiré par un tel favori. Un pécheur est bien malheureux de croupir dans la <i>bourbe,</i> &amp; dans l'ordure, sans tâcher de s'en retirer par la pénitence.</p><p>On appelle aussi <i>Bourbes,</i> certaines eaux minérales qui sont en réputation de guérir quelques maladies de goutteux, ou d'impotens, comme les <i>Bourbes</i> de Barrége.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5598" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BOURBELIER" />
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    <head>BOURBELIER</head>
    <p>
    BOURBELIER , s. m. Terme de Chasse . C'est la partie du sanglier, qu'aux autres animaux on nomme <i>poitrine,</i> &amp; aux cerfs la <i>hampe. Pectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5599" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURBEUX, EUSE" />
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    <head>BOURBEUX, EUSE</head>
    <p>
    BOURBEUX, EUSE , adj. Qui est plein de bourbe. <i>Coenosus.</i> Un ruisseau <i>bourbeux,</i> un gué <i>bourbeux.</i></p><p>Il se prend aussi pour, qui est formé de bourbe &amp; de limon, qui vit dans la bourbe. On lit dans la fable des grenouilles traduite du Latin du P. Commire.</p><p>On dit figurément d'un Orateur véhément, mais peu poli, que c'est un torrent <i>bourbeux.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURBIER</head>
    <p>
    BOURBIER , s. m. Lieu plein de bourbe où on enfonce, &amp; dont on a peine à se retirer. <i>Coenosa lacuna.</i> Les chariots pesants demeuroient la plupart enfoncés dans des <i>bourbiers.</i> Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5600" id="2" type="">
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    <head>BOURBIER</head>
    <p>
    Bourbier , se dit figurément des embarras où on se trouve, des affaires fâcheuses dont on a peine à sortir. <i>Res, locus difficilis, periculosus.</i> Il aura bien de la peine à se tirer de ce <i>bourbier.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURBILLON</head>
    <p>
    BOURBILLON , subst. m. Terme de Maréchal . C'est le pus qui sort d'une plaie, d'une apostume, d'un javar, quand il est mûr &amp; épaissi. <i>Pus, sanies.</i> Une plaie, un bourgeon, guérissent bientôt quand le <i>bourbillon</i> en est sorti.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURBON</head>
    <p>
    BOURBON , subst. masc. Nom de plusieurs lieux. <i>Borbonium.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURBON" />
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    <head>BOURBON</head>
    <p>
    Bourbon l'Archambaut . <i>Borbonium Archambaldi.</i> Ville de France dans le Bourbonnois, ainsi appellée d'Archambaud son Seigneur. <i>Bourbon</i> n'étoit d'abord qu'une Baronie qui fut partagée entre deux frères, Archambaut &amp; Anseaume ; ils eurent chacun dans leur partage une Ville nommée <i>Bourbon,</i> ce qui fit que tous deux prirent le titre de Barons de <i>Bourbon. Bourbon l'Archambaud</i> passa dans la Maison de France par le mariage de Béatrix héritière de <i>Bourbon</i> avec Robert Comte de Clermont, fils de S. Louïs en 1327. <i>Bourbon l'Archambaud</i> fut érigé en Duché par Charles le Bel en faveur de Louïs de Clermont, surnommé le Grand, fils de Robert &amp; de Béatrix.</p><p><i>Bourbon l'Archambaud</i> est fameux par ses bains chauds, qui sont les plus fréquentés qui soient en France. Dans l'usage ordinaire on dit <i>Bourbon</i> tout court, sans ajoûter l'Archambaud, quand on parle de cette Ville. Les eaux de <i>Bourbon,</i> les bains de <i>Bourbon,</i> le voyage de <i>Bourbon.</i> Les Médecins m'ordonnent d'aller à <i>Bourbon</i> ; on conseille à ce malade de prendre les eaux de <i>Bourbon.</i> Gruter, p. CX. n. 4. rapporte une ancienne inscription qu'il dit être à <i>Bourbon,</i> qui montre que la réputation des eaux de <i>Bourbon</i> est très-ancienne. Elle porte, brovoni. th. monae. c. Latinus. romanus in g. pro salute. cocliae fil. c. ex voto.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURBON</head>
    <p>
    Bourbon Lancy . <i>Borbonium Anselmi,</i> ou <i>antiqui, primogeniti.</i> Petite Ville de Bourgogne dans l'Autunois, ainsi appellée par corruption du nom du Seigneur à qui elle fut donnée, comme nous avons dit, &amp; qui s'appelloit Anseaume, de sorte que <i>Bourbon Lancy</i> est originairement <i>Bourbon l'Anseaume.</i> D'autres disent que c'est <i>Bourbon</i> l'ancien, parce que c'étoit la portion de l'ancien, ou de l'aîné de la famille. Mais puisqu'on a dit <i>Bourbon l'Archambaud</i> du nom du Seigneur, il est plus vraisemblable que l'on a dit aussi <i>Bourbon l'Anseaume</i> du nom du frère d'Archambaud, à qui ce <i>Bourbon-là</i> échut. On dit qu'on trouve beaucoup d'antiquités en fouissant aux environs de <i>Bourbon Lancy.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BOURBON</head>
    <p>
    BOURBON , s. m. Nom de l'Auguste famille qui règne en France. Robert, fils de S. Louis, &amp; Comte de Clermont, épousa Béatrix Dame de <i>Bourbon</i> l'Archambaud. De ce mariage sortit Louis de Clermont surnommé le Grand, en faveur duquel Charles le Bel érigea <i>Bourbon</i> l'Archambaud en Duché l'an 1327. &amp; qui porta le premier le nom de Duc de <i>Bourbon.</i> De ce Louis sont descendus de père en fils Jacques de <i>Bourbon,</i> Jean de <i>Bourbon,</i> Louïs II. de <i>Bourbon,</i> Jean II. de <i>Bourbon,</i> François de <i>Bourbon,</i> Charles de <i>Bourbon,</i> Antoine de <i>Bourbon</i> Roi de Navarre, Henri de <i>Bourbon</i> Roi de France &amp; de Navarre, Louïs XIII. &amp; Louïs le Grand XIVe du nom. Le P. Le Moine, Liv. VIII. de son saint Louïs, dans la vûe prophétique que S. Louïs a de sa postérité, dit que Robert</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURBON" />
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    <head>BOURBON</head>
    <p>
    Astres de Bourbon . <i>Astra Borbonia,</i> ou <i>Etoiles de Bourbon. Stellae Borboniae.</i> Ce sont trente Satellites que l'on a découvert proche du Soleil, &amp; qui font leur révolution autour de cet Astre en quinze jours.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURBON" />
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    <head>BOURBON</head>
    <p>
    Isle Bourbon , ou de Bourbon. Isle d'Afrique à l'Orient de la grande Isle de Madagascar. <i>Insula Borbonia.</i> Elle est aux François, qui lui ont donné ce nom. Les Portugais, qui l'ont découverte les premiers, la nommerent <i>Mascaregne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5604" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURBONNOIS" />
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    <head>BOURBONNOIS</head>
    <p>
    BOURBONNOIS , s. m. <i>Borboniensis Provincia,</i> ou <i>Ducatus.</i> Le <i>Bourbonnois</i> est un ancien Duché de France, situé entre l'Auvergne, le Forêt, la Bourgogne, le Nivernois, le Berry, &amp; la Marche. Le <i>Bourbonnois</i> fut anciennement le Pays des Boïes, ou Boïens. Le haut <i>Bourbonnois</i> est proprement le Pays de Combrailles. Le reste s'appelle le bas <i>Bourbonnois.</i> Le <i>Bourbonnois</i> est arrosé de l'Allier, &amp; divisé en 17. petites Châtellenies. Moulins est la Capitale du <i>Bourbonnois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5605" id="1" type="">
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    <head>BOURBONNOIS, OISE</head>
    <p>
    BOURBONNOIS, OISE , s. m. &amp; f. <i>Borboniensis, Boius.</i> Qui est de <i>Bourbonnois.</i> Il ne se dit point pour signifier celui ou celle qui est de Bourbon, soit de Bourbon l'Archambaud, soit de Bourbon Lancy, mais seulement qui est de la Province de <i>Bourbonnois.</i> Je connoissois le P. Lingendes ; il étoit <i>Bourbonnois.</i> Qui sont ces Provinciaux-là ? Ce sont des <i>Bourbonnois.</i></p><p>Ce mot &amp; le précédent se prononcent comme si l'on l'écrivoit par un <i>u, Bourbounois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5606" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURBOURG" />
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    <head>BOURBOURG</head>
    <p>
    BOURBOURG , s. m. Ville de Flandres, cédée aux François par la paix des Pirenées. <i>Burburgus. Bourbourg</i> étoit autrefois assez bien fortifié. Maintenant il est démantelé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5606" id="2" type="fleuriste">
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    <head>BOURBOURG</head>
    <p>
    Bourbourg , s. m. Terme de Fleuriste . C'est une tulipe de quatre couleurs, gris lavandé, colombin obscur, colombin clair &amp; blanc. Cult. des fleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5607" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOURCER" />
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    <head>BOURCER</head>
    <p>
    BOURCER , v. neut. Terme de Marine , qui se dit lorsqu'on ne met au vent qu'une partie d'une voile, &amp; qu'on la trousse à mi-mât, ou au tiers de mât, par le moyen des cargues ou cordes destinées à cet effet : ce qui fait qu'on dit aussi <i>carguer</i> dans le même sens. Cela se fait quand on veut prendre moins de vent, afin de retarder le cours du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5608" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOURCET" />
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    <head>BOURCET</head>
    <p>
    BOURCET , s. m. Terme de Marine . C'est un nom qu'on donne dans la Manche au mât de misaine &amp; à sa voile. <i>Dolo, exiguum velum ad corbitam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5609" id="1" type="">
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    <head>BOURDAINE</head>
    <p>
    &#9758; BOURDAINE , s. m. Arbrisseau commun dans les forêts. Il a l'écorce brune, &amp; ne sert guère qu'à faire des paniers &amp; des alumettes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5610" id="1" type="">
   <index type="head" value="SE BOURDALISER" />
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    <head>SE BOURDALISER</head>
    <p>
    &#9758; SE BOURDALISER , v. n. p. Prendre les manières du P. Bourdaloue, c'est-à-dire, devenir habile Prédicateur. Ho le beau Sermon que vient de faire le P. le Conte. Il se <i>bourdalise</i> beaucoup. En voilà deux de suite de la même force. Abbé de Choisy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5611" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURDALOU" />
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    <head>BOURDALOU</head>
    <p>
    BOURDALOU , ou BOURDALOUE, s. f. Mot nouveau, qui signifie une étoffe modeste dont les femmes s'habillerent pendant quelque temps, depuis que le P. <i>Bourdaloue</i> eut prêché fortement contre le luxe, &amp; la magnificence des habits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5611" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURDALOU" />
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    <head>BOURDALOU</head>
    <p>
    Bourdalou . Ce mot signifie aussi une sorte de tresse, ou d'or, ou d'argent, ou de soie, large d'environ un doigt, qui sert de cordon au chapeau, &amp; qui s'attache avec une petite boucle de métal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5612" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURDE" />
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    <head>BOURDE</head>
    <p>
    BOURDE , s. f. Mensonge dont on se sert pour s'excuser, ou pour se divertir de la crédulité des autres. <i>Mendacium, commentum, nugae.</i> Cet homme m'a fait accroire qu'il avoit sollicité pour moi, mais il m'a donné une <i>bourde.</i> C'est un gaillard qui se plaît à donner des <i>bourdes,</i> des baies. Tu n'es pas homme à te repaître de <i>bourdes</i> &amp; de coccigrues. Mascur. Il est populaire.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>burla</i>. Ménage. Autrefois il signifioit aussi un bâton gros par le bout sur lequel on s'appuie ; une sorte de potence dont se servent les infirmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5612" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="BOURDE" />
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    <head>BOURDE</head>
    <p>
    Bourde , est aussi un terme de Marine , qui signifie la voile que l'on met quand le temps est tempéré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5613" id="1" type="">
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    <head>BOURDEAUX</head>
    <p>
    BOURDEAUX , s. m. Nos pères écrivoient plus communément <i>Bordeaux.</i> Mézeray l'écrit ainsi, &amp; quelques-uns le font encore, témoin La Faille &amp; Mr de Tillemont ; mais <i>Bourdeaux</i> est mieux aujourd'hui, &amp; il faut toujours le prononcer ainsi, quoique communément ceux du Pays prononcent <i>Bordeaux. Burdigala, Burdegala.</i> Ville de France, Capitale de la Guyenne. <i>Bourdeaux</i> situé sur la Garonne, est une des plus grandes, des plus riches, &amp; des plus belles Villes de France.</p><p>Isidore De Seville écrit que <i>Bourdeaux</i> prend son nom de ceux qui l'ont peuplé, lesquels il nomme <i>Burgos Gallos,</i> c'est-à-dire, <i>Bours Gaulois,</i> ou <i>Ville Gauloise.</i> J'aimerois mieux le dériver <i>à Burgo galatico,</i> c'est-à-dire, <i>Bourg Gaulois,</i> ou <i>Ville Gauloise</i> ; le nom de <i>Bourg</i> étant assez ancien, &amp; dérivé de la langue Grecque, &amp; par conséquent à l'usage des Gaulois, pour signifier une Forteresse, comme l'on peut voir dans Végèce, Orose, &amp; le Glossaire de Philoxène, <i>Burgus, Turris</i>, . De Marca, <i>Hist. de Bearn. L. I. p.</i> 5. Favyn, en son <i>Hist. de Navarre,</i> L. II. p. 63. croit que <i>Bourdeaux</i> est ainsi appellé à cause de l'assemblage des eaux tant du reflux de la mer qui remonte jusqu'à sept lieues au-dessus, que de la Garonne, Gironde, Dordogne, &amp; autres qui s'assemblent près de là pour se jetter dans la mer ; &amp; que c'est <i>Burgum aquarum.</i></p><p>Les Berruyers, c'est-à-dire, ceux de Berry, étant trop serrés prirent le large, &amp; quittant la rive de la Loire &amp; leur Ville Capitale de Bourges aux plus vieux, vinrent s'habituer sur la Garonne, où ils bâtirent <i>Bourdeaux,</i> laquelle ils appellerent Bourges, <i>Bituriges,</i> comme la Ville Capitale de leur Pays qu'ils avoient laissée. J'ai vû une ancienne inscription dans le Château Trompette qui portoit, <i>Augusto sacrum &amp; Genio Civitatis Biturigum-Viviscorum.</i> Favyn, <i>Hist. de Nav. p.</i> 63. 64.</p><p>L'Archevêque de <i>Bourdeaux</i> dispute à celui de Bourges le titre de Primat d'Aquitaine. <i>Bourdeaux</i> a Parlement, Sénéchaussée, Amirauté, Bureau des Finances, Généralité, Cour des Aydes, Hôtel des Monnoies, &amp; Université. Les vins de <i>Bourdeaux</i> sont estimés : on fait cas sur-tout de ceux de Grave.</p><p>De la Brousse, dans son Livre sur la Primatie d'Aquitaine, a ramassé les étymologies du nom de <i>Bourdeaux.</i> Selon lui <i>Bourdeaux</i> n'est point une Colonie des Bituriges, mais des Phéniciens. Ainsi il ne peut souffrir Isidore, qui dit que <i>Burdegalis</i> vient de <i>Burgi</i> &amp; <i>Galli. Burdegalim appellatam ferunt, quod Burgos Gallos primùm colonos habuerit ; quibus antea cultoribus impleta est.</i> Cependant il conjecture qu'on pourroit changer <i>Burgos</i> en <i>Brigos,</i> ou <i>Briges,</i> qui sont mots Phéniciens. Car, dit-il, pourquoi plutôt <i>Burgigala,</i> que <i>Brigigala ?</i> Ensuite, parce que <i>Riges</i> en Phénicien, selon lui, signifie hommes braves, gens de coeur, il soupçonne que l'Hercule Gaulois, surnommé Ogmius, auroit bien pû venir à <i>Bourdeaux</i> en allant en Espagne, &amp; donner son nom de brave &amp; de courageux à cette Ville ; mais, continue-t-il, les Phéniciens donnoient aux lieux les noms des fruits qui y naissoient, il se pourroit bien faire que <i>Bourdeaux</i> vient de Ibura, (Il vouloit dire , <i>ibburach,</i> Chaldéen) qui signifie abondance, fertilité, &amp; de <i>dagan,</i> , qui signifie <i>blé</i> ; car encore aujourd'hui le Pays de Medoc &amp; celui d'entre deux mers portent beaucoup de blez. Mais, ajoûte-t-il, ne seroit-il point mieux de dire que, comme les Habitans de Saintonge portoient un habit nommé <i>bardus,</i> les Bourdelois le prirent aussi à cause du voisinage, &amp; de-là furent appellés <i>Bardigalli,</i> comme une partie de la Gaule fut appellée <i>Gallia Braccata,</i> à cause des braies qu'elle portoit. Il croit encore qu'il faut tirer ce mot <i>bardus</i> de l'Hébreu <i>bardes,</i> ou de l'Arabe <i>bord.</i> Peut-être aussi furent-ils appellés <i>Bardi,</i> à cause de leur habileté dans la Poësie &amp; la Musique Gauloise, ainsi que les fameux Bardes. Vinet a dit que <i>Burdigala</i> étoit un mot Celtique. S. Jerôme, 2e Préf. sur l'Ep. aux Galates, dit que l'Aquitaine tiroit de Grèce l'origine du nom <i>Burdigala.</i> Enfin, il conclut que les Romains pourtant pourroient bien être les Auteurs de ce nom ; car c'étoit leur coutume de donner des mots de leur façon à tous les lieux qu'ils conquéroient, ou dans lesquels ils établissoient des Colonies. Tout cela ne nous avance guère ; mais au moins c'est tout ce qu'on dit de l'étymologie de <i>Bourdeaux.</i></p><p>Le même Auteur prétend que c'est <i>Bourdeaux,</i> &amp; non pas Bourges, qui a eu la Primatie d'Aquitaine. Voici quelques-unes de ses raisons. Le droit de visite qu'a prétendu l'Archevêque de Bourges n'est point un droit de Primat, mais de Métropolitain. Hinemar égale l'Archevêque de Bourges &amp; celui de <i>Bourdeaux,</i> les appellant tous deux <i>Primarum Sedium Regni Aquitanici.</i> L'Evêque de Rheims a eu le titre de Primat de sa Province avant Bourges. Le changement de Frotaire ne prouve rien : on peut passer d'un Siége à un autre qui est égal. Le Concile de Tulle a donné le nom de Primat à l'Archevêque de <i>Bourdeaux</i> ; cette Ville étoit la Capitale de la Novempopulanie ; des Evêques de <i>Bourdeaux</i> ont présidé à des Conciles où étoit l'Archevêque de Bourges, à savoir au Concile d'Agde, au premier d'Orléans, &amp; au second de Mâçon, qui se tint en 588. Il s'ensuit que Bourges n'avoit point encore de Primatie. Voyez <ref type="search" target="head:Bourges">Bourges</ref>. Mrs de Sainte Marthe ne sont point du sentiment de M. de la Brousse. Nous avons des antiquités de <i>Bourdeaux</i> par un Anonyme à Poitiers 1565. Selon Messieurs de l'Académie des Sciences la longitude de <i>Bourdeaux</i> est 17d, 8' ; &amp; sa latitude 44d, 50'. Voyez sur <i>Bourdeaux, Notitia utriusque Vasconiae auct. Arn. Oihenarto,</i> De Hauteserre, <i>Rer. Aquit.</i> M. Valois, <i>Notitia Gall.</i> De Sainte Marthe, <i>Gall. Chr. T. I. p.</i> 194.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5614" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="BOURDELAGE" />
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    <head>BOURDELAGE</head>
    <p>
    BOURDELAGE , s. m. Terme de Coutume , est une redevance qu'on doit au Seigneur en argent, blé, &amp; plume ou volaille, ou de deux de ces trois choses, selon la Coutume de Nivernois. <i>Jus exigendi praediatorii vectigalis.</i> Le droit de <i>bourdelage</i> en Bourbonnois est de pareille condition &amp; qualité que le droit de taille réelle : &amp; le mot de <i>Bourdelier</i> se dit non-seulement du détenteur, mais aussi de l'héritage, de la redevance &amp; du contrat, &amp; même du Seigneur auquel ce droit est dû. Seigneur <i>Bourdelier.</i></p><p>Ce mot, selon Coquille, dans son <i>Hist. du Nivernois,</i> vient de <i>bord,</i> qui en ancien langage Tudesque signifie un domaine, métairie, ou ferme à la campagne ; &amp; de-là est tiré l'ancien mot François <i>borde,</i> qui signifie la même chose. Quand un homme riche avoit un ou plusieurs domaines à la campagne, il les bailloit à un ou plusieurs laboureurs à perpétuité, pour les faire valoir, &amp; en payer une redevance, en grain &amp; en volaille ; &amp; le <i>bourdelage</i> consiste en ces trois choses, ou pour le moins en deux des trois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5614" id="2" type="">
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    <head>BOURDELAGE</head>
    <p>
    Bourdelage , est aussi un vieux mot qui signifioit, Paillardise. <i>Impudicitia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5615" id="1" type="">
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    <head>BOURDELOIS, OISE</head>
    <p>
    BOURDELOIS, OISE , s. m. &amp; f. <i>Biturix Viviscus, Burdigalensis.</i> Qui est de Bourdeaux. On écrivoit autrefois <i>Bordelois</i> ; mais aujourd'hui il faut écrire &amp; prononcer <i>Bourdelois,</i> &amp; M. de Marca lui-même n'écrit jamais autrement dans son <i>Histoire de Béarn.</i> Les <i>Bourdelois</i> sont les anciens <i>Bituriges Vivisci ;</i> &amp; quelques-uns prétendent que ce nom s'est corrompu de celui de <i>Bituriges.</i> Isidore le tire de <i>Bullos Gallos,</i> étymologie qui ne plaît point à M. de Marca, qui aimeroit mieux le dériver <i>à Burgo Galatico,</i> c'est-à-dire, <i>Bourg Gaulois,</i> ou <i>Ville Gauloise.</i> César ne fait aucune mention des <i>Bourdelois,</i> ou Vivisques, dans la conquête de l'Aquitaine. Lurbe a cru qu'ils étoient compris sous les termes généraux des peuples éloignés, qui conserverent leur liberté par le moyen de la rigueur de l'hiver. M. de Marca en conclut qu'ils ne sont point une Nation Aquitaine, mais un peuple Gaulois ; ou bien qu'ils sont compris sous le nom de Cités Armoriques. Notre Poëte <i>Bourdelois,</i> Ausone, après avoir long-temps gouverné les écoles de son Pays, se rendit capable d'exercer le Consulat à Rome. Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDELOIS</head>
    <p>
    BOURDELOIS , s. m. Petit pays de Guyenne, qui est autour de Bourdeaux, &amp; qui porte aussi le nom de Guyenne propre. <i>Burdegalensis ager.</i> L'an 778. le <i>Bourdelois</i> fut érigé en Comté en faveur de Seguin. Ceux qui écrivent Bordeaux écrivent de même Bordelois, &amp; quelques-uns prononcent aussi de même, mais il n'est pas du bel usage. Gabr. De Lurbe a écrit la Chronique <i>Bourdeloise</i> imprimée <i>in</i>-4°. à Bourdeaux en 1619.</p><p>
    </p>
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    <head>BOURDELOIS</head>
    <p>
    Bourdelois , ou Bourdelais, s. m. Gros raisin de treille, blanc ou rouge. Le <i>Bourdelais</i> n'est pas un bon raisin. La Quintinie écrit <i>Bourdelais.</i> Le <i>Bourdelais</i> est une espèce de gros raisin blanc, longuet, qui fait de très-grandes &amp; grosses grapes, ne meurit presque jamais, &amp; par conséquent est propre à faire des confitures, ou à s'en servir simplement en verjus. Il sert encore pour fournir des feuilles à garnir les plats au mois d'Octobre. La Quint. <pb n="692" facs="bpt6k8542165/f732/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Part. III. ch.</i> 14. Le <i>Bourdelais,</i> autrement verjus, tant le blanc que le rouge, est une espèce de pied de vigne qui se taille au printemps, &amp; se provigne, se greffe, &amp; se plante comme l'autre vigne pendant les mois de Janvier, Février &amp; Mars ; il faut l'ébourgeonner au printemps pour lui ôter les branches foibles &amp; inutiles. Id. <i>Part. VI. p.</i> 174.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDER</head>
    <p>
    BOURDER , v. n. Vieux mot, dont on se peut servir encore dans le style burlesque. Il signifie, Se moquer, dire des sornettes, des bourdes, des mensonges. <i>Mendaciis fallere, imponcre.</i> Ce coquin ne fait que <i>bourder.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDEUR</head>
    <p>
    BOURDEUR , s. m. Donneur de bourdes. <i>Mendax, illusor, derisor.</i> De ce mot corrompu on a fait le proverbe, Autant pour le <i>Brodeur,</i> au lieu de dire pour le <i>Bourdeur.</i> On dit <i>Bourdeuse</i> au féminin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDIN</head>
    <p>
    BOURDIN , s. f. Espèce de Pêche qui mûrit &amp; se mange au mois de Septembre. Le mois de Septembre est le véritable mois de bonnes pêches ; tout en regorge. Ce sont les <i>bourdins</i> qui commencent, les Chevreuses les suivent de près &amp;c. La Quint. La <i>bourdin</i> mûrit vers la fin d'Août. Id. <i>Part. III. ch.</i> 5. Elle a le goût bon. Id. La <i>Pêche bourdin</i> n'est pas tout-à-fait si grosse que les Magdelaines, Mignone, Chevreuse, &amp;c. quoiqu'elle en approche de fort près, quand l'arbre étant un peu vieux, on lui laisse moins de charge ; les nouvelles plantées sont un peu tardives à rapporter ; mais quand elle commence de se mettre à fruit, elle charge extrêmement. Voilà ce qui fait que quelquefois les pèches en sont moins grosses. Elle est des plus rondes, des mieux colorées, &amp; le dedans ne dément en façon du monde cette belle physionomie extérieure.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDON</head>
    <p>
    BOURDON , s. m. Bâton fait au tour, qui a une pomme en haut &amp; au milieu, &amp; un fer pointu par enbas, que portent les Pélerins. <i>Baculus longior qualem gestare solent qui peregrinationes obeunt.</i> On peint S. Jacques avec son <i>bourdon.</i></p><p>Ménage dérive ce mot du Latin <i>burdo,</i> qui signifie un <i>âne,</i> ou un <i>mulet,</i> parce qu'il aide à marcher comme les mulets : de même qu'on appelle un bâton la <i>haquenée des Cordeliers ;</i> &amp; que des <i>bourdes</i> signifioient autrefois des potences. Selon Guichard , <i>darab,</i> fait <i>dourine,</i> , (il falloit dire <i>dorban</i>) qui est exposé, <i>Stimulus quo rustici arantes boves pungunt, fustis, baculus ;</i> c'est-à-dire, l'aiguillon dont on pique les boeufs à la charrue, <i>fustis, baculus,</i> bâton. De sorte que par transposition de ces radicales en , <i>bourdan, bourdon</i> s'en trouvera dérivé en François en même signification. M. Le Moine prétend que ce mot est Arabe, &amp; qu'il signifie un <i>bâton</i> fait du bois qui fournissoit la matière au papier.</p><p>Dans la vie du B. Simon, Hermite de S. Augustin, il est fait mention d'un <i>bourdon</i> de fer, <i>cum uno bordono ferreo in manu ;</i> sur quoi le P. Papebrock remarque que c'est un mot François &amp; Italien, <i>Act. SS. April. T. II. p.</i> 828. &amp; dans les Actes de S. Canion, qui semblent avoir été faits sur la fin du IIIe siècle, mais qui sont faux, &amp; ne peuvent être même du commencement du Ve siècle, on trouve <i>burdilli</i> pour des bâtons, des instrumens, dont ce Saint fut battu pendant une heure. C'est apparemment un diminutif de <i>burdo,</i> qui seroit fort ancien si ces Actes étoient vrais.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDON</head>
    <p>
    Bourdon , se prend aussi quelquefois pour le Pélerin même qui le porte. <i>Peregrinus.</i></p><p>Planter le <i>bourdon</i> en quelque lieu. <i>Sedem in aliquo loco figere.</i> C'est une façon de parler proverbiale &amp; figurée, qui veut dire, s'établir en quelque lieu.</p><p>Il y a aussi trois étoiles, qu'on appelle <i>les trois bourdons,</i> que les paysans appellent <i>les trois Rois,</i> qu'ils supposent avoir eu chacun un <i>bourdon</i> en faisant leur pélerinage en Bethléem. Ce sont en Astrologie les trois grandes étoiles de la Constellation d'Orion, dont l'une est à son pied gauche, l'autre au milieu de son baudrier, &amp; la troisième à l'épaule.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDON</head>
    <p>
    Bourdon , en termes d'Imprimerie , est une faute que commet l'ouvrier, lorsqu'il omet quelques mots.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDON</head>
    <p>
    Bourdon , est aussi une grosse mouche-guêpe, qui fait beaucoup de bruit en volant. <i>Fucus.</i> Ce mot est fait par onomatopée du bruit que font les mouches en volant. <i>Bombus.</i> Swammerdam en décrit huit espèces.</p><p>En ce sens Guichard dérive ce mot de , <i>debora,</i> mot Hébreu, qui signifie une <i>abeille</i> ; faisant par transposition , <i>boreda,</i> d'où bourdon, <i>vespa, fucus,</i> a été formé en François, si on l'en veut croire. Mais apparemment c'est le bruit que font ces insectes qui leur a fait donner ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDON</head>
    <p>
    Bourdon , est aussi le jeu de l'orgue qui fait la basse, qui a le son le plus creux, &amp; qui a les plus gros tuyaux. <i>Ordo tuborum soni gravioris.</i> Le <i>bourdon</i> est un des principaux jeux de l'orgue. Il est de bois &amp; bouché. Il est accordé à l'unisson avec la montre. Il y a un second <i>bourdon</i> qui est de quatre pieds quand il est bouché, ou de huit pieds quand il est ouvert, fait en forme de flûte, qui est à l'octave de la montre ou du premier <i>bourdon.</i> Il peut être d'étain ou de bois. Mathieu Paris témoigne que ces tuyaux ont été appellés <i>burdones,</i> à cause qu'ils ressemblent aux <i>bourdons</i> des Pélerins. On le dit aussi des basses de quelques autres instrumens, comme des deux flûtes ou chalumaux des cornemuses &amp; des musettes, dont le vent ne sort que par la pate. Notre <i>bourdon</i> ou basse répond à la note que les Grecs appelloient . Les Anciens avoient de grosses flûtes faites en forme de bâton, qu'ils appelloient <i>bourdon,</i> d'où sont venus ces termes de Musique , parce que ces sons creux &amp; bas imitent le bourdonnement des mouches.</p><p>On appelle aussi <i>bourdon,</i> la grosse cloche de Notre-Dame de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDON</head>
    <p>
    Faux-bourdon , est une Musique simple qui se chante note contre note, &amp; qu'on appelle aussi <i>simple contrepoint,</i> à la différence du contrepoint figuré, qui subdivise les notes en croches &amp; doubles croches. <i>Rudior musicorum concentus.</i> Les Italiens nomment encore <i>faux-bourdon</i> une certaine harmonie produite par l'accompagnement de plusieurs sixtes de suite, qui fait entendre plusieurs quartes entre deux parties supérieures, parce que la troisième de ces parties est obligée de faire plusieurs tierces avec la basse. Brossard.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDON</head>
    <p>
    Bourdon , s. m. Espèce de poire. Le <i>bourdon</i> est une poire de la fin de Juillet, qui pour la grosseur, la qualité de sa chair, de son goût, de son parfum &amp; de son eau, aussi-bien que par le temps de sa maturité, ressemble à-peu-près au Muscat Robert, &amp; n'en est guère différent que par la queue, qu'il a plus longue. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURDONNANT</head>
    <p>
    BOURDONNANT , s. m. L'oiseau <i>bourdonnant</i> est un oiseau de l'Amérique qui a le plumage fort joli, &amp; qui n'est que de la grosseur d'une des plus grosses guêpes. Il a le bec noir, &amp; aussi délié que la pointe d'une aiguille fine, avec des jambes &amp; des pieds proportionnés au reste du corps. Quand il vole, il tient ses ailes étendues sans les battre, dans un mouvement égal &amp; continuel, comme font les abeilles &amp; les autres mouches. Il se meut avec beaucoup de vîtesse, &amp; cherche les fleurs &amp; les fruits. Il y en a de deux ou trois sortes, mais tous fort petits. Ils n'ont pas tous le même plumage. Les plus gros sont noirâtres. On l'appelle aussi l'oiseau mouche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5622" id="1" type="blason">
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    <head>BOURDONNE, ÉE</head>
    <p>
    BOURDONNE, ÉE , adj. Terme de Blason , qui se dit des croix garnies aux extrémités de pommes ou bâtons semblables à ceux des Pélerins, ou dont les branches sont tournées, &amp; arrondies en bourdons de Pélerins. On les appelle plus ordinairement <i>pommetées. Globatus.</i> Les Prieurs mettent aussi des bourdons ou des bâtons derrière l'Ecu de leurs Armes, pour marque de commandement, comme les Abbés font des crosses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5623" id="1" type="">
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    <head>BOURDONNEMENT</head>
    <p>
    BOURDONNEMENT , s. m. Bruit sourd &amp; confus que font les bourdons. <i>Bombus, murmur, fremitus.</i> On le dit aussi de ce bruit confus que font les hommes qui murmurent.</p><p>On appelle aussi un <i>bourdonnement</i> d'oreilles, cette espèce d'infirmité qui fait entendre un bruit sourd, &amp; qui est un commencement de surdité.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURDONNER" />
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    <head>BOURDONNER</head>
    <p>
    BOURDONNER , v. n. Faire un bruit sourd tel que font les bourdons. <i>Bombum facere, edere.</i> Il n'y a rien de plus importun qu'une mouche qui <i>bourdonne</i> aux oreilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5624" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURDONNER" />
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    <head>BOURDONNER</head>
    <p>
    <pb n="693" facs="bpt6k8542165/f733/full/1200,/0/native.jpg"/> Bourdonner , se dit figurément d'un murmure ou d'un bruit confus dont on n'entend que la moitié des paroles. <i>Strepere, murmurare, susurrare.</i> J'ai entendu <i>bourdonner</i> quelque chose de cette nouvelle, mais je n'en sai pas le détail. Il est vieux ; mais cela m'empêche pas qu'on ne s'en serve encore dans le style bas &amp; comique. Ce vieux fou <i>bourdonne</i> incessamment ; pour dire, Il ne fait que murmurer entre ses dents.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5625" id="1" type="chirurgie">
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    <head>BOURDONNET</head>
    <p>
    BOURDONNET , s. m. Terme de Chirurgie . Les <i>bourdonnets</i> sont de charpie, ils ont la forme d'un noyau d'olive : on s'en sert pour arrêter le sang qui coule d'une plaie, pour tenir une plaie dilatée, pour y porter des médicamens, &amp; pour en absorber le pus. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5626" id="1" type="">
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    <head>BOURG</head>
    <p>
    BOURG , s. m. Ville non close ; habitation de peuple qui tient le milieu entre la ville &amp; le village. <i>Vicus, pagus.</i> Quelques-uns le restreignent aux lieux qui ne sont fermés ni de murs, ni de fossés. D'autres au contraire, comme Messieurs de l'Académie, veulent que ce soit un gros village, fermé de petites murailles. Il y a peu de fiefs considérables où les Moines n'aient bâti de nouveaux <i>bourgs,</i> du consentement des Seigneurs ; &amp; la fondation des Prieurés a produit cet avantage d'augmenter le nombre des habitans, &amp; de mettre à profit beaucoup de terres incultes ; parce que ces nouveaux <i>bourgs</i> étoient peuplés de nouveaux habitans ; &amp; c'étoit une des premières conditions du traité que les Moines faisoient avec les Seigneurs. Du reste, les Seigneurs leur laissoient tout l'exercice de la Justice sur ces étrangers, &amp; n'en exigeoient aucun service, ni aucune corvée, si ce n'étoit celle de travailler à la réparation des ouvrages publics, dont ils avoient l'usage, aussi-bien que les anciens habitans, comme les ponts &amp; les chaussées. Lobineau.</p><p>Nicot &amp; Cujas dérivent ce mot du Latin <i>pyrgus,</i> venu du Grec , ou du Latin <i>burgus.</i> Cambden est à-peu-près de même opinion, <i>Britan.</i> p. 625. &amp; 852. Car il prétend que ce nom ne s'est formé que sous les derniers Empereurs, après la translation de l'Empire à Constantinople, du nom ; qu'il signifie un petit château, un fort ; &amp; que c'est de-là que vient le nom des Bourguignons, parce qu'ils habitoient dans ces sortes de châteaux. Mais ce mot vient de l'Allemand <i>burg</i>, qui est très-ancien dans cette langue, comme on voit par la terminaison de la plupart de leurs villes. Luitprand, Liv. III. chap. 12. en parlant des Bourguignons, dit, que dans leur langue <i>burgum</i> signifie un amas, ou assemblage de maisons, qui n'est point renfermé de murailles. Les Allemands appelloient <i>burger,</i> ou <i>Burgar,</i> les habitans de ces sortes de lieux. Isidore, Liv. IX. ch. 4. dit <i>Burgarii à burgis dicti.</i> Dans Végèce le mot de <i>burgus</i> signifie seulement une <i>tour,</i> ou <i>petit château.</i> Le sentiment le plus vraisemblable c'est que <i>burgus</i> vient du mot <i>pyrgus,</i> ; le se change aisément en <i>b,</i> &amp; l' Grec se change en <i>u</i> dans plusieurs mots qui ont passé de la langue Grecque dans la Latine, &amp;c. Ou plutôt , &amp; <i>burg,</i> sont le même nom. Voyez Cluvier, <i>Germ. Ant.</i> Liv. I. p. 110.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURG</head>
    <p>
    BOURG , s. m. Ville de France, capitale de la Bresse. On dit souvent <i>Bourg-en-Bresse. Forum Segusianum. Tanum, Burgus.</i> Mrs de Méziriac &amp; Vaugelas, souvent cités dans ce Dictionnaire, étoient de <i>Bourg-en-Bresse.</i></p><p><i>Bourg-sur-mer,</i> est une autre ville de France en Guyenne à l'embouchure de la Dordogne dans la Garonne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURG</head>
    <p>
    Faux-bourg , s. m. Habitation de peuple attenant les portes d'une ville. <i>Suburbium.</i> Les villes de guerre ne doivent point avoir de <i>Faux-bourgs</i> ; car ils favorisent les approches des ennemis.</p><p>Ce mot vient de <i>fors</i> &amp; <i>bourg,</i> comme qui diroit <i>hors le bourg.</i></p><p>On dit figurément de ceux qui approchent de quelque chose, mais qui ne sont pas dedans, qu'ils sont dans les <i>fauxbourgs.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURG-ACHARD</head>
    <p>
    &#9758; BOURG-ACHARD , s. m. (on prononce assez communément <i>Boc-achard.</i>) Prieuré de Chanoines réguliers, fondé vers l'an 1142. dans le Roumois au Diocèse de Rouen. Les Religieux de la réforme de Friardel en prirent possession en 1685, &amp; les Supérieurs généraux de la réforme y font ordinairement leur résidence. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. II. p.</i> 318.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5629" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURG-THEROUDE" />
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    <head>BOURG-THEROUDE</head>
    <p>
    &#9758; BOURG-THEROUDE , s. m. (on prononce assez communément <i>Bou-Troude.</i>) Bourg ou Village, chef-lieu d'un Doyenné rural du Diocèse de Rouen, &amp; Collégiale fondée ou rétablie en 1693. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. II. p.</i> 342.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGADE</head>
    <p>
    BOURGADE , s. f. Diminutif de <i>Bourg. Pagus.</i> Cette Comté a dix villes, trente <i>bourgades,</i> &amp; quatre à cinq cents villages. Patru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5631" id="1" type="coutume">
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    <head>BOURGAGE</head>
    <p>
    BOURGAGE , s. m. Terme de Coutume . Ce qui est situé dans l'étendue des villes, &amp; de la banlieue. Ce sont proprement les masures, manoirs &amp; héritages qui sont ès bourgs, &amp; qui sont tenus sans fief du Roi, ou d'autres Seigneurs du bourg, &amp; qui gardent les coutumes des bourgs, &amp; payent les rentes aux termes accoutumés, sans qu'ils doivent autre censive ni redevance.</p><p>Quand il s'agit de l'Angleterre, <i>le Bourgage</i> est la manière dont les Cités, les Villes, les Bourgs, &amp;c. tiennent leurs terres du Roi, ou de quelque autre Seigneur, moyennant une certaine rente ou redevance annuelle. Harris. M. Boyer ajoûte que c'est aussi cette rente, ou redevance ; mais Harris ne le dit point.</p><p>On dit <i>Franc-bourgage,</i> comme on dit Franche-bourgeoisie. Par une Déclaration du 4. Décembre 1641. le Roi ordonna que toutes personnes, nobles &amp; roturiers, propriétaires &amp; possesseurs d'héritages allodiaux en <i>franc-bourgage</i> &amp; franche-bourgeoisie, qui n'ont Justice, fussent &amp; demeurassent confirmés, &amp; leurs successeurs à perpétuité, à leur allodialité, &amp;c. Les villes de Gisors &amp; de Neaufle, dont tout le territoire est de temps immémorial en <i>franc-bourgage,</i> ne font qu'une seule &amp; même Seigneurie. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. T. II. pag.</i> 298.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGEOIS, BOURGEOISE" />
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    <head>BOURGEOIS, BOURGEOISE</head>
    <p>
    BOURGEOIS, BOURGEOISE . Prononcez BOURJOIS, s. Nom collectif. L'assemblage du peuple qui habite dans une ville. <i>Cives.</i> Il ne faut pas mettre les armes entre les mains des <i>bourgeois.</i> La Police des marchés veut que le <i>bourgeois</i> soit fourni avant les Marchands &amp; Regratiers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGEOIS, BOURGEOISE</head>
    <p>
    Bourgeois , signifie quelquefois dans le Droit Des roturiers qui habitent les villes, &amp; sont opposés aux vilains qui habitent la campagne. <i>Civis ignobilis.</i> Dans la plus basse Latinité on trouve <i>Burgensis,</i> pour signifier habitant d'une ville. Voyez <i>Act. Sanct. Mart. T. III. p.</i> 417. A. 536. A. 551. A. <i>&amp;c.</i></p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>burger</i>, signifiant la même chose ; ou plutôt, selon Pasquier, du vieux mot <i>bourg,</i> qui signifioit une ville.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGEOIS, BOURGEOISE</head>
    <p>
    Bourgeois , se dit aussi de chaque particulier habitant de la ville. <i>Civis.</i> Ce Marchand, cet Avocat est un bon <i>bourgeois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGEOIS, BOURGEOISE</head>
    <p>
    Bourgeois , se dit aussi pour marquer les gens du tiers Etat, à la distinction des Gentilshommes &amp; des Ecclésiastiques, qui jouissent de plusieurs priviléges dont le peuple ne jouit pas. Les charges de l'Etat sont portées par le <i>bourgeois.</i> On dit en ce sens, Un tel est Gentilhomme, &amp; un tel n'est que <i>bourgeois.</i> Une telle femme est bien Demoiselle, &amp; une telle n'est qu'une simple <i>bourgeoise.</i></p><p>On appelle en plusieurs Coutumes <i>Bourgeois du Roi,</i> des habitans qui ont quelque privilége pour plaider seulement en la Jurisdiction Royale, &amp; décliner la Jurisdiction des Seigneurs : ce qui a lieu dans les Coutumes de Troyes, de Champagne, de Chaumont, de Sens &amp; d'Auxerre : ce qu'on appelloit aussi <i>droit de jurée,</i> parce que ceux qui se rendoient justiciables du Roi, faisoient un serment par devant le Juge Royal ; &amp; pour cela on payoit un droit de six deniers pour livre des meubles, &amp; deux deniers des immeubles ; ce qui s'appelloit <i>droit de bourgeoisie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGEOIS, BOURGEOISE</head>
    <p>
    Bourgeois , se dit quelquefois en mauvaise part par opposition à un homme de la Cour, pour signifier Peu galant, peu spirituel, qui vit &amp; raisonne à la manière du bas peuple. C'est un franc <i>bourgeois.</i> Molière a dit, Je ne vis jamais un corps composé d'atomes plus <i>bourgeois.</i> Le Gentilhomme <i>bourgeois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGEOIS, BOURGEOISE</head>
    <p>
    Bourgeois Fieffé , C'est l'habitant d'une ville dont la bourgeoisie, la Mairie, l'Echevinage &amp; la Commune sont tenues en fief du Roi, ou d'un autre Seigneur Ragueau.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BOURGEOIS, BOURGEOISE</head>
    <p>
    Bourgeois , en termes de Marine , est le propriétaire d'un vaisseau, soit par achat, soit qu'il en ait fait faire la construction. <i>Navis dominus.</i> C'est celui qui l'équipe de tous ses apparaux &amp; agreils, &amp; qui le frette ensuite ; c'est-à-dire, le loue à un Marchand pour faire voyage, suivant les conditions d'un traité qu'on appelle <i>charte-partie.</i></p><p>Ce mot est venu du style de la Hanse Teutonique, à cause qu'il n'est permis en Allemagne qu'aux <i>bourgeois</i> des Villes Hanséatiques d'avoir &amp; de faire construire des navires, &amp; qu'en effet tous les Seigneurs &amp; propriétaires d'un navire sont nommés <i>bourgeois.</i> Les Patrices ou Senateurs de Rome ne pouvoient posséder ou tenir en propre des navires, mais seulement des barques : cela n'étoit permis qu'aux <i>bourgeois.</i></p><p>Les ouvriers appellent aussi <i>bourgeois,</i> celui pour lequel ils travaillent. Il faut servir le <i>bourgeois.</i> Le Maçon, l'Artisan, tâchent toujours de tromper le <i>bourgeois.</i> C'est en ce sens &amp; en opposant les <i>Bourgeois</i> aux Artisans, que le Roi dit dans l'Ordonnance de 1667. art. XI. Les Juges &amp; les parties pourront nommer pour experts des <i>Bourgeois</i> ; &amp; en cas qu'un Artisan soit intéressé en son nom contre un <i>bourgeois,</i> ne pourra être pris pour tiers expert qu'un <i>bourgeois.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGEOIS, OISE" />
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    <head>BOURGEOIS, OISE</head>
    <p>
    BOURGEOIS, OISE , est aussi adj. dans les mêmes sens qu'il est substantif. Une maison <i>bourgeoise,</i> c'est une maison bâtie simplement &amp; sans magnificence, mais commode &amp; logeable ; &amp; elle est également opposée à palais, hôtel, &amp; à cabane, ou maison de paysan &amp; d'artisan. On appelle dans les bourgs &amp; villages maisons <i>bourgeoises,</i> celles que les bourgeois des villes voisines y ont, par opposition à celles des habitans du lieu. Dans les villages des environs de Paris tout est plein de maisons <i>bourgeoises</i> très-propres. Une maison ou famille <i>bourgeoise,</i> est une famille qui n'est pas noble, mais au-dessus de l'artisan, par ses biens &amp; ses emplois. On le dit aussi adjectivement dans l'autre sens. Cela est du dernier <i>bourgeois.</i> Mol. Corrigez-vous de vos façons de parler <i>bourgeoises,</i> c'est-à-dire, basses &amp; populaires. Il a des manières d'agir tout-à-fait <i>bourgeoises.</i> Vous allez voir entrer dans cette famille un air <i>bourgeois</i> qui n'en sortira de dix générations.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGEOIS, OISE</head>
    <p>
    Franc-bourgeois . Voyez <ref type="search" target="head:Franc">Franc</ref>.</p><p>On appelle <i>garde-bourgeoise,</i> un droit établi dans la Coutume de Paris à l'imitation de la garde-noble, par lequel les père &amp; mère, aïeul, ou aïeule, ont droit de jouïr des biens de leurs enfans mineurs sans leur en rendre compte, en les entretenant selon leur état, &amp; en payant leur dettes mobiliaires. <i>Pupillorum tutela, &amp; hereditatis procuratio.</i></p><p>On appelle aussi <i>garde-bourgeoise,</i> la milice des <i>bourgeois</i> qui font garde en quelque partie de leur ville. <i>Civium excubiae.</i> On appelle <i>caution bourgeoise,</i> une bonne caution, &amp; facile à discuter.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGEOIS, OISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BOURGEOIS, OISE</head>
    <p>
    Bourgeois , s. m. Sorte de petite monnoie de billon, qui avoit cours sous le règne de Philippe le Bel. Il y avoit des <i>bourgeois simples,</i> &amp; des <i>bourgeois</i> doubles. Les <i>bourgeois</i> simples étoient les deniers parisis, &amp; les <i>bourgeois</i> doubles, les doubles parisis. Le Blanc. <i>Traité de monnoies.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGEOIS" />
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    <head>BOURGEOIS</head>
    <p>
    BOURGEOIS , ne se dit jamais pour Habitant de Bourges. Il faut dire Habitant de Bourges, un homme, une femme de Bourges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5634" id="2" type="fleuriste">
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    <head>BOURGEOIS</head>
    <p>
    Bourgeoise , s. f. Terme de Fleuriste . Tulipe d'un rouge vif tirant sur l'orangé, &amp; blanc. Morin. <i>Cult. des Fl.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5635" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURGEOISEMENT" />
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    <head>BOURGEOISEMENT</head>
    <p>
    BOURGEOISEMENT , adv. D'une manière bourgeoise. <i>Agrestiùs, simpliciùs, rudiùs.</i> Il vit, il parle, il raisonne <i>bourgeoisement.</i> Sur le midi il dîne <i>bourgeoisement,</i> &amp; en famille ; mais bien &amp; avec appétit. Vign. marv.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGEOISIE" />
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    <head>BOURGEOISIE</head>
    <p>
    BOURGEOISIE , s. f. Droit qu'on acquiert, par la demeure qu'on fait dans une ville, de jouïr des priviléges qui lui sont accordés. <i>Jus civitatis.</i> Il faut une demeure de dix ans dans les villes franches pour acquérir le droit de <i>bourgeoisie</i> &amp; l'exemption de la taille. Le droit de <i>bourgeoisie</i> à Rome, ou de Citoyen Romain, donnoit de grands avantages : on l'accordoit même à des étrangers. Lacédémone étoit si jalouse de son droit de <i>bourgeoisie,</i> qu'Hérodote a observé qu'elle ne l'a accordé qu'a deux personnes. La Guill. Les François perdent le droit de <i>bourgeoisie</i> Françoise, en s'établissant dans les pays étrangers ; mais ils le recouvrent s'ils reviennent en France. Pimont dans le <i>Nouveau Praticien François.</i> Voyez dans l'<i>Hist. de Lyon</i> du P. Menestrier, p. 448. la manière dont on doit demander la <i>bourgeoisie</i> &amp; y être reçu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5636" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURGEOISIE" />
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    <head>BOURGEOISIE</head>
    <p>
    Bourgeoisie , se dit aussi en termes collectifs, de tout le corps des <i>bourgeois. Cives.</i> La <i>bourgeoisie</i> est en armes, &amp;c. La <i>bourgeoisie</i> est toujours la Copie de la Cour. Scar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5637" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURGEON" />
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    <head>BOURGEON</head>
    <p>
    BOURGEON . Prononcez BOURJON, s. m. Le bouton qui pousse aux arbres &amp; aux plantes au printemps. <i>Gemma, oculus.</i> La gelée n'est dangereuse que lorsque les <i>bourgeons</i> commencent à pousser.</p><p>Ce mot vient de <i>burrio</i>, qui a été fait de <i>burra, bourre.</i> Ménage. Les <i>bourgeons</i> ont la même peau, le même parenchyme, les mêmes corps ligneux, les mêmes insertions, &amp; les mêmes moëlles que la tige, c'est-à-dire, les mêmes parties, qui, par le moyen d'un nouveau suc qui y entre continuellement, reçoivent une extention pareille à celle de l'or qui passe par la filière, &amp; qui se déploient à-peu-près comme les tuyaux d'une lunette d'approche. Les <i>bourgeons</i> sont toujours placés entre la tige ou branche dont ils sortent, &amp; la base des pédicules, ou queues des feuilles.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGEON" />
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    <head>BOURGEON</head>
    <p>
    Bourgeon , se dit aussi de tout le nouveau jet des arbres &amp; des vignes. <i>Germen, surculus.</i> On défend l'entrée des bêtes dans les bois nouvellement coupés, à cause qu'elles mangent les <i>bourgeons,</i> les jets tendres &amp; nouveaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5637" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOURGEON" />
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    <head>BOURGEON</head>
    <p>
    Bourgeon , est aussi un bouton rouge qui vient au visage, ainsi nommé, à cause qu'il en vient d'ordinaire à ceux qui boivent trop de vin, comme si c'étoit encore la vigne qui poussât un <i>bourgeon. Papula.</i> Elle peint de <i>bourgeons</i> son visage guerrier. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5638" id="1" type="">
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    <head>BOURGEONNER</head>
    <p>
    BOURGEONNER , v. n. Pousser des bourgeons. <i>Gemmare, gemmas agere.</i> Les arbres <i>bourgeonnent</i> au printemps. On dit figurément de ceux qui ont des élevures, des bubes au front, au nez, au visage, que leur front, leur nez, leur visage commence à <i>bourgeonner.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGEONNER" />
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    <head>BOURGEONNER</head>
    <p>
    Bourgeonné, ée , part. &amp; adj. <i>Gemmatus.</i> Qui a des bourgeons au visage. On dit ordinairement que les ivrognes ont des nez <i>bourgeonnés.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURG-ÉPINE</head>
    <p>
    BOURG-ÉPINE , s. m. C'est un arbrisseau, qu'on appelle autrement <i>Nerprun,</i> ou <i>Noirprun. Rhamnus.</i> Voyez ces mots.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGES" />
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    <head>BOURGES</head>
    <p>
    BOURGES , s. m. Ville de France, Capitale du Berry. <i>Bituriges, Avaricum Biturigum. Bourges</i> est situé au confluent de l'Eure &amp; de l'Auron, tout entouré de marais excepté d'un côté, comme a dit César dans ses Commentaires. <i>Bourges</i> est l'ancien <i>Avaricum Biturigum</i> ; &amp; Scaliger traite d'impertinent &amp; de fou, quiconque ose dire que c'est Vierzon, à cause de quelque ressemblance du nom. M. Cathérinot a montré la même chose ; 1°, dans son Patriarchat de <i>Bourges,</i> &amp; 2°, dans une Dissertation exprès, intitulée, le <i>vray Avaric.</i> Voyez aussi la Thaumassière, <i>Hist. de Berry.</i> L. I. C. 3.</p><p><i>Bourges</i> est une des plus anciennes villes de l'Europe. Dès le temps du vieux Tarquin elle étoit le Siège de l'Empire des Gaules, &amp; donnoit des Rois aux Celtes. Dans la suite elle fut la Capitale du Royaume d'Aquitaine. De Hauteserre, <i>Not. in Greg. Tur. L. II. p.</i> 46. François I. alla un jour entendre Alciat dans les Ecoles de <i>Bourges.</i> C'est à <i>Bourges</i> que Melchior Volmar, Professeur de Grec à <i>Bourges,</i> infecta Calvin du Luthéranisme. Louïs XI. nâquit à <i>Bourges</i> en 1423. Charles VII. fit son séjour le plus ordinaire à <i>Bourges</i> dans les premières années de son règne, ce qui fit que ses ennemis par dérision l'appellèrent <i>Roi de Bourges.</i> Voyez les <i>Antiquités de Bourges</i> par Chenu, &amp; l'<i>Histoire de Berry</i> par La Thaumassière. M. Catherinot a fait différentes Dissertations ou recherches sur <i>Bourges</i> ; voici les principales, Le siége de <i>Bourges,</i> Annales Académiques de <i>Bourges</i> ; Le Patriarchat de <pb n="695" facs="bpt6k8542165/f735/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Bourges</i> ; Les Tribunaux de <i>Bourges</i> ; Les Archevêques de <i>Bourges</i> ; Les Diocèses de <i>Bourges</i> ; Les Eglises de <i>Bourges</i> ; Annales Typographiques de <i>Bourges</i> ; Le Pouillé de <i>Bourges,</i> &amp;c.</p><p>Ce mot, <i>Bourges,</i> s'est formé de <i>Bituriges,</i> que l'on prononçoit <i>Bitouriges, Betourges, Betourges, Btourges, Bourges.</i> Cujas, <i>In Recit. ad Decret.</i> dit que le nom de <i>Bourges</i> ne vient pas du Latin <i>Bituriges,</i> mais d'un ancien mot Gaulois, parce que les peuples de cette Contrée étoient appellés Bourgeois, ou Bourgiens. D'autres l'ont tiré du Grec . Quelques-uns croient que le mot <i>Biturix</i> fut donné à cette ville, parce qu'il y avoit deux tours : c'est un conte sans fondement. Quelques-uns même semblent rapporter cela à la fameuse grosse tour de <i>Bourges</i> bâtie par Philippe Auguste, comme si le nom de <i>Biturix,</i> ou de <i>Bituriges,</i> n'étoit pas plus ancien que ce Prince. <i>Biturix</i> est un mot Celtique, dont nous ignorons l'origine &amp; la signification. Voyez sur cette ville l'<i>Hist. de Berry</i> par Chaumeau, &amp; celle de la Thaumassière. L. I. C. 1. 2. 3. L. II. C. 1. &amp;c.</p><p>M. Cathérinot, dans son Patriarchat de <i>Bourges,</i> prouve que <i>Bourges</i> est non-seulement une Primatie, mais aussi un Patriarchat ; ses principales raisons sont que Didier, <i>Desiderius,</i> Evêque de Cahors, écrivant à saint Sulpice le Débonnaire, Archevêque de <i>Bourges,</i> qui mourut en 640. le traite de Patriarche. Cette lettre est dans Du Chesne, <i>Hist. Gall. Script. p.</i> 88. Que Théodulphe Evêque d'Orléans, écrivant à S. Aoust, ou Aigulphe, qui mourut en 842. dit qu'il a par-dessus les autres l'honneur Patriarchal du premier siége, &amp; qu'il a sous lui une troupe de Pères ; que le Pape Nicolas I. écrivant à S. Raoul, aussi Archevêque de <i>Bourges,</i> qui mourut en 866, le nomme Patriarche. Il devoit dire que dans cette lettre à Raoul, le Pape Nicolas déclare que l'Archevêque de <i>Bourges,</i> en vertu de son Patriarchat, n'avoit de jurisdiction sur l'Eglise de Narbonne qu'en cas d'appel, &amp; qu'il ajoûte, qu'en vertu du même Patriarchat, il devoit gouverner l'Eglise de Narbonne pendant la vacance du Siège ; ce qui est non-seulement appeller l'Archevêque de <i>Bourges</i> Patriarche ; mais reconnoître qu'il étoit en possession de ce titre, &amp; qu'il en exerçoit les fonctions. On n'a donc pas raison de dire que Nicolas fut le premier qui donna ce titre à l'Archevêque de <i>Bourges.</i> Catherinot ajoûte que Jean VIIIe nomme l'Eglise de <i>Bourges</i> Cardinale, qui est un nom fort approchant du Patriarchat ; que le B. Robert d'Arbrissel, écrivant à Léger, Archevêque de <i>Bourges,</i> le nomme aussi Patriarche ; que <i>Gofredus, Prior Vosiensis,</i> qualifie Patriarche de <i>Bourges,</i> Albert Archevêque de la même ville ; que la Glose du Decret reconnoit un Patriarchat à <i>Bourges</i> : c'est sous la Dinstinct. 22. Canon 7. S. Antonin, Archevêque de Florence, mort en 1459, observe qu'il y a trois choses dans l'Eglise de <i>Bourges,</i> Métropole, Primatie &amp; Patriarchat. Le Cardinal Alexandre passe plus avant sur le canon <i>Definimus dist.</i> 22. &amp; dit que l'Archevêque de <i>Bourges</i> est le premier Patriarche après les quatre premiers. En 1210, ou environ, Philippe Auguste écrivit à Innocent III. pour faire confirmer la Primatie de <i>Bourges,</i> parce que c'étoit, dit-il, le seul Patriarchat de son Royaume. Enfin, Coquille, le plus judicieux de nos Jurisconsultes François, &amp; Chasseneuve, disent la même chose. Il prétend même que les Archevêques de <i>Bourges</i> ont exercé les fonctions Patriarchales ; que c'est en cette qualité que Vaugrain, Archevêque de <i>Bourges,</i> benit en 1122. Suger Abbé de S. Denys dans l'Eglise de S. Denys même, en présence de Louïs Le Gros ; que Guillaume de Boisratier, qui mourut en 1421, Henri d'Avaugour mort en 1446, &amp; le Cardinal de Tournon, ont aussi fait les mêmes fonctions, aussi-bien que M. de Beaune, qui donna l'absolution à Henri IV. &amp; il cite les preuves des libertés Gallicanes, p. 406. M. Catherinot conjecture que le Patriarchat de <i>Bourges</i> fut institué sous Louïs le Débonnaire, Roi des Aquitaines, &amp; depuis Empereur. Ses principales raisons sont, que la ville de <i>Bourges</i> étoit devenue alors Capitale des trois Aquitaines, &amp; que vers ce temps-là Raoul, Archevêque de <i>Bourges,</i> est traité de Patriarche. Voilà ce que sa Dissertation contient de plus particulier. Raoul, élû Archevêque en 840. dans des lettres de fondation d'un Monastère rapportées par le Père Mabillon, <i>Act. SS. Bened. Saec. IV. P. II. p.</i> 1158, prend le titre d'Evêque du premier Siége, <i>primae sedis Episcopus. Bourges</i> a une Université fameuse autrefois pour le Droit, &amp; où il vient encore beaucoup d'étrangers. M. l'Abbé Fleury, qui, dans son <i>Hist. Eccl.</i> L. LVe, p. 180. Tom. XI. &amp; Liv. LXXXIV. p. 519. T. XVII. reconnoît le Patriarchat de Raoul, croit aussi qu'il fut érigé, parce que <i>Bourges</i> étoit la Capitale du Royaume d'Aquitaine, que Charlemagne avoit donné à Louïs le Debonnaire, &amp; il ne croit pas qu'on ait parlé de ce Patriarchat avant ce temps-là. Cependant Théodulphe d'Orléans vivoit &amp; écrivoit plus de vingt ans, &amp; Didier, cité par M. Cathérinot, plus de 200 ans avant le Pape Nicolas.</p><p>Quand à la Primatie, elle s'étendoit d'abord sur les Provinces de Narbonne, d'Auch &amp; de Bourdeaux. La Province de Narbonne est la première qui s'en est soustraite, ensuite celle d'Auch ; mais Bourdeaux y demeura soumis, &amp; en 1146. Eugene III. confirma par une Bulle la Primatie de <i>Bourges</i> sur cette Province ; &amp; les Archevêques de <i>Bourges</i> ont jouï incontestablement de ce droit pendant plusieurs siècles, comme il paroît par la Translation de Frotaire, qui en 876. demanda en grace de passer du Siége de Bourdeaux à celui de <i>Bourges,</i> &amp; par la lettre de Philippe Auguste à Innocent III. en faveur de Gerard de Cros, Archevêque de <i>Bourges,</i> rapportée dans le <i>Gallia Christiana,</i> Tom. I. p. 174. Les Rois d'Angleterre, devenus Ducs de Guyenne, voulurent soustraire Bourdeaux à la Primatie de <i>Bourges</i> ; Philippe Auguste s'en plaignit à Innocent III. en 1211. &amp; le pria de conserver les droits de cette Eglise, qui étoit la seule primatiale de son Royaume. Ce Pape confirma ce droit à S. Guillaume l'an 1200, &amp; le supposant incontestable, l'année 1212. il confirma la suspense prononcée par l'Archevêque de <i>Bourges</i> contre l'Archevêque de Bourdeaux, pour n'être pas venu à son Concile ; &amp; ne la leva qu'après que l'Archevêque de Bourdeaux eut promis d'aller au Concile de <i>Bourges</i> quand il y seroit appellé. Alexandre III. Luce III. Urbain III. Clement III. Celestin III. &amp; enfin Gregoire IX. prononcèrent en faveur de <i>Bourges,</i> &amp; les Archevêques de Bourdeaux reconnurent sans difficulté l'Archevêque de <i>Bourges</i> pour leur Primat, comme il paroît par une lettre d'Etienne de Noyon à Honorius III. par l'Auteur de la vie de S. Guillaume dans Surius, par la lettre que Gerard de Mal-mort, Archevêque de Bourdeaux, écrivit le 28e Octobre de l'année 1247. à Philippe Berruyer, Archevêque de <i>Bourges,</i> qui lui avoit mandé qu'il alloit faire sa visite dans sa Province, qu'il se préparât, &amp; qu'il en avertît ses Suffragants, à quoi Gerard répond qu'il est prêt à le recevoir avec honneur, aussi-bien qu'à exécuter ses ordres. Enfin, en 1255. Le Cardinal Octavien, par commission du Pape, fit un règlement pour la visite de l'Archevêque de <i>Bourges</i> dans la Province de Bourdeaux, &amp; le Pape Alexandre IVe le confirma. Ce ne fut qu'en 1305. que Clement Ve, qui avoit été Archevêque de Bourdeaux, transporta, si l'on en croit Matthieu de Westminster &amp; Walsingham, deux Auteurs Anglois, la Primatie d'Aquitaine de <i>Bourges</i> à Bourdeaux.</p><p>Quelques-uns confondent le Patriarchat de cette Eglise avec sa Primatie, comme si c'étoit la même chose. Messieurs de Sainte-Marthe, dans leur <i>Gallia Christiana,</i> Tome I. p. 141. conviennent que Sulpice, Archevêque de <i>Bourges,</i> est appellé Patriarche par Didier de Cahors, mais ils disent qu'en ces temps Patriarche ne signifioit autre chose que Métropolitain. Tout ceci est tiré de Messieurs de Sainte-Marthe, Catherinot &amp; de Hauteserre, <i>Rer. Aquit. L. IV. c.</i> 4. De la Brousse a écrit contre. Voy. Bourdeaux.</p><p><i>Bourges</i> porte d'azur à trois moutons d'argent, accollés de gueules, clarinés d'or, 1, 2, à la bordure dentelée de gueules.</p><p>
    </p>
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    <head>BOURG-MESTRE</head>
    <p>
    BOURG-MESTRE , s. m. l'S se prononce. Premier Magistrat des villes de Flandre, de Hollande &amp; d'Allemagne. Il est comme le Maire &amp; le Gouverneur ; il donne des ordres pour le gouvernement, l'administration des finances, la justice &amp; la police de la ville. Le pouvoir &amp; les droits des <i>Bourg-mestres</i> ne sont pas égaux par-tout : chaque ville a ses loix &amp; ses statuts particuliers. En Allemand on l'appelle <i>Burgermeister.</i> On ne sait pas bien comment on pourroit exprimer cette dignite en Latin. Les uns l'expriment par <i>Senator,</i> &amp; les autres par <i>Consul.</i></p><p>Ce mot est formé de deux termes Flamands ; <i>Borger,</i> bourgeois, &amp; <i>Meester,</i> maître, c'est-à-dire, le maître &amp; le protecteur des bourgeois. M. Bruneau, dans son <i>Traité des Criées,</i> dit que <i>Bourg-mestre</i> en Hollande répond à ce qu'on appelle Alderman, &amp; Sherif en Angleterre, Attourné à Compiegne, Capitoul à Toulouse, Consul en Auvergne &amp; Languedoc, Jurat à Bourdeaux, Pair de Ville à Beauvais, Echevin à Paris, Lyon, Rouen, Tours, Angers, &amp;c.</p><p>
    </p>
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    <head>BOURG-MESTRE</head>
    <p>
    Bourgmestres , se dit aussi figurément &amp; en badinant des plus considérables bourgeois d'une Ville. Tous les honorables <i>Bourgmestres</i> jetterent les yeux sur nos inconnus. Scar.</p><p>
    </p>
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    <head>BOURGOGNE</head>
    <p>
    BOURGOGNE , s. f. Grand pays de France qui a pour bornes à l'Orient les Suisses, &amp; une partie de l'Alsace ; à l'Occident le Gâtinois, le Nivernois &amp; le Bourbonnois ; au Midi le Lyonnois &amp; la Bresse, au Nord la Champagne &amp; la Lorraine. <i>Burgundia.</i> Ce nom de <i>Bourgogne</i> vient de celui de Bourguignons, peuples qui l'ont conquise &amp; possédée. Celui de <i>Burgundia</i> ne se trouve point avant Cassiodore, il est le premier qui en ait usé. Nous donnons la terminaison <i>ogne</i> à plusieurs noms de lieux terminés en Latin en <i>ia,</i> comme Cologne, Boulogne, Pologne, Catalogne, Sologne. La <i>Bourgogne</i> est le pays des anciens Eduens, Sénonois &amp; Séquaniens. La <i>Bourgogne</i> se divise en deux parties, dont l'une est le Comté de <i>Bourgogne,</i> ou la Franche Comté, que quelques-uns appellent la haute <i>bourgogne ;</i> l'autre est le Duché de <i>Bourgogne,</i> que quelques-uns nomment la Basse <i>Bourgogne.</i> Les Eduens &amp; les Sénonois occupoient celui-ci, &amp; les Séquaniens habitoient l'autre. La <i>Bourgogne</i> a été appellée la Mère des eaux, parce que plusieurs grandes rivières des Gaules y ont leur source, ou l'arrosent.</p><p>Le Duché de <i>Bourgogne</i> est la partie Occidentale de la <i>Bourgogne, Burgundiae Ducatus,</i> qui a le Comté de <i>Bourgogne</i> à l'Orient, au Midi la Bresse &amp; le Beaujolois, le Nivernois au Couchant, la Champagne au Nord. La Capitale du Duché de <i>Bourgogne</i> est Dijon. Les vins de <i>Bourgogne</i> sont les meilleurs vins de l'Europe pour l'usage ordinaire.</p><p>Le Comté de <i>Bourgogne</i> est la partie Orientale de la <i>Bourgogne,</i> qui a pour bornes au Couchant le Duché de <i>Bourgogne,</i> &amp; une petite partie de la Champagne ; au Nord la Lorraine, au Levant le Comté de Mont-Belliard &amp; la Suisse, au Midi la Bresse &amp; le Pays de Gex. Dole étoit autrefois la Capitale du Comté de <i>Bourgogne,</i> aujourd'hui c'est Besançon. Le Comté de <i>Bourgogne</i> fut cédé à la France par les Espagnols à la paix de Nimègue en 1678.</p><p><i>Bourgogne</i> propre. Quelques-uns appellent ainsi le Dijonnois ; l'un des sept Bailliages du Duché de <i>Bourgogne,</i> duquel Bailliage Dijon est la Capitale.</p><p>Royaume de <i>Bourgogne.</i> C'est un puissant Etat que les Bourguignons établirent autrefois dans les Gaules, &amp; qui comprenoit outre les deux <i>Bourgognes,</i> le Nivernois, la Bresse, le Bugey, &amp; la Suisse ; &amp; qui s'étendit ensuite dans le Valais, la Savoye &amp; le Dauphiné. Le Royaume de <i>Bourgogne</i> s'étendoit du côté du Rhône &amp; de la Saône, comprenoit une partie de la Provence, &amp; ce que nous appellons aujourd'hui le Dauphiné, la Savoye, la Franche-Comté, presque tout le Duché de <i>Bourgogne,</i> le Nivernois &amp; une partie de la Champagne. P. Dan. Il étoit divisé en sept Provinces, dont les Métropoles étoient Arles, Vienne, Lyon, Besançon, Moustier en Tarentaise, Embrun, Aix en Provence. Voyez le Maire, L. III. de ses <i>Illustrations des Gaules,</i> &amp; Pierre de S. Julien, <i>Antiq. des Bourg.</i> p. 672. Ensuite il fut divisé en deux Royaumes, dont l'un s'appella la <i>Bourgogne Transjurane,</i> &amp; l'autre la <i>Bourgogne Cisjurane.</i> L'un &amp; l'autre furent réunis sous Raoul II. Roi de la <i>Bourgogne Transjurane,</i> à qui Hugues Roi de la Cisjurane céda ses Etats &amp; ses Droits l'an 926. L'an 1032. le Roi Rodolfe III. étant mort sans enfans, tout cet Etat échut à l'Empereur Conrad le Salique, &amp; ses Successeurs en jouirent près de deux siècles. Après quoi étant trop éloignés pour le maintenir, ils y laisserent établir plusieurs petits Souverains, les Comtes de <i>Bourgogne,</i> de Morienne, ou de Savoye, de Forcalquier &amp; de Provence, les Dauphins de Viennois, &amp; les Ducs de Zéringhen. Enfin, ces petits Etats, excepté la Savoye &amp; le Duché de Zéringhen, ont été réunis à la Couronne de France en différens temps &amp; par différentes voies.</p><p>La <i>Bourgogne Transjurane.</i> Ce Pays comprenoit la Suisse, &amp; ses dépendances, avec la Savoye. <i>Burgundia Tranjurana,</i> ou <i>Transjurensis.</i> On l'appelloit ainsi parce qu'elle étoit au-delà du Mont-Jura, ou Mont-Jou, <i>Trans montem Juram,</i> grande chaîne de montagnes qui s'étend depuis le Rhin près de Bâle jusqu'au Rhône à quatre lieues au-dessous de Genève. Le Royaume de la <i>Bourgogne Transjurane</i> commença par Raoul, ou Rodolphe I. l'an 888.</p><p>La <i>Bourgogne Cisjurane,</i> en Latin, <i>Burgundia Cisjurana,</i> ou <i>Cisjurensis,</i> ainsi appellée parce qu'elle renfermoit tout ce qui étoit en-deçà du Mont-Jura, <i>cis montem Juram,</i> se divisoit en Cisjurane inférieure, <i>Cisjurana inferior,</i> qui comprenoit le Duché de Bourgogne, le Nivernois, la Bresse &amp; le Bugey ; &amp; en Cisjurane supérieure, qui étoit la Franche-Comté, <i>Cisjurana superior.</i> La <i>Bourgogne</i> Cisjurane a eu titre de Royaume, que l'on a autrement nommé le Royaume d'Arles. Il commença l'an 879. par Bozon d'Ardennes ; &amp; finit l'an 929. Voyez <i>Arles.</i> On doute si la Cisjurane supérieure faisoit partie de ce Royaume, ou si elle appartenoit à celui de la <i>Bourgogne</i> Transjurane. Voyez la Notice de M. de Valois au mot <i>Burgundia.</i></p><p>La <i>Bourgogne</i> Royale, <i>Burgundia Regia</i> ; la <i>Bourgogne</i> Impériale, <i>Burgundia Imperatoria.</i> On a donné encore ces noms, le premier au Duché, &amp; le second au Comté de <i>Bourgogne,</i> vers l'an 1032. ou 1034. lorsque cet Etat tomba entre les mains de l'Empereur Conrad. Petite <i>Bourgogne.</i> On a ainsi appellé les Quartiers du mont Jura qu'occuperent les Nuetlandois alliés des Bourguignons, &amp; qui sont aujourd'hui le territoire de Fribourg &amp; autres en Suisse. Voyez Gollut, <i>Mém. des Bourg. L. III. c.</i> 2.</p><p>Aujourd'hui ce que dans l'usage ordinaire on appelle simplement la <i>Bourgogne,</i> c'est le Duché de <i>Bourgogne.</i> Pour le Comté de <i>Bourgogne,</i> on l'appelle la Franche-Comté, ou simplement la Comté.</p><p>Le Cercle de <i>Bourgogne.</i> Ce Cercle comprend le Comté de <i>Bourgogne</i> &amp; les Pays-Bas. <i>Circulus Burgundius.</i> Au commencement de la dernière guerre les troupes du Cercle de <i>Bourgogne</i> furent reçues dans les places du Roi d'Espagne en Flandres, &amp; dans les Etats des Electeurs de Cologne &amp; de Bavière.</p><p>Autrefois on écrivoit <i>Burgoine,</i> &amp; <i>Bourgoine.</i> Depuis, quelques-uns, comme Mézeray, ont écrit <i>Bourgongne,</i> mais on n'écrit plus que <i>Bourgogne,</i> &amp; il faut prononcer le <i>gn</i> comme une <i>n</i> mouillée à l'ordinaire. Pour l'Histoire de <i>Bourgogne,</i> il y a <i>Pontus Heuterus Rerum Burgundicarum, L. VI. fol.</i> à Anvers 1584. De S. Julien l'<i>Origine des Bourguignons, fol.</i> à Paris 1581. Guil. Paradin, <i>Annales de Bourgogne,</i> L. III. E. Perard, <i>Recueil de plusieurs Pièces servant à l'Histoire de Bourgogne ;</i> Nicol. Vignerius, Du Chesne, E. Delbene, Schurz, Fleischius, Philb. de La Mare, ont aussi écrit sur l'Histoire de <i>Bourgogne.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BOURGUIGNON, ONE</head>
    <p>
    BOURGUIGNON, ONE , s. m. &amp; f. Nom de peuple que quelques-uns écrivoient autrefois <i>Bourguingnon,</i> &amp; que les Anciens ont appellé <i>Burgundio,</i> &amp; quelquefois comme Ammian Marcellin, <i>Burgundius,</i> mais plus rarement. Les Modernes disent souvent <i>Burgundus,</i> mais mal à mon sens, puisque l'antiquité a dit autrement. En parlant des anciens <i>Bourguignons</i> M. de Tillemont a dit en François <i>Burgundes.</i> Voyez ce mot. Les <i>Bourguignons,</i> selon quelques <pb n="697" facs="bpt6k8542165/f737/full/1200,/0/native.jpg"/>Auteurs, étoient une partie des Vandales, dont la première demeure fut la Cassubie en Poméranie, avec les contrées de Pologne qui en sont voisines. Sous Tibère ils sortirent de leur Pays, &amp; conquirent une partie de la Basse Allemagne. Tibère &amp; Drusus les disposerent en différens Camps le long du Rhin, où ils multiplierent de sorte, qu'au rapport d'Orose, L. VII. C. 32. ils parurent au nombre de 80. mille sur le bord du Rhin. Sous l'Empire de Théodose le jeune fils d'Arcadius les Allemands les ayant chassés du Pays dont ils s'étoient emparés, &amp; que nous nommons aujourd'hui le Palatinat du Rhin, ils passerent ce fleuve, &amp; étant entrés dans les Gaules ils chasserent les Eduens, les Sénonois &amp; les Séquaniens, les vainquirent &amp; demeurerent maîtres de leur Pays, qui depuis fut appellé de leur nom Bourgogne, où ils formerent le Royaume dont nous avons parlé au mot de Bourgogne. Selon M. de Valois les <i>Bourguignons</i> ne sont point Vandales, mais une nation Germanique voisine des Allemands. Sidonius dit qu'ils parloient le langage Germanique. Tibère ayant tiré de la Suabe les Sicambres, leur ayant fait passer le Rhin, &amp; les ayant logés dans la Gaule sur le rivage de cette rivière, Isidore, &amp; après lui plusieurs autres, se sont imaginé que les <i>Bourguignons</i> sont venus de cette Colonie de Sicambres, &amp; confondent inconsidérément les uns avec les autres.</p><p>Selon d'autres les <i>Bourguignons</i> sont de ces anciens Gaulois, qui sons la conduite de Ségovese, du temps du vieux Tarquin, s'étoient établis en Germanie, &amp; qui plusieurs siècles après revinrent dans leur ancienne patrie. Voyez Chorier, <i>Hist. de Dauph.</i> Liv. III. §. 1. p. 124. 125. Ammien dit comme une chose constante que les <i>Bourguignons</i> descendoient des Romains ; &amp; Orose prétend que ce sont ceux que Drusus &amp; Tibère, fils adoptifs d'Auguste, avoient établis dans les Châteaux &amp; dans les Bourgades de l'Allemagne, &amp; que même ils ont pris leur nom de ces bourgs ; ce mot signifiant à peu-près la même chose en leur langue qu'en la nôtre. Neanmoins Pline, Liv. IV. C. 14. en fait une nation purement Germanique, une partie des Vindiles, qu'on prétend être les Vandales ; &amp; quelques-uns prétendent qu'ils n'ont été appellés Romains, que parce qu'ils croyoient descendre des Gaulois, qui avoient été faits citoyens Romains.</p><p>Le jour de Saint Thomas arriverent les troupes Angloises &amp; <i>Bourguignones</i> pour assiéger la place (Orléans) du côté de la Beauce. P. Dan. Marcellin dit qu'auparavant que les <i>Bourguignons</i> se fussent investis d'une partie des Gaules, ils ne s'appliquoient qu'aux armes &amp; au labour ; &amp; lorsque contre leur espérance la terre leur faisoit faillite, ils entroient en une fureur si étrange, qu'ils chassoient leur Roi de leur Royaume, &amp; en installoient un autre. Pasq. Les <i>Bourguignons</i> ne commencerent à paroître &amp; à se jetter sur les terres de l'Empire Romain que sous Maximien vers la fin du IIIe siècle. Les <i>Bourguignons</i> passerent le Rhin &amp; entrerent en Gaule avec les Alains &amp; les Vandales sous Honorius &amp; Arcadius, au IVe siècle. Les <i>Bourguignons,</i> que l'on croit n'avoir été différens des Vandales que par le nom, ne marchoient au commencement que sous les mêmes enseignes &amp; sous les mêmes Chefs. Mais ayant traversé le Rhin ensemble, ils se séparerent par le conseil de leurs Prêtres, parce qu'ils avoient embrassé le Christianisme, que ces autres nations avoient en horreur. Chorier.</p><p>On ne convient guère plus de l'origine du nom, que de celle du peuple. La plus vraisemblable est que <i>Bourguignon, Burgundio,</i> ou <i>Burgundius,</i> n'est point leur premier nom, ni un nom qu'ils aient apporté en Allemagne ou en France, ou qu'ils se soient donné eux-mêmes ; mais un nom que les Allemands ou les François leur donnerent, parce qu'ils bâtirent autour du pays qu'ils avoient conquis un grand nombre de Châteaux, ou Camps, <i>Castra,</i> pour leur sûreté ; que c'étoit là une de leurs coutumes, &amp; que Château ou Camp se dit en Allemand &amp; en ancien Franc, <i>Burg,</i> ou <i>bourg,</i> d'où l'on fit <i>Bourguignons,</i> comme qui diroit <i>Chastelains.</i> C'est l'étymologie d'Orosius, d'Isidore, &amp; de plusieurs autres. Luitprand, L. III. c. 12. parlant des <i>Bourguignons</i> dit, <i>Ipsi domorum congregationem, quae muro non clauditur, burgum vocant.</i> Et dans les fragmens de Frédegaire on lit <i>Burgundionum</i> 80 <i>fere millia.... ad Rhenum descenderunt, &amp; ubi castra posuerunt, quasi Burgo vocitaverunt, ob hoc nomen acceperunt Burgundiones.</i> Voyez encore Osorius, <i>L. VII. Hist.</i> 6. 4.</p><p>D'autres, qui approuvent cette étymologie, disent que les <i>Bourguignons</i> ne furent point ainsi nommés des bourgs fortifiés qu'ils construisoient, mais des bourgs non fortifiés &amp; tout ouverts que Drusus &amp; Tibère les obligerent de former, pour diviser en plusieurs petites habitations séparées &amp; sans défenses, cette nation qui commençoit à leur devenir suspecte par ses forces &amp; sa multitude. C'est le sentiment de Paradin dans ses <i>Annal. de Bourg. L. I.</i>Chorier, <i>Hist. de Dauph. p.</i> 458. 459. dit que c'est parce qu'ils joignoient leurs tentes pour être plus prêts à leur défense commune, &amp; nommoient <i>bourgs</i> ces assemblées qui avoient du rapport avec les Villes, qui néanmoins n'étoient point fermées de murailles.</p><p>Quelques Modernes, après M. de Valois, traitent de ridicule cette étymologie tirée du mot <i>bourg,</i> estimant que de <i>Burg</i> on auroit fait <i>Burgiones,</i> &amp; non pas <i>Burgundiones</i> ; c'est-à-dire, <i>Burgions,</i> &amp; non pas <i>Bourguignons</i> ; mais il faut de meilleures raisons, dit M. de Tillemont, pour se moquer des anciens Auteurs. D'autres, comme Rhénanus, qui tiennent cette étymologie pour vraie, remontent à la langue Grecque, &amp; tirent <i>burg</i> de , une <i>tour</i> ; &amp; si l'on en croit Picard, dans sa <i>Celtopédie,</i> il n'y a aucun bon Auteur qui n'en convienne. Quoiqu'il en dise néanmoins, &amp; quelque vraisemblable que puisse être cette opinion, ce mot peut n'être point Grec ; &amp; Pierre de S. Julien, dans ses <i>Antiq. des Bourg.</i> ch. 11. réfute cette opinion, parce que 1°, les <i>Bourguignons,</i> ni les Allemans, dont ils faisoient partie, ne savoient point le Grec, &amp; n'en ont eu connoissance que fort tard, quoique selon Rhenanus ils aient été nommés <i>Bourguignons</i> plutôt qu'on ne pense ; c'est-à-dire, avant Tibère. 2°, Les Germains, ni par conséquent les <i>Bourguignons,</i> ne demeuroient point dans des Villes, &amp; ne renfermoient point leurs habitations de murailles, ainsi que Tacite nous l'apprend. 3°, Que est une <i>tour,</i> &amp; non point un <i>bourg.</i> D'autres ont dit que <i>Burgundio</i> s'étoit dit pour <i>Gurgundio, à Gurgitibus,</i> parce que la Bourgogne a été nommée la Mère des eaux, à cause que les plus grandes rivière des Gaules y ont leurs cours, ou leurs sources. Mais ces peuples portoient le nom de <i>Bourguignons</i> avant que la Bourgogne eût été appellée Mère des eaux, &amp; qu'ils y fussent placés ; &amp; il faut dans ce sentiment soutenir que les <i>Bourguignons</i> sont Indigenes, ce qui est faux.</p><p>D'autres prétendent que c'étoit un peuple sorti de la Scythie, &amp; qui campoient sous des tentes, qu'ils nommoient <i>Burgs,</i> d'où ils furent appellés <i>Bourguignons.</i> Mais M. De Valois, dans sa <i>Notice des Gaules,</i> prétend que les <i>Bourguignons</i> qui s'établirent en Gaule sont fort différens des <i>Bourguignons</i> venus de Scythie. Ceux qui disent que ce sont de ces Gaulois de Segovèse ajoûtent qu'ils prirent le nom de <i>Bourguignons</i> en l'honneur d'Hercule qu'ils adoroient sous celui d'<i>Ognius.</i></p><p>Enfin, quelques-uns disent qu'ils ont été ainsi nommés du nom d'un lieu situé dans le Diocèse de Langres, &amp; qui s'appelloit <i>Bourg, Ongne,</i> ou <i>Ogne,</i> &amp; dont le nom est resté à la vallée d'Ogne. C'est le sentiment de S. Julien, <i>Antiq. des Bourgognons,</i> C. 2. 3. 4. 5. C'est pour cela qu'il écrit <i>Bourgogne</i> &amp; <i>Bourgognon.</i> Il prétend que <i>Ongne</i> en ancien langage Celtique signifioit Dieu &amp; Dieux, parce que Bourgogne est la même chose que <i>Burgus Deorum,</i> Bourg des Dieux, qui étoit au même lieu ; que c'est de-là aussi qu'a été fait <i>Burgundia,</i> de <i>burgum,</i> &amp; <i>dia</i> ; mais tout cela n'a pas grande apparence. Les <i>Bourguignons</i> étoient ainsi nommés avant qu'ils passassent le Rhin, &amp; qu'ils habitassent le <i>Bourg d'Ogne. Ogne</i> est une terminaison que nous donnons à bien d'autres lieux, comme je l'ai déja remarqué au mot Bourgogne, après de Saint Julien lui-même. <i>Dia</i> est de même une pure terminaison Latine.</p><p>M. de Marca, dans son <i>Hist. de Bearn.</i> Liv. I. p. 129. en parlant de <i>Burgundio</i> Comte de Fézensac vers le commencement du IXe siècle, dit que le nom de <i>Burgund,</i> ou <i>Bergung,</i> exprimé en Latin par <i>Burgundio,</i> est un ancien nom Gascon ; mais il n'en apporte point de preuves, &amp; ne dit point ce qu'il signifioit.</p><p>Voyez le mot Bourg, &amp; sur la <i>Bourgogne</i> &amp; les <i>Bourguignons,</i> l'<i>Antiq. &amp; l'Origine des Bourguignons</i> par P. de S. Julien ; <pb n="698" facs="bpt6k8542165/f738/full/1200,/0/native.jpg"/>les <i>Annales de Bourgogne,</i> par G. Paradin de Cuyfeaux. La <i>Notice des Gaules</i> de M. de Valois. Beatus Rhenanus <i>Rerum Germanicarum Nov. Antiq.</i> sur-tout, Liv. I. &amp; II. &amp; les Notes qu'Otton a fait sur cet ouvrage ; Cluvier, <i>Germ. Ant. L. III. p.</i> 145. &amp; suiv. Cambden, p. 625. <i>Britann.</i> De Hauteserre, <i>Not. in Greg. Tur. p.</i> 46. <i>&amp;</i> 73. 74. Chorier <i>Hist. de Dauphiné.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5644" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURGUIGNON" />
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    <head>BOURGUIGNON</head>
    <p>
    BOURGUIGNON . Ce mot est venu en usage dans la langue par ce proverbe, <i>Bourguignon</i> salé, qu'on dit par reproche à ceux qui aiment à saler trop leurs viandes : ce qui s'est dit depuis l'an 1422. auquel temps, y ayant dans Aiguesmortes une compagnie de <i>Bourguignons,</i> les Bourgeois se ruerent sur cette garnison, &amp; jettèrent leurs corps dans une grande cuve de pierre, qu'on y montre encore à présent, &amp; ils les salèrent pour les conserver plus long-temps, comme un glorieux trophée de leurs fidélité envers leur Roi légitime. Ou simplement, comme dit Andoque dans son <i>Hist. de Languedoc,</i> p. 444. de peur que ce qui s'exhaloit des corps morts de ces <i>Bourguignons</i> n'infectât l'air, ils firent un grand trou, dans lequel ils les jettèrent, &amp; les couvrirent de sel. C'est de là, selon Monstrelet &amp; Juvenal des Ursins, qu'est venu ce proverbe. La Faille, dans ses <i>Annales de Toulouse,</i> p. 173. dit précisément la même chose qu'Andoque. D'autres tirent ce proverbe du sel qui se fait à Salins, à cause que les <i>Bourguignons</i> ont eu plusieurs disputes pour leurs salines. Orosius &amp; Luitprandus, disent qu'on a donné le nom de <i>Bourguignons</i> à ces peuples, parce que leurs habitations étoient dans des bourgs qui n'étoient point fermés de murs.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOURGUIGNON" />
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    <head>BOURGUIGNON</head>
    <p>
    Bouguignon , s. m. Ce mot se dit dans le style familier, pour signifier du vin de Bourgogne. Avalons de ce bon <i>Bourguignon.</i> On emploie ce mot en ce sens dans les chansons à boire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5645" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURGUIGNOTE" />
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    <head>BOURGUIGNOTE</head>
    <p>
    BOURGUIGNOTE , s. f. Arme défensive pour couvrir la tête d'un homme de guerre : c'est une espèce de casque, ou de salade. <i>Galea.</i> La <i>bourguignote</i> est ouverte par devant, &amp; à l'épreuve de la pique &amp; du mousquet. Son nom vient de ce que les Bourguignons s'en sont servis les premiers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURGUIGNOTE</head>
    <p>
    Bourguignote , se prend aussi pour la tête, dans un sens figuré, &amp; dans le style comique &amp; burlesque. Je te donnerai sur ta <i>bourguignote.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5646" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURJASSOTTE" />
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    <head>BOURJASSOTTE</head>
    <p>
    BOURJASSOTTE , s. f. Espèce de figue. Il y a la petite <i>Bourjassotte,</i> qui est noirâtre, ou plutôt d'un violet obscur, tel qu'est celui de certaines prunes : elle est fort délicate, mais elle ne rapporte guère au printemps, &amp; mûrit rarement à l'automne. La Quint. <i>P. III. c.</i> 5. <i>p.</i> 415.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5647" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURIGNONISTE" />
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    <head>BOURIGNONISTE</head>
    <p>
    BOURIGNONISTE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. <i>Bourignonistes</i> sont dans les Pays-Bas-Protestans, ceux qui suivent la doctrine d'Antoinette Bourignon, native de Lille, Apostate de la Religion Catholique, &amp; qui étoit une espèce de Quiétiste, on Fanatique, qui se conduisoit par de prétendues révélations, &amp; avoit beaucoup d'attrait pour la Tolérance en matière de Religion, comme il paroît par les <i>Nouvelles de la Rép. des Lettr.</i> 1685. Avril, p. 420. Voyez au même endroit, p. 418. &amp; suivantes. Il y a beaucoup de particularités touchant la Bourignon &amp; les <i>Bourignonistes</i> ses disciples. Voyez aussi la vie de Me Bourignon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5648" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURLET" />
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    <head>BOURLET</head>
    <p>
    BOURLET . Voyez <ref type="search" target="head:BOURRELET">BOURRELET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5649" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURNAL" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BOURNAL</head>
    <p>
    BOURNAL , s. m. Vieux mot qui signifie un <i>rayon de miel. Favus mellis.</i> Il est encore en usage dans la campagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5650" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BOURRACHE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
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    <head>BOURRACHE</head>
    <p>
    BOURRACHE , ou BOURROCHE, s. f. Terme de Botanique . Le premier est le plus en usage. <i>Borrago.</i> Plante fort commune dans les jardins. Sa racine est blanchâtre, grosse comme le doigt, visqueuse au goût ; elles pousse des feuilles larges, arrondies, succulentes, ridées, âpres dans toute leur surface, à cause d'un poil court &amp; dur dont elles sont couvertes. Ses tiges sont assez foibles, hérissées de petits poils piquants, branchues, hautes d'un pied &amp; demi, garnies de quelques feuilles semblables à celles du bas, mais un peu plus petites. Ses tiges &amp; ses branches se terminent par des bouquets, composés de trois ou quatre fleurs bleues le plus souvent, quelquefois blanches ou couleur de chair, &amp; semblables à une molette d'éperon. Leur calice est verd, velu, découpé en cinq parties jusqu'à la base ; il devient assez grand lorsque la fleur est passée, &amp; il contient quatre semences qui ressemblent à la tête d'une vipère. La fleur de <i>bourrache</i> est du nombre de celles qu'on nomme cordiales. On met les feuilles de <i>bourrache</i> dans les bouillons rafraîchissans, &amp; son suc pousse par les sueurs &amp; la transpiration. Parce que la <i>bourrache</i> est cordiale, on l'appelle en Latin <i>borrago,</i> qui vient de <i>corago,</i> n'y ayant que le <i>C</i> qui a été changé en <i>B.</i></p><p>La <i>bourrache</i> ne se multiplie que de graine, qui est noire, d'un rond un peu allongé en ovale bossée, ayant d'ordinaire un petit bout blanc du côté de la base, &amp; ce bout tout séparé du reste ; la longueur est toute comme entaillée de rayons noirs, qui vont d'une extrémité à l'autre. La Quint. <i>P. VI. p.</i> 279. La <i>bourrache</i> &amp; la buglose viennent &amp; se gouvernent comme la bonne-dame, hors qu'elles ne lèvent pas si fortement. On en seme plusieurs fois pendant un même Eté, parce que leurs feuilles, en quoi consiste tout leur mérite, ne sont bonnes que pendant qu'elles sont tendres &amp; jeunes ; leur petite fleur violette fait un ornement sur les salades. Leur graine tombe aussitôt qu'elle est mûre. Id. <i>P. VI. p.</i> 374.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5651" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRACAN" />
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    <head>BOURRACAN</head>
    <p>
    BOURRACAN . Voyez <ref type="search" target="head:BOURACAN">BOURACAN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5652" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRAS" />
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    <head>BOURRAS</head>
    <p>
    BOURRAS , s. m. Sorte de grosse étoffe, comme qui diroit, faite de bourre. <i>Levidensa.</i> Il n'étoit vêtu que d'un <i>bourras.</i> Ce mot est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5653" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRADE" />
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    <head>BOURRADE</head>
    <p>
    BOURRADE , s. f. Atteinte que les chiens ou les oiseaux donnent au lièvre, quand au lieu de le prendre, ils n'attrapent qu'un peu de sa bourre. <i>Petitio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5653" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURRADE" />
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    <head>BOURRADE</head>
    <p>
    Bourrade , se dit aussi d'une attaque, d'un coup qu'on porte à quelqu'un, soit en le frappant en effet, ou plutôt en raillant, en disputant, ou en écrivant contre lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5654" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURASQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BOURASQUE</head>
    <p>
    BOURASQUE , s. f. Tempête soudaine &amp; violente qui s'élève, soit sur la mer, soit sur la terre. <i>Tempestas, turbo, procella.</i> Nous fîmes voile au matin par un doux vent, qui se changea sur le midi en une violente <i>bourrasque</i> Ablanc. La mer avec ses tempêtes &amp; ses <i>bourrasques,</i> est plus agréable qu'une eau tranquille. M. Scud.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>burrasca</i>, signifiant la même chose. Menage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5654" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURASQUE" />
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    <head>BOURASQUE</head>
    <p>
    Bourrasque , se dit aussi d'une émotion populaire qui fait beaucoup de bruit, &amp; qui dure peu. Il ne faut qu'avoir patience, &amp; laisser passer ces <i>bourrasques.</i> On le dit aussi de la colère d'un Supérieur qui ménace, qui fulmine. Il a quelquefois des <i>bourrasques</i> insupportables. Je ne veux point essuyer ses <i>bourrasques</i> ; c'est-à-dire, ses humeurs bourrues &amp; emportées.</p><p>Il se dit aussi d'un malheur, d'un accident fâcheux, des peines qui arrivent dans la vie. Il ne se peut qu'il n'arrive dans notre vie des <i>bourrasques</i> &amp; des tempêtes, puisque nous faisons tous notre navigation sur une mer orageuse. Ab. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5654" id="3" type="">
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    <head>BOURASQUE</head>
    <p>
    Bourrasque , se dit aussi du désordre qui arrive dans le corps d'une personne, par quelque mal, ou quelque remède violent. L'émétique cause quelquefois d'étranges <i>bourrasques,</i> &amp; remue terriblement les humeurs. Il se trouva très-foible &amp; très-abattu par cette <i>bourrasque.</i> Dom Quichote.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5655" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRE" />
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    <head>BOURRE</head>
    <p>
    BOURRE , s. f. Poil de plusieurs animaux, comme boeufs, vaches, chèvres, cerfs, &amp;c. qu'on détache de leurs cuirs, quand on les prépare dans les tanneries. <i>Tomentum.</i> La <i>bourre</i> sert à garnir des chaises, des selles, &amp;c.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>burra</i>, selon Ménage, d'où il dérive aussi le mot de <i>bourrée</i> &amp; de <i>bourgeon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5655" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BOURRE</head>
    <p>
    Bourre lanice , est la laine qui se tire des draps, quand on les prépare avec le chardon de Bonnetier. <i>Tomentum laneum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5655" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOURRE" />
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    <head>BOURRE</head>
    <p>
    Bourre tontice , est celle qui se tire des draps, quand ils passent par les mains du Tondeur. Celle-là est la moindre, &amp; il est défendu aux Tapissiers d'en mettre dans les matelas entre deux futaines. On la laisse aux Potiers d'étain pour faire des bourrelets. Il y a aussi de la <i>bourre de soie,</i> qui est de la soie de rebut ou imparfaite, qu'on tire avec le peigne après que le cocon est dévidé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5655" id="4" type="teinturier">
   <index type="head" value="BOURRE" />
   <index type="src_domain" value="teinturier" />
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    <head>BOURRE</head>
    <p>
    Bourre , en termes de Teinturier , se dit aussi d'une certaine nuance, qui est la même que celle du rouge cramoisi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5655" id="5" type="">
   <index type="head" value="BOURRE" />
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    <head>BOURRE</head>
    <p>
    Bourre , se dit aussi de ce qui sert à mettre sur la poudre en chargeant les armes à feu, soit papier, <i>bourre,</i> foin, &amp;c. La <i>bourre</i> de ce pistolet lui a donné au visage. En ce sens on appelle un <i>tire-bourre,</i> un fer pointu, &amp; fait en forme de vis, attaché au bout de la baguette, avec <pb n="699" facs="bpt6k8542165/f739/full/1200,/0/native.jpg"/>lequel on décharge une arme à feu sans la tirer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5655" id="6" type="">
   <index type="head" value="BOURRE" />
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    <head>BOURRE</head>
    <p>
    Bourre , signifie aussi le commencement d'un bourgeon de vigne. <i>Muscus vitiarius, sarmentarius.</i> Le sarment n'a poussé encore que de la <i>bourre.</i> C'est proprement la couverture sur l'oeil de la vigne : d'où vient qu'on dit, Geler en <i>bourre ;</i> c'est-à-dire, avant que la feuille de la vigne ait paru. Liger l'étend aussi aux boutons des arbres fruitiers. Ainsi, selon lui, on dit, La vigne a gelé en <i>bourre</i> ; les arbres ont gelé en <i>bourre.</i> Cependant il y a lieu de douter si l'usage est qu'on le dise, au moins aussi communément des arbres que de la vigne. Voyez <ref type="search" target="head:BOURRE">BOURRE</ref>.</p><p>Ce nom vient de ce que le germe de la vigne a une enveloppe de filamens, qui ressemblent à de la <i>bourre,</i> même pour la couleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5655" id="7" type="">
   <index type="head" value="BOURRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BOURRE</head>
    <p>
    Bourre , se dit figurément en Morale de tout ce qui est grossier, inutile dans quelque ouvrage de prose, ou de vers ; &amp; cela par une métaphore tirée des garnitures des chaises qui sont mal conditionnées, quand on y met de la <i>bourre</i> au lieu de crin. Il y a de beaux endroits dans ce livre, mais il faut avouer qu'il y a aussi bien de la <i>bourre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5656" id="1" type="agriculture & de jardinage">
   <index type="head" value="BOURRÉ, ÉE" />
   <index type="src_domain" value="agriculture & de jardinage" />
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    <head>BOURRÉ, ÉE</head>
    <p>
    BOURRÉ, ÉE . adj. Terme d'Agriculture &amp; de Jardinage . On dit, Voilà des arbres bien <i>bourrés</i> ; c'est-à-dire, bien préparés à donner du fruit, bien remplis de <i>bourre.</i> Liger. La Quintinie n'a point parlé de ce terme, ni du précédent, ce qui augmente le doute sur l'usage par rapport aux arbres : il dit même positivement au mot bouton Tom. I. p. 73. que quelques Jardiniers seulement appellent <i>Bourres</i> &amp; Bourses à fruit, ce que la plupart des autres appellent boutons, &amp; que de-là vient qu'on dit <i>quelquefois</i> que les fruits, par exemple, des abricotiers, des pêchers, &amp;c. ont été gelés en <i>bourre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5657" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURREAU" />
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    <head>BOURREAU</head>
    <p>
    BOURREAU , s. m. Le dernier des Officiers de Justice, qui exécute les criminels. <i>Carnifex, tortor.</i> Quand on scelle les Lettres du <i>Bourreau,</i> on les jette sous la table, pour marquer l'infamie du métier. Le <i>bourreau</i> ne se saisit de la personne condamnée, qu'après avoir ouï la prononciation de la sentence, ou de l'arrêt qui la condamne. Antisthène disoit, que les <i>bourreaux</i> étoient plus honnêtes gens que les Tyrans, parce qu'ils ne font mourir que des criminels, au lieu que les Tyrans ôtent la vie à des innocens. On a comparé ceux qui font un trafic du métier de la guerre, &amp; qui se louent pour aller tuer des hommes, à des <i>bourreaux</i> ; qu'ils sont d'autant plus détestables qu'ils tuent des innocens sans raison : au lieu que les <i>bourreaux</i> tuent avec raison, &amp; par ordre de la Justice. Cour. On dit qu'en quelques endroits d'Allemagne les <i>bourreaux</i> acquierent le titre &amp; les droits de Noblesse, quand ils ont coupé un certain nombre de têtes porté par la coutume de ces pays. Les <i>bourreaux</i> sont les diables des corps, comme les diables sont les <i>bourreaux</i> des ames. La loi des Censeurs les privoit de domicile. Rochef. Scaliger dit que de son temps un Gentilhomme Savoyard, irrité contre ses frères, s'alla faire <i>bourreau</i> à Genève.</p><p>Chorier remarque que dans le Jugement de l'empoisonneur de Remond Baron de Menillon, en 1323. les deux exécuteurs, car il y en eut autant, sont appellés simplement Commissaires &amp; Spiculateurs : ce qui apprend, ajoûte-t-il, que le mot de <i>bourreau</i> n'étoit pas encore en usage, &amp; que l'exécution des jugemens de mort n'attachoit pas de l'infamie à la personne qui la faisoit ; les noms de Commissaires &amp; de Spiculateurs ne pouvant facilement devenir susceptibles de sens honteux &amp; injurieux. Chez les Israëlites Dieu avoit ordonné que ce fût ou tout le peuple, ou les parens d'un homme tué, ou quelques autres personnes semblables, selon les différens cas, qui exécutassent les Sentences de mort ; &amp; on se faisoit un honneur &amp; un mérite de cette exécution, loin qu'elle eût rien d'infamant.</p><p>Borel dérive ce mot de <i>bourrée,</i> qui signifie une <i>poignée de verges de saule,</i> comme témoigne Monet, parce que les verges sont les premiers instrumens dont se sert le <i>bourreau.</i> Il peut venir aussi de <i>burrus,</i> qui signifie <i>roux,</i> parce qu'en plusieurs lieux les <i>bourreaux</i> doivent être habillés de rouge &amp; de jaune. Ailleurs il le dérive du Grec , qui signifie <i>carnassier.</i> Mais il est vrai que c'est un mot Celtique &amp; ancien Gaulois ; car les Bas-Bretons se servent encore de ce mot sans y rien changer. M. Huet le dérive de <i>boyereau,</i> qui est un diminutif de <i>boye.</i> Autrefois on appelloit un <i>bourreau,</i> boye, &amp; les Italiens l'appellent <i>boya.</i> Selon Guichard de , <i>cabar,</i> en omettant la première radicale, se fait , <i>bar,</i> qui en Chaldéen signifiant <i>facultas, licentia,</i> a fait <i>birro</i> en Italien, pour signifier <i>lictor</i> ; &amp; de <i>birro, bourreau</i> en François pour le même, ou quasi le même. Depuis l'Italien <i>birro</i> cela peut être vrai ; mais ce qui est au-delà n'à pas d'apparence.</p><p>On dit figurément le nom <i>bourreau,</i> du remords de la conscience, &amp; de tout ce qui tourmente ; qui afflige extrêmement. Le criminel porte toujours avec lui son <i>bourreau.</i> La peste, la guerre, la famine, sont les <i>bourreaux</i> de la Justice divine.</p><p><i>Ode sur l'enfer.</i></p><p>On appelle aussi un <i>bourreau,</i> celui qui est sanguinaire, cruel, sans pitié. Ce maître bat tous ses gens, c'est un vrai <i>bourreau,</i> qui tourmente les autres, ou qui se tourmente lui-même. Les Chirurgiens ignorans sont de vrais <i>bourreaux.</i> Le Démon artificieux procure quelquefois aux hommes d'heureux succès pour les entretenir dans l'illusion : ainsi l'ame se livre elle-même à son <i>bourreau.</i> Nic. Il est lui-même son impitoyable <i>bourreau.</i> Pat. Les envieux sont eux-mêmes leurs <i>bourreaux.</i> Vaug. En quelque lieu que se trouve un parricide, il rencontre un accusateur, un juge &amp; un <i>bourreau.</i> Le Mait. Vous ne savez pas en quel embarras je me trouve réduit, par les conseils de ce malheureux, qui est devenu mon <i>bourreau.</i> Port-R. Le vice est lui-même son cruel <i>bourreau.</i> Ablanc.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est un vrai <i>bourreau</i> d'argent ; pour dire, qu'il le ménage mal, qu'il le prodigue sans nécessité. On dit aussi, qu'un homme se fait payer en <i>bourreau,</i> pour dire, qu'il se fait payer par avance. On dit aussi, qu'un homme est brave comme un <i>bourreau</i> qui fait ses Pâques, quand il n'a pas coutume d'être bien vêtu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURRÉE</head>
    <p>
    BOURRÉE , s. f. Petit fagot fait de fort menu bois, qui fait un feu prompt &amp; de peu de durée. <i>Fascis virgeus.</i> On le dit aussi d'une ame de fagot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURRÉE</head>
    <p>
    Bourrée , est aussi une espèce de danse composée de trois pas joints ensemble avec deux mouvemens, &amp; commencée par une noire en levant. Le premier couplet contient deux fois quatre mesures, &amp; le second deux fois huit. Elle est composée d'un balancement &amp; d'un coupé. On croit que cette danse vient d'Auvergne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURRELER</head>
    <p>
    BOURRELER , v. act. Faire souffrir du mal, tourmenter. <i>Excarnificare, cruciare, discruciare.</i> Un Chirurgien ignorant <i>bourrelle</i> les gens qu'il pense. Les honnêtes gens peuvent se servir de ce terme au sens propre, mais seulement dans la conversation, &amp; non dans un discours grave &amp; poli.</p><p>On le dit au figuré plus ordinairement des remords de la conscience. Les méchans sont toujours <i>bourrelés</i> par leurs propres crimes. Une conscience est <i>bourrelée</i> de mille remords, quand elle a fait quelque action noire &amp; indigne. Le remords de son crime le <i>bourrelle.</i> Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURRELER</head>
    <p>
    Bourrelé, ée , part. &amp; adj. <i>Excruciatus, cruciatus.</i> Etre <i>bourrelé</i> par l'image de son crime. Etre <i>bourrelé</i> en sa conscience. Ablanc. Les méchans ont l'ame <i>bourrelée,</i> &amp; ne sauroient reposer. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURRELERIE</head>
    <p>
    BOURRELERIE , s. f. Ce mot se trouve dans Pomey, pour signifier le tourment que l'on souffre, ou que l'on fait souffrir aux autres. <i>Carnificina, cruciatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURRELET</head>
    <p>
    BOURRELET , ou BOURLET, s. m. C'étoit autrefois une partie de l'habillement de tête, qui servoit à la coëffure des hommes &amp; des femmes, ou une espèce de cordon qui servoit d'arrêt au chaperon, &amp; qui le serroit sur la tête. <i>Pulvinata spira honorarii capitii.</i> Les Magistrats &amp; les Docteurs dans les Universités portent encore le chaperon sur l'épaule avec un petit tour rond qui représente l'ancien <i>bourrelet.</i> Les femmes se servent encore de <i>bourrelet</i> pour se coëffer, &amp; pour soutenir &amp; arranger leurs cheveux. Les femmes ont aussi porté des <i>bourrelets</i> au lieu de vertugadins, pour se garnir le bas du dos, &amp; élever un peu leurs jupes. On met aussi des <i>bourrelets</i> sur la tête des enfans, pour empêcher qu'ils ne se blessent en tombant. <i>Circulus tomento fartus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5661" id="2" type="blason">
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    <head>BOURRELET</head>
    <p>
    <pb n="700" facs="bpt6k8542165/f740/full/1200,/0/native.jpg"/> Bourrelet , en termes de Blason , est un tour de livrée, rempli de bourre &amp; tourné comme une corde, que les anciens Chevaliers portoient dans les tournois. Il étoit de la couleur des émaux de l'Ecu, ou des couleurs ordinaires des Chevaliers. <i>Spira farta.</i> Les Dames prenoient elles mêmes le soin d'attacher ces livrées ou tortils sur les casques, &amp; on les appelloit les <i>faveurs des Dames.</i> On les représente encore aujourd'hui dans les ornemens de l'Ecu. On appelle autrement ce <i>bourrelet</i> que les simples Gentilshommes mettent sur leurs casques, <i>tresque, torque, tortil.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5661" id="3" type="marine">
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    <head>BOURRELET</head>
    <p>
    Bourrelet , signifie aussi en termes de Marine , de grosses cordes que l'on entrelasse autour du mât de misaine, du mât d'artimon, &amp; du grand mât, pour tenir la vergue dans un combat, quand on craint que les manoeuvres qui la tiennent ne soient coupées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5661" id="4" type="artillerie">
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    <head>BOURRELET</head>
    <p>
    Bourrelet , en termes d'Artillerie , se dit de l'extrémité d'une pièce de canon vers la bouche, &amp; par où on la charge ; en cet endroit elle est renforcée de métal, &amp; a la figure d'un <i>bourrelet. Torus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5661" id="5" type="jardinage">
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    <head>BOURRELET</head>
    <p>
    Bourrelet , terme de Jardinage . La Quintinie &amp; Liger le prennent pour deux choses différentes, &amp; le définissent différemment. Selon la Quintinie, <i>bourrelet</i> se dit de l'endroit où au bout de quelques années la greffe devient plus grosse que le pied sur laquelle elle a été faite, &amp; d'ordinaire c'est une marque que le sauvageon n'est pas trop bon ; la poire de petit blanquet est sujette à faire le <i>bourrelet.</i> Selon Liger le <i>bourrelet</i> est une espèce de gros noeud qui survient directement au bas des greffes quelques années après qu'elles ont été faites ; ce qui est une marque que la sève en montant du sauvageon n'a point trouvé de dispositions à passer dans la greffe qui lui est appliquée ; &amp; les Jardiniers disent, Cet arbre fait le <i>bourrelet</i> ; c'est-à-dire, que tantôt c'est la greffe qui grossit plus que le sauvageon, &amp; tantôt le sauvageon qui grossit plus que la greffe, &amp; que l'un &amp; l'autre s'appelle également <i>bourrelet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5661" id="6" type="">
   <index type="head" value="BOURRELET" />
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    <head>BOURRELET</head>
    <p>
    &#9758; BOURRELET ,Bourrelet , est aussi ce qui sert à mettre sur un bassin de chambre pour aller à ses nécessités, &amp; qui est plein &amp; garni de bourre pour y être assis plus mollement. Circulus tomento fartus.<br/>Bourrelet, ou Bourlet, se dit aussi de l'enflure qui survient autour des reins, à un hydropique. Il est hydropique, il a le <i>bourlet.</i> Le <i>bourlet</i> est déja formé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURRELET</head>
    <p>
    Bourrelet , signifie quelquefois le collier des chevaux de charrette, que fait un Bourrelier. <i>Helcium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5662" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRELIER, IÈRE" />
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    <head>BOURRELIER, IÈRE</head>
    <p>
    BOURRELIER, IÈRE . s. m. &amp; f. Artisan qui fait les harnois des chevaux de carrosse &amp; de charrette. <i>Helciorum opifex.</i> On l'appelle aussi <i>Sellier lormier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5663" id="1" type="">
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    <head>BOURRELLE</head>
    <p>
    BOURRELLE , s. f. Il ne se dit que par le petit peuple, de la femme du Bourreau. <i>Uxor carnificis.</i> Mais pour signifier une femme cruelle, méchante, inhumaine, il se dit, quoiqu'en termes bas, par tout le monde. Cette femme est une vraie <i>bourrelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5664" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRER" />
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    <head>BOURRER</head>
    <p>
    BOURRER , v. act. Mettre de la bourre, ou autre pareille chose sur la charge dans le canon de l'arme à feu. <i>Farcire.</i> Ainsi on dit, <i>bourrer</i> un fusil. On dit aussi en général <i>bourrer</i> une chose ; pour dire, la garnir de bourre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5664" id="2" type="fauconnerie">
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    <head>BOURRER</head>
    <p>
    Bourrer , v. act. Attaquer, frapper, battre quelqu'un. <i>Oppugnare, lacessere, ferire.</i> Les chiens <i>bourrent</i> les lièvres en les chassant. On dit aussi, en termes de Fauconnerie , que l'oiseau <i>bourre</i> la perdrix. <i>Involare.</i> Pomey. Ces deux Escrimeurs se sont portés plusieurs bottes franches, ils se sont bien <i>bourrés.</i> On le dit aussi des combats de langue &amp; de plume : ces deux pédans se sont bien <i>bourrés</i> l'un l'autre dans cette dispute, dans leurs écrits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5665" id="1" type="">
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    <head>BOURRIERS</head>
    <p>
    BOURRIERS , s. m. Pailles &amp; ordures qui se trouvent mêlées avec le blé. <i>Purgamenta.</i> Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5666" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRIQUE" />
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    <head>BOURRIQUE</head>
    <p>
    BOURRIQUE , s. f. Méchante bête de voiture. <i>Asellus, asinus.</i> Il se dit particulièrement des ânes, ou des ânesses, &amp; ensuite des méchans chevaux. Ceux à qui on donne le fouet en Espagne sont montés sur des <i>bourriques.</i></p><p>Ce mot vient de <i>Burichus, burricus</i>, ou <i>buricus,</i> qui signifie <i>cheval.</i> Ménag. Saumaise dérive ce nom du Grec diminutif de , <i>rufus,</i> à cause que les Auteurs de la basse Latinité ont ainsi appellé tous les bidets ou petits chevaux, quoiqu'ils fussent d'un autre poil. Guichard dit que de , <i>Rekes,</i> qui signifie <i>dromedarius,</i> dromadaire, <i>mulus,</i> mulet, s'est fait en Grec , qui signifie un âne, en préposant un ; &amp; de , <i>borrico</i> en Espagnol, qui a la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5666" id="2" type="">
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    <head>BOURRIQUE</head>
    <p>
    Bourrique , est aussi une machine composée d'ais, qui sert aux Couvreurs quand ils travaillent sur les couvertures. Ils l'accrochent aux lates, &amp; elle leur sert à porter l'ardoise dont ils ont besoin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5667" id="1" type="">
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    <head>BOURRIQUET</head>
    <p>
    BOURRIQUET , s. m. est parmi le peuple un diminutif de bourrique. Un petit <i>bourriquet,</i> un méchant <i>bourriquet.</i></p><p>Ces deux noms, <i>bourrique</i> &amp; <i>bourriquet</i> se disent métaphoriquement aussi par le peuple des enfans paresseux, méchans, ignorans, &amp;c. &amp; quelquefois même des hommes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5668" id="1" type="maconnerie">
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    <head>BOURRIQUET</head>
    <p>
    BOURRIQUET , s. m. Terme de Maçonnerie . C'est une petite civière qui sert à élever avec des grues, des moilons, ou du mortier dans des baquets, quand la hauteur du bâtiment est fort grande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5669" id="1" type="chasse">
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    <head>BOURRIR</head>
    <p>
    BOURRIR , Terme de Chasse , qui se dit en parlant du bruit que font les ailes de perdrix, &amp; sur-tout des rouges, quand elles partent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5670" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURROCHE" />
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    <head>BOURROCHE</head>
    <p>
    BOURROCHE , s. f. Plante. Voyez <ref type="search" target="head:BOURRACHE">BOURRACHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5671" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURRU, UE" />
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    <head>BOURRU, UE</head>
    <p>
    BOURRU, UE , adj. Bizarre, capricieux, fantasque, qui ne veut point voir le monde, qui a des maximes extravagantes ; chagrin, rude, de mauvaise humeur. <i>Morosus.</i> C'est un esprit <i>bourru</i> qui ne se laisse gouverner par personne. C'est une humeur <i>bourrue,</i> dont personne ne se peut accommoder.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5671" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURRU, UE" />
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    <head>BOURRU, UE</head>
    <p>
    Vin Bourru , est du vin qu'on a jetté dans l'eau froide pour l'empêcher de bouillir, qui est doucereux, &amp; qui a encore toute sa lie. <i>Vinum turbidum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5671" id="3" type="botanique">
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    <head>BOURRU, UE</head>
    <p>
    Bourru , en termes de Botanique , se dit des plantes, ou de leurs parties, qui sont garnies de bourre. <i>Pilosus.</i> L'artichaut a une tige canelée &amp; bourrue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5671" id="4" type="">
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    <head>BOURRU, UE</head>
    <p>
    Le Moine Bourru , est un fantôme imaginaire, dont on fait peur aux petits enfans ; un lutin, qui dans la croyance du peuple court les rues aux Avents de Noël, &amp; qui fait des cris effroyables. <i>Larva.</i> Regnier, dans ses Satyres, dit parlant de son valet.</p><p>Les Naturalistes appellent des plantes <i>bourrues,</i> celles dont la graine étant trop mûre, devient en petites parties si menues, que le moindre vent ou souffle les dissipe, comme celles de plusieurs chardons qui croissent dans les blez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5672" id="1" type="">
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    <head>BOURSAUT</head>
    <p>
    BOURSAUT , substantif féminin. Espèce de saule. <i>Salix fatua.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSAUT</head>
    <p>
    Boursaut , ou Bourseau. Voyez <ref type="search" target="head:BOURSEAU">BOURSEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    BOURSE , s. f. Espèce de petit sac de cuir, ou de velours, ou de cheveux, ou de quelque jolie étoffe d'or, d'argent ou de soie, qui se ferme avec des cordons ou avec un ressort, &amp; dans lequel on met l'argent qu'on veut porter sur soi, soit dans la poche, soit à la ceinture. <i>Sacculus, marsupium, crumena, loculus.</i> Les voleurs demandent la <i>bourse</i> le pistolet à la main. Les coupeurs de <i>bourse</i> sont ceux qui l'attrapent secrettement.</p><p>Ce mot vient de <i>bursa</i>, dont les Auteurs de la basse Latinité se sont servis dans le même sens, &amp; qui vient du Grec , qui signifie <i>cuir.</i> Ménage. Henri Etienne, <i>De latinitate falsò suspectâ c.</i> 8. le tire de , d'où les Italiens ont aussi fait <i>borsa</i> ; mais il y a plus d'apparence que du Grec on a formé en Latin barbare <i>boursa,</i> &amp; de <i>boursa</i> les François ont fait <i>bourse.</i> Le P. Pezron prétend qu'il est pris du Celtique <i>bours</i> &amp; <i>purs.</i> On trouve souvent <i>byrsa,</i> &amp; <i>byrsus,</i> dans la basse Latinité, pour signifier un sac, ordinairement de cuir de cerf, de boeuf, &amp;c.</p><p>On dit aussi une <i>bourse</i> de cheveux, ou en broderie, quand le cuir est couvert de broderie ou de cheveux.</p><p>La <i>bourse</i> est un ornement qui sert à l'habillement du Recteur de l'Université de Paris, lorsqu'il va à la Procession.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse de jettons , est une <i>bourse</i> pleine de cent jettons d'or, ou d'argent, que certains corps d'Officiers font battre avec quelques devises pour en faire présent aux Princes, aux Ministres, aux Magistrats de la protection desquels <pb n="701" facs="bpt6k8542165/f741/full/1200,/0/native.jpg"/>ils ont besoin. <i>Calculorum sacculus.</i> Un tel comptable doit une <i>bourse</i> de jettons à son Rapporteur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse Dans les Eglises &amp; les Sacristies, est aussi une espèce de boîte platte &amp; quarrée, faite de deux cartons, joints par un bout, &amp; ouverts par l'autre, entre lesquels on met le corporal. Il sont revêtus en dedans de toile, &amp; en dehors couverts d'étoffe, &amp; souvent ornés de broderie. Les deux côtés sont garnis de toile, qui donne du jeu aux cartons, afin qu'on puisse les ouvrir &amp; les fermer. <i>Corporalis theca.</i> La <i>bourse</i> se met sur le calice ; &amp; quand le Prêtre est à l'Autel, &amp; qu'il a tiré le corporal de la <i>bourse,</i> il dresse la <i>bourse</i> contre les gradins du côté de l'Evangile.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , est aussi dans le Levant une manière de compter. Le Grand Seigneur a tant de <i>bourses</i> de revenu. L'Egypte doit tant de <i>bourses</i> au Bacha qui la gouverne. Ces <i>bourses</i> sont de cinq cents écus, ou de vingt-cinq mille medins. Il est très-probable que cet usage de compter par <i>bourse</i> ne vient point des Turcs, mais qu'ils l'ont pris des Grecs, &amp; ceux-ci des Romains, dont les Empereurs l'avoient porté de Rome à Constantinople. Une lettre de Constantin à Cécilien Evêque de Carthage, rapportée par Eusèbe <i>Hist. Eccl.</i> IX. chap. 6. &amp; par Nicéphore Liv. VII. ch. 42. le prouve. Ce Prince dit : Ayant résolu de donner quelque chose pour l'entretien des Ministres de la Religion Catholique par toutes les Provinces d'Afrique, de Numidie &amp; de Mauritanie, j'ai écrit à Vesus Trésorier général d'Afrique, &amp; lui ai donné ordre de vous faire compter trois mille <i>bourses.</i> On peut appeller <i>bourse,</i> dit sur cela M. L'Abbé Fleury, ce que les Romains nommoient alors <i>follis</i> ; c'étoit une somme de deux cents cinquante deniers d'argent, qui revient à cent quatre livres trois sols quatre deniers de notre monnoie. Ainsi les trois mille <i>bourses</i> faisoient plus de 300000 livres.</p><p>Mais il faut remarquer que <i>follis</i> se prenoit en plusieurs significations très-différentes. Car premièrement il a signifié une <i>bourse,</i> un petit sac dans lequel on met son argent. Plaute <i>Aulul.</i> Act. II. sc. 4. v. 23. &amp; Juvénal Sat. XIII. v. 61. Sat. XIV. v. 281. Apul. Liv. IV. <i>Métam.</i> Vegetius II. 20. le prennent en ce sens.</p><p>Ensuite <i>follis</i> se prit pour l'argent qui étoit dans la <i>bourse,</i> de même qu'en François ; &amp; il se dit tant du cuivre, que de l'argent &amp; de l'or, &amp; eut différentes significations. Car ; 1°, on appella <i>follis</i> le <i>dupondius,</i> ou la pièce de deux sols, qui étoit une monnoie de cuivre, &amp; qui changea de poids &amp; de prix selon les changemens du <i>dupondius,</i> mais ceci n'est point de notre sujet. Dans l'or il ne se dit jamais d'une pièce de monnoie particulière ; mais dans l'argent peut-être l'usage avoit-il introduit que les pièces d'argent qui faisoient la <i>bourse,</i> s'appellassent aussi chacune <i>follis, bourse.</i></p><p>Quelquefois <i>follis</i> se prenoit pour un poids, &amp; c'est en ce sens que le <i>follis</i> comprenoit 312 livres six onces, lesquelles font 250 deniers, si cependant ce sont des deniers ; car un vieux Glossaire des Basiliques qu'avoit le P. Sirmond, &amp; dont le P. Petau rapporte le morceau qui regarde le <i>follis,</i> sembloit porter au lieu de , &amp; Alciat traduit <i>donos</i> ; on ne comprend pas trop ce que c'est. M. l'Abbé Fleury dit sans hésiter que ce sont des deniers, &amp; les prend pour la somme signifiée par le mot <i>follis, bourse,</i> quoique ce ne soit encore que le <i>follis,</i> poids, &amp; non point le <i>follis,</i> somme, comme il paroît par le texte de ce Lexicon Nomique rapporté par le P. Petau.</p><p>Enfin, il se prend pour une somme composée de 225 petites monnoies d'argent, dont chacune pesoit deux moins un quart. Le étoit la douzième partie d'une once ; ainsi la <i>bourse</i> composée de 225 de ces monnoies étoit de 32. onces, neuf ou 9. douzièmes d'once, plus les trois quarts d'un ; &amp; 3000 <i>bourses</i> faisoient 98250 onces, ou 12281 marcs plus deux onces. Or en mettant le marc d'argent à 27. livres, les 3000 <i>bourses</i> font 331587 livres, &amp; chaque <i>bourse</i> 100 livres 17 sols &amp; un peu plus, mais ce plus ne va pas à un denier. Voilà ce que c'étoit que la <i>bourse</i> chez les Anciens. Voyez le P. Petau sur S. Epiphane, Tom. II. pag. 431. &amp; suiv. Jean Frid. Gronovius <i>De Pecuniâ Vet. Lib. IV. cap.</i> 16. Vossius <i>Lex. Etymol.</i> Stewech <i>in Veget. Thesaur. Antiq. Rom. Graevii Tom. X. p.</i> 1179.</p><p>S. Epiphane, dans son Traité des poids &amp; des mesures, parlant du <i>follis,</i> dit qu'il est de deux sortes ; l'un qui est composé de deux pièces d'argent, , lesquelles valent 208 deniers, ; l'autre est une pièce de monnoie, &amp; ne fait rien ici. Scaliger au lieu de lire comme le P. Petau , 208 déniers, corrige , 288 déniers. Un manuscrit de la Bibliothèque du Roi cité par le P. Petau, <i>Epiph. T. II. p.</i> 443. porte, , lesquelles (deux pièces d'argent) vous font vingt deniers. Mais Gronovius, à l'endroit que j'ai cité, lit, , 250 deniers ; &amp; l'on ne peut douter que ce ne soit là la véritable leçon, quand on compare cet endroit du Père avec celui du Dictionnaire des Basiliques, où il est écrit tout au long que <i>follis</i> pèse , deux cents cinquante deniers. Quand on a vû plusieurs manuscrits Grecs, on convient aisément qu'il a été très-facile de prendre un H. pour un N. Mais de cette correction il s'ensuit que S. Epiphane ne parle que du <i>follis</i> pris pour un poids ; &amp; en second lieu que le P. Petau a eu raison d'imprimer dans le fragment du Lexicon Nomique qu'il a cité, comme dans S. Epiphane, &amp; non pas , comme le manuscrit sembloit avoir, &amp; que cet apparent étoit un véritable peut-être un peu trop formé ; qu'ainsi il n'est plus douteux ce que c'est que ces , &amp; qu'Alciat l'a mal traduit par <i>donos.</i> Concluons qu'il n'y a donc que le Lexicon Nomique du P. Sirmond cité par le P. Petau, qui nous apprenne ce que c'étoit chez les Romains &amp; les Grecs postérieurs, que le <i>follis</i> pris pour une somme, ou la <i>bourse,</i> &amp; qu'elle étoit de 100 liv. 17 sols un peu plus, de notre monnoie, en mettant le marc d'argent à 27 livres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , se dit aussi d'un homme riche qui a de l'argent. Ce Notaire dispose des meilleures <i>bourses</i> de Paris. Ce galant homme a toujours la <i>bourse</i> ouverte pour ses amis. Dans les troubles toutes les <i>bourses</i> sont fermées ; c'est-à-dire, il n'y a plus de commerce d'argent.</p><p>On dit d'un arbitre, d'un amiable compositeur, qu'il coupe la <i>bourse</i> à celui qu'il condamne à donner quelque chose à sa partie adverse au-delà de ce qu'il lui pourroit devoir à la rigueur, pour nourrir la paix entre eux. On le dit aussi des quêteuses, &amp; autres charitables incommodes, qui obligent des personnes à faire des charités malgré elles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse commune , est une société qui se fait entre deux, on plusieurs personnes de même profession, pour partager les profits de leurs charges, ou de leur trafic, afin qu'ils n'envient point la pratique les uns des autres, &amp; qu'ils ne courent point sur leur marché. <i>Societas.</i> Les Secrétaires du Roi, les Commissaires du Châtelet, les Huissiers du Parlement, font <i>bourse commune.</i> Les Marchands en société font <i>bourse commune.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , se dit aussi de l'argent, ou du bien de quelqu'un. Avoir, manier la <i>bourse</i> ; c'est-à-dire, Etre maître de faire la dépense. Mettre la main à la <i>bourse,</i> c'est-à-dire, Faire la dépense d'un achat, d'un ouvrage, faire les frais d'une affaire. On dit aussi, Faire une affaire sans <i>bourse</i> délier, quand on fait un troc, un accommodement but-à-but, &amp; sans qu'il en coûte de l'argent. On dit aussi, qu'il faut faire la dépense selon sa <i>bourse</i> ; pour dire, qu'il la faut faire selon son revenu. Vivre sur la <i>bourse</i> d'autrui. c'est vivre aux dépens d'autrui. Avoir la <i>bourse</i> bien ferrée, c'est l'avoir bien garnie. Avoir la <i>bourse</i> platte, c'est être gueux, n'avoir point d'argent.</p><p>C'est à-dire, appauvrit bien des gens. Quand on plaide sur un retrait lignager, on est obligé d'offrir à chaque acte de la cause <i>bourse</i> &amp; deniers à découvert, &amp; à parfaire.</p><p>On dit proverbialement, Au plus larron la <i>bourse,</i> quand on confie son argent à une personne infidèle ; par allusion à ce qui est dit dans l'Ecriture, que Judas gardoit la <i>bourse,</i> &amp; cependant étoit un larron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5673" id="8" type="college">
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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , en termes de Collége , est une fondation faite pour entretenir de pauvres écoliers dans les études. <i>Jus gratuitae ac statae attributionis.</i> Chaque <i>bourse</i> du Collége de Fortet à Paris vaut cent écus. Les <i>bourses</i> sont à la nomination des Patrons &amp; Fondateurs. Les <i>bourses</i> des Colléges <pb n="702" facs="bpt6k8542165/f742/full/1200,/0/native.jpg"/>ne sont point des bénéfices, mais de simples places affectées à certains pays, &amp; à certaines personnes. Une <i>bourse</i> vaque par la provision de la Cure comme incompatible. Il n'y a que les écoliers étudians qui puissent prétendre droit aux <i>bourses</i> des Colléges de l'Université de Paris. Il y a au Collége du Cardinal le Moine à Paris de grandes &amp; de petites <i>bourses</i> ; les petites sont pour de jeunes écoliers qui n'en peuvent jouïr que six années, c'est-à-dire, autant de temps à-peu-près qu'il en faut pour parvenir au degré de Maître ès Arts, &amp; quand ils l'ont obtenu, ils cessent de jouïr de leurs <i>bourses</i> : les grandes <i>bourses</i> ne peuvent être tenues que neuf ans par des Maîtres ès Arts, &amp; finissent quand ils ont obtenu le dégré de Docteurs. En quelques Colléges il y a des <i>bourses</i> qui se donnent à vie. Il y en a quelques-unes qui ne peuvent être possédées que par des Ecclésiastiques Docteurs, ou autres ; mais les <i>bourses,</i> de quelque nature qu'elles soient, ne sont point des bénéfices, comme on l'avoit dit dans la première édition de ce livre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5673" id="9" type="">
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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , en termes de Négocians , est en plusieurs Villes, ce qu'on appelle à Paris &amp; à Lyon, le <i>Change,</i> c'est-à-dire, le lieu où les Marchands se trouvent pour négocier leurs billets. <i>Forum argentarium.</i> La <i>bourse</i> de Londres, d'Anvers, d'Amsterdam.</p><p>Guichardin rapporte que l'origine de ce mot vient de ce que la première place des Marchands qui s'est appellée <i>Bourse,</i> a été celle de la Ville de Bruges, au bout de laquelle il y avoit un grand Hôtel bâti par un Seigneur de la noble famille de la <i>Bourse,</i> dont on voit encore les armoiries qui sont trois <i>bourses</i> gravées sur le couronnement du portail. Cet Hôtel donna le nom à la place où s'assembloient les Marchands, les Courtiers, les Commissionnaires, les Interprètes, &amp; autres suppots de négoce, pour faire leurs affaires &amp; leurs commerce. Catel, <i>Hist. de Languedoc,</i> p. 199. dit que ces Marchands d'Anvers achetèrent pour s'assembler un logis où pendoit l'enseigne de la <i>bourse.</i> Quoi qu'il en soit, de cette ville, qui étoit autrefois la plus fameuse pour le trafic, les Marchands ont transporté ce nom aux places d'Amsterdam, d'Anvers, de Berghen en Norwége, &amp; de Londres, qu'ils ont nommé <i>Bourse commune des Marchands.</i> La Reine Elizabeth fit appeller <i>Change Royal,</i> la <i>Bourse</i> de Londres, &amp; depuis elle a retenu ce nom.</p><p>La <i>bourse</i> à Toulouse est le lieu où les Marchands rendent leur justice, suivant le pouvoir qui leur en a été donné par Edit de Henry II. à Paris au mois de Juillet 1548. par lequel il leur octroya d'établir dans Toulouse une <i>bourse</i> commune semblable au Change de Lyon, avec pouvoir d'élire tous les ans un Prieur &amp; deux Consuls, qui jugeroient en première instance tous les procès entre les Marchands. D'autres disent que l'Edit de Henri II. n'est que de 1549. mais de la Faille, dans ses <i>Annales de Toulouse,</i> le rapporte à l'an 1548. L'établissement de ces sortes de Jurisdictions est dû au Chancelier Olivier, &amp; non au Chancelier de l'Hôpital, comme l'a écrit Charles Loyseau <i>Des Seigneuries, chap.</i> 16. Ce qui l'a trompé, c'est qu'il a cru que la <i>bourse</i> de la ville de Paris, qui ne fut établie qu'à la fin de l'année 1563. sous Charles IX. étoit la première en institution ; ce qui n'est pas. La première est Lyon ; la deuxième Toulouse ; la troisième Rouen, &amp; Paris la quatrième. L'Edit d'érection de celle de Paris, porte même expressément que c'est tout ainsi que les places appellées le Change à Lyon, &amp; <i>Bourses</i> à Toulouse &amp; à Rouen. De la Faille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , signifie aussi, la poche ou l'extrémité d'un filet, où le poisson ou le gibier se trouve embarrassé sans en pouvoir sortir.</p><p>En termes de Fauconnerie la <i>Bourse</i> de l'oiseau, c'est sa gorge.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse noire . C'est une partie qui se trouve dans les yeux des oiseaux, &amp; ne se rencontre point dans les yeux des autres animaux. C'est Mr Perrault qui lui a donné ce nom. Elle est placée en dedans de l'humeur vitrée, &amp; tient par sa base au fond de l'oeil, à l'endroit où le nerf optique entre dans l'oeil. Elle est fort noire. M. Perrault dit dans la première partie de la Mechanique des animaux, que les oiseaux ayant besoin d'une meilleure vûe que les autres animaux, à cause que leur vol les éloigne ordinairement des objets qu'ils ont intérêt de connoître, ont dans l'oeil cette partie qui semble leur avoir été donnée pour rendre plus parfaite la fonction de la membrane uvée, en ce qui regarde la séparation &amp; la réception des parties opaques du sang. M. de la Hire trouve cette raison mauvaise, Car, dit-il, les poules, les oies, qui sont toujours proche de la terre, ont la <i>bourse noire</i> comme les autres oiseaux ; il trouve encore que le nom de <i>bourse</i> ne convient point à cette partie ; selon lui c'est un muscle composé de plusieurs feuillets triangulaires, dont le plus petit côté est attaché sur une membrane ronde &amp; fort dure, qui occupe toute la base du nerf optique à l'endroit où il entre dans l'oeil ; &amp; ces feuillets sont attachés comme sur des rayons, qui partent du centre de cette membrane. Il tiennent aussi par un autre côté à un cordon, ou tendon, qui sortant du centre de la base, va s'attacher au cristallin par le côté vers le grand angle de l'oeil. Le troisième côté de ces feuillets, qui est le plus grand, est flottant dans l'humeur vitrée. Ce muscle est donné aux oiseaux pour tirer le cristallin vers le fond de l'oeil par le côté qui répond au grand angle avec le cordon ou tendon commun des feuillets de ce muscle, &amp; par là donner à l'oeil une position plus perpendiculaire au rayons des objets qui sont au-devant de la tête, sans quoi les oiseaux, de la manière que leurs yeux sont placés, ne pourroient distinguer les alimens qu'ils doivent prendre par le bec, ainsi que l'expérience d'une lentille de verre opposée obliquement à la lumière d'une chandelle, &amp; les règles de l'optique le démontrent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , ou Bouton, en termes de Botanique , est un bouquet de feuilles, ou une fleur qui n'est pas encore épanouie. <i>Folliculus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Bouton">Bouton</ref>. On appelle aussi <i>Bourse</i> généralement tout ce qui sert à renfermer les graines des plantes, lorsqu'elles sont encore sur pied.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    &#9758; BOURSE , s. f.Bourse a pasteur , ou Tabouret. Ce dernier mot est masculin. Bursa Pastoris. Plante très-commune, sa racine est un pivot menu, blanc, fibreux, douceâtre d'abord, mais peu de temps après désagréable. Elle jette plusieurs feuilles disposées en rond, couchées sur la terre, oblongues, quelquefois entières, le plus souvent découpées sur ses bords plus ou moins profondément comme celles de la dent de lion. La tige qui s'élève d'entre ces feuilles, est haute plus ou moins : assez souvent elle n'excède pas la hauteur d'un pied. Elle est branchue, garnie de quelques feuilles beaucoup plus petites que celles du bas. Cette tige &amp; ses branches se terminent par des épis de fleurs blanches, composées chacune de quatre pétales, soutenues par un calice à quatre petites feuilles verdâtres. Les fruits qui succèdent aux fleurs sont des capsules divisées perpendiculairement en deux loges en manière de gousset, &amp; renferment dans chacune de leurs loges quelques semences menues, arrondies &amp; roussâtres. Ce fruit a quelque rapport à la bourse que portent à la campagne les bergers ; &amp; c'est d'où vient le nom de toute la plante. Le tabouret est astringent ; on se sert de son eau distillée dans les potions astringentes pour arrêter des pertes, calmer des hémorragies, &amp; guérir des dissenteries. Sa décoction a à-peu-près les mêmes usages, aussi-bien que son suc.<br/>Bourse, se dit aussi, d'un petit sac de taffetas noir, où l'on enferme ses cheveux par derrière pour les conserver. On en met aussi au derrière de certaines perruques. Perruque à <i>bourse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5673" id="14" type="">
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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourses , s. f. plur. Enveloppe extérieure des testicules <i>Scrotum.</i> Les hernies ou descentes se font dans les <i>bourses</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5673" id="15" type="anatomie">
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    <head>BOURSE</head>
    <p>
    Bourse , veut dire aussi en termes d'Anatomie , Petite vessie. <i>Vesicula,</i> La <i>bourse</i> du fiel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5674" id="1" type="">
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    <head>BOURSEAU</head>
    <p>
    BOURSEAU , ou BOURSAUT, s. m. Est un enfaîtement de maisons couvertes d'ardoise, qui est de plomb, &amp; qui règne le long du haut du toit. On n'en met plus guère sur les faîtes. Ainsi <i>Bourseau,</i> est une moulure ronde sur la panne de brisis d'un comble d'ardoise coupé, qui est recouverte de plomb blanchi.</p><p>On appelle <i>Bourseau rond,</i> certain outil dont les Plombiers se servent pour battre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOURSET</head>
    <p>
    BOURSET , s. m. Terme de Marine . Voyez <ref type="search" target="head:Bourcet">Bourcet</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5676" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURSETTE" />
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    <head>BOURSETTE</head>
    <p>
    BOURSETTE , s. f. Petite bourse. <i>Locellus.</i> Ce mot est bas, &amp; n'est pas même fort en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5677" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURSIER, IÈRE" />
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    <head>BOURSIER, IÈRE</head>
    <p>
    BOURSIER, IÈRE , s. m. &amp; f. Ouvrier qui fait des bourses. <i>Loculorum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5677" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURSIER, IÈRE" />
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    <head>BOURSIER, IÈRE</head>
    <p>
    <pb n="703" facs="bpt6k8542165/f743/full/1200,/0/native.jpg"/> Boursier , s. m. est un écolier pourvu d'une bourse dans un Collége, &amp; qui est obligé d'assister au service divin qui s'y fait. <i>Jus nactus statae attributionis.</i> Les actions qui s'intentent pour les biens d'un Collége, se font au nom du Principal &amp; des <i>Boursiers.</i> Voyez les règlemens pour les <i>Boursiers</i> &amp; pour leur réception dans les <i>Mémoires du Clergé,</i> Tom. II.</p><p>On appelle aussi <i>Boursiers,</i> les Notaires &amp; Secrétaires du Roi qui sont à la suite de la grande Chancellerie, &amp; qui ont part à la distribution des bourses ordinaires, qui sont distinguées des gages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5677" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOURSIER, IÈRE" />
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    <head>BOURSIER, IÈRE</head>
    <p>
    Boursier , se dit quelquefois pour Trésorier. <i>Quaestor.</i> Il y a dans Berne quatre Banderets, qui sont les Chefs de la milice de tout le Canton, &amp; deux <i>Boursiers,</i> qui sont les Trésoriers généraux, l'un pour le pays Allemand, &amp; l'autre pour le Roman, ou François, Maty, Corn. On trouve dans les Etats de la Maison des Ducs de Bretagne, un Officier qu'ils appelloient <i>Boursier</i> d'épargne. Voyez les Preuv. de l'<i>Hist. de Bret.</i> p. 1111. 1186. 1191. 1196. 1207.</p><p>C'est aussi dans ce sens qu'on le dit en France dans plusieurs Communautés où on fait <i>bourse</i> commune, comme les <i>Boursiers</i> des Mesureurs de sel, Mouleurs de bois, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5678" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURSILLER" />
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    <head>BOURSILLER</head>
    <p>
    BOURSILLER , v. n. Fournir sa quote part d'une somme nécessaire pour faire quelque chose qu'on a entrepris, &amp; qui coûte plus qu'on ne s'étoit imaginé. <i>Pecunias in commune conferre.</i> On croyoit qu'il ne falloit que tant d'avance pour cette ferme, mais il a fallu encore que chacun <i>boursillat.</i> Les Paroissiens ont <i>boursillé</i> pour achever le bâtiment de leur Eglise. Il est du style familier.</p><p>On le dit aussi de la première contribution que l'on fait avec d'autres pour faire quelque chose à frais communs, quand la contribution de chacun n'est pas grosse. Tous les Ecoliers de ce Collége ont <i>boursillé</i> pour plaider contre leur Principal. Tous les Métiers <i>boursillèrent</i> entre eux pour faire chanter le <i>Te Deum</i> à la convalescence de Monseigneur fils du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5679" id="1" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BOURSIN" />
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    <head>BOURSIN</head>
    <p>
    BOURSIN , s. m. Terme de Maçonnerie . C'est une espèce de croûte de terre attachée à la pierre de taille, qui n'est pas encore bien pétrifiée, &amp; qu'il faut retrancher en la taillant, de même que l'aubier à l'égard du bois. <i>Saxi recrementum.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Bousin">Bousin</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5680" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURSON" />
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    <head>BOURSON</head>
    <p>
    BOURSON , ou BOURSERON, s. m. Petite poche attachée à la ceinture du haut-de-chausse, où on met son argent, ou sa bourse. <i>Locellus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5681" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOURSOUFLER" />
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    <head>BOURSOUFLER</head>
    <p>
    BOURSOUFLER , v. act. Enfler de vent ou d'humidité. <i>Tumefacere.</i> On peint les vents avec des visages qui sont <i>boursouflés,</i> qui ont les joues pleines &amp; enflées. Les hydropiques paroissent gros, parce qu'ils sont <i>boursouflés</i> de mauvaises humeurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5681" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOURSOUFLER" />
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    <head>BOURSOUFLER</head>
    <p>
    Boursoufler , se dit aussi en parlant des Bouchers qui enflent les viandes en les souflant, pour les faire paroître plus belles. <i>Inflare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5681" id="3" type="">
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    <head>BOURSOUFLER</head>
    <p>
    Boursouflé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Tumefactus, tumidus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5681" id="4" type="">
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    <head>BOURSOUFLER</head>
    <p>
    Boursouflé , s. m. Boursouflée, s. f. Ce mot s'emploie aussi quelquefois dans le style bas &amp; comique, pour marquer du mépris. C'est un gros <i>boursouflé.</i> C'est une grosse <i>boursouflée.</i></p><p>On le dit figurément du style, &amp; du discours. <i>Inflatus.</i> Un style enflé &amp; <i>boursouflé</i> déplaît infiniment aux gens de bon goût. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5682" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BOUSARD" />
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    <head>BOUSARD</head>
    <p>
    BOUSARD , ou BOUZARD. Terme de Chasse . <i>Bouzards,</i> ce sont fientes du cerf qui sont molles, en forme de bouzées de vaches, dont elles ont pris ce nom, &amp; qu'on nomme autrement fumées. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5683" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUSE" />
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    <head>BOUSE</head>
    <p>
    BOUSE , ou BOUZE, s. f. Fiente de boeufs &amp; de vaches. <i>Stercus.</i> On s'en sert contre les piquûres des mouches à miel, &amp; pour résoudre les apostumes.</p><p>Le P. Thomassin dérive le mot <i>bouse</i> de l'Hébreu <i>bouts,</i> qui veut dire <i>coenum, lutum, limus, boue, limon :</i> mais le mot <i>bouts,</i> devant que de s'établir en France sous le nom de <i>bouse,</i> a passé en Saxe, en Angleterre, &amp; dans les Pays-Bas ; &amp; c'est de ces quartiers-là qu'il nous vient immédiatement ; car le même P. Thomassin dit que <i>coenum, lutum, boue,</i> s'appelle en Saxon <i>wase,</i> en Anglois <i>oose,</i> &amp; <i>woose,</i> en Flamand <i>wase,</i> d'où sans doute est venu le mot François, vase, quand il signifie la boue qui est au fond d'un étang, d'un fossé. M. Huet dit que ce mot vient de , qui veut dire la même chose selon Eustathius. <i>Fimus bubulus.</i></p><p>Dans l'Inde on se sert de <i>bouzes</i> de vaches, comme on se sert en plusieurs endroits de tourbes au lieu de bois pour faire du feu. Cette coutume est fort ancienne dans l'Asie. Tite-Live, Liv. XLVIII. ch. 18. dit que dans un pays d'Asie appellé Axyla, parce qu'il n'y avoit point de bois, on brûloit des <i>bouzes,</i> ou de la fiente de boeuf.</p><p>Salnove dans le Dictionnaire des Chasseurs, qu'il a mis à la fin de sa <i>Venerie Royale,</i> dit <i>Bouzées</i> de vaches, comme on le peut voir ici au mot <i>Bousard,</i> mais l'usage est de dire <i>bouze.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5683" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="BOUSE" />
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    <head>BOUSE</head>
    <p>
    Bouse , en termes de Blason , se dit d'une espèce de chantepleure qui sert à puiser de l'eau en Angleterre, dont quelques Seigneurs Anglois ont chargé l'Ecu de leurs Armes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5684" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUSILLAGE" />
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    <head>BOUSILLAGE</head>
    <p>
    BOUSILLAGE , s. m. Construction faite avec de la terre &amp; de la bouc. <i>Constructio lutea.</i> Les cloisons des cabanes des paysans ne sont faites que de <i>bousillage.</i></p><p>On dit figurément de tout ouvrage mal fait, que c'est du <i>bousillage,</i> que ce n'est que du <i>bousillage.</i></p><p>Le mot <i>bousillage,</i> &amp; le mot <i>bousiller, bousilleur,</i> selon le P. Thomassin, ont la même origine que <i>bouse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5685" id="1" type="">
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    <head>BOUSILLER</head>
    <p>
    BOUSILLER , v. act. Faire un mur, une maison avec de la terre détrempée, ou avec de la boue. <i>Luto construere.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; par mépris des logis bâtis de mauvais matériaux, &amp; de plusieurs manufactures &amp; besognes malfaites, qu'elles ne sont que <i>bousillées.</i></p><p>On dit métaphoriquement <i>bousiller,</i> pour gâter, mais dans le style burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5685" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUSILLER" />
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    <head>BOUSILLER</head>
    <p>
    Bousillé, ée , part. &amp; adj. <i>Luto constructus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5686" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUSILLEUR" />
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    <head>BOUSILLEUR</head>
    <p>
    BOUSILLEUR , s. m. Maçon de campagne qui bâtit des terre &amp; de boue. <i>Structor luteus.</i> On le dit aussi des mauvais Maçons de la ville, &amp; des mauvais ouvriers qui gâtent tout en toutes sortes d'ouvrages. <i>imperitus opifex.</i> Cet ouvrier ne fait rien qui vaille, ce n'est qu'un <i>bousilleur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5687" id="1" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BOUSIN" />
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    <head>BOUSIN</head>
    <p>
    BOUSIN , s. m. Terme de Maçonnerie . C'est le dessus de pierres qui sortent de la carrière, &amp; qu'il faut abattre en les taillant, &amp; en les équarrissant ; car ce n'est qu'un lit, ou une couche de terre qui n'est pas encore pétrifiée. <i>Saxi recrementum.</i> On dit aussi <i>boursin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5688" id="1" type="marine & de charpenterie">
   <index type="head" value="BOUSSOIR" />
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    <head>BOUSSOIR</head>
    <p>
    BOUSSOIR , s. m. Terme de Marine &amp; de Charpenterie . Les <i>boussoirs</i> sont deux pièces de bois, dont une partie est posée &amp; attachée au-dessus du château d'avant vers la proue, tant à stribord qu'à bas-bord, &amp; le reste saillant hors du navire sert à lever les ancres. <i>Tignum tollendis ancoris aptum.</i> Caron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5689" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BOUSSOLE</head>
    <p>
    BOUSSOLE , s. f. Autrement <i>Compas,</i> ou <i>Cadran de mer.</i> C'est une boîte où il y a une aiguille aimantée qui se tourne toujours vers les poles, à la réserve de quelque déclinaison qu'elle fait en divers endroits. <i>Pyxis nautica.</i> Le cercle de carte que la <i>Boussole</i> soutient est divisé d'abord en 360 degrés, &amp; au-dessous en 32. parties, qui marquent les 32 <i>aires</i> ou <i>traits</i> de vent, qu'on appelle aussi <i>pointes.</i> La <i>Boussole</i> qui est en usage à terre, a l'aiguille aimantée, portée sur le pivot, &amp; la rose des vents est tracée au fond de la boîte. Jean Gira, ou Goya, que quelques-uns nomment <i>Flavio de Melphe,</i> ou <i>Flavio Gioia,</i> Napolitain, l'inventa, dit-on, vers l'an 1302. &amp; de-là vient que la terre de Principato, qui fait partie du Royaume de Naples, dont il étoit originaire, a pris pour ses Armes une <i>boussole.</i> Quelques-uns croient que Marc Paul Vénitien ayant voyagé en la Chine, en rapporta l'invention vers l'an 1260. &amp; ce qui confirme cette conjecture, c'est qu'on s'en servoit au commencement de la même façon que font encore les Chinois qui la font flotter sur un petit morceau de liége. Ils disent que leur Empereur Chiningus, qui étoit un grand Astrologue, en avoit la connoissance 1120 ans avant Jesus-Christ. Mais Fauchet rapporte des vers de Guyot de Provins qui vivoit en France vers l'an 1200. lequel en fait mention sous le nom de la <i>marinette,</i> ou <i>pierre marinière :</i> ce qui fait voir qu'on <pb n="704" facs="bpt6k8542165/f744/full/1200,/0/native.jpg"/>la connoissoit en France avant le Vénitien &amp; le Melphitain. La fleur-de-lis que toutes les nations mettent sur la rose au point du Nord, montre que les François l'ont inventée, où l'ont mise dans sa perfection. Un Suédois, qui fit en 1699. une dissertation sur la <i>boussole, De Pyxide Magneticâ, seu ut vocant, Compasso Nautico,</i> imprimée à Upsal, prétend que les anciens Suédois en ont eu quelque connoissance.</p><p>L'aiguille de la <i>boussole</i> doit être faite d'une platine fort mince de bon acier en forme de losange, &amp; vuidée, ensorte qu'il n'en reste que les extrémités, &amp; un diamètre au milieu, sur lequel la chapelle doit être appuyée. Pour l'animer, il la faut faire toucher par une pierre d'aimant fort généreuse ; &amp; la partie qu'on veut faire tourner au Nord, doit être touchée par le pole du Sud de la pierre : &amp; au contraire, celle qu'on veut faire tourner au Sud, doit être touchée du côté de l'aiman, qu'on appelle le Nord. On peut faire aussi une <i>boussole</i> sans aiman, par le moyen d'une petite aiguille de fer délicatement posée sur l'eau, ou suspendue en l'air ; car elle se tournera au Midi. De même une aiguille chauffée au feu, &amp; qu'on laisse refroidir sur une ligne du Midi, acquiert la vertu de la <i>boussole,</i> &amp; se tourne vers les poles. On fait aussi des cadrans, des graphomètres avec des <i>boussoles,</i> ou des aiguilles aimantées. L'aiguille de la <i>boussole</i> a beaucoup de variation vers le Cap de Bonne Espérance. Elle nordoueste de 18. degrés à la vûe de Zocotora. Sur le grand Banc sa variation est de 22. degrés 30. minutes. Il faut remarquer que l'aiguille, laquelle est en équilibre avant qu'elle soit aimantée, perd cet équilibre lorsqu'elle est touchée de l'aiman. Au deçà de la Ligne, la pointe qui regarde le pole Septentrional est inclinée vers la terre, &amp; le contraire arrive dès qu'on a passé la Ligne. Mais sous la Ligne l'aiguille demeure en équilibre. Dal. Guillaume Denys, Professeur d'Hydrographie à Dieppe, a fait un Traité exprès de la variation de l'aiguille aimantée, ou <i>boussole.</i> Les Chinois divisent la <i>boussole</i> en 24. parties seulement, au lieu que nous y en marquons 32. P. le Comte.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>buxula</i>, parce qu'elle ressemble à une boîte. Ménage. Pasquier dit qu'on l'appelle <i>cadran,</i> à cause qu'elle est mise dans une boîte quarrée. On appelle <i>boussole affolée,</i> celle dont l'aiguille est défectueuse, à cause qu'elle a été frottée d'un aiman qui ne lui a point donné sa véritable direction. La <i>boussole</i> nous donne la connoissance du nouveau Monde, &amp; elle lie les peuples de la terre par le commerce. Nicol.</p><p>On appelle <i>Boussole de cadran,</i> une boîte avec une aiguille au centre du cadran, pour montrer l'heure &amp; les parties du monde.</p><p>Il se dit aussi au figuré, pour Guide, Conducteur. Vous êtes ma <i>boussole.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOUSTARIN" />
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    <head>BOUSTARIN</head>
    <p>
    &#9758; BOUSTARIN , s. m. C'est le nom que l'on donne à un gros homme dans quelques Provinces de France. C'est un gros <i>boustarin. Journ. des Sav.</i> 1717.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5691" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUT" />
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    <head>BOUT</head>
    <p>
    BOUT , s. m. Ce qui termine une quantité étendue. <i>Extremum, extrema pars, extremitas.</i> Il a couru la ville d'un <i>bout</i> à l'autre. C'est-là le <i>bout</i> de mon héritage. Il faut attacher ces deux étoffes <i>bout</i> à <i>bout.</i> Il est au <i>bout</i> de la carrière.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>bod,</i> qui est un mot Celtique, signifiant le <i>fond, l'extrémité.</i> Du Cange tient que <i>bout</i> &amp; <i>bouton</i> sont venus de <i>botones</i> &amp; <i>bototinos :</i> c'est ainsi que les Anciens appelloient ces <i>mottes,</i> &amp; élévations de terre, dont les Arpenteurs se servoient pour marquer les bornes &amp; les extrémités des héritages. Chorier prétend qu'il nous vient de <i>bod,</i> ancien mot Allobrogique, c'est-à-dire, Celtique. <i>Bodincum,</i> dit-il, signifie ce qui est sans fond, &amp; le mot de <i>bout</i> en est venu ; <i>inc</i> signifioit <i>sans,</i> &amp; <i>bod, bout,</i> ce qui étoit appliqué autant à ce qui n'avoit point de fond, qu'à ce qui n'avoit point de <i>bout.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BOUT" />
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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout , signifie aussi, la fin, l'extrémité d'une chose : ce qui est le dernier en quelque chose, ce qui la finit. <i>Finis.</i> La chicane a tant de longueurs, qu'on ne voit jamais le <i>bout,</i> la fin d'un procès. Le Sermon a été si long, que je n'en croyois jamais voir le <i>bout.</i> Je veux voir jusqu'au <i>bout,</i> si vous aurez la hardiesse de me trahir. Mol. Un esprit pénétrant voit d'abord le <i>bout</i> de toutes choses. S. Evr. Au <i>bout</i> de soixante jours, ils se rendirent. Vaug. Je vous prie de croire que je poursuivrai mon droit jusqu'au <i>bout.</i> Port-R. Cet homme auroit-il un million d'or, il en trouveroit le <i>bout.</i> Je vous prie d'écouter mes raisons jusqu'au <i>bout.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout , signifie encore, un sens, un côté. Ce Juge en interrogeant ce criminel l'a pris par tous les <i>bouts,</i> par tous les côtés, il n'en a pû tirer aucun éclaircissement. <i>Undique.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout , se dit aussi d'une petite partie, ou d'un reste de quelque chose, &amp; qui approche de ses extrémités. <i>Particula.</i> J'ai besoin d'un <i>bout</i> de corde, d'un <i>bout</i> de fil. Un <i>bout</i> de chandelle. Il n'a pû entendre qu'un <i>bout</i> de Messe.</p><p>On appelle par dérision, <i>Bout</i> d'homme, un petit <i>bout</i> d'homme. Un homme extrêmement petit.</p><p>On appelle le haut <i>bout, Princeps, summus locus ;</i> le bas <i>bout, Postremus, imus locus,</i> dans les séances &amp; cérémonies, où les rangs sont distingués, Les places les plus ou les moins honorables. Faire le bas <i>bout</i> à une table, c'est selon Mézeray, y être assis le dernier. Les ambitieux veulent toujours tenir le haut <i>bout</i> par-tout. L'Evangile apprend aux humbles à prendre toujours le bas <i>bout.</i> Ronsard introduit dans sa Franciade le Géant Phovere faisant cette promesse à Kisse sa cavalle.</p><p>Sarasin, dans la Préface de son Ode sur la bataille de Lens, a blâmé avec raison Ronsard, d'avoir imité en cela les Anciens. Nos moeurs &amp; notre goût ne souffrent plus ces sortes de discours dans des pièces sérieuses.</p><p>On nomme figurément le <i>bout</i> du monde, une chose très-éloignée. <i>Extrema pars.</i> Il s'est allé loger au <i>bout</i> du monde, à l'autre <i>bout</i> de la ville. Il est allé au <i>bout</i> du monde ; pour dire, Il est allé faire un voyage de long cours en un pays fort éloigné.</p><p>En termes de Marine , on dit, Avoir vent de <i>bout</i> ; pour dire, Avoir vent contraire, ou le vent par proue ; <i>adversum ventum experiri,</i> &amp; Aller de <i>bout</i> au vent ; pour dire, Aller contre le vent, <i>Adverso vento navigare.</i> On dit aussi, Aborder un vaisseau de <i>bout</i> au corps ; pour dire, lui mettre l'éperon dans le flanc. On dit aussi, Filer le cable <i>bout</i> pour <i>bout ;</i> pour dire, Le lâcher entièrement, &amp; l'abandonner avec son ancre. On appelle aussi en termes de Marine , <i>bout de vergue,</i> la partie de la vergue qui excède la longueur de la voile, &amp; qui sert quand on prend les ris. On appelle aussi, <i>Bout de lof,</i> ou <i>Bout-lof,</i> une pièce de bois ronde ou à pans, qu'on met au-devant des vaisseaux de charge qui n'ont point d'éperon. Elle sert a tenir les armures de misaine.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout , se joint encore à plusieurs mots où il change de signification.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout d'ailes , sont les plumes qui sont au <i>bout</i> des ailes des oiseaux. <i>Penna.</i> On se sert des <i>bouts d'ailes</i> pour écrire. Il y en a même qui les aiment mieux que les autres, parce qu'elles sont plus fermes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout de l'an , est un Service qu'on fait faire solemnellement pour un défunt au <i>bout de l'année</i> de sa mort, après lequel on quitte le deuil qu'on portoit de lui. <i>Anniversaire demortui parentalia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout d'argent, Bout d'ivoire , ou d'autre matière, est une garniture qu'on met au <i>bout</i> d'une canne pour s'appuyer, ou d'un bâton de commandement. <i>Caput.</i></p><p>On appelle aussi <i>bout</i> chez les Tireurs d'or, un morceau d'argent doré qu'ils passent par la filière, pour faire des filets d'or &amp; d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout , est aussi un terme de Ceinturier . Il signifie une petite plaque d'argent que l'on met au bout des boucles d'un baudrier, afin de leur donner plus de grace.</p><p>On appelle aussi un bâton à deux <i>bouts,</i> un bâton garni de deux fers pointus par les <i>bouts, Utrinque praefixus,</i> qui est une bonne arme défensive &amp; offensive quand on la sait bien manier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout de Fleuret , est un bouton de cuir rembourré dont on garnit l'extrémité des fleurets, afin qu'en escrimant ils n'offensent personne. <i>Globulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5691" id="11" type="">
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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout de mammelle , est la petite fraise, ou bouton, qui <pb n="705" facs="bpt6k8542165/f745/full/1200,/0/native.jpg"/>sert à donner à teter aux enfans. <i>Papula.</i> Cet enfant n'a pas encore pû prendre <i>bout.</i> On dit aussi, Le <i>bout</i> de l'oreille, le <i>bout</i> du nez. On dit encore, Toucher quelque chose du <i>bout</i> du doigt. <i>Extremis digitis.</i> Goûter quelque chose du <i>bout</i> des lèvres. <i>Primoribus labris.</i></p><p>On dit, Rire du <i>bout</i> des dents, pour dire, S'efforcer de rire quoiqu'on n'en ait nulle envie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5691" id="12" type="">
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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout de manches , est une petite manchette que les gens modestes, ou en grand deuil, font coudre aux extrémités des manches de leur pourpoint, ou de leur soutane.</p><p>On dit aussi, qu'une garnison est sortie la mèche allumée par les deux <i>bouts :</i> ce qui est une des conditions d'une capitulation honorable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5691" id="13" type="guerre">
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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bout portant , se dit en termes de Guerre , des coups qu'on tire à brûle pourpoint, qui ne manquent point, comme si le <i>bout</i> de l'arme à feu portoit sur le pourpoint. <i>Admota proximè catapulta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5691" id="14" type="">
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    <head>BOUT</head>
    <p>
    Bouts-rimes , en termes de Poësie , sont des rimes disposées par ordre, qu'on donne à un Poëte avec un sujet, sur lequel il est obligé de faire des vers en se servant des mêmes mots &amp; dans le même ordre. <i>Extrema Rithmica.</i> L'extravagance d'un Poëte, nommé Du Lot, donna lieu à cette invention, vers l'année 1649. On choisissoit des rimes bizarres, &amp; qui ont le moins de rapport ensemble, &amp; chacun se piquoit de les remplir heureusement. Au jugement des plus fins, ces rimes bizarres sont bien souvent celles qui embarrassent le moins, &amp; qui fournissent le plus de choses nouvelles &amp; surprenantes, pour ce style folâtre &amp; burlesque. Sarrasin a fait un Poëme qu'il a intitulé, <i>La défaite des Bouts-rimés.</i></p><p>On propose quelquefois pour exercer les petits versificateurs quatorze rimes prises au hazard, &amp; rangées à la façon de celles d'un sonnet, &amp; c'est ce qu'on nomme des <i>bouts-rimés,</i> que l'on remplit en faisant un vers pour chaque rime. Ce seroit sans doute la plus misérable de toutes les occupations ; &amp; c'est même un assez méchant divertissement, mais qui revient à la mode de temps en temps. Il y fut particulièrement à la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Messieurs les Lanternistes de Toulouse ont trouvé le secret de relever de nos jours les <i>bouts-rimés</i> par un grand sujet ; car ils en proposent toutes les années pour être remplis à la gloire du Roi ; &amp; le sonnet victorieux est récompensé par une belle médaille d'argent. P. Mourgues. Il faut observer trois choses dans les <i>bouts-rimés.</i> 1°, Que les rimes soient toutes bizarres. 2°, Qu'il ne soit pas permis de les altérer en leur substituant des termes ordinaires. 3°, Qu'on en détermine le sujet. Id. Voici un exemple de <i>bouts-rimés,</i> qui furent proposés par l'Académie de Toulouse, pour être remplis à la louange du Roi, &amp; que le P. Commire remplit ainsi :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5692" id="1" type="">
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    <head>BOUT-RIMEUR</head>
    <p>
    BOUT-RIMEUR , s. m. Celui qui fait des bouts-rimés, qui en a fait, qui en sait faire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5692" id="2" type="">
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    <head>BOUT-RIMEUR</head>
    <p>
    Bout saigneux , est l'extrémité d'un quartier de veau, ou de mouton, du côté de la gorge, où il demeure toujours du sang de ces animaux quand on les tue. <i>Jugulum.</i></p><p>On dit aussi <i>Bout saigneux</i> de boeuf. Le <i>bout saigneux</i> de boeuf mis au pot fait un très-bon potage. Chomel. Le <i>bout saigneux</i> de boeuf se mange aussi en haricots avec des navets, &amp; se fait en le coupant par morceaux, &amp; le faisant cuire avec de l'eau, du sel, du poivre, des oignons &amp; des clous de girofle, puis l'ôtant de ce bouillon on le passe au roux avec du lard, après quoi on le met égouter ; puis ayant préparé un coulis avec les navets, on le jette dessus cette pièce de boeuf qui est dans un plat, &amp; qu'on sert de cette manière. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5692" id="3" type="manege">
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    <head>BOUT-RIMEUR</head>
    <p>
    Bout de soulier , se dit des pièces que les Savetiers mettent sous les talons des souliers des pauvres gens, pour les faire durer plus long-temps.</p><p>On appelle en termes de Couvreurs , une remanie à <i>bout,</i> la recherche d'un toit, d'une couverture, pour y mettre les tuiles ou les lattes aux endroits où il en manque.</p><p>On le dit aussi adverbialement en ces phrases, De <i>bout</i> en <i>bout</i> ; pour dire, Entièrement, <i>Omninò, penitùs.</i> Au <i>bout</i> du compte ; pour dire, A la fin. <i>Ad extremum.</i> Venir à <i>bout,</i> Achever heureusement une affaire. <i>Perficere, propositum assequi.</i> Tous ses efforts ne purent venir à <i>bout</i> de dompter cet esprit superbe. Ablanc. Pousser à <i>bout</i> quelqu'un, le mettre à <i>bout,</i> pour dire, le tourmenter, le réduire à l'extrémité. Mettre sa patience à <i>bout,</i> l'obliger à se mettre en colère. <i>Aliquem vehementiùs insectari.</i> Pousser une femme à <i>bout</i> ; c'est la porter au crime. L'amour plus fort que tout, sait pousser la sagesse à <i>bout.</i> Il est à <i>bout</i> ; pour dire, Il ne sait que devenir, il n'a pas de quoi subsister. On dit aussi, qu'un Fermier est à <i>bout</i> d'une ferme ; pour dire, que son bail est expiré. On dit en termes de Manége , qu'un cheval est à <i>bout,</i> quand il est outré par le travail. On dit aussi, Coudre <i>bout</i> à <i>bout</i> ; pour dire, Joindre les deux <i>bouts</i> ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5692" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOUT-RIMEUR" />
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    <head>BOUT-RIMEUR</head>
    <p>
    Bout , se dit proverbialement en ces phrases. Au <i>bout</i> de l'aune faut le drap ; pour dire, Il faut prendre d'une chose tout ce qu'on en peut tirer. On dit qu'un homme s'est mis sur le bon <i>bout</i> ; pour dire, qu'il est bien vêtu, bien équipé. On dit aussi, Le <i>bout</i> de la rue fait le coin. On dit qu'un homme est au <i>bout</i> de son rollet, quand il ne sait plus que dire, ni que faire, en quelque discours qu'il a commencé, en quelque affaire qu'il a entreprise. On dit en ce sens, Au <i>bout</i> de ses ruses, de ses finesses. On dit qu'un homme manque à chaque <i>bout</i> de champ ; pour dire, à toute heure. On dit aussi, quand un homme hésite, ou demeure en parlant, Apportez un <i>bout</i> de chandelle pour trouver ce qu'il veut dire. On dit aussi en ce sens, qu'il a une chose sur le <i>bout</i> de la langue, lorsqu'il la sait bien, mais qu'il ne s'en peut souvenir à point nommé. On dit au contraire, qu'un écolier sait sa leçon sur le <i>bout</i> du doigt, quand il la sait fort bien pour la dire par coeur. On dit qu'une chose est demeurée au <i>bout</i> de la plume ; pour dire, qu'on a oublié de l'écrire. On dit, Tenir le bon <i>bout</i> de son côté ; pour dire, Conserver toujours l'avantage de la possession de quelque chose ; &amp; qu'un autre ne l'aura que par le bon <i>bout</i> ; pour dire, après avoir bien plaidé &amp; contesté. On dit, qu'un homme brûle sa chandelle par les deux <i>bouts,</i> lorsqu'il est mauvais ménager, qu'il fait des dépenses de plusieurs natures, qu'il joue de son côté, &amp; sa femme de l'autre. On dit encore, qu'il faut finir par un <i>bout</i> ; pour dire, qu'il faut mourir d'une façon ou d'autre. Il faut écouter jusqu'au <i>bout</i> ; &amp; puis dire, <i>amen</i> ; pour dire, qu'il ne faut pas interrompre mal-à-propos, ni répondre à une personne, qu'on n'ait sû tout ce qu'elle veut dire. On dit aussi d'un chose qui est proche, soit à l'égard du temps, ou du lieu, qu'on y touche du <i>bout</i> du doigt. Ainsi on dit à la Septuagésime, que le Carême est proche, qu'on y touche du <i>bout</i> du doigt. On dit aussi, C'est tout le <i>bout</i> du monde ; pour dire, le plus haut point où on puisse parvenir. Si vous trouvez dix mille écus de votre maison, c'est tout le <i>bout</i> du monde. On dit aussi, mais bassement, du par-dessus ou revenant bon de quelque affaire, il y a cent écus à gagner, &amp; haie au <i>bout.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5693" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTADE" />
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    <head>BOUTADE</head>
    <p>
    BOUTADE , s. f. Caprice, transport d'esprit sans raison, &amp; avec impétuosité. <i>Praeceps animi impetus.</i> Il se prend en bonne &amp; en mauvaise part. Ce Poëte a des <i>boutades</i> où il paroît beaucoup d'esprit. Cet emporté est dangereux dans ses fougues, dans ses <i>boutades.</i> La plupart des bons ouvriers ne travaillent que par caprice, &amp; par <i>boutade.</i> <pb n="706" facs="bpt6k8542165/f746/full/1200,/0/native.jpg"/>Toute sa fidélité se réduit à quelque <i>boutade</i> de tendresse, &amp; à deux ou trois accès de désespoir. Ce mot signifioit autrefois, Effort, impulsion ; ou selon le vieux style, une <i>boutée</i> ; &amp; l'un &amp; l'autre viennent de <i>bouter,</i> qui vouloit dire <i>pousser.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5694" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTADE" />
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    <head>BOUTADE</head>
    <p>
    BOUTADE , s. m. Droit que quelques Seigneurs ont en Berry de prendre cinq pintes de vin de la mesure des lieux où ce droit est établi, ou la somme pour chacune pinte, pour chaque tonneau ou poinçon de vin tant grand que demi, que les habitans de ces lieux vendent en gros ou en détail, ou qu'ils achètent pour le revendre. Galland.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5695" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTADEUX" />
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    <head>BOUTADEUX</head>
    <p>
    BOUTADEUX , subst. m. BOUTADEUSE, s. f. Celui, ou celle qui n'agit que par boutade. <i>Ingenio praeceps.</i> Il est vieux, &amp; ne se dit qu'en mauvaise part. On s'en peut encore servir en riant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5696" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTANE" />
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    <head>BOUTANE</head>
    <p>
    BOUTANE , s. f. Etoffe qui se fait à Montpellier. <i>Panni species.</i> L'on fait des futaines &amp; <i>boutanes</i> blanches à Montpellier fort belles, dont les filles &amp; les femmes vont quasi toutes vêtues, principalement en été. Catel. <i>Hist. de Lang. p.</i> 47.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5697" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BOUTANT" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>BOUTANT</head>
    <p>
    BOUTANT , adj. Terme d'Architecture . Un arc-<i>boutant,</i> c'est une arcade qui appuie une voûte élevée, &amp; qui est elle-même appuyée sur une forte muraille de maçonnerie. <i>Anteris, erisma.</i> Pilier <i>boutant,</i> est une grosse chaîne de pierre, qui est faite pour appuyer une muraille, une terrasse, une voûte. On fait aussi des arc-<i>boutans</i> avec des pièces de bois qui poussent, &amp; qui arc-boutent.</p><p>On appelle aussi arc-<i>boutant</i> d'un carrosse, le morceau de fer qui soutient les moutons tant en dedans qu'en dehors.</p><p>On le dit aussi au figuré de ceux qui soutiennent, qui protégent une affaire, un parti. <i>Propugnacula, praesidia, columina.</i> Ce Ministre est un des principaux arc-<i>boutants</i> de l'Etat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5698" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTARGUE" />
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    <head>BOUTARGUE</head>
    <p>
    BOUTARGUE , s. f. Mets qu'on préparé pour exciter à boire. Ce sont des oeufs de poisson salé. <i>Salsamenta piscium.</i> Les Provençaux appellent <i>boutargues,</i> des oeufs de muge confits avec de l'huile &amp; du vinaigre, ou des oeufs de poisson salé &amp; séché, qui viennent d'Egypte.</p><p>Menage derive ce mot du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5699" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOUTE" />
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    <head>BOUTE</head>
    <p>
    BOUTE , s. f. Terme de Marine . C'est la moitié d'un tonneau en manière de baquet. <i>Cuppa minor, cupulla.</i> Il sert à mettre le breuvage qui est destiné chaque jour à l'équipage. On l'appelle aussi <i>baille.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5699" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTE" />
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    <head>BOUTE</head>
    <p>
    Boutes , sont aussi de grandes fûtailles où l'on met l'eau douce que l'on embarque en faisant voyage. <i>Dolia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5700" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BOUTÉ" />
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    <head>BOUTÉ</head>
    <p>
    BOUTÉ , adj. Terme de Manége , qui se dit d'un cheval qui a les jambes droites depuis le genou jusqu'à la couronne : ce qui arrive souvent aux chevaux court-jointés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5701" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOUTEAUX" />
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    <head>BOUTEAUX</head>
    <p>
    BOUTEAUX , ou BOUT DE QUEVRE. Terme de Marine . C'est un petit filet attaché à un bâton fourchu, que les Pêcheurs poussent devant eux sur les sables. On s'en sert sur les côtes de l'Océan, pour prendre une espèce d'écrevisse, appellée <i>crevete,</i> ou <i>salicot.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5702" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BOUTÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>BOUTÉE</head>
    <p>
    BOUTÉE , s. f. Terme d'Architecture , qui se dit des ouvrages qu'on fait pour soutenir la poussée d'une voûte, d'une terrasse. <i>Anteris.</i> Il faut de fortes <i>boutées</i> pour résister à la poussée des voûtes des grandes Eglises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5703" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTE-EN-TRAIN" />
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    <head>BOUTE-EN-TRAIN</head>
    <p>
    BOUTE-EN-TRAIN , s. m. Qui pousse, qui excite, qui donne l'exemple. <i>Dux, exemplum, incitator.</i> On appelle ainsi un petit oiseau qui sert à faire chanter les autres, &amp; qu'on nomme autrement <i>tarin.</i> Pour se divertir, il faut un <i>boute-en-train,</i> qui lie la partie, qui excite, qui entraîne les autres.</p><p>M. de la Monnoye, dans son <i>Dictionnaire Comique,</i> étend la signification de ce mot à tout ce qui peut exciter à l'amour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5704" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTE-FEU" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BOUTE-FEU</head>
    <p>
    BOUTE-FEU , s. m. Officier d'Artillerie qui met le feu au canon <i>Qui ignem tormento subjicit.</i> On appelle aussi du même nom la hampe, ou le bâton garni d'un serpentin, dans lequel on passe la mèche, &amp; avec lequel on y met le feu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5704" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTE-FEU" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BOUTE-FEU</head>
    <p>
    Boute-feu , est aussi un incendiaire, qui par malice, ou par vengeance, met le feu à quelque maison. <i>Incendiarius.</i> Il commanda de tuer tous les <i>boute-feux.</i> Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5704" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUTE-FEU" />
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    <head>BOUTE-FEU</head>
    <p>
    Boute-feu , se dit figurément de ceux qui suscitent des séditions, des guerres civiles, qui mettent des dissentions entre les Princes, ou les particuliers, &amp; qui donnent occasion aux guerres &amp; aux procès. <i>Seditionis auctor, fax.</i> Les yeux sont les <i>boute-feux</i> de la concupiscence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5705" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTE-HORS" />
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    <head>BOUTE-HORS</head>
    <p>
    BOUTE-HORS , s. m. Facilité d'exprimer ses pensées ; de faire connoître son mérite &amp; son savoir dans les compagnies. <i>Expedita &amp; profluens in dicendo celeritas.</i> Il y a bien des Savans qu'on n'estime pas, parce qu'ils n'ont point de <i>boute hors.</i> Ce mot est bas en ce sens.</p><p>On dit proverbialement que des gens jouent à <i>boute-hors,</i> lorsqu'ils sont concurrens en faveur, &amp; qu'ils tâchent à se détruire l'un l'autre. <i>Expulsio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5705" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="BOUTE-HORS" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BOUTE-HORS</head>
    <p>
    Boute-hors . Terme de Marine . Ce sont des brins de bois ou petites vergues qu'on ajoûte par des anneaux de fer aux grandes vergues, pour porter des bonnettes ou coutelas lorsqu'on veut faire diligence. On appelle aussi <i>boute-hors,</i> ou défenses, de longues pièces de bois qu'on met en saillie hors le vaisseau, pour empêcher l'abordage d'un brûlot, ou que les vaisseaux ne s'endommagent en se heurtant les uns contre les autres. <i>Boute-hors</i> se dit encore d'un petit mât qui sert à la machine à mâter, pour mettre les chouquets &amp; les hunes en leur place.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5706" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTERAME" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BOUTERAME</head>
    <p>
    &#9758; BOUTERAME , s. f. On appelle ainsi en Flandre une tranche de pain, sur laquelle on étend du beurre, des pommes cuites, du fromage, &amp; de la viande. Men.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5707" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="BOUTE-SELLE" />
   <index type="src_domain" value="guerre" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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    <head>BOUTE-SELLE</head>
    <p>
    BOUTE-SELLE , s. m. Terme de guerre , qui est le signal qu'on donne aux Cavaliers pour seller les chevaux. <i>Signum buccinae equitibus datum ut equos inscendant.</i> On dit aussi, la levée du <i>boute-selle,</i> qui est le second signal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5708" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTE TOUT CUIRE" />
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    <head>BOUTE TOUT CUIRE</head>
    <p>
    BOUTE TOUT CUIRE , s. m. Goulu, goinfre, sans souci, qui s'accommode de tout, débauché, qui n'est point dégoûté, qui mange tout ce qu'il trouve. <i>Ganeo, helluo.</i> Ce mot signifie un homme qui <i>boute tout cuire,</i> c'est-à-dire, qui met tout cuire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5709" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTEILLAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BOUTEILLAGE</head>
    <p>
    BOUTEILLAGE , s. m. Ancien droit que les Bretons payoient à leurs Seigneurs sur le vin, &amp; sur tous les autres breuvages. <i>Vectigal vinarium.</i> Le droit de <i>bouteillage</i> étoit un des plus considérables. Les Seigneurs levoient de grands droits sur la vente du vin &amp; de tous les autres breuvages, comme la cervoise, le medon, ou hydromel, le piment &amp; le cidre. Lobineau. Outre les vins étrangers, la Province avoit les siens : il y avoit des vignes en plusieurs lieux plus propres à fournir du bois, du glan, &amp; du charbon, que du vin ; cependant les Seigneurs de ces lieux n'étoient pas ceux qui fissent le moins valoir leur droit de <i>bouteillage.</i> Id. Les anciens titres appellent ce droit en Latin <i>Potagium, Buticulatio, Boutelagium,</i> &amp; <i>Botelagium.</i> Les plus anciens de ces titres sont du XIIe siècle. Le P. Lobineau, <i>Hist. de Bret. T. II. p.</i> 133. remarque que le <i>bouteillage</i> de Dole étoit de 12. sols par barrique de vin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5710" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTEILLE" />
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    <head>BOUTEILLE</head>
    <p>
    BOUTEILLE , s. f. Vaisseau portatif destiné à contenir quelque liqueur. <i>Ampulla, lagena.</i> Il s'en fait de différentes figures, matière &amp; capacité. Une <i>bouteille</i> de rossoli. Une <i>bouteille</i> d'encre. Une <i>bouteille</i> de muscat. On a tiré ce vin par <i>bouteilles,</i> on l'a transporté par <i>bouteilles.</i> Il est défendu par les Ordonnances de la ville de vendre du vin en détail dans des <i>bouteilles,</i> mais seulement dans des pots d'étain, marqués &amp; étalonnés.</p><p>Ce mot vient de <i>buticula</i> diminutif de <i>butta,</i> d'où les Italiens ont fait <i>botte,</i> &amp; qui signifie la même chose. Menage. Les Bollandistes, <i>Mart. T. I. p.</i> 191. le tirent du Latin <i>buto,</i> ou <i>buttonus,</i> qui se trouve dans Anastase le Bibliothécaire. <i>April. T. II. p.</i> 828. Dans le Procès des miracles du B. Simon, Religieux Augustin de Todi en Italie, on trouve <i>bottaglia</i> au même sens. Le P. Papebrok, sur les loix Palatines de Jacques II. Roi de Majorque, <i>Acta SS. Junii, T. III. P. XVI. E.</i> dit que l'on a dit <i>botella,</i> ou <i>buticula,</i> diminutif de <i>bota,</i> qui signifie, vase, coupe ; que les Allemands en ont fait <i>poi,</i> auquel ils donnent néanmoins une signification plus étendue, le prenant pour <i>olla,</i> marmite, vase où l'on fait cuire la viande. Nous en usons de même, comme on le verra au mot Pot. On trouve encore <i>buttis, Acta SS. Jun. T. III. p.</i> 457. <i>B.</i></p><p>On trouve aussi en Grec moderne dans le Mathématicien Héron, qui dit que est un vase qui a par en haut 6. pieds de diamètre, &amp; huit par en bas. On dit que les Provençaux disent aussi <i>boute,</i> &amp; les Italiens <i>botte,</i> comme l'a remarqué le Père Poussine dans ses <i>Observ. sur Pachym. L. I.</i> au mot , que Pachymère, selon lui, a fait de ce mot Italien, qui approche de <i>Butzi</i> dans sa prononciation. Pachymère prend pour une barrique, à ce qu'il paroît très-vraisemblablement au même Père Poussine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5710" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTEILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BOUTEILLE</head>
    <p>
    Bouteille , se dit particulièrement du vin qui est contenu dans la <i>bouteille.</i> Bacchus est appellé le Dieu des <i>bouteilles.</i> On a bû à ce repas trente <i>bouteilles.</i></p><p>Boire <i>bouteille,</i> ou vuider <i>bouteille,</i> boire <i>bouteille</i> ensemble. C'est faire un repas ensemble. Quand est-ce que nous boirons <i>bouteille</i> ensemble ? Cette expression est populaire, mais fort ordinaire. Le Général Waldek disoit dans la chanson sur la bataille de Fleurus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5710" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUTEILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BOUTEILLE</head>
    <p>
    Bouteille , se dit aussi des ébullitions d'eau, qui font de petites ampoules sur la surface, comme quand il pleut, quand on savonne, quand le pot bout, ou quand on souffle quelque liqueur onctueuse par un chalumeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5710" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOUTEILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BOUTEILLE</head>
    <p>
    Bouteille , se dit aussi au Collége, des fautes, des solécismes qu'on fait, soit en parlant, soit en écrivant <i>mendum, erratum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5710" id="5" type="">
   <index type="head" value="BOUTEILLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BOUTEILLE</head>
    <p>
    Bouteille , en termes de Marine , se dit des saillies qui sont au côté du vaisseau au lieu de galeries, qui sont défendues par la nouvelle Ordonnance. Elles ont deux pieds &amp; demi au plus de large : elles sont conduites depuis les sabords de sainte Barbe jusqu'au couronnement, &amp; sont ouvertes en dedans des chambres.</p><p>On dit proverbialement, quand un homme ivre a fait quelque crime, qu'on pardonne au vin, mais que l'on pend la <i>bouteille.</i> On dit aussi, quand il a quelque bouton ou rougeur au visage, que c'est un coup de <i>bouteille.</i> On dit aussi d'un niais, d'un ignorant, qu'il n'a jamais rien vû que par le trou d'une <i>bouteille.</i> On dit aussi, quand on mange un morceau après avoir bû, que c'est pour boucher la <i>bouteille.</i></p><p>On dit proverbialement, Etre dans la <i>bouteille</i> ; pour dire, Etre dans le secret d'une affaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5711" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTEILLER" />
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    <head>BOUTEILLER</head>
    <p>
    BOUTEILLER . Voyez <ref type="search" target="head:BOUTILLIER">BOUTILLIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5712" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOUTER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BOUTER</head>
    <p>
    BOUTER , v. a. qui est vieux &amp; très-mauvais, mais qui se dit néanmoins encore par les paysans &amp; par le peuple, &amp; qui signifie, Mettre. <i>Ponere, locare. Boutez</i>-vous-là ; c'est-à-dire, mettez-vous-là. Je <i>bouterai</i> ma fille en service, je mettrai. L'impératif <i>boute</i> sert à exciter, à pousser quelqu'un à faire, à continuer quelque chose, &amp; se dit dans le même sens que va, pousse, avance, continue. Ainsi quand Naudé fait dire à Mascurat, Mais pendant cela (que je lis) si tu n'observes le dentisticium.... je n'y trouverai pas mon compte. Saint Ange répond, <i>Boute, Boute,</i> si je gruge pendant la lecture, ce ne sera que pour m'empêcher de dormir. Tout cela est bien bas. Cependant le mot <i>bouter</i> forme plusieurs dictions qui sont encore en usage, comme on l'a vû ci-dessus en <i>Boute-en-train, Boute-feu, Boute-hors, Boute-selle, Boute-tout-cuire ;</i> Ablancourt s'est servi de <i>boute, boute</i> ; pour dire, fais, fais. Comme si on disoit en Latin, <i>age, age.</i></p><p>En termes de Marine , on dit <i>bouter</i> de lof ; pour dire, Bouliner, venir au vent, prendre l'avantage du vent. On dit aussi <i>bouter</i> à l'eau, quand on fait sortir un bateau du port.</p><p>En termes de Vénerie on dit <i>bouter</i> la bête ; pour dire, la lancer.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>butare,</i> qui s'est dit dans la basse Latinité. Seroit-ce de là que s'est fait dans le Grec moderne , plonger, mettre dans l'eau, &amp; , nom d'un Officier de l'Eglise Grecque, dont l'office étoit dans la Cérémonie du baptême de plonger, ou de mettre dans l'eau le baptisé. Ces mots ont bien tourmenté le P. Goar. Ne sont-ce pas plutôt des corruptions de ; &amp; <i>bouter,</i> viendroit-il de là ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5713" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTEROLLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Blason" />
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    <head>BOUTEROLLE</head>
    <p>
    BOUTEROLLE , s. f. C'est la garniture qu'on met au bout du fourreau d'une épée, pour empêcher qu'elle ne perce. <i>Extremae acinacis vaginae munimentum.</i> Une <i>bouterolle</i> de fer, d'argent.</p><p>Ce mot vient de <i>bouts à reoles,</i> emprunté des Espagnols, qui nomment ainsi les bouts des fourreaux &amp; des gardes d'épée arrondis. C'est une pièce qu'on trouve quelquefois dans les Armoiries.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5713" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTEROLLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BOUTEROLLE</head>
    <p>
    Bouterolle , est aussi une fente de clef par où passe le rouet, ou les gardes d'une serrure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5713" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUTEROLLE" />
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    <head>BOUTEROLLE</head>
    <p>
    Bouterolle , est aussi un outil ou poinçon rond, qui sert à graver sur les pierres dures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5714" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTILLIER" />
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    <head>BOUTILLIER</head>
    <p>
    BOUTILLIER , s. m. Grand Echanson chez le Roi. <i>Supremus vini dispensandi minister.</i> Le Grand <i>Boutillier</i> de France. Ce mot ne se dit que dans cette phrase. M. le Gendre &amp; d'autres encore écrivent <i>Bouteiller.</i> Le <i>Bouteiller</i> étoit chargé de tout ce qui regarde la bouche. Le Gendre.</p><p><i>Bouteiller,</i> vient de <i>Buticularius,</i> formé, selon les Bollandistes, <i>Mart. T. I. p.</i> 191. <i>E.</i> de <i>buto,</i> ou <i>buttonus,</i> qui se trouve dans Anastase le Bibliothécaire, pour signifier un vase, une bouteille ; &amp; d'où l'on a formé <i>butica,</i> &amp; <i>buticula,</i> aussi-bien que <i>Butellarius</i> &amp;, <i>Buticularius,</i> dont Hincmar &amp; d'autres se sont servis. Ce mot vient de <i>Buticularius</i>, que l'on trouve dans la basse Latinité. Dans un acte du XIIe siècle, où est le cachet du <i>Bouteiller</i> du Roi Louïs VII. il y a <i>Signum Guidonis Buticularii.</i> Voyez <i>Act. SS. Maii T. VI. p.</i> 822. <i>C.</i> Voyez aussi les loix Palatines de Jacques II. Roi de Majorque, autitre <i>de Botellario majori,</i> à la tête du IIIe Tome des <i>Acta SS. Junii.</i> Les Flamands disent <i>Butelier,</i> &amp; les Bollandistes prétendent que le nom <i>Butelgio,</i> qui se trouve dans la vie de Charles le Bon, Comte de Flandres, est la même chose que <i>Buticularius.</i></p><p>Le <i>Bouteiller</i> étoit un des cinq grands Officiers de France qui signoit dans toutes les Patentes des Rois, ou du moins étoit présent à leur expédition. Il avoit séance entre les Princes, &amp; disputoit le pas au Connétable. Du Tillet, <i>Recueil des Rois de France,</i> p. 397. cite un Arrêt datté de 1224. qui donne au <i>Bouteiller</i> assistance &amp; opinion en la Cour des Pairs de France, pour jugement des Pairs. Le grand <i>Bouteiller</i> prétendoit avoir le droit de présider à la Chambre des Comptes. On trouve en effet sur les Registres de cette Chambre de l'an 1397. que Jean de Bourbon, Grand <i>Bouteiller</i> de France y fut reçu comme Premier Président. Depuis, cette Charge fut annexée par Edit du Roi à celle de Grand <i>Bouteiller.</i> Mais ce droit s'éteignit, soit par la négligence du Grand <i>Bouteiller,</i> soit par l'autorité du Roi. Du Tillet cité p. 408. fait mention d'une Ordonnance que le <i>Bouteiller</i> de France soit (à cause de son Office) l'un des deux Présidents en la Chambre des Comptes ; mais il ne dit pas Premier Président. Le titre de Grand <i>Bouteiller</i> s'est aboli aussi, &amp; l'on y a substitué la charge de Grand Echanson. Voyez Fauchet &amp; Favyn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5715" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BOUTIQUE</head>
    <p>
    BOUTIQUE , s. f. Lieu où les Marchards exposent leurs marchandises en vente, qui est ouvert sur la rue, &amp; au rez de chaussée ; &amp; où les Artisans travaillent. <i>Taberna, officina.</i> Alexandre étant à Ephèse, alloit à la <i>boutique</i> d'Appelle, pour se délasser l'esprit. Du Rier. On dit, Lever, ouvrir <i>boutique. Tabernam instructam mercibus aperire.</i> Tenir <i>boutique,</i> garder, conduire la <i>boutique.</i> Se mettre en <i>boutique.</i> Garçon de <i>boutique.</i> Fille de <i>boutique.</i> Ce Marchand a ouvert sa <i>boutique.</i> La Police fait fermer les <i>boutiques</i> les Dimanches &amp; Fêtes, &amp; pendant les réjouïssances publiques, ou quand il y a une maladie contagieuse. Il y a aussi des <i>boutiques</i> dans les Foires, dans la Galerie du Palais, &amp;c.</p><p>On appelloit autrefois <i>boutiques,</i> les études des Notaires ; &amp; on les appelle encore ainsi en plusieurs lieux de Province.</p><p>Henri Estienne, <i>de Latinit. susp. p.</i> 317. a remarqué que ce mot vient originairement du Grec , <i>Apotheca,</i> dont même Cicéron s'est servi en Latin ; que dans les commencemens on a dit <i>pothèque</i> &amp; ensuite <i>bothèque,</i> <pb n="708" facs="bpt6k8542165/f748/full/1200,/0/native.jpg"/>puis <i>bouthèque,</i> &amp; enfin <i>boutique.</i> Les Italiens disent <i>bottega,</i> &amp; les Espagnols <i>botica : butica</i> se trouve souvent pour signifier <i>cista,</i> une <i>boîte</i> ; peut-être que d'abord il ne se disoit que des boîtes ou balles de ces petits Merciers qui vont par la campagne, &amp; qu'ensuite on l'a étendu aux lieux où les gros Marchands mettent &amp; étalent leur marchandise. Les Bollandistes, <i>Mart. T. III. p.</i> 847. tirent <i>butica</i> de <i>butis,</i> qui s'est dit pour un vase à mettre des choses liquides, comme du vin, une bouteille.</p><p>On appelle aussi <i>boutiques,</i> Certains étaus portatifs, à l'abri desquels se mettent quelques Artisans, ou petits Merciers, comme les Savetiers, les Ravaudeurs, les Vendeurs de pain d'épice, de poupées, &amp;c.</p><p>On appelle encore <i>boutique,</i> des boîtes ou layettes que quelques petits Merciers ambulans portent au col, ou sur le dos. <i>Capsa.</i> Ce petit garçon veut faire fortune, il n'avoit qu'un sol quand il a commencé sa <i>boutique.</i></p><p>On appelle aussi <i>boutique</i> les bateaux où on mène &amp; où on nourrit du poisson, en attendant qu'on en ait le débit. Ces bateaux sont tous percés au dessous du niveau de la riviere, &amp; ne sont élevés sur l'eau qu'à cause du vuide qui est à l'avant &amp; à l'arrière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5715" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTIQUE" />
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    <head>BOUTIQUE</head>
    <p>
    Boutique , se dit aussi du fonds du Marchand. Il a vendu, il a laissé sa <i>boutique</i> à son associé ; pour dire, son fonds &amp; ses marchandises, ou les outils de son métier, s'il est Artisan, &amp; les instrumens ou vaisseaux propres pour ses manufactures.</p><p>En style populaire, on appelle <i>boutique,</i> Une maison où les domestiques sont mal. Il ne sera pas long-temps dans cette maison, c'est une <i>boutique.</i></p><p>On dit proverbialement, Adieu la <i>boutique,</i> de quelque chose qui tombe, qui se renverse, qu'on entraîne. On dit, qu'un homme fait de son corps une <i>boutique</i> d'Apothicaire, quand il prend souvent, ou par précaution, des lavevens &amp; des médecines. On dit, Il fait de sa tête une <i>boutique</i> de Grec &amp; de Latin ; pour dire, qu'il s'adonne entièrement à l'étude de ces deux Langues. On dit aussi d'une calomnie, d'une imposture, qu'elle vient de la <i>boutique</i> d'un tel Satyrique, ou scélérat, de la <i>boutique</i> de Sathan. On appelle aussi un Courtaut de <i>boutique,</i> un Artisan qui est compagnon &amp; occupé à un travail sédentaire. Cela ne se dit que quand on veut marquer du mépris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5715" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUTIQUE" />
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    <head>BOUTIQUE</head>
    <p>
    Garde-boutique , est une marchandise de mauvais débit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5715" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOUTIQUE" />
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    <head>BOUTIQUE</head>
    <p>
    Arrière-boutique , est un magasin qui est sur le derrière de la maison, où se mettent les meilleures marchandises. <i>Interior officina, taberna.</i></p><p>On dit figurément d'une ruse, d'une chicane qu'on garde pour la fin d'une affaire, d'un procès, que cela vient de l'<i>arrière-boutique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5716" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTIQUIER" />
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    <head>BOUTIQUIER</head>
    <p>
    &#9758; BOUTIQUIER , s. m. On appelle ainsi un Marchand qui vend en boutique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5717" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BOUTIS" />
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    <head>BOUTIS</head>
    <p>
    BOUTIS , s. m. Terme de Chasse . Terrain où les bêtes noires ont fouillé avec leur boutoir ; lieux où les sangliers font des creux pour chercher des racines. <i>Impressum solo aprugni rostri vestigium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5718" id="1" type="maconnerie">
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    <head>BOUTISSE</head>
    <p>
    BOUTISSE , adj. fém. Terme de Maçonnerie . C'est une épithète qu'on donne à des pierres quand elles sont mises en oeuvre, en sorte que leur plus grande longueur traverse &amp; entre dans le mur, &amp; que le parement n'en soit que la largeur. La <i>boutisse</i> diffère du carreau en ce qu'elle présente moins de parement, &amp; qu'elle a plus de queue. Pour bien bâtir, il faut mettre des pierres en parement, &amp; d'autres en <i>boutisse</i> alternativement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5719" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTOIR" />
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    <head>BOUTOIR</head>
    <p>
    BOUTOIR . s. m. Outil de Maréchal, qui est un tranchant d'acier qui sert à préparer le pied d'un cheval, &amp; à en couper la corne superflue. Il est large de quatre doigts, &amp; recourbé vers le manche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5719" id="2" type="chasse">
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    <head>BOUTOIR</head>
    <p>
    Boutoir , en termes de Chasse , signifie le bout du groin d'un sanglier. <i>Apri rostrum, aprugnum rostrum.</i> Il y en a qui disent &amp; écrivent <i>boutoi.</i> Le <i>boutoi</i> du sanglier, dit Salnove dans sa <i>Vénerie Royale.</i> On s'en sert aussi dans le Blason.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="1" type="escrime">
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    BOUTON , s. m. Petite boule, ou attache ronde, qui sert à joindre les deux côtés d'un habit, ou de quelque autre chose qu'on veut attacher ou détacher selon les besoins. <i>Globulus.</i> Les <i>boutons</i> d'un pourpoint, des manches, des botines, qui se ferment à <i>boutons.</i> Les <i>boutons</i> des pantes d'un lit sont en forme d'olive. En vieux François on l'appelloit <i>fermail.</i> Du Cange. On s'en sert quelquefois pour orner &amp; passementer les habits. Des <i>boutons</i> de diamans. Des <i>boutons</i> d'Orfèvrerie. Des <i>boutons</i> d'étain, de laiton, de jai. Des <i>boutons</i> d'or, d'argent, de fil, de soie, de crin. Des <i>boutons</i> à queue. On trouve dans la mauvaise Latinité du XIIe ou XIIIe siècle <i>Bottones</i> pour la même chose, &amp; <i>manicae aliqualiter botonatae</i> ; mais je ne trouve nulle part l'origine de ce mot.</p><p>On dit chez les Escrimeurs, Porter une botte au troisième <i>bouton</i> ; pour dire, Etre assuré de porter son coup au lieu où l'on vise. <i>Bouton,</i> en terme d'escrime , signifie encore le bout du fleuret, qui forme une espèce de <i>bouton</i> couvert de cuir, pour ne point faire de contusion quand on s'exerce. <i>Globulus ferreus rudis corio tectus.</i></p><p>En termes de Fauconnerie on dit, qu'Un oiseau branche, &amp; prend le <i>bouton</i> ; pour dire, la cime des arbres.</p><p>On appelle, en termes de Manége , le <i>bouton,</i> la boucle du cuir qui coule le long des rênes, &amp; qui les resserre. <i>Ductilis habenarum nodus.</i> Et on appelle, Mettre un cheval sous le <i>bouton,</i> lorsque le Cavalier en descendant abaisse ce <i>bouton</i> sur le cou, jusqu'à ce que la bride ramène la tête du cheval en bon état.</p><p>On dit figurément en ce sens, Serrer le <i>bouton</i> à quelqu'un, quand on le tient en bride, &amp; quand on le presse fortement de faire quelque chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTON" />
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton , signifie aussi un bouquet de feuilles ; ou une fleur qui n'est pas encore épanouie. <i>Alabaster, calyx, folliculus.</i> Ainsi l'on dit un <i>bouton</i> à feuilles, &amp; un <i>bouton</i> à fleurs. Ces <i>boutons</i> sont comme autant de petits oeufs, d'où sortent les feuilles seules, ou les fleurs entremêlées le plus souvent de quelques feuilles. Les <i>boutons</i> des feuilles sont plus pointus &amp; plus minces que les <i>boutons</i> à fleurs, qui sont plus gros &amp; plus arrondis. Parmi les arbres à pepin, chaque <i>bouton</i> a plusieurs fleurs, &amp; parmi les arbres à noyau chaque <i>bouton</i> n'en a qu'une. Il y a des Jardiniers qui appellent ces <i>boutons,</i> des bourres, ou des bourses à fruit. Le mot de <i>bouton</i> se dit sur-tout de la vigne &amp; des roses. Il s'appelle autrement <i>oeil,</i> ou <i>bourse. Oculus, gemma. Maître bouton,</i> c'est celui qui fleurit le premier, &amp; qui est au plus haut du dard.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>pulsare,</i> parce que les <i>boutons</i> viennent aux arbres quand ils poussent : d'où vient qu'on appelle aussi <i>bouture,</i> leurs branches coupées &amp; plantées en terre ; &amp; un <i>boutoir</i> de Maréchal, parce que <i>bouter</i> signifioit autrefois <i>pousser.</i> Les <i>boutons</i> des habits n'ont été dits que par ressemblance à ceux des arbres.</p><p>On appelle figurément &amp; poëtiquement une bouche petite &amp; vermeille, un <i>bouton</i> de rose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="3" type="">
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton , se dit aussi d'une bube, ou élevure rouge, qui vient au visage, de chaleur de foie, &amp; souvent pour avoir fait excès de vin. <i>Papula.</i> Son pourpoint n'a plus qu'un <i>bouton,</i> &amp; son nez en a plus de trente. Gomb. Aristote rapporte dans sa Rhétorique que l'on avoit dit d'un homme qui avoit le visage plein de <i>boutons</i> &amp; tout bourgeonné. Vous eussiez dit, à voir son visage, que c'étoit un panier plein de mûres.</p><p>Les serins deviennent malades quelquefois d'une espèce de <i>bouton,</i> qui se forme sur leur croupion. Il faut tant que l'on peut le leur laisser percer eux-mêmes. S'ils ne peuvent le percer, il faut le couper par la moitié avec une pointe de ciseaux bien fins. Hervieux.</p><p>On dit aussi, des <i>boutons</i> de vérole, de farcin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="4" type="chirurgie">
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton , en termes de Chirurgie , est un instrument de fer rond par le bout, &amp; qu'on fait rougir pour guérir certaines plaies, comme les fistules lacrymales, où on met un <i>bouton</i> de feu. <i>Cauterium.</i> Les Maréchaux disent aussi, qu'il faut mettre un <i>bouton</i> de feu à chaque <i>bouton</i> de farcin pour le guérir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="5" type="">
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton , en termes d'Artillerie , est un long bâton tourné, sur lequel on attache une peau de mouton, la peau tournée en dehors, qui sert à nettoyer le dedans du canon après qu'il a tiré.</p><p>On appelle <i>Bouton de cuiller de canon,</i> un bois tourné sur lequel une cuiller de cuivre est clouée. On s'en sert à retirer les gargousses de l'ame du canon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="6" type="guerre">
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton , en termes de Guerre , est le petit corps rond qu'on met au bout d'une arme à feu pour servir de mire, &amp; tirer plus droit. Le <i>bouton</i> d'un canon, d'une arquebuse. <pb n="709" facs="bpt6k8542165/f749/full/1200,/0/native.jpg"/>Il y a encore le <i>bouton</i> de la culasse du canon, qui est à son extrémité. On appelle aussi <i>bouton</i> la tête de la lanterne, du refouloir, &amp; de l'écouvillon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="7" type="">
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton , en termes de Serrurier , est ce morceau de fer qui sert aux serrures dans les chambres à faire mouvoir le pêne. On le dit aussi des verroux, des targettes.</p><p>Les essayeurs d'or appellent aussi <i>boutons,</i> les petites parties d'or ou d'argent qu'on leur fournit pour essayer à quel titre sont ces métaux. Il pèse ordinairement dix-huit grains, &amp; est de la grosseur d'un <i>bouton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="8" type="">
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton , se dit aussi des poignées de fer ou de laiton, qui sont au-devant des portes, qui servent à les tirer &amp; fermer. Il y en a de simples, il y en a de ciselées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="9" type="">
   <index type="head" value="BOUTON" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton . C'est ainsi que les Luthiers appellent aussi un morceau de bois tourné en forme de gros <i>bouton,</i> où la queue du violon est attachée.</p><p>On appelle aussi dans les Académies de jeu, des <i>boutons,</i> les faux dez, les dez chargés.</p><p>On dit proverbialement qu'une chose ne tient qu'à un <i>bouton,</i> pour dire, qu'elle tient à peu de chose. La soutane de ce Gentilhomme ne tient qu'à un <i>bouton</i> ; pour dire, qu'il la quittera aisément pour se battre. On dit d'une chose qu'on méprise, qu'on n'en donneroit pas un <i>bouton.</i> On dit aussi d'un jeune homme qui, à son entrée dans le monde, a commencé d'une manière à faire attendre beaucoup de lui, qu'il s'est mis le <i>bouton</i> bien haut.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5720" id="10" type="monnoie">
   <index type="head" value="BOUTON" />
   <index type="src_domain" value="monnoie" />
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    <head>BOUTON</head>
    <p>
    Bouton d'essai , d'or, ou d'argent. Terme de monnoie . Pour faire l'essai de l'or, ou de l'argent, on fait fondre &amp; chauffer dans une coupelle une certaine quantité de plomb proportionnée à la quantité d'or, ou d'argent, qu'on veut essayer ; &amp; on fait chauffer ce plomb jusqu'à ce qu'il soit bien clair, ce qu'on appelle bien découvert : on prend alors la matière de l'essai avec de petites pincettes, on la porte dans la coupelle, on ferme les registres, &amp; on la laisse bouillir jusqu'à ce qu'elle ait paru de couleur d'opale, &amp; qu'elle ait été fixée en forme de bouton au fonds de la coupelle. C'est ce qu'on appelle <i>bouton d'essai,</i> ou simplement <i>bouton.</i> Voyez Boizard, <i>Traité des Monn. Part. I. ch.</i> 19.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5721" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTONNER" />
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    <head>BOUTONNER</head>
    <p>
    BOUTONNER , v. act. Passer des boutons aux lieux destinés pour les recevoir, soit gances, soit boutonnières. <i>Globulis astringere, constringere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5721" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTONNER" />
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    <head>BOUTONNER</head>
    <p>
    Boutonner , v. n. se dit des boutons qui poussent aux arbres pour produire des feuilles, des fleurs, ou du fruit. <i>Virides alabastros, Folliculos emittere.</i> Les roses commencent à <i>boutonner,</i> à paroître en bouton.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5721" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUTONNER" />
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    <head>BOUTONNER</head>
    <p>
    Boutonne, ee , part. &amp; adj. On appelle un pourpoint <i>boutonné,</i> celui dont les boutons sont passés dans les boutonnières ; &amp; non pas celui-là qui est garni seulement de boutons. <i>Globulis astrictus.</i> Un visage <i>boutonné,</i> celui qui est chargé de boutons, qui viennent de chaleur de foie ou d'ivrognerie. <i>Vultus papulis rubens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5721" id="4" type="blason">
   <index type="head" value="BOUTONNER" />
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    <head>BOUTONNER</head>
    <p>
    Boutonné , en termes de Blason , se dit des roles, &amp; autres fleurs, lorsque les feuilles sont d'un émail, &amp; le milieu ou le bouton d'un autre. <i>Globatus.</i> On le dit aussi d'un rosier qui a des boutons épanouïs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5722" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTONNERIE" />
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    <head>BOUTONNERIE</head>
    <p>
    BOUTONNERIE , s. f. Marchandise de Boutonnier. <i>Globulorum officina.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5723" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTONNIER" />
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    <head>BOUTONNIER</head>
    <p>
    BOUTONNIER , s. m. Ouvrier qui fait des boutons. <i>Globulorum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5724" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTONNIÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOUTONNIÈRE</head>
    <p>
    BOUTONNIÈRE , s. f. Petite fente surjettée ou garnie de gance ou de galon, dans laquelle on passe des boutons pour fermer les ouvertures d'un habit, ou pour l'attacher. <i>Fissura cui globulus inseritur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5725" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUTS-RIMES, BOUT-SAIGNEUX" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOUTS-RIMES, BOUT-SAIGNEUX</head>
    <p>
    BOUTS-RIMES, BOUT-SAIGNEUX , Voyez <ref type="search" target="head:BOUT">BOUT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5726" id="1" type="agriculture">
   <index type="head" value="BOUTURE" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BOUTURE</head>
    <p>
    BOUTURE , s. f. Terme d'Agriculture . Une branche de plante ligneuse que l'on coupe des deux côtés, &amp; que l'on plante par un bout tout droit, ou en la pliant dans une terre assez humide, afin de lui faire pousser des racines. <i>Talea, clavola, clavula.</i> Toutes les plantes ligneuses viennent de <i>bouture.</i> Les saules &amp; les peupliers, le coignassier, le figuier, &amp;c. viennent de <i>bouture.</i> Il y a des plantes qui viennent de graine &amp; de <i>bouture.</i> Cela s'appelle prendre de <i>bouture.</i> La Quint. Les figuiers se plantent de <i>bouture.</i> J'ai vû des jasmins d'Espagne reprendre de <i>bouture.</i> Lig.</p><p>On appelle aussi <i>boutures,</i> certains rejettons enracinés qui naissent au pied de quelques arbres ; comme autour des pruniers, pommiers, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5726" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUTURE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOUTURE</head>
    <p>
    Bouture , chez les Orfèvres, est une eau préparée pour blanchir l'ouvrage, ou une lescive faite avec du sel de tartre pour blanchir l'argent. On l'appelle aussi <i>boulure</i> ; mais elle n'est plus guère en usage, à cause qu'on le blanchit au feu.</p><p>Dans les Monnoies on appelle <i>bouture,</i> une drogue composée de lie de vin sèche émiée, de sel, &amp;c. qui sert au blanchiment des espèces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5727" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVAR" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOUVAR</head>
    <p>
    BOUVAR , s. m. Nom que quelques Angevins donnent à une espèce de poire, appellée par d'autres Rondette d'Anjou ; par d'autres Amadonte ; par d'autres la Merveille d'hiver, &amp; communément Petit-oin. La Quint. Voyez Petit-oin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5728" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVEAU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BOUVEAU</head>
    <p>
    BOUVEAU , Voyez <ref type="search" target="head:Bouvillon">Bouvillon</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5729" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVEMENT" />
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    <head>BOUVEMENT</head>
    <p>
    BOUVEMENT , s. m. Outil de Menuisier qui sert à pousser une doucine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5730" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BOUVERIE</head>
    <p>
    BOUVERIE , s. f. Etable à mettre les boeufs. <i>Boum stabulum.</i> Les Marchands Bouchers ont des <i>bouveries</i> où ils mettent les boeufs, en attendant qu'ils les tuent. Les Marchands Forains se plaignirent que les Bouchers de Paris mettoient les boeufs qu'ils avoient achetés dans des étables, ou <i>bouveries</i> découvertes, sales &amp; mal saines, &amp; que cela causoit la mort précipitée de plusieurs boeufs. De la Mare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5731" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVET" />
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    <head>BOUVET</head>
    <p>
    BOUVET , s. m. est une espèce de rabot dont se servent les Menuisiers. Il y a des <i>bouvets</i> à rainures &amp; à languettes ; &amp; d'autres à fourchement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5732" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVIER, IÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BOUVIER, IÈRE</head>
    <p>
    BOUVIER, IÈRE , s. m. &amp; f. Qui conduit ou qui garde les boeufs. <i>Bubulcus.</i> On le dit figurément des gens grossiers, mal appris, qui sont sans civilité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5732" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOUVIER, IÈRE" />
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    <head>BOUVIER, IÈRE</head>
    <p>
    Bouvier , est aussi une constellation céleste. <i>Bootes, Arctophylax.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BOOTES">BOOTES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5732" id="3" type="">
   <index type="head" value="BOUVIER, IÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BOUVIER, IÈRE</head>
    <p>
    Bouvier . C'est aussi un oiseau gobeur de mouches dit communément <i>Bouvier. Muscicapus boarinus dictus.</i> Cet oiseau est longuet ; son bec est pareillement long, d'un brun roussâtre. Sa tête &amp; son dos sont de couleur plombée, mêlée de cendre, &amp; d'une couleur jaunâtre ; sa gorge &amp; tout son ventre sont blanchâtres ; sa poitrine est semée de taches noires ; ses ailes sont d'un noir jaunâtre diversifié de blanc : sa queue est longue &amp; noire ; par les côtés elle est blanche. Ses jambes &amp; ses pieds sont noirâtres. Ces oiseaux suivent les boeufs &amp; les vaches à cause des mouches qu'ils trouvent à leur suite, &amp; de-là on leur a donné le nom de <i>Bouviers.</i></p><p>Il y en a encore une autre espèce, nommée en quelques endroits Borin. Il est un peu plus grand que le Roitelet. Son bec est grêle &amp; aigu, &amp; très-propre à attraper des mouches. Le haut de sa tête, ainsi que son col, &amp; son dos, sont d'un cendré lavé. Le dessous de sa tête, son gosier, sa poitrine &amp; son ventre, sont d'une couleur blanche tirant sur le jaune, qui est toutefois plus claire par la poitrine &amp; le ventre. Le haut de ses ailes est d'un gris cendré ; le bas de même, mais plus blanchâtre. Son croupion est blanc ; sa queue, qui est composée de douze plumes, est longue de trois doigts, &amp; de la même couleur que ses ailes ; ses jambes &amp; ses pieds sont d'un rouge éclatant ; ses ongles sont assez longs &amp; très-menus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5733" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVILLON" />
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    <head>BOUVILLON</head>
    <p>
    BOUVILLON , s. m. Diminutif. Jeune boeuf. <i>Juvencus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5734" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUVREUIL" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BOUVREUIL</head>
    <p>
    &#9758; BOUVREUIL , s. m. Espèce d'oiseau de la grosseur d'une alouette, qui a le bec noir, &amp; de la forme à peu près de celui d'un perroquet, la tête, les ailes, &amp; la queue noires, le dos gris d'ardoise, &amp; le ventre d'un beau rouge. La femelle en est différente en ce qu'elle a le ventre gris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5735" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOUZE DE VACHE" />
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    <head>BOUZE DE VACHE</head>
    <p>
    BOUZE DE VACHE , Voyez <ref type="search" target="head:Bouse">Bouse</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5736" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOY" />
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    <head>BOY</head>
    <p>
    BOY , s. m. Nom propre d'homme <i>Baudelius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Baudille">Baudille</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5737" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="BOYAR" />
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   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
   <index type="pred_domain" value="Voyage" />
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    <head>BOYAR</head>
    <p>
    BOYAR . <i>Senator, Boyarus.</i> s. m. Terme de Relation . C'est ainsi qu'on appelle les Seigneurs en Moscovie, <i>Magnates,</i> selon l'opinion de Becman : il dit que les <i>Boyars</i> sont ce qu'on appelle ailleurs grande noblesse : il ajoûte que le Czar dans ses Diplomes nomme les <i>Boyars</i> avant les Vaivodes. Les Grands, qui ne vouloient pas être gouvernés par une femme, s'opposerent au dessein de la Princesse Sophie, &amp; firent beaucoup de massacres, qui ne furent appaisés que par la prudence des <i>Boyars,</i> ou Sénateurs. Quelques-uns écrivent Bojar, ou Bojare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5737" id="2" type="">
   <index type="head" value="BOYAR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BOYAR</head>
    <p>
    Boyar , ou Boyare, est aussi le nom qu'on donne aux Nobles <pb n="710" facs="bpt6k8542165/f750/full/1200,/0/native.jpg"/>de Transylvanie, qui sont parens ou alliés des anciens Vaivodes Ce nom signifie <i>Seigneur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5738" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOYAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>BOYAU</head>
    <p>
    BOYAU , s. m. Les conduits ou tuyaux par où passe tout ce qui sort de l'estomac, auquel ils sont continus. <i>Interaneum, Intestinum.</i> Les boyaux ou intestins sont des corps longs, ronds, creux, &amp; continus depuis le pilore jusqu'au fondement. Ils sont situés sous l'épiploon dans le ventre inférieur, dont ils remplissent presque toute la capacité, qui est depuis le ventricule jusqu'à l'os pubis. Ils sont attachés au dos par le moyen du mésentère qui les lie ensemble, de manière que les grêles sont au milieu du ventre à la région umbilicale, &amp; les gros à la circonférence. Dionis. Quoique les <i>boyaux</i> ne fassent qu'un seul conduit qui va depuis l'estomac jusqu'au fondement, néanmoins on les divise en grêles, ou menus, &amp; en gros. Les grêles sont trois. Le <i>duodenum,</i> le <i>jejunum</i> &amp; l'<i>ileon.</i> Les gros sont aussi trois, le <i>caecum,</i> ou l'aveugle, le <i>colon</i> &amp; le <i>rectum,</i> ou le droit.</p><p>Les Anatomistes disent qu'ils ont ordinairement sept fois la longueur du corps dont on les a tirés, Tauvry, Dionis. Cette étendue &amp; les différentes circonvolutions qu'ils font dans le petit espace qu'ils occupent étoient nécessaires tant pour y retenir plus long-temps le chyle, &amp; le faire fermenter par le mélange de la bile &amp; du suc pancréatique, que pour le séparer d'avec ses excrémens, &amp; le rendre par le moyen de ces deux liqueurs plus coulant &amp; plus subtil. D'ailleurs si l'homme n'avoit qu'un <i>boyau,</i> il seroit obligé de manger sans cesse, comme font les loups cerviers &amp; les cormorans, à cause qu'ils ont les <i>boyaux</i> fort courts ; &amp; comme il arrivoit en effet à un homme dont parle M. Dionis pag. 170. qui n'avoit qu'autant de <i>boyaux</i> qu'il en falloit pour aller du ventricule à l'anus. Les Médecins les appellent <i>intestins.</i> Les <i>Transactions Philos.</i> n. 107. p. 146. ou Tom. II. p. III. parlent d'un homme dont les <i>boyaux</i> étoient tous renversés. On dit qu'il y avoit dans la Bibliothèque de Constantinople un Homère écrit sur un <i>boyau</i> de dragon, long de six-vingts pieds.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>botellum,</i> diminutif de <i>buoto,</i> ou <i>vuoto,</i> qui signifie <i>vuide.</i> Borel le dérive de <i>voye,</i> d'où est venu, dit-il, le nom de long <i>boyau,</i> qui est une voye longue &amp; étroite. Il prétend qu'on disoit autrefois <i>voyeau</i> ; pour dire, les <i>boyaux</i> des animaux, à cause qu'ils servent de <i>voye</i> aux viandes &amp; excrémens. Du Cange témoigne qu'on disoit autrefois <i>boël</i> &amp; <i>bouël,</i> &amp; croit qu'il vient de <i>botulus</i>, qui signifie aussi <i>boudin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5738" id="2" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="BOYAU" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BOYAU</head>
    <p>
    Boyau gras . C'est le troisième &amp; le dernier des gros boyaux, qu'on appelle autrement le <i>droit,</i> ou le <i>rectum. Omasum.</i> Il est ainsi nommé, parce que sa partie extérieure est environnée de beaucoup de graisse.</p><p>En termes de Fauconnerie on dit, Appétit de boire &amp; faire <i>boyau.</i> Elargir le <i>boyau</i> de l'oiseau. Pour élargir le <i>boyau</i> de l'oiseau, donnez-lui léger pât trempé une nuit en vinaigre, &amp; sur le pât mettez du sucre ou du miel écumé, ou lui donnez de l'eau sucrée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5738" id="3" type="venerie">
   <index type="head" value="BOYAU" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BOYAU</head>
    <p>
    Franc Boyau , en termes de Vénerie , c'est le gros <i>boyau,</i> où passent les viandes du cerf que l'on met avec les menus droits. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5738" id="4" type="">
   <index type="head" value="BOYAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BOYAU</head>
    <p>
    Grand Boyau de loup &amp; de louve. Il sert après qu'il a été dégraissé &amp; bien nettoyé, ensorte qu'il n'y demeure que la simple peau, pour la rendre déliée &amp; séchée comme un ruban de soie. C'est alors un remède infaillible pour la colique, en se le mettant autour du corps, sur la chemise. Il faut aux hommes celui de la louve, &amp; aux femmes celui du loup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5738" id="5" type="">
   <index type="head" value="BOYAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BOYAU</head>
    <p>
    Descente de boyau , est un <i>boyau</i> qui tombe dans les bourses, quand on a fait quelque violent effort, ou par quelqu'autre cause. <i>Hernia, ramex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5738" id="6" type="manege">
   <index type="head" value="BOYAU" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BOYAU</head>
    <p>
    Corde a boyau , se dit des cordes faites de <i>boyaux</i> d'animaux, coupés &amp; tors, dont on fait les cordes de raquettes, &amp; de plusieurs instrumens de Musique, comme violons, violes, luths, théorbes, guitarres. <i>Nervus.</i> Les Anciens se servoient de cordes de lin avant qu'on eût songé à mettre en usage les cordes à <i>boyau.</i></p><p>On dit en termes de Manége , qu'un cheval a beaucoup de <i>boyau,</i> lorsqu'il a beaucoup de flanc, beaucoup de corps, qu'il a les côtes longues, &amp; qu'elles ne sont ni plattes ni serrées. On dit aussi qu'un cheval est étroit de <i>boyau,</i> pour dire, qu'il n'a point de corps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5738" id="7" type="">
   <index type="head" value="BOYAU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BOYAU</head>
    <p>
    Boyau , en termes de Guerre , est un fossé couvert de son parapet qui sert de communication à deux tranchées, quand on fait deux attaques. <i>Fossa.</i> C'est aussi une ligne qu'on tire pour envelopper de différents terrains, ou attaquer quelques ouvrages.</p><p>On dit proverbialement, Je l'aime comme mes petits <i>boyaux.</i></p><p>On dit d'une chose longue &amp; étroite, C'est le chemin de Ville-Juif, long <i>boyau :</i> ou même absolument, C'est un <i>boyau,</i> ce qui se dit encore ordinairement des appartements trop étroits. On dit encore d'une chose fort dégoûtante, qu'elle feroit vomir tripes &amp; <i>boyaux.</i></p><p>On dit populairement, pour se moquer de ceux qui se plaignent de quelque petite plaie ou coupure, Si tes <i>boyaux</i> sortent par-là, tu en mourras. On dit aussi d'un jeune homme de bon appétit, qu'il a toujours dix aunes de <i>boyaux</i> vuides pour festoyer ses bons amis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5739" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOYAUTIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>BOYAUTIER</head>
    <p>
    BOYAUTIER , s. m. Artisan qui fait &amp; prépare les cordes à boyaux, tant pour les raquettes, que pour les instrumens à corde. <i>Nervorum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5740" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOYCININGA" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BOYCININGA</head>
    <p>
    BOYCININGA , s. m. Sorte de serpent du Brésil qui a une sonnette à la queue. Quoiqu'il soit très-venimeux il fait rarement du mal, parce qu'on est averti par le bruit de sa sonnette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5741" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOYE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BOYE</head>
    <p>
    BOYE . Terme de Marine . C'est la même chose que <i>Boue</i> ou <i>Basile.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5742" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BOYER" />
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    <head>BOYER</head>
    <p>
    BOYER . Terme de Marine , est une chaloupe Flamande mâtée en fourche, qui a deux semelles pour mieux aller à la bouline sans dériver.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5743" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOYEZ" />
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    <head>BOYEZ</head>
    <p>
    BOYEZ . Prêtre de l'Amérique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5744" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOYLE" />
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    <head>BOYLE</head>
    <p>
    BOYLE , s. m. Nom propre d'homme. Voyez <ref type="search" target="head:Baudille">Baudille</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5745" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BOZEL" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>BOZEL</head>
    <p>
    BOZEL , s. m. Terme d'Architecture . Membre rond, &amp; qui a la figure d'un anneau. <i>Torus.</i> C'est la même chose que le Tore.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5746" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRABANÇON, ONE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BRABANÇON, ONE</head>
    <p>
    BRABANÇON, ONE , s. m. &amp; f. Qui est de Brabant. <i>Brabantius, Menapius, Ambivaritus.</i> On trouve ce nom dans quelques Auteurs pour dire un homme du Brabant, mais aujourd'hui il ne se dit plus guère. On use de périphrase, &amp; l'on dit plus communément les habitans, les peuples du Brabant, &amp;c. On appelle Campine <i>Brabançonne,</i> une petite Contrée du Brabant Hollandois dans la Mairie de <i>Bolduc.</i></p><p>On appelloit autrefois <i>Brabançons</i> des troupes d'avanturiers, ou de bandits, qui faisoient le métier de la guerre, &amp; se donnoient à qui les payoit le mieux ; &amp; on les appelloit ainsi, parce que la plupart étoient du Brabant. On les nommoit autrement Routiers à cause qu'ils étoient toujours en route pour aller par tout où ils étoient commandés. Le P. Daniel dit qu'on les nommoit aussi Cotereaux. Il y envoya ses Capitaines &amp; ses <i>Brabançons</i> qui les taillerent en pièces. G. Du Moulin. Le Roi d'Angleterre, irrité du soulevement de la Bretagne, envoya les <i>Brabançons</i> ravager les terres de Raoul de Fougères ; mais les gens de Raoul ayant taillé en pièces ceux qui portoient des vivres aux <i>Brabançons,</i> le reste fut obligé de se retirer. Lobineau. Le Roi Philippe Auguste les renvoya aussi-tôt (les Bretons) du côté de Pontorson &amp; de Mortain avec le Comte de Boulogne, Guillaume de Barres, une grande quantité de Gendarmes François, &amp; les Routiers ou <i>Brabançons</i> qui s'étoient rendus à lui à Falaise, &amp; qui avoient mieux aimé prendre parti dans ses troupes que de ne plus faire la guerre. Id. Philippe Auguste étant sorti de Mante pour aller à Gisors, accompagné seulement de deux cents chevaux, trouva en chemin fort près de Gisors le Roi d'Angleterre, suivi de plus de quinze cents hommes de troupes réglées, &amp; outre cela d'une très-grande multitude de ces bandits appellés <i>Brabançons,</i> ou <i>Cotereaux.</i> P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5747" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BRABANÇONE" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>BRABANÇONE</head>
    <p>
    BRABANÇONE . Terme de Fleuriste . Tulipe qui est blanc de lait, pourpre, &amp; qui a un peu de rouge. Cult. des Fl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5748" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRABANT" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BRABANT</head>
    <p>
    BRABANT , s. m. Province des Pays-Bas bornée au Nord par la Hollande &amp; par la Gueldre, au Couchant par la Zélande &amp; la Flandre, au Midi par les Comtés de Hainaut &amp; de Namur, au Levant par le pays de Liége, qu'on y comprenoit autrefois, de même que le Duché de Limbourg. Maty. Brab<i>antia.</i></p><p>Quelques Auteurs dérivent ce nom de Brennus, nom propre du fils de je ne sai quel Roi de la Bretagne, c'est-à-dire, d'Angleterre. D'autres disent qu'il vient de <i>Bratuspantium</i>, Ville ancienne des Gaules dont parle César, L. II. <i>Comm.</i> C. 13. Mais <i>Bratuspantium</i> n'étoit point du pays que nous appellons aujourd'hui <i>Brabant,</i> puisqu'il étoit entre Beauvais &amp; Amiens. D'autres le dérivent de Salvius Brabon parent de C. César. D'autres de <i>Gotofridus Barbatus,</i> Godefroy le Barbu, Comte de Louvain. D'autres enfin d'une contrée de ce pays, nommé le <i>Brachbant,</i> ou le Burbant. Le <i>Brabant</i> a titre de Duché, &amp; a eu long-temps ses Ducs particuliers.</p><p>Le <i>Brabant</i> se divise en quatre quartiers, savoir, de Louvain, de Bruxelles, d'Anvers &amp; de Bolduc. On le distingue plus ordinairement aujourd'hui en <i>Brabant</i> Espagnol, <i>Brabant</i> Hollandois, &amp; <i>Brabant</i> Walon. Le <i>Brabant</i> Espagnol, <i>Brabantia Hispanica.</i> C'est la partie méridionale du Duché de <i>Brabant,</i> où sont Louvain, autrefois Capitale de tout le Duché, Bruxelles, qui l'est maintenant, Anvers &amp; Malines. Le <i>Brabant Hollandois, Brabantia Hollandica,</i> ou <i>Batavica.</i> C'est la partie Septentrionale du <i>Brabant,</i> qui comprend la Mairie de Bolduc, la Baronie de Bréda, &amp; le Marquisat de Berg-op-Zoom. Le <i>Brabant</i> Walon, c'est-à-dire, Gaulois, est une petite contrée du <i>Brabant</i> Espagnol, entre les Villes de Nivelle &amp; de Gemblours, ainsi appellée, parce que le langage qu'on y parle est un vieux François. Maty.</p><p>On trouve <i>Breibant</i> dans les Diplomes de l'Empereur Othon le Grand rapportés par Miroeus, &amp; par le P. Mabillon, <i>Acta SS. Ben. T. V. p.</i> 300. Il y a sur l'Histoire du <i>Brabant, Adriani Barlandi Chronica Ducum Brabantiae ; Melchior. Barlaei Brabantias, Topographia Historica Gallo Brabantiae,</i> par Jacq. Le Roi, imprimée à Amsterdam en 1692. <i>in fol. Castella &amp; Praetoria Nobilium Brabantiae in-fol.</i> à la Haye en 1699. <i>Antonii Sanderi Chorographia Brabantiae,</i> à Bruxelles, <i>fol.</i> 1659. <i>Antiquitates Belgicae Brabantiae,</i> par Jean Bapt. Gramaye à Louvain 1708. <i>in-fol.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5749" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRABEUTE" />
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    <head>BRABEUTE</head>
    <p>
    BRABEUTE , s. m. Nous ne mettons ce mot que pour avertir qu'il ne faut jamais s'en servir en François, quoiqu'on le trouve dans quelques Dictionnaires. Il est purement Grec , &amp; signifie celui qui chez les Grecs présidoit aux jeux publics &amp; solemnels, &amp; qui étoit le Juge &amp; l'Arbitre des prix ; &amp; c'est ainsi qu'il faut l'appeller dans notre langue, &amp; non pas <i>Brabeute,</i> qui seroit très-barbare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5750" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAC" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BRAC</head>
    <p>
    BRAC , s. m. <i>Bracco,</i> ou <i>braco.</i> Espèce de chien de chasse. Voyez Du Cange au mot <i>Bracco.</i> C'est apparemment la même chose que <i>brachet.</i> On écrit aussi Braque. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5751" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BRACELET" />
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    <head>BRACELET</head>
    <p>
    BRACELET , s. m. Petit ornement qu'on met autour du poignet. <i>Armilla, brachiale, Bracelets</i> de ruban, de perles, de pierreries. Les Amans tiennent à grande faveur d'avoir des <i>bracelets</i> des cheveux de leur Maîtresse. Anciennement à Rome les hommes portoient des <i>bracelets</i> aussi-bien que les femmes, &amp; en ornoient leurs bras. Dac. On mettoit les <i>bracelets</i> sur divers endroits des habits, &amp; on les plaçoit le plus ordinairement depuis le haut du bras jusques sur les doigts. Capitolin dit que Maximin avoit le pouce si gros qu'il se servoit du <i>bracelet</i> de sa femme comme d'un anneau, qu'il portoit au doigt. La matière des <i>bracelets</i> étoit différente, comme elle l'est encore. La plus ordinaire étoit l'or. Les hommes &amp; les femmes en portoient indifféremment, mais les filles n'en portoient jamais, qu'elles ne fussent accordées. Elles se seroient fait tort d'en porter auparavant. Thomas Bartholin a fait un Traité des <i>bracelets</i> des Anciens, <i>De Armillis Veterum.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>braciletum,</i> diminutif de <i>bracile,</i> qu'il trouve écrit dès le temps de Justinien. <i>Bracile,</i> dans la vie de S. Germain qui est la fin du VIIe siècle, signifie <i>Cingulum</i> ; &amp; quoique Bollandus, <i>Act. Sanct. Febr. T. III.</i> p. 266. croie que <i>bracile</i> ait signifié le lien dont on attachoit les braies, &amp; qu'il soit formé de <i>braccae,</i> ou bien qu'il fût pris pour la courroie dont on attachoit la chaussure ; il peut cependant, aussi-bien que le diminutif, avoir été ensuite appliqué à d'autres choses. Voyez encore sur ce mot Hastenus, <i>Disquisit. Monastic. L. V. Tract. IV. disq.</i> 4.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>brachialia,</i> qui étoit un ornement que les hommes aussi-bien que les femmes portoien au bout de leurs manches ; &amp; dit que c'est ce qu'en termes de Blason on a appellé <i>dextrocheres.</i> Tous ces mots viennent de <i>brachium,</i> le <i>bras</i> ; parce que c'est un ornement du <i>bras.</i> Les Grecs ont fait aussi , pour dire la même chose de , le <i>bras.</i></p><p>On dit que les passemens sont mis en <i>bracelet,</i> quand ils sont disposés en rond sur les manches. Les Pages de la grande Ecurie du Roi ont leurs passemens en <i>bracelet :</i> ceux de la petite Ecurie les ont en quille, ou en long.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5752" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRACHER" />
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    <head>BRACHER</head>
    <p>
    BRACHER , s. m. <i>Braconarius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Braconier">Braconier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5753" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRACHET" />
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    <head>BRACHET</head>
    <p>
    BRACHET , s. m. Sorte de chien de chasse. <i>Indagator canis.</i> Borel dit qu'on l'a appellé ainsi à cause qu'il a les pieds courts. On lit dans le Roman d'Aubery,</p><p>Et dans le Roman d'Alexandre,</p><p>On a dit aussi autrefois <i>brachet</i> pour <i>bracelet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5754" id="1" type="medecine & d'anatomie">
   <index type="head" value="BRACHIAL" />
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    <head>BRACHIAL</head>
    <p>
    BRACHIAL , adj. m. Terme de Médecine &amp; d'Anatomie , qui se dit de deux muscles de l'os du coude. <i>Brachialis.</i> Il y a le <i>brachial</i> externe, &amp; le <i>brachial</i> interne. Le <i>brachial</i> interne est ainsi nommé parce qu'il occupe la partie interne du bras ; il est caché sous le biceps, &amp; prend son origine de la partie antérieure &amp; supérieure de l'<i>humerus,</i> &amp; va s'insérer à la partie supérieure &amp; interne du <i>cubitus,</i> pour fléchir l'avant-bras conjointement avec le biceps. Le <i>brachial</i> externe, ainsi nommé parce qu'il occupe la partie extérieure du bras, est une masse de chair qui prend son origine de la partie postérieure de l'<i>humerus,</i> &amp; va s'insérer à l'olocrane par une forte aponeuroise qui lui est commune avec deux autres. Dionis. Voyez aussi Tauvry, P. II. C. 18.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5755" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRACHIO" />
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    <head>BRACHIO</head>
    <p>
    BRACHIO . On a ainsi appellé le petit d'un Ours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5756" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRACHITE" />
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    <head>BRACHITE</head>
    <p>
    BRACHITE , s. m. &amp; f. <i>Brachites.</i> Nom de Secte. Les <i>Brachites</i> étoient Sectateurs de Manès, &amp; une bonne branche des Gnostiques. Ils troublerent toute l'Eglise dans le troisième siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5757" id="1" type="">
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    <head>BRACHMANES</head>
    <p>
    BRACHMANES , s. m. Ce sont les Philosophes ou Sages des Indiens. Ils se sont rendus célèbres dans l'antiquité par leur genre de vie tout-à-fait austère. Il y en a encore aujourd'hui dans les Indes qui portent le même nom, &amp; qui vivent de la même manière que ces Anciens. Les Portugais les nomment <i>Brames,</i> qui est le nom ancien des Prêtres Indiens. D'autres les appellent <i>Bramines.</i> C'est ainsi que l'écrit toujours l'Auteur de l'<i>Ambass. des Holl. au Japon.</i> Plusieurs croient qu'ils ont pris ce nom du Patriarche Abraham, qu'ils appelloient en leur langage <i>Brachma.</i> Ou plutôt ils l'ont pris de leur Dieu Brahma, que quelques-uns croient être Abraham. C'est pourquoi Postel leur donne le nom d'<i>Abrachmanes.</i></p><p>Le P. Thomassin, qui rappelle l'origine de tous les mots à la langue Hébraique, croit que le nom des <i>Brachmanes</i> vient de l'Hébreu <i>barach, fugit, aufugit, fuir, s'enfuir,</i> parce que les <i>Brachmanes</i> le retirent à la campagne, &amp; vivent dans les déserts. On peut aussi suivant le même Auteur, dériver le nom des <i>Brachmanes</i> d'un autre mot Hébreu ; c'est <i>barac, benedicere, orare, prier, benir</i> ; parce que c'étoit là l'occupation des <i>Brachmanes,</i> qu'ils avoient apprise de Noé, de qui ils descendoient.</p><p>Les <i>Brachmanes</i> vivent d'herbes, de légumes &amp; de fruits, s'abstenant de toutes sortes d'animaux ; ils n'en peuvent même toucher aucun sans se rendre immondes, &amp; ils regardent cela comme une grande impiété. Ils passent la plus grande partie du jour &amp; de la nuit à chanter des Hymnes en l'honneur de la Divinité, ils prient &amp; jeûnent continuellement. La plupart d'entr'eux vivent seuls &amp; dans la solitude, n'étant point mariés, &amp; ne possédant aucuns biens. Il n'y a rien qu'ils souhaitent tant que la mort, &amp; ils considerent cette vie comme une chose onéreuse, attendant avec impatience que leur ame se sépare de leur corps. C'est la description que Porphyre fait des anciens <i>Brachmanes</i> dans son Livre, <i>De abstinentia animalium.</i> Les <i>Brachmanes</i> tiennent les opinions de Pythagore, dit le P. Kirker, &amp; mènent la vie qu'il menoit, comme il paroît par Maffée &amp; par les autres Histoires des Indes ; ou plutôt <pb n="712" facs="bpt6k8542165/f752/full/1200,/0/native.jpg"/>Pythagore avoit pris des <i>Brachmanes</i> ses opinions &amp; sa manière de vivre. Les Grecs leur donnerent le nom de Gymnosophistes. Les Indiens disent que les <i>Brachmanes</i> tirent leur origine du fameux Philosophe Xaca. Voyez leurs moeurs, leurs Sectes, leurs opinions, &amp;c. dans le P. Kirker, <i>China ill. P. III. c.</i> 4. 5. 6. 7. où sont les figures de leurs lettres. Voyez aussi le même Auteur, <i>Oed. Aeg. T. III. p.</i> 21. <i>&amp; suiv.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5758" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRACON" />
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    <head>BRACON</head>
    <p>
    BRACON , subst. masc. Vieux mot, qui signifioit, Appui, console, potence : ce qui vient de branche d'arbre. <i>Telamo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5759" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRACONNER" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BRACONNER</head>
    <p>
    &#9758; BRACONNER , v. n. Chasser furtivement sur les terres d'autrui. Les Ordonnances défendent de <i>braconner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5760" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRACONNIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>BRACONNIER</head>
    <p>
    BRACONNIER , s. m. Borel croit que ce mot signifioit un coupeur de bois, à cause de ce que dit Froissard, que chacun devoit trousser derrière soi un <i>braconnier. Lignator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5760" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRACONNIER" />
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    <head>BRACONNIER</head>
    <p>
    Braconnier , est aussi selon d'autres, la même chose que Bracher, c'est-à-dire, un homme qui a soin des chiens de chasse, appellés en François &amp; en Allemand <i>Bracs,</i> &amp; en Latin <i>braccones.</i> Le mot <i>Braconarius</i> se trouve en ce sens dans une Charte d'Henri II. Roi d'Angleterre rapportée dans le <i>Monasticum Anglican.</i> T. II. p. 283.</p><p>Il signifie plus ordinairement celui qui braconne ou qui chasse furtivement &amp; sans permission sur les terres d'autrui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5761" id="1" type="">
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    <head>BRACQUE</head>
    <p>
    BRACQUE . Voyez <ref type="search" target="head:BRAGUE">BRAGUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5762" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAGANCE" />
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    <head>BRAGANCE</head>
    <p>
    BRAGANCE , s. f. Ville de Portugal dans la Province de Tralosmontes, sur la rivière de Sabor aux confins de la Galice &amp; du Royaume de Léon. <i>Bragantia, Bragantium</i> ; à 14d, 50' de longitude, &amp; à 41d, 32' de latitude, dit M. Corneille. Ferrarius, qui avec d'autres Auteurs l'appelle <i>Coeliobriga,</i> ne la met qu'à 13d, 5' de long, &amp; à 42d de latitude. <i>Bragance</i> est divisée en ancienne &amp; nouvelle Ville. L'ancienne, qui est sur une hauteur, fut bâtie par Brigo Roi d'Espagne l'an du monde 2015. d'où l'on prétend apparemment que lui vient son nom. La nouvelle Ville, ou la Cité, est au pied de la montagne. <i>Bragance,</i> que les Portugais nomment <i>Braganza,</i> a titre de Duché. Les Ducs de <i>Bragance</i> tirent leur origine des Rois de Portugal, par Alphonse de Portugal, premier du nom, Duc de <i>Bragance,</i> Comte de Barcellos &amp; de Guimaraens, fils naturel de Jean I. Roi de Portugal, &amp; d'Agnès Pérez. Jean II. Duc de <i>Bragance</i> fut mis sur le thrône de Portugal en 1640. &amp; c'est son petit fils qui règne aujourd'hui en Portugal. Voyez la <i>Révolution de Portugal</i> &amp; l'<i>Hist. de Portug.</i> par M. Le Quien de la Neuville, T. I. p. 29.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5763" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAGARD" />
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    <head>BRAGARD</head>
    <p>
    BRAGARD , s. m. Vieux mot, &amp; hors d'usage, qui signifioit autrefois <i>brave, ajusté, mignon. Comptus, concinnus, elegans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5764" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAGUE" />
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    <head>BRAGUE</head>
    <p>
    BRAGUE , s. f. Ville Archiépiscopale de Portugal, Capitale de la Province d'entre Douro &amp; Minho, &amp; située sur la rivière de Cavado. <i>Bragua, Braccara,</i> ou <i>Bracara Augusta, Augusta Braccarum. Brague</i> est une des plus anciennes Villes d'Espagne. L'Itinéraire d'Antonin la nomme <i>Bragara.</i> L'Archevêque de <i>Brague,</i> qui est Seigneur spirituel &amp; temporel de la Ville, prétend être Primat d'Espagne, parce qu'Alphonse I. ayant délivré <i>Brague</i> de la puissance des Maures en 1240. tous les Evêques d'Espagne se soumirent à l'Archevêque de cette Ville. L'Archevêque de Tolède lui dispute cette dignité. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. De La Neuville, <i>Hist. de Portug.</i> Tom. I. p. 24. 25. 26. Rodrigue d'Acunha, Archevêque de <i>Brague,</i> a donné une Histoire Ecclésiastique des Archevêques de cette Ville. Elle est en Portugais en 2. vol. <i>in-fol.</i> à <i>Brague</i> 1634.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5765" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BRAGUE" />
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    <head>BRAGUE</head>
    <p>
    BRAGUE . Terme de Marine . C'est le cordage qui arrête le recul du canon. On l'appelle aussi <i>bracque,</i> ou <i>drague.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5765" id="2" type="luthier">
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    <head>BRAGUE</head>
    <p>
    Brague , est aussi un terme de Luthier . C'est un morceau de bois au bout du corps du luth pour cacher les éclisses.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAGUETTE</head>
    <p>
    BRAGUETTE , Voyez Braie, ou Brayette.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRAI" />
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    <head>BRAI</head>
    <p>
    BRAI , ou BRAY. Voyez <ref type="search" target="head:Bray">Bray</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5768" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAIE" />
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    <head>BRAIE</head>
    <p>
    BRAIE , s. f. Linge qui couvre depuis la ceinture jusqu'aux genoux, comme caleçons ; haut-de-chausses. <i>Femoralia.</i> C'est ce qu'on appelle autrement <i>brague, brages,</i> ou <i>brais,</i> mots Celtiques qui avoient donné le nom à la Gaule Narbonnoise de <i>Gallia Braccata ;</i> c'étoit une espèce de haut-de-chausse, ou selon d'autres, une espèce de saye court. Du Cange croit que c'étoit la partie de l'habit qui couvroit les cuisses, comme font nos hauts-de-chausses ; que le mot venoit du Latin <i>bracae,</i> ou <i>braccae,</i> parce qu'elles étoient courtes.</p><p>Le Peuple de la campagne, qui en a retenu l'usage, en a aussi gardé le nom ; &amp; les Suisses, qui sont ceux des Gaulois qui ont été le moins sujets aux invasions des Peuples étrangers, &amp; par conséquent aux changemens qui ont désolé si souvent le reste de la Gaule, n'ont pas encore quitté cette coutume, dit Chorier, p. 86. Saumaise, après Isidore, L. XIX. C. 22. veut qu'il vienne du Grec . D'autres croient qu'il vient de l'Hébreu <i>berec</i>, qui signifie <i>genou,</i> à cause que cet habit va jusqu'aux <i>genoux.</i> Mais Henri Estienne, dans son Livre, <i>De Latinitate falsô suspectâ,</i> ch. 8. p. 360. ne doute nullement que le mot de <i>Braies</i> ne vienne des Gaulois ; &amp; il s'appuie sur l'autorité de Diodore de Sicile qui le leur attribue. Selon le P. Pezron le mot Celtique est <i>brag.</i> Henri Estienne ajoûte que ces anciens Gaulois ne prononçoient pas <i>braie,</i> comme nous prononçons aujourd'hui ; mais qu'ils prononçoient ce mot d'une manière plus rude, &amp; qui approchoit davantage du Latin <i>bracca,</i> &amp; du Grec , qui est dans Diodore. Cela s'accorde avec la vieille prononciation <i>bragues.</i> Covarruvias, dans son Trésor de la Langue Castillane, a remarqué, parlant de <i>Brague</i> Ville Capitale du Royaume de Portugal, qu'elle tire son nom des Gaulois Celtiques appellés <i>braccati.</i> Enfin, tous les Peuples qui descendent des Celtes, qui ont eu la même langue, retiennent encore ce mot ; les François, <i>brague</i> &amp; <i>broye ;</i> les Allemands selon les différens dialectes, <i>bruch, broock, bruuk, broek.</i> On a dit en Latin <i>bracca, bracchae</i> &amp; <i>brucchae.</i> Les Hibernois disent <i>broges</i> au pluriel, ou <i>broages.</i> Les Anglois <i>britches.</i> Voyez Cluvier, <i>Germ. Ant.</i> L. I. p. 70. &amp; 140. Cambden dit p. 14. que les Anglois appellent encore à présent <i>brati</i> des habits mauvais &amp; déchirés, sales ; ce qui revient selon lui, à ce que Diodore de Sicile dit, que les <i>brayers</i> des Gaulois étoient des habits à long poil &amp; de différentes couleurs. Cambden prouve encore, p. 12. que c'étoit aussi un vêtement des anciens Bretons. Quoique l'usage des <i>braies</i> fût dans Rome dès le temps d'Auguste, Tacite l'appelle une sorte de vêtement barbare, <i>Barbarum tegmen,</i> parce qu'il venoit des Getes, des Sarmates, des Allemans &amp; des Gaulois. Les Perses, qui tirent leur origine des anciens Scythes, se servoient aussi de <i>braies, Persicam braccam,</i> dit Ovide.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAIE</head>
    <p>
    Braie , se dit aussi des linges qu'on met au derrière des petits enfans qui ne sont pas nets, pour les changer plus aisément. La nourrice est allé laver les <i>braies</i> de son enfant.</p><p>On dit en Architecture, une <i>fausse-braie,</i> ou basse enceinte, expliquée ailleurs à Fausse-Braie.</p><p>On a appellé aussi autrefois <i>braie,</i> une espèce de bastion, d'où Du Cange dit qu'est venu le mot de <i>fausse-braie.</i> Il l'appelle <i>brachiale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5768" id="3" type="marine">
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    <head>BRAIE</head>
    <p>
    Braie , en termes de Marine , se dit des morceaux de cuir, ou de toile cirée, dont on entoure le pied du mât, ou l'ouverture par où passe la barre du gouvernail, afin d'empêcher que la pluie, ou les vagues n'entrent dedans, ou ne tombent à fond de cale.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAIE</head>
    <p>
    Braie , en termes de Charpenterie , sont des pièces de bois qu'on met sur le paillier d'un moulin à vent pour soulager les meules. <i>Tigillum.</i> Cette pièce de bois a environ six pieds de long, &amp; six pouces de grosseur. Caron.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAIE</head>
    <p>
    Braie , se dit aussi en termes d'Imprimerie , pour signifier un morceau de parchemin qu'on cole au grand timpan, quand il est usé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAIE</head>
    <p>
    Braies de cocu . Plante qu'on appelle autrement Primevère. Voyez PRIME-VÈRE.</p><p>On dit communément, qu'un homme s'est tiré d'un affaire <i>braies</i> nettes, quand il en est sorti heureusement, quoique sa personne ou ses biens courussent fortune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5769" id="1" type="">
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    <head>BRAIEMENT</head>
    <p>
    BRAIEMENT , s. m. Qui se dit du cri des ânes, comme le hennissement de celui des chevaux. On dit aussi le <i>braire. Rudentis asini sonus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5770" id="1" type="">
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    <head>BRAILLARD</head>
    <p>
    BRAILLARD , comme BRAILLEUR.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5771" id="1" type="">
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    <head>BRAILLER</head>
    <p>
    BRAILLER , v. neut. Parler beaucoup &amp; fort haut, sans dire rien de bon, ni de solide. <i>Clamare, vociferari, obtundere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5771" id="2" type="marine">
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    <head>BRAILLER</head>
    <p>
    Brailler , en termes de Marine , se dit du hareng, lorsqu'on le saupoudre de fel, &amp; qu'on les remue avec des pelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5772" id="1" type="">
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    <head>BRAILLEUR, EUSE</head>
    <p>
    BRAILLEUR, EUSE . On dit aussi, BRAILLARD, arde, adj. Qui hable, qui criaille, qui parle hautement, &amp; avec liberté de toutes choses. <i>Clamator, clamosus rabula.</i> Il ne se faut point brouiller avec ces grands <i>brailleurs.</i> Mol. On dit qu'il n'y a point de terme en François qui explique <i>rabula,</i> qui veut dire en général un méchant Avocat. Pour moi je l'exprimerois par celui de <i>brailleur,</i> qui est assez le caractère des méchans Avocats. Vign. Mar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5773" id="1" type="">
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    <head>BRAIRE</head>
    <p>
    BRAIRE , v. n. Terme dont on se sert pour exprimer le cri des ânes. <i>Rudere.</i> Un âne chargé d'or ne laisse pas de <i>braire.</i> Cost.</p><p>Ménage dérive ce mot du Latin <i>barrire,</i> ou plutôt de <i>rudere,</i> qui se dit des ânes proprement. Borel le dérive de <i>bram</i>, qui signifie <i>grand cri</i> en langue Gothique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5773" id="2" type="">
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    <head>BRAIRE</head>
    <p>
    Braire , se dit aussi figurément des cris importuns &amp; excessifs des hommes, &amp; sur-tout de ceux qui ont la voix fort rude &amp; désagréable. <i>Vociferari.</i> Il y a long-temps que cet homme ne fait que <i>braire.</i> Ce méchant Avocat ne fait que <i>braire,</i> &amp; ne dit rien qui serve à sa cause.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5774" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAISE" />
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    <head>BRAISE</head>
    <p>
    BRAISE , s. f. Bois ou charbon allumé, &amp; dont l'humidité est consumée, ensorte qu'il ne rende point de fumée. <i>Pruna.</i> Des marrons cuits à la <i>braise.</i> On dit par hyperbole en tâtant le pous de celui qui a une grosse fièvre, que son corps est tout <i>braise.</i> Un amoureux se plaint populairement qu'il a le coeur tout en <i>braise.</i> M. Boyle a fait la comparaison de la <i>braise,</i> ou charbon allumé, &amp; du bois luisant, où il montre leur ressemblance &amp; leur différence. Elle se trouve dans les <i>Transact. Philos.</i> n. 32. p. 605. &amp; T. III. p. 646.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>bullio, efferveo.</i></p><p>On dit proverbialement qu'on est tombé de la poële dans la <i>braise</i> ; pour dire, qu'on est tombé d'un grand mal dans un pire. En parlant d'un homme qui s'est vengé promtement d'un tort qu'on lui a fait, ou qui a fait une repartie promte &amp; vive à quelque chose de piquant, on dit, qu'Il l'a rendu chaud comme <i>braise.</i> On dit aussi, quand quelqu'un vient annoncer sans aucune préparation une mauvaise nouvelle, qu'Il l'a donnée chaud comme <i>braise.</i> On dit encore, d'un homme qui dans un discours, ou dans un écrit, passe légèrement sur quelque article, qu'il ne veut pas trop approfondir, Il a passé là-dessus comme chat sur <i>braise.</i></p><p>&#9758; Braise, se dit aussi des charbons que les Boulangers tirent de leur four, &amp; qu'ils éteignent pour les vendre. Acheter de la <i>braise</i> chez un Boulanger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5775" id="1" type="boulanger">
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    <head>BRAISIER</head>
    <p>
    BRAISIER . Terme de Boulanger . Voyez <ref type="search" target="head:Brasier">Brasier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5776" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAMA" />
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    <head>BRAMA</head>
    <p>
    BRAMA , ou plutôt BRAHMA, ou BRUMA, s. m. Nom propre d'un Dieu, ou Idole des Indiens. Quelques-uns croient que c'est Pythagore qu'ils ont divinisé, fondés sur la métempsychose, &amp; les autres sentimens de ce Philosophe que les adorateurs de <i>Brama</i> tiennent aussi. D'autres, à cause de la ressemblance du nom, s'imaginent que c'est Abraham. Ils feignent que <i>Brama</i> s'est fait homme, &amp; qu'il est médiateur entre Dieu &amp; les hommes, dit M. Huet, <i>Dem. Ev. Prop. IV. c.</i> 6. d'où ce Prélat infère que les Indiens ont tiré cela du Christianisme, &amp; de ce que S. Thomas, S. Barthélemi, Pantaenus, &amp; d'autres, leur en avoient appris. M. Huet écrit toujours <i>Brama.</i> Mais on écrit communément <i>Brama,</i> ou <i>Brahma.</i></p><p>M. d'Herbelot dit que, selon la doctrine des Indiens, <i>Brahma</i> est le premier des trois êtres que Dieu a créés, &amp; par le moyen duquel il a fait ensuite le monde. Ce <i>Brahma</i> donna aux Indiens quatre livres, qu'ils appellent Thou, ou Bed, dans lesquels toutes les sciences &amp; toutes les cérémonies de la Religion des Brachmanes sont comprises. C'est pourquoi on le représente ordinairement avec quatre têtes. Selon les Indiens, Parabaravastou, c'est-à-dire, le Dieu suprême, a créé trois Dieux inférieurs ; savoir, <i>Bruma,</i> Vichnou &amp; Routren. Il a donné au premier la puissance de créer ; au second le pouvoir de conserver, &amp; au troisième le droit de détruire. Ces trois Dieux sont les enfans d'une même femme, qu'ils appellent Parachatti, c'est-à-dire, la puissance suprême. Les premiers Indiens ne vouloient dire autre chose, sinon que tout ce qui se fait dans le monde, soit par la création qu'ils attribuent à <i>Brama,</i> soit par la conservation, qui est le partage de Vichnou ; soit enfin par les différens changemens, qui sont l'ouvrage de Routren, vient uniquement de la puissance absolue du Parabaravastou, ou du Dieu suprême. Let. éd. Tom. IX. p. 7. &amp; suiv. Tom. X. p. 18. &amp; suiv. Elles ajoûtent que, suivant la doctrine des Indiens, <i>Bruma</i> tient le premier rang parmi les Divinités subalternes ; que c'est lui qui a créé toutes choses, &amp; qui les conserve par un pouvoir spécial que la Divinité lui a communiqué ; qu'il a l'intendance générale sur toutes les Divinités inférieures ; mais que son gouvernement doit finir ; qu'il a un premier Ministre, nommé Divendiren, qui commande immédiatement aux Dieux inférieurs.</p><p>Le mot <i>Brahme</i> en langue Indienne signifie <i>Pénétrant toutes choses.</i> D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5777" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAMAIN" />
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    <head>BRAMAIN</head>
    <p>
    BRAMAIN , s. m. <i>Brachmanus.</i> M. de Tillemont s'est servi de ce nom, <i>Hist. des Emp.</i> T. II. p. 127. pour Brachmane. Apollone de Tyanes n'avoit encore que sept disciples, qui même le quitterent dès qu'il leur parla d'aller dans les Indes chercher les Philosophes, qui dès ce temps-là portoient le nom de <i>Bramains,</i> ou Brachmanes. Mais ce nom n'est point en usage. On dit toujours Brachmanes &amp; <i>Bramains</i> seulement des successeurs des anciens Brachmanes ; encore écrit-on Bramin. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5778" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAME" />
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    <head>BRAME</head>
    <p>
    BRAME , s. m. On appelle ainsi ceux des Indiens que les Anciens appelloient Brachmanes. Les <i>Lettres Edifiantes des Missionn. Jes.</i> T. IX. p. 288. disent <i>Brame</i> au masc. &amp; <i>Bramine</i> au fém. Il étoit <i>Brame,</i> &amp; venoit d'épouser une <i>Bramine.</i> La <i>Bramine</i> avoit été mariée dès son bas âge à un autre <i>Brame.</i> Il n'y a guère de nation plus orgueilleuse, plus rebelle à la vérité, ni plus entêtée de ses superstitions que les <i>Brames.</i> Lettr. Ed. T. X. p. 31. Voyez Bramin, c'est la même chose. De la Boulaye écrit <i>Bramen,</i> &amp; dit que c'est le nom des Sacrificateurs des Ramistes, ou Indou ; &amp; au pluriel il dit <i>Bramens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5779" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAMENATI" />
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    <head>BRAMENATI</head>
    <p>
    BRAMENATI , s. f. Femme de secte &amp; de famille Brame. Il y avoit trois Brames &amp; une <i>Bramenati.</i> Lettr. Ed. <i>Rec. XI.</i> On dit aussi <i>Bramine.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Brame">Brame</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5780" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BRAMER" />
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    <head>BRAMER</head>
    <p>
    BRAMER , v. n. Terme de Chasse , qui se dit pour exprimer le cri des cerfs. <i>Clamorem edere cervino similem.</i> Le cerf qui <i>brame</i> au bruit de l'eau. Théophile. On s'en servoit autrefois pour dire, Crier fortement.</p><p>Ce mot vient de <i>bram</i>, qui signifie <i>grand cri</i> en langue Gothique. Chorier le tire de , qui chez les Grecs a le même sens ; Crier violemment &amp; importunément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5781" id="1" type="">
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    <head>BRAMIN</head>
    <p>
    BRAMIN , ou BRAMINE, s. m. C'est un Prêtre de la Religion des Indiens idolatres, successeurs des anciens Brachmanes. Les <i>Bramins</i> font la première race des Banians, &amp; sont si versés en Astronomie, qu'ils ne manquent pas d'une minute à prédire les éclipses. Ils ont un si grand respect pour les vaches, que pourvû qu'ils en aient une queue à la main quand ils meurent, ils croient être bienheureux. Ils font quelquefois des Processions de 400. lieues, où ils menent des villes &amp; des villages entiers ; &amp; ils nourrissent les peuples, quand ils sont arrêtés aux passages des rivières débordées, d'une manière qu'ils font croire miraculeuse, leur donnant tout ce qu'ils demandent sans avoir fait aucune provision. Un Protestant, nommé Abraham Roger, qui a écrit de la vie &amp; des moeurs des <i>Bramines,</i> en distingue de six sortes ; les Weistnouwa, les Seivia, les Smaerta, les Schaerwaeeka, les Pasenda, &amp; les Tschectea. Il traite assez au long de chacune de ces sectes en particulier dans son Chap. III. Tout son Livre, intitulé <i>La Porte ouyerte à la connoissance du Paganisme,</i> contient beaucoup de particularités sur les <i>Bramines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5782" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAN" />
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    <head>BRAN</head>
    <p>
    BRAN , ou BREN, s. m. Excrément de l'homme qui décharge son ventre. <i>Stercus, alvi purgamentum.</i></p><p>Il se dit quelquefois absolument, quand on fait quelque imprécation contre quelqu'un, comme on dit <i>fouin, peste. Bran</i> du Prédicateur. <i>Vah, male sit.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>Brance,</i> qui est un vieux mot Gaulois, dont il est fait mention dans Pline en parlant du son, qui est encore à présent appellée <i>brann</i> par les Anglois ; &amp; il pense que le <i>bran,</i> qui signifie excrément de l'homme, n'a été dit que par métaphore de l'excrément du blé. Du Cange le dérive aussi de l'Anglois, &amp; témoigne qu'on disoit autrefois, Manger du <i>bran</i> de quelqu'un, pour dire, Manger de son <i>pain :</i> &amp; qu'on appelle <i>Brenage,</i> un droit <pb n="714" facs="bpt6k8542165/f754/full/1200,/0/native.jpg"/>qui se levoit sur le son ; &amp; <i>Brenier,</i> Celui qui en étoit Receveur. Mais <i>bren</i> est un mot ancien Gaulois, ou Celtique, dont les Bas-Bretons &amp; les Languedociens se servent encore pour signifier du <i>son.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAN</head>
    <p>
    Bran de Judas , se dit des rousseurs qui viennent sur le visage. <i>Lenticulae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAN</head>
    <p>
    Bran de son . C'est du gros son. <i>Fursur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAN</head>
    <p>
    Bran de scie , C'est la poudre du bois qu'on scie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5783" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANCARD" />
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    <head>BRANCARD</head>
    <p>
    BRANCARD , s. m. Lit portatif pour transporter des malades. <i>Valetudinarium ferculum.</i> C'est une espèce de grande civière avec des cerceaux en berceau, qu'on garnit de matelas &amp; de couvertures ; &amp; qui est portée sur des mulets comme une litière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5783" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRANCARD" />
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    <head>BRANCARD</head>
    <p>
    Brancards , sont aussi deux pièces de bois pliant, qui joignent le train de derrière d'une chaise roulante au train de devant, qui aboutissent ordinairement à un arc. <i>Lecticarium ferculum.</i> Ils font l'office de la flèche d'un carrosse, &amp; quelquefois la chaise est posée dessus ; quelquefois elle est suspendue sur des consoles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5783" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRANCARD" />
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    <head>BRANCARD</head>
    <p>
    Brancard , est aussi une machine faite par l'assemblage de plusieurs fortes pièces de charpente, &amp; qui sert à transporter des pierres, ou autres fardeaux d'une pesanteur extraordinaire, afin d'empêcher qu'elles ne se cassent, ou ne s'écornent, ainsi qu'on a fait pour les deux pierres qui couvrent le fronton du frontispice du Louvre. <i>Carrucarium ferculum.</i></p><p>On trouve dans la basse Latinité <i>branchada</i> dans le même sens que nous disons <i>brancard.</i> C'est apparemment de-là qu'il s'est formé, &amp; <i>branchata</i> vient de <i>brachium,</i> parce qu'il se porte à bras.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5784" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANCE" />
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    <head>BRANCE</head>
    <p>
    BRANCE , s. f. Espèce de grain, ou de légume. Vieux mot François : c'est celui dont parle Pline sous le nom de <i>sandalis</i> &amp; <i>sandalum</i> ; Et <i>Brance</i> en Gaulois, ou Celtique. Voyez <ref type="search" target="head:Liv">Liv</ref>. XVIII. ch. 7. Borel dit qu'il signifie une sorte de froment très-pur. C'est Pline qui le dit, &amp; qui ajoûte, qu'il fait beaucoup plus de pain que l'autre froment. Chorier, <i>Hist. de Dauphiné,</i> prétend que c'est le blé blanc. Voyez ce mot.</p><p>Borel ajoûte que c'est aussi une sorte d'épée, &amp; qu'en cette signification on a dit aussi <i>branc</i> &amp; <i>brans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5785" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANCHAGE" />
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    <head>BRANCHAGE</head>
    <p>
    BRANCHAGE , s. m. Nom collectif qui se dit en général de tout le bois qu'un arbre pousse en rameaux. <i>Rami decisi, ramalia.</i> On fait du tronc des arbres, du bois de charpente ; &amp; du <i>branchage,</i> des cotrets &amp; des fagots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5786" id="1" type="">
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    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    BRANCHE , s. f. Jet de bois qu'un arbre pousse en rameau au-delà de son tronc. La Quintinie l'appelle la partie de l'arbre qui sortant du tronc aide à former la tête. <i>Ramus.</i> On trouve <i>barga</i> dans quelques Auteurs de la basse Latinité.</p><p><i>Branche à bois,</i> se dit de la <i>branche</i> qui étant venue sur la taille de l'année précédente, &amp; cela dans l'ordre de la nature, est raisonnablement grosse. <i>Branche à fruit,</i> se dit de celle qui est venue de médiocre longueur &amp; grosseur sur cette même taille. Les <i>branches à fruit</i> ont les yeux gros &amp; assez près les uns des autres. La Quint. <i>Branche à demi-bois,</i> est celle qui étant trop menue pour <i>branche</i> à bois, &amp; trop grosse pour <i>branche</i> à fruit, est coupée deux ou trois pouces de long pour en faire sortir un meilleur jet, soit à fruit, soit à bois, pour contribuer à la beauté de la figure, &amp; amuser la vigueur de l'arbre. <i>Branche de faux bois,</i> ce sont les mauvaises qui sont venues contre l'ordre de la nature, &amp; d'ailleurs que des tailles de l'année précédente, ou qui étant venues sur ces tailles, se trouvent grosses à l'endroit où elles devroient être menues. Elles ont les yeux plats &amp; fort éloignés. La Quint. Pour entendre cet ordre de la nature il faut savoir, 1°, que les branches ne doivent venir que sur celles qui ont été racourcies à la dernière taille, &amp; ainsi toutes celles qui viennent en d'autres endroits sont <i>branches de faux bois.</i> 2°, Que l'ordre des <i>branches</i> nouvelles est, que s'il y en a plus d'une, celle de l'extremité sort plus grosse &amp; plus longue que celle qui est immédiatement au-dessous, &amp; celle-ci plus longue &amp; plus grosse que la troisième ; &amp; ainsi des autres ; &amp; par conséquent, si quelqu'une se trouve grosse à l'endroit où elle devroit être menue, elle est <i>branche de faux bois.</i> Il y a cependant quelques exceptions. Idem.</p><p>Dans les arbres qui sont vigoureux, &amp; en même temps d'une belle figure, il n'y sauroit guère avoir trop de <i>branches à fruit,</i> pourvu qu'elles n'y fassent point de confusion ; mais à l'égard des <i>branches à bois,</i> il n'en faut d'ordinaire laisser en toutes sortes d'arbres qu'une de toutes celles qui sont sorties de chaque taille de l'année précédente. La Quint.</p><p><i>Branche mère,</i> ou <i>mère-branche,</i> se dit de celle qui ayant été racourcie à la dernière taille, a produit d'autres <i>branches</i> nouvelles. <i>Branche aoustée,</i> se dit des <i>branches</i> qui sur la fin de l'été cessent de pousser &amp; s'endurcissent. La Quint. <i>Branches veules,</i> ou <i>branches élancées,</i> se dit de certaines <i>branches</i> longues &amp; menues, qui ne sont propres ni à fruit, ni à bois, &amp; qu'il faut retrancher. Cette <i>branche</i> est trop <i>veule</i> pour en rien espérer de bon. Les <i>branches veules</i> sur un arbre fruitier ne sont propres à rien. Liger. <i>Branches chifonnes,</i> sont des <i>branches</i> courtes &amp; menues, qui ne font que de la confusion dans l'arbre, &amp; qu'on doit couper. <i>Branche furieuse,</i> c'est celle qui est très-grande, qui a beaucoup poussé, &amp; fait un beau &amp; grand jet. Il est grandement expédient de conserver toutes les belles <i>branches</i> que les pêchers poussent l'été, à moins qu'il n'en soit sorti une si grande abondance qu'elles fassent de la confusion. Mais en tout cas, si la nécessité y oblige, il faut avec grande sagesse arracher ou couper tout près quelques-unes des plus furieuses. La Quint. Le pin ne pousse des <i>branches</i> que vers la cime. La colombe rapporta dans l'Arche une <i>branche</i> d'olivier.</p><p>On dit aussi, une <i>branche</i> de corail.</p><p>On dit aussi, qu'un chandelier a plusieurs <i>branches</i> ; qu'un ruban est noué à plusieurs <i>branches. Branche</i> d'une garde d'épée. <i>Branche</i> d'un bouquet de plumes, &amp;c. Les deux parties du bois d'un cerf sont aussi nommées <i>Branches.</i></p><p>On dit figurément, qu'une affaire a plusieurs <i>branches</i> ; pour dire, qu'il y a plusieurs affaires connexes, &amp; jointes ensemble ; ou que sa décision fait un préjugé sur plusieurs autres semblables.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>branca</i>. Ménage, après Saumaise. D'autres le dérivent de <i>brachium</i> ; parce que la <i>branche</i> est comme le bras d'un arbre. D'autres enfin de <i>branchia,</i> parce que les <i>branches</i> sont attachées aux arbres comme les nageoires aux poissons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5786" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRANCHE" />
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    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    Branche , en Architecture, signifie les arcs des voûtes des ogives, lesquels arcs traversant diagonalement d'un angle à un autre, forment une croix entre les autres arcs qui font les côtés du quarré, dont les arcs font les diagonales. Quelques-unes de ces <i>branches</i> détachées des pendentifs de la doulle, en rachètent d'autres suspendus, d'où pend quelque cul de lampe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5786" id="3" type="">
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    Branche de tranchée , est la même chose que <i>boyau de tranchée.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BOYAU">BOYAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    Branches de la bride , en termes de Manége , sont deux pièces de fer courbées qui portent l'embouchure, les chaînettes, &amp; la gourmette ; &amp; qui sont attachées d'un côté à la têtière, &amp; de l'autre aux rênes, qui tiennent la tête du cheval sujette. On dit <i>branche hardie</i> en parlant de celle qui ramène. On forgeoit autrefois une <i>branche</i> pour relever, qu'on appelloit <i>branche flaque.</i> Elle n'est plus en usage.</p><p>On dit <i>branche</i> de mords. Les meilleures <i>branches</i> de mords sont de l'invention du Connêtable de Montmorenci, qu'on appelle à cause de cela, à la Connêtable. Newcastle. De quelque côté que les <i>branches</i> du mords aillent, la bouche du cheval va toujours au contraire. Vous tirez la bride &amp; cela tire les <i>branches</i> en haut, &amp; la bouche va en bas. Id. Voyez sur les <i>branches</i> du mords le même Auteur pag. 419. &amp; suiv. où il explique ce qui les rend foibles, &amp; fortes, &amp; quelle est leur action semblable à celle du levier.</p><p>Les Potiers d'étain appellent <i>branche de flambeau,</i> toute la partie du flambeau qui s'élève au-dessus du pied, jusqu'à l'endroit où l'on met la chandelle.</p><p>Les deux grands bâtons de devant les crochets d'un Crocheteur, &amp; qui posent sur son dos, sont appellés <i>branches de crochet.</i></p><p>On appelle aussi <i>branches de la trompette,</i> ses deux premiers canaux qui portent le vent au pavillon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    Branche , se dit en Anatomie, des rameaux qui sortent d'une grosse veine, &amp; particulièrement de la veine cave.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    Branche , se dit aussi figurément des rameaux qui sortent de la souche ou de la tige de l'arbre généalogique, où se <pb n="715" facs="bpt6k8542165/f755/full/1200,/0/native.jpg"/>voient les descendans en ligne collatérale. La <i>branche</i> masculine. La <i>branche</i> féminine. La <i>branche</i> d'Alençon, de Dreux. La <i>branche</i> de Valois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5786" id="7" type="">
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    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    Branche , signifie aussi la verge, ou la pièce de bois, ou de fer, qui tient lieu de fléau dans la balance Romaine, le long de laquelle le contrepoids est mobile.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est comme l'oiseau sur la <i>branche,</i> quand il n'a point d'état assuré, point de fortune certaine. On dit de ceux qui passent sans raison d'un propos à l'autre, qu'ils sautent de <i>branche</i> en <i>branche :</i> l'Espagnol dit, <i>de palo en frasca.</i> On dit d'un homme dont la fortune se renverse, qu'il s'est attaché aux <i>branches,</i> quand il n'a fondé sa prétention que sur des gens qui ne le peuvent pas soutenir, au lieu de s'attacher au tronc.</p><p>Ce mot de <i>Branches,</i> a été dit autrefois pour Hanches. <i>Petits tetins, branches charnues.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRANCHE" />
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    <head>BRANCHE</head>
    <p>
    Branche-ursine . Quelques-uns disent Branque-ursine, s. f. Herbe que les Grecs &amp; les Latins appellent <i>Acanthe, Acanthus.</i> C'est de la représentation de ses feuilles qu'on fait les ornemens du chapiteau Corinthien. Voyez <ref type="search" target="head:ACANTHE">ACANTHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5787" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANCHER" />
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    <head>BRANCHER</head>
    <p>
    BRANCHER , v. act. Pendre un soldat, ou un vagabond, à la branche du premier arbre. <i>Reum de arbore suspendere.</i> Cela n'a d'usage qu'à la guerre, &amp; chez les Prévôts. Certains paysans du temps de Charlemagne confessoient avoir semé des poudres par les campagnes afin de faire mourir le bestial, ensuite de quoi on les <i>brauchoit</i> de tous côtés, jusqu'à ce que S. Agobard, pour lors Evêque de Lyon, ayant reconnu leur innocence, entreprit leur défense dans son livre <i>Contra insulsam vulgi opinionem de grandine &amp; tonitruis.</i> Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5787" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRANCHER" />
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    <head>BRANCHER</head>
    <p>
    Brancher , en termes de Chasse , se dit des oiseaux qui se posent sur une branche d'arbre, qu'on appelle de-là <i>oiseaux branchiers. Sedere in ramo, ramo insidere.</i> Ce sont de jeunes oiseaux de proie qui commencent à sortir du nid, &amp; qui n'ayant pas encore assez de force, volent seulement de branche en branche. En ce sens il est neutre.</p><p>On dit aussi, <i>Brancher,</i> &amp; prendre le bouton de l'arbre ; c'est-à-dire, Se percher sur la cime.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5788" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANCHIDE" />
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    <head>BRANCHIDE</head>
    <p>
    BRANCHIDE , s. m. Prêtre d'Apollon Didyméen. <i>Branchides.</i> Apollon avoit un temple à Didyme, ville d'Ionie dans la Natolie. Les Prêtres de ce temple s'appelloient <i>Branchides,</i> &amp; le Dieu s'appelloit l'Oracle des <i>Branchides,</i> parce qu'il y rendoit des oracles, <i>Branchidarum Oraculum.</i> Prononcez <i>Brankides.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5789" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANCHIER" />
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    <head>BRANCHIER</head>
    <p>
    BRANCHIER . C'est ainsi qu'on appelle les jeunes oiseaux de proie qui sortent du nid, &amp; qui n'ont encore la force que de voler de branche en branche. <i>Accipiter arborarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5790" id="1" type="physique">
   <index type="head" value="BRANCHIES" />
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    <head>BRANCHIES</head>
    <p>
    BRANCHIES , s. f. plur. Terme de Physique . C'est le nom que les Médecins Grecs ont donné aux ouïes des poissons, qui sont des parties composées de cartilages &amp; de membranes, en forme de feuillet, qui leur servent comme de poumons.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; vient de , qui signifie la même chose. Et selon le P. Pezron vient du mot Celtique <i>brenc.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5791" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANCHU, UE" />
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    <head>BRANCHU, UE</head>
    <p>
    BRANCHU, UE , adj. Qui a des branches. <i>Ramosus.</i> Il ne se dit que des arbres &amp; des plantes, &amp; est fort usité en Botanique, comme il paroît par plusieurs descriptions des plantes qui sont dans cet ouvrage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5792" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAND" />
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    <head>BRAND</head>
    <p>
    BRAND , s. m. Vieux mot, qui signifie une grosse épée d'acier, qu'on manioit à deux mains, &amp; que les anciens Chevaliers portoient autrefois. <i>Acinacis.</i></p><p>Du Cange prétend que ce mot vient de <i>branca</i>, qui a signifié une <i>griffe de lion,</i> ou une <i>ongle d'oiseau</i> ; &amp; qu'on l'a transporté au coutelas, parce qu'il sert au soldat comme de griffe &amp; de défense.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5793" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDE" />
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    <head>BRANDE</head>
    <p>
    &#9758; BRANDE , s. f. Petit arbuste qui croît dans les terres incultes. On appelle aussi de ce nom une campagne pleine de ces arbustes. Entrer dans une <i>brande.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5793" id="2" type="chasse">
   <index type="head" value="BRANDE" />
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    <head>BRANDE</head>
    <p>
    Brandes , en terme de Chasse , se dit des rameaux des arbres. <i>Ramus.</i> Les belles forêts sont couronnées de <i>brandes</i> ; c'est-à-dire fort couvertes de branches d'arbres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5794" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDEBOURG" />
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    <head>BRANDEBOURG</head>
    <p>
    BRANDEBOURG , s. m. Ville d'Allemagne, dans la moyenne Marche de <i>Brandebourg</i> sur le Havel, qui la sépare en deux parties, dont l'une est le vieux <i>Brandebourg,</i> &amp; l'autre le neuf <i>Brandebourg.</i> On prétend que cette ville a été bâtie par Brennus Chef des Gaulois, &amp; que c'est de là qu'elle a pris son nom <i>Brandeburgum, Brandebourg,</i> qui est la même chose que <i>Brennoburgum, Brennebourg,</i> ou ville de Brennus. D'autres dérivent ce mot de Brandon, Prince des François, &amp; fils de Marcomir, qui selon eux en est le fondateur. Hoffman lui donne de longitude 35d ; &amp; de latitude 52d, 39'.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRANDEBOURG" />
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    <head>BRANDEBOURG</head>
    <p>
    Brandebourg , s. m. La Marche, ou le Marquisat de <i>Brandebourg,</i> en Latin <i>Marchia Brandeburgensis.</i> Province du Cercle de la haute Saxe, en Allemagne, bornée au Couchant par le Duché de Lunebourg, au Nord par celui de Mecklenbourg, &amp; par la Poméranie ; au Levant par la grande Pologne ; &amp; au Midi par la Silésie, la Lusace, les Duchés de Saxe &amp; de Magdebourg. C'est Henri l'Oiseleur qui a érigé le <i>Brandebourg</i> en Marquisat, dont les Marquis n'étoient d'abord que des Gouverneurs, qui devinrent ensuite héréditaires. Et c'est l'Empereur Sigismond qui en 1411. ayant vendu le Marquisat de <i>Brandebourg</i> à Fréderic IV. Burgrave de Nuremberg, l'érigea en Electorat en 1415. &amp; lui en donna l'investiture en 1417. L'Electeur de <i>Brandebourg</i> est Archichambellan ou Grand Chambellan de l'Empire. La Marche de <i>Brandebourg</i> se divise en trois parties, qui vont suivre.</p><p><i>La vieille Marché de Brandebourg,</i> c'est la partie Occidentale du Marquisat de <i>Brandebourg,</i> appellée autrefois <i>Marche de Soltwedel,</i> parce que Soltwedel en étoit la capitale. <i>La moyenne Marche de Brandebourg,</i> qui est à l'Orient de la vieille Marche, &amp; à l'Occident de la nouvelle, a pour capitale Berlin, qui l'est aujourd'hui de tout l'Electorat. <i>La nouvelle Marche de Brandebourg</i> en est la partie Orientale, &amp; a Custrin pour capitale. Il y a encore <i>La Marche Uckerane de Brandebourg,</i> qui est au Nord de la moyenne Marche ; <i>Marchia Uckerana Brandeburgica.</i> Elle a été ainsi nommée à cause du grand lac, &amp; de la rivière d'Ucker qui sont au milieu. L'histoire des Marquis de <i>Brandebourg</i> a été écrite en Latin par Gaspar Sagittarius, &amp; imprimée <i>in</i>-4°, à Iene en 1684. Imhoff, <i>Notit. Imp. L. II. cap.</i> 8. en traite aussi.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRANDEBOURG" />
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    <head>BRANDEBOURG</head>
    <p>
    Brandebourg , est aussi une ville bâtie depuis peu par l'Electeur de <i>Brandebourg</i> dans la Prusse Royale. Il y en a encore une autre dans le Cercle de la Basse Saxe, qui se nomme le Nouveau <i>Brandebourg,</i> ou la Nouvelle <i>Brandebourg,</i> Maty, &amp; après lui M. Corneille, font <i>Brandebourg</i> féminin, &amp; disent, <i>La Nouvelle Brandebourg</i> ; mais il semble qu'il doit être masculin, &amp; qu'il faut dire, <i>Le Nouveau Brandebourg.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRANDEBOURG</head>
    <p>
    Brandebourg , s. f. Terme de Fleuriste . Tulipe d'un rouge pâle tirant sur le colombin, &amp; d'un blanc terni. Mor. <i>Cult. des fleurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRANDEBOURG</head>
    <p>
    Brandebourg , s. m. Grosse Casaque qui est venue à la mode ces dernières années. <i>Penula, chlamys.</i> Elle va jusqu'à mi-jambe, &amp; a des manches bien plus longues que les bras ; &amp; quand on y veut mettre quelque ornement, elle est chargée de boutons à queue d'espace en espace. Ce nom passa en France en 1674. lorsque l'Electeur de Brandebourg entra en Alsace. Les gens de l'Electeur portoient cette espèce de casaque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5795" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDEBOURGEOIS, OISE" />
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    <head>BRANDEBOURGEOIS, OISE</head>
    <p>
    BRANDEBOURGEOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est du Marquisat de Brandebourg. <i>Brandeburgensis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5796" id="1" type="">
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    <head>BRANDEVIN</head>
    <p>
    BRANDEVIN , s. m. C'est de l'eau de vie. <i>Vinum igne vaporatum &amp; stillatum.</i></p><p>Ce mot vient du Flamand <i>brandewyn</i>, qui signifie <i>vin brûlé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5797" id="1" type="">
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    <head>BRANDEVINIER</head>
    <p>
    &#9758; BRANDEVINIER , s. m. Celui qui vend &amp; qui crie du brandevin dans un camp ou dans une garnison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5798" id="1" type="">
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    <head>BRANDEUM</head>
    <p>
    BRANDEUM , s. m. Ce nom est purement Latin. M. l'Abbé Fleury s'en est servi dans son <i>Hist. Eccl</i> Liv. XXXV. pag. 93. C'est ainsi qu'on nommoit les linges qui avoient été mis auprès des sépulcres des saints Apôtres S. Pierre &amp; S. Paul, &amp; qui y étoient restés quelque temps. L'ignorance des derniers siècles les a fait prendre pour des corporaux. On les regardoit &amp; on les honoroit comme des reliques, &amp; on leur donnoit ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5799" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDILLEMENT" />
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    <head>BRANDILLEMENT</head>
    <p>
    BRANDILLEMENT , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey pour agitation. Action de celui qui se brandille, ou qui brandille les autres. <i>Agitatio, jactatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5800" id="1" type="">
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    <head>BRANDILLER</head>
    <p>
    BRANDILLER , v. act. Mouvoir deçà &amp; de là, <i>Movere hinc &amp; illinc.</i> Brandiller les jambes. Se <i>brandiller,</i> S'agiter en l'air sur une planche, sur une corde, &amp;c. <i>Agitare se, jactare se fune ex arbore suspenso.</i> Les enfans prennent <pb n="716" facs="bpt6k8542165/f756/full/1200,/0/native.jpg"/>plaisir à se <i>brandiller.</i> Les Danseurs de corde se <i>brandillent</i> quelque temps, avant que de se donner l'estrapade, &amp; faire leurs autres tours de souplesse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5801" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDILLOIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BRANDILLOIRE</head>
    <p>
    BRANDILLOIRE , subst. f. Quelques-uns disent BRANDILLOIR. s. m. Planche, ou corde qui sert à se brandiller. <i>Funis aut ramus arboris quo se quis jactat.</i> La <i>brandilloire</i> est un jeu usité au Tunquin. L. P. Marini en a fait la description dans sa <i>Relation du Tunquin.</i> Son Traducteur a dit quelque part <i>brandillon</i> pour <i>brandilloire,</i> mais on n'a trouvé ce mot que dans cet Auteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5802" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDIR" />
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    <head>BRANDIR</head>
    <p>
    BRANDIR , v. act. Branler, secouer une arme à la main qui a quelque longueur, comme hallebarde, pique, épieu. <i>Quassare, succutere, vibrare.</i> Il <i>brandit</i> un long bâton. S. Amand. <i>Brandissant</i> une grosse hallebarde. Ce mot est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5802" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRANDIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>BRANDIR</head>
    <p>
    Brandir , se dit aussi en Charpenterie. <i>Brandir</i> un chevron, c'est, Percer un chevron &amp; la panne, &amp; les attacher ensemble par le moyen d'une forte cheville.</p><p>On dit proverbialement, Enlever quelqu'un tout <i>brandi,</i> pour dire, à vive force, l'enlever tout-d'un-coup.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5803" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDON" />
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    <head>BRANDON</head>
    <p>
    BRANDON , s. m. Flambeau de paille qui sert aux paysans à s'éclairer la nuit. <i>Fax.</i></p><p>Ce mot est ancien dans la langue, &amp; vient de l'Allemand <i>brandt,</i> qui signifie, <i>tison, incendie.</i> Ménage. Il falloit dire, avec le P. Henschenius, <i>Act. SS. April. Tom. III. p.</i> 398. de l'Allemand <i>Branden,</i> qui signifie <i>ardere,</i> brûler. On a dit <i>brandos, branda,</i> dans la basse Latinité, pour signifier un <i>flambeau,</i> un <i>tison.</i> Ou plutôt <i>brando,</i> qui se trouve dans les loix Palatines de Jacques II. Roi de Majorque, <i>tit. de illuminatione,</i> &amp; en beaucoup d'autres anciens monumens.</p><p>Le Dimanche des <i>brandons,</i> est le premier Dimanche de Carême. Il y a des Commissions de S. Louïs &amp; de Rodolphe Légat du S. Siége, pour terminer le différend entre l'Eglise &amp; les habitans de Lyon, qui sont datées du Vendredi devant les <i>brandons.</i> Ce nom vient de ce que, par un reste d'Idolatrie, quelques paysans mal instruits vont la nuit de ce jour-là avec des torches de paille, ou de bois de sapin allumées, parcourir les arbres de leurs jardins, &amp; de leur vergers, &amp; les apostrophant les uns après les autres, ils les menacent s'ils ne portent du fruit cette année de les couper par le pied &amp; de les brûler. C'est un reste de paganisme que les Idolatres pratiquoient au mois de Février, qui en fut nommé <i>Februarius à Februando,</i> parce que, comme dit un ancien Auteur, les Payens, pendant douze jours de ce mois, qui étoit le dernier de leur année solaire, couroient les nuits avec des flambeaux allumés pour se purifier, &amp; pour procurer le repos aux manes de leurs parens &amp; de leurs amis ; ce que quelques paysans ont retenu pour les arbres ; peut-être parce qu'on le faisoit avant le commencement du printemps, pour purger les arbres des chenilles, dont la semence commence à s'éclorre aux premières chaleurs sans cette précaution, qui insensiblement a dégénéré en superstition. Menestr. <i>Hist. de Lyon</i> p. 379. En plusieurs endroits il n'y a que les enfans qui portent des <i>brandons,</i> mais le soir seulement dans les rues, &amp; sans aucune marque de superstition.</p><p>On donne aussi à Lyon le nom de <i>brandons</i> à des rameaux verds, que le peuple va quérir tous les ans au fauxbourg de la Guillotière, le premier Dimanche de Carême, &amp; auxquels il attache des fruits, des gâteaux, des oublies, &amp;c. &amp; avec ces <i>brandons</i> il rentre dans la ville. C'est ce qui a fait donner à ce Dimanche le nom de Dimanche des <i>brandons.</i> Menestr. C'est probablement un reste de la cérémonie que nous avons expliquée au mot. A gui lan neuf.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5803" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRANDON" />
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    <head>BRANDON</head>
    <p>
    Brandon , signifie aussi, Feu errant. C'est un feu passager pareil à ces <i>brandons,</i> qui errent à la faveur d'un vent qui les conduit. Voit. Il commence à vieillir aussi en ce sens.</p><p>On appelle en termes de Palais , <i>brandons</i> &amp; <i>panonceaux,</i> des morceaux de paille qu'on attache à la porte des héritages saisis avec les Armes du Seigneur, pour montrer que les choses sont à vendre en Justice. <i>Paleatus baculus symbolum tutelae Principis.</i> Les procès verbaux des saisies réelles portent, que le Sergent a attaché aux portes des lieux, des <i>brandons</i> &amp; panonceaux.</p><p>On le dit aussi de ces piques ou bâtons garnis de paille qu'on plante dans un champ, pour montrer que les fruits pendans par les racines sont saisis &amp; arrêtés. Dans l'ancienne pratique on disoit aussi, <i>Brandonner</i> ; pour dire, Saisir. On met encore de la paille à la queue des chevaux qui sont à vendre, ou sur des meubles qu'on expose dans la rue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5803" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRANDON" />
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    <head>BRANDON</head>
    <p>
    Brandons , se dit figurément &amp; poëtiquement des feux célestes, &amp; du flambeau que porte l'amour. <i>Faces.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5803" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRANDON" />
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    <head>BRANDON</head>
    <p>
    Desmarets , <i>en ses Visionn.</i></p><p>Il est vieux. Les vieux Poëtes parlent souvent de l'amour &amp; de son <i>brandon</i> ; pour dire, de son flambeau. Ces ailes, ces <i>brandons,</i> ces carquois, sont un mystère que je ne crois pas. Théoph.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5804" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANDONNER" />
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    <head>BRANDONNER</head>
    <p>
    BRANDONNER , v. a. C'est mettre des brandons. <i>Brandonner</i> un héritage, <i>praedium tortâ paleà insignire,</i> ou <i>sub tutelâ Principis esse, torta palea indicare.</i> Il y a des coutumes qui veulent qu'on mette des brandons aux quatre coins &amp; au milieu des héritages saisis, &amp; mis sous la main &amp; autorité de Justice. Bruneau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5805" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANLANT, ANTE" />
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    <head>BRANLANT, ANTE</head>
    <p>
    BRANLANT, ANTE , Qui branle, qui panche de côté &amp; d'autre. <i>Nutans, labans.</i></p><p>On dit proverbialement d'une chose qui n'est pas ferme, ni assurée, que c'est un Château <i>branlant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5806" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANLE" />
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    <head>BRANLE</head>
    <p>
    BRANLE , s. m. Défaut de fermeté, ou d'arrêt, qui fait qu'une chose s'agite en deçà &amp; en delà. <i>Motus.</i> On sonne les cloches en <i>branle.</i> Les estomacs foibles ne sauroient souffrir le <i>branle</i> du navire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5806" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRANLE" />
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    <head>BRANLE</head>
    <p>
    Branle , en termes de Musique , est un air ou une danse par où on commence tous les bals, où plusieurs personnes dansent en rond, &amp; non pas en avant, en se tenant par la main, &amp; se donnant un <i>branle</i> continuel &amp; concerté avec des pas convenables, selon la différence des airs qu'on joue alors. <i>Saltatorius orbis.</i> Les <i>branles</i> consistent en trois pas &amp; un pied joint, qui se font en quatre mesures, ou coups d'archet, qu'on disoit autrefois <i>battement de tabourin.</i> Quand ils sont répétés deux fois, ce sont des <i>branles doubles,</i> ou <i>communs.</i> On danse d'abord le <i>branle simple,</i> &amp; puis le <i>branle gai</i> par deux mesures ternaires : &amp; il est ainsi appellé, parce qu'on a toujours un pied en l'air. Voyez Thoinot Arbeau dans son <i>Orchésographie,</i> où il donne les noms, les mesures, &amp; la tablature d'un grand nombre de <i>branles</i> qu'on dansoit il n'y a pas long-temps, comme les <i>branles</i> de Bourgogne, qui se dansent à droit &amp; à gauche par une mesure binaire, promte &amp; légère, les <i>branles</i> du haut Barrois, du Monstier en Der, de Hainault, d'Avignon, &amp;c. Les <i>branles</i> de Poitou, qui se dansent par mesure ternaire en allant toujours à gauche. Les <i>branles</i> d'Ecosse &amp; de Bretagne. On appelle ceux-ci le <i>Tryori.</i> Il parle aussi du <i>branle des Lavandières,</i> où les danseurs font du bruit par le tapement de leurs mains : du <i>branle des sabots,</i> où on bat du pied, qu'on a appellé aussi le <i>branle des chevaux,</i> à cause de ce tapement de pieds ; du <i>branle des pois</i> &amp; <i>des Hermites</i> ; du <i>branle de la torche,</i> dans lequel le danseur tient un chandelier, une torche, ou un flambeau allumé. Il y a eu aussi des <i>branles morgués,</i> &amp; <i>gesticulés,</i> qu'on a appellés <i>de la moutarde,</i> que les Dames appellent <i>branles de la haie,</i> qui ont dégénéré enfin en ceux qu'on appelle <i>branles à mener,</i> qui sont ceux par qui se terminent maintenant tous les <i>branles.</i> En ceux-ci chacun mène le <i>branle</i> à son tour, &amp; puis se met à la queue. Les danses aux chansons sont des espèces de <i>branles.</i> Le <i>branle</i> de sortie est ce qu'on danse à la fin du bal.</p><p>Il y a aussi une espèce de petit jeu qu'on appelle <i>Branlemoine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5806" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRANLE" />
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    <head>BRANLE</head>
    <p>
    Branle , se dit figurément du commencement d'une affaire, lorsqu'on la met en train d'aller, qu'on lui donne le premier mouvement. Ce Ministre est celui qui donne le <i>branle</i> aux affaires, &amp; à tout l'Etat. <i>Auctor, impulsor <pb n="717" facs="bpt6k8542165/f757/full/1200,/0/native.jpg"/>ad rem faciendam.</i> C'est cet homme de bonne humeur qui mène le <i>branle,</i> qui met les autres en train pour se divertir. Ce sont eux qui donnent le <i>branle</i> à la réputation. Mol. Dieu après avoir créé les causes secondes, &amp; avoir donné le <i>branle</i> à toute la machine du monde, les laisse agir selon le mouvement &amp; le <i>branle</i> qu'il leur a imprimé. Ju.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5806" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRANLE" />
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    <head>BRANLE</head>
    <p>
    Branle , signifie aussi, Incertitude, délibération. <i>Fluctuatio, jactatio.</i> Cet homme est en <i>branle</i> s'il s'engagera dans une telle entreprise. Sa fortune est en <i>branle,</i> &amp; fort incertaine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5806" id="5" type="marine">
   <index type="head" value="BRANLE" />
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    <head>BRANLE</head>
    <p>
    Branle , en termes de Marine , est un lit dont on se sert sur les vaisseaux, qui est suspendu sous le pont par des cordes qui tiennent aux quatre côtés. Il est fait de grosse toile, &amp; bordé d'un bordage qui lui sert d'ourlet. Il sert à coucher le soldat. On appelle <i>branle matelassé,</i> une sorte de matelas qui est fait en <i>branle.</i> Quand on veut faire détendre tous les <i>branles</i> d'entre les ponts, afin de se préparer au combat, ou pour faire quelque autre chose, on dit <i>Branle-bas,</i> ou <i>For-branle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5807" id="1" type="">
   <index type="head" value="LE BRANLE DE S. ELME" />
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    <head>LE BRANLE DE S. ELME</head>
    <p>
    LE BRANLE DE S. ELME . Réjouissance ou Fête qui se donnoit autrefois à Marseille, la veille de S. Lazare, pour divertir les étrangers qui venoient en foule à cette fête : on faisoit un <i>branle</i> de tous les plus beaux garçons &amp; des filles les mieux faites qu'on pouvoit trouver, on les habilloit le plus superbement qu'il étoit possible ; les uns réprésentoient les Dieux de la fable, &amp; les autres toutes les nations du monde. En cet état ils passoient par la ville au son des violons &amp; des tambours. Ce <i>branle,</i> qu'on appelloit communément le <i>branle S. Elme,</i> a été interrompu depuis plus de 60 ans. De Ruffi. <i>Hist. de Marseil. c.</i> 11. <i>p.</i> 400.</p><p>On dit proverbialement, qu'on va danser un <i>branle</i> de sortie, lorsqu'on est prêt de s'en aller, ou qu'on est chassé de quelque lieu.</p><p>On dit aussi d'Un homme ou d'une femme d'une gaieté excessive, qu'Il est fou, ou qu'Elle est folle comme le <i>branle gai.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5808" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANLEMENT" />
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    <head>BRANLEMENT</head>
    <p>
    BRANLEMENT , s. m. Mouvement en deçà &amp; en delà. <i>Motio, concussio, jactatio.</i> Il a approuvé son discours par un <i>branlement</i> de tête. <i>Nutatio capitis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5809" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANLER" />
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    <head>BRANLER</head>
    <p>
    BRANLER , v. act. &amp; neut. Se mouvoir deçà &amp; delà, chanceler, ne pas tenir ferme. <i>Moveri, nutare, titubare.</i> Cette femme est si vieille que la tête lui <i>branle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5809" id="2" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="BRANLER" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
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    <head>BRANLER</head>
    <p>
    Branler , en termes de Fauconnerie , se dit lorsque le faucon se tient haut au premier degré sur la tête du Fauconnier ; lorsqu'il tourne &amp; remue sur ses ailes en <i>branlant</i> &amp; rodant de belle action.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5809" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRANLER" />
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    <head>BRANLER</head>
    <p>
    Branler , signifie aussi, Déliberer, n'être pas ferme dans une opinion, dans un parti. <i>Fluctuare animo, vacillare.</i> Il y a plusieurs villes rebelles qui <i>branlent,</i> &amp; qui se veulent remettre dans le devoir. Le calme dans l'orage procède de la force de l'ame, qui ne <i>branle</i> point de quelque impétuosité que la fortune la choque. Bal. La renommée de cette victoire arrivée si à propos, affermit l'Asie qui <i>branloit</i> de toutes parts. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5809" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRANLER" />
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    <head>BRANLER</head>
    <p>
    Branler , signifie aussi, Se remuer. <i>Moveri.</i> Si tu <i>branles,</i> je te tue, dit un brigand à celui qu'il vole. Toute la sédition est appaisée, rien ne <i>branle.</i> Il ne faut pas qu'une sentinelle <i>branle</i> de son poste. On dit que les ennemis <i>branlent,</i> lorsqu'ils se défendent mal, ou qu'ils font voir par leur contenance, qu'ils sont prêts à fuir. L'armée Romaine commençoit à <i>branler. Labare.</i> Quand il vit les ennemis <i>branler,</i> il se mit à les charger. Vaug. <i>Branler</i> signifie aussi simplement faire quelque mouvement. Huit heures étant venues sans qu'on vît rien <i>branler</i> du côté des ennemis. Bussy. <i>Movere se, moveri.</i></p><p>On dit proverbialement, quand je remue tout <i>branle</i> ; pour dire, je fais trembler tous mes gens. On dit aussi d'un homme puissant, que tout le monde <i>branle</i> sous lui ; pour dire, que tout le monde est prêt de se remuer pour obéir à ses commandemens. On dit aussi d'un homme foible, qu'il <i>branle,</i> qu'il tourne à tout vent. Cet homme <i>branle</i> au manche ; pour dire, est irrésolu, &amp; n'est pas ferme dans ses avis. On dit en débauche, <i>Branler</i> le menton, la mâchoire ; pour dire, Manger. On dit aussi, que tout ce qui <i>branle</i> ne tombe pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5809" id="5" type="">
   <index type="head" value="BRANLER" />
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    <head>BRANLER</head>
    <p>
    Branlé, ée , part. &amp; adj. <i>Motus, agitatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5810" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANLEUR, EUSE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRANLEUR, EUSE</head>
    <p>
    BRANLEUR, EUSE , adj. Qui branle. Il n'est guère en usage qu'en un sens odieux &amp; obscène.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5811" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANLOIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BRANLOIRE</head>
    <p>
    &#9758; BRANLOIRE , s. f. On appelle ainsi un ais posé en travers &amp; en équilibre sur quelque chose d'élevé, &amp; aux deux bouts duquel deux enfans font tour à tour le contrepoids.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5811" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRANLOIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BRANLOIRE</head>
    <p>
    Branloire , se dit aussi de la chaîne qui sert à faire mouvoir les soufflets des forgerons.</p><p>On dit en Fauconnerie, qu'un héron est à la <i>branloire,</i> lorsqu'il est haut, &amp; qu'il tourne en branlant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5812" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRANQUE-URSINE" />
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    <head>BRANQUE-URSINE</head>
    <p>
    BRANQUE-URSINE , ou BRANCHE-URSINE. Voyez <ref type="search" target="head:Acanthe">Acanthe</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5813" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BRANTION" />
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    <head>BRANTION</head>
    <p>
    BRANTION . Terme de Fleuriste . Nom de tulipe. Elle est incarnat &amp; blanc. La <i>Brantion Morin</i> rouge, colombin &amp; blanc. Elle est printanière. Morin. Il y a encore la <i>Brantion</i> de Boh. &amp; la <i>Brantion</i> de l'Aubépine. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5814" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAQUE" />
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    <head>BRAQUE</head>
    <p>
    BRAQUE , ou BRAC, s. m. Espèce de chien de chasse, qui est bon quêteur, qui excelle par l'odorat. <i>Indagator canis.</i></p><p>Il vient de <i>braccus,</i> ou de <i>bracco,</i> qui a été fait de l'Allemand <i>brachen,</i> signifiant la même chose. Ménage ; ou du Grec , <i>brevis.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Brac">Brac</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5815" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAQUE" />
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    <head>BRAQUE</head>
    <p>
    BRAQUE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Brachio.</i> C'est ainsi que l'on nomme à Ménat celui qu'ils prennent pour successeur de S. Ménelé, leur premier Abbé, mais qui paroît plutôt être ce célèbre <i>Brachio,</i> dont Grégoire de Tours parle dans son Livre de la Gloire des Confesseurs. Chastel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5816" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAQUEMART" />
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    <head>BRAQUEMART</head>
    <p>
    BRAQUEMART , s. f. Epée courte &amp; large qu'on portoit anciennement. <i>Acinacis.</i> Fauchet le dérive de , mot Grec, qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5817" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAQUEMENT" />
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    <head>BRAQUEMENT</head>
    <p>
    BRAQUEMENT , s. m. Disposition d'une pièce d'artillerie à tirer vers un certain lieu. <i>Libramentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5818" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAQUER" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BRAQUER</head>
    <p>
    BRAQUER , v. act. Tourner le canon selon certaine ligne, &amp; selon certain angle ou élévation, pour le faire tirer à un point desiré. <i>Bellicum tormentum librare, dirigere.</i> Il vaut mieux dire <i>pointer</i> le canon.</p><p>On dit aussi, <i>Braquer</i> le timon d'un carrosse, pour le pousser d'un certain côté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5819" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAQUES" />
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    <head>BRAQUES</head>
    <p>
    BRAQUES , s. m. Qui se dit des pinces d'un écrevisse. <i>Chelae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    BRAS , s. m. La partie du corps de l'homme qui aboutit d'un côté à l'épaule, &amp; de l'autre à la main. <i>Brachium.</i> En termes de Médecine , c'est seulement la partie qui prend de l'épaule jusqu'au coude ; car celle qui est depuis le coude jusqu'au poignet s'appelle <i>avant-bras.</i> Le <i>bras,</i> pris au second sens, n'a qu'un os grand &amp; très-fort appellé <i>humerus,</i> qui a une grosse tête à son extrémité supérieure, laquelle s'embouche dans la cavité de l'épaule. Il a trois éminences &amp; deux cavités à son extrémité inférieure, qui forment comme une poulie, par laquelle le pli, &amp; le mouvement de l'<i>avant-bras</i> qui lui est joint, sont facilités. L'<i>avant-bras</i> est composé de deux os : le plus long, qui est l'inférieur, s'appelle le grand <i>focile,</i> ou l'os du <i>coude,</i> parce que c'est lui qui forme le coude. On l'appelle en Latin <i>Cubitus, lacertus.</i> D'autres lui ont donné le nom d'<i>ulna,</i> parce qu'anciennement il servoit d'aune &amp; de mesure. Le second os qui est plus court, &amp; le supérieur, s'appelle le petit <i>focile,</i> &amp; en Latin <i>radius,</i> rayon. Dieu a donné deux <i>bras</i> à l'homme, afin qu'il pût vivre de son travail. Moise avoit les <i>bras</i> levés au ciel, tandis que le peuple combattoit contre Amalec. Les saignées du <i>bras</i> sont les plus ordinaires. Il est estropié d'un <i>bras.</i> Il a le <i>bras</i> en écharpe. Il s'en va les <i>bras</i> balans, ou les <i>bras</i> pendans. Autrefois un cri militaire des François étoit, Aux <i>bras,</i> aux <i>bras.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Guil">Guil</ref>. de Nangis, dans l'<i>Histoire de saint Louïs,</i> p. 381.</p><p>Ce mot <i>bras</i> vient du Latin <i>brachium,</i> qui s'est fait du Grec . Et le P. Pezron prétend que le mot Grec vient du mot Celtique <i>brech.</i> Et le <i>bras,</i> dit-il, est ainsi appellé des Gaulois, parce qu'il est rompu au milieu ; au lieu que la jambe est toute d'une pièce. Or toute rupture se nomme <i>brèche,</i> mot que les François ont tiré des Celtes ; car il n'est ni Grec, ni Latin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    <pb n="718" facs="bpt6k8542165/f758/full/1200,/0/native.jpg"/> Bras , se dit aussi des chevaux. C'est la partie de la jambe de devant, qui s'étend depuis le bas de l'épaule jusqu'au genou ; &amp; on dit qu'un cheval plie bien le <i>bras</i> ; quand il plie bien la jambe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , se dit encore des choses qui ont quelque ressemblance avec le <i>bras.</i> Les <i>bras</i> d'un fauteuil, ce sont les bâtons qui font aux côtés, sur lesquels on appuie ses <i>bras.</i> On le dit aussi de l'étoffe ou de la tapisserie qui les couvre. On appelle <i>bras,</i> Les chandeliers qu'on applique contre les murailles ; qui ont la figure d'un <i>bras.</i> Le même se dit des enseignes d'un Maître en fait d'armes. Au <i>bras</i> d'Hercule, &amp;c. Les Tourneurs disent aussi, les <i>bras</i> des poupées de leur tour ; les Charpentiers les <i>bras</i> d'une chèvre, en parlant des deux pièces qui sont à côté du poinçon, &amp; qui lui servent d'arc-boutans. On dit aussi, les <i>bras</i> d'une balance ; pour dire, les deux côtés du fléau. On dit aussi les <i>bras</i> d'une Croix.</p><p>On dit en Architecture, les <i>bras</i> d'un bâtiment, en parlant des corps de logis qui sont à côté du grand : on les appelle aussi <i>ailes,</i> ou <i>potences.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , se dit aussi en parlant des choses qui se portent à <i>bras,</i> ou qui se remuent à force de <i>bras.</i> Un bar, une civière à <i>bras.</i> Un moulin à <i>bras.</i> Il a fallu monter le canon à <i>bras,</i> à force de <i>bras.</i> On appelle aussi des tours de <i>bras,</i> des dentelles qui se mettent au bout des manches.</p><p>On dit en Poësie, que Briarée avoit cent <i>bras</i> ; &amp; Rampale a dit, d'un mont chargé d'une forêt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="5" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , se dit au figuré pour la manche qui le couvre. Elle avoit les mains crasseuses &amp; les <i>bras</i> retroussés. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="6" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , se dit aussi de la mer. <i>Fretum,</i> &amp; des rivières. <i>Ramus, alveus,</i> quand les eaux se séparent, &amp; font un petit canal entre deux terres. L'Italie &amp; la Sicile ne sont divisées que par un <i>bras</i> de mer. Saint Amant a dit du Tibre, Je pris votre corps pour un <i>bras.</i></p><p>On appelle dans la Méditerranée le <i>Bras</i> S. George, le détroit du Bosphore, à cause d'une Eglise construite sur ses bords, dédiée à S. George, hors de la ville de Constantinople. Quelques-uns ont donné aussi ce nom à la Propontide &amp; à l'Hellespont. <i>Hellespontus.</i> Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="7" type="marine">
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , en termes de Marine , sont des cordages qui sont amarrés au bout de la vergue pour la tourner, ou gouverner selon le vent. On appelle <i>bracher,</i> ou <i>brasseyer,</i> faire la manoeuvre de ces cordages. On dit <i>tenir un bras</i> ; pour dire, Hâler &amp; amarrer un des cordages. On appelle <i>bras</i> d'ancre, la moitié de la croisée de l'ancre. On appelle <i>bon bras,</i> quand on brasse au vent, en sorte que le vent ne soit pas au plus près.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="8" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , en termes de Jardinage , est à l'égard des melons, des concombres &amp; des citrouilles, la même chose que la branche à l'égard des arbres. <i>Ramus, brachium.</i> On dit qu'un pied de melon pousse des <i>bras</i> ; qu'il fait des <i>bras.</i> Les <i>bras</i> de nos melons sont déja fort grands, fort longs. Les bons melons viennent sur les bons <i>bras,</i> &amp; il n'en vient point sur les méchans <i>bras</i> ; par exemple, sur ceux qui sont trop veules, ou sur ceux qui venant des oreilles sont trop matériels, larges &amp; épais. Il faut entièrement les ôter. La Quint. Lig.</p><p>On appelle aussi <i>bras,</i> les nageoires d'une baleine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="9" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , signifie figurément, Puissance : &amp; se dit premièrement de Dieu. <i>Ops, auxilium, autoritas, potentia, dextera.</i> Le <i>bras</i> du Tout-puissant. Le <i>bras</i> qui lance le tonnerre. Le <i>bras</i> de Dieu s'est appesanti sur ce criminel. On le dit aussi de sa miséricorde. Le recours des affligés, c'est de se jetter entre les <i>bras</i> de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="10" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , se dit aussi des autres Puissances. Les Rois ont les <i>bras</i> bien longs. Ce Ministre est le <i>bras</i> droit de ce Prince. Il ne faut point prêter son <i>bras</i> pour soutenir l'injustice. Tout plie sous les efforts de son <i>bras.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , se dit figurément en ces phrases. Son Médecin l'a retiré d'entre les <i>bras</i> de la mort ; pour dire, l'a tiré d'une très-dangereuse maladie. Il l'a reçu entre ses <i>bras</i> ; pour dire, il lui a donné sa protection. Il l'a reçu à <i>bras</i> ouverts ; pour dire, il lui a fait un grand accueil. Il lui a tendu les <i>bras</i> ; pour dire, il lui a facilité les moyens de faire ce qu'il desiroit. Il étoit le <i>bras</i> droit du Cardinal ; c'est-à-dire, le Cardinal se servoit de lui en toutes choses. Prêter son <i>bras</i> à quelqu'un, c'est le servir dans quelque entreprise. On dit aussi d'un Rapporteur qui a fait tout ce qu'il a pû contre une partie, qu'il lui a rompu <i>bras</i> &amp; jambes. On dit, qu'un Ministre a toutes les affaires d'un Etat sur les <i>bras</i> ; pour dire, que c'est lui qui a la charge de toutes les affaires. On dit qu'un Capitaine avoit toute l'armée ennemie sur les <i>bras</i> ; pour dire, qu'il avoit à résister à toute une armée. On dit qu'un homme a six enfans sur les <i>bras</i> ; pour dire, qu'il a le soin de les faire subsister. On se console aisément quand on n'a sur les <i>bras</i> que ceux qui se sont déclarés contre le bien. Abb. d. l. Tr. On dit aussi, qu'un homme n'a que ses <i>bras</i> ; pour dire, qu'il ne vit que de son travail, qu'il n'a ni bien, ni revenu. Faire quelque chose haut les <i>bras</i> ; pour dire, Faire quelque chose d'autorité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="12" type="escrime">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras raccourci . Terme d'Escrime , Pousser à <i>bras raccourci,</i> c'est raprocher son poignet du corps avant que d'allonger la botte. <i>Motu reciproco petere, ictu reciproco ferire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="13" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras séculier , se dit de la puissance temporelle &amp; laïque, de l'autorité du Juge séculier, à laquelle on est obligé d'avoir recours pour l'exécution des sentences du Juge d'Eglise. <i>Profanae jurisdictionis potestas, robur, auxilium.</i> L'Eglise ne verse point de sang : &amp; quand un Prêtre est criminel, on l'abandonne au <i>bras séculier.</i> On implore le <i>bras séculier.</i> Le Concile d'Antioche, tenu en 341. ordonne d'avoir recours au <i>bras séculier,</i> pour réprimer ceux qui ne veulent point obéïr à l'Eglise ; &amp; il appelle puissance du dehors, ou puissance extérieure, ce que nous appellons <i>Bras séculier.</i> On trouve dans le Pontifical Romain, &amp; dans les Rituels Pontificaux de plusieurs Eglises particulières, la manière de livrer un Clerc au <i>bras séculier</i> : où il faut remarquer que l'Eglise ne pouvant retenir un Clerc que les Juges Laïcs répètent pour le punir de ses crimes, elle prie qu'on use de douceur à l'égard de ce malheureux, &amp; qu'on épargne sa vie. Cette cérémonie de livrer un Clerc au <i>bras séculier</i> ne se pratique guère en France, où les Juges Laïcs sont en possession de faire le procès à tous les criminels, Ecclésiastiques ou Laïcs.</p><p>On dit figurément en ce sens, qu'on a abandonné quelque chose au <i>bras séculier</i> ; pour dire, qu'on l'a abandonné aux valets, ou à des gens qui la consomment, qui la détruisent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="14" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    Bras , se dit proverbialement en ces phrases. Il l'a reçu <i>bras</i> dessus, <i>bras</i> dessous ; pour dire, Il lui a fait bien des caresses. Il l'a traité de Monsieur gros comme le <i>bras</i> ; pour dire, Il lui a fait le plus d'honneur qu'il a pû. On dit aussi, si on lui en donne un doigt, il en prend long comme le <i>bras</i> ; pour dire, Il étend la liberté, la permission qu'on lui donne. On dit aussi à celui qui craint d'en attaquer un autre, Il n'a que deux <i>bras</i> non plus que vous. On dit, qu'un homme demeure les <i>bras</i> croisés, quand il est oisif, quand il voit travailler les autres sans rien faire ; &amp; qu'il a les <i>bras</i> rompus, quand il ne veut point travailler. L'Espagnol a dit agréablement en ce sens, <i>Adineros pagados branços que brantados.</i></p><p>A tour de bras, adv. De toute sa force. Il lui a donné un coup de poing <i>à tour de bras.</i> Un soufflet <i>à tour de bras.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5820" id="15" type="">
   <index type="head" value="BRAS" />
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    <head>BRAS</head>
    <p>
    L'ordre du bras armé . C'est un Ordre militaire des Rois de Dannemark. Il florissoit sous Christien IV. Dans la suite il fut uni à celui de l'Eléphant, &amp; l'on en attache l'écu au côté de l'Elephant dans les armoiries de ce dernier Ordre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5821" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASER</head>
    <p>
    BRASER , v. act. Souder le fer, en joindre deux pièces ensemble avec de la poudre d'épingle, de laiton, &amp; du borax, de la roche &amp; du verre pilé, &amp; faire fondre le tout dans un brasier ardent. <i>Ferruminare.</i> C'est par cette manière de soudure qu'on met des pièces à des canons de pistolet qui sont crevés, qu'on fait des cadenats, &amp; qu'on racommode d'autres ouvrages. Elle est différente de la manière <pb n="719" facs="bpt6k8542165/f759/full/1200,/0/native.jpg"/>ordinaire des Maréchaux, de souder le fer en appliquant les deux bouts ensemble bien chauffés &amp; bien battus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5822" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASIER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASIER</head>
    <p>
    BRASIER , s. m. Feu de bois ou de charbon bien allumé, &amp; demi consumé. <i>Ardentes prunae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5822" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRASIER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASIER</head>
    <p>
    Brasier , est aussi un vaisseau large &amp; plat, où on met de la braise pour échauffer une chambre. Chez les Grands il y a d'amples <i>brasiers</i> d'argent. <i>Focus.</i> Elle eut le plus gros lot, qui étoit un brasier d'argent. Bussi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5822" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRASIER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASIER</head>
    <p>
    Brasier , se dit figurément de ce qui est fort chaud. Cet homme a une violente fièvre, son corps est un <i>brasier</i> ardent. <i>Ardens focus.</i> Nos coeurs doivent être des <i>brasiers</i> ardens de l'amour divin. Il se dit aussi d'une flamme amoureuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5822" id="4" type="boulanger">
   <index type="head" value="BRASIER" />
   <index type="src_domain" value="boulanger" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASIER</head>
    <p>
    Brasier . C'est, en termes de Boulanger , une manière de petite huche, où les Boulangers mettent de la braise, quand elle est étouffée. Les Boulangers ne sont pas d'accord sur ce mot ; il y en a presqu'autant qui disent <i>braisier,</i> qu'il y en a qui disent <i>brasier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5823" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASIL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASIL</head>
    <p>
    BRASIL . Voyez <ref type="search" target="head:BRESIL">BRESIL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5824" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASILIEN, ENNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASILIEN, ENNE</head>
    <p>
    BRASILIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Brasilus, a.</i> Quoiqu'on dise Brésil, ainsi que nous le marquerons en son lieu, il faut cependant dire <i>Brasilien,</i> &amp; non pas <i>Brésilien,</i> pour signifier un homme du Brésil, habitant du Brésil, sauvage du Brésil. Les <i>Brasiliens</i> ont une tradition obscure du Déluge. Les <i>Brasiliens</i> croient l'immortalité de nos ames ; qu'elles vivent encore après leur séparation des corps ; que les unes sont alors changées en démons, &amp; que les autres sont transportées dans des campagnes agréables, où elles jouissent de plaisirs continuels. Jean de Lery, dans l'<i>Histoire de son Voyage du Brésil,</i> dit <i>Brésilien</i> ; aujourd'hui on dit <i>Brasilien.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5825" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASILLER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BRASILLER</head>
    <p>
    &#9758; BRASILLER , v. a. Faire griller un peu de temps sur de la braise. On dit, Faire <i>brasiller</i> des pêches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5825" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRASILLER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASILLER</head>
    <p>
    Brasillé, ée part. Des pêches <i>brasillées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5826" id="1" type="monnoyeur">
   <index type="head" value="BRASSAGE" />
   <index type="src_domain" value="monnoyeur" />
   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSAGE</head>
    <p>
    BRASSAGE , s. m. Terme de Monnoyeur , qui se dit de la manufacture des monnoies. Le <i>brassage</i> est la peine de l'ouvrier, dont la plus grande est celle de bien remuer avec les bras l'or &amp; l'argent en grenaille, qui est dans des sacs, quand il y en a de différente valeur, pour en faire un mélange fort égal, &amp; avoir la monnoie au titre qu'on desire. <i>Brachiorum labor.</i> Dans le droit de <i>brassage</i> est compris le droit du Maître, du Monnoyeur, &amp; du Tailleur de la monnoie, qui s'appellent particulièrement <i>ouvrage, monnoyage</i> &amp; <i>ferrage.</i> Ainsi Boizard, <i>Tr. des Mon.</i> P. I. C. 9. le définit : Le pouvoir accordé par le Roi au Maître des Monnoies de prendre sur chaque marc d'or, d'argent, ou de billon, ouvré en espèces, une certaine somme modique, de laquelle somme le Maître de chaque Monnoie retient environ la moitié pour le déchet de la fonte, pour le charbon, &amp; pour les autres frais ordinaires. L'autre moitié est distribuée aux Officiers des monnoies, &amp; aux Ouvriers qui ont contribué de leur ministère à la fabrication des espèces. Les vieux titres appellent le droit de <i>Brassage</i> en Latin <i>Brazeagium.</i> Le droit de <i>brassage</i> pour l'or est de trois livres par marc, &amp; celui de l'argent de dix-huit sols. Bouteroue dit, p. 7. que les frais de la fabrication sont ce que l'on nomme <i>Brassage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5827" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSARD" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSARD</head>
    <p>
    BRASSARD , ou BRASSART, ou BRASSAR, s. m. L'Académie n'adopte que <i>brassard.</i> Arme défensive qui couvre le bras. <i>Brachiale ferreum.</i> L'ancienne Gendarmerie portoit des <i>brassards.</i> L'Infanterie Suisse porte encore des <i>brassards</i> ; ce sont seulement les piquiers. Pour armes défensives, au lieu de jacques de maille, dont on s'étoit servi long-temps, les cavaliers prirent vers l'an 1300 une cuirasse, des <i>brassards,</i> des cuissards, des jambières &amp; des gantelets. Le Gendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5827" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRASSARD" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSARD</head>
    <p>
    Brassard , est aussi un instrument de cuir long environ d'un pied : il est rond &amp; creux, afin qu'on puisse y passer le bras : on s'en sert en jouant au balon pour le pousser avec plus de force, &amp; pour ne se point blesser, ce qui arriveroit, si en poussant on rencontroit l'ouverture du balon, où il y a un morceau de bois avec une soupape. <i>Brachiale lusorium, coriaceum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5828" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSE</head>
    <p>
    BRASSE , s. f. Mesure qui contient la longueur des deux bras étendus, avec le travers du corps ; ce qui fait à-peu-près la longueur de six pieds de Roi. <i>Senorum pedum mensura, orgya.</i> En plusieurs lieux, comme à Florence, à Bergame, à Lucques, la <i>brasse</i> est une mesure de longueur, dont on se sert pour les étoffes. Il ne se dit guère sur terre que d'une <i>brasse</i> de corde. On s'en sert aussi pour mesurer la profondeur des mers &amp; des rivières, &amp; quelquefois des mines &amp; des puits qu'on creuse dans les montagnes ; &amp; alors la <i>brasse</i> a deux aunes de Paris, ou cinq pieds &amp; quatre pouces. Il y avoit en ce port douze <i>brasses</i> d'eau. Ce vaisseau tire deux <i>brasses</i> d'eau. On dit aussi, du pain de <i>brasse</i> ; pour dire, un pain si gros, que c'est tout ce qu'on peut faire que de l'embrasser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5828" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRASSE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSE</head>
    <p>
    Brasse . Ce mot se dit aussi au figuré. Il est cent <i>brasses</i> au-dessus de lui. <i>Longo illum intervallo superat.</i> C'est-à-dire, Il est bien plus que lui, soit pour le savoir, soit pour le crédit, &amp;c. Il est cent <i>brasses</i> au-dessous de lui ; pour dire, Il est beaucoup inférieur. Cela n'est bon que dans le style familier &amp; comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5829" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSÉE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSÉE</head>
    <p>
    BRASSÉE , s. f. Charge de quelque chose qu'on peut porter avec les bras. <i>Quantum ferri potest ambabus ulnis.</i> Il faut monter le bois au grenier par <i>brassée.</i> Il ne peut porter que six fagots à une <i>brassée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5830" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSELET" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSELET</head>
    <p>
    BRASSELET . Voyez <ref type="search" target="head:BRACELET">BRACELET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5831" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSER" />
   <index type="src_domain" value="" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSER</head>
    <p>
    BRASSER , v. act. Remuer quelque chose liquide avec violence de bras. <i>Rudiculâ, spathâ subigere, agitare, miscere.</i> On le dit premièrement de ceux qui font de la bière, dont il faut agiter &amp; remuer fortement la liqueur pour la mêler avec l'orge, le houblon ou les autres drogues, dont on compose semblables breuvages. On le dit aussi dans les Papeteries, dans les Monnoies, &amp;c.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>braxare,</i> qu'on a dit pour <i>brasiare,</i> qui signifie proprement <i>brasser de la bière,</i> qu'il dit avoir été formé de <i>brasium,</i> signifiant <i>bière.</i> Du Cange dit que <i>brace, brasium,</i> &amp; <i>bracium,</i> signifioient une espèce de <i>blé</i> dont on faisoit la bière, d'où sont venus les mots de <i>brasse, brassin</i> &amp; <i>brasserie,</i> qu'il dit avoir été appellée <i>bracina, brascina, brachinum, braxatorium</i> &amp; <i>brasseria,</i> dans la basse Latinité. Mais il y a plus d'apparence que ce mot vient simplement de <i>bras</i> ; parce qu'encore en plusieurs lieux on nomme <i>Brassier,</i> un manoeuvre, un homme de peine qui vit du travail de ses bras. Le Père Thomassin aime mieux remonter jusqu'à la langue Grecque, &amp; chercher <i>brasser</i> dans , <i>ferveo, ebullio,</i> parce qu'on se sert de feu pour faire la bière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5831" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="BRASSER" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSER</head>
    <p>
    Brasser , se dit aussi particulièrement en matière de Pêche, de ceux qui agitent &amp; troublent l'eau avec des bouilles, ou bouloirs, pour faire donner le poisson dans les trubles, étiquettes, ou autres filets que le Pêcheur a tendus.</p><p>En termes de Marine , <i>Brasser</i> c'est se servir des bras, ou manoeuvres, avec lesquelles on gouverne les vergues. On dit, <i>brasser à faire servir</i> ; c'est <i>brasser</i> les vergues, ensorte que le vent donne dans les voiles. <i>Brasser à contre</i> ; c'est <i>brasser</i> le bras du vent, afin que le vent donne dans les voiles. <i>Brasser au vent</i> ; c'est <i>brasser</i> les vergues du côté du vent. <i>Brasser sous le vent</i> ; c'est <i>brasser</i> les vergues du côté opposé à celui du vent. <i>Brasser les vergues</i> ; c'est en maniant les bras, Mettre les vergues horisontalement de l'avant à l'arrière. <i>Brasser les voiles sur le mât,</i> c'est hâler les bras du vent, ensorte que le vent se mette sur les voiles, au lieu d'être dedans ; c'est-à-dire, Manoeuvrer les voiles, de manière que le vent fasse le contraire de ce qu'il faudroit pour faire siller le vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5831" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRASSER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSER</head>
    <p>
    Brasser , signifie figurément, Faire quelque conspiration ou machine pour trahir ou perdre quelqu'un. <i>Machinari, moliri.</i> Il y a long-temps que ces conjurés <i>brassoient</i> cette trahison. Cette expression est un peu basse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5832" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSERIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSERIE</head>
    <p>
    BRASSERIE , s. f. Lieu où on fait de la bière. <i>Cervisiae officina.</i> Dans un placet des Moines de Fulde à Charlemagne on trouve <i>braciarium</i> en ce sens, <i>Acta SS. Ben. Saec. IV. P. I. p.</i> 262. Il est défendu aux Brasseurs de nourrir, ou de tenir en leurs maisons, où sont leurs <i>brasseries,</i> aucuns boeufs, vaches, porcs, oisons, ni canards, à cause de l'infection que causeroient ces animaux dans les <i>brasseries,</i> qui ne peuvent être tenues trop nettes. De la Mare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5833" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSET" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BRASSET</head>
    <p>
    &#9758; BRASSET , subst. masc. On appelle à Meaux le <i>Brasset</i> un canal d'eau qui environne les fauxbourgs de la <pb n="720" facs="bpt6k8542165/f760/full/1200,/0/native.jpg"/>Ville. C'est l'ancien lit de la rivière de Marne. <i>Hist. de l'Egl. de Meaux, Tom. I. p.</i> 3.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5834" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSEUR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSEUR</head>
    <p>
    BRASSEUR , s. m. Celui qui fait ou qui vend de la bière en gros. <i>Cervisiae propola, negotiator.</i> L'Histoire des Evêques de Verdun, qu'on trouve dans le Spicilége de Dom Luc de Achery, appelle les <i>brasseurs, bracentes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5835" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSEUSE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSEUSE</head>
    <p>
    BRASSEUSE , s. f. Femme de Brasseur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5836" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BRASSICOURT" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BRASSICOURT</head>
    <p>
    BRASSICOURT , ou BRACHICOURT. Terme de Manége , qui se dit d'un cheval qui a naturellement les jambes courbées en arc, à la différence des chevaux arqués, qui les ont courbées par la force du travail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5837" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSIÈRES" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRASSIÈRES</head>
    <p>
    BRASSIÈRES , s. f. plur. Chemisette de femme qui sert à couvrir les bras &amp; le haut du corps. <i>Brachialia.</i></p><p>On dit proverbialement qu'une personne est en <i>brassières</i> ; pour dire, qu'elle est contrainte, qu'elle n'a pas la libre disposition d'agir, de sortir, parce qu'on ne sort guère avec des <i>brassières.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5838" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRASSIN" />
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    <head>BRASSIN</head>
    <p>
    BRASSIN , s. m. est un vaisseau où les Brasseurs font leurs bières. Ce mot signifioit autrefois, Affaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5839" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="BRASSOIR" />
   <index type="src_domain" value="monnoie" />
   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
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    <head>BRASSOIR</head>
    <p>
    BRASSOIR , s. m. Terme de Monnoie . Espèce de canne de terre-cuite avec laquelle on brasse l'or en bain. <i>Rudicula.</i> A l'égard de l'argent on se sert d'un <i>brassoir</i> de fer, à cause qu'il n'y a pas le même inconvénient qu'à l'or, qui s'aigriroit dans un <i>brassoir</i> de fer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5840" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAVACHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRAVACHE</head>
    <p>
    BRAVACHE , s. m. Fanfaron sur le fait de la valeur, faux brave. <i>Thraso.</i> Ce mot est un peu vieux, &amp; ne peut entrer que dans le discours comique &amp; burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5841" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAVADE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRAVADE</head>
    <p>
    BRAVADE , s. m. Menace d'un fanfaron. <i>Ferocior insultatio.</i> Ceux qui font les plus de <i>bravades,</i> sont bien souvent les plus poltrons. Voilà où se sont terminées toutes ses <i>bravades.</i> Voit. Fabius étoit trop prudent pour prendre les <i>bravades</i> d'Annibal pour autant d'affronts. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5841" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRAVADE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRAVADE</head>
    <p>
    Bravade , s. f. est aussi le nom d'une fête instituée en 1256. par Charles d'Anjou à son retour de la Terre-Sainte. Celui qui a abattu l'oiseau est déclaré Roi par les Magistrats, il se choisit un Lieutenant &amp; un Enseigne, qui levent chacun une compagnie ; &amp; la veille de la fête de S. Jean-Baptiste ils se rendent dans la place de la Ville, où le Parlement &amp; les autres corps se trouvent aussi pour allumer le feu, &amp; cela s'appelle la <i>Bravade</i> ; peut-être parce qu'ils sont braves, c'est-à-dire, vêtus magnifiquement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5842" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAVE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRAVE</head>
    <p>
    BRAVE , adj. m. &amp; f. &amp; s. Excellent en sa profession. <i>Eximius, insignis egregius.</i> On dit un <i>brave</i> homme, un <i>brave</i> Soldat, <i>brave</i> Cavalier, qui fait toutes choses d'une manière noble &amp; honnête. Il l'a fait en <i>brave</i> homme, &amp; le doit soutenir. Corn. Cette qualité ne doit être attribuée qu'à un homme d'épée, &amp; Balzac s'est moqué d'un Prédicateur qui avoit appellé sainte Paule, cette <i>brave</i> veuve. On ne laisse pas de dire dans le discours familier, &amp; à demi en riant, vous êtes une <i>brave</i> femme.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAVE</head>
    <p>
    Brave , en termes de Guerre , signifie, Intrépide, qui affronte les périls, &amp; qui s'expose sans crainte à une mort assurée. <i>Praestantis animi vir, bellicâ laude clarus.</i> On dit absolument, C'est un <i>brave</i> ; pour dire, C'est un homme courageux, déterminé. Les vrais beaux esprits sont de l'humeur des vrais <i>braves,</i> qui ne parlent jamais de ce qu'ils font. Bouch. Si les <i>Braves</i> n'avoient pas la passion de la gloire, ils demeureroient paisiblement confondus avec les lâches. M. Scud. Faisons tant que nous voudrons les <i>braves,</i> la mort est la fin qui attend la plus belle vie du monde. Pasc. Un faux <i>brave</i> tourne les yeux de tous côtés pour voir si on le regarde. S. Evr. Rien n'est plus capable d'attirer le mépris des hommes, que de faire le <i>brave</i> contre Dieu. Pasc. On est <i>brave</i> par férocité, aussi-bien que par la vertu. Flech. Un homme <i>brave</i> par tempérament seul, ne fera autre chose que de n'être pas poltron ; &amp; ce n'est que par ambition qu'il cherche à se signaler. M. Scud.</p><p>Ce mot vient de <i>bravium</i>, qui signifie le <i>prix de la victoire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAVE</head>
    <p>
    Brave , se prend aussi en mauvaise part, &amp; se dit d'un bretteur, d'un assassin, d'un homme qu'on emploie à toutes sortes de méchantes actions. <i>Sicarius.</i> Cette Courtisane a plusieurs <i>braves</i> qui la protégent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRAVE</head>
    <p>
    Brave , signifie aussi une personne bien parée, bien vêtue. <i>Insigni ornatu comptus, cultus.</i> Les bourgeois ne sont <i>braves</i> que les Fêtes &amp; Dimanches. Ce mot est un peu bas en ce sens. Mén.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est <i>brave</i> comme César ; qu'il est <i>brave</i> comme l'épée qu'il porte ; pour dire, qu'il est fort vaillant : qu'il est <i>brave</i> comme un bourreau qui fait ses Pâques ; pour dire, qu'il n'a pas coutume d'être si bien vêtu. Ce proverbe vient de ce que les bourreaux étoient autrefois obligés de porter des habits chargés de quelque marque de leur infamie, comme d'une échelle &amp; d'une potence, pour les distinguer des autres personnes ; &amp; il leur étoit permis de les quitter quand il faisoient leurs Pâques, pour la révérence de la Fête, auquel jour ils s'habilloient des plus beaux habits qu'ils vouloient. On dit aussi, <i>brave</i> comme un lapin. On dit aussi, Mon <i>brave,</i> absolument, comme on dit, Mon cher, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5843" id="1" type="">
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    <head>BRAVEMENT</head>
    <p>
    BRAVEMENT , adv. D'une manière brave, courageusement, honnêtement. <i>Fortiter, egregiè.</i> Il lui a répondu <i>bravement</i> &amp; sans crainte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5844" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAVER" />
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    <head>BRAVER</head>
    <p>
    BRAVER , v. act. Choquer, mépriser quelqu'un, le traiter de haut en bas, l'insulter, le gourmander. <i>Insultare.</i> Un homme de coeur souffre difficilement qu'on le <i>brave.</i> La satyre <i>brave</i> l'orgueil &amp; fait pâlir le vice. Boil. La raison ne <i>brave</i> pas toujours la puissance suprême de l'amour. Vill. L'aigle d'un regard intrépide va <i>braver</i> le soleil, &amp; sa lumière. Flech. Il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentimens, &amp; de <i>braver</i> la fortune en vers, que d'entrer comme il faut dans le ridicule des hommes. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5844" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRAVER" />
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    <head>BRAVER</head>
    <p>
    Braver , se dit figurément en choses morales. <i>Braver</i> la mort, <i>braver</i> les périls, <i>braver</i> la fortune ; pour dire, les mépriser, ne les craindre point. <i>Lacessere, contemnere, despicere.</i> La Princesse ne <i>bravoit</i> point la mort avec fierté, contente de l'envisager sans émotion, de la recevoir sans trouble. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5844" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRAVER" />
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    <head>BRAVER</head>
    <p>
    Bravé, ée , part. &amp; adj. <i>Lacessitus, contemptus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5845" id="1" type="">
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    <head>BRAVERIE</head>
    <p>
    BRAVERIE , s. f. Dépense en habits. <i>Cultus, ornatus.</i> Cet homme a dépensé tout son bien en <i>braveries</i> inutiles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5846" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAVOURE" />
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    <head>BRAVOURE</head>
    <p>
    BRAVOURE , s. f. Vaillance. <i>Magnanimitas, animi magnitudo, fortitudo.</i> La plupart tiennent que la <i>bravoure</i> n'est qu'une émotion du coeur causée par la chaleur du sang, qui excite la faculté irascible, &amp; ôte à l'ame la connoissanc<i>e</i> du péril : d'où il s'ensuivroit que la <i>bravoure</i> n'est point une vertu, &amp; que les plus bilieux, sont les plus braves. Log. Ce qui distingue la véritable <i>bravoure</i> de la brutalité, c'est qu'elle a la gloire pour objet. Ce qui fait la <i>bravoure</i> de bien des gens, c'est qu'ils envisagent d'une part les railleries que l'on fait des lâches, &amp; de l'autre les louanges que l'on donne aux vaillans hommes ; &amp; ce double fantôme qui les occupe, les détourne de la considération des dangers &amp; de la mort. Id. Le Prince n'étoit pas de ces Héros incultes qui de la <i>bravoure</i> se font un droit d'ignorance pour tout le reste. Bourd. C'est moins par <i>bravoure</i> que par ambition qu'on quitte le repos pour chercher la guerre, &amp; courir aux occasions de périr. S. <pb n="721" facs="bpt6k8542165/f761/full/1200,/0/native.jpg"/>Evr. Homère a dit, que la <i>bravoure</i> est la seule de toutes les vertus qui soit sujette à des transports fanatiques, &amp; à des agitations de phrénésie. Id. Il y a des hommes qui mettent une sorte de <i>bravoure,</i> &amp; d'intrépidité, à courir tout le risque de l'avenir. La Bruy.</p><p>Il signifie quelquefois, les actions de valeur. En ce sens il n'a d'usage qu'au pluriel. On attribue aux Héros de Roman des <i>bravoures</i> merveilleuses. Fatiguer le monde du récit de ses <i>bravoures.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5847" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAY" />
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    <head>BRAY</head>
    <p>
    BRAY , s. m. Vieux mot qui signifioit autrefois, fange, boue. <i>Lutum</i> ; &amp; dans la basse Latinité, <i>Braïum.</i> C'est de là que le nom de <i>Bray</i> a été donné à tant de lieux en France. Le pays de <i>Bray, Braïum,</i> petit pays en Normandie, très-mauvais &amp; très-fangeux dans les temps de pluie. Il est situé entre le pays de Caux, le Comté d'Eu, le Vexin Normand, le Vexin François, &amp; les Diocèses d'Amiens &amp; de Beauvais. Voyez la <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. pag.</i> 52. Le Livre des miracles de S. Bernard parle du Château de <i>Bray,</i> ce qui signifie, dit-il, <i>boue,</i> fange. <i>Castrum Braïum, quod lutum interpretatur.</i> C'est <i>Bray</i> sur Seine dans le Sénonois. Dans la Chronique du Monastère de S. Pierre le Vif dans le Sénonois, il est appellé <i>Braïcus,</i> &amp; il est dit, qu'il est dans des lieux marécageux ; <i>Munitiunculam in pago Senonico, super Secanam fluvium, quae Braïcus dicitur, in locis palustribus.</i> C'est de là encore que l'on dit <i>Bray</i> sur Somme, <i>Braïum ad Summam</i> ; la forêt de <i>Bray, silva Braïensis</i> ; la Ferté en <i>Bray, Firmitas in Braïo</i> ; Houdanc en <i>Bray, Hosdencum</i> ; Ville en <i>Bray, Villa in Braïo</i> ; la Tour de <i>Bray, Turris in Braio</i> ; Piseux en <i>Bray, Puteoli in Braïo,</i> Onsenbray, <i>Ontium in Braïo ; Bray</i> Comte-Robert ; <i>Braium Comitis Roberti,</i> que l'on prononce communément <i>Bri-Comte-Robert.</i></p><p>On a dit aussi Brahic, ou Braic, <i>Breïcum, Braïacum, Braïcum, Brahicum,</i> &amp; quelquefois <i>Brajotum.</i> De-là viennent encore Vibraye, Follenbray, Savigni sur Braye, &amp; cent autres lieux. Strada dit que quelques Auteurs croient que Bruxelles a été ainsi nommée, parce que cette Ville est dans un lieu boueux &amp; marécageux. Enfin, M. de Valois prétend que c'est de-là que viennent les noms de <i>brouet, bouage,</i> &amp; <i>boue.</i> Voyez cet Auteur dans sa <i>Notice des Gaules,</i> p. 94. &amp; 95. d'où tout ceci est pris. Voyez <ref type="search" target="head:Brayeux">Brayeux</ref>. Peut-être que <i>bray</i> est un mot Celtique, qui vient de , gras ; les terres grasses sont plus brayeuses, ou fangeuses que les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5847" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="BRAY" />
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    <head>BRAY</head>
    <p>
    Bray , ou Bré, selon Ménage, s. m. Terme de Marine , est une composition de gomme, de résine &amp; d'autres matières gluantes, qui font un corps dur, sec &amp; noirâtre, qui sert à calfater &amp; remplir les jointures des planches du bordage d'un vaisseau. <i>Navalis uncturae cera.</i> On en fait aussi avec de la poix liquide mêlée avec de l'huile de poisson. Il y a du <i>bray</i> sec, &amp; du <i>bray</i> gras : le <i>bray</i> gras a plus d'humeur, &amp; est plus gluant. Le <i>bray</i> liquide est une liqueur grasse &amp; claire qui découle du tronc des vieux pins. Les Suédois &amp; les Norvégiens les incisent, &amp; ensuite coupent l'écorce de l'arbre, d'où il découle du galipot noir, qu'on appelle aussi tarc, &amp; c'est le <i>bray</i> : quand ce tarc, qui est comme la graisse de l'arbre, est tout découlé, l'arbre meurt. Le <i>bray</i> sec, qu'on appelle aussi arcançon, est du galipot ou suc de pin, qu'on a fait cuire jusqu'à ce qu'il soit presque brûlé. Pomet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5847" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRAY" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BRAY</head>
    <p>
    Bray , en vieux François, signifioit aussi, Limon de la terre. <i>Limus,</i> d'où sont venus les noms de <i>Bray</i> sur Somme en Picardie, en Normandie ; &amp; en plusieurs lieux on appelle encore <i>Bray,</i> la terre grasse dont on fait les murailles de bauge, &amp; le courroi dont on enduit les bassins des fontaines, &amp; les chaussées des étangs.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>bretia</i> ou <i>brutia,</i> qui est de la poix liquide, dont Pline fait mention, qui étoit ainsi nommée, à cause que la <i>Brutie</i> étoit fertile en bonne poix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5848" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAYE" />
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    <head>BRAYE</head>
    <p>
    BRAYE , Voyez <ref type="search" target="head:BRAIE">BRAIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5849" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAYEMENT" />
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    <head>BRAYEMENT</head>
    <p>
    BRAYEMENT , Voyez <ref type="search" target="head:BRAIEMENT">BRAIEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5850" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAYER" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BRAYER</head>
    <p>
    BRAYER , s. m. Bandage fait d'acier, que ceux qui sont sujets aux hernies &amp; descentes sont obligés de porter. <i>Subligar, subligaculum, herniae vinculum,</i> ou <i>fascia inguinalis.</i> Il y a aux Grands Augustins une fondation pour distribuer charitablement des <i>brayers</i> aux pauvres qui en ont besoin.</p><p>Quelques-uns dérivent <i>brayer</i> de <i>brak,</i> mot de Lombardie, qui signifie <i>rupture.</i> Mais du Cange le dérive <i>à brachis,</i> ou <i>braccis,</i> parce qu'il se met sous les <i>braies.</i> Il l'appelle <i>bracheriolum</i> en Latin. Dans la vie de S. Justine, <i>Act. SS. Mart. T. II. p.</i> 244. on trouve ce mot que les Bollandistes dérivent de <i>brak</i>, nom Lombard, qui signifie rupture. De-là s'est fait <i>braker,</i> bandage, d'où l'on a fait <i>bracheriolum</i> diminutif. Dans le même ouvrage. <i>April. T. II. p.</i> 828. cet instrument est appellé <i>brachirolus,</i> du même mot <i>bracchae,</i> ainsi qu'il s'écrit quelquefois. Et <i>Maii, T. V. p.</i> 190. on trouve <i>bracrium,</i> fait apparemment de <i>bracerium,</i> ou <i>bracherium ;</i> &amp; <i>bracale, Junii T. III. p.</i> 661.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5850" id="2" type="balancier">
   <index type="head" value="BRAYER" />
   <index type="src_domain" value="balancier" />
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   <index type="pred_domain" value="Mesure" />
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    <head>BRAYER</head>
    <p>
    Brayer , est aussi un terme de Balancier ; &amp; il se dit du petit morceau de fer qui passe dans les trous qui sont au bas de la chasse du trébuchet &amp; des balances, &amp; qui sert à la tenir en état.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5850" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRAYER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>BRAYER</head>
    <p>
    Brayer , est aussi un morceau de cuir, large de deux à trois doigts, au bout duquel il y a une espèce de sachet de cuir, où l'on met le bâton de la bannière quand on la porte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5850" id="4" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BRAYER" />
   <index type="src_domain" value="maconnerie" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BRAYER</head>
    <p>
    Brayers , en termes de Maçonnerie , se dit des cordages qui servent à élever le bourriquet, ou petit bar, avec lequel on porte le moilon, &amp; le mortier au haut des plus grands édifices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5850" id="5" type="fauconnerie">
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    <head>BRAYER</head>
    <p>
    Brayer , en termes de Fauconnerie , signifie le cul de l'oiseau. <i>Anus.</i> Une marque de la bonté d'un oiseau de proie, c'est quand il a le <i>brayer</i> net, &amp; lorsqu'il lui tombe bien bas le long de la queue, &amp; qu'à l'entour il est bien émaillé de taches noires ou rousses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5851" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BRAYER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRAYER</head>
    <p>
    BRAYER , v. act. Terme de Marine , Espalmer, ou suiver un vaisseau, y appliquer du bray bouillant, du gaudron &amp; du suif pour remplir les jointures de son bordage. <i>Navem incerare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5852" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAYETTE" />
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    <head>BRAYETTE</head>
    <p>
    BRAYETTE , s. f. Ce mot a quelque chose d'obscène, &amp; on ne le dit guère à cause de cela. C'est la fente de devant d'un haut-de-chausse où les braies sont contenues. <i>Subligaris anterior lingula, Braccarum pars anterior.</i> Il y a peu de temps qu'on disoit <i>braguette</i> ; &amp; c'étoit une partie de l'habillement qui représentoit un lieu propre à mettre les parties génitales. On les voit encore peintes dans les tableaux du siècle passé. Comment Panurge désista de porter sa magnifique <i>braguette.</i> Rab On dit figurément qu'un homme est chaud de la <i>brayette</i> pour dire, qu'il est ardent après les femmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5853" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRAYEUX, EUSE" />
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    <head>BRAYEUX, EUSE</head>
    <p>
    BRAYEUX, EUSE , adjectif. Vieux mot, qui signifioit autrefois boueux, fangeux, plein de bray ou de boue. <i>Eutosus, coenosus.</i> Il passa parmi la Ville, où y avoit caves &amp; sources moult <i>brayeuses.</i> Monstrelet, <i>C.</i> 221.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5854" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BRAYON" />
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    <head>BRAYON</head>
    <p>
    BRAYON , s. m. Terme de Chasse , qui se dit de ce qui sert à prendre les bêtes puantes qui ruinent les garennes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5854" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRAYON" />
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    <head>BRAYON</head>
    <p>
    Brayon , se dit aussi chez les Imprimeurs, de ce qui leur sert à broyer l'encre avec le noir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5855" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉANT" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BRÉANT</head>
    <p>
    BRÉANT , s. m. Petit oiseau qu'on enferme dans les cages. <i>Anthus.</i> Il a le bec court &amp; assez gros. Il est d'un verd brun avec quelques marques jaunes sur l'extrémité des gros tuyaux de ses ailes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5856" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉBIAGE" />
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    <head>BRÉBIAGE</head>
    <p>
    BRÉBIAGE , s. m. <i>Berbiagium, tributum ex berbicibus.</i> C'est un tribut qu'on levoit sur les brebis. Il en est parlé dans une charte de Philippe le Long. Item, il a esdites fermes <i>brebiage</i> de tiers en tiers an.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5857" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREBIS" />
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    <head>BREBIS</head>
    <p>
    BREBIS , s. f. Animal à quatre pieds couvert de laine ; la femelle du belier, &amp; qui porte les agneaux. <i>Ovis.</i> Mener paître un troupeau de <i>brebis.</i> On tient que la <i>brebis</i> hait les ours, le corbeau, l'aigle, le serpent, les chenilles &amp; les abeilles. Elle vit neuf ou dix ans. Il y a dans le Pérou une sorte de <i>brebis,</i> tant sauvages que domestiques, qui approchent de la forme d'un chameau, à la réserve qu'elles sont sans bosse. Elles sont plus grandes que les <i>brebis</i> de l'Europe, &amp; hautes le plus souvent d'une aune d'Espagne. Elles ont le cou long &amp; rond, &amp; la lèvre d'enhaut fendue. Quand quelqu'un les a fâchées, elles s'en vengent en jettant de l'écume contre lui par cette fente. Les privées sont d'ordinaire blanches, ou noires, &amp; quelquefois de couleur cendrée. Les Sauvages font rougeâtres ou fauves, &amp; couvertes d'une laine longue, légère, luisante, &amp; qui est beaucoup plus chère que celle des autres. On en fait un certain drap dont le lustre approche fort de celui du camelot. Leur chair est plus sèche que celle de nos <i>brebis.</i> Elles courent <pb n="722" facs="bpt6k8542165/f762/full/1200,/0/native.jpg"/>d'une grande vîtesse ; sur-tout les sauvages. En Ethiopie les <i>brebis</i> n'ont point de toison. Celles de Turquie ont une queue longue &amp; épaisse. Les <i>brebis</i> du Pérou &amp; celles de l'Isle de S. Laurent portent à chaque fois trois ou quatre petits. Hist. des Incas, &amp; Pyrard. L'on trouve dans toute la Chine des troupeaux de <i>brebis</i> par milliers, qui portent comme en Tartarie &amp; en Perse, de longues queues ; dont quelques-unes pesent 40. l. &amp; plus. <i>Ambass. des Holl. à la Chine, P. II. p.</i> 92. Ce qui plaît dans la vie champêtre, c'est l'idée de tranquillité attachée à la vie de ceux qui prennent soin des <i>brebis</i> &amp; des chèvres. Fonten. On voit Ajax essayer sa fureur sur une innocente <i>brebis,</i> qui semble jetter un accent plaintif pour implorer l'assistance des spectateurs. Vill.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>berbix,</i> dont les Latins se sont servis en même signification, qu'il dit venir de <i>vervex.</i> Il allègue aussi qu'on a dit <i>berbix, berbigale,</i> &amp; <i>berbicarius,</i> d'où sont venus <i>bercail</i> &amp; <i>berger.</i> Dans la vie de S. Gudwal, Evêque en Angleterre, on lit <i>brebix,</i> &amp; non <i>berbix,</i> surquoi le P. Henschenius remarque, <i>Acta SS. Junii, T. I. p.</i> 746. que c'est la seule fois qu'il a trouvé ce mot, qui méritoit bien d'être dans Du Cange ; que cependant il faut qu'il ait été autrefois en usage, puisqu'il est resté dans la langue Françoise. On le voit aussi dans les Loix Saliques, tit. 4. &amp; Chifflet l'interprète <i>vervex.</i> En François il a changé de genre, &amp; ne signifie proprement que les femelles. On dit cependant quelquefois <i>brebis</i> en général, &amp; pour l'espèce ; &amp; un troupeau de <i>brebis,</i> quoiqu'il y ait des mâles, comme on dit mouton en général ; &amp; un troupeau de moutons, quoiqu'il y ait des femelles, &amp; même en plus grand nombre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BREBIS</head>
    <p>
    Brebis , se dit figurément des Chrétiens qui sont sous un même Pasteur, ou sous le Chef de l'Eglise. Jesus-Christ dit à S. Pierre, Pais mes <i>brebis.</i> L'Evangile dit qu'il y a plus de réjouissance dans le ciel, quand on a ramené une <i>brebis</i> égarée au troupeau, que pour les nonante &amp; neuf qui y étoient restées. On le dit aussi de ceux qui sont sous le gouvernement spirituel d'un Curé, d'un Prélat. Combien de <i>brebis</i> errantes &amp; dispersées, qu'un Pasteur soigneux &amp; vigilant auroit ramenées dans le bercail, ont été malheureusement dévorées par le loup. Fl. Dieu vous traite comme ses <i>brebis</i> favorites, à qui le souverain Pasteur a réservé ses plus fertiles pâturages. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BREBIS</head>
    <p>
    Brebis , se dit proverbialement en ces phrases. <i>Brebis</i> comptées, le loup les mange ; pour dire, que ce n'est pas assez d'avoir compté son bien, son argent, il faut encore avoir le soin de le bien serrer &amp; garder. On dit aussi, Quand on se fait <i>brebis,</i> le loup vous mange ; pour dire, que ceux qui sont trop endurans, qui ne savent pas se défendre, sont sujets à essuyer beaucoup d'oppressions &amp; de violences. On dit aussi, Tandis que le loup chie, la <i>brebis</i> s'enfuit ; pour dire, que l'occasion de faire quelque affaire échappe bientôt. On dit aussi, qu'à <i>brebis</i> tondue Dieu lui mesure le vent ; pour dire, que Dieu ne nous envoie pas plus de mal que nous n'en pouvons porter. On dit aussi, Faire un repas de <i>brebis,</i> quand on mange beaucoup sans boire. On appelle aussi, une <i>brebis</i> galeusequ'il faut séparer du troupeau, une personne dont la compagnie est dangereuse. On a dit autrefois <i>brebis</i> rogneuse fait souvent les autres teigneuses.</p><p>Cela signifie que les défauts se communiquent aisément. On dit encore, <i>Brebis</i> qui bêle, perd sa goulée ; pour dire, que quand on parle beaucoup, on perd le temps d'agir. Et cela se dit particulièrement de ceux qui parlent tant à table qu'ils perdent le temps de manger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÈCHE</head>
    <p>
    BRÈCHE , s. f. Rupture de quelque partie d'une clôture, soit qu'elle se fasse par violence, soit par caducité. <i>Muri ruina, pars dejecta.</i> Il faut refaire les <i>brèches</i> de ce parc pour conserver le gibier.</p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>brechen</i>, qui signifie <i>rompre,</i> dont on a fait ébrécher. Le tout est venu de <i>brix,</i> ancien mot Gaulois qui s'est dit dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5858" id="2" type="guerre">
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    <head>BRÈCHE</head>
    <p>
    Brèche , en termes de guerre , se dit de cette ouverture qu'on fait aux murailles d'une Ville assiégée, par mine, sappe, ou coups de canon, pour ensuite monter à l'assaut. On dit qu'une batterie voit en <i>brèche,</i> quand elle la découvre de telle sorte qu'on puisse tirer dessus pour la défendre ou l'attaquer. Que le canon bat en <i>brèche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÈCHE</head>
    <p>
    Brèche , s'est dit poëtiquement des larges blessures.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÈCHE</head>
    <p>
    Brèche , se dit des diminutions ou ruptures qui se font à plusieurs choses. Ce goinfre a fait une grande <i>brèche</i> à ce fromage. Dans une traduction de la Batrachomyomachie le rat dit qu'il sait.</p><p>Il a fait deux ou trois <i>brèches</i> à mon couteau. Cette succession est venue à propos pour réparer les <i>brèches</i> de son patrimoine à demi dissipé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÈCHE</head>
    <p>
    Brèche , se dit figurément en choses morales. <i>Labes, macula, detrimentum.</i> Il n'y a rien de si délicat que la réputation, il est aisé d'y faire <i>brèche.</i> Cette Déclaration a fait <i>brèche,</i> a donné atteinte aux privilèges de cette Compagnie. Les plus belles passions s'affoiblissent avec le temps ; chaque jour y fait une <i>brèche.</i> S. Evr. La crainte est la <i>brèche</i> par laquelle Dieu entre par une heureuse violence dans les coeurs les plus endurcis. Flech. Les passions sont les <i>brèches</i> de l'ame : c'est par là que tous les vices y peuvent entrer. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5858" id="6" type="">
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    <head>BRÈCHE</head>
    <p>
    Brèche , Sorte de marbre fort dur qu'on tire des Pyrénées. Le fond en est noir avec des taches &amp; des veines blanches. Il est aussi mêlé de veines jaunes, &amp; ressemble à differens cailloux congelés, &amp; joints ensemble. Ce marbre, dont on a tiré des pièces de plus de 20. pieds de long, prend un poli merveilleux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5859" id="1" type="">
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    <head>BRÈCHE-DENT</head>
    <p>
    BRÈCHE-DENT , adj. m. &amp; f. A qui il manque des dents, particulièrement sur le devant. <i>Dente captus, dentium parte minutus, mutilus.</i> C'est un défaut à une femme d'être <i>brèche-dent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5860" id="1" type="medecine">
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    <head>BRÉCHET</head>
    <p>
    BRÉCHET . Quelques-uns disent BRICHET, subst. masc. Le devant de la poitrine où aboutissent les sept vraies côtes. <i>Pectus.</i> En termes de Médecine on l'appelle le <i>sternum.</i></p><p>On appelle aussi la poitrine de mouton, le <i>bréchet,</i> quand elle tient avec le bout saigneux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5861" id="1" type="">
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    <head>BRÉCIN</head>
    <p>
    BRÉCIN , s. m. Croc de fer. <i>Uncus ferreus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5862" id="1" type="">
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    <head>BREDA</head>
    <p>
    BREDA , s. f. Ville des Pays-Bas. <i>Breda.</i> Elle est dans le Brabant Hollandois, &amp; est Capitale d'une Baronie qui entra par le mariage dans la Maison de Nassau Orange l'an 1404. ou 1405. Ce nom, <i>Breda,</i> vient de <i>breed,</i> qui en Hollandois signifie <i>large,</i> &amp; d'<i>Aa,</i> qui est le nom d'une petite rivière sur laquelle est <i>Breda</i> ; apparemment qu'elle est à l'endroit le plus large de cette rivière. La Baronie de <i>Breda</i> est une Seigneurie fort ancienne qui a pour bornes la Hollande, la Mairie de Bolduc, le Marquisat de Hoëstred, le Pays de Rye, &amp; la Terre du Prince.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5863" id="1" type="marine">
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    <head>BREDINDIN</head>
    <p>
    BREDINDIN , s. m. Terme de Marine , est un petit engin, ou palan amarré à l'étai pour enlever de médiocres fardeaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5863" id="2" type="">
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    <head>BREDINDIN</head>
    <p>
    Bredindin , est aussi un mot burlesque, qui se dit en conversation. C'est une sorte de méchant petit carrosse qu'on appelle autrement <i>fiacre.</i></p><p>On nous avertit que c'est ici une faute, &amp; nous croyons qu'on a raison. On n'appelle point un fiacre ou carrosse de louage, un <i>bredindin</i> ; si on l'a dit en ce sens, ce mot a passé. Mais <i>bredindin</i> est un terme enfantin, dont on se sert pour exprimer le mouvement &amp; le bruit que fait un carrosse, une carriole, ou une semblable voiture. Les nourrices, <pb n="723" facs="bpt6k8542165/f763/full/1200,/0/native.jpg"/>en faisant sauter les enfans assis sur leurs genoux, comme s'ils étoient dans une de ces voitures, disent <i>bredindin, bredindin, bredindin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5864" id="1" type="trictrac">
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    <head>BREDOUILLE</head>
    <p>
    BREDOUILLE , s. f. Terme de Trictrac , qui se dit quand un joueur gagne douze points de suite ; &amp; alors il marque deux parties au lieu d'une. Un tour <i>bredouille,</i> c'est quand il gagne douze trous, ou parties de suite ; &amp; alors il gagne le double de ce qu'on a mis au jeu, si l'on en est convenu. On appelle aussi <i>bredouille,</i> le jetton d'ivoire qui sert à marquer la <i>bredouille.</i></p><p>On dit figurément, qu'un homme est en <i>bredouille,</i> lorsque ses affaires sont en désordre, &amp; que cela lui a altéré l'esprit, ou ôté la liberté de la parole ; qu'il ne sait ce qu'il fait ou ce qu'il dit. On dit qu'une femme est sortie <i>bredouille</i> du bal, quand elle n'a point été prise pour danser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5865" id="1" type="">
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    <head>BREDOUILLEMENT</head>
    <p>
    BREDOUILLEMENT , s. m. Vice de langue qui empêche qu'on ne prononce bien ; ou action de celui qui bredouille &amp; qui prononce mal. <i>Oratio linguae vitio mutilata, praepedita.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5866" id="1" type="">
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    <head>BREDOUILLER</head>
    <p>
    BREDOUILLER , v. neut. Parler avec difficulté, ou trop vîte ; articuler mal, ne prononcer pas les mots assez distinctement pour se bien faire entendre. <i>Verba frangere, sermones interscindere.</i> Il ne faut pas s'accoutumer à <i>bredouiller.</i> Ce verbe, qui est neutre ordinairement, est aussi quelquefois actif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5867" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREDOUILLEUR, EUSE" />
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    <head>BREDOUILLEUR, EUSE</head>
    <p>
    BREDOUILLEUR, EUSE , adj. &amp; s. Celui qui bredouille, qu'on ne peut entendre, parce qu'il parle mal ou trop vîte. <i>Qui verba frangit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5868" id="1" type="">
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    <head>BREF</head>
    <p>
    BREF , s. m. est une Lettre que le Pape écrit aux Rois, Princes ou Magistrats, sur quelques affaires publiques. <i>Summi Pontificis diploma, epistola, breve.</i> On peut appeller comme d'abus des <i>Brefs</i> du Pape, lorsqu'ils sont contre les libertés de l'Eglise Gallicane. Il y a à Rome des Officiers qui sont les Secrétaires des <i>Brefs.</i> On définit un <i>Bref</i> Apostolique, un rescript émané du Pape, ou du grand Pénitencier, sur des affaires brièves, légères &amp; succinctes ; expédié ordinairement en papier, sans préface, &amp; sans préambule. Le Pape ne le souscrit point. Les <i>Brefs</i> qui s'expédient par la Daterie &amp; Secrétairerie sont aussi quelquefois sur du parchemin, &amp; scellés de cire rouge du sceau du Pêcheur, qui est un cachet sur une bague où S. Pierre est représenté dans une barque en état de Pêcheur : il ne s'applique qu'en la présence du Pape. Il y a cette différence entre le <i>Bref</i> &amp; la Bulle, c'est que la Bulle est plus ample, qu'elle s'expédie toujours en parchemin, &amp; qu'elle est scellée de plomb, ou de cire verte. Le <i>Bref</i> est souscrit du nom du Secrétaire, &amp; non pas du nom du Pape ; son adresse est sur l'envers. Il contient en tête le nom du Pape séparé, &amp; après <i>Dilecto filio salutem &amp; apostolicam benedictionem, &amp;c.</i> A nôtre cher fils salut &amp; bénédicton apostolique ; &amp; ensuite sans préambule, il explique simplement ce que le Pape dit, ou accorde. Le Pape Alexandre VI. a beaucoup amplifié la matière des <i>Brefs,</i> &amp; c'est lui qui a institué le Collége des Secrétaires. Autrefois les <i>Brefs</i> ne regardoient que les affaires de Justice ; aujourd'hui on les accorde pour des graces, pour des dispenses. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Auboux dans la <i>Véritable Pratique Civile &amp; Criminelle pour les Cours Ecclésiastiques,</i> &amp;c.</p><p>Ce mot vient de <i>brevis</i>, ou <i>breve,</i> qui se trouve dans les Anciens pour signifier <i>écrit,</i> ou <i>lettre,</i> comme on le peut voir dans les <i>Acta SS. April. T. I. p.</i> 413. Nos Ancêtres disoient <i>Brief</i> ; &amp; en Allemand on appelle encore à présent <i>Brief</i> une lettre missive. De là est aussi venu le mot de <i>Brevet.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5868" id="2" type="">
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    <head>BREF</head>
    <p>
    Bref , en plusieurs Coutumes, se dit des Lettres de Chancellerie qu'on obtient pour intenter action contre quelqu'un ; ou pour être maintenu, ou pour rentrer en possession d'un héritage, ou pour quelqu'autre raison. On se servoit autrefois du mot <i>Bref,</i> pour toutes les actions qu'on intentoit en Justice. Cet usage s'est conservé en Angleterre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BREF</head>
    <p>
    Bref , est aussi un petit Calendrier Ecclésiastique, qui contient l'ordre de réciter l'Office divin chaque jour de l'année, &amp; selon le Rit de chaque Diocèse ou ordre Monastique. <i>Ordo recitandi Officii divini.</i> Le <i>Bref</i> de Rome. Le <i>Bref</i> de Paris. Le <i>Bref</i> des Bénédictins.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BREF</head>
    <p>
    Bref , en termes de Marine , se dit en Bretagne d'un congé qu'on est obligé de prendre pour naviger, qui est de trois sortes. <i>Rescriptum.</i> Le <i>Bref de sauveté,</i> qui se donne pour être exemt du droit de bris. Voyez d'Argentré, <i>Hist. de Bret. L. I. p.</i> 101. qui ajoûte que s'il arrive qu'on se brise, &amp; que dans les deux prochaines marées après être brisés, on prenne ces <i>Brefs</i> des Fermiers des ports &amp; havres, on est en sûreté de droit de bris, mais non pas des larrons, à qui, pour le droit de sauveté, on adjuge le dixième de ce qu'ils sauvent. Les Ducs de Bretagne donnoient autrefois des <i>Brefs</i> pour la mer, &amp; ceux qui les prenoient étoient à couvert du droit de lagan, ou de bris. Lobineau, <i>Hist. de Bret. T. I. p.</i> 848.</p><p>Le second étoit un <i>Bref</i> de Conduit, pour être conduit hors des dangers de la côte. Les anciens Vicomtes de Leon donnoient aussi des Sceaux, que l'on appelloit de conduit, parce qu'ils étoient obligés de faire conduire les vaisseaux de différentes nations qui passoient au Raz de S. Mahé. Et ceux qui ne prenoient pas ces Sceaux, les Vicomtes étoient en droit de les poursuivre comme ennemis. Id. <i>au même endroit.</i></p><p>Le troisième, <i>Bref de victuailles,</i> pour avoir liberté d'acheter des vivres. On les appelle aussi <i>Brieux</i> ; &amp; on dit, Parler aux <i>Hebrieux</i> ; pour dire, Obtenir ces <i>Brefs.</i> Marie de Bretagne prétendoit de grands droits sur les <i>Brefs</i> de Bourdeaux &amp; de la Rochelle, contre son neveu Jean III. Duc de Bretagne. Le Duc de Bretagne avoit à Bourdeaux un Clerc qui tenoit son Sceau pour délivrer des <i>Brefs</i> aux Marchands de Gascogne, &amp; autres qui trafiquoient sur des côtes de Bretagne. D'Argentré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5869" id="1" type="">
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    <head>BREF</head>
    <p>
    BREF , adv. D'une manière courte, &amp; pour abréger, enfin, pour conclusion. <i>Breviter.</i> On dit après plusieurs discours, <i>Bref</i> il n'en sera rien. On dit aussi en <i>bref</i> ; pour dire, Dans peu de temps. C'est un vieux mot dont on ne se sert plus que dans le style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5870" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREF, BRÈVE" />
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    <head>BREF, BRÈVE</head>
    <p>
    BREF, BRÈVE , adj. Qui est de petite étendue. <i>Brevis.</i> On lui a accordé un <i>bref</i> délai pour recouvrer ses pièces, &amp; les produire. Pépin, Roi de France, a été surnommé le <i>Bref,</i> parce qu'il étoit de petite taille. Ce Commentaire est trop <i>bref,</i> cela le rend obscur. On a fait des <i>brèves</i> remontrances sur cette affaire. On dit aussi, Compter par un <i>bref</i> état, ou sur un simple mémoire. Dans le Bréviaire il y a aussi de <i>brèves</i> leçons dans les Heures.</p><p>En Grammaire on distingue les syllabes longues, &amp; <i>brèves,</i> selon qu'on les prononce plus lentement, ou plus vîte. Un Dactyle est un pied de vers composé d'une longue &amp; de deux <i>brèves.</i> Les <i>brèves</i> diffèrent des longues, en ce que pour prononcer une <i>brève,</i> il ne faut que la moitié du temps qu'on emploie à prononcer une longue : ce que les Grammairiens expriment en ces termes : une <i>brève</i> n'a qu'un temps, &amp; une longue en a deux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5870" id="2" type="musique">
   <index type="head" value="BREF, BRÈVE" />
   <index type="src_domain" value="musique" />
   <index type="macro_domain" value="Musique" />
   <index type="pred_domain" value="Musique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BREF, BRÈVE</head>
    <p>
    Brève , en termes de Musique , est une note blanche figurée, comme un quarré sans queue, qui vaut deux mesures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5871" id="1" type="monnoie">
   <index type="head" value="BRÈVE" />
   <index type="src_domain" value="monnoie" />
   <index type="macro_domain" value="Monnaie" />
   <index type="pred_domain" value="Monnaie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRÈVE</head>
    <p>
    BRÈVE , s. f. Terme de Monnoie , qui se dit de chaque fonte des Monnoies, &amp; des flans, carreaux, ou espèces, qu'on donne aux ouvriers pour les tailler, peser, ajuster, &amp; y mettre toutes leurs façons. On les donne au poids &amp; par compte, pour les rendre ensuite au Maître de la Monnoie toutes façonnées. On les appelle ainsi, à cause que le Prévôt des Ouvriers &amp; des Monnoyers en fait un petit registre ou bordereau, ou <i>brève</i> écriture.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme sait les longues &amp; les <i>brèves</i> de quelque chose ; pour dire, qu'il en sait toutes les particularités ; &amp; qu'on lui a fait observer les longues &amp; les <i>brèves</i> ; pour dire, qu'on lui a fait exécuter ponctuellement tout ce qu'on lui avoit prescrit. On dit aussi, de fol Juge <i>briève</i> sentence, parce qu'un mauvais Juge prononce bien vîte &amp; sans être suffisamment instruit. C'est le dire d'Aristote, <i>Qui advertit ad pauca facilè judicat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5872" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BRÉGIN" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BRÉGIN</head>
    <p>
    BRÉGIN , s. m. Terme de Marine . C'est une espèce de filet eu usage sur la Méditerranée, dont les mailles sont fort étroites. Il est attaché à un petit bateau, &amp; traîné sur les sables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5873" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREHAIGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BREHAIGNE</head>
    <p>
    BREHAIGNE , adj. f. Animal femelle qui ne conçoit point, qui est stérile. <i>Sterilis.</i> Il y a des brebis <i>bréhaignes,</i> &amp; <pb n="724" facs="bpt6k8542165/f764/full/1200,/0/native.jpg"/>d'autres qui sont portières. Nicot. On appelle proprement une carpe <i>bréhaigne,</i> celle qui n'a ni oeufs, ni laitte. On dit aussi, une biche <i>bréhaigne.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de l'Anglois <i>barren,</i> qui signifie aussi <i>sterile.</i> D'autres le dérivent de <i>perania</i>, quasi <i>senio à partu exacta.</i> Du Cange de <i>brana,</i> qui signifie une <i>jument stérile.</i> Il vient plutôt du Bas-Breton, où on dit <i>brehaing</i> dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5874" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREHIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BREHIS</head>
    <p>
    BREHIS , s. f. Animal qui n'a qu'une corne sur le front, &amp; qui se trouve dans l'Isle de Madagascar. Il est fort sauvage, aussi gros qu'une chèvre, &amp; se tient particulièrement dans la Province d'Asianacte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5875" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRELAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BRELAN</head>
    <p>
    BRELAN , s. m. <i>Ludus aleatorius quo ternis lusoriis foliis luditur.</i> Jeu de cartes qu'on joue à trois, quatre &amp; cinq personnes. On y donne trois cartes à chacun, après en avoir ôté les plus petites jusqu'au sept inclusivement. On y fait plusieurs enchères à l'envi les uns des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5875" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRELAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRELAN</head>
    <p>
    Brelan , se dit aussi quand on a ces trois cartes de même façon, comme trois rois, trois as, qui sont les jeux les plus beaux du <i>brelan.</i> On appelle aussi cela <i>tricon,</i> &amp; <i>fredon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5875" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRELAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BRELAN</head>
    <p>
    Brelan , se dit aussi d'une Académie ou maison où on donne publiquement à jouer aux dez ou aux cartes. <i>Ludus aleatorius, forum aleatorium.</i> Les <i>Brelans</i> sont défendus par la Police. L'un en titre d'office exerçoit un <i>Brelan.</i> Regnier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5875" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRELAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRELAN</head>
    <p>
    Brelan , se dit aussi fort souvent par mépris, des maisons des particuliers où l'on joue trop souvent. <i>Domus aleatoribus referta.</i> Sa maison est un vrai <i>brelan.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5876" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRELANDER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BRELANDER</head>
    <p>
    BRELANDER , v. neut. Jouer aux dez ou aux cartes avec assiduité ; ne bouger des Académies de brelan. <i>Aleam exercere, perpetuâ in alea versari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5877" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRELANDIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>BRELANDIER</head>
    <p>
    BRELANDIER , s. m. Joueur de profession qui fréquente les brelans. <i>Aleator.</i> Ce mot emporte aussi quelque sorte de mépris ; &amp; on ne l'emploie guère que lorsque l'on veut blâmer quelqu'un de ce qu'il est trop adonné au jeu. Cet homme n'est qu'un <i>brelandier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5878" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÊLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BRÊLE</head>
    <p>
    &#9758; BRÊLE , s. f. Petite rivière qui sépare la Normandie d'avec la Picardie. En Latin <i>Brisela,</i> mot dérivé du Celtique <i>Breiz</i>, qui signifie un maquereau &amp; une truite. Cette rivière en effet abonde en truites, sur-tout du côté d'Aumale. Les Francs lui avoient donné le nom d'<i>Ou, Au,</i> ou <i>Eu.</i> Mais l'ancien nom de Brêle a prévalu. <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute Norm. tom. I. p.</i> 1, 41, 45.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5879" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRELINE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRELINE</head>
    <p>
    BRELINE , Voyez <ref type="search" target="head:BERLINE">BERLINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5880" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRELIQUE-BRELOQUE" />
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    <head>BRELIQUE-BRELOQUE</head>
    <p>
    BRELIQUE-BRELOQUE . Adverbe, dont on ne se peut servir que dans le style bas &amp; populaire, &amp; qui signifie, inconsidérément, &amp; sans y regarder de près. <i>Temerè, inconsultè, inconsideratè.</i> Il fait cela <i>brelique-breloque.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5881" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRELOQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BRELOQUE</head>
    <p>
    BRELOQUE . Quelques gens disent BRELUQUE, s. f. Bagatelle, ou petite curiosité de peu de valeur. <i>Frivola.</i> Les curieux qui vont voir des cabinets où il n'y a point de pièces rares &amp; exquises, disent pour les mépriser, qu'il n'y a que des <i>breloques.</i> Du Cange dérive ce mot de <i>bulluga,</i> qui est une espèce d'atome, ou de petite pomme, dont il est parlé dans la vie de S. Colomban, qui sert de comparaison à toutes les choses dont on veut marquer la petitesse, ou le peu d'importance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5882" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÈME" />
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    <head>BRÈME</head>
    <p>
    BRÈME , s. f. Poisson d'eau douce ressemblant à une carpe, mais qui est plus plat, &amp; qui a de plus grandes écailles. <i>Cyprynus latus, Brema.</i> Sa tête est petite, &amp; a deux nageoires auprès des ouïes, &amp; deux autres au milieu du ventre. Ce poisson se plaît aux eaux dormantes, &amp; se nourrit d'herbe, de boue, &amp; d'ordure. Sa chair est molle, grasse &amp; excrémenteuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5882" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRÈME" />
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    <head>BRÈME</head>
    <p>
    Breme , ou Brame de mer, s. f. Poisson de mer qui ne s'écarte guère du bord, qui est environ de la longueur d'une coudée. Il a le corps fort large. Il est de plusieurs couleurs, selon ses différentes parties. Le dos est d'un bleu tirant sur le noir ; les côtés argentés : &amp; le ventre est d'une couleur de lait. Il a tout le tour des yeux doré : ce qui a fait appeller ce poisson <i>Aurata</i> parmi les Latins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5883" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÊME" />
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    <head>BRÊME</head>
    <p>
    BRÊME , ou BREMEN, s. f. Nom de Ville. <i>Brema. Brême.</i> est une ville d'Allemagne dans le Cercle de la Basse-Saxe ; elle est Capitale d'un Duché de même nom, &amp; sur le Weser, qui la sépare en deux. <i>Brême</i> est une ville Hanséatique. Elle a eu un Archevêché fondé en 787. par S. Boniface : il fut réduit en Evêché sous Cologne en 895. Il a été supprimé par la paix de Westphalie. <i>Brême</i> a prétendu être ville Impériale, &amp; Ferdinand III. lui confirma ce titre l'an 1646. mais les Rois de Suède s'y sont opposés, &amp; ont soutenu qu'elle devoit dépendre d'eux, comme Ducs de <i>Breme.</i> Il y a en Latin une Histoire Eccl. de <i>Brême</i> par Adam, Chanoine de <i>Brême. in</i>-4°. à Coppenhague en 1579.</p><p>Le Duché de <i>Brême ; Bremensis ducatus,</i> Province de la Basse-Saxe, entre le Weser &amp; l'Elbe, dont l'Archevêque de <i>Brême</i> étoit Seigneur, mais qui à la paix de Westphalie fut sécularisée &amp; cédée à la Suède. L'Electeur d'Hanover est à présent (1742) en possession de ce Duché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5884" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRENEUX, EUSE" />
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    <head>BRENEUX, EUSE</head>
    <p>
    BRENEUX, EUSE , adj. Ce mot se dit par le menu peuple, pour dire, Sale, merdeux. <i>Stercore oblitus, illitus.</i> Cul <i>breneux.</i> Chemise <i>breneuse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5885" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRENNE" />
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    <head>BRENNE</head>
    <p>
    BRENNE . Pays de France, partie en Touraine, partie en Berry, &amp; partie en Poitou. <i>Brennensis,</i> ou <i>Brionensis ager.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5886" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREQUIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BREQUIN</head>
    <p>
    BREQUIN , s. m. Outil d'Artisan. C'est la même chose que <i>vilbrequin,</i> ou <i>virebrequin. Terebra arcuato manubris instructa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5887" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRESCIA" />
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    <head>BRESCIA</head>
    <p>
    BRESCIA , s. f. Ville Episcopale d'Italie, Capitale du Bressan, dans l'Etat de Venise. <i>Brixia, Brescia.</i> Les Histoires fabuleuses font Hercule Fondateur de <i>Brescia</i> ; d'autres un nommé Brinom, d'où elle fut appellée <i>Brinomie.</i> Il la bâtit premièrement, disent-ils, sur le bord du lac de Garde, puis la transporta où elle est maintenant, au pied d'une montagne, &amp; changea son nom en celui de Brixia. Les autres l'attribuent aux Troyens qui vinrent en Italie avec Enée, qui selon eux l'appellèrent Altilie, comme s'ils avoient dit <i>Alterum Ilium,</i> une autre Troye. Mais Tite-Live, Liv. V. dit plus historiquement que les Cénomans en furent les premiers fondateurs ; mais peut-être, dit Vigenère, qu'ils ne firent que l'agrandir. Voyez cet Auteur, <i>Annot. sur Tite-Live, T. I. p.</i> 1757, 6. qui dit toujours <i>Bresse,</i> aussi-bien que beaucoup d'autres. Ainsi l'usage est autant pour <i>Bresse</i> que pour <i>Brescia.</i> Eliat Carrolo a écrit l'Histoire de <i>Bresse</i> en douze livres, &amp; Octavio Rossi les Mémoires de <i>Bresse,</i> le <i>Memorie Bressane, in</i>-4°, à Bresse en 1616. &amp; réimprimés au même endroit <i>in</i>-4°, en 1693. avec les additions de Fortunato Vinaccesi. Cette édition est la plus ample &amp; la meilleure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5888" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉSIL" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BRÉSIL</head>
    <p>
    BRÉSIL , s. m. Grande contrée de l'Amérique Méridionale, le long de sa côte Orientale. <i>Brasilia.</i> Alvarez Cabral, Portugais, appelle le <i>Brésil, la terre de Sainte Croix,</i> parce que ce fut le jour de cette fête qu'il la découvrit en 1500, ou 1501. Les Hollandois se saisirent d'une partie de ce pays l'année 1629. &amp; les suivantes. Leur Commandant le rendit aux Portugais par un Traité l'an 1654. Ce Traité fut ratifié en 1661. Quelques-uns divisent le <i>Brésil</i> en méditerranéen &amp; en maritime. Les Portugais sont maître du <i>Brésil</i> maritime, qui contient douze cents lieues de côtes, que les Portugais partagent en quatorze Capitainies ou Gouvernemens. Les Sauvages occupent le <i>Brésil</i> méditerranéen, &amp; l'on y distingue jusqu'à soixante &amp; seize nations. Le <i>Brésil</i> s'étend depuis le deuxième degré de latitude australe, jusqu'au quarante-cinquième ; ce qui fait 1075 lieues, en donnant 25 lieues au degré.</p><p>On a écrit quelquefois <i>Brasil</i> ; le P. Bouhours prétend même que <i>Brasil</i> se dit plus communément en parlant du pays. Je crois que l'usage a changé, &amp; que l'on dit aujourd'hui, pour le moins aussi communément, <i>Brésil</i> que <i>Brasil.</i> M. de la Neuville, dans son <i>Hist. du Portugal,</i> écrit toujours <i>Brésil</i> ; mais on dit <i>Brasilien,</i> comme nous l'avons mis en sa place, &amp; non pas <i>Brésilien.</i> Ce nom a été donné à cette contrée, parce qu'elle produit une très-grande quantité du bois nommé <i>Bresil.</i> Car ce n'est point ce pays qui a donné le nom au bois, puisqu'il est certain que long-temps avant la première découverte, non ciment du <i>Brésil,</i> mais de l'Amérique, ce bois s'appelloit <i>Bresil,</i> comme il paroît par le Dictionnaire Hébreu de Rabbi David Kimhhi, appellé <i>Sepher Schoraschim,</i> Liv. des Racines. Car cet Auteur, qui vivoit sur la fin du <pb n="725" facs="bpt6k8542165/f765/full/1200,/0/native.jpg"/>XIIe siècle, &amp; au commencement du XIIIe, dit à la racine , &amp; la racine , que quelques-uns prétendent que le bois, que l'Ecriture appelle , <i>algumim,</i> &amp; une fois , <i>almughim,</i> est le bois de teinture que les Arabes appellent , <i>albakam,</i> &amp; qu'on nomme en langue vulgaire <i>Brésil.</i> Et le Géographe Persien, cité par M. d'Herbelot au mot <i>Bacam,</i> qui est celui que les Arabes donnent à ce bois, aussi-bien qu'Edressi dans le troisième climat, écrivent que l'on trouve cet arbre dans les Isles de Rami, de Lameri, &amp; de Kaulam. Perceval a dit</p><p>Linschot a donné la Description de la terre du <i>Brésil.</i> Jarric, Liv. III. Herréra, c. 25. Barlé &amp; M. de la Neuville, <i>Hist. de Port.</i> Liv. V. p. 69. Orosius, Liv. II. Maffée dans l'<i>Hist. des Indes,</i> en ont aussi parlé. Emmanuel Morais a écrit <i>de Reb. Brasil.</i> &amp; Edouard d'Albuquerque, <i>Guerra del Bresil.</i> Nous avons en François l'Histoire d'un voyage fait en la Terre du <i>Brésil,</i> autrement dite Amérique, recueillie sur les lieux par Jean de Léry.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5889" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉSIL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BRÉSIL</head>
    <p>
    BRÉSIL , s. m. Bois rouge &amp; pésant, qui est fort sec, &amp; qui petille beaucoup dans le feu, où il ne fait presque point de fumée, à cause de sa grande sècheresse. <i>Brasilicum lignum.</i> On peut voir au mot Brésil, nom de Contrée, que ce bois n'a point été ainsi nommé, parce qu'il a été d'abord apporté du Brésil, &amp; qu'il se nommoit ainsi avant la découverte de l'Amérique ; &amp; l'on ne sait d'où il a pris son nom. Les Arabes l'appellent <i>Bacam,</i> &amp; le Géographe Persien, aussi-bien qu'Edressi, cités par d'Herbelot, disent que ses feuilles sont semblables à celles du jujubier ; que son bois est extrêmement rouge ; que ses racines sont un excellent remède contre la morsure des vipères ; &amp; que la ville de Caulem, à la côte de Malabar, est située dans une plaine qui en est toute couverte, aussi-bien que l'Isle Rami. Voyez d'Herbelot à ces mots.</p><p>Quelques Teinturiers s'en servent pour les teintures : néanmoins il est défendu par les Règlemens ; &amp; on l'appelle une fausse couleur, parce que son rouge s'évapore facilement. Néanmoins le rouge incarnat, la rose sèche, &amp; les canelas, sont teints avec du <i>brésil</i> &amp; bois d'Inde ; &amp; les violets sont montés de <i>brésil</i> &amp; d'orseille, &amp; puis passés sur la cuve d'Inde. Les acides changent le <i>brésil</i> en jaune ; mais si on y met quelque alkali, il deviendra de couleur de pourpre : de sorte que si on met du citron, ou du vinaigre distillé dans la décoction du bois de <i>brésil,</i> il déviendra jaune ; si on y met ensuite de l'huile de tartre, il se changera en violet, de même si on y met du bois d'Inde. L'arbre du bois de <i>brésil</i> qui s'appelle, dit M. de la Neuville, <i>Arabouten,</i> dans l'Amérique, est fort gros &amp; fort grand, garni de longues branches, qui sont chargées d'une quantité prodigieuse de petites feuilles à demi rondes, d'un très-beau verd luisant, après lesquelles naissent les fleurs, qui sont d'un très-beau rouge, &amp; d'une odeur très-agréable, du reste semblables à celles du muguet ; de ces fleurs il sort des fruits plats, dans chacun desquels il y a deux amandes plates, semblables aux graines de citrouille. Cet arbre a une grande quantité d'aubour qu'on ôte, aussi-bien que les branches, devant que de l'envoyer en Europe.</p><p>On dit proverbialement d'une chose très-sèche, &amp; qui brûle aisément, qu'elle est sèche comme du <i>brésil,</i> qu'elle brûle comme <i>brésil</i> ; qu'elle prend feu comme <i>brésil.</i> On le dit aussi d'une personne fort sèche &amp; fort maigre, ou qui se met aisément en colère, qui prend feu pour peu de chose, ou qui a des manières seches ; &amp; même du style d'un Auteur sec &amp; sans aménité ; mais tout cela, comme on l'a dit, est proverbial, &amp; par conséquent du style simple &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5890" id="1" type="teinture">
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   <index type="src_domain" value="teinture" />
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    <head>BRÉSILLER</head>
    <p>
    BRÉSILLER , v. act. Terme de Teinture . Teindre avec du brésil. <i>Brasilico ligno tingere, inficere.</i> On ne doit <i>brésiller</i> aucunes toiles, ni fils à marquer, qu'ils ne soient teints en bonne cuve.</p><p>&#9758; Bresiller, signifie aussi, Rompre par petits morceaux. Voilà qui est tout <i>brésillé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5891" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉSILLET" />
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    <head>BRÉSILLET</head>
    <p>
    BRÉSILLET , s. m. Espèce de bois de Brésil. Le <i>brésillet</i> vient des Isles Antilles : c'est de toutes les espèces de bois de <i>brésil</i> la moins bonne. Pomet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5892" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRESSAN" />
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    <head>BRESSAN</head>
    <p>
    BRESSAN , s. m. C'est le nom d'un pays d'Italie, auquel Bresse, qui en est la Capitale, a donné son nom. <i>Brixianus ager.</i> Le <i>Bressan</i> a pour bornes du côté du Nord une partie du Tirol &amp; de la Valteline, au Couchant le Bergamasque, &amp; la Walteline encore, au Midi le Cremonois &amp; le Mantouan ; au Levant le Trentin, le Véronois, &amp; le lac de Garde.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRESSAN</head>
    <p>
    Bressan, ane , s. m. &amp; f. Qui est de Brescia en Italie, ou du Bressan. <i>Brixianus.</i> L'an 1427. les <i>Bressans</i> ne pouvant plus souffrir les excessives tyrannies des Ducs de Milan, se donnèrent aux Vénitiens. Vigen.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5892" id="3" type="">
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    <head>BRESSAN</head>
    <p>
    Bressan , signifie aussi, Qui est de Bresse, Province de France. <i>Bressianus.</i> La rivière d'Yone séparoit les Allobroges ; c'est-à-dire, les Dauphinois, &amp; les Savoyards, des <i>Bressans</i> &amp; des Lyonnois, que César appelle <i>Segusiani.</i> Thiroux. Le peuple <i>Bressan.</i> Id. César appelle les <i>Bressans</i> alliés &amp; confédérés des Autunois. Id.</p><p>D'autres disent <i>Bressande</i> au féminin. J'ai vû <i>le Guemen dou poure Labory de Breissy su la pau che la de la garra,</i> en rime <i>Bressande</i> par Bernardin Uchard, avec l'explication Françoise des mots <i>Bressans,</i> ce qui fait que ledit livret n'est pas moins nécessaire que plaisant. Masc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5892" id="4" type="">
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    <head>BRESSAN</head>
    <p>
    Bresse , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:BRESCIA">BRESCIA</ref>. C'est la même ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5893" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRESSE" />
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    <head>BRESSE</head>
    <p>
    BRESSE , s. f. Province de France, qui a la Franche-Comté au Septentrion ; le Bugey à l'Orient, une partie du Duché de Bourgogne, &amp; une partie du Lyonnois au Couchant, &amp; le Dauphiné au Midi. <i>Bressia,</i> ou <i>Brexia.</i> On comprend souvent le Bugey dans la <i>Bresse.</i> La Principauté de Dombes, dont Trévoux est la Capitale, est enclavée dans la <i>Bresse.</i> Bourg est Capitale de la <i>Bresse.</i> Il y a une contrée de cette Province qu'on appelle la <i>Bresse Châlonnoise</i> ; parce qu'elle approche de Châlons sur Saone. La <i>Bresse</i> fut cédée à la France par le Duc de Savoye au commencement du dernier siècle. Voyez la <i>Notice des Gaules</i> de M. de Valois au mot <i>Brexia.</i> Sam. Guichenon, Avocat au Présid. de Bourg en <i>Bresse,</i> a donné l'Histoire de <i>Bresse</i> &amp; de Bugey <i>in-fol.</i> à Lyon 1650.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5894" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BRESSIN" />
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    <head>BRESSIN</head>
    <p>
    BRESSIN , s. m. Terme de Marine . C'est une corde qui sert à isser &amp; à amener une vergue, ou une voile. <i>Funis antennae adducendae destinatus.</i> On l'appelle autrement <i>guinderesse. Bressins</i> signifie aussi sur mer, des crocs de fer. <i>Uncus ferreus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5895" id="1" type="">
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    <head>BREST</head>
    <p>
    BREST , s. m. Ville &amp; port de Mer de France en Bretagne, dans le Diocèse de Léon. <i>Bivaetes portus, Brestia, Brestum. Brest</i> est le plus excellent port de Mer de toute la Bretagne, &amp; duquel peut-être toute la Province a pris l'origine de son nom. Du Chesne, dans ses <i>Antiq. &amp; Recherches des Villes de France.</i> Au reste, c'est une erreur de croire que <i>Brest</i> ait donné le nom à la Bretagne. L'entrée de la Baie de <i>Brest,</i> qu'on nomme le Goulet, est très-difficile. <i>Brest</i> a été choisi pour y faire le principal Arsenal de Mer de la France. C'est un magasin de mer pour l'Océan.</p><p><i>La fondante de Brest</i> est une espèce de poire. Voyez <ref type="search" target="head:FONDANTE">FONDANTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5896" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRETAGNE" />
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    <head>BRETAGNE</head>
    <p>
    BRETAGNE , subst. masculin. C'est un nom de lieu. <i>Britannia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5896" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRETAGNE" />
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    <head>BRETAGNE</head>
    <p>
    La grande Bretagne . <i>Magna Britannia.</i> Grande Isle de l'Océan, qui comprend l'Angleterre &amp; l'Ecosse. C'est une espèce de triangle dont la base est la côte Méridionale qui regarde la France. Tite-Live &amp; Fabius Rusticus lui donnent la figure d'une hâche. Quelques Anciens ont cru que cette Isle avoit été autrefois jointe à notre continent. Ils prétendent que c'est le sens de ce vers de Virgile,</p><p>Et Servius l'assure positivement, en expliquant ce vers de Claudien. <i>In Consul. Manlii. v.</i> 51.</p><p>Et peut-être pourroit-on trouver dans le nom de cette Isle de quoi appuyer ce sentiment, comme on le verra ci-après. Quoi qu'il en soit les premiers habitans de la Grande Bretagne furent des Gaulois qui y passerent, ou qui y furent jettés des côtes de Picardie &amp; de Flandres. On ne peut en <pb n="726" facs="bpt6k8542165/f766/full/1200,/0/native.jpg"/>douter, quand on fait réflexion. 1°. Qu'ils se sont appellés <i>Cumeri,</i> &amp; <i>Kymbri,</i> &amp; leur langue <i>Kimry,</i> de même que les Gaulois ont été appellés <i>Cimbri,</i> selon la remarque de Cambden. 2°. Que la Religion étoit la même dans la Gaule &amp; dans la Grande Bretagne, comme l'a remarqué Tacite ; que l'une &amp; l'autre nation avoit ses Druides &amp; ses Bardes, &amp;c. 3°. Que l'ancienne langue des Bretons étoit la même que la langue des Gaulois, comme on peut s'en convaincre dans l'Archaeologie Britannique de Lhuyd, &amp; dans Cambden, <i>Britan.</i> p. 12. &amp; suiv. Ce sont apparemment ces premiers habitans de l'Isle qui lui donnerent son nom. On dit qu'ils la nommoient <i>Pridain,</i> ou <i>Phridain,</i> &amp; que c'est de là que s'est fait le mot de Bretagne &amp; de Breton.</p><p>Au reste, ce n'est pas à la seule Isle que nous appellons aujourd'hui <i>Grande Bretagne</i> que l'antiquité a donné ce nom ; toutes les Isles de la même mer, ou qui sont aux environs de la <i>Grande Bretagne,</i> furent appellées Isles Britanniques, comme il paroît par Denys le Géographe, l'Auteur du Livre du Monde attribué à Aristote, &amp;c. Celle-ci fut cependant appellée par excellence Britannique, , <i>Britannia,</i> ou <i>Bretannia,</i> . Elle se nomma aussi Albion. Quelques anciens Auteurs fabuleux prétendent qu'elle fut nommée d'abord Samothée, puis Albion, &amp; enfin <i>Bretagne.</i> Elle avoit ce nom du temps de César, &amp; elle l'a porté jusqu'à l'invasion des Saxons, ou Anglois-Saxons, qui donnerent le leur à la partie qu'ils occuperent, &amp; la firent nommer Engelland, c'est-à-dire, Angleterre, tandis que la partie Septentrionale s'appelloit Ecosse, du nom d'un peuple Irlandois qui s'y étoit établi. On a repris ce nom de Bretagne dans ces derniers siècles. Jacques I. qui avoit réuni les deux couronnes d'Angleterre &amp; d'Ecosse en sa personne, projettoit aussi la réunion des deux Royaumes, &amp; fit même battre des médailles à ce sujet, dont les Légendes étoient : <i>Quae Deus conjunxit, nemo separet :</i> Et, <i>Faciam eos in Gentem unam,</i> &amp; <i>Tueatur unita Deus</i> ; Et <i>Henricus rosas, regna Jacobus,</i> par allusion à Henri VII. qui avoit réuni les deux factions de la Rose blanche &amp; de la Rose rouge, en réunissant par son mariage avec Elizabeth fille d'Edouard IV. les droits des Maisons de Lancastre &amp; d'Yorck. Cependant Jacques ne put venir à bout de son dessein, auquel les Parlemens d'Angleterre &amp; d'Ecosse s'opposerent également. Enfin, la Reine Anne l'a exécuté, en ne faisant qu'un Royaume des deux, &amp; ordonnant qu'on l'appellât <i>Grande Bretagne.</i> Ainsi l'on a rappellé l'ancien nom, de l'étymologie &amp; de la signification duquel on ne convient pas.</p><p>Un certain Galfredus Arturius, qui sous Henri II. donna une Histoire Britannique qu'il avoit tirée, disoit-il, des anciens Auteurs Bretons, prétendit que Brutus Trojain fils de Sylvius, petit-fils d'Ascanius, &amp; arrière petit-fils d'Enée, après bien des avantures romanesques étoit passé dans l'Isle dont nous parlons, habitée pour lors par des Géans, &amp; lui avoit donné son nom. Le Chevalier Thomas Eliot le tire du nom Grec , qui signifioit chez les Athéniens, les Revenus publics de la République. Humfroy Lhuyd veut que ce mot se soit formé de Pridcain, qui signifie fort blanche. Cela reviendroit au nom Albion que les Grecs lui donnerent. Ainsi ce n'auroit été qu'une interprétation du nom propre ; &amp; ce qui pourroit appuyer ce sentiment, c'est qu'on en a usé de même en d'autres noms semblables, comme en celui d'Aquitaine, appellée par les Gaulois Armorique, ainsi qu'on le peut voir au mot Aquitaine. Mais Cambden prétend que cette étymologie est dure, &amp; que <i>cain,</i> blanc, a passé du Latin <i>candidus</i> dans l'Anglois, &amp; qu'il ne vient pas de plus loin. Pomponius Gallus dit que ce sont les Bretons de Gaule, ou les Armoriques, qui ont porté ce nom en Angleterre ; Goropius Becanus, que les Danois qui s'y établirent lui donnerent le nom <i>Bridanium,</i> qui signifie, <i>Libera Dania,</i> &amp; que de-là s'est fait <i>Britania.</i> D'autres tirent ce nom de <i>Prutenia,</i> la Prusse ; Bodin de <i>Bretta,</i> mot Espagnol, qui signifie terre ; d'autres de <i>Britin,</i> qui dans Athénée s'est dit pour signifier un port ; d'autres des Brutiens, peuples d'Italie, &amp; quelques-uns du mot Latin <i>brutus,</i> brutal, à cause des moeurs sauvages &amp; barbares des habitans de cette Isle. Cambden réfute toutes ces opinions. Bochart, qui rapporte tout aux Phéniciens, prétend que ce nom est Phénicien, formé de , <i>terre,</i> &amp; , <i>étain,</i> dont les mines qui sont en Angleterre donnerent le nom à toute l'Isle ; que les Bretons sont des Colonies de Phéniciens, ou de Chananéens, que Josué chassa de leur pays, &amp; qui se répandirent en Espagne, en Gaule, &amp; en Angleterre plus de 300. ans avant le temps où l'on place le Brutus dont nous avons parlé. On pourroit dire que ce nom, Pridain, venoit de , <i>separavit, disjunxit,</i> pour marquer que cette terre a été séparée de notre continent. Cambden croit que <i>Britannia</i> vient de <i>Brit,</i> qui signifie <i>peint,</i> parce que ces peuples avoient coutume de se peindre le corps, pour se rendre, disent quelques-uns, plus effroyables dans les combats.</p><p>On ne sut que l'Angleterre étoit un Isle que sous Domitien, &amp; sur la fin du gouvernement d'Agricola, par une avanture que Tacite &amp; Dion racontent. M. Lhuyd a fait un Recueil de toutes les Grammaires &amp; Dictionnaires de l'ancien Breton, ou du Bas-Breton, ou qui ont rapport à l'ancien Breton, qu'il a intitulé <i>Archaeologia Britannica.</i> On trouve beaucoup de choses curieuses &amp; savantes sur l'ancienne Bretagne dans la <i>Britannia</i> de Cambden ; cet Ouvrage a été traduit en Anglois, &amp; augmenté par Edmond Gibson, &amp; cette traduction fut imprimée à Londres en 1695. Les <i>Reliquiae Cambdenianae</i> est aussi un bon Livre, imprimé à Londres en 1637. dans lequel il y a des remarques curieuses touchant le langage des anciens Bretons. Pitsaeus, Balaeus, Wood, &amp; en dernier lieu Nicholson, ont donné des listes ou bibliothèques des Ecrivains de leur Nation, tant anciens que modernes.</p><p>Les Isles de la <i>Grande Bretagne. Insulae Britannicae.</i> Ce sont des Isles d'Europe, situées entre le 50. &amp; le 61. ou 62e degré de latitude Septentrionale, &amp; entre le 9e &amp; le 23e degré de longitude. On les divise en cinq parties. 1°. La <i>Grande Bretagne,</i> dont nous avons parlé. 2°. L'Irlande. 3°. Les Sorlingues. 4°. Les Hébudes, ou Inch Galles, ou Westernes. 5°. Les Orcades, auxquelles on joint les Schetlandiques. Toutes ces Isles dépendent aujourd'hui du Roi de la <i>Grande Bretagne.</i> Maty.</p><p>La nouvelle <i>Bretagne.</i> Grand Pays de l'Amérique Septentrionale au Nord du Canada. <i>Nova Britannia.</i> On l'appelle aussi <i>Estoillande,</i> ou Terre de <i>Laborador,</i> ou de Corta-real.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRETAGNE</head>
    <p>
    Bretagne , s. f. <i>Armorica, Britannia minor.</i> Petite Bretagne. Province de France qui a titre de Duché. C'est une grande presqu'Isle baignée au Nord par la mer de <i>Bretagne,</i> au Couchant par l'Océan, au Midi par la mer de Gascogne, &amp; du côté de la terre par le Poitou, l'Anjou, le Maine, &amp; une petite partie de la Normandie. C'est une des plus grandes Provinces de France, qui s'étend depuis environ le 12e degré 50. min. de longit. jusqu'au 16d 30' selon les Cartes de M. de L'Isle faites sur les observations de l'Académie des Sciences, &amp; qui est entre le 47e &amp; le 49e de latitude Septentrionale. La Capitale de <i>Bretagne</i> est Rennes. Cette Province se divise en Haute-<i>Bretagne,</i> &amp; en Basse-<i>Bretagne.</i> La Haute-<i>Bretagne</i> comprend les Evêchés de Rennes, de S. Brieu, de S. Malo, de Dol &amp; de Nantes. On trouve dans la Basse-<i>Bretagne</i> les Diocèses de Vannes, de Cornouailles, de Léon &amp; de Treguier. Ces neuf Evêchés sont Suffragans de Tours. On ne dit guère la Haute-<i>Bretagne,</i> mais on dit souvent Basse-<i>Bretagne.</i></p><p>La <i>Bretagne</i> s'appelloit Armorique du temps des Romains. On convient assez qu'elle a reçu le nom de <i>Bretagne</i> des Habitans de la Grande <i>Bretagne</i> qui s'y sont établis, mais on ne convient pas du temps où cela s'est fait. Il y a des Auteurs qui fondés sur quelques endroits de Pline &amp; de Bede, prétendent que dès les premiers siècles de l'Eglise, des Bretons avoient passé la mer, &amp; conduit des Colonies dans l'Armorique. Ils ne disent pas cependant que dès-lors elle prit le nom de ces nouveaux hôtes. D'autres soutiennent qu'au quatrième siècle l'Empereur Maxime s'étant rendu maître de cette Province, il la donna aux Bretons qui l'avoient suivi dans ses expéditions ; d'autres que Vortiger, <pb n="727" facs="bpt6k8542165/f767/full/1200,/0/native.jpg"/>ou Vortigem, que les Bretons avoient appellé à leur secours contre les Ecossois, peuple d'Hibernie, ou d'Irlande, qui vouloit envahir la Grande <i>Bretagne</i> ; que ce Vortiger, dis-je, après avoir repoussé les Ecossois, se rendit maître de la <i>Bretagne</i> ; qu'un grand nombre de Bretons pour éviter sa tyrannie passerent en Armorique, &amp; s'y étant établis, donnerent leur nom à cette partie de la Gaule. D'autres écrivent que ceux qui s'y retirerent, &amp; lui donnerent ce nom, sont les Bretons chassés de leur Isle par les Anglois Saxons, qui y entrerent sous la conduite de Hengist en 446. La Chronique Bretonne, ou Britannique de l'Eglise de Nantes, que le P. Lobineau a imprimée dans le IIe Tome de l'<i>Hist. de Bret.</i> p. 3. dit p. 31. que ce fut en 513. sous le règne de Clotaire fils de Clovis que ces Bretons passerent dans l'Armorique. Clotaire II. vaincu par Théodebert &amp; Théodoric fils de Childebert, céda à Théodoric tous les pays renfermés entre la Seine, la Loire &amp; l'Océan, <i>jusqu'à la frontière des Bretons,</i> mots, dit le P. Lobineau, qui font voir que nos premiers Rois n'avoient aucun droit de Souveraineté sur la <i>Bretagne.</i> Le même Auteur dit que son Gouvernement étoit aristocratique, T. I. p. 73.</p><p>Quelques-uns prétendent que la <i>Bretagne</i> a eu titre de Royaume ; que Conan, le Chef des Bretons, que Maxime mit dans l'Armorique, la reçut de cette Empereur à titre de Royaume ; que ce Royaume après avoir duré jusqu'à Charlemagne fut rendu feudataire par cet Empereur, &amp; changé en Comté. D'autres disent qu'il ne dura que jusqu'à Clovis &amp; Chilpéric, qui obligerent ces petits Rois de se contenter de la qualité de Comte ; qu'ensuite cependant, s'étant remis en liberté, ils furent rendus tributaires par Dagobert II. jusqu'à Charlemagne, qui les subjugua &amp; les réduisit à la qualité de Comtes ; depuis, la <i>Bretagne</i> fut érigée en Duché, &amp; a eu long-temps ses Ducs particuliers. C'est Philippe le Bel, qui étant à Courtray en 1247. au mois de Septembre, en considération des grands services que le Duc de Bretagne Jean II. lui avoit rendus, le créa Pair de France avec les mêmes prérogatives dont jouïssoit le Duc de Bourgogne, déclarant que la Pairie seroit attachée au Duché de Bretagne, &amp; que le Duc qui n'avoit été jusques là nommé que Comte dans les Lettres Royaux, seroit désormais appellé Duc. Lobineau. Le dernier Duc de <i>Bretagne</i> fut François II. qui n'eut qu'une fille, Anne de <i>Bretagne,</i> qui apporta la <i>Bretagne</i> à la France par son mariage avec Charles VIII. &amp; puis avec Louïs XII.</p><p>La <i>Bretagne</i> relevoit de Richard troisième Duc de Normandie, &amp; dès le temps du premier Duc (Rolon fondateur de ce Duché) elle étoit devenue comme un arrière fief de la Couronne par le consentement de Charles le Simple. Au commencement de la troisième race on vit les Bretons se relever, &amp; donner de l'inquiétude aux Ducs de Normandie. P. Dan. Il fut réglé par le Traité de Guérande, conclu le 12. d'Avril de l'an 1365. que désormais les femmes ne pourroient prétendre au Duché de <i>Bretagne</i> qu'au défaut de tous les mâles légitimes de la Maison de <i>Bretagne.</i> Id. <i>Tom. II. pag.</i> 628. La <i>Bretagne</i> est un Pays d'Etats. Voyez encore le mot Armorique. Il y a des <i>Chroniques Annales de Bretagne</i> par Me Alain Bouchard Avocat au Parlement ; l'<i>Histoire de Bretagne</i> par Bertrand d'Argentré ; une autre par d'Hosier, avec les <i>Chroniques des Maisons de Vitré &amp; de Laval</i> ; &amp; enfin la dernière en deux Tomes, dont le second contient les preuves données par D. Alexis Lobineau Bénédictin. Il y a des Dissertations sur la Mouvance de la <i>Bretagne</i> de M. l'Abbé de Vertot &amp; d'un Anonyme. Voyez encore de Hauteserre, <i>Notae in Greg. Tur. L. IV. p.</i> 114.</p><p>La Mer de <i>Bretagne,</i> autrement la Manche, ou le Canal. C'est un grand détroit de l'Océan Atlantique, qui s'étend entre les côtes de France au Midi &amp; celles d'Angleterre au Nord.</p><p>Il y a une Contrée en Canada, à la pointe du Golfe de saint Laurent, à laquelle on a donné le nom de Nouvelle <i>Bretagne.</i> On écrivoit autrefois <i>Bretaigne,</i> aujourd'hui il seroit mal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5897" id="1" type="">
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    <head>BRETANNION</head>
    <p>
    BRETANNION , s. m. Nom propre d'homme. <i>Bretannio,</i> ou <i>Vetrannio.</i> D'autres disent <i>Vetrannion.</i> L'un peut s'être formé de l'autre. S. <i>Bretannion,</i> Evêque de Tomes dans la petite Scythie près du Pont-Euxin, parla hautement à Valens pour la défense de la foi de Nicée, &amp; ne voulut point communiquer avec lui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRETAUDER</head>
    <p>
    BRETAUDER , v. act. Il signifioit autrefois, Tondre inégalement. <i>Tondere inaequaliter.</i> Aujourd'hui il signifie seulement, Couper les oreilles à un cheval. <i>Resecare aures, mutilare, truncare.</i> Et quelques-uns se servent aussi de ce mot pour signifier <i>chatrer.</i> Il signifie aussi, couper à quelqu'un les cheveux plus cours qu'il n'a coutume de les porter : mais on ne s'en sert qu'en style burlesque &amp; comique. Qui vous a <i>bretaudé</i> de la sorte ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5899" id="1" type="">
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    <head>BRETÊCHE</head>
    <p>
    BRETÊCHE , s. f. Vieux mot, qui signifie une forteresse à crénaux, &amp; le lieu public où l'on fait les cris &amp; proclamations de Justice. <i>Turris pinnis instructa.</i> Il vient de l'Italien <i>Bretesca,</i> qui se dit de cette barrière qu'on met d'ordinaire devant la porte des Palais. Ménage. Les portaux des Villes s'appelloient aussi <i>bretêches,</i> parce qu'il y avoit quelques petits forts ou défenses de bois, comme on appelle <i>barbacane,</i> ce qui sert à défendre le fossé. Il a aussi signifié, marche-pied, corridor.</p><p>En quelques Coutumes on dit <i>bretèque,</i> ou <i>bretesque.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRETELLE</head>
    <p>
    BRETELLE , s. f. Ce qui sert à attacher sur les épaules des hottes, des crochets, des bars, des brouettes, ou autres choses propres à porter des fardeaux. <i>Funales habenae dossuarii corbis.</i> Ce sont deux sangles, ou deux manières de tissu façon de sangles, chacune large de deux pouces, &amp; longue d'environ une demi aune : on les attache par un bout vers le milieu de la partie platte de la hotte, afin que chacune faisant le tour d'une des épaules, &amp; passant par-dessous les aisselles, elles viennent s'accrocher par leur autre bout, qui a une boucle, à deux bouts de bâton qui sortent exprès du bas de la hotte, &amp; qu'ainsi la hotte tienne ferme sur les épaules. Il en est de même à proportion aux crochets. Prenez garde que les <i>bretelles</i> de votre hotte soient assez fortes pour ce fardeau. Ces <i>bretelles</i> sont trop petites, trop courtes.</p><p>Borel le dérive du Grec , c'est-à-dire, <i>je charge.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5900" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRETELLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BRETELLE</head>
    <p>
    &#9758; BRETELLE , s. f.Bretelle , est aussi un terme de Rubanier ; &amp; il signifie un tissu pour soutenir le corps du Rubanier lorsqu'il travaille, de peur qu'il ne tombe en devant.<br/>Bretelles, au plur. signifie encore un tissu de fil ou de soie, qui sert à soutenir les culottes des enfans, ou des hommes un peu gros.</p><p>On dit proverbialement, <i>Il en a par-dessus les bretelles,</i> ou jusqu'aux <i>bretelles</i> ; pour dire, il en a par-dessus ses forces, au-delà de ce qu'il peut porter. Ce qui se dit de toutes sortes de méchantes affaires, mais plus ordinairement lorsque quelqu'un a bû trop de vin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5901" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BRETESSES" />
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    <head>BRETESSES</head>
    <p>
    BRETESSES , ou BRETECHES. Terme de Blason , qui se dit d'une rangée de créneaux sur une fasce, bande, ou pal, ou sur les côtés d'un blason de platte figure. <i>Pinnarum muralium ordo geminus.</i> Et on appelle Ecu <i>bretessé</i> simplement, quand les créneaux d'une fasce, d'un pal, d'une bande se rapportent, &amp; sont vis-à-vis l'un de l'autre. Les Martinozzi portent quatre faces <i>bretessées</i> à double. Masc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5902" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRETON, ONE" />
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    <head>BRETON, ONE</head>
    <p>
    BRETON, ONE , s. m. &amp; f. <i>Britannus. Brito.</i> C'est le nom des anciens habitans de l'Isle que nous appellons aujourd'hui Grande Bretagne. Ils avoient ce nom au temps de César, &amp; l'ont gardé jusqu'à l'invasion des Saxons. Voyez ce qu'on dit de son étymologie au mot Grande Bretagne. Aujourd'hui on n'appelle point en François <i>Bretons</i> les habitans de cette Isle, mais Anglois, ceux qui habitent la partie Méridionale ; &amp; Ecossois, ceux qui occupent la partie Septentrionale. Cependant en parlant des anciens peuples de ce pays, sur-tout de la partie Méridionale, il faudroit dire <i>Bretons,</i> jusqu'à l'invasion des Saxons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5902" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRETON, ONE" />
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    <head>BRETON, ONE</head>
    <p>
    Breton, one , s. m. &amp; f. <i>Armoricus, a.</i> Nom du peuple qui habite la petite Bretagne, Province de France, qu'on appelloit autrefois Armorique. Ce sont les seuls qui portent aujourd'hui en notre Langue le nom de Bretons, qu'ils ont depuis plusieurs siècles. Voyez <ref type="search" target="head:Bretagne">Bretagne</ref>. Les <i>Bretons</i> de France, &amp; les Gallois d'Angleterre, ou Montagnards de la Principauté de Galles, ont une même Langue, &amp; s'entendent les uns les autres. La Noblesse <i>Bretonne.</i> Grégoire de Tours dit expressément, Liv. IV. C. 4. <pb n="728" facs="bpt6k8542165/f768/full/1200,/0/native.jpg"/>que depuis Clovis les <i>Bretons</i> furent sous la domination des François ; que les <i>Bretons</i> dès-lors n'eurent plus de Rois, &amp; que leurs Princes se contenterent de porter le titre de Comte. P. Dan. Les Charges <i>Bretonnes</i> sont au Parlement de Bretagne les Charges de Conseillers, qui ne peuvent être possédées que par des <i>Bretons,</i> comme les Charges Françoises ne peuvent l'être que par d'autres que des <i>Bretons.</i> Un cheval <i>Breton.</i></p><p>On dit <i>Bas-Breton</i> &amp; <i>Basse-Bretonne,</i> pour dire un homme ou une femme qui est de Basse-Bretagne. Un Gentilhomme <i>Bas-Breton.</i> Au lieu de <i>Basse-Bretonne,</i> on dit souvent dans le discours familier une <i>Basse-Brette.</i> Les <i>Basses-Brettes</i> ont de l'esprit, c'est-à-dire, les <i>Basses-Bretonnes,</i> les femmes de Basse-Bretagne. Ce Capitaine de vaisseau a épousé une <i>Basse-Brette</i> qui lui a donné du bien.</p><p>J'ai ouï dire quelquefois <i>Haut-Breton.</i> Je ne suis pas <i>Bas-Breton,</i> je suis <i>Haut-Breton,</i> mais il est peu dans l'usage, &amp; je ne l'ai jamais ouï au féminin, <i>Haute-Bretonne.</i> On dit simplement un <i>Breton,</i> une <i>Bretonne,</i> &amp; si l'on veut marquer le quartier de Bretagne d'où l'on est, on dira <i>Breton,</i> ou <i>Bretonne</i> de Rennes, de Nantes, de S. Malo, de Dinant ; ou du Diocèse de Rennes, de Nantes, &amp;c. ou bien je suis <i>Breton,</i> mais non pas <i>Bas-Breton,</i> ou de la Haute-Bretagne, plutôt que de dire <i>Haut-Breton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5902" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRETON, ONE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BRETON, ONE</head>
    <p>
    Breton-bretonnant . Si l'on en croit d'Hosier dans son <i>Hist. de Bretagne,</i> pag. 43. 44. les <i>Bretons</i> qui habitoient les côtes de l'Océan du côté de l'Occident prirent des femmes de la Grande Bretagne, &amp; c'est le langage de ces femmes qui continue encore aujourd'hui, &amp; que nous nommons <i>Bas-Breton</i> ; car c'est le langage des mères que les enfans apprennent ; &amp; c'est pour cela, dit-il, qu'on appelle ceux-ci <i>Bretons-Bretonnans.</i> Pour les autres situés vers l'Orient, ils prirent des femmes Gauloises, &amp; c'est à raison de leurs mères &amp; de leur langue, qu'on les appelle <i>Bretons-Gaulois.</i></p><p>Il est vrai qu'on appelle <i>Bretons-Bretonnans</i> ceux qui parlent Bas-Breton ; mais la raison qu'il en rapporte n'est pas bien sûre : il y a plus d'apparence que c'est leur peu de commerce avec la France, &amp; leur langue qui leur fit donner ce nom, qui du reste est bas &amp; populaire.</p><p>Du Tillet, <i>Rec. des Rois de Fr.</i> p. 3. dit <i>Breton tonnant,</i> &amp; non pas <i>bretonnant.</i> Ce n'est qu'un retranchement de la première syllabe, &amp; cette expression n'a rien de différent de l'autre ; mais elle ne se dit plus. Cet Auteur n'appelle point ainsi le peuple de Bretagne, mais le langage de ce peuple que nous appellons <i>Bas-Breton.</i> Du reste, il dit plus vraisemblablement que d'Hosier que c'est le langage apporté &amp; conservé jusqu'à présent par les <i>Bretons</i> qui s'y retirerent chassés par les Anglois-Saxons. Mais après tout, il est difficile de se persuader que quelques réfugiés fissent changer le langage aux Armoriques naturels du pays. Ils s'accommoderent bien plutôt au leur, qui n'étoit pas fort différent de celui des Bretons, parce qu'il est certain, que les Bretons de l'Isle Britannique étoient originairement Gaulois.</p><p>Le <i>Cap Breton.</i> Cap de l'Amérique Septentrionale, sur la côte Méridionale de l'Isle du <i>Cap Breton,</i> à laquelle il donne son nom, &amp; qui est située dans la mer de Canada, entre l'Isle de Terre-Neuve &amp; l'Acadie. <i>Caput Britonum.</i></p><p>Le <i>Pertuis Breton.</i> Petit détroit de la mer de Gascogne, entre la côte Septentrionale de l'Isle de Rhé, &amp; celle de Poitou. <i>Fretum Britannicum.</i> Maty. L'<i>Isle des Bretons.</i> Isle de l'Amérique, <i>Britonum Insula,</i> autrement l'Isle du <i>Cap Breton.</i></p><p><i>Breton</i> &amp; <i>Britto, Brittus,</i> au plur. <i>Brittones</i> &amp; <i>Britti,</i> selon le P. Pezron, sont des noms pris de la langue des Gaulois, qui disent <i>Brittes, Brith,</i> pour signifier un homme peint &amp; marqué de diverses couleurs, &amp; chez eux <i>Britho</i> étoit un verbe, qui signifioit <i>pingere, variegare,</i> c'est-à-dire, peindre &amp; marquer de diverses couleurs. <i>Brittones</i> &amp; <i>Britti</i> n'étoient donc autre chose que des hommes peints. En effet, continue-t-il, ces peuples Bretons anciennement se peignoient le corps, &amp; même le visage principalement d'une couleur qui tiroit sur le bleu ; de-là vient que Martial les appelle <i>Picti Britanni,</i> en parlant de ceux d'Angleterre. Sur quoi il est bon de remarquer, dit encore le P. Pezron, que <i>Britannia</i> vient du Celte <i>Britt,</i> c'est-à-dire, <i>peint</i> ; &amp; de <i>tan,</i> ou <i>stan,</i> qui signifie <i>pays,</i> ou <i>région.</i> Ainsi <i>Britannia,</i> selon lui, veut proprement dire <i>région des hommes peints.</i> Desorte que les Grecs qui ont écrit par un <i>e</i> &amp; deux <i>tt,</i> ont mieux marqué le véritable nom de ces peuples que les Latins, qui disent <i>Britannia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5903" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRETON" />
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    <head>BRETON</head>
    <p>
    BRETON , s. m. Coquille blanche, &amp; inégale, qui s'emploie aux ouvrages de rocailles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5904" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRETTE" />
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    <head>BRETTE</head>
    <p>
    BRETTE , s. f. Estocade, épée qui est plus longue que celle que les Gentilshommes portent d'ordinaire. <i>Rudis gladiatoria.</i> Quelques-uns dérivent ce mot de <i>brito,</i> qui signifie une <i>espèce d'arme tranchante</i> inventée en Bretagne.</p><p>On appelle aussi une femme de Bretagne <i>Brette,</i> de <i>Britta.</i> Et Basse-<i>Brette</i> une femme de Basse-Bretagne. <i>Brette</i> est proprement une sorte d'épée longue &amp; étroite. M. Huet croit qu'elles sont ainsi nommées pour être venues de Bretagne. Dans le grand testament de Villon le mot <i>Brettes</i> est employé pour <i>bretonnes,</i> &amp; <i>brettes targes,</i> pour <i>targes bretonnes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5905" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRETTÉ, ÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BRETTÉ, ÉE</head>
    <p>
    BRETTÉ, ÉE , adj. Outil d'Artisan qui a plusieurs dents. Une truelle <i>brettée,</i> ou un marteau <i>bretté,</i> ou <i>brettelé,</i> sont des outils qui ont plusieurs dents ou petites pointes qui servent à bretteler leurs ouvrages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5906" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BRETTELER" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BRETTELER</head>
    <p>
    BRETTELER , ou BRETTER, v. act. Terme d'Architecture . C'est, Gratter un mur avec une truelle qui a des dents, tailler une pierre avec un marteau bretté ou dentelé. Les Sculpteurs dégrossissent aussi leurs modèles avec des ébauchoirs <i>brettés</i> qui ont plusieurs dents.</p><p>&#9758; Bretter, v. n. Chercher querelle, férailler, avoir toujours l'épée au vent, attaquer insolemment tous les passans, chercher noise à un chacun. C'est un métier qui envoie bien-tôt son maître en l'autre monde. <i>Dict. Com.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5907" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRETTEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BRETTEUR</head>
    <p>
    BRETTEUR , s. m. Celui qui porte une brette, qui aime à se battre &amp; à férailler. <i>Rixarum amans.</i></p><p>On le dit aussi des filous, des gens qui ne vivent que des violences qu'ils font en des lieux de débauche, ou qui servent à venger les querelles d'autrui. Ce garçon s'est débauché, &amp; s'est mis en la compagnie des <i>Bretteurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5908" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRETTURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>BRETTURE</head>
    <p>
    BRETTURE , s. f. Dentelure qui est aux extrémités de plusieurs outils d'Artisans, comme truelles, rippes, marteaux, &amp;c. <i>Denticuli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5908" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRETTURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Beaux-arts" />
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    <head>BRETTURE</head>
    <p>
    Brettures , se dit aussi des traits que le Sculpteur laisse sur un ouvrage qu'il dégrossit avec l'ébauchoir bretté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5909" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÈVE" />
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    <head>BRÈVE</head>
    <p>
    BRÈVE , Voyez <ref type="search" target="head:BREF">BREF</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5910" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÈVEMENT" />
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    <head>BRÈVEMENT</head>
    <p>
    BRÈVEMENT , Voyez <ref type="search" target="head:BRIÈVEMENT">BRIÈVEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5911" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÈVETE" />
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    <head>BRÈVETE</head>
    <p>
    BRÈVETE , Voyez <ref type="search" target="head:BRIÈVETÉ">BRIÈVETÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5912" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉVET" />
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    <head>BRÉVET</head>
    <p>
    BRÉVET , s. m. Acte expédié par un Secrétaire d'Etat, qui porte la concession d'une grace, ou d'un don que le Roi a fait à quelqu'un. <i>Breve Regis, diploma.</i> Il a eu le <i>Brévet</i> de nomination à un tel Eveché ; un <i>Brévet</i> pour jouïr d'une telle charge. Il a eu un <i>Brévet</i> d'affaires. Ce Duc &amp; Pair est seulement Duc par <i>Brévet.</i> Il a eu un <i>Brévet</i> de Maréchal de France. On lui a donné un <i>Brévet</i> de retenue d'une telle somme sur une telle charge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5912" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRÉVET" />
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    <head>BRÉVET</head>
    <p>
    Brévet , se dit aussi de la minute d'une obligation, ou autre acte passé pardevant Notaires. <i>Rescriptum.</i> Un Financier qui prête son argent, veut en avoir le <i>brévet</i> par devers lui. On dit aussi d'un Artisan, qu'il doit rapporter son <i>brévet</i> d'apprentissage, pour le faire enregistrer sur le Livre de la Communauté. Du Cange témoigne qu'on appelloit autrefois <i>brevis Notariorum ;</i> ou <i>breve sacramenti</i> ; pour dire, <i>les actes &amp; minutes de Notaires</i> ; &amp; rapporte une autorité de Lampridius pour le prouver.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5912" id="3" type="marine">
   <index type="head" value="BRÉVET" />
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    <head>BRÉVET</head>
    <p>
    Brévet , en termes de Marine , est un écrit sous seing privé sur le fait d'une marchandise particulière dite passagère, qui n'occupe pas tout le vaisseau. Les matelots l'appellent <i>connoissement</i> sur l'Océan, &amp; <i>police de chargement</i> sur la Méditerrannée. Voyez <ref type="search" target="head:BREF">BREF</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5912" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRÉVET" />
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    <head>BRÉVET</head>
    <p>
    Brévet , se dit aussi de certains billets, caractères, ou oraisons que donnent des Charlatans, &amp; des affronteurs, pour guérir de plusieurs maladies, ou pour faire des choses extraordinaires. Ainsi Corneille a dit dans l'Illusion Comique,</p><p>On les appelle en Grec , en Latin <i>servatorium, amuletum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5913" id="1" type="palais">
   <index type="head" value="BREVETAIRE" />
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    <head>BREVETAIRE</head>
    <p>
    BREVETAIRE , subst. m. Terme de Palais . Celui qui a obtenu <pb n="729" facs="bpt6k8542165/f769/full/1200,/0/native.jpg"/>un brévet du Roi ; par exemple, pour être pourvû du premier Bénéfice qui viendra à vaquer. <i>Regis diplomate munitus, instructus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5914" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉVIAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>BRÉVIAIRE</head>
    <p>
    BRÉVIAIRE , s. m. Office Divin qu'on fait tous les jours à l'Eglise, &amp; que les Ecclésiastiques doivent dire chez eux quand ils ne peuvent pas y assister. <i>Breviarium.</i> Le <i>Bréviaire</i> de Rome se peut dire par-tout. Il y a des <i>Bréviaires</i> particuliers pour chaque Diocese, &amp; pour chaque Ordre de Religieux. Comme avant le Concile de Trente le <i>Bréviaire</i> n'étoit pas uniforme pour tous les Diocèses, le Pape Pie V. fit dresser un <i>Bréviaire</i> pour l'usage universel de l'Eglise, intitulé, <i>Breviarium Romanum ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restitutum.</i></p><p>Le <i>Bréviaire</i> est composé de Matines, Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres &amp; Complies ; c'est-à-dire, de sept différentes heures, à cause de ce mot de David Pseaume CXVIII. <i>Septies in die laudem dixi tibi.</i> L'obligation de réciter l'Office que les Latins appellent <i>Bréviaire,</i> &amp; les Grecs l'horloge, peu-à-peu s'est reduite aux seuls Clercs &amp; aux Bénéficiers, qui y sont obligés sous peine de péché mortel, &amp; de restitution des fruits, à proportion de ce qu'ils en auront omis. God. Au XIVe siècle c'étoit un cas réservé aux Evêques que d'avoir été trois jours sans dire le <i>Bréviaire.</i> Il y avoit des Evêques qui exigeoient des Prêtres qu'ils eussent dit non seulement Matines, mais encore Prime, avant que de célébrer la Messe. Lobineau. <i>Hist. de Bret. Tom. I. p.</i> 847.</p><p>L'Institution du <i>Bréviaire</i> n'étant point ancienne, on y a inséré les vies des Saints telles qu'elles étoient alors, c'est-à-dire, pleines de faits qui ne sont point assez avérés. C'est pourquoi il a été nécessaire que les Papes &amp; les Evêques les réformassent selon le decret du Concile de Trente. Les Papes Pie V. Clément VIII. &amp; Urbain VIII. ont fait réformer le <i>Bréviaire</i> Romain. Plusieurs Evêques de France ont aussi fait travailler à la réformation des <i>Bréviaires</i> de leurs Diocèses.</p><p>Mr. Joly, grand Chantre de Notre-Dame de Paris, dans une consultation touchant <i>la réformation des Heures Canoniales,</i> imprimée en 1644. prétend que l'obligation de réciter le <i>Bréviaire</i> en particulier n'est appuyée que sur une coutume qui sert de Loi, &amp; qu'avant le Concile de Basle on n'avoit fait là-dessus aucune constitution. Il ajoûte même que ce Concile n'enjoint pas expressément aux Ecclésiastiques de le réciter, mais qu'il enseigne seulement la manière de le réciter : <i>Quae constitutio non disertis verbis opus istud Ecclesiasticis injungit, sed quomodo tractandum sit, exponit.</i></p><p>Il se fit dans le Concile de Latran tenu sous les Papes Jules II. &amp; Léon X. une constitution plus expresse, qui oblige les Ecclésiastiques jouissans de bénéfices à réciter le <i>Bréviaire</i> sous peine d'être privés des fruits de leurs bénéfices, &amp; même d'être dépouillés de leurs bénéfices, si après avoir été avertis ils ne se corrigent point. Mais quoique ce Concile de Latran porte le nom de <i>Général,</i> plusieurs doutent qu'il le soit, comme Bellarmin même l'a remarqué. On observera de plus, que ce Concile n'oblige point les Bénéficiers à réciter leur <i>Bréviaire,</i> lorsqu'ils ont des occupations légitimes qui les en empêchent, <i>Legitimo impedimento cessante.</i> Mr. Joly met au nombre de ces empêchemens légitimes l'étude de l'Ecriture Sainte, ou de ce qui la regarde, par exemple, la Prédication de la parole de Dieu, &amp; plusieurs oeuvres de charité qui sont commandées dans l'Evangile. Mais ce que dit M. Joly ne doit pas faire croire qu'on puisse aisément se dispenser de dire le <i>Bréviaire,</i> quand on y est obligé. Une coutume légitimement établie a force de Loi, passe en Loi ; ainsi excepté dans les maladies qui mettent dans l'impossibilité de réciter le <i>Bréviaire,</i> ou qui en rendent la récitation très-difficile, l'obligation de le dire subsiste toujours, à moins qu'elle ne fût incompatible avec les devoirs d'une autre vertu d'un ordre supérieur. Par exemple, s'il s'agissoit d'assister une personne mourante, de lui administrer les Sacremens, de baptiser des enfans, ou des Catéchumenes qui sont en danger de mort, &amp;c. on doit préférer ces devoirs de charité à la récitation du <i>Bréviaire.</i> Mais de croire que pour étudier simplement l'Ecriture Sainte, ou les choses qui y ont rapport, on puisse sans autre raison se dispenser de réciter le <i>Bréviaire,</i> c'est se tromper ; &amp; si c'étoit-là le sentiment de M. Joly, il faudroit le rejetter comme faux. On doit ajoûter que l'obligation de réciter le <i>Bréviaire</i> est encore plus grande pour les Bénéficiers que pour les autres.</p><p>Dans un Concile tenu à Cologne en 1536. on parla fortement pour la réformation du <i>Bréviaire,</i> &amp; l'on y représenta que les anciens Pères ne permettoient pas qu'on lût dans les Eglises autre chose que l'Ecriture Sainte : <i>Hic multo jam ex tempore pio animo desideravimus repurgari Breviaria.</i></p><p>Le Cardinal Quignon du titre de Sainte-Croix avoit publié dès ce temps-là un nouveau <i>Bréviaire</i> Romain, d'où il avoit presque ôté tout ce qui lui paroissoit fabuleux, par l'ordre des Papes Clément VII. &amp; Paul III. Son dessein étoit, comme il le déclare lui-même dans une belle Préface qui est à la tête de ce Livre, qu'on lût principalement l'Ecriture Sainte pendant toute l'année, &amp; le Pseautier entier chaque semaine. Il en retrancha le petit Office de la Vierge, les traits ou Versets, les Répons, &amp; plusieurs autres choses semblables que le chant a introduites dans l'Eglise. Il avoit eu égard en cela à l'instruction &amp; à l'utilité de ceux qui récitent le <i>Bréviaire</i> en particulier. Il assure que les Histoires des Saints qu'il a laissées dans son <i>Bréviaire</i> y sont rapportées d'une telle manière, qu'elles ne contiennent rien qui puisse choquer les personnes graves &amp; savantes : <i>Historiae sanctorum sic conscriptae sunt, ut nihil habeant quod graves &amp; doctas aures offendat.</i> Les Papes Jules III. &amp; Paul IV. autoriserent ce <i>Bréviaire,</i> dont il y a eu un assez grand nombre d'Editions, principalement en France.</p><p>Il est vrai que cette réformation du <i>Bréviaire</i> Romain parut trop libre aux Docteurs de la Faculté de Théologie de Paris. Ils en firent l'an 1535. une Critique en forme de censure, sous le titre de <i>Notae Censurariae in Sacrum Quignonis Breviarium.</i> Ils ne pouvoient souffrir une si grande nouveauté, parce que ce <i>Bréviaire</i> du Cardinal Quignon est très-différent de tous ceux qui avoient été publiés jusqu'alors. Mais nonobstant cette censure, il fut imprimé dans la suite plusieurs fois avec l'approbation des Docteurs de Sorbonne, &amp; avec le privilége du Roi. Les Docteurs mêmes se servirent de l'autorité de ce <i>Bréviaire</i> en 1574. pour établir la conception immaculée de la Sainte Vierge contre Maldonat. Ce qui fait voir manifestement que ce <i>Bréviaire,</i> qui fut ensuite supprimé, étoit alors en usage, au moins parmi les Ecclésiastiques de France, qui le récitoient comme un véritable <i>Bréviaire</i> Romain. Il y en a au moins quatre éditions de Lyon.</p><p>Dans le <i>Bréviaire</i> Romain on récite le Dimanche à Matines dix-huit Pseaumes en trois nocturnes, douze au premier, &amp; trois à chacun des deux autres. Les autres jours de la semaine, qu'on appelle féries, &amp; aux fêtes simples, on en récite douze en un seul nocturne. Pour les fêtes, excepté celles qui sont simples on en récite neuf ; mais aux fêtes de Pâques &amp; de la Pentecôte on n'en récite que trois. Après les Pseaumes de chaque nocturne, on lit trois leçons, qui sont précédées de quelques versets, d'un <i>Pater noster,</i> &amp; d'une prière pour demander la bénédiction, &amp; terminées par des répons, hors la dernière, après laquelle on dit le <i>Te Deum</i> les jours de Fêtes ; &amp; les Dimanches, qui ne tombent pas dans l'Avent ou dans le Carême. A Laudes on dit toujours sept pseaumes &amp; un cantique sous cinq antiennes, ou trois antiennes seulement dans le temps pascal : dans ce même temps-là on ne dit qu'une antienne pour chaque nocturne, quelque nombre de pseaumes qu'il renferme. A Prime les jours de fête &amp; le samedi on ne récite que trois pseaumes, les Dimanches &amp; les féries on en récite quatre, hormis dans le temps pascal, où l'on n'en récite que trois. A Prime on récite les Dimanches le symbole de S. Athanase après les pseaumes. A Tierce, Sexte &amp; None, on récite toujours trois pseaumes, qui sont des parties du grand pseaume 118. <i>Beati immaculati.</i> A Vèpres on récite tous les jours cinq pseaumes, &amp; quatre à Complies. De plus, on récite un <i>Pater,</i> un <i>Ave,</i> un <i>Credo,</i> au commencement de Matines &amp; de Prime, &amp; à la fin des Complies ; au commencement des autres heures on récite seulement un <i>Pater</i> &amp; <pb n="730" facs="bpt6k8542165/f770/full/1200,/0/native.jpg"/>un <i>Ave,</i> hormis au commencement de Complies que l'on dit une courte leçon, un <i>Pater,</i> le <i>Confiteor,</i> les versets <i>Converte nos, &amp;c.</i> &amp; <i>Deus in adjutorium, &amp;c.</i> A la fin des Laudes, des petites heures &amp; des Vêpres, on dit toujours l'oraison propre de l'office que l'on fait ; on en ajoûte quelques autres aux jours moins solemnels, comme lorsque l'office n'est pas double, &amp;c. A la fin des Laudes on dit après les pseaumes une leçon brève, une hymne, un verset, une antienne &amp; le cantique <i>Benedictus</i> ; on fait la même chose à Vêpres après les pseaumes, excepté qu'au lieu du cantique <i>Benedictus,</i> on dit le cantique <i>Magnificat.</i> Après les pseaumes de Complies on dit une leçon brève, une hymne, quelques versets, une antienne, le cantique <i>Nunc dimittis</i> &amp; une oraison, devant laquelle on récite quelques prières les jours moins solemnels, puis l'antienne de la Sainte Vierge avec son oraison. Au commencement des Matines après le <i>Pater, l'Ave, le Credo</i> &amp; l'invocation ordinaire, on dit le pseaume <i>Venite exultemus</i> alternativement par versets avec des antiennes. Enfin, l'on dit toujours à la fin des pseaumes le verset <i>Gloria Patri, &amp;c.</i> excepté les trois derniers jours de la Semaine-Sainte, où l'office est un peu différent. On ne dit en ce temps-là que le <i>Pater</i> &amp; l'<i>Ave</i> au commencement des heures, &amp; de plus le <i>Credo</i> à Matines &amp; à Prime, puis les pseaumes sans antiennes, &amp; sans le verset <i>Gloria Patri &amp;c.</i> on lit les leçons à Matines à l'ordinaire, sans demander la bénédiction : à la fin des heures, on dit un verset, une fois le <i>Pater,</i> le pseaume 50e <i>Miserere,</i> &amp; une oraison conforme aux mystères que l'Eglise célèbre. Le Samedi-Saint à Vêpres on ne dit qu'un pseaume, qui fait la communion de la Messe, puis l'oraison qui en fait la postcommunion. Ceux qui disent en particulier l'office commencent les Vêpres par un <i>Pater</i> &amp; un <i>Ave</i> à l'ordinaire. Le jour de l'Epiphanie on ne dit point au commencement de Matines le pseaume <i>Venite exultemus,</i> ni l'hymne, le pseaume est rejetté au commencement du troisième nocturne. Le jour de la Toussaints outres les Vêpres de la Fête, on dit les Vêpres des Morts ; &amp; le lendemain outre les Matines &amp; les Laudes du jour, on dit Matines &amp; les Laudes de l'office des Morts. Telle est la disposition générale de <i>Bréviaire</i> Romain, qui servira à connoître la disposition des autres <i>Bréviaires.</i></p><p>Ceux qui cherchent des raisons allégoriques de la disposition du <i>Bréviaire</i> les trouveront dans Amalarius Fortunatus, Honorius, Durand, &amp;c. Ceux qui veulent savoir quels pseaumes l'on dit à chaque partie du <i>Bréviaire</i> les trouveront marqués à la fin de la version en François que le P. Lallemant a faite des pseaumes. Voyez le <i>Bréviaire</i> Romain, &amp; les Rubriques qui le concernent. Voyez aussi le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Bénédictins a été formé d'abord par S. Benoît : on y a ajoûté dans la suite l'office de quelques Saints, ce qui ne change pas la disposition &amp; la forme de ce <i>Bréviaire.</i> S. Benoît avoit tellement divisé le pseautier, que ses Religieux le récitoient tout en une semaine, &amp; afin que la distribution fût plus égale, il avoit divisé par parties les plus grands pseaumes. Dans le <i>Bréviaire</i> de S. Benoît il y a toujours douze pseaumes à Matines, &amp; douze leçons les Dimanches &amp; les Fêtes ; il y a de plus trois cantiques tirés de l'ancien Testament. A Laudes on dit huit pseaumes, ou cantiques, dont le premier se dit sans antienne : Les jours de Fêtes les pseaumes sont les mêmes que dans le <i>Bréviaire</i> Romain : les Dimanches &amp; les jours de férie quelques-uns sont différens. A Prime, à Tierce, à Sexte &amp; à None, on récite trois pseaumes ; à Vêpres quatre, &amp; trois à Complies. Au commencement de toutes les heures on dit le <i>Pater,</i> l'<i>Ave,</i> &amp; le <i>Credo,</i> la prière <i>Deus in adjutorium, &amp;c.</i> &amp; à la fin de l'office l'antienne de la Sainte Vierge, comme dans le Romain. Les Dimanches &amp; les Fêtes à Matines après les prières ordinaires du commencement on dit une fois <i>Deus in adjutorium, &amp;c.</i> trois fois <i>Domine labia mea, &amp;c.</i> puis le pseaume troisième <i>Domine quid multiplicati, &amp;c.</i> sans antienne, ensuite l'invitatoire &amp; l'hymne, six pseaumes avec antiennes, &amp; quatre leçons avec leurs répons, &amp; cela forme le premier nocturne : le second est composé de même de six pseaumes &amp; de quatre leçons ; &amp; le troisième de trois cantiques, qui se disent sous une seule antienne, &amp; de quatre leçons, après on dit le <i>Te Deum</i> &amp; quelques prières qui terminent les Matines. Les jours de Férie à Matines on dit les mêmes choses que les Dimanches jusqu'à l'hymne, puis six pseaumes &amp; trois leçons, avec les bénédictions qui les précèdent, &amp; les répons qui les suivent, excepté que depuis Pâques jusqu'à la Toussaints, à cause que les nuits sont plus courtes, on ne lit qu'une leçon fort courte avec un répons, &amp; c'est ce qui fait le premier nocturne. Le second est composé de six pseaumes, après lesquels on dit quelques prières, qui changent selon les temps ; ainsi finissent les Matines de la férie qui n'a pas trois leçons. Les Laudes du <i>Bréviaire</i> Bénédictin sont presque en tout semblables à celles du <i>Bréviaire</i> Romain ; elle diffèrent en ce que dans l'office simple, &amp; dans l'office de la férie, au commencement, après un <i>Pater</i> &amp; un <i>Ave,</i> on dit le pseaume <i>Deus misereatur,</i> &amp; à la fin après le cantique <i>Benedictus,</i> on récite à haute voix un <i>Pater,</i> qui est suivi de l'oraison, &amp; des commémorations ordinaires. On dit à Prime, à Tierce, à Sexte &amp; à None, les mêmes pseaumes que dans le Romain, après le chapitre il n'y a point de répons ; le reste comme à Laudes, excepté les commémorations que l'on ne fait point. Les Vêpres n'ont que quatre pseaumes, elles finissent comme les Laudes, excepté qu'au lieu du cantique <i>Benedictus</i> on dit le cantique <i>Magnificat.</i> A Complies il n'y a point de répons après le chapitre. Du reste on dit après les trois pseaumes un chapitre, un verset, quelques prières, comme aux autres heures &amp; l'oraison, puis la bénédiction. Ces prières qu'on dit à la fin des heures sont appellées litanies dans la règle de S. Benoît. Les déclarations de la Congrégation du Mont-Cassin nous apprennent que par ce mot de litanies on entend les prières suivantes, savoir, <i>Kyrie eleison, Christe eleison, Kyrie eleison,</i> une fois le <i>Pater, Dominus vobiscum, &amp;c.</i> &amp; l'oraison du jour. Les mêmes déclarations remarquent que les trois derniers jours de la Semaine-Sainte on fait l'office selon l'usage de la Cour de Rome, <i>secundùm Romanam Curiam.</i> Voyez la règle de S. Benoît, les déclarations de la Congrégation de sainte Justine, ou du Mont-Cassin, le Cardinal Bona, qui marque quels sont les pseaumes que l'on dit à chaque partie du <i>Bréviaire</i> Bénédictin. On trouve des explications allégoriques de la disposition du <i>Bréviaire</i> de l'Ordre de S. Benoît dans Honorius, Jean Beleth, Rupert &amp; Pierre Damien.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> de Cîteaux, ou des Bernardins, est différent de celui des Bénédictins ; mais les Bernardins prétendent, en ce qu'ils ont de différent dans le <i>Bréviaire,</i> observer à la lettre la Règle de S. Benoît, comme le montre le Cardinal Bona. Voici à peu-près en quoi consistent ces différences. Devant les leçons on ne dit point le <i>Pater,</i> ni l'absolution, ni le <i>Confiteor</i> à Prime &amp; à Complies, ni le verset <i>Gloria Patri</i> aux répons qui suivent les leçons. En été il n'y a qu'une leçon aux Matines des féries. A Tierce &amp; à Complies les hymnes se changent suivant les fêtes &amp; les temps de l'année. Les pseaumes des Vêpres des féries sont toujours les mêmes. A chaque heure du <i>Bréviaire</i> il y a une oraison différente de celles des autres heures. Jamais on ne double les antiennes, &amp; il n'y en a qu'une à Laudes. Toutes les heures finissent par une commémoration de la sainte Vierge ; enfin, tous les jours on chante le <i>Salve Regina</i> après Complies. Voyez le <i>Bréviaire de Cîteaux,</i> &amp; le Card. Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Chartreux approche fort de celui des Bénédictins, &amp; de celui des Bernardins, il en diffère dans les choses suivantes. Au commencement de Matines on dit trois fois le <i>Pater</i> &amp; l'<i>Ave,</i> après la dernière antienne d'un nocturne on dit un <i>Pater</i> &amp; un <i>Ave,</i> puis on donne l'absolution : après le cantique <i>Benedictus</i> on dit neuf fois <i>Kyrie eleison, Christe eleison,</i> &amp; beaucoup de prières, auxquelles on ajoûte un <i>Miserere</i> les jours moins solemnels ; &amp; ces prières se disent à toutes les heures. A la fin des leçons qui sont tirées des Prophètes, on ajoûte ces paroles, <i>Haec dicit Dominus, convertimini ad me &amp; salvi eritis ; Le Seigneur a dit ceci, retournez à moi, &amp; vous serez sauvés.</i> Les pseaumes des Vêpres changent selon que les fêtes sont différentes. Tous les jours à Prime l'on dit le Symbole de S. Athanase. Après l'Oraison qui se dit à la fin des heures on dit <i>Benedicamus Domino, &amp;c.</i> sans rien ajoûter. Voyez le <i>Bréviaire</i> des Chartreux, &amp; le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Prémontrés est fort semblable au <i>Bréviaire</i> Romain, &amp; les Prémontrés croient qu'ils ont conservé <pb n="731" facs="bpt6k8542165/f771/full/1200,/0/native.jpg"/>l'ancien <i>Bréviaire</i> Romain. Voici ce qu'il y a de particulier dans ce <i>Bréviaire.</i> Devant Matines ils récitent trois pseaumes, &amp; quelques prières avec quelques oraisons. Devant les leçons de Matines ils disent un verset, &amp; un <i>Pater,</i> mais il n'y a point d'absolution. Après le neuvième répons ils chantent le <i>Te Deum.</i> Devant Laudes ils récitent un verset, qu'ils appellent sacerdotal ; <i>versus sacerdotalis.</i> Aux premières Vêpres des Fêtes solemnelles ils chantent un grand répons après ce chapitre. Les hymnes changent à toutes les heures du <i>Bréviaire,</i> suivant les fêtes &amp; les temps de l'année. Ils ne disent l'antienne de la sainte Vierge qu'après Complies ; &amp; depuis la Septuagesime jusqu'à Pâques ils récitent le pseaume 117. <i>Confitemini,</i> les Dimanches non pas à Prime, mais à Laudes, à la place du pseaume <i>Dominus regnavit, decorem, &amp;c.</i> qu'ils récitent dans ce même temps-là à Prime. Enfin, depuis Pâques jusqu'à l'Ascension ils ne disent les Dimanches à Matines que trois pseaumes &amp; trois leçons. Voyez le <i>Bréviaire</i> des Prémontrés &amp; le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Dominicains a conservé beaucoup de choses de sa première origine ; car S. Dominique, qui avoit été Chanoine régulier de S. Augustin, porta dans l'Ordre qu'il institua la forme du <i>Bréviaire</i> qu'il avoit trouvée établie chez les Chanoines réguliers de S. Augustin. Cependant les Dominicains y ont fait quelques changemens. A Prime ils récitent trois pseaumes, mais les Dimanches depuis la Septuagesime jusqu'à Pâques, ils en récitent neuf, &amp; à Laudes dans ce même temps-là ils récitent le pseaume 117. <i>Confitemini,</i> à la place du pseaume <i>Jubilation</i> ; le reste de l'année ils ne disent point à Prime les pseaumes propres de chaque férie, qui sont marqués dans le <i>Bréviaire</i> Romain. Ils lisent le martyrologe après Laudes, &amp; quand ils disent les Matines le soir, ils ne le lisent qu'après Prime. L'hymne de Complies change selon les temps. A la fin des heures du <i>Bréviaire,</i> ils disent toujours l'antienne de la sainte Vierge <i>Salve Regina,</i> &amp; une autre de S. Dominique avec quelques prières. Hors le temps de l'Avent &amp; du Carême ils n'ont presque point d'office de férie, car chaque semaine ils disent l'office de saint Dominique, du Saint-Sacrement, de la sainte Vierge, &amp; du Saint titulaire de la Province. Depuis Pâques jusqu'à la Trinité ils ne récitent à Matines que trois pseaumes &amp; trois leçons. Voyez le <i>Bréviaire</i> des Dominicains, &amp; le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Carmes, que quelques Auteurs prétendent être conforme au rit ancien de l'Eglise de Jérusalem, est peu différent de celui des Dominicains. Les Carmes disent à Prime le Dimanche durant l'année le pseaume 117. <i>Consitemini, &amp;c.</i> &amp; les Dimanches de l'Avent devant les pseaumes ordinaires de Prime ils en disent cinq autres. Les Dimanches depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques ils récitent à Laudes &amp; à Primes les mêmes pseaumes que les Dominicains. Ils ne disent que trois pseaumes durant les octaves de Pâques &amp; de la Pentecôte, comme ceux qui disent le <i>Bréviaire</i> Romain ; mais ils récitent des prières plus longues après certains offices. A la fin de chaque heure du <i>Bréviaire</i> ils disent toujours l'antienne <i>Salve Regina,</i> au lieu de laquelle ils disent dans le temps Pascal l'antienne <i>Regina coeli.</i> A Pâques au commencement de Vêpres, au lieu de dire le verset <i>Deus in adjutorium,</i> ils chantent neuf fois <i>Kyrie eleison,</i> comme à la Messe, ce qui est conforme à l'ancien usage de l'Eglise Romaine. Voyez le <i>Bréviaire</i> des Carmes, &amp; le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Franciscains &amp; celui des Jésuites n'est pas différent du Romain, hors quelques fêtes particulières à ces deux Ordres, dont ils font l'office suivant le rit Romain. Voyez le <i>Bréviaire</i> Romain, &amp; le propre du <i>Bréviaire</i> de ces deux Ordres.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> de Cluni, tel qu'il est aujourd'hui, a été réformé par ordre de deux Chapitres Généraux de l'Ordre. Jacques d'Arbouze, Abbé de Cluni, &amp; le Cardinal de Richelieu avoient travaillé à cette réformation, mais elle fut souvent interrompue, &amp; ne put être achevée qu'environ l'an 1680, par les soins de Dom Paul Rabusson Sous-Camérier, &amp; de Dom Claude de Vert Trésorier de Cluni. Alors Monsieur le Cardinal de Bouillon, Abbé de Cluni, donna un decret daté de Cluni du 18. Novembre (jour auquel on fait la fête de saint Odon Abbé de Cluni) l'an 1685. par lequel il ordonne à tous les Religieux &amp; à toutes les Religieuses de la Congrégation de réciter le nouveau <i>Bréviaire</i> réformé. Ceux qui ont travaillé à la réformation de ce <i>Bréviaire</i> ont tâché de lui rendre la forme que S. Benoît lui avoit donnée. Quand les choses ont été douteuses, ils ont suivi le <i>Bréviaire</i> Romain, ou l'esprit du <i>Bréviaire</i> Romain, les coutumes de l'Eglise Romaine, &amp; les anciens usages de Cluni. En général il y a peu d'offices de douze leçons, pour laisser plus de temps pour le travail des mains ; il n'y a point de fêtes avec octave durant le Carême ; tous les samedis ou l'on dit l'office, ou l'on fait commémoration de la sainte Vierge. Voyez le <i>Bréviaire</i> de Cluni.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> de l'Eglise de Lyon, si l'on en croit la tradition, est presque le même que S. Irénée y établit autrefois. A Prime durant la semaine on ne dit que trois pseaumes, &amp; neuf les Dimanches, avec le symbole de S. Athanase. Depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques les deux premiers pseaumes des Laudes sont le 50e <i>Miserere,</i> &amp; le 117e <i>Confitemini,</i> le reste de l'année on dit ceux qui sont marqués dans le <i>Bréviaire</i> Romain. Devant Matines on dit seulement un <i>Pater,</i> puis une courte prière au Saint-Esprit, les versets <i>Domine labia, &amp;c.</i> &amp; <i>Deus in adjutorium, &amp;c.</i> l'invitatoire, puis les pseaumes, sans hymnes, car on n'en dit qu'à Complies. Le nombre des leçons &amp; la forme de les lire sont conformes au Romain. Après le <i>Te Deum</i> on dit <i>Gloria Patri, &amp;c.</i> comme après les pseaumes. Au commencement de chaque heure du <i>Bréviaire</i> on ne dit que le <i>Pater,</i> &amp; à la fin le pseaume <i>De profundis,</i> avec l'oraison pour les morts. Il y a certains jours où l'on répète sept fois l'antienne du cantique de Vêpres, &amp; on la mêle aux versets de ce cantique. Complies se disent sans leçon brève, mais après le <i>Pater</i> &amp; les versets <i>Converte nos,</i> &amp; <i>Deus in adjutorium,</i> on dit les quatre pseaumes des Complies du <i>Bréviaire</i> Romain, puis l'hymne qui change à toutes les fêtes &amp; à toutes les féries ; le reste comme dans le Romain, hormis le chapitre qu'on ne dit point. Voyez le <i>Bréviaire</i> de l'Eglise de Lyon, &amp; le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> de l'Eglise de Milan est selon le rit qu'on appelle Ambrosien, non pas, dit le Cardinal Bona, parce que S. Ambroise l'a institué, car cela n'est pas, mais parce qu'il s'en est servi quand il étoit Archevêque de Milan. Selon le rit Ambrosien le pseautier est divisé en deux parties ; la première comprend les pseaumes, depuis le premier jusqu'au cent neuvième, &amp; ce sont ceux qu'on récite aux Matines en les divisant en deux semaines qui ont dix parties, qu'ils appellent dixaines, ou décuries, <i>decuriae,</i> par un usage arbitraire, car il y a de ces parties qui contiennent plus de dix pseaumes, d'autres qui en contiennent moins, d'autres enfin qui en contiennent dix précisément. La seconde partie comprend les pseaumes depuis le cent neuvième jusqu'au dernier, qui sont ceux qu'on récite aux heures du jour. A Matines après le <i>Pater, l'Ave,</i> le verset <i>Deus in adjutorium,</i> on dit l'hymne <i>Aeterne rerum conditor, &amp;c.</i> qui se dit toujours à Matines, puis un répons, ensuite le cantique <i>Benedicite omnia opera, &amp;c.</i> avec antienne, trois fois <i>Kyrie eleison,</i> les pseaumes du jour avec leurs antiennes, les trois leçons avec leurs bénédictions &amp; leurs répons, qui sont presque toujours propres. Les Dimanches les leçons sont des homélies sur l'Evangile ; les jours de férie, elles sont prises de la sainte Ecriture ; &amp; les jours de fêtes elles sont tirées de la vie des Saints, ou d'un sermon sur la fête. Le jour de Pâques &amp; le jour de l'Epiphanie il y a trois nocturnes &amp; neuf leçons, &amp; le Vendredi-Saint aussi, &amp; les trois dernières leçons de ce jour ne sont autre chose que l'histoire de la Passion rapportée par S. Marc, par S. Luc, &amp; par S. Jean ; on lit à la Messe la Passion prise de saint Matthieu. Après les deux premières leçons il y a des répons, on dit le <i>Te Deum</i> après la troisième. A Laudes on dit le verset <i>Deus in adjutorium,</i> puis le cantique <i>Benedictus,</i> à la place duquel les Dimanches de l'Avent, &amp; les jours de Noël, de la Circoncision &amp; de l'Epiphanie, on dit le cantique <i>Audite coeli,</i> ensuite trois fois <i>Kyrie eleison,</i> &amp; les Dimanches &amp; les jours des fêtes des Saints cinq ou sept fois une antienne à la Croix, avec l'oraison, puis le cantique <i>Cantemus Domino</i> avec antienne, trois fois <i>Kyrie eleison</i> &amp; une oraison, ensuite le cantique des trois enfants, <i>Benedicite,</i> ou le Samedi le pseaume 117. <i>Confitemini,</i> ou enfin le pseaume 50. <i>Miserere</i> les jours de férie, puis une antienne, trois fois <i>Kyrie eleison,</i> une oraison à haute voix, quatre pseaumes <pb n="732" facs="bpt6k8542165/f772/full/1200,/0/native.jpg"/>sous un seul <i>Gloria Patri,</i> après les pseaumes le chapitre, une antienne, trois fois <i>Kyrie eleison, Dominus vobiscum, &amp;c.</i> un pseaume qu'ils appellent direct, <i>psalmus directus,</i> un hymne qui change selon la différence des offices, douze fois <i>Kyrie eleison,</i> une antienne simple ou double appellée <i>psallenda,</i> quelques versets &amp; l'oraison du jour ; on ajoûte quelquefois des commémorations ; &amp; quand l'office n'est pas solemnel on en fait toujours trois, savoir, de la sainte Vierge, de saint Ambroise &amp; du Patron de l'Eglise. A Prime après un <i>Pater</i> &amp; un <i>Ave</i> le verset <i>Deus in adjutorium, &amp;c.</i> l'hymne <i>Jam lucis orto sidere,</i> on dit sans antienne les trois pseaumes ordinaires de Prime marqués dans le <i>Bréviaire</i> Romain, après quoi l'on dit <i>Alleluia,</i> ou, <i>Laus tibi Domine</i> en Carême, puis une petite épître, <i>Epistolella,</i> avec un court répons, le symbole de S. Athanase, un chapitre, avec des prières, qui ne se disent point les jours solemnels. Ensuite on dit trois oraisons, qui sont toujours les mêmes ; puis on lit le martyrologe, que l'on termine par le verset <i>Exultabunt sancti, &amp;c.</i> &amp; une oraison. A Tierce, Sexte &amp; None, on dit les hymnes &amp; les pseaumes qui sont marqués dans le Romain pour ces heures, mais on ne dit point d'antienne, après les pseaumes on dit <i>Alleluia,</i> ou <i>Laus tibi Domine,</i> puis une petite épître, un court répons, les prières si l'office n'est pas solemnel, enfin l'oraison. Les Dimanches &amp; les fêtes solemnelles on chante à Tierce l'hymne <i>Jam surgit hora tertia, &amp;c.</i> A Vêpres on dit le <i>Pater</i> &amp; l'<i>Ave,</i> puis <i>Dominus vobiscum,</i> ensuite un <i>lucernaire, lucernarium</i> (c'est un répons qui se dit trois fois, &amp; qui change selon les fetes) on répète <i>Dominus vobiscum,</i> après quoi l'on dit une antienne, &amp; <i>Dominus vobiscum</i> pour la troisième fois, puis l'hymne du jour ou de la fête, <i>Dominus vobiscum</i> une quatrième fois ; cinq pseaumes avec leurs antiennes : après les pseaumes on dit trois fois <i>Kyrie eleison,</i> puis <i>Dominus vobiscum,</i> une antienne, le cantique <i>Magnificat</i> ; après l'avoir dit on en répète le premier verset, &amp; l'antienne ; on dit ensuite trois fois <i>Kyrie eleison</i> &amp; une oraison, une autre antienne appellée <i>psallenda,</i> &amp; le reste comme à Laudes. Les jours de férie en Carême on dit neuf fois <i>Kyrie eleison,</i> au lieu de <i>Magnificat.</i> Les Vêpres des saints Patrons &amp; Titulaires des Eglises ont ceci de particulier : après la première oraison on dit le premier pseaume, &amp; on lit une leçon de la vie du Saint avec son répons, &amp; après une seconde oraison &amp; le second pseaume, on lit une seconde leçon avec son répons ; enfin, après <i>Magnificat</i> on chante des antiennes (<i>psallenda</i>) des prières &amp; quelques oraisons. Il y a encore quelques petits changemens qui se font aux fêtes de Notre Seigneur &amp; à celles des Saints à Vêpres. A Complies, après le <i>Pater</i> &amp; l'<i>Ave,</i> les versets <i>Converte nos</i> &amp; <i>Deus in adjutorium,</i> on dit l'hymne <i>Te lucis ante terminum, &amp;c.</i> durant l'année, &amp; en Carême <i>Christe qui lux es, &amp;c.</i> puis six pseaumes sans antiennes, &amp; deux fois <i>Gloria Patri,</i> chaque fois après trois pseaumes ; après les pseaumes on dit <i>Alleluia,</i> ou <i>Laus tibi Domine,</i> puis en Carême l'hymne <i>Te lucis, &amp;c.</i> &amp; dans un autre temps une petite épître avec son répons ; après quoi l'on dit le cantique <i>Nunc dimittis</i> avec des prières, ou sans ces prières, suivant l'office du jour, puis l'antienne de la sainte Vierge ; &amp; on finit par faire la confession à l'ordinaire. Voyez le <i>Bréviaire</i> de l'Eglise de Milan &amp; le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> Mozarabe est celui dont se servoient les Ecclésiastiques en Espagne, depuis que les Maures s'en furent rendus maîtres. Le quatrième Concile de Tolède ordonne à toutes les Eglises de s'en servir. Dans la suite il s'y glissa des fautes &amp; des erreurs. Le Cardinal Ximénez l'a réformé, &amp; il est encore en usage dans cinq Paroisses de Tolède, &amp; dans la Chapelle du Cardinal Ximénez, &amp; à Salamanque dans celle du Docteur de Salabrica. Toutes les heures de l'office Mozarabe commencent par <i>Kyrie eleison, &amp;c.</i> un <i>Pater</i> &amp; un <i>Ave</i> : à Matines l'on ajoûte l'antienne <i>Ave Regina coelorum, &amp;c.</i> avec le verset &amp; l'oraison, &amp; une courte prière à Jesus-Christ. A la fin des heures on dit le <i>Pater</i> à haute voix, &amp; à chaque demande ou verset on répond <i>Amen,</i> excepté au verset, <i>Panem nostrum, &amp;c.</i> où l'on répond, <i>Quia Deus es</i> : après le <i>Pater,</i> on dit une prière, laquelle à Laudes &amp; à Vêpres est différente de celle qu'on dit aux autres heures, après quoi le Diacre dit à haute voix, <i>Humiliez-vous pour recevoir la bénédiction, Humiliate vos benedictioni,</i> &amp; le Prêtre prononce &amp; donne la bénédiction. Les Matines de l'office Mozarabe son fort courtes. Après le commencement ordinaire marqué ci-dessus, on dit le pseaume 50. <i>Miserere,</i> avec antienne, puis trois antiennes &amp; un répons, &amp; trois oraisons, une après chaque antienne, ensuite trois pseaumes avec leurs antiennes, &amp; trois autres antiennes &amp; un répons, avec leurs oraisons. Les Dimanches depuis Pâques jusques à la Pentecôte, &amp; les Fêtes solemnelles, au lieu du pseaume <i>Miserere,</i> on dit le pseaume <i>Domine, quid multiplicati sunt.</i> A Laudes après le commencement ordinaire, &amp; ces paroles <i>Dominus sit semper vobiscum,</i> on dit une antienne &amp; un cantique tiré de l'ancien ou du nouveau Testament. (Ce cantique les jours des fêtes de Notre Seigneur &amp; de la sainte Vierge est toujours <i>Magnificat</i> ; &amp; <i>Benedictus,</i> le jour de S. Jean-Baptiste.) Après le cantique on répète l'antienne, on dit <i>Dominus vobiscum, &amp;c.</i> &amp; un autre antienne devant le cantique des trois enfans <i>Benedicite, &amp;c.</i> puis un <i>son</i> (<i>sonus</i> en Latin, &amp; <i>sono</i> en Espagnol, c'est quelque chose de semblable aux répons) ensuite une antienne, le pseaume <i>Laudate Dominum de coelis, &amp;c.</i> une prophétie, une hymne, une courte invitation au peuple pour l'exhorter à demander à Dieu ce qui est nécessaire pour le salut, &amp; la réponse du peuple encore plus courte, puis <i>Kyrie eleison, &amp;c.</i> un chapitre en forme d'oraison, un <i>Pater,</i> une <i>Laude,</i> ou louange. (<i>laus</i> en Latin, &amp; <i>lauda</i> en Espagnol ; elle consiste en plusieurs versets répétés plusieurs fois.) Enfin, l'on finit par la bénédiction. Souvent on ajoûte aux antiennes &amp; aux <i>Laudes,</i> ou louanges, un verset qui répond au <i>Gloria Patri, &amp;c.</i> Entre Laudes &amp; Prime les Mozarabes récitent une heure qu'ils appellent Aurore, <i>Aurora,</i> apparemment parce qu'elle se récite au lever de l'aurore. L'aurore consiste en quatre pseaumes, une antienne, une laude, une hymne, un verset, un <i>Pater noster,</i> &amp; quelques prières : l'aurore ne se dit que les jours qu'on fait l'office de la férie ; mais il y a tant de fêtes de Saints dans l'office Mozarabe, qu'excepté la veille de Noël, la veille des Rois, &amp; le jour des cendres, on ne dit guère l'aurore durant l'année. Au commencement de Prime on dit une courte prière ou antienne ; puis on récite sept pseaumes ; après on répète l'antienne ; on dit un répons, une prophétie, une épître, une <i>laude,</i> une hymne, un verset, puis le <i>Te Deum,</i> excepté en Avent &amp; en Carême, ensuite le symbole des Apôtres, la supplication ou invitation au peuple, un <i>Pater noster,</i> &amp; la bénédiction. Tierce, Sexte &amp; None, commencent comme Prime, ensuite on dit quatre pseaumes, plusieurs répons, une prophétie, une épître, une <i>laude,</i> une hymne, des cris, (<i>clamores</i> en Latin &amp; en Espagnol, ce sont des prières par lesquelles on demande à Dieu de ne nous point punir selon que le méritent nos péchés) après cela on dit la supplication, le chapitre, le <i>Pater noster, &amp;c.</i> &amp; la bénediction. A Vêpres on ne récite point de pseaumes, mais après la prière ordinaire du commencement on chante une <i>laude,</i> un <i>son,</i> une antienne, une autre <i>laude,</i> une hymne, la supplication, le chapitre, un <i>Pater noster,</i> la bénédiction, puis encore une <i>laude,</i> pendant laquelle on fait les encensemens ; enfin, l'oraison ou la collecte du jour. Complies commencent par le pseaume <i>Signatum est super nos,</i> c'est le septième verset du quatrième pseaume ; puis on dit trois fois <i>Alleluia,</i> ou <i>Laus tibi Domine, &amp;c.</i> en Carême, puis un pseaume &amp; trois <i>Alleluia,</i> un autre pseaume, une hymne, un verset, deux autres pseaumes, une autre hymne, un verset, la supplication, le <i>Pater</i> &amp; la bénédiction ; on finit par l'antienne <i>Salve Regina, &amp;c.</i> le verset &amp; l'oraison. Voyez la vie du Cardinal Ximénez écrite en Espagnol par Eugène de Robles, Curé de saint Marc, &amp; Chapelain de la Chapelle des Mozarabes de l'Eglise de Tolède. Voyez aussi le Cardinal Bona.</p><p>Il n'y a presque point d'Eglise dans l'Occident, en France, en Allemagne, en Flandres, en Espagne, qui n'ait quelque chose de particulier dans son <i>Bréviaire,</i> mais ces différences sont légères. A Besançon on ne dit point aux secondes Vêpres des fêtes solemnelles de chapitre, ni d'hymne ; au lieu de chapitre on dit un <i>Alleluia</i> avec un verset, &amp; au lieu d'hymne on chante une prose. Les jours de grandes fêtes on dit deux fois le cantique <i>Magnificat,</i> en mêlant aux versets différentes antiennes. A Tolède devant Matines, on dit à genoux l'antienne <i>Ave Regina coelorum</i> avec l'oraison. On dit aussi quelquefois les pseaumes <pb n="733" facs="bpt6k8542165/f773/full/1200,/0/native.jpg"/>graduels, &amp; l'office de la sainte Vierge. Voy. le <i>Bréviaire</i> de l'Eglise de Besançon, &amp; ceux des autres Eglises particulières.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Grecs est le même, à peu de chose près, dans toutes les Eglises &amp; dans tous les Monastères qui suivent le rit Grec. Les Grecs divisent le pseautier en vingt parties, ; ce sont comme des répons, des pauses ou stations ; quelque nombre de pseaumes que contiennent ces pauses, on les sousdivise en trois parties, mêmela dix-septième qui ne contient que le pseaume 118. le verset <i>Gloria Patri</i> sert à marquer ces trois parties. Le <i>Bréviaire</i> se divise en deux parties ; l'une contient les prières qu'on dit la nuit, qu'ils appellent , l'autre les prières du jour, qui sont Matines, Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres &amp; Complies. Le , ou office de la nuit, commence par une prière à Dieu, après on dit le <i>Trisagion,</i> ou <i>Sanctus Deus, &amp;c.</i> trois fois <i>Gloria Patri,</i> une prière à la sainte Trinité, douze fois <i>Kyrie eleison, Gloria Patri,</i> une autre prière qui répond au pseaume <i>Venite exultemus,</i> dont elle renferme le sens, &amp; presque les paroles. Ce commencement est commun à toutes les heures. Ce qui suit est propre de l'office de la nuit ; savoir, le pseaume 50e <i>Miserere,</i> &amp; le 118e <i>Beati immaculati,</i> le Symbole de Nicée, le <i>Trisagion,</i> des tropaires, , (ce sont des cantiques que l'on chante comme nos antiennes) quarante fois <i>Kyrie eleison.</i> Tout cela fait la première partie du , <i>mesonyction,</i> &amp; la seconde on dit <i>Venite adoremus,</i> comme à la première, puis le pseaume 120e <i>Levavi oculos,</i> &amp; le 133e <i>Ecce nunc,</i> le <i>Trisagion,</i> des <i>tropaires</i> pour les défunts, douze fois <i>Kyrie eleison,</i> une oraison pour les morts, des prières pour les vivans ; ensuite l'Archimandrite, ou celui qui préside au choeur, donne l'absolution. Le samedi les pseaumes sont différens. Le Dimanche tout le nocturne, ou office de la nuit est différent. Après les prières du commencement qui se disent à l'ordinaire, on récite le pseaume 50e <i>Miserere,</i> puis un odaire de la sainte Trinité (l'Odaire, <i>Odarium,</i> est une espèce d'hymne qui contient neuf odes) le Trisagion, les Tropaires, des Litanies ou prières ; ensuite l'on donne l'absolution, &amp; l'on finit par des prières pour les vivans, où l'on demande ce qui leur est nécessaire. A Matines après les prières ordinaires du commencement on dit deux pseaumes, le Trisagion, des Tropaires, une Litanie appellée <i>Litania Sacerdotis,</i> une antienne qui change selon les temps, ensuite six pseaumes, puis la grande <i>litanie,</i> une antienne qui est différente des Tropaires selon les temps, la partie du pseautier marquée pour ce jour là, le pseaume 50e <i>Miserere,</i> quelques Odaires, le cantique <i>Magnificat,</i> aux versets duquel on mêle un verset à l'honneur de la sainte Vierge. Aux fêtes solemnelles, au lieu du cantique <i>Magnificat,</i> on dit quelques autres prières ; &amp; aux autres fêtes on dit l'ode neuvième, qui est toujours sur la sainte Vierge. Les Grecs disent toujours Laudes immédiatement après Matines, sans réciter auparavant les prières ordinaires du commencement des heures. Ainsi d'abord on dit le verset <i>Omnis spiritus laudet Dominum,</i> puis trois pseaumes, en mêlant aux versets du dernier différens <i>stichères,</i> (ce sont des versets composés par ceux qui ont fait les hymnes des Grecs) ensuite le <i>Gloria in excelsis,</i> avec des oraisons, des litanies, ou <i>Kyrie eleison,</i> des <i>stychères</i> &amp; des versets, le verset <i>Gloria Patri,</i> un <i>stichère,</i> ; le verset <i>bonum est confiteri Domino,</i> le Trisagion, un Tropaire, des litanies, &amp; les prières de la fin, ou le dimissoire, <i>demissorium</i> ou . A Prime après les prières ordinaires on dit trois pseaumes, des tropaires selon le temps &amp; les fêtes, quelques prières qui ne changent jamais, le <i>trisagion,</i> un <i>contacion,</i> , (c'est une espèce d'hymne plus courte &amp; plus simple que les autres) puis quarante fois <i>Kyrie eleison,</i> des oraisons, &amp; le dimissoire. Tierce, Sexte &amp; None se disent de même, il n'y a de différence que dans les pseaumes. Après chacune des petites heures, les Grecs en récitent une qui leur est particulière, &amp; qu'ils appellent , pour faire entendre qu'on la récite entre les autres heures. Ces <i>Mésores,</i> , commencent par le <i>Trisagion,</i> puis on récite trois pseaumes, on répète le Trisagion ; on dit des Tropaires, trente fois <i>Kyrie eleison,</i> des oraisons &amp; le dimissoire ; les pseaumes &amp; les oraisons changent à chaque <i>mésore.</i> A Vêpres après les prières ordinaires on dit le pseaume 103e, puis une grande <i>litanie,</i> quatre pseaumes, en mêlant des stichères aux versets des deux derniers, ensuite des versets, des prophéties, une litanie, des oraisons, le pseaume 122e avec des stichères, le cantique <i>Nunc dimittis,</i> le Trisagion, un Tropaire, une litanie, &amp; le dimissoire. Les Samedis, &amp; aux premières Vêpres des fêtes solennelles, au lieu du pseaume 122e, on dit plusieurs versets. Les Grecs appellent Complies , ce qui veut dire après le repas, ou l'après souper. Il y a trois sortes de Complies, le petites, les moyennes &amp; les grandes, qui se disent en Carême, &amp; les autres le reste de l'année. Aux petites Complies, après les prières ordinaires on dit trois pseaumes, puis le <i>Gloria in excelsis</i> avec des oraisons, un Odaire, le Trisagion, des Tropaires, quarante fois <i>Kyrie eleison,</i> trois oraisons, dont la seconde s'adresse à la sainte Vierge, le dimissoire, l'absolution, &amp; des prières pour les vivans &amp; pour les morts. Aux Complies moyennes après les prières du commencement on dit le pseaume <i>Qui habitat, &amp;c.</i> puis le cantique d'Isaïe <i>Nobiscum Deus, &amp;c.</i> des Tropaires, le symbole de Nicée, des invocations à la sainte Vierge, aux Anges &amp; aux Saints, le trisagion, des tropaires, quarante fois <i>Kyrie eleison,</i> une oraison, trois fois <i>Venite adoremus,</i> trois pseaumes, le <i>Gloria in excelsis,</i> &amp; le reste comme aux petites Complies. Les grandes Complies ont trois parties ; dans la première, après les prières du commencement, on récite quatre pseaumes, puis le cantique d'Isaïe <i>Nobiscum Deus, &amp;c.</i> des Tropaires, le Symbole de Nicée, des invocations à la sainte Vierge, aux Anges &amp; aux Saints, le Trisagion, des Tropaires, quarante fois <i>Kyrie eleison</i> &amp; une oraison. La seconde partie commence par le verset <i>Venite adoremus,</i> qu'on dit trois fois ; après on récite deux pseaumes &amp; l'oraison du Roi Manassès, le Trisagion, des Tropaires, le <i>Kyrie eleison</i> &amp; l'oraison. La troisième partie commence comme la seconde, puis on dit deux pseaumes, la doxologie ou le <i>Gloria in excelsis,</i> le reste comme aux petites Complies. Il faut remarquer qu'il y a quelquefois à certaines fêtes &amp; en certains temps, de petits changemens qui ne font rien à la forme générale du <i>Bréviaire</i> que nous avons expliquée ; par exemple, dans le temps Pascal, l'office est beaucoup plus court, &amp; durant le Carême beaucoup plus long que dans un autre temps. Voyez le P. Goar, Godinus, le P. Morin, M. Habert, Evêque de Vabres, le Cardinal Bona, Du Cange, le Typiques des Grecs, le second tome du mois de Juin des <i>Acta Sanctorum</i> par les Jésuites, où l'on trouve un traité de l'ordre &amp; de l'oeconomie de l'Office des Grecs.</p><p>L'Eglise Arménienne a deux <i>Bréviaires</i> ; le plus long se dit dans les monastères, &amp; le plus court dans les autres Eglises. Le premier renferme tout le pseautier dans l'office de chaque jour ; &amp; dans le second on ne dit le pseautier qu'une fois chaque semaine. Il y a huit parties dans l'office du <i>Bréviaire</i> Arménien, qui sont l'office de la nuit, le point du jour, ou Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres, &amp; la Pacification ou le repas, qui repond à nos Complies. On ajoûte une petite heure qu'on dit en particulier avant la nuit, un peu devant que de se coucher. L'Office de la nuit commence par le <i>Pater noster,</i> puis on dit le verset <i>Domine labia, &amp;c.</i> avec une prière à la sainte Trinité, quatre pseaumes, dont chacun est terminé par le verset <i>Gloria Patri,</i> une oraison, après laquelle on lit un sermon, ou une <i>parénèse</i> ; puis on dit <i>Domine miserere</i> cinquante fois, ou cent, si c'est un jour de jeûne, ou trois fois seulement, si c'est un jour de fête, une oraison, des cantiques ; puis si c'est le Dimanche, on lit l'Evangile, ensuire on dit une oraison, puis les pseaumes du jour ou de la fête ; après quoi on lit quatre sermons, ou exhortations, qui changent selon les temps ; après chaque sermon on dit une oraison, ce qui répond à nos leçons &amp; à leurs répons, ensuite on dit une hymne, qui est toujours la même, &amp; une autre qui change chaque jour de la semaine : on fait une prière : on lit le Ménologe, &amp; l'on dit le <i>Pater noster.</i> A Laudes, après le <i>Pater noster,</i> on dit les quatre derniers versets du pseaume 89e, puis le cantique des trois enfans, <i>Benedicite, &amp;c.</i> une oraison, une ode sur les Saints, une invitation à la prière, une oraison à la sainte Vierge, le cantique <i>Magnificat, &amp;c.</i> une hymne sur la sainte Vierge, le cantique <i>Benedictus, &amp;c.</i> après quoi les Dimanches on dit différentes prières, trois <pb n="734" facs="bpt6k8542165/f774/full/1200,/0/native.jpg"/>versets des pseaumes ; on lit l'Evangile de la resurrection, un sermon qui est suivi d'une oraison : les autres jours, après le cantique <i>Benedictus,</i> on dit l'oraison. Ensuite les Dimanches &amp; les autres jours on dit le pseaume 50. <i>Miserere,</i> une exhortation à la prière, une ode à la louange des Saints, une oraison, trois pseaumes, trois versets, le <i>Gloria in excelsis,</i> des oraisons, le <i>Trisagion,</i> un pseaume, apres lequel on lit le Dimanche seulement l'Evangile du jour : puis on dit une ode, quatre pseaumes, deux versets, des prières, une hymne, un sermon, une oraison &amp; le <i>Pater noster, &amp;c.</i> A Prime, après le <i>Pater noster,</i> on dit partie du pseaume soixante-quinzième, avec le verset <i>Gloria Patri, &amp;c.</i> une oraison, le pseaume <i>Bonum est confiteri, &amp;c.</i> une oraison, deux pseaumes, une hymne les jours de jeûne seulement, puis un pseaume, &amp; une partie d'un autre, deux autres pseaumes, deux versets, le <i>Gloria Patri, &amp;c.</i> un sermon, une oraison, le <i>Pater noster, &amp;c.</i> A Tierce, après le <i>Pater noster,</i> &amp; une oraison au saint Esprit, on dit le pseaume cinquantième <i>Miserere,</i> une autre oraison au saint Esprit, un pseaume &amp; partie d'un autre, le verset <i>Gloria Patri,</i> un sermon, une oraison, &amp; le <i>Pater noster.</i> A Sexte, après le <i>Pater noster</i> &amp; une oraison au Père Eternel, on dit le pseaume <i>Miserere,</i> un sermon, une oraison, les pseaumes marqués pour Sexte, quatre versets du pseaume 40e, un sermon, une oraison, le <i>Pater noster.</i> A None après le <i>Pater noster,</i> une oraison au fils de Dieu &amp; le pseaume <i>Miserere,</i> on dit un sermon, une oraison, plusieurs pseaumes, un cantique, un sermon &amp; le <i>Pater noster</i> ; après quoi dans l'Eglise on dit la Messe. Ceux qui récitent l'office en particulier, après ce dernier <i>Pater noster,</i> disent un pseaume qui change à chaque férie ; puis on récite un discours à la louange de quelque Saint, dont on fait la fête ce jour là : ensuite on dit le Trisagion, une oraison, un sermon, quelques versets des pseaumes, une leçon fort longue tirée de Prophètes, ou de l'Apôtre, deux fois <i>Alleluia,</i> trois versets des pseaumes, une fois <i>Alleluia</i> ; puis on lit l'Evangile, on dit le <i>Credo,</i> un sermon, une oraison, &amp; le <i>Pater noster.</i> A Vêpres après le <i>Pater noster,</i> quelques versets, le <i>Gloria Patri,</i> on dit un pseaume, puis <i>Gloria tibi Domine,</i> ensuite trois pseaumes, des prières comme à Laudes, &amp; vingt-trois oraisons, à chacune desquelles on dit <i>Dominum oremus, Prions le Seigneur</i> ; ces prières &amp; ces oraisons ne se disent que le Dimanche ; puis on dit une oraison, le <i>Trisagion,</i> un pseaume, un cantique, un sermon, trois pseaumes, un sermon, une oraison &amp; le <i>Pater noster.</i> Nous avons déja remarqué qu'il y a dans le <i>Bréviaire</i> Arménien deux offices de Complies, l'un se dit dans l'Eglise immédiatement après Vêpres, &amp; l'autre en particulier après le souper ; &amp; après l'avoir dit, il est expressément défendu de boire &amp; de manger, ou de parler à qui que ce soit. Aux premières Complies après le <i>Pater noster, &amp;c.</i> on dit un verset, le <i>Gloria Patri, &amp;c.</i> sept pseaumes, deux versets, le <i>Gloria Patri,</i> un long cantique, un sermon, une oraison, un pseaume, une hymne ; les jours de jeûne seulement un sermon, une oraison, &amp; le <i>Pater noster.</i> Aux secondes Complies après le <i>Pater noster,</i> on dit quatre versets du pseaume 42e, le <i>Gloria Patri,</i> plusieurs versets de différens pseaumes &amp; du cantique d'Habacuc, le commencement du cantique des trois enfans, le dernier des pseaumes, le cantique <i>Nunc dimittis,</i> des versets des pseaumes 137, 141, 85, une oraison, le pseaume <i>Cùm invocarem,</i> une hymne ; puis on lit l'Evangile ; on dit une longue oraison &amp; le <i>Pater noster, &amp;c.</i> Voyez le <i>Bréviaire</i> du Rit Arménien, qui est en langue Arménienne, &amp; le Cardinal Bona.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Maronites contient sept heures canoniques, qui sont l'office de la nuit, Matines, Tierce, Sexte, None, Vêpres &amp; Complies. Les Maronites disent toujours les mêmes pseaumes à chaque heure sans y tien changer ; ainsi ils ne récitent point tout le pseautier même en une année. Au commencement &amp; à la fin des heures ils disent toujours le <i>Trisagion,</i> le <i>Pater</i> &amp; l'<i>Ave,</i> le Symbole de Nicée &amp; une oraison, puis des hymnes ou des cantiques &amp; des prières, en mêlant ces prières aux strophes de l'hymne, &amp; aux versets du cantique. L'office de la nuit contient seize oraisons, onze cantiques, six hymnes, deux pseaumes, un répons &amp; des prières. D'abord on dit une oraison &amp; un cantique suivi d'une oraison, puis une hymne, un pseaume, deux oraisons, une hymne, quelques prières, une oraison, deux cantiques, deux oraisons, une hymne, des prières, une oraison, deux cantiques, trois oraisons, une hymne, des invocations, une oraison, deux cantiques, une oraison, une hymne, un cantique, un répons, deux oraisons, une hymne, un pseaume, une oraison, &amp; le reste des cantiques. A Matines il y a onze oraisons, sept hymnes, six cantiques, quatre pseaumes, &amp; un répons, qui se disent ainsi. On commence par une oraison, puis on dit un cantique, une oraison, un cantique, une oraison, une hymne, un pseaume, une oraison, une hymne, un pseaume, une oraison, une hymne, un pseaume, une oraison, une hymne, un cantique, une oraison, une hymne, des invocations, une oraison, une hymne, un pseaume, un repons, deux oraisons, un cantique, une oraison, un cantique. Tierce, Sexte &amp; None, ont chacune cinq oraisons, deux ou trois cantiques ; Tierce &amp; None, deux seulement &amp; un pseaume. Ces heures se disent ainsi : on dit d'abord une oraison, puis un pseaume, ou un cantique, trois oraisons, un cantique, une oraison, &amp; un cantique. Les Vêpres ont sept oraisons, deux hymnes, quatre cantiques, quatre pseaumes, &amp; un répons. Ces prières se disent de cette manière. On chante une oraison &amp; un cantique, puis une oraison, un cantique &amp; une oraison, une hymne, un pseaume, une oraison, une hymne, trois pseaumes, un répons, deux oraisons, un cantique, une oraison &amp; un cantique. A Complies, il y a cinq oraisons, trois pseaumes, deux hymnes, deux cantiques, qu'on dit ainsi. On commence par une oraison, puis on dit un pseaume, une oraison, une hymne, un pseaume, deux oraisons, un cantique, une hymne, un pseaume, une oraison &amp; un cantique.</p><p>Chez les peuples qui parlent la langue Esclavone, ou quelqu'un de ses dialectes, ceux qui disent le <i>Bréviaire,</i> excepté les Polonois, &amp; quelques autres, le récitent en langue vulgaire, comme les Maronites en Syriaque, &amp; les Arméniens en langue Arménienne. Ceux qui récitent le <i>Bréviaire</i> en Esclavon sont partagés pour le Rit, les uns suivent le Rit Latin, ou Romain, &amp; ce sont ceux qui habitent la Dalmatie &amp; les côtes voisines ; ceux qui habitent plus avant dans les terres, en Hongrie, en Bossine, en Esclavonie, &amp;c. en Pologne, en Lituanie, en Moscovie, &amp; le long de la mer noire du côté du Nord, suivent le Rit Grec. On a imprimé à Rome en 1648. le <i>Bréviaire</i> Romain en langue Esclavone &amp; en caractères Esclavons.</p><p>Le <i>Bréviaire</i> des Cophtes est semblable à celui des Abyssins, qui disent les heures de l'office en cette manière. Toutes les heures commencent par le <i>Pater noster</i> &amp; l'<i>Ave Maria.</i> Au commencement de l'office de la nuit, ils récitent le pseaume <i>Venite exultemus</i> : ils lisent beaucoup de leçons de la sainte Ecriture, &amp; ils n'en lisent qui soient tirées des Saints Pères que durant la semaine sainte. Toutes les heures de leur <i>Bréviaire</i> renferment douze pseaumes, &amp; dans les Monastères où il y a beaucoup de Moines, on récite tout le pseautier avant le dîner, ce qui se fait en fort peu de temps, parce que l'on donne à chaque Moine quelques pseaumes, ou seulement quelque partie des plus grands pseaumes que l'on divise. Le pseaume 50e <i>Miserere,</i> est toujours un des douzes de chaque heure du <i>Bréviaire.</i> Voyez les <i>Bréviaires</i> Cophtes, &amp; les <i>Bréviaires</i> Abyssins, &amp; le Cardinal Bona.</p><p>D. Joseph Mége conjecture que le mot <i>Bréviaire</i> vient de ce qu'on donnoit aux Moines qui faisoient voyage, de petits livres, dans lesquels on ramassoit les pseaumes, les leçons &amp; les oraisons qu'on lisoit au choeur dans de grands volumes. Le P. Mabillon dit qu'il a vû dans le trésor de Cîteaux deux de ces petits livres, &amp; il en donne cette description. Ces livres n'ont que trois doigts de large, mais ils sont plus longs. Ils paroissent fort petits quand ils sont fermés, mais quand on les ouvre ils paroissent trois fois plus grands, parce que les feuillets en sont pliés à trois plis ; ils ne sont écrits que d'un côté, &amp; la lettre en est si menue &amp; si abrégée, qu'en fort peu de syllabes on exprime toute une période. Les feuillets en sont attachés par un filet, &amp; on enferme ces petits livres dans un sac decuir.</p><p>
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    <head>BRÉVIAIRE</head>
    <p>
    Bréviaire , chez les Anciens, signifioit seulement, le lieu où on gardoit les brefs, ou ce qui étoit écrit en abrégé : <pb n="735" facs="bpt6k8542165/f775/full/1200,/0/native.jpg"/>d'où vient qu'on a appellé <i>Bréviaire</i> l'Abrégé de l'Office Divin. Quelques-uns croient que ce livre ne contenoit autrefois que les Rubriques, &amp; qu'on l'a étendu depuis à tout l'Office.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5914" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRÉVIAIRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BRÉVIAIRE</head>
    <p>
    Bréviaire , se dit aussi du livre qui contient cet Office, &amp; tous les changemens qui s'y doivent faire suivant les divers jours &amp; Fêtes de l'année. Le mot de <i>Bréviaire</i> est employé pour signifier un Livre d'Eglise, dans la lettre de l'Archevêque de Lyon à Robert, Evêque de Langres, au sujet de l'Abbé Robert, retiré à Molême en 1099. C'est peut-être la première fois qu'il se trouve en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5914" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRÉVIAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRÉVIAIRE</head>
    <p>
    Bréviaire , selon Chauvet &amp; le P. Papebrock, <i>Acta SS. Jun. Tom. II. pag.</i> 498. s'est dit aussi quelquefois pour Missel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5915" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÉVIATEUR" />
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    <head>BRÉVIATEUR</head>
    <p>
    BRÉVIATEUR , s. m. Nom d'Office. <i>Breviator.</i> Les <i>Bréviateurs</i> étoient dans l'Empire de Constantinople, les Secrétaires des Brefs, ou les Ecrivains des Brefs. <i>Scriptores Brevium.</i> On dit qu'on appelle encore <i>Bréviateurs</i> ceux qui écrivent &amp; dictent à Rome les Rescripts &amp; les Brefs du Pape. Voyez le Dictionnaire de Droit de Calvin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5916" id="1" type="eaux & forets">
   <index type="head" value="BREUIL" />
   <index type="src_domain" value="eaux & forets" />
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    <head>BREUIL</head>
    <p>
    BREUIL , en termes d'Eaux &amp; Forêts , se dit d'un bois taillis, ou buisson fermé de murs, ou de haies, auquel les bêtes ont accoutumé de se retirer. <i>Lustrum.</i> Dans la Coutume d'Anjou est réputé <i>breuil</i> de forêt, un grand bois marmenteau, ou taillis, ou buisson, où les grosses bêtes se peuvent retirer. Ce mot a formé plusieurs noms de lieux.</p><p>Le mot de <i>breuil,</i> pour dire bois, forêt, est fort commun en Poitou. Il vient apparemment de <i>Broilum,</i> qui se trouve en ce sens-là dans les Capitulaires de Charlemagne, &amp; de Charles le Chauve, &amp; dans l'Histoire de Luitprand. L'un des quartiers de la place de Venise s'appelle <i>broglio,</i> parce qu'il y avoit autrefois un bois en cet endroit là. Voyez le <i>Dict. Etymologique</i> de Ménage.</p><p>Ce mot vient de <i>broilum</i>, ou <i>briolium</i>, ou <i>brolium</i>, ou <i>brogilum</i>, selon Luitprand. On a dit aussi <i>breil</i> &amp; <i>broillot</i> &amp; <i>bruillet, bruillot,</i> des petits bois ou brossailles qu'on avoit accoutumé de brûler afin de les défricher.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5916" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="BREUIL" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BREUIL</head>
    <p>
    Breuils . Terme de Marine . Ce sont des cordes qui servent à trousser, ou à bourcer les voiles, qu'on appelle autrement <i>carguesfond.</i> Pomey dit qu'on les appelle aussi <i>brouils, martinets, garcettes.</i> On dit aussi, <i>breuiller</i> les voiles, ou les <i>brouiller,</i> pour dire, les <i>carguer,</i> ou les <i>trousser.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5917" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREUILLES" />
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    <head>BREUILLES</head>
    <p>
    BREUILLES , subst. fém. &amp; plur. Entrailles, boyaux, intestins d'un poisson. <i>Viscera, intestina.</i> Auparavant que de caquer le hareng on lui arrache les <i>breuilles,</i> ou entrailles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5918" id="1" type="">
   <index type="head" value="BREUVAGE" />
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    <head>BREUVAGE</head>
    <p>
    BREUVAGE , s. m. Liqueur qui sert de boisson. <i>Potio.</i> Le Condrieux est un excellent <i>breuvage.</i> Le nectar est le <i>breuvage</i> des Dieux. Ablang.</p><p>Ce mot a été dit pour <i>biberage,</i> qui se trouve dans les anciens livres, qui vient de <i>biberagium,</i> qui signifioit <i>vin du marché,</i> qui a été fait de <i>bibere,</i> comme <i>abbreuver,</i> de <i>adbibere.</i> Ménage. M. Huet croit que ce mot vient de <i>brou, broue,</i> &amp; <i>brouet</i> ; &amp; que ces derniers viennent de <i>braia,</i> ancien mot Gaulois, qui signifie de la boue, &amp; qu'on a transporté à toute sorte de liqueur épaisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5918" id="2" type="">
   <index type="head" value="BREUVAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Superstition" />
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    <head>BREUVAGE</head>
    <p>
    Breuvage , se dit aussi des potions médicinales qu'on donne tant aux hommes qu'aux animaux. On lui a fait un <i>breuvage</i> composé de casse &amp; de sené.</p><p>On appelle aussi <i>breuvage,</i> le mêlange égal de vin &amp; d'eau que l'on fait sur mer pour la boisson de l'équipage.</p><p>Les Anciens parlent de certains <i>breuvages</i> préparés pour donner de l'amour, ou de la haine. On ne convient pas de leur effet. Les <i>breuvages</i> de haine () étoient composés du suc de l'herbe appellée <i>Promethea,</i> &amp; du fiel de quatre animaux. Circé changea les compagnons d'Ulysse en pourceaux par un <i>breuvage</i> magique. Dac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5919" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIANÇON" />
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    <head>BRIANÇON</head>
    <p>
    BRIANÇON , s. m. Ville de France dans le Dauphiné. <i>Briançon</i> est fort ancien. L'Itineraire d'Antonin le nomme <i>Brigantion,</i> aussi-bien qu'Aethicus, Ptolomée ; mais de nouveaux Critiques soupçonnent qu'il faut lire . Julien, dans son épître aux Athéniens, l'appelle <i>Brigantia.</i> Dans Ammien Marcellin on trouve <i>Virgantia,</i> au lieu de <i>Vrigantia,</i> qui est la même chose que <i>Brigantia.</i> La Manne de <i>Briançon,</i> est une gomme blanche fort douce &amp; sucrée qui découle des frênes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5920" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIANÇONNOIS, OISE" />
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    <head>BRIANÇONNOIS, OISE</head>
    <p>
    BRIANÇONNOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Briançon. <i>Brigantionensis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5920" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRIANÇONNOIS, OISE" />
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    <head>BRIANÇONNOIS, OISE</head>
    <p>
    Briançonnois , s. m. Petit pays de Dauphiné, dont Briançon est la capitale, qui lui a donné son nom. <i>Brigantionensis ager.</i> Quelques Dauphins de Viennois ont pris le nom de Princes du <i>Briançonnois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5921" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIARE" />
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    <head>BRIARE</head>
    <p>
    BRIARE , s. m. <i>Brivodurus, Brivodurum, Breviodurus, Bridoborum.</i> Petite ville de France dans le Gâtinois, qui n'est connue que par son Canal, appellé le Canal de <i>Briare,</i> fait sous Louïs XIII. pour passer les bateaux de la Loire dans la Seine par le moyen du Loing.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5922" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIBE" />
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    <head>BRIBE</head>
    <p>
    BRIBE , s. f. Morceau de pain ou de viande qui reste d'un repas ; tout ce que l'on dessert de quelque table. <i>Frustrum.</i> Vaug. <i>Rem.</i> Il y avoit toujours quelques <i>bribes</i> dans la besace de Diogène. Ablanc.</p><p>On le dit aussi d'un gros quartier de pain. Ce berger ne veut point sortir, qu'il n'ait sa <i>bribe</i> de pain dans sa panetière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5922" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRIBE" />
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    <head>BRIBE</head>
    <p>
    Bribes , au pluriel, se dit figurément de quelques morceaux qu'on attrape de quelque chose. Ce neveu n'a pas eu toute la succession de son oncle ; mais il en a eu de bonnes <i>bribes.</i> On dit encore des <i>bribes</i> de Latin ; pour dire, des passages &amp; des phrases de Latin, que l'on prend çà &amp; là. On dit aussi, Mettons nos <i>bribes</i> ensemble ; pour dire, Joignons ensemble nos morceaux, ou contribuons chacun de notre part à la dépense du dîner. Ils se régalent quelquefois entre eux, en mettant toutes leurs <i>bribes</i> ensemble. Ablanc. Tout cela ne se peut dire que dans le style bas &amp; familier.</p><p>On dit proverbialement en ce sens, qu'il n'y a tel festin que de gueux, quand toutes leurs <i>bribes</i> sont ramassées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5923" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRICE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BRICE</head>
    <p>
    BRICE , s. m. Nom d'homme. <i>Brictio, Brictius.</i> S. <i>Brice</i> étoit de la ville de Tours. Bail. &amp; vécut au IVe &amp; Ve siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5924" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRICHET" />
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    <head>BRICHET</head>
    <p>
    BRICHET , Voyez <ref type="search" target="head:Brechet">Brechet</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5925" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRICIEN" />
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    <head>BRICIEN</head>
    <p>
    BRICIEN , s. m. L'Ordre des Briciens. <i>Bricianorum Ordo.</i> Ordre militaire établi par sainte Brigide Reine de Suède l'an 1366. sous le Pontificat d'Urbain V. qui l'approuva, &amp; lui donna la règle de S. Augustin. Leurs armes étoient une Croix d'azur semblable à celle de Malte, sous laquelle étoit une langue de feu, symbole de l'ardeur de la foi &amp; de la charité envers le prochain. Leurs devoirs étoient de combattre contre les Hérétiques, la sépulture des morts, l'assistance des veuves, des orphelins &amp; des hôpitaux. La Sainte Institutrice le dota de riches Commanderies. Voyez <ref type="search" target="head:Ant">Ant</ref>. Bosius des Hermites de S. Augustin, Marc Ant. Viano Polonois, Description de Pologne, Justiniani <i>Hist. di tutti gl'Ord. mil. T. II. c.</i> 59. <i>p.</i> 685. outre ceux qui parlent en général de tous les Ordres militaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5926" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRICOLE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BRICOLE</head>
    <p>
    BRICOLE , s. f. Réflexion d'un corps solide qui se fait à la rencontre de quelque autre corps dur. <i>Obliqua corporis alicujus solidi in aliud corpus durum impactio.</i> On le dit des balles dans un jeu de paume, des billes en un billard, &amp; des boulets de canon qui battent obliquement, comme il arrive dans les batteries qu'on appelle <i>en écharpe.</i></p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>brincar</i>, qui signifie <i>faire des cabrioles, sauter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5926" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRICOLE" />
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    <head>BRICOLE</head>
    <p>
    Bricole , a signifié chez les Anciens une machine à jetter des pierres. Du Cange. C'étoit une espèce de fronde faite de cuir. <i>Funda coriacea.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5926" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRICOLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>BRICOLE</head>
    <p>
    Bricole , se dit encore de pièces de cuir attachées ensemble qui servent aux Porteurs à porter des chaises, &amp; aussi de celles qui composent le harnois des chevaux de carrosse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5926" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRICOLE" />
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    <head>BRICOLE</head>
    <p>
    Bricole , signifie aussi une tromperie qu'on fait à quelqu'un, quand on agit avec lui par des voies obliques &amp; indirectes. <i>Frustratio, declinatio.</i> Je m'attendois à recevoir de cet homme le secours qu'il m'avoit promis ; mais je vois bien qu'il m'a donné une <i>bricole.</i> Ce valet est un grand menteur, il me donne toujours quelque <i>bricole.</i></p><p>Il se dit des détours &amp; des voies secrètes que l'on prend pour faire quelque chose en cachette.</p><p>Bricole, en termes de Chasse , c'est un filet de petites cordes ; &amp; qui est en forme de bourses pour prendre les grandes bêtes. Salnove, qui écrit <i>Bricolles.</i> Une Ordonnance d'Henri IV. du mois de Juin 1601. défend dans l'Art. IX. à toutes personnes indifféremment de faire ouvrer, &amp; exposer en vente, avoir &amp; eux aider de tirasses, tonnelles, traîneaux, <i>bricoles</i> de corde, &amp; de fil d'archal, &amp;c. Et une Ordonnance du Roi du mois d'Août 1669. porte, Art. XII. Tous tendeurs de lacs, tirasses, tonnelles, traîneaux, <i>bricoles</i> de corde &amp; de fil d'archal, pièces &amp; pans de rêts, colliers, halliers de fil, ou de soie, seront condamnés au fouet pour la première fois, &amp; en 30. liv. d'amende, &amp;c.</p><p>On appelle aussi <i>bricole,</i> ce dont on se sert pour empêcher les chiens d'aller trop vîte devant les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5927" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRICOLER" />
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    <head>BRICOLER</head>
    <p>
    BRICOLER , v. act. Pousser une balle, une bille, un boulet, obliquement, pour le faire aller en un certain endroit par réflexion. <i>Pilam obliquè in parietem impingere.</i></p><p>On dit aussi au figuré, de ceux qui ne vont point droit dans les affaires, qu'ils ne font que fuir &amp; <i>bricoler</i> ; c'est-à-dire, amuser &amp; tromper. Il est bas en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5927" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRICOLER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BRICOLER</head>
    <p>
    Bricoler , se dit aussi, mais dans le style bas, de ceux qui mangent trop chaud. Il signifie, Faire aller le morceau c'e côté, &amp; d'autre dans sa bouche avant que de l'avaler, afin de n'en être point brûlé. Ma foi j'ai été obligé de <i>bricoler.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5928" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BRIDE" />
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   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BRIDE</head>
    <p>
    BRIDE , s. f. Assortiment de bandes de cuir &amp; de pièces de fer, propre à tenir la tête d'un cheval sujette &amp; obéissante. <i>Frenum, habena.</i> La <i>bride</i> est composée de deux rênes, d'une têtière, &amp; d'un mords. On dit en termes de Manége , Tenir, rendre, lâcher, donner la <i>bride</i> ; &amp; plus élégamment, Tenir, rendre, donner, lâcher la main.</p><p>&#9758; Bride, se prend quelquefois pour les rênes seules, &amp; dans ce sens on dit, qu'Un cheval a rompu sa <i>bride,</i> lorsqu'il a rompu ses rênes.</p><p>Ménage dérive ce mot du Latin <i>brida,</i> qui a été fait du Grec , qui signifie <i>traho, je tire.</i> Il est bien plus naturel de le dériver avec Icquez de la langue Saxone, &amp; de celle des Francs, où l'on trouve les mots <i>bridel, brydel,</i> dans le même sens. Le P. Pezron dérive le Grec , &amp; le François <i>bride,</i> qui signifient la même chose, du Celtique <i>brid.</i></p><p>Boire la <i>bride</i> ou le mords, se dit quand le <i>mords</i> remonte trop haut, &amp; se déplace de dessus les barres où se fait l'appui. Se tenir à la <i>bride,</i> c'est s'y attacher comme on fait aux crins. La main de la <i>bride,</i> c'est la main gauche du Cavalier. On appelle <i>coup de bride,</i> l'espèce de châtiment que le Cavalier donne à son cheval en secouant une rêne, lorsque le cheval ne veut point tourner. On dit aussi <i>bride</i> de mulet.</p><p>On dit courir à <i>bride</i> abattue, ou à <i>bride</i> avalée, ou à toute <i>bride</i> ; pour dire, Courir de toute la vîtesse du cheval. <i>Effusissimis habenis accurrere.</i> Ablanc. Il gagna la ville, où il se retira à toute <i>bride.</i> On dit aussi, Pousser un cheval à toute <i>bride.</i> Vaug. Voyez sur les Opérations de la <i>bride</i> au Manége, la <i>Méthode de dresser les chevaux</i> par le Comte de Newcastle pag. 182. &amp; suiv. de la Traduction Françoise, &amp; pag. 190. &amp; suiv. p. 322. &amp; suiv. pag. 378. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRIDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BRIDE</head>
    <p>
    Bride à abréver. Vous pouvez mettre au poulain pour quelques jours la <i>bride</i> à abréver, sans rênes, après quoi vous lui mettrez le mords. Newc. Il n'y a rien de si utile à la santé des chevaux que de les tenir avec la <i>bride</i> à abréver trois ou quatre heures avant que de les monter, &amp; autant du temps après jusqu'à ce qu'ils soient bien refroidis. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRIDE" />
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    <head>BRIDE</head>
    <p>
    Bride , se dit figurément de tout ce qui arrête, ou qui borne la puissance de quelqu'un ; qui le retient dans son devoir. <i>Freni.</i> Les Ephores de Sparte étoient établis pour tenir en <i>bride</i> la puissance Royale. Les loix tiennent en <i>bride</i> les peuples. Il faut tenir la <i>bride</i> haute aux jeunes gens qui sont trop fougueux. Notre esprit assez souyent n'a pas moins besoin de <i>bride</i> que d'éperon. Boil. On dit aussi, qu'un homme a lâché la <i>bride</i> à ses passions, à ses appétits sensuels, lorsqu'il vit dans le dérèglement. Il faut user de toutes choses avec modération, &amp; ne lâcher jamais la <i>bride</i> à nos sens, quelque innocens qu'en soient les objets. Nicol. On dit aussi qu'un homme a lâché la <i>bride</i> à son imagination, quand il a eu des pensées extraordinaires, excessives, fausses &amp; outrées. On dit aussi, qu'une citadelle, une place forte, tient en <i>bride</i> toute une ville, toute une Province ; pour dire, qu'elle la tient dans la sujettion, dans l'obéissance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5928" id="4" type="">
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    <head>BRIDE</head>
    <p>
    Bride , se dit aussi de ce qui serre, qui arrête &amp; qui attache une chose à une autre. <i>Retinaculum.</i> Il faut refaire des <i>brides</i> à cette dentelle. Les Boutonnières ont besoin de <i>brides</i> pour les arrêter. Une femme se fait une <i>bride</i> pour tenir son bonner quand elle se coëffe. On met des <i>brides</i> aux beguins des enfans pour les attacher.</p><p>On appelle proverbialement des <i>brides à veaux,</i> les raisons qui persuadent les sots, &amp; dont se moquent les gens éclairés.</p><p>On dit aussi, qu'il faut aller <i>bride</i> en main en quelque affaire ; pour dire, qu'il faut agir lentement, &amp; après une mûre délibération. On dit aussi, Mettre la <i>bride</i> sur le cou à quelqu'un, lorsqu'il est incorrigible, &amp; qu'on l'abandonne à son sens réprouvé. On dit aussi qu'on a hoché la <i>bride</i> à quelqu'un, pour dire, qu'on a sondé ses intentions, pour savoir s'il voudroit faire quelque chose qu'on ne lui a pas demandée ouvertement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5929" id="1" type="marine">
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    <head>BRIDER</head>
    <p>
    BRIDER , v. act. Mettre la bride à un cheval, ou à une autre bête de voiture. <i>Frenare.</i></p><p>En termes de Marine , on dit <i>brider</i> l'ancre ; pour dire, Empêcher qu'elle n'enfonce dans le sable : ce qui se fait en mettant quelques planches à ses pattes.</p><p>On dit aussi, <i>brider</i> un oison, <i>brider</i> la bécasse.</p><p>On dit en Fauconnerie, <i>brider</i> les serres d'un oiseau, quand on en lie une de chaque main : ce qui l'empêche de charrier, ou d'emporter sa proie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5929" id="2" type="">
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    <head>BRIDER</head>
    <p>
    Brider , signifie figurément, Tenir en sujétion. <i>Frenare, frenos injicere.</i> Cette forteresse <i>bride</i> toute la Province. Les peuples sont <i>bridés</i> par les loix, par l'autorité des Magistrats. <i>Brider</i> le cours impétueux de l'ambition &amp; de la fortune. <i>Brider</i> ses passions. Théoph. Il sont <i>bridés</i> par mer, ils ne peuvent plus sortir.</p><p>On le dit aussi des conventions particulières. Cet homme est bien <i>bridé</i> par cette transaction, il ne peut plus faire de chicane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5929" id="3" type="">
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    <head>BRIDER</head>
    <p>
    Brider , signifie aussi, Etreindre, serrer, cacher. <i>Stringere, astringere.</i> Ce Juste-au-corps est mal taillé, il vous <i>bride</i> trop sur les épaules. Il s'est <i>bridé</i> le nez de son manteau pour n'ètre point apperçû.</p><p><i>Brider</i> le nez se dit aussi, pour Donner un coup de fouet, ou de verge, ou baguette par le nez. Il lui a <i>bridé</i> le nez d'un coup du fouet qu'il avoit en main. Quand on marche dans un bois épais les petites branches que l'on fait plier, vont <i>brider</i> le nez de ceux qui suivent de trop près. On dit même de tous ceux à qui on jette quelque chose au visage, qu'on leur en a <i>bride</i> le nez.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRIDER</head>
    <p>
    &#9758; BRIDER , v. act.Brider , est aussi un terme d'Académiste , qui se dit en parlant de la course de la bague. Impingere. C'est toucher la potence avec sa lance, passer par-dessous la potence, ou frapper le canon de la potence. Cet homme est bien mal-adroit, il bride toujours la potence.<br/>Brider les cloches, c'est en lier les battans avec des cordes pour carillonner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5929" id="5" type="">
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    <head>BRIDER</head>
    <p>
    Bridé, ée , part. &amp; adj. <i>Frenatus, frenis astrictus.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'une affaire est sellée <i>&amp; bridée</i> ; pour dire, qu'elle est achevée, qu'elle est conclue, par une méchante allusion de la selle du cheval, au sceau des arrêts qui terminent les affaires. On dit aussi, que la bécasse est <i>bridée,</i> quand on a engagé quelqu'un en une méchante <pb n="737" facs="bpt6k8542165/f777/full/1200,/0/native.jpg"/>affaire, ou quand on l'a trompé. On appelle aussi, un oison <i>bridé,</i> un sot, un homme qui n'a point vû le monde. On appelle un Juge <i>bridé,</i> lorsqu'il est fort ignorant, &amp; qu'il ne juge qu'au hasard.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5930" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIDOIR" />
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    <head>BRIDOIR</head>
    <p>
    BRIDOIR , s. m. Prononcez <i>Bridoi.</i> C'est un morceau de linge, large d'environ trois doigts, que les Dames mettent à leur bonnet, quand elles se coëffent. Il sert à bander le menton, &amp; c'est pour cela qu'on l'appelle aussi une <i>mentonnière.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5931" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="BRIDON" />
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    <head>BRIDON</head>
    <p>
    BRIDON , s. m. Terme de Manége . C'est un filet à l'Angloise, qui a une embouchure fort menue, &amp; qui n'a aucunes branches. Les chevaux Anglois se mènent avec des <i>bridons,</i> &amp; n'ont des brides qu'à l'armée. Il n'y a point de cheval, ni sûr, ni utile, ni qui puisse aller avec un <i>bridon,</i> s'il n'est premièrement monté avec le mords. Newc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5931" id="2" type="quelques religieuses">
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>BRIDON</head>
    <p>
    Bridon , est aussi un terme de quelques Religieuses . Il signifie un morceau de linge large d'environ deux doigts, qui est cousu &amp; attaché au voile. Ce <i>bridon</i> fait voir que les Religieuses doivent se priver de tous les plaisirs du monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5932" id="1" type="">
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    <head>BRIE</head>
    <p>
    BRIE , s. f. Pays de France entre la Champagne particulière, le Sénonois, le Gâtinois, le Hurepoix, le Parisis &amp; le Soissonnois, en Latin <i>Saltus Brigensis,</i> ou <i>Brigia silva,</i> ou <i>Pagus Briegius.</i> Quelques-uns disent que ce mot vient du mot François <i>Abri</i>, qui signifie lieu couvert, où il y a de l'ombre, &amp; ils prétendent que ce pays fut ainsi nommé, parce qu'il est tout planté d'arbres fruitiers, qui font par tout des ombrages, ou des abris. Dom Du Plessis, dans son <i>Histoire de l'Eglise de Meaux</i> Tom. I. pag. 16. &amp; 638. prouve que l'Abbaye de Faremoutier dans son origine a été appellée <i>Brige,</i> c'est-à-dire <i>Pont</i> ; que ce nom s'étant ensuite communiqué à tout le territoire voisin, on l'a appellé <i>Saltus Brigensis</i> ; &amp; que de-là s'est formé celui de <i>Brie.</i> La <i>Brie</i> a eu autrefois ses Comtes. Cette Province se divise en <i>Brie</i> supérieure, ou haute <i>Brie,</i> dont Meaux est la capitale, &amp; <i>Brie</i> inférieure, ou Basse <i>Brie,</i> qui a Provins pour capitale, &amp; <i>Brie Pouilleuse,</i> ou <i>Galeuse,</i> autrement dite <i>Galevesse,</i> dont le lieu principal est Château-Thierry. Celle-ci tire son nom de celui de <i>Vadicasses.</i> La plus grande partie de la <i>Brie</i> est annexée au Gouvernement de Champagne ; le reste, qui l'est au Gouvernement de l'Isle de France, s'appelle à cause de cela <i>Brie</i> Françoise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5933" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIEF, IÈVE" />
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    <head>BRIEF, IÈVE</head>
    <p>
    BRIEF, IÈVE , adj. Vieux mot, qui n'est demeuré en usage que dans le Palais. <i>Brevis.</i> Un ajournement personnel se donne à trois <i>briefs</i> jours. Le Roi, dans les Lettres qu'il adresse aux Juges, leur commande de faire aux parties bonne &amp; <i>briève</i> justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5934" id="1" type="">
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    <head>BRIEU</head>
    <p>
    BRIEU , s. m. Nom propre d'homme. <i>Briocus, Briomachus, Briomacles,</i> ou <i>Uriomaclus. S. Brieu,</i> que quelques-uns font originaire de la Grande Bretagne, vivoit au VIIe siècle. Chassé, dit-on, par les Saxons, il se réfugia sur les côtes de l'Armorique.</p><p>S. Brieu, s. m. Ville Episcopale de Bretagne en France, qui a pris le nom de S. Brieu son Patron, &amp; en quelque sorte son fondateur ; car ce Saint étant mort dans un Monastère qu'il avoit bâti en cet endroit, entre Lexobie &amp; Aleth, la réputation de sa sainteté &amp; l'éclat de ses miracles y attirèrent tant de monde, qu'il s'y forma bientot une ville. <i>Briocum, fanum S. Brioci, Briocopolis.</i> Voyez Baillet au premier de Mai.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>Briocus</i>, dont d'abord retranchant l'<i>u,</i> comme en beaucoup d'autres, on a dit <i>Briocs</i> ou <i>Briox,</i> car <i>x,</i> ou <i>cs,</i> sont la même chose. Ensuite on a dit <i>Brieux</i> comme on écrit encore souvent, puis pour adoucir la prononciation l'usage a changé l'<i>x</i> ou <i>s, Brieus</i> : enfin il a retranché l'<i>s,</i> &amp; l'on dit <i>Brieu.</i> Ceci montre que <i>Briocus</i> est le véritable nom Latin, plutôt que <i>Briomaclus,</i> ou <i>Briomacles.</i> D'Argentré, M. Fleury, &amp; le P. Lobineau, écrivent toujours <i>Brieuc,</i> comme font aussi tous les anciens titres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5935" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIÈVEMENT" />
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    <head>BRIÈVEMENT</head>
    <p>
    BRIÈVEMENT , adv. D'une manière courte, succinctement. <i>Breviter.</i> Cet Auteur a écrit trop <i>brièvement</i> ; cela fait qu'il est obscur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5936" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIÈVETÉ" />
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    <head>BRIÈVETÉ</head>
    <p>
    BRIÈVETÉ , s. f. Petite étendue. <i>Brevitas.</i> La <i>brièveté</i> d'un discours. La <i>brièveté</i> de la vie. La <i>brièveté</i> d'un délai. Nos meilleurs Ecrivains disent toujours <i>brièveté,</i> à la réserve de Messieurs de Port-Royal, qui écrivent la <i>brèveté</i> &amp; l'instabilité de la vie. Ce discours n'a point cette <i>brèveté</i> vive &amp; animée si nécessaire. Je ne suis pas de leur avis : mais à cause de leur autorité, je n'ose dire que <i>brèveté</i> &amp; <i>brèvement,</i> soit une faute. Ménage. M. l'Abbé Fleury imite les Ecrivains de Port-Royal. La <i>brèveté</i> du Canon, dit-il, en parlant de la Liturgie Gallicane, <i>Hist. Eccl. L. XXXVI. p.</i> 214. mais ce n'est pas l'usage. La langue Françoise a trouvé le secret de joindre la <i>brièveté,</i> non-seulement avec la clarté, mais encore avec la pureté &amp; la politesse. Il n'y a peut-être rien qui soit moins à son goût que le style Asiatique : &amp; rien ne lui est plus naturel qu'une <i>brièveté</i> raisonnable. Ceux qui écrivent le mieux, ont un style également serré &amp; poli. Ils joignent la pureté de César, &amp; la fermeté de Tacite. Leurs paroles tiennent quelque chose de celle des oracles ; sans en avoir l'obscurité, ni l'embarras, elles en ont la <i>brièveté</i> &amp; la force. Bouh. Il y a une <i>brièveté</i> qui vient de la sècheresse de l'esprit, &amp; du peu d'étendue de génie : on ne loue point celle-là. Il faut une <i>brièveté</i> qui vienne de la réflexion &amp; du jugement. Val. La <i>brièveté</i> contribue à l'obscurité, selon le mot d'Horace ; Je veux être court, je deviens obscur. Bouh. La <i>brièveté</i> est bien voisine de l'obscurité. Dac. Il y a pourtant une <i>brièveté</i> louable, qui consiste à employer toutes les paroles qu'il faut, &amp; à n'employer que celles qu'il faut, ou même à se servir quelquefois d'un mot qui en vaille plusieurs autres. C'est la <i>brièveté</i> que Quintilien trouve si belle dans Saluste ; mais, comme remarque Quintilien au même endroit, dès qu'on imite mal ses manières de penser &amp; de parler, on devient obscur. Bouh. Si nous l'emportons sur nos Ancêtres par le choix des mots, par la clarté, &amp; par la <i>brièveté</i> du discours, c'est une question encore indécise. La Bruy. La <i>brièveté</i> est l'ame d'un conte, puisque sans cela il faut nécessairement qu'il languisse. La Font.</p><p>Dans le grand art on dit par manière de proverbe, l'oeuvre ne veut point de <i>brièveté</i> ; pour dire, qu'on ne doit point donner le feu trop violent, qu'il ne faut rien précipiter, qu'il faut seulement aider la nature par un feu ménagé à propos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5937" id="1" type="">
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    <head>BRIEUX</head>
    <p>
    BRIEUX . Ce mot signifie sur les côtes de Bretagne, le congé ou passeport, la permission de naviger, que tous les vaisseaux doivent prendre des Gouverneurs ou des Juges de l'Amirauté, pour sortir d'un port. <i>Facultas navigandi ; Diploma navigandi potestatem faciens.</i> On dit parler aux Hébrieux ; pour dire, demander ce congé. C'est peut-être une mauvaise allusion au mot Hébrieu, que l'on disoit autrefois pour Hébreu, que nous disons aujourd'hui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5938" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIFABLE" />
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    <head>BRIFABLE</head>
    <p>
    BRIFABLE , adj. Qui est mangeable. <i>Edulis, esculentus.</i> Ce fromage est <i>brifable.</i> S. Amand. Ce mot n'est d'usage que dans le style familier &amp; comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5939" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIFAUT" />
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    <head>BRIFAUT</head>
    <p>
    &#9758; BRIFAUT , s. m. Nom d'un chien de chasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5940" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIFER" />
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    <head>BRIFER</head>
    <p>
    BRIFER , v. act. Manger goulument. <i>Vorare, avidè comedere.</i> Les écoliers savent bien <i>brifer.</i></p><p>Quelques-uns dérivent ce mot <i>à bis faucibus,</i> comme si l'on mangeoit avec deux bouches. Il est du style bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5941" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIFEUR, EUSE" />
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    <head>BRIFEUR, EUSE</head>
    <p>
    BRIFEUR, EUSE , s. Celui ou celle qui brife. <i>Vorax, helluo.</i> Ce mot est burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5942" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIGADE" />
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    <head>BRIGADE</head>
    <p>
    BRIGADE , s. f. Division d'une troupe de gens de guerre. <i>Caterva, agmen.</i> Les <i>Brigades</i> aujourd'hui sont de deux sortes. Une armée est divisée ordinairement en <i>brigades</i> de Cavalerie, dont chacune est de dix ou douze escadrons ; &amp; d'Infanterie, dont chacune est de cinq ou six bataillons. l'autre sorte de <i>brigade</i> est la troisième partie d'une compagnie de Cavaleriede 50. maîtres ; la sixième si elle est de cent. On dit aussi, <i>Brigade</i> d'Archers. <i>Brigade</i> des Gardes. <i>Brigade</i> du Guet à cheval.</p><p>Il se dit aussi par extension, de tous ceux qui vont par bandes soumis à un chef. <i>Brigade</i> de voleurs. <i>Brigade</i> de faussauniers.</p><p>On dérive ce mot de <i>brigand,</i> ou de <i>brigue,</i> menée secrette. Du Cange le dérive de <i>brigands,</i> qui étoient une espèce <pb n="738" facs="bpt6k8542165/f778/full/1200,/0/native.jpg"/>de soldats. Voyez <ref type="search" target="head:Brigand">Brigand</ref>. Ainsi <i>latro</i> en Latin ne signifioit d'abord qu'un soldat. Chorier, <i>Hist. de Dauph.</i> p. 93. prétend que <i>brigade</i> est un mot emprunté de la langue des Celtes, dans laquelle <i>brig,</i> ou <i>briga,</i> signifioit non-seulement une ville, mais encore une assemblée, une troupe d'hommes. On trouve dans la basse Latinité <i>brigata</i> à peu près dans le même sens que <i>brigade.</i> Dans les Statuts de la ville de Nanci pour la course de bague, <i>Act. Sanct. Maii T. I. p.</i> 396. <i>E,</i> il est pris pour la Compagnie ou <i>brigade</i> que chaque quartier de la ville envoyoit à cette course.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5942" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRIGADE" />
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    <head>BRIGADE</head>
    <p>
    Brigade . Ce mot se dit aussi quelquefois dans le style badin &amp; enjoué, &amp; signifie plusieurs personnes assemblées pour quelque honnête plaisir. <i>Turba, cohors.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5943" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIGADIER" />
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    <head>BRIGADIER</head>
    <p>
    BRIGADIER , s. m. Officier qui commande une brigade de gens de guerre. <i>Catervae, agminis ductor. Brigadier</i> d'armée, est celui qui commande une brigade de Cavalerie ou d'Infanterie dans l'armée. Cet Officier est considérable, &amp; marche immédiatement après le Maréchal de Camp.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BRIGADIER" />
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    <head>BRIGADIER</head>
    <p>
    Brigadier d'une compagnie de Cavalerie, est celui qui commande une des brigades de la compagnie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5944" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIGAND" />
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    <head>BRIGAND</head>
    <p>
    BRIGAND , s. m. Voleur de grands chemins, &amp; à main armée. <i>Latro, grassator.</i> Il est entre les mains du Prévôt des Maréchaux, comme un <i>brigand.</i> Patru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5944" id="2" type="">
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    <head>BRIGAND</head>
    <p>
    Brigand , se dit aussi des soldats mal disciplinés, qui ne font que piller &amp; désoler les pays où ils font des courses, &amp; qui n'attendent point l'ennemi pour le combattre. Les armées des Arabes, des Tartares, ne sont que des armées de <i>brigands.</i> Ce mot s'est dit originairement d'une compagnie de soldats que la ville de Paris arma &amp; soudoya en 1356. pendant la détention du Roi Jean, prisonnier en Angleterre. Ils furent ainsi nommés, parce qu'ils étoient armés de <i>brigandines,</i> armes fort usitées alors. Or parce qu'ils firent beaucoup de voleries &amp; brigandages, on a appellé de leur nom tous les voleurs de grand chemin. C'est ainsi qu'en Latin <i>latro,</i> qui signifioit <i>soldat,</i> signifia dans la suite un voleur, parce que les soldats voloient &amp; pilloient. D'autres croient que le mot <i>brigand</i> est venu de certains peuples d'Allemagne appellés <i>Brigantins,</i> ou <i>Brigans,</i> qui habitoient sur les rives du lac de Constance, &amp; voloient publiquement amis &amp; ennemis. Ménage croit que ce mot vient de <i>Brigans</i>, peuples d'Hibernie, qui sous l'Empire Romain passèrent en Angleterre &amp; la ravagèrent, dont il est parlé dans Tacite. D'autres croient que ce mot vient de <i>Burgand,</i> insigne voleur qui ravagea la Guyenne du temps du Pape Nicolas I. Fauchet le dérive de <i>brig</i>, ou <i>brug</i>, vieux mot Gaulois, qui signifie un pont, à cause qu'on y détrousse facilement les passans. Lipse le dérive du Latin <i>Brigantes</i>, qui étoient des soldats à pied. Borel le dérive de <i>brugne,</i> qui étoit une armure ancienne faite de lames de fer jointes, servant de cuirasse, dont les <i>Brigands</i> étoient armés. Pasquier croit que <i>brigand</i> a été dit de brigade, qui signifie troupe, &amp; que c'étoient des voleurs qui alloient en troupe. Le P. Daniel, dans son <i>Hist. de Barbarie,</i> L. III. C. 4. croit que les Pirates de Barbarie ont été long-temps à n'avoir que des galères &amp; des brigantins, &amp; que c'est de là qu'est venu le nom de <i>brigand.</i></p><p>On le dit aussi par extention, de ceux qui font des exactions &amp; des concussions. Ces petits Juges sont des vrais <i>brigands.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRIGANDEAU</head>
    <p>
    BRIGANDEAU , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey, pour signifier, Un petit brigand. <i>Latrunculus.</i> Il n'est bon que dans le style familier. On devroit pendre tous ces <i>brigandeaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRIGANDAGE</head>
    <p>
    BRIGANDAGE , s. m. Volerie à main armée. <i>Latrocinium, grassatio.</i> Les bandits d'Italie ne vivent que de <i>brigandage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5946" id="2" type="">
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    <head>BRIGANDAGE</head>
    <p>
    Brigandage , se dit aussi de toute autre sorte de volerie qui se fait dans les villes ; comme quand on exige des droits qui ne sont pas dûs, quand on fait une injustice manifeste dans le jugement d'un procès ; quand un Marchand trompe ou rançonne quelqu'un, en lui vendant trop cher une marchandise dont il a besoin. Il y a bien des gens qui vivent de <i>brigandages.</i> Je voudrois qu'on établît un nouveau tribunal, où les usurpateurs des droits matrimoniaux fussent punis de leurs <i>brigandages.</i> Vill.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRIGANDER</head>
    <p>
    BRIGANDER , v. n. Voler sur les grands chemins. <i>Latrocinari, grassari.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRIGANDINE</head>
    <p>
    BRIGANDINE , s. f. Haubergeon, ou cotte de mailles, dont les soldats &amp; voleurs se servoient autrefois. <i>Lorica, ferreus thorax.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRIGANTIN</head>
    <p>
    BRIGANTIN , s. m. Autrement <i>Armatomene,</i> est un vaisseau de bas bord, qui va à voiles &amp; à rames, &amp; qui est sans couverte. <i>Myoparo.</i> Il y a jusqu'à dix ou douze rames de chaque côté, &amp; n'a qu'un rameur à chaque rame. Les Corsaires s'en servent ordinairement pour aller en course, parce qu'il est léger, &amp; que chaque matelot y est soldat. On l'a appellé dans la basse Latinité <i>brigentinus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRIGIDE</head>
    <p>
    BRIGIDE , s. f. Nom de femme. <i>Brigitta.</i> Sainte <i>Brigide</i> est célèbre, les révélations de Sainte <i>Brigide.</i> On trouve aussi Brigitte &amp; Birgite dans quelques Ecrivains, parce qu'en Latin on dit <i>Birgita,</i> &amp; <i>Brigitta</i> ; mais quel que soit le vrai mot Latin, l'usage en François est pour <i>Brigide,</i> comme en Italien <i>Brigida.</i> En quelques lieux on dit <i>Britte,</i> par corruption &amp; par abréviation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5950" id="2" type="">
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    <head>BRIGIDE</head>
    <p>
    Sainte Brigide , Ordre militaire instituée en Suède par Sainte Brigide en 1366. <i>Briciani Equites, Bricianorum Equitum Ordo.</i> Sainte <i>Brigide</i> leur donna la Règle de S. Augustin, &amp; des constitutions toutes semblables à celles de Malte. Ils étoient armés &amp; faisoient leur profession de la même manière que les Chevaliers de Malte. Ils portoient une croix d'azur semblable à celle de Malte, au-dessous de laquelle pendoit une langue de feu, symbole d'une foi ardente &amp; de la charité. Ils portoient sur leur bannière d'un côté cette croix, &amp; de l'autre trois couronnes, qui sont les armes de Suède. Voyez l'Abbé Justiniani, <i>Hist. di tutti gl' Ordini milit. C.</i> 59. <i>p.</i> 685. <i>&amp; suiv.</i> Hoffman appelle cet Ordre l'Ordre de Saint Sauveur. <i>Ordo. S. Salvatoris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5951" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIGITIN" />
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    <head>BRIGITIN</head>
    <p>
    BRIGITIN , ou BRIGITTIN, ine, s. m. Religieux ou Religieuse de Sainte Brigide. <i>Monachus sanctae Brigittae.</i> Ce mot n'est usité que dans la conversation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5952" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIGITTE" />
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    <head>BRIGITTE</head>
    <p>
    BRIGITTE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:BRIGIDE">BRIGIDE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5953" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIGNOLE" />
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    <head>BRIGNOLE</head>
    <p>
    BRIGNOLE , s. f. Espèce de prune excellente qu'on sèche, &amp; qu'on envoie à Paris de la ville de Brignole en Provence. <i>Brinolium.</i> On ôte la peau &amp; le noyau, &amp; après les avoir fait sècher, on les met dans de petites caisses, qu'on envoie par toute l'Europe. Elles ont une chair assez ferme, &amp; sont de couleur un peu rouge tirant sur le jaune, &amp; d'un goût fort agréable. M. Ménage soutient qu'il faut dire <i>brugnole,</i> &amp; qu'on le dit à Paris. La Quintinie le dit toujours. Les <i>Brugnoles</i> ont la chair coriace. La Quint. <i>P. III. C.</i> 14. La <i>Brugnole</i> est de couleur violette tirant au noir. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5954" id="1" type="">
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    <head>BRIGNON</head>
    <p>
    BRIGNON . Voyez <ref type="search" target="head:Brugnon">Brugnon</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5955" id="1" type="">
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    <head>BRIGUE</head>
    <p>
    BRIGUE , s. f. Desir ambitieux pour obtenir quelque charge ou dignité, où l'on tâche de parvenir plus par adresse que par mérite. <i>Ambitus, ambitio, pensatio.</i> Les <i>brigues</i> commencent à s'échauffer. Vaug. Les <i>brigues</i> qu'on faisoit n'éclatoient pas encore. La Roch. Les <i>brigues</i> des Ecclésiastiques sont sévèrement défendues par les Canons.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>briga,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité, pour signifier, <i>noise, querelle, contestation,</i> qui arrive souvent où il y a de la <i>brigue</i> : d'où on a fait aussi le vieux mot de <i>bricon,</i> qui signifioit <i>querelleur</i> &amp; <i>impudent.</i> Quelques-uns le dérivent de <i>precari</i>, parce qu'en effet la <i>brigue</i> se fait par des prières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5955" id="2" type="">
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    <head>BRIGUE</head>
    <p>
    Brigue , se dit aussi de la cabale qui est intéressée à soutenir plutôt un parti que l'autre dans une élection. La <i>brigue</i> d'un tel a prévalu sur l'autre. Combien y a-t-il de Prédicateurs qui ne doivent leur réputation qu'à la <i>brigue</i> &amp; à la cabale ? S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5956" id="1" type="">
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    <head>BRIGUER</head>
    <p>
    BRIGUER , v. act. Tâcher d'obtenir quelque chose par brigue, par cabale. <i>Ambire, prensare.</i> Quand on peut prouver qu'on a <i>brigué</i> les voix, les suffrages d'une compagnie, l'élection est nulle. A Rome dans les derniers temps on <i>briguoit</i> les charges assez ouvertement : on gagnoit les suffrages par des présens, qui étoient plutôt des corruptions que des libéralités. On rapporte là dessus un mot célèbre de Crassus : <i>Briguant</i> le Consulat, &amp; n'osant flatter, ni caresser le peuple devant Scévola, avec lequel il marchoit dans les rues de Rome, il le quitta brusquement : Vous m'empêchez, lui dit-il, d'obtenir le Consulat, car je nose faire des sottises en votre présence.</p><p>On dit aussi, <i>Briguer</i> de la réputation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5956" id="2" type="">
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    <head>BRIGUER</head>
    <p>
    Briguer , s'emploie quelquefois en bonne part, &amp; se dit simplement des souhaits ; ou des voies légitimes d'obtenir quelque chose. Il <i>brigue</i> les bonnes graces de son Prince.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5956" id="3" type="">
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    <head>BRIGUER</head>
    <p>
    Brigué, ée , part. &amp; adj. Cette charge est bien <i>briguée,</i> est bien enviée. <i>Ambitus, prensatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5957" id="1" type="">
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    <head>BRIGUEUR</head>
    <p>
    BRIGUEUR , s. m. Ce mot ne se dit guère seul. C'est celui qui brigue. <i>Ambitiosus, petitor ambitiosus.</i> C'est un <i>brigueur</i> à gages. Rien ne me choque ni ne m'afflige tant que ces <i>brigueurs</i> d'éloges. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5958" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRILLANT, ANTE" />
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    <head>BRILLANT, ANTE</head>
    <p>
    BRILLANT, ANTE , adj. &amp; s. Qui jette de la lumière, ou qui en réfléchit ; qui paroît, qui éclate, qui est plein de choses qui embellissent. <i>Fulgens, splendens.</i> En ce mot &amp; dans les suivans mouillez les deux <i>ll.</i> Le Soleil &amp; les Astres sont <i>brillans.</i> Les pierreries vraies ou fausses sont <i>brillantes,</i> ont bien du <i>brillant.</i> Des yeux vifs &amp; <i>brillans.</i> La terre est <i>brillante</i> de fleurs. L'Abbé Têtu dit d'un pécheur endurci :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5958" id="2" type="">
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    <head>BRILLANT, ANTE</head>
    <p>
    Brillant , en termes de Manége , est une épithète qu'on donne au cheval, lorsqu'il a belle apparence, qu'il a l'encolure relevée, qu'il a un beau mouvement, &amp; qu'il mâche son mords de bonne grace. <i>Egregius, eximius.</i></p><p>On le dit aussi au figuré en choses spirituelles &amp; morales, pour exprimer quelque chose de distingué, &amp; d'extraordinaire, ou qui éclate aux yeux du monde. <i>Argutus, vividus.</i> Un esprit <i>brillant.</i> Une imagination <i>brillante.</i> Je ne voudrois pas commencer mon discours par une pensée <i>brillante</i> ; il faut aller par degrés. Ch. de Mer. Un Héros tout <i>brillant</i> de gloire. <i>Splendidus, nobilis, illustris.</i> Une action <i>brillante,</i> une valeur <i>brillante.</i> C'est un parti sage à la guerre, que de se tenir quelquefois sur la défensive, mais ce n'est pas le plus <i>brillant.</i> Il n'y a jamais eu de retraite plus <i>brillante</i> que celle du Prince de Condé devant Arras. La vie la plus <i>brillante</i> d'un homme du monde aboutit à la mort. Abb. de la Trap.</p><p>L'Auteur de la Traduction de Bion &amp; de Moschus a employé ce mot dans un sens assez singulier, quand il a dit,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5958" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRILLANT, ANTE" />
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    <head>BRILLANT, ANTE</head>
    <p>
    &#9758; BRILLANT, ANTE , adj. &amp; s.Brillant , s. m. Eclat, vivacité, feu d'esprit. Lumen, fulgor, splendor. On dit qu'il y a bien des brillans dans un ouvrage, ou de faux brillans, quand il y a plusieurs traits d'esprit bien ou mal appliqués. Les hommes vivent dans une sollicitude continuelle, courant avec empressement après les faux brillans d'une fortune imaginaire. Flech. Les Italiens courent après les brillans, &amp; ce qu'ils appellent vivezze d'ingegno. Bouh.<br/>Brillant, s. m. signifie encore un diamant taillé à facettes par-dessus &amp; par-dessous. Vous avez un fort beau <i>brillant.</i> On dit aussi dans le même sens à l'adjectif, un diamant <i>brillant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5959" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRILLANTER" />
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    <head>BRILLANTER</head>
    <p>
    &#9758; BRILLANTER , v. a. Terme en usage, pour signifier, Tailler des diamans à facettes, par-dessous comme par-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5960" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRILLER" />
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    <head>BRILLER</head>
    <p>
    BRILLER , v. n. Jetter de la lumière, ou la réfléchir. <i>Fulgere.</i> La Lune <i>brille</i> la nuit. Les cristaux bien taillés <i>brillent</i> fort aux flambeaux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRILLER</head>
    <p>
    Briller , se dit aussi de ce qui a de l'éclat, ou de vives couleurs. L'écarlate <i>brille</i> plus que le gris. Les fleurs <i>brillent</i> dans cette prairie. Cette femme a beaucoup <i>brillé</i> dans ce bal par sa beauté, par sa parure. La jeunesse en sa fleur <i>brille</i> sur son visage. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5960" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRILLER" />
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    <head>BRILLER</head>
    <p>
    Briller , se dit figurément en choses spirituelles &amp; morales. Cet homme <i>brille</i> dans les compagnies par son esprit ; il se fait distinguer, il paroît au-dessus des autres. La première Scène de cette Tragédie est celle qui <i>brille</i> le plus. La libéralité est la vertu qui fait <i>briller</i> davantage. C'est à mon gré un plus grand défaut de <i>briller</i> trop, que de <i>briller</i> trop peu. Bouh. Il y a certains défauts qui étant bien mis en oeuvre <i>brillent</i> plus que la vertu même. Rochef. On voit des hommes qui <i>brillent</i> dans le mouvement &amp; dans l'action, &amp; que le repos obscurcit &amp; anéantit. P. Bourd. Ceux qui veulent toujours <i>briller,</i> &amp; se faire admirer des autres, s'en font rarement aimer. Balzac a dit d'un Conquérant, La gloire qui lui en revient pese pour le moins autant qu'elle <i>brille.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5960" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRILLER" />
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    <head>BRILLER</head>
    <p>
    Briller , terme de Chasse , se dit des chiens qui quêtent dans une plaine. <i>Vestigare, indagare.</i></p><p>On appelle aussi <i>Briller,</i> Chasser de nuit aux oiseaux à la lumière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5961" id="1" type="mechanique & de marine">
   <index type="head" value="BRIMBALE" />
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    <head>BRIMBALE</head>
    <p>
    BRIMBALE , s. f. Quelques-uns disent <i>brinque-bale.</i> Terme de Méchanique &amp; de Marine . C'est le bâton ou la barre qui fait jouer la pompe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5962" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIMBALER" />
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    <head>BRIMBALER</head>
    <p>
    BRIMBALER , v. act. Branler en deçà &amp; en delà. Il se dit premièrement des cloches qu'on sonne démesurément, &amp; jusqu'à l'importunité. <i>Aes campanum vehementiùs agere.</i> On le dit aussi de ceux qui agitent leurs jambes, leur bras &amp; leur corps niaisement, &amp; avec indécence, Chaîne, étui, def &amp; pelotons lui <i>brimbalent</i> aux deux côtés. S. Amant.</p><p>Ce mot est bas, &amp; vient du Bas-Breton <i>brimbalat,</i> qui signifie <i>sonner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5963" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIMBORION" />
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    <head>BRIMBORION</head>
    <p>
    BRIMBORION , subst. masc. Terme de mépris, qui sert à exprimer des curiosités légères ou de peu de valeur. <i>Frivola.</i> Il sert aussi de nom collectif, pour exprimer tous les petits meubles qui n'ont point de nom. Je ne vois que lait virginal, blancs d'oeufs, &amp; autres <i>brimborions.</i> Mol.</p><p>Pasquier dérive ce mot de <i>breviarium,</i> dont on a fait <i>brebiarium,</i> pour lequel on a dit ensuite <i>brimborion.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5964" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIMO" />
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    <head>BRIMO</head>
    <p>
    BRIMO , s. f. C'est un des noms de Proserpine, formé de , <i>J'épouvante.</i> Properce l'appelle ainsi, L. II. Eleg. 2. v. 11.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5965" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BRIN" />
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    <head>BRIN</head>
    <p>
    BRIN , s. m. Jet de bois. <i>Ramulus, ramusculus.</i> Quand on coupe les taillis, on est obligé de laisser les brins les plus hauts &amp; les plus droits, qui sont les souches au nombre de seize par chaque arpent, pour venir en haute fûtaie. Les meilleures planches se font de <i>brin,</i> c'est-à-dire, de troncs d'arbres qui ne sont point sciés ; mais-seulement équarris. En ce sens on dit, qu'une pique est faite d'un beau <i>brin</i> de bois. Le plus haut du buisson où se tient l'oiseau s'appelle le <i>brin</i> en termes de Chasse . M. Huet dit que ce mot vient de <i>virga</i>, d'où on a fait <i>virge, vrige, vringe, bringe, bring,</i> &amp; enfin <i>brin.</i></p><p>On appelle en termes de Charpenterie , <i>Pan de bois à brin de fougère,</i> une disposition de petits potelets assemblés diagonalement à tenons &amp; à mortoises dans les intervalles de plusieurs <pb n="740" facs="bpt6k8542165/f780/full/1200,/0/native.jpg"/>pôteaux à plomb ; &amp; ce nom lui est donné à cause de la ressemblance qu'elle a avec des branches de fougère dont le <i>brin</i> fait cet effet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5965" id="2" type="jardinier">
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    <head>BRIN</head>
    <p>
    Brin , est aussi un terme de Jardinier . Quand les Jardiniers parlent d'arbres fruitiers, ils disent, il faut choisir un arbre d'un <i>beau brin</i> ; c'est-à-dire, droit &amp; assez gros.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5965" id="3" type="plumacier">
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    <head>BRIN</head>
    <p>
    Brin , se dit aussi des menus jets des herbes, des joncs, des cheveux, &amp; de tout ce que des racines poussent. <i>Coliculus, surculus.</i> Il faut mettre deux ou trois <i>brins</i> de ciboulette dans cette salade. Il n'est resté à ce convalescent que deux ou trois <i>brins</i> de cheveux. Les <i>brins</i> des vergettes sont faits de petits joncs. Les tresses de cheveux se font <i>brin</i> à <i>brin. Philyra.</i></p><p>On appelle <i>brin</i> de plume, en terme de Plumacier , la petite pointe de la plume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5965" id="4" type="">
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    <head>BRIN</head>
    <p>
    Brin d'estoc . Grand bâton en forme de petite pique ferrée par les deux bouts, qui sert à sauter les canaux en Flandre. <i>Baculus ferro utrinque praefixus.</i></p><p>Ce mot vient du Flamand <i>springstok</i>, qui veut dire la même chose, composé de <i>stok, baton,</i> &amp; de <i>springen, sauter.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5965" id="5" type="">
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    <head>BRIN</head>
    <p>
    Brin , se dit aussi de ce qui est menu &amp; délié, &amp; qui étant multiplié &amp; tortillé, fait des cordons &amp; des cordes. <i>Stamen.</i> Un <i>brin</i> de fil. Un <i>brin</i> de soie. Ce cordon de chapeau est fait de trois, de quatre <i>brins</i> tortillés ensemble. On dit aussi, un <i>brin</i> de natte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5965" id="6" type="">
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    <head>BRIN</head>
    <p>
    Brin , sert quelquefois à faire une négation. Il n'y a pas céans un <i>brin</i> de fagot, un <i>brin</i> de paille. Il n'y a pas un <i>brin</i> de provisions dans cette maison.</p><p>Enfin, le peuple le dit en toutes sortes de matières pour signifier une petite quantité de quelque chose que ce soit. Un petit <i>brin</i> de temps, pour un peu de temps. Donnez-moi un petit <i>brin</i> d'eau, un petit <i>brin</i> de pain, &amp;c. ou donnez-moi de l'eau un petit <i>brin,</i> du pain un petit <i>brin</i> ; c'est-à-dire, un peu d'eau, un peu de pain. Viens ici un petit <i>brin.</i> Chauffons-nous un petit <i>brin.</i> Il n'est resté ici qu'un petit <i>brin.</i> Je ne l'ai vû, ne lui ai parlé qu'un petit <i>brin.</i> Tout cela signifie un peu de temps, très-peu de temps, un moment. Si nous mettons ceci, c'est afin qu'on sache ce que cela signifie, quand on l'entendra dire au peuple, ou à des enfans, &amp; non afin qu'on l'imite ; car ces manières de parler sont très-mauvaises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5965" id="7" type="">
   <index type="head" value="BRIN" />
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    <head>BRIN</head>
    <p>
    Brin-a-brin , adv. Un <i>brin</i> après l'autre. Arracher <i>brin</i> à <i>brin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5966" id="1" type="buveurs">
   <index type="head" value="BRINDE" />
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    <head>BRINDE</head>
    <p>
    BRINDE , s. f. Terme de buveurs , qui se dit de l'invitation qu'on fait à un autre de faire raison d'une santé qu'on lui porte. <i>Propino.</i> Les Allemands font des <i>brindes</i> continuelles. Ce mot est venu des Flamands, qui disent <i>ik breng'tu,</i> quand ils portent une santé, qui veut dire, <i>je vous la porte.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5967" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRINDES" />
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    <head>BRINDES</head>
    <p>
    BRINDES , s. m. Ville du Royaume de Naples dans la terre d'Otrante. <i>Brundusium,</i> ou <i>Brundisium.</i> Les Italiens l'appellent <i>Brindisi. Brindes</i> est sur le Golfe de Venise, &amp; son port est un des plus grands, des plus beaux &amp; des plus assurés de l'Italie. M. d'Ablancourt, dans sa traduction de la guerre civile de César, dit toujours <i>Brunduze.</i> Comme Pompée eut appris ce qui s'étoit passé à Corfinium, il alla de Nocère à Canouse, &amp; delà à <i>Brunduze,</i> où il donna rendez-vous à toutes ses troupes. D'Ablanc. Magius fut pris comme il alloit à <i>Brunduze.</i> Id. On ne sait au juste quand l'Evêché ni l'Archevêché de <i>Brindes</i> ont été érigés. Les Actes de S. Leucius disent qu'il convertit la Ville de <i>Brindes</i> sous Commode, &amp; qu'il en fut premier Evêque ; mais il y a tant de faux dans ces Actes qu'on n'y peut ajoûter foi. Il n'y a point eû d'Archevêché avant le XIe siècle.</p><p>Justin, L. X. dit que <i>Brindes</i> fut bâti par les Etoliens, qui suivirent Diomède ; Strabon, par les Candiots venus avec Thésée &amp; Gnosus, auquel Phalante Chef des Tarentins l'ôta depuis.</p><p>Quelques-uns l'appellent en Grec , &amp; d'autres Ces mots viennent de , qui en langue de Crète signifioit <i>Cerf,</i> &amp; veulent dire tête de Cerf. Festus dit que quelques Poëtes l'ont appellée <i>Brendam brevitatis causâ,</i> &amp; Vigenère remarque que cette ville représente le col &amp; la tête qui s'étend d'un détroit. Probablement que cette langue de terre fut d'abord nommée , <i>tête de cerf,</i> &amp; que la Ville qu'on y bâtit prit ce nom. Voyez Vigenère sur Tite-Live, T. I. p. 1758. &amp; le P. Cantel, <i>Metrop. Urb. Hist. III. Diss. IV. C.</i> 5.</p><p>Quoique <i>Brindes</i> soit le véritable mot François, &amp; <i>Brindisi</i> l'Italien, cependant on dit aussi <i>Brindisi</i> en François. Nos gazettes s'en servent, aussi-bien que Du Moulin dans ses <i>Conquêtes des Normands,</i> &amp; Du Ryer, qui dit <i>Brindes, Brindisi,</i> &amp; <i>Brindisi.</i> Il ne faut pas se servir de ce dernier, qui ne se trouve que dans cet Auteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5968" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRINDONES" />
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    <head>BRINDONES</head>
    <p>
    BRINDONES , <i>Garciae.</i> C'est un fruit des Indes Orientales, rougeâtre en dehors, &amp; rouge comme du sang en dedans, d'un goût fort aigre. Il prend une couleur fort noire en mûrissant, &amp; demeure rouge en dedans. Les Indiens en mangent, &amp; les Teinturiers s'en servent. Ce fruit est astringent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5969" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRINGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BRINGE</head>
    <p>
    &#9758; BRINGE , s. f. BRINGER, v. act. En Normandie on dit des <i>Bringés</i> pour dire des vergettes ; &amp; <i>bringer</i> pour dire, nettoyer avec des vergettes. On dit aussi <i>Bringés</i> pour dire des verges ; &amp; <i>bringer,</i> pour dire, fouetter avec des verges. M. Huet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5970" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRINQUE-BALE" />
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    <head>BRINQUE-BALE</head>
    <p>
    BRINQUE-BALE . Voyez <ref type="search" target="head:Brimbale">Brimbale</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5971" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIOCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BRIOCHE</head>
    <p>
    BRIOCHE , s. f. Pâtisserie délicate qu'on fait avec de la farine très-déliée, du beurre &amp; des oeufs. <i>Liber.</i> On envoie des <i>brioches</i> à ses amis, quand on a rendu le pain beni, au lieu des parts du chanteau, ou du cousin qu'on envoyoit autrefois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5972" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIOINE" />
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    <head>BRIOINE</head>
    <p>
    BRIOINE , s. f. Plante qu'on appelle autrement <i>couleuvrée.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Couleuvrée">Couleuvrée</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5973" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIOS" />
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    <head>BRIOS</head>
    <p>
    &#9758; BRIOS , subst. masc. Qui est de la Province de Brie. Quelques-uns disent <i>Briard.</i> Davity, p. 60. des <i>Etats &amp; Empires du Monde, in-fol.</i> Paris, 1627. parle ainsi des Champenois &amp; des <i>Brios.</i> Bien que leurs voisins, dit-il, les blâment d'être trop arrêtés en leur opinion, &amp; qu'on les appelle <i>têtus,</i> toutefois cette imperfection est couverte par un nombre infini de vertus qui les rendent louables, pour ce que la raison leur fait domter cette chaleur naturelle, d'où procède ce vice qu'on leur impose. Ils sont accostables, prompts à faire plaisir, craignons Dieu, &amp; point sujets à se coëffer aisément de nouvelles opinions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5974" id="1" type="">
   <index type="head" value="BOLETS" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BOLETS</head>
    <p>
    &#9758; BOLETS , s. m. Mot Gascon ; pour dire, <i>Amans. Merc. Juin</i> 1731.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5975" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BRION" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>BRION</head>
    <p>
    BRION , s. m. Terme de Marine . C'est l'allonge, ou la dernière partie de l'étrave, qui vient jusqu'à la hauteur de l'éperon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5976" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIONE" />
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    <head>BRIONE</head>
    <p>
    BRIONE , s. f. Bourg de France en Normandie dans le Roumois sur la Rîle, avec titre de Comté. <i>Brionium.</i> Voyez la <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. T. II. p.</i> 275.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5977" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BRIOTTE" />
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    <head>BRIOTTE</head>
    <p>
    BRIOTTE , s. f. Terme de Fleuriste . Anémone à peluche, dont les grandes feuilles sont blanches, mêlées d'incarnadin ; sa peluche est toute incarnadine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5978" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIOUDE" />
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    <head>BRIOUDE</head>
    <p>
    BRIOUDE , subst. f. Ville de France dans la Basse Auvergne. <i>Brivas, Brivatum,</i> ou <i>Brivatensis pagus.</i> Guillaume I. Duc de Guienne &amp; Comte de Provence, surnommé le Pieux, institua à <i>Brioude</i> 20. Chevaliers pour faire la guerre aux Normands, &amp; ces Chevaliers furent depuis changés en Chanoines. C'est le premier lieu où l'on remarque qu'on ait ordonné une Compagnie de Chevaliers pour la défense &amp; l'exaltation de la Religion Chrétienne. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5979" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BRIQUE</head>
    <p>
    BRIQUE , s. f. Terre grasse rougeâtre que l'on fait cuire, après l'avoir façonnée en carreaux longs d'environ huit pouces &amp; larges de quatre, par le moyen d'un cadre de bois, dans lequel on l'étend, &amp; qui étant cuite sert à bâtir. <i>Later.</i> La <i>brique</i> entière sert à faire des paremens aux murs de cloison. La <i>demi-brique</i> qu'on appelle de <i>chantignole,</i> ou <i>d'échantillon,</i> n'a qu'un pouce d'épaisseur sur la même grandeur que la <i>brique</i> entière. Elle sert à paver &amp; à élever des tuyaux de cheminée. On appelle <i>briques de liaison,</i> celles qui sont posées sur le plat, enliées de leur moitié les unes avec les autres, &amp; maçonnées avec du plâtre, ou du mortier. <i>Briques de champ,</i> celles qui sont posées sur le côté pour servir de pavé. <i>Briques en épi,</i> celles qui sont posées diagonalement sur le côté en manière de point de Venise. On bâtit de <i>brique</i> aux lieux où il n'y a point de carrières de pierre.</p><p>La <i>brique</i> est une des plus anciennes inventions. La tour de Babel en fut bâtie, quelque temps après le déluge ; &amp; comme l'Auteur sacré qui le raconte, Gen. C. XI. n'en parle point comme d'une invention nouvelle, mais déja connue ; on peut croire qu'elle l'avoit été avant même le <pb n="741" facs="bpt6k8542165/f781/full/1200,/0/native.jpg"/>déluge. Les restes qui se voient de la Tour de Babel sont de <i>briques.</i> Sous les Rois de Rome l'on se servoit de pierres quarrées &amp; massives. Les Toscans avoient appris aux Romains cette manière de construire. Dans les derniers temps de la République on commença à employer la <i>brique.</i> Cet usage venoit des Grecs. Les édifices les plus vastes que les Empereurs firent élever sont de <i>brique,</i> &amp; ont été les plus durables ; comme le Pantheon. Du temps de Galien les bâtimens étoient composés d'un ordre de tuf, &amp; d'un ordre de <i>brique,</i> alternativement. Après lui on négligea l'invention de la <i>brique,</i> &amp; on reprit le caillou. En Orient on cuit les <i>briques</i> au soleil. Les Romains se servoient de <i>briques</i> crues qu'ils faisoient sécher pendant un long espace de temps, jusqu'à quatre ou cinq ans. Perrault <i>sur Vitruve.</i> Les Grecs faisoient principalement de trois sortes de <i>brique</i> ; l'une qu'ils appelloient ; c'est-à-dire, de deux palmes ; l'autre , de quatre palmes ; &amp; la troisième , de cinq palmes. Ils en faisoient encore d'autres qui n'avoient de grandeur que la moitié de chacune de ces trois sortes, &amp; les joignoient ensemble pour rendre leurs ouvrages plus solides &amp; plus agréables à la vûe, par la diversité des grandeurs &amp; des figures de ces différentes <i>briques.</i> Félibien.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>brica,</i> dont les Auteurs de la basse Latinité se sont servis dans le même sens, qui a été fait de <i>imbricare</i> ; pour dire, <i>couvrir de tuiles.</i> D'autres le dérivent de <i>fabrica</i>, parce que c'est une pièce qu'on taille &amp; qu'on fabrique.</p><p>L'huile de <i>brique</i> est une huile d'olive dont on empreint des <i>briques,</i> &amp; qu'on fait ensuite distiller. On fait rougir des morceaux de <i>brique</i> entre les charbons ardens, &amp; on les éteint en les jettant dans une terrine remplie à demi d'huile d'olive. On les sépare ensuite, &amp; ayant pulvérisé grossièrement la <i>brique</i> imbue d'huile, on la met dans une cornue, qu'on place dans le fourneau de réverbère, &amp; par le moyen du feu on en tire une huile que les Apothicaires appellent, <i>oleum de lateribus,</i> &amp; les Chymistes, <i>Huile</i> des Philosophes. On s'en sert pour résoudre les tumeurs de la rate, pour la paralysie &amp; pour l'asthme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5980" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIQUET" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BRIQUET</head>
    <p>
    BRIQUET , s. m. Espèce de couplet où la charnière ne paroît pas, comme on fait aux autres couplets, où elle forme un demi cylindre des deux côtés.</p><p>&#9758; Briquet, s. m. Fusil ou instrument d'acier dont on frappe un caillou, pour en tirer du feu : ce qui s'appelle, battre le <i>briquet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5981" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIQUETAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BRIQUETAGE</head>
    <p>
    &#9758; BRIQUETAGE , s. m. Imitation de la brique, qui se fait avec du plâtre &amp; de l'ocre. Tous les devants des maisons de Versailles sont de <i>briquetage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5982" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIQUETER" />
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    <head>BRIQUETER</head>
    <p>
    BRIQUETER , verbe act. C'est contrefaire la brique sur le plâtre, avec une impression de couleur d'ocre rouge, &amp; y marquer les joints avec un crochet. <i>Lateres imitari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5982" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRIQUETER" />
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    <head>BRIQUETER</head>
    <p>
    Briqueté, ée , part. &amp; adj. Qui est fait de brique, ou disposé en façon de brique. <i>Lateritius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5983" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIQUETERIE" />
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    <head>BRIQUETERIE</head>
    <p>
    BRIQUETERIE , s. f. Lieu où on fait la brique. <i>Figlina, Lateraria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5984" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIQUETIER" />
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    <head>BRIQUETIER</head>
    <p>
    BRIQUETIER , s. m. Ouvrier qui fait, ou qui vend de la brique. <i>Figulus</i> ; &amp; <i>Briqueterie,</i> l'art de la fabriquer. <i>Ars lateraria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5985" id="1" type="">
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    <head>BRIS</head>
    <p>
    BRIS , s. m. Rupture faite avec violence. <i>Fractura.</i> Il a été permis d'entrer en cette maison par fracture &amp; <i>bris</i> des portes. Le <i>bris</i> des prisons rend un accusé coupable, &amp; sert de conviction. Par la disposition du Droit ceux qui avoient brisé leur prison étoient punis comme criminels. Mais en France la peine du <i>bris</i> de prison est arbitraire, &amp; se règle par la qualité de l'évasion. De Lange. En ce cas on fait le procès à l'accusé par défaut &amp; contumace. Voyez l'Ordonnance de 1670. Il y a un article dans la dépense du compte des menus plaisirs du Roi, pour le <i>bris</i> qui se fait dans les voyages de la Cour.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>impetum facio,</i> ou du vieux mot <i>brisare,</i> qui se trouve dans quelques loix en la même signification.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BRIS</head>
    <p>
    Bris , se dit aussi des vaisseaux qui viennent échouer, ou se rompre sur les rochers ou les bancs qui sont sur les côtes. <i>Quassatarum navium labefactatio, laceratio.</i> C'étoit le droit de s'emparer des effets des malheureux que la tempête faisoit échouer sur les côtes. Lobin. <i>Hist. de Bret. T. I. p.</i> 203. Tous les effets d'un vaisseau brisé ou échoué sur les côtes &amp; le vaisseau même étoient au Duc de Bretagne, &amp; ceux qui sauvoient ces effets devoient se contenter d'un salaire convenable, à moins qu'ils ne se fussent mis en mer pour cela ; car alors il leur étoit dû le tiers de ce que l'on sauvoit. Id. <i>p.</i> 848.</p><p>Le droit de <i>bris</i> des vaisseaux, qu'un titre de l'an 1235. appelle en Latin <i>Laganum,</i> appartient au Seigneur du lieu où se fait le <i>bris :</i> c'est le droit le plus injuste &amp; le plus universel qui soit au monde. D'Argentré, <i>Hist. de Bret. L. I. p.</i> 102. dit qu'il y a lettres parmi les chartres, par lesquelles les Princes de Bretagne avoient droit de prendre ce droit jusques à la Rochelle &amp; à Bourdeaux, &amp; déclaration des Rois de France &amp; d'Angleterre au profit des Ducs. Au Royaume d'Achem, &amp; par toutes les Indes, le <i>bris</i> appartient au Roi. Les anciens Gaulois usoient de ce droit, parce qu'ils réputoient tous les étrangers pour leurs ennemis, &amp; en faisoient même de sanglans sacrifices à leurs Dieux. Les Romains abrogerent cet usage : mais sur le déclin de l'Empire il fut rétabli à cause de l'incursion des nations, &amp; sur-tout des Normands qui ravageoient les rivages de la Gaule. Enfin, les Ducs de Bretagne du temps de S. Louïs, &amp; à sa sollicitation changerent cette barbarie, &amp; donnerent moyennant quelque taxe, des brefs ou congés, qu'ils obligeoient de prendre à tous ceux qui vouloient naviger sur leurs côtes : &amp; pour cela les Ducs tenoient des Bureaux, des Secrétaires, &amp; des Receveurs à Bourdeaux, à la Rochelle &amp; aux autres ports, comme témoignent d'Argentré, les Bénédictins dans la Nouvelle <i>Hist. de Bretagne,</i> &amp; Garcie de Ferrande en son <i>Grand Routier.</i> Voyez aussi ci-dessus au mot Bref.</p><p>Au Concile de Nantes tenu en 1127. le Duc de Bretagne Conan III. surnommé le Gros, se dépouilla généreusement du droit de <i>bris,</i> priant les Pères de prononcer anathème contre ceux qui voudroient en user dans la suite. Les Evêques prononcerent avec joie cet anathème. Mais ce Concile travailla en vain à abroger cette barbare coutume. Les Seigneurs de Léon &amp; de Penthievre écouterent plus leurs intérêts que les loix du Concile. Ils se firent un droit de cette barbarie, &amp; l'appellerent droit de <i>bris</i> ou de <i>lagam.</i> Guiomar de Léon disoit à ce propos qu'il avoit dans ses états une pierre plus précieuse, que toutes les pierres précieuses du monde, qui lui valoit tous les ans dix mille sous. Il entendoit parler d'un écueil fameux par les naufrages. Lobineau. Tom. I. p. 202. 204. On appelloit aussi ce droit <i>Peçoi de mer.</i> Id. pag. 308. En 1430. le Duc de Bretagne se plaignit au Pape que l'Evêque de S. Malo prétendoit le droit de <i>bris</i> en sa Ville. Lobin. T. I. p. 583. Il y a eu des Chapitres d'Eglises Cathédrales qui ont prétendu avoir le droit de <i>bris.</i> Il y a eu aussi des Abbayes qui ont prétendu ce droit de <i>bris,</i> &amp; qui en jouïssoient par la concession des Princes. Id. p. 846.</p><p>En France, en Italie, en Espagne, en Angleterre &amp; en Allemagne, le <i>bris</i> n'a plus de lieu, si ce n'est à l'égard des Pirates &amp; des ennemis de l'Etat &amp; de la Foi. L'Empereur Andronic fut le premier qui fit exécuter un Edit portant défenses de piller les vaisseaux échoués ou brisés : ce qu'on faisoit auparavant avec grande rigueur sur toutes les côtes de l'Empire, nonobstant les défenses des Princes précédens, comme témoigne Mireta Sénateur de Constantinople en son Histoire. Chez les Auteurs ce droit s'appelle <i>lagam,</i> que Spelmannus dit être un mot Saxon qui signifie <i>jacere, ejectus,</i> &amp; qui est fort différent du droit de <i>varech.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5985" id="3" type="blason">
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    <head>BRIS</head>
    <p>
    Bris , en termes de Blason , se dit de ces longues happes de fer à queue patée, dont on se sert pour soutenir les portes sur leurs pivots, &amp; pour les faire rouler sur leurs gonds. Quand on représente sur un Ecu ces pivots sur lesquels se meuvent les portes ou fenêtres brisées, on les appelle <i>bris d'huis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5986" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISACH" />
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    <head>BRISACH</head>
    <p>
    BRISACH , s. m. Ville d'Allemagne dans le Brisgaw. <i>Brisacum.</i> <pb n="742" facs="bpt6k8542165/f782/full/1200,/0/native.jpg"/>Elle est sur le bord Oriental du Rhin. Le Neuf <i>Brisach</i> est une Ville très-forte, bâtie par le Roi de l'autre côté du Rhin. <i>Brisach,</i> qui avoit été cédé à la France par la paix de Munster en 1649. fut rendu à l'Empereur par celle de Riswich en 1697. &amp; ensuite par celle d'Utrecht &amp; de Rastadt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5987" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BRISANS" />
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    <head>BRISANS</head>
    <p>
    BRISANS , s. m. pl. Terme de Marine . Rocher à fleur d'eau où se brisent les vaisseaux, ou sur lequel se viennent briser les flots de la mer. <i>Scopulus.</i> Ils sont représentés sur les Cartes marines par de petites croisettes. On appelle aussi <i>brisans</i> le rejaillissement de la mer, que son propre poids &amp; la force du vent, fait élever contre les rochers &amp; contre les côtes.</p><p>BRISE, ou <i>vent d'à bas, Favonius, ventus flans ab aequinoctiali occasu.</i> Terme de Marine : c'est un vent d'aval qu'il faut attendre pour revenir des Isles de l'Amérique en Europe, parce qu'on ne peut pas faire le trajet de la mer Atlantique vers l'Afrique en revenant, comme on fait en y allant, à cause du flux trop violent de la mer, qui va d'Orient en Occident par un mouvement contraire à celui de la terre ; &amp; il faut quelquefois remonter avec ces <i>brises</i> jusqu'au 40e ou 50e degré.</p><p>On appelle <i>brise carabinée,</i> une <i>brise</i> forcée, ou un vent qui souffle avec grande violence.</p><p>On appelle aussi <i>brises,</i> de petits vents alisés qui viennent de terre sur le soir, &amp; qui ne sont guère sensibles qu'aux bâtimens qui rangent la côte. Sur la rivière des Amazones il se lève tous les jours certains vents Orientaux qu'on nomme <i>brises,</i> qui durent trois ou quatre heures, &amp; qui repoussent les eaux contre mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5987" id="2" type="charpenterie">
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    <head>BRISANS</head>
    <p>
    Brise , subst. fém. Terme de Charpenterie . Poutre posée en bascule sur la tête d'un gros pieu, sur lequel elle tourne, &amp; qui sert à appuyer par le haut les aiguilles des pertuis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5988" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISE-COU" />
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    <head>BRISE-COU</head>
    <p>
    BRISE-COU , s. m. Pas difficile, marche dans un escalier qui est plus haute, ou plus étroite que les autres, qui donne occasion de tomber &amp; de se blesser, de se briser le cou. <i>Locus lubricus, difficilis.</i></p><p>On appelle aussi un escalier étroit &amp; obscur, un <i>brise-cou,</i> par la même raison. Les Baladins Italiens appellent aussi un saut dangereux, un <i>rompicollo,</i> aussi-bien que tels escaliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5989" id="1" type="">
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    <head>BRISE-GLACE</head>
    <p>
    BRISE-GLACE , s. m. Rang de pieux posés devant une palée de pont du côté d'amont, pour briser les glaces &amp; conserver la palée. Ces pieux sont de grandeur inégale, &amp; recouverts d'un chapeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5990" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISE-VENT" />
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    <head>BRISE-VENT</head>
    <p>
    BRISE-VENT , s. m. Nom que les Jardiniers donnent à une clôture en forme de petit mur, faite de paille, &amp; soutenue par des pieux fichés en terre. <i>Forricula straminea.</i> Ces <i>brise-vents</i> servent à mettre les couches de melons à l'abri des vents froids. Voyez La Quint. Notre melonière a besoin de <i>brise-vents.</i> Lig.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5991" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BRISÉES" />
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    <head>BRISÉES</head>
    <p>
    BRISÉES , s. f. Terme de Chasse . Marques que laisse un Chasseur dans un chemin où a passé le gibier, qui sont ordinairement des branches d'arbres qu'il brise ou qu'il coupe, &amp; qu'il jette aux chemins dans l'étendue des quêtes. <i>Rami à venatore feram indagante sparsi.</i> On dit, Frapper aux <i>brisees,</i> quand le Veneur qui a fait son rapport valaisser courre.</p><p><i>Fausses brisées,</i> c'est quand l'on met des morceaux de papier attachés à des branches sur les voies d'une bête pour les ôter après, &amp; tromper son compagnon. Salnove.</p><p>&#9758; Brisée, se dit aussi, des branches qu'on coupe dans un taillis, ou à de grands arbres, pour marquer les bornes des coupes.</p><p>On dit figurément, Marcher sur les <i>brisées</i> de quelqu'un ; pour dire, Suivre ses traces, imiter son exemple. <i>Vestigia.</i> On le dit aussi de ceux qui entreprennent le même dessein, qui écrivent sur le même sujet, quoiqu'ils le traitent diversement.</p><p>On dit aussi, Reprendre ses premières <i>brisées</i> ; pour dire, Recommencer à vivre suivant ses premières manières, recommencer à écrire sur le même sujet à l'endroit où on l'avoit quitté, &amp; dans le même style. <i>Ad id unde facta digressio est reverti.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5992" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BRISEMENT</head>
    <p>
    &#9758; BRISEMENT , s. m. Il se dit des flots qui se brisent contre un rocher, une digue, une côte. <i>Fluctuum collisus, quassatio.</i> Le <i>brisement</i> des flots fait beaucoup de bruit en cet endroit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5992" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRISEMENT" />
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    <head>BRISEMENT</head>
    <p>
    Brisement , se dit figurément en matière de piété, &amp; signifie Pénitence, douleur, componction. <i>Dolor vehemens.</i> L'humilité parfaite ne consiste pas seulement dans un abaissement de coeur, mais dans un entier <i>brisement</i> de coeur. Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISER" />
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    BRISER , v. act. &amp; quelquefois neutre. Rompre avec violence. <i>Frangere, perfringere.</i> Il n'y a rien que le canon ne <i>brise.</i> La meule de moulin <i>brise</i> le grain pour le moudre. Les choses fragiles se <i>brisent</i> aisément. Il sortit des mains de ces assassins tout <i>brisé,</i> tout meurtri de coups. Le corps est un vaisseau fragile que le moindre accident peut <i>briser,</i> &amp; qui se <i>brise</i> enfin de lui-même. Flech.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>brix,</i> mot Celtique qui signifie <i>rupture</i> ou <i>brèche</i> ; ou du Latin <i>brisare,</i> qu'on a dit pour <i>presser</i> &amp; <i>épreindre</i> ; ou de <i>brisa,</i> qui signifie une <i>grappe de raisin foulée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRISER" />
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    Briser , se dit aussi des navires qui font naufrage. Ces vaisseaux se sont venus <i>briser</i> sur nos côtes. On dit aussi que la mer <i>brise,</i> lorsque les flots viennent se rompre avec impétuosité sur des côtes, sur des rochers, ou sur des bancs de sable. On a dit <i>brinser</i> dans le vieux langage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRISER" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    Briser , se dit aussi des portes, des volets qui sont coupés, &amp; qui se replient pour tenir moins de place, &amp; être moins incommodes : ce qu'on dit aussi des meubles pour les transporter plus facilement. <i>Secare, incidere.</i> Une selle <i>brisée,</i> ou siége pliant. Une table <i>brisée.</i> Un bois de lit <i>brisé.</i> On dit aussi, une équerre <i>brisée,</i> une règle <i>brisée,</i> qu'on plie par le moyen d'une charnière. Une aune <i>brisée.</i> On le dit aussi d'un canon de fusil coupé en deux, &amp; qu'on assemble par le moyen d'une vis dans l'occasion. On l'appelle autrement <i>couplet.</i> Il est défendu de porter des armes à feu <i>brisées</i> par la crosse, ou par le canon, à cause de la chasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="4" type="chasse">
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    Briser , en termes de Chasse signifie, Rompre du bois pour marquer le lieu qu'on veut retrouver. <i>Ramos spargere. Briser bas,</i> c'est rompre des branches, &amp; les jetter par où a passé la bête, que nous appellons sur les voies. <i>Briser haut,</i> c'est rompre les branches à demi à la hauteur de l'homme, &amp; les laisser pendre au tronc de l'arbre. Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="5" type="">
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    Briser , se dit figurément en choses morales. <i>Rumpere.</i> Cet homme a <i>brisé</i> ses fers, pour dire, non seulement qu'il est sorti de prison &amp; d'esclavage, mais aussi qu'il s'est délivré de la tyrannie d'un Prince, d'un amour, d'une passion violente. Heureux celui qui <i>brise</i> les liens &amp; les attaches qui l'engagent dans le monde, pour se donner tout à Dieu. Il doit <i>briser</i> toute la puissance des Enfers. Pat. Les changemens sont toujours difficiles quand les hommes ont pris de certains plis. Ce seroit les <i>briser</i> que de vouloir les redresser sans prendre ses mesures de loin. Abb. de la Tr. Animez le corps de vos actions par votre confiance en la bonté de Dieu, &amp; <i>brisez</i> contre l'assurance qu'il vous a donnée que ceux qui espéreront en lui ne seront point confondus, comme contre un rocher, toutes les tentations de découragement &amp; de défiance qui pourront vous surprendre. Id. La contrition, la douleur de ses péchés, lui a <i>brisé</i> le coeur.</p><p>Brisez <i>ce coeur perfide.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="6" type="">
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    Briser , se dit absolument, quand on veut interrompre, ou faire taire quelqu'un qui dit des choses désagréables, qui peuvent faire naître quelque querelle. <i>Finem imponere, dicendi finem facere. Brisons</i>-là, Monsieur, s'il vous plaît.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="7" type="">
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    Briser , en termes de Blason , signifie, Charger un Ecu de brisures, comme lambel, bordure, &amp;c. pour distinguer les branches, &amp; les cadets de leur aîné, auquel appartiennent les Armes pleines. <i>Frangere, segmento afficere, distinguere.</i> On le dit encore des chevrons dont la pointe est déjointe.</p><p>On dit proverbialement, Tant va la cruche à l'eau, qu'enfin elle se <i>brise</i> ; pour dire, qu'enfin, on périt dans les dangers où on s'expose trop légèrement : ce qui se dit aussi des débauches qui usent les corps des hommes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5993" id="8" type="">
   <index type="head" value="BRISER" />
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    <head>BRISER</head>
    <p>
    Brisé, ée , part. &amp; adj. <i>Fractus, ruptus.</i> Le coeur <i>brisé</i> de la douleur de ses crimes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5994" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISEUR" />
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    <head>BRISEUR</head>
    <p>
    BRISEUR , s. m. Qui brise. <i>Ruptor.</i> Il y a eu de grands différends contre les <i>briseurs</i> d'images. Il y a des Officiers de Gabelle qu'on appelle <i>Briseurs de sel,</i> tant sur le port, que dans les greniers, pour briser le sel qui est trop sec, &amp; le rendre propre à être chargé &amp; mesuré, &amp; pour faire le chemin aux Jurés Mesureurs &amp; Porteurs. Ils sont obligés de fournir les pelles pour mettre le sel dans la trémie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5995" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISGAW" />
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    <head>BRISGAW</head>
    <p>
    BRISGAW , s. m. Contrée du Cercle de la Suabe en Allemagne. <i>Brisigavia, Brisgoia, Brisgavi,</i> ou <i>Brisigavi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5996" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="BRISIS" />
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    <head>BRISIS</head>
    <p>
    BRISIS , s. m. Terme d'Architecture . C'est ainsi qu'on nomme dans les mansardes, ou combles coupés, l'endroit où le toit est coupé &amp; brisé, &amp; où se fait la jonction du vrai comble avec le faux. La partie supérieure du toit, qui prend depuis cet endroit jusqu'au faîte, s'appelle aussi <i>brisis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5997" id="1" type="chanvrier">
   <index type="head" value="BRISOIR" />
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    <head>BRISOIR</head>
    <p>
    BRISOIR , s. m. Terme de Chanvrier . C'est un instrument de bois quarré avec des dents, qui sert à briser le chanvre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5998" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRISTOL" />
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    <head>BRISTOL</head>
    <p>
    BRISTOL , ou BRISTOW, s. m. Ville d'Angleterre située sur la rivière d'Avon &amp; sur celle de Froome, <i>Bristolium.</i> C'est une ville Episcopale, &amp; le meilleur port d'Angleterre après Londres. L'Abbaye de S. Augustin de <i>Bristol</i> fut convertie en Evêché par Henri VIII. en 1543. Larrey.</p><p>Les Anglois ont aussi donné le nom de <i>Bristol</i> à une ville de l'Amérique, dans la Barbade, une des Antilles. Ils l'appellent le petit <i>Bristol.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5999" id="1" type="blason">
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    <head>BRISURE</head>
    <p>
    BRISURE , s. f. Terme de Blason . C'est une altération de la simplicité &amp; intégrité du blason de l'Ecu, en y mettant quelques pièces, ou figures, pour les distinguer des pleines armes d'un aîné. <i>Scuti gentilitii adscititia sectio. Symbolicarum imaginum infractio, fractura scutaria.</i> Le lambel est une <i>brisure,</i> une marque de puînés, &amp; des descendans, aussi-bien que le bâton, la cotice, la bordure, &amp; les pièces dont on les charge pour les varier. Il y a des doubles &amp; triples <i>brisures,</i> expliquées par Favin, Geliot, Chasseneu, &amp; autres.</p><p>La <i>brisure</i> est introduite pour distinguer &amp; pour rabaisser en quelque sorte les armes, tant des cadets que des bâtards, au regard de celles des aînés &amp; des légitimes. Cette <i>brisure</i> se pratique pour des causes justes &amp; nécessaires à l'état des familles, elle se pratique, dis-je, par de menues pièces de blason qui intéressent peu l'entière, pure &amp; pleine figure, &amp; la nature des armes. La <i>brisure</i> passe à toute la postérité, &amp; ne cesse point, que le droit ouvert de succession n'ait rendu le plus proche &amp; plus habile de la race capable du titre d'aînesse &amp; des pleines armes. C'est ainsi que les familles d'Anjou, d'Orléans, de Bourbon, ont porté la <i>brisure</i> jusqu'à ce que leur rang de succession aux pleines armes &amp; à la couronne les en ait déchargées. Monet. C'est ainsi que les Maisons d'Orléans, de Condé &amp; de Conti, portent aujourd'hui la <i>brisure.</i> La <i>brisure</i> &amp; la chargeure n'ont aucune différence en leur figure ; la seule intention de l'Auteur du blason nous sert à les distinguer Monet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="5999" id="2" type="fortification">
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    <head>BRISURE</head>
    <p>
    Brisure , Terme de Fortification . Ligne de 4. à 5. toises qu'on donne à la courtine, &amp; à l'orillon pour faire la tour creuse ou pour couvrir le flanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6000" id="1" type="">
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    <head>BRITANNICUS</head>
    <p>
    BRITANNICUS , s. m. <i>Britannicus.</i> Il ne faut jamais faire. <i>Britannique</i> nom propre, il faut toujours dire alors <i>Britannicus. Britannicus</i> étoit fils de Claude &amp; de Messaline. L'âge de <i>Britannicus</i> étoit si connu, qu'il ne m'a pas été permis de le représenter autrement que comme un jeune Prince qui avoit beaucoup de coeur, beaucoup d'amour &amp; beaucoup de franchise ; qualités ordinaires d'un jeune homme. Racine. Dès que <i>Britannicus</i> eut commencé à boire, le poison saisit tellement tous ses membres, qu'il tomba par terre. Tillem.</p><p>La Pièce de Racine, d'où ces exemples sont tirés, s'appelle aussi <i>Britannicus.</i> Si j'ai fait quelque chose de solide, &amp; qui mérite quelque louange, la plupart des Connoisseurs demeurent d'accord que c'est ce même <i>Britannicus.</i> Rac.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRITANNIQUE</head>
    <p>
    BRITANNIQUE , adj. Qui est de la Grande Bretagne, ou qui y appartient. <i>Britannicus.</i> L'Océan <i>Britannique,</i> c'est la Manche ou le Pas de Calais. Les Isles <i>Britanniques</i> sont la Grande Bretagne, l'Irlande, les Sorlingues, les Orcades, &amp; les autres qui sont autour de celle de la Grande Bretagne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRITANNIQUE</head>
    <p>
    Britannique , a été aussi dans l'antiquité un surnom de Minerve, parce qu'elle présidoit aux fontaines de la Bretagne, dit Solin ch. 24. C'a été aussi le surnom de quelques Empereurs, qui avoient fait des expéditions dans l'Isle de Bretagne. Les Antiquaires avoient cru que Sévère n'avoit eu le surnom de <i>Britannique</i> que la dernière année de son Empire ; mais M. Bately, Archidiacre de Cantorberi, a produit une médaille de cet Empereur, où ce surnom est joint à sa seconde puissance Tribunicienne. Voyez ses <i>Antiquitates Rutupinae.</i> Caracalle a porté le surnom de <i>Britannique.</i> Une belle médaille de grand bronze du Cabinet de M. de Boze a pour légende du côté de la tête M. Avr. Antoninus Pius Avg. P. B. G. Max. C'est-à-dire, <i>Persicus, Britannicus, Germanicus, Maximus,</i> au revers Aeternum Beneficium.... Un boisseau d'où il sort quelques épis de blé. C'est peut-être une médaille unique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6001" id="3" type="">
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    <head>BRITANNIQUE</head>
    <p>
    Britannique , ou Herbe Britannique, s. f. Sorte de plante qui avoit été fort célèbre jusques vers le milieu du 8e siècle, que les Goths &amp; les Normands inondans la Frise, les sciences &amp; les arts ayant été abolis, la connoissance de l'<i>herbe Britannique</i> se perdit aussi. Dioscoride, Pline, Galien, &amp; d'autres, la font semblable au <i>lapas</i> sauvage, appellé par les Latins <i>Rumex.</i> Un Médecin de Groningue, nommé Munting, a fait un Traité <i>De verâ antiquorum herbâ Britannicâ,</i> où après avoir distingué vingt-sept sortes de <i>lapas,</i> il conclut que le <i>lapas</i> sauvage à longues feuilles noires qui naît dans les marécages, ou l'<i>hydrolapas</i> noir, est la véritable <i>herbe Britannique</i> des Anciens, &amp; qu'ainsi on a mis mal-à-propos à sa place la Bistorte, la Tormentille, la Bétoine, la Cochlearia, le Plantin aquatique, &amp;c.</p><p>Il prétend que ce nom vient des mots Frisons <i>Brit,</i> qui signifie consolider, affermir ; &amp; <i>Tan,</i> qui veut dire dent, &amp; de <i>ica,</i> ou <i>hica,</i> c'est-à-dire, éjection, de sorte que c'est à cause des effets qu'elle produit qu'elle a été appellée <i>Britannica,</i> c'est-à-dire, herbe des parties solides, principalement des dents, qu'elle a la vertu de consolider &amp; affermir, aussi-bien que de remédier à la maigreur &amp; au flux de ventre, qui sont des symptomes assez ordinaires au scorbut, qu'elle guérit aussi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6002" id="1" type="">
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    <head>BRITOMARTIS</head>
    <p>
    BRITOMARTIS , s. f. Nom d'une fausse Divinité de l'Isle de Crète. <i>Britomartis, Britona. Britomartis</i> étoit une Nymphe de Crète, fille de Jupiter &amp; de Carmé. On lui attribue l'invention des rets, ou filets, dont les Chasseurs se servoient autrefois pour prendre des bêtes ; &amp; cette invention lui fit donner le nom de Dictynne, du mot Grec &amp; non pas , que les Auteurs du Moreri ont forgé. D'autres confondent <i>Britomartis</i> avec Diane, comme Hésychius, qui dit que <i>Britomartis</i> est la Diane de Crète, ou le nom de Diane dans l'Isle de Crète. Solin est de même sentiment ch. 17. mais le Scholiaste de Callimaque, sur l'hymne 3e, qui est à la louange de Diane, dit que <i>Britomartis</i> est une Nymphe, à cause de laquelle on honore Diane en Crète sous le nom <i>Britomartis.</i> Le Scholiaste d'Aristophane, dans les Grenouilles Act. V. Sc. 2. l'appelle Bretimartis, &amp; dit que s'étant un jour embarrassée dans les filets à la chasse, Diane l'en délivra, en mémoire de quoi <i>Britomartis</i> lui bâtit un temple sous le titre de Diane Dictynne. On dit qu'elle se précipita dans la mer pour éviter les poursuites du vieux Minos qui l'aimoit. Voyez Vossius <i>De Idolol. Liv. I. ch.</i> 17. où il réfute Diodore qui nie ce fait, &amp; Liv. II. ch. 25.</p><p>Ce mot est de l'ancien langage de Crète, dans lequel <i>Brito</i> <pb n="744" facs="bpt6k8542165/f784/full/1200,/0/native.jpg"/>signifioit doux, &amp; <i>Martis</i> Vierge ; <i>Britomartis,</i> Douce Vierge, comme nous l'apprend Solin ch. 17.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6003" id="1" type="">
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    <head>BRITTE</head>
    <p>
    BRITTE , s. f. Nom propre de femme. <i>Brigitta. Britta.</i> On ne dit point <i>Britte,</i> on dit toujours Brigide. Voyez ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6004" id="1" type="">
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    <head>BRIVAUD</head>
    <p>
    BRIVAUD , subst. m. Nom propre d'homme. <i>Berechtvaldus,</i> ou <i>Brithvaldus.</i> Bede, en son <i>Hist. d'Angl.</i> Liv. V. ch. 9. dit que S. <i>Brivaud</i> étant Abbé de Raculf succéda à Théodore en l'Archevêché de Cantorbie ; qu'il fut élû le 1. Juillet 692. sacré l'année d'après le Dimanche 29e Juin, &amp; installé le Dimanche 31. Août, &amp; qu'après 37. ans 6. mois &amp; 14. jours d'Episcopat, il mourut le 9. Janvier. Chast.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6005" id="1" type="">
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    <head>BRIVE</head>
    <p>
    BRIVE , s. f. Ville de France dans le Bas-Limousin. <i>Brivas, Brivatensis vicus</i> ; ou <i>pagus, Briva Curretia.</i> On la surnomme <i>Brive la Gaillarde,</i> à cause de la beauté de sa situation. <i>Brive la Gaillarde</i> est ancienne, &amp; Grégoire de Tours en fait mention.</p><p><i>Brive, Briva,</i> est un ancien nom Celtique, qui s'est dit aussi bien que <i>briga,</i> pour signifier une ville ; les Thraces disoient <i>bria,</i> au rapport de Strabon Liv. VII. On a dit aussi <i>brica.</i> On sait que le <i>g</i> &amp; l'<i>v</i> se changent souvent l'un dans l'autre, <i>Galli, Walli,</i> &amp;c. <i>Briva</i> en Celtique a aussi signifié <i>Pont,</i> c'est de-là que tant de villes situées sur des rivières ont été appellées <i>briva,</i> ou <i>briga. Langobriga</i> sur le Douro, <i>Samobriga</i> dans César, &amp; <i>Samobriva</i> dans l'Itineraire d'Antonin ; <i>Augusto-briga</i> sur le Tage ; <i>Briva Isarae,</i> Pontoise ; de même <i>Briva Curretia,</i> ou <i>Curretii, Brive</i> sur Courrese, &amp;c. Voyez Cluvier, <i>Germ. Ant. L. I. cap.</i> 7. <i>p.</i> 62. &amp; suiv. Ce mot a eu la même signification chez les anciens Bretons ; Cambden le conjecture p. 296. du nom <i>Durobriva,</i> qu'il croit signifier <i>Aquae trajectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6006" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRIZO" />
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    <head>BRIZO</head>
    <p>
    BRIZO , s. f. Déesse des songes, ou plutôt des prédictions qui se faisoient par les songes. Elle étoit honorée par les Déliens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6007" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROC" />
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    <head>BROC</head>
    <p>
    BROC , s. m. Gros vaisseau portatif dont les Taverniers se servent pour aller tirer du vin à la cave, &amp; pour distribuer en haut en plusieurs petites portions, selon qu'on les leur demande. <i>Oenophorum, amphora.</i> On a aussi chez les Grands Seigneurs des <i>brocs</i> d'argent, où on met du vin ou de l'eau, quand on en doit servir quantité sur les tables.</p><p><i>Broch,</i> selon le P. Pezron, est un mot Celtique, d'où le mot François <i>broc,</i> &amp; le mot Grec , sont venus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6007" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROC" />
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    <head>BROC</head>
    <p>
    Broc , en la plupart des endroits de France, est une mesure de deux pintes : ce qu'on appelle à Paris la <i>quarte,</i> &amp; ailleurs le <i>pot.</i> Ce deux Messieurs sont allés boire un <i>broc</i> de vin. Vigenère, dans ses <i>Annotations sur Tite-Live,</i> dit, que le <i>broc</i> est de divers calibres, c'est-à-dire, de diverses grandeurs ; mais que le vrai est de douze pintes. Cela paroît plus exact ; car on distingue communément le <i>broc</i> du pot, &amp; le pot sont deux pintes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6007" id="3" type="">
   <index type="head" value="BROC" />
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    <head>BROC</head>
    <p>
    Broc , signifioit autrefois une broche. <i>Veru.</i> Mais il n'est plus en usage qu'en cette phrase proverbiale, Manger de la viande de <i>broc</i> en bouche ; pour dire, toute chaude, au sortir de la broche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6007" id="4" type="">
   <index type="head" value="BROC" />
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    <head>BROC</head>
    <p>
    Broc , se prend (en Dauphiné) pour une difficulté qui se présente à celui qui fait quelque chose, &amp; qui l'arrête. <i>Obex, impedimentum, difficultas.</i> On dit d'un homme qui parlant en public hésite long-temps, qu'il a trouvé un <i>broc.</i> Cette manière de parler est du bas peuple. Chorier, qui ajoûte avec beaucoup de vraisemblance, qu'elle est Grecque, que c'est celle dont S. Paul se sert 1. Cor. VII. 35. , où P. R. a traduit, Non pour vous faire tomber dans un <i>piége.</i> M. Simon se sert aussi du mot piége. Il seroit mieux de dire, Non pour vous faire de la difficulté, vous causer de l'embarras. Quoi qu'il en soit, Chorier dérive <i>broc</i> en ce sens avec beaucoup de raison de , un <i>lacet,</i> un <i>lac</i> ; en Latin <i>laqueus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6008" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCANTER" />
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    <head>BROCANTER</head>
    <p>
    &#9758; BROCANTER , v. n. Faire métier d'acheter &amp; de revendre des tableaux ou autres curiosités. Cet homme s'est enrichi à <i>brocanter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6009" id="1" type=" en usage parmi les peintres">
   <index type="head" value="BROCANTEUR" />
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    <head>BROCANTEUR</head>
    <p>
    BROCANTEUR , s. m. Terme en usage parmi les Peintres , &amp; les Curieux de Paris. <i>Elegantioris supellectilis negotiator.</i> C'est celui qui achete &amp; revend des tableaux, des médailles &amp; autres curiosités, &amp; qui par ce commerce gagne sa vie. C'est un des plus habiles &amp; de plus fins <i>Brocanteurs</i> de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6010" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCARD" />
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    <head>BROCARD</head>
    <p>
    BROCARD , s. m. Raillerie piquante. <i>Cavillum, cavillatio.</i> Terme injurieux &amp; satyrique, qu'on dit en plaisantant contre quelqu'un. Les diseurs de <i>brocards</i> sont sujets à plusieurs avantures fâcheuses. Quelques-uns dérivent ce mot du Latin <i>brocus,</i> qui signifie, <i>Celui qui a la bouche</i> ou <i>des dents qui avancent en dehors.</i> On s'est servi de ce mot pour marquer un homme mordant &amp; satyrique.</p><p>On appelle <i>Brocard de Droit,</i> des principes, ou premières maximes du Droit, tels que ceux d'Azo, qu'il appelle <i>Brocardica Juris.</i> Vossius dérive ce mot du Grec , c'est-à-dire, <i>premiers élemens.</i> Doujat conjecture avec assez de vraisemblance, que <i>Brocard</i> a été formé du nom de Burchard Evêque de Wormes, qui a fait une collection de Canons, qu'on appelloit <i>Brocardica</i> ; &amp; comme son Ouvrage étoit plein de sentences qu'on citoit souvent, on appella <i>brocards</i> les bons mots, ou maximes sententieuses, &amp; ensuite les traits de raillerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6010" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROCARD" />
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    <head>BROCARD</head>
    <p>
    Brocard . D'autres disent Broquart. Jeune cerf d'un an.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6011" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCARDER" />
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    <head>BROCARDER</head>
    <p>
    BROCARDER , v. act. Picquer quelqu'un par quelques traits plaisans &amp; satyriques. <i>Dicteria dicere, dictis mordacibus aliquem petere, mordere.</i> Un homme sage s'abstient le plus qu'il peut de <i>brocarder.</i> On ne me <i>brocardera</i> point de m'être voulu commenter moi-même. S. Amand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6012" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCARDEUR, EUSE" />
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    <head>BROCARDEUR, EUSE</head>
    <p>
    BROCARDEUR, EUSE , s. m. &amp; f. Ce mot se trouve dans Pomey pour diseur &amp; diseuse de brocards, de railleries piquantes. <i>Acerbus, mordax irrisor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6013" id="1" type="">
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    <head>BROCART</head>
    <p>
    BROCART , s. m. D'autres écrivent <i>brocard.</i> Originairement en sa propre signification, c'est une étoffe tissue toute d'or, tant en chaîne qu'en trème, ou d'argent, ou des deux ensemble. <i>Vestis Attalica, Attalicum textile.</i> Après on l'a étendu aux étoffes où il y avoit quelques porfilures de soie pour relever &amp; donner de l'ombrage aux fleurs d'or dont elles étoient enrichies. Et enfin on a donné ce nom aux étoffes de soie, soit de satin, soit de gros de Naples, ou de Tours, ou de taffetas ouvragés de fleurs &amp; d'Arabesques, qui les ont rendues riches &amp; précieuses, comme le vrai <i>brocart.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6014" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCATELLE" />
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    <head>BROCATELLE</head>
    <p>
    BROCATELLE , s. f. Petite étoffe faite de coton ou de grosse soie à l'imitation du brocart. Il y en a aussi de toute soie &amp; de toute laine.</p><p>On a écrit <i>brocatel,</i> &amp; il étoit masculin. Ils étoient superbement habillés de <i>brocatel,</i> &amp; couleur de rose, tout couverts de broderie d'or &amp; de perles. La Colomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6014" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROCATELLE" />
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    <head>BROCATELLE</head>
    <p>
    Brocatelle , est aussi une espèce de marbre, dont le fond est jaûne : il vient d'Espagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6015" id="1" type="">
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    <head>BROCCOLI</head>
    <p>
    BROCCOLI , s. m. Petit rejetton que pousse le tronc d'un vieux chou après l'hiver. On mange les <i>broccolis</i> en salade. Ce mot vient d'Italie, &amp; s'exprime en quelques Provinces de France par le mot de <i>Brottons</i> ou <i>Broutone</i> de choux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6016" id="1" type="blason">
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   <index type="macro_domain" value="Blason" />
   <index type="pred_domain" value="Blason" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHANT</head>
    <p>
    BROCHANT , adj. Terme de Blason . Voyez <ref type="search" target="head:Brocher">Brocher</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    BROCHE , s. f. Pièce de fer longue &amp; menue, qui a une roue ou une manivelle au bout, &amp; qui sert à rôtir de la viande. <i>Veru.</i> Il faut mettre ce rôt à la <i>broche.</i> Il ne lui faut que deux tours de <i>broche.</i> Il est temps de mettre en <i>broche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    Broche , se dit aussi de certaines aiguilles longues de fil de fer, qui servent à tricoter des bas, à faire du ruban, du brocart &amp; autres étoffes. <i>Veruculum.</i> Ce ruban est à double <i>broche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="3" type="">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    Broche , est aussi une pointe de fer qui est dans la serrure, qui doit entrer dans le trou d'une clef forée. On appelle <i>broches</i> rondes, des morceaux de fer rond, dont les Serruriers se servent pour faire des couplets &amp; des fiches, &amp; pour tourner plusieurs pièces à chaud &amp; à froid. Il y a aussi des <i>broches quarrées,</i> sur lesquelles on tourne des pièces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="4" type="">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    Broche , est aussi la pointe de fer qui est au milieu d'un blanc, où on vise pour tirer de l'arc, ou de l'arquebuse En ce sens on dit, Faire un coup de <i>broche</i> ; pour dire, Enfoncer la <i>broche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="5" type="cordonnier">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="cordonnier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    Broche , est aussi un terme de Cordonnier , qui signifie l'instrument avec lequel ils brochent les talons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="6" type="balancier">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="balancier" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Mesure" />
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    <head>BROCHE</head>
    <p>
    Broche . Terme de Balancier . Ce sont de petits morceaux de fer ronds, qui passent au travers de la virole du peson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="7" type="imprimerie">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    <pb n="745" facs="bpt6k8542165/f785/full/1200,/0/native.jpg"/> Broche . Terme d'Imprimerie . C'est une barre de fer, à laquelle est attachée la manivelle qui sert à faire rouler le train de la presse sur les bancs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="8" type="">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    Broche , se dit aussi d'une petite verge de bois, ou baguette, où l'on suspend des harengs pour les faire égoutter, ou des chandelles &amp; des cierges dans les boutiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="9" type="">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    Broche , se dit aussi de la cheville, ou de la fontaine qu'on met à un muid qui est en perce, pour en tirer le vin. Du vin vendu à la <i>broche</i> ou en détail.</p><p>En ce sens on dit proverbialement, Couper <i>broche</i> à quelque chose ; pour dire, Empêcher qu'elle ne continue, comme on interrompt le cours du vin, quand on a coupé la <i>broche</i> du tonneau. Cette femme s'est mise dans la retraite pour couper <i>broche</i> à toutes les médisances. Je lui ai refusé de l'argent tout à plat, pour couper <i>broche</i> à toutes ses importunités.</p><p>Ce mot, selon Du Cange, vient de <i>broccae,</i> ou <i>brochiae,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité, pour dire, des <i>pieux,</i> ou <i>batons pointus,</i> ou <i>aiguisés.</i> L'Abbé Gaufroi, dans la vie de S. Pierre, Archevêque de Tarentaise, dit que l'on appelloit vulgairement <i>brocae, broches,</i> des bâtons pointus. Il écrivoit au XIIe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6017" id="10" type="">
   <index type="head" value="BROCHE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BROCHE</head>
    <p>
    &#9758; BROCHE , s. f.Broches , en termes de Chasse , est un nom qu'on donne aux défenses du sanglier. Aprugni dentes falcati.<br/>Broches, est un vieux mot qui signifie <i>hémorroïdes.</i> Elle cheut en une dangereuse &amp; déplaisante maladie que communément on appelle <i>broches. Cent Nouvelles Nouvelles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6018" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHÉE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHÉE</head>
    <p>
    BROCHÉE , s. f. La quantité de viande qui peut tenir à une <i>broche. Instructum veru carnibus.</i> Il a fallu trois <i>brochées</i> pour faire cuire le rôt de ce festin. Les Rôtisseurs font cuire plusieurs <i>brochées</i> de viande en même-temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6018" id="2" type="chandelier">
   <index type="head" value="BROCHÉE" />
   <index type="src_domain" value="chandelier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHÉE</head>
    <p>
    Brochée , est aussi un terme de chandelier . Il signifie plusieurs mèches de chandelle sur une broche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    BROCHER , v. act. Piquer un cheval avec des éperons pour le faire courir plus vîte. <i>Equi latera calcaribus fodere.</i> En ce sens il est vieux &amp; hors d'usage. Le Duc de Beaufort appelloit <i>brocher Bayard,</i> Courir à toute bride après les chiens. S. Evrem.</p><p>Ce mot vient de <i>brosser</i> &amp; <i>brossailles,</i> d'autant qu'il faut piquer pour avancer chemin dans les brosses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher , se dit dans le figuré, pour signifier, Ecrire, travailler à la hâte. <i>Deproperare.</i> Ce Clerc a <i>broché</i> cette copie : Cet Auteur a <i>broché</i> ce Roman ; pour dire, Ils n'y ont point apporté tout le soin, ni toute l'application qu'ils pouvoient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="3" type="manege">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher , en termes de Manége , signifie, Passer un clou au travers de la corne, &amp; du fer du cheval pour le ferrer. <i>Equo soleas induere.</i> Il faut tantôt <i>brocher</i> haut, tantôt <i>brocher bas,</i> pour bien ferrer un cheval, selon que sa corne est plus épaisse ou plus mince.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="4" type="">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher , signifie, Passer de l'or, de l'argent, de la soie, de la laine entre des broches, ou des aiguilles, qui servent à faire des brocarts. <i>Aurum serico intexere.</i> Cette étoffe est <i>brochée</i> d'or &amp; d'argent. On <i>broche</i> des bas à l'aiguille, quand on tricote.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="5" type="cordonnier">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="cordonnier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher . Terme de Cordonnier . C'est attacher avec des clous. <i>Brocher</i> un talon, <i>brocher</i> une semelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="6" type="couvreur">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="couvreur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher . Terme de Couvreur . C'est mettre de la tuile en pile, sur les lattes, entre les chevrons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="7" type="cordier">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="cordier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher . Terme de Cordier . C'est mettre le boulon au travers du touret. <i>Brocher</i> le touret.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="8" type="jardinier">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="jardinier" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher , v. n. Terme de Jardinier . Il se dit des arbres nouvellement plantés, &amp; qui commencent à pousser de petites pointes. Tout le monde n'approuve pas ce mot, mais les Jardiniers s'en servent, &amp; disent, l'arbre <i>broche,</i> l'arbre ne <i>broche</i> pas encore.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="9" type="">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Blason" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher, &amp; Brochant , en termes de blason , se dit des bandes, cotices ou bâtons &amp; autres pièces, même des lions &amp; des aigles, qu'on fait passer d'un bout de l'écu à l'autre, ou qui traversent sur d'autres pièces. <i>Supergredi, superferri.</i> Il porte d'azur au lion d'or, à la fasce de gueules, <i>brochant</i> sur le tout. On dit que des chevrons <i>brochent</i> sur des burelles ; pour dire, qu'ils passent dans l'écu sur des burelles.</p><p>On dit figurément, <i>Brochant sur le tout,</i> en parlant d'un homme qui se fait remarquer plus que les autres dans une compagnie, soit en bien, soit en mal. J'y ai trouvé six personnes &amp; un tel <i>brochant sur le tout.</i> C'est du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="10" type="relieur">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="relieur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Brocher . Terme de Relieur . C'est plier, coudre un livre, &amp; le couvrir simplement de papier blanc, ou de couleur, ou marbré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6019" id="11" type="">
   <index type="head" value="BROCHER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHER</head>
    <p>
    Broché, ée , part. &amp; adj. <i>Aurum serico intextum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6020" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHET" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHET</head>
    <p>
    BROCHET , s. m. Poisson d'eau douce, blanc, long &amp; fort goulu, qui mange les autres. La dent du <i>brochet</i> est fort venimeuse, &amp; fait partie de l'os de la mâchoire. <i>Lucius.</i></p><p>Les Mancini firent élection de deux <i>brochets</i> pour leurs armes, à l'exemple des Colonnes &amp; des Ursini, qui partent de leur nom, pour faire allusion au nom Lucius, lequel étoit commun dans leur maison. Mascur. Car encore que le R. P. Silvestro Pietra-Santa <i>in tesseris Gentilitiis</i> ne leur donne point de nom, néanmoins Ganze &amp; Gozze disent que ce sont deux <i>brochets.</i> Id. On tient que c'est Ausone qui le premier lui a donné ce nom. <i>Lucius,</i> qui semble dérivé du Grec , qui signifie <i>loup,</i> parce qu'il dévore les poissons des rivières, comme le loup marin fait ceux de la mer.</p><p>On appelle un <i>brochet carreau,</i> un gros <i>brochet,</i> &amp; qui a plus de dix-huit pouces entre oeil &amp; bat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6020" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROCHET" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHET</head>
    <p>
    Brochet de terre . Reptile qui se trouve dans les Isles de l'Amérique. Il a toute la figure, la peau &amp; la hure de nos <i>brochets</i> de rivière ; mais au lieu de nageoires, il a quatre pieds, qui sont si foibles qu'il se traîne sur la terre en rampant &amp; en serpentant comme les couleuvres, plutôt qu'il ne marche. Les plus grands n'ont que quinze pouces de long sur une grosseur proportionnée. Leur peau est couverte de petites écailles qui sont extrêmement luisantes &amp; de couleur de gris argenté. Quelques curieux en ont dans leurs cabinets, qu'on leur fait passer pour des Salamandres. Pendant la nuit ils font un bruit effroyable de dessous les rochers, &amp; du fond des cavernes où ils se tiennent ; &amp; ce bruit est beaucoup plus désagréable que celui des grenouilles &amp; des crapaux. Ils ne se montrent presque point qu'à l'entrée de la nuit. Lonvill. <i>Liv. I. Ch.</i> 13. <i>Art.</i> 7. <i>de l'Hist. nat. des Antilles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6021" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHETON" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHETON</head>
    <p>
    BROCHETON , s. m. Brochet de petite ou de moyenne taille. <i>Lucius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6022" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHETTE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHETTE</head>
    <p>
    BROCHETTE , s. f. Petit morceau de bois pointu qui sert à faire tenir ferme la viande à la broche. <i>Veruculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6022" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROCHETTE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHETTE</head>
    <p>
    Brochette , est aussi un nom que les Fondeurs donnent à leur échelle campanaire, qui leur sert à connoître la grandeur, l'épaisseur, &amp; le poids des cloches. Ils l'appellent aussi <i>bâton, règle</i> &amp; <i>diapason.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6022" id="3" type="imprimerie">
   <index type="head" value="BROCHETTE" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHETTE</head>
    <p>
    Brochettes , en termes d'Imprimerie , se dit de ce qui tient la frisquette sur le grand timpan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6022" id="4" type="">
   <index type="head" value="BROCHETTE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHETTE</head>
    <p>
    Brochette , se dit aussi du petit morceau de bois au bout duquel on donne à manger, ou, comme l'on dit, on donne la béchée aux jeunes oiseaux qu'on élève. Nourrir des oiseaux à la <i>brochette,</i> c'est les nourrir ainsi soi-même, sans les laisser nourrir à leurs pères &amp; mères. A dix ou douze jours vous ôterez à la femelle ses petits serins pour les nourrir à la <i>brochette,</i> afin qu'elle ne se fatigue pas tant. Hervieux. Des oiseaux nourris à la <i>brochette</i> sont plus privés que d'autres.</p><p>On dit au figuré. Un enfant élevé à la <i>brochette</i> ; pour dire, Elevé avec beaucoup d'application &amp; de soin.</p><p>On appelle <i>Brochettes,</i> des morceaux de foies gras, &amp; de ris de veau passés &amp; rôtis dans de petites <i>brochettes</i> de bois ou d'argent. Servir une pièce de boeuf avec des <i>brochettes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6023" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHEUR, EUSE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHEUR, EUSE</head>
    <p>
    BROCHEUR, EUSE , s. m. &amp; f. Ouvrier &amp; Ouvrière qui fait des bas avec des aiguilles à tricoter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6024" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHOIR" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHOIR</head>
    <p>
    BROCHOIR , s. m. Marteau de Maréchal qui lui sert à ferrer les chevaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6025" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCOLI" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCOLI</head>
    <p>
    BROCOLI . Voyez <ref type="search" target="head:BROCCOLI">BROCCOLI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6026" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROCHURE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROCHURE</head>
    <p>
    BROCHURE , s. f. Petit livre relié de papier blanc, de papier de couleur, ou de papier marbré. Une petite feuille volante.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6027" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRODE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRODE</head>
    <p>
    BRODE , adj. Ce mot est du style bas, &amp; signifie une femme dont le teint est un peu noir. <i>Fuscus.</i> Une femme <i>brode.</i> On appelloit autrefois du pain bis, du pain <i>brode,</i> comme il paroît par un Règlement de Police pour Paris du 30e Mars 1635.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6028" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRODEQUIN" />
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    <head>BRODEQUIN</head>
    <p>
    BRODEQUIN , s. m. Chaussure à l'antique faite en façon de petite botte, qui ne va que jusqu'à mi-jambe, &amp; qui est ornée &amp; délicate. <i>Cothurnus.</i> Il n'y a plus que les Comédiens qui s'en servent aujourd'hui : encore n'est-ce que lorsqu'ils représentent quelque pièce tragique, ainsi que le pratiquoient les Anciens. Eschyle habilla ses Acteurs un peu plus honnêtement, &amp; leur chaussa le <i>brodequin.</i> Dac. Le Chef de la Conspiration chaussa les <i>brodequins,</i> marque de l'Empire, &amp; se fit proclamer Empereur. Mezer. Cette chaussure étoit quarrée, pouvoit se mettre également aux deux pieds, &amp; étoit si élevée qu'elle donnoit la taille héroique aux hommes ordinaires. Ce n'étoient pas les acteurs seuls des Tragédies qui s'en servoient : les filles, pour élever leurs tailles, les voyageurs, pour se défendre des boues, &amp; les Chasseurs la prenoient aussi. Voyez <ref type="search" target="head:Thom">Thom</ref>. Dempster, <i>Paralip. in Rosini Antiq. Lib. V. Cap.</i> 8. &amp; Scaliger, <i>Poëtic. Lib. IV. Cap.</i> 13.</p><p><i>Brodequin,</i> selon Guichard, vient du Grec , qui est le nom d'une espèce de chaussure ; comme si l'on disoit <i>beronequin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6028" id="2" type="academiste">
   <index type="head" value="BRODEQUIN" />
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    <head>BRODEQUIN</head>
    <p>
    Brodequin , est aussi un terme d'Académiste , qui signifie une sorte de petits bas à étrier, qui sont de laine, &amp; que les jeunes Académistes mettent avant que de se botter. <i>Caliga.</i> Ces <i>brodequins</i> ne viennent qu'à mi-jambe : ils servent à bien remplir la botte. Les bottes vont bien mieux avec des <i>brodequins</i> qu'avec des coussinets.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6028" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRODEQUIN" />
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    <head>BRODEQUIN</head>
    <p>
    &#9758; BRODEQUIN , s. m.Brodequins , au pluriel, se dit d'une espèce de torture qu'on donne aux criminels par le moyen d'une chaussure de parchemin, qui étant approchée du feu, se retire, &amp; serrant extraordinairement la jambe, fait grande douleur. On la donne aussi avec une sorte de brodequins qui sont quatre petits ais forts &amp; épais, qu'on serre avec de bonnes cordes. On met deux de ces ais entre les jambes du criminel, &amp; les deux autres se mettent l'un d'un côté d'une jambe, &amp; l'autre de l'autre. Ensuite venant à serrer ces cordes, elles pressent les jambes contre les ais, &amp; faisant craquer les os du criminel, elles lui causent une douleur très-sensible. On donne les brodequins à un criminel qui n'avoue pas de certaines choses qu'on voudroit savoir avant que de le juger.<br/>Brodequin, se dit métaphoriquement pour désigner la comédie, par opposition au cothurne qui signifie la tragédie, à cause de la différence des chaussures dont les anciens se servoient dans l'une &amp; dans l'autre sorte de pièces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6029" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRODER" />
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    <head>BRODER</head>
    <p>
    BRODER , v. act. Enrichir une étoffe par plusieurs ouvrages de diverses figures qu'on fait dessus à l'aiguille. <i>Phrygionum artem exercere, acu pingere.</i> On <i>brode</i> avec l'or, l'argent, la soie, le fil, &amp;c. On <i>brode</i> aussi les points, les dentelles, avec du fil &amp; du cordonnet.</p><p>Le P Thomassin dérive <i>broder</i> de l'Hébreu <i>barad, grêler,</i> marquer de points, comme fait la grêle, parce qu'il y a quelque chose de semblable dans la broderie. Cela n'est point du tout vraisemblable. <i>Broder</i> vient de <i>border.</i> Voyez au mot Brodeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6029" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRODER" />
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    <head>BRODER</head>
    <p>
    Broder , se dit figurément des embellissemens qu'on ajoûte à quelque sujet, à quelque matière, &amp; particulièrement à un conte, quand on en altère la vérité pour le rendre plus agréable : ce qui se dit tant en bien qu'en mal. <i>Adornare.</i> Voilà l'histoire de N. Je vous avoue que je l'ai <i>brodée.</i> Mlle L'Héritier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6029" id="3" type="">
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    <head>BRODER</head>
    <p>
    Brodé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Acu pictus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6030" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRODERIE" />
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    <head>BRODERIE</head>
    <p>
    BRODERIE , s. f. Enrichissement qu'on fait sur une étoffe avec l'aiguille. <i>Acu pictum opus.</i> Le Roi a donné des ornemens à l'Eglise tout couverts de <i>broderie</i> d'or &amp; de perles. On fait des lits, des habits, des housses de chevaux en <i>broderie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6030" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRODERIE" />
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    <head>BRODERIE</head>
    <p>
    Broderie , se dit aussi figurément des embellissemens qu'on donne à des contes &amp; à des histoires, &amp; le plus souvent aux dépens de la vérité. <i>Ornatus.</i> Il y a dans ce conte quelque chose de vrai, mais le reste est de la <i>broderie.</i> On tomba sur les contes naïfs, &amp; il fallut en dire un à mon tour. Je contai celui de Marmoisan, avec quelque <i>broderie</i> qui me vint sur le champ dans l'esprit. Mlle L'Héritier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6030" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRODERIE" />
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    <head>BRODERIE</head>
    <p>
    Broderie , se dit aussi des parterres qui sont faits seulement de buis nain, composés de feuillages, &amp; de fleurons ornés &amp; tracés à la manière des Brodeurs, à la différence de ceux qui sont faits par planches, carreaux &amp; compartimens, où on met des fleurs. Le fond des parterres de <i>broderie</i> doit être labouré, &amp; de terre noire ; &amp; le dedans des feuilles sablé. Ils sont entourés de platebandes de fleurs, &amp; d'arbrisseaux verds. Il faut que les ornemens de <i>broderie</i> soient sans confusion, &amp; marqués distinctement. Leur beauté consiste à n'être jamais répétés. Il y a aux Tuilleries de beaux parterres de <i>broderie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6031" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRODEUR" />
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    <head>BRODEUR</head>
    <p>
    BRODEUR , s. m. Artisan qui fait de la broderie. <i>Phrygio, Phrygii operis artifex.</i> Ces bandes de tapisserie ont été appliquées par le <i>Brodeur</i> sur cette étoffe.</p><p>Ce mot est venu par transposition de <i>Bordeur,</i> parce qu'on ne brodoit autrefois que le bord des étoffes. On ne mettoit des embellissemens que sur les bords ; d'où vient que les Latins les ont aussi appellés <i>Limbularii.</i> Du Cange dit qu'autrefois on disoit <i>aurobrustus</i> ; pour dire, <i>brodé d'or,</i> ou <i>brusdus, brudatus,</i> &amp; <i>brodatus.</i> C'est la remarque du P. Papebrok sur ces mots des actes de S. François de Paule, <i>Quidam homo, quem Brodatorem Regis vulgò nuncupabant. Acta SS. April. T. I. p.</i> 159. Voyez aussi Pasquier, <i>Rech. de la Fr.</i> Liv. VIII. Ch. 62.</p><p>On dit proverbialement, Autant pour le <i>Brodeur,</i> pour se moquer d'un homme qui hable ; comme si on disoit, pour le <i>bourdeur,</i> qui nous donne des bourdes, des menteries, qui brode des contes.</p><p>L'invention de la <i>broderie</i> est attribuée aux Phrygiens. Les Latins même ont appellé les <i>Brodeurs, Phrygiones.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6032" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRODEUSE" />
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    <head>BRODEUSE</head>
    <p>
    BRODEUSE , s. f. Ouvrière qui brode. <i>Phrygii operis artifex foemina.</i> Il y a en particulier de certaines <i>Brodeuses</i> qu'on appelle <i>Brodeuses</i> de gaze : ce sont des Ouvrières qui embellissent de divers petits agrémens la gaze dont on fait des coëffes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6033" id="1" type="chapelier">
   <index type="head" value="BRODOIR" />
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    <head>BRODOIR</head>
    <p>
    BRODOIR , s. m. <i>Sucula.</i> Terme de Chapelier . Prononcez <i>brodoi</i> ; sorte de petite bobine, autour de laquelle est la soie dont on se sert pour broder les chapeaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6034" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROIER" />
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    <head>BROIER</head>
    <p>
    BROIER . Voyez <ref type="search" target="head:Broyer">Broyer</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6035" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROIEUR" />
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    <head>BROIEUR</head>
    <p>
    BROIEUR . Voyez <ref type="search" target="head:Broyeur">Broyeur</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6036" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROMALES" />
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    <head>BROMALES</head>
    <p>
    BROMALES , s. m. &amp; plur. <i>Bromalia.</i> Ce nom se trouve dans Balsamon au 62e Canon du IVe Concile de Constantinople appellé <i>in Trullo,</i> comme si ce nom venoit de <i>Bromius,</i> Bromien, surnom de Bacchus ; mais on prétend qu'il faut dire <i>Brumales,</i> &amp; non pas <i>Bromales.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Brumales">Brumales</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6037" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROMIEN" />
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    <head>BROMIEN</head>
    <p>
    BROMIEN , s. m. Epithète qui se donne à Bacchus. <i>Bromius.</i></p><p>Ce nom vient du Grec , <i>je fremis,</i> &amp; fut donné à Bacchus, parce qu'il nâquit au bruit d'un coup de tonnerre qui fit accoucher Semelé sa mère, ou parce que les beuveurs font beaucoup de tumulte &amp; de bruit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6038" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRONCHADE" />
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    <head>BRONCHADE</head>
    <p>
    BRONCHADE , subst. fém. Faux pas d'un cheval. <i>Lapsio, lapsus, offensio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6039" id="1" type="">
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    <head>BRONCHES</head>
    <p>
    BRONCHES . Voyez <ref type="search" target="head:BRONCHIES">BRONCHIES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6040" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRONCHEMENT" />
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    <head>BRONCHEMENT</head>
    <p>
    BRONCHEMENT , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey, pour signifier l'action de celui qui bronche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6041" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRONCHER" />
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    <head>BRONCHER</head>
    <p>
    BRONCHER , v. n. Mettre le pied à faux, tomber à demi. <i>Pedem offendere ad aliquid.</i> Il se dit proprement des chevaux à qui les jambes mollissent.</p><p>On le dit aussi quelquefois des hommes qui font de faux pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6041" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRONCHER" />
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    <head>BRONCHER</head>
    <p>
    Broncher , signifie figurément, Faire une légère faute. <pb n="747" facs="bpt6k8542165/f787/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Offendere, labi, errare.</i> Ce père est si sévère, qu'il ne faut pas que ses enfans <i>bronchent</i> le moins du monde devant lui.</p><p>On dit proverbialement, qu'il n'y a si bon cheval qui ne <i>bronche,</i> ni si bon Chartier qui ne verse ; pour dire, qu'il n'y a personne qui ne soit sujet à faire des fautes. On le dit aussi d'un Orateur quand la mémoire lui manque.</p><p>Broncher ! <i>vous vous mocquez, vous n'avez point</i> bronché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6042" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRONCHIES" />
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    <head>BRONCHIES</head>
    <p>
    BRONCHIES , ou BRONCHES, s. m. C'est le nom que les Médecins Grecs ont donné eux tuyaux de la trachée-artère, qui sont répandus dans tout le poumon, &amp; dans lesquels l'air entre pour la respiration.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6043" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="BRONCHIAL, ALE" />
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    <head>BRONCHIAL, ALE</head>
    <p>
    BRONCHIAL, ALE , adj. Terme d'Anatomie , qui se dit d'une artère particulière des poumons, qu'on appelle <i>artère bronchiale.</i> Elle vient du tronc descendant de l'aorte, &amp; se distribue sur toutes les divisions de la trachée-artère. Il y a aussi une <i>veine bronchiale</i> qui accompagne l'artère, &amp; qui se divise en autant de rameaux qu'elle. L'artère porte le sang aux bronches, &amp; la veine le rapporte à la veine cave, où elle va se rendre immédiatement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6044" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="BRONCHIQUE" />
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    <head>BRONCHIQUE</head>
    <p>
    BRONCHIQUE , adj. Terme d'Anatomie , qui se dit de la première paire des muscles communs du larinx, qu'on appelle autrement <i>sternotiroïdiens</i> : ils montent le long des cartilages de la trachée-artère, &amp; tirent le larinx en bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6045" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BRONCOCELE" />
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    <head>BRONCOCELE</head>
    <p>
    BRONCOCELE , s. m. Terme de Médecine . C'est une tumeur du cou grande &amp; ronde, &amp; attachée à la trachée-artère. On l'appelle aussi <i>gouetre,</i> &amp; en Latin <i>Hernia gusturis.</i> Le <i>broncocele</i> est fort commun dans les Alpes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6046" id="1" type="chirurgie">
   <index type="head" value="BRONCOTOMIE" />
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    <head>BRONCOTOMIE</head>
    <p>
    BRONCOTOMIE , s. f. Terme de Chirurgie . C'est une ouverture qu'on fait à la trachée-artère, lorsque l'inflammation qui arrive au <i>larinx</i> empêche la respiration.</p><p>Ce mot est dérivé de , <i>bronches,</i> gozier, &amp; de , <i>je coupe, je tranche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6047" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRONTÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>BRONTÉE</head>
    <p>
    BRONTÉE , s. m. Tonnant, qui tonne, qui fait tonner. <i>Brontaeus.</i> C'est un des surnoms que les anciens donnoient à Jupiter. Blondus Flavius, <i>Rom. Triumph. L. I.</i> prétend qu'on a aussi donné à Bacchus le nom de Brontin, à cause des troubles &amp; des désordres semblables au tonnerre qu'excite l'yvrognerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6048" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRONTON" />
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    <head>BRONTON</head>
    <p>
    BRONTON , s. m. Surnom de Jupiter, qui se trouve dans cette ancienne inscription, Iovi sancto brontonti. ecataeque aur. poplius. <i>Grut. XVII.</i> 12. On trouve encore dans une autre un Prêtre du Dieu Brontontes. Sacerdos dei brontontis. <i>Grut. p. XXXIV.</i> 5. Quelques-uns disent <i>Brontontes,</i> au lieu de <i>Bronton</i> ; mais ils se trompent. Brontontes seroit en Grec , qui auroit au génitif, , &amp; au datif , &amp; par conséquent en Latin <i>Brontontae,</i> à l'un &amp; à l'autre cas, &amp; non pas <i>Brontontes, Brontonti,</i> comme il y a dans les deux inscriptions que l'on vient de rapporter. Il vient donc de , <i>je tonne,</i> , &amp; par contraction , <i>Tonnant,</i> duquel il faut dire .</p><p>Ce mot signifie la même chose que le précédent, &amp; ils viennent l'un &amp; l'autre du Grec , <i>tonnerre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6049" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRONZE" />
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    <head>BRONZE</head>
    <p>
    BRONZE , s. m. &amp; f. mais bien plus souvent masculin que féminin. <i>Aes.</i> Ceux qui travaillent en <i>bronze</i> le font à la vérité féminin ; Voiture même les a imités en cela, quand il a dit : Elles ne se peuvent non plus comparer à elle, que la <i>bronze</i> à l'or. Cependant la plupart des meilleurs Auteurs le font masculin : ce que les hommes écrivent sur le <i>bronze</i> n'est pas immuable. Bouh. Le <i>bronze,</i> ou la <i>bronze,</i> est un alliage de métaux, dont le principal est le cuivre fondu avec quelque partie d'étain, ou de laiton. Quelques-uns par épargne y mettent du plomb, parce qu'on ne sauroit fondre du cuivre fin dans un fourneau de réverbère, qu'on ne le trouve percé &amp; plein de trous comme une éponge. Il y a encore un autre cuivre composé qu'on appelle <i>métal,</i> qui n'est pourtant en effet que de la <i>bronze</i> ; &amp; on lui donne ce nom selon la plus grande ou plus petite quantité qu'on y mêle d'étain, qui est de 12. jusqu'à 25. pour cent. La lie ou le marc de <i>bronze</i> s'appelle <i>diphrygies,</i> &amp; est en usage en Médecine. La fleur de <i>bronze</i> se fait quand on jette de l'eau pure sur de la <i>bronze</i> fondue, lorsqu'elle s'écoule par les canaux. On met une platine de fer au-dessus de la fumée, &amp; dans ce congèlement il s'y forme de petits grains en forme de millet, qui sont luisans &amp; rougeâtres, &amp; c'est ce qu'on appelle <i>fleur de bronze.</i> Ecaille de <i>bronze,</i> est ce qui tombe de l'airain, lorsqu'on le bat, &amp; qu'on le met en oeuvre. On dit, Jetter des figures en <i>bronze,</i> animer le <i>bronze,</i> graver sur le <i>bronze,</i> &amp;c. Le cheval de <i>bronze</i> qu'on voit dans la Place Royale à Paris est un ouvrage de Daniel Volterre fameux Sculpteur.</p><p>Les Médaillistes distinguent le grand, le moyen, &amp; le petit <i>bronze.</i> Tout le cuivre, dans la distinction des suites de médailles, a l'honneur de porter le nom de <i>bronze.</i> Le P. Job.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot <i>à Brontibus, quasi brontium à Vulcani famulis fabrefactum.</i> D'autres croient qu'il vient de l'Italien <i>abbronzare</i>, qui signifie <i>enduire d'une couleur brune.</i> Le mot <i>bronze</i> vient de l'Italien <i>bronzo,</i> qui signifie la même chose, &amp; de <i>bronzo</i> vient <i>abbronzare.</i> Le P. Thomassin remonte plus haut, &amp; il fait venir le nom de <i>bronze</i> du mot Saxon <i>braesens, aeneu,</i> qui est de cuivre, ou d'airain. Icquez le dérive de <i>brunt</i>, mot Saxon, &amp; de la langue des Francs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRONZE</head>
    <p>
    Bronze . On se sert de ce mot soit dans le figuré, soit dans le propre, pour exprimer des choses insensibles : elle poussoit des plaintes capables d'attendrir la <i>bronze</i> &amp; les rochers. Horace donne un coeur de <i>bronze</i> à cet homme audacieux qui s'abandonna le premier à la merci des flots. Bouh. Le coeur de l'homme, qui est de cire pour toutes les choses qui vont à le pervertir &amp; à le corrompre, est de <i>bronze</i> pour celles qui peuvent contribuer à son salut. Ab. de la Tr.</p><p>On appelle proverbialement, les Courtisans du Cheval de <i>bronze,</i> plusieurs faineans, filous &amp; gens de mauvaise vie, qui sont ordinairement sur le Pont-neuf à Paris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRONZER</head>
    <p>
    BRONZER , verbe actif. Peindre en couleur de bronze avec de la limaille de bronze. <i>Aeris colore inficere, imbuere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRONZER</head>
    <p>
    Bronzé, ée , part. &amp; adj. On appelle du marroquin <i>bronzé,</i> celui qui n'est point grenu, qui est passé en noir, &amp; qu'on emploie pour faire des souliers de deuil. <i>Aeris colore infectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6051" id="1" type="venerie">
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    <head>BROQUART</head>
    <p>
    BROQUART , s. m. Terme de Vénerie , qui se dit d'un jeune cerf d'un an. On dit aussi Brocard. <i>Cervus bimulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROQUETTE</head>
    <p>
    BROQUETTE , subst. féminin. Petit clou à tête dont on se sert pour attacher des garnitures de lit, de chaises, &amp; autres petits ouvrages. <i>Clavulus.</i> Ce mot doit venir de <i>broche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6053" id="1" type="">
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    <head>BROSSAILLES</head>
    <p>
    BROSSAILLES , ou BROUSSAILLES, s. f. plur. Le bel usage est pour <i>brossailles. Fruteta, frutecta, fruticeta, dumeta.</i> Méchant bois qui ne profite point, touffes de buissons, genêts, épines, bruyères, &amp;c. Un pays de <i>brossailles</i> est difficile à passer. Le lion voulant chasser avec l'âne le cacha dans les <i>brossailles.</i> Port-R. Ce n'étoient que petits sentiers pleins de <i>brossailles.</i> Vaug.</p><p>On dit dans la basse Latinité <i>bruscia</i> &amp; <i>brozia,</i> d'où Du Cange dérive ce mot.</p><p>On appelle aussi <i>brossailles,</i> ces menus bois de fagots rompus &amp; déliés qui restent dans un grenier où on a entassé beaucoup de menus bois. <i>Virgulta.</i> Il n'y a plus que des <i>brossailles</i> dans ce bucher. On le dit aussi de ce qui reste du menu bois qu'on abandonne dans les forêts après qu'on y a fait des fagots. Ils amasserent des <i>brossailles</i> pour faire du feu. Ablanc.</p><p>On dit de quelqu'un qu'il est dans les <i>brossailles</i> ; pour dire, qu'il est gris ou yvre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROSSE</head>
    <p>
    BROSSE , s. f. Assemblage de petites verges de jonc délié qui sert à décrasser la tête. <i>Scopula.</i></p><p>C'est aussi un assemblage de plusieurs soies de pourceau ou de sanglier liées &amp; engagées dans plusieurs trous d'un ais percé à ce dessein, qui sert à nettoyer les habits, à frotter les planchers, &amp; à panser les chevaux, &amp;c. On en fait aussi de petites qui servent aux Peintres, aux Doreurs, aux Vitriers, aux Ouvriers en stuc, &amp;c. Des peintures de <i>brosse.</i> Les Imprimeurs se servent aussi de grandes <i>brosses</i> faites de poil de sanglier, pour laver les formes avec de la lessive, quand elles sont tirées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROSSE</head>
    <p>
    <pb n="748" facs="bpt6k8542165/f788/full/1200,/0/native.jpg"/> Brosses , au plur. se dit des bruyères ou brossailles des terres incultes où il vient des plantes sauvages, du menu bois ou arbustes peu élevés, ou des méchantes tailles qui sont au bord de la forêt. <i>Densum virgetum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6055" id="1" type="">
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    <head>BROSSER</head>
    <p>
    BROSSER , v. act. &amp; n. Frotter avec des brosses la tête, les habits, les meubles, &amp;c. <i>Tergere, detergere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6055" id="2" type="imprimeur">
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    <head>BROSSER</head>
    <p>
    Brosser les lettres . Terme d'Imprimeur , c'est en ôter l'encre avec de l'eau &amp; de la lessive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6055" id="3" type="">
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    <head>BROSSER</head>
    <p>
    Brosser , signifie aussi, Courir à travers les bois &amp; les pays de bruyères &amp; de brossailles. <i>Silvas pererrare, pervagari. Brosser</i> à travers les buissons. Vaug. Quint. L. 6. Il travaille sans cesse à <i>brosser</i> les forêts. Theoph. Voyez aussi Salnove.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6056" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROU" />
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    <head>BROU</head>
    <p>
    BROU , s. m. Ecorce verte qui couvre les noix. C'est ainsi qu'on appelle encore celle qui est sur le coco &amp; qui l'enveloppe. <i>Gulioca, viride nucis putamen.</i> Elle a trois doigts d'épaisseur, &amp; on peut mettre ses fibres en corde. Cela est cause que les Siamois n'ayant point de chanvre, font leur cordage de <i>brou</i> de coco.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUAGE</head>
    <p>
    BROUAGE , s. m. Ville de France en Saintonge sur l'Océan, <i>Broagium. Brouage</i> est au milieu de marais, dont on tire une très-grande quantité de sel, ce qui les fait appeller marais Salants. <i>Brouage</i> fournit de sel, non-seulement tout le Royaume, mais encore tous les pays froids.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUAILLES</head>
    <p>
    BROUAILLES , s. f. plur. Intestins de poissons ou de volailles qu'on vuide, lorsqu'on les habille, qu'on les apprête pour manger. <i>Intestina.</i> En Normandie on dit <i>breuilles.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>burbalia,</i> qu'on trouve en ce sens dans quelques Auteurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUÉE</head>
    <p>
    BROUÉE , s. f. Pluie ou nuage qui est de peu de durée. <i>Nebula.</i> Il y a des <i>brouées</i> dangereuses aux vignes &amp; aux blez. On dit aussi, Prendre une <i>brouée</i> de feu ; pour dire, Se chauffer légèrement &amp; en passant, brûler une ame de fagot. Cela est du style simple.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUET</head>
    <p>
    BROUET , s. m. Bouillon qu'on portoit autrefois aux nouvelles mariées le lendemain de leurs nôces avec solemnité &amp; réjouïssance. <i>Jus conditum, jusculum.</i> Il étoit fait d'oeufs, de lait &amp; de sucre. Cela n'a plus d'usage que parmi le petit peuple.</p><p>Ce mot vient de <i>brodettum</i>, diminutif de <i>brodum,</i> qu'on a dit pour <i>brodium,</i> qui se trouve en cette signification dans quelques Auteurs Latins. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUET</head>
    <p>
    Brouet , se dit aussi d'un méchant potage, mais dans le style comique &amp; burlesque. <i>Jus insulsum.</i> Le Galant, pour toute besogne, avoit un <i>brouet</i> clair. La Font.</p><p>En parlant des anciens Grecs, on appelle <i>Brouet de Lacédémone,</i> un certain potage noir dont les Lacédémoniens avoient accoutumé de se nourrir.</p><p>On dit proverbialement, qu'une chose s'en est allée en <i>brouet</i> d'andouille, lorsqu'elle est devenue à néant, qu'elle a abouti à rien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6061" id="1" type="">
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    <head>BROUETTE</head>
    <p>
    BROUETTE , s. f. Petite charrette ou petit tombereau qui n'a qu'une roue, &amp; qu'un homme pousse devant soi. <i>Vehiculum trusatile.</i> Les Vinaigriers se servent de <i>brouettes</i> pour porter leur vinaigre par les rues. On se sert de <i>brouettes</i> pour vuider des terres, du fumier, des ordures à la campagne. Dans les mines on se sert de <i>brouettes</i> dont la roue est au centre.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>birotetta,</i> diminutif de <i>birota,</i> qui se trouve dans le Code Théodosien, &amp; signifie une <i>petite voiture à deux roues.</i> D'autres le dérivent de <i>bisrota</i>.</p><p>On appelle <i>brouettes,</i> ces petites chaises à deux roues qui sont traînées par des hommes, &amp; aussi les carrosses mal propres &amp; mal attelés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUETTER</head>
    <p>
    BROUETTER , v. n. Qui se dit de ceux qui se font traîner par la Ville dans ces petites chaises ou vilains carrosses. <i>Aliquem vehiculo trahere.</i> On se fait <i>brouetter</i> à Paris par toute la Ville pour un demi écu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6063" id="1" type="">
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    <head>BROUETTEUR</head>
    <p>
    &#9758; BROUETTEUR , s. m. Celui qui traîne les chaises qu'on appelle brouettes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6064" id="1" type="">
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    <head>BROUETTIER</head>
    <p>
    BROUETTIER , s. m. Celui qui mène une brouette. <i>Agens trusatile vehiculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6065" id="1" type="">
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    <head>BROUHAHA</head>
    <p>
    BROUHAHA , s. m. Acclamation, bruit sourd &amp; confus, qu'on entend dans les assemblées où on fait des discours publics, &amp; où on donne des spectacles, lequel témoigne l'admiration, ou l'applaudissement des assistans, quand il s'y trouve quelque chose d'éclatant, &amp; qui touche l'esprit. <i>Plausus, clamor.</i> Ce terme est sur-tout en usage parmi les Comédiens, lorsqu'on se récrie sur les beaux endroits de la pièce. Le Comédien s'arrête aux beaux endroits de la pièce, &amp; avertit par-là qu'il faut faire le <i>brouhaha.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6066" id="1" type="">
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    <head>BROUÏ</head>
    <p>
    BROUÏ , s. m. Terme de gens qui travaillent en émail. C'est une sorte de tuyau dont ils se servent pour souffler, quand ils travaillent. <i>Calamus.</i> On l'appelle autrement <i>chalumeau.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUILLAMINI</head>
    <p>
    BROUILLAMINI , s. m. C'est une terre rouge &amp; visqueuse naturellement sèche avec peu d'odeur &amp; de saveur. On la trouve dans les minières de fer. Biringuccio assure que c'est une souveraine médecine contre tout venin, faisant même effet, voire meilleur que la terre sigillée. Quelques-uns la confondent avec le bol d'Arménie, &amp; disent que ce mot s'est fait par corruption de <i>boli armenici.</i> Les Médecins s'en servent souvent. Les Peintres s'en servent aussi pour attacher l'or aux ornemens de leurs peintures ; &amp; les Potiers pour teindre leurs pots en couleur rouge.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUILLAMINI</head>
    <p>
    Brouillamini , se dit encore d'un bol tiré des carrières, dont on fait une pâte de laquelle on forme des bâtons plats de la grosseur &amp; de la longueur du doigt ; ces bâtons s'appellent <i>brouillamini,</i> ou bol en bille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6067" id="3" type="">
   <index type="head" value="BROUILLAMINI" />
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    <head>BROUILLAMINI</head>
    <p>
    Brouillamini , est aussi un mot burlesque pour signifier quelque chose d'obscur &amp; d'embarrassé. <i>Tenebrae ; caligo, obscuritas.</i> Il y a là dedans trop de <i>brouillamini.</i> Molière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BROUILLARD</head>
    <p>
    BROUILLARD . Quelques-uns disent encore BROUILLAS, comme on faisoit autrefois, mais mal. subst. m. Vapeurs épaisses que le soleil eleve de la terre humide, &amp; qu'il n'a pas la force de résoudre &amp; de dissiper. <i>Nebula.</i> Le <i>brouillard</i> est un amas de parcelles, ou de gouttes d'eau qui se joignant les unes aux autres interrompent l'action de la lumière, &amp; empêchent le passage des rayons du soleil. Roh. Les <i>brouillards</i> sont plus fréquens dans les lieux marécageux. Les pêches de hareng ne se font que pendant les <i>brouillards.</i> Les nuées ne se font que des <i>brouillards</i> élevés. Le <i>brouillard</i> tombe fort lentement. Ablanc. Les <i>brouillards</i> épandus aux environs ne laissoient voir les troupes qu'en gros. Vaug.</p><p>On dit proverbialement d'un <i>brouillard,</i> qu'il est si épais qu'on le couperoit avec un couteau.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BROUILLARD" />
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    <head>BROUILLARD</head>
    <p>
    Brouillard , se dit aussi du papier sans colle, tel que le papier gris, qui sert à philtrer. <i>Carta bibula.</i> On se sert de ce papier pour boire l'encre des écritures fraîches qu'on fait dans un registre. On le dit aussi de tout autre grand méchant papier, ou inutile, qui sert à envelopper quelque chose, ou à d'autres usage.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BROUILLARD" />
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    <head>BROUILLARD</head>
    <p>
    Brouillard , se dit encore d'un Livre sur lequel les Maîtres, &amp; autres qui sont employés dans le commerce, écrivent tout à fur &amp; à mesure ce que l'on reçoit &amp; ce que l'on prête, pour être ensuite porté &amp; mis en ordre sur un autre registre, qui est proprement le Journal. <i>Codex accepti &amp; mutui rationem continens.</i> Quelques-uns appellent le Journal du nom de <i>brouillard,</i> mais improprement. Bornier.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BROUILLEMENT" />
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    <head>BROUILLEMENT</head>
    <p>
    BROUILLEMENT , s. m. Mélange, confusion. Ce mot est fort peu en usage. <i>Permistio, admistio, mistura.</i> Le <i>brouillement</i> des couleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUILLER" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    BROUILLER , verbe act. Mettre les choses en désordre, en confusion. <i>Miscere ; turbare, perturbare.</i> J'ai <i>brouillé</i> tous mes papiers ; mes Livres sont tout <i>brouillés.</i> Ménage dérive ce mot de <i>brogliare</i> qui a été fait de <i>broglio,</i> qui signifie <i>bois,</i> d'où est venu <i>imbrogliare,</i> qui a fait <i>embrouiller.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROUILLER" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , se dit figurément des choses spirituelles. Il a eu une amourette en tête qui lui a <i>brouillé</i> l'esprit, qui l'a <i>brouillé</i> avec le bon sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="3" type="">
   <index type="head" value="BROUILLER" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller . Mettre de la dissention, semer la discorde. J'aurai pû jusqu'ici <i>brouiller</i> tous les Chapitres. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="4" type="">
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , se dit aussi des affaires. C'est un chicaneur qui ne fait que <i>brouiller,</i> au lieu d'éclaircir une affaire. Ce Ministre a fort <i>brouillé</i> l'Etat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="5" type="">
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , signifie aussi, Mêler plusieurs choses ensemble. <pb n="749" facs="bpt6k8542165/f789/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Miscere, confundere.</i> Mettez toutes ces drogues ensemble, &amp; les <i>brouillez</i> bien. Des oeufs <i>brouillés,</i> sont ceux où on a mêlé le blanc &amp; le jaune. Du vin <i>brouillé,</i> c'est du vin sophistiqué, où on a mis quelques drogues pour changer son goût naturel.</p><p>On dit aussi que l'air, que le ciel se <i>brouille,</i> quand il arrive quelque nuée qui présage quelque pluie, ou quelque prochain orage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="6" type="">
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , Embarrasser. Ce mot n'a été inventé que pour <i>brouiller.</i> Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="7" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , se mêler, se confondre. Ils ne se <i>brouillent</i> point avec le reste des troupes, dans les défilés. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="8" type="plumacier">
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller . Terme de Plumacier . Mêler ensemble le poil de plusieurs plumes, dont chacune a une couleur différente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="9" type="">
   <index type="head" value="BROUILLER" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , se dit aussi en parlant du refroidissement qui arrive dans l'amitié pour quelque rapport, jalousie, ou mal-entendu. <i>Abalienari, simultates &amp; inimicitias suscipere.</i> Les amis se <i>brouillent</i> aisément, mais ils se raccommodent avec la même facilité. Ils ne se <i>brouillent</i> ni avec la foi, ni avec la raison. Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="10" type="">
   <index type="head" value="BROUILLER" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , signifie encore, Gâter du papier en faisant des écritures inutiles, ou de méchans Livres. <i>Chartam perdere.</i> Ce mauvais Poëte a bien <i>brouillé</i> du papier. Les faiseurs d'Anagrammes <i>brouillent</i> bien du papier inutilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="11" type="">
   <index type="head" value="BROUILLER" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouiller , se dit aussi en termes de Manége ; pour dire, Mettre un cheval hors d'état de se bien manier par la faute du Cavalier qui le monte. <i>Vitiare.</i></p><p>On dit proverbialement que les cartes sont bien <i>brouillées,</i> lorsqu'il y a quelque guerre civile, quelque grande querelle entre deux partis, qu'on ne voit pas pouvoir être de long-temps accommodée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6070" id="12" type="">
   <index type="head" value="BROUILLER" />
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    <head>BROUILLER</head>
    <p>
    Brouille, ée , part. pass. &amp; adjectif. Les Fleuristes disent qu'une fleur est <i>brouillée,</i> quand elle n'a point fleuri, &amp; panaché net. <i>Permistus, confusus, turbatus, perturbatus.</i> Cette Tulipe est <i>brouillée.</i> Quint. Cet Oeillet est <i>brouillé.</i> Lig.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6071" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUILLERIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>BROUILLERIE</head>
    <p>
    BROUILLERIE , s. f. Division, mécontentement. <i>Dissensio, discordia, dissidium.</i> Il y a quelques <i>brouilleries</i> à la Cour qui n'éclatent point encore. Il y a de la <i>brouillerie</i> dans ce ménage, entre ces amis. Les <i>brouilleries</i> d'un Etat aboutissent souvent à des guerres civiles. Dans toutes les <i>brouilleries</i> du Royaume, il s'est toujours montré bon François. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6071" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROUILLERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BROUILLERIE</head>
    <p>
    Brouillerie , se dit aussi pour Disputes pleines d'embarras &amp; de chicanes d'Ecole. <i>Tricae, contentiones.</i> Voulez-vous recommencer nos <i>brouilleries</i> ? Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6071" id="3" type="">
   <index type="head" value="BROUILLERIE" />
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    <head>BROUILLERIE</head>
    <p>
    Brouilleries , se dit collectivement de plusieurs choses de peu de conséquence, qu'on ne veut pas nommer en particulier. <i>Miscella, miscellanea.</i> Il faut vendre ces vieux meubles, ces <i>brouilleries.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6072" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUILLON, ONNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BROUILLON, ONNE</head>
    <p>
    BROUILLON, ONNE , adj. &amp; s. Remuant, qui tâche de brouiller les affaires. <i>Turbator, novarum rerum molitor.</i> Les Hérétiques ont toujours été accusés d'être des esprits <i>brouillons</i> qui ont voulu troubler l'Etat. Ce Procureur est un <i>brouillon,</i> qui ne tâche qu'à embarrasser les parties en procès. On dit aussi par injure aux petits garçons, qu'ils sont de petits <i>brouillons. Nugator, leviculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6072" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROUILLON, ONNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>BROUILLON, ONNE</head>
    <p>
    Brouillon , est aussi un papier sur lequel on jette ses premières pensees en écrivant, qu'on revoit après, &amp; qu'on rature avant que de mettre l'Ouvrage au net. <i>Palimpsestus.</i> Ce n'est là que le <i>brouillon,</i> je le vais faire transcrire &amp; mettre au net.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6072" id="3" type="marchand">
   <index type="head" value="BROUILLON, ONNE" />
   <index type="src_domain" value="marchand" />
   <index type="macro_domain" value="Commerce" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>BROUILLON, ONNE</head>
    <p>
    Brouillon , est aussi un terme de Marchand . C'est un Livre où le Marchand écrit tous les jours, où il raye &amp; efface ce qu'il lui plaît. <i>Adversaria.</i> Ecrire un article sur le <i>brouillon.</i> Effacer un article sur <i>brouillon.</i> Il y a des gens de Province qui disent un <i>brouillard</i> ; mais à Paris on dit <i>brouillon.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BROUILLARD">BROUILLARD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6073" id="1" type="agriculture">
   <index type="head" value="BROUÏR" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BROUÏR</head>
    <p>
    BROUÏR , verbe act. Terme d'Agriculture , qui se dit de la bruine, &amp; de la gelée qui gâte &amp; qui brûle les boutons des arbres, des vignes, des blez. <i>Urere, arefacere.</i> Il y aura disette de grains, les blez sont <i>brouis.</i> On le dit aussi de quelque mauvais vent qui fait retirer les feuilles des arbres ; ensorte qu'elles n'ont plus leur étendue, ni leur verdeur ordinaire. Ces feuilles tombent, &amp; font place à d'autres qui leur succèdent. La bize a <i>broui</i> nos arbres. Au printemps les vents de Nord-Est, c'est-à-dire, vents de bize, fort secs &amp; fort froids, <i>brouïssent</i> les feuilles &amp; les jets nouveaux. La Quint.</p><p>Il vient d'un vieux mot François qui signifioit <i>brûler.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6073" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROUÏR" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BROUÏR</head>
    <p>
    Brouï, ie , part. Des abricotiers <i>brouis,</i> des pêchers <i>brouïs.</i> La Quint. Des feuilles <i>brouïes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6074" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUÏSSEMENT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROUÏSSEMENT</head>
    <p>
    BROUÏSSEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:BRUÏSSEMENT">BRUÏSSEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6075" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="BROUÏSSURE" />
   <index type="src_domain" value="jardinage" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BROUÏSSURE</head>
    <p>
    BROUÏSSURE , s. f. Terme de Jardinage . C'est le dégât &amp; le mauvais effet du vent, ou de la gelée qui a brouï les arbres. <i>Arentia folia, aridi folliculi.</i> La <i>brouissure</i> tombe, &amp; fait place aux nouvelles feuilles qui doivent succéder. Cette <i>brouissure</i> tombera aux premières pluies douces. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6076" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUNISTES" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BROUNISTES</head>
    <p>
    BROUNISTES . Nom de certains Sectaires qui se sont élevés à la fin du seizième siècle en Angleterre. Leur Chef s'appelloit Robert <i>Broun,</i> originaire de Northampton. M. Stoupp, qui les a connus en Hollande, en fait cette description, dans sa deuxième lettre touchant <i>la Religion des Hollandois :</i> Les <i>Brounistes</i> se sont séparés de l'Eglise Anglicane, &amp; de toutes les autres Eglises Réformées, lesquelles ils croient corrompues, non pour les dogmes de la foi, mais pour la forme du gouvernement. Ils condamnent également le gouvernement Episcopal &amp; celui des Presbytériens par des Consistoires, par des Classes &amp; par des Synodes. Ils ne veulent pas se joindre à nos Eglises, parce qu'ils disent qu'ils ne sont pas assurés de la conversion &amp; de la probité des membres qui les composent, à cause qu'on y tolère des pécheurs avec qui il ne faudroit point communier, &amp; que dans la participation des Sacremens, les bons contractent de l'impureté par la Communion des méchans. Ils condamnent la bénédiction des mariages, qui se fait dans les Eglises par les Ministres, soutenant qu'étant un contrat politique, la confirmation en dépend du Magistrat Civil. Ils ne veulent point qu'on baptise les enfans de ceux qui ne sont pas membres de l'Eglise, ou qui n'ont pas assez de soin des enfans qu'on a baptisés. Ils rejettent tous les formulaires des prières, &amp; ils disent même que l'Oraison que le Seigneur nous a enseignée ne doit pas être récitée comme une prière ; mais qu'elle nous a été donnée pour être la règle &amp; le modèle sur lequel nous devons former toutes celles que nous présentons à Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6077" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUSSIN D'ÉRABLE" />
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    <head>BROUSSIN D'ÉRABLE</head>
    <p>
    BROUSSIN D'ÉRABLE , s. m. C'est une excroissance qui vient à un arbre qu'on appelle érable : elle est ondée &amp; madrée d'une manière fort agréable : elle étoit d'un si grand prix parmi les Romains, que Pline assure qu'ils l'eussent préférée au citronier, s'ils en eussent pû faire des tables. On en fait des cassettes, des tablettes, &amp; autres ouvrages, qu'on estime beaucoup. <i>Molluscum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6078" id="1" type="venerie">
   <index type="head" value="BROUT" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BROUT</head>
    <p>
    BROUT , s. m. Pâture que les bêtes fauves trouvent dans les jeunes taillis qui repoussent. De-là vient qu'en termes de Vénerie , on entend par <i>Bêtes de brout,</i> toutes sortes de bêtes fauves ; comme le cerf, le chevreuil, le daim, le bouquetin, le chamois, le rangier, &amp;c. On les appelle aussi <i>bêtes broutantes. Fera pascens.</i></p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>brustus,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité au même sens, <i>quòd ex bruscis seu dumetis fiat pastio animalium.</i> Mais il vient plutôt de <i>broust,</i> qui est un vieux mot Celtique, ou Bas-Breton, qui signifie <i>bourgeon,</i> ou <i>hallier</i> ; ou du Grec , <i>manduco.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6078" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROUT" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BROUT</head>
    <p>
    Brout , se dit aussi des écales de noix vertes qu'on prépare pour servir aux teintures. <i>Gulioca.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6079" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUTANT, ANTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BROUTANT, ANTE</head>
    <p>
    BROUTANT, ANTE , adj. On appelle en Vénerie les bêtes <i>broutantes,</i> le cerf, le rangier, le daim, le chevreuil, le chamois, le bouquetin ou bouc sauvage. <i>Pascens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6080" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUTER" />
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    <head>BROUTER</head>
    <p>
    BROUTER , v. act. Paître l'herbe dans les prez, manger le brout dans les forêts. <i>Pasci, morsu carpere.</i></p><p>Ménage, après Bochart, dérive ce mot du Grec , signifiant la même chose. Borel le dérive du Grec , qui signifie <i>depascere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6080" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROUTER" />
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    <head>BROUTER</head>
    <p>
    Brouter , en termes de jardinage , c'est rompre l'extrémité des branches menues, quand elles sont trop longues, à proportion de leur foiblesse. <i>Putare, resecare.</i></p><p>On dit proverbialement, Là où la vache est attachée, il faut qu'elle <i>broute</i> ; pour dire, qu'il faut demeurer attaché à sa profession. On dit aussi de ceux qui ont du coeur, qu'ils aimeroient mieux <i>brouter</i> l'herbe que de demander l'aumône. On dit aussi d'un homme adroit, que l'herbe sera <pb n="750" facs="bpt6k8542165/f790/full/1200,/0/native.jpg"/>bien courte, s'il ne trouve de quoi <i>brouter</i> ; pour dire, qu'il trouvera bien le moyen de gagner sa vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6080" id="3" type="">
   <index type="head" value="BROUTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BROUTER</head>
    <p>
    Brouté, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Pastus.</i> On appelle bois <i>broutés,</i> ou <i>avortés,</i> les bois tortus &amp; malfaits, &amp; qui ne sont pas de belle venue. L'Ordonnance veut que les bois <i>broutés</i> soient refepés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6081" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROUTILLES" />
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    <head>BROUTILLES</head>
    <p>
    BROUTILLES , s. f. plur. Ce sont les menues branches qui restent dans les forêts après qu'on a retranché le bois de corde : elles servent à faire des fagots. <i>Virgulta.</i> En plusieurs endroits on dit <i>bretilles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6081" id="2" type="">
   <index type="head" value="BROUTILLES" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROUTILLES</head>
    <p>
    Broutilles , se dit aussi de plusieurs petites choses inutiles &amp; de nulle valeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6082" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BROYE" />
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   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BROYE</head>
    <p>
    BROYE , s. f. Dans le propre, c'est un instrument dont on se sert à la campagne pour rompre le chanvre, &amp; tiller plus aisément. <i>Instrumentum macerandae cannabi comparatum.</i> On le dit en termes de Blason d'une espèce de festons qu'on trouve dans quelques Armoiries posés en diverses situations. La Maison de <i>Broye</i> en a porté par allusion à son nom. Celle de Joinville porte d'azur à trois <i>broyes</i> d'or liées d'argent, &amp;c. Quelques-uns les prennent aussi pour des morailles, d'autres pour toutes sortes d'instrumens propres à broyer. Les Anglois les nomment <i>barnacles,</i> ou <i>bernicles,</i> du nom d'un instrument dont les Sarrasins se servoient pour donner une géhenne cruelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6083" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROYEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BROYEMENT</head>
    <p>
    BROYEMENT , s. m. Réduction en poudre, &amp; mélange de couleur avec de l'eau, de l'huile, &amp;c. <i>Tritura.</i> Il y a depuis peu des Médecins qui pensent que la digestion se fait par le <i>broyement</i> des alimens. Il en est même qui soutiennent que tout est vaisseau dans le corps humain ; que tous ces vaisseaux ont un mouvement de systole &amp; de diastole, &amp; que tout s'y fait par le <i>broyement</i> des humeurs qui y coulent. M. Lister, Medecin de la feue Reine d'Angleterre, a réfuté, dans son livre des humeurs, l'opinion qui fait consister la digestion dans le <i>broyement.</i> Voyez au mot Digestion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6084" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROYER" />
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    <head>BROYER</head>
    <p>
    BROYER , v. act. Réduire en poudre. <i>Terere.</i> Il faut <i>broyer</i> ces drogues dans le mortier. Suivant une opinion nouvelle, les membranes de l'estomac <i>broyent</i> les alimens que l'on prend, comme une meule, &amp; c'est ainsi que se fait la digestion. Voyez <ref type="search" target="head:DIGESTION">DIGESTION</ref>.</p><p>On le dit particulièrement des couleurs qu'on <i>broye</i> long-temps sur le marbre ou le porphyre, en les mêlant avec de l'huile pour les en imbiber, après qu'on les a pulvérisées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6084" id="2" type="philosophie hermetique">
   <index type="head" value="BROYER" />
   <index type="src_domain" value="philosophie hermetique" />
   <index type="macro_domain" value="Philosophie" />
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    <head>BROYER</head>
    <p>
    Broyer , en termes de Philosophie hermétique , signifie quelquefois cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit parfaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6084" id="3" type="">
   <index type="head" value="BROYER" />
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    <head>BROYER</head>
    <p>
    Broyé, ée , part. &amp; adj. <i>Tritus.</i></p><p>On appelle Pain <i>broyé,</i> un certain petit pain de fine farine que les Boulangers étoient autrefois obligés de faire pour leur chef-d'oeuvre, quand on les recevoit Maîtres. Voyez <ref type="search" target="head:PAIN">PAIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6085" id="1" type="">
   <index type="head" value="BROYEUR" />
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    <head>BROYEUR</head>
    <p>
    BROYEUR , s. m. Qui se dit en cette phrase, C'est un <i>Broyeur</i> d'ocre ; pour dire, C'est un fort mauvais Peintre. <i>Tritor.</i> On le dit aussi de celui qui broye les couleurs dont les Peintres se servent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6086" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BROYON" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BROYON</head>
    <p>
    BROYON , s. m. Terme de Chasse . Instrument propre à prendre des bêtes. On fait la chasse avec des traîneaux, alliers, panneaux, rets saillans, bricoles, tentes, éraingues, collets, piéges, amorces, <i>broyons,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6087" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRU" />
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    <head>BRU</head>
    <p>
    BRU , s. f. Belle-fille. C'est un terme d'alliance relatif au père &amp; à la mère d'un fils, à l'égard desquels la femme qu'il a épousée s'appelle leur <i>bru,</i> ou leur <i>belle-fille. Nurus.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>nurus</i> Latin, ou de l'Allemand <i>bruyt,</i> ou plutôt <i>braut</i> ; qui signifie <i>épousée.</i> Du Cange cite les Gloses d'Iso Magister, où il est dit que <i>brut</i> signifie <i>une femme accordée</i> ou <i>fiancée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6088" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUANT" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BRUANT</head>
    <p>
    BRUANT , ou BRUAND, s. m. Quelques-uns disent <i>breant.</i> C'est un petit oiseau gros comme un moineau, &amp; dont le chant est assez agréable. <i>Cirulus, Florus,</i> &amp; en Grec <i>Authus.</i> Le <i>Bruant,</i> ou Verdon, que les Italiens appellent <i>Verdone,</i> est un peu plus gros que le Pinson. Les mâles sont presque tous jaunes ; ils ont néanmoins quelques parties des ailes &amp; de la queue qui tirent sur le cendré : les plus grandes pennes toutefois sont d'un plus beau jaune ; les plumes de la queue à leur extrémité sont tout-à-fait jaunes ; en dedans elles sont d'une autre couleur. Son bec est gros &amp; aigu, de couleur pâle ; ses jambes &amp; ses pieds sont d'un rouge tirant à la couleur de chair. L'on en nourrit en cage à cause de la beauté de leur chant. Le <i>Bruant</i> fait sa demeure ordinaire dans les prez humides &amp; pleins d'eau, sur les hauts arbres. Il semble hennir comme le cheval, avec lequel il a de l'antipathie. Son temps est depuis le commencement d'automne jusqu'au mois d'Avril, &amp; pendant ce temps on en prend une grande quantité. Pour en prendre au printemps il faut mettre entre deux rets de plusieurs sortes d'herbes, comme lacerons sauvages, &amp; autres dont ils mangent ; l'on y mettra pareillement deux ou trois pieds de chardons proche de la rets, avec des rameaux d'arbres, ou de petites branches d'orme ; si l'on peut avoir des herbes avec leurs semences, ce sera le meilleur. Il faut dresser les plantes de ces herbes comme si elles étoient naturellement crûes en ce lieu. Cet oiseau mange de la navette &amp; du chenevis, &amp; fait son nid dans les vallées &amp; lieux bas. Il fait quatre ou cinq petits. Le mâle est d'un verd jaunâtre. La femelle tire davantage sur le gris.</p><p>Il y a aussi un Faisan <i>bruand,</i> appellé autrement Coq de bois, ou de bruyere. <i>Vrogallus.</i> Il y en a de deux espèces. Voyez <ref type="search" target="head:FAISAN">FAISAN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6089" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUGES" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BRUGES</head>
    <p>
    BRUGES . Ville de Flandre, Province des Pays-Bas. <i>Brugae.</i> On dit qu'il y avoit autrefois près de <i>Bruges</i> une ville nommée Outtembourg, <i>Aldemburgum</i> ; qu'elle fut ruinée par Attila, &amp; ensuite au IXe siècle par les Normands, &amp; que ce fut en ce siècle que de ses ruines Baudouïn le Chauve, Comte de Flandre, ceignit <i>Bruges</i> de murailles, &amp; la fortifia. <i>Bruges</i> a été autrefois capitale de tous les Pays-Bas. Elle ne l'est plus que d'une partie de la Flandre Espagnole, que l'on nomme le Quartier de <i>Bruges,</i> ou le Franc de <i>Bruges.</i> Philippe, fils de l'Empereur Maximilien, &amp; père de Charles V. étoit né à <i>Bruges.</i> C'est une des plus belles villes des Pays-Bas. Hoffman lui donne de longitude 24d, 25' ; &amp; de latitude 51d, 36'.</p><p>Ce mot semble venir de <i>Bruzziae,</i> nom que lui donne l'Auteur de l'histoire de la translation de S. Vendril, <i>Act. SS. Bened. Saec. v. p.</i> 210. &amp; dans la <i>Notice des Gaules</i> de M. de Valois au mot <i>Bruzziae.</i> L'Abbé Suger, dans la vie de Louis le Gros, l'appelle <i>Brugae</i> ; d'autres <i>Brugia,</i> &amp; d'autres <i>Brugiae.</i> Nous disons <i>Bruges</i> ; &amp; les Flamands <i>Brugge</i> ; ainsi le <i>z</i> s'est changé en <i>g,</i> comme dans <i>Blauziacum, Blaugiacum, Blaugi, Virzeium, Verziacum, Virgeium, Vergiacum, Vergy.</i> Ce mot vient apparemment de <i>brud,</i> qui en Flamand signifie la même chose que <i>bray</i> en ancien François, c'est-à-dire, de la fange, de la boue ; parce que cette ville étoit dans un lieu marécageux &amp; boueux : on aura dit apparemment <i>Briudria, Bruderia, Bruzzia ;</i> le changement du <i>d,</i> en <i>z,</i> n'est pas extraordinaire, surtout devant un <i>z,</i> ou une <i>s.</i></p><p>Il y a aussi en Béarn une petite ville de même nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6090" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUGELIN, INE" />
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    <head>BRUGELIN, INE</head>
    <p>
    BRUGELIN, INE , s. m. &amp; f. qu'on trouve en quelques vieux Auteurs, pour signifier Qui est de Bruges en Flandre mais il n'est point en usage. <i>Brugensis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6091" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUGEOIS, OISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>BRUGEOIS, OISE</head>
    <p>
    BRUGEOIS, OISE , s. m. Qui est de Bruges. <i>Brugensis.</i> L'insolence des <i>Brugeois,</i> qui se saisirent de sa personne (d'Engelbert II. Comte de Nassau) dans la chambre même de l'Archiduc, triompha de sa constance. D. l. Pise. J'aimerois mieux dire ceux de Bruges, les habitans, les Bourgeois de Bruges, que les <i>Brugeois,</i> quoiqu'il ne soit pas mal, &amp; qu'on le trouve.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6092" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUGNOLES" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUGNOLES</head>
    <p>
    BRUGNOLES , Voyez <ref type="search" target="head:BRIGNOLES">BRIGNOLES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6093" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUGNON" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUGNON</head>
    <p>
    BRUGNON , s. m. Quelques-uns disent <i>Brignon</i> ; mais le bel usage est pour <i>Brugnon. Brinolium.</i> Fruit à noyau, qui est une espèce de pêche, qui a une peau rouge &amp; déliée, qui a la chair pleine d'eau, &amp; qui est d'un goût exquis. Il mûrit au mois de Septembre. Le <i>brugnon</i> violet est le plus estimé de tous. Il y a aussi des <i>brugnons</i> musqués. Quelques-uns croient que le <i>brugnon</i> est une espèce de prune : ce qui a donné lieu à cette diversité de sentimens sur la nature du <i>brugnon,</i> c'est qu'il approche fort de la prune &amp; de la pêche. Nous appellons <i>brugnon</i> tout ce qui étant lisse, c'est-à-dire, sans poil, ne quitte pas le noyau. La Quint. <i>Part. III. ch.</i> 5. <i>p.</i> 418. Cela s'entend parmi les Pêches. Tous les <i>brugnons</i> ne sauroient presque avoir trop de maturité ; ainsi à leur égard ce n'est pas un défaut d'être tombés d'eux mêmes. Id. <i>ch.</i> 12. p<i>.</i> 423.</p><p>La Quintinie met le <i>brugnon</i> entre les espèces de Pavies. Pour les Pavies, les principales sont le <i>Brugnon</i> violet, le pavie blanc &amp;c. Les <i>brugnons</i> violets viennent au commencement de Septembre. La Quint. <i>Part. III. ch.</i> 5. Il y a un <i>brugnon</i> violet tardif, que La Quintinie au même endroit p. 418. compte parmi les dernières pêches du mois d'Octobre, &amp; les moins bonnes de l'année ; &amp; un <i>brugnon</i> jaune lisse qu'il met au même rang, de sorte qu'il y a, dit-il, trois <i>brugnons</i> bien différens. Je condamne le <i>brugnon</i> jaune &amp; le violet tardif ; l'un &amp; l'autre ne mûrissent guère ici (à Paris) &amp; sont sujets à se crevasser &amp; à pourrir sur l'arbre. Id. <i>Part. III. ch.</i> 13. <i>p.</i> 424. Je fais un cas particulier du <i>brugnon</i> violet : quand on lui donne le temps de mûrir si fort qu'il en devienne un peu ridé, pour lors il est admirable ; la chair en est assez tendre, ou tout au moins n'est point dure ; elle est assez teinte autour du noyau ; l'eau &amp; le goût en sont enchantés. Id. <i>pag.</i> 440.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6094" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUIANT" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUIANT</head>
    <p>
    BRUIANT , Voyez <ref type="search" target="head:BRUYANT">BRUYANT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6095" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUIÈRE" />
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    <head>BRUIÈRE</head>
    <p>
    BRUIÈRE , Voyez <ref type="search" target="head:BRUYÈRE">BRUYÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6096" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUINE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUINE</head>
    <p>
    BRUINE , s. f. Petite pluie froide &amp; dangereuse pour les grains. <i>Pruina.</i> La <i>bruine</i> se forme, quand la vapeur destinée à faire de la neige ne se gèle que lorsqu'elle est en bas. On dit aussi <i>brouine, à perurendo,</i> parce qu'elle brûle les tendres boutons des vignes &amp; des arbres.</p><p><i>Bruine</i> vient de <i>pruina,</i> en changeant le <i>p,</i> en <i>b.</i> Le Père Thomassin remonte plus haut, &amp; il dérive <i>pruina</i> de , qu'il dérive de l'Hébreu <i>bahar, accendere, brûler</i>, en changeant le <i>b,</i> en <i>p</i> ; &amp; il remarque que la <i>bruine</i> brûle les blez &amp; les autres plantes auxquelles elle s'attache, <i>penetrabile frigus adurit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6097" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUINER" />
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    <head>BRUINER</head>
    <p>
    BRUINER , v. n. &amp; impersonnel, qui se dit de la bruine qui tombe. Il <i>bruine. Cadit pruina.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6097" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRUINER" />
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    <head>BRUINER</head>
    <p>
    Bruiné, ée , part. &amp; adj. Qui est gâté de la bruine. <i>Vredine affectus, perustus.</i> Les blez <i>bruinés</i> sont de difficile garde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6098" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUIRE" />
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    <head>BRUIRE</head>
    <p>
    BRUIRE , v. act. <i>Je bruis, tu bruis, il bruit, nous bruissons, vous bruissez, ils bruissent. J'ai brui. Je bruirai. Que je bruisse. Strepere.</i> Ce mot n'est guère en usage qu'à l'infinitif, &amp; à la troisième personne de l'imparfait de l'indicatif, où l'on dit, Il <i>bruyoit.</i> On entendoit <i>bruire</i> le vent, le tonnerre ; pour dire, souffler, gronder. Les flots <i>bruyoient.</i> Il signifie aussi, Faire un bruit sourd &amp; confus. Les soldats firent <i>bruire</i> leurs armes en forme d'applaudissement. Ablanc. J'ois <i>bruire</i> les vents &amp; les flots. Théoph. Les douleurs des femmes grosses sont causées par des vents qui vont &amp; qui viennent en <i>bruissant</i> par tout le ventre. Mauriceau.</p><p>Le Scholiaste de Théocrite dit sur la seconde Idylle : Les Anciens faisoient <i>bruire</i> de l'airain aux Eclipses de Lune. Il ajoûte qu'à Athènes le Prêtre de Proserpine faisoit <i>bruire</i> un vaisseau d'airain. De Mezir. <i>dans son Commentaire sur la lettre de Hypsipyle à Jason. p.</i> 604.</p><p>Il se dit figurément de la réputation. On entend <i>bruire</i> son nom, ses louanges de toutes parts. Il est vieux.</p><p>Ce mot vient de <i>rugire</i>, comme <i>bruit</i> de <i>rugitus,</i> qui a été dit non-seulement du lion, mais aussi de l'homme, &amp; de quelques autres animaux. Ménage. J'aimerois mieux le faire venir du Latin <i>bruitus,</i> qui vient du Grec , qui signifie <i>verser de l'eau en abondance,</i> comme les sources, les fontaines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6099" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUISSEMENT" />
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    <head>BRUISSEMENT</head>
    <p>
    BRUISSEMENT , ou BROUISSEMENT, s. m. Le dernier n'est plus en usage. Bruit confus, murmure qui frappe l'oreille, même dans le silence. <i>Fremitus.</i> Une femme de ville entend-elle le <i>brouissement</i> d'un carrosse qui s'arrête à sa porte, elle petille de goût &amp; de complaisance pour quiconque est dedans, sans le connoître. La Br.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6100" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUIT" />
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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    BRUIT , s. m. Amas de plusieurs sons confus &amp; violens qui offensent l'oreille. <i>Murmur, fremitus, fragor, tumultus.</i> Le <i>bruit</i> est différent du <i>son,</i> comme a fort bien remarqué Mr Perrault Médecin, dans la Dissertation qu'il a faite du sens de l'ouïe : car on n'appelle point <i>son</i> le <i>bruit</i> d'un canon, d'un carrosse, d'un moulin, ou d'une populace assemblée. Le <i>bruit simple</i> a trois espèces, qui sont le <i>bruit clair,</i> le <i>bruit cassé,</i> le <i>bruit sourd.</i> Le <i>bruit composé,</i> le <i>bruit successif,</i> le <i>bruit rompu,</i> le <i>bruit continu,</i> le <i>bruit de choc,</i> le <i>bruit de verbération</i> ; &amp;c. sont plusieurs autres espèces de <i>bruit.</i> On entend un grand <i>bruit</i> dans les Volcans avant qu'ils vomissent leurs flammes. Le <i>bruit</i> des carrosses empêche de dormir. Dans les nombreuses assemblées la conversation est plutôt un <i>bruit</i> confus qu'une véritable société. M. Scud. Le moindre <i>bruit</i> éveille un mari soupçonneux. La Font. Ce n'est pas la raison qui frappe les esprits grossiers : c'est l'émotion, &amp; l'ardeur avec laquelle on parle ; c'est le <i>bruit</i> qu'on fait. Le P. R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6100" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRUIT" />
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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Bruit , se dit aussi des sons agréables, &amp; qui témoignent de la réjouissance. <i>Plausus, sonus, sonitus.</i> Ce Prince a été reçû au <i>bruit</i> des tambours &amp; des timbales, au <i>bruit</i> du canon.</p><p>On dit aussi le <i>bruit</i> d'un ruisseau, d'une fontaine. <i>Susurrus.</i> On s'endort au doux <i>bruit</i> d'un ruisseau, d'une fontaine. De ces ruisseaux le <i>bruit</i> délicieux frappe mes sens. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6100" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRUIT" />
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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Bruit , se dit encore d'un tintouin d'oreilles, d'une maladie qui dans le plus grand filence nous fait entendre quelques sons confus. <i>Tinnitus.</i> Cet homme est travaillé d'un <i>bruit</i> d'oreilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6100" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRUIT" />
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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Bruit , signifie quelquefois, Sédition, querelle, confusion. <i>Seditio, tumultus, rixa.</i> On dit qu'il y a du <i>bruit</i> en Angleterre, que les ports sont fermés. Ces deux Cavaliers ont eu ensemble quelque <i>bruit.</i> Une femme jalouse fait du <i>bruit</i> dans le ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6100" id="5" type="">
   <index type="head" value="BRUIT" />
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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Bruit , figurément se dit de la renommée, de la réputation. Le nom &amp; la valeur d'Alexandre ont fait un grand <i>bruit</i> dans le monde. <i>Fama.</i> Cet Auteur a fait grand <i>bruit.</i> Cette femme n'a pas bon <i>bruit.</i> Ses exploits auront un <i>bruit</i> toujours durable. Voit. Il ne faut que cela pour nous donner le <i>bruit</i> de connoisseuses. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Bruit , se dit aussi des discours du temps, des nouvelles dont on s'entretient dans le monde. <i>Rumor, sermo.</i> Il court un <i>bruit</i> sourd de peste ; mais c'est un faux <i>bruit.</i> Un <i>bruit</i> confus nous apprend qu'il y a eu une grande défaite ; c'est un <i>bruit</i> de ville, on n'en dit rien à la Cour. On parle de guerre, il en est grand <i>bruit.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Bruit , se dit aussi des affaires qui font de l'éclat, où plusieurs personnes prennent intérêt, ou qui sont de conséquence. <i>Rumor, fama.</i> La Chambre établie contre les empoisonneurs a fait grand <i>bruit,</i> grand éclat dans la France. La neutralité fait grand <i>bruit.</i> Voit. Le <i>bruit</i> de sa réputation les étonna. Ablanc. Quand on ne cherche qu'à faire du <i>bruit,</i> ce ne sont pas les caractères les plus raisonnables qui y sont les plus propres. Font. On ne fait point précisement ce qu'on est obligé de faire, &amp; l'on veut pourtant se distinguer par tout ce qui fait du <i>bruit.</i> Vill.</p><p>On dit encore ; Faire du <i>bruit,</i> dans un sens autant moral que physique ; pour dire, se plaindre de quelque chose, marquer son mécontentement, son ressentiment, sa colère. Comme j'en faisois du <i>bruit</i> le lendemain dans mon domestique. Bussy.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Bruit , se dit encore du son que font les abeilles, les bourdons, les guêpes &amp; autres mouches en volant. <i>Bombus.</i></p><p>A petit bruit. Façon de parler adverbiale ; pour dire, Secrettement, doucement. <i>Tacitè, sine strepitu.</i> Il s'en est allé <i>à petit bruit,</i> il s'est sauvé sans <i>bruit.</i> Il a fait cette affaire <i>à petit bruit,</i> sans éclat, sans dépense.</p><p>On dit en termes de Vénerie , chasser à grand <i>bruit</i> ; pour dire, avec grand équipage, avec nombre de Veneurs, de chiens courans, &amp;c. <i>Magno clamore.</i> Marcher à grand <i>bruit,</i> c'est-à-dire, Avec faste, avec ostentation.</p><p>On dit aussi, point de <i>bruit,</i> pour imposer silence à un fanfaron <pb n="752" facs="bpt6k8542165/f792/full/1200,/0/native.jpg"/>qui menace. <i>Sile, obmutesce.</i> Ainsi on dit à un Capitan dans l'Illusion Comique.</p><p>On dit proverbialement, Je n'aime point le <i>bruit</i> si je ne le fais, quand quelqu'un veut être maître en sa maison. On dit, qu'un homme est un bon cheval de trompette, qu'il ne s'étonne point pour le <i>bruit</i> ; pour dire, qu'il laisse crier &amp; tempêter les gens. On dit aussi, qu'un homme fait plus de <i>bruit</i> que d'effet ; ou bien, qu'il ressemble aux Bahutiers, il fait plus de <i>bruit</i> que de besogne ; pour dire qu'il promet, qu'il parle beaucoup, &amp; qu'il ne travaille guères.</p><p>En Bas-Breton <i>brut</i> signifie <i>bruit,</i> &amp; dans la langue de Galles <i>brut</i> signifie <i>histoire.</i> Huet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUIT</head>
    <p>
    Arbre a grand bruit . C'est un arbre qui se trouve dans les Indes, dont les feuilles sont semblables à celles de nos mûriers, &amp; que les Indiens appellent <i>Arbre à grand bruit,</i> parce que son fruit, qui est tout rond, étant mûr, sort de son écorce avec un bruit semblable à celui d'un coup de mousquet, &amp; va tomber bien loin de l'arbre. Journ. d. Sav. 1678. <i>p.</i> 174. <i>d'après les Journ. d'Allem.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLABLE</head>
    <p>
    BRÛLABLE , adj. Qui mérite d'être brûlé. <i>Urendus, dignus igne,</i> ou <i>flammis ; ignem meritus.</i> Rabelais a dit ; C'est un hérétique <i>brûlable.</i> Il ne se trouve que dans cette phrase.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLANT, ANTE</head>
    <p>
    BRÛLANT, ANTE , participe actif. Qui brûle. <i>Urens, comburens.</i> Un fer <i>brûlant</i> ; un soleil <i>brûlant.</i> Ce potage est tout <i>brûlant.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLANT, ANTE</head>
    <p>
    Brûlant , Participe neutre. Qui brûle, qui est en feu, ou qui est extrêmement chaud. <i>Ardens, flagrans.</i> Un Palais <i>brûlant.</i> Une ville <i>brûlante</i> ; les climats <i>brûlants</i> sont les pays échauffés du soleil. Les déserts <i>brûlans</i> de l'Afrique. Voit. Ce malade est tout <i>brûlant,</i> il a une sorte fièvre. La chaleur étoit si violente par la réverbération des montagnes, &amp; par la nature du terrain tout couvert d'un sable aride &amp; <i>brûlant,</i> que l'on ne respiroit qu'un air embrasé. Port-R.</p><p>On le dit figurément de ce qui est échauffé de quelque passion. On peint les Chérubins, avec un visage enluminé, pour nous apprendre qu'ils sont tout <i>brûlans</i> de l'amour divin. Le coeur de l'homme est <i>brûlant</i> d'ambition, de desirs, &amp;c. De son zèle <i>brûlant</i> l'ardeur se rallentit. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6103" id="1" type="">
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    <head>BRÛLEMENT</head>
    <p>
    BRÛLEMENT , s. m. Action par laquelle on brûle. <i>Ustio, crematio.</i> Le <i>brûlement,</i> le viol, ont été défendus dans ces dernières guerres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6104" id="1" type="">
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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    BRÛLER , v. act. Réduire en cendre. <i>Urere, comburere, adurere. Brûler</i> du bois, <i>brûler</i> de la paille, <i>brûler</i> des pastilles. La plupart des Païens <i>brûloient</i> les corps morts, au lieu que les Chrétiens les enterrent. De temps immémorial les indiennes se <i>brûlent</i> dans le bûcher de leurs maris. Les premiers Romains ne <i>brûloient</i> point les corps morts ; ils les enterroient, comme Pline l'a remarqué, liv. 7. ch. 54. où il dit, que la coutume de les <i>brûler</i> ne fut introduite chez eux, que lorsqu'ils apprirent qu'on déterroit les corps de leurs gens qui étoient morts à la guerre dans les pays éloignés. Plutarque néanmoins, dans la vie de Numa, dit que Numa fut inhumé, parce qu'il avoit défendu expressement par son Testament de <i>brûler</i> son corps. Ce qui prouve que les Romains, dès ce temps-là, avoient accoutumé de <i>brûler</i> les corps. Cette coutume de <i>brûler</i> les corps pratiquée par les Grecs &amp; par les Romains, a été en horreur à quelques Nations. Hérodote rapporte que les Perses la détestoient, parce qu'ils croyoient que le feu étoit un Dieu. Les Egyptiens ne brûloient point aussi les corps morts, parce que selon eux, le feu étoit une bête inanimée ; ils estimoient qu'il n'étoit pas permis de donner les corps morts à dévorer à des bêtes. Macrobe, qui vivoit sur la fin du quatrième siècle, assure, Liv. VII. de ses Saturnales, que de son temps la coutume n'étoit plus à Rome de <i>brûler</i> les corps des morts. Cette coutume cessa chez les Romains sous l'Empire des Antonins.</p><p>Ce mot, selon Ménage &amp; Guyet, vient de <i>brusulare,</i> selon d'autres de <i>praeustulare</i> ; selon Du Cange de <i>bruscare,</i> mot de la basse Latinité, ou de l'Italien <i>brusciare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , se dit aussi en parlant de ce qui se consume pour chauffer, ou pour s'éclairer. On <i>brûle</i> tant de bois en cette maison. Les pauvres gens ne <i>brûlent</i> que des tourbes. Chez le Roi on ne <i>brûle</i> que de la cire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , signifie aussi l'action du feu qui se fait sentir par l'attouchement. Le fer chaud <i>brûle</i> plus dangereusement que le bois. Prenez garde de vous <i>brûler.</i> Regnier a dit,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , se dit hyperboliquement pour signifier, Echauffer beaucoup. Le soleil <i>brûle</i> les campagnes d'Afrique. Cela <i>brûle</i> le sang. Il a une fièvre qui <i>brûle.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , se dit aussi de l'action de plusieurs choses qui paroissent froides, &amp; ne point contenir de feu. Quans la vigne est en bourgeon, il vient une gelée, un vent froid qui la <i>brûle.</i> Il y a certain brouillard ou rouille qui <i>brûle</i> les blés. La neige <i>brûle</i> les souliers, à cause d'un certain acide ou salpêtre qui y est contenu. L'eau forte <i>brûle</i> le drap &amp; la peau. La chaux <i>brûle</i> les toiles. On dit ironiquement à un homme dont le manteau trempe dans l'eau, que son manteau <i>brûle.</i> On dit aussi, qu'un miroir ardent <i>brûle,</i> par les rayons qu'il ramasse ou qu'il réfléchit dans son foyer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , signifie aussi, Donner de l'amour ; auquel sens il est actif. <i>Incendere, inflammare, ad amorem incitare.</i> Il faut qu'après avoir <i>brûlé</i> tant de Castillanes il fasse fondre quelques Portugaises. Voit. Je prenois dans vos yeux le funeste aliment du feu qui me <i>brûloit.</i> S. Evr. On dit aussi, <i>Brûler</i> les yeux à quelqu'un ; pour dire, Faire une chose en sa présence qu'on sait bien lui devoir être désagréable, comme de cajoler sa femme. <i>Oculos incendere.</i> Cette métaphore est tirée de la Coutume des Princes Orientaux, qui aveuglent leurs cadets en leur mettant un fer chaud auprès des yeux.</p><p>On dit encore, <i>Brûler</i> de l'encens devant quelqu'un ; pour dire, L'idolatrer, l'adorer, le flatter démesurément. <i>Thus incendere.</i> Plusieurs Saints ont été martyrisés, parce qu'ils n'ont pas voulu <i>brûler</i> de l'encens devant les faux Dieux.</p><p>On dit adverbialement, Tirer un homme à <i>brûle</i> pourpoint ; pour dire, le tirer de si près qu'on ne le puisse manquer. <i>Proximè catapultam admovere.</i></p><p>On dit aussi dans un sens figuré, qu'un argument est à <i>brûle</i> pourpoint, quand il est si convaincant, qu'on n'y peut répondre. <i>Argumentum evidens, clarum, firmissimum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , signifie aussi passer par un lieu, ou auprès d'un lieu, sans s'y arrêter : <i>brûler</i> un cabaret en voyage, c'est le passer sans s'y arrêter. Quelques-uns le disent des soldats, lorsque passant par quelque endroit, au lieu de s'y arrêter, comme il leur est marqué, ils se font donner en argent ce qu'on leur devoit fournir en vivres, &amp; en fourrages. La discipline que le Roi a mise dans ses troupes ne permet plus ce désordre. On dit aussi <i>brûler</i> une poste, quand sur les mêmes chevaux on passe le lieu de la poste ordinaire marqué sur la route, pour ne les changer qu'à un autre lieu de poste.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , en termes de Science hermétique , veut dire cuire la matière, la calciner, sublimer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , v. n. Etre en feu, être embrasé. <i>Ardere, Flagrare.</i> Voilà une maison qui <i>brûle.</i> On voyoit de loin la flamme des vaisseaux qui <i>brûloient.</i> Le Temple de Diane <i>brûla</i> la même nuit qu'Alexandre vint au monde. Les damnés <i>brûleront</i> éternellement dans l'Enfer ; mais ils ne seront point consumés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , figurément signifie, Etre agité d'une violente passion d'amour, d'ambition, de desir, d'impatience. Il est neutre en ce sens. On peut <i>brûler</i> d'un chaste amour. S. Paul dit qu'il vaut mieux se marier que <i>brûler.</i> On a dit du Baron de Feneste, qu'il <i>brûloit</i> d'ambition. On dit aussi <i>brûler</i> d'avarice, de colère, de haine. De la même ardeur que je <i>brûle</i> pour elle, elle <i>brûle</i> pour moi. Malh. J'aime à <i>brûler</i> d'une si belle flamme. Voit. Vous <i>brûlez</i> d'une soif qu'on ne peut assouvir. Boil. La plupart des gent <i>brûlent</i> ardemment pour ce qu'ils souhaitent, &amp; se lassent bientôt de ce qu'ils possèdent. Il y a des personnes louables qui semblent nées pour le bien général du monde, &amp; qui ne <i>brûlent</i> que du desir de rendre les autres <pb n="753" facs="bpt6k8542165/f793/full/1200,/0/native.jpg"/>heureux. Vill. On est bien-tôt las de <i>brûler</i> pour ceux qui ne sont pas en état de <i>brûler</i> pour nous.</p><p><i>Or vous donc, qui</i> brûlant <i>d'une ardeur périlleuse,</i></p><p><i>Courez du bel esprit la carrière épineuse.</i> Boil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûler , se dit proverbialement en plusieurs phrases. Graissez les bottes d'un vilain, il dira qu'on les lui <i>brûle</i> ; pour dire, qu'il y a des gens qui ne connoissent pas les bons offices qu'on leur rend. On dit aussi, qu'un homme <i>brûle</i> sa chandelle par les deux bouts ; pour dire, qu'il fait des dépenses de plusieurs sortes qui le ruineront bientôt. On dit aussi, qu'il s'est venu <i>brûler</i> à la chandelle, quand il est sorti d'un lieu où il étoit en sureté, pour se venir faire prendre en un autre. On dit que la chandelle se <i>brûle,</i> quand on avertit un homme de doubler le pas pour arriver de jour au gîte. On dit aussi, que le rôt se <i>brûle,</i> pour avertir quelqu'un d'achever vîtement une affaire, pour songer à une autre plus importante qui cependant dépérit. On dit aussi entre joueurs, que le tapis <i>brûle,</i> pour exciter quelqu'un à l'<i>arroser</i> ; c'est-à-dire, à mettre au jeu. On dit, Je viendrai à bout de cette affaire, où j'y <i>brûlerai</i> mes livres ; pour dire, Je la veux poursuivre avec la dernière opiniâtreté. On dit, qu'un homme <i>brûle</i> à petit feu, quand il languit après quelque chose importante qu'on lui a fait espérer, &amp; qui ne vient point. On dit en badinant, qu'un homme <i>brûle</i> le jour, lorsqu'il fait amende honorable, la torche au poing.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6104" id="12" type="">
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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûlé, ée , part. &amp; adj. <i>Ustus, exustus, adustus, combustus.</i> On dit de l'eau de vie <i>brûlée,</i> du vin <i>brûlé,</i> quand on y a mis le feu avec un papier allumé. Du pain <i>brûlé,</i> de la viande <i>brûlée,</i> quand ils sont trop cuits.</p><p>On dit aussi au subst. Qu'on sent le <i>brûlé,</i> quand on sent l'odeur de quelque chose qui brûle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6104" id="13" type="astrologie judiciaire">
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    <head>BRÛLER</head>
    <p>
    Brûlé . Terme d'Astrologie judiciaire : Qui n'est pas plus éloigné du Soleil que de la moitié de l'orbe de sa lumière ; ensorte que Mars, par exemple, sera <i>brûlé</i> toutes les fois qu'il ne sera pas éloigné du Soleil de plus de six degrés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6105" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÛLEUR" />
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    <head>BRÛLEUR</head>
    <p>
    BRÛLEUR , s. m. Ce mot ne se dit jamais seul. Il signifie, celui qui brûle, un incendiaire. <i>Ustor, incendiarius, incensor.</i> Cet homme a un chapeau qui baisse les bords, il marche en <i>brûleur</i> de maisons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6106" id="1" type="marine">
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    <head>BRÛLOT</head>
    <p>
    BRÛLOT , s. m. Terme de Marine . C'est un vieux vaisseau qu'on emplit de feux d'artifice, de matières combustibles, &amp; qu'on attache à de grands vaisseaux ennemis pour les brûler. <i>Navis incendiaria.</i> On l'appelle en quelques lieux <i>navire sorcier.</i> Un Capitaine de <i>brûlot</i> est pendu quand il se laisse prendre. On peut comparer certains Avanturiers de parti, aux <i>brûlots</i> qu'on ne se met guère en peine de perdre, pourvû qu'on fasse sauter un gros vaisseau ennemi. P. Dan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6106" id="2" type="">
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    <head>BRÛLOT</head>
    <p>
    Brûlot , est aussi une certaine machine dont les Anciens se servoient pour lancer des dards, à laquelle étoit attachée une matière combustible, qu'on allumoit lorsqu'on les vouloit darder. <i>Catapulta incendiaria.</i> Perrault. Vit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6106" id="3" type="">
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    <head>BRÛLOT</head>
    <p>
    Brûlot , se dit figurément &amp; burlesquement d'un morceau de pain, de viande, ou d'autre chose, où on a enfermé bien du sel &amp; du poivre, qui brûle le gosier de celui à qui on le donne à manger. <i>Buccea incendiaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6107" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRÛLURE" />
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    <head>BRÛLURE</head>
    <p>
    BRÛLURE , s. f. Solution de la continuité des parties causée par l'impression du feu : marque qui reste sur une chose brûlée. <i>Adustio.</i> Il lui est resté sur la joue des marques de sa <i>brûlure.</i> Les Charlatans vendent de l'onguent pour la <i>brûlure.</i> La <i>brûlure</i> est légère lorsqu'il s'élève seulement sur la peau quelques pustules, avec rougeur &amp; séparation de l'épiderme d'avec la véritable peau. Le second degré de <i>brûlure</i> est lorsque la peau est brûlée, desséchée &amp; retirée, sans qu'il y ait pourtant de croûte ou d'esquarre. Le troisième degré est lorsque la chair, les veines des nerfs, &amp;c. se retirent, &amp; font une esquarre. Degori. Amatus Lusitanus dit qu'un bon remède pour la <i>brûlure,</i> est un onguent fait de cendre de feuilles de laurier brûlées avec de la graisse de porc qu'on fait dégoutter dessus. Le même Médecin dit encore que c'est un bon remède que de frotter la partie brûlée avec de l'onguent <i>populeum,</i> &amp; de mettre des feuilles de vigne dessus. Panarole dit que la boue étant mise sur la <i>brûlure</i> aussi-tôt qu'elle est faire, adoucit fort la douleur. On dit qu'en Hollande les brasseurs de bière se servent de décoction de lierre, pour se guérir de la <i>brûlure.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6108" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUMA" />
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    <head>BRUMA</head>
    <p>
    BRUMA . Voyez <ref type="search" target="head:BRAMA">BRAMA</ref>. C'est le même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6109" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUMAL, ALE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>BRUMAL, ALE</head>
    <p>
    BRUMAL, ALE , adj. <i>Brumalis.</i> On appelle en Astrologie <i>solstice brumal,</i> le solstice d'hiver qui arrive dans le Capricorne. Il y a aussi des plantes que les Jardiniers appellent <i>brumales,</i> à cause qu'elles viennent dans l'hiver.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6110" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUMALES" />
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    <head>BRUMALES</head>
    <p>
    BRUMALES . <i>Brumalia.</i> Ce mot se trouve dans le Calendrier Romain, traduit par M. Blondel ; c'est le nom que l'on donnoit chez les Romains à une fête de Bacchus. Les <i>Brumales</i> duroient trente jours. Les <i>Brumales commençoient</i> le vingt-quatrième jour de Novembre, &amp; finissoient le vingt-cinquième jour de Décembre. Les <i>Brumales</i> furent instituées par Romulus, qui avoit coutume durant ce temps-là de donner à manger au Sénat. L'Empereur Constantin Copronyme célébroit la fête païenne des <i>Brumales</i> en l'honneur de Bacchus, &amp; assis dans une galerie avec ses courtisans, jouoit de la lyre, &amp; faisoit des libations profanes. Fleury.</p><p>Le nom de <i>Brumales</i> vient de <i>bruma,</i> qui veut dire hiver, parce que cette fête tomboit au commencement de l'hiver : d'autres dérivent le nom de <i>Brumales</i> de <i>Brumus,</i> ou <i>Bromius,</i> qui sont des noms qu'on donnoit à Bacchus, en l'honneur de qui on célébroit les <i>Brumales.</i> Voyez le Calendrier des anciens Romains, Coelius Rhodiginus, Rofinus, Lilius Gyraldus, &amp;c. La fête des <i>Brumales</i> fut abolie par le VIe. Concile, appellé <i>in Trullo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6111" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BRUME" />
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    <head>BRUME</head>
    <p>
    BRUME , s. f. Terme de Marine . C'est ainsi qu'on nomme les brouillards de mer : &amp; on appelle un temps <i>embrumé,</i> quand l'air est couvert de brouillards. <i>Nebula.</i> On dit sur la mer que dans la <i>brume</i> tout le monde est matelot ; parce que dans le temps d'un <i>brouillard</i> épais chacun dit son sentiment pour la route.</p><p>Ce mot vient du Grec . <i>Bruma</i> est le plus court jour de l'année. Jos. Scaliger dit que ce mot vient de <i>Bromius Bacchus,</i> dont les sacrifices se faisoient environ le solstice d'hiver.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6112" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUN, UNE" />
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    <head>BRUN, UNE</head>
    <p>
    BRUN, UNE , adj. &amp; subst. Qui est de couleur sombre &amp; obscure. <i>Fuscus, subniger.</i> Du drap <i>brun, gris-brun, rouge-brun, verd-brun.</i></p><p>Ce mot vient du Flamand <i>bruin</i>, ou de l'Allemand <i>braun,</i> qui signifient la même chose. Mén. Octavius Ferrarius dit qu'on a donné le nom à cette couleur, à cause qu'elle approche de celle des prunes, ou de la couleur des armes bruines, dont on croit qu'on a fait aussi <i>bronse</i> &amp; <i>bronser,</i> à cause que les Italiens disent <i>abronzare</i> ; pour dire, <i>enduire d'une couleur brune.</i> Quelques-uns croient que c'est un vieux mot François, à cause de <i>Brunehaut,</i> qui signifioit une <i>Dame brune.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6112" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRUN, UNE" />
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    <head>BRUN, UNE</head>
    <p>
    Brun , se dit aussi des personnes qui ont le poil noir, ou qui n'ont pas la peau extrêmement blanche. Un beau <i>brun,</i> une belle <i>brune.</i> Les goûts sont différens ; l'un aime la blonde, &amp; l'autre la <i>brune</i> : &amp; l'on dit des inconstans, que tout leur est bon, qu'ils courent après la blonde &amp; la <i>brune.</i> Anne de Boulen étoit <i>brune</i> &amp; de belle taille. Maucroix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6112" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRUN, UNE" />
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    <head>BRUN, UNE</head>
    <p>
    Brun, Brune , adj. se dit aussi figurément, mais dans le style bas &amp; comique, pour sombre, mélancolique. <i>Obscurus, tetricus.</i> Cet homme est d'une humeur bien <i>brune.</i></p><p>On dit aussi que le temps est <i>brun,</i> qu'il fait <i>brun</i> : ou absolument on dit <i>la brune,</i> quand il approche de la nuit. <i>Obsucrus.</i></p><p>On appelle un <i>clair-brun,</i> celui qui a les cheveux entre le blond &amp; le noir foncé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6112" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRUN, UNE" />
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    <head>BRUN, UNE</head>
    <p>
    Bai-Brun , se dit des chevaux qui sont de couleur de châtaigne, mais fort obscure. <i>Badius.</i> Le Soudiacre Bonitus, dans la vie de S. Théodore, qu'il écrivoit ou qu'il augmentoit il y a plus de 600 ans, dit qu'en Latin on appelle <i>Brunus,</i> une espèce de cheval que les Grecs appellent <pb n="754" facs="bpt6k8542165/f794/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Dardanus</i> ; c'est-à-dire, un cheval <i>brun,</i> ou, comme il parle, d'un blanc obscur. <i>Equum quem albus ac perobscurus color exornat</i> ; où Bollandus remarque que <i>brunus</i> s'est dit en effet pour <i>fuscus,</i> dans les Auteurs du moyen âge ; mais que ce mot n'est point Latin, non plus que <i>Dardanus</i> n'est point Grec dans ce sens. <i>Act. Sanct. Febr. T. II. p.</i> 33.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6112" id="5" type="">
   <index type="head" value="BRUN, UNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Beaux-arts" />
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    <head>BRUN, UNE</head>
    <p>
    Brun-rouge . Quelques-uns appellent ainsi un ocre rouge d'une couleur foncée, dont on se sert dans la peinture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6112" id="6" type="">
   <index type="head" value="BRUN, UNE" />
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    <head>BRUN, UNE</head>
    <p>
    Brun , s. m. Nom propre d'homme. <i>Brunus.</i> S. <i>Brun,</i> Archevêque &amp; Apôtre de Prusse, où il fut décolé avec 18 autres Missionnaires, est nommé <i>Brunus,</i> &amp; non <i>Bruno,</i> en tous les manuscrits de sa vie écrite par Ditmar, Evêque de Mersbourg, qui avoit étudié avec lui. Chast. Cependant on dit aussi quelquefois <i>Brun</i> en François pour Bruno, ou Brunon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6112" id="7" type="">
   <index type="head" value="BRUN, UNE" />
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    <head>BRUN, UNE</head>
    <p>
    Brune , s. f. On appelle ainsi le temps du soir, lorsque la nuit approche ; le temps qui est entre le coucher du soleil &amp; la nuit. <i>Vesper, vesperus, vespera, vespertinum tempus.</i> Sur la <i>brune</i> ; c'est-à-dire, au temps, ou vers le temps qu'on appelle <i>brune.</i> Cet homme craint les Sergens, il n'ose sortir que sur la <i>brune.</i> Cette façon de parler vieillit. Il fait <i>brun,</i> la nuit approche. Sur la mer on dit, le <i>brun</i> de la nuit ; pour dire, l'obscurité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6113" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNE" />
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    <head>BRUNE</head>
    <p>
    BRUNE , s. f. Fille de l'Hôpital Général. On appelle les filles de l'Hôpital Général les <i>Brunes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6114" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNDUZE" />
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    <head>BRUNDUZE</head>
    <p>
    BRUNDUZE , ou BRUNDUSE. Voyez <ref type="search" target="head:BRINDE">BRINDE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6115" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNECHILDE" />
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    <head>BRUNECHILDE</head>
    <p>
    BRUNECHILDE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:BRUNEHAUD">BRUNEHAUD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6116" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNEHAUD" />
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    <head>BRUNEHAUD</head>
    <p>
    BRUNEHAUD , s. f. Nom propre de femme. <i>Brunechildis.</i> Ce mot s'est formé du Latin. <i>Brunechildis</i> est la même chose que <i>Brunehildis</i> ; car ç'a été la coutume d'écrire <i>ch,</i> au lieu d'<i>h</i> simplement, <i>michi,</i> pour <i>mihi, nichil,</i> pour <i>nihil.</i> Outre cela une <i>l</i> avec la voyelle qui la précède, comme <i>al, el,</i> &amp;c. se change communément en <i>au,</i> ainsi <i>childis</i> a dû se changer naturellement en <i>haud,</i> la terminaison Latine <i>is,</i> étant retranchée. <i>Brunehaud,</i> fille d'Athanagil, Roi des Visigoths établis en Espagne, épousa Sigebert I. Roi d'Austrasie. Fredégonde fut avec <i>Brunehaud</i> la furie de la Maison Royale de France. God.</p><p>Je trouve aussi <i>Brunecheul</i> dans quelques vieux Auteurs. Meronet fils de Chilperic étant allé à Rouen pour la délivrance de ladite Royne <i>Brunecheul,</i> se trouva tellement épris de sa beauté, qu'il ne cessa qu'elle ne lui eut accordé mariage. Parad. <i>Ann. de Bourg. p.</i> 58. Il dit <i>Brunecheul</i> &amp; <i>Brunechaud</i> dans son <i>Hist. de Lyon,</i> Liv. II. c. 14 <i>Brunecheul</i> fonda l'Abbaye d'Aisnay. L'on écrit qu'elle donna tant de biens à cette Abbaye, qu'il s'y nourrissoit ordinairement 300 Religieux, de manière qu'on l'appelloit l'Ordre de <i>Brunehaud.</i> D'ailleurs elle fit des levées pour la réparation des chemins en Bourgogne, dont on trouve encore en quelques lieux des vestiges, qu'on nomme les levées de <i>Brunehaud.</i> Ces deux noms donnés aux Religieux d'Aisnai &amp; à ces levées, montrent que l'usage est depuis très-long-temps de dire <i>Brunehaud. Brunehaud</i> signifie Dame Brune. Voyez <ref type="search" target="head:BRUN">BRUN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6117" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BRUNELLE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BRUNELLE</head>
    <p>
    BRUNELLE , s. f. Terme de Botanique . <i>Brunella.</i> Plante qui a pris son nom d'une maladie de la gorge, pour la guérison de laquelle on s'est servi de cette plante avec succès. Sa racine est menue, fibreuse, &amp; s'étend obliquement en terre ; elle donne quelques tiges de neuf à dix pouces de long, quarrées, velues, en partie appliquées contre terre, droites en partie, branchues, noueuses, &amp; garnies à chacun de ses noeuds de feuilles opposées, semblables à celles de l'Origan, mais d'un verd plus brun, un peu plus velues, &amp; dentelées sur leurs bords. Ses fleurs terminent les tiges &amp; les branches, &amp; sont ramassées en une tête allongée, écailleuse, cylindrique, disposée en manière d'épi. Chaque fleur est un tuyau lavé de pourpre, découpée par le haut en deux lèvres, dont la supérieure est en casque, &amp; l'inférieure est divisée en trois parties, la moyenne desquelles est creusée en cuilleron. Le calice de la fleur, qui est un cornet verdâtre long de quatre lignes, est divisé en deux lèvres, dont la supérieure est à trois pointes, &amp; l'inférieure à deux. Il renferme dans son fond quatre semences petites, ovales. Il y a plusieurs autres espèces de <i>Brunelle</i> qui diffèrent de celle-ci, qui est la plus commune, soit par leurs feuilles, soit par leur grandeur, ou couleur de leurs fleurs. La <i>Brunelle</i> est vulnéraire, fort vantée pour l'esquinancie &amp; les autres maladies de la gorge, &amp; pour celles du poumon.</p><p><i>Brunella</i> vient du mot Allemand <i>Die braune,</i> qui signifie certaines maladies de la gorge pour la guérison desquelles on se sert avec succès de la <i>brunelle</i> commune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6118" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNET, ETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUNET, ETTE</head>
    <p>
    BRUNET, ETTE , adj. &amp; s. Qui est un peu brun. <i>Subniger, subaquilus.</i> C'est un beau <i>brunet.</i> Il aime une petite <i>brunette.</i> On trouve dans un vieux Poëte :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6118" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRUNET, ETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>BRUNET, ETTE</head>
    <p>
    Brunet , étoit aussi autrefois une étoffe fine, de couleur presque noire, dont les gens de qualité s'habilloient. <i>Pannus subniger.</i> Et dont on a conservé la mémoire dans ce vieux proverbe,</p><p><i>Aussi-bien sont amourettes</i></p><p><i>Sous bureau, que sous</i> brunettes.</p><p>On appelle <i>Brunettes,</i> de petites chansons tendres &amp; faciles à chanter. Il y a des Recueils de <i>Brunettes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6119" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNIR" />
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    <head>BRUNIR</head>
    <p>
    BRUNIR , v. act. &amp; n. Rendre brun, devenir brun. <i>Obscurare, fuscare.</i> Il faut <i>brunir</i> davantage le fond de ce tableau. On mêle les couleurs vives avec les sombres pour les <i>brunir.</i> Ce garçon étoit fort blond autrefois, mais avec l'âge il a bien <i>bruni.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6119" id="2" type="chasse">
   <index type="head" value="BRUNIR" />
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   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BRUNIR</head>
    <p>
    Brunir , se dit aussi en termes de Chasse , lorsque les cerfs après avoir frayé, vont teindre leurs bois aux charbonnières, ou aux terres rougeâtres, afin de leur donner de la couleur. <i>Tingere.</i> Salnove dit la même chose des daims &amp; des chevreuils. Et selon lui <i>Brunir,</i> c'est quand le cerf, le daim ou le chevreuil, fait changer de couleur à sa tête, qui de blanche qu'elle étoit, après avoir ôté la peau velue qui la couvroit, la fait venir rouge, grise, ou de couleur brune, selon les terres où il la frotte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6119" id="3" type="relieur">
   <index type="head" value="BRUNIR" />
   <index type="src_domain" value="relieur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUNIR</head>
    <p>
    Brunir , est aussi un terme de Relieur . Il signifie, Eclaircir, polir la tête, la queue &amp; la tranche d'un livre, à force de frotter dessus avec la dent de chien. <i>Polire, expolire, Laevigare, laevare. Brunir</i> un livre sur tranche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6119" id="4" type="">
   <index type="head" value="BRUNIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUNIR</head>
    <p>
    Brunir , signifie aussi Polir ; on le dit de l'or &amp; de l'argent ; cela se fait avec la dent de loup, la dent de chien, ou la pierre sanguine, le tripoli, le bâton de bois blanc, &amp; la potée d'émeril. On dit de l'or <i>bruni,</i> de l'argent <i>bruni,</i> pour l'opposer à l'or &amp; à l'argent <i>mat</i> : c'est celui qu'on a extrêmement poli pour lui donner de l'éclat. <i>Aurum, argentum politum, laevatum, laevigatum.</i> Les bordures d'or <i>bruni</i> paroissent plus que les autres. Les Serruriers disent aussi, <i>Brunir</i> le fer, quand ils le polissent avec leurs brunissoires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6119" id="5" type="">
   <index type="head" value="BRUNIR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUNIR</head>
    <p>
    Bruni, ie , part. &amp; adj. <i>Politus, laevatus, laevigatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6120" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNICHILDE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUNICHILDE</head>
    <p>
    BRUNICHILDE . Voyez <ref type="search" target="head:BRUNEHAUD">BRUNEHAUD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6121" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNISSAGE" />
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    <head>BRUNISSAGE</head>
    <p>
    BRUNISSAGE , s. m. Ouvrage de Brunisseur. <i>Politura.</i> Il faut tant pour le <i>brunissage</i> de la vaisselle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6122" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNISSEUR" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BRUNISSEUR</head>
    <p>
    BRUNISSEUR , s. m. Artisan qui brunit la vaisselle d'argent. <i>Politor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6123" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNISSOIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>BRUNISSOIR</head>
    <p>
    BRUNISSOIR , s. m. Fer rond &amp; poli, qui sert à polir, à brunir, à rendre éclatans les métaux, l'or, l'argent &amp; le fer. <i>Ferrum metallis poliendis comparatum.</i> On passe le <i>brunissoir</i> tant pour souder l'argent que pour le <i>brunir.</i> Boiz. Il sert aux Graveurs d'un côté à brunir &amp; polir, de l'autre à racler. Il y a aussi des <i>brunissoirs</i> qui ont un bout garni de sanguine. Les Serruriers ont aussi des <i>brunissoirs</i> pour polir le fer. Les uns sont droits, les autres crochus, pour polir les anneaux des clefs ; il y en a d'autres qui sont demi-ronds, pour étamer avec l'étain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6124" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BRUNISSURE" />
   <index type="src_domain" value="chasse" />
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    <head>BRUNISSURE</head>
    <p>
    BRUNISSURE , s. f. Terme de Chasse , qui se dit de la polissure des têtes de cerfs, des daims, de chevreuils. <i>Cervini cornu nitor, laevor.</i> Les Artisans appellent aussi <i>brunissure,</i> le bruni de leurs ouvrages ; mais ce mot n'est pas du bel usage en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6125" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNO, BRUNON" />
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    <head>BRUNO, BRUNON</head>
    <p>
    BRUNO, BRUNON , s. m. Nom propre d'homme. <i>Bruno.</i> Ce mot peut passer pour irrégulier dans notre langue ; car l'usage est que les noms qui en Latin se terminent en <i>o,</i> se terminent en François en <i>on,</i> comme Caton, Varron, <pb n="755" facs="bpt6k8542165/f795/full/1200,/0/native.jpg"/>Cicéron, Corbulon, Strabon, Labeon, Othon, Parménion, Didon. C'est la remarque de M. de Vaugelas, p. 72. de l'Edit. <i>in</i>-4°. Néanmoins dans ce nom-ci on dit plus souvent <i>Bruno</i> que <i>Brunon. Bruno</i> ou <i>Brunon,</i> frère de Witikind, Roi des Saxons. <i>Bruno,</i> ou <i>Brunon,</i> Bénédictin de l'onzième siècle, Auteur de l'Histoire de la guerre que l'Empereur Henri IV. fit à Magnus &amp; Herman, Ducs de Saxe. S. <i>Bruno,</i> ou S. <i>Brunon,</i> Evêque de Ségni. <i>Brunon,</i> Evêque d'Angers ; on dit aussi quelquefois <i>Brun</i> pour <i>Brunon. Bruno</i> &amp; non pas <i>Brunon,</i> surnommé le Grand, Archevêque de Cologne, &amp; Duc de Lorraine, fils d'Henri l'Oiseleur. S. <i>Bruno</i> ou <i>Brunon,</i> Evêque &amp; Apôtre de la Prusse. <i>Bruno,</i> ou <i>Brunon</i> de Wirtzbourg, <i>Herbipolensis</i> ; mais il faut toujours dire S. <i>Bruno</i> fondateur de l'Ordre des Chartreux, &amp; non pas S. <i>Brunon.</i> Il y a dans les <i>Mélanges d'Histoire &amp; de Littérature</i> du prétendu Sr de Vigneul-Marville, T. II. p. 175. &amp; suiv. une espèce de dissertation pour montrer que l'histoire du Chanoine que l'on prétend avoir été l'occasion de la conversion de S. <i>Bruno</i> est apocryphe, parce que tous les Auteurs contemporains de S. <i>Bruno,</i> ou les plus anciens &amp; les plus voisins de son temps n'en disent mot. Le S. <i>Bruno</i> gravé par Melan, est le véritable portrait de Christophle Du Puy. Vign. Mar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6126" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUNSWICK" />
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    <head>BRUNSWICK</head>
    <p>
    BRUNSWICK , s. m. Ville d'Allemagne, l'une des plus considérables de la Basse-Saxe, Capitale du Duché de Brunswick. <i>Brunsviga, Brunsvicum, Brunopolis, Brunonisvicus.</i> On croit que <i>Brunswick</i> a pris son nom de Bruno, fils d'Adolphe Duc de Saxe, qui la répara vers l'an 868. Maty. Quelques Auteurs croient que c'est le <i>Tubi Surgium</i> de Ptolomée. Elle est divisée en cinq quartiers, qui l'ont fait appeller par quelques Auteurs <i>Pentapolis,</i> Cinq villes. Elle est, selon Hoffman, au 32e degré 40. min. de longitude, &amp; au 52e degré 40 minutes de latitude. <i>Brunswick</i> a été ville hanséatique. Maty. C'est une des premières villes d'Allemagne qui ait reçu l'hérésie de Luther. Bugenhag l'y porta en 1522. &amp; Chemnitius l'y prêcha 30 ans durant, &amp; y mourut en 1586. M. Leibnits imprima en 1707 à Hanovre, en trois volumes <i>in-fol.</i> un Recueil des Historiens de <i>Brunswick.</i> Voyez aussi Imhoff. <i>Not. Imp. Proc. Lib. IV. C.</i> 4. Le Duché de <i>Brunswick, Brunswicensis Ducatus,</i> est une Province du Cercle de la Basse-Saxe en Allemagne, bornée au Nord par le Duché de Lunebourg, au Couchant par le Cercle de Westphalie, au Midi par la Hesse, &amp; le petit pays d'Eichfelt, au Levant par la Turinge, les Principautés d'Anhalt &amp; d'Halberstat, &amp; le Duché de Magdebourg. Le Duché de <i>Brunswick</i> se divise en trois Principautés ; Wolfenbutel, qui a ses Ducs particuliers ; Grubenhagen, &amp; Calemberg, qui appartiennent au Duc d'Hanover.</p><p>La Maison de <i>Brunswick</i> vient d'Azo d'Est, Marquis de Toscane, qui passa en Allemagne dans l'onzième siècle avec l'Empereur Conrad II. &amp; épousa Cunegonde fille unique de Guelphe III.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6127" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BRUSC" />
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    <head>BRUSC</head>
    <p>
    BRUSC , s. m. Terme de Botanique . C'est une espèce de Houx-frélon. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6128" id="1" type="">
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    <head>BRUSLABLE</head>
    <p>
    BRUSLABLE . Voyez <ref type="search" target="head:BRÛLABLE">BRÛLABLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6129" id="1" type="">
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    <head>BRUSLANT</head>
    <p>
    BRUSLANT . Voyez <ref type="search" target="head:BRÛLANT">BRÛLANT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUSLEMENT</head>
    <p>
    BRUSLEMENT . Voyez <ref type="search" target="head:BRÛLEMENT">BRÛLEMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUSLER</head>
    <p>
    BRUSLER . Voyez <ref type="search" target="head:BRÛLER">BRÛLER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6132" id="1" type="">
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    <head>BRUSLEUR</head>
    <p>
    BRUSLEUR . Voyez <ref type="search" target="head:BRÛLEUR">BRÛLEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6133" id="1" type="">
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    <head>BRUSLOT</head>
    <p>
    BRUSLOT . Voyez <ref type="search" target="head:BRÛLOT">BRÛLOT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6134" id="1" type="">
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    <head>BRUSLURE</head>
    <p>
    BRUSLURE . Voyez <ref type="search" target="head:BRÛLURE">BRÛLURE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6135" id="1" type="">
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    <head>BRUSQUE</head>
    <p>
    BRUSQUE , adj. m. &amp; f. Qui est d'un tempérament vif, qui parle &amp; qui agit avec promptitude. <i>Acer &amp; praeceps.</i> Il ne fait pas bon attaquer cet homme là, il a la repartie promte &amp; <i>brusque.</i> Le génie François <i>brusque</i> &amp; impétueux, aime le changement. La conduite de la nature n'est pas <i>brusque,</i> &amp; sa méthode est d'amener tout par degrés presqu'insensibles. Fonten. L'air galand panche plus vers la douceur &amp; l'enjouement, que vers le <i>brusque</i> &amp; le sérieux. M. Scud. Il y a des gens naturellement <i>brusques ;</i> le ton de leur voix a je ne sai quoi de sauvage, &amp; il semble qu'ils vont toujours dire des injures aux gens. Bell. Dans vos <i>brusques</i> chagrins je ne puis vous comprendre. Mol. On dit aussi du vin <i>brusque,</i> qui est âpre &amp; piquant.</p><p>Ce mot vient de l'Italien ou de l'Espagnol <i>brusco</i>, qui signifie <i>acre, promt, colère.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6136" id="1" type="">
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    <head>BRUSQUEMENT</head>
    <p>
    BRUSQUEMENT , adv. D'une manière brusque. <i>Praecipiti impetu.</i> Il est parti <i>brusquement</i> &amp; sans dire adieu. Ce Général a donné <i>brusquement</i> sur les ennemis. Ce combat donné <i>brusquement,</i> &amp; à la hâte, seroit plus long à raconter, qu'il n'a été à terminer. Bou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6137" id="1" type="">
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    <head>BRUSQUER</head>
    <p>
    BRUSQUER , v. act. Faire une insulte de paroles à quelqu'un ; lui répondre d'une manière brusque, offensante, ou peu civile. <i>Durè, acerbè aliquem excipere, habere, tractare.</i> Cet homme est si violent, qu'il <i>brusque</i> ceux qui ont affaire à lui. Le mot est vif, &amp; marque bien quelque chose de précipité &amp; de rude. Savoir le monde, c'est être toujours égal ; c'est ne <i>brusquer,</i> &amp; ne chagriner jamais personne. Ce Critique inflexible est si peu maître de son dépit, qu'il pousse son chagrin jusqu'à <i>brusquer</i> ceux qui rendent justice au mérite des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6138" id="1" type="">
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    <head>BRUSQUERIE</head>
    <p>
    BRUSQUERIE , s. f. Action promte &amp; inconsidérée. <i>Praeceps naturae, animi impetus.</i> Il faut excuser les paroles offensantes, quand on ne les dit que par <i>brusquerie</i> &amp; par promtitude.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6139" id="1" type="">
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    <head>BRUT, UTE</head>
    <p>
    BRUT, UTE , adjectif. Apre, raboteux, se dit en particulier d'une pierre qui vient de la carrière, ou de la mine ; qui n'est ni polie, ni taillée, ni dégrossie. <i>Asper, scaber, impolitus.</i> Les diamans <i>bruts</i> se trouvent dans des sables, ou dans des fentes des rochers de Golconda. Tavernier. Une émeraude <i>brute</i> est peu estimée, à cause du risque qu'il y a de la casser en la taillant. On dit aussi, Une maçonnerie de pierres <i>brutes</i> ; pour dire, qui ne sont point taillées. On appelle aussi du sucre <i>brut,</i> celui qui n'est pas affiné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6139" id="2" type="">
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    <head>BRUT, UTE</head>
    <p>
    Brut , se dit aussi figurément d'un Ouvrage qui est en brouillon ; qu'on n'a pas eu le loisir de limer &amp; de polir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6140" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUTAL, ALE" />
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    <head>BRUTAL, ALE</head>
    <p>
    BRUTAL, ALE , adj. &amp; s. Celui qui a des appétits déréglés, qui vit en bête, ou qui n'a point d'esprit &amp; de conduite ; qui a des sentimens <i>brutaux</i> ; qui est féroce, farouche, rustre, impertinent. <i>Ferinus, belluinus, ferus, stolidus, stupidus, ferox.</i> Ce repos <i>brutal</i> contre la crainte de l'enfer, semble si beau, que ceux qui sont dans ce doute malheureux, s'en glorifient. Pasc. Les soldats pour la plupart sont de vrais <i>brutaux.</i> Un débauché n'a que des appétits <i>brutaux.</i> Un franc <i>brutal</i> contestant comme un Diable. Scar. Il n'y a point d'homme si <i>brutal,</i> ou si sauvage, qui ne voie avec plaisir son nom immortalisé. Pat. Je ne suis pas surpris de la vaillance d'un <i>brutal,</i> qui ne sait ce que c'est d'être vivant ou mort. Le Ch. de Mer. Ces esprits <i>brutaux</i> étoient rendus plus farouches par la guerre, &amp; par le désespoir du pardon. Vaug. Il va aussi à la dissolution &amp; à la corruption des moeurs. La licence effrénée de ces <i>brutaux</i> avoit rendu le nom des Macédoniens odieux. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUTAL, ALE</head>
    <p>
    Brutal , se dit aussi d'un homme qui ne sait pas vivre, qui ne ménage personne, qui rompt en visière aux gens, &amp; qui brusque tout le monde. La fortune avec toute sa puissance, ne pourra jamais apprivoiser un <i>brutal,</i> &amp; polir la rudesse de ses moeurs. Balz. On dit, Il m'a fait une réponse fort <i>brutale</i> ; c'est-à-dire, fort incivile, fort malhonnête. <i>Brutal</i> emporte plus que <i>grossier,</i> &amp; y ajoûte quelque chose de dur &amp; de choquant. Bouh. La valeur naturelle est <i>brutale.</i> M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUTALEMENT</head>
    <p>
    BRUTALEMENT , adv. D'une manière brutale. <i>Ferino more, ferociter.</i> Un luxurieux vit <i>brutalement.</i> Un Corsaire traite <i>brutalement</i> ses esclaves. On croit l'enfer, &amp; cependant on va <i>brutalement</i> à la mort, comme s'il n'y avoit plus rien après elle. Nic.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUTALISER</head>
    <p>
    BRUTALISER , v. n. C'est un mot qui a été inventé pour le mettre dans la bouche d'une précieuse. Il signifie, Prendre des plaisirs sensuels, des plaisirs qu'une précieuse voudroit qu'on laissât prendre aux seules bêtes. <i>Belluinas sectari delicias.</i> Le moyen de penser au mariage, puisqu'on y passe toute sa vie à <i>brutaliser</i> avec un homme.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUTALISER</head>
    <p>
    Brutaliser , verbe actif. Traiter quelqu'un durement, incivilement. <i>Durè, acerbè, ferociter aliquem excipere.</i> <pb n="756" facs="bpt6k8542165/f796/full/1200,/0/native.jpg"/>L'usage du monde poli apprend à ne <i>brutaliser</i> personne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6143" id="1" type="">
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    <head>BRUTALITÉ</head>
    <p>
    BRUTALITÉ , s. f. Action d'un brutal. Les soldats commettent de grandes <i>brutalités</i> quand on leur abandonne une Ville au pillage. <i>Actio digna pecude.</i> Cet ivrogne a dit cent <i>brutalités.</i> Cet homme s'est reconnu après avoir assouvi sa <i>brutalité.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BRUTALITÉ</head>
    <p>
    Brutalité , signifie encore, Groffièreté, dureté. <i>Stupiditas, stupor.</i> La rusticité, la grossièreté &amp; la <i>brutalité,</i> peuvent être les vices d'un homme d'esprit. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6144" id="1" type="">
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    <head>BRUTAMARMA</head>
    <p>
    BRUTAMARMA , s. f. Sorte de poire nommée autrement, Tibivilliers. La Quint. T. I. p. 385. C'est une poire de Mars &amp; d'Avril. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6145" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUTE" />
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    <head>BRUTE</head>
    <p>
    BRUTE , s. f. &amp; adj. Bête à quatre pieds qui se nourrit en broutant de l'herbe. <i>Brutum animal.</i> L'homme n'est distingué des <i>brutes</i> que par la raison. On dit aussi, une bête <i>brute</i> ; &amp; figurément d'un homme sans esprit, que c'est une bête <i>brute.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6145" id="2" type="">
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    <head>BRUTE</head>
    <p>
    Brute . Se souffre quelquefois en vers pour <i>Brutus,</i> nom propre d'homme,</p><p>Mais il ne faut jamais le dire en prose ; ce n'est point l'usage. On dit toujours Brutus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6146" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUTE-BONNE" />
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    <head>BRUTE-BONNE</head>
    <p>
    BRUTE-BONNE , subst. fém. Sorte de poire que la Quintinie nomme ainsi, P. III. Tom. I. pag. 350. C'est une poire de vers la mi-Août, qui s'appelle autrement Poire du Pape. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6147" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUTIEN, ENNE" />
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    <head>BRUTIEN, ENNE</head>
    <p>
    BRUTIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom d'un ancien peuple d'Italie. <i>Brutius.</i> Les <i>Brutiens</i> occupoient la partie de l'Italie qui étoit entre la Lucanie &amp; le détroit de Sicile, ayant à l'Orient la mer de Tarente, &amp; celle de Toscane à l'Occident. C'est la pointe de l'Italie où est aujourd'hui la Calabre citérieure &amp; l'ultérieure.</p><p>On prétend que ce furent originairement des Pasteurs ou bergers des Lucaniens, qui secouerent le joug, &amp; se délivrant de la servitude établirent ce peuple, &amp; qu'on les appella <i>Brutii</i> cause de leur grossièreté, de <i>brutus,</i> brute, stupide. Aulu-Gelle, L. X. C. 3. dit que les <i>Brutiens</i> ayant été les premiers de l'Italie à se révolter pour Hannibal, les Romains dans la suite ne les voulurent plus enrôler pour soldats, ni les tenir pour alliés, mais qu'ils en firent les Ministres des Magistrats qui alloient dans les Provinces, les appellant <i>Brutianiens,</i> comme on le voit dans Caton. Voyez Vigenère sur Tite-Live, p. 1758.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6148" id="1" type="">
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    <head>BRUTIER</head>
    <p>
    BRUTIER , s. m. Oiseau de proie. <i>Ales praedator.</i> On dit proverbialement, que d'un <i>brutier</i> on ne sauroit faire un éprevier ; pour dire, qu'on ne sauroit rendre honnête homme ni habile celui qui est sot &amp; butor ; parce que le <i>brutier</i> est un oiseau de proie qui vit aux champs de toute sorte de vermine, qu'on ne peut dresser ni au poing, ni au leurre. Cet oiseau est la même chose que la <i>buse</i> &amp; le <i>butor,</i> quoique quelques-uns y mettent de la distinction.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6149" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUTIFICATION" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BRUTIFICATION</head>
    <p>
    &#9758; BRUTIFICATION , s. f. C'est un mot que Cyrano a forgé pour marquer l'état des bêtes, au nombre desquelles on vouloit le ranger dans l'Empire de la Lune. On exécuta, dit-il, de point en point la volonté du Prince, de quoi je fus très-aise pour le plaisir que je recevois d'avoir quelqu'un qui m'entretînt pendant la solitude de ma <i>brutification.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6150" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUTIFIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>BRUTIFIER</head>
    <p>
    &#9758; BRUTIFIER , v. act. Bêtir. J'ai remarqué que presque toutes les visions d'esprits ne se sont présentées qu'à des femmes, ou à des reclus qui avoient le cerveau un peu altéré à force de ne voir personne &amp; de s'être comme <i>brutifiés</i> parmi les bêtes au milieu des bois qu'ils habitoient. Valesiana.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6151" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUVAGE" />
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    <head>BRUVAGE</head>
    <p>
    BRUVAGE . Voyez <ref type="search" target="head:BREUVAGE">BREUVAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6152" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUXELLE" />
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    <head>BRUXELLE</head>
    <p>
    &#9758; BRUXELLE , s. f. On prononce <i>Brusselle</i> : Il y en a même qui l'écrivent. Tapisserie faite à Bruxelles. Par une pierre antiphilosophale, Hortensia trouva le secret de convertir sa vaisselle d'argent en vaisselle d'étain, ses diamans en cristaux, &amp; sa <i>Bruxelle</i> en Bergame. Ecole du Monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6153" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUXELLES" />
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    <head>BRUXELLES</head>
    <p>
    BRUXELLES . Prononcez <i>Brucelles.</i> On écrit aussi <i>Brusselles.</i> s. m. Ville des Pays-Bas Espagnols, dans le Brabant. <i>Bruxella, Bruxellae.</i> Le Gouverneur des Pays-Bas réside à <i>Bruxelles.</i> La longitude de <i>Bruxelles</i> est 25d, 46' &amp; sa latitude 50d, 50'. Le Quartier de <i>Bruxelles</i> est une des quatre parties du Duché de Brabant. Il est borné au Nord par celui d'Anvers, au Levant par celui de Louvain ; il a la Flandre au Couchant, &amp; le Hainaut au Midi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6153" id="2" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BRUXELLES" />
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    <head>BRUXELLES</head>
    <p>
    Bruxelles . Terme de Fleuriste . Tulipe d'un rouge obscur, colombin clair &amp; blanc. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6154" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUXELLOIS, OISE" />
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    <head>BRUXELLOIS, OISE</head>
    <p>
    BRUXELLOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Bruxelles. <i>Bruxellensis.</i> Ceux de Bruxelles seroit cependant mieux que les <i>Bruxellois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6155" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRUYANT, ANTE" />
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    <head>BRUYANT, ANTE</head>
    <p>
    BRUYANT, ANTE , adj. Qui fait grand bruit. <i>Strepens, obstrepens.</i> Il ne se dit guère que dans les orages &amp; les tempêtes. Les flots <i>bruyans.</i> La foudre <i>bruyante</i> dans les nues. Le véritable zèle n'est point <i>bruyant,</i> &amp; ne cherche point à se donner de la réputation par ses emportemens, &amp; par ses ferveurs indiscrètes. De Vill.</p><p>Le P. Du Cerceau a dit de Juvénal,</p><p>Et M. Poncet Evêque d'Angers dit dans l'Oraison funèbre de Monseigneur fils du Roi ; Ce n'étoit pas une valeur <i>bruyante</i> &amp; incertaine, qui s'applaudit sans cesse, &amp; ne se soutient pas toujours.</p><p>On le dit du bruit que font les eaux d'un fleuve impétueux. Ainsi le P. Le Moine a dit que Mélédin avoit dépeuplé les rives de l'Hidaspe,</p><p>On le dit aussi du bourdonnement de certains animaux.</p><p>On dit qu'une rue est <i>bruyante</i> ; pour dire, qu'on y fait beaucoup de bruit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6156" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BRUYÈRE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
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    <head>BRUYÈRE</head>
    <p>
    BRUYÈRE , s. f. Terme de Botanique . <i>Erica.</i> La <i>bruyère</i> ordinaire est un petit arbrisseau qui n'excède guère la hauteur d'un pied &amp; demi. Ses racines sont longues, ligneuses, fort souples, &amp; ne se cassent pas aisément ; elles jettent plusieurs tiges ligneuses, dures, branchues, couvertes d'une écorce d'un rouge très-brun, garnies de feuilles assez pressées, rangées sous quatre ordres, menues, vertes, &amp; couchées les unes sur les autres en manière d'écailles. Ses fleurs sont disposées en épi aux extrémités des tiges &amp; des branches, &amp; soutenues par des pédicules assez courts. Cette fleur est un petit cornet découpé en cinq lobes jusqu'à la base, couleur de pourpre, blanc quelquefois, &amp; soutenu par un calice pareillement découpé, du fond duquel s'éleve le pistile, qui perce la fleur, &amp; devient un fruit presque ovale, de la même longueur que la fleur, divisé en quatre ou cinq loges remplies de semences fort menues. Il y a plusieurs espèces de <i>bruyères</i> différentes de celle-ci par leurs grandeurs, par la disposition &amp; figure de leurs feuilles &amp; de leurs fleurs. Clusius décrit plusieurs espèces de <i>bruyères</i> qu'il a observées en Espagne ; le Languedoc &amp; les environs de Paris nous les fournissent en partie. L'Afrique est encore abondante en espèce de <i>bruyères</i> différentes de celles de l'Europe. La <i>bruyère</i> bien fleurie infusée dans de l'huile est bonne pour faire passer les dartres &amp; les taches de la peau ; son eau distillée est recommandée pour les rougeurs &amp; douleurs des yeux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6156" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRUYÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BRUYÈRE</head>
    <p>
    Bruyère , est aussi en France un nom général qu'on donne à plusieurs petits arbres sauvages qui croissent sans culture <pb n="757" facs="bpt6k8542165/f797/full/1200,/0/native.jpg"/>dans des terres abandonnées, &amp; qu'on ne laboure point : ce sont des genêts, ou autres semblables arbustes. <i>Ericaeum.</i> C'est une manière de sablon mort qui ne peut tout au plus produire que des genêts &amp; des <i>bruyères.</i> La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6156" id="3" type="">
   <index type="head" value="BRUYÈRE" />
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    <head>BRUYÈRE</head>
    <p>
    Bruyère , se dit aussi des terres incultes. On trouve bien du gibier dans les <i>bruyères.</i> Ce champ ne rapporte rien, ce n'est qu'une <i>bruyère.</i></p><p>Ce mot vient du vieux Gaulois <i>bruïr</i>, ou <i>brouïr,</i> qui signifie <i>brûler,</i> qui est dérivé du Latin <i>uro</i>, parce qu'on brûle les <i>bruyères</i> pour les défricher, &amp; en faire des terres à blé. On l'a appellée dans la basse Latinité <i>bruarium,</i> &amp; <i>bruera.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6157" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRYON" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BRYON</head>
    <p>
    BRYON , s. m. Ce mot se trouve dans l'<i>Histoire générale des drogues</i> de Pomet. Le <i>Bryon</i> est la même chose que la coraline. Voyez <ref type="search" target="head:CORALINE">CORALINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6158" id="1" type="">
   <index type="head" value="BRYONNE" />
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    <head>BRYONNE</head>
    <p>
    BRYONNE d'Amérique. Voyez Mechoacan, c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6158" id="2" type="">
   <index type="head" value="BRYONNE" />
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    <head>BRYONNE</head>
    <p>
    Bryonne , appellée vigne blanche, ou coulevrée. Voyez <ref type="search" target="head:COULEVRÉE">COULEVRÉE</ref>. <i>Bryonne</i> appellée vigne noire, est une autre espèce de coulevrée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6159" id="1" type="">
   <index type="head" value="BSIDERI" />
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    <head>BSIDERI</head>
    <p>
    BSIDERI . Nom de poire qu'on dit par corruption pour <i>Besi de Héry.</i> Ce mot en Bretagne, Anjou &amp; Poitou, signifie <i>poire sauvage</i> ; &amp; <i>Héry</i> est une forêt de Bretagne entre Rennes &amp; Nantes, où ces poires ont été trouvées. Voyez BESI-D'HERI.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6160" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUABAIN" />
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    <head>BUABAIN</head>
    <p>
    BUABAIN , s. m. Idole des peuples du Tunquin. Ce Dieu préside aux maisons dans l'idée des Tunquinois, &amp; ils l'invoquent, quand ils en veulent bâtir quelqu'une. Tav.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6161" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUANDERIE" />
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    <head>BUANDERIE</head>
    <p>
    BUANDERIE , s. f. Espèce de salle au rez de chaussée, où il y a un fourneau &amp; des cuviers pour faire la lessive. <i>Officina lavandis, purgandis linteis comparata.</i> Il s'en trouve dans toutes les Communautés, &amp; dans la plupart des maisons de campagnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6162" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUANDIER" />
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    <head>BUANDIER</head>
    <p>
    BUANDIER , s. m. BUANDIÈRE, s. f. Blanchisseur &amp; Blanchisseuse. <i>Lixiviae administer, vel administra.</i> Mais ce mot n'est en usage que dans quelques Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6163" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUBASTE" />
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    <head>BUBASTE</head>
    <p>
    BUBASTE , s. f. Ancienne ville d'Egypte, capitale d'une Province ou Canton qu'ils appelloient <i>Nonius. Bubastus.</i> Le P. Kirker, <i>Oed. Aeg. Tom. I. pag.</i> 31. dit que signifie, le pas d'un boeuf. Il faut en ce sens qu'il vienne de , <i>boeuf,</i> &amp; , <i>je vais, je marche.</i> Il ajoûte que d'autres le dérivent de , <i>boeuf,</i> &amp; , <i>ville</i> ; la ville du boeuf ; qu'en Cophte <i>Boub ast,</i> signifie deux boeufs, parce que c'est-là que les deux fameux boeufs de l'Egypte, l'un appellé Apis par les habitans de Memphis, &amp; l'autre Mnevis par ceux d'Héliopolis, apparurent d'abord, &amp; qu'ils apprirent aux hommes l'agriculture. On honoroit Diane à <i>Bubaste.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6164" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUBE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>BUBE</head>
    <p>
    BUBE , s. f. Petite élevure ou bouton qui se fait sur la peau. <i>Tumor, pustula.</i> Il vient des <i>bubes</i> sur les lèvres, quand on boit dans un verre qui n'est pas net.</p><p>Ce mot aussi-bien que celui de <i>Bubon</i> vient du Grec , espèce de <i>tumeur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6165" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUBERON" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BUBERON</head>
    <p>
    BUBERON , s. m. Petit vaisseau avec un petit goulot, dont on se sert pour donner à boire aux enfans de deux ans, &amp; au-dessous. <i>Guttus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6165" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUBERON" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BUBERON</head>
    <p>
    Buberon , est aussi une manière du tuyau qui est dans le vaisseau que les Orfèvres &amp; les Potiers d'étain appellent vinaigrier, &amp; par où le vinaigre coule quand on le verse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6166" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BUBON" />
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    <head>BUBON</head>
    <p>
    BUBON , s. m. Terme de Médecine . C'est une tumeur qui vient aux glandes des aînes &amp; des aisselles, avec inflammation &amp; douleur. Il provient d'un sang épanché dans les glandes joint à quelque humeur dépravée. <i>Bubo.</i> Il y a deux sortes de <i>bubons.</i> On appelle les uns benins ; &amp; les autres malins. Les malins se divisent en pestilentiels, &amp; en vénériens. Les pestilentiels surviennent aux fièvres pestilentielles, &amp; à la peste : les vénériens sont une suite d'un commerce impur, &amp; bien souvent des avant-coureurs de la vérole. Quand un <i>bubon</i> est entouré d'un cercle de différentes couleurs, comme l'arc-en-ciel, c'est une marque qu'il est pestilentiel, &amp; le plus souvent mortel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6167" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUBONE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>BUBONE</head>
    <p>
    BUBONE , s. f. Nom d'une fausse Divinité. <i>Bubona.</i> S. Augustin, Liv. IV. de la Cité de Dieu chap. 34. dit que <i>Bubone</i> étoit chez les Romains une Déesse que l'on croyoit être chargée du soin des boeufs. Les Juifs, leur dit-il, en se moquant de tant de fausses Divinités, ont eu des blez sans la Déesse Ségétie, des boeufs sans <i>Bubone,</i> du miel sans Mellone, &amp; des fruits sans Pomone. Quelques éditions disent <i>Bobono.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6168" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUBONOCÈLE" />
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    <head>BUBONOCÈLE</head>
    <p>
    BUBONOCÈLE , s. m. Tumeur qui arrive à l'aîne, &amp; qui est causée par la chûte de l'épiploon ou de l'intestin. <i>Bubonocele.</i> C'est une espèce d'hernie, qu'on appelle incomplète. Les femmes sont sujettes au <i>bubonocèle,</i> comme les hommes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6169" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUCCELLAIRE" />
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    <head>BUCCELLAIRE</head>
    <p>
    BUCCELLAIRE . Nom d'une espèce de soldats que les Empereurs Grecs entretenoient dans les Provinces &amp; dans les campagnes. <i>Buccellarii,</i> . Le nom de <i>Buccellaire</i> vient de <i>bucca,</i> bouche, &amp; <i>buccella,</i> bouchée, d'où on a fait <i>Buccellarius</i> à Rome, &amp; à Constantinople. Les <i>Buccellaires</i> furent ainsi appellés parce qu'ils étoient entretenus par l'Empereur : C'étoit l'Empereur qui faisoit leur dépense de bouche : ils étoient dans les Provinces ce que sont à la Cour ceux qui ont bouche à Cour, qui sont commensaux. Les <i>Buccellaires,</i> dans la marche d'une armée où étoit l'Empereur, marchoient devant &amp; après l'Empereur, pour le garder. Voyez Maurice, Cujas, Tourneboeuf. Il y avoit encore une autre sorte de <i>Buccellaires</i> sous les Empereurs Grecs, c'étoient des Grecs de Galatie, , qui fournissoient du pain aux soldats. Voyez Constantin Porphyr. Les <i>Buccellaires</i> pris dans le premier sens étoient, selon quelques-uns, des gens dont l'Empereur se servoit pour faire mourir en secret certaines personnes.</p><p>Les <i>Glossae Nomicae</i> l'interprètent, Envoyé, qui porte quelque chose ; &amp; encore, soldat stationaire, ou qui demeure chez quelqu'un, &amp; qui est à son service. La même explication se trouve au Livre 60. des Basiliques, où il est dit que ce mot vient de ; c'est-à-dire, <i>bucca,</i> qui, dit-on, signifie pain, ; &amp; les <i>Buccellaires,</i> continue-t-on, étoient ainsi appellés, parce qu'ils mangeoient le pain d'une personne à la charge de demeurer chez lui.</p><p>Chez les Visigoths on appelloit <i>Buccellaire</i> en général tout Client, tout Vassal, parce qu'ils vivoient aux frais de leur Seigneur. C'est en ce sens que le prennent les loix des Visigoths dans Papias Liv. V. tit 3. §. 1. &amp; Anastase le Bibliothécaire dans la vie du Pape Zacharie. Voyez sur ce mot M. Du Cange, les Macri, Hoffman, &amp; le Glossaire de Cedrenus, <i>Constant. de Th. orient.</i> 15. 6. &amp; <i>de admin. Imp. c.</i> 51. <i>Curopal. p.</i> 839.</p><p>Au reste, les Empereurs d'Orient ne sont pas les seuls qui ont eu des <i>Buccellaires</i> ; &amp; d'autres que les Empereurs en avoient. En effet, on trouve au milieu du Ve siècle un <i>Buccellaire</i> du fameux Aétius dans Grégoire de Tours, <i>Hist. Franc. Lib. II. cap.</i> 8. à moins qu'on ne voulût dire, que c'est une prolepse ou anticipation de cet Historien ; ce qui ne paroît pas. D'ailleurs l'origine &amp; la forme latine de ce nom persuadent aisément qu'il a passé de Rome à Constantinople plutôt que d'être venu de Grèce en Italie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6170" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUCCELLATION" />
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    <head>BUCCELLATION</head>
    <p>
    BUCCELLATION , s. f. Quelques Chymistes se servent de ce mot pour signifier une division en gros morceaux. Harris. <i>Buccellatio, divisio in buccellas, id est, in partes majores.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6171" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="BUCCINATEUR" />
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    <head>BUCCINATEUR</head>
    <p>
    BUCCINATEUR , adj. m. Terme d'Anatomie . C'est une épithète qu'on donne au second des muscles communs des lèvres, qui est ainsi nommé, parce que c'est lui qui s'enfle &amp; fait la joue grosse en souflant ou en sonnant de la trompette. <i>Buccinator.</i> On l'appelle aussi <i>trompetteur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6171" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUCCINATEUR" />
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    <head>BUCCINATEUR</head>
    <p>
    Buccinateur , pourroit se dire aussi des Joueurs de buccines, <pb n="758" facs="bpt6k8542165/f798/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'on appelloit autrefois <i>Buccinatores.</i> Les Tritons, selon les Poëtes &amp; les Peintres, sont des <i>Buccinateurs</i> marins, ou les <i>Buccinateurs</i> de Neptune. Il y avoit chez les Romains un Esclave public qu'ils appelloient <i>Buccinateur</i> des noms, <i>Buccinator nominum,</i> qui accompagnoit toujours le Crieur public, appellé <i>Praeco.</i> Il est parlé de ce <i>Buccinateur</i> des noms <i>Leg. ult. ff. De jure immunit.</i> &amp; dans une ancienne Inscription.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>buccina</i>, trompette.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUCCINE</head>
    <p>
    BUCCINE , s. m. <i>Buccina.</i> Ce mot se trouve dans Nicot. C'étoit un instrument de guerre, ou plutôt, un instrument de Musique martiale &amp; guerrière ; un instrument de Musique servant à la guerre. Nous le prenons communément pour une espèce de trompette. Festus confirme ce sentiment en définissant la <i>Buccine</i> une corne recourbée, dont on joue comme d'une trompette. Vegetius, au Liv. III. <i>De re militari</i> c. 5. marque aussi que la <i>buccine</i> se recourboit en cercle, &amp; différoit par-là de la trompette, <i>tuba.</i> Varron dit qu'on les nommoit cornes, <i>cornua,</i> parce que dans les commencemens c'étoient des cornes de boeuf, dont on se servoit, comme font encore nos Pastres en bien des endroits de la campagne. Servius, sur le VIIe Liv. de l'Enéide v. 518. semble dire qu'on en faisoit aussi d'abord de cornes de boucs ; &amp; l'Ecriture appelle les instrumens dont les Hébreux se servoient dans le temple &amp; à la guerre, , <i>Keren Jobel</i> ; c'est-à-dire, Corne de belier, Josué VI 3. &amp; , <i>Sopheroth hajobelim,</i> qui signifie <i>buccines</i> de beliers. Jos. VI. 4. &amp; le son de ces instrumens. Voyez encore 1. Paralip. XXV. 5. &amp; Bochart. <i>Hieroz.</i> Part. I. Liv. II. c. 32. Les instrumens de Musique servants à la marche guerrière sont les <i>buccines,</i> les trompettes, les litues, les clairons, les cors &amp; cornets, les fifres, les arigots, les tambours, les attabales, les nacaires, les tymbales, &amp;c. Les <i>buccines</i> marines que les Poëtes &amp; les Peintres donnent aux Tritons sont des coquillages en forme de limaçon.</p><p>Ce nom vient de <i>Bucca,</i> bouche, parce qu'il faut emboucher ces instrumens pour en jouer, que c'est de la bouche qu'on en joue. Ainsi <i>buccine</i> proprement, &amp; selon son origine, devroit être un nom générique de tous les instrumens qui s'embouchent ; mais l'usage l'avoit déterminé en particulier à celui que nous avons dit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUCCULA</head>
    <p>
    BUCCULA , s. f. Terme Latin, qui signifie petite bouche, ou selon M. Dionis petite gorge. Les Anatomistes donnent ce nom à la partie inférieure du visage, qui comprend le dessous de la lèvre inférieure, le menton, &amp; la partie charnue sous le menton.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6174" id="1" type="">
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    <head>BUCENTAURE</head>
    <p>
    BUCENTAURE , s. m. C'est le nom d'un grand vaisseau dont se servent les Vénitiens pour faire la cérémonie d'épouser la mer : ce qui se fait le jour de l'Ascension en grande pompe. Pierre Justiniani, dans son <i>Hist. de Venise</i> Liv. XIVe donne une description très-détaillée du <i>Bucentaure,</i> &amp; il ajoûte que l'on en rapporte l'origine à l'an 1311. de J. C. Que d'autres néanmoins remontant plus haut disent qu'il la faut rapporter à l'arrivée de l'Empereur Frédéric Barberousse à Venise en 1177. lorsqu'il y vint pour faire la paix avec le Pape Alexandre VII. &amp; la République. Cet Empereur avoit obligé le Pape de sortir de Rome, &amp; de se retirer à Venise. Choqué de ce que les Vénitiens donnoient un azyle à Alexandre, il envoya contre eux sa flotte sous la conduite de son fils Otthon, qui fut défait, pris &amp; renvoyé à son père, auquel il persuada d'aller à Venise pour faire la paix, qui y fut en effet heureusement conclue. Le Pape, en reconnoissance du secours qu'il avoit reçu des Vénitiens, leur accorda plusieurs priviléges, &amp; fit présent au Doge d'un anneau d'or ; c'est l'origine de l'anneau que le Doge jette dans la mer.</p><p>Ce mot vient du Grec , composé de , particule d'augmentation, dont on se sert pour marquer une grandeur énorme ; &amp; de , <i>Centaurus, Centaure.</i> Justiniani ajoûte encore deux étymologies à celle-ci. La première tire ce nom de <i>bis,</i> &amp; de <i>Taurus,</i> ou plutôt <i>Centaurus,</i> nom d'un des vaisseaux d'Enée dans Virgile. 2°, D'autres veulent qu'on ait dit <i>Bucentaurus</i> pour <i>Ducentaurus,</i> mot forgé pour signifier un vaisseau, qui peut tenir deux cents hommes, <i>ducentorum hominum capax.</i> La première étymologie que l'on a rapportée ici, paroît être la véritable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6175" id="1" type="">
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    <head>BUCÉPHALE</head>
    <p>
    BUCÉPHALE , s. m. qui signifie tête de boeuf, du Grec , <i>boeuf,</i> &amp; , tête. C'étoit la coutume autrefois d'imprimer quelques marques aux chevaux. Les plus communes étoient un , <i>sigma,</i> un , <i>Kappa,</i> &amp; une tête de boeuf. Ceux qui étoient marqués du s'appelloient ; ceux qui avoient le ; &amp; l'on donnoit le nom de <i>Bucephales,</i> à ceux auxquels on imprimoit une tête de boeuf. Cette tête de boeuf se mettoit sur la croupe du cheval, &amp; sur ses armes ou son harnois. C'est le Scholiaste d'Aristophane dans les Nuées Act. 1. Sc. 1. &amp; Hésychius au mot , qui nous apprennent ceci. Voyez aussi Saumaisesur Solin p. 893. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUCÉPHALE</head>
    <p>
    Bucephale fut en particulier le nom du cheval d'Alexandre, ainsi nommé, si l'on en croit le Scholiaste d'Aristophane, parce qu'il étoit marqué de la tête d'un boeuf. D'autres disent parce qu'il avoit le front large, ou un regard farouche ; mais le Scholiaste d'Aristophane, à l'endroit que j'ai cité, dit qu'on n'appelloit point ainsi les chevaux à cause de leur forme, ou figure, mais seulement à cause de la marque qu'on leur imprimoit.</p><p>Freinshemius dit que Philippe ayant fait consulter l'Oracle de Delphes, pour savoir qui seroit son successeur, l'Oracle répondit que ce seroit celui qui monteroit <i>Bucéphale</i> ; que ce <i>Bucéphale</i> étoit un très-beau cheval, bien tourné, mais très-farouche, qu'un certain Philonicus de Thessalie avoit vendu à Philippe 13 talents ; c'est-à-dire, 13000 livres selon la supputation de Budé, qui met le petit talent à 1000 livres ; ou 17329 livres si c'étoient de grands talents, que Budé évalue à 1333 livres de notre monnoie. Aulu-Gelle dit qu'il fut vendu 13 talents, &amp; donné à Philippe, ce qui revient selon lui à 312 sesterces monnoie Romaine, &amp; selon le P. Proust, dans le Commentaire à la Dauphine d'Aulu-Gelle, à 13650 livres de notre monnoie. Quoiqu'il en soit, Philippe l'ayant fait enfermer long-temps, &amp; enfin ayant ordonné qu'on le laissât aller à l'abandon, parce que personne ne le pouvoit monter ; Alexandre s'écria, quel cheval leur ignorance ou leur délicatesse leur fait perdre ! Et l'ayant flatté quelque temps il eut l'adresse de le monter, &amp; enfin de le dompter. Quand il en descendit, Philippe l'embrassant, cherchez, lui dit-il, mon fils, un Royaume digne de vous. La Macédoine ne vous suffit pas. Depuis ce temps-là Alexandre monta <i>Bucéphale,</i> &amp; s'en servit dans tous ses combats. Onesicrite &amp; Arrien Liv. V. ch. 3. disent qu'il mourut de vieillesse, après avoir vécu 30 ans, selon le premier de ces Auteurs. Plutarque assure qu'il mourut quelque temps après la bataille de Porus des blessures qu'il y reçut. C'est, dit Hoffman, le sentiment commun. Voyez <ref type="search" target="head:Bucephalie">Bucephalie</ref>. Quand <i>Bucéphale</i> étoit sellé &amp; armé pour le combat, il ne souffroit point que personne le montât qu'Alexandre.</p><p>On emploie quelquefois ce nom pour signifier dans le discours familier, ou burlesque, un beau cheval, grand, vigoureux, un cheval de parade. Il parut monté sur un <i>Bucéphale.</i></p><p>On le dit aussi quelquefois en badinant des chevaux ordinaires, ou même des rosses, ou mauvais chevaux. J'étois sur mon <i>Bucéphale,</i> qui alloit assez bon train ; pour dire, sur mon cheval. Ah quel <i>Bucéphale</i> vous avez-là ! pour dire, quel mauvais cheval ! par ironie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUCÉPHALIE</head>
    <p>
    BUCÉPHALIE , s. f. Ville bâtie dans les Indés par Alexandre quelque temps après la victoire remportée sur Porus, &amp; nommée ainsi en mémoire du cheval Bucéphale, que ce Prince avoit perdu. Quinte-Curce la nomme <i>Bucephalon,</i> ou <i>Bucephalum,</i> aussi-bien qu'Aulu-Gelle ; Ptolomée, <i>Bucephala</i> ; le Scholiaste d'Aristophane, sur la 1re Scène du premier Acte de la Comédie des Nuées, la nomme Alexandrie. Aulu-Gelle, Liv. V. ch. 2. dit que pendant la guerre des Indes Alexandre dans un combat s'étant jetté trop imprudemment au milieu d'un gros d'ennemis, on lança sur lui une grêle de fleches, dont Bucéphale, sur lequel il étoit, fut blessé à la tête, &amp; au flanc ; que malgré ses blessures, n'en pouvant plus, &amp; ayant perdu presque tout son sang, il tira cependant son Maître de la mêlée, &amp; l'emporta avec une extrême vigueur jusques dans un lieu où il fût hors de danger, &amp; que là il tomba mort. Ce fut en ce même endroit, ajoûte cet Auteur, qu'Alexandre fit bâtir la ville de <i>Bucéphalie.</i> Sanson &amp; d'autres après lui la prennent pour Lahor, ville de la Province de Pengab sur l'Hydaspe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÛCHE</head>
    <p>
    BÛCHE , s. f. Gros bois dont on se chauffe. <i>Stipes, truncus, caudex.</i> Il y a 62. <i>bûches</i> de compte à une voie de bois de 18. pouces de grosseur, qui remplissent les trois anneaux qui la composent, suivant les Ordonnances de la Ville. On appelle la <i>bûche</i> de Noël, une grosse souche de bois qu'on met au feu de la veille de Noël, quand il est nuit, avec quelques cérémonies qui ne sont plus pratiquées que par les vieilles.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>busca,</i> qu'on a dit dans le même sens en la basse Latinité.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÛCHE</head>
    <p>
    Bûche , se dit aussi d'une poutre ou autre pièce de bois. <i>Trabs.</i> Il y a une demie douzaine de villageoises assises sur cette <i>bûche</i> qui est dans le carrefour. Il y a une <i>bûche</i> à travers cette rue qui incommode le passage. En Normandie on dit <i>Boise.</i></p><p>On appelle figurément un homme stupide, une grosse <i>bûche. Stipes.</i> Et on dit d'un paresseux, qu'il ne se remue non plus qu'une <i>bûche</i> ; qu'il vaudroit autant parler à une <i>bûche.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÛCHE</head>
    <p>
    BÛCHE . Il y a une ferme du Roi qu'on appelle le gros de la <i>Bûche.</i> L'imposition de la <i>bûche,</i> autrement le droit de <i>bûche,</i> est un droit qui s'est levé à Paris sur les <i>bûches.</i> Par Arrêt du Grand-Conseil du 3e Juin 1546. il est déclaré que les Secrétaires du Roi sont exemts du droit de <i>bûche.</i> Et par un Jugement des Requêtes de l'Hôtel du 9e Mars 1546. ils sont déclarés exemts du droit de <i>bûche,</i> &amp; le Fermier est appellé Fermier de l'<i>imposition de la bûche</i> en la ville de Paris. Voyez l'<i>Hist. de la Chancel. Liv. II. pag.</i> 101. <i>&amp;</i> 102.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÛCHE</head>
    <p>
    Bûche , est aussi une espèce de flibot dont les Hollandois se servent pour la pêche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6179" id="1" type="">
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    <head>BÛCHER</head>
    <p>
    BÛCHER v. act. absolu. Abattre du bois dans les forêts, &amp; en faire des bûches. <i>Ligna caedere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BÛCHER</head>
    <p>
    BÛCHER , s. m. Pyramide faite de bois, sur laquelle on mettoit autrefois les corps pour les brûler. <i>Bustum, pyra, rogus.</i> Didon pria sa soeur de lui faire dresser un <i>bûcher,</i> sur lequel ensuite elle se tua. Croesus étoit sur le <i>bûcher,</i> quand il prononça les paroles de Solon qui le sauverent.</p><p>Les Romains avoient pris des Grecs la coutume de brûler les corps : cela se faisoit avec beaucoup de cérémonie. Le mort couronné de fleurs, &amp; revêtu de ses habits les plus magnifiques, étoit posé sur le <i>bûcher :</i> les plus proches parens l'allumoient avec des torches, en détournant le visage, pour témoigner qu'ils ne lui rendoient qu'avec répugnance ce triste &amp; dernier devoir. Dès que le <i>bûcher</i> étoit consumé, des femmes préposées pour recueillir les cendres, les resserroient dans une urne, que l'on portoit dans les tombeaux.</p><p>Il se dit métaphoriquement de tout ce qui est consumé par le feu.</p><p>P. Le Moine</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6180" id="2" type="">
   <index type="head" value="BÛCHER" />
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    <head>BÛCHER</head>
    <p>
    Bûcher , est aussi un lieu au rès de chaussée, où on serre le bois dans les maisons des particuliers. <i>Cella lignaria.</i> Chez les Princes on l'appelle <i>fourrière.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BÛCHERON, ONNÉ" />
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    <head>BÛCHERON, ONNÉ</head>
    <p>
    BÛCHERON, ONNÉ , s. m. &amp; f. Quelques-uns disent <i>Boscheron. Lignator.</i> Homme de journée qui abat des bois. Théophile a dit :</p><p>Il y a long-temps qu'on ne met plus d'<i>s</i> à ces mots. Dès le temps de Pasquier &amp; de Ronsard on ne l'écrivoit plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6182" id="1" type="">
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    <head>BÛCHETTE</head>
    <p>
    BÛCHETTE , s. m. Menu bois que les pauvres gens vont ramasser dans les forêts, &amp; qui reste après qu'on a mis le bois en ouvrage, ou en fagots. <i>Surculus aridus, cremium.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUCOLE</head>
    <p>
    BUCOLE , s. m. Nom de certains lieux en Egypte, &amp; de ceux qui les habitoient. <i>Bucolium, Bucolus, Bucolicus.</i> Les <i>Bucoles</i> étoient certains quartiers de l'Egypte nommés apparemment ainsi parce qu'on y nourrissoit beaucoup de boeufs. Les habitans à qui on donne le nom de <i>Bucoles,</i> ou <i>Bucoliques,</i> étoient tous barbares &amp; sauvages. Tillem. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Jérôme dans la vie de S. Hilarion. Julius Capitolinus, dans Marc Aurele, les appelle soldats, <i>Bucolici milites,</i> à ce que quelques-uns ont cru ; mais il n'entend par-là que les soldats de ces contrées-là.</p><p>Ce mot vient de , <i>bos,</i> &amp; , <i>cibus.</i> On dit , <i>boves pasco</i> ; &amp; , qui paît les boeufs, bouvier, <i>bubulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BUCOLIQUE" />
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    <head>BUCOLIQUE</head>
    <p>
    BUCOLIQUE , adj. Ce mot veut dire Pastoral, &amp; se dit des Poësies qui regardent les bergers &amp; les troupeaux. <i>Bucolicus.</i> Poëme <i>bucolique.</i> Poëtes <i>bucoliques.</i> Moschus &amp; Bion sont les plus agréables Poëtes <i>bucoliques</i> de l'antiquité. Théocrite a quelquefois le style un peu trop <i>bucolique.</i> Fonten. La Poësie <i>bucolique</i> est la plus ancienne de toutes les Poësies. Id. Quelques-uns croient que ce genre de Poësie a pris naissance dans la Sicile, parmi les divertissemens des bergers. Elle fut inspirée par l'amour &amp; par l'oisiveté. On ajoûta ensuite des règles à ces divertissemens champêtres, &amp; l'on en fit un art. Le soin des troupeaux, les beautés de la nature, &amp; les plaisirs de la vie rustique, en faisoient les plus nobles sujets. Id.</p><p>Il est des Auteurs qui attribuent l'invention de la Poësie <i>Bucolique</i> à un Pasteur nommé Daphnis ; d'autres à Bucolius fils aîné de Laomédon. Tout cela paroît fabuleux.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BUCOLIQUE" />
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    <head>BUCOLIQUE</head>
    <p>
    Bucolique . Soldat <i>Bucolique.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BUCOLE">BUCOLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUCOLIQUE</head>
    <p>
    Bucolique . Ce mot est aussi quelquefois s. f. auquel sens il ne se dit qu'au pluriel. Il signifie, Poëme pastoral. <i>Bucolica.</i> Les <i>Bucoliques</i> de Virgile sont de certains Poëmes le plus souvent en forme de dialogue, où des bergers s'entretiennent ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUCOLIQUE</head>
    <p>
    Bucoliques , s. f. plur. Plusieurs hardes, menues choses, ou papiers, qu'une personne a apportés pour faire voir à quelqu'un. Je ne veux point acheter tout ce fatras, remportez toutes vos <i>bucoliques.</i></p><p>On ne sait où Furetière a pris le mot de <i>bucoliques</i> en ce sens. On ne l'a pû trouver nulle part. Ainsi on doute qu'il soit en usage, si ce n'est parmi le petit peuple.</p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6185" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUÉE" />
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    <head>BUÉE</head>
    <p>
    BUÉE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois la lescive, &amp; dont on se sert encore dans les Provinces, où l'on appelle <i>Buandière,</i> la blanchisseuse ; &amp; <i>Buanderie,</i> les lieux où on blanchit des toiles neuves. <i>Lixivia.</i></p><p><i>Bue, Bui,</i> ou <i>Buie,</i> est un mot dont se sont formés dans la suite ceux de <i>Buandier</i> &amp; de <i>Boue,</i> &amp; qui s'applique à tout ce qui est mouillé, humecté, détrempé. <i>Descript. Géogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. Tom. I. p.</i> 159.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BUENOS-AYRES" />
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    <head>BUENOS-AYRES</head>
    <p>
    BUENOS-AYRES . Ville de l'Amérique Méridionale, appellée aussi quelquefois <i>Nuestra</i> Señora <i>de buenos ayres ;</i> c'est-à-dire, <i>Notre Dame des bons airs,</i> ou <i>du bon air.</i> Pedro de Mendoza la fit bâtir en 1535. sur la rive Méridionale de la rivière de la Plata, vis-à-vis des Isles de S. Gabriel, dans la Province des Sauvages nommés vulgairement Morocotes. Corn. Ces noms sont Espagnols, mais notre langue les a adoptés dans ce nom propre. Nous ne disons que <i>Buenos-ayres,</i> sans mettre <i>Nuestra señora de.</i> Maty écrit <i>Bonayres,</i> mais on doute qu'il soit en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6187" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUER" />
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    <head>BUER</head>
    <p>
    BUER , v. n. &amp; act. Vieux mot. Laver, lessiver. Faire la lescive. <i>Lixiviam facere.</i> Elles filent &amp; <i>buent,</i> &amp; ont la <pb n="760" facs="bpt6k8542165/f800/full/1200,/0/native.jpg"/>cure de tout l'hôtel. Villon s'est servi du verbe <i>buer.</i> La pluie nous a <i>bués</i> &amp; lavés. C'est dans la Balade de lui &amp; de ses compagnons pendus. Ménage, <i>Dict. Etym. au mot Buée, lessive.</i> Ce vieux mot est encore en usage dans quelques Provinces. A Dijon, un homme <i>maubué</i> est un homme en linge sale ; dont on ne blanchit le linge que rarement. La Langue Françoise n'a point d'adjectif qui puisse représenter celui-là. <i>Glossaire Bourguignon au mot</i> Maubué, où l'on dit que <i>buer</i> est un vieux mot qui signifie mettre à la lescive. Il y a à Paris dans le Quartier de Saint Martin une rue qui s'appelle <i>Maubué.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6188" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUFFE" />
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    <head>BUFFE</head>
    <p>
    BUFFE , s. f. Vieux mot, qui signifie, Soufflet. <i>Alapa.</i> On le trouve dans les Pseaumes de Marot,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6189" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUFFET" />
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    <head>BUFFET</head>
    <p>
    BUFFET , s. m. Meuble qui sert pour mettre les pots &amp; les verres, la vaisselle, &amp; autres choses nécessaires pour le service de la table. <i>Armarium.</i> Autrefois c'étoit un meuble de bois orné de menues colonnes, &amp; séparé par un plancher, au-dessous duquel se mettoient les brocs &amp; les bouteilles, &amp; au-dessus les verres &amp; la vaisselle. Depuis on a mis au milieu une petite armoire pour y serrer le linge, ou le couvert d'un bourgeois ; &amp; enfin on en a fait une grande armoire avec plusieurs tiroirs &amp; volets où on enferme ce qu'on a de plus précieux, &amp; qu'on appelle aussi <i>cabinet.</i> Un <i>buffet</i> ou cabinet d'ébène, de bois de cèdre, d'écaille de tortue, &amp;c.</p><p>On a appellé autrefois un <i>buffet,</i> dressoir. En la Sale où il mangeoit (le Duc Philippe de Bourgogne) étoit un <i>buffet,</i> ou <i>dressoir,</i> à quatre degrés ou pans, tout meublé de vaisselle d'or ou d'argent doré, riche sur riche, aux deux coins duquel étoient deux précieuses licornes de prix indicible. Parad. p. 853.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6189" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUFFET" />
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    <head>BUFFET</head>
    <p>
    Buffet , maintenant se dit seulement d'une table longue où on met la vaisselle d'argent, les verres &amp; les bouteilles, pour le service de la table. <i>Supellex argentaria.</i> Il faut aller boire au <i>buffet</i> ; se rincer la bouche au <i>buffet.</i> On étale sur les <i>buffets</i> non-seulement les choses nécessaires pour la table ; mais aussi tout ce qui peut servir à faire paroître la magnificence de ceux qui les ont. Pourquoi faut-il que vos <i>buffets</i> gémissent sous le poids de tant de vases précieux que vous étalez, &amp; qui ne servent qu'à étaler votre vanité, &amp; à irriter celle des autres ? Flech. Les Italiens le nomment <i>crédence</i> ; il est placé chez eux dans le grand sallon, &amp; enfermé d'une balustrade à hauteur d'appui. Les <i>buffets</i> des Princes &amp; des Cardinaux sont sous un dais d'étoffe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6189" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUFFET" />
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    <head>BUFFET</head>
    <p>
    Buffet d'eau . C'est dans un jardin, une table de marbre, sur laquelle sont élevés plusieurs gradins en pyramide avec des garnitures de vases de cuivre doré, dont le corps de chacun est formé par l'eau, ensorte qu'ils paroissent de cristal garni de vermeil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6189" id="4" type="">
   <index type="head" value="BUFFET" />
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    <head>BUFFET</head>
    <p>
    Buffet , se dit aussi des Officiers ou Valets qui servent au <i>buffet. Suppellectili argentariae praepositi.</i> Quand on croit avoir bû trente bouteilles, le <i>buffet</i> en a bû la moitié.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6189" id="5" type="">
   <index type="head" value="BUFFET" />
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    <head>BUFFET</head>
    <p>
    Buffet , se dit aussi de la vaisselle d'argent qu'on met sur le <i>buffet</i> pour le service de la table, ou seulement par parade &amp; par ostentation. <i>Argenteum expositum.</i> Cet Ambassadeur a un <i>buffet</i> de vermeil doré qui vaut cinquante mille écus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6189" id="6" type="">
   <index type="head" value="BUFFET" />
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    <head>BUFFET</head>
    <p>
    Buffet , se dit aussi de la menuiserie d'un jeu d'orgue. Le <i>buffet</i> du grand jeu, qu'on appelle le <i>grand corps.</i> Le <i>buffet</i> du positif ou du petit jeu. On le dit aussi de l'orgue entière. Quand elle est dans des maisons particulières, on l'appelle <i>cabinet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6190" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUFFETER" />
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    <head>BUFFETER</head>
    <p>
    BUFFETER , v. a. Boire au tonneau. <i>Apposito ad dolium ore vinum sugere.</i> Ce qui se dit des Voituriers qui percent les tonneaux avec un foret, &amp; appliquent la bouche contre le tonneau pour y boire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6190" id="2" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="BUFFETER" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>BUFFETER</head>
    <p>
    Buffeter , en termes de Fauconnerie , signifie, Donner en passant contre la tête d'un plus fort, comme contre le duc ou contre l'aigle, ou contre la tête du lièvre, quand on le fait battre aux oiseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6190" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUFFETER" />
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    <head>BUFFETER</head>
    <p>
    Buffeter , est aussi un vieux mot qui signifioit, Exciter quelqu'un, le tourmenter. <i>Vexare, exagitare, colaphos impingere, incutere.</i> De là vient que l'on trouve encore dans les vieilles Traductions du Nouveau Testament ces paroles de S. Paul : J'avois un Ange de Satan qui me <i>buffetoit.</i> Ce mot est venu de ce qu'autrefois on disoit <i>buffe</i> pour soufflet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6191" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUFFETEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>BUFFETEUR</head>
    <p>
    BUFFETEUR , subst. masc. Voiturier qui boit au tonneau sur les grands chemins. L'Ordonnance enjoint aux Juges de punir ces Voituriers <i>buffeteurs,</i> &amp; de les condamner aux Galères.</p><p>Tous ces mots, selon Du Cange, viennent de <i>buffetagium,</i> qui signifioit un impôt mis sur le vin bû en taverne, par corruption de <i>buvetage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6192" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUFFETIN" />
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    <head>BUFFETIN</head>
    <p>
    BUFFETIN , s. m. Juste-au-corps fait du cuir d'un jeune bufle. <i>Thorax è bubali corio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6193" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BUFFLE" />
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   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>BUFFLE</head>
    <p>
    BUFFLE , s. m. Animal sauvage ressemblant au boeuf, si ce n'est qu'il est plus long &amp; plus haut. <i>Bubalus.</i> Il a la corne fort noire, &amp; se met en furie en voyant de l'écarlate. Son corps est fort gros, &amp; sa peau très-dure. Il est au reste fort maigre. Il a le poil fort court &amp; très-noir. Il n'en a presque point à la queue, mais il en a beaucoup sur le devant de la tête, laquelle est fort petite en comparaison du corps. Ses cornes sont fort larges, son cou fort gros, &amp; long à proportion, sa queue fort petite, &amp; ses cuisses grosses &amp; courtes. Le <i>buffle</i> aime l'eau très-particulièrement, jusques à y demeurer long-temps, même couché, de manière qu'il ne fait paroître que la tête hors de l'eau ; c'est de-là que les Turcs lui ont donné le nom de <i>boeuf,</i> ou <i>vache d'eau, sousighir</i> en leur langue.</p><p>Il se trouve force <i>buffles</i> dans le Royaume de Congo. Ils ont la peau rouge, &amp; les cornes noires comme de la poix. C'est une méchante bête &amp; fort dangereuse, quand quelque blessure l'a mise en furie ; c'est pourquoi quand on va à la chasse des <i>buffles,</i> on a besoin de choisir un lieu de sûreté, d'où l'on puisse tirer sur cet animal. On dit que si un boeuf mange de l'herbe dans un endroit où le <i>buffle</i> vient de paître, il meurt sur le champ, tant est venimeuse l'haleine de cet animal. Sa chair est grossière ; les Portugais la coupent en tranches, la font sécher, &amp; en nourrissent leurs esclaves. Dapper.</p><p>Le <i>buffle</i> n'est point le <i>bubalus</i> des Anciens, puisque le <i>bubalus</i> est un animal d'Afrique, &amp; fort petit en comparaison de celui-ci. Ce qui a donné occasion à l'erreur de quelques-uns est la ressemblance des noms. Martial néanmoins, ou quiconque est l'Auteur du Livre de l'Amphithéatre, ou des spectacles, se sert de ce mot, pour signifier celui de <i>buffle.</i> Les boeufs sont de la campagne, &amp; les <i>buffles</i> des forêts. On estime les chapelets faits de corne de <i>buffle.</i> Les Allemands l'appellent <i>buffel,</i> d'où est venu notre mot François &amp; l'Espagnol <i>bufano.</i> Il y a beaucoup de <i>buffles</i> en Italie &amp; en Allemagne ; ils y servent à l'Agriculture, l'on en mange les chairs ; mais elles sont dures &amp; mauvaises. De la Mare.</p><p>En termes de Blason , on appelle les <i>buffles bouclés,</i> parce qu'on les représente avec une boucle. En vieux Gaulois <i>bugle</i> signifioit un <i>boeuf.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6193" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUFFLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>BUFFLE</head>
    <p>
    Buffle , se dit aussi d'un juste-au-corps fait de la peau d'un <i>buffle,</i> qui est fort épaisse, &amp; qui étant bien préparée, sert d'une arme défensive. <i>Thorax è bubali corio.</i> Tous ces Gendarmes avoient de beaux <i>buffles,</i> des colletins de <i>buffle.</i></p><p>On dit figurément, qu'un homme est un vrai <i>buffle</i> ; pour dire, qu'il est un stupide ; &amp; qu'il se laisse mener par le nez comme un <i>buffle</i> ; pour dire, qu'il est aisé à tromper, qu'on le mène comme on veut : parce qu'on a coutume de passer un cercle de fer, ou d'autre matière, au travers des narines de cet animal, pour le mener où l'on vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6194" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUGEY" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BUGEY</head>
    <p>
    BUGEY , s. m. <i>Bugia, Bugesia.</i> Pays de France, que l'on renferme souvent dans la Bresse propre &amp; le Rhône, qui le sépare du Dauphiné &amp; de la Savoye. Il confine vers le Nord avec la Franche-Comté &amp; le Pays de Gex. Belley est la Capitale du <i>Bugey.</i> Le <i>Bugey</i> fut cédé au Roi par le Duc de Savoie dans le Traité de Lyon, à la réserve de la partie qui est au-delà du Rhône. Samuel Guichenon, Avocat au Présidial de Bourg en Bresse, a fait l'<i>Histoire de Bresse &amp; de Bugey,</i> imprimée à Lyon en 1650. <i>in-fol.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6195" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUGLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BUGLE</head>
    <p>
    BUGLE , s. f. <i>Bugula,</i> ou <i>consolida media.</i> Plante vulnéraire. <pb n="761" facs="bpt6k8542165/f801/full/1200,/0/native.jpg"/>Sa racine est fibreuse, chevelue, astringente au goût, &amp; donne des feuilles semblables à la paquerette, ou <i>bellis,</i> mais plus larges, plus courtes, d'un verd luisant en dessus, dentelées sur ses bords, &amp; comme crénelées. Du milieu de ses feuilles naissent deux sortes de tiges ; les unes sont droites &amp; portent les fleurs, les autres sont couchées, &amp; ne donnent que des feuilles vertes, semblables aux premières par leurs figures, plus petites, &amp; disposées par paire d'espace en espace, velues ; ces dernières tiges donnent des filamens fibreux, qui portent des noeuds d'où naissent les feuilles, &amp; servent à multiplier l'espèce : les tiges à fleurs sont aussi garnies de quelques paires de feuilles, &amp; terminées par un épi de fleurs en gueule, bleues, quelquefois de couleur de chair, d'autres fois cendrées, ou canelées &amp; verticillées. Chaque fleur est un tuyau long de trois lignes environ, évasé par un bout, &amp; prolongé en une lèvre découpée en trois parties, la moyenne desquelles est échancrée. La place de la lèvre supérieure est ordinairement occupée par deux petites pointes. Le calice, qui est un godet de deux lignes de long, bleuâtre, velu, &amp; découpé en cinq parties, renferme dans son fond quatre petites semences presque rondes. Les fleurs de <i>bugle</i> sont douces au goût &amp; remplies dans leur fond d'une liqueur mielleuse. La <i>bugle</i> vient communément dans les endroits humides, dans les prez &amp; dans les bois. Elle s'emploie dans les décoctions vulnéraires, pour les ulcères, les chûtes, les duretés du foie &amp; pour les rétentions d'urine.</p><p>On dit vulgairement, qui connoît la <i>bugle</i> &amp; la sanicle, fait aux Chirurgiens la nicque ; pour dire, qu'en ayant la connoissance de quelques plantes vulnéraires on pourra se passer des Chirurgiens pour la guérison des blessures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6196" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BUGLOSE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BUGLOSE</head>
    <p>
    BUGLOSE , s. f. Terme de Botanique . <i>Buglossum.</i> Plante qui vient communément dans les jardins &amp; dans les bonnes terres. On l'a ainsi appellée de , <i>boeuf,</i> &amp; , <i>langue,</i> à cause de la figure de ses feuilles, ou parce qu'elles sont rudes comme la langue du boeuf. Sa racine est vivace, longue, branchue, noirâtre en dehors, blanche en dedans, &amp; visqueuse au goût. Elle pousse plusieurs feuilles longues, étroites, terminées en pointes, charnues, d'une couleur de verd cendré également, &amp; hérissées de poils qui la rendent rude. De leur milieu s'élève une ou plusieurs tiges hautes d'un pied &amp; demi environ, rondes, épaisses de trois lignes, couvertes dans toute leur longueur d'un poil court &amp; rude, branchues à leurs extrémités, &amp; garnies de feuilles semblables à celles du bas, mais plus courtes, de l'aisselle desquelles partent les branches. Ses fleurs naissent aux extrémités des tiges &amp; des branches ; elles sont le plus souvent bleues, plus rarement blanches, ou de couleur incarnat. Chaque fleur est un entonnoir à pavillon découpé le plus souvent en cinq parties obtuses. Cette fleur est soutenue par un calice verd fendu en cinq pièces, qui renferment dans leur fond quatre semences semblables à la tête d'une vipère.</p><p>La <i>buglose</i> a à peu-près les mêmes usages que la bourrache. Ses fleurs sont du nombre des fleurs cordiales. Il y a plusieurs espèces de <i>buglose</i> qui diffèrent de celle-ci, qui est l'ordinaire, par leurs fleurs, ou par leurs feuilles. Dans ce nombre on y renferme une espèce d'orcanette qui a ses fleurs bleues, ou de couleur de pourpre, ses tiges couchées sur terre, ses feuilles petites &amp; un peu âpres, &amp; qui a ses racines couvertes d'une écorce fort rouge. Elles sont employées pour donner une belle couleur rouge aux teintures de pharmacie &amp; aux pommades. La <i>buglose</i> ne se multiplie que de graine, qui est si semblable à celle de la bourrache, qu'on ne la sauroit distinguer. La Quint. P. VI. p. 279. Voyez au mot BOURRACHE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6197" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BUGNE</head>
    <p>
    BUGNE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois tumeur, élévation de chair, contusion. <i>Tumor.</i> On le dit encore en quelques Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6198" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BUGRANE" />
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   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>BUGRANE</head>
    <p>
    BUGRANE , ou BUGRATE, subst. f. Terme de Botanique . Plante qu'on appelle autrement <i>arrête-boeuf.</i> Voyez ARRÊTE-BOEUF.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6199" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUGRONDE" />
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    <head>BUGRONDE</head>
    <p>
    BUGRONDE , subst. f. Plante qui est la même que l'arrête-boeuf. Voyez ARRÊTE-BOEUF.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6200" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUGY" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BUGY</head>
    <p>
    BUGY . Voyez <ref type="search" target="head:BUGEY">BUGEY</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6201" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUGY" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BUGY</head>
    <p>
    BUGY . Nom d'une espèce de poire qui se conserve jusqu'au mois de Février &amp; de Mars, où on les mange. Au mois de Février, &amp; encore plus au mois de Mars, que nous reste-il que du saint-lezin, qui sont d'un petit mérite, &amp; des <i>bugy,</i> qui toutefois ne sont pas trop à mépriser ? La Quint. Qui écrit aussi <i>bugi.</i> Les saint-lezin &amp; <i>bugi</i> peuvent fournir Février &amp; Mars. Id. Le <i>bugi,</i> à qui on donne régulièrement le surnom de bergamotte, &amp; de bergamotte de Pâques, à cause que dans sa couleur verte &amp; dans sa grosseur il a quelque air de la bonne bergamotte d'Automne, étant pourtant beaucoup moins plate du côté de l'oeil, &amp; un peu plus longue du côté de la queue, le <i>bugi,</i> dis-je, est une poire tiquetée de petits points gris, qui jaunit un peu dans sa maturité, dont la chair participe en même-temps du ferme &amp; du tendre, &amp; est presque cassante, quelquefois pâteuse &amp; farineuse, ce qui arrive quand on la laisse trop mûrir, ou qu'elle est venue dans un fond trop humide ; son eau, qui est assez abondante, a un je ne sai quoi d'aigrelet, dont un peu de sucre est le remède. Elle ne mûrit que dans le carême. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6202" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUHOR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BUHOR</head>
    <p>
    BUHOR , s. m. M. Du Cange croit que ce mot vient de <i>behours,</i> qui veut dire joûtes, parce que ceux qui payoient le droit de <i>buhor</i> avoient permission de faire des behours, ou joûtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6203" id="1" type="plumacier">
   <index type="head" value="BUHOTS" />
   <index type="src_domain" value="plumacier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BUHOTS</head>
    <p>
    BUHOTS , subst. m. Terme de plumacier . Ce sont des plumes d'oie peintes qui servent d'étalage &amp; de montre sur les boutiques des Plumaciers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6204" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUJALEUF" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>BUJALEUF</head>
    <p>
    BUJALEUF , s. m. C'est le nom qu'on donne en Angoumois à la poire de virgoulé. La Quint. Voyez <ref type="search" target="head:VIRGOULÉ">VIRGOULÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6205" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUIES" />
   <index type="src_domain" value="" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>BUIES</head>
    <p>
    BUIES , s. m. &amp; pl. <i>Boii.</i> C'est selon M. de Valois le nom qu'on donne aujourd'hui aux peuples qui habitent en Gascogne le pays des anciens Boiens. Voyez <ref type="search" target="head:BOIEN">BOIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6206" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUIRE" />
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    <head>BUIRE</head>
    <p>
    BUIRE , ou BUYE, s. f. Espèce de broc d'argent, ou d'étain, dont on se sert aux buffets des bonnes tables. <i>Hydria, urceus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6207" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUIS" />
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    <head>BUIS</head>
    <p>
    BUIS , ou BOUÏS, s. m. <i>Buxus.</i> On dit toujours <i>Bouïs</i> dans la phrase proverbiale, Donner le <i>bouïs,</i> &amp; pour signifier un instrument de Cordonnier, dont on a parlé au mot Bouïs. Hors de là il n'y a guère que le peuple qui dise toujours <i>bouïs. Buis</i> est aussi, &amp; même plus usité parmi les gens qui parlent bien. Voici une description de cette plante plus exacte que celle qui est au mot Bouïs.</p><p>Le <i>buis</i> est un arbre de moyenne grandeur, &amp; qui est toujours couvert de feuilles. Sa racine est ligneuse, noueuse, fort dure &amp; bien vénée ; c'est pourquoi on la recherche pour les ouvrages du tour. Elle donne quelques jets de différente grosseur &amp; hauteur suivant leur âge, branchus &amp; couverts d'une écorce raboteuse, blanchâtre &amp; très-amère. Le bois en est très-dur, sans moële, d'une couleur tirant sur le jaune &amp; fort pesant. Ses branches sont garnies de feuilles opposées près-à près, portées par des queues assez courtes ; elles sont vertes, oblongues, sèches, fermes, d'une odeur &amp; d'un goût assez désagréable. De leurs aisselles naissent des bouquets de fleurs dont les unes sont stériles &amp; les autres fertiles ; les stériles sont composées de trois à quatre étamines à sommets jaunes qui naissent des échancrures d'une rosette coupée en quatre quartiers, &amp; soutenues par un calice à trois ou quatre petites feuilles d'un jaune tirant sur le verd. Les fleurs fertiles n'ont point d'étamines, &amp; poussent de leur centre un fruit qui ressemble en quelque manière à une marmite renversée, verdâtre, gros comme une petite noisette, &amp; divisé en trois loges, dans chacune desquelles il y a une capsule cartilagineuse qui par sa contraction pousse ordinairement avec violence ses semences noirâtres &amp; luisantes. Les feuilles du <i>buis</i> sont quelquefois panachées de jaune ou de blanc.</p><p>Il y a une espèce de <i>buis</i> qui ne s'élève jamais plus haut d'un pied ou deux : ses feuilles sont plus arrondies que celles de l'ordinaire : comme on se sert de cette espèce pour les bordures des parterres, on l'a nommé <i>buis à parterre.</i> Le <i>buis</i> ordinaire s'élève dans les jardins, &amp; on le taille en pyramide ou en boule. Le <i>buis</i> se trouve communément aux environs de Lyon, du côté de Genève, de Nantua, de S. Claude, &amp; au pied des montagnes du Dauphiné. On a cru que le bois de <i>buis</i> &amp; sa rapure étoit aussi bonne que le Gayac pour les tisannes dessicatives. Fernel assure que <pb n="762" facs="bpt6k8542165/f802/full/1200,/0/native.jpg"/>ses feuilles sont purgatives. On recommande l'huile de <i>buis</i> pour les maux de dents. On dit couleur de <i>buis,</i> d'une couleur jaune qui approche de celle du bois de <i>buis.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BOUÏS">BOUÏS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6208" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUIS" />
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    <head>BUIS</head>
    <p>
    BUIS , s. m. Contrée de France dans le Dauphiné, appellée communément le Bailliage de Buis, ou les Baronies. <i>Bruxiensis tractus,</i> ou <i>ager, Baroniae.</i></p><p>Le <i>Buis, Buxium,</i> petite Ville, qui en est un des principaux lieux, lui donne son nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6209" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUISART" />
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    <head>BUISART</head>
    <p>
    BUISART , ou BUSART, subst. masc. Oiseau de proie. <i>Buteo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6210" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUISINE" />
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    <head>BUISINE</head>
    <p>
    BUISINE , s. f. Vieux mot qui signifioit autrefois un instrument de Musique. <i>Buccina pastoritia.</i> Quelques-uns prétendent que c'est un sistre, comme on le trouve en quelques Dictionnaires : d'autres que c'est une trompette, &amp; le dérivent de <i>buccina</i>, de <i>bucca</i> &amp; de <i>cano</i> : d'autres, que c'est un hautbois, &amp; le dérivent de <i>buis,</i> dont il est fait. Quoiqu'il en soit, c'étoit un instrument qui faisoit beaucoup de bruit, &amp; dont les Anciens croyoient que se serviroit l'Ange de l'Apocalypse qui annonceroit le Jugement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6211" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUISSON" />
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    <head>BUISSON</head>
    <p>
    BUISSON , s. m. Petit bois de haute fùtaie, ou de taillis. <i>Nemus, silvula.</i> Quand un bois ne contient que 30. ou 40. arpens, les Maîtres des Eaux &amp; Forêts ne l'appellent qu'un <i>buisson.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6211" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUISSON" />
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    <head>BUISSON</head>
    <p>
    Buisson , se dit plus communément d'un petit arbre avorté, ou des bois peu estimés qui sont dans les forêts ; qui ne croissent guère. <i>Dumus.</i> On fait quinze ou vingt lieues dans la Beauce sans trouver ni arbre, ni <i>buisson.</i> Un <i>buisson</i> de houx, d'épines, de genêt.</p><p>Ce mot peut venir d'<i>arbutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6211" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUISSON" />
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    <head>BUISSON</head>
    <p>
    Buisson ardent , se dit aussi d'un arbrisseau qu'on appelle autrement <i>Aubépin,</i> &amp; en Latin <i>Oxyacantha Dioscoridis.</i> Les Rabbins disent que le <i>buisson</i> en feu que Moise vit, étoit d'aubépin, d'où cet arbrisseau a pris son nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6211" id="4" type="">
   <index type="head" value="BUISSON" />
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    <head>BUISSON</head>
    <p>
    Buisson . Terme de Jardinier . Arbre que l'on tient bas &amp; petit, &amp; que les Jardiniers, par le moyen de la taille, obligent à prendre la figure qu'ils veulent. <i>Arbor coactae brevitaiis.</i> Voilà des <i>buissons</i> bien conduits. Ces <i>buissons</i> sont tout estropiés. Des <i>buissons</i> de romarin, de chèvrefeuil, &amp;c.</p><p>On le dit sur-tout des arbres fruitiers, que l'on nomme autrement arbres nains, arbres en <i>buisson,</i> &amp; que quelques Provinciaux appellent arbres en bouquet. Les <i>buissons</i> ont cinq ou six pouces de tige, &amp; on leur donne de l'ouverture au milieu, &amp; de l'étendue sur les côtés, pour en faire des arbres d'une agréable figure. C'est ce qui les distingue des grands arbres fruitiers, qu'on appelle <i>à plein vent.</i> Il y a de beaux <i>buissons</i> dans ce verger. Les gros <i>buissons</i> de pommes sur sauvageon sont difficiles à rapporter. La Quint. Un <i>buisson</i> pour être de belle figure doit être bas de tige, ouvert dans le milieu, rond dans sa circonférence, &amp; également garni sur les côtés : de ces quatre conditions la plus importante est celle qui prescrit l'ouverture du milieu ; comme le plus grand défaut est celui de la confusion de trop de bois dans ce milieu. La Quint. Resserrer un <i>buisson</i> qui s'évase trop. Id.</p><p>On dit en termes de Chasse , que les cerfs prennent <i>buisson,</i> quand ils vont choisir un lieu secret pour faire leurs têtes après qu'ils ont mis bas. On dit aussi, que les cerfs &amp; les sangliers prennent le <i>buisson,</i> quand ils quittent la compagnie des autres ; ce qui se fait au tiers an. Battre les <i>buissons</i> pour faire lever le gibier.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a battu les <i>buissons,</i> &amp; qu'un autre a pris les oiseaux ; pour dire, qu'un homme recueille le profit du travail d'un autre. On dit aussi, qu'on a trouvé <i>buisson</i> creux, lorsqu'on n'a pas trouvé en une affaire, ou en un lieu, ce qu'on espéroit d'y rencontrer. Ce proverbe est figuré, &amp; tiré de la chasse, où on dit qu'on a trouvé <i>buisson</i> creux, quand on n'a rien trouvé, ou qu'un cerf s'en est allé de l'enceinte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6212" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUISSONNIER, IÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BUISSONNIER, IÈRE</head>
    <p>
    BUISSONNIER, IÈRE adj. Paresseux, qui se va cacher, ou reposer derrière un <i>buisson,</i> au lieu de faire sa besogne. <i>segnis, ignavus, iners.</i> Cela n'est guère en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6212" id="2" type="rotisseur">
   <index type="head" value="BUISSONNIER, IÈRE" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>BUISSONNIER, IÈRE</head>
    <p>
    Buissonnier . Ce mot est aussi un terme de Rôtisseur , &amp; se dit des lapins qui sont nourris dans quelque clos parmi les haies &amp; les buissons. Les lapins <i>buissonniers</i> sont presqu'aussi bons que les lapins de garenne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6212" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUISSONNIER, IÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>BUISSONNIER, IÈRE</head>
    <p>
    Buissonnier , est aussi un Officier de ville, ou Garde de la Navigation, qui doit donner avis aux Echevins des contraventions qui se font aux règlemens ; qui doit dresser des procès verbaux de l'état des ponts, moulins, &amp; pertuis, &amp; de l'état des rivières, s'il y a aucuns orbillons, ou coursons en fond d'eau qui puissent blesser les bateaux.</p><p>On dit proverbialement, faire l'école <i>buissonnière,</i> pour dire, Aller jouer, se divertir, au lieu d'aller à l'école. Borel dit que l'école est appellée <i>buissonnière,</i> lorsqu'on la fréquente si peu, que les ronces &amp; les buissons y naissent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6213" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BULBE" />
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    <head>BULBE</head>
    <p>
    BULBE , s. f. Terme de Botanique . C'est une racine oblongue ou presque ronde, composée de plusieurs peaux, ou tuniques appliquées les unes sur les autres, &amp; emboîtées, pour ainsi dire, les unes dans les autres. <i>Bulbus.</i> Elle jette par sa partie inférieure quantité de fibres. Les racines de l'oignon commun, du narcisse, de la jacinte, &amp;c. sont appellées des <i>bulbes.</i> On donne quelquefois ce même nom à des racines tubéreuses, composées d'une substance solide &amp; continue, quoiqu'elles n'aient point de peaux appliquées les unes sur les autres. Ainsi les racines du safran &amp; du colchique sont appellées <i>bulbeuses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6213" id="2" type="">
   <index type="head" value="BULBE" />
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    <head>BULBE</head>
    <p>
    Bulbe , se dit aussi de plusieurs plantes, dont quelques-unes sont des espèces <i>d'ornithogalum.</i> Celle qu'on appelle <i>bulbus eriophorus orientalis</i> a beaucoup de feuilles longues, presque semblables à celles de jacinte ; mais moins succulentes, plus dures, vertes &amp; de mauvais goût. Ses fleurs sont composées de six petites feuilles disposées en rond, sans odeur, &amp; de couleur bleue. Sa racine est grosse, bulbeuse, blanche &amp; cotonnée. Il y a une espèce de <i>bulbe,</i> qu'on nomme <i>bulbe sauvage,</i> qui a les feuilles comme les porreaux, mais en petit nombre, car elle n'en a qu'une ou deux. Ses fleurs sont jaunes, composées de six petites feuilles, &amp; disposées aussi en rond. Il y a plusieurs autres sortes de <i>bulbes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6214" id="1" type="">
   <index type="head" value="BULBEUX, EUSE" />
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    <head>BULBEUX, EUSE</head>
    <p>
    BULBEUX, EUSE . adj. Qui participe de la nature d'une <i>bulbe,</i> ou qui en vient. <i>Bulbosus.</i> Une racine est appellée <i>bulbeuse,</i> lorsqu'elle participe de la nature d'une <i>bulbe.</i> Une plante est aussi appellée <i>bulbeuse,</i> lorsqu'elle vient d'une racine <i>bulbeuse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6215" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BULBONAC" />
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    <head>BULBONAC</head>
    <p>
    BULBONAC , s. m. Terme de Botanique . <i>Lunaria,</i> ou <i>viola lunaria.</i> Plante ainsi nommée à cause que la racine de l'espèce ordinaire est noueuse &amp; grumelée, d'où s'élève une tige haute de deux à trois pieds, grosse comme le petit doigt au plus, d'un verd blanchâtre, rougeâtre, quelquefois velue, branchue dès son milieu, &amp; garnie de feuilles semblables à celles de la violette, mais plus grandes, d'un verd plus clair &amp; plus gai, velues, &amp; plus dentelées sur leurs bords. Ses fleurs naissent aux extrémités des tiges &amp; des branches, &amp; sont en croix, pareilles à celles de la Juliane &amp; purpurines. Leur calice est de même lavé de pourpre ; elles n'ont pas beaucoup d'odeur : il leur succède à chacune un fruit plat, arrondi quelquefois, &amp; quelquefois allongé, formé par le pistile qui occupe le centre de la fleur, &amp; composé de trois peaux appliquées les unes sur les autres parallèlement ; les deux extérieures couvrent la moyenne, à laquelle sont attachées de part &amp; d'autre ses semences qui sont plates, lenticulaires &amp; taillées en pin. C'est de cette membrane, qui est d'un blanc si luisant, ou argenté, que sont venus les noms d'herbe aux médailles, de passesatins &amp; de lunaire, que l'on donne à cette plante. On peut manger ses racines comme celles de la raiponce, elles ont le même goût. Toutes les plantes qui portent le nom de <i>lunaria</i> sont recherchées par les Chymistes. Ils ne parviendront cependant jamais à leur grand oeuvre prétendu par le mélange du règne végétal avec le minéral, puisqu'il n'y a aucune plante qui puisse changer la tissure des parties essentielles des métaux. On range parmi les <i>lunaria</i> quelques plantes qu'on nommoit anciennement <i>Alysson.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6216" id="1" type="">
   <index type="head" value="BULGAR" />
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    <head>BULGAR</head>
    <p>
    BULGAR , ou BOLGAR, s. m. Royaume de la Tartarie Moscovite. <i>Bulgaria.</i> Il est le long du bord Oriental du Volga, ayant au Nord le Royaume de Cazan, au Sud celui d'Astracan, au Levant le Pascatir, &amp; les Tartares Kalmoucks. Maty. On croit que les Tartares de <i>Bulgar</i> sont les restes des Orgases, peuples de la Scythie, qui se jettèrent avec les Alains sur les terres de l'Empire. Les Tartares de <i>Bulgar</i> sont soumis aux Moscovites, depuis le <pb n="763" facs="bpt6k8542165/f803/full/1200,/0/native.jpg"/>Czar Jean Basile qui les assujettit. Ils logent sous des tentes de peaux, dont ils forment des hordes, ou villages qu'ils transportent d'un lieu en un autre selon le besoin. Voyez Audiffret, Davity, Corneille, Maty, Baudrand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6217" id="1" type="">
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    <head>BULGARE</head>
    <p>
    BULGARE , s. m. &amp; f. <i>Bulgarus, a.</i> Nom d'un peuple d'Europe qui habitoit dans la Moesie inférieure sur le bord du Danube ; mais bien des gens prétendent qu'ils étoient venus de plus loin, qu'ils étoient originairement Scythes ; que leur nom, ainsi que Volaterran l'a cru, vient de celui du Volga, des rives duquel ces peuples partirent l'an 499. &amp; vinrent s'établir dans l'ancienne Moesie, qu'ils enlevèrent aux Empereurs Romains, &amp; à laquelle ils donnèrent le nom de Bulgarie, qu'elle a toujours gardé depuis. D'autres disent que c'étoit une branche des Gètes &amp; des Gépides. Il est néanmoins plus probable que les <i>Bulgares</i> sont Scythes ; qu'eux &amp; les Turcs ont tiré leur origine du Royaume de Bulgar, ou Bolgar, dont nous avons parlé ; &amp; la preuve est, outre la ressemblance parfaite du nom, qu'ils ont une même langue, les mêmes moeurs, &amp; la même manière de combattre. Cela confirme l'étymologie de Volateran. Quoiqu'il en soit, l'an 500. ils étoient établis dans la Moesie, &amp; ils firent cette année-là un Traité de paix avec l'Empereur Anastase. Quoique Telerich leur Roi eût embrassé la Foi dès 779. &amp; Boger en 845. les <i>Bulgares</i> ne se firent Chrétiens qu'en 970.</p><p>Les <i>Bulgares</i> donnèrent dans la suite dans les erreurs monstrueuses, &amp; dans toutes les abominations des Manichéens, qu'ils répandirent même dans bien des endroits de l'Europe &amp; jusqu'en France, où on les appella communément Albigeois, ainsi que nous l'avons dit sur ce mot. De-là vient que dans bien des Auteurs depuis le XIIe. siècle <i>Bulgare,</i> ou <i>Bugare,</i> est un nom de Secte, qui signifie la même chose que Manichéen ; &amp; que le Manichéisme s'appelle l'hérésie des <i>Bulgares.</i> On voit en effet dans Matthieu Paris à l'an 1223. que les <i>Bulgares</i> avoient un Pontife qui demeuroit en Bulgarie, aux environs de la Croatie &amp; de la Dalmatie proche de Hongrie, &amp; que les Albigeois vrais Manichéens alloient le consulter, &amp; recevoir ses décisions.</p><p>Leurs crimes détestables firent encore que leur nom devint un nom odieux, un nom de débauche, de sorte que <i>Bulgare,</i> ou, comme on trouve dans quelques Auteurs, <i>Bugare</i> signifie un Sodomite, un Ctenobatre, &amp; un usurier, parce qu'ils se livroient à tous ces vices. Malgré tout cela les Protestans reconnoissent les <i>Bulgares</i> pour leurs pères, &amp; n'ont point de honte de prouver par eux la succession prétendue de leur Eglise. Quelques relations disent <i>Bulgariens,</i> mais mal ; l'usage est pour <i>Bulgare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6218" id="1" type="">
   <index type="head" value="BULGARIE" />
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    <head>BULGARIE</head>
    <p>
    BULGARIE , s. f. Pays qu'ont occupé les Bulgares, &amp; auquel ils ont donné leur nom. <i>Bulgaria.</i> Ce pays étoit une partie de la Moesie inférieure, comme nous avons dit. Aujourd'hui la <i>Bulgarie</i> est une Province de Turquie en Europe, qui a pour bornes au Nord la Valaquie, à l'Occident la Servie, au Midi la Macédoine, &amp; la Thrace en partie ; &amp; à l'Orient le Pont-Euxin &amp; la même Thrace. Sophie est la Capitale de <i>Bulgarie.</i> La <i>Bulgarie</i> a eu ses Rois, &amp; titre de Royaume, qui fut subjugué par les Rois de Hongrie, auxquels les Turcs l'ont enlevé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6219" id="1" type="">
   <index type="head" value="BULLAIRE" />
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    <head>BULLAIRE</head>
    <p>
    BULLAIRE , s. m. est un Recueil de plusieurs Bulles des Papes, ramassées en trois volumes par Chérubin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6220" id="1" type="">
   <index type="head" value="BULLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>BULLE</head>
    <p>
    BULLE , s. f. Expédition de Lettres en Chancellerie Romaine, scellées en plomb, qui répondent aux Edits, Lettres patentes, &amp; Provisions des Princes séculiers. <i>Pontificiae Litterae, Pontificium Diploma, vulgò, Bulla.</i> Si les <i>Bulles</i> sont lettres gracieuses, le plomb est pendant en lacs de soie ; &amp; si ce sont Lettres de Justice, &amp; exécutoires, le plomb est pendant à une cordelle de chanvre. Les Jubilés s'octroient par <i>Bulles.</i> On ne sacre point les Evêques qu'ils n'aient leurs <i>Bulles.</i> En Espagne on expédie des <i>Bulles</i> pour toutes sortes de bénéfices. Mais en France on n'a que de simples signatures en papier, à la réserve des Evêchés, Abbayes, Dignités &amp; Prieurés Conventuels. La <i>Bulle</i> est la troisième sorte de rescrit Apostolique, qui est le plus en usage, tant pour les affaires de Justice, que pour les affaires de grace : elle est écrite sur parchemin, à la différence de la signature qui est écrite en papier. La <i>Bulle</i> est proprement une signature étendue, &amp; ce qu'elle contient en peu de paroles la <i>Bulle</i> l'étend ; néanmoins elle ne doit pas être, quoiqu'étendue, plus ample que la signature, si ce n'est pour les clauses qu'on a coutume d'étendre selon le style. La <i>Bulle,</i> en la forme qu'elle doit être expédiée, se divise en quatre parties, qui sont la narration du fait, la conception, les clauses &amp; la date. Dans la salutation le Pape prend la qualité d'Evêque serviteur des serviteurs de Dieu. <i>N. Episcopus servus servorum Dei.</i> Auboux.</p><p>La <i>Bulle</i> n'est proprement que le sceau ou le plomb pendant qui donne son nom au titre, parce qu'il lui donne son autorité ; &amp; généralement tout rescrit où il y a plomb pendant s'appelle <i>Bulle.</i> Ce plomb représente d'un côté les têtes de S. Pierre à droit, &amp; de S. Paul à gauche ; de l'autre côté est écrit le nom du Pape régnant, &amp; l'an de son Pontificat. Auboux. Jean Ciampini, Référendaire des deux signatures, remarque dans son <i>Traité du Vice-Chancelier de l'Eglise Romaine,</i> que les <i>Bulles</i> sont écrites d'un caractère qui ressemble aux caractères François, c'est-à-dire, d'un caractère rond, ou Gothique, &amp; que cet usage s'établit lorsque les Papes tenoient leur siége à Avignon ; que les Brefs au contraire, dont l'origine est bien après celle des <i>Bulles,</i> sont écrits d'un caractère Italique.</p><p>Les Bénéfices dont le revenu excède ving-quatre ducats ne sont possédés que sur des provisions qui s'expédient par <i>bulles,</i> &amp; non pas par simples signatures, suivant une règle de la Chancellerie. La France n'a point voulu se soumettre à cette règle, &amp; à l'exception des bénéfices qui sont taxés dans les livres de la Chambre Apostolique, elle s'est conservée dans le droit de n'exprimer le revenu du bénéfice qu'on impètre qu'en général, en cette manière, <i>Cujus &amp; illi forsan annexorum fructus</i> 24 <i>ducatorum auri de camera, secundùm communem aestimationem, valorem annuum non excedunt.</i> Les Bénéfices à l'égard desquels on est obligé de lever à Rome des <i>Bulles</i> sont ; 1°, Tous les Bénéfices qui se trouvent taxés aux livres de la Chambre Apostolique, comme Evêchés, Abbayes, quelques Prieurés conventuels. 2°, Les premières dignités des Eglises Cathédrales, qui s'expriment ainsi, <i>Dignitas post pontificalem major.</i> 3°, Les principales dignités des Eglises Collégiales. 4°, Enfin, les monastères de filles. Ce n'est pas que dans les cas où l'on demande des <i>Bulles</i> à Rome, les suppliques ou signatures simples ne fussent reçues en France ; mais les Officiers de la Cour de Rome sont si attentifs, qu'ils ne relâchent jamais les suppliques, que les <i>Bulles</i> n'aient été expédiées. Castel.</p><p>Quand le Pape est mort on n'expédie plus de <i>Bulles,</i> durant la vacance de siége, &amp; jusqu'à l'élection du Successeur ; ainsi, pour prévenir les abus qui pourroient se glisser, aussi-tôt que le Pape est mort, le Vice-Chancelier de la sainte Eglise Romaine va prendre le sceau des <i>Bulles,</i> puis il fait rompre en présence de plusieurs personnes le nom du Pape qui vient de mourir ; il couvre d'un linge le côté où sont les têtes de S. Pierre &amp; de S. Paul, il y met son sceau, &amp; donne ce sceau des <i>Bulles</i> ainsi enveloppé au Camérier pour le garder, afin qu'on n'en puisse sceller aucunes lettres. Ordre des Rits Ecclés.</p><p>On dérive ce mot de <i>Bulle</i> de <i>bullare,</i> qui signifie <i>cacheter des lettres</i> ; ou de <i>bulla,</i> qui signifie aussi <i>ampoule,</i> ou vessie qui se forme sur l'eau quand l'air en veut sortir. Un vieux Glossaire manuscrit cité par le P. Rosweid, p. 1019. dit <i>Bullae Cerâ sigillatae. Bulles,</i> c'est-à-dire, Cires marquées d'un sceau, &amp; <i>bullare, sigillare,</i> Buller, c'est sceller. Les Grecs récens ont aussi dit . Voyez le Glossaire qui est à la tête de Nicetas de l'édition du Louvre, &amp; les Notes du P. Gretser sur Codinus, p. 207. édit. du Louvre. D'autres le dérivent du Grec , qui signifie, <i>conseil,</i> parce qu'il faut déliberer avant que d'en faire les expéditions. Le P. Pezron prétend qu'il est tiré du Celte <i>buill,</i> &amp; <i>bul,</i> qui signifie une <i>boule,</i> une <i>bouteille</i> ronde qui se forme sur l'eau ; mais où a-t-il trouvé que <i>buil,</i> ou <i>bul,</i> fut un mot Celtique qui eût ce sens ?</p><p>
    </p>
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    <head>BULLE</head>
    <p>
    Bulle , s. f. Bijou d'or que les enfans de qualité portoient au col chez les Romains. Ce fut Tarquin le vieux qui ordonna que les enfans Patriciens portassent une bague d'or pendue au col, dite <i>bulla,</i> laquelle étoit faite en forme de coeur, pour les avertir en ce jeune âge d'être gens de courage &amp; de conseil ; car quelques-uns veulent dériver ce mot <i>bulla</i> de . Vigen. C'étoit aussi un ornement de ceux qui triomphoient. Il y a dans le Cabinet du Roi de Prusse une statue d'un jeune Romain <pb n="764" facs="bpt6k8542165/f804/full/1200,/0/native.jpg"/>avec sa <i>bulle.</i> Voyez-en la figure dans Beger, T. II. p. 360.</p><p>
    </p>
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    <head>BULLE</head>
    <p>
    Bulle , a aussi signifié des <i>clous à tête dorée,</i> &amp; des <i>bossettes,</i> qu'on mettoit aux brides &amp; harnois des chevaux : mais sur-tout il signifioit les sceaux attachés aux patentes &amp; Lettres des Princes, &amp; les matrices dont on se servoit pour les former, à cause qu'ils ressembloient en quelque façon à ces bouteilles, ou à ces têtes de clous.</p><p>
    </p>
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    <head>BULLE</head>
    <p>
    Bulle d'or , est une Ordonnance ou Règlement fait par Charles IV. Empereur en l'an 1356. On dit que ce fut le célèbre Jurisconsulte Bartole qui la dressa. C'est une loi fondamentale dans l'Empire. Avant ce temps-là les cérémonies, &amp; la forme de l'élection des Empereurs étoient douteuses &amp; incertaines ; &amp; le nombre des Electeurs n'étoit point fixé. Cet Edit solemnel règle les fonctions, les droits, les priviléges &amp; les prééminences des Electeurs. L'original, qui est Latin, &amp; écrit sur du vélin, est gardé à Francfort, relié <i>in</i>-4° en parchemin rouge. Au dos du livre sont passés plusieurs lacs de soie noire &amp; jaune, au bout desquels pend un sceau d'or. On l'appelle par excellence la <i>Bulle d'or,</i> parce que les Empereurs d'Orient faisoient autrefois sceller leurs Edits d'un <i>sceau d'or,</i> qu'on appelloit <i>bulle.</i> Cette Ordonnance, qui contient 30 articles, fut approuvée par tous les Princes de l'Empire, &amp; s'observe encore aujourd'hui. L'élection se faisoit par sept Electeurs ; trois Ecclésiastiques, les Archevêques de Maïence, Trèves &amp; Cologne ; &amp; quatre Séculiers, le Roi de Bohème, le Comte Palatin, le Duc de Saxe, le Marquis de Brandebourg ; &amp; par la <i>Bulle d'or,</i> le Comte Palatin marchoit après le Roi de Bohème ; mais il fut dépouillé de son Electorat en 1623. Le Duc de Bavière fut mis en sa place. Le Comte Palatin a été rétabli en 1648. par la paix de Munster : ainsi il est le huitième Electeur ; &amp; en 1692. l'on a érigé un neuvième Electorat en faveur de la Maison de Lunebourg. Henry Gunther Thulemarius a fait des Traités Latins, <i>De Bullis ; De Bullâ Aurea Caroli V. Bulla Aurea Andronici Imper. &amp;c.</i> C'est un <i>In-fol.</i> imprimé à Francfort en 1697.</p><p>Les <i>Bulles d'or</i> ont été en usage chez les Empereurs d'Orient dès le temps de Louïs le Débonnaire : on s'en servoit dans les actes de grande conséquence, comme en la concession des priviléges des Eglises. Aux autres occasions ils se servoient de plomb, ou de cire. Voyez sur les <i>Bulles d'or</i> des Empereurs, Zonaras <i>in Theophilo,</i> Cedrenus <i>in Constantino Monomach.</i> Nicetas <i>in Manuel Comn. L. I.</i> Phrances, <i>L. III. C.</i> 4. Leo Ostiensis <i>Chron. Cass. C.</i> 22. <i>&amp; C.</i> 67. Curopalates <i>de Offic. magni Logoth.</i> &amp; de Hauteserre, <i>Duc. &amp; Com. Prov. L.</i> 3. <i>C.</i> 4. &amp; dans ses notes sur Anastase, p. 160. Spelmannus fait mention d'une <i>Bulle d'or</i> dans un Traité d'alliance fait entre le Roi François I. &amp; Henry VIII. Roi d'Angleterre. Il y en a plusieurs autres exemples dans Du Cange &amp; dans de Hauteserre, <i>De Duc. &amp; Comit. Prov. L. III. C.</i> 4. où il montre que les Rois se donnèrent aussi ce droit.</p><p>La <i>Bulle in Coena Domini,</i> est une <i>Bulle</i> qu'on lit tous les ans le Jeudi Saint à Rome, en présence du Pape, &amp; qui contient plusieurs excommunications contre les Hérétiques, les désobéissans au S. Siége, ceux qui troublent, ou qui veulent restreindre la Jurisdiction Ecclésiastique, &amp; plusieurs cas réservés. On la trouve dans la Pratique Bénéficiaire de Rebuffe. Elle n'est pas reçue en France.</p><p>Fulminer des <i>Bulles,</i> c'est en faire la publication ou vérification par l'un des trois Commissaires auxquels elles sont adressées, soit qu'il soit Evêque, soit qu'il soit Official. On s'oppose quelquefois à la publication des <i>Bulles,</i> ou des Rescrits du Pape. Mais quand il s'y trouve de l'abus l'on a pour lui le respect de n'appeller pas directement de la concession de la <i>Bulle</i> ; on interjette simplement appel comme d'abus de l'exécution ou fulmination de la <i>Bulle.</i> C'est un expédient pour ne point choquer le Pape, en ne se plaignant que de la procédure, &amp; de la partie qui a obtenu la <i>Bulle.</i> Cependant il y a des cas importans, dans lesquels on appelleroit sans détour comme d'abus de la <i>Bulle</i> du Pape ; par exemple, s'il prononçoit l'excommunication contre la personne du Roi ; s'il entreprenoit sur le temporel du Royaume ; s'il disposoit des Bénéfices dont la nomination appartient au Roi par le Concordat, &amp;c. Voyez le <i>Traité de l'abus</i> par Fevret.</p><p>Les <i>Bulles</i> qui viennent de Rome en France sont limitées &amp; modérées selon les usages du Royaume, avant que de les enregistrer. On n'y en reçoit aucunes, qu'après avoir bien examiné, si elles ne contiennent rien qui soit contraire aux libertés de l'Eglise Gallicane. Il suffit en France que ces mots, <i>proprio motu,</i> c'est-à-dire, <i>de notre propre mouvement,</i> se trouvent dans une <i>Bulle,</i> pour la rejetter toute entière. Les Espagnols ne reçoivent point non plus aveuglément les <i>Bulles</i> des Papes. Elles sont examinées dans le Conseil du Roi ; &amp; si l'on trouve qu'il y ait des raisons pour ne les pas mettre en exécution, l'on en donne avis au S. Père par une Supplique ; &amp; par ce moyen ces <i>Bulles</i> demeurent sans effet. Cette manière d'agir avec Rome est établie dans la plupart des Etats &amp; des Royaumes. On en trouve plusieurs exemples dans un livre imprimé à Liége, qui a pour titre, <i>Jus Belgarum circà Bullarum Pontificiarum receptionem,</i> c'est-à-dire, <i>le droit des Flamands à l'égard de la réception des Bulles des Papes.</i></p><p>Les Bollandistes ont fait plusieurs remarques curieuses sur les <i>Bulles</i> des Papes dans leur <i>Propilaeum</i> du mois de Mai, &amp; dans des <i>Paralipomena,</i> ou additions qui se trouvent communément à la fin du VIIe Tome des <i>Acta SS.</i> du même mois. 1°, Innocent V. dans une <i>Bulle,</i> qu'il donna aussi-tôt qu'il fut élu, &amp; avant sa consécration, ne met point son nom, mais seulement <i>Electus Episcopus, servus servorum Dei,</i> &amp; il dit que c'est la coutume, &amp; que tous ses prédécesseurs en ont ainsi usé. 2°, Dans une <i>Bulle</i> que Martin Ve donna le jour même de son élection, quoiqu'il ne fut encore ni Evêque, ni même Prêtre, il prend le titre d'Evêque, mais seul, &amp; sans mettre <i>electus,</i> comme Innocent V. &amp; il met son nom. <i>Martinus Episcopus, servus servorum Dei.</i> 3°, Depuis 800. ans le sceau des <i>Bulles</i> est de plomb, &amp; représente S. Pierre &amp; S. Paul, &amp; ils montrent qu'on n'en peut tirer aucun avantage pour l'opinion des deux chefs <i>ex aequo.</i> Ce n'est point Hadrien IV. qui en 1153. a commencé d'y mettre les images de ces deux Apôtres. Victorieuses a cru que Jean premier étoit celui qui avoit commencé à apposer aux <i>Bulles</i> un sceau de plomb, sur lequel fût son nom. Le P. Mabillon n'a osé remonter plus haut que Jean IV. Les Bollandistes soutiennent que si on compare les deux sceaux, sur lesquels Victorieuses se fonde avec les <i>Bulles</i> indubitables d'Hadrien I. de Paschal I. de Nicolas I. on trouvera que ces sceaux sont du même siècle, c'est-à-dire, du IXe, &amp; par conséquent de Jean VIIIe. 4°, Au VIIIe siècle le sceau fut quarré, &amp; son caractère barbare. 5°, Le P. Mabillon, <i>De Re diplom. L. II. C.</i> 14. dit qu'il a vû des priviléges de Jean IVe, &amp; de Sergius 1er, avec chacun une <i>Bulle,</i> ou sceau de plomb, ce qui montre selon lui que Polydore Virgile s'est trompé, de rapporter le commencement de cet usage à Etienne IIIe &amp; Hadrien 1er. Dominicus Raynaldus prétend qu'il est bien plus ancien, &amp; cite une <i>Bulle</i> de plomb de S. Silvestre, &amp; d'autres de Léon premier, &amp; de S. Grégoire le Grand ; mais quand cela seroit vrai de S. Grégoire, il ne peut l'être de S. Silvestre, ni même de S. Léon. 6°, Jusqu'à Jean XIIIe, il n'y a sur la <i>Bulle,</i> ou sur le sceau, que le nom du Pape. 7°, Dans le XIe siècle on y innova bien des choses. On commença à y marquer l'année de l'Incarnation ; &amp; selon le P. Mabillon ce fut Léon IXe qui introduisit cet usage, parce qu'il étoit de la famille des Empereurs de Germanie qui l'observoient, qu'il avoit été Evêque de Toulon où cet usage se gardoit, &amp; qu'il avoit pour Secrétaire le Doyen de Toul qui y étoit accoutumé ; Ciaconius a cru qu'on n'avoit commencé que sous Eugène IVe. Au reste, par <i>année de l'Incarnation,</i> il faut entendre de la Nativité de Jesus-Christ. On changea aussi le commencement de l'indiction &amp; du mois de Septembre, on le recula jusqu'à Noël. 8°, Au même siècle, ou sous le même Léon IXe, commença l'usage de faire souscrire des témoins aux <i>Bulles</i> des Papes ; ce qui ne se faisoit auparavant que lorsque ces sortes de lettres se signoient dans un Concile, &amp; qui commença alors à l'occasion d'un Concile tenu à Metz, où quelques Evêques du Concile étoient encore, quand Léon donna le privilége où cela s'est fait la première fois. 9°, Le même Pape est celui qui exprima le premier par un monogramme la formule <i>Benè valete,</i> par laquelle on finissoit les <i>Bulles,</i> au moins depuis Charlemagne. 10°, Enfin, ce fut au même temps que les Papes commencèrent à <pb n="765" facs="bpt6k8542165/f805/full/1200,/0/native.jpg"/>prendre des sentences, à les mettre sur leur sceau, à y graver des croix, &amp; plusieurs autres choses emblématiques. Voyez Ciaconius, le P. Mabillon aux endroits cités, &amp; les <i>Acta Sanctus. Propylaeum Maii, p.</i> 99. <i>&amp;</i> 190. <i>&amp; Paralipom. pag.</i> 33, 48, 59, 87, 105, 112. De Hauteserre, <i>De Duc. &amp; Comit. Prov. L. III. c.</i> 4. dit que les Papes se servent d'une <i>Bulle</i> ou sceau de plomb pour marquer leur mépris pour l'or &amp; pour l'argent.</p><p>
    </p>
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    <head>BULLE</head>
    <p>
    Bulles , en Physique, signifie de petits globules d'air qui paroissent dans l'eau lorsqu'elle s'échauffe. <i>Bullae.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BULLE</head>
    <p>
    Bulle . Vieux mot. Arbre naissant dans des lieux humides. <i>Arbor palustris, in locis palustribus successifs.</i> Des <i>Bulles,</i> qui sont des arbres naissans dans des lieux humides, s'est fait le nom de lieu <i>Pully.</i> Huet. <i>Antiq. de Caën.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BULLE</head>
    <p>
    Bullé, ée , adj. Qui est en forme authentique. <i>Bullâ instructus.</i> J'ai eu ma commission bien signée &amp; bien <i>bullée.</i> On dit aussi quelquefois un bénéfice <i>bullé,</i> une Abbaye <i>bullée ;</i> pour dire, un bénéfice Consistorial, pour lequel il faut des Bulles du Pape. On dit aussi Abbé <i>bullé,</i> pour un Abbé qui a un bénéfice de cette espèce. On dit aussi M. l'Abbé tel n'est point encore <i>bullé,</i> pour dire, n'a point encore reçu ses Bulles. On ne le dit que dans la conversation &amp; dans le discours familier.</p><p>
    </p>
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    <head>BULLETTE</head>
    <p>
    BULLETTE , ou BURLETTE, s. f. Terme de Coutumes . Le droit de <i>bullette,</i> ou <i>burlette,</i> dans le pays Messin, pour les biens en fond, est le quarantième denier des acquisitions, &amp; pareillement le quarantième denier des obligations. De Laurière.</p><p>
    </p>
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    <head>BULLETIN</head>
    <p>
    BULLETIN , s. m. Ordre que donnent des Echevins ou Magistrats d'une ville pour loger des soldats, pour faire des corvées, ou les obliger à quelque autre charge publique. <i>Schedula Magistratûs testimonium continens.</i></p><p>
    </p>
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    <p>
    Bulletin , se dit aussi des certificats de santé qu'on va prendre des Magistrats en temps de peste, pour avoir libre entrée dans les lieux où on a à passer.</p><p>
    </p>
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    <head>BULTEAU</head>
    <p>
    &#9758; BULTEAU , s. m. Terme d'Eaux &amp; Forêts . Mettre des arbres en <i>bulteau</i> ou têtars, c'est-à-dire, couper la tête des arbres. <i>Confer. de l'Ord. des Eaux &amp; Forêts.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BUMICILI</head>
    <p>
    BUMICILI , s. m. Nom d'une secte Mahométane en Afrique. Les <i>Bumicilis</i> sont grands sorciers. Ils combattent contre les Diables, à ce qu'ils disent, &amp; vont tout meurtris &amp; couverts de coups, dans un grand effroi ; souvent en plein midi ils contrefont un combat en présence de tout le monde l'espace de deux ou trois heures, avec des javelots, ou zagayes, jusqu'à ce qu'ils tombent tous moulus de coups. Mais après s'être reposé un moment, ils reprennent leurs esprits, &amp; se promenent. Je n'ai encore pû sçavoir quelle est leur règle ; mais on les tient pour Religieux. Marm. d'Ablanc.</p><p>
    </p>
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    <head>BUNETTE</head>
    <p>
    &#9758; BUNETTE , s. f. Petit oiseau. C'est une espèce de moineau de haie, d'un plumage gris, moins gros que la fauvette, mais plus gros que le roitelet. Il fait son nid dans les haies, soit vives, soit mortes, avec un peu d'herbe sèche, de la mousse verte, &amp; du crin en dedans, à la hauteur de la ceinture, ou tout au plus des épaules d'un homme d'une taille ordinaire. <i>Observ. sur les Ecr. mod.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BUNIAS</head>
    <p>
    BUNIAS , s. m. Ce mot est en usage chez les Botanistes &amp; les Droguistes. Le <i>bunias</i> est le navet sauvage, qui croît ordinairement dans les blés. Il a quantité de feuilles, des fleurs jaunes ; quelquefois il y en a quelques-unes blanches. Les gousses qui renferment la semence sont de la longueur d'un pouce, ou d'un pouce &amp; demi, rondes en longueur : la semence est ronde, de couleur purpurine, acre &amp; mordicante au goût, &amp; en tout fort approchante de la semence du navet domestique. La graine de <i>bunias</i> entre dans la composition de la thériaque, ce qui lui est propre, &amp; ne convient point à la graine du navet domestique. Pomet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUPRESTE</head>
    <p>
    BUPRESTE , s. f. est une mouche semblable à la cantharide, laquelle étant mangée avec l'herbe, sous laquelle elle est cachée par les animaux paissans, comme boeufs, moutons &amp; autres, les fait mourir enflés comme un tambour. <i>Buprestis.</i> Pour cette cause elle est appellée des bergers <i>enfle-boeuf.</i> Et si un homme en mange il aura pareils accidens que s'il avoit pris des cantharides. Ceux qui en ont avalé ont un goût puant &amp; semblable à celui du nître ; le ventre &amp; l'estomac leur tirent étrangement comme aux hydropiques. M. de Saumaise prétend que la <i>bupreste</i> étoit aussi une herbe dont les Grecs se faisoient un ragoût dans leurs repas.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>bos,</i> &amp; , <i>inflo.</i></p><p>
    </p>
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    <head>BURAIL</head>
    <p>
    BURAIL , s. m. est une espèce de serge ou de ratine. Il y a du <i>burail</i> lisse, du <i>burail</i> croisé, &amp; du <i>burail</i> d'étoupes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6229" id="1" type="">
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    <head>BURAT</head>
    <p>
    BURAT , s. m. Grosse étoffe de laine qui tient quelque chose du drap, &amp; dont les Capucins &amp; autres Religieux sont habillés. <i>Pannus lanâ rudiore contextus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6230" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURATÉ, ÉE" />
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    <head>BURATÉ, ÉE</head>
    <p>
    BURATÉ, ÉE , adj. Qui participe à la nature de la bure. Etamine <i>buratée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6231" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURATINE" />
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    <head>BURATINE</head>
    <p>
    BURATINE , ou BURATIN. Espèce de papeline dont la chaîne est de soie fort déliée, &amp; la trème de grosse laine. On la passe sous la calandre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BURDIN</head>
    <p>
    BURDIN , Voyez <ref type="search" target="head:BURIDAN">BURIDAN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6233" id="1" type="">
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    <head>BURDINAIRE</head>
    <p>
    BURDINAIRE , s. m. <i>Burdinarius.</i> C'est le nom que Raimond Comte de Thoulouse donna aux Croisés qui marcherent contre lui après qu'il eut été excommunié comme Hérétique Albigeois. Ils se nommoient Pélerins, d'où le Thoulousain les appelloit par raillerie <i>Burdinaires.</i> Mézer. du nom Latin <i>burdo,</i> le bourdon d'un Pélerin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BURE</head>
    <p>
    BURE , s. f. Etoffe grossière &amp; de peu de prix, faite de la laine, dont se vêtent les pauvres gens. Les chagrins &amp; les douleurs se trouvent plus souvent sous la panne que sous la <i>bure. Burrus. Burra.</i> D'autres le dérivent de <i>bourre,</i> &amp; du Grec , &amp; du Latin <i>birrus,</i> ou <i>burrus,</i> qui signifient <i>roux,</i> comme il est écrit dans le Code Théodosien, parce que la bourre est ordinairement de cette couleur. Les Anciens se sont servis de ce mot pour signifier plusieurs sortes d'habits. Quelquefois ils s'en servoient pour dire un habit riche &amp; magnifique. Ainsi Baronius dit que <i>burrus</i> étoit l'ancien habit des Evêques, que quelques-uns croient être la même chose que le <i>rochet.</i> Quelquefois il a signifié un habit vil &amp; grossier, fait de ce que nous appellons <i>bureau,</i> &amp; les Bretons <i>burell.</i> On trouve <i>burellum</i> en ce sens dans la vie de S. Yves, qui est tirée des Actes faits au XIIIe siècle. Peut-être aussi que ce mot est venu de la couleur de l'étoffe ; car Festus témoigne que les Anciens appelloient <i>burrus,</i> ce que l'on appella depuis <i>rufus,</i> roux, brun ; &amp; Valère-Maxime dit que c'est dans cette signification que tant de femmes ont porté le surnom de <i>Burra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6235" id="1" type="">
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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    BUREAU , s. m. Grosse étoffe faite de laine : c'est la même chose que la <i>bure,</i> sinon que c'est un drap plus fort.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , est aussi une espèce de petit pupitre couvert de bure verte, que les Présidens ont devant eux pour y écrire ce qu'ils veulent remarquer d'un procès qu'on leur rapporte. <i>Stragulus, mensae tapes.</i></p><p>C'est aussi la table sur laquelle le Rapporteur met les pièces d'un procès qu'il rapporte. <i>Mensa.</i> Et c'est en ce sens qu'on dit qu'il est au <i>bureau,</i> qu'il a mis un procès sur le <i>bureau</i> ; qu'il lui a fait baiser le <i>bureau</i> ; pour dire, qu'il en a entamé le rapport. On demande le <i>bureau</i> par placets aux Présidens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , signifie aussi quelquefois, Jurisdiction. Le Doyen du Conseil a droit d'avoir un <i>Bureau</i> chez lui. <i>Jus cogendi consilii,</i> où on rapporte les affaires qui y sont renvoyées par le Conseil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau Ecclésiastique , ou Diocésain, est une assemblée de personnes Ecclésiastiques, qui sont chargées de faire dans chaque Diocèse la répartition sur chaque bénéfice du Diocèse, de ce que l'assemblée du Clergé a réglé qu'on leveroit pour les décimes &amp; dons gratuits : cette assemblée termine les différends qu'il y a au sujet des décimes &amp; autres impositions du Clergé. Il y a appel aux chambres Ecclésiastiques, quand la somme dont il s'agit est au-dessus de vingt livres. <i>Ecclesiastica subsidiorum Curia, <pb n="766" facs="bpt6k8542165/f806/full/1200,/0/native.jpg"/>Rerum ad decimas &amp; Ecclesiastica subsidia pertinentium primi cognitores.</i> Les <i>Bureaux</i> diocésains sont ordinairement composés de l'Archevêque, ou Evêque, d'un député du Chapitre de la Métropolitaine, d'un ou de deux députés des autres Chapitres, d'un ou de deux députés pour les Réguliers, d'un ou de deux députés pour les Curés, &amp; quelquefois d'un député pour les Abbés &amp; Prieurs commendataires. En quelques Diocèses le Doyen du Chapitre Cathédral est député né de son Chapitre, comme à Paris. Il y en a où la députation pour les Réguliers est attachée à un certain Ordre, ou Bénéfice, comme dans le Diocèse d'Aire, le Prieur de l'Abbaye de S. Sever est député né pour les Réguliers du Diocèse. Il y a des Diocèses où ils sont nommés par leurs corps ou leur communauté ; il y en a où ils sont nommés par les Synodes, &amp; en quelques-uns l'Evêque seul s'est attribué le droit de les nommer. L'Abbé Dangeau. Les <i>Bureaux</i> diocésains furent accordés &amp; établis par le contract fait avec le Roi le 8. Août 1615. Ils ont depuis été autorisés par plusieurs Arrêts, tant du Conseil, que des Parlemens, sur ce que leur Jurisdiction a été souvent troublée par les Baillifs &amp; Lieutenans Généraux. Les lettres patentes du Roi en forme d'Edit du mois de Juillet 1616. les établissent encore, &amp; leur Jurisdiction est confirmée par la Déclaration du mois de Mai 1626. Le Gentil.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se dit aussi de la Jurisdiction non contentieuse des Trésoriers de France, qu'on appelle <i>Bureaux des Finances. Quaestoriae Jurisdictionis exercendae locus.</i> Il y a vingt-quatre de ces <i>Bureaux</i> qui sont les Siéges des Trésoriers de France dans les vingt-quatre Généralités.</p><p>Le <i>Bureau de la Ville,</i> c'est la Jurisdiction du Prévôt des Marchands &amp; Echevins. <i>Concessus urbani Collegii.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se dit aussi des Assemblées des Juges qui travaillent à juger des procès, ou à régler des affaires, <i>Consessus judicum ad causas disceptandas.</i> On rapporte à la Chambre des Comptes les grandes affaires au grand <i>Bureau,</i> &amp; tous les comptes au second <i>Bureau.</i> La grand'Chambre du Parlement fait deux <i>Bureaux.</i> Les procès partis se vont rapporter au second <i>Bureau.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se dit aussi des lieux où on traite les affaires des Communautés. <i>Consessus ad controversias societatum communitatumque disceptandas.</i> Le <i>Bureau</i> de l'Hôtel-Dieu. Le grand <i>Bureau</i> des pauvres, est un lieu où s'assemblent le Lundi &amp; le Samedi, à trois heures après midi, plusieurs des plus considérables Bourgeois de Paris, qui ont été choisis de chaque Paroisse pour avoir soin des intérêts spirituels &amp; temporels des pauvres, dont chaque Paroisse est chargée. Ces Messieurs ont pour chef le Procureur Général du Parlement, qui préside toujours à cette Compagnie, ou par lui-même, ou par quelqu'un de ses Substituts. C'est de cette Compagnie qu'on tire les Administrateurs des Hôpitaux de Paris &amp; des environs. C'est de là qu'à Rouen l'Hôpital général s'appelle le <i>Bureau.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se dit aussi des lieux où on fait les recettes des impôts. Le <i>Bureau</i> du Domaine. <i>Consessus judicum res portorii decidentium.</i> Le <i>Bureau</i> des Aides. <i>Summi Tributariae controversiae cognitores.</i> Le <i>Bureau</i> des Gabelles, c'est le lieu où les intéressés en ces Fermes discutent leurs affaires. <i>Tributi salarii cognitores.</i> Il y a des <i>Bureaux</i> des Entrées à toutes les portes. <i>Impositi rebus invectitiis vectigalis judices.</i> Des <i>Bureaux</i> des Traites foraines aux passages des frontières. <i>Mercis exportandae custodes.</i> Des <i>Bureaux</i> du papier marqué, &amp;c. <i>Impressae sigillo regio chartae custodes.</i> Les <i>Bureaux</i> des Postes, des Messageries.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se dit aussi des lieux où on fait quelques payemens publics. <i>Erogationum annuarum exhedra.</i> Il y a à l'Hôtel de Ville plusieurs <i>Bureaux</i> pour les Payeurs des rentes. Les Bourgeois sont assurés de recevoir leur quartier de rentes à <i>Bureau</i> ouvert.</p><p>On appelle aussi le <i>Bureau,</i> le lieu où se délivrent les expéditions de Messieurs les Secrétaires d'Etat. <i>Virorum Regi à sanctioribus commentariis conclave.</i> Ce Capitaine est allé prendre sa route au <i>Bureau.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se dit encore de certains lieux établis pour y expédier des actes publics de Justice. Le Roi par son Edit de 1669. pour le controlle des exploits ordonne que des <i>Bureaux</i> soient établis dans tous les Bailliages, Sénéchaussées, &amp;c. où tous exploits soient registrés à l'exception de ceux qui concernent la procédure &amp; instruction des procès.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , est aussi une table garnie de quelques tiroirs ou tablettes, où les gens d'affaires ou d'étude écrivent &amp; mettent leurs papiers. <i>Abacus.</i> J'ai enfermé ces papiers dans mon <i>bureau.</i></p><p>On dit figurément, Savoir le vent du <i>bureau,</i> connoître l'air du <i>bureau</i> ; pour dire, Connoître ou pressentir le sentiment des Juges qui ont commencé de travailler à une affaire. <i>Judicum sententiam odorari.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se dit aussi d'un certain lieu établi pour vendre de certaines marchandises. <i>Officina.</i> Le <i>Bureau</i> des flambeaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6235" id="13" type="">
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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau , se prend encore dans le style bas &amp; figuré pour quelque endroit que ce soit : auquel sens on dit que Paris est le grand <i>bureau</i> des merveilles. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6235" id="14" type="">
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    <head>BUREAU</head>
    <p>
    Bureau d'adresse , est un lieu où on va donner &amp; prendre des avis pour les choses dont on a besoin. Le premier dessein du <i>Bureau d'adresse</i> est dans les <i>Essais de Montagne.</i> Son premier établissement a été fait par Théophraste Renaudot Médecin, par Lettres patentes. Voyez <ref type="search" target="head:Adresse">Adresse</ref>.</p><p>On appelle <i>Bureau d'adresse,</i> une femme qui sait beaucoup de nouvelles, &amp; qui les va débiter par-tout. Cette femme est un vrai <i>Bureau d'adresse,</i> une gazette. Cela est bas.</p><p>Ce mot, <i>Bureau,</i> vient de <i>bure,</i> &amp; s'est dit d'abord du lieu où s'assembloient les Juges pour délibérer, parce qu'ils étoient anciennement séparés du peuple &amp; des cliens, par de grands rideaux de bure. Sidonius Apollinaris a remarqué ces usages dans une de ses lettres, où il fait le portrait de Théodoric, &amp; décrit la manière dont il rendoit la justice. Menestr. <i>Hist. de Lyon p.</i> 345.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6236" id="1" type="armoiries">
   <index type="head" value="BURELE" />
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    <head>BURELE</head>
    <p>
    BURELE , s. f. C'est, en termes d'Armoiries , une fasce de huit pièces ou plus. Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6236" id="2" type="">
   <index type="head" value="BURELE" />
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    <head>BURELE</head>
    <p>
    Bureles , sont des fasces diminuées en nombre pair. <i>Fasciae minutae pari numero octonae aut etiam plures.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6237" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BURELE, ÉE" />
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    <head>BURELE, ÉE</head>
    <p>
    BURELE, ÉE , adj. Terme de Blason , qui se dit d'un Ecu composé de diverses fasces d'émail différent en nombre égal, &amp; particulièrement de dix. <i>Scutum fasciis minutis numero pari distinctum, duplici metallo seu colore alternatum.</i> Quand il y en a davantage, il en faut faire l'expression en blasonnant. Quand il y en a moins, on dit seulement <i>fascé.</i> Il faut que ces fasces diminuées soient en nombre pair ; autrement on les appelle <i>trangles.</i> La Rochefoucaut porte <i>Burelé</i> d'argent &amp; d'azur à trois chevrons de gueules brochant sur le tout. On a fait en armoiries le terme de <i>burelé</i> d'une espèce de cloison à bandes, ou liteaux couchés, qui laissoient des espaces vuides d'égale largeur à ces tringles ou liteaux. Menestr. <i>Hist. de Lyon p.</i> 345.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6238" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURET" />
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    <head>BURET</head>
    <p>
    BURET , s. m. Espèce de poisson d'où l'on tiroit autrefois la pourpre. <i>Murex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6239" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURETTE" />
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    <head>BURETTE</head>
    <p>
    BURETTE , s. f. Petit vaisseau pour mettre du vin &amp; de l'eau, dont on se sert particulièrement à porter le vin &amp; l'eau nécessaires pour le sacrifice de la Messe. <i>Urceolus.</i> Les <i>burettes</i> font une partie de la chapelle d'argent d'un Prélat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6240" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURETTIER" />
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    <head>BURETTIER</head>
    <p>
    BURETTIER , est un nom qu'on donne à un certain nombre de Prêtres qui vont dire leurs Messes à Notre-Dame, dont le principal devoir est de porter &amp; rapporter les burettes des Chapelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6241" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURGAU" />
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    <head>BURGAU</head>
    <p>
    BURGAU , s. m. Limaçon qui se trouve dans les mers des Isles Antilles. Les <i>Burgaus</i> sont aussi communs dans les mers de nos Isles, qui sont bordées de rochers, que les limaçons le sont en France. P. du Tert. Voyez aussi Lonvillers, <i>Hist. nat. des Ant. Liv. I. ch.</i> 19. <i>art.</i> 4. Il y en a de deux sortes ; les premiers &amp; les plus communs croissent quelquefois jusqu'à la grosseur du poing, mais ordinairement ils n'en excèdent pas la moitié. C'est de leur coque que les ouvriers en nacre tirent cette belle nacre qu'ils appellent la <i>burgandine,</i> &amp; qui est plus estimée que celle des perles. Le dehors de cette coque est gris, brun, noir &amp; blanc ; &amp; quand on l'a bien décrassé, elle devient une coquille argentée, &amp; d'une grisaille si lustrée que tout l'artifice d'un Emailleur n'en sauroit approcher. Pour cela on la fait passer sur la meule douce, par l'esprit de vinaigre, de sel, ou de l'eau de seconde, qui lui ôte toute sa crasse, &amp; la fait devenir comme une grande opale marbrée de blanc, de verd &amp; de noir. Le poisson qui est dedans a une écaille ronde, noire, &amp; mince comme une feuille de papier, attachée à sa tête, mais qui est plus dure &amp; plus <pb n="767" facs="bpt6k8542165/f807/full/1200,/0/native.jpg"/>forte que de la corne. C'est un muscle avec lequel ce poisson bouche &amp; serre si fortement le trou de sa coque, qu'il est impossible de l'en tirer, ni de lui faire aucun dommage sans la rompre ; mais quand ils sont cuits on l'en tire aisément. C'est la nourriture ordinaire des gens peu à leur aise. Ce poisson a un certain boudin amer que l'on dit être fiévreux, &amp; qu'il faut tirer par l'extrémité du limaçon. On ne mange guère que ce qui est tourné en limaçon, &amp; rempli d'une certaine masse verte, que quelques-uns disent être ses excréments ; d'autres veulent que ce soit les herbes qu'il a mangées, mais qu'il n'a point encore digérées. C'est le sentiment du P. du Tertre, qui dit aussi que c'est une mauvaise nourriture.</p><p>L'autre <i>Burgau,</i> qui est plus petit, n'est estimé que parce qu'il est plus délicatement ouvragé que le premier. Il est plat par dessous, &amp; a un petit trou rond, dentelé, qui va depuis le milieu jusqu'au haut de la coque, tout en tournoyant comme un limaçon ; cette coque est large d'un écu blanc, &amp; longue d'un pouce. Il est très-artistement gravé, &amp; coloré de verd au-dessus de sa nacre. P. Du Tert. <i>Hist. des Antiq. T. IV. C.</i> 2. § 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6242" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURGOS" />
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    <head>BURGOS</head>
    <p>
    BURGOS , s. m. <i>Bravum, Masburgum, Burgi.</i> Ville Archiépiscopale d'Espagne, Capitale de la vieille Castille. Quelques Rois de Castille ont fait leur résidence à <i>Burgos.</i> L'Evêché d'Auca fut transferé à <i>Burgos</i> en 1075. &amp; érigé en Archeveché en 1571. par Grégoire XIIIe à la prière de Philippe II. La Cathédrale de <i>Burgos</i> est renommée par sa grandeur &amp; sa beauté. L'Abbaye Royale de Sancta Maria de <i>las Huelgas Bernardas,</i> fondée par Alphonse VIIIe vers le commencement du XIIIe siècle ne l'est pas moins. L'Abbesse de ce Monastère, qui est sous les murs de <i>Burgos,</i> est Supérieure de vingt-six autres Couvents. Elle a le titre de Senora. Ce Monastère n'a point d'égal en richesses &amp; en grandeur, dit Gilles Gonzalès d'Avila, dans le <i>Théatre Ecclésiastique des Eglises d'Espagne.</i> Voyez cet Auteur sur <i>Burgos,</i> Tome III. p. 1. &amp; suiv. On ajoûte que l'Abbesse de <i>las Huelgas</i> est Dame de 14. villes &amp; de 50. bourgs ou villages, dont elle nomme les Gouverneurs &amp; les Magistrats, &amp; qu'elle dispose aussi de douze Commanderies. L'Historien que j'ai cité ne dit rien de ce détail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6243" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURGRAVE" />
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    <head>BURGRAVE</head>
    <p>
    BURGRAVE , s. m. Juge ou Châtelain de quelque ville ou château d'Allemagne. <i>Castellanus judex.</i> C'est un Juge ou Gouverneur perpétuel de quelque lieu. Les ancêtres de l'Electeur de Brandebourg étoient <i>Burgraves</i> de Nuremberg. <i>Burgravius.</i> Voyez Lymnaeus, <i>Jur. Imp. L. IV. C.</i> 4.</p><p>Ce mot vient de <i>burg</i>, qui signifie, <i>Ville</i> ou <i>Bourg,</i> &amp; de <i>Grave</i>, qui signifie <i>Comte,</i> ou <i>Juge.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="BURGRAVIAT" />
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    <head>BURGRAVIAT</head>
    <p>
    BURGRAVIAT , s. m. <i>Burgraviatus, Praefectura.</i> C'est la charge &amp; sa dignité de Burgrave. <i>Burgraviat</i> est aussi le territoire dépendant d'un <i>Burgrave.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6245" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURGUNDE" />
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    <head>BURGUNDE</head>
    <p>
    BURGUNDE , ou BURGONDE. Nom de peuple. <i>Burgundus.</i> Voyez BOURGUIGNON ; c'est le même peuple, &amp; communément on se sert du mot de Bourguignon, même en parlant des premiers <i>Burgondes.</i> Je n'ai vû jusqu'ici que M. de Tillemont qui emploie le mot <i>Burgonde.</i> Zozime prétend que les Gots, les Carpes, les <i>Burgundes</i> &amp; les Borans, tous peuples qui habitoient le long du Danube, ravagerent toute l'Illyrie &amp; toute l'Italie. Tillem. au IVe Tome de son <i>Hist. des Emp.</i> p. 17. &amp; 18. Il distingue les <i>Burgondes</i> des Bourguignons. Les Gots, dit-il, après avoir vaincu les <i>Burgondes,</i> travailloient à les exterminer entièrement ; mais les <i>Burgondes</i> étoient soutenus par les Alains &amp; les Tervinges. Une autre partie des Gots jointe aux Taifales faisoit la guerre aux Vandales &amp; aux Gépides. Les Bourguignons avoient occupé divers pays sur les Allemands. Il a retenu le nom de <i>Burgondes</i> pour ceux qui resterent sur les bords du Danube, &amp; il appelle Bourguignons ceux qui passerent le Rhin, &amp; s'établirent en Gaule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6246" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURGUNDIONS" />
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    <head>BURGUNDIONS</head>
    <p>
    BURGUNDIONS , s. m. &amp; plur. M. Corneille, dans son <i>Dictionnaire Géographique,</i> a fait ce nom du Latin <i>Burgundiones,</i> mais mal. Quoiqu'en parlant des anciens peuples on se serve souvent de leurs noms Latins ou Grecs, en y donnant une forme Françoise, comme nous l'avons dit bien de fois, on n'en use pas néanmoins ainsi au regard de celui-ci, &amp; l'on dit toujours <i>Bourguignons,</i> même en parlant des anciens peuples qui passerent le Rhin, &amp; vinrent s'établir dans la Séquanoise, à laquelle ils donnerent le nom de Bourgogne. C'est ainsi entre autres que parle toujours M. De Cordemoy, ne disant jamais <i>Burgundions,</i> lui qui par-tout ailleurs emploie les anciens noms des peuples &amp; des pays.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6247" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURIDAN" />
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    <head>BURIDAN</head>
    <p>
    BURIDAN , s. m. Nom propre d'homme. <i>Buridan</i> étoit un Docteur &amp; Recteur de l'Université de Paris dans le XIVe. siècle, &amp; il passa pour un des plus habiles Philosophes de son temps. C'est de lui qu'est venu le proverbe que l'on dit à un homme irrésolu, qui ne sait à quoi se déterminer, qu'il ressemble à l'âne de <i>Buridan.</i> Ce proverbe est fondé sur ce que disent les Philosophes, &amp; que disoit apparemment <i>Buridan,</i> qu'un agent qui n'est pas libre entre deux objets, qui ont une égale force pour le déterminer, ne se déterminera jamais à l'un plutôt qu'à l'autre. Par exemple, un âne au milieu de deux picotins d'avoine tout semblables, également distans, agissant sur lui avec une égale force, ne se déterminera jamais à l'un plutôt qu'à l'autre, &amp; mourra de faim entre les deux. Cela me fait appréhender qu'il ne t'arrive comme à l'âne de <i>Buridan,</i> qui mourut de faim entre deux picotins d'avoine, faute de se résoudre auquel il devoit allonger le col, parce qu'ils étoient également distans de lui. Mascur. p. 25. Il paroît, par les <i>Annales de Bourgogne</i> de Paradin, L. II. p. 172. qu'en Bourgogne on dit l'âne <i>Burdin,</i> au lieu de l'âne de <i>Buridan,</i> &amp; il rapporte un autre origine de ce proverbe. Calixte II. dit-il, prit prisonnier un Espagnol nommé <i>Burdin,</i> qui avoit été fait Antipape contre Gelase II. par l'Empereur Henry. C'est celui qui prit le nom de Grégoire VIIIe au commencement du XIIe siècle. Il n'étoit pas Espagnol, mais Limousin mené en Espagne par Bernard Archevêque de Tolède, &amp; élevé ensuite à l'Evêché de Brague. Ayant été pris à Sutri par le Cardinal de Crême, on le revêtit d'une peau de chèvre sanglante, les cornes élevées sur son front ; on le fit monter sur un chameau, le visage tourné du côté de la queue de la bête, qu'il tenoit de la main en forme de bride, &amp; en cet état on le promena dans Rome. Quelques-uns disent, ajoûte Paradin, que le Proverbe de l'âne <i>Burdin,</i> fréquent en Bourgogne, prit de là son origine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6248" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURIN" />
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    <head>BURIN</head>
    <p>
    BURIN , s. m. Pointe d'acier qu'on pousse avec la main pour graver sur les métaux, soit argent, cuivre ou étain. <i>Caelum.</i> Comme si sur l'urne d'or où la manne étoit enfermée, le savant <i>burin</i> de Bézéléel eût gravé la manne tombant du Ciel. Peliss. On appelle une planche gravée au <i>burin,</i> celle dont on tire les images en taille douce, à la différence de celles qui sont gravées en eau forte, qui sont plus rudes. Ces pointes ont plusieurs figures, &amp; sont plus ordinairement en triangle qu'en losange.</p><p>Les Serruriers ont aussi des <i>burins.</i> Ils en ont de plats, de coulans, de quarrés, &amp; d'autres propres à piquer les rapes. Ils se servent des <i>burins</i> plats pour fendre les panetons des clefs, &amp; c'est encore avec ces sortes de <i>burins</i> qu'ils coupent &amp; emportent le fer à froid, lorsqu'il s'y trouve des grains.</p><p>On dit figurément d'un Graveur, que c'est un bon <i>burin</i> ; pour dire, qu'il manie bien le <i>burin. Caeli tractandi peritus artifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6248" id="2" type="arracheur de dents">
   <index type="head" value="BURIN" />
   <index type="src_domain" value="arracheur de dents" />
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    <head>BURIN</head>
    <p>
    Burin , est aussi un terme d'Arracheur de dents , c'est un instrument d'acier avec lequel ils nettoient les dents en les raclant fortement avec. <i>Dentiscalpium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6249" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURINER" />
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    <head>BURINER</head>
    <p>
    BURINER , v. act. absolu. Graver avec le burin sur les métaux. <i>Caelare. Buriner</i> les dents, c'est les nettoyer avec un burin, comme font les Arracheurs de dents. <i>Purgare, radere, scalpere dentes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6249" id="2" type="">
   <index type="head" value="BURINER" />
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    <head>BURINER</head>
    <p>
    Buriné, ée , part. &amp; adj. <i>Caelatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6250" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURLESQUE" />
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    <head>BURLESQUE</head>
    <p>
    BURLESQUE , adj. m. &amp; f. Plaisant, gaillard, tirant sur le ridicule. <i>Jocularis, Ludicra dictio.</i> Ce mot est assez moderne ; Sarasin se vantoit d'en avoir usé le premier. Il nous est venu d'Italie, où il y a quantité de Poëtes <i>burlesques,</i> dont le premier a été Bernica, &amp; ensuite Lalli, Caporali, &amp;c. La fureur du <i>burlesque</i> se déborda en France, &amp; y fit d'étranges ravages ; mais on s'en guérit bientôt, &amp; elle n'y régna pas long-temps, à cause qu'on introduisit trop de licence, tant dans les sujets que dans les vers, &amp; trop de <pb n="768" facs="bpt6k8542165/f808/full/1200,/0/native.jpg"/>ridicules plaisanteries. Il y a plus de 40. ans que ce style étoit si fort à la mode, qu'en 1649. il parut un Livre avec ce titre, <i>La Passion de Notre Seigneur en vers burlesques.</i> Scaron y excella, &amp; fut agréablement ridicule. On appelle en prose, style <i>burlesque,</i> celui où l'on emploie des mots qui se disent par pure plaisanterie, &amp; qu'on ne souffre point dans le sérieux. Ce style souffre tout. Le Père Vavasseur a soutenu, dans son Livre <i>de ludicra dictione,</i> que le <i>burlesque</i> a été absolument inconnu aux Anciens, quoique quelques-uns disent que du temps de Ptolomée, fils de Lagus, un nommé Raintou avoit traité en ridicule des sujets sérieux de Tragédie.</p><p>On voit par plusieurs des exemples que l'on vient de citer que l'on dit aussi le <i>Burlesque</i> substantif masculin, pour signifier le style <i>burlesque,</i> comme on dit le François, l'Italien, l'Espagnol, l'Allemand, &amp;c. pour la langue Françoise, Italienne, Espagnolle, &amp;c. Naudé traite du <i>burlesque</i> dans son Mascurat. p. 210. &amp; suiv. où il y a plusieurs choses singulières, tant sur le style <i>burlesque</i> des François que sur celui des Italiens : &amp; à la p. 220. &amp; suiv. il examine si la Poësie <i>burlesque</i> étoit en vogue chez les Latins, comme elle étoit de son temps chez les François &amp; Italiens, &amp; il distingue quatre espèces de Poësie Latine <i>burlesque,</i> tant ancienne que moderne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6251" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURLESQUEMENT" />
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    <head>BURLESQUEMENT</head>
    <p>
    BURLESQUEMENT , adv. D'une manière burlesque &amp; ridicule. <i>Ludicrè.</i> Cet homme parle toujours <i>burlesquement.</i> Il est vêtu <i>burlesquement</i> ; c'est-à-dire, plaisamment, ridiculement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6252" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURLETTE" />
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    <head>BURLETTE</head>
    <p>
    BURLETTE . Voyez <ref type="search" target="head:BULLETTE">BULLETTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6253" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURON" />
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    <head>BURON</head>
    <p>
    BURON , s. m. Vieux mot François, qui signifioit autrefois un lieu où on se retiroit pour boire &amp; manger. <i>Casula, Gurgustium.</i> Il n'a plus d'usage qu'en cette phrase proverbiale, Il n'a ni maison, ni <i>buron</i> ; pour dire, qu'il n'a point de lieu certain où il couche, ni où il vit.</p><p>Ce mot vient de <i>vibur</i>, ou <i>vibure,</i> qui signifie en quelques lieux une carrière de pierre dure qui n'est point sujette à la gelée, dont il y a beaucoup en Bassigni : desorte que le proverbe veut dire, qu'un homme n'a point de maison, ni de pierre de quoi en faire. Ménage le dérive du Grec , qu'il dit avoir la même signification. En Auvergne, on appelle <i>buron,</i> un petit toit de Berger ou de Chévrier bâti sur le haut de la montagne, où il se retire, quand le temps permet d'y mener paître ses troupeaux.</p><p>BURQUET, s. m. Sorte de poire appellée autrement Russette d'Angleterre. C'est une poire de Septembre &amp; d'Octobre, qui n'est pas bonne. La Quint. T. I. p. 385.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6254" id="1" type="">
   <index type="head" value="BURSAL, ALE" />
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    <head>BURSAL, ALE</head>
    <p>
    BURSAL, ALE . Qui regarde la bourse. <i>Pecuniarius.</i> Un Edit <i>bursal,</i> qui est fait pour tirer de l'argent dans la nécessité publique. Une peine <i>bursale,</i> est une punition pécuniaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6255" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="BURY" />
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    <head>BURY</head>
    <p>
    BURY , s. f. Terme de Fleuriste . Nom d'une anémone à peluche. La <i>Bury</i> est d'un blanc sale, mêlé d'incarnat. Sa peluche est fort étroite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6256" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BUS" />
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   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>BUS</head>
    <p>
    BUS , en termes de Blason , se dit de la représentation des figures humaines, quand il n'y a que la tête, le col &amp; une partie de la poitrine finissant en pointe. <i>Signum pectore tenus efformatum.</i> Ainsi on dit, un <i>bus</i> de Religieux, un <i>bus</i> de femme, des <i>bus</i> de Reines. Dans la langue ordinaire on dit <i>bust,</i> ou <i>buste,</i> en prononçant l'<i>s.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6257" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSC" />
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    <head>BUSC</head>
    <p>
    BUSC , s. m. Morceau de bois, d'yvoire, ou de baleine, que les femmes mettent dans les corps de jupe pour se tenir droites. <i>Assula, regula pectoralis.</i> On fait des <i>buscs</i> de baleine, d'yvoire, de bois verni. On en fait aussi d'acier.</p><p>On appelle aussi <i>buscs,</i> Certain treillis dur &amp; piqué, que les Tailleurs mettent au bas du pourpoint des hommes par devant, pour leur donner plus de fermeté. <i>Virilis thoracis anterior pulvillus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6258" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSCHE" />
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    <head>BUSCHE</head>
    <p>
    BUSCHE . Voyez <ref type="search" target="head:BÛCHE">BÛCHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6259" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSCHER" />
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    <head>BUSCHER</head>
    <p>
    BUSCHER . Voyez <ref type="search" target="head:BÛCHER">BÛCHER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6260" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSCHERON" />
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    <head>BUSCHERON</head>
    <p>
    BUSCHERON . Voyez <ref type="search" target="head:BÛCHERON">BÛCHERON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6261" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSCHETTE" />
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    <head>BUSCHETTE</head>
    <p>
    BUSCHETTE . Voyez <ref type="search" target="head:BÛCHETTE">BÛCHETTE</ref>.</p><p>BUSE, s. f. D'autres disent <i>busard,</i> &amp; quelques autres <i>buisard</i> ; mais ce dernier est le moins bon, &amp; le premier est le meilleur. Oiseau de proie qu'il est impossible de dresser, qui est une espèce d'aigle poltronne. <i>Percnos. Percnopteros.</i> Ce qui a donné lieu au proverbe, On ne sauroit faire d'une <i>Buse</i> un Epervier ; pour dire, qu'il y a des personnes incapables de discipline. La <i>buse</i> est toujours affamée, crie toujours, &amp; ne se jette que sur la proie morte. C'est de toutes les aigles celle qui a le moins de coeur. Elle est plus grande que le Gerfaut, mais son vol est plus court. Sa queue est longue. Elle a quelque rapport avec le Vautour. Elle est appellée par Aristote seconde espèce d'Aigle ou Cigogne de montagne, à cause de sa grandeur. Aldrovandus lui donne le nom d'Aigle Vautour, &amp; la décrit ainsi : elle est de la grandeur de l'Aigle Royal, appellé <i>Chrysactos</i> ; mais d'une figure ridicule ; elle a le bec presque tout droit jusqu'au milieu ; il est à l'extrémité très-crochu à la manière des Vautours. Il est blanc à la partie d'enhaut jusqu'à l'endroit auquel il commence à se courber ; le reste en est noir. Le dessous est blanc, &amp; son ouverture de couleur châtain ; ses yeux sont blanchâtres, leurs prunelles sont noires ; sa tête est pareillement blanchâtre, tirant un peu sur le brun ; son cou jusqu'à la moitié, savoir, la partie d'enhaut, est chauve &amp; couvert de quelques petites plumes très-menues, qui blanchissent à l'extrémité de cet endroit chauve qui fait comme le milieu du cou, ainsi que des poils hérissés &amp; crépus, ou comme de grands crins, qui tombent sur les autres plumes. A la poitrine &amp; au dos paroissent de semblables poils ; sur tout le derrière jusqu'au bas du croupion elle a une espèce de cuculle qui s'étend jusques au milieu, finissant en pointe comme un triangle. Le champ de son pennage est d'un châtain obscur tirant sur le noir. Sa queue est longue, ses pieds sont blancs. Ses jambes sont obscures. On lui voit une tache blanche très-remarquable sur la tête.</p><p>Il y a encore une <i>Buse,</i> ou <i>Busart</i> de Bellon. <i>Percnopteros, Oripelargus.</i> On en voit grande abondance en Egypte, en Syrie &amp; en France. Le champ de son pennage est noirâtre. Son vol est court &amp; sa queue longue. Il a peu de coeur. Il fréquente ordinairement les environs des villages, &amp; se perche bas. On en voit l'hiver dans les marécages. Il se nourrit d'insectes &amp; de volailles, qu'il surprend autour des villages. Il a très-peu de coeur, &amp; on ne le tient pas pour véritable espèce d'Aigle.</p><p>Il y a encore une autre espèce d'oiseau qu'on appelle <i>Buse</i> en François, &amp; en Latin <i>Buteo,</i> &amp; <i>Triorchis en</i> Grec. C'est le plus couard de tous les oiseaux. Bien qu'elle soit aussi grande que le Milan, elle ne laisse pas d'être poursuivie &amp; mise en fuite par les autres petits oiseaux. Elle a le bec fort gros, d'un noir tirant sur le bleu, la membrane qui le couvre à l'endroit &amp; proche de ses nazeaux est jaune ; l'ouverture en est jaunâtre. Sa tête est platte comme celle du faucon, &amp; d'une figure triangulaire. Sa langue est large &amp; épaisse sans pointe. Ses yeux sont brillans, faits en ovale &amp; éveillés. Leur prunelle est fort noire. L'iris qui l'environne est d'un gris cendré ; son cou est court &amp; gros, &amp; bien garni de plumes. Tout son dos jusqu'à sa queue est de couleur de rouille tirant sur le brun ; son ventre est entièrement blanchâtre, &amp; semé de taches de couleur de rouille. Sa queue est large, &amp; traversée de plusieurs taches. On l'appelle <i>Triorchis</i> en Grec, parce qu'on dit qu'elle a trois testicules.</p><p>Il y a aussi dans cette espèce la <i>Buse</i> de Bellon, appellée communément <i>Brondée.</i> Voyez ce mot.</p><p>On dit proverbialement d'un sot, d'un stupide, que c'est une <i>buse.</i> On dit aussi, qu'on ne sauroit faire d'une <i>buse</i> un épervier ; pour dire, qu'il y a des gens incapables de science &amp; de discipline.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6261" id="2" type="mineur">
   <index type="head" value="BUSCHETTE" />
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    <head>BUSCHETTE</head>
    <p>
    Buse , s. f. Terme de Mineur . Tuyau de bois ou de plomb, qui sert de communication entre les puits dans les mines, &amp; qui y conduit l'air. <i>Canalis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6262" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSIRIS" />
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    <head>BUSIRIS</head>
    <p>
    BUSIRIS , s. m. Nom propre d'un Roi d'Egypte, fils de Neptune &amp; de Lybie fille d'Epaphus. Il étoit si cruel qu'il sacrifioit tous les étrangers à Jupiter. Isocrate a fait le Panégyrique de <i>Busiris.</i> Maximin fut appellé un autre <i>Busiris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6262" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUSIRIS" />
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    <head>BUSIRIS</head>
    <p>
    <pb n="769" facs="bpt6k8542165/f809/full/1200,/0/native.jpg"/> Busiris , s. f. <i>Busiris,</i> est le nom d'une ancienne ville d'Egypte, Capitale d'une Province, ou <i>Nomus,</i> à qui elle donnoit son nom. Quelques-uns dérivent ce nom de celui du Tyran dont nous venons de parler ; d'autres de celui d'Osiris ; d'autres de Basir, fils de Cham. C'est le sentiment des Arabes. Le P. Kirker, <i>Oedip. Aeg. T. I. p.</i> 24. croit qu'elle fut ainsi nommée, parce qu'Osiris y étoit honoré, &amp; que <i>Busiris</i> est la même chose que seroit en Cophte <i>Bous Nesrisi,</i> c'est-à-dire, Boeuf du Roi, ou <i>Bous Osirin,</i> Boeuf Osiris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6263" id="1" type="">
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    <head>BUSQUE</head>
    <p>
    BUSQUE . Voyez <ref type="search" target="head:BUSC">BUSC</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6264" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSQUER" />
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    <head>BUSQUER</head>
    <p>
    BUSQUER , v. act. Chercher. <i>Foris quaerere quod non invenias domi. Fortunam tentare.</i> Il ne se dit proprement qu'en cette phrase, <i>Busquer</i> fortune, en parlant de ces gens sans bien, qui vont par le monde chercher à vivre, &amp; à faire fortune.</p><p>Il signifie aussi mettre un busc dans un corps de jupe. Cette femme ne sort jamais qu'elle ne soit <i>busquée.</i></p><p>Ce mot vient tout pur de l'Espagnol, où le mot de <i>buscar</i> signifie proprement <i>chercher.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6265" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSQUIÈRE" />
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    <head>BUSQUIÈRE</head>
    <p>
    BUSQUIÈRE , s. f. est le trou ménagé dans un corps de jupe, dans lequel les femmes fourrent leur busc. <i>Foramen per quod regula pectoralis inseritur.</i> On le dit aussi de l'extrémité ronde de leurs corps de jupe par où elles commencent à fourrer leurs buscs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6265" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUSQUIÈRE" />
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    <head>BUSQUIÈRE</head>
    <p>
    Busquière , se dit aussi d'une petite pièce d'étoffe brodée, que les Dames qui sont en manteau mettent devant leur estomac sur le corps de jupe, &amp; qu'elles laissent un peu entrevoir. <i>Toenia pectoralis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6265" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUSQUIÈRE" />
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    <head>BUSQUIÈRE</head>
    <p>
    Busquière , se dit encore d'une manière de petit crochet, que les femmes portent à la ceinture, &amp; qui à l'un des bouts est assez souvent en forme de petite rose ornée de diamans, de perles, ou d'autres pierres précieuses. <i>Fibula.</i> Il y a des <i>busquières</i> d'argent, ou d'acier poli, pour les simples bourgeoises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6266" id="1" type="">
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    <head>BUSSARD</head>
    <p>
    BUSSARD . Vieux mot François, qui signifioit un <i>vaisseau à mettre du vin,</i> qui vient selon Du Cange, de <i>buza,</i> qu'on a dit pour <i>buta, bouteille. Vas vinarium, oenophorum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6267" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSTE" />
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    <head>BUSTE</head>
    <p>
    BUSTE , s. m. Figure, portrait d'une personne en plein relief, qui ne représente que la tête, les épaules &amp; la poitrine. <i>Statua dimidiâ sui parte infernè trunca.</i> On le met d'ordinaire sur un piédestal ou une console. Quoiqu'en Peinture l'on puisse dire d'une figure, qu'il n'en paroît que le <i>buste,</i> comme d'un portrait à demi-corps, on ne l'appelle pourtant point un <i>buste</i> ; ce mot est réservé, &amp; déterminé à ce qui est de relief. Fel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6267" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="BUSTE" />
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    <head>BUSTE</head>
    <p>
    Buste , se dit aussi du tronc du corps d'un homme, depuis le cou jusqu'aux cuisses. Quelques-uns croient que ce mot vient de l'Allemand <i>brust</i>, qui signifie l'<i>estomac.</i></p><p>Ménage le dérive de <i>busque,</i> à cause que les femmes mettent leurs busques en cet endroit du corps, que les Italiens appellent <i>busto.</i></p><p>En termes de Blason on appelle <i>buste,</i> une tête d'homme ou de femme, nue ou coëffée, peinte de front jusqu'à la poitrine, &amp; qui est sans bras. Quand il est de profil, il en faut faire mention.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6268" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUSTUAIRE" />
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    <head>BUSTUAIRE</head>
    <p>
    BUSTUAIRE , s. m. Gladiateur, qui se battoit autrefois chez les Romains auprès du bûcher d'un mort à la cérémonie de ses obsèques. <i>Bustuarius.</i> La coutume fut d'abord de sacrifier des captifs sur le tombeau, ou près du bûcher des guerriers. On en voit des exemples dans Homère aux obsèques de Patrocle, Iliad. Liv. XXIII. &amp; dans les Tragiques Grecs. On croyoit que leur sang appaisoit les Dieux infernaux, &amp; les rendoit propices aux manes du mort. Dans la suite cette coutume parut trop barbare, &amp; au lieu de ces victimes on fit combattre des Gladiateurs, dont on crut que le sang auroit le même effet. Au rapport de Valère-Maxime, Liv. II. Ch. 4. &amp; de Florus dans son Epitome, Marcus, &amp; Decius, fils de Brutus, furent les premiers qui honorèrent à Rome les funérailles de leur père par ces sortes de spectacles, sous le Consulat d'Appius Claudius, &amp; de M. Fulvius l'année 489. de Rome, &amp; la première de la première guerre Punique. On croit que les Romains prirent cet usage cruel des Etruriens, qui peut-être l'avoient pris des Grecs.</p><p>Ce mot vient de <i>bustum</i>, qui signifie le bûcher sur lequel on brûloit le corps d'un mort, &amp; auprès duquel les <i>bustuaires</i> se battoient, ce qui leur fit donner ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6269" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUT" />
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    <head>BUT</head>
    <p>
    BUT , s. m. Point marqué dans une allée, dans un mur, où on se propose d'arriver, de tirer. <i>Signum destinatum, meta.</i> Ce joueur de boule met tous les coups sur le <i>but.</i> Cet Arquebusier a emporté le prix, il a donné dans le <i>but.</i> Le coeur de l'homme est comme un <i>but</i> où chacun vise. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6269" id="2" type="">
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    <head>BUT</head>
    <p>
    But , se dit figurément du dessein qu'on a, de la fin qu'on se propose. <i>Finis.</i> Le <i>but</i> d'un Chrétien est de parvenir au Ciel. Tous les hommes travaillent pour des <i>buts</i> bien différens, les uns pour la gloire, les autres pour le profit. Un habile homme va droit au <i>but</i> qu'il s'est proposé. Le <i>but</i> de l'Orateur est de prouver, de plaire, d'émouvoir. S. Evr. Ils n'ont pour <i>but</i> que de réformer les moeurs. Pasc. Ces spéculatifs qui raisonnent avec excès, manquent le <i>but,</i> parce qu'ils vont au delà, &amp; qu'ils poussent leurs pensées trop loin. Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6269" id="3" type="">
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    <head>BUT</head>
    <p>
    But , se dit aussi du noeud, de la difficulté d'une affaire. <i>Summa, cardo, nodus.</i> Ce Juge a tant de pénétration, qu'il va droit au <i>but,</i> au point décisif d'un procès.</p><p>On dit adverbialement, <i>But à but</i> ; pour dire, d'une manière égale. <i>Ex aequo, paribus momentis.</i> Il joue contre un tel <i>but à but</i> ; il ne donne ni ne reçoit aucun avantage. Ils ont fait un troc <i>but à but</i> ; c'est-à-dire, sans retour, troc de Gentil-homme.</p><p>C'est-à dire, demeurons quitte, n'ayons rien à démêler ensemble.</p><p>De <i>but en blanc,</i> c'est aussi une façon de parler adverbiale, qui dans le propre se dit en parlant d'armes à feu &amp; de gens qui tirent. Cela signifie depuis le lieu où l'on est posté pour tirer, jusqu'à celui où l'on doit tirer, &amp; où est attaché le blanc auquel on vise. <i>Rectà à lineis ad metam.</i> Le canon des arquebuses buttières peut porter <i>de but en blanc</i> mille pas ou environ. Gaïa, <i>Tr. des armes.</i></p><p>On le dit aussi au figuré ; pour dire, Tout droit, sans biaiser, d'une manière ouverte. <i>Simpliciter.</i> En venir de <i>but en blanc</i> à l'union conjugale, il n'y a rien de si marchand que ce procédé. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6270" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BUTE" />
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    <head>BUTE</head>
    <p>
    BUTE , s. f. Terme de Blason , qui se dit d'un fer dont les Maréchaux se servent pour couper la corne du pied des chevaux. <i>Scalprum.</i> On en trouve sur plusieurs Ecus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6271" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTEAU" />
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    <head>BUTEAU</head>
    <p>
    BUTEAU , s. m. Grossier, lourdaut. <i>Butor.</i> Ce dernier mot est plus en usage aujourd'hui. P. de S. Julien prétend que <i>Buteau</i> vient de , Boeuf Dieu, qui s'est dit d'Apis, ou Sérapis, que les Gaulois adoroient aussi bien que les Egyptiens, &amp; que ce mot qui de soi n'est point une injure, s'est dit par ceux qui ne l'entendoient pas pour une injure, &amp; un reproche du naturel du boeuf, qui est d'être lourdaut &amp; grossier. <i>Antiquit. de Bourg. p.</i> 225.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6272" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTER" />
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    <head>BUTER</head>
    <p>
    BUTER , v. n. &amp; actif. Viser à un but. <i>Collimare.</i> Il y a des jeux où on <i>bute,</i> comme au billard, à la paume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6272" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUTER" />
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    <head>BUTER</head>
    <p>
    Buter , signifie aussi, Se proposer quelque but, quelque fin, à laquelle on tâche de parvenir. <i>Spectare ad aliquid.</i> Ce Prédicateur ne <i>bute</i> qu'à l'Evêché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6272" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUTER" />
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    <head>BUTER</head>
    <p>
    Buter , signifie encore, Etre d'un avis contraire, d'un sentiment opposé. <i>Adversari.</i> Ces deux Conseillers sont toujours d'un avis contraire, ils sont <i>butés,</i> opposés l'un contre l'autre ; ils se <i>butent</i> en toutes occasions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6272" id="4" type="">
   <index type="head" value="BUTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>BUTER</head>
    <p>
    Buter , en Agriculture, c'est, Elever au pied des arbres une butte ou motte de terre pour les soutenir. <i>Aggerare.</i> Cela se pratique surtout à l'égard des jeunes arbres de tige nouvellement plantés, parce que s'ils n'étoient pas <i>butés</i> le vent les pourroit renverser ou arracher. C'est aussi couvrir une plante ou une herbe de terre ou de fumier pour la garantir de la gelée pendant l'hiver. Vous <i>buterez</i> vos artichauts le plus tard que vous pourrez, de crainte qu'ils ne pourrissent. Chom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6272" id="5" type="architecture">
   <index type="head" value="BUTER" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>BUTER</head>
    <p>
    Buter , v. act. Terme d'Architecture . C'est Contretenir &amp; <pb n="770" facs="bpt6k8542165/f810/full/1200,/0/native.jpg"/>empêcher la poussée d'un mur, ou l'écartement d'une voûte, par le moyen d'un arc ou pilier <i>butant. Fulcire.</i> On appelle <i>butée,</i> ou <i>boutée,</i> l'effet de ce pilier <i>boutant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6272" id="6" type="">
   <index type="head" value="BUTER" />
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    <head>BUTER</head>
    <p>
    Buté, ée . part. &amp; adj. <i>Fultus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6272" id="7" type="chasse">
   <index type="head" value="BUTER" />
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    <head>BUTER</head>
    <p>
    Buté , signifie aussi, Fixé à un certaint point où on se tient opiniâtrément. <i>Fixus, firmus, pertinax.</i> Il a offert une telle somme de cette charge, il est <i>buté</i> là ; il n'en donnera pas davantage.</p><p>En termes de Chasse , on dit qu'un chien est <i>buté,</i> lorsque la jointure des jambes de devant lui grossit. <i>Tumens, Tumidus, inflatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6273" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTIÈRE" />
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    <head>BUTIÈRE</head>
    <p>
    BUTIÈRE . Voyez <ref type="search" target="head:BUTTIÈRE">BUTTIÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6274" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="BUTIN" />
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    <head>BUTIN</head>
    <p>
    BUTIN , s. m. Ce mot n'a point de pluriel en prose. Tout ce qu'on prend sur les ennemis pendant la guerre. <i>Praeda.</i> On a souvent défait des victorieux qui s'amusoient à partager le <i>butin.</i> Chez les Grecs le <i>butin</i> se partageoit en commun ; le Général en prenoit seulement une plus grosse portion. Par la discipline militaire des Romains le <i>butin</i> fait sur les ennemis appartenoit à la République. Les particuliers n'y avoient point de part ; les Généraux qui se piquoient de probité, faisoient porter au trésor public tout ce qui provenoit du pillage. Quelquefois on distribuoit le <i>butin</i> aux soldats pour les animer, &amp; pour leur tenir lieu de récompense. Cette distribution dépendoit des Généraux, qui en usoient avec prudence. Autrement c'étoit un crime de péculat, que de distraire, ou de s'emparer du <i>butin,</i> qui régulièrement appartenoit au Sénat, &amp; devoit êtré transporté dans le trésor. Les Consuls Romulius &amp; Veturius furent condamnés pour avoir vendu le <i>butin</i> fait sur les Eques. Tite Live, Liv. 8.</p><p>Selon Grégoire de Tours le <i>butin</i> se partageoit anciennement au sort entre les François, &amp; le Roi lui-même n'avoit que le lot qui lui échéoit. Grotius.</p><p>En termes de Marine quelques-uns distinguent le <i>butin</i> du <i>pillage,</i> &amp; disent que le <i>butin</i> est le gros de la prise, &amp; le <i>pillage</i> la dépouille des habits, hardes &amp; coffres de l'ennemi, &amp; de l'argent qu'il a sur sa personne jusqu'à 30 livres.</p><p>C'est un diminutif du bas Allemand <i>bute,</i> qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6274" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUTIN" />
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    <head>BUTIN</head>
    <p>
    Butin , se dit aussi des voleurs. On a attrapé ces Bohémiens, &amp; on s'est saisi de tout leur <i>butin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6275" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTINER" />
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    <head>BUTINER</head>
    <p>
    BUTINER , v. act. absolu. Faire du butin. <i>Praedari, praedam facere.</i> Ce pays est gras, il y aura bien à <i>butiner.</i> Ces troupes ont <i>butiné</i> beaucoup, mais elles n'ont pû profiter de leur <i>butin.</i></p><p>On dit figurément &amp; poëtiquement, que les abeilles vont <i>butiner</i> sur les fleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6276" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTIREUX" />
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    <head>BUTIREUX</head>
    <p>
    BUTIREUX . Voyez <ref type="search" target="head:BUTYREUX">BUTYREUX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6277" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTOR" />
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    <head>BUTOR</head>
    <p>
    BUTOR , s. m. Gros oiseau, espèce de Héron fainéant &amp; poltron, marqué de taches rousses en forme d'étoiles, d'où vient qu'on l'appelle <i>Ardeola asterias.</i> on l'appelle aussi <i>taurus,</i> ou <i>bos-taurus,</i> à cause que quand il crie le bec plongé dans la boue, il fait un bruit qui imite le mugissement du taureau, qu'on entend de demie-lieue. C'est de là qu'est dérivé le nom de <i>butor.</i> Lorsque le <i>butor</i> approche de quelqu'un, il essaye de lui crever les yeux. Belon. Il y a deux espèces de <i>Butor.</i> Le grand <i>Butor</i> rougeâtre, &amp; le <i>butor</i> hupé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6277" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUTOR" />
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    <head>BUTOR</head>
    <p>
    Grand Butor rougeatre . <i>Ardea stellaris major.</i> Est un oiseau qui approche fort du naturel du Héron ; mais il n'est ni si bon ni si estimé. Il est toujours à la queue des étangs, &amp; se cache dans les roseaux &amp; les joncs, ne vivant que de poisson, de grenouilles, &amp; des insectes qu'il y rencontre. Cet oiseau a quantité d'amers aussi-bien que le Héron. Quelques-uns font cas de sa chair ; mais elle sent trop la sauvagine. Son bec est très-dangereux ; il s'en défend parfaitement bien. Pour sa figure, il est de la grandeur d'un Héron ; mais ses jambes sont plus courtes. Il a les plumes rouannes, marquetées de taches brunes par le travers : son cou est long d'un pied &amp; demi, bien environné de plumes pâles, marquées de taches noires ; il en est mieux garni dessus que dessous. Les plumes qui couvrent le dessus de sa tête sont noires. Il a les trous des ouies larges, &amp; environnés de petites plumes fauves. Son bec est droit, &amp; plus petit de beaucoup que celui du Héron, n'étant que de cinq ou six doigts de longueur, d'une couleur entre le cendré &amp; le plombé, &amp; tranchant par les bords, gros comme le doigt &amp; pointu par le bout, creux par dedans avec de petites entaillures. Sa partie d'enbas s'emboîte en celle de dessus, tellement qu'il semble quasi quarré avec des canelures par-dessus. Il est garni de plumes noirâtres, celles de dessus son bec sont blanchâtres ; ses ailes sont grandes, &amp; contiennent vingt-quatre grosses pennes, &amp; quatre en chaque petit aileron. Sa queue est courte, &amp; composée de huit pennes à gros tuyaux ; il a les yeux rouges &amp; ovales ; ses paupières sont sans poil ; ses jambes ont environ un pied de long ; elles sont d'une couleur entre le jaune &amp; le plombé ; ses doigts sont grands aussi-bien que ses ongles, qui servent de cure-dents, les curieux les font quelquefois enchâsser richement, principalement celui de l'ergot. On l'appelle Galereau en Bretagne. Il fait son nid sur le haut des branches des hauts arbres, &amp; le construit de bûchettes. Il fait trois ou quatre oeufs. Quand il veut faire son cri il fourre son bec dans la bourbe, &amp; fait un bruit que l'on entend de demi-lieue, comme si c'étoit le mugissement d'un boeuf. C'est à cause de cela que quelques-uns l'on appellé <i>Taurus,</i> c'est-à-dire, <i>Taureau</i> ; ou <i>Bos-Taurus,</i> Boeuf-Taureau ; &amp; c'est de ce dernier nom Latin qu'est formé le François <i>Butor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6277" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUTOR" />
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    <head>BUTOR</head>
    <p>
    Butor hupé . <i>Ardea stellaris cirrata.</i> Cet oiseau est de tous côtés d'une même couleur ; savoir, roussâtre, moins par le devant, &amp; plus par-dessous. Ses jambes &amp; ses pieds sont bruns ; son bec jaunâtre. Aldrovand dit qu'on en prit un dans les marais de Boulogne en Italie ; il avoit le bec d'une paume, de couleur de corne, droit &amp; pointu : la mandibule de dessus étoit un peu courbée vers la fin, &amp; plus longue que celle d'en-bas, avec quelque noirceur. Il avoit le sommet de la tête noir. Son cou étoit de couleur de rouille, long de deux palmes. Il étoit noirâtre sur le dos. Il paroissoit encore tout jeune. Sa queue étoit pareillement noire ; le bas de son croupion étoit blanc ; sa queue étoit fort courte ; ses ailes étoient en partie de couleur de rouille, &amp; en partie blanches ; ses jambes étoient longues de neuf pouces. Le cercle qui environne la prunelle de ses yeux étoit jaunâtre.</p><p>On dit figurément d'un homme stupide &amp; mal adroit, que c'est un gros <i>butor</i> ; parce que cet oiseau est sot &amp; paresseux. <i>Stupidus, stolidus, plumbeus, stipes.</i> Peste soit du gros <i>butor.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6278" id="1" type="">
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    <head>BUTORDE</head>
    <p>
    BUTORDE , s. f. Ce mot est purement satyrique, &amp; ne peut être employé que dans le style bas &amp; comique. <i>Stupida, stolida.</i> Il signifie une femme stupide mal-adroite, sans esprit. Voyez cette mal-adroite, cette bouvière, cette <i>butorde.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6279" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTTE" />
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    <head>BUTTE</head>
    <p>
    BUTTE , s. f. Petit tertre, lieu un peu élevé au-dessus du rez de chaussée. <i>Meta terrea.</i> On a rasé la <i>butte</i> S. Roch pour y bâtir des maisons. Ils apperçurent une <i>butte</i> occupée par les ennemis. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6279" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUTTE" />
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    <head>BUTTE</head>
    <p>
    Butte , est aussi le jeu des Chevaliers de l'Arquebuse, la maison où tirent les Chevaliers de l'Arquebuse. Et l'on a dit la <i>butte</i> des Archers, la <i>butte</i> des Arbalêtriers, la <i>butte</i> des Arquebusiers. Les Rois des <i>Buttes,</i> qui étoient la même chose que les Rois des Arbalêtriers ou des Arquebusiers, c'est-à-dire, ceux qui avoient remporté le prix. Les Chefs des <i>buttes.</i> Voyez <i>Le Maire Hist. d'Orleans, p.</i> 315.</p><p>On appelle Poudre de <i>butte,</i> de la poudre à canon fort fine, pour charger les arquebuses de ceux qui tirent au blanc pour les prix, car ils font ces exercices ordinairement sur une <i>butte. Pulvis nitratus tenuissimus, subtilissimus.</i> Leur lice s'appelle aussi la <i>butte.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>botta,</i> &amp; <i>botontinus,</i> qui se trouvent chez les Latins en cette signification.</p><p>On dit figurément, Etre en <i>butte</i> à l'envie, à la médisance ; pour dire, Etre exposé aux traits de l'envie, de la médisance. <i>expositus ad invidiam, maledicentiam.</i> Dès qu'on est trop sensible, on ne peut plus compter sur son repos, &amp; l'on est en <i>butte</i> à tous ceux qui nous veulent chagriner. Bell. Le bien est en <i>butte</i> à ceux qui ne le font pas. Abb. d. l. Tr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6279" id="3" type="">
   <index type="head" value="BUTTE" />
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    <head>BUTTE</head>
    <p>
    <pb n="771" facs="bpt6k8542165/f811/full/1200,/0/native.jpg"/> Butte , en Architecture, se dit de la dernière pile d'un pon, qu'on appelle autrement <i>la culée,</i> qui est soutenue par un quai ou par les terres, &amp; qui sert à arcbouter les dernières arcades. <i>Erisma.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6279" id="4" type="jardinier">
   <index type="head" value="BUTTE" />
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    <head>BUTTE</head>
    <p>
    Butte . Terme de Jardinier . Motte de terre qu'on élève au pied d'un arbre nouvellement planté pour l'affermir, ou dans laquelle on plante l'arbre. <i>Tumulus, tuberculum.</i> Planter des arbres en <i>butte,</i> c'est les planter non pas dans un trou creusé au-dessous de la superficie, mais dans une motte ou élévation de terre que l'on a fait exprès au dessus de la superficie, afin de les y planter. <i>In tumulis conserere, plantare.</i> Cela se pratique à l'égard des petits arbres que l'on plante dans une terre trop humide, ou qui n'est pas encore égalée &amp; mise de niveau avec le reste du terrein. La Quint. Il se dit aussi d'un amas de terre, ou de fumier, dont on couvre une plante, ou une herbe pendant l'hiver, pour la garantir de la gelée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6280" id="1" type="maconnerie">
   <index type="head" value="BUTTÉE" />
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    <head>BUTTÉE</head>
    <p>
    BUTTÉE , s. f. Terme de Maçonnerie . Massif de pierres dures, qui aux deux extrémités d'un pont, soutient la chaussée &amp; résiste à la poussée des arcades. <i>Moles saxea.</i> On l'appelle aussi <i>butte</i> &amp; <i>culée.</i> Acad. Franç.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6281" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTTIÈRE" />
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    <head>BUTTIÈRE</head>
    <p>
    BUTTIÈRE , s. f. Sorte d'Arquebuse qu'on appelle <i>buttière,</i> ou <i>rainoise. Ferrea fistula.</i> Elle ne diffère des autres qu'en ce qu'elle est plus grande &amp; plus pesante. Les Chevaliers de l'Arquebuse se servent de <i>buttières</i> pour tirer l'oiseau &amp; le prix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6282" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUTTER" />
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    <head>BUTTER</head>
    <p>
    BUTTER . Voyez <ref type="search" target="head:BUTER">BUTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6283" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="BUTURE" />
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    <head>BUTURE</head>
    <p>
    BUTURE , s. f. Terme de Chasse , qui se dit quand la jointure au-dessus du pied du chien grossit de telle sorte, qu'il lui tombe des glaires qui le rendent boiteux : ce qui arrive souvent par quelque pointure d'épine. <i>Tumor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6284" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="BUTYREUX, EUSE" />
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    <head>BUTYREUX, EUSE</head>
    <p>
    BUTYREUX, EUSE , adj. Terme de Médecine . <i>Quod ad butyri naturam accedit.</i> On distingue dans le lait trois parties ; la <i>butyreuse,</i> qui est la grasse dont se fait le beurre : c'est, dit M. Dionis, la crème, &amp; ce qu'il y a d'onctueux qui s'élève au-dessus du lait ; la <i>séreuse,</i> qui est le lait clair ; &amp; la <i>fromagère,</i> qui est la plus crasse &amp; la plus sèche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6285" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUVABLE" />
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    <head>BUVABLE</head>
    <p>
    &#9758; BUVABLE , adj. m. &amp; f. Qui se peut boire. Ce vin-là sera bon, mais il n'est pas encore <i>buvable.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6286" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUVANT, ANTE" />
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    <head>BUVANT, ANTE</head>
    <p>
    BUVANT, ANTE , part. Qui boit, ou qui est en état de boire. <i>Bibens.</i> Cet homme a sept enfans, tous biens <i>buvans</i> &amp; bien mangeans, qui se portent bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6287" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUVEAU" />
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    <head>BUVEAU</head>
    <p>
    BUVEAU , s. m. Outil de Maçonnerie. Espèce de fausse équerre composée de deux branches mobiles, qui sert à mesurer ou à tracer des angles. <i>Norma utrinque mobilis.</i> L'une de ses branches est quelquefois courbée pour prendre plus facilement les angles des surfaces qui ont quelque creux ou élévation ; &amp; l'autre branche est droite. On en fait de toutes les façons, selon le besoin que l'on en a. Dans la coupe des pierres on se sert du <i>buveau,</i> ou <i>beveau</i> en diverses manières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6288" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUVETIER" />
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    <head>BUVETIER</head>
    <p>
    BUVETIER , s. m. Celui qui tient la buvette en plusieurs Jurisdictions, &amp; qui est comme le serviteur des Compagnies, qui reçoit les consignations des Commissaires, &amp;c. <i>Qui potum praebet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6289" id="1" type="">
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    <head>BUVETTE</head>
    <p>
    BUVETTE , s. f. Lieu établi dans toutes les Cours &amp; Jurisdictions, où les Conseillers vont prendre un doigt de vin quand ils sont trop long-temps en l'exercice de leurs charges, &amp; où ils parlent aussi de leurs affaires communes. <i>Locus potioni destinatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6289" id="2" type="">
   <index type="head" value="BUVETTE" />
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    <head>BUVETTE</head>
    <p>
    Buvette . Ce mot signifie aussi un régal qu'on fait dans les cabarets, ou autres lieux, entre amis qui se veulent réjouir. <i>Compotatio.</i> Mais en ce sens il n'est presque usité qu'au pluriel, &amp; seulement dans le style simple &amp; familier. Il est défendu par les statuts des Métiers de Paris, de faire des <i>buvettes</i> pour la réception d'un apprentif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6290" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUVEUR" />
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    <head>BUVEUR</head>
    <p>
    BUVEUR , subst. m. Celui qui boit, ou qui est accoutumé à boire. <i>Potator, Potor.</i> Les <i>buveurs</i> d'eau, ou hydropotes, se portent mieux que les autres. Tous les peuples du Septentrion sont de grands <i>buveurs,</i> de grands yvrognes. Bacchus étoit le Dieu des <i>buveurs</i> chez les Payens. Horace a dit, que les <i>buveurs</i> d'eau ne font jamais que de méchans vers. S. Evr. On appelle proverbialement un homme sans force &amp; sans vigueur, un <i>buveur</i> d'eau.</p><p>Les Médecins appellent aussi <i>Buveur,</i> le troisième muscle de l'oeil qui sert à le faire mouvoir du côté du nez, parce que c'est un mouvement qui se fait d'ordinaire quand on boit. M. Dionis le nomme aussi <i>adducteur,</i> &amp; <i>liseur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6291" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUVOTTER" />
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    <head>BUVOTTER</head>
    <p>
    BUVOTTER , v. n. Boire à petits coups réitérés. <i>Sorbillare, Pitissare.</i> Ces goinfres passent ensemble des journées entières à <i>buvotter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6292" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUYE" />
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    <head>BUYE</head>
    <p>
    BUYE , subst. fém. Vieux mot qui signifie une cruche, ou vaisseau à mettre de l'eau. On dit aussi <i>Buire. Hydria, urceus.</i> Chez les Seigneurs on voit de grandes <i>buyes</i> d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6293" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="BUYO" />
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    <head>BUYO</head>
    <p>
    BUYO , s. m. Terme de Botanique . Nard. Antoine Reche parle de trois plantes dans son Livre IVe, c. 37. qu'il nomme <i>Buyo.</i> Ce sont sans doute les mêmes que la queue de Renard. <i>Saururus.</i> Il leur donne presque les mêmes qualités &amp; effets. Plumier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6294" id="1" type="">
   <index type="head" value="BUZANÇAIS" />
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    <head>BUZANÇAIS</head>
    <p>
    BUZANÇAIS , ou BUZENÇOIS, s. m. <i>Buzencaeum.</i> Ville de France en Berry. Ce mot est écrit dans Moréri, <i>Buzenzais</i> : cela est mal, car on prononce <i>Buzences.</i></p><p>BYGOÏS, s. f. Nymphe d'Etrurie, qui avoit écrit des foudres, &amp; dont les Livres Etruriens des Aruspices, les Livres fulgureux &amp; leurs Rituels parloient. Servius &amp; Cicéron en font aussi mention.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6295" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="BYSSE" />
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    <head>BYSSE</head>
    <p>
    BYSSE . Terme de Blason . Voyez <ref type="search" target="head:BISSE">BISSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6295" id="2" type="">
   <index type="head" value="BYSSE" />
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    <head>BYSSE</head>
    <p>
    Bysse , s. m. C'est le nom de la soie dont les Anciens s'habilloient. <i>Byssus.</i> Elle étoit si différente de celle dont on se sert aujourd'hui, qu'on ne doit pas confondre deux choses si différentes sous un même nom. En Egypte &amp; en Syrie on portoit du fin lin, du coton, &amp; du <i>bysse.</i> Fleury.</p><p>Le mot de <i>bysse</i> n'est guère en usage. Les Interprètes de l'Ecriture expliquent communément le mot <i>byssus,</i> qui vient du Grec , par <i>fin lin,</i> tant dans l'ancien que dans le nouveau Testament, au ch. 16. de S. Luc. 19. où il est dit dans notre édition Latine conformément au texte Grec, que le mauvais Riche <i>induebatur purpura &amp; bysso.</i> Mrs de Port-Royal ont traduit, <i>qui étoit vêtu de pourpre &amp; de lin</i> ; ce qui n'exprime pas assez la propriété du mot <i>byssus,</i> qui signifie quelque chose qui est plus que de simple lin. Les Pères Jésuites ont traduit, <i>qui s'habilloit d'écarlatte &amp; de toile fine.</i> Le P. Amelote, qui a voulu s'accommoder à nos usages, a mis dans sa version, <i>qu'il étoit vêtu de pourpre &amp; de soie.</i> On lit de la même manière dans la traduction de Calvin, &amp; dans l'Espagnole imprimée à Venise en 1556. mais <i>byssus</i> étoit autre chose que notre soie, comme on le peut prouver évidemment par un grand nombre d'anciens Ecrivains ; &amp; entre autres par Pollux, Liv. VII. de son Onomast. ch. 17. M. Simon a traduit plus à la lettre, <i>qui se vêtoit de pourpre &amp; de fin lin,</i> avec cette note : <i>Il y avoit une espèce de fin lin qui étoit fort cher, &amp; dont les plus grands Seigneurs se vêtoient en ce pays-la &amp; dans l'Egypte. Ce Riche en avoit un habit de couleur de pourpre.</i> Cela s'accorde parfaitement avec le Lexicon de Hésychius. Bochart a aussi remarqué dans son <i>Phaleg.</i> Liv. III. ch. 4. que ce qu'on appelle <i>byssus</i> étoit un lin fort délié, qui étoit souvent teint en pourpre. Pline assure que le <i>bysse</i> étoit une espèce de lin très-fin. Pausanias dit la même chose ; il remarque que dans toute la Grèce il ne croissoit de <i>bysse</i> qu'en Elide. Il faut qu'il y eût deux sortes de <i>bysse,</i> l'un beaucoup plus fin que l'autre ; car Bonfrérius remarque <pb n="772" facs="bpt6k8542165/f812/full/1200,/0/native.jpg"/>que de deux mots Hébreux qui signifient <i>bysse,</i> il y en a un qui est toujours employé dans l'Ecriture, quand il est parlé des vêtemens des Prêtres, &amp; l'autre quand il est parlé des vêtemens des Lévites : cette conjecture paroît fort vraisemblable. Leidekker croit que le <i>bysse</i> étoit un lin fort fin &amp; fort blanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6296" id="1" type="">
   <index type="head" value="BYZANCE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>BYZANCE</head>
    <p>
    BYZANCE , subst. m. Ville très-ancienne, Capitale de la Thrace. <i>Byzantium.</i> On ne sait pas au juste quel est le fondateur, ou l'origine &amp; le commencement de cette Ville. Plusieurs Historiens disent que c'est les Lacédémoniens qui l'ont bâtie. Justin, Liv. IX. ch. 1. en fait honneur à Pausanias Roi de Sparte. Isidore a copié Justin, mais le P. Cantel, dans ses Notes sur Justin, prétend que c'est là une erreur grossière de cet Historien, &amp; que le fondateur de <i>Byzance</i> est Byzes ou Byzas, Général des Mégariens. C'est aussi le sentiment d'Eustathius dans ses Notes sur le Géographe Denys v. 800. &amp; 801. où l'on pourra remarquer qu'en corrigeant Justin, le P. Cantel s'est aussi trompé ; car il ne fait qu'un seul homme de Byzes ou Byzas, Général des Mégariens, au lieu qu'Eustathius distingue Byzes de Byzas ; &amp; selon lui Byzas étoit fils de Céroesse fille d'Io, &amp; Byzes étoit un Mégarien, qui conduisit là une Colonie de ses Compatriotes, qui y bâtirent une Ville, qu'ils nommerent <i>Byzance,</i> du nom de leur Chef. Au reste, il semble qu'il faut plutot appeller ce fondateur Byzas que Byzes ; car les médailles de <i>Byzance</i> ont quelquefois d'un côté une tête d'homme avec ce mot pour légende, . Au revers une proue de vaisseau . Cette inscription du revers montre que ceux-là se trompent, qui, au rapport d'Eustathius au même endroit, disent que le nom Grec de cette Ville doit s'écrire par un <i>u,</i> , &amp; que Denys contre l'usage, &amp; pour faire son vers avoit retranché l', en disant . Au temps de Pline c'étoit une Ville libre, &amp; cet Auteur ajoûte, Liv. IV. ch. 11. qu'avant que de s'appeller <i>Byzance,</i> son nom étoit <i>Lygos.</i> Eustathius dit que Sévère la nomma <i>Antonia.</i> Ensuite Constantin y ayant transporté le Siége de l'Empire au commencement du IVe siècle, il lui donna son nom, &amp; ce fut désormais Constantinople, ou la nouvelle Rome. Enfin, les Turcs qui la prirent l'an 1453. ont fait de Constantinople <i>Stamboul.</i> Elle est située sur le Bosphore de Thrace, ou Canal de la mer noire, sur une langue de terre qui s'avance vers l'Anatolie, dont elle n'est séparée que par un canal large d'un mille. Ce promontoire s'appelloit autrefois <i>Chrysoceras,</i> Corne d'or. Dion dans Sévère, &amp; Zonaras dans son Histoire, ont donné la description de <i>Byzance.</i> Voyez encore les deux Tomes d'anciens morceaux de l'Histoire de Constantinople que le P. Banduri a fait imprimer depuis deux ans, &amp; Petrus Gillius, <i>De Topographia Constantinopoleos.</i></p><p>Il y a eu deux autres Villes de ce nom, l'une que Ptolémée place dans l'Inde en deçà du Gange ; &amp; l'autre qu'Eustathius, à l'endroit que j'ai cité, place en Lybie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BYZACÈNE</head>
    <p>
    BYZACÈNE , que quelques-uns écrivent BISACÈNE, ou BIZACÈNE, s. f. <i>Byzacium, Byzacenus ager, Byzcena Provincia.</i> Ancienne Province de l'Afrique propre, dont la Capitale étoit Adrumete. C'est maintenant la partie Méridionale du Royaume de Tunis. La <i>Byzacène</i> étoit un pays très-fertile, comme on le peut voir dans Pline, L. XVII. c. 5. L. XVIII. C. 10. dans Varron, <i>De Re Rustica, Lib. I. C.</i> 44. &amp; dans Silius Italic. L. IX. v. 204. où on lit communément <i>Buxencia,</i> au lieu de <i>Byzacia.</i> Cette fertilité peu commune a fait croire à Bochart dans son <i>Phaleg ; L. I. C.</i> 25. que ce mot venoit du Phénicien , <i>mammelle.</i> Il confirme sa conjecture par l'usage des autres langues, qui se servent du terme qui signifie <i>mammelle</i> pour marquer la fertilité ; témoin Homère, Iliad. I. 141. &amp; Virgile 2. Georg. v. 185. Procope parle d'une Ville de la <i>Byzacène</i> nommée <i>Mamma.</i> La <i>Byzacène</i> fut aussi dans la suite une Province Ecclésiastique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BYZANTIN, INE</head>
    <p>
    BYZANTIN, INE , adj. Qui est de Byzance, c'est-à-dire, de Constantinople. <i>Byzantinus, Byzantius.</i> Plusieurs personnages célèbres dans l'antiquité ont porté le surnom de <i>Byzantin.</i> Etienne <i>Byzantin,</i> Auteur d'un Dictionnaire Géographique en Grec. Léon <i>Byzantin,</i> Théodore <i>Byzantin,</i> disciples de Platon l'un &amp; l'autre ; Théodore <i>Byzantin,</i> Hérétique du IIe siècle, qui après avoir apostasié par la crainte de la persécution, se fit Hérétique, &amp; nia la divinité de J. C. Cependant en ces occasions on dit plutôt de Byzance que <i>Byzantin.</i> Etienne de Byzance, Théodore de Byzance, &amp;c. Philippe ayant assiégé les <i>Byzantins</i> fut obligé de lever le siége pour aller faire la guerre aux Scythes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>BYZANTIN, INE</head>
    <p>
    Byzantin , ou Turc, s. m. Terme de Fleuriste . Sorte d'Anémone, <i>Anemone Byzantina,</i> ou <i>Turcica.</i> Le Turc, ou <i>Byzantin,</i> est couleur de rose. Chom. <i>Anemone roseo colore.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="C" />
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    <head>C</head>
    <p>
    C Troisième lettre de l'Alphabet, se prononce ordinairement comme un <i>k</i> devant les voyelles <i>a</i> &amp; <i>o,</i> &amp; devant les diphtongues <i>au,</i> &amp; <i>ou,</i> comme <i>cabinet, copie, cause, couleur.</i> Devant la voyelle <i>u,</i> &amp; devant les diphtongues &amp; les triphtongues qui commencent par un <i>u,</i> le son du <i>c</i> n'est pas si dur qué devant l'<i>a</i> &amp; l'<i>o,</i> il est un peu adouci, comme <i>cueillir, cuirasse, curieux.</i> Mais quand le <i>c</i> se trouve devant les voyelles <i>a, o</i> &amp; <i>u,</i> &amp; qu'il a une petite virgule dessous, que les Espagnols appellent <i>Cedille,</i> &amp; les Imprimeurs ç à queue, on le prononce comme une <i>s</i> ; &amp; devant les voyelles <i>i</i> &amp; <i>e,</i> toujours comme une <i>s,</i> c'est-à-dire, qu'il a un son sifflant qui se forme en avançant la langue vers les dents, entre celles d'enhaut &amp; celles d'enbas. Le <i>c</i> suivi d'une <i>h</i> a un son sifflant, mais grossier, &amp; bien différent du son de l'<i>s</i> ; celui du <i>ch</i> de la langue Françoise est un son qu'on peut appeller <i>palatal,</i> ou son du palais ; il se forme en approchant la langue du palais, &amp; ressemble au son des lettres <i>sh</i> dans les mots Anglois, ou <i>c</i> devant <i>e</i> &amp; <i>i</i> dans les mots Italiens, excepté qu'en Italien le <i>c</i> prend quelque chose du son du <i>t,</i> ce qui n'arrive pas en François quand on prononce les lettres <i>ch.</i></p><p>Le <i>c</i> se prononce fortement à la fin de presque tous les monosyllabes, comme en <i>bec, choc, croc, froc, hoc, pic, roc, sec, soc.</i> Il y a aussi quelques mots de plusieurs syllabes, à la fin desquels le <i>c</i> se prononce aussi fortement : comme en <i>bissac, Enoc, Lamec.</i> Il en faut excepter <i>almanac.</i> Dans <i>respect</i> &amp; <i>suspect</i> le <i>c</i> se prononce sans le <i>t</i> ; suspec, respec. P. Buffier. On peut malgré cette règle prononcer le <i>t</i> en <i>suspect.</i> Dans <i>pact, exact, correct, direct,</i> le <i>c</i> &amp; le <i>t</i> se prononcent. Dans <i>almanac, arsenac, arsenic, cotignac, clerc, marc, porc, épic,</i> &amp; dans les mots où le <i>c</i> est précédé d'une voyelle nazale, comme <i>banc, donc, jonc,</i> le <i>c</i> final ne se prononce point, si ce n'est devant une voyelle en récitant des vers, P. Buff. &amp; dans une prononciation soutenue &amp; énergique. Quand <i>porc-épic</i> sont joints ensemble, il faut prononcer le <i>c</i> de <i>porc.</i> Dans <i>estomac, tabac, broc,</i> il ne se prononce point. Id.</p><p>Tous les Grammairiens ont remarqué que les anciens Romains prononçoient le <i>q</i> comme le <i>c,</i> &amp; qu'ils prononçoient le <i>c</i> comme nous prononçons le <i>k.</i> Ménage. Le P. Mabillon a observé que Charles-Magne a toujours écrit son nom avec la lettre <i>c,</i> au lieu que les autres Rois de la seconde race qui portent le nom de <i>Charles,</i> l'écrivent avec un <i>k.</i> On remarque la même différence sur les monnoies.</p><p>Scaliger prétend que cette lettre s'est formée du K des Grecs, &amp; qu'en retranchant la colonne ou la ligne droite, ç'en est l'autre moitié. D'autres veulent que ce soit le <i>Caph</i> des Hébreux. Le <i>caph</i> en effet a toute la même figure, à cela près que les Hébreux lisant de la droite à la gauche, il est tourné en ce sens, au lieu que les Latins l'ont tourné de gauche à droite, parce qu'ils lisoient ainsi, aussi-bien que nous. Cependant le <i>c</i> n'étant point la même lettre que le <i>caph</i> quant au son, &amp; les Romains n'ayant point reçû leurs lettres immédiatement des Hébreux ni des autres Orientaux, mais des Grecs, il paroît plus probable que cette lettre a été prise d'après le K Grec. Le P. Montfaucon, dans sa <i>Palaeographie,</i> a marqué des formes de K Grec qui approchent de celle du <i>C,</i> par exemple celle-ci . Suidas appelle le <i>C</i> le <i>Kappa</i> Romain.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>C</head>
    <p>
    C . chez les Romains étoit une lettre numérale qui signifioit <i>Cent</i> suivant ce vers :</p><p>Quelques-uns tiennent que si on mettoit un titre ou une barre au-dessus du C, elle signifioit <i>cent mille</i> : on auroit de la peine à en trouver des exemples chez les Anciens. Il signifie Caïus dans les noms d'homme, comme C. Sempronius, C. César, c'est-à-dire, <i>Caïus Sempronius, Caïus César.</i> Les Romains en usoient ainsi, &amp; nous les imitons. Cette même lettre mise toute seule marque, chez les Jurisconsultes, <i>Codice,</i> ou <i>Consule</i> ; &amp; quand elle est double, <i>Consulibus.</i> C'étoit aussi une lettre funeste : elle signifioit <i>condemno,</i> je condamne.</p><p>Dans la Musique le <i>C</i> majuscule marque le dessus chantant dans les basses continues.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÇA</head>
    <p>
    ÇA , adv. qui désigne quelque chose de commandement. Venez <i>çà,</i> c'est-à-dire, Venez ici. <i>Ehodum, adesdum, huc concede. Çà</i> bas, ici bas. <i>Çà</i> la main droite : <i>çà</i> la main gauche, qu'on l'attache. Ablanc. <i>Cedo dextram, cedo sinistram. Çà,</i> qu'on mette la main à l'oeuvre. Scar. <i>Eia, age, agesi.</i></p><p>Il signifie encore le lieu. Ils vont <i>Deçà, delà. Alii, aliò abeunt.</i> Il est errant <i>çà</i> &amp; là, ou <i>deçà,</i> delà, c'est-à-dire, en divers lieux. Ils s'enfuyoient qui <i>çà,</i> qui là ; c'est-à-dire, les uns d'un côté, les autres de l'autre, <i>hùc, illùc.</i> Cela est en <i>deçà,</i> par <i>deçà</i> les monts, au <i>deçà</i> des monts, <i>citrà montes.</i> Si vous venez par <i>deçà,</i> ou de <i>deçà,</i> c'est-à-dire, en nos quartiers, <i>hàc.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>ÇA</head>
    <p>
    Or ça , se dit pour encourager, &amp; signifie, Sus donc. On dit aussi, <i>çà çà</i> commençons à travailler. <i>Age, Eia verò age. Çà,</i> je veux aller où vous m'envoyez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6302" id="1" type="jurisprudence">
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    <head>CAABLES</head>
    <p>
    CAABLES , subst. pl. Terme de Jurisprudence . Ce mot dans les Ordonnances des Forêts veut dire, <i>bois versés &amp; abattus par les vents.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CHABLIS">CHABLIS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6303" id="1" type="">
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    <head>CAAOBETINGA</head>
    <p>
    CAAOBETINGA , subst. fém. Petite herbe qui se trouve au Brésil. Il sort des feuilles de sa racine même qui sont blanchâtres par-dessous, &amp; vertes par-dessus. Sa racine &amp; ses feuilles pilées ensemble sont bonnes à consolider les plaies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6304" id="1" type="">
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    <head>CAAROBA</head>
    <p>
    CAAROBA , s. f. Arbre fort commun dans les Indes Occidentales.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6305" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAB" />
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    <head>CAB</head>
    <p>
    CAB , ou CABE, s. m. Nom d'une mesure de blé, selon Pollux &amp; Hésychius. <i>Cabus.</i> Tirin, dans son <i>Traité des Mesures &amp; des Vases,</i> dit que le <i>Cabe</i> étoit la même chose que le Chenix des Grecs ; que c'étoit la mesure de ce qu'un manoeuvre mange par jour, telle que Caton la marque aux paysans dans son 56e chapitre, <i>De Re Rusticâ</i> ; qu'on l'appelloit autrement Palme cubique ; que c'étoit la sixième partie du <i>Satum,</i> ou du boisseau ; qu'il contenoit quatre loges ou septiers Hébreux, &amp; qu'il revenoit à peu-près à ce que les Italiens appellent <i>boccale,</i> &amp; les Espagnols <i>açumbre.</i> R. Alphes, cité par Buxtorf, dit que le <i>Cabe,</i> contenoit autant que 24. oeufs. Un Auteur Anglois, qui a écrit sur ces matières, lui donne un peu plus de 90. pouces cubiques de capacité. Tout cela revient à peu-près au même, &amp; il s'ensuit que le <i>Cabe</i> étoit la 10e partie de l'<i>éphi,</i> <pb n="774" facs="bpt6k8542165/f814/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; le tiers du <i>hin</i> ; que le quart du <i>Cabe</i> étoit un septier Hébreu, qui étoit égal au septier Attique, &amp; qu'ainsi dans la faim de Samarie dont il est parlé, 2e Livre des Rois VI. 25. un quart de <i>Cabe,</i> ou un septier de fumier de pigeon, valoit cinq pièces d'argent, c'est-à-dire, cinq sicles, qui font de notre monnoie sept livres quelques sols.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6306" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABACET" />
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    <head>CABACET</head>
    <p>
    CABACET . Voyez <ref type="search" target="head:CABBASSET">CABBASSET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6307" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CABAL, & CABAU" />
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    <head>CABAL, & CABAU</head>
    <p>
    CABAL, &amp; CABAU , s. m. Terme de Coutumes . Le Ferron l'explique par <i>peculium.</i> On appelle <i>cabal</i> les marchandises qu'on prend de quelqu'un à moitié, au tiers, au quart de profit. <i>Cabal,</i> en langage Toulousain, veut dire, le fond d'un Marchand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6308" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABAL" />
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    <head>CABAL</head>
    <p>
    CABAL , s. m. Livre Historique, mêlé de plusieurs narrations fabuleuses touchant le Musulmanisme. On trouve dans ce Livre, dont l'Auteur est inconnu, plusieurs traditions anciennes du Christianisme, &amp; entr'autres, celle des Anges Gardiens. D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6309" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABALE" />
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    <head>CABALE</head>
    <p>
    CABALE , s. f. Quelques-uns écrivent KABALE. Ce nom a plusieurs significations, qu'il faut distinguer plus exactement qu'on ne fait dans tous nos Dictionnaires. <i>Cabale</i> est un mot Hébreu, , <i>Kabbalah,</i> qui signifie proprement &amp; précisément <i>Tradition,</i> &amp; vient du verbe , <i>Kibbel,</i> qui signifie, Recevoir par tradition, recevoir de père en fils, d'âge en âge, sur-tout en Chaldéen &amp; Hébreu Rabbinique ; mais non pas comme on le dit mal-à-propos dans le Moréri, <i>Tradidit, il a enseigné.</i> De-là il se dit premièrement d'un sentiment, d'une opinion, d'une explication de l'Ecriture, d'une coutume ou pratique qui s'est transmise de père en fils. Les Juifs, comme on le peut voir dans la préface de Maiemon sur la Mischna, croient que Dieu donna à Moïse non-seulement la Loi, mais encore l'explication de la Loi sur la montagne de Sinaï. Quand il étoit descendu, &amp; qu'il s'étoit retiré dans sa tente, Aaron l'alloit trouver, &amp; Moïse lui apprenoit les Loix qu'il avoit reçues de Dieu, &amp; lui en donnoit l'explication, que lui-même avoit aussi apprise de Dieu. Quand il avoit fini, Aaron se mettoit à la droite de Moïse, Eléazar &amp; Ithamar fils d'Aaron entroient, &amp; Moïse leur disoit ce qu'il avoit déja dit à Aaron. Après quoi s'étant placés l'un à sa droite, &amp; l'autre à sa gauche, venoient les 70. vieillards qui composoient le Sanhédrin, &amp; Moïse leur répétoit encore tout ce qu'il avoit dit à Aaron &amp; à ses enfans. Enfin, on faisoit entrer tous ceux du peuple qui vouloient, &amp; Moïse les instruisoit encore comme il avoit fait les autres. De sorte qu'Aaron entendoit quatre fois ce que Moïse avoit appris de Dieu sur la montagne ; Eléazar &amp; Ithamar l'entendoient trois fois ; les 70. vieillards deux ; &amp; le peuple une fois. Or des deux choses que leur apprenoit Moïse, les Loix que Dieu imposoit, &amp; l'explication de ces Loix, on n'en écrivoit que la première, c'est-à-dire, les Loix, &amp; c'est là ce que nous avons dans l'Exode, le Lévitique &amp; les Nombres. Pour ce qui regarde l'intelligence &amp; l'explication de ces Loix, on se contentoit de se l'imprimer bien dans la mémoire, &amp; ensuite les Pères l'apprirent à leurs enfans, &amp; ceux-ci aux leurs, &amp; ainsi de siècle en siècle jusqu'aux derniers âges. C'est pour cela que la première partie de ce que Dieu avoit donné à Moïse s'appella simplement <i>Loi,</i> ou <i>Loi écrite</i> ; &amp; la seconde <i>Loi orale,</i> ou <i>Cabale</i> ; car voilà originairement ce que c'est que <i>Cabale</i> &amp; le sens propre &amp; primitif de ce nom. Quelques Rabbins prétendent que leurs Pères l'avoient reçue des Prophètes, qui l'avoient reçue des Anges. Rabbi Abraham Ben Dior, dit, dans la Préface de son Livre de la création (<i>Jetsira</i>) que l'Ange Raziel fut le maître d'Adam, &amp; qu'il lui apprit la <i>Cabale</i> ; que Japhiel fut le maître de Sem, que Tsédékiel le fut d'Abraham, Raphaël d'Isaac, Péliel de Jacob, Gabriel de Joseph, Mératron de Moïse, &amp; Malathiel d'Elie. Les Rabbins apporterent de Chaldée les rêveries de la <i>Cabale,</i> &amp; y ajouterent une infinité de fables.</p><p>Parmi ces explications de la Loi, qui ne sont la plupart autre chose que des interprétations de différens Rabbins sur les Loix de Dieu, &amp; leurs décisions sur les obligations qu'elles imposent, &amp; sur la manière de les pratiquer, il y en a qui sont mystérieuses &amp; cachées, qui consistent dans des significations abstruses &amp; singulières que l'on donne ou à un mot, ou même à chacune des lettres qui le composent ; d'où, par différentes combinaisons, l'on tire de l'Ecriture des explications fort différentes de ce qu'elles semblent naturellement signifier. L'art d'interpréter ainsi l'Ecriture s'appelle plus particulièrement <i>Cabale,</i> &amp; c'est le sens le plus ordinaire de ce mot dans notre langue. Cette <i>Cabale,</i> que l'on nomme <i>Cabale artificielle,</i> pour la distinguer de la première dont nous avons parlé, &amp; qui n'est qu'une simple tradition, cette <i>Cabale,</i> dis-je, se divise en trois espèces. La première s'appelle <i>Gématrie :</i> elle consiste à prendre les lettres pour des chifres ou nombres arithmétiques, &amp; à expliquer chaque mot par la valeur arithmétique des lettres dont il est composé ; ce qui se fait en plusieurs manières, comme nous le dirons au mot Gématrie.</p><p>La seconde espèce s'appelle <i>Notaricon,</i> &amp; consiste, ou bien à prendre chaque lettre d'un mot pour une diction entière ; par exemple, , premier mot de la Genèse, pour ; ou bien à faire des premières lettres de plusieurs mots une seule diction, comme de ceux-ci, , <i>Vous êtes fort dans l'éternité, Seigneur</i> ; en ne prenant que les premières lettres on forme ce nom Cabalistique de Dieu , <i>Agla,</i> dont parle Galatin, Liv. II. ch. 15.</p><p>La troisième espèce s'appelle , <i>Thémura,</i> qui signifie <i>changement,</i> &amp; consiste à changer un mot, &amp; les lettres dont il est composé, ce qui se fait en plusieurs manières ; car 1°, On les sépare, &amp; de , <i>breschit,</i> par exemple, qui veut dire, <i>In Principio,</i> on fait , <i>posuit fundamentum.</i> C'est ainsi que dans certains jeux de mots, on a quelquefois séparé des mots Latins. <i>Sum-mus, Terminus, Sus-tinea-mus.</i> 2°, On transpose les lettres d'un mot, on les place, on les arrange différemment ; par exemple, du même mot , on fait , ce qui signifie 1a, <i>in Thisri</i> ; &amp; parce que cela se tire du premier mot de l'histoire de la création du monde, on en conclut que le monde a été créé le premier jour du mois <i>Thisri.</i> 3°, On prend une lettre pour une autre, à cause des différens rapports qu'on leur donne en prenant l'alphabet en différens sens. Ainsi en partageant l'alphabet Hébreu de 22. lettres, en deux parties, la première de chacune de ces parties se prend pour la première de l'autre : la seconde pour la seconde : la troisième pour la troisième, &amp; ainsi des onze lettres, dont chacune de ces parties est composée, qui se prennent mutuellement pour celle qui leur répond dans l'autre partie, c'est-à-dire, , pour , ou pour pour , ou pour pour , ou pour , &amp;c. Par-là de , <i>Tabeel,</i> nom inconnu, qui se trouve en Isaie VII. 6. on en fait , <i>Remla,</i> nom d'un Roi d'Israël. Une autre façon de changer les lettres est de prendre l'alphabet en deux manières, premièrement à l'ordinaire, puis à rebours, en commençant par la dernière lettre, &amp; de changer encore les deux premières lettres, l'une &amp; l'autre mutuellement, &amp; de même les deux secondes, les deux troisièmes &amp;c. c'est-à-dire, , en , ou en en , ou en en , on en , &amp;c. Par-là de . <i>Le coeur de ceux qui s'élevent contre moi,</i> dans Jérém. Liv. I. 1. on fait , <i>Les Chaldéens,</i> &amp; l'on conclut que ceux dont Dieu parle sont les Chaldéens. Ces deux dernières espèces de <i>Themure</i> s'appellent plus particulièrement encore , c'est-à-dire, <i>association, combinaison.</i> Voyez Reuchlin, Pic de la Mirandole, le P. Kirker dans son <i>Oedip. Aegypt.</i> Sérarius &amp; Bonfrerius dans leurs Prolégomènes. La <i>Cabale</i> dont nous venons de parler, peut s'appeller la <i>Cabale</i> spéculative. Il y en a une autre qu'on peut nommer la <i>Cabale</i> pratique ; c'est celle dont nous allons parler.</p><p>
    </p>
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    <head>CABALE</head>
    <p>
    Cabale , se prend encore pour les usages, ou plutôt les abus que font les Magiciens des passages de l'Ecriture, ainsi qu'on le peut voir dans un petit ouvrage de cette sorte, intitulé , <i>L'usage des Pseaumes,</i> &amp; imprimé à Sabionette en 1588. à la fin d'une édition des pseaumes <i>in</i>-24. &amp; dans plusieurs autres livres de même sorte. Tous les noms, toutes les figures magiques, tous les nombres, les lettres, &amp;c. dont on se sert pour cela, &amp; encore la science hermétique, ou la recherche de la Pierre Philosophale, tout cela est compris dans cette espèce de <i>Cabale.</i> Mais il n'y a que les Chrétiens qui l'appellent ainsi, &amp; ce mot a ce sens, sur-tout en notre langue, à cause de la ressemblance que cet art a avec les explications de la <i>Cabale</i> dont nous avons parlé ; car les Juifs ne donnent point à cet art, ou diabolique, ou vain <pb n="775" facs="bpt6k8542165/f815/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; ridicule, le nom de <i>Cabale,</i> qui est toujours un nom saint &amp; respectable parmi eux. Au reste, ce n'est point la magie seule des Juifs que nous nommons <i>Cabale</i> ; nous avons transporté ce nom à toute sorte de magie, &amp; c'est dans ce sens que l'Abbé de Villars l'a pris dans son Livre intitulé <i>Le Comte de Gabalis</i> ; où il a exposé les ridicules secrets de la <i>Cabale,</i> que les Cabalistes appellent la <i>sacrée Cabale. Cabala, cabalistica doctrina, occulta, arcana Hebraeorum disciplina, sapientia.</i> Ils supposent qu'il y a des peuples élémentaires, sous les noms de Sylphes, de Gnomes, de Salamandres, &amp;c. &amp; que cette science introduit les hommes dans le sanctuaire de la nature. Ils prétendent que les Hébreux connoissoient ces substances aëriennes ; qu'ils avoient puisé ces connoissances cabalistiques chez les Egyptiens ; &amp; qu'ils n'avoient pas ignoré l'art particulier d'entretenir ces nations élémentaires, &amp; de converser avec ces habitans de l'air. On leur fait dire qu'ils ont déféré à Paracelse le sceptre de la Monarchie Cabalistique. Voyez Le Comte de Gabalis. La <i>Cabale</i> est une science sérieuse, &amp; il n'y a que les mélancoliques qui s'y adonnent. Abb. de Villars. La <i>Cabale</i> est une de ces chimères qu'on autorise quand on les combat gravement, &amp; qu'on ne doit entreprendre de détruire qu'en se jouant. Id. Robert Flud Anglois en a fait d'amples Traités &amp; Apologies dans ses neuf grands Volumes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABALE</head>
    <p>
    Cabale , se dit aussi de la Secte des Juifs, qui suivent &amp; pratiquent la <i>Cabale,</i> qui interprètent l'Ecriture selon l'art de la <i>Cabale,</i> prise au second sens que nous avons expliqué ; car les Juifs sont divisés en deux sectes générales, les Karaïtes, qui ne veulent point recevoir les Traditions, ni le Thalmud, mais le seul texte de l'Ecriture ; &amp; les Rabbanistes, ou Thalmudistes, qui outre cela reçoivent encore les Traditions &amp; suivent le Thalmud. Ceux-ci sont encore divisés en deux, en Rabbanistes simples, qui expliquent l'Ecriture selon le sens naturel par la Grammaire, l'Histoire, ou la Tradition ; &amp; en Cabalistes, qui pour y découvrir les sens cachés &amp; mystérieux que Dieu y a mis, se servent de la <i>Cabale</i> &amp; des manières mystérieuses que nous avons expliquées. Si l'on en croit les Juifs, la <i>Cabale,</i> comme la Loi, vient de Dieu &amp; du mont Sinaï, &amp; y fut donnée à Moïse, &amp; par lui à tout le peuple, de la manière que nous le disons ci-dessus. C'est une fable ; mais plusieurs Savans croient qu'elle étoit déja trouvée du temps de J. C. &amp; il s'est trouvé des visionnaires parmi les Juifs, qui ont dit que ce n'étoit que par les mystères de la <i>Cabale</i> que J. C. avoit opéré ses miracles. Quelques Savans ont cru que Pythagore &amp; Platon avoient appris des Juifs en Egypte l'art Cabalistique, &amp; ils ont cru en trouver des vestiges bien marqués dans leur Philosophie. D'autres croient au contraire, que c'est la Philosophie de Pythagore, &amp; de Platon, qui a produit la <i>Cabale.</i> Quoiqu'il en soit, il est certain que dans les premiers siècles de l'Eglise la plupart des Hérétiques donnèrent dans les vaines idées de la <i>Cabale.</i> Les Gnostiques, les Valentiniens, les Basilidiens, y furent sur-tout plus attachés, comme on le peut voir dans S. Epiphane. C'est ce qui produisit l', &amp; tant de Talismans, dont il nous reste encore une grande quantité dans les cabinets des Antiquaires. On donne aussi le nom de <i>Cabale</i> non seulement à l'art, mais encore à chaque opération de cet art ; c'est-à-dire, à chaque interprétation particulière, faite selon les règles de cet art. C'est là une <i>Cabale,</i> ce n'est point une interprétation naturelle &amp; littérale. R. Jacob Ben Ascher, surnommé Baal Hatturim, est un Compilateur de presque toutes les <i>Cabales</i> inventées avant lui sur les cinq Livres de Moïse.</p><p>Ce mot vient de l'Hébreu <i>Cabbala</i>, qui signifie <i>réception, tradition,</i> comme nous l'avons expliqué d'abord. Et <i>Cabbala</i> vient de <i>kibboutz,</i> qui signifie, <i>faire passer par tradition de l'un à l'autre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABALE</head>
    <p>
    Cabale , signifie aussi dans quelques Auteurs la connoissance des choses qui sont au-dessus de la lune, des corps célestes, de leurs influences. La <i>Cabale,</i> en ce sens, est la même chose que l'Astrologie judiciaire, ou elle en fait partie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABALE</head>
    <p>
    Cabale , signifie figurément, une société de personnes qui sont dans la même confidence, &amp; dans les mêmes intérêts : mais il se prend ordinairement en mauvaise part. <i>Coitio, factio.</i> Tous ces gens-là sont d'une même <i>cabale.</i> On le dit aussi des conspirations &amp; des entreprises secrettes, des desseins qui se forment dans cette société contre l'Etat. <i>Clandestina coitio, conjuratio.</i> On a fait une <i>cabale</i> pour décrier cette Tragédie. A Rome, comme aujourd'hui, la <i>cabale</i> l'emportoit sur le mérite, &amp; décidoit du sort des Ouvrages. Dac. Elle formoit incessamment des <i>cabales</i> qui divisoient toute la Cour. Mlle L'Héritier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABALE</head>
    <p>
    Cabale , se dit aussi de quelques sociétés d'amis qui ont entre eux une liaison plus étroite qu'avec d'autres, sans avoir aucun mauvais dessein ; comme pour se divertir, étudier. <i>Societas.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABALER</head>
    <p>
    CABALER , v. n. Faire une cabale. <i>Clandestinam societatem coïre, coïtionem facere, conjurare.</i> Cette ville est remplie de gens qui <i>cabalent</i> contre l'Etat.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABALER</head>
    <p>
    Cabalé, ée . Ce mot est adjectif &amp; participe, il signifie ce qui est acquis, obtenu par cabale, ainsi il ne se dit qu'en mauvaise part.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABALEUR</head>
    <p>
    CABALEUR , s. m. Celui qui cabale. <i>Factiosus.</i> Franc <i>cabaleur</i> adroit, rusé, ardent, dangereux. L'usage est de n'écrire tous ces mots au figuré que par un <i>b. Cabale, Cabaler, Cabaleur,</i> mais au propre on les écrit souvent par deux <i>bb.</i> L'étymologie le demande, quoiqu'on n'en prononce qu'un.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6312" id="1" type="">
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    <head>CABALISTE</head>
    <p>
    CABALISTE , s. m. Celui qui sait la science de la Cabale. <i>Occultae Hebraeorum disciplinae peritus. Artis cabalisticae studiosus, peritus, Cabalista, Cabalisticus.</i> Les Rabbins sont grands <i>Cabalistes.</i> Vouloir guérir les <i>Cabalistes</i> par raison, c'est entreprendre l'impossible. Ce sont des visionnaires sérieux qu'on ne ramène guère. Savant, habile, docte, profond <i>Cabaliste.</i> Quand je cite ce <i>Cabaliste,</i> ou plutôt ce Compilateur de presque toutes les cabales inventées avant lui sur les cinq Livres de Moïse, ce n'est point pour rapporter ici une de ces explications subtiles, faites suivant les loix de la Gématrie, du Notaricon, ou de la Thémure ; celle dont je vais parler est purement grammaticale, &amp; n'a rien des puérilités de l'art Cabalistique. P. Souciet.</p><p>On appelle aussi <i>Cabalistes,</i> ceux qui font de petites brigues, pour s'établir en réputation par le moyen de leurs amis. <i>Junctus cum alio, societatis vinculo ad rem faciendam, consiliorum socius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6313" id="1" type="">
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    <head>CABALISTIQUE</head>
    <p>
    CABALISTIQUE , adj. Qui appartient à la Cabale. <i>Cabalisticus :</i> l'art <i>cabalistique :</i> une interprétation <i>cabalistique</i> : les subtilités <i>cabalistiques</i> sont de pures visions &amp; superstitions. Tâchez de vous rendre digne de recevoir les lumières <i>cabalistiques.</i> Abb. de Villars. Les puérilités de l'art <i>cabalistique.</i> P. Souc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6314" id="1" type="">
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    <head>CABAN</head>
    <p>
    CABAN , s. m. Vieux mot. Manteau de pluie, avec des manches, qu'on porte à cheval. <i>Paenula.</i> Ménage le fait venir de <i>cappa,</i> cappe. C'est aussi parmi les Matelots de Provence un habillement en temps de pluie avec des manches, &amp; un capuchon. Il a la même signification que Capot. <i>Cucullus nauticus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABANE</head>
    <p>
    CABANE , s. f. Petit toit ou maisonnette, bâtie de bauge &amp; couverte de chaume, où logent les pauvres gens, &amp; sur-tout à la campagne. <i>Casula.</i> Les Solitaires méprisoient le séjour des villes, pour aller dans les déserts habiter des <i>cabanes.</i> Du Pin. Malherbe a dit en parlant de la mort :</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>capanna</i>, qui signifie <i>petite maison de chaume,</i> qui a été fait du Grec , signifiant <i>crèche.</i> Ménage. Isidore dit que le mot de <i>capanna</i> vient <i>ex eo quod unum tantùm hominem capiat.</i> Les Espagnols disent aussi cabaña.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6315" id="2" type="">
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    <head>CABANE</head>
    <p>
    Cabanés , en termes de Marine , sont de petits logemens de planches pour coucher les Pilotes, &amp; autres Officiers de Marine, qui sont fort étroits &amp; en forme d'armoires, pratiqués en divers endroits du château de pouppe, ou le long des côtes du vaisseau.</p><p>Les Bateliers appellent aussi <i>cabane,</i> des cerceaux pliés en <pb n="776" facs="bpt6k8542165/f816/full/1200,/0/native.jpg"/>forme d'arc sur un bachot, &amp; couverts d'une toile qu'on appelle <i>banne.</i></p><p>On appelle <i>cabane</i> de Berger, une manière de petite chambre faite de planches, que l'on fait aller d'un lieu à l'autre, par le moyen de quatre roulettes qui la soutiennent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6315" id="3" type="oiselier de paris">
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    <head>CABANE</head>
    <p>
    Cabane , est aussi un terme d'Oiselier de Paris . C'est une espèce de petite loge où l'on ne voit le jour que par un endroit, &amp; où l'on fait nicher des oiseaux. Il y en a aussi de très-éclairées, où l'on fait couver des oiseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6315" id="4" type="">
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    <head>CABANE</head>
    <p>
    Cabane , est aussi un bateau à fond plat, &amp; couvert, dont on se sert sur la rivière de Loire. <i>Cymba.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6316" id="1" type="">
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    <head>CABANER</head>
    <p>
    CABANER , v. act. Ce mot est particulièrement en usage parmi les gens qui voyagent aux Indes Occidentales. Il signifie, Faire, dresser des cabanes. <i>Casas construere, aedificare.</i> Quand le mauvais temps vient, on est contraint de <i>cabaner.</i> Il signifie aussi être en cabane, en parlant des oiseaux. Faire <i>cabaner</i> des serins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6317" id="1" type="">
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    <head>CABARET</head>
    <p>
    CABARET , s. m. Lieu où on vend du vin en détail. <i>Caupona, popina, taberna.</i> On confond aujourd'hui ce mot avec <i>taverne :</i> néanmoins ils sont fort différens, en ce que le <i>cabaret</i> est le lieu où on donne seulement du vin à pot par un trou pratiqué dans un treillis de bois qui y sert d'enseigne, sans qu'il soit permis d'asseoir, ni de mettre la nape. On l'appelle pour cela <i>à huis coupé, &amp; pot renversé,</i> parce que l'hôte est obligé de renverser le pot si-tôt qu'il a vendu le vin. Au lieu qu'à la <i>taverne</i> on vend le vin par assiette, &amp; on y apprête à manger. Il faut fuir ces débauchés qui ne hantent que le <i>cabaret.</i> Le vin de <i>cabaret</i> est presque toujours frelaté, &amp; fait mal à la tête.</p><p>Ménage croit que ce mot vient de <i>caparetum</i>, qui a été fait du Grec , qui signifie lieu <i>où l'on mange.</i> Adrien Scriek dérive le mot <i>cabaret</i> de l'Hébreu <i>cabar, , assembler, réunir,</i> parce qu'on s'assemble dans les <i>cabarets,</i> sur-tout lorsqu'on est en voyage.</p><p>On appelle un <i>cabaret</i> borgne, un méchant <i>cabaret</i> qui n'est fréquenté que par de pauvres gens, qui est obscur, mal propre, &amp; mal servi.</p><p>On dit proverbialement, qu'il y a du vin au <i>cabaret</i> à tout prix ; pour dire, qu'il faut faire différence entre les choses, &amp; qu'il y en a de diverse valeur. On dit aussi, qu'un homme fait de sa maison un <i>cabaret</i> ; pour dire, que tout le monde est bien venu à boire &amp; à manger chez lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6318" id="1" type="botanique">
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    <head>CABARET</head>
    <p>
    CABARET , subst. m. Terme de Botanique . <i>Asarum. s. n.</i> Plante dont la racine est menue, traçante, accompagnée de quelques fibres qui plongent d'environ deux pouces dans la terre. Son odeur est très-forte, aromatique, tenant de la grande Valeriane &amp; du Nard Indien ; c'est ce qui empêche de la joindre aux fleurs dont on forme des bouquets ; &amp; c'est par cette raison qu'on la nomme <i>Asarum,</i> de l'<i>a</i> privatif, &amp; de , <i>orno, , non ornatus.</i> Ses feuilles naissent des noeuds de la racine, leur contour est pareil à celui de l'oreille extérieure, d'où vient le nom d'oreille d'homme, que quelques Botanistes ont attribué à l'<i>Asarum.</i> Elles sont d'un verd foncé en dessus, plus pâles en dessous, &amp; sont portées par des queues qui ont deux à trois pouces de longueur. Ses fleurs naissent du même endroit que les feuilles, mais leur pédicule n'a guère qu'un pouce de longueur. Ces fleurs sont d'une seule pièce à six pans, d'un verd brun, tirant sur le rouge, longue de six lignes environ jusque vers son évasement, où elle se décharge en trois quartiers pointus, longs de quatre lignes ; teintes en dedans d'un rouge brun foncé. Cette fleur renferme plusieurs étamines, &amp; un pistile qui devient conjointement avec la fleur qui s'y colle, un fruit contenant six ordres de semences, semblables en quelque façon à des pepins de raisins.</p><p>Les racines de <i>Cabaret</i> entrent dans la Thériaque ; données en substance, ou infusées dans du vin, elles font vomir ; au lieu qu'étant mises en décoction dans de l'eau, elles deviennent diurétiques. Ses feuilles purgent encore plus violemment que ses racines.</p><p>Il y a une espèce de <i>Cabaret</i> qui croît en Canada, &amp; qui n'est guère différent de celui d'Europe que par ses feuilles, qui quoiqu'arrondies se terminent en pointe. Ses racines ne sont pas vomitives, &amp; son odeur n'est pas si désagréable. Le <i>Cabaret</i> croît en plusieurs endroits du Royaume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6318" id="2" type="">
   <index type="head" value="CABARET" />
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    <head>CABARET</head>
    <p>
    Cabaret , est aussi le nom d'un petit meuble, qui sert autant pour l'ornement que pour le besoin. C'est une petite table avec des bords, ordinairement couverte de vernis, sur quoi l'on met des coupes &amp; des soucoupes pour prendre du Thé, du Caffé, &amp;c. Un <i>cabaret</i> de la Chine, un <i>cabaret</i> du Japon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6319" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABARÉTIER, IÈRE" />
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    <head>CABARÉTIER, IÈRE</head>
    <p>
    CABARÉTIER, IÈRE , s. m. &amp; fem. Qui tient un Cabaret. <i>Caupo, Tabernarius.</i> Le Maître, la Maîtresse d'un Cabaret. Les <i>Cabaretiers</i> n'ont point d'action pour le vin vendu chez eux en détail &amp; par assiette, suivant l'article 128. de la Coutume de Paris, &amp; le 535e de la Coutume de Normandie. Plutarque témoigne que les Lydiens furent les premiers <i>Cabaretiers.</i> Horace les appelle perfides &amp; trompeurs, à cause du mélange de leurs vins. <i>Perfidus hic caupo.</i> On ne prononce point l'<i>r</i> finale dans le mot <i>Cabaretier.</i> Plusieurs disent <i>Cabartier</i> : il faut dire la même chose de <i>Cabartière.</i> Ni l'un ni l'autre n'est bon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6320" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABARÉTIQUE" />
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    <head>CABARÉTIQUE</head>
    <p>
    &#9758; CABARÉTIQUE , adj. de cabaret. L'hôtesse dit cela d'un ton si gravement <i>cabarétique,</i> que la Rancune jugea qu'elle avoit raison. <i>Rom. Com.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6321" id="1" type="">
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    <head>CABARNE</head>
    <p>
    CABARNE , s. m. <i>Cabarnus.</i> Prêtre de Cérès dans l'Isle de Paros. Le Géographe Etienne au mot , dit que cette Isle fut aussi nommée , <i>Cabarnis,</i> &amp; que ces noms venoient de , qui fut celui qui apprit à Cérès l'enlevement de sa fille Proserpine ; mais d'autres traitent cette étymologie de fable, &amp; disent que <i>Cabarne</i> est un mot Phénicien, que <i>Kareb,</i> s'est dit dans cette langue aussi-bien qu'en Hébreu pour Offrir en sacrifice, &amp; , <i>Korban,</i> pour Oblation ; que de là par la transposition du <i>resch, r,</i> &amp; du <i>beth, b,</i> s'est fait , <i>Kabarnin,</i> pour <i>Karabnin,</i> qui signifie, Ceux qui offrent, qui font des oblations, des Prêtres ; &amp; que c'est de là que les <i>Cabarnes</i> ont pris leur nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6322" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABAS" />
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    <head>CABAS</head>
    <p>
    CABAS , subst. m. Panier de jonc où l'on met des figues. <i>Fiscina.</i> Il signifie aussi les figues qui y sont contenues. <i>Ficorum fiscina.</i> Ce Marchand a fait venir deux cents <i>cabas</i> de figues.</p><p>Ménage dérive ce mot de l'Italien <i>cabaco,</i> qu'il dit avoir été fait de <i>cabacus</i> Latin. D'autres disent que c'est un mot Hébreu retourné, <i>sabac,</i> qui signifie <i>implexum esse.</i> Il peut venir aussi de <i>cabasset,</i> parce qu'il a la même figure, &amp; ressemble à une coëffe. Ces deux mots viennent de <i>caput.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6323" id="1" type="">
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    <head>CABASSER</head>
    <p>
    CABASSER , v. n. act. Vieux mot. Machiner quelque tromperie. <i>Machinari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6324" id="1" type="">
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    <head>CABASSET</head>
    <p>
    CABASSET , s. m. Vieux mot qui signifioit autrefois une arme défensive qui couvroit la tête. <i>Cassis, galea.</i></p><p>Ce mot, selon Nicot, vient de l'Hébreu <i>coba,</i> qui signifie un <i>casque,</i> ou <i>heaume,</i> ou de l'Espagnol <i>cabeça, tête.</i> L'Espagnol dit aussi <i>bassinet,</i> parce qu'il approchoit de la figure d'un bassin.</p><p>On dit proverbialement qu'un homme a bien du bon sens, ou de la malice, sous son <i>cabasset</i> ; pour dire, dans sa tête.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6325" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABAT" />
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    <head>CABAT</head>
    <p>
    CABAT , s. m. Vieux mot, qui veut dire une certaine mesure de blé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6326" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABELIAU" />
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    <head>CABELIAU</head>
    <p>
    CABELIAU , s. m. Ce mot est purement Hollandois. Il signifie un poisson, qui est une espèce de morue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6327" id="1" type="mechanique">
   <index type="head" value="CABESTAN" />
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    <head>CABESTAN</head>
    <p>
    CABESTAN , s. m. L'<i>s</i> se prononce. Quelques-uns écrivent <i>Capestan.</i> Terme de Méchanique . C'est un cylindre, ou un essieu, posé perpendiculairement sur le pont d'un vaisseau, lequel se tourne par le moyen de quatre leviers, ou barres qui le traversent ; &amp; par le moyen d'un cable, qui est tourné sur ce cylindre, il sert à enlever ou à tirer les plus gros fardeaux qui sont attachés au bout de ce cable. <i>Ergata.</i> C'est en virant les <i>cabestans</i> qu'on remonte les bateaux, qu'on tire sur terre les vaisseaux pour les calfeutrer, qu'on les décharge des plus grosses marchandises, qu'on lève les ancres &amp; les voiles, &amp;c. Il y a deux <i>cabestans</i> sur les vaisseaux. Le grand <i>cabestan</i> est posé sur le premier pont, &amp; s'élève jusqu'à quatre ou cinq pieds de hauteur au-dessus du deuxième. On le nomme <i>cabestan double,</i> à cause qu'il sert à deux étages pour lever les ancres, &amp; qu'on peut en doubler les forces en mettant du monde sur les deux ponts pour le virer, étant garni de barres &amp; d'autres pièces, comme taquets, entremises &amp; languettes, pour le tourner &amp; arrêter.</p><p>Le petit <i>cabestan,</i> ou <i>cabestan simple,</i> est posé sur le second pont entre le grand mât &amp; le mât de misaine. Il sert à faire isser les mâts de hune &amp; les grandes voiles, où il faut moins de force qu'à élever les ancres. On appelle <i>cabestan à l'Angloise,</i> celui où l'on n'emploie que des demi-barres, &amp; qui à cause de cela n'est percé qu'à moitié. Il est plus renflé que les <i>cabestans</i> ordinaires. Il y a aussi un <i>cabestan volant.</i> C'est celui qu'on peut transporter d'un lieu à un autre. On dit, Virer le <i>cabestan,</i> pousser au <i>cabestan</i> ; pour dire, Faire tourner le <i>cabestan.</i> On dit aussi, <i>Envoyer les Pages au cabestan</i> ; pour dire, Ordonner que les garçons du vaisseau, qui ont commis quelque faute, aillent au lieu où ils doivent être châtiés. Sur la mer du Levant on l'appelle <i>girel.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6328" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CABILLE" />
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    <head>CABILLE</head>
    <p>
    CABILLE , ou CABILAH, s. f. Terme de Relation . C'est chez les Arabes une Tribu qui vit sous un Chef. Ces Tribus ou <i>Cabilles</i> sont indépendantes, &amp; ne reconnoissent aucun Souverain. Ce sont des troupes de vagabonds qui marchent sous un Chef qu'ils appellent <i>Cacique.</i> On compte quatre-vingt de ces Tribus parmi les Arabes. D'Herb. Ozanam.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6329" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CABILLOTS" />
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    <head>CABILLOTS</head>
    <p>
    CABILLOTS , s. m. pl. Terme de Marine . Petits bouts de bois qu'on met au bout de plusieurs herses qui tiennent aux grands haubans. Leur usage est de tenir certaines poulies du vaisseau. On appelle aussi <i>Cabillots,</i> de petites chevilles de bois qui tiennent aux chouquets avec une ligne, &amp; qui servent à tenir la balancine de vergue de hune, quand les perroquets sont serrés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABINET" />
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    CABINET , s. m. Le lieu le plus retiré dans le plus bel appartement des Palais, des grandes maisons. <i>Conclave, secretius cubiculum.</i> Un appartement Royal consiste en sale, antichambre, chambre &amp; <i>cabinet,</i> avec une galerie à côté. Les Officiers du <i>Cabinet</i> du Roi. Le Secrétaire, l'Huissier du <i>Cabinet.</i> C'est un favori, il a entrée dans le <i>Cabinet.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>Cavinettum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="2" type="">
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet , signifie aussi une pièce d'appartement, &amp; un lieu retiré dans les maisons ordinaires, où l'on étudie, où l'on se séquestre du reste du monde, &amp; où l'on serre ce qu'on a de plus précieux. <i>Musaeum.</i> La place qui contient une Bibliothèque, s'appelle aussi un <i>cabinet.</i> Ce Savant est toujours enfermé dans son <i>cabinet.</i> Il y a des gens qui écrivent bien, &amp; qui parlent mal ; la raison est qu'ils ont besoin de tout le calme du <i>cabinet</i> pour bien arranger leurs pensées. S. Evr. On ne perd que dans le commerce du monde cette contenance embarrassée, &amp; cet air sombre qu'on acquiert dans le <i>cabinet</i> &amp; dans la solitude. Idem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="3" type="">
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet de treillage , est un lieu couvert au bout des allées d'un jardin, où on se repose, composé seulement de verdure soutenue par des barreaux de fer ou des perches. <i>Pergula, Trichila.</i> Un <i>cabinet</i> de chèvrefeuille, de filaria, &amp;c. <i>Cabinet</i> de verdure, est aussi une espèce de berceau, fait par l'entrelassement de branches d'arbres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="4" type="">
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet de Jardin . Petit bâtiment isolé en manière de pavillon, ouvert de tous côtés, qui sert de retraite contre les ardeurs du Soleil pour y prendre le frais. <i>Umbraculum, curta pergula, trichila, nubilarium, suffugium imbris &amp; solis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet de glaces . <i>Cabinet</i> dont le principal ornement consiste en un lambris de revêtement fait de miroirs, pour donner plus d'apparence de grandeur au lieu ; &amp; pour réfléchir &amp; multiplier les objets. <i>Conclave laminis cristallinis laqueatum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet de Tableaux, de Livres , &amp;c. est un <i>cabinet</i> où l'on garde des tableaux, des livres, &amp;c. On dit plus particulièrement <i>cabinet</i> de livres, quand on n'a qu'une petite quantité de livres, qui ne suffit pas pour une Bibliothèque. Je n'ai point de Bibliothèque, je n'ai qu'un <i>cabinet</i> de livres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet , se prend quelquefois pour une garderobe, ou le lieu secret pour les nécessités de nature. Ainsi Molière a dit dans le Misanthrope, en parlant d'un méchant Sonnet,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="8" type="">
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet , se dit aussi d'une espèce d'honnête boutique, où les curieux gardent, vendent &amp; troquent toutes sortes de curiosités, de pièces antiques, de médailles, de tableaux, de coquilles, &amp; autres raretés de la nature &amp; de l'art. <i>Cella in qua res rarae, eximiae, pretîosae reconduntur ; tablinum, pinacotheca.</i> Le <i>cabinet</i> d'un tel curieux vaut cent mille francs. Cet homme connoît ce qu'il y a de plus curieux dans tous les <i>cabinets</i> de Paris.</p><p>On dit chez le Roi, &amp; chez quelques Grands Seigneurs, le <i>cabinet</i> des livres, des armes, des médailles, pour signifier les lieux où ces choses sont rangées, &amp; les choses mêmes qui y sont conservées. <i>Armarium, cimelium.</i> J'ai en main une médaille du <i>cabinet</i> du Roi, &amp;c. P. Souc. On dit aussi des <i>cabinets</i> des particuliers ; le <i>cabinet</i> de sainte Géneviève, des Jésuites du Collége de Paris, de M. Foucault, de M. de Wilde, du Comte de Pembroch, &amp;c. Idem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="9" type="">
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet , est aussi un buffet où il y a plusieurs volets &amp; tiroirs pour y enfermer les choses les plus précieuses, ou pour servir simplement d'ornement dans une chambre, dans une galerie. Un <i>cabinet</i> d'Allemagne, <i>Armarium Germanicum</i> ; d'ébène, <i>ex ebeno.</i> Il y a de magnifiques <i>cabinets</i> dans la Galerie du Roi. <i>Cabinet</i> de marqueterie, est un <i>cabinet</i> dont les ornemens sont de bois de diverses couleurs, ou de pierres de rapport.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="10" type="">
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet d'orgues , est une petite orgue portative, qui est une espèce de positif composé d'un plus grand, ou d'un plus petit nombre de jeux, selon la volonté du maître. <i>Organi musici Armarium.</i> Dans des <i>cabinets d'orgues</i> on ajoûte quelquefois un jeu d'épinette, où le même clavier fait parler en même-temps les tuyaux &amp; les cordes qui sont accordées à l'unisson, ou à l'octave.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6330" id="11" type="">
   <index type="head" value="CABINET" />
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    <head>CABINET</head>
    <p>
    Cabinet , signifie figurément, Ce qui se passe, ce qui se dit dans un <i>cabinet,</i> soit à l'égard des Princes pour le Conseil qui s'y tient, soit pour l'étude qu'y font les particuliers. Ainsi quand il s'agit de la Cour &amp; du Roi, le mot de <i>cabinet</i> signifie le Conseil particulier du Roi. <i>Secreta, arcana consilia.</i> Régenter le <i>Cabinet.</i> La Rochef. Justinien fut un Empereur de <i>Cabinet,</i> &amp; propre seulement à faire la guerre de loin ; mais qui en récompense prétendoit exceller dans les combats de Doctrine, &amp; entendre mieux que personne les controverses de ce temps-là. P. Doucin. Charles V. Empereur n'étoit pas grand Capitaine, mais c'étoit un grand homme de <i>cabinet.</i> Ce Courtisan sait tous les secrets du <i>cabinet.</i> Ce Jurisconsulte ne sait pas plaider ; mais il est très-habile dans le <i>cabinet,</i> c'est-à-dire, pour la consultation.</p><p>On dit aussi, qu'un homme tient <i>cabinet</i> ; pour dire, qu'il reçoit chez lui les honnêtes gens qui s'y veulent assembler, pour faire une conversation savante, &amp; agréable. Messieurs Du Puy ont long-temps tenu <i>cabinet</i> dans la Bibliothèque de M. de Thou. M. Ménage tenoit souvent <i>cabinet</i> chez lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6331" id="1" type="ancienne theologie des payens">
   <index type="head" value="CABIRES" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>CABIRES</head>
    <p>
    CABIRES , Terme de l'ancienne Théologie des Payens ; il signifie, selon son étymologie qui est Phénicienne, <i>puissans Dieux.</i> C'étoit le nom qu'on donnoit aux Dieux des Samothraciens. Ils étoient aussi adorés en quelques lieux de Grèce, comme à Lemmos &amp; à Thebes, où l'on célébroit les Cabiries en leur honneur. Sanchoniaton dit que les Phéniciens les honoroient aussi. <i>Euseb. Praep. Lib. I.</i> Diodore de Sicile dit, Liv. V. qu'ils passoient pour avoir trouvé l'usage du feu, &amp; l'art de faire des ouvrages de fer. C'est pour cela que sur une médaille de Gordien III. &amp; sur une de Furia Sabinia Tranquillina, toutes deux de la ville de Carrhes, où les <i>Cabires</i> étoient adorés, il y a un <i>Cabire</i> sur une colonne, tenant de la main droite un marteau. Vaillant, <i>Num. Imper. P. II. p.</i> 205. <i>&amp;</i> 223. &amp; Hérodote remarque dans son IIIe Liv. que les <i>Cabires</i> étoient représentés semblables à Vulcain. Une inscription Grecque qui est à Venise les appelle Grands Dieux &amp; <i>Dioscoures,</i> qui est un nom affecté à Castor &amp; à Pollux, comme si ces Dieux avoient été du nombre des <i>Cabires.</i> Elle porte,</p><p>Vossius a parlé des <i>Cabires</i> dans son Livre IIe <i>De Idolol.</i> C. 31. pag. 235. 236. C. 53. pag. 302. &amp; C. 57. pag. 311.</p><p>De Méziriac, dans son Commentaire sur l'Epître de Didon à Enée, après avoir rapporté sur ce sujet un long passage de Varron pris de Servius, ajoûte ces paroles : On peut tirer de ce passage avec Scaliger, que ces Dieux Samothraciens, qui étoient surnommés <i>puissans,</i> sont les mêmes qu'on appelloit <i>Cabires,</i> d'autant que <i>Caber</i> en langue Phénicienne, ou Syriaque, signifie <i>puissant.</i> Nonnus, Liv. XIV. des Dionysiaques, fait mention de deux <i>Cabires</i> nommés Aleon &amp; Eurymédon, &amp; dit qu'ils étoient fils de Vulcain &amp; d'une Nymphe Thracienne appellée <i>Cabire,</i> ou <i>Cabere.</i> Il fait néanmoins dans ses Livres XXVII. XXIX. &amp; XXX. cette Nymphe mère des <i>Cabires.</i></p><p>De Méziriac rapporte encore au même endroit cette remarque du Scholiaste d'Apollonius sur le premier Livre des Argonautes touchant les <i>Cabires.</i> En l'Isle de Samothrace on s'initie aux <i>Cabires,</i> &amp; Mnaseas rapporte même leurs noms. Ils sont au nombre de quatre, à savoir, Axierus, Axiocersa, Axiocersus : Axierus c'est Cérès ; Axiocersa, c'est Proserpine ; Axiocersus, c'est Pluton. Le quatrième qu'on ajoute, nommé Casmilus, c'est Mercure, au rapport de Dionysodorus. Athenée dit que Jason &amp; Dardanus furent engendrés de Jupiter &amp; d'Electra, &amp; qu'il lui semble qu'ils furent appellés <i>Cabires,</i> dont le plus ancien c'est Jupiter, le plus jeune c'est Bacchus. Voilà ce que le Scholiaste d'Apollonius a remarqué touchant les <i>Cabires,</i> dont il est aussi parlé dans Strabon. Hésychius dit que ces <i>Cabires,</i> qui sont fils de Vulcain, étoient fort honorés dans l'Isle de Lemnos. Hérodote, Liv. III. les fait aussi fils de Vulcain. Voyez de Méziriac, qui s'étend fort au long sur les <i>Cabires.</i> Bochart en parle presque de la même manière dans la 2e partie de sa <i>Géographie sacrée,</i> Liv. I. ch. 12. &amp; selon sa méthode ordinaire, il remonte jusqu'à la langue Phénicienne, d'où les Grecs ont formé les noms des Dieux <i>Cabires,</i> en les accommodant au génie de leur langue.</p><p>Le mot de <i>Cabires</i> a un autre sens dans Origène contre Celse, où il se prend pour les anciens Persans. M. Hyde, qui a donné depuis peu une Histoire de la Religion des anciens Persans, tirée de leurs écrits en leur langue, a remarqué que le mot de <i>Cabires</i> est Persan, <i>Cabiri,</i> dit-il au ch. 29. de son ouvrage, <i>sunt Gabri voce Persicâ aliquantulùm detortâ.</i> En effet, ceux qui ont donné des relations de la Perse nous apprennent qu'il reste encore aujourd'hui chez les Persans des descendans de ces anciens <i>Gabres,</i> ou <i>Giavres,</i> adorateurs du feu ; quelques-uns les appellent <i>Gaures.</i> M. Hyde, qui en traite fort au long dans son Histoire, prétend qu'ils ne rendent point au feu &amp; au Soleil un véritable culte, mais seulement un culte civil, &amp; qu'ainsi ils ne sont point idolatres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6332" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABIRIES" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>CABIRIES</head>
    <p>
    CABIRIES , s. m. plur. <i>Cabiria.</i> C'est une fête des Grecs dont parle Hésychius, dans lequel on l'appelle <i>Cabbires,</i> : mais Meursius, dans son Liv. IVe des Féries ou Fêtes Grecques, conjecture avec bien de la raison, qu'il faut lire , <i>Cabires.</i> C'étoit la fête des Cabires, que l'on honoroit dans l'Isle de Lemnos. Les Thébains la célébroient aussi, de même que les Samothraces, parce qu'ils honoroient aussi ces Dieux. Cette fête passoit pour être très-ancienne, &amp; antérieure au temps même de Jupiter, qui, dit-on, les renouvella. Les <i>Cabiries</i> se célébroient de nuit ; &amp; l'on consacroit les enfans depuis un certain âge. Cette consécration étoit, selon l'opinion Payenne, un préservatif contre les dangers de mer, &amp; les autres périls. La cérémonie de la consécration consistoit à mettre l'initié sur un thrône, autour duquel les Prêtres faisoient des danses. La marque des initiés étoit de porter une ceinture ou écharpe d'un ruban de pourpre. Quand on avoit fait quelque meurtre, c'étoit un azyle d'aller aux sacrifices des <i>Cabires.</i> Meursius, à l'endroit cité, produit les preuves de tout ceci.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6333" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CABLE</head>
    <p>
    CABLE , s. m. Quelques-uns écrivent CHABLE, &amp; les ouvriers &amp; le peuple le prononcent ainsi, mais mal. Très-gros cordage qui sert dans les navires pour les tenir à l'ancre. <i>Funis.</i> Il est composé de trois aussières, dont chacune a trois tourons : le <i>cable</i> est donc de neuf tourons. On le dit aussi des cordes qui servent à tenir les mâts, comme les haubans à remonter les bateaux, à élever de gros fardeaux dans les bâtimens par le moyen des grues &amp; des poulies. Les <i>cables</i> qu'on appelle brayers, servent à lier les pierres, les baquets à mortier, &amp;c. Les haubans servent à retenir &amp; haubaner : les engins, les vintaines, qui sont les moindres cordages, servent à conduire les fardeaux en les montant, pour les détourner des saillies. Dans l'Artillerie on appelle <i>cable,</i> un gros cordage qui sert particulièrement aux chèvres. Un navire bien équipé doit avoir quatre <i>cables.</i> Le plus gros s'appelle <i>maître cable,</i> &amp; le plus petit <i>grelin.</i> On appelle aussi <i>cable,</i> la mesure ou étendue du <i>cable</i> qui est de 120 brasses ; &amp; l'on dit, Nous étions à deux, à trois <i>cables</i> d'un tel lieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6333" id="2" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CABLE</head>
    <p>
    Cable , se dit dans les atteliers de tous les cordages en général, qui servent à traîner ou enlever des fardeaux.</p><p>Ce mot vient de l'Hébreu <i>chebel</i>, ou de son pluriel <i>chebalin,</i> qui signifie <i>corde.</i> Nicot. Du Cange croit qu'il vient de l'Arabe <i>habl</i>, qui signifie <i>corde,</i> ou de <i>habala, vincire.</i> Ménage après Isidore le dérive de <i>capulum</i>, ou <i>cabulum,</i> qu'il fait venir du Grec , ou du Latin <i>camelus.</i> On a dit aussi dans la basse Latinité, <i>caplum</i> que Papias dérive <i>à capiendo,</i> &amp; qui signifie une <i>corde de navire.</i></p><p>On dit, Donner le <i>cable</i> à un vaisseau, lorsqu'étant incommodé, on le remorque avec un <i>cable</i> qu'on lui donne : ce qu'on appelle autrement <i>touer</i> ou <i>tirer en ouaiche.</i> On dit filer le <i>cable</i> bout pour bout, lorsqu'on lâche &amp; abandonne le <i>cable</i> avec l'ancre, quand on n'a pas le loisir de désancrer. Et bitter le <i>cable,</i> c'est le rouler &amp; l'arrêter autour des bittes. On dit, les <i>cables</i> ont un tour, ou un demi-tour, lorsque le vaisseau qui est à l'ancre obéissant au vent, ou au courant de la mer, a croisé, ou cordonné près des écubiers les <i>cables</i> qui le tiennent. Allonger le <i>cable,</i> c'est l'étendre sur le pont, ou pour le débitter, ou pour mouiller l'ancre. Débitter le <i>cable,</i> c'est dépasser un tour que le <i>cable</i> fait sur la bitte. Débosser le <i>cable,</i> c'est démarrer la bosse qui le tient. Talinguer le <i>cable,</i> c'est amarrer, &amp; lier le <i>cable</i> à l'arganeau de l'ancre. Fourrer un <i>cable,</i> c'est le garnir de tresses, ou de toile pour le conserver. L'Ecriture dit, qu'il est plus difficile qu'un riche entre dans le Ciel, qu'un <i>cable</i> dans le trou d'une aiguille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6334" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="CABLÉ" />
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    <head>CABLÉ</head>
    <p>
    CABLÉ , adj. Terme de Blason , se dit d'une croix faite, ou couverte de corde, ou de cables tortillés. <i>Crux è funibus intortis contexta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6335" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABLEAU" />
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    <head>CABLEAU</head>
    <p>
    CABLEAU , Diminutif de cable : c'est le petit cable qui sert ordinairement d'amarre à la chaloupe du navire. <i>Funis minor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6336" id="1" type="cordier">
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    <head>CABLER</head>
    <p>
    CABLER , v. act. C'est un terme de Cordier , qui signifie, Assembler plusieurs fils, &amp; les tortiller pour n'en faire qu'une corde. <i>Funes intorquere. Cabler</i> de la ficelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6337" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABO" />
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    <head>CABO</head>
    <p>
    CABO , s. m. Cap, Promontoire. <i>Caput, Promontorium.</i> Ce nom est purement Espagnol, &amp; signifie la même chose que <i>Cap</i> en François. Nous le retenons quelquefois dans notre langue aux noms des lieux auxquels les Espagnols le donnent, &amp; quelquefois on le trouve sur des Cartes de Géographie. <i>Cabe-ceira. Cabo-carço, Cabo-roxo, Cabo-d'Istria, &amp;c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6338" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABOCHE" />
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    <head>CABOCHE</head>
    <p>
    CABOCHE , s. f. La tête de l'homme. <i>Caput.</i> Il y a bien de la malice dans cette petite <i>caboche.</i> Ce mot est vieux &amp; populaire ; on s'en sert dans le style comique, quelquefois dans le style familier. Ménage le fait venir de <i>caput,</i> la tête.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6338" id="2" type="quinquaillerie">
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    <head>CABOCHE</head>
    <p>
    Caboches , en termes de Quinquaillerie , sont de vieux clous, ou des têtes de clous, ou un petit clou dont la tête est grosse &amp; large, <i>clavorum capita.</i> Ce mot s'est aussi dit pour <i>Cabochiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6339" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABOCHIEN" />
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    <head>CABOCHIEN</head>
    <p>
    CABOCHIEN , s. m. On nomma ainsi certains mutins de Paris, du temps de Charles VI. du nom d'un Boucher appellé <i>Caboche,</i> qui étoit leur chef. On les appella aussi <i>Caboches.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6340" id="1" type="jouaillier">
   <index type="head" value="CABOCHON" />
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    <head>CABOCHON</head>
    <p>
    CABOCHON , s. m. Terme de Jouaillier . Pierre précieuse, &amp; particulièrement un rubis, qui est seulement polie sans avoir aucune figure régulière, mais telle que s'est trouvée la pierre après en avoir ôté ce qu'elle avoit de brut : de sorte qu'il y en a de rondes, d'ovales, de bossues, &amp; de plusieurs autres sortes. <i>Lapillus pretiosus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6340" id="2" type="">
   <index type="head" value="CABOCHON" />
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    <head>CABOCHON</head>
    <p>
    &#9758; CABOCHON , s. m.Cabochon . Terme de Cloutier . Clou qui a la tête large &amp; presque en forme de diamant, &amp; qui est fort court, &amp; plus petit que les caboches.<br/>Cabochon. Ornement qui fait partie de la coëffure des Dames. C'est une espèce de bonnet piqué, fort pointu vers le front. Il est fait de taffetas de diverses couleurs, de gaze rayée, ou unie &amp; peinte, où l'on met de la chenille, du clinquant d'or ou d'argent, ou d'autres agrémens. <i>Merc. Mai</i> 1726.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6341" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CABOTAGE" />
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    <head>CABOTAGE</head>
    <p>
    CABOTAGE , s. m. Terme de Marine . Le <i>cabotage</i> est la première partie du pilotage. Le <i>cabotage</i> est la navigation de terre à terre, ou le long des côtes. Bouguer. Le <i>cabotage</i> est la connoissance de la boussole, des côtes, des mouillages, des ancrages, des courans &amp; marées, des profondeurs des bancs, &amp; autres dangers, &amp; le pointage des cartes plattes. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6342" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CABOTER" />
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    <head>CABOTER</head>
    <p>
    CABOTER , v. act. Terme de Marine . Naviger le long des côtes ; faire de petits voyages sur mer ; aller de cap en cap, de port en port. <i>Littora radere.</i> Les Corsaires, ou les navires qui croisent les mers, ne font que <i>caboter,</i> aller de cap en cap.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6343" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CABRE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CABRE</head>
    <p>
    CABRE , s. f. On appelle <i>cabres</i> en termes de Marine , de gros boutons ronds joints par le haut, &amp; posés proche des Apostis aux extrémités du côté d'une Galère. C'est aussi une espèce de chèvre composée de deux ou trois pieux joints ensemble par le haut, qui s'étendent beaucoup par le bas, au haut desquels on met une poulie de caliorne avec une étague, pour tirer de gros fardeaux. C'est avec une <i>cabre</i> qu'on enlève de dessus le bord des rivières les grosses pièces de bois de construction. Cette machine s'appelle <i>chèvre</i> en quelques endroits. Le mot <i>cabre</i> semble venir du Latin <i>capra,</i> aussi-bien que le mot <i>chèvre. Machinamentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6344" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="CABRE" />
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    <head>CABRE</head>
    <p>
    CABRE , en termes de Blason , se dit d'un cheval acculé. <i>Equus arrectus, arrecto pectore.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6345" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="CABRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CABRER</head>
    <p>
    CABRER , v. n. Terme de Manége , qui se dit des chevaux qui se lèvent, &amp; dressent sur les pieds de derrière en état de se renverser, quand on leur tire trop la bride, ou quand ils sont vicieux ou fougueux : il ne se dit qu'avec le pronom personnel. <i>Pectus arrigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6345" id="2" type="">
   <index type="head" value="CABRER" />
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    <head>CABRER</head>
    <p>
    Cabrer , se dit figurément des hommes qui s'offensent, ou se mettent en colère de quelque chose qu'on leur dit, &amp; dont ils se tiennent choqués ; il ne se dit pareillement qu'avec le pronom personnel. C'est un fantasque, qui se <i>cabre</i> aisément &amp; sans sujet. <i>Facilem, pronum esse ad offensionem.</i> Il y a des tempéramens ennemis de toute résistance, que la vérité fait <i>cabrer,</i> &amp; qui se roidissent toujours contre la raison. Mol. Ce mot se dit dans le style familier.</p><p>Ce mot vient de <i>chèvre,</i> parce qu'elle a accoutumé de se dresser &amp; de sauter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6346" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABRIL" />
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    <head>CABRIL</head>
    <p>
    CABRIL , ou CABRI, Voyez <ref type="search" target="head:CABRIT">CABRIT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6347" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABRIOLE" />
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    <head>CABRIOLE</head>
    <p>
    CABRIOLE , s. f. Elévation du corps, saut léger &amp; agile, que font les Danseurs ordinairement à la fin des cadences. <i>Levis, agilis in sublime saltus.</i> Friser la <i>cabriole,</i> c'est, Remuer les pieds prestement, tandis qu'ils sont en l'air. En matière de Danse la <i>cabriole</i> est la même chose que le <i>saut.</i> La <i>demi-cabriole</i> est lors qu'on ne retombe que sur l'un des pieds. L'Auteur des <i>Réflexions sur l'usage de la langue Françoise</i> se déclare pour <i>capriole,</i> &amp; quelques autres avec lui. Messieurs de l'Académie semblent le préférer aussi. L'usage le plus général est pour <i>cabriole.</i> Mén. L'Académie l'a reconnu depuis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6347" id="2" type="manege">
   <index type="head" value="CABRIOLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CABRIOLE</head>
    <p>
    Cabriole , en termes de Manége , se dit, lorsque le cheval étant en l'air, avant que de tomber à terre, épare entièrement du derrière, c'est-à-dire, rue en étendant les jambes avec violence. Quand il n'épare qu'à demi on donne à la <i>cabriole</i> le nom de <i>balotade :</i> &amp; on lui donne celui de <i>croupade,</i> quand au lieu d'étendre les jambes en arrière, il les trousse sous lui, comme s'il les vouloit retirer dans le ventre, &amp; retombe presque les quatre pieds ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6347" id="3" type="">
   <index type="head" value="CABRIOLE" />
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    <head>CABRIOLE</head>
    <p>
    Cabriole , se dit aussi des sauts dangereux, des chutes. <i>Periculosus saltus.</i> Cet homme est tombé, il a sauté dix marches sur l'escalier, il a fait une jolie <i>cabriole.</i> Cela ne se dit qu'en riant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6348" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABRIOLER" />
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    <head>CABRIOLER</head>
    <p>
    CABRIOLER . Faire la cabriole, ou des cabrioles. <i>Agili, levi saltu se in sublime tollere.</i> Ce Danseur, ce Baladin, cabriole bien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6349" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABRIOLEUR" />
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    <head>CABRIOLEUR</head>
    <p>
    &#9758; CABRIOLEUR , s. m. Faiseur de cabrioles. <i>Agilis in sublime saltator.</i> C'est un excellent <i>Cabrioleur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6350" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CABRIONS" />
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    <head>CABRIONS</head>
    <p>
    CABRIONS , s. m. Terme de Marine . Ce sont des pièces de bois qu'on met derrière les affûts des canons pendant le gros temps, de peur qu'ils ne rompent leurs bragues &amp; leurs palans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6351" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABRIT" />
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    <head>CABRIT</head>
    <p>
    CABRIT , s. m. Jeune chevreau. On le nomme ainsi en plusieurs endroits de la France. <i>Haedillus, haedulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6352" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABRON" />
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    <head>CABRON</head>
    <p>
    CABRON , s. m. Peau de jeune chèvre, ou cabrit. <i>Pellis haedina.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6353" id="1" type="mythologie">
   <index type="head" value="CABRUS" />
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    <head>CABRUS</head>
    <p>
    CABRUS , s. m. Terme de Mythologie . <i>Cabrus.</i> C'est le nom d'un Dieu des Phasélites citoyens d'une ville de Pamphilie. Ils lui offroient du poisson salé. De-là vient qu'on appelloit proverbialement du poisson salé, un sacrifice de Phasélites. Suidas appelle ce Dieu <i>Calabrus,</i> au lieu de <i>Cabrus.</i> Erasme prétend qu'il faut dire <i>Caprus.</i> Peut-être que <i>Cabrus</i> s'est dit plutôt pour <i>Cabirus,</i> Cabire. Il est ordinaire de changer l'<i>i</i> en un <i>e</i> muet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6354" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABUIA" />
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    <head>CABUIA</head>
    <p>
    CABUIA , s. m. Herbe qui croît aux Indes Occidentales. Ses feuilles ressemblent à l'iris, ou au chardon. Les Sauvages en font des cordes, &amp; des filets.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6355" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABUL" />
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    <head>CABUL</head>
    <p>
    CABUL , s. m. Petit pays de Galilée, que Salomon donna à Hiram Roi de Tyr, à cause de ce qu'il lui avoit fourni pour bâtir le temple de Jérusalem. 3e L. des Rois IX. 13. <i>Terra Chabul.</i> C'est Hiram qui lui donna ce nom en langue Phénicienne, dit Josephe Liv. VIII. ch. 5. &amp; il paroît qu'il le lui donna par mépris ; car il fut peu content que Salomon lui donnât si peu de chose. Josephe l'interprète <i>déplaisant, malplaisant</i> ; d'autres <i>sable,</i> &amp; disent qu'Hiram l'appella ainsi, parce que ce n'étoient que des sables stériles. Quelques Rabbins au contraire prétendent qu'il signifie, de la boue ; que c'étoit un pays marécageux &amp; stérile. Fullerus est de même sentiment ; mais la fertilité de la Tribu d'Aser où il étoit, &amp; le voisinage du Liban, lui persuadent que la terre <i>Chabul</i> étoit une terre fertile &amp; grasse, mais forte, &amp; difficile à labourer, &amp; que c'est pour cela qu'Hiram en fut mécontent. Au reste, les uns &amp; les autres tirent ce mot de , <i>impeditus, constrictus,</i> parce que l'un &amp; l'autre, c'est-à-dire, le sable aussi-bien que la boue, &amp; la terre grasse, arrête &amp; retient les pieds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6355" id="2" type="">
   <index type="head" value="CABUL" />
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    <head>CABUL</head>
    <p>
    Cabul , est une ville de la Tribu d'Aser, dont parle Josué XIX. 27. <i>Cabul.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CABUL" />
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    <head>CABUL</head>
    <p>
    Cabul , est encore aujourd'hui une grande ville d'Asie dans l'Empire du Mogol, &amp; qui est capitale d'un Royaume, auquel elle donne le nom. <i>Cabulum. Cabul</i> est sur la rivière de Béhat, vers les montagnes &amp; le pays de Zagataye. Le Royaume de <i>Cabul</i> est une grande Province du Mogolistan, au Midi du Caucase, qui le sépare de la Tartarie. <i>Cabuli,</i> ou <i>Cabulense regnum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6356" id="1" type="">
   <index type="head" value="CABUS" />
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    <head>CABUS</head>
    <p>
    CABUS . Il y en a qui disent CAPUS, adj. m. Epithète des choux qu'on appelle autrement <i>pommés. Caulis capitatus.</i> On le dit aussi des laitues, quand elles sont transplantées &amp; crûes en pomme. Rabelais feint que ce fut d'une sueur de Jupiter que naquirent les chous <i>cabus.</i></p><p>Ce mot vient de <i>capitatus</i>, ou bien de <i>caputus,</i> selon Ménage. Les Allemands les appellent <i>kabskraut,</i> c'est-à-dire, <i>herbe à tête.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6357" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACA" />
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    <head>CACA</head>
    <p>
    CACA , s. m. Ordure. <i>Stercus.</i> On le dit aux petits enfans. Il faut aller faire <i>caca.</i> Ne mangez pas de cela, c'est du <i>caca.</i> Il semble qu'il vienne du Latin <i>cacare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CACA</head>
    <p>
    CACA , s. f. &amp; nom propre de femme. <i>Caca.</i> C'est la soeur de Cacus, dont parle Virgile au VIIIe Liv. de l'Enéide. Elle fut honorée à Rome comme une Déesse. Voyez Lactance Liv. I. ch. 20. Servius sur l'endroit de Virgile cité v. 190. Elle avoit un temple dans lequel on lui entretenoit comme à Vesta un feu perpétuel.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CACADE" />
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    <head>CACADE</head>
    <p>
    CACADE , s. f. Décharge de ventre. <i>Alvi dejectio.</i> Une bonne <i>cacade</i> soulage fort un homme qui a la colique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CACADE</head>
    <p>
    Cacade , ou Cagade, se dit figurément en dérision, du mauvais succès de quelque folle entreprise, où un homme s'étoit vanté de réussir. Il a fait là une vilaine <i>cacade. Casus.</i></p><p>Ce mot est du style bas. Il vient de l'Italien <i>cagar, cagada,</i> qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CACALIA</head>
    <p>
    CACALIA , s. f. Sorte d'herbe qui croît sur les montagnes. Dioscoride en parle. Gallen l'appelle <i>cancanum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6361" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACAO" />
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    <head>CACAO</head>
    <p>
    CACAO , s. m. <i>Cacao.</i> C'est l'amande d'un arbre appellé Cacaotier. Elle est la base du Chocolat. Voyez <ref type="search" target="head:Chocolat">Chocolat</ref>. On distingue le <i>Cacao</i> en quelques espèces qui paroissent <pb n="780" facs="bpt6k8542165/f820/full/1200,/0/native.jpg"/>des variétés dépendantes de leurs différentes grosseurs, ou du lieu dont elles sont apportées ; telles sont les distinctions en <i>Cacao</i> grand &amp; petit Caracque, &amp; en <i>Cacao</i> gros &amp; petit des Isles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6362" id="1" type="">
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    <head>CACAOYER</head>
    <p>
    CACAOYER , ou CACAOTIER, s. m. <i>Cacao : Clus. Exot.</i> est un arbre d'une moyenne grandeur, qui croît dans le Brésil, &amp; qu'on cultive à present dans nos Isles d'Amérique. Son tronc est de la grosseur de la jambe, haut de quatre à cinq pieds, couvert d'une écorce brune gersée, &amp; divisé en plusieurs branches qui se soudivisent en plusieurs rameaux, chargés de feuilles alternes, lisses, glabres, inclinées en bas, assez semblables à celles du citronier, longues de neuf à dix pouces, sur quatre pouces de largeur. Ses fleurs naissent par bouquets, attachés aux branches, quelquefois au tronc, &amp; sont composées de cinq pétales d'un jaune pâle, soutenues par un calice à cinq découpures, pâles en dehors, &amp; rouges en dedans. Le pistile, qui est environné d'un nombre d'étamines courbées &amp; chargées de sommets pâles, devient un fruit d'un demi pied de long, sur trois pouces d'épaisseur, relevé de dix crêtes, raboteux extérieurement, d'abord verdâtre, ensuite jaunâtre, &amp; enfin d'un brun rouge pointillé de taches jaunâtres. Le pédicule de ce fruit est oblong, &amp; de la grosseur d'une plume à écrire. Ce fruit est blanc en dedans, &amp; renferme une trentaine de semences ou amandes, de la grosseur d'une olive, taillées en forme de coeur allongé, luisantes, polies, d'un beau violet clair en dehors, &amp; blanches en dedans, &amp; d'un goût d'amande lorsqu'elles sont sèches. Cet arbre donne deux à trois fois l'année des fleurs. Plumier, Hernand, Du Tertre, Rochefort, Pison, Laet, Acosta, Clusius.</p><p>Cet arbre, dans les Indes Occidentales, se nomme la <i>cucuhuaguahuitl.</i> Il est fort foible &amp; tendre : c'est pourquoi il a besoin d'un autre grand arbre qui soit tout proche de lui pour lui faire ombre, &amp; qui s'appelle <i>altynan,</i> par les Espagnols <i>la madre del cacao.</i> On en trouve beaucoup dans le pays de Cuatimala. On tire du beurre de son fruit, dont les femmes se font un fard pour le visage. Le <i>cacao</i> sert aussi de menue monnoie dans le pays.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6363" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÇAR" />
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    <head>CAÇAR</head>
    <p>
    CAÇAR . Nom Arabe, &amp; originairement Hébreu, qui entre dans plusieurs noms de villes bâties, ou possédées par des Arabes. Ce mot vient de l'Hébreu , <i>Hhatsar,</i> ou <i>Chatsar,</i> qui en cette langue signifie <i>palais, demeure, habitation</i> ; &amp; en Arabe encore <i>fortification, lieu fortifié, fort, château, ville.</i> Ainsi <i>Caçar-Pharaon</i> signifie <i>château de Pharaon.</i> C'est une ville d'Afrique dans la Province de Fez, &amp; située sur l'une des cimes de la montagne de Zarhon. Les habitans croient qu'elle a été bâtie par un des Pharaons Roi d'Egypte. On croit que ce sont les Goths qui l'ont fondée. <i>Caçar Hamet,</i> ville ruinée sur la côte de Tripoli en Afrique, signifie forteresse, ou Château de Hamet. <i>Caçar Hascen,</i> autre ville ruinée à l'Orient de Tripoli, signifie <i>forteresse de Hascen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6364" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHAN" />
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    <head>CACHAN</head>
    <p>
    CACHAN , s. m. <i>Cachanum.</i> Ville de la Province d'Yerak en Perse à 20. lieues d'Ispaham en tirant vers Kom. <i>Cachan</i> est une grande ville, &amp; de toute la Perse celle où l'on fait les plus beaux brocards d'or &amp; d'argent. Elle est surnommée <i>Dorolmoumenin,</i> c'est-à-dire, <i>séjour des Fidèles,</i> parce que les descendans d'Hali s'y retirerent durant les persécutions des Califes. Les Persans disent qu'elle a été bâtie par Zebd-le-Caton petite-fille de Kaschan, petit-fils d'Hali, qui étoit enterré là, &amp; qu'elle lui donna le nom de son aieul. Oléarius écrit <i>Caschan,</i> &amp; quelques autres Voyageurs <i>Cakem. Caschan</i> est mieux, parce que c'est un <i>Schin,</i> qui en Persan, comme en Arabe &amp; en Hébreu, a le même son que notre <i>ch</i> dans <i>char, charrette, cheval, &amp;c.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6365" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHE" />
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    <head>CACHE</head>
    <p>
    CACHE , s. f. Lieu secret où on met ce qu'on veut dérober à la vûe des hommes. <i>Latebra.</i> Il y a plusieurs <i>caches</i> dans cette maison, dans ce bois. L'avare met son argent dans des <i>caches</i> où on ne le peut trouver.</p><p>On dit proverbialement qu'un homme a trouvé la <i>cache,</i> quand il a trouvé quelque bonne invention, le secret d'une affaire, ou le lieu où il y avoit quelque chose de bien caché. On dit aussi, mais bassement, qu'un homme est allé à <i>Cachan,</i> quand il est obligé de se cacher pour quelque méchante affaire, par allusion au village de <i>Cachan</i> auprès d'Arcueil à une lieue de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CACHE</head>
    <p>
    Cache cache mitoulas . Terme populaire. C'est un jeu de jeunes gens, qui consiste à mettre quelque chose secrètement entre les mains, ou dans les habits de quelqu'un de la compagnie : ce qu'on propose à deviner à une tierce personne.</p><p>Ce mot vient par contraction &amp; transposition de <i>mie tu ne l'as,</i> au lieu de <i>tu ne l'as mie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CACHE</head>
    <p>
    Cache entrée . C'est ainsi que les Serruriers appellent une petite pièce de fer qui couvre l'entrée d'une serrure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6365" id="4" type="">
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    <head>CACHE</head>
    <p>
    &#9758; CACHE , s. f.Cache-nez , s. m. Vieux mot qui signifioit autrefois un masque. Oris, vultûs tegmen.<br/>Cache, qu'on nomme à la Chine, <i>cayas,</i> &amp; en plusieurs endroits des Indes, <i>cas, casse, casie,</i> &amp; <i>cassie.</i> Menue monnoie de cuivre, qui vaut un peu plus qu'un denier de France ... Les <i>caches</i> sont comme les doubles de France : elles sont trouées, &amp; six cents valent un écu dix sols. <i>Abbé de Choisy.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6366" id="1" type="">
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    <head>CACHEMENT</head>
    <p>
    CACHEMENT , adv. Il n'est en usage que dans le style bas, ou familier, ou burlesque &amp; comique : D'une manière cachée. <i>Latenter, clam, secretò.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6367" id="1" type="">
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    <head>CACHER</head>
    <p>
    CACHER , v. act. Mettre quelque chose en un lieu secret, où il ne puisse être vû ni trouvé par d'autres qu'avec beaucoup de difficulté. <i>Abdere, occultare, occulere, abscondere.</i> Les paysans <i>cachent</i> leur argent dans la terre, afin que les soldats ne le puissent trouver.</p><p>Ménage après Guyet dérive ce mot de <i>caciare,</i> qui signifie <i>chasser, pousser.</i> On dit en ce sens, que la nature nous a <i>caché</i> ses trésors, ses plus merveilleuses opérations.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CACHER</head>
    <p>
    Cacher , signifie aussi, Voiler, déguiser, couvrir, ne paroître pas à la vûe. Cette fille est si modeste, qu'elle se cache le visage de ses coëffes, de son masque. Cet homme m'a <i>caché,</i> m'a déguisé son nom. Il se <i>cache</i> de moi. <i>Me inscio hoc fecit</i> ; pour dire, Il fait cela à mon insu. <i>Cacher</i> un Tableau. Dans cette éclipse la Lune <i>cachoit</i> la moitié du disque du Soleil. Les astres en se couchant se <i>cachent</i> dans l'onde. Voilà un bois qui nous <i>cache</i> la vûe de ce château. On demandoit à quelqu'un qui portoit quelque chose <i>caché</i> sous son manteau, ce qu'il portoit ; je le <i>cache,</i> dit-il afin qu'on ne le sache point. Menage.</p><p>On dit <i>cacher</i> son jeu, &amp; cette expression a trois divers sens. <i>Tegere, dissimulare.</i> Elle signifie I. Empêcher que quelqu'un ne voie son jeu. II. Dissimuler son adresse en faisant semblant de ne savoir pas bien jouer. III. <i>Cacher</i> ses desseins, ensorte que personne ne les puisse découvrir. Il est tout-à-fait figuré en ce dernier sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6367" id="3" type="">
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    <head>CACHER</head>
    <p>
    Cacher , se dit figurément en choses morales. C'est un hypocrite, qui sait bien <i>cacher</i> sa turpitude. Ce sont de bons amis qui ne se <i>cachent</i> rien l'un à l'autre. <i>Tegere, dissimulare, abscondere.</i> Il est avantageux souvent de se <i>cacher</i> ; de <i>cacher,</i> de dissimuler sa colère, son amour. Les Paiens <i>cachoient</i> beaucoup de secrets de la nature, sous le voile de leurs fables. Dieu a <i>caché</i> ses mystères aux sages du siècle, &amp; les a révélés aux simples. Brutus <i>cacha</i> une grande prudence sous une apparence de folie. Il ne vous sera point permis de <i>cacher</i> plus long-temps vos vices par vos dissimulations. S. Evr. La bassesse de cet homme paroît d'autant plus qu'on la veut <i>cacher.</i> On peut <i>cacher</i> ses sentimens sous des fables ingénieuses. Dieu <i>cache</i> l'avenir sous d'épaisses ténèbres, &amp; se rit de nos craintes injustes &amp; déraisonnables. Port-R. Il a de l'adresse à bien <i>cacher</i> sa passion. Ablanc. <i>Cacher</i> sa haine sous de fausses caresses. Racin. On s'étudie plus dans le monde à <i>cacher</i> ses passions, qu'à acquérir la vertu. Wic. Rien n'est plus aimable que la timidité d'une jeune Bergère, qui ne peut ni se montrer, ni se <i>cacher</i> sans plaire. Fonten. Le soin de se <i>cacher</i> vaut encore mieux que l'indolence de ceux qui ne se donnent pas la peine de déguiser leurs défauts. Bell.</p><p>On dit absolument ; Se <i>cacher</i> ; pour dire, Vivre en retraite, ou se mettre en lieu de sûreté pour n'être pas pris ni découvert. <i>Abdere se, occultare, latere.</i> Les Saints se <i>cachent</i> aux yeux des hommes, pour se donner tout à Dieu. Cet homme craint la prison, il se <i>cache,</i> il ne va que la nuit, il se retire &amp; se <i>cache</i> dans les maisons des Princes, en des asyles. Après avoir reçu un tel affront, il se faut <i>cacher,</i> &amp; ne plus paroître en public.</p><p>On dit proverbialement, <i>Cache</i> ta vie : c'est un des préceptes <pb n="781" facs="bpt6k8542165/f821/full/1200,/0/native.jpg"/>d'Epicure, dont Plutarque a fait un beau Traité ; pour dire, qu'il ne faut pas faire connoître à tous les hommes ce que l'on fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6367" id="4" type="">
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    <head>CACHER</head>
    <p>
    Caché, ée , part. &amp; adj. <i>Latens, abditus, occultus.</i> Cet homme est un trésor <i>caché.</i> On appelle un homme <i>caché,</i> celui qui ne veut pas se faire connoître dans le monde, soit qu'il soit modeste, soit qu'il soit fantasque. Un esprit <i>caché,</i> est un homme profond, &amp; dissimulé. Une science <i>cachée,</i> celle qui est abstruse, ou connue de peu de personnes, comme l'Algèbre, la Cabale, la Stéganographie. L'Ecriture dit qu'il n'y a rien de si <i>caché</i> qui ne se révèle, qui ne paroisse quelque jour. Dieu nous tient ses secrets <i>cachés,</i> afin que nous ne cessions pas de prier. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6368" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHEREAU" />
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    <head>CACHEREAU</head>
    <p>
    CACHEREAU , s. m. Nom d'office. C'est la même chose que <i>Cartulaire. Cacherellus.</i> Le <i>Cachereau</i> chez les Anglois, est un Baillif d'un ordre inférieur, Baillif de village.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6369" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHET" />
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    <head>CACHET</head>
    <p>
    CACHET , s. m. Petit sceau qui porte une gravure particulière de quelques armes ou chiffres qu'on imprime sur de la cire, ou du pain à chanter, pour empêcher qu'on n'ouvre un paquet fermé &amp; marqué de cette empreinte. <i>Signum, sigillum.</i> Les Anciens n'avoient point d'autres <i>cachets</i> que leurs anneaux, qui portoient des pierres gravées. <i>Annulus signatorius.</i></p><p>Les <i>cachets</i> diffèrent des sceaux, en ce que les sceaux sont pour les affaires publiques, ou qui regardent le public, &amp; les <i>cachets</i> ne sont que pour les affaires des particuliers entre eux, comme lettres. Les <i>cachets</i> des Anciens étoient des figures gravées sur leurs anneaux, qui étoient d'or, d'argent, ou de quelque autre métal, ou une pierre gravée enchâssée dans leur anneau ; aujourd'hui la plupart des <i>cachets,</i> sont différens des anneaux. Autrefois les <i>cachets</i> représentoient quelque Divinité, quelque grand personnage, comme un Empereur, un Philosophe chef d'une secte, ou célèbre dans sa secte, le portrait de quelqu'un des Ancêtres, le symbole de la patrie, des animaux véritables, ou feints &amp;c. Aujourd'hui les <i>cachets</i> représentent les armes de celui à qui est le <i>cachet,</i> ou un chiffre, soit qu'il signifie quelque chose, soit qu'il soit arbitraire, &amp; qu'il ne signifie rien : quelquefois mais rarement, on y met quelque emblème, une tête, ou quelque autre figure. Il y en a où on lit quelques paroles : elles doivent être courtes &amp; pleines d'un grand sens, comme une Sentence, un Axiome, un cri de guerre, &amp;c. un sentiment du coeur, une passion vivement exprimée &amp;c. Ainsi par exemple, on a exprimé la constance &amp; la fidélité dans l'amitié par ces lettres Grecques gravées sur un <i>cachet,</i> , lesquelles étant prononcées forment ces mots Italiens, <i>Finita fedeltà finiro mi vita,</i> Je cesserai de vivre lorsque je cesserai d'être fidèle. Les <i>Cachets</i> des Princes qui se mettent sur les actes &amp; s'appellent Sceaux, s'appelloient autrefois bulles. Heineccius a fait un savant Traité, <i>De veteribus Germanorum aliarumque nationum sigillis,</i> imprimé à Francfort en 1709. <i>in-folio.</i> Voyez Scel, ou Sceau. Voyez aussi Anneau &amp; Bulle. Heinneccius prétend que les <i>cachets</i> sont originairement des contre-sceaux, <i>contrasigilla</i> ; qu'on a commencé à les mettre au lieu de seing, &amp; que l'usage en est moderne. Voyez le ch. XV. de sa première partie n. III.</p><p>Ce mot vient de <i>cacher,</i> à cause qu'il sert à cacher l'écriture. Menage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CACHET</head>
    <p>
    Cachet , se dit aussi de la figure, de la marque imprimée sur la cire. <i>Figura sigillo impressa.</i> Le <i>cachet</i> est entier, il n'a point été rompu.</p><p>On appelle <i>Cachet volant,</i> la marque du <i>cachet</i> imprimée sur un papier, avec lequel on pourra fermer quand on voudra une lettre qu'on donne ouverte.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CACHET" />
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    <head>CACHET</head>
    <p>
    Lettre de cachet , est une lettre cachetée du <i>cachet</i> du Roi, &amp; signée d'un Secrétaire d'Etat, qui contient quelque ordre, commandement, avis, ou autre chose qu'on envoie de la part du Roi. <i>Litterae sigillo Principis obsignatae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CACHETER" />
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    <head>CACHETER</head>
    <p>
    CACHETER , v. act. Appliquer un cachet sur quelque chose qu'on veut envoyer fermée. <i>Epistolam signare, obsignare, Epistolae sigillum imprimere. Cacheter</i> un paquet, une boîte, une bouteille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6370" id="2" type="">
   <index type="head" value="CACHETER" />
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    <head>CACHETER</head>
    <p>
    Cacheté, ée , part. &amp; adj. <i>Signatus, obsignatus.</i> Il m'a rendu vos lettres <i>cachetées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6371" id="1" type="">
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    <head>CACHETTE</head>
    <p>
    CACHETTE , s. f. Petite cache. <i>Latebra.</i> Il y a bien des <i>cachettes</i> dans ce bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6371" id="2" type="">
   <index type="head" value="CACHETTE" />
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    <head>CACHETTE</head>
    <p>
    En cachette , adv. D'une manière cachée, secrète, <i>Clam, occultè, latenter.</i> Les Livres défendus ne se vendent qu'en <i>cachette</i> &amp; sous le manteau. Quand on fait les choses <i>en cachette,</i> il y a du péché &amp; de la honte ordinairement. Il a fait cela <i>en cachette</i> de moi, c'est-à-dire, il n'a pas voulu que je le susse. Le jugement ne fut donné qu'<i>en cachette.</i> Patru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6372" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CACHEXIE" />
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    <head>CACHEXIE</head>
    <p>
    CACHEXIE , s. f. <i>Cachexia.</i> Terme de Médecine . La <i>cachexie</i> est une habitude du corps méchante &amp; dépravée, qui est comme le chemin à l'hydropisie ; c'est une espèce d'enflure, ou de boursouflure des parties charnues ; cette disposition rend le teint de toutes les parties du corps vilain, pâle, livide, ou plombé. La <i>cachexie</i> vient ordinairement de la débilité, ou de l'impureté du ventricule &amp; des viscères, quelquefois de l'ulcère des reins dans ceux qui ont la pierre. Les causes extérieures de la <i>cachexie</i> sont les alimens impurs &amp; corrompus, les Ivrogneries fréquentes, la bonne chère, les études excessives, les longues veilles, la suppression des mois ou des hémorroides, les grandes évacuations de sang, une longue dyssenterie, les prisons, les poisons ; les morsures des animaux venimeux, les fièvres longues &amp; chroniques, les obstructions opiniâtres. On trouve des remèdes pour la <i>cachexie</i> dans Platerus, <i>Obs.</i> L. III. p. 603. &amp; dans la Pratique du même Auteur, T. III. L. I. c. 2. p. 119. dans Fernel, <i>Cons.</i> 33. dans Jean Herman, <i>Prax. Chym.</i> dans Jean Heurnius sur l'aphorisme 9. sect. 2.</p><p>Le mot <i>cachexie</i> vient du Grec , formé de , <i>mauvaise,</i> &amp; d', disposition. La <i>cachexie</i> s'appelle communément <i>cacochymie.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6373" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHIER" />
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    <head>CACHIER</head>
    <p>
    CACHIER . Vieux mot qui veut dire <i>chasser.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6374" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHOS" />
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    <head>CACHOS</head>
    <p>
    CACHOS , s. m. Plante qu'on ne trouve que dans les montagnes du Pérou. Elle croît comme un arbrisseau, &amp; est d'un fort beau verd. Sa feuille est ronde &amp; mince. Son fruit est plat d'un côté, rond de l'autre, finissant en pointe, de couleur cendrée, d'un goût agréable &amp; sans acrimonie, contenant une semence fort menue. Les Indiens font beaucoup de cas de cette plante à cause de ses rares qualités ; car elle fait uriner, &amp; chasse le sable &amp; la pierre hors des reins, &amp;, ce qui est plus admirable, c'est qu'on tient que par son usage elle brise la pierre dans la vessie, si elle est encore tendre, &amp; qu'elle se puisse rompre par quelque médicament. En Latin, <i>cachos,</i> ou <i>solanum pomiferum folio rotundo tenui.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6375" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHOT" />
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    <head>CACHOT</head>
    <p>
    CACHOT , s. m. Prison noire &amp; obscure, qui est au-dessous du rès-de-chaussée, &amp; où on ne gîte que sur la paille. <i>Locus in carcere angustus ; interior in carcere arctiorque custodia.</i> On met dans les <i>cachots</i> les criminels condamnés, ou accusés de grands crimes, ou qui font des rébellions dans la prison. Vous décrirai-je ces <i>cachots,</i> ou plutôt ces sépulcres funestes, où l'on enterre des hommes vivans, pour qui il semble que le soleil ait cessé de luire, &amp; que la nuit ait pris la place du jour. Flech. Il y a des prisons où l'on distingue les <i>cachots</i> noirs d'avec les autres : les noirs sont de petites caves sous terre où l'on n'enferme qu'un seul prisonnier ; les autres sont au rès-de-chaussée, ou peu profonds : on y enferme pendant la nuit plusieurs prisonniers ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6375" id="2" type="">
   <index type="head" value="CACHOT" />
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    <head>CACHOT</head>
    <p>
    Cachot , se dit aussi d'une sorte de petite loge qui est fermée à clef, &amp; qui n'a qu'une petite ouverture à la porte par laquelle on donne à boire &amp; à manger au fou qui est dedans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6376" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACHOU" />
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    <head>CACHOU</head>
    <p>
    CACHOU , s. m. Petit grain qui se fait d'une composition de musc &amp; d'ambre, qui sert à parfumer l'haleine. Sa base est une gomme qui se tire d'une décoction épaisse d'un certain arbre qui croît aux Indes. Cet arbre, que les Auteurs appellent <i>kais,</i> &amp; qu'au Brésil on nomme <i>caious,</i> est de la grandeur d'un grenadier. Il a la feuille d'un verd clair de charnu. Sa fleur est blanche, &amp; presque semblable à celle de l'oranger. Il porte un fruit de même nom qui est fort estimé, comme étant de bon goût &amp; fort bon pour l'estomac. Il est fait comme une grosse pomme fort jaune &amp; de bonne senteur, spongieux au dedans, &amp; plein d'un <pb n="782" facs="bpt6k8542165/f822/full/1200,/0/native.jpg"/>suc douceâtre &amp; astringent. Il croît deux fois en un an, mais ce n'est que dans les jardins cultivés dans le Royaume de Cochin. On coupe le bois de cet arbre en petits morceaux que l'on fait bouillir ; &amp; l'eau dans laquelle bout ce bois s'étant épaissie, forme une espèce de gomme qu'on fait sécher, &amp; qu'on envoie en Europe, où on la met en petits grains, après y avoir mêlé du musc &amp; de l'ambre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6377" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CACHRYS" />
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    <head>CACHRYS</head>
    <p>
    CACHRYS , subst. masc. Terme de Botanique . C'est une plante qu'on appelle autrement <i>Armarinte.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ARMARINTE">ARMARINTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6377" id="2" type="">
   <index type="head" value="CACHRYS" />
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    <head>CACHRYS</head>
    <p>
    Cachrys , se dit aussi de la semence de cette même plante.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6377" id="3" type="">
   <index type="head" value="CACHRYS" />
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    <head>CACHRYS</head>
    <p>
    Cachrys , se dit encore des boutons que le chêne, le sapin, &amp; quelques autres arbres poussent au printemps &amp; dans l'automne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6378" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CACIQUE" />
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    <head>CACIQUE</head>
    <p>
    CACIQUE , s. m. Terme de Relation . C'est le nom général que les Espagnols ont donné à tous les Princes, Seigneurs &amp; petits Rois de toutes les terres de l'Amérique. Quoique sa grande étendue ne permette pas de croire qu'ils eussent tous ce nom à cause de leurs diverses langues ; néanmoins dans le Pérou ils appellent <i>Curaca,</i> ce qu'ils appellent <i>Cacique</i> dans les Isles &amp; dans le Mexique. Les Portugais ont fait la même chose, en nommant tous les Temples des Indes des <i>Pagodes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6378" id="2" type="">
   <index type="head" value="CACIQUE" />
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    <head>CACIQUE</head>
    <p>
    Cacique . Ce nom se donne aussi aux Chefs des Arabes &amp; des Tartares vagabonds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6379" id="1" type="">
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    <head>CACOCHYME</head>
    <p>
    CACOCHYME , adj. m. &amp; f. Plein de mauvaises humeurs. <i>Vitiosis humoribus redundans.</i> Un corps <i>cacochyme,</i> est un corps dont les plaies sont fort difficiles à guérir, à cause des mauvaises humeurs dont le corps est plein, &amp; qui affluent sur la partie malade.</p><p>On dit figurément, un esprit <i>cacochyme,</i> une humeur <i>cacochyme</i> ; pour dire, un fantasque, un bourru. <i>Morosus, ingenio varius.</i> Desmarets a dit dans ses Visionnaires,</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>malus, pravus,</i> &amp; , <i>succus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6380" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACOCHYMIE" />
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    <head>CACOCHYMIE</head>
    <p>
    CACOCHYMIE , s. f. est une réplétion de mauvaises humeurs. <i>Vitiosorum humorum redundantia.</i> Quand la réplétion est simplement de sang, on l'appelle <i>pléthore.</i> Gorraeus, Médecin de Paris, appelle <i>cacochymie</i> l'abondance &amp; l'excès de quelque mauvaise humeur que ce soit, bile, pituite, &amp;c. pourvu qu'il n'y en ait qu'une qui pèche en quantité ; &amp; il appelle <i>pléthore</i> l'abondance &amp; l'excès de toutes les humeurs ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6381" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CACOËTHE" />
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    <head>CACOËTHE</head>
    <p>
    CACOËTHE , adj. Terme de Médecine . C'est une épithète que les Médecins donnent aux ulcères malins. <i>Cacoethes.</i> Voyez <ref type="search" target="head:ULCÈRE">ULCÈRE</ref>.</p><p>Ce mot vient de , &amp; de , <i>consuetudo mala, mauvaise coutume.</i> Ensuite il se prend pour une mauvaise disposition du corps tellement enracinée &amp; envieillie, qu'on ne sauroit la guérir que difficilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6382" id="1" type="grammaire">
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    <head>CACOPHONIE</head>
    <p>
    CACOPHONIE , s. f. Terme de Grammaire . C'est la rencontre de deux lettres, ou de deux syllabes, qui font un son désagréable à l'oreille. <i>Soni asperitas, cacophonia.</i> Il y a dans ce vers de Marot une <i>cacophonie.</i></p><p>Les Poëtes se donnent de grandes gênes pour éviter la <i>cacophonie</i> : ils ne veulent pas que deux voyelles se rencontrent.</p><p>On dit aussi <i>cacophonie</i> en parlant du chant. Le changement du chant corrompu ne peut qu'apporter l'ordre &amp; la décence Ecclésiastique, &amp; remédier infailliblement à tous les désordres &amp; <i>cacophonies</i> que l'on entend tous les jours dans nos Choeurs. Nivers.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>pravus,</i> , <i>vox.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6383" id="1" type="">
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    <head>CACOZÈLE</head>
    <p>
    CACOZÈLE , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois un zèle indiscret &amp; trop ardent. <i>Studium inconsultum, inconsideratum, aemulatio inconsulta</i> Balzac raille dans ses lettres quelques Auteurs de l'avoir employé.</p><p>Ce mot est dérivé de , &amp; , <i>zèle,</i> autrement, <i>jalousie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6384" id="1" type="">
   <index type="head" value="CACUMINE" />
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    <head>CACUMINE</head>
    <p>
    CACUMINE , s. f. <i>Cacumen.</i> Vieux mot, qui signifie <i>sommet</i> ; il est formé de <i>cacumen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6385" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADARIEN, ENNE" />
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    <head>CADARIEN, ENNE</head>
    <p>
    CADARIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Nom de secte Mahométane. <i>Cadarianus.</i> Les <i>Cadariens</i> sont une secte de Musulmans qui attribue les actions de l'homme à l'homme même, &amp; non à un decret divin déterminant sa volonté. L'Auteur de cette secte fut Maabed ben Kalid-Ad Giohni. Ben Aun disoit que les <i>Cadariens</i> étoient les Mages, ou les Manichéens du Musulmanisme. On les appelloit aussi Motazales. D'Herb.</p><p>Ce mot vient de l'Arabe , <i>Kadara,</i> qui signifie pouvoir. On le donne à ces Musulmans, parce qu'en cela plus sages que les autres, ils veulent que ce ne soit pas Dieu qui fasse tout en l'homme, mais que l'homme puisse &amp; fasse aussi quelque chose ; car ils ne lui attribuent pas tout. Ils veulent seulement qu'il coopère ; &amp; ils admettent deux principes, disoit Ben Aun lui-même, Dieu &amp; l'homme. Les Musulmans appellent en Arabe le decret divin &amp; la prédestination <i>Kadr,</i> c'est-à-dire, puissance. Puisque les <i>Cadariens</i> passent parmi les Mahométans pour ennemis du decret divin ; il n'y a pas d'apparence que leur nom soit pris dans <i>Cadr,</i> decret ; mais de <i>cadr,</i> puissance, comme on vient de dire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6386" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADASTRE" />
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    <head>CADASTRE</head>
    <p>
    CADASTRE , s. m. Registre public qui sert à l'assiette des tailles dans les lieux où elles sont réelles, comme en Provence, en Dauphiné &amp; en Languedoc. <i>Vectigalium Tributorum codex, capitularium tributorum liber censualis.</i> Ce registre contient la qualité, l'estimation de toutes les terres, qui sont dans le territoire de la Communauté, &amp; le nom des propriétaires des fonds de chaque Communauté ou Paroisse. Les Romains faisoient la même chose pour leurs cens.</p><p>Ménage dérive ce mot de l'Italien <i>catasto,</i> &amp; de <i>accattare,</i> qui a été fait de <i>ad</i> &amp; <i>quotus,</i> parce qu'il sert à quottiser. Régulièrement on devroit écrire <i>capdastre</i> ; &amp; quelquefois on trouve écrit <i>catastre.</i> Borel le dérive de <i>cadon</i>, qui signifie <i>chacun</i> en Languedoc, où principalement la chose est en usage. Ragueau le dérive de <i>capitularium,</i> qui est le nom qu'on a donné au registre qui contenoit les <i>cadastres.</i> Borel fait remarquer qu'anciennement la taille &amp; les <i>cadastres</i> ne s'écrivoient que sur des verges ou pièces de bois marquées avec un couteau, comme les tailles que l'on fait aujourd'hui avec les Boulangers &amp; les Cabaretiers, qui sont deux morceaux de bois divisés également. L'acheteur &amp; le vendeur gardent chacun une de ces pièces, &amp; ils les rassemblent quand ils veulent faire de nouvelles marques. Comme cela est entaillé avec un couteau, on l'appelle <i>taille.</i> Il ajoûte qu'en certains villages du Languedoc il y a encore de grosses pièces de bois appellées <i>sougs,</i> c'est-à-dire, souches qui sert de <i>cadastres,</i> &amp; qu'il a fallu une charrette pour les porter à Montpellier, à cause de quelque procès intentés à la Chambre des Comptes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6387" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADAVEREUX, EUSE" />
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    <head>CADAVEREUX, EUSE</head>
    <p>
    CADAVEREUX, EUSE , adj. Qui a les qualités d'un cadavre, l'odeur, la couleur, &amp;c. <i>Cadaver referens odore, colore.</i> Le pouls est lent, &amp; la face <i>cadavereuse</i> dans la syncope. Degori. Ce malade a une odeur <i>cadavereuse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6388" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADAVRE" />
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    <head>CADAVRE</head>
    <p>
    CADAVRE , s. m. Corps mort. <i>Cadaver.</i> Il faut appeller les Officiers de Justice pour lever le <i>cadavre</i> d'un homme tué, ou noyé, afin qu'ils fassent un procès verbal de l'état où ils l'ont trouvé. On ne peut faire le procès à un <i>cadavre</i> que pour crime de Lèze-Majesté divine ou humaine. Les cas ordinaires sont le duel, l'homicide de soi-même, &amp; la mort arrivée dans une rébellion à force ouverte contre l'autorité de la Justice, au cas que quelqu'un ait été tué. Alors on nomme un curateur au <i>cadavre,</i> &amp; si le mort est trouvé avoir commis quelqu'un de ces crimes, on condamne non pas le curateur, mais le <i>cadavre,</i> à être traîné sur la claie, pendu par les pieds, &amp; jetté à la voirie.</p><p>Ce mot est tiré du Latin <i>cadaver,</i> qui vient du verbe <i>cadere, <pb n="783" facs="bpt6k8542165/f823/full/1200,/0/native.jpg"/>choir, tomber.</i> En Grec de , <i>cado,</i> on a fait , qui signifie aussi <i>cadavre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6389" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADE" />
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    <head>CADE</head>
    <p>
    CADE , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:CAQUE">CAQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6390" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADEAU" />
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    <head>CADEAU</head>
    <p>
    CADEAU , s. m. Grand trait de plume &amp; fort hardi, que font les Maîtres Ecrivains pour orner leurs écritures, pour remplir les marges, &amp; le haut &amp; le bas des pages. <i>Linearum decorè inter se implexarum circumductio.</i> Les écoliers s'enhardissent la main à faire des <i>cadeaux.</i> On le dit aussi des figures qu'on trace sur les cendres, ou sur le sable, quand on rêve, ou quand on badine.</p><p>Ce mot vient de <i>catellum</i>, qui a été fait de <i>catena.</i> Ménage. D'autres le dérivent de <i>caducée,</i> parce qu'avec une baguette, ou caducée, on trace des <i>cadeaux</i> sur le sable, sur la poussière.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CADEAU" />
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    <head>CADEAU</head>
    <p>
    Cadeau , se dit figurément des choses que l'on fait mal, ou pour lesquelles on fait trop de frais. <i>Impensae graviores, sumptus.</i> Si vous donnez un plein pouvoir à ce chicaneur d'agir en vos affaires, il vous fera de beaux <i>cadeaux,</i> c'est-à-dire, Il vous mettra dans de grands embarras, il vous donnera de grands cahiers de frais. On dit aussi d'un Auteur, d'un Avocat, qui ont dit beaucoup de choses inutiles dans un ouvrage, dans un plaidoyé, qu'ils ont fait de beaux <i>cadeaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CADEAU" />
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    <head>CADEAU</head>
    <p>
    Cadeau , se dit aussi des repas qu'on donne hors de chez soi, &amp; particulièrement à la campagne. <i>Epulum.</i> Donner un grand <i>cadeau.</i> Le mari, dans les <i>cadeaux</i> qu'on donne à sa femme, est toujours celui à qui il en coûte le plus. Mol. En ce sens il vieillit.</p><p>On dit figurément &amp; familièrement dans le même sens, Je m'en fais un grand <i>cadeau</i> ; pour dire, Je m'en promets un grand plaisir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6391" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADEE" />
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    <head>CADEE</head>
    <p>
    CADEE , s. f. C'est le nom que l'on donne à l'une des trois Ligues qui composent la République des Grisons. On l'appelle autrement la ligue de la Maison de Dieu, <i>Foedus Casae Dei, Foedus cathedrale.</i> La <i>Cadée</i> est la plus étendue &amp; la plus puissante de ces trois ligues. Elle renferme l'Evêché de Coire, la Vallée Engadine, &amp; celle de Brégaille, ou de Prégel. Cette Ligue est alliée avec les sept premiers Cantons Suisses depuis l'an 1498. La Religion Protestante y domine. Des onze grandes Communautés &amp; vingt &amp; une petites, dont la <i>Cadée</i> est composée, il y en a deux qui parlent Allemand : le langage des autres, qu'on appelle Rhétique, est un dialecte Italien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6392" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CADEMOTH</head>
    <p>
    CADEMOTH . Ville dans la Tribu de Ruben à l'Orient du Jourdain ; elle fut donnée aux Lévites, &amp; assignée pour ville d'azyle. On la nomme aussi Jethson, Jos. XXI. 36. Holstenius prétend que c'est la Kormos dont parle R. Benjamin de Tudela dans son Itinéraire, p. 32. &amp; qu'il dit être la ville capitale des Assassins, dans le pays où regnoit autrefois Séhon. Quelquefois elle est appellée <i>Cédimoth</i> dans l'Ecriture. Ces mots sont Hébreux, &amp; signifient quelque chose d'oriental. La campagne, ou comme parle l'Ecriture, la solitude qui étoit aux environs de cette ville s'appelloit aussi <i>Cadémoth,</i> ou <i>Cédimoth,</i> de , <i>Kedem,</i> Orient.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADENAS</head>
    <p>
    CADENAS . On disoit autrefois CADENAT, s. m. Serrure mobile &amp; portative enfermée dans des boules, ou plaques de fer, qui a une anneau par lequel on l'accroche quand on veut dans d'autres anneaux ou chaînes de fer. <i>Sera catenarsa.</i> Les petits bateaux ne se ferment qu'avec des chaînes &amp; des <i>cadenas.</i> On a de petits <i>cadenas</i> pour fermer les valises. Il y a des <i>cadenas</i> ronds, en coeur, en triangle, en écusson, en ovale, en gland, en balustre ; il y en a de quarrés, de plats. Il y a des <i>cadenas</i> faits de plusieurs cercles mobiles marqués tout au tour de plusieurs lettres, qu'on ne peut ouvrir sans savoir un certain mot, suivant lequel les lettres étant arrangées, le ressort du <i>cadenas</i> se trouve disposé à se laisser ouvrir. L'invention en est décrite dans Cardan en sa Subtilité. On dérive ce mot de <i>cadenacium,</i> ou de <i>catenacium,</i> ou de l'Italien <i>catenaccio.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADENAS</head>
    <p>
    Cadenas , est aussi une espèce d'assiette quarrée où l'on sert la cuillière, la fourchette &amp; le couteau. Un des côtés est retroussé &amp; élevé de deux doigts, avec un petit couvercle où l'on met du sel, du sucre &amp; du poivre. On s'en servoit autrefois chez les Rois &amp; les Princes, &amp; maintetenant chez les Ducs &amp; Pairs. C'est maintenant une espèce de coffret d'or ou de vermeil doré, où l'on met le couteau, la cuillière, la fourchette, &amp;c. qu'on sert à la table du Roi &amp; des Princes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADENASSER</head>
    <p>
    CADENASSER . D'autres écrivent CADENACER. v. act. Mettre, appliquer un cadenas. <i>Serâ catenariâ claudere, astringere.</i> Il n'y a personne dans cette chambre, elle est <i>cadenassée.</i> La jalousie de quelques Italiens les porte à <i>cadenasser</i> leurs femmes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADENASSER</head>
    <p>
    Cadenassé, ée , participe &amp; adjectif. <i>Serâ catenariâ astrictus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="1" type="">
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    CADENCE , s. f. Suivant les anciens Musiciens qui ont écrit de la théorie, c'est une suite d'un certain nombre de notes de Musique dans un certain intervalle, qui frappe agréablement l'oreille, &amp; sur-tout à la fin d'un couplet. <i>Numerus, modus.</i> Elle est ordinairement composée d'une quarte &amp; d'une quinte, pour faire une octave, qui est la plus excellente des consonances. On fait aussi de doubles <i>cadences.</i> Quand la <i>cadence</i> est imparfaite, on la peut terminer par la quinte, ou par l'une des tierces ou des sextes. La <i>cadence</i> doit être composée ordinairement de trois notes. On appelle <i>clausule,</i> ou <i>conclusion,</i> ou <i>cadence finale,</i> la <i>cadence</i> principale par laquelle on termine le chant. L'autre est appellée <i>entrée,</i> ou <i>médiation,</i> &amp; quelquefois <i>attendante,</i> parce qu'on attend toujours la parfaite <i>cadence</i> qui finit. On l'appelle aussi <i>cadence médiane,</i> ou <i>médiante.</i> La <i>cadence dominante</i> est celle qui tient le plus haut entre les deux autres, &amp; c'est pour cela qu'on l'a appellée <i>dominante,</i> comme la <i>médiante</i> a eu son nom parce qu'elle tient le milieu entre la <i>dominante</i> &amp; la <i>finale.</i> Voyez le P. Parran dans son <i>Traité de Musique.</i> Mais les Musiciens modernes appellent simplement <i>cadence,</i> la relation de deux notes qu'on chante ensemble, comme <i>ut, re</i> ; &amp; ils disent qu'il y a double <i>cadence,</i> quand la dernière de ces notes est suivie de deux doubles croches. En général la <i>cadence</i> est une certaine conclusion de chant, qui se fait de toutes les parties ensemble en divers endroits de chaque pièce, &amp; qui la divise comme en ses membres &amp; périodes ; cela se fait lorsque les parties viennent tomber &amp; terminer sur une corde, que l'oreille, ce semble, attend naturellement.</p><p>La <i>cadence</i> parfaite est celle qui consiste en deux notes chantées tout de suite, ou par degrés conjoints en chacune des deux parties. Elle s'appelle <i>parfaite,</i> parce qu'elle contente mieux l'oreille que les autres. La <i>cadence</i> est imparfaite, quand son dernier temps n'est pas à l'octave, ni à l'unisson ; mais à la sexte, ou à la tierce. Cela se fait quand la basse au lieu de descendre par la quinte, ne le fait que par la tierce, ou quand en descendant par la quinte, ou en montant par la quarte, ce qui fait le même effet, elle fait avec le dessus au premier temps une octave, &amp; au second une tierce majeure. On l'appelle <i>imparfaite,</i> parce que l'oreille, au lieu d'acquiescer à cette conclusion, attend encore la continuation du chant. La <i>cadence</i> est rompue, quand la basse, au lieu de descendre à la quinte où l'oreille l'attend, monte d'une seconde mineure, ou majeure. Toute <i>cadence</i> se fait en deux temps. Quelquefois elle est suspendue, &amp; alors elle s'appelle <i>repos,</i> &amp; n'a qu'un temps. Cela se fait quand les deux parties demeurent à la quinte, sans achever la <i>cadence.</i> Les <i>cadences</i> sont au chant ce que les points &amp; les virgules sont au discours. Nivers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="2" type="">
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    Cadence , se dit aussi de la voix &amp; des instruments, &amp; signifie, Un tremblement soutenu, qui se fait ordinairement à la fin d'une mesure.</p><p>Les Maîtres à chanter disent que la <i>cadence</i> est un don de nature. Il faut battre du gosier les deux notes dont la <i>cadence</i> est composée, &amp; l'une après l'autre ; de même que sur le clavessin, en battant des deux doigts les deux touches qui font le tremblement.</p><p>M. Rousseau, dans son <i>Traité de la viole,</i> distingue par rapport à cet instrument deux sortes de <i>cadences</i> ; la <i>cadence avec appui,</i> &amp; la <i>cadence sans appui.</i> La <i>cadence avec appui</i> se fait lorsque le doigt qui doit trembler la <i>cadence</i> appuie un peu, avant que de trembler, sur la note qui est immédiatement au-dessus de celle qui demande une <i>cadence.</i> La <i>cadence sans appui</i> se fait comme l'autre, en retranchant l'appui. Il y a des <i>cadences</i> simples ; des <i>cadences</i> doubles de plusieurs manières : les plus doubles <i>cadences</i> sont celles qui se font sur une note longue, les moins doubles se font sur une note brève. Il y a une <i>double cadence</i> qu'on appelle renversée : on la pratique au lieu de la <i>double cadence,</i> lorsque la disposition de la main ne permet pas <pb n="784" facs="bpt6k8542165/f824/full/1200,/0/native.jpg"/>de faire autrement. La <i>cadence</i> finale doit être précédée de la <i>double cadence.</i> La <i>cadence</i> avec appui, ou sans appui, est propre pour tous les jeux de la viole. Il faut varier les <i>cadences</i> suivant les divers caractères des airs. La <i>double cadence</i> fait un bel effet quand elle est bien ménagée.</p><p>Ce mot vient de <i>cadencia</i>, qui veut dire chûte, parce que la <i>cadence</i> est la chûte, ou la conclusion de chant ou d'harmonie, propre à terminer, ou tout-à-fait, ou en partie une pièce.</p><p>On dit <i>cadence</i> double, étrangère, feinte, évitée, hors du mode, imparfaite, ou attendante, irrégulière, parfaite, régulière, simple, trompeuse, fleurie, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="3" type="">
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    Cadence , est aussi l'observation des mêmes mesures, qui se fait en dansant, lorsque les pas &amp; le mouvement du corps suivent les notes &amp; les mesures des instruments, &amp; ainsi la <i>cadence</i> est la fin d'un temps ou d'une mesure. Ainsi on dit, Entrer en <i>cadence,</i> sortir de <i>cadence,</i> n'être point en <i>cadence</i> ; pour dire, Suivre, ou ne suivre pas les mouvemens du violon, du hautbois, du chant, &amp;c. <i>Intra aut exira numerum movere se, saltare, &amp;c. In numerum canere, ad numerum saltare.</i></p><p>On le dit aussi de la mesure qu'on doit garder dans le style oratoire, pour former des sons qui tombent agréablement dans l'oreille. Toutes les périodes de cet Avocat ont une <i>cadence</i> fort heureuse. Isocrate fut le premier qui reconnut qu'on devoit garder quelque <i>cadence</i> dans la prose même. C'est un vice dans le discours que de faire trop sentir la <i>cadence</i> mesurée des périodes. S. Evr. Une <i>cadence</i> trop harmonieuse, &amp; trop régulière, ennuie enfin l'Auditeur. P. Rap.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="4" type="poesie">
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    Cadence , en termes de Poësie , signifie une certaine mesure de vers. Il y en a de plusieurs sortes. La <i>cadence</i> des vers Saphiques est bien différente de celle des vers Héroïques, ou Iambiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="5" type="syntaxe & de rhetorique">
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    Cadence , est aussi un terme de Syntaxe &amp; de Rhétorique qui se dit des phrases, des périodes d'un discours. Est-il possible que nous travaillions à la structure, &amp; à la <i>cadence</i> d'une période, comme s'il y alloit de notre vie ? Balz.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="6" type="manege">
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    Cadence , en termes de Manége , est la mesure égale que le cheval doit garder en tous ses mouvemens, soit qu'il manie au galop, ou terre à terre, ou dans les airs, en telle sorte qu'un de ses temps n'embrasse pas plus de terrein que l'autre, &amp; qu'il y ait de la justesse dans tous ses mouvemens. Ainsi on dit qu'un cheval manie toujours la même <i>cadence,</i> qu'il suit sa <i>cadence,</i> entretient sa <i>cadence,</i> n'interrompt point sa <i>cadence,</i> ne change point sa <i>cadence</i> ; pour dire, qu'il observe régulièrement son terrein, &amp; que ses mouvemens se soutiennent toujours également.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="7" type="">
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    Cadence , se dit aussi de tous les mouvemens égaux qui se font dans les autres professions. Les Maréchaux sont obligés de battre le fer en <i>cadence</i> ; autrement leurs marteaux se nuiroient les uns aux autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6395" id="8" type="">
   <index type="head" value="CADENCE" />
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    <head>CADENCE</head>
    <p>
    Cadence , se dit figurément des justes mesures qu'on observe dans les choses morales. Cet homme est si prudent, &amp; fait toutes ses actions avec une si juste <i>cadence,</i> qu'on n'y sauroit trouver à redire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6396" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADENCER" />
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    <head>CADENCER</head>
    <p>
    &#9758; CADENCER , v. a. Donner de la cadence, de l'harmonie. <i>Cadencer</i> ses périodes ; pour dire, les rendre nombreuses &amp; agréables à l'oreille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6396" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADENCER" />
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    <head>CADENCER</head>
    <p>
    Cadencé, ée , part. &amp; adj. Qui a de la cadence. <i>Numerosus.</i> Tout cela est bien <i>cadencé.</i> Cette période est bien <i>cadencée.</i></p><p>On le dit aussi en parlant de ce qu'on appelle dans certaines Messes. <i>Sequence, Sequentia,</i> qui n'est autre chose qu'une prose rimée &amp; <i>cadencée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6397" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADÈNE" />
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    <head>CADÈNE</head>
    <p>
    CADÈNE , s. f. Chaîne à laquelle est attaché un galérien. <i>Catena.</i> Les Espagnols on ont fait aussi <i>cadena.</i> Ménage.</p><p>On appelle aussi <i>cadène</i> de haubans, la chaîne de fer, au bout de laquelle il y a un cap de mouton ; qui sert à amarrer &amp; à rider les haubans contre le bordage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6397" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADÈNE" />
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    <head>CADÈNE</head>
    <p>
    Cadène , se dit figurément en choses morales, pour marquer de grandes incommodités. J'aimerois autant être à la <i>cadène,</i> que d'avoir à souffrir ces continuelles réprimandes. Ce mot est vieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6398" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADENETTE" />
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    <head>CADENETTE</head>
    <p>
    CADENETTE , s. f. Moustache, poignée de cheveux qu'on laissoit croître autrefois du côté gauche, tandis qu'on tenoit les autres courts. <i>Coma.</i> Ménage dit que c'étoit du côté droit, &amp; que cette mode fut introduite par H. d'Albert, Seigneur de Cadenet, Maréchal de France. La mode des <i>cadenettes</i> a été fort long-temps en vogue.</p><p>On appelle encore <i>cadenette</i> les cheveux, lorsqu'ils sont séparés en deux derrière la tête, &amp; chaque partie entortillée d'un ruban, ce qui fait deux queues, ou <i>cadenettes,</i> qui tombent ou descendent sur les épaules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6399" id="1" type="">
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    <head>CADÈS</head>
    <p>
    CADÈS . Nom propre de lieu. <i>Cades. Cadès</i> étoit une ville de la terre de Chanaan, située au Midi &amp; sur les confins de l'Idumée. Il y avoit assez près une fontaine qui s'appelloit <i>En Cadès,</i> c'est-à-dire, fontaine de <i>Cadès,</i> &amp; auparavant <i>En Misphat,</i> fontaine du Jugement. Gen. XIV. 7. Le désert voisin se nommoit le désert de <i>Cadès.</i> Ps. XXVIII. 8. C'étoit le même que celui qu'on appelloit désert de Pharan, où celui-ci étoit une partie de celui-là. Nombr. XIII. 27. On l'appelloit désert de Sin. Nombr. XIII. 36. Ce désert de <i>Cadès</i> fut une des station du peuple d'Israël dans les désert ; c'est la trente-troisième Jos. V. 23. elle est appellée <i>Cedès,</i> au lieu de <i>Cadès</i> ; mais c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6399" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADÈS" />
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    <head>CADÈS</head>
    <p>
    Cadès , étoit aussi le nom d'une ville de la Galilée dans la Tribu de Nephthali. C'étoit une ville forte située dans les montagnes, Jos. XIX. 37. XX. 7. Elle avoit été Capitale du Royaume des Chananéens, auquel elle donnoit son nom. Jos. XII. 22. Après l'établissement des Israëlites dans la terre de Chanaan, elle fut ville de refuge. Elle est aussi appellée <i>Cedès.</i> Elle fut encore ville Lévitique donnée aux enfans de Gerson. Jos. XXI. 32. 1. P. VI. 76.</p><p>Ce mot , <i>Cades,</i> ou <i>Cedes,</i> &amp; plus proprement <i>Cadesch,</i> ou <i>Cedesch,</i> est Hébreu, &amp; signifie Sainteté, Lieu Saint.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6399" id="3" type="">
   <index type="head" value="CADÈS" />
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    <head>CADÈS</head>
    <p>
    Cadès Barné . Autre ville de la Terre-Sainte, au Midi de la Tribu de Juda sur les confins de l'Idumée. Il paroît par le livre des Juges XI. 16. qu'elle est différente de <i>Cadès</i> : c'est le sentiment de Bonfrerius. C'est de-là que Moise envoya des espions pour reconnoître la Terre de Chanaan. <i>Deut. I.</i> 22.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6400" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADET, ETTE" />
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    <head>CADET, ETTE</head>
    <p>
    CADET, ETTE , s. m. &amp; f. Enfans d'une famille qui ont un aîné. <i>Natu minor, junior frater,</i> ou <i>soror.</i> A Paris chez les Bourgeois, les <i>cadets</i> ont autant que l'aîné en partage. Les aînés n'ont le préciput que pour les biens nobles. La Coutume de Caux en Normandie donne tout à l'aîné, &amp; laisse une petite légitime aux <i>cadets.</i> Il n'est pas raisonnable de marier une <i>cadette</i> avant son aînée. Suivant la Coutume d'Espagne, l'un des <i>cadets</i> des grandes Maisons prend d'ordinaire le nom de la mère, quand il est illustre. P. Verjus.</p><p>Ce mot vient de <i>capitetum</i>, comme qui diroit <i>petit chef de famille.</i> On écrivoit autrefois <i>capdet,</i> &amp; on le prononce ainsi en Gascogne. Ménage. Borel confirme cette pensée, &amp; dit qu'en Gascogne on appelloit les aînés <i>capmas,</i> comme qui diroit, <i>chefs de maison,</i> &amp; <i>capdets, quasi minora capita.</i> Dominicus dit que ce mot vient <i>quasi à majori natu cadant, &amp; sint veluti catheti, aut normales lineae ab ipso dependentes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6400" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADET, ETTE" />
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    <head>CADET, ETTE</head>
    <p>
    Cadet , se dit aussi par rapport au puîné des autres frères qui sont moins âgés que lui. Ainsi le second fils dira d'un troisième, que c'est son <i>cadet</i> ; le troisième du quatrième, &amp;c. Il y a souvent des <i>cadets</i> qui deviennent les aînés. Il avoit mis sa fille <i>cadette</i> dans un Couvent dès l'âge de trois ans. Mlle L'Héritier. Il avoit trois filles ainées des deux jumeaux, &amp; une leur <i>cadette</i> de trois ans. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6400" id="3" type="genealogie">
   <index type="head" value="CADET, ETTE" />
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    <head>CADET, ETTE</head>
    <p>
    Cadet , absolument se dit du dernier de tous les enfans. <i>Minimus.</i> Benjamin étoit le <i>cadet</i> des enfans de Jacob, &amp; le plus chéri.</p><p>On dit en termes de Généalogie , la branche de l'aîné, &amp; la branche des <i>cadets.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6400" id="4" type="">
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    <head>CADET, ETTE</head>
    <p>
    Cadet , en terme de Guerre , se dit d'un jeune homme qui se met volontaire dans les troupes sans prendre de paye, ni être mis sur le rôle, &amp; à qui on ne peut refuser le congé. <i>Miles volontarius.</i> Il sert seulement pour apprendre le métier de la guerre, &amp; se rendre capable de quelques emplois. <i>Cadet</i> aux Gardes, est un jeune homme volontaire dans le Régiment des Gardes. Il n'y doit avoir que deux <i>cadets</i> dans chaque Compagnie, âgés au plus de dix-huit ans, par l'Ordonnance de 1670. En 1682. le Roi établit en son Royaume des Compagnies de jeunes gens, à qui l'on donna le nom de <i>Cadets.</i> Les enfans des Gentilshommes, ou de ceux qui vivoient noblement, y étoient instruits dans tous les exercices militaires, &amp; lorsqu'on les trouvoit capables de commander, on les faisoit Sous-Lieutenans, Enseignes, ou Cornettes. Medailles du Roi. 191. La Médaille qui fut faite à ce sujet représentoit au revers une troupe de jeunes hommes, avec un Officier qui leur met l'épée au côté, &amp; pour légende militiae tyrocinium ; &amp; dans l'Exergue, nobiles educati munificent. princ. m. dc. LXXXII. On fit aussi une devise sur cet établissement. Le corps de la devise étoit un châtaigner, dont les fruits jeunes &amp; tendres paroissent armés de pointes ; ces paroles faisoient l'ame. <i>Teneros armat foetus.</i> Cet établissement s'est renouvellé sous le règne de Louis XV. On a frappé à cette occasion une Médaille du Roi, gravée dans le Mercure de Janvier 1728. &amp; dont le revers représente Pallas debout, tenant sa pique d'une main, &amp; montrant de l'autre de jeunes gens qui tracent des plans de fortifications, &amp; qui font d'autres exercices, avec cette devise,</p><p>Mais on a depuis licencié par ordre du Roi la Compagnie des 600 <i>Cadets,</i> que S. M. entretenoit à Metz, dont la plûpart ont été faits Lientenans ou Sous-Lieutenans dans les Régimens de Milice. <i>Merc. Janv.</i> 1734. C'est en parlant de ces jeunes gens que Boileau a dit,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADET, ETTE</head>
    <p>
    Cadet , se dit aussi par relation d'un homme à un autre qui est plus âgé que lui. Cet homme dit qu'il est de mon âge, mais je lui montrerai qu'il est mon <i>cadet</i> de plus de dix ans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADET, ETTE</head>
    <p>
    Cadet , se dit dans le même sens à l'égard de la réception des Officiers dans une profession, soit de guerre, soit de justice, sans considération de l'âge. Un Officier se plaint avec raison, quand on a fait monter son <i>cadet</i> devant lui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADET, ETTE</head>
    <p>
    Cadet , se dit aussi de toutes sortes de jeunes gens. Voilà un <i>cadet</i> de haut appétit ; pour dire, un jeune homme fort affamé. Voilà une troupe de <i>cadets</i> qui n'aiment qu'à rire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6401" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADETTE" />
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    <head>CADETTE</head>
    <p>
    CADETTE , s. f. Pierre de taille pour paver. <i>Lapis quadratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6402" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADETTER" />
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    <head>CADETTER</head>
    <p>
    CADETTER , v. act. Paver avec des pierres de tailles. <i>Lapidibus pavimentum sternere.</i> Ces deux mots se trouvent dans Pomey, &amp; dans Richelet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6403" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CADI" />
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    <head>CADI</head>
    <p>
    CADI , s. m. Terme de Relation . C'est le nom qu'on a donné aux Juges des causes civiles chez les Sarrasins, &amp; les Turcs. D'Herbelot écrit <i>Cadhi,</i> &amp; les <i>Cadhis.</i> Ce n'est pas l'usage en François. Voyez ce que cet Auteur rapporte au mot Cadhi, pour montrer ce que c'est que les <i>Cadis,</i> &amp; quelles sont leurs rapines.</p><p>Ce mot est Arabe, , ou , <i>Kadi,</i> Juge, de , <i>Kadaï,</i> qui signifie <i>juger.</i> Il se prend ordinairement pour les Juges d'une ville : ceux des Provinces s'appellent Mollas. Les <i>Cadis</i> connoissent aussi des affaires de Religion dans le Biledulgérid en Afrique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6404" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADIASCHER" />
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    <head>CADIASCHER</head>
    <p>
    CADIASCHER , s. m. Voyez <ref type="search" target="head:CADILESKER">CADILESKER</ref>. C'est la même chose ; il n'y a de différence que l'article Arabe <i>al</i> qui est à <i>Cadilesker</i> &amp; qui n'est pas dans <i>Cadiascher.</i> Il faut prononcer <i>Cadi-asker.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6405" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADILESKER" />
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    <head>CADILESKER</head>
    <p>
    CADILESKER , ou CADILESQUER, ou CADILESQUIER. Chef de la Justice chez les Turcs. Chaque <i>Cadilesquier</i> a son district particulier. M. Ricaut les réduit à trois pour tout l'Empire. Le <i>Cadilesquier</i> d'Europe, de Natolie &amp; du Grand Caire.</p><p>Le <i>Cadilesquier,</i> dit Vigenère dans sa <i>Traduction de Chalcondyle,</i> est comme Grand Prévôt de l'Hôtel. Voyez encore cet Auteur sur les droits des <i>Cadileschkers,</i> dans ses <i>Illustrations sur l'Hist. de Chalcondyle.</i> p. 332. 333.</p><p><i>Cadhil asker,</i> ou comme les Turcs l'appellent <i>Cadhilesker,</i> est le Juge de l'armée, que nous appellerions Intendant. Aujourd'hui c'est le nom d'une grande dignite dans l'Empire Ottoman, où il n'y a que deux personnes qui en soient revêtues, dont l'un est le <i>Cadhilesker</i> de Romelie, c'est-à-dire, d'Europe, &amp; celui d'Anatolie, c'est-à-dire, de l'Asie. D'Herb. Ricaut en ajoûte un troisième, qu'il appelle <i>Cadilesker</i> du Kaire.</p><p>Le mot <i>Cadileschker</i> est Arabe, composé de , <i>Kadi,</i> qui signifie Juge, &amp; , <i>Aschar,</i> &amp; avec l'article , <i>Alaschar,</i> c'est-à-dire, <i>armée,</i> d'où s'est formé <i>Kadilascher,</i> Juge d'armée, parce que d'abord il étoit Juge des Soldats. Selon cette étymologie, il faudroit écrire. <i>Cadilescher,</i> parce qu'en Arabe &amp; en Turc c'est un <i>Kes,</i> c'est-à-dire, un son semblable à celui du X. des Grecs, &amp; en notre langue tel que le <i>Ch</i> dans <i>Charon ; Chorevêque, Chelidoine</i> : mais l'usage est d'écrire <i>Cadilesker,</i> ou <i>Cadilesquer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6406" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADIS" />
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    <head>CADIS</head>
    <p>
    CADIS , ou CADIZ, ou CADIX. Petite Isle sur la côte d'Andalousie, Province d'Espagne. <i>Gades, Gadira.</i> Solin dit que les Tyriens s'étant embarqués sur le Golfe Arabique, ou Mer rouge, firent le tour de l'Afrique, &amp; vinrent surgir à cette Isle, qu'ils nommèrent Erythrée, c'est-à-dire, Rouge, du nom de la mer de laquelle ils étoient partis. Ensuite les Carthaginois la nommèrent <i>Gadir,</i> qui en leur langue signifie <i>Septum,</i> c'est-à-dire, un lieu clos, palissadé. C'est là que selon la fable Hercule vainquit Géryon. L'Isle de <i>Cadix</i> a environ six lieues de long, &amp; depuis une jusqu'à trois de large. Elle n'est séparée de la terre ferme que par un canal que l'on passe sur le pont de Suaco. La différence du méridien de <i>Cadis</i> à celui de Paris, est selon l'Académie des Sciences de 9 degrés 45. min. occid. par conséquent <i>Cadis</i> est au 10e degré 15. min. de longitude.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>Gades</i>, qui s'est formé du Punique <i>Gadir,</i> qui comme nous l'avons dit, signifie <i>Septum,</i> &amp; vient de l'Hébreu , <i>sepire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6406" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADIS" />
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    <head>CADIS</head>
    <p>
    Cadis , Ville dans l'Isle de même nom, dont nous venons de parler. Cette ville n'est pas bien grande, mais elle est bien bâtie &amp; forte ; elle a un très-bon port. <i>Cadis</i> est encore très-considérable par le commerce de l'Amérique. C'est là où aboutissent toutes les marchandises que les Espagnols portent aux Indes, &amp; toutes les richesses qu'ils en rapportent en Europe. <i>Cadis</i> est une ville Episcopale. Nous ne disons jamais <i>Calis.</i> En Angleterre &amp; dans les Pays-Bas on dit <i>Calis Malis.</i></p><p>Le Golfe de <i>Cadis, Sinus Gaditanus, Oceanus Gaditanus.</i> Il comprend toute la partie de l'Océan Atlantique, qui est renfermée entre les côtes de l'Algarve, &amp; de l'Andalousie vers le Nord, &amp; celles du Royaume de Fez &amp; de Maroc au Midi, jusqu'à une ligne tirée du Cap de S. Vincent en Europe, à celui de Camin en Afrique. Il prend son nom de <i>Cadis,</i> parce que c'est le port le plus considérable qui soit sur ces côtes. Maty.</p><p>La Baie de <i>Cadis, Sinus Gaditanus</i> ; c'est une petite partie du Golfe de <i>Cadis,</i> renfermée entre l'Isle de <i>Cadis</i> au Midi, &amp; les côtes d'Andalousie au Nord &amp; au Levant. La baie de <i>Cadis</i> a environ douze lieues de circuit, &amp; deux de large.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6407" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADIS" />
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    <head>CADIS</head>
    <p>
    CADIS , s. m. Sorte de petite étoffe de laine de bas prix. Un lit de <i>Cadis.</i> Une tapisserie de <i>Cadis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6408" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADIZADÉLITE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CADIZADÉLITE</head>
    <p>
    CADIZADÉLITE , s. m. Nom d'une Secte Musulmane. <i>Cadizadelita.</i> Les <i>Cadizadélites</i> sont une espèce de Stoïciens Mahométans, qui fuient les festins &amp; les divertissemens, &amp; qui affectent une gravité extraordinaire dans toutes leurs actions. Ceux des <i>Cadizadélites</i> qui habitent vers les frontières de Hongrie &amp; de Bosnie, ont pris beaucoup de choses du Christianisme, qu'ils mêlent avec le Mahométisme. Ils lisent la traduction Esclavone de l'Evangile, aussi-bien que l'Alcoran. Ils boivent du vin, même pendant le jeûne du mois de Ramazan ; mais ils n'y mêlent point de canelle, ni de liqueurs. Ils aiment &amp; protégent les Chrétiens. Mahomet est selon eux le S. Esprit <pb n="786" facs="bpt6k8542165/f826/full/1200,/0/native.jpg"/>qui descendit sur les Apôtres le jour de la Pentecôte. Ricaud parle de cette Secte dans son Livre de l'Empire Ottoman.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6409" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="CADMIE" />
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   <index type="macro_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>CADMIE</head>
    <p>
    CADMIE , s. f. Terme de Pharmacie . <i>Cadmia.</i> C'est une espèce de minéral, qui est de deux sortes. Il y a de la <i>cadmie</i> naturelle, &amp; de l'artificielle. La <i>cadmie</i> naturelle est encore de deux sortes : l'une contient des parties métalliques &amp; l'autre n'en contient point. La première, qu'on appelle <i>cobaltum,</i> est un minéral terrestre, de couleur presque noire, &amp; qui contient quelques parties de cuivre, ou d'argent. On en tire beaucoup d'Allemagne : elle est fort caustique &amp; corrosive, de sorte qu'on la met au rang des poisons. La <i>cadmie</i> naturelle, qui est privée de parties métalliques, est autrement appellée <i>calamine,</i> ou <i>pierre calaminaire.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Calamine">Calamine</ref>. La <i>cadmie</i> artificielle se fait dans les fournaises de cuivre, dont il y a de cinq sortes. La première est appellée <i>botrytis,</i> parce qu'elle a la forme d'une grappe de raisin : la seconde <i>ostracitis,</i> qui est faite comme un test ou coquille : la troisième <i>placitis,</i> parce qu'elle ressemble à de la croûte : la quatrième <i>capnitis</i> : la cinquième <i>calamitis</i> ; celle-ci s'attache autour des perches de fer, avec quoi on remue la matière de cuivre dans la fournaise, laquelle étant secouée, a la figure d'une plume, qu'on nomme en Latin <i>calamus.</i> La <i>cadmie botrytis</i> se trouve à la partie moyenne de la fournaise : l'<i>ostracitis</i> dans la partie basse : la <i>placitis</i> dans la plus haute, &amp; la <i>capnitis</i> à la bouche de la fournaise. La <i>cadmie</i> est dessicative &amp; détersive : on s'en sert dans les ulcères humides &amp; puants, qui se cicatrisent par son moyen. La <i>botrytis</i> &amp; la <i>placitis</i> sont aussi très-bonnes dans les maladies des yeux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6410" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADMUS" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>CADMUS</head>
    <p>
    CADMUS , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Cadmus.</i> C'est un Dieu des habitans de Gortyne ville de Crète, où Europe sa soeur fut aussi honorée comme une Divinité. Ce <i>Cadmus</i> est ce Phénicien fils d'Agenor, Roi de Tyr selon quelques-uns, &amp; selon d'autres Roi de Sidon. Les Sidoniens disent encore dans Euchemère de Cos, cité par Athénée, que Cadmus n'étoit pas fils de Roi, mais Cuisinier du Roi de Sidon, c'est-à-dire, Chef, Prince des Cuisiniers, , tels qu'étoient dans l'Ecriture Putiphar, Arioch &amp; Nabuzardan. C'étoit un de ces Cedmonéens, dont parle Moise Gen. XV. 19. c'est-à-dire, un de ces Phéniciens Orientaux, ou de ceux qui habitoient la partie Orientale de la terre de Chanaan, apparemment proche du mont Hermon ; car on dit que sa femme s'appelloit Hermione, ou Harmonie, probablement du Phénicien, , habitant du mont Hermon. Tout le reste de l'histoire de <i>Cadmus</i> s'explique de même par le moyen du Phénicien. Car 1°, il fit, il produisit des soldats : c'est une expression Phénicienne, pour dire, il leva, il assembla. 2°, Ces soldats devinrent serpents : c'est qu'ils étoient Hévéens, , &amp; qu'en Phénicien, aussi-bien qu'en Chaldéen, , &amp; , signifie un serpent. 3°, Ils furent produits des dents d'un serpent ; c'est, dit Bochart, qu'en Phénicien , <i>dents de serpents,</i> signifie aussi lances d'airain ; c'étoient les armes dont <i>Cadmus</i> arma ses gens, car il passe pour être l'inventeur de l'airain, dit Hygin chap. 274. vraisemblablement parce qu'il en apporta en Grèce de Phénicie, ou peut-être de Chypre, &amp; l'y fit connoître. 4°, Enfin, on dit que ces soldats s'entretuerent, de sorte qu'ils furent réduits à cinq ; c'est une mauvaise explication du mot , qui signifie <i>cinq,</i> &amp; encore <i>expeditus, accinctus,</i> &amp;c. prêt au combat, déterminé, alerte. Ainsi au lieu de dire qu'il avoit une troupe de cinq hommes seulement, il falloit dire une troupe de gens fort aguerris, déterminés, alertes au combat, comme Exode. XIII. 18. C'est ce <i>Cadmus</i> qui apporta les lettres en Grèce, au moins seize, .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6411" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADO" />
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    <head>CADO</head>
    <p>
    CADO , Voyez <ref type="search" target="head:Cazou">Cazou</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6412" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADOLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>CADOLE</head>
    <p>
    CADOLE , s. m. C'est le nom que les Serruriers donnent au loquet d'une porte, &amp; à une espèce de pêne qui s'ouvre &amp; se ferme en se haussant, ou se baissant avec un bouton, ou une coquille. <i>Pessulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6413" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADORE" />
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    <head>CADORE</head>
    <p>
    CADORE , s. f. Petite ville de l'Etat des Vénitiens en Italie. <i>Paroecia Cadorini,</i> ou <i>Cadorina.</i> Elle est située sur la rivière de Piève, dont on lui donne quelquefois le nom, la Piève, ou la Piève de <i>Cadore. Plebs,</i> ou <i>Castrum plebis. Cadore</i> a été la patrie du célèbre Titien. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6414" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADORIN" />
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    <head>CADORIN</head>
    <p>
    CADORIN , s. m. ou CADORINE, s. f. Maty dit le premier, &amp; M. Corneille le second. <i>Cadorinus ager, Cadubrium.</i> Petite Province de l'Etat de Venise en Italie, qui prend son nom de Cadore qui en est la capitale. Le <i>Cadorin</i> est borné au Levant par le Frioul propre, au Midi &amp; au Couchant par le Bellunois, &amp; au Nord par l'Evêché de Brixen. Ce pays est fort montagneux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6415" id="1" type="jouaillier">
   <index type="head" value="CADRAN" />
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    <head>CADRAN</head>
    <p>
    CADRAN , s. m. Terme de Jouaillier . Espèce d'étau, ou de main de fer qui sert à tenir les diamans, quand on les taille, pour changer leur situation suivant les diverses faces qu'on leur veut donner. Pour les autres pierreries les <i>cadrans</i> sont de bois. Les pierreries taillées au <i>cadran</i> sont plus estimées que les autres. La couleur des pierres taillées au <i>cadran</i> est satinée : celle des pierres qui sont en table ronde ou en cabochon est veloutée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6416" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADRAN" />
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    <head>CADRAN</head>
    <p>
    CADRAN , s. m. Instrument de Mathématique, qui est un quart de cercle divisé en 90. degrés, qui a un plomb au centre, une alhidade &amp; des pinnules, qui sert à observer les hauteurs tant sur mer que sur terre. <i>Quadrans circuli Mathematicus.</i> On l'appelle ordinairement <i>quart de cercle,</i> ou <i>quart de nonante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6416" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADRAN" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>CADRAN</head>
    <p>
    Cadran , Montre d'horloge. <i>Horologium.</i> Un badaud demande quelle heure il est, quoiqu'il soit vis-à-vis du <i>cadran.</i> En cette montre il y a <i>cadran,</i> réveille-matin &amp; sonnerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6416" id="3" type="">
   <index type="head" value="CADRAN" />
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    <head>CADRAN</head>
    <p>
    Cadran au Soleil , est une délinéation sur un plan ou une muraille de certaines lignes qui marquent l'heure par le moyen de l'ombre d'un style qui est élevé au milieu. <i>Solarium horologium, vel pugillare sciatericum.</i> Le <i>cadran horisontal,</i> est celui qui est sur un plan parallèle à l'horison ; l'<i>équinoctial,</i> celui qui regarde l'équateur, &amp; qui est élevé selon le pôle du lieu vertical ; <i>Meridional, Septentrional, Oriental</i> &amp; <i>Occidental,</i> sont ceux qui regardent directement les quatre points cardinaux. Le <i>Cadran polaire</i> est celui qui se fait sur un plan parallèle à l'axe du monde, ou, ce qui est la même chose, à quelque horizon de la sphère droite. Le <i>Cadran vertical</i> est celui qui se fait sur un plan vertical. Le <i>Cadran régulier</i> est celui qui se fait sur la surface d'un plan qui regarde droit l'une des quatre parties du monde. <i>Cadran vertical déclinant</i> &amp; <i>réclinant,</i> celui qui n'est pas tout-à-fait à plomb, ou qui ne regarde point précisément l'un des quatre points de l'horizon. On appelle <i>Cadran Astronomique,</i> celui qui montre les heures Astronomiques, c'est-à-dire, depuis minuit, ou midi. <i>Cadran Babylonique,</i> celui qui montre les heures Babyloniques, ou depuis le lever du Soleil. <i>Cadran Italique,</i> celui qui montre les heures Italiques, ou depuis le coucher du Soleil. <i>Cadran Antique,</i> ou Judaïque, celui qui montre les heures Judaïques. <i>Cadran à la Lune,</i> celui qui montre de nuit les heures, aux rayons de la Lune. <i>Cadran aux Etoiles,</i> celui qui montre de nuit les heures par le moyen des Etoiles qui ne se couchent point. On se sert ordinairement des Etoiles de la grande Ourse. <i>Cadran portatif,</i> celui que l'on porte avec soi pour voir les heures aux rayons du Soleil quand on veut. <i>Cadran particulier,</i> celui qui est fait pour une latitude particulière. <i>Cadran universel,</i> celui par le moyen duquel on peut connoître les heures par toute la terre. Le plus commode est celui qu'on appelle l'<i>anneau universel.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Anneau">Anneau</ref>. On appelle aussi tous ces <i>cadrans, sciatériques,</i> parce que l'ombre sert à marquer les heures : du mot Grec , qui signifioit <i>ombre.</i> M. De la Hire a donné une manière universelle pour faire des Cadrans solaires.</p><p>Anaximène Milésien, disciple de Thales, fut au raport de Pline, le premier qui fit un <i>cadran solaire</i> à Lacédémone, qu'il appella <i>sciatéricon.</i> L'Ecriture fait mention de l'horloge solaire du Roi Achas, dans le temps que Romulus jettoit les fondemens de la ville de Rome. Vitruve est le premier qui en a laissé par écrit la construction. Hérodote assure que les Grecs ont reçû des Babyloniens les <i>Cadrans solaires</i> &amp; l'aiguille : c'est Anaximandre, mort vers la fin de la captivité de Babylone, qui leur en enseigna l'usage, qu'il avoit appris des Chaldéens. Pline dit que ce fut Anaximène disciple d'Anaximandre, mort le jour que Cyrus prit Sardes. Les Hébreux plus voisins de Babylone ont connu plutôt une invention si utile, comme il paroît par l'horloge d'Achas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6416" id="4" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>CADRAN</head>
    <p>
    Cadran . Outil de Lapidaires qui leur sert à tailler les pierres. <i>Quadrans vel scalper scalpioris gemmarum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6417" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADRE" />
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    <head>CADRE</head>
    <p>
    CADRE , s. masc. Bordure, chassis d'un tableau. <i>Quadratus margo.</i> Un <i>cadre</i> de cheminée. On le dit du rond, aussi-bien que du quarré. On le dit aussi des bordures de menuiserie, qui sont sur les panneaux des cabinets, &amp; qui renferment les panneaux des portes. Un <i>cadre</i> est toute bordure quarrée, qui renferme un bas relief, un panneau, un tableau, &amp;c. Daviler.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CADRE</head>
    <p>
    Cadre , se dit aussi d'un assemblage en quarré, fait de quatre grosses pièces de bois au milieu d'un plancher, d'un dôme, ou au haut d'un escalier, pour y faire des platfonds, ou y mettre d'autres ornemens. <i>Quadrata figura, vel res figurae quadratae.</i></p><p>On le dit aussi d'un morceau de cuir ou de carton enjolivé &amp; doré, au milieu duquel il y a une ouverture ronde ou quarrée, où l'on enchâsse une image en vélin, un reliquaire, &amp;c. <i>Quadrum tabellae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6418" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADRER" />
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    <head>CADRER</head>
    <p>
    CADRER , v. act. Faire un quarré qui contienne précisément autant d'espace qu'un cercle, un triangle, ou autre figure. <i>Quadrare.</i> On n'a sû encore trouver le moyen de <i>cadrer</i> un cercle, une parabole, une ellipse, ou autre figure curviligne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6418" id="2" type="">
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    <head>CADRER</head>
    <p>
    Cadrer , v. n. signifie, Convenir, se raporter justement à quelque chose. <i>Ad, vel in aliquid quadrare, vel convenire ad.</i> Il faut que nos actions <i>cadrent</i> avec nos paroles. Ces deux passages se contrarient, ils ne <i>cadrent</i> pas ensemble. Cette garniture ne <i>cadre</i> pas bien avec cet habit, n'est pas bien assortie. Sa vie ne <i>cadre</i> pas avec sa doctrine. Les livres ne <i>cadrent</i> pas bien avec le mariage. Mol. Ne <i>cadrer</i> ni avec Dieu, ni avec le monde. Lombert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6419" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADRILLE" />
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    <head>CADRILLE</head>
    <p>
    CADRILLE , Voyez <ref type="search" target="head:Quadrille">Quadrille</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6420" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADRITE" />
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    <head>CADRITE</head>
    <p>
    CADRITE , s. m. Sorte de Religieux Mahométan. Les <i>Cadrites</i> ont eu pour Fondateur un habile Philosophe &amp; Jurisconsulte, nommé Abdul Cadri, de qui ils ont pris le nom de <i>Cadrites.</i> Les <i>Cadrites</i> vivent en communauté, &amp; dans des espèces de monastères qu'on leur permet néanmoins de quitter s'ils veulent, pour se marier, à condition de porter des boutons noirs à leur veste pour se distinguer du peuple. Dans leurs monastères ils passent tous les Vendredis une bonne partie de la nuit à tourner, en se tenant tous par la main, &amp; répétant sans cesse , <i>Hhai,</i> c'est-à-dire, <i>Vivant,</i> qui est un des noms de Dieu. Pendant ce temps-là un d'eux joue de la flûte, pour les animer à cette danse extravagante. Ricaud parle des <i>Cadrites</i> dans son <i>Empire Ottoman.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6421" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADRUPLE" />
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    <head>CADRUPLE</head>
    <p>
    CADRUPLE , Voyez <ref type="search" target="head:QUADRUPLE">QUADRUPLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6422" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADUC, UQUE" />
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    <head>CADUC, UQUE</head>
    <p>
    CADUC, UQUE , adj. Il y en a qui écrivent <i>caduque,</i> aussi-bien pour le masculin, que pour le féminin : ce qui est mal. Qui a perdu ses forces, soit par l'âge, soit par les maladies. Quand on a passé 60. ans, on est dans un âge <i>caduc.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>caducus, sujet à cheoir</i>, de <i>cadere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6422" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADUC, UQUE" />
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    <head>CADUC, UQUE</head>
    <p>
    Caduc , se dit aussi des bâtimens qui menacent ruine. Il faut étayer une maison <i>caduque,</i> de peur qu'elle ne tombe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6422" id="3" type="">
   <index type="head" value="CADUC, UQUE" />
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    <head>CADUC, UQUE</head>
    <p>
    Caduc , se dit figurément en choses morales. La faveur de ce Courtisan est bien diminuée ; sa fortune est fort <i>caduque.</i> On appelle biens <i>caduques</i> les biens de la terre, les biens de ce monde, par opposition aux biens du Ciel, qui durent toujours : <i>caduc</i> en ce sens veut dire une chose qui se détruit, qui passe, qui n'est pas de longue durée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6422" id="4" type="medecine">
   <index type="head" value="CADUC, UQUE" />
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    <head>CADUC, UQUE</head>
    <p>
    Caduc , en termes de Jurisprudence , se dit d'un legs, d'une institution d'héritier qui n'ont point d'effet. Ce legs est devenu <i>caduc</i> par la mort du légataire avant le testateur. Cette succession est devenue <i>caduque,</i> parce que personne ne s'est porté pour héritier. Il y a un titre dans le Droit <i>de caducités tollendis.</i></p><p>En termes de Médecine , on appelle le mal <i>caduc,</i> le haut mal, le mal de Saint Jean, ou l'épilepsie, <i>morbus comitialités, sacer, major, soniques.</i> C'est une maladie qui fait tomber un homme, quand l'accès lui prend, &amp; qui le tourmente cruellement. Voyez <ref type="search" target="head:Epilepsie">Epilepsie</ref>. Alexandre II. dans sa XXXVIe Epître, décide qu'un Prêtre attaqué de mal <i>caduc</i> ne doit point dire la Messe, jusqu'à ce qu'il soit guéri, à moins que les accès ne soient pas fréquens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6423" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADUAD" />
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    <head>CADUAD</head>
    <p>
    CADUAD , Voyez <ref type="search" target="head:CAZOU">CAZOU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6424" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADUCÉATEUR" />
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    <head>CADUCÉATEUR</head>
    <p>
    CADUCÉATEUR , s. m. <i>Caduceator.</i> Ancien Officier de la République Romaine. Servius dit que c'étoient les <i>Caducéateurs</i> qui traitoient la paix, &amp; les Fécialiens dénonçoient la guerre. Vigenère <i>sur Tite-Live, T. I. p.</i> 1335. On les appelloit ainsi, parce qu'ils portoient en main un caducée. Nous les nommons Hérauts : mais parce que ce nom est générique, &amp; qu'il est quelquefois besoin de distinguer les espèces, le <i>Caducéateur,</i> &amp; le Fécial ou Fécialien ; on ne doit point faire difficulté de se servir de ces mots, sur-tout dans des ouvrages d'érudition.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6425" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADUCÉE" />
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    <head>CADUCÉE</head>
    <p>
    CADUCÉE , s. m. Verge de Mercure : c'est un bâton entortillé de deux serpens. <i>Caduceus.</i> Les Poëtes attribuent plusieurs vertus au <i>Caducée</i> de Mercure, d'endormir les hommes, de ressusciter les morts. &amp;c. C'étoit aussi le symbole de la paix, &amp; de la concorde. Les Romains envoyerent aux Carthaginois une javeline &amp; un <i>caducée,</i> pour choisir lequel des deux ils voudroient, ou la guerre, ou la paix. Vigenère. Apollon le donna à Mercure, qui lui avoit fait présent de la lyre.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>caduceum</i>, ainsi appellé <i>à cadendo, quia contentiones, &amp; bella cadere faciebat.</i> Chez les Romains ceux qui dénonçoient la guerre s'appelloient <i>Feciales</i> ; &amp; ceux qui alloient demander la paix s'appelloient <i>Caduceatores.</i> Il seroit plus à propos de faire venir ce mot du Grec , qui signifie le même, &amp; qui vient de , un <i>Héraut.</i> Le <i>caducée,</i> qui se marque sur diverses médailles, est un symbole commun : il signifie la bonne conduite, la paix &amp; la félicité. Le bâton marque le pouvoir ; les deux serpens la prudence, &amp; les deux ailes la diligence ; toutes qualités nécessaires pour être heureux dans les entreprises où l'on s'engage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6425" id="2" type="">
   <index type="head" value="CADUCÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Blason" />
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    <head>CADUCÉE</head>
    <p>
    Caducée , se dit aussi d'un bâton couvert de velours fleurdelisé, que portent les Hérauts d'armes dans les cérémonies. Celui du Roi d'armes a une fleur de lis d'or au bout, que quelques-uns nomment <i>sceptre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6426" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADUCITÉ" />
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    <head>CADUCITÉ</head>
    <p>
    CADUCITÉ , s. f. Etat de ce qui menace ruine. Il se dit tant des hommes que des bâtimens. <i>Res caduca, Aetas caduca, viribus defecta, infirmitas.</i> La mort qui prévient la <i>caducité</i> arrive plus à propos, que celle qui la termine. La Bruy.</p><p>On le dit aussi en style de Palais. <i>Caducité</i> d'un legs, c'est lorsqu'un legs devient caduc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6427" id="1" type="">
   <index type="head" value="CADURCIEN, ENNE" />
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    <head>CADURCIEN, ENNE</head>
    <p>
    CADURCIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom d'un ancien peuple de l'Aquitaine. <i>Cadurcus.</i> Les <i>Cadurciens</i> occupoient le pays que nous nommons aujourd'hui le Quercy, &amp; étoient selon. Strabon un des quatorze peuples qui habitoient entre la Loire &amp; la Garonne. Les <i>Cadurciens</i> furent les inventeurs des lits, ou matelas, <i>culcitae. L. XIX. c.</i> 1. De <i>Cadurci</i> on a fait dans la suite <i>Caturci,</i> &amp; <i>Catorsi</i> &amp; <i>Cadorsi,</i> qui se trouve dans des Auteurs de la basse Latinité, &amp; de là <i>Cahorsin</i> &amp; <i>Caorsin,</i> qui s'est dit autrefois, &amp; ensuite <i>Caursin,</i> &amp; puis enfin <i>Querci.</i> Voyez Valois, <i>Not. Gall.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6428" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAECALE" />
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    <head>CAECALE</head>
    <p>
    CAECALE , adj. est une épithète qu'on donne à une veine qui reporte le sang de l'intestin <i>caecum</i> dans le tronc mésentérique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6429" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAECILIUS" />
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    <head>CAECILIUS</head>
    <p>
    CAECILIUS , s. m. Nom propre d'homme. Ce mot est purement Latin, mais on le retient en François, &amp; il faut l'écrire ainsi, &amp; non pas <i>Cécilius.</i> Les <i>Caecilius</i> étoient une des plus illustres familles de Rome. La famille <i>Caecilia.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CECILE">CECILE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6430" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAECUM" />
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    <head>CAECUM</head>
    <p>
    CAECUM , s. m. C'est le premier des gros boyaux, qu'on appelle aussi l'<i>aveugle</i> ; parce qu'il n'a qu'une ouverture qui lui sert d'entrée &amp; de sortie. Il est situé dans l'hypocondre droit, plus bas que le rein. Il a une appendice en forme d'un ver oblong, qui est plus grande aux enfans nouvellement nés, qu'à ceux qui sont avancés en âge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6431" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAEN" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CAEN</head>
    <p>
    CAEN , s. m. Nom d'une ville de Basse-Normandie, dont elle est capitale. Ce mot est monosyllabe, prononcez <i>Can, Cadomum. Caen</i> est situé sur l'Orne, à trois lieues de la mer. <i>Caen</i> n'est pas une ville ancienne ; mais elle est grande, belle &amp; bien peuplée. M. Huet a fait les Antiquités de <i>Caen,</i> où il montre que <i>Caen</i> n'est point l'Otlinga, ou Autlinga, dont il est fait mention dans les Capitulaires de Charles le Chauve, &amp; dans la vie d'Aldric Evêque du Mans, parce que l'<i>Otlinga Saxonia</i> est appellée <i>pagus</i> &amp; <i>pagellus,</i> c'est-à-dire, un pays, un petit pays, &amp; que <i>Caen</i> n'étoit guère alors qu'un village. Quelques Poëtes ont donné à <i>Caen</i> des Fondateurs illustres, comme Cadmus, Caius César, qui, à ce que l'on a prétendu, l'appelloit en raillant <i>Caii domum,</i> d'où s'est fait <i>Cadomum</i> ; ou bien un autre Caius Maître d'Hôtel du Roi Artus. C'est le sentiment de Guill. le Breton. Paul Emile &amp; quelques autres Historiens ont débité ces fables comme des vérités. Le <pb n="788" facs="bpt6k8542165/f828/full/1200,/0/native.jpg"/>Président Fauchet a cru que <i>Quentovicum</i> où Charles le Chauve permet la fabrique de la monnoie dans ses Capitulaires, est <i>Caen</i> ; il ne savoit pas que c'étoit une ville de l'Artois à l'embouchure de la Quanche. M. de Bras veut que <i>Caen</i> soit le <i>Crociatonum</i> de Ptolomée ; mais c'étoit un port de mer, &amp; immédiatement après avoir marqué <i>Crociatonum,</i> il met l'embouchure de l'Orne. M. Huet dit que <i>Caen</i> paroît avoir été ville sous les premiers Normands qui s'établirent en Normandie vers le commencement du Xe siècle ; mais que l'on ignore quand elle a commencé de l'être, &amp; qu'elle semble avoir été l'ouvrage du hazard, comme beaucoup d'autres villes, dont la situation &amp; d'autres avantages ont obligé des hommes à s'y établir. Il croit au reste qu'il faut remonter au temps des Saxons, qui vers le VIe siècle occuperent presque toute la côte Septentrionale des Gaules, peut-être jusqu'aux Romains, ou même jusqu'aux Gaulois. Car qui peut savoir, dit-il, quand la première maison, la première hutte a été bâtie à <i>Caen</i> ? Quoiqu'il en soit, <i>Caen</i> n'a eu aucune réputation avant les premiers Ducs de Normandie ; mais dès lors il fut une ville importante ; &amp; selon Guillaume Le Breton, qui a vécu vers le milieu du XIIIe siècle, <i>Caen</i> étoit alors une ville si peuplée &amp; si bien bâtie, qu'elle pouvoit presque aller de pair avec Paris.</p><p><i>Caen</i> a une Université. Elle fut fondée d'abord par Henri VI. Roi d'Angleterre en 1431. confirmée par Eugene IV. en 1437. &amp; érigée en second lieu par Charles VII. Roi de France en 1450. quand il eut chassé les Anglois de Normandie. Il y a aussi une Académie de Belles Lettres &amp; de Physique commencée en 1652. par M. Brieux, continuée par M. de Segrais, &amp; après sa mort érigée par lettres Patentes du Roi en Compagnie réglée l'an 1705. par les soins de M. Foucault, alors Intendant de <i>Caen.</i> Il y a aussi à <i>Caen</i> une Vicomté, un Bailliage, un Présidial, un Bureau des Finances, une Election, un Grenier à sel, une Amirauté &amp; une Chambre des Monnoies.</p><p>Selon Messieurs de l'Académie des Sciences, <i>Caen</i> est au 17d, 15' de longitude, &amp; au 49d, 11' de latitude Septentrionale. <i>Caen</i> portoit autrefois de gueules, au château donjonné d'or, &amp; j'ai vu des Sceaux portant ces armes. C'est visiblement une peinture de <i>Caen.</i> Lorsque Charles VII. reprit cette ville sur les Anglois, pour reconnoître sa fidélité il changea ses armes, &amp; lui fit porter coupé d'azur &amp; de gueules aux trois fleurs de lys d'or ; apparemment pour être le symbole de la fortune de <i>Caen,</i> qui avoit été long-temps sujette aux Anglois ; car le rouge est la couleur de leur Ecu ; mais la ville retournant sous la domination Françoise, l'azur &amp; les fleurs de lis avoient repris le dessus. Huet. Voyez les Recherches &amp; Antiquités de <i>Caen</i> par De Bras <i>in</i>-4°, à <i>Caen</i> 1688. ou plutôt celles de l'illustre M. Huet, qui sont beaucoup plus exactes &amp; plus savantes. Du Chesne parle aussi de <i>Caen</i> dans ses <i>Antiq. des Vill. de France</i> Liv. VII. ch. 10.</p><p>Le nom ancien de <i>Caen</i> étoit <i>Cathim.</i> Il est ainsi nommé dans la Chartre de donation de Richard III. Duc de Normandie datée de l'an 1026. M. Valois a cru qu'il falloit lire <i>Cathem</i> ; mais <i>Cathim, Catheim, Cathem</i> &amp; <i>Cathom,</i> sont différentes prononciations d'un même mot. <i>Cathim</i> &amp; <i>Cathem</i> étant donc la même chose, de Cathem s'est formé Cahem ; le <i>t</i> &amp; le <i>th</i> souffrant souvent élision dans le milieu des mots, comme, dans ceux de <i>père, mère, frère,</i> qui sont formés de <i>patre, matre, fratre,</i> &amp; comme du mot , les Doriens faisoient ; de Cahem s'est fait celui de <i>Caen,</i> le mot <i>Cahem</i> se trouvant écrit dans les Augmentations faites à Sigebert par Robert de Torigny, Abbé du mont S. Michel, &amp; imprimées par D. Luc D'Achery. Cela se prouve encore par l'ancienne prononciation du mot de <i>Caen,</i> qui n'étoit pas monosyllabe comme maintenant, mais qui étoit un mot de deux syllabes, où les deux voyelles <i>a</i> &amp; <i>e</i> étoient marquées par une prononciation distincte, comme les vers du Poëte Waice, qui vivoit vers le milieu du XIIe siècle, &amp; les Vigiles de Charles VI. en font foi.</p><p>De <i>Cathom</i> on a fait <i>Cadom,</i> le <i>t</i> s'étant changé en <i>d,</i> comme de , on a fait <i>Deus.</i> Je crois même que dans le temps qu'on a dit <i>Cathom,</i> d'autres, &amp; peut-être le plus grand nombre, prononçoient <i>Cadom</i> ; car il se trouve dans la Chartre de fondation de l'Abbaye de la Trinité ; dans la vie de S. Lanfranc, &amp; dans la Chronique du Bec. De <i>Cadom,</i> le mot <i>Caen</i> a pû se former dans la suite, aussi bien que de <i>Cathem,</i> par une analogie fort ordinaire dans notre langue, comme de <i>Laudunum,</i> s'est fait Laon, de <i>Lugdunum,</i> Lion, d'<i>Audomarus,</i> Omer, &amp; d'<i>Audoenus,</i> Ouen.</p><p>M. Bochart croit que <i>Cadom,</i> en vieux Gaulois, signifie <i>Demeure de guerre.</i> Il est vrai que <i>Ca</i> en Bas-Breton signifie <i>Guerre</i> ; mais <i>hom,</i> qui signifie <i>demeure,</i> est un mot d'origine Allemande, comme il le reconnoît lui même : ce mot, selon les divers dialectes de cette langue, se prononce <i>hom,</i> comme en Allemagne, ou <i>hem,</i> comme en Hollande, ou <i>ham,</i> comme en Angleterre, ou <i>homme,</i> comme en plusieurs lieux de Normandie. Car les villages nommés, Le <i>homme, Suhomme, Robéhomme,</i> Le <i>hommet,</i> Le <i>hommel,</i> viennent du Saxon <i>hom</i> ; comme <i>hameau,</i> &amp; <i>hamel,</i> viennent de <i>ham.</i> De sorte que M. Bochart fait ce mot hybride, moitié Gaulois, moitié Saxon. Pour moi, j'estime qu'il faut rapporter ce nom à celui de <i>Cadetes,</i> peuples célébrés par César, &amp; situés apparemment vers le lieu où <i>Caen</i> est situé, &amp; que <i>Cadom</i> signifie <i>Demeure des Cadetes</i> ; de même que <i>Cabourg,</i> petit bourg assez voisin de <i>Caen,</i> appellé dans les vieux titres <i>Cathburgum,</i> &amp; <i>Cadburgum,</i> signifie <i>Bourg des Cadetes.</i> Du reste, ces Cadetes, peuples Gaulois, peuvent bien avoir pris leur nom de <i>Cad,</i> mot Gaulois, qui signifie guerre. Ainsi <i>Cadetes</i> signifie <i>Belliqueux.</i> Huet.</p><p>D'autres ont formé le nom <i>Cadomum, Caen,</i> de Cadmus, comme si ce Prince Phénicien, en cherchant sa soeur par le monde, eût jetté les fondemens de <i>Caen.</i> Les autres de <i>Caii domus,</i> comme nous l'avons dit ci-dessus ; d'autres de <i>Campodomus,</i> comme ayant pris ce nom de sa situation entre deux campagnes. Quelques-uns de <i>Quentovicum,</i> comme si ce nom, qui appartient à une ville d'Artois, étoit celui de <i>Caen.</i> Les autres du Grec, , <i>Nouvelle demeure</i> ; &amp; quelques-uns de <i>Cademoth,</i> ville de la Terre-Sainte. M. de Bras de <i>Crociatonum,</i> ou <i>Cassiatonum,</i> ou <i>Caradinan,</i> ou <i>Casta domus.</i> D'autres <i>à canitie.</i> Toutes ces étymologies sont fausses.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAENOIS, OISE</head>
    <p>
    CAENOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Caen, habitant de Caen. <i>Cadomensis.</i> Prononcez <i>Canois</i> dissyllabe, ou même <i>Canais,</i> comme on fait dans le pays. M. Huet, dans ses <i>Antiquités de Caen,</i> ch. 24e, fait un dénombrement de 137. <i>Caenois,</i> qui ont été hommes illustres dans l'Eglise &amp; dans les Lettres. Il faut y ajoûter M. Huet lui même. M. de Cahaignes a donné les éloges des <i>Caenois</i> ses contemporains.</p><p>Ce mot aujourd'hui n'est que du discours familier. M. Huet dit toujours habitans de Caen, homme de Caen, &amp;c. Les habitans de Caen sont gens d'esprit, studieux, polis. Huet. Des hommes de Caen illustres dans l'Eglise &amp; dans les Lettres. Id. Je n'entreprends pas dans ce Chapitre de donner la liste de tous les Citoyens de Caen qui ont acquis du nom dans le monde. Id. Roger, natif de Caen. Id. Guillaume Acarin étoit Citoyen de Caen. Id.</p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="6433" id="1" type="">
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    <head>CAESAR</head>
    <p>
    CAESAR , Voyez <ref type="search" target="head:CESAR">CESAR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6434" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAFARD, ARDE" />
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    <head>CAFARD, ARDE</head>
    <p>
    CAFARD, ARDE s. m. &amp; f. Bigot, hypocrite. Il se dit particulièrement des gens qui font leurs affaires sous prétexte de Religion, en abusant de la simplicité &amp; de la confiance des autres. <i>Religionis, probitatis simulator. Vanae pietatis affectator, hypocrita.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de l'Arabe <i>cafar,</i> qui se dit par les Arabes proprement d'un homme qui de Chrétien s'est fait Turc, ou de Turc Chrétien. Il a été fait de l'Hébreu <i>caphar,</i> qui signifie <i>renier.</i> Les Anciens ont eu une espèce de couverture de tête qu'ils appelloient <i>caphardum.</i> Du Cange.</p><p>Ce mot vient apparemment des Arabes. <i>Cafara</i> signifie en leur langue <i>nier,</i> d'où les Rabbins ont sans doute pris leur verbe <i>cafar</i> ; pour dire <i>nier.</i> Le Targum de Jérusalem s'en sert souvent en ce sens là. Ces mêmes Rabbins appellent un Renégat <i>Caferan.</i> Consultez le Dictionnaire Rabbinique de David de Pomis, &amp; le grand Dictionnaire de Buxtorf. Quelques-uns croient qu'on a aussi donné le nom de <i>Cafres</i> aux peuples d'afrique, qui habitent vers le Cap de Bonne-Espérance ; parce qu'ils n'ont aucune Religion.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAFARD, ARDE</head>
    <p>
    <pb n="789" facs="bpt6k8542165/f829/full/1200,/0/native.jpg"/> Cafard , adj. m. est une espèce de damas ou de satin. <i>Damasceni operis bombycinus pannus.</i> Le véritable damas <i>cafard</i> est tout de fil : mais le damas <i>cafard</i> ordinaire est celui dont la trême est seulement de fil, &amp; les chaînes de soie, &amp; qui se manufacture en Flandres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAFÉ</head>
    <p>
    CAFÉ , s. m. <i>Cafaeum.</i> Semence qui nous est apportée de l'Arabie heureuse. On estime davantage celui qui nous vient par le Levant ; il est plus verd, plus pesant, &amp; paroît plus mûr que celui de Mocha, lequel est plus gros, plus léger &amp; plus blanchâtre. On appelle <i>café</i> en coque, cette même semence renfermée dans ses enveloppes propres &amp; communes ; &amp; <i>café</i> mondé, celle qui en est dépouillée. L'épargne fait quelquefois substituer à cette semence celle de pois, de fèves, de seigle, d'orge, espèces de semences qui étant rôties ne fournissent pas une matière huileuse aussi agréable, &amp; en aussi grande quantité que le <i>café.</i> L'arbre qui donne cette semence se peut nommer Cafier. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAFÉ</head>
    <p>
    Café , s. m. se prend aussi pour une sorte de boisson qui est devenue familière en Europe depuis environ soixante ans, &amp; qui est en usage en Turquie depuis plus d'un siècle. <i>Cafaeum, cafaea, cafaeus liquor.</i> On ne fait pas au vrai son origine. Le <i>café</i> fut découvert, au rapport de Maronite Fausto Nayronne, par le Prieur de quelques Moines, après qu'il eut été averti par un homme qui gardoit des chèvres ou des chameaux, que quelquefois son bétail veilloit &amp; sautoit toute la nuit. Ce qui fit qu'il essaya la vertu qu'il a d'empêcher le sommeil ; &amp; il l'employa d'abord à empêcher que ses Moines ne dormissent à Matines. Cette origine de l'usage du <i>café</i> approche fort de la fable.</p><p>Abdalcader, dont le manuscrit est à la Bibliothèque du Roi, &amp; M. Galand d'après lui, en rapporte une autre plus croyable, qu'il a prise de Sehehabeddin, Auteur plus ancien &amp; plus proche de l'origine de l'usage du <i>café.</i> Il dit qu'au milieu du IXe siècle de l'Egire, c'est-à-dire, du XVe de l'ère Chrétienne, un certain Gemaleddin, qui étoit de Bhabhan, petite ville de l'Arabie heureuse, &amp; qui demeuroit à Aden, ville &amp; port fameux à l'Orient de l'embouchure de la mer rouge, faisant un voyage en Perse, y trouva des gens de son pays qui prenoient du <i>café,</i> &amp; qui vantoient cette boisson. De retour à Aden il eut quelque indisposition, dont il se persuada qu'il seroit soulagé, s'il prenoit du <i>café.</i> Il en prit, &amp; s'en trouva bien. Il réconnut par expérience qu'il dissipoit les fumées qui appesantissent la tête ; qu'il inspiroit de la joie ; qu'il rendoit les entrailles libres ; qu'il empêchoit de dormir sans qu'on en fût incommodé. Gemaleddin étoit Muphti d'Aden, &amp; avoit accoutumé de passer les nuits en prières avec les Derviches. Pour y vaquer avec plus de liberté d'esprit, il leur proposa de prendre du <i>café.</i> Leur exemple mit le <i>café</i> en vogue à Aden. Les gens de loi pour étudier, les artisans pour travailler, les voyageurs pour marcher la nuit, enfin, tous les habitans d'Aden en prirent. De-là il passa à la Mecque, où les dévots d'abord, puis tout le monde en prit. De l'Arabie heureuse il fut porté en Egypte &amp; au Caire. L'an 917. de l'Egire, 1511. de l'ère Chrétienne, Khaie Beg le défendit, parce qu'il crut qu'il enivroit, &amp; qu'on lui persuada qu'il portoit à des choses défendues. Sultan Cansou leva presqu'aussitôt la défense. Le <i>café</i> passa d'Egypte en Syrie, &amp; de-là à Constantinople. Les Derviches déclamerent contre, parce que l'Alcoran dit que le charbon ne peut être mis au nombre des choses que Dieu a créées pour la nourriture de l'homme. Le Moufti ordonna que les maisons à <i>cafè</i> seroient fermées. Un autre Moufti déclara que le <i>café</i> n'étoit point du charbon. Les assemblées des nouvellistes, qui parloient trop librement des affaires d'Etat dans les cabarets à <i>café,</i> obligerent le Grand Vizir Cuproli, pendant la guerre de Candie, de supprimer ces maisons de <i>café</i> à Constantinople seulement. Cette suppression, qui dure encore, n'empêche pas qu'on n'en prenne publiquement dans cette Capitale. Quant à la France, c'est Thevenot le voyageur qui a le premier apporté le <i>café</i> à Paris.</p><p>Le nom <i>Café,</i> que nous donnons à cette liqueur, &amp; à la semence avec laquelle on la fait, est originairement Arabe. Les Turcs, dit M. Galland, le prononcent <i>Cahueh,</i> &amp; les Arabes <i>Cahouah,</i> ou Cahoué. C'est de ce dernier que nous avons fait le mot <i>Café,</i> en changeant l'ouaou, ou bien <i>u</i> Arabe, en <i>f.</i> Pour ce qui est de l'origine, ou plutôt de la signification primitive de ce mot, on varie jusqu'à dire les deux contraires. <i>Cahouah,</i> ou <i>cahoueh,</i> n'est pas un nom propre, c'est un nom générique, ou appellatif, selon M. Galland, dans le petit Traité que nous avons cité. <i>Cahouah</i> vient d'un verbe, qui signifie <i>avoir du dégoût, n'avoir point d'appétit</i> ; &amp; c'est un des noms que les Arabes donnent au vin, à cause qu'il ôte l'appétit quand il est pris avec excès. Ainsi il faut que <i>Cahouah</i> vient de , ou , ou , qui est la même chose, &amp; qui en Arabe &amp; en Turc signifie avoir de l'aversion, du dégoût pour quelque chose, &amp; qui se dit des viandes, &amp; de tout ce qui se prend par la bouche. Au contraire Golius, Meninski &amp; Castel disent que <i>Cahouah</i> signifie ce qui donne de l'appétit, <i>quod appetentiam cibi inducit.</i> Si après de telles autorités il étoit permis de proposer un autre sentiment, on diroit qu'il ne signifie ni ce qui donne de l'appétit, ni ce qui l'ôte, &amp; qu'il ne vient point de , ou , qui signifie, avoir ou donner du dégoût, mais de , ou , qui signifie donner de la vigueur &amp; de la force, fortifier, <i>corroborare, roborare, confirmare</i> ; &amp; que <i>Cahouah</i> en Arabe &amp; en Turc n'est autre chose que ce qui fortifie, ce qui donne de la vigueur ; signification qui convient très-bien au vin &amp; au <i>café</i> ; &amp; c'est un mot ordinaire chez les Turcs aux gens de guerre qui boivent tous du vin sans scrupule, de dire qu'ils le font parce qu'il fortifie. Quoiqu'il en soit, de ce mot <i>Cahoueh</i> s'est formé en Europe le nom de <i>café,</i> en changeant comme il arrive très-souvent le , c'est-à-dire, l'<i>u</i> en <i>f.</i> Au reste, les Mahometans distinguent trois sortes de <i>Cahoueh,</i> ou <i>Cahouah.</i> La première est le vin &amp; toute autre boisson qui enivre, dit M. Galland ; Golius, Gastel &amp; Meninski n'y mettent que le vin. La seconde se fait avec les gousses ou les enveloppes qui renferment le fruit du <i>café,</i> ou le <i>bunn.</i> La troisième se fait avec ce fruit-là même. C'est celle qui est en usage en Europe, parce que les gousses ou enveloppes ne sont pas propres à être transportées, ou ne se transportent point ici ; car on dit qu'on en porte en Turquie. Voyez ci-dessous <i>café</i> à la Sultane. La couleur brune &amp; foncée de cette boisson l'a fait appeller d'abord syrop de Mûre des Indes, &amp; c'est sous ce nom spécieux qu'on commença à débiter à Paris cette boisson.</p><p>La préparation du <i>café</i> consiste dans le juste degré de sa torréfaction &amp; de son infusion. On brûle, ou plutôt l'on rôtit cette semence, ou dans une poële de fer, ou dans un plat de terre, jusqu'à ce qu'elle ait acquis également de tous côtés une couleur tirant sur le brun ; on en mout ensuite dans un moulin à <i>café</i> jusqu'à la quantité dont on doit le servir sur le champ. On fait bouillir dans une cafetière de l'eau à proportion du nombre &amp; de la grandeur des tasses que l'on doit en remplir, dans laquelle on jette le <i>café</i> moulu. Certaines maisons ont des mesures à <i>café</i> pour la juste quantité des tasses d'eau dans laquelle on doit l'infuser. Lorsqu'il a bouilli suffisamment on retire la cafetière du feu, &amp; on laisse pendant quelque temps reposer l'infusion pour la verser à clair dans les tasses ; la coutume est de l'avaler le plus chaud que l'on peut ; les uns le boivent sans sucre, &amp; les autres y en mettent plus ou moins. Les Turcs ne se mettent pas en peine d'en adoucir l'amertume avec du sucre. Les grands Seigneurs mettent dans chaque tasse une goutte d'essence d'ambre. D'autres le font bouillir avec deux cloux de gérofle ; d'autres avec un peu d'anis des Indes, &amp; d'autres avec du cacouleh, qui est la graine du <i>Cardamomum minus.</i> Le <i>café</i> est une des choses nécessaires que les Turcs sont obligés de fournir à leurs femmes.</p><p>Beaucoup de gens déjeûnent avec une prise de <i>café</i> &amp; un morceau de pain. Dans la plupart des bonnes maisons on sert le <i>café</i> immédiatement après le repas. Le <i>café</i> se prend pour différentes intentions : les uns en usent par amusement, par coutume ; les autres pour résister au sommeil ; beaucoup de gens pour faciliter la digestion ; souvent différentes personnes d'une même compagnie le prennent pour se procurer des effets tout opposés. Il sert d'amusement &amp; d'entretien dans une longue conversation, ou de prétexte pour se taire avec bienséance. Mais les vertus les plus réelles que les Médecins lui reconnoissent, sont de mettre le sang en mouvement, moyen par lequel il tient éveillé ; de dissiper les migraines, &amp; d'absorber les aigreurs de l'estomac. L'expérience a appris qu'il convient aux personnes <pb n="790" facs="bpt6k8542165/f830/full/1200,/0/native.jpg"/>qui ont de l'embonpoint, &amp; qu'il nuit à celles qui sont sèches, maigres, &amp; d'un témpérament bilieux, à ceux qui digèrent trop vîte, à ceux dont le sang circule trop vîte, à ceux qui ont un crachement de sang provenant de quelques extrémités de veines, ou d'artères trop ouvertes, ou d'un sang trop subtil &amp; trop acre. Simon Pauli, Médecin Danois, a prétendu qu'il énerve les hommes &amp; les rend inhabiles à la génération. Une personne qui a demeuré quinze ans en Turquie m'a dit que les Turcs attribuent au <i>café</i> le même effet, &amp; qu'ils pensent que le grand usage qu'ils en font est la cause pour laquelle les Provinces qu'ils occupent, autrefois si peuplées, le sont aujourd'hui si peu. Dufour réfute cette opinion dans son Traité du <i>Café,</i> du Thé &amp; du Chocolat.</p><p>Les personnes qui ne sont pas accoutumées à cette boisson la trouvent amère, &amp; sont obligées d'y mettre beaucoup de sucre.</p><p>On n'a pas toujours rôti le <i>café</i> pour faire cette boisson : il y a toute apparence qu'on s'est servi d'abord de cette semence bouillie dans de l'eau sans autre préparation, &amp; qu'on n'a pas eu de peine à abandonner cette première, puisque le <i>café</i> rôti est beaucoup plus efficace &amp; plus agréable.</p><p>Le premier qui a écrit du <i>café</i> vers le IXe siècle a été Zacharie Mahomet Rases ou Rasis, célèbre Médecin Arabe, puis Ebensina, dit Avicenne, Prosper Alpinus au Livre des <i>Plantes d'Egypte,</i> qui est le premier qui en a donné des nouvelles aux Européens il y a environ cent ans. Avicenne en parle dans le second Livre de son <i>Canon,</i> &amp; en explique les qualités. Vestingius dans ses <i>Observations,</i> Bauhin dans son <i>Pinax,</i> Olaüs Wormius, Oléarius, &amp; Leonard Rauwolf dans leurs <i>Itinéraires</i> ; Mollembrok, Piétrodella Valle, Thévenot dans leurs <i>Relations.</i> Simon Pauli en a condamné l'usage dans un Commentaire contre le Thé &amp; le Tabac, &amp; il objecte qu'il énerve les hommes, comme témoigne Oléarius, &amp; comme on l'a dit ci-dessus.</p><p>Les instrumens &amp; les vaisseaux propres à préparer le <i>café,</i> sont une poële, ou un moulinet pour le frire, un moulin à moudre, une boîte à conserver celui qui est moulu, une cafetière, un petit fourneau, &amp; un cabaret à <i>café,</i> composé de tasses avec leurs soucoupes, d'un sucrier, de petites cuillières &amp; des serviettes à <i>café.</i> Quelques gens font cuire le <i>café</i> à un feu de lampe, &amp; quelques autres à un feu d'esprit de vin. Le plus ordinairement c'est au feu, ou bien sur un petit fourneau de fer dans lequel on allume du charbon.</p><p>Philippe Sylvestre du Four, dans son Traité, <i>du Café,</i> Thé, Chocolat, se sert du terme de torréfier le <i>café.</i> Dans l'usage ordinaire on dit brûler le <i>café.</i> Votre <i>café</i> n'est pas bien brûlé ; il est trop brûlé ; vous brûlez mal le <i>café.</i> Vous ne savez pas brûler le <i>café.</i> On dit aussi rôtir le <i>café,</i> du <i>café</i> bien rôti. On dit que le <i>café</i> est trop grillé, lorsqu'on l'a réduit en charbon ; &amp; qu'il sent l'eau froide, lorsqu'on l'a versé dans l'eau sans qu'elle ait bouilli suffisamment. Il n'est pas honnête d'en verser jusqu'au marc. Quelques gens y mettent tant de sucre qu'ils en font un syrop. On appelle un <i>café</i> fort, lorsqu'on a mis dans l'eau une quantité de <i>café</i> moulu plus grande qu'à l'ordinaire : &amp; lorsqu'on n'en a pas mis assez, ou qu'il est éventé, ce qui en rend l'infusion moins chargée, on l'appelle <i>café</i> foible.</p><p><i>Café</i> au lait, est on l'infusion que font quelques-uns du <i>café</i> moulu dans du lait, ou le mélange d'une certaine quantité de lait chaud sur une partie d'infusion du <i>café</i> à l'eau, en y joignant si l'on veut du sucre.</p><p>On appelle <i>café</i> chocolaté, une infusion de <i>café</i> dans laquelle on a fait fondre &amp; cuire un morceau de chocolat. Quelques Casuistes soutiennent que le <i>café</i> ne rompt pas le jeûne.</p><p><i>Café</i> à la Sultane, est l'infusion des coques qui servent d'enveloppe au <i>café,</i> laquelle est en usage en Turquie, où les Sultanes en ont introduit la mode, par l'expérience qu'elles ont qu'il échauffe moins que l'infusion de la semence même, &amp; qu'il tient le ventre libre. Les coques ont été appellées improprement fleurs de <i>café</i> par nos François qui les ont apportées de Mocha. Voyez la <i>Bibliothèque Orientale</i> d'Herbelot au mot <i>Cahute.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CAFE</head>
    <p>
    CAFE , s. m. Cabaret ou maison où l'on vend du <i>café. Cavai Taberna.</i> Il demeure à côté d'un <i>café.</i> C'est dans ce <i>café</i> que ces Philosophes sans religion tiennent leurs assemblées impies. On dit qu'il y a trois mille <i>cafés</i> à Londres. Il y a en Turquie des cabarets exprès pour vendre du café, comme on fait le vin en France.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAFÉ</head>
    <p>
    CAFÉ . Couleur de <i>café.</i> C'est la couleur, non pas de la fève, ou rôtie ou non rôtie ; mais celle de cette fève rôtie &amp; réduite en poudre, ou de l'eau dans laquelle elle a bouilli ; c'est-à-dire, un châtain foncé. <i>Cavai color. Rufus, Castagnes satur.</i> J'ai levé un habit couleur de <i>café.</i> On dit quelquefois en abrégeant, un drap <i>café</i> ; son habit est <i>café,</i> ou de <i>café.</i> C'est cet homme vêtu de <i>café.</i> On sousentend <i>couleur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAFETAN</head>
    <p>
    &#9758; CAFETAN , ou CAFTAN, s. m. Robe longue de camelot, agrafée &amp; bordée par-devant avec des courtes manches, que portent ordinairement les principaux Officiers Militaires Turcs. On accorda par une distinction particulière aux Officiers des Vaisseaux du Roi, douze Kerckes, outre dix <i>Cafetans....</i> Merc. Déc. 1724. Sa Majesté Czarienne voulant marquer sa considération à Donduk Ombro, lui a envoyé le <i>Cafetan</i> &amp; le Sabre, suivant l'usage établi parmi les Princes Mahométans. Merc. Juill. 1736.</p><p>
    </p>
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    <head>CAFETIER</head>
    <p>
    CAFETIER , s. m. Prononcez <i>Caftier.</i> Richelet dit qu'on appelle ainsi un homme qui ne vend que du café en semence, ou comme on dit en fève. Ce mot doit être fort peu en usage, car il n'y a guère de Marchands qui ne vendent que du café.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAFETIÈRE</head>
    <p>
    CAFETIÈRE , s. f. Petit vaisseau fait en forme de coquemart, dans lequel on prépare le café. <i>Vasculum coquendo Cafaeo idoneum. Cafetière</i> de terre, <i>cafetière</i> de faiance, <i>cafetière</i> de fer blanc, ou de cuivre, <i>cafetière</i> d'argent. Prononcez comme s'il étoit écrit <i>caftière,</i> ou presque de la même manière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6441" id="1" type="">
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    <head>CAFIER</head>
    <p>
    CAFIER , s. m. Espèce de Jasmin d'Arabie dont la semence nous est connue sous le nom de café. <i>Jasminum Arabicum, Lauri folio, cujus semen apud nos cafe dicitur, Act. Ac. R. Pan.</i> Cet arbre a été apporté en Europe en 1707. par les Hollandois, &amp; en 1709. il donna des fruits au jardin d'Amsterdam ; auparavant ce temps-là on ne connoissoit point son caractère ; &amp; les différens sentimens des Auteurs qui avoient traité du café, faisoient naître des doutes qu'on ne pouvoit résoudre que par la vûe &amp; la culture de cette plante. Celui qui en a le mieux parlé est M. Galland, dans une lettre qu'il imprima en 1699. à Caen, &amp; qui contient une Traduction d'un Traité sur le café composé par Abdalcader Ben Mohammer, qui vivoit l'an 996. de l'Egire, c'est-à-dire, 1587. de J. C. Cet Auteur, à la fin de cet ouvrage, témoigne qu'il a vû à Constantinople les rejettons d'un arbre de café. Un Turc qui avoit pris soin de le cultiver voyant qu'il avoit gelé, le coupa par le pied, mais il poussa des rejettons. Il ajoûte que ses feuilles sont vertes toute l'année ; qu'elles ressemblent à celles du Laurier, excepté qu'elles ne sont pas si pointues, mais plus épaisses, &amp; d'un verd plus foncé. M. Nointel, Ambassadeur du Roi, le fit peindre. Voici ce que c'est au vrai que cet arbre. Le <i>Cafier,</i> qui est garni en tout temps de feuilles, donne beaucoup de branches un peu horisontales, toujours opposées, &amp; chargées d'espace en espace de feuilles opposées deux à deux, à queue fort courte. La figure de ces feuilles est pareille à celle du Laurier, avec cette différence, qu'elles sont plus larges, plus pointues, d'un verd gai &amp; luisant en-dessus, plus pâle en dessous, &amp; qu'elles n'ont qu'un goût douceâtre &amp; d'herbe, sans odeur particulière. De l'aisselle de la plupart de ces feuilles naissent des fleurs jusqu'au nombre de cinq, soutenues par un pédicule fort court. Ces fleurs sont à peu-près de la figure &amp; du diamètre des fleurs du Jasmin d'Espagne ; mais elles sont toutes blanches ; leur tuyau est plus court, &amp; leurs découpures plus étroites ; les étamines outre cela se trouvent en nombre pareil à celui des découpures de la fleur, ce qui n'est pas ordinaire aux Jasmins. L'odeur de ces fleurs est légère, douce &amp; agréable. Le calice qui soutient la fleur est à quatre pointes, &amp; environne un embryon ou jeune fruit surmonté d'un style fourchu qui enfile la fleur. Ce jeune fruit est terminé par un petit nombril, &amp; devient de la grosseur d'un Bigarreau moyen, verd clair d'abord, puis rougeâtre, ensuite d'un beau rouge, &amp; enfin rouge obscur dans sa parfaite maturité. La chair de ce fruit est mince, blanchâtre, glaireuse, &amp; d'un goût assez fade. <pb n="791" facs="bpt6k8542165/f831/full/1200,/0/native.jpg"/>Ce goût change en celui de nos petits pruneaux, lorsque cette chair est desséchée. Cette chair sert d'enveloppe commune à deux coques minces, dures cependant, étroitement unies, &amp; qui gardent la figure de la semence qu'elles contiennent, qui est ovale, plate d'un côté, &amp; creusée de ce même côté, &amp; dans son milieu par un sillon assez profond, arrondie &amp; voûtée du côté opposé. Si une de ces deux semences vient à avorter, celle qui restera occupera tout le fruit, qui pour lors n'aura qu'une loge. Cette semence, quoique dure &amp; de substance comme de corne, veut être mise en terre aussi-tôt qu'elle est mûre, autrement elle a peine à germer, &amp; ne sauroit profiter. Cette observation, qui est très-certaine, disculpe les habitans du Royaume d'Iemen, où cet arbre se cultive, de la malice qu'on leur imputoit, de tremper dans l'eau bouillante, ou de passer au four tout le café qu'ils vendent aux étrangers, dans la crainte de perdre un revenu très-considérable que leur produit sa culture. On assure qu'ils en débitent pour plus de cinq millions d'argent chaque année, ce qu'on n'a pas peine à croire, lorsqu'on fait attention à la grande consommation qui s'en fait en Turquie &amp; en Europe. Comme il n'y a point d'hiver dans le Royaume d'Iemen, on est obligé en Europe de conserver le <i>Cafier</i> dans des serres où l'on fait du feu pour y entretenir une chaleur douce. Cet arbre porte beaucoup de fruits lorsqu'il est jeune. Les Hollandois ont à Batavia des <i>Cafiers</i> qui ont près de 40. pieds de haut, &amp; à Amsterdam ils en ont qui ont déja 13 à 14. pieds. M. Pancras, Bourguemestre, Régent de la ville d'Amsterdam, envoya au Roi en 1714. un <i>Cafier</i> haut de cinq pieds, qui donna dans la même année des fleurs &amp; des fruits. Prosp. Alp. Commelin, Dufour, Galant <i>&amp; Transact. Philos. d'Angl.</i> Bligni, Malpig.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6442" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAFRE" />
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    <head>CAFRE</head>
    <p>
    CAFRE , s. m. &amp; f. <i>Cafer, a.</i> Nom de peuple, qui habite une grande région de la Basse Ethiopie ; ou la côte Orientale &amp; Occidentale de la pointe Méridionale de l'Afrique. Les <i>Cafres</i> sont les peuples de la terre que l'on connoisse les plus grossiers, &amp; les moins hommes. Ils habitent dans des cavernes, ou sous des cabanes faites de branches d'arbres, &amp; couvertes de nattes de jonc. Il vont nuds, sont noirs, mal faits, sales, brutaux, sauvages presque comme des bêtes, &amp; même quelques-uns, à ce que l'on dit, anthropophages. Pour la religion, ils ont quelque vénération pour la Lune. Ils ont l'idée d'un être souverain, qu'ils appellent Humma ; mais ils se mettent peu en peine de lui rendre aucun culte. Les <i>Cafres</i> sont divisés en un très-grand nombre de peuples, qui ont chacun leur Capitaine. Ils ont aussi quelques Royaumes. Leur langage n'est presque point articulé, &amp; plus semblable aux voix des bêtes, qu'à celle des hommes.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAFRERIE" />
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    <head>CAFRERIE</head>
    <p>
    CAFRERIE , s. f. Pays des Cafres. Grande contrée d'Afrique, qui s'étend en forme de demi cercle autour du Royaume de Monomotapa, dont elle est séparée par une chaîne de montagnes qui sont une partie de celles de la Lune. Selon Sanut la <i>Cafrerie</i> commence sous le Tropique du Capricorne, au 23e degré &amp; demi de latitude Méridionale, &amp; descend jusqu'au Cap de Bonne Esperance, d'où remontant vers le Nord jusqu'à la côte de Zanguebar, elle a pour bornes l'Océan Indien au Levant, l'Ethiopie au Couchant, le Méridional au Sud, &amp; au Nord les montagnes de la Lune, qui la séparent du reste de la terre ferme. Selon Magin, &amp; la plus commune opinion, elle s'étend seulement depuis le Couchant de Cabo-negro jusqu'au Cap de Bonne Espérance, &amp; de-là jusqu'à la rivière de Magnice, ou du S. Esprit. Dans cette opinion la <i>Cafrerie</i> comprend environ mille lieues de côtes en longueur, &amp; depuis cinquante jusqu'à cent de largeur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAGE</head>
    <p>
    CAGE , s. f. Petit vaisseau fermé à claires voies, &amp; portatif, fait d'osier, ou de fil de fer, où on nourrit des oiseaux. <i>Cavea.</i> Le perroquet est sorti de sa <i>cage.</i> Cet oiseau a rompu un des bâtons de sa <i>cage.</i></p><p>Ce mot vient de <i>cavia</i>, qu'on a dit pour <i>cavea.</i> Mén. <i>A caveis theatralibus quibus includebantur ferae :</i> on l'a transporté aux <i>cages</i> des oiseaux.</p><p>On dit figurément &amp; burlesquement d'un homme qu'on a mis en prison, qu'on l'a mis en <i>cage.</i> On dit par menace à des insolens, qu'on les fera mettre en <i>cage,</i> pour leur apprendre à parler. En effet, il y a des prisons où il y a des <i>cages</i> de fer, comme dans le château d'Amboise. Bajazer, Empereur des Turcs, fut, dit-on, promené par Tamerlan enfermé dans une <i>cage.</i> Ce Prince ne pouvant supporter cette ignominie, se brisa la tête contre les barreaux de sa <i>cage.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CAGE</head>
    <p>
    Cage , est aussi un treillis d'osier qu'on met devant les fenêtres en forme de jalousie, pour voir au dehors sans être vû au dedans. <i>Transenna, fenestra cancellata.</i> On le dit aussi des vaisseaux d'osier, ou garnis de toile, qui servent de gardemanger. <i>Cavea penuaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAGE</head>
    <p>
    Cage , se dit aussi en termes d'Architecture , des quatre pans, ou gros murs qui enferment un bâtiment, ou qui en font l'enceinte.</p><p>On appelle aussi <i>cage</i> l'espace contenu entre les quatre murailles, ou entouré d'une muraille, ou de pans de bois en rond ou en ovale. La <i>cage</i> d'un escalier. La <i>cage</i> d'un moulin, est le corps d'un moulin à vent, qui est fait de charpente &amp; revêtu d'ais. On le fait tourner sur un pivot de charpente où il est posé, pour exposer les volans du moulin du côté du vent, par le moyen d'une grande pièce de bois qu'on appelle la <i>queue.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAGE</head>
    <p>
    Cage de croisée , est le bâti de ménuiserie qui porte en avance au dehors la fermeture d'une croisée. Et ce qu'on appelle <i>cage de clocher,</i> est un assemblage de charpente qu'on revêt ordinairement de plomb, &amp; qui est compris depuis la chaise sur laquelle il pose, jusqu'au rouet ou la base de la flèche d'un clocher. Les Orfèvres donnent aussi le nom de <i>cage</i> aux fils d'archal, qui sont travaillés presque en forme de grande <i>cage,</i> &amp; où ils renferment leurs marchandises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6444" id="5" type="">
   <index type="head" value="CAGE" />
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    <head>CAGE</head>
    <p>
    Cage , ou Cagerotte, se dit encore des formes où on fait de petits fromages, dont le fond est d'osier, pour en laisser écouler le lait clair. <i>Crates viminea.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6444" id="6" type="">
   <index type="head" value="CAGE" />
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    <head>CAGE</head>
    <p>
    Cage , se dit figurément d'une habitation étroite &amp; retirée. <i>Aedicula.</i> Cet homme est fort particulier, il se tient toujours dans sa <i>cage</i> ; on ne sauroit le faire sortir de sa <i>cage.</i> On dit d'une grande maison où loge une personne peu considérable, Voilà une grande <i>cage</i> pour un si petit oiseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6444" id="7" type="horloger">
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    <head>CAGE</head>
    <p>
    Cage , en termes de Mer , est un espèce d'échauguette faite en <i>cage</i> à la cime du mât d'un vaisseau, qu'on appelle <i>gabie</i> sur la Méditerranée, &amp; <i>hune</i> sur l'Océan. <i>Mali specula,</i> ou <i>corbita.</i></p><p>En termes d'Horloger , on appelle <i>cage</i> de montre, les deux platines de la montre jointes par les quatre piliers, qui enferment un espace disposé à recevoir les roues &amp; les ressorts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6445" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGÉE" />
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    <head>CAGÉE</head>
    <p>
    CAGÉE , subst. f. Une pleine cage, tant qu'une cage contient, ou peut contenir d'oiseaux. Une <i>cagée</i> d'oiseaux. J'ai acheté toute la <i>cagée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6446" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGEOIS, OISE" />
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    <head>CAGEOIS, OISE</head>
    <p>
    CAGEOIS, OISE , adject. Vieux mot, qui signifie Villageois, Paysan. <i>Paganus.</i> Nicot dit que <i>Cageois</i> s'est dit pour <i>Casois,</i> du mot Latin <i>casa,</i> qui signifie une chaumine, <i>à casarum incolatu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6447" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGEOLER" />
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    <head>CAGEOLER</head>
    <p>
    CAGEOLER . Voyez <ref type="search" target="head:CAJOLER">CAJOLER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6448" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGEOLERIE" />
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    <head>CAGEOLERIE</head>
    <p>
    CAGEOLERIE . Voyez <ref type="search" target="head:CAJOLERIE">CAJOLERIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6449" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGEOLEUR" />
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    <head>CAGEOLEUR</head>
    <p>
    CAGEOLEUR . Voyez <ref type="search" target="head:CAJOLEUR">CAJOLEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6450" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="CAGIER" />
   <index type="src_domain" value="fauconnerie" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>CAGIER</head>
    <p>
    CAGIER , s. m. Terme de Fauconnerie , qui se dit de ceux qui portent des faucons, des sacres, des laniers, &amp; autres oiseaux à vendre. <i>Cavearius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6451" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGLIARI" />
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    <head>CAGLIARI</head>
    <p>
    CAGLIARI . Nom propre de la Ville Capitale de l'Isle de Sardaigne. <i>Calaris.</i> Prononcez <i>gli</i> comme deux <i>ll</i> mouillées, ou prononcez <i>cagli,</i> comme la première syllabe de <i>caille.</i> Cette ville est sur une petite montagne, d'où elle s'étend jusqu'à un grand Golfe, auquel elle donne son nom. Elle a une Université, Archevêché, Citadelle, &amp; un fort bon port. Elle donne aussi son nom à la principale Province de l'Isle qui en occupe toute la partie méridionale. On l'appelle Cabo, ou Indicado de <i>Cagliari.</i> Lucifer de <i>Cagliari</i> est fameux dans l'Histoire Ecclésiastique du IVe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6452" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNARD" />
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    <head>CAGNARD</head>
    <p>
    CAGNARD , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois un lieu mal propre, tel que celui ou logent les chiens. <i>Sordidum tugurium,</i> ou <i>canile.</i> Cette maison est un vrai <i>cagnard.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6452" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAGNARD" />
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    <head>CAGNARD</head>
    <p>
    Cagnard, arde , adj. Vieux mot, qui signifie, Faineant, paresseux, poltron, qui ne veut point quitter le coin du feu. <i>Casator, deses, piger, ignavus.</i> On s'en <pb n="792" facs="bpt6k8542165/f832/full/1200,/0/native.jpg"/>sert dans le style familier. Il se dit aussi substantivement. C'est un <i>cagnard.</i></p><p>Pasquier dit que le <i>cagnard</i> étoit un lieu sous les ponts de Paris, où s'assembloient plusieurs gueux &amp; fainéans, tant hommes que femmes ; &amp; que ce lieu fut appellé <i>cagnard,</i> à cause qu'il étoit près de l'eau la demeure ordinaire des <i>cagnards.</i> La Police défendit ces assemblées, &amp; il y en eut plusieurs de fustigés, pour avoir contrevenu à ces défenses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6453" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNARDER" />
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    <head>CAGNARDER</head>
    <p>
    CAGNARDER , v. n. S'accoutumer à la fainéantise, &amp; demeurer au coin du feu. <i>Otiari, cessare.</i> Il est du style familier &amp; bas.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAGNARDER" />
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    <head>CAGNARDER</head>
    <p>
    Cagnarder , se dit encore des gueux fainéans qui pourroient travailler, &amp; qui aiment mieux demander l'aumône. <i>Mendicare.</i> De ces gens qui hantoient le cagnard ci-dessus expliqué.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6454" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNARDERIE" />
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    <head>CAGNARDERIE</head>
    <p>
    CAGNARDERIE , s. f. Paresse, fainéantise, gueuserie, <i>Inertia, segnities.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6455" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNARDIER, IÈRE" />
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    <head>CAGNARDIER, IÈRE</head>
    <p>
    CAGNARDIER, IÈRE , signifie la même chose que <i>cagnard. Desidiosus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6456" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNARDISE" />
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    <head>CAGNARDISE</head>
    <p>
    CAGNARDISE , subst. f. C'est la même chose que cagnarderie. <i>Otiositas.</i> L'un &amp; l'autre sont bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6457" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNE" />
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    <head>CAGNE</head>
    <p>
    CAGNE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois <i>chienne. Canis.</i> Il ne se dit plus que par injure, à des femmes qu'on veut taxer d'infame prostitution.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6458" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNEUX, EUSE" />
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    <head>CAGNEUX, EUSE</head>
    <p>
    CAGNEUX, EUSE , adj. &amp; subst. Qui a les jambes tortues &amp; mal tournées. <i>Varus.</i> La mode de porter de grands canons étoit fort favorable aux <i>cagneux.</i></p><p>Ce mot vient apparemment de <i>chien,</i> parce qu'il n'a pas les jambes droites ; &amp; ainsi il a été fait de <i>cagnoso,</i> on de <i>cagna,</i> qui sont mots Italiens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6459" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGNOU" />
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    <head>CAGNOU</head>
    <p>
    CAGNOU , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Chagnoaldus, Hagnoaldus, Chainoaldus, Agnoaldus, Chagnulphus, Chagnoald,</i> ou <i>Chainoald,</i> que nous appellons vulgairement S. <i>Cagnou,</i> étoit fils d'un Gentilhomme des plus qualifiés du pays de Brie, nommé Chagneric, ou Agnery, &amp; frère aîné de S. Faron Evêque de Meaux, &amp; de Sainte Fare, Abbesse de Farmoutier. Baillet, 6e <i>de Sept.</i> Il fut Evêque de Laon au VIIe. siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6460" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGOT, OTTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAGOT, OTTE</head>
    <p>
    CAGOT, OTTE , adj. Faux dévot, hypocrite, qui affecte de montrer des apparences de dévotion pour tromper, &amp; pour parvenir à ses fins. <i>Simulator pietatis, simulatae falsaeque religionis affectator, hypocrita.</i></p><p>Ce mot est injurieux, &amp; vient de certaines personnes habituées en Béarn, &amp; en quelque partie de la Gascogne, qu'on croit descendus des Visigots, qui sont tenus pour ladres, auxquels est interdite par la Coutume la conversation avec le reste du peuple, &amp; qui logent en de petites maisons écartées. Ce nom leur a été donné, comme qui diroit <i>caas Goths,</i> ou <i>chiens Goths,</i> en haine de l'Arianisme, dont les Goths avoient fait profession, selon Ménage, Mr de Marca, &amp; plusieurs autres. Pasquier dit qu'il vient de <i>Got</i>, qui en Langue Germanique signifioit Dieu ; d'où sont venus ces juremens déguisés <i>morguoi, vertugoi, sangoi,</i> &amp;c. Borel le dérive avec peu de vraisemblance de , qui veut dire, <i>&amp; bonus, &amp; bon, &amp; homme de bien.</i> On n'a jamais dit, , mais .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6461" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGOTERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CAGOTERIE</head>
    <p>
    CAGOTERIE , s. f. Fausse dévotion ; hypocrisie. <i>Pietatis vanae affectatio,</i> ou <i>affectata pietas, hypocrisis.</i> Il y a bien des gens qui font leur fortune par la <i>cagoterie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6461" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAGOTERIE" />
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    <head>CAGOTERIE</head>
    <p>
    Cagoterie , Secte, cabale de cagots. <i>Hypocritarum turba, secta.</i> Toute la <i>Cagoterie</i> est pour lui, brigue pour lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6462" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGOTISME" />
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    <head>CAGOTISME</head>
    <p>
    CAGOTISME , s. m. manière d'agir d'un hypocrite, fausse dévotion. <i>Simulatae religionis ambitiosior affectatio, pietatis simulatio.</i> La profession du <i>cagotisme</i> efface la mémoire de tous les péchés qu'on a faits. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6463" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGOU" />
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    <head>CAGOU</head>
    <p>
    &#9758; CAGOU , s. m. Mot du style bas, pour signifier un homme qui vit d'une manière obscure &amp; mesquine, &amp; qui fuit la bonne compagnie. Cet homme est un vrai <i>cagou,</i> il mene une vie de <i>cagou.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6464" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAGOUILLE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CAGOUILLE</head>
    <p>
    CAGOUILLE , s. f. Revers d'éperon. <i>Voluta helix.</i> Quelques-uns appellent ainsi en termes de Marine , une volute qui sert d'ornement au haut de l'éperon du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6465" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAGUE" />
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    <head>CAGUE</head>
    <p>
    CAGUE , s. f. Terme de Marine . Sorte de bâtiment Hollandois. <i>Navis Batavica.</i> La <i>cague</i> a quarante-sept pieds de long de l'étrave à l'étambord, douze pieds six pouces de dedans en dedans, &amp; quatre pieds deux pouces de crex. L'étrave a neuf pieds de haut, un pied de large par le haut, &amp; cinq pieds &amp; demi de quête. L'étambord a sept pieds huit pouces de haut, &amp; trois pieds de quête : il a sept pouces d'épais en dedans, &amp; cinq pouces en dehors, &amp; un pied de large par le haut. La sole a huit pieds cinq pouces &amp; demi de large, &amp; quatre pouces d'épais. Les varangues ont trois pouces &amp; demi d'épais, &amp; sont à un pied de distance l'une de l'autre ; les genoux sont à même distance, ayant 4 pouces d'épaisseur vers le haut, &amp; 5 pouces de largeur. Le bordage a 1 pouce &amp; demi d'épais, &amp; la ceinte en a 4 &amp; demi, &amp; autant de largeur. Le bordage au-dessus de la ceinte a un pied de large. La serre-goutière qui est au-dessus a 1 pied 7 pouces de large, 2 pouces d'épais, &amp; cinq pouces de large en dedans. La couverte de l'avant a quinze pieds de long. La carlingue a un pied deux pouces de large, &amp; trois pouces d'épais. Le cornet du mât s'élève d'un pied sept pouces au-dessus du tillac, &amp; a quatre pouces d'épais : son étendue en dedans est de treize pouces d'épais &amp; de quinze de large. L'écoutille qui est au-devant a sept pieds sept pouces de long. La lisse a un pouce &amp; demi d'épais. La couverte de l'arriere a quatre pieds huit pouces de long, &amp; deux écoutilles. Le traversin d'écoutille a deux pouces d'épais, &amp; quatre pouces de large. Les courbatons ont quatre pouces d'épais &amp; cinq de large. La serre-gouttière a un pied neuf pouces de large. Derrière le mât il y a un banc où les semelles sont attachées, &amp; un autre au bout de la couverte de l'arrière. Les semelles ont onze pieds &amp; demi de long, deux pieds de large par-devant, quatre pieds &amp; demi par-derrière, &amp; deux pouces &amp; demi d'épaisseur. Le gouvernail a deux pieds &amp; demi de large par le haut, quatre pieds cinq pouces &amp; demi par le bas, &amp; d'épaisseur par-devant autant que l'étambord ; mais il est un peu plus mince par-derrière. La barre du gouvernail a huit pieds de long, quatre pouces d'épais, &amp; cinq de large. Le mât a 45. pieds de long, &amp; 9 palmes de circonférence. Le baleston à 50 pieds de long. Il y a dans les courcives un taquet au-dessus de chaque courbaton. Les branches supérieures des genoux aboutissent sur la préceinte. On peut augmenter ou diminuer ces mesures de quelque chose, en gardant la même proportion entre les pièces ou les parties du bâtiment, pour faire une <i>cague</i> plus ou moins grande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6466" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAGUESANGUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CAGUESANGUE</head>
    <p>
    CAGUESANGUE , s. f. Dyssenterie, flux de sang. <i>Dyssenteria.</i> On ne le dit guère que par imprécation. La <i>caguesangue</i> lui puisse venir.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>caco</i>, &amp; de <i>sanguis.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Dyssenterie">Dyssenterie</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6467" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHIELLE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHIELLE</head>
    <p>
    CAHIELLE . Voyez <ref type="search" target="head:CAHIÈRE">CAHIÈRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6468" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>CAHIER</head>
    <p>
    CAHIER , ou CAÏER, s. m. Plusieurs feuillets attachés légèrement, qui ne sont point reliés ensemble, ensorte qu'on les peut ôter ou transposer comme on veut. <i>Charta saepius in se replicata, codex.</i> Ce Marchand vend le <i>cahier</i> de papier tant, le <i>cahier</i> de parchemin tant. Il faut prononcer <i>caié.</i></p><p>Ce mot vient de <i>quaternus</i>, qu'on a dit pour <i>quaternio.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6468" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAHIER" />
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    <head>CAHIER</head>
    <p>
    Cahier , sedit aussi des feuilles pliées ou détachées qui composent un livre relié. <i>Folium.</i> Ce volume est de tant de <i>cahiers.</i> Ils sont marqués par des lettres de l'Alphabet, qu'on appelle <i>signatures,</i> &amp; en Italien <i>registre.</i> Cette relation est comprise en un <i>cahier</i> ; pour dire, n'a qu'une feuille pliée.</p><p>On appelle aussi <i>Cahiers,</i> les délibérations de certaines assemblées, comme celles du Clergé, des Etats &amp; autres, qui contiennent ou des remontrances, ou des propositions qu'elles font au Roi, &amp; qui sont écrites sur du papier : le papier qui contient ces délibérations s'appelle <i>cahier. Acta.</i> Les Etats de Bretagne, de Languedoc, ont fait présenter leurs <i>Cahiers</i> par leurs Députés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6468" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAHIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CAHIER</head>
    <p>
    Cahier , signifie encore des mémoires qu'on donne séparément. <i>Libelli memoriales.</i> Ces articles sont dans un <i>cahier</i> à part. On lui a donné un <i>cahier</i> de frais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6468" id="4" type="libraire">
   <index type="head" value="CAHIER" />
   <index type="src_domain" value="libraire" />
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    <head>CAHIER</head>
    <p>
    Cahiers , sont aussi les écrits que les écoliers écrivent sous leurs Maîtres en Philosophie, Théologie, &amp; en toute autre science qu'on enseigne dans les Ecoles. <i>Codices.</i> Un écolier doit représenter ses <i>cahiers</i> à son Maître, pour en obtenir une attestation de son temps d'étude.</p><p>On appelle <i>Fesse-cahier,</i> un écrivain qui écrit à la hâte des <i>cahiers. Scriptor codicum.</i> Ce pauvre homme est obligé de fesser le <i>cahier</i> pour vivre.</p><p>En terme de Libraire on dit aussi <i>fesser le cahier,</i> pour signifier, assembler des feuilles imprimées pour les plier en <i>cahiers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6469" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHIEU" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHIEU</head>
    <p>
    CAHIEU . Voyez <ref type="search" target="head:CAÏEU">CAÏEU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6470" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHIÈRE" />
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    <head>CAHIÈRE</head>
    <p>
    CAHIÈRE , s. f. Grande chaise à bras. <i>Sella amplior.</i> Ce mot est vieux &amp; populaire. Au lieu de <i>Cahière,</i> le peuple dit quelquefois <i>Cahielle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6471" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHIN-CAHA" />
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    <head>CAHIN-CAHA</head>
    <p>
    CAHIN-CAHA , adv. Terme bas &amp; proverbial, qui se dit des choses qu'on fait avec peine, de mauvaise grace, &amp; à plusieurs reprises, ou tant bien que mal. <i>Aegrè, frigidè, indiligenter, levi, molli brachio.</i> Cet homme a fait pour moi quelques sollicitations, mais il les a faites <i>cahin-caha.</i> c'est-à-dire, avec des <i>hin</i> &amp; des <i>ha.</i> Ce pauvre homme gagnoit sa vie <i>cahin-caha.</i> Rabelais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6472" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHORS" />
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    <head>CAHORS</head>
    <p>
    CAHORS , s. m. Ville de France, Capitale du Quercy, au 15e degré de longitude, &amp; au 44e environ 25. min. de latitude septentrionale. <i>Divona Cadurcorum, Cadurcum. Cahors</i> est situé sur le Lot, <i>ad Lotium,</i> qui en fait une péninsule. C'est une grande ville bien peuplée &amp; fort ancienne. Ptolomée, L. II. Plin. L. IX. c. 19. L. II. c. 12. &amp; L. IX. c. 20. de son Histoire, en parlent. Jean XXII. qui étoit de <i>Cahors,</i> y fonda une Université l'an 1331. ou 1332. <i>Cahors</i> a un Evêque suffragant autrefois de Bourges, &amp; maintenant d'Albi. On y voit un amphithéatre, &amp; quelques autres monumens de l'antiquité. Guillaume de la Croix a donné en Latin l'Histoire des Evêques de Cahors, <i>Series &amp; Acta Episcoporum Cadurcensium,</i> à <i>Cahors in</i>-4°. 1617. Voyez encore Du Chesne, <i>Antiq. des Vill. de Fr.</i> L. II. c. 12.</p><p>Il y a dans le <i>Journal des Savans</i> de 1698. p. 134. &amp; suiv. une Dissertation de M. de la Mofitre, dans laquelle il montre que <i>Cahors</i> n'est point l'ancien <i>Uxellodunum</i> de César, principalement pour deux raisons. 1°, Parce que <i>Uxellodunum</i> étoit escarpé de tous côtés, au lieu que <i>Cahors</i> ne l'est que de deux côtés au plus. 2°, L'Isthme de <i>Cahors</i> est de 900. pieds de Roi, &amp; l'Isthme d'<i>Uxellodunum</i> n'étoit que de 30 pieds Romains. De Serres dit, dans ses <i>Annotations sur César,</i> que selon Marlian, &amp; la plus commune opinion, c'est Cadenac en Quercy. Vigenère est du même sentiment. De Serres ajoûte que toutefois on l'a averti qu'assez près de Martel sur la Dordogne il y a un lieu qui s'appelle encore aujourd'hui en langage du pays <i>Lou peuch d'Euxollou,</i> comme qui diroit, le puy ou terre d'Uxollou ; que l'on y voit encore la fontaine que les Romains couperent aux habitans d'<i>Uxellodunum</i> assiégés, &amp; les autres marques que décrit Oppius.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6473" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHORSIN, INE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHORSIN, INE</head>
    <p>
    CAHORSIN, INE , s. m. &amp; f. Qui est de Cahors, natif, ou habitant de Cahors. <i>Cadurcinus, Cadurcensis.</i> Valois, <i>Not. Gall.</i> pag. 111. prétend que l'on appelloit autrefois <i>Cahorsins</i> tous les habitans du Querci, qu'il faut maintenant appeller <i>Quercinois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6474" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHORSIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CAHORSIN</head>
    <p>
    CAHORSIN , s. masc. <i>Cadurcinus pagus,</i> ou <i>ager.</i> Le <i>Cahorsin</i> étoit autrefois, dit Valois, ce que nous nommons aujourd'hui <i>Quercy.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6475" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHOS" />
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    <head>CAHOS</head>
    <p>
    CAHOS . Voyez <ref type="search" target="head:Chaos">Chaos</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6476" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHOT" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CAHOT</head>
    <p>
    CAHOT , s. m. Choc ; agitation violente qu'on ressent dans un carrosse, ou autre voiture roulante, par l'inégalité du terrein qui lui fait faire plusieurs sauts. <i>Rhedae subsilientis succussus.</i> Ce mot se dit également des sauts qui excitent l'agitation, &amp; du terrein qui cause les sauts. Les montagnes sont des pays pleins de <i>cahots</i> ; les coches y font des <i>cahots</i> à tous momens. Il y a dans ce chemin des creux, des ornières qui font souffrir mille <i>cahots.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6477" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHOTAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHOTAGE</head>
    <p>
    CAHOTAGE , s. m. C'est un secouement, un mouvement fréquent causé par les cahots. <i>Succussus durior.</i> Ce <i>cahotage</i> me tue. Je ne puis souffrir le <i>cahotage</i> de ce coche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6478" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHOTER" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHOTER</head>
    <p>
    CAHOTER , v. act. Donner des cahots. <i>Agitare, succutere duriter.</i> Il nous a <i>cahoté</i> durant tout le chemin. Les estomacs foibles souffrent beaucoup, quand ils sont <i>cahotés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6478" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAHOTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHOTER</head>
    <p>
    Cahoter , est aussi neutre, &amp; signifie souffrir des cahots ; être secoué par des cahots. Nous n'avons fait que <i>cahoter</i> pendant plus de deux heures. Nous avons bien <i>cahoté</i> dans ce maudit chemin. <i>Subsultare duriter, duriore succussu ferri.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6478" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAHOTER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHOTER</head>
    <p>
    Cahoté, ée , part. &amp; adj. <i>Succussus graviter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6479" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHUETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>CAHUETTE</head>
    <p>
    CAHUETTE , s. f. Petite maison ou cabane de paysan, de berger, de pauvre homme. <i>Casa, tugurium, gurgustium.</i> Ce mot ne se dit guère qu'en raillant &amp; par mépris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6480" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAHUTE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAHUTE</head>
    <p>
    CAHUTE , s. f. C'est la même chose que cahuette. Mais il est plus usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6481" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAJAN" />
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    <head>CAJAN</head>
    <p>
    CAJAN , ou CAÏAN, Voyez <ref type="search" target="head:CAÏANIEN">CAÏANIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6482" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏANIEN" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAÏANIEN</head>
    <p>
    CAÏANIEN , ou CAÏNITE. <i>Caianus.</i> Quelques-uns disent aussi Caïan, &amp; Caien. Noms d'anciens Hérétiques, qui ont été ainsi appellés de Caïn, qu'ils regardoient comme leur père. C'étoit une branche de Gnostiques, qui soutenoient des erreurs monstrueuses. Ils prétendoient que Cain, &amp; même Esaü, Lot, &amp; ceux de Sodome, étoient nés d'une vertu céleste très-puissante, &amp; qu'Abel au contraire étoit né d'une vertu bien moins puissante. Ils associoient à Caïn &amp; aux autres du même ordre Judas, qui avoit eu, selon eux, une grande connoissance de toutes choses ; &amp; ils en faisoient une si grande estime, qu'ils avoient un ouvrage sous son nom intitulé <i>l'Evangile de Judas.</i> Ils avoient plusieurs autres livres abominables, &amp; qui leur servoient de prétexte pour se jetter dans toutes sortes de débauches &amp; d'impuretés. Saint Epiphane a rapporté &amp; réfuté en même temps leurs erreurs, <i>haer.</i> 38.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6483" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏANIDE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAÏANIDE</head>
    <p>
    CAÏANIDE , s. m. C'est le nom de la seconde Dynastie des Rois de Perse. D'Herb. Les <i>Caianides</i> sont proprement ceux que les Grecs ont reconnu pour Rois de Perse. Id. Le même Auteur dit <i>Caïanien,</i> ou <i>Caianides.</i> Dara, le dernier des <i>Caïaniens,</i> ou <i>Caianides,</i> fut défait par Etkander Roumi, c'est-à-dire, Alexandre le Grand. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6484" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAÏC" />
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    <head>CAÏC</head>
    <p>
    CAÏC . Terme de Marine . Esquif destiné au service d'une Galère. <i>Scapha, cymba. Caic</i> est aussi une petite barque, dont les Cosaques se servent pour naviger sur la mer noire. <i>Cosacorum cymba.</i> Ils mettent sur les <i>caïcs</i> quarante ou cinquante hommes d'équipage, &amp; ils vont ainsi en course : ces petits bâtimens sont tous couverts de peaux de bêtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6485" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏEN" />
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    <head>CAÏEN</head>
    <p>
    CAÏEN , Voyez <ref type="search" target="head:CAÏANIEN">CAÏANIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6486" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏENNE" />
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    <head>CAÏENNE</head>
    <p>
    CAÏENNE , ou CAYENNE, &amp; non pas CAJENE, &amp; moins encore CAJANE, ni même CAYANE, s. f. <i>Caïanus.</i> Fleuve de l'Amérique qui prend sa source dans les montagnes de la Guaïane, traverse toute la Caribane du Midi au Septentrion, &amp; se décharge dans la mer du Nord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6486" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAÏENNE" />
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    <head>CAÏENNE</head>
    <p>
    Caïenne , s. f. <i>Caiena.</i> Isle qui est à l'embouchure du fleuve dont on vient de parler, &amp; qui pour cela porte le même nom. La <i>Caïenne</i> a dix-huit lieues à peu près de circuit. Elle est aux François, qui s'y établirent en 1635. &amp; y bâtirent le Fort Louis. En 1654. les François l'abandonnerent, &amp; les Anglois s'y logerent. En 1664. De la Barre y rétablit les François, que les Hollandois obligerent encore d'en sortir en 1676. mais au commencement de l'année suivante M. d'Etrées la reprit. Voyez Biet, <i>Voyage de la Terre Equinoxiale Liv. I. ch.</i> 17. <i>&amp; Liv. III. ch.</i> 5. 13. <i>&amp;</i> 14. &amp; De la Barre, <i>Descript. de la Guiane.</i> La <i>Caienne</i> est au 4e degré 45. min. de latitude Septentrionale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6487" id="1" type="">
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    <head>CAÏER</head>
    <p>
    CAÏER , Voyez <ref type="search" target="head:CAHIER">CAHIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6488" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏÈTE" />
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    <head>CAÏÈTE</head>
    <p>
    CAÏÈTE , s. f. <i>Caieta.</i> Ancien nom d'une ville du Royaume de Naples, qu'on nomme aujourd'hui Gaëte. Voyez ce nom. <i>Caïète</i> n'est bon qu'en traduisant Virgile, qui en parle, ou quelque autre Ancien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6489" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAIES" />
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    <head>CAIES</head>
    <p>
    CAIES , Voyez <ref type="search" target="head:Cayes">Cayes</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6490" id="1" type="botanique & de fleuriste">
   <index type="head" value="CAÏEU" />
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    <head>CAÏEU</head>
    <p>
    CAÏEU , s. m. Terme de Botanique &amp; de Fleuriste . On appelle <i>Caïeu,</i> ou <i>Caïeux,</i> les petits oignons qui naissent aux côtés des vieux oignons de la tulipe, de la jacinte, du narcisse, &amp;c. <i>Bulbus minor adjacens majori, bulbulus.</i> Chaque <i>caïeu</i> est comme un petit oeuf que l'on détache de la maîtresse racine, &amp; que l'on plante séparément, lorsqu'il a acquis une certaine grosseur. J'ai beaucoup de <i>caïeux</i> de tulipes. Les <i>caïeux</i> des tubéreuses ne réussissent point dans les pays tempérés. Ce mot <i>Caïeu,</i> ne s'emploie que parmi les Fleuristes. Liger. Ce qu'on appelle une gousse d'ail est proprement un <i>caïeu</i> de la racine de l'ail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6491" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLE" />
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    <head>CAILLE</head>
    <p>
    CAILLE , s. f. Oiseau de plumage grivelé, qui se tient dans les blez. <i>Coturnix.</i> M. Huet prétend que cet oiseau a pris son nom de ce que les couleurs de son plumage représentent des écailles. C'est un oiseau de passage assez petit, &amp; bon à manger. Il est de chaude complexion, d'où on a fait le proverbe, Chaud comme une <i>caille.</i> Les <i>cailles</i> se paissent souvent d'ellébore. Ce qui est cause que plusieurs de ceux qui mangent des <i>cailles</i> dans les lieux où il vient beaucoup d'ellébore, se trouvent surpris d'épilepsie, &amp; tombent en convulsion. On dit que les <i>cailles</i> mangent de l'ellébore, &amp; de la ciguë, sans en être empoisonnées. S. Basile en rapporte la raison, &amp; dit que ces oiseaux ayant les conduits de la gorge fort étroits, les alimens qu'ils prennent ne peuvent descendre que lentement, &amp; qu'ainsi ils se trouvent notablement altérés, avant qu'ils soient dans l'estomac. Willoughby dit que la chair des <i>cailles</i> est bonne contre la jaunisse, &amp; leur sang souverain contre la dyssenterie. Servius <i>III. Aeneid.</i> dit qu'Astérie de Latone fut changée en <i>caille.</i> De Rochef. Les <i>cailles</i> d'Italie mangent une sorte de graine qui ôte la délicatesse du goût, &amp; rend leur chair tilleuse. Id.</p><p>Ménage après Scaliger croit que ce nom lui a été donné à cause de son chant, qui semble en prononcer la première syllabe. Ce mot vient apparemment de l'Italien <i>Quaglia,</i> ou s'est formé, aussi-bien que celui-ci, de <i>Quaquila,</i> ou <i>Quisquila,</i> qui se trouvent dans la basse Latinité pour exprimer cet oiseau, &amp; qui sont des mots faits sur le chant des <i>cailles.</i></p><p>Quoiqu'il soit étonnant, comme Pline l'a remarque Liv. X. ch. 23. qu'un oiseau si pesant, &amp; qui s'élève à peine de terre, dans les lieux de séjour, puisse passer la mer, &amp; que quelques-uns aient mieux aimé croire que les <i>cailles</i> ne changeoient point de pays, mais se retiroient en des lieux écartés, &amp; à l'abri pendant l'hyver, &amp; qu'elles y vivoient de leurs plumes, ou de leur propre graisse, &amp; de leur propre substance, le fait est cependant certain. Belon, <i>De la nature des ois. Liv. V. chap.</i> 20. assure qu'il s'est trouvé deux fois sur mer au temps que les <i>cailles</i> passent, une fois en Automne lorsqu'elles s'en retournent, &amp; une fois au Printemps, quand elles reviennent ; &amp; que toutes les deux fois il avoit vû plusieurs <i>cailles</i> se reposer sur le vaisseau. Pline dit Liv. X. ch. 23. qu'elles s'abaissent quelquefois en si grand nombre sur les voiles, que par leur poids, elles ont fait couler à fond des barques &amp; d'autres petits bâtimens. L'on remarque aussi qu'elles se reposent dans les Isles qu'elles rencontrent en mer, sur leur route, <i>Aldrov. Ornithol. Liv. XIII. ch.</i> 22. Voyez de la Mare <i>Traite de la Police</i> Liv. V. Tom. XXIII. ch. 2.</p><p>Les <i>cailles</i> arrivent à la fin d'Avril &amp; au commencement de Mai, &amp; s'en retournent à la fin de l'Eté. Lorsqu'elles ont le vent contraire on dit qu'elles se chargent de sable, qu'elles avalent, &amp; qu'elles prennent de petits cailloux à leurs pieds, afin de se rendre plus pesantes, de crainte que le vent ne les emporte. Elles font volontiers leur passage quand le vent de Nord souffle, &amp; elles appréhendent le vent de Midi, qui est chargeant, &amp; les fait périr en mer quand il les surprend, à cause de sa moiteur, qui mouille &amp; appesantit leurs ailes. Belon dit qu'elles ne vont point en troupe quand elles font leur passage, mais qu'elles partent la nuit deux à deux, bien qu'en même temps. La mangeaille des <i>cailles</i> est le millet &amp; le blé.</p><p>La <i>caille</i> se plaît dans les bles verds : elle y fait aussi sa demeure lorsqu'ils sont mûrs ; &amp; dans leurs chaumes, quand ils sont coupés. Elles deviennent quelquefois si grasses, qu'elles ne peuvent s'en retourner, &amp; servent de pâture pour l'ordinaire aux oiseaux de proie.</p><p>Il n'y a point d'oiseau qui multiplie davantage. Elles font jusques à seize oeufs au mois de Mai. Les femelles qui viennent à éclorre en ce temps s'apparient encore au mois d'Août ; &amp; font jusqu'à dix oeufs. Aux pays où elles retournent elles font aussi deux pontes ; tellement qu'elles couvent quatre fois par an. Elles conduisent leurs cailleteaux par la campagne, &amp; les retirent sous leurs ailes à la manière des poules.</p><p>Les Arabes disent que l'Iémen, ou Arabie heureuse, a une espèce de <i>cailles</i> que l'on ne voit point ailleurs ; ils les appellent <i>salova,</i> &amp; ils croient que celles que Dieu envoya aux Israëlites pour les nourrir dans le désert, furent poussées par un vent du Midi de l'Iémen jusqu'à leur camp. Ils écrivent que ces <i>cailles</i> n'ont point d'os, &amp; qu'elles se mangent toutes entières. D'Herbel. Le nom <i>salova,</i> est le même que l'Hébreu , <i>selav,</i> &amp; au pluriel , <i>salvim,</i> qui est celui que l'Ecriture donne aux oiseaux que Dieu envoya aux Israëlites. M. d'Herbelot, au mot <i>Salva,</i> dit que Houssain Vaez, Commentateur de l'Alcoran, remarque la même chose : il ajoûte que c'est un oiseau particulier de l'iémen, qui est plus gros qu'un moineau, &amp; plus petit qu'un pigeon, qui n'a ni nerfs, ni os, ni veines, &amp; dont le chant est fort agréable. Cela ressemble fort à nos becfigues. Pour ce que disent les Arabes, qu'il n'a ni os ni nerf, ni veines, c'est une de ces expressions &amp; hyperboles qui leur sont si communes, aussi-bien qu'à tous les Orientaux, &amp; qui signifie seulement que cet oiseau est fort gras ; que ses os, nerfs, &amp;c. sont petits &amp; tendres, &amp; qu'on mange l'oiseau tout entier ; comme en effet le becfigue, l'ortolan, &amp;c. se peuvent manger tous entiers. Voyez ce que l'Antiquité a dit des <i>cailles</i> dans Vossius, <i>De Idolol. L. III. C.</i> 86. 88. 93.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6492" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLEBOT" />
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    <head>CAILLEBOT</head>
    <p>
    CAILLEBOT , ou CAILLOT, s. m. se dit d'un sang coagulé qu'on crache ou qu'on vuide avec les excrémens. Cet homme a la mine d'être pulmonique, il jette de gros <i>caillebots</i> de sang.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6493" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLEBOTTE" />
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    <head>CAILLEBOTTE</head>
    <p>
    CAILLEBOTTE , s. m. C'est une masse de lait caillé qui est ferme &amp; épaissi. <i>Concreti lactis grumus, massa.</i> Nous n'avons mangé que des <i>caillebottes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6494" id="1" type="marine">
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    <head>CAILLEBOTTIS</head>
    <p>
    CAILLEBOTTIS , s. m. Terme de Marine . Espèce de treillis, ou tillac à jour fait de menu bois, &amp; placé entre deux hiloires, ou bordures pour servir à évaporer la fumée du canon quand on le décharge, &amp; pour donner du jour entre les ponts, quand les sabords sont fermés durant l'agitation de la mer. <i>Tabulatum pervium,</i> ou <i>cancellatum.</i> L'espace qui reste des ponts est couvert de bordage de pareil échantillon que celui qui est attaché sur les membres, ou côtes du navire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6495" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CAILLELAIT" />
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    <head>CAILLELAIT</head>
    <p>
    CAILLELAIT , s. m. Terme de Botanique . <i>Gallium.</i> Plante dont les fleurs ou tiges nouvellement fleuries font cailler le lait ; d'où lui vient son nom. Sa racine est menue, noueuse, rampante &amp; traçante, d'un jaune tirant sur le rouge, chargée de quantité de filamens. Ses racines portent plusieurs tiges quarrées, menues, hautes d'un pied &amp; demi au plus, noueuses &amp; un peu velues ; chaque noeud est entouré de six, huit, &amp; jusqu'à neuf feuilles, longues de trois quarts d'un pouce sur moins d'une ligne de largeur, d'un verd foncé. De la plupart de ces noeuds sort de chaque côté une branche noueuse, garnie de feuilles, &amp; terminée aussi-bien que les tiges par des bouquets de petites fleurs jaunes d'une seule pièce fendue en quatre quartiers, soutenus par un embryon qui devient, après que la fleur est passée, un fruit menu, brun, sec, composé de deux semences arrondies &amp; aplaties par l'endroit qu'elles se touchent.</p><p>Il y a une autre espèce de <i>caillelait</i> aussi commun que celui-ci, mais qui en diffère 1°, par ses fleurs, qui sont tout-à-fait blanches. 2°, Par ses feuilles qui sont un peu plus larges, &amp; plus courtes, d'un verd gai, &amp; par ses branches qu'elle repand çà &amp; là ; enfin, par l'odeur de ses fleurs, qui est foible.</p><p>Ces deux plantes sont à present recommandées pour l'épilepsie, on prend l'une &amp; l'autre indifféremment. On en tire le suc en ajoûtant du vin blanc, lorsqu'on les pile, ou <pb n="795" facs="bpt6k8542165/f835/full/1200,/0/native.jpg"/>bien l'on en fait une décoction, ou on les prend infusées à froid. On joint à l'usage de cette plante des purgatifs plus ou moins forts, &amp; qu'on réitère suivant l'état de la maladie &amp; les forces du malade. La poudre de ses feuilles est astringente, &amp; elle suspend les hémorragies. La première de ces espèces se nomme <i>Gallium luteum C. B.</i> &amp; la seconde <i>Gallium vulgare album. Inst. R. herb.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6496" id="1" type="">
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    <head>CAILLEMENT</head>
    <p>
    CAILLEMENT , s. m. Ce mot se dit du lait en parlant des nouvelles accouchées. <i>Coagulatio.</i> C'est une maladie qui leur vient, parce que leur lait s'est caillé, &amp; s'est mis en petits grumeaux dans leurs mammelles. Le <i>caillement</i> cause de grandes douleurs, &amp; un frisson au milieu du dos. Le <i>caillement</i> de lait vient à cause que la nouvelle accouchée n'a pas été assez tetée. Pour remédier au <i>caillement</i> de lait &amp; pour l'empêcher, il faut se faire teter, &amp; vuider les mammelles. Mauriceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6497" id="1" type="">
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    <head>CAILLER</head>
    <p>
    CAILLER , v. act. Coaguler, figer. <i>Cogere, coagulare, congelare, conspissare.</i> La morsure des serpens tue, parce qu'elle <i>caille</i> le sang, &amp; empêche la circulation. A Florence on <i>caille</i> le lait pour faire des fromages avec des fleurs d'artichauts, au lieu de presure. Pausanias raconte qu'Aristée fils d'Apollon &amp; de Cyrène, fille du fleuve Pénée, fut le premier qui trouva le secret de faire <i>cailler</i> le lait. De Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAILLER</head>
    <p>
    Cailler , avec le pronom personnel se prend dans un signification neutre. <i>Cogi, concrescere, condensari.</i> Le sang se <i>caille</i> si-tôt qu'il est hors des veines, ou privé de chaleur. Le lait se <i>caille</i> avec de la presure. L'huile de tartre, &amp; l'esprit de vitriol mêlés ensemble, se <i>caillent</i> après quelque légère effervescence. On a trouvé en Irlande une sorte d'ardoise noire, excellente contre le flux de sang, &amp; qui empêche qu'après les grandes chûtes le sang ne se <i>caille</i> dans le corps. Hist. Nat. d'Irl.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAILLER" />
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    <head>CAILLER</head>
    <p>
    Cailler , est aussi un vieux mot, qui signifie <i>chasser aux cailles.</i> Il signifie aussi se servir de l'appeau qui contrefait le cri de la caille.</p><p>Ce passage de Jean de Meun, expliqué en peu de mots, signifie que les Moines hypocrites dont parle Faulx-semblant, ont leurs bas qui font autant de plis qu'un appeau de cailles, que ce Poëte appelle <i>bourse à cailler. Suppl. du Gloss. du Rom. de la Rose.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6497" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAILLER" />
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    <head>CAILLER</head>
    <p>
    Caillé, ée , part. &amp; adj. Lait <i>caillé,</i> sang <i>caillé. Coactus, concretus, condensatus.</i></p><p>On dit absolument au subst. Du <i>caillé ;</i> pour dire, du lait figé &amp; coagulé, dont la partie séreuse est sortie, qu'on appelle le <i>lait clair,</i> ou le <i>petit lait. Coagulatum.</i> Plusieurs Médecins appellent la presure, <i>du caillé.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Presure">Presure</ref>. Les Bisaltes, peuples de Macédoine, ne mangent presque que du <i>caillé.</i> Dans le haut pays d'Auvergne le peuple vit de <i>caillé,</i> &amp; leur boire n'est que du petit lait. De Rochef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6498" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLETEAU" />
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    <head>CAILLETEAU</head>
    <p>
    CAILLETEAU . Diminutif. Jeune caille qu'on sert sur les tables comme un mets friand. <i>Pullus coturnicis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6499" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLETOT" />
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    <head>CAILLETOT</head>
    <p>
    CAILLETOT , s. m. Espèce de petit turbot fort délicat, ainsi nommé dans la Basse Normandie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6500" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLETTE" />
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    <head>CAILLETTE</head>
    <p>
    CAILLETTE , s. f. Le quatrième ventricule du boeuf, ou des autres animaux qui ruminent. <i>Abomasum.</i> C'est le lieu où se fait le chyle, &amp; d'où tous les alimens tombent dans les intestins. <i>Omasum.</i> La <i>caillette</i> se vend avec les trippes. C'est dans la <i>caillette</i> des veaux ou agneaux que se forme la presure qui caille le lait : ce qui lui a fait donner le nom de <i>caillette.</i> Ce quatrième ventricule est rempli de feuillets comme le troisième : mais ces feuillets ont cela de particulier, qu'ils enferment outre les membranes, dont ils sont composés, plusieurs glandes qui ne se trouvent point dans les trois autres ventricules.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAILLETTE</head>
    <p>
    Caillette , se dit figurément d'un homme sans coeur, &amp; sans vigueur, qui n'est capable d'aucun travail, d'aucune entreprise. <i>Ignavus, socors.</i> On le dit aussi d'une femme frivole &amp; babillarde. C'est une <i>caillette</i> de quartier. Il se prend aussi dans un sens obscène, &amp; signifie les parties naturelles de l'homme. Il est bas dans ces trois sens, &amp; ne peut entrer que dans le burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAILLETTE" />
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    <head>CAILLETTE</head>
    <p>
    Caillette , s'est dit anciennement pour <i>Cauchois.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6501" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLEUR" />
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    <head>CAILLEUR</head>
    <p>
    CAILLEUR , s. m. Vieux mot, qui veut dire celui qui <i>chasse des cailles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6502" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLOT" />
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    <head>CAILLOT</head>
    <p>
    CAILLOT , s. m. On le dit du sang. C'est un grumeau de sang, ou une petite portion de sang caillé. Un <i>caillot</i> de sang. <i>Grumus sanguinis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAILLOT</head>
    <p>
    Caillot , s'est dit anciennement pour <i>Cauchois.</i> Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6503" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLOT ROSAT" />
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    <head>CAILLOT ROSAT</head>
    <p>
    CAILLOT ROSAT , est une espèce de poire fort connue &amp; estimée. <i>Pirum callionium.</i> On l'appelle ainsi à cause qu'elle est pierreuse, &amp; qu'elle a le goût de rose. Quelques-uns l'appellent <i>poire d'eau rose.</i> Ménage écrit <i>caillorosat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6504" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAILLOU" />
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    <head>CAILLOU</head>
    <p>
    CAILLOU , s. m. Petite pierre dure, &amp; quelquefois polie &amp; luisante. <i>Silex, calculus, scrupus.</i> On l'emploie avec le ciment à paver les aqueducs, les grottes &amp; les bassins de fontaine. On s'en sert aussi pour les ouvrages de Mosaïque ; &amp; pour cela on la scie, &amp; on la polit. Ce ruisseau qui coule sur des <i>cailloux</i> fait un doux murmure. Les pierres à fusil se font de <i>cailloux</i> noirs &amp; fort durs. Les <i>cailloux</i> des bords de la mer &amp; de l'embouchure des rivières sont ronds &amp; polis : on les appelle autrement le <i>galet.</i></p><p>Il est rapporté dans les Nouvelles Littéraires de la mer Baltique qu'il y avoit, il n'y a pas long-temps, à Helmstad un homme qui avoit le secret d'amollir les <i>cailloux</i> les plus durs, &amp; d'y imprimer comme sur de la cire les figures qu'il vouloit ; qu'il s'étoit souvent servi de son secret en temps de guerre, pour enfermer son argent dans des pierres, auxquelles il rendoit ensuite leur première dureté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6505" id="1" type="">
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    <head>CAILLOUTAGE</head>
    <p>
    CAILLOUTAGE , s. m. <i>Scruporum acervus.</i> Amas de cailloux. Faire une grotte de <i>cailloutage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6506" id="1" type="">
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    <head>CAÏMACAM</head>
    <p>
    CAÏMACAM , s. m. Nom de dignité dans l'Empire Ottoman. Il y a deux <i>Caïmacams</i> ; l'un qui est toujours proche la personne du Grand Visir, &amp; l'autre qui réside toujours à Constantinople, &amp; qui en est comme le Gouverneur. Il n'y a d'ordinaire que trois <i>Caïmacams</i> dans l'Empire ; il y en a quelquefois moins. Celui qui n'abandonne jamais Constantinople, examine toutes les affaires de Police, &amp; les règle en partie. Il y en a un autre qui ne quitte jamais le Grand Seigneur, &amp; si le Visir est éloigné, il y en a aussi un auprès de lui ; mais la fonction du dernier deme ure suspendue quand le Visir est auprès du Sultan. Le <i>Caïmacam</i> du Visir est comme son Secrétaire d'Etat, &amp; le premier Ministre de son Conseil. La Guill. Il faudroit écrire <i>Caimmacam</i> selon l'étymologie. Car ce mot est composé de deux mots Arabes, qui sont <i>Caim-macam ; celui qui tient la place d'un autre, qui s'acquitte de la fonction d'un autre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6507" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAIMAND, ANDE" />
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    <head>CAIMAND, ANDE</head>
    <p>
    CAIMAND, ANDE , s. m. &amp; f. Mendiant qui gueuse par fainéantise, &amp; faute de vouloir travailler. <i>Mendicus.</i> Il est peu usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6508" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAIMANDER" />
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    <head>CAIMANDER</head>
    <p>
    CAIMANDER , v. n. Mendier. Il se dit aussi en parlant de toutes les choses qu'on va demander de porte en porte, comme des sollicitations, des emplois, des repas, &amp;c. Et alors il est actif. <i>Mendicare.</i> Il vaut mieux vivre chez soi médiocrement, que d'aller <i>caimander</i> chez ses amis. Quelques-uns dérivent ce mot par métathèse de <i>mendicare,</i> signifiant la même chose. Il est du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6508" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAIMANDER" />
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    <head>CAIMANDER</head>
    <p>
    Caimander , v. n. Gueuser, mendier. <i>Mendicare, erogare.</i> Cet homme n'a d'autre métier que de <i>caimander.</i> Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6509" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAIMANDEUR, EUSE" />
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    <head>CAIMANDEUR, EUSE</head>
    <p>
    CAIMANDEUR, EUSE , s. m. &amp; f. signifie la même chose que <i>Caimand.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6510" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏNITE" />
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    <head>CAÏNITE</head>
    <p>
    CAÏNITE , s. m. &amp; f. Nom de secte. <i>Cainita.</i> Prononcez <i>Caïnite</i> en quatre syllabes. Les <i>Caïnites</i> tenoient pour Saints Cain, Coré, les Sodomites, &amp; sur-tout le traître Judas. C'étoit une secte de Valentiniens. Voyez <ref type="search" target="head:Caïanien">Caïanien</ref>. Mr. de Tillemont dit <i>Cainiste.</i> Les Gnostiques, les Valentiniens, les <i>Caïnistes,</i> s'efforçoient de persuader aux foibles que c'est une folie de s'imaginer que Dieu veuille qu'on souffre le martyre &amp; la mort pour lui. Tertullien combatit ces ennemis du martyre, par un Traité qu'il intitula le Scorpiaque, parce qu'il y compare le venin de leurs discours pernicieux à celui d'un scorpion. Il faut dire <i>Cainite,</i> &amp; non pas <i>Cainiste.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6511" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAJOLER" />
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    <head>CAJOLER</head>
    <p>
    CAJOLER , v. act. Il signifie proprement Babiller, causer ; mais en ce sens il est du style bas. <i>Garrire.</i> Il s'est dit originairement au propre des enfans qui apprennent à parler. Les pères prennent plaisir à entendre leurs enfans quand ils <i>cajollent.</i></p><p>Ce mot vient apparemment de <i>cage,</i> qui est le lieu où on apprend à parler aux oiseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6511" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAJOLER" />
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    <head>CAJOLER</head>
    <p>
    Cajoler , signifie maintenant, Dire des douceurs, des paroles honnêtes &amp; obligeantes, flatter, louer, entretenir quelqu'un de choses qui lui plaisent &amp; qui le touchent. <i>Blandiri alicui, blando sermone delinire, Lenociniis aliquem permulcere. Cajoler</i> quelqu'un sur la science, sur le bel esprit, sur sa bravoure, sur ses belles actions. Elle aime qu'on la <i>cajole</i> sur sa beauté, sur ses ajustemens, sur sa bonne grace en tout ce qu'elle fait. Aimer à être <i>cajolé</i> par les louanges. Ablanc. Les hommes se <i>cajolent</i> mutuellement pour se faire rendre leurs éloges avec usure. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6511" id="3" type="">
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    <head>CAJOLER</head>
    <p>
    Cajoler , signifie aussi, Caresser quelqu'un, afin d'attraper de lui quelque chose à force de flatteries. <i>Subpalpari.</i> Il a si bien <i>cajolé</i> ce vieillard, qu'il est devenu son héritier. On a beau <i>cajoler</i> un avare, on n'en peut rien arracher. Il faut beaucoup d'art &amp; d'adresse d'esprit pour <i>cajoler</i> un riche, &amp; pour gagner ses bonnes graces. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6511" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAJOLER" />
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    <head>CAJOLER</head>
    <p>
    Cajoler , se dit plus particulièrement à l'égard des femmes &amp; des filles, auxquelles on fait l'amour, qu'on tâche de séduire par de belles paroles, &amp; à force de leur dire des douceurs &amp; des flatteries. <i>Procari.</i> Le foible des femmes, c'est d'aimer qu'on les <i>cajole.</i> Une honnête femme ne se doit jamais laisser <i>cajoler.</i></p><p>On dit aussi, <i>Cajoler</i> son vin ; pour dire, Tenir quelque temps son verre à la main avant que de boire, &amp; cependant chanter &amp; plaisanter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6511" id="5" type="marine">
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    <head>CAJOLER</head>
    <p>
    Cajoler <i>un vaisseau</i> ; c'est, en termes de Marine , le mener contre le vent dans le courant d'une rivière. <i>Adverso vento profluentem decurrere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6511" id="6" type="">
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    <head>CAJOLER</head>
    <p>
    Cajole, ée , part. &amp; adj. <i>Delinitus lenociniis &amp; blando sermone.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6512" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAJOLERIE" />
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    <head>CAJOLERIE</head>
    <p>
    CAJOLERIE , s. f. Flatteries pour gagner l'amitié de quelqu'un, &amp; en obtenir ce qu'on desire. <i>Blanditiae, arum.</i> Il se dit à l'égard des hommes, &amp; plus souvent à l'égard des femmes. Une fille doit craindre toutes les <i>cajoleries</i> des hommes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6513" id="1" type="">
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    <head>CAJOLEUR, EUSE</head>
    <p>
    CAJOLEUR, EUSE , adj. &amp; subst. Celui qui cajole. <i>Procus ; Amasius.</i> Il se dit proprement des jeunes gens qui font l'amour. <i>Blandidicus, Blandiloquus, Assentator.</i></p><p>On dit aussi absolument, Vous n'êtes qu'un <i>cajoleur</i> ; pour dire, Vous n'êtes qu'un discoureur, qui n'avez dans la bouche que de vaines paroles &amp; promesses. <i>Garrulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6514" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAIOU" />
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    <head>CAIOU</head>
    <p>
    CAIOU , s. m. Espèce de noix qui vient du Brésil. L'arbre qui la porte est de la grandeur d'un grenadier. Sa feuille est comme celle du laurier, d'un verd clair, &amp; charnue. Sa fleur est blanche, presque semblable à celle de l'oranger ; mais elle a beaucoup plus de feuilles, &amp; n'est pas de si bonne odeur. Son fruit est de la forme &amp; de la grosseur d'un oeuf d'oie, rempli de suc comme le limon. <i>Cajovium.</i> Les habitans du pays le mangent. De l'extrémité du fruit sort une noix qui est de la forme d'un rein de lièvre, de couleur cendrée, quelquefois tirant sur le rouge cendré. Cette noix a deux écorces, entre lesquelles se trouve une matière spongieuse pleine d'une huile très-chaude &amp; très-âpre : &amp; au-dedans elle contient un noyau blanc, bon à manger, &amp; aussi agréable que les pistaches. Ce noyau est couvert d'une peau déliée, grise, laquelle il faut ôter. On le mange après l'avoir fait rôtir ; car il en devient meilleur. L'huile est souveraine pour guérir les dartres &amp; la gratelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6515" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAIQUE" />
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    <head>CAIQUE</head>
    <p>
    &#9758; CAIQUE , s. m. Petite chaloupe qui accompagne ordinairement les Galères dans la Méditerranée. Envoyer le <i>Caique</i> pour reconnoître les ennemis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6516" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAIRE" />
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    <head>CAIRE</head>
    <p>
    CAIRE , s. m. <i>Cairus.</i> Le <i>Caire,</i> ou le Grand <i>Caire,</i> est la Ville Capitale d'Egypte, située sur le bord Oriental du Nil, trois lieues environ au-dessus de l'endroit où ce fleuve commence à se diviser, &amp; à former ce qu'on appelloit autrefois le <i>Delta,</i> &amp; qu'on nomme aujourd'hui l'Errif. Le <i>Caire</i> est une des plus grandes Villes du monde. Il est divisé en trois, le Bulac, le vieux <i>Caire</i> &amp; le nouveau <i>Caire.</i> Vis-à-vis du <i>Caire</i> au Couchant du Nil, on voit les restes de l'ancienne <i>Memphis</i> : c'est pour cela que nos Poëtes appellent souvent le <i>Caire</i> Memphis.</p><p>On voit aussi du côté même du <i>Caire,</i> &amp; assez proche, les ruines de l'ancienne Babylone d'Egypte. On prétend que le <i>Caire</i> étoit autrefois trois fois aussi grand que Paris ; mais il a beaucoup diminué depuis qu'on s'est ouvert une route aux Indes par le Cap de Bonne Espérance. Aujourd'hui on dit que le nouveau <i>Caire</i> est encore aussi grand que Paris : le vieux &amp; le Bulac, sont deux gros bourgs que l'on compare à Rennes en Bretagne, ou à la Haye en Hollande. On dit que cette Ville a été bâtie l'an 908. des ruines de la Babylone d'Egypte par Elmendinalla, petit-fils d'Abdalla Calife d'Afrique, qui se rendit maître de l'Egypte.</p><p>Le <i>Caire</i> fut bâti auprès de l'ancienne Capitale d'Egypte que l'on nommoit pour lors <i>Mesr,</i> ou <i>Forsthath.</i> Saladin fit enfermer ces deux Villes d'une muraille. Mesr s'appelle aujourd'hui le vieux <i>Caire.</i> On a bâti une troisième Ville entre le vieux &amp; le nouveau <i>Caire.</i> Macrisi a fait une exacte description de cette Ville, dans laquelle on peut voir tout ce qui y a été ajoûté depuis sa fondation. D'Herbelot.</p><p>Le nom <i>Caire,</i> que nous donnons à cette Ville, vient du nom Arabe <i>Cahera,</i> , qui lui fut donné parce que son fondateur Giavar, Général de l'armée de Moez Ledinillah premier Calife de la race des Farimites, voulut qu'on jettât les fondemens de cette Ville sous l'horoscope ou l'ascendant de Mars, à qui les Astronomes Arabes donnent l'épithète de <i>Caher,</i> qui signifie vainqueur, conquérant, du verbe Arabe , <i>Kahara,</i> vaincre ; de sorte que cette Ville fut nommé <i>Alcahera,</i> c'est-à-dire, la victorieuse. D'Herbelot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6517" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAISSE" />
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    <head>CAISSE</head>
    <p>
    CAISSE , s. f. Coffre, boîte, vaisseau fait de menues planches de sapin, ou d'autre bois léger, pour transporter des marchandises. <i>Capsa.</i> On appelle des raisins de <i>caisse,</i> les raisins secs &amp; un peu gras qui viennent dans ces vaisseaux. Ce mot se prononce comme s'il étoit écrit <i>Kesse,</i> il faut dire la même chose de ses dérivés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6517" id="2" type="jardinier">
   <index type="head" value="CAISSE" />
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    <head>CAISSE</head>
    <p>
    Caisse , terme de Jardinier . C'est un coffre quarré de bois soutenu de quatre petits pilliers quarrés, ou tournés, qui servent aussi à en tenir les quatre côtés assemblés ; il est ouvert par le haut, &amp; ordinairement peint par dehors pour le conserver &amp; pour l'orner : on remplit les <i>caisses</i> de terre, &amp; l'on y plante des orangers, des grenadiers, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6517" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAISSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CAISSE</head>
    <p>
    Caisse , est aussi un renfoncement quarré qui est dans chaque intervalle des modillons du plafond de la corniche Corinthienne, &amp; qui renferme une rose. <i>Lacunaria.</i> On appelle aussi <i>panneaux,</i> ces mêmes renfoncemens, &amp; ils sont de différentes figures dans les compartimens des voûtes &amp; des platfonds.</p><p>On appelle aussi <i>caisse de poulie</i> dans un navire, un moufle de poulie. <i>Rechamus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6517" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAISSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>CAISSE</head>
    <p>
    Caisse , chez les Tourneurs, est ce qui sert à contenir le registre ou clavier. La <i>caisse</i> est de fer, ou de laiton. <i>Capsula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6517" id="5" type="">
   <index type="head" value="CAISSE" />
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    <head>CAISSE</head>
    <p>
    Caisse , signifie aussi un coffre fort de Banquier, de Marchand. <i>Capsa.</i> Cette <i>caisse</i> a de bonnes bandes de fer, &amp; une serrure à trois pênes. C'est un tel Commis qui tient la <i>caisse</i> chez ce Trésorier. Argent de <i>caisse,</i> ou monnoie de <i>caisse,</i> c'est l'argent que les Négocians &amp; Marchands ont pour faire des payemens de la main à la main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6517" id="6" type="">
   <index type="head" value="CAISSE" />
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    <head>CAISSE</head>
    <p>
    Caisse , se dit aussi de tout l'argent qu'un Financier a chez lui, &amp; qu'il négocie. La <i>caisse</i> de cet homme-là est de cent mille écus.</p><p>Il y avoit à Paris la <i>caisse</i> des emprunts, où les Bourgeois portoient l'argent qu'ils vouloient faire profiter, &amp; d'où ils le pouvoient retirer quand ils vouloient. Ce commerce étoit fouffert pour faciliter l'exploitation des Fermes du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6517" id="7" type="">
   <index type="head" value="CAISSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>CAISSE</head>
    <p>
    Caisse , signifie aussi un gros tambour qui sert à la guerre. <i>Tympanum.</i> Et on dit, Battre la <i>caisse</i> ; pour dire, Assembler <pb n="797" facs="bpt6k8542165/f837/full/1200,/0/native.jpg"/>des soldats. <i>Tympanum pulsare.</i> On le dit aussi pour signifier, Lever des soldats.</p><p>On dit proverbialement, Bander la <i>caisse</i> ; pour dire, S'en aller, parce qu'il faut en effet bander les peaux de la <i>caisse</i> pour battre la retraite ou le décampement. <i>Discessionem pulsare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6518" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAISSIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>CAISSIER</head>
    <p>
    CAISSIER , s. m. Celui qui tient la caisse d'un Trésorier, d'un Banquier. <i>Capsis praefectus, capsarum custos, administer.</i> Le <i>Caissier</i> des Gabelles. Il faut qu'un Marchand ait un <i>Caissier</i> fort fidèle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6519" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAISSON" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>CAISSON</head>
    <p>
    CAISSON , subst. masc. Grande caisse couverte en dos d'âne, qu'on porte sur un chariot pour y mettre le pain de munition, &amp; autres choses dont on a besoin à l'armée. <i>Annonarius currus.</i> Il y a aussi des <i>caissons</i> de l'Artillerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6519" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAISSON" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>CAISSON</head>
    <p>
    Caisson de bombes , est un fourneau superficiel fait de plusieurs bombes enfermées dans une caisse de bois. On en fait quelquefois qui ne sont pleines que de poudre. On le couvre d'un peu de terre, &amp; on y met le feu, par le moyen d'un saucisson qui répond au fond du <i>caisson,</i> lorsque l'ennemi fait ses approches, &amp; se vient loger dessus. <i>Ollis igniariis referta capsa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6519" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAISSON" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CAISSON</head>
    <p>
    Caissons , C'est ainsi qu'on appelle sur mer les coffres qui sont attachés sur le revers de l'arrière du vaisseau. <i>Capsae nauticae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6520" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏSTRE" />
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    <head>CAÏSTRE</head>
    <p>
    CAÏSTRE . Voyez <ref type="search" target="head:CAYSTRE">CAYSTRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6521" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAÏUS" />
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    <head>CAÏUS</head>
    <p>
    CAÏUS , s. m. Prénom Latin que nous conservons en son entier dans notre langue. Les Romains ne l'exprimoient souvent que par un <i>C,</i> &amp; nous en usons de même. C. César, surnommé Caligula, fils de Germanicus, fut le quatrième Empereur de Rome. <i>Caïa</i> étoit le prénom pour les femmes. Les Romains le marquoient par un renversé. Quelquefois <i>Caïus</i> n'est pas prénom, mais nom. <i>Caïus,</i> disciple de S. Paul, dont il est parlé aux Actes des Apôtres XIX. 29. XX. 4. S. <i>Caïus</i> Pape étoit originaire de Dalmatie, &amp; à ce que l'on croit parent de Dioclétien. Ce nom n'a point de pluriel. Ainsi l'on dit, il y a deux <i>Caïus</i> Patriarches de Jérusalem. Quelquefois on trouve <i>Gaïus</i> pour <i>Caïus,</i> parce qu'en Grec on dit .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6522" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAJUTES" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CAJUTES</head>
    <p>
    CAJUTES . Terme de Marine . Ce sont les lits des vaisseaux, qui sont la plupart emboîtés autour du navire. On les appelle aussi <i>camagnes</i> &amp; <i>capites. Lectuli nautici.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6523" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAL" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>CAL</head>
    <p>
    CAL , s. m. Durillon qui vient aux pieds, aux mains &amp; aux genoux. <i>Callus, callum.</i> Il vient des <i>cals</i> aux mains à force de travailler ; &amp; des <i>cals</i> aux pieds à force de marcher.</p><p>Le <i>Cal</i> est aussi le noeud qui joint un os fracturé. Dionis. La formation du <i>cal.</i> Id. Le <i>cal</i> se fait en cette manière. Le suc qui nourrit les os coulant le long des fibres osseuses, suinte par l'endroit où ces fibres se trouvent rompues, &amp; venant à s'arrêter, &amp; à s'amasser autour des extrémités de l'os fracturé, il s'y dessèche, &amp; les unit comme si c'étoit de la colle forte, de manière qu'il n'y reste plus qu'une petite inégalité à l'endroit où le <i>cal</i> s'est formé. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6524" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALABRE" />
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    <head>CALABRE</head>
    <p>
    CALABRE , s. f. Nom d'une Province du Royaume de Naples, laquelle a titre de Duché. <i>Calabria.</i> La <i>Calabre</i> a été nommée anciennement Messapie, <i>Messapia,</i> de Messapus ; &amp; Pencétie, <i>Pencetia,</i> de Pencétius frère d'Oënotrus. Ensuite elle a pris le nom de <i>Calabre,</i> qui est très-ancien, &amp; que quelques-uns tirent du Grec , <i>beau, bon,</i> &amp; je suis chargé, parce qu'elle est chargée, c'est-à-dire, pleine de toutes sortes de biens. Mais Bochart veut qu'il vienne de l'Hébreu. Car , dit-il, <i>Chanaan,</i> Livre II. chapitre. 33. &amp; , <i>Kalab</i> &amp; <i>Kalba,</i> signifient de la poix ; or la <i>Calabre</i> est pleine de <i>picea,</i> &amp; d'autres arbres d'où coule la poix ; &amp; c'est même pour cela que les Grecs l'ont nommée Pencétie, , car , signifie <i>picea.</i> Ainsi selon lui Pencétie &amp; <i>Calabre</i> ne sont que la même chose.</p><p>Le P. Briet montre que la <i>Calabre</i> n'étoit autrefois qu'une partie de l'ancienne Messapie qui comprenoit les Salentins &amp; les Calabrois. Aujourd'hui la <i>Calabre</i> est une grande contrée que l'on prend quelquefois pour une des quatre parties générales du Royaume de Naples ; mais qui dans sa signification propre &amp; commune est une presqu'isle baignée au Couchant par la mer Thirrene, ou de Naples ; au Midi par celle de Sicile, au Levant par la mer Ionienne, ou de Grèce ; &amp; qui a au Nord la Basilicate. Elle se divise en deux parties ; la <i>Calabre</i> citérieure ou supérieure, &amp; la <i>Calabre</i> ultérieure ou inférieure. La <i>Calabre</i> citérieure, <i>Calabria citerior,</i> ou <i>superior,</i> est la partie qui est au Nord, &amp; touche à la Basilicate, &amp; s'étend de-là environ vingt lieues au Midi. Sa Capitale est Cosenza. La <i>Calabre</i> ultérieure est le reste, <i>Calabria ulterior,</i> ou <i>inferior,</i> ou la partie Méridionale de la <i>Calabre</i> générale. La capitale de la <i>Calabre</i> ultérieure est San-Severino. La <i>Calabre</i> d'aujourd'hui n'est point la <i>Calabre</i> de Ptolomée, de Tite-Live, ni de Pline. Elle en est même assez éloignée ; car celle-ci étoit une partie de ce que l'on appelle aujourd'hui la Terre d'Otrante.</p><p>La mer de <i>Calabre</i> est la partie de la mer Ionienne qui baigne les côtes de <i>Calabre</i> &amp; de Sicile, qui s'étend jusqu'à Santa Maria de Leuca. Voyez sur la <i>Calabre</i> Cluvier, Liv. III. &amp; Leand. <i>Desc. Italiae.</i></p><p>On dit, Battre la <i>Calabre</i> ; pour dire, Battre la campagne. Ho pour cette fois-ci il faut battre la <i>Calabre.</i> Abbé de Choisy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6525" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALABROIS, OISE" />
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    <head>CALABROIS, OISE</head>
    <p>
    CALABROIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Calabre. <i>Calaber.</i> S. François de Paule étoit <i>Calabrois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6526" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="CALADE" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CALADE</head>
    <p>
    CALADE , s. f. Terme de Manége . C'est la pente d'une éminence, d'un terrain élevé, par où on fait descendre plusieurs fois un cheval au petit galop, pour lui apprendre à plier les hanches, &amp; à former son arrêt, avec les aides du gras des jambes, du soutien de la bride, &amp; du caveçon employés à propos. <i>Clivius.</i> On l'appelle aussi <i>basse. Pavimentum quadrato stratum lapide, declivitas.</i></p><p>Ce mot vient de <i>calada</i>, qui signifioit autrefois <i>pavé,</i> &amp; se dit encore à Montauban ; &amp; est dérivé de l'Hébreu <i>kala</i>, qui signifie une <i>pierre.</i> On appelle encore <i>calade</i> en plusieurs Villes, &amp; sur-tout en Lyonnois, le parvis qui est au-devant de l'Eglise, où se promenent les fainéans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6527" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAF" />
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    <head>CALAF</head>
    <p>
    CALAF , s. m. Espèce de saule qui croît en plusieurs endroits de l'Egypte, sur-tout dans les lieux humides. <i>Salix Aegyptiaca.</i> Voyez Collafe, car c'est ainsi qu'il faut dire, &amp; non pas <i>Calaf.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6528" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAIS" />
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    <head>CALAIS</head>
    <p>
    CALAIS , s. m. <i>Caletum.</i> Ville &amp; port de mer en Picardie Province de France. <i>Calais</i> est capitale du pays reconquis, petite Contrée de Picardie au Septentrion, &amp; le long de la mer. <i>Calais</i> n'est pas grand, mais il est bien bâti, &amp; fort peuplé, à cause du commerce qu'y attire la bonté de son port. <i>Calais</i> est une des plus fortes Villes de France, étant presque toute environné ou par la mer, ou par des marais, à quoi l'art a ajoûté un grand nombre de bastions, une bonne citadelle, &amp; un fort appellé le Risband, qui défend l'entrée de son port. Les Anglois prirent <i>Calais</i> l'an 1347. &amp; l'ont gardé jusqu'en 1558. que le Duc de Guise la reprit. Maty. Quelques Savans croient que <i>Calais</i> est l'<i>Iccius portus</i> de César. Les <i>Caletes</i> des Anciens ne sont pas <i>Calais,</i> c'est le pays de Caux ; mais ces Galetes, ou une partie de ces Caletes s'étant établis à <i>Calais,</i> lui ont donné leur nom.</p><p>Le Pas de <i>Calais, fretum Gallicum,</i> ou <i>Caletanum,</i> c'est un détroit qui sépare la mer de Bretagne de celle d'Allemagne, &amp; qui est entre les côtes du pays reconquis en France, &amp; du Comté de Kent en Angleterre. Il peut avoir 7. à 8. lieues de long &amp; autant de large ; si bien qu'avec des lunettes d'approche, on peut de Calais voir les Anglois qui marchent sur les côtes. Maty.</p><p><i>Calais</i> est au 50e degré 57. min. de latitude Nord, &amp; au 19e degré 28. min. de longitude, selon Mrs de l'Academie des Sciences.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6529" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMANDRE" />
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    <head>CALAMANDRE</head>
    <p>
    CALAMANDRE , s. f. &amp; nom propre de femme. <i>Calamandis.</i> Sainte <i>Calamandre</i> est honorée à Calaffe en Catalogne. Chastelain. <i>Martyrol.</i> 5e <i>Févr.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6530" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMBA" />
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    <head>CALAMBA</head>
    <p>
    CALAMBA , s. m. C'est la plus excellente sorte de bois d'aloës, qui n'est destiné que pour les Rois des Indes, &amp; qui rend une odeur admirable, lorsqu'on le remue seulement entre les mains. <i>Xyloaloë.</i> On l'appelle aussi <i>calampart.</i> Voyez Bois d'Aloës.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6531" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CALAMENT" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CALAMENT</head>
    <p>
    CALAMENT , s. m. ou CALAMENTE, s. f. Terme de Botanique . <i>Nepeta.</i> C'est une plante dont les feuilles qui naissent de tiges &amp; de branches quarrées, sont de la longueur d'un pouce, ou d'un pouce &amp; demi, légèrement découpées tout autour, velues, &amp; d'une odeur assez bonne. Ses fleurs viennent en bouquets dans les aisselles des feuilles : <pb n="798" facs="bpt6k8542165/f838/full/1200,/0/native.jpg"/>elles sont en gueule, de couleur de pourpre &amp; d'une odeur agréable. En Latin <i>calamintha vulgaris,</i> du Grec <i>beau,</i> &amp; , <i>mente,</i> comme qui diroit <i>belle mente.</i> Cette plante est chaude &amp; acre : elle est propre pour l'estomac, pour provoquer les mois des femmes, l'urine, &amp; contre la toux. Il y a plusieurs autres espèces de <i>calamente.</i> Il y en a une qui a l'odeur du pouliot ; il y en a une autre dont les feuilles ressemblent à celles du basilic, &amp; qui est nommée par cette raison <i>Calamintha ocimi foliis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6532" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMINE" />
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    <head>CALAMINE</head>
    <p>
    CALAMINE , s. f. Espèce de cadmie naturelle, qui est privée de parties métalliques. Terre fossile &amp; bitumineuse, qui affine le cuivre avec lequel on la jette dans la fonte, &amp; l'augmente de plus d'un tiers en l'affinant. <i>Cadmia.</i> C'est une terre fossile de couleur jaunâtre, qui n'est pas fort dure, &amp; qui jette, lorsqu'on la brûle, une fumée jaune : elle est dessicative, détersive &amp; astringente. On la mêle aussi avec le cuivre pour le rendre jaune, &amp; pour augmenter son poids. Avec tout autre métal elle s'évapore ; &amp; si on la met toute seule dans le feu, elle devient cendre. Sa trop grande quantité mêlée dans l'airain le rend fragile : il redevient rouge, si on le fond cinq ou six fois. En 1561. sous le règne d'Elisabeth on fit en Angleterre la découverte des mines de cette terre. Larrey, dans <i>Elisabeth,</i> p. 56. Voyez Galien, Pline, Dioscoride, Agricola, Gonaeus, Savot, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6533" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMISTRER" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CALAMISTRER</head>
    <p>
    &#9758; CALAMISTRER , v. act. Friser, mettre les cheveux en boucle. Il est du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6534" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMISTRÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>CALAMISTRÉ</head>
    <p>
    &#9758; CALAMISTRÉ , part. Frisé, mis en boucles. Horace oppose <i>incomptos capillos,</i> les cheveux négligés de Curius aux cheveux frisés &amp; <i>calamistrés</i> qu'on vit dans les siècles suivans, &amp; qui furent après regardés comme des marques de mollesse. Dacier <i>sur Hor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6535" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMITE" />
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    <head>CALAMITE</head>
    <p>
    CALAMITE , s. f. C'est un des noms que l'on a donné à la pierre d'aimant, &amp; ensuite à la boussole. <i>Magnes, lapis magnesius.</i> Ce mot a signifié proprement en François une <i>grenouille verte,</i> à cause qu'elle vit volontiers parmi les roseaux ; &amp; il a été donné à l'aiguille aimantée, parce qu'auparavant qu'on eût trouvé l'invention de la suspendre sur un pivot, on l'enfermoit dans une phiole de verre demi-pleine d'eau, sur laquelle on la faisoit flotter par le moyen de deux fétus comme une petite grenouille. <i>Calamita, Rana calamita, Diophyta.</i> D'autres dérivent ce mot <i>à chalybe amata.</i> Il vient de , <i>stipula, paille,</i> parce que cette pierre attire la paille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6536" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMITÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>CALAMITÉ</head>
    <p>
    CALAMITÉ , s. f. Misère, trouble, infortune. <i>Calamitas.</i> Il ne se dit plus guère en François que des malheurs généraux. Toutes les <i>calamités</i> publiques passent dans l'esprit des superstitieux pour des vengeances du Ciel irrité. Flech. Les Païens accusoient les Chrétiens d'être la cause de toutes les <i>calamités</i> qui affligeoient l'Empire. Ménage. Il est tombé dans une affreuse <i>calamité.</i> Ablanc. Quelle est la cause, demande un Rabbin, de notre <i>calamité</i> présente, qui dure depuis plus de mille ans, vû que Dieu n'a puni les horribles idolatries, le massacre des Prophètes, &amp; les autres crimes affreux de nos Pères, que par une captivité de soixante &amp; dix ans à Babylone ?</p><p>Ce mot vient du Latin <i>calamitas</i>, qui vient de <i>calamus,</i> le <i>tuyau du blé.</i> On appelloit du nom de <i>calamité,</i> la grêle qui brisoit &amp; coupoit les blés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6537" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMITEUX, EUSE" />
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    <head>CALAMITEUX, EUSE</head>
    <p>
    CALAMITEUX, EUSE . adj. Infortuné, misérable. <i>Calamitosus.</i> Il ne se dit guère que des temps de trouble &amp; de guerre, qu'on appelle temps <i>calamiteux.</i> Règne <i>calamiteux.</i> Maucroix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6538" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="CALAMUS" />
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    <head>CALAMUS</head>
    <p>
    CALAMUS , en termes d'Anatomie , est la pointe ou l'extrémité du quatrième ventricule de la tête du côté de l'épine du dos. On l'appelle ainsi, parce que cette extrémité de ce ventricule se termine en façon de plume à écrire, en Latin <i>Calamus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6539" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALAMUS AROMATICUS" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CALAMUS AROMATICUS</head>
    <p>
    CALAMUS AROMATICUS , s. m. Plante qui est de deux sortes. Il y a le vrai <i>calamus aromaticus</i> des Anciens, qui vient dans les Indes Orientales, &amp; qui est une espèce de roseau ; &amp; celui des boutiques. Le <i>calamus aromaticus</i> des boutiques est bien différent du premier ; il a une racine qui rampe presqu'à fleur de terre, &amp; qui jette beaucoup de filamens : elle est fort nouée, de la grosseur du doigt, blanche, tirant sur la couleur de chair, d'une substance rare &amp; légère, d'un goût mordicant, &amp; un peu amer, &amp; d'une odeur forte, mais assez agréable. Ses feuilles sont semblables à celles de la flambe, mais plus longues, d'un goût acre &amp; aromatique. Il n'y a que la racine qui soit en usage : elle est bonne pour l'estomac, contre la colique, &amp; contre les obstructions du foie &amp; de la rate.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6540" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALANDES" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CALANDES</head>
    <p>
    CALANDES . Voyez <ref type="search" target="head:Calendes">Calendes</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6541" id="1" type="manufacture">
   <index type="head" value="CALANDRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CALANDRE</head>
    <p>
    CALANDRE , s. f. Terme de Manufacture . Une machine propre pour presser les draps &amp; les toiles, &amp; autres étoffes, &amp; pour les rendre polies, unies &amp; lissées. <i>Machina poliendis laevigandisque telis &amp; holosericis comparata.</i> Elle sert aussi pour y faire ces ondes qui sont sur le tabis &amp; les moires. Elle est composée de deux gros rouleaux de bois, autour desquels on roule les pièces d'étoffe. On les met entre deux gros madriers de bois dur, large, épais &amp; fort poli. Celui de dessous sert de base. Celui de dessus est mobile par le moyen d'une roue telle que celle des grues. Un cable est attaché à un tour qui compose son axe. Cette partie du dessus est d'un poids prodigieux, quelquefois de 50. ou 60. milliers. C'est cette pesanteur qui fait les ondes sur les étoffes qui sont autour des rouleaux, par le moyen d'une légère gravure qu'ils contiennent. On met &amp; on ôte ces rouleaux, en inclinant un peu la machine.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>cylindrus</i>, parce que tout l'effet de la machine vient d'un cylindre. Borel dit que ce nom lui vient d'un petit oiseau du même nom, parce que les marques qu'elle imprime sont semblables à ses plumes. Les Auteurs de la basse Latinité l'ont appellée <i>celendra.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALANDRE</head>
    <p>
    Calandre . Petit oiseau du genre des alouettes, qui n'a point de crête. <i>Alauda non christata,</i> ou <i>corydalus minima.</i> Conrad de Montpellier, <i>de Monte puellarum,</i> Chanoine de Ratisbonne, qui florissoit vers l'an 1390. dans la vie de S. Erard qu'il a écrite, appelle ch. 1. <i>calandre</i> un petit oiseau qui chante agréablement dans les fougères, <i>calandrus dulcisonans in myrica.</i> On l'appelle aussi <i>calandre</i> de bocage. La <i>calandre</i> a la voix très-haute ; si elle l'avoit moins, il y auroit peu d'oiseaux qui égalassent la beauté de son chant. Ceux qui en veulent nourrir, doivent les avoir du mois d'Août, &amp; jeunes, afin qu'elles fassent leur première mue en cage ; &amp; elle deviendra aussi privée que si elle avoit été prise au nid. Elle fera son chant naturel, &amp; contrefera la plus grande partie des oiseaux que l'on mettra autour d'elle. Les vieilles sont farouches, il faut leur lier les ailes pour les apprivoiser plus facilement. On leur donne du froment, ou de la composition de l'alouette ; quelquefois de la chicorée pilée, parce que quand cet oiseau est en liberté il s'en sert à se purger. Pour élever une <i>calandre</i> niaise, on lui donne du coeur &amp; de la pâte ; &amp; soit la niaise, ou la bocagère, on l'éleve comme l'alouette commune. Elle est sujette à se dépiter lorsqu'on la change de lieu ; &amp; elle cesse de chanter jusqu'à ce qu'on l'ait remise au lieu où elle étoit.</p><p>Le mâle a la tête &amp; le bec plus gros que la femelle. Son collier va ordinairement tout autour du cou. La <i>Calandre</i> fait son nid pour l'ordinaire dans des lieux secs sur terre, &amp; dans des champs ensemencés, sous quelque motte bien couverte d'herbes. Elle fait quatre ou cinq petits, &amp; jusqu'à trois nids par an ; savoir, au commencement de Mai, au mois de Juin, &amp; à la mi-Juillet comme l'alouette &amp; le cochevis.</p><p>Belon dit que la <i>calandre</i> est une espèce d'alouette sans huppe qui approche de la grandeur de l'étourneau, &amp; quelques-uns l'appellent grande alouette. Elle a la voix semblable à l'alouette, quoique plus haute. La couleur de son pennage est toute pareille ; les ailes &amp; la queue sont de même ; elle a les mêmes moeurs &amp; les mêmes façons. Les <i>calandres</i> volent en troupe, &amp; sont oiseaux de passage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALANDRE</head>
    <p>
    Calandre . Petit ver qui se fourre dans le blé, &amp; le mange : on l'appelle aussi <i>charençon,</i> ou <i>patepelue. Curculio, calandrus.</i> Les Allemands l'appellent <i>kalender.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6542" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALANDRER" />
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    <head>CALANDRER</head>
    <p>
    CALANDRER , v. act. Mettre une étoffe sous la calandre pous la presser, ou tabiser. <i>Telas, holoserica expolire, laevigare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6542" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALANDRER" />
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    <head>CALANDRER</head>
    <p>
    Calandré, ée , part. de ce verbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6543" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALANDRIER" />
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    <head>CALANDRIER</head>
    <p>
    CALANDRIER . Voyez <ref type="search" target="head:CALENDRIER">CALENDRIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6544" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALANGUE" />
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    <head>CALANGUE</head>
    <p>
    CALANGUE . Voyez <ref type="search" target="head:CALE">CALE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6545" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALATRAVA" />
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    <head>CALATRAVA</head>
    <p>
    CALATRAVA , s. f. Nom propre d'une ville d'Espagne, dans la nouvelle Castille ; elle est sur la Guadiane, à trois lieues de Ciudad Real. <i>Calatrava.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6546" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALATRAVA" />
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    <head>CALATRAVA</head>
    <p>
    CALATRAVA . Ordre Militaire institué sous le règne de Sanche III. Roi de Castille en 1558. à l'occasion que l'on va dire. Le bruit s'étant répandu que les Arabes venoient <pb n="799" facs="bpt6k8542165/f839/full/1200,/0/native.jpg"/>attaquer avec une armée puissante la petite ville de <i>Calatrava</i> en Castille, les Templiers, qui en tenoient la forteresse, craignirent de ne la pouvoir défendre, &amp; la remirent au Roi Dom Sanche. Diégo Vélasquez, Moine de Cîteaux, mais homme de qualité, qui avoit été élevé à la Cour, &amp; qui avoit servi long-temps dans les armées avec beaucoup de valeur &amp; de gloire, persuada à Raimond, Abbé de Fitère, Monastère de Cîteaux, de demander <i>Calatrava</i> au Roi. Malgré la répugnance qu'il y eut d'abord, &amp; contre l'opinion de bien des gens, il le fit &amp; l'obtint. L'Archevêque de Tolede nommé Jean, contribua à cet etablissement, &amp; fit exciter les peuples dans les prédications à aller défendre <i>Calatrava.</i> Raymond &amp; Diégo s'y rendirent, &amp; bien des gens vinrent à leur secours. Les Arabes, ou perdant l'espérance de forcer <i>Calatrava,</i> ou occupés ailleurs, abandonnerent leur entreprise &amp; ne parurent point. Plusieurs de ceux qui étoient venus au secours de la ville entrerent dans l'Ordre de Cîteaux, sous un habit plus propre aux exercices militaires que celui des Moines, &amp; ils commencerent à faire des courses sur les Arabes, &amp; à leur livrer des combats, que Dieu benit. C'est ainsi que s'établit l'Ordre de <i>Calatrava,</i> qui comme l'on voit, fut une branche de celui de Cîteaux, par Morimont, dont Fitère étoit venu. Le Premier Grand Maître fut Garcias, sous le gouvernement duquel Alexandre III. confirma l'Ordre en 1164, six ans après son établissement, &amp; Innocent III. en 1199. le 28e d'Avril. Ferdinand &amp; Isabelle en 1489. du consentement du Pape Innocent VIII. réunirent à la Couronne la Grande-Maîtrise de l'Ordre de <i>Calatrava,</i> dont les Rois d'Espagne se qualifient Administrateurs perpétuels. Les Chevaliers portent sur l'estomac une croix de gueules fleurdelisée de sinople, accostée en pointe de deux entraves ou menotes d'azur.</p><p>La règle qui leur fut donnée par l'Abbé de Cîteaux étoit celle de Cîteaux, quand ils n'étoient point en campagne, le vivre, le silence, les jeûnes ; les macérations de corps, les veilles, l'oraison, la psalmodie, &amp;c. Leur habit fut aussi le même que celui des Moines de Cîteaux, mais accommodé aux exercices &amp; à la vie militaire. Ils avoient le scapulaire, &amp; un capuce, mais qu'ils ne mettoient point en tête. Ils prétendirent dans la suite que ce capuce ne les distinguoit point assez, &amp; Benoît XIIIe, l'Antipape, la troisième année de son prétendu Pontificat, leur permit de le quitter, &amp; de porter à la place une croix. Manrique, qui rapporte ceci, <i>Cisterc. Ann. T. II.</i> à l'an 1158. c. 2. n. 7. ajoûte qu'on ne peut douter qu'à raison de leurs exercices, on n'eût accourci leur habit, &amp; qu'après même qu'on leur eût permis dans la suite de prendre l'habit séculier, on leur ordonna de le porter de même étoffe &amp; de même couleur qu'auparavant. L'Abbé Justiniani, dans son Tome I. c. 27. p. 390, traite fort au long de cet Ordre, &amp; indique à son ordinaire les Auteurs qui en ont écrit. François de Rades, Chevalier de <i>Calatrava,</i> a fait l'Histoire des Ordres de S. Jacques, de <i>Calatrava,</i> &amp; d'Alcantara, aussi-bien que Franc. Charl. de Torrès ; &amp; Jerôme Mascaregnas a écrit une Apologie pour cet Ordre.</p><p>On juge aisément par ce qui vient d'être dit, que cet Ordre a tiré son nom de la ville, pour la défense de laquelle il s'établit, &amp; dans laquelle il commença. Voyez Mariana, <i>Hist. d'Esp.</i> L. XI. c. 6. &amp; Manrique, <i>Hist. de Cist.</i> T. II. à l'an 1158. c. 1. 2. &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6547" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCAMAR" />
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    <head>CALCAMAR</head>
    <p>
    CALCAMAR , s. m. Oiseau du Brésil. <i>Calcamarus.</i> Il est de la grosseur d'un pigeon. Il nage seulement sur la mer, &amp; ne vole point. Ces sortes d'oiseaux vont en troupes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6548" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="CALCANEUM" />
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    <head>CALCANEUM</head>
    <p>
    CALCANEUM , s. m. Terme d'Anatomie . C'est le second os du tarse, &amp; le plus grand de tous. Il empêche que le corps ne tombe en arrière, étant situé à la partie postérieure du pied. Quelques-uns l'appellent <i>l'os de l'éperon.</i> Il vient du Latin <i>calcaneum.</i> C'est à lui que s'insère le tendon d'Achille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6549" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCÉDOINE" />
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    <head>CALCÉDOINE</head>
    <p>
    CALCÉDOINE . Voyez <ref type="search" target="head:CHALCÉDOINE">CHALCÉDOINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6550" id="1" type="mer">
   <index type="head" value="CALCET" />
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    <head>CALCET</head>
    <p>
    CALCET , s. m. Terme de mer . Assemblage de planches élevées &amp; clouées sur le haut des arbres d'une Galère, &amp; qui sert à renfermer les poulies de bronze qui sont destinées au mouvement des antennes. <i>Carchesium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6551" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCINATION" />
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    <head>CALCINATION</head>
    <p>
    CALCINATION , s. f. Action par laquelle on réduit en chaux &amp; en poudre très-subtile les métaux, &amp; les minéraux, avec un feu violent. Résolution d'un mixte en poudre par le moyen du feu, ou de quelque autre chose de corrosif, comme le mercure, l'eau forte, &amp;c. <i>Calcinatio ; Exustio rei metallicae.</i> La <i>calcination actuelle</i> se fait seulement par le feu. La <i>potentielle</i> se fait par le moyen des esprits corrosifs, qui les pénètre &amp; les dissout, comme l'argent &amp; l'or par les eaux fortes &amp; l'eau régale : &amp; cette calcination est appellée <i>immersive.</i></p><p>Quand on a pendu des cornes, des os, de la corne du pied des chevaux, &amp; autres choses semblables au-dessus d'une eau bouillante, ou de quelqu'autre liqueur, &amp; que ces corps ont perdu leur mucilage, c'est-à-dire, toute la matière grasse &amp; onctueuse qu'ils avoient, &amp; qu'ils peuvent être aisément pulvérisés, quelques Chymistes appellent cela <i>Calcination</i> philosophique. Harris.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>calx</i>, qui vient du Grec , qui, selon le Glossaire Grec-Latin, signifie <i>pierre, ciment.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6552" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="CALCINER" />
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    <head>CALCINER</head>
    <p>
    CALCINER , v. act. Terme de Chymie . Réduire les métaux ou les minéraux en chaux, ou poudre très-subtile, par le moyen du feu. <i>Torrere, exurere, in calcem redigere.</i> L'or se <i>calcine</i> au feu de réverbère avec le mercure &amp; le sel armoniac ; l'argent avec le sel commun &amp; le sel alkali ; le cuivre avec le sel &amp; le soufre ; le fer avec le sel armoniac &amp; le vinaigre ; l'étain avec l'antimoine, le plomb avec le soufre ; le mercure avec l'eau forte : il se <i>calcine</i> aussi tout seul par le feu. Tous les autres minéraux se <i>calcinent</i> au feu sans addition d'aucune drogue. On <i>calcine</i> les pierres à fusil, le cristal &amp; le caillou, en les faisant rougir au feu, &amp; les jettant alors dans l'eau froide, ou dans du vinaigre. Car après qu'on a fait cela quatre ou cinq fois, ces corps deviennent friables, &amp; se réduisent aisément en poudre. Harris. Le vitriol se <i>calcine</i> aussi en le mettant sur le feu dans un vase de terre ; il s'y dissout d'abord en une espèce d'eau ; puis quand il a bouilli jusqu'à ce que toute l'humidité soit consumée, ou qu'il soit réduit en une masse grisâtre, alors on l'appelle vitriol <i>calciné</i> jusqu'à la blancheur. Ensuite si on le laisse long-temps sur un feu violent, il rougit : on le nomme <i>Cocothar.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6552" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALCINER" />
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    <head>CALCINER</head>
    <p>
    Calciné, ée , part. &amp; adj. <i>Tostus, exustus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6553" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCIS" />
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    <head>CALCIS</head>
    <p>
    CALCIS , s. m. Oiseau qui est un Faucon de nuit. Belon, après Aristote, rapporte que cet oiseau ne vole que de nuit, ayant la vûe trop foible de jour. Il a guerre perpétuelle avec l'Aigle, &amp; on les trouve quelquefois attachés par leurs serres. Il fait son nid en des lieux remplis de rochers, où il y a des cavernes, &amp; ne pond que deux oeufs. Il ne paroît guère, parce qu'il se retire dans de hautes montagnes, &amp; dans des lieux déserts, &amp; ne paroît outre cela que la nuit. Il a le champ de son pennage noir, &amp; est de la taille d'un faucon. Les Ioniens l'appelloient <i>Cymindis,</i> ou <i>Cybendis</i> ; on le nommoit aussi Ptinx. Homère en fait mention dans son Iliade. Il porte un collier de plumes dessous la gorge de même que le hibou. Dans les hautes montagnes du Dauphiné il se trouve un oiseau de nuit, que les habitans du pays appellent Arpens, qui fait son nid dans des pays des montagnes escarpées, dans les ouvertures de rochers. Il pourroit bien être de cette espèce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6554" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALÇON" />
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    <head>CALÇON</head>
    <p>
    CALÇON . Voyez <ref type="search" target="head:CALEÇON">CALEÇON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6555" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCUL" />
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    <head>CALCUL</head>
    <p>
    CALCUL , s. m. Supputation de plusieurs sommes ajoûtées, ou soustraites, ou multipliées, ou divisées. <i>Computatio.</i> L'erreur de <i>calcul</i> ne se couvre jamais ni par arrêts, ni par transactions. Quand on arrête un compte ; on sous-entend toujours, sauf erreur de <i>calcul.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6555" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALCUL" />
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    <head>CALCUL</head>
    <p>
    Calcul , se dit aussi des supputations qui se font en Astronomie &amp; en Géométrie. <i>Supputatio.</i> Il faut un long <i>calcul</i> pour faire des Tables Astronomiques, des Ephémérides, des Logarithmes, des Sinus &amp; Tangentes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6555" id="3" type="medecine">
   <index type="head" value="CALCUL" />
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    <head>CALCUL</head>
    <p>
    Calcul , en termes de Médecine , c'est la maladie de la pierre dans la vessie, ou dans les reins. <i>Calculus.</i> Le <i>calcul</i> est une maladie qui vient de ce que nous avons des carrières dans nos corps, dont les matériaux sont bien plus propres à détruire le bâtiment naturel qu'à l'entretenir. Trésor de la prat. de Médec.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6555" id="4" type="">
   <index type="head" value="CALCUL" />
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    <head>CALCUL</head>
    <p>
    Calcul , se prend aussi pour la pierre qui se forme dans nos corps. Le <i>calcul</i> est un corps solide &amp; dur, coagulé en forme de pierre, d'une humeur terrestre &amp; saline, causant de la stupeur, des obstructions &amp; des distentions. Il n'y a point de partie dans notre corps où il ne se puisse engendrer, car la tête, la langue, le poumon, le coeur, <pb n="800" facs="bpt6k8542165/f840/full/1200,/0/native.jpg"/>l'estomac, le foie, la vésicule du fiel, les intestins, le mésentère &amp; la matrice, n'en sont pas exemts ; néanmoins quand on parle du <i>calcul,</i> on entend par antonomase, celui de la vessie ou des reins, à cause qu'il s'engendre plus souvent en ces parties là qu'ailleurs. Les causes du <i>calcul</i> sont la crapule, les crudités, les agitations du corps à contre-temps, sur-tout après le repas, &amp; celles où l'on a le dos courbé, les alimens grossiers, le vin verd, noir, grossier, le vin nouveau, la bière nouvelle &amp; mal dépurée, aller à cheval, la danse, la débauche avec les femmes ; enfin, une disposition naturelle qu'on apporte en naissant, &amp; qui est comme héréditaire.</p><p>Les signes du <i>calcul</i> des reins sont une douleur fixe dans les lombes, l'urine crue, ténue &amp; aqueuse, &amp; quelquefois teinte de sang, l'engourdissement de la jambe qui est du côté du rein où est le <i>calcul,</i> la nausée &amp; le dégoût pour tous les alimens, &amp;c. Les signes du <i>calcul</i> dans la vessie sont l'éjection fréquente, ou la suppression de l'urine, le tenesme, la douleur tout le long de l'uretère, le sédiment sabuleux dans l'urine, &amp;c.</p><p>Il y a une infinité de remèdes pour le <i>calcul.</i> Le plus efficace est la lithotomie, ou extraction du <i>calcul</i> par incision : cette opération se pratique aujourd'hui avec beaucoup de succès par les Chirurgiens François. Voyez Degori dans le <i>Trésor de la pratique de Médecine,</i> &amp; les Auteurs qu'il cite, Jean B. Montanus, Felix Platerus, Horatius Augenius, Pierre Forestus, Jean Crato, Martin Acacia, Hierôme Donzelius, Domin. Panarolle, Hippocrate, Reiner Solimander, Jean Zecchius, Cardan, Jule Scaliger, Avenzoar, Zacutus, Jean Hollet, Jean Helmont, Lazare Rivière, Jean Hartman, Volfang Hoefer, Paul Barbette, Fréderic Deckers, Barthélemi Montagnana, Guillaume Fabrice Hildanus, Jean Prévôt, Médecin de Padoue, Robert Boyle, Daniel Sennert, Pierre Borel, le <i>Journ. des Savans</i> de 1670. obs. 107. p. 245. &amp; obs. 115. p. 277. &amp; de l'an 1672. Bernard Stieberg, Greg. Horstius, Thomas Erastus, Jean Wierus, Othon Heurnius, &amp;c. Voyez aussi M. Dionis dans son <i>Anatomie,</i> &amp; dans son <i>Traité des Opérations,</i> &amp;c.</p><p>Si le <i>calcul</i> est dans la vessie on l'appelle lithiasis ; s'il est dans les reins on l'appelle néphretique.</p><p>Le mot <i>calcul</i> vient du Latin <i>calculus.</i></p><p>Ce qu'on appelle <i>calcul</i> en Médecine, s'appelle pierre dans l'usage ordinaire.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme se trompe en son <i>calcul,</i> quand il fait quelques desseins, ou des raisonnemens sur des principes, ou des suppositions fausses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6556" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCULATEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>CALCULATEUR</head>
    <p>
    CALCULATEUR , s. m. Celui qui calcule. <i>Raciocinator, calculator, computator.</i> Adrien Vlaq étoit un grand <i>calculateur</i> de tables. Origan, Képler, Argolus, ont été de grands <i>calculateurs</i> d'Ephémérides. Robert de Suiset a été surnommé le <i>calculateur,</i> &amp; a été mis par Cardan dans le nombre des douze Auteurs les plus subtils qui aient jamais été.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6557" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCULER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>CALCULER</head>
    <p>
    CALCULER , v. act. Supputer. <i>Computare, supputare.</i> Il a <i>calculé</i> toutes les sommes qui lui sont dûes sur son registre. Les Astronomes <i>calculent</i> les Eclipses, &amp; prédisent au juste celles qui arriveront.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6557" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALCULER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CALCULER</head>
    <p>
    Calculé, ée , part. &amp; adj. <i>Computatus ; supputatus.</i></p><p>Ces mots viennent de <i>calculus,</i> qui signifie en Latin une <i>pierre,</i> parce que les Anciens se servoient de petits cailloux pour faire leurs supputations, comme on se sert aujourd'hui de jettons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6558" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALCULEUX" />
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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>CALCULEUX</head>
    <p>
    &#9758; CALCULEUX , s. m. <i>Calculosus.</i> Qui a le calcul, qui est tourmenté de la gravelle, de la pierre. Les <i>Calculeux,</i> dit Pline, doivent s'abstenir des eaux métalliques. Pline s'est trompé là aussi-bien qu'ailleurs, quand il s'est mêlé du métier d'autrui. Gui Patin.</p><p>&#9758; Calculeux, euse, adj. Pierreux, graveleux. Rien n'est si commun chez les Médecins, tant anciens que modernes, qui ont écrit de la pierre du rein ou de la vessie, que le mot de <i>concretion calculeuse, concretio calculosa, concretiones, calculosae,</i> lit-on en cent endroits de leurs ouvrages. <i>Journ. des Sav. Août</i> 1731.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CALE" />
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    <head>CALE</head>
    <p>
    CALE , s. f. Terme de Marine . C'est le lieu le plus bas du vaisseau, la partie qui entre dans l'eau sous le franc tillac, &amp; qui est dans un bâtiment de mer, ce qu'est la cave dans un bâtiment de terre. Elle s'étend de pouppe en proue. <i>Infimum navis tabulatum.</i> Quand on combat on enferme les esclaves, les gens suspects, sous le tillac à fond de <i>cale.</i> Le fond de <i>cale</i> est le lieu où on met les marchandises &amp; les munitions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALE" />
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , est aussi l'action par laquelle on plonge quelqu'un dans l'eau. <i>Immersio.</i> Ce fut autrefois un passe-temps dont usoient les Goths par forme d'exercice, comme témoigne Olaüs Magnus. Mais ç'a été un supplice entre les Celtes &amp; les François. Les Allemands l'ont pratiqué contre les infames &amp; les fainéans, comme témoigne Tacite. A Marseille &amp; à Bourdeaux les hommes &amp; les femmes de mauvaise vie sont condamnés à la <i>cale,</i> ou à être baignés : &amp; pour cela on les enferme nuds en chemise dans une cage de fer amarrée à la vergue ou au palan d'une chaloupe, &amp; calée plusieurs fois dans la rivière. On en fait autant à Toulouse aux blasphémateurs : &amp; à Marseille c'est aussi un supplice, ou plutôt un châtiment de gens de mer. On les attache à une corde, &amp; on les jette en la mer du haut de la vergue du grand mât : ce qui se fait une ou plusieurs fois suivant la qualité de la faute. Quelquefois on leur attache un boulet de canon aux pieds, pour rendre la chûte plus rapide, &amp; le supplice plus rude. On appelle la <i>cale sèche,</i> lorsque le patient est suspendu à une corde racourcie qui ne descend qu'à cinq ou six pieds de la surface de la mer ou de la terre : c'est une espèce d'estrapade. Ce châtiment est rendu public par un coup de canon qu'on tire, pour avertir ceux de l'escadre ou de la flotte d'en être spectateurs.</p><p>La <i>grande cale,</i> ou la <i>cale par-dessous la quille,</i> est une sorte de supplice en usage parmi les Hollandois. On attache le coupable à une corde par le milieu du corps, puis on le jette à la mer ; alors quelques matelots des plus forts, qui sont de l'autre côté du vaisseau, tirent promptement la corde qui est passée par-dessous la quille, &amp; font ainsi passer sous le vaisseau le coupable qui est attaché à la même corde. La <i>grande cale</i> est un supplice rude &amp; dangereux.</p><p>Du Cange dit qu'on a appellé cela dans la basse Latinité <i>accabussare,</i> &amp; qu'il vient du mot Gascon <i>cabussa</i>, signifiant <i>faire la culbute, se jetter la tête la première.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="3" type="">
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , est aussi un abri ou rade qu'on trouve sur la côte derrière quelque terrein éminent, qui peut mettre de petits bâtimens à couvert des vents &amp; des flots. <i>Apricae fauces, promontorium.</i> On l'appelle autrement <i>calangue.</i> Ce mot n'est en usage que sur la Méditerranée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="4" type="">
   <index type="head" value="CALE" />
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , est aussi une espèce de talus sur le bord de la mer, ensorte qu'on y monte facilement. <i>Acclivitas ; declivitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="5" type="">
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , se dit encore d'un plomb qui sert à la pêche de la morue, pour faire enfoncer l'hameçon au fond de l'eau. <i>Bolis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="6" type="">
   <index type="head" value="CALE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , est aussi une espèce de coëfure de femme, un bonnet plat par enhaut, qui vient couvrir les oreilles, &amp; est échancré par-devant avec une petite bordure de velours. Toutes les Servantes de Brie portent des <i>cales. Calantica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="7" type="">
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , est aussi un bonnet d'homme fait en rond &amp; plat, qui couvre seulement le haut de la tête. <i>Pileus.</i> Tous les Clercs portoient autrefois la <i>cale,</i> &amp; ils le font encore aujourd'hui à la chambre des Comptes. Les Bedeaux, les Pâtissiers, les petits laquais des femmes, portent des <i>cales.</i> Voiture avoit aimé depuis le sceptre jusqu'à la houlette, &amp; depuis la couronne jusqu'à la <i>cale.</i> Saras.</p><p>Borel dérive ce mot d'<i>écaille,</i> aussi-bien que celui de <i>calotte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="8" type="">
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , se dit encore d'un petit laquais qui porte une <i>cale</i> ; on le dit au féminin, comme on dit un bavolet au masculin, en parlant d'une paysanne, qui porte un bavolet. <i>Puer.</i> Il a porté la <i>cale,</i> veut dire, Il a été laquais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6559" id="9" type="">
   <index type="head" value="CALE" />
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    <head>CALE</head>
    <p>
    Cale , chez les Artisans, est une pièce de bois ou d'autre matière en forme de petit coin, qu'on met entre deux pierres, ou deux pièces de bois, pour les serrer &amp; presser. <i>Hypomochlion, Phalanx, assula.</i> On se sert quelquefois de <i>cales</i> de cuivre pour poser le marbre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6560" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CALEBAS" />
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    <head>CALEBAS</head>
    <p>
    CALEBAS , ou CALBAS, s. m. Terme de Marine , est un cordage qu'on amarre par un bout au racage de l'un des pacfis, &amp; par l'autre bout à un arganeau qui est au pied du mât ; ce cordage sert à guinder, &amp; à amener les vergues de pacfis. <i>Funis antennarum erectivus.</i> C'est aussi <pb n="801" facs="bpt6k8542165/f841/full/1200,/0/native.jpg"/>un petit palan dont on se sert pour rider le grand étai.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6561" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CALEBASSE" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CALEBASSE</head>
    <p>
    CALEBASSE , s. f. Terme de Botanique . <i>Cucurbita lagenaria.</i> Prononcez <i>Calbace,</i> plante cucurbitacée, dont la racine est blanche, branchue, &amp; périt toutes les années. Elle jette plusieurs tiges, tendres, grosses comme le petit doigt, anguleuses, longues de plusieurs brasses, couchées par terre lorsqu'elles ne trouvent point de corps voisins auxquels elles puissent s'entortiller &amp; s'attacher par le moyen de leurs vrilles. Ses feuilles sont alternes, arrondies, d'un demi pied environ de diamètre, velues, mollasses, d'une odeur puante &amp; tenant du musc, &amp; soutenues par deux queues longues de cinq à six pouces. Ses fleurs sont blanches, grandes, d'une seule pièce, découpées profondément sur leurs branches en cinq parties. Ces fleurs sont ou stériles, ou fertiles : celles-ci ont à leur partie postérieure un embryon, qui leur sert de calice : il devient par la suite un fruit charnu fait en forme de bouteille ancienne, c'est-à-dire, formée par deux espèces de panse, dont l'inférieure est plus grosse que la supérieure, l'une grande, l'autre petite. La chair de ces fruits est blanchâtre, &amp; contient six ordres de semences, oblongues, étroites, obtuses par un de leurs bouts. Ces semences sont du nombre de celles qu'on nomme semences froides. Il y a quelques Provinces où on appelle ces fruits des <i>Courles bouteilles</i> ; mais ce mot n'est pas François. On appelle la <i>Calebasse</i> une gourde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6561" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALEBASSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CALEBASSE</head>
    <p>
    Calebasse , se prend le plus souvent pour le fruit qui est de différente grosseur, &amp; qui étant bien desséché &amp; vuidé de ses semences, peut contenir du vin ou d'autres liqueurs, &amp; servir aux voyageurs. Les Pélerins sont dépeints avec une <i>calebasse</i> attachée à leur bourdon, ou à leur côté. Il marchoit le bourdon à la main &amp; la <i>calebasse</i> au côté. Bouhours. Les Pélerins, les soldats, se servent de <i>calebasses</i> pour porter du vin. Les <i>calebasses</i> servent pour apprendre à nager. Ce mot, selon quelques-uns, est Arabe.</p><p>On dit proverbialement, Frauder la <i>calebasse ; Illudere, fallere,</i> pour dire, Tromper son compagnon, boire ce qui est dans la <i>calebasse</i> en son absence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6561" id="3" type="jardinage">
   <index type="head" value="CALEBASSE" />
   <index type="src_domain" value="jardinage" />
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    <head>CALEBASSE</head>
    <p>
    Calebasse , en termes de Jardinage , est une prune qui au lieu de grossir, &amp; de conserver son verd, devient large &amp; blanchâtre, &amp; enfin tombe sans venir à maturité. La Quint. &amp; Liger. Les Jardiniers disent, voilà des prunes qui viennent toutes en <i>calebasse</i> ; &amp; on se sert de ce terme, à cause que pour lors elles en ont la figure. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6562" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALEBASSIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CALEBASSIER</head>
    <p>
    CALEBASSIER , s. m. <i>Cuicte F.</i> est un arbre qui croît à la hauteur de nos pommiers, &amp; à-peu-près de la même grosseur ; son tronc est tortueux, couvert d'une écorce grise &amp; raboteuse, divisé en plusieurs branches composées d'autres plus petites, chargées de feuilles pointues, longues d'un demi pied sur un pouce de largeur, plus larges dans le milieu que par l'une ou l'autre de leurs extrémités, lisses, glabres, d'un verd clair en dessous, &amp; plus obscur en dessus, &amp; qui naissent comme par bouquet. Ses fleurs, qui sortent du tronc ou des branches, sont d'une seule pièce, blanchâtres, en forme de cloche, irrégulières, longues d'un pouce &amp; demi sur un pouce de largeur, pointillées sur leur surface, &amp; d'une odeur désagréable. Ses étamines sont blanches, &amp; le calice de la fleur est verdâtre, à deux feuilles arrondies, du milieu desquelles s'élève un pistile qui devient un fruit semblable aux calebasses &amp; au potiron, de différente figure &amp; grosseur, composé d'une écorce dure &amp; épaisse, d'une couleur blanchâtre, &amp; de semences pareilles à celles du concombre, mais brunes. On nomme communément ce fruit <i>couit.</i> Il y a plusieurs espèces de <i>calebassiers</i> dans nos Isles d'Amérique. Maigr. Du Tertre, Rochefort, Plumier.</p><p>Cet Arbre fournit la plus grande partie des petits meubles du ménage des Indiens, &amp; des habitans étrangers, qui font leur demeure en ces Isles. Les Chasseurs des Isles se servent de son fruit pour étancher leur soif au besoin, &amp; ils disent qu'il a le goût du vin cuit ; mais qu'il resserre trop le ventre. Les Indiens polissent l'écorce &amp; l'émaillent si agréablement avec du roucou, de l'indigo &amp; plusieurs autres belles couleurs, que les délicats peuvent manger &amp; boire sans dégoût dans les vaisseaux qu'ils en forment. Il y a aussi des curieux qui ne les estiment pas indignes de tenir place entre les raretés de leurs cabinets.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6563" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALEBOTIN" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [cuir, peaux]" />
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    <head>CALEBOTIN</head>
    <p>
    CALEBOTIN , s. m. C'est une espèce de petit panier sans anse en forme de piquotin ; ou un cul de chapeau où les Cordonniers mettent le fil &amp; les alênes. <i>Quasillus sutorius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6564" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALÈCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CALÈCHE</head>
    <p>
    CALÈCHE , s. f. Petit carrosse coupé qui a d'ordinaire plusieurs ornemens. <i>Rheda minor, Pilentum.</i> Il sert aux jeunes hommes qui veulent marcher en parade. Ainsi Molière a dit dans les Fâcheux :</p><p>On appelle aussi <i>calèche,</i> Une sorte de carrosse léger, entouré de Mantelets, &amp; dont on se sert pour se promener dans les jardins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6565" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALEÇON" />
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    <head>CALEÇON</head>
    <p>
    CALEÇON , Quelques-uns disent <i>Calçon,</i> d'autres <i>Caneçon,</i> mais ces derniers parlent mal. C'est un vêtement qui couvre les cuisses, qu'on attache à la ceinture, &amp; qu'on met sur la chair nue, enfermant néanmoins dedans le bas de la chemise. <i>Interiora feminalia, interius subligar, subligaculum.</i> Il est ordinairement de toile ; mais on en fait aussi de chamois, de taffetas, &amp;c. Il se faut garder des femmes qui portent le <i>caleçon</i> ; c'est-à-dire, qui dominent leurs maris.</p><p>On dit aussi des <i>caleçons</i> au pluriel, quoiqu'il n'y ait qu'un simple <i>caleçon.</i></p><p>Ce mot est tiré du Latin <i>calceare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6566" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALÉDONIEN, ENNE" />
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    <head>CALÉDONIEN, ENNE</head>
    <p>
    CALÉDONIEN, ENNE , subst. <i>Caledonius, a.</i> Les Historiens Romains Dion-Cassius &amp; Hérodien, divisent les Ecossois en deux nations principales, à la première desquelles ils donnent le nom de Méates, &amp; à la seconde celui de <i>Calédoniens.</i> Quelques Modernes croient que ce sont les mêmes que les Historiens du pays nomment Pictes. Les <i>Calédoniens</i> habitoient la partie Septentrionale de l'Ecosse. Il y avoit une vaste forêt appellée <i>Caledonia Silva,</i> fameuse par la grandeur des ours qu'elle nourrissoit.</p><p>Cambden dérive ce mot de <i>Kaled,</i> ancien nom Breton, qui signifie <i>dur,</i> &amp; qui vient de , <i>galad,</i> qui signifie s'endurcir, en Hébreu, en Syriaque &amp; en Arabe. Lloyd approuve cette étymologie. Les <i>Calédoniens</i> étoient des gens durs, grossiers, barbares ; &amp; leur pays, qu'on appelloit <i>Caledonia,</i> est tout hérissé de montagnes. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui les Provinces de Brai, d'Albain, d'Athol &amp; de Perth. Ils s'étendirent ensuite au-delà du Tay, &amp; donnerent aussi le nom de Calédonie à ces nouvelles terres qu'ils occuperent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6566" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALÉDONIEN, ENNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CALÉDONIEN, ENNE</head>
    <p>
    Calédonien, enne , adj. Qui appartient aux Calédoniens, ou au pays des Calédoniens. <i>Caledonius, a.</i> La forêt <i>Calédonienne, Silva Caledonia.</i> Elle s'étendoit dans les Provinces de Mentheit, &amp; de Sterling, &amp; coupoit la montagne Grampe, aujourd'hui Grandzbaine, par la moitié, tirant de l'Est à l'Orient. Larrey. L'Océan <i>Calédonien, Oceanus Caledonius,</i> ou <i>Deucaledonius,</i> c'est la partie de l'Océan Septentrional, qui s'étend depuis les côtes Septentrionales de l'Isle de la Grande Bretagne jusques aux côtes Méridionales de l'Islande.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6567" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="CALÉFACTION" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
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    <head>CALÉFACTION</head>
    <p>
    CALÉFACTION , s. f. Terme dogmatique . Action du feu qui cause de la chaleur. <i>Calefactus.</i> On l'emploie particulièrement en Philosophie, &amp; en termes de Pharmacie , où on fait différence de la <i>calefaction</i> d'avec la <i>coction.</i> Celle-là se dit des choses qu'on chauffe seulement sans les cuire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6568" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALEMAR" />
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    <head>CALEMAR</head>
    <p>
    CALEMAR , s. m. Casse ou canon d'une écritoire portative : qui sert d'étui pour y mettre des plumes, un canif. <i>Calamorum theca.</i> Ce mot n'est guère en usage qu'au Collége. Il vient de <i>calamus, plume</i> ou de <i>calamarium,</i> qui signifioit <i>écritoire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6569" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALEMENT" />
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    <head>CALEMENT</head>
    <p>
    CALEMENT , s. m. <i>Calamintha.</i> Cette plante est aromatique. Ses racines sont vivaces, branchues, chevelues, &amp; n'ont presque point d'odeur ; elles donnent des tiges quarrées, hautes de deux pieds, branchues, un peu velues &amp; garnies de feuilles opposées, longues d'un pouce ou un pouce &amp; demi sur un peu moins de largeur, légèrement velues, dentelées sur leurs bords, d'une odeur forte &amp; aromatique, &amp; soutenues par des queues assez courtes. De leurs aisselles sortent des pédicules branchus, terminés par des fleurs purpurines en gueule divisées en deux lèvres, dont la supérieure est arrondie &amp; fendue en deux, &amp; l'inférieure est partagée en trois. Chaque fleur a son calice, qui est un tuyau long d'environ quatre à cinq lignes, <pb n="802" facs="bpt6k8542165/f842/full/1200,/0/native.jpg"/>verd &amp; dentelé à son extrémité. Il contient quatre semences dans son fond. Ce genre renferme plusieurs espèces ; celle-ci est nommée par Gaspar Bauhin <i>Calamintha vulgaris, vel Officinarum Germaniae.</i> On peut à son défaut employer celles des autres espèces qui ont une odeur aromatique. Le <i>Calement</i> entre dans la Thériaque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6570" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALENDER" />
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    <head>CALENDER</head>
    <p>
    CALENDER , subst. m. Nom d'une espèce de Derviches, ou Religieux de Perse &amp; de Turquie. <i>Calenderus.</i> Les <i>Calenders</i> tirent leur rom de Santon Calendri leur fondateur. C'est une secte d'Epicuriens, plutôt qu'une Société de Religieux. Ils ne s'adonnent qu'aux plaisirs, ne croyant pas qu'un cabaret soit un lieu moins saint qu'une Mosquée. Comme ils ne sont pas moins voleurs que débauchés &amp; charlatans, pour ne les point recevoir dans les maisons, on a bâti de petites chapelles proche des Mosquées, où on les oblige de se retirer. Malgré tous leurs vices, outre le nom de <i>Calenders,</i> on leur donne encore celui d'<i>Abdallas,</i> c'est-à-dire, Serviteurs de Dieu. Castel dit que ce n'est qu'en Perse qu'on leur donne ce beau nom. Voyez d'Herbelot à ce mot, &amp; Vigenère dans ses <i>Descr. des Magistrats &amp; Officiers Turcs,</i> p. 23. où il les représente comme très-austères, au moins en apparence.</p><p>Ce nom , <i>Kalender,</i> selon Meninski, signifie, Un Solitaire, un Moine Mahométan, ou bien un vagabond, qui se rase la barbe &amp; les cheveux. Castel dit qu'il signifie, Un homme qui renonce au mariage, à sa famille, à tout ; Meninski admet encore cette signification. Ainsi selon Castel il vient de , mis apparemment pour , <i>tout,</i> &amp; , quatrième conjugaison Arabe de , dans laquelle il signifie <i>ôter, retrancher. Calender</i> est celui qui se retranche tout, &amp; je ne vois pas où les Auteurs du Moréri ont pris que les <i>Kalenders</i> ont été appellés <i>Kalanderans,</i> parce qu'ils mangent tout ce que leurs Auditeurs leur donnent, &amp; prennent tout l'argent qu'on leur présente. Je ne trouve rien dans les langues Orientales qui conduise à cette interprétation, ou à cette étymologie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALENDES</head>
    <p>
    CALENDES , s. f. plur. C'est ainsi que les Romains nommoient le premier jour de chaque mois. <i>Calendae.</i> On se sert encore aujourd'hui dans la Chancellerie Romaine de cette façon de compter, &amp; on y date toutes les provisions des Bénéfices, des <i>Calendes</i> de Janvier, de Février, quand on les accorde les premiers jours de ces mois-là. C'étoit aux <i>Calendes</i> de Mars que les Romains avoient coutume de faire leurs contrats, parce que l'année avoit commencé par ce jour-là, lorsque les Romains ne donnoient que dix mois à leur année.</p><p>Ce mot est venu du Latin <i>calere,</i> parce que le jour des <i>Calendes,</i> qui étoient le premier jour du mois, le Pontife publioit à haute voix quel jour seroient les Nones, ou le cinq ou le sept du mois ; ou plutôt, parce que dans les commencemens le petit Pontife avoit la charge d'observer quand le croissant de la lune commençoit à paroître, pour l'annoncer au peuple, ce qu'ils appelloient <i>calare.</i> Macrob. Liv. I. ch. 15. &amp; 16. <i>Calare</i> venoit apparemment du Grec , <i>voco,</i> qui vient de l'Hébreu , <i>voix,</i> d'où s'est fait en Arabe , <i>Cala,</i> c'est-à-dire, parler. Les <i>Calendes</i> étoient dédiées à Junon selon Varron. C'étoit un jour fatal pour les débiteurs, parce que le terme des contrats expiroit ce jour-là ; c'est pourquoi Horace les appelle tristes &amp; incommodes. On les comptoit en rétrogradant, en sorte que le 14. de Décembre étoit marqué le 19. avant les <i>Calendes</i> de Janvier. Voyez <ref type="search" target="head:Mois">Mois</ref>. Pour trouver le quantième que nous avons des <i>Calendes,</i> il faut voir quel nombre de jours il reste au mois dans lequel on est, &amp; ajoûter deux à ce nombre. Par exemple, si l'on est au 22e d'Avril, on est au 10e des <i>Kalendes</i> de May ; car Avril a 30. jours ; de 30. ôtez 22. reste 8. ajoûtez 2. c'est 10.</p><p>On dit proverbialement, Renvoyer un homme aux <i>Calendes</i> Grecques ; pour dire, le remettre à un temps qui ne viendra point, parce que les <i>Calendes</i> ont été de tout temps inconnues en Grèce.</p><p>
    </p>
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    <head>CALENDES</head>
    <p>
    Calendes , se dit quelquefois dans l'Histoire Ecclésiastique pour les Conférences que les Curés &amp; les Prêtres faifoient au commencement de chaque mois sur leurs devoirs. <i>Collationes Calendis fieri solitae à Clericis.</i> Atton de Verceil fit un Capitulaire, ou Instruction générale à son Clergé &amp; à son peuple, distribuée en cent articles, &amp; tirée principalement du Capitulaire de Théodulphe, &amp; des Conciles. Il y recommande les <i>Calendes,</i> c'est-à-dire, les Conférences des Curés &amp; des Clercs au commencement de chaque mois, pour s'instruire de leurs devoirs : ce qui semble n'avoir commencé qu'au siècle précédent, comme on voit par les Statuts Synodaux de Riculphe de Soissons. Fleury. C'est-à-dire, au IXe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALENDRIER</head>
    <p>
    CALENDRIER , s. m. Distribution du temps que les hommes ont ajustée à leurs usages ; Table, ou Almanac qui contient l'ordre des jours, des semaines, des mois &amp; des Fêtes qui arrivent pendant l'année. <i>Fasti, Calendarium.</i> On se sert dans le Bréviaire du <i>Calendrier</i> Romain, ou Grégorien. Le Pape Grégoire XIIIe a réformé le <i>Calendrier</i> la nuit du 4. d'Octobre ; &amp; le lendemain au lieu du 5. on compta le 15. du même mois de l'année 1582. en retranchant 10. jours qui s'étoient glissés de trop dans la supputation ordinaire, depuis le Concile de Nicée tenu en 325. L'erreur venoit de ce que l'année solaire, ou Julienne n'est pas de six heures entières au-delà des 365. jours. Il y a 11. minutes moins ; &amp; ce qu'il y a de moins avoit produit un excès de 10. jours : ensorte que l'équinoxe de Mars, qui doit être au 21. étoit remonté jusqu'à l'onzième. Le <i>Calendrier</i> Romain doit sa première origine à Romulus. Il distribua le temps en certaines portions, pour l'usage du peuple qui s'étoit rassemblé sous sa conduite. Comme il connoissoit beaucoup mieux les affaires de la guerre, que les mouvemens Astronomiques, il divisa l'année en dix mois, &amp; la fit commencer au printemps, &amp; au 1r de Mars. Il s'imagina que le soleil parcouroit toutes les différentes saisons de l'année en 304. jours. Son <i>Calendrier</i> fut réformé sous le règne de Numa, lequel y ajoûta deux autres mois, celui de Janvier, &amp; de Février, qu'il plaça avant le mois de Mars, ainsi son année étoit de 355. jours : &amp; il la fit commencer au 1r de Janvier. Cependant à la manière des Grecs, il voulut encore faire une intercalation de 45. jours qu'il partagea en deux, intercalant au bout de deux années un mois de 22. jours, &amp; après deux autres années, un autre mois de 23. jours. On appella ce mois interposé, <i>Mercedonius,</i> ou Février intercalaire. Mais ces intercalations mal observées par les Pontifes, à qui Numa en avoit commis le soin, causerent tant de désordre dans la constitution de l'année, que César comme souverain Pontife travailla à y remédier. Il choisit Sosigenes, célèbre Astronome de son temps, lequel trouva que la dispensation des temps dans le <i>Calendrier</i> ne pouvoit jamais recevoir d'établissement certain &amp; immuable, si l'on n'avoit égard au cours annuel du soleil. Ainsi comme la durée annuelle du cours du soleil est de 365. jours &amp; 6. heures, il régla l'année à un pareil nombre de jours. Cette année de la correction du <i>Calendrier</i> fut une année de confusion, parce que pour absorber &amp; consumer le grand nombre de jours (67) que l'on avoit ajoûtés mal-à-propos, &amp; qui apportoient de la confusion dans la supputation des temps, il fallut ajoûter deux mois, outre le <i>Mercedonius,</i> qui se trouva par hazard dans la même année. Elle fut donc de 15. mois, ou de 445 jours : cette réformation fut faite l'an de Rome 708. &amp; 42. ou 43. ans avant la naissance de Jesus-Christ. Le <i>Calendrier</i> Romain, ou Julien, parce qu'il fut réformé par Jules César, est disposé par périodes quadriennales, dont les trois premières années, qu'il appelloit communes, sont de trois cents soixante-cinq jours ; &amp; la quatrième Bissextile de 366 à cause des 6 heures qui font un jour en 4 ans, ou un peu moins : car en 134 ans, il faut retrancher un jour intercalaire. C'est pourquoi le Pape Grégoire XIIIe ordonna que la 100e année de chaque siècle seroit sans bissexte, excepté la 100e du IVe siècle, c'est-à-dire, qu'on fait un retranchement de trois jours bissextes dans l'espace de quatre siècles, à cause des onze minutes qui manquent aux six heures dont on compose la bissexte. Mr Cassini démontre qu'au bout de 400. ans il y aura encore plus de deux jours de variation dans l'équinoxe. Les Grecs &amp; les Protestans, excepté la Hollande, gardent encore l'ancien usage.</p><p>Mr Blondel a écrit l'Histoire du <i>Calendrier</i> Romain, son origine &amp; ses changemens, &amp; Clavius lui même en a fait un Traité. Gassendi en a fait aussi un beau Traité. On ne parle que de Clavius pour la réformation du <i>Calendrier</i> Romain. Cependant Ciaconius y travailla avec lui par l'ordre de Grégoire XIII. On a oui dire à Mr Huet que <pb n="803" facs="bpt6k8542165/f843/full/1200,/0/native.jpg"/>Scaliger ne se fit Huguenot que par chagrin de ce qu'on ne l'avoit pas employé à la réformation du <i>Calendrier.</i> Car il se trouva en ce temps-là à Rome à la suite des jeunes Gentilshommes François, dont il avoit été Précepteur, &amp; qui voyageoient pour lors. Tychobrahé a observé que si la réformation Grégorienne n'a pas été portée jusqu'à la dernière précision, c'est qu'il est impossible d'y arriver. On a donné le nom de <i>Calendrier</i> aux tables dressées pour marquer les jours de l'année, parce que le nom de <i>Calendes</i> se voyoit écrit en gros caractères à la tête de chaque mois. Le <i>Calendrier</i> Gélaléen, c'est la correction du <i>Calendrier</i> Persien, faite par ordre du Sultan Gélaleddin Malekschah le Selgiucide, &amp; ensuite par le Sultan Gélaleddin Mankbemi le Kovaresmien. D'Herbelot. Cette réforme fut faite l'an 467. de l'Hegire 188. de Jesus-Christ. Voyez le même Auteur au mot <i>Moctadi.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CALENDRIER</head>
    <p>
    Calendrier . Catalogue, fastes où les Eglises décrivoient autrefois les noms des Saints qui étoient honorés par-tout, &amp; les Saints particuliers qu'elles honoroient, c'est-à-dire, leurs saints Evêques, leurs saints Martyrs, &amp;c. On trouve encore aujourd'hui un très-ancien <i>Calendrier</i> de l'Eglise de Rome. C'est le plus ancien de ces <i>Calendriers</i> que nous ayions. Il fut dressé vers le milieu du IVe siècle sous le Pape Libère selon Baillet, &amp; selon M. Chastelain sous le Pape Jules en 336. Le P. Gilles Boucher, Jésuite d'Arras, le publia l'an 1634. à Anvers dans ses Commentaires sur le cycle paschal. Il venoit de M. de Peiresc. Poléméus Silvius en fit un à Rome en 448, qu'il adressa à S. Eucher Evêque de Lyon. Il comprenoit les Fêtes des Gentils &amp; des Chrétiens, qui étoient encore en très-petit nombre. Bollandus en a donné le commencement, &amp; a promis le reste en sa Préface adressée à l'Abbé de Lessies. Le <i>Calendrier</i> de l'Eglise de Carthage dressé vers l'an 483. a été découvert par le P. Mabillon, qui en trouva à Clugny une copie rongée de vers, collée autour de la couverture de bois d'un Commentaire de S. Jérôme sur Isaïe, écrite en caractères Romains du VIIe siècle ; elle a été depuis envoyée à Paris, où elle se conserve dans, l'Abbaye de S. Germain des Prez. Ce <i>Calendrier</i> commence au 19e d'Avril, &amp; finit au 16e de Février. Le Père Mabillon l'a fait imprimer dans ses Analectes avec des Notes, &amp; Dom Thierry sans Notes dans ses <i>Acta Martyrum sincera.</i></p><p>Le <i>Calendrier</i> de l'Eglise d'Ethiopie &amp; celui des Cophtes a été dresse après l'an 760. Il commence au 29e jour d'Août selon notre manière de compter ; c'est le premier jour de leur mois Thoth &amp; de leur année. Il marque à chaque jour ce qu'il y a de commun à chacune de ces Eglises, &amp; ce qu'il y a de particulier à l'une &amp; à l'autre. Job Ludolph l'a publié. Le <i>Calendrier</i> des Syriens imprimé par Génébrard est si imparfait qu'on n'en peut presque rien tirer de sûr. Le <i>Calendrier</i> des Moscovites, donné par le Père Papebrock dans son <i>Propylaeum</i> du mois de Mai, est presque entièrement semblable à celui des Grecs, donné par, Génébrard, par plusieurs autres, &amp; par le P. Papebrock lui-même dans le même <i>Propylaeum</i> en vers hexamètres Grecs.</p><p>Le <i>Calendrier</i> qui se trouve au Xe Tome du Spicilége de Dom d'Achery, sous le nom d'année solaire, n'est qu'un ancien <i>Calendrier</i> de l'Eglise d'Arras. Le <i>Calendrier</i> publié en 1687. à Ausbourg par Beckius, sous le nom de Martyrologe de l'Eglise Germanique, n'est apparemment que l'ancien <i>Calendrier</i> d'Ausbourg, ou plutôt de Strasbourg, qui n'a été dressé, ou pour le moins écrit que tout à la fin du Xe siècle au plutôt, puisque S. Ulrich mort en 973, &amp; canonizé en 993, y est de la première main. Le <i>Calendrier</i> Mozarabique, dont on se sert encore dans cinq Eglises à Tolede, &amp; dans une Chapelle de l'Eglise Métropolitaine de la même ville ; l'Ambrosien de Milan, &amp; ceux des Eglises d'Angleterre avant le Schisme, n'ont que ce qui se voit dans ceux des autres Eglises d'Occident ; savoir, les Saints honorés par-tout, &amp; ceux qui sont particuliers aux lieux pour lesquels ont été dressés ces <i>Calendriers.</i> Il y en a aussi de Clugny, de Sens &amp; de Lisieux, &amp; un du Bréviaire d'Aquilée, dit le Patriarchin. Celui-ci a été en usage à Côme jusqu'à S. Charles. Ce que Leo Allatius &amp; le P. Fronteau de sainte Geneviève ont donné sous le nom de <i>Calendrier,</i> n'est qu'un ancien Recueil d'Evangiles de la Messe. M. Chastelain parle de ces <i>Calendriers</i> dans l'Avertissement de son Martyrologe plus en détail, &amp; beaucoup plus exactement que M. Baillet dans le discours préliminaire de ses <i>Vies des Saints.</i></p><p>Il ne faut pas confondre ces anciens <i>Calendriers</i> avec les Martyrologes. Car chaque Eglise avoit son <i>Calendrier</i> particulier, au lieu que les Martyrologes regardent toute l'Eglise en général, &amp; qu'ils renferment les Martyrs &amp; les Confesseurs de toutes les Eglises ; ensorte que de tous les <i>Calendriers</i> on en a formé un Martyrologe, &amp; ainsi les Martyrologes sont postérieurs aux <i>Calendriers.</i> C'est pourquoi l'Eglise de Rome n'a pas eu non plus que les autres Eglises un Martyrologe particulier. Aussi Usuard n'en a-t-il fait aucune mention, quoiqu'il ait parlé de tous ceux qui avoient composé des Martyrologes avant lui. Consultez la Dissertation de Henry de Valois touchant le Martyrologe Romain ; elle a été imprimée à la fin de ses Notes sur l'Histoire Ecclésiastique d'Eusèbe. Voyez aussi le P. Petau dans son savant Ouvrage <i>De Doctrina temporum,</i> le <i>Calendrier</i> Romain par M. Blondel, &amp;c.</p><p>On dit proverbialement, Réformer le <i>Calendrier,</i> pour se mocquer de ceux qui veulent trouver à redire à ce qui est bien fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6573" id="1" type="botanique">
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    <head>CALENDULE</head>
    <p>
    CALENDULE , s. f. Terme de Botanique . Plante qu'on appelle autrement <i>Soucy,</i> &amp; en Latin <i>Calendula,</i> ou <i>Caltha.</i> Voyez <ref type="search" target="head:SOUCY">SOUCY</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6574" id="1" type="">
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    <head>CALENGE</head>
    <p>
    CALENGE , s. m. Vieux mot &amp; hors d'usage, qui est pourtant fort fréquent dans les Coutumes, qui signifie, Débat, contestation, &amp; plainte criminelle en Justice, même la prise de corps qui se fait par un Sergent. <i>Altercatio.</i> Il s'est dit premièrement de la prise &amp; accusation des bêtes trouvées en dommage ; &amp; on a dit <i>calenger,</i> ou <i>calengier, chalenger</i> &amp; <i>chalonger</i> ; pour dire, Faire dommage en l'héritage d'autrui ; d'où on l'a étendu à l'accusation &amp; dénonciation en Justice ; on l'a aussi dit pour <i>blamer, débatre, contredire.</i> On a même dit <i>calenger</i> par un gage de bataille ; pour dire, Faire un défi corps à corps entre deux champions. On a aussi appellé <i>Calengé,</i> un prisonnier. Il a signifié aussi quelquefois <i>louer,</i> &amp; en Normandie on s'en sert encore pour dire <i>barguigner.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALENTER</head>
    <p>
    CALENTER , s. m. Terme de Relation . Olearius dit, dans son <i>Voyage de Perse,</i> que les Perses appellent ainsi les Trésoriers &amp; Receveurs des Finances d'une Province. <i>Quaestor.</i> Le <i>Calenter</i> a la direction du Domaine du Sophi ou Roi de Perse, &amp; fait la recette des deniers, dont il rend compte au Conseil, ou si le Sophi l'ordonne, au Gouverneur de la Province, qu'ils appellent Cham.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALEPIN</head>
    <p>
    CALEPIN , subst. masc. Antoine <i>Calepin,</i> Religieux Augustin, ainsi nommé de Calepio Bourg du Bergamasque, où il étoit né, a fait un Dictionnaire qu'il imprima en 1503. qu'on appelle de son nom, <i>Calepin,</i> un <i>Calepin</i> ; &amp; qui fait qu'on dit quelquefois en général <i>Calepin</i> pour Dictionnaire. <i>Lexicon, Dictionarium.</i> Consultez votre <i>Calepin.</i> Il ne compose rien qu'il n'ait un <i>Calepin</i> devant les yeux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALER</head>
    <p>
    CALER , v. act. Terme de Marine . Baisser les voiles. <i>Velà dimittere, contrahere.</i> On dit plus ordinairement, Amener les voiles.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>chalare,</i> qui a été fait du Grec , qui signifie la même chose. Isidore le dérive aussi de <i>calare</i> ; Du Cange de l'Italien <i>calare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALER</head>
    <p>
    Caler , signifie aussi sur la mer, Enfoncer quelque chose, &amp; la faire tomber dans l'eau. <i>Dimittere. Cale tout,</i> est un commandement de laisser tomber tout d'un coup ce que l'on tient suspendu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALER</head>
    <p>
    Caler , en termes d'Architecture , c'est pour arrêter la pose d'une pierre, mettre une cale de bois mince qui détermine la largeur du joint, pour la ficher avec facilité. <i>Hypomochlion subjicere, summittere assulam.</i> Les Ménuisiers &amp; les autres artisans, qui se servent de cale dans leurs ouvrages, disent aussi <i>caler.</i></p><p>On le dit figurément en choses morales. Il faut <i>caler</i> la voile ; pour dire, Ployer, s'humilier devant un plus puissant que soi ; ou dans un mauvais temps, pour trouver une plus favorable occasion de faire ce qu'on avoit dessein. <i>Cedere alicui, se submittere.</i> Ce mot est bon en ce sens, mais il est du bas style. On le dit même absolument, Il faut <i>caler.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALER</head>
    <p>
    Caler , signifie aussi, Ôter la première peau des noix vertes. <i>Decorticare, corticem avellere.</i></p><p>On ne sait où Furetière a pris le mot de <i>caler</i> en ce sens. On dit bien <i>écaler</i> des noix ; mais pour <i>caler</i> on ne le trouve nulle part.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALER</head>
    <p>
    Se caler , s'est dit autrefois pour <i>se taire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALFAS</head>
    <p>
    CALFAS , ou plutôt, CALFAT, s. m. Terme de Marine . Radoub d'un navire dont on bouche les trous, &amp; qu'on enduit de suif &amp; de poix, ou goudron, pour empêcher qu'il ne fasse eau. <i>Navalis stipatio.</i> On le dit aussi de l'étoupe faite de vieux cordages, &amp; enduite de brai, qui est de la poix mêlée avec de l'huile de poisson, qu'on pousse dans les joints du vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALFAS</head>
    <p>
    Calfat , s. m. Calfateur ; celui qui calfate le vaisseau. <i>Navalis munitor, stipator.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALFAS</head>
    <p>
    Calfat , c'est aussi l'instrument qui sert à calfater. <i>Instrumentum stipandae navi comparatum.</i> Le <i>calfat simple</i> est un peu coupant, &amp; tant soit peu large, pour pousser l'étoupe dans le fond de la couture. Le <i>calfat double</i> est rayé, &amp; paroît double par le bout ; il sert à rabattre les coutures. Le <i>calfat à fret</i> est moins large que le premier. Le bout est à demi-rond. On s'en sert pour sonder autour des têtes de cloux &amp; des chevilles, &amp; chercher s'il y a quelque ouverture, afin d'y pousser de l'étoupe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALFATAGE</head>
    <p>
    CALFATAGE , subst. m. se dit de l'étoupe qu'on a fourrée dans la couture du vaisseau. <i>Navis stipatio.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CALFAT">CALFAT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CALFATER</head>
    <p>
    CALFATER , v. act. Radouber un navire. <i>Munire, communire, juncturas navigii stipare.</i> On radoube &amp; on <i>calfate</i> un vaisseau, en rebouchant les voies d'eau avec des plaques de plomb ou de bois, &amp; des étoupes. <i>Calfater</i> les sabords, c'est remplir d'étoupe le vuide du tour des sabords, comme les coutures du vaisseau.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>calafatare,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification. Il est dérivé de l'Hébreu <i>caphar</i>, qui signifie <i>enduire de bitume,</i> d'où on a fait <i>cafater,</i> puis <i>calfater.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6581" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALFATEUR" />
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    <head>CALFATEUR</head>
    <p>
    CALFATEUR , s. m. Celui qui donne le calfat à un vaisseau. <i>Navalis munitor, stipator.</i> Le <i>Calfateur</i> doit examiner soir &amp; matin le vaisseau, pour voir s'il ne s'y fait point quelque voie d'eau, &amp; l'arrêter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6582" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALFATIN" />
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    <head>CALFATIN</head>
    <p>
    CALFATIN , s. m. C'est le valet du Calfateur. <i>Stipatoris nautici administer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6583" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALFEUTRAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CALFEUTRAGE</head>
    <p>
    &#9758; CALFEUTRAGE , s. m. L'action de calfeutrer, ou l'ouvrage de celui qui calfeutre. Travailler au <i>calfeutrage</i> d'une fenêtre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6584" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALFEUTRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>CALFEUTRER</head>
    <p>
    CALFEUTRER , v. act. Boucher bien les fentes, les ouvertures d'une chambre, pour empêcher qu'il n'y vienne du vent, &amp; principalement par les portes &amp; les fenêtres ; ce qu'on fait souvent avec du feutre ou du drap. <i>Stupârimas sarcire, opplere.</i></p><p>Ce mot vient de l'Allemand <i>calefaten</i>, qui signifie <i>hiantia committere &amp; solidare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6585" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIBITE" />
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    <head>CALIBITE</head>
    <p>
    CALIBITE . Voyez <ref type="search" target="head:CALYBITE">CALYBITE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIBRE" />
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    CALIBRE , s. m. Ouverture d'une pièce d'artillerie, &amp; de toute autre arme à feu, par où entre &amp; sort la balle : c'est le diamètre de la bouche d'un canon, &amp; de toutes sortes d'armes à feu. <i>Oris aenei tormenti amplitudo, modus.</i> Ces pièces de canon sont de même <i>calibre.</i> La règle du <i>calibre</i> est un instrument dont se servent tous les Ingénieurs à feu, qu'on appelle autrement <i>verge sphéréométrique,</i> qui leur sert à trouver &amp; à prendre la mesure du diamètre, ou de l'ouverture du canon ou mortier proportionnée aux boulets dont ils les veulent charger. Voyez Casimir Polonois, qui en enseigne plusieurs méthodes curieuses, tant géométriques que méchaniques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALIBRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    Calibre , se dit aussi de la grosseur du boulet, ou de la balle, <i>Amplitudo, modus</i> ; &amp; on les appelle de <i>calibre,</i> quand ils sont de même grosseur que le <i>calibre</i> de la pièce à laquelle ils sont destinés.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>aequilibrium.</i> On a dit autrefois <i>qualibre.</i> D'Herbelot le fait venir de l'Arabe <i>calib,</i> qui signifie <i>moule.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="3" type="">
   <index type="head" value="CALIBRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    Calibre , se dit figurément en Morale des choses, qui étant comparées les unes aux autres, se trouvent de même ou de différente valeur &amp; proportion. <i>Convenientia.</i> Ces parties sont toutes deux de robe, de même profession, mais elles ne sont pas de même <i>calibre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="4" type="">
   <index type="head" value="CALIBRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    Calibre , en Architecture, signifie Volume, grosseur. <i>Amplitudo, modus.</i> Ces deux colonnes sont de même <i>calibre</i> ; pour dire, elles ont un même diamètre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="5" type="">
   <index type="head" value="CALIBRE" />
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    Calibre , en Architecture, est aussi un profil de bois, ou de cuivre chantourné en dedans pour traîner les corniches, &amp; les cadres de plâtre ou de stuc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="6" type="">
   <index type="head" value="CALIBRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    Calibre , chez les Artisans, est un ais qui a une entaille d'un angle rentrant, &amp; qui est droit. Il sert aux Charpentiers, Ménuisiers, Serruriers &amp; autres, pour prendre des mesures. <i>Asserculus in triangulum incisus.</i></p><p>Les Serruriers ont aussi un certain instrument de fer qu'ils nomment <i>calibre.</i> Ils s'en servent pour voir si les forets vont droit quand ils forent les tiges des clefs, &amp; pour les arrondir. Ils ont pareillement des <i>calibres</i> pour prendre la grosseur des verrouils &amp; des targettes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="7" type="marine">
   <index type="head" value="CALIBRE" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    Calibre , en termes de Marine , se dit du modèle qu'on fait pour la construction d'un vaisseau, sur lequel on prend sa longueur, sa largeur &amp; ses proportions : c'est la même chose que <i>gabarit. Exemplar.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6586" id="8" type="horloger">
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    <head>CALIBRE</head>
    <p>
    Calibre , en termes d'Horloger , est l'espace qu'on ménage entre les deux platines d'une montre, qui en font la cage, afin d'y mettre les roues &amp; les pièces en telle disposition qn'elles ne se nuisent point, &amp; qu'elles tiennent le moindre espace qu'il est possible.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6587" id="1" type="artillerie">
   <index type="head" value="CALIBRER" />
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    <head>CALIBRER</head>
    <p>
    CALIBRER , v. act. Terme d'Artillerie . C'est prendre la mesure du calibre, marquer le calibre d'un canon. <i>Globorum aeneorum modum, amplitudinem designare.</i> Hanzelet enseigne le moyen de <i>calibrer</i> les canons, les balles, les cueillers, canades, &amp; tampons propres pour chaque pièce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6588" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALICE" />
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    <head>CALICE</head>
    <p>
    CALICE , s. m. Vaisseau sacré qui a une petite coupe posée sur un pied assez haut, &amp; assez large par le bas. <i>Sacer calix.</i> Il sert au sacrifice de la Messe ; c'est dans ce vase que l'on met le vin, &amp; qu'on le consacre au sang de Jesus-Christ. Les <i>calices</i> doivent être d'or ou d'argent dans toutes les Eglises. Les anciens <i>calices</i> avoient deux anses. Bede assure que le <i>calice</i> dont Notre Seigneur se servit à la Cène avoit deux anses ; qu'il étoit d'argent, &amp; de la capacité d'une chopine. Les <i>calices</i> des Apôtres &amp; de leurs premiers successeurs étoient de bois. Le Pape Zéphyrin ordonna qu'on se servît de <i>calices</i> d'or &amp; d'argent. D'autres disent que c'est Urbain I. au troisième siècle. Leon IV. a défendu ceux d'étain &amp; de verre. On demanda à S. Boniface Martyr, s'il étoit permis de consacrer dans des <i>calices</i> de bois : il répondit qu'autrefois les Prêtres étoient d'or, &amp; les <i>calices</i> de bois, mais que depuis les Prêtres étoient de bois, &amp; consacroient dans des <i>calices</i> d'or. Walafridus Strabo. Il a été jugé qu'un Religieux peut donner, engager, ou vendre son <i>calice,</i> sans que l'Abbé qui succède à sa dépouille le puisse réclamer comme un bien sacré. Papon. Si celui qui brise le <i>calice</i> est impie, celui-là l'est bien davantage qui profane le sang de Jesus-Christ, disent les Pères du Concile d'Alexandrie en 340. En 787. le Concile de Calcuth en Angleterre défendit d'offrir le S. Sacrifice dans des <i>calices,</i> ou des patènes de corne. Du riche butin que l'armée Françoise fit dans le Languedoc, le Roi Childebert se réserva les dépouilles des Eglises Ariennes, qui consistoient en soixante <i>calices,</i> quinze patènes de pur or, &amp; vingt Missels ou Livres d'Evangile couverts de lames d'or, &amp; ornés de pierres précieuses. P. Dan.</p><p>Les anciens <i>calices</i> étoient beaucoup plus grands que ceux d'aujourd'hui, parce que le peuple communioit alors sous les deux espèces, au lieu que le <i>calice</i> ne sert présentement qu'au Prêtre. Lindanus, qui en avoit vû quelques-uns dans des Eglises d'Allemagne, en fait la description au Liv. IV. de sa Panoplie, ch. 56. Ils avoient deux anses, que le Diacre tenoit lorsqu'il présentoit le <i>calice</i> au peuple pour le communier sous l'espèce du vin. De plus chaque <i>calice</i> <pb n="805" facs="bpt6k8542165/f845/full/1200,/0/native.jpg"/>avoit un chalumeau, ou tuyau qui y étoit attaché fort proprement, &amp; ce tuyau étoit d'argent, ou de quelque autre métal, en sorte qu'on suçoit plutôt qu'on ne buvoit. C'est ce que nous apprenons de Lindanus &amp; de Beatus Rhenanus sur Tertullien, qui avoient vû de ces anciens <i>calices</i> en plusieurs Villes d'Allemagne.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie le même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6588" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALICE" />
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    <head>CALICE</head>
    <p>
    Calice , en termes de l'Ecriture &amp; de spiritualité , signifie <i>tristesse, affliction, douleur accablante.</i> Cette signification est tirée de l'Ecriture, où Jesus-Christ demande à son Père de ne pas boire le <i>calice</i> de sa passion ; &amp; de plusieurs autres endroits. Le <i>calice</i> des Saints se boit avec amertume, il afflige, il révolte la nature. L. d'Abelard. On lui a fait boire le <i>calice</i> jusqu'à la lie. C'est-à-dire, on l'a mortifié jusqu'à l'excès. Et cela se dit même en matière profane.</p><p>On dit proverbialement, qu'il faudra boire, avaler le <i>calice</i> ; pour dire, qu'il faudra souffrir constamment, ou faire quelque chose pour laquelle nous avons grande aversion.</p><p>On dit aussi des gens fort braves &amp; fort lestes, qu'ils sont dorés comme des <i>calices.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6588" id="3" type="">
   <index type="head" value="CALICE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CALICE</head>
    <p>
    Calice , se dit aussi chez les Jardiniers &amp; Fleuristes de la partie de la fleur formée en coupe ou <i>calice,</i> comme celle des tulipes, impériales &amp; autres. On le dit aussi de cette partie extérieure qui environne le feuillage &amp; le coeur de la fleur, soit qu'il soit tout d'une pièce, comme aux oeillets, soit que cette enveloppe soit partagée, comme dans les roses. <i>Calix.</i> Le safran n'a point de <i>calice,</i> &amp; sa fleur sort même de la terre avant les feuilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6589" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIFE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CALIFE</head>
    <p>
    CALIFE , ou CALIPHE, s. m. La première dignité Ecclésiastique chez les Sarrasins. C'est le nom d'une dignité Souveraine parmi les Mahométans, qui comprend un pouvoir absolu, &amp; une autorité indépendante sur tout ce qui regarde la Religion &amp; le gouvernement politique. D'Herbelot. <i>Calypha, Caliphas, Cairi Princeps.</i> Ce mot est Arabe, &amp; signifie <i>successeur</i> &amp; <i>héritier</i> ; car en effet Abubeker étoit successeur de Mahomet, &amp; cette dignité étoit héréditaire. Ainsi le nom de <i>Calife</i> étoit affecté aux successeurs de Mahomet qui s'appelloient <i>Califes</i> de Syrie. Mais depuis il s'éleva divers <i>Califes</i> qui usurperent l'autorité souveraine en Perse, en Egypte &amp; en Afrique. Pisasire, qui régnoit en 958. fut le dernier <i>Calife</i> de Syrie. Les Turcs s'en rendirent les maîtres, ensorte que le <i>Calife</i> n'étoit plus que souverain Pontife. La même chose est arrivée en Egypte, ou l'on n'a laissé aux <i>Califes</i> que le titre de Grands Prêtres de Mahomet. Vatier dit qu'ils s'appelloient <i>Vicaires de Dieu,</i> &amp; que les Soudans &amp; les Rois Mahométans se prosternoient à leurs pieds pour les baiser ; d'où vient que Vincent de Beauvais les appelle leurs <i>Papes.</i> Quoique le <i>Calife</i> de Bagdet ne le soit plus que de nom, il retient néanmoins le droit ancien d'adopter &amp; de confirmer les Rois d'Arabie, d'Assyrie &amp; autres : ce qui fut cause que Solyman même, en passant par Babylone, voulut pour la forme prendre les marques de l'Empire de sa main. Selon Nicot les Seigneurs &amp; les Dominateurs du Grand Caire portoient autrefois le nom de <i>Califes.</i></p><p>Il y a eu aussi des <i>Califes</i> à Carvan dans le Royaume de Tunis, &amp; à Fez. Le <i>Calife</i> d'Espagne prit aussi le titre de Roi. Les <i>Califes</i> de Syrie se divisent en trois branches. La première ne contient que les trois premiers <i>Califes</i> successeurs de Mahomet qui ont regné depuis l'an 632. de Jesus-Christ jusqu'en 655. La seconde sont les Ommiades, qui ont gouverné depuis 655. jusqu'en 749. Les troisièmes s'appellent les Abbassides, dont le gouvernement a duré depuis 749. jusqu'en 942. Après quoi l'Empire des Musulmans se divisa en plusieurs Royaumes qui s'établirent en Perse, en Syrie, en Arabie, en Afrique, &amp;c. &amp; qui firent tomber toute l'autorité du <i>Calife,</i> qui n'eut plus que l'honneur de porter ce titre.</p><p>Le mot <i>Calife</i> est Arabe, il vient de <i>Hhalapha,</i> c'est-à-dire, <i>succéder, être à la place d'un autre ;</i> &amp; il signifie non-seulement Successeur, héritier, comme on l'a dit ci-dessus, mais encore Vicaire, qui tient la place d'un autre, &amp; Mahomet s'en sert dans l'Alcoran en ce sens, pour dire que Jesus-Christ est Vicaire de Dieu. C'est dans ce sens, selon quelques-uns, comme Erpénius, que ce nom a été donné aux <i>Califes</i> ; c'est-à-dire, aux Empereurs, &amp; souverains Pontifes des Mahometans, comme étant les Vicaires &amp; les Lieutenans de Dieu ; d'autres disent que c'est dans le sens d'<i>héritier,</i> &amp; comme successeurs de Mahomet, qu'on les appelle <i>Califes.</i> Au reste, il faut écrire <i>Califes,</i> &amp; non point <i>Calyphes.</i> On ne voit point ce que fait là cet <i>y,</i> si ce n'est pour exprimer que le mot Arabe n'a pas un <i>Kesra</i> simple, mais un <i>Kesra</i> sous un <i>je,</i> chose peu nécessaire à marquer dans le mot François. D'Herbelot écrit <i>Khalie,</i> que quelques-uns écrivent <i>Caliphe,</i> &amp; d'autres <i>Chaliphe.</i> jourd'hui tout le monde écrit <i>Calife.</i></p><p>L'Origine de ce nom vient de ce qu'Aboubekr après la mort de Mahomet ayant été élû par les Musulmans pour remplir sa place, il ne voulut pas prendre d'autre titre que celui de <i>Khalifah Resoul allah</i> ; c'est-à-dire, Vicaire du Prophète ou de l'Envoyé de Dieu. Mais Omar ayant succédé à Aboubekr, il représenta aux principaux Chefs du Musulmanisme que s'il prenoit la qualité de successeur d'Aboubekr successeur du Prophète, la chose par la suite des temps iroit à l'infini : il fut résolu qu'il prendroit le titre d'<i>Emir Almoumenin,</i> c'est-à-dire, Commandant des Fidèles. Les successeurs de Mahomet n'ont pas laissé de prendre aussi celui de <i>Khalifes</i> sans rien ajoûter. D'Herb. Voyez cet Auteur au mot <i>Kalifah.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6590" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIFORNIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CALIFORNIE</head>
    <p>
    CALIFORNIE , subst. f. Nom de lieu. <i>California.</i> Jusqu'en 1705. on avoit cru que la <i>Californie</i> étoit une Isle, ou pour le moins on avoit douté si c'étoit une Isle, ou une presqu'Isle comme l'Italie : la chose n'est plus douteuse. Le Ve Recueil des Lettres édifiantes &amp; curieuses écrites par les Missionnaires Jésuites, imprimé en 1705. nous apprend que c'est une presqu'Isle, qui tient à la terre ferme de l'Amérique ; &amp; que le P. Kino, Jésuite Allemand, y passa en 1701. du Royaume du Sumatra sans traverser la mer, &amp; n'ayant rencontré en son chemin que la rivière bleue, ou d'azur, appellée par les Espagnols <i>Rio azul,</i> &amp; le <i>Colorado,</i> dans lequel le <i>Rio azul</i> se jette. Il est étonnant qu'après la Relation de ce voyage imprimée dans le Recueil que j'ai cité, Maty &amp; M. Corneille disent encore que la <i>Californie</i> est une Isle. La <i>Californie</i> fut découverte en 1535. par Ferdinand Cortez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6591" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIFOURCHON" />
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    <head>CALIFOURCHON</head>
    <p>
    CALIFOURCHON , adv. Jambe deçà, jambe delà. <i>Furcatim.</i> Les femmes ne vont point à cheval en ce pays-ci à <i>califourchon.</i> On met un soldat qui a fait quelque faute à <i>califourchon</i> sur un cheval de bois, dont le dos est fort aigu, &amp; on lui attache des boulets aux pieds pour lui en faire sentir davantage l'incommodité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6592" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIGINEUX, EUSE" />
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    <head>CALIGINEUX, EUSE</head>
    <p>
    CALIGINEUX, EUSE , adjectif. Ce mot se trouve dans Pomey &amp; Danet, pour signifier obscur : mais il est vieux &amp; hors d'usage, à moins qu'on ne s'en serve en riant. <i>Caliginosus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6593" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIGULA" />
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    <head>CALIGULA</head>
    <p>
    CALIGULA , s. m. Nom propre d'homme. <i>Caligula.</i> C'est le surnom de Caïus César, fils de Germanicus &amp; d'Agrippine, &amp; IVe Empereur Romain. Ce nom est Latin &amp; féminin dans sa première signification : c'est un diminutif de <i>caliga,</i> qui étoit le nom de la chaussure que portoient les soldats Romains, les laboureurs &amp; le bas peuple. Elle différoit de la chaussure ordinaire en ce que par-dessous elle étoit garnie de clous tout autour. Caïus avoit été élevé dans l'armée Romaine d'Allemagne que son père commandoit, &amp; dès son enfance il portoit l'habit des soldats, &amp; de petites chaussures semblables aux leurs. C'est ce qui lui fit donner le nom de <i>Caligula,</i> ainsi que Dion le dit dans son LVIIe Livre, &amp; Suétone, ch. 9. C'est celui que nous lui donnons communément en François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6594" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIN" />
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    <head>CALIN</head>
    <p>
    CALIN , est une espèce de métal ressemblant au plomb &amp; à l'étain, que les Chinois préparent, &amp; dont ils font plusieurs ustensiles au Japon &amp; à Siam. Ils en couvrent même leurs maisons. On en apporte aussi des caffetières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6595" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIN, INE" />
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    <head>CALIN, INE</head>
    <p>
    CALIN, INE , s. m. &amp; f. Mot bas &amp; populaire, qui signifie Paysan, fainéant, gueux. <i>Rusticus, deses, desidiosus, mendicus.</i> Un gros <i>calin</i> ; une grosse <i>caline</i> ; c'est-à-dire, un gros gueux, une grosse gueuse ; de ces fainéans qui courent le pays en demandant l'aumône. Que fais-tu là <i>calin :</i> Veux-tu travailler ? Il signifie là fainéant, vaurien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6596" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALINER, SE CALINER" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CALINER, SE CALINER</head>
    <p>
    &#9758; CALINER, SE CALINER , v. n. p. Prendre ses aises, demeurer dans l'inaction, dans l'indolence. Un petit maître qui se <i>caline</i> dans un fauteuil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6597" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALINGUE" />
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    <head>CALINGUE</head>
    <p>
    CALINGUE , ou <i>Contrequille,</i> s. f. La pièce de bois qui s'étend sur toute la longueur de la quille, sur laquelle sont assemblées toutes les côtes du navire, &amp; qui sert à les serrer &amp; presser contre elle. <i>Trabes.</i> Le pied du mât s'enchâsse <pb n="806" facs="bpt6k8542165/f846/full/1200,/0/native.jpg"/>dans un trou quarré de la <i>calingue,</i> qui lui sert comme de base. On l'appelle aussi <i>carlingue,</i> ou <i>escarlingue.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6598" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CALIORNE" />
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    <head>CALIORNE</head>
    <p>
    CALIORNE , s. f. Terme de Marine . C'est un gros cordage passé dans deux mouffles à trois poulies, qui sert à guinder &amp; lever les fardeaux qu'on attache à différens endroits du vaisseau. Il est ordinairement amarré sous les hunes du grand mât de bourcet, où il y a une grande poulie par où il passe. <i>Funis nauticus tractilis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6599" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALISTE, CALIXTE" />
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    <head>CALISTE, CALIXTE</head>
    <p>
    CALISTE, CALIXTE , ou CALLISTE, s. m. Nom propre d'homme. <i>Callistus, Calixtus. Calliste,</i> ou <i>Calixte,</i> est le nom de trois Papes, l'un du troisième siècle, &amp; l'autre du douzième. Celui-ci étoit François, Archevêque de Vienne en Dauphiné, &amp; l'un des plus grands Papes que l'Eglise ait eus. <i>Calixte</i> IIIe fut Pape au milieu du quinzième siècle. Il y a aussi deux <i>Callistes</i> Patriarches de Constantinople.</p><p><i>Caliste</i> est aussi féminin, &amp; on le donne à des femmes. <i>Calixta.</i></p><p>Ce mot est Grec ; il vient de superlatif de , qui signifie <i>Très-beau,</i> ou <i>très-bon.</i> Ainsi il semble qu'il faudroit dire <i>Calliste,</i> mais on écrit indifféremment <i>Caliste,</i> ou <i>Calixte.</i> On dit même plus souvent <i>Calixte</i> que <i>Calliste.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6600" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALIXTIN" />
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    <head>CALIXTIN</head>
    <p>
    CALIXTIN . C'est le nom qu'on donne à ceux d'entre les Luthériens qui suivent les sentimens de George Calixte, célèbre Professeur en Théologie parmi eux. <i>Calixtini.</i> Il a publié un grand nombre de Livres tant sur l'Ecriture, que sur des matières qui regardent la Théologie ; dans la plupart il se montre fort contraire aux opinions de S. Augustin sur la prédestination, sur la grace, &amp; sur le libre-arbitre ; ensorte que les <i>Calixtins</i> passent pour Demi-Pélagiens ; &amp; c'est ce qui a fait dire à Mr Bossuet Evêque de Meaux, dans son <i>Histoire des Variations,</i> que les Luthériens sont devenus véritablement Demi-Pélagiens. Il rapporte là-dessus une Epître de Calixte, où ce fameux Sectaire dit, qu'il reste dans tous les hommes quelques forces de l'entendement &amp; de la volonté, &amp; des connoissances naturelles ; &amp; que s'ils en font un bon usage en travaillant autant qu'ils peuvent à leur salut, Dieu leur donnera tous les moyens nécessaires pour arriver à la perfection où la révélation nous conduit. Il ne faut pas néanmoins confondre tout le parti Luthérien avec les <i>Calixtins</i> qui ont formé une Secte particulière dans ce parti.</p><p>On appelle aussi <i>Calixtins</i> les Peuples de Bohème, qui vouloient communier sous les deux espèces, &amp; qui croyoient que le calice étoit nécessaire à tous les fidèles. Cette Secte s'éleva au XVe siècle. Elle eut pour Auteur un nommé Jacobel, auquel succéda Roquesane son disciple, homme ambitieux, qui n'ayant point obtenu l'Archevêché de Prague qu'il demandoit, empêcha la réunion des <i>Calixtins</i> à l'Eglise Catholique. Selon Raynald. <i>Hist. Eccl.</i> à l'an 1524. Ils n'étoient point hérétiques, mais seulement schismatiques.</p><p>On dit qu'il y a encore des <i>Calixtins</i> en Pologne.</p><p>Ce mot vient du mot Latin <i>calix</i>, calice ; &amp; je ne sai pourquoi quelques Auteurs François écrivent <i>Callistins ; Calixtins</i> paroît mieux ; en Latin je ne trouve point autrement que <i>Calixtini,</i> dans Sponde à l'an 1422. &amp; dans Raynaldus que j'ai cité. Tout au plus si l'on adoucit la prononciation de l'<i>x,</i> il faut dire <i>Calistins,</i> &amp; non point <i>Callistins.</i> Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Bossuet, <i>Hist. des Variat.</i> L. XI.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6601" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLEMANDRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>CALLEMANDRE</head>
    <p>
    &#9758; CALLEMANDRE , s. f. Sorte d'étoffe de laine fort lustrée, en noir ou en diverses couleurs, dont on fait des robes de chambre, des jupons, ou autres habillemens communs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6602" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLEVILLE" />
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    <head>CALLEVILLE</head>
    <p>
    CALLEVILLE , s. f. Sorte de pomme assez grosse. <i>Malum calvirium.</i> Il y en a de rouges &amp; de blanches. Les plus estimées sont celles dont la chair est tachetée de rouge en dedans. Quand on hoche une pomme de <i>calleville,</i> on entent le bruit que font les pepins, &amp; c'est une marque qu'elle est mûre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6603" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLEUX, EUSE" />
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    <head>CALLEUX, EUSE</head>
    <p>
    CALLEUX, EUSE , adj. Où il y a des cals, ou qui est dur comme un cal. <i>Callosus.</i> TACHARD.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6604" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CALLIG" />
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    <head>CALLIG</head>
    <p>
    CALLIG , s. m. Terme de Relation . C'est un canal artificiel qui porte l'eau du Nil depuis le vieux Caire jusqu'à Damiette. <i>Canalis arte factus, canaliculus.</i> Il a 90 milles ou 50 lieues de long, &amp; quatre cannes de large. Les Bassas le font garder par des soldats, de peur que l'eau n'en soit divertie. Ils sont obligés de l'entretenir &amp; de le nettoyer à leurs dépens. Il y a au Caire une grande colonne de marbre où l'on va observer la croissance des eaux du Nil ; &amp; quand elles montent à 23 pieds, c'est une grande réjouissance, car alors toutes les terres sont inondées. Mais elles ne montent pour l'ordinaire qu'à 19, c'est cinq ou six toises de France. L'ouverture s'en fait tous les ans par le Bassa avec grande cérémonie &amp; magnificence.</p><p>Ce mot Arabe, , <i>Hhalig,</i> que Raphélange traduit <i>amnis,</i> une rivière, &amp; d'autres un bras de mer, &amp; le bras d'un fleuve, &amp; un canal, un ruisseau. Il vient de , <i>Hhalaga,</i> qui signifie, <i>movit, agitavit, traxit, abstraxit, arripuit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6605" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLIMAQUE" />
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    <head>CALLIMAQUE</head>
    <p>
    CALLIMAQUE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Callimachus. Callimaque</i> commandoit l'Armée des Athéniens à la bataille de Marathon, après laquelle on dit qu'il fut trouvé debout, quoique tout percé de flèches. <i>Callunaque</i> Poëte Grec. Made Dacier a fait une édition des Epigrammes &amp; des Hymnes de <i>Callimaque,</i> auxquelles elle a joint de savantes notes.</p><p>Ce mot est Grec, &amp; signifie <i>Beau Combattant,</i> ou <i>Bon Combattant,</i> , beau, bon, &amp; , je combats.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6606" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLINIQUE" />
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    <head>CALLINIQUE</head>
    <p>
    CALLINIQUE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Callinicus.</i> C'est aussi le surnom de Séleucus II. Roi de Syrie.</p><p>Ce nom est Grec, &amp; signifie <i>Beau,</i> ou <i>bon vainqueur,</i> de .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6607" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLIOPE" />
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    <head>CALLIOPE</head>
    <p>
    CALLIOPE , s. f. Nom d'une Muse qui préside à l'eloquence, ou à la Rhétorique &amp; à la Poësie héroïque. <i>Calliope, Calliopea, Calliope</i> est un nom Grec, qui signifie <i>Belle voix,</i> ou <i>Bonne voix, qui a une belle ou une bonne voix,</i> de , <i>bon,</i> ou <i>beau,</i> &amp; , <i>voix.</i> Les Poëtes disent que <i>Calliope</i> étoit mère d'Orphée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6608" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLIRHOE" />
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    <head>CALLIRHOE</head>
    <p>
    CALLIRHOE , s. f. C'est un nom propre de femme &amp; de fontaine. <i>Callirhoe. Callirhoé,</i> fille de Scamandre, &amp; femme de Tros, troisième Roi de Dardanie, fut mère d'Ilus, de Ganimède &amp; d'Assaraque. <i>Callirhoé</i> de Calydon, qui se tua pour avoir causé la mort à son amant Coresus, a fourni à nos Poëtes un sujet de Tragédie. La fontaine de l'Attique proche de laquelle elle se tua, porta son nom. Il y en avoit aussi une de ce nom à l'Orient du Jourdain, où Herodes I. alla prendre les eaux peu de temps avant sa mort. Dans ce mot l'<i>é</i> est masculin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6609" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLISTE" />
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    <head>CALLISTE</head>
    <p>
    CALLISTE . Voyez CALISTE, ou CALIXTE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6610" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLISTHENE" />
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    <head>CALLISTHENE</head>
    <p>
    CALLISTHENE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Callisthenes,</i> de , <i>valeo, possum, , vis, robur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6611" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLISTIN" />
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    <head>CALLISTIN</head>
    <p>
    CALLISTIN . Voyez <ref type="search" target="head:CALIXTIN">CALIXTIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6612" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLISTRATE" />
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    <head>CALLISTRATE</head>
    <p>
    CALLISTRATE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Callistratus.</i> Il signifie proprement Bon homme de guerre, de , <i>bon,</i> &amp; , armée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6613" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLIXÈNE" />
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    <head>CALLIXÈNE</head>
    <p>
    CALLIXÈNE , s. m. Nom propre d'homme, <i>Callixenus,</i> qui vient de , <i>bon,</i> &amp; , <i>étranger, hôte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6614" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLISTAGORAS" />
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    <head>CALLISTAGORAS</head>
    <p>
    CALLISTAGORAS , s. m. fut honoré comme un Dieu à Teno. Clem. Alexand. <i>Admon. ad Gent.</i> Vossius <i>de Idolol. L. I. C.</i> 13.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6615" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLIGRAPHE" />
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    <head>CALLIGRAPHE</head>
    <p>
    CALLIGRAPHE , s. m. Ecrivain, Copiste, qui mettoit autrefois au net ce qui avoit été écrit en notes par les Notaires. Ce qui revient à peu près à ce que nous exprimerions maintenant ainsi, Celui qui fait la grosse d'une minute. <i>Calligraphus.</i> Autrefois on écrivoit la minute d'un Acte, le brouillon ou le premier exemplaire d'un ouvrage en notes ; c'est-à-dire, en abréviations, qui étoient une espèce de chifre ; telles sont les notes de Tiron, qui sont dans le second Tome de Gruter. Cela se faisoit pour écrire plus vîte &amp; pouvoir suivre celui qui dictoit. Ceux qui écrivoient ainsi en notes s'appelloient en Latin Notaires, &amp; en Grec ; c'est-à-dire, Ecrivains en notes, &amp; gens qui écrivent vîte. Mais parce que peu de gens connoissoient ces notes, ou ces abréviations, que d'ailleurs ces premiers exemplaires ne pouvoient être assez nets ni assez propres ; d'autres Ecrivains, qui avoient la main bonne, &amp; qui écrivoient bien &amp; proprement, les copioient pour ceux qui en avoient besoin, ou pour les vendre ; &amp; ceux-ci s'appelloient <i>Calligraphes,</i> nom qui est ancien, puisqu'Eusèbe, au Ch. 17. du VIe Livre de son <i>Histoire Ecclésiastique,</i> &amp; S. Grégoire de Nazianze le leur donnent. Il est aussi parlé dans quelques Conciles de ces Notaires &amp; de ces <i>Calligraphes,</i> comme dans le IIe de Nicée. Néophyte &amp; Théopempte sont d'anciens <i>Calligraphes</i> du Xe &amp; XIe siècles. Le P. Montfaucon a donné un <pb n="807" facs="bpt6k8542165/f847/full/1200,/0/native.jpg"/>Catalogue alphabétique de tous les <i>Calligraphes</i> connus. C'est dans sa Palaeographie, L. I. c. 8.</p><p>Ce mot <i>Calligraphe,</i> est Grec, composé de , beauté, &amp; de , j'écris ; &amp; signifie , <i>Qui écrit pour la beauté, pour l'ornement,</i> selon que l'interprète Théophilacte Simocatta <i>Historiar.</i> L. VIII. c. 13. ainsi que l'a remarqué Fabrot, &amp; après lui le P. Montfaucon. Voyez sur les <i>Calligraphes</i> les Glossaires de Fabrot sur Théophilacte Simocatta, &amp; sur Cedrenus, &amp; le P. Montfaucon <i>Palaeogr. L. I. c.</i> 5, 6, 7, 8.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6616" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALLOSITÉ" />
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    <head>CALLOSITÉ</head>
    <p>
    CALLOSITÉ , s. f. Petit calus qui se fait en quelque partie de la peau. <i>Callus, callum.</i> C'est une chair blanche, solide, sèche, &amp; sans douleur, qui est engendrée par congestion d'un excrément pituiteux desséché ; ou mélancolie aduste, qui couvre la circonférence de l'ulcère, &amp; occupe le lieu sur lequel se devroit engendrer la bonne chair. Le Chirurgien doit tâcher que les ulcères se referment sans <i>callosités.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6617" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALME" />
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    <head>CALME</head>
    <p>
    CALME , s. m. &amp; adj. m. &amp; f. Temps serein &amp; tranquille, où il ne fait aucun vent qui puisse faire avancer les navires. <i>Tranquillitas maris : tranquillus, quietus, pacatus.</i> Ce que les Mariniers craignent le plus en pleine mer, c'est d'être pris de <i>calme.</i> Ils appellent <i>calme tout plat,</i> quand il n'y a point du tout de vent ; quand on ne sent pas la moindre haleine de vent ; ensorte que le vaisseau ne va plus qu'au gré de la mer. <i>Malacia.</i> Ils disent aussi, <i>il calme, il commence à calmer</i> ; pour dire, que le vent diminue. L'air est <i>calme.</i> L'été est une saison plus calme que l'automne. Le <i>calme</i> est avantageux aux galères, &amp; dangereux aux vaisseaux voiliers. Mer <i>calme,</i> est une mer sur laquelle il n'y a point de vent qui souffle. Etre pris de <i>calme,</i> c'est demeurer sans aucun vent, en sorte qu'on ne va plus qu'au gré du courant de la mer. Tomber dans le <i>calme,</i> c'est la même chose.</p><p>Ce mot, selon Covarruvias, vient du Grec , <i>calor, chaleur.</i> Quand il ne souffle point de vent, la chaleur est de beaucoup plus grande.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALME</head>
    <p>
    Calme , se dit figurément en choses spirituelles &amp; morales. <i>Tranquillitas mentis, animi.</i> Le <i>calme</i> règne dans un esprit qui a une fois dompté ses passions. La sédition est appaisée, tout est <i>calme</i> dans l'Etat. La modération des personnes heureuses vient du <i>calme</i> que la bonne fortune a donné à leur humeur. Rochef. Un Solitaire qui ne connoît d'autres vicissitudes que le changement des saisons, jouït d'un <i>calme</i> profond que rien ne sauroit troubler. M. Scud. La vigueur de l'esprit se relâche, &amp; la vertu s'endort dans le <i>calme.</i> Flech.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CALMER" />
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    <head>CALMER</head>
    <p>
    CALMER , v. act. Rendre calme, apaiser, modérer. <i>Sedare, placare, tranquillare.</i> Il se dit tant au propre qu'au figuré. Neptune <i>calma</i> les flots. Le Prince a <i>calmé</i> son Etat, il en a apaisé tous les troubles, il a trouvé le moyen de <i>calmer</i> les esprits. Ce Prince étoit en colère, mais il s'est <i>calmé</i> à la fin.</p><p>On dit neutralement sur la mer, il <i>calme,</i> pour exprimer que le vent s'abaisse. <i>Tranquillari, sedari, placari.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CALMER" />
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    <head>CALMER</head>
    <p>
    Calmé, ée , part. &amp; adj. <i>Placatus, sedatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALMOUC, OUQUE</head>
    <p>
    CALMOUC, OUQUE , s. m. &amp; f. Nom de peuple. Les <i>Calmoucs</i> sont des Tartares qui occupent le pays qui est entre le Mongul &amp; le Volga jusqu'à Astracan. Les <i>Calmoucs</i> n'ont point de villes ni d'habitations fixes ; ils ont des tentes de feutre fort propres &amp; fort commodes, &amp; sont toujours en course. Ils sont divisés en une infinité de hordes, qui ont chacune leur Kam particulier. Le P. Avril Jésuite en parle au IIIe Liv. de son Voyage de la Chine. On joint souvent le mot Tartare à celui de <i>Calmouc,</i> &amp; l'on dit les Tartares <i>Calmoucs,</i> au lieu de dire les <i>Calmoucs</i> tout court. Les <i>Calmoucs</i> sont des monstres de nature. Quand on les regarde en face, on ne sait de quelle couleur est leur visage, ni où sont leurs yeux &amp; leur nez. Mém. des Miss. du Lev. où l'on écrit une fois <i>Kalmoucs,</i> &amp; plusieurs fois <i>Kalmoncs.</i> Les <i>Calmoucs</i> sont robustes, bons soldats, mais les hommes les plus laids &amp; les plus difformes qui soient sous le ciel : ils ont le visage plat &amp; large, les yeux fort éloignés l'un de l'autre : le peu qu'ils ont de nez est si écrasé, qu'on n'y voit que deux petits trous au lieu de narines. Tavernier, <i>Tome premier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6620" id="1" type="">
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    <head>CALOBRE</head>
    <p>
    CALOBRE , s. f. Espèce de vêtement long, &amp; qu'on met ordinairement par-dessus un habit pour le conserver.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CALOCER" />
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    <head>CALOCER</head>
    <p>
    CALOCER , s. m. Nom propre d'homme. <i>Calocerus.</i> S. <i>Calocer</i> est un des onze premiers Evêques de Ravenne, que l'on y nomme de la Colombe. Il y a encore un saint <i>Calocer</i> de Rome, dont Bède parle. Voyez Chastelain Martyrol. 11e Févr. p. 616. 617.</p><p>Ce nom vient du Latin <i>Calocerus,</i> qui s'est dit pour <i>Calogerus,</i> qui signifie Caloyer. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6622" id="1" type="">
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    <head>CALOCER</head>
    <p>
    CALOCER . Voyez <ref type="search" target="head:CALOYER">CALOYER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6623" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOMNIATEUR, IATRICE" />
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    <head>CALOMNIATEUR, IATRICE</head>
    <p>
    CALOMNIATEUR, IATRICE , s. m. &amp; f. Qui accuse faussement quelqu'un. <i>Calumniator, sycophanta ; calumniatrix, accusatrix.</i> Les <i>calomniateurs</i> doivent être condamnés sévèrement &amp; châtiés par la Justice. On ne punit guère les <i>calomniateurs</i> d'Etat, sous prétexte qu'en punissant une fausse accusation, l'on ôte la liberté d'en former de véritables. Maimb. On peut avancer une calomnie sans être <i>calomniateur</i> ; la bonne foi exténue le mal. Arn. Anciennement les <i>calomniateurs</i> subissoient la peine du talion ; c'est-à-dire, la même peine que l'accusé eût soufferte, s'il eût été convaincu du crime qu'on lui imposoit. Aujourd'hui cette exacte justice n'est pas observée. On modère la peine par rapport aux personnes, &amp; à la nature de la calomnie. C. B. Le nom que les Grecs ont donné au Diable, c'est celui de <i>Calomniateur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6624" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOMNIE" />
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    <head>CALOMNIE</head>
    <p>
    CALOMNIE , s. f. Fausse accusation d'un crime, médisance atroce &amp; mal fondée, contre l'honneur &amp; la réputation d'autrui. <i>Calumnia, sycophantia, falsa criminatio.</i> Il n'y a rien de plus ordinaire &amp; qu'on punisse moins que la <i>calomnie.</i> La <i>calomnie</i> est un crime d'autant plus détestable, qu'on ne peut jamais réparer le mal qu'elle fait. On ne doit point hasarder légèrement une <i>calomnie</i> capitale. Arn. Il n'y a point d'excuse pour un calomniateur qui produit sa <i>calomnie</i> avec méditation, &amp; avec réflexion Id. Toute la puissance de la <i>calomnie</i> qui avoit triomphé de Socrate, ne fut que foiblesse contre la pureté des moeurs de Caton. Le Mait. Les plus gens de bien se laissent quelquefois tromper par l'artifice de la <i>calomnie.</i> Maimb. Dans les Coutumes &amp; vieux Titres on appelloit <i>calomnie,</i> l'action ou demande par laquelle on mettoit quelqu'un en Justice, soit au civil, soit au criminel ; &amp; il se disoit même d'une légitime accusation. On l'a dit aussi de la peine, ou amende imposée pour une action mal intentée &amp; sans fondement.</p><p>Ce mot est tiré du verbe <i>calvo,</i> qui signifie <i>tromper, frustrer, quelqu'un.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CALOMNIE</head>
    <p>
    Calomnie . Les Athéniens en avoient fait une Divinité. Apelles fit un tableau de la <i>Calomnie.</i> Sur la droite du tableau paroissoit un homme assis, qui avoit de longues oreilles. Il tendoit de loin la main à la <i>calomnie</i> qui s'avançoit. Il avoit près de lui deux femmes, dont l'une étoit l'Ignorance, &amp; l'autre la Suspicion. Vis-à-vis de lui étoit la <i>Calomnie</i> représentée sous la figure d'une belle femme, &amp; ornée de beaux atours, mais dont le visage étoit enflammé &amp; sembloit respirer la colère &amp; la rage. Elle tenoit un flambeau allumé de la main gauche, &amp; de la droite elle traînoit par les cheveux un jeune homme, qui levoit les mains au ciel, &amp; sembloit prendre les Dieux à témoin. Elle étoit précédée d'un homme pâle, maigre, d'un visage have, d'un regard fixe, &amp; semblable à un homme qui sort d'une longue maladie. Il représentoit l'Envie. Derrière étoit deux femmes qui conduisoient la <i>Calomnie,</i> &amp; qui ajustoient ses ornemens. L'une étoit l'Embûche, &amp; l'autre la Tromperie. Derrière suivoit la Pénitence vêtue d'habits noirs &amp; déchirés, &amp; qui tournant la tête en arrière, <pb n="808" facs="bpt6k8542165/f848/full/1200,/0/native.jpg"/>avec des yeux tout baignés de larmes, &amp; un visage couvert de honte, sembloit recevoir la Vérité qui s'avançoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6625" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOMNIER" />
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    <head>CALOMNIER</head>
    <p>
    CALOMNIER , v. act. Accuser faussement. <i>Calumniare aliquem, sycophantari alicui.</i> Les plus grands Saints ont été sujets à être <i>calomniés. Calomnier une alliance</i> ; c'est selon Patru, la blâmer faussement, &amp; mal à propos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6625" id="2" type="">
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    <head>CALOMNIER</head>
    <p>
    Calomnié, ée , part. &amp; adject. <i>Calumnis impetitus, lacessitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6626" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOMNIEUSEMENT" />
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    <head>CALOMNIEUSEMENT</head>
    <p>
    CALOMNIEUSEMENT , adv. D'une manière calomnieuse. <i>Per Calumniam, calumniosè.</i> Il a obtenu un Arrêt qui l'a déclaré faussement &amp; <i>calomnieusement</i> accusé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6627" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOMNIEUX, EUSE" />
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    <head>CALOMNIEUX, EUSE</head>
    <p>
    CALOMNIEUX, EUSE , adj. Qui contient des calomnies. <i>Calumniosus.</i> Ces écritures sont pleines de faits injurieux &amp; <i>calomnieux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6628" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALONNIÈRE" />
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    <head>CALONNIÈRE</head>
    <p>
    CALONNIÈRE , s. f. Petit tuyau de sureau, ou d'autre bois creux, en forme de sarbacane ou de canon, dont se servent les enfans pour jetter des pois ou des tampons de papier mâché, par le moyen d'un bâton qu'ils font entrer par un des trous, &amp; qu'ils poussent avec violence. <i>Canaliculus sambuceus.</i></p><p><i>Calonnière</i> se dit comme <i>canonière,</i> du mot de <i>canne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6629" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOT" />
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    <head>CALOT</head>
    <p>
    CALOT , s. m. <i>Nux.</i> C'est ainsi que les enfans nomment les noix écalées, parce qu'on les appelle ainsi presque par toute la campagne, où on nomme aussi l'arbre qui les porte un <i>calottier.</i> On dit en quelques endroits <i>calon</i> pour <i>calot.</i></p><p>&#9758; Calot, s. m. Morceau de bois pour caler une pièce de charpente, &amp; la mettre droit sur son chantier.</p><p>&#9758; Calot, s. m. est aussi le nom d'un Graveur fameux, qui ne gravoit que dans le grotesque : d'où on a dit, Figure à <i>Calot</i> ; pour dire, figure extraordinaire &amp; risible. Voyez <ref type="search" target="head:Grotesque">Grotesque</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6630" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOTTE" />
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    <head>CALOTTE</head>
    <p>
    CALOTTE , s. f. Petite cale ou coëfe de cuir, de satin, ou d'autre étoffe, qui couvre le haut de la tête. <i>Pileolus, Galericulus.</i> On s'en sert particulièrement quand on est en des lieux où on est obligé d'être long-temps tête nue. Les vieillards portent des <i>calottes</i> à oreilles. On porte aussi des perruques à <i>calotte.</i> La <i>calotte</i> rouge est une marque de dignité, car il n'y a que les Cardinaux qui en portent.</p><p>On appelle <i>Calotte à oreilles,</i> Une grande <i>calotte</i> qui couvre les oreilles.</p><p>La <i>calotte,</i> qui a été introduite d'abord par nécessité, est devenue depuis un ornement pour les Ecclésiastiques ; &amp; comme les nouveautés trouvent de l'opposition, par un statut de la Faculté de Théologie de Paris du premier Juillet 1561. il fut défendu aux Bacheliers de soutenir ou de disputer en <i>calotte,</i> M. le Cardinal de Richelieu est le premier Ecclésiastique qui ait porté la <i>calotte</i> en France. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Thiers, <i>Hist. des perruques.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6630" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALOTTE" />
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    <head>CALOTTE</head>
    <p>
    Calotte . C'est ainsi que les Armuriers ou Arquebusiers nomment une manière de petite plaque convexe de fer poli, qu'ils mettent au bout de la poignée du pistolet. <i>Galerus ferreus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CALOTTE" />
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    <head>CALOTTE</head>
    <p>
    &#9758; CALOTTE , s. f.Calotte . Ce terme est employé par quelques Botanistes dans la description des parties de certains fruits, &amp; dans celle des calices de certaines fleurs, parce que la figure de ces parties ou de ces calices approche de celle d'une calotte. Galericulus.<br/>Calotte. C'est le nom de la Confrérie des Fous, qu'on appelle le <i>Régiment de la Calotte</i> ; &amp; <i>Calotin</i> est un Soldat, ou un Officier de ce Régiment. Un transport Calotin est un transport de folie. Mr de Boissy, Scéne 3. de sa Comédie de la Critique, s'est servi de cette expression. Le cinquième tome du Théatre de la Foire commence par une Pièce d'un Acte, intitulée <i>Le Régiment de la Calotte,</i> à la tête de laquelle est un Avertissement, où l'on dit que pour mettre au fait du Régiment de la <i>Calotte</i> ceux qui n'y sont pas, ils sauront que c'est un Régiment métaphysique, inventé par quelques Esprits badins, qui s'en sont fait eux-mêmes les principaux Officiers. Ils y enrôlent tous les Particuliers, Nobles &amp; Roturiers, qui se distinguent par quelque folie marquée, ou quelque trait ridicule. Cet enrôlement se fait par des Brevets en prose ou en vers, qu'on a soin de distribuer dans le monde .... De <i>Calotin</i> est venu <i>calotiniser,</i> enrôler dans le Régiment de la <i>Calotte.</i> C'est un verbe employé dans la troisième scène, où Momus dit à un Avocat : Mais qu'avez-vous fait pour mériter l'honneur d'être <i>calotinisé.</i></p><p>Il a paru en 1725. un Livre <i>in</i>-8°. intitulé, <i>Mémoires pour servir à l'Histoire de la Calotte.</i> On y a inséré un grand nombre de satyres calomnieuses contre des personnes respectables par leur naissance &amp; par leur mérite. Les Chefs du Régiment n'ayant jamais eu en vûe qu'une critique badine des ridicules, qui ne porte ni sur les conditions, ni sur les moeurs, ont cru pour l'honneur du corps devoir s'élever contre un pareil attentat, &amp; ont rendu un Arrêt contre cette fausse édition des Brevets &amp; autres Règlemens supposés. Cet Arrêt, qui est en vers, a, de même que ce qui vient d'être dit, été imprimé dans le Mercure d'Octobre 1726. L'ouvrage intitulé <i>Journées Calotines,</i> en deux Dialogues, nous paroît ingénieux, &amp; d'un caractère fort singulier. Il sera sans doute bien reçu du public <i>Merc. d'Oct.</i> 1732.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6631" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOTTIER" />
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    <head>CALOTTIER</head>
    <p>
    CALOTTIER , s. m. Marchand de calottes. <i>Galericulorum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6631" id="2" type="">
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    <head>CALOTTIER</head>
    <p>
    Calottier , s. masc. Noyer, Arbre qui porte les noix. <i>Nux.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CALOT">CALOT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6632" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALOYER" />
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    <head>CALOYER</head>
    <p>
    CALOYER , ou CALOGER, ère, s. m. &amp; f. Moine, Religieux, (ou Religieuse) Grec, qui suit la Règle de S. Basile. Les <i>Caloyers</i> habitent particulièrement le mont Athos ; mais ils desservent presque toutes les Eglises d'Orient, dont ils sont la gloire &amp; l'ornement. Ils font des voeux comme les Moines en Occident. Il n'a jamais été fait de réforme chez eux ; car ils gardent exactement leur premier institut, &amp; ont conservé leur ancien vêtement. Ils mènent un genre de vie fort austère &amp; fort retirée ; ils ne mangent jamais de viande, &amp; outre cela ils ont quatre Carêmes, &amp; observent plusieurs autres jeûnes de l'Eglise Grecque, avec une extrême régularité. Ils ne mangent du pain qu'après l'avoir gagné par le travail de leurs mains. Dans la dernière nécessité ils n'obtiennent pas même dispense de manger du beurre, du poisson, des oeufs &amp; de l'huile. Il y en a qui ne mangent qu'une fois en trois jours, &amp; d'autres deux fois en sept, pendant leur sept semaines de Carême. Ils passent la plus grande partie de la nuit à pleurer, &amp; à gémir pour leurs péchés, &amp; pour ceux des autres : on ne peut pas porter plus loin les obligations de la vie Monastique. Tavernier. Ce nom se donne particulièrement aux Religieux qui sont vénérables par leur âge, par leur retraite, &amp; par l'austérité de leur vie. Il y a à Athènes trois Monastères de <i>Calogères.</i> La Guill. Il est bon de remarquer ici que quoiqu'en France on comprenne tous les Moines Grecs sous le nom de <i>Caloyers,</i> il n'en est pas de même en Grèce. Il n'y a que les frères qui s'appellent ainsi ; car pour ceux qui sont Prêtres ils se nomment Jéromonaches. Lettr. Edif. et Cur. <i>Tom. X. p.</i> 346. 347. Les Turcs donnent aussi quelquefois le nom de <i>Caloyers</i> à leurs Dervis, ou Religieux Turcs. Le mot de <i>Caloger</i> (car c'est ainsi qu'il le faut écrire, mais il faut prononcer <i>Caloyer,</i> les Grecs eux-mêmes le prononcent ainsi, ayant adouci le son du Grec, ou du <i>G,</i> non-seulement dans ce nom, mais généralement dans toutes les dictions où il se trouve ;) ce mot, dis-je, <i>Caloger,</i> ou <i>Caloyer,</i> vient du mot Grec , &amp; il tire son origine de ; c'est-à-dire, <i>bon vieillard.</i> Les Moines Grecs, dit le P. Goar, s'appellent les uns les autres <i>Caloger,</i> qui est la même chose que , <i>bons vieillards,</i> comme vieillissans dans la vertu, <i>ut virtute consenescentes.</i></p><p>On appelle aussi <i>Calogères</i> chez les Grecs de certaines Religieuses qui vivent en communauté. Elles suivent la règle de saint Basile, &amp; sont renfermées dans des Monastères, ayant à la tête de leur Communauté une des plus sages Religieuses qui leur tient lieu d'Abbesse. Cependant ces Monastères de femmes dépendent toujours de quelque Abbé. Ces Religieuses portent toutes un même habit, qui est noir, &amp; un manteau de même couleur ; cet habit est de laine simple. Elles ont les bras &amp; les mains couvertes jusqu'au bout des doigts. Elles ont de plus la tête rasée ; &amp; chacune a une Cellule séparée où il y a de quoi se loger. Celles qui sont les plus riches ont des servantes, &amp; elles nourrissent même quelquefois de jeunes filles pour les élever à la piété. Après qu'elles se sont acquittées de leur devoir ordinaire, elles font des ouvrages à l'aiguille. Les Turcs qui ont quelque respect pour ces Religieuses viennent jusques dans leurs Monastères pour acheter des ceintures de leur façon. Les Abbesses ouvrent volontiers <pb n="809" facs="bpt6k8542165/f849/full/1200,/0/native.jpg"/>les portes de leur Couvent aux Turcs qui viennent acheter le travail de ces bonnes filles, &amp; retournent à leur appartement aussi-tôt qu'elles ont vendu leur marchandise. Le Sieur de Moni, qui a fait cette description des <i>Calogères,</i> ou Religieuses Grecques, après Allatius, ajoûte en même-temps, qu'il a lû une relation manuscrite de Constantinople, où il n'est pas parlé si avantageusement d'elles. Les <i>Calogères</i> de Constantinople, dit l'Auteur de cette relation manuscrite, sont des veuves, dont quelques-unes ont eu plusieurs maris, &amp; elles n'embrassent cette profession, que lorsqu'elles sont avancées en âge. Elle ne font point de voeux : toute leur sainteté consiste à prendre un voile noir sur leur tête, &amp; à dire qu'elles ne veulent plus se marier. La plupart demeurent en leurs maisons, où elles prennent le soin de leur ménage, &amp; même de leurs parens. Cet Auteur avoue néanmoins qu'il y en a quelques-unes qui vivent en communauté ; mais que celles-ci sont plus misérables que les premières ; que les unes &amp; les autres vont par-tout où il leur plaît, &amp; qu'enfin elles ont plus de liberté sous cet habit de Religieuses, qu'elles n'en avoient auparavant ; on pourroit ajoûter encore à cela, que les Evêques défendent à leurs Prêtres sous peine d'interdit, d'entrer dans les Monastères de ces <i>Calogères.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6633" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALQUABLE" />
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    <head>CALQUABLE</head>
    <p>
    CALQUABLE , adj. Vieux mot, qui signifie <i>difficile à passer,</i> on l'a dit en parlant des rivières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6634" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALQUAS" />
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    <head>CALQUAS</head>
    <p>
    CALQUAS , s. m. <i>Pharetra.</i> Vieux mot, qui veut dire <i>carquois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6635" id="1" type="peintres & de graveurs">
   <index type="head" value="CALQUER" />
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    <head>CALQUER</head>
    <p>
    CALQUER , v. act. Terme de Peintres &amp; de Graveurs , qui se dit lorsqu'ils ont un dessein dont le revers est marqué de couleur rouge ou noire, &amp; qu'ils en marquent &amp; tracent les traits sur une planche vernissée, sur une muraille ou autre matière ; ce qui se fait en passant légèrement avec une pointe sur chaque trait du dessein qui laisse l'impression de la couleur qui est au dos sur la planche, ou le mur, &amp;c. <i>Lineamenta graphio describere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6636" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALTRY" />
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    <head>CALTRY</head>
    <p>
    CALTRY , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Caletricus, Calactericus.</i> S. <i>Caltry</i> nâquit l'an 529. de famille noble, à 27. ans il fut choisi par les suffrages communs du Clergé &amp; du peuple de Chartres, pour succéder à S. Lubin leur Evêque. Il assista au IIIe Concile de Paris en 557. &amp; en 566. au IIe de Tours, &amp; mourut l'année suivante 567.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6637" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CALVAGI" />
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    <head>CALVAGI</head>
    <p>
    CALVAGI , s. m. Terme de Relation . Officier du Grand Seigneur, tel que sont les fruitiers dans la maison du Roi, qui font les compôtes, confitures, &amp; autres semblables mets de dessert. Vigenère. Il y a dans le Serrail dix <i>Calvagis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6638" id="1" type="spiritualite">
   <index type="head" value="CALVAIRE" />
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   <index type="macro_domain" value="Religion" />
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    <head>CALVAIRE</head>
    <p>
    CALVAIRE , s. m. Nom propre d'une petite montagne de la Terre-Sainte. <i>Calvariae mons,</i> ou <i>locus.</i> Le <i>Calvaire</i> étoit une petite montagne près des murs de Jérusalem, au Nord, ou selon d'autres au Nord-Ouest de cette ville. C'étoit le lieu où l'on exécutoit les criminels, &amp; où J. C. voulut souffrir la mort pour nous sur une croix. Constantin le Grand fit enfermer ce lieu, &amp; le Sépulcre de J. C. de murailles, &amp; y fit bâtir une Eglise magnifique, appellée le saint Sépulcre, qui subsiste encore. Et ils arriverent ainsi au lieu qu'on appelle Golgotha ; c'est-à-dire, <i>Calvaire.</i> Bouh. Il y en a qui croient certaine tradition qui porte qu'Adam fut enterré sur le <i>Calvaire,</i> &amp; qu'Abraham y conduisit son fils pour l'immoler.</p><p>Ce mot <i>Calvaire</i> s'est formé du Latin <i>Calvaria,</i> qui signifie un crane. Elle s'appelloit en Hébreu nouveau, ou en Chaldéen &amp; Syriaque , <i>Gulgalta,</i> d'où se fit <i>Golgotha,</i> qui signifie la même chose que <i>Calvaire.</i> Ce nom lui fut donné, selon quelques Auteurs, parce qu'elle avoit la forme de la tête ou du crane de l'homme ; &amp; selon d'autres, parce qu'on y voyoit les cranes de ceux qui avoient été mis à mort pour leurs crimes.</p><p>En termes de spiritualité on dit, Aller au <i>Calvaire,</i> monter au <i>Calvaire,</i> pour dire, Embrasser des pénitences, des mortifications, des afflictions, les chercher ; Demeurer au <i>Calvaire,</i> les supporter patiemment, les continuer ; Etre dans l'état d'affliction, de mortification, de souffrance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6638" id="2" type="architecture">
   <index type="head" value="CALVAIRE" />
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    <head>CALVAIRE</head>
    <p>
    Calvaire , s. m. En termes d'Architecture , c'est une chapelle élevée sur un tertre, en mémoire du lieu où J. C. fut crucifié proche de Jérusalem. <i>Calvaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6639" id="1" type="agriculture">
   <index type="head" value="CALVANIER" />
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    <head>CALVANIER</head>
    <p>
    CALVANIER , s. m. Terme d'Agriculture . C'est un homme de journée qu'on prend pendant la moisson pour tasser les gerbes dans la grange. <i>Messorius bajulus, messorii operis vectarius, administer.</i> Un bourgeois qui donne sa terre à moitié fruits, est obligé de fournir des <i>Calvaniers</i> à son Métayer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6640" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALVARDINE" />
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    <head>CALVARDINE</head>
    <p>
    CALVARDINE , s. f. Vieux mot, qui signifie <i>perruque. Ascititia caesaries.</i> Borel croit que ce mot vient de <i>calvus, chauve</i>, parce qu'autrefois on ne prenoit la perruque que lorsqu'on étoit chauve.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6641" id="1" type="">
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    <head>CALVILLE</head>
    <p>
    CALVILLE , Voyez <ref type="search" target="head:CALLEVILLE">CALLEVILLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6642" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALVINIEN, ENNE" />
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    <head>CALVINIEN, ENNE</head>
    <p>
    CALVINIEN, ENNE , adj. Qui appartient à Calvin, ou à sa Secte. <i>Calvinianus.</i> Un sentiment <i>Calvinien.</i> Une doctrine, une proposition <i>Calvinienne.</i> Les principes de Jansénius sont purement <i>Calviniens.</i> Genève est une ville toute <i>Calvinienne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6643" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALVINISME" />
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    <head>CALVINISME</head>
    <p>
    CALVINISME , s. m. Secte, parti, doctrine, sentimens de Calvin sur la Religion Chrétienne. <i>Calvinismus, Calvini secta, haeresis.</i> Le Jésuite Maimbourg a composé une Histoire du <i>Calvinisme.</i></p><p>Le plus pur <i>Calvinisme</i> est dans la ville de Genève, d'où il s'est répandu en France, en Angleterre &amp; dans les Pays-Bas. Le <i>Calvinisme</i> a été entièrement détruit en France par la révocation de l'Edit de Nantes l'an 1685. Il est la Religion dominante dans les Provinces-Unies depuis l'année 1572. Ce fut en cette année là qu'il fut reçû dans ces Provinces tel qu'il s'enseignoit à Genève, pour être la seule Religion publique. Des treize Cantons Suisses, il y en a six qui font profession du <i>Calvinisme</i> ; de ces six néanmoins il y en a deux qui sont partagés en Catholiques, &amp; en Calvinistes. Le <i>Calvinisme</i> est aussi répandu dans le Palatinat, mais l'Electeur Palatin est présentement Catholique. Il seroit trop long de rapporter toutes les erreurs que Calvin a enseignées, on peut juger du mérite de sa Religion par celles que voici. 1°, La prédestination &amp; la réprobation sont antérieures à la prévision de quelque oeuvre que ce soit, bonne ou mauvaise. 2°, La prédestination &amp; la réprobation ne dépendent que de la seule volonté de Dieu, sans aucun rapport aux mérites ou aux péchés des-hommes. 3°, Dieu donne à ceux qu'il a prédestinés la foi, qu'ils ne peuvent perdre ; il leur donne une grace nécessitante qui ôte la liberté, il ne leur impute point leurs péchés, quelque énormes qu'ils soient, mais il les couvre de la justice de J. C. 4°, Les Justes ne sauroient faire aucune bonne oeuvre, à cause du péché originel qui est en eux. 5°, Ils ne sont pas obligés de faire de bonnes oeuvres, parce qu'ils sont exemts de l'obligation d'observer la loi qui les commande. 6°, Les oeuvres de justice ne méritent que l'Enfer, &amp;c. Ces points de Religion, &amp; plusieurs autres qu'on pourroit rapporter, ont paru si horribles &amp; si contraires à la raison &amp; au bon sens, que les sectateurs de Calvin en ont rejetté plusieurs ; mais ils ont toujours soutenu des erreurs fondamentales qui les séparent de l'Eglise Catholique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6644" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALVINISTE" />
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    <head>CALVINISTE</head>
    <p>
    CALVINISTE , s. m. &amp; f. Hérétique qui suit la doctrine de Calvin. <i>Calvini sectator.</i> En France on appelle les gens de cette Secte <i>Huguenots</i> &amp; <i>Parpaillaux</i> parmi le peuple. En Allemagne on les confond avec les Luthériens &amp; autres sous le nom de <i>Protestans.</i> Le P. Gaultier leur attribue cent hérésies dans sa Chronologie ; &amp; le P. François Feu-ardent, Docteur de Paris, en parlant des erreurs des <i>Calvinistes,</i> leur en donne mille quatre cents dans un Ouvrage intitulé <i>Theomachia Calvinistica.</i></p><p>Les <i>Calvinistes</i> prennent le nom de Réformés, qualité qu'ils n'ont osé s'attribuer en France sans être repris, pendant qu'ils y ont été. Les Déclarations du Roi leur ordonnerent de prendre seulement le nom de <i>Prétendus Réformés.</i> Les Luthériens haïssent mortellement les <i>Calvinistes</i> ; ils ont été toujours très-éloignés d'eux, quelques efforts que ceux-ci aient faits pour s'approcher des Luthériens, qui regardent les sentimens des <i>Calvinistes</i> sur la prédestination &amp; sur la réprobation, comme des opinions Mahométanes, lesquelles renversent la Religion Chrétienne. L'Electeur de Brandebourg est <i>Calviniste,</i> mais la plupart de ses sujets sont Luthériens : il y en a aussi quelques-uns qui sont Catholiques. Les <i>Calvinistes</i> sont en très-petit nombre dans ses Etats. En Angleterre la Religion dominante est celle des Episcopaux, &amp; quoique ceux-ci diffèrent peu des <i>Calvinistes</i> pour ce qui est de la doctrine, ils ne sauroient cependant les souffrir, le nom de <i>Calviniste</i> leur étant tout à fait odieux. Le parti des <i>Calvinistes</i> au contraire <pb n="810" facs="bpt6k8542165/f850/full/1200,/0/native.jpg"/>domine dans toute l'Ecosse sous le nom de <i>Puritains.</i> Les Episcopaux en ont été bannis depuis peu sous le Prince d'Orange appellé le Roi Guillaume.</p><p><i>Calviniste</i> se fait aussi quelquefois adjectif, &amp; se dit pour <i>Calvinien.</i> Vous avancez-là des propositions <i>Calvinistes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6645" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CALVITIE" />
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    <head>CALVITIE</head>
    <p>
    CALVITIE , s. f. Terme de Médecine . Chûte de cheveux qui ne peuvent plus revenir. <i>Calvitium.</i> La <i>calvitie</i> arrive enfin aux gens qui sont sur l'âge, ou qui ont desséché leur tête à force d'y mettre de la poudre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6646" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CALUMET" />
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    <head>CALUMET</head>
    <p>
    CALUMET , s. m. Terme de Relation . C'est un instrument des Sauvages de l'Amérique. <i>Tabacaria Canadensium, Syrina, fistula.</i> C'est une espèce de grande pipe à fumer, faite de marbre rouge, noir, ou blanc. La tête en est bien polie, &amp; a la figure d'un marteau d'armes. Le <i>Calumet</i> a un tuyau orné de poils de Porc-épic, &amp; de petits fils de peaux de plusieurs couleurs. Le <i>Calumet</i> a quelque chose de mystérieux parmi les Sauvages du Nord. C'est le symbole de la paix.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6647" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALUS" />
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    <head>CALUS</head>
    <p>
    CALUS , ou CAL, s. m. Dureté qui se forme en quelque partie du corps humain, par un travail continuel qui durcit &amp; épaissit la peau. <i>Callus, callum.</i> Les Artisans ont des <i>calus</i> au fond des mains. Les Tailleurs ont du <i>cal</i> aux doigts où ils mettent les ciseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6647" id="2" type="">
   <index type="head" value="CALUS" />
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    <head>CALUS</head>
    <p>
    Calus , se dit aussi d'une dureté qui se forme sur l'endroit où il y a eu fraction d'un os ; la nature y envoie assez de matière pour le consolider, &amp; empêcher qu'il ne se rompe derechef.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6647" id="3" type="">
   <index type="head" value="CALUS" />
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    <head>CALUS</head>
    <p>
    Calus , se dit figurément en choses morales, en parlant de la dureté que l'ame a contractée contre toute sorte de tendresse. Il s'est fait un <i>calus</i> sur sa conscience ; pour dire, Il s'est endurci au péché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6648" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALYBITE" />
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    <head>CALYBITE</head>
    <p>
    CALYBITE , s. m. &amp; f. Qui loge dans une cabane, dans une masure. <i>Calybita, qui sub tuguriolo habitat.</i> Ce mot n'est en usage dans notre langue que comme surnom de quelques Saints. S. Jean <i>Calybite,</i> que l'Eglise honore le 15e de Janvier, étoit d'une des meilleures maisons de Constantinople. Il fut Moine Acemète sous Théodose le jeune. Voyez les Notes de M. Chastelain au 15e de Janvier. Il y a encore eu d'autres <i>Calybites,</i> comme remarque Bollandus <i>Januar. Tom. I. p.</i> 1031. c'est-à-dire, qui vivoient sous des cabanes, des chaumines.</p><p>Ce nom vient de , <i>tego, operio.</i> Bollandus. <i>Ib. p.</i> 1029. De-là s'est fait le nom Grec , qui signifie une petite loge, ou hute. Voyez le Glossaire de Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6649" id="1" type="">
   <index type="head" value="CALYPHE" />
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    <head>CALYPHE</head>
    <p>
    CALYPHE , Voyez <ref type="search" target="head:CALIFE">CALIFE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6650" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAMAGNE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CAMAGNE</head>
    <p>
    CAMAGNE . Terme de Marine . Lit de vaisseau. Voyez <ref type="search" target="head:CAJUTES">CAJUTES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6651" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMAÏEU" />
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    <head>CAMAÏEU</head>
    <p>
    CAMAÏEU , s. m. Pierre sur laquelle se trouvent plusieurs figures ou représentations de paysages &amp; autres choses par un jeu de la nature, en telle sorte que ce sont des espèces de tableaux sans peinture. <i>Lapis in quo figurae videntur non impressae, sed ingenitae.</i> On le dit aussi de ces pierres précieuses, comme onix, sardoines &amp; agathe, sur lesquelles les Lapidaires emploient leur art pour aider la nature à perfectionner ces représentations.</p><p>Ce mot vient de <i>camehuia</i>, qui est un nom que les Orientaux donnent à l'onix, lorsqu'en l'usant on trouve une autre couleur, comme qui diroit une <i>seconde pierre.</i> Les Latins ont dit aussi <i>camahutus</i> &amp; <i>camahelus.</i> Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6651" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAMAÏEU" />
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    <head>CAMAÏEU</head>
    <p>
    Camaïeu , se dit aussi d'un dessein fait par un Peintre, où il n'emploie qu'une seule couleur, &amp; où il observe les jours &amp; les ombres, sur un fond d'or ou d'azur, qui représente d'ordinaire des bas reliefs. <i>Imago monochromatos, monochroma.</i> Les plus riches <i>camaïeux</i> sont rehaussés d'or ou de bronze, par hachûres. Les Grecs les appelloient .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6652" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="CAMAIL" />
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    <head>CAMAIL</head>
    <p>
    CAMAIL , s. m. Petit manteau que les Evêques portent par-dessus leur rochet, qui ne s'étend que depuis le cou jusqu'au coude. <i>Epomis, humerale.</i> Il est noir, ou violet. Les Evêques assistent aux actes, aux cérémonies en <i>camail</i> &amp; en rochet. Quelques-uns disent, comme Théophile Raynaud que ce mot vient de <i>camelaucius</i>, qui étoit une couverture de tête faite de camelot. Ce qu'on lit dans le savant <i>Onomasticon</i> du P. Rosweid Jesuite sur <i>camelauchium</i> confirme ce sentiment, quoiqu'il n'y parle point du mot François <i>camail.</i> On y lit que dans des vies anciennes des Saints on trouve que <i>camelauchium</i> étoit un vêtement dont on se couvroit la tête ; que dans un ancien Glossaire manuscrit de Camberon, il est dit que c'est un vêtement du Pape, un ornement de tête semblable à la tiare ; que dans Bède <i>de Tabern. L. III. c.</i> 8. il est décrit comme un <i>casque, qui s'étend jusque sur le haut de la tête,</i> ce qui représente en effet la forme du <i>camail</i> ; que ce mot est Grec ; qu'il se trouve dans Suidas, dans Hésychius, dans le Scholiaste d'Aristophane ; que l'Etymologiste le dérive de ; ce qui montre que l'usage de cet habillement vient des pays chauds, où on le portoit pour se garantir du soleil &amp; de la chaleur, au lieu qu'on l'a pris dans ces pays-ci pour se garantir du froid ; qu'au reste on trouve dans Isidore, &amp; d'autres anciens, <i>calemanchus</i> &amp; <i>calemancus</i> ; mais que c'est une faute ; que dans Bède, à l'endroit cité il y a <i>Calamacus,</i> mais que ce sont des transpositions &amp; des changemens très-ordinaires dans les Auteurs ou les Copistes de la basse Latinité, dans lesquels on trouve de même très-souvent <i>corcodrillus</i> pour <i>crocodilus.</i> D'autres prétendent qu'il y a plus d'apparence qu'il vient de <i>cap de maille</i> : car il est certain qu'il y avoit autrefois des couvertures de tête faites de mailles. Ainsi on voit dans l'<i>Histoire de Bertrand du Guesclin,</i> des Chevaliers bien armes de <i>camails,</i> qui répondoient à-peu-près aux haussecous des derniers temps ; &amp; la ressemblance a fait ainsi nommer les <i>camails</i> des Evêques. Du Cange.</p><p>En termes de Blason on a aussi appellé <i>camail</i> ou <i>mantelet,</i> une espèce de lambrequin, dont les anciens Chevaliers couvroient leurs casques &amp; leurs écus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6653" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMALDOLI" />
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    <head>CAMALDOLI</head>
    <p>
    CAMALDOLI , s. m. Village du Florentin dans la Toscane, qui a donné son nom à l'Ordre Religieux dont on va parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6654" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMALDOLI" />
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    <head>CAMALDOLI</head>
    <p>
    CAMALDOLI , s. m. Certain Ordre de Religieux fondé par S. Romuald ; il donna à ses Moines la règle de S. Benoît : ils portent un habit blanc. S. Romuald fit bâtir un Monastère dans l'affreuse solitude de <i>Camaldoli</i> en 1009. Elle est située dans l'Etat de Florence sur les monts Apennins. Les Religieux de cet Ordre ont pris leur nom du lieu où ils sont établis. Par leurs statuts leurs Maisons doivent être éloignées de cinq lieues des grandes Villes. <i>Ordo Camaldulanus.</i></p><p>Le R. P. Dom de Grandis, Camaldule, Théologien &amp; Mathématicien du Grand Duc, &amp; Professeur de Philosophie dans l'Université de Pise, a fait des dissertations sur quelques points de l'Histoire de son Ordre. <i>Dissertationes Camaldulenses,</i> à Lucques en 1707. Il fixe dans la première l'époque de l'institution de l'Ordre de <i>Camaldoli</i> à l'an 962. &amp; non pas l'an 1012. que S. Romuald fonda <i>Camaldoli.</i> Fortunius &amp; Actius ont aussi écrit l'Histoire des Camaldules. Luc d'Espagne l'a faite aussi sous le nom d'Histoire Romualdine. Dom Grandis en parle avec éloge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6655" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMALDULE" />
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    <head>CAMALDULE</head>
    <p>
    CAMALDULE , s. m. &amp; adj. On appelle <i>Camaldules</i> les Religieux de l'Ordre de Camaldoli. <i>Camaldulanus, Camaldolita, Camaldulensis.</i> Il y en a qui appellent <i>Camaldolites</i> ceux qu'on appelle communément <i>Camaldules.</i> La vie d'un <i>Camaldule</i> est bien solitaire, &amp; bien austère. Il n'y a qu'un Couvent de <i>Camaldules</i> en France. Il est à quelques lieues de Paris proche de Grosbois. Les <i>Camaldules</i> n'ont point eu ce nom dès le commencement de leur Ordre. Ils ne l'ont porté que long-temps après la mort de S. Romuald. Jusqu'à la fin du XIe siècle on les appelloit Romualdins. <i>Camaldule</i> étoit alors un nom particulier à ceux du désert de Camaldoli ; &amp; selon D. Grandis, ce nom ne fut point donné à tout l'Ordre, parce que Camaldoli étoit le premier Monastère où l'Ordre eût commencé, (car ce fut en Aquitaine :) mais parce que la régularité s'y maintint mieux qu'ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6656" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMARADE" />
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    <head>CAMARADE</head>
    <p>
    CAMARADE , s. m. &amp; f. Compagnon, associé, qui loge en même chambre. <i>Socius, commilito.</i> Il se dit des gens de basse condition, ou de bas âge qui logent ensemble, ou qui ont fait grande société, ou amitié ; particulièrement des soldats, des laquais, des artisans, des écoliers qui vont ensemble à l'école. Rigaud, dans son Glossaire, dérive le mot <i>camarade</i> de , qu'on trouve dans les Constitutions des Empereurs Maurice &amp; Léon : ce mot veut dire une <i>tente,</i> &amp; l'on a appellé <i>camarades</i> les soldats d'une même tente. D'autres prétendent que ce mot vient du Latin <i>camera, voûte, chambre voûtée.</i> On appelle <i>camarades,</i> ceux qui sont d'une même chambrée ou qui sont compagnons.</p><p>On dit aussi, <i>camarades</i> de fortune, d'avanture, de malheur, pour signifier, qu'On a été dans la même fortune, dans la même avanture, dans les mêmes malheurs. Si nous sommes mal traités en cette occasion nous avons bien des <i>camarades.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6656" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAMARADE" />
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    <head>CAMARADE</head>
    <p>
    Camarade , se dit quelquefois des supérieurs aux inférieurs, &amp; particulièrement à la guerre, pour exciter les soldats à obéir, &amp; à suivre. Mes <i>camarades,</i> il faut donner dans ces retranchemens. A moi, <i>camarades,</i> à moi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6656" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAMARADE" />
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    <head>CAMARADE</head>
    <p>
    Camarade , se dit aussi figurément des choses qui s'accompagnent mutuellement. Que le bon soit toujours <i>camarade</i> du beau. La Font. Cela n'est pas du style élevé.</p><p>En termes de Guerre , on appelle une batterie par <i>camarades,</i> lorsque plusieurs pièces de canon, soit de la même, soit de diverses batteries, sont pointées en même temps contre un même corps, &amp; tirent ensemble.</p><p>On dit proverbialement &amp; bassement, que des gens sont <i>camarades</i> comme cochons, quand ils ont fait souvent la débauche ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6657" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMARD" />
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    <head>CAMARD</head>
    <p>
    CAMARD , adj. &amp; s. Qui a le nez plat &amp; enfoncé vers sa racine. C'est la même chose que <i>camus. Vir simus, resimus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6658" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMARDE" />
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    <head>CAMARDE</head>
    <p>
    CAMARDE , s. f. Camuse. <i>Sima mulier.</i> Voilà une laide <i>camarde.</i> Un Poëte fort ingénieux appelle la mort considerée comme une personne, la <i>camarde,</i> parce qu'on la représente avec un crane décharné, au lieu de tête, &amp; qu'ainsi elle n'a presque point de nez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6659" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMARGUE" />
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    <head>CAMARGUE</head>
    <p>
    CAMARGUE , subst. f. La <i>Camargue</i> est un petit pays de France dans la Provence entre deux bras du Rhône. On prétend qu'il a été ainsi nommé de <i>Caius Marius,</i> qui s'y campa contre les Cimbres, qu'il défit peu de temps après dans ces quartiers. Moréry, édit. de 1712. Si ce fait est vrai, ce nom vient plutôt de <i>Castra Marii,</i> Camp de Marius, que de <i>Caius Marius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6660" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMAYEU" />
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    <head>CAMAYEU</head>
    <p>
    CAMAYEU , Voyez <ref type="search" target="head:Camaïeu">Camaïeu</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6661" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBAGE" />
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    <head>CAMBAGE</head>
    <p>
    CAMBAGE , s. m. Droit qui se lève sur la bière. <i>Vectigal ex cervisia.</i> Voyez Du Cange au mot Camba.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6661" id="2" type="">
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    <head>CAMBAGE</head>
    <p>
    Cambage , est aussi le lieu où l'on fait la bière. <i>Cervisiae officina, cambagium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6662" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBAYE" />
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    <head>CAMBAYE</head>
    <p>
    CAMBAYE , s. f. Nom propre d'une ville d'Asie dans l'Empire du Mogol. <i>Cambaia.</i> Elle est située au fond d'un Golfe qui porte le même nom. <i>Cambaye</i> est grande, son port est bon, &amp; elle fait un si grand commerce, qu'on l'appelle le Caire des Indes.</p><p>Le Royaume de <i>Cambaye. Cambaiae Regnum,</i> est un grand pays d'Asie, situé dans l'Inde deçà le Gange, entre les Royaumes de Soret, de Jesselmère, de Chitor, de Candis, &amp; de Decan, &amp; la mer des Indes. Le Royaume de <i>Cambaye</i> a eu autrefois ses Rois particuliers, il est maintenant soumis au Mogol. On l'appelle aussi Royaume de Guzarate, <i>Guzaratae Regnum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6663" id="1" type="banque & de negoce">
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    <head>CAMBISTE</head>
    <p>
    CAMBISTE , s. m. Terme de Banque &amp; de Négoce , qui se dit des gens qui fournissent des lettres de change, ou qui en acceptent. <i>Argentarius, mensarius.</i> Dans le change au pair il n'y a rien à gagner entre les <i>Cambistes.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>Cambium</i>, ou de l'Italien <i>Cambio, Change.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6664" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBOIA" />
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    <head>CAMBOIA</head>
    <p>
    CAMBOIA , ou CAMBODIA, s. f. <i>Camboia.</i> Ville de l'Inde au-delà du Cange, située sur la rivière de Mécon. <i>Camboia</i> est capitale d'un Royaume de même nom.</p><p>Le Royaume de <i>Camboia,</i> ou <i>Cambodia,</i> &amp; <i>Camboge. Camboiae, Cambodiae Regnum,</i> est un grand pays de l'Inde de là le Gange, entre les Royaumes de Chiampa, de la Cochinchine &amp; de Siam, &amp; l'Océan Indien ou Golfe de Siam. Le Roi de <i>Camboia</i> est tributaire de celui de Siam. Ce Royaume prend son nom de sa capitale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6665" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBOUIS" />
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    <head>CAMBOUIS</head>
    <p>
    CAMBOUIS , s. m. Vieux oing qui s'amasse au bout de l'essieu, &amp; dont on a graissé les roues des carrosses, les presses d'Imprimerie, lorsqu'il s'est corrompu par leur fréquent mouvement. <i>Axungia, curulis axungia.</i> Les taches du <i>cambouis</i> sont difficiles à ôter.</p><p>On appelle aussi <i>cambouis,</i> une composition faite avec les écorces des racines d'ormeau battues avec de la graisse de bouc, &amp; du vieux oing. On s'en sert pour étancher les tonneaux qui suintent, pour graisser les vis des pressoirs, &amp; à autres usages.</p><p>Ce mot vient de <i>canubium</i>, qui est une espèce de <i>colle,</i> ou de <i>glu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6666" id="1" type="">
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    <head>CAMBRAI</head>
    <p>
    CAMBRAI , s. m. Nom propre d'une ville des Pays-Bas, capitale d'un petit pays nommé Cambrésis. <i>Cameracum.</i> La ville de <i>Cambrai,</i> selon quelques Auteurs, a été fondée par Camber Roi des Sicambres ; &amp; c'est de lui qu'elle a pris son nom. Clodion la prit en 445. Elle a été ville Impériale. Le Roi Louïs XIV. que la France vient de perdre le 1r de Septembre 1715. la prit en 1677. &amp; par la paix de Nimegue elle demeura à la France. L'Archevêque de <i>Cambrai</i> se dit Duc &amp; Prince de l'Empire. Il a pour suffragans les Evêques d'Arras, de Tournay, de S. Omer &amp; de Namur. <i>Cambrai</i> est une grande ville, belle &amp; bien fortifiée, célèbre par les belles toiles qui s'y font. <i>Cambrai</i> est au cinquantième degré, dix min. de latitude, &amp; au vingtième degré, quinze min. de longitude, selon Mrs de l'Académie des Sciences.</p><p>L'Evêché de <i>Cambrai</i> fut soustrait à la Jurisdiction de l'Archevêché de Rheims, &amp; érigé en Archevêché par Paul IVe en 1559, le 12e Mai sur les instances de Philippe II. Roi d'Espagne, &amp; alors Souverain de <i>Cambrai,</i> sans avoir écouté l'Ambassadeur du Roi de France, ni le Cardinal de Lorraine Archevêque de Rheims. Paul IV. étant mort peu de temps après cette érection, sa Bulle fut confirmée par son successeur Pie IV. par un Bref du 7e Août 1561. Charles Maurice le Tellier Archevêque de Rheims, a souvent protesté contre cette érection faite au préjudice de son Eglise, qu'on n'avoit point indemnisée. 1°, En 1677. lorsque la ville de <i>Cambrai</i> fut prise par le Roi, ayant eu soin qu'il n'y eût rien dans la capitulation qui autorisât cette érection. 2°, Par une protestation particulière du 14. Février 1678. signifiée à M. l'Archevêque de <i>Cambrai</i> Jacques Théodore de Brias. 3°, Par une nouvelle protestation faite par la Province de Rheims assemblée à Senlis : elle est du 20. Juillet 1681. &amp; fut signifiée à l'Assemblée générale du Clergé de France, convoquée à Paris au 1r Octobre 1681. 4°, Par une Procuration du 12 Février 1695. donnée à pour qu'il s'opposât à ce que l'Eglise de <i>Cambrai</i> vacante par la mort de M. de Brias fût pourvue d'un Pasteur sous le titre d'Archevêque Métropolitain. Nonobstant toutes ces oppositions, M. l'Abbé de Fénelon fut, à la nomination du Roi, pourvu par le Pape de l'Archevêche de <i>Cambrai. Cambrai</i> étoit Evêché depuis le temps de saint Geri (<i>Gaugericus</i>) successeur de S. Wast au siége d'Arras, qui transfera son siége à <i>Cambrai.</i> Le Roi nomme à l'Archevêché de <i>Cambrai,</i> en vertu d'un concordat fait par les Commissaires de sa Majesté &amp; le Chapitre de l'Eglise de <i>Cambrai</i> en 1682, par lequel le Chapitre céda au Roi le droit qu'il avoit d'élire son Archevêque, &amp; le Roi renonça en faveur du Chapitre à son droit de Régale. Voyez le XVe Tome des Conciles par le P. Labbe, les Mémoires de M. l'Archevêque de Rheims, M. l'Abbé de Dangeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6667" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBRELAGE" />
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    <head>CAMBRELAGE</head>
    <p>
    CAMBRELAGE , s. m. Ce mot s'est dit pour Chambellage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6668" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBRER" />
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    <head>CAMBRER</head>
    <p>
    CAMBRER , v. neut. Courber ; qui ne se dit guère qu'avec le pronom personnel, du bois qui se déjette, &amp; qui ne se tient plus en droite ligne. <i>Curvari, incurvari.</i> Cette règle s'est <i>cambrée</i> par la sècheresse. La menuiserie de ces volets, de ces portes, ne joint pas bien, parce que le bois s'est <i>cambré.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6668" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAMBRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CAMBRER</head>
    <p>
    Cambrer , v. act. se dit aussi de la taille qui se fait par l'art sur le bois, ou la pierre, quand l'ouvrage ne doit pas être dressé uniment &amp; en droite ligne, mais avec quelques inégalités. <i>Camerare, fornicare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6668" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAMBRER" />
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    <head>CAMBRER</head>
    <p>
    Cambré, ée , part. &amp; adj. Courbé. <i>Incurvatus, curvatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6668" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAMBRER" />
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    <head>CAMBRER</head>
    <p>
    Cambré , chez les Artisans, signifie aussi, Ce qui est creux ou concave, ce qu'on a creusé par art, qui n'est plus uni. <i>Fornicatus, cameratus.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de <i>camuratus,</i> qui a été fait de <i>camurus,</i> qui signifie <i>curvus,</i> comme a remarqué Servius. D'autres le dérivent de <i>camera</i>, qui signifioit <i>voûte,</i> dont on a fait aussi <i>chambre,</i> parce qu'elles étoient autrefois faites en voûte. Du Cange dérive ce mot de <i>camberta,</i> qui est une espèce d'arbrisseau, qui vient courbe, que les Allemands appellent <i>cambrek.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6669" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBRESIS" />
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    <head>CAMBRESIS</head>
    <p>
    CAMBRESIS , s. m. <i>Ager,</i> ou <i>Pagus Cameracensis.</i> Petit pays renfermé entre la Picardie, l'Artois, &amp; le Hainault ; il n'a qu'environ sept lieues de long sur quatre ou cinq de large. Il prend son nom de Cambrai, qui en est la capitale. Le <i>Cambresis</i> a été fief de l'Empire. Charles V. <pb n="812" facs="bpt6k8542165/f852/full/1200,/0/native.jpg"/>l'incorpora au Hainaut. Il est à la France depuis la prise de Cambrai, &amp; la paix de Nimegue. Cateau <i>Cambresis,</i> est une place forte du <i>Cambresis.</i> Dans les Pays-Bas on dit Cateau pour Château, comme <i>cat</i> pour <i>chat,</i> &amp; <i>quien</i> pour <i>chien</i> ; &amp; nous les imitons en France dans le nom de cette place, disant <i>Cateau-Cambresis,</i> &amp; non pas <i>Château-Cambresis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6670" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBRIDGE" />
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    <head>CAMBRIDGE</head>
    <p>
    CAMBRIDGE , s. f. Ville d'Angleterre, capitale d'un Comté qui porte son nom. <i>Cantabrigia. Cambridge</i> est située sur le Cam. C'est l'ancien <i>Camboritum,</i> selon quelques Auteurs ; mais selon d'autres le vrai <i>Camboritum,</i> Cité des Icéniens, est un petit Bourg voisin de <i>Cambridge,</i> nommé Granceaster. On dit que cette ville fut nommée Granteride par les Saxons. Elle a une Université fameuse. <i>Cambridge</i> est au 20d, 50' de longitude, &amp; au 52d, 20' de latitude. Il y a près de <i>Cambridge,</i> sur le sommet des montagnes qu'on nomme en Anglois <i>Gogmagoghils,</i> des restes de remparts &amp; de fortifications faites autrefois par les Romains, ou par les Danois.</p><p>Le Comté de <i>Cambridge,</i> qu'on appelle en Anglois, <i>Cambridge-Shire, Cantabrigiensis Comitatus,</i> est une Province d'Angleterre, bornée au Nord par le Comté de Lincoln, &amp; par celui de Nortfolck, qui le confine aussi vers l'Orient, de même que le Suffolck ; elle a ceux d'Essek &amp; de Hartford au Midi ; &amp; ceux de Bedford, de Huntington, &amp; de Northampton au Couchant. Le Comté de <i>Cambridge</i> peut avoir treize lieues de long, &amp; six de large. La rivière d'Ouse le sépare en deux parties, l'une Méridionale, &amp; l'autre Septentrionale. La première est assez bien cultivée, mais la dernière est pleine de marais. L'air y est mal sain. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6671" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMBRURE" />
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    <head>CAMBRURE</head>
    <p>
    CAMBRURE , s. f. L'état de la chose cambrée. <i>Incurvae rei flexus, concameratio.</i> La <i>cambrure</i> des planches est nécessaire quand on fait des bateaux. Cette <i>cambrure</i> se fait en présentant au feu ces planches, qu'on a ébauchées en dedans, &amp; en les laissant quelque temps entretenues par les outils que les Menuisiers appellent <i>sergens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6671" id="2" type="formier & de cordonnier">
   <index type="head" value="CAMBRURE" />
   <index type="src_domain" value="formier & de cordonnier" />
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    <head>CAMBRURE</head>
    <p>
    Cambrure , est aussi un terme de Formier &amp; de Cordonnier . Ils disent, <i>cambrure</i> de forme de soulier, <i>cambrure</i> d'un soulier ; pour signifier la manière dont une forme ou un soulier sont courbés. <i>Flexura.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6672" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CAMELÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CAMELÉE</head>
    <p>
    CAMELÉE , s. f. Terme de Botanique . C'est un arbrisseau ligneux, de la hauteur d'une ou de deux coudées, qui jette beaucoup de sarmens, &amp; qui se divise en plusieurs branches. <i>Chamelea.</i> Ses feuilles sont longues, semblables à celles de l'olivier, mais plus petites &amp; plus brunes. Ses fleurs sont petites, jaunes, d'une seule feuille coupée en trois parties. Son fruit est à trois noyaux, verd premièrement, ensuite rouge, lorsqu'il est mûr : il est couvert d'une peau qui est d'un goût amer &amp; fort brûlant, de même que toute la plante. On en tire un suc qu'on mêle avec quelques purgatifs, &amp; qu'on donne quelquefois dans les hydropisies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6673" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMÉLÉON" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CAMÉLÉON</head>
    <p>
    CAMÉLÉON , s. m. Quelques-uns écrivent CHAMÉLION. C'est un petit animal fait comme un lézard, si ce n'est qu'il a la tête plus grosse &amp; plus large. <i>Chamaeleon.</i> Cet animal habite dans les rochers. Il a quatre pieds, en chacun trois doigs, la queue longue, avec laquelle il s'attache aux branches des arbres aussi bien qu'avec les pieds. Il a le mouvement tardif comme la tortue, mais fort grave. Il y en a en Egypte qui ont jusqu'à onze à douze pouces de long, y compris la queue. Ceux d'Arabie &amp; de Mexique ont six pouces seulement. Sa queue est plate, le museau long. Il a le dos aigu, la peau plissée &amp; hérissée comme une scie depuis le cou jusqu'au dernier noeud de la queue, &amp; une forme de crête sur la tête. Il a la tête sans cou comme les poissons. Il fait des oeufs comme les lézards. Son museau est fait en pointe obtuse. Il a deux petites ouvertures dans la tête qui lui servent de narines. Ses deux mâchoires sont jointes par une ligne presque imperceptible. Ses yeux sont gros, &amp; ont plus de cinq lignes de diamètre, dont l'iris est isabelle bordée d'un cercle d'or, quoique Jonston dise qu'elle lui manque. Il n'a point d'oreilles, &amp; ne reçoit ni ne produit aucun son. Sa langue est longue de dix lignes, &amp; large de trois, faite de chair blanche, ronde &amp; aplatie par le bout, où elle est creuse &amp; ouverte, semblable en quelque façon à la trompe d'un élephant : aussi quelques-uns l'appellent-ils <i>trompe.</i> Il la darde promptement sur les mouches, qui s'y trouvent attrapées comme sur de la glu. Elle s'allonge &amp; se retire comme un bas de soie sur la jambe. L'expérience n'a pas confirmé ce que plusieurs Auteurs veulent faire croire, que le <i>Caméléon</i> vit d'air. On a souvent vû celui qui a été apporté à Paris avaler des mouches ; on en a remarqué quantité dans ses excrémens ; &amp; son ventre &amp; ses intestins ont été trouvés tout remplis quand on l'a disséqué. Il a 18. côtes, &amp; son épine a 74. vertèbres, y compris les 50. de sa queue. On trouve dans son ventre des pierres qu'il vuide avec les excrémens. Il devient quelquefois si maigre, qu'on lui compte les côtes, de sorte que Tertullien l'appelle une <i>peau vivante.</i> Elian, Gesner &amp; Aldrovandus disent qu'il se défend du serpent par un fétu qu'il tient dans sa gueule.</p><p>Sa couleur ordinaire, quand il est en repos &amp; à l'ombre, est d'un gris bleuâtre. Aristote dit que sa couleur naturelle est le noir. Il y en a aussi de jaunes, &amp; d'autres verds, qui sont plus petits. Quand il est exposé au soleil, ce gris se change en un gris plus brun tirant sur le minime, &amp; ses parties moins éclairées se changent en diverses couleurs qui forment des taches de la grandeur de la moitié du doigt, dont il y en a quelques-unes de couleur isabelle. Les grains de sa peau non éclairés ressemblent aux draps mêlés de plusieurs couleurs. Quelquefois quand on le manie, il paroît marqueté de taches brunes qui tirent sur le verd. Si on l'enveloppe dans du linge, après y avoir été deux ou trois minutes, on l'en retire blanchâtre ; mais cela ne lui arrive pas toujours, &amp; il ne prend point la couleur des autres étoffes dans lesquelles on l'enveloppe ; &amp; sa couleur ne change seulement qu'en quelques parties de son corps. Ainsi ce que Théophraste &amp; Plutarque ont dit, qu'il prend toutes les couleurs dont on l'approche, hormis le blanc, ne s'accorde pas avec l'expérience. Monconys dit avoir observé que le <i>Caméléon</i> étant au soleil, paroît verd, quoiqu'il soit en un lieu où il n'y a point d'herbe ; qu'à la chandelle il paroît noir, quoiqu'on le mette sur du papier blanc ; &amp; qu'étant enfermé dans une boîte il devient jaune &amp; verd : &amp; il soutient qu'il ne prend jamais que ces quatre couleurs. Les uns disent que ce changement de couleur se fait par suffusion, comme Sénèque, d'autres par réflexion, comme Solin ; d'autres par la disposition des particules qui composent sa peau, comme les Cartésiens. Ce que l'on vient de dire est tiré pour la plupart des <i>Mémoires de M. Perrault,</i> qui en a fait des dissections.</p><p>Mlle Scudery, dans une Relation qu'elle a publiée de deux <i>Caméléons</i> qui lui furent apportés d'Afrique, assure qu'elle les conserva dix mois, &amp; que pendant tout ce temps-là ils ne prirent rien du tout. On les mettoit au soleil, &amp; à l'air, qui paroît être leur unique aliment : ils changeoient souvent de couleur, sans prendre celle des choses sur quoi on les mettoit. On remarquoit seulement quand ils étoient variés, que la couleur sur laquelle ils étoient se mêloit avec les autres, qui par leurs fréquens changemens faisoient un effet agréable. Elle ajoûte que c'est un petit animal paresseux, triste &amp; muet, &amp; qui de ses deux yeux en tient l'un immobile, ou vers le ciel, &amp; l'autre vers la terre.</p><p>Ce que la plupart des Auteurs ont dit du <i>Caméléon</i> n'est pas véritable. Pline le fait de la grandeur d'un Crocodile : Panatolus lui arme le dos de pointes pour se défendre de ses ennemis ; &amp; Solin, comme pour le rendre plus effroyable &amp; plus terrible, dit qu'il a toujours la gueule ouverte. Cependant un <i>Caméléon</i> qu'on a disséqué à Paris n'étoit pas en tout plus long d'un pied, quoiqu'il fût des plus grands ; il n'avoit sur le dos aucune apparence de pointes, les apophyses épineuses de ses vertèbres étant même quarrées ; &amp; bien loin d'avoir incessamment la gueule ouverte, il l'avoit toujours si bien fermée, pendant qu'il a été vivant, qu'on avoit de la peine à remarquer la séparation de ses lèvres. Marmol, qui dit qu'il en a vû plusieurs, assure que leur queue ressemble à celle d'une taupe ; mais elle n'est pas moins grande que celle d'un rat ou d'une vipère, &amp; elle égale en grandeur presque tout le reste du corps.</p><p>Pour ce qui est des parties intérieures de cet animal, Gesner dit qu'il n'y a que les poumons qui soient visibles ; mais il faut qu'il les ait considérées avec bien peu de soin ; car dans le <i>Caméléon</i> qui fut disséqué à Paris, on remarqua <pb n="813" facs="bpt6k8542165/f853/full/1200,/0/native.jpg"/>distinctement le foie, le coeur, le ventricule, &amp; les intestins, qui avoient plus de sept pouces de longueur. Aristote, qui a pris plaisir à décrire le <i>Caméléon,</i> assure qu'il n'a de la chair qu'aux mâchoires, &amp; au commencement de la queue ; néanmoins on en remarque encore sur l'épine du dos, sur les jambes de devant, &amp; sur celles de derrière. Il prétend aussi qu'il n'a de sang qu'autour du coeur &amp; des yeux, &amp; cependant on en trouva beaucoup dans la langue, &amp; dans tout le reste du corps. La description Anatomique de celui qui fut disséqué à Paris à la Bibliothèque du Roi, dit que ce <i>Caméléon</i> ne changeoit pas moins de figure, que de couleur ; que quelquefois il paroissoit fort gras, &amp; une heure après si décharné qu'il sembloit n'avoir que la peau ; que ses poumons n'étoient qu'un amas de membranes déliées qui ayant été enflées en souflant dans l'aspre artère, jetterent de côté &amp; d'autre plusieurs productions d'inégale grandeur, &amp; presque de la figure des branches de corail ; qu'une des pierres qui s'engendrent dans ses intestins ayant été cassée, on trouva dedans la tête d'une mouche ; que ses yeux ont le mouvement singulier, dont parle Mademoiselle de Scudery.</p><p>On dit figurément, qu'un homme est un <i>caméléon,</i> quand il change d'avis, ou de résolution, ou de parti ; à cause qu'on a cru faussement jusqu'ici que le <i>caméleon</i> changeoit de couleur à tout moment. Un Ministre d'Etat est un <i>caméléon,</i> un Prothée, qui feint toutes sortes de caractères selon ses vûes, &amp; ses intérêts. La Bruy. La Fontaine dit des gens de Cour, Peuple <i>caméléon,</i> peuple singe du maître. On dit aussi de celui qui apparemment n'a pas de quoi vivre, que c'est un <i>caméléon</i> ; qu'il vit de vent, à cause de la vieille erreur où on étoit que le <i>caméléon</i> en vivoit.</p><p>Le <i>caméléon</i> est la matière d'une sérieuse méditation que fait Tertullien sur la fausse apparence, &amp; il le propose comme le symbole des trompeurs &amp; des fanfarons.</p><p>Ce mot signifie <i>petit lion,</i> ou <i>chameau-lion</i> chez les Grecs, selon l'étymologie d'Isidore. Licetus croit que ce nom lui a été donné, à cause que comme le lion chasse aux autres bêtes, de même le <i>caméléon</i> chasse aux mouches : par la même raison qu'un certain ver qui chasse &amp; prend les fourmis, qu'Albert le Grand a décrit, est appellé <i>formica-leo</i> ; &amp; qu'une petite écrevisse de mer est nommée <i>lion,</i> parce qu'elle est de la couleur du lion, à ce que disent Pline &amp; Athénée. A cause de son extrême maigreur les Italiens appellent cet animal <i>une peau vivante.</i> On voit sur quelques tapisseries des Gobelins des <i>caméléons</i> représentés fort au naturel.</p><p>Matthiole rapporte plusieurs superstitions des Anciens touchant le <i>caméléon.</i> Ils ont dit que sa langue qu'on lui avoit arrachée étant en vie, servoit à faire gagner le procès de celui qui la portoit ; qu'on faisoit tonner &amp; pleuvoir, si on brûloit sa tête &amp; son gosier avec du bois de chêne, ou si on rôtissoit son foie sur une tuile rouge ; que si on lui arrachoit l'oeil droit étant en vie, cet oeil mis en lait de chèvre ôtoit les taies ; que sa langue liée sur une femme enceinte, la faisoit accoucher sans danger ; que sa mâchoire droite ôtoit toute peur &amp; frayeur, étant portée sur soi, &amp; que sa queue arrêtoit des rivières : ce qui montre que les Naturalistes ont dit des choses aussi fabuleuses que les Poëtes. Pline dit que Démocrite avoit fait un livre entier de ces superstitions. Et Solin dit, qu'il y a une telle antipathie entre le corbeau &amp; le <i>caméléon,</i> que celui-là meurt incontinent après qu'il a mangé de sa chair : ce qui est faux, quoique quelques Modernes assurent que le <i>caméléon,</i> pour éviter les serpens, monte sur des arbres, &amp; que de-là il les épie pour les faire mourir par sa bave qu'il laisse tomber sur eux. Pline s'est aussi fort trompé, quand il a dit qu'il y avoit des <i>caméléons</i> qui étoient aussi grands que des crocodiles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6673" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAMÉLÉON" />
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    <head>CAMÉLÉON</head>
    <p>
    Caméléon , est l'une des douze constellations Australes, qui ont été observées par les Modernes depuis les grandes navigations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6674" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMELÉOPARD" />
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    <head>CAMELÉOPARD</head>
    <p>
    CAMELÉOPARD , s. m. Animal qui se trouve dans l'Abyssinie. <i>Cameleopardus.</i> Il n'est pas si gros que l'éléphant, mais il est beaucoup plus haut. On l'appelle ainsi à cause qu'il a la tête &amp; le cou comme les chameaux, &amp; qu'il est tacheté ainsi que les léopards ; mais il l'est de taches blanches sur un fond roussâtre. Il a la queue fort petite ; ce qui le fait appeller par les Ethiopiens <i>siratakacim</i> ; c'est-à-dire, queue menue. Les Italiens le nomment <i>giraffa,</i> de l'Arabe <i>Zurafa.</i> Quelques-uns veulent que le <i>Caméléopard</i> soit le même animal que la girafe ; mais cela ne se peut, puisque la girafe n'est pas plus grande qu'un veau. Voyez <ref type="search" target="head:GIRAFE">GIRAFE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6675" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CAMELINE" />
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    <head>CAMELINE</head>
    <p>
    CAMELINE , ou CAMENINE, s. f. Terme de Botanique . C'est une plante qu'on appelle aussi <i>myagrum.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Myagrum">Myagrum</ref>.</p><p>&#9758; Cameline, s. f. Robe de camelot. On disoit aussi <i>camelin.</i> Robert de Sorbon reprochant à Joinville devant S. Louïs, qu'il étoit plus richement vêtu que le Roi, il lui répondit : Maistre Robert, je ne suis mie à blasmer, sauf l'onneur du Roy &amp; de vous ; car l'abit que je porte, tel que le voiez, m'ont laissé mes pere &amp; mere, &amp; ne l'ay point fait faire de mon auctorité. Mais au contraire est de vous, dont vous estes bien fort à blasmer &amp; reprandre ; car vous qui êtes filz de Villain &amp; de Villaine, avez laissé l'abit de voz pere &amp; mere, &amp; vous estes vestu du plus fin <i>camelin</i> que le Roi n'est. <i>Hist. de S. Louïs</i> <i>par Joinville.</i></p><p>&#9758; Cameline au vers 14186. du Roman de la Rose est pris pour une couleur brune. Sausse <i>cameline,</i> de la couleur du camelot. <i>Sup. au Gloss. du Rom. de la Rose.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6676" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMELOT" />
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    <head>CAMELOT</head>
    <p>
    CAMELOT , s. m. Etoffe faite ordinairement de poil de chèvre, avec laine ou soie. <i>Pannus è villo caprino contextus, undula. Camelot</i> de Hollande, de Lille. <i>Camelot</i> ondé, ou calandré, ou non ondé, sans onde. <i>Pannus è villis hircinis undulatus. Camelot</i> à eau, ou avec apprêt, sans eau, ou sans apprêt.</p><p>Ménage tient que ce mot vient de <i>Zambelot</i>, qui est un mot Levantin qui se dit des étoffes faites d'un poil fort délié, qui se tire de certaines chèvres qu'on trouve en quelques endroits de Turquie, dont Scaliger fait mention, &amp; Busbec en ses Voyages, d'où vient qu'on a dit du <i>Camelot</i> de Turquie, <i>Pannus, cilicius Tur cici operis.</i> D'autres le dérivent de l'Italien <i>ciambellotto</i>. Bochart dit que le mot de <i>zambelot</i> est corrompu de l'Arabe <i>giamal,</i> qui signifie un <i>chameau.</i> Aussi a-t-on appellé proprement <i>camelot,</i> l'étoffe qui se fait de poil de chameau. Le <i>Camelot</i> est appellé par quelques Auteurs récens <i>Capellotum,</i> de <i>capella,</i> chèvre, parce qu'il se fait de poil de chèvre. De-là s'est fait <i>Camelot,</i> en changeant le <i>p</i> en <i>m, Cameloi,</i> pour <i>Capellot.</i> Ce changement a fait croire que ce mot venoit de <i>camelus,</i> chameau, parce qu'il se faisoit de poil de chameau, ce que les Bollandistes taxent d'ignorance. <i>Act. SS. Maii, Tom. II. p.</i> 88.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui a pris de mauvaises habitudes qu'on ne lui peut faire quitter, qu'il est comme le vieux <i>Camelot,</i> qu'il a pris son pli.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6677" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMELOTÉ, ÉE" />
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    <head>CAMELOTÉ, ÉE</head>
    <p>
    CAMELOTÉ, ÉE , adj. Etoffe tissue ou ondée en forme de camelot. <i>Pannus cilicii operis more contextus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6678" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMELOTINE" />
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    <head>CAMELOTINE</head>
    <p>
    CAMELOTINE , s. f. Petite étoffe faite à la manière du camelot. <i>Pannus tenui filo cilicii operis more contextus.</i> On dit aussi du <i>camelin</i> d'Amiens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6679" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMERIER" />
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    <head>CAMERIER</head>
    <p>
    CAMERIER , s. m. Premier Officier de la Chambre d'un Pape, ou d'un Cardinal, d'un Prélat Italien, qu'on appelle autrement <i>Maître de Chambre. Camerarius.</i> On dit à Rome le <i>Camérier</i> du Pape, &amp; parmi les Moines &amp; les Chanoines, le Chambrier. Ces mots sont bornés à cet usage. Danet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6680" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMERLINGAT" />
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    <head>CAMERLINGAT</head>
    <p>
    CAMERLINGAT , s. m. Dignité ou charge de Camerlingue. <i>Camerarii dignitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6681" id="1" type="">
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    <head>CAMERLINGUE</head>
    <p>
    CAMERLINGUE , s. m. Cardinal qui régit l'Etat de l'Eglise, &amp; administre la Justice. <i>Camerarius Ecclesiae.</i> C'est l'Officier le plus éminent de la Cour Romaine, parce que tout le bien du S. Siége est administré par la Chambre dont il est le Président. Le Siége vacant, il fait battre monnoie, &amp; marche en cavalcade accompagné de la garde des Suisses &amp; autres Officiers, &amp; il publie des Edits. Il a sous lui un Trésorier, &amp; un Auditeur appellés <i>Généraux,</i> qui ont une jurisdiction séparée, &amp; douze Prélats appellés <i>Clercs de Chambre.</i> Du Cange dit qu'on a aussi appellé <i>Camerlingues,</i> les Trésoriers du Pape, &amp; des Empereurs.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAMERONIEN" />
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    <head>CAMERONIEN</head>
    <p>
    CAMERONIEN . <i>Cameronianus.</i> Nom de certains Calvinistes rigides d'Angleterre : on les appelle ainsi du nom de leur Tribu. Ce mot se trouve dans la Gazette de France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6683" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMILLE" />
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    <head>CAMILLE</head>
    <p>
    CAMILLE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Camillus.</i> Le Prince <pb n="814" facs="bpt6k8542165/f854/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Camille,</i> troisième fils de Louïs de Lorraine, Comte d'Armagnac, &amp; Grand Maréchal de Lorraine. Quand on parle des anciens Romains on dit <i>Camille,</i> si l'on met ce nom seul : <i>Camille</i> s'exila lui-même pour prévenir sa condamnation. Mais si l'on y joint leurs noms, ou leurs prénoms, il faut retenir le nom Latin <i>Camillus</i> : Marcus <i>Camillus</i> défit les Falisques &amp; les Veies. C'est ce <i>Camille,</i> qui retournant d'exil dans le temps qu'on pesoit aux Gaulois les deux cents livres d'or qu'on leur avoit promises pour les obliger à lever le siége de Rome, les prit à dépourvu, les chargea, &amp; les obligea de se retirer avec perte. Ce même M. Furius <i>Camillus</i> triompha quatre fois, &amp; fut cinq fois Dictateur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6684" id="1" type="">
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    <head>CAMILLE</head>
    <p>
    CAMILLE , s. f. est aussi un nom propre de femme. <i>Camilla.</i> La <i>Camille</i> de Virgile est une femme extraordinaire. Quand nous parlons des Italiennes qui portent ce nom, nous retenons le plus souvent la terminaison Latine &amp; Italienne en <i>a.</i> La Segnora <i>Camilla</i> étoit soeur de Sixte V.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6685" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMILLE" />
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    <head>CAMILLE</head>
    <p>
    CAMILLE , s. m. &amp; f. est aussi le nom des jeunes garçons ou des jeunes filles qui servoient dans les choses secrètes, comme les nôces &amp; les sacrifices, &amp; en particulier du jeune enfant qui servoit le <i>Flamen Dialis,</i> ou Prêtre de Jupiter.</p><p>Ce mot venoit de l'ancienne langue des Etruriens, à ce qu'il paroît, &amp; se disoit pour <i>Casmillus,</i> comme on le peut conjecturer par le 543 vers de l'onzième Livre de l'Eneïde de Virgile.</p><p>Ce nom dans cette ancienne langue signifioit Ministre. C'est pour cela que les Etruriens appelloient Mercure en leur langue <i>Camille</i> ; c'est-à-dire, Ministre des Dieux. Bochart, dans son <i>Hierozoicon, L. II. c.</i> 36. croit que ce mot étoit composé de deux mots Hébreux, ou Phéniciens, , <i>Kosmé, el,</i> Devins, ou Prêtres de Dieu. Car signifie <i>Deviner.</i> De <i>Kosmé el</i> on fit <i>Kosmel,</i> &amp; <i>Kasmil,</i> &amp; en ajoûtant la terminaison Latine <i>Casmillus.</i> Le même Bochart, dans son <i>Chanaan,</i> L. I. C. 12. tire <i>Casmillus</i> de <i>hhadam,</i> qui signifie <i>ministrare,</i> comme il paroît par l'Arabe <i>hhadama,</i> &amp; de , <i>El,</i> Dieu. Vossius croit qu'on pourroit dériver <i>Camillus</i> de , <i>Chemarim,</i> qui se trouve au IVe L. des Rois, C. XXIII. v. 5. &amp; que l'on traduit <i>Aruspices, Sacerdotes, Sacrificuli.</i> Il doute cependant de la bonté de cette étymologie, parce que le mot Latin étoit originairement <i>Casmilus,</i> &amp; non pas <i>Camillus.</i> Voyez Varron, <i>L. IV. De Ling. Lat.</i> où il dit que les Samothraces usoient du même mot dans la même signification. Denys d'Halycarnasse dit aussi, L. II. que les Etruriens &amp; les Pélasgiens appelloient <i>Cadoles</i> ceux que les Romains de son temps nommoient <i>Camilles.</i> Macrob, L. III. Saturn. c. 8. Festus, au mot <i>Flaminius,</i> Servius sur le 557e vers du Livre XI. de l'Eneïde, Vossius Etymol. &amp; <i>De Idolol. L. II. C.</i> 57. <i>p.</i> 312. Vigenère sur Tite-Live, p. 973. Dans une médaille de Caligula en grand bronze, qui d'un côté représente la piété assise, qui tient de la main droite une patère, dont elle semble verser quelque chose, avec l'inscription C. caesar avg. germanicvs pm. tr. pot. &amp; au revers un sacrifice devant un Temple. divo avg. la petite figure qui est à gauche derrière le Prêtre semble être le <i>Camille</i> du Sacrifice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6686" id="1" type="">
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    <head>CAMINIEK</head>
    <p>
    CAMINIEK . Voyez <ref type="search" target="head:KAMINIEK">KAMINIEK</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6687" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMION" />
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    <head>CAMION</head>
    <p>
    CAMION , s. m. Epingle déliée pour attacher des toiles fines, ou autres choses délicates. <i>Brevis ac tenuis acicula.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMION</head>
    <p>
    Camion , se dit aussi des griffes des chats, à cause qu'elles sont petites &amp; fort pointues. <i>Ungues acicularum in morem aculeati, acuminati.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMION</head>
    <p>
    Camion , se dit aussi d'une espèce de petite charrette ou haquet, qui est traînée par un cheval, ou par deux hommes, &amp; qui sert à transporter des balots &amp; marchandises par la ville. On s'en sert aussi à traîner du vin &amp; de la lie. <i>Acetarii propolae cisolium.</i> Le mot de <i>camion</i> n'est guère connu à Paris, où on se sert plutôt du mot de <i>haquet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMIS</head>
    <p>
    CAMIS , s. m. Idole que les Japonois adorent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6689" id="1" type="guerre">
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    <head>CAMISADE</head>
    <p>
    CAMISADE , s. f. Terme de guerre . C'est une attaque qu'on fait par surprise aux ennemis la nuit, ou vers la pointe du jour, au temps qu'ils prennent leurs chemises. <i>Nocturna, antelucana impressio, oppugnatio, irruptio.</i> Ce mot vient du signal qu'on s'est donné en quelque attaque de nuit pour se reconnoître, en mettant une chemise sur ses armes. Ce mot de <i>camisade</i> n'est presque plus usité. Le Marquis de Pescaire, bien informé du nombre des troupes que Bayard avoit avec lui, résolut de lui donner une <i>camisade.</i> Il sortit la nuit de Milan avec six à sept mille hommes de pied, &amp; cinq cents gens-d'armes, à qui il fit mettre une chemise par-dessus leurs armes, afin que dans les ténèbres ils se reconnussent. C'est de cette manière de faire prendre aux soldats des chemises par-dessus leurs habits en de telles occasions, &amp; qui étoit en ce temps assez à la mode, qu'est venu le nom de <i>camisade.</i> P. Daniel <i>dans François I. T. III. p.</i> 147. On trouve dans des Auteurs anciens, Dresser une <i>camisade,</i> Une <i>camisade</i> heureuse, qui réussit bien.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMISARD, ARDE</head>
    <p>
    CAMISARD, ARDE , s. m. &amp; f. Calviniste rebelle des Cévennes ; Huguenot fanatique des Cévennes. <i>Calvinianus è Cebennis, fanaticus ac rebellis.</i> Les Calvinistes des Cévennes, qui trompés par les prétendues prophéties, ou plutôt par les impostures de Jurieu, &amp; à ce que l'on a dit par les artifices &amp; les promesses du Prince d'Orange, s'imaginerent sottement, ou feignirent d'être Prophètes, &amp; soulevèrent les Huguenots des Cévennes, formerent pendant la guerre de 1688. &amp; des années suivantes une espèce de faction que l'on appella les <i>Camisards.</i> M. de Brueys &amp; d'autres ont écrit la ridicule Histoire de ces Prophètes fanatiques, &amp; de ces brigands, &amp; les affreuses cruautés que les <i>Camisards</i> exercerent sur quelques Catholiques, principalement Prêtres &amp; Religieux.</p><p>Ce mot vient, ou de <i>Camisade,</i> attaque brusque &amp; imprévue, parce que ces rebelles n'en faisoient que de cette sorte, en sortant subitement de leurs montagnes ; ou de <i>camise,</i> qui se dit dans ces Pays-là pour <i>chemise</i> ; &amp; ils auroient été ainsi nommés, parce qu'ils manquoient de linge, &amp; que c'étoit la chose qu'ils voloient plus volontiers, ou bien parce qu'ils portoient des vestes de toile assez semblables à des chemises. Mais il paroît plus probable que ce nom vient de <i>camis,</i> qui signifie Grands chemins, routes battues, que ces brigands infestoient. Ainsi <i>Camisard</i> signifie brigand, voleur de grand chemin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMISOLE</head>
    <p>
    CAMISOLE , s. f. C'est la même chose qu'une <i>chemisette.</i> Petit vêtement qu'on met la nuit, ou pendant le jour, entre la chemise &amp; le pourpoint, pour être plus chaudement. Il ne va d'ordinaire que jusqu'à la ceinture. <i>Torax interior.</i> Il s'en fait de toile, de futaine, de coton, de ratine, de chamois, de soie, d'oüate, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMOÏARD</head>
    <p>
    CAMOÏARD , s. m. Espèce d'étoffe faite de poil de chèvre sauvage. Mén. <i>Pannus è villo textus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6693" id="1" type="botanique">
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    <head>CAMOMILLE</head>
    <p>
    CAMOMILLE , s. f. Terme de Botanique . <i>Anthemis.</i> C'est une plante qui a ses racines fibreuses, &amp; ses tiges minces, velues &amp; souples. Ses feuilles sont en grand nombre découpées fort menu. Au haut des tiges &amp; des branches naissent des fleurs qui sont assez grandes, radiées, &amp; attachées à de longues queues ; le disque, c'est-à-dire, le milieu de ces fleurs, est un amas de tuyaux élargis vers le haut, &amp; de couleur jaune : le tour, ou la couronne est composé de feuilles blanches &amp; oblongues. La <i>camomille</i> est très-bonne dans les coliques venteuses, dans la pleurésie, dans les fièvres &amp; dans la cardialgie. On s'en sert aussi dans les cataplasmes pour ramollir, &amp; pour apaiser les douleurs. En Latin <i>Chamaemelum vulgare.</i> Il y a plusieurs autres espèces de <i>camomille.</i> Ce nom lui a été donné, parce qu'il y en a quelques espèces qui sentent la pomme. On l'appelle aussi <i>anthemis,</i> à cause du grand nombre des feuilles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6694" id="1" type="">
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    <head>CAMOUFLET</head>
    <p>
    CAMOUFLET , s. m. Fumée qu'on souffle au nez d'un homme qui sommeille, par le moyen d'un cornet de papier allumé par un bout. <i>Fumi in os inspiratio, insufflatio.</i> C'est une malice que font des pages &amp; des laquais de donner de <i>camouflets.</i> On disoit autrefois <i>chaumouflet.</i></p><p>Borel dérive ce mot de <i>mufle,</i> parce que c'est un parfum odieux qu'on souffle dans les narines, pour éveiller les endormis.</p><p>Richesource emploie ce mot dans un sens figuré : un de ses livres a ce titre, Le <i>camouflet</i> des Auteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6695" id="1" type="">
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    <head>CAMP</head>
    <p>
    CAMP , s. m. Terrein où une armée s'arrête, se retranche, ou plante le piquet pour se loger sous des tentes &amp; des <pb n="815" facs="bpt6k8542165/f855/full/1200,/0/native.jpg"/>huttes. <i>Castra.</i> Il est quelquefois couvert d'un retranchement, quelquefois il se défend par le seul avantage du poste. On a fait aussi des fermetures de <i>camp</i> avec des chevaux de frise accrochés ensemble, comme faisoit le vieux Prince d'Orange, ainsi que témoigne Jean Errard. La tête du <i>camp</i> est le terrain qui fait face vers la campagne, où l'on monte le bivouac. Rhoë, en décrivant le <i>camp</i> du Mogol, dit qu'il a bien vingt milles d'Angleterre de circuit, &amp; enferme plus d'espace que la plus grande ville de l'Europe ; qu'il est composé de huit cents mille hommes, &amp; de quarante mille éléphans ; que toutes ses tentes sont dressées en quatre heures.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMP</head>
    <p>
    Camp , s'est dit figurément d'une armée navale.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMP</head>
    <p>
    Camp volant , est une petite armée composée de Cavalerie ou de Dragons ; on y joint quelquefois de l'Infanterie. Cette petite armée tient la campagne, &amp; fait de continuels mouvemens pour surprendre quelques places de l'ennemi, ou le tenir en haleine, &amp; l'empêcher de s'attacher à quelque entreprise. <i>Expedita manus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMP</head>
    <p>
    Camp , se prend quelquefois pour l'armée même. <i>Exercitus.</i> D'où vient que ses principaux Officiers sont nommés <i>Maréchaux de Camp, Mestres de Camp, Aides de Camp.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMP</head>
    <p>
    Camp , se dit aussi d'un lieu fermé de barrières, où combattoient les anciens Chevaliers dans les joûtes &amp; tournois. <i>Arena.</i> Il fut mis hors du <i>camp.</i> Il entra dans le <i>camp.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMP</head>
    <p>
    Camp <i>Prétorien,</i> étoit chez les Romains une grande enceinte de bâtimens pour loger des soldats de la garde. <i>Castra praetoriana.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6696" id="1" type="">
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    <head>CAMPAGNARD, ARDE</head>
    <p>
    CAMPAGNARD, ARDE , adj. &amp; subst. Celui qui vit noblement à la campagne, qui n'a point hanté la Cour, ni le beau monde des villes. <i>Rure habitans, ruris incola.</i> On reconnoît bien-tôt à Paris les Gentils-hommes <i>campagnards.</i> On y raille fort les Dames <i>campagnardes.</i> Boileau donne une idée des <i>campagnards,</i> lorsqu'il dit ;</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6697" id="1" type="">
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    <head>CAMPAGNE</head>
    <p>
    CAMPAGNE , s. f. Plaine, vaste étendue de terre, où il n'y a ni ville, ni montagnes, ni forêts, ou autre chose qui arrête, ou qui borne la vûe. <i>Campus, camporum patentium aequor.</i> Les <i>campagnes</i> de Beauce, de Champagne. Après que vous aurez passé cette vallée, vous trouverez une plaine, vous serez en rase <i>campagne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPAGNE</head>
    <p>
    Campagne , se dit aussi de tout ce qui est hors des villes <i>Rus.</i> Ce Bourgeois est allé à sa maison de <i>campagne.</i> On lui a ordonné de prendre l'air de la <i>campagne.</i> On ne peut placer ailleurs qu'à la <i>campagne</i> la scène d'une vie tranquille. Fonten. Si l'idée qu'on se fait de la vie pastorale est agréable, c'est qu'elle ne tombe pas précisément sur le ménage de la <i>campagne</i> ; mais sur le peu de soin dont on y est chargé, sur l'oisiveté dont on y jouït, &amp; sur le peu qu'il en coûte pour y être heureux. Id. Ce grand homme n'a point forcé la nature &amp; les élémens pour embellir la solitude ; il n'a cherché dans sa retraite que les pures délices de la <i>campagne.</i> Flech. Un noble de <i>campagne</i> est un Gentil-homme qui demeure hors des villes. Un habit de <i>campagne,</i> est un gros habit de fatigue qu'on porte aux champs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPAGNE</head>
    <p>
    Campagne , se dit aussi de quelques lieux particuliers. <i>Campagne, Campania,</i> est un petit pays du Duché de Milan. C'est la partie orientale du territoire de Pavie. <i>Campagne,</i> est encore le nom d'une ville du Royaume de Naples, dans la Principauté citérieure, à quatre lieues au Midi de Conza, dont son Evêque est Suffragant. La <i>Campagne</i> de Rome, <i>Latium,</i> est une Province de l'Etat Ecclésiastique, bornée au Levant par le Royaume de Naples ; le Teverone au Nord, &amp; le Tibre au Couchant la séparent, l'un de la Terre Sabine, &amp; l'autre de la Province appellée le Patrimoine de S. Pierre, Rome en est Capitale. L'air y est fort grossier, &amp; le terroir peu cultivé, faute d'habitans. Le Pape établit, il y a quelques années, une Congrégation pour chercher les moyens de rendre ce pays plus habitable &amp; de le cultiver ; mais ces soins n'ont point eu d'effet. Le nom de la Province de Champagne en France, est aussi la même chose, &amp; il a été donné à tous ces lieux, parce que ce sont des plaines &amp; des <i>Campagnes.</i> Campanie, Province du Royaume de Naples, est encore la même chose. Et tous ces mots sont formés du Latin <i>Campania,</i> qui a le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPAGNE</head>
    <p>
    Campagne , en termes de Guerre , est le temps de chaque année où on peut tenir les troupes en corps d'armée. <i>Bellicae uniuscujusque anni expeditiones.</i> Les Allemands commencent leur <i>campagne</i> fort tard, &amp; attendent la récolte. Les François la commencent quelquefois dès l'hiver. En ce sens on le dit aussi pour désigner une certaine année où on a fait quelque notable exploit de guerre. La <i>campagne</i> de Lille. La <i>campagne</i> de Cambrai. On a fait une heureuse <i>campagne.</i> On le dit aussi dans la Marine. Faire une <i>campagne</i> sur mer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPAGNE</head>
    <p>
    Campagne , signifie aussi les années qu'un Officier, ou qu'un soldat a servi. <i>Stipendium.</i> Cet Officier a quinze <i>campagnes</i> sur la tête ; c'est-à-dire, est dans le service depuis quinze ans. Ce soldat a fait vingt <i>campagnes.</i></p><p>On dit aussi, Mettre en <i>campagne</i> ; pour dire, faire sortir les troupes des garnisons pour les mettre en corps d'armée. <i>Copias educere.</i> Tenir la <i>campagne,</i> être maître de la <i>campagne</i> ; pour dire, Etre maître du pays, faire retirer les ennemis dans leurs garnisons. <i>Vagari, vias obsidere.</i></p><p>Battre la <i>campagne,</i> se dit des Chasseurs qui tiennent un grand espace d'une plaine pour en faire lever le gibier. On le dit aussi des batteurs d'estrade, qui vont aux nouvelles pour découvrir les ennemis.</p><p>On dit figurément qu'un Auteur bat la <i>campagne,</i> quand il dit beaucoup de choses inutiles, qui ne viennent point à son sujet. <i>Extra rem vagari, à proposito deflectere.</i></p><p>On appelle une pièce de <i>campagne,</i> un canon de médiocre grosseur, qui peut aisément suivre l'armée dans sa marche, qui sert dans les batailles, à la tête d'un camp. <i>Tormentum campestre.</i></p><p>On dit encore qu'on a mis tous ses amis en <i>campagne</i> pour faire une telle affaire ; pour dire, qu'on a employé tous ses amis, qu'on les a envoyés deçà &amp; delà pour la faire réussir. <i>Uti omnium amicorum operâ atque diligentiâ ad rem aliquam</i> : qu'on a mis des Sergens en <i>campagne</i> pour prendre un criminel, &amp;c. qu'on a mis bien des gens en <i>campagne,</i> des espions en <i>campagne</i> pour découvrir des nouvelles de quelque chose.</p><p>On dit aussi d'un homme promt &amp; colère, que, quand on lui dit quelque chose qui ne lui plaît pas, aussi-tôt il se met en <i>campagne</i> ; pour dire, qu'il s'échappe, qu'il s'emporte.</p><p>On appelle à la Bassette &amp; au Pharaon, Paroli de <i>campagne,</i> Un paroli que quelqu'un marque en fraude, sans que sa carte soit venue en gain. Les Joueuses de profession sont sujettes à faire des parolis de <i>campagne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPANE</head>
    <p>
    CAMPANE , s. f. Crépine de fil d'or, ou d'argent, ou de soie, qui se termine en petites houppes façonnées, &amp; qui représentent une cloche. <i>Campanula ex auro vel argento textili.</i> On en met aux pentes d'un lit, aux impériales de carrosse, &amp; autres endroits où l'on veut mettre de riches crépines.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>campana</i>, qui veut dire cloche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPANE</head>
    <p>
    Campane , est aussi un ornement de Sculpture, d'où pendent des houppes en forme de petites cloches. <i>Campanula operis sculptilis.</i> On met ces sortes d'ornemens à un dais d'autel, de thrône, ou de chaire de Prédicateur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6698" id="3" type="architecture">
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    <head>CAMPANE</head>
    <p>
    Campane , en termes d'Architecture , signifie aussi le chapiteau Corinthien, ou Composite, qui représente un pannier, ou une corbeille entourée de feuilles. <i>Capitulum Corinthiacum, vel compositum, abacus.</i> Les ouvriers l'appellent tambour, ou vase, au-dessus duquel il y a un abaque, ou tailloir. On l'a nommé <i>campane,</i> parce qu'il ressemble à une cloche renversée. Il se dit aussi de certains petits ornemens ronds, qui sont comme de petits cones, &amp; qu'on appelle autrement <i>larmes,</i> ou <i>gouttes. Campane <pb n="816" facs="bpt6k8542165/f856/full/1200,/0/native.jpg"/>de comble,</i> est encore un ornement de plomb, chantourné, &amp; évidé, qu'on met au bas du faîte &amp; du brisis de comble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6699" id="1" type="">
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    <head>CAMPANELLE</head>
    <p>
    CAMPANELLE , s. f. <i>Campanula maxima foliis latissima.</i> Fleur blanche, bleue, rouge, ou de couleur gris de lin, qui fleurit en Juin, Juillet, Août &amp; Septembre, &amp; qui est faite en forme de petites cloches.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPANELLE</head>
    <p>
    Campanelle , s. f. Petite cloche, clochette. <i>Campanula.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAMPANETTE</head>
    <p>
    CAMPANETTE . Nom de fleur, ainsi appellée, parce qu'elle a la figure d'une campane. C'est la fleur du narcisse. Voyez <ref type="search" target="head:Narcisse">Narcisse</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6701" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMPANIE" />
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    <head>CAMPANIE</head>
    <p>
    CAMPANIE , s. f. Nom ancien d'une Province d'Italie, qu'on appelle aujourd'hui Terre de Labour. C'est le paye d'Italie le plus beau, le plus fertile &amp; le plus délicieux, &amp;, si l'on en croit Cicéron dans sa première Oraison <i>De lege agraria, n.</i> 75. le plus agréable pays du monde. Denys d'Halicarnasse, Pline, L. III. C. 5. Florus, L. I. C. 16. Tacite <i>Hist.</i> L. I. C. 2. Mela, L. II. C. 4. Solin, C. 8. &amp; généralement tous les Anciens qui parlent de la <i>Campanie,</i> en louent la beauté &amp; la fertilité. Sa Capitale étoit Capoue. Quelques-uns prétendent qu'elle ne prit point son nom de la beauté de ses campagnes, mais du nom des habitans de Capoue, qui s'appelloient <i>Campani.</i> Pour la distinguer de la Campagne de Rome, on la nomma l'ancienne, ou l'heureuse <i>Campanie.</i> Leander lui donne pour bornes au Couchant le Carigliano, <i>Liris,</i> à l'Orient le Selo, <i>Silarus,</i> &amp; une partie du territoire des Samnites, au Septentrion les montagnes des Samnites, qui sont une partie de l'Apennin ; au Midi la mer de Toscane. Voyez cet Auteur dans sa <i>Description de l'Italie,</i> &amp; Cluvier, L. IV. Vigenère, sur César &amp; sur Tite-Live au mot <i>Campania,</i> ou <i>Campanie,</i> lui donne les mêmes limites ; ou autrement il dit qu'elle s'étendoit le long de la mer depuis Galette jusqu'à Salerne, &amp; que du côté de la terre elle étoit bornée du Latium des Samnites qui est l'Abruzze, &amp; d'un des coins de la Pouille. Le même Auteur, sur Tite-Live, T. I. p. 1759. montre qu'on est obligé de se servir de ce mot en notre langue, quand on parle de l'antiquité, de peur d'équivoque, parce qu'aujourd'hui ce qu'on appelle en Italie <i>Campagne,</i> est fort différent de ce que les Romains appelloient <i>Campania.</i> On l'a aussi appellée l'ancienne <i>Campanie,</i> à la différence de la Campagne de Rome. Ce furent les délices de la <i>Campanie</i> qui amollirent Annibal &amp; son armée, &amp; qui lui firent perdre tout le fruit de ses victoires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6702" id="1" type="">
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    <head>CAMPANIEN, ENNE</head>
    <p>
    CAMPANIEN, ENNE , ou CAMPANOIS, oise, s. masc. &amp; f. <i>Campanus, a.</i> Habitant de la Campanie. On trouve ces deux noms dans nos Auteurs un peu anciens : on trouve même <i>Campanois</i> adjectif. Le terroir <i>Campanois,</i> pour dire, le territoire de la Campanie. Aujourd'hui on éviteroit ces mots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6703" id="1" type="">
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    <head>CAMPANIER</head>
    <p>
    &#9758; CAMPANIER , s. m. Sonneur. Du Latin <i>Campanarius,</i> comme de <i>Campana,</i> cloche, on a fait <i>Campane,</i> qui se trouve en ce sens-là dans Monet, mais qui est aujourd'hui hors d'usage. Il y en a dans Rabelais un bel exemple, rapporté sous le mot Remotis. Pour <i>Campanier,</i> répété plusieurs fois dans le XIV. chap. de la troisième Partie du Roman Comique, c'est apparemment un mot de Province. A le prendre à la lettre, ce nom conviendroit mieux à celui qui fait ou qui vend les cloches, qu'à celui qui les sonne.</p><p>
    </p>
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    <head>CAMPANILE</head>
    <p>
    CAMPANILE , s. m. Terme d'Architecture . <i>Campanile.</i> On appelle ainsi une tour d'Eglise. Jean de Pise bâtit le <i>campanile</i> de l'Eglise Cathédrale de Pistoye. Félib. Taddeo Gaddi bâtit à Florence une grande partie du <i>campanile</i> de Sainte Marie del flore sur le modèle que Giotto en avoit laissé. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6705" id="1" type="">
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    <head>CAMPANINI</head>
    <p>
    CAMPANINI , s. m. Sorte de marbre qui se trouve dans les montagnes de Carrare, où il y en a de noirs, d'autres tirant sur le gris, d'autres mêlés de rouge, &amp; d'autres qui ont des veines grises. Celui que les Italiens appellent <i>campanini</i> a reçu ce nom à cause qu'il résonne quand on le travaille, &amp; rend un son fort aigu, en quoi il ressemble à une cloche. Il est naturellement dur, &amp; s'éclate plus aisément que les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6706" id="1" type="botanique">
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    <head>CAMPANULE</head>
    <p>
    CAMPANULE , s. f. Terme de Botanique . Plante qui a plusieurs tiges, de la hauteur de deux ou trois coudées, creuses, grosses comme le petit doigt, &amp; canélées. Ses feuilles sont semblables à celles de l'ortie, velues, longues de quatre ou six doigts, larges de quatre, dentelées tout autour, &amp; disposées alternativement. Ses fleurs sont des cloches dilatées à leur ouverture, &amp; coupées sur les bords en cinq parties longues, aiguës, &amp; réfléchies quelquefois en dehors : elles sont bleues ; il y en a de blanches. On l'appelle aussi <i>clochette,</i> &amp; en Latin <i>campanula maxima solis latissimis.</i> Il y a plusieurs autres espèces de <i>campanule.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6707" id="1" type="">
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    <head>CAMPÊCHE</head>
    <p>
    CAMPÊCHE . Petite ville de l'Amérique méridionale, dans la Province d'Ucatan, &amp; de l'Audience du Méxique. <i>Campecum.</i> On l'appelle aussi San Francisco de <i>Campêche,</i> parce que son Eglise est dédiée à S. François. <i>Campêche</i> étoit autrefois l'échelle de toute l'Amérique, pour le trafic du bois de teinture. Les Espagnols le coupoient alors auprès d'une rivière qu'on appelle Champeton, à dix ou douze lieues de la ville de <i>Campêche,</i> au Sud de cette place dans un terrein haut &amp; pierreux. C'est de-là que le bois de teinture fut appellé bois de <i>Campêche.</i></p><p>Le bois de <i>Campêche</i> est un arbre d'Amérique, qui ne croît pas fort haut ; les feuilles en sont petites, &amp; ressemblent assez à celles du trèfle. Lett. édif. et cur. <i>T. XI. p.</i> 128. D'autres disent qu'il est assez semblable à nos aubépins, mais plus gros ; que l'écorce des jeunes branches est blanche &amp; polie ; qu'elle a quelques pointes qui en sortent ; que le corps &amp; les vieilles branches sont noirâtres ; que l'écorce en est plus raboteuse, &amp; qu'il y a peu de piquans. Le coeur de l'arbre est rouge, &amp; c'est ce qui sert pour la teinture. Quelque-temps après qu'il a été coupé il devient noir, &amp; si on le met dans l'eau il la teint en noir, &amp; on peut s'en servir pour écrire. Ce bois est extrêmement pesant ; il brûle très-bien, &amp; fait un feu clair &amp; de longue durée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6708" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMPEMENT" />
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    <head>CAMPEMENT</head>
    <p>
    CAMPEMENT , s. m. Logement d'une armée dans ses quartiers, quand elle tient la campagne. <i>Castrorum metatio.</i> La grande science d'un Général, c'est de bien savoir ses <i>campemens.</i> Les bons <i>campemens</i> doivent avoir la commodité des eaux &amp; des fourrages, &amp; les facilités de se couvrir &amp; de se retrancher.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6709" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMPER" />
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    <head>CAMPER</head>
    <p>
    CAMPER , v. act. &amp; n. Arrêter &amp; loger son armée dans quelque poste à la campagne. <i>Castra ponere, collocare, metari.</i> Les Romains <i>campoient</i> toute l'année. Du temps de Papyrius les Romains ne savoient encore ni se poster, ni <i>camper</i> dans aucun ordre : ils apprirent à former leur camp sur celui de Pyrrhus ; auparavant ils avoient toujours <i>campé</i> en confusion. S. Evr. Ce Général a <i>campé</i> son armée devant une telle ville ; il a fait mine de l'assiéger. Les deux armées <i>campoient</i> vis-à-vis l'une de l'autre. César alla <i>camper</i> un peu plus loin de-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6709" id="2" type="">
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    <head>CAMPER</head>
    <p>
    Camper , se dit figurément de ceux qui se viennent placer hardiment en quelque lieu. <i>Locum aliquem occupare.</i> Ce flatteur s'est venu <i>camper</i> dans la maison d'un tel Seigneur, d'où on ne le peut chasser. Il s'est venu <i>camper</i> dans un fauteuil au milieu de l'assemblée. Ce mot est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6709" id="3" type="">
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    <head>CAMPER</head>
    <p>
    Camper , se dit encore de ceux qui n'ont point de logis certain, &amp; qui vont coucher aujourd'hui en une maison, &amp; demain dans l'autre ; comme font les filous &amp; vagabonds, &amp; les courtisanes. <i>Parasitari.</i></p><p>On dit encore qu'un homme est bien <i>campé</i> sur ses jambes, quand il est dans une posture ferme &amp; assurée, convenable aux exercices qu'il veut faire, comme de sauter, lutter, de faire des armes. <i>Eximio habitu &amp; statu recto esse.</i> <pb n="817" facs="bpt6k8542165/f857/full/1200,/0/native.jpg"/>Ce mot, &amp; son verbe <i>camper,</i> sont fort en usage chez les Maîtres d'armes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6709" id="4" type="">
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    <head>CAMPER</head>
    <p>
    Campé, ée , part. &amp; adj. <i>Positus, collocatus, situs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6710" id="1" type="">
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    <head>CAMPESTRE</head>
    <p>
    CAMPESTRE , s. m. Habillement de soldats Romains. <i>Campestre.</i> C'étoit, dit Vigenère sur Tite-Live, T. I. p. 955. certain brayer, ou devanteau ceint auprès du nombril, &amp; pendant jusqu aux genoux, comme des marinesques, amples &amp; courtes, tel à peu près que celui que portent les Arméniens, ou quelques autres artisans, &amp; aujourd'hui les Brasseurs, au moins à Paris. Les soldats s'en servoient pour se couvrir les parties honteuses dans leurs exercices. Voyez Acron sur l'onzième Epitre du I. L. d'Horace. Il dit aussi, qu'il étoit mince, délié, <i>tenue.</i></p><p>Ce mot vient de <i>campus</i>, champ, parce que les soldats prenoient le <i>campestre</i> pour faire leurs exercices, &amp; que le lieu où ils le faisoient s'appelloit <i>campus,</i> champ. Quelques-uns disent <i>campestre,</i> ou <i>campeste.</i> Proprement ni l'un ni l'autre n'est François, quoiqu'on s'en serve. Le mot François est <i>Tonnelet,</i> &amp; il semble qu'il seroit mieux de s'en servir, &amp; de ne donner une forme Françoise aux mots Latins, que lorsqu'il n'y en a point de François qui lui réponde. Voyez encore Tonnelet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6711" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMPHRE" />
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    <head>CAMPHRE</head>
    <p>
    CAMPHRE , s. m. D'Herbelot fait <i>camphre</i> féminin. <i>Cafur.</i> Les Arabes appellent ainsi le <i>camphre,</i> qui est une gomme blanche &amp; odoriférante, que l'on tire d'un arbre assez semblable au Saule, si ce n'est qu'il est plus noir. D'Herb L'arbre qui produit le <i>camphe</i> se trouve en grande quantité dans le pays des Nègres. Id. Le <i>camphre</i> est la gomme d'un arbre qui croît aux Indes dans les montagnes maritimes, &amp; dans l'Isle de Borneo, lequel est de telle hauteur &amp; largeur, qu'un escadron de cent hommes pourroit demeurer dessous à l'ombre, &amp; on en fait de grands coffres qui viennent du Japon. <i>Camphora.</i> On dit qu'il sort en plus grande abondance durant la tempête, &amp; les tremblemens de terre. Il dégoutte de cet arbre comme fait la gomme. Il y en a de plusieurs sortes : car on en trouve une entre les veines du bois, &amp; une autre qui sort par l'écorce rompue, comme résine, &amp; demeure attachée à l'arbre. Elle est rouge d'abord, &amp; devient blanche, ou par la chaleur du Soleil, ou à force de feu. Il y en a une brune &amp; obscure qui est moins estimée. Il y a aussi un <i>camphre</i> en rose, qui n'a point passé par le feu, &amp; un autre qui a été purifié &amp; blanchi, &amp; fait par sublimation. Le <i>camphre</i> est si subtil, que souvent de soi-même il se résout en fumée. Il est si odorant, que sur les lieux on s'en sert en guise d'encens. Les Princes de l'Orient se servent de cette précieuse gomme mêlée avec de la cire pour éclairer leurs Palais pendant la nuit. Saadi, pour marquer le caractère d'un prodigue, dit que celui qui allume des chandelles de <i>camphre</i> pendant le jour, se met en danger de n'en avoir pas de suif pour s'éclairer pendant la nuit. D'Herbelot. Pour être bon, il doit être blanc, pur, reluisant, transparent, de forte odeur ; &amp; il faut qu'il devienne mouillé, quand on le met sur un pain chaud ; il est amer. Voyez cet Auteur au mot <i>cafur.</i> Un Poëte Arabe dit dans une épigramme sur une Nègre : <i>Une noire se trouve souvent plus blanche que les autres par ses moeurs ; &amp; un corps de couleur musc a quelquefois dans soi la pureté du</i> camphre. Le <i>camphre</i> est aussi blanc que le musc est noir, &amp; il est fort estimé dans l'Orient pour son odeur, &amp; pour la vertu qu'il a de purifier le sang. D'Herb.</p><p>On a trouvé depuis peu en Ceïlan, que la racine de l'arbre de canelle produit d'aussi bon <i>camphre</i> qu'aucun du Japon, ou de la Chine, comme témoigne l'Histoire de la Société d'Angleterre. Quelques-uns, comme Fuchsius, croient que c'est un bitume des Indes.</p><p>Ce mot vient de l'Hébreu <i>copher</i>.</p><p>On fait du <i>camphre</i> artificiel avec de la sandaraque &amp; du vinaigre blanc distillé, qu'on met durant 20. jours dans le fumier de cheval, &amp; qu'on laisse après au Soleil pendant un mois pour sécher ; &amp; on trouve le <i>camphre</i> fait comme une croûte de pain blanc, qu'on appelle autrement <i>gomme de Genèvre, vernis blanc,</i> ou <i>mastic bien pulvérisé.</i> La Chymie ne travaille point sur le <i>camphre,</i> puisqu'il surmonte en pureté, en subtilité, en volatilité &amp; en pénétration, tout ce qu'on en pourroit tirer par la distillation ; &amp; on ne peut enchérir sur sa perfection. Sa diaphanéité est grande, &amp; sa blancheur égale celle de la neige. Son goût acre, &amp; son odeur forte témoignent sa volatilité. Son inflammabilité dans l'eau, &amp; sa totale consomption, sans laisser aucune trace au vaisseau dans lequel on l'allume, montrent sa pureté &amp; la subtilité de ses parties. On a fait ce proverbe sur le <i>camphre.</i></p><p>Mais ce proverbe est contraire au dire de Scaliger, &amp; aux expériences de Tulpius.</p><p>La principale qualité du <i>camphre</i> est de retenir &amp; de conserver un feu inextinguible qui brûle dans l'eau, sur la glace &amp; dans la neige, à cause qu'il est d'une nature fort tenue &amp; grasse, jusques là que si on en jette dans un bassin sur de l'eau-de-vie, &amp; qu'on les fasse bouillir jusqu'à leur entière évaporation dans quelque lieu étroit &amp; bien fermé, &amp; que par après on y entre avec un flambeau allumé, tout cet air renfermé conçoit en un moment le feu qui paroît comme un éclair, sans incommoder le bâtiment, ni les spectateurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6712" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMPHRÉ, ÉE" />
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    <head>CAMPHRÉ, ÉE</head>
    <p>
    &#9758; CAMPHRÉ, ÉE , adj. Il n'a guère d'usage que dans ces phrases. De l'esprit de vin <i>camphré.</i> De l'eau-de-vie <i>camphrée.</i> Qui se disent de l'esprit de vin, de l'eau-de-vie où on a mis du camphre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6713" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMPINE" />
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    <head>CAMPINE</head>
    <p>
    CAMPINE , s. f. C'est un nom qui se donne à différentes petite contrées. <i>Campinia.</i> Il y a la <i>Campine</i> dans l'Andalousie, qui est une partie du territoire de Seville. La <i>Campine,</i> contrée du Liégeois, qui s'étend depuis la Meuse jusqu'à la Mairie de Bolduc. La <i>Campine</i> Brabançonne, petite contrée du Brabant Hollandois, dans la Mairie de Bolduc.</p><p>Ce mot vient d'Espagne, où campina signifie une campagne découverte, où il n'y a aucun arbre. C'est la même chose que campagne en notre langue ; ainsi il seroit mieux de dire en Latin <i>Campania</i>. Ce sont les Espagnols qui ont porté ce mot dans les Pays-Bas.</p><p>&#9758; Campine, se dit aussi d'une espèce de petite poularde fine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6714" id="1" type="college">
   <index type="head" value="CAMPOS" />
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    <head>CAMPOS</head>
    <p>
    CAMPOS , s. m. Terme de Collége . Congé qu'on donne aux écoliers pour sortir, pour aller aux champs se divertir. <i>Vacatio.</i> On le dit aussi de ceux qui sont sujets &amp; attachés à quelque travail. Les Clercs n'ont <i>campos</i> que les Dimanches &amp; Fêtes. Cela vient du Latin <i>habemus campos.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6715" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAMULE" />
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    <head>CAMULE</head>
    <p>
    CAMULE , s. m. Nom d'un Dieu du Paganisme. <i>Camulus.</i> Ce sont les inscriptions de Gruter, qui nous font connoître ce Dieu. La première, p. XL. n. 9. est Ardoine Camulo Iovi Mercurio Herculi. Sous chacun de ces noms est le Dieu qui le porte. Sous Camulo c'est un Mars avec un bouclier &amp; une pique. Une autre, p. LVI. n. 11. Camulo. Sanc. Fortiss. Sac. &amp;c. Cette seconde inscription a été trouvée dans le pays des Sabins. Une 3° trouvée proche de Cleves, porte, Marti Camulo ob salutem Tiberi Claudi caes cives remi templum constituerunt. <i>Grut.</i> LVI. n. 12. De tout cela on conclut. 1°, Que <i>Camule</i> est le Dieu Mars. 2°, Qu'il est le même que Sangus. 3°, Que <i>Camule</i> étoit le nom que les Sabins donnoient à Mars. Struvius, dans son <i>Antiquitatum Roman. Syntagma, C. I. p.</i> 96. croit que ce nom vient de <i>camus,</i> qui selon Isidore, <i>Orig. L. XX. C.</i> 16. signifie un frein fort &amp; rude, que l'on donne aux chevaux fougueux pour les dompter. Or de pareils chevaux sont propres de la guerre &amp; de Mars, &amp; lui étoient consacrés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6716" id="1" type="">
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    <head>CAMUS, USE</head>
    <p>
    CAMUS, USE , adj. Quelques-uns disent <i>Camard, arde.</i> Qui a le nez petit, creux &amp; enfoncé du côté du front. <i>Simus.</i> Les Tartares aiment les beautés <i>camuses,</i> &amp; les trouvent d'autant plus belles, qu'elles ont moins de nez. La femme du Grand Ginghis Kan n'avoit presque que deux trous au lieu de nez, comme témoigne Rubruquis. On le dit aussi de quelques animaux, comme des chiens, dont la beauté est d'être <i>camus.</i> On le dit encore de quelques poissons, sur-tout des dauphins. Quelques-uns ont dérivé ce mot de <i>simus</i> Latin, ou de <i>camurus,</i> qui est interpreté <i>curvus,</i> ou <i>courbé,</i> par Servius. Ménage dit qu'il vient du Grec .</p><p>On dit proverbialement qu'un homme est bien <i>camus,</i> qu'on l'a rendu bien <i>camus</i> ; pour dire, qu'il a été bien trompé, qu'il est déchu de ses prétentions, qu'il est bien honteux. On dit aussi par un proverbe contraire, qu'il a eu un pied de nez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6717" id="1" type="">
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    <head>CAMUSON</head>
    <p>
    &#9758; CAMUSON , s. f. Petite camuse. Diminutif de <i>camus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6718" id="1" type="">
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    <head>CANA</head>
    <p>
    CANA , s. f. Nom de ville. <i>Cana.</i> Il y a <i>Cana</i> de Galilée, ville de la Tribu de Zabulon, où Jesus-Christ fit son premier miracle en changeant l'eau en vin, à des nôces où il avoit été invité avec sa Sainte Mère &amp; ses Disciples, ainsi que S. Jean l'écrit au IIe Chapitre de son Evangile. Il y a encore une autre <i>Cana,</i> qu'on nomme la grande, pour la distinguer de la première. Celle-ci étoit dans la Tribu d'Aser. Il en est parlé au Ch. XIX. de Josué, v. 28. Quelques Interprètes croient que c'est de cette ville qu'étoit la Chananéenne dont parle S. Matthieu Ch. XVe. Enfin, S. Jérôme, <i>De locis Hebraic.</i> met une troisième <i>Cana</i> dans la Tribu d'Ephraïm ; mais l'Ecriture ne parle point de celle-ci.</p><p>Les uns interprètent ce nom <i>Zelus, aemulatio,</i> &amp; par-conséquent le tirent de , <i>aemulatus est, Zelotypus fuit.</i> Les autres <i>possession,</i> le dérivant de , <i>acquerir, posseder.</i> D'autres <i>Lamentatio,</i> de , <i>lamenter</i> ; mais on diroit <i>Kinab,</i> &amp; non pas <i>Canah.</i> D'autres <i>nid,</i> de , <i>Kin, nidus,</i> qui vient de , <i>Kinnen,</i> faire son nid ; mais on diroit Kinnah ; puisque Josué l'écrit en Hébreu, , <i>Kanah.</i> La seconde étymologie paroît la meilleure.</p><p>On appelle les nôces de <i>Cana</i> un tableau, ou une estampe qui représente le banquet où Jesus-Christ fit son premier miracle. Les nôces de <i>Cana</i> de Paul Véronèse est un des plus beaux tableaux de cet excellent Peintre : l'on y voit plus de six vingt figures d'une beauté admirable.</p><p>CANADA, s. m. Vaste région de l'Amérique Septentrionale, qui a le nouveau Mexique &amp; les Acaanibas, ou Aconibas au Couchant, la Floride au Midi, au Levant la mer du Nord, qui jointe avec le détroit de Hudson &amp; la mer Christiane la sépare vers le Nord des terres Arctiques. Il s'étend selon nos Cartes depuis le 39e degré de latitude Septentrionale jusqu'au 65e ou environ, &amp; depuis le 284e de longitude jusqu'au 330e, ou à peu près. Ce pays fut découvert par les François il y a plus de 200 ans ; c'est pour cela qu'on l'appelle aussi la nouvelle France. Jean Verasan fut le premier qui se hazarda d'y entrer en 1504. Les Sauvages le mangerent. En 1525. &amp; en 1534. on y alla encore. Jean Quartier y alla ensuite, &amp; après avoir remonté le fleuve S. Laurent plus haut que Québec, il s'en revint en France sans avoir fait aucun établissement, &amp; fort dégoûté d'en faire. Enfin, en 1604. cent ans après qu'il eut été découvert, il partit de Rouen une Colonie qui s'y établit, avec de grande difficultés, à cause de la férocité des Sauvages qui l'habitoient. Les principaux sont les Ilinois, les Hurons, les Algonquins, les Iroquois, les Abnaquis, les Etechemins &amp;c. Plusieurs de ces Sauvages sont convertis. Ils n'ont point de villes. Ils logent dans des cabanes faites d'écorces d'arbres. Malgré le froid ils vont nuds, &amp; ne se couvrent que vers la ceinture par devant &amp; par derrière : l'hiver ils marchent sur les neiges avec des raquettes. Ils vivent de blé d'Inde, que les femmes cultivent, &amp; qu'elles broient avec des pierres : elles le cuisent dans de l'eau, y mêlant quand elles en ont, de la chair, ou du poisson. Cela s'appelle de la sagamité. Les hommes ne sont occupés que de la guerre, de la chasse, ou de la pêche. Ils font avec des écorces d'arbres, qu'ils cousent fort proprement, des canots, ou batteaux assez grands pour porter toute leur famille, &amp; assez légers pour s'en charger quand il y a des sauts dans les rivières, &amp; les porter quelquefois assez loin. Chaque village a un Chef, ou Capitaine. Ils reconnoissent un Dieu qu'ils appellent Manitou, le grand esprit, maître du monde ; la vûe seule de l'Univers le leur persuade. Ils reconnoissent aussi un mauvais esprit, qu'ils craignent beaucoup. Leurs armes sont des flèches ; mais à présent ils ont des armes à feu que les Européens leur portent, &amp; ils s'en servent très-bien. Ils sont grands, bien faits, robustes, adroits, braves ; mais barbarement cruels. Quand ils ont pris un ennemi en guerre, à moins que quelqu'un du village ne l'adopte, ils le brûlent vif, à petit feu &amp; lentement, &amp; lui coupent des morceaux de chair à mesure qu'ils sont rôtis pour les manger à ses yeux. Ils ont traité avec cette inhumanité brutale quelques Missionnaires.</p><p>Le mot <i>Canada</i> est apparemment un mot Sauvage, mais dont on ne sait point la signification. On ignore aussi la raison qui le fait donner à ce pays. Quelques uns croient que ce fut parce que les Sauvages répétoient souvent ce mot <i>Canada</i> quand les François y aborderent. D'autres parce que c'étoit le nom du fleuve de S. Laurent qui fut donné à tout le pays ; &amp; d'autres parce que le petit pays de <i>Canada</i> fut le premier que l'on trouva. Il y a une Histoire Latine du <i>Canada</i> par le P. François Du Creux Jésuite, dans laquelle on trouve une bonne Carte du <i>Canada.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CANA</head>
    <p>
    Canada , est aussi le nom d'un pays particulier compris dans la grande contrée dont nous venons de parler. C'est celui qui est à la droite du fleuve de S. Laurent vers son embouchure. Il a ce fleuve au Nord, au Levant le Golfe du fleuve de S. Laurent, la baie de Chaleurs au Midi ; au Couchant il touche au pays des Etechemins. Cette presqu'Isle est le <i>Canada</i> propre, qui, à ce que l'on prétend, a donné son nom à tout le pays qui est derrière, &amp; au fleuve de S. Laurent.</p><p>
    </p>
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    <head>CANA</head>
    <p>
    Canada . On donne encore ce nom à la grande rivière de <i>Canada</i> ; mais il est peu en usage aujourd'hui, &amp; l'on dit toujours le fleuve de S. Laurent. Voyez ce nom au mot Laurent.</p><p>
    </p>
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    <head>CANADE</head>
    <p>
    CANADE , s. f. Nom que les Portugais donnent sur la mer à la mesure du vin, ou d'eau, qu'on donne par jour à chacun de ceux qui composent l'équipage. Il y a trois cents <i>canades</i> à chaque pipe.</p><p>
    </p>
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    <head>CANADIEN, ENNE</head>
    <p>
    CANADIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. François établi ou né en Canada. <i>Canadensis, Francus homo in Canadensi plaga Francis parentibus natus. Canadien</i> n'est pas la même chose que Canadois. Nos François, qui sont en Canada, ou qui y ont été, distinguent fort ces deux mots. Un <i>Canadien</i> est un homme né en Canada, mais de parens François établis en Canada, ou qui y ont demeuré, &amp; qui pendant leur séjour y est venu au monde : au lieu que Canadois est un Sauvage, un naturel de Canada. Des enfans de Mr tel, qui a été Intendant de Québec, ces deux-ci sont <i>Canadiens,</i> c'est-à-dire, nés en Canada. Quelle est cette femme ? C'est une <i>Canadienne,</i> une Marchande Françoise de Québec.</p><p>
    </p>
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    <head>CANADOIS, OISE</head>
    <p>
    CANADOIS, OISE , s. m. &amp; f. Homme originaire de Canada, Sauvage, Barbare de Canada. <i>Canadensis. Canadensis Indigena.</i> Les <i>Canadois</i> en général sont sanguins, de couleur olivâtre, de belle taille, &amp; ont le visage assez beau. Ils ont les yeux gros &amp; noirs, de même que les cheveux, &amp; les dents de la couleur de l'ivoire. Les <i>Canadoises</i> sont aussi d'une taille au-dessus de la médiocre.</p><p><i>Canadois</i> est aussi adjectif. Un peuple <i>Canadois.</i> Une troupe de guerriers <i>Canadois.</i> Les langues <i>Canadoises</i> sont fort differentes les unes des autres.</p><p>
    </p>
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    <head>CANAILLE</head>
    <p>
    CANAILLE , s. f. Terme injurieux dont les maîtres se servent assez souvent contre leurs domestiques, quand ils ne sont pas contens d'eux. <i>Populi faex infima, plebeta faex civitatis.</i> Ces <i>canailles</i> me laissent toujours tout seul. Mol. C'est aussi un terme collectif. Il se dit de la populace, des gens qui n'ont ni naissance, ni bien, ni courage. On a cassé ce régiment, parce qu'il n'étoit composé que de <i>canailles,</i> de lâches, de poltrons. La <i>canaille</i> est à craindre. Ablanc. Il étoit appuyé de la <i>canaille.</i> La <i>canaille</i> soutenoit son parti. Il n'y a que la <i>canaille</i> qui profite dans les émotions publiques. Un meneur d'ours est suivi de la <i>canaille.</i></p><p>On appelle quelquefois, <i>Canaille,</i> par jeu, &amp; par badinerie, de petits enfans qui font du bruit, Chassez-moi cette <i>canaille</i> ; faites taire cette petite <i>canaille.</i></p><p>Ce mot vient, selon Ménage, de <i>canalia,</i> comme qui diroit une <i>bande de chiens.</i> D'autres le dérivent de <i>canicola</i>, ou <i>canalis,</i> qui étoit un lieu à Rome où les gens de basse condition s'assembloient. D'autres le dérivent de l'Italien <i>canaglia,</i> qui signifie la même chose. Lipse dit qu'il vient du mot de <i>chien,</i> à cause d'une vieille coutume qui vouloit que ceux qui étoient condamnés au supplice portassent un chien pour marque d'infamie.</p><p>Autrefois on disoit &amp; on écrivoit <i>chienaille,</i> ce qui confirme le sentiment de ceux qui dérivent le mot de <i>canaille</i> de <i>chien.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    CANAL , s. m. Le lit d'une rivière, d'un ruisseau, que la nature a fait pour écouler les eaux, pour arroser les terres, &amp;c. <i>Canalis, alveus.</i> Le <i>canal</i> de la Seine est fort large, fort profond en tel endroit. La rivière se divise là en deux bras ou <i>canaux.</i> Il faut faire passer les bateaux par le grand <i>canal.</i></p><p>Ce mot vient de <i>canol</i>, qui en langage Celtique ou Bas-Breton signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , se dit aussi des eaux qui sont contenues dans ces cavités. <i>Aquae, fluctus.</i> Les rivières enflent leur <i>canal</i> à la fonte des neiges, pendant la pêche des étangs, après de longues pluies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , se dit des conduits artificiels qu'on creuse dans les terres, soit pour faire communiquer des rivières les unes aux autres, soit pour les affoiblir quand elles sont trop grosses, soit pour recevoir les eaux superflues, ou pour dessécher des marais. <i>Canalis.</i> La Hollande, la Flandre, sont toutes coupées par <i>canaux.</i> Le <i>canal</i> de Briare joint la Seine à la Loire par 42. écluses. Le <i>canal</i> de Languedoc fait la communication de l'Océan avec la Méditerranée. Les eaux du Rhin tombent dans l'Islel par un <i>canal</i> fait exprès. Le <i>canal</i> Eugenie, ou de sainte Marie, est un <i>canal</i> qui joint le Rhin &amp; la Meuse en s'étendant depuis Rhinberg jusqu'à Venlo : cet ouvrage est digne des anciens Romains, &amp; comparable au <i>canal</i> de Drusus. C'est l'Archiduchesse Isabelle qui le fit faire. On commença à y travailler l'an 1626. &amp; l'année suivante il fut mis dans sa perfection malgré les vains efforts du Prince d'Orange. Spinola &amp; le Comte de Bergh, qui en avoient la conduite, prirent si bien leurs mesures que de 24. redoutes, qu'ils avoient placées de distance en distance pour couvrir les travailleurs, le Prince n'en put forcer qu'une, dont il ne tira aucun avantage. Larrey. <i>Tom. IV. p.</i> 85. Voyez le <i>Grand Atlas</i> Tome des Pays-Bas p. 189.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , se dit aussi de ces conduits d'eaux qu'on fait pour l'embellissement des jardins, qui sont le plus souvent revêtus de pierre. <i>Canales.</i> Le <i>canal</i> de Versailles, de Fontainebleau. Ce Seigneur a bien du poisson dans les <i>canaux</i> de son jardin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Canal , se dit aussi de quelques bras de mer, ou des eaux qu'elle pousse dans les terres, ou d'un espace de mer resserré entre deux côtes de terre ferme, ou entre une Isle &amp; la terre ferme. Le <i>canal</i> de Constantinople commence aux Dardanelles. Le grand <i>canal</i> de Venise. Le <i>canal</i> de la mer noire. L'espace de mer qui est entre la France &amp; l'Angleterre depuis le pas de Calais à l'Orient, jusques aux Caps de S. Mahé en France &amp; de Cornouaille en Angleterre à l'Occident, s'appelle simplement &amp; absolument le <i>Canal,</i> ou la Manche.</p><p>On dit en termes de Marine , que les Galères font <i>canal,</i> lorsqu'elles s'éloignent de la terre, qu'elles côtoient ordinairement, pour aller en pleine mer, comme de Marseille droit à Malte. On le dit aussi de tous les bâtimens de bas-bord, quand ils passent quelques nuits au large de la mer sans approcher de la terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , se dit aussi d'un aqueduc de pierre ou de brique pour conduire des eaux, &amp; les tenir dans une pente suffisante pour les faire couler. <i>Aquaeductus.</i> Le <i>canal</i> d'Arcueil amene les eaux de Rongis à Paris. Les Romains faisoient venir des fontaines de 40. lieues par de semblables <i>canaux.</i></p><p>On fait aussi des <i>canaux</i> de plomb. <i>Tubus, fistula plumbea</i> ; de potterie, <i>Lateritia,</i> de bois d'aune, <i>Lignea,</i> de fer fondu, <i>aerea,</i> pour conduire les eaux par-dessous la terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , dans la Chirurgie, signifie une longue caisse de bois dans quoi l'on enferme la jambe ou la cuisse luxée ou fracturée. Ce <i>canal</i> doit être garni d'étoupes : il a un trou vers l'extrémité pour placer le talon, &amp; tout au bout un morceau de bois droit &amp; immobile pour appuyer la plante du pied.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Canal , se dit quelquefois pour Cannule. L'Auteur de la version en François de l'<i>Arcenal de Chirurgie</i> prend le mot de <i>canal</i> pour celui de cannule, quoiqu'il se serve aussi souvent du mot de cannule.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , se dit aussi des petits conduits qui sont naturellement dans la terre, par où coulent les eaux qui font les sources ; par où s'élèvent les vapeurs qui forment les mineraux &amp; les métaux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Canal , se dit aussi du creux que l'on fait dans les terres labourées, pour en faire écouler les eaux. <i>Aquarius sulcus, elices.</i> Pomey.</p><p>On appelle aussi <i>canaux,</i> en Anatomie, les conduits qui sont dans le corps des animaux par où le sang circule, ou par où passent les autres humeurs, comme les veines, les artères. <i>Canaliculi.</i> On dit particulièrement, le <i>canal</i> de la verge ; pour dire, le conduit de l'urine. Malherbe a dit aussi le <i>canal</i> des yeux, par où s'écoulent les larmes.</p><p>Le <i>canal</i> artérieux, est un trou qui est dans le foetus à l'embouchure de la veine cave, dans le ventricule droit du coeur, au-dessus de l'oreille droite. C'est par son moyen que cette veine s'entrouvre, &amp; s'abouche avec la veine des poumons, du côté de laquelle il y a une valvule, qui permet l'écoulement d'une bonne partie du sang de la veine cave dans celle des poumons, &amp; qui empêche qu'il ne retourne de la veine des poumons dans la cave. C'est par le moyen de ce <i>canal</i> artérieux &amp; du trou botal que se fait la circulation du sang dans le foetus. Après la naissance l'un &amp; l'autre se dessèchent, &amp; se bouchent de sorte qu'on n'en voit plus aucun vestige dans les adultes. Dionis.</p><p>Le <i>canal</i> commun de la bile. Il est formé par la jonction du cholidoque, &amp; du pore biliaire ; il va se terminer obliquement à la fin du duodenum, ou quelquefois au commencement du jejunum, &amp; rarement au ventricule. Il se coule entre les deux tuniques de l'intestin, &amp; en perce l'extérieure deux travers de doigt plus haut que l'intérieure. Cette manière d'entrer dans l'intestin, fait qu'il n'a pas besoin de valvule, qui permette l'entrée de la bile, &amp; qui empêche son retour, étant impossible par cette disposition que la bile &amp; même le chyle puissent monter par ce conduit. Id.</p><p>Le <i>canal</i> pancréatique fut découvert en l'année 1642. par Virsungus, célèbre Anatomiste de Padoue. Ce <i>canal</i> est membraneux. Il a une cavité qui donne entrée dans le duodenum, assez proche de l'ouverture du conduit de la bile, qui est quelquefois la même pour ces deux canaux. Son véritable chemin est d'aller à l'intestin, où il porte une liqueur jaune, autant qu'on le peut remarquer par la couleur de la sonde, quand on l'en retire. Ce <i>canal</i> ne vient pas de la ratte, à laquelle il ne touche point, mais des rameaux des petites glandes qui composent le pancreas, de manière qu'il grossit à mesure que ces rameaux s'unissent. Ce <i>canal</i> a à son entrée dans le duodenum une valvule qui permet la sortie de la liqueur qu'il contient, &amp; empêche que le chyle, &amp; les autres matières, ne passent des intestins dans sa petite ouverture. Il est unique &amp; rarement double ; sa grosseur est comme celle d'une petite plume, quand il est dans son état naturel ; car il grossit quelquefois par excès. Id.</p><p>Le <i>canal</i> thorachique a été découvert de nos jours. On l'appelle thorachique, parce qu'il monte tout le long du thorax. Il est aussi nommé <i>canal</i> de Pecquet, ou <i>canal</i> Pecquet, du nom du Médecin qui l'a découvert le premier. C'est un petit conduit qui commence aux réservoirs du chyle, qui sont entre les deux racines du diaphragme. Il monte le long des vertèbres du dos, entre les côtes &amp; la plèvre, &amp; étant parvenu au septième ou huitième vertèbre, il s'incline vers le côté gauche de la poitrine, &amp; va aboutir par deux ou trois rameaux à la veine souclavière gauche. Ce <i>canal</i> n'est composé que d'une membrane assez mince, qui est fortifiée par la plèvre, qui le couvre pendant tout le chemin qu'il fait par la poitrine ; il n'est pas plus gros qu'une petite plume d'oie ; il a des <pb n="820" facs="bpt6k8542165/f860/full/1200,/0/native.jpg"/>valvules d'espace en espace ; ils servent d'échelons au chyle pour monter, &amp; ils empêchent qu'il ne puisse retourner sur ses pas. Il reçoit de toutes parts des vaisseaux limphatiques, qui lui apportent sans cesse la limphe, qu'il dégorge avec le chyle dans la souclavière. Au côté gauche de l'ouverture que le <i>canal</i> thorachique fait dans la veine souclavière pour y entrer, il y a une valvule qui empêche que le chyle ne soit porté vers le bras, &amp; qui le détermine à prendre le chemin de la veine cave ; peut-être aussi qu'elle empêche que le sang passant dans la souclavière ne tombe dans ce <i>canal.</i> L'usage du <i>canal</i> thorachique est de servir de conduit au chyle &amp; à la limphe, &amp; de les porter dans les réservoirs de la veine souclavière, pour détremper le sang, le rendre plus liquide, &amp; réparer ce qu'il a laissé dans toutes les parties du corps pour leur nourriture. Voyez <i>Dionis VI. Demonstr.</i></p><p>Les <i>canaux</i> excrétoires du nez, ce sont des <i>canaux</i> qui versent dans les narines une liqueur blanche &amp; glaireuse, qu'on nomme la morve. Il y en a cinq. Le <i>canal</i> nazal, qui est fait par la réunion des deux points lacrymaux qui passent par le trou de l'os unguis. Le second sont les deux trous des sinus frontaux ; le troisième, les deux trous des sinus du sphénoide ; le quatrième sont les deux ouvertures des sinus maxillaires ; le cinquième est l'aquéduc qui est en partie revêtu de la membrane glanduleuse des narines.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , se dit aussi figurément en choses morales, des voies qu'on choisit pour conduire une affaire, pour la faire réussir. <i>Via, canalis.</i> Vous avez choisi l'entremise d'un tel pour présenter votre placet, c'est un mauvais <i>canal</i> pour le faire réussir. Les Ministres sont les <i>canaux</i> par où s'écoulent les faveurs des Princes sur leurs sujets.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal . Terme de Mécanique . C'est le creux qui est autour d'une poulie.</p><p>En termes de Marine , <i>canal</i> de l'étrave est le bout creusé ou canelé de l'étrave, sur quoi repose le beaupré quand on n'y met point de coussin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , en termes de Manége , se dit de la concavité qui est au milieu de la mâchoire inférieure de la bouche du cheval, qui est destinée à placer la langue, &amp; qui se termine aux dents mâchelières. C'est dans ce <i>canal</i> que croissent les barbillons.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , en termes d'Architecture , se dit d'une partie du chapiteau Ionique, qui est un petit creux en forme de <i>canal,</i> qui règne au-dessous du tailloir tout le long des circonvolutions de la volute, renfermée par un listel. <i>Canaliculus. Canal de larmier,</i> c'est le plafond d'une corniche, qui fait la mouchette pendante. <i>Canal de volute,</i> c'est dans la volute Ionique la face des circonvolutions renfermée par un listel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canaux , en Architecture, sont aussi des canelures sur une face, ou sous un larmier, qu'on nomme aussi portiques, &amp; qui sont quelquefois remplies de roseaux, ou de fleurons. <i>Striatura.</i> On appelle aussi <i>canaux,</i> les cavités droites, ou torses, dont on orne les tigettes des caulicoles d'un chapiteau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canaux de l'y ou li à Amsterdam, sont des <i>canaux</i> fort profonds, qui ont été faits proche des quais. C'est là que sont les gros vaisseaux marchands : ils y sont à couvert des voleurs, des orages, des glaces.</p><p>Les Maçons appellent aussi <i>canal,</i> le tuyau de plomb qui sert à conduire les eaux pluviales depuis le toit jusqu'en bas. <i>Aquae pluviae emissarium, vomitorium.</i> Ils appellent <i>canal</i> de cheminée, le tuyau par où sort la fumée. <i>Tubus camini.</i> Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANAL</head>
    <p>
    Canal , est aussi en termes d'Arquebusier , le creux qui est sous le fût d'un fusil, d'un pistolet, &amp;c. où se met la baguette. <i>Tubus catapultae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6724" id="1" type="">
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    <head>CANANÉEN, ENNE</head>
    <p>
    CANANÉEN, ENNE , s. m. &amp; f. Qui est de quelqu'une des villes appellées Cana. <i>Cananaeus, a.</i> Matth. X. 4. Simon le <i>Cananéen.</i> Bouh. Si c'est là un nom de lieu, il ne faut point le confondre avec Chananéen, ni l'écrire par une <i>h,</i> comme a fait le Port-Royal ; car quand il est ainsi écrit il signifie un descendant de Chanaan ; au lieu que sans <i>h</i> il veut dire un homme de la ville de Cana. Il est vrai que S. Luc en fait un nom appellatif, &amp; le traduit , zélé ; mais en ce sens il vient de , &amp; il n'y faut pas plus d'<i>h</i> qu'au premier. Il est vrai encore que quelques Bibles Latines écrivent en S. Matthieu X. 4. <i>Chananaeus,</i> mais c'est manifestement une faute, puisqu'en S. Marc où le même nom, <i>Simon le Cananéen,</i> se trouve, ces Bibles-là même écrivent <i>Cananaeus</i> sans <i>h</i> en S. Marc III. 18. &amp; les exemplaires Grecs ont tous ou , ou ; &amp; dans l'édition Romaine de 1592. qui est la correction de Clement VIII. on a mis <i>Cananaeus</i> sans <i>h,</i> en S. Matthieu, comme en S. Marc. Quelques Interprètes, si l'on en croit Malvenda, ont prétendu que la femme dont parle saint Matth. XV. 22. étoit <i>Cananeenne,</i> &amp; non pas Chananéenne : ce sentiment n'est point suivi &amp; ne doit point l'être. L'Evangile écrit <i>Chananaea,</i> le Grec ; &amp; S. Marc VII. 25. l'appelle Gentile, &amp; Syrophénicienne d'origine ; la réponse que lui fit Jesus-Christ montre qu'elle n'étoit point Israëlite, ni d'une ville qui dépendît des Juifs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6725" id="1" type="">
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    <head>CANAPÉ</head>
    <p>
    CANAPÉ , s. m. Espèce de chaise, ou de lit de repos, à dos fort large, où il peut s'asseoir deux personnes fort à l'aise. Ce mot est fort nouveau dans la langue, &amp; quelques-uns l'appellent <i>sopha</i> : c'est ce que les Latins appelloient <i>bisellium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6726" id="1" type="">
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    <head>CANAPSA</head>
    <p>
    CANAPSA , subst. masc. Sac que portent les pauvres soldats ou voyageurs sur le dos, attaché avec des bretelles, où toutes leurs hardes sont contenues. <i>Mantula, capsula.</i> On dit, il a porté le <i>canapsa</i> ; pour dire, il a été goujat.</p><p>Ce mot, selon Ménage, vient de l'Allemand <i>knabsak</i> ; qui est composé de <i>sac</i> &amp; de <i>knab,</i> qui signifie toutes sortes de choses sèches bonnes pour manger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6727" id="1" type="">
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    <head>CANARD</head>
    <p>
    CANARD , s. m. Oiseau aquatique, dont la cane est la femelle. <i>Anas.</i> Les <i>canards,</i> selon Belon, sont de deux espèces, les grands &amp; les petits. Les <i>canards</i> sauvages gardent toujours la même couleur ; mais les privés sont de plusieurs façons. Les mâles sont plus gros que les femelles. Ils ont toujours quelque plume au-dessus du croupion qui est retroussée en rond. La femelle est grise, &amp; n'a pas les couleurs si vives, ni si belles que le mâle. Ils se nourrissent de racines de plantes aquatiques, de vers, &amp; autres insectes qu'ils rencontrent dans les eaux, ou auprès des eaux. Scaliger écrit qu'ils mangent des animaux venimeux, comme les couleuvres, les crapauds, &amp;c. Il y en a plusieurs espèces dont nous parlerons en leur place. Voyez au mot CANE. Les <i>canards</i> privés, que l'on met dans les canardières pour en prendre des sauvages, sont appellés en Normandie des <i>traîtres.</i></p><p>Le <i>canard</i> domestique qu'on nourrit près des moulins est peu estimé, &amp; on l'appelle <i>barboteur,</i> parce qu'il trempe toujours son bec dans la bourbe. Les <i>canards</i> sauvages volent en troupe l'hiver sur les étangs, &amp; sentent la poudre de fort loin. On les appelle autrement <i>oiseaux de rivière.</i> Les <i>canards</i> mangent des crapauds. La chair des uns &amp; des autres est humide, visqueuse, phlegmatique, excrémenteuse, &amp; on ne la digère pas aisément. La graisse de <i>canard</i> ne laisse pas d'être bonne dans la Médecine. Elle amollit, digère &amp; résout. On s'en sert particulièrement pour les douleurs, tant internes qu'externes de côté, des jointures, &amp; dans une intempérie froide de nerfs.</p><p>Willougby dit, dans son <i>Ornithologie,</i> que le sang des <i>canards</i> pris tout chaud combat toute sorte de venin ; peut-être est-ce pour cette raison que Mithridate en faisoit son ragoût, &amp; qu'il le faisoit mêler avec tous les alimens qu'il prenoit. Archigenes, <i>De Comp. Medic. Secund. loc. L.</i> 5. <i>c.</i> 4. compte les <i>canards</i> domestiques entre les viandes qui conviennent le mieux à l'estomac. Caton étoit de même sentiment ; &amp;, si l'on en croit Plutarque, il en faisoit manger à ceux de sa famille qui étoient malades, &amp; il se vantoit que par ce seul régime il avoit toujours maintenu sa famille, ses domestiques &amp; lui-même en santé.</p><p>Les <i>canards</i> sauvages sont beaucoup meilleurs au goût, &amp; plus sains que les domestiques. Il n'y a cependant que l'estomac qui en est bon. On le coupe en petites tranches longues, que quelques-uns appellent des aiguillettes. Les Anciens, par un goût fort différent du nôtre, y ajoûtoient aussi la tête, comme il paroît dans Martial, Liv. XIII. épigr. 52.</p><p>Gesner dit qu'en Allemagne on ne voit aucun <i>canard</i> sauvage qu'en hiver, non plus qu'en France, &amp; qu'au contraire il s'en trouve beaucoup en Italie pendant toute l'année, principalement dans les Etats de Ferrare, de Venise, de Ravenne &amp; de Mantoue, où il y a beaucoup d'eau. On dit qu'il y en a une prodigieuse quantité à la Chine, &amp; que <pb n="821" facs="bpt6k8542165/f861/full/1200,/0/native.jpg"/>les habitans ne les tuent &amp; ne les chassent point, parce qu'ils mangent toutes les mauvaises herbes des blez &amp; du ris sans toucher au bon grain. Voyez sur cet oiseau Pline, Liv. XXV. c. 2. Gesner, <i>De Avibus, Lib. III.</i> Aldrov. <i>Ornithol. L. XIX. c.</i> 19. <i>&amp;</i> 24. Nonius <i>De re Cibaria, L.</i> II. <i>c.</i> 33.</p><p>Les plumes des <i>canards</i> servent à remplir les lits &amp; les coussins, &amp; sont plus fines &amp; plus douces que celles d'oie.</p><p>Il y a une espèce de <i>canard</i> appellé Petit plongeon, ou Coltée. Voyez Petit Plongeon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANARD</head>
    <p>
    Canard , se dit aussi d'un chien qui a le poil épais &amp; frisé, qui va à l'eau, &amp; qu'on dresse à aller après les canes. <i>Canis villi longioris ac crispi.</i> On les appelle aussi <i>barbets.</i></p><p>On dit proverbialement, Donner des <i>canards</i> à quelqu'un ; pour dire, lui en faire accroire, ne lui pas tenir ce qu'on lui avoit promis, tromper son attente. <i>Decipere, illudere aliquem.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANARD</head>
    <p>
    Bois canard , se dit des pièces de bois qui s'arrêtent dans les ruisseaux où on les fait flotter à bois perdu. <i>Lignum aquis innatans.</i> Les Marchands ont quarante jours pour faire pêcher leurs <i>bois canards.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6728" id="1" type="">
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    <head>CANARDER</head>
    <p>
    CANARDER , v. act. Tirer sur quelqu'un un coup d'armes à feu avec avantage &amp; sans être vû, comme par une guérite, derrière une haie, &amp;c. <i>Foetam glande fistulam in aliquem displodere.</i> Les ennemis nous <i>canardoient</i> à travers ces palissades.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6729" id="1" type="">
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    <head>CANARDIÈRE</head>
    <p>
    CANARDIÈRE , s. f. Petit lieu couvert préparé dans un étang, ou marais, où le Chasseur se cache ou se hutte pour tuer beaucoup de canards, par le moyen d'un canard privé &amp; des rets saillans. <i>Tuguriolum ex ramis arboris.</i></p><p>&#9758; Canardière, signifie aussi une guérite ou une autre pièce que l'on construisoit autrefois dans les châteaux, &amp; d'où on pouvoit tirer en sûreté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6730" id="1" type="">
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    <head>CANARIE</head>
    <p>
    CANARIE , s. f. Nom de lieu. <i>Canaria.</i> C'est une Isle d'Afrique dans la mer Atlantique, vis-à-vis le Royaume de Maroc. C'est la principale des Isles qu'on nomme Canaries ; elle est entre celle qu'on nomme Forteventura, &amp; celle de Ténériffe. Elle est ronde, &amp; peut avoir 40 lieues de circuit. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANARIE</head>
    <p>
    Canarie , s. f. <i>Canaria.</i> Nom propre de ville. La Capitale de l'Isle <i>Canarie,</i> s'appelle aussi <i>Canarie,</i> &amp; a donné apparemment son nom à toute l'Isle. Elle s'appelle encore par les Espagnols Ciudad de las Palmas, c'est-à-dire, la ville des Palmes. <i>Canarie</i> est située sur la côte Orientale de l'Isle de <i>Canarie.</i> Elle a un Parlement, ou Audience de toutes les <i>Canaries,</i> &amp; un Evêché fondé en 1485. &amp; suffragant de Seville. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANARIES</head>
    <p>
    CANARIES , s. f. &amp; pl. <i>Canariae, fortunatae insulae.</i> Ce sont des Isles fameuses dans l'Antiquité sous le nom d'Isles fortunées. Elles sont dans l'Océan Atlantique, vis-à-vis la côte du Bildulgerid, entre le 26. &amp; 28e degré 30. min. de latitude Nord ; &amp; entre le premier &amp; le 7e de longitude. Les Anciens n'étoient point d'accord sur le nombre de ces Isles, comme l'a remarqué Vossius dans sa 3e note sur le Ch. 10e du IIIe Livre de Mela. Il y en a sept principales, dont cinq se suivent en cet ordre du Levant au Couchant ; Forteventura, <i>Canarie,</i> Ténériffe, l'Isle de Gomer, &amp; celle de Fer, au Nord de laquelle est celle de Palme. L'Isle Lancelotte est au Nord de la Forteventura. Les <i>Canaries</i> furent découvertes environ l'an 1342. L'air des <i>Canaries,</i> quoique très-chaud, est fort sain, &amp; le terroir très-fertile. sur-tout en sucre &amp; en vins, que nous nommons vins de <i>Canarie.</i></p><p>Il semble que nous fassions aussi ce nom adjectif ; car nous disons les <i>Canaries,</i> &amp; les Isles <i>Canaries</i> ; nous dirions des <i>Canaries</i> s'il étoit substantif, comme nous disons l'Isle de Sicile, de Malte, de la Grande Bretagne, de Sardaigne, &amp;c. non pas l'Isle Sicile, l'Isle Malte, &amp;c. Les Isles <i>Canaries</i> sont très-peuplées, tant de naturels du pays que d'Espagnols, qui en sont les maîtres. Les richesses de l'Isle de Ténériffe la rendent la plus considérable de toutes les Isles <i>Canaries.</i> Letr. Edif. <i>Rec. XI. p.</i> 94.</p><p>On met encore au nombre des <i>Canaries</i> quelques petites Isles désertes qui sont au Nord de la Lancelotte, &amp; les Salvajés, qu'on peut appeller les Petites <i>Canaries.</i></p><p>M. Corneille écrit que l'on dit que ces Isles ont été nommées <i>Canaries</i> par les Espagnols, à cause de l'Isle de <i>Canarie,</i> la plus considérable de toutes, dans laquelle ils trouverent quantité de chiens, lorsqu'ils en firent la première découvertes ; <i>Can,</i> en Espagnol, voulant dire un chien. Mais ajoûte-t-il, cela n'est pas vrai, puisque le nom de <i>Canarie</i> étoit connu fort long-temps auparavant. En effet, Pline, Liv. c. 32. dit d'après Juba, que l'une des Isles fortunée s'appelle <i>Canarie, Canaria,</i> à cause de la quantité de chiens d'une grandeur extraordinaire que l'on y trouve, &amp; dont deux avoient été amenés à Juba ; ce qui ne laisse pas d'avoir sa difficulté. Car si ce que Pline dit est vrai, <i>Canaria</i> est un mot Latin dérivé de <i>Canis</i> ; mais comment cette Isle, si peu connue des Romains, qu'ils n'en parlent que sur le témoignage de Juba, avoit-elle un nom Latin ? Quoiqu'il en soit, le nom de <i>Canarie</i> est très-ancien, &amp; par conséquent n'est point Espagnol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6732" id="1" type="">
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    <head>CANARIE</head>
    <p>
    CANARIE , s. f. Espèce d'ancienne danse que quelques-uns croient venir des Isles Canaries, &amp; qui, selon d'autres, vient d'un balet ou mascarade dont les Danseurs étoient habillés en Rois de Mauritanie ou Sauvages. <i>Saltatio Canariensis.</i> En cette danse on s'approche, &amp; on se recule les uns des autres, en faisant plusieurs passages gaillards, étranges &amp; bizarres, qui représentent des Sauvages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6732" id="2" type="">
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    <head>CANARIE</head>
    <p>
    Canarie , s. m. Sorte de petit oiseau qui chante bien, qu'on apporte ordinairement des Isles Canaries. <i>Tiran Canariensis.</i> On l'appelle autrement <i>serin.</i> Un <i>canarie</i> mâle, un <i>canarie</i> femelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6733" id="1" type="">
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    <head>CANARIN</head>
    <p>
    CANARIN , subst. masc. Passereau de Canarie. <i>Passer Canariensis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6734" id="1" type="">
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    <head>CANASTRE</head>
    <p>
    CANASTRE , s. m. Sorte de coffre de cuir semblable à nos manequins, fait de peaux de boeuf qui sont sèches dont les Espagnols se servent aux Indes. <i>Capsa coriacea,</i> ou <i>è corio bubulo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6735" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANCAMUM" />
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    <head>CANCAMUM</head>
    <p>
    CANCAMUM , s. m. Larme d'un arbre qui croît en Arabie, selon Dioscoride, laquelle ressemble en quelque sorte à la mirrhe ; dont le goût est fâcheux. On s'en servoit autrefois à parfumer les robes &amp; les vêtemens. Cette larme nous est aujourd'hui inconnue. Les uns croient que c'est la lacque : les autres, la gomme anime ; &amp; d'autres le benjoin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6736" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANCEL" />
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    <head>CANCEL</head>
    <p>
    &#9758; CANCEL , ou CHANCEL, subst. m. L'endroit du choeur d'une Eglise qui est le plus proche du grand Autel, &amp; qui est ordinairement fermé d'une balustrade.</p><p>On appelle aussi <i>Cancel</i> le lieu dans lequel on tient le sceau, &amp; qui est aussi entouré d'une balustrade.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6737" id="1" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="CANCELLATION" />
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    <head>CANCELLATION</head>
    <p>
    CANCELLATION , subst. fém. Terme de Jurisprudence . C'est un acte par lequel on consent qu'un autre acte soit cassé, anéanti, &amp; demeure nul. <i>Annullatio, rescissio.</i> La <i>cancellation</i> s'appelle autrement <i>résiliment,</i> ou <i>résiliation.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6738" id="1" type="">
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    <head>CANCELLÉ</head>
    <p>
    CANCELLÉ , subst. masc. Sorte de petit Cancre, dont la couleur est rousse, &amp; qui se prend avec les petits poissons. Il ressemble à l'araignée. <i>Cancri genus exile, exilis cancer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6739" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANCELLER" />
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    <head>CANCELLER</head>
    <p>
    CANCELLER , v. act. Barrer une obligation, un acte, pour les rendre nuls, en passant la plume de haut en bas, ou de travers, sur les signatures : ce qui fait une espèce de chassis que les Latins nomment <i>cancelli. Annullare, rescindere. Scriptum ductis cancellatim litteris,</i> ou <i>decussatis litteris delere.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie proprement, environner une chose de quelque treillis, afin qu'on n'en puisse pas approcher.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6740" id="1" type="medecine">
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    <head>CANCER</head>
    <p>
    CANCER , s. m. Terme de Médecine . C'est une tumeur dure, inégale, raboteuse, ronde &amp; immobile, de couleur cendrée, livide ou plombée, environnée de plusieurs veines apparentes &amp; tortues, pleines d'un sang mélancolique &amp; limoneux, qui ressemblent au poisson appellé <i>cancer</i> ou écrevisse. <i>Cancer.</i> Elle commence sans douleur, &amp; paroît d'abord comme un pois chiche, ou une petite noisette ; mais elle croît assez vîte, &amp; devient fort douloureuse. Les <i>cancers</i> viennent aux parties glanduleuses &amp; lâches, comme aux mammelles &amp; aux émonctoires. En Grec , qui signifie aussi <i>écrevisse.</i> Ce mal a grand rapport avec cette sorte de poisson, en ce que quand une fois il a pris pied dans un corps, il est presque impossible de l'en chasser, de même qu'il est difficile d'arracher des pinses de l'écrevisse ce qu'elle a une fois attrapé.</p><p>Ce mal vient principalement aux femmes, &amp; sur-tout, dit <pb n="822" facs="bpt6k8542165/f862/full/1200,/0/native.jpg"/>Stolterfoth, à celles qui sont stériles, ou qui vivent dans le célibat. Les hommes en sont aussi attaqués, continue-t-il, &amp; il y en a bien des exemples. La raison pour laquelle il s'attache plutôt aux mammelles qu'aux autres parties du corps, vient de ce qu'étant pleines de glandes entre lesquelles il y a beaucoup de vaisseaux lymphatiques, ou sanguineux, la moindre contusion, compression, ou piqûre, peut faire extravaser ces liqueurs, qui s'aigrissent ensuite &amp; forment le <i>cancer.</i> C'est de-là que les Maîtres de l'art disent que le <i>cancer</i> est aux glandes, ce que la carie est aux os, &amp; la gangrène aux parties charnues. Le <i>cancer</i> vient cependant aussi en d'autres parties du corps molles &amp; baveuses, &amp; l'on a vû des <i>cancers</i> aux dents, au ventre, dans la partie intérieure du col de la matrice, dans l'urètre, aux lèvres, aux narines, aux joues, à l'abdomen, aux cuisses, &amp; même à l'épaule, comme Stolterfoth le montre, en citant tous les Médecins qui le témoignent. Le <i>cancer</i> se divise en <i>cancer</i> caché, <i>occultus,</i> &amp; <i>cancer</i> ulcéré, <i>ulceratus.</i> Le premier vient, comme on l'a décrit ci-dessus. Voyez sur cela, &amp; sur toutes les circonstances, Etmuller, <i>Chirurg. Medic. art.</i> 4. &amp; <i>Carol. Musitanus Trutina Chirurgico-physica,</i> L. XI. c. 23. Le <i>cancer</i> ulcéré se connoît en ce qu'il est inégal, raboteux, plein de trous ; qu'il sent extrêmement mal ; qu'il en sort une matière sordide, puante, gluante, &amp; quelquefois jaune ; par la douleur insupportable qu'il cause au malade, auquel il semble qu'on le pique avec un millier d'épingles : en ce qu'il est noirâtre, horrible à voir, dur au toucher, quelquefois cependant mou ; en ce que les lèvres de l'ulcère sont grosses, enflées, rongées, rabattues en dehors ; que les veines voisines sont gonflées, variqueuses, noirâtres, &amp; représentant en quelque sorte les pieds du <i>cancer</i> ; quelquefois les extrémités des veines &amp; des petits artères sont rongées, &amp; il en sort beaucoup de sang. Au <i>cancer</i> des mammelles les chairs voisines se consument tellement quelquefois, qu'on peut voir dans la cavité du thorax. Il cause une fièvre lente, un grand dégoût, &amp; souvent des foiblesses ; quelquefois l'hydropisie suit, &amp; enfin la mort. La cause prochaine de ce mal est un acide volatil trop corrosif, qui approche de la nature de l'arsénic, &amp; qui se forme par le croupissement des humeurs, &amp;c. Stolterfoth rapporte que lui &amp; d'autres ont guéri ce mal avec du mercure, &amp; par le moyen de la salivation. On trouve comment il s'y faut prendre dans Georg. Tromp. <i>Disput. de Salivatione Mercuriali habita Ienae.</i> Georg. Cour. Albin. <i>Disp. habita Francof.</i> 1689. Mich. Pantelius, <i>De mercurio &amp; ejus usu medico, &amp;c. Regiom.</i> 1698. Etmul. <i>Oper. T. I. fol.</i> 387. <i>&amp; seqq. &amp; fol.</i> 467. M. Alliot, Médecin du Roi, a fait un fort bon Traité du <i>cancer,</i> imprimé à Paris en 1698.</p><p>Le <i>cancer,</i> quand il vient aux jambes s'appelle <i>loup</i> ; &amp; quand il vient au visage, on l'appelle, <i>noli me tangere.</i> Le <i>cancer</i> ulcéré cause de très-grandes douleurs. Il y en a qui croient que le <i>cancer</i> ulcéré n'est autre chose qu'une multitude prodigieuse de petits vers qui dévorent, &amp; qui consument peu-à-peu toute la chair de la partie. Dionis. Le <i>cancer</i> est d'un consentement unanime le plus horrible de tous les maux qui attaquent l'homme. On guérit le <i>cancer</i> par extirpation, quand il n'est point ouvert, &amp; qu'il n'est encore qu'une tumeur de la grosseur d'une noix, ou tout au plus d'un petit oeuf. L'amputation se fait quand le <i>cancer</i> occupe toute la mammelle, ou qu'il est ulcéré. Id. Voyez Degori, dans le <i>Trésor de la pratique de Médecine,</i> où il rapporte d'après différens Auteurs quantité de remèdes pour le <i>cancer.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANCER</head>
    <p>
    Cancer , est aussi un des signes du Zodiaque, où quand le soleil est parvenu vers le 21. Juin, il est au Solstice d'Eté. C'est une constellation qui a 13 étoiles, selon Ptolomée ; selon Kepler 17. &amp; selon Bayerus 35. qui sont de la nature de Mars &amp; de la Lune : aussi le <i>cancer</i> est-il la maison de la Lune. Il a été ainsi nommé, à cause qu'il représente un cancre, ou écrevisse, ou que le Soleil commence à reculer ou à retourner vers l'Equateur quand il y est arrivé, à la manière des écrevisses. On l'appelle aussi <i>écrevisse,</i> signe de l'<i>écrevisse.</i> Les Poëtes ont feint que c'est l'<i>écrevisse</i> que Junon envoya contre Hercule, lorsqu'il combattoit l'Hydre de Lerne. Hercule tua l'<i>écrevisse,</i> &amp; Junon la transporta au ciel, &amp; la mit au nombre des constellations. Le symbole du <i>cancer</i> est une figure composée de deux traits presque semblables au chiffre soixante &amp; neuf 69.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6741" id="1" type="coutume">
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    <head>CANCHE</head>
    <p>
    CANCHE . Terme de Coutume . C'est ainsi qu'en quelques endroits on appelle un ban à vin, c'est-à-dire, le droit de vendre du vin en quelque lieu à l'exclusion de toute autre personne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANCRE</head>
    <p>
    CANCRE , s. m. Ecrevisse de mer, d'étang ou de rivière, couverte d'une coque dure, &amp; qui va à reculons. <i>Cancer.</i> Le <i>cancre</i> a le corps rond. Il y en a de terrestres &amp; de marins. Ceux-ci s'appellent <i>granci</i> à l'égard des mâles ; &amp; les femelles <i>macinettes.</i> Il y en a que Rondelet appelle <i>mages,</i> qu'on nomme en Italie <i>grancevoles</i> ; d'autres <i>squaranchon,</i> ou <i>granciporto,</i> qui sont divers animaux aquatiques de même espèce, aussi-bien que les langoustes, les squilles &amp; les écrevisses, qui ont pourtant quelque différence. La cendre des <i>cancres</i> de rivière, prise en breuvage avec de la racine de gentiane, &amp; autres semblables, est un singulier remède pour les morsures des chiens enragés. Les <i>cancres</i> marins n'ont pas la même efficace. Quelques-uns tiennent que si on prenoit dix <i>cancres</i> de mer, ou de rivière, broyés avec une poignée de basilic, &amp; qu'on les posât en quelque lieu où il y eût des scorpions, ils s'y âssembleroient tous. Le <i>cancre,</i> quoiqu'il vive dans l'eau, ne nage point, non plus que l'hippopotame.</p><p>Dans la guerre des Rats &amp; des Grenouilles, Homère feint que Jupiter envoya des <i>cancres</i> au secours des Grenouilles, &amp; voici la description qu'il en fait, traduite en vieux François, par le Traducteur de sa Batrochomyomachie.</p><p>Ooyez sur les <i>cancres</i> Voss. <i>de Idolol. L. IV. c.</i> 3. 12. 17. 18. 19. 33. 37.</p><p>Il y a une espèce de petit <i>cancre</i> qu'on appelle <i>Bernard l'hermite,</i> qui est roux de couleur, qui se prend en menuisaille avec les autres poissons, &amp; qui ressemble aux araignées. Il a deux petites cornes déliées, &amp; deux gros yeux au-dessous, &amp; plus bas un os environné de petits poils qui lui servent de moustaches. Il a par-devant deux pieds fourchés qui lui servent de mains, &amp; deux derrière de chaque côté, &amp; un tiers au milieu. Aristote &amp; Aelian disent qu'il naît tout nud, mais qu'il se loge dans l'écaille d'un autre poisson qu'il trouve vuide ; &amp; quand il grossit, il en cherche une plus grande.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANCRE</head>
    <p>
    Cancre , se dit proverbialement d'un homme pauvre qui n'est capable de faire ni bien, ni mal. Cet homme est un gueux, un <i>cancre,</i> un pauvre <i>cancre.</i> Il se dit aussi d'un homme méprisable par son avarice. C'est un vilain <i>cancre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDE</head>
    <p>
    CANDE , s. m. C'est en plusieurs endroits la même chose que <i>confluent. Confluens.</i> Ainsi on appelle <i>candé,</i> l'embouchure où la Vienne se joint à la Loire. On dit <i>condé</i> en d'autres endroits, &amp; <i>coignac</i> en d'autres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDELABRE</head>
    <p>
    CANDELABRE , s. m. C'est un grand chandelier de salle ayant plusieurs branches, fait à la manière des anciens. <i>Candelabrum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDELABRE</head>
    <p>
    Candelabre , est aussi un chandelier en forme de grand balustre qu'on met pour amortissement à l'entour d'un dôme. On voit de ces sortes de <i>candelabres</i> aux dômes de la Sorbonne &amp; du Val-de-Grace à Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6745" id="1" type="marine">
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    <head>CANDELETTE</head>
    <p>
    CANDELETTE , s. f. Terme de Marine , est une corde garnie d'un crampon de fer pour accrocher l'anneau de l'ancre quand on la veut mettre sur les bosseurs, lorsqu'elle est sortie de l'eau. <i>Contus hamatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6746" id="1" type="">
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    <head>CANDEUR</head>
    <p>
    CANDEUR , s. f. Bonté, sincérité, franchise d'ame. <i>Candor animi.</i> Cet homme a une <i>candeur</i> d'ame qui ne lui a jamais fait déguiser la vérité. Il procède en toutes ses affaires avec beaucoup de <i>candeur</i> &amp; d'honnêteté. Il faut ôter au coeur humain le masque de vertu &amp; de <i>candeur,</i> dont <pb n="823" facs="bpt6k8542165/f863/full/1200,/0/native.jpg"/>il se sert pour les rafinemens de sa dissimulation. Port-R. Les ames pleines de <i>candeur,</i> sont d'ordinaire plus simples dans le bien, que précautionnées contre le mal. Fenel. N'espérez plus de franchise, ni de <i>candeur</i> d'un homme qui s'est livré à la Cour, &amp; qui secrètement veut faire fortune. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6747" id="1" type="">
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    <head>CANDIDAT</head>
    <p>
    CANDIDAT , s. m. Celui qui brigue quelque charge, qui aspire à entrer dans quelque corps. <i>Candidatus.</i></p><p>Ce mot vient du Latin ; car ceux qui briguoient à Rome les Magistratures, étoient appellés <i>candidati</i>, parce qu'ils prenoient un habit d'un blanc fort éclatant lors qu'ils alloient aux assemblées publiques, afin de se faire remarquer de ceux dont ils vouloient avoir le suffrage. On a appellé aussi, du temps de l'Empereur Gordien &amp; long-temps après, <i>Candidati,</i> des soldats de la Garde de l'Empereur qui étoient choisis de toutes les Légions, qui étoient fort considérés à la Cour. S. Augustin, Ausone &amp; Claudien, en parlent. Dans la vie de S. Hilarion, c. 17. il est parlé d'un <i>Candidat</i> de l'Empereur Constance qui étoit possédé du Démon, &amp; que le Saint délivra de la possession. Ammien, L. XXV. &amp; Victor Tunnunensis, dans sa <i>Chronica,</i> font aussi mention des <i>Candidats.</i> Voyez encore les Fastes de Sicile, Cedrenus, &amp; <i>Rosweid. Onom.</i> Cedrenus dit que ce fut Gordien le jeune qui les institua, aussi-bien que les Protecteurs &amp; les Scholares. Les Scholares étoient choisis dans les troupes : c'étoient ceux qui savoient le mieux le métier de la guerre : les <i>Candidats</i> étoient tirés des Scholares ; c'étoient eux qui étoient les plus vigoureux, &amp; qui avoient l'air le plus martial &amp; le plus propre à inspirer de la terreur, dit la Chronique d'Alexandrie. Les Protecteurs étoient un ordre mitoyen ; c'étoient proprement les Gardes du Corps. <i>Henschenius, Act. SS. febr. T. II. p.</i> 18. Tertulien appelle ceux qui demandoient le Baptême, <i>Candidati Dei.</i> On appelloit aussi <i>Candidats de l'éternité,</i> ceux dont les ames n'étoient point encore dans le ciel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDIDE</head>
    <p>
    CANDIDE , adj. m. &amp; f. Qui est franc, sincère, qui aime la vérité. <i>Candidus, sincerus.</i> Un honnête homme doit être <i>candide,</i> avoir l'ame <i>candide.</i> Il est bon d'y ajoûter quelque autre mot, qui en explique &amp; en détermine la signification.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDIDE</head>
    <p>
    Candide , s. m. Nom propre d'homme. <i>Candidus. Candide</i> étoit un Auteur Ecclésiastique du second siècle, qui avoit écrit sur l'ouvrage des six jours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6749" id="1" type="">
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    <head>CANDIDEMENT</head>
    <p>
    CANDIDEMENT , adv. D'une manière candide. <i>Candidè, simpliciter, sincerè.</i> Il y a peu de gens qui parlent <i>candidement,</i> quand ils veulent faire quelque troc ou quelque vente. Il est de peu d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDIE</head>
    <p>
    CANDIE , s. f. Nom moderne d'une Isle de la mer Méditerranée, qui dans l'antiquité s'est nommée Crète. <i>Creta, Candia.</i> Cette Isle ne s'appelle <i>Candie</i> que depuis la fondation de la ville de <i>Candie</i> sa Capitale, dont elle a pris le nom ; c'est-à-dire, depuis le IXe siècle. Elle est située à l'entrée de l'Archipel, sous le 34e degré de latitude, &amp; peut avoir 75. lieues d'Orient en Occident, &amp; 20 dans sa plus grande largeur. Elle fut soumise aux Sarrazins au IXe siècle ; au Xe en 962. Nicéphore Phocas la reprit. En 1204. Boniface, Marquis de Monferrat, la vendit aux Vénitiens, qui n'y ont plus que les forteresses de Suda, &amp; Spina-longa. Les Turcs sont maîtres de tout le reste. L'Isle de <i>Candie</i> est célèbre par le vin de Malvoisie qu'elle produit. L'air y est chaud, mais sain, &amp; le terroir abondant en pâturages, en grains, &amp; en fruits. Pour ce qui concerne l'antiquité, voyez Crète. Quand il s'agit de l'antiquité je ne voudrois point dire <i>Candie,</i> mais Crète. Quelques-uns cependant le disent, comme Vigenère.</p><p>La mer de <i>Candie, Creticum mare,</i> est une partie de l'Archipel. Elle s'étend le long de la côte Septentrionale de l'Isle de <i>Candie.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDIE</head>
    <p>
    Candie , s. f. Nom propre de Ville. <i>Matium, Candia. Candie</i> fut bâtie au commencement du IXe siècle par les Musulmans, dans l'Isle de Crète, dont ils s'emparerent dans ce temps. Cette Ville a pris son nom de celui du lieu où ils la bâtirent, qui se nommoit Candax, &amp; qui leur fut montré par un Moine. Ella a depuis donné son nom à toute l'Isle. C'est le siége d'un Archevêque, &amp; la Capitale de l'Isle de même nom. Après une guerre de 24 ans &amp; un siège de trois ans, Candie fut rendue aux Infidèles en 1669. n'étant plus qu'un tas de ruines.</p><p>La Nouvelle <i>Candie, Candia Nova,</i> est une forteresse que les Turcs avoient bâtie à une lieue de la ville de <i>Candie,</i> pour la resserrer ; mais depuis qu'ils sont maîtres de cette Ville, cette forteresse leur est inutile, &amp; ils la laissent tomber en ruine. Maty.</p><p>Le territoire de <i>Candie</i> est la plus considérable des quatre parties de l'Isle de <i>Candie</i> : il occupe le milieu de l'Isle, &amp; renferme la ville de <i>Candie,</i> Capitale de l'Isle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDIOT, OTE</head>
    <p>
    CANDIOT, OTE , s. m. &amp; f. <i>Cres, Creticus, Cretensis.</i> Habitant, ou Habitante de l'Isle de Candie. Les <i>Candiots</i> sont voluptueux &amp; excessivement paresseux. Il ne faut point se servir de ce mot quand on parle des anciens Habitans de cette Isle ; il faut dire <i>Cretois.</i> Voyez ce mot. Les <i>Candiots</i> naturels sont presque tous Chrétiens du rit Grec ; il y en a quelques-uns qui sont Mahométans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDIR</head>
    <p>
    CANDIR , v. n. Terme de Confiseur , qui se dit des confitures dont le sucre s'épaissit &amp; se glace sur la surface des vaisseaux. <i>Albicare.</i> Les confitures qui sont trop cuites se <i>candissent.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDIR</head>
    <p>
    Candi, ie , part. &amp; adj. <i>Albicans.</i></p><p>On appelle Sucre <i>candi,</i> une préparation du sucre qui se cristalise : ce qui se fait en le fondant jusqu'à six ou sept fois. On ordonne pour le rhûme du sucre <i>candi.</i></p><p>Ce mot vient de <i>canitum</i>, qui a été fait de <i>candidus,</i> à cause que c'est du sucre blanchi &amp; épuré. D'autres disent que ce nom vient de l'Isle de Candie. D'autres tiennent qu'il vient de <i>elkendit</i>, mot Arabe, qui signifie du <i>sucre</i> en général. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDOU</head>
    <p>
    CANDOU , s. m. Arbre qui croît aux Maldives, qui a cette propriété, qu'en le frottant contre un autre semblable, il en sort du feu, quoiqu'il soit extrêmement mol &amp; léger, &amp; plus que le liége. On s'en sert comme ici d'un fusil. Il est gros comme un noyer, approchant de la feuille du tremble, &amp; aussi blanc. Il ne porte aucun fruit, &amp; n'est pas bon à brûler. Pyrard.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANDY</head>
    <p>
    CANDY , s. m. Sorte de grand bateau qu'on voit en Normandie sur la Seine, &amp; qui a environ 27 toises entre chef &amp; quille. On ne voit pas sur les rivières de France de plus grand bateau que le <i>candy.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    CANE , s. f. Oiseau bon à manger, qui se nourrit près des moulins, des étangs, des marais, &amp; qui marche en troupe, &amp; en inclinant le corps deçà &amp; delà. <i>Anas.</i> La <i>cane</i> est la femelle du canard.</p><p>La coutume d'Estampes, art. 185. défend de nourrir des <i>canes</i> dans la ville. De la Mare. <i>Traité de la Police, T. I. p.</i> 539.</p><p>Ce mot, selon Menage, vient de <i>ana,</i> ou <i>anas,</i> dont les Italiens ont fait aussi <i>anitra,</i> &amp; les François <i>canard,</i> &amp; <i>canarder.</i></p><p>On dit proverbialement, Il n'y a que le bec à ourler, c'est une <i>cane,</i> à ceux qui trouvent de la facilité à faire toutes choses, quoiqu'elles soient difficiles &amp; longues à faire. On dit aussi, qu'un homme fait la <i>cane</i> ; pour dire, qu'il recule par lâcheté dans les entreprises périlleuses, ou qu'il manque à ce qu'il s'étoit vanté de faire, à cause que les <i>canes</i> sont si timides, qu'elles baissent la tête en passant par une porte, quelque haute qu'elle soit. On dit aussi, quand les <i>canes</i> vont au champ, les premières vont devant, à ceux qui demandent trop souvent, quand sera-ce ?</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane d'Inde, <i>Anas Indica.</i> Il y en a de plusieurs espèces différentes. Elles sont plus grosses de moitié que nos <i>canes</i> communes, mais quant à la figure, elles sont presque semblables. Quelques-unes ont la tête rouge comme du sang, &amp; sans plumes, aussi-bien qu'une partie du cou, excepté que sur le sommet de la tête il y a une crête composée de plumes blanches, qui s'étend tout le long de sa tête, &amp; qu'elle éleve lorsqu'elle s'irrite. Son oeil est jaune, &amp; environné d'un cercle noir. Son bec est tout bleu, à l'exception d'une tache noire, qui est à l'extrémité. Elle a tout le devant du cou blanc ; mais l'endroit où le cou se joint au corps est couvert d'un cercle noir, avec quelque peu de plumes blanches. Ce cercle est étroit à la poitrine, &amp; large du côté du dos. Tout le dessous du ventre est couvert de plumes blanches, &amp; le dessus du corps est brun ; mais le cercle dont nous avons parlé est divisé par une <pb n="824" facs="bpt6k8542165/f864/full/1200,/0/native.jpg"/>plume blanche par en haut. Les extrémités des ailes &amp; de la queue sont d'un verd luisant, comme celui des mouches cantharides. La peau des jambes est brune, &amp; coupée de petites lignes noires. Ces <i>canes</i> marchent très-lentement, &amp; ont la voix enrouée. Le mâle est plus grand, &amp; ses couleurs sont plus vives &amp; plus diversifiées que celles de la femelle.</p><p>D'autres ont la tête blanche, &amp; le bec, les cuisses, la queue, &amp; les plus grandes pennes des ailes noires ; tout le reste du corps est roux. Il y a néanmoins dans les ailes des parties blanchâtres, &amp; dans celles du mâle, un peu de rouge &amp; de verd. Le haut du cou est environné d'une ligne noire fort étroite.</p><p>D'autres ont le corps couvert de toutes parts de plumes noires, excepté quelques plumes blanches qui descendent en long sur les plumes de la tête, du cou, &amp; de la poitrine, sans qu'il en paroisse sur le reste du corps ; mais leurs jambes, le haut du bec, &amp; le tubercule qui est dessus, sont d'un rouge très-éclatant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane du Levant , appellée en Latin <i>Anas Circia.</i> Cette espèce de <i>Cane</i> est très-petite, &amp; approchant de la taille d'un plongeon. Tout son corps est beau. Son bec, comme aux <i>canes</i> ordinaires, est brun, aussi-bien que ses pieds. Son cou est long d'une paume. Le reste de son corps n'est que de la longueur de six doigts. Aldrovand fait la description d'une femelle qui avoit des taches sur le ventre. Le mâle a de très-belles couleurs, &amp; beaucoup plus éclatantes que celles de la femelle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane de mer , <i>Anas marina.</i> Oiseau de couleur tannée, avec un colier blanc autour du cou. La <i>cane de mer</i> est de taille mitoyenne entre l'oie &amp; la <i>cane</i> commune. Son bec est noir, longuet, approchant de celui du pélican, &amp; n'est pas large comme celui de l'oie, de la <i>cane</i> &amp; du morillon, mais pointu comme celui de la piette. Sa tête &amp; son cou jusqu'au dessous de l'estomac, sont beaucoup plus noirs que son dos &amp; ses ailes. Les deux côtés de ses cuisses sont madrés ; sa queue est blanche par-dessous, &amp; ses jambes noires. Toutes ses façons de faire sont fort semblables à celles de l'oie ; mais elle ne se plaît aucunement dans l'eau douce, &amp; c'est pour cette raison qu'on la nomme <i>cane de mer.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane a tête rousse . <i>Anas rufa.</i> C'est une petite <i>cane</i> semblable à un morillon. Elle a la tête rousse ; mais sa poitrine &amp; le dessous de sa gorge sont noirs ; tout le reste de son corps est de couleur plombée. Son bec, ses jambes &amp; ses pieds, sont noirs, &amp; bien ressemblans à ceux d'une <i>cane.</i> Ses yeux sont rouges : sa taille est de même que celle de la <i>cane</i> commune.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane , nommée Pénélope : le mâle est de la grandeur du canard, ou environ ; mais il n'est pas si gros. Son bec est gros &amp; large ; le dessous en est noir, &amp; le dessus de couleur plombée obscure. Il est courbé par l'extrémité, &amp; a une tache noire. L'on voit depuis le bec jusques sur le haut de sa tête une couleur rouge, qui tire sur le jaune. Tout le reste de la tête, &amp; la plus grande partie du cou, sont de couleur de dattes mêlé d'un peu de noir sous la gorge. Ce qui est entre le cou &amp; le dos est diversifié de lignes noires, &amp; blanches. La poitrine &amp; le ventre sont blanchâtres ; les ailes son diversifiées de couleurs différentes, car les petites plumes dont elles sont revêtues sont brunes. Il y a une tache blanche qui occupe la moitié des ailes, &amp; qui s'étend bien loin. Les grandes plumes sont noirâtres, &amp; très-longues. Proche de la tache blanche l'on voit une ligne verte assez large. Sa queue est très-courte, &amp; composée de plumes en partie noires, &amp; en partie brunes &amp; verdâtres. Ses cuisses sont blanchâtres &amp; traversées de lignes cendrées fort menues. Ses jambes &amp; ses pieds sont de couleur plombée, &amp; les membranes qui joignent les doigts sont brunes.</p><p>La femelle est entièrement semblable au mâle, sinon que la tache blanche des ailes est moins remarquable en la femelle, &amp; paroît comme d'un gris brun.</p><p>Il y a une <i>cane</i> sauvage brune, <i>Anas fera fusca,</i> qui n'est pas si grande que la précédente, mais qui approche bien fort de son espèce. Elle est moins colorée, particulièrement aux ailes &amp; aux pieds, dont la membrane est noire. Ses ailes sont composées de noir &amp; de blanc. Son bec est d'un noir cendré ; ses yeux jaunâtres ; sa tête &amp; la plus grande partie de son cou d'une couleur de châtain, qui tire sur le brun ; le bas du cou par-devant noir, par-derrière comme la tête ; les côtés en sont cendrés. La poitrine &amp; le ventre sont noirs en partie, tirant aussi sur le cendré ; le reste brun. Le dos &amp; la queue noirâtres ; les jambes &amp; les doigts des pieds de couleur d'eau un peu blanchâtre ; les membranes dont ils sont joints noires.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane mouche , <i>Anas muscaria.</i> Espèce de <i>canes,</i> ainsi nommées, parce qu'elles prennent les mouches qui voltigent sur les eaux. Elles sont plus petites que les communes, &amp; ont le bec large &amp; pointu ; le dessus est presque tout jaune, &amp; de la longueur de deux travers de doigt. Il est dentelé de part &amp; d'autre comme une scie. Les dents de la <i>cane mouche</i> sont flexibles &amp; membraneuses : celles d'en-bas sont plus petites que celles d'en-haut. La couleur du pennage approche de celle de la perdrix. Ses pieds sont jaunâtres, &amp; les doigts en sont joints par des membranes noires. Son cou est diversifié dessus &amp; dessous de la même manière que le pennage. Le sommet de la tête est plus noir que les autres parties : la même couleur règne sur les ailes. Sa queue est très-courte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Grosse Cane de Guinee . Cette <i>cane</i> est court enjointée. Le mâle a la tête plus grande que la femelle. Leurs couleurs sont très-différentes, &amp; elle n'ont point de pennage constant : communément elles sont noires, &amp; mêlées d'autres couleurs diverses. Leur bec est crochu par le bout, court &amp; large. Elles ont une crête ou tubérosité rouge entre les deux yeux sur la tête, qui est grosse comme une cerise ; &amp; autour de leurs yeux elles ont du même rouge, qui paroît comme si c'étoit du cuir.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane haute sur ses jambes . <i>Anas altis,</i> ou <i>longis cruribus.</i> Son bec est aigu, partie noir, &amp; partie rouge : son cou environné d'un cercle blanc. Le derrière est d'un cendré blanchâtre. Son ventre est blanc, ses ailes très-larges. Leurs quatre dernières grandes pennes sont noires de part &amp; d'autre, celles du milieu blanches, les autres noires, &amp; ont les extrémités blanches ; hormis un peu de noir qu'elle a par en-haut. Ses jambes sont menues &amp; plus hautes que celles des autres ; ses pieds &amp; leurs membranes sont blancs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANE</head>
    <p>
    Cane du Caire . <i>Anas Cairina.</i> L'on voit au Caire des <i>canes</i> qui sont beaucoup plus grosses que les nôtres. Le mâle, plus gros encore que la femelle, a son bec fort gros, proche de la tête, &amp; un tubercule ; il finit en pointe insensiblement, &amp; est courbé par le bout, comme celui d'un coq. Il est tout noir, excepté à l'extrémité où il a une tache rouge assez grande, &amp; une petite par en-haut qui est d'un rouge plus pâle. Sa tête est noire &amp; huppée. Le commencement de sa gorge est taché de petites marques blanchâtres. Ses yeux sont jaunes, &amp; traversés de quantité de petites veines très-rouges. La plus grande partie de son pennage est noir. Les plumes de son dos sont noires au commencement &amp; au milieu, &amp; vertes à la fin. L'on aperçoit aussi dans ses ailes &amp; dans sa queue quelques plumes verdâtres &amp; une ou deux blanches, qui composent une tache. Ses jambes &amp; ses pieds qui sont robustes sont châtains.</p><p>La femelle est plus petite que le mâle, &amp; a le bec moins élevé. Il y a sur le haut une ligne blanche &amp; rouge, qui est assez large, &amp; la tache qui est rouge au mâle, est cendrée à la femelle, &amp; mêlée toutefois d'un peu de rouge. Le reste de son bec est d'un noir cendré, hormis deux taches blanches faites comme un C. Sa tête est noire &amp; sans huppe. Sa poitrine l'est pareillement ; elle est aussi semée de taches blanches. Ses taches sont plus verdatres que celles du mâle, &amp; elle en a deux blanches. Le reste est entièrement semblable au mâle.</p><p>Il y a encore plusieurs espèces de <i>canes,</i> sur-tout en Allemagne, qui diffèrent principalement par la grandeur, la grosseur &amp; la figure de leur bec, &amp; la diversité de leurs couleurs : qui n'ont point de noms particuliers, au moins en notre langue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6756" id="1" type="">
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    <head>CANE</head>
    <p>
    CANE , Roseau. Voyez <ref type="search" target="head:CANNE">CANNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6757" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANELER" />
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    <head>CANELER</head>
    <p>
    CANELER . Voyez <ref type="search" target="head:CANNELER">CANNELER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6758" id="1" type="">
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    <head>CANELLE</head>
    <p>
    CANELLE . Voyez <ref type="search" target="head:CANNELLE">CANNELLE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6759" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANELURE" />
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    <head>CANELURE</head>
    <p>
    CANELURE . Voyez <ref type="search" target="head:CANNELURE">CANNELURE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6760" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANE-PETIÈRE" />
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    <head>CANE-PETIÈRE</head>
    <p>
    CANE-PETIÈRE , s. fém. C'est un oiseau de campagne qui ressemble à une outarde, sinon qu'il est plus petit : ou plutôt, c'est une espèce particulière de poule, &amp; il n'y a <pb n="825" facs="bpt6k8542165/f865/full/1200,/0/native.jpg"/>pas jusqu'aux paysans qui ne lui donnent ce nom. Elle s'appelle aussi <i>cane</i> terrestre, &amp; elle a encore d'autres noms en différens pays. On la nomme en Latin <i>Anas campestris.</i> Elle court avec tant de vîtesse qu'un homme ne la peut suivre. Elle est délicieuse à manger, comme le faisan. Elle se nourrit de toutes sortes de grains, de fourmis, de sauterelles, de mouches, &amp; de froment, lorsqu'il est en herbe. Elle est de la grandeur du faisan. Sa tête est semblable à celle d'une caille, son bec à celui d'une volaille, le tout à proportion de sa grosseur. Elle se plaît dans les plaines, &amp; n'a que trois doigts aux pieds, non plus que l'outarde &amp; le pluvier. La racine de son pennage est rouge comme du sang, ce qui pourroit la faire prendre pour une espèce d'outarde.</p><p>On l'appelle <i>cane petiere,</i> parce qu'elle se tapit comme la cane. On dit proverbialement d'un homme soupçonneux, qu'il fait la <i>cane petiere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6761" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANÉPHORE" />
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    <head>CANÉPHORE</head>
    <p>
    CANÉPHORE , s. f. Jeune fille qui dans les sacrifices portoit une corbeille, dans laquelle étoit tout ce qui étoit nécessaire aux sacrifices. <i>Canephora.</i> Ces corbeilles étoient ordinairement couronnées de fleurs, ou de myrte, &amp;c. Cela s'observoit sur-tout dans les sacrifices de Cérès. Un des beaux ouvrages du Sculpteur Scopas étoit une <i>Canéphore.</i> Pline, L. XXXV. c. 5. Dans ces sortes de cérémonies la <i>Canéphore</i> marchoit la première ; le Phallophore ensuite, &amp; le choeur de Musique les suivoit. Dans l'incomparable Cornaline du Cabinet du Roi, qu'on appelle le Cachet de Michel Ange, il y a trois <i>Canéphores,</i> qui portent leur corbeille sur leur tête. Les <i>Canéphores</i> étoient toujours des filles de condition, comme a remarqué Biset sur Aristophane <i>Lysistr.</i> Après la <i>Canéphore</i> suivoit une femme qui lui portoit un parasol &amp; un siège. C'est Aristophane &amp; son Scholiaste qui nous l'apprennent, . v. 1550.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6762" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANÉPHORIES" />
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    <head>CANÉPHORIES</head>
    <p>
    CANÉPHORIES , s. m. &amp; plur. Offrande d'une corbeille. Ce n'est point une fête, comme un de nos Auteurs l'a dit ; c'étoit une cérémonie qui faisoit partie de la fète que les jeunes filles célébroient la veille de leurs nôces. Cette fête s'appelloit <i>Protélies,</i> . Les cérémonies de cette fête étoient de plus d'une sorte, comme on le dira au mot Protélies. Celle dont nous parlons ne se pratiquoit qu'à Athènes, &amp; consistoit en ce que la fille conduite par son père &amp; sa mère alloit à la citadelle où étoit le temple de Minerve, &amp; lui portoit une corbeille pleine de présens, pour l'engager à rendre son mariage heureux ; ou plutôt, comme disent le Scholiaste de Théocrite sur l'Idylle II. &amp; Lutatius sur le IIe livre de la Thébaïde de Stace, c'étoit une espèce d'amende honorable qu'elles alloient faire à la Déesse protectrice de la virginité de ce qu'elles abandonnoient son parti, &amp; une cérémonie pour l'appaiser, &amp; détourner sa colère, de crainte qu'elle ne versât des malédictions sur leur mariage. Meursius a ramassé une partie de ce qui regarde les <i>Canéphories</i> dans son Ve Liv. des Féries des Grecs au mot . Voyez encore sur les <i>Canéphores</i> &amp; les <i>Canéphories</i> Aristophane dans les <i>Oiseaux</i> v. 1550. Dans les v. 717. &amp; dans <i>Lysistrate</i> v. 647. son Scholiaste, &amp; les Notes de Biset sur ces endroits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6763" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANEPIN" />
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    <head>CANEPIN</head>
    <p>
    CANEPIN , s. m. Peau déliée qu'on lève de dessus la peau de mouton après qu'elle a été quelque peu dans la chaux. <i>Summa ovis cuticula.</i> C'est ce qui répond à ce que l'Anatomie appelle dans l'homme <i>épiderme.</i> C'est de cette peau qu'on fait des éventails &amp; des gants de femmes, &amp; qu'on appelle autrement <i>gants de cuir de poule.</i> On appelle aussi <i>canepin,</i> une petite pelure bien déliée qu'on prend au-dedans de l'écorce du tilleul, ou du dehors de l'écorce du bouleau, dont les Anciens se servoient pour écrire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6764" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANER" />
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    <head>CANER</head>
    <p>
    &#9758; CANER , v. n. Mot bas &amp; populaire, pour signifier, se décharger le ventre, aller à la selle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6765" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANET" />
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    <head>CANET</head>
    <p>
    &#9758; CANET , s. m. Le petit d'une cane. Quand le Curé vit qu'on le vouloit bouter en la boiste aux cailloux, il fut plus esbahi que ung <i>canet. Cent nouvelles nouv.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6766" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANETER" />
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    <head>CANETER</head>
    <p>
    CANETER , v. n. Marcher en inclinant le corps à droit &amp; à gauche, à la manière des canes. <i>Incedere anatum more.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6767" id="1" type="broderie">
   <index type="head" value="CANETILLE" />
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    <head>CANETILLE</head>
    <p>
    CANETILLE , s. f. Terme de Broderie . Petite tresse qui sert à chamarrer ou à broder un habit. <i>Fila tenuissima bombycina, aurea, argentea.</i> On s'en sert aussi pour lier des bouquets. Il s'en fait de plate &amp; de ronde, de soie, d'or ou d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6768" id="1" type="bouquetiere">
   <index type="head" value="CANETILLER" />
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    <head>CANETILLER</head>
    <p>
    CANETILLER , v. act. Terme de Bouquetière . C'est lier avec de la canetille. <i>Ligare aliquid filo tenuissimo. Canetiller</i> un bouquet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6769" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANETON" />
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    <head>CANETON</head>
    <p>
    &#9758; CANETON , s. m. Diminutif, signifie la même chose, &amp; est plus en usage que <i>canet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6770" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANETTE" />
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    <head>CANETTE</head>
    <p>
    CANETTE , s. f. Petite cane. <i>Anaticula. Orcanette.</i> Voyez <ref type="search" target="head:OR">OR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6770" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="CANETTE" />
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    <head>CANETTE</head>
    <p>
    Canette , s. f. Terme de Blason , qui se dit des petites canes qui se représentent comme les merlettes, avec les ailes serrées, hormis qu'elles ont bec &amp; jambes ; ce que les merlettes n'ont pas. <i>Anaticulae pedibus ac rostro mutilae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6771" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANEVAS" />
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    <head>CANEVAS</head>
    <p>
    CANEVAS , s. m. Grosse toile &amp; serrée dont on se sert pour doubler les pourpoints &amp; les corps-de-jupe pour les tenir en état. <i>Tela cannabina.</i></p><p>Ce mot vient de <i>cannabaceus</i>, qui a été fait de <i>cannabis.</i> Menage. A Lyon on appelle encore <i>Marchands Canabassiers,</i> les Marchands de grosse toile. On a dit autrefois <i>Canivatz.</i> Il se trouve dans les Actes de S. François de Paule, <i>Acta SS. April. Tom. I. p.</i> 151. <i>E.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6771" id="2" type="">
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    <head>CANEVAS</head>
    <p>
    Canevas , est une toile grosse, mais fort claire, &amp; tissue fort régulièrement en petits carreaux dans lesquels on passe des fils d'or, de laine, ou de soie, pour faire des ouvrages de tapisserie.</p><p>On appelle figurément <i>canevas,</i> le modèle ou les premières paroles qu'on donne, sur lesquelles on compose un air, pour en faire de plus régulières. <i>Exemplar primum.</i> Le <i>canevas</i> d'une chanson, se dit de certaines notes d'un Maître de Musique, qui marquent au Poëte la mesure des vers qu'il doit faire. M. Bertaud, Conseiller au Parlement de Paris, se dit l'auteur de cette façon de parler. J'ai du <i>canevas</i> pour dix sonnets contre les Muses, disoit Du Lot. On le dit aussi des mémoires qu'on donne pour écrire quelque Ouvrage, &amp; le réduire en un état plus poli, comme un Panégyrique, une Histoire particulière, un plan d'un Poëme, d'un Roman. <i>Argumentum, materia scribendi.</i> Mézeray a fait le <i>canevas</i> du Dictionnaire de l'Académie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6772" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANGRÈNE" />
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    <head>CANGRÈNE</head>
    <p>
    CANGRÈNE , ou GANGRÈNE, s. f. C'est une disposition de la chair, qui tend à mortification ; de la partie blessée, qui n'est pas encore morte, ni privée de tout sentiment, mais qui se meurt peu-à-peu, ensorte que si on n'y met ordre, elle se mortifiera jusqu'à l'os. <i>Gangraena.</i> Quand cette mortification est parfaite, les Grecs l'appellent , ou , les Latins <i>sideratio,</i> &amp; le vulgaire le <i>feu S. Antoine,</i> ou <i>de Saint Marcel.</i> Elle se fait quand les esprits sont empêchés de venir en quelque partie, qui par-conséquent se corrompt, &amp; quand la chaleur naturelle s'y éteint. Mais les Modernes croient qu'elle se forme d'une certaine vermine comme cirons, qui s'engendrent par la corruption de la chair, soit par le manque d'esprits vitaux &amp; animaux qui ne peuvent arriver à la partie, soit par une cause externe, comme par quelque contusion. Cette chair morte, livide &amp; pourrie, qu'on coupe sans douleur, ayant communication avec la partie vivante, produit un innombrable quantité de ces petits vers qui rongent &amp; pénètrent dans la chair vive, &amp; la corrompent pareillement ; &amp; comme ils multiplient sans cesse, on les peut faire mourir, ou avec de l'eau de chaux, ou en baignant incessamment la plaie avec de l'esprit de vin : mais le plus sûr est de couper la partie affligée dans la chair vive. Le Père Kirker dit qu'ayant mis sur une feuille de papier blanc un de ces petits vers venimeux qui corompent la chair en la rongeant, il en produisit 50 autres dans l'espace d'un <i>Miserere.</i> Les petits phlegmons se terminent par résolution, les grands par suppuration, &amp; les énormes par <i>cangrène.</i> Voyez Degori dans le <i>Trésor de la pratique de Médecine.</i></p><p>Ce mot de <i>cangrène</i> vient du Grec , qui signifie le même, &amp; qui vient du verbe , <i>manduco, absumo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6772" id="2" type="">
   <index type="head" value="CANGRÈNE" />
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    <head>CANGRÈNE</head>
    <p>
    Cangrène , signifie figurément une mauvaise doctrine, ou une corruption de moeurs qui se met dans un Etat, ou dans quelque autre corps moral. <i>Doctrinae morum corruptela.</i> Il faut retrancher cette <i>cangrène,</i> ce membre pourri. C'est fait des loix si pour arrêter cette <i>cangrène,</i> vous n'employez le fer &amp; le feu. Patru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6773" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANGRENER" />
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    <head>CANGRENER</head>
    <p>
    CANGRENER , ou GANGRENER, v. n. Qui se dit avec le pronom personnel, quand la cangrène commence à venir tendre, s'achemine à la mortification par le défaut de chaleur naturelle. <i>Gangraenâ vitiari.</i> Voilà un bras qui commence à se <i>cangrener,</i> il le faut couper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6773" id="2" type="">
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    <head>CANGRENER</head>
    <p>
    Cangrené, ée , part. &amp; adj. <i>Gangraenâ vitiatus.</i> Bras <i>cangrené.</i> Jambe <i>cangrenée.</i></p><p>On dit figurément d'un méchant homme, qu'Il a la conscience <i>cangrenée.</i></p><p>Quoiqu'on écrive ordinairement <i>Gangrène</i> &amp; <i>Gangrener,</i> on prononce toujours <i>Cangrène</i> &amp; <i>Cangrener.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6774" id="1" type="">
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    <head>CANGUE</head>
    <p>
    &#9758; CANGUE , s. f. Instrument de supplice en usage à la Chine. Il est composé de deux planches larges &amp; épaisses, pesant jusqu'à 200 livres, &amp; échancrées au milieu. On les joint ensemble après qu'on y a inséré le cou du coupable. Ce supplice est infamant comme le carcan en France. Le P. Duhalde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6775" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANIART" />
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    <head>CANIART</head>
    <p>
    CANIART , s. m. Autrement Colin, ou Grisart. C'est un oiseau de marine, mais qui selon Belon ne fréquente pas la mer Méditerranée comme l'Océan. Il n'est pas plus grand qu'une moyenne oie, quoiqu'il paroisse plus gros, à cause qu'il est chargé de plumes. Le champ de son pennage est gris, &amp; c'est pour cette raison qu'il a été appellé grisart. Ses pieds sont semblables à ceux d'une cane, mais il ne fait pas le plongeon. Sa tête est grosse comme celle d'une aigle royale ; &amp; son bec comme celui d'un plongeon de mer. Il a l'entrée du gosier fort ample ; aussi avale-t-il de gros poissons. Sa queue est ronde, &amp; ne passe pas les ailes. Il vole long-temps, &amp; suit les Dauphins, pour recueillir les morceaux de poissons qu'ils laissent sur mer en les dévorant. Lorsque le <i>caniart</i> est sur terre, il court aussi vîte que s'il n'avoit pas les pieds plats. Sa chair n'est pas délicate, ni de fort bon goût. Il ne fait pour l'ordinaire que deux petits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6776" id="1" type="">
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    <head>CANICHE</head>
    <p>
    &#9758; CANICHE , s. f. On appelle ainsi la chienne femelle du barbet, parce qu'elle va à l'eau après les canards.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6777" id="1" type="">
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    <head>CANICULAIRE</head>
    <p>
    CANICULAIRE , adj. Qui se dit des jours pendant lesquels la Canicule domine, parce qu'elle se lève &amp; se couche avec le soleil, depuis le 24e Juillet jusqu'au 23e Août. <i>Canicularis.</i> On disoit autrefois, les jours <i>caniculiers.</i> Camerarius a composé un bel Ouvrage qu'il a intitulé <i>Les jours caniculaires.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6778" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANICULE" />
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    <head>CANICULE</head>
    <p>
    CANICULE , s. f. Constellation céleste qui a deux étoiles. <i>Canicula, caniculae sidus.</i> L'une est à la tête de la quatrième grandeur, &amp; est de la nature de Mercure. L'autre est à la ceinture, de la première grandeur &amp; de la nature de Mars. D'autres appellent <i>Canicule,</i> l'étoile seule, qui est à la tête du chien. Elle se lève le 16e de Juillet. Quand le Soleil ou Mars se lèvent avec la <i>Canicule,</i> il arrive une chaleur excessive, &amp; les jours caniculaires commencent. On imprima en 1688. un Traité de la <i>Canicule,</i> &amp; des jours caniculaires, où l'on dit, après Hipocrate &amp; Pline, que le 17e de Juillet, que la <i>Canicule</i> se lève, la mer bouillonne, le vin tourne, les chiens entrent en rage, la bile s'augmente &amp; s'irrite, &amp; tous les animaux tombent dans la langueur &amp; dans l'abattement ; que les maladies qu'elle cause le plus ordinairement sont les fièvres ardentes &amp; continues, les dyssenteries, le flux de ventre, la phrénésie, la rage ; que les sains doivent manger moins pendant ce temps-là, &amp; ne rien manger que de bon ; que les malades doivent tempérer par des bouillons rafraîchissans, par la saignée, &amp; par la purgation, la bile qui cause leurs maladies. Les Astres n'ont aucune influence sur notre globe ; nous nous imaginons que la <i>Canicule</i> est chaude, &amp; les Méridionaux la trouvent très-froide. Roh. Les Poëtes nous ont laissé des descriptions fort travaillées de la vertu brûlante de la <i>Canicule.</i> Bayl. Les Romains étoient si persuadés de la malignité de ses influences, que pour l'appaiser ils lui sacrifioient tous les ans un chien roux. Ils ne préféroient un chien à toute autre victime, qu'à cause de la conformité des noms : ils s'imaginoient que cette étoile choisissoit un chien plutôt qu'un autre animal : superstition ridicule. Id. Voyez <ref type="search" target="head:Gassendi">Gassendi</ref>.</p><p>Les Grecs l'appellent , les Latins <i>antecanis,</i> parce qu'elle est proche du grand Chien, mais un peu plus Septentrionale, ou plutôt, parce qu'elle se lève un jour plutôt que le chien. Voyez <ref type="search" target="head:CHIEN">CHIEN</ref>. Quelques-uns confondent mal-à-propos cet astre avec une étoile fort brillante du grand chien, qu'on appelle <i>Sirius,</i> &amp; que les Grecs appellent, comme celle-ci, . Elles sont très-différentes.</p><p>Les Egyptiens commençoient leur année au lever de la <i>canicule,</i> &amp; la continuoient jusqu'au lever suivant de la même étoile, ce qui s'appelle <i>annus canarius,</i> l'année de la <i>canicule.</i> Ils disoient que les chèvres appellées <i>Oryges</i> jettoient un cri, ou selon d'autres éternuoient au moment que la <i>canicule</i> se levoit. Les Ethiopiens faisoient le même conte.</p><p>Hygin rapporte que la fable disoit que la <i>canicule</i> étoit le chien d'Icare, qui avoit été placé dans le Ciel. On lui faisoit des sacrifices dans l'Isle de Cos, où s'étoient retirés les paysans qui tuerent Icare ; &amp; dans les Cyclades pour détourner la peste.</p><p>Le mot <i>canicule</i> vient du Latin <i>canicula,</i> diminutif de <i>canis,</i> qui signifie un petit chien. Pline l'appelle <i>minor canis,</i> &amp; Vitruve <i>canis minusculus.</i> On peut voir sur la <i>canicule</i> le <i>Coelum Astronomico-poëticum</i> de Caesius. Solin ch. 32. Pline Liv. XXIII. ch. 28. Vitruve Liv. IX. ch. 7. Saumaise sur Solin p. 144. 429. 721.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6779" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANIDE" />
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    <head>CANIDE</head>
    <p>
    CANIDE , s. m. Sorte de perroquet qui se trouve dans les Antilles. Son plumage est très-beau. Il est de la grosseur d'un faisan. Il a sur la tête une toque de plumes d'un rouge vermeil bordée de plumes de couleur de gris de perles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6780" id="1" type="">
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    <head>CANIF</head>
    <p>
    CANIF , s. m. Petit morceau d'acier fort tranchant, garni d'un petit manche dont on se sert pour tailler des plumes. <i>Cultellus, scalpellus, scalpellum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6781" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANIFICIER" />
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    <head>CANIFICIER</head>
    <p>
    CANIFICIER , ou CASSIER, s. m. Arbre qui porte des siliques, d'où on tire une moële purgative. Voyez Casse, c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6781" id="2" type="">
   <index type="head" value="CANIFICIER" />
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    <head>CANIFICIER</head>
    <p>
    Canivet , s. m. Diminutif de <i>Canif.</i> Les Espagnols, pour dire un canif, disent <i>gannivette,</i> du diminutif <i>cannivet,</i> qu'on dit dans le Boulonnois &amp; dans la Touraine, au lieu de <i>canif. Dict. Etym. de Ménage, au mot canif.</i> Chapelain, quoique Parisien, s'est servi du mot de <i>canivet,</i> en écrivant à Mr Huygens sur la cabale qui se forma à l'Académie Françoise, pour empêcher l'élection de Gilles Boileau. Il y a apparence, dit-il, que cet orage se dissipera bien-tôt, &amp; que les Muses retourneront à leurs Musettes, &amp; rangaineront leurs stilets &amp; leurs <i>cannivets. Mélanges de Littérature, tirés des Lettres manuscrites de M. Chapelain, pag.</i></p><p>Ces mots viennent apparemment de <i>canna,</i> qui est un bout de plume, parce que les <i>canifs</i> servent à la tailler. Ménage dit qu'il vient de l'Allemand, ou de l'Anglois <i>knife</i>, qui signifie un <i>petit couteau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6782" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANIN, INE" />
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    <head>CANIN, INE</head>
    <p>
    CANIN, INE , Qui tient du chien <i>Caninius.</i> On appelle un ris <i>canin,</i> celui qui fait retirer beaucoup les lèvres. Une faim <i>canine,</i> une faim extrême, qu'on ne peut rassasier. Il n'est usité qu'au féminin.</p><p>Dent <i>canine,</i> c'est une dent pointue, telle que celles des chiens. <i>Dens caninus.</i> On appelle aussi les dents <i>Canines</i> deux dents pointues qui sont entre les dents tranchantes &amp; les molières, qu'on appelle aussi dents <i>oeillères.</i> Les dents <i>canines</i> sont ainsi appellées, parce qu'elles servent à rompre &amp; à briser les corps durs, ce qui fait que l'on porte ordinairement sous ces dents les os qu'on veut ronger, à peu près comme font les chiens. Il y en a quatre, deux à chaque mâchoire ; elles sont situées auprès des incisives, une de chaque côté. Elles sont épaisses, fortes, solides, &amp; emboêtées dans leurs alvéoles comme les incisives, mais plus profondément &amp; plus fortement ; car elles surpassent les autres en longueur. Les dents <i>canines</i> d'enhaut sont nommées <i>oeillères.</i></p><p>Le quatrième muscle des lèvres s'appelle <i>canin,</i> parce qu'il <pb n="827" facs="bpt6k8542165/f867/full/1200,/0/native.jpg"/>prend son origine de l'os de la mâchoire supérieure au-dessus de la dent <i>canine,</i> &amp; va s'insérer à la lèvre inférieure proche l'angle de la bouche, pour tirer cette lèvre en haut. Dionis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6783" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANINANA, " />
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    <head>CANINANA, </head>
    <p>
    CANINANA, <i>Jonston,</i> est un serpent de l'Amérique long d'un pied &amp; demi, ou de deux pieds ; son dos est verd, son ventre est jaune. Il suit les hommes sans leur faire de mal, &amp; se laisse prendre aisément comme les chiens ; &amp; c'est de-là qu'on l'appelle <i>Caninana,</i> de <i>canis,</i> chien. Sa chair est en usage dans le pays comme celle du vipère en Europe.</p><p>Ce nom lui a été donné du mot Latin <i>canis,</i> à cause de ce que nous avons dit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6784" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANINGA" />
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    <head>CANINGA</head>
    <p>
    CANINGA . Arbre qui croît dans les montagnes de l'Isle de Cuba. Son tronc est gros &amp; noirâtre auprès des racines. Son écorce a le goût de canelle &amp; de girofle ; on l'ôte comme celle de la canelle, &amp; elle est plus épaisse. Les habitans de l'Isle de Cuba s'en servent pour assaisonner leurs viandes, &amp; même ils l'emploient en remèdes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6785" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANIVEAUX" />
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    <head>CANIVEAUX</head>
    <p>
    CANIVEAUX , s. m. pluriel. Ce sont les gros pavés, qui étant assis alternativement avec les contre-jumelles, traversent le milieu d'une rue, dans laquelle passent les chariots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6786" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANNAIE" />
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    <head>CANNAIE</head>
    <p>
    CANNAIE , s. f. Lieu planté de cannes &amp; de roseaux. <i>Arundinetum, cannetum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6787" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CANNE" />
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    <head>CANNE</head>
    <p>
    CANNE , s. f. Terme de Botanique , qui convient à quelques genres de plantes bien différens les uns des autres. <i>Canna, arundo.</i> Il y a la <i>canne,</i> ou le roseau ; la <i>canne</i> d'inde, &amp; la <i>canne</i> odorante. La <i>canne,</i> ou le roseau, est un genre de plante si semblable au chien-dent, qu'il n'y a que la seule grandeur des tiges, &amp; des feuilles, qui en établisse la différence. Il y en a plusieurs espèces : celle qu'on appelle <i>canne commune, arundo vulgaris,</i> ou <i>vallatoria,</i> a sa racine noueuse, qui s'étend çà &amp; là. Sa tige croit à la hauteur de douze ou quinze pieds : elle est de la grosseur du doigt, creuse &amp; pleine de noeuds. De chacun de ces noeuds sortent les feuilles, qui enveloppent presque la tige, &amp; qui sont roides, un peu âpres, larges de deux doigts, &amp; longues d'un pied &amp; demi, &amp; veineuses. Au bout des tiges naissent les fleurs par paquets, composées de plusieurs filets, qui forment une chevelure molle, de couleur de pourpre, qui devient ensuite cendrée, &amp; que le vent emporte. Elle croît dans les eaux dormantes, &amp; aux bords des rivières. On s'en sert en divers endroits pour couvrir les maisons, pour faire des cloisons, des échalas, &amp; à plusieurs autres usages. Il y a une espèce de <i>canne,</i> qu'on appelle <i>arundo scriptoria,</i> dont les Anciens se servoient pour écrire, &amp; dont se servent encore aujourd'hui les Arabes, les Persans, les Arméniens, les Grecs &amp; les Turcs. Il y en a une autre espèce, qui est appellée <i>arundo sagittalis.</i> Les Tartares &amp; les Asiatiques s'en servent pour faire des flèches &amp; des dards. On en porte des Indes d'une sorte qui est souple &amp; flexible, dont on fait des corbeilles, &amp; d'autres beaux ouvrages. On en porte aussi qui sont fermes &amp; plus grosses, qui servent à faire des bâtons pour s'appuyer. Le <i>bambou</i> est une espèce de <i>canne.</i> Voyez <ref type="search" target="head:BAMBOU">BAMBOU</ref>.</p><p>La <i>canne</i> qui porte le sucre croît ordinairement de la hauteur de cinq, six, ou sept pieds, &amp; de la grosseur de deux pouces en circonférence : elle est divisée par plusieurs noeuds, qui sont éloignés de quatre ou cinq pouces les uns des autres. La tige pousse de longues feuilles vertes &amp; touffues, du milieu desquelles s'élève la <i>canne,</i> qui est aussi chargée en son sommet de plusieurs feuilles pointues, &amp; d'un panache dans lequel se forme la semence : elle est remplie d'une moële blanche, &amp; succulente, de laquelle on exprime cette douce liqueur, dont se forme le sucre. <i>Arundo saccharifera.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6787" id="2" type="">
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    <head>CANNE</head>
    <p>
    La Canne d'Inde , ou Cannacorus, est une autre sorte de plante, dont il y a aussi plusieurs espèces. Celle que les Botanistes appellent <i>arundo Indica latifolia,</i> ou <i>cannacorus latifolius vulgaris,</i> a une tige noueuse, de la hauteur de deux, de trois, &amp; quelquefois de quatre pieds. Ses feuilles sont grandes, roulées comme des cornets de papier, lorsqu'elles commencent à sortir : elles se développent ensuite, paroissent fort amples, membraneuses, un peu pointues, ayant beaucoup de veines qui les traversent obliquement. Au sommet de la tige sont les fleurs semblables à celles de glaïeul, d'une fort belle couleur rouge-brun, attachées à un bouton velu, lequel, après que les fleurs sont tombées, s'augmente, &amp; devient triangulaire, &amp; comme épineux. La semence est contenue dans ce bouton : elle est ronde &amp; de couleur brune, ou noire. Ses racines sont pleines de noeuds &amp; fort chevelues.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANNE</head>
    <p>
    La Canne odorante , est la même plante que le <i>calamus aromaticus.</i> Voyez CALAMUS AROMATICUS.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANNE</head>
    <p>
    Canne , signifie aussi, un bâton qu'on porte à la main, fait de ces sortes de bois. Il sert à se soutenir en marchant, &amp; quelquefois pour marquer le commandement. On les enrichit par les bouts d'argent, d'yvoire, d'agathe, de cristal, &amp;c. Ce vieillard est réduit à porter la <i>canne.</i> Cet Officier a donné cent coups de <i>canne</i> à un soldat insolent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANNE</head>
    <p>
    Canne , signifie encore, une mesure Romaine qui revient à six pieds onze pouces de Roi. C'est une mesure de longueur dont on se sert en plusieurs villes de commerce, comme on fait ici de l'aune. Vigenère dit sur Tite-Live pag. 1513. qu'à Rome la <i>canne</i> contient huit palmes, &amp; que les neuf palmes sont deux aunes de Paris ; &amp; l'aune de Paris étant selon lui, c'est-à-dire de son temps, de 3. pieds huit pouces, la <i>canne</i> étoit de 53. pouces 69 de pouce ; c'est-à-dire, de 4. pieds 5. pouces &amp; 69 de pouce, ou les deux tiers d'un pouce, qui sont 8. lignes. Les <i>cannes</i> de Provence &amp; du bas Languedoc sont de huit pans, ou empans qui font 6. pieds 2. lignes du pied de France. Les <i>cannes</i> d'Avignon &amp; de Nimes sont d'un pouce ou environ plus courtes que celles de Provence &amp; du bas Languedoc La <i>canne</i> de Thoulouse contient une aune &amp; demie de Paris. Il en est à-peu-près de même des <i>cannes</i> des villes du haut Languedoc &amp; de la haute Guyenne. Le <i>cannes</i> de Gènes pour les toiles sont de dix palmes, ou dix fois neuf pouces &amp; deux lignes ; celles pour les draperies font de neuf palmes. La <i>canne</i> de Sicile est de huit pans &amp; demi. A Naples les mesures s'appellent aussi <i>cannes.</i> Les Hébreux l'appellent <i>keneh,</i> &amp; elle contient chez eux six coudées. Le Père Mersenne soutient que cette mesure comprend huit pieds &amp; un doigt &amp; demi. On l'appelle en plusieurs lieux le <i>roseau.</i></p><p>Ce mot est de plusieurs langues &amp; vient de la première. Nous l'avons pris du Latin <i>canna,</i> qui vient du Grec , ou , qui avoit été fait de l'Hébreu , <i>Kaneh</i> ; &amp; dans toutes ces langues il signifie la même chose, <i>calamus, arundo,</i> un roseau, une <i>canne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6787" id="6" type="">
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    <head>CANNE</head>
    <p>
    Canne , en termes de Verrerie , est une verge de fer percée d'un bout à l'autre comme un tuyau. On appelle le <i>mords de la canne,</i> une épaisseur de fer qui est au bout d'une des extrémités de la <i>canne</i> en forme de mords de cheval. Et <i>bauquin de la canne,</i> le bout opposé au mords, que l'on met sur le bord des lèvres pour souffler le verre.</p><p>En Poësie on appelle <i>canne</i> de fer, ou d'acier, le canon d'un fusil, ou d'un mousquet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6788" id="1" type="">
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    <head>CANNE-PETOIRE</head>
    <p>
    &#9758; CANNE-PETOIRE , s. f. Voyez CLIFOIRE ou CANONNIÈRE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6789" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="CANNELADE" />
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    <head>CANNELADE</head>
    <p>
    CANNELADE , s. f. Terme de Fauconnerie . C'est une sorte de curée que préparent les Fauconniers pour le vol du héron, avec du sucre, de la cannelle &amp; de la moële de héron, qu'ils donnent à leurs oiseaux pour les rendre héronniers, &amp; les échauffer à ce vol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6790" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANNELAS" />
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    <head>CANNELAS</head>
    <p>
    CANNELAS , ou CANNELAT, s. m. Morceau de cannelle entouré de sucre, qui forme une espèce de dragée. <i>Casia saccharo condita.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6791" id="1" type="architecture">
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    <head>CANNELER</head>
    <p>
    CANNELER , verbe actif. Terme d'Architecture . Creuser, tailler des petits canaux, au fût des colonnes, des pilastres, des consoles, des gaînes, des termes, &amp;c. <i>Striare.</i> <pb n="828" facs="bpt6k8542165/f868/full/1200,/0/native.jpg"/>Il faut <i>canneler</i> les colonnes pour les faire paroître plus grosses.</p><p>On le dit aussi des petites cavités en rond qu'on fait dans des triglyphes, &amp; dans tous les autres ornemens d'Architecture. <i>Stria, canalicus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6791" id="2" type="">
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    <head>CANNELER</head>
    <p>
    Cannelé, ée . part. &amp; adj. Qui a des cannelures. <i>Canaliculatus, striatus</i> Une colonne <i>cannelée</i> &amp; embâtonnée est bien plus belle que toute unie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6791" id="3" type="blason">
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    <head>CANNELER</head>
    <p>
    Cannelé , en termes de Blason , se dit des pièces honorables de l'Ecu, quand les bords n'en sont pas unis, &amp; quand quelque partie avance en dehors, &amp; puis se retire en dedans. Le <i>cannelé</i> diffère de l'<i>engrêlé,</i> en ce que l'<i>engrêlé</i> a ses pointes en dehors, &amp; le <i>cannelé</i> en dedans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6791" id="4" type="">
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    <head>CANNELER</head>
    <p>
    Cannelé, ée , adjectif. On nomme ainsi en Teinture, ce qui est de couleur de cannelle. <i>Color casiam referens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6792" id="1" type="">
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    <head>CANNELIER</head>
    <p>
    CANNELIER , s. m. <i>Canellifera arbor.</i> Arbre dont l'écorce nous est connue sous le nom de Cannelle. Sa racine est branchue, assez considérable, &amp; d'une odeur de Camphre. Son tronc est plus ou moins gros suivant son âge, &amp; se divise en plusieurs branches, qui donnent plusieurs rameaux longs, droits, sans noeuds, &amp; qui sont chargées de feuilles alternes le plus souvent, opposées quelquefois, semblables à celles du laurier, mais plus grandes, plus arrondies à leur base, terminées en pointe à leur extrémité, relevées de trois nervures paralleles, qui parcourent toute leur longueur ; leur goût est piquant, &amp; approche un peu de celui de son écorce. Ses branches sont terminées par des bouquets de petites fleurs à cinq à six pétales chacune, blanchâtres, &amp; d'une odeur agréable. Leurs fruits, qui sont renfermés en partie dans une calote à cinq à six pointes obtuses, charnue, verdâtre, &amp; picotée de points blanchâtres ; leurs fruits, dis-je, sont ovales, de la figure d'un gland de chêne, verdâtres d'abord, puis noirâtres dans leur parfaite maturité, &amp; le bois de cet arbre n'a pas beaucoup de goût ; il n'y a que l'écorce du milieu, ou la seconde écorce, que l'on détache des troncs des arbres, qui n'ont que six ans, &amp; que l'on sépare de la première écorce extérieure, qui est grisâtre. Cette écorce du milieu, qui est proprement la cannelle, n'est pas haute en couleur, ni si piquante au goût, ni même roulée lorsqu'elle est fraîche ; elle est au contraire blanchâtre, d'un goût piquant &amp; foible, &amp; est plate. Ce n'est qu'en se desséchant qu'elle se roule, &amp; qu'elle devient plus rouge. Tavernier décrit fort au long la manière dont les Hollandois tirent la cannelle dans l'Isle de Ceïlan, d'où vient la meilleure. Il parle encore du camphre, que donne la racine du <i>cannelier,</i> par le moyen de la distillation, &amp; d'une huile qu'on tire de ses fruits, qui se fige, &amp; devient ferme comme de la cire. Pison en fait aussi mention dans son <i>Mantissa Aromatica.</i> Outre le <i>cannelier</i> de Ceïlan, on en trouve dans le Malabar deux autres espèces qui diffèrent de celui-ci par leurs écorces bien moins piquantes. On croit qu'une de ces deux espèces est l'arbre du <i>Folium indicum,</i> ou <i>Malabatrum</i> des Anciens ; feuille qui entre dans la Thériaque. Hort. <i>Malab. Tom. I. &amp; Tom. V.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6793" id="1" type="">
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    <head>CANNELLE</head>
    <p>
    CANNELLE , s. f. Ecorce d'un arbre qui croît dans les Isles de Ceïlan &amp; de Java, &amp; en Malabar. <i>Casia, cinnamum, cinnamomum.</i> Il vient naturellement &amp; sans culture dans les bois, comme les autres arbres. Les Indiens n'en font pas plus de cas : ils l'appellent <i>corunda gauhah.</i> Cette écorce est la même chose que le cinnamone des Anciens. L'arbre a plusieurs branches longues, droites, épaisses, bien arrangées &amp; sans noeuds, dont il sort encore de petits rameaux couverts de feuilles assez grandes. Ces feuilles ressemblent à celles du laurier-cerisier, &amp; sont attachées deux à deux par de petites queues. Elles sont un peu plus larges vers leur pied, &amp; se terminent en pointe. Chacune a trois ou quatre nerfs en long. Ces petits rameaux poussent aussi plusieurs petites fleurs blanches &amp; de bonne odeur, après lesquelles naissent des fruits qui sont de la grosseur &amp; de la figure d'une olive. Ils sont verds au commencement, &amp; deviennent noirs &amp; luisans, lorsqu'ils sont parvenus à leur maturité. Il en découle une liqueur verte, acre, amère &amp; oléagineuse. On peut aussi en tirer par distillation, de même que des fleurs, une liqueur qui aura à-peu-près le goût &amp; l'odeur de la <i>cannelle</i> ; mais qui sera beaucoup inférieure en toutes choses à celle qu'on peut tirer de la <i>cannelle</i> même. Le bois de cet arbre n'a ni odeur ni goût. Sa principale vertu est dans son écorce, laquelle étant récente semble être double : elle a sa superficie grisâtre, &amp; le dedans de la couleur ordinaire de la <i>cannelle.</i> On la pourroit alors diviser en deux écorces de différente couleur, mais étant séchées ensemble, elles sont inséparables, &amp; passent pour la même écorce, la couleur grisâtre de la superficie, se changeant en la couleur ordinaire, à mesure qu'elle sèche. La <i>cannelle</i> séparée fraîchement de l'arbre est plate, peu colorée, presque sans goût &amp; sans odeur ; mais elle se roule en séchant, &amp; prend la figure d'une canne, dont elle porte en partie le nom, &amp; par l'exaltation de son humidité superflue elle acquiert une odeur douce &amp; pénétrante, &amp; un goût aigu &amp; piquant. Plusieurs rapportent que cet arbre dépouillé de son écorce demeure trois ans à en reformer une nouvelle, qui se trouve aussi bonne que la précédente ; mais cela paroît fort suspect. Ceux du pays tirent de sa racine un suc fort approchant du camphre. Son fruit cuit dans l'eau rend une huile qui s'étant refroidie devient aussi ferme &amp; aussi blanche que le plus beau suif de chandelle. La <i>cannelle</i> pour être bonne, doit être d'un goût fort piquant &amp; fort agréable, &amp; avoir une couleur rousse &amp; assez vive. Ses qualités sont d'échauffer, de dessécher, de hâter les menstrues &amp; les accouchemens ; de fortifier les esprits, &amp; d'aider à la digestion. On a apporté des Indes Occidentales en 1660. un arbre de <i>cannelle</i> qu'on a élevé à Hambourg, qui est haut de quinze à seize pieds, &amp; plus gros que le bras. On en a aussi conservé un en Angleterre, en le serrant dans une étuve jusqu'au mois de Mai, &amp; en versant de temps en temps sur le haut de l'arbre de l'eau nitreuse, &amp; du fumier de pigeon. Ce mot peut venir du Latin <i>canna,</i> parce qu'on nous apporte la <i>cannelle</i> en forme de <i>canne.</i> Mais le plus sûr est de tirer ce mot de l'Hébreu <i>cane,</i> qui signifie la même chose que <i>calamus aromaticus</i> parmi les Latins. Voyez <ref type="search" target="head:CEÏLAN">CEÏLAN</ref>. Voici une description plus détaillée de la <i>Cannelle.</i> La <i>cannelle</i> est l'écorce d'un arbre qu'on peut appeller Cannelier. Elle est longue, mince, roulée, d'une couleur rouge brun, d'un goût piquant aromatique &amp; fort agréable. La <i>cannelle</i> fine nous vient de l'Isle de Ceïlan ; &amp; elle est mince, peu haute en couleur, &amp; comme brûlante au goût. Le grabot de <i>cannelle,</i> qui a peu de goût, se nomme Escavisson chez les Epiciers. La <i>cannelle</i> est du nombre des drogues qu'on appelle épices. Les cuisiniers la font entrer dans plusieurs de leurs ragoûts, &amp; dans quelques-unes de leurs sausses. Les Confiseurs en lardent les fruits qu'ils mettent en compôte. Les Parfumeurs l'emploient dans leurs pâtes, dans leurs pastilles, &amp; dans leurs poudres de senteurs. Les Médecins l'ordonnent dans les dévoiemens, dans les foiblesses d'estomac. L'eau de <i>cannelle</i> se tire par la distillation que l'on fait de cette écorce infusée dans l'eau d'orge, dans l'eau-de-vie, ou dans le vin blanc. On appelle eau de <i>cannelle</i> orgée, celle qui est tirée avec l'eau d'orge. L'huile de <i>cannelle</i> nous est apportée de Ceïlan, &amp; c'est une espèce tres-prétieuse, quand elle est bien légitime. Quelques gouttes de cette essence peuvent aromatiser des liqueurs &amp; des compositions, auxquelles la <i>cannelle</i> en substance, ou en teinture, ne donneroit pas une odeur ni un goût aussi agréable.</p><p>Outre la <i>cannelle</i> de Ceïlan nous avons deux écorces qu'on tire de deux autres espèces de Canneliers. La première de ces écorces a conservé son nom Latin de <i>Cassia lignea,</i> &amp; n'est guère employée que dans certaine composition de Pharmacie. Elle est fort semblable à la <i>cannelle</i> fine, &amp; on ne l'en distingue sur tout, que parce qu'elle est fort visqueuse dans la bouche, &amp; qu'elle n'a point ce sec &amp; ce piquant de la <i>cannelle</i> ; d'ailleurs elle est ordinairement un peu plus grossière, &amp; d'une couleur un peu plus brune. A juger du <i>Cinnamomum,</i> &amp; du <i>Cassia lignea,</i> que Galien &amp; Dioscoride ont décrit, on n'y voit point un rapport entier avec notre <i>cannelle,</i> ni avec notre <i>Cassia lignea.</i> La plupart des nouveaux Naturalistes nient que la <i>Cassia lignea,</i> soit la seconde écorce du vrai Cannelier. La seconde écorce, qui approche de la <i>cannelle</i> par sa couleur &amp; par son goût, mais qui est cependant plus foible, est appellée <i>Canella de Matte</i> par les Portugais, d'où nous avons formé le nom de <i>Cannelle Matte,</i> en Latin <i>Canella minus aromatica.</i> Elle nous vient en morceaux plats, beaucoup plus épais que la <i>cannelle</i> ordinaire. L'arbre d'où elle <pb n="829" facs="bpt6k8542165/f869/full/1200,/0/native.jpg"/>est tirée se nomme Katoukarva par les Malabrois. Cette dernière écorce n'est guère d'usage en Europe, où l'on ne fait cas que de la <i>cannelle</i> fine.</p><p>Il y a encore quelques autres écorces auxquelles nous donnons improprement le nom de <i>cannelle</i> ; telles sont la <i>cannelle</i> giroflée, &amp; la <i>cannelle</i> blanche ; écorces de deux arbres qui n'ont point le caractère de cannelier. La première, qu'on nomme communément <i>cannelle</i> géroflée, ou <i>Cassia caryophyllata</i> (non pas qu'elle vienne de l'arbre du gérofle, mais plutôt parce qu'elle a le goût du clou) est fort mince, fort cassante, d'un rouge tirant sur le violet, roulée l'une sur l'autre, &amp; d'un goût piquant &amp; aromatique. Flacourt dit que l'arbre qui donne cette écorce se nomme Ravendsara dans l'Isle de Madagascar, où il est commun, &amp; qu'il ressemble au laurier franc. Ses fruits sont gros comme de petites noix vertes ; ils sont arrondis, terminés par un petit nombril, divisés en plusieurs cellules, &amp; ont un goût &amp; une odeur agréable, aromatique, &amp; qui participe du clou. Cet arbre croît aussi dans le Brésil, &amp; les Portugais nomment son écorce, <i>Cravo de Marenhan,</i> d'où vient le nom François, <i>Bois de Crabe,</i> ou <i>Capelet.</i> Cette écorce s'emploie au défaut du gérofle, elle en a la force, lorsqu'elle est nouvelle, &amp; qu'elle n'est point moisie. A l'égard de la <i>cannelle</i> blanche, c'est l'écorce d'un arbre qui croît en Amérique, à la Jamaïque &amp; à S. Domingue. Du Tertre fait mention de cet arbre sous le nom de bois d'Inde, ou de laurier aromatique. Il ressemble en quelque manière au laurier franc, par ses feuilles, qui sont plus souples, plus longues, moins pointues par leur extrémité, toujours opposées deux à deux, &amp; d'un goût piquant, aromatique, tenant de la <i>cannelle</i> &amp; du gérofle, accompagné d'une astriction &amp; d'une amertume qui n'est pas désagréable. Ses fleurs naissent par bouquets à l'extrémité des branches ; elles sont blanches, petites, composées de cinq pétales arrondies. Ses étamines sont blanches, &amp; entourent un pistile. A ces fleurs succèdent des baies grosses comme des pois, divisées en deux cellules qui renferment chacune une ou deux semences taillées en forme de rein. Cette baie a un goût piquant comme le gérofle, &amp; on la nomme par cette raison tête de clou, ou Poire de la Jamaique, en Latin <i>Pimenta, Piper Jamaicense.</i> L'usage que l'on fait à présent de ce fruit est assez considérable, parce qu'il est d'un goût agréable dans les sausses, &amp; les Epiciers en composent leur poivre assorti. La première écorce de cet arbre est mince, fort lisse &amp; jaunâtre ; la seconde est plus épaisse, blanchâtre, &amp; d'un goût de <i>cannelle,</i> de muscade &amp; de gérofle mêlés ensemble. C'est cette seconde écorce qu'on nous envoie en bâtons plus courts que ceux de la <i>cannelle</i> fine, roulés cependant tout de même, ce qui arrive à cette écorce lorsqu'elle sèche. Elle est assez lisse, &amp; les taches qui paroissent sur sa surface extérieure sont des vestiges des queues des feuilles. Elle est épaisse ordinairement d'une demi ligne, ou d'une ligne au plus, jaunâtre en dedans, &amp; d'un goût aromatique. On la nomme <i>cannelle</i> blanche, <i>costus,</i> en écorce, <i>Canella alba, costus corticosus,</i> &amp; on l'a toujours fait passer pour le <i>Cortex Wicelteranus.</i> L'aubier du tronc de cet arbre est couleur de chair, &amp; le choeur, ou la partie ligneuse, est violet, &amp; devient noir d'ébène en vieillissant ; il est très-dur, &amp; prend un beau poli. Cet arbre vient quelquefois aussi gros que nos noyers. Voyez Plumier, Du Tertre, Pison, Pomet, Dale, Herman.</p><p>Il y a une autre sorte de <i>cannelle</i> dans les Indes Occidentales, qui vient dans une Province qu'on appelle <i>Sumaca,</i> située sous l'Equateur. C'est un arbre de moyenne grandeur, toujours chargé de feuilles, comme les autres arbres des Indes. Ces feuilles sont semblables à celles du laurier. Son fruit est de la forme &amp; de la figure d'un chapeau, &amp; de la largeur d'une pièce de huit réales d'Espagne. Il est au dedans &amp; au-dehors d'une couleur de pourpre tirant sur le noir, uni &amp; poli par-dedans, rude par-dehors, d'un goût &amp; d'une odeur aussi agréables que la <i>cannelle</i> de Ceïlan. Son écorce est fort épaisse : elle n'a aucune saveur ni odeur de <i>cannelle.</i> Sa principale force est dans le fruit, ce qui est le contraire de la <i>cannelle</i> d'Orient. Ce fruit est fort utile à plusieurs choses : étant mis en poudre il fortifie l'estomac, dissipe les vents, corrige la puanteur de la bouche : il est aussi cardiaque, &amp; donne bonne couleur. On en met dans les sausses &amp; dans les ragoûts comme la <i>cannelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANNELLE</head>
    <p>
    Cannelle , est aussi la fontaine ou tuyau qu'on met à un muid qui est en perce pour en tirer le vin. <i>Fistula.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANNELURE</head>
    <p>
    CANNELURE , s. f. Cavité ronde qu'on fait dans une colonne le long d'un pilastre, ou d'une autre pièce d'architecture, pour lui servir d'ornement. <i>Striatura.</i> On les appelle autrement <i>striures,</i> du Latin <i>striges,</i> les plis d'une robe. Il y a des <i>cannelures à côtes</i> ; ce sont celles qui sont séparées par des listels de certaine largeur, qui ont quelquefois des astragales, ou baguettes aux côtés, ou dessous. Des <i>cannelures avec rudentures</i> : ce sont celles qui sont remplies de roseaux, ou de cables, jusqu'au tiers du fût. Des <i>cannelures ornées</i> : ce sont celles qui ont dans la longueur du fût, ou par intervalles, ou depuis le tiers d'enbas, de petites branches ou bouquets de laurier, de lierre, de chêne, ou de fleurons, &amp; autres ornemens qui sortent le plus souvent des roseaux. Des <i>cannelures a vive arête</i> : ce sont celles qui ne sont point séparées par des côtes : elles sont propres au Dorique. Des <i>cannelures plates</i> : ce sont celles qui sont en manière de pans coupés au nombre de seize, comme l'ébauche d'une colonne Dorique. On peut aussi appeller <i>cannelures plates,</i> celles qui sont creusées quarrément en manière de petites fasces, ou demi batons dans les tiers du bas d'un fût. Des <i>cannelures torses</i> : ce sont celles qui tournent en vis, ou en ligne spirale autour du fût d'une colonne. <i>Cannelures</i> de Gaine, de Terme, de Console, sont des <i>cannelures</i> plus étroites par le bas que par le haut.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANNELURE</head>
    <p>
    Cannelure &amp; Cannelures , sont aussi des termes qui s'emploient communément en Botanique dans les descriptions des tiges &amp; des fruits de quelques plantes. <i>Cannelures</i> à côtes, sont celles qui sont séparées entr'elles par des côtes ou plates en dessus, ou arrondies en côte de melon. <i>Cannelures à vive arête,</i> sont celles dont les séparations sont en feuillet vif &amp; tranchant.</p><p>Ce mot vient de <i>canal, canalis</i>, parce que la <i>cannelure</i> est en effet un petit canal. De-là vient qu'on trouve dans la basse Latinité <i>canalatus,</i> pour dire canelé. Il s'ensuit delà qu'il ne faudroit point l'écrire par deux <i>nn,</i> comme fait l'Académie. Du reste on n'en prononce qu'une en parlant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6795" id="1" type="">
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    <head>CANNES</head>
    <p>
    CANNES . <i>Cannae, arum.</i> Petit bourg ou village de la Pouille, célèbre par la grande victoire qu'Annibal y remporta sur les Romains la 3e année de la seconde guerre Punique, l'an de Rome 538. Il ne reste plus que les ruines de ce bourg, que quelques-uns appellent ville. Peut-être qu'il le devint dans la suite. Tite-Live n'en fait qu'un bourg, <i>Vicus.</i> Après la bataille de <i>Cannes</i> Annibal envoya trois boisseaux d'anneaux de Chevaliers Romains à Carthage. On appelle aujourd'hui ce lieu <i>Canna destructa.</i> Voyez Vigenère sur Tite-Live, p. 1755. au mot APULIE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6796" id="1" type="">
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CANNETILLE</head>
    <p>
    &#9758; CANNETILLE , s. f. Petite lame très-fine d'or ou d'argent tortillé, &amp; dont on se sert dans les broderies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6797" id="1" type="">
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    <head>CANNULE</head>
    <p>
    CANNULE , s. f. Mr Dionis &amp; quelques autres écrivent <i>canule.</i> Petit tuyau que les Chirurgiens laissent dans les plaies qu'ils n'oseroient fermer, parce qu'elles suppurent toujours, &amp; qui sert d'un espèce de tente. <i>Canaliculus.</i> Elle est faite d'or, d'argent, ou de plomb, &amp; est trouée, afin que la sanie puisse entrer &amp; tomber sur une éponge trempée en vin &amp; eau-de-vie qu'on met à l'orifice pour tenir chaudement l'ulcère, &amp; empêcher que l'air extérieur n'entre au-dedans. Cet homme a porté 30 ans une <i>cannule.</i> Il y a des <i>cannules</i> à anneaux qui servent à les attacher, &amp; les tenir sujettes dans la plaie. Les <i>cannules</i> à platine sont celles qui ont à la tête une petite plaque ronde percée de deux trous, où l'on passe un ruban pour les arrêter. Il y a des <i>cannules</i> rondes ; il y en a d'ovales, de courbes. Il y en a pour appliquer des cautères actuels ; elles sont pour l'ordinaire fort courtes &amp; fort larges : ce ne sont presque que des anneaux qui ont quelque hauteur, &amp; un manche ; on applique le cautère qui est plus menu que l'ouverture de la <i>cannule</i> en le faisant entrer dans la <i>cannule,</i> laquelle empêche que les parties voisines ne soient offensées par le cautère. Il y a de ces <i>cannules</i> à platine qui sont longues : elles servent lorsqu'il faut introduire un cautère dans le corps pour consumer quelque callosité ; on les appelle fenestrées, ou à fenêtre, à cause d'une ouverture qu'elles ont, non pas au fond, mais à côté sur leur longueur pour appliquer le cautère. On se sert de ces <i>cannules</i> fenestrées, &amp; fermées par un bout pour les hémorroides internes, pour les fistules, &amp;c. Quelques-uns <pb n="830" facs="bpt6k8542165/f870/full/1200,/0/native.jpg"/>appellent les <i>cannules</i> à platine, <i>cannules ailées,</i> parce que la platine est étendue en quelque façon comme les ailes d'un oiseau qui vole.</p><p>En plusieurs endroits on appelle <i>cannule</i> le petit tuyau que l'on met au bout des seringues pour donner des lavemens. <i>Tubulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6797" id="2" type="">
   <index type="head" value="CANNULE" />
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    <head>CANNULE</head>
    <p>
    Cannule , se dit aussi de ce qui sert à boucher un muid, &amp; à en tirer le vin en l'ouvrant. <i>Fistula.</i> On l'appelle plus ordinairement <i>cannelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6798" id="1" type="astronomie">
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    <head>CANOBUS</head>
    <p>
    CANOBUS . Terme d'Astronomie . C'est le nom d'une étoile qui est dans le navire Argo.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6799" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANOE" />
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    <head>CANOE</head>
    <p>
    CANOE . Voyez <ref type="search" target="head:CANOT">CANOT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6800" id="1" type="">
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    <head>CANOLES</head>
    <p>
    CANOLES . Voyez <ref type="search" target="head:MARCOTTES">MARCOTTES</ref>. C'est la même chose, selon La Quintinie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    CANON , s. m. qui se dit par excellence des paroles secrètes de la Messe depuis la Préface jusqu'au <i>Pater,</i> au milieu desquelles le Prêtre fait la consécration. <i>Arcana divini sacrificii verba, Canon Missae.</i> Le sentiment commun est que le <i>Canon</i> commence à ces paroles, <i>Te igitur, &amp;c.</i> Le peuple doit se mettre à genoux pendant le <i>Canon</i> de la Messe. Du Cange dit qu'il a été ainsi nommé, <i>quia in eo est legitima sacramenti confectio.</i> C'est la raison qu'en apporte Strabus, parce qu'il contient les règles qu'il faut observer pour offrir le sacrifice. Le <i>Canon</i> de la Messe est très-ancien. Saint Ambroise en parle, &amp; l'appelle <i>Canon</i> comme nous : il est presque tout entier, comme on le dit aujourd'hui, dans la liturgie de saint Ambroise ; &amp; du temps de saint Grégoire le Grand il étoit tel que nous l'avons : le vénérable Bède en parle ; Alcuin l'a expliqué. Quelques-uns disent que saint Jerôme, par l'ordre du Pape S. Damase, l'a mis dans la forme où nous l'avons : d'autres l'attribuent au Pape Siricius, qui vivoit sur la fin du quatrième siècle : il est sûr qu'il est très-ancien, ce qui se prouve parce que de tous les Saints qui y sont nommés il n'y en a aucun qui ne soit martyr, &amp; qui n'ait souffert avant que l'Eglise ait été en paix sous le règne de Constantin. Le Concile de Trente dit que le <i>Canon</i> de la Messe a été dressé par l'Eglise, &amp; qu'il est composé des paroles de Jesus-Christ, de celles des Apôtres &amp; des premiers Pontises qui ont gouverné l'Eglise. Tous ceux qui ont traité de la Liturgie ont parlé du <i>Canon.</i> On appelle quelquefois le <i>Canon, Action,</i> quelquefois on l'appelle <i>Secrète,</i> parce qu'on doit le réciter à voix basse, sans se faire entendre des assistans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="2" type="">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , se dit aussi d'un tableau ou carton enrichi où ces paroles sont écrites. <i>Tabula Canonem Missae continens,</i> ou simplement <i>Canon.</i> On le met au milieu de l'autel devant le Célébrant. Un <i>Canon</i> en broderie, ou enluminé, un <i>Canon</i> de cuivre, d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="3" type="">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , se dit généralement des Loix &amp; des Régles de la discipline Ecclésiastique, &amp; des Decrets des Conciles. <i>Sacri Conciliorum Canones, sacrorum Conciliorum Decreta.</i> C'est une décision sur les matières de la Religion, ou un règlement de Police &amp; de Discipline Ecclésiastique fait par un Concile général, ou national, ou provincial. <i>Canon.</i> Les <i>Canons</i> des Conciles de Nicée, de Latran, de Trente, &amp;c. Quelques-uns doutent de la vérité des <i>Canons</i> des Apôtres, que l'on attribue d'ordinaire à saint Clément. Baronius, Bellarmin, Turrien, &amp; quelques Auteurs, croient véritablement qu'ils sont des Apôtres. Hincmar &amp; M. de Marca croient qu'ils sont du II. &amp; IIIe siècle, dressés par des Evêques Disciples des Apôtres. Beveregius est aussi de ce sentiment. Daillé a soutenu qu'ils avoient été fabriqués par quelque Hérétique dans le Ve siècle. D'autres croient comme lui, qu'ils n'ont été répandus dans l'Eglise que vers le Ve siècle. Il est certain qu'il y en a eu des Recueils faits en différens siècles. Denys le Petit au Ve siècle en fit une plus ample Collection, &amp; après lui Ferrandus, Cresconius, Isidorus Mercator. L'Eglise Grecque compte 85. <i>Canons</i> Apostoliques, &amp; l'Eglise Latine en reçoit 50. seulement. Selon Usserius la première collection des <i>Canons</i> de l'Eglise Grecque contenoit seulement ceux du I. Concile Oecuménique, &amp; de cinq Conciles Provinciaux ; ce premier recueil fut fait avant l'an 380. &amp; avant le I. Concile de Constantinople, qui ne s'y trouvoit point. Il n'y avoit en tout que 164. <i>Canons.</i> C'est Denys le Petit qui y ajoûta les <i>Canons</i> des autres Conciles Généraux. Il mit à la tête 50. <i>Canons</i> des Apôtres, qu'il traduisit en Latin. Il finit les <i>Canons</i> Grecs par le Concile de Chalcédoine. Il y joignit encore ceux du Concile de Sardique ; &amp; ceux des Conciles d'Afrique qui n'avoient point encore été insérés dans le corps des <i>Canons.</i> Les Protestans soupçonnent que ces <i>Canons</i> du Concile de Sardique ont été fabriqués pour augmenter l'autorité du Pape. D'autres tiennent que cette première Collection des <i>Canons</i> a été faite en 385. &amp; que le Concile de Constantinople, assemblé sous le Grand Théodose en 381. en fait partie, &amp; n'y a point été ajoûté depuis. On compte quatre principales compilations des <i>Canons</i> de l'Eglise d'Orient, la dernière étant toujours plus ample que celle qui la précède. La quatrième contient quelques <i>Canons</i> du II. Concile Général de Nicée, &amp; c'est sur celle-là que Balsamon &amp; Zonaras ont fait des Commentaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="4" type="">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Droit Canon . <i>Jus Canonicum. Jus Pontificium.</i> Dans les Gaules, &amp; sous la première race des Rois, on suivoit le Code des <i>Canons</i> de l'Eglise Universelle, qui étoient ceux de l'Eglise Grecque. On y ajoûta ceux des Conciles d'Ephèse &amp; de Chalcédoine, &amp;c. mais ce Code ne se retrouve plus. Depuis, l'Eglise Romaine se servit d'un Code des <i>Canons</i> composé en 520. &amp; traduit par Denys le Petit. Les Decrétales des Papes depuis Sirice jusqu'à Anastase grossissoient ce recueil. C'est en quoi consistoit l'ancien Droit Canonique jusqu'à l'onzième siècle. On l'observoit par tout l'Occident, avec les Capitulaires de Charlemagne ; &amp; l'on n'avoit aucun égard à ce qui n'y étoit pas compris. C'est sur ce fondement qu'on soutient en France, que les libertés de l'Eglise Gallicane consistent à ne pas recevoir tout ce qui s'est introduit dans la Jurisprudence Canonique depuis cette ancienne compilation, &amp; à rejetter les Decrétales des Papes avant le Pape Sirice, comme fausses &amp; supposées. Mais le <i>Droit Canonique</i> fut beaucoup altéré depuis la fin du huitième siècle jusqu'à la fin du onzième siècle. On y confondit les Decrétales depuis S. Clément jusqu'à Sirice, qui jusques-là avoient été inconnues. Enfin, la confusion qu'apportoient les différentes collections fit penser à rédiger &amp; à ramasser un nouveau corps du <i>Droit Canon.</i> C'est donc aujourd'hui un recueil intitulé, <i>La Concordance des Canons discordans,</i> qui a été fait en 1151. par Gratian Moine Bénédictin, des textes de la Bible, des Conciles &amp; des sentimens des Saints Pères, sur chaque matière Ecclésiastique. Il a partagé son Ouvrage par l'ordre des matières ; &amp; non point par l'ordre des temps &amp; des Conciles, comme la plupart avoient fait avant lui. Cette compilation fit que les anciennes demeurerent tout d'un coup abolies. Elle est divisée en trois parties. La première en 108. distinctions : la seconde en 36. causes, &amp; la troisième en cinq distinctions. La seconde partie du <i>Droit Canonique</i> est composée des Decrétales des Papes depuis 1150. jusqu'à Grégoire IX. en 1229. En 1297. le Pape Boniface VIII. continua les Decrétales des Papes jusqu'à son temps. Mais cette dernière partie n'a pas beaucoup d'autorité en France, à cause des différends de Boniface VIII. avec le Roi Philippe le Bel. Le Pape Jean XXII. y joignit les Clémentines en cinq Livres : ce sont les Constitutions de Clément V. son prédécesseur : on y a joint 20. Constitutions faites par le même Jean XXII. qui sont appellées <i>Extravagantes,</i> &amp; quelques autres Constitutions de ses successeurs. Toutes lesquelles choses composent le Corps, ou le Cours du <i>Droit Canon</i> que nous avons en trois Volumes, en y comprenant les Commentaires. C'est aujourd'hui la Jurisprudence autorisée par le Saint Siége, &amp; de laquelle seule on se sert dans le For extérieur &amp; contentieux. Mrs de Port-Royal se sont avisés de dire <i>Droit Canonique,</i> à cause du Latin <i>Jus Canonicum</i> : &amp; en cela ils ont été suivis par leurs Sectateurs, &amp; même par leurs adversaires ; mais je soutiens qu'il faut dire <i>Droit Canon.</i> Si leur raison étoit reçue, il faudroit aussi dire un <i>Canonique,</i> &amp; non pas un <i>Chanoine.</i> Si l'on vouloit réformer notre langue sur le Latin du siècle d'Auguste, il faudroit la refaire toute entière, &amp; dire par exemple avec l'écolier Limousin, <i>l'alme, inclite, &amp; célèbre Académie, que l'on vocite Lutece.</i> Ménage. Mais contre l'autorité de Mr Ménage on trouve plus souvent <i>Droit Canonique</i> dans les meilleurs Auteurs. Mr Du Bois a fait deux Volumes qu'il a intitulés, <i>Maximes du Droit Canonique.</i></p><p><i>Canon</i> de la paix &amp; de la trève. C'est dans l'Histoire Ecclésiastique un <i>Canon</i> fait &amp; renouvellé par plusieurs Conciles, depuis le Xe siècle, pour abolir les désordres que causoient les guerres, que les Seigneurs avoient coutume <pb n="831" facs="bpt6k8542165/f871/full/1200,/0/native.jpg"/>de se faire entr'eux pour leurs querelles particulières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="5" type="palais">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , est aussi un Catalogue de Livres Sacrés. <i>Sacrorum Librorum Index.</i> Un tel livre est apocryphe, il n'est pas dans le <i>Canon.</i> Le <i>Canon,</i> ou le Catalogue des Livres du Vieux Testament a été fait par les Juifs. On l'attribue à Esdras : l'ancienne Eglise a suivi le <i>Canon</i> des Juifs, qui selon S. Jérôme ne contenoit que 22 livres. Du Pin. Le dernier <i>Canon</i> des livres Saints est celui qu'a fait le Concile de Trente ; il comprend tous les livres qui se trouvent dans les Bibles imprimées dans les Royaumes Catholiques depuis ce Concile. On doit sous peine d'anathème recevoir comme livres sacrés, comme Ecriture divine, tous les livres que contient ce <i>Canon,</i> &amp; c'est être hérétique que de rejetter quelque chose de ce que contient ce <i>Canon.</i> Ce <i>Canon</i> du Concile de Trente est tout semblable à celui du Concile d'Hippone tenu en 393. &amp; à celui du Concile IIIe de Carthage, qui étoit de quarante-sept Evêques, du nombre desquels étoit Saint Augustin, &amp; qui disent qu'ils ont reçu ce <i>Canon</i> de leurs Pères. Il est aussi semblable à celui d'Innocent I. dans sa lettre à Exupère.</p><p>Les <i>Canons</i> des Evangiles sont une espèce de Concordance faite par Eusèbe de Césarée, dont parle S. Jérôme, &amp; que l'on voit souvent à la tête des manuscrits du Nouveau Testament &amp; en quelques éditions.</p><p>Quelques Religieux appellent <i>Canon</i> le livre qui contient leurs Règles, leurs Constitutions, &amp;c.</p><p>On appelle encore <i>Canon,</i> le catalogue des Saints reconnus, &amp; canonisés dans l'Eglise. <i>Album Sanctorum quos agnosique Ecclesia.</i></p><p>En termes de Palais , on appelle <i>Canon emphytéotique,</i> le revenu annuel que doit celui qui à pris un héritage à bail emphytéotique ; c'est-à-dire, pour cent ans. <i>Vectigal annuum ex fundo emphyteutico.</i> Les Emphytéotes, qui doivent le <i>Canon</i> emphytéotique, ont seulement la propriété utile du fief, &amp; de la chose donnée à cens ou à emphytéose ... <i>Institution au Droit Fr.</i> La rente ou redevance que l'Emphytéote paye au Bailleur en reconnoissance de la Seigneurie directe qu'il s'est réservée, s'appelle pension ou <i>Canon</i> emphytéotique. <i>Ibid.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="6" type="">
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , en termes de Guerre , est une pièce d'Artillerie, ou arme à feu faite de fer, ou de fonte. <i>Tormentum bellicum aeneum.</i> Elle est de figure cylindrique, &amp; creuse par le milieu. On la charge de poudre &amp; de boulets, ou de cartouches. Voici les parties d'un gros <i>canon</i> ordinaire. Il est long d'environ dix pieds. Son noyau est de neuf pieds. Son affût est long de quatorze, &amp; son aissieu de sept. Le diamètre de sa bouche est de six pouces &amp; deux lignes ; l'évent de la balle de deux lignes. Le diamètre de la balle est de six pouces, &amp; son poids de trente-trois livres un tiers. Le métal est épais au collet de deux pouces, &amp; à la culasse de six. Son métal pèse environ 5600. livres. Sa charge est de 18 à 20 livres. Il tire de point en blanc 600 pas, &amp; tire dix coups par heure, &amp; quelquefois quinze, &amp; par jour 120. Son lit doit avoir quinze pieds de large, &amp; vingt de long pour son recul. Il faut vingt chevaux pour le mener. Et pour servir un <i>canon</i> qui bat en ruine, dont le boulet est de 36 livres, il faut deux Canoniers, trois Chargeurs, &amp; 30 Pionniers. Mais comme il est pesant &amp; difficile à traîner, on l'emploie le plus souvent pour un assaut, en le chargeant à cartouche, afin de battre &amp; de découvrir de loin, soit pour attaquer quand on fait les premières approches, soit pour se défendre en le plaçant sur un Cavalier. On ne fait guère à présent de <i>canon</i> que de 24 livres, qui ont cinq pouces &amp; demi de calibre, &amp; dix pieds de long. Les <i>canons</i> des vaisseaux portent depuis quatre jusqu'à 36 livres de balle. L'Amiral &amp; le Vice-Amiral sont tous montés de <i>canons</i> de fonte. Les autres ont la meilleure partie de <i>canons</i> de fer. Les <i>canons</i> des vaisseaux sont montés sur quatre petites roues comme les affûts des mortiers. On dit que le <i>canon</i> est aux sabords, quand il est mis aux sabords, &amp; qu'il est prêt à tirer. On dit qu'il est démarré, quand il a rompu les cordages dont il étoit amarré. On dit que le <i>canon</i> est détapé, quand il est débouché, &amp; que la tape est hors du <i>canon.</i> On appelle <i>canon de coursier,</i> un <i>canon</i> de 33 à 34 livres de balle, qui est logé sur l'avant de la galère, pour tirer par-dessus l'éperon. La charge de poudre d'un <i>canon</i> est environ la moitié du poids de son boulet. Il faut rafraîchir le <i>canon</i> après une trentaine de décharges, avec deux pintes de vinaigre qu'on mêle avec quatre pintes d'eau, &amp; qu'on met dans l'ame du <i>canon</i> après avoir bien bouché la lumière. Sans cette précaution, le <i>canon</i> seroit en danger de se crever, ou de s'éventer. Les pièces qu'on appelle de la nouvelle invention, ou à l'Espagnole, ont une concavité, ou chambre au fond de l'ame, qui fait qu'elles poussent plus loin le boulet, &amp; avec moins de poudre que les autres ; elles sont aussi plus courtes. Il y a des pièces de <i>canon</i> qu'on appelle <i>folles,</i> parce qu'elles n'ont pas l'ame bien droite, ce qui est cause que le boulet ne va jamais droit où l'on vise. C'est la faute du Fondeur. Il y a des pièces absolument tortues. Tous les Politiques de l'une &amp; de l'autre Religion, conseilloient à Henri le Grand de ne plus différer à se faire Catholique. Ils lui disoient que de tous les <i>canons,</i> le <i>canon</i> de la Messe étoit le meilleur pour réduire les villes de son Royaume : ils le supplioient de s'en vouloir servir ; &amp; à leurs prières ils ajoûtoient des menaces de l'abandonner, &amp; de se retirer chez eux, parce qu'ils étoient ennuyés de se consumer à son service. Perefixe. Un brave homme qui a de l'expérience, dit que le <i>canon</i> est la plus épouvantable machine que la rage des hommes ait pu inventer pour s'entre-détruire, &amp; n'en va pas moins droit où il doit aller. Bussy.</p><p>Les <i>canons</i> des vaisseaux sont montés sur des affûts semblables aux affûts des mortiers ; ils sont aussi plus pesans de métal que les <i>canons</i> dont on se sert sur terre, parce qu'on les charge quelquefois de boulets à deux têtes. Il y a sept différens calibres pour les <i>canons</i> des vaisseaux de France, savoir, 36 livres de bale, ou 24, ou 18, ou 12, ou 8, ou 6, ou 4, quand les <i>canons</i> sont de fonte ; mais quand ils sont de fer, le calibre n'est que depuis 18 livres de boulet jusqu'à quatre. Suivant l'Ordonnance de 1689. il n'y a que le vaisseau Amiral, &amp; le Vice-Amiral, ceux du premier rang, &amp; ceux du second &amp; du troisième, quand ils sont commandés par l'Amiral, le Vice-Amiral, ou un Lieutenant Général, qui aient tous les <i>canons</i> de fonte sans aucun mélange de <i>canons</i> de fer. Toutes les pièces de <i>canon</i> dont on se sert en France sur mer, sont ou renforcées, ou légitimes, ou moindres : les renforcées sont celles qui ont à la culasse plus d'un calibre d'épaisseur ; les légitimes sont celles qui ont trois parties égales de diamètre ; les moindres sont celles qui n'ont pas le diamètre de l'ame, ou bien le calibre proportionné à l'épaisseur du métal.</p><p>Ce mot vient de <i>canone</i>, Italien, augmentatif de <i>canna,</i> à cause que le <i>canon</i> est long, droit &amp; creux comme une <i>canne.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , se dit aussi de l'Artillerie en général. On a pris le <i>canon</i> &amp; le bagage des ennemis. On dit qu'une place ne s'est rendue qu'à la vûe du <i>canon,</i> qu'elle a attendu le <i>canon,</i> qu'elle a souffert le <i>canon,</i> selon la résistance qu'elle a faite : &amp; on dit figurément, quand une chose est difficile à obtenir, qu'on ne l'aura qu'avec le <i>canon.</i> On dit une lumière de <i>canon. Foramen per quod ignis à tergo immittitur.</i> L'ame du <i>canon. Tormenti cavum, canalis.</i> Un <i>canon</i> renforcé sur la culasse. <i>Postica &amp; extrema tormenti pars.</i> L'embrasure du <i>canon. Apertae tormentis displodendis fenestrae.</i> Un affût de <i>canon. Lignea compages tormentum sustinens.</i> Pointer le <i>canon. Tormentum aliquò dirigere.</i> Plonger le <i>canon,</i> le tirer en bas. <i>Tormentum e superiori parte in inferiorem displodere.</i> Enclouer, démonter le <i>canon. Tormentum aeneum clavo obstruere.</i> Une volée de <i>canon. Tormenti emissio.</i> Le <i>canon</i> de cette batterie étoit bien servi.</p><p>Isaac Vossius dit que la longueur d'un <i>canon</i> ne doit pas être de plus de 13 pieds, &amp; qu'une plus grande longueur empêche l'effet du <i>canon,</i> non pas à cause que le boulet est poussé hors du <i>canon,</i> avant que toute la poudre soit enflammée, comme quelques-uns croient, mais parce que le boulet est repoussé en dedans du <i>canon</i> par l'air qui y rentre avec impétuosité, lorsque la flamme est éteinte. Pendand les siéges de Rose &amp; de Gironne en 1694. on entendoit très-distinctement de Rieux le <i>canon</i> qui se tiroit contre ces places, en sorte que le jour &amp; l'heure qu'on cessa de l'entendre, fut comme on l'apprit ensuite, celui qu'elles se rendirent l'une &amp; l'autre. D'où il s'ensuit qu'on entend <pb n="832" facs="bpt6k8542165/f872/full/1200,/0/native.jpg"/>le <i>canon</i> de 40 lieues loin, au travers même des montagnes ; car il y a 40 lieues de Rieux à Gironne, &amp; les Pyrénées sont entre deux. Les ouvertures de ces montagnes par où les rivières coulent, conservent la force de l'air. La plus grande portée du <i>canon</i> est lorsqu'il est élevé de 25 degrés. Voyez Hanzelet, qui en a décrit toutes les portées de degré en degré, &amp; la manière d'en calculer l'augmentation, ou la diminution, à proportion de son élévation. Le <i>canon</i> doit être posé sur son affût, &amp; arrêté avec des surbandes qui le serrent sur ses tourillons. Cet affût a la culasse dentelée de trois ou quatre degrés nommés <i>coches,</i> sur lesquels le Canonier pose le com de mire pour tirer. Darcous dit avoir inventé une manière de suspendre le <i>canon</i> dans un vaisseau, qui le fait demeurer dans son point de mire, nonobstant l'agitation de la mer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    La poudre a canon , est une composition faite de salpêtre, de soufre &amp; de charbon, qui s'enflamme &amp; se raréfie aisément, &amp; qui est cause de tout l'effet du <i>canon. Pulvis pyrius.</i> Polydore Virgile dit qu'elle fut inventée par hasard par un chymiste, qui ayant de cette composition dans un mortier qu'il avoit couvert d'une pierre, le feu s'y prit, &amp; fit sauter en l'air la pierre avec une grande violence. Thevet dit que c'étoit un Moine de Fribourg nommé Constantin Anclitzen. Mais Belleforest &amp; d'autres meilleurs Auteurs, disent que ce fut un nommé Bertolde Schwartz, ou le Noir, qui l'inventa. Il en enseigna premièrement l'usage aux Vénitiens l'an 1380. en la guerre qu'ils avoient contre les Génois en un lieu nommé autrefois Fosse Claudiane, &amp; à présent Chioggia ; &amp; néanmoins Pierre Messie dit en ses diverses Leçons, que les Mores qui étoient assiégés en l'an 1343. par Alphonse XI. Roi de Castille, tiroient certains mortiers de fer qui faisoient un bruit semblable au tonnerre. Et Dom Pedre Evêque de Léon, en la Chronique du Roi Alphonse, qui conquit Tolède, dit qu'en une bataille navale qui fut donnée entre le Roi de Thunis, &amp; le Roi More de Séville, il y a plus de 400 ans, ceux de Thunis avoient certains tonneaux de fer avec quoi ils tiroient force tonnerres de feu. Du Cange dit qu'on voit dans les Registres de la Chambre des Comptes, que l'usage en étoit en France dès l'année 1338.</p><p>Larrey, dans son <i>Histoire d'Angleterre,</i> Henri VIII. p. 343. prétend que c'est en Angleterre qu'on vit en 1535. les premiers <i>canons</i> de cuivre, &amp; dit qu'on en attribue l'invention à Jean Owen. Il avoue néanmoins qu'il en avoit paru quelques-uns auparavant de même métal, mais bien au-dessous de la perfection de ceux-ci. Le même Auteur, dans sa seconde partie, p. 686. dit qu'en 1346. à la bataille de Crecy il y avoit cinq pièces de <i>canon</i> dans l'armée Angloise ; que ce fut la première fois qu'on s'en servit dans les batailles. Mezeray rapporte que le Roi Edouard jetta l'épouvante dans l'armée Françoise par cinq ou six pièces de <i>canon,</i> parce que c'étoit la première fois que l'on eût vû de ces foudroyantes machines. Larrey ajoûte que quelques-uns cependant en font l'usage de quelques années plus ancien, &amp; disent que l'année 1338. les François s'en étoient servis au siége de Puy Guillaume en Auvergne.</p><p>Les premiers <i>canons</i> ont été appellés <i>bombardes,</i> du mot Latin <i>bombus,</i> à cause de leur bruit éclatant. Les <i>canons</i> ont eu divers noms, diverses longueurs &amp; divers calibres. Les premiers <i>canons</i> ont été appellés <i>cardinales, mulets, basiliques, ribadoquins, émerillons, serpentines, passevolans, verteuils,</i> ou <i>sautereaux, sacres, couleuvrines, barces, fauconneaux, bastardes,</i> &amp;c. qui seront expliqués à leur ordre. Les plus ordinaires &amp; réguliers de fonte verte sont les <i>canons</i> ou coursiers de 9 à 10 pieds de long, calibre de Roi de six pouces de diamètre, &amp; portent une balle de 33 livres un tiers. Le <i>canon</i> de fer coulé, ou de fer battu, n'a point de règle, &amp; ne porte que douze livres de balle pour le plus.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , se dit aussi de la partie des mousquets, fusils, carabines, pistolets, &amp; autres armes à feu où se met la charge de poudre &amp; de plomb. <i>Tubus aereus, fistula aerea.</i> Il est posé sur un petit fût pour le tirer à la main. Suivant l'Ordonnance de 1689. pour la Marine, le <i>canon</i> des mousquets doit être de trois pieds neuf pouces de long, d'un fer doux bien lié, &amp; bien soudé, point pailleux, cassant, ni brasé, ni éventé, bien foré au dedans, &amp; limé au dehors : le derrière du <i>canon</i> doit être à pans, renforcé jusqu'au tiers, &amp; le devant doit être rond &amp; déchargé de fer.</p><p>On dit d'un homme qu'ou veut perdre, qu'on le fera crever comme un vieux <i>canon</i> de mousquet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon rayé , est un <i>canon</i> qui a dedans quelques cannelures, dans lequel on enfonce une balle de plomb à force ; ce qui fait tirer plus droit. <i>Tormentum intus striatum.</i> Il est défendu à ceux qui tirent pour le prix, de se servir de <i>canons rayés.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="src_domain" value="architecture" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , Terme de serrurier . C'est la partie d'une clef qui est forée, &amp; qui joint l'anneau. <i>Tubulus clavis.</i> C'est aussi la partie de la serrure, dans laquelle entre le bout de la tige de la clef, quand elle n'est pas forée.</p><p>On appelle <i>canons de gouttière,</i> en termes d'Architecture , des bouts de tuyaux de cuivre, ou de plomb, qui servent à jetter les eaux de pluie au-delà d'un chêneau, &amp; d'une cimaise par les gargouilles. <i>Stillicidii tubus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , est aussi le tuyau d'une plume, &amp; la partie qui sert à écrire. <i>Pennae caulis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , se dit aussi par les Chaudronniers, pour signifier une sorte de tuyau qui entre dans le corps de l'arrosoir, &amp; au bout duquel est la pomme de l'arrosoir, qui est pleine de petits trous par où sort l'eau qui arrose. <i>Tubulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon a devider , est une manière de petit bâton tourné avec des rebords, qui presque à son extrémité a un trou pour mettre la broche du rochet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , se dit aussi d'un pot de faiance un peu long &amp; rond, où les Apothicaires de Paris mettent les Electuaires &amp; les confections.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="16" type="">
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , signifie aussi, un petit tuyau qu'on met au bout des seringues pour donner des clystères.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , signifie en termes d'Imprimerie , les plus gros caractères avec lesquels on imprime. <i>Crassiores characteres.</i> Il y a le <i>gros double canon,</i> le <i>gros canon,</i> le <i>trismegiste,</i> ou <i>canon approché,</i> &amp; <i>petit canon,</i> le tout avant le gros parangon, &amp; le gros Romain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="18" type="manege">
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , en termes de Manége , est la partie de la jambe du train de devant du cheval, comprise entre le genou &amp; le boulet. <i>Tibia.</i> Il y a une fusée au <i>canon</i> de ce cheval.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="19" type="musique">
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , en termes de Musique , est un nom qu'on donne à une espèce de fugue. <i>Vocis quasi fugientis insectatio.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Fugue">Fugue</ref>. On appelle aussi <i>canon musical,</i> le sommier soutenant les conduits qui portent le vent d'un tuyau à l'autre en un jeu d'orgues. <i>Canon musicus.</i> Ce mot vieillit en ce sens, &amp; il a été employé par Vitruve, &amp; ses Traducteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="20" type="">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , signifie encore un demi-bas, qui s'étend depuis la moitié des cuisses jusqu'à la moitié des jambes. <i>Tibialia longiora quae femoribus astringuntur.</i> On en portoit autrefois avec des bottes. <i>Canons</i> de soie. <i>Canons</i> de laine. Les Tailleurs appellent aussi <i>canon,</i> les deux tuyaux des chausses où l'on met les cuisses, &amp; le haut des bas de laine, ou de soie, qui s'élargit en sorte qu'on y peut mettre les cuisses. Ainsi on dit, des bas à <i>canon,</i> des <i>canons</i> qu'on attache au bas du haut-de-chausse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="21" type="">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon , est aussi un ornement de toile, rond, fort large, &amp; souvent orné de dentelle, qu'on attache au-dessous du genou, qui pend jusqu'à la moitié de la jambe pour la couvrir, ce qui étoit il y a quelque-temps fort à la mode ; <i>Linea tibiata parmarum in morem aptata.</i> C'est dont Molière se raille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6801" id="22" type="">
   <index type="head" value="CANON" />
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    <head>CANON</head>
    <p>
    Canon Paschal . Table des Fêtes mobiles, table où l'on marquoit pour une ou plusieurs années le jour auquel tomboit la fête de Pâques &amp; les autres fêtes qui dépendent du jour de Pâques. <i>Canon Paschalis.</i> Le Concile de Nicée ayant fixé la Pâque au Dimanche qui suivroit immédiatement <pb n="833" facs="bpt6k8542165/f873/full/1200,/0/native.jpg"/>la pleine lune la plus proche de l'Equinoxe du printemps, pour trouver plus aisément le premier jour de la lune, &amp; ensuite le 14e, le Concile ordonna que l'on se serviroit de l'Ennéadécaétéride ou Cycle de 19 ans, parce qu'au bout de ce terme les nouvelles lunes reviennent à peu près aux mêmes points de l'année solaire. On croit que le Concile chargea de ce calcul Eusèbe de Césarée, &amp; il est certain qu'il avoit composé un <i>canon paschal</i> de dix-neuf ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6802" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANONADE" />
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    <head>CANONADE</head>
    <p>
    CANONADE , ou CANONNADE, s. f. Un coup de canon. <i>Tormenti emissio.</i> Cet Officier a bien essuyé des <i>canonades</i> en sa vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6802" id="2" type="">
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    <head>CANONADE</head>
    <p>
    Canonade , se dit aussi de la batterie continuelle d'une place. Ce pan de bastion a souffert une <i>canonade</i> de trois jours avant que d'être ruiné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6803" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANONARQUE" />
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    <head>CANONARQUE</head>
    <p>
    CANONARQUE , s. m. Officier de l'Eglise de Constantinople. <i>Canonarcha.</i> Codin en parle <i>De Offic. Const.</i> L. I. c. 6. n. 2. &amp; c. 7. n. 24. 25. Il paroît par ce qu'il en dit que c'étoit un bas Officier, qui étoit au-dessous des Lecteurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6803" id="2" type="">
   <index type="head" value="CANONARQUE" />
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    <head>CANONARQUE</head>
    <p>
    Canonarque , étoit aussi un Officier dans les anciens Monastères. <i>Canonarchus.</i> C'étoit celui qui sonnoit aux heures de la collecte, ou des assemblées, pour faire lever les Moines, &amp; les assembler. C'est de Jean Moschus, <i>Vitae Patrum, L. X c.</i> 11. <i>&amp;</i> 50. que nous l'apprenons. Voyez Rosweid <i>Onomast.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6804" id="1" type="">
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    <head>CANONER</head>
    <p>
    CANONER , ou CANONNER, v. act. Battre à coups de canon. <i>Glandes ferreas tormentis emittere, jaculari.</i> Ces deux Amiraux se sont seulement <i>canonés</i> &amp; n'ont rien fait. On a <i>canoné</i> cette place trois jours durant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6805" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANONIAL, ALE" />
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    <head>CANONIAL, ALE</head>
    <p>
    CANONIAL, ALE . adj. Qui appartient au Chanoine, qui regarde le Chanoine. <i>Canonicus.</i> C'est une maison <i>Canoniale</i> qui est vacante. Il est du devoir <i>Canonial</i> d'assister à l'Office, au Chapitre.</p><p>On appelle Heures Canoniales les petites Heures du Bréviaire, qui sont Prime, Tierce, Sexte, &amp; None, <i>Preces Canonicae ; preces statis horis pro officio Sacerdotibus recitandae.</i> Ce qui vient de ce qu'on a appellé autrefois <i>Canon</i> l'Office Ecclésiastique. Un Chanoine de S. Quentin a fait un Traité des <i>heures Canoniales.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6806" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANONICAT" />
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    <head>CANONICAT</head>
    <p>
    CANONICAT , s. m. Prébende, titre d'un Bénéfice de Chanoine. <i>Canonici munus.</i> Il a obtenu de l'Evêque un tel <i>Canonicat</i> en vertu des Lettres du Roi pour son joyeux avenement à la Couronne. C'est un droit qui appartient au Roi, de nommer aux premiers <i>Canonicats</i> vacans par mort dans les Eglises Cathédrales &amp; Collégiales.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6807" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANONIER" />
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    <head>CANONIER</head>
    <p>
    CANONIER , ou CANONNIER, s. m. Officier d'Artillerie qui a soin de pointer, de charger, de tirer le canon, qui doit savoir le calibre, &amp; les charges de chaque pièce, avec la perfection des gabions, &amp; des plates formes de batteries. <i>Tormentorum librator.</i> Sainte Barbe est la Patrone des <i>Canoniers.</i> La Chambre des <i>Canoniers</i> est sur la pouppe du vaisseau, &amp; s'appelle <i>Sainte Barbe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6808" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANONIÈRE" />
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    <head>CANONIÈRE</head>
    <p>
    CANONIÈRE , ou CANONNIÈRE, s. f. se dit d'une sorte de tente de toile à deux mâts pour réposer les Canoniers. <i>Tentorium libratoribus tormentorum assignatum.</i> C'est encore une petite tente qui est faite en forme de toit, &amp; qui n'a point de murailles comme les autres tentes ordinaires. Elles servent pour les soldats &amp; pour tous les Officiers de la maison du Roi. Il y a deux Officiers dans chaque <i>canonière,</i> ou sept soldats.</p><p>Les enfans appellent <i>canonière,</i> un morceau de sureau vuidé, long d'un demi pied, où ils mettent des manières de balles ou de tampons, qu'ils font de papier mâché, ou de chanvre, ou de quelque racine tendre. Ils les font sortir avec force par le moyen d'un bâton qu'ils font entrer dans la <i>canonière,</i> ce qui cause quelque bruit. Ils l'appellent aussi quelquefois <i>canon. Tubulus sambuceus mittendis globulis innoxiis,</i> ou <i>tubulus sambuceus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6809" id="1" type="maconnerie">
   <index type="head" value="CANONIÈRES" />
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    <head>CANONIÈRES</head>
    <p>
    CANONIÈRES , en termes de Maçonnerie , sont les ouvertures qu'on laisse dans les gros murs &amp; terrasses, pour évacuer les eaux. <i>Fenestellae aquis emittendis comparatae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6810" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANONIQUE" />
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    <head>CANONIQUE</head>
    <p>
    CANONIQUE , adj. m. &amp; f. Livre sacré &amp; authentique, qui a autorité dans l'Eglise, comme faisant une partie de la Bible. <i>Legitimus, canonicus.</i> On les appelle ainsi, parce qu'ils sont dans le Canon, ou dans le Catalogue des Livres sacrés. Quelques Pères distinguent les Livres de la Bible en trois classes : les <i>Protocanoniques,</i> les <i>Deuterocanoniques,</i> &amp; les Apocryphes. Du Pin. Le Livre de Judith est un Livre <i>canonique</i> dans l'Eglise Catholique ; les Calvinistes le rejettent mal-à-propos. Les Epîtres de saint Pierre sont reçues par l'Eglise pour <i>canoniques,</i> quoique saint Jérôme dise que plusieurs de son temps tenoient la seconde pour apocryphe, à cause de la différence du style. Il n'appartient qu'à l'Eglise de déclarer un Auteur, ou un livre <i>canonique.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANONIQUE</head>
    <p>
    Canonique , se dit aussi de ce qui est fait selon les Canons &amp; les Règles de l'Eglise. Ce Prélat a toujours mené une vie <i>canonique</i> ; ses écrits ne contiennent rien que de <i>canonique.</i> La Commende d'une Abbaye est un titre <i>canonique</i> en France. On appelle <i>Peines Canoniques,</i> les peines que l'Eglise peut imposer : telle est la déposition, l'excommunication, des aumônes, des jeûnes, ou quelque autre pénitence corporelle. Le Juge d'Eglise peut même condamner à l'amende honorable, pourvû qu'elle se fasse dans son Prétoire seulement.</p><p>On appelle aussi la Jurisprudence <i>Canonique,</i> le corps &amp; la science du Droit Canon. Un cours <i>canonique.</i> Voyez Droit Canon.</p><p>
    </p>
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    <head>CANONIQUE</head>
    <p>
    CANONIQUE , s. m. Droit des prémices qui se payoit autrefois à l'Evêque dans l'Eglise Grecque, estimation des prémices que les Laïques devoient à l'Evêque chaque année. <i>Primitiae, jus primitiarum Episcopo solvendum.</i> L'Empereur Isaac Comnene fit une Constitution pour régler le <i>Canonique</i> des Evêques. Alexis Comnene son neveu la confirma par une autre Constitution du mois de Septembre 1086. indiction 9e. Un village de trente feux payoit pour le <i>Canonique</i> une pièce d'or, deux d'argent, un mouton, six boisseaux d'orge, six de farine, six mesures de vin, &amp; trente poules. Les autres payoient de même à proportion du nombre de leurs habitans.</p><p>
    </p>
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    <head>CANONIQUEMENT</head>
    <p>
    CANONIQUEMENT , adv. D'une manière canonique. <i>Legitimè, canonicè.</i> Ce mariage a été célébré <i>canoniquement.</i> Il a été pourvû <i>canoniquement</i> de ce Bénéfice, il n'y est entré ni par simonie, ni par intrusion.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANONISATION</head>
    <p>
    CANONISATION , s. f. Déclaration du Pape, par laquelle après plusieurs enquêtes &amp; solemnités, il met au Catalogue des Saints un homme qui a vécu d'une vie sainte &amp; exemplaire, &amp; qui a fait quelques miracles. <i>Alicujus in numerum Sanctorum relatio, adscriptio, canonisatio.</i> Du Cange dit que d'abord la <i>canonisation</i> n'étoit autre chose, qu'un ordre du Pape par lequel il commandoit que le nom de ceux qui s'étoient fait remarquer par leur sainteté fussent insérés dans le Canon de la Messe. Pour honorer quelqu'un d'un culte public comme Saint, les miracles qu'il fait ne suffisent pas, il faut un decret de <i>canonisation.</i></p><p>Le P. Mabillon, dans la Préface du Ve siècle des <i>Acta SS. Bened. n.</i> 88. remarque très-bien que le terme de <i>canonisation</i> n'est pas si ancien que la chose même, puisque ce mot ne se trouve point avant le XIIe siècle. Le premier qui s'en soit servi est Udalric, ou Oudry, Evêque de Constance, dans sa Lettre à Calixte II. pour la <i>canonisation</i> de l'Evêque Conrad. Ensuite Alexandre III. dans la Bulle de <i>canonisation</i> de S. Edouard Roi d'Angleterre en 1161. &amp; 11. ans après, dans celle de la <i>canonisation</i> de S. Thomas de Cantorberi ; puis Pierre de Celles &amp; plusieurs autres s'en sont aussi servis.</p><p>Le P. Mabillon distingue une <i>canonisation</i> générale, &amp; une particulière. La première est celle qui se faisoit par un Concile Général, ou par le Pape ; la seconde celle qui se faisoit par un Evêque, par une Eglise particulière, ou par un Concile particulier. Il y a quelques exemples de <i>canonisations,</i> ou d'une espèce de <i>canonisation,</i> qui semblent faites par un Abbé. Ainsi S. Viborade tuée par les Barbares le 2e jour de Mai 925. ayant fait beaucoup de miracles à son tombeau, le jour de l'anniversaire étant venu, l'Abbé Engilbert, après en avoir déliberé avec ses Moines, ordonna d'en faire l'Office, &amp; d'en dire la Messe comme d'une Vierge. Voyez le P. Mabillon <i>praef.</i> 5. <i>saec.</i> 1. <i>n.</i> 91. M. l'Abbé Fleury ajoûte que c'étoit avec l'autorité de l'Evêque.</p><p>Les premiers Saints que l'Eglise a canonisés sont les Martyrs : elle a commencé plus tard à canoniser les Confesseurs.</p><p>Le premier exemple d'un Acte de <i>canonisation</i> fait par le Pape, &amp; qui soit sûr, est, non pas celui de la <i>canonisation</i> de S. Hugues faite par Innocent II. dans le XIIe siècle, <pb n="834" facs="bpt6k8542165/f874/full/1200,/0/native.jpg"/>mais celui de la <i>canonisation</i> de S. Uldric, ou Uldaric Evêque d'Ausbourg, faite par le Pape Jean XV. le 11. Juin, l'an 983. de J. C. &amp; le 8e de son Pontificat. Cette <i>canonisation</i> fut faite vingt ans après la mort du Saint : elle est signée du Pape, de cinq Evêques des environs de Rome, &amp; de neuf Prêtres &amp; trois Diacres Cardinaux. Le terme de <i>canonisation</i> n'étoit pas cependant encore en usage. Cet Acte est dans Baronius, dans la Collection des Conciles du P. Labbe, Tome IX. p. 741. &amp; dans le <i>Propylaeum ad Acta SS. Maii.</i> Voyez aussi <i>Acta SS. Ben. saec. V. Praef. n. XCIX. &amp; p.</i> 471.</p><p>La <i>canonisation</i> consistoit autrefois à mettre le nom du Saint dans les sacrés Diptyques, ou dans le Canon, c'est-à-dire, le Catalogue des Saints ; à ériger sous leur invocation des Eglises, ou des Oratoires, avec des Autels pour y offrir le saint Sacrifice : à tirer leur corps de leur premier sépulcre, &amp; autres choses semblables ; &amp; ces manières de canoniser sont très-anciennes. Le Pape n'étoit pas le seul qui eût le droit de faire des <i>canonisations</i> ; les Ordinaires, sur-tout les Métropolitains, &amp; les Primats l'avoient aussi en faisant leurs visites, ou bien dans un Concile de leur Province. On ne sait point quand le droit de canoniser a commencé à être réservé au Pape. Quelques-uns croient qu'Alexandre III. est l'Auteur de cette réserve. Ils se fondent sur ce que dans le IIIe Liv. des Decrétales ramassé par Boniface VIII. <i>Tit.</i> 45. <i>de Reliquiis &amp; Venerat. Sanct. Cap. Audivimus,</i> on lit ces paroles, <i>Ne liceat aliquem pro Sancto absque auctoritate Romanae Ecclesiae venerari.</i> Mais ces paroles ne sont pas exactement citées, &amp; Alexandre ne fait point mention de ce règlement ; il le suppose fait, car il y condamne un abus énorme de quelques gens qui honoroient comme un Saint, un homme qui avoit été tué dans l'yvresse, &amp; il leur défend de lui rendre aucun culte ; vû que quand même, ajoûte-t-il, il feroit des miracles, il ne seroit pas permis de l'honorer comme Saint sans l'autorité de l'Eglise Romaine. <i>Cùm etiamsi per eum miracula fierent, non liceret ipsum pro Sancto, absque auctoritate Romanae Ecclesiae, venerari.</i> Paroles qui montrent évidemment que la réserve dont nous parlons étoit déja en usage, &amp; qu'Alexandre la suppose &amp; ne la fait point. Les Jésuites d'Anvers, dans leur savant <i>Propylaeum ad Acta Sanctorum Maii p.</i> 173. B, C, conjecturent qu'elle s'étoit établie depuis deux ou trois siècles, par une coutume qui avoit passé en loi, mais qui dans le Xe &amp; XIe siècle n'étoit point encore généralement reçue. Le P. Mabillon, <i>Acta Sanctorum Ben. saec. V. Praef.</i> §. <i>VI.</i> la rapporte aussi au Xe siècle. Il est constant qu'elle étoit reçue absolument &amp; généralement avant Alexandre III. Car l'Archevêque de Vienne en France, &amp; ses suffragans, le reconnoissent authentiquement l'an 1231. dans la lettre qu'ils écrivent à Grégoire IX. pour lui demander la <i>canonisation</i> d'Etienne Evêque de Die, mort en 1208. <i>Quia nemo,</i> disent-ils, <i>quantâlibet meritorum praerogativâ polleat, ab Ecclesiâ Dei pro Sancto habendus aut venerandus est, nisi prius per Sedem Apostolicam ejus sanctitas fuerit approbata.</i></p><p>Les cérémonies de la <i>canonisation</i> n'ont point été instituées toutes ensemble, &amp; en même temps : elles ont été ajoûtées peu-à-peu, &amp; les unes après les autres à l'acte juridique que faisoit l'Eglise. La première &amp; la plus ancienne est la Sentence par laquelle le Pape déclaroit qu'il vouloit qu'on mît un tel au nombre des Saints, &amp; qu'on célébrât sa fête le jour de sa mort. Cette sentence se prononçoit ordinairement dans un Concile. Quelquefois cependant le Pape la prononçoit seul, comme celle de la <i>canonisation</i> de S. Edouard Roi d'Angleterre, faite en 1161. par Alexandre III. Quelquefois dans une grande assemblée de peuple, comme celle de S. François d'Assise. D'abord cette sentence se lisoit dans la salle du Concile ; ensuite on établit qu'elle seroit lue dans une Eglise, ou dans la place qui seroit devant l'Eglise. Pour rendre encore la cérémonie plus célèbre, Honorius III. y ajoûta quelques jours d'indulgence en 1225. Grégoire IX. &amp; d'autres ensuite en augmenterent le nombre, &amp; enfin Hadrien VI. accorda une indulgence plenière l'an 1523. à la <i>canonisation</i> de S. Bennon. Un ancien cérémonial, qui avoit succédé à l'Ordre Romain, &amp; qui a été en usage jusqu'à Léon X. sous le Pontificat duquel Marcelle, élû à l'Archevêché de Corcyre, imprima le nouveau Cérémonial, est le premier livre où l'on trouve les cérémonies de la <i>canonisation.</i> Ce Cérémonial est du Pontificat de Clément VI. vers l'an 1348. Elles n'avoient point été mises dans l'Ordre Romain, parce qu'elles ne se faisoient pas alors dans l'Eglise pendant la célébration des saints mystères, mais dans la salle du Concile. C'est à ce que l'on croit Alexandre III. qui fit le premier la <i>canonisation</i> de S. Thomas de Cantorberi en célébrant la Messe. Baronius dans ses Notes sur le Martyrologe, &amp; après lui Phoebaeus, remarquent qu'à la <i>canonisation</i> de S. Roch faite au Concile de Constance en 1414. on porta pour la première fois l'image du Saint en procession par toute la ville ; &amp; Phoebaeus croit que c'est là l'origine des Bannières du Saint canonisé, &amp; de la procession qui se fait à la <i>canonisation.</i> Voyez les Bollandistes, <i>Propyl. ad Act. SS. Maii Dissert. XX. p.</i> 171. <i>&amp; suiv.</i> &amp; la Préface des <i>Acta Sanct. Bened. saec. V.</i> §. <i>VI.</i></p><p>Une manière de canoniser les Saints en usage dans le Xe &amp; XIe siècles étoit d'élever, avec la permission du S. Siége, un autel sur leurs corps. Ainsi S. Romuald mort en 1027. le 19. Juin faisant beaucoup de miracles à son tombeau, cinq ans après les Camaldules obtinrent du S. Siége la permission d'élever un autel sur son corps, comme il est remarqué dans la Préface des <i>Acta SS. Ben. Saec. V. n. XCVIII.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CANONISATION</head>
    <p>
    Canonisation , se dit aussi de la Fête qui se fait en plusieurs Eglises, où le nouveau Saint est honoré, en témoignage de réjouïssance de cette déclaration. <i>Festivitas ob relatum recens aliquem Sanctorum in numerum, canonisationis festivitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANONISER</head>
    <p>
    CANONISER , v. act. Mettre au nombre des Saints un homme qui a vécu exemplairement, &amp; qui a fait des miracles ; assigner certain jour pour en faire la Fête, &amp; ordonner un Office convenable pour l'invoquer. <i>Aliquem Sanctorum in album, in numerum referre, adscribere.</i> Ce mot vient de ce qu'autrefois on inséroit le nom des Saints dans le Canon de la Messe, avant qu'on eût fait des Martyrologes ; &amp; l'on en faisoit commémoration, afin qu'ils priassent pour le peuple. M. Simon a fait <i>canoniser</i> son nom en se faisant appeller M. de S. Simon. Cail. Dans ce sens il ne se dit que par raillerie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANONISTE</head>
    <p>
    CANONISTE , s. m. Docteur en Droit Canon, ou Auteur qui a beaucoup écrit sur le Droit Canon. <i>Juris Canonici, Pontificii peritus, Canonista.</i> Panorme, Hostiensis, Durand, &amp;c. ont été de grands <i>Canonistes.</i> Les opinions des <i>Canonistes</i> Ultramontains sont bien différentes de celles des <i>Canonistes</i> François.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANOPUS</head>
    <p>
    CANOPUS , s. m. Faux Dieu des Egyptiens. <i>Canopus. Canopus</i> étoit le Pilote d'Osiris, si l'on en croit Plutarque ; selon d'autres le Pilote de Ménélas, qui ayant fait naufrage sur la côte d'Egypte, y fut honoré comme Dieu. On lui bâtit un temple : il passa pour être un Dieu des eaux, &amp; fut même appellé <i>Neptune Canobe.</i> Aristide néanmoins dit avoit apris d'un Prêtre considérable de la ville de Canobe, que long-temps avant Ménélas ce lieu portoit ce nom, ou du moins un mot fort approchant en Egyptien, &amp; qui signifioit <i>Terre d'or.</i> Voyez sur ce Dieu Vossius <i>De Idolol. Lib. I. cap.</i> 31. <i>Lib. II. cap.</i> 74. Cet Auteur prétend qu'on n'entendoit par là autre chose que l'eau. Ruffin rapporte <i>Hist. Eccl.</i> Liv. II. ch. 26. comment un Prêtre Egyptien lui fit remporter la victoire sur le Feu, qui étoit le Dieu des Chaldéens. Les Egyptiens le mirent au nombre des Dieux. Suidas rapporte la même chose. Les Chaldéens se vantoient que le Dieu qu'ils adoroient, c'est-à-dire, le Feu, étoit le plus puissant &amp; le vainqueur de tous les Dieux : un Prêtre de <i>Canopus,</i> pour leur montrer que son Dieu l'emportoit sur le Feu, prit une grosse cruche, telle qu'on en faisoit en Egypte pour purifier l'eau, c'est-à-dire, toute percée de petits trous comme un crible ; il la peignit de différentes couleurs ; mit sur le cou la tête d'une statue qu'on disoit être de Ménelas, boucha tous les petits trous avec de la cire, &amp; dit aux Chaldéens que c'étoit là le Dieu <i>Canopus,</i> &amp; qu'il auroit la victoire sur le Feu. Ils accepterent le défi, il mit ce prétendu Dieu sur le Feu, qui venant à fondre la cire qui bouchoit les trous, toute l'eau tomba &amp; éteignit le Feu. Ainsi <i>Canopus</i> remporta la victoire, &amp; de-là vint la mode de le représenter avec de fort petits pieds, <pb n="835" facs="bpt6k8542165/f875/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; le corps tout semblable au ventre d'une cruche avec une tête d'homme. Voilà ce que dit Suidas, &amp; qui se confirme par les figures de <i>Canopus,</i> qui se voient dans les cabinets des curieux. Le P. Kirker en a fait graver une dans son <i>Oedip. Aegypt. Tom. I. p.</i> 209. Le même Auteur remarque qu'on le représentoit aussi quelquefois sous la forme d'un enfant avec une robe de réseau, &amp; quelquefois sous celle d'Hermes ou de Mercure ; mais toujours le corps arrondi comme le ventre d'une cruche. On le représentoit aussi quelquefois par un vase comme une Urne, sur laquelle étoit empreinte sa figure. Voyez Kirker cité pag. 210. quelquefois avec plusieurs mammelles au lieu de trous, comme une Isis. Id. p. 211. <i>Canopus</i> étoit chez les Egyptiens, ce qu'étoit Neptune chez les Grecs &amp; les Romains, c'est-à-dire, qu'il présidoit aux fleuves &amp; à tout l'élement humide. Voyez le même Auteur pag. 211. On croit que la figure qui se voit au revers d'une médaille de Néron, &amp; qui n'est autre chose qu'une bouteille qui à la place du cou a une tête humaine voilée, &amp; sur cette tête une fleur de lotus ; on croit, dis-je, que c'est la figure de <i>Canopus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANOPUS</head>
    <p>
    Canopus , ou Canope, s. m. Ville d'Egypte à 120. stades d'Alexandrie. <i>Canopus.</i> Il y avoit dans <i>Canope</i> un fameux temple de Serapis. <i>Canope</i> passoit dans l'Antiquité pour une ville très débauchée. C'est le sentiment qu'en avoient Strabon Livre dernier, Juvénal <i>Sat.</i> VI. v. 82. &amp; XV. v. 44. Stace <i>Liv. III. Sylv.</i> 2. <i>v.</i> 111. &amp;c. On dit que le Poëte Claudien étoit de <i>Canope.</i> On prétend que cette ville fut bâtie par les Lacédémoniens ou par Ménélas, qui revenant de Troye avec Hélène, fut accueilli d'une furieuse tempête &amp; jetté sur les côtes d'Egypte. Tacite <i>Annal. Lib. I. cap.</i> 60. son Pilote nommé Canope y mourut. Il bâtit une ville en sa mémoire, &amp; à laquelle il donna son nom, y laissant tout ce qu'il avoit de gens inutiles pour la navigation. Les Grecs l'appellent , <i>Canobus, Canobe.</i> On peut voir ce qu'en disent Mela Liv. II. ch. 7. Solin ch. 34. Ammien Marc. Liv. XXII. &amp; Strabon Liv. XVII. Théophile d'Alexandrie s'opposa fortement aux débordemens des habitants de cette ville, &amp; détruisit les lieux qu'ils regardoient comme les plus sacrés. Zozime s'en plaint dans le Liv. III. de son <i>Hist.</i> Il y avoit à <i>Canopus</i> une Ecole célèbre, où étoit la source de toute la Théologie Egyptienne, &amp; où l'on enseignoit les lettres sacrées, ou les hiéroglyphes. Voyez Kirker <i>Oed. Aeg.</i> Tom. I. p. 208. &amp; p. 16. où il dit après Abulfeda, que <i>Canopus</i> est Rosette. Voyez aussi Strabon. <i>Canope</i> avoit donné son nom au bras du Nil le plus Occidental. Souvent aussi <i>Canope</i> en Poësie signifie l'Egypte. On croit que <i>Canope</i> étoit la ville qui fut depuis appellée Bochir, Bouquir, ou Bicchieri entre Rosette &amp; Alexandrie. M. Tillemont prétend, dans sa Note 41e de son premier Tome de l'<i>Hist. des Empereurs,</i> que <i>Canope</i> ou <i>Canobe</i> étoit sous l'Evêché de Squédie. Voyez Vigenère dans son César.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANOPUS</head>
    <p>
    Canopus , est aussi le nom d'une étoile de l'hémisphère Méridional. <i>Canopus.</i> Vitruve, Liv. IX. ch. 7. dit que le <i>Canopus</i> est l'étoile qui est au bout du gouvernail dans la Constellation du navire Argo. Le <i>Canopus</i> ne se voit ni en Grèce, ni en Italie. Ceux qui de Grèce font route au Sud, commencent à l'apercevoir à l'Isle de Rhodes, dit encore Vitruve au même endroit, c'est-à-dire, qu'on ne le voit que vers le 36e degré de latitude Nord. Pline, Liv. VI. ch. 22. l'appelle un astre grand &amp; brillant. <i>Sidus ingens &amp; clarum</i> ; &amp; Proclus, . C'est en effet une étoile de la première grandeur, qui dans les Tables de Boyer, est à l'endroit où le gouvernail entre dans l'eau. Hygin l'appelle , la dernière étoile du fleuve. On l'appelle aussi <i>Ptolemaeus, Ptolemaeon, Terrestris, Ponderosa, Suhel, &amp; Sihel.</i> Bayer <i>Uranomet. Tab.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANOT</head>
    <p>
    CANOT , s. m. Les <i>canots</i> sont de petits vaisseaux dont se servent les Indiens, faits tout d'une pièce d'un tronc d'arbre creux. <i>Cymbula.</i> En l'Isle de Cuba ils les font de cèdre, &amp; il y en a de si longs, qu'ils tiennent 50. ou 60. personnes. Ils sont faits comme des navettes de Tisserand. Il y en avoit plus de cent mille sur le lac de Mexique, comme témoigne Herrera. Il y a aussi des <i>canots</i> de Sauvages, &amp; des <i>canots</i> d'écorce. Ce sont de petits bateaux faits seulement d'écorce d'arbre, dont se servent les Sauvages de l'Amérique Septentrionale. Ceux de Canada les font d'écorce de bouleau, &amp; assez grands quelquefois pour contenir quatre ou cinq personnes. On dit <i>canot jaloux</i> ; pour dire, un <i>canot</i> qui a le côté foible.</p><p><i>Canot</i> est aussi un petit bateau pour le service d'un grand bâtiment : on s'en sert pour aller d'un vaisseau à l'autre, ou d'un vaisseau à terre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANSTRISE</head>
    <p>
    CANSTRISE , ou CANSTRINSE. s. m. <i>Canstrisius,</i> ou <i>Canstrensius.</i> Nom d'Office dans l'Eglise de Constantinople. C'étoit le <i>Canstrise,</i> qui avoit soin des habits Pontificaux du Patriarche, qui l'aidoit quand il s'habilloit, &amp; qui pendant la Messe tenoit la boête à l'encens. Il tenoit aussi le voile du Calice, &amp; aspergeoit le peuple d'eau benite pendant qu'on chantoit l'hymne de la Sainte Trinité. Il avoit aussi place dans les jugemens.</p><p>Ce nom vient de <i>Canistrum,</i> nom que l'on donnoit ou à la boête à l'encens, que nous nommons aujourd'hui naverte ; ou à la corbeille où étoient les habits du Patriarche. Voyez Codin pag. 1. 6. p. 5. 6. p. 7. 6. p. 13. &amp; 164. les Notes de Gretser 6. &amp; du P. Goar 6. les Macri en parlent aussi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANTABRE</head>
    <p>
    CANTABRE , s. m. <i>Nom d'un ancien</i> peuple d'Espagne. <i>Cantaber.</i> Les <i>Cantabres</i> occupoient la plus grande partie de ce que nous appellons aujourd'hui Biscaye, &amp; une partie des Asturies. Ils avoient au Levant les Antrigons, &amp; au Couchant les Astures. Leur Capitale étoit Juliobriga. M. de Marca dit que l'espace de pays qu'occupoient les <i>Cantabres</i> doit être pris depuis Fuentibro qui est la source de l'Ebre, tirant une ligne vers l'Océan jusqu'au port de Laredo, &amp; ensuite vers celui de la Victoire des Juliobrigiens, qui est Sautander, &amp; de là continuant le long de la mer jusqu'à la rivière de Sella sur les confins des Asturies d'Oviedo, en montant jusqu'à l'origine du mont Idubeda. De sorte que les Asturies de Santillane sont comprises dans l'ancienne Cantabrie. Les <i>Cantabres</i> étoient fort belliqueux. Quelques-uns, comme M. de Marca, disent aussi <i>Cantabrien. Cantabre</i> est mieux. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de Marca Liv. I. de l'<i>Hist. de Béarn,</i> où il traite fort au long des <i>Cantabres,</i> ou <i>Cantabriens.</i></p><p>Selon ce savant Auteur, <i>Cantabre</i> étoit aussi le nom d'une ligue de confédération des peuples voisins, fortifiés dans l'âpreté des rochers, dont les <i>Cantabres</i> étoient les Chefs, suivis des Asturiens, &amp; des peuples Callaïques, ou de Galice ; comme ils l'avoient été autrefois des Varduliens &amp; des Gascons. C'est en ce sens que César dit que les Aquitains furent assistés par les <i>Cantabres</i> contre Crassus, c'est-à-dire, par les Varduliens &amp; les Gascons surnommés <i>Cantabres,</i> à cause de la ligue avec les <i>Cantabres</i> qui donnoient leur nom à tous les alliés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANTABRIE</head>
    <p>
    CANTABRIE , s. f. Pays des Cantabres, habité, occupé par les Cantabres. <i>Cantabria.</i> La <i>Cantabrie</i> étoit une partie de l'Espagne Tarragonoise, qui comprenoit la partie occidentale de la Biscaye, &amp; l'Asturie Santillane. M. de Marca se sert souvent de ce mot. Voyez l'<i>Hist. de Bearn,</i> L. I. C. 19.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANTABRIE</head>
    <p>
    Cantabrie , est aussi le nom d'une Ville Episcopale d'Espagne située sur l'Ebre, mais dont il ne reste plus que des ruines sur une montagne, entre la ville de Logrone &amp; celle de Viana. Le nom de cette ville fait juger à quelques Auteurs que les Cantabres, resserrés d'abord dans des limites assez étroites, avoient poussé dans la suite leurs conquête ; jusques-là.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANTABRIEN</head>
    <p>
    CANTABRIEN . Voyez <ref type="search" target="head:CANTABRE">CANTABRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6822" id="1" type="">
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    <head>CANTAL</head>
    <p>
    CANTAL , s. m. Sorte de fromage, ainsi appellé de la montagne de <i>Cantal</i> en Auvergne, Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6823" id="1" type="">
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    <head>CANTALABRE</head>
    <p>
    CANTALABRE , s. m. Les Ouvriers appellent ainsi le chambranle, ou bordure simple d'une porte, ou d'une croisée. <i>Antepagmentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6824" id="1" type="marine">
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    <head>CANTANETTES</head>
    <p>
    CANTANETTES , s. f. plur. Terme de Marine . Petites ouvertures rondes, entre lesquelles est le gouvernail, &amp; qui donnent la lumière au gavon. <i>Fenestellae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6825" id="1" type="musique">
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    <head>CANTATE</head>
    <p>
    CANTATE , s. f. Terme de Musique . Ce mot, qui est Italien dans son origine, a fait fortune. On n'entend parler que de <i>cantates,</i> on ne voit au coin des rues que des affiches de <i>cantates.</i> Une <i>cantate</i> est une pièce variée de récitatifs, d'ariettes, ou petits airs, &amp; de mouvemens différens, pour l'ordinaire à voix seule, avec une basse continue, souvent avec deux violons, ou plusieurs instrumens. De Brossard. Il y a des <i>cantates</i> spirituelles, ou de piété, il y en a de galantes ; il y a des <i>cantates</i> Françoises, des <i>cantates</i> Italiennes. Les <i>cantates</i> Françoises de <pb n="836" facs="bpt6k8542165/f876/full/1200,/0/native.jpg"/>M. Bernier sont imprimées. La <i>cantate</i> a passé depuis peu d'Italie en France. C'est une étrangère fantasque &amp; capricieuse qui aura de la peine à se faire naturaliser, à obtenir un long séjour parmi nous, &amp; qui n'y plaira qu'autant de temps qu'une nouveauté bizarre y peut plaire.</p><p>Le nom <i>cantate</i> vient de l'Italien <i>cantata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6826" id="1" type="">
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    <head>CANTATILLE</head>
    <p>
    &#9758; CANTATILLE , s. f. petite cantate, dont la musique est ordinairement dans le goût Italien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6827" id="1" type="">
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    <head>CANTHARIDE</head>
    <p>
    CANTHARIDE , s. f. Sorte d'insecte venimeux qui a des pieds &amp; des ailes comme des mouches, &amp; dont il y a diverses espèces. <i>Cantharis.</i> On l'appelle aussi <i>mouche</i> d'Espagne. Les <i>cantharides</i> se forment d'une espèce de vermisseaux qui naissent sur les blez, &amp; sur les feuilles du frêne &amp; du peuplier. Les meilleures sont celles qui sont de différentes couleurs, qui ont sur les ailes des lignes jaunes transversales, &amp; qui sont épaisses &amp; récentes. On les fait mourir en les mettant au-dessus d'un vinaigre très-fort que l'on fait bouillir exprès, après quoi on les fait sécher. Elles peuvent se garder environ deux ans. Les <i>cantharides</i> sont très-acres, &amp; très-corrosives, de sorte qu'on ne s'en doit jamais servir intérieurement : elles sont ennemies de la vessie, qui en est même ulcérée, si on les applique par dehors, &amp; qu'on les laisse un peu trop long-temps. On s'en sert fort souvent dans les vésicatoires, pour exciter des vessies sur la peau, &amp; pour détourner par ce moyen quelque fluxion. Les <i>cantharides</i> ont pris le nom de <i>cantharus,</i> qui signifie cet animal qu'on appelle en François <i>fouille-merde,</i> &amp; en Latin <i>scarabaeus venenosus.</i> On applique des <i>cantharides</i> à la tempe de ceux qui ont mal aux dents. Vossius a ramassé tout ce que l'on a dit des <i>cantharides</i> dans les Ch 85. 86. 87. 88. 89. 96. &amp; 98. de son IVe Liv. <i>De Idololatria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6828" id="1" type="medecine">
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    <head>CANTHUS</head>
    <p>
    CANTHUS , s. m. Terme de Médecine . Le coin de l'oeil, ou l'angle de l'oeil. Celui d'auprès du nez s'appelle le <i>grand canthus, l'interne,</i> &amp; le <i>domestique,</i> &amp; par quelques Médecins <i>arrosoir</i> ou <i>fontaine.</i> L'autre, qui est vers les temples, s'appelle le <i>petit canthus, l'externe,</i> ou le <i>sauvage.</i> Ce mot est Grec, &amp; est dérivé par du Laurens du verbe , qui signifie <i>démanger,</i> parce qu'on sent d'ordinaire de la démangeaison en ces endroits-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6828" id="2" type="chymie">
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    <head>CANTHUS</head>
    <p>
    Canthus , en termes de Chymie , est cette partie de l'ouverture d'une cruche, d'une aiguière, ou d'un autre vaisseau, qui a un peu de creux ou de pente, par où se verse doucement la liqueur ; d'où vient qu'on dit, Verser par décantation, quand on verse doucement par cet endroit-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6829" id="1" type="">
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    <head>CANTIBAY</head>
    <p>
    CANTIBAY . Nom que les Charpentiers &amp; Menuisiers donnent aux dosses ou pièces de bois qui sont pleines de fentes, &amp; qui ne valent guère. <i>Materies rimosa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6830" id="1" type="">
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    <head>CANTIEN</head>
    <p>
    CANTIEN , s. m. Nom &amp; surnom d'homme. S. Cant, S. <i>Cantien</i> son frère, Sainte Cantienne, ou Cantianille leur soeur, &amp; S. Prot leur Gouverneur, Saints que l'on nomme communément d'un nom commun, Les Martyrs <i>Cantiens,</i> furent martyrisés à Aquilée, selon l'opinion de quelques Auteurs, vers l'an 290 ; mais il est plus vraisemblable qu'ils ne moururent qu'en 304. auquel on sait que la grande persécution commença à Aquilée. <i>Baillet</i> 30. <i>Mai.</i> M. Tillemont écrit <i>Cantien,</i> parce que l'on prononce ainsi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6831" id="1" type="relations">
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    <head>CANTIMARONS</head>
    <p>
    CANTIMARONS . Terme de Relations . Ce sont deux ou trois canots liés ensemble avec des cordes de coco. Ils ont des voiles de natte en forme de triangle. Les Nègres de la côte de Coromandel se servent de <i>cantimarons</i> pour aller pêcher. Les <i>cantimarons</i> vont fort vîte pour peu qu'il y ait du vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6832" id="1" type="">
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    <head>CANTINE</head>
    <p>
    CANTINE , s. f. Petit coffre divisé en plusieurs cellules, pour y mettre des bouteilles qu'on a dessein de transporter. <i>Arcula divisa in cellulas capiendis lagenis comparatas, arcula vinaria.</i> On l'appelle autrement <i>cave.</i> Les <i>cantines</i> sont d'un grand secours à l'armée.</p><p>On appelle aussi, <i>cantine,</i> dans les places de guerre, le lieu où l'on vend du vin &amp; de la bière aux soldats, sans payer aucun droit. La <i>cantine</i> vaut tant au Gouverneur de cette place tous les ans.</p><p>Ce mot est dérivé de <i>cantina</i>, qui en Italien &amp; en Espagnol veut dire la même chose.</p><p>CANTIQUE, s. m. Chant spirituel qui témoigne quelque joie, ou allégresse, &amp; qui est à l'honneur de Dieu, &amp; particulièrement pour lui rendre graces de quelque bienfait, de quelque victoire solemnelle. <i>Canticum.</i> Il y a dans le Vieux Testament plusieurs <i>cantiques,</i> celui de Moise, celui d'Ezéchias, celui des trois enfans dans la fournaise, le <i>cantique</i> d'Anne, d'Habacuc, &amp;c. Dans le Nouveau Testament il y a celui de la Vierge, celui de Siméon, &amp; celui de Zacharie, qui sont le <i>Magnificat,</i> le <i>Nunc dimittis,</i> &amp; le <i>Benedictus.</i> On chante ou on récite aux Matines de l'Office divin, les sept <i>cantiques</i> qui sont tirés du Vieux Testament, un chaque jour : ainsi on ne les récite qu'une fois par semaine ; mais on récite tous les jours les trois cantiques qui sont pris du Nouveau Testament ; savoir, à Laudes le <i>cantique</i> de Zacharie, <i>Benedictus</i> ; à Vêpres ; le <i>cantique</i> de la Sainte Vierge, <i>Magnificat</i> ; à Complies le <i>cantique</i> de Siméon, <i>Nunc dimittis.</i></p><p>Les Auteurs Ecclésiastiques, S. Hilaire, S. Basile, S. Jean Chrysostôme, Euthymius, distinguent les <i>cantiques</i> des pseaumes par rapport au chant ; ils disent que pour les <i>cantiques</i> on n'emploie que les voix, &amp; qu'on emploie les voix &amp; les instrumens (<i>organa</i>) pour les pseaumes : ils ajoûtent que quand les voix &amp; les instrumens se répondent alternativement, si les instrumens commencent, cela s'appelle <i>cantique de pseaume, canticum psalmi,</i> &amp; si les voix commencent, cela s'appelle <i>pseaume de cantique.</i> Voyez outre les Auteurs cités, Gravantus, le Cardinal Bona, Amalarius Fortunatus, Richart de S. Victor, Rupert.</p><p>Le <i>Cantique des Cantiques</i> est un des Livres Canoniques de Salomon. <i>Cantica Canticorum.</i> Grotius soupçonne que ce Livre étoit un transport amoureux de Salomon pour la fille du Roi d'Egypte. C'est pourquoi les Juifs ne permettoient la lecture du <i>Cantique des Cantiques</i> qu'à l'âge de 30. ans, de peur que les sens d'une jeunesse bouillante ne fussent trop émus par les images, &amp; les allégories si touchantes dont il est rempli. Les Théologiens conviennent que si le sens littéral peut être appliqué aux amours de Salomon, le sens mystique &amp; spirituel doit être appliqué à l'union de Jesus-Christ avec son Eglise : il est ainsi nommé, parce que c'est un <i>cantique</i> par excellence. On a appellé aussi <i>cantiques,</i> les quinze Pseaumes Graduels, depuis le 119e, jusqu'au 133. parce qu'on les chantoit en montant les 15. degrés par où l'on montoit au Temple.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANTINE</head>
    <p>
    Cantique , se dit aussi de tout chant qui traite de matière pieuse. La France affligée, &amp; triomphante tout ensemble, mêla aux chants de douleur &amp; de funérailles, des <i>cantiques</i> de louanges, &amp; d'actions de graces Flech. Dans les Couvents on chante des <i>cantiques</i> spirituels.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANTINE</head>
    <p>
    Cantique , se dit aussi des chants de Poësie que l'on fait à la louange de quelqu'un.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6833" id="1" type="">
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    <head>CANTON</head>
    <p>
    CANTON , s. m. Quartier d'une ville, d'un pays, considéré en tant qu'il est séparé &amp; détaché du reste de la ville, du pays. <i>Urbis, oppidi pars, regio.</i> Le quartier du Marais est le <i>canton</i> de la ville où l'on se divertit le mieux. Il ne reste plus qu'un petit <i>canton</i> de bois à couper dans cette forêt. On a vendu toutes les Seigneuries de ce Gentilhomme, il ne lui reste plus qu'un petit <i>canton</i> de terre pour habiter.</p><p>Peut-être <i>canton</i> vient-il de l'Italien <i>canton,</i> qui, comme l'ont remarqué les Bollandistes, <i>Act. SS. April, T. I. p.</i> 188. <i>D,</i> signifie un grand quartier de pierre angulaire, &amp; toute sorte de grosse pierre quarrée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CANTON</head>
    <p>
    Canton , se dit aussi d'un petit pays qui a un gouvernement particulier. Il y a treize <i>Cantons</i> des Suisses qui forment chacun une République, &amp; qui sont ligués ensemble. <i>Pagi Helvetiorum.</i> Ces <i>Cantons</i> sont Zurich, Berne, Lucerne, Uri, Schwitz, Underwald, Zug, Glaris, Bâle, Fribourg, Soleure, Schafouse, &amp; Appenzel. Il y a les <i>Cantons</i> Catholiques, &amp; les <i>Cantons</i> Protestans, &amp; les <i>Cantons</i> partie Catholiques &amp; partie Protestans. Il y a sept <i>Cantons</i> Catholiques ; Lucerne, Uri, Schwitz, Underwald, Zug, Fribourg, &amp; Soleure. Les Protestans sont Zurich, Berne, Bâle, &amp; Schaffouse. Les mipartis sont Glaris &amp; Appenzel. Tous ces <i>Cantons</i> sont confédérés, &amp; composent <pb n="837" facs="bpt6k8542165/f877/full/1200,/0/native.jpg"/>ce qu'on appelle le Corps Helvétique, ou la République des Suisses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6833" id="3" type="">
   <index type="head" value="CANTON" />
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    <head>CANTON</head>
    <p>
    Canton , se dit aussi des lieux éloignés les uns des autres. <i>Regio.</i> Ce Voyageur a voyagé en plusieurs <i>cantons</i> de la terre, il n'y a aucun <i>canton</i> des Indes qu'il n'ait vû.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6833" id="4" type="">
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    <head>CANTON</head>
    <p>
    Canton , en termes de Blason , se dit d'une portion quarrée de l'Ecu sans aucune proportion fixée. <i>Quadratum in scuto quarta parte minus.</i> Régulièrement elle doit être moindre que le quartier ; souvent ce n'en est que la neuvième partie qui sert de brisure, il a été souvent pris pour marque de bâtardise. Il se met tantôt à l'angle droit, &amp; tantôt à l'angle gauche. Les espaces que laissent les croix &amp; les sautoirs entre leurs branches, sont aussi appellés <i>cantons. Spatia à crucibus seu decussibus relicta.</i></p><p>Martinius dérive le mot de <i>canton</i> du Grec , qui signifie le <i>coin de l'oeil.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6834" id="1" type="guerre">
   <index type="head" value="CANTONNER" />
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    <head>CANTONNER</head>
    <p>
    &#9758; CANTONNER , v. n. Terme de guerre , qui se dit des Troupes distribuées dans plusieurs villages pour la commodité de leur subsistance, avant l'ouverture de la campagne, ou l'entrée en quartier d'hiver. Les troupes commencent à <i>cantonner.</i> Faire <i>cantonner</i> des troupes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6835" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANTONNER (SE)" />
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    <head>CANTONNER (SE)</head>
    <p>
    CANTONNER (SE) , v. n. pass. Se retrancher, se fortifier dans quelque <i>canton,</i> dans un lieu serré &amp; de défense. <i>Aliquem in locum se conjicere, tutari, munire.</i> Pendant les guerres civiles tous les Seigneurs se <i>cantonnoient</i> dans leurs Provinces, dans leurs Gouvernemens.</p><p><i>Cantonner</i> un Ecu de son véritable Blason. En ce sens il est actif. <i>Singulos scuti angulos suis partibus adornare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6835" id="2" type="">
   <index type="head" value="CANTONNER (SE)" />
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    <head>CANTONNER (SE)</head>
    <p>
    Cantonne, ée , part. &amp; adj. <i>Conjectus aliquem in locum, munitus aliquo in loco.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6835" id="3" type="blason">
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    <head>CANTONNER (SE)</head>
    <p>
    Cantonne , en termes de Blason , se dit lorsque dans les quatre cantons ou vuides qui sont autour d'une croix ou d'un sautoir, il y a quelques pièces qui remplissent ces espaces. <i>Angulatus, habens quatuor scuti angulos vel unum aliquem aliqua figura affectum.</i> On le dit aussi, lorsqu'auprès d'une piece ou figure principale de l'Ecu, il y a d'autres figures dans les quatre cantons qui l'accompagnent. Le Jay porte d'azur à un aigle d'or, <i>cantonnée</i> au premier canton d'un Soleil, &amp; aux trois autres, de trois aiglettes de même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6835" id="4" type="architecture">
   <index type="head" value="CANTONNER (SE)" />
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    <head>CANTONNER (SE)</head>
    <p>
    Cantonné , est aussi un terme d'Architecture . Lorsque l'encoignure d'un bâtiment est ornée d'un pilastre ou d'une colonne angulaire, ou de chaîne en liaison de pierre de refend, ou de bossages, ou enfin de quelqu'autre corps qui excède le nud du mur ; on dit que le <i>bâtiment est cantonné. Angulatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6836" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANTONNIÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CANTONNIÈRE</head>
    <p>
    CANTONNIÈRE , s. f. Petit rideau qu'on tend de deux côtés des quenouilles d'un lit vers les pieds. <i>Canopaeum brevius.</i> Elle sert pour défendre l'entrée du vent qui pourroit venir par l'ouverture que laissent les grands rideaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6836" id="2" type="">
   <index type="head" value="CANTONNIÈRE" />
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    <head>CANTONNIÈRE</head>
    <p>
    Cantonniere , est aussi une femme de mauvaise vie qui se va prostituer en divers cantons. <i>Meretrix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6837" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANTORBERY" />
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    <head>CANTORBERY</head>
    <p>
    CANTORBERY , s. m. ou CANTORBIE, s. f. Ville d'Angleterre, Capitale du Comté de Kent. <i>Cantuaria,</i> autrefois <i>Duvernum,</i> ou <i>Dorobernum,</i> ou <i>Danovernum. Cantorbery</i> est sur la rivière de Stour, à deux lieues de la mer, ville agréablement située, mais qui n'est pas grande. Sous les Rois Saxons, <i>Cantorbery</i> fut le séjour des Rois jusqu'à Ethelbert qui la donna à S. Augustin, qui l'avoit converti, &amp; qui en fut le premier Archevêque. L'Archevêque de <i>Cantorbery</i> est Primat d'Angleterre, &amp; premier Pair du Royaume. C'est à lui à couronner les Rois : il a 21. suffragans, auxquels il a droit de donner des Coadjuteurs, quand ils sont hors d'état d'agir : &amp; quand leurs Siéges vaquent, il jouït des droits Episcopaux. Maty. Depuis le schisme même on l'a privé du droit de se marier qu'ont tous les autres Evêques, ou Prêtres de l'Eglise Anglicane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6838" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANTUAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CANTUAIRE</head>
    <p>
    &#9758; CANTUAIRE , s. m. Mot usité dans l'Eglise de Meaux, pour signifier le titre de celui qui baptisoit autrefois dans l'Eglise Cathedrale. Ce titre fut anexé à l'Abbaye de Chage dès sa fondation. <i>Hist. de l'Egl. de Meaux, tom.</i> 1. <i>pag.</i> 630.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6839" id="1" type="">
   <index type="head" value="CANULLE" />
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    <head>CANULLE</head>
    <p>
    CANULLE , ou CANULE, s. f. Voyez <ref type="search" target="head:CANNULE">CANNULE</ref>.</p><p>CAORCIN, ou CAORSIN, &amp; CORSIN, s. m. <i>Caorcinus, corsinus.</i> Les <i>Caorsins,</i> ou <i>Corsins</i> furent des Marchands d'Italie fameux au XIIIe siècle par leurs usures, en France &amp; en Angleterre, dans les Pays-Bas, &amp; en Sicile. S. Louis fit un Edit contre les <i>Caorsins</i> en 1268. Henri III. les chassa d'Angleterre en 1240. Le Pape ayant intercédé pour eux, dix ans après ils revinrent, &amp; furent chassés une seconde fois en 1251. l'année d'après leur rétablissement. En 1260. Henri III. Duc de Brabant, ordonna par son testament qu'on les chassât aussi de ses Etats. Quelques-uns croient qu'ils prirent leur nom de Cahors, Capitale du Quercy, où ils faisoient un gros commerce. D'autres croient qu'ils viennent d'une famille de gros Négocians de Florence nommés les <i>Corsins.</i> Quoi qu'il en soit, comme on enlevoit souvent ces Marchands comme des usuriers pour les mettre en prison ; quelques-uns croient que c'est de-là qu'est venue cette manière de parler proverbiale, <i>Enlever comme un Corsin,</i> &amp; qu'il faut dire ainsi, &amp; &amp; non pas <i>comme un corps Saint,</i> qu'ils croient être une corruption que la ressemblance des mots a produite. <i>Matthieu de Westminster à l'an</i> 1232. Du Cange. D'autres disent que ce proverbe vient de ce que les <i>Caorsins</i> eux-mêmes étoient si cruels, qu'ils enlevoient leurs débiteurs &amp; les faisoient mettre en prison. La première raison paroît convenir à l'usage du proverbe &amp; au sens qu'on lui donne. Voyez encore au mot Banquier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAP" />
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    <head>CAP</head>
    <p>
    CAP , s. m. La tête de l'homme. <i>Caput.</i> Il n'est en usage qu'en ces phrases. De pied en <i>cap. A capite ad calcem.</i> Armé de pied en <i>cap. Cataphractus.</i> Ce Capitaine a habillé &amp; armé tous ses cavaliers de pied en <i>cap</i> à ses dépens. Parler <i>cap à cap.</i> Les Gascons disent aussi <i>Cap</i> de bious, quand ils veulent jurer.</p><p>Le P. Pezron dit que le mot <i>cap</i> vient de <i>capp,</i> mot Celtique, qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="2" type="marine">
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    <head>CAP</head>
    <p>
    Cap , en termes de Marine , est la tête, l'éperon, la pointe, ou l'avant du navire, la proue d'un vaisseau. Nous avons le <i>cap</i> au Nord. Il a fallu virer le <i>cap</i> à l'Ouest. Nous avions le <i>cap</i> au vent. Ils porterent le <i>cap</i> sur une telle ville, c'est-à-dire, ils y dresserent leur route. Où as-tu le <i>cap</i> ? C'est une question qu'on fait au Timonier, pour savoir quel rumb de vent on tient. Avoir le <i>cap</i> à marée, c'est présenter l'avant au courant de la mer. Mettre le <i>cap</i> sur une tour, c'est diriger la proue du vaisseau du côté de la tour, afin qu'il aille vers la tour. P. Hosté Jésuite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAP" />
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    <head>CAP</head>
    <p>
    Cap , signifie encore un promontoire, une pointe de terre qui avance dans la mer. <i>Promontorium.</i> La Sicile fut appellé Trinacrie dans l'antiquité, à cause de ses trois <i>caps,</i> ou promontoires, qui sont marqués sur les médailles par trois jambes d'homme jointes ensemble par le haut de la cuisse, &amp; repliées au genouil, ce qui fait à peu près la figure triangulaire de cette Isle. Le <i>Cap</i> de Finisterre en Espagne. Les Isles du <i>Cap</i> Verd, qui sont vis-à-vis le <i>Cap</i> Verd. L'Académie des Sciences met le <i>Cap</i> Verd au 14e d. 43 m. de latitude Nord, &amp; 1. d. 30. m. de longit. Le <i>Cap</i> Verd fut ainsi nommé par les Portugais, parce qu'ils y trouverent de la verdure. Le <i>Cap</i> Blanc fut découvert par les Portugais en 1454. &amp; fut ainsi nommé à cause que le terroir est stérile &amp; sans verdure. Le <i>Cap</i> de bonne Espérance est la pointe la plus méridionale de l'Afrique. Elle fut découverte par Vasco de Gama Portugais en 1500 sous Jean II. Roi de Portugal. Les Capitaines des vaisseaux l'avoient d'abord nommé <i>Capo Tormentoso,</i> à cause d'une grande tourmente qu'ils y essuyerent ; mais le Roi voulut qu'on changeât ce nom en celui de <i>bonne Espérance,</i> à cause de l'espoir qu'il conçut dès lors de découvrir les Indes dont en effet il a ouvert le chemin. Le <i>Cap</i> de bonne Espérance est au 34e degré 15. m. de latitude méridionale, &amp; au 38e degré 30 m. de longitude, selon la Table de l'Académie des Sciences. Doubler le <i>Cap,</i> c'est passer au de là du <i>Cap</i> de l'autre côté du <i>Cap, Promontorium praetergredi.</i> Parer le <i>Cap,</i> c'est la même chose. Si on demande à un Corsaire qui part, où il va : il dit qu'il va au <i>Cap</i> de griffe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="4" type="coutumes">
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    <head>CAP</head>
    <p>
    Cap Deulh . Terme de Coutumes , qui veut dire l'<i>hôtel noble, le château, la maison principale</i> qui appartient à l'aîné par préciput.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="5" type="coutumes">
   <index type="head" value="CAP" />
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    <head>CAP</head>
    <p>
    Cap d'Homi . Terme de Coutumes . C'ést l'état &amp; la condition <pb n="838" facs="bpt6k8542165/f878/full/1200,/0/native.jpg"/>des personnes. <i>Cujusque status &amp; conditio.</i> Voyez le <i>For général de Béarn.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="6" type="manege">
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   <index type="src_domain" value="manege" />
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    <head>CAP</head>
    <p>
    Cap de More , en termes de Manége , est un cheval de poil rouan, qui a la tête &amp; les extrémités des pieds noîres. <i>Equus capite atrisque pedibus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="7" type="marine">
   <index type="head" value="CAP" />
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    <head>CAP</head>
    <p>
    Cap de More , en termes de Marine , ou <i>Tête de More,</i> est un gros blot ou billot qui embrasse le tenon des mâts, ou le bâton du pavillon. Voyez Chouquet : c'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6840" id="8" type="">
   <index type="head" value="CAP" />
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    <head>CAP</head>
    <p>
    Cap de Mouton , est un autre billot de bois taillé en façon de poulie, qui est percé en trois endroits pour y passer des cordes ou rides, servans à différens usages. On met d'ordinaire treize douzaines de <i>caps de mouton</i> pour l'équipement d'un vaisseau. Il sert particulièrement à rider l'étai du mât. Le <i>cap de mouton</i> qu'on appelle <i>martinet,</i> est une espèce de <i>cap de mouton,</i> où passent les lignes des trelingages des étais des vaisseaux François. <i>Cap de mouton sur l'étai,</i> est celui qui a la figure ovale, &amp; d où partent plusieurs lignes qui vont s'élargissant en patte d'oie sur le bord de la hune, pour empêcher les huniers de se couper contre la hune. On l'appelle aussi <i>Motte de trelingage.</i></p><p>Ce qu'on appelle <i>caps de mouton à croc,</i> sont de petits <i>caps de mouton,</i> où il y a un croc de fer pour accrocher au côté d'une chalouppe. C'est-là qu'on a coutume de les faire servir pour retenir les haubans.</p><p>On dit chez les Marchands, qu'une étoffe a <i>cap</i> &amp; queue, quand elle n'est point entamée, quand il y a deux chefs aux deux bouts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6841" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPABLE" />
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    <head>CAPABLE</head>
    <p>
    CAPABLE , adj. m. &amp; f. Lieu, ou vaisseau étendu en longueur, largeur &amp; profondeur, qui peut contenir, enfermer une certaine quantité de choses. <i>Capax.</i> Il n'a guère d'usage qu'avec Tenir, ou Contenir. Le Cirque étoit un lieu <i>capable</i> de contenir tout le peuple. Cette Eglise, cette salle, est <i>capable</i> de contenir 400. muids de vin. Il fit creuser un port <i>capable</i> de mille Galères. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6841" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>CAPABLE</head>
    <p>
    Capable , se dit figurement en choses spirituelles, des fonctions de l'ame, en tant qu'elle peut contenir ou embrasser plusieurs connoissances. <i>Idoneus, aptus, capax.</i> L'esprit de l'homme n'est pas <i>capable</i> de concevoir l'infini, ni même la vaste étendue de l'Univers. La raison humaine n'est pas <i>capable</i> de comprendre les mystères de la foi. La mémoire n'est pas <i>capable</i> de conserver l'idée de tant de choses différentes. Il n'y a que les grandes ames qui soient <i>capables</i> de grands desseins. P. Rap.</p><p>On le dit aussi des dispositions qui se trouvent dans l'esprit, ou dans les choses, pour être propres à recevoir, ou à produire au dehors divers effets, soit par leur nature, soit par une impression étrangère. Un ami en mourant légua à son ami le soin de nourrir sa mère. Il falloit être <i>capable</i> de le faire, pour l'ordonner. Mont. L'antiquité a eu des vertus dont notre siècle n'est pas <i>capable.</i> Balz. Un ame ambitieuse n'est pas d'ordinaire <i>capable</i> de modération. S. Evr. Le Prédicateur ne doit rien laisser échaper qui ne soit <i>capable</i> d'imprimer du respect pour les vérités de la Religion. Tout l'or de Philippe ne fut pas <i>capable</i> d'éblouir Démosthène. P. Rap. Thucydide est admirable pour raconter les choses avec dignité, &amp; pour donner à la raison tout le poids dont elle est <i>capable.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6841" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAPABLE" />
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    <head>CAPABLE</head>
    <p>
    Capable , se dit en ce même sens, des qualités qui sont requises en quelques personnes par les loix ou coutumes, pour faire quelque chose. Par le Droit Romain un eunuque, un impubère, ne sont pas <i>capables</i> de faire testament. Les étrangers non naturalisés ne sont pas <i>capables</i> de tenir des Bénéfices, ni de tester. Il faut avoir 14. ans, pour être <i>capable</i> de tenir une Prébende dans une Eglise Cathédrale. Un Patron Ecclésiastique, qui confère un Bénéfice à celui qui n'en est pas <i>capable,</i> perd son droit pour cette fois-là : il ne peut point varier.</p><p>On dit encore, qu'on a rendu un Juge <i>capable</i> d'une affaire, lorsqu'on lui en a fait voir toutes les circonstances, tous les fondemens ; qu'il la connoît, qu'il la pénètre bien. Cette expression est un peu douteuse.</p><p>On dit aussi d'un ton un peu ironique, qu'un homme fait le <i>capable,</i> lorsqu'il est vain ; qu'il fait le suffisant, &amp; l'entendu aux affaires, quoiqu'il y soit fort ignorant. Il y a beaucoup plus de honte à faire le <i>capable</i> mal-à-propos, qu'à se taire judicieusement, &amp; à avouer qu'on ne sait rien des choses dont on parle. M. Scud. Il est bon que les jeunes gens qui entrent dans le monde soient honteux ; un air <i>capable</i> se tourne d'ordinaire en impertinence. La Rochef.</p><p>On ne voit que trop de ces ambitieux qui entassent entreprise sur entreprise, &amp; qui veulent tout faire, parce qu'ils se croient <i>capables</i> de tout. Horace avoit un génie <i>capable</i> de tout ; mais la pente de son enjouement le tourna du côté de la satyre. P. Rap. On le dit aussi en mauvaise part, pour dire qu'il est dangereux, &amp; qu'il est propre à faire les plus méchantes actions.</p><p>On dit aussi absolument, qu'un homme est fort <i>capable,</i> quand il a beaucoup d'esprit, de savoir &amp; de prudence. <i>Doctus, eruditus.</i> Mettre une affaire, une charge entre les mains d'un homme <i>capable.</i> Acad. Fr.</p><p>On dit encore, qu'un homme est <i>capable</i> de tout ; pour dire, qu'il peut s'acquitter fort bien de quelque emploi qu'on lui veuille donner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6841" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAPABLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>CAPABLE</head>
    <p>
    Capable , se dit aussi en Physique, des choses qui ont de la force pour résister aux poids, aux efforts &amp; aux violences des corps étrangers. On se sert en ce sens des verbes <i>Possum &amp; Valeo.</i> Cette colonne n'est pas <i>capable</i> de soutenir de si grands fardeaux. <i>Columna ista non potest, non valet sustinere tam grave pondus.</i> Cet habit est assez <i>capable</i> de vous défendre du froid.</p><p>En approchant de ce sens, il signifie aussi, Suffisant, qui peut faire, qui est en état de faire, qui est assez puissant pour faire, &amp; se dit des personnes &amp; des choses. Cet homme n'est point à négliger, il est <i>capable</i> de vous rendre de bons offices. Il n'est <i>capable</i> d'aucun divertissement. Voit. Il faut jetter l'oeil sur quelqu'un qui soit <i>capable</i> de nous nourrir. Ablanc. Ce précepte est <i>capable</i> de ruiner l'amitié. Il n'est pas <i>capable</i> d'une si haute résolution. Cette médecine étoit <i>capable</i> de vous empoisonner. Une parole dite mal-à-propos est <i>capable</i> de ruiner la fortune d'un Courtisan.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6842" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPABLEMENT" />
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    <head>CAPABLEMENT</head>
    <p>
    CAPABLEMENT , adv. D'une manière capable. <i>Doctè, eruditè.</i> Cet Officier a parlé fort <i>capablement,</i> à sa réception &amp; à son examen. Il parle de tout <i>capablement.</i> Voit. Cet adverbe n'est guère en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6843" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPACITÉ" />
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    <head>CAPACITÉ</head>
    <p>
    CAPACITÉ , s. f. Etendue d'un lieu, d'un vaisseau en toutes dimensions ; ce qui peut enfermer, ou contenir quelque chose. <i>Capacitas, amplitudo.</i> Ce vaisseau est trop plein ; versez-en la liqueur dans cet autre, qui a plus de <i>capacité.</i> On dit aussi en Médecine, la <i>capacité</i> de l'estomac, de la vessie, des ventricules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6843" id="2" type="geometrie">
   <index type="head" value="CAPACITÉ" />
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    <head>CAPACITÉ</head>
    <p>
    Capacité , se dit en termes de Géométrie , de l'étendue de quelque figure. Ainsi on dit, Mesurer l'aire, ou la <i>capacité</i> intérieure d'un cercle, d'un triangle, d'un quarré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6843" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAPACITÉ" />
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    <head>CAPACITÉ</head>
    <p>
    Capacité , se dit figurément en choses spirituelles. <i>Captus, facultas, intelligentia.</i> L'esprit de cet Auteur est d'une vaste étendue, il est d'une grande <i>capacité.</i> La <i>capacité</i> de l'esprit s'étend &amp; se resserre par l'accoutumance, &amp; c'est à quoi servent les Mathématiques, &amp; les autres sciences difficiles, qui donnent une certaine étendue à l'esprit, &amp; l'exercent à s'appliquer davantage. Port-R. Il est certain qu'Annibal avoit une merveilleuse <i>capacité</i> dans la guerre. S. Evr.</p><p>Il signifie aussi, Habileté. <i>Doctrina, eruditio, intelligentia.</i> C'est un Avocat qui a toute la <i>capacité</i> qu'on peut avoir. Démosthène n'avoit pas un génie si heureux, ni une si vaste <i>capacité</i> que Cicéron. P. Rap. Les entreprises d'Alexandre ont quelque chose de plus étonnant que celles de César ; mais la conduite &amp; la <i>capacité</i> ne paroissent pas y avoir eu la même part. S. Evr. Il n'y a pas de plus notable folie au monde que de vouloir ramener les autres à la mesure de notre <i>capacité</i> &amp; suffisance. Mont. Tant qu'on ne voit pas le fond &amp; les bornes de la <i>capacité</i> d'un Ministre, sa profondeur inconnue le fait respecter. Amel. Il y a bien des gens à qui une mine froide a tenu lieu de prudence &amp; de <i>capacité.</i> Mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6843" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAPACITÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CAPACITÉ</head>
    <p>
    Capacité , signifie aussi, les qualités &amp; dispositions requises dans les personnes pour faire, pour donner, ou pour recevoir quelque chose. <i>Facultas.</i> Nous reconnoissons en nous-mêmes une malheureuse <i>capacité</i> de tous les crimes. Nicole. Une donation est nulle, faute de <i>capacité</i> en la personne <pb n="839" facs="bpt6k8542165/f879/full/1200,/0/native.jpg"/>du donataire, ou du donateur. Le vice de la naissance ôte la <i>capacité</i> de tester ; à un Aubain, par exemple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6843" id="5" type="palais">
   <index type="head" value="CAPACITÉ" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CAPACITÉ</head>
    <p>
    Capacité . Terme de Palais , se dit des dispositions d'une personne, qui sont réglées par la coutume, ou par les Loix Civiles ou Ecclésiastiques. Les dispositions qui forment la <i>capacité</i> ne sont pas les mêmes par-tout, ainsi la majorité qui donne la <i>capacité</i> d'agir commence en Normandie à vingt ans, &amp; à vingt-cinq seulement dans d'autres Provinces. On dit au Palais que le premier appointement en matière bénéficiale, c'est dese communiquer les titres &amp; <i>capacités</i> des parties, qui sont l'extrait baptistaire, la tonsure, les démissions, la provision du Bénéfice, &amp; la prise de possession ; &amp; quelquefois les grades, indults, ou autres priviléges ; ces choses étant ce qui donne la <i>capacité</i> pour les Bénéfices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6844" id="1" type="chapelier">
   <index type="head" value="CAPADE" />
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    <head>CAPADE</head>
    <p>
    CAPADE , s. f. Terme de Chapelier . Etendue de laine de Vigogne. Faire une <i>capade.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6845" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="CAPAGE" />
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    <head>CAPAGE</head>
    <p>
    CAPAGE , s. m. Terme de Coutume . C'est la même chose que <i>capitation</i> ; c'est-à-dire, tribut imposé sur les personnes &amp; par têtes. <i>Tributum viritim exigendum. Capage</i> en Provence est un tribut imposé sur chaque maison, ou sur chaque famille. Voyez les Statuts de Provence. Ce mot est en usage au même sens de Capitation en plusieurs endroits du Dauphiné. Chorier, <i>Hist. de Dauph. L. IV. p.</i> 206.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6846" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPARAÇON" />
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    <head>CAPARAÇON</head>
    <p>
    CAPARAÇON , s. m. Couverture qu'on met sur les chevaux. <i>Circumfusum equo ac pendens stragulum,</i> ou <i>stragulum</i> seul, <i>stratum.</i> Les <i>caparaçons</i> ordinaires sont d'une simple toile, ou treillis. Ceux des chevaux de main sont de drap, ornés &amp; chargés des armes ou des chiffres du Maître. Les <i>caparaçons</i> des anciens Gendarmes étoient de riches housses brodées, dont ils faisoient parade dans les montres, les tournois, &amp; dans les pompes &amp; cérémonies. Les <i>caparaçons</i> étoient autrefois une armure de fer, dont on couvroit le cheval de bataille.</p><p>Ce mot est un mot Espagnol augmentatif de <i>cape,</i> comme qui diroit <i>grande cape.</i></p><p>Quelques-uns ont écrit <i>Caparasson,</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6847" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPARAÇONNER" />
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    <head>CAPARAÇONNER</head>
    <p>
    CAPARAÇONNER , verbe actif. Couvrir un cheval d'un caparaçon. <i>Equum amplo ac demisso undique stragulo cooperire, equum sternere, stragulo cooperire, instruere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6847" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPARAÇONNER" />
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    <head>CAPARAÇONNER</head>
    <p>
    Caparaçonné, ée , participe &amp; adjectif. <i>Equus demisso undique stragulo coopertus ; Phaleratus, phalerâ instructus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6848" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPAX" />
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    <head>CAPAX</head>
    <p>
    CAPAX , subst. masc. Mot Latin qui signifie <i>capable.</i> On le donne dans l'Ordre de Malte aux Chevaliers qui sont capables d'avoir une Commanderie ; c'est-à-dire, qui ont fait cinq années de résidence à Malte, &amp; quatre caravannes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6849" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CAPDALAT" />
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    <head>CAPDALAT</head>
    <p>
    CAPDALAT , s. m. Terme de Coutumes . Titre sous lequel on possède une terre, un bien. Ceux à qui le Bourg de Buchs appartenoit à titre de <i>capdalat,</i> ou de Sirauté, sont appellés dans les anciens titres <i>Capitales de Bogio,</i> d'où l'on a fait captals, ou captaux de Buchs. De Laur. <i>sur Ragueau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6850" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPE" />
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    <head>CAPE</head>
    <p>
    CAPE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois un gros manteau de campagne, dont la partie supérieure étoit taillée en sorte qu'on y pouvoit fourrer la tête. <i>Bardo, cucullus, penula cucullum habens.</i> C'est ce qu'on appelle encore <i>Cape de Béarn,</i> dont usent les matelots. La <i>cape</i> se portoit autrefois tant par les Moines, que par les Laiques, tant hommes que femmes indifféremment. On l'appelloit en Latin <i>carnealla, vestis cilicina,</i> &amp; elle étoit faite de poil de chèvre. C'étoit aussi une espèce de surtout, ou de manteau long, qu'on portoit sur les autres habits ; &amp; Isidore dit qu'on l'a appellée <i>capa, quòd totum capiat hominem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6850" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAPE</head>
    <p>
    Cape , se dit aussi d'une pièce d'étoffe que les femmes mettent sur la tête pour se garantir de la pluie ou du mauvais temps, pour se cacher quand elles sont en déshabillé, ou pour se déguiser quand elles vont en masque. <i>Muliebre capitis tegumentum adversùs pluviam, capitium, capidulum. Cape</i> de taffetas, à dentelles. Cette femme va toujours à la Messe en <i>cape,</i> &amp; ne s'habille que le soir. Il y avoit deux <i>capes</i> à ce bal magnifiquement masquées. Ménage après Vossius dérive ce mot de <i>cape,</i> Allemand, qu'il fait venir ensuite de <i>caput.</i> Il cite aussi le Père Sirmond, qui le dérive de <i>capis à capiendo</i>, qui étoit une espèce de vase, d'où on a fait ensuite <i>chapeau</i> &amp; <i>capeline.</i> D'autres plus simplement le dérivent du Latin <i>cappa</i>, aussi-bien que <i>chappe.</i> Adrien Schiek le dérive de <i>capa,</i> , qui veut dire en Hébreu <i>couvrir,</i> &amp; qui se dit des habits, aussi-bien que des autres choses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6850" id="3" type="marine">
   <index type="head" value="CAPE" />
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    <head>CAPE</head>
    <p>
    Cape , en termes de Marine , est la grande voile qu'on met au grand mât, qu'on appelle autrement <i>Pacfi. Velum summi mali maximum,</i> ou <i>velum maximum.</i> On dit, Mettre à la <i>cape,</i> pour dire, Mettre la voile au lit du vent. Etre à la <i>cape,</i> c'est ne porter que la grande voile bordée, &amp; amarrée tout arrière. On se tient à la <i>cape</i> par un gros vent contraire. On met aussi la <i>cape</i> avec la misaine &amp; l'artimon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6850" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAPE" />
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    <head>CAPE</head>
    <p>
    Cape , se dit proverbialement en ces phrases. Rire sous <i>cape</i> ; pour dire, Rire sourdement, &amp; sans que personne s'en aperçoive. Vendre une chose sous <i>cape</i> ; pour dire, ne l'oser vendre publiquement. On dit aussi, qu'un homme n'a que l'épée &amp; la <i>cape</i> ; pour dire, qu'il n'a rien vaillant, qu'il n'a aucune fortune établie. On le dit figurément de toutes les choses qui n'ont ni valeur, ni mérite, mais seulement un peu d'apparence. C'est une Noblesse qui n'a que l'épée &amp; la <i>cape,</i> un savoir qui n'a que l'épée &amp; la <i>cape</i> ; du vin qui n'a que l'épée &amp; la <i>cape.</i> C'est un mérite qui n'a que l'épée &amp; la <i>cape.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6851" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>CAPE</head>
    <p>
    CAPE , s. f. On appelle ainsi le fruit du caprier, aussi-bien que <i>capre.</i> Il y en a qui disent toujours <i>cape,</i> &amp; qui le croient plus usité que <i>capre.</i> Mais il faut dire &amp; écrire <i>capre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6852" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAPEER, CAPIER" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CAPEER, CAPIER</head>
    <p>
    CAPEER, CAPIER , ou CAPEYER, v. n. Terme de Marine . C'est faire servir la grande voile seule après avoir ferlé toutes les autres. <i>Uno uti velo summi mali, contractis reliquis.</i> Ainsi on dit ; Aller à <i>cape,</i> mettre le vaisseau à <i>cape,</i> pour aller plus lentement, &amp; demeurer plus long-temps dans un parage, soit de gros temps, soit de nuit, quand on n'est pas eloigné des côtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6853" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPELAN" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>CAPELAN</head>
    <p>
    CAPELAN , s. m. Pauvre Prêtre qui cherche l'occasion de desservir quelque Chapelle, d'aller dire la Messe pour quelqu'un. <i>Sacerdos ex quotidiano altaris ministerio victitans.</i> Cet homme se dit Abbé, &amp; ce n'est qu'un pauvre <i>Capelan.</i> Les Espagnols se servent aussi du mot de <i>Capelan,</i> &amp; c'est le nom général des Prêtres &amp; des Ecclésiastiques. Les Languedociens &amp; Provençaux appellent aussi généralement de ce nom tous les Ecclésiastiques séculiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6854" id="1" type="mer">
   <index type="head" value="CAPELER" />
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    <head>CAPELER</head>
    <p>
    CAPELER , v. act. Terme de mer . <i>Capeler</i> les haubans, c'est les porter par-dessus la tête du mât, pour les mettre en place.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6855" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="CAPELET" />
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    <head>CAPELET</head>
    <p>
    CAPELET , s. m. Terme de Manège . C'est une enflure qui vient au train de derrière du cheval à l'extrémité du jarret, qui grossit comme un éteuf ; laquelle maladie est causée par une matière flegmatique &amp; froide qui s'endurcit par sa viscosité, &amp; qui ne fait pas grande douleur. Soleisel. <i>Tumor extremo equi in poplite excrescens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6856" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPELINE" />
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    <head>CAPELINE</head>
    <p>
    CAPELINE , s. f. Chapeau que les femmes portent par galanterie &amp; par ornement à la chasse, au bal, en mascarade. Elle est faite d'ordinaire de paille à grands bords, doublés de taffetas ou de satin, &amp; est fort couverte de plumes ; &amp; quelquefois ce n'est qu'un bonnet de velours bien garni de plumes. <i>Causia muliebris.</i></p><p>Le mot <i>Capeline</i> est un diminutif de <i>capal,</i> d'où a été formé, &amp; qui est la même chose que <i>chapel,</i> &amp; <i>chapeau,</i> seul en usage depuis long-temps.</p><p>On appelle aussi proprement <i>capeline,</i> le petit chapeau qu'on peint sur la tête de Mercure. <i>Petasunculus, galericulum.</i> C'étoit aussi autrefois un chapeau de forme basse &amp; petit bord, que portoient les bergers, les messagers &amp; laquais. <i>Sebusiana, causia, pastoritia.</i> Les soldats en portoient de fer, &amp; c'étoit un arme défensive. Les armes pour ceux qui savoient tirer de l'arc étoient une trousse, une <i>capeline,</i> une coustille, une hache, ou un mail de plomb, de <pb n="840" facs="bpt6k8542165/f880/full/1200,/0/native.jpg"/>bons jouques garnis de bandes de fer, &amp; des mailles de fer pour couvrir les bras ; &amp; pour ceux qui ne savoient pas tirer de l'arc, des jouques avec la <i>capeline,</i> la coustille &amp; la hache, &amp; de grands paniers de tremble, ou autre bois convenable, en forme de pavois, pour couvrir le corps tout entier. Lobineau, <i>T. I.</i> p. 565. Il parle du commencement du XVe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6856" id="2" type="blason">
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    <head>CAPELINE</head>
    <p>
    Capeline , en termes de Chirurgie , signifie un bandage, dont on use très-souvent : il est fait d'une bande roulée à deux chefs égaux.</p><p>En termes de Blason , on a appellé <i>capeline,</i> une espèce de lambrequin que les anciens Chevaliers portoient sur leurs têtes. <i>Alata cassis.</i> Ce mot a donné lieu à cette façon de parler militaire. Homme de <i>capeline</i> ; pour dire, Homme résolu &amp; déterminé au combat. <i>Animi praesentis &amp; manu promptus homo, alacer, audax.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6857" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPELLE" />
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    <head>CAPELLE</head>
    <p>
    CAPELLE , s. f. Nom d'une forteresse de France en Picardie. <i>Capella.</i> La <i>Capelle</i> fut bâtie dans le XVIe siècle, pour arrêter les courses de ceux des Pays-Bas en Picardie. <i>Capelle</i> est la même chose que <i>Chapelle</i> en François ; mais dans le nom de cette Ville, &amp; en quelques autres, nous avons conservé la prononciation Picarde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6858" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPENDU" />
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    <head>CAPENDU</head>
    <p>
    CAPENDU , ou COURT-PENDU, s. m. La Quintinie dit <i>court-pendu.</i> Espèce de pomme dont la pelure est rouge. Elle est à peu-près de la même figure que les pommes de rénette ; mais elle est plus douceâtre, &amp; n'a pas le goût si aigret. Quelques-uns croient que son nom vient de ce qu'on le pend par le cap ou la tête pour le conserver. D'autres, parce qu'il a la queue fort courte, prétendent qu'il faut dire <i>court-pendu.</i> En Latin <i>malum curtipendulum,</i> ou <i>celtianum malum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6859" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPET" />
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    <head>CAPET</head>
    <p>
    CAPET , s. m. Surnom de Hugues, Comte de Paris, &amp; Duc de France, fils de Hugues le Grand. <i>Capetus.</i> Hugues <i>Capet</i> fut le XXXVe Roi de France, &amp; le premier de la troisième race, dont l'auguste postérité règne encore aujourd'hui en France, &amp; a commencé avec ce siècle à regner en Espagne.</p><p>On le trouve appellé en Latin <i>Capetus,</i> &amp; <i>Capucius,</i> &amp; l'on prétend que ce nom vient de <i>capucium,</i> un capuce, ou capuchon ; &amp; qu'il lui fut donné parce qu'étant jeune son plaisir étoit d'ôter aux autres le capuchon que l'on portoit alors, &amp; que l'on appelloit <i>cappe</i> &amp; <i>capet.</i> On ajoûte qu'encore aujourd hui on appelle en Auvergne <i>chapets</i> ceux qui tourmentent les autres par jeu &amp; en badinant. Pasquier, <i>Rech. L. VIII. c.</i> 45. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6860" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPÈTE" />
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    <head>CAPÈTE</head>
    <p>
    CAPÈTE , s. m. C'est un nom qu'on donne à Paris aux Boursiers du Collége de Montaigu. <i>Capetus.</i> Les <i>Capètes</i> furent fondes en 1480. par Jean Standonc, &amp; appellés de ce nom parce qu'ils portoient des capes, ou des <i>capètes,</i> c'est-à-dire, de petits manteaux que l'on nommoit ainsi. Malingre, <i>Antiq. de Paris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6861" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPETIEN" />
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    <head>CAPETIEN</head>
    <p>
    CAPETIEN , s. m. Qui est descendant de Hugues Capet, Prince de la postérité de Hugues Capet, qui fait la troisième race de nos Rois. <i>Capetingus.</i> Ce mot ne se dit que des Rois &amp; non des branches des familles Royales qui n'ont point monté sur le thrône, quoiqu'ils soient aussi <i>Capétiens,</i> c'est-à-dire descendans de Hugues Capet. Il y a plus de sept siècles que les <i>Capétiens</i> règnent en France ; car aujourd'hui (en 1729) il y a 742. ans. Les <i>Capétiens</i> sont incontestablement la famille la plus ancienne &amp; la plus noble qui soit au monde. Nulle généalogie ne remonte si haut que celle de Jesus-Christ, dit un Auteur Allemand, pas même celle des <i>Capétiens,</i> la plus longue &amp; la mieux prouvée que l'on connoisse au monde.</p><p>Ce nom vient de Hugues Capet, premier Roi de cette race, dont Louis XVe du nom, qui règne à présent (en 1729.) est le XXXe Roi. Hugues Capet étoit fils de Hugues surnommé l'Abbé, le Grand &amp; le Blanc, &amp; petit-fils de Robert le Fort fait Comte d'Anjou, Marquis de France &amp; Duc des François. Du Tillet, dans sa <i>Chronique des Rois de France,</i> dit que Hugues Capet est le premier Gaulois Roi des Gaulois. Les deux autres races étoient des Francs. Quelques Auteurs font descendre Hugues <i>Capet</i> de Pepin par le Comte Childebrand, &amp; même de Clovis par les femmes. Robert, selon quelques-uns, descendoit de Charlemagne, &amp;, selon l'opinion la plus probable, étoit Saxon, fils d'un Vitikind Saxon. Il épousa une fille de Hugues Duc de Bourgogne, fils de Charlemagne. Ainsi les <i>Capétiens</i> viennent de Charlemagne par les femmes. Voyez Mezeray, Tome I. pag. 350. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6862" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPHARNAUM" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CAPHARNAUM</head>
    <p>
    CAPHARNAUM , s. m. Nom d'une ville de la Terre-Sainte. <i>Capharnaum. Capharnaum</i> étoit une ville de la tribu de Nephtali, dans la Décapole, dont elle étoit Capitale. Elle étoit située sur la mer de Tibériade, ou de Galilée, à l'endroit où elle reçoit le Jourdain. Jesus-Christ après son baptême fit son séjour ordinaire à <i>Capharnaum.</i> Et quittant le séjour de la ville de Nazareth, il vint demeurer à <i>Capharnaum,</i> qui est proche de la mer sur les confins de Zabulon &amp; de Nephtali. Port-R. en Saint Matth. IV. 13. Il descendit ensuite à <i>Capharnaum,</i> ville de Galilée, &amp; il y enseignoit le peuple les jours de Sabbat. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6863" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPHTORIM" />
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    <head>CAPHTORIM</head>
    <p>
    CAPHTORIM , s. m. &amp; plur. <i>Caphtorim, Caphtoraei.</i> Peuples anciens dont il est parlé dans l'Ecriture Gen. X. 14. Mitsraim fut Père des Ludim, des Anamim, des Laabim, des Nephtim, des Phétrusim, &amp; des Chasluim, desquels sortirent les Philistins, &amp; les <i>Caphtorim.</i> Quelques Auteurs disent que les <i>Caphtorim</i> &amp; les Philistins sont les mêmes peuples ; mais on voit par les paroles que je viens de rapporter que Moise les distingue. Zieglerus, dans son Arabie, au mot Hauvim, réfute ceux qui prétendent que ce sont les peuples de Cappadoce ; &amp; il les place dans l'Arabie heureuse, entre le détroit Arabique &amp; le détroit Persique. Bochart les met dans la partie de la Cappadoce qui confinoit la Colchide, &amp; leur donne les Casluim pour voisins. Sa raison est que tous les Anciens ont dit que les <i>Caphtorim</i> sont les peuples de Cappadoce. Pour le confirmer il ajoûte que caphtor en Hébreu signifie <i>malum punicum, une grenade,</i> &amp; que , <i>side,</i> signifie la même chose en Grec ; &amp; qu'il y avoit en ces quartiers là une ville de ce nom d'où toute la contrée étoit appellée Sidene. C'est au ch. 32. du IVe Livre de son <i>Phaleg</i> que Bochart traite de ces peuples.</p><p>D'autres Savans ne jugent pas que ce sentiment soit soutenable, parce que la Cappadoce, comme les autres Provinces Septentrionales de l'Asie, fut d'abord occupée par les enfans de Japhet, &amp; nullement par ceux de Cham, qui habitoient les pays Méridionaux ; &amp; que d'ailleurs l'Ecriture appelle leur pays une Isle. <i>Amos IX.</i> 6. <i>Jer. XLVII.</i> 4. ce qui a fait dire à quelques Interprètes qu'ils habitoient l'Isle de Chypre, &amp; à d'autres, celle de Crète. Mais quelle apparence que du temps d'Abraham, <i>Deut. II.</i> 23. que les Provinces voisines de la Mésopotamie commencoient à peine à se peupler, il y eût déja dans l'Isle de Crète, ou même dans celle de Chypre, des Colonies nombreuses d'Egyptiens. Quelques autres donc disent que les <i>Capthorim,</i> peuple originairement Egyptien, descendant de Mitsraïm, comme il paroît par la Genèse X. 14. habitoient premièrement la côte Occidentale de la Mer Rouge ; qu'ils quitterent ensuite ce lieu pour aller se loger ailleurs ; que, selon les plus doctes Commentateurs, le mot Hébreu , qu'on a traduit en Grec par , &amp; en Latin par <i>Insula,</i> signifie non seulement une <i>Isle,</i> mais toute sorte de pays situé le long de la mer, soit qu'il fût tout environné d'eau, soit qu'il ne fût arrosé de la mer que d'un côté ; qu'ainsi la côte de la mer Méditerranée, qu'habitoient les Philistins, est appellée , <i>Isle, Isaie XX.</i> 6. qu'il a encore le même sens. <i>Gen. X.</i> 5. <i>Is. XLI.</i> 1. <i>&amp; XLIX.</i> 1.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPI-AGA</head>
    <p>
    CAPI-AGA , ou CAPI-AGASSI, s. m. Nom d'un Officier Turc. <i>Praefectus Palatii apud Turcas.</i> Le <i>Capi-Aga</i> est le Gouverneur des portes du Serrail, ou le Grand Maître du Serrail. C'est la première dignité des Eunuques blancs. Le <i>Capi-Aga</i> est toujours auprès du Grand Seigneur. Il introduit les Ambassadeurs à l'audience. Personne n'entre ou ne sort de l'appartement du Grand Seigneur sans son ministère. Le Grand Visir lui-même doit être présenté par le <i>Capi-Aga,</i> quand il veut parler au Prince. Sa charge lui donne le privilége de porter le Turban dans le Serrail, &amp; d'aller par-tout à cheval. Il accompagne le Grand Seigneur jusqu'au quartier des Sultanes, mais il demeure à la porte &amp; n'y entre point : ses appointemens sont fort modiques ; le Grand Seigneur fait les frais de sa table, &amp; lui donne dix sultanins par jour. Chaque sultanin vaut six francs de notre monnoie, ce qui ne fait que 60 livres par jour, &amp; 21900 livres par an ; mais sa charge lui attire un très-grand nombre de présens, parce que tout le <pb n="841" facs="bpt6k8542165/f881/full/1200,/0/native.jpg"/>monde a besoin de lui, &amp; qu'aucune affaire de conséquence ne vient à la connoissance de l'Empereur, qu'elle n'ait passé par ses mains. Le <i>Capi-Agassi</i> ne peut être Bacha, quand il quitte sa charge. On peut voit sur cet Officier la <i>Relation du Serrail</i> de M. Tavernier, &amp; l'<i>Etat de l'Empire Ottoman</i> par M. de la Croix. Voyez aussi ci-dessus Aga.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6865" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPIER" />
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    <head>CAPIER</head>
    <p>
    CAPIER , s. m. Plante qui s'étend en rond, qui a des épines crochues, &amp; des feuilles rondes : son fruit s'appelle <i>cape. Capparis, cappar folio minore rotundo.</i> On l'appelle autrement <i>caprier,</i> &amp; c'en est le véritable nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPIGI</head>
    <p>
    CAPIGI , s. m. Terme de Relation , Portier du Serrail. <i>Janitor palatii Turcici</i> Il y a dans le Serrail, ou Maison du Grand Seigneur, quatre à cinq cents <i>Capigis,</i> ou Portiers partagés en deux troupes ; l'une de trois cents sous un Chef appellé <i>Capigi-bassi,</i> qui a de provision deux à trois ducats par jour ; &amp; l'autre de deux cents appellés Cuccicapigi, &amp; leur Chef <i>Cuccicapigi-bassi,</i> qui en a deux. Les <i>Capigis</i> ont depuis sept jusqu'à quinze aspres, l'un plus l'autre moins. Vigenere, <i>Illustr. sur l'Hist. de Chalcondyle p.</i> 329. Les <i>Capigis</i> assistent avec les Janissaires à la garde de la première &amp; de la seconde porte du Serrail, quelquefois tous ensemble, comme quand le Turc tient conseil général, qu'il reçoit un Ambassadeur, ou qu'il va à la Mosquée ; &amp; quelquefois une partie seulement. Ils se rangent des deux côtés pour empêcher que personne n'entre avec des armes, ou ne fasse du tumulte. Id. Ce mot Turc vient de , <i>Fores,</i> porte.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAPIGI-BASSI" />
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    <head>CAPIGI-BASSI</head>
    <p>
    CAPIGI-BASSI . Terme de Relation . s. m. Capitaine, Chef, Commandant des Portiers du Grand Seigneur. Voyez <ref type="search" target="head:CAPIGI">CAPIGI</ref>. Le <i>Capigi-bassi</i> est un des trois Eunuques de plus grande autorité à la Cour du Grand Seigneur. Il veille la nuit avec ses Eunuques en l'une des Salles ou Antichambres. VIGENÈRE. Voyez CAPI-AGA.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6868" id="1" type="">
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    <head>CAPILLAIRE</head>
    <p>
    CAPILLAIRE , s. m. <i>Capillus veneris,</i> ou <i>Adiantum.</i> Plante qui a pris ce nom ou par rapport à la couleur noire &amp; lisse de ses tiges, ou parce qu'on se servoit autrefois du <i>Capillaire</i> pour empêcher la chûte des cheveux. Le <i>Capillaire</i> qu'on nomme <i>Capillaire</i> de Montpellier, à cause qu'on en trouve beaucoup dans les environs de cette ville, a ses racines rampantes comme celles du Polypode, chargées de quelques fibres noirâtres, couvertes de plusieurs membranes fines, &amp; roussâtres. Ses tiges sont droites, menues, arrondies, hautes de six à sept pouces, brunes, noirâtres, luisantes, &amp; branchues à leurs extrémités. Chaque branche est chargée de petites feuilles ou pinnules alternes, comme triangulaires, sèches, vertes, soutenues par une petite queue du côté de la pointe de son angle, &amp; garnies sous les replis de leurs marges d'un sillon, qui dans sa maturité donne une poussière fort fine. Le <i>Capillaire</i> de Canada se distingue de celui de Montpellièr par la grandeur de toutes ses parties. Ses tiges sont brunes, &amp; longues de plus d'un pied. On apporte de Canada une grande quantité d'un <i>Capillaire</i> commun. On se sert du <i>Capillaire</i> de Canada au défaut de celui de Montpellier ; &amp; dans les Provinces qui ont des ports sur l'Océan on n'emploie pas d'autre <i>Capillaire</i> que celui de Canada. Le <i>Capillaire</i> s'appelloit anciennement les cheveux de Vénus. On en fait un syrop pectoral, &amp; Montpellier autrefois fournissoit presque toute l'Europe de syrop de <i>Capillaire.</i> On prend le <i>Capillaire</i> en guise de Thé, pour plusieurs maladies du foie &amp; du poumon. On met le <i>Capillaire</i> dans les bouillons &amp; les tisannes rafraîchissantes, apéritives &amp; pectorales.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAPILLAIRE" />
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    <head>CAPILLAIRE</head>
    <p>
    Capillaire , se prend encore pour toutes les plantes qui ont quelque affinité avec l'Adiantum. On appelle plantes <i>Capillaires</i> la fougère, le polypode, la langue de cerf, l'osmonde, le politric &amp;c. Le politric, le ceterac, le sauvevie, ou <i>ruta muraria,</i> le <i>Capillaire</i> ordinaire, ou <i>Adiantum nigrum,</i> &amp; le <i>Capillaire</i> de Montpellier, sont les cinq plantes <i>Capillaires</i> usitées dans les boutiques. Il y a deux espèces de <i>Filicula</i> qu'on nomme l'une <i>Adiantum album,</i> l'autre <i>Adiantum nigrum,</i> ou <i>Capillaire</i> ordinaire. Voyez <ref type="search" target="head:FOUGÈRE">FOUGÈRE</ref>. L'Amérique est féconde en plantes <i>Capillaires.</i> Le R. P. Plumier Minime en a fait une Histoire qu'il a intitulée, <i>Traité des Fougères.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6869" id="1" type="">
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    <head>CAPILLAIRE</head>
    <p>
    CAPILLAIRE , adj. Qui est fait de <i>capillaire.</i> Syrop de <i>capillaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6869" id="2" type="">
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    <head>CAPILLAIRE</head>
    <p>
    Capillaire , adj. se dit des veines &amp; artères qui sont aussi déliées que des cheveux, qui jettent peu de sang, &amp; qu'il est facile d'étancher, quand elles sont crevées. <i>Capillaris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6869" id="3" type="">
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    <head>CAPILLAIRE</head>
    <p>
    Capillaire . Vaisseaux <i>capillaires,</i> on les doit concevoir d'une finesse plus grande vingt fois que les cheveux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6869" id="4" type="chirurgie">
   <index type="head" value="CAPILLAIRE" />
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    <head>CAPILLAIRE</head>
    <p>
    Capillaire . Terme de Physique . On appelle tubes ou tuyaux <i>capillaires,</i> ceux dont le col ou le canal, est le plus étroit qu'il est possible, &amp; non pas ceux dont le canal n'a de diamètre que la grosseur d'un cheveu, car on n'en peut pas faire de si petits. Le diamètre des tubes <i>capillaires</i> est de la moitié, du tiers, du quart d'une ligne, ou environ. Si un tube <i>capillaire</i> communique avec un autre, dont le diamètre est beaucoup plus grand, &amp; qu'on verse de l'eau ou du vif argent dans le grand tube ; ni l'eau, ni le vif argent ne seront au niveau dans ces deux tubes, mais l'eau montera plus haut dans le tube <i>capillaire</i> que dans l'autre, &amp; le vif argent sera moins élevé dans le tuyau <i>capillaire</i> que dans l'autre. La raison de cette expérience est que les parties de l'air qui sont embarrassées &amp; entrelacées les unes dans les autres s'arrêtent à l'ouverture du tuyau <i>capillaire,</i> &amp; ne pressent pas la surface de l'eau qui y est contenue aussi librement qu'elles pressent la surface de l'eau du grand tuyau ; ainsi par la pesanteur même de l'air, l'eau doit s'élever plus haut dans le tuyau <i>capillaire</i> que dans l'autre, à quoi contribue aussi la disposition des parties de l'eau, &amp; la facilité qu'elle a à s'insinuer : au contraire, les parties du vif-argent ayant une disposition, &amp; une figure différente de celles de l'eau, ne s'insinuent pas aisément, &amp; ne s'élevent que peu dans le tuyau <i>capillaire.</i> Au reste, on ne doit point être surpris que le vif-argent, qui paroît plus fluide que l'eau, coule moins librement que l'eau dans un si petit tuyau, puisque l'expérience fait voir tous les jours que l'huile, qui paroît plus grossière en ses parties, &amp; moins fluide que l'eau, s'insinue cependant plus aisément que l'eau, car une goutte d'huile s'étend plus qu'une goutte d'eau sur un linge, où sur une étoffe, &amp; l'huile enfermée dans des tonneaux pénètre même l'enduit de plâtre dont on couvre les fonds ; &amp; le vin &amp; l'eau se conservent dans les tonneaux sans couler, quoiqu'il n'y ait point d'enduit de plâtre.</p><p>On appelle aussi, en termes de Chirurgie , <i>Fracture capillaïre,</i> une fracture qui est si petite, qu'on n'a pas moins de peine à l'apercevoir, qu'on en a à voir un cheveu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6870" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPILLATURE" />
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    <head>CAPILLATURE</head>
    <p>
    CAPILLATURE , s. f. Terme dont les Médecins Botaniques se servent en parlant des plantes qui ont des feuilles, ou des racines déliées, &amp; qui sont comme des espèces de cheveux. <i>Capillamentum.</i> Ils se servent aussi du mot <i>capillament.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6871" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPILLUSVENERIS" />
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    <head>CAPILLUSVENERIS</head>
    <p>
    CAPILLUSVENERIS , s. m. C'est l'<i>adiantum nigrum.</i> Ses feuilles ressemblent à celles du coriandre. Il ne jette ni tige, ni fleur, ni graine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6872" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPILOTADE" />
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    <head>CAPILOTADE</head>
    <p>
    CAPILOTADE , s. f. Ragoût qu'on fait des restes de volailles, &amp; de pièces de rôt dépécées. <i>Minutum miscellaneum.</i> Il faut faire une <i>capïlotade</i> de ces têtes, cuisses &amp; carcasses de chapons, perdrix, levrauts, &amp;c.</p><p>On dit figurément, qu'on a mis quelqu'un en <i>capilotade,</i> quand on a beaucoup médit de lui, qu'on a déchiré &amp; mis en pièces sa réputation. On le dit aussi des vers, &amp; des livres d'un Auteur qu'on critique, &amp; où on trouve beaucoup à reprendre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6872" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPILOTADE" />
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    <head>CAPILOTADE</head>
    <p>
    Capilotade , signifie aussi un recueil de chansons qu'on appelle autrement <i>Alphabet de chansons.</i> Ce recueil contient autant de différentes chansons qu'il y a de lettres dans l'Alphabet, ces chansons sont coürtes &amp; galantes, ou bachiques : la première commence par un mot dont la première lettre est un <i>A,</i> la seconde commence par un mot dont la première lettre est un <i>B,</i> &amp; ainsi des autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6873" id="1" type="relation">
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    <head>CAPIOGLAN</head>
    <p>
    CAPIOGLAN , s. m. Terme de Relation . Espèce de valet qui a soin dans le Serrail des jeunes Azamoglans, ou enfants de tribut que le Grand Seigneur y appelle pour servir auprès de sa personne. Vigenère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6874" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAPION" />
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    <head>CAPION</head>
    <p>
    CAPION , s. m. Terme de Marine . On appelle sur la Méditerranée l'étrave, le <i>capion</i> de proue ; &amp; l'étambord, le <i>capion</i> de pouppe. On dit <i>capion à capion,</i> pour signifier la distance de l'extrémité de la pouppe à celle de la proue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6875" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPISCOL" />
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    <head>CAPISCOL</head>
    <p>
    CAPISCOL , s. m. Dignité de Chef, ou de Doyen, en plusieurs Chapitres &amp; Eglises Cathédrales, ou Collégiales, particulièrement en Provence &amp; en Languedoc. Ç'à <pb n="842" facs="bpt6k8542165/f882/full/1200,/0/native.jpg"/>été aussi une charge militaire, comme témoigne Du Cange. La dignité de <i>Capiscol</i> est comme celle de Chantre dans d'autres Eglises. Il n'est le premier que dans le choeur. Ce mot, selon Ménage, vient de <i>caput Scholae.</i> D'autres, mais sans vraisemblance, veulent que de <i>caput Chori</i> on ait fait <i>Capiscol,</i> &amp; disent que ce nom marque ce que nous disions ci-dessus, qu'il est le premier dans le choeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6876" id="1" type="">
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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    CAPITAINE , s. m. Chef, Général d'armée. <i>Dux, Imperator.</i> Homme de guerre, qui entend la guerre, &amp; qui fait bien la guerre, grand guerrier. <i>Capitaine</i> d'Infanterie, <i>Capitaine</i> de Cavalerie, <i>Capitaine</i> de Chevaux, c'est la même chose que <i>Capitaine</i> de Cavalerie. <i>Capitaine</i> dans Navarre, c'est-à-dire, dans le Régiment de Navarre. Pompée étoit un sage &amp; vaillant <i>Capitaine.</i> Philippe fut déclaré le <i>Capitaine</i> des Macédoniens &amp; des Grecs. Ferdinand Gonzalve de Cordoue a été surnommé le <i>Grand Capitaine.</i> Mr de Rohan a écrit un livre intitulé, <i>Le parfait Capitaine.</i> Il y a de grands <i>Capitaines,</i> qui hors de-là sont de fort petits génies. P. Bourd.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine , se dit aussi d'un moindre Officier d'armée, qui commande une Compagnie des soldats, soit à pied, soit à cheval. <i>Ordinis ductor, Centurio.</i> Un <i>Capitaine</i> de Dragons. Un <i>Capitaine</i> dans un vieux corps, &amp;c. Ce mot &amp; tous les suivans viennent de <i>caput.</i> On a dit autrefois <i>Chevetaine,</i> comme il paroît dans l'Histoire de Joinville, qui parle d'un Secedum <i>Chevetaine</i> des Soudans. On a dit aussi <i>Capet</i> pour Chef : ce qui a donné lieu au surnom de Hugues <i>Capet,</i> suivant l'opinion de Cenalis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine-Lieutenant , est celui qui commande une Compagnie d'ordonnance de Gendarmes, de Chevaux-légers, de Mousquetaires, tant du Roi que de Monseigneur le Dauphin, de la Reine, de Monsieur, lesquels par honneur portent eux-mêmes le nom de <i>Capitaines</i> de ces Compagnies. <i>Expeditae leviter armatorum equitum turmae Praefectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine des Gardes , est l'Officier qui commande une des quatre Compagnies des Gardes à cheval ; qui servent auprès de la personne du Roi. <i>Custodum corporis cohortis Praefectus,</i> ou <i>Praetorii Praefectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine aux Gardes , est un Officier qui commande une des trente Compagnies d'Infanterie qui composent le Régiment des Gardes Françoises. <i>Praetorianus Centurio.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine en second , est l'Officier qui commande une partie d'une Compagnie, quand elle est trop forte d'hommes. <i>Centurionis vel praefecti in eadem turma vel cohorte adjutor.</i> C'est une place qu'on a donnée à plusieurs <i>Capitaines</i> réformés, pour avoir quelque espèce de commandement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine en pied , est un Officier dont la charge ou la compagnie ont été conservées, lorsqu'on a réformé les troupes. <i>Ductor ordinis servati, caeteris exauctoratis ac dimissis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine réformé , est l'Officier dont la place &amp; la charge ont été supprimées, &amp; qui est quelquefois conservé dans le même corps sous le nom de <i>Capitaine en second</i> ou <i>de Lieutenant. Ductor ordinis exauctorati, Ductor exauctoratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine réformé en pied . C'est un Mestre de Camp dont le Régiment a été cassé &amp; réduit en une compagnie franche, qu'il commande encore en qualité de <i>Capitaine réformé en pied. Tribunus exauctorata legione sua cohorti praefectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine d'armes , est un Officier établi dans les compagnies de Suisses &amp; dans les vaisseaux, pour veiller sur les armes de la compagnie, &amp; avoir soin qu'elles soient toujours en bon ordre. <i>Armorum custos ac praefectus.</i> On dit aussi des <i>Capitaines du charroi. Commeatuum praefectus.</i> Des <i>Capitaines des guides. Dux viarum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine , est aussi un Officier de mer qui commande dans un vaisseau, dans une galère, un brûlot, ou autre bâtiment. <i>Navis praefectus.</i> Le Pilote commande aux matelots, &amp; le <i>Capitaine</i> aux soldats. Les vaisseaux pavillons ont deux <i>Capitaines</i> qui ont soin de faire le détail du service. Il y a aussi des <i>Capitaines en second,</i> aussi-bien que des Lieutenans, qui servent à soulager les <i>Capitaines en pied.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine de port , est un Officier de Marine établi dans les ports où il y a un arsenal, qui a soin de garder le port &amp; les vaisseaux qui y sont ancrés, comme sont ceux de Brest, Toulon, Rochefort, &amp;c. <i>Praefectus, custos portuum.</i> Il y a aussi des <i>Capitaines Gardecôtes,</i> dont il est fait mention dans l'Ordonnance de la Marine, qui commandent la Milice établie pour garder les côtes, &amp; empêcher les descentes. <i>Orarum maritimarum praefectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine , se dit aussi des Concierges ou Gouverneurs des Maisons Royales. <i>Regiarum Aedium praefectus.</i> Le <i>Capitaine</i> de St. Germain, de Versailles, du Château du Louvre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine , se dit encore de ceux qui commandent les Gardes des Chasses, les Archers des Gabelles, &amp; autres qui conservent les plaisirs &amp; les droits du Roi. <i>Venaisons praefectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine , se dit aussi de ceux qui commandent les Milices des bourgeois dans les villes, qui sont distribuées par compagnies. <i>Ductor copiarum urbanarum.</i> Les <i>Capitaines</i> de la ville ont eu ordre de mener leurs compagnies au-devant du Roi à son entrée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine , se dit aussi en mauvaise part, de ceux qui se mettent à la tête d'une troupe de vagabonds pour piller &amp; pour voler. <i>Latronum Dux.</i> Un <i>Capitaine</i> de bandits, de voleurs, de Bohémiens, de filous, de coupeurs de bourse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6876" id="17" type="">
   <index type="head" value="CAPITAINE" />
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    <head>CAPITAINE</head>
    <p>
    Capitaine . Sorte de poisson qui se pêche le long des côtes de l'Amérique. On l'appelle ainsi parce qu'il est fort rouge, &amp; qu'il a sur le dos une empennure qui se lève comme un grand pennache. Il est armé de grandes pointes piquantes comme des aiguilles, &amp; il a deux ailerons, ou nageoires de même forme dont il se sert pour se battre contre les autres poissons. Il a du rapport avec la carpe ; mais il est plus grand, &amp; plus gros. Sa chair est de bon goût.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6877" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITAINERIE" />
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    <head>CAPITAINERIE</head>
    <p>
    CAPITAINERIE , s. f. Gouvernement d'une Maison Royale, &amp; des terres qui en dépendent. <i>Praefectura.</i></p><p>On le dit aussi des charges des Capitaines de Chasses, &amp; de l'étendue de leur ressort. La <i>Capitainerie</i> de Fontainebleau, du Bois de Boulogne. La <i>Capitainerie</i> de Livri s'étend jusqu'à la Varenne du Louvre. On a aussi retenu le même nom pour la Jurisdiction des Chasses Royales, qui ont leurs <i>Capitaineries</i> assez souvent jointes aux maisons Royales voisines. Ce qui fait voir que ces anciennes <i>Capitaineries</i> étoient des gardes Royales, auxquelles ce n'est qu'improprement qu'on donne le nom de gouvernement. Menestrier, <i>Hist. de Lion</i> p. 525.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6877" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPITAINERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CAPITAINERIE</head>
    <p>
    &#9758; CAPITAINERIE , s. f.Capitainerie , se dit aussi en particulier de la Jurisdiction pour les enrôlés de la Comté de Roussillon. Patru.<br/>Capitainerie, en quelques Maisons Royales, se dit du lieu affecté au logement des Capitaines du Château &amp; des Chasses. Loger à la <i>Capitainerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6878" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITAL" />
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    <head>CAPITAL</head>
    <p>
    CAPITAL , s. m. Le fond d'une rente, le sort principal, qui engendre &amp; qui produit des intérêts. <i>Caput, sors.</i> En matière d'arrérages, il les faut payer avant que de rien imputer sur le <i>capital.</i> On en use au contraire pour les intérêts d'une obligation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6878" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPITAL" />
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    <head>CAPITAL</head>
    <p>
    Capital , se dit aussi du fonds d'un Marchand qu'il apporte en société ; &amp; en ce cas il est opposé à <i>gain,</i> &amp; au profit qui y survient.</p><p>On appelle aussi <i>capital,</i> le fonds du chéteil ; &amp; en ce cas il est opposé à <i>croît,</i> qui est le profit du bétail qu'on a donné à nourrir.</p><p>On a encore appellé <i>capital,</i> le chef-cens dû sur un héritage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6878" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAPITAL" />
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    <head>CAPITAL</head>
    <p>
    Capital , veut dire aussi ce qu'il y a de principal dans une chose, dans une affaire.</p><p>On dit figurément en ce sens, Faire son <i>capital</i> d'une chose ; pour dire, En faire sa principale affaire, sa principale occupation, son principal argument, y faire fonds, en être assuré, espérer qu'il produira quelque bon effet. <i>In rem aliquam potissimùm incumbere. Praecipuam alicui rei operam dare.</i> C'est le <i>capital,</i> ou le point principal du procès. La plupart des femmes font leur <i>capital</i> de plaire, d'aimer, &amp; d'être aimées. Comber. On laisse là le <i>capital</i> du Christianisme pour les apparences, dont les hommes se laissent trop aisément éblouir. De Vill. Comme S. Athanase s'opposa seul à l'hérésie d'Arius, les Ariens se firent un <i>capital</i> de sa ruine. Herman. Socrate faisoit son <i>capital</i> de la Morale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6879" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITAL, ALE" />
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    <head>CAPITAL, ALE</head>
    <p>
    CAPITAL, ALE , adj. C'est un épithète qu'on donne à ce qui a quelque prééminence, qui est comme le chef &amp; la source de quelque chose ; &amp; il signifie Grand, considérable, principal, essentiel. <i>Capitalis.</i> L'abondance des preuves n'est supportable que quand il s'agit d'un dogme <i>capital,</i> qui peut trouver de la résistance dans les esprits. Les sept péchés <i>capitaux,</i> sont la source &amp; l'origine des autres. Le point <i>capital</i> de l'affaire, c'est, &amp;c. Le Maît. Dessein <i>capital.</i> Pasc. Défaut <i>capital.</i> Id. Les vérités <i>capitales</i> de la foi. Arn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6879" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPITAL, ALE" />
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    <head>CAPITAL, ALE</head>
    <p>
    Capital , se dit aussi de plusieurs choses qui regardent la tête ou le chef, qui y ont quelque rapport. Ainsi on dit, un crime <i>capital,</i> où il y va de la tête, de la vie. Une peine <i>capitale.</i> Les inimitiés <i>capitales</i> sont des causes de récusation.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6879" id="3" type="guerre">
   <index type="head" value="CAPITAL, ALE" />
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   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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    <head>CAPITAL, ALE</head>
    <p>
    Capitale , en termes de Guerre , est la ligne tirée depuis le centre du bastion, jusqu'à la pointe, ou depuis l'angle du polygone, qui est l'angle de la figure, jusqu'à l'angle flanqué, qui est la pointe du bastion. Les <i>capitales</i> ont 35 à 40 toises, c'est-à-dire, depuis la pointe du bastion jusqu'à l'endroit où se rencontrent les deux demi-gorges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6879" id="4" type="">
   <index type="head" value="CAPITAL, ALE" />
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    <head>CAPITAL, ALE</head>
    <p>
    Capitale , s. f. Ce mot signifie la première ville d'un Royaume, d'une Province, d'un Etat. <i>Urbs Provinciae, Regni, Orbis caput ; urbs princeps Provinciae, Regni, Orbis.</i> Paris est la <i>capitale</i> de France. Londres est la <i>capitale</i> d'Angleterre. Rouen la <i>capitale</i> de la Normandie. Moscou la <i>capitale</i> de Moscovie. Constantinople la <i>capitale</i> de l'Empire Ottoman. Rome est la <i>capitale</i> du Christianisme. Maimb. Genève est la <i>capitale</i> du Calvinisme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6879" id="5" type="imprimerie">
   <index type="head" value="CAPITAL, ALE" />
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    <head>CAPITAL, ALE</head>
    <p>
    Capitales , en termes d'Imprimerie , sont les grosses lettres dont on compose les titres, &amp; qu'on met au commencement de chaque période, ou de chaque vers. <i>Litterae majores, majusculae.</i> Tous les noms d'hommes, d'arts, de sciences, de dignités, de Provinces, de Royaumes, &amp;c. doivent commencer par une lettre <i>capitale.</i> Elles ne sont pas seulement différentes par la grosseur ; mais la plupart le sont aussi par leur figure. On les appelle aussi <i>majuscules.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6880" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITAN" />
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    <head>CAPITAN</head>
    <p>
    CAPITAN , s. m. Fanfaron outré, qui se vante d'actions de bravoure incroyables, quoi qu'il soit en effet poltron. <i>Thraso, miles gloriosus.</i> Les <i>Capitans</i> sont des personnages ridicules, qu'on introduit souvent dans la Comédie, particulièrement dans l'Italienne. Molière a dit dans les Fâcheux.</p><p>Pour dire simplement, faire le fanfaron. Ce mot est purement Espagnol, Capitan, Capitaine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6881" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITAN-BACHA" />
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    <head>CAPITAN-BACHA</head>
    <p>
    CAPITAN-BACHA , s. m. Amiral Turc, Bacha de la mer. <i>Talassiarchus Turcarum</i> : quelques Dictionnaires mettent aussi <i>Capoutan-Bacha</i> ; mais nous ne parlons jamais ainsi en François : on dit toujours <i>Capitan-Bacha,</i> de l'Italien Capitano, qui a beaucoup de cours depuis long-temps dans la Grèce &amp; les Etats qu'occupe le Grand-Seigneur, &amp; qui en avoit avant même qu'il en fût maître. Voyez d'Herbelot au mot Capudan. Pour les Empereurs Grecs de Constantinople, ce nom se donnoit aux Gouverneurs de Provinces qu'ils envoyoient en Italie de l'Italien <i>Capitano,</i> Capitaine. Les Turcs disent <i>Capudan Bacha.</i> Ce mot ne vient point de <i>capi</i> ou <i>capu,</i> qui en Turc signifie porte ; mais de l'Italien, comme on l'a dit.</p><p>Les Turcs appellent aussi <i>Capudan Reis,</i> ou <i>Reis Bachi,</i> celui que nous appellons Pilote Royal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6882" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITANATE" />
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    <head>CAPITANATE</head>
    <p>
    CAPITANATE , s. f. Nom de l'une des douze Provinces du Royaume de Naples. C'est l'<i>Apulia Daunia,</i> ou une partie de l'<i>Apulia Daunia</i> des Anciens. Les Italiens l'appellent aujourd'hui <i>Puglia piana,</i> c'est-à-dire, <i>la Pouille plaine,</i> parce qu'en effet cette Province n'a presque que des plaines. Elle est bornée au Nord par le Golfe de Venise, au Levant par la terre de Barri, au Midi par la Basilicate, &amp; la Principauté citérieure, au Couchant enfin par le Comté de Molisse, &amp; une partie de l'Abruzze citérieure. Elle a environ 21 lieues de longueur, &amp; autant dans sa plus grande largeur.</p><p>Elle a le nom de <i>Capitanate</i> depuis l'Empereur Basile qui y envoya un Gouverneur, auquel il donna le titre de Capitan, ou Capitaine. Ceux qui en parlent sont Léandre, <i>Descrip. Ital. p.</i> 249. Scipion Mazella, <i>Reg. Neap.</i> Merula dans sa <i>Cosmogr.</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6883" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAPITANE" />
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    <head>CAPITANE</head>
    <p>
    CAPITANE , s. f. Terme de Marine . La galère <i>Capitane</i> est la galère principale que monte le Commandant. <i>Navis praetoria, navis princeps.</i> En France, depuis la suppression de la charge de Capitaine Général des galères arrivée en 1669. il n'y a plus de galère <i>Capitane.</i> La première s'appelle <i>Reale,</i> &amp; la seconde <i>Patrone.</i> On l'appelloit autrefois <i>Capitainesse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6884" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITANIE" />
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    <head>CAPITANIE</head>
    <p>
    CAPITANIE , s. f. C'est le nom qu'on donne aux douze Gouvernemens que les Portugais ont établis dans le Brésil, parce qu'ils les appellent <i>Capitanias</i> en leur langue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6885" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITATION" />
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    <head>CAPITATION</head>
    <p>
    CAPITATION , s. f. Imposition, droit qui se lève sur chaque personne, en considération de son travail, de son industrie, de sa charge, de son rang, &amp;c. <i>Tributum uniuscujusque capiti impositum, census capitum, census in capita, capitatio.</i> Cette espèce de tribut est ancienne. Théophylacte, sur l'Epître de S. Paux aux Romains, ch. 13. &amp; Oecuménius, sur la même Epître, ch. 18. en parlent, &amp; l'appellent en Grec , <i>capitation.</i> Les tailles s'imposent par <i>capitation</i> sur chaque personne. Elles répondent au <i>tributum</i> des Latins ; au lieu que l'imposition sur les marchandises s'appelloit <i>vectigal, quia vehebantur.</i> Les premières <i>capitations</i> en France s'appellerent <i>fouages,</i> &amp; ne duroient qu'un an. Depuis on les appella <i>tailles,</i> lorsque sous Charles VII. elles furent rendues perpétuelles. En Dauphiné la <i>capitation</i> s'appelle <i>capage.</i> On appelle encore <i>capitation,</i> une certaine taxe qu'on impose par tête dans les besoins de l'Etat. La <i>capitation</i> a été établie en France par une Déclaration du Roi du 18. Janvier 1695. La connoissance des affaires qui regardent la <i>capitation</i> est attribuée aux Intendans des Provinces, &amp; à l'égard de la ville de Paris, aux Prévôt des Marchands &amp; Echevins, à la charge de l'appel au Conseil du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6886" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="CAPITAUX" />
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    <head>CAPITAUX</head>
    <p>
    CAPITAUX , s. m. Terme de Coutume . On appelle <i>capitaux</i> en quelques Provinces, ceux qui relèvent immédiatement du Chef ou du Roi. <i>Qui à rege tenent in capite.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6887" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAPITE" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CAPITE</head>
    <p>
    CAPITE . Terme de Marine . Lit de Vaisseau. Voyez <ref type="search" target="head:CAJUTES">CAJUTES</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6888" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITEL" />
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    <head>CAPITEL</head>
    <p>
    CAPITEL , s. m. On appelle ainsi le plus clair, &amp; le plus liquide d'une lessive composée de cendre, d'eau &amp; de chaux-vive. <i>Lixiviae pars liquidior.</i> Le <i>Capitel</i> entre dans la composition du savon, tant blanc que noir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6889" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITEUX, EUSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CAPITEUX, EUSE</head>
    <p>
    &#9758; CAPITEUX, EUSE , adj. Qui fait mal à la tête, ou <i>qui porte à la tête.</i> Les grands défauts des vins secs sont d'être verds, ou liquoreux, ou terrestres, ou <i>capiteux. Spect. de la Nat.</i> C'est la fleur du houblon qui rend la bière <i>capiteuse,</i> &amp; capable d'enyvrer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6890" id="1" type="">
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    <head>CAPITOLE</head>
    <p>
    CAPITOLE , s. m. Forteresse fameuse de Rome sur le mont Tarpeien, où il y avoit un Temple de Jupiter, qui à cause de cela s'appelloit <i>Capitolin. Capitolium.</i> C'étoit là que s'assembloit le Sénat : c'étoit là aussi que l'on contraignoit les Chrétiens de sacrifier aux faux Dieux. Les premiers fondemens du <i>Capitole</i> furent jettés l'an 139. de Rome par Tarquin l'Ancien. Servius son successeur éleva l'édifice, &amp; ce fut Tarquin le Superbe qui le fit achever l'an 221. mais il ne fut consacré que trois ans après que les Rois eurent été chassés, &amp; le Consulat établi. Ce fut le Consul Horace qui fit la cérémonie de la dédicace l'an de Rome 246. On appella cette forteresse <i>Capitole</i> du mot Latin <i>caput,</i> à cause d'une tête qu'on y trouva en creusant les fondemens de ce bâtiment. Le plus fameux Temple du <i>Capitole</i> étoit celui de Jupiter Capitolin. On dit qu'il avoit 800 pieds de tour. Ce temple consistoit en 3 parties ; en une nef dédiée à Jupiter ; &amp; en 2 ailes, dont l'une étoit consacrée à Junon, &amp; l'autre à Minerve. On y montoit par degrés. Lipse en compte jusqu'à cent, parce que Tacite en donne autant au rocher sur lequel le <i>Capitole</i> étoit bâti ; mais il y en avoit, ou il pouvoit du moins y en avoir un plus grand nombre au rocher qu'au temple. Le portail &amp; les côtés étoient entourés de galeries, dans lesquelles ceux qui avoient eu l'honneur du triomphe, donnoient un magnifique repas au Sénat, après avoir offert des sacrifices aux Dieux. Les dedans &amp; les dehors brilloient d'une infinité d'ornemens. La statue de Jupiter, son foudre d'or, son sceptre &amp; sa couronne étoient les principaux. Il y avoit encore dans le <i>Capitole</i> un temple de Jupiter Gardien, un de Junon, l'Hôtel de la Monnoie, &amp; sur la <pb n="844" facs="bpt6k8542165/f884/full/1200,/0/native.jpg"/>pente le temple de la Concorde. Voyez la <i>Roma Vetus</i> du P. Alexandre Donat Jésuite, de l'édit. d'Amsterdam de 1695. Il y décrit le <i>Capitole</i> très-exactement. Le <i>Capitole</i> fut brûlé sous Vitellius, &amp; Vespasien le fit rebâtir dans le temps de la destruction du Temple de Jérusalem. Le feu du Ciel l'ayant encore brûlé sour l'Empire de Tite, Domitien le fit rebâtir avec plus de pompe, &amp; ordonna des jeux que l'on célébroit tous les cinq ans. Le Chrétiens ont bâti dans le même endroit une Eglise appellée <i>Ara Coeli</i> en l'honneur de la Sainte Vierge. Vigenère traite du <i>Capitole</i> dans ses <i>Annot. sur Tite-Live,</i> T. I. p. 674. &amp; suiv.</p><p>On a appellé de même <i>Capitoles,</i> les principaux temples des Colonies des Romains. Il y en avoit à Constantinople, à Jérusalem, à Carthage, à Ravenne, à Milan, à Capoue, à Vèrone, à Cologne, à Trèves, à Narbonne, à Autun, à Pamiers, à Nîmes, à Besançon, à Saintes, à Clermont, à Rheims, à Rhodes, &amp; à Toulouse, où on le voit encore, &amp; dont Grégoire de Tours a parlé, <i>Hist. Franc. L. I. C.</i> 28. &amp; <i>De Glor. Mart. L. I. C.</i> 48. On a aussi donné ce nom à des forteresses, à des lieux où on rendoit la Justice, &amp; à quelques Chapitres de Religieux.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAPITOLIN" />
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    <head>CAPITOLIN</head>
    <p>
    CAPITOLIN , adj. Qui n'est en usage qu'au masculin, en Latin <i>Capitolinus,</i> d'où le mot de <i>Capitolin</i> a été formé. Il signifie, qui a rapport au Capitole, qui appartient au Capitole ; c'est une épithète &amp; un surnom qui a été donné à diverses choses.</p><p>Le Mont <i>Capitolin, Mons Capitolinus,</i> étoit une des sept montagnes de Rome, à laquelle on donna ce nom, parce qu'en y fouillant pour jetter les fondemens d'un temple de Jupiter, ou y trouva un crane, ou une tête d'homme, <i>caput,</i> d'où se fit <i>Capitolinus</i> ; ou selon d'autres <i>à Capite Toli,</i> de la tête de Tolus qui y fut trouvée. Cette montagne avoit été nommée jusques-là montagne de Saturne, <i>Mons Saturnius,</i> parce que c'étoit le lieu du Latium où Saturne avoit demeuré. Elle porta aussi le nom de montagne de Tarpeïa, parce que Tarpeia Vestale y fut assommée sous les boucliers des Sabins, auxquels elle avoit livré la citadelle de Rome, &amp; à qui elle demandoit pour récompense les bracelets d'or ornés de pierreries qu'ils portoient au bras gauche. Il y avoit jusqu'à trente temples sur le mont <i>Capitolin.</i> Le plus magnifique &amp; le plus célèbre étoit celui de Jupiter. Voyez Rosin <i>Ant.</i> L. I. C. 5. &amp; Dempsterus dans ses <i>Antiq. Rom.</i></p><p>Jupiter <i>Capitolin,</i> surnom qui fut donné à Jupiter, à cause du temple qu'il avoit sur le mont <i>Capitolin.</i> Tarquin, fils de Demaratus, &amp; surnommé le vieux, fit voeu de bâtir ce temple &amp; le commença ; Tarquin le superbe le bâtit ; &amp; Horatius Pulvillus le dédia. Ce temple fut brûlé dans la guerre civile de Marius &amp; de Sylla, &amp; réparé ensuite par Q. Catulus, &amp; dédié une seconde fois. Pline, <i>L. III. C.</i> 5. <i>L. VII. C.</i> 28. <i>L. X. C.</i> 22. <i>L. XXXIII. C.</i> 1. 3. <i>&amp;</i> 12. <i>L. XXXIV. C.</i> 7. Suetone <i>in Jul. Caes. C.</i> 15. Il fut encore brûlé sous Vitellius &amp; réparé par Vespasien. Dion. <i>L. LXV.</i> Suet. <i>in Wespasi. C.</i> 8. C'étoit dans ce temple de Jupiter <i>Capitolin</i> qu'on prêtoit le serment de fidélité aux Empereurs. <i>Pline, L. II. C.</i> 7. &amp; qu'on faisoit les voeux publics. C'étoit là que ceux à qui l'honneur du triomphe étoit décerné montoient en char, &amp; avec tout l'appareil du triomphe &amp; de leurs victoires ; après quoi ils faisoient un festin dans le temple de Jupiter <i>Capitolin,</i> ou selon d'autres sous les portiques du Capitole.</p><p>Les Jeux <i>Capitolins</i> étoient des combats institués par Camille à l'honneur de Jupiter <i>Capitolin,</i> en mémoire de ce que le Capitole n'avoit point été pris par les Gaulois, <i>Tite-Live, L. V. c.</i> 30. Plutarque, dans ses Questions Romaines, quest. 53. dit qu'une partie de la cérémonie étoit que le Crieur public mit les Sardois, c'est-à-dire, les Etruriens à l'enchère. On prenoit aussi un vieillard à qui l'on pendoit au cou une bulle, telle qu'en portoient les enfans, &amp; on l'exposoit à la risée publique. Festus dit qu'on l'habilloit d'une robe <i>pretexte,</i> &amp; qu'on lui pendoit au cou une bulle d'or, non pas comme à un enfant, mais parce que c'étoit l'ornement des Rois d'Etrurie.</p><p>L'Empereur Domitien institua aussi des Jeux <i>Capitolins</i> qui se célébroient à Rome, non pas tous les ans comme ceux de Camille, mais tous les cinq ans, dans lesquels on distribuoit aux Poëtes des prix &amp; des couronnes que l'Empereur lui-même leur mettoit sur la tête. Ces jeux <i>Capitolins</i> de Domitien furent si célèbres que l'on changea dans l'Empire la coutume de compter par lustres ; &amp; l'on compta par les jeux <i>Capitolins,</i> comme en Grèce par les Olympiades. Cet usage duroit encore au temps qu'écrivoit Censorinus, c'est-à-dire, vers 230. sous Gordien. La Fête n'étoit pas pour les seuls Poëtes, il y avoit aussi des combats, &amp; des récompenses pour les Orateurs, les Comédiens, les Histrions, &amp; les joueurs de toutes sortes d'instrumens. On peut voir sur ces jeux, &amp; les précédens, Rosinus, <i>Antiq. Rom.</i> L. V. c. 18. &amp; Godwin, <i>Antholog. Rom.</i> L. II. sect. 3. c. 7.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAPITOLIN</head>
    <p>
    Capitolin , s. m. est aussi un surnom d'homme. <i>Capitolinus.</i> M. Manlius fut surnommé <i>Capitolin,</i> parce que pour avoir voulu se rendre maître de Rome, il fut précipité du haut du Capitole. Julius <i>Capitolin</i> ou <i>Capitolinus,</i> est un Historien qui vivoit sous Dioclétien, &amp; qui a écrit les vies d'Antonin Pie, de Luce Vère, d'Albin, de Macrin, des deux Maximins, des trois Gordiens, de Maxime &amp; de Balbin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6892" id="1" type="">
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    <head>CAPITON</head>
    <p>
    CAPITON , s. m. Ce qui reste quand on a dévidé toute la soie de la coque d'un ver, ce qu'on en peut encore tirer avec le peigne pour le filer. <i>Bombycinum infectum, vellus bombycinum tortilis fusi expers.</i> C'est la bourre &amp; le plus gros de la soie dont on fait la grosse besogne, &amp; qu'on sépare avec des cardasses. On s'en sert à faire des lacis &amp; autres gros ouvrages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6893" id="1" type="">
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    <head>CAPITOUL</head>
    <p>
    CAPITOUL , s. m. est le nom des premiers Magistrats de Police de Toulouse, qui ont la même fonction que celle du Consul ou Echevin ailleurs. <i>Consul.</i> On dit à Toulouse.</p><p>Ce nom a été donné à ces Officiers à cause du lieu où ils s'assembloient, qui s'appelloit le <i>Capitole,</i> &amp; qui avoit le même nom, &amp; le même usage que celui de Rome.</p><p>Autrefois les <i>Capitouls</i> étoient pris en nombre égal du Bourg &amp; de la Cité de Toulouse, six de l'un &amp; six de l'autre. En 1336. la ville se trouvant plus peuplée que le Bourg, des douze <i>Capitouls</i> on en choisit huit de la ville, &amp; quatre seulement du Bourg. En 1389. ou 1390. Charles VI. les réduisit à quatre. En 1392. il augmenta le nombre de deux, &amp; ils furent six ; &amp; la même année il les augmenta encore de deux, de sorte qu'ils étoient huit. En 1400. ou 1401. il ordonna qu'ils seroient douze. Enfin en 1438. (La Faille dit en 1401.) ils furent réduits à huit, comme ils sont encore à présent. Cette Charge ne dure qu'un an, &amp; elle annoblit ; &amp; dans plusieurs anciens Actes ils sont appellés <i>Capitulum Nobilium Tolosae.</i> Ceux qui l'ont été, se qualifient aussi de Bourgeois, sont appellés à tous les Conseils généraux, &amp; ont droit d'image, c'est-à-dire, que l'année de leur administration étant faite, ils sont peints dans la Maison de Ville ; coutume qu'ils ont retenue des anciens Romains, comme on le peut voir dans Sigonius, <i>De Antiquo Jure Civium Romanorum, L. II.</i></p><p>Les <i>Capitouls</i> sont si jaloux de ce nom, que le Consuls de Muret l'ayant pris, ils leur firent faire défense de le porter, par Sentence du Sénéchal de Toulouse, du 15e Juin 1518. Ils sont appellés dans les anciens Actes <i>Consules Capitularii,</i> ou <i>Capitolini,</i> &amp; leur Compagnie <i>Capitulum.</i> C'est de là que vient le nom de <i>Capitularti</i> &amp; de <i>Capitoul.</i> Celui de <i>Capitolini</i> vient de ce qu'ils ont la garde de la Maison de Ville, qui s'appelle Capitole, <i>Capitolium.</i> Voyez Catel dans son IIe Livre de l'<i>Hist. de Languedoc,</i> &amp; la Faille dans ses <i>Annales de la ville de Toulouse,</i> où il donne des listes des <i>Capitouls,</i> dont les plus anciens ne sont que de 1271.</p><p>Ménage dérive aussi ce mot de <i>Capitolini.</i> On les appelle <i>Capitulares,</i> &amp; en quelques autres lieux de France <i>Capitoliers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6894" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITOULAT" />
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    <head>CAPITOULAT</head>
    <p>
    CAPITOULAT , s. m. On appelle ainsi les différens quartiers ou régions de la ville de Toulouse, dont chacun est régi par un Capitoul. Toulouse est aujourd'hui divisée en huit <i>Capitoulats</i> ; &amp; ces <i>Capitoulats</i> ou régions, sont divisées en Moulans, qui ont chacun un Dixainier, lequel a charge d'avertir le Capitoul de ce qui se passe en sa dixaine, &amp; de faire savoir aux habitans de sa dixaine ce que le Capitoul du quartier lui commande de faire savoir. Le <i>Capitoulat</i> de la Daurade est le premier <i>Capitoulat</i> de <pb n="845" facs="bpt6k8542165/f885/full/1200,/0/native.jpg"/>Toulouse. Catel, <i>Hist de Lang. L. II. p.</i> 145. Les autres sont le <i>Capitoulat</i> de S. Etienne, qui prend son nom de l'Eglise Cathédrale qui y est renfermée ; le <i>Capitoulat,</i> du Pont vieil, le <i>Capitoulat</i> de la Pierre, le <i>Capitoulat</i> de la Dal Bade, le <i>Capitoulat</i> de S. Pierre de Cuisines ; le <i>Capitoulat</i> de S. Barthélemi ; le <i>Capitoulat</i> de S. Sernin en Toulouse. Id. <i>p.</i> 144. Catel écrit <i>Capitoulat</i> &amp; <i>Capitoulat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6895" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITULAIRE" />
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    <head>CAPITULAIRE</head>
    <p>
    CAPITULAIRE , adj. m. &amp; f. Acte qui se passe dans un Chapitre, soit de Chevaliers, soit de Chanoines, soit de Religieux. <i>Equitum, Canonicorum, Monachorum simul congregatorum decretum.</i> Il a été fait plusieurs délibérations &amp; actes <i>Capitulaires</i> pour régler la discipline de cette Maison, de cet Ordre.</p><p>On a appellé les <i>Capitulaires</i> de Charlemagne, <i>Capitularia Caroli Magni,</i> de Louïs le Débonnaire, &amp; de Charles le Chauve, les Ordonnances, &amp; les Loix, tant Ecclésiastiques, que Civiles, qui ont été faites par ces Empereurs. <i>Caroli Magni aliorumque Franciae Regum leges ad res tum Ecclesiasticas, tum civiles pertinentes.</i> Elles étoient faites dans les Etats Généraux &amp; dans l'Assemblée de la Nation, ou dans des Conciles, par l'autorité des Princes, &amp; du consentement des peuples. C'étoit dans cette assemblée que nos Rois faisoient pour l'ordinaire leurs Constitutions. On en faisoit ensuite la lecture tout haut, &amp; après que toute l'assemblée y avoit donné son consentement, chacun y souscrivoit en particulier. On obligeoit chaque Evêque &amp; chaque Comte d'en prendre copie des mains du Chancelier, pour les envoyer ensuite aux Officiers qui dépendoient d'eux, afin que par ce moyen elles pussent venir à la connoissance des peuples. Quelques-uns les distinguent des Loix, &amp; disent que ce n'étoit que leurs supplémens. On leur a donné ce nom, parce qu'ils étoient distingués par Sections, ou par Chapitres L'ancien Droit François consistoit en ces <i>Capitulaires,</i> &amp; c'étoit un nom général qui s'étendoit à toutes sortes de Constitutions, soit Civiles, soit Ecclésiastiques ; &amp; on a appellé ainsi celles qui ont été faites par nos Rois pendant 500 ans. La principale charge des Intendans des Provinces, qu'on appelloit <i>Missi Dominici,</i> étoit de faire exécuter ces <i>Capitulaires,</i> qui ont été en vigueur en France, &amp; en Allemagne jusqu'au règne de Philippes Le Bel. L'Abbé Ansegise en ramassa quatre livres l'an 827. Benoît, Diacre de Maience, en compila trois autres livres ; puis on en retrouva quatre autres de l'Empereur Louïs, qui y ont été joints par addition. Mr Baluze en a ramassé plusieurs autres des Rois précédens, &amp; les a donnés au Public avec une curieuse Préface : il faut voir l'édition de 1677. Il y a ajoûté les Formules de Marculfe, celles du Père Sirmond, &amp; de Mr Bignon, &amp; plusieurs autres tirées d'anciens manuscrits. Jean Lydius, dans ses gloses du Latin barbare, dit que <i>Capitulare, Capitulaire,</i> est la même chose que ce que les Anciens appelloient <i>Decret, Senatusconsulte, loi,</i> &amp; qu'on appelle aujourd'hui <i>Ordonnance</i> ; &amp; <i>Recès, Recessus</i> : en effet le Droit François, qui consistoit sous les Rois de la première race dans les loix Saliques, outre ces loix, comprenoit sous les Rois de la seconde race, les Ordonnances des Rois de cette race, auxquelles on donna le nom de <i>Capitulaires.</i> Sous les Rois de la troisième race on a appellé Ordonnance, ce que l'on appelloit autrefois <i>Capitulaire.</i> Les <i>Capitulaires</i> ont été faits avec la même autorité, mais non pas de la même manière que les loix se font aujourd'hui.</p><p>On peut distinguer trois sortes de <i>Capitulaires</i> suivant les matières. Ceux qui traitent des matières Ecclésiastiques sont de véritables Canons, tirés, selon la remarque d'Antoine Augustin Archevêque de Tarragone, des Conciles légitimement assemblés. Ceux qui traitent des matières séculières, mais générales, sont de véritables loix ; ceux qui ne regardent que de certaines personnes, ou de certaines occasions, ne doivent être considérés que comme des règlemens particuliers.</p><p>Mr l'Abbé Fleury appelle <i>Capitulaires d'interrogations,</i> deux Mémoires qui contiennent des questions que Charlemagne proposa aux Evêques, aux Abbés &amp; aux Comtes de son Royaume en 811.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6896" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITULAIREMENT" />
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    <head>CAPITULAIREMENT</head>
    <p>
    CAPITULAIREMENT , adv. En assemblée de Chapitre, <i>Canonicorum, &amp;c. in consessu.</i> Ils ont été assemblés <i>capitulairement</i> au son de la cloche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6897" id="1" type="">
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    <head>CAPITULANT</head>
    <p>
    CAPITULANT , s. m. Chevalier, Chanoine, ou Religieux qui a voix en Chapitre. <i>Cui jus est suffragii, potens pollensque suffragii.</i> On ne connoît ni les <i>Capitulans,</i> ni les signatures. Patru.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAPITULATION" />
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    <head>CAPITULATION</head>
    <p>
    CAPITULATION , s. f. Traité fait avec la garnison, ou les bourgeois d'une place assiégée, par lequel ils se rendent moyennant certaines conditions &amp; articles qu'on leur accorde. <i>Dedendae urbis, arcis conditiones, leges.</i> On le dit aussi des procès, ou des autres mauvaises affaires où on est engagé. Vous avez bien fait de sortir de cet embarras par <i>capitulation</i> ; ce chicaneur vous eût ruiné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6898" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPITULATION" />
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    <head>CAPITULATION</head>
    <p>
    Capitulation est aussi un Traité, des <i>Pacta conventa,</i> ou une espèce de contrat ou de concordat que les Electeurs font avant l'élection de l'Empereur, que celui qui est élû ratifie après son élection, &amp; qu'il est obligé de tenir. Les <i>Capitulations</i> de l'Empire ne sont en usage que depuis Charles V. La crainte que les Princes &amp; les villes d'Allemagne eurent de la trop grande puissance de cet Empereur les introduisit. Avant cet Empereur, il n'y a aucun exemple de <i>Capitulation.</i> Si l'on en produit quelqu'une, elle est supposée. Quand l'Empereur est élû, s'il est présent, les Electeurs le conduisent à l'Eglise, &amp; l'ayant fait asseoir sur le grand Autel, l'Archevêque de Maïence, comme ArchiChancelier de l'Empire en Allemagne, lui présente la <i>Capitulation</i> pour la signer. Il le fait, &amp; promet en même-temps de confirmer immédiatement après son couronnement les priviléges dont jouïssent les Electeurs, Princes, &amp; Etats de l'Empire. A cet effet l'Empereur fait expédier à chaque Electeur des lettres patentes. Ce sont les Electeurs qui dressent &amp; présentent les <i>Capitulations</i> ; les autres membres de l'Empire n'y ont point de part, malgré les plaintes qu'ils en font quelquefois. Lors de la paix de Westphalie on proposa de délibérer dans la prochaine diète sur la manière de dresser une <i>Capitulation</i> perpétuelle ; c'est-à-dire, suivant la Coutume d'Allemagne, de délibérer sur une chose que l'on ne conclura jamais. Dès le commencement de la <i>Capitulation</i> l'Empereur reconnoît qu'il a reçu l'Empire à ces conditions, &amp; qu'il en est convenu avec les Electeurs, tant pour eux que pour les autres Etats de l'Empire. Monsamb. Plusieurs Auteurs Allemands en parlant de la <i>Capitulation</i> tombent dans une honteuse flatterie, ou font voir une extrême ignorance dans la Politique. Il y en a qui ont osé soutenir que la <i>Capitulation</i> ne donnoit point de bornes à la puissance de l'Empereur, mais qu'elle empêchoit seulement les aliénations &amp; les engagemens, qui auroient pû affoiblir les forces de l'Empire. Id. La <i>Capitulation</i> Léopoldine contient quarante-sept articles. Voyez Séverin de Monsambano, <i>Etat présent de l'Empire, C.</i> 5. Heiss. <i>Hist. de l'Emp.</i></p><p>Frideric Duc de Saxe, surnommé le Sage, passe pour être l'Auteur des <i>Capitulations</i> Impériales, parce qu'après la mort de Maximilien I. l'Empire lui ayant été offert, il le refusa, &amp; conseilla aux Electeurs de choisir Charles V. mais à certaines conditions, pour mettre la liberté de l'Allemagne en sûreté. Voyez Schurfleisch, <i>Dissert. de El. Frid. III.</i> § 10. &amp; Imhoff. <i>Not. Imp. Lib. IV. Cap.</i> 2. §. 5.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6899" id="1" type="breviaire">
   <index type="head" value="CAPITULE" />
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    <head>CAPITULE</head>
    <p>
    CAPITULE , s. m. Terme de Bréviaire . <i>Capitulum.</i> Mr Nivers s'est servi de ce mot. Voyez <ref type="search" target="head:Chapitre">Chapitre</ref>. Les <i>Capitules</i> se doivent plutôt lire, ou prononcer, que chanter. Nivers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6900" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPITULER" />
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    <head>CAPITULER</head>
    <p>
    CAPITULER , v. n. Composer, traiter avec un assiégeant de la reddition d'une place sous certaines conditions. <i>De arce, urbe dedendâ transigere, pacisci.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6900" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPITULER" />
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    <head>CAPITULER</head>
    <p>
    Capituler , se dit aussi des propositions d'accommodement qu'on fait faire pour sortir de quelque affaire, ou de quelque embarras. <i>Pacisci, convenire de re aliquà.</i> Il y a apparence que le procès de cet homme ne vaut rien, puisqu'il veut <i>capituler.</i> On peut bien <i>capituler</i> avec la vertu ; &amp; pourvû qu'on soit exact dans le solide, il n'est pas nécessaire de se gêner si fort à l'égard des bienséances. S. Evr. Il ne faut ni <i>capituler</i> avec son Roi, ni s'approcher de lui, quand il est en colère.</p><p>On dit proverbialement, Ville qui <i>capitule</i> est à demi rendue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6901" id="1" type="">
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    <head>CAPITZI KIHEIA</head>
    <p>
    CAPITZI KIHEIA , s. m. Grand Chambellan du Grand Seigneur. <i>Magnus Imperatoris Turcici Camerarius.</i> Artus Thomas, <i>Contin. de l'Hist. des Turcs Liv. VI.</i> Le <i>Capitzi Kiheia</i> arriva, comme nous dirions le Grand Chambellan, avec quinze Capitschilar &amp;c. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6902" id="1" type="divination">
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    <head>CAPNOMANCE</head>
    <p>
    CAPNOMANCE , s. f. Terme de divination . Ce mot signifie <pb n="846" facs="bpt6k8542165/f886/full/1200,/0/native.jpg"/>divination par la fumée. Les Anciens tiroient un bon augure quand la fumée qui s'élevoit de l'autel où l'on faisoit un sacrifice étoit légère, peu épaisse, quand elle s'élevoit droit en haut sans se répandre tout autour de l'autel ; si le contraire arrivoit ils le prenoient pour un mauvais présage. <i>Capnomantia.</i></p><p>Ce mot vient du Grec. Il est formé de , <i>fumée,</i> &amp; de , <i>divination.</i> Il y a un autre sorte de <i>capnomance,</i> qui consiste à observer la fumée qui s'élève lorsqu'on a jetté de la graine de pavot ou de sesame sur des charbons allumés. Voyez Peucer dans son Traité des divinations.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6903" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPO" />
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    <head>CAPO</head>
    <p>
    CAPO , s. m. Mot purement Italien, qui signifie <i>cap,</i> de <i>capo,</i> tête. Nos Géographes s'en servent quelquefois, &amp; le retiennent dans les noms de lieu, qui sont sur les côtes d'Italie, ou voisines d'Italie ; en un mot, dans les noms que les Italiens ont donné à différens lieux, où la langue Italienne a cours. <i>Capo</i> coco, cap de Sicile le plus Occidental de cette Isle. <i>Capo della Greca</i> dans l'Isle de Chypre. <i>Capo delle colonne</i> dans la Calabre. <i>Capo d'Istria,</i> ville d'Istrie sur un rocher. Le <i>Capo Greco,</i> est à la pointe de la presqu'Isle de Romanie. <i>Capo Ferrato,</i> en François <i>Cap de Fer,</i> sur la côte d'Alger, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6904" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPOC" />
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    <head>CAPOC</head>
    <p>
    CAPOC , s. m. Espèce d'ouate qu'on tire d'un arbre qu'on appelle <i>capoquier.</i> Elle est fort fine, &amp; si courte qu'on ne sauroit la filer. Les Siamois s'en servent au lieu de duvet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6905" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPOLIN" />
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    <head>CAPOLIN</head>
    <p>
    CAPOLIN , s. m. Arbre de moyenne grandeur qui croît dans le Mexique. Ses feuilles sont semblables à celles de nos amandiers, ou de nos cerisiers. Ses fleurs pendent par grappes ; &amp; il en naît des fruits qui ressemblent à nos cerises, tant pour la figure, grosseur &amp; couleur, que pour les noyaux. Ces fruits avant leur maturité sont aigres &amp; astringens ; mais quand ils sont mûrs, ils deviennent doux &amp; fort agréables. Cet arbre fleurit au printemps, &amp; donne du fruit pendant tout l'été.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6906" id="1" type="college">
   <index type="head" value="CAPON" />
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    <head>CAPON</head>
    <p>
    CAPON , adj. Terme de Collége , qui se dit d'un écolier fripon, qui n'a point le coeur à l'étude, qui frippe ses classes, qui escroque ses compagnons, qui les trompe en jouant contre eux. <i>Nebulo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6906" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="CAPON" />
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    <head>CAPON</head>
    <p>
    Capon , est aussi un terme de Marine , &amp; signifie une machine composée d'une corde &amp; d'une grosse poulie, à quoi l'on joint un gros croc de fer qui sert à lever l'ancre, quand on a coupé le cable ; parce qu'il saisit l'orin, ou le cable qui est attaché à une bouée, ou tonneau vuide, qui marque le lieu où l'ancre a été laissée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6907" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAPONE" />
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    <head>CAPONE</head>
    <p>
    CAPONE . Terme de Marine . Commandement qu'on fait à l'équipage pour le faire haler sur le capon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6908" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPONNER" />
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    <head>CAPONNER</head>
    <p>
    CAPONNER , v. act. <i>Caponner</i> l'ancre, c'est crocher l'arganeau de l'ancre avec le croc du capon pour la hisser au bossoir. <i>Alligare, astringere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6908" id="2" type="college">
   <index type="head" value="CAPONNER" />
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    <head>CAPONNER</head>
    <p>
    Caponner . Terme de Collége , qui se dit d'un écolier rusé qui attrape les autres, &amp; qui les escroque. <i>Subripere, fraudare, decipere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6909" id="1" type="fortification">
   <index type="head" value="CAPONIÈRE" />
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    <head>CAPONIÈRE</head>
    <p>
    CAPONIÈRE , ou CAPONNIÈRE, s. f. Terme de Fortification . Logement, petit corps de garde avancé, &amp; creusé quatre ou cinq pieds en terre, pour y mettre quinze ou vingt mousquetaires. <i>Insidiae.</i> Il est couvert de planches à demi enfoncées dans le rez-de-chaussée, &amp; couvertes de terre. Il ne s'élève qu'environ deux pieds sur le rez-de-chaussée, &amp; il a des embrasures par où on tire. On les fait dans les fossés secs, ou sur le glacis de la contrescarpe. On fait des petites embrasures dans le parapet de la <i>caponnière</i> qu'on appelle <i>meurtrières.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6910" id="1" type="guerre">
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    <head>CAPORAL</head>
    <p>
    CAPORAL , s. m. Terme de guerre . C'est un bas Officier dans une Compagnie d'Infanterie, qui commande une escouade. <i>Optio, oris.</i> Il y a trois <i>Caporaux</i> en chaque Compagnie. Le <i>Caporal</i> pose &amp; lève les sentinelles, reçoit le mot du guet, &amp; fait observer la discipline dans le corps de garde. Ces Officiers sont qualifiés <i>Hautes payes.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>Caporal</i>, qui signifie la même chose. <i>Caporal</i> vient de <i>caput,</i> tête, chef. Le <i>Caporal</i> est le chef, celui qui est à la tête d'une bande, qui est le premier. On dit aussi en Italien <i>caporale.</i> On trouve <i>caporalis</i> dans la basse Latinité, pour un berger. <i>Opilis. Acta SS. Maii, T. VII. p.</i> 375. <i>A.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6911" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAPOSER" />
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    <head>CAPOSER</head>
    <p>
    CAPOSER . Terme de Marine , qui signifie, Mettre le navire à la cape ; c'est-à-dire, Amarrer le gouvernail bien ferme pour suivre l'abandon du vent. <i>Gubernaculum fune nautico alligare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6912" id="1" type="">
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    <head>CAPOT</head>
    <p>
    CAPOT , s. m. Habillement que mettent les Chevaliers, lorsqu'ils sont reçus dans l'Ordre du Saint-Esprit. C'est une espèce de cape ancienne, &amp; qui aboutit par-devant en forme d'un scapulaire arrondi. <i>Chlamys brevior cucullata.</i> On l'appelle plus communément Capote.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6912" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPOT" />
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    <head>CAPOT</head>
    <p>
    Capot , est aussi une espèce de capuchon que les gens de mer mettent par-dessus leur habit ordinaire pour le conserver. <i>Brevior cucullus.</i> Quand les soldats sont en sentinelle ils ont ordinairement des <i>Capots.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6913" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPOT" />
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    <head>CAPOT</head>
    <p>
    CAPOT , s. m. Selon Du Chesne, dans ses <i>Antiq. &amp; Recherh. des villes de France,</i> L. II. c. 24. Les <i>Capots,</i> ou Gahets, sont en Bigorre, en Béarn, &amp; en plusieurs endroits de Gascogne, une sorte d'hommes que chacun fuit &amp; déteste comme ladres, qui ont l'haleine fort puante, que quelques-uns tiennent être une race des Hérétiques Albigeois, tous Charpentiers ou Tonneliers, séparés du commun &amp; de domicile pendant leur vie, &amp; de cimetière après leur mort. Mr de Marca en traite fort exactement dans son <i>Hist, de Béarn,</i> L. I. c. 16. Il dit qu'on les appelle <i>Capots</i> ou <i>Cagots</i> ; que l'opinion vulgaire, qui a prévalu dans les esprits de plusieurs, &amp; qui même a été publiée par Belleforest, est qu'ils sont descendus des Visigoths ; qu'ils sont censés personnes ladres &amp; infectées, auxquelles, par article exprès de la Coutume de Béarn, &amp; par l'usage des Provinces voisines, la conversation familière avec le reste du peuple est sévèrement interdite, de manière que dans les Eglises ils ont une porte séparée pour y entrer, &amp; leur siége pour toute la famille ; qu'ils sont logés à l'écart des villes &amp; des villages ; qu'ils font d'ordinaire le métier de Charpentiers, &amp; ne peuvent porter d'autres armes, ni ferremens, que ceux qui sont propres à leur travail. Aujourd'hui ils sont ouïs en témoignage ; mais suivant le For ancien de Béarn le nombre de sept <i>Capots</i> étoit nécessaire pour valoir la déposition d'un autre homme ordinaire.</p><p>On croit que le nom de Cagots leur a été donné de <i>Caas Goths,</i> c'est-à-dire, <i>Chiens Goths,</i> en haine de l'Arianisme, &amp; des cruautés qu'ils avoient exercées dans le pays, où l'on se persuade qu'ensuite, pour une peine de leur servitude, on leur imposa la nécessité de couper les bois, comme l'on fit aux Gabaonites. Mr De Marca ne sauroit goûter cette pensée, qu'il ne croit fondée que sur la ressemblance du nom <i>Cagot</i> avec l'origine qu'on lui donne ; &amp; parce que ce nom n'est pas si propre à ces pauvres gens que quelques autres qu'on leur donne, &amp; ne se trouve écrit que dans la nouvelle coutume de Béarn réformée l'an 1551. Au lieu que les anciens Fors écrits à la main, d'où cet article a été transcrit, portent formellement le nom <i>Chrestiaas,</i> ou de Chrétiens, &amp; le quartier des Paroisses où ils habitent se nomme par le vulgaire le quartier des Chrétiens ; &amp; on leur donne plus ordinairement dans le discours familier le nom de Chrétiens que celui de <i>Cagots.</i> Dans le cayer des Etats tenus à Pau l'an 1560. ils sont nommés Chrétiens &amp; Gezitains. En Basse-Navarre, Bigorre, Armagnac, Marsan &amp; Chalosse, ils sont appellés <i>Capots,</i> Gahets, Gezits, Gézitains &amp; Chrétiens. Ces Etats entre autres choses demanderent à Gaston de Béarn, Prince de Navarre, que ces <i>Capots</i> portassent sur leurs habits l'ancienne marque de pied d'oie, ou de canard, qu'ils avoient quittée depuis quelque temps.</p><p>Tout cela ne pouvant s'accorder à l'origine des Goths, qui étoient illustres d'extraction, éloignés d'infection, &amp; Chrétiens, quoique Ariens, M. De Marca croit que les <i>Capots</i> sont descendus des Sarrazins, qui resterent en Gascogne après que Charles Martel eut défait Abdirama. On leur donna la vie en considération de leur conversion à la Religion Chrétienne, d'où ils tirerent le nom de Chrétiens ; mais on conserva pour eux toute la haine de la nation Sarrasine, d'où vient, si l'on en croit cet Auteur, le nom de <i>Gézitains,</i> la persuasion qu'ils sont ladres, &amp; la marque du pied d'oie. Voyez <ref type="search" target="head:Gezitain">Gezitain</ref>. Quant au nom de <i>Capot,</i> M. de Marca conjecture qu'il s'est dit pour Cagot, &amp; que Cagot vient à la vérité de <i>Caas goth,</i> comme on a dit ci-dessus ; qu'il leur fut donné, parce qu'ils se vantoient d'avoir chassé les Goths, &amp; que <i>Cagots</i> signifie Chiens de Goths, c'est-à-dire, Chasseurs de Goths ; ou bien que ce nom vient de <i>Coucagatus,</i> terme de mépris &amp; d'injure, dont il est fait mention dans la Loi Salique. En la haute Navarre au lieu de <i>Capots</i> ou Cagots, on dit Agotes &amp; Cagotes.</p><p>De Bosquet, dans ses Notes sur les Epîtres d'Innocent III. soupçonne que ces <i>Capots</i> sont de race Juifve, &amp; qu'ils ont pris leur nom du mot Latin <i>Capus,</i> qui signifie dans les Auteurs du moyen âge, comme dans Théodulphe d'Orléans, un Eprevier, <i>acapiendo,</i> d'où il estime que les Capitulaires de Charles le Chauve ont donné le nom de <i>Capi</i> aux Juifs, à cause de leurs usures &amp; rapines ; que le nom <i>Gahets</i> que l'on donne en Gascogne aux <i>Capots,</i> se rapporte à cette signification. Cette pensée est ingénieuse ; mais M. de Marca dit que bien loin que les <i>Capi</i> puissent être pris dans les Capitulaires pour les Juifs, il croit au contraire que toutes les paroles du texte montrent que c'étoient non pas des personnes d'une secte particulière, mais plutôt une espèce de Marchands de certaines denrées, quels qu'ils fussent, Chrétiens ou Juifs. Il y a une sorte de gens en Bretagne tous semblables aux Cagots, mais que l'on nomme Caqueux. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6913" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPOT" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>CAPOT</head>
    <p>
    Capot . Terme du jeu de Piquet , qui se dit quand l'un des joueurs lève toutes les cartes ; &amp; alors il gagne 40. points. Avec un six de coeur je me suis vû <i>capot.</i> Mol.</p><p>Il se dit aussi figurément, quand on veut signifier qu'on a eu le dessus sur quelqu'un.</p><p>On dit aussi au bal, qu'une femme est demeurée <i>capot,</i> lorsqu'elle s'est parée &amp; mise en rang pour danser, &amp; que personne ne lui a fait la civilité de la prendre. En général on peut dire qu'une personne a été <i>capot,</i> quand elle s'est vûe frustrée de quelque espérance, &amp; qu'elle a reçu quelque confusion. Mais tout cela n'est d'usage que dans le style bas &amp; comique. Vous allez faire pic, repic &amp; <i>capot,</i> tout ce qu'il y a de galans à Paris. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6914" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPOTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>CAPOTE</head>
    <p>
    &#9758; CAPOTE , s. f. C'est une mante que les femmes mettent par-dessus leurs habits, quand elles sortent, &amp; qui les couvre depuis la tête jusqu'aux pieds. Il y a des <i>capotes</i> de camelot, &amp; il y en a de taffetas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6915" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPOUAN, ANE" />
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    <head>CAPOUAN, ANE</head>
    <p>
    CAPOUAN, ANE , s. m. &amp; f. Qui est de Capoue, Citoyen de Capoue. <i>Capuanus, a.</i> L'an de Rome 432. sous le Consulat de C. Junius Bubulcus, &amp; de Q. Emilius Barbula, les <i>Capouans</i> prirent les Loix Romaines. Nos Auteurs du XVIe siècle &amp; du commencement du XVIIe se servent de ce mot. Aujourd'hui habitant de Capoue, Citoyen de Capoue, natif de Capoue, seroit mieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6916" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPOUE" />
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    <head>CAPOUE</head>
    <p>
    CAPOUE , s. f. Ville Archiépiscopale du Royaume de Naples. <i>Capua. Capoue</i> est ancienne. Diodore dit qu'elle fut bâtie sous le Consulat de M. Genucius &amp; de Curtius Chilo, que les fastes de Pighius mettent à l'an de Rome 398. ceux d'Onuphrius à l'an 309. &amp; la Chronologie imprimée à la fin de Diodore l'an 310. On ne convient pas de son fondateur. Sempronius, en la division d'Italie, l'attribue aux Hetrusques, par qui elle fut appellée d'abord Osque, &amp; puis <i>Capoue.</i> Caton dit la même chose. Diodore dit que ce furent les Osques qui la bâtirent. Virgile, Enéide, L. X. v. 145. Suétone, <i>in Jul, Caes.</i> c. 81. Pline, L. III. c. 5. &amp; Silius Italicus, L. XI. disent qu'elle fut bâtie par Capys compagnon d'Enée. Festus nous apprend que quelques-uns rapportoient ce nom à l'augure d'un faucon, dit en Grec <i>Capys,</i> parce qu'il a les pieds recourbés ; &amp; d'autres aux plaines dont ce pays est rempli. Tite-Live écrit, L. IV. c. 37. qu'elle s'appelloit d'abord Vulturne, <i>Vulturnus,</i> du nom du fleuve sur lequel elle est située ; qu'ayant été prise par les Samnites sous le Consulat de C. Sempronius Atratinus, &amp; de Q. Fabius Vibulanus ; Capys, chef des Vainqueurs, la nomma <i>Capoue</i> de son nom ; ou, ce qui paroît plus probable à Tite-Live, parce qu'elle étoit dans une plaine. Strabon croit que ce nom lui fut donné parce qu'elle étoit Capitale des douze Villes de la Campanie, <i>Caput Campaniae. Capoue</i> fut toujours une Ville très-débauchée, <i>T. Live L. XXIII. c.</i> 4. Cicéron l'appelle le domicile de l'orgueil, &amp; le siége de la débauche, <i>Orat.</i> 15. <i>n.</i> 96. Ce furent les délices de <i>Capoue</i> qui corrompirent Annibal &amp; son armée, &amp; qui sauverent les Romains. Jules César envoya une Colonie à <i>Capoue</i> quelques temps avant sa mort. Suétone le dit, C. 81. Vigenère traite exactement de cette Ville, dans son César &amp; dans son Tite-Live. <i>Capoue</i> étoit une ville très-considérable, digne d'être comparée à Rome &amp; à Carthage. Cicéron dit qu'autrefois elle passoit pour une seconde Rome. Aujourd'hui cette ancienne <i>Capoue</i> n'est plus qu'un village, que les Italiens nomment <i>S. Maria Magiore,</i> ou <i>delle Gratie,</i> Sainte Majeure, ou Sainte Marie des Graces. On y voit de très-beaux restes de son ancienne splendeur.</p><p>La Nouvelle <i>Capoue</i> est encore la capitale de la Campanie, ou, comme on l'appelle maintenant, de la terre de Labour. Elle a un Archevêché qui fut érigé par Jean XIIIe en 968. <i>Capoue</i> a eu titre de Principauté, &amp; l'on trouve des Princes de <i>Capoue</i> parmi les fils des Rois de Sicile. <i>Capoue</i> n'est pas aujourd'hui au lieu où étoit l'ancienne <i>Capoue,</i> mais à deux milles plus au Nord, à l'endroit où étoit autrefois <i>Casilium.</i> C'est le Comte Laudon, &amp; l'Evêque Dandulphe qui l'y transporterent. On peut consulter sur cette ville Cluvier, <i>Ital. Ant.</i> Liv. IV. p. 1174. &amp; Leand. <i>Descript. Ital.</i> p. 164. Vigenère sur César &amp; sur Tite-Live.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6917" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPPADOCE" />
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    <head>CAPPADOCE</head>
    <p>
    CAPPADOCE , s. f. Ancienne Province de l'Asie Mineure, qui a eu autrefois titre de Royaume. <i>Cappadocia.</i> La <i>Cappadoce</i> étoit bornée au Nord par le Pont Euxin, au Levant par l'Arménie Mineure, &amp; à l'Occident par la Galatie ; au Midi le mont Taurus la séparoit de la Cilicie. Pline <i>Liv. VI. chap.</i> 8 Strabon <i>Liv. XII.</i> La <i>Cappadoce</i> avoit pris la Religion des Perses, auxquels elle avoit été soumise, comme tout le reste de l'Asie Mineure. Tout y étoit plein de Mages, qu'on nommoit <i>Pyrethes,</i> c'est-à-dire, Adorateurs du feu, de <i>Pyrathées,</i> qui étoient de grands espaces enfermés, au milieu desquels il y avoit un Autel, sur lequel les Mages conservoient le feu perpétuel, &amp; de temples des Dieux de Perse ; Strabon <i>Liv. XV. &amp;</i> Vossius <i>De Idolol. Lib. II. cap</i> 9. Ils reçurent aussi des Perses le culte d'Anaitis, ou Zaretis ; qui étoit selon quelques-uns la Lune, &amp; selon d'autres Minerve ou Bellone. La <i>Cappadoce</i> nourrissoit beaucoup de chevaux selon Solin ch. 47. &amp; de mulets, selon Homère ; &amp; au rapport de Pline, Theophraste disoit que les mules étoient fécondes en <i>Cappadoce.</i> Strabon dit Liv. XI. que les Cappadociens payoient tous les ans un tribut de quinze cents chevaux, &amp; deux mille mulets. Après la mort d'Alexandre l'Asie Mineure &amp; le Pont obéirent à Antigonus ; ce Royaume périt avec Démetrius fils d'Antigonus : quelques Provinces furent jointes aux Etats des Séleucides, les autres se firent des Rois. La <i>Cappadoce</i> fut de ces dernières, &amp; ce Royaume subsista jusqu'au temps d'Auguste, que la <i>Cappadoce</i> fut réduite en Province Romaine. En 1204. Isaac Comnene, chassé de Constantinople par les François, établit là l'Empire de Trebizonde, qui a duré jusqu'en 1461. que David Calo-Jean fut pris par Mahomet II.</p><p>Quelques Auteurs comprennent la petite Arménie dans la <i>Cappadoce,</i> &amp; divisent tout ce pays en deux parties générales, l'Arménie Mineure &amp; la <i>Cappadoce</i> propre. Celle-ci étoit encore divisée en deux grandes Provinces, la Grande <i>Cappadoce,</i> qui étoit dans les Terres ; &amp; le Pont, qui comprenoit tout ce qui étoit le long du Pont Euxin.</p><p>Aujourd'hui tout ce pays est compris sous les noms d'Amasie, d'Anadole &amp; de Bozoch. Les Turcs y ont quatre Beglierbeglics, qui sont ceux de Sivas, de Trébizonde, de Marasch &amp; de Cogni, ou de Caramanie. Cependant une partie de celui de Trébizonde du côté de l'Orient, &amp; de celui de Cogni du côté du Couchant, sont hors des bornes de l'ancienne <i>Cappadoce.</i> Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6918" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPPADOCIEN, ENNE" />
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    <head>CAPPADOCIEN, ENNE</head>
    <p>
    CAPPADOCIEN, ENNE , s. m. &amp; f. <i>Cappadox.</i> Qui est de Cappadoce. Les <i>Cappadociens</i> ne pouvoient se gouverner eux-mêmes. Il leur falloit des maîtres, &amp; les Romains leur ayant permis de se gouverner selon leurs Loix, ils les prierent de ne leur point laisser cette liberté, disant qu'ils ne la pouvoient souffrir. C'est ce que Strabon, qui étoit <i>Cappadocien,</i> rapporte lui même de ses compatriotes L. XVI. S. Séleuque <i>Cappadocien.</i> Chastelain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6919" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRAIS" />
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    <head>CAPRAIS</head>
    <p>
    CAPRAIS , s. m. <i>Caprasius.</i> Nom propre d'homme. S. <i>Caprais,</i> que quelques-uns veulent appeller Capraise, pour le distinguer d'un autre Saint de même nom qui fut Martyr à Agen, étoit Abbé de Lérins au Ve siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6920" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CAPRE</head>
    <p>
    CAPRE , s. f. Plusieurs disent <i>Cape</i> ; mais <i>capre</i> est plus usité. C'est le bouton à fleurs d'un arbrisseau appellé <i>caprier,</i> qu'on cueille avant qu'il soit épanouï. <i>Capparis, cappari, cappar.</i> Ces boutons sont petits &amp; verts. Après <pb n="848" facs="bpt6k8542165/f888/full/1200,/0/native.jpg"/>les avoir cueillis, on les fait sécher dans un lieu sombre jusques à ce qu'ils se flétrissent : on les confit ensuite au vinaigre, &amp; on les garde dans des barrils. Les <i>capres</i> se mangent ordinairement en salade : on en met aussi dans plusieurs ragoûts. On emploie ordinairement ce mot au pluriel. On dit, les <i>capres</i> seront chères cette année. La récolte des <i>capres</i> n'a pas été bonne. Ces <i>capres</i> sont grosses, sont vieilles, &amp;c. <i>Flos non expansus Capparis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6920" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="CAPRE" />
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    <head>CAPRE</head>
    <p>
    Capre , en termes de Marine , est le nom qu'on donne aux Armateurs, &amp; aux vaisseaux armés en guerre, qui vont en course. <i>Pirata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6921" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRÉE" />
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    <head>CAPRÉE</head>
    <p>
    CAPRÉE , s. f. <i>Capreae.</i> Isle de la Méditerranée sur les côtes du Royaume de Naples, à l'entrée du Golfe de Naples, vis-à-vis de Pouzzole, fameuse par la retraite &amp; les débauches de Tibère. <i>Caprée</i> est une Isle éloignée seulement d'une lieue du Cap Sorrento dans la Campanie, qu'Auguste avoit achetée des Napolitains. L'air y est doux en hiver, &amp; frais en été. On y a la vûe d'un golfe &amp; d'une côte qui étoit alors parfaitement belle. L'abord en étoit difficile, &amp; on croit que c'est ce que Tibère en aimoit le plus. Il y passa les dix dernières années de sa vie. Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6922" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRICE" />
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    <head>CAPRICE</head>
    <p>
    CAPRICE , s. m. Bizarrerie ; dérèglement d'esprit. <i>Morositas, levitas, inconstantia, animi repentinus impetus.</i> On le dit, quand au lieu de se conduire par la raison, on se laisse emporter à sa fantaisie, &amp; à l'humeur dominante où on se trouve. Il lui faut laisser passer son <i>caprice,</i> sa fantaisie, sa mauvaise humeur. Je n'ai que faire d'essuyer tous ses <i>caprices,</i> ses fougues, ses boutades. Pour avoir toujours de l'espérance, il ne faut qu'avoit observé l'instabilité de la fortune, &amp; le <i>caprice</i> des évènemens, qui changent lorsqu'on y pense le moins. M. Scud. On me faisoit redouter les <i>caprices</i> de la multitude &amp; la légèrete du public. La Bruy. Le <i>caprice</i> de notre humeur est encore plus bizarre que celui de la Fortune. Rochef. Il y a des <i>caprices</i> si heureux qu'ils valent mieux que le bon sens. S. Evr. La prudence ne doit rien abandonner au <i>caprice</i> de la Fortune. Flech.</p><p>Le mot de <i>caprice</i> étoit nouveau du temps d'Henri Estienne, &amp; lui sembloit fort étrange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6922" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPRICE" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>CAPRICE</head>
    <p>
    Caprice , Fantaisie, se dit aussi des pièces de Poësie, de Musique, d'Architecture &amp; de Peinture, qui réussissent plutôt par la force du génie, que par l'observation des règles de l'art ; c'est pourquoi elles n'ont aucun nom certain. <i>Subitus, fortuitus animi impetus.</i> Ces sortes de compositions qui sortent des règles ordinaires doivent être d'un goût singulier &amp; nouveau. On les appelle <i>fantaisies,</i> parce que ceux qui les composent se laissent aller à leur imagination. Saint Amant a intitulé quelques pièces. <i>Caprice.</i> Les <i>caprices,</i> ou postures de Calot Graveur. <i>Caprices</i> de Musique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6923" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRICIEUSEMENT" />
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    <head>CAPRICIEUSEMENT</head>
    <p>
    CAPRICIEUSEMENT , adv. D'une manière déréglée, bizarre, capricieuse. Se gouverner, se conduire <i>capricieusement. Morosè, leviter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6924" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRICIEUX, EUSE" />
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    <head>CAPRICIEUX, EUSE</head>
    <p>
    CAPRICIEUX, EUSE , adj. Sujet à des caprices. Il se dit des hommes &amp; des animaux. <i>Morosus, inconstans, levis.</i> Cet homme est <i>capricieux</i> &amp; ombrageux. Cette mule est fantasque &amp; <i>capricieuse.</i> Les personnes d'une humeur inégale, &amp; un peu <i>capricieuse,</i> ont pour l'ordinaire beaucoup d'esprit. M. Scud. La Fortune est une aveugle, &amp; personne ne doit être honteux de céder à tant de têtes communes, que cette <i>capricieuse</i> Divinité choisit pour les objets de ses faveurs. Charp.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6925" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRICORNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>CAPRICORNE</head>
    <p>
    CAPRICORNE , s. m. C'est un des signes du Zodiaque, où quand le soleil est arrivé, il est au Solstice d'hiver. <i>Capricornus.</i> Cette Constellation est composée de 28. étoiles. Macrobe a cru que ce signe avoit été nommé <i>Capricorne,</i> parce qu'il imite en quelque sorte la nature des chèvres, qui en paissant grimpent toujours de bas en haut. De même le soleil en entrant dans ce signe commence à monter de bas en haut. C'étoit chez les Anciens le 10e signe du Zodiaque, &amp; quand le soleil y arrivoit, il faisoit le solstice d'hiver, par rapport à notre hémisphère, &amp; commençoit à retourner au tropique Méridional vers la ligne. Quelques-uns en parlent encore de même ; mais les Astres ayant avancé vers l'Orient d'un signe entier, le Capricorne n'est plus que l'onzième, &amp; c'est à l'entrée du soleil dans le Sagittaire, &amp; non plus dans la <i>Capricorne,</i> que se fait le solstice. Cependant on parle toujours selon l'ancienne manière de parler des Anciens, quoique les choses aient changé ; &amp; l'on appelle le Tropique Méridional du Soleil, le Tropique du <i>Capricorne,</i> comme si ce signe touchoit encore au point du solstice. Ce signe est représenté ayant la partie supérieure d'un bouc, &amp; la partie inférieure d'un poisson ; c'est-à-dire, en queue de poisson le plus souvent entortillée, &amp; quelquefois droite : ces figures se trouvent sur plusieurs monumens antiques, sur des cachets, comme on le peut voir dans Gorlaeus n. LXXXV. &amp; LXXXVII. &amp; sur plusieurs médailles, entre autres sur quelques-unes d'Auguste. M. Patin en a fait graver quelques-unes dans son Suetone pag. 80. &amp; pag. 139. C'est la forme d'un Aegipan. Voyez ce mot ci-dessus. On peint aussi le Capricorne simplement sous la forme d'un bouc.</p><p>Suétone dit <i>in Octavio</i> ch. 94. qu'Auguste fit graver la figure du Capricorne sur ses médailles, parce qu'il étoit né sous ce signe, &amp; en conséquence d'une horoscope avantageuse que Théogene lui en avoit tirée lorsqu'il étoit à Apollonie, quelque temps avant la mort de Jules. On n'accorde pas trop cela avec ce que dit le même Suétone <i>ibid.</i> ch. 5. que ce Prince nâquit le 9e jour avant les Kalendes d'Octobre, c'est-à-dire, comme Dion le témoigne aussi dans son 56e Livre, le 23e de Septembre un peu avant le lever du soleil, dit encore Suétone. De plus, Auguste mourut le 14e des Kalendes de Septembre, ou le 19e d'Août. Suétone <i>ibid. ch.</i> 100. Dion <i>Liv. LVI.</i> ayant, selon Suétone, 76. ans moins 35. jours, ou selon Dion, 75. ans dix mois, &amp; 26. jours. Il faut donc qu'il fût né le 23e de Septembre. Cependant le 23e de Septembre un peu avant le lever du Soleil le <i>Capricorne</i> étoit au méridien des Antipodes, comment donc Auguste étoit-il né sous ce Signe ? Scaliger, <i>De Emend. Temp. Lib. II. cap.</i> 2. &amp; le P. Petau, <i>De Doct. Temp. Lib. X. cap.</i> 64. &amp; <i>Lib. XI. cap.</i> 6. disent que Suétone s'est trompé. M. Babelon, Auteur du Commentaire à la Dauphine sur Suétone, a trouvé un moyen très-naturel de concilier Suétone avec lui même. Il dit que Théogene ne prit point le thème de la naissance, mais celui de la conception d'Auguste. Or ce Prince étant né le 23e Septembre, en remontant neuf mois auparavant on trouve le 23e de Décembre, jour auquel le Soleil entroit dans le <i>Capricorne :</i> moment, dit Julius Firmicus, <i>VIII. Mathet.</i> très-heureux dans une horoscope &amp; qui ne promet pas moins que des Sceptres &amp; des Empires.</p><p>La fable dit que ce <i>Capricorne</i> est Pan, qui à l'arrivée du Géant Typhon dans l'Egypte fut saisi d'une telle crainte, qu'il se changea le haut en bouc, &amp; le bas en poisson, &amp; que Jupiter, surpris d'une pareille métamorphose, le transporta dans le Ciel. On peut voir sur cet Astre le <i>Ciel Astronomique</i> de Caesius pag. 89. &amp; Saumaise sur Solin pag. 1237.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6926" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRIER" />
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    <head>CAPRIER</head>
    <p>
    CAPRIER , s. m. <i>Capparis. s. f.</i> Arbrisseau dont les racines tracent &amp; s'étendent beaucoup, d'où partent plusieurs jets ligneux, inclinés contre terre, armés d'épines crochues, &amp; garnis de feuilles alternes, arrondies, d'un pouce de diamètre, vertes, charnues, d'un goût amer, &amp; soutenues par des queues longues de demi pouce. De leurs aisselles naissent des fleurs composées de quatre pétales arrondies, d'un pouce de diamètre environ ; purpurines ou blanchâtres, soutenues par un calice à quatre feuilles vertes. Le milieu de ces fleurs est garni d'un nombre considérable d'étamines. Le pistile qui occupe leur centre est terminé par un embryon qui devient un fruit long d'un pouce &amp; demi, un peu ovale, rougeâtre, charnu, &amp; qui renferme plusieurs petites semences taillées en forme de rein, brunes &amp; dures. Chaque fleur est portée par un pédicule <pb n="849" facs="bpt6k8542165/f889/full/1200,/0/native.jpg"/>long d'un pouce. Le bouton de cette fleur est ce qu'on nomme capre. On confit les capres en Provence où les <i>capriers</i> sont fort communs. On laisse ordinairement flétrir les capres auparavant que de les jetter dans du vinaigre, &amp; même on les change deux fois de vinaigre, afin qu'elles en soient mieux pénétrées ; à la troisième fois qu'on les met dans du nouveau vinaigre, on ajoûte du sel pour les mieux conserver, &amp; amortir l'acreté du vinaigre. On assaisonne le poisson, les légumes avec les capres, pour en relever le goût. L'écorce des racines du <i>caprier</i> est très-apéritive ; on s'en sert pour cet usage en Médecine, &amp; elle entre dans plusieurs compositions de Pharmacie ; l'on provigne le <i>caprier</i> comme la vigne. Il y a quelques autres espèces de <i>capriers</i> qui diffèrent de celui-ci, ou par leurs feuilles, ou par leurs fruits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6927" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRIFICIEL" />
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    <head>CAPRIFICIEL</head>
    <p>
    CAPRIFICIEL , adj. m. Nom que l'on donnoit chez les Anciens au jour auquel les peuples de l'Attique commençoient la récolte du miel. Ce jour étoit consacré à Vulcain, selon ce que dit Pline Liv. XI. ch. 15.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6928" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="CAPRIOLE" />
   <index type="src_domain" value="manege" />
   <index type="macro_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CAPRIOLE</head>
    <p>
    CAPRIOLE , Plusieurs disent <i>cabriole.</i> Ménage soutient que l'usage est pour <i>cabriole.</i> s. f. &amp; il a raison. En termes de Manége , c'est un saut que fait le cheval sans aller en avant, en sorte qu'étant en l'air, il montre les fers, &amp; il détache des ruades : ce qu'on appelle <i>éparer,</i> &amp; <i>nouer l'aiguillete.</i> On la nomme autrement <i>saut de ferme à ferme. Levis, agilis equi in sublime saltus.</i> La <i>capriole</i> est un manége par haut, &amp; le plus difficile de tous les airs relevés. On dit qu'un cheval se présente de lui-même à <i>caprioles,</i> qu'il se met de lui-même à <i>caprioles,</i> lorsqu'il fait des sauts égaux, &amp; dans la main ; c'est-à-dire, sans forcer la main, &amp; sans peser sur la bride. Il y a plusieurs sortes de <i>caprioles. Capriole</i> droite, <i>capriole</i> en arrière, <i>capriole</i> de côté, <i>capriole</i> battue ou frisée, <i>capriole</i> ouverte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6928" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPRIOLE" />
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    <head>CAPRIOLE</head>
    <p>
    Capriole , est aussi un saut en l'air que font les Danseurs ordinaires &amp; les Sauteurs.</p><p>Ce mot vient de <i>capreolare</i> qui a été fait de <i>capreolus.</i> Ménage. Il faut présentement écrire toujours &amp; prononcer <i>cabriole.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Cabriole">Cabriole</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6929" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRIOLER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAPRIOLER</head>
    <p>
    CAPRIOLER , v. n. Faire des caprioles. <i>Agili, levi saltu se in sublime tollere.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Cabrioler">Cabrioler</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6930" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRIPÈDE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CAPRIPÈDE</head>
    <p>
    &#9758; CAPRIPÈDE , s. m. Du Latin <i>Capripes, capripedis.</i> Qui a des pieds de chèvre, Chèvrepied, Satyre. Je fis signe au Comte de Fiesque de s'éloigner brusquement avec ses <i>capripèdes</i> .... Vénus fut scandalisée de la grossièreté de ces <i>capripèdes.</i> Ab. de Chaul.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6931" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRISANT" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CAPRISANT</head>
    <p>
    &#9758; CAPRISANT , adj. m. Un pouls <i>caprisant</i> est un pouls toujours ému comme celui d'une chèvre, ou dont les pulsations en imitent le saut. Il n'y a point d'état plus terrible que lorsque le pouls est formicant ou <i>caprisant.</i> M. le Brethon. Thomas Dyafoirus trouve le pouls du Malade imaginaire, duriuscule, pour ne pas dire dur, repoussant &amp; même un peu <i>caprisant.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6932" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPRON" />
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    <head>CAPRON</head>
    <p>
    CAPRON , s. m. Les Jardiniers appellent les grosses fraises, des <i>caprons. Fraga crassiora.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6932" id="2" type="capucin">
   <index type="head" value="CAPRON" />
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    <head>CAPRON</head>
    <p>
    Capron , est aussi un terme de Capucin , qui signifie Un morceau de drap fait en ovale que les Novices Capucins portent, &amp; qui pend par-derrière leur dos, &amp; par-devant leur estomac, environ un pied de long. <i>Pannus ante retroque vesti adjectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6933" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPROTINE" />
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    <head>CAPROTINE</head>
    <p>
    CAPROTINE , adj. f. &amp; épithète que les anciens Romains donnoient à Junon &amp; aux Nones du mois de Juillet. <i>Caprotina.</i> Après que les Gaulois eurent quitté Rome, les peuples voisins croyant que la République étant épuisée, ils pourroient aisément se rendre maîtres de la ville, vinrent se présenter devant sous la conduite de Lucius Dictateur des Fidénates. Il fit demander aux Romains leurs femmes &amp; leurs filles. Les esclaves par le conseil d'une d'entre elles, nommée Philotis, prirent les habits &amp; les ornemens de leurs Maîtresses, &amp; allerent se présenter à l'ennemi, qui les prenant pour les Romaines qu'il avoit demandées, elles furent distribuées dans tout le Camp. Elles feignirent célébrer ce jour-là une fête, &amp; exciterent les Capitaines &amp; les soldats à se réjouïr &amp; à bien boire. Puis quand ils furent ensevelis dans le sommeil, elles donnerent le signal à la ville de dessus un figuier sauvage, nommé en Latin <i>Caprificus.</i> Les Romains aussitôt fondirent sur leurs ennemis, remplirent le camp de carnage, récompenserent le service de leurs esclaves de la liberté ; &amp; d'une somme d'argent qu'on leur donna pour se marier, instituèrent une fête à Junon, qui, en mémoire du figuier sauvage du haut duquel le signal avoit été donné, fut surnommée <i>Caprotine,</i> &amp; le jour que Rome fut ainsi délivrée, &amp; qui étoit les Nones de Juillet, Nones <i>Caprotines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6934" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPSAIRE" />
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    <head>CAPSAIRE</head>
    <p>
    CAPSAIRE , s. m. <i>Capsarius.</i> On appelloit ainsi chez les Romains, &amp; chez les Grecs ceux qui gardoient dans les bains publics les habits de ceux qui prenoient le bain. On appelloit aussi <i>capsaires</i> certains domestiques qui accompagnoient les enfans lorsqu'ils alloient aux écoles publiques, &amp; qui portoient leurs livres dans une boête appellée <i>capsa.</i> Rhémi, Evêque d'Auxerre, appelle les Juifs les <i>capsaires</i> des Chrétiens, parce qu'ils nous ont conservé les livres Saints.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6935" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPSE" />
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    <head>CAPSE</head>
    <p>
    CAPSE , s. f. Terme usité en Sorbonne. C'est une petite boête de cuivre ou de fer blanc, où les Docteurs mettent leurs suffrages, afin de recevoir ou de refuser celui qui est examiné pour l'acte de Tentative, ou pour la Licence. <i>Capsa, capsula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6936" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="CAPSULAIRE" />
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    <head>CAPSULAIRE</head>
    <p>
    CAPSULAIRE , adj. Terme d'Anatomie , qu'on donne à l'artère qui porte le sang aux capsules atrabilaires. <i>Capsarius.</i> On le donne aussi à la veine qui rapporte le sang des mêmes capsules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6937" id="1" type="">
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    <head>CAPSULE</head>
    <p>
    CAPSULE , s. f. Etui, fourrreau, petite caisse. <i>Capsula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6937" id="2" type="anatomie">
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    <head>CAPSULE</head>
    <p>
    Capsule atrabilaire , s. f. Terme d'Anatomie , qui se dit de deux glandes qui sont situées proche les reins, ainsi appellées parce que l'on trouve dans leur cavité une liqueur noire. On les appelle aussi <i>reins succenturiaux,</i> ou <i>glandes rénales :</i> elles sont de la grosseur d'une noix applatie, ayant une cavité assez ample pour leur grosseur. Leur usage est fort obscur. Il y a apparence qu'elles servent à séparer cette humeur noire qu'on trouve dans leur cavité, &amp; qui est ensuite versée par leur veine dans l'émulgente, où elle est mêlée avec le sang, à qui elle sert de ferment.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
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    <head>CAPSULE</head>
    <p>
    Capsule , s. f. Terme de Chymie . C'est un vaisseau de terre fait en forme de terrine échancrée, où l'on met des matières sur lesquelles on fait des opérations violentes par le feu.</p><p>La <i>capsule</i> de la veine-porte, est une membrane qui enveloppe le tronc de la veine-porte, lorsqu'elle entre dans le foie, &amp; qui lui sert de gaine, se divisant en autant de rameaux qu'elle, &amp; l'accompagnant jusques dans ses moindres ramifications. Cette <i>capsule</i> enferme aussi le conduit biliaire d'où vient qu'on l'appelle <i>la capsule commune.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6937" id="4" type="">
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    <head>CAPSULE</head>
    <p>
    Capsule , se dit aussi chez les Botanistes, du lieu où la graine est enfermée, comme on voit dans les poires &amp; les pommes, qui ont une petite enveloppe qui ressemble à une petite bourse où sont enfermés les pepins. On le dit aussi de l'enveloppe de certains fruits. Voyez <ref type="search" target="head:Fruit">Fruit</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6938" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPTAL" />
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    <head>CAPTAL</head>
    <p>
    CAPTAL , s. m. Mot Gascon qui signifie <i>Chef</i> &amp; <i>Seigneur,</i> qui n'est en usage qu'en cette phrase, <i>Captal de Buch,</i> qui est un titre de Mr le Duc d'Epernon, qui possédoit cette Seigneurie. <i>Caput.</i> Borel dit que <i>Captal de Buch,</i> ou <i>de Buts ;</i> s'est dit pour <i>caput bugii</i> ; c'est-à-dire, Chef des habitans. On trouve quelquefois <i>captau</i> dans le sens de <i>captal. Captau</i> de Buch. Voyez Alain Chartier en la <i>Chronique de Charles VII.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6939" id="1" type="jurisprudence romaine">
   <index type="head" value="CAPTATEUR" />
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    <head>CAPTATEUR</head>
    <p>
    CAPTATEUR , s. m. Terme de Jurisprudence Romaine , se dit de celui qui par flatteries, &amp; par mauvais artifices, tâche à surprendre des testamens, des donations. <i>Captator.</i> Il n'est en usage qu'au Palais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6940" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CAPTEIN" />
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    <head>CAPTEIN</head>
    <p>
    CAPTEIN , s. m. Terme de Coutumes . <i>Capteinium, captennium.</i> C'est la protection, la défense que le Seigneur accorde à ses vassaux. <i>Captein</i> est aussi le droit que les vassaux payent au Seigneur pour la protection qu'ils en reçoivent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6941" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPTER" />
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    <head>CAPTER</head>
    <p>
    CAPTER , v. act. Vieux mot écorché du Latin, dont on se servoit autrefois pour parler d'un Orateur, qui dans son exorde tâche à gagner, &amp; à s'assurer la bienveillance de ses auditeurs. <i>Captare.</i> Cela ne se peut plus dire qu'en riant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6942" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPTIEUSEMENT" />
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    <head>CAPTIEUSEMENT</head>
    <p>
    CAPTIEUSEMENT , adv. D'une manière captieuse. <i>Captiosè.</i> Cet argument conclud <i>captieusement.</i> Cet homme agit toujours <i>captieusement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6943" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPTIEUX, EUSE" />
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    <head>CAPTIEUX, EUSE</head>
    <p>
    CAPTIEUX, EUSE , adj. Trompeur sophistique. <i>Captiosus, <pb n="850" facs="bpt6k8542165/f890/full/1200,/0/native.jpg"/>fallax.</i> Il se dit particulièrement des raisonnemens, qui en apparence sont véritables, &amp; qui se trouvent faux, étant bien examinés. Les Hérétiques se servent de raisonnemens <i>captieux,</i> &amp; sophistiques. On le dit quelquefois des personnes. Il faut se défier de ce chicaneur, c'est un homme <i>captieux,</i> &amp; sujet à surprendre les gens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6944" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPTIF, IVE" />
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    <head>CAPTIF, IVE</head>
    <p>
    CAPTIF, IVE , adj. Esclave, qui est pris par des ennemis, par des Infidèles, ou par des Corsaires. <i>Captivus.</i> Les <i>captifs</i> étoient amenés en triomphe à Rome, &amp; suivoient le char du victorieux. Les Religieux Mathurins, &amp; ceux de la Merci sont établis pour la rédemption des <i>captifs.</i></p><p>Il y en a qui croient que ce mot est substantif, quand on parle de Chrétiens que les Infidèles, les Mahométans Turcs, Arabes, Mores, font prisonniers, &amp; qu'il est adjectif quand on parle de ceux qui sont pris en guerre par d'autres que par les Mahométans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6944" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPTIF, IVE" />
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    <head>CAPTIF, IVE</head>
    <p>
    Captif , se dit figurément &amp; poëtiquement de ceux qui se sont laissé asservir sous le joug de quelque dangereuse passion. La longue vie est le supplice d'une femme qui a mis tout son bonheur à traîner après elle une foule de <i>captifs.</i> Voi. Cette beauté a fait bien des <i>captifs.</i> Un <i>captif</i> mal gardé est pour nous une honte. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6944" id="3" type="">
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    <head>CAPTIF, IVE</head>
    <p>
    Captif , signifie aussi, Qui est dans la sujettion, dans la contrainte, &amp; dans l'incommodité. Il a quitté le service d'un tel maître, parce qu'on le tenoit trop <i>captif.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6945" id="1" type="">
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    <head>CAPTIVER</head>
    <p>
    CAPTIVER , v. act. Faire des captifs. <i>Captivum aliquem facere.</i> Dans la prise de ce vaisseau il y a eu quinze Chevaliers qui ont été <i>captivés</i> &amp; menés à Alger. Ce mot n'est guère en usage dans le propre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6945" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPTIVER" />
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    <head>CAPTIVER</head>
    <p>
    Captiver , se dit aussi figurément des choses spirituelles. Il faut <i>captiver</i> sa raison pour l'assujettir à la foi, <i>submittere animum ad ea quae divinitùs credenda proponuntur. Captiver</i> signifie encore, Gagner quelqu'un par ses charmes, par ses attraits, par des manières aimables, <i>demereri sibi aliquem, conciliare.</i> Un Prince doux &amp; bien-faisant <i>captive</i> tous ses sujets. Vos beaux yeux <i>captivent</i> mon coeur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6945" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAPTIVER" />
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    <head>CAPTIVER</head>
    <p>
    Captiver , signifie aussi presque en même sens, Se contraindre, s'assujettir soi-même, s'attacher à quelque chose. <i>Astringere se, servum fieri.</i> Il se faut long-temps <i>captiver,</i> s'attacher à la lecture, pour devenir savant. C'est un libertin qui ne se veut point <i>captiver,</i> qui aime ses plaisirs, qui ne veut pas faire sa cour.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6946" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPTIVITÉ" />
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    <head>CAPTIVITÉ</head>
    <p>
    CAPTIVITÉ , s. f. Esclavage, prison, <i>Captivitas, servitus.</i> Il y a bien des pauvres Chrétiens qui languissent en <i>captivité</i> chez les Infidèles. Il a été plusieurs années prisonnier, &amp; sa <i>captivité</i> ne lui a point abattu le courage. Non, ma <i>captivité</i> n'abattra point mon coeur. Corn. Les Israëlites furent long-temps en <i>captivité.</i> La <i>captivité</i> de Babylone.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6946" id="2" type="">
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    <head>CAPTIVITÉ</head>
    <p>
    Captivité , signifie aussi, Sujettion, empire tyrannique, ou rude. <i>Servitus.</i> Les Princes d'Orient tiennent leurs Sujets en grande <i>captivité.</i> Ce maître tient ses valets en grande <i>captivité,</i> ils n'ont pas une heure à eux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6946" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAPTIVITÉ" />
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    <head>CAPTIVITÉ</head>
    <p>
    Captivité , se dit aussi figurément des attachemens volontaires qu'on se fait pour contenter ses passions, &amp; particulièrement son ambition, &amp; son amour. Un bon Courtisan est dans une perpétuelle <i>captivité</i> auprès de son Prince. Un Amant languit dans une agréable <i>captivité</i> auprès de sa Maîtresse. On le dit aussi dans les matières de piété, pour marquer un dévouement au service de Dieu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6947" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPTURE" />
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    <head>CAPTURE</head>
    <p>
    CAPTURE , s. f. Prise de quelque débiteur, ou criminel, par des Archers, ou Sergens, pour le mener en prison. <i>Comprehensio.</i> Ce Prévôt a pris un chef de Bandits, c'est une belle <i>capture.</i> On a envoyé des Exemts &amp; des Officiers pour prêter main-forte à la capture de ce rebelle, de ce banqueroutier. Par l'Ordonnance de 1670. les Prévôts des Maréchaux sont tenus lors de la <i>capture</i> de laisser copie de l'inventaire des meubles, hardes, &amp; autres choses dont les accusés sont saisis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6947" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAPTURE" />
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    <head>CAPTURE</head>
    <p>
    Capture , se dit aussi du butin que l'on prend sur l'ennemi. <i>Praeda.</i> Ils ont fait là une bonne <i>capture.</i></p><p>On appelle encore <i>capture,</i> La saisie des marchandises prohibées, faite par les Gardes des Fermes du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6948" id="1" type="">
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    <head>CAPUCE</head>
    <p>
    CAPUCE , s. m. Morceau d'étoffe qui couvre la tête des Augustins déchaussés, &amp; de la plupart des Religieux de S. François, &amp; qui d'ordinaire est fait en pointe. <i>Cucullus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6949" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPUCHON" />
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    <head>CAPUCHON</head>
    <p>
    CAPUCHON , s. m. Pièce d'étoffe taillée pour couvrir la tête, dont se servent les Moines. Les uns le portent en pointe, les autres arrondi. Quelques-uns l'appellent <i>capuce. Cucullus.</i> En général <i>capuchon</i> est la partie de l'habit d'un Moine ou d'un Religieux qui lui couvre la tête ; mais cet habillement n'est pas tellement propre aux Moines, qu'il ne soit aussi celui de tous les Ecclésiastiques en général : le camail des Evêques, &amp; celui que portent en hyver les Ecclésiastiques séculiers &amp; les Chanoines, sont de véritables <i>capuchons.</i> Par le second Chapitre d'un Concile de Paris tenu en 1346. il est réglé que les aumusses des Clercs ne seront point doublées d'étoffes de soie ou de velours ; qu'ils n'affecteront point de porter ni des <i>capuchons</i> courts &amp; terminés en pointe sur le front, ni des manches longues, &amp;c. L'assemblée d'Aix la Chapelle de l'an 817. 10. de Juillet, ordonna que le <i>capuchon</i> ou la cuculle de chaque Moine, seroit de la longueur du moins de deux coudées. Chor. <i>Hist. de Dauph. L. X. p.</i> 662.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6950" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPUCHONNE" />
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    <head>CAPUCHONNE</head>
    <p>
    &#9758; CAPUCHONNE , adj. Qui porte un capuchon. Mr Des Forges Maillart, sous le nom de Mlle de Malcrais de la Vigne, dans son Epitaphe du Frère Hilarion, Capucin, dit de ce fameux Quêteur :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6951" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPUCIAT, ATE" />
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    <head>CAPUCIAT, ATE</head>
    <p>
    CAPUCIAT, ATE , s. m. &amp; f. Nom propre de Secte. <i>Capuciatus.</i> Ce nom signifie, Enveloppé dans un Capuchon, enfroqué, encapuchonné. On le donna dans le XIVe siècle en Angleterre à des disciples de Wiclef, qui en 1387. commencerent à paroître, &amp; furent ainsi nommés, parce qu'ils ne se découvroient point devant le S. Sacrement, &amp; en approchoient sans quitter comme les Catholiques le chaperon, ou capuce, que l'on portoit alors. Sponde parle des <i>Capuciates</i> à l'an 1487.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6952" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPUCIN, INE" />
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    <head>CAPUCIN, INE</head>
    <p>
    CAPUCIN, INE , subst. masc. &amp; fém. Religieux, ou Religieuse de l'Ordre de Saint François de la plus étroite observance. <i>Capucinus.</i> Ils portent des capuchons pointus, &amp; sont vêtus de brun, ou de gris. Ils vont toujours nuds pieds, jamais en carrosse, &amp; les hommes ne rasent jamais leur barbe. C'est une réforme de l'Ordre des Mineurs, dits communément Cordeliers. Elle fut faite au XVIe siècle, par Matthieu Baschi, Religieux Observantin du Couvent de Montefalconi, qui, averti plusieurs fois d'une manière miraculeuse de pratiquer la Règle de S. François à la lettre, &amp; une pauvreté plus étroite, alla en 1525. à Rome ; c'étoit l'année du Jubilé. Clément VIIe l'y reçut bien, lui donna la permission de se retirer dans des solitudes, &amp; non-seulement à lui, mais à tous ceux qui voudroient embrasser l'étroite observance. Quelques-uns l'embrasserent en effet. En 1528. ils obtinrent du Pape une Bulle : ils s'établirent d'abord à Camerino, où le Duc, &amp; sur-tout la Duchesse Catherine Cibo les favorisoient ; &amp; c'est cette année 1528. qu'ils regardent comme la première de leur Ordre. Louis de Fossombrone, qui s'étoit joint à Matthieu, fut celui qui contribua le plus à la réforme : il fallut le chasser ensuite à cause de son ambition. En 1529. l'Ordre prit une forme parfaite ; Matthieu fut élû Général, &amp; le Chapitre fit des Constitutions. En 1536. Paul III. confirma cette Congrégation nouvelle, &amp; tous les <pb n="851" facs="bpt6k8542165/f891/full/1200,/0/native.jpg"/>priviléges des <i>Capucins</i> par une Bulle du 25 d'Août. Les <i>Capucins</i> furent reçus en France sous Charles IX. qui écrivit à Grégoire XIII. pour avoir des <i>Capucins.</i> C'est pourquoi ce Pape par une Bulle du 3e de Juin 1575. leva la défense que Paul III. leur avoit faite de s'étendre hors d'Italie, &amp; leur permit de s'établir par-tout. Ainsi c'est à la France qu'ils doivent en quelque sorte toutes les maisons qu'ils ont hors d'Italie. Le Cardinal de Lorraine les plaça à Meudon, où il leur bâtit un Couvent ; Henri III. leur fit construire celui de la rue S. Honoré à Paris. Ils ont dans le Royaume neuf Provinces, sans compter celle de Lorraine. Le P. Zacharie de Boverio a écrit en Latin les Annales des <i>Capucins</i> en trois volumes <i>in-fol.</i> depuis 1524. jusqu'en 1634.</p><p>Ce nom leur a été donné à cause du leur grand capuchon, ou capuce. Mathieu Baschi, Religieux de l'Ordre de S. François, d'une vertu fort austère, établit dans cet Ordre une réforme, &amp; assembla des compagnons qui l'embrasserent : on les appella <i>Capucins</i> ; à cause du grand capuce ou capuchon qu'ils portent. Cette réforme fut approuvée par Clément VII. en 1528. Matthieu Baschi, qui étoit Auteur de la réforme des <i>Capucins,</i> mourut dans un Couvent des Observantins. Le premier Couvent que les <i>Capucins</i> aient eu, fut établi dans une petite Chapelle dédiée à S. Christophe. Le Pape ôta la prédication aux <i>Capucins</i> en 1543. mais elle leur fut rendue avec éloge en 1545. En 1578. il y avoit déja eu dix-sept Chapitres généraux dans l'Ordre des <i>Capucins.</i> Voyez les Annales des <i>Capucins.</i> La vie de Henri, Comte du Bouchage, Duc de Joyeuse, <i>Capucin,</i> est renfermée en abrégé dans ces deuxvers du 4e chant de la Henriade.</p><p>On ne peut pas exprimer plus de choses en moins de paroles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6953" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPUCINADE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>CAPUCINADE</head>
    <p>
    &#9758; CAPUCINADE , s. f. Sermon de Capucin, Piéce peu éloquente. L'Homélie de l'Archevêque de Grenade étoit un discours diffus, une Rhétorique de Régent usé, une <i>capucinade. Hist. de Gil Blas.</i> La Règle n'est pas si générale, qu'elle n'ait ses exceptions. Témoin ce Capucin, dont parle Balzac, qui ayant prèché un jour à Rome, de l'obligation de la Résidence, fit tant de peur à trente ou quarante Evêques qui l'écoutoient, qu'ils s'enfuirent tous dès le lendemain en leurs Diocèses : une autre fois la conversion de toute une ville fut le succès d'un de ses Carêmes ; on crioit <i>miséricorde</i> par les rues à la sortie de l'Eglise ; &amp; il fut compté la Semaine Sainte, qu'il s'étoit vendu pour deux mille écus de cordes à faire des disciplines, quoique ce ne soit pas une marchandise qui soit fort chere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6954" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAPUCINE" />
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    <head>CAPUCINE</head>
    <p>
    CAPUCINE , s. f. <i>Cardamindum, s. n. Nasturtium Indicum.</i> Plante qui nous a été apportée des Indes, &amp; qu'on a nommé en François <i>capucine,</i> à cause que le calice de sa fleur est terminé à sa partie postérieure par un éperon creux, qui a la figure d'un capuchon. Sa racine est fibreuse, chevelue, rampante, oblique, épaisse de quelques lignes ; d'où partent plusieurs tiges minces qui grimpent &amp; s'entortillent aux arbres &amp; aux plantes qui les environnent. On leur met pour cela des échalas pour les soutenir. Elles sont garnies de feuilles alternes, arrondies, d'un verd clair en-dessus, &amp; lisses, plus pâles en-dessous, un peu velues, &amp; chargées de quelques nervures qui naissent de la queue, placées presque au centre de cette feuille, &amp; forment autant de rayons, qui vont se terminer jusqu'à leur marge : les queues sont longues de plusieurs pouces, entortillées de même que les tiges. Des mêmes noeuds que partent les feuilles, sortent aussi des pédicules qui soutiennent des fleurs composées de cinq pétales arrondies, jaunes, &amp; rouges à leur naissance en dedans, étroites d'abord, &amp; barbues en cet endroit, &amp; disposées dans les échancrures d'un calice d'un jaune verdâtre découpé en cinq parties oblongues, étroites, &amp; terminées à leur partie postérieure d'un éperon creux, long de deux tiers d'un pouce, jaune, &amp; rayé de quelques lignes de pourpre. Quelques étamines rougeâtres, &amp; chargées de sommets de même couleur, naissent du centre de la fleur, &amp; environnent un pistile dont la base devient un fruit à trois semences, couvertes d'une écorce verte &amp; ridée ; on confit les boutons des fleurs de la <i>capucine</i> dans du vinaigre, &amp; on les mange en salade. La <i>capucine</i> est piquante au goût comme le cresson ; aussi ses feuilles &amp; ses fleurs sont recommandées pour le scorbut. On cultive encore dans les jardins une espèce de <i>capucine</i> qui est plus grande que celle-ci, dans toutes ses parties, &amp; on la nomme grande <i>Capucine, Cardamindum majus. Capucine</i> se prend quelquefois pour le bouton de la fleur. On dit, Confire des <i>Capucines.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6955" id="1" type="">
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    <head>CAQUE</head>
    <p>
    CAQUE , s. f. Petit baril qui tient le quart d'un muid, où particulièrement l'on enferme du hareng. <i>Doliolum, cadus.</i> On le dit aussi à la guerre des <i>caques</i> de poudre. Quelques-uns disent que <i>caque</i> est masculin, &amp; que ceux qui parlent bien le font toujours de ce genre : ainsi selon eux on doit dire un <i>caque</i> qui n'est pas bien lié.</p><p>Les Anglois disent <i>cade</i> pour <i>caque,</i> du Latin <i>cadus.</i> Et c'est chez eux une mesure de certaines espèces de poisson sec ou salé, qui en comprend une certaine quantité déterminée. Le <i>cade,</i> ou la <i>caque</i> de hareng en contient 500, &amp; le <i>cade</i> ou la <i>caque</i> de sardines en contient 1000. Harris.</p><p>On dit proverbialement, la <i>caque</i> sent toujours le hareng ; pour dire, qu'on sent toujours la bassesse de sa naissance, quelque fortune qu'on ait faite. On le dit aussi pour exprimer, qu'on ne sauroit se défaire des mauvaises impressions qu'on nous a données dans la jeunesse par une mauvaise éducation. On dit des gens qui sont placés en quelque lieu fort étroit, ou qui sont incommodés par la foule, qu'ils sont pressés comme des harengs dans une <i>caque.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6956" id="1" type="marine">
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    <head>CAQUER</head>
    <p>
    CAQUER , v. act. Terme de Marine , qui se dit du hareng auquel on arrache les entrailles ou breuilles, pour le mettre dans la caque. <i>Haleces evisceratas doliolo ingerere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6957" id="1" type="">
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    <head>CAQUEROLLE</head>
    <p>
    CAQUEROLLE , ou CAQUEROLLIER, subst. f. Petit pot de cuivre à trois pieds, qui a une longue queue pour l'approcher du feu, &amp; pour secouer les fricassées, ou autres mets qu'on fait cuire ordinairement. <i>Cacabus ex aere Cyprio depressior &amp; manubriolo instructus.</i> On dit aussi Casserolle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6958" id="1" type="">
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    <head>CAQUESANGUE</head>
    <p>
    CAQUESANGUE , s. f. Terme bas. Voyez CAGUESSANGUE, qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6959" id="1" type="">
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    <head>CAQUET</head>
    <p>
    CAQUET , s. m. Abondance de paroles inutiles, qui n'ont point de solidité. <i>Loquacitas, Garrulitas.</i> Les femmes n'ont que du <i>caquet</i> ; elles ne parlent que de bagatelles. Cet Avocat n'a que du <i>caquet.</i> Cela n'est bon que dans le comique &amp; le familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6959" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAQUET" />
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    <head>CAQUET</head>
    <p>
    Caquet , se dit aussi des oiseaux qui parlent. Ce perroquet, cette pie, nous étourdissent avec leur <i>caquet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6959" id="3" type="">
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    <head>CAQUET</head>
    <p>
    Caquet , se dit aussi d'une promesse sans effet. Cet homme promet beaucoup, mais il ne tient rien ; il n'a que du <i>caquet. Inanis ac vana promissio.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; figurément, Rabattre le <i>caquet</i> de quelqu'un ; pour dire, Rabattre son orgueil, lui fermer la bouche, le menacer, ou le convaincre. On appelle le <i>caquet</i> de l'accouchée, cet entretien de bagatelles qu'ont plusieurs femmes assemblées, comme il s'en rencontre chez les femmes en couche. On dit aussi, qu'une femme est dans le <i>caquet,</i> quand par sa mauvaise conduite elle donne occasion aux autres de médire d'elle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6960" id="1" type="">
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    <head>CAQUETER</head>
    <p>
    CAQUETER , v. n. se dit au propre de ce bruit que font les poules quand elles veulent pondre : ce qui est exprimé par le son du mot. <i>Gloccitare ; gloccire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6960" id="2" type="">
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    <head>CAQUETER</head>
    <p>
    Caqueter , signifie au figuré, Babiller, parler beaucoup sans dire rien de solide, comme font la plupart des femmes. <i>Garrire, Nugari.</i> On le dit aussi des petits enfans quand ils commencent à parler, &amp; des pies &amp; des perroquets. A quelque prix que ce fût, il falloit que du matin au soir elle écoutât, ou <i>caquetât.</i> Mlle L'Herit.</p><p>On dit aussi à la chasse, qu'un chien <i>caquete,</i> quand il crie &amp; abboie mal-à-propos &amp; hors des voies, ou sans sujet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6961" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAQUETEUR, EUSE" />
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    <head>CAQUETEUR, EUSE</head>
    <p>
    CAQUETEUR, EUSE , adj. Qui caquette, qui babille, qui parle trop, qui ne sauroit rien tenir de secret. <i>Loquax, Garrulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6962" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAQUETOIRE" />
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    <head>CAQUETOIRE</head>
    <p>
    CAQUETOIRE , s. f. Petit fauteuil qui sert à se mettre auprès du feu, &amp; où on caquete à son aise. <i>Cathedra ad confabulandum apta, commoda.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6962" id="2" type="laboureur">
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    <head>CAQUETOIRE</head>
    <p>
    Caquetoire . Terme de Laboureur . Bâton qui est au milieu des mancherons de la charrue, sur lequel le Laboureur s'assied lorsqu'il cause avec quelqu'un. Cette <i>caquetoire</i> s'appelle aussi <i>babilloire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6963" id="1" type="">
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    <head>CAQUETTE</head>
    <p>
    CAQUETTE , s. f. Manière de petit baquet où une harangère met du poisson, sur-tout des carpes. Petite Caque. C'est un diminutif de ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6964" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAQUETTERIE" />
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    <head>CAQUETTERIE</head>
    <p>
    &#9758; CAQUETTERIE , s. f. Action de caqueter. Babil. Ah ! finissons cette <i>caquetterie,</i> interrompit-elle, ou ne me parlez plus sur ce ton, ou soyez du moins d'accord avec vous-même. Crebillon, fils.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6965" id="1" type="marine">
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    <head>CAQUEUR</head>
    <p>
    CAQUEUR , subst. m. Terme de Marine . On appelle <i>Caqueurs</i> les Matelots qui caquent le hareng. Quelques-uns disent <i>Eccaqueur</i> au lieu de <i>caqueur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6966" id="1" type="">
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    <head>CAQUEUX</head>
    <p>
    CAQUEUX , s. m. plur. Il y a en Bretagne une certaine espèce de gens que le reste du peuple a toujours regardé avec une extrême aversion, prétendant que c'est un reste des Juifs, &amp; qu'ils sont tous infectés de lèpre de père en fils. On les nomme <i>Caqueux, Cacosus,</i> &amp; ils exercent ordinairement le métier de Cordier. Hevin, savant Jurisconsulte, a fait voir de nos jours, que cette aversion étoit mal fondée, &amp; a obtenu un Arrêt de Parlement en leur faveur ; mais il est difficile d'ôter cette prévention de l'esprit de la plupart des Bretons. Il y a même plus de 250 ans que les Evêques dans la même prévention, ont ordonné que les <i>Caqueux</i> se tiendroient au bas des Eglises ; qu'ils ne baiseroient la paix qu'après tous les autres ; &amp; leur ont défendu, sous peine de cent sols d'amende, de toucher aux vases de l'autel. Lobineau. Voyez Capot, &amp; Cagot, &amp; comparez ce que nous y avons dit avec ce que nous venons de rapporter des <i>Caqueux.</i> Voyez l'<i>Hist. de Bret.</i> T. I. p. 847. &amp; T. II. p. 1610. Dans les Registres de la Chancellerie de Bretagne de 1475. il y a un mandement contre hommes &amp; femmes nommés <i>Caqueux,</i> auxquels il est fait défenses de voyager dans le Duché sans avoir une pièce de drap rouge sur leur robe, pour éviter le danger que pourroient encourir ceux qui auroient communication avec eux, pour ne les pas connoître. De plus, il leur est fait défense de se mêler d'aucun commerce que de fil &amp; de chanvre, &amp; d'exercer aucun métier que de cordier, &amp; aucun labourage que de leurs jardins seulement, à peine de confiscation ; défense à tous sujets de leur vendre autre marchandise que fil &amp; chanvre, &amp; de leur affermer aucun de leurs héritages, à peine de confiscation &amp; autres rigueurs. Lobineau, T. II. p. 1350. Cette dernière défense est modérée pour les <i>Caqueux</i> de l'Evêché de S. Malo, par une Ordonnance de 1477.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6967" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAR" />
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    <head>CAR</head>
    <p>
    CAR , Conjonction causative qui rend raison de ce qui a été avancé dans la proposition précédente. <i>Nam, enim, etenim.</i> Ses synonymes sont <i>parce que, pour ce que, d'autant que, vû que,</i> &amp;c. Toutes les Lettres de Chancellerie se terminent ainsi ; <i>Car</i> tel est notre plaisir. Le mot de <i>car</i> ne se doit employer que de loin à loin. Voit. Quelle persécution le <i>car</i> n'a-t il pas essuyée ! &amp;, s'il n'eût trouvé de la protection parmi les gens polis, il étoit banni honteusement d'une langue à qui il a rendu de si longs services, sans qu'on sût quel mot lui substituer. La Bruy.</p><p>Ce mot vient du Grec , signifiant la même chose, comme disent Nicot &amp; Henri Estienne. Mais Ménage le dérive avec plus d'apparence de <i>quare,</i> parce qu'on a écrit autrefois <i>quar,</i> &amp; on dit encore <i>cancan,</i> au lieu de <i>quamquam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6968" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARABÉ" />
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    <head>CARABÉ</head>
    <p>
    CARABÉ , ou KARABÉ. Voyez AMBRE, C'est la même chose. Ce mot vient de <i>Caraban</i>, nom que les Arabes donnent à l'ambre, <i>Caraban</i> vient du Persien <i>Cah Rubah</i>, qui signifie ce qui dérobe ou enlève la paille D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6969" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARABIN" />
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    <head>CARABIN</head>
    <p>
    CARABIN , s. m. Chevau-léger armé d'une petite arme à feu qui tire avec un rouet. <i>Eques sclopetarius.</i> Ces cavaliers, qui faisoient autrefois des compagnies séparées, &amp; quelquefois des régimens, servoient à la garde des Officiers Généraux, à se saisir des passages, à charger les premières troupes que l'ennemi faisoit avancer, &amp; à les harceler dans leurs postes : souvent aussi ils ne faisoient que lâcher leur coup, &amp; ils se retiroient. Lorsque l'on donnoit quelque bataille, ils combattoient sur les ailes de la première ligne, sur le front des Dragons &amp; des Cravates. Il n'y a plus aujourd'hui de <i>Carabins,</i> si ce n'est dans les compagnies de Chevaux légers, où il y en a seulement deux, qui sont des cavaliers armés chacun d'une carabine, &amp; qui suivent les Brigadiers de la compagnie. Gaja, dans son <i>Traité des armes,</i> croit que le mot <i>Carabin</i> vient du mot Espagnol <i>cara,</i> &amp; du mot Latin <i>binus,</i> qui signifie double, comme qui diroit gens à deux visages, à cause de leur manière de combattre tantôt en fuyant, &amp; tantôt en faisant volte face. Ces <i>Carabins</i> servoient du temps de Henri IV. &amp; de Louis XIII. Ils portoient une cuirasse échancrée à l'épaule, afin de mieux coucher en joue, un gantelet à coude pour la main de la bride, un cabasset en tête, une longue épée, &amp; une carabine à l'arçon de la selle.</p><p>On appelle figurément un <i>Carabin,</i> celui qui entre en quelque compagnie ou dans quelque jeu, sans s'y arrêter long-temps, qui ne fait que tirer son coup &amp; s'en va.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6969" id="2" type="">
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    <head>CARABIN</head>
    <p>
    Carabin de S. Côme . Terme bas &amp; populaire, qui signifie un <i>frater,</i> un <i>serviteur Chirurgien.</i></p><p>CARABINADE, s. f. Action, tour de Carabin, qu'un homme fait en quelque compagnie d'où il se retire aussitôt.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6970" id="1" type="">
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    <head>CARABINE</head>
    <p>
    CARABINE , s. f. Arme à feu, petite arquebuse à rouet que portoient les Carabins. <i>Sclopeti genus quod Carabinam vocant.</i> Cette arme n'est plus en usage à l'armée, à cause du temps qu'on perd à bander le ressort. On se sert pourtant encore de <i>carabines</i> rayées par le dedans de l'ame, qui portent leur plomb extrêmement loin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6971" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARABINER" />
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    <head>CARABINER</head>
    <p>
    CARABINER , v. n. Se battre à la manière des Carabins, décharger son coup, &amp; se retirer. <i>Sclopetariorum equitum more pugnare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6971" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARABINER" />
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    <head>CARABINER</head>
    <p>
    Carabiner , se dit figurément, en parlant de ceux qui entrent en quelque compagnie, &amp; qui s'en retirent aussi-tôt : ce qui se dit sur-tout des joueurs de dez, de la bassette, de lansquenet, qui viennent jouer deux ou trois coups, &amp; qui s'en vont aussi-tôt sans vouloir tenir jeu aux autres ; ou bien, c'est Mettre à la réjouissance, &amp; prendre des cartes entre les joueurs sans être coupeur, ni tenir la carte. <i>Sistere se praesentem ad breve tempus &amp; statim aufugere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6972" id="1" type="">
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    <head>CARABINIER</head>
    <p>
    &#9758; CARABINIER , s. m. Cavalier armé de carabine. Une Compagnie de <i>Carabiniers,</i> Capitaine de <i>Carabiniers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6973" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARACALLE" />
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    <head>CARACALLE</head>
    <p>
    CARACALLE , s. m. Surnom de Marc Aurèle Antonin Bassien Empereur Romain. <i>Caracalla.</i> Quelques Auteurs disent <i>Caracalla</i> ; mais ce mot est Latin, on dit communément <i>Caracalle</i> ; l'Empereur <i>Caracalle,</i> comme Elagabale, &amp; non pas <i>Elagabalus</i> ; &amp; puisque l'usage a donné une forme Françoise à ce mot, à quoi bon se servir encore du nom Latin, quand on parle François ? <i>Caracalle</i> nâquit à Lyon ; &amp; y fut proclamé Empereur près de Vimi l'an 213. selon Baronius ; mais plutôt 211. selon le P. Petau : son Empire dura six ans, &amp; en 217. il fut tué par ordre de Macrin qui lui succéda. <i>Caracalle</i> fut un monstre couvert de toutes sortes de crimes. Voyez Spartien, Aurélius Victor, Dion, Hérodien, qui ont écrit sa vie. Le P. Pagi ne fait pas commencer l'Empire de <i>Caracalle,</i> comme les autres, à la mort de Sévère, l'an 211. mais l'an 198. après l'entière défaite de la faction d'Albin. Antonin <i>Caracalla</i> aima Appollone de Tyanes, l'honora, &amp; lui bâtit même un temple. Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6973" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARACALLE" />
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    <head>CARACALLE</head>
    <p>
    Caracalle , s. f. <i>Caracalla.</i> Espèce de vêtement que portoient également &amp; les hommes &amp; les femmes Romaines, &amp; autres. Les hommes, comme il paroît par Bède, <i>De Gest. Angl. L. I. c.</i> 7. Les femmes, Palladius, c. 117. La <i>caracalle</i> avoit un capuchon, <i>Eucherius de Vest.</i> &amp; elle alloit jusqu'aux talons, Spartien, dans <i>Caracalle,</i> c. 9. Spartien &amp; Xiphilien disent que l'Empereur <i>Caracalle</i> en fut l'inventeur, la donna au peuple, ordonna que les soldats en portassent, &amp; que ce fut pour cela qu'on lui donna le nom de <i>Caracalle.</i> D'autres entendent seulement qu'il <pb n="853" facs="bpt6k8542165/f893/full/1200,/0/native.jpg"/>l'apporta des Gaules. Voyez Rosweid <i>Onomast.</i> Saumaise sur Spartien, Scaliger, Paradin, <i>Hist. de Lyon,</i> L. I. c. 34. &amp; après eux Du Cange, croient que c'est de-là qu'est venu le mot Casaque, qui s'est dit pour <i>Caraque.</i> Quoiqu'il en soit, cet habit devint un vêtement des Ecclésiastiques en retranchant le Capuchon, comme il paroît par S. Jerôme, <i>De Vest. Sacerdot.</i> par Eucherius cité ci-dessus, &amp; par les <i>Acta Sanct. Jun. T. IV. p.</i> 148. Le peuple appelloit cet habit une Antoninienne, à cause que le Prince, qui l'avoit donné, avoit pris le nom d'Antonin. On marque qu'il étoit fait de plusieurs pièces coupées, &amp; cousues ensemble, &amp; alloit jusqu'aux talons, de sorte qu'il avoit quelque rapport à nos soutanes. On prétend néanmoins qu'il y en avoit aussi de plus courts, &amp; sur-tout hors de Rome, &amp; je ne sai comment des soldats en auroient porté de longs. De Tillem. Chorier prétend que nous conservons encore dans nos casaques le nom &amp; l'usage des <i>caracalles</i> ; mais que la politesse des derniers siècles leur a ôté ce qui les pouvoit rendre autrefois moins propres &amp; moins commodes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6974" id="1" type="">
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    <head>CARACHE</head>
    <p>
    CARACHE , s. m. Tribut que les Chrétiens payent au Grand Seigneur. <i>Tributum à Christianis Turcarum Imperatori pendi solitum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6975" id="1" type="architecture">
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    <head>CARACOL</head>
    <p>
    CARACOL , s. m. en termes d'Architecture , est un escalier fait en hélice, ou en rond, dont toutes les marches sont gironnées. <i>Helix.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6976" id="1" type="guerre & de manege">
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    <head>CARACOLE</head>
    <p>
    CARACOLE , s. f. Terme de Guerre &amp; de Manége . C'est un mouvement que fait le Cavalier en demi-rond, ou demi-tour, à gauche ou à droit, en changeant de main, afin que l'ennemi soit toujours incertain si on l'attaquera de front, ou de flanc. <i>Equestris in gyrum, vel speculando, vel invadendo hosti procursio.</i></p><p>Quelques-uns disent aussi <i>Caracol</i> au masculin, comme Vaugelas dans l'exemple suivant.</p><p>C'est aussi le demi-tour que fait chaque Cavalier quand il a fait sa décharge, pour passer de la tête de l'escadron à la queue. Les Thessaliens faisant promtement le <i>caracol,</i> revinrent à la charge. Vaug.</p><p>On le dit aussi des mouvemens qu'on fait dans les montres, quand on fait le demi-tour pour défiler, ou pour se faire voir plusieurs fois aux Princes, ou aux Officiers.</p><p>Ce mot est pris de l'Arabe, &amp; l'Arabe de l'Hébreu <i>carac,</i> qui signifie <i>involvere.</i> Men. Mais il nous vient immédiatement de l'Espagnol, où il signifie au propre un <i>limaçon,</i> &amp; au figuré les mouvemens militaires qui viennent d'être expliqués.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6977" id="1" type="">
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    <head>CARACOLER</head>
    <p>
    CARACOLER , v. n. Faire des caracoles, ou des demi-tours en marchant. <i>Equos in gyrum, in orbem agere.</i> Dans les combats singuliers a cheval, on a un gros avantage de se battre en <i>caracolant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6977" id="2" type="">
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    <head>CARACOLER</head>
    <p>
    Caracoler , se dit figurément dans les affaires ; pour dire, Biaiser, ne marcher pas droit, faire des poursuites à diverses reprises en tâchant de surprendre ses parties. <i>Fingere, dissimulare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6978" id="1" type="">
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    <head>CARACOLLE</head>
    <p>
    CARACOLLE , s. f. Plante légumineuse, étrangère, qui a pris son nom des entortillemens de sa tige &amp; de ses branches, ou de sa fleur, qui est tournée en spirale comme un limaçon. On la met au nombre des Phaséoles : elle est vivace, &amp; on la nomme <i>Phaseolus Indicus, Cochleato flore.</i> Sa racine est charnue, assez grosse, en navet, &amp; qui donne plusieurs tubercules charnus. Elle est blanchâtre au-dedans, d'un goût d'herbe, &amp; pousse plusieurs tiges ou sarmens souples, verdâtres, de la grosseur du doigt lorsqu'elle est vieille, &amp; qui grimpent &amp; s'attachent aux corps voisins. Ces tiges donnent plusieurs branches qui s'entortillent pareillement, &amp; poussent d'espace en espace des feuilles qui sont au nombre de trois, portées à l'extrémité d'une queue verdâtre. Elles sont d'un verd foncé, plus petites que celles de nos haricots, mais à peu-près de la même figure &amp; dans le même ordre. Ses fleurs sont légumineuses, en grappe, &amp; beaucoup plus grandes que celles de nos Phaséoles ; elles sont blanches d'abord, purpurines dans leur centre &amp; d'une odeur douce &amp; fort agréable. Leur pistile devient, après que les fleurs sont passées, une gousse longue de deux pouces, arrondie, &amp; qui renferme des semences taillées en rein. Cette plante craint l'hiver, &amp; ne fleurit en France que sur la fin de l'été. Elle est vivace, &amp; se peut multiplier par ses sarmens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6979" id="1" type="">
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    <head>CARACORE</head>
    <p>
    CARACORE , s. f. Galère qui est en usage dans les Isles des Moluques : elle est fort étroite par rapport à la longueur ; &amp; vogue avec beaucoup de vîtesse. <i>Triremis angustior.</i> Les <i>caracores</i> baissent à l'avant &amp; à l'arrière : lorsqu'il y a du vent on y met des voiles de cuir : il y a autour du bâtiment un pont de roseaux par le moyen duquel il flotte &amp; vogue sur l'eau ; c'est sur l'élancement de ce pont que les rameurs sont placés comme sur une galerie ; sans ce pont un vaisseau qui est fort étroit &amp; aigu ne manqueroit pas de se renverser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6980" id="1" type="">
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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    CARACTÈRE , s. m. Certaine figure qu'on trace sur le papier, sur l'airain, sur le marbre, ou sur d'autres matières avec la plume, le burin, le ciseau, ou autres instrumens, pour signifier, ou marquer quelque chose. <i>Caracter, nota, signum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6981" id="1" type="">
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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    CARACTÈRE . Lettre de l'alphabet. <i>Littera.</i> Les lettres sont des <i>caractères</i> qui servent à marquer nos pensées. Les Egyptiens avoient des <i>caractères</i> hieroglyphiques. Les Chinois ont quatre-vingts mille <i>caractères</i> différens. Le <i>caractère</i> Hébreu n'a subsisté dans l'usage ordinaire, que jusqu'à la captivité de Babylone. Après le retour de la captivité le peuple n'écrivit plus que le <i>caractère</i> Assyrien, dont l'usage s'étoit introduit pendant la captivité. C'est l'Hébreu quarré, dont on se sert encore aujourd'hui. L'ancien <i>caractère</i> Hébreu est celui qui se voit sur les médailles Hébraïques, appellées communément médailles Samaritaines. Plusieurs Protestans ne sauroient souffrir ce changement de <i>caractère</i> dans l'Ecriture, malgré le témoignage de toute l'Antiquité ; mais ils ne disent rien de solide pour le réfuter. Voyez la Dissertation du P. E. Souciet. J. sur les Médailles Hébraïques, &amp;c. Le <i>caractère</i> dont on se sert aujourd'hui communément en Europe est le <i>caractère</i> Latin des Anciens. Le <i>caractère</i> Latin venoit du Grec ; le Grec s'étoit formé du Phénicien que Cadmus apporta en Grèce. Le Phénicien étoit le même que l'ancien &amp; le vrai <i>caractère</i> Hébreu. Le <i>caractère</i> Chaldéen, le Syriaque, &amp; l'Arabe, ont aussi été formés de l'Hébreu, comme plusieurs Savans l'ont démontré, &amp; entre autres Postel dans son Alphabet de douze langues, &amp; Bibliander, <i>De Ratione Communi Ling.</i> &amp;c. mais on peut le prouver encore mieux qu'ils n'ont fait. Grégoire de Tours, <i>Hist. Franc.</i> L. V. c. 44. écrit que le Roi de Soissons Chilpéric ajoûta quatre <i>caractères</i> à l'alphabeth François, o, , z, &amp; . Les François furent les premiers qui, avec le chant Romain &amp; l'Office Latin de S. Grégoire, reçurent la forme des <i>caractères</i> Latins. Favyn. L'an 1091. dans un Concile Provincial tenu en la Ville de Léon, où présida Regnier, Moine de Cluni, Prêtre Cardinal, &amp; Légat du Pape Urbain II. en Espagne, l'usage des <i>caractères</i> Gothiques inventés par Ulfilas fut aboli, avec défenses aux Notaires d'en user à l'avenir dans leurs écritures &amp; actes publics, &amp; il fut ordonné qu'on écriroit en <i>caractères</i> François. Voyez Rodrigue Ximenès, L. VI. c. 30. &amp; après lui Mariana. Favyn, <i>Hist. de Nav.</i> p. 159.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui vient du verbe , <i>insculpere, imprimer, graver.</i></p><p>Les Médaillistes ont observé que le <i>caractère</i> Grec composé de lettres majuscules, s'est conservé uniforme sur toutes les médailles, sans aucune altération, &amp; sans aucun changement dans la conformation des <i>caractères,</i> quoiqu'il y en ait eu dans l'usage &amp; dans la prononciation. Ce <i>caractère</i> s'est conservé jusqu'à Galien, depuis lequel temps il paroît moins rond &amp; plus affamé. Depuis le règne du Grand Constantin jusqu'à Michel, c'est-à-dire, pendant 500. ans, on ne trouve que des <i>caractères</i> Latins. Après Michel on retrouve des <i>caractères</i> Grecs, qui commencerent à s'altérer aussi-bien que la langue, qui n'étoit plus qu'un mélange de Grec &amp; de Latin. Les médailles Latines ont mieux conservé leur langue &amp; leur <i>caractère</i> jusqu'à la barbarie de Constantinople. Vers le temps de Décius le <i>caractère</i> commença à s'altérer, &amp; à perdre de sa rondeur &amp; de sa netteté ; mais quelque temps après il se rétablit, &amp; demeura asiez beau jusqu'à Justin ; &amp; alors il tomba dans la dernière barbarie, où on le voit sous Michel <pb n="854" facs="bpt6k8542165/f894/full/1200,/0/native.jpg"/>dont on vient de parler. Ce fut encore pis dans la suite. Le <i>caractère</i> Latin dégénéra en Gothique. Ainsi plus le <i>caractère</i> est rond &amp; bien formé, c'est une marque d'antiquité. P. Job.</p><p>Les Imprimeurs appellent <i>caractères,</i> les lettres qui leur servent à imprimer. <i>Litterarum typi.</i> En voici les degrés. <i>Gros double Canon, gros Canon, Trismegiste,</i> ou <i>Canon approché, petit Canon, gros Parangon, petit Parangon, gros Romain, S. Augustin, Cicero, Philosophie, petit Romain, petit Texte, Mignone, Nompareille, Sedanoise</i> ou <i>Parisienne.</i> Presque toutes ces lettres ont leurs Italiques, &amp; leurs grandes &amp; petites capitales.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractere , se dit aussi de la manière d'écrire. <i>Caracter.</i> C'est une chose merveilleuse, qu'autant de mains qui écrivent, c'est autant de <i>caractères</i> différens. Ce Scribe a un fort bon <i>caractère,</i> fort lisible. Je connois son <i>caractère,</i> son écriture. J'ai été content en voyant seulement votre <i>caractère.</i> Voit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractere , se dit aussi de certaines marques &amp; empreintes que les Anciens mettoient sur le front de leurs esclaves ou des criminels, pour les reconnoître, ou pour les noter. <i>Signum, nota.</i> Peut-être qu'on doit ainsi expliquer le signe que Dieu mit sur le front de Caïn, pour empêcher qu'il ne fût tué dans son exil volontaire ; &amp; les marques de ceux des Tribus d'Israël dont il est fait mention dans l'Apocalypse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractère , se dit aussi figurément d'une certaine qualité qui imprime du respect à ceux qui la connoissent. <i>Species, nota, caracter.</i> Dieu a empreint sur le front de l'homme un <i>caractère,</i> une image de la Divinité. La majesté des Rois leur donne un <i>caractère</i> qui leur attire le respect des peuples.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractère , se dit encore des qualités visibles qu'on respecte en ceux qui sont revêtus de charges &amp; de dignités. <i>Dignitas muneris vel personae cui redditur honor debitus,</i> ou seulement <i>Dignitas.</i> Il faut qu'un Evêque soutienne son <i>caractère</i> par son savoir &amp; par sa vertu, plutôt que par l'éclat &amp; par la vanité mondaine. Les Prêtres, en perdant eux-mêmes le respect qu'ils doivent à la sainteté de leur <i>caractère,</i> sont les premiers coupables du mépris que l'on a pour eux. Flech. Le droit des gens met le <i>caractère</i> des Ambassadeurs à couvert de toute insulte. Wicq. Ce qui rend les Savans moins propres en conversation, c'est qu'ils croiroient mal soutenir le <i>caractère</i> de Savans, s'ils s'abaissoient à parler de bagatelles. Bell. On ne conçoit que de l'horreur pour un Ecclésiastique qui abuse de la dignité de son <i>caractère.</i> Vill. Un Magistrat qui s'abaisse à danser, fait une chose indigne de son <i>caractère.</i> En se moquant des Prêtres, on cherche aux dépens de leur <i>caractère,</i> le ridicule de leur personne. Flech. Le <i>caractère</i> d'un Prêtre est un <i>caractère</i> indélébile. On dit, Cet homme soutient bien son <i>caractère,</i> c'est-à-dire, Il est constant à faire la même chose ; il ne se dément point.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractère , signifie aussi, une manière, un air, un assemblage des qualités qui résulte de plusieurs marques particulières, &amp; qui distingue tellement une chose d'une autre, qu'on la puisse reconnoître aisément. <i>Forma alicujus &amp; naturalis nota, indoles.</i> Il se dit de l'esprit, des moeurs, des discours, du style, &amp; de toutes autres actions. Il n'y a point d'ame qui ne se sente élevée par l'impression que fait sur elle le <i>caractère</i> d'Achille. S. Evr. La grandeur d'ame est le <i>caractère</i> des Romains. P. Rap. Le Prince avoit un air noble, &amp; toutes ses actions avoient un <i>caractère</i> touchant. Vill. Cicéron avoit un <i>caractère</i> de politesse qui manquoit à Démosthène. P. Rap. Celui qui s'accoutume à dire des plaisanteries a un mauvais <i>caractère</i> d'esprit. Pasc. Un habile homme sait entrer dans l'humeur &amp; dans le <i>caractère</i> de tout le monde. Amelot. Il n'y a point de passion qui n'ait son <i>caractère</i> particulier. Les <i>caractères</i> violens donnent plus d'éclat aux actions qu'ils aiment : au contraire les <i>caractères</i> doux sont souvent sans gloire, quoiqu'ils aient le solide de la vertu. La Bruy. Le <i>caractère</i> des dévots de profession, c'est d'être implacables &amp; vindicatifs. Quand on sort de son <i>caractère</i> on est toujours ridicule. Bell. Pour bien écrire l'Histoire, il faut non-seulement former le <i>caractère</i> général du Héros, mais encore former le <i>caractère</i> particulier de ses vertus, ou de ses vices. S. Evr. L'évidence est le <i>caractère</i> de la vérité. Le <i>caractère</i> doux &amp; familier ne sied pas mal à la vérité, &amp; souvent il lui sied mieux que le style dogmatique, &amp; le ton décisif. Tourr. Je trouve les <i>caractères</i> d'Homère aussi animés, que ceux de Virgile fades &amp; dégoûtans. S. Evr. La simplicité &amp; l'unité de <i>caractère</i> dans les personnages est de l'essence du Poëme épique. P. Le Boss. L'égalité de <i>caractère</i> consiste à ne point donner au Héros des sentimens incompatibles, &amp; à le représenter tellement animé du même esprit, qu'on le reconnoisse toujours par son <i>caractère</i> principal &amp; dominant. Id. Le <i>caractère</i> du Héros doit être uniforme &amp; supérieur, ensorte que le <i>caractère</i> des autres personnages soit toujours soumis à celui du premier personnage. Id. C'est le défaut de Claudien ; vous y voyez tant de <i>caractères</i> dominans, qu'on ne reconnoît plus le principal. Id.</p><p>Ceux qui ont écrit des <i>caractères</i> sont, Théophraste, dont nous n'avons que des fragmens, que M. de la Bruyère a traduit en François ; Louis Du Moulin, <i>Exemplar morum</i> ; Charles Paschal, <i>Caracteres virtutum &amp; vitiorum,</i> De la Chambre, <i>les Caractères des passions</i> : M. de la Bruyère, <i>les Caractères,</i> ou <i>les Moeurs de ce siècle.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractère , se dit aussi de certains billets que donnent des Charlatans ou Sorciers, qui sont marqués de quelques figures talismaniques, ou de simples cachets. <i>Caracter magicus.</i> Ils font accroire au sot peuple qu'ils ont la vertu de faire des choses merveilleuses &amp; incroyables, comme de faire cent lieues en trois heures, d'être invulnérable à l'armée, &amp;c. Quand on raconte quelqu'un de ces prétendus effets, on dit qu'il faut que cet homme ait un <i>caractère,</i> qu'il ait fait un pacte avec le <i>Diable.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractère , se dit aussi des plantes. C'est ce qui les distingue si bien les unes d'avec les autres, qu'on ne sauroit les confondre, quand on fait attention à leurs marques essentielles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractère en Théologie, se dit d'une marque qui ne s'efface point, &amp; que quelques Sacremens laissent dans l'ame de ceux qui les reçoivent. <i>Caracter.</i> Il n'y a presque point de Théologiens qui ne disent que le <i>caractère</i> des Sacremens est quelque chose de physique. Les Sacremens qui impriment un <i>caractere</i> sont le Baptême, la Confirmation &amp; l'Ordre. Les Sacremens qui impriment un <i>caractère</i> ne se réitèrent point. Le <i>caractere</i> est un effet que les Sacremens produisent toujours dès qu'ils sont valides, lors même qu'ils ne produisent pas la grace, à cause des mauvaises dispositions du sujet. Ainsi par exemple, lorsqu'un adulte reçoit en péché mortel la Confirmation ou l'Ordre, il ne reçoit pas la grace, mais il reçoit le <i>caractère.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÈRE</head>
    <p>
    Caractere , en Peinture, se dit de ce qui est propre de chaque chose, qui fait son <i>caractère,</i> &amp; qui la distingue des autres. La pierre, les eaux, les arbres, le poil, la plume, &amp; enfin tous les animaux, demandent des touches différentes pour conserver l'esprit de leur <i>caractère.</i> De Piles.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÉRISER</head>
    <p>
    CARACTÉRISER , v. act. Décrire si bien le caractère de quelque chose, qu'on la reconnoisse. <i>Adumbrare, exhibere, describere, ad vivum exprimere.</i> Ce Peintre, ce Poëte, <i>caractérisent</i> bien les passions qu'ils veulent représenter. Le Prédicateur en censurant, ne doit point se donner la liberté de désigner ni de <i>caractériser</i> les personnes. De Vill.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARACTÉRISTIQUE</head>
    <p>
    CARACTÉRISTIQUE , s. f. Terme de Grammaire . C'est la principale lettre d'un mot qui se conserve dans la plupart de ses temps, de ses modes, &amp; dans ses dérivés, ou composés. <i>Littera designans.</i> Elle marque souvent son étymologie, &amp; elle doit être conservée dans son orthographe, comme l'<i>r</i> dans le mot de <i>course, mort,</i> &amp;c. Les <i>caractéristiques</i> sont de grand usage dans la Grammaire Grecque pour la formation des temps ; elles sont les mêmes dans les mêmes temps de tous les verbes d'une même conjugaison : il n'y a que le présent qui a différentes <i>caracteristiques,</i> &amp; le futur, l'aoriste premier, &amp; les préterits parfaits &amp; plus que parfaits de la quatrième conjugaison, qui ont deux <i>caractéristiques.</i></p><p>Il y en a qui emploient dans le discours ordinaire, &amp; ailleurs qu'en parlant de Grammaire, le mot de <i>caractéristique,</i> pour dire ce qui caractérise une chose, ou une personne, ce qui marque son caractère.</p><p>
    </p>
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    <head>CARADH</head>
    <p>
    CARADH , s. m. Feuilles d'un arbre que les Arabes appellent <i>Selem,</i> lesquelles servent à préparer ces beaux cuirs que nous appellons maroquins du Levant. L'Iemen, ou l'Arabie heureuse, est fertile en cette espèce d'arbres. Quelques-uns veulent que l'écorce de cet arbre, qui ressemble fort au Tamarik, serve à tanner les maroquins, &amp; que les feuilles s'emploient seulement à leur donner la dernière perfection. D'Herb.</p><p>
    </p>
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    <head>CARAFE</head>
    <p>
    CARAFE , s. f. Petite bouteille de verre de forme ronde, propre pour verser à boire, &amp; qu'on sert sur une soucoupe. <i>Ampulla.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARAFON</head>
    <p>
    CARAFON , s. m. Grosse bouteille de verre, épaisse, à long cou, qui sert à faire rafraîchir la boisson dans un seau avec de la glace. <i>Ampulla crassior.</i> Mais on prétend que <i>carafon</i> signifie plus ordinairement cette bouteille avec le seau où elle est enfermée, pour faire rafraîchir le vin &amp; l'eau. Il faut mettre de la glace dans ces <i>carafons.</i> Acad. Fr.</p><p>
    </p>
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    <head>CARAGNE</head>
    <p>
    CARAGNE , s. f. Espèce de résine qui nous est apportée de Cartagène dans l'Amérique Méridionale. Elle est un peu dure, ténace, sans beaucoup de viscosité &amp; sans se fondre, semblable à la <i>tacamahaca,</i> mais plus brillante, plus liquide, plus compacte, plus épaisse &amp; d'une odeur plus forte. Elle est très-bonne pour les tumeurs &amp; pour toutes sortes de douleurs. En Latin <i>caragna,</i> ou <i>caranna.</i></p><p>On rapporte du même endroit une espèce de <i>caragne</i> plus pure, &amp; claire comme le cristal, beaucoup plus excellente, &amp; de meilleure odeur que la précédente.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARAGUATA</head>
    <p>
    CARAGUATA , s. m. Sorte d'aloës qui vient au Brésil. Ses feuilles sont semblables à celles de l'aloës commun. Sa fleur est jaune &amp; sans odeur. Il y a une espèce de <i>caraguata guacu,</i> qui croît en peu de temps à une très-grande hauteur. Ses feuilles étant broyées &amp; bien frottées fournissent un lin très-fort &amp; très-délié. Ses fleurs sont renfermées dans de petits corps coniques, dont on tire, avant qu'elles soient épanouïes, des filets blancs qui ressemblent à du coton. Son bois séché brûle comme de la corde souffrée.</p><p>
    </p>
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    <head>CARAGUE</head>
    <p>
    CARAGUE , s. m. Animal du Brésil semblable à un renard. Les <i>caragues</i> sont bruns, &amp; font la guerre aux poules aussi-bien que les renards.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6990" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAÏBE" />
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    <head>CARAÏBE</head>
    <p>
    CARAÏBE , s. m. Nom de peuple. Les <i>Caraïbes</i> sont des sauvages de l'Amérique Méridionale, qui ont possédé autrefois toutes les Antilles, &amp; qui occupent encore les Isles de S. Vincent, de Bekia &amp; la Dominique. C'est ce qui fait qu'on appelle aussi du nom de <i>Caraïbes</i> les Isles des Antilles, qu'on appelle encore Cannibales d'un autre nom que portent aussi ces peuples. Au reste nous disons <i>Caraïbes</i> en quatre syllabes, &amp; rarement <i>Caribes.</i> De la Borde a écrit une Relation des moeurs, des coutumes &amp; de la Religion des <i>Caraïbes.</i> Le P. Du Tertre en parle aussi dans son <i>Histoire naturelle des Antilles</i> Tom. II. Traité VIIe &amp; Lonvillers de Poincy dans son <i>Histoire naturelle &amp; morale des Isles des Antilles</i> Liv. II. chap. 9. &amp; suiv. Le P. Du Tertre &amp; Lonvillers disent que les mots de Galibi &amp; <i>Caraïbe</i> sont des noms que les Européens leur ont donnés, &amp; que leur véritable nom étoit Callinago pour les hommes, &amp; Callipona pour les femmes ; que les Insulaires <i>Caraïbes</i> étoient des Galibis de terre ferme, qui étoient venus conquérir ces Isles ; qu'ils avoient eu des Rois, &amp; qu'il y avoit encore des <i>Caraïbes</i> descendus de ces Rois. Eux-mêmes ne s'appellent <i>Caraïbes</i> que quand ils sont yvres, ou quand ils sont parmi les Européens ; que ceux des Isles se nomment encore <i>Oubaobonon,</i> c'est-à-dire, habitans des Isles ; &amp; ceux de terre ferme <i>Baloue-bonon,</i> c'est-à-dire, habitans du continent. Lonvillers croit néanmoins qu'il est plus probable que ce nom ne leur a point été donné par les Espagnols, parce que 1°, Avant que les Espagnols &amp; les Européens eussent mis le pied au Brésil, les Brasiliens nommoient <i>Caraïbes</i> les gens plus subtils &amp; plus ingénieux que les autres, ainsi que Jean de Lery l'a remarqué dans son histoire. 2°, Il est constant qu'il y a des Sauvages qui portent le nom de <i>Caraïbes</i> en des quartiers du continent où les Espagnols n'ont jamais été ; car ceux qui demeurent dans ce continent Méridional au-dessus du saut des plus célèbres rivières s'appellent <i>Caraïbes.</i> Outre cela il y a au continent Septentrional une nation puissante, dit cet Auteur, composée de certaines familles qui se glorifient encore à présent d'être <i>Caraïbes,</i> &amp; d'en avoir reçu le nom long-temps avant que l'Amérique fût découverte. Les <i>Caraïbes</i> des Isles s'en glorifient aussi. Les <i>Caraïbes</i> sont d'une grande ignorance &amp; d'une grande simplicité. Quoiqu'ils n'aient point de temples, ni d'autels, ni presque de culte extérieur de Religion, ils ont cependant un sentiment naturel de quelque Divinité, ou de quelque puissance supérieure &amp; bienfaisante, qui réside aux Cieux ; mais ils disent qu'elle se contente de jouïr en repos des douceurs de sa propre félicité, sans s'offenser des mauvaises actions des hommes, &amp; qu'elle est douée d'une si grande bonté, qu'elle ne tire aucune vengeance de ses ennemis, d'où vient qu'ils ne lui rendent ni honneur ni adoration. Ils reconnoissent aussi de bons &amp; de mauvais esprits. Les bons esprits, dont ils font aussi des Dieux, sont en grand nombre ; &amp; ils croient que chacun a le sien. Quoiqu'ils semblent n'avoir point de culte extérieur, comme on l'a dit, ils offrent cependant à leurs Dieux de la Cassave &amp; du Ouïcou. Ils évoquent leurs faux Dieux, lorsqu'ils souhaitent leur présence ; mais cela se doit faire par le ministère de leurs Boyés, c'est-à-dire, de leurs Prêtres, ou plutôt de leurs Magiciens ; &amp; chaque Boyé a son Dieu particulier qu'il évoque. Ils appellent l'esprit malin <i>Maboya.</i> Ils croient l'immortalité de l'ame, &amp; qu'après la mort elle s'en va au Ciel avec son <i>Icheiri,</i> ou son <i>Chemiin,</i> c'est-à-dire, avec son Dieu, qui l'y conduit pour y vivre en la compagnie des autres Dieux, &amp; ils tuent les esclaves d'un homme mort pour l'aller servir dans l'autre vie. Voyez les Auteurs que l'on a cités ci-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6991" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAÏTE" />
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    <head>CARAÏTE</head>
    <p>
    CARAÏTE , s. m. &amp; f. Nom de Sectaires parmi les Juifs, il y en a encore aujourd'hui dans le Levant &amp; dans la Pologne. Quelques-uns, comme le P. Nau, les appellent <i>Caraïns,</i> mais ce n'est pas l'usage en François. Postel les appelle en Latin <i>Caraïni,</i> d'autres <i>Carrei</i> &amp; <i>Caraïtae.</i> Léon de Modène, Rabbin de Venise, dans son petit livre des Cérémonies &amp; Coutumes de ceux de sa nation Liv. V. ch. 1. dit, que de toutes les hérésies qui étoient chez eux avant la destruction du Temple, il n'est resté que celle des <i>Caraïm,</i> nom dérivé de <i>Micra</i>, qui signifie le pur texte de la Bible, parce qu'ils veulent qu'on s'en tienne au Pentateuque, &amp; qu'on le garde à la lettre, rejettant toute interprétation, paraphrase &amp; constitution des Rabbins. Ce Juif se trompe quand il veut que les <i>Caraïtes</i> ne reçoivent point les 24 livres de la Bible.</p><p>Aben Esra &amp; quelques autres Rabbins les traitent de <i>Sadducéens</i> ; mais Léon de Modène parle plus exactement, quand il dit au même endroit que ce sont des Sadducéens Réformés, parce qu'ils croient l'immortalité de l'ame, le Paradis, l'Enfer, le Purgatoire, la Résurrection, &amp; plusieurs autres choses que les anciens Sadducéens ne reconnoissoient point. Il prétend cependant qu'on ne doute point que dans leur origine ils n'aient été de véritables Sadducéens ; &amp; qu'ils ne viennent d'eux ; mais il est bien plus vraisemblable, comme le remarque M. Simon, dans son <i>Supplément touchant les Caraïtes,</i> que cette secte n'est venue que de ce que les Juifs les plus habiles s'opposent aux rêveries des Talmudistes ; &amp; que se servant du texte de l'Ecriture pour réfuter les traditions qui n'avoient aucun fondement, on leur donna le nom de <i>Carraim,</i> qui est la même chose qu'en Latin Barbare <i>Scripturarii,</i> c'est-à-dire, gens attachés au texte de l'Ecriture. Les autres Juifs les traiterent de Sadducéens, non qu'ils le fussent en effet, mais parce qu'ils les imitoient dans ce qui regardoit les traditions. Le P. Nau, qui dit avoir souvent traité avec eux, assure qu'ils ont quelque chose des erreurs des Sadducéens.</p><p>Scaliger, Vossius &amp; M. Spanheim, Bibliothécaire de l'Université de Leyde, mettent les <i>Caraïtes</i> au même rang que les Sabéens, les Mages, les Manichéens &amp; les Musulmans ; c'est une erreur. Quelques autres les considèrent comme une branche ou comme la postérité des Sadducéens ; c'est le sentiment des Juifs Rabbanistes qui les regardent comme des Hérétiques. Volfgangus, Fabricius, Capito Henaem pag. 9. croient que les Sadducéens &amp; <pb n="856" facs="bpt6k8542165/f896/full/1200,/0/native.jpg"/>les Esséniens furent appellés <i>Caraïtes</i> par opposition aux Pharisiens. D'autres croient que ce sont les Docteurs de la loi dont il est parlé si souvent dans l'Evangile ; mais toutes ces conjectures sont peu solides. Josephe ni Philon ne parlent point des <i>Caraïtes</i> ; ainsi cette secte est plus récente que ces deux Auteurs. Il y a assez d'apparence qu'elle ne s'est formée que depuis la Collection de la seconde partie du Talmud, c'est-à-dire, de la Gémare. Peut-être commença-t-elle dès le temps que R. Juda Hakkadosch compila la Mischne vers le milieu du troisième siècle.</p><p>Le <i>Caraïte</i> Mardochée prétend que les <i>Caraïtes</i> sont plus anciens que les Sadducéens ; car s'ils étoient une branche de ces Hérétiques ils n'auroient point en horreur Sadoc &amp; Baïtos. Les <i>Caraïtes</i> prétendent être les restes des dix tribus emmenées en captivité par Salmanazar. Schupart croit qu'on ne peut savoir précisément le temps où cette secte commença ; qu'elle se forma secrètement lorsque la vénération pour les traditions des Rabbins s'introduisit ; qu'elle se fomenta &amp; s'accrut insensiblement ; &amp; qu'elle n'éclata &amp; ne fut publique qu'après la collection du Thalmud.</p><p>Volfius décrit ainsi l'origine, les progrès &amp; la décadence des <i>Caraïtes,</i> sur les mémoires du <i>Caraïte</i> Mardochée. Alexandre Jannée, Roi des Juifs, qui regnoit environ cent ans avant Jesus-Christ, fit massacrer tous les Docteurs de la loi, &amp; presque tous les Savans de la nation. Ce massacre, selon les <i>Caraïtes,</i> fut la cause du Schisme qui divisa les Juifs. Siméon fils de Schétach, &amp; frère de la Reine, homme savant, mais ambitieux &amp; sans religion, ayant été soustrait par sa soeur à la colère du Roi, s'enfuit en Egypte, où il imagina le système des prétendues Traditions ; étant de retour à Jérusalem, il débita ses visions, &amp; interpréta la loi comme il lui plut ; &amp; appuyant ses nouveautés sur des connoissances que Dieu, disoit-il, avoit communiquées de bouche à Moise, &amp; dont il se vantoit d'être le dépositaire, il s'attira un grand nombre de disciples. Plusieurs aussi lui résisterent, &amp; soutinrent que tout ce que Dieu avoit révélé à Moïse étoit écrit. De-là les deux sectes. Parmi les <i>Caraïtes</i> Juda, fils de Tabbaï, se distingua. Hillel brilla parmi les Traditionnaires ; Schammai parmi les Textuaires. Volfius met au nombre de ceux-ci non seulement les Sadducéens, mais aussi les Scribes, dont il est parlé dans l'Evangile. L'adresse &amp; le crédit des Pharisiens prévalurent ; le nombre de <i>Caraïtes</i> diminua de jour en jour, &amp; ils seroient tombés dans le dernier mépris dès le VIIIe siècle, si Anan n'avoit alors relevé leur parti. Au IXe siècle le Rabbin Schalomon, fils de Jérucham, imita le zèle d'Anan, &amp; attaqua le fameux Chadias Haggaon. Les siècles suivans ne furent pas moins heureux pour les <i>Caraïtes,</i> &amp; fournirent plusieurs Ecrivains fameux, entre autres Abu Alphorag au XIIe siècle ; mais depuis le XIVe siècle leur secte a paru tomber dans le découragement.</p><p>Les <i>Caraïtes</i> sont demeurés presque inconnus, parce que leurs livres l'ont été même aux plus habiles &amp; aux plus curieux Hébraïsans. Buxtorf n'en a vû aucun, Selden en a vû deux, &amp; le P. Morin un. M. Trigland, qui a fait un Traité sur les <i>Caraïtes,</i> imprimé en 1703. à Delft avec les Opuscules de Sérarius, de Drusus, &amp; de Saliger, <i>Trium Illustrum Scriptorum de Tribus Judaeorum sectis Syntagma</i> ; M. Trigland, dis-je, assure qu'il en a recouvré un nombre suffisant pour pouvoir parler avec certitude de cette secte Judaïque. Voici ce qu'il en dit de particulier. Peu après que les Prophètes eurent cessé, les Juifs se partagerent touchant les oeuvres de surérogation, les uns soutenant qu'elles étoient nécessaires selon la tradition, &amp; les autres s'en tenant à ce qui est prescrit par la loi. Ceux-ci donnerent naissance à la secte des <i>Caraïtes,</i> &amp; c'est ce qu'il entreprend de prouver par le témoignage des <i>Caraïtes,</i> qui se vantent de venir des Prophètes Aggée, Zacharie, Malachie, Esdras. Un de leurs principaux Auteurs, Moise Reschitzi, assure qu'après bien des recherches il a trouvé que du temps de Jean Hircan &amp; d'Alexandre son fils, R. Jehuda, fils de Thaddai, s'opposa à R. Simeon fils de Sérach, qui s'efforçoit d'introduire une loi nouvelle ; &amp; que de là viennent les <i>Caraïtes.</i> Les plus renommés de leurs adversaires Maïemonides, Abraham fils de Dior, l'Auteur de Sépher Cozri, &amp; celui du Taanith Abraham Zachut, conviennent qu'en ce temps s'éleva la secte des Sadducéens &amp; des <i>Caraïtes.</i> La Mischne fait mention des <i>Caraïtes</i> en parlant des Thephillim. M. Trigland dit que R. Eliezer le grand étoit <i>Caraïte.</i> Une preuve encore de l'ancienneté des <i>Caraïtes</i> est, selon lui, que les mêmes points de doctrine ou de discipline, qui sont controversés entre eux &amp; les Juifs Rabbanistes, l'ont été avant le Thalmud. Par exemple, les Néomenies, la célébration de Pâques, celle de la Pentecôte, le jour de la fête de l'Expiation &amp; d'autres que l'on peut voir au ch. IVe du Traité dont nous parlons. Dans le Ve il montre qu'ils ne sont point Sadducéens ; qu'ils leur disent anathème &amp; à Sadoc leur Chef ; que l'Auteur du Cozri, Maïemonides &amp; d'autres les distinguent des Sadducéens ; que Sadoc, disciple d'Antigone, vivoit environ l'an du monde 3460. &amp; qu'Alexandre Jannée, sous lequel se forma la secte des <i>Caraïtes,</i> ne commença à régner qu'en 3670. que Jean Hircan fut <i>Caraïte,</i> &amp; non point Sadducéen, &amp; qu'il y a une erreur dans Josephe ; que les Juifs Rabbanistes, pour rendre les <i>Caraïtes</i> odieux, se plaisent à les confondre avec les Sadducéens. Enfin, il croit que les Scribes &amp; Docteurs de la Loi du Nouveau Testament sont les <i>Caraïtes,</i> &amp; que ces noms sont synonymes de <i>Caraïte,</i> ou <i>Scripturaire.</i></p><p>Ainsi, selon M. Trigland, après le retour de Babylone on rétablit l'observation de la loi ; on crut différentes pratiques utiles à cet effet : elles furent introduites, &amp; regardées comme nécessaires, &amp; ordonnées par Moise. Ce fut là l'origine du Pharisaisme. Un parti opposé continua néanmoins à n'écouter que ce qui étoit prescrit par la loi selon la lettre ; c'étoient les <i>Caraïtes.</i> La dissension éclata sous Jean Hircan à l'occasion que raconte Josephe, Liv. XIII. de ses <i>Ant. Jud.</i> ch. 21. R. Anan, qui vivoit vers le milieu du VIIe siècle, n'est donc point l'Auteur, mais tout au plus le restaurateur de la secte des <i>Caraïtes.</i></p><p>Il y a des <i>Caraïtes,</i> dit Léon de Modène, à Constantinople, au Caire, &amp; en d'autres endroits du Levant ; il y en a aussi en Russie. Ils vivent à leur manière ayant leurs Synagogues, leurs Cérémonies &amp; Coutumes, se disant Juifs, &amp; prétendans être les seuls vrais observateurs de la loi de Moise : ils nomment les Juifs qui ne sont point de leur opinion <i>Rabbanim,</i> ou <i>Sectateurs des Rabbins.</i> Nous les nommons en François Rabbanistes. Ceux-ci haïssent mortellement les <i>Carraim,</i> &amp; ne veulent point s'allier, ni même converser avec eux. Ils les traitent de <i>Mamzerim,</i> ou <i>batards,</i> parce qu'ils n'observent point les constitutions des Rabbins dans les mariages, dans leurs répudiations &amp; dans leurs purifications des femmes. Cette aversion est si grande que si un <i>Caraïte</i> vouloit se faire Rabbaniste, les autres Juifs ne le recevroient point.</p><p>Il n'est pas vrai que les <i>Caraïtes</i> rejettent absolument toutes sortes de traditions. Ils reçoivent celles qui leurs paroissent bien fondées. Selden, qui s'étend assez au long sur leurs sentimens dans son livre intitulé <i>Uxor Hebraïca,</i> demeure d'accord qu'outre le texte de l'Ecriture, ils reçoivent de certaines interprétations qu'ils appellent <i>héréditaires :</i> or ces <i>interprétations héréditaires</i> sont de véritables traditions. Ils ne rejettent donc que celles qui n'ont aucun fondement, &amp; qui sont de pures rêveries des Rabbins. C'est ce que M. Simon prouve par un célèbre Auteur <i>Caraïte</i> nommé Aaron, dont le Commentaire se trouve en manuscrit dans la Bibliothèque des Pères de l'Oratoire de Paris.</p><p>Il montre par ce même Auteur que toutes les erreurs dont les Juifs Rabbanistes accusent les <i>Caraïtes</i> sont des calomnies : loin d'être Sadducéens, ils croient l'ame immortelle &amp; spirituelle ; ils disent que le <i>monde futur a été fait pour l'ame de l'homme.</i> En un mot, leur Théologie ne diffère point de celle des autres Juifs, si ce n'est qu'elle est plus pure &amp; plus éloignée de la superstition : car ils n'ajoûtent aucune foi aux explications des Cabalistes, ni aux allégories qui n'ont aucun fondement. Ils rejettent toutes les constitutions du Thalmud, si elles ne sont conformes à l'Ecriture, ou si on ne les en peut tirer par des conséquences manifestes &amp; nécessaires. En voici trois exemples qui méritent qu'on y fasse réflexion.</p><p>Le premier regarde les <i>Mezouzot,</i> ou parchemins que les Juifs attachent à toutes les portes où ils ont accoutumé de passer. Le second regarde les <i>Thephillim,</i> ou <i>Philactères,</i> <pb n="857" facs="bpt6k8542165/f897/full/1200,/0/native.jpg"/>dont il est même parlé dans le Nouveau Testament. Le troisième regarde la défense de ne point manger de lait avec de la viande. Les deux premiers semblent être marqués formellement dans le Deuteronome, où il est dit de l'un &amp; de l'autre, <i>tu les lieras pour signe sur tes mains, &amp; ils serviront de fronteaux entre tes yeux ; tu les écriras sur les poteaux de ta maison.</i> Aaron <i>Caraïte,</i> dans son Commentaire sur ces paroles, prétend qu'on ne doit point les prendre à la lettre, mais que c'est une façon de parler figurée ; &amp; que, quand Dieu a dit, <i>vous les écrirez sur vos portes,</i> il a seulement voulu faire connoître aux Israëlites, que soit en entrant, soit en sortant, ils devoient les avoir toujours présentes à l'esprit.</p><p>Les <i>Caraïtes</i> par ce moyen s'exemptent d'un grand nombre de cérémonies, pour ne pas dire de superstitions, que les Juifs Rabbanistes ont inventées touchant ces <i>Mezouzot</i> &amp; ces <i>Thephillim</i> : quand ils voient les Rabbanistes faire leurs prières avec ces <i>Thephillim</i> attachés à leur tête avec des courroies de cuir, ils ne peuvent s'empècher de les railler &amp; de les comparer à des ânes bridés. S. Jérôme est du même sentiment que les <i>Caraïtes</i> sur ces <i>Thephillim,</i> ou <i>Phylactères.</i> Voici ce qu'il en dit sur ces mots : <i>dilatant enim Phylacteria sua,</i> chap. 23. de S. Matthieu v. 5. <i>Les Pharisiens, expliquant mal ce passage, écrivoient le Décalogue de Moise sur du parchemin qu'ils rouloient &amp; attachoient sur leur front avec des courroies dont ils se ceignoient la tête, afin de l'avoir toujours devant les yeux.</i> Si Joseph Scaliger avoit su que les <i>Caraïtes</i> conviennent là-dessus avec S. Jérôme, il n'auroit pas rejetté l'interprétation de ce S. Docteur, comme si Jesus-Christ avoit lui-même approuvé l'usage des <i>Phylactères.</i> Il est vrai que Jesus-Christ s'est conformé aux usages reçus de son temps ; mais il ne les a pas pour cela approuvés d'une manière qu'on ne pût donner un autre sens aux paroles de Moise dans ce qui regarde les <i>Mezouzot</i> &amp; les <i>Thephillim.</i></p><p>Au reste, Schupart, dans la IVe Dissertation de son Livre <i>De secta Karraeorum,</i> dans laquelle il traite de leurs dogmes, montre qu'ils ont tous les mêmes scrupules, superstitions ou vetilles sur l'observation du Sabbat, de Pâque, de la fête de l'Expiation ; qu'ils croient que tout péché est effacé par la pénitence, au lieu que les Rabbanistes disent qu'il y en a qui ne s'effacent que par la mort. La prière &amp; le jeûne sont en usage parmi eux. Ils célèbrent avec soin la fête des Tabernacles. Ils portent les zitzit, ou morceaux de frange au coin de leur habit. Dans la Circoncision ils ne croient pas comme les Traditionnaires, qu'il soit nécessaire qu'il y ait du sang répandu. Quand un enfant est mort avant le huitième, les Rabbanistes le circoncisent après sa mort le 8e jour, afin qu'il ne soit point incirconcis à la Résurrection. Quand les <i>Caraïtes</i> voient un enfant en danger, ils le circoncisent même avant le 8e jour. L'Acte de divorce ne diffère qu'en ce que celui des <i>Caraïtes</i> est un peu plus long, &amp; composé de paroles de l'Ecriture. Ils observent, dans la manière de tuer &amp; de préparer les animaux à manger, les mêmes choses que les Traditionnaires. Les <i>Caraïtes</i> ne se croient pollués que par le corps mort de quelque oiseau immonde. Ils diffèrent aussi souvent des Rabbanistes dans les autres espèces d'impuretés légales. Ils ajoûtent aux marques de la lèpre sa profondeur. L'attouchement d'un corps mort, soit Juif, ou d'une autre Nation, les rend immondes. Ils n'approuvent les purifications que sur le soir, &amp;c. Schupart cite souvent un Traité manuscrit d'un <i>Caraïte</i> nommé R. Aaron Ben Eliahu, où tous leurs dogmes sont très-bien expliqués. Aaron, <i>Caraïte,</i> dans son <i>Kelib Jophi,</i> fait mention de la Massore, &amp; de la plupart des minuties qu'elle contient, des corrections des Scribes, des lettres grandes, petites, suspendues, des variantes de Ben Ascher &amp; de Ben Nephtali, de celles des Orientaux &amp; des Occidentaux, des Keri Ketib, &amp; de tout ce qu'on attribue ordinairement aux Juifs Massorètes. Ainsi les <i>Caraïtes</i> écrivent tout le Texte Hébreu tel que les Rabbanistes.</p><p>Les <i>Caraïtes</i> expliquent aussi d'une autre manière que les Juifs Rabbanistes ce passage de l'Exode : <i>Tu ne cuiras point le chevreau dans le lait de sa mère.</i> Ils ne croient pas qu'il soit défendu en ce lieu là de manger en un même repas de la viande &amp; aucune chose faite de lait. Ils disent que ce passage doit s'expliquer par cet autre : <i>Tu ne prendras point la mère avec ses petits.</i> Cette interprétation est naturelle ; &amp; en effet, lorsqu'on demande aux Juifs la raison de leur explication, qui paroît si éloignée, ils répondent qu'ils n'ont point d'autre raison à donner que l'explication de leurs Docteurs. Les <i>Caraïtes</i> au contraire ne reçoivent aucune interprétation, qui ne s'accorde parfaitement avec les paroles du Texte de l'Ecriture &amp; avec la raison. En un mot, ils rejettent tout ce que l'Ecriture, la raison &amp; une tradition constante ne leur enseignent pas. Sur ce pied-là, ils ont un grand mépris pour les traditions des Juifs Rabbanistes, qu'ils regardent comme des rêveries qui n'ont d'autre fondement que l'imagination des Rabbins.</p><p>Peringer, dans une lettre rendant compte à Ludolf des <i>Caraïtes</i> de Lithuanie, lui dit, qu'il y en a à Birze, à Pozcole, à Newstad, à Korom, à Troco, &amp; en d'autres lieux ; qu'ils sont très-différens de moeurs, de langue, de religion, &amp; même de visage des Juifs Rabbanistes, dont ce pays est plein ; que leur langue maternelle est le Tartare, ou plutôt le Turc ; que c'est en cette langue qu'ils expliquent les Livres saints dans leurs Ecoles &amp; dans leurs Synagogues ; qu'ils sont fort semblables de visage aux Tartares Mahométans qui habitent à Vilna &amp; aux environs, &amp; qu'il croit qu'ils sont sortis des mêmes oeux; que leurs Synagogues sont tournées du Septentrion au Midi ; que la raison qu'ils en apportent, est que Salmanazar les transporta du côté du Nord ; &amp; qu'ainsi quand ils prioient, pour être tournés du côté de Jérusalem, ils regardoient le Midi. Peringer le dit aussi dans sa lettre à Ludolf ; &amp; il ajoûte, qu'il n'est pas vrai qu'ils ne reçoivent que le Pentateuque, comme quelques Savans l'ont cru ; qu'ils ont tous les Livres de l'ancien Testament, &amp; les tiennent pour Canoniques. Postel assure la même chose dans son Livre <i>de Lit. Phoenic.</i> Peringer ajoûte qu'ils sont fort peu curieux des anciens exemplaires ; qu'ils achetent des Rabbanistes des exemplaires déchirés &amp; en mauvais ordre pour s'en servir dans leurs Synagogues ; qu'ils se mettent peu en peine des Dictions pleines ou défectives, &amp; qu'ils croient que les points voyelles viennent de Moïse.</p><p>R. Caleb, <i>Caraïte,</i> réduit à trois les points en quoi les <i>Caraïtes</i> diffèrent des Rabbanistes. 1°, Ils nient que la Loi Orale vienne de Moise, &amp; rejettent la Cabbale. 2°, Ils abhorrent le Thalmud. 3°, Ils observent les fêtes comme le Sabbath ; &amp; le Sabbath beaucoup plus rigoureusement en plusieurs choses que les Rabbanistes. 4°, Outre cela, ils étendent presque à l'infini les degrés défendus pour les mariages. Quant à leurs exemplaires de la Bible, ils sont conformes à ceux des Rabbanistes. Ils suivent les Variantes de R. Nephtali plutôt que celles de R. Ascher ; &amp; rejettent les Keri Ketib. Voyez le supplément touchant les <i>Caraïtes,</i> qui a été ajoûté au chap. 1. de la 5e Partie <i>des Cérémonies des Juifs.</i> Consultez aussi Selden dans son Livre <i>De Uxore Hebraica,</i> &amp; le P. Morin dans ses exercitations de la Bible. M. Simon, dans son <i>Supplément aux Cérém. des Juifs.</i> M. Basnage, dans son <i>Hist. des Juifs,</i>Jovet, <i>Hist. des Relig.</i> &amp; les Auteurs que nous avons indiqués ; le <i>Secta Karraeorum</i> de Schupart en quatre Dissertations ; &amp; le <i>Notitia Karraeorum</i> de Volfius à Hambourg &amp; à Lipsik, 1714. Selden <i>de Anno Civ. &amp; calend.</i> Joan. Meyer, <i>De fest. Hebraeor. De Uxore Christ. Annot. ad Seder olam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6992" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAMAN, ANE" />
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    <head>CARAMAN, ANE</head>
    <p>
    CARAMAN, ANE , s. m. &amp; f. <i>Caramanus, a.</i> Qui est de Caramanie. Les <i>Caramans</i> sont grossiers, rudes, fort addonnés au vol &amp; aux assassinats. Les <i>Caramans</i> sont robustes, &amp; ont pour leurs armes le cimeterre, l'arc &amp; la masse. Corn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6993" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAMANIE" />
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    <head>CARAMANIE</head>
    <p>
    CARAMANIE , s. f. Grande contrée, &amp; l'une des quatre parties générales de l'Asie mineure. <i>Caramania.</i> Selon Cluvier elle comprend la Pamphilie avec une partie de la Cilicie. Selon d'autres, elle est bornée au Midi par la mer Méditerranée, au Levant, par l'Aladulie, au Nord, par l'Amasie, &amp; au Couchant, par l'Anatolie propre. On la divise en deux grandes parties, qui sont séparées par le mont Taurus. Celle qui est au Septentrion porte le nom de Grande <i>Caramanie,</i> &amp; celle qui est au Midi celui de petite <i>Caramanie,</i> ou <i>Caramanie</i> propre.</p><p>Léunclavius croit que le nom de cette Province lui est venu <pb n="858" facs="bpt6k8542165/f898/full/1200,/0/native.jpg"/>d'un Général Turc, nommé Caraman, qui en chassa les Arméniens.</p><p>La mer de <i>Caramanie</i> est la partie de la mer Méditerranée, qui baigne les côtes de l'Asie mineure, &amp; renferme ce que les Anciens appelloient la mer Carpathienne, la mer de Lycie, la mer de Pamphilie, &amp; celle de Cilicie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6994" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAMBOLAS" />
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    <head>CARAMBOLAS</head>
    <p>
    CARAMBOLAS , <i>Garciae,</i> est un fruit des Indes, gros comme un oeuf de poule un peu long, jaunâtre, rayé, &amp; divisé en quatre parties : il contient des semences tendres, d'un goût aigre &amp; agréable. L'arbre est grand comme un coignassier, ayant ses feuilles un peu plus longues que le premier ; ses fleurs sont petites, de cinq feuilles, de couleur blanche, rougeâtre, sans odeur, d'un goût aigrelet. Les habitans de Goa se servent de ce fruit en Médecine &amp; en alimens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6995" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAMEIS" />
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    <head>CARAMEIS</head>
    <p>
    CARAMEIS , &amp; <i>ambela Acostae,</i> est un arbre des Indes, dont il y a deux espèces. L'un est grand comme le nefflier, &amp; ses feuilles sont semblables à celles du poirier, d'un verd clair : son fruit est en grappes. Il ressemble aux avelines, se terminant en plusieurs angles, de couleur fort jaune, d'un goût aigret &amp; astringent ; on le mange mûr, &amp; on le confit au sel &amp; au vinaigre. Il donne de l'appétit, &amp; on le met dans les sauces. L'autre espèce est de la même grandeur ; mais son fruit est plus gros. Ses feuilles sont plus petites que celles du pommier. Sa racine jette du lait. Son fruit est bon à manger. Ces arbres croissent dans les forêts éloignées de la mer, en Canara &amp; en Decan. On se sert de la décoction pour la fièvre, &amp; quatre doigts d'écorce de la racine de la première espèce, broyée avec une dragme de moûtarde, pour purger les Asthmatiques par haut &amp; par bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6996" id="1" type="">
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    <head>CARAMEL</head>
    <p>
    CARAMEL , s. m. L'Académie écrit CARAMELLE, s. m. Drogue que les Apothicaires préparent pour le rhume, qui consiste particulièrement en du sucre fort cuit. <i>Coctum saccharum.</i> On est partagé sur le genre de ce mot ; l'usage le plus étendu est pour le masculin. Il n'y a que quelques femmes qui fassent <i>caramel</i> de féminin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6997" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAMOUSSAL" />
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    <head>CARAMOUSSAL</head>
    <p>
    CARAMOUSSAL , s. m. est un vaisseau de Turquie, qui a une pouppe fort élevée. Il porte seulement un beaupré, un petit artimon, &amp; un grand mât avec son hunier, qui est extrêmement haut : il n'a ni misaine, ni perroquet, sinon un petit tourmentin. On trouve aussi <i>Caramoussat</i> pour <i>Caramoussal.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6998" id="1" type="">
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    <head>CARANDAS</head>
    <p>
    CARANDAS , <i>Garciae,</i> est un arbrisseau des Indes, dont les feuilles ressemblent à l'arbousier. Il porte un grand nombre de fleurs d'odeur de chèvrefeuille ; son fruit ressemble à une petite pomme verte au commencement : il est plein d'un suc visqueux &amp; laiteux : en meurissant il devient noirâtre, &amp; d'un goût de raisin fort agréable : on le confit avec le sel &amp; le vinaigre. Il excite l'appétit. Cet arbre croît en Bengala.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="6999" id="1" type="">
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    <head>CARANGUE</head>
    <p>
    CARANGUE , s. f. Poisson blanc &amp; plat. Il est long de deux ou trois pieds, &amp; large de 18 à 20 pouces. Sa queue est fourchue, &amp; il a deux nageoires pointues, assez proche de la tête. On trouve une prodigieuse quantité de <i>carangues</i> vers les Isles Antilles. Elles valent mieux que le turbot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7000" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CARANGUER" />
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    <head>CARANGUER</head>
    <p>
    CARANGUER , verbe. Terme de Marine , dont les Matelots du pays d'Aunis se servent, pour dire, <i>Agir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7001" id="1" type="marine">
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    <head>CARANGUEUR</head>
    <p>
    CARANGUEUR , s. m. Terme de Marine ; il veut dire, <i>Agissant.</i> Les Matelots du pays d'Aunis s'en servent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7002" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAQUE" />
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    <head>CARAQUE</head>
    <p>
    CARAQUE , s. f. C'est le plus grand des vaisseaux qui se soient vus sur la mer. <i>Navis amplissima quam caracam vocant.</i> Les Portugais les appellent <i>naos,</i> &amp; ce sont de grands vaisseaux ronds de combat, plus étroits par enhaut que par enbas, qui ont quelquefois sept ou huit planchers, &amp; sur lesquels on peut loger quelquefois deux mille hommes. Les Portugais ont une ordonnance ou coutume, que les naos ou <i>caraques</i> qui viennent des Indes Orientales ne peuvent mener de chaloupe, ni autre barque de service en deçà de l'Isle de Sainte Hélène, auquel lieu ils les coulent à fond, afin d'ôter tout espérance à l'équipage de se sauver. Ils s'en servoient autrefois tant en guerre qu'en marchandise. La <i>caraque</i> étoit du port de deux mille tonneaux ; c'est-à-dire, de quatre millions de livres. Les Chevaliers de Rhodes s'en sont aussi servis.</p><p>Les <i>caraques</i> sont aussi de grands vaisseaux de charge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7003" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAQUON" />
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    <head>CARAQUON</head>
    <p>
    CARAQUON , subst. m. Petite caraque ou vaisseau renforcé. Quelques-uns écrivent <i>caracon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7004" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARAT" />
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    <head>CARAT</head>
    <p>
    CARAT , s. m. C'est proprement le nom du poids qui exprime la bonté ou le titre de la perfection ou imperfection de l'or. <i>Nativa auri coctio.</i> Les Monnoyeurs ont fixé à 24 <i>carats</i> le plus haut titre, ou la plus grande perfection de l'or. Cependant quelque soin qu'on prenne pour l'épurer, &amp; pour en ôter l'alliage, ils ne peuvent jamais l'y faire arriver ; il manque toujours un quart de <i>carat.</i> Ces degrés servent à marquer l'alliage. Les Monnoyeurs appellent un quart de <i>carat,</i> un seizième ; ils subdivisent ce seizième en deux huitièmes, &amp; chacun de ces deux huitièmes en deux seizièmes. Sur ce calcul-là, ils disent qu'on peut purifier l'or jusqu'au premier seizième du second huitième, mais point au-delà : on ne peut l'affiner à un plus haut degré de pureté. Le plus fin or est d'ordinaire celui des monnoies. L'or à 22 <i>carats</i> est celui où il y a deux parts d'argent ou d'autre métal sur 22 parts de fin or. Les Orfèvres emploient d'ordinaire l'or à 22. <i>carats.</i></p><p>Les Orfèvres par l'Ordonnance ne peuvent travailler que d'or fin à 23 <i>carats</i> &amp; trois quarts, sans remède &amp; sans soudure ; &amp; en cas de soudure, à un quart de <i>carat</i> de remède, &amp; en ouvrage creux chargé de filets &amp; de rapports, à demi-<i>carat</i> de remède : mais si on leur délivre l'or, ils pourront travailler à tous titres, pourvu qu'ils en tiennent registre.</p><p>Le <i>carat de fin,</i> est un vingt-quatrième degré de bonté de quelque portion d'or que ce soit ; &amp; un <i>carat de prix,</i> est une vingt-quatrième partie de la valeur d'un marc fin : comme, si le marc d'or vaut 384 livres, le <i>carat de prix</i> vaudra 16 livres. On a aussi appellé le <i>carat de poids,</i> un poids de la vingt-quatrième partie du marc, qui est de 192 grains. Il a servi autrefois dans la fabrication des monnoies. Le mot de <i>carat,</i> selon Ménage après Alciat, vient du Grec , qui étoit une espèce de petit poids. Mais Savot le dérive avec plus d'apparence de , qui signifioit un denier de tribut, ou une espèce de monnoie qu'on battoit à cette fin, disant qu'il est vraisemblable que comme la division du fin de l'argent a été faite par une espèce de monnoie qu'on appelloit <i>denier</i> ; aussi le titre de l'or a été marqué par une monnoie d'or qu'on appelloit en ce temps-là <i>carat.</i> Meursius &amp; Bulenger le prennent aussi pour une espèce de monnoie. D'autres le dérivent simplement du Latin <i>caracter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7004" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARAT" />
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    <head>CARAT</head>
    <p>
    Carat , est aussi le poids dont on use pour peser les diamans, qui est de quatre grains. Le diamant du Grand Mogol pese 279 <i>carats.</i> Ces grains sont un peu moins pesans que ceux du marc. Ce mot en ce sens est venu du Grec , qui signifie un fruit que les Latins nomment <i>siliqua,</i> &amp; les François <i>carouge,</i> ou <i>caroube.</i> Il est contenu en des gousses courbes de la longueur d'un doigt. Chaque grain de ce légume peut peser quatre grains, soit de blé ou d'orge ; d'où il est arrivé que le nom de <i>siliqua</i> a toujours été pris pour un poids de quatre grains, comme prouvent Poulain en son <i>Glossaire,</i> &amp; Depois Médecin en son <i>Traité de Médailles.</i> Galien appelle l'arbre qui porte ce fruit <i>Keratonia.</i> Saladin, dans son livre <i>de ponderibus,</i> au rapport de Du Cange, dit que ce poids a été appellé <i>chira</i> ou <i>chirast.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7004" id="3" type="">
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    <head>CARAT</head>
    <p>
    Carat , se dit aussi, Des petits diamans qui se vendent au poids. Sa girandole paroît beaucoup de loin, cependant elle n'est que de <i>carat.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARAT</head>
    <p>
    Carat , se dit aussi au figuré, en parlant des choses morales, comme amitié, estime, &amp;c. il ne se dit que dans le style familier, &amp; signifie, <i>degré, augmentation.</i> J'espère que pour mon droit d'avis vous augmenterez de quelques <i>carats</i> la précieuse amitié dont vous m'honorez. Costar.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est sot à 24 <i>carats ;</i> pour dire, qu'il est parvenu au plus haut point de sotise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7005" id="1" type="">
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    <head>CARAVACCA</head>
    <p>
    CARAVACCA , Village ou petite Ville d'Espagne, dans le Royaume de Murcie, sur les confins de la nouvelle Castille près du Rio Sigura. On l'appelle aussi en Espagnol <i>Crux de Caravacca,</i> c'est-à-dire, <i>Croix</i> de <i>Caravacca,</i> parce qu'on y conserve une Croix miraculeuse que l'on dit avoir été apportée par un Ange, à un Prêtre, qui devoit dire la Messe en présence d'un Roi Maure.</p><p>On appelle aussi <i>Croix de Caravacca,</i> de petites croix que l'on fait toucher à celle dont nous venons de parler, &amp; que l'on porte sur soi, ou que l'on pend à son chapelet par dévotion, comme les médailles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7006" id="1" type="">
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    <head>CARAVANE</head>
    <p>
    CARAVANE , s. f. Troupe, assemblée que font dans l'Orient les Marchands, Pélerins, ou Voyageurs, pour marcher de compagnie, &amp; traverser les déserts &amp; les mers avec guide &amp; escorte, plus sûrement &amp; plus commodément. <i>Mercatorum aliorumve peregrè euntium securitatis causà congregata manus,</i> ou seulement <i>mercatorum aut peregrinantium manus.</i> Il va tous les ans plus de 40 mille Pélerins à la Mecque, pour visiter le tombeau de Mahomet ; le Grand Seigneur donne la quatrième partie des revenus de l'Egypte pour les frais de la <i>Caravane.</i> Cette prodigieuse troupe de dévots est accompagnée de soldats, pour les mettre à couvert du pillage des Arabes, &amp; suivie de 8 ou 9 mille chameaux chargés de toutes les provisions nécessaires pour faire un si long trajet à travers les déserts. Un chameau porte l'étendart d'or, que l'on offre en cérémonie à Mahomet. La Croix. On distingue les journées, en journées de <i>Caravanes</i> de chevaux, &amp; de <i>Caravanes</i> de chameaux. Celles de chevaux en valent deux de chameaux. Il part plusieurs <i>Caravanes</i> d'Alep, du Caire, &amp; d'autres lieux, tous les ans pour aller en Perse, à la Mecque, au Thibet, &amp;c. comme aussi des vaisseaux de Constantinople à Alexandrie.</p><p>Ce mot vient de <i>Cairaran</i>, ou <i>Cairoan</i>, qui signifie la même chose en Arabe ; &amp; en ce sens le mot Arabe tire son origine du Persien <i>Kerran</i>. D'Herb. Les Turcs le prononcent aussi comme les Perses.</p><p>On appelle aussi <i>Caravane,</i> les campagnes de mer que les Chevaliers de Malthe sont obligés de faire contre les Pirates &amp; les ennemis de la Religion, afin de parvenir aux Commanderies, &amp; aux Dignités de l'Ordre. <i>Navalis Melitensium equitum expeditio.</i> Aller <i>en caravane,</i> c'est croiser sur les Turcs. Ce mot <i>caravane,</i> a ce sens en parlant des courses des Chevaliers de Malte sur les Turcs, &amp; sur les Corsaires de Barbarie, parce que les Chevaliers ont souvent enlevé la <i>caravane</i> qui va tous les ans d'Alexandrie à Constantinople.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7006" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARAVANE" />
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    <head>CARAVANE</head>
    <p>
    Caravane , se prend aussi dans Scarron pour une troupe de gens qui courent la campagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7007" id="1" type="relations">
   <index type="head" value="CARAVANSERA" />
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    <head>CARAVANSERA</head>
    <p>
    CARAVANSERA , s. m. Terme de Relations . C'est un grand bâtiment destiné à loger les Caravanes. <i>Hospitium excipiendis peregrinis destinatum.</i> Il y en a un grand nombre en plusieurs endroits d'Orient, qui ont été bâtis par la charité &amp; la magnificence des Seigneurs du pays, qui est si grande, qu'il s'en trouve quelques-uns, comme ceux de Schiras, &amp; de Casbin en Perse, qui ont coûté plus de 60000 écus. Les Turcs les appellent <i>imarets,</i> &amp; les Indiens <i>serais.</i> Le mot de <i>serai</i> signifie <i>palais,</i> ou <i>hôtel.</i> Ces logemens sont faits en forme de halles avec des galeries divisées en plusieurs arcades ; où tant les hommes, que les bêtes de voiture, passent commodément les grandes chaleurs, &amp; se reposent. Ils sont ouverts à tous venans, de quelque Religion qu'on soit, sans que l'on s'informe ni de leur pays, ni de leurs affaires ; &amp; chacun y est reçû, sans qu'il lui en coûte aucune chose. Au reste, le Chevalier Chardin les appelle <i>Caravanserai,</i> ce qui en effet semble plus conforme à l'étymologie alléguée ici. Tavernier les appelle <i>Carvanseras.</i> Il remarque qu'on ne trouve des <i>Carvanseras</i> fondés que depuis Bude jusqu'à Constantinople ; mais qu'en Asie, il faut acheter des vivres si on n'en a pas avec soi. En Turquie il n'est permis qu'à la mère &amp; aux soeurs du Grand Seigneur, ou aux Visirs &amp; Bachas qui se sont trouvés trois fois en bataille contre les Chrétiens, de fonder des <i>carvanseras.</i> Les <i>Carvanseras</i> de Perse sont plus commodes &amp; mieux bâtis que ceux de Turquie ; ils sont aussi bâtis dans une distance raisonnable les uns des autres, de sorte qu'on en trouve presque par-tout où il est nécessaire. Tavernier.</p><p>Meninski écrit <i>Karwan</i> ou <i>Kerwanserai,</i> &amp; quelques-uns en François <i>Carvenseras.</i> Mais l'usage est pour <i>caravanseras</i> dans notre langue.</p><p>Ce mot vient du mot Turc , <i>Karwan,</i> ou <i>Kerwan,</i> qui signifie caravane, &amp; , <i>sarai,</i> c'est-à-dire, maison, palais, hôtel. <i>Caravanseras,</i> maison, hospice de caravane ; auberge, hôtellerie, maison publique pour loger les caravanes, &amp; pour y décharger les marchandises. Meninski.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7008" id="1" type="">
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    <head>CARAVELLE</head>
    <p>
    CARAVELLE , s. f. Vaisseau rond équipé en forme de galère, ayant pouppe carrée. Osorius, en l'<i>Histoire de Portugal,</i> le décrit ainsi. C'est un vaisseau qui n'a point de hune, mais le bois traversant le mât est seulement attaché près de son sommet. Les voiles sont faites en triangle ou à oreille de lièvre, ce qu'on appelle <i>voiles latines ;</i> &amp; leur bout d'enbas n'est guères plus élevé que les autres fournitures du vaisseau. Au plus bas, il y a de grosses pièces de bois comme un mât, lesquelles sont vis-à-vis l'une de l'autre aux côtés de la <i>caravelle,</i> &amp; s'amenuisent peu-à-peu en haut. La <i>caravelle</i> porte jusqu'à quatre voiles latines, outre les boursets &amp; les bonnetes en étui : &amp; ce sont les meilleurs voiliers qui soient sur la mer : ils sont ordinairement du port de six à sept vingts tonneaux. Les Portugais se servent de ces vaisseaux en guerre, pour aller &amp; venir en plus grande diligence : car ils les font tourner facilement, lèvent &amp; serrent les voiles, &amp; reçoivent le vent comme il leur plaît. Le premier qui s'en servit pour les Indes &amp; l'Ethiopie fut Vasco de Gama.</p><p>Ce mot vient des termes de la basse Latinité, &amp; du Grec , <i>navigium, vaisseau,</i> espèce de vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7009" id="1" type="">
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    <head>CARBATINE</head>
    <p>
    CARBATINE , s. f. Peaux de bêtes nouvellement écorchées. <i>Pelles recens avulsae.</i> Ils eurent les jambes écorchées, parce qu'ils portoient des <i>carbatines</i> faute de souliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7010" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARBET" />
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    <head>CARBET</head>
    <p>
    CARBET , s. m. Grande case commune que font les Sauvages des Antilles au milieu de toutes leurs cases. <i>Casa amplior.</i> Le <i>carbet</i> est composé de fourches fichées en terre, &amp; de chevrons posés en talut, &amp; couverts de feuilles de latanier. Il est d'ordinaire de 60 ou 80 pieds de longueur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7011" id="1" type="medecine">
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    <head>CARBONCLE</head>
    <p>
    CARBONCLE , s. m. Terme de Médecine . C'est une espèce de gros phlegmon ou bubon qui est fort enflammé, &amp; d'ordinaire pestilentiel. Le peuple l'appelle <i>charbon,</i> &amp; les Médecins <i>carbunculus</i> &amp; <i>anthrax.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7012" id="1" type="">
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    <head>CARBONNADE</head>
    <p>
    CARBONNADE , s. f. Ragoût que font les goinfres, en faisant rôtir eux-mêmes quelque chose sur les charbons. <i>Caro in prunâ tosta.</i> Ils ont fait une <i>carbonnade</i> de plusieurs pigeons, de côtellettes, de morceaux de porc frais, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7013" id="1" type="finance">
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    <head>CARBOUILLON</head>
    <p>
    CARBOUILLON , s. m. Terme de Finance , est un droit des Salines en Normandie, qui est le quatrième du prix du sel blanc fabriqué dans les Salines. <i>Quarta pars ex salinarum pretio.</i> Il en est fait mention dans l'Ordonnance des Gabelles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7014" id="1" type="">
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    <head>CARCAJOU</head>
    <p>
    CARCAJOU , ou CARCAJOUX, s. m. Prononcez <i>Carcajou.</i> C'est un animal carnassier de l'Amérique septentrionale, qui pèse ordinairement 25, 30 &amp; 35 livres. L'un de ceux que M. Sarasin, Chirurgien à Québec, a disséqués pesoit 32 livres. Il avoit 2 pieds, depuis le bout du museau, jusqu'à la queue qui avoit 8 pouces de long. La tête, qui est fort courte, &amp; fort grosse, eu égard à la grandeur de tout l'animal, avoit six pouces depuis le bout du museau, jusqu'à la première vertèbre du cou, ou cinq pouces de diamètre à l'endroit des oreilles, qui sont droites, courtes, &amp; arrondies par le bout. Sa poitrine &amp; son ventre, qui sont d'un égal volume, avoient un pied deux pouces de diamètre. Il avoit les jambes fort courtes, elles n'avoient qu'environ neuf pouces de long, y compris les pattes, qui en avoient quatre, &amp; qui sont composées de cinq doigts, qui avoient plus d'un pouce de long, qui sont armés d'ongles crochus, très-forts &amp; très-pointus, &amp; qui avoient environ trois lignes de large dans leur base.</p><p>La couleur du <i>carcajoux</i> est plus ou moins noire selon les endroits qu'il habite. Ordinairement elle est noire depuis le bout du museau jusqu'environ un travers de doigt au-dessus des yeux. Le poil en est fort court. De-là jusqu'au derrière de la tête elle est d'un roux tirant sur le gris ; depuis là elle est noire sur le dos jusqu'à un travers de doigt de la queue ; ensuite elle est rousse jusqu'à 3 pouces avant dans la queue, dont le reste est noir, &amp; toufu comme celle d'un renard. Il a deux bandes rousses qui prennent aux épaules, &amp; règnent le long des côtes jusqu'à la queue ; &amp; depuis les deux oreilles, dont le poil est court &amp; qui sont noires, il y a deux autres bandes de poil blanc &amp; roux, qui descendent jusqu'entre les deux jambes en forme de cravate, &amp; qui forment un angle en se réunissant. Tout ce qui couvre le ventre est noir, depuis le col jusqu'à l'anus, excepté quelques endroits dans le milieu, qui forment quelquefois une ligne blanche. Le poil du museau, des oreilles, des cuisses, des jambes &amp; des pattes, est fort court ; celui du reste du corps a 14 ou 15 lignes de long.</p><p>Il a les yeux très-petits à proportion de sa grandeur. Ils n'ont qu'environ quatre lignes d'un angle à l'autre, &amp; trois lignes entre les paupières lorsqu'elles sont écartées. Il n'a rien de particulier dans le cerveau : ses mâchoires sont très-fortes, &amp; garnies de trente-deux dents, dont treize sont molaires, quatre canines qui sont très-longues, &amp; douze incisives, qui sont courtes, étroites, épaisses &amp; fort tranchantes. Quand ils sont vieux leurs dents sont fort usées.</p><p>Les intestins ont 15 pieds de long. Le foie est composé de huit lobes, quatre grands &amp; quatre petits. Le conduit cholidoque répond au duodenum ; la rate a très-peu d'épaisseur, &amp; un pouce de large sur six de long. Le pancréas en a douze ou treize, &amp; s'ouvre comme le cholidoque dans le duodenum. Les reins ont un pouce &amp; demi de long sur un de large, &amp; un peu moins d'épaisseur ; les vertèbres sont à l'ordinaire. La vessie est la plus mince &amp; la plus délicate qu'il y ait. Les parties naturelles des <i>Carcajoux</i> mâles &amp; femelles sont semblables à celles des chiens &amp; des chiennes. Les balons ou bourses qui sont communes aux animaux carnassiers, &amp; qui sont situés proche de l'anus, s'y ouvrent, &amp; répandent une liqueur extrêmement puante. Tous ses muscles sont extrêmement forts.</p><p>Cet animal carnassier habite les endroits les plus froids de l'Amérique Septentrionale. Il est fort rare, &amp; l'on en tue peu. Personne ne l'a vû crier. Quand il est pris ou blessé, il rugit, &amp; souffle comme un chat. On dit que la femelle ne fait qu'un petit ; cela n'est pas sûr. Comme ses pieds sont forts courts, il rampe plutôt sur la neige qu'il ne marche. D'ailleurs comme il est le plus pesant &amp; le plus lent de tous les animaux carnassiers, il est étonnant comment il peut attraper sa proie, si ce n'est le castor, aussi lent que lui. En effet, pendant l'été il le surprend hors de sa cabane &amp; l'égorge. En hiver il l'attaque dans sa cabane, la brise &amp; la démolit ; mais il en prend peu de cette manière. Le castor se glisse sous la glace &amp; l'évite aisément ; mais quand il retourne aux provisions qu'il a faites pour son hiver, le <i>Carcajoux</i> qui l'attend comme un chasseur, le prend &amp; s'en nourrit. Dans les pays chauds le castor n'a rien à craindre, parce qu'il ne cabane point, mais se loge fort avant en terre sur le bord des lacs &amp; des rivières.</p><p>Il chasse autrement à l'orignac. Cet animal choisit un canton de bois puant, qui est l'<i>anagyris foetida,</i> dont il se nourrit pendant l'hiver, de sorte que quand il y a cinq ou six pieds de neige, il se fait dans ces cantons des routes que les chasseurs appellent ravages, qui n'ont souvent pour plusieurs orignacx, qu'une demie lieue d'étendue, &amp; qu'ils ne quittent point, s'ils ne sont poursuivis par quelques Chasseurs. Quand le <i>Carcajou</i> a découvert une de ces places, il se met à l'affut sur un des arbres contre lesquels l'orignac a coutume de se frotter, &amp; quand il y vient, il se jette sur lui, le saisit à la gorge, &amp; la lui coupe en un moment, quelques efforts, quelques bonds que fasse l'orignac, &amp; quoiqu'en se frottant contre les arbres il déchire quelquefois la peau de son ennemi, qui ne quitte jamais prise. Il chasse à peu près de même le caribou dans les Savannes, ou forêts épaisses, l'attendant sur la route qu'il s'y fait ; car dans les Savannes claires, comme il ne s'y fait point de route, il l'attendroit en vain.</p><p>Le <i>Carcajoux</i> est l'animal le plus acharné sur sa proie, le plus furieux à l'égorger, &amp; le plus fort par rapport à sa grandeur. Il traîne aisément &amp; assez vîte sur la neige un quartier d'orignac. Il a beaucoup de ruses. Il rompt le attaches qu'on lui tend, il détend les piéges, il coupe la corde des fusils qu'on prépare pour le tuer, après quoi il mange sans péril l'appas dont on vouloit se servir pour l'attirer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7015" id="1" type="">
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    <head>CARCAISE</head>
    <p>
    &#9758; CARCAISE , s. f. Espèce de four de Verreries, qui est le premier où se fait la fritte des matières qui servent à faire le verre &amp; le cristal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7016" id="1" type="">
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    <head>CARCAN</head>
    <p>
    CARCAN , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois un collier, ou une chaîne de pierreries que les femmes portoient sur la gorge, qu'on appelloit aussi <i>jaceran. Torques, torquis.</i> Ce mot vient de <i>carchesius laqueus</i>. Ce mot rentre dans l'usage depuis quelques années ; les femmes portent un <i>carcan</i> comme elles faisoient autrefois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7016" id="2" type="">
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    <head>CARCAN</head>
    <p>
    Carcan , est maintenant un genre de supplice, qui note d'infamie, &amp; qu'on fait souffrir aux banqueroutiers, ou à d'autres malfaiteurs, en les attachant par le cou avec un colier de fer à un poteau dans un place publique, afin qu'ils soient exposés à la risée publique. <i>Collare ferreum.</i> Condamner au <i>carcan,</i> mettre au <i>carcan.</i> On appelle cela en Espagnol <i>poner à la verguença.</i> On l'a aussi appellé <i>carcannum</i> dans la basse Latinité, ou <i>collistrigium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7017" id="1" type="">
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    <head>CARCAPULI</head>
    <p>
    CARCAPULI , s. m. Fruit de l'Isle de Java, qui est gros comme une cerise. Il en a le goût, &amp; l'arbre qui le produit ressemble à nos cerisiers. Il y en a de plusieurs espèces, les uns blancs, les autres rouges bruns, &amp; d'autres qui sont d'un fort beau nacarat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7018" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARCAS" />
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    <head>CARCAS</head>
    <p>
    CARCAS , subst. m. <i>Pharetra.</i> Ce mot en vieux langage veut dire <i>carquois.</i></p><p>Borel croit que ce mot vient de <i>Carcassonne,</i> nom d'une ville de Languedoc, où il y avoit un grand magazin d'armes anciennes.</p><p>D'autres disent que c'est un nom Hébreu ; que <i>Carcas,</i> dans la langue sainte signifie la couverture d'une agneau, ou d'un mouton, &amp; qu'il lui a été donné, parce qu'elle est célèbre par les draps &amp; par la laine qu'on y facture. Ils veulent dire que ce nom est composé de deux mots Hébreux, , <i>car,</i> qui signifie <i>mouton, agneau, , Casah,</i> qui veut dire <i>couvrir.</i> Mais Carcassonne étoit-elle déja célèbre par ses draps &amp; par les laines qu'on y facturoit, lorsqu'elle a commencé de porter ce nom ? D'ailleurs cette étymologie n'est point d'un goût Hébraïque, on diroit plutôt , <i>Cassotcar,</i> que , que <i>Carcassa.</i> Disons donc plutôt qu'on ne sait point l'étymologie de ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7019" id="1" type="">
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    <head>CARCASSE</head>
    <p>
    CARCASSE , s. f. Corps d'un animal mort, dont les chairs ont été la plupart retranchées, consumées ou desséchées. <i>Larva nudis ossibus cohaerens, crates ossea.</i></p><p>On voit encore les <i>carcasses</i> des soldats &amp; des chevaux demeurés sur le champ de bataille. Les <i>carcasses</i> de chapons, de perdrix, de levrauts, sont ce qui reste après en avoir ôté les quatre membres, les cuisses, les ailes ou les épaules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7019" id="2" type="">
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    <head>CARCASSE</head>
    <p>
    Carcasse , se dit figurément des personnes devenues fort maigres, soit par maladie, soit par vieillesse, qui n'ont que les os &amp; la peau. <i>Corpus macilentum, ipsa macies.</i> Cette femme se pare, encore que ce ne soit plus qu'une vieille <i>carcasse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7019" id="3" type="guerre">
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    <head>CARCASSE</head>
    <p>
    Carcasse , s. f. Terme de Guerre . C'est une espèce de bombe de figure oblongue qu'on tire avec un mortier. <i>Olla igniaria ferramentis omnis generis referta.</i> Elle est composée de plusieurs grenades, &amp; bouts de canons de pistolets chargés ; on enveloppe le tout d'une masse d'étoupes trempées dans des matières huileuses, &amp; on le couvre d'une toile goudronnée, garnie par les deux bouts de deux plaques de fer, qui sont attachées ensemble par des cercles de fer qui représentent les côtes d'une <i>carcasse,</i> &amp; qui passent en croix l'un sur l'autre. Il y a un petit trou à l'une des plaques pour communiquer le feu à la <i>carcasse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7019" id="4" type="">
   <index type="head" value="CARCASSE" />
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    <head>CARCASSE</head>
    <p>
    Carcasse , est aussi l'ouvrage de Charpenterie d'un bateau, on ponton de cuivre, qui n'a point encore sa couverture. <i>Prima navis fabrica.</i> On appelle encore la <i>carcasse</i> d'un vaisseau, le corps d'un vaisseau qui n'est point bordé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7020" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARCASSOIS" />
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    <head>CARCASSOIS</head>
    <p>
    CARCASSOIS , ou CARCASSEZ, s. m. <i>Carcassianus ager,</i> ou <i>pagus ; Carcassi Comitatus.</i> Maty appelle ainsi le Comté de Carcassone ; mais je ne sai où il a pris ce nom. Valois, <i>Not. Gall.</i> dit que <i>Carcassez</i> est en usage dans le Pays, &amp; Carcassonnois ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7021" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARCASSONNE" />
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    <head>CARCASSONNE</head>
    <p>
    CARCASSONNE , s. f. Ville Episcopale de France. <i>Carcasum, Carcaso, Carcassio. Carcassonne</i> est dans le Languedoc, entre Narbonne &amp; Toulouse, sur la rivière d'Ande qui la traverse. La ville de <i>Carcassonne,</i> selon l'Histoire fabuleuse, a été bâtie 550 ans avant Rome par Carcas, l'un des sept Eunuques du Roi Assuerus, dont il est parlé dans <pb n="861" facs="bpt6k8542165/f901/full/1200,/0/native.jpg"/>le livre d'Esther, C. 1. L'opinion de ceux qui tirent son nom d'une certaine Dame appellée Carcas, qui fit lever le siége à Charlemagne, qui assiégeoit cette Place, n'est pas plus recevable, puisque long-temps avant, Pline, L. III. c. 4. l'appelloit <i>Carcassum,</i> Ptolomée <i>Carcasso,</i> &amp; Procope <i>Carcassio.</i> On ne sait au vrai d'où vient ce nom. <i>Carcassonne</i> &amp; son territoire a eu titre de Comté. Il fut vendu à Louis VIII. en 1222. &amp; depuis ce temps-là il a toujours été uni à la Couronne. Cette ville est renommée par les beaux draps qu'on y fait. Besse a publié l'Histoire des Antiquités de <i>Carcassonne.</i> Voyez aussi Valois, <i>Notit. Gall. p.</i> 226. Ce sont les Goths, qui ayant perdu Toulouse, érigerent <i>Carcassonne</i> en Cité, afin que le nombre de leurs Cités ne diminuât point ; &amp; peu de temps après <i>Carcassonne</i> eut aussi des Evêques. Andoque. <i>Hist. de Lang. L. VI. p.</i> 150. Voyez aussi sur cette ville Catel, <i>Hist. de Languedoc,</i> Liv. II. C. 9. Liv. III. p. 408. 409. &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7022" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARCASSONNOIS" />
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    <head>CARCASSONNOIS</head>
    <p>
    CARCASSONNOIS , s. m. <i>Carcassonensis,</i> ou <i>Carcassensis pagus.</i> Quelques-uns disent <i>Carcassesium.</i> Comté de Carcassonne, autrement Carcassois. Valois, <i>Not. Gall.</i> dit que les gens du pays l'appellent <i>Carcassez,</i> &amp; les autres François <i>Carcassonnois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7023" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CARCINOME" />
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    <head>CARCINOME</head>
    <p>
    CARCINOME , s. m. Terme de Médecine . C'est une tumeur qu'on appelle autrement cancer. Voyez <ref type="search" target="head:CANCER">CANCER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7024" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARCISTE" />
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    <head>CARCISTE</head>
    <p>
    CARCISTE , s. m. &amp; f. Nom de faction. <i>Carcistae.</i> Le Comte de Carces ayant été fait Grand Sénéchal de Provence, &amp; Lieutenant de Roi de la même Province sous Henri III. fit de si grandes impositions de deniers au pays, &amp; donna tant de liberté aux gens de guerre qu'il employoit tant pour l'exaction des deniers, que pour la garde de la Province contre les Religionnaires, qu'ils faisoient de grandes concussions : ils furent appellés <i>Chartistes</i> du nom du Comte. Voyez Bouche, <i>Hist. de Prov.</i> L. X. C. 8. §. 1. Les <i>Chartistes,</i> parti séditieux dans le XVIe siècle, s'étant joints avec les Rats, autres mutins, &amp; soutenus les uns par la Noblesse, &amp; les autres par le peuple &amp; par le Parlement, entretenoient le trouble &amp; la révolte en Provence vers l'an 1578.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDA</head>
    <p>
    CARDA , ou peut-être CARDIA, s. f. <i>Cardea.</i> Macrobe, <i>Saturnal, L. I. C.</i> 12. fait mention d'une Divinité qu'il appelle <i>Carna,</i> laquelle, dit cet Auteur, présidoit aux parties nobles &amp; aux parties vitales de l'homme, au coeur, au foie, &amp; à tous les intestins, dont elle procuroit la santé ; &amp; parce que Brutus, ajoûte-t-il, par le moyen du coeur, par le secret du coeur, &amp; la dissimulation, passoit pour un homme utile au changement, &amp; à la réformation de l'Etat, il bâtit un temple à cette Déesse. Il avoit dit auparavant que le même Brutus, le premier jour de Juin, revenant victorieux, après avoir chassé Tarquin, fit un sacrifice à la Déesse <i>Carna</i> sur le mont Coelius. Vivès sur S. August. <i>De Civit. Dei, L. IV. C.</i> 8. Vigenère sur Tite-Live, T. I. p. 660. &amp; 1166. Rosinus dans ses <i>Antiq. Rom.</i> Liv. II. ch. 19. &amp; tous les autres que j'ai pû voir, la confondent avec la <i>Carna</i> dont parle Ovide, ou la <i>Cardea,</i> comme l'appelle S. Augustin. <i>De Civit. Dei, L. IV. C.</i> 8. c'est-à-dire, avec la Déesse des gonds. Cependant Macrobe, qui marque avec soin toutes les fonctions de la Déesse, dont il parle, ne dit pas un mot de celle de présider aux gonds. D'ailleurs le soin de conserver les entrailles de l'homme, &amp; celui de veiller aux gonds des portes, sont si différens, qu'ils ne conviennent nullement à la même Divinité. On avoit tant de soin de ne point trop accabler les Dieux de travaux &amp; de soins, &amp; de les multiplier, à chaque occupation différente que l'on concevoit dans le détail du gouvernement du monde, que je ne puis croire qu'on ait chargé la même Déesse de ces deux emplois. J'aime donc mieux en faire deux Divinités, dire qu'il y a une faute dans Macrobe, qu'il faut lire <i>Carda,</i> ou <i>Cardia,</i> au lieu de <i>Carna</i> ; que ce nom venoit du Grec , <i>le coeur,</i> &amp; qu'il lui fut donné parce qu'elle avoit le soin du coeur, &amp; des entrailles, dont il est la plus noble partie ; &amp; qu'enfin outre la fonction de cette Déesse, l'allusion que fait Macrobe, ou qu'il rapporte qu'on fit au coeur de Brutus, exige cette correction. Voyez les Auteurs cités.</p><p>
    </p>
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<div vol="1" n="7026" id="1" type="">
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    <head>CARDAMINE</head>
    <p>
    CARDAMINE , s. f. <i>Cardamine.</i> Plante qui vient ordinairement daus les prez humides, &amp; dont les fleurs sont en croix. Sa racine est vivace, épaisse de quelques lignes à son corps, blanche, fibreuse, chevelue, &amp; qui donne des feuilles ailées, couchées par terre, c'est-à-dire, découpées, en plusieurs lobes, arrondies ordinairement, disposéespar paires : elles sont vertes, &amp; un peu velues en-dessus, plus glabres en-dessous, d'un goût piquant &amp; acre. Les tiges qui partent de leur centre sont droites, menues, minces, rondes, hautes d'un pied environ, quelquefois plus, d'autres fois moins ; chargées alternativement &amp; par intervalle de quelques feuilles ailées comme celles du bas, mais plus étroites, plus découpées sur leurs bords &amp; plus inégales. Ces tiges sont rarement branchues : elles portent à leurs sommets plusieurs fleurs composées de quatre pétales blanchâtres, ou purpurines, à peu près pareilles à celles de la juliane. A ces fleurs succèdent des siliques formées par le pistile, &amp; qui sont longues de deux pouces environ, fort étroites, un peu aplaties, d'un pourpre foncé en dehors, divisées en deux loges par une cloison mitoyenne, &amp; renfermant deux rangs de petites semences longuettes, &amp; d'un verd jaunâtre. Les deux panneaux qui forment la silique se roulent en volute par une espèce de ressort, ce qui fait répandre &amp; écarter la semence avec impétuosité. Il y a plusieurs espèces de <i>Cardamine,</i> celle-ci est la plus commune, &amp; se nomme <i>Cardamine pratensis, magno flore, Inst. R. herb.</i> Son goût, qui approche de celui du cresson, lui a fait donner le nom de <i>Cardamine,</i> qui signifie la même chose que <i>Nasturtium.</i> Comme cette plante est acre &amp; piquante au goût, de même que le cresson, elle peut lui être substituée.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDAMOME</head>
    <p>
    CARDAMOME , s. m. Graine médicinale &amp; fort aromatique, contenue dans des gousses qui nous sont portées des Indes Orientales &amp; de l'Arabie. <i>Cardamonum.</i> On en fait ordinairement de trois sortes ; le grand, le moyen &amp; le petit. Le grand <i>cardamome</i> a une gousse faite en forme de figue, &amp; qui est plus grande que celle des autres espèces ; mais il leur est semblable tant pour le goût, l'odeur, la couleur, la forme de ses grains, que pour la couleur &amp; la substance de sa gousse. Le <i>cardamome</i> moyen a sa gousse moindre que celle du précédent. Elle est triangulaire, assez longue, &amp; pleine de semence de couleur de pourpre, acre &amp; mordante. La gousse du petit <i>cardamome</i> est encore beaucoup plus petite que celle du moyen : elle a aussi la forme triangulaire, &amp; ses grains sont aussi de couleur de pourpre, anguleux, d'un goût acre &amp; mordicant, &amp; d'une odeur forte &amp; pénétrante. On appelle la première sorte de <i>cardamome, maleguete,</i> ou <i>malegete,</i> parce qu'il ressemble au millet d'Inde, qu'on appelle en Italie <i>melegua.</i> On la nomme aussi graine de Paradis, parce qu'elle est fort odorante, &amp; d'un goût acre &amp; amer. Le petit <i>cardamome</i> surpasse les autres en goût, en odeur &amp; en vertu. C'est celui qui entre dans le thériaque. Les <i>cardamomes</i> échauffent, &amp; dessèchent : ils fortifient les parties nobles, dissipent les vents, &amp; aident à la coction. On s'en sert dans les maladies du cerveau, de l'estomac &amp; de la matrice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7028" id="1" type="">
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    <head>CARDASSE</head>
    <p>
    CARDASSE , s. f. <i>Opuntia, Ficus Indica.</i> Figuier d'Inde, ou Raquete, plante grasse qui a pris son nom d'une ville de la Grèce, si l'on en croit Théophraste &amp; Pline, qui avertissent que ses feuilles prenent racines étant mises en terre ; ses racines sont fibreuses, blanchâtres, &amp; naissent du corps même de la tige, qui a la figure d'une feuille aplatie ; longues d'un pied, plus ou moins, suivant son age, &amp; larges de quatre à cinq pouces, garnies de quelques toupets d'épines également distans les uns des autres. Elle est verte, charnue, pleine de suc &amp; ligneuse dans son centre : lorsqu'elle est vieille, elle se ramifie, donne des branches pareilles qui naissent toutes ordinairement de leur marge, en sorte que c'est une tige branchue, articulée &amp; aplatie. La cochenille se nourrit sur cette plante. La grandeur, la hauteur &amp; la multitude de ces branches, appellées improprement feuilles, varie suivant l'âge de la plante, la bonté du terrain &amp; la nature du pays ; car cette plante craint fort le froid. Les extrémités de ses branches dans les pays chauds poussent plusieurs fleurs à plusieurs pétales purpurines ou jaunâtres, disposées en rose, garnies dans leur centre de beaucoup d'étamines : ces fleurs sont portées sur des embryons qui ont en quelque manière la figure d'une figue, &amp; qui en meurissant deviennent des fruits allongés, d'un pouce environ de diamètre, sur deux pouces &amp; demi de longueur, rouges en dehors, <pb n="862" facs="bpt6k8542165/f902/full/1200,/0/native.jpg"/>succulens, mucilagineux, rougeâtres en dedans, &amp; renferment des semences noires, enveloppées d'une coëffe charnue, rougeâtre. Les Espagnols lui ont donné le nom de figuier d'enfer, parce qu'ayant mangé de ses fruits, &amp; voyant leurs urines rouges, ils crurent d'abord qu'ils pissoient le sang. Cette plante se trouve en Sicile &amp; en Italie : ses feuilles servent à désaltérer les animaux qui ne trouvent pas de l'eau dans les déserts d'Amérique, où ces sortes de plantes grasses naissent. On appelle cette plante <i>Opuntia vulgò herbariorum ;</i> parce que c'est l'espèce la plus connue &amp; la plus commune en Europe. Aujourd'hui on en cultive plusieurs autres espèces qui diffèrent de celle-ci par leur petitesse, ou par la longueur &amp; la force de leurs épines. <i>Opuntia major, validis aculeis munita, Opuntia folio oblongo media.</i> Cette troisième espèce est assez commune dans les jardins des curieux : ses branches sont arrondies, &amp; n'ont pas plus de deux pouces de diamètre ; inclinées, &amp; presque toujours couchées sur terre, hormis qu'on ne les relève, &amp; qu'on ne les oblige à se tenir droites : ses fleurs sont jaunes, mais pareillement construites que celles de la grande <i>cardasse</i> ; cependant plus petites, aussi-bien que ses fruits.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDASSE</head>
    <p>
    CARDASSE , s. f. Espèce de peigne propre à faire du capiton, à tirer la bourre de la soie. <i>Pecten.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDE</head>
    <p>
    CARDE , subst. fém. Côte qui est au milieu des feuilles de quelques plantes, &amp; qui est bonne à manger. <i>Tener cinarae caulis.</i> Des <i>cardes</i> d'artichauts. Des <i>cardes</i> de poirée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDE</head>
    <p>
    Carde . Instrument fait d'un morceau de bois plat, long environ d'un pied, &amp; large d'un demi, garni d'un côté de plusieurs petits crocs, qui sont de petits fils d'archal courbés, rangés de suite. On s'en sert pour carder la laine, pour démêler la soie, la bourre. <i>Ferreus pecten quo lana carminatur.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDE</head>
    <p>
    Cardea , s. f. <i>Cardea.</i> S. Augustin, au L. IVe de la Cité de Dieu, c. 8. appelle <i>Cardea</i> la Déesse qui préside aux gonds, &amp; qu'Ovide &amp; d'autres appellent <i>Carna,</i> ou <i>Cardinea.</i> Vivez voudroit qu'on corrigeât dans S. Augustin <i>Carna</i> ; mais les manuscrits &amp; l'allusion qu'il fait, demandent que l'on conserve <i>Cardea. Tres Deos isti posuerunt, Forculum foribus, Cardeam cardini, Limentinum limini.</i> Vivez &amp; Vigenère remarquent qu'elle s'appelloit autrefois Crana ; qu'ayant été forcée par Janus, il lui donna la surintendance, ou, pour me servir de son terme, le droit des gonds. Rosin dit mal-à-propos <i>Carnea</i> au lieu de <i>Cardea, Ant. Rom. L. XI. c.</i> 19.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDÉE</head>
    <p>
    CARDÉE , s. f. Morceau de laine <i>cardée</i> qu'on leve de dessus les deux cardes ; ce que l'on carde de laine à la fois avec les deux cardes. <i>Lana carminata.</i> Combien y a-t-il là de <i>Cardées.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDER</head>
    <p>
    CARDER , v. act. Démêler les poils de la laine, de la bourre, de la ouate, avec un peigne de carde. <i>Lanam carminare : pectere,</i> ou <i>carduo pectere.</i> Quelques Auteurs ont forgé <i>cardare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDER</head>
    <p>
    Cardé, ée , part. pass. &amp; adjectif. <i>Carminatus.</i> Laine <i>cardée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7033" id="1" type="">
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    <head>CARDEUR, EUSE</head>
    <p>
    CARDEUR, EUSE , s. m. &amp; f. Ouvrier qui carde la laine, le coton, ou autres choses semblables. <i>Qui lanam carminat.</i></p><p>Tous ces mots viennent du Latin <i>carduus, chardon,</i> dont on se sert pour carder.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7034" id="1" type="medecine">
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    <head>CARDIALGIE</head>
    <p>
    CARDIALGIE , s. f. Terme de Médecine . Douleur violente, qu'on sent vers l'orifice supérieur de l'estomac, accompagnée de palpitation de coeur, de défaillance, d'envie de vomir, &amp;c. <i>Cardialgia.</i> Elle est causée par des humeurs acres qui picotent cet orifice &amp; les parties voisines. Ce mot vient de deux mots Grecs, , coeur, &amp; , douleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7035" id="1" type="medecine">
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    <head>CARDIAQUE</head>
    <p>
    CARDIAQUE , adj. m. &amp; f. &amp; subst. Terme de Médecine , qui signifie la même chose que <i>cordial.</i> Remède qui sert à conforter le coeur. <i>Cordi utilis.</i> Le vin est un grand <i>cardiaque.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , <i>coeur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7035" id="2" type="botanique">
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    <head>CARDIAQUE</head>
    <p>
    Cardiaque . Terme de Botanique . Plante qui est ainsi appellée, parce qu'on la croit bonne dans les Cardialgies des enfans. C'est la même que l'<i>agripaume. Cardiaca.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7036" id="1" type="">
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    <head>CARDIER</head>
    <p>
    CARDIER , s. m. Ouvrier qui fait &amp; qui vend des cardes pour carder. <i>Pectinum ferreorum artifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7037" id="1" type="">
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    <head>CARDINAL, ALE</head>
    <p>
    CARDINAL, ALE , adj. Ce qui est le principal, le premier, le plus considérable ; le fondement de quelque chose. On dit ainsi, les quatre vertus <i>cardinales,</i> la Prudence, la Justice, la Force, la Tempérance, qui servent de fondement à toutes les autres. <i>Quatuor praecipuae virtutes morales, virtutes cardinales.</i> On dit aussi les quatre points <i>cardinaux</i> de l'horison ; pour dire, l'Orient, l'Occident, le Midi, le Septentrion. Les quatre points <i>cardinaux</i> du ciel, ou d'une nativité ; pour dire, le lever &amp; le coucher du soleil, &amp; le milieu du ciel, soit dans le zénith, soit dans le nadir. On dit aussi, les vents <i>cardinaux. Venti quatuor praecipui.</i></p><p>Ce mot vient de <i>cardo</i>, Latin, qui signifie un <i>gond</i> ; parce qu'en effet il semble que sur ces points principaux roulent toutes les autres choses de même nature.</p><p>On appelle en Grammaire les nombres <i>cardinaux,</i> un, deux, trois, quatre, &amp;c. qui sont indéclinables, par opposition aux nombres <i>ordinaux,</i> deuxième, troisième, &amp;c. <i>Numeri cardinales.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7038" id="1" type="">
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    <head>CARDINAL</head>
    <p>
    CARDINAL , s. m. Prince de l'Eglise, qui a voix active &amp; passive dans le Conclave, lors de l'élection des Papes. <i>Cardinalis, purpuratus Ecclesiae Princeps.</i> Les <i>Cardinaux</i> composent le Conseil &amp; le Sénat du Pape. Un chapeau de <i>Cardinal,</i> est un chapeau rouge ; &amp; on dit absolument, qu'un homme prétend au chapeau, ou qu'il a eu un chapeau ; pour dire, qu'il prétend à être <i>Cardinal,</i> qu'il est devenu <i>Cardinal. Cardinal Neveu,</i> est celui qui est neveu du Pape vivant. Dans le Livre premier du Cérémonial Romain est écrite la cérémonie d'ouvrir &amp; de fermer la bouche aux <i>Cardinaux.</i> Quand le Pape veut créer des <i>Cardinaux,</i> après avoir écrit les noms de ceux qu'il veut élever à cette dignité, il assemble le Consistoire, &amp; dit aux <i>Cardinaux, habetis fratres,</i> puis il fait lire les noms qu'il a écrit. S. Bernard dit que les <i>Cardinaux</i> doivent être pris de tout le monde, puisqu'ils doivent le juger ; &amp; les plus parfaits qu'il est possible, parce qu'il est plus aisé de venir bon à la Cour, que d'y devenir bon. Fleury. Il se trouve dans la Bibliothèque Vaticane une Constitution émanée du Pape Jean, qui règle le droit &amp; les titres des <i>Cardinaux,</i> &amp; qui dit que comme le Pape représente Moise, ainsi les <i>Cardinaux</i> représentent les Septante disciples, qui sous l'autorité Pontificale jugent &amp; terminent les différends particuliers. Godeau.</p><p>Les <i>Cardinaux</i> sont divisés en trois ordres, 6. Evêques, 50. Prêtres &amp; 14. Diacres, faisant en tout 70. qu'on appelle le <i>Sacré Collége. Sacrum purpuratorum patrum Collegium. Collegium Cardinalium. Sacrum Collegium.</i> Le nombre des <i>Cardinaux</i> Prêtres, &amp; des <i>Cardinaux</i> Diacres n'a pas toujours été égal. Le <i>Cardinal</i> Evêque d'Ostie précède tous les <i>Cardinaux</i> ; il consacre le Pape. Les six <i>Cardinaux</i> Evêques qui sont comme les Vicaires du Pape, portent le titre des Evêchés qui leur sont attribués. Pour les <i>Cardinaux</i> Prêtres &amp; Diacres, ils ont tous des titres tels qu'ils leur sont assignés. Jusqu'au temps du Pape Honorius II. en 1125. le Collége des <i>Cardinaux</i> étoit de 52. ou 53. Depuis, &amp; sous le Pape Nicolas III. ils se trouverent réduits à trois <i>Cardinaux</i> Prêtres. Le Concile de Constance fixa le nombre des <i>Cardinaux</i> à vingt-quatre. Sixte IV. sans avoir égard au Concile, grossit le nombre, &amp; le porta jusqu'à cinquante-trois. Léon alla jusqu'à soixante-cinq. Ainsi comme le nombre des <i>Cardinaux</i> Prêtres étoit anciennement réglé à 28. il fallut établir de nouveaux titres à mesure que l'on créa de nouveaux <i>Cardinaux.</i> Les Papes ont ajoûté 17. titres nouveaux aux anciens, qui tous ensemble font 40. Le plus ancien des <i>Cardinaux</i> Prêtres s'appelle <i>Cardinal Archiprêtre du Saint Siége.</i> A l'égard des Diacres ils n'étoient originairement que sept, pour les 14. quartiers de la ville de Rome. Le premier étoit qualifié <i>Diacre Cardinal.</i> Depuis on assigna un Diacre pour chaque quartier ; &amp; l'on ajoûta encore 4. Diacres. Ce nombre de 18. n'a été augmenté que par Paul III. En 1545. il en créa un, ensorte qu'on en comptoit 19. de son temps. Voyez <ref type="search" target="head:Bouchel">Bouchel</ref>. Le Pape doit être pris du sacré Collége, &amp; choisi d'entre les <i>Cardinaux.</i> Un <i>Cardinal</i> Abbé Commendataire, à cause de l'éminence de sa dignité, exerce la discipline sur les Religieux. Il peut même destituer un Prieur Claustral. Fevret. Les <i>Cardinaux</i> en France ne sont point sujets au droit d'Indult, ils en ont été déchargés par la Bulle de Clément IX. du mois de Mars 1667. par arrêt du Conseil d'Etat du 11. Janvier 1672. &amp; par <pb n="863" facs="bpt6k8542165/f903/full/1200,/0/native.jpg"/>lettres patentes du Roi du vingt-neuvième du même mois. Lange. Un Auteur de Droit dit que les <i>Cardinaux</i> ont été ainsi nommés du mot Latin <i>incardinatio,</i> qui signifie l'adoption que faisoit une Eglise d'un Prêtre d'une Eglise étrangère, d'où il avoit été chassé par quelque malheur ; que l'usage de ce mot a commencé à Rome &amp; à Ravenne, parce que les Eglises de ces deux villes étant les plus riches les Prêtres malheureux s'y retiroient ordinairement. Selon Onuphrius en 1562. le Pape Pie IV. établit que le Pape seroit seulement élû par le Sénat des <i>Cardinaux,</i> au lieu qu'il l'étoit auparavant par le Clergé de Rome. On prétend cependant que dès le temps d'Alexandre III. en 1160. les <i>Cardinaux</i> étoient déja en possession d'élire le Pape à l'exclusion du Clergé. On remonte encore même plus haut, &amp; l'on croit que Nicolas II. ayant été élû à Sienne en 1058. par les seuls <i>Cardinaux,</i> c'est à cette occasion qu'on ôta le droit d'élire le Pape au Clergé &amp; au Peuple Romain, qui n'eurent plus que celui de le confirmer en donnant leur consentement ; ce qui leur fut encore ôté dans la suite. Alexandre III. ne fit donc que confirmer ce que la coutume avoit établi, comme firent aussi depuis Grégoire X. &amp; Clément V. Voyez le P. Papebroch dans le <i>Propylaeum ad Act. SS. Maii, Conatus Chronico, Hist. p.</i> 196. <i>D. E.</i> dans le <i>Propylaeum Act. SS. Maii,</i> où il conjecture que c'est Honorius IV qui a mis le premier des Evêques dans le Sacré Collége, en y faisant entrer les Evêques Suffragans du Pape, à qui de droit il appartient de le nommer, &amp; en faisant la première classe des <i>Cardinaux.</i> Ils ont commencé à porter le chapeau rouge au Concile de Lyon en 1243. sous Innocent IV. Le Decret du Pape Urbain VIII. par lequel il est ordonné que les <i>Cardinaux</i> seroient traités d'<i>Eminence,</i> est de l'année 1630. Avant cela on les traitoit d'<i>Illustrissimes.</i></p><p>Les <i>Cardinaux</i> dans leur première institution n'étoient autre chose que les Prêtres principaux ou les Curés des Paroisses de Rome. Dans la Primitive Eglise le Prêtre principal d'une Paroisse, qui suivoit immédiatement l'Evêque, fut appellé <i>Presbyter Cardinalis.</i> Ce mot leur a été appliqué environ l'an 150. D'autres tiennent que ce fut sous le Pape Sylvestre l'an 300. Ces Prêtres <i>Cardinaux</i> étoient les seuls qui pouvoient baptiser &amp; administrer les Sacremens. Autrefois les Prêtres <i>Cardinaux</i> étant faits Evêques, leur Cardinalat vaquoit, parce qu'ils croyoient être élevés à une plus grande dignité. Saint Grégoire se sert souvent de ce mot pour exprimer une première dignité. Il appelle l'Archevêque de Naples, <i>Evêque Cardinal,</i> parce qu'à cause de sa dignité, il étoit un des premiers entre les Evêques de la Pouille. Sous ce Pape les <i>Cardinaux</i> Prêtres &amp; les <i>Cardinaux</i> Diacres, n'étoient autre chose que les Prêtres, ou les Diacres qui avoient une Eglise, ou une Chapelle à desservir. C'est là ce que le mot signifioit selon l'ancienne &amp; véritable interprétation. Léon IV. les nomme dans le Concile de Rome tenu en 853. <i>Presbyteros sui cardinis</i> ; &amp; leurs Eglises étoient appellées Paroisses <i>Cardinales,</i> ou Titres <i>Cardinaux, Parochiae Cardinales, Tituli Cardinales.</i></p><p>Le titre de <i>Cardinal</i> demeura sur le même pied jusqu'au 11e siècle ; par conséquent les <i>Cardinaux</i> ne tenoient pas un rang fort distingué auprès des Papes : mais la grandeur du Pape s'étant depuis extrêmement accrue, il voulut avoir un Conseil de <i>Cardinaux,</i> bien différens de ceux qui avoient composé autrefois la plus noble partie du Clergé de Rome. L'ancien nom est demeuré ; mais ce qu'il exprimoit n'est plus. Le titre de <i>Cardinal</i> n'appartient plus qu'aux seuls <i>Cardinaux</i> de l'Eglise Romaine ; cependant ils ne prirent pas d'abord le pas au-dessus des Evêques, &amp; ne furent pas les maîtres de l'élection du Pape. Mais depuis ils s'emparerent de ces priviléges. Innocent IV. leur donna le chapeau rouge, &amp; Boniface VIII. la pourpre, ensorte que croissant toujours en grandeur, ils se sont enfin élevés au-dessus des Evêques par la seule dignité de <i>Cardinal,</i> quoiqu'elle ne soit que d'institution Ecclésiastique. Maimb. M. Félibien dit que ce fut Paul II. qui leur donna la robe rouge, avec cette espèce de cape qu'ils mettent par-dessous leurs chapeaux dans les cavalcades. D'autres disent que le premier qui ait porté la pourpre est Pélage, qu'Innocent III. envoya à Constantinople en 1213. qu'elle ne fut cependant commune à tous que sous Innocent IV. &amp; que Paul II. en 1464. régla que dans les cérémonies où ils paroissent à cheval, ils en auroient un blanc, dont la bride, seroit dorée. Platina dit que l'élévation &amp; la grandeur des <i>Cardinaux</i> a commencé sous Boniface IX.</p><p>Le titre de <i>Cardinal</i> s'introduisit par la corruption de la langue Latine. On usa de ce mot pour signifier, <i>premier,</i> ou <i>grand.</i> On l'appliqua ensuite en particulier à ceux qui étoient préposés pour le gouvernement d'une Paroisse, ou d'une Eglise : &amp; cela pour les distinguer des autres Prêtres volans, qui n'avoient ni titre, ni Eglise. En France, où le nom de <i>Cardinal</i> n'étoit pas si commun, on appelloit les Prêtres titulaires, des <i>Curés,</i> ou <i>Presbyteros Parochiales.</i> Les Evêques étoient toujours au-dessus d'eux. Pasq. A Rome les Prêtres qui régissoient les Eglises Paroissiales conserverent plus spécialement le nom de <i>Cardinaux,</i> &amp; il passa aussi aux sept Diacres de l'Eglise de Rome, qui se l'attribuerent par distinction. Du Cange dit qu'originairement il y avoit trois sortes d'Eglises ; que les vraies Eglises s'appelloient proprement <i>Paroisses,</i> les secondes <i>Diaconies,</i> qui étoient des Chapelles jointes à des hôpitaux desservis par des Diacres. Les troisièmes étoient de simples Oratoires, où on disoit des Messes particulières, qui étoient desservies par des Chapelains locaux &amp; résidens ; &amp; que pour distinguer les Eglises principales ou les Paroisses, des Chapelles ou des Oratoires, on leur donna le nom de <i>Cardinales.</i> Les Eglises Paroissiales servoient de titres aux Prêtres <i>Cardinaux</i> : &amp; les Chapelles servoient de titres aux Diacres, qui s'appellerent aussi <i>Cardinaux,</i> ou principaux. Il y a eu en plusieurs lieux des Curés à qui on a donné le titre de <i>Prêtres Cardinaux,</i> ou principaux. Voyez Du Cange, qui a fait un dénombrement des titres des <i>Cardinaux</i> &amp; des Eglises Patriarchales qui en dépendoient. On a donné aussi ce titre à quelques Evêques, comme à celui de Maïence &amp; de Milan. L'Abbé de Vendôme s'appelle aussi <i>Cardinal né,</i> &amp; porte le chapeau rouge dans ses Armes. Ceux qui en ont écrit sont Onuphrius, Duaren, Ciaconius, Durandus &amp; François Frison dans son Livre de <i>Galliâ purpuratâ.</i> Bellarmin, <i>Contr. T. II. de Membr. Eccl. L. I. de Cleric. c.</i> 16. <i>de Cardinal.</i> Le Traité de l'origine des <i>Cardinaux</i> ; Du Cange, <i>Gloss.</i> Aubery a fait l'Histoire générale des <i>Cardinaux</i> en 5. vol. <i>in</i>-4°.</p><p>On appelloit <i>Cardinaux</i> non-seulement les Prêtres, mais les Evêques, les Prêtres &amp; les Diacres titulaires &amp; attachés à une certaine Eglise ; à la différence de ceux qui ne les servoient qu'en passant &amp; par commission. Les Eglises titulaires, ou les titres étoient des espèces de Paroisses, c'est-à-dire, des Eglises attribuées chacune à un Prêtre <i>Cardinal,</i> avec un quartier fixe &amp; déterminé qui en dépendoit, &amp; des fonts pour administrer le baptême dans le cas où il ne pouvoit pas être administré par l'Evêque. Ces Prêtres &amp; ces Diacres <i>Cardinaux</i> n'avoient le pas dans ces temps-là qu'après les Evêques. C'est pour cela que dans les Conciles, par exemple, dans celui de Rome tenu l'an 868. ils ne souscrivent qu'après les Evêques.</p><p>Ce n'étoit pas seulement à Rome qu'ils portoient ce nom. On trouve des Prêtres <i>Cardinaux</i> en France. Le titre par lequel Thibaud, Evêque de Soissons, confirme la fondation de l'Abbaye de S. Jean Des Vignes, appelle le Curé de la Paroisse, le Prêtre <i>Cardinal</i> du lieu, &amp; le Roi Philippe I. confirmant la même fondation, lui donne le même titre, <i>Presbyter Cardinalis ipsius loci.</i> Adrien II. appelle l'Archevêque de Bourges, <i>Cardinal,</i> &amp; Jean VIII. appelle l'Eglise de Bourges, Eglise <i>Cardinale,</i> comme l'a remarqué M. Catherinot dans son <i>Patriarchat de Bourges.</i> Enfin, dans quelques Epîtres de S. Grégoire, &amp; d'Adrien II. <i>Cardinalis Sacerdos</i> se prend pour <i>Episcopus,</i> Evêque.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDINAL</head>
    <p>
    Cardinal , s'est dit aussi des dignités &amp; offices séculiers. Les principaux Officiers de la Cour de Théodose sont aussi appellés <i>Cardinaux.</i> Et Cassiodore, L. VII. <i>Form.</i> 31. fait mention du Prince <i>Cardinal</i> de la ville de Rome. On trouve parmi les Officiers du Duc de Bretagne en 1447. un Raoul de Thorel <i>Cardinal</i> de Quillart Chancelier, &amp; serviteur du Vicomte de Rohan, ce qui montre que c'étoit un office assez bas. Voyez Lobineau, <i>T. II. p.</i> 1115.</p><p>On a aussi appellé Messe <i>Cardinale,</i> &amp; Autel <i>Cardinal,</i> la Messe solemnelle, &amp; l'Autel principal, ou le grand Autel d'une Eglise.</p><p>
    </p>
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    <head>CARDINAL</head>
    <p>
    Cardinal , substantif masculin. Oiseau gros comme <pb n="864" facs="bpt6k8542165/f904/full/1200,/0/native.jpg"/>un petit Perroquet, qui a le bec &amp; le corps rouges.</p><p>On a appellé autrefois <i>Cardinales,</i> de grosses pièces d'artillerie qui ne sont plus en usage ; &amp; des pommes à la <i>Cardinale,</i> des pommes d'api, parce qu'elles sont rouges.</p><p>
    </p>
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    <head>CARDINALAT</head>
    <p>
    CARDINALAT , s. m. La dignité de Cardinal. <i>Cardinalitia dignitas, Cardinalatus.</i> Les Ministres d'Etat qui sont d'Eglise, parviennent souvent au <i>Cardinalat.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CARDINALE</head>
    <p>
    CARDINALE , s. f. <i>Rapuncium coccineum, Flos Cardinalis Barberini.</i> Plante qui a pris son nom de la couleur de ses fleurs, qui est d'un rouge couleur de feu approchant de pourpre, dont sont couverts les Cardinaux. Sa racine est vivace, longue, rampante par ses côtes &amp; vers son collet, blanche, fibreuse, &amp; douceâtre au goût avec un peu d'acreté. De son collet naissent plusieurs feuilles couchées sur terre, longues comme le doigt, de demi pouce de largeur au plus, dentelées sur leurs bords, lisses, d'un verd brun en-dessus. Du milieu de ces feuilles partent une ou plusieurs tiges suivant l'âge &amp; la force de la plante ; elles viennent hautes d'un pied &amp; demi environ en France, grosses comme une plume à écrire, quelquefois branchues, anguleuses, d'un verd pâle, &amp; chargées de feuilles un peu plus petites &amp; plus étroites que celles du bas, &amp; courbées en bas. Depuis le milieu, celles qui approchent le plus l'extrémité des tiges sont plus courtes &amp; moins fréquentes. Ses fleurs occupent le haut des tiges &amp; des branches ; elles y sont disposées en forme d'épi. Chaque fleur est un tuyau allongé, rouge, évasé, &amp; découpé sur le haut en cinq parties oblongues, d'une couleur de feu très-vive, &amp; disposées en main ouverte. Le milieu de ce tuyau est occupé par une graine rouge, étroite, courbée, terminée par de petits sommets bleuâtres ou violets, &amp; enfilée par le pistile qui s'élève du milieu d'un calice verd, découpé en cinq parties longues, étroites ; ce calice devient ensuite un fruit verdâtre, relevé de trois côtes, &amp; divisé en trois loges, qui renferment des semences fort menues &amp; jaunâtres. Toute la plante donne du lait. Elle fleurit en Juillet &amp; Août, &amp; elle reste long-temps en fleur : elle croît dans des marécages en Canada. La <i>cardinale</i> couleur de feu a quelquefois ses fleurs panachées de quelques lignes blanches. La <i>cardinale</i> bleue est décrite dans les mémoires de M. Dodart, &amp; celle-ci devient quelquefois blanche. Il y a une espèce de <i>cardinale</i> auprès de Blois, &amp; qui est fort commune en Normandie. Elle est extrêmement acre. On la trouve aussi près de Fontainebleau. C'est le <i>Rapuntium Soloniense urens.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDINALISER</head>
    <p>
    CARDINALISER , v. act. Faire quelqu'un Cardinal, le créer Cardinal, lui donner le titre de Cardinal. <i>Cardinalem facere, creare.</i> Godeau s'est servi de ce mot dans son <i>Histoire Eccl.</i> L. IVe. <i>Cardinaliser</i> quelqu'un, veut dire lui donner un titre, soit d'Evêque, ou de Curé ; &amp; de-là vient continue-t-il, qu'encore aujourd'hui les Cardinaux ont des titres, c'est-à-dire, des Eglises dans Rome, &amp; qu'il y a même des Evêchés dans la Métropole de Rome, qui leur sont affectés, &amp; où ils viennent par leur rang d'ancienneté. Aujourd'hui ce mot ne pourroit paroître que dans le style burlesque. Il est entièrement hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDINALISME</head>
    <p>
    CARDINALISME , s. m. <i>Cardinalismus.</i> Dignité de Cardinal. C'est la même chose que <i>Cardinalat.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>Cardinalismo</i>. Il est très-peu en usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDINÉE</head>
    <p>
    CARDINÉE , s. f. Terme de Mythologie . <i>Cardinea.</i> La Déesse <i>Cardinée</i> étoit fille de Janus. Elle présidoit chez les Romains aux gonds des portes, <i>cardinibus</i> ; &amp; c'est de-là que son nom avoit été pris. Elle s'appelloit aussi Carne. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDON</head>
    <p>
    CARDON , s. m. Espèce d'artichaut, qui ne porte point de pomme, &amp; dont la tige est bonne à manger. <i>Tener cynarae caulis.</i> Des <i>cardons</i> d'Espagne. Les tiges des <i>cardons</i> sont bonnes à manger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDON</head>
    <p>
    Cardon , est aussi une espèce de crevette qui ne rougit point à la cuisson comme la crevette franche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDONETTE</head>
    <p>
    CARDONETTE , substantif fém. est le nom qu'on donne en Languedoc à la fleur d'une espèce d'artichaut qui croît à la campagne, &amp; qui sert de présure pour cailler le lait. Voyez <ref type="search" target="head:ARTICHAUT">ARTICHAUT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARDUEL</head>
    <p>
    &#9758; CARDUEL , s. m. Pays de l'Asie. C'est une partie de la Géorgie propre : il confine avec les Tartares de Daghestan. Ce pays a eu titre de Royaume. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARE" />
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    <head>CARE</head>
    <p>
    CARE , ou CARRE, s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois <i>visage,</i> car on disoit, Il a la <i>care</i> vieille : il venoit du mot Espagnol <i>cara,</i> qui signifioit la même chose, <i>Vultus.</i> On dit même encore <i>acarer</i> &amp; <i>acaration</i> ; pour dire, Confronter, &amp; confrontation, en plusieurs Provinces, &amp; sur-tout en celles au delà de la Loire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARE</head>
    <p>
    Care , se dit maintenant de la taille ou de la mesure qui est entre les deux épaules. <i>Humeri.</i> Cette femme a la <i>care</i> belle.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARE</head>
    <p>
    Care , se dit en ce sens en parlant des habits qui couvrent cette partie du corps, d'un corps-de-jupe, d'un pourpoint ; &amp; signifie la coupe &amp; la taille derrière le dos. Il faut retailler la <i>care</i> de ce corps-de-jupe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARE</head>
    <p>
    CARE , ou CARUS, Terme de Médecine . C'est une espèce d'affection soporeuse, qui n'est pas si forte que l'apoplexie, mais qui l'est plus que la léthargie. Le <i>care</i> dégénère souvent en apoplexie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARÉLIE</head>
    <p>
    CARÉLIE , s. f. Province de Suède dans la Finlande. <i>Carelia.</i> La <i>Carélie</i> est entre le Golfe de Finlande, &amp; les Provinces de Nynlande, de Tavasthie, de Savolanie, &amp; de Kexholmie. La Capitale de <i>Carélie</i> est Wiborg. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARÊME</head>
    <p>
    CARÊME , s. m. Quadragésime ; temps de pénitence, où l'on jeûne 40. jours pour se préparer à célébrer la Fête de Pâques. <i>Quadragesima, quadraginta dierum jejunium.</i> Anciennement dans l'Eglise Latine le <i>carême</i> n'étoit que de 36. jours, &amp; ne commençoit qu'au Dimanche de la 6e semaine avant Pâques, qu'on appelle <i>Quadragésime.</i> Dans le IXe siècle pour imiter plus précisément le jeûne de 40 jours que Jesus-Christ souffrit au désert, quelques-uns ajoûterent quatre jours avant la Quadragésime, &amp; cet usage a été suivi dans l'Occident ; car en ôtant les six Dimanches où l'on ne jeûne point, il reste précisément 40 jours de jeûne, à l'imitation de Jesus-Christ. Il en faut excepter l'Eglise de Milan, qui ne commence le <i>carême</i> que le Dimanche de la Quadragésime.</p><p>Le <i>Carême</i> a été institué par les Apôtres. S. Jérôme, dans son Epître à Marcella, &amp; S. Léon, au Sermon sixième <i>de Quadragesimâ,</i> le disent expressément, &amp; la règle de S. Augustin <i>Ep.</i> 118. <i>ad Januarium &amp; Lib. IV. de Bapt. cap.</i> 24. a lieu en cette matière. Tout ce que l'on trouve établi généralement dans toute l'Eglise, sans en voir l'institution dans aucun Concile, doit passer pour un établissement fait par les Apôtres. Or tel est le jeûne du <i>carême.</i> On n'en trouve l'institution dans aucun Concile ; au contraire, le I. Concile de Nicée can. 5. celui de Laodicée can. 49. &amp; suiv. le VIe Concile can. 29, &amp; en Occident le I. d'Orléans can. 11. le IVe de la même ville can. 2. Celui d'Agde can. 8. Celui d'Auxerre can. 3. le VIIIe de Toléde can. 9. le IIe de Brague can. 9. parlent du <i>carême</i> comme d'une chose générale &amp; très-ancienne, aussi-bien que tous les Pères Grecs &amp; Latins. Tertullien, qui vivoit sur la fin du IIe siècle &amp; au commencement du IIIe dans son livre <i>De Jejuniis cap.</i> 2. &amp; 13. semble indiquer non-seulement qu'il y avoit une loi pour le jeûne d'avant Pâques, mais encore qu'elle étoit regardée par ceux même qu'il fait passer pour ennemis du jeûne, comme une institution Apostolique, &amp; qui plus est comme une institution Apostolique fondée sur l'Evangile &amp; sur la parole de Jesus-Christ en S. Matth. IX. 15. en S. Marc II. 19. &amp; en S. Luc. V. 34. Calvin, Chemnitius &amp; les Protestans, prétendent que le jeûne du <i>carême</i> s'est institué d'abord par une espèce de superstition, &amp; par des gens simples, qui voulurent imiter le jeûne de Jesus-Christ. Ils prouvent ce fait par un mot de S. Irenée cité par Eusèbe Liv. V. ch. 24. mais Bellarmin a très-bien montré qu'il ne s'agit point là du jeûne même, mais de quelques circonstances du jeûne. D'autres disent que ce fut le Pape Télesphore qui l'institua vers le milieu du IIe siècle ; mais Bellarmin répond que S. Ignace, qui vivoit avant ce Pape, parle clairement du <i>carême</i> dans son Epître <i>ad Philippenses ;</i> que ce qui a donné occasion à cette opinion, c'est que Télesphore ordonna l'abstinence de chair pendant sept semaines entières, au lieu que les Laïques ne la gardoient pas pendant sept semaines toutes entières. D'autres conviennent que l'on observoit à la vérité le <i>carême</i> dans l'Eglise, c'est-à-dire, un jeûne de 40. jours avant Pâques dès les temps des Apôtres ; mais que c'étoit volontairement, &amp; qu'il n'y eut de loi que <pb n="865" facs="bpt6k8542165/f905/full/1200,/0/native.jpg"/>vers le milieu du IIIe siècle. Ce que nous avons dit de Tertullien paroît détruire ce sentiment. Enfin, il paroît par les Constitutions Apostoliques V. ch. 18. que les Chrétiens dès le commencement de l'Eglise ont jeûné par obligation pendant le temps qui précédoit la Pâque. Ce jeûne duroit jusqu'à l'heure de Vêpres, c'est-à-dire, jusqu'au soir. Tertullien en parle aussi dans son Traité du jeûne, &amp; S. Irénée dans Eusèbe Liv. V. ch. 24. S. Basile <i>Orat.</i> 2. <i>de Jejun.</i> S. Ambroise <i>Serm.</i> 34. Socrate <i>L. V. ch.</i> 21. Cassien <i>Collat.</i> 21. <i>ch.</i> 27. S. Léon <i>Serm.</i> 4. <i>de Quadragesimâ, &amp;c.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Bellarm">Bellarm</ref>. <i>de Bonis Operib. in partic. Lib. II. c.</i> 14. 15. 16.</p><p>Socrate &amp; Sozomene disent, le premier, Liv. V. chap. 22. l'autre, Liv. VII. ch. 19. que le jeûne du <i>carême</i> étoit de six semaines avant Pâques en Illyrie, en Grèce, à Alexandrie, dans toute l'Egypte, dans l'Afrique &amp; la Palestine ; mais qu'à Constantinople, &amp; dans toutes les Provinces d'alentour, jusqu'en Phénicie, on commençoit le <i>carême</i> sept semaines avant Pâques : mais que de ces six ou sept semaines quelques-uns n'en jeûnoient que trois par intervalles, &amp; cinq jours seulement chaque semaine. Quelques-uns, ajoûtent-ils, jeûnoient trois semaines de suite, comme à Rome, excepté le Samedi &amp; le Dimanche. Socrate se trompe en ceci ; car on jeûnoit à Rome le Samedi toute l'année ; mais un Grec a pû l'ignorer, &amp; prendre l'usage de quelque autre Eglise pour celui de Rome. Par-tout on nommoit également ce temps <i>carême,</i> ou Quarantaine.</p><p>Les Grecs commencent l'abstinence après le Dimanche que nous nommons de la Sexagésime, &amp; qu'ils appellent , c'est-à-dire, selon M. l'Abbé Fleury, Dimanche gras, ou plutôt, <i>carême prenant</i> ; car signifie proprement, sèvrement de chair, privation de chair, <i>carnis privium,</i> comme quelques-uns traduisent. Du reste, les Grecs commencent le Lundi qui suit ce Dimanche à ne point manger de chair, &amp; toute cette semaine-là ils ne mangent que des laitages &amp; des oeufs, mais sans jeûne encore ; de là vient qu'ils appellent le Dimanche suivant, qui est celui de la Quinquagésime . Le Lundi suivant ils entrent en <i>caréme,</i> &amp; commencent le jeûne &amp; l'entière abstinence, non seulement d'oeufs &amp; de laitages, mais de poisson &amp; d'huile. Néanmoins s'ils commencent plutôt que nous, ils ne jeûnent point les Samedis comme nous. L'Abbé Théonas étant venu voir Cassien &amp; Germain, celui-ci demanda pourquoi le <i>carême</i> n'étoit que de six semaines, ou de sept, en quelques pays, puisque ni l'un ni l'autre nombre ne font 40. jours, en ôtant le Samedi &amp; le Dimanche, où l'on ne jeûnoit point, mais seulement 36. jours ? Théonas répondit : Ces 36. jours font la dixme de toute l'année, qui est de 365. jours, &amp; ce qui fait la diversité, c'est que ceux qui ne jeûnent que six semaines, jeûnent le Samedi. On n'a pas laissé de nommer tout ce temps <i>carême,</i> ou quarantaine, peut-être à cause des 40. jours de jeûne de Moise, d'Elie &amp; de Jesus-Christ. Les parfaits ne s'astreignent pas à des bornes si étroites, &amp; cette loi du <i>carême</i> n'a été introduite qu'en faveur des foibles ; afin qu'ils donnassent à Dieu au moins la dixme de l'année. On voit ici combien Cassien, &amp; ceux dont il rapporte les discours, étoient persuadés de l'antiquité &amp; de l'utilité du <i>carême.</i> Fleury.</p><p>Les anciens Moines Latins faisoient trois <i>carêmes ;</i> le grand devant Pâques ; l'autre, devant Noël, qu'on appelloit <i>de la Saint Martin ;</i> &amp; l'autre de <i>S. Jean-Baptiste,</i> après la Pentecôte, tous trois de quarante jours. Les Grecs en observoient quatre autres outre celui <i>de Paques ;</i> savoir, ceux <i>des Apôtres, de l'Assomption, de Noel, &amp; de la Transfiguration ;</i> mais ils les réduisoient à sept jours chacun. Les Jacobites en font un cinquième, qu'ils appellent <i>de la penitence de Ninive.</i> Les Chaldéens &amp; les Nestoriens de même. Les Maronites en font six, y ajoûtant celui <i>de l'Exaltation de la Sainte Croix.</i> Une Relation imprimée en 1688. dit cependant que les Chrétiens du mont Liban, qui sont les Maronites, n'en font que quatre ; que durant le grand, qui est celui qui précède la fête de Pâques, ils ne mangent qu'une fois le jour ; que la plupart font scrupule d'y manger du poisson, ni autre chose qui ait eu vie ; que les femmes grosses, ni les enfans qui ont l'usage de la raison, n'en sont que rarement dispensés. Les Jacobites anticipoient le <i>carême</i> de deux semaines, &amp; en jeûnoient huit avant la Semaine Sainte. Voyez le Père le Quien dans une Préface sur une Lettre de S. Jean Damascène. Les Arméniens en font huit de différente durée.</p><p>Le <i>Carême</i> est bas, quand il commence en Février ; &amp; il est haut, quand il commence en Mars. La <i>Mi-carême,</i> est une Fête où les harangères se réjouissent. C'est le Jeudi qui est au milieu du <i>carême.</i> Faire le <i>carême,</i> c'est, Observer les règles du jeûne. Rompre le <i>carême,</i> c'est y contrevenir, manger gras. On dit, qu'on fait faire un long <i>carême</i> à quelqu'un, quand on l'a long-temps privé de quelque chose qu'il aimoit bien. On appelle Fruits de <i>carême,</i> les fruits secs &amp; réservés pour le <i>carême,</i> comme raisins, figues, pruneaux, brugnoles, &amp;c. Viandes de <i>carême,</i> le poisson, &amp; tous les autres mets, à la réserve de la chair.</p><p>Le VIIIe Concile de Tolède Can. 9. dit : Ceux qui sans une évidente nécessité auront mangé de la chair pendant le <i>carême,</i> n'en mangeront point pendant toute l'année, &amp; ne communieront point à Pâques. Ceux que le grand âge ou une maladie oblige d'en manger ne le feront que par permission de l'Evêque. Aujourd'hui on s'adresse plus communément en France au Curé, qui ne la donne que sur une attestation d'un Médecin.</p><p>Le Pape Nicolas, dans sa réponse aux Consultations des Bulgares ch. 4. dit qu'on doit s'abstenir de chair tous les jours de jeûne, qui sont le <i>carême</i> avant Pâques, le jeûne d'après la Pentecôte, celui d'avant l'Assomption de la Sainte Vierge, &amp; celui d'avant Noël. Tous ces jeûnes étoient de quarante jours, au moins les trois d'avant Pâques, d'après la Pentecôte, &amp; d'avant Noël, comme portent expressément les Capitulaires Liv. VI. chap. 187. mais les autres n'étoient pas de la même obligation que notre Carême. Fleury. Voyez au mot Avent ce que nous avons dit du <i>carême,</i> ou jeûne d'avant Noël. L'article 187. du VIe Livre des Capitulaires ne prouve rien ; il dit seulement que les Prêtres doivent annoncer le jour de Pâques, celui de la Pentecôte, le jeûne, la Messe, le Baptême. Est-ce là porter, je ne dis pas expressément, mais en aucune manière, que tous ces jeûnes étoient de 40. jours ?</p><p>S. Rathier, Evêque de Verone au Xe siècle, dans un Sermon sur le <i>carême,</i> blâme ceux qui passent alternativement un jour sans manger, &amp; un sans jeûner ; &amp; ceux qui jeûnant tous les jours jusques au soir, se donnoient-la liberté de manger la nuit avec excès ; aussi-bien que ceux qui mangeant avant None, qui étoit l'heure prescrite, croyoient jeûner, pourvû qu'ils ne fissent qu'un repas. Fleury.</p><p>Ce mot vient de <i>quadragesima</i>. Nicot. Et il est très-ancien. On le trouve dans le Concile de Nicée ; car en Grec est la même chose que <i>carême,</i> ou quadragésime.</p><p>On appelle aussi <i>Carême,</i> le Recueil des Sermons qu'a fait un Prédicateur pendant un <i>carême. Collectaneae Conciones sacrae per quadragesimam habitae vel habendae.</i> Parmi les Sermonaires, il y en a quantité qui ont fait des <i>carêmes,</i> des Avents. Le <i>carême</i> du P. Bourdaloue est admirable.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme nous a prêché sept ans pour un <i>carême</i> ; pour dire, qu'il nous a souvent enseigné, rebattu la même chose. On dit, que pour trouver le <i>carême</i> court, il faut faire une dette payable à Pâques. On dit aussi, qu'on nous donne le <i>carême</i> bien haut, quand on nous promet quelque chose qui ne viendra de long-temps. On dit aussi, que cela vient comme Mars en <i>carême ;</i> pour dire, fort à propos, ou bien qu'une chose revient au même temps tous les ans. On dit aussi, qu'un homme a jeûné le <i>carême,</i> quand on lui veut reprocher qu'il est bien maigre, ou bien pâle.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARÊME-PRENANT" />
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    <head>CARÊME-PRENANT</head>
    <p>
    CARÊME-PRENANT , s. m. Le jour du Mardi qui précède le <i>carême,</i> &amp; quelquefois tout le temps du Carnaval <pb n="866" facs="bpt6k8542165/f906/full/1200,/0/native.jpg"/>depuis les Rois. <i>Geniales ante quadragenarium jejunium dies.</i> Les Gascons disent <i>carmentran ;</i> &amp; dans la basse Latinité on a dit <i>carmentranus.</i> Du Cange. On a aussi appellé <i>carnisprivium,</i> le <i>carême</i> ; &amp; <i>carnivora</i> le Mardi gras, à cause que ce jour-là on consume tout ce qui reste de chair ; &amp; <i>carnicapium</i> en Espagnol <i>carnes tollendas.</i></p><p>On appelle aussi des <i>carêmes-prenans,</i> des gens du peuple qui se masquent de cent façons ridicules, &amp; qui courent les rues. <i>Plebecula larvata.</i></p><p>On dit aussi des personnes mal mises qui ont des habits hors de mode &amp; extravagans, qu'ils sont habillés en vrais <i>carêmes-prenans.</i> On dit que vous voulez donner votre fille à un <i>carême-prenant.</i> Mol. Vous voilà fait comme un <i>carême-prenant.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'il faut faire son <i>carême-prenant</i> avec sa femme, &amp; Pâques avec son Curé. On dit aussi populairement, Tout est de <i>carême-prenant :</i> pour dire, que plusieurs bagatelles sont permises ce jour-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7052" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARENAGE" />
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    <head>CARENAGE</head>
    <p>
    CARENAGE , s. m. &amp; par corruption, CRAN, &amp; CRANAGE. C'est un endroit sur le bord de la mer, commode pour donner carène aux vaisseaux. <i>Locus carinandis navibus, reficiendae navi, idoneus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7053" id="1" type="pratique">
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    <head>CARENCE</head>
    <p>
    CARENCE , s. f. Défaut, terme de Pratique , qui se trouve dans l'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts, qui veut que les exploits de <i>carence</i> de biens ou d'insolvabilité, ne soient valables, s'ils ne sont fortifiés de bonnes preuves. Faire un procès verbal de <i>carence</i> de biens. Un procès verbal de <i>carence</i> de biens équipolle à un inventaire, lequel on ne peut pas faire quand il n'y a rien à inventorier. On fait un procès verbal de <i>carence</i> de biens pour n'être point soupçonné de recelé.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>carentia</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7054" id="1" type="marine">
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    <head>CARÈNE</head>
    <p>
    CARÈNE , s. f. Terme de Marine . C'est la quille d'un vaisseau, qui est une longue &amp; grosse pièce de bois, ou plusieurs mises bout à bout l'une de l'autre de proue en pouppe, pour servir de fondement au navire, &amp; sur laquelle se fait l'assemblage. <i>Trabs.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>carena</i>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARÈNE</head>
    <p>
    Carène , se prend encore en termes de Marine pour la partie du vaisseau qui est depuis la quille jusqu'à la ligne de l'eau. <i>Carina, imus alveus.</i> C'est le creux du vaisseau, ou le fond de cale.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARÈNE</head>
    <p>
    Carène , signifie aussi le radoub d'un vaisseau ou des parties basses d'un vaisseau. On dit en ce sens, Donner la <i>carène</i> à un vaisseau, mettre un vaisseau en <i>carène.</i> On dit donner <i>carène,</i> quand on met le navire sur le côté pour le calfater, pour fermer les voies d'eau, pour lui donner le suif, pour le radouber dans ses oeuvres vives. Les vaisseaux de guerre reçoivent la <i>carène,</i> ou les oeuvres de marée de trois en trois ans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARÈNE</head>
    <p>
    Demi-carène , se dit, lors qu'en voulant caréner un vaisseau, on ne peut travailler que sur la moitié de son fond par dehors, &amp; qu'on ne peut aller jusqu'à la quille. <i>Carène</i> entière se dit lors qu'on peut travailler sur tout le fond jusqu'à la quille.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARÉNER" />
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    <head>CARÉNER</head>
    <p>
    CARÉNER , v. act. Donner carène au vaisseau, le mettre sur le côté ; l'appuyer sur le ponton, afin qu'il présente aux Calfateurs la partie qui a besoin d'être <i>carénée,</i> en lui donnant radoub, ou le suif. <i>Carinare, navem reficere.</i> On dit autrement, le mettre à <i>cran,</i> par corruption de <i>carène.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARÉNER" />
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    <head>CARÉNER</head>
    <p>
    Caréné, ée , part. passif. Vieux vaisseau <i>caréné.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARENTAN" />
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    <head>CARENTAN</head>
    <p>
    CARENTAN , s. m. <i>Carentonium.</i> Ville de France dans la basse Normandie au Confluent de la Douvre &amp; du Carentey, ou <i>Carentan,</i> qui lui a donné son nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARESME</head>
    <p>
    CARESME , Voyez <ref type="search" target="head:CARÊME">CARÊME</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7058" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARESSANT, ANTE" />
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    <head>CARESSANT, ANTE</head>
    <p>
    CARESSANT, ANTE , adj. Qui a coutume de caresser. <i>Blandus.</i> Vous n'êtes ni trop <i>caressante,</i> ni trop flatteuse. Le Ch. de M. Remarquez dans Térence un vieillard avare &amp; rébarbatif, qui s'avise tout d'un coup de devenir <i>caressant</i> &amp; libéral. P. le Boss. Les petits chiens sont des animaux fort <i>caressans.</i></p><p>CARESSE, s. f. Démonstration d'amitié, ou de bienveillance, qu'on fait à quelqu'un par un accueil gracieux, par quelque parole obligeante, ou quelque cajollerie. <i>Blanditiae, amoris significatio.</i> Il se dit des hommes, &amp; de quelques animaux. Ce Prince a fait bien des <i>caresses</i> à cet Envoyé. Les <i>caresses</i> des femmes sont trompeuses. Les chiens font des <i>caresses</i> à leurs maîtres. Remarquez le ris forcé, &amp; les <i>caresses</i> contrefaites d'un Courtisan. La Bruy.</p><p>On dit figurément qu'il ne faut pas se fier aux <i>caresses</i> de la fortune.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARESSER</head>
    <p>
    CARESSER , v. act. Faire de caresses. <i>Blanditiis lenire, permulcere.</i> La foiblesse de l'homme c'est d'aimer qu'on le <i>caresse.</i> On dit aussi <i>caresser</i> un cheval, un chien.</p><p>Le P. Bouhours remarque que <i>faire des caresses,</i> ne se dit guère que sérieusement, &amp; ne signifie que Traiter les gens d'un air qui marque qu'on les aime, ou qu'on les estime, &amp; que <i>caresser</i> se dit plus en badinant &amp; au regard des enfans, à qui on fait de petites amitiés. Il faut nous flatter &amp; nous <i>caresser</i> comme des enfans, pour nous tenir en bonne humeur. Essais de Mor. Le Roi lui fit beaucoup de caresses (à Artabaze) à cause de l'amitié qu'il avoit eue avec le Roi Philippe son frère. Vaug. Voyez le II. Tome des <i>Remarques du P. Bouhours sur la Langue Françoise</i> p. 423. <i>in</i>-12.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARESSER</head>
    <p>
    Caressé, ée , part. &amp; adj. <i>Blanditiis lenitus, devinctus.</i></p><p>Tous ces mots viennent du Latin <i>carus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7060" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAREFOUR" />
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    <head>CAREFOUR</head>
    <p>
    CAREFOUR , Voyez <ref type="search" target="head:CARREFOUR">CARREFOUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7061" id="1" type="">
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    <head>CARET</head>
    <p>
    CARET , Voyez <ref type="search" target="head:CARRET">CARRET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7062" id="1" type="">
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    <head>CARFOU</head>
    <p>
    CARFOU , s. m. <i>Receptus.</i> Vieux mot, qui signifie, selon Pasquier, la retraite qu'on sonnoit le soir : il croit qu'on disoit <i>carfou</i> pour <i>couvre-feu.</i> Borel estime que <i>carfou</i> a été formé de <i>garde fou,</i> &amp; que le <i>carfou</i> étoit le signal qui avertissoit les voleurs &amp; les bandits de se retirer, de crainte d'être pris par le Guet, qui commençoit à marcher lorsqu'on sonnoit le <i>carfou.</i> En Languedoc on appelle ce signal le <i>Chasse-Ribaud,</i> ce qui veut dire à peu-près la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7063" id="1" type="marine">
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    <head>CARGAISON</head>
    <p>
    CARGAISON , s. f. Terme de Marine . C'est la charge d'un vaisseau, &amp; le temps propre pour charger les navires. <i>Navis onus.</i> C'est aussi la facture des marchandises chargées dans le vaisseau. La <i>cargaison</i> de ce vaisseau est de telle &amp; telle marchandise. Ce mois-ci est le temps de <i>cargaison</i> des vins, des morues. <i>Cargaison</i> se prend encore pour l'action de charger. Pendant toute cette <i>cargaison</i> il a toujours été sur notre bord.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7064" id="1" type="marine">
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    <head>CARGUE</head>
    <p>
    CARGUE , s. f. Terme de Marine . C'est toute sorte de manoeuvre qui sert à faire approcher les voiles près des vergues pour les trousser, les relever. Ce mot, qui est féminin quand il est seul, est masculin quand il est joint avec un autre. <i>Funes colligendis velis apti.</i> Ainsi on dit <i>le cargue-point,</i> &amp; non pas <i>la cargue-point.</i> Les <i>cargues</i> sont des cordes disposées pour carguer, ou trousser la voile. Les <i>cargues-points,</i> ou <i>tailles-points,</i> sont des cordes amarrées aux points, ou aux angles d'enbas de la voile, pour la retrousser. Les <i>cargues-fond,</i> ou <i>tailles de fond,</i> sont les cordes qui sont amarrées au milieu du bas de la voile, pour la retrousser par le milieu.</p><p>Il y a aussi les <i>cargues d'artimon,</i> &amp; quand on parle de ces sortes de <i>cargues,</i> on dit les <i>cargues du vent,</i> &amp; les <i>cargues dessous le vent.</i> Les unes sont du côté que le vent vient, &amp; les autres du côté opposé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7064" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARGUE" />
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    <head>CARGUE</head>
    <p>
    Cargues a vue , sont une petite manoeuvre passée dans une poulie sous la grande hune, &amp; qui est frappée à la relingue de sa voile, pour la lever lorsqu'on veut voir par-dessous. Cette manoeuvre n'est d'usage que dans de certains vaisseaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7064" id="3" type="">
   <index type="head" value="CARGUE" />
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    <head>CARGUE</head>
    <p>
    Cargues-boulines , sont les cordes amarrées au milieu des côtés de la voile, pour trousser, ou carguer la voile par les côtés. On les appelle autrement <i>contre-fanons.</i> Lorsqu'on trousse, ou qu'on racourcit les voiles par enhaut, cela s'appelle <i>rider.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7065" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CARGUER" />
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    <head>CARGUER</head>
    <p>
    CARGUER , v. act. Terme de Marine . C'est, Trousser la voile, &amp; l'accourcir par le moyen des cordes appellées <i>cargues,</i> qui la lèvent en haut jusqu'à la moitié &amp; au tiers du mât. <i>Colligere velum.</i> On dit autrement, Bourcer la voile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7066" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARGUER" />
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    <head>CARGUER</head>
    <p>
    CARGUER , signifie aussi Pencher d'un côté en navigeant. <pb n="867" facs="bpt6k8542165/f907/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Carguer</i> à stribord, <i>carguer</i> de l'arrière, <i>carguer</i> de l'avant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7067" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARGUERAS" />
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    <head>CARGUERAS</head>
    <p>
    CARGUERAS , ou CALEBAS, est un cordage qui sert à élever les pacfis, ou grandes voiles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7068" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CARGUEUR" />
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    <head>CARGUEUR</head>
    <p>
    CARGUEUR . Terme de Marine , est une poulie qui sert à amener &amp; à guinder le perroquet. On le met tantôt au tenon du perroquet, &amp; tantôt à son choquet, ou à ses pattes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7069" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIAGE" />
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    <head>CARIAGE</head>
    <p>
    CARIAGE , s. m. Terme populaire, qui ne se dit qu'en cette phrase proverbiale, Tout le <i>cariage</i> ; pour dire, Toute une famille, tout un ménage de pauvres gens, comme si tout pouvoit tenir dans une charrette, ou carriole. <i>Impedimenta, sarcinae.</i></p><p>Ce mot vient de <i>carragium</i>, qu'on a dit pour <i>carrago,</i> &amp; qui se trouve dans Trébellius Pollio, pour signifier le <i>charroi d'une armée.</i> Ménage. Du Cange témoigne qu'on a dit <i>caragium</i> dans le même sens en la basse Latinité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7070" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATE" />
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    <head>CARIATE</head>
    <p>
    CARIATE . Voyez <ref type="search" target="head:CARYATE">CARYATE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7071" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATHAÏM" />
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    <head>CARIATHAÏM</head>
    <p>
    CARIATHAÏM . Ville de la Terre-Sainte, située à l'Orient du Jourdain dans la Tribu de Ruben. Ce nom Hébreu vient de <i>Kariath,</i> qui signifie <i>Ville,</i> &amp; il a la forme des duels ; peut-être parce que la ville étoit double, ou divisée en deux.</p><p>Il y a encore une autre <i>Cariathaïm</i> dans la Tribu de Nephthali, vers l'Occident, qui étoit une ville Lévitique &amp; de refuge. Il en est parlé I. Paral. VI. 76. Josué l'appelle Carthan, C. XXI. 32.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7072" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATHARBE" />
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    <head>CARIATHARBE</head>
    <p>
    CARIATHARBE , s. f. Nom de ville qui signifie la <i>Ville des Quatre,</i> selon quelques-uns, qui veulent qu'elle ait été ainsi nommée, parce que quatre grands Patriarches, Adam, Abraham, Isaac &amp; Jacob, y avoient été enterrés ; c'est une erreur. Adam ne vécut point dans la Palestine, quoi qu'en disent les Rabbins, &amp; ceux qui y placent le Paradis terrestre. Il est bien plus probable que , <i>Arbe,</i> ou <i>Arbea,</i> est le nom du Fondateur de la ville, , c'est la ville d'Arbe. Du reste, voyez HÉBRON, c'est la même ville, qui avoit aussi ce nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7073" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATH BAAL" />
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    <head>CARIATH BAAL</head>
    <p>
    CARIATH BAAL , c'est-à-dire, Ville de Baal, plus connue sous le nom de Cariathiarim, qui va suivre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7074" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATHIARIM" />
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    <head>CARIATHIARIM</head>
    <p>
    CARIATHIARIM , , qui se prononce en Hébreu <i>Kariath Jearim,</i> &amp; qui signifie <i>Ville des Bois,</i> ou <i>des Forêts,</i> est le nom d'une ville de la Terre-Sainte, nommée autrement <i>Baala,</i> ou <i>Cariath Baal.</i> Elle avoit été possédée d'abord par les Gabaonites : elle fut donnée ensuite à la Tribu de Juda, &amp; je ne sai pourquoi le P. Lubin dit qu'elle tomba en partage à celle de Dan. Elle étoit sur les confins des Tribus de Benjamin, de Dan, &amp; de Juda.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7075" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATHSENNA" />
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    <head>CARIATHSENNA</head>
    <p>
    CARIATHSENNA . Voyez <ref type="search" target="head:DABIR">DABIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7076" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATHSEPHER" />
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    <head>CARIATHSEPHER</head>
    <p>
    CARIATHSEPHER . Ville des Lettres, ou des Livres de , <i>Kariath, , Sepher.</i> Voyez <ref type="search" target="head:DABIR">DABIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7077" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIATIDE" />
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    <head>CARIATIDE</head>
    <p>
    CARIATIDE . Voyez <ref type="search" target="head:CARYATIDE">CARYATIDE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7078" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIBE" />
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    <head>CARIBE</head>
    <p>
    CARIBE , substantif masc. Voyez <ref type="search" target="head:CARAÏBE">CARAÏBE</ref>. Il est plus usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7079" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIBOU" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CARIBOU</head>
    <p>
    CARIBOU , s. m. Animal sauvage de Canada. <i>Cervus Canadensis.</i> C'est une espèce de cerf qui habite le Nord de l'Amérique. Le <i>Caribou</i> est extrêmement léger. Il a des ongles plats, fort larges, &amp; garnis d'un poil rude entre-deux, qui l'empêchent d'enfoncer dans la neige, sur laquelle il court presqu'aussi vîte que sur la terre. Il habite les savannes ou forêts ; &amp; quand elles sont épaisses, il s'y fait des routes comme la plupart des animaux, qui habitent le fort des bois, &amp; il les suit ordinairement. Le <i>Caribou</i> des savannes épaisses a les cornes fort petites ; celui des savannes claires les a fort grandes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7080" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIE" />
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    <head>CARIE</head>
    <p>
    CARIE , s. f. Maladie des os &amp; des dents, qui les corrompt &amp; qui les mange. C'est une solution de continuité dans les os, provenant d'érosion. <i>Cariosus morbus.</i> Il n'y a rien qui fasse plus de peine à un Chirurgien dans la curation d'un ulcère, que lorsque la <i>carie</i> de l'os y est jointe. Degori. La <i>carie</i> se fait dans les os, lorsqu'ils sont froissés, fendus, percés, fracturés, luxés, apostumés, découverts de leur chair. Car ils s'altèrent lorsque le sang &amp; leur propre nourriture se dessèchent par l'air extérieur qui les touche, &amp; que les os nuds ne peuvent longuement endurer. Quand la sanie croupit long-temps dessus, elle s'imbibe dans leur substance, &amp; les pourrit &amp; <i>carie</i> pareillement.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>caries</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7081" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIE" />
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    <head>CARIE</head>
    <p>
    CARIE , s. f. Ancien pays de l'Asie mineure. <i>Caria.</i> La <i>Carie</i> étoit entre la Lycie &amp; l'Ionie. Elle étoit bornée au Nord par le Méandre, à l'Occident par la mer Icarienne, &amp; la mer appellée anciennement <i>Myrtoum mare,</i> aujourd'hui mer de Mandria ; ce sont deux parties de l'Archipel : elle avoit au Midi la mer de Rhodes, &amp; au Levant la Lycie &amp; quelques autres nations. Ce sont les bornes que Strabon lui donne. Elle comprenoit la Dorie, &amp; selon le même Auteur une grande partie du mont Taurus. La Métropole ou la Capitale de <i>Carie</i> étoit Halicarnasse.</p><p>Quelques-uns disent que ce nom vient de <i>Cares</i> Roi de ce Pays, qui fut l'inventeur des augures. Mais Bochart, L. I. <i>Chanaan,</i> c. 7. prétend qu'il vient de l'Hébreu , <i>Car,</i> qui signifie un <i>belier,</i> un <i>agneau,</i> &amp; qu'il fut donné à ce pays, parce qu'il étoit fertile en moutons &amp; en pâturages pour les brebis ; , signifie aussi pâturage dans Isaïe XXX, 25. XXXIV, 6. Ce pays s'appelle aujourd'hui <i>Aidinelli.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7082" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIE" />
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    <head>CARIE</head>
    <p>
    CARIE , Ville. Voyez <ref type="search" target="head:CARYE">CARYE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7083" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIEN, ENNE" />
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    <head>CARIEN, ENNE</head>
    <p>
    CARIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Qui est de Carie, natif de Carie, habitant de Carie. <i>Car.</i> Les <i>Cariens,</i> en Latin <i>Cares,</i> étoient gens de guerre, de sorte que les armes des <i>Cariens, arma Carica,</i> une cuirasse de <i>Carien, Lorica Carica,</i> avoient passé en proverbe. Cependant parce qu'ils se louoient pour faire la guerre, on n'en faisoit pas cas, on les exposoit au premier choc, comme gens qu'on ne se mettoit pas en peine de ménager. Et de-là beaucoup d'autres proverbes, qui marquoient le mépris qu'on faisoit d'eux. Faire épreuve sur un <i>Carien,</i> vin <i>Carien,</i> Bout de Carie, sacrifice <i>Carien,</i> &amp;c. qui se trouvent dans les Anciens, &amp; qu'Erasme &amp; d'autres ont expliqués au mot . Toutefois les <i>Cariens</i> ne manquerent pas de gens d'esprit &amp; de mérite : Hérodote &amp; Thalès, l'un père de l'Histoire, &amp; l'autre de l'Astronomie, étoient <i>Cariens.</i> La fameuse Artemise étoit femme de Mausole Roi des <i>Cariens.</i> Ces peuples sont aussi appellés Carbes, <i>Carbae,</i> .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7084" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIER" />
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    <head>CARIER</head>
    <p>
    CARIER , v. act. Qui se dit des dents &amp; des os qui se gâtent &amp; se pourrissent. <i>Cariem inducere, cariosum efficere.</i> Cet ulcère lui a <i>carié</i> l'os de la jambe. On appelle aussi du bois <i>carié,</i> du bois qui est rongé de vers, &amp; qui se pourrit. On dit aussi <i>se carier</i> en parlant des os, des dents, du bois qui se pourrissent. <i>Cariem contrahere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7084" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARIER" />
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    <head>CARIER</head>
    <p>
    Carié, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Cariosus.</i></p><p>Ces mots se tirent du Latin <i>caries,</i> qui signifie <i>vermoulure ; pourriture.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7085" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARILLON" />
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    <head>CARILLON</head>
    <p>
    CARILLON , ou CARRILLON, substantif masc. Son de cloche agréable &amp; harmonieux qui se fait en témoignage de réjouissance aux jours des Fêtes de l'Eglise, ou de quelque joie publique. <i>Numerosus &amp; modulatus aeris campani sonitus.</i></p><p>On appelle aussi <i>carillon,</i> un bon nombre de petits timbres de différentes grosseurs, ou de petites cloches qu'on fait sonner avec un bouton de fer, ou avec un clavier, soit qu'on le touche à la main, soit qu'il se meuve par machine avec un tambour. Le <i>carillon</i> de la Samaritaine. Les <i>carillons</i> de Flandres sont composés de trente ou quarante timbres qui font les mêmes tons, degrés &amp; intervalles de Musique, que les tuyaux des orgues : aussi les fait-on sonner en frappant sur les touches d'un gros clavier, &amp; on en fait d'agréables concerts. Autrefois le <i>carillon</i> étoit la même chose que le <i>tocsin</i> ; car on sonnoit dans les réjouissances de même que dans les alarmes ; d'où vient que quelques Auteurs appellent le <i>carillon, pulsatio terroris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7085" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARILLON" />
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    <head>CARILLON</head>
    <p>
    Carillon , se dit aussi, mais bassement, des crieries que font les femmes de mauvaise humeur, ou les personnes du bas peuple, lorsqu'elles querellent ou injurient quelqu'un. <i>Clamor immodicus, vociferatio.</i> Quand ce mari va au cabaret, sa femme lui fait un beau <i>carillon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7085" id="3" type="">
   <index type="head" value="CARILLON" />
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    <head>CARILLON</head>
    <p>
    Carillon des verres , se dit par métaphore dans la débauche, en style bas, familier, bachique, en parlant du bruit que font les verres, lorsqu'on les choque.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a été battu, fouetté, étrillé à double <i>carillon</i> ; pour dire, fortement &amp; outrageusement.</p><p>On appelle <i>fer de carillon,</i> un petit fer qui n'a que 8. à 9. lignes en quarré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7086" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARILLONNER" />
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    <head>CARILLONNER</head>
    <p>
    CARILLONNER , ou CARRILLONNER, v. act. absolu. Sonner les cloches en manière de carillon. <i>Aes campanum argutè, modulatè, numerosè pulsare.</i></p><p>Ce mot vient de <i>quadrillonnar</i>, qui a été fait de <i>quadrilla,</i> mot Espagnol, qui signifie un <i>petit escadron,</i> diminutif de <i>quadra,</i> à cause que les carillons se font d'ordinaire avec quatre cloches. Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7087" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARILLONNEUR" />
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    <head>CARILLONNEUR</head>
    <p>
    CARILLONNEUR , ou CARRILLONNEUR, s. m. Celui qui fait sonner les cloches avec une cadence agréable, qui fait le carillon. <i>Qui aes campanum argutè ac numerosè pulsat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7088" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARINE" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>CARINE</head>
    <p>
    CARINE , s. m. <i>Carina.</i> Pleureuse, femme qu'on louoit autrefois chez les Romains pour pleurer dans les funerailles. On les nommoit ainsi du nom de la Carie leur pays, d'où on les faisoit venir la plupart, <i>Coel. Rhodig. L. XVI. c.</i> 3.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7088" id="2" type="ancienne architecture romaine">
   <index type="head" value="CARINE" />
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    <head>CARINE</head>
    <p>
    Carine , s. f. Terme de l'ancienne Architecture Romaine . <i>Carina.</i> Les Romains appelloient <i>carines</i> les édifices bâtis en forme de navire, comme nous appellons nef, de <i>navis,</i> navire, le milieu des Eglises Gothiques, ou leur grande voûte, parce qu'elle en a la figure. Nous pourrions encore appeller <i>carine,</i> ou nef, toutes celles qui n'ont point de croisée. Et ce nom reste en effet encore à présent à quelques-unes, comme à celle de S. Sulpice de Bourges.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7089" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARINTHIE" />
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    <head>CARINTHIE</head>
    <p>
    CARINTHIE , s. f. en Allemand <i>Karnten.</i> Province du Cercle d'Autriche en Allemagne, qui fait partie de ce qu'on appelloit autrefois la Pannonie, ou selon d'autres de l'ancien Norique. <i>Carinthia</i> ou <i>Carnithia.</i> Elle est bornée au Midi par la Carniole, &amp; par le Frioul, au Couchant par le Tirol, &amp; par l'Archevêché de Saltzbourg ; elle a au Nord &amp; au Levant la Stirie avec le Comté de Cilley. La <i>Carinthie</i> est un pays montagneux, marécageux, &amp; couvert de bois ; il ne laisse pas d'être assez fertile, particulièrement en pâturages. On la divise en haute &amp; basse <i>Carinthie,</i> qui prennent leur nom de leur situation le long de la Drave. La Capitale de <i>Carinthie</i> est Clagenfurt. La <i>Carinthie</i> a titre de Duché ; elle est sous la domination de la Maison d'Autriche depuis 1331. La manière dont on <i>installoit</i> autrefois le Duc de <i>Carinthie</i> est singulière. C'étoient les paysans qui faisoient cette cérémonie, &amp; qui s'étoient acquis cet honneur en mémoire de ce qu'ils avoient été les premiers du pays à recevoir l'Evangile. Voyez le mot suivant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7090" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARINTHIEN, ENNE" />
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    <head>CARINTHIEN, ENNE</head>
    <p>
    CARINTHIEN, ENNE . Qui est de Carinthie. <i>Carinthius.</i> Les <i>Carinthiens,</i> disent les <i>Voyages Historiques de l'Europe,</i> T. VI. rendent hommage à l'Archiduc d'Autriche en cette manière : Le peuple s'assemble dans une vallée proche de la ville de Saint Veit ; un paysan monte sur un marbre couché dans une prairie. Il a une vache noire au côté droit, &amp; une cavale à gauche. L'Archiduc habillé en paysan, &amp; tenant une houlette à la main, mais précédé de Gentilshommes richement vêtus, s'avance à pied vers cette pierre. Quand il est proche, le paysan demande qui il est ? Le peuple répond, que c'est son nouveau Prince. Le paysan demande, s'il est Juge équitable, s'il cherche le bien du pays, s'il aime la Religion, s'il protége la foi ? Après quoi il dit aux Officiers du Prince ; Qui pourra me chasser de là ? Le Maître d'Hôtel lui ayant promis soixante deniers, les deux bêtes qui sont à ses côtés, les habits que porte le Prince, &amp; exemption de toute sorte d'impôts pour toute sa vie, il descend de dessus la pierre, touche doucement la joue du Prince, &amp; lui recommande la justice. Cela fait, le Prince monte sur la pierre, change sa houlette en une épée nue, promet bonne justice au peuple, va à la grande Eglise, où ayant pris ses plus riches habits, il retourne au même endroit de la prairie, &amp; y reçoit le serment de fidélité des <i>Carinthiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7091" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIOLE" />
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    <head>CARIOLE</head>
    <p>
    CARIOLE , subst. fém. Petite voiture à deux roues, &amp; néanmoins suspendue sur des moutons, &amp; couverte ordinairement de cuir. <i>Minor rheda.</i> La <i>cariole</i> de Poissi. Cet homme a fait faire une <i>cariole</i> pour aller seul à la campagne.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>carrus</i>, dont il est diminutif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7092" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIPI" />
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    <head>CARIPI</head>
    <p>
    CARIPI , s. m. Nom de milice à cheval chez les Turcs. Les <i>Caripi</i> au nombre de mille n'ont pas été nourris dans les serrails, &amp; ne sont point esclaves comme les autres, mais la plupart sont Mores, ou Chrétiens renégats, qui ont fait le métier d'avanturiers, qui sont pauvres, qui cherchent fortune, &amp; qui par leur adresse &amp; leur courage sont parvenus au rang des gens de cheval de la garde du Prince. Ils marchent avec les Ulufagi à main gauche derrière lui, &amp; ont dix à douze aspres par jour sans être obligés d'entretenir plus d'un cheval, s'il ne leur plaît. Vigenère.</p><p><i>Caripi</i> signifie pauvre &amp; étranger, &amp; ils sont ainsi appellés, dit Chalcondyle L. Ve, parce qu'on les prend de l'Asie, de l'Egypte &amp; de l'Afrique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7093" id="1" type="">
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    <head>CARISEL</head>
    <p>
    CARISEL , ou CRESEAU, subst. mas. Grosse toile claire qui sert pour travailler en tapisserie, de même que le canevas. <i>Tela cannabina.</i> On en vend de blancs &amp; de teints.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7094" id="1" type="">
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    <head>CARISIE</head>
    <p>
    CARISIE , s. f. Nom de Poire. La <i>Carisie</i> est mise au rang des mauvaises poires par la Quintinie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7095" id="1" type="">
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    <head>CARISTADE</head>
    <p>
    CARISTADE , s. f. <i>Charitas, eleemosina.</i> Ce mot vient de l'Espagnol <i>caridad</i>, qui signifie <i>aumône,</i> mais il ne se dit qu'en riant. Demander la <i>caristade.</i> On fait la <i>caristade</i> à de beaux esprits qui sans cela ne vivroient pas. Il paroît que ce nom vient des Provinces Méridionales de France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7096" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARISTIES" />
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    <head>CARISTIES</head>
    <p>
    CARISTIES , s. plur. <i>Caristia,</i> neut. plur. C'étoit une espèce de fête chez les Romains qu'on célébroit au mois de Février à l'honneur de la Déesse Concorde. On institua les <i>Caristies</i> pour rétablir la paix entre les familles qui étoient brouillées ; on faisoit un grand repas où l'on n'invitoit point les étrangers, mais seulement les parens &amp; les alliés ; la joie qu'inspire le repas étoit regardée comme un moyen propre à réunir des esprits divisés. Ovide parle des <i>Caristies</i> dans ses Fastes. Voyez aussi Valère Maxime, L. II. c. 1. Rosinus, &amp;c.</p><p>Le nom de <i>Caristies</i> vient du Grec , qui est le nom de cette espèce de fête, de , <i>grace, union, paix.</i> M. Blondel écrit <i>Caristies</i> sans <i>h,</i> suivant l'usage, qui a retranché l'<i>h</i> de quelques mots qui s'écrivent en Grec par un , comme <i>caractère.</i> Mais d'autres retiennent cette lettre, &amp; écrivent Charisties. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7097" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARITATIF" />
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    <head>CARITATIF</head>
    <p>
    CARITATIF . Voyez <ref type="search" target="head:CHARITATIF">CHARITATIF</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7098" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARIUS" />
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    <head>CARIUS</head>
    <p>
    CARIUS , s. m. Nom d'un faux Dieu de l'Antiquité fils de Jupiter &amp; de Thorrébie. <i>Carius. Carius</i> se promenant sur les bords du lac Thorrébie entendit le chant des Nymphes, &amp; apprit d'elles la Musique, qu'il enseigna ensuite aux Lydiens. En récompense de ce bienfait ils lui décernerent les honneurs divins, &amp; lui bâtirent un Temple magnifique sur une montagne, qui prit, dit-on, le nom de ce nouveau Dieu.</p><p><i>Carius</i> étoit aussi une épithète de Jupiter chez les Mylassiens. Herodote.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7099" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARLET" />
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    <head>CARLET</head>
    <p>
    CARLET . Voyez <ref type="search" target="head:Carrelet">Carrelet</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7100" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARLIEN, ENNE" />
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    <head>CARLIEN, ENNE</head>
    <p>
    CARLIEN, ENNE , adj. Voyez <ref type="search" target="head:CARLOVINGIEN">CARLOVINGIEN</ref>. C'est ainsi qu'il faut dire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7101" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARLILE" />
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    <head>CARLILE</head>
    <p>
    CARLILE , s. m. <i>Carleolum,</i> autrefois <i>Luguvallum,</i> ville des Brigantes. C'est une petite ville d'Angleterre, Capitale du Comté de Cumberland, située sur la rivière d'Eden, vers les frontières d'Ecosse. L'Evêque de <i>Carlile</i> est Suffragant de l'Archevêque d'York. On voit à <i>Carlile</i> les restes de la fameuse muraille d'Hadrien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7102" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARLIN" />
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    <head>CARLIN</head>
    <p>
    CARLIN , ou CAROLIN, s. m. <i>Carlinus, Carolinus minimus.</i> Monnoie de Naples qui y avoit cours au XVe siècle, comme il paroît par les Actes de S. François de Paule, <i>Act. SS. April. T. I. p.</i> 183. <i>C.</i> C'étoit apparemment la monnoie qu'y fit battre Charles d'Anjou Roi de Naples, frère de S. Louïs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7103" id="1" type="">
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    <head>CARLINE</head>
    <p>
    CARLINE , ou CAROLINE, s. f. <i>Carlina.</i> Plante qu'on dit avoir été indiquée par un Ange à Charlemagne, pour guérir son armée de la peste ; on croit aussi que par cette raison elle porte le nom de cet Empereur. <i>Carlina, quasi Carolina.</i> Elle est vivace, &amp; a des racines longues, très-profondes en terre, grosses comme le pouce, quelquefois plus, d'autres fois moins, roussâtres en dehors, blanches en dedans, &amp; d'une odeur aromatique. Son collet est divisé en plusieurs couches, d'où sortent des feuilles disposées en rond, couchées par terre, longues de demi pied ordinairement, sur deux pouces de largeur, &amp; découpées jusques vers la côte qui parcourt toute leur longueur, ondées <pb n="869" facs="bpt6k8542165/f909/full/1200,/0/native.jpg"/>sur leurs bords qui sont armés de piquans assez aigus, &amp; fréquens, cendrées &amp; cotoneuses d'abord, un peu plus verdâtres dans la suite. De leur milieu naît une tête pareille à peu près à celle d'un artichaut, presque aussi grosse, mais un peu plus aplatie, &amp; composée d'écailles plus minces, &amp; en plus grand nombre que dans la côte d'en-haut ; ces écailles sont pointues, piquantes, &amp; un peu longuettes. Cette tête renferme un amas considérable de fleurons d'un pourpre pâle, &amp; environnés de pétales blanches, ou argentines, longues d'un pouce &amp; demi sur deux lignes de largeur, &amp; qui tiennent lieu de demi-fleurons ou de couronne. Les embryons, sur lesquels portent les fleurons, deviennent autant de semences oblongues, velues &amp; chargées d'une brosse de poil en manière d'aigrette. Cette <i>Carline</i> se nomme la grande <i>Carline. Carlina acaulos magno flore C. B.</i> Il y en a une autre espèce différente de celle-ci, non-seulement parce qu'elle a des tiges branchues, mais encore par ses feuilles, qui sont plus étroites &amp; beaucoup plus vertes, &amp; par ses têtes, qui sont presque d'une moitié plus petites. <i>Carlina polycepalos, &amp;c.</i> La racine de la <i>carline</i> est recommandée dans les maladies pestilentielles ; elle est sudorifique &amp; diurétique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7104" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CARLINGUE" />
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    <head>CARLINGUE</head>
    <p>
    CARLINGUE , ou ESCARLINGUE, s. f. Terme de Marine . C'est une pièce de bois qui règne presque le long du vaisseau, directement au-dessus de la quille pour faire liaison ensemble ; c'est pourquoi plusieurs l'appellent <i>contrequille.</i> Ces deux pièces servent de fondement à tout le corps du vaisseau, parce que les varangues &amp; les autres membres de charpenterie y sont assemblés. C'est aussi sur la <i>carlingue</i> que l'on pose le grand mât. C'est pourquoi on appelle encore <i>carlingue,</i> une pièce de mât qu'on met au pied de chaque mât. La grande <i>carlingue</i> est la <i>carlingue</i> du grand mât. On dit <i>carlingue</i> de cabestan, <i>carlingue</i> de bittes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7104" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARLINGUE" />
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    <head>CARLINGUE</head>
    <p>
    Carlingue , s. m. Quelques anciens Auteurs disent <i>Carlingue</i> pour Carlovingien, postérité de Charles Martel, 2e race des Rois de France. <i>Carlovingus.</i> Les <i>Carlingues,</i> ainsi nomme-t-on la postérité de Charles Martel, n'étoient pas François naturels, ni de la Germanie delà le Rhin, ains étoient Barbançons. Coquille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7105" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARLOSTAT" />
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    <head>CARLOSTAT</head>
    <p>
    CARLOSTAT , ou CARLSTAT. Nom de plusieurs villes différentes. <i>Carolostadium. Carlostat,</i> ville de Suède, est dans la Westrogothie, c'est-à-dire, dans la Gothie occidentale. <i>Carlostat,</i> ou Carlowitz, ville du Royaume de Hongrie, &amp; Capitale de Croatie. <i>Carlstat,</i> ville du Cercle de Franconie, est située sur le Mein dans l'Evêché de Wirtsbourg. Le nom de <i>Carlostat,</i> ou <i>Carlstat,</i> est aussi la même chose que <i>Carelstat</i> ; &amp; ils viennent tous du nom <i>Carolus,</i> Charles, &amp; du mot Allemand <i>stat,</i> qui signifie Etat, ville, <i>Status, civitas.</i> Toutes ces villes ont reçu ce nom de quelque Prince nommé Charles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7106" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARLOVINGIEN, ENNE" />
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    <head>CARLOVINGIEN, ENNE</head>
    <p>
    CARLOVINGIEN, ENNE , s. m. &amp; f. &amp; adj. C'est le nom qu'on donne aux Rois de France de la seconde race. <i>Carlovingus,</i> ou selon quelques-uns <i>Carolingus.</i> Les <i>Carlovingiens</i> ont pris le nom de Charles Martel, père de Pepin le Bref, premier Roi de la race ou famille <i>Carlovingienne,</i> qui monta sur le thrône en 751. &amp; finit en 988. Il n'y a que quatorze Rois de France <i>Carlovingiens.</i> Le dernier Roi <i>Carlovingien</i> fut Louïs V. Le Baron de Leibnitz a écrit les Annales des Empereurs <i>Carlovingiens,</i> depuis Charlemagne jusqu'à Henri l'Oiseleur. D'autres disent que ce nom lui a été donné de Charlemagne fils de Pepin, &amp; second Roi de cette race, &amp; qu'elle a pris son nom plutôt que celui du premier Roi Pepin, à cause de la gloire &amp; des actions éclatantes de Charlemagne, le plus grand Prince de tous les Rois de cette race. Dans la décadence de la race <i>Carlovingienne,</i> les fiefs devinrent héréditaires. Le Gendre.</p><p>Rochefort dit <i>Carlien</i> pour <i>Carlovingien,</i> la race <i>Carlienne,</i> la maison <i>Carlienne.</i> Mezeray &amp; Cordemoy disent <i>Carlien</i> ou <i>Carlovingien,</i> &amp; d'autres <i>Carlingue.</i> Quelques-autres, comme Bardin, disent <i>Carlien. Carlovingien</i> est plus ou seul en usage. Heineccius remarque dans son ouvrage, <i>De sigillis, P. I. C. VIII. n. VI.</i> que les Sceaux des <i>Carlovingiens</i> sont bien travaillés, ce qui vient de ce que Charlemagne fit revivre les Arts. Il décrit quelques-uns de leurs Sceaux au même endroit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7107" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARMAGNOLE" />
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    <head>CARMAGNOLE</head>
    <p>
    CARMAGNOLE , s. f. <i>Carmaniola.</i> Ville des Etats du Duc de Savoye en Italie. Elle est des dépendances du Marquisat de Saluces, quoiqu'elle soit dans le Piemont propre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7107" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARMAGNOLE" />
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    <head>CARMAGNOLE</head>
    <p>
    Carmagnole , est un nom qu'on donne assez souvent en France à un petit laquais, apparemment parce qu'il en venoit de cette ville ; car on donne souvent à ces sortes de domestiques le nom de leur pays.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7108" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARMATHE" />
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    <head>CARMATHE</head>
    <p>
    CARMATHE , s. m. &amp; f. Nom d'une faction Mahométane. Les <i>Carmathes</i> sont des rebelles de l'Arabie heureuse, qui vers l'an de l'Hégire 300, ou dans le Xe siècle, se révolterent contre les Califes. L'an 319 de l'Hégire, 930 de J. C. le pélérinage de la Mecque cessa par la crainte des <i>Carmathes,</i> qui en une seule fois tuerent plus de 20000 pélerins. D'Herbelot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7109" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARMATIEN, ENNE" />
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    <head>CARMATIEN, ENNE</head>
    <p>
    CARMATIEN, ENNE , s. m. C'est la même chose que Carmathe, dont on vient de parler. <i>Carmatianus, a.</i> Les <i>Carmatiens</i> étoient une secte Musulmane en Arabie, qui s'éleva au Xe siècle sous le Calife Almonetadit-billa. Aboutaher, <i>Carmatien,</i> défit en 312 de l'Hégire, 924 de J. C. la caravane de la Mecque, ensorte que le pélerinage cessa pendant douze ans. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7110" id="1" type="">
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    <head>CARME</head>
    <p>
    CARME , Ordre Religieux, l'un des quatre Mendiants, qui tire son nom &amp; son origine du Carmel, Montagne de Syrie, autrefois habitée par les Prophètes Elie &amp; Elizée, &amp; par les enfans des Prophètes, dont cet Ordre prétend descendre par une succession non interrompue. Ce que l'on peut dire de plus sûr de son origine, c'est ce qu'en écrit Jean Phocas, Moine Grec de l'Isle de Pathmos, qui visitoit les Saints lieux en 1185. Il rapporte que sur le mont Carmel est la caverne d'Elie ; qu'il paroît par des ruines de bâtimens, qu'on y voyoit, qu'il y avoit eu là autrefois un grand monastère ; que depuis quelques années un Moine, Prêtre, &amp; âgé, comme le témoignoient ses cheveux blancs, étoit venu de Calabre, &amp; s'étoit établi en ce lieu par révélation du Prophète Elie ; qu'il y avoit assemblé dix frères, avec lesquels il y vivoit dans le temps que lui Phocas écrivoit ceci. Gunther, Moine Latin, qui a fait la Relation du voyage de Martin, Abbé de Paris près de Bâle, dit la même chose. Voyez Leo Allatius <i>Opusc. c.</i> 3. Le B. Albert, natif du Parmésan, Chanoine Régulier d'abord, puis Evêque de Verceil, &amp; ensuite Patriarche de Jérusalem, donna à ces Solitaires vers l'an 1209. une règle contenant 16 articles, que le P. Papebroch a fait imprimer dans la vie de ce Saint, C. 5. <i>Acta SS. April. T. I. ad VIII. April. p.</i> 778. En 1217. ou selon d'autres en 1226. le 30e Janvier Honorius III. approuva cette règle, &amp; ordonna aux Hermites du mont Carmel de la garder, vû qu'ils l'avoient reçue avant le Concile de Latran, qui défendoit les nouvelles Religions.</p><p>Le Roi S. Louïs en revenant de la Terre-Sainte amena des <i>Carmes</i> en France en 1254. &amp; les établit à Paris, ainsi qu'en fait foi une lettre de Charles le Bel son arrière petit-fils, de l'an 1322. Ils demeurerent d'abord où sont à présent les Célestins. Leur règle avoit été confirmée par Honorius III. dès 1217, &amp; Innocent IV. en mitigea la sévérité en 1245. Plusieurs Papes leur ont donné le titre de frères de la Bien-heureuse Vierge Marie. Cet Ordre est célèbre par la dévotion du Scapulaire, &amp; par le grand nombre de Docteurs, de Prélats &amp; de Saints qu'il a donné à l'Eglise. Il eut dans le dernier siècle quatre Saints canonisés, savoir, sainte Thérèse, S. André Corsin, Sainte Magdeleine de Pazzi, &amp; le B. Jean de la Croix. Il a des Missions en Grèce, en Syrie, en Perse, au Mexique, au Pérou, au Brésil, aux Isles Antilles, en Angleterre &amp; autres lieux. Ces Missions sont partagées entre les <i>Carmes</i> de l'ancienne observance, que l'on appelle Mitigés, &amp; les <i>Carmes</i> de la plus étroite observance, dits Déchaussés. L'ancienne observance n'a qu'un Général, auquel obéissent 40 Provinces, &amp; la Congrégation de Mantoue, qui a un Vicaire Général. L'étroite observance a deux Genéraux ; l'un en Espagne, qui a huit Provinces de son obéissance, l'autre en Italie, qui a douze Provinces en diverses parties de l'Europe.</p><p>Si quelques <i>Carmes</i> ont dit qu'ils étoient les oncles de Jesus-Christ, &amp;c. Si l'on a avancé dans des thèses de Beziers qu'il est probable que Pythagore étoit <i>Carme,</i> &amp; que les Druïdes des Gaulois avoient aussi les observances régulières des <i>Carmes,</i> ce sont des idées de particuliers, qu'il ne faut point attribuer à tout l'Ordre ; non plus qu'il ne faut <pb n="870" facs="bpt6k8542165/f910/full/1200,/0/native.jpg"/>point blâmer ceux qui révoquent en doute cette grande antiquité que quelques-uns attribuent à cet Ordre, sur-tout s'ils proposent leurs doutes avec la modération &amp; la modestie qu'a fait le Père Papebroch dans les <i>Act. SS.</i> sur le huitième d'Avril, p. 777. &amp;c. Voyez aussi Barrés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARME</head>
    <p>
    Carme déchaux , ou déchaussé. Religieux <i>Carme</i> de la réforme de sainte Thérèse. Les <i>Carmes déchaussés,</i> ou, comme on dit plus communément, les <i>Carmes Déchaux,</i> sont ainsi appellés, parce qu'ils vont nuds pieds. Sainte Thérèse entreprit de remettre les <i>Carmes</i> dans leur première austérité, &amp; commença l'an 1540. par les Couvents de filles. Ensuite aidées du P. Antoine de Jesus, &amp; du P. Jean de la Croix, elle établit la même réforme dans ceux des hommes. La réforme des filles commença par le Couvent d'Avila, dont la Sainte étoit Religieuse, &amp; celle des hommes dans un Couvent que les deux Pères, que nous venons de nommer, établirent près d'Avila. Pie V. approuva le dessein de sainte Thérèse, &amp; Grégoire XIII. confirma sa réforme en 1580. Il y a deux Congrégations de <i>Carmes Déchaussés</i> qui ont chacune leur Général particulier, &amp; leurs constitutions. L'une est la Congrégation d'Espagne divisée en six Provinces ; l'autre s'appelle la Congrégation d'Italie, &amp; comprend tout ce qui ne dépend point d'Espagne. Elle a 44 ou 45 Couvents en France. Les Carmélites réformées furent appellées en France en 1603. &amp; les <i>Carmes Déchaussés</i> en 1605. Le P. Isidore de S. Joseph a fait l'Histoire des <i>Carmes Déchaussés,</i> &amp; le P. Jérôme de S. Joseph l'Histoire de la Réforme des <i>Carmes,</i> qui se trouve aussi en partie dans la vie &amp; les Lettres de sainte Thérèse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARME</head>
    <p>
    Carme , est aussi une espèce d'acier. Voyez <ref type="search" target="head:Acier">Acier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARME</head>
    <p>
    Carme , est aussi un vieux mot, qui signifioit un <i>vers. Carmen.</i> Mais en ce sens il est hors d'usage. <i>Carmes</i> circulaires ; <i>Carmes</i> &amp; formules d'expiation. Vigen. <i>sur Tite Live.</i> Les disciples des Druïdes apprennent à leur école grand nombre de <i>carmes</i> par coeur, &amp; pourtant quelques-uns demeurent bien vingt-ans entiers en cette étude ; car ils ne pensent pas être licite de les mettre par écrit. Vigenere, <i>trad. de Cés.</i> Le même Auteur prétend que ce nom vient de <i>Carmenta,</i> parce que cette Prophétesse débitoit ses prédictions en vers.</p><p><i>Carmen, Carme,</i> ou vers. Ce mot est proprement tiré de <i>Carm,</i> ou <i>Garm,</i> qui chez les Celtes étoient les cris de joie, &amp; les vers que les Bardes chantoient avant le combat, pour encourager les soldats. Cela est si vrai, que même en Grec est la même chose que <i>pugna, conflictus,</i> &amp; encore <i>laetitia, gaudium.</i> Pezron. Ouï, mais il vient de , <i>gaudeo,</i> &amp; nom pas du Celtique <i>Carm.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARME</head>
    <p>
    Carmes , terme du jeu de Trictrac , qui signifie deux 4. que les deux dez amenent à la fois. <i>Jactus tesserarum referens bis quatuor.</i> On les appelle aussi <i>quadernes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARMÉ</head>
    <p>
    CARMÉ , s. f. Nom d'une fausse Divinité. <i>Carme. Carmé</i> est une Nymphe, qui eut Britomaris de Jupiter. Elle étoit amie intime de Diane, parce qu'elle avoit des inclinations conformes aux siennes, aimant passionément la course &amp; la chasse. Minos épris d'amour pour elle, &amp; la poursuivant un jour, elle donna dans des filets de pêcheurs, &amp; se précipita. Hoffman, <i>d'après Rhodigin, L. XVIII. c.</i> 26.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARMEL</head>
    <p>
    CARMEL , s. m. Nom de montagne. <i>Carmelus.</i> Il y en a eu deux qui ont porté ce nom dans la Terre-sainte. La plus fameuse étoit dans la Tribu d'Issachar, sur la côte, avançant dans la mer en forme de promontoire ou de cap, que nos cartes maritimes appellent encore <i>Cap Carmel.</i> C'est là que demeura long-temps le Prophète Elie, &amp; qu'il assembla le peuple d'Israël la troisième année de sècheresse, &amp; qu'il fit mettre à mort les Prophètes de Baal. Cette montagne s'étendoit de la Tribu d'Issachar, le long de celle de Zabulon jusques aux confins de celle d'Aser. Voyez Josué XII. 22. Pour distinguer ce mont <i>Carmel</i> de l'autre, dont nous allons parler, l'Ecriture appelle celle-ci le <i>Carmel</i> de la mer. C'est de celui-ci que les Carmes ont pris leur nom. Voyez <ref type="search" target="head:CARME">CARME</ref>.</p><p>On prétend que l'Autel miraculeux d'Elie fut changé dans la suite en un autel profane, sur lequel on offroit des victimes à Jupiter. Cependant Tacite ne dit point que Jupiter y fût adoré. Au contraire, il assure que le Dieu qu'on y honoroit s'appelloit Carmel, <i>Carmelus,</i> comme la montagne, ou que c'étoit la montagne même ; qu'il n'y avoit point de statue, mais seulement un autel, &amp; que ce lieu étoit en grande vénération. C'est là ce prétendu Dieu <i>Carmel,</i> dont, au rapport de Suétone c. 5. Vespasien alla consulter l'oracle. Vossius, <i>De Idololatriâ, L. II. c.</i> 62. croit que la demeure d'Elie au mont <i>Carmel</i> a donné occasion à cette fable.</p><p>L'autre montagne nommée <i>Carmel,</i> étoit au midi de la Tribu de Juda sur les confins de l'Idumée, &amp; dans les terres. C'est à celle-ci, selon quelques Auteurs, qu'il faut rapporter tout ce que l'Ecriture dit des pâturages du <i>Carmel. Jérem. L.</i> 19. <i>Amos I.</i> 2. <i>Mich. VIII.</i> 14. Il peut néanmoins convenir aussi à l'autre mont <i>Carmel.</i></p><p>Ce mot est Hébreu composé de , <i>Car,</i> qui signifie agneau, &amp; pâturage, &amp; de , <i>mul,</i> qui veut dire, <i>couper, circoncire.</i> De là vient que quelques-uns le traduisent <i>Agneau circoncis,</i> &amp; d'autres <i>Champ,</i> ou <i>pré que l'on coupe,</i> qui se moissonne, ou qui se fauche. Cette dernière explication paroît convenir mieux à cette montagne, qui étoit en effet très-fertile, ou qui avoit au pied une vallée très-abondante.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARMEL</head>
    <p>
    Mont-Carmel , Ordre militaire de Chevaliers hospitaliers, fondé par le Roi Henri IV. sous le titre, l'habit &amp; la règle de Notre-Dame du <i>Mont-Carmel</i> ; &amp; en conséquence des Bulles de Paul V. du 16. Février 1607. Il a été uni à l'Ordre des Chevaliers de Saint Lazare de Jérusalem, par acte du dernier Octobre 1608. avec toutes ses Commanderies, Prieurés &amp; autres biens, pour sa dotation. <i>Carmelus.</i> Henri le Grand voulut que l'Ordre du <i>Mont Carmel</i> ne fût composé que de François, &amp; qu'il le fût de cent Gentilshommes, qui seroient obligés de marcher en temps de guerre auprès de la personne de nos Rois, &amp; pour leur garde. Le Collier qu'il leur donna fut un ruban tanné auquel pendoit une croix d'or, sur laquelle étoit gravée une image de la Sainte Vierge environnée de rayons d'or. Le manteau de l'Ordre étoit chargé de la même croix. C'est Paul V. qui approuva cet Ordre, dont le premier Grand Maître que le Roi choisit, fut Philibert de Nerestang. C'est M. le Duc d'Orleans qui l'est aujourd'hui des deux Ordres reunis ensemble. Voyez Sponde à l'an 1608. n. 3. &amp; à l'an 1565. n. 16. Cet Auteur prétend que c'est moins une institution nouvelle, qu'un renouvellement de l'Ordre de Saint Lazare. Matth. Favyn. L'Abbé Justiniani, qui en traite, T. II. C. 82. prétend qu'en 1607. cet Ordre n'étoit point encore uni à celui de Saint Lazare, &amp; que cela paroît par l'Edit du Roi de 1672. Ainsi cet Ordre a été établi comme un Ordre distingué de celui de S. Lazare, &amp; n'y a été uni qu'après quelque temps. Par un Decret de la Congrégation touchant les Conciles, les Chevaliers du <i>Mont-Carmel</i> sont déclarés capables de posséder des pensions sur les Bénéfices, &amp; même des Bénéfices. Voyez au mot Lazare. Le P. Toussaint de S. Luc, Carme, imprima en 1681. à Paris des <i>Mémoires ou Extraits des titres de l'Ordre de N. D. du Mont-Carmel &amp; de S. Lazare de Jérusalem.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARMELITE</head>
    <p>
    CARMELITE , s. f. Quelques-uns ont écrit <i>Carmeline,</i> mais mal. C'est une Religieuse qui vit sous la même règle des Carmes, dont l'Ordre est devenu célèbre par le moyen de sainte Thérèse. <i>Carmelitana monialis.</i> Le Cardinal de Bérulle les avoit attirées en France, deux ans avant que les Carmes Déchaussés s'y fussent venus établir.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARMELITE</head>
    <p>
    Carmélite , s. f. Nom d'une espèce de poire. C'est une assez grosse poire, plate, grise d'un côté, un peu teinte de l'autre, &amp; chargée en certains endroits de quelques taches assez grandes, qui paroissent comme des pièces qu'on y a appliquées après coup. La Quint. Il la nomme autrement Mazuer, ou Gilogile, &amp; la met au rang des mauvaises poires. Elle murit en Novembre. Elle est bonne à cuire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CARMENTALES</head>
    <p>
    CARMENTALES , s. m. &amp; pl. <i>Carmentalia.</i> C'est le nom que les Romains donnoient à la fête qu'ils célébroient tous <pb n="871" facs="bpt6k8542165/f911/full/1200,/0/native.jpg"/>les ans le 15. de Janvier à l'honneur de Carmente, dont on va parler. Cette fête fut établie au sujet d'une grande fécondité des Dames Romaines après leur réconciliation avec leurs maris, avec qui elles s'étoient brouillées, parce qu'ils leur avoient défendu l'usage des carrosses par un Edit du Sénat. C'étoient les Dames qui célébroient cette fête. Celui qui offroit les sacrifices s'appelloit Prêtre <i>Carmentale,</i> ou de la Déesse Carmente. <i>Flamen Carmentalis.</i> La Porte <i>Carmentale</i> a Rome étoit proche du temple de Janus. Plutarque, <i>Quaest. Rom. q.</i> 56. Alex. ab Alex. <i>Genial. dier. Lib. XVI. cap.</i> 8. Vigenère sur Tite Live, <i>T. I. pag.</i> 918. &amp; 1116.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7115" id="1" type="">
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    <head>CARMENTE</head>
    <p>
    CARMENTE , ou CARMENTIS, s. f. <i>Carmenta, Carmentis.</i> C'est le nom d'une Prophétesse d'Arcadie, mère d'Evandre, avec lequel elle vint en Italie, où ils furent favorablement reçus du Roi Faunus 60 ans avant la guerre de Troye. Elle fut ainsi nommée en Italie <i>à carminibus,</i> c'est-à-dire, des vers ou prophéties qu'elle faisoit, car son nom propre étoit Nicostrate. Il y avoit à Rome une porte de son nom &amp; une fête à son honneur. Son Histoire est décrite par Denys d'Halicarnasse, par Aurelius Victor, &amp; par Plutarque dans Romulus, par Vigenère sur Tite-Live, T. I. p. 709. &amp; 918. &amp; par Vossius, <i>De Idolol. L. I. C.</i> 12. On la représentoit jeune &amp; vigoureuse, &amp; les cheveux épars &amp; en désordre. Id. <i>L. IX. c.</i> 38. <i>Carmente,</i> autrement Nicostrate &amp; Thémis, ou la fatalité &amp; Thémis, que les Grecs appellent , fut fille d'Ionius, Roi des Arcadiens. Elle eut Evandre de Mercure, comme dit Virgile : bien 60 ans avant la guerre de Troye, elle s'en vint en Italie avec son fils.</p><p><i>Carmente</i> fut ainsi appellée dit Vigenère, de <i>carens mente,</i> c'est-à-dire, <i>hors de sens, hors de soi-même,</i> à cause de l'enthousiasme où elle entroit souvent. D'autres prétendent que son nom vient de <i>carmen,</i> parce qu'elle faisoit ses Prophéties en vers : mais Vigenère soutient au contraire que <i>carmen</i> vient de <i>Carmenta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7116" id="1" type="">
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    <head>CARMIN</head>
    <p>
    CARMIN , s. m. est une couleur rouge, fort vive, qui est employée par les Enlumineurs &amp; les Peintres en miniature. <i>Minium.</i> Il est composé de bois de Brésil, de Fernambouc, de couleur d'or, battu dans un mortier, &amp; trempé dans du vinaigre blanc : l'écume qui en sort après avoir bouilli, est le <i>carmin,</i> qu'on fait sécher. On en fait aussi avec de la graine de couchan dont se servent les Panachers, avec de la cochenille &amp; du rocourt, &amp; de l'alun de Rome qui est rougeâtre. Il y a de beau <i>carmin,</i> &amp; du <i>carmin</i> commun : la couleur du <i>carmin</i> est un beau rouge tirant sur le pourpre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7117" id="1" type="medecine">
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    <head>CARMINATIF, IVE</head>
    <p>
    CARMINATIF, IVE . Terme de Médecine , qui se dit des remèdes qu'on applique aux coliques &amp; autres maladies flatueuses pour dissiper les vents. <i>Carminandi vim habens.</i> On met de l'anis dans les lavemens pour les rendre <i>carminatifs.</i> On appelle les quatre fleurs <i>carminatives,</i> celles de camomille, de mélilot, de matricaire &amp; d'anet. Les plantes <i>carminatives</i> sont celles qui dissipent les vents.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>carminare</i>, qui signifie <i>carder, tirer ce qu'il y a de grossier, purger.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7118" id="1" type="">
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    <head>CARNACIER, IERE</head>
    <p>
    CARNACIER, IERE , adj. Qui ne vit que de chair. <i>Carnivorus.</i> En ce sens il se dit seulement des animaux farouches, comme les lions, les loups, &amp; les oiseaux de proie.</p><p>Ce mot vient du Latin, <i>caro, carnis, chair.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7118" id="2" type="">
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    <head>CARNACIER, IERE</head>
    <p>
    Carnacier , se dit aussi d'un homme goulu qui mange beaucoup de chair. Les hommes <i>carnaciers</i> sont sujets à avoir l'haleine puante.</p><p>Il y en a qui écrivent <i>carnassier,</i> &amp; c'est l'orthographe de l'Académie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7119" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNACIÈRE" />
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    <head>CARNACIÈRE</head>
    <p>
    &#9758; CARNACIÈRE , s. f. Petit sac de toile ou de filet, que les Chasseurs portent à leur ceinture, pour mettre le gibier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7120" id="1" type="chasse">
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    <head>CARNAGE</head>
    <p>
    CARNAGE , s. m. Meurtre de plusieurs personnes. Charles Martel fit un horrible <i>carnage</i> des Sarazins dans les plaines de Tours. <i>Caedes, strages, internecio.</i> Les Sauvages sont fort cruels, &amp; se plaisent au <i>carnage.</i> Les passions de l'homme ont fait de la terre un théatre de <i>carnage</i> &amp; d'horreur. S. Evr. La colère n'a point de plus doux objets que la vengeance &amp; le <i>carnage.</i> Felib. Faire un grand <i>carnage,</i> un horrible <i>carnage.</i> Remplir tout de sang &amp; de <i>carnage.</i></p><p>On le dit aussi en termes de Chasse . A la fête de S. Hubert il se fait un grand <i>carnage</i> de gibier.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARNAGE" />
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    <head>CARNAGE</head>
    <p>
    Carnage , signifie aussi les corps morts, les charognes. Il y a plusieurs oiseaux qui vivent de <i>carnage.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARNAGE" />
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    <head>CARNAGE</head>
    <p>
    Carnage , est aussi une carcasse de cheval, pour fairè venir les loups &amp; les renards sur la piste. <i>Cadaver.</i> On dit aussi, qu'on fait <i>carnage</i> aux chiens de chair de mulet, ou d'autres animaux, quand on leur en donne à manger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7121" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNAL" />
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    <head>CARNAL</head>
    <p>
    CARNAL , s. m. <i>Caro.</i> Ce mot s'est dit autrefois pour <i>chair.</i> Si qu'il lui trencha pleine paume du <i>carnal</i> de la cuisse. Merlin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7122" id="1" type="coutumes">
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    <head>CARNALAGE</head>
    <p>
    CARNALAGE , s. m. Terme de Coutumes . Droit ou tribut qui est dû en chair à un Seigneur par les Bouchers de sa Seigneurie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7123" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="CARNALER" />
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    <head>CARNALER</head>
    <p>
    CARNALER , v. act. Terme de Coutume . Celle d'Acs définit ainsi ce mot au tit. XI. art. 42. 43. <i>Carnaler,</i> est tuer le bestial, &amp; le convertir en ses usages. Mais tuer est l'occire sans en faire son profit. En quelques lieux il est permis de <i>carnaler</i> le bétail du moins jusques à un certain nombre de bêtes, lorsqu'on les trouve en dommage en son domaine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7124" id="1" type="peinture">
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    <head>CARNATION</head>
    <p>
    CARNATION , s. f. Terme de Peinture , qui se dit de toutes les parties d'un tableau en général qui représentent de la chair, qui sont nues &amp; sans draperie. <i>Nuda corporis cutis nativts coloribus expressa.</i> Le Titien &amp; le Corrége en Italie, &amp; Rubens &amp; Van Dyk en Flandres, ont excellé dans les <i>carnations.</i> Il faut remarquer sur ce mot de <i>carnation,</i> qu'il ne se dit point d'une partie particulière de la personne qui est peinte. Ce seroit mal parler, par exemple, que de dire, <i>ce bras est d'une belle carnation,</i> mais il faut dire, ce bras est <i>bien de chair.</i></p><p>On le dit aussi en termes de Blason , des parties nues du corps peintes au naturel : &amp; particulièrement du visage, des mains, &amp; des pieds.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7125" id="1" type="">
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    <head>CARNAU</head>
    <p>
    CARNAU , s. m. Nom que donnent les Matelots à l'anglé de la voile Latine qui est vers la proue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7126" id="1" type="">
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    <head>CARNAVAL</head>
    <p>
    CARNAVAL , s. m. Temps de réjouissance qui se compte depuis les Rois jusqu'au Carême. <i>Bacchanalia, geniales ante quadragenarium jejunium dies.</i> Les bais, les festins, les mariages, se font principalement dans le <i>Carnaval.</i> On va de tous côtés à Venise pour y passer le <i>Carnaval.</i> Vous croirez que ma Muse usant du privilége du <i>Carnaval</i> s'est mise en masque aujourd'hui. Mlle l'Heritier.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>carnavale</i>. Ménage. Mais Du Cange dit qu'il vient de <i>carn-a-val,</i> parce que la chair s'en va ; &amp; dit qu'en la basse Latinité on l'a appellé <i>carnelevamen, carnisprivium</i> ; &amp; les Espagnols <i>carnes tollendas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7127" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNE" />
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    <head>CARNE</head>
    <p>
    CARNE , s. f. Angle ou pointe solide, composée de plusieurs superficies inclinées l'une vers l'autre. <i>Angulus.</i> Il s'est donné un coup dangereux contre la <i>carne</i> de cette table, de cette cheminée, de cette pierre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7128" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNE" />
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    <head>CARNE</head>
    <p>
    CARNE , ou CARNA, ou CARDINEA, s. f. Nom d'une Déesse de la Gentilité. <i>Carna.</i> Elle présidoit aux gonds des portes, <i>Cardinibus,</i> comme il paroît par le VIe Livre des <i>Fastes d'Ovide</i> v. 101. &amp; c'étoit la même qui se nommoit aussi <i>Cardinea.</i> Voyez ce mot. Elle est aussi nommée <i>Cardea</i> par S. Augustin ; mais il ne faut pas la confondre, comme on fait communément, avec Carda, ou Cardea, autre Déesse. Voyez ces mots. Plusieurs néanmoins les confondent, &amp; appellent aussi <i>Carna,</i> ou <i>Carne,</i> la Déesse qui présidoit à la chair &amp; aux parties nobles de l'homme. C'est ainsi que Vossius l'appelle <i>De Idol. Lib. IV. cap.</i> 23. <i>p.</i> 47. On ne lui sacrifioit point de poisson ; on ne lui offroit que de la bouillie faite de farine de fèves, &amp; du lard. Voyez Carda, &amp; Vigenère sur Tite-Live Tom. I. pag. 1166. où il dit qu'elle fut d'abord appellée Crane, ce que je ne trouve point ailleurs ; que ce fut une Nymphe qui hantoit les forêts &amp; les chasses, corrompant tous les jeunes gens qui s'adressoient à elle ; que Janus pour récompense lui donna le privilége d'ouvrir &amp; fermer aussi-bien que lui, la commettant sur les gonds des portes, qui s'appellent en Latin <i>Cardines,</i> dont elle avoit pris sa seconde dénomination.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7129" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="CARNÉ, ÉE" />
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    <head>CARNÉ, ÉE</head>
    <p>
    CARNÉ, ÉE , adj. Terme de Fleuriste . Qui est de couleur <pb n="872" facs="bpt6k8542165/f912/full/1200,/0/native.jpg"/>de chair vive. <i>Color ad nativam corporis cutem accedens.</i> Anémone <i>carnée.</i> Fleur nuée de <i>carné.</i> La plupart de mes oeillets sont <i>carnés.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7130" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNEAU" />
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    <head>CARNEAU</head>
    <p>
    CARNEAU , Voyez <ref type="search" target="head:CRENEAU">CRENEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7131" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNÉEN" />
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    <head>CARNÉEN</head>
    <p>
    CARNÉEN , ou CARNIEN, s. m. <i>Carnius, Carneus,</i> , en Grec. Epithète que les Grecs donnoient à Apollon, sans qu'on sache trop pourquoi ; Hésychius dit que c'est peut-être à cause de <i>Carnus,</i> fils de Jupiter &amp; d'Europe, ou, selon le Scholiaste de Pindare, , du mot Grec , qui signifie brebis, peut-être parce qu'Apollon, pendant son exil du Ciel, eut soin des troupeaux d'Admète. Mais après tout ce n'est qu'une fable, &amp; peut-être , <i>Carnien,</i> ne signifie-t-il dans son origine autre chose que rayonnant, de l'Hébreu ou du Phénicien , <i>Keren,</i> corne, qui se dit aussi des rayons, comme il est clair par ceux qui sortoient du front de Moïse. Cependant le sentiment commun &amp; le plus probable est que ce fut à cause de Carnus, ou des fêtes Carniennes. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7132" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNEL" />
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    <head>CARNEL</head>
    <p>
    CARNEL , s. m. Vieux mot, qui veut dire <i>créneau.</i> De <i>carnel,</i> on a fait <i>carneau,</i> puis <i>créneau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7133" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNELE" />
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    <head>CARNELE</head>
    <p>
    CARNELE , s. f. Le dos du bord de l'espèce de monnoie. <i>Orae nummariae dorsum &amp; summa latera.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7133" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARNELE" />
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    <head>CARNELE</head>
    <p>
    Carnele , Bordure d'espèce de monnoie paroissant autour du cordon qui ferme la légende. <i>Conspicuus nummi limbus, eminens nummi margo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7134" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNELER" />
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    <head>CARNELER</head>
    <p>
    CARNELER , v. act. Faire la carnelle. <i>Nummum suo limbo circumcingere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7134" id="2" type="blason">
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    <head>CARNELER</head>
    <p>
    Carnelé , Terme de Blason . <i>Linnatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7135" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="CARNER" />
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    <head>CARNER</head>
    <p>
    CARNER , v. n. Terme de Fleuriste . Prendre une couleur de chair. Tirer sur la couleur de chair. <i>Subrubrum colorem induere.</i> Voilà un blanc qui <i>carne</i> trop. Liger. C'est un défaut dans l'oeillet.</p><p>Ce terme vient de <i>caro, carnis,</i> chair.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7136" id="1" type="negoce">
   <index type="head" value="CARNET" />
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    <head>CARNET</head>
    <p>
    CARNET , s. m. Terme de Négoce . C'est un petit livre que tient un Marchand de toutes ses dettes passives, &amp; du jour qu'elles doivent être payées, qui est un extrait de son livre d'achat, afin de ne pas manquer d'argent dans les payemens, &amp; au temps de la morte vente. <i>Commentariolum exigendi suis temporibus debiti,</i> ou <i>codex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7137" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNIEN" />
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    <head>CARNIEN</head>
    <p>
    CARNIEN , Voyez <ref type="search" target="head:CARNEEN">CARNEEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7138" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNIENNES" />
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    <head>CARNIENNES</head>
    <p>
    CARNIENNES , Les fêtes <i>Carniennes. Carnia, Carnea,</i> en Grec . Sous le règne de Codrus les Héraclides marchant dans l'Aetolie contre les Athéniens d'Acarnanie, un devin nommé Carnus leur apparut, &amp; leur prédit ce qui leur arriveroit. Ils le prirent pour un Magicien ; &amp; Hippotes l'un deux, fils d'Ales, le perça d'une flèche &amp; le tua. La peste se mit aussi tôt dans l'armée ; on attribua ce malheur à la mort du devin Acarnanien. Hippotes s'exila ; on résolut d'appaiser Carnus, &amp; à ce dessein on institua les fêtes <i>Carniennes</i> à l'honneur d'Apollon, lesquelles se célébroient chez les Lacédémoniens avec quelques cérémonies militaires, parce qu'elles furent instituées dans un Camp. Ensuite pendant la 26e Olympiade on y ajoûta un prix de Musique. Pausanias <i>Liv. III.</i> Apollodore <i>L. II.</i> Eusèbe <i>de la Prépar. Liv. V. ch.</i> 20.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7139" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNIES" />
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    <head>CARNIES</head>
    <p>
    CARNIES , s. pluriel. <i>Carnia.</i> Jeux institués en l'honneur d'Apollon. Athénée en parle. C'est la même chose que Carmennes dont on vient de parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7140" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNIOLE" />
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    <head>CARNIOLE</head>
    <p>
    CARNIOLE , s. f. Province du Cercle d'Autriche, &amp; la partie de l'Allemagne la plus Méridionale. <i>Carniola.</i> C'est une partie de l'ancien Norique. Elle est bornée au Midi par la Morlaquie, l'Istrie, le Comté de Gorice &amp; le Frioul ; au Couchant par la Carinthie, qui avec le Comté de Cilley la confine aussi du côté du Nord. Elle a au Levant la Croatie. La Save traverse cette Province presque dans toute sa longueur. La <i>Carniole</i> est dans les Alpes Carniques, ou Carniennes. Elle ne laisse pas d'être assez fertile en grains, en vin &amp; en huile. La <i>Carniole</i> a dépendu autrefois des Ducs de Bavière ; elle passa ensuite aux Marquis de Craimbourg ; leur famille s'étant éteinte les Etats du pays se donnerent dans le XVe siècle à Fréderic le Belliqueux, Duc d'Autriche, &amp; elle fut érigée en Duché par Fréderic II. La Capitale de <i>Carniole</i> est Laubach.</p><p>La <i>Carniole</i> se divise en haute, basse &amp; moyenne. La haute <i>Carniole</i> est la partie Occidentale ; la basse est la partie Méridionale vers les confins de l'Italie &amp; de la Dalmatie ; la moyenne, qui s'appelle autrement Windisc-Marc ; c'est-à-dire, la Marche ou le Marquisat de Vindes, <i>Carniola media,</i> ou <i>Vindorum Marchia,</i> est la partie Orientale de la <i>Carniole.</i> On appelle aussi <i>Carniole sèche,</i> ou Istrienne, <i>Carniola sicca,</i> ou <i>Istriana,</i> la partie de l'Istrie qui est proche des montagnes de la Vena &amp; du Golfe de Carnero. On la joint à la <i>Carniole,</i> parce qu'elle appartient à la Maison d'Autriche, &amp; on lui donne le surnom de sèche, à cause de sa stérilité. Maty. Hoffman. Nous avons une histoire de la <i>Carniole,</i> depuis le commencement du monde, par Jean Louis Shoenleben, <i>Carniola antiqua &amp; nova,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7141" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARNON" />
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    <head>CARNON</head>
    <p>
    CARNON . C'est le nom d'une sorte d'arme ancienne des François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7142" id="1" type="chirurgie">
   <index type="head" value="CARNOSITÉ" />
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    <head>CARNOSITÉ</head>
    <p>
    CARNOSITÉ , s. f. Terme de Chirurgie , Petite excrescence de chair, tubercule, ou verrue qui se forme dans l'uretère au col de la vessie, dans la verge, &amp; qui bouche le conduit de l'urine. <i>Excrescens in veretro tumor.</i> Les <i>carnosités</i> sont difficiles à guérir. On ne les connoît guère que par la sonde qui est introduite dans ce passage, &amp; qui trouve de la résistance. Elle vient ordinairement de quelque maladie vénérienne mal pansée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7143" id="1" type="">
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    <head>CARNUTES</head>
    <p>
    CARNUTES , s. m. &amp; plur. <i>Carnutes.</i> Anciens peuples de Gaule. C'étoient ceux qui habitoient le pays Chartrain. César parle des <i>Carnutes</i> dans le Livre VI. de ses <i>Commentaires de la guerre des Gaules</i> ch. 4. &amp; il dit qu'ils étoient sous le protection de ceux de Rheims. Les <i>Carnutes</i> passoient pour occuper le milieu des Gaules. Ils s'étendoient jusqu'au pays des Andegaves, &amp; à celui des Turonois. C'étoit une nation fort étendue entre la Seine &amp; la Loire. On fit plusieurs assemblées secrètes, où les <i>Carnutes</i> protesterent de s'exposer à tout pour remettre leur patrie en liberté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7144" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROBE" />
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    <head>CAROBE</head>
    <p>
    CAROBE , s. f. Poids qui pèse 24. minutes. <i>Carobus.</i> On l'appelle autrement <i>prime.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7144" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAROBE" />
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    <head>CAROBE</head>
    <p>
    Carobe . C'est un arbre, qui s'appelle autrement <i>carouge. Siliqua edulis.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CAROUGE">CAROUGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7145" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROBERT" />
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    <head>CAROBERT</head>
    <p>
    CAROBERT , s. m. Nom propre d'homme, composé par abbréviation de Charles, ou <i>Carolus,</i> &amp; de Robert. <i>Carobertus, Carolus Robertus. Carobert,</i> Roi de Hongrie, que les Hongrois appellent simplement Charles II. est celui en faveur de qui les plus célèbres Jurisconsultes de son temps déciderent que le fils représentoit son père dans la succession de son aïeul à la couronne, &amp; devoit être préféré à l'oncle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7146" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROGNE" />
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    <head>CAROGNE</head>
    <p>
    CAROGNE , s. f. Terme injurieux, qui se dit entre les femmes de basse condition, pour se reprocher leur mauvaise vie, leurs ordures, leur puanteur. <i>Caro putrida.</i> C'est la même chose que <i>charogne,</i> quand on lui donne une prononciation Picarde.</p><p>Ce mot vient de <i>caro</i>, comme qui diroit, <i>chair pourrie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7147" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROLE" />
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    <head>CAROLE</head>
    <p>
    CAROLE . <i>Chorea, saltatio.</i> Autrefois ce mot étoit en usage, il signifie <i>danse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7148" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROLIN" />
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    <head>CAROLIN</head>
    <p>
    CAROLIN , adj. m. C'est l'épithète que l'on donne aux quatre livres qui furent composés par l'ordre de Charlemagne, pour réfuter le IIe Concile de Nicée. <i>Libri Carolini.</i> Ces livres <i>Carolins</i> contiennent 120. chefs d'accusation contre le Concile de Nicée ; &amp; ces accusations y sont proposées en termes très-atroces, &amp; très-injurieux.</p><p>Quelques Auteurs ont douté de la vérité &amp; de l'antiquité de ces livres ; il y en a qui les attribuent à Angilran, Evêque de Mets ; d'autres à Alcuin ; &amp; d'autres disent que ce furent les Evêques de France qui les composerent, &amp; qui y mirent la longue Préface que nous y voyons vers l'an 790. Car le Pape Adrien ayant envoyé à Charlemagne les Actes du IIe Concile de Nicée, il les fit examiner par les Evêques, &amp; ce fut la réponse qu'ils y firent. Les Livres <i>Carolins</i> furent envoyés au Pape Adrien environ le temps du Concile de Francfort, par Angilbert Abbé de Centule, &amp; le Pape y répondit par une grande Lettre adressée à Charlemagne, dans laquelle on ne peut assez admirer la douceur avec laquelle il répond à un écrit si plein d'emportement &amp; de mauvais raisonnemens. Les Livres <i>Carolins</i> ont été imprimes premièrement par M. Du Tillet Evêque de Meaux, sous le nom d'Eriphile en 1549. avec un Concile de Paris, sur un ancien manuscrit. Hincmar les cite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7149" id="1" type="">
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    <head>CAROLIN</head>
    <p>
    CAROLIN . Voyez <ref type="search" target="head:CARLIN">CARLIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7150" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROLINE" />
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    <head>CAROLINE</head>
    <p>
    CAROLINE . Plante. Voyez <ref type="search" target="head:CARLINE">CARLINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7151" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROLINE" />
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    <head>CAROLINE</head>
    <p>
    CAROLINE , s. f. Contrée de l'Amérique Septentrionale. <i>Carolina.</i> C'est une partie de la Floride, qui se trouve le long de la mer du Nord entre la Virginie, &amp; la presqu'Isle de Tegasta. Elle est comprise entre le 29e &amp; le 36e degré de latitude. Les François s'y établirent en 1562. &amp; y bâtirent le fort de la <i>Caroline.</i> C'est pour cela qu'on l'appelle aussi Floride Françoise. Les Anglois en sont maîtres depuis 1660.</p><p>&#9758; Caroline, s. f. Ordonnance faite par l'Empereur Charles V. à la prière des Etats de l'Empire, qui renouvelle les anciennes loix pour l'instruction &amp; la décision des matières criminelles, &amp; est suivie dans tous les tribunaux de l'Empire. Elle a été imprimée à Paris en 1734.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7152" id="1" type="">
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    <head>CAROLUS</head>
    <p>
    CAROLUS , s. m. Monnoie hors d'usage, qui valoit il y a quelque temps dix deniers. <i>Caroleus.</i> Elle étoit marquée d'un K, parce qu'elle fut fabriquée du temps de Charles VIII. Roi de France, &amp; que le K étoit la première lettre de son nom. Cette monnoie ne passa pas le règne de Charles VIII. Louis XII. la décria. Cependant elle se convertit, pour ainsi dire, en monnoie de compte ; car quoique nous n'ayions point d'espèce qui vaille 10. deniers, on se sert encore parmi le peuple du terme de <i>Karolus,</i> pour marquer cette somme. Le Blanc. Henri III. refusa de donner bataille à Charles Duc de Maïenne pendant la Ligue, parce qu'il dit qu'il ne falloit pas hasarder un double Henri contre un <i>Carolus</i> ; car il avoit alors avec lui le Roi de Navarre, qui depuis a été le Roi Henri IV. Il y a eu aussi des pièces d'or d'Angleterre valant 13 livres 15 sols, qu'on appelloit <i>Carolus.</i></p><p>On dit proverbialement, quand on veut bien mépriser une chose, qu'elle ne vaut pas un <i>carolus.</i> On dit d'un homme riche, qu'il a bien des <i>carolus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7153" id="1" type="charcutier">
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    <head>CARON</head>
    <p>
    CARON , s. m. Terme de Charcutier . <i>Lardi segmen.</i> Bande de lard d'où le maigre est ôté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7154" id="1" type="anatomie">
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    <head>CARONCULE</head>
    <p>
    CARONCULE , s. f. Terme d'Anatomie , qui proprement signifie petite chair. <i>Caruncula.</i> Il est fait du Latin, qui est un diminutif de <i>caro,</i> chair. On donne ce nom à différentes parties du corps humain. La <i>caruncule</i> du coin de l'oeil est une petite éminence qui est au grand coin de l'oeil. Bartholin &amp; quelques Anatomistes la prennent pour une glande lacrymale, &amp; disent qu'elle est placée sur le point lacrymal pour empêcher que nous ne pleurions continuellement. Dionis prétend qu'ils se trompent ; que ce n'est point une glande lacrymale, mais seulement la réunion de la membrane intérieure des paupières.</p><p>Les <i>caroncules</i> mamillaires, ou papillaires, <i>Carunculae papillares,</i> ou <i>mamillares,</i> sont de petits corps ou parties des reins, ainsi appellées parce qu'elles ressemblent à un mammelon. Rondelet prétend les avoir trouvées le premier ; mais c'est Carpus. Elles ont la forme des glandes &amp; sont plus dures, &amp; moins rouges que la chair. Elles ont la grosseur d'un pois, mais elles sont un peu plus larges par enhaut, &amp; plus étroites par enbas, avançant un peu en pointe à l'endroit où elles sont percées, pour laisser tomber l'urine dans le bassinet.</p><p>Quelques-uns appellent <i>caroncules</i> cuticulaires, <i>carunculae cuticulares,</i> ce qu'on appelle communément nymphe. Voyez ce mot.</p><p>Les <i>caroncules</i> myrtiformes, <i>carunculae myrtiformes,</i> ou <i>myrtes,</i> sont quatre petites éminences charnues, qui sont dans la fosse naviculaire, situées de manière que chacune occupe un angle, &amp; qu'elles forment toutes ensemble un quarré. On les appelle myrtiformes, parce qu'elles ressemblent à des graines de myrte. <i>Carunculae myrteae.</i> Elles sont situées dans les parties naturelles des femmes, assez près de l'entrée ; elles sont rougeâtres, fermes &amp; relevées aux Vierges, dans lesquelles elles sont jointes l'une à l'autre par leurs parties latérales, par le moyen de quelques petites membranes. Dans les femmes, &amp; sur-tout à celles qui ont eu des enfans, elles sont séparées les unes des autres. Ces <i>caroncules</i> ne sont que des rides &amp; des inégalités du <i>vagina</i> ; ce qui en rend l'entrée plus étroite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7155" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROTER" />
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    <head>CAROTER</head>
    <p>
    CAROTER , Voyez <ref type="search" target="head:CAROTTER">CAROTTER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7156" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CAROTIDE" />
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    <head>CAROTIDE</head>
    <p>
    CAROTIDE , adj. Terme de Médecine . C'est le nom qu'on donne à deux artères du cou, qui portent le sang au cerveau, &amp; qui montent le long des côtés de la trachée artère, avec la veine jugulaire interne. Il y en a une de chaque côté. <i>Carotides venae.</i> La droite vient du rameau droit souclavier ; &amp; la gauche de l'artère aorte immédiatement. Les Anciens mettoient le siége de l'assoupissement dans ces artères, d'où vient qu'ils leur ont donné ce nom ; , étant un mot Grec qui signifie assoupissement. Par la même raison on les a appellées <i>léthargiques</i> &amp; <i>apoplectiques.</i> On dit de certaines plantes, qu'elles ont une vertu <i>carotide,</i> qui assoupit, endort, &amp; ôte le sentiment. La mirrhe, selon Dioscoride, a une vertu <i>carotide.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7157" id="1" type="chirurgie">
   <index type="head" value="CAROTIQUE" />
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    <head>CAROTIQUE</head>
    <p>
    CAROTIQUE , subst. &amp; adj. <i>Caroticus, caro affectus.</i> Terme de Chirurgie . Degori s'est servi de ce mot pour signifier ceux qui ont le carus, quand il dit, on a beau piquer les <i>carotiques,</i> ils ne s'éveillent point, &amp; ils ne répondent point. De la manière que ce mot est formé, il paroît qu'on peut le dire de tout ce qui a rapport au carus ; par exemple, affection <i>carotique,</i> symptôme <i>carotique,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7158" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROTTE" />
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    <head>CAROTTE</head>
    <p>
    CAROTTE , s. f. <i>Daucus sativus. Pastinaca sativa, tenui folio. Carota.</i> Plante umbellifère, dont la racine est un pivot long d'un pied, rarement branchu, qui donne peu de fibres ; cassant, charnu, succulent, doux &amp; aromatique au goût ; tantôt rouge, tantôt d'une couleur de pourpre foncé, tantôt jaune, &amp; tantôt blanc ; épais à son collet d'environ un pouce &amp; demi, d'où sortent plusieurs feuilles disposées en rond, longues de huit à neuf pouces, découpées en plusieurs segmens qui sont encore subdivisés en une infinité d'autres étroits &amp; longs. Elles sont vertes, velues, &amp; d'une odeur aromatique. La tige, qui s'élève du milieu de ses feuilles, est haute de quatre à cinq pieds, branchue, &amp; garnie de feuilles alternes, pareilles à celles du bas, mais plus petites. Elle est creuse, canelée, velue, &amp; terminée aussi bien que ses branches par des ombelles, garnies à leurs naissances de plusieurs brins de feuilles découpées en lanières longues &amp; étroites. Ces ombelles sont composées de fleurs à cinq pétales blanches, inégales, échancrées, &amp; disposées en fleur de Lis de France. Le calice, qui soutient la fleur, devient un fruit gros comme le grain d'anis, fermé par deux semences aplaties par l'endroit qu'elles se touchent, presque ovales, arrondies sur leurs dos, canelées, &amp; garnies de poils courts &amp; blanchâtres, rangés en manière de fils. On mange les racines de <i>carotte.</i> On les fait cuire dans l'eau, &amp; ensuite on les apprête avec le beurre, le poivre, le sel &amp; un peu de vinaigre. On les met aussi dans la soupe. Ses semences sont diurétiques. On appelle dans quelques Provinces du Royaume <i>carotte</i> la Beterave ; &amp; pour la <i>carotte</i> on la nomme Pastenade.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7158" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAROTTE" />
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    <head>CAROTTE</head>
    <p>
    Carotte , se prend souvent pour la racine de la plante de <i>carotte.</i></p><p>On dit proverbialement de ceux qui font mauvaise chère, qu'ils ne mangent que des <i>carottes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7159" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROTTER" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CAROTTER</head>
    <p>
    &#9758; CAROTTER , v. n. Jouer mesquinement, ne hazarder que peu. C'est à-peu-près la même chose que Carabiner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7160" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROTTIER, IÈRE" />
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    <head>CAROTTIER, IÈRE</head>
    <p>
    &#9758; CAROTTIER, IÈRE , s. m. &amp; f. C'est ainsi qu'on appelle au jeu un homme ou une femme qui joue timidement, &amp; qui risque peu à la fois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7161" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROUBIER" />
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    <head>CAROUBIER</head>
    <p>
    CAROUBIER , s. m. <i>Siliqua, Ceratia, Ceratonia. s. f.</i> Arbre d'une moyenne grandeur, branchu, &amp; garni de feuilles arrondies, d'un pouce ou deux de diamettre, épaisses, fermes, lisses, glabres, d'un verd foncé en-dessus, plus pâle en-dessous ; portées sur des queues très-courtes &amp; rangées sur une côte. Ses fleurs sont de petites grappes rouges, chargées d'étamines jaunâtres. Ses fruits sont des gousses plates, longues depuis demi-pied jusqu'à quatorze pouces sur un pouce &amp; demi de largeur. Elles sont brunes en-dessus, courbées quelquefois, composées de deux cosses, qui sont séparées par des membranes en plusieurs loges, où sont contenues des semences plates approchantes de celles de la casse. Ces cosses sont remplies dans leur substance d'un suc mielleux, douceâtre, qui ne s'éloigne pas beaucoup de celui de la moëlle de casse. Cette moëlle lâche le ventre de même que la casse. On les mange en Provence, où on les apporte des environs de Nice. Le <i>Caroubier</i> est commun en Italie, sur-tout près de Naples.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7162" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAROUGE" />
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    <head>CAROUGE</head>
    <p>
    CAROUGE , s. m. <i>Siliqua.</i> se prend ordinairement pour le fruit du Caroubier. On disoit autrefois <i>Carrobe</i> ; on dit encore Carroube en Languedoc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7163" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARPASUM" />
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    <head>CARPASUM</head>
    <p>
    CARPASUM , s. m. Plante dont le jus pris en breuvage endort la personne, &amp; l'étouffe incontinent. <i>Carpasus.</i> <pb n="874" facs="bpt6k8542165/f914/full/1200,/0/native.jpg"/>Les remèdes contre cette sorte de poison sont semblables à ceux dont on se sert contre la ciguë. Dioscoride n'en dit pas autre chose, de sorte qu'on ne sait aujourd'hui de quelle plante il a voulu parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7164" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="CARPE" />
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    <head>CARPE</head>
    <p>
    CARPE , s. f. Poisson d'eau douce fort commun, qui a des écailles assez larges &amp; jaunes, le ventre blanchâtre, &amp; le dos brun ; &amp; qui vit d'herbe ou de limon. La <i>carpe</i> aime les eaux bourbeuses, &amp; en trois ans devient grande d'un pied entre oeil &amp; fourche, ou entre oeil &amp; bat. Willoughbi, en son <i>Histoire des Poissons,</i> fait mention d'une <i>carpe</i> qui a vécu cent ans. La <i>carpe</i> laitée est le mâle, &amp; l'oeuvée la femelle. La langue de <i>carpe</i> est la chair qui forme son palais, qu'on nomme ainsi improprement, car en effet elle n'a point de langue.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>carpa,</i> Latin, qui se trouve en cette signification dans Cassiodore. On croiroit peut-être à cause de la ressemblance des noms, que ce mot vient du Latin <i>carpio</i>, qui est un poisson qu'on trouve dans un lac d'Italie ; mais il est tout différent. Les Grecs appellent la <i>carpe,</i> , les Latins <i>cyprinus.</i></p><p>On appelle le saut de la <i>carpe,</i> le saut que font les Baladins, après avoir plié tout le corps, &amp; joint la tête à leurs pieds ; car la <i>carpe</i> en fait un pareil pour se sauver des filets quand on la tire de l'eau. <i>Cyprini saltus.</i></p><p>On dit d'une personne qu'elle fait la <i>carpe</i> pâmée, pour dire, qu'elle feint de se trouver mal.</p><p>On dit en termes de Jardinage , Mettre de la terre en dos de <i>carpe,</i> ce qu'on observe ordinairement dans les plates bandes des parterres, ou dans les découpés à dessein d'y planter des fleurs. Liger. C'est l'élever, l'accumuler, en sorte qu'elle ressemble à un dos de <i>carpe. In dorsum acutum erigere, in dorsi crepidinem subrigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7164" id="2" type="medecine">
   <index type="head" value="CARPE" />
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    <head>CARPE</head>
    <p>
    Carpe , s. m. Terme de Médecine , qui signifie le poignet ou la partie qui est entre le bras &amp; la paume de la main. <i>Carpismus.</i> Il est composé de huit os, distribués en deux rangs, dont celui de derrière est joint aux deux fociles par des cartilages &amp; ligamens, &amp; celui de devant aux quatre os du métacarpe. Les Médecins Arabes l'appellent <i>rasette.</i> Les Grecs .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7165" id="1" type="">
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    <head>CARPEAU</head>
    <p>
    CARPEAU , s. m. Petite carpe. <i>Cyprinus minor.</i> On l'appelle autrement <i>allevin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7166" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARPÉE" />
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    <head>CARPÉE</head>
    <p>
    CARPÉE , s. f. <i>Carpaea,</i> du Grec . C'étoit une espèce de danse, ou d'exercice militaire, en usage chez les Aenianes &amp; les Magnésiens. J'ai dit, &amp; d'exercice militaire, car la <i>carpée</i> consistoit en ce que deux hommes armés contrefaisoient l'un un laboureur, &amp; l'autre un voleur. Le laboureur mettant bas ses armes semoit, ou faisoit semblant de semer, puis prenoit les bassins de sa charrue &amp; labouroit son champ, regardant sans cesse de tous côtés en homme inquiet, &amp; qui craint d'être surpris. Le voleur en effet paroissoit ; le laboureur alors quittoit sa charrue, prenoit ses armes, &amp; combattoit pour défendre ses boeufs. Tout cela se faisoit au son de la flûte &amp; en cadence. Tantôt le laboureur, &amp; tantôt le voleur étoit vaincu. Quand le voleur vainquoit, il emmenoit les boeufs du laboureur. Xénophon parle de la <i>carpée</i> dans le festin de Seutas le Thrace. Voyez aussi Scaliger le père, <i>Poet. L. I. C.</i> 18. C'étoit apparemment un exercice institué pour apprendre &amp; pour accoutumer les paysans à se défendre contre les incursions des brigands, ou de l'ennemi, comme on tire l'oiseau en France, pour accoutumer le peuple aux exercices de guerre.</p><p>CARPENTRAS, s. m. <i>Carpentoracte Meminorum,</i> ou <i>Mimenorum.</i> Ville de Provence, Capitale du Comté Venaissin, située sur la rivière de Russe. Elle appartient au Saint Siége. L'Evêque de <i>Carpentras</i> est suffragant d'Avignon. Quelques-uns croient que c'est l'ancien <i>Forum Neronis.</i> Pline l'appelle <i>Carpentoracte,</i> L. III. C. 4. Deux anciennes Notices l'appellent <i>Civitas Carpentoractensium.</i> Voyez Valois, <i>Not. Gall.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7167" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARPESIUM" />
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    <head>CARPESIUM</head>
    <p>
    CARPESIUM , s. m. Plante dont Galien fait mention, mais d'une telle manière qu'on ne sait à présent ce qu'elle est. Quelques Botanistes croient que le <i>carpesium</i> de Galien est le poivre d'Ethiopie, &amp; d'autres les cubèbes : mais ni les uns ni les autres ne sont suivis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7168" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARPETTES" />
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    <head>CARPETTES</head>
    <p>
    CARPETTES , s. f. Ce sont de gros draps rayés, qu'on appelle autrement <i>tapis à umbailer. Pannus crassior &amp; virgatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7169" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARPILLON" />
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    <head>CARPILLON</head>
    <p>
    CARPILLON , s. m. C'est la même chose que carpeau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7170" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARPOBALSAME" />
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    <head>CARPOBALSAME</head>
    <p>
    CARPOBALSAME , s. m. Fruit d'un arbrisseau qu'on appelle Baume. <i>Carpobalsamum.</i> Ce fruit est fort semblable en grosseur, en figure &amp; en couleur, à celui du térébinthe. Il est attaché à la plante par un petit calice, &amp; est couvert d'une petite membrane de couleur rougeâtre, ayant au dedans d'autres tuniques plus épaisses, sous lesquelles est contenue sa semence pleine d'un suc jaune &amp; mielleux, dont le goût est un peu amer &amp; âpre, &amp; l'odeur agréable, approchant de celle du baume. Comme on doute si ce qu'on vend dans les boutiques sous le nom de <i>carpobalsame</i> est le même que celui des Anciens, n'ayant pas les mêmes marques, on a accoutumé de lui substituer les cubèbes, qui ont les mêmes qualités.</p><p>Ce mot vient vient de deux mots Grecs. , <i>fruit,</i> &amp; , <i>baume.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7171" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARPOCRATIENS" />
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    <head>CARPOCRATIENS</head>
    <p>
    CARPOCRATIENS , anciens hérétiques qui tirent leur nom de Carpocras, Auteur d'une branche de Gnostiques, sous l'Empereur Hadrien, c'est-à-dire, au second siècle de l'Eglise. Carpocras, dit S. Epiphane, <i>haer.</i> 27. inventeur d'une nouvelle secte, &amp; dont les moeurs étoient fort corrompues, a fait comme revivre les erreurs de Simon le Magicien, de Ménandre, de Saturnin &amp; des autres Gnostiques. Il reconnoissoit avec eux un seul principe &amp; père de toutes choses, dont le nom étoit inconnu aussi-bien que la nature. Le monde, selon lui, avoit été fait par les Anges, fort inférieurs en dignité à ce premier principe. Il étoit entièrement opposé à la Divinité de J. C. voulant qu'il fût né à la manière des autres hommes, &amp; qu'il n'eût aucun avantage sur eux par sa naissance, si ce n'est qu'il avoit eu une ame plus parfaite, qui avoit reçu du premier principe de très-grands dons, qui l'avoient élevé au-dessus des autres créatures. Eusèbe, Liv. IV. de son <i>Hist.</i> ch. 7. le fait contemporain de Basilide après S. Irénée. Il enseignoit la communauté des femmes, &amp; prétendoit que les ames ne pouvoient être purifiées, qu'elles n'eussent auparavant commis toutes sortes d'abominations. C'étoit, selon lui, une condition nécessaire pour la perfection. Aussi la vie des <i>Carpocratiens</i> étoit si infame, que les payens, qui ne distinguoient pas assez les anciens hérétiques d'avec les véritables Chrétiens, prirent de là occasion de parler des Chrétiens comme de gens abandonnés à toutes sortes d'impuretés. Carpocras eut un fils nommé Epiphane, héritier de ses extravagances, &amp; Cérinthe pour disciple. Voyez <ref type="search" target="head:S">S</ref>. Irénée, Liv. I. ch. 24. Tertull. <i>De Praescript. C.</i> 48. Clem. d'Alex. <i>Strom.</i> Liv. III. Eusèbe, Liv. IV. ch. 8. &amp; principalement S. Epiphane, <i>haer.</i> 27. où il parle fort au long des <i>Carpocratiens.</i> Voyez encore Danaeus, &amp; Christ. Lupus sur Tertullien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7172" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CARPOT" />
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    <head>CARPOT</head>
    <p>
    CARPOT , s. m. Terme de Coutumes . <i>Jus carpendi partem.</i> Nom d'un impôt qui se levoit autrefois sur le vin. <i>Carpot</i> est aussi la part de vendange du propriétaire d'une vigne, qui en partage les fruits avec son vigneron. <i>Portio,</i> ou <i>pars capienda.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7173" id="1" type="verrerie">
   <index type="head" value="CARQUÈSE" />
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    <head>CARQUÈSE</head>
    <p>
    CARQUÈSE , s. m. Terme de Verrerie . Four de frite. C'est un four séparé du four de la verrerie, dans lequel on fait cuire les pots avant que de les mettre dans le four de la verrerie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7174" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARQUOIS" />
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    <head>CARQUOIS</head>
    <p>
    CARQUOIS , subst. mas. Il y en a qui écrivent <i>Carcois.</i> Etui de flèches qu'on porte sur l'épaule. <i>Pharetra.</i> On peint Cupidon avec un arc &amp; un <i>carquois,</i> &amp; Diane pareillement.</p><p>Ménage après Lipse tient que ce mot vient de l'Allemand <i>koecher</i>, signifiant la même chose. Du Cange le dérive de <i>carcaissum</i>, mot de la basse Latinité qu'on a dit dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7175" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRAQUE" />
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    <head>CARRAQUE</head>
    <p>
    CARRAQUE . Voyez <ref type="search" target="head:CARAQUE">CARAQUE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7176" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRAQUON" />
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    <head>CARRAQUON</head>
    <p>
    CARRAQUON . Voyez <ref type="search" target="head:CARAQUON">CARAQUON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7177" id="1" type="">
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    <head>CARRE</head>
    <p>
    CARRE . Voyez <ref type="search" target="head:CARE">CARE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7178" id="1" type="musique">
   <index type="head" value="CARRE" />
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    <head>CARRE</head>
    <p>
    CARRE , s. f. Ce mot n'est guerre en usage que dans ces façons de parler. La <i>carre</i> d'un chapeau ; pour dire, le haut de la forme d'un chapeau. La <i>carre</i> d'un habit ; pour dire, le haut de la taille d'un habit ; la <i>carre</i> d'un soulier ; pour dire, le bout d'un soulier. <i>Quadrans.</i></p><p>B Carre. Terme de Musique . C'est une marque qui fait chanter demi-ton plus haut que quand il y a un B mol. <i>Idem latinè.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="CARRÉ" />
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    CARRÉ , s. m. En termes de Géométrie , c'est une figure quadrangulaire qui a les quatre angles droits, &amp; les quatre côtés égaux. <i>Quadratum, vel figura quadrangularis.</i> La diagonale d'un <i>carré</i> est incommensurable avec un de ses côtés. Euclide, Liv. X.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="2" type="">
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré long , est une figure quadrangulaire qui a quatre angles droits, mais qui a plus de longueur que de largeur. On l'appelle autrement <i>bar-long. Quadratum longius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="3" type="">
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré parfait . C'est une figure régulière, dont les quatre côtés &amp; les quatre angles sont égaux Daviler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="4" type="">
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré Géométrique , est un instrument qui est de grand usage pour observer tant sur terre que sur mer. <i>Quadratum Geometricum.</i> Il a un centre à l'un de ses angles. Les deux côtés éloignés du centre sont divisés en plusieurs parties égales. L'un de ceux qui est vers le centre est chargé de deux pinnules, &amp; il y a une alhidade mobile qui part du centre, qui sert aux Géomètres &amp; aux Astronomes à observer. Toutes les observations de la Géométrie &amp; de la Trigonométrie se peuvent faire avec le <i>carré.</i> Il y a aussi un quart de cercle tracé du même centre, divisé en 90 degrés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="5" type="algebre">
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré de Carré . Terme d'Algèbre , est la troisième puissance ou multiplication d'un nombre, quand on multiplie encore un cube par sa racine. <i>Quadratum quadrati.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="6" type="">
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré de parterre , ou Carreau, est une division qu'on fait dans les compartimens d'un parterre, avec du buis nain, ou autres petites herbes, pour y mettre des fleurs. <i>Area.</i> On dit aussi les <i>carrés</i> d'un échiquier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="7" type="">
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré de Mars , ou de Saturne. <i>Quadratum.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Quadrat">Quadrat</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="8" type="">
   <index type="head" value="CARRÉ" />
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré de mouton , est la partie du mouton qui est sous l'épaule, &amp; qui contient toutes ses côtes. <i>Quadrans vervecis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="9" type="manege">
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré , se dit aussi chez les Monnoyeurs de la boête d'acier qu'on met sous le balancier, dans laquelle est gravée en creux la figure qu'on veut faire venir en relief sur le métal qu'on presse dessus. <i>Pixis monetaria quadrata.</i></p><p>Les Orfèvres appellent <i>carré</i> le pied d'un flambeau, d'une aiguière, &amp; de tous autres ouvrages, ce qui leur sert de pied, de quelque figure qu'ils soient ; <i>carrés</i> ronds, ou à plusieurs pans ou angles. <i>Basis quadrata.</i></p><p>On appelle aussi un <i>carré</i> de bâtiment, une maison bâtie de quatre côtés, qui environne la cour qui est au milieu. <i>Domus quadrata.</i></p><p>On dit en termes de Manége , Travailler en <i>carré,</i> quand au lieu de conduire le cheval en rond autour du pilier, on le mene par quatre lignes droites, qui forment un <i>carré,</i> tournant la main à chacun des angles. <i>Equum per quadrum agere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="10" type="">
   <index type="head" value="CARRÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré au piquet, c'est quand on marque 66 avec quatre jettons, ensorte que cela fasse un <i>carré. Calculus, numerus in quadrum dispositus.</i> Le P. de Voiture avoit été fort grand joueur de piquet : il avoit accoutumé de dire qu'il tenoit la partie gagnée, quand il pouvoit attraper le <i>carré,</i> c'est-à-dire, soixante-six, qu'on marque avec quatre jettons en <i>carré</i> ; d'où vient qu'on appelle encore aujourd'hui ce point-là parmi les Joueurs le <i>carré de voiture. Pelisson Hist. de l'Acad. Fr. in</i>-8°. <i>p.</i> 469. <i>&amp; p.</i> 280. <i>de l'édit. in</i>-12. 1730.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="11" type="">
   <index type="head" value="CARRÉ" />
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré de Toilette , est un petit coffret <i>carré,</i> où les Dames mettent leurs essences, fards &amp; pommades, qui servent à leur toilette. <i>Capsulae mundi muliebris.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="12" type="">
   <index type="head" value="CARRÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Superstition" />
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré magique . <i>Quadrans magicum,</i> est une disposition de certains nombres en <i>carré,</i> en telle sorte que ceux d'une même file, &amp; ceux d'un même rang, &amp; ceux qui composent les deux diagonales étant ajoûtés ensemble, fassent toujours une même somme, comme si on met au premier rang 276. au second 951. au troisième 438. de quelque côté qu'on assemble ces nombres, ils feront 15. On l'appelle <i>magique</i> ; à cause que c'est le plus difficile problème de l'Arithmétique. Bettinus en rapporte quantité d'exemples en de plus grands nombres. Dans les divers Ouvrages de Messieurs de l'Academie des Sciences, il y a un Traité des <i>Carrés Magiques,</i> par Mr Frénicle ; une Table Générale des <i>Carrés Magiques</i> par le même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="13" type="anatomie">
   <index type="head" value="CARRÉ" />
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré , en termes d'Anatomie se dit de trois muscles. Le second des quatre muscles du rayon s'appelle le <i>carré,</i> à cause de sa figure quadrangulaire ; il prend son origine de la partie inférieure, &amp; quasi externe du cubitus, &amp; s'insère à la partie inférieure &amp; quasi externe du radius. Ce muscle est placé proche le poignet sous les autres : il finit par un tendon aussi large que son principe, &amp; conjointement avec le rond il fait faire un mouvement demi-circulaire au radius. Dionis. Le second muscle des abducteurs de la cuisse s'appelle aussi le <i>carré,</i> parce qu'il a quatre angles : il prend son origine de la partie latérale &amp; externe de l'éminence de l'ischion, &amp; va s'insérer à la partie postérieure &amp; externe du grand trocanter. Id. Le muscle des lèvres appellé <i>montanus,</i> est aussi nommé <i>carré.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Montanus">Montanus</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7179" id="14" type="">
   <index type="head" value="CARRÉ" />
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    <head>CARRÉ</head>
    <p>
    Carré, ée , adj. Qui est d'une figure à quatre angles droits, &amp; quatre côtés égaux. <i>Cubus.</i> Cette cour n'est pas bien <i>carrée.</i> Tant de toises <i>carrées.</i></p><p>Bonnet <i>carré,</i> est un bonnet de Prêtre, d'Avocat, ou d'autre homme de robe, qui a quatre petites éminences sur la tête qu'on appelle <i>cornes,</i> par où on le prend. <i>Biretum quadratum.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Bonnet">Bonnet</ref>.</p><p>Racine <i>carrée,</i> est un nombre, qui étant multiplié en lui-même fait un nombre <i>carré,</i> où il y a autant d'unités en largeur, qu'en hauteur. <i>Radix quadrata.</i> 10. est la racine <i>carrée</i> de 100. parce que 10. multiplié par dix, fait cent ; dix fois dix font cent.</p><p>Homme <i>carré,</i> se dit de celui qui est gros &amp; trapu. <i>Homo corpore crasso, repleto.</i> On dit aussi un visage <i>carré,</i> quand sa largeur égale presque sa hauteur.</p><p>Jeu de paume <i>carré,</i> est un jeu ordinaire, dont les murailles sont parallèles, &amp; font un <i>carré-long.</i> On l'appelle un jeu <i>carré,</i> par opposition au jeu de dedans, où il y a un tambour. <i>Ludus quadratus Sphaeristerii.</i></p><p>On appelloit à Rome une Légion <i>carrée, Legio quadrata,</i> celle qui étoit de 4000 hommes. La monnoie <i>carrée,</i> dont il est parlé dans les Nouvelles de Justinien, étoit une des quatre plus petites espèces, qui eussent cours alors. Elle étoit ainsi nommée parce qu'elle étoit <i>carrée.</i> Voyez la Dissertation de M. Du Cange, <i>De inferioris aevi Numismatibus.</i></p><p>On dit en termes de Rhétorique , une période <i>carrée,</i> quand elle est bien nombreuse, &amp; facile à déclamer. <i>Quadrata periodus.</i></p><p>Bataillon <i>carré,</i> est celui qui a autant de files que de rangs. <i>Agmen quadratum.</i> On l'appelle aussi <i>carré de terrain,</i> quand il occupe autant de terre en longueur qu'en hauteur.</p><p>Bois <i>carré,</i> est le bois de charpente &amp; de sciage, dont on fait des poutres &amp; des solives. <i>Lignum quadratum.</i></p><p>On dit proverbialement, Juste &amp; <i>carré</i> comme une flûte. On appelle aussi partie <i>carrée,</i> une partie où il n'y a que deux hommes &amp; deux femmes. <i>Societas quadrata.</i> On le dit de toute compagnie où l'on n'est que quatre hommes ou femmes, sans qu'il soit besoin qu'il y ait deux hommes &amp; deux femmes.</p><p>On appelle ironiquement un vendeur d'allumettes, un Marchand de bois <i>carré. Sulfuratorum propola.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    CARREAU , s. m. On prononce <i>carro,</i> diminutif de <i>carré,</i> qui se dit d'une figure qui a quatre côtés, quoiqu'ils ne soient pas égaux, ni à angles droits, comme un <i>carreau</i> de vitres qui est quelquefois en losange. <i>Quadratum.</i> On dit une étoffe à petits <i>carreaux.</i> Plier du linge par petits <i>carreaux.</i> Les Jardiniers divisent leurs parterres, ou jardins en <i>carreaux. Area.</i> Il y a un beau <i>carreau</i> de tulipes ; c'est-à-dire, une planche. <i>Carreau</i> de parterre, est un espace quarré, ou figuré avec une bordure de buis nain, rempli de fleurs, ou de gazon, dans le compartiment d'un parterre de pièces coupées. Ce mot a été fait de <i>quadrellum.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    <pb n="876" facs="bpt6k8542165/f916/full/1200,/0/native.jpg"/> Carreau , signifie aussi le pavé des chambres, des sales, des Eglises, de quelque matière &amp; figure qu'il puisse être. <i>Quadratus later, laterculus.</i> Il y a des <i>carreaux</i> de marbre, de poterie, de faience, ou d'ais ; il y en a de carrés, d'hexagones, &amp;c.</p><p>En ce sens on dit au jeu de Paume, une chasse à trois <i>carreaux,</i> à dix <i>carreaux,</i> lorsqu'une balle est tombée sur le troisième ou le dixième <i>carreau,</i> &amp; qu'elle fait chasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="3" type="">
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , se dit plus particulièrement du <i>carreau</i> de plancher, qui est de terre moulée &amp; cuite, de différente grandeur &amp; épaisseur suivant les lieux. Il y a de grand, de moyen &amp; de petit <i>carreau</i> ; le grand a huit ou dix pouces de largeur ; le moyen en a six à sept, &amp; le petit environ quatre. Il y a du <i>carreau</i> de figure carrée : il y en a à pans ; &amp; celui-ci quelquefois est à six pans, quelquefois à huit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="4" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau vernissé , est un grand <i>carreau</i> plombé, qu'on met dans les écuries, au-dessus des mangeoires des chevaux, ce qui les empêche de lécher le mur. <i>Quadratum Juniperi gummi illitum.</i> On fait aussi du petit <i>carreau vernissé</i> pour les compartimens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="5" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau de parquet , est un petit ais carré. Il en faut plusieurs pour remplir la carcasse d'une feuille de parquet. <i>Quadratum tessellatum.</i></p><p>On appelle <i>carreau de verre,</i> une pièce de verre carrée, mise en plomb ou en bois. <i>Vitreum quadratum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="6" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , se dit aussi du pavé de la rue, ou même de la terre qui est hors les maisons. On a mis ses meubles sur le <i>carreau,</i> c'est-à-dire, hors du logis. <i>Foris.</i> En cette batterie il est demeuré deux hommes sur le <i>carreau</i> ; pour dire, ils ont été couchés par terre. <i>Humi.</i> On l'a jetté sur le <i>carreau.</i> Il a été obligé de coucher sur le <i>carreau,</i> c'est-à-dire, dehors, sur le pavé, sur la terre.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , signifie aussi un grand oreiller ou coussin carré de velours, que les Dames &amp; les Evêques se font porter à l'Eglise pour se mettre à genoux plus commodément : ce qui est aussi une marque de qualité. <i>Pulvinus.</i> C'est une Dame à <i>carreau,</i> on lui porte le <i>carreau.</i> Les femmes des gens d'épée ont des <i>carreaux</i> avec des galons d'or ou d'argent. Celles des gens de robe en ont seulement avec des broderies de soie. Un Auteur qui a fait <i>Observationes Eugenialogicae,</i> c'est-à-dire, des observations sur la Noblesse, imprimées à Cologne en 1678. trouve chez les Romains l'origine des <i>carreaux,</i> dont les Dames se servent dans les Eglises ; les Romains mettoient dans les remples des <i>carreaux</i> en forme de petits lits, ou plutôt de petits chars sur lesquels on plaçoit les statues des faux Dieux ; &amp; il prétend que l'ambition &amp; la commodité, ont fait usurper ce droit ou cette coutume au sèxe.</p><p>On a aussi des <i>carreaux</i> dans les chambres pour s'asseoir ou s'accouder. Les Cavaliers étoient à ce bal aux pieds des Dames sur des <i>carreaux.</i></p><p>Un <i>porte carreau,</i> est un petit meuble de bois qui n'a d'autres pieds que des pommes tournées, sur lequel on met des piles de <i>carreaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="8" type="marine">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreaux , en termes de Marine , sont des rebords ou bandes de bois qui règnent par dehors sur le bordage du vaisseau en guise d'un cordon, qui lie &amp; distingue les tillacs, &amp; particulièrement ceux qui sont au-dessus de l'eau. On les appelle autrement <i>lices cintes,</i> ou <i>precintes,</i> ou <i>chaintes.</i> On donne le même nom de <i>carreaux</i> à certaines pièces de bois qui font le haut des côtés d'une chaloupe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="9" type="macon">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , en termes de Maçon , est une pierre de taille de médiocre grosseur, &amp; qui a plus de largeur au parement, que de queue dans le mur. <i>Lapis sola superficie extimâ quadratus.</i> Il en faut deux ou trois pour faire une voie. Quand il n'y en a qu'un, on l'appelle <i>quartier.</i> Quand il y en a plus de 2 ou 3, on dit <i>libes</i> ou <i>libage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="10" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , est aussi un arme de trait, ou flèche carrée, qu'on tire avec une arbalête. C'est par comparaison qu'on appelle le <i>carreau</i> de la foudre, le trait ou la pierre qu'on croit être dans la foudre, qui blesse &amp; qui tue. <i>Fulmen.</i></p><p>Cette espèce de <i>carreau</i> ne peut être qu'une matière condensée &amp; enflammée. On a dit autrefois <i>Garreau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="11" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , chez les Tailleurs, se dit d'un fer plat &amp; pointu par un bout, qu'on fait chauffer, &amp; qu'on passe sur les coutures pour aplatir les lisières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="12" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , chez les Marchands de poisson, se dit des brochets qui sont les plus gros, qu'ils appellent un brochet <i>carreau</i> : ce sont ceux dont on fait des présens. <i>Lucius crassior &amp; amplior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="13" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreaux , se dit aussi chez les ouvriers qui emploient le fer, des grosses limes. <i>Lima crassior &amp; quadrata.</i> Les gros <i>carreaux</i> &amp; gros <i>demi-carreaux</i> servent à ébaucher le fer. Les <i>carreaux</i> doux &amp; <i>demi-carreaux</i> sont des limes douces qui servent à le polir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="14" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , se dit aussi au jeu de cartes, des figures rouges, marquées en losange. <i>Folium lusorium rhombo coloris rubri pictum.</i> Le Roi, la Dame de <i>carreau.</i> Il a une quinte major en <i>carreau.</i></p><p>On appelle le jeu de franc <i>Carreau,</i> un jeu où on jette une pièce de monnoie en guise de palet sur un carré qu'on a tracé en terre &amp; divisé par ses diamètres &amp; diagonales : celui qui met sur les lignes gagne quelque avantage.</p><p>On dit proverbialement &amp; bassement d'un homme qui a vomi, qu'il a jetté du coeur sur du <i>carreau.</i> On dit aussi pour mépriser quelqu'un, que c'est un valet de <i>carreau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="15" type="monnoie">
   <index type="head" value="CARREAU" />
   <index type="src_domain" value="monnoie" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , en termes de Monnoie , se dit des pièces d'or ou d'argent qu'on taille pour fabriquer les espèces. <i>Nummaria massula, monetaria tessella.</i> La première façon qu'on donne en la fabrique des monnoies au marteau, est de tailler les <i>carreaux,</i> c'est-à-dire, couper les lingots, ou lames d'or, ou d'argent, en petits morceaux carrés avec de grandes cisoires. La seconde façon est de battre ou frapper les <i>carreaux</i> ; ce qui se fait par un habile ouvrier sur une enclume oblongue qui est sur son banc dans sa fournaise. La troisième façon est de recuire les <i>carreaux</i> : &amp; la quatrième de les ajuster, approcher, ou rebaiser pour les rendre de leur juste poids, &amp; ensuite les rechausser &amp; flatir, eslaizer &amp; boicer, qui sont les cinq, six, sept &amp; huitième façons qu'on leur donne, après lesquelles les <i>carreaux</i> s'appellent <i>flans</i> ou <i>espèces.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="16" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Mesure" />
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    <head>CARREAU</head>
    <p>
    Carreau , s. m. Mesure, comme une aune. C'est peut-être aussi un drap plié en carré. Borel, Pathelin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7180" id="17" type="">
   <index type="head" value="CARREAU" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CARREAU</head>
    <p>
    &#9758; CARREAU , s. m.Et c'est de là que l'on appelloit carreau de la foudre, les pierres vraies ou prétendues que l'on dit qui tombent quelquefois avec la foudre.<br/>Carreau, signifie encore une sorte d'opilation qui presse l'estomach, la poitrine, &amp; qui rend le ventre dur &amp; tendu. Les enfans sont plus sujets au <i>carreau</i> que les grandes personnes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7181" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARREFOUR" />
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    <head>CARREFOUR</head>
    <p>
    CARREFOUR , s. m. Lieu où aboutissent &amp; se croissent plusieurs rues ou chemins. <i>Compitum, Trivium.</i> On fustige les criminels dans les places publiques, &amp; dans les <i>carrefours.</i> Les publications à son de trompe se font dans les <i>carrefours.</i> Mon ame est pour vous miaulante, &amp; on l'entend en chaque <i>carrefour.</i> Voit.</p><p>Ce mot vient de <i>quatre fourc,</i> parce que <i>fourc</i> signifioit autrefois <pb n="877" facs="bpt6k8542165/f917/full/1200,/0/native.jpg"/>un <i>angle aigu,</i> comme celui que font les doigts l'un à l'égard de l'autre ; d'où a été fait aussi le mot de <i>fourche.</i> Les Latins l'ont appellé <i>quadrivium, ubi quatuor viae conveniunt ;</i> &amp; on a donné ce nom à l'Arithmétique, à la Géometrie, à la Musique, à l'Astronomie, parce que ces quatre arts sont les quatre chemins qui conduisent à la Philosophie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7182" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRELAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARRELAGE</head>
    <p>
    CARRELAGE , s. m. Action d'appliquer des carreaux. <i>Stratura.</i> Il a tant coûté pour le <i>carrelage</i> de cette chambre. Il se dit aussi de l'ouvrage même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7183" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRELER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CARRELER</head>
    <p>
    CARRELER , v. act. Paver une chambre, ou autre lieu de carreaux de terre, de faïence, de marbre. <i>Cubiculum sternere è lateribus, faventiâ, marmore.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7183" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARRELER" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CARRELER</head>
    <p>
    Carreler , signifie aussi, Raccommoder des souliers, des bottes, y remettre des semelles, des bouts. <i>Calceis solum coriaceum subjicere, suppingere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7183" id="3" type="">
   <index type="head" value="CARRELER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>CARRELER</head>
    <p>
    Carrelé, ée , part. &amp; adj. <i>Stratus.</i> Un plancher, une chambre <i>carrelée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7184" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRELET" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>CARRELET</head>
    <p>
    CARRELET , s. m. Grosse aiguille à quatre carnes ou côtés, dont se servent les Savetiers, Selliers, &amp; autres qui travaillent en cuir. <i>Acus quadrata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7184" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARRELET" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>CARRELET</head>
    <p>
    Carrelet , s. m. Poisson de mer fort plat, taillé en losange, comme le turbot. Il est blanc d'un côté, &amp; grisâtre de l'autre, avec de petites taches rouges. Ce poisson est appellé par quelques-uns <i>plie,</i> quand il est grand ; &amp; <i>carrelet,</i> quand il est petit. En Latin <i>quadratulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7184" id="3" type="">
   <index type="head" value="CARRELET" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Pharmacie" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CARRELET</head>
    <p>
    &#9758; CARRELET , s. m.Carrelet , s. m. Terme de Pharmacie . C'est un instrument de bois fait en quarré, ayant aux quatre coins des pointes de clous pour y attacher un blanchet.<br/>Carrelet, signifie aussi, une sorte de filet dont on se sert pour prendre le poisson. Prendre du poisson au <i>carrelet,</i> avec un <i>carrelet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7185" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRELETTES" />
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    <head>CARRELETTES</head>
    <p>
    CARRELETTES , s. f. Ce sont des limes qui servent à limer &amp; polir le fer. Grosses <i>carrelettes.</i> Les petites <i>carrelettes</i> sont des limes douces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7186" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRELEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CARRELEUR</head>
    <p>
    CARRELEUR , s. m. Maçon qui pave avec des carreaux. <i>Artifex sternendi pavimenti è lateribus.</i> On le dit aussi de ceux qui raccommodent des souliers. <i>Veterum calceorum sartor.</i> Et on appelle ironiquement &amp; bassement, un Jean Logne <i>Carreleur</i> de sabots, un homme qu'on accuse d'être inutile, en lui attribuant un métier chimérique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7187" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRELURE" />
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    <head>CARRELURE</head>
    <p>
    CARRELURE , s. f. Application des carreaux sur le plancher d'une chambre. <i>Stratura.</i> Il a tant coûté pour la <i>carrelure</i> de cette maison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7187" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARRELURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CARRELURE</head>
    <p>
    Carrelure , signifie aussi une remonture de bottes, de souliers, où on a mis des semelles &amp; des bouts. <i>Veterum calceamentorum instauratio, calceorum sartura.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; figurément, une <i>carrelure</i> de ventre, d'un bon repas qu'un goinfre ou un parasite ont été faire quelque part, &amp; qui ne leur a rien coûté. Le temps qui se passa jusqu'au soupé, me parut un siècle, tant j'avois besoin d'une bonne <i>carrelure de ventre.</i> Ablanc. Il n'y a que le petit peuple qui parle de la sorte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7188" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRER" />
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   <index type="pred_domain" value="Mathématiques" />
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    <head>CARRER</head>
    <p>
    CARRER , v. act. Réduire en carré une autre figure. <i>Quadrare.</i> On peut aisément <i>carrer</i> un triangle, &amp; toute autre figure rectiligne. Le grand problème de la Géométrie est de <i>carrer</i> un cercle, une ellipse, une parabole, &amp; toute autre figure curviligne ; c'est-à-dire, faire un carré qui leur soit parfaitement égal.</p><p>On dit avec le pronom personnel, Se <i>carrer</i> ; pour dire, Marcher avec affectation &amp; témoignage d'orgueil, comme font les fanfarons, en tenant les mains sur leurs côtés. <i>Subnixis alis se inferre, ansatum ambulare, efferre se magnificè.</i> Voyez-vous comme il se <i>carre</i> ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7189" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CARRET" />
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   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CARRET</head>
    <p>
    CARRET , s. m. Terme de Marine , qui se dit d'un fil tiré d'un des cordons de quelque vieux cable coupé par pièces, qui est de grand usage sur la mer pour racommoder les manoeuvres. <i>Funiculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7189" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARRET" />
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    <head>CARRET</head>
    <p>
    Carret , est aussi un nom que donnent les Marchands à de l'écaille de tortue. <i>Testudinis putamina.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7190" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRHES" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CARRHES</head>
    <p>
    CARRHES , s. f. &amp; plur. Nom ancien de plusieurs villes en Orient. <i>Carrhae. Carrhes,</i> ville de l'Arabie proche de la mer, est, à ce que l'on croit, celle qui se nomme aujourd'hui Héren. <i>Carrhes,</i> ville de la Mésopotamie, aujourd'hui du Diarbeck, est l'ancienne , <i>Hharan,</i> ou <i>Charan,</i> séjour de Tharé &amp; d'Abraham, dont il est parlé, <i>Gen.</i> XII. 31. &amp; <i>Act.</i> VII. 2. Ptolomée la place à 40. milles d'Edesse : d'autres sur le fleuve Chaboras ; &amp; d'autres sur le Charra. C'est à <i>Carrhes</i> que Crassus fut défait par les Parthes, &amp; que Caracalle fut tué. <i>Carrhes</i> eut depuis un Evêché suffragant d'Edesse. Voyez Bochart, <i>Phaleg,</i> L. I. c. 14. p. 107.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7191" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRIER" />
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    <head>CARRIER</head>
    <p>
    CARRIER , s. m. Homme de journée qui tire &amp; qui coupe la pierre des carrières. <i>Latomus, lapidicida.</i> On le dit aussi des Marchands de pierre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7192" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRIÈRE" />
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    <head>CARRIÈRE</head>
    <p>
    CARRIÈRE , s. f. Lieu creusé en terre pour en tirer la pierre qui est dessous. <i>Lapidicina.</i> On ne peut pas bâtir sur ce terrein, il est creux, on y a fouillé des <i>carrières.</i> Cet enfant est tombé dans le puits de la <i>carrière.</i> Une <i>carrière</i> de marbre, de jaspe, de pierre de S. Leu, de Tonnerre, &amp;c. On les distingue par la matière que l'on en tire. Les <i>carrières</i> d'où l'on tire le marbre, s'appellent <i>marbrières</i> : celles d'où l'on tire la pierre, <i>pierrières</i> ; &amp; celles d'où l'on tire l'ardoise, <i>ardoisières.</i> Il y a des <i>carrières</i> où on trouve deux cieux ou bancs de ciel à 12 ou 15. pieds au-dessous l'un de l'autre comme a remarqué Blondel.</p><p>Ce mot vient de <i>carreaux</i> ou grosses pierres qu'on tire des <i>carrières,</i> qu'on a appellé en Latin <i>Quadrariae,</i> ou <i>carreriae.</i></p><p>Les Médecins disent aussi, qu'un homme a une <i>carrière</i> dans la vessie, quand après en avoir tiré quelques pierres, il s'y en engendre de nouvelles.</p><p>Les Botanistes appellent aussi dans une poire la <i>carrière,</i> cette partie où s'amassent plusieurs petits noeuds pierreux, qui vers le centre du fruit semblent ne former qu'une pierre. Cette <i>carrière,</i> ces noeuds se forment non-seulement dans le centre ; mais encore dans la chair de la poire, principalement de celles qu'on appelle Poires d'estranguillon. M. Grew, dans son <i>Anatomie des Plantes,</i> dit que ces noeuds ne sont autre chose que plusieurs parties du suc endurcies &amp; coagulées de la même manière que celles qu'on voit souvent dans les urines, dans les tonneaux de vin, &amp; dans plusieurs autres liqueurs, par la précipitation que cause quelquefois le mélange, &amp; la force des sucs, qui se trouvent dans les corps ligneux, &amp; dans le parenchyme ; qui agissent les uns sur les autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7192" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARRIÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CARRIÈRE</head>
    <p>
    Carrière , signifie aussi le terrein, l'étendue d'un champ où on peut pousser un cheval, jusqu'à ce que l'haleine lui manque. J'ai éprouvé ce cheval, je lui ai fait faire une grande <i>carrière.</i></p><p>Prendre sa <i>carrière.</i></p><p>Faire sa <i>carrière,</i> pour dire, Fournir, ne se dit pas communément. Le P. Le Moine a pourtant dit,</p><p>On dit poëtiquement, Le blond Phoebus entrant dans sa <i>carrière.</i></p><p><i>Carrière</i> se dit généralement de toute course, ou cours, &amp; mouvement. Le Soleil entre dans sa <i>carrière,</i> quand il se lève. La Lune fournit sa <i>carrière.</i> Les Astres finissent leur <i>carrière</i> quand ils se couchent.</p><p>Ce mot vient de <i>carrera</i> Latin, qui est aussi Espagnol, &amp; qui a été fait de <i>carra,</i> comme qui diroit <i>chemin de charrettes.</i> Mén. Ou bien il vient de <i>quadrariae</i>, ou de <i>quadratariae, à quadris vel quadratis lapidibus.</i> Borel le dérive de <i>charrière</i>, vieux mot François qui signifioit <i>rue</i> par où peut passer une charrette, qui doit avoir au moins 8. pieds de large.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7192" id="3" type="coutumes">
   <index type="head" value="CARRIÈRE" />
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    <head>CARRIÈRE</head>
    <p>
    Carrière . Terme de Coutumes . Chemin large de huit pieds, où l'on peut mener charrette l'une après l'autre, &amp; bétail en cordel &amp; non autrement.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CARRIÈRE</head>
    <p>
    Carrières , en termes de Manége , signifie un lieu fermé de barrières où on entre pour courir la bague, &amp; la course même du cheval, pourvu qu'elle n'aille point au-delà de deux cents pas. <i>Hippodromus.</i> Il a fourni sa <i>carrière.</i> Il a bronché au milieu de la <i>carrière,</i> sitôt qu'il est entré dans la <i>carrière.</i> Ce cheval a une certaine <i>carrière</i> tride, c'est-à-dire, il galope fort vîte.</p><p>En Fauconnerie on appelle <i>carrière,</i> la montée de l'oiseau d'environ 60. toises. S'il monte plus ou moins, on dit <i>double carrière,</i> ou <i>demi carrière.</i></p><p>Dans les cirques anciens on appelloit <i>carrière,</i> le chemin que devoient faire les biges, ou les quadriges, c'est-à-dire, les chariots à deux ou à quatre chevaux, qu'on faisoit courir à toute bride jusqu'aux bornes de la stade pour remporter les prix.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CARRIÈRE" />
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    <head>CARRIÈRE</head>
    <p>
    Carrière , se dit figurément en choses spirituelles, &amp; premièrement d'un bon sujet, d'une belle matière où on peut s'exercer à écrire, à discourir. <i>Campus, stadium.</i> Cicéron pouvoit donner une libre <i>carrière</i> à son esprit, &amp; employer l'art de persuader dans toute son étendue. P. Rap. L'Histoire du temps est une ample &amp; vaste <i>carrière</i> pour un Historien. Ce sujet est une belle <i>carrière</i> où un Poëte peut exercer son génie.</p><p>On dit en ce sens, Donner <i>carrière</i> à son esprit ; pour dire, Se laisser emporter à son génie, s'étendre sur un sujet au-delà des bornes ; pousser un éloge ou raillerie trop loin. <i>Laxiùs in quidpiam dicendo effundi, sese effundere.</i> On dit aussi se donner <i>carrière</i> ; pour dire, se laisser aller à son plaisir, se divertir. <i>Indulgere genio liberiùs.</i> Ces gens se donnent <i>carrière,</i> c'est-à-dire, se réjouïssent, boivent, rient, chantent, &amp;c. Cela n'est bon que dans le style simple &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7192" id="6" type="">
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    <head>CARRIÈRE</head>
    <p>
    Carrière , se dit encore figurément du cours de la vie, &amp; des fonctions où on la passe. <i>Curriculum, cursus, stadium.</i> Ce saint homme a fourni sa <i>carrière,</i> a passé sa vie dans les exercices de piété. Le prix nous attend au bout de la <i>carrière.</i> Cet Ambassadeur a fourni sa <i>carrière,</i> a achevé sa négociation avec succès. Sa <i>carrière,</i> qui pouvoit être plus longue, ne pouvoit être ni plus belle, ni plus glorieuse. Patru.</p><p>On dit proverbialement, qu'on a fait passer <i>carrière</i> à quelqu'un ; pour dire, qu'on lui a fait faire quelque chose haut la main &amp; malgré lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7193" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRILLON" />
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    <head>CARRILLON</head>
    <p>
    CARRILLON . Voyez <ref type="search" target="head:CARILLON">CARILLON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7194" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRILLONNER" />
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    <head>CARRILLONNER</head>
    <p>
    CARRILLONNER . Voyez <ref type="search" target="head:CARILLONNER">CARILLONNER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7195" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRILLONNEUR" />
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    <head>CARRILLONNEUR</head>
    <p>
    CARRILLONNEUR . Voyez <ref type="search" target="head:CARILLONNEUR">CARILLONNEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7196" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRIOTTE" />
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    <head>CARRIOTTE</head>
    <p>
    CARRIOTTE , subst. fém. Fruit du Palmier qu'on appelle communément <i>datte. Palma, palmula, palmae pomum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7197" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARROSSE" />
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    <head>CARROSSE</head>
    <p>
    CARROSSE , s. m. Voiture commode pour aller par la ville, &amp; par la campagne. <i>Rheda, currus, petoritum, carpentum, essedum.</i> C'est un vaisseau propre à tenir plusieurs personnes, suspendu avec de grosses courroies sur quatre moutons, posé sur un train à quatre roues. Ses parties sont le train, le bateau, l'impériale, les quenouilles, les fonds, les portières, les mantelets, les gouttières. Teissier, dans ses <i>Eloges des hommes illustres,</i> remarque que du temps de François I. il n'y avoit à Paris que deux <i>carrosses,</i> celui de la Reine, &amp; celui de Diane, fille naturelle d'Henri II. &amp; que le premier des Seigneurs de la Cour qui en eut un, fut Jean de Laval de Bois-Dauphin, qui ne pouvant se tenir à cheval à cause de son excessive grosseur, fut contraint de se servir de cette voiture. Les Ducs &amp; Pairs ont le privilége d'entrer en <i>carrosse</i> dans le Louvre ; &amp; les Duchesses, de mettres des housses sur leurs <i>carrosses.</i> Il y a des <i>carrosses</i> de Lyon, d'Orléans, &amp;c. qui sont des voitures publiques, &amp; des <i>carrosses</i> de louage.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>carruca,</i> ou <i>carrucha,</i> qui se trouve ainsi écrit dans les Pandectes de Florence. On trouve <i>carroccium,</i> pour un char de guerre, <i>Acta SS. Maii, T. VII. p.</i> 39. <i>D.</i> Le mot <i>carrosse</i> vient de <i>carrus, carrum.</i> Schrieck fait venir le nom François <i>carrosse,</i> &amp; le mot Latin <i>carrum,</i> de l'Hébreu , <i>carots, plaustrum, chariot.</i></p><p>Un <i>carrosse coupé,</i> est un <i>carrosse</i> qui n'a qu'un fond sur le derrière, &amp; qui n'a tout au plus sur le devant qu'un strapontin. <i>Currus accisus.</i> Un <i>carrosse vitré,</i> c'est celui qui est garni de glaces. <i>Laminis cristallinis instructus, ornatus.</i> Un <i>carrosse drappé,</i> est un <i>carrosse</i> de deuil, garni de drap dehors &amp; dedans. <i>Pullatis intra, extraque pannis opertus.</i> L'attelage d'un <i>carrosse</i> s'entend de six chevaux avec un volontaire, pour servir à la place de quelqu'un des autres à qui il arriveroit quelque accident. Ce Prince a trois attelages de <i>carrosse.</i> L'attelage ordinaire n'est que de deux chevaux.</p><p>On appelle un homme à <i>carrosse,</i> une Dame à <i>carrosse,</i> ceux qui se distinguent du peuple par l'équipage d'un <i>carrosse</i> qu'ils entretiennent, qui font rouler <i>carrosse.</i> La sottise de l'esprit humain est telle, qu'il n'y a rien qui ne lui serve à aggrandir l'idée qu'il a de lui-même ; &amp; si l'on y prend garde, il s'estime davantage à cheval, ou en <i>carrosse,</i> qu'à pied. Port. R.</p><p>Les Historiens, &amp; sur-tout ceux d'Italie, ont appellé <i>carrosse,</i> le principal étendart d'une armée, qui étoit attaché à un arbre gros comme un grand mât, avec des cables, sur un chariot couvert d'écarlate, &amp; tiré par quatre paires de boeufs caparaçonnés &amp; couverts de satin blanc avec une croix rouge sur le milieu. Il avoit au haut une croix d'or fort brillante ; &amp; l'étendart étoit blanc chargé d'une croix rouge. Personne n'osoit prendre la fuite tant qu'il subsistoit debout. Il étoit à la garde d'un Capitaine avec huit Trompettes, &amp; huit soldats d'élite, &amp; il y avoit un Aumônier qui disoit tous les jours la Messe auprès. Les Auteurs en attribuent l'invention à Héribert Archevêque de Milan vers l'an 1124. L'Empereur Othon IV. avoit un semblable <i>carrosse.</i> Plusieurs autres Princes en ont eu aussi, comme les Rois de Hongrie, &amp; même les Sarrazins.</p><p>On appelle proverbialement un cheval de <i>carrosse,</i> un homme sans esprit, à qui on ne peut rien apprendre, &amp; celui qui marche grossièrement, &amp; en pied plat ; ou un brutal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7198" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARROSSIER" />
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    <head>CARROSSIER</head>
    <p>
    CARROSSIER , s. m. Ouvrier qui fait des <i>carrosses. Rhedarum opifex.</i> Ceux de ce métier s'appellent, <i>Selliers Lormiers, Carrossiers</i> ; &amp; ils font à Paris un corps séparé d'avec les Bourreliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7199" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARROUBE" />
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    <head>CARROUBE</head>
    <p>
    CARROUBE , ou CARROBE. Voyez <ref type="search" target="head:CAROUGE">CAROUGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7200" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARROUS" />
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    <head>CARROUS</head>
    <p>
    CARROUS . Voyez <ref type="search" target="head:CARROUSSE">CARROUSSE</ref>. C'est la même chose, si ce n'est que <i>carrous</i> n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7201" id="1" type="">
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    <head>CARROUSEL</head>
    <p>
    CARROUSEL , s. m. Course de chariots &amp; de chevaux : fête magnifique que font des Princes, ou des grands Seigneurs, pour quelque réjouissance publique ; comme aux mariages, aux entrées des Rois, &amp;c. <i>Ludus equestris.</i> Elle consiste en une cavalcade de plusieurs Seigneurs superbement vêtus, &amp; équipés à la manière des anciens Chevaliers, qui sont divisés en quadrilles. Ils se rendent à quelque place publique, où ils font des courses de bague, des joûtes, tournois, &amp; autres exercices de Noblesse. On y ajoûte quelquefois des chariots de triomphe, des machines, des danses, des courses de chevaux, &amp;c. &amp; c'est de-là que ces fêtes ont pris leur nom. Les Maures y introduisirent les chifres &amp; les livrées dont ils ornerent leurs armes &amp; les housses de leurs chevaux, avec plusieurs applications mystérieuses. Les Gots &amp; les Allemands y ajoûterent l'usage des cimiers, des masses de héron &amp; des aigrettes. La plupart des machines sont des inventions des Italiens.</p><p>On appelle aussi <i>Carrousel,</i> le lieu, la place où l'on a fait un <i>Carrousel.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>carosello</i>, diminutif de <i>carro.</i> Mén. Le Père François Ménestrier Jésuite a écrit des <i>carrousels,</i> <pb n="879" facs="bpt6k8542165/f919/full/1200,/0/native.jpg"/>des joûtes &amp; des tournois. Il y décrit la pompe ou la marche des <i>carrousels,</i> la lice ou la carrière des <i>carrousels,</i> les sujets des <i>carrousels,</i> les machines des <i>carrousels,</i> les récits &amp; l'harmonie des <i>carrousels,</i> les personnes qui entrent dans la pompe des <i>carrousels,</i> les comparses, &amp; toutes les actions ordinaires des <i>carrousels.</i></p><p>Tertullien, en son Livre des Spectacles, attribue à Circé l'invention des <i>carrousels,</i> &amp; veut qu'elle ait été la première à dresser le Cirque &amp; des courses en l'honneur du Soleil son père. De sorte que quelques-uns croient que ce mot vient de <i>carrus solis</i>, ou de <i>carro del sole.</i> Mais il y a plus d'apparence qu'il vient des chars &amp; carrosses qu'on y menoit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7202" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARROUSSE" />
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    <head>CARROUSSE</head>
    <p>
    CARROUSSE , s. f. Bonne chère qu'on fait en buvant, &amp; en se réjouïssant. <i>Larga &amp; hilaris compotatio.</i> Ils ont été trois jours chez un tel à faire <i>carrousse.</i> Ce mot est populaire, &amp; vient de l'Allemand <i>garhaus,</i> qui veut dire, <i>tout vuidé</i> ; on sousentend le verre ; d'où on a fait depuis <i>carous,</i> &amp; puis <i>carrousse.</i> Mén. Borel le dérive de , <i>gaudium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7203" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARRURE" />
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    <head>CARRURE</head>
    <p>
    CARRURE , s. f. est un terme dont les Tailleurs se servent en parlant de la taille d'un pourpoint, ou d'un corps de jupe, qui se dit particulièrement de l'espace qui est entre les deux épaules. <i>Spatium inter humeros interjectum.</i> On dit <i>carrure</i> de devant, <i>carrure</i> de derrière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7203" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARRURE" />
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    <head>CARRURE</head>
    <p>
    Carrure , signifie encore l'espace ou l'étendue d'un carré. <i>Quadrati spatium, quadrati amplitudo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7204" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTAGE" />
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    <head>CARTAGE</head>
    <p>
    CARTAGE , ou CARTHAGE, s. f. <i>Carthago.</i> Ville d'Afrique très-fameuse dans l'antiquité, &amp; qui disputa l'Empire du monde à Rome. Les sentimens des Anciens sont partagés sur le fondateur de <i>Carthage,</i> &amp; sur le temps qu'elle fut bâtie. Appien, L. I. <i>de Bello Punico,</i> dit qu'elle fut bâtie 50. ans avant la prise de Troye. Philiste, Auteur de Syracuse que Cicéron appelle un petit Thucydide, &amp; dont il est souvent parlé chez les Anciens, disoit, au rapport d'Eusèbe, qu'elle fut bâtie l'an 32e avant la prise de Troye, du temps du Juge Jaïr. Justin, L. XVIII. C. 5. &amp; 6. dit qu'elle fut bâtie 72 ans avant Rome. Orosius a suivi Justin. Paterculus, L. I. c. 6. dit que ce ne fut que 65. ans avant Rome. Denys d'Halicarnasse, L. I. rapporte de Timée Sicilien que ce fut 38. ans avant la première Olympiade ; ce qui revient à peu-près au sentiment de Paterculus. Josephe, dans son ouvrage contre Appion, cite Ephésius, qui avoit appris des Archives des Tyriens qu'elle fut bâtie 143. ans 8. mois après le Temple de Salomon. Outre ce qu'Eusèbe rapporte de Philiste, il en parle encore à l'année 31e de David, p. 121. de l'édit. de Scaliger, &amp; dit que le sentiment de quelques Auteurs est qu'elle fut bâtie 133. ans après la guerre de Troye. Virgile suppose qu'elle fut bâtie peu après la prise de cette ville, car sept ans après lorsqu'Enée y arriva elle étoit fort avancée, &amp; la guerre de Troye se voyoit peinte dans le Palais de la Reine.</p><p>Quant au Fondateur de <i>Cartage,</i> Philiste disoit que ce furent Ezore, ou Xore, &amp; Carchedon, tous deux Tyriens ; d'autres, que ce fut Carchedon Tyrien, père de Didon : d'autres que ce fut Didon sa fille. Justin &amp; Paterculus disent que ce fut Elisse fille du Roi de Tyr, &amp; soeur de Pygmalion. Paterculus ajoûte que quelques-uns croient qu'Elisse est la même que Didon. Virgile a suivi ce sentiment. Appien dit que l'opinion des Romains étoit que Didon avoit bâti <i>Carthage.</i></p><p><i>Carthage</i> a eu différens noms. Le Géographe Etienne de Byzance en rapporte quatre, sans parler de celui de <i>Carthage</i> ; Coenepolis, , Cadmée, <i>Cadmea,</i> , <i>Oenusse, Oenussa,</i> , <i>Caccabe.</i> Le premier &amp; le troisième sont Grecs : celui-là signifie <i>Ville neuve,</i> &amp; celui-ci <i>vineuse,</i> comme si elle avoit produit beaucoup de vin. Les autres sont Phéniciens. Cadmée vient de , <i>Kedem,</i> qui en Phénicien, comme en Hébreu, signifie <i>Orient,</i> &amp; veut dire <i>Orientale,</i> parce qu'elle fut bâtie par des Orientaux. , Caccabe, signifie en Phénicien <i>tête de cheval.</i> La raison pour laquelle on l'appella <i>Caccabe,</i> ou <i>tête de cheval,</i> c'est qu'on trouva à l'endroit où on la bâtit une tête de cheval, qui parut d'un bon augure, &amp; que l'on prit pour le pronostique d'un peuple guerrier &amp; victorieux. Bochart, <i>Chanaan</i> Liv. I. ch. 24. pag. 514. &amp; 515. croit que , <i>Caccabe,</i> a été dit en Grec par corruption pour , <i>Carcabe</i> ; qu'il vient de , <i>car,</i> &amp; de , <i>recaba</i> ; que , qui signifie en Hébreu Chef, Commandant, aura été dit en Phénicien par analogie pour la tête ; que , aura signifié un cheval, parce que , <i>racab,</i> signifie en Hébreu un Cavalier.</p><p>La Citadelle de <i>Carthage</i> s'appella <i>Byrsa</i> par les Grecs, qui, selon le même Auteur, au même endroit p. 513. pour éviter la cacophonie l'avoient fait de <i>botsra,</i> , qui en Hébreu, &amp; par-conséquent en Phénicien, signifie une fortification, <i>munimentum.</i></p><p>Pour ce qui est du nom de <i>Carthage,</i> il est évident qu'il vient de , <i>Kiriath,</i> ou <i>Kariath</i> en Hébreu, &amp; <i>Cartha</i> en Phénicien. Bochart, à l'endroit que j'ai déja cité pag. 512. croit très-probablement que ce nom est en Phénicien le même que celui qu'Etienne de Byzance lui donne en Grec, , <i>ville neuve</i> ; que les Phéniciens la nommerent , <i>Kartha hadtha ;</i> car les Chaldéens ont dit , pour l'Hébreu , <i>renouveller</i> ; que de <i>Kartha, Kadtha,</i> ou <i>Cartada,</i> comme l'on prononçoit, les Grecs firent , &amp; de là les Latins on dit <i>Carthago.</i> Tous ces noms, &amp; les restes de la langue Carthaginoise que S. Augustin &amp; d'autres nous ont conservés, prouvent ce que toute l'Antiquité a reconnu, c'est-à-dire, que <i>Carthage</i> étoit une Colonie des Phéniciens.</p><p><i>Carthage</i> devint si puissante qu'elle fut la maîtresse non-seulement de la Lybie, mais encore de toutes les Isles de la Méditerranée qui étoient à sa bienséance, &amp; d'une bonne partie d'Espagne. Devenue rivale de Rome, elle soutint trois guerres contre cette fameuse République. Dans la seconde, qui dura 18. ans, la haine, le courage, l'habileté, l'expérience d'Annibal, l'en fit presque triompher ; mais la fortune changea : elle fut obligée de faire la paix à des conditions peu avantageuses ; &amp; ayant voulu recommencer la guerre une troisième fois, Caton opina à la ruine entière de cette ennemie ; le Sénat suivit son avis : Scipion l'Emilien prit <i>Carthage,</i> &amp; la rasa, l'an de Rome 608. Dans la suite Auguste y envoya une Colonie de 3000 hommes. Hadrien la rétablit, &amp; la nomma <i>Hadrianopolis.</i> Après l'établissement du Christianisme <i>Carthage</i> devint le Siége d'un Archevêque. En 432. Genseric l'enleva aux Romains, &amp; pendant cent ans elle fut le Siége de l'Empire des Vandales en Afrique. Il nous reste beaucoup de médailles de <i>Carthage.</i> Toutes celles sur lesquelles on voit ce lettres CAR. KAR. KART. K. KE. KPTc. K. R. T. S. PK. SMK. SMKA. SMKE. SMNKAB. au jugement des Antiquaires, ont été frappées à <i>Carthage.</i></p><p>Les Arabes ont entièrement ruiné <i>Carthage.</i> A trois lieues de Tunis, on en voit les ruines que les Africains nomment encore Bersack, de son ancien nom Byrsa.</p><p>S. Cyprien étoit Evêque de <i>Carthage.</i> Justinien établit à <i>Carthage</i> le siége d'un Préteur pour l'Afrique. Les guerres de <i>Carthage</i> contre Rome s'appellent communément les guerres Puniques. On dit la première, la seconde, la troisième guerre Punique. Voyez <ref type="search" target="head:Punique">Punique</ref>. Le gouvernement de <i>Carthage</i> étoit oligarchique ; mais durant la guerre le Conseil donnoit aux chefs une autorité absolue ; on croyoit cela nécessaire pour le succès des grandes entreprises. <i>Carthage</i> avoit 360 stades de tour.</p><p>Tant d'Auteurs ont parlé de <i>Carthage,</i> qu'il est difficile d'en faire le choix. Voici les principaux, Josephe <i>Antiq. Jud.</i> Liv. VIII. ch. 13. <i>contre Appion</i> Liv. I. Solin. ch. 27. ou 30. Justin Liv. XVIII. ch. 3. &amp; suiv. Strabon L. XVII. Plin. Liv. V. ch 4. Pontac. pag. 305. 325. &amp;c. de ses notes sur Eusèbe, Salien &amp; Torniel à l'an du monde 2842. le P. Petau <i>De Doctr. Temp. Lib. IX. cap.</i> 63. <i>&amp; Rat. Temp. P. II. L. II. c.</i> 13. Bochart <i>Chanaan</i> Liv. I. c. 23. Marmol, L. VI. ch. 15. Vossius <i>De Idolol. Lib. I. c.</i> 32.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7204" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARTAGE" />
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    <head>CARTAGE</head>
    <p>
    Carthage , s. f. <i>Carthago.</i> Il y avoit aussi en Espagne deux villes de ce nom fondées par les Carthaginois, qui y dominoient. L'une s'appelloit <i>Carthage</i> la vieille, <i>Carthago vetus.</i> Elle fut fondée par Hamilcar dans l'Espagne Tarraconnoise, &amp; dans les Pays des Ilerciens. Quelques Auteurs veulent que ce soit Villefranche, &amp; d'autres Cantaveja dans l'Arragon, sur les confins de la Catalogne &amp; du Royaume de Valence. D'autres la placent au confluent de la Sègre &amp; de l'Ebre. L'autre étoit <i>Carthage</i> la nouvelle, <i>Carthago nova,</i> qui porte encore le nom de Cartagène, formé de ce mot Latin. Voyez <ref type="search" target="head:CARTAGÈNE">CARTAGÈNE</ref>. On dit encore qu'Annibal en bâtit une en Arménie à laquelle <pb n="880" facs="bpt6k8542165/f920/full/1200,/0/native.jpg"/>il donna le même nom ; Etienne de Byzance en parle. Le Scholiaste d'Aristophane en place encore une en Thrace.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7204" id="3" type="mythologie">
   <index type="head" value="CARTAGE" />
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    <head>CARTAGE</head>
    <p>
    Carthage , est aussi un terme de Mythologie . <i>Carthago.</i> Cicéron, dans son IIIe Livre <i>de la nat. des Dieux</i> n. 42. dit que <i>Carthage</i> passoit pour être fille d'Hercule Tyrien, qui étoit fils de Jupiter &amp; d'Astérie soeur de Latone, &amp; qu'il est le quatrième de six Hercules qu'il distingue. Justin, L. XVIII. ch. 6. dit que la ville même de <i>Carthage</i> fut honorée comme une Déesse tant qu'elle n'eut point été vaincue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7205" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTAGÈNE" />
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    <head>CARTAGÈNE</head>
    <p>
    CARTAGÈNE , s. f. Ville d'Espagne dans le Royaume de Murcie. <i>Carthago nova.</i> Cette ville fut bâtie par Asdrubal dans la Bétique sur la côte de la Méditerranée. Appien l'a confondue avec Sagunte. Polybe, Liv. X. p. 583. de l'édition de Casaubon, en fait une description fort détaillée. Tite-Live la décrit aussi Liv. XXVI. ch. 43. &amp; Silius Italicus Liv. XV. v. 220. <i>Cartagène</i> a un Evêché suffragant de Tolède.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7205" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARTAGÈNE" />
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    <head>CARTAGÈNE</head>
    <p>
    Cartagène , est aussi une ville de l'Amérique Méridionale dans le Royaume de Grénade, &amp; capitale d'un Gouvernement qui porte son nom. Elle a un Evêché suffragant de S. Fé de Bogota. Elle est située sur une presqu'Isle qui ne tient à la terre que par une chaussée de deux cents pas de long. <i>Cartagène</i> fut bâtie en 1532. par Pedro Hérédia. Il s'y fait un fort gros commerce. C'est là qu'on perce, &amp; que l'on travaille les perles de la Marguerite. Quelques-uns l'appellent <i>Cartagène nouvelle.</i> Maty, Hoffman, Linschot <i>ch.</i> 8. <i>Amer.</i> Herrera <i>ch.</i> 16.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7206" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTAGINOIS" />
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    <head>CARTAGINOIS</head>
    <p>
    CARTAGINOIS , ou CARTHAGINOIS, oise, s. m. &amp; f. <i>Carthaginensis.</i> Qui est de la ville ou de l'Etat de Carthage. Tertullien &amp; Térence étoient <i>Carthaginois.</i> Dans la troisième guerre Punique, les femmes &amp; les filles <i>Carthaginoises</i> donnerent leurs cheveux pour faire des cordages aux navires. Cicéron dit dans sa 16e oraison, qui est la seconde, <i>pro lege Agraria n.</i> 94. que les <i>Carthaginois</i> étoient trompeurs &amp; menteurs. On leur attribue l'invention de la machine de guerre appellée Belier, &amp; celle de galères à quatre rangs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7207" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTAGO" />
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    <head>CARTAGO</head>
    <p>
    CARTAGO , s. Ce nom, qui est Latin, &amp; qui signifie Carthage, se donne à deux villes de l'Amérique Méridionale, dont l'une est dans le Gouvernement du Popayan, &amp; l'autre dans l'Audience de Guatimala, &amp; dans la Province de Costarica, sur les confins de celle de Véragua. C'est un Evêché. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7208" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CARTAHU" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
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    <head>CARTAHU</head>
    <p>
    CARTAHU , s. m. Terme de Marine . C'est une manoeuvre passée dans une poulie au haut des mâts pour hisser les autres manoeuvres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7209" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTAME" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CARTAME</head>
    <p>
    CARTAME , s. m. <i>Carthamum officinarum, sive tenicus sativus.</i> Plante annuelle à fleurons, ainsi nommée à cause de sa vertu purgative. Sa racine est menue, &amp; quelquefois se divise en plusieurs menus bras. Elle ne pousse qu'une seule tige, haute de deux pieds environ, arrondie, branchue à son extrémité, &amp; chargée de feuilles alternes, lisses, nerveuses, longues de deux pouces sur demi pouce de largeur, pointues à leur extrémité, plus larges à leur base ; &amp; un peu épineuses sur leurs bords. Ses branches sont terminées par des têtes grosses comme des noix, composées de plusieurs écailles assez larges, pointues, &amp; de couleur pareille à celle des feuilles. Les fleurons qu'en ferment ces têtes sont d'un beau jaune qui rougit en se desséchant. Chaque fleuron est porté par un embryon qui devient une semence blanche, faite en forme de coin, plus grosse qu'un grain d'orge ; &amp; qui n'est point chargée d'aigrette. Cette semence dépouillée de sa peau extérieure est purgative, &amp; sert de base aux tablettes diacarthami. Cette même semence se donne aux perroquets ; d'où lui vient le nom de <i>semence des perroquets.</i> Sa fleur est employée comme le vrai saffran, d'où lui vient le titre de <i>saffranum,</i> ou saffran bâtard. On l'emploie dans les teintures de laine &amp; de soie. Voyez Safran bâtard.</p><p>Ce mot vient de <i>Caten</i>, qui chez les Mores signifie la même plante ; ou bien du Grec , <i>purger</i> ; car cette plante est purgative.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7210" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTAUT" />
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    <head>CARTAUT</head>
    <p>
    CARTAUT , Voyez <ref type="search" target="head:QUARTAUT">QUARTAUT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7211" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTAUX" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTAUX</head>
    <p>
    CARTAUX , s. m. pluriel. Sur mer on appelle <i>cartaux</i> les cartes marines. <i>Tabulae nauticae,</i> ou <i>maritimae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7212" id="1" type="cocher & de charretier">
   <index type="head" value="CARTAYER" />
   <index type="src_domain" value="cocher & de charretier" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>CARTAYER</head>
    <p>
    &#9758; CARTAYER , v. act. Terme de cocher &amp; de charretier . C'est lorsqu'ils ne font pas rouler leurs charrettes &amp; carrosses dans les vieilles ornières, ou quand dans une rue ils laissent le ruisseau au milieu &amp; entre les chevaux. Il y a de l'adresse &amp; quelquefois du danger à <i>cartayer.</i> On prononce <i>carteyer.</i> On dit aussi <i>quarter</i> &amp; <i>quartoyer.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    CARTE , s. f. Papier. <i>Charta.</i> Il n'est guère en usage que dans cette phrase, Donner la <i>carte</i> blanche à quelqu'un, ou donner <i>carte</i> blanche ; pour dire, lui donner un papier blanc signé pour le remplir de ce qu'il lui plaira.</p><p>On le dit aussi au figuré ; pour dire, Se soumettre à toutes les conditions qu'un autre nous voudra imposer ; lui laisser liberté entière de faire ce qu'il lui plaira, dans une affaire qu'on lui propose, ou dont on le charge. On dit, avoir <i>carte</i> blanche, de celui à qui on la donne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte , se dit aussi du mémoire de la dépense d'un repas, chez un Traiteur. Apportez la <i>carte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="3" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte , est aussi une grande feuille de papier, ou plusieurs feuilles collées ensemble, sur lesquelles on a tracé, dépeint, ou gravé la représentation du monde, ou de ses parties. <i>Tabula.</i> Les <i>cartes</i> géographiques contiennent la description des terres ; les hydrographiques, celle de la mer ; les chorographiques, celle d'une région ; les topographiques, celle de quelques lieux particuliers. Hévélius a fait le premier des <i>cartes</i> sélénographiques, qui contiennent la description des figures qui apparoissent en la Lune. On en fait maintenant de plus exactes à l'Observatoire du Roi. La <i>carte</i> universelle s'appelle la <i>mappemonde. Totius orbis in tabula descriptio.</i> On dit aussi des <i>cartes</i> cosmographiques ; pour dire, la description du monde. On a trouvé l'invention de faire des <i>cartes</i> topographiques fort exactes, en faisant des observations avec des instrumens garnis d'alhidades en deux stations. Le premier qui en a écrit, a été Philippes d'Amfrie, Tailleur Général de Monnoies de France en 1597. &amp; depuis lui Adrianus Métius, Morgard, Henrion, &amp; les Pères Jean-François Schot, &amp; Pardies, Jésuites, comme a rapporté le Sr Comiers en son <i>Traité de Lunettes.</i> On prétend que Sesostris, premier Roi d'Egypte, qui se rendit redoutable par les armes, fut aussi le premier des hommes qui inventa les <i>cartes</i> géographiques, pour faire connoître l'étendue de ses conquêtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="4" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte Marine , ou Hydrographique, est une <i>carte</i> où on prend peu de soin de marquer les villes qui sont en terre ferme, mais où on décrit exactement la mer, les côtes, les ports, les rochers, les Isles, les bancs de sable, les seiches, &amp; les golphes. <i>Marina, Nautica tabula.</i> On y décrit aussi outre les longitudes &amp; latitudes, les lignes des rhumbs des vents. On y marque les Méridiens en lignes parallèles : ce qui est sujet à beaucoup d'erreurs. On se sert sur la Méditerranée de <i>cartes</i> par routes &amp; distances. Elles n'ont point d'autres lignes que celles des rhumbs de vent ; &amp; une seule échelle qui se mesure par milles. Les matelots ont des <i>cartes</i> au point plat, au point commun, qui sont les ordinaires ; d'autres au point réduit, quand les degrés de latitude, c'est-à-dire, les degrés qui courent Nord &amp; Sud, sont tous inégaux entre eux, plus petits auprès de l'Equateur, &amp; plus grands à mesure qu'ils s'approchent des Poles : ce qui arrive, lorsque la projection de la <i>carte</i> est telle, que le Pole y sert de centre, &amp; que les rayons en marquent les Méridiens.</p><p><i>Carte plate,</i> est une carte qui représente une moyenne étendue, comme sont les côtes ; qui ont une échelle de lieues, &amp; de plus les degrés de latitude marqués sur leurs côtés parallèles au Méridien. Plus les <i>cartes</i> sont à grands points, c'est-à-dire, plus elles sont grandes à proportion du terrein qu'elles représentent, plus elles sont parfaites.</p><p>Pointer la <i>carte,</i> c'est marquer le lieu sur la <i>carte</i> où on croit être en pleine mer, suivant l'observation &amp; l'estime d'un Pilote. <i>Altum mare in tabula nautica designare.</i></p><p>On fait aussi sur terre des <i>cartes</i> de routes pour les logemens de gens de guerre, &amp; pour les campemens : &amp; on dit, Oter quelqu'un de dessus la <i>carte</i> ; pour dire l'exemter du logement des gens de guerre, faire détourner un peu la route.</p><p>Savoir la <i>carte,</i> se dit au propre de ceux qui savent la Géographie. <i>Peritum esse Geographiae, in Geographia esse versatum.</i> Il se dit mieux encore &amp; plus souvent au figuré, de ceux qui connoissent les intrigues d'une Cour, le train des affaires d'un Etat, les détours d'une maison, les connoissances, <pb n="881" facs="bpt6k8542165/f921/full/1200,/0/native.jpg"/>les habitudes, les secrets d'une famille, d'un quartier. <i>Occultas Aulicorum artes, initas rerum rationes, secreta domus, arcana familiarum nosse, callere.</i> Balzac a dit qu'il est aisé de trafiquer sur la <i>carte</i> ; c'est-à-dire, qu'il est facile de donner des conseils, loin des évenemens &amp; du danger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="5" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte Astronomique , est une carte qui représente les constellations, dans la situation qu'elles ont les unes à l'égard des autres. <i>Tabula Astronomica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="6" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte Généalogique , est une carte qui contient toute la généalogie d'une Maison. <i>Tabula Genealogica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="7" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte , signifie aussi, un corps fait de plusieurs feuilles de papier collées ensemble, ou de papier haché, mouillé, réduit en bouillie, rassemblé &amp; séché dans une presse. <i>Charta spissior.</i> On met de la <i>carte</i> dans les collets de pourpoint, &amp; dans plusieurs autres choses qu'on veut rendre dures &amp; fermes. On fait des images de <i>carte</i> dans des moules, des plaques, des ornemens de plafond avec la <i>carte</i> dorée.</p><p>On le dit en ce sens d'un petit morceau de <i>carte</i> déliée &amp; marquée de plusieurs points ou figures, dont on assemble un certain nombre pour jouer à plusieurs sortes de jeux. <i>Folium lusorium, aleatorium.</i> Il a eu ce coup ici le plus beau jeu de la <i>carte.</i> Une <i>carte haute,</i> est une <i>carte</i> figurée ou peinte. <i>Folium aleatorium pictam personam exhibens.</i> On y compte aussi quelquefois les as. Une <i>carte basse,</i> est celle qui est marquée des moindres points jusqu'à six. Une <i>carte</i> de coeur, de carreau, de pique &amp; de trefle. <i>Folium cordis figuram, rhombum, spiculum, trifolium exhibens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="8" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte , se dit quelquefois pour Charte, ou Chartr, c'est-à-dire, un titre, un acte, qui établit, ou qui fait foi de quelque chose. Ainsi dans l'Ordre de Cîteaux on appelle Carte de charité, <i>Charta charitatis,</i> une fameuse Constitution qui fut faite en 1119. &amp; qui contient les articles principaux &amp; fondamentaux du Gouvernement de cet Ordre. Voyez l'<i>Histoire de Citeaux</i> par le P. Ange Manrique à l'an 1119. ch. 4. C'est l'Abbé Etienne qui en fut l'Auteur ; la même ch. 3. n. 1. Calixte II. la confirma, au même endroit ch. 4. n. 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="9" type="cartier">
   <index type="head" value="CARTE" />
   <index type="src_domain" value="cartier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Carte , en termes de Cartier , est une feuille de carton, où il y a plusieurs <i>cartes</i> sans être coupées. <i>Tabula pictis foliis lusoriis distincta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7213" id="10" type="">
   <index type="head" value="CARTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>CARTE</head>
    <p>
    Cartes , se dit plus ordinairement au pluriel, quoiqu'on dise aussi fort bien au singulier, une <i>carte. Folia lusoria.</i> Il y a plusieurs jeux de <i>cartes,</i> le Piquet, le Berlan, l'Homme, l'Ombre, le Quadrille, la Bassette, le Lansquenet, la Triomphe, le Hère, l'Impériale, le Hoc, le Reversis, la grande &amp; petite Prime, la Menille, &amp;c.</p><p>On appelle aussi fausses <i>cartes,</i> les <i>cartes</i> marquées par lesquelles on pipe au jeu. <i>Adulterinum folium.</i> On dit aussi qu'il est entré une fausse <i>carte</i> dans un jeu, quand c'est une <i>carte</i> toute seule d'un point. <i>Folium lusorium notae inferioris.</i> Elle est désavantageuse, parce qu'on est obligé d'obéir à une haute de même point qu'on jette, &amp; qui fait perdre la main. Les Lydiens, pour charmer la faim pendant une extrême disette, inventerent les <i>cartes</i> &amp; la paume ; ils jouoient un jour, &amp; mangeoient l'autre : Le Gendre.</p><p>On dit aussi, Battre, mêler, brouiller, couper les <i>cartes</i> ; lorsqu'on les manie long-temps pour en changer l'ordre &amp; la disposition, &amp; qu'ensuite on en sépare le jeu en deux, &amp; qu'on met dessus celles qui étoient dessous, après quoi on les distribue. <i>Miscere, perturbare.</i></p><p>On dit figurément en ce sens, que les <i>cartes</i> sont bien brouillées, quand dans un Etat, ou dans une Cour, il y a des troubles, des guerres, des dissensions, des intérêts, &amp; des affaires fort difficiles à accommoder.</p><p>On dit proverbialement à un homme qui se plaint, &amp; qui est difficile à satisfaire. Si vous n'êtes pas content, prenez des <i>cartes.</i></p><p>On appelle jouer bien les <i>cartes,</i> faire les <i>cartes,</i> gagner les <i>cartes,</i> quand on fait un plus grand nombre de levées des <i>cartes</i> qu'on joue sur la table, que celui contre qui l'on joue. <i>Scienter foliis pictis ludere, folia versare, dimittere.</i></p><p>On appelle <i>cartes,</i> ce que les joueurs laissent pour la dépense des cartes. Les domestiques ont les <i>cartes.</i></p><p>On dit figurément d'une maison bien enjolivée, mais bâtie peu solidement, que c'est un château de <i>carte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7214" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTEL" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>CARTEL</head>
    <p>
    CARTEL , s. m. Ecrit qu'on envoie à quelqu'un pour le défier à un combat singulier, soit pour des tournois, soit pour un duel formé. <i>Scriptum quo quis provocat ad certamen.</i> Cet écrit contient ordinairement le lieu, la manière, le sujet, le jour &amp; l'heure du combat. Les <i>cartels</i> ne sont plus en usage depuis que le Roi a si sévèrement défendu les duels, si ce n'est figurément &amp; en raillerie, quand on veut défier quelqu'un à la dispute, &amp; faire un assaut de réputation, &amp; d'esprit. L'usage des <i>cartels</i> &amp; des défis est fort ancien, &amp; on en voit divers exemples dans Homère, Virgile, &amp; autres Poëtes Grecs &amp; Latins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7214" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARTEL" />
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    <head>CARTEL</head>
    <p>
    Cartel , signifie aussi un accord qui se fait entre les Etats pour les prisonniers pendant la guerre. <i>Pactio de captivis inita belli tempore.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7215" id="1" type="couvreur">
   <index type="head" value="CARTELETE" />
   <index type="src_domain" value="couvreur" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTELETE</head>
    <p>
    CARTELETE , adj. Terme de Couvreur . On appelle la plus petite ardoise, ardoise <i>cartelete.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7216" id="1" type="charpenterie">
   <index type="head" value="CARTELLE" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTELLE</head>
    <p>
    CARTELLE , s. f. Terme de Charpenterie , qui se dit des grosses planches ou dosses qui servent aux moulins à porter les meules, ou à faire des planchers qui sont à côté, &amp; à d'autres usages. <i>Materies.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7216" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARTELLE" />
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    <head>CARTELLE</head>
    <p>
    Cartelle , est aussi une façon de débiter les bois qui sont recherchés, comme les frênes &amp; érables loupeux &amp; nouailleux, lorsqu'on les met par petites planches de trois, quatre &amp; cinq pouces d'épaisseur pour servir aux Ebenistes. <i>Tessella.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7217" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTENIER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTENIER</head>
    <p>
    CARTENIER , Voyez <ref type="search" target="head:QUARTENIER">QUARTENIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7218" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTERON" />
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    <head>CARTERON</head>
    <p>
    CARTERON , Voyez <ref type="search" target="head:QUARTERON">QUARTERON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7219" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTÉSIANISME" />
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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>CARTÉSIANISME</head>
    <p>
    CARTÉSIANISME , s. m. Prononcez la seconde <i>s.</i> Sentimens, opinions du Philosophe Descartes. <i>Cartesianismus.</i> Secte de Philosophes modernes dont Descartes est le chef, &amp; qui prend son nom du nom Latin de son chef, <i>Cartesius.</i></p><p>Le <i>Cartésianisme</i> a ses principes de Métaphysique &amp; de Physique. Le principe de Métaphysique est celui-ci, <i>je pense, donc je suis.</i> Ce principe a été attaqué &amp; soutenu avec beaucoup de vivacité, &amp; avec trop de partialité de part &amp; d'autre ; car quoiqu'il soit vrai que nous sommes assurés en même temps par le sentiment intérieur de la conscience, que nous existons, comme nous le sommes que nous pensons, il est vrai de dire que la conclusion de ce raisonnement, <i>je suis,</i> se tire bien de l'antécédent, <i>je pense,</i> puisque <i>penser,</i> suppose nécessairement <i>être,</i> ou <i>exister,</i> &amp; que l'esprit voit clairement la liaison nécessaire qu'il y a entre <i>penser,</i> &amp; <i>être.</i> Cependant Descartes n'a pas dû proposer son principe comme une nouvelle découverte ; avant lui on savoit que pour penser il faut être, &amp; que celui qui pense actuellement existe actuellement. Pour la Physique le principe du <i>Cartésianisme</i> est qu'il n'y a que des substances : ce principe a paru dangereux, &amp; on le combat tous les jours dans les écoles Catholiques, en prouvant qu'il y a des accidens absolus. Ces substances sont de deux sortes. L'une est la substance qui pense, &amp; l'autre la substance étendue ; la pensée actuelle, l'étendue actuelle sont de l'essence de la substance, tellement que la substance pensante ne peut être sans quelque pensée actuelle, &amp; qu'on ne peut rien retrancher de l'étendue d'une chose, sans retrancher de sa substance. A l'égard de la substance pensante, on ne conçoit pas comment Dieu ne pourroit pas l'empêcher de penser, en lui refusant son concours pour quelque action que ce soit, tandis qu'il lui conservera l'existence. A l'égard de la substance étendue, la foi nous apprend que le corps de Jesus-Christ ne perd rien de sa substance dans le Sacrement de l'Eucharistie, quoiqu'il y perde beaucoup de son éténdue ; ainsi l'on ne peut pas dire que l'étendue est l'essence de la matière. Un autre principe du <i>Cartésianisme</i> est qu'il n'y a point de vuide, &amp; qu'il n'y en peut avoir dans la nature, parce que ce vuide pourroît être mesuré, il seroit étendu ; ce seroit donc de la matière ; car tout ce qui est étendu est matière. Il est inutile de faire des réflexions sur un si mauvais raisonnement ; les Philosophes d'un sentiment contraire le réfutent trop sérieusement.</p><p>Ces principes de Physique une fois supposés, Descartes explique par la voie de la Mécanique, &amp; par les règles du mouvement, comment le Monde a été formé tel qu'il est. Il suppose que Dieu a créé de la matière d'une étendue indéfinie ; qu'il a divisé cette matière en petites parties quarrées, ou de figures pleines d'angles ; qu'ensuite il imprima deux mouvemens à cette matiére, l'un par lequel chaque partie tourna sur son centre, l'autre par lequel une grande quantité de matière tourna sur un centre commun, ce qui forma autant de tourbillons qu'il y avoit de ces masses différentes de matière qui tournoient sur un centre commun. Voici, selon Descartes, ce qui arriva dans chaque tourbillon. Les parties de la matière ne purent être mises en mouvement sans que leurs angles se rompissent ; ce frottement continuel de parties à angles produisit deux sortes d'élémens ; le premier est une poudre très-fine formée des angles brisés mille fois, &amp; en mille manières ; le second sont des globules formés de ces parties de matière dont les angles ont été abattus par le mouvement ; le troisième sont les parties de ces angles dont la figure est irrégulière, &amp; qui par de petites cornes se sont embarrassées les unes avec les autres. Le premier élément, suivant les loix du mouvement, occupe le centre du tourbillon, à cause de la petitesse de ces parties ; cet élément est la matièredu soleil, des étoiles fixes, &amp; domine dans le feu que nous voyons sur la terre : le second élément, composé de globules, remplit l'espace qu'il y a depuis la terre jusques aux étoiles fixes, de telle manière que les globules les plus gros sont plus près de la circonférence du tourbillon, &amp; les plus petits sont près du centre : le troisième élément, ou les parties branchues, est la matière de la terre, des corps terrestres, des comètes, des taches du soleil, &amp;c. On trouve ce système dangereux, parce qu'il est favorable aux Athées, qui admettent une matière éternelle, &amp; qui dans le sentiment de Descartes expliqueroient par les loix du mouvement de quelle manière le monde a pû se former ; cependant les Athées, s'ils sont véritablement Philosophes, ne sauroient s'accommoder du système du <i>Cartésianisme,</i> puisqu'il est impossible qu'il y ait du mouvement dans les parties d'une matière dure &amp; solide, dont la résistance est indéfinie, s'il n'y a du vuide, ou un fluide parfait. De plus la matière n'a d'elle-même aucun mouvement ; il faut nécessairement un Dieu qui le lui ait imprimé. Le <i>Cartésianisme</i> a d'abord charmé les esprits, comme tous les systèmes nouveaux ; mais on en est bien revenu, &amp; l'on ne trouve aujourd'hui guère plus de solidité dans les élémens du <i>Cartésianisme,</i> que dans les qualités occultes de la vieille Philosophie. Malgré tout cela il faut avouer que l'Auteur &amp; le père du <i>Cartésianisme</i> avoit beaucoup d'esprit ; la connoissance qu'il avoit des Mathématiques lui a servi à purger la Philosophie de beaucoup de choses inutiles, &amp; à expliquer d'une manière physique les effets de la nature. Le <i>Cartésianisme</i> a été prêt d'être défendu par arrêt du Parlement, &amp; il l'auroit été sans la requête burlesque qui fut présentée au Premier Président.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7220" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTÉSIEN" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>CARTÉSIEN</head>
    <p>
    CARTÉSIEN , substantif masculin. Philosophe qui est dans les sentimens de Descartes. <i>Cartesianus, Cartesii sectator.</i></p><p>M. De Ville a fait un Traité sur le sentiment des <i>Cartésiens</i> touchant l'essence &amp; les propriétés du corps, dans lequel, pour faire mieux rentrer les <i>Cartésiens</i> en eux-mêmes par la vûe du péril où ils s'engagent, il fait voir que Calvin &amp; les Calvinistes soutiennent les mêmes principes que Descartes &amp; les <i>Cartésiens</i> touchant l'essence &amp; les propriétés du corps. Journ. des Sav.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7220" id="2" type="">
   <index type="head" value="CARTÉSIEN" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>CARTÉSIEN</head>
    <p>
    Cartésien, enne , adj. Qui appartient, qui a rapport à Descartes, ou à sa secte. <i>Cartesianus.</i> La doctrine <i>Cartésienne</i> est suspecte à bien des gens. Un Protestant de Gripswaldt, qui fit il y a quelque temps une Dissertation sur la Religion de Descartes, <i>De Religione Cartesii,</i> dit que bien des Savans l'ont accusé d'Athéisme ; il tâche cependant de l'en purger ; mais il dit qu'il faut bien mettre de la différence entre Descartes &amp; ses Sectateurs. Que l'essence des choses dépende du libre arbitre de Dieu, c'est une chimère <i>Cartésienne</i> dont les Pères sont fort éloignés. Mém. de Trev.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7221" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTEYER" />
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    <head>CARTEYER</head>
    <p>
    CARTEYER . Voyez <ref type="search" target="head:CARTAYER">CARTAYER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7222" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTHAGE" />
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    <head>CARTHAGE</head>
    <p>
    CARTHAGE . Voyez <ref type="search" target="head:CARTAGE">CARTAGE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7223" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTIER" />
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    <head>CARTIER</head>
    <p>
    CARTIER , s. m. Ouvrier qui fait des cartes à jouer, ou qui en fait trafic. <i>Lusoriorum foliorum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7224" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="CARTILAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="Anatomie" />
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    <head>CARTILAGE</head>
    <p>
    CARTILAGE . Terme d'Anatomie . C'est la partie la plus dure de l'animal après les os. <i>Cartilago.</i> Ils sont presque de même nature, &amp; n'en diffèrent que du plus au moins. Il y en a qui sont durs &amp; qui deviennent osseux avec le temps, comme ceux qui font le sternum. Les autres sont plus mous, &amp; composent même des parties, comme ceux du nez, des oreilles, &amp;c. Il y en a d'autres qui sont très-mous, &amp; qui tiennent de la nature du ligament ; ce qui les fait appeller <i>cartilages ligamenteux.</i> Il y a des <i>cartilages</i> de plusieurs figures, à qui on a donné le nom des choses auxquelles ils ressemblent : l'un est appellé <i>annulaire,</i> parce qu'il ressemble à un anneau ; un autre <i>xyphoïde,</i> à cause qu'il a la figure de la pointe d'un poignard ; un autre <i>scutiforme,</i> qui est fait comme un bouclier, &amp; ainsi de plusieurs autres. Les <i>cartilages</i> n'ont ni membranes, ni nerfs, &amp; par conséquent point de sentiment. Ses usages sont d'empêcher que les os ne soient blessés par un froissement continuel ; de les joindre en plusieurs endroits par syncondrose, &amp; de contribuer beaucoup à bien former plusieurs parties, comme le nez, les oreilles, la trachée artère, les paupières &amp; quelques autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7225" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTILAGINEUX, EUSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Anatomie" />
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    <head>CARTILAGINEUX, EUSE</head>
    <p>
    CARTILAGINEUX, EUSE , adj. Qui est formé de cartilage. <i>Cartilagineus.</i> Les animaux ont plusieurs parties <i>cartilagineuses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7226" id="1" type="broderie">
   <index type="head" value="CARTISANE" />
   <index type="src_domain" value="broderie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTISANE</head>
    <p>
    CARTISANE , s. m. Terme de Broderie . C'est de la soie ou du fil délié ; ou de l'or &amp; de l'argent, dont on couvre un petit morceau de carte ou de parchemin qu'on met dans les dentelles &amp; guipures.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7227" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTON" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>CARTON</head>
    <p>
    CARTON , s. m. Grosse Carte. On en peut faire de papier collé, &amp; de papier haché &amp; séché dans la presse. <i>Charta spissior.</i> Les Livres en veau se relient avec de gros <i>cartons.</i> On fait des images &amp; plusieurs sortes d'ouvrages avec du <i>carton</i> dans des moules.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7227" id="2" type="peinture">
   <index type="head" value="CARTON" />
   <index type="src_domain" value="peinture" />
   <index type="macro_domain" value="Beaux-arts" />
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    <head>CARTON</head>
    <p>
    Carton , en termes de Peinture , se dit des desseins qu'on fait sur de fort papier, pour les calquer ensuite sur l'enduit frais d'une muraille où on veut peindre à fresque <i>Charta crassior figuris pictis adumbrata.</i> C'est aussi le dessein coloré pour travailler à la Mosaïque, pour faire des tapisseries, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7227" id="3" type="">
   <index type="head" value="CARTON" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CARTON</head>
    <p>
    Carton , en Architecture, est un contour chantourné sur une feuille de <i>carton,</i> ou de fer blanc, pour tracer les profils des corniches, &amp; pour lever les panneaux de dessus l'épure. <i>Operis Architectonici exemplar incisâ chartâ vel laminâ ferreâ adumbratum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7227" id="4" type="">
   <index type="head" value="CARTON" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTON</head>
    <p>
    Carton . C'est sur la mer, le volume des cartes Marines. <i>Tabularum nauticarum volumen.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7227" id="5" type="imprimerie">
   <index type="head" value="CARTON" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>CARTON</head>
    <p>
    Carton , en termes d'Imprimerie , se dit d'un feuillet qu'on imprime à la place d'un autre où il s'étoit glissé quelque grosse faute. <i>Folium impressum denuò, vitiosi folii loco substituendum.</i> On a refait plusieurs <i>cartons</i> de ce Livre pour en empêcher la censure. On a mis plusieurs <i>cartons</i> à ce Livre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7228" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTONNIER" />
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    <head>CARTONNIER</head>
    <p>
    CARTONNIER , s. m. Ouvrier qui fait ou qui vend du carton. <i>Spissiorum chartarum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7229" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTOPHYLAX" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTOPHYLAX</head>
    <p>
    CARTOPHYLAX . Voyez <ref type="search" target="head:CHARTOPHYLAX">CHARTOPHYLAX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7230" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTOUCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>CARTOUCHE</head>
    <p>
    CARTOUCHE , s. m. C'est un rouleau de carte, ou sa représentation, dont la sculpture &amp; la gravure font divers ornemens, au milieu duquel on met quelque inscription, ou devise, ou quelque ornement, des armoiries, des chiffres, &amp;c. <i>Voluta helix.</i> Les titres des cartes géographiques sont écrits dans des <i>cartouches</i> fort historiés.</p><p>On appelle aussi <i>cartouche</i> dans les bâtimens, ces mêmes représentations qui se font de pierre, de plâtre, ou de bois, &amp; qui laissent au milieu un vuide capable de recevoir quelque inscription. <i>Clypeus, scutum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7230" id="2" type="guerre">
   <index type="head" value="CARTOUCHE" />
   <index type="src_domain" value="guerre" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTOUCHE</head>
    <p>
    Cartouche , en termes de Guerre , est une charge d'arme à feu enveloppée dans de gros papier ou de la carte, pour charger plus promtement. <i>Chartei ex arte globuli, scloporum glandibus, catenis, aliisque ferramentis inserti.</i> Celles du canon sont ordinairement dans des <i>cartouches</i> de carton, ou de fer blanc, qui sont des boîtes hautes d'un demi pied, &amp; qui occupent la place du boulet dans la pièce, au calibre de laquelle son diamètre est proportionné. On remplit ces <i>cartouches</i> de petites balles, de clous, de chaînes, de ferrailles. Tout cela s'écarte considérablement. Le canon qu'on cache dans les flancs retirés <pb n="883" facs="bpt6k8542165/f923/full/1200,/0/native.jpg"/>se charge d'ordinaire à <i>cartouches,</i> pour faire plus de fracas sur les assiégeans. Celles des mousquets &amp; des pistolets contiennent seulement de la poudre, &amp; du plomb enveloppé dans de gros papier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7230" id="3" type="">
   <index type="head" value="CARTOUCHE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CARTOUCHE</head>
    <p>
    &#9758; CARTOUCHE , s. m.Ce mot vient de l'Italien cartoccio.<br/>Cartouche, s. m. C'est le nom d'un fameux voleur qui fut exécuté en 1721. De là est venu que pour dire qu'un homme est un scélérat, on dit par un proverbe populaire que c'est un vrai <i>Cartouche.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7231" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTOUCHIEN" />
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   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CARTOUCHIEN</head>
    <p>
    &#9758; CARTOUCHIEN , s. m. Voleur de la bande de Cartouche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7232" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTULAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CARTULAIRE</head>
    <p>
    CARTULAIRE . Les <i>Cartulaires</i> sont les papiers terriers des Eglises où sont écrits les contrats d'achat, de vente, d'échange, les priviléges, immunités, exemtions, &amp; autres chartes. Ils sont ordinairement postérieurs à la plupart des actes qui y sont contenus, &amp; ils n'ont été faits que pour conserver ces actes dans leur entier. Les Compilateurs des <i>cartulaires</i> n'ont pas toujours été fidèles ; on y trouve une infinité de pièces manifestement fausses, ou corrompues, comme on le justifie en comparant les originaux avec les copies qui ont été enregistrées dans les <i>cartulaires,</i> ou en comparant d'anciens <i>cartulaires</i> avec d'autres plus nouveaux, où les mêmes actes se trouvent : car plus les copies des <i>cartulaires</i> sont nouvelles, plus les pièces qu'ils renferment sont étendues. On remarquera de plus que les Monastères ont fait quelquefois confirmer leurs titres par les Princes &amp; par les autres Puissances en leur représentant que leurs anciens titres étoient si vieux qu'on avoit de la peine à les lire ; &amp; alors il est arrivé souvent que sous ce prétexte on en substituoit d'autres en la place des anciens. Il ne faut donc pas recevoir facilement &amp; sans examen les actes qui se trouvent enregistrés dans les <i>cartulaires.</i> Consultez là-dessus Acosta, <i>Histoire des Revenus Ecclésiastiques,</i> &amp; le P. Germon, dans son Ouvrage sur la Diplomatique du P. Mabillon. Voyez <ref type="search" target="head:Chartulaire">Chartulaire</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7233" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARTULAIRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARTULAIRE</head>
    <p>
    CARTULAIRE , s. m. Officier de l'Eglise Romaine. Gardien des Chartres ou papiers de l'Eglise. S. Grégoire le Grand envoya Hilaire, son <i>Cartulaire,</i> en Afrique, pour tenir un Concile, &amp; remédier aux désordres que causoient les restes des Manichéens &amp; des Donatistes. Surquoi M. l'Abbé Fleury, <i>Hist. Eccl.</i> Liv. XXXV. p. 33. remarque que le <i>Cartulaire</i> n'étoit originairement qu'un Secrétaire Gardien des chartes ; mais qu'alors, c'est-à-dire au temps de saint Grégoire, il avoit jurisdiction dans les Provinces où il étoit envoyé, &amp; il cite le Glossaire de Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7234" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARVANSERAS" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CARVANSERAS</head>
    <p>
    &#9758; CARVANSERAS , s. m. Maison publique ou hôtellerie que l'on trouve sur les chemins en Orient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7235" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARVI" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CARVI</head>
    <p>
    CARVI , s. m. C'est une plante qui a tiré son nom de la Carie, pays de l'Asie Mineure, où les Anciens l'avoient remarquée. Sa racine est grosse, longue, blanche ; d'un goût aromatique &amp; un peu acre. Ses feuilles naissent comme par paires, découpées menu le long d'une côte : elles sont semblables aux feuilles de carotte sauvage. Ses fleurs sont en parasol, composées de cinq petites feuilles, rondes, blanches ou rouges, disposées en fleur de lis de France. Sa graine est étroite, un peu longue, canelée sur le dos, d'un goût acre &amp; aromatique. C'est la partie de cette plante qui est le plus-en usage : elle est stomachique &amp; diurétique : elle dissipe les vents, aide la digestion, &amp; fortifie le cerveau. Les Allemands &amp; les Anglois s'en servent beaucoup : ils en mettent dans les biscuits, dans les fromages, &amp; dans d'autres sortes d'alimens. En Latin <i>carvi officinarum,</i> ou <i>cuminum pratense.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7236" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CARUS" />
   <index type="src_domain" value="medecine" />
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    <head>CARUS</head>
    <p>
    CARUS , s. m. <i>Carus.</i> Terme de Médecine . C'est le nom d'une maladie qui assoupit. Il y a différence entre le coma &amp; le <i>carus,</i> en ce que dans la première de ces affections les malades répondent quand on les interroge ; ce qu'ils ne font pas dans la dernière. Il est distingué de la léthargie en ce que la fièvre accompagne la léthargie, &amp; que le sentiment revient aux léthargiques quand on les pique, quand on les agite ; il est distingué de l'apoplexie par la liberté de la respiration qui est toujours blessée dans l'apoplexie ; de l'épilepsie, en ce qu'il n'y a aucun mouvement, &amp; qu'il n'y a point d'écume à la bouche dans le <i>carus</i> ; de la syncope par le pouls qui est grand, par le teint du visage qui est vermeil, au lieu que le pouls est lent, &amp; la face cadavéreuse dans la syncope ; de la suffocation hystérique, en ce que les femmes en cet état entendent &amp; se ressouviennent de tout ; ce qui est tout opposé au <i>carus.</i> Degori. Le <i>carus</i> est un long &amp; profond assoupissement insurmontable, joint à la perte du sentiment, du mouvement &amp; de l'imagination, mais avec liberté de respirer. La cause du <i>carus</i> est l'interruption du mouvement des esprits animaux, causée par l'affaissement quand ils sont épuisés, ou par l'obstruction qui provient d'une humeur pituiteuse, froide &amp; grossière, ou par compulsion à cause de quelque coup.</p><p>Le nom de <i>carus</i> vient du Grec , qui veut dire, <i>assoupissement avec pesanteur de tête.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7237" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARYATE, ATIDE" />
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    <head>CARYATE, ATIDE</head>
    <p>
    CARYATE, ATIDE , s. m. &amp; f. <i>Caryates, atis.</i> Habitant de la ville de Carye dans la Laconie. Les <i>Caryates</i> s'étant alliés aux Perses ennemis de la Grèce, les Grecs assiégerent leur ville, la prirent &amp; la détruisirent, passerent tous les <i>Caryates</i> au fil de l'épée, emmenerent les <i>Caryatides</i> captives, &amp; après les avoir traînées en triomphe, ils ne permirent point aux femmes de qualité de quitter leurs habits longs, &amp; leurs autres ornemens dans leur servitude. Et pour perpétuer leur honte &amp; leur punition, les Architectes firent de leurs statues des pilastres, qu'ils nommerent <i>Caryatides,</i> &amp; dont nous allons parler. Dans la salle des Gardes Suisses au Louvre il y a quatre <i>Caryatides</i> qui soutiennent une Tribune. On en voyoit il y a quelques années à Bourdeaux dans le célèbre édifice qu'on appelloit Les Piliers de Tutelle. Voyez Vitruve, Liv. I. ch. 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7238" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="CARYATIDES" />
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    <head>CARYATIDES</head>
    <p>
    CARYATIDES , s. f. pl. Terme d'Architecture . C'est une espèce de pilastre, ou de colonne, représentant des figures de femmes, vêtues de longues robes, dont les Anciens se sont servis pour faire le fût de la colonne Ionique. <i>Caryatides.</i> L'origine de cet ornement est connue &amp; rapportée par Vitruve, comme nous venons de le dire. Autrefois les <i>Caryatides</i> étoient représentées soutenant d'une main le fardeau dont elles étoient chargées, &amp; laissant aller l'autre main en bas. Celles qui portoient des paniers ou des corbeilles se nommoient <i>Caniferae, Cistiferae.</i> Il y a des <i>Caryatides</i> qui finissent en gaines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7239" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARYBDES & CARYBDIS" />
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    <head>CARYBDES & CARYBDIS</head>
    <p>
    CARYBDES &amp; CARYBDIS , ou CHARYBDE &amp; CHARYBDIS, s. f. Nom d'un gouffre du détroit de Messine, vis-à-vis du rocher appellé Scylla. Cluvier le décrit, <i>Sicil. Ant. p.</i> 64. &amp; suiv. Ce lieu s'appelle aujourd'hui, <i>Capo di faro,</i> ou <i>Capo faro,</i> à cause d'un phare qu'on a placé là. Les Poëtes feignent que <i>Carybde</i> étoit une femme, grande larronesse, qui déroba les boeufs d'Hercule, &amp; que Jupiter en punition de ce larcin frappa de la foudre, &amp; changea en ce gouffre, qui attire encore &amp; qui engloutit tout. Les eaux de ce gouffre tantôt bouillent comme les eaux sur le feu ; tantôt elles sont agitées violemment en tourbillon ; &amp; alors elles absorbent infailliblement les vaisseaux qui y passent. On s'en tire plus aisément quand elles ne font que bouillonner. Une longue expérience a appris que jamais les bouillonnemens ne sont plus violens que lorsque le Nord-Est souffle. Alors le gouffre pousse les eaux avec violence en l'air, &amp; en forme de colonne. Fréderic, Roi de Sicile, fit descendre dans ce gouffre un fameux Plongeur, que l'on nommoit Nicolas Pescecola ou Poisson, à cause de son habileté à nager &amp; à plonger. Il rapporta 1°. Qu'il avoit senti l'eau sortir du fond avec tant d'impétuosité qu'il n'étoit pas possible à un homme d'y résister ; qu'ainsi il avoit été obligé de prendre des détours pour y arriver. 2°. Qu'il y avoit trouvé un grand nombre de rochers. 3°. Des Euripes ou des courants très-violents, contraires les uns aux autres, &amp; très-dangereux. 4°. De très-grands troupeaux de poissons appellés polypes, plus grands que des hommes, &amp; qui avoient de longs cheveux ou filaments dont ils auroient infailliblement tué un homme qu'ils en eussent entouré. 5°. Une infinité de grands <pb n="884" facs="bpt6k8542165/f924/full/1200,/0/native.jpg"/>chiens marins, <i>carchariae,</i> qui avoient trois rangs de dents très-afilées qui les rendoient terribles. Ce Plongeur étant retourné une seconde fois dans ce gouffre par l'espérance de la récompense que le Roi lui promit, il y périt &amp; ne reparut plus. Voyez le P. Kirker, <i>Mundus subt. L. II. C.</i> 15. <i>&amp;</i> 16.</p><p>Les Poëtes ont beaucoup parlé de Scylla &amp; de <i>Carybdis</i> ; &amp; on dit en Latin qu'un homme est tombé de Scylla en <i>Carybde</i> ; pour dire, qu'en voulant éviter un danger il est tombé dans un plus grand.</p><p>On dit aussi tomber de <i>Carybde</i> en Scylla, tout comme tomber de Scylla en <i>Carybde.</i> Mr de la Fontaine, dans sa Fable 6e du Livre 5e, qui est de la Vieille &amp; de ses deux servantes, a mis ce proverbe en usage.</p><p>Bochart, dans son <i>Chanaan,</i> ou Liv. II. de la Géographie sacrée, tire son origine de l'Hébreu, ou Phénicien, , <i>Hhor obdan,</i> c'est-à-dire, <i>foramen perditionis,</i> Trou ou gouffre de perdition, &amp; veut par conséquent que ce soient les Phéniciens qui aient donné ce nom à cet endroit du détroit de Messine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7240" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARYE" />
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    <head>CARYE</head>
    <p>
    CARYE , s. f. <i>Caria.</i> Ville de la Laconie dans le Peloponèse, qui fut détruite par les Grecs, pour avoir pris le parti des Perses contre la Grèce. Etienne le Géog. Vitruve, L. I. C. 1.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7241" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="CARYOCOSTINUM" />
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    <head>CARYOCOSTINUM</head>
    <p>
    CARYOCOSTINUM , s. m. Terme de Pharmacie . C'est un électuaire purgatif qui prend son nom des girofles &amp; du costus, lesquels entrent dans sa composition. Il est bon dans les gouttes bilieuses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7242" id="1" type="">
   <index type="head" value="CARYOPHILLATA" />
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    <head>CARYOPHILLATA</head>
    <p>
    CARYOPHILLATA , subst. fém. Plante. Voyez <ref type="search" target="head:Benoite">Benoite</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAS" />
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    <head>CAS</head>
    <p>
    CAS , s. m. Accident arrivé par la fortune, ou par une force majeure. <i>Casus.</i> Personne n'est responsable des <i>cas</i> fortuits. Les orages, les tremblemens de terre, sont des <i>cas</i> fortuits que la prudence humaine ne peut prévoir, &amp; auxquels on ne peut résister.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>casus</i>, de <i>cado.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAS" />
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , signifie aussi Matière, fait, condition stipulée qui s'exécute, lorsqu'il arrive une chose qu'on prévoit qui peut arriver. Dans les contrats on se précautionne selon les divers <i>cas,</i> comme en <i>cas</i> de guerre, de peste, de stérilité : en <i>cas</i> de mort, en <i>cas</i> de récidive, le <i>cas</i> avenant qu'on soit dépossédé. Le dépôt volontaire ne se prouve par témoins qu'en trois <i>cas,</i> incendie, ruine, naufrage. On met indifféremment <i>en cas,</i> ou <i>au cas,</i> lorsqu'il est suivi d'un <i>que : en cas,</i> ou <i>au cas</i> qu'il meure. Mais quand il est suivi d'un substantif, l'on se sert toujours d'<i>en cas, en cas</i> de mort. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAS" />
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , signifie encore une chose qui convient à quelqu'un. N'allez point chercher plus loin, c'est-là votre <i>cas,</i> votre fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="4" type="jurisprudence">
   <index type="head" value="CAS" />
   <index type="src_domain" value="jurisprudence" />
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , en termes de Jurisprudence , c'est l'espèce d'une loi. Les loix sont bonnes en un <i>cas,</i> &amp; ne le sont pas en l'autre. Ce n'est pas là le <i>cas</i> ; l'espèce de la loi que vous citez.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="5" type="">
   <index type="head" value="CAS" />
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , se dit encore en style du Palais en plusieurs formules. On a observé les formes en tel <i>cas</i> requises &amp; accoutumées. Il a été condamné pour les <i>cas</i> résultans du procès ; c'est-à-dire, pour plusieurs choses dont il y avoit preuve au procès. On met dans les Lettres de Chancellerie, Si le <i>cas</i> y échet ; c'est-à-dire, S'il y a lieu. Selon l'exigence des <i>cas</i> ; selon le mérite des affaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="6" type="">
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , se dit aussi au Palais d'une certaine nature d'affaires de délits, de crime. Les <i>cas</i> Royaux &amp; Prévôtaux, sont certains crimes dont connoissent les Juges Royaux &amp; Prévôtaux à l'exclusion des Juges subalternes, ou Juges non Royaux, comme fausse monnoie, rapt, port d'armes, infraction de sauve-garde, &amp;c. En matière civile, comme le possessoire des Bénéfices, le délit fait dans les forêts du Roi, les causes de son Domaine, les Eglises de sa fondation, &amp;c. sont des <i>cas</i> Royaux. Les <i>cas</i> Prévôtaux doivent être jugés prévôtalement, c'est-à-dire, en dernier ressort, &amp; sans appel ; mais les <i>cas</i> Royaux qui ne sont Prévôtaux, doivent être jugés par les Baillifs &amp; Sénéchaux, à la charge de l'appel. Les <i>cas</i> Royaux ont beaucoup plus d'étendue que les <i>cas</i> Prévôtaux : car tous les <i>cas</i> Prévôtaux sont des <i>cas</i> Royaux ; mais tous les <i>cas</i> Royaux ne sont pas des <i>cas</i> Prévôtaux. Voyez l'explication des <i>cas</i> Royaux &amp; des <i>cas</i> Prévôtaux, dans les Art. 11. &amp; 12. T. 1. de l'Ordonnance de 1670.</p><p>On dit aussi à l'égard des Ecclésiastiques, Le <i>cas</i> privilégié, pour opposer au <i>délit commun. Casus juris praecipuus, singularis.</i> L'Official Juge le Prêtre pour le délit commun ; mais le Juge Royal connoît des <i>cas</i> privilégiés, c'est-à-dire, lorsqu'il y a quelque crime qui mérite peine corporelle (attendu que l'Eglise ne condamne point à peine afflictive) comme vol, sédition, meurtre, assassinat, &amp;c. Quelques-uns prétendent que l'adultère est un <i>cas</i> privilégié, &amp; dont la connoissance est aussi attribuée au Juge séculier, privativement au Juge Ecclésiastique. Si un Ecclésiastique est surpris portant les armes, il ne peut point non plus demander son renvoi devant le Juge d'Eglise. On dit aussi des affaires qui se font extraordinairement en considération du mérite de quelque personne, ou de quelque circonstance importante, que c'est un <i>cas</i> privilégié ; qu'il ne tire point à conséquence.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="7" type="">
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas fortuit , est celui qui ne peut être prévû, ou qu'on ne peut empêcher, quoiqu'on le prévoie. Un <i>cas fortuit</i> peut arriver en deux manières, ou naturellement, comme par les tremblemens de terre, les orages, &amp;c. ou par la malice des hommes, comme par les séditions, les guerres, les incendies, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="8" type="theologie">
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , ou cas de conscience, en termes de Théologie , se dit des actions des hommes considérées par rapport à la conscience. <i>Casus conscientiae</i> ou simplement, <i>casus. Res ad conscientiam, ad mores pertinens.</i> Ce Docteur est savant dans les cas de conscience. Il enseigne les <i>cas.</i> Ce péché est un <i>cas</i> réservé au Pape, à l'Evêque. Les Prêtres ont pouvoir d'absoudre à l'article de la mort les vrais pénitens de tous les <i>cas,</i> même de ceux qui sont réservés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="9" type="">
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas réservés , sont certains péchés considérables dont les Supérieurs Ecclésiastiques se réservent l'absolution, à eux-mêmes ou à leurs Vicaires. Dans les Communautés Religieuses il y a des <i>cas réservés</i> par les Chapitres, ou par les Supérieurs. Parmi les <i>cas reservés</i> il y a des <i>cas réservés</i> au Pape, des <i>cas réservés</i> à l'Evêque, ou à ses Vicaires Généraux, c'est-à-dire, qu'il n'y a que le Pape, ou ceux qu'il commet ; ou bien qu'il n'y a que l'Evêque &amp; ses Vicaires qui puissent en absoudre, excepté à l'article de la mort. Voyez sur les <i>cas réservés</i> le Concile de Trente, <i>Sess. XIV. C.</i> 7. <i>de Ref. &amp; Can.</i> 11.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas signifie aussi, Estime, <i>Pretium, aestimatio.</i> En faisant trop de <i>cas</i> de soi-même, on ne pèche pas moins contre la vraie modestie, qu'en s'estimant plus qu'on ne doit. Le Ch. de M. On fait <i>cas</i> de cet Avocat, il a de beaux talens. On fait <i>cas</i> des gens heureux qui peuvent servir, &amp; on méprise les misérables. Le Ch. de M.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , signifie quelquefois, &amp; populairement, Ordure &amp; obscénité. <i>Sordes, inquinamentum.</i> Cet enfant a fait son <i>cas</i> en cet endroit-là, il faut le nettoyer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , se prend aussi quelquefois pour Chose. <i>Res. Cas</i> étrange, mais vrai pourtant. Voit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAS</head>
    <p>
    <pb n="885" facs="bpt6k8542165/f925/full/1200,/0/native.jpg"/> Cas , en termes de Grammaire , se dit de la différente inflexion des noms. <i>Casus.</i> Il y a six cas, le nominatif, le génitif, le datif, l'accusatif, le vocatif &amp; l'ablatif. En François ils ne diffèrent que par l'opposition des articles ; en Latin par la terminaison. On dit communément que les Grecs n'ont que cinq <i>cas.</i> Ceux qui ont écrit sur les langues dans ces derniers siècles, ont presque toujours donné six <i>cas</i> aux noms de toutes les langues, parce qu'ils ont suivi les idées auxquelles ils étoient accoutumés. Le P. Galanus dit que la langue Arménienne a dix <i>cas,</i> &amp; qu'outre les six <i>cas</i> ordinaires, elle en a un pour marquer l'instrument dont on se sert pour faire quelque chose ; un qui sert aux narrations, &amp; qui désigne le sujet dont on parle ; un qui marque qu'une chose est dans l'autre ; un enfin qui marque la relation qu'une chose a avec quelque autre. Il y a quelques Auteurs qui n'en donnent que trois à la langue Arabe, parce qu'il n'y a que trois terminaisons différentes, qui sont <i>on, in</i> &amp; <i>an.</i> Pour accorder les sentimens différens des Auteurs il faut distinguer ; car si par le mot <i>cas</i> on entend seulement un changement qui arrive à un nom, il y aura autant de <i>cas</i> qu'il arrive de changemens aux noms dans le même nombre ; &amp; il semble que c'est là proprement ce qu'on entend par le mot <i>cas,</i> puisque ce mot dans son origine Grecque, ou Latine, signifie <i>chûte,</i> ou <i>terminaison, , casus :</i> ce sera la même chose si le changement se fait au commencement du mot. Suivant ce principe on voit qu'il n'y aura pas le même nombre de <i>cas</i> dans toutes les langues. Mais si par le mot <i>cas</i> on entend toutes les modifications différentes, &amp; tous les rapports de la chose exprimée par un nom, il y aura autant de <i>cas</i> qu'on pourra imaginer de modifications &amp; de rapports dans une chose, ce qui va à l'infini.</p><p>Il ne paroît pas que ce soit là la notion que les Grammairiens ont donné du mot <i>cas</i> ; mais ils n'en ont pas donné une notion claire qui en formât une idée juste ; ou ils se sont écartés de la notion qu'ils en avoient donnée : car ils ne laissent pas de compter cinq <i>cas</i> dans tous les nombres des noms de la langue Grecque, &amp; six dans tous les nombres des noms de la langue Latine, quoique plusieurs de ces <i>cas</i> soient semblables comme le génitif &amp; le datif singulier de la première déclinaison des Latins, le datif &amp; l'ablatif de la seconde, &amp;c. le génitif &amp; le datif du duel des noms Grecs, &amp;c. Il est plus conforme aux principes de la Grammaire, qui ne considère les mots que matériellement, de marquer autant de <i>cas</i> différens qu'il arrive de changemens à la fin d'un nom dans le même nombre : en effet, c'est s'exprimer mal que de dire, par exemple, que <i>du père</i> est le génitif du nom <i>père,</i> &amp; qu'au <i>père</i> en est le datif, car <i>du</i> &amp; <i>au</i> ne font point partie du nom <i>père</i> : ce ne sont point des chûtes, des terminaisons ; ce sont des articles, ou des modificatifs qui marquent les différentes relations du mot <i>père.</i> Il faut dire la même chose des <i>cas</i> des noms dans les langues Italienne, Espagnole, Portugaise, Angloise, &amp;c. Il n'en est pas de même du mot Grec , ou du mot Latin <i>Patris,</i> qui sont de véritables <i>cas</i> des mots , &amp; <i>pater,</i> desquels ils sont différens : il en est de même des noms des langues Hébraïque, Arabe, Arménienne, Polonoise, Allemande, &amp;c. lesquels dans le même nombre reçoivent des changemens à la fin d'un mot. Tous les changemens qui se font au commencement sont des prépositions, ou quelques particules équivalentes ajoûtées au mot pour marquer quelque rapport.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , est aussi une espèce d'interjection ou d'adverbe admiratif. <i>Mirum est.</i> C'est grand <i>cas</i> que les hommes ne se corrigent point par les fautes d'autrui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas se dit encore adverbialement en ces phrases, <i>Au cas,</i> pour dire, <i>si. Au cas</i> que cela arrive, <i>si id contigerit. Au cas</i> que vous eussiez cette idée, quand même vous n'adhéreriez pas intérieurement à cette doctrine, vous êtes trop éclairé, pour croire que vous pussiez sans un très-grand scandale vous faire un honneur de la soutenir. <i>En tout cas</i> ; pour dire, quelque chose qui arrive, de quelque manière que les choses tournent, au moins si la chose ne réussit pas on fera telle &amp; telle chose. <i>Saltem, ad minimum. Posez le cas que,</i> on met un subjonctif après ; pour dire, supposé que telle chose arrive. <i>Fac. En ce cas</i> ; pour dire, <i>Alors,</i> les choses étant ainsi, en cette occasion, à cette condition, en cette supposition. <i>Tùm.</i></p><p>On dit aussi, <i>En cas,</i> pour désigner quelque chose particulière. <i>En cas</i> de fruits ; pour dire, Quant aux fruits, je n'en mange point de cruds, &amp;c. <i>En cas</i> de chevaux on trompe sans scrupule. Il est du style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7243" id="16" type="">
   <index type="head" value="CAS" />
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    <head>CAS</head>
    <p>
    Cas , se dit aussi proverbialement en ces phrases. Au <i>cas</i> que Lucas n'eût qu'un oeil, sa femme auroit épousé un borgne, pour se moquer de ceux qui prévoient trop d'accidens, qui demandent trop de conditions. On dit aussi, Vous mettez trop de <i>si</i> &amp; de <i>cas</i> en cette affaire ; pour dire, Vous demandez trop de précautions, vous entrez en trop de particularités. On dit aussi d'un homme que son <i>cas</i> est sale, ou vilain, quand il se cache pour se dérober à la punition de quelque crime. On dit aussi, Tous vilains <i>cas</i> sont reniables. <i>Cas</i> sur <i>cas</i> n'a point de lieu ; pour dire, que quand une chose est saisie pour une cause, on ne peut la saisir pour une autre cause, jusques à ce qu'il ait été jugé &amp; décidé de la première saisie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7244" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAS, CASSE" />
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    <head>CAS, CASSE</head>
    <p>
    &#9758; CAS, CASSE , adj. Cassé, mal articulé, enroué. Une voix <i>casse.</i></p><p>C'est ainsi qu'il faut lire &amp; non pas, <i>il parloit d'un ton bas.</i></p><p>Malgré ces exemples, il est vieux au masculin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7245" id="1" type="">
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    <head>CASAL</head>
    <p>
    CASAL , <i>Casa, domus.</i> Villehardouin se sert de ce mot pour dire une <i>maison.</i> En quelques Provinces <i>casal</i> signifie le lieu où il y a eu une maison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7246" id="1" type="">
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    <head>CASAL</head>
    <p>
    CASAL , s. m. Vieux mot, qui signifioit village, hameau. <i>Certus casarum numerus, vicus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7247" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASAL" />
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    <head>CASAL</head>
    <p>
    CASAL , s. m. Ville Episcopale d'Italie, Capitale de la partie du Montferrat qui appartenoit aux Ducs de Mantoue ; &amp; qu'on appelle en Italie Casale di S. Faso, <i>Casal</i> de S. Vas. <i>Casale. Casale S. Evasii. Casal,</i> qui a été une des plus fortes places d'Italie, est situé sur le Pô. Le Duc de Mantoue vendit au Roi le Château &amp; la Citadelle de <i>Casal</i> l'an 1681. nos troupes s'emparerent ensuite de la ville. L'an 1695. les Alliés l'assiégerent ; mais avant que la place fût dans aucun péril, le Roi, par l'entremise des Princes voisins, consentit à la remettre démantelée au Duc de Mantoue. <i>Casal</i> n'a titre &amp; droit de Ville que depuis 1474. que Sixte IV. le lui donna, à la prière de Guillaume Paleologue, Marquis de Montferrat. Hoffman, Corneille, Maty, Leand. <i>Descript. de l'Italie.</i></p><p>Il y a encore plusieurs lieux moins importans qui portent le même nom, qui est Italien, <i>Casale,</i> &amp; signifie village, hameau, amas de plusieurs maisons, de l'Italien <i>casa,</i> qui veut dire maison, aussi-bien qu'en Latin, d'où les Italiens l'ont conservé. Baudrand prétend que <i>Casal</i> est le <i>Bodincomagum,</i> ou <i>Bodincomagus</i> des Latins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7248" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASALASQUE" />
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    <head>CASALASQUE</head>
    <p>
    CASALASQUE , subst. m. Territoire de Casal. <i>Casalensis ager.</i> C'est la partie Septentrional du Montferrat, près du Pô.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7249" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASANIER, IÈRE" />
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    <head>CASANIER, IÈRE</head>
    <p>
    CASANIER, IÈRE , adj. Poltron, fainéant, qui ne sort point de sa case, du coin de son feu. <i>Homo ignavus, iners, otiosus.</i> Vossius croit que ce mot vient du Latin <i>casa</i>. On dit dans le même sens, mener une vie <i>casanière,</i> être d'humeur <i>casanière.</i> Il est aussi subst. C'est un <i>casanier,</i> un vrai <i>casanier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7250" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASAQUE" />
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    <head>CASAQUE</head>
    <p>
    CASAQUE , subst. f. Manteau qu'on met par-dessus son habit, &amp; qui a des manches où on fourre les bras. <i>Sagum, chlamys.</i> Les <i>casaques</i> sont commodes pour les gens de cheval.</p><p>Ce mot vient de Caracalla Empereur, lequel étant à Lyon fit habiller toutes ces gens de cette manière de vêtement. On disoit autrefois <i>caraquin,</i> au lieu de <i>casaquin,</i> &amp; on le dit encore à présent en Bassigni. D'autres croient que ce mot vient d'un habillement de Cosaques, &amp; qu'on a dit <pb n="886" facs="bpt6k8542165/f926/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>casaque</i> par corruption, comme <i>hongreline</i> de <i>Hongrois.</i> Covarruvias le fait venir de l'Hébreu <i>casah,</i> qui signifie <i>couvrir</i> ; d'où a été tiré le Latin <i>casa, cabane,</i> comme on dit <i>tugurium, à tegendo :</i> Adrien Scheick est aussi de ce sentiment. Chorier, <i>Hist. de Dauph.</i> L. II. p. 86. prétend que nous conservons encore dans nos <i>Casaques</i> le nom &amp; l'usage des anciennes caracalles. Voyez ce mot.</p><p>On appelle <i>casaques</i> de Mousquetaires, de Gardes du Corps, de Gendarmes, les manteaux de cette sorte portés par les Cavaliers de ces Compagnies, qui ont des marques &amp; des broderies particulières pour les distinguer les uns des autres. Il a pris la <i>casaque,</i> ou, Il a rendu la <i>casaque</i> de Mousquetaire ; c'est-à-dire, Il est entré au service, ou, Il a quitté le service de Mousquetaire.</p><p>On dit figurément, qu'un homme a tourné <i>casaque</i> ; pour dire, qu'il a changé de parti. <i>Ab altero ad alterum desciscere.</i> Ce Prince étranger s'étoit mis du côté du Roi, mais depuis il a tourné <i>casaque.</i> Les troupes auxiliaires sont sujettes à tourner <i>casaque.</i> Cette expression vient de ce que les soldats qui désertent &amp; se vont rendre aux ennemis tournent souvent leurs <i>casaques,</i> &amp; la mettent à l'envers, pour n'être point reconnus dans leur passage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7251" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASAQUIN" />
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    <head>CASAQUIN</head>
    <p>
    CASAQUIN , s. m. Petite casaque. <i>Sagulum, chlamydula.</i> Il n'est en usage qu'en cette phrase proverbiale. On lui a donné sur le <i>casaquin</i> ; pour dire, On l'a battu. On le dit aussi d'un habillement court &amp; mauvais. Il n'avoit qu'un méchant petit <i>casaquin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7252" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASAU" />
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    <head>CASAU</head>
    <p>
    CASAU , s. m. En quelques Provinces de France voisines de l'Espagne on appelle un jardin <i>Casau. Hortus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7253" id="1" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>CASCADE</head>
    <p>
    CASCADE , s. f. Chûte naturelle, ou artificielle d'eau, qui tombe d'un lieu plus élevé dans un lieu bas. <i>Praeceps aquae lapsus.</i> Dans les montagnes on voit mille petits ruisseaux qui font des <i>cascades</i> naturelles.</p><p>Ce mot est venu de l'Italien <i>cascata,</i> qui a été fait de <i>cascare,</i> &amp; de <i>cado.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7253" id="2" type="">
   <index type="head" value="CASCADE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CASCADE</head>
    <p>
    Cascade , se dit aussi de ces chûtes d'eau qui se font artificiellement dans les jardins de plaisance, quand on fait tomber les eaux, soit en nappes, soit en jets, soit en rigole de haut en bas, ou de bassin en bassin.</p><p>On dit figurément d'un homme qui est tombé d'une grande fortune dans une grande disgrace, qu'Il a fait une grande, une rude, une étrange <i>cascade.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7253" id="3" type="">
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    <head>CASCADE</head>
    <p>
    Cascade , se dit aussi figurément des fautes de jugement, des inégalités qui se trouvent dans un Ouvrage. <i>Lapsus, errores, menda.</i> Jugement de l'Auteur où étiez-vous, quand vous fîtes cette magnifique <i>cascade</i> ? dit Balsac. On dit encore d'une nouvelle qu'on ne sait point de la première main, &amp; qui a passé auparavant par plusieurs bouches, qu'On ne la sait que par <i>cascade,</i> qu'elle n'est venue à celui qui la dit que par <i>cascades.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7254" id="1" type="fortification">
   <index type="head" value="CASCANES" />
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    <head>CASCANES</head>
    <p>
    CASCANES , s. f. pl. Terme de Fortification . Ce sont certains enfoncemens en forme de puits qu'on fait dans le terre-plain proche du rempart, &amp; d'où sort une galerie qui est aussi conduite sous terre, pour éventer les mines de l'ennemi. <i>Subterraneus recessus ad vallum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7255" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASCATE" />
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    <head>CASCATE</head>
    <p>
    CASCATE , s. f. M. Félibien dit Cascade ou Cascate. Voyez <ref type="search" target="head:Cascade">Cascade</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7256" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASE" />
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    <head>CASE</head>
    <p>
    CASE , s. f. Maison. <i>Casa.</i> En ce sens ce mot est emprunté de l'Italien <i>casa,</i> &amp; n'est encore en usage qu'en peu de phrases. C'est le patron de la <i>case.</i> Il rentre dans ma <i>case.</i> Il ne sort point de sa <i>case.</i> Isidore &amp; Papias disent que c'est une petite maison de paysan fermée seulement de haies, ou de palis. Il y en a qui ne veulent pas qu'on dise <i>case</i> au propre en ce sens, mais seulement au figuré ; par exemple, nous allâmes voir... dans sa petite <i>case.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7256" id="2" type="imprimeur">
   <index type="head" value="CASE" />
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    <head>CASE</head>
    <p>
    Case , Terme d'Imprimeur . <i>Casa Typorum, loculi, capsa, loculamenta.</i> C'est la table, ou boête plate divisée en plusieurs compartimens, ou petites loges quarrées, qu'on nomme Casetins, dans chacun desquels se mettent les caractères de même espèce, &amp; d'où le Compositeur les tire à mesure qu'il en a besoin pour composer &amp; faire une forme. Une <i>case</i> de Grec, une <i>case</i> d'Hébreu, une <i>case</i> de S. Augustin, une <i>case</i> de petit Romain, une <i>case</i> d'Italique, &amp;c. Mes <i>cases</i> sont pleines. Je n'ai plus rien dans mes <i>cases.</i> Des <i>cases</i> bien ou mal fournies. Quelques-uns écrivent Casse. Cependant on prononce Case, c'est-à-dire, Caze.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7256" id="3" type="">
   <index type="head" value="CASE" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>CASE</head>
    <p>
    Case , se dit ordinairement de divers carreaux qui sont dans un échiquier, ou damier, au jeu des Echets &amp; des Dames. Le Roi n'a plus que deux <i>cases</i> pour se sauver. Le pion avance de deux <i>cases</i> le premier coup.</p><p>Ménage après Saumaise tient que ce mot vient de <i>cassa</i>, ou <i>capsa</i>, qui vient du Grec , qui signifie la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7256" id="4" type="">
   <index type="head" value="CASE" />
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   <index type="pred_domain" value="Jeu" />
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    <head>CASE</head>
    <p>
    Case , se dit aussi au jeu du Trictrac, de deux Dames qui sont posées sur une même ligne, ou languette, marquée sur le tablier où on joue le Trictrac, &amp; qui empêchent les Dames du parti contraire de passer outre. Quand on fait le petit Jan, il sert à abattre du bois pour faire des <i>cases.</i> Le septième point s'appelle la <i>case du Diable,</i> parce que c'est la plus difficile à faire. Une demi-<i>case,</i> c'est quand il n'y a qu'une Dame abattue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7257" id="1" type="fortifications">
   <index type="head" value="CASEMATE" />
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    <head>CASEMATE</head>
    <p>
    CASEMATE , s. f. Terme de Fortifications , ce qu'on appelle autrement <i>place basse,</i> ou <i>flanc bas.</i> C'est la batterie qui est dans le flanc proche de la courtine, pour défendre le fossé. <i>Ima crypta ad latera propugnaculorum.</i> Ce nom vient d'une voute qu'on faisoit autrefois pour séparer les plates-formes où se faisoient les batteries hautes &amp; basses, dont chacune se nommoit en Italien <i>casa armata,</i> ou en Espagnol <i>casamata.</i> Quelques-uns le font venir de <i>casa à matti,</i> maisons aux fous. Covarruvias dit qu'il a été fait de <i>casa,</i> maison, &amp; <i>mata,</i> basse. Maintenant on se contente de retirer la place haute en dedans du bastion. Quelquefois on fait trois plate-formes, dont la plus haute est sur le rempart. La <i>casemate</i> est aussi appellée <i>flanc retiré,</i> parce que c'est la partie du flanc qui est la plus proche de la courtine &amp; du centre du bastion. On la couvroit autrefois d'un orillon ou épaulement, qui étoit un corps massif de pierre rond ou quarré qui empêchoit qu'on ne vît de dehors dans les batteries. L'usage en est assez rare présentement, &amp; on a cessé de s'en servir à cause que les batteries des assaillans enterroient l'artillerie de ces <i>casemates</i> dans la ruine des voûtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7257" id="2" type="">
   <index type="head" value="CASEMATE" />
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    <head>CASEMATE</head>
    <p>
    Casemate , se prend aussi pour les puits &amp; les rameaux que l'on fait dans le rempart d'un bastion, jusqu'à ce que l'on entende travailler le Mineur, &amp; qu'on évente les mines. <i>Difflandae, avertendae cuniculariae machinationis crypta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7258" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASEMATÉ" />
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    <head>CASEMATÉ</head>
    <p>
    &#9758; CASEMATÉ , adj. Voûté, où il y a des casemates. Un bastion <i>casematé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7259" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASENTIN" />
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    <head>CASENTIN</head>
    <p>
    CASENTIN , s. m. <i>Casentinus ager.</i> Petit pays de Toscane en Italie, renfermé dans le Florentin. Le <i>Casentin</i> est à l'Orient de Florence, entre cette ville &amp; le bourg du S. Sepulcre, aux environs des sources de l'Arno. Camaldoli est dans le <i>Casentin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7260" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASER" />
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    <head>CASER</head>
    <p>
    CASER , v. n. Qui ne se dit qu'au jeu du Trictrac, pour signifier, Faire des cases, ou mettre des dames l'une sur l'autre, afin d'empêcher l'adversaire de passer outre. <i>Scrupos alios aliis superponere.</i> La plus grande science du Trictrac est de bien <i>caser.</i></p><p>Dans les vieilles Coutumes on disoit <i>caser,</i> &amp; <i>acaser</i> ; pour dire, Donner quelque terre en fief : d'où on a dit <i>casement, chasement</i> &amp; <i>chas</i> ; pour dire, <i>maison</i> ; &amp; en Latin on appelle <i>casatus,</i> un <i>domestique,</i> un <i>vassal.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7261" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASERNE" />
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    <head>CASERNE</head>
    <p>
    CASERNE , s. f. Chambre bâtie sur le rempart des villes de guerre, pour loger les soldats de la garnison. <i>Casula.</i> On y loge ordinairement six soldats, qui montent la garde alternativement. Le Roi a fait bâtir dans ses villes de guerre des <i>casernes</i> magnifiques, qui sont de grands hôtels pour loger les garnisons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7262" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASERNER" />
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    <head>CASERNER</head>
    <p>
    &#9758; CASERNER , v. n. Loger dans des casernes. On fit <i>caserner</i> la garnison.</p><p>&#9758; Caserné, part. Qui loge dans des casernes. Sa Majesté ordonne que dans les routes, ses troupes seront <i>casernées,</i> comme il se pratique dans les lieux où elles tiennent garnison. <i>Ord. de</i> 1718.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7263" id="1" type="imprimeur">
   <index type="head" value="CASETIN" />
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   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>CASETIN</head>
    <p>
    CASETIN , s. m. Terme d'Imprimeur , diminutif de Case. <i>Typorum casula, loculus, loculamentum, capsula.</i> Les <i>casetins</i> sont les différens compartimens, ou petites loges carrées de la <i>case,</i> chacun desquels est destiné à un caractère. Le <i>casetin</i> de l'<i>A,</i> du <i>B,</i> &amp;c. On dit aussi Cassetin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7264" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASEUX, EUSE" />
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    <head>CASEUX, EUSE</head>
    <p>
    CASEUX, EUSE , adj. Epithète qu'on donne aux parties les plus grossières du lait, dont on fait des fromages. <i>Casearius.</i> On les appelle aussi <i>fromageuses.</i> Le lait d'ânesse ne contient que peu de parties <i>caseuses</i> ; mais celui de vache en contient beaucoup.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>caseus</i>, qui signifie <i>fromage.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7265" id="1" type="">
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    <head>CASIER</head>
    <p>
    &#9758; CASIER , s. m. Vieux mot, qui est encore en usage en Picardie, &amp; dont une des cent Nouvelles donne l'explication en ces termes : Pour vous donner entendre quelle chose est ung <i>casier,</i> c'est ung garde mangier en la façon d'une huche, long &amp; estroit pour raison &amp; assez profont, où l'on musse les oeufs &amp; le beure, le fromage &amp; autres telles vitailles. <i>Casier</i> vient de <i>casearius,</i> en sous-entendant <i>locus,</i> le lieu où l'on serre le fromage, &amp; que les Latins nomment d'un seul mot, <i>caseale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7266" id="1" type="">
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    <head>CASILLEUX</head>
    <p>
    CASILLEUX , adj. Nom que les Vitriers donnent au verre, lorsqu'il se casse en plusieurs morceaux, quand ils y appliquent le diamant pour le couper. <i>Fragilis.</i> Cela arrive à celui qu'on a retiré trop tôt du fourneau, où il n'a pas eu assez de recuite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7267" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASLEU" />
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    <head>CASLEU</head>
    <p>
    CASLEU , ou CISLEU, s. m. C'est le nom du neuvième mois des Hébreux. Hoffman. Les Auteurs du Moreri disent du dixième mois : Zacharie VII. 1. l'appelle le neuvième. ; c'est-à-dire, <i>Le quatrième jour du neuvième mois, qui est Casleu.</i> Les Hébreux ne donnerent point d'abord de noms à leurs mois. Il disoient seulement le premier, le second, le troisième mois, comme on le voit dans le Pentateuque. Ils ne leur imposerent des noms particuliers qu'après qu'ils eurent eu du commerce avec les Chaldéens, &amp; sur-tout au retour de la captivité, pendant laquelle ils prirent une partie de la langue &amp; des usages de leurs Maîtres. Le nom de <i>Casleu</i> ne se trouve aussi que dans les livres écrits depuis la captivité, Zacharie, Esdras &amp; les Machabées. Il commençoit à la nouvelle lune de Novembre.</p><p>Quelques Auteurs conjecturent que le nom <i>Casleu</i> vient de , <i>Chesil,</i> qui dans Job IX. 9. Amos v. 8. est pris par S. Jérôme pour la constellation d'Orion ; qu'il fut donné à ce mois, parce que cette constellation se couchant avec le soleil pendant ce mois-là, elle excite des tempêtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7268" id="1" type="">
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    <head>CASPIE</head>
    <p>
    CASPIE . Nom que quelques Auteurs &amp; M. Corneille lui même de l'Académie Françoise donnent à la mer d'Hircanie. Je ne sai pourquoi ils disent <i>Caspie,</i> communément on dit <i>Caspienne,</i> &amp; c'est l'usage. <i>Caspie</i> est Latin plutôt que François. Voyez donc Caspien, adj.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7269" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASPIEN, ENNE" />
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    <head>CASPIEN, ENNE</head>
    <p>
    CASPIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de peuple. <i>Caspius, a.</i> Les <i>Caspiens</i> étoient des Scythes, qui habitoient la côte méridionale de la mer qu'on appelle de leur nom, Mer Caspienne, &amp; qui étoient voisins des Hircaniens. Les <i>Caspiens</i> avoient la Coutume barbare d'enfermer leurs parens quand ils avoient atteint l'âge de 70. ans, &amp; de les laisser mourir de faim. Strab. Liv. XI. Valerius Flaccus, Liv. VI. v. 106. dit encore une chose singulière de ces peuples. C'est qu'ils avoient des chiens aguerris, &amp; qui combattoient avec leurs maîtres. Aussi leur rendoit-on après leur mort les mêmes honneurs qu'à leurs maîtres, les enterrant avec eux. Alex. ab Alexandr. <i>L. III. c.</i> 2. Coelius. <i>L. XVIII. c.</i> 38. Juste Lipse, <i>Centur. I. ad Belgas ep</i> 44. Elie Reusner <i>Art. Stratag. L. I. c.</i> 15. Gasp. Fascius. <i>Axiom. Bell. c.</i> 94. parlent des <i>Caspiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7269" id="2" type="">
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    <head>CASPIEN, ENNE</head>
    <p>
    Caspien, enne , adj. Que l'on donne à différentes choses, ou lieux, qui appartenoient aux <i>Caspiens,</i> qui en étoient voisins.</p><p>Les montagnes <i>Caspiennes,</i> en Latin <i>Montes Caspii,</i> sont une longue chaîne de montagnes, qui s'étend fort loin du Septentrion au Midi, entre l'Arménie majeure &amp; la mineure de la Mer <i>Caspienne</i> jusqu'au mont Taurus. C'est des monts <i>Caspiens,</i> ou des montagnes <i>Caspiennes,</i> que les Turcs sortirent au milieu du VIIIe siècle, &amp; qu'ils inonderent l'Arménie en 755.</p><p>Les Portes <i>Caspiennes. Portae Caspiae.</i> Le mont Taurus s'ouvre en trois endroits, où il laisse des chemins qui donnent entrée, l'un dans l'Arménie, l'autre dans la Cilice, &amp; le troisième dans la Médie. Outre cela il y avoit un passage de la Médie dans l'Albanie, à l'Occident de la Mer <i>Caspienne,</i> entre les hautes montagnes &amp; cette Mer. Quelques-uns ont pris ce col de montagnes pour les portes <i>Caspiennes</i> ; Maty est de ce nombre, &amp; M. Corneille l'a copié. On s'y étoit trompé dès le temps de Pline. Il en avertit au C. II. de son VIe Livre, &amp; dit que ce sont là les portes Caucasiennes, &amp; non pas <i>Caspiennes.</i> Il est étonnant qu'après cela on s'y trompe encore aujourd'hui. Les portes <i>Caspiennes</i> ne sont point dans le mont Caucase, ni le passage qui conduit du pays des <i>Caspiens</i> dans l'Albanie ; c'est-à-dire, de la côte Méridionale de la Mer <i>Caspienne</i> à la Septentrionale, en passant le long de la côte Occidentale de la même Mer. Les portes <i>Caspiennes</i> ne sont pas même dans les monts <i>Caspiens,</i> elles sont dans le mont Taurus, &amp; font la communication de l'Assyrie avec la Médie ; c'étoit un passage fort étroit, long de huit mille pas ; il avoit été taillé dans le roc, &amp; il n'y pouvoit passer qu'un chariot à la fois.</p><p>Ces portes <i>Caspiennes</i> étoient, selon Pline, sous le même parallèle que la Cappadoce, le mont Taurus, le mont Amanus, l'Issus, les portes de Cilicie, Tarse, l'Isle de Chypre, l'Isle de Rhodes, &amp;c. &amp; par conséquent ce pourroit être le passage qui donne entrée dans l'Albanie. Ptolomée les place aussi beaucoup plus au Midi que ce passage. Voyez sa cinquième planche ou Table de l'Asie, &amp; Pline, Liv. VI. c. 11. 14. &amp; 34. On les appelle quelquefois les Portes de Teflis.</p><p>La Mer <i>Caspienne,</i> que quelques-uns appellent Mer <i>Caspie</i> ; mais <i>Caspienne</i> est plus en usage, ou plutôt seul en usage. On la nomme aussi dans l'antiquité la Mer d'Hircanie, ou Hircanienne. Pline dit, Liv. VI. c. 13. qu'elle s'appelloit <i>Caspienne</i> depuis Cyrus. On l'appelle aujourd'hui communément de ce nom, &amp; on lui donne encore ceux de Mer de Sala, de Bachu, de Kilan, de Tabaristan, &amp;c. <i>Mare Caspium,</i> ou <i>Hircanum.</i> Il semble cependant que c'étoit la partie Orientale que l'on appelloit proprement Mer d'Hircanie, &amp; la partie Occidentale Mer <i>Caspienne</i> ; mais on ne garde point exactement cette distinction, &amp; l'on a donné indifféremment ces deux noms à toute cette Mer, à cause que les Hircaniens &amp; les <i>Caspiens</i> habitoient les côtes Méridionales &amp; les pays voisins de cette Mer ; les premiers du côté de l'Orient, &amp; les seconds à l'Occident. D'autres disent qu'elle prit ces noms des montagnes <i>Caspiennes,</i> qui la resserroient du côté du Couchant, &amp; des montagnes Hircaniennes qui la bornoient au Levant.</p><p>Quoiqu'il en soit, c'est un grand lac, qui n'a communication avec aucune mer, quoique Pline &amp; les Anciens ne l'aient regardé que comme un golfe de l'Océan Scythique, ou qu'ils aient cru qu'elle avoit communication avec le Palus-Maeotide. Cependant toute l'antiquité n'a pas été dans ces sentimens. Hérodote &amp; Diodore de Sicile conviennent que la Mer <i>Caspienne</i> n'est jointe à aucune mer. C'est sa vaste étendue qui lui a fait donner le nom de Mer. Clitarque dit dans Pline qu'elle est aussi grande que le Pont-Euxin. Eratosthene lui donnoit cinq mille quatre cents stades du Nord au Midi ; c'est-à-dire, environ 225 lieues ; quatre mille huit cents stades ; c'est-à-dire, 200 lieues dans un autre sens, &amp; encore 1400 stades qui font environ 60 lieues. Nous ne savons pas au juste l'étendue de cette Mer. On croit que l'opinion la plus probable est celle qui lui donne 260 lieues du Levant au Couchant, &amp; environ 200 du Nord au Midi. Cela revient à ce que dit Eratosthene. Oléarius écrit que sa longueur depuis l'embouchure du Volga jusqu'à Ferabath dans la Province du Mesanderan, est de huit degrés qui font six vingts lieues d'Allemagne, &amp; sa largeur du Levant au Couchant de six degrés qui font 90 lieues. Tout cela paroît copié d'après Pline.</p><p>Quinte-Curce a écrit, Liv. IV. c. 4. que les eaux de la Mer <i>Caspienne,</i> sont plus douces que celles des autres Mers. Cela n'est pas vrai, excepté du côté de l'Hircanie, qu'elles ne sont en effet ni douces, ni salées. Hoffman a donc eu tort d'assurer absolument &amp; généralement que les eaux de la Mer <i>Caspienne</i> sont douces. Cette Mer est extrèmement poissonneuse, &amp; Quinte-Curce dit qu'elle nourrit des serpens d'une longueur prodigieuse. Il ne sort aucune rivière de cette Mer, &amp; il y en entre un grand nombre &amp; de très-grandes, comme le Volga, le Jaik, le Chesel, le Jehun &amp; l'Araxe. On ne sait ce que deviennent toutes ces eaux. On conjecture qu'elles s'écoulent par des conduits souterrains, ou dans la Mer Noire, ou dans le Golfe Persique, ou au travers de la terre dans l'Océan de l'hémisphère opposé ; ou qu'elles vont sourdre en différens endroits de la terre pour faire des fleuves, comme par exemple l'Euphrate, le Tigre, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7270" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASQUE" />
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    <head>CASQUE</head>
    <p>
    CASQUE , s. m. Arme défensive pour couvrir la tête &amp; le cou d'un Cavalier, qu'on appelle autrement <i>heaume. Galea, cassis.</i> Boileau en parlant de l'inconstance de l'homme conclut,</p><p>Autrefois en France les Gens d'armes avoient tous le <i>casque.</i> Le Roi le portoit doré ; les Ducs &amp; Comtes argenté : les Gentils-hommes d'ancienne race le portoient d'un acier poli, &amp; les autres simplement de fer. Le Gendre.</p><p>Ce mot vient de <i>cassicum</i> ou <i>cassicus</i>, diminutif de <i>cassis.</i> Ménage. Sa racine a signifié une <i>chose vuide</i> &amp; <i>creuse.</i> On dit en Espagnol <i>casco,</i> pour signifier la <i>tête,</i> ou un morceau d'un pot de terre cassé. On dit aussi <i>casquet,</i> comme le montre Nicot en rapportant ces mots d'une Ordonnance de François I. touchant les services que sont obligés de rendre ceux qui tiennent des fiefs du Roi. <i>Et celui qui tiendra fiefs de deux ou trois cents livres de revenu par an, fera un homme de pied avec le corps de hallecret, le casquet &amp; la pique.</i></p><p>On trouve aussi des <i>casques</i> sur les médailles ; &amp; l'on y reconnoît les différentes façons de <i>casques</i> à la Grecque, à la Romaine. C'est le plus ancien habillement de tête qui paroisse sur les médailles, &amp; le plus universel. Les Rois, les Empereurs, &amp; les Dieux mêmes s'en sont servis. Celui qui couvre la tête de Rome a d'ordinaire deux ailes, comme le Pétale de Mercure ; celui de quelques Rois est paré de cornes de Jupiter Hammon, ou simplement de taureau, ou de belier, pour marquer une force extraordinaire. P. Jo.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7270" id="2" type="">
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    <head>CASQUE</head>
    <p>
    Casque , qu'en termes de Blason on appelle aussi <i>timbre,</i> se met dessus l'Ecu pour son principal ornement. C'est la vraie marque de Chevalerie &amp; de Noblesse. Les Allemans mettent plusieurs <i>casques</i> sur leurs Armes, quand ils ont plusieurs fiefs ou titres qui leur donnent des voix différentes dans les Cercles de l'Empire. Les Ecclésiastiques mettent aussi le <i>casque</i> sur leurs Armoiries quand ils sont Seigneurs temporels : &amp; quelques Evêques le pratiquent en France, comme les Evêques de Cahors &amp; de Gap. En Allemagne les Electeurs Ecclésiastiques mettent autant de <i>casques</i> qu'ils ont de fiefs qui leur donnent séance dans les Cercles. Il y a en un Archevêque de Cologne qui en a porté jusqu'à six. Les Auteurs donnent divers noms à ces <i>timbres</i> ou <i>casques.</i> L'<i>Impérial</i> est celui sur lequel s'élève une aigle, le <i>Royal,</i> celui qui est couronné ; le <i>timbre d'exclamation,</i> celui qu'on portoit dans les tournois, lorsque les Hérauts crioient pour faire connoître ceux qui entroient dans la lice ; le <i>timbre éloigne,</i> celui qu'on portoit quand on alloit chercher les avantures ; le <i>timbre de hurte,</i> celui qui étoit affilé en pointe par le devant pour faire glisser le coup ; le <i>timbre de vol,</i> celui qui avoit un vol au-dessus ; le <i>timbre de défense,</i> qui étoit entièrement fermé ; le <i>timbre de tourbe,</i> celui qui étoit tout uni pour les courses, qu'on appelloit la <i>tourbe</i> ou la <i>foule,</i> lorsqu'on couroit plusieurs ensemble, &amp; que l'on combattoit comme dans une mêlée, &amp;c.</p><p>En Blason on distingue encore les <i>casques</i> ou <i>timbres</i> par la matière, la forme &amp; la situation. Ceux des Rois sont d'or, ceux des Princes &amp; des Grands Seigneurs d'argent, &amp; ceux des simples Gentilshommes d'acier poli. A l'égard de la forme, ceux des Souverains sont ouverts, &amp; tarés de front, &amp; ont la visière levée ; les autres sont à demi-fermés &amp; à divers nombres de grilles, qu'on compte pour marquer les divers degrés de qualité. Les moindres sont tout-à-fait fermés. Et à l'égard de la situation, elle est ou de front, ou entière, &amp; en profil. Le <i>casque</i> fermé &amp; en profil est la marque d'un simple Gentilhomme, ou d'un soldat qui s'est signalé. Le <i>casque</i> fermé &amp; placé de front marque une noblesse nouvelle, mais acquise par quelque action héroïque. Le grillé &amp; en profil est la marque d'un Gentilhomme qui n'a vûe que sur ses sujets. Le grillé &amp; de front est celle d'un Capitaine qui a commandement sur les troupes. Le <i>casque</i> ouvert &amp; de profil est la marque d'un Seigneur qui a un grand fief dépendant du Roi. Et enfin le <i>casque</i> ouvert &amp; de front est celle d'un pouvoir absolu &amp; souverain. Mais toutes ces distinctions sont du dernier siècle, &amp; on ne les observe plus ; car autrefois tous les <i>casques</i> étoient fermés. Voyez <ref type="search" target="head:Heaume">Heaume</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7270" id="3" type="">
   <index type="head" value="CASQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CASQUE</head>
    <p>
    Casque , signifie aussi figurément la tête. <i>Caput.</i> Il en a dans le <i>casque</i> ; pour dire, Il a un peu la cervelle brouillée, soit de vin, soit de folie. En ce sens il est bas. Il manque un clou à son <i>casque</i> ; pour dire, Il est un peu fou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7270" id="4" type="">
   <index type="head" value="CASQUE" />
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    <head>CASQUE</head>
    <p>
    Casque , se dit aussi d'une grosse coquille que fournit la mer des Indes, &amp; que les Rocailleurs emploient à faire des grottes parmi les autres coquilles. <i>Concha.</i> On les appelle <i>casques,</i> à cause de leur figure. Ce coquillage paroît doublé par dedans, &amp; sur les bords, qui sont épais, plats, &amp; dentelés. Par le dehors il est dentelé d'une agréable rustique, relevée de plusieurs petites fosses qui sont entrelassées de petits compartimens, sur lesquels on voit ondoyer un pannache de diverses couleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7271" id="1" type="medailliste">
   <index type="head" value="CASQUÉ" />
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    <head>CASQUÉ</head>
    <p>
    &#9758; CASQUÉ . Couvert d'un casque. Tête <i>casquée.</i> Terme de Médailliste . Avant la décadence de la République Romaine, les Médailles consulaires sont marquées simplement de la tête de Rome <i>casquée,</i> ou de quelque Deïté ; &amp; le revers, d'une Victoire trainée à deux ou à quatre chevaux. <i>Science des Médailles.</i> La splendeur des villes se reconnoît sur les Médailles par des ailes. Ainsi voit-on fréquemment Rome <i>casquée</i> &amp; ailée. <i>Mém. de Trev. Nov. 1734.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7272" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSADE" />
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    <head>CASSADE</head>
    <p>
    CASSADE , s. f. Bourde qu'on invente pour se défaire des importunités de quelqu'un. <i>Ludificatio.</i> On le dit aussi des hableurs qui promettent beaucoup, &amp; qui tiennent peu, on les appelle <i>Donneurs de cassades.</i></p><p>A certains jeux de renvi, comme le bréland, on dit, Faire une <i>cassade</i> ; pour dire, Faire un renvi avec vilain jeu, afin d'obliger les autres Joueurs à quitter. C'est un grand faiseur de <i>Cassades.</i></p><p>Ce mot vient de ce qu'un Manceau, pour s'exemptet de prêter son cheval à ses amis, leur disoit toujours qu'il avoit une <i>cassade,</i> qui est un vieux mot qui signifioit alors une <i>blessure de cheval.</i> Il est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7273" id="1" type="labourage">
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    <head>CASSAILLE</head>
    <p>
    CASSAILLE , s. f. Terme de Labourage , qui se dit de la levée des guerets, quand il faut casser &amp; ouvrir la terre pour lui donner son premier labeur, sa première façon. <i>Conquassatio, obtritus.</i> La <i>cassaille</i> se fait entre Pâques &amp; la S. Jean.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7274" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSANDRE" />
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    <head>CASSANDRE</head>
    <p>
    CASSANDRE , s. f. Sorte de danse du temps de Ronsard. C'étoit le nom de sa Maîtresse. On renouvella cette danse il y a 50 ans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7275" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSANT, ANTE" />
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    <head>CASSANT, ANTE</head>
    <p>
    CASSANT, ANTE , adj. Fragile, qui se casse aisément. <i>Fragilis.</i> L'albâtre est une pierre fort <i>cassante.</i> Les métaux aigres sont fort <i>cassans.</i> On dit aussi qu'une mine est <i>cassante,</i> quand le métal qu'on en tire est <i>cassant.</i></p><p>On le dit aussi de la chair, ou substance de certains fruits. Les bons chrétiens d'Espagne, les amadottes, sont des poires <i>cassantes,</i> ont la chair <i>cassante.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7276" id="1" type="palais">
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    <head>CASSATION</head>
    <p>
    CASSATION , s. f. Terme de Palais , se dit des actes &amp; des procédures qu'on annulle. <i>Abrogatio.</i> Il poursuit la <i>cassation</i> de son mariage, du testament de son père. On se pourvoit contre les Arrêts au Conseil par <i>cassation.</i> Un demandeur en <i>cassation.</i> Aux Requêtes du Palais, de l'Hôtel, &amp; au Conseil, on prononce par <i>cassation</i> de tout ce qui a été fait au préjudice du renvoi fait devant eux. Les défenses portées par les Arrêts prononcent toujours, à peine de nullité, de <i>cassation</i> de procédures, &amp;c. Une requête en <i>cassation</i> n'empêche pas l'exécution du jugement. Ceux qui se pourvoient au Conseil en <i>cassation</i> d'Arrêts &amp; de jugemens contradictoires, tant du Grand-Conseil que des Cours &amp; Juges en dernier ressort, sont obligés en présentant leur requête de consigner l'amende de 450 livres ; savoir, 300 livres pour le Roi, &amp; 150 livres pour la partie. Si les jugemens sont par défaut, ou congé, l'amende envers le Roi n'est que de 150 livres, &amp; de 75 livres envers la partie.</p><p>Les moyens de <i>cassation</i> sont. 1°, Quand un Arrêt se trouve directement contraire à un autre Arrêt, &amp; que tous les deux ont été rendus contre la même partie. 2°, Quand les Arrêts sont contre la disposition expresse des Ordonnances ou des Coutumes. 3°, Quand les formalités prescrites par les Ordonnances n'ont pas été suivies.</p><p>Larrey dit aussi <i>cassation</i> du Parlement, en parlant de celui d'Angleterre.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>quassare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7277" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSAVE" />
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    <head>CASSAVE</head>
    <p>
    CASSAVE , s. f. <i>Cassavi.</i> C'est proprement une farine grossière de la racine du Manyoque. On fait dans les Isles d'Amérique des gâteaux avec cette farine, &amp; on les appelle des pains de <i>cassave.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Manyoque">Manyoque</ref>. Le jus de la <i>cassave</i> est un poison fort dangereux, mais son marc sert <pb n="889" facs="bpt6k8542165/f929/full/1200,/0/native.jpg"/>à faire le pain. Les Indiens Occidentaux ne mangent que du pain de <i>cassave,</i> à cause que notre blé ne vient point en Amérique : il lève trop tôt, &amp; ne jette que de la paille. Voyez <ref type="search" target="head:Manyoque">Manyoque</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7278" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSE" />
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    CASSE , adj. f. Qui se dit de la voix d'un homme mourant, ou enroué, qui parle difficilement. <i>Vox fusca.</i> C'est une voix <i>casse,</i> ou enrouée, qu'on entend avec peine.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>quassus, cassatus</i>. Voyez CAS, CASSE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="1" type="droguiste">
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    CASSE , s. f. Terme de Droguiste . <i>Casia, Cassia ; Siliqua Cassiae.</i> C'est la moëlle du fruit ou des Siliques du cassier. Elle est fort employée en Médecine. Autrefois on tiroit du Levant toute la <i>casse</i> qu'on employoit en France : à présent elle vient des Isles d'Amérique, où elle y est devenue si abondante, qu'elle en fourniroit une partie de l'Europe. La <i>casse</i> du Levant est ordinairement plus pleine de moëlle que celle d'Amérique. La moëlle de <i>casse</i> est un purgatif des plus doux &amp; des moins malfaisans. Elle sert de base à la plupart des électuaires purgatifs. La teinture de <i>casse</i> est une infusion légère de sa moëlle avec ses grains. La <i>casse</i> extraite n'est autre chose que la moëlle séparée des gousses &amp; des semences, à laquelle on ajoûte une certaine quantité de sucre en poudre pour la conserver &amp; empêcher qu'elle ne s'aigrisse. On confit en Amérique les jeunes gousses ou siliques de <i>casse</i> ; on fait aussi une confiture de ses fleurs, &amp; on se sert de toutes les deux pour purger les enfans &amp; les personnes qui craignent l'odeur de la <i>casse.</i></p><p>Il y a une autre espèce de <i>casse</i> qui vient au Brésil, elle n'est pas d'usage. Voyez <ref type="search" target="head:Cassier">Cassier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="2" type="">
   <index type="head" value="CASSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Pharmacie" />
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse odorante , ou <i>Aromatique.</i> Voyez Cassia lignea. C'est la même chose.</p><p>On dit proverbialement, &amp; bassement ; Donner la <i>casse</i> à quelqu'un ; pour dire, le destituer de sa charge, de son emploi, le casser aux gages. <i>Exauctorare aliquem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="3" type="">
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse , signifie encore la partie d'une écritoire portative où l'on met les plumes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="4" type="architecture">
   <index type="head" value="CASSE" />
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse , ou Quaisse, en termes d'Architecture , se dit de l'espace qui est entre les modillons des corniches, dans lequel il y a d'ordinaire des roses taillées. <i>Modioli.</i> Ces <i>casses</i> doivent être carrées dans tous les ordres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="5" type="imprimerie">
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse , Terme d'Imprimerie . Voyez <ref type="search" target="head:CASE">CASE</ref>. Peut-être néanmoins Casse est-il mieux, venant de <i>Capsa,</i> mais on prononce Caze.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="6" type="charpenterie">
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse , en termes de Charpenterie , est la partie du gouvernail d'un bateau foncet, qui sort en dehors du vaisseau, &amp; qui en soutient toutes les planches jusqu'au saffran.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="7" type="monnoie">
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse d'affinage , en termes de Monnoie , est une coupelle où l'on affine les matières d'argent. <i>Catinus excoquendo argento.</i> La <i>casse</i> est faite de recoupes de pierre de taille les plus dures, de charbon &amp; de grais bien pilés, &amp; de cendres lessivées. Il y a un couvercle de grais sur cette <i>casse,</i> afin d'entretenir la chaleur des matières fondues, &amp; ce couvercle a une couverture par où l'on jette du charbon sur les matières fondues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="8" type="">
   <index type="head" value="CASSE" />
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse , chez les Orfèvres, est une jatte ou vaisseau de terre qui sert à affiner, &amp; séparer l'or &amp; l'argent. <i>Catinus excoquendo auro &amp; argento.</i> Ce vaisseau est ordinairement fait de cendres de lessive &amp; d'os pilés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="9" type="verrerie">
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse , en termes de Verrerie , est une cuillier de fer fort grande, avec un long manche, dont on se sert pour tirer le massicot, &amp; pour trafier. <i>Cochlear ferreum longiori instructum manubrio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="10" type="">
   <index type="head" value="CASSE" />
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse , est aussi un terme dont on se sert en parlant des métaux qui sont cassants. Du fer clair à la <i>casse,</i> est du fer qui paroît clair, blanc, &amp; brillant, dans les endroits où il est rompu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7279" id="11" type="">
   <index type="head" value="CASSE" />
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    <head>CASSE</head>
    <p>
    Casse . On appelle <i>casse</i> en quelques Provinces, une chaudière de fer ou de potin ; &amp; ce nom distingue ces sortes de vaisseaux de ceux qui sont de même figure, &amp; qui sont de cuivre, qu'on appelle <i>chaudières</i> dans le même lieu. En ce sens l'<i>a</i> de ce nom est bref.</p><p>Il y a encore des Provinces, comme l'Anjou, la Normandie, le Maine, &amp; le Beauvoisis, ou le mot <i>casse,</i> avec l'<i>a</i> bref, signifie la même chose que <i>léchefrite</i> ; d'autres, comme la Champagne, où il signifie un bassin de cuivre à longue queue recourbée par le bout, afin de le suspendre. Il sert à puiser dans le seau &amp; à boire : &amp; dans ce sens on dit une <i>cassetée,</i> pour dire, plein la <i>casse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7280" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSE-COU" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CASSE-COU</head>
    <p>
    &#9758; CASSE-COU , s. m. On appelle ainsi un endroit où on court grand risque de tomber. Cet escalier est un vrai <i>casse-cou.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7281" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSE-CUL" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CASSE-CUL</head>
    <p>
    &#9758; CASSE-CUL , s. m. Terme populaire pour signifier une chûte qu'on fait en tombant sur le derrière. Il s'est donné un <i>casse-cul</i> sur la glace.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7282" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSEL" />
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    <head>CASSEL</head>
    <p>
    CASSEL , s. m. ou MONT-CASSEL. Ville de Flandre. <i>Castellum, Castellum Morinorum. Cassel</i> est situé sur une montagne. Philippe de Valois la prit par assaut en 1328. après avoir vaincu les Flamans révoltés contre leur Comte, &amp; y mit tout à feu &amp; à sang. La bataille de <i>Cassel,</i> est une bataille donnée en 1677. proche de <i>Cassel,</i> où feu Monsieur frère unique du Roi sortant de ses retranchemens devant S. Omer qu'il assiégeoit, défit entièrement l'armée d'Espagne &amp; de Hollande, commandée par le Prince d'Orange qui venoit au secours de la place.</p><p><i>Cassel</i> est encore une ville d'Allemagne, capitale du Landgraviat de Hesse-Cassel, <i>Caselia,</i> ou <i>Cassilia, Castellum Cattorum.</i> Quelques-uns prétendent que c'est le <i>Stereontium</i> des Anciens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7283" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSE-MUSEAU" />
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    <head>CASSE-MUSEAU</head>
    <p>
    CASSE-MUSEAU , s. m. Coup de poing dans le nez, ou autre choc qui offense le visage. <i>Pugnus in nasum.</i> On appelle aussi par antiphrase, <i>casse-museaux,</i> de petits choux, ou une espèce de pâtisserie molle, tendre, creuse &amp; fort délicate. <i>Pistorius globulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7284" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSE-NOIX" />
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    <head>CASSE-NOIX</head>
    <p>
    CASSE-NOIX , ou CASSE-NOISETTE. Petit instrument de bois en forme de tenaille, qui sert à casser des noix, ou des noisettes, qu'on servoit autrefois sur table.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7285" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSE-NOIX" />
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    <head>CASSE-NOIX</head>
    <p>
    CASSE-NOIX , s. m. C'est un oiseau que l'on appelle autrement <i>Merle de pierre,</i> &amp; en Latin, <i>Merula saxatilis.</i> Il est plus grand que le merle, tacheté comme l'étourneau, &amp; noirâtre par-dessus. Il est toutefois moins couvert de taches sur la tête &amp; sur le dos que par les ailes. Il est diversifié de taches blanches en forme de croissant par tout le corps, qui sont pareillement plus grandes sur les ailes &amp; sur le derrière que sur la tête. Tout le devant depuis le bec jusqu'à l'extrémité du ventre est jaunâtre, &amp; tacheté de marques de couleur de rouille &amp; blanches. Elles sont de différentes grandeurs. Les grandes plumes des ailes sont noires &amp; blanches à l'extrémité des bords. Le dessus de sa queue est noir, &amp; le dessous de couleur de rouille ; ses pieds bruns. Enfin, cet oiseau est très-beau, &amp; très-agréable à voir, à cause de la diversité de ses taches.</p><p>On appelle aussi <i>casse-noix,</i> une espèce de geai. En Latin <i>graculus alpinus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7286" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSENOLLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>CASSENOLLE</head>
    <p>
    CASSENOLLE , s. f. Drogue servant aux Teinturiers. <i>Galla.</i> C'est la même chose que la noix de galle qui vient sur quelques chênes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7287" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSER" />
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    <head>CASSER</head>
    <p>
    CASSER , v. act. Rompre, briser, fracasser. <i>Frangere, confringere.</i> Un peu de plomb peut <i>casser</i> la plus importante tête du monde. Voit. On <i>casse</i> la tête aux déserteurs en les passant par les armes. <i>Casser</i> des noix. Cette glace de miroir s'est <i>cassée</i> en mille pièces.</p><p>Ce mot vient de <i>cassare</i> de la basse Latinité, qui a été fait de l'ancien <i>quassare,</i> signifiant la même chose. Ménage.</p><p>On dit avec le pronom personnel, qu'une étoffe se <i>casse,</i> lorsqu'elle se coupe dans les plis, qu'il s'y fait des fentes en long en plusieurs endroits. Le camelot, le moncayard se <i>cassent.</i></p><p>On dit aussi des cordes de luth, d'épinette, qu'elles se <i>cassent</i> comme un verre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7287" id="2" type="agriculture">
   <index type="head" value="CASSER" />
   <index type="src_domain" value="agriculture" />
   <index type="macro_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CASSER</head>
    <p>
    Casser , signifie aussi, Egruger, réduire en menues parties, comme, <i>Casser</i> du grais, du sucre. <i>Obterere, confringere.</i></p><p>On dit aussi en termes d'Agriculture , <i>Casser</i> la terre en parlant de la première façon, du premier labour qu'on lui donne, quand on lève les guérets d'une terre qui s'est reposée quelque temps. Il fait très-bon <i>casser</i> les terres, lorsqu'elles ne sont ni trop dures, ni trop molles. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7287" id="3" type="palais">
   <index type="head" value="CASSER" />
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   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CASSER</head>
    <p>
    Casser , en termes de Palais , signifie, Annuller un écrit, en ruiner la force &amp; la valeur, le rendre nul &amp; comme non fait. <i>Abrogare, rescindere.</i> Ce mariage, ce testament ont été <i>cassés</i> par arrêt. Le Conseil du Roi <i>casse</i> les Arrêts des Parlemens. Les Requêtes du Palais, &amp; de l'Hôtel, <i>cassent</i> tout ce qui a été fait au préjudice du renvoi fait en leur Jurisdiction, comme un attentat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7287" id="4" type="">
   <index type="head" value="CASSER" />
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    <head>CASSER</head>
    <p>
    <pb n="890" facs="bpt6k8542165/f930/full/1200,/0/native.jpg"/> Casser , signifie aussi, Supprimer la charge d'un Officier, ou le destituer. <i>Exauctorare.</i> On a <i>cassé</i> le Présidial d'un tel lieu, c'est-à-dire, On a révoqué l'Edit de création. On a <i>cassé</i> ce Capitaine à la tête des troupes pour avoir commis une lâcheté. Il <i>cassa</i> quelques Enseignes pour n'avoir pas bien fait leur devoir. C'est à peu près en ce sens qu'on le dit du Parlement d'Angleterre. Le Roi d'Angleterre peut <i>casser</i> le Parlement quand il lui plaît, c'est-à-dire, Destituer tous les membres qui le composent du pouvoir qu'ils ont en vertu de leur élection ; dissoudre le Parlement.</p><p>En général on dit, <i>Casser</i> des troupes ; pour dire simplement, Les licencier, les remercier de leur service, les congédier. <i>Missum exercitum facere, copias militia solvere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7287" id="5" type="">
   <index type="head" value="CASSER" />
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    <head>CASSER</head>
    <p>
    Se Casser , se dit des choses qui sont <i>cassees</i> par une cause extérieure. Le verre se <i>casse</i> aisément. Une glace de miroir qui est en danger de se <i>casser.</i></p><p>On dit aussi d'un homme vieux &amp; misérable, que les années, que les chagrins, l'ont beaucoup <i>casse</i> ; qu'il se <i>casse</i> beaucoup ; pour dire, qu'il s'affoiblit beaucoup, qu'il devient caduc. <i>Aetate, senectute confectus.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement, <i>Casser</i> du grais à quelqu'un ; pour dire, qu'on ne veut rien faire de ce qu'il souhaite : &amp; qu'un homme est <i>cassé</i> aux gages ; pour dire qu'on ne veut plus avoir de commerce avec lui, ou qu'il n'est plus dans le même faveur, ni dans le même crédit qu'auparavant. On dit aussi au cabaret, qui <i>casse</i> les verres les paye : ce qui veut dire, qu'il faut que chacun porte la peine de la faute qu'il a commise. On dit aussi, qu'une femme a <i>casse</i> ses oeufs, quand elle a accouché avant terme par quelque chute ou accident.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7287" id="6" type="">
   <index type="head" value="CASSER" />
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    <head>CASSER</head>
    <p>
    Casse, ée , part. &amp; adj. <i>Fractus, ruptus, abrogatus, &amp;c.</i> Outre les significations de son verbe, il se dit aussi quelquefois de la voix, &amp; signifie Foible, &amp; qui n'est plus en état de chanter. Chanter d'un ton triste &amp; <i>cassé.</i> Voit. On le dit encore des personnes. Un homme <i>cassé,</i> est un homme vieux, infirme, valétudinaire. <i>Senio, aetate confectus.</i> Un homme <i>cassé</i> des fatigues de la guerre, c'est-à-dire, à cause des fatigues de la guerre.</p><p>On appelle en Musique un <i>verre cassé,</i> un certain son qu'on tire d'une corde de luth, qui imite le bruit que fait un verre quand on le casse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7288" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSEROLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>CASSEROLE</head>
    <p>
    CASSEROLE , s. f. Manière de plat de cuivre étamé, de fort petit bord, &amp; bien plus creux que les plats ordinaires. <i>Catinus ex aere cyprio altior, orisque angustioribus &amp; plumbo albo illitus.</i> On s'en sert à faire des fricassees, &amp; des ragoûts. On ne se peut passer de <i>casserole</i> dans une cuisine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7288" id="2" type="verrerie">
   <index type="head" value="CASSEROLE" />
   <index type="src_domain" value="verrerie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>CASSEROLE</head>
    <p>
    Casserole , Terme de Verrerie , est une cuillier de fer, dont on se sert pour ôter la crasse, &amp; l'ordure de dessus le verre. Voyez <ref type="search" target="head:CASSE">CASSE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7289" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSERON" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CASSERON</head>
    <p>
    CASSERON , s. m. Sorte de poisson volant. <i>Loligo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7290" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSETÉE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CASSETÉE</head>
    <p>
    &#9758; CASSETÉE , s. f. Ce que peut contenir une casse, ou une casse pleine. Il étoit si altéré, qu'il a bu une grande <i>cassetée</i> d'eau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7291" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSE-TÊTE" />
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    <head>CASSE-TÊTE</head>
    <p>
    CASSE-TÊTE , s. m. Mot burlesque. C'est le nom qu'on donne à des vins fumeux &amp; malfaisans, qui sont grossiers, qui enyvrent, &amp; donnent des maux de tête. Les Auvergnats, &amp; gros vins d'Orléans, sont des <i>casse-têtes.</i> On le dit aussi des sciences, des connoissances difficiles à acquérir, de tout ce qui donne de l'embarras, qui tourmente l'esprit. L'Algèbre est un vrai <i>casse-tête.</i> Ces expressions ne sont que de la conversation. Une classe nombreuse est un grand <i>casse-tête.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7292" id="1" type="imprimerie">
   <index type="head" value="CASSETIN" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
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    <head>CASSETIN</head>
    <p>
    CASSETIN , s. m. Terme d'Imprimerie . Voyez <ref type="search" target="head:CASETIN">CASETIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7293" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSETTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CASSETTE</head>
    <p>
    CASSETTE , s. f. Petit coffre portatif où on enferme ce qu'on a de plus précieux. <i>Cassula, arcula.</i> Une <i>cassette</i> de nuit. Une <i>cassette</i> de la Chine, d'écaille de tortue. Un tel a une pension assignée sur la <i>cassette</i> du Roi, où on met tous les mois six mille louis d'or pour faire des gratifications manuelles.</p><p>Ce mot vient de <i>capsetta</i>. Ménage &amp; Saumaise. C'est un diminutif de <i>capsa,</i> où le <i>p</i> devant l'<i>s</i> s'est changé en <i>s.</i> On trouve de même dans la vie de sainte Françoise <i>cassa</i> pour <i>capsa, Acta SS. Mart. Tom. II. p.</i> 111. <i>C. &amp; Tom. III. p.</i> 162. <i>E.</i> indifféremment <i>capsa</i> &amp; <i>cassa.</i> On trouve aussi le diminutif <i>Cassetta.</i> Voyez <i>Act. SS. Jun. Tom. V. p.</i> 16. <i>&amp;</i> 64. <i>F.</i> Casse &amp; <i>cassette</i> est tiré du Celtique <i>Kass.</i> Pezr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7294" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSEUR" />
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    <head>CASSEUR</head>
    <p>
    CASSEUR , s. m. Qui est en usage dans cette phrase proverbiale ; C'est un grand <i>casseur</i> de raquettes ; pour dire, C'est un hableur, un fanfaron, qui se vante faussement d'avoir fait plusieurs choses dont il n'est pas capable. <i>Thraso.</i></p><p>Ce mot vient de <i>quassator</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7295" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSI" />
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    <head>CASSI</head>
    <p>
    CASSI , s. m. Nom propre d'homme. <i>Cassius.</i> S. Cassius, que nous appellons vulgairement saint <i>Cassi,</i> étoit, selon la tradition, un Prêtre de l'ordination de S. Austremoine l'Apôtre d'Auvergne. Il fut couronné du martyre vers l'annee 266. Il ne faut dire <i>Cassi</i> qu'en parlant de ce Saint, hors de là il faut retenir le mot Latin dans son entier. Brutus &amp; <i>Cassius</i> après avoir tué César se retirerent en Grèce, où ils leverent une armée, &amp; où ils furent vaincus dans les champs de Philippe en Macédoine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7296" id="1" type="">
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    <head>CASSIA LIGNEA</head>
    <p>
    CASSIA LIGNEA , s. f. C'est l'écorce d'un arbre fort semblable à celui qui porte la cannelle : ils croissent l'un parmi l'autre dans l'Isle de Ceylan. Ces deux écorces sont cueillies &amp; séchées de même manière : leur odeur &amp; leur goût sont presque semblables ; elles sont également douces, piquantes &amp; agréables : leur couleur, leur figure &amp; leur épaisseur ne diffèrent presque en rien : mais la <i>cassia lignea</i> est d'une substance grasse, mucilagineuse, &amp; telle qu'en la mâchant elle se dissout toute dans la bouche, sans y laisser aucune partie ligneuse ; au lieu que la partie ligneuse de la cannelle reste toujours dans la bouche, quoiqu'on l'ait bien mâchée. Il y a des Auteurs qui croient que l'arbre qui porte la cannelle est le même que celui qui porte la <i>cassia lignea,</i> &amp; qu'ils ne diffèrent qu'en ce que le premier vient dans l'Isle de Ceylan, &amp; l'autre sur la côte de Coromandel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7297" id="1" type="">
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    <head>CASSI-ASCHER</head>
    <p>
    CASSI-ASCHER , s. m. Officier des armées du Turc. Grand Prévôt. <i>Capitalis Turcarum Tribunus.</i> Après la bataille que Selim remporta sur les Perses, il fit appeller le <i>Cassi-Ascher,</i> ou Grand Prévôt pour lui demander ce qu'on devoit faire des femmes des Perses qu'ils tenoient captives. Art. Thomas, <i>Contin. de l'Hist. des Perses Liv. III.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7298" id="1" type="">
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    <head>CASSIDOINE</head>
    <p>
    CASSIDOINE , s. f. Pierre précieuse qui a des veines de plusieurs couleurs, dont on fait des vases qui ont été fort estimes dans l'antiquité, &amp; qu'on a appellés <i>Murrha.</i> Cette pierre a un jour fort trouble, &amp; semble polie &amp; lissée plutôt que luisante. On fait cas de celles qui sont comme purpurines, tirant sur le blanc. On estime fort aussi celles qui ont une nuée approchante de l'arc-en ciel, avec des veines grasses. Les blaffardes sont les moindres de toutes, &amp; celles qui ont quelque glace, ou des porreaux &amp; grains de mailles plates.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7299" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSIE" />
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    <head>CASSIE</head>
    <p>
    CASSIE , s. f. <i>Acacia Indica.</i> Arbre qui a été apporté des Indes, &amp; qui ressemble par ses feuilles à l'Acacia du Levant, qu'on nomme <i>Acacia vera, sive Aegyptiaca.</i> On cultive la <i>Cassie</i> en Italie, &amp; en Provence, à cause de l'odeur de ses fleurs, avec lesquelles on fait une pomade qui se tiroit autrefois de Grace en Provence. On en faisoit aussi une essence ; mais depuis que les odeurs ne sont plus à la mode, on prépare bien moins d'essences &amp; de pomades de <i>Cassie.</i> L'arbre de <i>Cassie</i> vient en Europe d'une moyenne grandeur &amp; grosseur ; son tronc est tout au plus de quatre à cinq pouces de diamètre, haut comme nos Orangers, branchu, &amp; garni de feuilles rangées sur une côte branchue, &amp; dont les branches sont comme par paires, aussi-bien que ses feuilles, dont deux terminent chaque côté. Elles sont plus petites que celles de la lentille, mais un peu plus fermes, glabres &amp; lisses, d'un verd gai qui brunit quelquefois. Elles s'approchent les unes des autres sur le soir ; c'est ce qu'on appelle Se fermer. A la naissance de chacune de ces feuilles sortent à côté un ou deux piquants fort aigus, purpurins d'abord, mais ensuite blancs, longs d'un pouce environ. Ces piquans restent long-temps sur ces branches &amp; ne tombent guère. Il fleurit environ le mois de Juin en Italie, en Août en France, &amp; dans les Provinces un peu froides. Sa fleur est une petite boule ronde, velue, jaune, soutenue par un pédicule long d'un pouce, verd, &amp; qui part des endroits où les vieilles feuilles des précédentes années avoient été placées. Elles naissent aussi des jeunes pousses de l'année, mais ce n'est qu'au mois de Septembre qu'elles fleurissent. Elles ont une odeur fort douce. A l'aide de la coupe on découvre que cette fleur est un amas de petits cornets <pb n="891" facs="bpt6k8542165/f931/full/1200,/0/native.jpg"/>qui n'ont pas une ligne de longueur, évasés, remplis d'une quantité prodigieuse de petites étamines fort déliées, qui environnent un pistile. Elles sont ramassées en une boule qui est composée quelquefois de plus de cent de ces cornets qui sont autant de fleurs, dont la plus grande partie avorte, &amp; il n'y en aura qu'une, deux ou trois, qui noueront ce fruit. Il est formé par le pistile qui devient une gousse brune, longue &amp; grosse comme le doigt, courbée, composée de deux écorces, entre lesquelles il se rencontre une matière mucilagineuse &amp; gluante. Cette gousse est divisée intérieurement par des cloisons spongieuses en plusieurs cellules qui renferment chacune une semence arrondie, dure, pâle, &amp; qui étant mâchée laisse un goût d'ail à la bouche. Cet arbre donne dans les Isles d'Amérique une gomme semblable à celle qu'on nomme Arabique. Elle en a les mêmes usages, &amp; se fond pareillement dans l'eau. L'écorce de ses gousses sert en place de noix de galle pour faire de l'encre.</p><p>L'<i>Acacia</i> du Levant, comme espèce du même genre de la <i>Cassie,</i> n'en diffère aussi que par ses gousses principalement, qui sont d'une structure différente. Chaque silique est longue de quatre à cinq pouces environ, &amp; composée de plusieurs phalanges, rondes, lenticulaires, de demi pouce au plus de diamètre, qui ne renferment dans leur cavité qu'une semence arrondie, &amp; qui sont séparées les unes des autres par un étranglement fort considérable.</p><p>Ces gousses encore vertes sont exprimées pour en préparer un extrait qu'on nomme <i>Acacia vera,</i> &amp; qui est fort astringent. La décoction des feuilles &amp; des fleurs est estimée aussi astringente. La gomme Arabique découle de l'Acacia du Levant. La plus belle est blanche &amp; vermiculée ; elle est fort adoucissante, &amp; entre dans plusieurs compositions Galéniques : on l'emploie encore pour former des trochisques. On employoit beaucoup de cette gomme autrefois, mais depuis que la gomme du Sénégal est devenue commune &amp; à meilleur marché, il n'entre que très-peu de gomme Arabique dans le Royaume. Il est vrai que la gomme du Sénégal n'est différente de l'Arabique que parce qu'elle est moins blanche. Il y a lieu de croire que la gomme du Sénégal coule d'une espèce d'Acacia ; on a donné ce nom à cette gomme à cause que c'est la compagnie du Sénégal qui a été la première qui l'ait apporté.</p><p>Il y a plusieurs autres espèces d'Acacia qui sont familières dans les Isles d'Amérique. Le P. Plumier en a trouvé plusieurs espèces qui sont rapportées dans les <i>Instituts Botaniques</i> de M. de Tournefort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7300" id="1" type="">
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    <head>CASSIER</head>
    <p>
    CASSIER , ou CANEFICIER. <i>Cassia purgatrix.</i> Arbre qui porte la casse. Il croît de la hauteur de nos noyers : son écorce est plus fine &amp; plus lisse. Le bois de son tronc est d'un rouge brun, ferme, couvert d'un aubier pâle : ses feuilles sont arrondies à leur base, pointues à leur extrémité, larges de deux pouces sur quatre environ de longueur, d'un verd brun, rangées par paire, sur une côte terminée par deux feuilles. Du même endroit que naît la côte qui soutient les feuilles, part aussi une branche chargée de fleurs jaunes portées sur des pédicules assez longs. Elles sont à cinq pétales, d'un beau jaune, arrondies, creusées en manière de cuilleron, inégales ; deux sont plus amples que les autres, &amp; ont près d'un pouce de diamètre ; elles sont toutes soutenues par un calice à cinq découpures ovales, longues de trois lignes sur deux &amp; demi environ de largeur, creusées en cuilleron, d'un verd jaunâtre. De leur milieu s'élèvent dix étamines d'un jaune pâle, inégales ; c'est-à-dire, dont les unes sont plus longues que les autres, &amp; dont trois sont crochues pendant que les sept autres sont droites. Elles sont chargées de sommets jaunes, &amp; entourent un pistile qui est mince d'abord, crochu, &amp; verdâtre, &amp; qui devient ensuite une gousse d'un pied &amp; demi de long, d'un pouce environ d'épaisseur, composée de deux cosses minces, ligneuses, fort voûtées, &amp; si fort unies ensemble qu'elles ne peuvent se séparer : il n'y reste pour trace de leur union qu'une raie &amp; un rebord qui subsistent des deux côtés de la gousse. Elle est ligneuse, couverte d'une écorce fine, qui devient basanée ou couleur châtain, &amp; est divisée en dedans en plusieurs cellules par des cloisons transversales &amp; parallèles. Chaque cellule contient une semence arrondie, aplatie, dure &amp; d'un châtain clair ; les parois de ces cellules sont revêtues d'une moëlle ou pulpe noire, douceâtre &amp; sucrée. Le <i>caneficier</i> fleurit dans nos Isles Antilles aux mois d'Avril &amp; de Mai ; pour lors il est dépouillé de ses feuilles. La gousse du <i>cassier</i> se nomme communément la casse, <i>Siliqua cassia.</i> Voyez ce mot.</p><p>Il y a un <i>Cassier</i> ou <i>Caneficier</i> du Brésil, qui est beaucoup plus gros que le précédent ; son écorce est bien plus épaisse, se gerse, &amp; est relevée de plusieurs veines qui parcourent toute sa surface ; les rebords qui marquent la jonction des deux cosses, forment un cordon considérable des deux côtés de la gousse. Elle est partagée de même en plusieurs cellules dans son intérieur. On croit cette <i>casse</i> moins purgative. Marcgrave la nomme <i>Tapyracoaynana ;</i> &amp; Bauhin, <i>Cassia fistula Brasiliana.</i></p><p>Il y a des <i>Cassiers</i> dans les Isles de l'Amérique. Ce sont de beaux &amp; puissants arbres, qui ont les feuilles presque semblables à celles de l'Acacia, que nous avons en France ; mais deux fois plus grandes, plus pointues, plus fortes &amp; plus écartées. Cet arbre fleurit gris-de-lin, ou couleur de fleur de pêcher, &amp; non pas jaune, comme celui du Levant. Ses tuyaux sont longs de deux pieds, &amp; deux ou trois fois aussi gros que les autres. Quand il est dépouillé de ses feuilles (ce qui lui arrive tous les ans une fois) il se couvre entièrement de grands bouquets de fleurs, longs d'un bon pied, en forme de pennache, de couleur de fleurs de pêcher. Sur chaque bouquet il croît tout au plus un ou deux bâtons de <i>Casse.</i> Ces bâtons ont la forme de ceux du Levant, mais ils sont longs de deux grands pieds, &amp; presque gros comme le bras : l'écorce en est basanée, rude, &amp; fort difficile à rompre. Les petites séparations qui sont dedans sont aussi extrêmement dures, de sorte qu'on a bien de la peine à les monder, &amp; à en tirer là moëlle. Quand elle est récente elle ressemble fort à celle du Levant, soit par sa couleur qui est pourtant moins noire ; soit par le goût, qui est un peu gras &amp; douceâtre, à-peu-près comme les pruneaux ; soit par l'effet purgatif, si ce n'est que causant des tranchées, elle ne purge pas si aisément. P. Du Tert.</p><p>On a aussi planté des grains de <i>cassiers</i> du Levant dans les Isles : ils y sont fort bien venus. Ils ne sont pas si hauts que les autres ; mais ils ont les feuilles plus longues &amp; plus polies ; ils fleurissent &amp; se dépouillent comme eux ; ils portent un grand pennache revêtu de plusieurs fleurs jaunes, assez ressemblantes à celle du pied d'allouette ; mais un peu plus grandes, d'une odeur qui a quelque rapport à celle de la giroflée jaune. Le bois de <i>cassier</i> est si cassant, qu'une branche grosse comme la jambe ne pourroit porter un homme sans risque de rompre. Id.</p><p><i>Cassier,</i> ou <i>Caneficier</i> bâtard, c'est le terme par lequel on distingue dans les Isles d'Amérique certaine espèce de <i>caneficier</i> dont les gousses ne sont point remplies de cette moëlle purgative. <i>Cassia silvestris.</i> Voyez Du Tertre, Rochefort, Plumier, Tournefort.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7301" id="1" type="">
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    <head>CASSIN</head>
    <p>
    CASSIN . Le Mont-<i>Cassin.</i> Montagne d'Italie dans la Terre de Labour, province du Royaume de Naples, <i>Cassimus mons.</i> Le Mont <i>Cassin</i> est proche d'Aquin qu'il a au Nord. Cette montagne a pris son nom d'une ville ancienne &amp; considérable des Volques, nommée <i>Cassin, Casinum,</i> ou <i>Cassinum.</i> Voyez Vigenère sur Tite-Live, T. I. p. 1760. &amp; 1761. On appelle encore <i>Mont-Cassin</i> une célèbre Abbaye de Bénédictins qui est dans le bourg de S. Germain, bâti des ruines de la ville dont nous venons de parler. Cette Abbaye est le Chef d'Ordre des Bénédictins ; &amp; l'on dit, un Moine du Mont-<i>Cassin</i> ; la Congrégation du Mont-<i>Cassin.</i> S. Benoît se retira en 529. au Mont-<i>Cassin,</i> &amp; y bâtit ensuite un Monastère.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7302" id="1" type="">
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    <head>CASSINE</head>
    <p>
    CASSINE , s. f. Petite maison à la campagne : ce qui s'est dit premièrement de l'habitation d'un Hermite, ou d'un Moine qui s'est retiré en quelque lieu désert pour vivre en solitaire. <i>Casula.</i></p><p>Ce mot vient de <i>cassina</i>, Italien, qu'on a dit aussi dans la basse Latinité dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7303" id="1" type="">
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    <head>CASSIOPÉE</head>
    <p>
    CASSIOPÉE , s. f. Constellation céleste qui est dans la partie boréale du ciel, composée de 13 étoiles fort apparentes ; mais Tycho, Bayerus &amp; Galilée, en ont observé plusieurs autres. Il y a cinq étoiles principales dans cette constellation, dont celle qui est la plus éloignée du pole, s'appelle la poitrine de <i>Cassiopée.</i> La grande Ourse, &amp; <i>Cassiopée,</i> sont au même méridien ; mais elles sont opposées <pb n="892" facs="bpt6k8542165/f932/full/1200,/0/native.jpg"/>l'une à l'autre, de sorte que quand la grande Ourse est au-dessus du pole, <i>Cassiopée</i> est au même méridien au-dessous du pole. <i>Cassiopeia.</i> Les Arabes l'appellent <i>chaise royale.</i></p><p>En l'année 1572. il parut en cette Constellation une nouvelle étoile qui surpassoit en grandeur &amp; en éclat Jupiter même. On la prit pour un astre, parce qu'elle en avoit le brillant &amp; la clarté : elle avoit un lieu fixe comme les étoiles, &amp; en avoit le mouvement. Elle diminua peu-à-peu, &amp; disparut après dix-huit mois. Tous les Astronomes de ce temps-là firent là-dessus plusieurs Dissertations, entre autres Tycho-Brahé, &amp; Képler, l'Abbé Maurolycus, Fortunius Licetus, Théodorus Gramineus, &amp;c. Théodore de Beze crut qu'elle étoit du genre des Comètes ; que c'étoit la même étoile qui apparut aux Mages pour les conduire en Bethléem, &amp; qu'elle venoit annoncer le second avenement de Jesus-Christ. Le Landgrave de Hesse, &amp; Andreas Rosa, ont été de même avis : Il a été réfuté par Tycho, &amp; plus fortement par l'expérience du temps écoulé depuis, qui a fait voir combien cette prédiction étoit vaine.</p><p>Au reste, les Poëtes disent que <i>Cassiopée</i> étoit femme de Céphée Roi d'Ethiopie, &amp; qu'elle eut la témérité de se comparer en beauté aux Néréïdes. Ces Nymphes marines pour s'en venger, firent envoyer par Neptune un monstre qui ravageoit tout le pays. L'Oracle consulté répondit que pour appaiser la colère des Dieux, il falloit exposer Andromède fille de Céphée &amp; de <i>Cassiopée,</i> pour être dévorée par un monstre marin : Persée la délivra, &amp; obtint même de Jupiter que <i>Cassiopée</i> seroit mise au nombre des astres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7304" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSOLETTE" />
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    <head>CASSOLETTE</head>
    <p>
    CASSOLETTE , ou CASSOLLETTE, s. f. Petit vaisseau ou rechaut de cuivre, ou d'argent, où l'on fait brûler des pastilles &amp; des odeurs agréables. <i>Authepsa odoraria</i> : Il se dit aussi de l'odeur même qui sort de la <i>cassolette.</i> Voilà une agréable <i>cassolette.</i> On dit ironiquement &amp; par antiphrase, Voilà une étrange <i>cassolette,</i> quand on sent quelque chose de fort puant.</p><p>Ce mot vient de <i>cassoletta</i>, Italien, diminutif de <i>cassola</i> &amp; de <i>cassa.</i> Mén.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7304" id="2" type="">
   <index type="head" value="CASSOLETTE" />
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    <head>CASSOLETTE</head>
    <p>
    Cassolette , est aussi un vase de sculpture avec des flammes, ou de la fumée, qui sert d'amortissement, &amp; qui se fait le plus souvent isolé. On en fait aussi en bas-relief. <i>Authepsa odoraria opere Architectonico adumbrata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7304" id="3" type="">
   <index type="head" value="CASSOLETTE" />
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    <head>CASSOLETTE</head>
    <p>
    Cassolette , s. f. Espèce de poire. J'aime assez les poires qui ont la chair cassante avec une eau douce &amp; sucrée, &amp; quelquefois un peu parfumée, comme la <i>Cassolette,</i> &amp;c. La Quint.</p><p>La <i>Cassolette</i> est une poire longuette &amp; grisâtre, qui ne cède presque rien à la Robine, ni par sa chair ni par son eau, ni par tout son mérite, si ce n'est qu'elle est sujette à mollir. Sa maturité vient aux environs de la mi-Août. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7305" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASSONADE" />
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    <head>CASSONADE</head>
    <p>
    CASSONADE , ou CASTONADE, s. f. L'un &amp; l'autre se dit, mais <i>cassonade</i> est le plus usité. Ménage prétend que c'est <i>castonade,</i> mais on croit qu'il se trompe. Sucre qu'on amène &amp; qu'on vend en poudre, ou en gros morceaux, qui n'a pas eu sa dernière préparation, par laquelle on le durcit, on le blanchit &amp; on le met en pain. <i>Saccharum non expurgatum.</i> On tient que la <i>cassonade</i> sucre mieux que le sucre raffiné &amp; mis en pain, mais elle fait bien plus d'écume.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CASSOORWAN</head>
    <p>
    CASSOORWAN , s. m. Petit poisson rare qui se trouve aux Indes Occidentales. Il est un peu plus gros qu'un anchois, mais beaucoup meilleur, &amp; a deux prunelles dans chaque oeil, de sorte que lorsqu'il nage, il en tient l'une au-dessus &amp; l'autre au-dessous de l'eau. Il a le dos plat avec l'épine, &amp; les côtes rondes, presque à la façon de celles de l'homme.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CASSOVIE</head>
    <p>
    CASSOVIE , s. f. Ville de Hongrie, qu'on appelle en langage du pays Caschaw. <i>Cassovia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CASSUBIE</head>
    <p>
    CASSUBIE , s. f. Le Duché de <i>Cassubie. Cassubia, Cassubiae Ducatus.</i> C'est une Contrée du Cercle de haute Saxe en Allemagne. La <i>Cassubie</i> est une Province de la Poméranie ultérieure, ou Ducale. La Poméranie propre avec la nouvelle Marche &amp; Brandebourg la bornent au Couchant, la petite Pologne au Midi, la Prusse &amp; la Vandalie au Levant, &amp; la mer Baltique au Nord. Sa Capitale est Colberg.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CASSURE</head>
    <p>
    CASSURE , s. f. Ce mot se dit en parlant d'une lame d'épée, de couteau, &amp;c. &amp; signifie rupture. <i>Fractura, fractio.</i> Si vous cassez une lame d'épée, &amp; que dans la <i>cassure</i> vous découvriez la lame de couleur grise, la lame est bonne. Liancourt, <i>Maître d'armes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CASTAGNETTE</head>
    <p>
    CASTAGNETTE , s. f. Instrument dont se servent les Mores, les Espagnols &amp; les Bohémiens, pour accompagner leurs danses, leurs sarabandes, &amp; leurs guittares. <i>Crumata.</i> Il est composé de deux petits ronds de bois de prunier ou de hêtre, sec &amp; creusé en forme de cuillière, dont les concavités se mettent l'une sur l'autre, qu'on attache au pouce, &amp; qu'on bat de temps en temps avec le doigt du milieu, ou l'annulaire, pour marquer les mouvemens &amp; les cadences. On peut battre huit ou neuf fois les <i>castagnettes</i> dans le temps d'une mesure, ou d'une seconde de minute. On les appelle <i>cascavaux</i> en Provence, &amp; <i>cascavelles</i> en Languedoc.</p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>castannetas</i>, &amp; a été formé de la ressemblance qu'ont ces instrumens avec les châtaignes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7311" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTAGNEUX" />
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    <head>CASTAGNEUX</head>
    <p>
    CASTAGNEUX , s. m. Sorte d'oiseau de rivière. C'est la même chose que le petit plongeon. <i>Mergulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7312" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTALIE" />
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    <head>CASTALIE</head>
    <p>
    CASTALIE , s. f. Nom d'une fontaine consacrée à Apollon &amp; aux Muses, <i>Castalia, Castalius fons.</i> La fontaine <i>Castalie</i> étoit dans la Phocide au pied du mont Parnasse. Les Poëtes feignent qu'Apollon métamorphosa une Nymphe qu'il aimoit en cette fontaine, &amp; qu'il donna à ses eaux la propriété de rendre Poëtes tous ceux qui en boiroient. Le murmure de la fontaine <i>Castalie</i> passoit pour inspirer l'esprit prophétique. C'est pour cela que Bochart <i>Chanaan, L. I. C.</i> 16. tire son nom de , <i>Kastala,</i> mot Arabe, qui signifie le murmure, le bruit que font les eaux d'une rivière, ou d'une fontaine. Voyez le <i>Voyage de Grèce</i> de M. Spon, P. II. p. 65.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7313" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTE" />
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    <head>CASTE</head>
    <p>
    &#9758; CASTE , s. f. C'est le nom que l'on donne aux Tribus, dans lesquelles sont divisés les Idolatres des Indes Orientales. La <i>Caste</i> des Bramines. La <i>Caste</i> des Banians.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7314" id="1" type="">
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    <head>CASTEL</head>
    <p>
    CASTEL . C'est un nom qui se donne à une infinité de petites villes &amp; d'autres lieux en Italie, en Espagne, &amp; dans les Provinces de France qui en sont voisines, comme en Languedoc. Il signifie Château, &amp; vient du Latin <i>Castellum. Castel</i> Gandolfe, <i>Castellum Gandulphi,</i> Bourg de la Campagne de Rome, où les Papes ont un château, &amp; dont l'air est excellent. <i>Castel</i> Mendo, ville de Portugal dans la Province de <i>Tra los Montes. Castel</i> Moron, petite ville de France en Gascogne. Il y a aussi <i>Castel</i> en Allemagne, Bourg dans le Comté de <i>Castel,</i> petit pays du Cercle de Franconie. <i>Castelnau,</i> ville de Languedoc, <i>Castellum novum</i> ; c'est-à-dire, Château neuf. On dit aussi, <i>Castelnou</i> si l'on en croit Valois, <i>Not. Gall. p.</i> 135. mais <i>Castelnau</i> est mieux. Le Maréchal de <i>Castelnau</i> mourut de blessures qu'il reçut au siége de Dunkerque, &amp; est enterré à Bourges dans l'Eglise des Dominicains. <i>Castelnau d'Ari,</i> autre ville de Languedoc, <i>Castellum novum Arii.</i> Voyez Valois, <i>Notit. Gall. p.</i> 135. Andoque prétend dans son <i>Hist. de Languedoc,</i> L. XI. p. 314. qu'il fut ainsi appellé des Gots Ariens qui le bâtirent. Cartel, dans son <i>Hist. du Langued.</i> L. II. dit qu'il y a bien de l'apparence que <i>Caput arietis,</i> dont fait mention Grégoire de Tours, L. XXX. de son <i>Hist.</i> C. 8. est <i>Castelnaudary.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7315" id="1" type="">
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    <head>CASTELANE</head>
    <p>
    CASTELANE , s. f. Espèce de prune. La <i>Castelane</i> est une prune verte. La Quintinie. Les <i>Castelanes</i> sont bonnes en compôte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7316" id="1" type="histoire & de relations">
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    <head>CASTELLAN</head>
    <p>
    CASTELLAN , s. m. Terme d'histoire &amp; de relations . Nom d'une dignité, d'une charge en Pologne. Les <i>Castellans</i> sont Sénateurs du Royaume ; mais ils ne sont que petits Sénateurs, &amp; aux Diètes ils ne sont assis que sur de simples siéges derrière les grands Sénateurs. Les <i>Castellans</i> sont en Pologne ce que sont en France les Lieutenans Généraux des Provinces, &amp; les Lieutenans de Roi : ils commandent dans une partie d'un Palatinat sous l'autorité du Palatin. <i>Castellanus, Castelli Praefectus, Provinciae Legatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7317" id="1" type="">
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    <head>CASTELOGNE</head>
    <p>
    CASTELOGNE , s. f. Couverture de lit faite de laine très-fine. <i>Lodix lanea.</i> Ce nom vient de <i>castalana,</i> parce qu'on les fait d'ordinaire de la toison des agneaux : On les appelle quelquefois <i>mantes.</i> A Lyon on les nomme <i>catalognes,</i> parce qu'elles sont venues de Catalogne. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7318" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTIGLIONE" />
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    <head>CASTIGLIONE</head>
    <p>
    CASTIGLIONE , s. m. Mot purement Italien. C'est un <pb n="893" facs="bpt6k8542165/f933/full/1200,/0/native.jpg"/>diminutif, qui signifie la même chose que Chastillon en François, c'est-à-dire, <i>petit Chateau. Castilio.</i> Nous le conservons dans les mots Italiens en notre langue. <i>Castiglione</i> delle Stivere, ville du Duché de Mantoue. <i>Castiglione</i> di Lago, <i>Castiglione</i> di Pescaria, &amp;c. Mouillez le <i>gl</i> dans la prononciation. Quelques-uns de nos Auteurs plus exacts, ou plus scrupuleux, disent <i>Castillon,</i> &amp; non pas <i>Castiglione.</i> Ainsi le P. d'Orléans, dans la <i>Vie du P. Louïs de Gonzague,</i> a toujours dit le Marquis de <i>Castillon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7319" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTILLAN, ANE" />
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    <head>CASTILLAN, ANE</head>
    <p>
    CASTILLAN, ANE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est de Castille, natif, ou native de Castille, habitant, ou habitante de Castille, qui appartient à la Castille. Mouillez les deux <i>ll</i> dans la prononciation. <i>Castellanus, a.</i> Les <i>Castillans</i> sont graves, sérieux, fermes, constants, fidèles. La nation <i>Castillane</i> a donné à son Roi pendant la guerre, qui finit l'an 1714, le plus bel exemple de fidélité, dont l'histoire ait jamais parlé. La langue <i>Castillane</i> a beaucoup de majesté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7319" id="2" type="">
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    <head>CASTILLAN, ANE</head>
    <p>
    Castillan , s. m. Langue Castillane. <i>Castellana lingua.</i> Un Cavalier Espagnol soutint un jour hautement dans une bonne compagnie que le <i>Castillan</i> étoit la langue naturelle de Dieu. Comme dit un jour un savant Cavalier de ce pays-là, qui soutint hautement dans une bonne compagnie, qu'au Paradis terrestre le serpent parloit Anglois, que la femme parloit Italien, que l'homme parloit François, mais que Dieu parloit Espagnol. Bouhours. Il n'y a rien de plus pompeux que le <i>Castillan,</i> il n'a presque pas un mot qui n'enfle la bouche, ou qui ne remplisse les oreilles. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7320" id="1" type="">
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    <head>CASTILLAN</head>
    <p>
    CASTILLAN , s. m. est une espèce de monnoie d'or dont on use en Espagne, qui vaut 14 réales, &amp; 16 deniers, ou 3 livres 10 sols de notre monnoie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7321" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTILLE" />
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    <head>CASTILLE</head>
    <p>
    CASTILLE , s. f. Nom de la plus grande Contrée de l'Espagne. <i>Castella.</i> La <i>Castille</i> est au milieu de l'Espagne, &amp; elle a au Nord l'Asturie Santillane, &amp; la Biscaye ; au Levant les Royaumes de Navarre, d'Arragon &amp; de Valence ; au Midi celui de Murcie avec l'Andalousie, &amp; au Couchant le Royaume de Portugal &amp; celui de Leon. Ce pays se divise en deux Provinces, séparées l'une de l'autre par une grande chaîne de montagnes, qui le traversent du Couchant au Levant. La partie qui est au Septentrion de ces montagnes s'appelle la <i>Castille</i> vieille, &amp; c'est la <i>Castille</i> propre ; &amp; celle qui est au Midi la <i>Castille</i> nouvelle. La première s'appelle <i>Castille</i> vieille, parce que les Chrétiens la conquirent sur les Maures long-temps avant la nouvelle <i>Castille.</i> La vieille <i>Castille</i> n'a porté que le titre de Comté jusqu'au milieu du XIIe siècle, que Don Sanche III. ayant épousé Nunna, héritière de <i>Castille</i> par la mort de Garcias son frère unique, &amp; dernier Comte de <i>Castille,</i> la donna à Ferdinand son fils sous le titre de Royaume. C'est ce Ferdinand IIe du nom, qui la réunit au Royaume de Leon qn'il avoit déja. La <i>Castille</i> nouvelle s'appelloit sous les Maures Royaume de Tolède. Elle n'a pris le nom de <i>Castille</i> que depuis la fin du XIe siècle, que les Chrétiens l'enleverent aux Maures. La Capitale de la vieille <i>Castille</i> est Burgos ; celle de la nouvelle a été long-temps Tolède : aujourd'hui c'est Madrid, Capitale de toute l'Espagne.</p><p>On dit Couronne de <i>Castille. Castellanum Regnum. Castellani Regni ditiones.</i> La Couronne de <i>Castille</i> ne comprend pas seulement les deux <i>Castilles,</i> la vieille &amp; la nouvelle : c'est l'une des deux parties générales qui composent le Royaume d'Espagne ; &amp; qui comprend dans les quatre parties du monde un grand nombre de pays fort vastes, &amp; fort écartés. En Espagne les deux <i>Castilles,</i> l'Estramadoure Castillane, l'Andalousie, les Royaumes de Grenade, de Murcie, de Leon, de Navarre, la Galice, les Asturies, la Biscaye ; en Afrique les villes de Marsalquivir, de Melila de Pennon de Velez, de Ceuta, de l'Atrache, &amp; les Isles Canaries ; en Asie les Isles Philippines, les Isles Marianes, ou des Larrons ; en Amérique le vieux &amp; le nouveau Mexique, la Terre ferme ou la <i>Castille</i> d'or, le Pérou, le Chili, la Paraguay, la presqu'Isle de Tegesta dans la Floride, les Isles de Cuba, de S. Domingue &amp; quelques autres. Si bien qu'il est vrai, comme les Espagnols le disent, que le Soleil ne se couche jamais sur les terres de leur domination.</p><p>Le nom de <i>Castille</i> a été donné à cette contrée du mot Espagnol <i>Castel,</i> château, <i>castellum,</i> à cause des châteaux dont elle est pleine, d'où est venu, selon quelques-uns, le proverbe de bâtir des châteaux en Espagne, ainsi qu'on l'a dit au mot Château.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7321" id="2" type="">
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    <head>CASTILLE</head>
    <p>
    Castille d'or . Vaste région de l'Amérique Méridionale, appellée autrement Terre ferme. <i>Castella aurea.</i> C'est la partie de l'Amérique Méridionale, qui est la plus avancée vers le Nord, &amp; que l'on renferme entre le 2e degré de latitude Méridionale, &amp; le 12e de latitude Septentrionale ; &amp; entre le 293e &amp; le 328e de longitude. Christophe Colomb, qui dans ses deux premiers voyages n'avoit découvert que les Isles de l'Amérique, parcourut au 3e &amp; au 4e les côtes de cette grande contrée, &amp; jugeant que c'étoit un grand Continent, il lui donna le nom de <i>Terre ferme,</i> qui lui est resté. Cependant les Espagnols l'appellerent quelquefois dans la suite <i>Castille d'or,</i> à cause de la grande quantité d'or qu'ils y trouverent. Nos Géographes lui donnent aussi ce nom. Voyez TERRE FERME.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7321" id="3" type="">
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    <head>CASTILLE</head>
    <p>
    Castille , s. f. Terme populaire, qui signifie ; Petite querelle ou différend entre gens qui vivent ensemble, ou qui se rencontrent souvent. <i>Rixa, jurgium, dissidium.</i> Ces gens mariés font mauvais ménage, il y a toujours quelque <i>castille</i> entr'eux, quelque chose à démêler. On a dit autrefois <i>castine,</i> &amp; <i>cassine</i> dans le même sens.</p><p>Ce mot vient par corruption de <i>castine</i> ou <i>cassine,</i> qui signifioit autrefois <i>querelle, riotte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7322" id="1" type="">
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    <head>CASTILLON</head>
    <p>
    CASTILLON , s. m. Nom propre de Ville. <i>Castellio,</i> ou <i>Castilio. Castillon</i> sur la Dordogne en Périgord, ou les Anglois qui vouloient secourir la ville assiégée par les François, furent si bien battus par Charles VII. qu'ils prîrent le parti d'abandonner la Guienne qu'ils possédoient depuis long-temps. La bataille de <i>Castillon</i> ne se donna pas en 1451. comme disent Hoffmann, Maty, &amp; M. Corneille, ni en 1452. comme l'écrit Du Chesne, <i>Antiq. des villes de Fran. L. III. C.</i> 13. mais en 1453. le 13e Juillet, comme le marquent Du Tillet dans son <i>Chronicon de Regib. Franc.</i> &amp; le P. Daniel dans l'<i>Hist. de Charles VII.</i> Il y a aussi <i>Castillon</i> de Médoc, <i>Castillio Medulci,</i> petite ville de Guienne dans le petit pays de Médoc, &amp; sur le bord Méridional de la Garonne.</p><p><i>Castillon</i> est un diminutif de Castel, qui signifie Château. Ces villes apparemment n'étoient d'abord que de petits châteaux. C'est de là qu'est venu leur nom.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7323" id="1" type="">
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    <head>CASTINE</head>
    <p>
    CASTINE , s. f. Minéral, ou plutôt espèce de terre particulière, qui se trouve mêlée avec le fer. Coquille rapporte que cette matière abonde dans le Nivernois : &amp; qu'on s'en sert utilement pour fondre le fer. Il l'appelle <i>terrepierre.</i> La <i>Castine</i> est une terre pierreuse, &amp; pleine de particules de fer, sans laquelle la fusion ne se feroit pas. <i>Spect. de la Nat.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CASTON</head>
    <p>
    CASTON , s. f. Vieux mot, qui veut dire <i>chaton</i> d'une bague.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7325" id="1" type="">
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    <head>CASTOR</head>
    <p>
    CASTOR , ou <i>Bièvre,</i> s. m. Animal amphibie, qui vit tantôt sur terre, &amp; tantôt dans l'eau, &amp; qui ne s'aprivoise jamais. <i>Castor, Fiber.</i> Sa nourriture est de feuilles &amp; d'écorces d'arbres. Les Anciens, comme Solin, Pline, Andromachus, Aelian, Apulée, Cicéron, &amp;c. ont crû qu'il s'arrachoit lui-même les parties naturelles, quand il étoit poursuivi des Chasseurs ; sur quoi les Poëtes ont dit des merveilles.</p><p>C'est pourtant une erreur. C'en est aussi une d'assurer avec plusieurs Naturalistes, que les testicules du <i>castor</i> sont attachés à l'épine du dos. Dioscoride a fort bien remarqué qu'ils sont cachés dans les aines. Il y a encore dans ces aines, tout auprès des testicules, des bourses de la grosseur d'un oeuf d'oie, dans lesquelles est contenue une liqueur très-utile dans la Médecine, qu'on appelle <i>castoreum.</i> On confond ordinairement ces bourses avec les testicules, mais ce sont des choses entièrement différentes. On trouve de ces bourses dans les femelles aussi-bien que dans les mâles, ce qui détruit le sentiment de ceux qui prétendent que le castoreum est renfermé dans les testicules du <i>castor.</i> Cet animal se sert de cette liqueur, lorsqu'il est dégoûté, pour se donner de l'appétit : il la fait sortir en pressant <pb n="894" facs="bpt6k8542165/f934/full/1200,/0/native.jpg"/>avec sa patte les vésicules qui la contiennent. Les Sauvages de Canada en frottent les piéges qu'ils tendent à ces animaux, afin de les y attirer. Cet animal ressemble à la loutre, mais il est plus gros. Sa tête va en arrondissant, &amp; son muffle est aplati &amp; camus, garni de poil. Il a la langue de pourceau, des joues de lièvre, &amp; des yeux de rat. Son foie est gros &amp; noirâtre, &amp; divisé en cinq lobes. Son fiel est petit aussi-bien que sa ratte. Sa vessie est semblable à celle de pourceau. Ses rognons sont gros. Les Sauvages estiment fort la chair de <i>castor.</i></p><p>Il a été disséqué un <i>castor</i> à l'Académie des Sciences, qui étoit long de trois pieds &amp; demi depuis le museau jusqu'à l'extrémité de sa queue. Sa plus grande largeur étoit de 12 pouces, &amp; il pesoit plus de trente livres. Sa couleur étoit brune &amp; fort luisante, tirant sur minime. Son plus long poil étoit d'un pouce &amp; demi, délié comme des cheveux ; &amp; le plus court d'un pouce, doux comme le duvet le plus fin. Ses oreilles étoient rondes &amp; fort courtes, sans poil par dedans, &amp; velues par dehors. Il avoit quatre dents incisives, comme les écureuils, les rats &amp; autres animaux qui aiment à ronger. La longueur de celles d'en-bas étoit de plus d'un pouce ; &amp; celles d'enhaut, qui se glissent au-devant des autres, ne leur étoient pas directement opposées, mais étoient disposées à agir à la manière des ciseaux en passant l'une contre l'autre, étant fort tranchantes par le bout, &amp; taillées en biseau. Leur couleur étoit blanche par-dedans, &amp; d'un rouge clair par dehors, tirant sur un jaune de saffran bâtard. Il avoit seize dents molaires, huit de chaque côté. Les sinus de son cerveau sont disposés d'une manière extraordinaire. Les doigts de derrière étoient joints par une membrane, comme ceux d'une oie. Ceux de devant étoient sans membrane, semblables à ceux des rats de montagne, ou, comme dit la relation d'une autre dissection, comme les mains d'un singe ; &amp; ils s'en servent comme d'une main, de même que les écureuils. Ses ongles étoient taillés de biais, &amp; creux par-dedans, comme des plumes à écrire. La queue de cet animal tient plus de la nature du poisson, que de celle des animaux terrestres, aussi-bien que ses pieds qui en ont le goût. Elle étoit couverte d'écailles de l'épaisseur d'un parchemin, longues d'une ligne &amp; demie, &amp; d'une figure hexagone irrégulière, qui formoient un épiderme ou pellicule qui les joignoit ensemble. Elle avoit onze pouces de long, &amp; étoit de figure ovale, large en sa racine de quatre pouces, &amp; de cinq au milieu. Cet animal s'en sert avec ses pieds de derrière à nager. Elle lui sert aussi de battoir, pour battre le mortier dont il a besoin quand il bâtit une maison, qui a quelquefois deux ou trois étages. Ses testicules n'étoient pas attachés à l'épine du dos, comme disent Matthiole, Amatus Lusitanus, &amp; Rondelet ; mais ils étoient cachés aux parties latérales de l'os pubis à l'endroit des aines, &amp; ne paroissoient point au-dehors, non plus que la verge ; &amp; on ne peut les retrancher sans le faire mourir. Il avoit quatre grandes poches situées au bas de l'os pubis. Les deux premières plus élevées que les deux autres, avoient la figure d'une poire ou d'un V. fort ouvert, &amp; se communiquoient ensemble. Elles avoient une tunique intérieure charnue, d'une couleur cendrée, rayée de plusieurs lignes blanches qui avoient plusieurs replis semblables à ceux de la caillette d'un mouton, &amp; de l'étendue de deux pouces. On y trouva les restes d'une matière grisâtre, qui avoit une odeur foetide &amp; fort attachée : &amp; c'est là le <i>castoreum</i> dont on parle tant.</p><p>Il se trouve une plus grande abondance de <i>castors</i> en Canada qu'en aucun autre lieu du monde. Matthiole dit pourtant qu'il y en a beaucoup en Allemagne, Autriche &amp; Hongrie.</p><p>Quelques-uns tirent ce mot du Grec , <i>ventre,</i> parce que cet animal est fort ventru. D'autres aiment mieux le faire venir de <i>castrare,</i> à cause qu'il se coupe ses génitoires quand il est poursuivi, suivant l'erreur commune.</p><p>Jean Marius, Médecin d'Ulme, qui imprima en 1685. un Traité Latin sur le <i>castor,</i> sous le titre de <i>Castorologia,</i> dit que cet animal est environ de la grosseur d'un chat ; qu'il se nourrit de fruit &amp; d'écorces d'arbres ; qu'il a les pattes de devant semblables à celles d'un chien, &amp; les pieds de derrière de la forme de ceux d'une oie ; que sa queue qu'il garde toujours mouillée, souffrant beaucoup quand elle est sèche, ressemble entièrement à un poisson ; ce qui fait dire à quelques Auteurs que cet animal est moitié chair &amp; moitié poisson, &amp; que par conséquent on pouvoit manger la moitié de son corps les jours gras, &amp; l'autre moitié les jours maigres. Il traite fort en détail de tout ce qui regarde cet animal, sur-tout par rapport à la Médecine. Voyez encore Vossius, <i>De Idolol. L. III. cap.</i> 68.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CASTOR</head>
    <p>
    Castor , signifie aussi, un chapeau fait entièrement de poil de <i>castor. Petasus ex fibrinis pilis confectus. Demi-castor</i> est un chapeau fait en partie de poil de <i>castor,</i> &amp; en partie d'autre poil. On fait aussi des draps de <i>castor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7325" id="3" type="">
   <index type="head" value="CASTOR" />
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    <head>CASTOR</head>
    <p>
    Demi-castor , dans le langage des Libertins, est une femme ou une fille dont la conduite est déréglée, quoiqu'elle ne se prostitue pas à tout le monde. <i>Quae copiam sui corporis aliquoties fecit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7326" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTOR ET POLLUX" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>CASTOR ET POLLUX</head>
    <p>
    CASTOR ET POLLUX , Météore : vulgairement le feu S. Elme. Les Physiciens donnent le nom de <i>Castor &amp; Pollux</i> à ces doubles feux que les matelots aperçoivent au haut de leurs mâts &amp; de leurs cordages, après une grande tempête : il y en a quelquefois 4. ou 5.</p><p>En Astronomie on appelle le signe des Gémeaux <i>Castor &amp; Pollux,</i> C'étoient deux frères jumeaux, fils de Jupiter transformé en cygne, &amp; de Leda femme de Tyndare, &amp; frères de la fameuse Helène &amp; de Clytemnestre. Ils nâquirent de deux oeufs, Pollux &amp; Helène enfans de Jupiter dans un, Castor &amp; Clytemnestre dans l'autre. Ils étoient de l'expédition de la Toison d'Or avec les autres Argonautes. On les appelloit aussi <i>Tyndarides,</i> c'est-à-dire, fils de Tyndare : &amp; <i>Dioscures,</i> qui signifie, fils de Jupiter. C'est le nom qu'avoit le vaisseau qui porta saint Paul de Malte à Syracuse, puisqu'il en avoit l'enseigne. <i>Act. XXVIII. II.</i> On les nommoit aussi les <i>Castors</i> au pluriel, comme a fait là S. Jérôme. Les Poëtes disent que Jupiter avoit donné l'immortalité &amp; la divinité à Pollux son fils ; mais qu'il la partagea avec son frère <i>Castor,</i> ensorte qu'ils montoient au Ciel, &amp; descendoient aux enfers alternativement l'un après l'autre. Cela est fondé sur ce que les étoiles des Gémeaux ne se voient jamais toutes deux ensemble, &amp; que, si l'on en croit Servius, sur Virgile, Enéide Liv. VI. v. 121. l'une se couche toujours lorsque l'autre se lève. Tacite, <i>de Moribus Germ. cap.</i> 43. dit que les Naharvales, peuple de Germanie, adoroient <i>Castor</i> &amp; <i>Pollux.</i> Voyez sur ces Dieux Vossius, <i>De Idolol. Lib. III. cap.</i> 10. <i>&amp;</i> 19. Les étoiles de <i>Castor</i> &amp; de <i>Pollux,</i> avec ce mot, <i>Cum luce salutem,</i> est une devise du Lucarini pour un Sénateur de Milan. A l'entrée du Cardinal Ferdinand d'Espagne à Milan, le P. Velli fit pour ce Cardinal &amp; pour le Roi Philippe son frère cette devise : les mêmes étoiles, avec ce mot de Claudien, <i>Ipsis domantibus auras.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7327" id="1" type="pharmacie">
   <index type="head" value="CASTORÉUM" />
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    <head>CASTORÉUM</head>
    <p>
    CASTORÉUM , s. m. Terme de Pharmacie . C'est une matière enfermée dans des poches que le castor a vers les aines, &amp; qu'on a prises faussement pour ses testicules, ainsi qu'on a montré ci-dessus au mot Castor. Elle s'épaissit &amp; se dessèche, de sorte qu'on peut la réduire en poudre : elle est huileuse, d'une odeur forte &amp; désagréable, &amp; d'un goût piquant &amp; amer. Le <i>castoréum</i> est propre pour fortifier la tête, &amp; toutes les parties nerveuses : il excite les esprits languissans, résiste aux venins, &amp; provoque les mois de femmes. On s'en sert dans la léthargie, apoplexie, vertige, tremblemens, suffocations des femmes, &amp; dans plusieurs autres occasions. On dit que le <i>Castoréum</i> a une vertu particulière de pousser à fond quand il est répandu dans l'eau. Les pêcheurs en Dannemark s'en servent pour écarter de leurs barques certaines baleines qui les incommodent ; ils le jettent dans la mer, dont il trouble l'eau en s'y mêlant. Bartholin rapporte qu'un fameux Plongeur qui étoit sur un vaisseau qui fit naufrage, fut le seul du vaisseau qui périt, quoiqu'il sût fort bien nager, &amp; qu'il y a lieu de croire que le <i>castoréum</i> qu'il avoit sur lui, fut cause de sa mort.</p><p>Le mot <i>castoréum</i> vient du mot <i>castor,</i> qui est le nom de l'animal qui le donne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7328" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTRAMETATION" />
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    <head>CASTRAMETATION</head>
    <p>
    CASTRAMETATION , s. f. Art de bien placer un camp, une armée. <i>Castrorum metatio.</i> Un Maréchal de Camp doit bien savoir la <i>castramétation.</i> On ne se sert guère de ce mot pour les campemens modernes. Il est plutôt Latin que François.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7329" id="1" type="chirurgie">
   <index type="head" value="CASTRATION" />
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    <head>CASTRATION</head>
    <p>
    CASTRATION , s. f. Terme de Chirurgie . <i>Castratio.</i> Action, opération par laquelle on châtre un homme, ou un animal, &amp; on le met hors d'état d'engendrer. La <i>castration</i> est fort en usage en Asie, &amp; sur-tout chez les Turcs, qui la pratiquent pour empêcher leurs femmes d'avoir commerce avec les esclaves qui les gardent. Les Turcs dans la <i>castration</i> font une amputation générale des testicules &amp; de la verge. Chez les Italiens la <i>castration</i> est fort fréquente. Dionis. C'est l'amour de la Musique qui a introduit en Italie l'usage de la <i>castration,</i> afin de conserver par ce moyen la voix aux enfans qui ont de la disposition à bien chanter.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7330" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTRES" />
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    <head>CASTRES</head>
    <p>
    CASTRES , s. m. Ville du haut Languedoc en France, dans le petit pays nommé Albigeois ; d'où vient que selon Du Chesne, dans ses <i>Antiq. des vill. de Fr. Castres</i> est surnommé d'Albigeois. <i>Castrum, Castrum Albigensium. Castres</i> est situé sur la rivière d'Agoût, <i>Acutum. Castres</i> fut érigé en Comté par le Roi Jean, &amp; en Evêché en 1317. par Jean XXII. qui le fit suffragant de Bourges. Il l'est maintenant d'Alby. Voyez sur cette ville Catel, <i>Hist. de Languedoc</i> Liv. II. ch. 23.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>Castra</i>, ou <i>Castrum.</i> Les Romains avoient coutume de fortifier des camps dans les Provinces dont ils devenoient les maîtres, &amp; d'y avoir des corps d'armées pour tenir les peuples dans la soumission. Nous voyons plusieurs de ces camps sur les médailles avec ces inscriptions, Providentia Aug. ou Augg. virtus Augg. virtus militum. &amp;c. Ces camps dans la suite sont devenus des villes, qui en ont gardé le nom, <i>Castra,</i> ou <i>Castrum.</i> C'est de là qu'est venu celui de <i>Castres.</i> Plusieurs de nos villes de France ont commencé par-là ; &amp; quoiqu'en François elles ne portent plus ce nom depuis plusieurs siècles, elles l'ont néanmoins porté, &amp; l'on trouve par exemple, dans les anciens titres, <i>Castrum Cabillonense, Castrum Matisconense,</i> Châlons, Mâcon. <i>Castrum Juliense,</i> Friuli, <i>Castrum Melodunense, Castrum Meroliacense, Cameracense,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7331" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTREZ" />
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    <head>CASTREZ</head>
    <p>
    CASTREZ , s. m. Nom d'une petite contrée de Languedoc, qui ne se dit point sans l'article. <i>Castrensis ager.</i> Le <i>Castrez</i> est la partie Méridionale de l'Albigeois, qui s'étend d'Orient en Occident entre l'Albigeois propre, le Rouergue, le Lauragais &amp; le bas Languedoc. Il prend son nom de Castres sa Capitale, &amp; le seul lieu considérable qu'il renferme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7332" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASTRO" />
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    <head>CASTRO</head>
    <p>
    CASTRO , s. m. Nom de lieu purement Italien &amp; Espagnol, qui signifie la même chose que Castres en François, c'est-à-dire, ce que les Romains appelloient <i>Castra,</i> Camp. Nous en servons en François pour les lieux d'Italie &amp; d'Espagne qui le portent. <i>Castro</i> petit pays d'Italie, qui a titre de Duché. <i>Castrensis Ducatus.</i> Il est situé entre la mer de Toscane, le Siennois, l'Orviétan &amp; le Patrimoine de Saint Pierre. <i>Castro,</i> ville du Royaume de Naples sur la bouche du Golfe de Venise. <i>Castrum,</i> ou <i>Templum Minervae. Castro de Urdiales,</i> petite ville d'Espagne sur la côte de Biscaye.</p><p><i>Castro</i> vient de <i>Castrum,</i> comme Castres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7333" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASUALITÉ" />
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    <head>CASUALITÉ</head>
    <p>
    CASUALITÉ , s. f. Ce qui est fondé sur le cas fortuit, qui n'a rien de certain, ni d'assuré ; ou la qualité d'une telle chose. <i>Casus, fortuna.</i> Tout le revenu de cette charge consiste en <i>casualité.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7334" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASUEL, ELLE" />
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    <head>CASUEL, ELLE</head>
    <p>
    CASUEL, ELLE , adjectif. Ce qui arrive fortuitement sans avoir rien d'assuré. <i>Fortuitus.</i> Je ne sai si cet homme vous tiendra ce qu'il vous a promis, cela est fort <i>casuel.</i></p><p>On le dit aussi des revenus qui sont fondés sur les cas fortuits, &amp; qui ne viennent pas toujours régulièrement, ni en même temps. <i>Fortuitus proventus, improvisus fructus.</i> Le Roi a beaucoup de revenus <i>casuels,</i> comme aubaines, confiscations, Paulette, &amp;c. Le Trésorier des parties <i>casuelles</i> reçoit la Paulette, les prêts &amp; les taxations au quatrième, ou au huitième denier des Offices qui changent de titulaire. On appelle simplement <i>Parties casuelles,</i> les droits qui reviennent au Roi pour les charges de Judicature ou de Finance, quand elles changent de titulaire. On appelle encore <i>parties casuelles,</i> le Bureau établi pour le recouvrement de ces sortes de droits. Lever une charge aux parties <i>casuelles.</i> Les Seigneurs ont aussi des revenus <i>casuels,</i> comme quints &amp; requints, rachats, lods &amp; ventes, qu'ils reçoivent aux mutations de propriétaires des terres qui relèvent d'eux, des deshérences, des amendes, des confiscations, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7334" id="2" type="">
   <index type="head" value="CASUEL, ELLE" />
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    <head>CASUEL, ELLE</head>
    <p>
    Casuel , est aussi subst. masc. &amp; en cette acception, il se dit du revenu des Curés, qui ne consiste ni en fonds, ni en dîmes. <i>Fortuitus.</i> Ce Curé, outre sa portion congrue, a tout le <i>casuel,</i> le baisemain, le creux de l'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7335" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASUEL" />
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    <head>CASUEL</head>
    <p>
    CASUEL , ou GASUEL, s. m. C'est le plus grand &amp; le plus massif des oiseaux que l'on connoisse après l'autruche, qui n'est connu en Europe que depuis l'an 1597. où il fut apporté de Java par les Hollandois. On a fait à l'Académie des Sciences la dissection d'un <i>casuel</i> qui a été quatre ans à Versailles. En voici la description tirée des Mémoires de M. Perrault. Il avoit cinq pieds &amp; demi de long depuis le bec jusqu'aux ongles ; la tête &amp; le cou d'un pied &amp; demi ; le plus grand des doigts de cinq pouces ; l'ongle seul du petit doigt de trois pouces &amp; demi. Les plumes qui le couvroient ressembloient mieux au poil de l'ours ou du sanglier, qu'à des plumes ou à des duvets, tant les fibres en étoient grosses. Ces plumes étoient toutes de même espèce. Il y en avoit de doubles de longueur inégale qui alloient jusqu'à quatorze pouces. Son cou étoit sans plumes comme celui d'un coq d'Inde. Ses ailes étoient si petites qu'elles ne paroissoient point, étant cachées sous les plumes du dos. Elles n'avoient pas trois pouces de long. Ses plumes jettoient chacune cinq gros tuyaux sans aucune barbe, &amp; étoient de longueur différente comme des doigts. Le plus long avoit onze pouces, ayant trois lignes de diamètre vers la racine. L'autre extrémité au lieu d'être pointue, paroissoit rompue ou rongée. Leur couleur étoit d'un noir fort luisant. Il n'avoit point de queue, mais un croupion extraordinairement gros, couvert de plumes comme le reste. Sa tête petite avoit une crête haute de trois pouces comme un casque, dont la circonférence étoit formée en tranchant, luisante &amp; polie comme de la corne. L'extrémité de son bec étoit fendue en trois comme au coq Indien, marquetée de deux taches vertes, le reste étant de gris brun. Il avoit une troisième paupière interne, &amp; deux appendices charnus au-bas du cou, semblables à ceux des poules. Ses jambes grosses, fortes &amp; droites, avoient des écailles hexagones, pentagones &amp; quarrées. Ses ongles étoient noirs en dehors, &amp; blancs en dedans. Cet oiseau se nourrit de légumes &amp; de pain, &amp; il avale comme l'autruche tout ce qu'on lui présente, quoiqu'il n'ait point de gésier. Sa langue est dentelée, quoiqu'Aldrovandus dise qu'il n'a ni ailes ni langue. Ses ailes lui aident plutôt à frapper qu'à marcher, &amp; Clusius dit qu'avec ses pieds il brise des troncs d'arbres gros comme la cuisse. On l'appelle <i>ême</i> dans les Indes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7336" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASUELLEMENT" />
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    <head>CASUELLEMENT</head>
    <p>
    CASUELLEMENT , adv. D'une manière casuelle, fortuite. <i>Fortuitò.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7337" id="1" type="">
   <index type="head" value="CASUISTE" />
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    <head>CASUISTE</head>
    <p>
    CASUISTE , s. m. il y en a qui écrivent &amp; qui prononcent CASUITE, mais mal. Docteur qui a écrit, ou que l'on consulte sur les cas de conscience, dont la fonction est de traiter des cas de conscience, &amp; d'en donner les résolutions. <i>Moralis Theologus.</i> Escobar a fait un Recueil des opinions des <i>Casuistes</i> qui l'ont précédé. Bénédicti, Tambourin, Diana, &amp; une infinité d'autres ont été de grands <i>Casuistes.</i> Un <i>Casuiste</i> a plus besoin de droiture &amp; de bon sens, que de pénétration &amp; de subtilité. S. Evr. M. le Fèvre appelloit Cicéron son <i>Casuiste,</i> par rapport aux Offices de Cicéron. Un <i>Casuiste</i> sévère, un <i>Casuiste</i> relâché, un <i>Casuiste</i> de morale sévère, de morale relâchée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7338" id="1" type="grammaire">
   <index type="head" value="CATACHRÈSE" />
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    <head>CATACHRÈSE</head>
    <p>
    CATACHRÈSE , s. f. Terme de Grammaire . C'est une figure de mot qui est la première espèce de métaphore. <i>Catachresis, abusio vocis.</i> Elle se fait, quand à faute de trouver un mot propre pour expliquer une pensée on abuse d'un mot qui en approche, comme si on appelle <i>parricide</i> celui qui a tué sa mère, son frère, son maître, son Prince, quoiqu'au propre il ne signifie que le meurtrier d'un père. Aller à cheval sur un bâton, cette expression contient une <i>catachrèse.</i> Il y a des <i>catachrèses</i> dans tous les styles &amp; dans tous les genres d'écrire.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie, <i>abutor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7339" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATACOMBES" />
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   <index type="pred_domain" value="Antiquité" />
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    <head>CATACOMBES</head>
    <p>
    CATACOMBES , s. m. pl. Grottes ; lieux souterrains pour <pb n="896" facs="bpt6k8542165/f936/full/1200,/0/native.jpg"/>la sépulture des morts, <i>Catacumbae.</i> On appelle ainsi en Italie les sépultures des Martyrs qu'on va visiter par dévotion, &amp; dont on tire les reliques qu'on envoie maintenant dans tous les pays Catholiques, après que le Pape les a baptisées du nom de quelque Saint. Il sont à trois lieues de Rome. C'étoient des grottes où se cachoient &amp; s'assembloient les premiers Chrétiens, où ils enterroient ceux d'entre eux qui étoient martyrisés. Ces <i>Catacombes</i> sont de la largeur de deux à trois pieds, &amp; de la hauteur de huit ou dix pour l'ordinaire, en forme de rues qui se communiquent, &amp; qui souvent s'étendent jusqu'à une lieue de Rome. Il n'y a ni maçonnerie, ni voûte ; la terre se soutenant d'elle même. De temps en temps on rencontre de petites chambres pratiquées &amp; faites comme le reste des <i>Catacombes,</i> sans jour &amp; sans ouverture par en haut. Les deux côtés de ces rues, que l'on peut regarder comme les murailles, servoient de haut en bas pour mettre les corps des morts. On faisoit un trou de la longueur, de la largeur, &amp; à peu-près de l'épaisseur du corps mort ; l'on y mettoit le corps sans cercueil, &amp; en ligne parallèle à la rue. Ainsi toutes ces ouvertures étoient différentes selon la longueur &amp; l'épaisseur des corps qu'on y enterroit. Comme les <i>Catacombes</i> n'ont guère que huit ou dix pieds de hauteur tout au plus, il n'y a presque par tout que trois ou quatre rangs l'un sur l'autre de ces sortes de tombeaux. On les fermoit par des tuiles fort larges &amp; fort épaisses, &amp; quelquefois par des morceaux de marbre, cimentés d'une manière qu'on auroit peine à imiter de nos jours. Le nom du mort se trouve rarement sur ces tuiles. P. E. Chamillart. Les <i>catacombes</i> sont dans le cimetière de Calliste sur la voie Appie.</p><p>Dans l'ancien usage, les <i>Catacombes</i> n'étoient autre chose que le tombeau de saint Pierre &amp; saint Paul. M. Chastelain, à la fin du premier Tome de son <i>Martyrologe,</i> dans l'explication des mots &amp;c. au mot <i>Catacombes,</i> dit qu'il n'y a que les Etrangers qui donnent abusivement ce nom aux Cimetières souterrains de Rome ; que les Romains habiles ne le donnent qu'à une chapelle souterraine du fond de l'aile gauche de S. Sebastien, l'une des sept Eglises stationales, où le plus ancien des Calendriers Romains marque qu'a été mis le corps de Saint Pierre sous le Consulat de Tuscus &amp; de Bassus, c'est-à-dire, en 258.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot de l'abord &amp; de la retraite des navires, que les Grecs &amp; les Latins modernes ont appellés <i>combes.</i> D'autres disent qu'on disoit autrefois <i>cata</i> pour <i>ad ;</i> &amp; que <i>Catacumbas</i> étoit à dire <i>ad tumbas.</i> Et Dadin de Hauteserre, dans ses Notes sur les vies des Papes par Anastase Bibliothécaire, pag. 12. &amp; 13. montre que l'on a dit autrefois <i>Catatumbas,</i> &amp; non pas <i>Catacumbas,</i> &amp; qu'il faut corriger le texte d'Anastase dans la vie du Pape Corneille, où on lit <i>Catacumbas.</i> Et en effet on a donné ce nom à plusieurs cimetières. Du Cange. En vieux François on appelloit <i>combes,</i> une vallée environnée de tous côtés de montagnes, qu'on appelle encore <i>comb</i> en Anglois. D'autres dérivent <i>Catacumbes</i> du Grec , <i>Cavus recessus</i> ; c'est-à-dire, un lieu souterrain : &amp; on l'a appliqué aux tombeaux, ou au lieu où étoient les tombeaux, comme en François <i>Cave</i> &amp; <i>Caveau.</i> De là venoit l'usage, d'appeller la <i>Cave</i> où étoient les corps de S. Pierre &amp; de S. Paul <i>Catacombe.</i> Voyez sur les <i>Catacombes, Aringus Romae sabterraneae L. III. cap.</i> 12.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7340" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATADOUPE" />
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    <head>CATADOUPE</head>
    <p>
    CATADOUPE , ou CATADUPE, s. f. qui signifie la même chose que Cataracte ; c'est-à-dire, la chûte d'un fleuve, qui d'un lieu haut tombe dans un plus bas. <i>Catadupa.</i> On parle des <i>catadoupes</i> du Boristène. Il y a les <i>catadupes</i> du Danube &amp; du Rhin, qui sont les endroits où ces fleuves se précipitent des rochers. Les plus fameuses <i>catadoupes</i> sont celles du Nil. Le fleuve de S. Laurent en Canada a aussi des <i>catadoupes</i> qui ne cèdent guère à celles du Nil, si l'on en croit des François qui les ont vues. Voyez <ref type="search" target="head:CATARACTE">CATARACTE</ref>.</p><p>Ce mot vient du Grec , nom pluriel, qui vient de , composé de , préposition, qui dans la composition signifie tendance, inclination vers le bas, situation basse ; &amp; de , qui signifie faire du bruit : de sorte que , est la même chose que faire du bruit en tombant ; de là se forme , le bruit que fait un fleuve en tombant, &amp; , les chutes d'un fleuve, ainsi appellées, parce que les eaux font un grand bruit en tombant. Windelin. <i>De Admirand. Nili, c.</i> 5. &amp; Paul Lucas dans son premier voyage décrivent les <i>catadupes</i> du Nil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7341" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATADUPE" />
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    <head>CATADUPE</head>
    <p>
    CATADUPE , s. m. <i>Catadupus.</i> Les Anciens donnoient ce nom aux peuples qui habitoient proche des <i>catadupes</i> ou cataractes du Nil. Les Anciens croyoient que les <i>catadupes</i> étoient sourds, à cause du fracas que font continuellement les eaux du fleuve en tombant. Cicéron, dans le <i>Songe de Scipion, c.</i> 5. Ammien Marcellin, Liv. XXII. c. 34. &amp; 36. Pline, Liv. V. c. 9. Vitruve, Liv. VIII. c. 2. parlent aussi des <i>catadupes.</i> Les <i>catadupes</i> sont censés dans l'antiquité peuples de l'Ethiopie. Séneque, <i>Nat. quaest. L. IV. c.</i> 2.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7342" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATAFALQUE" />
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    <head>CATAFALQUE</head>
    <p>
    CATAFALQUE , s. m. Echaffaut, ou élévation : c'est une décoration d'Architecture, de Peinture &amp; de Sculpture, établie sur un bâti de charpente pour l'appareil &amp; pour la représentation d'un cercueil, ou d'un tombeau élevé dans les pompes funèbres. <i>Tabulatum ad repraesentandam tumuli pompam extructum.</i></p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>cacafalco</i>, qui signifie proprement un <i>échaffaut</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7343" id="1" type="">
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    <head>CATAGMATIQUES</head>
    <p>
    CATAGMATIQUES , s. m. plur. Médicamens propres à souder les os rompus, &amp; à faire venir plus promtement le calus. <i>Medicamentum fracturis ossium apparatum.</i> Ces médicamens sont le bol d'Arménie, la gomme tragacanthe, l'osteocolle, les noix de cyprès, l'encens, la farine folle, l'aloës &amp; l'acacia.</p><p>Ce mot vient du Grec , fracture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7344" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATALAN, ANE" />
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    <head>CATALAN, ANE</head>
    <p>
    CATALAN, ANE , s. m. &amp; f. Qui est de Catalogne. <i>Catalonius, Gothalanius.</i> Les <i>Catalans</i> aiment mieux la guerre que le travail, &amp; font faire presque tous les ouvrages de la campagne par des François qui y vont des Provinces voisines. Maty.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7345" id="1" type="poesie">
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    <head>CATALECTE</head>
    <p>
    CATALECTE , Terme de Poësie . <i>Catalecticum carmen.</i> Les Anciens ont appellé des vers <i>catalectes,</i> ou <i>catalectiques,</i> ceux à qui il manquoit quelques pieds, ou quelques syllabes ; &amp; <i>acatalectiques,</i> les vers parfaits, auxquels il ne manque rien.</p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7346" id="1" type="medecine">
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    <head>CATALEPSIE</head>
    <p>
    CATALEPSIE , s. f. Terme de Médecine , est une espèce d'apoplexie, ou d'assoupissement qui laisse la respiration libre. <i>Catalepsis.</i> Le cataleptique demeure les yeux ouverts &amp; dans la même posture où la maladie l'a surpris, sans sentir, sans voir, sans entendre. Il demeure comme pétrifié, &amp; comme s'il avoit vû la tête de Méduse. Cette maladie est fort rare. Il est même difficile d'en assigner la cause. Il y a de l'apparence que c'est le plus souvent une extrême mélancolie, par le moyen de laquelle les malades sont si fortement attachés à quelque objet qui les occupe, qu'ils ne pensent en aucune manière à ce qui se passe hors d'eux-mêmes.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie la même chose. Cette maladie s'appelle autrement <i>catoche,</i> ou <i>congélation.</i></p><p>Degori dit <i>Catalepsis</i> au lieu de <i>catalepsie,</i> &amp; il fait <i>catalepsis</i> du genre masculin. Voyez cet Auteur sur la <i>catalepsie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7347" id="1" type="">
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    <head>CATALEPTIQUE</head>
    <p>
    CATALEPTIQUE , s. m. &amp; f. Celui, ou celle qui est attaquée de catalepsie. <i>Catalepticus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7348" id="1" type="">
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    <head>CATALOGNE</head>
    <p>
    CATALOGNE , s. f. Province d'Espagne qui a titre de Principauté. <i>Catalaunia,</i> ou plutôt <i>Catalonia.</i> La <i>Catalogne</i> est bornée au Nord par les Pyrénées qui la séparent de la France. La Méditerranée la baigne au Levant &amp; au Midi ; elle a l'Arragon &amp; une partie du Royaume de Valence au Couchant, la Capitale de <i>Catalogne</i> est Barcelone. Sur la fin du VIIe siècle Bernard fut fait Comte de Barcelone, &amp; gouverna la <i>Catalogne</i> pour les François. En 854. le Comté fut donné en propriété par Charles le Gros à Geofroy le Velu, pour lui &amp; pour ses descendans. <pb n="897" facs="bpt6k8542165/f937/full/1200,/0/native.jpg"/>En 1137. Raymond Bérenger, Comte de Barcelone, ayant épousé Pétronille héritière d'Arragon, unit pour toujours la <i>Catalogne</i> à l'Arragon.</p><p>Ce mot, <i>Catalogne,</i> s'est formé de <i>Gothalania,</i> Gothalanie, terre ou pays des Goths, parce que les Goths s'établirent autrefois dans cette partie d'Espagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7349" id="1" type="">
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    <head>CATALOGUE</head>
    <p>
    CATALOGUE , s. m. Liste &amp; mémoire qui contient plusieurs noms propres d'hommes, de livres, ou d'autres choses, disposées selon un certain ordre. <i>Index, catalogus, album.</i> Le bienheureux François de Sales a été mis au <i>catalogue</i> des Saints. Un Régent a le <i>catalogue</i> de ses écoliers. Le <i>catalogue</i> d'une Bibliothèque se dispose par ordre alphabétique, ou suivant l'ordre des matières. Les Jésuites d'Anvers ont donné un <i>Catalogue</i> des Papes, avec des savantes Dissertations. C'est ce qu'ils appellent <i>Propylaeum ad Acta Sanctorum Maii.</i> Il y a en particulier un Prologue sur les anciens <i>catalogues</i> des souverains Pontifes.</p><p>Du Cange dérive ce mot de <i>catalogo,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité pour signifier <i>collectio,</i> du Grec , de , <i>recenseo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7350" id="1" type="">
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    <head>CATALOTIQUE</head>
    <p>
    CATALOTIQUE , s. m. C'est un remède propre pour aplanir &amp; dissiper les marques grossières des cicatrices qui paroissent sur la peau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7351" id="1" type="">
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    <head>CATANANCE</head>
    <p>
    CATANANCE , s. f. Plante commune en Languedoc, en Provence &amp; en Dauphiné. Sa racine est branchue, fibreuse, rougeâtre en dehors, &amp; elle pousse plusieurs feuilles velues, blanchâtres, semblables à celles de la corne de cerf. Du milieu de ses feuilles s'élevent une ou quelques tiges arrondies, menues, branchues, hautes de deux pieds environ, &amp; garnies de quelques feuilles plus petites &amp; plus étroites que celles du Buis. Les fleurs qui terminent les branches sont composées de demi-fleurons bleus portés chacun sur un embryon qui devient une semence garnie d'un chapiteau à cinq feuilles. Les demi-fleurons &amp; ces semences sont soutenues par un calice composé de plusieurs écailles transparentes, blanchâtres, &amp; comme divisées en deux par une raie roussâtre, qui parcourt toute la longueur. Toute la plante donne un peu de lait lorsqu'on la coupe. <i>Catananca Dalechampii, flore Cyani, folio Coronopi. J. B.</i> Il y en a une autre espèce plus rare qui vient en Sicile, &amp; qui a ses demi-fleurons jaunâtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7352" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATAPAN" />
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    <head>CATAPAN</head>
    <p>
    CATAPAN , s. m. Nom de Charge. <i>Gubernator, Rector, Praefectus.</i> C'est le nom que les Grecs ont donné dans les derniers temps, c'est-à-dire, aux Xe &amp; XIe siècle au Gouverneur de ce qu'ils possédoient encore en Italie. L'Empereur Basile avoit ordonné au <i>Catapan</i> d'exiger le tribut qu'il prétendoit lui être dû ; &amp; en exécution de cet ordre le <i>Catapan</i> avoit subjugué une partie de la Province de Benevent. Fleury. Guillaume de la Pouille, dans son Poëme <i>De Gestis Normannorum,</i> L. I. dit,</p><p>Quelques-uns disent aussi <i>Catipan, Catipanus,</i> &amp; dans Léo Ostiensis, L. II. c. 68. Lupus Protospathaire, l'Auteur Anonyme de Barri qui a écrit la vie de S. Vital de Sicile, &amp; Ughellus, <i>Ital. sacr. T. IV.</i> c'est la même chose que <i>Capitaneus,</i> comme si ce n'étoit qu'une métathèse ou transposition. Guill. de la Pouille, dans son IIe Livre, le tire de , <i>juxtà,</i> &amp; , <i>omne</i> ; de sorte que <i>Catapan</i> signifie un Gouverneur général, un Officier, un Magistrat préposé généralement sur tout, qui a la direction de tout.</p><p>Et quoi qu'en dise M. Du Cange dans ses Notes sur l'Alexiade, cette étymologie n'est peut-être pas si mauvaise. D'autres prétendent que ce mot vient de , c'est-à-dire, <i>Après l'Empereur.</i> C'est le sentiment de l'Auteur de la vie de S. Lietbert de Cambray, c. 41. qui dans ce sens appelle le <i>Catapan,</i> un second maître, ou second Seigneur, <i>secundus Dominus.</i> Voyez d'Acheri, <i>Spicileg. T. IX.</i> M. Du Cange à l'endroit cité, p. 275. veut qu'il vienne de , que les Grecs ont dit de tout <i>Capitan,</i> ou Gouverneur, &amp; même de tout homme de condition. Le même Auteur a donné dans son Glossaire une liste chronologique de tous les <i>Catapans,</i> depuis le IXe siècle jusqu'à la fin du XIe. Il y en a soixante &amp; un. Lupus Protospathaire parle souvent dans sa Chronique des <i>Catapans</i> &amp; du Proto-Catapan. Bollandistes, <i>Acta SS. Mart. T. II. p.</i> * 29. <i>E.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7353" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATAPLASME" />
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    <head>CATAPLASME</head>
    <p>
    CATAPLASME , s. m. Mélange de poudres, ou odorantes dont on parfume les habits ; ou fortifiantes qu'on applique sur l'estomac, sur le coeur, sur la tête ; ou escarrotiques avec lesquelles on fait consumer les chairs. <i>Catapasme</i> vient du mot Grec , arroser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7354" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATAPELTE" />
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    <head>CATAPELTE</head>
    <p>
    CATAPELTE , s. f. Nom d'un instrument de supplice dont on se servoit autrefois. <i>Catapelta.</i> Le Gouverneur avoit fait mettre à terre d'un côté l'image de Jesus-Christ en croix, &amp; de l'autre l'instrumnet de supplice que l'on nomme <i>Catapelte.</i> Alors il lui dit : Tu as à choisir des deux, ou de marcher sur l'image, ou d'aller au supplice. Fleury. Le Gouverneur en colère le fit dépouiller &amp; étendre sur la <i>Catapelte,</i> où les bourreaux l'ayant serré entre deux ais, depuis le cou jusqu'aux talons, &amp; attaché par tous les membres avec des clous de fer, le pendirent la tête en bas, &amp; allumerent autour un grand feu, dont il fut consumé. Id. On voit par cet exemple que la <i>catapelte</i> étoit une espèce de pressoir, ou de presse composée de planches, entre lesquelles on mettoit &amp; on pressoit le patient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7355" id="1" type="">
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    <head>CATAPHRYGIENS</head>
    <p>
    CATAPHRYGIENS . Nom d'anciens Hérétiques qui ont été ainsi appellés, parce qu'ils étoient Phrygiens. <i>Cataphryges.</i> Ils avoient, dit S. Epiphane, les mêmes sentimens que les Catholiques sur le mystère de la Trinité. Ils parloient du Père, du Fils &amp; du S. Esprit, de la même manière que l'Eglise ; mais ils l'avoient abandonnée en reconnoissant Montan pour Prophète, &amp; Priscilla &amp; Maximilla pour de véritables Prophétesses, qu'il falloit consulter sur-tout ce qui regardoit la Religion, comme si le S. Esprit avoit abandonné l'Eglise, &amp; qu'elle n'eût plus aucuns dons célestes. S. Epiphane a parlé fort au long des <i>Cataphrygiens, haer.</i> 48. où il rapporte en même-temps quelques extraits des Livres de Montan &amp; de Maximilla. Il explique aussi en quoi consiste la véritable Prophétie, &amp; en quoi elle diffère de l'Enthousiasme des Visionaires ou Fanatiques. Eusèbe, L. IV. de son <i>Hist. Eccles.</i> c. 27. fait aussi mention des <i>Cataphrygiens</i> &amp; des Livres qu'Apollinaire Evêque de Hiérapolis écrivoit contre eux. Godeau dit &amp; écrit <i>Cataphryges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7356" id="1" type="medecine">
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    <head>CATAPLASME</head>
    <p>
    CATAPLASME , s. m. Les uns prononcent l'<i>s,</i> &amp; les autres ne la prononcent pas, &amp; quelques-uns même ne l'écrivent pas ; mais il faut l'écrire &amp; la prononcer. <i>Cataplasma.</i> Terme de Médecine . C'est un médicament externe en forme de bouillie, de consistence molle, à peu-près semblable à celle des onguens, ou des cerats, recevant dans sa composition diverses liqueurs &amp; différentes parties de plantes, d'animaux &amp; de mineraux, les unes molles &amp; les autres sèches, &amp; même bien souvent des huiles, des onguens &amp; d'autres compositions externes &amp; internes, le tout suivant la diversité des maux, &amp; les intentions particulières pour lesquelles on prépare cette sorte de remède. Les principaux effets des <i>cataplasmes</i> sont d'appaiser les douleurs, de ramolir, résoudre, discuter, ou mener à suppuration les matières amassées aux parties extérieures du corps. Le <i>cataplasme</i> le plus commun &amp; le plus employé pour appaiser les douleurs, &amp; pour résoudre &amp; dissiper les tumeurs nouvelles, se fait avec la mie de pain blanc, le lait, quelques jaunes d'oeufs, le safran &amp; l'huile rosat.</p><p>On dit <i>cataplasme</i> émollient, digérant, fortifiant, suppuratif, &amp;c.</p><p>On appelle, en badinant, <i>cataplasme</i> de Venise, un soufflet, un coup appliqué du plat ou du revers de la main sur le visage de quelqu'un.</p><p>Ce mot vient du verbe Grec , c'est-à-dire, <i>illino, oblino, j'enduis, j'applique par-dessus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7357" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATAPUCE" />
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    <head>CATAPUCE</head>
    <p>
    CATAPUCE , s. f. Terme qu'on donne à deux plantes bien différentes l'une de l'autre. Il y a la grande &amp; la petite <i>catapuce.</i> La grande <i>catapuce</i> est appellée autrement <i>ricin commun,</i> ou <i>paume de Christ, ricinus vulgaris.</i> Voyez <ref type="search" target="head:RICIN">RICIN</ref>. La petite <i>catapuce</i> est une espèce de <i>Tithymale,</i> qui a une tige haute d'une coudée &amp; demie, ronde, solide, de la grosseur du pouce, garnie de quantité de feuilles. <pb n="898" facs="bpt6k8542165/f938/full/1200,/0/native.jpg"/>Ces feuilles sont longues de trois doigts, semblables à celles du saule, d'une couleur bleue tirant sur le verd, &amp; disposées en forme de croix. Sa fleur est composée de quatre petites feuilles. Son fruit est relevé de trois coins, &amp; divisé en trois cellules remplies chacune d'une semence oblongue. On se sert de la semence qui purge violemment par haut &amp; par bas. <i>Tithymalus latifolius catapucia dictus.</i> On l'appelle aussi en François <i>épurge, ab expurgandi facultate.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7358" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATAPULTE" />
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    <head>CATAPULTE</head>
    <p>
    CATAPULTE , s. f. Machine de guerre dont se servoient les Anciens pour lancer de puissans traits ou javelots longs de douze &amp; quinze pieds sur les ennemis. <i>Catapulta.</i> On en voit la description dans Vegèce, Juste Lipse, &amp; autres. On tient que l'invention de la <i>catapulte</i> vient des Syriens. Voyez Mr Perrault sur le 10e Livre de Vitruve. Quand les Romains prirent la nouvelle Carthage, aujourd'hui Cartagène, ils y trouverent un merveilleux attirail de guerre, environ six-vingts des plus grosses <i>catapultes,</i> deux cents quatre-vingts des moyennes, &amp;c. Vigenère, <i>Trad. de T. Live, L. XXVI.</i> Marcellus fit porter à son Oration les <i>catapultes,</i> les ballistes, &amp; tous les autres instrumens de guerre. Ib.</p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7359" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATARACTAIRE" />
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    <head>CATARACTAIRE</head>
    <p>
    CATARACTAIRE , s. m. <i>Cataractarius.</i> Dans le martyre de sainte Félicité, ch. 5. il est dit que les douleurs de l'enfantement lui ayant pris dans la prison, comme elle se plaignoit, un valet des <i>Cataractaires</i> lui dit : Si tu souffres maintenant que feras-tu quand tu seras exposée aux bêtes ? Sur quoi les Bollandistes remarquent que les <i>Cataractaires</i> étoient les Geoliers, les Gardes des portes. En effet Tite-Live prend <i>cataracte</i> pour ce que nous appellons une herse aux portes des villes de guerre ; &amp; dans des siècles postérieures, on le trouve pour des barreaux de fer qui ferment une entrée, comme on le peut voir dans Du Cange &amp; dans Hoffman.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7360" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CATARACTE" />
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    <head>CATARACTE</head>
    <p>
    CATARACTE , s. f. Terme de Médecine . Une taie ou petite peau, qui nage dans l'humeur aqueuse, &amp; qui se mettant au-devant de la prunelle de l'oeil, empêche que la lumière y puisse entrer. <i>Oculi suffusio.</i> Elle se forme par la condensation des parties les plus visqueuses de l'humeur aqueuse, entre la tunique uvée &amp; le cristallin. Quelques-uns croient que cette pellicule se détache du cristallin qui n'est qu'un composé de plusieurs petites pellicules appliquées les unes sur les autres.</p><p>Il y a deux sortes de <i>cataractes,</i> la véritable, &amp; la fausse ; la véritable vient d'une humeur amassée dans l'oeil, coagulée &amp; fixée dans cette partie dont elle ôte l'usage : la fausse vient des vapeurs qui sont portées aux yeux par quelque accident, comme par une fièvre. La véritable <i>cataracte</i> a différens degrés &amp; différens noms. Dans le commencement, ceux à qui elle vient, voient comme des nuages, des poils d'étoffe, de petits points répandus sur les objets qu'ils regardent : la <i>cataracte</i> en cet état s'appelle <i>imagination,</i> parce qu'on ne l'apperçoit point encore dans les yeux de ceux à qui elle vient. Quand la suffusion augmente, la prunelle paroît de couleur de verd de mer, ou de verd sale, ou comme l'air rempli de nuages : alors la <i>cataracte</i> s'appelle <i>eau,</i> ou <i>descente d'eau.</i> Quand le mal est à son terme, la matière qui la cause est coagulée, le malade ne voit plus, la prunelle n'est plus transparente, mais blanche, ou de quelque autre couleur ; &amp; c'est ce qu'on appelle proprement <i>cataracte.</i> Voyez Degori, <i>Trésor de la pratique de Médecine.</i></p><p>Pour la cure de la <i>cataracte,</i> on a recours à l'opération, qui se fait en perçant avec une éguille emmanchée, la conjonctive &amp; la cornée : on pousse ensuite cette éguille au-dessus de la <i>cataracte,</i> &amp; on tâche de l'abaisser doucement, la tenant un peu de temps sujette. Willougby observe dans son <i>Ornithologie</i> que le fiel de Perdrix est bon pour les <i>cataractes.</i></p><p>La <i>cataracte</i> s'appelloit aussi autrefois <i>coulisse,</i> &amp; quand elle venoit à s'endurcir, <i>maille,</i> ou <i>bourgeon</i> ; si elle n'arrivoit qu'à un des yeux, <i>vairon,</i> ou <i>bigarré</i> ; mais tous ces termes ne sont plus en usage ; en Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7360" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATARACTE" />
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    <head>CATARACTE</head>
    <p>
    Cataractes , au pluriel, se dit d'une chute d'eau, qui tombe naturellement. <i>Cataracta, cataractes.</i> Dieu ouvrit les <i>cataractes</i> des Cieux quand il envoya le déluge.</p><p>Ce mot de <i>cataractes</i> vient du Grec , <i>cum impetu decido.</i> Le mot <i>cataracte</i> se trouve en ce sens dans le Procès de la vie de saint Thomas d'Aquin fait en 1319. au chap. 2. &amp; <i>Acta SS. Mart. Tom. II. p.</i> 97. <i>A. &amp;</i> 244. <i>F. &amp;c.</i></p><p>On appelle aussi <i>cataractes</i> du Nil, deux lieux où le Nil fait des chutes, &amp; tombe sur des rochers escarpés. Ptolomée, Strabon &amp; Pline en font mention. Voyez <ref type="search" target="head:NIL">NIL</ref>. Les <i>cataractes</i> du Nil se nommoient autrefois <i>catadoupes</i> dans la basse Latinité. Strabon appelle aussi <i>cataracte,</i> ce qu'on appelle aujourd'hui la <i>cascade de Tivoli. Catadupe</i> signifie la même chose que <i>cataracte.</i> Jean Herbinius a fait des Dissertations sur les <i>cataractes</i> du monde. <i>Dissertationes de admirandis mundi cataractis supra &amp; subterraneis, Amstel.</i> 1684. ou 85. &amp; il entend par <i>cataractes</i> les mouvemens violens des élémens. C'est donner à ce nom une signification bien étendue &amp; bien nouvelle.</p><p>On appelle <i>cataractes,</i> les portes grillées &amp; treillissées, &amp; même les herses ou sarrasines qu'on fait tomber par des coulisses en cas de besoin. <i>Porta cataracta.</i> On l'a dit aussi des guichets &amp; portes treillissées des prisons, qui ont fait appeller un Géolier <i>Cataractarius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CATARACTAIRE">CATARACTAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7360" id="3" type="">
   <index type="head" value="CATARACTE" />
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    <head>CATARACTE</head>
    <p>
    Cataracte , s. f. Oiseau marin, si semblable au mouchet, qu'à peine l'en peut-on distinguer. <i>Cataractes.</i> Oppien l'a décrit d'une manière fort détaillée. Ses ailes &amp; son dos sont diversifiés de tanné, de blanc &amp; de jaune, melés ensemble. La <i>cataracte</i> est toute blanche par-dessous, avec des tâches brunes ; elle donne sur sa proie comme l'éprevier ; &amp; pour la prendre elle se sert de son bec, qui est long &amp; gros à proportion de son corps, robuste, pointu, &amp; un peu courbé. La couleur en est noire ; son cou est longuet ; sa tête moins grosse que celle des monettes. Ses ailes finissent à l'extrémité de sa queue, qui est noire &amp; longue d'une paulme. Ses cuisses sont couvertes de plumes jusque sur les jambes, qui sont ainsi que ses pieds &amp; leurs membranes de couleur cendrée. Ses ongles sont noirs, crochus &amp; petits. Cet Oiseau ne se plaît qu'aux lieux maritimes. Oppien rapporte des choses fort singulières de sa manière de faire son nid, &amp; de faire éclorre ses petits, &amp;c. mais apparemment fabuleuses. La chair de la <i>cataracte</i> est très-mauvaise à manger, parce qu'elle sent trop fort la sauvagine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7361" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CATARRE" />
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    <head>CATARRE</head>
    <p>
    CATARRE , s. m. Terme de Médecine . Fluxion &amp; distilation d'humeur sur le visage, sur la gorge, ou sur quelque autre partie du corps. <i>Destillatio, distillatio, epiphora.</i> Qu'il tombe sur tes dents un horrible <i>catarre.</i> S. Amant. Il n'y a point de maladie qui ne puisse venir du <i>catarre,</i> qu'on peut regarder justement comme la pépinière de toutes les infirmités. Degori.</p><p>Les <i>catarres</i> proviennent ordinairement de chaleur ou de froideur excessives, ou de la réplétion du cerveau, &amp; de la débilité de la partie recevante. Les <i>catarres</i> ne proviennent pas de la tête seulement, comme on le suppose d'ordinaire. Ils viennent aussi de toutes les autres parties ; parce que les vaisseaux lymphatiques qui portent les sérosités, se distribuent par tout le corps, &amp; que les glandes qui les préparent, sont répandues presque par tout. Ainsi les rhumes arrivent lorsque les vaisseaux lymphatiques dégorgent leurs sérosités, &amp; leur lymphe sur la gorge, &amp; sur la poitrine. Le froid empêchant la transpiration, &amp; l'évaporation de la lymphe, est la cause la plus fréquente des <i>catarres.</i> La sérosité étant extravasée s'aigrit, &amp; c'est ce qui cause des douleurs en diverses parties. C'est par cette raison que, pour guérir les <i>catarres,</i> il faut adoucir, &amp; faire transpirer les serosités par le moyen des diaphorétiques, &amp; par des remèdes somnifères, &amp; diurétiques. Van-Hel.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>defluo.</i> Nicot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7362" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATARREUX, EUSE" />
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    <head>CATARREUX, EUSE</head>
    <p>
    CATARREUX, EUSE , adj. Qui est flegmatique, sujet aux fluxions &amp; aux catarres. <i>Distillationibus, Epiphoris obnoxius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7363" id="1" type="poesie">
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    <head>CATASTASE</head>
    <p>
    CATASTASE , s. f. <i>Catastasis.</i> Terme de Poësie ; c'est la troisième partie des Tragédies anciennes, dans laquelle les intrigues qui se sont faites dans l'épitase se soutiennent, continuent, &amp; augmentent jusqu'au dénouement qui se fait dans la catastrophe. Voyez la Poëtique de Scaliger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7364" id="1" type="poesie">
   <index type="head" value="CATASTROPHE" />
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    <head>CATASTROPHE</head>
    <p>
    CATASTROPHE , s. f. Terme de Poësie . C'est le changement, &amp; la révolution qui se fait dans un Poëme dramatique, &amp; qui le termine ordinairement. <i>Catastrophe, <pb n="899" facs="bpt6k8542165/f939/full/1200,/0/native.jpg"/>tristis fabulae exitus.</i> La plupart des pièces tragiques d'Euripide ont une <i>catastrophe</i> malheureuse &amp; funeste. Dac. Aristote préfère une fin triste, une <i>catastrophe</i> malheureuse, pour la Tragédie. P. Le Boss. La <i>catastrophe</i> est la quatrième &amp; la dernière partie des Tragédies anciennes.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>subversio, renversement, bouleversement, l'issue d'une affaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7364" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATASTROPHE" />
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    <head>CATASTROPHE</head>
    <p>
    Catastrophe , se dit figurément d'une fin funeste &amp; malheureuse, parce que d'ordinaire les actions qu'on représente dans les Poëmes dramatiques sérieux, sont sanglantes. Il n'y a guère de <i>catastrophe</i> plus étonnante que celle de Charles le Gros ou le Gras, qui d'un prodigieux accroissement de grandeur, fut tout d'un coup précipité dans un abyme de misère. P. Maim. La vie de ce grand homme se termina par une étrange <i>catastrophe.</i> Dans les Etats populaires de la Grèce, où la Monarchie étoit odieuse, l'on écoutoit avec avidité la funeste <i>catastrophe</i> des Rois. Le P. Boss. Il se prend aussi pour toutes sortes de changemens ; pour la fin &amp; l'issue d'une chose. C'étoit une <i>catastrophe</i> des plus surprenantes, que celle du Duc de Joyeuse, qui de Maréchal de France, se fit Capucin, &amp; Prédicateur sous le nom du P. Ange. De Vill. Allons voir allumer le bûcher d'Hercule, &amp; représenter sa <i>catastrophe</i> sur le Mont Oëta. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7365" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATAY" />
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    <head>CATAY</head>
    <p>
    CATAY , qu'on écrit aussi CATHAY, &amp; quelques-uns KATHAY, ou KITHAY, s. m. <i>Cathaia.</i> Sanson, dans ses petites cartes, met le <i>Catay</i> dans la grande Tartarie au Nord de la Chine ; mais le P. d'Avril assure dans ses voyages que le <i>Kathay,</i> ou <i>Kithay,</i> se prend en deux sens. Dans un sens général, il signifie toute la grande Tartarie ; &amp; dans un sens particulier c'est la partie Septentrionale de la Chine. Maty. Quelques Auteurs ont cru que le <i>Cathay</i> est la <i>Cathée, Cathaea,</i> de Strabon, L. XV. qu'Etienne de Byzance appelle <i>Cathaena,</i> dont ils font une région de l'Inde. D'autres croient que les peuples du <i>Cathay</i> sont ceux que les Anciens appelloient <i>Seres.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7366" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATEAU" />
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    <head>CATEAU</head>
    <p>
    CATEAU , s. m. Château. <i>Castrum.</i> C'est le mot <i>Château</i> prononcé à la manière Picarde &amp; Artésienne, que nous avons adoptée en un seul mot, qui est celui de <i>Cateau</i> Cambresis, <i>Castrum Cameracense,</i> petite ville de Cambresis, située sur la Selle, renommée par le Traité de paix qui y fut conclu au mois de Février de l'année 1559. entre le Roi Henri II. &amp; Philippe II. Roi d'Espagne. M. Corneille veut qu'on puisse également dire <i>Cateau,</i> ou <i>Château</i> Cambresis, &amp; Maty préfère même <i>Château</i> à <i>Cateau</i> dans cette phrase. Cependant il semble que l'usage soit ordinaire de dire <i>Cateau</i> Cambresis, comme Catelet. La paix du <i>Cateau</i> Cambresis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7367" id="1" type="histoire ecclesiastique">
   <index type="head" value="CATÉCHÈSE" />
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    <head>CATÉCHÈSE</head>
    <p>
    CATÉCHÈSE , s. f. Terme d'Histoire Ecclésiastique . Explication de la Doctrine Chrétienne. Instruction pour ceux qui veulent se faire Chrétiens. C'est la même chose que <i>Catéchisme. Fidei Christianae institutio, Christianae legis capitum explicatio.</i> Saint Cyrille a composé de savantes <i>Catéchèses.</i></p><p>Ce mot vient du Grec .</p><p>Les <i>Catéchèses</i> ne se faisoient pas publiquement dans les Eglises ; mais dans les lieux particuliers, comme on le prouve par l'exemple d'Origène, qui a été Catéchiste d'Alexandrie. Démétrius, Evêque de cette grande ville, se plaignit écrivant à Alexandre, Evêque de Jérusalem, &amp; à Théocriste, Evêque de Césarée, de ce qu'ils avoient permis à Origène de précher publiquement dans l'Eglise. Les <i>Catéchèses</i> ne se faisoient donc point dans l'Eglise, mais hors de l'Eglise dans le Baptistaire, ou dans quelque autre lieu destiné à cela, &amp; qui étoit hors de l'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7368" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATECHISER" />
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    <head>CATECHISER</head>
    <p>
    CATECHISER , v. act. Enseigner les principes &amp; les mystères de la Foi Chrétienne. <i>Pueros aut ignaros Christianae Religionis mysteriis erudire.</i> Les Missionnaires vont <i>catéchiser</i> les paysans dans les villages.</p><p>On étend figurément cette signification aux autres persuasions qu'on entreprend de faire dans les affaires civiles &amp; morales. Avant qu'il prêtât son interrogatoire, son Procureur l'avoit bien <i>catéchisé.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7369" id="1" type="">
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    <head>CATÉCHISME</head>
    <p>
    CATÉCHISME , s. m. Livre ou instruction, qui apprend les choses qu'un Chrétien doit savoir. <i>Catechismus. Catéchisme</i> se dit également &amp; du livre, &amp; de l'instruction. Le Concile de Trente ordonne aux Curés de faire tous les Dimanches des <i>Catéchismes</i> dans leurs Paroisses. Le <i>Catéchisme</i> de Bellarmin, de Canisius. S. Augustin a fait un Traité du <i>Catéchisme</i> à la prière de Deogratias, Diacre de Cartage, qui étoit chargé de cette fonction ; il lui marque comment il s'en doit acquitter, &amp; la substance des choses qu'il faut dire aux Catéchumènes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7369" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATÉCHISME" />
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    <head>CATÉCHISME</head>
    <p>
    &#9758; CATÉCHISME , s. m.Catéchisme du Concile de Trente. Ce Catéchisme, qui est le plus estimé de tous, n'a pas été composé par les Evêques du Concile dont il porte le nom ; mais seulement par leur ordre. Ce sont des Théologiens particuliers qui l'ont composé, &amp; comme la plûpart étoient Dominicains, ils y ont répandu la doctrine de S. Thomas. Le Père Alby, Jésuite, assure dans la vie du Cardinal Sirlet, que ce Cardinal est l'Auteur du Catéchisme du Concile de Trente. Antoine Fabrice de Liége, dans une Préface qu'il a mise à la tête de ce Catéchisme, prétend que le Cardinal Sirlet n'est pas le seul qui y ait mis la main, mais qu'il a été aide par plusieurs autres Théologiens. L'Auteur d'un Ecrit imprimé en 1607. &amp; en 1647. &amp; qui a pour titre, Quaestio Theologica, &amp;c. De Mente Concilii Trid. circa gratiam efficacem &amp; scientiam mediam, dit, que les principaux de ces Théologiens sont Léonard Marin, Archevêque de Lanciano, Dominicain, Gilles Fuscaratio, Evêque de Modène, &amp; François Forerius du même Ordre ; ce qui confirme ce que l'on a dit d'abord. Quand ces Théologiens &amp; les autres nommés par le Pape eurent composé tout le corps du Catéchisme, on chosit trois excellens hommes pour l'écrire en Latin d'un style pur, élégant &amp; intelligible. Ce fut Paul Manuce, Julius Poggianus, &amp; Cornelius Amalthée, Médecin de profession ; de sorte que ce Catéchisme n'est pas seulement instructif par rapport à la Religion, mais qu'il est encore un livre agréable à lire pour le style. Le seul défaut qu'il y ait est, comme on l'a dit, quelques sentimens d'une Ecole particulière, dans un Livre, qui ne devroit précisément contenir que le dogme &amp; la doctrine de l'Eglise. Voyez les Auteurs cités, &amp; Vigneul-Marville, T. I. p. 349.<br/>Ce Catéchisme a été imprimé par ordre de S. Pie, Pape, &amp; approuvé par un Bref de Gregoire XIII. en 1583. par S. Charles Boromée, dans cinq Synodes différents qu'il a tenus à Milan en 1565, 1569, 1576, 1577, &amp; 1579 ; par le Clergé de France assemblé à Melun en 1579 ; par les Conciles de Rouen en 1581, de Bordeaux en 1582, de Tours en 1585, de Toulouse en 1590 ; &amp; par sept autres Conciles Provinciaux, tenus chez les Nations Etrangères.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>institutio, instructio.</i> Au reste, il faut dans sa prononciation faire sonner l'<i>s,</i> &amp; dire <i>Catéchisme,</i> &amp; non pas <i>Catéchime,</i> comme fait le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7370" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATÉCHISTE" />
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    <head>CATÉCHISTE</head>
    <p>
    CATÉCHISTE , s. m. Celui qui fait le Catéchisme, ou qui en a composé des livres. <i>Qui Christianae doctrinae elementa tradit, Catechista.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7371" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATÉCHUMÈNE" />
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    <head>CATÉCHUMÈNE</head>
    <p>
    CATÉCHUMÈNE , adj. m. &amp; f. L'<i>h</i> ne se prononce pas. Celui qui souhaite le Baptême, &amp; qui se prépare à le recevoir, en se faisant instruire des mystères de la Foi, &amp; des principaux préceptes de la Religion. <i>Qui Christianae fidei mysteriis imbuitur, eruditur, Catechumenus.</i> Dans le Concile d'Elvire l'an 305. Can. 39. &amp; 45. les <i>Catéchumènes</i> sont appellés Chrétiens.</p><p>Plusieurs distinguent trois sortes de <i>Catéchumènes,</i> savoir, ceux qui étoient seulement auditeurs, qu'on nommoit <i>Audientes</i> ; ceux qui fléchissoient les genoux, <i>Genuflectentes,</i> &amp; ceux qui étoient suffisans pour recevoir le Baptême, <i>Competentes</i> ; mais ceux qui étoient appellés <i>Genuflectentes,</i> ne faisoient point une classe distinguée de celle des <i>Competentes,</i> qui étoient aussi nommés <i>Genuflectentes,</i> parce qu'ils fléchissoient les genoux, lorsqu'on prononçoit les prières sur eux. Le Scholiaste Grec sur Harménopule ne reconnoît que deux ordres de <i>Catéchumènes ;</i> le premier, qui est le plus parfait, est celui de ceux qui fiéchissoient les genoux. Le second, qui est celui des Auditeurs, est le degré des imparfaits qui étoient seulement dans le rang des Ecoutans. Aristenus &amp; Blastarès ne distinguent aussi que ces deux espèces de <i>Catéchumènes</i> On appelloit <i>Imparfaits</i> &amp; <i>Ecoutans,</i> ceux d'entre les Gentils qui se présentoient pour embrasser le Christianisme. On donnoit le nom de <i>Parfaits</i> à ceux qui avoient été suffisamment instruits. Quelques-uns ajoûtent une autre sorte de <pb n="900" facs="bpt6k8542165/f940/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Catéchumènes,</i> qu'on nommoit les <i>Elus,</i> parce qu'ils avoient été choisis &amp; nommés pour recevoir le Baptême. D'autres appellent ces trois Ordres les <i>Ecoutans,</i> ou les <i>Auditeurs,</i> qui n'étoient encore admis qu'à entendre les catéchèses, ou instructions &amp; explications de la doctrine Chrétienne ; les <i>Elus,</i> ou <i>Choisis,</i> qui avoient été suffisamment instruits, &amp; qui étoient choisis &amp; admis pour recevoir le Baptême, &amp; les <i>Competents,</i> qui étoient en état, &amp; entièrement disposés à recevoir le Baptême.</p><p>Les <i>Catéchumènes</i> n'étoient pas seulement distingués par le nom, ils l'étoient aussi par le lieu. Ils se plaçoient avec les Pénitens dans le portique, qui étoit l'extrémité opposée au choeur, ou au Sanctuaire. On ne leur permettoit pas non plus d'assister à la célébration de l'Eucharistie ; après les prières &amp; le Sermon, un Diacre les faisoit retirer, en leur disant, <i>Ite Catechumeni, Missa est.</i> Allez <i>Catéchumènes, c'est fait.</i> On leur cachoit les sacrés mystères, parce qu'ils n'étoient pas capables de les comprendre, &amp; qu'on les y vouloit conduire par degrés. On faisoit seulement part du pain consacré aux <i>Catéchumènes,</i> afin qu'ils eussent une espèce de communion avec les Fidèles. Voyez fur les <i>Catéchumènes</i> le <i>Thesaur. Eccl.</i> de Suicer.</p><p>Ce mot <i>Catéchumène</i> est Grec, , de , <i>Je suis instruit,</i> de , J'instruis de vive voix, de , <i>voix, son.</i> Ainsi <i>Catéchumène</i> est proprement celui qui est instruit de vive voix. Quelques-uns, comme M. Fleury, écrivent Catécumène sans <i>h,</i> contre l'origine de ce nom.</p><p>CATECHUMÉNIE, s. f. <i>Catechumenum,</i> ou <i>Catechumenium. Superior Templi,</i> ou <i>Ecclesiae porticus Domus Catechumenis docendis destinata.</i> Il y a deux sentimens sur les <i>Catéchuménies.</i> Les uns, comme Baronius, Volfius &amp; Meursius, disent que l'on appelloit <i>Catéchuménies,</i> les galeries hautes des Eglises, parce que c'étoit le lieu où les Catéchumènes se tenoient, ou parce que c'étoit là qu'on les instruisoit. Du Cange au contraire croit qu'elles s'appelloient ainsi, parce que c'étoit dans ces galeries que les femmes assistoient aux divins offices. Domin. Macri dit qu'on appelloit aussi <i>Catéchuménie,</i> la maison qui étoit destinée à assembler les <i>Catéchumenes,</i> pour entendre les catéchèses, ou recevoir les instructions des Catéchistes.</p><p>Ce mot a la même origine que Catéchèse, &amp; Catéchumène. On trouve en Grec , &amp; dans Codin .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7372" id="1" type="logique">
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    <head>CATÉGORIE</head>
    <p>
    CATÉGORIE , s. f. Terme de Logique . C'est une division de tous les êtres &amp; de tous les objets de nos pensées, que l'on a réduits &amp; rangés par ordre en diverses classes, afin d'en avoir une connoissance moins confuse. <i>Catégoria.</i> Les anciens Philosophes ont la plupart établi dix <i>Catégories</i> après Aristote ; toutes les substances sont comprises sous la première, &amp; tous les accidens sous les neuf autres : la Quantité, la Qualité, la Relation, l'Action, la Passion, le Temps, le Lieu, la Situation, l'Habitude ou la Disposition. D'autres n'en ont admis que deux, là Substance &amp; l'Accident. A dire le vrai, ces dix <i>catégories</i> d'Aristote, dont on fait tant de mystère, sont très-peu utiles, &amp; d'autant plus que c'est une chose absolument arbitraire, &amp; qui n'a d'autre fondement que l'imagination d'un homme, qui n'a eu aucune autorité de prescrire la loi aux autres, qui ont autant de droit que lui d'arranger d'une autre manière les objets de leur pensée. En effet, d'autres Philosophes ont crû qu'on pouvoit rendre raison de toute la nature, en y considérant ces sept choses : l'esprit ; la matière, la quantité, la situation, la figure, le mouvement &amp; le repos. Port-R.</p><p>Il n'est pas vrai que l'arrangement des idées soit une chose purement arbitraire ; on doit les ranger dans un ordre naturel, &amp; l'ordre le plus naturel est celui qui est 1°, le plus conforme à la nature des choses, &amp; 2°, le plus propre à nous faire acquérir aisément une connoissance claire &amp; certaine des choses. Il est aussi nécessaire de ranger nos idées dans un certain ordre que les propositions d'un traité de Géométrie ; &amp; puisque la connoissance des Sciences &amp; des Arts n'est autre chose qu'un amas de propositions sur un certain sujet, il est visible qu'on les apprend bien mieux quand les idées sont rangées dans un certain ordre, que si elles ne l'étoient pas.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>praedicamentum,</i> chose, objet dont on peut parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7372" id="2" type="">
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    <head>CATÉGORIE</head>
    <p>
    Catégorie , se dit figurément des choses de même nature, de même rang, &amp; de même qualité. <i>Ordo, natura, species, indoles.</i> Un bon bourgeois &amp; un soldat ne sont pas de même <i>catégorie.</i> Ces deux choses ne s'accordent pas ensemble, ne sont pas de même <i>catégorie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7373" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATEGORIQUE" />
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    <head>CATEGORIQUE</head>
    <p>
    CATEGORIQUE , adj. m. &amp; f. Qui est rangé sous une catégorie. <i>Categoricus.</i> L'ordre <i>catégorique</i> veut que la substance aille devant l'accident.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7373" id="2" type="">
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    <head>CATEGORIQUE</head>
    <p>
    Catégorique , se dit figurément de ce qui se fait dans l'ordre, &amp; raisonnablement. <i>Consentaneus.</i> Cet homme n'a pas répondu à vos civilités, cela n'est pas <i>catégorique.</i></p><p>On appelle des réponses <i>catégoriques,</i> les réponses pertinentes &amp; précises, qu'on fait sur les faits, ou objections qu'on nous propose. Toutes les réponses de cet accusé sont ambiguës, il n'en fait point de <i>catégoriques.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7374" id="1" type="">
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    <head>CATEGORIQUEMENT</head>
    <p>
    CATEGORIQUEMENT , adv. D'une manière catégorique &amp; précise. <i>Categoricè.</i> On a ordonné que le défendeur répondroit <i>catégoriquement,</i> par ouï, ou par non, sur les faits qui lui ont été signifiés. Tous ces termes figurés ne sont bons que dans le style simple &amp; familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7375" id="1" type="">
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    <head>CATEL</head>
    <p>
    CATEL , ou CATEUX, adj. C'est un terme de plusieurs Coutumes qu'on devroit mettre en usage dans le discours ordinaire, parce qu'on n'a point de mot propre pour exprimer ce qu'il signifie. C'est une chose qui tient le milieu entre les immeubles &amp; les meubles, qui de sa nature est immeuble, &amp; qui néanmoins est réputée meuble, &amp; se partage de même ; comme des moulins, des navires, des fruits pendans par les racines après la mi-Mai, &amp; avant le pied coupé, parce qu'après la cuillette ils sont réputés meubles. <i>Mancipium, res movens, moventia, catallum.</i></p><p>Droit de meilleur <i>catel,</i> est un droit que plusieurs Seigneurs ont dans différentes Provinces des Pays-Bas, qui est de prendre après le décès de leurs hoirs ou vassaux le meilleur meuble qui se trouve en la succession, lit, tapisserie, bague, cheval, vaisselle d'argent, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7376" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATELET" />
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    <head>CATELET</head>
    <p>
    CATELET , s. m. Le <i>Catelet.</i> Nom propre d'une petite ville de France, située dans le Vermandois en Picardie, aux confins du Cambresis &amp; du Hainaut, sur l'Escaut. Les Espagnols prirent le <i>Catelet</i> en 1557. Ils le rendirent en 1559. par la paix de Cateau-Cambresis. L'ayant encore pris dans le dernier siècle, ils le rendirent en 1659. par la paix des Pyrénées. Les fortifications du <i>Catelet</i> furent rasées en 1674.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>Castelletum</i>, petit Château, &amp; c'est le nom François <i>Chatelet,</i> prononcé à la manière du pays, qu'il faut retenir dans ce nom, parce que c'est l'usage. Jamais on n'appelle cette ville <i>Châtelet</i> pour <i>Catelet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7377" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATÈNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>CATÈNE</head>
    <p>
    CATÈNE , s. f. C'est ce qu'on appelle communément <i>chaîne,</i> ou enchaînure de remarques abrégées sur les livres de l'Ecriture. M. Huet, dans son <i>Traité de la situation du Paradis terrestre,</i> p. 25. dit : On cite encore une <i>Catène</i> Grecque, pour la défense de cette explication. <i>Catena.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Chaîne">Chaîne</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7378" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATERRE" />
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    <head>CATERRE</head>
    <p>
    CATERRE . Voyez <ref type="search" target="head:CATARRE">CATARRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7379" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATERREUX" />
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    <head>CATERREUX</head>
    <p>
    CATERREUX . Voyez <ref type="search" target="head:CATARREUX">CATARREUX</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7380" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHAÏEN" />
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    <head>CATHAÏEN</head>
    <p>
    CATHAÏEN , ou CATAYEN, enne, subst. m. &amp; fem. Qui est du Catay, ou Cathay. <i>Cathaiensis. Ca</i> est la première partie d'un <i>Tchag,</i> ou cycle de dix années, que les <i>Cataïens</i> font rouler avec un autre cycle de douze, pour composer une période de 60 ans, qui sert à marquer les caractères de leurs années &amp; de leurs époques. D'Herb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7381" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHARES" />
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    <head>CATHARES</head>
    <p>
    CATHARES , Nom d'anciens hérétiques, qui ont été ainsi appellés du mot Grec , qui signifie <i>purs,</i> parce qu'ils se croyoient plus purs que les autres Chrétiens. Eusèbe, liv. 6. de son <i>Hist. Ecclés.</i> c. 43. &amp; S. Epiph. <i>haer.</i> 59. font Novat le Père de la secte des <i>Cathares.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Novatiens">Novatiens</ref>. On a donné dans la suite le nom de <i>Cathares</i> à quelques autres hérétiques, qui ont voulu se distinguer par la pureté de leurs moeurs.</p><p>Les principales sectes qui ont pris ce nom fastueux, sont les Apotactiques, parce qu'ils. faisoient profession de renoncer à tout ; plusieurs Montanistes ; parce qu'ils ne recevoient jamais parmi eux ceux qui avoient une fois renoncé la foi dans les tourmens. On a donné le même nom par antiphrase, ou par ironie, aux Parétans, ou Patarins, ou Patrins, aux Albigeois &amp; aux Coteraux ; mais <pb n="901" facs="bpt6k8542165/f941/full/1200,/0/native.jpg"/>ceux que l'on appelle plus communément <i>Cathares,</i> &amp; dans l'Antiquité &amp; en notre langue, ce sont les Novatiens. Les Calvinistes de la grande Bretagne, sur-tout ceux d'Ecosse, s'appellent <i>Puritains,</i> qui est le même nom en François que celui de <i>Cathares,</i> en Grec, Ca<i>thari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7382" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHARISTE" />
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    <head>CATHARISTE</head>
    <p>
    CATHARISTE , s. m. &amp; f. Nom que l'on donnoit parmi les Manichéens à quelques-uns de leur secte qui commettoient d'horribles infamies. <i>Catharistae.</i></p><p>Ce nom, <i>Cathariste,</i> vient de , <i>pur,</i> &amp; signifie <i>Purificateur</i> : S. Augustin parle des <i>Catharistes, haer</i> 46. &amp; S. Léon, ép. 8.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7383" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CATHARTIQUE" />
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    <head>CATHARTIQUE</head>
    <p>
    CATHARTIQUE , adj. Terme de Médecine , qui se dit tant des remèdes purgatifs, que des vomitifs ; mais plus proprement des purgatifs. <i>Cathatricus.</i> Les <i>cathartiques</i> pris en ce dernier sens sont de plusieurs sortes ; il y en a de benins, de médiocres &amp; de violens. Les benins sont ceux qui purgent doucement ; tels sont la casse, la manne, les tamarins, la rhubarbe, le séné, &amp;c. Les médiocres purgent plus fortement, comme le jalap &amp; la scamonée. Les derniers vuident avec beaucoup de violence &amp; d'émotion, tels sont la coloquinte, l'ellebore, la laureole, &amp;c. On les divise aussi en <i>cholagogues, phlegmagogues, melanagogues,</i> &amp; <i>hydragogues.</i> Les <i>cholagogues,</i> à ce qu'on prétend, purgent la bile ; les <i>phlegmagogues</i> la pituite ; les <i>melanagogues,</i> la mélancholie ; &amp; les <i>hydragogues</i> les sérosités.</p><p>Ce mot vient du Grec ; <i>purgo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7384" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHAUT" />
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    <head>CATHAUT</head>
    <p>
    CATHAUT , Voyez <ref type="search" target="head:CATÔS">CATÔS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7385" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHÉDRALE" />
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    <head>CATHÉDRALE</head>
    <p>
    CATHÉDRALE , adj. f. Eglise qui est le siége d'un Evêque, ou d'un Archevêque, <i>Ecclesia cathedralis ; Templum in quo sedes est Episcopi.</i> C'est toujours la principale de la ville où elle est bâtie.</p><p>Il semble que le nom d'Eglise <i>Cathédrale</i> tire son origine de la manière de s'asseoir dans les premières Eglises ou assemblées des Chrétiens. Le Conseil de ces premières assemblées étoit appellé <i>presbyterium,</i> c'est-à-dire, conseil des Prêtres, ou Anciens. L'Evêque présidoit ; les Prêtres, qui étoient à ses côtés, avoient chacun leur chaire, &amp; c'est pour cela qu'ils sont nommés <i>Assessores Episcoporum</i> par les anciens Pères. La Jurisdiction Episcopale ne dépendoit point de l'Evêque seul, mais de tous les Prêtres, dont l'Evêque étoit le Président. On observe encore présentement dans l'Eglise, les fêtes de la chaire de S. Pierre à Rome &amp; à Antioche, qui sont les deux villes où ce S. Apôtre a présidé à un consistoire fixe de Prêtres. Par le mot d'Eglise <i>Cathédrale,</i> on n'entendoit pas dans ces premiers temps des <i>Cathédrales,</i> comme elles sont aujourd'hui. Car les Chrétiens avant Constantin n'ont point eu la liberté de bâtir des temples. Le mot d'Eglise ne signifioit autre chose dans son origine qu'une assemblée. C'est pourquoi il n'y a rien de si ridicule, que ce que nous disent quelques Ecrivains, sur-tout les Espagnols, de leur <i>Cathédrales,</i> qu'ils prétendent avoir été bâties dès le temps des Apôtres, comme si une Eglise eût été autre chose en ce temps-là, que le siége d'un Evêque accompagné d'un certain nombre de Prêtres. On doit aussi mettre au nombre des fables ce qu'on lit dans un nouveau Bréviaire des Carmes, qui n'a pas été approuvé à Rome ; savoir, qu'il y avoit autrefois sur le Mont Carmel une Eglise bâtie en l'honneur de la sainte Vierge par les Prophètes successeurs d'Elie, qui rendoient visite à la Sainte Vierge.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>chaire,</i> qui vient de , <i>sedeo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7385" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATHÉDRALE" />
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    <head>CATHÉDRALE</head>
    <p>
    Cathédrale , est aussi un substantif féminin. On dit l'Eglise de Notre-Dame est la <i>Cathédrale</i> de Paris. Les <i>Cathédrales</i> de Bourges, d'Amiens &amp; de Beauvais, sont les trois plus belles Eglises du monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7386" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHÉDRANT" />
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    <head>CATHÉDRANT</head>
    <p>
    CATHÉDRANT , s. m. Celui qui enseigne en chaire, en parlant d'un Théologien, ou d'un Philosophe. <i>Cathedrarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7386" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATHÉDRANT" />
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    <head>CATHÉDRANT</head>
    <p>
    Cathédrant , signifie aussi celui qui préside à un acte de Théologie, ou de Philosophie, qu'on soutient publiquement. <i>Praeses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7387" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHÉDRATIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CATHÉDRATIQUE</head>
    <p>
    CATHÉDRATIQUE , adj. Droit <i>Cathédratique.</i> C'est un droit que prenoient les Evêques en Espagne &amp; en France, quand ils faisoient leur visite. Il en est parlé dans le Concile de Brague tenu en 572. &amp; qui dans la Collection du P. Labbe est le troisième de Brague, mais le second seulement dans la Collection des Conciles d'Espagne, faite par le Cardinal d'Agaire. Aucun Evêque, dit ce Concile dans son IIe Canon, quand ils font la visite dans leurs Diocèses, ne prendra rien, outre l'honneur de son siége, <i>praeter honorem cathedrae suae,</i> c'est-à-dire, deux sols d'or. C'est ce que je trouve appellé en François Droit <i>cathédratique.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7387" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATHÉDRATIQUE" />
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    <head>CATHÉDRATIQUE</head>
    <p>
    Cathedratique , Docteur <i>Cathédratique.</i> Cathédrant, Docteur pourvu d'une chair de Théologie dans une Université. Docteur enseignant. Docteur Régent. <i>Doctor Theologiam docens, tradens. Doctor Cathedraticus.</i> Ce mot est en usage en Espagne, &amp; nous ne nous en servons dans notre langue qu'en parlant des Docteurs &amp; des Universités d'Espagne. Docteur <i>Cathédratique</i> de Salamanque, d'Alcala, &amp;c.</p><p>Ces mots viennent de , <i>cathedra,</i> une Chaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7388" id="1" type="medecine & de chirurgie">
   <index type="head" value="CATHÉRÉTIQUE" />
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    <head>CATHÉRÉTIQUE</head>
    <p>
    CATHÉRÉTIQUE , adj. Terme de Médecine &amp; de Chirurgie . Ce mot veut dire, qui ôte, qui emporte. On appelle remèdes <i>cathérétiques,</i> ceux qui consument, qui emportent des carnosités, les chairs baveuses &amp; les excrescences, qui viennent dans les plaies ; tels sont le précipité rouge, l'alun brûlé &amp;c. Le Chirurgien préparera son remède <i>cathérétique</i> plus ou moins fort. Dionis.</p><p>Ce mot vient de <i>catheretious</i>, qui est fôrmé de , &amp; d', <i>j'ôte, j'emporte.</i> Quelques-uns appellent ces remèdes <i>Sarcophages,</i> c'est-à-dire, qui mangent les chairs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7389" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHERINE" />
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    <head>CATHERINE</head>
    <p>
    CATHERINE , s. f. Nom propre de femme, prononcez Catrine. <i>Catharina.</i> Sainte <i>Catherine</i> Vierge d'Alexandrie, &amp; Martyre sous Maximin, étoit très-savante, si l'on en croit les actes de sa mort. Elle disputa contre cinquante Philosophes, &amp; les vainquit. C'est pour cela que dans les Colléges les étudians de Philosophie prennent Sainte <i>Catherine</i> pour leur Patrone. On n'a rien de certain touchant Sainte Catherine. Les faits que l'on a de sa vie &amp; de son martyre sont supposés. On n'a point parlé dans l'Eglise, de cette sainte avant la fin du VIIe siècle, ou au commencement du suivant. Sainte <i>Catherine</i> de Sienne, du tiers Ordre de S. Dominique vivoit au XIVe siècle. <i>Catherine</i> de Médicis, Reine de France, fille de Laurent de Médicis, femme de Henri II. mère de François II. Charles IX. &amp; Henri III. eut, pour le malheur de la France, trop d'ambition &amp; trop peu de piété, ou peut-être même de religion.</p><p>On prétend que ce nom a été fait en Occident par abbréviation de celui que lui donnoient les Grecs <i>Aicatharine.</i> Catôt &amp; Catin sont deux diminutifs de ce nom.</p><p>On appelle <i>la Sainte Catherine,</i> le jour de la fête de cette Sainte, le temps auquel elle vient. Je ne puis vous payer avant la Sainte <i>Catherine,</i> mais comptez qu'à la Sainte <i>Catherine</i> je vous satisferai.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7389" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATHERINE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CATHERINE</head>
    <p>
    Ordre de Sainte Catherine du mont Sinaï . <i>Equestris Ordo Sanctae Catharinae.</i> Après que le Corps de Sainte <i>Catherine</i> eut été trouvé sur le mont Sinaï, il s'y fit un fort grand concours de Pélerins, que la dévotion y attiroit. Pour faciliter ce pélerinage peu sûr parmi les Arabes, on établit en 1063. un Ordre de Chevalerie à l'imitation de celui du S. Sépulcre ; il fut mis sous la règle de S. Basile, &amp; sous la protection de Sainte <i>Catherine,</i> qu'il prit pour Patrone. Les Chevaliers s'engageoient par voeu à suivre la règle de S. Basile, à garder le corps de Sainte Catherine, à pourvoir à la sûreté des chemins en faveur des Pélerins, à défendre l'Eglise Catholique, &amp; à obéir au Grand Maître de l'Ordre. Leurs Constitutions furent tirées de celles de l'Ordre du S. Sépulchre. Ils portoient sur un habit blanc les instrumens du martyre de leur sainte Patrone ; c'est-à-dire, une demie roue armée de pointes tranchantes, &amp; traversée par une épée teinte de sang. Voyez la Description des Ordres militaires imprimée à Paris en 1671. &amp; l'Abbé Justiniani, <i>Historia di tutti gl'Ord. milit. Tom. I. c.</i> 19. Cet Ordre est éteint, aussi-bien que celui du S. Sépulcre. Comme les Cordeliers de Jérusalem se sont arrogés le droit de conférer celui-ci, les Moines Grecs Basiliens du mont Sinaï donnent celui-là. La bannière de l'Ordre représentoit d'un côté les armes, dont nous avons parlé, &amp; de l'autre le martyre de Sainte Catherine, où cette Sainte est entre deux roues, armées de pointes &amp; de couteaux tranchans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7389" id="3" type="">
   <index type="head" value="CATHERINE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CATHERINE</head>
    <p>
    Sainte Catherine . Nom d'une espèce de bonnes prunes. Les <i>Sainte Catherine</i> sont de celles qui ont la chair fine, <pb n="902" facs="bpt6k8542165/f942/full/1200,/0/native.jpg"/>tendre &amp; bien fondante, l'eau fort douce &amp; fort sucrée, &amp; le goût relevé. La Quint. Les <i>Sainte Catherine</i> sont longuettes, blanches, jaunâtres, assez grosses, &amp; bonnes en pruneaux. Id. On voit que ce nom ne change point au pluriel. La prune de <i>Sainte Catherine</i> en espalier, bien exposée en bon fond, est un des meilleurs fruits qui soient au monde, pourvu qu'on lui donne le temps de murir, tellement qu'elle en devienne ridée autour de la queue. C'est une prune blanche, jaunâtre, longuette, assez grosse, &amp; qui quitte le noyau fort net. Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7390" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="CATHÈTE" />
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    <head>CATHÈTE</head>
    <p>
    CATHÈTE , s. f. Terme de Géométrie . Perpendiculaire. Quelques-uns s'en servent en parlant d'une ligne, ou d'un rayon qui tombe perpendiculairement sur un autre corps. <i>Cathetus.</i> La <i>cathète d'incidence,</i> est une ligne droite tirée d'un point de l'objet perpendiculairement à la ligne réfléchissante. La <i>cathète de l'oeil,</i> ou de <i>réflexion,</i> est une ligne droite tirée de l'oeil perpendiculairement à la ligne réfléchissante. Il est évident que dans un miroir sphérique cette ligne passe par son centre. On le dit en Architecture de la ligne perpendiculaire qui passe par le milieu d'une colonne, ou par l'oeil de la volute du chapiteau Ionique. On l'appelle aussi <i>axe,</i> ou <i>essieu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7391" id="1" type="chirurgie">
   <index type="head" value="CATHÉTER" />
   <index type="src_domain" value="chirurgie" />
   <index type="macro_domain" value="Médecine" />
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    <head>CATHÉTER</head>
    <p>
    CATHÉTER , s. m. Terme de Chirurgie . C'est une sonde creuse &amp; courbe, dont on se sert tant pour tirer l'urine de la vessie, que pour reconnoître ses maladies, &amp; celle de son canal. <i>Catheter.</i> Il vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7392" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHÉTÉRISME" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CATHÉTÉRISME</head>
    <p>
    CATHÉTÉRISME , subst. m. Opération de Chirurgie, par le moyen de laquelle on tire l'urine qui est retenue en la vessie. <i>Urinae detractio.</i> Elle est ainsi appellée à cause de l'instrument dont on se sert, qu'on nomme <i>catheter, algalie,</i> ou <i>sonde creuse.</i> Cette opération n'a lieu que lorsque la suppression est à la vessie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7393" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHIN" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CATHIN</head>
    <p>
    CATHIN , Voyez <ref type="search" target="head:CATIN">CATIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7394" id="1" type=" dogmatique">
   <index type="head" value="CATHOLICISME" />
   <index type="src_domain" value=" dogmatique" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>CATHOLICISME</head>
    <p>
    CATHOLICISME , s. m. <i>Catholicismus.</i> Ce mot a été employé depuis quelque temps ; mais il n'est pas encore généralement reçu. Comme c'est un terme dogmatique , il n'est employé que par quelques personnes qui se mêlent de Théologie : les femmes, qui se piquent aujourd'hui de savoir la Théologie, &amp; qui aiment tant à en parler, ne s'en servent point. On entend par le mot <i>catholicisme,</i> la religion Catholique-Romaine, ses articles de foi, ses dogmes, ses maximes. Le <i>catholicisme</i> est la plus raisonnable de toutes les religions, la plus favorable aux puissances souveraines &amp; aux peuples.</p><p>Ce mot est presque aussi en usage à présent que celui de <i>Christianisme.</i> Je n'ai point parlé des motifs de conversion qu'Alabaster publia, après avoir embrassé le <i>Catholicisme.</i> Bayle. Toutes les Sectes d'Angleterre sont toujours réunies contre le <i>Catholicisme</i> leur ennemi commun. Voltaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7395" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHOLICITÉ" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>CATHOLICITÉ</head>
    <p>
    CATHOLICITÉ , s. f. La véritable Eglise, l'Eglise Catholique : Les pays, l'assemblée des Fidèles Catholiques. <i>Ecclesia Catholica.</i> Dans la <i>Catholicité</i> on ne voit point ce libertinage étonnant de sentimens, ces opinions extravagantes, si fréquentes dans les pays hérétiques, ces changemens perpétuels, ces doutes, ces irrésolutions, qui aboutissent si souvent à l'irréligion &amp; à l'athéisme, ou pour le moins au Déisme. On y est au contraire constant &amp; tranquille, parce qu'on a une règle sûre de sa créance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7395" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATHOLICITÉ" />
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    <head>CATHOLICITÉ</head>
    <p>
    Catholicité , s. f. Qualité de ce qui est Catholique. <i>Veritas.</i> Un tel est bien converti, j'ai cent preuves indubitables de sa <i>Catholicité.</i> Vous aurez bien de la peine à montrer la <i>Catholicité</i> de vos propositions.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7396" id="1" type="pharmacie">
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    <head>CATHOLICON</head>
    <p>
    CATHOLICON , s. m. Terme de Pharmacie . C'est un électuaire mou, ainsi appellé comme qui diroit <i>universel,</i> ou <i>purgeant toutes les humeurs. Catholicum medicamentum.</i> On en trouve chez les Auteurs différentes descriptions. Le <i>catholicon</i> qu'on appelle ordinairement de <i>Nicolas</i> est le plus en usage : il est composé de seize ingrédiens, dont les principaux sont les tamarins, la casse, le séné &amp; la rhubarbe. Ce <i>catholicon</i> est appellé <i>double</i> lorsqu'on y met double poids de séné &amp; de rhubarbe. On lui donne aussi le nom de <i>catholicon</i> fin, parce qu'on y met du sucre blanc &amp; de la meilleure rhubarbe. Le <i>catholicon</i> pour les clystères ne diffère du précédent qu'en ce qu'il n'y entre point de rhubarbe, &amp; qu'au lieu de sucre on y met le miel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7396" id="2" type="">
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    <head>CATHOLICON</head>
    <p>
    Catholicon , est aussi le nom d'une Satyre ingénieuse faite du temps de la Ligue ; intitulée <i>Satyre Menippée de la vertu du Catholicon d'Espagne, &amp; de la tenue des Etats de Paris.</i> On y montre que les intérêts des chefs de la Ligue étoient tout autres que ceux de la Religion. Le <i>Catholicon</i> d'Espagne n'est pas l'ouvrage d'un seul homme. M. Le Roi, Aumônier du jeune Cardinal de Bourbon, &amp; depuis Chanoine de l'Eglise de Rouen, composa &amp; mit au jour en 1593. la vertu du <i>Catholicon</i> d'Espagne. Cet écrit étoit fort court, &amp; fut distribué cette année-là en feuilles brochées. Dès qu'il parut chacun en fut charmé ; &amp; les beaux esprits de ce temps-là se piquerent d'y mettre la main &amp; de l'augmenter, ou plutôt d'y joindre une seconde pièce, sous le titre d'<i>Abrégé des Etats de la Ligue convoqués à Paris au dixième Février.</i> Passerat &amp; Rapin, deux Poëtes fameux, en composerent les vers. M. Gillot, Conseiller Clerc au Parlement de Paris, &amp; Chanoine de la Sainte Chapelle, fit la harangue du Cardinal Légat. Florent Chrétien composa celle du Cardinal Pelvé. On est redevable au savant Pierre Pithou, de la harangue de M. d'Aubray, qui est la meilleure de toutes. L'on doit encore à Rapin la harangue de l'Archevêque de Lion, &amp; celle du Docteur Rose. C'est ce même Nicolas Rapin qui prit le soin de recueillir toutes ces harangues, &amp; d'en composer un corps, qu'il joignit au <i>Catholicon</i> d'Espagne ; sur ce fondement plusieurs lui ont attribué le <i>Catholicon</i> tout entier. Cette seconde partie du <i>Catholicon</i> ne fut imprimée qu'en 1594. après le retour du Parlement, qui avoit été transféré de Paris à Tours. La première édition du <i>Catholicon</i> d'Espagne par M. Le Roi en 1593. ayant été bientôt distribuée, on ne l'imprima plus qu'avec la tenue des Etats en 1694. mais le Libraire mit la date du <i>Catholicon</i> seul 1693. au lieu de 1694. qui est la véritable date de la Satyre Ménippée. La meilleure édition est celle de Ratisbonne chez Matthias Kerner 1664. <i>in</i>-16. Les Notes qui s'y trouvent sont tirées d'un Manuscrit de M. Du Pui, Garde de la Bibliothèque du Roi. Vigneul Marv. <i>Tom. II. pag.</i> 208. <i>&amp; suiv.</i></p><p>J'ai encore ouï appeller <i>Catholicon</i> d'Espagne une estampe qui fut faite dans le même temps, &amp; qui représente l'armée, ou les troupes de la Ligue, composée non-seulement de Soldats &amp; de Bourgeois, mais encore de toutes sortes de Prêtres, d'Ecclésiastiques, de Religieux &amp; de Moines, la cuirasse sur le dos, le casque en tête avec le froc, &amp; armés d'épées, de pertuisanes, de mousquets, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7397" id="1" type="relations">
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    <head>CATHOLICOS</head>
    <p>
    CATHOLICOS , s. m. Terme de Relations . C'est le nom du Chef du Clergé de Mingrelie, des Abcas du Guriel, du mont Caucase &amp; d'Imirette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7398" id="1" type="chymie">
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    <head>CATHOLIQUE</head>
    <p>
    CATHOLIQUE , adj. m. &amp; f. Universel, général. <i>Catholicus, universalis.</i> C'est le Grand Théodose qui par un édit attribua par prééminence le titre de <i>Catholiques</i> aux Eglises qui suivoient le Concile de Nicée, à l'exclusion de toutes les autres. Ce nom marque l'universalité de l'Eglise, répandue parmi toutes les nations de la terre. Sous l'Empereur Constance l'Arianisme s'étoit si universellement emparé des esprits, qu'il falloit être Arien, pour être appellé <i>Catholique.</i> On donne aujourd'hui ce nom spécialement à la Foi, &amp; à la Religion Romaine. Un véritable Chrétien devient tôt ou tard <i>Catholique.</i> Une doctrine <i>Catholique.</i> Des sentimens <i>Catholiques.</i> Et il est opposé à Hérétique.</p><p>On a donné au Roi d'Espagne le titre de Roi <i>Catholique,</i> qui est devenu héréditaire depuis Ferdinand &amp; Isabelle. La Colombière dit que c'est pour avoir chassé les Mores d'Espagne. Les Bollandistes prétendent que les Rois Visigoths d'Espagne porterent autrefois communément le titre de <i>Catholique,</i> &amp; qu'Alexandre VI. ne fit que le renouveller pour Ferdinand &amp; Isabelle. Philippe de Valois après sa mort fut par les Ecclésiastiques surnommé <i>Catholique,</i> parce qu'il avoit favorisé leurs droits. Dans plusieurs Epîtres des Papes, ce nom est donné aux Rois de France, &amp; aux Rois de Jérusalem. On l'a donné aussi à plusieurs Patriarches, comme à ceux des Jacobites, des Egyptiens, des Arméniens, &amp; à des Primats qui avoient une fort ample Jurisdiction, &amp; qui pouvoient consacrer des Archevêques. Du Cange. En Allemagne, il y a des Princes Protestans, &amp; des Princes <i>Catholiques.</i> Ce Seigneur est un fort bon <i>Catholique.</i> Les Huguenots <pb n="903" facs="bpt6k8542165/f943/full/1200,/0/native.jpg"/>se sont séparés de l'Eglise <i>Catholique.</i> Un <i>Catholique</i> Romain.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>universellement,</i> d'où vient , <i>universel.</i></p><p>En termes de Chymie , on appelle un fourneau <i>catholique,</i> ou universel, un petit fourneau tellement disposé, qu'on y peut faire toutes les opérations de Chymie, même celles qui se font avec le feu le plus violent.</p><p>On le dit aussi en Gnomonique des cadrans universels, qui sont tellement construits, qu'ils peuvent faire connoître l'heure en divers pays, &amp; sous quelque élévation du pole que ce soit.</p><p>On appelle proverbialement un <i>Catholique à gros grains,</i> un homme peu scrupuleux, un peu libertin, qui ne prend pas soin d'observer les préceptes de la Religion, qui n'est pas fort dévot.</p><p>Autrefois <i>Catholique</i> signifioit la même chose que <i>Patriarche.</i> En Orient Norsetis étoit <i>Catholique</i> des Arméniens, c'est-à-dire, leur Patriarche ou Primat. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7399" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATHOLIQUEMENT" />
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    <head>CATHOLIQUEMENT</head>
    <p>
    CATHOLIQUEMENT , adv. D'une manière Catholique, fort régulière. <i>Catholicè.</i> On vit dans cette famille fort <i>catholiquement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7400" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATI" />
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    <head>CATI</head>
    <p>
    &#9758; CATI , s. m. C'est une monnoie de compte, dont on se sert à Java, &amp; dans quelques autres Isles voisines. Il revient environ à dix-neuf florins, monnoie de Hollande... Les Maures ont emporté au Roi de Siam plus de vingt-mille <i>catis,</i> chaque <i>cati</i> valant cinquante écus. <i>Voyage de Siam.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7400" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATI" />
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    <head>CATI</head>
    <p>
    Cati , part. du v. <i>Catir.</i> Poli, uni, &amp; luisant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7401" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="CATICHES" />
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    <head>CATICHES</head>
    <p>
    CATICHES , Terme de Chasse , qui se dit des trous où se cachent les loutres quand ils sont chassés. <i>Cuniculus, latibulum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7402" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATILINAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>CATILINAIRE</head>
    <p>
    &#9758; CATILINAIRE , s. f. Oraison contre Catilina. Cicéron a fait quatre <i>Catilinaires,</i> qui ont été élégamment traduites par Mr l'Abbé d'Olivet, avec de savantes Remarques de Mr le Président Bouhier sur le texte. Cette Traduction est précédée de celle de la première &amp; de la seconde Philippique de Démosthène par le même Abbé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7403" id="1" type="">
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    <head>CATILLAC</head>
    <p>
    CATILLAC , Pêche de <i>Catillac,</i> Pavie de <i>Catillac.</i> Grosses pavies rouges de <i>Catillac.</i> Espèce de pêches qui viennent au mois d'Octobre.</p><p>Il y a aussi une poire de <i>Catillac</i> qui se mange en Octobre &amp; Novembre, &amp; que la Quintinie range parmi les mauvaises poires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7404" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATILLER" />
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    <head>CATILLER</head>
    <p>
    &#9758; CATILLER , v. act. </p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7405" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATILLEMENT" />
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    <head>CATILLEMENT</head>
    <p>
    &#9758; CATILLEMENT , s. m. </p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7406" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATILLEUX" />
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    <head>CATILLEUX</head>
    <p>
    &#9758; CATILLEUX , adj. Vieux mots qui viennent de Catullare, qu'on a dit par métaplasme pour Catullire. Les Normands &amp; les Picards disent encore <i>catouiller.</i> Nous disions anciennement <i>catiller,</i> &amp; <i>catillement.</i> L'ancien Dictionnaire Latin-François du P. Labbe : Titillatio. <i>Catillement.</i> Titillare. <i>Catiller.</i> Ce passage ne permet pas de douter de cette étymologie. Julien Taboët dans son Livre <i>de Republica &amp; Lingua Francica,</i> l'a aussi dérivé de Catullire. <i>Ménage</i>.</p><p>Les Champenois ont conservé les mots <i>catiller, catillement, catilleux,</i> pour <i>chatouiller, chatouillement, chatouilleux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7407" id="1" type="relations">
   <index type="head" value="CATIMARON" />
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   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
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    <head>CATIMARON</head>
    <p>
    CATIMARON , s. m. Terme de Relations . C'est un petit bâtiment dont les Indiens se servent. <i>Indorum cymba.</i> Le <i>Catimaron</i> est composé de six à huit pièces de bois, traversées les unes dans les autres en forme de lozange : un homme s'assied dedans &amp; rame assis sur un fagot de feuilles de coco : ce fagot étant dressé sert de voile quand il fait du vent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7408" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATIMINI" />
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    <head>CATIMINI</head>
    <p>
    CATIMINI , adv. Secrètement. <i>Secretò, clam.</i> Il est allé en <i>catimini</i> faire une telle visite, une telle affaire ; pour dire, d'une manière cachée, &amp; tout doucement, comme vont les chats pour attraper les souris. Il est bas, &amp; ne se peut dire qu'en riant. Je la viens de surprendre qui lisoit un livre d'amour en <i>catimini.</i> Mademoiselle l'Héritier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7409" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATIN" />
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    <head>CATIN</head>
    <p>
    CATIN , s. f. Nom propre de femme. Diminutif de Catherine. <i>Catharina.</i> Il se donne aux filles qui se nomment Catherine, mais ce n'est que parmi le peuple, &amp; il est bas. Parmi les Bourgeois on dit Catôt. <i>Catin</i> a même quelquefois un mauvais sens, &amp; se prend presque pour une coureuse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7409" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATIN" />
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    <head>CATIN</head>
    <p>
    Catin , s. f. Mot enfantin que les petites filles en plusieurs endroits donnent à leurs poupées, &amp; qui se dit pour <i>poupée.</i> Achetez-moi une <i>Catin,</i> c'est-à-dire, une poupée. J'ai une belle <i>Catin,</i> Je vais habiller ma <i>Catin,</i> c'est-à-dire, ma poupée.</p><p>On se sert encore du mot de <i>Catin,</i> pour signifier une femme, ou une fille de mauvaise vie. C'est une franche <i>Catin.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7410" id="1" type="bonnetier & de degraisseur">
   <index type="head" value="CATIR" />
   <index type="src_domain" value="bonnetier & de degraisseur" />
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    <head>CATIR</head>
    <p>
    CATIR , v. act. Terme de Bonnetier &amp; de Degraisseur . Presser le drap, en sorte qu'il soit poli, uni &amp; luisant. <i>Premere.</i> On le dit aussi de toute sorte de laine ainsi préparée. On ne sauroit bien voir la finesse d'un bas d'estame quand il est <i>cati.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7411" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATIUS" />
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    <head>CATIUS</head>
    <p>
    CATIUS , s. m. Nom d'un faux Dieu. <i>Catius.</i> C'étoit le Dieu de la ruse &amp; de la finesse, qui rendoit les gens fins &amp; adroits. Si la vertu ne pouvoit venir qu'à ceux qui ont de l'esprit, dit S. Augustin, <i>De la Cité de Dieu.</i> Liv. IV. chap. 21. qu'avoit-on besoin d'un Dieu <i>Catius</i> pour rendre les gens fins &amp; adroits ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7412" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CATOCHÉ" />
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    <head>CATOCHÉ</head>
    <p>
    CATOCHÉ . Terme de Médecine . C'est la même chose que <i>Catalepsie.</i> Voyez ce mot. Le nom de <i>catoché</i> vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7413" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATON" />
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    <head>CATON</head>
    <p>
    CATON , s. m. <i>Cato.</i> Ce mot est un nom propre. <i>Caton</i> d'Utique, <i>Caton</i> le Censeur. Mais dans l'usage c'est un nom appellatif, qui veut dire, sage, sévère, modeste, retenu. Il étoit surpris de le voir si sage &amp; si modeste à la Cour ; parce que l'ayant vû il y avoit quelque temps en Province, il ne lui avoit point paru si <i>Caton.</i> Mademoiselle l'Héritier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7414" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATOPTRIQUE" />
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    <head>CATOPTRIQUE</head>
    <p>
    CATOPTRIQUE , s. f. Seconde partie de la science qui explique la vision : science qui enseigne comment les objets peuvent être vûs par la réflexion qui se fait sur les miroirs, &amp; autres surfaces polies. <i>Catoptrica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7414" id="2" type="">
   <index type="head" value="CATOPTRIQUE" />
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   <index type="pred_domain" value="Sciences physico-mathématiques" />
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    <head>CATOPTRIQUE</head>
    <p>
    Catoptrique , est aussi quelquefois adjectif, &amp; on appelle un cadran <i>catoptrique,</i> celui qui marque les heures par un rayon réfléchi, soit dans une chambre, soit ailleurs. <i>Catoptricus.</i> Euclide a écrit de la <i>Catoptrique.</i></p><p>Ce mot vient du verbe Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7415" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATOPTROMANCIE" />
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    <head>CATOPTROMANCIE</head>
    <p>
    CATOPTROMANCIE , s. f. Espèce de divination. <i>Catoptromantia.</i> On emploie un miroir pour cette espèce de divination ; &amp; c'est ce qui lui a fait donner le nom de <i>Catoptromancie,</i> du Grec , <i>miroir,</i> &amp; , <i>divination.</i> Pausanias rapporte que cette espèce de divination étoit en usage à Patras en Achaïe, où ceux qui étoient malades &amp; en danger de mort faisoient descendre un miroir attaché à un filet dans une fontaine qui étoit devant le Temple de Cérès ; puis ils se regardoient dans ce miroir, &amp; s'ils voyoient un visage hâve &amp; défiguré, ils prenoient cela pour un signe de mort ; si leur visage paroissoit vif &amp; sain, c'étoit un signe de vie. Cette divination peut être permise, &amp; l'on tire quelquefois des conjectures assez sûres de la couleur du visage d'un malade &amp; de son air, pour connoître ce qui lui en arrivera ; mais il est inutile &amp; impie de descendre le miroir dans une fontaine devant un Temple, comme si l'idole qu'on y adore donnoit les connoissances que l'on cherche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7416" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATÔS" />
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    <head>CATÔS</head>
    <p>
    CATÔS , ou CATÔT, ou CATAUT, ou CATHAUT, &amp;c. s. f. dans lequel la dernière syllabe est longue &amp; où la lettre finale ne se fait jamais sentir. C'est un diminutif de Catherine, qui se donne chez les Bourgeois aux jeunes filles qui s'appellent Catherine. <i>Catharina.</i> Il est moins bas que Catin, mais toujours populaire &amp; familier. Ces mots ne doivent jamais sortir du discours ordinaire, ou du style comique &amp; burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7417" id="1" type="chasse">
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    <head>CATTEROLES</head>
    <p>
    CATTEROLES . Terme de Chasse . Ce sont des lieux où les lapins font leurs petits, qu'ils creusent en terre, &amp; qu'ils rebouchent tous les jours jusqu'à leur sortie. <i>Cuniculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7418" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATULLE" />
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    <head>CATULLE</head>
    <p>
    CATULLE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Catullus.</i> C. ou Q. Valerius Catullus, que nous nommons en François <i>Catulle,</i> étoit de Vérone ; il nâquit sous le septième Consulat de Marius, &amp; le second de Cornelius Cinna, l'an 667. de Rome. <i>Catulle</i> est enjoué &amp; délicat ; mais il est trop libre &amp; plein d'ordures.</p><p>CATULUS, s. m. Surnom Latin de la famille des Lutatiens. On le retient toujours dans sa forme Latine, &amp; l'on ne dit point <i>Catulle,</i> apparemment pour éviter l'équivoque qu'il feroit avec le nom du Poëte dont on vient de parler, &amp; que nous nommons toujours Catulle.</p><p>Ce nom vient de <i>Catus,</i> fin, rusé, avisé ; ou de <i>Catulus,</i> qui selon Varron est la même chose que <i>Catellus,</i> petit <pb n="904" facs="bpt6k8542165/f944/full/1200,/0/native.jpg"/>chien. Rien n'étoit plus ordinaire chez les Romains que des noms de bêtes pour surnom ou sobriquet ; témoins Asina, Portius, Brutus, Bestia, Asellius, Corvus, Mus, Noctua, Canina, Vitulus, Buteo, Gallus, Graccus, Lupus, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7419" id="1" type="relations">
   <index type="head" value="CATUR" />
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    <head>CATUR</head>
    <p>
    CATUR , ou CATURE. Terme de Relations . Les <i>Caturs</i> sont des vaisseaux de guerre de Bantam qui sont courbés &amp; aigus par les bouts, &amp; qui portent une voile tissue d'herbes, &amp; de feuilles d'arbres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7420" id="1" type="">
   <index type="head" value="CATUS" />
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    <head>CATUS</head>
    <p>
    &#9758; CATUS , s. m. Cas, Histoire, Avanture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7421" id="1" type="">
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    <head>CAVAGNOLE</head>
    <p>
    CAVAGNOLE , substantif masculin. </p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7422" id="1" type="">
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    <head>CAVAILLON</head>
    <p>
    CAVAILLON , s. m. Prononcez ILL comme deux <i>ll</i> mouillées, sans faire autrement sentir l'<i>i,</i> &amp; sans en faire une diphthongue avec <i>a. Caballio, Cabellio, Cabellio Cavarum, Cabellicum, Urbs Cabellicorum.</i> Ville Episcopale de France, dans le Comté de Venaissin en Provence, sur la Durance. <i>Cavaillon</i> est ancien. Strab. L. IV. Ptolomée, L. II. c. 10. Pline, L. III. c. 4. en parlent ; mais on prétend que la ville d'abord fut placée par les Cavares sur le haut de la montagne, qui la domine aujourd'hui, &amp; sur laquelle on dit que l'on voit encore quelques restes de bâtimens. Ptolomée &amp; des marbres anciens la nomment Colonie. L'Evêché de <i>Cavaillon</i> est ancien, &amp; S. Veran, Patron de la ville, en étoit Evêque au VIe siècle. Du Chesne dit, dans ses <i>Antiquités des Villes de France,</i> L. V. c. 10. que les habitans de <i>Cavaillon</i> jetterent les premiers fondemens de Grenoble. Voyez aussi Bouche, dans son <i>Hist. de Provence.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7423" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALCADE" />
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    <head>CAVALCADE</head>
    <p>
    CAVALCADE , s. f. Marche pompeuse que font des Courtisans, des gens à cheval en quelque cérémonie pour accompagner &amp; honorer leur Prince, ou pour quelque autre sujet. <i>Solemnis &amp; ad pompam instituta equitatio.</i> Il se fit une belle <i>cavalcade</i> à la majorité du Roi depuis le Palais Royal jusqu'au Parlement. Ayant été conduit par tout le Sacré Collége en <i>cavalcade</i> jusques à la porte du Peuple, suivant la coutume. L'Abbé Regnier Desm. Ce mot est Italien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7423" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAVALCADE" />
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    <head>CAVALCADE</head>
    <p>
    Cavalcade , se dit aussi d'une promenade, ou d'un petit voyage que font des gens à cheval dans quelques lieux peu éloignés. <i>Instituta ad oblectationem equitatio.</i> Nous avons fait partie pour faire une petite <i>cavalcade,</i> &amp; aller voir Fontainebleau. Ce mot ne se dit en ce sens que dans le style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7424" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALCADEUR" />
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    <head>CAVALCADEUR</head>
    <p>
    CAVALCADEUR , ou CAVALCADOUR, s. m. Ecuyer qui enseigne à monter à cheval. <i>Equitandi magister.</i> Il n'est plus en usage en ce sens ; mais il y a encore des charges chez les Rois &amp; les Princes d'Ecuyers <i>Cavalcadeurs.</i> Ce sont ceux qui commandent l'écurie des chevaux de la personne du Roi, de la Reine, de M. &amp;c. Ménage, &amp; l'auteur de l'<i>Etat de la France</i> écrivent <i>Cavalcadour,</i> de l'Espagnol <i>Cavalgador</i> ; &amp; c'est le meilleur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7425" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALCATE" />
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    <head>CAVALCATE</head>
    <p>
    CAVALCATE , s. f. C'est la même chose que <i>Cavalcade.</i> Quoique <i>cavalcate</i> soit moins en usage que <i>cavalcade,</i> on ne laisse pas de le trouver dans de bons Auteurs. En la cérémonie du Consistoire où le Pape Urbain VIII. donna le chapeau au Cardinal Bichi, cinquante François qui l'avoient suivi à sa <i>cavalcate,</i> &amp;c. L'Abbé Regnier Desmar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7426" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALE" />
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    <head>CAVALE</head>
    <p>
    CAVALE . Voyez <ref type="search" target="head:Cavalle">Cavalle</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7427" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALERIE" />
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    <head>CAVALERIE</head>
    <p>
    CAVALERIE , s. f. Corps de gens de guerre qui combattent à cheval. <i>Equitatus.</i> La <i>cavalerie</i> Françoise est distinguée en Compagnies d'Ordonnances, comme Gardes du Corps, Gendarmes, Chevaux-légers, &amp;c. &amp; en régimens qui sont commandés par des Mestres de Camp : &amp; ce sont ces régimens seuls qu'on appelle la <i>Cavalerie légère.</i> Quand une armée est rangée en bataille, la <i>cavalerie</i> est postée sur les ailes. Les corps de <i>cavalerie</i> rangés en bataille s'appellent <i>escadrons.</i> Le Colonel de la <i>cavalerie,</i> c'est celui qui commande la <i>cavalerie.</i> Un Mestre de Camp de <i>cavalerie,</i> c'est celui qui commande un régiment de <i>cavalerie,</i> Une Cornette de <i>cavalerie,</i> c'est une compagnie de <i>cavalerie.</i></p><p>Les Romains, dans leurs premières guerres, ignoroient l'usage de la <i>cavalerie</i> : ils faisoient consister toutes leurs forces dans l'infanterie : ensorte même que dans le combat ils ordonnoient à la <i>cavalerie</i> de mettre pied à terre, &amp; ils ne reprenoient leurs chevaux que pour mieux suivre les ennemis quand ils étoient en déroute. La <i>cavalerie</i> de Pyrrhus les fit changer de sentiment ; &amp; sur-tout celle d'Annibal leur donna depuis de si grandes frayeurs, que ces invincibles Légions Romaines n'osoient descendre dans la plaine.</p><p>C'étoit la coutume de la <i>cavalerie</i> Françoise (sous la I. race) sitôt que l'armée étoit campée, d'abandonner ses chevaux, &amp; de les laisser aller paître dans les prairies, dans les campagnes, &amp; dans les bois d'alentour du camp, en leur attachant à chacun une sonnette au cou pour les retrouver plus aisément en cas qu'ils s'écartassent. P. Daniel. <i>T. I. p.</i> 272. Depuis que dans la décadence de la Maison Carlovingienne les fiefs furent devenus héréditaires dans les familles, les armées de la nation, quelque nombreuses qu'elles fussent, n'étoient presque que de <i>cavalerie.</i> Un jour de bataille on ne comptoit que sur les Cavaliers. Leurs armes offensives étoient la lance &amp; le sabre : pour armes défensives, au lieu de jaques de mailles, dont on s'étoit servi long-temps, ils prirent vers l'an 1300. une cuirasse, des brassars, des cuissars, des jambières &amp; des gantelets. Non-seulement les Cavaliers étoient armés de toutes pièces, mais leurs chevaux étoient bardés, c'est-à-dire, couverts d'une armure, desorte que ces escadrons paroissoient être tout de fer. Le Gendre. On disoit autrefois par manière de proverbe, <i>cavalerie</i> Françoise, infanterie Espagnole : aujourd'hui la <i>cavalerie</i> &amp; l'infanterie Françoise ont une égale réputation de bravoure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7428" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALERISSE" />
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    <head>CAVALERISSE</head>
    <p>
    CAVALERISSE . Vieux mot tiré de l'Italien, qui signifioit autrefois un <i>Ecuyer,</i> un Maître de Manége, celui qui étoit savant en l'art de dresser &amp; de gouverner les chevaux. <i>Equitandi magister.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7428" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAVALERISSE" />
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    <head>CAVALERISSE</head>
    <p>
    Cavalerisse . Scuderi s'est servi de ce mot pour signifier une Cavalière, une femme à cheval. <i>Foemina equitans.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7429" id="1" type="verrerie">
   <index type="head" value="CAVALET" />
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    <head>CAVALET</head>
    <p>
    CAVALET , s. m. Terme de Verrerie . C'est ce qui couvre la lunelle, &amp; qui fait baisser la flamme pour échauffer l'arche du four.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALIER" />
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    CAVALIER , s. m. Soldat qui sert &amp; qui combat à cheval. <i>Eques.</i> Il est encore distingué du fantassin, en ce qu'on l'appelle <i>maître.</i> Une telle compagnie étoit de 40. <i>maîtres,</i> ou de 40. <i>cavaliers.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>caballus</i>. On trouve <i>Caballarius</i> &amp; <i>Cavallarius</i> dans la basse Latinité, &amp; en Grec. Voyez <i>Acta SS. Januar. T. II. p.</i> 433. <i>D. April. T. III. p.</i> 160. <i>B. &amp;c.</i> Ces mots viennent de <i>Caballus,</i> cheval. Le P. Poussine Jés. dans son Gloss. sur Pachymère au mot , remarque que dès le temps de cet Historien, c'est-à-dire, au XIIIe siècle, ce mot signifioit dans l'Empire Grec non pas simplement un homme de cheval, mais un Gentilhomme qui a sous soi d'autres <i>cavaliers</i> à sa solde &amp; à ses ordres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAVALIER" />
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier , se dit en général de tout homme qui est à cheval, sur-tout quand il porte des armes, &amp; quand il a la mine de se défendre. Il avoit autour de son carrosse une demi-douzaine de <i>cavaliers.</i> Ce Messager fut volé, &amp; si il menoit une vingtaine de <i>cavaliers</i> avec lui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAVALIER" />
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier , signifie aussi un Gentilhomme qui porte l'épée, &amp; qui est habillé en homme de guerre. C'est un brave <i>Cavalier,</i> un honnête <i>Cavalier.</i> Les <i>Cavaliers</i> sont communs en Italie, à cause qu'il y a plusieurs Ordre de Chevalerie. Il semble qu'en parlant des Chevaliers d'Italie, l'on ne devroit point leur donner la qualité de <i>Cavalier,</i> qui à la rigueur ne signifie en François, qu'un homme d'épée, &amp; ne suppose point un Ordre de Chevalerie. Cependant l'usage est pour <i>Cavalier,</i> à l'égard même des Chevaliers Italiens. M. Taleman, qui a traduit l'<i>Histoire de Venise de Nani,</i> Chevalier &amp; Procurateur de S. Marc, l'appelle le <i>Cavalier</i> Nani. On dit, le <i>Cavalier</i> Bernin a été un grand Architecte &amp; Sculpteur : le <i>Cavalier</i> Marin un grand Poëte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="4" type="manege">
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier , en termes de Manége , se dit aussi d'un homme qui est bien à cheval, qui manie bien un cheval. <i>Equitandi <pb n="905" facs="bpt6k8542165/f945/full/1200,/0/native.jpg"/>peritus.</i> Ce Creat est un fort bon <i>cavalier.</i> Ce petit maquignon est bon <i>cavalier,</i> il manie bien un cheval. En ce sens on le dit aussi au féminin. Cette Dame est une fort bonne <i>cavalière.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="5" type="">
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier , se dit aussi d'un Galant qui courtise, qui mène une Dame. <i>Procus, amasius.</i> En cette promenade, en ce bal, chaque Dame avoit son <i>Cavalier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="6" type="">
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier, ière , s'emploie aussi adjectivement &amp; adverbialement, &amp; il signifie, libre, aisé, dégagé. <i>Liberior, solutior.</i> Cet homme a la mine <i>cavalière.</i> Il danse à la <i>cavalière.</i> Il fait des vers à la <i>cavalière,</i> c'est-à-dire, qui sont fort négligés. On dit aussi une éloquence <i>cavalière,</i> un style <i>cavalier</i> ; pour dire, libre, qui n'a rien de pédant, ni de trop assujetti aux règles. Il avoit pris à merveille les airs <i>cavaliers,</i> mais non pas les extravagans. Mlle L'Héritier. Cependant ravi de voir sa réputation <i>cavalière.</i> Id.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="7" type="">
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier, ière , se dit aussi pour ce qui est trop libre, &amp; qui approche de la mal-honnêteté. <i>Illiberalis, inurbanus.</i> Il l'a traité d'une manière <i>cavalière,</i> c'est-à-dire, peu civile, de haut en bas. Les braves de votre voisinage m'ont offert de me venger ; mais j'ai pensé que ce procédé étoit un peu trop <i>cavalier</i> pour un homme de Bréviaire. Cost. Cela est bien <i>cavalier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="8" type="">
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier, ière , se prend aussi pour ce qui est galant &amp; honnête. <i>Liberalis, honestus, urbanus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7430" id="9" type="fortification">
   <index type="head" value="CAVALIER" />
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    <head>CAVALIER</head>
    <p>
    Cavalier , en termes de Fortification , est une terrasse ou plate-forme qui commande autour d'elle, &amp; qui est élevé de 18. ou 20. pieds sur le rempart pour y mettre du canon, &amp; battre dans la campagne. <i>Agger editior.</i> On l'appelle ainsi, à cause qu'il est autant élevé sur les autres ouvrages, qu'un homme à cheval l'est sur un homme de pied. On en fait quelquefois dans la campagne pour battre dans la ville. Ils font tantôt ronds, tantôt carrés, &amp; ils ont leur parapet pour couvrir le canon. Leur largeur dépend du nombre des pièces qu'on y veut loger. On observe pour cela de donner 10. ou 12. pieds de distance entre chaque pièce, afin que ceux qui servent le canon aient plus de commodité à le charger &amp; à le tirer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7431" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALIEREMENT" />
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    <head>CAVALIEREMENT</head>
    <p>
    CAVALIEREMENT , adv. D'une manière cavalière. Il signifie quelquefois, Agréablement, &amp; se prend en bonne part, comme, Il écrit <i>cavalièrement, Comiter, liberaliter.</i> Il se prend plus souvent en mauvaise part, &amp; signifie, Incivilement, d'une manière brusque, comme, Il a traité cette Dame un peu <i>cavalièrement,</i> sans respect. On dit aussi, Il a parlé de la Religion un peu <i>cavalièrement</i> ; pour dire, d'une manière un peu trop libre, un peu libertine. <i>Illiberaliter, petulanter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7432" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALLE" />
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    <head>CAVALLE</head>
    <p>
    CAVALLE , s. f. Jument, la femelle du cheval. <i>Equa.</i> Les Anciens ont feint que les <i>cavalles</i> de Portugal conçevoient par le moyen du vent, à cause que les chevaux de cette contrée étoient fort vîtes. On fait saillir les <i>cavalles</i> aux étalons dans les haras. Quelquefois on boucle les <i>cavalles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7433" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVALOT" />
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    <head>CAVALOT</head>
    <p>
    CAVALOT , s. m. Monnoie fabriquée sous Louïs XII. valant 6. deniers de loi. On l'appelle <i>cavalot,</i> parce que S. Second y est représenté à cheval.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7434" id="1" type="guerre">
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    <head>CAVALQUET</head>
    <p>
    CAVALQUET , subst. masc. Terme de guerre , est une manière de sonner de la trompette, dont on se sert lorsque l'armée approche des villes, ou lorsqu'elle passe par dedans. <i>Buccinae sonus.</i> Il y a aussi un double <i>cavalquet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7435" id="1" type="">
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    <head>CAUCASE</head>
    <p>
    CAUCASE , s. m. Nom de montagne. <i>Caucasus.</i> On dit, le <i>Caucase,</i> &amp; le mont <i>Caucase.</i> Ce sont des montagnes de l'Asie Septentrionale qui selon la Géographie ancienne divisoient l'Inde de la Scythie. Le <i>Caucase</i> est une branche du mont Taurus, qui s'étend dans toute la Géorgie, &amp; dans la Circassie ; &amp; souvent il a été confondu avec le Taurus. Ces montagnes sont extrêmement hautes, escarpées, &amp; toujours couvertes de neiges : ce qui n'empêche pas que les vallées ne soient très-cultivées &amp; fertiles même en bons vins. Les Poëtes disent que c'est sur le mont <i>Caucase</i> que Prométhée fut lié pour avoir le foie déchiré par une aigle, ou par un vautour.</p><p>Le mont <i>Caucase</i> a différens noms. On le nomme Mont d'Elbours ou de Circassie ; Thevet, Adazar ; d'autres Albsor. L'Arménien Hayton dit qu'il s'appelle <i>Cocas,</i> ou <i>Cocheas</i> ; d'où apparemment s'est formé <i>Caucasus, Caucase.</i> Bochart le tire de la première langue, c'est-à-dire, de l'Hébreu, <i>Phaleg.</i> L. III. c. 13. Selon lui la terre de Gog &amp; de Magog étoit une partie de la Scythie le long du mont <i>Caucase,</i> que les habitans de la Colchide &amp; les Arméniens, dont le Dialecte étoit demi-Chaldéen, appelloient , <i>Gog hasan,</i> c'est-à-dire, <i>Gogi munimentum,</i> fort ou fortification de Gog ; de-là les Grecs, en adoucissant la prononciation, firent . Pline, L. VI. c. 17. prétend que <i>Caucasus,</i> s'est dit pour <i>Crocasus,</i> ou <i>Crocasis,</i> qui est le nom que les Scythes donnoient à cette montagne toujours couverte de neige, parce que ce nom dans leur langue signifie <i>blanc de neige</i> ; &amp; pour confirmer cette étymologie Hoffman remarque qu'encore aujourd'hui les Allemands, qui sont Scythes d'origine, disent <i>grau</i> pour signifier <i>blanc.</i></p><p>Saumaise, sur Solin, p. 788. &amp; suiv. traite fort au long de cette montagne, &amp; distingue deux <i>Caucases</i> ; l'un dans la Colchide, &amp; l'autre dans l'Inde ; mais je ne vois pas que ce sentiment ait été suivi. Le Chevalier Chardin, dans son <i>Voyage de Perse,</i> parle aussi du mont <i>Caucase</i> &amp; de ses habitans, qui sont Chrétiens du rit Géorgien. Il dit que le mont <i>Caucase</i> est la cime la plus élevée du mont Taurus, &amp; le décrit, p. 18. &amp; suiv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7436" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUCHÉMAR" />
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    <head>CAUCHÉMAR</head>
    <p>
    CAUCHÉMAR , s. m. Il y en a qui écrivent <i>cauchemare,</i> d'autres <i>chaussemare,</i> d'autres <i>cochemar,</i> &amp; d'autres <i>cochemare.</i> Tout cela est, je crois, fort indifférent, si ce n'est que <i>chaussemare</i> est le moins bon, &amp; <i>cochemar,</i> ou <i>cauchemar</i> le meilleur. Nom que donne le peuple à une certaine maladie qui survient principalement à des personnes qui dorment, qui sont couchées sur le dos, &amp; qui ont l'estomac rempli d'alimens pesans &amp; de difficile digestion. <i>Ephialtes, incubus.</i> Il leur semble qu'ils ont un gros poids sur la poitrine, dont ils vont être accablés, d'où vient qu'ils s'imaginent que c'est quelque spectre, quelque phantôme, ou même le malin esprit qui les presse, &amp; qui leur ôte la respiration. Cette maladie ne vient pas, comme on le prétendoit autrefois, de vapeurs grossières qui remplissent les ventricules du cerveau : il y a plus d'apparence qu'elle est causée par une trop grande réplétion de l'estomac, qui empêche le mouvement du diaphragme, &amp; par conséquent la dilatation de la poitrine ; &amp; c'est pour cette raison aussi qu'on y est plus sujet, après qu'on a trop mangé, &amp; qu'on est couché sur le dos. Plusieurs croient avec fondement qu'elle est encore produite par la convulsion des muscles de la respiration. On l'appelle en Grec, .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7437" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUCHOIS, OISE" />
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    <head>CAUCHOIS, OISE</head>
    <p>
    CAUCHOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est du pays de Caux. <i>Caletensis, Caletus.</i> On disoit anciennement <i>Caucheis,</i> ou <i>Chauceis</i> ; &amp; il n'y pas encore long-temps qu'on disoit aussi <i>Caillot,</i> &amp; <i>Caillette.</i> Voyez la <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. T. I. p.</i> 2. On appelle à Rouen la porte <i>Cauchoise,</i> celle par où l'on sort pour aller au pays de Caux ; &amp; à Paris des moutons <i>Cauchois,</i> ceux qui viennent de Normandie, du pays de Caux. Le breuvage des <i>Cauchois</i> est le cidre, &amp; en quelques lieux la bière ; leur trafic est le lin, le fil, la toile, les blez &amp; les cidres. Du Moulin, <i>Hist. de Norm.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7438" id="1" type="coutumes">
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    <head>CAUCIAGE</head>
    <p>
    CAUCIAGE , s. m. Terme de Coutumes . C'est un droit seigneurial, qui est dû pour les chaussées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7439" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUCOBARTITE" />
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    <head>CAUCOBARTITE</head>
    <p>
    CAUCOBARTITE . Voyez <ref type="search" target="head:CONTOBARTITE">CONTOBARTITE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7440" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUDATAIRE" />
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    <head>CAUDATAIRE</head>
    <p>
    CAUDATAIRE , s. m. Celui qui porte la queue du Pape, d'un Cardinal, d'un Prélat. <i>Syrmatis gerulus, minister ab trabeae caudâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7441" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="CAUDÉ, ÉE" />
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    <head>CAUDÉ, ÉE</head>
    <p>
    CAUDÉ, ÉE , adj. Terme de Blason , qui se dit des comètes &amp; des étoiles qui ont une queue. <i>Caudatus.</i> Il porte d'azur à une étoile <i>caudée</i> d'or.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7442" id="1" type="">
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    <head>CAUDEBEC</head>
    <p>
    CAUDEBEC , s. m. Ville de France en Normandie sur la Seine à sept lieues au-dessous de Rouen. <i>Calidobecum. Caudebec</i> est Capitale du pays de Caux. <i>Caudebec</i> a été célèbre par ses manufactures de chapeaux ; aujourd'hui elles sont tombées.</p><p>Du Chesne &amp; M. Corneille disent que cette ville prend le nom du pays de Caux ; cependant comme les noms Latins sont fort différens ; que le pays de Caux s'appelle <i>Caletensis ager,</i> &amp; <i>Caudebec, Calidobecum</i> ; que <i>Caux</i> peut très-bien s'être formé de <i>Calidus</i> ; que dans le Nord de la <pb n="906" facs="bpt6k8542165/f946/full/1200,/0/native.jpg"/>France on dit <i>caud</i> pour <i>chaud, Calidus,</i> il semble qu'il ne faut point recourir au nom du pays ; que <i>Caudebec</i> est la même chose que <i>Calidobecum,</i> ou <i>calidum beccum,</i> qui est la même chose que <i>calidus rivus</i> ; car <i>bec</i> en Gaulois, comme <i>bach</i> en Allemand, signifie rivière ; &amp; qu'ainsi <i>Cau</i> dans <i>Caudebec</i> ne vient point de <i>Caletensis,</i> &amp; n'est point le nom du pays de Caux. Sur cette ville, &amp; sur l'origine de son nom, voyez la <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. T. I. p.</i> 8.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7442" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAUDEBEC" />
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    <head>CAUDEBEC</head>
    <p>
    Caudebec , s. m. signifioit autrefois un chapeau fabriqué à <i>Caudebec,</i> &amp; en ce sens il a un pluriel. <i>Petasus Calidobeci stipatus. Pileus Calidobecensis.</i> Les <i>Caudebecs</i> sont fort estimés, parce qu'ils résistent à la pluie. Corn. Aujourd'hui un <i>Caudebec</i> ne se dit plus que d'un chapeau de feutre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7443" id="1" type="">
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    <head>CAUDICAIRE</head>
    <p>
    CAUDICAIRE , s. m. <i>Caudicarius.</i> On appelloit à Rome <i>Caudicaires</i> les batteliers, les nautonniers, du nom de certains bâtimens qu'on appelloit <i>caudicariae naves.</i> Quelques-uns écrivent <i>codicariae</i> ; suivant cette orthographe il faudra écrire <i>codicarius</i> &amp; <i>codicaire.</i> Voyez Festus Pomp. Non. Marcell. Varron de la vie du peuple Rom. L. III. Sénèque de la briéveté de la vie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7444" id="1" type="">
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    <head>CAUDIOT</head>
    <p>
    &#9758; CAUDIOT , s. m. Le peuple de Basse-Normandie appelle ainsi un feu de joie. Il vient d'<i>ignis de gaudio,</i> feu de joie. M. Huet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7445" id="1" type="">
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    <head>CAVE</head>
    <p>
    CAVE , s. f. Lieu voûté ; ou partie d'un bâtiment qui est au-dessous du rez-de-chaussée. <i>Cavus, cavum, subterraneus cavus.</i> Il y a plusieurs Eglises où il y a des Chapelles basses, comme à Notre-Dame de Chartres, à sainte Geneviève, à S. Victor : on les appelle la <i>cave.</i> Une descente, une voûte, un berceau de <i>cave.</i> Les Ordonnances de Police enjoignent de faire la vuidange de l'eau des <i>caves,</i> où il en est entré par les inondations. De la Mare, <i>Traité de la Police, T. I. p.</i> 538.</p><p>On appelle aussi <i>cave</i> dans les Eglises certains lieux voûtés où on enterre les morts. <i>Crypta excipiendis mortuorum corporibus.</i> Une telle famille a sa <i>cave</i> dans une telle Paroisse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7445" id="2" type="">
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    <head>CAVE</head>
    <p>
    Cave , se dit dans les maisons particulières du lieu souterrain &amp; voûté, où on met le bois, le vin, &amp; les autres choses qu'on veut tenir fraîchement. <i>Cella vinaria.</i> Ce Cabaretier a 200 pièces de vin dans sa <i>cave.</i> On met rafraîchir l'eau dans la <i>cave.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>cavea</i>. Dans la Règle du Monastère de sainte Césaire, Vierge, écrite au VIe siècle par S. Césaire Evêque, son frère, &amp; imprimée par Bollandus, <i>Januar. T. I. p.</i> 730. &amp; suiv. on trouve <i>cavagna,</i> §. 5. pour signifier la <i>cave</i> ou le cellier, &amp; la Cellérière est appellée <i>Cavenaria.</i></p><p>On appelle <i>Rats de cave,</i> les commis qui vont dans les <i>caves</i> marquer le vin que les Cabaretiers débitent.</p><p>On appelle du <i>sable de cave,</i> le sable fossile qu'on tire de la terre par les puits ou ouvertures qu'on y fait.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7445" id="3" type="">
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    <head>CAVE</head>
    <p>
    Cave , se dit aussi d'un coffre séparé en plusieurs petits carrés, qu'on prépare ainsi pour mettre des bouteilles. <i>Capsula dimensionibus,</i> ou <i>loculis, loculamentis distincta.</i> Une <i>cave</i> d'armée, dans laquelle on transporte des liqueurs. Une <i>cave</i> de toilette, où on met des essences des pommades.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7445" id="4" type="">
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    <head>CAVE</head>
    <p>
    Cave , chez les joueurs, signifie un fond d'argent qu'ils mettent devant eux pour tenir bon aux autres. La première, la seconde <i>cave.</i></p><p>On dit figurément d'un homme, qu'il va du grenier à la <i>cave,</i> quand il y a du haut &amp; du bas dans son style, dans ses actions : qu'il est chû du grenier à la <i>cave</i> ; pour dire, qu'il a eu un grand revers de fortune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7445" id="5" type="">
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    <head>CAVE</head>
    <p>
    Cave , adj. m. &amp; f. Ce qui est creusé, qui a été cavé. <i>Cavatus, excavatus.</i> Il est moins en usage au simple, qu'à son composé <i>concave.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7445" id="6" type="medecine">
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    <head>CAVE</head>
    <p>
    Cave , en termes de Médecine , se dit de la plus grosse de toutes les veines, qui va se terminer au ventricule droit du coeur, où elle s'ouvre par une large embouchure, pour y verser le sang qui lui est apporté de toutes les parties du corps par les rameaux des veines. <i>Vena cava.</i> A son entrée dans le ventricule droit, il y a trois valvules membraneuses, qu'on appelle <i>triglochines,</i> ou <i>tricuspides,</i> à cause de leur figure triangulaire : elles sont disposées de manière qu'elles permettent l'entrée du sang de la veine <i>cave</i> dans le coeur, &amp; en empêchent le retour dans la veine <i>cave.</i> Cette veine se divise en ascendante &amp; descendante. La veine <i>cave</i> ascendante est celle qui vient des parties inférieures : elle est ainsi nommée, parce que le sang, qui revient au coeur par cette veine, monte. La veine <i>cave</i> descendante vient des parties supérieures : elle est ainsi appellée, parce que le sang, qu'elle rapporte du cerveau &amp; des autres parties supérieures au coeur, descend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7446" id="1" type="">
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    <head>CAVEAU</head>
    <p>
    CAVEAU , s. m. Petite cave, où on enterre les morts dans l'Eglise, &amp; où on met du vin dans les maisons. <i>Crypta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7447" id="1" type="">
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    <head>CAVÉE</head>
    <p>
    &#9758; CAVÉE , s. f. Chemin creux. <i>Via cava.</i> Longue <i>cavée.</i> Grande <i>cavée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7448" id="1" type="">
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    <head>CAVEHANE</head>
    <p>
    CAVEHANE , s. f. Mot qui vient des Turcs, &amp; qui signifie un lieu où on vend, &amp; où on prend du café. Le Maître de la <i>cavehane</i> gage des violons pour jouer &amp; chanter pendant qu'on prend du café. Thevenot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7449" id="1" type="commerce">
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    <head>CAVELIN</head>
    <p>
    CAVELIN , s. m. Terme de Commerce . Le <i>cavelin</i> est un poids ou une mesure dont on se sert à Amsterdam pour vendre &amp; acheter le vin. Le <i>cavelin</i> contient deux bariques, ou huit tonneaux, ou huit poinçons, ou quatre piques ou bottes ; car toutes ces mesures différentes font la même quantité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7450" id="1" type="">
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    <head>CAVER</head>
    <p>
    CAVER , v. act. Creuser petit à petit. <i>Cavare, excavare.</i> L'eau de la goutière a <i>cavé</i> les fondemens de cette maison. La petite vérole <i>cave</i> &amp; marque le visage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAVER</head>
    <p>
    &#9758; CAVER , v. act.Caver , signifie aussi en plusieurs jeux de hasard, Faire un fonds de certaine somme, pour avoir devant soi de quoi jouer.<br/>Caver au plus fort, C'est, Faire bon à chaque coup du jeu, d'autant d'argent qu'en joue dans ce moment-là celui des joueurs qui en joue le plus.</p><p>On dit aussi familièrement &amp; figurément, <i>Caver au plus fort</i> ; pour dire, Porter tout à l'extrême.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAVER</head>
    <p>
    Caver , en termes de Vitrier , c'est évider dans un morceau de verre de couleur, pour y en enchâsser d'autres de diverses couleurs, qu'on retient avec du plomb de chef-d'oeuvre. On <i>cave</i> avec un diamant, &amp; un gresoir qu'on doit conduire avec adresse pour ne pas casser la pièce. Cela ne se pratique guère que pour les expériences, &amp; les chefs-d'oeuvres de vitrerie.</p><p>On dit proverbialement, que l'eau qui tombe goutte à goutte <i>cave</i> la pierre ; pour dire, qu'un travail, quelque petit qu'il soit, vient à bout de ce qui paroît fort long &amp; difficile à faire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAVER</head>
    <p>
    Cavé, ée , part. <i>Cavatus, excavatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAVER</head>
    <p>
    CAVER , s. m. Vieux mot, qui se trouve dans les fors ou coutumes, &amp; dans les actes de Navarre &amp; de Gascogne, &amp; qui signifie <i>Cavalier, Chevalier.</i> Un vassal qui sert avec ses chevaux un Seigneur. Les <i>Cavers.</i></p><p>Ce nom vient de <i>Caballarius,</i> Chevalier. De Marca.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAVERIE" />
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    <head>CAVERIE</head>
    <p>
    CAVERIE , s. f. Terre d'un Caver, Terre sujette au service d'un Caver, ou dont le maître est un vassal qui doit servir avec ses chevaux le Seigneur dont il relève. <i>Caballaria.</i></p><p>Ce mot François, ou plutôt Béarnois, s'est formé du nom Latin. De Marca.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAVERNE</head>
    <p>
    CAVERNE , s. f. Grand creux qui se trouve fait naturellement, &amp; sans art, sous quelque montagne ou rocher. <i>Specus, spelunca, caverna.</i> Les bêtes farouches se retirent dans les <i>cavernes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7454" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAVERNEUX, EUSE" />
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    <head>CAVERNEUX, EUSE</head>
    <p>
    CAVERNEUX, EUSE , adj. ne se dit guère qu'en Médecine. <i>Cavernosus.</i> Les nerfs <i>caverneux,</i> sont deux corps plus ou moins longs &amp; gros, dont la partie la plus considérable de la verge est composée. Leur substance interne est rare &amp; spongieuse : lorsqu'elle vient à s'emplir de sang &amp; d'esprits, les nerfs <i>caverneux</i> s'enflent : ce qui fait la tension de la verge.</p><p>Il s'emploie aussi, &amp; est en usage pour signifier, Plein de cavernes. On dit un pays <i>caverneux,</i> des montagnes, des terres <i>caverneuses.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7455" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="CAVESSE DE MORE" />
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    <head>CAVESSE DE MORE</head>
    <p>
    CAVESSE DE MORE . Terme de Manége . C'est la même chose que <i>Cap de More</i> expliqué ci-dessus.</p><p>Ce mot vient de l'Espagnol <i>cabeça</i>, qui signifie <i>tête.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7456" id="1" type="manege">
   <index type="head" value="CAVESSON" />
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    <head>CAVESSON</head>
    <p>
    CAVESSON , ou CAVEÇON, s. m. Terme de Manége . <i>Capistrum.</i> C'est une espèce de bride ou de muserolle <pb n="907" facs="bpt6k8542165/f947/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'on met sur le nez du cheval, qui le serre, &amp; le contraint, &amp; sert à le douter &amp; à le dresser. <i>Equi retinaculum asperius, capistrum.</i> Les <i>cavessons</i> de cuir ou de corde servent à mettre les chevaux entre deux piliers. Il y a aussi des <i>cavessons</i> de fer faits en demi-cercle de deux ou trois pièces assemblées par des charnières, qui servent à dresser les jeunes chevaux. Il y en a de tors &amp; de plats ; d'autres creux par le milieu &amp; dentelés comme des scies, qu'on appelle <i>mordans,</i> ou à <i>siguette,</i> ou <i>cavessons camares.</i> On ne se sert plus de ces derniers, &amp; ils sont absolument bannis des Académies. Ils étoient garnis de petites pointes très-aiguës qui tourmentoient excessivement le cheval. Tous <i>cavessons</i> sont montés de têtière, de sougorge, &amp; de deux longes.</p><p>Ce mot peut venir de l'Espagnol <i>cabeça,</i> qui signifie <i>tête.</i></p><p>On dit d'un homme fougueux &amp; emporté, qu'il a besoin de <i>cavesson</i> ; pour dire, qu'il a besoin qu'on le retienne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7457" id="1" type="architecture">
   <index type="head" value="CAVET" />
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    <head>CAVET</head>
    <p>
    CAVET , s. m. Terme d'Architecture . C'est un membre creux, ou moulure rentrante, qui est faite de la quatrième partie d'un cercle, &amp; qui fait partie des ornemens des corniches. <i>Sima.</i> On s'en sert aussi dans les ornemens des bordures de menuiserie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7458" id="1" type="">
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    <head>CAVIAL</head>
    <p>
    CAVIAL , s. m. D'autres disent <i>caviat,</i> &amp; d'autres <i>caviar.</i> Sorte de mets ou de ragoût qu'on prépare comme les boutargues. Il se fait d'oeufs d'éturgeon qu'on saupoudre de sel, &amp; qu'on expose après au soleil, en les remuant plusieurs fois le jour. Le <i>cavial</i> est fort commun dans tous les pays du Nord. On l'assaisonne ordinairement avec du vinaigre, quand on en veut manger. Les uns le mangent sur le pain, &amp; les autres en font une espèce de salade, comme on en fait avec des anchois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7459" id="1" type="commerce & de relations">
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    <head>CAVIDOS</head>
    <p>
    CAVIDOS , s. m. Terme de Commerce &amp; de Relations . C'est le nom d'une mesure de Portugal, qui est environ égale à l'aune d'Amsterdam, ou de Hollande, qui est de deux pieds un pouce, &amp; deux lignes. Les <i>cavidos</i> dont on se sert dans les Indes Orientales, sont environ d'un tiers plus courts que ceux de Lisbonne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7460" id="1" type="coutumes">
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    <head>CAVIER</head>
    <p>
    CAVIER . Terme de Coutumes . On appelle Seigneurs <i>Caviers,</i> ceux auxquels les cens, rentes, &amp; devoirs fonciers sont dûs par les tenanciers.</p><p><i>Cavier,</i> ou <i>Caver,</i> vient de <i>Caballarius</i> : ce mot dans la basse Latinité, signifioit <i>Chevalier</i> : ainsi <i>Cavier,</i> dans son origine, signifie un vassal qui doit à son Seigneur service de cheval. Voyez <ref type="search" target="head:CAVER">CAVER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7461" id="1" type="ecole">
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    <head>CAVILLATION</head>
    <p>
    CAVILLATION , s. f. Terme d'Ecole . C'est un argument faux &amp; sophistique, un raisonnement qui n'est fondé que sur une vaine subtilité. <i>Cavillatio.</i> La plupart des objections qu'on fait au Collége sont de pures <i>cavillations.</i></p><p>Ce mot vient de <i>cavillari</i>, que l'on fait venir de <i>calvo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7462" id="1" type="guerre">
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    <head>CAVIN</head>
    <p>
    CAVIN , s. m. Terme de Guerre . C'est un lieu creux, soit un chemin, soit un fossé, dans lequel on peut s'avancer à couvert vers les ennemis, comme dans une tranchée. <i>Fossa.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7463" id="1" type="">
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    <head>CAVITÉ</head>
    <p>
    CAVITÉ , s. f. Creux, ou vuide, ce qui est cave, ou creux, <i>Caverna, cavus sinus.</i> Les Médecins nomment <i>cavités,</i> plusieurs endroits creux qui sont dans le corps, comme les <i>cavités</i> du cerveau, du coeur, des veines.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7464" id="1" type="architecture">
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    <head>CAULICOLES</head>
    <p>
    CAULICOLES . Terme d'Architecture . Tige d'herbe. Ce sont de petites tiges qui semblent soutenir les huit volutes du chapiteau Corinthien. <i>Cauliculi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7465" id="1" type="">
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    <head>CAUMONT</head>
    <p>
    CAUMONT . Nom propre de lieu. <i>Calvus mons, Calvo montium.</i> C'est de ces mots Latins que s'est formé le nom François, qui se prononce quelquefois <i>Caumont,</i> &amp; quelquefois <i>Chaumont,</i> quoiqu'il ne faille pas confondre ces deux noms, &amp; les donner indifféremment aux mêmes lieux. Car l'usage &amp; la différente prononciation des différentes provinces ou des siècles différents, les a appliqués à différens lieux. Il faut dire <i>Caumont,</i> ville du Bazadois sur la Garonne. <i>Caumont,</i> ville de l'Armagnac sur la petite rivière de Corre. <i>Caumont,</i> Baronie dans le Rouergue. En d'autres il faut dire Chaumont. Nous en parlerons en son lieu.</p><p>Suivant ce que nous avons dit, ce mot signifie une <i>montagne chauve,</i> c'est-à-dire, stérile, sur laquelle il ne vient rien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7466" id="1" type="">
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    <head>CAUQUEMARE</head>
    <p>
    CAUQUEMARE , subst. fém. Vieux mot, qui signifie <i>Sorcière. Saga.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7467" id="1" type="architecture">
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    <head>CAURIOLE</head>
    <p>
    CAURIOLE , s. f. Terme d'Architecture . Ce mot se trouve dans la traduction de Palladio, par M. de Chambray. Les <i>caurioles</i> sont ce qu'on appelle communément <i>postes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7468" id="1" type="">
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    <head>CAUSATIVE</head>
    <p>
    CAUSATIVE , adj. f. Qui se dit en cette phrase grammaticale, Une particule <i>causative,</i> telles que sont <i>car, parce que, vû que,</i> &amp;c. <i>Causalis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7469" id="1" type="philosophie">
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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    CAUSE , s. f. Ce qui produit un effet. <i>Causa.</i> On dit en Théologie, que Dieu est la première <i>cause,</i> la <i>cause</i> des <i>causes.</i> On appelle <i>cause première,</i> celle qui agit par elle-même, &amp; par sa propre vertu. Dieu seul peut être <i>cause</i> première. On l'appelle aussi <i>cause</i> universelle <i>Cause universalis.</i></p><p>On nomme <i>causes secondes,</i> celles qui ayant reçu de la <i>cause</i> première leur vertu, leur pouvoit d'agir, leur faculté, n'agissent point par elles-mêmes, comme la cause première, &amp; qui sont mûes par la <i>cause</i> première. <i>Causae inferiores, causae secundae.</i> Selon les notions, &amp; les principes de la raison commune à tous les hommes, l'on peut décider, qu'il y a une <i>cause</i> supérieure &amp; intelligente, à qui toutes les créatures doivent leur être. S. Evr. Dieu suspend quelquefois l'action des <i>causes</i> secondes, &amp; les conduit à une autre fin que celle où elles tendoient par leur destination naturelle, quand il le trouve à propos pour les desseins de sa sagesse. Sherlock. Si Dieu remue immédiatement les <i>causes</i> secondes pour chaque évenement, elles ne sont que de pures machines immobiles par elles-mêmes, &amp; qui n'ont en elles aucun principe d'action. Id. La providence se sert des <i>causes</i> secondes, des <i>causes</i> sublunaires, &amp; en détermine le mouvement comme il lui plaît. Les <i>causes</i> secondes sont subordonnées à une <i>cause</i> générale qui les met en action. Bay. Par un enchaînement de <i>causes</i> inconnues, mais déterminés de tout temps, chaque chose marche en son rang, &amp; achève le cours de sa destinée. Vaug. Socrate ne regarde la beauté que comme un effet de la nature, qui l'élève à la connoissance de sa <i>cause.</i> Vill.</p><p>Les <i>causes,</i> en termes de Philosophie , ont été distinguées par les Anciens en <i>cause efficiente</i> ; c'est l'agent qui produit quelque chose ; <i>Causa efficiens, conficiens, effectrix : Cause matérielle,</i> c'est le sujet sur lequel il travaille, ou ce dont la chose est formée. <i>Materia, materies. Cause formelle,</i> c'est le changement qui résulte de son action dans le sujet, ou ce qui rend une chose telle, &amp; la distingue des autres. <i>Forma.</i> La <i>cause finale,</i> c'est le motif qui le fait agir, ou la fin pour laquelle une chose est. <i>Finis, propositum, causa finalis.</i> Quelques-uns ont ajoûté la <i>cause</i> exemplaire. <i>Causa exemplaris, exemplum, exemplar.</i> C'est le modèle que suit un agent, &amp; qui le conduit dans son action ; mais ce n'est pas proprement une <i>cause.</i></p><p>La <i>cause physique</i> est celle qui produit un effet sensible, &amp; corporel : comme l'approche du Soleil est <i>cause</i> de la chaleur. <i>Causa physica.</i> La <i>cause morale</i> est celle qui produit un effet réel, mais dans des choses spirituelles ; comme le péché est la <i>cause</i> de la perte de la grace. <i>Causa moralis.</i> On tient pour axiome, que la <i>cause</i> ôtée, l'effet cesse. D'autres appellent <i>cause physique,</i> celle qui produit l'effet par une vertu physique ; &amp; <i>cause morale,</i> celle qui détermine, quoique non nécessairement, la <i>cause physique</i> à produire l'effet : ainsi le Soleil est <i>cause physique</i> de la lumière ; une pierre qui écrase un homme en tombant, est <i>cause physique</i> de sa mort ; mais les prières, les conseils, les menaces, les ordres, les exhortations, &amp;c. qui nous portent &amp; nous déterminent, quoique non nécessairement, à faire ou à ne pas faire quelque chose, sont des <i>causes morales.</i> Dans ce sens, <i>cause morale</i> ne se dit qu'à l'égard des êtres intelligens &amp; libres. Cette dernière notion de <pb n="908" facs="bpt6k8542165/f948/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>cause physique,</i> &amp; <i>cause morale,</i> est la plus juste : elle distingue mieux, &amp; fait mieux connaître deux espèces de <i>causes</i> dont il s'agit.</p><p><i>Cause occasionnelle,</i> est l'occasion seulement, &amp; non pas la <i>cause</i> directe de ce qui arrive. <i>Occasio, causa occasionem, ansàm praebens</i> par exemple, l'ame ne pouvant pas agir sur le corps, ni le corps réciproquement sur l'ame, Dieu, à l'occasion d'un mouvement du corps, imprime à l'ame une pensée ; &amp; de même à l'occasion d'une pensée de l'ame, il imprime un mouvement au corps : d'où il s'ensuit que les mouvemens de l'ame, ou du corps, ne sont que les <i>causes occasionnelles</i> de ce qui se passe dans l'un &amp; dans l'autre. Font. Selon les Philosophes modernes le choc, ou la percussion, n'est que la <i>cause</i> occasionnelle du mouvement produit dans le corps choqué : c'est Dieu qui en est la <i>cause</i> immédiate &amp; efficiente. Bay. De même ils disent que l'action des corps sur nos organes n'est point la <i>cause</i> efficiente de nos idées, &amp; de nos perceptions : elle en est seulement une <i>cause</i> occasionnelle, qui détermine Dieu à agir sur notre esprit, suivant les loix de l'union de l'ame &amp; du corps. Id. C'est le sentiment des Cartésiens de nos jours.</p><p>Ceux qui méditeront un peu la matière, verront aisément les fâcheuses &amp; les ridicules conclusions qu'on en peut tirer. Par exemple, Ce n'est point un boulet de canon qui tue un homme, ou qui abat une muraille, c'est Dieu qui fait tout. Le mouvement d'un Canonier, dont le bras remué par la puissance de Dieu a porté du feu sur la poudre d'un canon, a déterminé Dieu à enflammer la poudre ; la poudre enflammée a déterminé Dieu à pousser le boulet, le boulet poussé avec une rapidité inconcevable jusques à la superficie extérieure du corps d'un homme, ou d'une muraille, a déterminé Dieu à briser le corps de cet homme, &amp; à lui fracasser les os, ou à faire voler des éclats des pierres de cette muraille. Un fantassin qui s'enfuit, ne s'enfuit pas ; mais le mouvement de sa glande pinéale agitée par l'impression d'un bataillon ennemi qui vient à lui hérissé de baïonnettes au bout du fusil, détermine Dieu à remuer les jambes de ce fantassin, &amp; à le porter du côté opposé à celui d'où vient ce bataillon. Les conclusions dangereuses de cette nouvelle doctrine regardent les dogmes Catholiques de la liberté, du péché, du mérite, &amp;c. On a toujours dit dans un sens moral, que le monde est un théatre où l'on joue la comédie ; chacun y fait son rôle : mais on pourroit dire aujourd'hui dans un sens naturel, si la chose n'étoit pas si sérieuse, &amp; qu'elle ne regardât pas Dieu &amp; la Religion, que le monde est un théatre de marionnettes, &amp; que chaque homme est un Polichinelle, qui fait beaucoup de bruit sans parler, &amp; qui s'agite beaucoup sans se remuer.</p><p>La <i>cause</i> universelle, est celle qui par l'étendue de son pouvoir peut produire tous les effets : il n'y a que Dieu qui soit <i>cause</i> universelle. <i>Causa universalis.</i> La <i>cause</i> particulière, est celle qui ne peut produire qu'un seul effet, ou que certaines espèces d'effets. <i>Causa singularis,</i> ou <i>particularis.</i> La <i>cause principale,</i> est elle qui donne le mouvement à l'instrument ; qui s'en sert. <i>Causa principalis.</i> Dans l'usage ordinaire, &amp; ailleurs que dans les ouvrages dogmatiques, ou appelle <i>cause</i> principale, celui qui a plus de part à une chose que les autres. <i>Cause</i> totale, est celle qui produit tout l'effet. <i>Causa totalis.</i> La <i>cause</i> partielle, <i>causa partialis,</i> est celle qui concourt avec une autre pour la production du même effet. <i>Cause</i> univoque, est celle qui est de même espèce que son effet, qui est semblable à son effet. <i>Causa univoca. Cause</i> équivoque, est celle qui n'est pas de la même espèce que l'effet qu'elle produit. <i>Causa equivoca.</i></p><p>On dit qu'un homme est <i>cause</i> d'un scandale, d'une querelle, d'une guerre, de la fortune de quelqu'un ; pour dire, qu'il en a fourni les occasions. Je ne suis pas <i>cause</i> de ce qui lui est arrivé. Les hommes par leurs artifices, &amp; par leurs feintes passions, sont <i>cause</i> du malheur de celles qui se laissent tromper. M. Scud. L'ignorance invincible est une excuse légitime des crimes dont elle est <i>cause.</i> S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , signifie aussi, Raison, prétexte, sujet, moyen qui sert à défendre, louer ou blâmer quelque chose. C'est pour cette <i>cause</i> qu'on l'a fait mourir. C'est la <i>cause</i> pourquoi il s'est absenté. Je vous prie de faire cela, &amp; pour <i>cause.</i> Un Juge se doit déporter, quand il sait qu'il y a des <i>causes</i> de récusation contre lui. L'Arrêt déclare qu'à bonne &amp; juste <i>cause</i> il a formé son opposition. Il a été à accusé à tort &amp; sans <i>cause.</i> Sans alléguer aucune <i>cause,</i> elle rompit tout commerce avec moi. Voiture.</p><p>Cause, en termes. de Palais, signifie un droit acquis à quelque personne par quelque titre que ce soit, vente, cession, donation, succession, confiscation, &amp;c. <i>Jus.</i> Ainsi on dit, ses héritiers, ou ayant <i>cause.</i> On dit aussi, qu'un homme a une bonne <i>cause,</i> quand il a un droit apparent. Les Juges doivent être toujours pour la bonne <i>cause. Aequitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , se prend en ce sens pour intérêt. <i>Causa, partes.</i> La <i>cause</i> des pauvres est la <i>cause</i> de Dieu. En matière de Religion, la <i>cause</i> de Dieu devient d'ordinaire la nôtre, parce que nos passions se mêlent avec elle. S. Evr. Darius fit prier Alexandre de venger sa mort, &amp; lui fit dire qu'il devoit cet exemple au monde, &amp; que c'étoit la <i>cause</i> commune de tous les Rois. Vaug. C'est la <i>cause</i> puplique qui réside en la bouche des gens du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , se prend aussi pour ce qu'on appelle <i>parti.</i> Etre pour la bonne <i>cause.</i> Vaug. La faveur de Dieu n'est pas moins attachée aux bonnes moeurs qu'à la bonne <i>cause.</i> Sherlock.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , signifie aussi Différend, contestation qui doit être plaidée à l'Audience. <i>Causa, lis, controversia.</i> Cette <i>cause</i> a été appellée à tour de rôle. <i>Citata praeconio apparitoris causa apud judices ad instituendam ejus disceptationem.</i> Cet Avocat a bien plaidé sa <i>cause.</i> C'est une belle <i>cause,</i> une belle question à juger. Le renvoi se doit demander avant que la <i>cause</i> soit contestée. La contestation en <i>cause</i> se fait par l'appointement en matière civile, &amp; par la confrontation en matière criminelle. Prendre le fait &amp; <i>cause</i> d'un autre, c'est, Prendre en main sa défense, prendre sur soi l'évenement du procès. <i>Tueri partes alicujus.</i> Cet homme est fort habile, il défend bien sa <i>cause.</i> Ceux qui perdent leur <i>cause,</i> doivent être condamnés aux dépens. On dit encore, Mettre un homme en <i>cause</i> ; pour dire, le rendre partie au procès. Tous les garants, tous les cohéritiers ont été mis en <i>cause.</i> Il n'est pas en <i>cause.</i> On l'a mis hors de <i>cause</i> ; c'est-à-dire, on l'a débouté de son intervention. Tite-Live rapporte, qu'Horace fut absous, plutôt par l'admiration de sa vertu, que par la justice de sa <i>cause.</i> S. Evr. Les preuves dont un Avocat appuie sa <i>cause,</i> font que les Juges la trouvent bonne ; mais les affections dont il l'anime, font qu'ils souhaitent qu'elle soit bonne. Bouh.</p><p>On appelle aussi la <i>cause grasse,</i> une <i>cause</i> plaisante, &amp; sur un fait inventé, que les Clercs de la Basoche plaidoient autrefois pour se divertir le jour du Mardi-gras, &amp; qu'on a abolie depuis peu, à cause des ordures ; &amp; des libertinages dont elle étoit souvent remplie. <i>Causa jocularis.</i> Quand on plaide au Palais quelque <i>cause</i> plaisante, on dit encore que c'est une <i>cause grasse.</i></p><p>On appelle Curateur aux <i>causes,</i> un homme préposé pour avoir soin des affaires des mineurs émancipés, qui ont des procès. <i>Pupilli curator.</i> On dit, qu'un homme a ses <i>causes</i> commises, quand il a droit de plaider en certaine Jurisdiction, comme les Officiers qui ont un Committimus aux Requêtes du Palais &amp; de l'Hôtel ; l'Université au Châtelet de Paris ; l'Ordre de Cluni au Grand Conseil.</p><p>Une <i>cause d'appel,</i> c'est un différend sur la confirmation ou cassation d'un Jugement donné à l'Audience par un premier Juge. <i>Provocationis causa, lis ex provocatione.</i></p><p>Il y a plusieurs écritures qu'on nomme absolument <i>cause ;</i> comme <i>cause d'appel,</i> sont les écritures qu'on donne en conséquence d'un appointement rendu à l'Audience sur une appellation verbale, à la différence des griefs qu'on donne sur les procès par écrit, qui ont été appointés devant les premiers Juges. On appelle aussi des <i>causes d'opposition,</i> les écritures qui se fournissent dans les decrets <pb n="909" facs="bpt6k8542165/f949/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; instances d'ordre pour soutenir les oppositions qu'on y a formées. <i>Lis contestata.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , est aussi le motif, le fondement d'un acte. Une obligation sans <i>cause</i> est nulle. Une promesse pour <i>cause</i> de prêt.</p><p>On appelle <i>Donations à cause de mort,</i> les donations qui sont faites par un malade qui meurt de la maladie dont il est alité, &amp; qui sont sujettes aux mêmes formalités des testamens.</p><p>On se sert aussi dans les Requêtes, Arrêts, Edits &amp; Déclarations, de cette formule, A ces <i>causes,</i> pour commencer la conclusion, le dispositif de l'acte. <i>Proptereà, idcircò, ob eam causam.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , se dit aussi de la seconde partie du Decret de Gratien, qui est divisé en 36. causes. En une telle <i>cause,</i> en une telle distinction.</p><p>On appelle aussi en Droit Canon les <i>causes majeures,</i> les causes des Evêques, ou plutôt les grandes affaires de l'Eglise. Ces <i>causes majeures</i> sont de trois espèces suivant l'ancien Droit. Les unes regardent la foi ; les autres ont pour objet les points douteux &amp; importans de la discipline ; &amp; les dernières regardent directement la personne des Evêques, lorsqu'ils se trouvent coupables de quelque crime qui mérite la déposition. Le Droit nouveau en a introduit encore quelques autres espèces. Le plus ancien Canon où il soit fait mention des <i>causes majeures,</i> est tiré de l'Epître Decrétale du Pape Innocent I. à Victrice Archevêque de Rouen. Ce Canon, qui est de l'an 404. porte que <i>lorsqu'il se présentera des</i> causes majeures, <i>elles seront terminees par le jugement des Evêques, &amp; ensuite rapportées au Siége Apostolique, ainsi qu'il est ordonné par le Synode,</i> c'est-à-dire, par le Concile de Sardique, &amp; non pas par celui de Nicée, comme quelques-uns ont cru mal-à-propos. M. Gerbais, Docteur de Sorbonne, imprima en 1679. à Paris <i>Dissertatio de Causis Majoribus ad caput Concordatorum de Causis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , Ce mot, en y ajoûtant la particule <i>à,</i> sert à former quelquefois une préposition, &amp; quelquefois un adverbe. Quand il est préposition, il gouverne le génitif. <i>Rei alicujus causâ, gratiâ.</i> Il a fait cela <i>à cause</i> de moi. On l'estime <i>à cause</i> de sa doctrine. Les animaux ont été créés <i>à cause</i> des hommes, c'est-à-dire, en leur considération. Et quand il est adverbe, il est suivi d'un <i>que,</i> &amp; signifie parce que. <i>Propterea quod.</i> Cet Ecolier a été châtié <i>à cause qu</i>'il ne vouloit point étudier. On écrivit une lettre en gros caractères à Antigonus <i>à cause qu</i>'il étoit borgne, &amp; un aveugle, dit-il, y mordoit. Abl. Mais en de pareilles occasions il vaut mieux se servir de <i>parce que.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSE</head>
    <p>
    Cause , se dit proverbialement en ces phrases. C'est un Avocat à tort &amp; sans <i>cause</i> ; un Avocat de <i>causes</i> perdues. La guerre est <i>cause</i> des troubles : ce qui se dit à ceux qui se plaignent d'un malheur public, qu'on ne sauroit empêcher.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CAUSER" />
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    <head>CAUSER</head>
    <p>
    CAUSER , v. act. Etre cause, produire quelque effet. <i>Creare.</i> Les Grands peuvent <i>causer</i> beaucoup de bien &amp; de mal. Les schismes <i>causent</i> un grand scandale dans l'Eglise.</p><p>En style de Notaire, <i>causer</i> s'emploie passivement. Cette donation est <i>causée</i> pour récompense des services ; c'est-à-dire, elle a pour cause une récompense de services.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSER</head>
    <p>
    Causer , v. n. signifie encore, S'entretenir de choses familières &amp; peu importantes. <i>Garrire.</i> Il est malséant de <i>causer</i> dans l'Eglise. <i>Causer</i> de choses &amp; autres.</p><p>Ménage tient que ce mot vient de <i>causare</i>, dont on s'est servi dans la basse Latinité, pour dire, <i>plaider une cause</i> ; d'où il a été étendu aux entretiens familiers &amp; aux railleries.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUSER</head>
    <p>
    Causer , signifie encore, Parler trop, ou indiscrètement ; lâcher quelque parole qui fait découvrir un secret. <i>Garrire, loqui temerè, inconsultè.</i> Ne dites rien devant cet homme-là, c'est un homme qui <i>cause,</i> qui est sujet à <i>causer.</i> Les femmes n'ont pas la force de se taire : elles ont une furieuse démangeaison de <i>causer.</i> Bouh. Eh ! voulez-vous, Madame, empêcher qu'on ne <i>cause.</i> Mol.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7470" id="4" type="">
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    <head>CAUSER</head>
    <p>
    Causer , signifie aussi, Médire, parler mal. <i>Maledicere, conviciari.</i> Cette femme a une réputation douteuse ; on en <i>cause.</i></p><p>On dit proverbialement qu'une personne <i>cause</i> comme une pie borgne ; qu'elle <i>cause</i> quand elle a les pieds chauds ; pour dire, qu'elle parle trop.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7470" id="5" type="">
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    <head>CAUSER</head>
    <p>
    Causé, ée , part. &amp; adj. <i>Creatus, effectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7471" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUSERIE" />
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    <head>CAUSERIE</head>
    <p>
    &#9758; CAUSERIE , s. f. L'action de causer, de jaser. Ceci entre nous deux &amp; Madame de Coulanges ; car vous jugez bien que cette <i>causerie</i> seroit entièrement ridicule avec d'autres. Madame de Sevigné.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7472" id="1" type="">
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    <head>CAUSEUR, EUSE</head>
    <p>
    CAUSEUR, EUSE , adj. &amp; subst. Qui parle trop, ou indiscrètement, qui découvre les secrets d'autrui, &amp; les siens. <i>Garrulus, loquax.</i> Saumaise étant à Paris, n'aimoit point à se rencontrer en compagnie avec Blondel, parce que celui-ci étoit un grand <i>causeur.</i> Colomiers.</p><p>On le dit aussi des hableurs, qui promettent beaucoup &amp; qui tiennent peu. Il ne vous faut pas fier à lui, ce n'est qu'un <i>causeur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7473" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUSTIQUE" />
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    <head>CAUSTIQUE</head>
    <p>
    CAUSTIQUE , adj. &amp; s. m. &amp; f. Qui a la vertu de brûler, qui est corrosif. Le suc de tithymale est fort <i>caustique. Causticus, adurens.</i> L'arsenic n'est poison que parce qu'il est <i>caustique,</i> qu'il corrode &amp; perce les parties où il s'attache. Il y a des remèdes <i>caustiques</i> &amp; corrosifs, qu'on appelle aussi <i>pyrotiques,</i> qui par leur substance acre, mordante &amp; terrestre, corrodent, brûlent &amp; mangent la peau &amp; la chair pour pénétrer au-dedans des corps durs &amp; calleux, &amp; fondent &amp; liquéfient les humeurs ; comme alun brûlé, éponges, cantharides, &amp; autres vésicatoires. Les <i>caustiques</i> qui font escarre, sont appellés <i>ruptoires,</i> ou <i>cautères.</i> Les cristaux de lune &amp; pierre infernale, qu'on fait avec l'argent &amp; l'esprit de nitre, font <i>caustiques</i> par cette union. On met aussi au rang des <i>caustiques,</i> l'orpiment, la chaux vive, le vitriol, la cendre de figuier &amp; de frêne, la cendre de lie de vin, le sel de lessive dont on fait le savon, le mercure sublimé, &amp;c. Ce mot vient du Grec , <i>urens,</i> qui vient de , <i>uro.</i></p><p>On dit figurément qu'un homme est fort <i>caustique,</i> lorsqu'il est médisant, censeur, injurieux, qu'il est mordant en toute occasion. <i>Obtrectator, convitiator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7474" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUT, AUTE" />
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    <head>CAUT, AUTE</head>
    <p>
    CAUT, AUTE , adj. Vieux mot qui signifioit, fin &amp; rusé. <i>Cautus, callidus, astutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7475" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTÈLE" />
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    <head>CAUTÈLE</head>
    <p>
    CAUTÈLE , s. f. Précaution, n'est en usage qu'en Droit Canonique, quand on parle des absolutions qu'on prend à <i>cautèle</i> pour se mettre en sûreté de conscience. <i>Cautio.</i> Ainsi quand un Prêtre est excommunié, ou seulement interdit par une sentence, on dit que, s'il veut déduire ses causes d'appel, afin d'être capable de dire la Messe, il est obligé d'obtenir des <i>Lettres d'absolution à cautèle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7476" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTELEUSEMENT" />
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    <head>CAUTELEUSEMENT</head>
    <p>
    CAUTELEUSEMENT , adv. D'une manière fine &amp; cauteleuse. <i>Vafrè, versutè, veteratoriè.</i> Un chicaneur agit toujours <i>cauteleusement</i> quand il contracte. Ce mot n'est pas du bel usage, &amp; ne se peut dire qu'en riant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7477" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTELEUX, EUSE" />
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    <head>CAUTELEUX, EUSE</head>
    <p>
    CAUTELEUX, EUSE , adj. Dangereux, sujet à surprendre par quelque finesse, ou mauvais artifice. <i>Vafer, versutus, versipellis, veterator.</i> Il n'y a point de plaisir de traiter avec des gens <i>cauteleux.</i> Ce mot n'est en usage que dans le style simple, familier, ou comique. La Chapelle en parlant de la Sainte Baume dit,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7478" id="1" type="chirurgie">
   <index type="head" value="CAUTÈRE" />
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    <head>CAUTÈRE</head>
    <p>
    CAUTÈRE , s. m. Terme de Chirurgie . C'est un remède brûlant, dont on se sert pour guérir quelque ulcère, ou la carie des os, ou pour détourner, &amp; faire sortir les mauvaises humeurs. <i>Cauterium.</i> Le <i>cautère actuel</i> est un bouton <pb n="910" facs="bpt6k8542165/f950/full/1200,/0/native.jpg"/>de feu, ou fer rougi, qu'on applique sur la partie, comme aux fistules lacrymales ; &amp; aux chevaux sur les boutons de farcin. Les <i>cautères actuels</i> sont aussi ces fers recourbés, dont l'extrémité est faite en plusieurs sortes de figures, dont on se sert selon le besoin : il y en a de cultelaires, de punctuels, d'olivaires, c'est-à-dire, de figure d'olive, &amp;c. Le <i>cautère potentiel,</i> est un sel artificiel qui fait une brûlure sur la chair. Il se compose de chaux, d'eau forte, de cendre gravelée de figuier, de vigne, de tytymale, de troncs de choux, ou autres caustiques. Il s'appelle <i>pierre à cautère. Lapis causticus.</i> Il fait une petite plaie ronde, qu'on entretient avec un pois, ou boule de lierre, qui se met dedans, afin que les mauvaises humeurs du corps se purgent par-là. <i>Inusta lapide caustico plaga.</i> On doit avoir soin de panser &amp; d'essuyer souvent son <i>cautère.</i> Ambroise Paré enseigne la manière de faire des <i>cautères de velours,</i> qu'il a ainsi nommés, à cause qu'ils ne font point de douleur, sur-tout quand ils sont appliqués sur des parties exemtes d'inflammation. On dit faire un <i>cautère,</i> appliquer un <i>cautère</i> à quelqu'un, au bras, à la jambe, à la nuque du col ; panser un <i>cautère.</i></p><p>Ce mot vient de , <i>uro.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7479" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTERISATION" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CAUTERISATION</head>
    <p>
    CAUTERISATION , s. f. Effet de la pierre caustique, action de celui qui cautérise. <i>Adustio caustica.</i> Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7480" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTERISER" />
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    <head>CAUTERISER</head>
    <p>
    CAUTERISER , v. act. Appliquer un cautère. <i>Lapide caustico alicui plagam inurere.</i> Cet homme s'est fait <i>cautériser</i> le bras.</p><p>On le dit aussi des caustiques qui corrodent les parties du corps humain. On a ouvert ce corps mort, on a trouvé ses boyaux, son estomac <i>cautérisés</i> par le poison, ou l'arsenic. Cette femme a la peau du visage <i>cautérisée,</i> c'est l'effet de l'eau forte qu'on lui a jettée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7480" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAUTERISER" />
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    <head>CAUTERISER</head>
    <p>
    Cautérisé, ée , part. &amp; adj. Qui a des cautères, ou qui a été gâté par des caustiques ou corrosifs. <i>Lapide caustico adustus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7480" id="3" type="">
   <index type="head" value="CAUTERISER" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CAUTERISER</head>
    <p>
    Cautérisé , se dit aussi des fruits qui ont été battus de la grêle, ou béquetés par les oiseaux ; qui ont des endroits creux &amp; endurcis. <i>Percussus grandine, aut avium rostro.</i> Les poires de Messire Jean sont sujettes à être <i>cautérisées.</i></p><p>On dit figurément de la conscience d'un méchant homme, qu'elle est <i>cautérisée. Vitiata, corrupta sceleribus conscientia</i> ; pour dire, que les crimes ont fait plusieurs taches, &amp; causent l'endurcissement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7481" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTION" />
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    CAUTION , s. f. Assurance que l'on donne, ou que l'on prend pour quelque chose comme pour une somme d'argent. <i>Cautio.</i> L'Ordonnance veut qu'on exécute les sentences nonobstant l'appel, en donnant bonne &amp; suffisante <i>caution,</i> une <i>caution</i> resséante &amp; solvable. On ne veut point prêter aux grands Seigneurs sans une <i>caution</i> bourgeoise. Une femme peut être présentée pour <i>caution,</i> pourvû qu'elle soit autorisée par son mari : mais un Prêtre ne peut être présenté pour <i>caution,</i> parce qu'il ne peut être contraint par corps, comme doivent être les <i>cautions</i> judiciaires. Lange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="1" type="droit">
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    CAUTION , s. f. Pleige, fidéjusseur, répondant, qui s'oblige pour un autre, qui promet de payer pour lui ; de satisfaire à son traité. <i>Praes, vas, sponsor.</i> En Droit on est obligé de discuter le débiteur principal avant les <i>cautions</i> pures &amp; simples, &amp; qui n'ont point renoncé au bénéfice de discussion &amp; de division. <i>Cautela</i> est le terme de Droit dont on se sert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAUTION" />
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution solidaire , est celui qui s'oblige à payer en son propre nom, lui tout seul, &amp; toute la somme, comme s'il étoit principal débiteur, sans qu'on soit obligé à discuter les biens de celui pour qui il s'oblige ; ou de diviser la dette entre les cofidéjusseurs : en ce cas celui qui intervient <i>caution</i> est censé coobligé solidairement. <i>Sponsor in solidum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="3" type="">
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution bannale , est un misérable qui s'oblige pour la forme, &amp; pour telle somme qu'on veut, comme le Guichetier des Consuls, qui s'oblige moyennant deux sols pour l'exécution de toutes les sentences qui se rendent aux Consuls. <i>Sponsor alienum ad arbitrium obligatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution Juratoire , est un serment que fait une personne, on qu'on présuppose qu'elle doit faire en Justice, d'accomplir ce qui lui a été ordonné, de se représenter à toute assignation, de rapporter des meubles &amp; papiers, de payer le Juge, &amp;c. On élargit souvent des prisonniers, on donne des main-levées à des débiteurs à leur <i>caution juratoire. Cautio jurejurando confirmata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="5" type="">
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution certifiée , est celle que fournit une autre personne qui se rend certificateur de sa solvabilité, &amp; qui est <i>caution</i> de la <i>caution. Consponsor.</i> Les <i>cautions</i> &amp; certificateurs qu'on donne en Justice sont tous obligés solidairement, &amp; ne sont point reçus à demander le bénéfice de discussion.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="6" type="">
   <index type="head" value="CAUTION" />
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Réception de caution , est une procédure qui se fait en Justice par un procès verbal, de la présentation de la <i>caution,</i> de sa soumission, de la communication de ses effets &amp; facultés, &amp; des contestations de ceux qui l'impugnent, &amp; qui la combattent ; sur quoi se fait un référé à la Chambre, où elle est rejettée, ou reçue. <i>Cautionis datae significatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="7" type="">
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution , en matière civile, est celui qui répond pour un autre dans une affaire purement civile. <i>Sponsor, praes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution , en matière criminelle, est celui qui répond de représenter le criminel quand il le faudra. <i>Vas, vadis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="9" type="">
   <index type="head" value="CAUTION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution , se dit aussi dans une façon de parler de conversation ordinaire, quand quelqu'un assure fortement une chose dont il est certain. Cette nouvelle est vraie, j'en suis <i>caution.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="10" type="">
   <index type="head" value="CAUTION" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution bourgeoise , dans le sens naturel, c'est une bonne <i>caution.</i> Molière a employé ce terme dans un sens figuré, quand il a dit, Je veux <i>caution</i> bourgeoise que vos yeux ne me feront point de mal.</p><p>On dit proverbialement d'un grand hableur, que tout ce qu'il dit est sujet à <i>caution</i> ; pour dire, qu'il ment souvent, qu'il ne faut pas trop s'y fier. <i>Dubiae fidei.</i> On le dit au propre de ceux qui paroissent beaucoup par leur train &amp; par leur dépense, &amp; qui n'ont aucun bien pour se soutenir, ni pour payer ce qu'ils prennent à crédit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7482" id="11" type="">
   <index type="head" value="CAUTION" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CAUTION</head>
    <p>
    Caution réséante . Il faut ajoûter un nom de lieu, comme Paris, Orléans, &amp;c. <i>Caution réséante</i> à Paris, est une <i>caution</i> qui a non seulement son domicile à Paris, mais qui y fait sa demeure actuelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7483" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTIONNAGE" />
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    <head>CAUTIONNAGE</head>
    <p>
    CAUTIONNAGE , s. m. Ce mot se trouve dans quelques Coutumes pour <i>caution,</i> ou action de cautionner. <i>Fidejussio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7484" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTIONNEMENT" />
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    <head>CAUTIONNEMENT</head>
    <p>
    CAUTIONNEMENT , s. m. Action de celui qui cautionne ; ou l'acte qui en est dressé chez un Notaire, ou au Greffe. <i>Cautionis significatio.</i> Il a fait au Greffe son <i>cautionnement,</i> ou sa soumission de caution. Je tiens en main l'acte de son <i>cautionnement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7485" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUTIONNER" />
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    <head>CAUTIONNER</head>
    <p>
    CAUTIONNER , v. act. se rendre caution, soit par écrit en fait de contrats, soit verbalement par manière de conversation. <i>Sponsorem esse, vadem esse, vadari aliquem, spondere pro aliquo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7486" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUX" />
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    <head>CAUX</head>
    <p>
    CAUX , pronom plur. Vieux mot, qui signifie, <i>ceux. Illi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7487" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAUX" />
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    <head>CAUX</head>
    <p>
    CAUX , s. m. Pays de France en Normandie. <i>Caletensis ager,</i> ou <i>pagus.</i> Le pays de <i>Caux</i> est borné au Levant par le territoire d'Abbeville, au Midi par le Beauvaisis, au Septentrion par l'Océan, &amp; au Couchant par la rivière de Seine avec une partie du Roumois. Ce sont les <i>Caletes</i> de César, Valois. <i>Notitia Gall. p.</i> 115. <i>au mot Caleti.</i> La capitale du pays de <i>Caux</i> étoit anciennement l'Ile-bonne. On dit rarement ce nom seul, mais on y joint presque toujours le mot de <i>pays.</i> Pays de <i>Caux.</i> On dit cependant Gelinote de <i>Caux,</i> ou Poule de <i>Caux.</i> Ce sont les poules de ce pays que l'on engraisse, &amp; qui sont excellentes. Cap, ou Chef de <i>Caux,</i> c'est la pointe de terre qui s'avance dans la mer à l'embouchure de la Seine du côté du Havre de Grace. Le pays de <i>Caux</i> est environné des rivières d'Eu, de la Seine, &amp; de la mer Océane, &amp; arrosé des eaux de Sie, de Dieppe &amp; de S. Valery. Il est fertile dans sa plus grande partie, &amp; abonde en tout ce qui est nécessaire à la vie humaine. Ses principales villes sont Caudebec, Harfleur, le Havre de Grace, Fecan, Montivillier, Dieppe, S. Valery, Eu, Neuchâtel &amp; Aumale. Le premier Tome de la <i>Description Géogr. &amp; Hist. de la Haute Norm.</i> est uniquement employé à la description du pays de <i>Caux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7488" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAYAPIA" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAYAPIA</head>
    <p>
    CAYAPIA , s. f. Herbe du Brésil, dont les feuilles rendent une <pb n="911" facs="bpt6k8542165/f951/full/1200,/0/native.jpg"/>odeur semblable à celle des feuilles de figuier. Sa racine est déliée &amp; distinguée au milieu par un certain noeud qui étant broyé &amp; bû avec de l'eau, a la vertu de résister au venin des serpens, &amp; de garantir ceux qui sont blessés de flèches empoisonnées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7489" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAYENNE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAYENNE</head>
    <p>
    CAYENNE . Voyez <ref type="search" target="head:CAÏENNE">CAÏENNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7490" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAYER" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAYER</head>
    <p>
    CAYER . Voyez <ref type="search" target="head:CAHIER">CAHIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7491" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CAYES" />
   <index type="src_domain" value="marine" />
   <index type="macro_domain" value="Marine" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAYES</head>
    <p>
    CAYES . Terme de Marine . Ce sont des roches molles, ou des bancs de sable couverts d'une telle épaisseur de vase, ou d'herbage, que les petits bâtimens qui échouent s'en relèvent aisément. <i>Arenariae moles.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7491" id="2" type="">
   <index type="head" value="CAYES" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAYES</head>
    <p>
    Cayes , s. f. plur. C'est ainsi qu'on appelle toutes les petites Isles des Indes Occidentales, lesquelles ne sont pas assez considérables, pour porter des noms particuliers, &amp; qui ne diffèrent guère des bancs de sable que par les herbages dont elles sont revêtues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7492" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAYEU" />
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    <head>CAYEU</head>
    <p>
    CAYEU . Voyez <ref type="search" target="head:CAÏEU">CAÏEU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7493" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAYON" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAYON</head>
    <p>
    CAYON , subst. masc. Ce mot s'est dit autrefois pour <i>aïeul. Avus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7494" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAYSTRE" />
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    <head>CAYSTRE</head>
    <p>
    CAYSTRE , s. m. Nom d'une petite rivière de l'Asie mineure, fameuse chez les Poëtes, parce qu'elle étoit autrefois pleine de Cignes. <i>Cayster,</i> ou <i>Caystrus.</i> Elle a sa source dans la Phrygie, ou selon d'autres dans les montagnes de Lydie ; elle arrose cette Province &amp; la plaine d'Ephèse, passant à un mille de cette ville du côté du Couchant, &amp; se jette dans la mer Ionienne. Cette rivière fait beaucoup de tours &amp; de détours, qui ont trompé quelques gens qui l'ont prise pour le Méandre, &amp; qui font que les Turcs l'appellent <i>Coutchouk-Mindre,</i> c'est-à-dire, petit-Méandre ; &amp; <i>Minderscare,</i> Méandre noir. Ils la nomment aussi <i>Carafou,</i> qui veut dire Eau noire ; &amp; d'autres <i>Chiay.</i> Mais dans notre Poësie, où l'on en parle encore souvent, elle retient toujours son ancien nom de <i>Caystre.</i></p><p>Au reste, il faut écrire <i>Caystre,</i> car c'est un en Grec, ou pour le moins <i>Caistre,</i> &amp; non point <i>Caïste,</i> comme a fait M. de la Motte dans son Iliade, L. II. p. 37.</p><p>Il y a dans Homère . Et par-tout , <i>Cayster,</i> ou <i>Caystrus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7495" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAYSTRIUS" />
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    <head>CAYSTRIUS</head>
    <p>
    CAYSTRIUS , s. m. Dieu, ou Héros qui fut adoré, &amp; qui eut un Temple proche du Caystre dans la Lydie, si l'on en croit Strabon, Liv. XIV.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7496" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAZERNE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CAZERNE</head>
    <p>
    CAZERNE . Voyez <ref type="search" target="head:CASERNE">CASERNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7497" id="1" type="fleuriste">
   <index type="head" value="CAZETTE" />
   <index type="src_domain" value="fleuriste" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [autres]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [autres]" />
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    <head>CAZETTE</head>
    <p>
    CAZETTE , ou CASSETANE. Terme de Fleuriste . Anemône à peluche, qui a les grandes feuilles rouges bordées de couleur de souffre, sa peluche d'un haut rouge de feu. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7498" id="1" type="">
   <index type="head" value="CAZOU" />
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    <head>CAZOU</head>
    <p>
    CAZOU , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Caidocus.</i> L'Abbé Chastelain dit, p. 399. qu'un ancien Manuscrit de la vie de S. <i>Cazou</i> le fait mourir à Banavenne en Angleterre. Cette ville est dans l'Itinéraire d'Antonin. Elle étoit au pays de Northampton au centre de l'Angleterre, à l'endroit à peu-près où depuis a été bâti Védon. Ceux qui de S. <i>Cazou</i> font un Evêque de Bénevent en Italie se trompent à la ressemblance de ce nom avec celui de Benavenne. Il semble, ajoûte-t-il, que ce Saint soit celui dont l'Eglise de Rennes fait mémoire le 21. Septembre, &amp; dont Albert de Morlaix a donné la vie le premier de Novembre sous le nom de S. Cado, ou Cadouad, où il dit qu'il demeura quelque temps en une Isle de la côte de Vannes, que cette Isle est dans la Paroisse de Belz, &amp; qu'elle se nomme <i>Enes-Caduad,</i> c'est-à-dire, <i>Isle de S. Caduad</i> ; car , en Hébreu, signifie Isle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7499" id="1" type="">
   <index type="head" value="CE" />
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    <head>CE</head>
    <p>
    CE . Pronom démonstratif, c'est-à-dire, qui sert à montrer les personnes &amp; les choses, &amp; qui répond au Latin <i>hic. Cette</i> est le féminin de ce pronom, &amp; répond à <i>haec. Ces</i> en est le pluriel pour le masculin &amp; le féminin, &amp; répond à <i>hi</i> &amp; <i>hae.</i> Mais il faut remarquer que ce pronom <i>ce</i> se change en <i>cet,</i> devant un nom masculin qui commence par une voyelle, ou par un <i>h</i> qui n'est pas aspirée. <i>Cet</i> homme est habile, &amp; non pas <i>ce</i> homme. Il est vrai qu'il faut dire <i>ce</i> Héros, &amp; non pas <i>cet</i> Héros : mais cela vient de ce que l'<i>h</i> dans le mot de <i>Héros</i> étant aspirée, empêche l'effet de la voyelle qui suit.</p><p><i>Ce</i> pronom a beaucoup de grace &amp; d'énergie lorsqu'il est suivi du pronom relatif, <i>qui.</i> Malherbe appelle les Hérétiques, &amp; ceux qui fomentoient les guerres civiles de la France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7499" id="2" type="">
   <index type="head" value="CE" />
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    <head>CE</head>
    <p>
    Ce , est aussi un substantif, &amp; signifie la chose dont on parle. Voilà <i>ce</i> dont il s'agit. En vertu de <i>ce</i> que dessus. <i>Ce</i> que j'en dis n'est pas pour vous choquer. <i>Ce</i> qui résulte de ce discours. Remarquez qu'il est plus élégant de répéter <i>ce</i> au second membre de la période quand elle a commencé par là, que de le supprimer. Par exemple, <i>ce</i> qui est le plus déporable, <i>c'est</i> ici ; <i>c'est</i> est mieux que, <i>est. Ce</i> qu'on souffre avec le plus d'impatience, <i>ce</i> sont les perfidies. Dans ces exemples la particule <i>ce</i> signifie la chose qui est déplorable, ou qu'on souffre. Toutes ces expressions se rendent en Latin par le pronom neutre <i>id</i> suivi du relatif <i>quod.</i> Mais quand on dit, <i>ce</i> furent les Romains qui dompterent ; alors la particule <i>ce</i> est sans nombre, &amp; ne régit point le verbe qui suit. Au contraire le verbe substantif qui marche après, est déterminé au singulier, ou au pluriel par le substantif qui vient ensuite. Vaug. Corn. Le pronom <i>ce,</i> joint à quelques particules, sert à former d'autres pronoms, <i>ceci, cela,</i> dont nous parlerons en leur place.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7499" id="3" type="">
   <index type="head" value="CE" />
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    <head>CE</head>
    <p>
    Outre ce . Manière de parler qui n'est plus en usage, on dit aujourd'hui, <i>outre cela. Ad haec, Praeterea, praeter haec.</i></p><p>On dit au Palais quand on infirme une sentence, qu'on a mis l'appellation, &amp; <i>ce</i> dont a été appellé, au néant : on sous-entend <i>la sentence.</i> C'est une formule de prononcer que les Cours supérieures se sont réservées. Les autres Juges prononcent par un mal jugé. Quelquefois on dit absolument, On a mis l'appellation &amp; <i>ce</i> ; c'est-à-dire, que l'appellant a gagné sa cause. On dit, A <i>ce</i> qu'il soit dit ; pour dire, Afin qu'il soit dit. A <i>ce</i> que j'entends, pour dire, Comme on me fait croire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7499" id="4" type="">
   <index type="head" value="CE" />
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    <head>CE</head>
    <p>
    Ce dit-il, ce dit-on . Ces phrases ne sont pas du bel usage, en écrivant, &amp; dans un discours soutenu, grave, sérieux, il faut dire, <i>dit-il, dit-on. Inquit, aiunt.</i> C'est la même chose pour le sens, &amp; l'expression est meilleure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7499" id="5" type="">
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    <head>CE</head>
    <p>
    Ce , pour <i>il,</i> dans ces phrases, &amp; autres semblables, Quelle heure est-<i>ce</i> ? <i>Ce</i> lui fut force de hazarder bataille, n'est plus en usage ; il faut dire, Quelle heure est-il ? Il lui fut force. Vaug. Et même cette dernière phrase a aujourd'hui quelque chose d'embarrassé ; on l'évite autant que l'on peut, &amp; on ne s'en sert que pour varier le discours, en bien des occasions : cependant elle n'est pas mauvaise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7499" id="6" type="">
   <index type="head" value="CE" />
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    <head>CE</head>
    <p>
    Ce peu , veut dire le peu de choses. Faites part aux pauvres de bon coeur, &amp; avec joie, de <i>ce peu</i> que vous avez. Port-R. On ne dit jamais <i>ce beaucoup,</i> quoiqu'on dise fort bien <i>ce peu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7499" id="7" type="">
   <index type="head" value="CE" />
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    <head>CE</head>
    <p>
    Ce peu de lignes , pour dire la <i>courte lettre,</i> le <i>billet,</i> le peu de mots que je vous écris, est une expression qui a vieilli.</p><p>On dit aussi adverbialement, Ç'en est fait. <i>Actum est.</i> C'est moi. <i>Ego sum.</i> C'est pourquoi. <i>Quapropter.</i> C'est à savoir. <i>Scilicet, videlicet.</i> C'est mon plaisir. <i>Ita placet.</i></p><p>On dit encore, Quoique <i>c'en</i> soit. <i>Ut ut est. Ce</i> dit-il. <i>Ait. Ce</i> dit-on. <i>Aiunt. Ce</i> néanmoins. <i>Ce</i> fut un tel. <i>Ce</i> sont les gens de bien, &amp;c.</p><p>On dit aussi, <i>C'est mon,</i> par une basse ironie ; on sousentend <i>avis. Ita censeo.</i> Vraiment <i>c'est mon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7500" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEADDE" />
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    <head>CEADDE</head>
    <p>
    CEADDE , s. m. &amp; nom propre d'homme qui se prononce Cedde. <i>Cealdas.</i> S. <i>Ceadde</i> Evêque de Lindish, puis de Lichfield en Angleterre, étoit de Northumberland, &amp; vivoit au VIIe siècle. Il mourut en 672.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7501" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉANS" />
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    <head>CÉANS</head>
    <p>
    CÉANS , adv. Terme démonstratif du lieu où on est. <i>Hic, in hac domo, in his aedibus, hic intus.</i> Le maître de <i>céans.</i> N'y a-t-il personne <i>céans</i> ? Venez <i>céans,</i> c'est ici. Dieu soit <i>céans.</i> Monsieur ... revint hier <i>céans.</i> De Fénelon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7502" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEAU" />
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    <head>CEAU</head>
    <p>
    CEAU , s. m. Autrefois on disoit <i>ceau</i> pour ciel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7503" id="1" type="">
   <index type="head" value="CECHIN" />
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    <head>CECHIN</head>
    <p>
    CECHIN , s. m. C'est la même chose que <i>sequin</i> ; &amp; <i>sequin</i> est le plus usité. <i>Venetorum nummus aureus.</i> C'est une monnoie d'or qui est battue à Venise, &amp; qui a grand cours dans tout le Levant. Elle vaut selon quelques-uns sept livres, &amp; selon quelques autres seulement quatre livres sept sous.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>cecchrino</i>. Et <i>cecchino</i> vient de <i>cecca,</i> lieu où l'on frappe la monnoie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7504" id="1" type="">
   <index type="head" value="CECI" />
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    <head>CECI</head>
    <p>
    CECI , Pronom démonstratif qui se dit pour, Cette chose, &amp; qui n'a point de pluriel. <i>Hoc.</i> Que veut dire <i>ceci ? Ceci</i> est étrange. <i>Ceci</i> n'a point d'exemple. Ce pronom ne se met devant &amp; avec le verbe, <i>est,</i> que lorsque le mot qui suit est adjectif, &amp; jamais quand c'est un substantif. Par exemple, <i>Ceci</i> est beau, <i>ceci</i> est admirable. <i>Ceci</i> n'est pas assez bien traité ; il faut le retoucher. Mais on ne dit pas <i>ceci</i> est mon chapeau ; <i>ceci</i> est mon gant ; <i>ceci</i> est mon livre, mon ouvrage ; <i>ceci</i> est ma maison ; <i>ceci</i> n'est pas mon cheval. Il faut se servir de Ce <i>là,</i> en séparant <i>ce</i> de <i>là</i> ; &amp; dire, C'est-là mon chapeau, mon gant, mon livre ; C'est là ma maison ; ce n'est pas là mon cheval. Voilà l'usage. Cependant il en faut excepter cette phrase de l'institution &amp; de la consécration de l'Eucharistie, <i>Ceci</i> est mon corps ; <i>ceci</i> est mon sang, que l'usage a consacrée. Le P. Bouhours a eu la pensée de traduire, <i>C'est-là mon corps ; C'est-là mon sang,</i> disant que la manière ordinaire n'étoit point Françoise ; que <i>c'est-là</i> marquoit en François la substance même de la chose, comme il paroît par les exemples que nous venons de rapporter ; qu'ainsi <i>C'est-là mon corps,</i> signifie proprement en François, &amp; selon l'usage, <i>Cette chose, cette substance est mon corps,</i> &amp; n'est plus du pain ; que pour signifier le lieu d'une chose, par exemple, du corps de J. C. il ne faut pas dire, <i>C'est-là mon corps,</i> mais <i>mon corps est-là</i> ; ou <i>là est mon corps.</i> Cependant, comme cette phrase est consacrée, quoiqu'elle fût contre l'usage ordinaire, il n'y voulut rien changer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7505" id="1" type="">
   <index type="head" value="CECILE" />
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    <head>CECILE</head>
    <p>
    CECILE , subst. f. Nom propre de femme. <i>Caecilia.</i> Les Actes du martyre de Ste <i>Cecile</i> ne sont point sûrs. Fortunat de Poitiers, le plus ancien des Auteurs qui ont parlé de cette Sainte, fait entendre qu'elle mourut en Sicile.</p><p>Quelques-uns donnent aussi dans notre langue ce nom à ceux qu'on appelle en Latin <i>Caecilius,</i> &amp; qu'ils appellent encore Céciliens. Il est mieux pour éviter l'équivoque de retenir le mot Latin <i>Cecilius,</i> &amp; de dire les <i>Cécilius,</i> la famille <i>Cécilia,</i> que de dire les <i>Céciles,</i> ou les <i>Céciliens,</i> &amp; la famille des <i>Céciliens.</i> Il paroît que nos Antiquaires en usent ainsi, &amp; qu'ils retiennent le mot Latin. D'ailleurs si l'on traduit <i>Caecilius,</i> Cécilien, quelle différence mettra-t-on dans notre langue entre <i>Caecilianus &amp; Caecilius</i> ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7506" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉCILIEN" />
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    <head>CÉCILIEN</head>
    <p>
    CÉCILIEN , s. m. Nom propre d'homme qui répond dans notre langue au nom Latin <i>Caecilianus,</i> &amp; non pas à celui de <i>Caecilius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Cécile">Cécile</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7507" id="1" type="">
   <index type="head" value="CECITÉ" />
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    <head>CECITÉ</head>
    <p>
    CECITÉ , s. f. Aveuglement. <i>Caecitas.</i> L'usage n'a point établi le mot de <i>cécité,</i> quoiqu'il y ait des personnes qui s'en servent. Il est formé du Latin <i>caecitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7508" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDANT, ANTE" />
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    <head>CÉDANT, ANTE</head>
    <p>
    CÉDANT, ANTE , s. m. &amp; f. Celui qui cede, qui transporte quelque somme, quelque droit. <i>Qui vel quae cedit.</i> On fait appeller en garantie un <i>cédant,</i> quand il a cédé une dette fausse, ou lorsqu'il l'a soutenue bonne &amp; exigible. Le <i>cédant</i> est opposé dans le Droit au cessionnaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7509" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDAR" />
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    <head>CÉDAR</head>
    <p>
    CÉDAR , s. m. Nom de lieu dont il est parlé dans l'Ecriture. <i>Cedar.</i> Les Interprètes Grecs le traduisent par , <i>Galaad,</i> par où il paroît que c'étoit le pays qui porte ce nom, &amp; qui est à l'Orient du Jourdain, en tirant vers les montagnes de l'Arabie déserte, nommées Montagnes de Galaad, &amp; une partie de l'Arabie déserte, comme il paroît par le Cantique des Cantiques I. V. où l'épouse dit qu'elle est noire comme les tentes de <i>Cédar.</i> S. Jerôme, &amp; après lui Zieglerus, disent, que ce pays fut ainsi nommé de Cédar second fils d'Ismaël, Gen. XXV. 13. Adrichomius prétend, avec quelques autres qu'il cite, que <i>Cédar</i> est une ville de la demi-Tribu de Manassé, qui étoit à l'Orient du Jourdain. Quelques Modernes disent qu'elle étoit sur une montagne, ce qui ne convient guère au nom de <i>Cédar,</i> qui signifie <i>obscur, noir.</i> D'ailleurs, où ont-ils trouvé cette situation marquée ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7510" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDER" />
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    <head>CÉDER</head>
    <p>
    CÉDER , v. act. &amp; n. Transporter un droit à une autre personne. <i>Cedere, concedere.</i> Il m'a <i>cédé</i> &amp; transporté une telle rente, une telle obligation. Dans tous les contrats de vente, échange ou donation, les Notaires mettent, Il lui a <i>cédé,</i> quitté &amp; délaissé, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7510" id="2" type="">
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    <head>CÉDER</head>
    <p>
    Céder , signifie aussi, Laisser ou abandonner quelque chose pour un temps, ou par civilité. Il m'a <i>cédé</i> sa maison, sa chambre, son lit. <i>Cedere alicui domo, cubiculo, lecto.</i> Il m'a <i>cédé</i> sa place. Il m'a <i>cédé</i> le haut du pavé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7510" id="3" type="">
   <index type="head" value="CÉDER" />
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    <head>CÉDER</head>
    <p>
    Céder , signifie aussi, Obéir ; déférer à quelque puissance supérieure ; relâcher. <i>Cedere, obsequi.</i> Il faut <i>céder</i> au temps, à la force. Il faut <i>céder</i> à l'orage, &amp; caler les voiles. Il faut <i>céder</i> à ses supérieurs. Tout <i>cède</i> à ce Conquérant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7510" id="4" type="">
   <index type="head" value="CÉDER" />
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    <head>CÉDER</head>
    <p>
    Céder , signifie encore, Faire une action d'humilité, se reconnoître inférieur à un autre en quelque chose. <i>Cedere, concedere, inferiorem se profiteri.</i> Proposez vos raisons avec beaucoup de retenue, afin que ceux qui vous <i>cèdent</i> vous puissent <i>céder</i> sans chagrin. Bell. Cet homme est cent fois plus habile que moi, je lui <i>cède</i> en tout, je lui <i>cède</i> la victoire, je lui <i>cède</i> la partie. Ne faites pas comme ceux qui en <i>cédant,</i> tâchent de donner à connoître qu'ils ne <i>cèdent</i> que par complaisance, &amp; que les autres ont tort. Ab. Reg. On veut bien <i>céder</i> en bonne fortune ; mais non pas en esprit. Amelot. Il y a des génies dominans à qui tout le monde <i>cède,</i> par je ne sai quelle force de supériorité qui les fait regner par-tout. Id. Rien n'est plus fade que d'avoir à faire à des gens qui admirent toujours, &amp; qui <i>cèdent.</i> Mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7510" id="5" type="">
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    <head>CÉDER</head>
    <p>
    Céder , signifie aussi, Rabattre, retrancher. Il faut <i>céder,</i> perdre quelque chose de ses droits pour avoir la paix, pour s'accorder.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7510" id="6" type="">
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    <head>CÉDER</head>
    <p>
    Céder , signifie aussi, Succomber. Pour moi je <i>cède</i> aux ans. Main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7511" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDÈS" />
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    <head>CÉDÈS</head>
    <p>
    CÉDÈS , s. f. Nom de Ville de la Terre-Sainte. <i>Cedes.</i> Il y a trois <i>Cédès</i> dans l'Ecriture. L'une, dont il est parlé, Jos. XII. 22. &amp; que les Septante appellent , <i>Cades,</i> <pb n="913" facs="bpt6k8542165/f953/full/1200,/0/native.jpg"/>étoit dans la Tribu d'Aser, &amp; avoit eu un Roi sons les Chananéens. Josephe l'appelle <i>Cedesa,</i> &amp; d'autres <i>Cedessa.</i> Une autre, dont il est parlé 1. Paral. VI. 72. est la même chose que Césion. Voyez ce mot. La troisième étoit une ville Lévitique de la Tribu de Nephthali, sur une montagne. Josephe la nomme <i>Caedesa, Cedesis, Cydela</i> ; d'autres <i>Sezechae, Cades,</i> &amp; <i>Tharsa.</i> Au temps de S. Jerôme, son nom étoit Cidissus ; aujourd'hui c'est Sizis. C'étoit aussi une ville de refuge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7512" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDILLE" />
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    <head>CÉDILLE</head>
    <p>
    CÉDILLE , s. f. L'<i>l</i> se mouille. Terme emprunté de l'Espagnol <i>cedilla,</i> pour signifier un petit <i>c,</i> ou une petite virgule, qu'on met au dessous du <i>c</i> quand on lui veut donner le son de <i>s</i> devant les voyelles <i>a, o,</i> &amp; <i>u,</i> comme à <i>glaçon, maçon, deçà. Virgula litterae c subscripta.</i> Le <i>c</i> ne peut faire de leçon s'il n'est accompagné d'une <i>cédille.</i> Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7513" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDIMOTH" />
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    <head>CÉDIMOTH</head>
    <p>
    CÉDIMOTH . Voyez <ref type="search" target="head:CADEMOTH">CADEMOTH</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7514" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEDMONÉEN, ENNE" />
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    <head>CEDMONÉEN, ENNE</head>
    <p>
    CEDMONÉEN, ENNE , s. m. &amp; f. Oriental, Qui habite à l'Orient. <i>Cedmonoeus, a.</i> C'est le nom que l'on donne dans l'Ecriture aux peuples qui habitoient dans l'Arabie déserte, à l'Orient de la Terre sainte. Ce nom vient de , <i>Kedem,</i> qui signifie l'Orient. Les Hébreux le donnoient à ces peuples, comme nous donnons celui d'Orientaux à ceux qui habitent à l'Orient de l'Europe. Pagnin dit <i>Cadmonéen,</i> qui est bon ; &amp; S. Jérôme <i>Ceihmonéen</i> ; c'est une faute.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7515" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDON" />
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    <head>CÉDON</head>
    <p>
    CÉDON , s. m. Petite plante qui fleurit blanc, &amp; en pyramide. Elle ne fleurit qu'une seule fois. Ce qu'on appelle ici <i>Cédon</i> n'est apparemment que la joubarbe, &amp; il faut écrire <i>Sedum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7516" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDRAT" />
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    <head>CÉDRAT</head>
    <p>
    CÉDRAT , s. m. Espèce de citronnier, dont le fruit est très-doux &amp; odoriferant. <i>Malum citreum dulcissima medulla.</i> Quelques-uns écrivent <i>Cédrac,</i> au lieu de <i>Cédrat</i> ; mais mal. La Quintinie dit que c'est un oranger, &amp; non pas vn citronier. Les feuilles de l'oranger nommé <i>Cedrat</i> ont le même goût que l'orange même, &amp; pourroient contribuer à faire de la limonade. La Quint. Le fruit de cet arbre s'appelle aussi <i>Cédrat.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7517" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÈDRE" />
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    <head>CÈDRE</head>
    <p>
    CÈDRE , s. m. <i>Cedrus.</i> Se prend souvent en François pour le bois du <i>cèdre</i> du Liban. On dit, un cadre, une bordure de <i>cèdre.</i> On imite la couleur de <i>cèdre</i> par la teinture rougeâtre qu'on donne aux ouvrages qu'on veut faire passer pour bois de <i>cèdre</i> ; mais l'odeur sert à en faire la différence, le véritable <i>cèdre</i> avant une odeur fort aromatique. On appelle à Paris <i>cèdre,</i> le bois de l'Acajou rouge, parce qu'il est rougeâtre &amp; d'une odeur aromatique, qui tient un peu du santal. Ce dernier est très-amer au goût. On ne connoît point le caractère de l'Acajou rouge. Du Tertre en parle en son second volume de son <i>Histoire des Antilles,</i> p. 159.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7518" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÈDRE" />
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    <head>CÈDRE</head>
    <p>
    CÈDRE , s. m. <i>Cedrus.</i> Est le nom de deux ou trois arbres bien différens les uns des autres. Il est très-difficile de concilier les Anciens avec les nouveaux sur ce qu'on doit appeller proprement <i>cèdre.</i> Par les descriptions de Dioscoride, &amp; de Theophraste ce n'est point un arbre conifère : peut-être ne connoissoient-ils pas notre <i>Cèdre</i> du Liban. Mais sans entrer dans ces discussions, dans lesquelles on ne peut avancer que des conjectures, nous conserverons ce nom de <i>cèdre</i> aux arbres &amp; arbrisseaux auxquels nos prédécesseurs l'ont voulu attacher ; mais pour les distinguer nous leur ajoûterons le nom du pays, où apparemment on les a trouvés plus communément. L'arbre que nous nommons à présent <i>Cèdre,</i> vient du Mont-Liban, &amp; c'est une espèce de Melèse. Voyez Melese, où l'on en parle amplement. Les Anciens faisoient mention de deux <i>Cèdres,</i> l'un de Phénicie &amp; en Cilicie, qu'on appelle <i>Oxycèdre,</i> &amp; ils le comparoient au Genevrier ordinaire, dont cependant il étoit différent par ses fruits, qui étoient beaucoup plus gros, &amp; qui étoient rougeâtres. Voyez <ref type="search" target="head:Genevrier">Genevrier</ref>. Et ils nommoint enfin <i>Cedre</i> de Lycie, <i>Cedrus Lycia, Cedrus folio Cupressi,</i> un arbrisseau dont les feuilles approchent de celles du Cyprès. Ses fleurs sont de petits chatons fort courts. Ses fruits sont des baies rougeâtres, rondes, beaucoup plus grosses que celles du Genevrier, &amp; qui contiennent plusieurs semences. Ce <i>cèdre</i> croît en Languedoc, &amp; il y en a deux espèces qui se distinguent toutes les deux par leur hauteur, &amp; la grosseur de leurs fruits. Mr De Tournefort a trouvé deux espèces de ce dernier <i>cèdre</i> dans son voyage du Levant. Elles s'élèvent en arbre : elles sont très-puantes ; au lieu que celui qu'on vient de décrire n'est point si désagréable, son odeur approchant du Cyprès &amp; de la Sabine.</p><p>Le bois de <i>cèdre</i> est presque immortel &amp; incorruptible, parce qu'il est fort amer, &amp; que les vers n'aiment que ce qui est doux. C'est pourquoi les Anciens se servoient de planches de <i>cèdre</i> pour écrire les choses d'importance, comme on peut recueillir de ce passage de Perse ; <i>Et cedro digna loquutus.</i> On en bâtit des palais &amp; des navires. Cet arbre est toujours verd, &amp; aime les lieux froids &amp; les montagnes ; &amp; si on lui taille sa cime, il meurt. Le <i>cèdre</i> du Liban est semblable au sapin, que les Grecs appellent , les Latins, <i>Cedrus major, cedrus Phaenicia, Syriaca,</i> ou en un mot <i>Cedrelate.</i> Son écorce est polie, lissée &amp; sans mousse, excepté la partie qui est depuis la terre jusqu'aux premières branches, lesquelles environnent l'arbre presque depuis la terre jusqu'à la cime en guise de roue. Elles poussent par certains intervalles toujours en diminuant jusqu'en haut, de sorte qu'elles représentent une pyramide. Ses feuilles sont semblables à celles du pin, ou mélèse, mais plus courtes, &amp; ne sont point piquantes. Bruyn, dans son <i>Voyage de la Terre sainte,</i> dit que les feuilles des <i>cèdres</i> du Liban qu'il alla voir, sont semblables à celles du romarin ; que les petites feuilles qui sont aux branches montent en haut, &amp; que le fruit pend en bas. Ce fruit est fait en pommes semblables à celles des pesses, mais plus longues, plus dures &amp; plus nourries, &amp; sont difficiles à detacher de leurs queues. Elles contiennent une graine semblable à celle des cyprès ; &amp; jettent une résine grasse, épaisse, transparente, d'une odeur forte, qui n'est point coulante, mais qui tombe goutte à goutte. Les Arabes l'appellent <i>kitran,</i> ou <i>alkitran.</i> Salomon donna plusieurs villes au Roi Hiram pour les <i>cèdres</i> qu'il lui avoit envoyés pour bâtir le temple de Jérusalem. Fernand Cortez fit bâtir un Palais à Méxique, où il y avoit 7000 poutres de <i>cèdre,</i> la plupart de 120 pieds de long, &amp; 12 de tour, comme témoigne Herréra. Il y avoit un <i>cèdre</i> abattu en Cypre qui avoit 130 pieds de long, &amp; si gros, que trois hommes avoient de la peine à l'embrasser. Il servit à la galère de Démetrius. Bruyn dit que des deux plus remarquables qu'il vit sur le Mont-Liban, l'un avoit cinquante-sept paumes de tour, &amp; l'autre quarante-sept.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui a la même signification, &amp; qui vient du Grec , <i>uro,</i> de , <i>suavè, olens.</i> Le <i>cèdre</i> brûlé rend une odeur fort bonne.</p><p>On dit proverbialement ; Depuis le <i>cèdre</i> jusqu'à l'hyssope, pour dire, Depuis le plus grand jusqu'au plus petit. Cette phrase est prise de l'Ecriture 3e Livre des Rois IV. 33. où il est dit, que Salomon avoit écrit sur les arbres depuis le <i>cèdre,</i> qui est sur le mont Liban, jusqu'à l'hyssope qui sort d'une masure. On dit aussi dans le même style de l'Ecriture, Les <i>cèdres</i> du Liban, pour signifier les Grands, les Puissans du siècle, les orgueilleux.</p><p>On a donné pour devise à un Collége celèbre un <i>cèdre</i> chargé de fleurs &amp; de fruits, avec ce vers du Tasse, <i>Mentre che spunta l'un, l'altro matura.</i> Et pour marquer la pureté du Cardinal Horace Spinola, un <i>cedre,</i> avec ce mot, <i>A putredine tuta.</i> Le même arbre, &amp; ce mot Italien, <i>Nel fiore il frutto,</i> est la devise qu'un Italien fit pour marquer la fécondité virginale de la Sainte Vierge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7518" id="2" type="">
   <index type="head" value="CÈDRE" />
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    <head>CÈDRE</head>
    <p>
    Cèdre de Gaza , ou Gaze. C'est un fruit dont Bruyn parle dans son <i>Voyage du Levant,</i> p. 303. Il en décrit deux, dont l'un avoit deux caieux, qui au bout se terminoient en pointe. Le fruit étoit d'une grosseur extraordinaire ; sa longueur jusqu'à la pointe ayant 14 pouces, &amp; son diamètre étant de 5 pouces trois quarts : l'autre avoir treize pouces de long &amp; six de diamètre. Ce fruit a peu de suc. On le peut manger comme des limons doux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7518" id="3" type="">
   <index type="head" value="CÈDRE" />
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    <head>CÈDRE</head>
    <p>
    Cèdre doux . Espèce de Citronnier, qu'on appelle aussi <i>Cédrat.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CÉDRAT">CÉDRAT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7519" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDRIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CÉDRIE</head>
    <p>
    CÉDRIE , s. f. Résine qui sort du cèdre. <i>Cedria.</i> C'est une liqueur qui pour être bonne, doit être grasse, épaisse, transparente, d'une odeur forte, &amp; telle qu'en la versant elle ne coule point trop vîte, mais qu'elle tombe également goutte à goutte. Elle a deux qualités bien opposées : elle conserve fort long-temps les corps morts, parce qu'elle en déssèche &amp; consume les humeurs superflues ; <pb n="914" facs="bpt6k8542165/f954/full/1200,/0/native.jpg"/>sans endommager les parties solides ; &amp; au contraire, elle putréfie les chairs molles &amp; délicates des corps vivans, sans qu'on en souffre aucune douleur ; ce qui vient sans doute de la chaleur des corps vivans, qui donne de l'agitation aux parties de cette résine, &amp; en augmente la force.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7520" id="1" type="">
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    <head>CÉDRON</head>
    <p>
    CÉDRON , s. m. Torrent, ou ruisseau dont il est parlé dans l'Ecriture. <i>Cedron.</i> Ce torrent avoit sa source près de la ville de Jérusalem, &amp; couloit au pied des montagnes sur lesquelles cette ville étoit bâtie, à l'Orient &amp; au Midi. Il falloit le passer pour aller de Jérusalem au mont des Olives, comme fit J. C. la veille de sa passion. Jean XVIII. 1. De-là ce torrent passant aux confins de la Tribu de Juda, &amp; de celle de Benjamin, alloit se jetter dans la Mer morte. Le Roi passa aussi le torrent de <i>Cédron.</i> Saci, 2. <i>des Rois.</i> XV. 23. Jesus sortit avec ses Disciples pour aller au-delà du torrent de <i>Cédron,</i> où étoit un jardin, dans lequel il entra &amp; ses Disciples aussi. Bouh. <i>Jean XVIII.</i> 1. Ce torrent est presque toujours à sec quand il ne pleut pas.</p><p>Ce mot est purement Hébreu, de , <i>être noir,</i> ou <i>obscur,</i> se fait , <i>Kidron,</i> qui signifie <i>noirceur, obscurité,</i> nom qui fut donné à ce torrent, ou parce que les vallées dans lesquelles il couloit au tour de Jérusalem étant fort profondes &amp; fort resserrées entre les montagnes, elles étoient aussi fort obscures, ou parce que ses eaux étoient troubles &amp; boueuses. En S. Jean XVIII. 1. le texte Grec l'appelle <i>Le torrent des Cèdres,</i> , au lieu de . Grotius soutient cette leçon, &amp; la préfère à celle du Latin ; mais il se trompe ; c'est une erreur de Copiste. Elle s'est aussi glissée dans les Septante 2. des Rois XV. 13. 4. des Rois XXIII. 4. 6. &amp;c. Mais dans le 2e L. des Rois XV. 23. &amp; ailleurs, la vraie leçon s'est conservée dans les bons exemplaires. Voyez sur ce torrent de <i>Cédron</i> le <i>Voyage de la Terre sainte</i> du P. Nau. Jes. L. II. C. 1. &amp; L. IV. C. 17.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7521" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉDULE" />
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    <head>CÉDULE</head>
    <p>
    CÉDULE , s. f. Petit morceau de papier où l'on écrit quelque chose pour servir de mémoire. <i>Schedula.</i> On donne aux Régens des <i>cédules</i> où sont écrits les noms des causeurs, &amp; de ceux qui n'ont pas fait leur thème. Ailleurs le mot de <i>cédule</i> est moins en usage que ceux de <i>promesse</i> &amp; de <i>billet.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie l'<i>écorce</i> des tilleuls sur laquelle les Anciens écrivoient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7521" id="2" type="pratique">
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    <head>CÉDULE</head>
    <p>
    Cedule , en termes de Banque , est un petit morceau de papier où les Banquiers &amp; les Marchands écrivent leur promesses, lettres de change, &amp; rescriptions. <i>Chirographi cautio, syngrapha, syngraphus. Cédule banquière,</i> est l'obligation d'un Banquier de Rome qui promet acquiter la somme du rachat d'une pension créée sur un bénéfice. On le dit aussi des autres billets, promesses &amp; reconnoissances qui se font sous seing privé. Même on le dit des minutes d'obligation quand on les garde par devers soi : &amp; c'est en ce sens qu'on dit, Plaider contre sa <i>cédule</i> ; pour dire, contre son écrit, son obligation. On l'appelle aussi chez plusieurs Marchands, <i>police,</i> à cause du mot Espagnol <i>poliça,</i> qui signifie la même chose.</p><p>On appelle en termes de Pratique , une <i>cédule évocatoire,</i> la signification qu'on fait à une partie, pour avertir qu'on veut faire évoquer, &amp; renvoyer le procès qu'on a contre elle en un autre Parlement, à cause des parens, &amp; alliances qu'elle a au lieu où l'instance est pendante. <i>Translatiae litis diploma, instrumentum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7522" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEIGNANT, ANTE" />
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    <head>CEIGNANT, ANTE</head>
    <p>
    CEIGNANT, ANTE , adj. &amp; part. act. du verbe <i>ceindre.</i> Prononcez <i>ign</i> comme une seule <i>n</i> mouillée, ou comme l'ñ <i>con tilde</i> des Espagnols ; &amp; comme dans le mot François <i>Seigneur.</i> Et ainsi des autres temps ou personnes du même verbe qui écrivent par <i>eing,</i> &amp; que l'on indiquera au verbe Ceindre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7522" id="2" type="anatomie">
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    <head>CEIGNANT, ANTE</head>
    <p>
    Ceignante , s. m. Terme d'Anatomie . <i>Cingens.</i> C'est le nom que l'on donne à la douzième vertèbre du dos, à cause qu'elle est placée à l'endroit ou l'on porte ordinairement la ceinture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7523" id="1" type="">
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    <head>CEÏLAN</head>
    <p>
    CEÏLAN , ou CÉYLAN. Le P. Bouhours écrit toujours ainsi. <i>Ceilanus, Ceilania, Taprobana.</i> Isle de l'Océan Oriental, située au Levant Méridional de la presqu'isle de l'Inde, deçà le Gange, entre le 121e &amp; 123e degré de longitude, &amp; entre le 6e &amp; le 10e de latitude au Nord, dit Maty. Mais selon les Observations du P. Noël, Jésuite, cette longitude est fausse de plus de 20 degrés. Car, selon lui, Trinquemale, ville à l'Orient de l'Isle de <i>Céilan,</i> diffère du méridien de Paris, qui est au 20e degré, de 81d 0' 15'', &amp; par conséquent cette ville de <i>Céilan,</i> &amp; la côte Orientale de l'Isle est au 101e degré 15 secondes. Elle n'est séparée du Continent de la côte de Coromandel, &amp; de celle de la pêcherie, que par le détroit de Chilao, ou de Manar, qui est fort étroit, &amp; si peu profond, que quelques Auteurs écrivent que les éléphans le passent à gué. Elle est pleines de montagnes fort hautes, principalement vers le milieu. On y voit en plusieurs endroits plusieurs forêts si épaisses, qu'elles sont impraticables. Le reste du pays, qui est bien cultivé, est fort fertile en toutes sortes de fruits, figues, raisins, grenades, oranges, limons, citrons, sucre, tabac, &amp; principalement en ris &amp; en canelle, dont il y a des bois entiers. On y trouve aussi du gingembre &amp; du cardamome. L'Huillier, dans son <i>Voyage des Indes,</i> dit qu'on y cueille aussi le girofle, la noix muscade &amp; du poivre, &amp; que l'odeur du girofle est si forte, qu'elle se fait sentir dans toute l'Isle, &amp; même à quelque distance en mer. Mandelslo, plus croyable, dit que c'est la canelle qui pousse son odeur bien avant dans la mer. Il y a aussi beaucoup d'aréca, dont les habitans font un grand commerce. On y trouve des pierres précieuses, &amp; l'on y pêche des perles. La pêche s'en fait depuis l'onzième Mars jusqu'au vingtième d'Avril. L'Isle de <i>Céilan</i> nourrit des boeufs, des brebis, &amp; sur-tout une grande quantité d'éléphans sauvages &amp; domestiques, qui ne sont pas si grands que ceux que l'on tire de la terre ferme, mais qui ont, dit-on, plus de courage &amp; de docilité. Les Hollandois les vendent aux Maures &amp; aux Persans, &amp; en tirent un grand profit. Schouten dit qu'il y a des Satyres, dont nous parlerons au mot Satyre. Il y a aussi un nombre prodigieux de singes &amp; de guenons très-incommodes, &amp; qui désolent tout le pays.</p><p>En 1505. les Portugais, sous la conduite de Laurent Almeida, aborderent en cette Isle. En 1517. ils eurent permission de faire des retranchemens autour de l'endroit où ils s'étoient postés. Ces retranchemens se changerent bientôt en forteresse. C'est ainsi que Colombo fut bâtie. En 1597. le Roi de l'Isle étant mort sans enfans, déclara le Roi de Portugal son héritier. En 1623, le Roi de Gandy, ou Candy, leur fit la guerre ; mais ayant été défait &amp; vaincu, il fut obligé en 1632. d'accepter la paix, à condition de payer tous les ans un tribut de deux éléphans. En 1639. son fils recommença la guerre. Les Hollandois allerent à son secours. La guerre dura jusqu'en 1644. que l'on fit une trève de 8 ans. La guerre ayant recommencé en 1655. les Hollandois chasserent les Portugais, &amp; ils sont maintenant les seuls qui y commercent.</p><p>Avant que les Hollandois fussent dans cette Isle, on la divisoit en cinq Royaumes principaux ; ceux de Trinquemale, de Baticalo, &amp; de Jala, ou Yale vers le Levant ; &amp; ceux de Ceitavaca &amp; de Candex vers le Couchant ; Aujourd'hui on ne la divise qu'en trois parties principales. Presque toutes les côtes appartiennent aux Hollandois. On y joint les Isles de Jaffanapatan, de Manar, &amp; de Calpentin. C'est la première partie, dont la principale contrée est le Caneland, ou pays de la canelle, &amp; la ville capitale Colombo. La seconde partie est le Royaume de Candea vers le Midi ; &amp; la troisième le pays de Wanny au Nord.</p><p>On croit que l'Isle de <i>Céilan</i> est la Taprobane de Grecs &amp; des Romains. Les Habitans la nomment Tiranisin, c'est-à-dire, Terre de délices, &amp; ils croient que ç'a été le lieu du Paradis Terrestre. Il y a une fort haute montagne, à laquelle quelques-uns donnent sept lieues de haut, &amp; d'autres seulement deux, que l'on nomme le Pic d'Adam, parce que les habitans disent qu'Adam y a été enterré. Quelques Auteurs prétendent que <i>Céilam</i> est l'Ophir de Salomon. Les Historiens de l'Isle de <i>Céilan</i> sont Mandelslo, <i>Voyage des Indes,</i> Liv. II. Jean Ribeyro, <i>Histoire de l'Isle de Céilan</i> ; Robert Knok, <i>Relation du Voyage de l'Isle de Céilan</i> ; Gauthier Schouten dans son <i>Voyage aux Indes Orientales.</i> Voyez aussi le VIe Recueil des <i>Lettres édifiantes &amp; curieuses,</i> p. 79.</p><p>Wicqfort, dans sa traduction de Mandelslo, dit <i>Ceylon</i> ou <i>Zeylon,</i> mais mal ; l'usage est de dire en notre langue <i>Céilan.</i> Maty le fait tantôt masculin, &amp; tantôt féminin, disant le <i>Céilan</i> Hollandois, &amp; la <i>Céilan</i> Hollandoise. Ni l'un ni l'autre n'est autorisé par l'usage. On ne dit guère <i>Céilan</i> seul, on y joint le nom Isle. L'Isle de <i>Céilan</i> est grande, est fertile, est abondante en canelle, &amp; non pas <i>Céilan</i> est grand, ou grande, fertile, &amp;c. Les Arabes l'appellent <i>Serandib,</i> &amp; d'Herbelot a remarqué que les Géographes Orientaux, en parlant de cette Isle ne font aucune mention de l'arbre de canelle, qui ne croît que dans cette Isle, soit, dit-il, qu'il ne s'y trouvât pas encore de leur temps, &amp; qu'il y ait été transporté d'ailleurs, comme de la Chine, ce qui a fait donner à cet arbre le nom de <i>Dar Tchin</i> en Orient, mot qui signifie Bois de la Chine ; ou qu'il faille entendre cet arbre, sous le nom de Nargil, dont ils parlent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7524" id="1" type="">
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    <head>CÉILANOIS, OISE</head>
    <p>
    CÉILANOIS, OISE , s. m. Qui est de l'Isle de Céïlan. Les Mémoires de Trevoux 1711. p. 1069, disent, les <i>Céylanois</i> ont la peau noire, &amp; sont de petite taille ; ils sont adroits &amp; spirituels, &amp; si on en croit notre Auteur (Schouten) il n'y a point de peuples aux Indes plus civilisés qu'eux ; mais cela n'empêche pas qu'en comparaison des Européens, ils ne paroissent barbares &amp; féroces. Mais on ne parle point ainsi, il faut dire Chingulais. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7525" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEINDRE" />
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    <head>CEINDRE</head>
    <p>
    CEINDRE , v. act. Mettre autour des reins quelque chose qui lie &amp; qui serre. <i>Cingere. Je ceins, tu ceins, il ceint. Nous ceignons, vous ceignez, ils ceignent. Je ceignois. J'ai ceint. Je ceignis. Je ceindrai. Que je ceigne.</i> Les Juifs étoient obligés de <i>ceindre</i> leurs reins, &amp; d'être debout, quand ils mangeoient l'Agneau Pascal. Le Roi <i>ceint</i> l'épée aux Gentilshommes, quand il les fait Chevaliers.</p><p>On le dit aussi des couronnes, ou autres marques d'honneur, dont on environne le front. Il est <i>ceint</i> d'un bandeau royal, d'un diadème. Sa tiare étoit <i>ceinte</i> d'un bandeau de pourpre. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7525" id="2" type="">
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    <head>CEINDRE</head>
    <p>
    Ceindre , signifie encore, Environner, enfermer un espace. On travaille à <i>ceindre</i> la ville de murailles de ce côté-là. Les ennemis qui assiégeoient cette place n'avoient pas assez de troupes pour la <i>ceindre</i> de tous côtés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7525" id="3" type="">
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    <head>CEINDRE</head>
    <p>
    Ceint, einte , part. &amp; adj. <i>Cinctus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7526" id="1" type="marine">
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    <head>CEINTES</head>
    <p>
    CEINTES , s. f. Terme de Marine . On dit aussi <i>chaintes, carreaux, preceindes,</i> ou <i>perceintes,</i> ou <i>lisses.</i> Ce sont des rebords ou espèces de cordons qui règnent au pourtour du navire, dont les trois premières d'enbas se nomment particulièrement <i>precintes,</i> &amp; les autres au-dessus <i>carreaux de lisse. Navis coronae.</i> Ces pièces servent à donner la grace &amp; la rondeur au pourtour du navire, aussi-bien qu'à le fortifier, &amp; à marquer la division des tillacs, &amp; font même effet au vaisseau, que les plinthes aux façades des bâtimens sur terre. La première se place à cinq pieds ou environ, au-dessous du premier sabord à l'endroit du maître bau. La deuxième est parallèle &amp; distante de la première de 18 à 22 pouces, &amp; les autres de même.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7527" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CEINTRAGE" />
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    <head>CEINTRAGE</head>
    <p>
    CEINTRAGE , s. masc. Terme de Marine , se dit généralement de tous les cordages qui ceignent, qui lient ou qui environnent les vaisseaux. <i>Funes quibus cingitur ac religatur navis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7528" id="1" type="">
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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    CEINTURE , s. f. Ce qu'on met autour des reins pour les serrer. <i>Cingulum, cingulus, zona.</i> On portoit autrefois des <i>ceintures</i> ; maintenant on porte des écharpes. Les cessionaires étoient obligés autrefois de quitter leur <i>ceinture</i> en Justice. Cette coutume venoit de ce que nos ancêtres avoient accoutumé de porter à leur <i>ceinture</i> tous les instrumens nécessaires pour l'usage, ou pour la conservation des biens ; comme la bourse, les clefs, &amp;c. ensorte que la <i>ceinture</i> étoit le symbole des biens. L'Histoire remarque que la veuve de Philippe I. Duc de Bourgogne renonça à sa succession &amp; déposa sa <i>ceinture</i> sur le tombeau du Duc. Pasq. On appelle aussi <i>ceinture,</i> le ruban ou l'étoffe qu'on met sur les plis d'un haut-de-chausse ou d'une jupe. Cette <i>ceinture</i> est trop courte. L'aube d'un Prêtre se serre avec une <i>ceinture</i> de fil ou de soie : cette <i>ceinture</i> que le Prêtre prend, est le symbole de la chasteté.</p><p>Les Romains portoient toujours une <i>ceinture,</i> dont ils retroussoient leur robe quand ils vouloient agir. Cette coutume étoit si ordinaire que ceux qui n'avoient point de <i>ceinture,</i> &amp; qui laissoient toujours traîner leur robe, passoient pour des gens oisifs &amp; voluptueux. Dac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7528" id="2" type="">
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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture de Vierge, c'étoit une coutume chez les Grecs &amp; chez les Romains, que le premier soir des nôces le mari dénouoit la <i>ceinture</i> de la fille qu'il avoit épousée. Homère, L. XI. de l'Odyssée, appelle cette <i>ceinture , Ceinture de fille.</i> Festus dit que la nouvelle mariée portoit une <i>ceinture</i> que le mari lui dénouoit dans le lit, &amp; qu'elle étoit faite de laine de brebis. Cette <i>ceinture,</i> ajoûte-t-il, étoit nouée du noeud d'Hercule, &amp; le mari défaisoit ce noeud pour un bon présage, afin qu'il fût heureux en enfans comme Hercule l'avoit été, qui laissa, lorsqu'il mourut, 70. enfans. Consultez de Meziriac dans son Commentaire sur la lettre de Philis à Demophon. Les Poëtes attribuoient à Vénus une espèce de <i>ceinture</i> qu'ils appelloient <i>ceste. Cestus.</i> Ils y attachoient le pouvoir d'inspirer de l'amour, &amp; de charmer les coeurs : c'est dans ce sens que Boileau a dit,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture de Vénus , est aussi un terme de Chiromantie . Il signifie la ligne de la main qui commence entre le second &amp; le troisième doigt, qui traverse le mont de ces doigts, &amp; va en forme de demi-cercle finir vers le petit doigt.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>cinctura</i>, ou de <i>cinctorium.</i> On trouve dans la basse Latinité <i>cinta,</i> pour dire en général un cercle, un tour, <i>ambitus, circuitus,</i> de <i>cingo, cinctum</i> ; &amp; il est sur-tout très-fréquent, pour signifier le tour des murailles ou des fossés d'une ville, selon la remarque des Jésuites d'Anvers, <i>Acta SS. Mart. T. II. p.</i> 165. C.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture a l'Angloise , est une espèce de sangle fort juste, dont on se sert pour porter l'épée. <i>Militare cingulum, Balieus, Balteum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7528" id="5" type="medecine">
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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture du Mercure . Terme de Médecine . C'est une <i>ceinture</i> faite de drap empreint de mercure, ou dans laquelle on enferme du mercure qu'on prépare de différentes façons ; quelquefois la <i>ceinture</i> est de cuir, ou de toile de coton, &amp;c. Ce remède a quelquefois de bons effets ; mais il est dangereux pour ceux qui sont foibles, ou sujets à avoir des convulsions. On emploie ce remède pour guérir la gale, chasser la vermine, tuer les poux. Entre les remèdes monstrueux dont les Empiriques ont rempli &amp; gâté la Chirurgie, pour le malheur des malades, la <i>ceinture du mercure</i> n'est pas la moins en vogue parmi le vulgaire. Fabricius, cité &amp; traduit par Degori.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture , se dit aussi de l'endroit du corps où on met la <i>ceinture. Renes.</i> Quand on se baigne en cet endroit-là, on n'a de l'eau que jusqu'à la <i>ceinture.</i> Scarron a dit des Héros à l'égard des Géans.</p><p>Chez les Maîtres de danse, en parlant de la disposition du corps, de l'air, de la manière de porter le corps en marchant, en dansant, on dit la <i>ceinture</i> d'enhaut, la <i>ceinture</i> d'enbas ; pour dire, la partie du corps, qui est depuis la <i>ceinture</i> jusqu'enhaut, ou depuis la <i>ceinture</i> jusqu'en-bas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture de la Reine , est un droit fort ancien qui se lève à Paris de trois ans en trois ans, qui étoit d'abord de trois deniers pour chaque muid de vin, &amp; de six deniers pour chacune queue. <i>Vectigal tertio quoque anno pendi solitum, ex vino domesticum Reginae subsidium.</i> Il étoit destiné à l'entretien de la maison de la Reine. On l'a depuis augmenté, &amp; on l'a étendu sur d'autres denrées, comme sur le charbon, &amp;c. On l'appelloit autrefois la <i>taille du pain &amp; du vin,</i> comme il se voit par les Registres de la Chambre des Comptes de l'an 1339.</p><p>Vigenère croit que le nom de ce tribut pourroit avoir été pris de ce qu'autrefois les <i>ceintures</i> servoient de bourses, desorte que <i>ceinture de la Reine</i> signifiât la même chose que bourse de la Reine, comme si ce tribut s'étoit levé pour la bourse de la Reine. Mais, ajoûte-t-il, il y a plus de deux mille ans qu'on levoit en Perse un pareil tribut, &amp; qui se nommoit de même nom, comme témoigne Platon dans l'Alcibiade, Cicéron après lui, &amp; Athénée au Liv. I. des Deipnosophistes ; ce qui n'empêche point que cette étymologie ne puisse avoir lieu. <i>Annot. sur Tite-Live, L. I. T. I. p.</i> 956.</p><p><i>Les Chrétiens de la ceinture.</i> Motavakkel, Xe Calife de la Maison des Abassides, obligea les Chrétiens &amp; les Juifs l'an 235. de l'égire, 856. de J. C. de porter une large <i>ceinture</i> de cuir, qu'ils portent encore en effet dans l'Orient. Depuis ce temps, les Chrétiens d'Asie, &amp; principalement ceux de Syrie &amp; de Mésopotamie, qui sont presque tous Nestoriens, ou Jacobites, s'appellent <i>Les Chrétiens de la ceinture.</i></p><p>L'Ordre de la Ceinture. Voyez au mot Cordelière. L'Ordre de la Cordelière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture , signifie quelquefois, Enceinte. <i>Ambitus, circuitus.</i> Une <i>ceinture</i> de muraille, de fossés. On le dit aussi du cordon de la muraille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7528" id="9" type="">
   <index type="head" value="CEINTURE" />
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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture , en termes d'Architecture , est un anneau, un orle, ou un liteau qui est au haut, &amp; au bas du fût de la colonne, qu'on appelle autrement <i>escape. Balteus.</i> On appelle aussi <i>ceinture</i> de la volute Ionique, ce qu'on appelle autrement <i>écharpe.</i></p><p>On appelle aussi <i>ceinture funèbre,</i> autrement, <i>litre,</i> une bande noire, que les Patrons des Eglises, ou les Seigneurs Haut-Justiciers ont droit de faire peindre dedans &amp; dehors les Eglises, &amp; de la charger du blason de leurs Armes pour honorer la mémoire des fondateurs dont ils sont descendus, ou dont ils ont les droits. <i>Taenia funebris.</i> C'est un droit honorifique.</p><p>On dit proverbialement, qu'une personne est toujours pendue à la <i>ceinture</i> d'une autre ; pour dire, qu'elle est toujours avec elle. On dit aussi, que bonne renommée vaut mieux que <i>ceinture</i> dorée ; pour dire, que l'estime qu'un homme s'est acquise dans le monde vaut mieux que les marques extérieures qu'il affecteroit pour faire paroître son mérite. Cela vient de ce qu'autrefois il n'étoit permis qu'aux honnêtes femmes de porter des <i>ceintures</i> dorées. Par arrêt du Parlement de Paris rendu en 1446. il fut défendu à toute femme de mauvaise vie de porter la <i>ceinture dorée.</i> D'autres disent que ce proverbe signifie, qu'il vaut mieux acquérir de la réputation dans les actions militaires, que de vivre dans la paix &amp; dans la robe, à cause que les gens de robe portoient des habits longs, &amp; étoient obligés d'avoir des <i>ceintures</i> ; au lieu que les gens de guerre portoient des cottes d'armes qui n'étoient pas ceintes, parce qu'elles étoient légères &amp; volantes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7528" id="10" type="">
   <index type="head" value="CEINTURE" />
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    <head>CEINTURE</head>
    <p>
    Ceinture , se dit encore de certains rangs de feuilles de refend de métal posées sur une astragale en manière de couronne, qui servent autant pour séparer sur une colonne torse, la partie canelée d'avec celle qui est ornée, que pour cacher les joints des jets d'une colonne de bronze, ou les tronçons d'une colonne de marbre. <i>Balteus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7529" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEINTURÉ, ÉE" />
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    <head>CEINTURÉ, ÉE</head>
    <p>
    &#9758; CEINTURÉ, ÉE , adj. Qui porte une ceinture ou une écharpe. Le Comte de Guiche étoit <i>ceinturé</i> comme son esprit. Madame de Sevigné. Ce mot est nouveau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7530" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="CEINTURETTE" />
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    <head>CEINTURETTE</head>
    <p>
    CEINTURETTE , s. f. Terme de chasse . Ce mot n'est en usage que pour signifier une petite bande de cuir qui entoure le cor de chasse. La <i>ceinturette</i> est large d'un doigt, &amp; ordinairement rouge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7531" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEINTURIER, IÈRE" />
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    <head>CEINTURIER, IÈRE</head>
    <p>
    CEINTURIER, IÈRE , s. m. &amp; f. Celui qui fait &amp; qui vend des ceintures &amp; des baudriers. <i>Zonarius.</i> On appelle à Paris ce corps d'Artisans, <i>Ceinturiers Baudroyers.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7532" id="1" type="">
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    <head>CEINTURON</head>
    <p>
    CEINTURON , s. m. Ceinture de cuir à laquelle on attache des pendans pour porter une épée. <i>Cingulum militare.</i> On ne porte présentement que des <i>ceinturons,</i> parce qu'ils coûtent moins, &amp; qu'ils sont moins embarrassans que les baudriers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7533" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEL" />
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    <head>CEL</head>
    <p>
    CEL , pronom masculin. On le disoit autrefois pour <i>ce. Hic.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7534" id="1" type="">
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    <head>CELA</head>
    <p>
    CELA . Pronom démonstratif &amp; indéclinable, qui se dit d'une chose qu'on montre, ou qu'on présente, &amp; qui n'a point de pluriel. <i>Haec res, ea res.</i> Regnier en parlant des Poëtes a dit,</p><p>Il a fait ceci &amp; <i>cela.</i> On dit ceci &amp; <i>cela</i> par la ville. <i>Cela</i> est d'un grand goût. <i>Cela</i> est de conséquence. Ôtez-moi <i>cela.</i> Ne me parlez point de <i>cela. Cela</i> est bon, se dit ironiquement pour se moquer de quelque chose. <i>Cela</i> vaut fait, &amp;c. Je vous ai vû que vous n'étiez pas plus grand que <i>cela.</i> Mol. c'est-à-dire, Petit, parce qu'alors la main de celui qui parle montre la petite taille qu'il veut désigner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7534" id="2" type="">
   <index type="head" value="CELA" />
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    <head>CELA</head>
    <p>
    Cela , se dit quelquefois pour signifier, Cet homme, mais dans le style simple &amp; bas. <i>Is, iste. Cela</i> ne fait que jouer. <i>Cela</i> ne fait que jurer. Vaug. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7535" id="1" type="">
   <index type="head" value="CELADON" />
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    <head>CELADON</head>
    <p>
    CELADON , subst. m. Couleur verte, blafarde, mêlée de blanc, ou qui tire sur le blanc. <i>Color thalassinus.</i> La peluche de cette anemone est <i>céladon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7535" id="2" type="">
   <index type="head" value="CELADON" />
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    <head>CELADON</head>
    <p>
    Celadon , est aussi un nom propre de Berger. On trouve souvent ce mot dans les Eglogues, &amp; les Idylles des Poëtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7536" id="1" type="">
   <index type="head" value="CELATE" />
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    <head>CELATE</head>
    <p>
    CELATE . Vieux mot, qui veut dire <i>salade, heaume, casque. Galea.</i> Borel croit que les casques ont été appellés <i>celates à caelatura,</i> à cause des figures d'animaux &amp; d'autres choses qu'on mettoit sur les casques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7537" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLÉBRANT" />
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    <head>CÉLÉBRANT</head>
    <p>
    CÉLÉBRANT , s. m. Prêtre, ou Prélat, qui dit la Messe, qui officie. <i>Rei sacrae minister.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7538" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLÉBRATION" />
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    <head>CÉLÉBRATION</head>
    <p>
    CÉLÉBRATION , s. f. Action qu'on fait avec cérémonie, &amp; solemnité. <i>Celebratio.</i> Il faut se tenir dans le respect pendant la <i>célébration</i> de la Messe. On délivre des certificats des <i>célébrations</i> des mariages. On dit aussi, la <i>célébration</i> d'un Concile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7539" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLÈBRE" />
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    <head>CÉLÈBRE</head>
    <p>
    CÉLÈBRE , adj. m. &amp; f. Qui est en réputation, qui est fameux. <i>Celeber, celebris.</i> Un Avocat, un Prédicateur <i>célèbre.</i> Une Histoire <i>célèbre.</i> Une Foire <i>célèbre,</i> bien fréquentée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7539" id="2" type="">
   <index type="head" value="CÉLÈBRE" />
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    <head>CÉLÈBRE</head>
    <p>
    Célèbre , se dit aussi de ce qui se fait avec cérémonie &amp; solemnité. On fit une <i>célèbre</i> fête au sacre, au mariage du Roi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7540" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLÉBRER" />
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    <head>CÉLÉBRER</head>
    <p>
    CÉLÉBRER , v. actif. Honorer quelqu'un par des louanges, par des mouvemens, fêtes, inscriptions, ou trophées qu'on fait à son honneur. <i>Celebrare.</i> Les Anciens ont <i>célébré</i> la gloire de leurs Héros par tous les moyens qu'ils ont pû imaginer. Alexandre envioit le bonheur d'Achille, qui avoit trouvé un excellent Poëte pour <i>célébrer</i> ses louanges. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7540" id="2" type="">
   <index type="head" value="CÉLÉBRER" />
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    <head>CÉLÉBRER</head>
    <p>
    Célébrer , signifie aussi, Solemniser. <i>Festa colere, diem festum agere.</i> Il faut <i>célébrer</i> les grandes fêtes avec plus d'éclat que les ordinaires. Les Païens <i>célébroient</i> les Jeux Olympiques tous les cinq ans. <i>Ludos celebrare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7540" id="3" type="">
   <index type="head" value="CÉLÉBRER" />
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    <head>CÉLÉBRER</head>
    <p>
    Célébrer , se dit plus ordinairement des cérémonies Ecclésiastiques ; &amp; on dit sur-tout, <i>Célébrer</i> la Messe, ou absolument <i>célébrer,</i> pour signifier, Dire la Messe. <i>Facere, rem divinam facere. Célébrer</i> la Messe, dans le VIIIe siècle, signifioit souvent y assister, &amp; se disoit des Laïques. Ainsi Sigebalde, Roi d'Westsex en Angleterre, dit dans une lettre à S. Boniface, qu'en <i>célébrant</i> la Messe il fait réciter son nom comme celui des Evêques d'Angleterre. C'est qu'en Latin, d'où cette expression est prise, <i>celebrare,</i> signifie, hanter, fréquenter, se trouver en quelque lieu, Ainsi dans les bons Auteurs <i>celebrare silvas, celebrare templa ; celebrare alicujus domum, potentum limina,</i> signifie, aller dans les forêts ; être assidu aux temples ; hanter la maison de quelqu'un ; fréquenter les Palais des Grands. Mais ce sens n'a point passé dans notre langue, ou n'est point venu jusqu'à nous. On dit pareillement, <i>célébrer</i> un Concile ; pour dire, Tenir le Concile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7540" id="4" type="">
   <index type="head" value="CÉLÉBRER" />
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    <head>CÉLÉBRER</head>
    <p>
    Célébrer , se dit encore du mariage qu'on fait en face de l'Eglise avec toutes les solemnités du Droit Civil &amp; Ecclésiastique. <i>Agere solemnem nuptiarum diem.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7540" id="5" type="">
   <index type="head" value="CÉLÉBRER" />
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    <head>CÉLÉBRER</head>
    <p>
    Célébré, ée , part. &amp; adj. <i>Celebratus.</i> Mariage <i>célébré</i> en face d'Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7541" id="1" type="">
   <index type="head" value="CELÉBRITÉ" />
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    <head>CELÉBRITÉ</head>
    <p>
    CELÉBRITÉ , s. f. Pompe, magnificence, solemnité, cérémonie qui rend une action célèbre. <i>Celebritas.</i> La <i>célébrité</i> des jeux. La <i>célébrité</i> des nôces. La <i>célébrité</i> des funérailles. <i>Ludorum, nuptiarum, funerum solemnia.</i> L'entrée des <pb n="917" facs="bpt6k8542165/f957/full/1200,/0/native.jpg"/>Légats se fait avec une grande <i>célébrité.</i> Il se dit aussi des personnes, &amp; alors il signifie, Nom, réputation. Il a toujours eu beaucoup de <i>célébrité.</i> La <i>célébrité</i> que donne l'Histoire à ceux qui ont cultivé la vertu, &amp; l'infamie dont elle note les scélérats, sont de puissans motifs pour inspirer l'amour de la vertu, &amp; l'horreur du vice. Boss.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7542" id="1" type="">
   <index type="head" value="CELÉEMENT" />
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    <head>CELÉEMENT</head>
    <p>
    CELÉEMENT , adv. Vieux mot, qui veut dire, en secret. <i>Clàm, secretò, celanter</i> Il vient de <i>celare, celer, cacher.</i> Cretion est un accroissement de ce qui vient <i>céléement.</i> Traduct. des Instit. de Justin. C'est-à-dire, sans qu'on s'en aperçoive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7543" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLEP" />
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    <head>CÉLEP</head>
    <p>
    CÉLEP , s. m. Liqueur, breuvage des Orientaux. Ils le trouvent délicieux. Il est sucré &amp; ambré. Les Turcs appellent cette liqueur, ou plutôt cette boisson <i>saleb.</i> On la boit chaude, &amp; la racine de satyrion en fait la base.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7544" id="1" type="">
   <index type="head" value="CELER" />
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    <head>CELER</head>
    <p>
    CELER , v. act. Tenir quelque chose cachée, &amp; secrète, dissimuler, taire. <i>Celare occultare, tegere.</i> Cet accusé a <i>celé</i> la vérité dans son interrogatoire. Un bon Capitaine doit <i>celer</i> ses desseins à tout le monde. La nature a bien des secrets qu'elle a <i>celés</i> aux hommes. La plus grande discrétion d'un Amant est de <i>celer</i> son bonheur.</p><p>La coutume des Perses est de <i>celer</i> le secret avec une fidélité merveilleuse. Vaug.</p><p>On dit aussi, qu'un homme se fait <i>celer,</i> quand il fait dire qu'il n'est pas chez lui, quoiqu'il y soit effectivement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7544" id="2" type="">
   <index type="head" value="CELER" />
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    <head>CELER</head>
    <p>
    Celé, ée , part. &amp; adj. <i>Celatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7545" id="1" type="">
   <index type="head" value="CELÈRES" />
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    <head>CELÈRES</head>
    <p>
    CELÈRES , s. m. &amp; plur. <i>Celeres.</i> Les <i>Célères</i> étoient un Corps ou Régiment de la Garde des Rois Romains, établi par Romulus, &amp; composé de trois cents jeunes gens, choisis parmi les plus illustres familles de Rome, approuvés par les suffrages des Curies du peuple dont chacune en fournissoit dix. Ils étoient toujours auprès de la personne du Roi, pour le garder &amp; pour recevoir ses ordres &amp; les exécuter. A la guerre ils étoient à l'avant-garde quand il falloit donner le combat qu'ils commençoient toujours les premiers ; &amp; dans la retraite ils faisoient l'arrière-garde. Quoique ce fut un corps de Cavalerie, ils mettoient pied à terre, &amp; combattoient à pied par-tout où la Cavalerie ne pouvoit agir. Leur Commandant s'appelloit Tribun des <i>Célères.</i> Ils faisoient trois Compagnies de cent maîtres chacune, qui avoient un Capitaine nommé Centurion. Leur Tribun étoit la seconde personne du Royaume. Plutarque dit, dans la vie de Numa, que ce Prince cassa le Régiment des <i>Célères</i> : si cela est vrai, il fut rétabli bientôt après, &amp; l'on en trouve encore sous les Rois suivans, témoin le fameux Brutus qui chassa les Tarquins, &amp; qui fut Tribun des <i>Célères.</i> Rosin. <i>Antiq. Rom. L. VII. c.</i> 4. Vigenère <i>sur</i> Tite-Live, <i>Tom. I. p.</i> 1027. 1028. 1373.</p><p>Ce nom vient de <i>Celer,</i> promt, vîte ; &amp; il leur fut donné ou à raison de leur promtitude à obéir au Roi, ou à cause que leur premier Chef s'appella <i>Celer,</i> ou d'un autre <i>Celer</i> compagnon de Romulus, qui lui fut d'un grand secours dans le combat contre Remus, &amp; qui tua ce Prince. On prétend que c'est eux que l'on nomma dans la suite <i>Trossule, Trossuli,</i> parce qu'ils prirent seuls la ville de <i>Trossulum</i> en Etrurie, sans le secours d'aucune infanterie, ou pour quelque autre raison qu'on ne sait pas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7546" id="1" type="">
   <index type="head" value="CELERI" />
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    <head>CELERI</head>
    <p>
    CELERI , s. m. C'est une espèce de persil qu'on cultive avec soin dans les jardins. Il est le même que celui qu'on appelle <i>persil de marais,</i> en Latin, <i>apium palustre, sive officinarum</i> ; mais par la culture il devient plus doux, &amp; de meilleur goût. On en mange les feuilles les plus tendres, &amp; la partie supérieure de la racine avec du poivre &amp; de l'huile. Ce mot nous est venu des Italiens, qui nomment cette plante <i>celeri,</i> ou <i>sceleri.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7547" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLERIN" />
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    <head>CÉLERIN</head>
    <p>
    CÉLERIN , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Celerinus.</i> Saint <i>Célerin,</i> Lecteur de l'Eglise de Carthage du temps de S. Cyprien, &amp; Confesseur de J. C. sous Dece, étoit d'une race très-illustre parmi les Chrétiens, &amp; ne doit pas être confondu avec un autre Confesseur <i>Célerin</i> qui étoit à Rome dans le temps de l'élection du Pape Corneille, &amp; se trouva engagé dans le parti de Novatien, qu'il quitta bientôt en se réunissant aux Catholiques.</p><p>Le peuple dit proverbialement d'un grand parleur, qui dit tout ce qu'il sait, &amp; ce qu'il devroit taire, que c'est un saint <i>Célerin.</i> C'est une froide équivoque, pour exprimer un homme qui ne cèle rien. Le peuple prononce <i>rin</i> ou <i>ren</i> pour <i>rien.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7548" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLERIN" />
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    <head>CÉLERIN</head>
    <p>
    CÉLERIN , s. m. Petit poîsson de mer, qui est une espèce de sardine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7549" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉLERINE" />
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    <head>CÉLERINE</head>
    <p>
    CÉLERINE , s. f. &amp; nom propre de femme. <i>Celerina,</i> Grand-mère de S. Célerin, Diacre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉLÉRITE</head>
    <p>
    CÉLÉRITE , s. f. Promtitude, diligence. <i>Celeritas.</i> C'est une affaire qui requiert <i>célérité,</i> qui dépérit. Il ne se dit guère qu'au Palais.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>celer</i>, qui vient du Grec , <i>curro.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉLESTE</head>
    <p>
    CÉLESTE , adj. m. &amp; f. Qui tient quelque chose du ciel, qui est de la nature du ciel, qui représente le ciel, qui vient du ciel. <i>Coelestis.</i> Les corps <i>célestes</i> sont incorruptibles. Les influences <i>célestes</i> agissent sur les corps sublunaires. Aristote a admis des intelligences <i>célestes</i> qui faisoient mouvoir les astres. Les Cosmographes des globes <i>célestes</i> &amp; terrestres. Les Poëtes appellent les astres, les <i>célestes</i> flambeaux. Notre ame a une origine <i>céleste.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉLESTE</head>
    <p>
    Harmonie céleste , est une harmonie que quelques Philosophes se sont imaginés être produite par les astres, &amp; par leurs mouvemens, &amp; que notre éloignement nous empêchoit d'entendre ; comme Platon, Philon Juif, S. Augustin, S. Ambroise, S. Isidore, Boëce, &amp; plusieurs autres. Ils disent que le mouvement &amp; l'impulsion des globes <i>célestes,</i> qui se poussent par des intervalles dissemblables, forment des tons dont la variété est tout-à-fait musicale. Il est impossible, selon eux, que des corps si spacieux gardent le silence, en fournissant leur carrière avec tant de rapidité. L'air frappé par la force de leur impulsion, rend nécessairement un bruit proportionné à la violence qu'il a soufferte. Ainsi comme la sphère <i>céleste</i> est mue avec une grande justesse par la main toute puissante qui y préside, &amp; que tous les globes ne font pas tous le même circuit, &amp; ne roulent pas avec la même vîtesse, les tons différens que produit la différence de leurs mouvemens, forment un concert admirable. Mais cette opinion a été réfutée par S. Irénée, &amp; ensuite par S. Basile &amp; S. Epiphane.</p><p>En Astrologie on appelle <i>thème,</i> ou <i>figure céleste,</i> la disposition du ciel à certain moment désigné, comme la naissance d'un enfant, quelque accident signalé de sa vie, de ses actions : &amp; c'est ce qu'on appelle autrement <i>horoscope.</i></p><p>On appelle aussi <i>la gloire céleste,</i> la béatitude éternelle : les <i>Esprits célestes,</i> les Anges &amp; les Saints qui en jouissent : <i>les inspirations célestes,</i> les graces qui nous viennent du Ciel.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉLESTE</head>
    <p>
    Céleste , se dit aussi de tout ce qui est parfait &amp; excellent, &amp; qui vient apparemment de la grace du Ciel. C'est une beauté <i>céleste,</i> un esprit <i>céleste.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉLESTE</head>
    <p>
    Bleu céleste , est un bleu qui est de la couleur du ciel serein. Or ce bleu du ciel vient du grand éloignement où il est de nos yeux, à cause que la lumière se perd dans cette vaste étendue.</p><p>On appelle à Paris des <i>Soeurs Célestes,</i> les Religieuses de l'Annonciade, à cause qu'elles sont en partie habillées de bleu. <i>Moniales annunciatae Virginis ab habitu coelestis coloris, Coelestes appellatae ; Coelestes sorores, Virgines.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉLESTE</head>
    <p>
    CÉLESTE , s. f. <i>Coelestis.</i> C'étoit une Déesse honorée à Carthage. Tertullien dans son <i>Apologétique,</i> &amp; Philastrius, disent que c'étoit une Déesse d'Afrique. Le dernier, que c'est celle qu'on appelloit ailleurs Reine &amp; Fortune du Ciel. Baronius, qui parle fort au long de cette Déesse sur l'an 399. de J. C. croit que c'étoit l'Astarthe des Sidoniens, qu'on appelloit la Reine du Ciel. En 399. les Chrétiens de Carthage changerent le temple de <i>Céleste</i> <pb n="918" facs="bpt6k8542165/f958/full/1200,/0/native.jpg"/>en Eglise. On la représentoit portée sur un Lion ; &amp; si l'on en croit Capitolin dans la vie de Pertinax elle rendoit des Oracles dans ce Temple. Lucien, Apulée, Hérodien &amp; plusieurs autres témoignent que l'idole de <i>Céleste</i> portoit les noms de toutes les principales Divinités du monde, c'est-à-dire, comme parle S. Ambroise <i>adv. Symmach,</i> que cette Déesse étoit honorée par différens peuples, &amp; en différens endroits sous différens noms. Vers l'an 341. l'Empereur Constantius fit ruiner à Carthage le temple de <i>Céleste.</i> Héliogabale fit apporter de Carthage l'idole de <i>Céleste,</i> que toute l'Afrique révéroit extrêmement. On prétendoit que c'étoit la Lune : c'est pourquoi Héliogabale disoit qu'il la vouloit marier avec son Dieu, qu'on prétendoit être le Soleil. Il en fit célébrer les nôces à Rome, &amp; dans toute l'Italie, &amp; obligea tous les sujets de l'Empire à lui faire des présens de nôces, comme il avoit fait apporter de Carthage toutes les richesses du temple de <i>Céleste</i> pour avoir de quoi la parer. De Tillem.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7553" id="1" type="fleuriste">
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    <head>CÉLESTE</head>
    <p>
    CÉLESTE , s. m. Terme de Fleuriste . C'est une tulipe gris lavandé avec un peu de rouge &amp; blanc de lait. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7554" id="1" type="">
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    <head>CÉLESTIEL, ELLE</head>
    <p>
    CÉLESTIEL, ELLE , adject. <i>Coelestis.</i> C'est la même chose que <i>céleste.</i> Ce mot est hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7555" id="1" type="">
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    <head>CÉLESTIN</head>
    <p>
    CÉLESTIN , s. m. Nom propre d'homme. <i>Coelestinus. Célestin,</i> Historien du temps de Valérien &amp; de Gallien. Cinq Papes ont porté le nom de <i>Célestin.</i> Les <i>Célestins</i> dans Pline Liv. III. chap. 14. sont des peuples de l'Ombrie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7556" id="1" type="">
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    <head>CÉLESTIN</head>
    <p>
    CÉLESTIN , s. m. est un Ordre de Religieux réformés de l'Ordre de saint Bernard, par le Pape Célestin V. en l'an 1244. <i>Coelestini.</i></p><p>Les <i>Célestins</i> établis en 1244. par Pierre de Mourrhon, ou de Morron d'Isernia au Royaume de Naples, qui fut depuis <i>Célestin</i> V. furent approuvés en 1264. par Urbain IV. &amp; confirmés par Grégoire X. en 1274. dans le II. Concile général de Lyon. Philippe le Bel en fit demander douze au Général de l'Ordre par Pierre de Sorre son Ambassadeur à Naples, &amp; les introduisit en France en 1300. leur donnant d'abord deux monastères, celui d'Ambert dans la forêt d'Orléans, &amp; celui du Mont de Chatres dans la forêt de Compiegne.</p><p>On dit dans le style bas &amp; familier par une manière de proverbe : <i>Voilà un plaisant Célestin</i> ; pour dire, voilà un impertinent, un ridicule, un sot. Cependant si l'on avoit égard à l'origine de cette façon de parler, elle devroit signifier un homme gai, plaisant, divertissant : voici son origine. Autrefois à Rouen, capitale de Normandie, les <i>Célestins</i> n'étoient exemts de payer l'entrée de leur boisson, qu'à condition qu'un de leurs Frères marcheroit à la tête de la première des charrettes, sur lesquelles on conduisoit cette boisson, &amp; sauteroit d'un air gai, en passant auprès de la maison du Gouverneur de la ville. Un jour un de leurs Frères ayant paru devant les charrettes plus gaillard que ceux qu'on avoit vûs jusques alors, le Gouverneur ne put s'empêcher de dire : <i>voilà un plaisant Célestin.</i></p><p>On dit <i>à la Célestine</i> ; pour dire, à la manière des <i>Célestins</i> ; &amp; ces façons de parler sont assez communes. Une omelette <i>à la célestine.</i> Elles sont fort épaisses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7557" id="1" type="fleuriste">
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    <head>CÉLESTINE</head>
    <p>
    CÉLESTINE , s. f. Terme de Fleuriste . Anémone à peluche, qui a les grandes feuilles blanches, sa peluche blanche, mêlée de citron, qui blanchit sur la fin. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7558" id="1" type="medecine">
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    <head>CELIAQUE</head>
    <p>
    CELIAQUE , s. f. Terme de Médecine . C'est une espèce de flux de ventre, dans lequel les alimens ne sortent pas tout cruds comme dans la lienterie, mais à demi digérés ; de sorte que ces deux maladies ne diffèrent entre elles que du plus au moins. Il arrive souvent aussi que les alimens sont digérés ; mais le chyle demeure confondu avec les excrémens. Les causes de la <i>céliaque,</i> sont ou la foiblesse du levain de l'estomac ; ou le peu de séjour que les alimens y font ; ou l'obstruction des veines lactées, ou bien le défaut d'acreté de la bile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7558" id="2" type="">
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    <head>CELIAQUE</head>
    <p>
    Céliaque , se dit aussi d'une artère du bas ventre, qui vient de l'aorte : l'artère <i>céliaque</i> se divise en deux, la droite va au foie, &amp; la gauche à la rate.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>venter,</i> , un homme sujet à ces sortes d'incommodités.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7559" id="1" type="">
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    <head>CÉLIBAT</head>
    <p>
    CÉLIBAT , s. m. Etat d'un homme qui vit hors du mariage. <i>Vita coelebs, vulgò coelibatus.</i> La dure loi du <i>célibat</i> a trouvé de grandes résistances pour s'établir : le coeur ne s'y opposoit pas moins que l'esprit. S. Evr. Les éloges que Tertullien a donnés à la chasteté firent trouver une plus grande perfection, &amp; une plus grande pureté dans le <i>célibat.</i> Id. Dans le premier Concile de Nicée, Paphnuce s'opposa hautement à la loi que l'on y vouloit faire, pour obliger les Evêques &amp; les Prêtres à garder le <i>célibat.</i> Du Pin. Cependant les grands applaudissemens qu'on donna au <i>célibat,</i> &amp; les fortes raisons de ses partisans ne laisserent pas de faire impression. Id. &amp; il fut ordonné à tous les Ministres sacrés, sans exception, de garder le <i>célibat.</i> Dans l'Occident les Conciles d'Elvire, d'Arles, d'Agde, de Tours, &amp;c. ont reçû ce Decret, ou l'ont confirmé. Tant d'autorités font voir que la loi qui ordonne le <i>célibat</i> est sage. Les Prêtres qui se piquoient d'une sainteté plus exacte garderent le <i>célibat,</i> ensorte qu'à la fin du IVe siècle, &amp; depuis le Decret du Pape Sirice en 385. il y en avoit peu qui fussent mariés. Le Concile d'Orange en 441. ordonna la déposition de ceux qui ne s'abstenoient pas de leurs femmes. Grégoire VII. acheva presque de réduire les Ecclésiastiques à la loi du <i>célibat.</i> Dans le XIIe siècle le Pape Célestin envoya ses Légats en Bohème pour soumettre les Ecclésiastiques au <i>célibat.</i> Ils refuserent d'y consentir, &amp; répondirent qu'ils ne souffriroient point <i>un joug que ni eux, ni leurs pères, n'avoient pû porter :</i> on les contraignit. Au Concile de Trente on proposa de rendre aux Ecclésiastiques la liberté du mariage, &amp; de les délivrer de la contrainte du <i>célibat,</i> c'étoit même un article de l'<i>Interim</i> de Charle-Quint. Mais le Pape refusa d'y consentir : &amp; tous les Ecclésiastiques sont obligés de garder inviolablement le <i>célibat,</i> comme un état plus pur, &amp; plus convenable à la sainteté de leur profession. S. Evr. Les Hérétiques ont parlé contre le <i>célibat</i> d'une manière si grossière, qu'elle est capable de faire rougir même les libertins.</p><p>M. Ferrand, dans sa <i>Réponse à l'Apologie pour la réformation,</i> montre que les Prêtres, les Diacres, &amp; même les Soudiacres, ont toujours été en obligation de garder le <i>célibat</i> ; que dans l'Eglise Gallicane, aux temps de saint Loup &amp; du I. Concile de Mâcon, on obligeoit les Acolythes &amp; les Exorcistes à la continence comme les Ordres supérieurs. L'Historien Socrate, Liv. V. ch. 22. dit qu'en Thessalie on excommunioit un Clerc s'il habitoit avec sa femme, quoiqu'il l'eût épousée avant son ordination, &amp; que la même coutume s'observoit en Macédoine &amp; en Grèce ; qu'en Orient tous observoient volontairement cette règle. S. Jérôme, plus ancien que Socrate, dit que les Eglises d'Orient, d'Egypte, &amp; du S. Siége Apostolique, c'est-à-dire, les trois Grands Patriarchats, &amp; presque toutes les Eglises du monde qui leur étoient soumises, prenoient pour Clercs des Vierges, ou des continents ; ou que, s'ils avoient des femmes, ils cessoient d'être leurs maris. S. Epiphane avant S. Jérôme, quoique du même siècle, dit qu'un homme qui a été marié, ne l'eût-il été qu'une fois, n'est point reçu pour être Diacre, Prêtre, Evêque, ou Soudiacre du vivant de sa femme, s'il ne s'en abstient ; que s'il se pratique quelque chose de contraire en quelques endroits, cela est contraire à la règle de l'Eglise, quoique toléré par condescendance pour la foiblesse humaine. Ce qui montre qu'il y avoit une ancienne règle ou Canon qui ordonnoit le <i>celibat</i> aux Clercs. Le Président Savaron, dans ses <i>Origines de la ville de Clermont en Auvergne,</i> pag. 46. remarque que le <i>célibat</i> étoit gardé par les Evêques dans le IIIe siècle. Voyez le traité de Ratramne contre les Grecs Liv. IV. ch. 6. où il répond aux accusations des Grecs par rapport au <i>célibat</i> des Clercs.</p><p>Scaliger tire ce mot du Grec , qui signifie <i>lit,</i> &amp; , qui signifie <i>linquo,</i> Celui qui abandonne le lit nuptial, ou qui n'en a jamais voulu. D'autres disent que le mot de <i>célibat</i> vient de <i>Coeli beatitudo.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELIBATAIRE</head>
    <p>
    &#9758; CELIBATAIRE , s. m. Homme qui garde le célibat. L'Auteur de l'Histoire de Paris, dans son Glossaire des vieux mots, met celui-ci, &amp; ne cite néanmoins qu'un Procès verbal fait par Mr l'Abbé le Gendre au Collége de Rheims, où il ordonne qu'il n'y aura que des <i>célibataires</i> logés.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CÉLICOLE" />
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    <head>CÉLICOLE</head>
    <p>
    CÉLICOLE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. <i>Coelicola.</i> Les <i>Célicoles,</i> <pb n="919" facs="bpt6k8542165/f959/full/1200,/0/native.jpg"/>ou Adorateurs du Ciel, professoient une hérésie qui tenoit, à ce que l'on croit, du Judaïsme, &amp; du Paganisme. Ils pervertissoient le Baptême, comme les Donatistes ; &amp; il s'en trouvoit principalement en Afrique. Honorius fit ou confirma beaucoup de loix contre eux l'an 408. que l'on voit dans le Code Théodosien sous le titre des Juifs ; c'est ce qui fait croire qu'ils judaisoient au moins en quelque chose. Quelques Auteurs en concluent que c'étoient des Apostats, qui de la Religion Chrétienne étoient passés dans le Judaisme. Ils appelloient leurs Supérieurs <i>Majeurs.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7562" id="1" type="fleuriste">
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    <head>CELIDEE</head>
    <p>
    CELIDEE , s. f. Terme de Fleuriste , Anemone à peluche, qui porte des grandes feuilles blanches mêlées d'incarnat, sa peluche céladon, mêlé de couleur de rose. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELIGNE</head>
    <p>
    CELIGNE , s. f. &amp; nom propre de femme. <i>Coelinia,</i> ou <i>Cilinia. Celinie,</i> que le peuple nomme Sainte <i>Céligne,</i> étoit de la ville de Meaux. Baillet. Elle étoit contemporaine de Sainte Géneviève, sous la conduite de laquelle elle consacra à Dieu sa virginité. Il y a une autre Sainte <i>Céligne</i> veuve, honorée à Laon &amp; à Rheims.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLE</head>
    <p>
    CELLE , pronom fém. Voyez <ref type="search" target="head:CELUI">CELUI</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLE</head>
    <p>
    CELLE , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois une petite maison, chambre ou retraite d'un Moine, d'un Hermite. <i>Cella, cellula.</i> Il n'est plus en usage qu'en ses composés. L'Abbaye de Montier la <i>Celle.</i> On l'a dit originairement de la maison où demeuroient des personnes de servile condition ou francs, ou bien des enfans qu'on y laissoit pour aller commodément à l'école.</p><p>Quelques Auteurs dérivent ce mot de l'Hébreu , qui veut dire un <i>lieu où l'on enferme quelque chose, une prison.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLÉRAGE</head>
    <p>
    CELLÉRAGE , s. m. Droit seigneurial qui se prend quand le vin est mis au cellier. <i>Cellarium vectigal.</i> En quelques endroits on l'appelle <i>Droit de chantelage,</i> quand on le met sur le chantier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLÉRERIE</head>
    <p>
    CELLÉRERIE , s. f. Titre, ou bénéfice de l'Officier claustral qui est Cellérier. <i>Cellarii Praefectura.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLÉRIER, IÈRE</head>
    <p>
    CELLÉRIER, IÈRE , s. m. &amp; f. On prononce <i>Célérié,</i> &amp; quelques-uns écrivent <i>célérier</i> avec une seule <i>l,</i> mais c'est contre l'étymologie. Oeconome d'un Monastère ; Office claustral chez les Moines, qu'exerce celui qui a soin des provisions, &amp; de la nourriture du Couvent. <i>Cellarius, cellario praefectus. Cellerarius, Cellararius.</i></p><p>On dit aussi <i>Cellérière</i> dans les Maisons de Religieuses. <i>Cellaria, custos penicellis &amp; peno praefecta.</i> Dans la Règle de sainte Césaire, écrite au VIe siècle par son frère l'Evêque S. Césaire, la <i>Cellérière</i> est appellée <i>Cavenaria,</i> &amp; <i>Celleraria.</i></p><p>Ce mot est tiré du Droit Romain. <i>Cellerarius</i> dans le Digeste est celui qui étoit préposé à l'examen des comptes. Ulpien le définit, <i>Cellerarius, id est, ideo praepositus ut rationes salvae sint.</i> Voyez sur l'office de <i>Cellérier</i> la règle de Saint Benoît, &amp; les constitutions des différentes Congrégations qui suivent cette règle.</p><p>Les Anciens donnoient ce nom à ceux à qui ils commettoient le soin de leurs affaires domestiques. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui dans les grandes maisons, Intendant. Les Prélats &amp; les Monastères l'affecterent pour le donner à leurs Procureurs &amp; à leurs Agents. L'Auteur de la vie de S. Césaire, dit que ce grand personnage fut <i>Cellérier,</i> c'est-à-dire, Procureur de Luxeul, <i>Cellerarius, id est, Procurator fuit Lexoviensis Monasterii.</i> Philippe de Savoye, quoiqu'il fût d'une naissance si illustre, étoit <i>Cellérier</i> de l'Archevêque de Vienne l'an 1243. Chorier. <i>Hist. de Dauph. Liv. XI. pag.</i> 264. Le <i>Célérier, Cellerarius, Cellarius,</i> étoit proprement l'Officier qui a soin des provisions de bouche. <i>Qui cellae vinariae &amp; escariae praeest.</i> Les anciens fonctions du <i>Cellérier</i> ont rapport à cette origine. Ils ne se mêloit d'abord que de faire recueillir les grains du Seigneur, &amp; de les serrer dans les greniers ; &amp; ses droits consistoient en une certaine quantité de grains prise sur ceux qui se recueilloient pour le Seigneur ; de plus en un habit avec sa fourrure. Le soin de faire porter la récolte du Seigneur dans le grenier étoit commun à cet Officier, &amp; à celui qu'on nommoit Baile. Aussi la part qu'il devoit prendre sur la recette étoit réglée sur le même pied. L'un &amp; l'autre, suivant les titres qui nous restent, avoient un treizième du total. Ainsi les offices de <i>Célérier,</i> de Mistral &amp; de Baile, n'étoient distingués que par le nom, &amp; nullement par les fonctions. On peut remarquer toutefois une différence considérable entre cet Office, &amp; celui de Mistral, c'est que le <i>Cellérier</i> faisoit la recette des revenus du Seigneur dans toute l'étendue de la Terre par préférence même au Châtelain. Valbonnet. On peut voir dans cet Auteur plus de détail sur cet Office, <i>Mémoir. pour l'Histoire de Dauphin. Disc. V. chap.</i> 5.</p><p>L'Office de <i>Cellérier</i> étoit plus ordinaire dans le Viennois, dans la Baronie de la Tour, &amp; dans les terres que les Dauphins avoient au-delà du Rhône, que dans les autres parties du Dauphiné. On n'en trouve presque point dans l'Ambrunois, ni dans le Briançonois. Dans tout le Gapençois il n'en paroît qu'un à Upaix. Dans le Graisivodan outre les <i>Cellériers</i> d'Avalon, de Cornillon, &amp; de Moirans, il y en avoit un à Grenoble. Dans le Viennois, outre ceux de S. Donat, de Cremieu, de Bourgoin, de Quirieux, de la Tour du Pin, il s'en trouve un pour toute la Baronie de la Tour, qui avoit sous sa charge les Châtelains &amp; les autres <i>Cellériers</i> de la terre. Enfin, dans les terres situées en Bresse &amp; en Bugey dépendantes des Dauphins, il y avoit presque en toutes des <i>Cellériers.</i> Valbonnet.</p><p>On trouve fort peu d'inféodations de ces Offices : il n'en paroît qu'à Avalon &amp; à S. Donat. Idem.</p><p>Le <i>Cellérier,</i> dit Pierre de S. Julien dans son <i>Origine des Bourguignons,</i> a aussi été un Office dans les Chapitres. C'étoit celui qui avoit soin des affaires temporelles, &amp; de faire distribuer aux Chanoines le pain, le vin &amp; l'argent, à raison de leur assistance au Choeur. On l'a nommé en différens lieux <i>Cellérier,</i> Boursier, ou Courrier, dit le même Auteur. Voyez <ref type="search" target="head:Courrier">Courrier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLES</head>
    <p>
    CELLES . Ville de Berry sur la rivière de Cher à trois lieues de Remorantin. <i>Cellae.</i> Il y a à Celles une Abbaye célèbre, fondée par S. Euspice Moine de Micy près d'Orléans, qui mourut en 542. Les habitans de <i>Celles</i> ont été affranchis par Robert de Courtenay, sieur de Mehun &amp; de <i>Celles.</i> Il y a à <i>Celles</i> un Grenier à sel, un Couvent d'Ursulines, un Hôpital des Frères de la Charité, &amp; à une des extrémités de la ville un très-beau Château sur le Cher, bâti par Philippe de Béthune, qui fut Ambassadeur à Rome, au commencement du dernier siècle. Voyez la Thaumassière <i>Hist. de Berry</i> L. IX. ch. 40.</p><p>
    </p>
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    <head>CELLIER</head>
    <p>
    CELLIER , s. m. Lieu où on serre les provisions d'une maison, le vin, le bois, le lard, &amp;c. Il diffère de la <i>cave,</i> en ce qu'il est moins profond ; il est quelquefois souterrain, ou fort peu au-dessous du rez de chaussée. On prononce <i>celié.</i></p><p>C'est de ce mot qu'est venu <i>celle,</i> ou <i>cellule,</i> qui se dit d'une habitation de Moine attenant une Abbaye, ou qui étoit de sa dépendance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLITE</head>
    <p>
    CELLITE , s. m. Nom d'un Ordre Religieux. <i>Cellita.</i> Les <i>Cellites</i> ont été fondés par Alexius Romain, &amp; en Italie ils sont appellés de son nom Alexiens ; mais en Allemagne &amp; dans les Pays-Bas, où ils ont des maisons, on les nomme <i>Cellites,</i> c'est-à-dire, Gens à cellules, de <i>Cella.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLULE</head>
    <p>
    CELLULE , s. f. Petite chambre, ou maison, où loge un Religieux. <i>Cella, cellula.</i> Ce dortoir est divisé en tant de <i>cellules,</i> ou chambres. Les Chartreux ont chacun une maison séparée qui leur sert de <i>cellule.</i> La sale où on tient le Conclave est divisée par des cloisons en plusieurs <i>cellules</i> pour loger les Cardinaux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLULE</head>
    <p>
    Cellule , se dit de plusieurs petites séparations ou quarrés qui se font dans les boêtes, dans des casses d'Imprimerie, pour y garder plusieurs choses sans confusion. L'art de Raymond Lulle consiste en la distribution des sujets en plusieurs <i>cellules,</i> en l'évacuation des <i>cellules.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELLULE</head>
    <p>
    Cellules , se dit aussi des petites divisions qui se trouvent dans les ruches des mouches à miel, où elles se retirent, qui sont toutes admirablement compassées &amp; égales, &amp; de figure hexagone. Les abeilles distribuent le miel dans leurs <i>cellules.</i> Ablanc.</p><p>On dit aussi, que le cerveau a plusieurs <i>cellules,</i> ou plusieurs petites cavités séparées. On le dit aussi de plusieurs autres parties du corps.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELORS</head>
    <p>
    CELORS , s. m. Nom d'une ancienne mesure en usage dans la Bourgogne. Bien est vrai que les Anciens usoient de <i>Celors,</i> qui étoit une mesure de laquelle les 26. faisoient un bouillon, comme dit un titre de l'an 1238. fait par <pb n="920" facs="bpt6k8542165/f960/full/1200,/0/native.jpg"/>Gérard de Tirreguerre, qui donne à Estienne de Vauxgrigneux, aujourd'hui Vaugrenans. Gollut, <i>Mémoir. des Bourguignons Liv. II. ch.</i> 33.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7574" id="1" type="">
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    <head>CELTE</head>
    <p>
    CELTE , s. m. <i>Celta.</i> Les <i>Celtes</i> étoient un peuple de l'ancienne Gaule, que César partage en trois nations ; les Celtes, les Aquitains &amp; les Belges. Les <i>Celtes</i> occupoient tout ce qui s'étend entre la Garonne, la Seine, &amp; la Marne, séparés des Aquitains par la Garonne, &amp; des Belges par les deux autres fleuves. César dit que <i>Celte</i> étoit un nom de la langue de ces peuples, &amp; que les Romains les nommoient Gaulois. Appien dit qu'une opinion fort commune étoit qu'ils se nommoient ainsi de <i>Celte</i> fils de Polyphème &amp; de Galathée ; d'autres tiennent que ce fut d'un Roi des Gaulois qui portoit ce nom. Bochart, dans son <i>Phaleg,</i> Liv. III. ch. 6. pag. 186. &amp; suiv. prétend qu'ils furent ainsi nommés parce qu'ils avoient communément les cheveux blonds. Il montre par plusieurs témoignages de l'Antiquité qu'ils avoient en effet les cheveux blonds, &amp; qu'ils ont été appellés , &amp;c. c'est-à-dire, Gens à cheveux blonds, nations blondes. Cela étant certain, il croit que ce mot vient de , <i>Chalta,</i> ou <i>Chelta,</i> qui, dans le Thalmud au Traité Nidda, signifie du safran, &amp; qu'ainsi <i>Celte</i> est la même chose que , <i>flavus,</i> blond. Bodin, dans sa Méthode ch. 9. croit que <i>Celtes</i> est la même chose que , de , <i>equus desultorius,</i> parce qu'ils montoient des chevaux sans selle &amp; sans les atteler à un char. Lazius dit que <i>Celtes</i> est fait de Galate par contraction. Strabon dit que les <i>Celtes</i> fûrent ainsi appellés à cause de leur noblesse, soit parce qu'ils avoient la principale autorité dans les Gaules, soit parce qu'ils étoient plus forts &amp; plus vaillants. Quelques Modernes pour soutenir ce sentiment, disent qu'encore aujourd'hui Gelten a cette signification en Allemand ; qu'en Flamand Gelte-baors signifie un poisson excellent, &amp; <i>Gildos,</i> un boeuf fort &amp; vigoureux ; que ce sont autant de vestiges de l'ancienne signification de ce nom.</p><p>Dadin de Hauteserre, <i>Rer. Aquitan. L. I. C.</i> 1. montre que tous les Gaulois ont été appellés <i>Celtes</i> ; &amp; le P. Pezron a fait un Traité de l'Antiquité, &amp; de la langue des <i>Celtes,</i> où il prouve qu'ils étoient de la postérité de Gomer, fils aîné de Japhet. Depuis le P. Pezron, deux Auteurs nous ont appris bien des choses curieuses &amp; intéressantes sur les <i>Celtes</i> ; Mr de S. Aubin dans ses <i>Antiquités de la Nation &amp; de la Monarchie Françoise ;</i> &amp; Mr Pelloutier dans son <i>Histoire des Celtes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELTIBERE</head>
    <p>
    CELTIBERE , s. m. &amp; f. Ancien peuple d'Espagne qui possédoit une partie de l'Arragon &amp; de la Castille. <i>Celtiberus, a.</i> Les <i>Celtibères</i> étoient des Celtes, qui étant passés de Gaule en Espagne, &amp; s'étant arrêtés &amp; fixés le long de l'Ebre, <i>Iberus</i> en Latin, furent appellés <i>Celtibères,</i> comme qui diroit des Celtes de l'Ebre, c'est-à-dire, habitans sur les bords de l'Ebre. Les <i>Celtibères</i> étoient les plus vaillans hommes d'Espagne. Florus les appelle <i>Robur Hispaniae,</i> la force de l'Espagne, &amp; Diodore de Sicile, L. VI. Strabon, L. IV. Pline, L. III. C. 1. Florus, L. II. C. 17. disent qu'ils résisterent long-temps avec un courage incroyable aux Cartaginois &amp; aux Romains. On dit aussi <i>Celtibérien, Celtibérienne.</i> Voyez Vigenère sur César, &amp; Cordemoy, <i>Histoire de France,</i> Tom. I. p. 11.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELTIBÉRIE</head>
    <p>
    CELTIBÉRIE , s. f. Pays des Celtibères. <i>Celtiberia.</i> C'est l'Arragon. Vigenere.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7577" id="1" type="">
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    <head>CELTIBÉRIEN, ENNE</head>
    <p>
    CELTIBÉRIEN, ENNE . Voyez <ref type="search" target="head:CELTIBÈRE">CELTIBÈRE</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7578" id="1" type="">
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    <head>CELTIQUE</head>
    <p>
    CELTIQUE , s. m. &amp; f. Peuple d'Espagne. <i>Celticus.</i> Les <i>Celtiques</i> étoient une Colonie de Celtes, ou de Celtibères, qui pénétrerent jusques sur la côte Occidentale d'Espagne, où ils s'établirent depuis le Dourou jusques au promontoire ou cap appellé Promontoire <i>Celtique,</i> qui étoit apparemment le cap de Finisterre. Voyez Mela, L. III. c. 1. &amp; Strabon, L. III.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELTIQUE</head>
    <p>
    CELTIQUE , adj. m. &amp; f. Qui appartient aux Celtes. <i>Celticus.</i> La Gaule <i>Celtique,</i> c'est la partie de la Gaule qu'occupoient les Celtes. Bellovèse &amp; Segovèse, neveux d'Ambigat, Prince Biturige, Roi des Celtes, conduisirent des Colonies <i>Celtiques</i> en Allemagne &amp; en Italie sous le règne du vieux Tarquin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELUI, CELLE</head>
    <p>
    CELUI, CELLE , au pluriel <i>Ceux</i> &amp; <i>Celles, Celui-ci, Celle-là,</i> sont des pronoms démonstratifs, qui signifient la même chose que <i>Ce. Ille, illa ; Is, ea.</i> Ce pronom est de toutes les personnes, comme on parle en Grammaire, &amp; l'on dit fort bien. Je suis <i>celui</i> qui, &amp;c. Vous êtes <i>celui,</i> Il est <i>celui</i> ; ou avec un nom propre, César est <i>celui</i> qui, &amp;c. Ceux qui disent qu'on ne met pas bien <i>celui</i> après un adjectif, se trompent : on trouve cette construction dans les ouvrages les mieux écrits en notre langue. Heureux <i>ceux</i> dont les iniquités sont pardonnées P. Lall. <i>Jés.</i> Heureux <i>celui</i> que sa compassion rend attentif aux besoins du pauvre. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELUI-LA, CELLE-LA</head>
    <p>
    CELUI-LA, CELLE-LA . Autre pronom démonstratif. <i>Ille, Illa. Is, ea.</i> C'est <i>celui-la</i> qui l'a tué. C'est <i>celle-là</i> qui me captive. Mais il ne faut jamais joindre la particule <i>là</i> avec le pronom démonstratif <i>celui</i> ou <i>celle,</i> quand il est immédiatement suivi du pronom relatif <i>qui,</i> ou <i>lequel</i> : comme <i>ceux-là qui</i> aiment Dieu. Voiture n'est point à imiter dans cette construction.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CELUI-LA, CELUI-CI</head>
    <p>
    CELUI-LA, CELUI-CI . Pronoms distributifs. Ils répondent aux pronoms Latins distributifs. <i>Ille,</i> &amp; <i>hic,</i> dont l'usage est de désigner, de signifier l'une des deux choses ou des deux personnes dont on vient de parler, &amp; dont on ne veut pas répéter le nom : <i>celui-là, Ille,</i> sert à désigner la première dont il a été parlé, &amp; <i>celui-ci, hic,</i> désigne la dernière. Les femmes ne s'accommodent point de cette expression ; elles se brouillent dans l'usage de ces deux mots <i>celui-ci, celui-là</i> ; mais les gens de lettres les trouvent fort commodes, &amp; s'en servent pour éviter la répétition du nom propre, ou de longues phrases qui font languir le discours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7583" id="1" type="">
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    <head>CELVULF</head>
    <p>
    CELVULF , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Ceolvulfus.</i> S. <i>Celvulf</i> quitta le Royaume de Northumberland pour se faire Moine. Ce fut à lui que Bede dédia son <i>Histoire d'Angleterre.</i> Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Chastelain au 15e de Janvier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7584" id="1" type="">
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    <head>CEMBEL</head>
    <p>
    CEMBEL , s. m. Ce mot se trouve dans nos vieux Auteurs, &amp; signifie deux choses. 1°, Une danse de campagne sous les arbres, sous l'ormeau, ou comme on disoit, sous l'<i>ormel.</i> 2°, Un Tournois, une assemblée de Chevaliers. Ce mot, dit Borel, pourroit venir de <i>cymbalum,</i> puisqu'on appelle encore en Languedoc une sonnette, un <i>cimboul.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7585" id="1" type="chymie">
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    <head>CÉMENT</head>
    <p>
    CÉMENT , ou CIMENT, s. m. Terme de Chymie . C'est une composition qu'on fait pour purifier l'or. Il y a deux sortes de <i>cément,</i> le commun &amp; le royal. Le commun se fait avec la poudre de briques, le sel commun, le nitre &amp; le verdet. Le royal est composé des sels gemme &amp; armoniac, de chacun une partie, de deux parties de sel commun, &amp; de quatre parties de bol, ou de briques en poudre, le tout malaxé avec une quantité suffisante d'urine &amp; réduit en une pâte dure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7586" id="1" type="chimie">
   <index type="head" value="CÉMENTATION" />
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    <head>CÉMENTATION</head>
    <p>
    CÉMENTATION , ou CIMENTATION, s. f. Terme de Chimie . Manière de purifier l'or par le moyen du cément. On stratifie dans un creuset des lammes d'or avec du cément royal ; on couvre ce creuset, puis l'ayant entouré de feu, on fait calciner la matière pendant dix ou douze heures avec beaucoup de violence, afin que les sels mangent &amp; consument les impuretés de l'or. Prononcez <i>cémantation,</i> &amp; <i>cémanter,</i> pour <i>cémenter,</i> qui suit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7587" id="1" type="chymie">
   <index type="head" value="CÉMENTER" />
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    <head>CÉMENTER</head>
    <p>
    CÉMENTER , v. n. Terme de Chymie . Faire la cémentation. Purifier l'or par le moyen du cément.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7588" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉMETERIAL, ALE" />
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    <head>CÉMETERIAL, ALE</head>
    <p>
    &#9758; CÉMETERIAL, ALE , adj. Qui concerne le cimétiere, qui est situé dans un cimétiere. Il y avoit dans l'enceinte du Monastère une Chapelle <i>cémeteriale</i> sous le nom de saint Etienne. <i>Histoire de l'Eglise de Meaux, tom.</i> 1. <i>pag.</i> 70.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7589" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEMON" />
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    <head>CEMON</head>
    <p>
    CEMON , subst. masc. &amp; nom propre d'homme. <i>Ceadmanus.</i> S. <i>Cémon</i> étoit Chantre du Monastère de sainte Hilde. Bede a écrit sa vie au IVe Liv. de son <i>Hist. d'Angleterre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÊNACLE</head>
    <p>
    CÊNACLE , s. m. Terme consacré, pour dire, Le lieu où l'on mange. <i>Coenaculum.</i> Les Anciens avoient une salle destinée à cela ; &amp; c'étoit ordinairement le lieu le plus élevé de la maison. Constantin avoit fait bâtir un <i>cénacle</i> à Rome pour y nourrir des pauvres, &amp; on en voit encore aujourd'hui les restes qui sont ornés de quelque Mosaïque. Ce mot n'est plus guère en usage, si ce n'est pour désigner le lieu où Notre-Seigneur fit la Cène avec ses Disciples.</p><p>Ce mot de <i>Coenaculum</i> se trouve souvent dans notre Bible Latine, &amp; il signifie ordinairement le dernier étage d'une maison. Il est dit au ch. 1. des Actes des Apôtres, qu'après que Jesus-Christ fut monté au Ciel, ses Disciples retournerent à Jérusalem dans une maison, &amp; qu'ils monterent <i>in coenaculum,</i> c'est-à-dire, au lieu le plus élevé de la maison, qui étoit un lieu retiré &amp; propre à faire la prière : c'étoit une espèce de terrasse, parce que les Orientaux faisoient les toits de leurs maisons plats en forme de terrasse. Ils s'y retiroient non-seulement pour y manger, mais aussi pour s'y reposer &amp; pour y prendre l'air.</p><p>Autrefois on a dit <i>Cenaille,</i> pour <i>Cénacle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7591" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CENAGE" />
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    <head>CENAGE</head>
    <p>
    CENAGE , subst. masc. Terme de Coutumes . C'est un droit qui se paye à cause de la pêche accordée à quelqu'un sur une rivière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7592" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENCHRUS" />
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    <head>CENCHRUS</head>
    <p>
    CENCHRUS , s. m. est une espèce de serpent, qu'on nomme ainsi, à cause qu'il a plusieurs petites taches blanches, semblables au millet. <i>Cenchris.</i> Dioscoride dit que ses morsures sont semblables à celles des vipères. Ces morsures causent un ulcère pourri. La chair s'enfle comme aux hydropiques, &amp; tombe ensuite par pièces. Le même Discoride dit qu'entre autres remèdes contre ces sortes de morsures, on peut prendre de la graine de laitue &amp; de celle de lin enduite sur la plaie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7593" id="1" type="">
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    <head>CENDAL</head>
    <p>
    CENDAL , s. m. Etoffe qui étoit fort estimée chez les Anciens, dont on faisoit entre autres choses les bannières. <i>Cilicii panni genus.</i> C'étoit une espèce de camelot. Borel estime que ce nom lui vient de <i>sandal,</i> dont il y a de trois sortes, de rouge, de blanc, &amp; de citrin. Il dit aussi qu'il vient de <i>sindon,</i> &amp; celui-ci de <i>Sidon</i> ville de Syrie. Du Cange dit que c'étoit une étoffe de soie, &amp; que ce mot vient de <i>setal</i>, à cause qu'elle étoit tramée de soie. D'autres le dérivent de l'Arabe <i>sindali</i>, une <i>feuille,</i> ou une <i>lame mince &amp; déliee.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENDRE" />
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    CENDRE , s. f. La matière terrestre qui reste du bois, ou autres matières combustibles, quand elles ont été consumées par le feu. <i>Cinis.</i> La ville de Londres a été presque toute réduite en <i>cendres,</i> par un incendie. Les verres se font avec des <i>cendres</i> de fougère, &amp; autres <i>cendres.</i> Il n'est permis de faire des <i>cendres</i> dans les forêts que des houpiers, troncs, racines, &amp; autres bois qu'on ne peut exploiter, ni en ouvrages, ni en bois de corde. Un pain cuit sous la <i>cendre</i> chaude. Les <i>cendres,</i> quelles qu'elles soient, seroient d'un grand usage pour améliorer les terres, si on en avoir beaucoup, &amp; comme on n'en a que très-peu, on les met au pied de quelque figuier, ou de quelque autre arbre, &amp; elles n'y sont pas inutiles. La Quint.</p><p>Ce mot vient de <i>cinere</i>, ablatif de <i>cinis,</i> comme <i>gendre</i> de <i>gener, tendre,</i> de <i>tener.</i> Mén. Le mot <i>cinis</i> en Latin vient du Grec , qui signifie <i>poussière,</i> ou de <i>candeo</i> en Latin, d'où viennent les verbes <i>incendo, succendo,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="2" type="">
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendrf gravelée . C'est la <i>cendre</i> de la lie de vin brûlée dont on se sert pour faire la lescive ; mais on s'en sert principalement pour faire des pierres à cautère. <i>Cineres clavellati.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="3" type="">
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendre d'azur , est de l'azur broyé, lavé &amp; réduit en poudre. <i>Cinis caeruleus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Azur">Azur</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="4" type="">
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendre verte , est une couleur bleue qui se fait en Flandre, &amp; dont les Peintres se servent dans les Paysages seulement, à cause qu'elle verdit trop aisément ; ce qui lui a fait donner le nom de <i>cendre verte.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Bleu">Bleu</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="5" type="">
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendre de fougère , est la <i>cendre</i> dont on fait le verre de fougère. <i>Cinis filicis.</i> Généralement la <i>cendre</i> de toutes sortes de bois est propre à faire le verre de vitre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="6" type="">
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendre de plomb , est du plomb en fort menus grains, dont on charge les fusils pour tirer au menu gibier. <i>Plumbeae pilulae minutissimae.</i></p><p>On dit, Prendre la <i>cendre</i> &amp; le cilice ; pour dire, Faire pénitence, se mortifier ; parce qu'autrefois les Hébreux mettoient de la <i>cendre</i> sur leurs têtes dans les désolations publiques.</p><p>Le Mercredi des <i>Cendres,</i> est le premier jour de Carême, où l'on fait la cérémonie d'aller prendre des <i>cendres</i> benites, pour témoigner qu'on commence à faire pénitence. <i>Sacrorum cinerum dies, dies cinerum.</i> Le Concile de Bénevent en 1091. ordonne à tous les Fidèles, Clercs &amp; Laïques, hommes &amp; femmes, de recevoir des <i>cendres</i> sur leur tête le premier jour de Carême, qu'il appelle jour des <i>cendres.</i></p><p>On dit figurément, qu'un coeur est réduit en <i>cendres</i> ; pour dire, qu'il est consumé par l'amour. <i>Incensus.</i> On dit aussi d'une passion violente, comme l'amour, la colère, la vengeance, quand elles paroissent assoupies, que c'est un feu caché sous la <i>cendre.</i> Oui vous avez des yeux à mettre tout en <i>cendre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="7" type="">
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendres , se dit aussi de ce qui reste des morts, après qu'on en a consumé les corps par le feu, ou qu'ils ont été réduits en poussière en se corrompant. <i>Cinis, cineres.</i> On dit aussi, Révérer les <i>cendres</i> des morts, outrager les <i>cendres</i> des morts ; ses <i>cendres</i> reposent en tel lieu.</p><p>Les Anciens gardoient soigneusement dans des urnes les <i>cendres</i> de leurs Ancêtres. Artemise but les <i>cendres</i> de son mari. Aujourd'hui ; ce qui étoit autrefois un honneur, est devenu une infamie ; on ne brûle que les corps des scélérats, &amp; on ordonne que leurs <i>cendres</i> soient jettées au vent, en signe d'infamie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="8" type="">
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendre , se prend aussi pour la mort même de la personne, dont on réduisoit le corps en <i>cendre.</i></p><p>On dit figurément qu'il ne faut pas troubler, remuer les <i>cendres</i> des morts ; pour dire, troubler leur repos, flétrir leur mémoire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7594" id="9" type="">
   <index type="head" value="CENDRE" />
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    <head>CENDRE</head>
    <p>
    Cendre , se dit encore pour marquer une chose vile, abjecte, méprisable. <i>Cinis.</i></p><p>On dit proverbialement d'un mauvais ragoût, rôti, bouilli, traîné par les <i>cendres.</i> On dit en parlant d'un bon mari, ou d'une bonne femme, qu'il faudroit les brûler pour en avoir les <i>cendres,</i> pour signifier que l'un &amp; l'autre sont fort rares.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7595" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENDRÉ, ÉE" />
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    <head>CENDRÉ, ÉE</head>
    <p>
    CENDRÉ, ÉE , adj. Qui est de couleur de cendre. Il y a un certain gris qu'on appelle <i>gris cendré. Cinereus, cineraceus.</i> Les cheveux <i>cendrés</i> sont ceux qu'on estime le plus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7596" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENDRÉE" />
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    <head>CENDRÉE</head>
    <p>
    CENDRÉE , s. f. est la plus menue poudre de plomb, qui sert à tirer sur des moineaux &amp; autre petit gibier. <i>Cinis plumbeus, pilulae plumbeae.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7596" id="2" type="plombier">
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    <head>CENDRÉE</head>
    <p>
    Cendrée . Terme de Plombier . C'est l'écume du plomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7596" id="3" type="monnoie">
   <index type="head" value="CENDRÉE" />
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    <head>CENDRÉE</head>
    <p>
    Cendrée , s. f. Terme de Monnoie . Les coupelles d'affinage sont aussi appellées casses, ou <i>cendrées.</i> Boizard. Voyez <ref type="search" target="head:Coupelle">Coupelle</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7597" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENDREUX, FUSE" />
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    <head>CENDREUX, FUSE</head>
    <p>
    CENDREUX, FUSE , adj. Qui est sali, gâté de cendres. <i>Cinere aspersus, conspersus.</i> Ce petit chat est tout <i>cendreux,</i> il s'est couché dans les cendres.</p><p>On appelle du fer <i>cendreux,</i> celui qui demeure noir, quand même il est poli, qu'on ne peut rendre bien clair. Ce fer n'est pas si sujet à se rouiller, à cause qu'il tient un peu de la nature du plomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7598" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENDRIER" />
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    <head>CENDRIER</head>
    <p>
    CENDRIER , s. m. Celui qu fait des cendres dans les forêts, le Marchand qui en fait trafic. <i>Cinerarius.</i> Dans ce dernier sens, le mot de <i>cendrier</i> n'est en usage que parmi le peuple.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7598" id="2" type="">
   <index type="head" value="CENDRIER" />
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    <head>CENDRIER</head>
    <p>
    Cendrier , est aussi la partie la plus basse des fourneaux &amp; des rechauts, destinée à en recevoir les cendres. <i>Cinerarium.</i> Elle est au-dessous de la grille où est le feu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7599" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÈNE" />
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    <head>CÈNE</head>
    <p>
    CÈNE , s. f. Cérémonie qu'on fait tous les ans le Jeudi-Saint, en mémoire de la <i>Cène,</i> ou du dernier repas que fit Jesus-Christ avec ses Apôtres, où il leur lava les pieds, &amp; leur recommanda de faire de même. <i>Ultima Christi Domini coena.</i> Les Princes, les Prélats, les Supérieurs des Communautés, font la <i>Cène.</i> Le jour de la <i>Cène.</i> La <i>Cène</i> de Paul Véronèse est un fameux tableau de ce Peintre, qui représente la <i>Cène</i> de Notre-Seigneur.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>commun.</i></p><p>Ceux de la Religion prétendue Réformée appellent, Faire la <i>Cène,</i> la Communion qu'ils font entre eux sous les deux espèces. Les Catholiques ne se servent point du mot de <i>Cène,</i> pour dire l'<i>Eucharistie.</i> Et en effet, il ne se trouve point en ce sens-là dans le nouveau Testament. Dans le procès que les Docteurs de Sorbonne firent à leur confrère René Benoît, on lui opposa principalement le mot de <i>Cène,</i> dont il s'étoit servi selon l'idée des Calvinistes ; &amp; il ne put se purger de ce reproche, qu'en rejettant toute la faute sur les Imprimeurs qui l'avoient trompé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7599" id="2" type="">
   <index type="head" value="CÈNE" />
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    <head>CÈNE</head>
    <p>
    Cène , subst. m. <i>Cenaticum.</i> On appelle en quelques Provinces <i>cène</i> certain instrument à prendre du poisson.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7600" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉNELLE" />
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    <head>CÉNELLE</head>
    <p>
    CÉNELLE , subst. fém. Fruit du houx, qui est petit &amp; rouge. <i>Aquifolia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7601" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉNERETH" />
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    <head>CÉNERETH</head>
    <p>
    CÉNERETH . Ville de la Tribu de Nephthali, Jos. XIX. 35. La Terre ou la Région de <i>Cénéreth</i> étoit la contrée voisine de cette ville qui en prenoit son nom. C'est celle que les Evangelistes appellent Terre de Génésar, ou Génésareth, Matth. XIV. 34. Marc VI. 53. La mer de <i>Cénéreth</i> dans l'ancien Testament, est aussi la même chose que l'étang ou le lac de Génésar, ou de Génésareth, la mer de Tibériade ou de Galilée dans le Nouveau. C'est le grand lac que forme le Jourdain entre la partie de la Tribu de Manassé qui étoit à l'Orient du Jourdain, &amp; la Tribu de Zabulon à l'Occident, ayant au Midi une partie de la Tribu d'Issachar, &amp; au Septentrion une partie de celle de Nephthali.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7602" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENEVÉ" />
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    <head>CENEVÉ</head>
    <p>
    CENEVÉ , Voyez <ref type="search" target="head:SENEVÉ">SENEVÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7603" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENGLE" />
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    <head>CENGLE</head>
    <p>
    CENGLE , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:Sangle">Sangle</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7604" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉNIS" />
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    <head>CÉNIS</head>
    <p>
    CÉNIS . Nom d'une montagne qui est dans la partie des Alpes, que les Anciens appelloient les Alpes Cottiennes. <i>Cenisius mons,</i> ou <i>Cinereus mons.</i> Le mont <i>Cénis</i> est le passage ordinaire de ceux qui vont de France en Italie. Il est aux confins de Piémont &amp; de Savoye, entre le Marquisat de Suze &amp; la Vallée de Morienne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7605" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉNOBIARQUE" />
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    <head>CÉNOBIARQUE</head>
    <p>
    CÉNOBIARQUE , ou COENOBIARQUE, s. m. Supérieur de Communauté, Supérieur d'un Monastère, Supérieur d'une maison de Moines vivans en commun. <i>Coenobiarcha, Coenobiarchus, Monasterii Praeses, Monasterio Praefectus.</i> Quelques-uns écrivent <i>Cénobiarque,</i> comme l'on prononce. S. Théodose le <i>Cénorbiaque,</i> après avoir beaucoup souffert pour la foi Catholique, mourut en paix. Chastelain.</p><p>Ce mot est composé de trois noms Grecs, , <i>commun, , vie,</i> &amp; , <i>commandement</i> ; &amp; signifie proprement celui qui a le commandement sur des Cénobites, c'est-à-dire, sur des personnes qui vivent en commun. Cette étymologie montre qu'il faudroit écrire <i>Coenobiarque.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7606" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉNOBITE" />
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    <head>CÉNOBITE</head>
    <p>
    CÉNOBITE , s. m. Religieux qui vit dans un Couvent, ou en commun, sous une certaine Règle. <i>Coenobita.</i> Cassien remarque que le Couvent est différent du Monastère, en ce que le Monastère se peut dire de l'habitation d'un seul Religieux ; au lieu que le Couvent ne se dit que de plusieurs Religieux habitans ensemble, &amp; vivans en communauté ; comme le porte la signification du mot Grec , de , <i>communis,</i> &amp; , <i>vita.</i> Voyez la règle de S. Benoît, &amp; les Commentaires sur cette règle de Dom Armand Jean de Rancé, Abbé de la Trappe, de D. Mége, Moine Bénédictin de la Congrégation de S. Maur. Dans les Monastères d'Egypte, les uns étoient Anachorètes, gardant une entière solitude, &amp; ne parlant qu'à Dieu &amp; à eux-mêmes : les autres <i>Cénobites,</i> pratiquant la loi de la charité dans une Communauté, morts pour tout le reste des hommes, se tenant lieu de monde les uns aux autres, &amp; s'excitant mutuellement à la vertu. Fleury. Les Disciples de S. Basile étoient <i>Cénobites,</i> vivans en communauté ; aussi le pays (la Cappadoce) étoit trop froid, pour se pouvoir écarter dans les déserts comme en Egypte, &amp; vivre en Anachorètes. Id. Dans la XVIIIe Conférence de Cassien, l'Abbé Piammon parle de trois différentes sortes de Moines qui se trouvoient en Egypte. Les <i>Coenobites,</i> qui vivoient en communauté ; les Anachorètes, qui après s'être formés dans les communautés, passoient dans la solitude ; &amp; les Sarabaites, qui n'étoient que de faux Moines, &amp; des coureurs. Il rapporte au temps des Apôtres l'institution des <i>Cénobites,</i> comme un reste, ou une imitation de la vie commune des premiers Fidèles de Jérusalem. Les <i>Cénobites</i> &amp; les Anachorètes étoient à peu près en nombre égal dans l'Egypte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7607" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉNOBITIQUE" />
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    <head>CÉNOBITIQUE</head>
    <p>
    CÉNOBITIQUE , adj. Qui appartient à la vie Religieuse &amp; Monastique. <i>Coenobiticus.</i> S. Pacôme est l'instituteur de la vie <i>cénobitique,</i> parce que c'est le premier qui forma des Communautés réglées. Du Pin. S. Pacôme est le premier dont nous ayons une règle, &amp; qui ait donné la forme entière à la vie <i>cénobitique.</i> Il vivoit au commencement du IVe siècle, &amp; sa conversion ne peut guère être arrivée plus tard que l'an 313. Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7608" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENOMAN, ANE" />
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    <head>CENOMAN, ANE</head>
    <p>
    CENOMAN, ANE , s. m. &amp; f. Nom d'un ancien peuple de la Gaule Celtique. <i>Cenomanus.</i> Ce sont les anciens Manseaux, ou les peuples qui habitoient le Maine. Il y avoit aussi des <i>Cénomans</i> en Italie, qui étoient une colonie de ceux de Gaule.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7609" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉNOTAPHE" />
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    <head>CÉNOTAPHE</head>
    <p>
    CÉNOTAPHE , s. m. Tombeau vuide ; monument dressé à la gloire de quelque mort illustre, dont on n'a pû trouver le corps après une bataille, ou un naufrage, pour l'y pouvoir inhumer. <i>Tumulus inanis, sepulchrum honorarium, cenotaphium.</i> Le Cardinal Noris a fait des Dissertations sur les <i>Cénotaphes</i> des Césars Caius &amp; Lucius, qui sont à Pise.</p><p>Ce nom vient , vuide, &amp; de , sépulchre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7610" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENS" />
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    <head>CENS</head>
    <p>
    CENS , s. m. Rente seigneuriale &amp; foncière, dont un héritage est chargé envers le Seigneur de Fief d'où il dépend. <i>Census.</i> Le <i>cens</i> est la marque de la Seigneurie que le Seigneur s'est retenue, quand il a baillé à <i>cens</i> &amp; rente une terre dépendante de son fief. Le <i>cens</i> est imprescriptible, &amp; non rachetable. Le <i>cens</i> emporte droits de lods &amp; vente, de saisine &amp; amende en cas de vente. Il y a <i>cens mort</i> ou <i>cens truant,</i> qui ne porte aucuns droits, dont il est parlé en la Coutume de Soêmes &amp; d'Auvergne.</p><p>Le <i>Cens</i> chez les Romains n'étoit autre chose que la déclaration authentique que faisoient les sujets de l'Empire de tous leurs biens meubles &amp; immeubles, devant le Magistrat commis pour cela. Ils étoient appellés Censeurs dans la ville de Rome, &amp; Censiteurs dans les Provinces. Cette déclaration étoit accompagnée d'un dénombrement par écrit des fonds qu'ils possédoient, de leur qualité &amp; de leur quantité, avec les tenans &amp; les aboutissans. Chorier, L. IV. p. 193.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7610" id="2" type="">
   <index type="head" value="CENS" />
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    <head>CENS</head>
    <p>
    Chef-cens , est le premier <i>cens. Primigenius census, primitivum vectigal. Sur-cens,</i> celui qui y a été ajoûté. <i>Secundariae indictionis census, secundarium vectigal.</i> Le <i>menu cens</i> ne consiste d'ordinaire qu'en tournois, mailles &amp; autres petites monnoies, <i>minuti aeris census annuus, levior census dominii tantum index.</i> Il est le <i>chef-cens</i> &amp; capital, &amp; plus seigneurial que le <i>gros cens,</i> qui est une espèce de rente dont l'héritage est chargé, &amp; qui se paye en gros &amp; en bloc pour toutes les terres qui ont été données. <i>Multi aeris census, gravior census, gravius vectigal.</i> Le premier n'est qu'un signe &amp; reconnoissance de la Seigneurie de celui qui le premier a donné l'héritage à <i>cens.</i></p><p>Le <i>sur-cens,</i> est le <i>cens</i> qui a été imposé depuis la première concession. Il y a aussi un <i>cens aqueste,</i> qu'en la Coutume de Melun on appelle <i>rogo,</i> que le Seigneur est tenu de demander ; &amp; on l'appelle autrement <i>cens requerable</i> ; au lieu qu'on est obligé de porter les autres <i>cens</i> en la maison du Seigneur, &amp; à cause de cela on l'appelle <i>cens portable. Census collectitius, vectigal collectaneum.</i></p><p><i>Cher-cens,</i> on appelle le <i>cens-cher,</i> lorsque l'héritage censuel est chargé de <i>cens</i> annuel à-peu-près de ce qu'il peut valoir par an. <i>Cens simple, cens double,</i> qui est double du simple. <i>Cens truant,</i> est celui qui ne porte ni lods, ni ventes, ni aucun profit au Seigneur. <i>Croix de cens,</i> est la monnoie dont on paye le <i>cens,</i> parce qu'autrefois toute la monnoie étoit marquée d'une croix.</p><p>Le <i>cens</i> est une marque de Seigneurie, parce que les Francs donnerent les terres qu'ils conquirent ou à charge que ceux à qui ils les donnoient les serviroient à la guerre, ou à charge de <i>cens</i> &amp; de rente. On dit au Palais que les <i>cens</i> <pb n="923" facs="bpt6k8542165/f963/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; autres devoirs féodaux sont rendables &amp; non requerables. Les <i>cens</i> &amp; autres devoirs féodaux sont éteints par l'acquisition que font les Seigneurs de fief des héritages qui sont sujets à ces devoirs. Voyez Bodin, la Coutume de Paris, Bruneau, Chopin, Lhomeau, Chaline, &amp;c. Le <i>cens</i> est imprescriptible ; le tenancier ne peut le prescrire contre son Seigneur, en ce qui regarde le fonds du Droit du Seigneur, &amp; non en ce qui concerne les arrérages qui se peuvent prescrire par un decret faute d'opposition. La quotité de <i>cens</i> se peut prescrire par trente ans entre majeurs non privilégiés, &amp; par quarante ans contre l'Eglise. Voyez <ref type="search" target="head:Lange">Lange</ref>.</p><p>Ce mot vient de <i>census</i>. Nicot. Et <i>census</i> vient de <i>censere,</i> qui signifie, Priser, estimer, à cause que les Censeurs à Rome, appellés d'abord <i>Censores,</i> &amp; ensuite <i>Censitores,</i> estimoient de temps en temps les biens des particuliers, pour imposer les tributs à proportion.</p><p>On dit proverbialement, Quitter la terre pour le <i>cens</i> ; pour dire, Se défaire d'une chose qu'on possède à des conditions trop onéreuses.</p><p>On dit, des Seigneurs &amp; des héritages <i>censables, censifs, censiers,</i> &amp; <i>censuels,</i> selon les divers pays &amp; Coutumes, en parlant d'un Seigneur qui a droit de lever un <i>cens,</i> ou d'un héritage qui en est chargé envers lui. <i>Cui debitus est census annuus.</i></p><p><i>Censable</i> se dit du Seigneur qui a droit de <i>cens,</i> &amp; <i>censeable</i> de l'héritage qui est chargé de <i>cens ; censier</i> se dit de l'un &amp; de l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7611" id="1" type="commerce du levant">
   <index type="head" value="CENSAL" />
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   <index type="macro_domain" value="Commerce" />
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    <head>CENSAL</head>
    <p>
    CENSAL , s. m. est un terme de commerce du Levant , qui signifie <i>Courtier.</i> Ce mot est en usage principalement en Provence &amp; dans les Echelles du Levant. Pour la commodité des Marchands, &amp; pour faire fleurir le négoce, il y a aujourd'hui dans Marseille 46. <i>Censaux,</i> ou Courtiers, dont l'établissement est si ancien que je n'ai pu trouver son origine ; car dans l'un des statuts qui furent faits l'an 1257. il est parlé du serment que font les Courtiers tous les ans le jour de la Purification dans l'hôtel de ville, entre les mains du Viguier &amp; des Consuls. Vers le milieu du XVe siècle il y en avoit jusqu'à 70. En 1579. les Consuls les réduisirent à 30. En 1599. le nombre fut augmenté de huit, avec défenses faites à toutes personnes d'exercer la charge de <i>Censal</i> à peine de faux, de 150. liv. d'amende, &amp; de punition corporelle : aux années 1604. &amp; 1609. on accrut ce nombre de six, &amp; à mesure qu'on faisoit quelque augmentation, les Consuls dressoient de nouveaux Règlemens, dont les principaux articles sont insérés dans un Livre intitulé, <i>Le Règlement du sort.</i> Louïs le Grand a érigé la charge de <i>Censal</i> en Office, &amp; depuis les <i>Censaux</i> prennent des Provisions du Roi. De Ruffi, <i>Hist. de Marseil. T. II. p.</i> 230.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7612" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSE" />
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    <head>CENSE</head>
    <p>
    CENSE , s. f. Petite métairie qu'on donne à ferme, qu'on acense. <i>Praedium locandum.</i> Cette terre consiste en deux ou trois petites <i>censes.</i> Donner à <i>cense,</i> c'est affermer moyennant une redevance annuelle, &amp; souvent perpétuelle. On dit aussi <i>cense</i> pour <i>adcense,</i> ou <i>accense</i> perpétuelle. <i>Locatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7613" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSÉ, ÉE" />
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    <head>CENSÉ, ÉE</head>
    <p>
    CENSÉ, ÉE , participe du verbe <i>Censer,</i> qui n'est point en usage à l'actif, qui signifie, Être tenu, réputé, estimé. <i>Habitus, existimatus.</i> Les Ecclésiastiques absens pour le service du Roi sont <i>censés</i> &amp; réputés présens, &amp; ont part aux distributions. Il a été <i>cense</i> &amp; réputé complice de cet assassinat par les preuves &amp; indices du procès.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7614" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSEUR" />
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    <head>CENSEUR</head>
    <p>
    CENSEUR , s. m. C'étoit autrefois un des premiers &amp; des plus importans Magistrats de Rome ; il avoit le soin de l'intérêt public &amp; de la correction des moeurs. <i>Censor, Censitor.</i> C'étoit comme le Réformateur des moeurs &amp; de la Police. Les <i>Censeurs</i> furent créés l'an 311. de Rome, lorsque le Sénat eut remarqué que les Consuls trop appliqués aux affaires de la guerre, &amp; aux expéditions militaires, ne pouvoient veiller assez exactement aux affaires privées. Les deux premiers furent Papirius &amp; Sempronius ; ils furent créés l'an de Rome 311. Chacun leur étoit soumis, puisqu'ils avoient droit de reprendre tout le monde. Les <i>Censeurs</i> étoient au nombre des grands Magistrats. Au commencement ils furent tirés du Sénat ; mais depuis que les Plébéiens purent aspirer au Consulat, ils parvinrent aussi à la dignité de <i>Censeur.</i> La coutume étoit d'en élire deux ; l'un de famille patricienne, l'autre de famille plébeienne ; &amp; quand l'un des deux mouroit dans le temps de son emploi, l'autre sortoit de charge, &amp; on en élisoit deux nouveaux. M. Rutilius fut le premier du peuple qui ayant été fait Dictateur en 402. de Rome, après avoit été deux fois Consul, demanda aussi la charge de <i>Censeur.</i> Publius Philo Dictateur, ennemi des Patriciens, en 414. porta une loi par laquelle il fut ordonné que l'un des <i>Censeurs</i> seroit pris d'entre les Plébéïens. Elle fut en vigueur jusqu'en 622. que les deux <i>Censeurs</i> furent élus d'entre le peuple. Depuis on en reprit du peuple &amp; du Sénat. Cette Charge étoit si considérable qu'on ne l'obtenoit qu'après avoir passé par les autres, &amp; on trouva étrange que Crassus en eût été pourvû avant que d'avoir été ni Consul ni Préteur. Cette Magistrature fut d'abord établie pour cinq ans ; mais cet usage ne dura pas neuf ans seulement après l'institution des <i>Censeurs.</i> Mamercus Emilius Dictateur fit porter une loi qui régla que la Censure ne dureroit qu'un an &amp; demi, &amp; qui fut observée depuis à la rigueur. Le <i>Censeur</i> avoit le droit d'exclurre les Sénateurs qu'il jugeoit indignes de cette dignité, &amp; de casser les Chevaliers qui ne remplissoient pas bien leurs devoirs, en les privant du cheval public. Dac. Les <i>Censeurs</i> faisoient aussi la taxe, &amp; l'estimation des biens, &amp; des facultés de tous les Citoyens de Rome, pour imposer le tribut à proportion de ce que chacun possédoit. Cicéron a décrit très-précisément les fonctions de cette charge. Elles se réduisent au dénombrement du peuple, à la correction des moeurs, à l'estimation des biens de chaque Citoyen, à l'imposition des taxes selon les facultés d'un chacun, à la surintendance des tributs, à la défense des Temples, &amp; au soin des lieux publics. Les gens du Roi, les Magistrats de Police, ont des fonctions qui répondent en quelque sorte à cette charge, &amp; ils peuvent être appellés les <i>Censeurs des moeurs.</i> Il y a même un Magistrat dans la République de Venise, qui est chargé de ce soin, &amp; qui est six mois en charge.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7614" id="2" type="">
   <index type="head" value="CENSEUR" />
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    <head>CENSEUR</head>
    <p>
    Censeur , se dit aussi d'un homme critique, qui a coutume de reprendre, de blâmer les actions &amp; les ouvrages d'autrui. Il faut se conduire si bien que les <i>censeurs</i> n'y trouvent rien à redire. Pour s'ériger en <i>censeur,</i> il faut joindre à la supériorité du pouvoir, l'autorité des bonnes moeurs, &amp; des bons exemples. De Vill. Un <i>censeur</i> indiscret &amp; imprudent, aigrit le mal au lieu de le guérir. Id. On soupçonne d'ordinaire que les airs chagrins d'un <i>censeur</i> inexorable, proviennent d'une secrète envie, qui ne peut souffrir le mérite des autres. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7614" id="3" type="">
   <index type="head" value="CENSEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>CENSEUR</head>
    <p>
    Censeur , se dit aussi d'un Critique savant qui doit faire l'examen d'un Livre sans passion, pour y remarquer ce qu'il y a de mauvais &amp; de condamnable. Il faut être le premier <i>Censeur</i> de ses Ouvrages. J'ai prié mon ami d'examiner cette pièce en sévère <i>Censeur.</i> Le <i>Censeur</i> se met dans la nécessité d'avoir évidemment raison, afin de justifier par là ce qu'il y a d'odieux dans la censure. Ab. de S. Réal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7614" id="4" type="">
   <index type="head" value="CENSEUR" />
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    <head>CENSEUR</head>
    <p>
    Censeurs des Livres . Ce sont des Docteurs préposés pour l'examen des Livres, &amp; pour en porter leur jugement. <i>Censores Librorum.</i> Ils ne donnent leur approbation qu'à des Livres qui ne contiennent rien de contraire à la Religion &amp; aux bonnes moeurs. Les Docteurs de la Faculté de Théologie prétendent que c'est un privilége qui leur appartient, &amp; que les Papes l'ont attribué à leur Corps. En effet, ils ont été long-temps en possession de ce droit. Mais en 1624. par Lettres patentes du Roi, l'on établit quatre Docteurs de la Faculté pour être <i>Censeurs,</i> &amp; Approbateurs de tous les Livres concernans la Religion, &amp; en être responsables en leur nom. Quant aux Livres qui ne traitent point des matières de la Religion, il paroît que les Maîtres des Requêtes ont eu le pouvoir de les examiner, &amp; qu'ils l'ont conservé jusqu'au règne d'Henri IV. Il n'est pas cependant bien sûr si ce droit étoit annexé à leur charge, ou si c'étoit une commission personnelle dont l'on chargeoit quelques Maîtres des Requêtes. Il semble même qu'ils n'examinoient que les livres de Droit &amp; d'Histoire, <pb n="924" facs="bpt6k8542165/f964/full/1200,/0/native.jpg"/>dans lesquels on peut agiter des questions qui intéresseroient l'Etat. Aujourd'hui ils sont déchargés de cette peine. Aucun Libraire ne peut imprimer un Livre sans l'approbation d'un de ces <i>Censeurs</i> publics : la même commission subsiste encore. Les Docteurs de la Faculté de Théologie pour se maintenir en possession de leur ancien privilége, ne laissent pas d'exercer quelquefois la censure, &amp; de donner des approbations. On a imposé un joug, &amp; une contrainte fâcheuse aux Auteurs, en les soumettant à l'examen des <i>Censeurs.</i> M. Bayle compare les Auteurs sollicitans l'approbation des Examinateurs, &amp; à ces ames errantes sur les bords du Styx, &amp; attendant avec impatience d'être transportées sur l'autre rive. Il leur applique ces deux vers de Virgile :</p><p>Dans l'Université, on appelle <i>Censeurs,</i> certains Officiers nommés pour examiner la capacité des récipiendaires. En Sorbonne, les <i>Censeurs</i> donnent leur suffrage par billet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7614" id="5" type="college">
   <index type="head" value="CENSEUR" />
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    <head>CENSEUR</head>
    <p>
    Censeur . Terme de Collége . Les <i>Censeurs</i> sont parmi les écoliers ceux que le Régent choisit pour l'aider à maintenir le bon ordre, &amp; la discipline scholastique. Un Régent doit se défier de la probité &amp; de la fidélité des <i>Censeurs,</i> qui agissent souvent par passion. Les <i>Censeurs</i> des leçons, sont ceux qui doivent reprendre ceux qui récitent leurs leçons lorsqu'ils font des fautes. <i>Censores lectionum,</i> ou <i>Censores exigendo memoriae penso praepositi. Censeurs</i> de la Chaire, sont ceux qui sont auprès de la chaire du Régent, pour apprendre plus facilement de lui ce qu'ils doivent faire en chaque occasion. <i>Assidentes Magistro Censores, &amp;c.</i> Un Régent est dans sa classe comme un Souverain, il crée des charges de <i>Censeurs</i> comme il lui plaît, il les donne à qui il veut, &amp; il les abolit quand il le juge à propos.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7615" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSIER" />
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    <head>CENSIER</head>
    <p>
    CENSIER , s. m. Seigneur qui a droit de lever des cens dans sa Seigneurie. <i>Praediatorii vectigalis dominus, indictivi censûs dominus.</i></p><p>On appelle aussi <i>papier censier,</i> la liève ou le terrier où sont écrits les cens &amp; rentes dûs à un Seigneur, ou les reconnoissances qui en ont été passées par les Tenanciers. <i>Codex vectigalium, censuum index.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7616" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSIER, ÈRE" />
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    <head>CENSIER, ÈRE</head>
    <p>
    &#9758; CENSIER, ÈRE , subst. signifie encore celui ou celle qui tient une cense à ferme, &amp; on dit le <i>Censier</i> d'un tel Seigneur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7617" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSITAIRE" />
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    <head>CENSITAIRE</head>
    <p>
    &#9758; CENSITAIRE , s. m. est celui qui doit cens &amp; rente à un Seigneur de fief.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7618" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSITEUR" />
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    <head>CENSITEUR</head>
    <p>
    CENSITEUR , s. m. <i>Censitor.</i> Chez les Romains c'étoit dans les Provinces ce que le Censeur étoit dans Rome. Chorier, L. IV. p. 193.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7619" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSIVE" />
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    <head>CENSIVE</head>
    <p>
    CENSIVE , s. f. Quelques-uns disent CENSIF, s. m. mais il n'est pas si usité que <i>censive.</i> Etendue d'un Fief sur lequel il est dû des cens. <i>Fundus vectigalis.</i> Il y a une petite <i>censive</i> en un tel endroit qui dépend de mon Fief. Les héritages qui sont en la <i>censive</i> d'un Seigneur, lui doivent lods &amp; ventes. Rochefort dit que les <i>censives</i> ont été établies sur le modèle de ce que fit Pharaon par le conseil de Joseph ; &amp; que les Seigneurs Censiers l'ont imité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7619" id="2" type="">
   <index type="head" value="CENSIVE" />
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    <head>CENSIVE</head>
    <p>
    &#9758; CENSIVE , s. f.Censive , signifie aussi la nature, la qualité des héritages, ainsi on dit héritage tenu en censive, ou à titre de cens ; pour dire, qu'il est roturier &amp; chargé de redevance.<br/>Censive, se prend encore pour la redevance en argent, ou en denrées, que certains biens doivent annuellement au Seigneur du Fief dont ils relevent. Cette terre doit tant de <i>censive.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7620" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CENSIVEMENT" />
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    <head>CENSIVEMENT</head>
    <p>
    CENSIVEMENT , adj. Terme de Coutumes , qui exprime la manière dont on tient une terre, c'est-à-dire, à droit de cens d'un Seigneur. Tenir des terres <i>censivement. Cum onere censûs pendendi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7621" id="1" type="droit">
   <index type="head" value="CENSUEL, ELLE" />
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    <head>CENSUEL, ELLE</head>
    <p>
    CENSUEL, ELLE , adjectif masc. &amp; f. Terme de Droit , qui appartient, qui a rapport au <i>cens. Ad censum pertinens, censualis.</i> Le droit <i>censuel</i> est noble, &amp; il se partage noblement. Voyez les Auteurs qui ont traité des cens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7622" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENSURABLE" />
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    <head>CENSURABLE</head>
    <p>
    CENSURABLE , adj. Qui mérite censure, qui est digne de repréhension. <i>Censura dignus.</i> Leur censure, toute <i>censurable</i> qu'elle est, aura son effet. Pasc.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENSURE</head>
    <p>
    CENSURE , s. f. Charge, office de Censeur. <i>Censura.</i> Il n'y avoit point à Rome de dignité dont le pouvoir &amp; l'autorité s'étendissent plus loin. L. Papinius &amp; L. Sempronius ont les premiers exercé la <i>Censure</i> à Rome. L'âge &amp; la gravité des moeurs étoient une espèce de <i>Censure</i> &amp; de Magistrature, qui donnoit droit de correction. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENSURE</head>
    <p>
    Censure . Jugement par lequel on condamne quelque action. <i>Censura, reprehensio.</i> Cet homme est noté, il a encouru la <i>censure</i> de Justice.</p><p>On le dit particulièrement des ouvrages qui regardent la Religion. Il y a eu une <i>censure</i> de la Sorbonne contre un tel Livre. La lettre du Pape Gélase aux Evêques de Lucanie contient une <i>censure</i> des Livres authentiques &amp; apocryphes, c'est-à-dire, un Decret qui distingue les Livres authentiques, &amp; reçus pour tels dans l'Eglise, de ceux qui ne le sont pas, &amp; marque les uns &amp; les autres. Le Pape Hormisdas, dans sa lettre à Possessor, marque que l'on ne peut suivre ce que la <i>censure</i> de Gélase qu'il indique n'a pas reçu.</p><p>On le dit aussi d'un jugement par lequel on blâme quelque chose, soit en critiquant un Livre où il se trouve quelques fautes, soit en reprenant les actions d'autrui. Rien n'est plus utile pour la correction des moeurs, qu'une <i>censure</i> fine &amp; ingénieuse. De Vill. Un esprit chagrin interprète tout mal, &amp; s'érigeant en pédagogue impitoyable du genre humain, il y a peu d'actions assez innocentes pour échaper à sa <i>censure.</i> Bell. La <i>censure</i> que l'on exerce sur les Ouvrages d'autrui, n'engage point à en faire de meilleurs, à moins qu'elle ne soit amère, chagrine &amp; orgueilleuse. Mais si elle a plutôt un air gai &amp; libre, que décisif, elle laisse la liberté de faire encore pis si l'on veut. Fonten. La <i>censure</i> doit être accompagnée de quelques louanges, qui en corrigent l'amertume. Ab. de S. Real.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENSURE</head>
    <p>
    Censure , signifie aussi la correction ou réprimande que fait un supérieur, ou le public <i>Reprehensio.</i> Il faut déférer à la <i>censure</i> de nos supérieurs, de ceux qui sont plus sages que nous. Tous les Auteurs sont exposés à la <i>censure</i> du public.</p><p>On appelle <i>Censures Ecclésiastiques,</i> les monitoires qu'on publie par ordonnance du Juge, pour faire preuve d'un fait, &amp; pour obliger ceux qui en ont connoissance à le révéler ; ou les menaces que fait l'Eglise des peines qui seront encourues, si on contrevient à ce qu'elle ordonne ; ou les peines mêmes quand elles sont encourues ; comme l'interdiction, l'excommunication majeure &amp; mineure, &amp;c. <i>Censura Ecclesiastica, Pontificia.</i> Le P. Thomassin &amp; le P. Ruinart dans sa Préface sur Grégoire de Tours, n. 58. montrent dans cet Auteur des exemples de <i>censures Ecclésiastiques.</i></p><p>Les Rois de France ont toujours prétendu être exemts &amp; affranchis des <i>censures,</i> &amp; des excommunications de la Cour de Rome. En effet, on remarque que sous la première race, les Papes ne censurerent aucun Roi de France. Lothaire est le premier qui fut excommunié par le Pape Nicolas I. pour avoir répudié Tetberge sa femme légitime. C'est la première brêche qui fut faite aux libertés de l'Eglise Gallicane : cependant le Pape n'osa hazarder son excommunication sur sa propre autorité ; &amp; il la fit confirmer par l'Assemblée des Evêques de France. Le Pape Urbain II. usa de la même précaution lorsqu'il excommunia Philippe I. Et Philippe Auguste fut aussi excommunié avec les mêmes formalités. Mais depuis les Rois ont mieux soutenu leurs priviléges. Car le Pape Benoît XIII. ayant <i>censuré</i> le Roi Charles VI. &amp; mis le Royaume en interdit, le Parlement de Paris par Arrêt de 1408. ordonna que la Bulle fut lacérée. Jules II. ayant aussi lancé l'excommunication contre Louis XII. l'Assemblée générale tenue à Tours censura les <i>censures</i> de Jules II. Lorsque le Pape censura &amp; excommunia Henri IV. en 1591. le Parlement s'opposa à la Bulle du Pape. Toutes les provisions de Cour de Rome portent absolution des <i>censures.</i> Il a été permis à un complaignant pour avoir preuve du vol à lui fait, de se pourvoir par monitoires &amp; <i>censures Ecclésiastiques.</i> Il y a des <i>censures de droit,</i> &amp; d'autres par sentences.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENSURE</head>
    <p>
    Censure , est aussi la peine Ecclésiastique, dont le supérieur Ecclésiastique punit les Fidèles qui lui sont soumis. Être sujet aux <i>censures,</i> se soumettre aux <i>censures,</i> fulminer une <i>censure.</i> Voyez Fevret dans son <i>Traité de l'abus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7624" id="1" type="">
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    <head>CENSURER</head>
    <p>
    CENSURER , v. act. Condamner un livre comme préjudiciable à la Religion ou à l'Etat.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENSURER</head>
    <p>
    Censurer , signifie aussi, Critiquer, reprendre. <i>Reprehendere, censoris virgula notare.</i> Cet Auteur ne s'occupe qu'à <i>censurer</i> les ouvrages d'autrui. Cette femme est médisante &amp; <i>censure</i> les actions de tout le monde. Ce n'est pas toujours par un véritable zèle qu'on <i>censure</i> ; c'est par chagrin, ou par la malignité de l'esprit humain. Bell.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENSURER</head>
    <p>
    Censuré, ée , part. &amp; adj. Défendu, condamné. <i>Censurâ notatus, damnatus.</i> Il ne se dit guère que des livres <i>censures,</i> ou défendus ; ou d'une opinion <i>censurée,</i> condamnée.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENT</head>
    <p>
    CENT . Terme numéral masculin. Nombre quarré fait de dix multiplié par lui-même. <i>Centum.</i> C'est ce nombre qui commence la troisième colonne des chifres Arabes, disposés en ordre d'Arithmétique. Il faut <i>cent</i> ans pour faire un siècle. Une compagnie de <i>cent</i> Maîtres. Une Hydre à <i>cent</i> têtes. Le bois de charpente se vend au <i>cent</i> de pièces. Le <i>cent</i> de jettons fait une bourse. <i>Cent</i> mille. <i>Cent</i> millions. Au pluriel on dit &amp; on écrit <i>cents,</i> devant une voyelle, Deux <i>cents</i> ans, deux <i>cents</i> hommes. Richelet écrit avec un <i>t</i> au pluriel, quand il suit une consonne, deux <i>cent</i> pistoles. Mais cette orthographe est mauvaise. Il faut une <i>s</i> au pluriel, parce qu'on la prononce nécessairement dans deux <i>cents</i> ans, deux <i>cents</i> hommes. Ainsi on ne doit pas moins écrire deux <i>cents</i> pistoles, quoique l'<i>s</i> ne s'y prononce pas, par la règle générale des pluriels. Quand on marque l'année courante depuis une époque, comme quand on dit, l'an mil sept <i>cent</i> trente-deux depuis la naissance de J. C. <i>Cent</i> ne prend pas d'<i>s</i> en cette occasion, quoique précédé de <i>sept,</i> parce que c'est un nombre absolu pour un nombre ordinal, &amp; que l'on n'y parle que d'une année, comme s'il y avoit, l'an millième sept centième trente-deuxième. Restaut. L'Académie dit <i>cent</i> &amp; un an, &amp; non <i>cent</i> &amp; un ans.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>centum</i>, qui vient du Grec , <i>pungere.</i> A chaque <i>cent</i> on faisoit un point. Ce mot a été pris du Celtique <i>Cant.</i> Pezron. <i>Cant</i> est-il Celtique, &amp; n'est-il point Roman ?</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7625" id="2" type="marchandise">
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    <head>CENT</head>
    <p>
    Cent , en terme de Marchandise , sert à régler la proportion du profit de l'intérêt qu'on fait dans le négoce. On demande deux &amp; demi pour <i>cent</i> pour remettre de l'argent en une telle ville. L'intérêt ordinaire de la place est de huit pour <i>cent,</i> ou le denier douze. Les Hollandois qui trafiquent aux Indes gagnent <i>cent</i> pour <i>cent,</i> c'est-à-dire, le double.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENT</head>
    <p>
    Cent , signifie un nombre grand, incertain, indéterminé. Je lui ai dit <i>cent</i> &amp; <i>cent</i> fois. <i>Saepius.</i> Cet homme a <i>cent</i> défauts, <i>cent</i> perfections. <i>Multus, plurimus.</i> Je remarquois en elle <i>cent</i> attraits. Voit. On fit encore <i>cent</i> réflexions dans lesquelles on s'empressa de rendre justice au mérite de ce savant homme. M. Perrault. Mlle L'Héritier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7625" id="4" type="commerce">
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    <head>CENT</head>
    <p>
    Cent , est souvent un terme de commerce , qui sert à exprimer certaine quantité des choses dont on trafique. Un <i>cent</i> de sel à Amsterdam, c'est-à-dire, quatorze tonneaux. Un <i>cent</i> de sel de Marenne, de Brouage, de l'Isle de Ré, &amp;c. c'est-à-dire, vingt-huit muids ras, à vingt-quatre boisseaux par muid.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7625" id="5" type="">
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    <head>CENT</head>
    <p>
    Cent de bois . C'est la mesure des bois de charpente en oeuvre de différentes longueurs &amp; grosseurs. <i>Cent</i> fois la quantité de 12. pieds de long sur six pouces de gros, qui font <i>cent</i> pièces de bois, à quoi on les réduit pour les estimer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7626" id="1" type="">
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    <head>CENTAINE</head>
    <p>
    CENTAINE , s. f. Cent unités considérées toutes ensemble. <i>Centum, Centenarius numerus, centenus.</i> Nombre, dixaine, <i>centaine,</i> mille : c'est l'ordre des nombres en Arithmétique. Il faut sacrifier une <i>centaine</i> de louis pour accorder cette affaire. Le peuple sortoit de la ville à <i>centaines</i> &amp; milliers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7626" id="2" type="">
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    <head>CENTAINE</head>
    <p>
    Centaine , se dit aussi du brin de fil ou de soie par où on doit commencer à dévider un échevau. <i>Fili in spiram convoluti initium.</i> Vous mêlerez cette soie, si vous ne trouvez la <i>centaine.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7627" id="1" type="">
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    <head>CENTAURE</head>
    <p>
    CENTAURE , s. m. Demi-homme &amp; demi-cheval. <i>Centaurus.</i> C'est un monstre fabuleux que les Poëtes ont feint, dont ils ont attribué la figure aux inventeurs de l'<i>Equitation,</i> ou de l'art de monter à cheval. Ainsi, quand on dit que Chiron <i>Centaure</i> étoit le Précepteur d'Achille, on doit entendre que ce fut lui qui lui montra l'art de dompter les chevaux. Le combat des <i>Centaures,</i> c'est un combat de gens à cheval.</p><p>Les Poëtes ont feint que les <i>Centaures</i> étoient fils d'Ixion &amp; d'une nuée. Le château où ils se retiroient s'appelloit , qui signifie nuée, c'est ce qui a donné occasion à ce que l'on a dit de leur mère. Il est souvent parlé des <i>Centaures</i> dans les lettres d'Ovide. M. de Meziriac en traite fort au long dans son Commentaire sur la lettre de Phillis à Demophon, où il dit : Les <i>Centaures</i> étoient demi-hommes &amp; demi chevaux : ils avoient la tête d'un homme &amp; les bras ; &amp; peu à peu descendant vers la poitrine ils commençoient d'être chevaux, ayant quatre pieds comme un cheval, &amp; tout le reste du corps, &amp; même le cri de cheval, comme les décrivent Lucien au Dialogue intitulé <i>Antiochus</i> ; &amp; Philostrate au tableau des Centaurelles. Quant à leur origine, Diodore de Sicile Liv. IV. en a le mieux parlé de tous ; les principaux Auteurs qui en ont traité sont Eustathius sur le 1r de l'Iliade, Tzetzès Chiliade 7. hist. 99. &amp; Palaephate en ses <i>Histoires incroyables.</i> Consultez Vigenère sur les Centaurelles de Philostrate, où il rapporte tout ce qu'en ont dit Tzetzès &amp; Palaephate. Les <i>Centaures</i> dont parlent les Poëtes sont Chiron, Eurytus, Amycus, Grynaeus, Rhoëtus, Arneus, Lycidas, Medon, Pisenor, Caumas, Mermeros &amp; Pholus.</p><p>Pline Liv. VII. ch. 3. dit en avoir vu un qui avoit été envoyé d'Egypte à l'Empereur Claude, dans du miel, &amp; que le même Empereur avoit écrit qu'il en étoit né un en Thessalie, qui mourut le même jour. C'étoit un monstre. S. Jérôme rapporte dans la vie de S. Paul que S. Antoine en avoit vû un ; mais ce Père doute si ce n'étoit point un spectre, ou prestige du Démon. Voyez Vossius, <i>De Idololat. Lib. I. cap.</i> 15.</p><p>Ce mot vient du Grec , composé de , <i>pungo,</i> &amp; de , <i>taurus.</i> Il signifie littéralement <i>pique-boeufs.</i> Les <i>Cèntaures</i> étoient vraisemblablement de certains bergers riches en bestiaux, &amp; qui habitoient dans les montagnes d'Arcadie. De-là vient qu'on attribue aux bergers de ce pays-là l'invention des vers <i>bucoliques,</i> parce qu'ils chantoient en gardant les boeufs. Palaephate, dans son livre <i>des choses incroyables,</i> raconte que sous le règne d'Ixion Roi de Thessalie, un troupeau de taureaux, qui devinrent furieux sur le mont Pélion, ravageoient tout le pays, &amp; rendoient la montagne inaccessible. Quelques jeunes gens qui s'étoient avisés de dresser des chevaux pour les monter, entreprirent de nettoyer la montagne de ces animaux. Pour en venir à bout, ils les poursuivoient à cheval, &amp; les perçoient à coups de trait. C'est pourquoi on les nomma <i>Centaures</i> ; c'est-à-dire, <i>perce-taureaux.</i> Cet heureux succès les rendit insolens, ensorte qu'ils insultoient les peuples de la Thessalie, qu'on appelloit alors les <i>Lapithes :</i> &amp; comme ils prenoient la fuite lorsqu'ils étoient attaqués, la rapidité avec laquelle ils se retiroient, fit juger qu'ils étoient demi-hommes, &amp; demi-chevaux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENTAURE</head>
    <p>
    Centaure , est aussi de genre féminin en parlant de la femme d'un <i>centaure.</i> D'Ablancourt s'en est servi en ce genre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENTAURE</head>
    <p>
    Centaure , est aussi le nom d'une constellation. Ce qui rend le pied le plus oriental du <i>centaure</i> plus brillant que l'autre, c'est qu'il y a dans cette partie de cette constellation deux étoiles fort proches l'une de l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENTAURE</head>
    <p>
    Centaure , dans l'histoire, est le nom d'un peuple de Thessalie. Les <i>Centaures</i> habitoient le pays qui est au pied du mont Pélius : c'étoit une nation grossière &amp; féroce : on les représentoit demi-hommes &amp; demi-chevaux, parce <pb n="926" facs="bpt6k8542165/f966/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'ils furent les premiers parmi les Grecs qui domterent des chevaux, &amp; qui apprirent aux Grecs à combattre à cheval.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENTAURÉE</head>
    <p>
    CENTAURÉE , s. f. <i>Centaurium s. n.</i> Plante qui a pris son nom du Centaure Chiron, qui fut guéri, à ce que l'on prétend, d'une blessure qu'il avoit au pied, par l'usage de cette herbe, dont on fait deux genres, savoir, la grande &amp; la petite <i>Centaurée,</i> non par rapport à leur grandeur seulement, mais encore par rapport à leur caractère, qui est bien différent dans l'une &amp; dans l'autre.</p><p>La grande <i>Centaurée, Centaurium majus</i> est de la famille des plantes dont les fleurs sont des fleurons réguliers, soutenus chacun par une semence aigretée, &amp; ramassés plusieurs ensemble en une tête ou bouquet arrondi ou écailleux. On ne distingue la jacée d'avec cette plante que par les têtes, qui sont plus grosses dans celle-ci, &amp; plus petites dans celle-là. Les espèces de grande <i>Centaurée</i> sont pour la plupart de grandes plantes : les plus connues sont celles qui portent des fleurs purpurines, des feuilles découpées en segmens fort larges, dentelées, &amp; qu'on compare aux feuilles du noyer. <i>Centaurium majus, folio in plures lacinias diviso.</i> C. B. Pin, ou <i>Centaurium majus, juglandis folio</i> J. B. Ses racines sont assez grosses, &amp; marbrées comme celles du Rhapontic. Aussi l'a-t-on fait passer, de même que les espèces suivantes, pour le Rhapontic. La seconde espèce a ses feuilles découpées en des segmens plus menus &amp; plus étroits ; &amp; ses fleurs sont jaunâtres. <i>Centaurium Alpinum, luteum.</i> C. B. Pin. Ces deux espèces viennent en Italie sur le mont Baldo, &amp; dans les Alpes. On cultive dans les jardins des curieux une troisième espèce semblable à la seconde, par la couleur des fleurs, &amp; par les découpures profondes des feuilles ; mais celle-ci qui vient d'Afrique a une odeur douce, &amp; ses feuilles sont plus amples, découpées en des segmens plus menus &amp; plus arrondis. <i>Centaurium majus, laciniatum, Africanum</i> 5. <i>R. Par. App.</i> La quatrième espèce vient dans les Pyrenées : ses feuilles ressemblent à celles de l'artichaut, mais elles sont plus vertes en dessus ; ses têtes sont fort grosses, &amp; ses fleurs sont purpurines, <i>Centaurium foliis Cinarae. Corn.</i> La cinquième a ses feuilles entières, longues, blanches en dessous, &amp; verdâtres en dessus, &amp; pareilles à celles de l'aunée. Ses tiges ne sont point branchues, ni si hautes que dans les précédentes : elles sont cependant garnies d'un plus grand nombre de feuilles à proportion, &amp; leurs têtes sont aussi beaucoup plus grosses, écailleuses, &amp; leurs fleurs sont purpurines. Ses racines sont plus charnues, &amp; marbrées comme dans les premières espèces ; ce qui les fait prendre pour du Rhapontic. On trouve cette dernière espèce à feuilles larges, &amp; à feuilles étroites dans les Alpes. <i>Centaurium majus, folio helenii incano, Centaurium majus, folio helenii angustiore, Inst. R. Herb.</i></p><p>La petite <i>Centaurée, Centaurium minus,</i> C. B. Pin. Elle a ses fleurs en forme de tuyau évasé en devant, &amp; découpé profondément en plusieurs parties. Son fruit est ovale, ou cylindrique, divisé en deux cellules remplies de semences menues. L'espèce la plus commune &amp; la plus usitée, a sa racine petite, blanchâtre, ligneuse &amp; insipide. Elle donne d'abord quelques feuilles couchées sur terre qui sont vertes, arrondies, &amp; longues d'un pouce environ. Du milieu de ses feuilles s'élève une tige branchue, anguleuse, haute d'un pied ou environ, garnie de feuilles lisses, vertes, opposées, plus petites que celles du bas, chargées de trois nervures qui parcourent toute leur longueur : les extrémités des branches sont terminées par des bouquets de fleurs purpurines, dont les pédicules sont courts, &amp; les calices verds, étroits, à cinq découpures fort aiguës. Chaque fleur est un tuyau étroit, évasé &amp; découpé en cinq quartiers ordinairement. Ses étamines sont au nombre de cinq, &amp; leurs sommets sont jaunes. Les fruits qui succèdent à ses fleurs sont cylindriques, grêles, divisés en deux cellules, qui renferment des graines menues comme du sable. Toute la plante est extrêmement amère ; d'où vient aussi que Pline &amp; d'autres Anciens l'ont nommé <i>Fel terrae, Fiel de terre.</i> Sa vertu fébrifuge lui a fait encore attribuer le nom de <i>Fébrifuge</i> par excellence.</p><p>Les Médecins emploient la petite <i>Centaurée</i> dans presque toutes les occasions, où ils reconnoissent que les amers seront utiles, &amp; lorsqu'ils veulent chasser la fièvre. Ils ordonnent par pincées les semences bien fleuries de cette plante dans les infusions purgatives, apéritives, fébrifuges &amp; altérantes. Le sel de petite <i>Centaurée</i> est pareillement fébrifuge. La petite <i>Centaurée</i> entre dans la Thériaque. Galien faisoit tant de cas de cette plante qu'il a composé un livre entier, où il a ramassé toutes les vertus que les Anciens lui avoient attribuées, &amp; tout ce qu'il en avoit observé lui-même.</p><p>Il y a quelques autres espèces de petite <i>Centaurée</i> qui pourroient être employées comme celle-ci : telles sont la petite <i>Centaurée</i> à fleurs disposées en épi, <i>Centaurium minus spicatum,</i> C. B. Pin. qu'on trouve en Languedoc, &amp; la petite <i>Centaurée</i> à fleurs jaunes, plante différente des précédentes par ses feuilles qui sont glauques, arrondies, &amp; jointes ensemble de telle manière qu'il semble que les tiges &amp; les branches les enfilent, <i>Centaurium luteum, perfoliatum.</i> C. B. Pin. On trouve cette plante assez fréquemment à la campagne dans des endroits humides. Ses fleurs ne sont point si allongées en tuyau, &amp; sont découpées en huit quartiers : leurs fruits sont ovales en deux loges, qui renferment une semence noire &amp; menue.</p><p>On se sert dans le Pérou, à Lima sur-tout, d'une espèce de petite <i>Centaurée,</i> qu'on apporte des montagnes du Chili, &amp; qu'on nomme <i>Cacheu,</i> pour les fièvres, de même que de notre petite <i>Centaurée</i> ; on lui donne encore plusieurs autres vertus qui conviennent avec celles que nous reconnoissons dans la nôtre. Cette plante diffère de notre <i>Centaurée,</i> par la disposition de ses branches, qui sont plus écartées les unes des autres, plus longues, opposées cependant ; par ses feuilles qui sont beaucoup plus étroites, &amp; par ses fleurs qui ne sont point ramassées en bouquet, &amp; qui ont chacune leur pédicule formé par l'extrémité de la branche. <i>Centaurium minus, purpureum, patulum.</i> Histoire des Plantes du Journal historique du Père Feuillée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7629" id="1" type="">
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    <head>CENTAURELLE</head>
    <p>
    CENTAURELLE , subst. fém. Femelle de Centaure. Voyez <ref type="search" target="head:CENTAURE">CENTAURE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7630" id="1" type="">
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    <head>CENTENAIRE</head>
    <p>
    CENTENAIRE , adj. m. &amp; f. Qui a cent ans. <i>Centenarius.</i> Je connois deux vieillards <i>centenaires,</i> ou qui ont cent ans. Il n'y a que la prescription <i>centenaire</i> qui coure contre l'Eglise. La possession <i>centenaire</i> n'est pas valable, quand on prouve la mauvaise foi d'un possesseur. On dit aussi, un nombre <i>centenaire</i> ; pour dire, qui en comprend cent. <i>Numerus centenarius.</i></p><p>&#9758; Centenaire, s. m. cent livres pesant. Le Calife Almamon voyant qu'il ne pouvoit tirer Léon de son pays, lui proposa par lettres plusieurs questions de Géométrie &amp; d'Astronomie, &amp; fut si satisfait de ses réponses, qu'il écrivit à l'Empereur Théophile, le priant de le lui envoyer pour un peu de temps, &amp; offrant pour cet effet cent <i>centenaires,</i> c'est-à-dire, dix mille livres d'or, &amp; une paix perpétuelle ... Fleury.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7631" id="1" type="">
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    <head>CENTENE</head>
    <p>
    CENTENE , s. f. <i>Centena.</i> Charge, dignité de Centenaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7632" id="1" type="">
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    <head>CENTENIER</head>
    <p>
    CENTENIER , s. m. Chef qui commandoit à cent hommes chez les Romains. <i>Centurio.</i> Jesus-Christ guérit le serviteur du <i>Centenier.</i> Il n'est en usage que dans les sujets de piété. Voyez <ref type="search" target="head:Centurion">Centurion</ref>. M. de Harlay de Chanvallon, dans sa Traduction de Tacite, Vigenère, dans son Tite-Live &amp; son César, M. de la Mare dans son <i>Traité de la Police,</i> &amp; d'autres, l'ont dit souvent. Dans cette sédition fut tué un <i>Centenier</i> nommé Lucilius. Harlay. Tous les autres <i>Centeniers</i> se cacherent. Id. La solde de l'homme de pied Légionaire, selon Polybe, ne fut premièrement que de deux oboles par jour. Le <i>Centenier</i> avoit le double. Vigen. César trouva à dire neuf cents soixante de ses soldats, &amp; quelque trente <i>Centeniers.</i> Id. On va voir que M. de Cordemoy l'a dit aussi ; ainsi la remarque ci-dessus n'est pas bien sûre, quoiqu'il soit vrai que dans l'usage ordinaire on dit plutôt Centurion que <i>Centenier.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CENTENIER</head>
    <p>
    Centenier , a aussi été un Officier de nos Rois sous la première race. Les Comtes n'avoient eu d'abord que l'administration de la Justice, mais depuis on leur accorda celles des armes : ils n'avoient l'une &amp; l'autre que dans une seule ville ; &amp; cette ville étoit toujours considérable : car on mettoit des Vicaires ou Viguiers dans les autres villes ; &amp; ces Vicaires étoient soumis aux Comtes, comme les <i>Centeniers,</i> qu'on mettoit dans les bourgs, pour tout un <pb n="927" facs="bpt6k8542165/f967/full/1200,/0/native.jpg"/>petit pays. Cordem. Il paroît que c'étoient les François qui avoient apporté cet usage dans les Gaules ; car les Goths, les Germains &amp; les Lombards, l'avoient. Il en est parlé dans les Loix des Visigoths Liv. II. Tit. II. L. 26. &amp; Liv. IX. Tit. II. L. 1. Les Capitulaires de Charlemagne, &amp; de Louïs le Débonnaire, la Loi de Charlemagne qui se trouve dans les Loix des Lombards Liv. II. Tit. LII. L. 3. &amp; dans ses Capitulaires Liv. III. ch. 79. décrivent la jurisdiction du <i>Centenier.</i> Grégoire de Tours en parle aussi <i>Liv. IX. Hist. Fr. ch.</i> 5. Voyez Hoffman, Spelman, &amp; les notes d'Otton sur B. Rhenan. <i>Rerum Germ. Lib. II. p.</i> 271. Voyez aussi le <i>Traité de la Police</i> de M. de la Mare Liv. I. Tit. V. chap. 1. Les <i>Centeniers</i> étoient des Juges distribués dans les Villages. Chorier. <i>Liv. X. pag.</i> 664. Le <i>Centenier</i> ne pouvoit condamner à mort. Le Gendre. On les appelloit aussi Centenarions, <i>Centenariones.</i> Ils ne jugeoient que des affaires de peu de conséquence, &amp; Walfridus Strabo dit qu'on peut les comparer aux Prêtres qui gouvernent les Eglises où il y a des fonts baptismaux, c'est-à-dire, aux Curés, &amp; aux moindres Prêtres. Outre les Auteurs cités, on peut voir le <i>Glossaire Salique</i> de Chifflet, &amp; les Glosses de M. Pithou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7632" id="3" type="">
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    <head>CENTENIER</head>
    <p>
    Centenier , en certains lieux, est aussi un Officier Bourgeois préposé pour faire exécuter les ordres de la ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7633" id="1" type="">
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    <head>CENTIÈME</head>
    <p>
    CENTIÈME , adj. m. &amp; f. Qui est arrivé au nombre de cent. <i>Centesimus.</i> Malherbe a dit, pour exprimer cent ans,</p><p>On a levé en Hollande le <i>centième</i> denier du bien des particuliers. Il se contenteroit d'un <i>centième</i> dans les grosses Fermes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7634" id="1" type="">
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    <head>CENTINODE</head>
    <p>
    CENTINODE , s. m. Petite plante qui est ainsi appellée, à cause que ses tiges sont pleines de noeuds. En Latin <i>Polygonum latifolium,</i> ou <i>centinodia.</i> C'est une espèce de Renouée. Voyez <ref type="search" target="head:RENOUEE">RENOUEE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7635" id="1" type="">
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    <head>CENTON</head>
    <p>
    CENTON , s. m. Ouvrage composé de plusieurs vers ou passages dérobés ou empruntés d'un, ou de plusieurs Auteurs. <i>Cento.</i> Proba Falconia a écrit la vie de Jesus-Christ en <i>centons</i> tirés de Virgile. Etienne de Pleurre, Chanoine régulier de S. Victor de Paris, a fait la même chose : son ouvrage est approuvé par deux Docteurs de la Faculté de Théologie de Paris, qui disent, que cet Auteur a fait des couronnes à Jesus-Christ &amp; aux saints Martyrs, de l'or de l'idole Moloch : ils remarquent aussi qu'ils donnent leur approbation, à condition qu'on mettra à la tête de l'ouvrage l'avertissement de l'Auteur sur les noms des Divinités payennes. Voici un exemple de ces <i>centons</i> sur l'adoration des Rois.</p><p>Adoratio Magorum. Matth. 2.</p><p>6. ae. 255 <i>Ecce autem primi sub lumine solis &amp; ortus,</i></p><p>2. ae. 694 <i>Stella facem ducens multa cum luce cucurcit</i> :</p><p>5. ae. 526 <i>Signavitque viam * coeli in regione serena</i> 8 ae. 528</p><p>8. ae. 330 <i>Tum</i> (1) <i>Reges</i> * (<i>credo quia sit divinitùs illis</i> 1 g. 415 (1) <i>Magi.</i></p><p>1. g. 416 <i>Ingenium, &amp; rerum faio prudentia major</i>)</p><p>7. ae. 98 <i>Externi veniuni, * quae cuique est copia lati</i> 5 ae. 100</p><p>11. ae. 333 <i>Munera portantes : * molles sua thura Sabaei</i> 1 g. 57</p><p>3. ae. 464 <i>Dona de hinc auro gravia, * myrraque madentes</i> 12 ae. 100</p><p>9. ae. 659 <i>Agnovêre Deum * Regem, regamque parentem.</i> 6 ae. 548</p><p>1. g. 418 <i>Mutavêre vias, * perfectis ordine votis</i> 3 ae. 548</p><p>6. ae. 16 <i>Insuetum per iter, * spatia in sua quisque recessit</i> 12 ae. 126</p><p>Ausone a prescrit des règles pour composer des <i>centons :</i> il faut prendre, dit-il, des morceaux détachés du même Poëte, ou de plusieurs ; on peut partager un vers, &amp; en lier la moitié à une autre moitié prise ailleurs ; ou employer le vers tout entier : mais il n'est pas permis d'insérer deux vers suivis, &amp; pris dans le même endroit. Il a fait un plaisant <i>centon</i> tiré de Virgile. Lelio Capiluppi a fait plusieurs Poëmes Latins en <i>centons.</i></p><p>On appelle aussi par extension, <i>centon,</i> un ouvrage rempli de morceaux dérobés. Les politiques de Lipse ne sont que des <i>centons,</i> où il n'a ajoûté que les conjonctions, &amp; les particules.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>cento</i>, qui signifie un <i>manteau rapetassé,</i> fait des pièces rapportées, &amp; celui-ci vient du Grec . Les soldats Romains se servoient de ces <i>centons,</i> ou vieilles étoffes ramassées, pour se garantir des traits des ennemis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7636" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENTONAIRE" />
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    <head>CENTONAIRE</head>
    <p>
    CENTONAIRE , s. m. <i>Centonarius.</i> Il y a dans le Code Théodosien un Titre des <i>Centonaires</i> &amp; des Dendrophores ; &amp; dans les anciennes inscriptions on les joint toujours aux Charpentiers, <i>Tignarii,</i> aux Serruriers, <i>Ferrarii,</i> &amp; aux Dendrophores, <i>Dendrophori.</i> Ils ne faisoient qu'un corps de métier avec ces sortes d'Artisans, que l'on appelloit <i>Collegium Fabrorum &amp; Centonariorum.</i> Voyez Gruter, p. XLV. n. 8. &amp; le Code Théod. Tout ceci, qui a paru à quelques habiles gens rendre douteuse la signification de ce mot, ou l'état &amp; la profession des <i>Centonaires,</i> est au contraire une preuve de ce qu'ils étoient, car il est certain que l'on appelloit chez les Romains <i>Centons</i> les pièces de cuir &amp; d'étoffe dont on couvroit les galeries couvertes appellées <i>Vineae,</i> sous lesquelles les assiégeans faisoient leurs approches dans un siége, &amp; les tours &amp; autres machines dont on se servoit pour faire les attaques &amp; pour battre une place. Il est naturel qu'on ait appellé <i>Centonaires</i> ceux qui travailloient aux centons, c'est-à-dire, à ces pièces de cuir &amp; d'étoffe, &amp; qui les préparoient. De plus trois sortes de gens &amp; d'ouvriers étoient nécessaires pour les galeries, &amp; autres ouvrages dont nous parlons. 1°, Des Charpentiers, <i>Tignarii,</i> pour préparer les bois, <i>tigna,</i> dont ils étoient composés. 2°, des Serruriers, <i>Ferrarii,</i> pour lier ces bois avec des liens, des barres, des chevilles de fer. 3°, des <i>Centonaires, Centonarii,</i> pour les couvrir de centons ou de pièces de cuir crud &amp; d'étoffes mouillées, pour empêcher que les ennemis ne vissent ce qui se passoit dessous, &amp; qu'ils n'y missent le feu. Il n'est dont point étonnant que l'on joigne tous ces gens ensemble, &amp; qu'ils ne fassent qu'un même corps, puisqu'ils travailloient de concert à différentes parties des mêmes ouvrages.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7637" id="1" type="">
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    <head>CENTRAL, ALE</head>
    <p>
    CENTRAL, ALE , adj. On dit en Chymie, Le feu <i>central,</i> celui que les Chymistes s'imaginent être au centre de la terre. <i>Centralis.</i> Ils croient qu'il pousse les fumées ou vapeurs qui font les métaux &amp; les minèraux, &amp; qu'il sert à les cuire &amp; à les perfectionner. On appelle aussi en Géométrie <i>point central,</i> le point du milieu d'une figure circulaire : une <i>ligne centrale,</i> celle qui aboutit au centre. L'Eclipse parut <i>centrale,</i> c'est-à-dire, que le centre de la lune étoit parfaitement opposé au centre du Soleil. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7638" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENTRE" />
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    <head>CENTRE</head>
    <p>
    CENTRE , s. m. Le point qui est au milieu d'un globe, ou d'une figure circulaire, duquel si on tire des lignes droites à la superficie, elles sont toutes égales. <i>Centrum.</i> On appelle <i>centre apparent,</i> le point qui représente le <i>centre</i> d'un cercle ; &amp; <i>centre</i> véritable, celui qui a servi de <i>centre</i> pour décrire la représentation d'un grand ou d'un petit cercle de la sphère. L'angle du <i>centre</i> est double de celui de la circonférence ; c'est-à-dire, que l'angle qui est fait de deux lignes qui sont tirées du <i>centre</i> sur un arc de cercle, est double de l'angle que font deux lignes tirées des extrémités d'un même arc, qui aboutissent à la circonférence. Euclide, <i>Liv. III.</i></p><p>On appelle aussi <i>centre</i> dans les autres figures curvilignes, les points où se ramassent les rayons réfléchis. Le centre de la parabole, est le point où se réfléchissent les rayons, ou le point brûlant. On l'appelle autrement le <i>foyer. Focus.</i> L'ellipse a deux <i>centres,</i> d'où les rayons &amp; les sons se réfléchissent de l'un à l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7638" id="2" type="">
   <index type="head" value="CENTRE" />
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    <head>CENTRE</head>
    <p>
    Centre , se dit aussi dans les figures polygones du point où se coupent leurs diagonales, quoiqu'il ne soit pas également éloigné des extrémités, comme dans les carrés longs, les trapèzes, hexagones, &amp;c. En Gnomonique, on appelle <i>centre diviseur,</i> un point dans le plan du cadran qui représente le <i>centre</i> du monde, &amp; qui sert pour diviser en degrés la représentation d'un grand cercle de la sphère.</p><p>On appelle en termes de Guerre , le <i>centre</i> du bastion, le point qui est au milieu de la gorge du bastion, où commence la ligne capitale, &amp; qui est d'ordinaire à l'angle du polygone intérieur de la figure.</p><p>On appelle aussi le <i>centre</i> du bataillon, le milieu du bataillon, où on laisse quelquefois un grand carré vuide, pour y conserver des drapeaux &amp; du bagage. Ainsi on dit, Vuider, ou carrer le <i>centre</i> du bataillon ; pour dire, selon l'ancienne méthode de former des bataillons, Pratiquer un terrain de figure carrée dans le milieu des piquiers, afin que les mousquetaires, les drapeaux &amp; les <pb n="928" facs="bpt6k8542165/f968/full/1200,/0/native.jpg"/>bagages y puissent être à couvert, quand des troupes plus nombreuses attaquent le bataillon.</p><p>On appelle en Méchanique le <i>centre</i> de gravité, le point par où un corps étant suspendu, il est en équilibre de tous côtés. Les liqueurs n'ont point de <i>centre</i> de gravité, ou de pesanteur. La terre est le <i>centre</i> des corps graves. Le <i>centre</i> de grandeur d'un corps est le point également éloigné des extrémités.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7638" id="3" type="">
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    <head>CENTRE</head>
    <p>
    Centre , se dit aussi d'une ville capitale qui est située à peu près au milieu d'un Etat, d'une Province. <i>Umbilicus.</i> Paris en ce sens n'est pas le <i>centre</i> de la France. Madrid est le <i>centre</i> de l'Espagne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7638" id="4" type="">
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    <head>CENTRE</head>
    <p>
    Centre , signifie aussi le lieu où tendent tous les corps graves. Les corps graves terrestres tendent au <i>centre</i> de la terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7638" id="5" type="">
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    <head>CENTRE</head>
    <p>
    Centre , se dit figurément du lieu où on a tous ses plaisirs, ses commodités. <i>Locus ubi nihil ad perfectam felicitatem deest.</i> Quand un yvrogne est au cabaret, il est en son <i>centre.</i> Le poisson dans l'eau est dans son <i>centre,</i> dans son élément.</p><p>On le dit aussi du lieu où abondent toutes les choses d'une même nature. Mandez-moi des nouvelles de la Cour, vous êtes au <i>centre</i> des affaires, des sciences, des beaux arts. Paris est le <i>centre</i> du bon goût. Mol.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>centrum</i>, formé de , <i>centre,</i> point, de , <i>pungere.</i></p><p>On dit proverbialement &amp; en colère, qu'on voudroit être au <i>centre</i> de la terre ; pour dire, qu'on voudroit être bien loin, ou bien caché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7639" id="1" type="physique">
   <index type="head" value="CENTRIFUGE" />
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    <head>CENTRIFUGE</head>
    <p>
    &#9758; CENTRIFUGE , adj. Qui s'éloigne du centre. C'est un terme de Physique . Un corps qui se meut, tend toujours à décrire la ligne qu'il décriroit s'il étoit libre ... D'où il faut conclure que les corps qui se meuvent en rond, tendent continuellement à s'éloigner du centre de leur mouvement ; ce qu'ils doivent faire avec une force d'autant plus grande, qu'ils se meuvent plus vîte. Rohault. Un corps qui décrit un cercle, décrit à chaque instant une petite ligne droite qui fait partie de sa circonférence. Ce corps à chaque instant fait donc effort pour continuer à se mouvoir dans la direction de cette petite ligne. C'est la force <i>centrifuge.</i> Mr de Maupertuis.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7640" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENTRINE. JONSTON" />
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    <head>CENTRINE. JONSTON</head>
    <p>
    CENTRINE. JONSTON , est un poisson de mer que les Italiens appellent <i>pesce porco.</i> Il est gros, épais, court, de figure triangulaire, couvert d'une peau fort rude, parsemée de pointes fortes, principalement à la tête &amp; au dos, de couleur obscure. Sa tête est petite &amp; comprimée : ses yeux sont vifs : sa gueule est presque toujours ouverte. Ses dents sont larges &amp; tranchantes : sa chair est nerveuse, visqueuse, &amp; ne se mange point. Etant séchée, elle excite l'urine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7641" id="1" type="physique">
   <index type="head" value="CENTRIPÈTE" />
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    <head>CENTRIPÈTE</head>
    <p>
    &#9758; CENTRIPÈTE , adj. Terme de Physique , pour signifier, Qui tend au centre, qui cherche le centre. Il est parlé dans le Journal des Savans de Mai 1734. du conflit de forces centrifuges &amp; <i>centripètes,</i> nécessaire pour retenir dans son orbite, &amp; autour de sa planète principale tout satellite placé au-delà, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7642" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENT-SUISSES" />
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    <head>CENT-SUISSES</head>
    <p>
    CENT-SUISSES , s. m. C'est une Compagnie de cent Suisses établie en 1481. par Louïs XI. pour la garde du Roi. <i>Centumviri Regis custodes ex Helvetia.</i> Ce nom est singulier aussi-bien que pluriel. Les <i>Cent-Suisses</i> de la garde du Roi ont un Capitaine Colonel, deux Lieutenans, l'un François &amp; l'autre Suisse. Aux jours de céremonie le Capitaine &amp; les Lieutenans des <i>Cent-Suisses</i> sont vêtus de satin blanc avec de la toile d'argent dans les entailleures ; &amp; les Suisses ont des habits de velours. Un <i>Cent-Suisse</i> jouit des mêmes priviléges qu'un François naturel ; il n'est point sujet au droit d'aubeine ; il a exemtion de taille pour lui, sa veuve, ses enfans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7643" id="1" type="">
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    <head>CENTUMVIR</head>
    <p>
    CENTUMVIR , s. m. Magistrat, &amp; Officier de l'ancienne Rome établi pour juger de certaines affaires civiles, comme des testamens, des tutelles, des prescriptions. <i>Centumvir.</i> Comme le peuple étoit divisé en trente-cinq Tribus, on élisoit trois personnes de chaque Tribu pour remplir cette charge : cela composoit un nombre de 105 Juges, qu'on appelloit <i>Centumvirs,</i> quoiqu'ils fussent plus de cent. Voyez <ref type="search" target="head:Festus">Festus</ref>. Les <i>Centumvirs</i> furent créés à l'exemple de la première institution du Sénat établi par Romulus, ainsi que le rapporte Denys d'Halicarnasse en son second Livre. Pomponius le Jurisconsulte, en son Enchiridion du Droit, dit que les <i>Centumvirs</i> furent établis quand les Préteurs ne purent plus suffire à vuider tous les procès du peuple, joint qu'ils étoient ordinairement distraits &amp; occupés hors de Rome, tant aux guerres qu'à l'administration des Provinces. Vigenère sur Tite-Live, T. I. p. 766.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7644" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENTUMVIRAL, ALE" />
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    <head>CENTUMVIRAL, ALE</head>
    <p>
    CENTUMVIRAL, ALE , adj. &amp; s. Qui appartient aux Centumvirs, qui est de leur ressort, &amp; de leur dépendance. <i>Centumviralis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7645" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENTUPLE" />
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    <head>CENTUPLE</head>
    <p>
    CENTUPLE , adj. &amp; s. m. &amp; f. Cent fois autant. <i>Centuplicato.</i> C'est une portion <i>centuple,</i> une mesure <i>centuple.</i> Dieu a promis de récompenser la charité des Fidèles au <i>centuple,</i> de leur rendre le <i>centuple. Centuplum, centuplus, a, um.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7646" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENTURIATEUR" />
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    <head>CENTURIATEUR</head>
    <p>
    CENTURIATEUR , s. m. Qui ne se dit que des Savans Protestans de la ville de Magdebourg, qui ont écrit, &amp; divisé l'Histoire Ecclésiastique par centaines d'années. <i>Qui res Ecclesiasticas per centurias annorum describit ; Centuriatores.</i> Ce furent quatre Ministres de cette ville-là qui en furent les premiers Auteurs, dont le chef étoit Matthias Flaccius Illyricus. Elle a été revue par Lucius, Professeur à Bâle, &amp; réimprimée en 1624. en trois volumes. On tient que Baronius n'avoit entrepris ses Annales que pour combattre les <i>Centuriateurs</i> de Magdebourg.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7647" id="1" type="">
   <index type="head" value="CENTURIE" />
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    <head>CENTURIE</head>
    <p>
    CENTURIE , subst. f. Partie d'une chose divisée, ou rangée par centaines. <i>Centuria.</i> Dans le temps que le peuple Romain s'assembloit pour créer des Magistrats, ou pour établir des loix, ou pour délibérer des affaires qui concernoient la République, il étoit divisé par <i>Centuries</i> ; &amp; afin que l'on pût recueillir plus facilement les suffrages, on opinoit par <i>Centuries.</i> Cela se faisoit dans le Champ de Mars, &amp; ces assemblées s'appelloient <i>Comitia centuriata.</i> C'étoit l'assemblée de tout le peuple. Les cohortes Romaines étoient distribuées par Décuries, &amp; par <i>Centuries.</i> Le Décurion commandoit la Décurie, le Centurion la <i>Centurie</i> : chaque cohorte étoit composée de six <i>Centuries</i> ; &amp; une legion de soixante <i>Centuries.</i> Plusieurs Auteurs divisent leurs ouvrages pat <i>Centuries.</i> Gombaut a fait trois <i>Centuries</i> d'Epigrammes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7647" id="2" type="">
   <index type="head" value="CENTURIE" />
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    <head>CENTURIE</head>
    <p>
    Centurie , se dit particulièrement des vers de Nostradamus rangés par centaines de quatrains ; chaque couplet s'appelle quelquefois une <i>Centurie, Centuria</i> ; même ceux qui font des quatrains pour imiter ces prétendues prophéties, les appellent des <i>Centuries.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7647" id="3" type="">
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    <head>CENTURIE</head>
    <p>
    Centurie de Magdeboug . Histoire Ecclésiastique divisée en treize <i>Centuries</i> ; elle contient treize siècles, &amp; va jusqu'à l'année 1298. <i>Res Ecclesiasticae per centurias annorum à Doctoribus Magdeburgensibus divisae ac descriptae, Centuriae.</i> Quelques Savants en formerent le projet, &amp; y travaillerent sous la direction de Flaccius Illyricus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7648" id="1" type="milice romaine">
   <index type="head" value="CENTURION" />
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    <head>CENTURION</head>
    <p>
    CENTURION , s. m. Terme de Milice Romaine . Officier Romain d'Infanterie, qui commandoit à cent soldats ; c'est la même chose que <i>Centenier. Centurio.</i> Le <i>Centurion</i> de la première cohorte de chaque légion s'appelloit <i>Primipilus.</i> Il n'obéissoit qu'au Tribun, &amp; commandoit quatre Centuries. Il gardoit l'étendart, &amp; l'aigle de la légion. Il y avoit à Césarée un homme nommé Corneille, <i>Centurion</i> dans la cohorte appellée Italienne. Simon. <i>Act. des Ap. X.</i> 1. Le Port-Royal a dit <i>Centenier.</i> Corneille le <i>Centurion</i> est le premier Chrétien d'entre les Gentils. Chastelain. Si S. Longin est le <i>Centurion</i> qui se convertit à la vûe des miracles qui se firent à la mort de Jesus-Christ, Corneille n'est pas le premier Chrétien d'entre les Gentils, ou du moins cela n'est pas sûr.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7649" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEOLS" />
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    <head>CEOLS</head>
    <p>
    CEOLS , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Celsus.</i> S. Celse, vulgairement appellé S. <i>Ceols,</i> ou S. <i>Ceouls,</i> &amp; par corruption S. <i>Sous,</i> dans le Diocèse de Paris, &amp; en Berry, nom que les Géographes ont encore plus défiguré en l'écrivant sur leurs cartes <i>Cinqsoles,</i> &amp; que les titres anciens d'une Paroisse du Diocèse de Paris, vers les limites de <pb n="929" facs="bpt6k8542165/f969/full/1200,/0/native.jpg"/>l'Evêché de Chartres, nomment saint <i>Cheours,</i> étoit un jeune enfant qui fut martyrisé à Milan dans le premier siècle avec S. Nazaire. Voyez Baillet 28. de Juillet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7650" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEP" />
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    <head>CEP</head>
    <p>
    CEP , s. m. Souche, pied de vigne. <i>Vitis, vinea, stirps, truncus.</i> Cette treille est bien couverte ; cependant il n'y a que trois <i>ceps</i> de vigne. Ménage dérive ce mot de <i>cippus,</i> qui veut dire <i>tronc,</i> quoique d'autres le dérivent de <i>capo</i>, ou <i>caput.</i> On écrit ordinairement <i>sep,</i> par abus, ou autrement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7651" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEP" />
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    <head>CEP</head>
    <p>
    CEP , ou CEB, s. m. Espèce de Satyre, ou plutôt de Singe dont parle Solin, C. 30. <i>Cepus</i> ou <i>Cebus.</i> On en vit à Rome au temps de Jules César, si l'on en croit Solin. Pline cependant dit que ce fut à des jeux que donna le grand Pompée ; mais tous deux conviennent que c'est la seule fois qu'on en ait vû à Rome. Ils avoient les pieds de derrière semblables à ceux de l'homme, &amp; ceux de devant à peu près semblables à nos mains. Diodore de Sicile leur donne une tête de lion, le corps de Panthère, &amp; la grandeur d'une chèvre. C'est une fable, quoique Strabon dise la même chose, Liv. XVI. après Artemidore. Quelques Auteurs ont prétendu que ce mot étoit Grec, , qui signifie jardin, &amp; qu'on l'avoit donné à cet animal, à cause que sa variété imitoit celle d'un jardin. Mais Saumaise, sur l'endroit de Solin que j'ai cité, a très-bien remarqué que ce mot étoit Ethiopien, &amp; que les Grecs l'avoient pris comme beaucoup d'autres des langues étrangères ; &amp; Bochart a très-bien montré, <i>Hierozoicon,</i> P. I. L. III. c. 31. que c'étoit la même chose que , <i>Koph,</i> animal que la florte de Salomon apportoit de Tharsis, &amp; que les Traducteurs ont rendu par <i>Simia</i> ; un <i>singe.</i> C'est apparemment la même chose que les Bavianes de l'Isle de Céilan, dont nous parlerons au mot Satyre. Au reste, je ne sai où certain Auteur a pris que le <i>Ceb,</i> ou comme il dit, <i>Cebus,</i> a le visage d'un Satyre, &amp; le reste du corps de chien &amp; d'ours.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7651" id="2" type="">
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    <head>CEP</head>
    <p>
    Ceps , se dit au pluriel des fers qu'on met aux pieds &amp; aux mains des prisonniers. <i>Compedes.</i> On le dit aussi de deux pièces de bois échancrées où on engage les pieds du criminel pour le tenir plus sûrement prisonnier. On s'en sert aussi pour lui donner la question.</p><p>Ce mot vient de <i>cippus</i>, dont les Latins se sont servis en la même signification. Menage. Joannes de Janua en tire l'origine <i>ex eo quod capiat pedes.</i> Dans les vieux titres on trouve <i>cheps</i> pour signifier <i>prison</i> : &amp; ainsi on a dit un <i>chep</i> à mettre malfaiteurs ; pour dire, un <i>cachot</i> ; &amp; on a appellé <i>Chepier,</i> ou <i>Cheper,</i> un Géolier. D'autres prétendent que c'est le prisonnier que l'on appelloit <i>Chepier</i> ; &amp; pour le Géolier, Nicot dit qu'on l'appelloit <i>Ceppier.</i> Mais comme il n'y a pas beaucoup de différence entre <i>cheppier</i> &amp; <i>ceppier,</i> on pourroit bien les avoir confondus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7652" id="1" type="">
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    <head>CEPAEA</head>
    <p>
    CEPAEA , s. f. Petite plante qui fait beaucoup de petites tiges rondes de la hauteur d'un pied &amp; demi, qui traînent par terre. <i>Cepaea.</i> Ses feuilles sont épaisses, semblables à celles du pourpier, mais plus petites, plus étroites &amp; plus longues. Sa racine est fort petite. Ses fleurs sont petites, blanches, à cinq feuilles. Sa semence est fort menue. C'est une espèce de joubarbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7653" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEPENDANT" />
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    <head>CEPENDANT</head>
    <p>
    CEPENDANT , adv. de temps. En attendant ; pourtant, pendant ce temps-là. <i>Interea, interim, tamen, attamen.</i> Je vais dîner, allez <i>cependant</i> brider mon cheval. Il paroît que le soleil tourne, &amp; <i>cependant</i> c'est la terre. <i>Cependant</i> signifie aussi, Néanmoins. <i>Tamen.</i> On a beau crier contre les vices, <i>cependant</i> on ne s'amende point. Vous ne parlez point de cette clause, <i>cependant</i> c'est la principale. On commence une période par <i>cependant</i> ; auquel cas il sert de transition &amp; de conjonction. Autrefois on disoit <i>cependant que, Interea dum, dum, donec,</i> pour <i>tandis que,</i> mais aujourd'hui on dit <i>tandis que. Cependant</i> a deux significations, 1°, Il veut dire, <i>Pendant ce temps-là, Interea.</i> 2°, Il signifie <i>pourtant, tamen, nihilominus.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>hoc pendente negotio</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7654" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CEPHALALGIE" />
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    <head>CEPHALALGIE</head>
    <p>
    CEPHALALGIE , s. f. Terme de Medecine , qui se dit en général de toutes sortes de douleurs de tête ; mais en sa propre signification, il signifie une douleur de tête récente. <i>Cephalalgia.</i> Quand elle est invétérée on l'appelle <i>céphalée,</i> &amp; quand elle ne tient que la moitié de la tête, on l'appelle <i>migraine.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , <i>caput,</i> &amp; d', <i>dolor, douleur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7655" id="1" type="medecine">
   <index type="head" value="CÉPHALIQUE" />
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    <head>CÉPHALIQUE</head>
    <p>
    CÉPHALIQUE , adj. m. &amp; f. Terme de Médecine , qui se dit de tout ce qui appartient à la tête, ou à ses parties. <i>Capiti utilis.</i> Ainsi on appelle <i>remèdes céphaliques,</i> ceux qui sont propres pour les maladies de la tête. Il y a une veine qui monte le long de la partie externe du bras, &amp; qui va se terminer à la veine axillaire, qu'on nomme <i>céphalique,</i> parce que les Anciens avoient coutume de la faire ouvrir dans les affections du cerveau ; ce que font encore aujourd'hui les ignorans, &amp; les superstitieux : ou, comme dit Dionis, parce qu'étant placée dans la partie la plus supérieure du bras ; elle est plus proche de la tête. <i>Vena cephalica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7656" id="1" type="">
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    <head>CÉPHALONIE</head>
    <p>
    CÉPHALONIE , s. f. <i>Cephalonia.</i> Nom propre d'une Isle, &amp; de sa Capitale. L'Isle de <i>Céphalonie,</i> appellée autrefois Samos, n'est pas la fameuse Samos de l'Archipel, mais la Samos Meione des Anciens. Elle est située dans la mer Ionienne, vis-à-vis des golphes de Patras &amp; de Lépante, entre l'Isle de Sainte Maure au Septentrion, &amp; celle de Zanthe au Midi. <i>Céphalonie</i> est aussi le nom de la ville Capitale de l'Isle. Elle est située sur une montagne qui aboutit au Golphe qu'on appelle Porto d'Argostoli. C'est un Evêché que le Marquis de Tocchis, qui dans le XIIe siècle étoit Prince d'Achaïe &amp; maître de l'Isle de <i>Céphalonie,</i> fit ériger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7657" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="CEPHALOPHARINGIEN" />
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    <head>CEPHALOPHARINGIEN</head>
    <p>
    CEPHALOPHARINGIEN , adj. Terme d'Anatomie , qui se dit de deux muscles de l'orifice de l'oesophage, qu'on appelle <i>pharinx.</i> Ils prennent leur origine de l'articulation de la tête avec la première vertèbre, &amp; vont s'insérer à la partie supérieure du pharinx, pour le tirer en haut, &amp; en arrière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7658" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEPHAS" />
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    <head>CEPHAS</head>
    <p>
    CEPHAS , s. m. C'est le nom que Jesus-Christ donna à saint Pierre, après qu'il eut confessé sa divinité, &amp; qu'il étoit fils de Dieu. Matth. XVI. 18. Ce nom est Syriaque &amp; Chaldéen , ou : il signifie <i>pierre,</i> &amp; Jesus-Christ le donna à Simon fils de Jonas, pour lui déclarer qu'il seroit après lui la pierre sur laquelle il bâtiroit son Eglise ; qu'il en seroit le Chef visible, &amp; son Vicaire en terre. Car pour signifier cela, il n'est point nécessaire, comme quelques-uns le croient, que , <i>Cepha,</i> vienne de , <i>tête,</i> ou <i>chef,</i> ainsi que l'ont cru Optat de Mileve, &amp; Baronius ; de même qu'il n'est point nécessaire qu'il le signifie, quand il est dit de Jesus-Christ, pour marquer qu'il est le Chef de l'Eglise, dans laquelle tout sera appuyé sur lui, tout dépendra de lui, comme 1. Ep. de S. Pierre II. 6. où la version Syriaque se sert du mot . Voyez Bellarmin, <i>De Eccl. L. II. C</i> 15. Baron. <i>ad. an. C.</i> 32. <i>&amp;</i> 34. &amp; Valentia, <i>De fide Disput. I. Quaest. I. Punct. VII. q.</i> 5. L'allusion que J. C. fait de ces deux mots, <i>Vous êtes Pierre, &amp; sur cette pierre je batirai mon Eglise,</i> n'est pas rare dans l'Ecriture, dans les prédictions ou les promesses. Lamech en fait une sur le nom de son fils Noé, Gen. V. 29. Jacob sur celui de Juda, Gen. XLIX. 8. L'Auteur Grec du Nouveau Testament ne l'a pas gardée si exactement ; il a mis , il pouvoit répéter , qui se dit très-bien en Grec pour <i>petra,</i> une pierre. Notre langue rend heureusement ce jeu de mots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7659" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉPUZE" />
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    <head>CÉPUZE</head>
    <p>
    CÉPUZE . <i>Cepuziensis Comitatus.</i> Le Comté de <i>Cépuze</i> est une petite Province de la haute Hongrie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7660" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉRAMIQUE" />
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    <head>CÉRAMIQUE</head>
    <p>
    CÉRAMIQUE , s. m. C'est un nom Grec, qui vient de , <i>ceramos,</i> qui signifie une <i>tuile,</i> d'où se fait , <i>lieu où l'on fait de la tuile, Tuilerie</i> ; ou bien, <i>lieu bati de tuile,</i> c'est-à-dire, comme nous parlons en François, <i>bati de brique.</i> Plusieurs lieux ont porté ce nom. Hésychius &amp; Suidas disent qu'il y avoit deux <i>Céramiques</i> à Athènes ; l'un dans la ville, &amp; l'autre hors de la ville. Le <i>Céramique</i> de la ville étoit un lieu où l'on faisoit aux frais du public les funérailles &amp; les oraisons funèbres de ceux qui avoient été tués dans la guerre. Il y avoit sur leur tombeau des colonnes, sur lesquelles on faisoit graver l'endroit où ceux qu'on y enterroit avoient été tués, &amp; leur épitaphe. Le <i>Céramique</i> du fauxbourg étoit un lieu <pb n="930" facs="bpt6k8542165/f970/full/1200,/0/native.jpg"/>où les femmes débauchées s'assembloient. Le <i>Céramique</i> de la ville étoit un des plus beaux quartiers d'Athènes. M. Spon en parle dans son <i>Voyage de Grèce</i> P. II. p. 181. &amp; 193. Voyez aussi Meursius <i>Athen. Att.</i> Le Scholiaste d'Aristophane dit qu'on y célébroit des jeux, ou combats qui s'appelloient , <i>le combat du flambeau,</i> parce que ceux qui couroient, portoient un flambeau. Les enfans donnoient des coups du plat de la main à ceux des coureurs qui restoient derrière, &amp; cela s'appelloit des coups <i>céramiques.</i> Voyez ce Scholiaste sur la fin du IVe Acte de la Comédie des Grenouilles, sur l'Acte I. de celle des Oiseaux, &amp; sur celle des Chevaliers Act. II. Scen. 3e. Pausan. Liv. I. On faisoit des jeux trois fois par an dans le <i>Céramique,</i> pour Minerve, pour Vulcain &amp; pour Promethée. C'étoit peut-être dans ceux de Promethée que l'on couroit avec des flambeaux, à cause du flambeau que la fable disoit qu'il avoit allumé au char du Soleil, pour animer le corps de l'homme qu'il avoit formé. Au reste, jamais personne n'a mis que deux <i>Céramiques</i> dans Athènes, &amp; l'on ne sait pourquoi dans Moréri on en distingue trois.</p><p>Pline Liv. XXXV. ch. 12. dit que ce lieu fut nommé <i>Céramique,</i> parce que Chalcostenes, ouvrier fameux en ouvrages &amp; statues de terre, avoit sa boutique ou son attelier en cet endroit. Pausanias Liv. I. dit que c'est du Héros Céramus, que l'on disoit être fils de Bacchus &amp; d'Ariadne.</p><p>La porte d'Athènes, qui étoit voisine de l'un de ces <i>Céramiques,</i> s'appelloit la porte <i>Céramique.</i></p><p><i>Céramique</i> étoit encore selon Pline Liv. V. ch. 29. un petit Golfe de Carie, proche d'Halicarnasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7661" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉRAN" />
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    <head>CÉRAN</head>
    <p>
    CÉRAN , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Ceraunus, Ceraunius,</i> S. <i>Céran,</i> qui vivoit au commencement du VIIe siècle, sous le Roi Clotaire II. entreprit de recueillir les Actes des Martyrs. Baillet. Il fut Evêque de Paris, &amp; assista au Concile de Paris de 615. tenu dans l'Eglise des Apôtres, c'est-à-dire, de Sainte Géneviève, &amp; qui fut appellé Concile Général par celui de Rheims de 625. parce qu'il étoit composé de 79. Evêques, &amp; que jamais la France n'en avoit eu de si nombreux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉRASINE</head>
    <p>
    &#9758; CÉRASINE , s. f. Sorte de breuvage. Guillaume de Aubruquis Cordelier, ayant été envoyé en Tartarie par saint Louïs, fut mené au Palais le 4. de Janvier 1254. à l'audience de Mangoucan. Il me fit demander, dit il, lequel nous voulions de quatre breuvages qu'on nous présentoit. Je goûtai un peu de celui qu'ils nomment <i>cérasine,</i> fait de ris ... <i>Fleury.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7663" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERASTES" />
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    <head>CERASTES</head>
    <p>
    CERASTES , s. m. Espèce de serpent qu'on appelle <i>cornu Cerastes.</i> Les Auteurs assurent qu'en Afrique les <i>cérastes</i> ont deux cornes comme les limaces. Solin leur en donne quatre. Ils sont longs d'une coudée, &amp; jamais de deux. Ils ont le corps de couleur de sablon, écaillé vers la queue. Ils rampent de biais ; &amp; quand ils marchent, il semble qu'ils sifflent, à cause du bruit que font leurs écailles.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>corne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7664" id="1" type="medecine">
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    <head>CERAT</head>
    <p>
    CERAT , s. m. Terme de Médecine . C'est une espèce d'onguent, ou le liniment fait d'huile &amp; de cire, qui sert de remède à plusieurs maladies, &amp; particulièrement à celles du cuir, <i>Ceratum.</i> Le <i>cérat</i> est d'une consistence plus épaisse que le liniment. On met à l'un quatre onces de cire, &amp; à l'autre deux sur douze onces d'huile. Il est plus solide que l'onguent, &amp; moins que l'emplâtre. On fait des <i>cérats</i> réfrigeratifs, des <i>cérats</i> stomachiques, des <i>cérats</i> de soufre, de santal, &amp;c. Il y en a un particulier qu'on appelle <i>cérat de Galien réfrigératif,</i> qui se fait avec de la cire blanche, &amp; de l'huile rosat omphacin. <i>Cerat</i> citrin, <i>cérat</i> de brique restrinctif ou astringent, <i>cérat</i> diasinapi, <i>cérat</i> résolutif, <i>cérat</i> oxeleum, <i>cérat</i> divin.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>cera</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7665" id="1" type="chymie">
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    <head>CERATION</head>
    <p>
    CERATION , s. f. Terme de Chymie . C'est la disposition d'une matière pour la rendre propre à être fondue &amp; liquéfiée, quand de soi-même elle ne l'étoit pas : ce qu'on fait pour lui donner plus facilement le moyen de pénétrer dans les métaux, ou autres corps solides. <i>Praeparatio materiae cujuspiam ad liquamen,</i> les Chymistes disent <i>ceratio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7666" id="1" type="">
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    <head>CERATOGLOSSE</head>
    <p>
    CERATOGLOSSE , s. m. C'est un des muscles de la langue qui la tire à côté, &amp; en arrière. Il prend son origine de la partie supérieure de la corne de l'os hyoïde, &amp; va s'insérer aux côtés de la langue. Il y en a deux, un de chaque côté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7667" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉRAUNIEN" />
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    <head>CÉRAUNIEN</head>
    <p>
    CÉRAUNIEN , Voyez <ref type="search" target="head:ACROCERAUNIEN">ACROCERAUNIEN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7668" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERBÈRE" />
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    <head>CERBÈRE</head>
    <p>
    CERBÈRE , s. m. C'est un chien à trois têtes, que les Poëtes ont feint être commis à la garde des Enfers, qu'on dit avoir été enchaîné par Hercule : sur quoi les Mythologistes ont fait différentes interprétations. <i>Cerberus.</i> Hésiode <i>Theog.</i> v. 312. lui donne cinquante têtes, &amp; Horace cent, Liv. II. Od. 13. v. 34. Les Platoniciens entendoient par <i>cerbère</i> un mauvais Démon. Voyez Vossius à la fin du chap. 29. du Liv. II. <i>De Idolol.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifie <i>carnacier,</i> qui dévore avidement la chair.</p><p>On appelle figurément &amp; par exagération, un Suisse, ou un Portier trop rébarbatif, un <i>Cerbère.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7669" id="1" type="">
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    <head>CERBONEY</head>
    <p>
    CERBONEY , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Cerbonius.</i> Cerbonius, que nous appellons <i>Cerboney,</i> fut l'un de plus Saints Evêques qu'eut l'Eglise au VIe siècle. Baillet. Il fut Evêque de Populone en Toscane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7670" id="1" type="">
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    <head>CERCEAU</head>
    <p>
    CERCEAU , s. m. Lien dont on se sert pour relier les tonneaux, les cuves. <i>Circulus.</i> Les <i>cerceaux</i> sont faits de branches de châtaignier fendues par le milieu. Il faut remettre des <i>cerceaux</i> à cette cuve. On dit d'un cheval adroit, qu'il tourneroit dans un <i>cerceau.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>circulus</i>, du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7670" id="2" type="fauconnerie">
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    <head>CERCEAU</head>
    <p>
    Cerceaux , en termes de Fauconnerie , sont de pennes du bout de l'aile des oiseaux de proie. Les faucons, sacres &amp; laniers n'en ont qu'un ; les autours &amp; les éperviers trois. Il y a jusqu'à sept pennes, les premières desquelles sont appellées <i>cerceaux</i> ; les suivantes sont appellées Vanneaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7670" id="3" type="">
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    <head>CERCEAU</head>
    <p>
    Cerceau , est aussi un terme d'Oiselier , qui signifie une sorte de filets pour prendre des oiseaux à l'abreuvoir.</p><p>Les Porteurs d'eau à Paris appellent <i>cerceau,</i> un ovale fort allongé, au milieu duquel ils sont placés quand ils portent leurs sceaux, &amp; qui les tient dans une égale distance à leurs côtés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7670" id="4" type="">
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    <head>CERCEAU</head>
    <p>
    Cerceau , est aussi un vieux mot qui signifie Les agitations de l'air par le battement des ailes des oiseaux, des Anges qui fendent l'air. On le dit aussi des ronds qui se font dans les eaux calmes quand on y jette quelque pierre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7671" id="1" type="">
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    <head>CERCELLE</head>
    <p>
    CERCELLE , ou CERCERELLE, s. f. Quelques-uns disent SARCELLE. Petit oiseau aquatique, ressemblant au canard. <i>Querquedula, cerceris.</i> La <i>Cercelle</i> est une espèce de canard plus petit que les autres, &amp; dont la chair est plus délicate. L'on n'en voit qu'en automne &amp; en hiver. Athénée Liv. I. ch. 8. Liv. III. ch. 1. Pline Liv. X. ch. 22. Belon Liv. III. ch. 21. parlent de la <i>Cercelle.</i> Il y en a de plusieurs sortes, &amp; de différens plumages. Les <i>Cercelles</i> sont beaucoup plus petites que les canards, &amp; leur chair est estimée beaucoup plus délicate. Il y en a de trois espèces.</p><p>La première espèce a une couleur qui ne change que très-rarement : le plus souvent les femelles sont grises autour du cou, &amp; jaunâtres par-dessous le ventre. Elles sont brunes dessus le dos, dessus les ailes &amp; le croupion, avec une tache luisante sur les ailes, ainsi que les canards, &amp; une ligne blanche au-dessous venant de l'extrémité des plumes, &amp; qui traverse par le milieu de l'aile. Les douze premières pennes de l'aile sont d'une même couleur ; mais les autres qui suivent, sont blanches à leurs extrémités ; ce qui compose une seconde ligne blanche, la première étant de l'extrémité des grosses pennes ; &amp; comme les plumes des ailes sont noires par le dessus, elles font paroître une tache noire de chaque côté.</p><p>La seconde espèce de <i>Cercelle</i> a le bec noir &amp; large. Sa tête est d'un rouge éclatant, avec une longue tache verdâtre, qui commence vers les yeux, &amp; va finir au derrière de la tête. Son cou, son dos, &amp; presque tout son ventre sont couverts de plumes noires &amp; blanchâtres, en façon d'écailles. Sa gorge est cendrée, &amp; marquée de points noirs. Sa poitrine est d'un cendré brun : ses ailes &amp; sa queue sont d'une couleur entre le brun &amp; le noir, diversifiées en plusieurs endroits de blanc, de noir &amp; de verd. Ses jambes ne sont guère grosses, ni robustes. Ses pieds sont étroits &amp; bruns, &amp; ont des membranes noires.</p><p>La <i>Cercelle</i> de la troisième espèce est appellée par Aldrovand, <i>Cercelle d'Inde.</i> Elle est beaucoup plus petite que les canes. Le dessus de son bec est plus long que le dessous. Son <pb n="931" facs="bpt6k8542165/f971/full/1200,/0/native.jpg"/>bec, ses doigs, &amp; ses pieds, sont d'un beau rouge. Le dessus de sa tête, le haut de son cou, &amp; presque tout son dos sont de couleur jaune, aussi-bien que son croupion, qui est couvert de taches en forme de croissant, qui sont noires &amp; assez grandes. Le dessous de son cou, sa poitrine, &amp; tout son ventre sont blancs. Il y a dans ses ailes une grande diversité de couleurs, qui les rendent très-belles ; car les premières plumes, qui sont à l'épaule, sont d'une couleur de rose passée, &amp; marquées de taches noires faites en croissant, ainsi que son croupion. Les plumes, qui suivent celles-ci, sont en partie blanches &amp; en partie vertes. Les plus longues de toutes font ornées d'une couleur bleue très-éclatante. Sa queue est en partie verdâtre, &amp; en partie bleuâtre, comme aux autres <i>cercelles.</i> Ses doigts sont sans membrane.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7672" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERCHE" />
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    <head>CERCHE</head>
    <p>
    CERCHE , s. f. Cercle dont on se sert pour donner la forme à des voûtes, &amp; la diminution qu'elles doivent avoir, ainsi qu'à toutes les choses dont la forme est circulaire. <i>Circulus.</i> On s'en sert aussi pour arrondir des colonnes. On dit <i>cerche d'une voûte</i> ; pour dire, rondeur d'une voûte. <i>Cerches ralongées, surbaissées, ou surhaussées.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CHERCHE">CHERCHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="CERCLE" />
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    CERCLE , s. m. Terme de Géométrie . C'est une figure comprise sous une seule ligne, qui a un point au milieu, duquel, si on tire des lignes droites à sa circonférence, elles sont toutes égales. <i>Circulus.</i> A proprement parler le <i>cercle</i> est tout l'espace renfermé dans cette ligne, ou circonférence. Le <i>cercle</i> est la plus parfaite des figures, &amp; qui a le plus de capacité. Tout <i>cercle</i> se divise en 360. parties qu'on appelle <i>degrés.</i> On appelle aussi cercle la seule circonférence du <i>cercle,</i> sans y comprendre l'étendue qu'elle renferme. Tracer un <i>cercle,</i> décrire un <i>cercle.</i> Les Grecs écrivirent les noms des sept Sages sur un <i>cercle,</i> ne voulant pas déterminer quel étoit le plus sage des sept. On rapporte qu'un Pape ayant commandé aux Cordeliers de lui nommer trois de leurs Religieux, dans le dessein de donner la pourpre à l'un d'eux, les Cordeliers écrivirent sur un <i>cercle</i> les noms des trois plus habiles de leur Couvent, afin que sa Sainteté ne jugeant pas qu'ils eussent plus de penchant pour l'un que pour l'autre, elle choisît qui il lui plairoit. Vign. Marv.</p><p>Un grand <i>cercle</i> en parlant de la sphère, c'est celui qui divise également un globe, &amp; qui a le même centre que lui. Les grands <i>cercles</i> de la sphère sont l'Horison, l'Equateur, le Méridien, l'Ecliptique, &amp; les deux Colures. Les Azimuts &amp; les <i>cercles</i> de position sont aussi de grands <i>cercles.</i> Le 21. de Mars, &amp; le 23. de Septembre le soleil décrit son <i>cercle</i> précisement au milieu du globe. Ce <i>cercle</i> est l'Equateur.</p><p>Les petits <i>cercles</i> sont ceux qui ne divisant pas la sphère également, n'ont leur centre que dans l'axe du globe, &amp; non pas le même que la sphère. Ils vont toujours en diminuant, comme les Tropiques, les <i>cercles</i> Polaires, &amp; autres parallèles. Les Almucantaraths, qui sont des <i>cercles</i> parallèles à l'Horison, ont le Zénith pour leur pole commun. Ils diminuent à mesure qu'ils approchent du Zénith ; on les appelle <i>cercles de hauteur,</i> parce qu'ils servent à marquer la hauteur d'un astre sur l'Horison. Comme l'on conçoit que tous les cieux se meuvent tous les jours d'Orient en Occident, &amp; qu'ils achèvent leur tour en vingt-quatre heures, l'on imagine en même temps que tous les points de leur superficie, hors deux, décrivent des <i>cercles</i> qui sont parallèles les uns aux autres, &amp; à qui l'on a donné le nom de <i>cercles diurnes,</i> ou <i>journaux.</i> Ces <i>cercles</i> sont tous inégaux, &amp; le plus grand de tous est le <i>cercle équinoctial.</i> Les <i>cercles parallèles</i> en général, sont ceux qui sont également éloignés les uns des autres, dans toutes leurs parties. En Astronomie on entend plus particulièrement par <i>cercles parallèles,</i> ceux qui sont tirés de l'Occident à l'Orient par tous les degrés du Méridien, en commençant depuis l'Equateur, auquel ils sont parallèles, jusqu'aux poles du monde. Les <i>cercles de longitude</i> à l'égard des étoiles fixes, sont plusieurs petits <i>cercles</i> parallèles à l'Ecliptique, lesquels diminuent à proportion qu'ils approchent du Zodiaque. C'est sur les arcs de ces <i>cercles de longitude</i> que l'on compte la longitude des étoiles. Les <i>cercles de latitude</i> à l'égard des étoiles, sont plusieurs grands <i>cercles</i> qui coupent l'Ecliptique. C'est sur les arcs de ces <i>cercles</i> que l'on mesure la latitude des astres, ou leur distance de l'Ecliptique. Les <i>cercles de longitude terrestre,</i> sont plusieurs <i>cercles</i> que l'on conçoit sur la superficie de la terre, parallèles à la ligne équinoctiale. Les <i>cercles de latitude terrestre,</i> sont plusieurs <i>cercles</i> qui passent par les poles de la terre, &amp; par tous les points de la ligne équinoctiale. Les <i>cercles verticaux,</i> que les Arabes appellent <i>azimuths,</i> sont de grands <i>cercles</i> qui s'entrecoupent au zénith, &amp; au nadir, &amp; dont les plans sont par conséquent perpendiculaires à l'Horizon. On compte ordinairement 180. <i>cercles verticaux.</i> C'est sur ces <i>cercles verticaux</i> que l'on compte la hauteur des astres, &amp; leur distance du zénith. Les <i>cercles de déclinaison,</i> sont plusieurs grands <i>cercles</i> qui s'entrecoupent aux poles du monde. Ce sont les mêmes que les Méridiens, &amp; les <i>cercles horaires.</i> Les colures sont aussi des <i>cercles de déclinaison.</i> Le <i>cercle de distance</i> entre deux étoiles, est un grand <i>cercle</i> passant par ces deux étoiles, dont la distance est mesurée par l'arc de ce <i>cercle</i> compris entre les deux étoiles. Les <i>cercles de position,</i> sont six grands <i>cercles,</i> lesquels passent par les intersections du Méridien avec l'Horizon, &amp; coupent l'Equateur en douze parties égales, que les Astrologues appellent <i>maison céleste.</i> C'est pour cela que ces <i>cercles de position</i> sont aussi appellés, <i>cercles des maisons célestes.</i> On appelle <i>cercles mobiles</i> ceux qui se meuvent, &amp; changent de situation par le mouvement du premier mobile, comme l'Ecliptique, &amp;c. Les <i>cercles immobiles,</i> sont ceux qui ne se meuvent point par le mouvement de la sphère, &amp; qui conservent toujours la même situation. <i>Cercles variables,</i> sont ceux qui varient à mesure qu'on change de lieu sur la terre, comme l'Horizon ; &amp; les <i>cercles invariables,</i> sont ceux qui ne varient point, comme l'Equateur.</p><p>On appelle aussi <i>cercle horaire,</i> des lignes qui marquent les heures sur les cadrans sciatériques, quoiqu'ils ne soient point tracés circulairement, &amp; que les lignes soient presque droites, ou peu courbées. Il faut ajoûter que par analogie on transporte sur la superficie de la terre tous ces <i>cercles</i> que l'on conçoit dans le ciel ; ensorte que si tous les points de chacun de ces <i>cercles</i> tomboient perpendiculairement sur la surface du globe terrestre, ils y marqueroient des <i>cercles</i> placés également ; ainsi l'Equateur terrestre est une ligne que l'on conçoit précisément sous la ligne équinoctiale que l'on suppose dans le ciel.</p><p>La <i>Quadrature du cercle</i> est un problème, par lequel on cherche la manière de faire un quarré, dont la surface soit égale parfaitement &amp; géométriquement à celle d'un <i>cercle quadratura circuli.</i> De savans Mathématiciens ont nié la possibilité de <i>la quadrature du cercle.</i> Descartes soutenoit que la ligne droite, &amp; la circulaire, étant de différente nature, il ne peut y avoir nulle proportion entre elles. On ne conçoit pas trop la proportion qui peut être entre une circonférence, &amp; son diamètre. Archimède est celui qui a approché le plus près de la <i>quadrature du cercle.</i> Tous ceux qui sont venus après lui ont fait des paralogismes. Charles-Quint promit autrefois cent mille écus à celui qui résoudroit ce fameux problème. Les Etats de Hollande ont aussi promis une récompense à quiconque en pourroit venir à bout.</p><p>On dit figurément, quand on veut parler d'une chose difficile, ou impossible, qu'on auroit aussi-tôt trouvé la <i>quadrature du cercle.</i></p><p>On appelle <i>cercle d'or,</i> une espèce de petite couronne chez les Romains, qui étoit la marque de la dignité du Patriciat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="CERCLE" />
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cercle , signifie aussi, un cerceau, ou pièce de bois flexible, ou de fer, ou de quelque autre matière qui sert de lien pour serrer &amp; lier quelque chose. Il faut tant de <i>cercles</i> à ce tonneau, à cette cuve. Il faut mettre des <i>cercles</i> de fer pour tenir cette flèche, cette poutre, cette colonne. On appelle aussi dans la sphère armillaire <i>cercle,</i> les cerceaux de carton qui se coupent les uns les autres, &amp; qui composent cette machine qui représente les <i>cercles</i> de la sphère céleste.</p><p>En termes de Marine on appelle <i>Cercle de pompe,</i> un <i>cercle</i> double de fer, dont l'un est rond, qui embrasse le haut de la pompe pour l'empêcher de se fendre, &amp; l'autre quarré, qui sert à joindre sa potence à la pompe. Les <i>cercles de hune</i> sont de grands <i>cercles</i> de bois qui font le tour des hunes par le haut. Les <i>cercles de boutehors</i> sont <pb n="932" facs="bpt6k8542165/f972/full/1200,/0/native.jpg"/>des <i>cercles</i> doubles de fer, qui sont au bout des vergues où l'on passe les boutehors, qui servent à mettre les voiles d'étui.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="3" type="guerre">
   <index type="head" value="CERCLE" />
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cercles Goudronnés , en termes de Guerre , ce sont de vieilles mèches, ou de vieux cordages poissés, &amp; trempés dans le goudron, pliés, &amp; tournés en <i>cercles.</i> Ils servent à mettre dans des réchauts pour éclairer dans une ville assiégée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="4" type="">
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cercles a feu . Machines de guerre. Ce sont deux ou trois grands <i>cercles</i> de bois, liés ensemble avec du fil d'archal, &amp; autour desquels on met plusieurs grenades, canons de pistolet chargés, &amp; autres choses de cette nature, le tout entouré d'étoupin &amp; de feux d'artifice. On y met le feu, &amp; on fait rouler cette machine sur les travaux des assiégeans. On fait aussi de ces <i>cercles à feu</i> d'une autre manière ; mais elle revient à-peu-près à la même chose, &amp; au même usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cercle , se dit aussi de ce qui paroît en rond. Il se fait quelquefois un <i>cercle</i> lumineux autour du soleil, qu'on appelle <i>parélie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="6" type="blason">
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cercle , en termes de Blason , se dit de ce qui est rond, uni &amp; percé. Quand il y a un chaton, on l'appelle <i>anneau. Annulus.</i> Quand il y a un ardillon, on l'appelle <i>boucle. Fibula</i> Quand il est lié en cerceau, il faut que le lien soit d'un autre émail. On appelle <i>cercle perlé,</i> une couronne de Vicomte. <i>Circulus margaritis distinctus, perspersus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="7" type="">
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cercle , se dit aussi d'une assemblée qui se fait chez la Reine, où les Dames se tiennent en rond autour d'elle, où les Duchesses ont le privilége d'être assises sur un tabouret. <i>Circulus, corona, consessus.</i> Cette chambre est le lieu où la Reine tient son <i>cercle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="8" type="">
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cercle , se dit aussi en Logique, du vice d'un argument qui suppose le principe qu'il doit prouver, &amp; qui prouve après le principe par la chose qu'il pense avoir prouvée. On le dit aussi des définitions de deux mots synonymes l'un par l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CERCLE" />
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    &#9758; CERCLE , s. m.Quelques Auteurs appellent aussi Cercles, des assemblées de plusieurs personnes ; &amp; on dit, le cercle des Cardinaux. Un petit cercle d'amis. Briller dans les cercles &amp; dans les compagnies. Qu'il fait beau voir un ignorant mondain s'ériger dans les Cercles des femmes en juge de la Religion !<br/>Cercle d'équation, est un <i>cercle</i> nouvellement imaginé, &amp; ajoûté aux cadrans des pendules, pour marquer l'heure vraie du Soleil. Voyez sur ce <i>cercle</i> le Mémoire de M. Dufay parmi ceux de l'Académie des Sciences de l'année 1725.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7673" id="10" type="blason">
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    <head>CERCLE</head>
    <p>
    Cerclé , adj. Terme de Blason , qui se dit des tonneaux liés avec des cercles ou cerceaux. <i>Ligatus, constrictus circulis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7674" id="1" type="">
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    <head>CERCLIER</head>
    <p>
    CERCLIER , subst. masc. Ouvrier qui travaille à faire des cercles ou cerceaux dans les forêts. <i>Circulorum opifex.</i> L'Ordonnance veut que les <i>Cercliers,</i> Tourneurs, Sabotiers, &amp;c. ne puissent tenir atteliers qu'à demi-lieue des forêts.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7675" id="1" type="medecine">
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    <head>CERCOSIS</head>
    <p>
    CERCOSIS , s. f. Terme de Médecine . C'est une excroiscence de chair, qui sort de l'orifice de la matrice, le remplit &amp; le bouche. <i>Cercosis.</i> On emporte cette excroiscence par extirpation.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>queue</i> : parce que cette excroiscence est quelquefois aussi longue que la queue d'un renard, on lui a donné le nom de . M. Dionis le dérive de , qu'il explique par tromper ; il dit que cette excroiscence s'appelle <i>cercosis,</i> parce qu'elle ressemble quelquefois par sa longueur à la queue d'un renard, qui lui sert à tromper les autres animaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7676" id="1" type="">
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    <head>CERCUEIL</head>
    <p>
    CERCUEIL , s. m. Vaisseau de plomb propre pour transporter &amp; enterrer les morts. <i>Feretrum.</i> Quand il est de bois, on l'appelle <i>bière.</i> Ménage dérive ce mot de <i>sarcolium,</i> qui a été fait du Grec , &amp; prétend qu'on disoit autrefois <i>sarcueil.</i> Saumaise le dérive de <i>sacrophaculus</i>, disant que <i>sacrophage</i> étoit une pierre dont on faisoit anciennement les tombeaux, &amp; qu'on a étendu ce mot aux tombeaux faits de toute autre matière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERCUEIL</head>
    <p>
    Cercueil , figurément signifie aussi le tombeau, la mort. <i>Tumulus.</i> Cette affliction est capable de mettre un homme au <i>cercueil.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7677" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERDAGNE" />
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    <head>CERDAGNE</head>
    <p>
    CERDAGNE , s. f. Petite Province d'Espagne, qui a titre de Comté. <i>Cerretania.</i> La <i>Cerdagne</i> est dans les Pyrénées entre le Comté de Foix, le Roussillon &amp; la Catalogne. Sa capitale est Puicerda. La partie qui touche au territoire de Conflent &amp; aux sources de la Segre jusqu'à Livia exclusivement, est à la France depuis la paix des Pyrénées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7678" id="1" type="">
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    <head>CERDEAU</head>
    <p>
    CERDEAU . Voyez <ref type="search" target="head:SERDEAU">SERDEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7679" id="1" type="">
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    <head>CERDONIENS</head>
    <p>
    CERDONIENS . Nom d'anciens Hérétiques, qui ont été dans la plupart des erreurs de Simon le Magicien, de Saturnin, &amp; des autres Gnostiques. Cerdon, qui a été leur Chef, vint de Syrie à Rome sous le Pape Hygin. Il y abjura ses erreurs, mais en apparence seulement, en sorte qu'ayant été convaincu qu'il y persistoit, &amp; que même il dogmatisoit en cachette, il fut chassé de la communion des fidèles. Il reconnoissoit deux principes, l'un bon, &amp; l'autre mauvais. Ce dernier étoit, selon lui, le Créateur du monde, &amp; le Dieu qui avoit apparu dans l'ancienne loi. Le premier, qu'il appelloit inconnu, étoit le Père de Jesus-Christ, qui n'étoit venu au monde que selon la seule apparence de la chair, &amp; qui par conséquent n'étoit point né d'une Vierge, &amp; n'avoit point souffert véritablement, mais avoit seulement semblé souffrir. Il nioit la résurrection des corps ; il rejettoit toutes les écritures de l'ancien Testament, comme ne venant point du bon principe. Marcion, qui fut son Disciple à Rome, fut le successeur de ses impiétés. Saint Irénée, Tertullien &amp; saint Epiphane ont parlé au long de l'hérésie des <i>Cerdoniens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7680" id="1" type="">
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    <head>CÉRÉALES</head>
    <p>
    CÉRÉALES , s. m. &amp; plur. <i>Cerealia.</i> Fêtes de Cérès, en l'honneur de Cérès. Elles furent instituées par Triptolème d'Eleusis dans l'Attique, &amp; fils de Céleus Roi d'Eleusis, &amp; de Méhaline, en reconnoissance de ce que Cérès, qui passa pour avoir été sa nourrice, lui avoit appris l'art de cultiver le blé, &amp; d'en faire du pain. Ainsi ces fêtes prirent naissance dans la Grèce. Il y en avoit deux à Athènes ; les unes se nommoient Eleusinies ; &amp; les autres Thesmophories. Voyez à ces mots ce qu'il y a de particulier à chacune. Ce qui convenoit à toutes les deux, &amp; en général aux <i>Céréales,</i> c'est qu'on les célébroit avec beaucoup de religion &amp; de pureté, jusques là que c'eût été les polluer, que d'user du mariage ces jours-là. On y honoroit non-seulement Cérès, mais encore Ïacchus &amp; Liber, c'est-à-dire, Bacchus : les victimes qu'on immoloit étoient des porcs, à cause du dégât qu'ils font aux biens de la terre ; &amp; enfin il n'y paroissoit point de vin. Plaute, du moins, semble le dire, <i>Aulul. Act. II. Scen.</i> 7. &amp; Macrobe, <i>Saturn. L. III. c.</i> 11. dit expressément qu'il étoit défendu d'offrir du vin à Cérès en quelque sacrifice que ce fût. Cependant Caton, dans les derniers mots du c. 134. <i>De re rustica,</i> dit le contraire, &amp; Macrobe, à l'endroit que j'ai cité excuse Virgile d'avoir fait offrir du vin à Cérès. Lambin dit qu'il ne faut entendre Plaute que des <i>Céréales</i> <pb n="933" facs="bpt6k8542165/f973/full/1200,/0/native.jpg"/>des Grecs, &amp; non pas des Romains. Un Auteur récent réfute Lambin, en disant que Plaute étoit Grec ; &amp; il ne fait pas attention que Plaute ne parle pas de son chef, qu'il fait parler un de ses personnages, &amp; que sa Comédie est Grecque, ou que la scène étoit en Grèce, comme il paroît par les seuls noms des personnages qui sont tous Grecs. Pour Macrobe, il dit qu'à la vérité on ne lui offroit point de vin, <i>vinum</i> ; mais du vin doux, <i>mulsum</i> ; &amp; que le sacrifice que l'on faisoit à cette Déesse &amp; à Hercule le vingtunième de Décembre étoit d'une truie pleine de pains, &amp; de vin doux, &amp; que c'est ce que Virgile entend par <i>miti Baccho.</i> Voyez Saumaise sur Solin, p. 750. &amp; les Auteurs cités ci-dessus.</p><p>Les <i>Céréales</i> passerent des Grecs aux Romains, qui les célébroient pendant huit jours depuis le douzième d'Avril jusqu'au dix-neuvième inclusivement. C'étoient les Dames seules qui les célébroient en habit blanc ; les hommes vêtus aussi de blanc n'en étoient que les spectateurs ; ils s'abstenoient aussi de vin &amp; de tout commerce avec les femmes : les Romains crurent devoir honorer par-là une divinité qui s'étoit distinguée par sa chasteté. On ne mangeoit que le soir après le soleil couché, parce que Cérès, malgré la fatigue du voyage, n'avoit pris de nourriture que le soir, lorsqu'elle cherchoit sa fille. Il y avoit aussi durant le jour des combats à cheval, qui furent changés dans la suite en combats de Gladiateurs ; ce qui fut regardé comme une chose de mauvaise augure pour la République : le peuple avoit part à la fête par les largesses qu'on lui faisoit de pois, de noix, &amp; d'autres choses semblables. Les Ediles présidoient aux <i>Céréales,</i> comme on le voit par cette médaille de Memmius. C. MEMMIUS C. F. QUIRINUS MEMMIUS AED. CERTITATIF PRIMUS FECIT. Il falloit au moins être nommé Edile pour présider à cette cérémonie, comme il paroît par le temoignage de Cicéron tiré d'un de ses discours contre Verrès. Cependant il est arrivé une fois que le Dictateur ou le Général de la Cavalerie par un Sénatusconsulte présida aux <i>Céréales.</i> Cette fête duroit huit jours, &amp; se célébroit au Cirque, à commencer le lendemain du jour qu'avoient fini les jeux du Cirque. Après la bataille de Cannes la désolation fut si grande à Rome, qu'il ne se trouva point de femmes qui pussent célébrer cette fête, parce qu'il n'y en avoit point qui ne fût en dueil ; la fête fut omise cette année-là : mais le Sénat ordonna qu'on quitteroit le dueil pour quelque temps, pour célébrer les autres fêtes. On y célébroit la douleur de Cérès après la perte de sa fille Proserpine. On y portoit en procession les statues des Dieux. On dit aussi qu'on y portoit un oeuf, apparemment comme la figure du monde, qui renferme, comme l'oeuf, une force vitale qu'il communique aux semences ; ou, selon quelques-uns, mais avec moins d'apparence, pour représenter l'oeuf dont Castor &amp; Pollux étoient nés. Ces jeux se faisoient dans le Cirque, comme Ovide le marque, <i>Fast. L. IV. v.</i> 391. &amp; l'on y faisoit des courses &amp; des combats à cheval. Les victimes étoient deux truies, l'une dorée &amp; l'autre argentée, dit Festus ; c'est-à-dire, l'une couverte d'ornemens dorés &amp; l'autre d'ornemens argentés. Tout ceci est recueilli de Alexand. ab Alex. <i>Genial. dier. L. VI.</i> 19. Rhodig. <i>L. XXVII. c.</i> 17. Rosin. <i>Antiq. Rom. L. V. c.</i> 12. Scalig. <i>Poëtic. L. I. c.</i> 32. Festus, Tite-Live, Arnobe, Ovide, Cicéron, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7681" id="1" type="">
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    <head>CÉRÉMONIAL</head>
    <p>
    CÉRÉMONIAL , s. m. Livre où est contenu l'ordre des cérémonies. <i>Ritualisa liber, Caeremoniarum codex. Cérémonial</i> Romain. Le <i>Cérémonial</i> de France. Dire comme Larrey que Goodaker, Archevêque d'Armach, &amp; Bâle, Evêque d'Osseri, furent les premiers sacrés en Irlande sous Edouard VI. selon le nouveau <i>Cérémoniel,</i> c'est mal parler ; il faut dire, selon le nouveau <i>Cérémonial.</i> Cet Auteur répète ce mauvais mot cent fois dans son <i>Histoire d'Angleterre.</i> Bayle s'en est aussi servi. Ces Auteurs François réfugiés doivent être lûs avec précaution, même pour le langage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉRÉMONIAL</head>
    <p>
    Cérémonial , se prend pour l'assemblage des cérémonies que l'on observe les uns envers les autres par civilité, par honnêteté, ou par devoir. <i>Mutua vitae communis urbanitas.</i> Il y a un certain <i>cérémonial</i> entre les femmes qui les occupe si fort, qu'il n'y a rien qu'elles ne soient capables de sacrifier, pour le maintenir. Cail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7682" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉRÉMONIAL, ALE" />
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    <head>CÉRÉMONIAL, ALE</head>
    <p>
    CÉRÉMONIAL, ALE , adj. <i>Ceremonialis.</i> Qui concerne les cérémonies. Les Juifs avoient beaucoup de loix qui n'étoient que <i>cérémoniales.</i> Les préceptes <i>cérémoniaux</i> de la loi de Moise ont été abolis par la prédication de l'Evangile.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉREMONIE</head>
    <p>
    CÉREMONIE , s. f. Assemblage de plusieurs actions, formalités, &amp; manières d'agir, qui servent à rendre une chose plus magnifique &amp; plus solemnelle. <i>Solemnes ritus, ceremonia.</i> Les entrées des Rois se font avec grande <i>cérémonie</i> : le bourgeois va au-devant d'eux en armes, les Magistrats avec leurs robes : on leur présente le dais : on leur érige des trônes, des arcs de triomphe.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>ceremonia</i>, qu'on a dit <i>quasi Cereris munia,</i> signifiant des <i>oblations à Cérès,</i> d'autant qu'on faisoit plus de <i>cérémonies</i> aux gerbes qu'on lui offroit, qu'en toute autre offrande : ou, avec Valère Maxime, <i>à Cere &amp; munia. Ceré</i> étoit une petite ville proche de Rome, où les Romains firent des offrandes avec un culte extraordinaire, à cause de la crainte qu'ils avoient alors des Gaulois qui attaquoient Rome. D'autres dérivent ce mot de <i>cerus,</i> vieux mot Latin, qui signifie <i>saint, sacré, consacré</i> ; quelques-uns le font venir du Grec <i>se réjouïr, être en bon état,</i> parce que les <i>cérémonies</i> ont été d'abord employées dans les choses de religion qui tournent à notre avantage : enfin, il y en a qui disent que le mot de <i>cérémonie</i> vient de l'Hébreu , <i>Tuer, consacrer.</i> Les premières étymologies sont plus naturelles &amp; plus vraisemblables.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CÉREMONIE" />
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    <head>CÉREMONIE</head>
    <p>
    Cérémonie , se dit aussi en matière Ecclésiastique, des choses qui peuvent rendre le culte divin plus auguste &amp; plus vénérable. <i>Cérémonie,</i> dans les choses Ecclésiastiques, est proprement une action extérieure établie par l'Eglise pour rendre le service divin plus auguste &amp; plus respectable. <i>Sacer ritus, sacri ritûs caerimonia.</i> L'ancien Testament étoit tout plein de mystères &amp; de <i>cérémonies,</i> comme on voit au Livres des Nombres &amp; du Lévitique. La Loi nouvelle a abrogé les <i>cérémonies</i> de l'ancienne, comme la Circoncision, &amp;c. On doit parler avec respect des <i>cérémonies</i> de l'Eglise. La bénédiction des cloches n'est pas un baptême, ce n'est qu'une <i>cérémonie.</i> C'est être superstitieux que de mettre son espérance dans les <i>cérémonies,</i> &amp; c'est être superbe que de ne vouloir pas s'y soumettre. Pasc. Les <i>cérémonies</i> de l'Eglise sont édifiantes &amp; vénérables, quand on les fait avec décence &amp; avec gravité. Flech. L'usage des <i>cérémonies</i> est très-propre à édifier le peuple, à faire respecter les Ecclésiastiques. Les <i>cérémonies</i> sont nécessaires pour attacher le peuple, sur lequel la pompe, l'appareil mystérieux des <i>cérémonies</i> fait souvent plus d'impression, que le fond de la Religion. Bouchel. Il paroît par les Réponses de S. Augustin aux questions de Janvier, qu'il y a eu dès les commencemens dans les <i>cérémonies</i> différens usages en différentes Eglises.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉREMONIE</head>
    <p>
    Céremonie , se dit aussi des déférences qu'on a les uns pour les autres par civilité &amp; par honnêteté. <i>Scita vitae communis urbanitas.</i> C'est une <i>cérémonie</i> de donner le pas, le haut du pavé, le haut de la table à quelqu'un ; de ne vouloir laver, ou se coucher qu'après lui. Quand on a l'esprit libre, tout ce qui contraint, tout ce qui est <i>cérémonie,</i> est ennuyeux. M. Scud. L'usage des <i>cérémonies</i> est presqu'aboli, &amp; on a eu raison de se défaire de ces manières gênantes. Bell. Quelques <i>cérémonies</i> trompeuses tiennent lieu d'amitié dans le monde. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉREMONIE</head>
    <p>
    Céremonie , signifie encore, Les façons, les complimens, &amp; les grimaces qu'on fait, ou pour refuser quelque chose, ou pour y consentir. <i>Comitas plus nimio affectata.</i> C'est un homme timide, &amp; circonspect, qui ne s'est rendu qu'après bien des façons, &amp; bien des <i>cérémonies.</i> S. Evr. Théodose eut la modestie de refuser l'Empire ; &amp; l'on remarque que ce n'étoit point par une vaine <i>cérémonie,</i> mais par une véritable sagesse. Flech.</p><p>Habit de <i>cérémonie,</i> est un habit décent, convenable à sa profession. <i>Vestitus splendidior ad pompam comparatus.</i> On le dit aussi des ornemens &amp; des marques de la charge, &amp; de la dignité dont on est revêtu. Mener en <i>cérémonie,</i> c'est Conduire solemnellement &amp; avec éclat. Traiter en <i>cérémonie,</i> c'est Faire un repas magnifique, &amp; dans toutes les formes.</p><p>On appelle Officiers des <i>Cérémonies,</i> Ceux qui ont soin de faire garder l'ordre, &amp; les <i>Cérémonies</i> accoutumées dans les actions d'éclat &amp; de solemnité. <i>Rituum solemnium Magistri, moderatores.</i> Il y a le Grand-Maître, le Maître, l'Aide des <i>Cérémonies.</i> Dans les Eglises il y a aussi un Maître des <i>Cérémonies,</i> qui fait observer l'ordre, &amp; tout ce qui est porté dans le Rituel.</p><p>On dit proverbialement, Sans <i>cérémonie ; Familiariter, sine ulla comitatis affectatione ;</i> pour dire, Franchement &amp; sans façon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉRÉMONIEUX, EUSE</head>
    <p>
    CÉRÉMONIEUX, EUSE , adj. &amp; s. Formaliste, façonnier, qui fait beaucoup de cérémonies, qui est importun en voulant faire trop d'honneur &amp; garder trop de mesures. <i>Nimius comitatis affectator.</i> La plaisante civilité ! de prendre le pas devant tout le monde, de peur de passer pour <i>cérémonieux.</i> Cost. Comme les pleurs des femmes sont d'ordinaire artificiels &amp; <i>cérémonieux,</i> il ne faut pas s'y opposer, c'est les engager à faire pis. Mont.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉRÈS</head>
    <p>
    CÉRÈS , s. f. <i>Ceres.</i> Déesse du Paganisme, fille de Saturne, &amp; de Rhea. Hesiod. <i>Théog.</i> 454. <i>Cérès</i> avoit trouvé l'art de cultiver la terre, &amp; on l'honoroit comme la Déesse des blez. Elle eut Proserpine de Jupiter, &amp; Plutus de Jasius. Id. <i>Theog.</i> 912. <i>&amp;</i> 969. Pluton ayant ravi Proserpine pendant qu'elle cueilloit des fleurs dans une prairie, <i>Cérès</i> courut toute la terre pour chercher sa fille. Voyez Claudien, <i>De raptu Proserpinae,</i> &amp; Ovide, <i>Metam. L. V.</i> Quand elle fut arrivée dans l'Attique à Eleusis elle prit en affection Triptoleme, fils de Celeus Roi d'Eleusis, &amp; se fit sa nourrice ; quand il fut grand elle lui découvrit le secret de cultiver la terre, de recueillir le blé &amp; d'en faire du pain, &amp; l'ayant monté sur un char tiré par des serpens ailés, ou par des dragons, elle l'envoya par toute la terre apprendre son secret aux hommes. Selon quelques Auteurs, la vérité de cette fable est, que Proserpine, fille d'une Reine de Sicile, fut enlevée par Orcus Roi des Molosses. Quand on eut le secret de semer &amp; de cultiver les blez, on partagea les terres &amp; les campagnes ; on mit des bornes aux héritages, &amp; on fit des loix pour leur conservation ; c'est pour cela que <i>Cérès</i> passoit pour avoir inventé les loix, &amp; qu'on l'appelloit Thesmophore. Au reste, ce n'étoit pas seulement l'invention du blé, mais de tout ce qui regarde les richesses &amp; le ménage de la campagne qu'on lui attribuoit. De-là quelques autres noms qu'on lui donnoit, comme Mallophore, <i>Porte laine,</i> Melophore, <i>Qui porte ou qui produit des brebis,</i> &amp; sur-tout , Mère de tout, dans les hymnes attribués à Orphée. <i>Cérès</i> étoit représentée de différentes manières : quelquefois elle portoit une couronne d'épis ; d'autres fois on la représentoit triste, &amp; tenant un flambeau en main, ou bien portant en main un bouquet d'épis &amp; de pavots. C'est ainsi qu'elle est gravée sur les médailles. <i>Cérès</i> étoit la même que la Terre, qu'Isis, que la Lune &amp; Vénus. On la nommoit Eleusine d'Eleusis ; <i>Frutis, à fruendo,</i> jouïr ; <i>Inferna,</i> parce que les semences s'enferment dans le sein de la terre ; <i>Mammosa,</i> à raison de sa fécondité &amp; de la production des fruits, &amp;c. Selon Diodore de Sicile <i>Cérès</i> est Isis. L'arrivée de <i>Cérès</i> en Grèce est le transport des blez d'Egypte en Grèce dans un temps de famine. Erecthée, qui fit ce transport, fut déclaré Roi en reconnoissance de ce bienfait, &amp; il établit en Grèce les Mystères de <i>Cérès,</i> ou Céréales, à la manière d'Egypte, qu'Isocrate prétend néanmoins, dans son Panégirique, avoir été donnés aux Grecs par <i>Cérès</i> elle-même.</p><p>Le premier lieu où l'on ait bâti un temple à <i>Cérès</i> c'est Palantium en Arcadie, au rapport de Diodore de Sicile, L. I. C'est Evandre qui fit passer le culte de <i>Cérès</i> de Grèce en Italie. Elle n'eut de temple à Rome que l'an de Rome 257. après la victoire remportée sur les Volsques. La première statue de bronze qui a été faite à Rome fut une statue de <i>Cérès.</i> Pline, XXXIV. 4. Vossius croit, que selon l'histoire, <i>Cérès</i> &amp; Isis sont deux Déesses fort différentes ; mais que, selon les raisons physiques sur lesquelles la fable est fondée, ce n'est qu'une même Divinité. Le même Auteur montre qu'il y a deux <i>Cérès,</i> l'une céleste, qui étoit la Lune, &amp; l'autre terrestre, qui étoit la terre. Voyez <i>De Idolol. L. I. c.</i> 17. <i>L. II. c.</i> 27. <i>&amp; c.</i> 59. On représentoit <i>Cérès</i> assise sur une pierre, &amp; avec une tête de cheval. Voss. <i>De Idol. L. IX. c.</i> 23. Les animaux consacrés à <i>Cérès</i> sont la grue, la tourterelle, le surmulet, ou mulet, poisson de mer, &amp; le serpent ailé ; &amp; pour les plantes, le blé &amp; le saffran.</p><p>Comme <i>Cérès</i> passoit pour la Déesse des fruits &amp; des grains, &amp; comme ayant appris aux hommes l'art de cultiver la terre, les fruits &amp; les grains s'appellent en poësie les dons, les présens, les thrésors de <i>Cérès.</i></p><p>C'est pourquoi on la prend pour le pain même, comme Bacchus pour le vin. Sans <i>Cérès</i> &amp; Bacchus Venus est languissante. <i>Sine Cerere &amp; Baccho friget Venus.</i></p><p>Ce nom <i>Cérès,</i> est la même chose, si l'on en croit Varron, que <i>Gérès,</i> &amp; il s'est fait de là par le changement du <i>G</i> en <i>C.</i> Et cette Déesse, dit-il, fut appellée Gérès, <i>quod gerat fructus.</i> D'autres prétendent que, supposé que <i>Céres</i> ait été appellée d'abord <i>Gérès,</i> ce nom vient du Grec , <i>Gerys ;</i> &amp; de vrai Hesychius dit que Achero, Ops, Helle, Gerys, la Terre &amp; <i>Cérès,</i> sont la même. Or , au sentiment de ces Auteurs, est un nom Hébreu qui vient de , <i>geresch,</i> qui signifie selon eux du <i>ble moulu, broyé,</i> de , <i>garasch,</i> qu'ils expliquent, <i>frangere, contundere.</i> Il vaudroit mieux dire que , <i>geresch,</i> signifie les fruits qui sont produits &amp; poussés dehors ; car en effet il a ce sens Deut. XXXIII. 14. &amp; n'a jamais l'autre en Hébreu, , <i>garasch,</i> ne veut dire que <i>expellere, protrudere,</i> &amp; non point <i>frangere, contundere.</i> On ajoute que <i>Cérès</i> portoit à Cnide un nom approchant de , qui est ; mais ce nom lui fut donné, dit-on, parce qu'elle étoit , la maîtresse de la terre, ce qui n'a point de rapport à l'étymologie Hébraique de . D'autres tirent <i>Cerès</i> de l'Hébreu , <i>Hheres,</i> qui signifie le soleil, auteur de tous les fruits de la terre ; &amp; ils disent que a bien plus d'analogie avec , que . Ils confirment encore ceci par Plutarque, qui dit que <i>Cyrus</i> en Persien signifie le soleil. Voyez Vossius, <i>De Idol. L. II. c.</i> 59.</p><p>
    </p>
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    <head>CÉRÈTHE, CÉRÉTHIEN</head>
    <p>
    CÉRÈTHE, CÉRÉTHIEN , ou CÉRÉTHEN, enne, s. m. &amp; f. <i>Cerethaeus.</i> Il est parlé de deux sortes de <i>Céréthiens</i> dans l'Ecriture : ou bien il est parlé des <i>Céréthiens</i> en deux manières. 1°, au 1. Liv. des Rois XXX. 14. il est parlé des <i>Céréthiens,</i> qui demeuroient vers le Midi de la Terre Sainte du côté de l'Egypte. 2°, en d'autres endroits on trouve des <i>Céréthiens</i> que l'Ecriture joint avec les Phéléthiens, &amp; qui sont des soldats, des Gardes de David, ou des gens de sa suite &amp; de sa maison. Quand aux premiers on convient assez que c'étoient des peuples qui faisoient partie des Philistins. L'Ecriture semble le marquer assez clairement 1. Liv. des Rois XXX. 14. 16. Ezech. XXV. 16. Sophon. II. 5. &amp; 2. Liv. des Rois VIII. 1. &amp; il semble qu'ils étoient de la Satrapie de Gaze, qui étoit la plus méridionale. C'est le sentiment de Junius, de Piscator, de Malvenda, de Tostat, de Kimhhi, de Vatable &amp; de Ménochius.</p><p>Pour les autres <i>Céréthiens,</i> on ne sait pas trop ce qu'ils étoient. Les uns veulent que ce soit un nom appellatif, &amp; d'autres un nom propre. Des premiers est le Paraphraste Chaldaïque Jonathan, qui traduit <i>Cerethi</i> par <i>Archers,</i> &amp; <i>Phelethi</i> par <i>Frondeurs</i> ; l'Arabe traduit <i>Cerethi</i> par des gens nobles, libres ; d'autres, Conseillers du Sanhedrin. Il semble que ç'ait été l'opinion des Septante. Josephe les appelle <i>Gardes du corps,</i> . Ceux qui le suivent conjecturent qu'ils étoient ainsi appellés de , <i>exscindere,</i> parce qu'ils étoient toujours prêts à punir les coupables. Munster, Vatable, Pierre Martyr, Ménochius, rapportent cette opinion, ou la suivent.</p><p>Ceux qui croient que c'est un nom propre, disent, ou bien que ce sont des Compagnies, des Troupes de ces <i>Cerèthes</i> Philistins, dont nous avons parlé, que David avoit à son service, comme le Roi a des Etrangers pour sa garde. Forsterus, Cornelius à Lapide &amp; Tirin, suivent ce sentiment. Pierre Martyr ne croit pas que David eût choisi des païens pour gardes. Junius croit que c'étoient des Israëlites, qui demeuroient parmi les Philistins. Serrarius dit que ce sont les mêmes qui sont appellés Géthéens 2. Liv. des Rois XV. 18. &amp; il conjecture que ces noms leur ont pû être donnés des lieux où ils avoient demeuré avec David. Du reste, Grotius croit que si l'on accorde que c'étoient des Philistins, on peut dire que les Crétois en <pb n="935" facs="bpt6k8542165/f975/full/1200,/0/native.jpg"/>sont descendus. Mais il n'en a d'autres preuves que la ressemblance du mot, &amp; l'habileté des Crétois à tirer de l'arc, que les Septante semblent aussi attribuer aux <i>Céréthiens.</i> Il paroît plus probable que c'étoient des troupes de ce peuple qu'on nommoit , Cerethim, <i>Céréthiens,</i> &amp; dont parle le 1. Livre des Rois XXX. 14. Il habitoit vers le Midi de la Tribu de Juda, comme nous l'avons dit. Ainsi il ne faut point distinguer des <i>Cérèthes,</i> ou <i>Céréthiens</i> de deux sortes.</p><p>Nos Interprètes disent <i>Céréthiens.</i> Car nous avons fait une irruption vers la partie Méridionale des <i>Céréthiens.</i> 1. des Rois XXX. 14. Tous ses Officiers marchoient aupres de lui, les légions des <i>Céréthiens</i> &amp; des Phélétiens, &amp; les six cents hommes de pied de la ville de Geth. 2. Liv. des Rois XV. 18. Banaias, fils de Joada, commandoit les <i>Céréthiens</i> &amp; les Phéléthiens, 2. <i>Reg. VIII.</i> 18. Sacy. Les Traducteurs de Genève &amp; les Des Marets écrivent <i>Kéréthiens</i> ; mais c'est en Hebreu un , &amp; non pas un . On trouve <i>Cérèthes,</i> &amp; <i>Céréthéens</i> dans les <i>Mémoires de Trevoux.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CERF</head>
    <p>
    CERF , s. m. L'<i>f</i> ne se prononce pas. Animal sauvage que les Grands Seigneurs prennent plaisir à chasser, qui est fort léger à la course, &amp; qui porte un grand bois. <i>Cervus.</i> Le <i>cerf</i> a le devant de la tête plat, sur laquelle il porte un grand bois qu'il met bas tous les ans vers le mois d'Avril. Il a le pied fourchu, le cou long, de petites oreilles, &amp; la queue courte. Il est de la taille d'un bidet ; de poil brun, fauve ou rougeâtre. Il aime le francolin, &amp; hait l'aigle, le vautour, le belier, les chiens &amp; les tigres. La femelle du <i>cerf</i> s'appelle <i>biche. Cerva.</i> Le petit <i>cerf</i> s'appelle <i>faon. Hinnulus.</i> Jean André de Graba, Médecin d'Erford, a fait un Traité de la description du <i>cerf,</i> tant physiquement que médicalement, qu'il appelle <i>Elaphographie.</i></p><p>Le <i>cerf</i> change de nom suivant son âge. En sa première année on l'appelle <i>faon. Hinnulus.</i> En la seconde <i>daguet. Cervus bimulus.</i> En la 3e, 4e, &amp; cinquième année, c'est un <i>cerf à sa première, seconde,</i> ou <i>troisième tête. Cornua praefert senis &amp; octonis palmitibus bracchiata.</i> La sixième année on l'appelle <i>cerf de dix cors jeunement. Sexennis cervus decem palmitibus brachiata praefert cornua recentia.</i> La septième, <i>cerf de dix cors. Septennis decem ramorum cornua exhibet.</i> La huitième on l'appelle <i>grand cerf</i> ; &amp; la neuvième, <i>grand vieux cerf</i> ; après lequel temps sa tête n'augmente plus. On connoît leur âge à la grosseur du merrein, à la profondeur des raies qu'il a aux meules, aux andouillers qui en sont le plus près, à la quantité des chevilles, sur-tout au haut de leurs têtes, qui sont les unes couronnées, &amp; les autres à ramures. On dit qu'un <i>cerf</i> n'a point de refus, quand il est chassable &amp; en saison.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>cervus</i>, qui vient du Grec , de , <i>cornu, corne. Cervus,</i> un <i>Cerf,</i> prend son origine du Celtique <i>Caru,</i> &amp; <i>Caro.</i> Pezron.</p><p>Un <i>bois de cerf,</i> est le terme dont les Chasseurs appellent ce que les Tablettiers appellent les <i>cornes. Cervi cornua.</i> Et l'on appelle <i>Raclure de corne de cerf,</i> ce qui en sort quand on rape ce bois. On appelle aussi une <i>tête de cerf,</i> le bois d'un <i>cerf</i> : &amp; on dit qu'un <i>cerf</i> pose son bois ou sa tête, ou met bas, quand ce bois lui tombe ; &amp; on dit alors qu'il fraie &amp; décroûte sa tête. <i>Cadentis cervini cornu tempestas.</i> On appelle une <i>tête bien née, bien semée,</i> quand elle est également marquée en ses deux perches. La perte du bois des <i>cerfs</i> vient de ce que tous les <i>cerfs</i> ont des vers qui s'engendrent sous la langue auprès de la nuque du cou, gros comme ceux de chairs corrompues. Ils sont environ vingt en nombre, &amp; se tiennent l'un à l'autre tout en un tas. Ils rongent la racine du merrein. Lorsque ce bois est tombé, de ces mêmes vers s'engendre une grosse masse de chair qu'on nomme le <i>revenu, reditus</i> ; puis peu-à-peu la tête s'allonge, les meules se forment, &amp; la tête se couvre d'une peau qu'il frotte contre les arbres. Cela s'appelle <i>frayer, affricare ;</i> &amp; l'on connoît la hauteur d'un <i>cerf</i> à celle des lieux où il a frayé. Quand toute cette peau est tombée, il brunit son bois dans les charbonnières, dans les terres noires ou roussâtres. Grabe, dans son , rapporte la cause de la chute, &amp; le renouvellement du bois des <i>cerfs</i> à un suc plein de sel, dont cet animal abonde, ainsi qu'il paroît par la quantité de sel volatil qu'on tire de ses cornes, de son sang, &amp; de son urine, lequel cessant de fournir chaque année en certain temps l'aliment nécessaire aux cornes, les détache de leur lieu, les pousse ensuite dehors, &amp; en fait naître de nouvelles à leur place, de même à-peu-près que les sucs qui montent au printemps dans les arbres, produisent de nouvelles feuilles, &amp; de nouveaux fruits à la place de ceux qui sont tombés. Les <i>cerfs</i> choisissent les lieux les plus bas &amp; les plus ombrageux, afin d'éviter les mouches, &amp; ils ne vont que de nuit aux viandes, comme n'osant se montrer jusqu'à ce qu'ils aient recouvré leurs cornes.</p><p>On appelle la <i>meule du cerf,</i> la bosse qui est sur sa tête, d'où sort le merrein, la perche, ou le fût de son bois qui produit la ramure. <i>Matrix cervini cornu, imus torus &amp; summa radix cervini cornu. Antouillers</i> ou <i>andouillers,</i> sont les premières branches du bois de <i>cerf,</i> près de la meule. <i>Primarius pollex cervini cornu. Surandouillers</i> les secondes branches. <i>Secundarius pollex cervini cornu.</i> Çelles qui sont au-dessus s'appellent <i>Chevillure. Cervini cornu digitus. Enfourchure. Bifidus apex cervini cornu. Trochure. Cervini cornu trifidum aut quadrifidum cacumen. Paumure. Apex cervini cornu palmatus.</i> La <i>couronnure</i> se dit des épois ou branches qui sont à la cime en guise de couronne. <i>Cervini cornu apex coronatus. Epois de tête de cerf,</i> sont les cors, ou cornichons de la couronnure, paumure, trochure, &amp; enfourchure de tête. <i>Cervini cornu fusi coronarii.</i> On appelle <i>tête affourchie,</i> celle qui représente une fourche. <i>Cervinum cornu bifidum.</i> Les têtes contrefaites s'appellent simplement <i>tête.</i> La <i>pince du cerf,</i> c'est l'extrémité de l'ongle d'enbas sur le devant. <i>Antica &amp; ima pars cervinae ungulae</i> ; le <i>talon,</i> le côté du pied ou les os. <i>Unguis cervi posticus, cervinum calcar.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CERF</head>
    <p>
    Fumées de cerf , <i>Torches,</i> ou <i>Plateaux,</i> sont la fiente du <i>cerf. Cervinum stercus. Mue de cerf,</i> c'est la chute de sa tête, pendant laquelle il se recèle &amp; demeure caché dans son buisson. <i>Cervini cornu interitus.</i> Les marques de la piste du <i>cerf</i> sont les portées, les fumées, les allures, les foulées, les fuites, &amp; sa manière de marcher. Il dresse plus volontiers ses fuites par les grands chemins : car il va toujours à côté, &amp; jamais dans les pistes des autres. On appelle aussi <i>pieds de cerfs,</i> les voies &amp; les marques qu'il a empreintes sur terre en marchant. <i>Vestigia cervini pedis.</i> Le <i>cerf</i> n'a point de vessie de fiel : mais au bout de sa queue on trouve un certain ver tirant à la couleur de fiel, qui est un poison aussi dangereux que le napellus.</p><p>
    </p>
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    <head>CERF</head>
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    Rut de cerf , c'est la saison ou le <i>cerf</i> est en chaleur &amp; cherche la femelle. <i>Cervi venerem patientis &amp; aestuantis tempestas.</i> On appelle <i>daimtiers</i> les testicules du <i>cerf. Cervini testiculi.</i> Les <i>cerfs</i> privés de leurs daimtiers ne muent plus leur tête ; ou s'ils sont alors sans tête, il ne leur en revient plus de nouvelle.</p><p>
    </p>
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    Hardes de cerf , ce sont des <i>cerfs</i> qui vont en troupe, particulièrement quand il neige. <i>Cervorum agmen.</i> On appelle lancer le <i>cerf,</i> quand on le fait partir. Le <i>cerf</i> qu'on a lancé s'appelle <i>droit.</i> Celui qu'on rencontre en chemin s'appelle le <i>change.</i> On dit aussi, qu'un <i>cerf</i> est au ressui, quand il est au soleil après la rosée, ou après sa course. <i>Cervi ab sylvestri madore apricantis statio.</i> On appelle <i>muse de cerf,</i> la triste contenance où il se trouve tandis qu'il est en amour. On dit aussi que le <i>cerf</i> fait le ronge ; pour dire, qu'il rumine. On appelle le <i>lit,</i> la <i>chambre,</i> ou la <i>reposée du cerf,</i> son fort, sa demeure, un lieu où les arbres &amp; les herbes sont touffus.</p><p>On appelle aussi <i>écuyer de cerf,</i> un jeune <i>cerf</i> en compagnie d'un vieil. Quelques-uns l'appellent <i>broquart.</i> Il a un petit bois fort pointu.</p><p>On dit que le <i>cerf</i> est de bon temps, ou de hautes erres, quand il va vîte &amp; loin, ou quand ses pistes sont fraîches : qu'il va de vieux temps, quand il est las &amp; recru, ou qu'il va sur les vieux vestigues. On dit qu'il balance, quand il va deçà &amp; delà, &amp; est incertain dans sa course. On dit, Démêler &amp; redresser le <i>cerf</i> ; pour dire, Quitter le change, &amp; frapper à route.</p><p>On lève le pied droit du <i>cerf</i> pour présenter au Seigneur ou Maître de la chasse. Le massacre, qui est la tête séparée du corps, est le droit du Veneur qui a détourné le <i>cerf.</i> Il en fait le premier droit à son limier. Les menus droits sont la langue, le mufle, &amp; les oreilles. Le <i>cimier</i> est le <pb n="936" facs="bpt6k8542165/f976/full/1200,/0/native.jpg"/>dessus du dos approchant des cuisses. La <i>nappe du cerf,</i> c'est sa peau. <i>Pellis cervina.</i> On ôte le parement du <i>cerf</i> ; c'est-à-dire, une chair rouge qui est attachée à sa peau, quand on fait la curée.</p><p>On dit qu'un <i>cerf</i> prêt à se rendre va feignant son corps, lorsqu'en chancelant il fait de grands bonds, de grandes glissées, &amp; donne des os en terre : qu'il est aux abois, quand il est las &amp; qu'il n'a plus la force de courir. <i>Viribus defecti cervi extrema necessitas</i> : &amp; qu'il pleure quand il est en cet état, comme s'il demandoit grace par ses larmes. Aristote dit que la branchure gauche du <i>cerf</i> n'a pû encore être trouvée, &amp; qu'il l'enterre &amp; la cache, comme étant propre à la Médecine : de là vient qu'on dit en proverbe, qu'une chose est au lieu ou le <i>cerf</i> a posé sa tête ; pour dire, qu'elle est mal aisée à trouver. Les <i>cerfs</i> ont la moitié de leur tête à la mi-Mai, plutôt ou plus tard, selon que le climat est plus ou moins chaud, ou qu'ils sont plus jeunes ou plus vieux. Il faut remarquer que tous les <i>cerfs</i> d'un pareil âge se mettent ensemble, les daguets avec les daguets, les <i>cerfs</i> de dix cors jeunement avec leurs semblables, &amp; ainsi des autres. Il ne se séparent qu'au printemps pour prendre buissons &amp; faire leurs têtes. Le <i>cerf</i> est d'un tempéramment chaud &amp; sec, &amp; d'un naturel très-violent &amp; colère ; sur-tout dans le temps de sa chaleur, où l'on a trouvé quelquefois des <i>cerfs</i> qui se battoient avec tant de furie, que leurs têtes demeuroient croisées &amp; embarrassées l'une dans l'autre sans qu'on pût les séparer. Ce temps commence à la fin du mois d'Août, &amp; continue les autres suivans. Matthiole dit que les <i>cerfs</i> traversent la mer en troupe, &amp; se soulagent les uns les autres, en mettant leurs têtes sur le derrière de ceux qui vont devant ; &amp; qu'ils vont ainsi de Sicile en Cypre. Ils vivent plusieurs siècles, puisque Pline dit qu'on en a trouvé qui avoient des colliers d'or qu'Alexandre leur avoit fait mettre, qu'on a pris plus de cent ans après sa mort ; &amp; que ces colliers étoient recouverts de leur peau. On en a trouvé de semblables en Allemagne &amp; en France. Charles VI. chassant dans la forêt de Senlis, prit un <i>cerf</i> qui avoit un collier de cuivre doré avec cette inscription Latine, <i>Caesar hoc me donavit</i> ; c'est-à-dire, <i>César m'a donné ce collier.</i> Il n'y a pas d'apparence, dit Mezeray, que ce fût Jule César, ou Charlemagne, comme quelques-uns l'ont cru ; c'étoit plutôt quelque Empereur d'Allemagne, beaucoup plus moderne, dont le <i>cerf</i> avoit passé en France. Selon Grabe, dans sa Description du <i>cerf,</i> la cause de cette longue vie est l'abondance d'un sel balsamique, ou préservatif, dont la nature les a pourvus au-delà de tous les autres animaux. Pline dit aussi que ce sont les <i>cerfs</i> qui ont montré la vertu du dictame pour guérir les plaies des flèches. Il y a un si grand nombre de <i>cerfs</i> au Royaume de Siam, qu'on y en tue tous les ans plus de 150 mille, dont on envoie les peaux au Japon. Il y a aux Indes Occidentales des <i>cerfs</i> privés qu'on élève dans les maisons, &amp; qui vont paître à la campagne sous la conduite des Bergers, &amp; qu'on ramène le soir ; &amp; du lait des biches on en fait du fromage. Herrera. Virgile suppose des troupeaux entiers de <i>cerfs</i> en Afrique, quoique l'Histoire naturelle nous apprenne qu'il n'y en eut jamais. On prétend que Castor est le premier qui ait monté à cheval pour courre le <i>cerf.</i></p><p>Il y a un <i>cerf</i> de Canada, qui a quatre pieds de haut, &amp; son bois trois pieds, &amp; ses andouillers un pied. Il y en a six à chaque perche. Pline &amp; Aristote disent que c'est le plus grand nombre que les <i>cerfs</i> en peuvent porter. Cependant il y en a ici qui en portent jusqu'à 22. Ce bois est couvert d'une peau fort dure, &amp; garnie d'un poil épais &amp; court. On en a disséqué un à l'Académie des Sciences, où on n'a trouvé que deux ventricules fort distincts, quoique ce soit un animal ruminant. Ses intestins pris tous ensemble avoient 96 pieds de long. On y a trouvé plusieurs pièces de cuir de la grandeur d'un écu blanc ; des morceaux de plomb grands comme l'ongle, qui paroissoient usés &amp; rongés, &amp; quelques fragmens d'ardoises : ce qui fait croire qu'ils amassent à la hâte leur nourriture, &amp; qu'ils l'épluchent à loisir.</p><p>Il y a une espèce particulière de <i>cerfs</i> en tout semblable aux autres, sinon qu'ils sont barbus, &amp; tout le poil de l'estomac long, de même que les boucs. Les Anciens les appelloient <i>Tragelaphus</i> ; c'est-à-dire, <i>Bouc-cerf.</i> Il ne s'en trouvoit selon Pline, Liv. VIII. ch. 34. que le long du Phase, fleuve de la Colchide, aujourd'hui de Mingrelie. Mais on en voit aussi dans les montagnes de Bohème &amp; dans la Misnie.</p><p>La <i>raclure de corne de cerf,</i> est un remède astringent. On en fait aussi de la gelée qu'on appelle de <i>poisson,</i> qui est bonne au goût, mais qu'on rend de même qu'on l'a prise. On estime fort en Médecine la moëlle de <i>cerf</i> : &amp; on tient que l'os du coeur d'un <i>cerf</i> favorise l'accouchement. Un Médecin du Nord prétend que la corne de <i>cerf</i> est une vraie panacée, &amp; qu'on a raison de la nommer ainsi. Voyez Grabe , <i>Sive Cervi Descriptio Physico-Medico-Chymica,</i> où il explique la nature, la qualité, &amp; les divers usages que l'une &amp; l'autre Pharmacie peut tirer des diverses parties du corps du <i>cerf,</i> de ses larmes, de son sang, de son urine, &amp; même de ses excrémens. On trouve aussi beaucoup d'antiquités sur les <i>cerfs</i> &amp; les biches dans Vossius, <i>De Idol. Lib. III. Cap.</i> 49. 56. 57. 58. 59. 61. 62. 63. 65. 67. 68. 69. 73. <i>Liv. IV. Cap.</i> 59. 61.</p><p>La chair des petits <i>cerfs</i> qui sont encore sous la mère, c'est-à-dire, des faons, <i>lactantes,</i> est la meilleure. Ceux d'un an sont encore bons ; on les nomme encore jeunes à trois ans ; mais alors leurs chairs commencent à durcir. Celle des vieux <i>cerfs</i> est dure, difficile à digérer, fait un mauvais suc, mélancolique &amp; atrabilaire. Les chairs de <i>cerf</i> ne valent rien pendant le mois d'Août, de Septembre &amp; d'Octobre, qu'ils sont en rut ; parce qu'alors non-seulement elles sont plus sèches, &amp; plus dures qu'en un autre saison, mais encore parce qu'elles sont d'une odeur plus forte &amp; plus puante que celle du bouc. En quelque saison que ce soit l'on n'estime des vieux <i>cerfs</i> que la langue, le mufle &amp; les oreilles : ce que l'on nomme en termes de Vénerie les menus droits ; &amp; l'on y ajoûte tout au plus le cimier, qui est le dessus du dos approchant des cuisses. A l'égard des faons, le meilleur manger sont les filets, ou la longe. Et si on les châtre, &amp; qu'on les apprivoise à l'âge de trois ans, ils s'engraissent, &amp; leur chair est bien meilleure. De la Mare. <i>Traité de la Pol. Liv. XXIII. Chap.</i> 1.</p><p>Sur les médailles le <i>cerf</i> marque Ephèse, &amp; les autres villes où Diane étoit singulièrement honorée. P. Jobert. Les revers qui ont pour inscription Dianae cons. aug. ont pour type un <i>cerf</i> ; telles qu'on en voit un très-grand nombre de Gallien.</p><p>Un <i>cerf</i> qui de son souffle chasse un serpent, selon l'opinion des Naturalistes, avec ce mot Espagnol, <i>Con el soflo l'ahuyenta,</i> c'est-à-dire, De son soufle il le met en fuite, est dans Picinelli la devise d'un brave, d'un guerrier, devant qui les ennemis ne sauroient tenir. Saint Charles Borromée, dans l'Académie des <i>Affidati</i> de Pavie, prit un <i>cerf,</i> qui mordu d'un serpent court à une fontaine, avec ce mot ; <i>Una salus.</i></p><p>On appelle dans le Manége <i>mal de cerf,</i> un rhumatisme, qui tombe sur les mâchoires &amp; sur le train de devant d'un cheval.</p><p>En termes de blason on dit, un <i>cerf sommé</i> ; c'est-à-dire, ramé de 9, 10, 11, ou 13 cors, quelquefois sans nombre. <i>Cervus cornua novem, decem, undecim aut tredecim palmitibus brachiata praeferens.</i> Quand on n'y met que la tête seule, elle doit montrer les yeux &amp; les deux oreilles ; &amp; alors plusieurs l'appellent <i>massacre. Obversum cervi caput.</i></p><p>On dit proverbialement, Au <i>cerf</i> la bière, &amp; au sanglier le Mière, ou le Barbier ; pour dire que les plaies que fait le <i>cerf</i> sont mortelles : car le <i>Mière</i> signifioit autrefois <i>Médecin.</i> On dit aussi, qu'un <i>cerf</i> bien donné aux chiens est à demi pris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERF</head>
    <p>
    Cerf-volant , s. m. Prononcez <i>cer volant.</i> Petit animal, sorte d'escarbot, ou insecte volant, ainsi appellé, parce qu'il porte des cornes dentelées semblables à celles d'un <i>cerf. Scarabaeus Lucanus</i> ou <i>cornutus,</i> ou <i>corniger.</i> Il ne s'en sert pas pour frapper, mais pour pincer, parce qu'elles sont mobiles, &amp; peuvent s'approcher l'une de l'autre. Scaliger l'appelle , &amp; Cardan <i>taurus.</i> Le mâle a des cornes, mais la femelle n'en a point. Leurs ailes sont pliées &amp; renfermées dans une écaille comme dans une espèce d'étui, qui s'ouvre quand ces insectes veulent voler. Il a une espèce de trompe ou langue qui lui sert <pb n="937" facs="bpt6k8542165/f977/full/1200,/0/native.jpg"/>pour prendre sa nourriture, qui est une humidité qui découle des chênes. Swammerdam fait voir 21 sortes de boucs ou de chèvres volantes qui ont des cornes fort longues, branchues, semées de petites pointes, ou boutons.</p><p>Il y a une espèce de <i>cerf-volant</i> dans la Virginie, dont le chant est si aigu &amp; si fort, que tout le bois en retentit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERF</head>
    <p>
    Cerf-volant , est aussi un jouet d'enfans, qu'ils font avec de l'osier &amp; du papier, qu'ils attachent à une corde, &amp; qu'ils font voler en l'air : cet instrument est plat en ovale, un peu plus allongé par un bout que par l'autre : l'ozier ne sert que de cadre pour soutenir le papier qu'on colle dessus : au bout allongé on attache une longue queue de papier, qui est quelquefois de différentes couleurs. <i>Ludicra scarabaei Lucani in auras volantis effigies.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CERF</head>
    <p>
    Taureau-cerf, Pourceau-cerf , Voyez Taureau &amp; Pourceau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7688" id="1" type="">
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    <head>CERFEUIL</head>
    <p>
    CERFEUIL , s. m. <i>Choerophyllum sativum, Cerefolium.</i> Plante potagère, dont la racine est blanche, grosse comme le petit doigt à son collet, longue, fibreuse, acre au goût, &amp; qui donne des feuilles tendres, plus finement découpées que le persil, un peu velues, d'un verd plus gai, d'une odeur &amp; d'un goût aromatique. De leur centre partent une ou plusieurs tiges, hautes de deux pieds au plus, minces, canelées, creuses, lisses, noueuses d'espace en espace, divisées en quelques branches, qui d'abord naissent alternativement des aisselles des feuilles, mais qui sont opposées aussi-bien que ses feuilles en approchant du haut. Elles portent de petites ombelles blanches, composées de cinq pétales inégales fendues en deux, &amp; disposées en manière de fleur de lis de France. A ces fleurs succèdent des fruits longs de demi-pouce, sur demi-ligne environ de largeur, faits en manière de bec d'oiseau, lisses &amp; glabres, composés de deux semences aplaties par l'endroit qu'elles se joignent, convexes sur leur dos. Leur odeur &amp; leur goût est douceâtre &amp; aromatique. On mêle le <i>cerfeuil</i> parmi les herbes potagères, pour relever le goût de celles qui sont un peu fades ; ses feuilles sont employées dans les bouillons apéritifs &amp; rafraichissants. L'eau de <i>cerfeuil</i> purifie le sang en provoquant les urines &amp; les sueurs ; ses racines sont aussi apéritives &amp; diurétiques, de même que ses semences.</p><p>La Quintinie distingue deux espèces de <i>cerfeuil,</i> le <i>cerfeuil</i> ordinaire &amp; le <i>cerfeuil</i> musqué, <i>Tom. II. p.</i> 274.</p><p>L'un &amp; l'autre <i>cerfeuil</i> ne se multiplie que par graine. Celle du <i>cerfeuil</i> ordinaire est noire, fort menue &amp; assez longuette, rayée dans sa longueur ; elle vient sur ses pieds en automne, &amp; se forme &amp; murit dans le mois de Juin. Celle du <i>cerfeuil</i> musqué est longuette, noire &amp; assez grosse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7689" id="1" type="">
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    <head>CERFOUETTE</head>
    <p>
    CERFOUETTE , Voyez <ref type="search" target="head:Serfouette">Serfouette</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7690" id="1" type="">
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    <head>CERFOUIR</head>
    <p>
    CERFOUIR , Voyez <ref type="search" target="head:Sarfouer">Sarfouer</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7691" id="1" type="">
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    <head>CERFROI</head>
    <p>
    &#9758; CERFROI , s. m. Célèbre monastère du Diocèse de Meaux, chef de tout l'Ordre des Maturins, ou de la sainte Trinité. On l'a mal appellé en Latin <i>Cervus frigidus ;</i> ce doit être <i>Cerfredum.</i> Voyez Dom Duplessis, <i>Hist. de l'Egl. de Meaux, Tom. I. p.</i> 172. <i>&amp;</i> 731.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERIACA</head>
    <p>
    CERIACA , s. m. Arbre qui fleurit blanc, &amp; qui porte des fleurs qui ont de l'air de la feuille appellée étoile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7693" id="1" type="">
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    <head>CERIN</head>
    <p>
    CERIN , Voyez <ref type="search" target="head:Serin">Serin</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7694" id="1" type="">
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    <head>CERIN</head>
    <p>
    CERIN , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Quirinus.</i> S. Quirin, que nous nommons S. <i>Cérin,</i> fut compagnon du martyre des Saints Nicaise &amp; Pientie. C'est dans le Vexin François qu'ils souffrirent au IIIe ou IVe siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7695" id="1" type="">
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    <head>CERINTHIENS</head>
    <p>
    CERINTHIENS , Anciens Hérétiques qui ont pris leur nom de Cérinthe, contemporain de S. Jean. Cérinthe fut un zélé défenseur de la Circoncision, aussi-bien que les Nazaréens &amp; les Ebionites. S. Epiphane rapporte de lui qu'il fut le Chef d'une faction qui s'éleva à Jérusalem contre S. Pierre, à l'occasion de quelques Incirconcis avec lesquels cet Apôtre avoit mangé. Il est marqué dans l'Histoire des Actes, que les fidèles circoncis disputoient sur ce sujet contre lui, à quoi S. Epiphane a ajoûté que Cérinthe fut l'Auteur de cette dispute, lorsqu'il étoit encore du nombre des fidèles. Il croyoit que Jesus étoit un pur homme, fils de Joseph &amp; de Marie ; mais que dans son Baptême une vertu céleste descendit sur lui sous la forme d'une Colombe, ensorte qu'il fat alors comme sacré par le S. Esprit &amp; fait Christ. Ce fut par le moyen de cette vertu céleste qu'il fit tant de miracles ; &amp; comme elle étoit venue du Ciel, elle le quitta après sa Passion &amp; s'en retourna au lieu d'où elle étoit venue. Il croyoit donc que Jesus, qui étoit un pur homme, étoit véritablement mort, &amp; qu'il étoit aussi ressuscité ; mais que Christ, qui étoit distingué de Jesus, n'avoit point souffert.</p><p>Quelques anciens Auteurs ont attribué à Cérinthe le livre de l'Apocalypse, croyant que pour authoriser ses rêveries touchant le règne charnel de Jesus-Christ sur la terre, il avoit mis le nom de S. Jean à la tête de ce livre. Il est certain que cet hérésiarque avoit publié des ouvrages sous le titre d'<i>Apocalypses,</i> où il débitoit ses visions touchant ce règne charnel, &amp; il prétendoit être un grand Apôtre, qui avoit reçu de Dieu ces révélations. Voyez Eusèbe Liv. III. de son <i>Hist. Ecclésiastique</i> ch. 28. S. Epiphane traite Cérinthe d'homme sans entendement, &amp; qui se contredit ; parce qu'il dit que Jesus-Christ a véritablement souffert, &amp; qu'il a été crucifié, mais qu'il ne ressuscitera qu'au temps de la résurrection générale, lorsque tous les hommes ressusciteront. Le même S. Epiphane observe que quand un <i>Cérinthien</i> mouroit sans avoir été baptisé, on baptisoit quelqu'un en son nom ; ils croyoient satisfaire par là au précepte du baptême. C'est le sens qu'ils donnoient à ces paroles de S. Paul dans sa 1re Epît. aux Corinth. ch. 15. v. 29. <i>Si les morts ne ressuscitent point, pourquoi donne-t-on le Baptême pour eux ?</i></p><p>Les <i>Cérinthiens</i> recevoient l'Evangile de S. Matthieu ; mais ils en avoient ôté la généalogie de Jesus-Christ : ils s'appuyoient sur cet Evangile pour prouver que les Chrétiens devoient être circoncis, puisque Jesus-Christ, qui étoit leur maître, avoit été circoncis ; ils ne recevoient point les Epîtres de S. Paul, parce que cet Apôtre a aboli la circoncision. Consultez S. Epiphane, <i>haer.</i> 28.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7696" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERISAIE" />
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    <head>CERISAIE</head>
    <p>
    CERISAIE , s. f. Lieu planté de cerisiers. <i>Locus cerasis consitus.</i> J'ai une belle <i>cerisaie.</i> Voilà une <i>cerisaie</i> bien étendue. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7697" id="1" type="">
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    <head>CERISE</head>
    <p>
    CERISE , s. f. Petit fruit rouge qui est des premiers qui vient au printemps. <i>Cerasum.</i> Sous ce nom général on comprend les <i>guignes,</i> les <i>bigarreaux,</i> les <i>cerises,</i> les <i>griottes,</i> les <i>guindous,</i> les <i>coeurets</i> &amp; les <i>merises.</i> Les <i>griottes</i> du Dauphiné &amp; de l'Italie sont la même chose que ce qu'on appelle en France <i>cerise.</i> La <i>guigne</i> est une grosse <i>cerise</i> noire, douce &amp; excellente, dont le noyau est rouge. Son arbre a le bois plus gros, &amp; sa feuille plus large &amp; plus brune que les autres. Il y a des <i>guignes blanches, rouges</i> &amp; <i>noires,</i> qu'on greffe sur des merisiers qu'on trouve dans les bois. On les appelle en Toscane <i>machines</i> &amp; <i>durassines,</i> que l'on comprend sous le nom de <i>cerise.</i> Il y a aussi des <i>merises</i> qu'on appelle en Italien <i>corbines,</i> qui sont plus menues, douces &amp; fermes, &amp; qui noircissent les lèvres. Il y a une <i>cerise à bouquet</i> qu'on appelle <i>jemelle,</i> dont quelques-unes sont hâtives &amp; précoces. Il y a une <i>cerise blanche,</i> qui étant très-mûre, devient ambrée &amp; jaunâtre. La <i>cerise de Portugal</i> est la plus belle, la plus grosse, &amp; la meilleure de toutes ; &amp; sa couleur est d'un incarnat admirable ; mais elle charge peu. La <i>cerise de Monmorency</i> est grosse &amp; tardive, à courte queue, &amp; la plus estimée. On la nomme en quelques endroits <i>coulars.</i> Les <i>guindous</i> sont des <i>cerises</i> du Languedoc qui sont fort douces &amp; grosses, &amp; d'un rouge brun très-estimé. Le <i>bigarreau</i> est une espèce de <i>cerise</i> plus longue &amp; plus dure, qui noircit &amp; durcit en murissant. Il y a un <i>bigarreau tardif,</i> ou <i>de fer,</i> qui murit plus tard, &amp; qui n'est pas si sujet aux vers que l'ordinaire. Il est d'un goût excellent, &amp; fait un bel arbre. Le <i>coeuret</i> est une espèce de bigarreau plus tendre, &amp; fait en coeur, dont le goût est relevé. Son bois est plus gros, &amp; sa feuille plus large. Il y a enfin une <i>cerise bleue,</i> qui est plus rare qu'une autre, qui est venue depuis peu de Flandres, &amp; est d'un goût délicieux. Cependant dans l'usage on n'appelle <i>cerise, Cerasum,</i> que le fruit du cerisier. Voyez <ref type="search" target="head:Cerisier">Cerisier</ref>.</p><p>Ces premières <i>cerises</i> furent apportées par Lucullus de <i>Cerasunte,</i> ville de Pont, après qu'il eut vaincu Mithridate, à ce que dit Pline : d'où vient qu'elles en portent encore le nom en Latin, <i>cerasum. Cerise</i> hâtive, <i>cerise</i> précoce, <i>cerise</i> tardive. En Angoumois on appelle <i>guignes</i> ce que nous appellons <i>cerises.</i> Bartholin dit que pour avoir du vin de <i>cerise</i> fort délicat, il faut l'entonner dans des <pb n="938" facs="bpt6k8542165/f978/full/1200,/0/native.jpg"/>muids faits du bois de cerisier, qui lui communique sa vertu. On en fait encore en mettant 12. ou 15. livres de <i>cerises</i> mondées de leurs queues &amp; de leurs noyaux, dans un demi muid de bon vin blanc, avec ces mêmes noyaux cassés. Un mois après ce fruit a communiqué au vin sa qualité rafraîchissante &amp; apéritive ; &amp; outre sa couleur agréable, &amp; son goût délicieux, il a des effets surprenans, sur-tout pour tempérer les reins, &amp; pour en vuider les sablons, les glaires, &amp; les petites pierres, qui s'y forment quelquefois.</p><p>Le mot Allemand <i>Kerse</i> &amp; <i>Kirse,</i> &amp; le François <i>cerise,</i> sont pris du Celtique <i>Kiris.</i> Pezron.</p><p>La Quintinie dit quelquefois <i>cerise</i> pour l'arbre, pour <i>cerisier</i> ; &amp; alors il le fait tantôt masculin &amp; tantôt féminin. Six <i>cerises</i> tardifs, deux <i>cerises</i> hâtifs ; quatre <i>cerises</i> hâtives, dit-il dans la même page &amp; le même article ; mais mal. Il faut dire Cerisier, ou si l'on se sert du nom du fruit en parlant de l'arbre, il faut le dire au pluriel, &amp; le faire toujours féminin. Par exemple, Quel arbre plantez-vous là ? Ce sont des <i>cerises</i> hâtives, &amp; non pas c'est un <i>cerise</i> hâtif. Quels arbres mettez-vous en cet endroit ? Je le destine pour des <i>cerises hatives,</i> &amp; non pas <i>hatifs.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERISE</head>
    <p>
    Pêche-Cerise , s. f. Voyez <ref type="search" target="head:PÊCHE">PÊCHE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CERISÉE" />
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    <head>CERISÉE</head>
    <p>
    CERISÉE , s. f. Lieu planté de Cerisiers. <i>Locus Cerasis consitus.</i> Cerisaie est mieux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERISETTE</head>
    <p>
    CERISETTE , s. f. Espèce de prune, dont la couleur est rouge. La Quint. C'est de là qu'elle a pris son nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERISIER</head>
    <p>
    CERISIER , s. m. <i>Cerasus, s. f.</i> Arbre étranger qu'on a communément dans les jardins &amp; à la campagne, &amp; qu'on dit avoir pris son nom de Cerasunte. Le <i>Cerisier</i> ordinairement croît d'une médiocre hauteur, sur-tout celui qui porte les fruits aigres, au lieu que celui qui en porte de doux s'élève beaucoup plus haut : leurs troncs à tous les deux sont lisses, &amp; couverts d'une écorce polie, &amp; qui se gerse dans sa vieillesse. De ces gersures découle une gomme transparente, un peu jaunâtre ; elle se dissout dans l'eau comme la gomme Arabique. On la nomme ordinairement Gomme de pays, <i>Gummi nostras.</i> Ces troncs se divisent ensuite en de grosses branches qui sont subdivisées en plusieurs rameaux, dont l'écorce est d'un brun clair &amp; poli, &amp; d'un goût amer. Ces branches sont chargées de feuilles alternes, oblongues, entières, dentelées sur leur bord, lisses, verd luisant en dessus, plus pâle en dessous, portées par des queues assez courtes. Ses fleurs sont à cinq pétales blanches, ou lavées d'un peu de pourpre, arrondies, de trois lignes environ de diamètre, soutenues par un calice verdâtre, à cinq pointes, du milieu duquel s'élèvent plusieurs étamines qui environnent un pistile, dont la base renfermée dans le fond du calice est l'embryon qui devient, après que la fleur est passée, un fruit charnu &amp; succulent, qui renferme un petit noyau, dans lequel est contenu une semence ou amande. Ce fruit est proprement appellé la cerise.</p><p>Nous donnons différens noms François aux espèces de cerises &amp; de <i>Cerisiers</i> ; car on appelle ordinairement cerise la Cerise aigre, <i>Cerasum acidum</i> ; &amp; l'arbre qui la porte <i>Cerisier, Cerasus sativa, fructu rotundo, rubro &amp; acido.</i> On nomme Griotte, la cerise douce ; &amp; l'arbre, le Griottier, <i>Cerasus sativa, fructu majore ;</i> les Guignes, <i>Cerasa carne tenerâ &amp; aquosâ.</i> La chair en est tendre &amp; pleine de suc. Son arbre se nomme le Guignier, <i>Cerasus fructu aquoso.</i> Les Merises, ou Cerises noires, <i>Cerasa nigra,</i> &amp; l'arbre se dit le Merisier, <i>Cerasus major ac silvestris, fructu subdulci nigro colore inficiente.</i> Les Bigarreaux ont la chair dure &amp; ferme : on les appelle Duraines dans quelques Provinces du Royaume, <i>Cerasa crassa, carne durâ</i> : l'arbre qui les donne, est appellé Bigarreautier, <i>Cerasus fructu magno cordato.</i> On confit les cerises aigres ; on les conserve dans l'eau de vie ; &amp; l'eau de vie empreinte de leurs sucs est la base du ratafia, sorte de liqueur qu'on boit après le repas par délices Les Merises donnent une belle couleur au ratafia. Il y a d'autres espèces de Cerises qui ne sont point bonnes à manger, telles sont les Cerises à trochets. <i>Cerasa racemosa, rubra.</i> Les feuilles de ce <i>Cerisier</i> sont plus larges que celles des autres espèces dont nous venons de parler. Ce qu'on nomme communément Bois de sainte Lucie, est un arbre assez semblable au <i>Cerisier</i> à trochets. Ses fleurs &amp; ses fruits sont pareillement disposés en grappe. Il vient dans les bois auprès de Genève, &amp; dans le Lionnois. On fait plusieurs ouvrages avec son bois, qui a une odeur assez agréable, <i>Cerasus racemosa silvestris, quibusdam aliis Padus.</i> Les Parfumeurs emploient le fruit d'une espèce de <i>Cerifier</i> différent encore de tous ceux-ci par ses feuilles, &amp; ses fruits. Cette dernière espèce devient un gros arbre : son bois est rougeâtre, un peu veiné, tendre, &amp; d'une odeur pareille à celui du bois de sainte Lucie ; &amp; peut-être les ouvriers confondent-ils ces deux bois. Ses branches sont garnies de feuilles assez semblables à celles du Bouleau, un peu plus larges, plus arrondies, plus fermes, &amp; d'un verd plus foncé &amp; plus luisant en dessus, &amp; d'une amertume très-grande. Ses fleurs sont blanches, petites, &amp; d'une odeur agréable ; ses fruits sont fort petits en comparaison des autres espèces, verd-brun d'abord, &amp; d'un pourpre très-foncé &amp; noirâtre dans leur parfaite maturité. La chair est très-amère, aussi-bien que le noyau, qui est la seule partie dont les Parfumeurs se servent pour relever l'odeur de leurs parfums. Ils appellent ce noyau le Magalet, par corruption de Mahaleb, <i>Cerasus silvestris amara, Mahaleb putata. J. B. Cerisier</i> à fleur double, ou Merisier à fleur double, sont des variétés qui ne dépendent que du nombre de pétales des fleurs de ces <i>Cerisiers.</i></p><p>Les <i>cerisiers</i> jettent aussi une gomme ou glu, &amp; ne peuvent souffrir le fumier. Matthiole. Il y a un <i>cerisier</i> à grappes, dont la fleur est belle, &amp; vient en grappes comme le raisin ; mais son fruit est petit comme une merise. Il y a des merisiers, aussi-bien que des <i>cerisiers,</i> à fleurs doubles &amp; fort belles.</p><p>On appelle <i>cerisiers</i> de pied ceux qui naissent de la racine d'autres <i>cerisiers :</i> ils font de bonnes cerises, sans avoir besoin d'être greffés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CÉRISOLES</head>
    <p>
    CÉRISOLES . Village des Etats de Savoye, situé sur une colline entre Carmagnole &amp; Albe. <i>Cerisolae.</i> La bataille de <i>Cérisoles</i> gagnée en 1544. le 14. d'Avril par les François sur les troupes de Charles V. a rendu ce bourg fameux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERMOISE</head>
    <p>
    CERMOISE , s. f. Terme de Fleuriste . Tulipe dont la couleur est incarnat, tirant au colombin avec du blanc de lait. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERNAY</head>
    <p>
    CERNAY , Voyez PERDRIGON DE CERNAY.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7704" id="1" type="">
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    <head>CERNE</head>
    <p>
    CERNE , s. m. Rond qui se trace avec quelque bâton sur la terre, sur le sable. <i>Circulus, orbis.</i> Il se dit proprement de ces figures, que les Magiciens font avec leur verge enchantée pour y faire leurs charmes &amp; leurs conjurations. On appelle aussi <i>cerne</i> les enceintes qu'on fait à la chasse. <i>Circuitus.</i></p><p>Ce mot, aussi-bien que celui de <i>cerneau</i> &amp; <i>cerner,</i> vient de <i>circinare,</i> &amp; de <i>circinus,</i> qui signifie <i>compas</i> qui coupe en rond, comme dit Ménage, après Scaliger &amp; Nicot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERNE</head>
    <p>
    Cerne , se dit aussi du trait livide en forme de cercle, qui se fait quelquefois autour d'une plaie, qui n'est pas en bon état, ou autour des yeux quand ils sont battus.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERNEAU</head>
    <p>
    CERNEAU , s. m. La moitié d'une noix verte, qu'on tire de sa coque, &amp; qu'on mange avec du sel, quand on l'a épluché. <i>Juglandium, nucleus è viridi putamine cultro eductus.</i> On a servi un cent de <i>cerneaux.</i> Il ne faut pas être grand Cuisinier pour faire la sauce aux <i>cerneaux.</i></p><p>On appelle <i>Vin de cerneaux,</i> un vin fort, &amp; haut en couleur, qui est bon à boire sur l'arrière saison, au temps des <i>cerneaux,</i> comme ayant perdu sa vigueur, ou ses fumées. <i>Vinum vehemens ac vividi coloris extremâ tempestate bibendum.</i> Le vin d'Orléans est du <i>vin de cerneaux.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CERNER" />
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    <head>CERNER</head>
    <p>
    CERNER , v. act. Faire un cerne avec quelque ferrement coupant par la pointe, pour en retirer ce qui est enfermé dedans. <i>Enucleare, educere, eximere.</i> On <i>cerne</i> les noix pour en tirer le cerneau. On <i>cerne</i> une pomme, une poire, pour en tirer ce qui est véreux ou pourri. Les Artisans appellent aussi <i>Cerner,</i> Couper en rond, <i>circumduction.</i></p><p>On dit, <i>Cerner</i> un arbre par le pied ; pour dire, y faire un cerne tout autour, soit pour l'arracher tout-à-fait avec ses racines, soit seulement pour le mieux cultiver, y mettre de bonne terre, du fumier &amp;c. <i>Fodere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERNER</head>
    <p>
    Cerné, ée , part. &amp; adj. <i>Enucleatus, eductus, exemptus.</i> On dit qu'une personne a les yeux <i>cernés,</i> quand elle a les yeux battus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7707" id="1" type="">
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    <head>CEROENE</head>
    <p>
    CEROENE , Voyez <ref type="search" target="head:Ciroene">Ciroene</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7708" id="1" type="liturgie">
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    <head>CÉROFERAIRE</head>
    <p>
    CÉROFERAIRE , s. m. <i>Ceroferarius.</i> Terme de Liturgie . Le <i>Céroféraire</i> est la même chose que l'Acolythe. Voyez ce mot en son lieu. S. Isidore de Seville dit que ceux que les Grecs appellent <i>Acolythes,</i> sont appellés <i>Céroféraires</i> par les Latins, parce qu'ils portent les cierges lorsqu'on doit lire l'Evangile, ou offrir le sacrifice. <i>Céroféraire</i> veut dire <i>Porte-cierge,</i> &amp; ce mot vient de <i>cereus, cierge ;</i> &amp; <i>fero, je porte.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7709" id="1" type="">
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    <head>CEROMANTIE</head>
    <p>
    CEROMANTIE , ou CEROMANCE, s. f. Espèce de Divination. <i>Ceromantia.</i> Cardan dit qu'elle fut apportée de Turquie en ces pays ci de son temps. Ce mot vient de , <i>cire,</i> &amp; , <i>divination.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7710" id="1" type="coutumes">
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    <head>CERQUEMANAGE</head>
    <p>
    CERQUEMANAGE , s. m. Terme de Coutumes . <i>Circamanaria.</i> Droit, ou exercice de la charge, ou office de Cerquemaneur. On trouve en quelques coutumes <i>Cerquemage, cerquemenage, cherquemenage</i> &amp; <i>cherquinmange,</i> pour <i>cherquemanage.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERQUEMANEMENT</head>
    <p>
    CERQUEMANEMENT , s. m. Terme de Coutumes . Action de cerquemaner.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7712" id="1" type="coutume">
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    <head>CERQUEMANER</head>
    <p>
    CERQUEMANER . Terme de Coutume . C'est faire descente sur les lieux avec jurés experts cerquemaneurs pour régler les différends qui naissent au sujet des limites d'un héritage, d'une maison, d'un chemin.</p><p>M. Des Jaunaux fait venir <i>cerquemaner</i> de <i>chercher</i> &amp; de <i>manoir.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7713" id="1" type="coutumes">
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    <head>CERQUEMANEUR</head>
    <p>
    CERQUEMANEUR , s. m. Terme de Coutumes . <i>Circamannus.</i> C'est un Juge ou Expert &amp; Maître-Juré, qu'on appelle pour planter des bornes d'héritages, ou pour les rasseoir &amp; les replanter, &amp; qui a quelque jurisdiction pour en juger les différends. Il a à sa suite des Sergens &amp; un Greffier. Il y en a encore en Picardie &amp; en Flandres, &amp; il en est fait mention dans les Coutumes de Mons, de Cambrai, de Valenciennes &amp; autres.</p><p>Ce mot vient de <i>circare agrum</i> ; pour dire, <i>mesurer un champ ;</i> &amp; de <i>man,</i> qui signifie <i>homme</i> en Allemand &amp; en Flamand.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7714" id="1" type="botanique">
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    <head>CERRE</head>
    <p>
    CERRE , s. m. Terme de Botanique . C'est une espèce de chêne, dont les feuilles ressemblent à celles du chêne commun ; mais elles sont plus longues, &amp; ont des découpures plus fines &amp; plus profondes. Son gland est fort amer, &amp; fort désagréable, presque tout engagé dans une calote, qui est garnie &amp; entourée d'aiguillons larges, de couleur cendrée. Quelques-uns appellent ces calotes <i>vallons,</i> ou <i>gallons.</i> On s'en sert au lieu de galles pour teindre les draps en noir ; mais la teinture n'en est pas bonne &amp; se perd bien-tôt. On s'en sert aussi comme de l'écorce du chêne pour corroyer les cuirs. En Latin <i>cerrus mas majore glande.</i> Il y a une autre espèce de <i>cerre</i> qu'on nomme <i>cerrus foemina minore glande.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERS</head>
    <p>
    CERS , s. m. Vieux mot, qui signifie <i>vent de bise. Boreas, Aquilo.</i> On a dit <i>ciers</i> &amp; <i>sers</i> dans le même sens. Borel dérive le mot de <i>cers</i> de <i>Circius ventus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERTAIN, AINE</head>
    <p>
    CERTAIN, AINE , adj. &amp; s. Constant, véritable, dont on ne doit point douter. <i>Certus, minimè dubius, indubitatus.</i> Il n'y a rien de plus <i>certain</i> que les articles de la Foi. Dieu ne veut pas que les hommes goûtent ici bas aucun bonheur <i>certain,</i> afin que n'y trouvant rien de fixe, ils aspirent à une félicité plus durable. Nicol. Toutes les sciences humaines n'ont rien de <i>certain,</i> excepté la Géométrie. Les Sceptiques ne reconnoissoient aucune vérité <i>certaine,</i> &amp; demeuroient dans une suspension d'esprit continuelle. Bayl.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERTAIN, AINE</head>
    <p>
    Certain , se dit aussi dans un sens vague d'une personne, ou d'une chose en général ; de ce qu'on ne sait pas avec une entière certitude ; ou d'une chose qu'on tient assurée au fond, mais dont on ne connoît pas bien toutes les circonstances. <i>Quidam.</i> Prenez garde que de <i>certaines</i> gens qui ont tant de plis, &amp; replis dans le coeur, n'ont jamais l'esprit juste. Le Ch. de M. Il y a une si grande diversité d'esprits &amp; de goûts, que les uns sont touchés par de <i>certaines</i> raisons, qui choquent les autres. Nicol. L'envie de plaire répand sur toutes les actions un <i>certain</i> feu qui les rend plus vives &amp; plus agréables, M. Sc. L'amitié ne doit pas être indiscrète, ni se piquer d'une <i>certaine</i> bonne foi qui ne ménage rien. Montagne donne un <i>certain</i> tour vif, &amp; naturel à ses pensées, qui préoccupe pour lui. Maleb. <i>Certain</i> Renard Gascon, d'autres disent Normand. La Font. Alors le mot <i>certain,</i> signifie proprement <i>quelque</i> ou le <i>quidam</i> des Latins ; ce qui arrive toutes les fois qu'il est employé devant un substantif. Il y a de <i>certains</i> principes qui ne s'accordent pas trop avec les vérités de la Foi. En mettant <i>certain</i> après le substantif, &amp; en disant un <i>principe certain,</i> cela feroit un sens fort différent. Ainsi il change de signification selon le rang qu'on lui donne dans la construction.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERTAIN, AINE</head>
    <p>
    Certain , est aussi un terme de mépris, soit par rapport aux personnes d'une condition basse ; &amp; obscure, ou peu estimables par elles-mêmes ; soit par rapport aux choses qu'on méprise. <i>Nescio quis. Supervenit nescio quis.</i> Nous fûmes troublés par un <i>certain</i> homme qui est le fléau de toutes les conversations. M. Scud.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERTAIN, AINE</head>
    <p>
    Certain , se dit aussi pour, Fixe &amp; précis. <i>Certus, constitutus.</i> Donnez-moi un jour <i>certain</i> pour vous voir. On l'a assigné à <i>certain</i> &amp; compétent jour pour venir plaider. Il faut un <i>certain</i> temps d'étude pour obtenir des Bénéfices comme gradué.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERTAIN, AINE</head>
    <p>
    Certain , en termes de Palais , signifie, Instruit &amp; fondé de pouvoir suffisant. <i>Instructus, edoctus.</i> Ce Procureur demandoit un délai, disant qu'il n'avoit ni mémoires, ni pouvoir de sa partie : il a été ordonné qu'à la quinzaine il viendra <i>certain</i> ; pour dire, avec pouvoir &amp; instruction.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme est bien <i>certain</i> de son fait, quand il est bien assuré de ce qu'il avance. On dit aussi, qu'il ne faut jamais quitter le <i>certain</i> pour l'incertain ; c'est-à-dire, qu'un peu de réalité vaut mieux que beaucoup d'espérance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERTAINE</head>
    <p>
    CERTAINE , au féminin, se dit des femmes qui ont des marques sûres de leur grossesse. Il y a trois mois que cette femme est <i>certaine.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CERTAINEMENT</head>
    <p>
    CERTAINEMENT , adv. D'une manière certaine, infaillible. <i>Certè, certò.</i> La mort doit arriver <i>certainement.</i> Les Sceptiques n'affirmoient rien <i>certainement.</i> Bayl. <i>Certainement</i> il n'est pas raisonnable qu'un Religieux soit si absorbé dans l'étude, que l'esprit en soit accablé. L'abb. Reg. Et <i>certainement</i> qu'on cherche dans tous les lieux que la piété a pû consacrer pour le soulagement des affligés, on n'y verra rien de si déplorable que les captifs. Pat. <i>Certainement</i> la profusion, &amp; les autres défauts suivent de près les richesses excessives. Boil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7719" id="1" type="">
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    <head>CERTEAU</head>
    <p>
    CERTEAU , s. m. Le <i>Certeau</i> d'Eté est une espèce de poire qui vient à la fin de Septembre. La Quintinie la met parmi les mauvaises poires. Le <i>Certeau</i> musqué est une poire d'Automne qui ne vaut pas mieux, au jugement du même Auteur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7720" id="1" type="">
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    <head>CERTES</head>
    <p>
    CERTES , adv. qui sert quelquefois de liaison pour les périodes. Certainement. <i>Certè. Certes,</i> c'est avec justice qu'on l'a condamné. Cela est-il vrai ? Oui <i>certes.</i> On ne s'en sert guère dans la conversation : mais dans l'Histoire, ou dans un discours d'éloquence, il a quelque chose d'énergique qui soutient &amp; qui anime les endroits passionnés, ou raisonnés. Le Roi se faisoit remarquer à sa bonne mine, &amp; à la grandeur de son courage, en quoi <i>certes</i> personne ne le surpassa jamais. Vau. <i>Certes</i> le Barreau n'a vû que trop de ces malheureuses entretenir l'Audience des indiscrétions de leur vie. Pat. Certainement vaut mieux. Bouh. <i>Certes</i> est beau dans sa vieillesse, &amp; a encore de la force sur son déclin. La Poësie le reclame. La Bruy.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7721" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERTIFICAT" />
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    <head>CERTIFICAT</head>
    <p>
    CERTIFICAT , s. m. Témoignage qu'on donne par écrit, pour faire connoître en justice la vérité de quelque chose. <i>Scripta certificatio, scriptum testimonium.</i> Les Curés délivrent des <i>certificats</i> de mariages qui sont faits en leur Eglise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7722" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERTIFICATEUR" />
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    <head>CERTIFICATEUR</head>
    <p>
    CERTIFICATEUR , s. m. Celui qui se rend caution d'une caution, qui la certifie solvable. <i>Consponsor.</i> Les cautions &amp; <i>certificateurs</i> reçus en Justice sont solidairement obligés avec le principal débiteur, &amp; sont également condamnés au payement de la chose dûe, parce que l'accessoire suit le principal. Mais il y a cette différence entre la caution, &amp; le <i>certificateur,</i> c'est que le <i>certificateur</i> n'est obligé que subsidiairement, &amp; en cas d'insolvabilité de la caution ; ensorte qu'il faut discuter le principal obligé, &amp; la caution, <pb n="940" facs="bpt6k8542165/f980/full/1200,/0/native.jpg"/>avant que de s'adresser au <i>certificateur.</i> On les appelle dans l'ancienne pratique, <i>Contrepleiges.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7722" id="2" type="">
   <index type="head" value="CERTIFICATEUR" />
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    <head>CERTIFICATEUR</head>
    <p>
    Certificateur , Avocat ou Procureur Praticien qui certifie des criées. <i>Testis factae magistratûs nomine promulgationis.</i> Au Châtelet de Paris il y a deux <i>Certificateurs</i> de criées en titre d'Office, dont le témoignage suffit au lieu de celui des dix Praticiens requis par l'Ordonnance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7723" id="1" type="finance">
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    <head>CERTIFICATION</head>
    <p>
    CERTIFICATION , s. f. Terme de Finance . C'est une attestation qu'un Comptable &amp; un Financier mettent au bas d'un mémoire, d'un registre, d'un compte, par lequel ils affirment véritable ce qui y est contenu. <i>Consignata scripto certificatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7723" id="2" type="palais">
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    <head>CERTIFICATION</head>
    <p>
    Certification , en terme de Palais , est une formalité qui est requise après avoir fait faire des criées pour faire un decret valable. <i>Consignation factae Magistratûs auctoritate promulgationis testimonium.</i> C'est un acte par lequel dix anciens Avocats, ou Procureurs d'un Siége Royal, certifient que les saisies &amp; criées ont été faites avec toutes les formes &amp; solemnités requises par le Droit, par la Coutume, &amp; par l'Ordonnance ; ensuite dequoi le Juge interpose son autorité, &amp; donne sa sentence pour la <i>certification</i> de criées. Par l'art. 571. de la Coutume de Normandie, Il ne faut que sept Avocats, outre le Juge, pour la <i>certification.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7723" id="3" type="">
   <index type="head" value="CERTIFICATION" />
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    <head>CERTIFICATION</head>
    <p>
    Certification , se dit aussi de l'attestation qu'on donne en Justice de la solvabilité d'une caution présentée, dont on répond en son propre nom. <i>Data pro sponsor cautio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7724" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERTIFIER" />
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    <head>CERTIFIER</head>
    <p>
    CERTIFIER , v. act. Rendre témoignage de la vérité de quelque chose, soit de bouche, soit par écrit. <i>Testari verbo, scripto, rem aliquam.</i> Cette nouvelle m'a été <i>certifiée</i> par bien des gens d'honneur. Il faut qu'un acte soit <i>certifié</i> par quelque personne publique, pour faire foi en Justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7724" id="2" type="">
   <index type="head" value="CERTIFIER" />
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    <head>CERTIFIER</head>
    <p>
    Certifier des criées , c'est, Donner un avis, une attestation, que des criées sont faites suivant les formes requises, sur laquelle on donne une sentence qui les <i>certifie</i> &amp; les déclare valables. <i>Factam auctoritate Magistratûs promulgation scripto testari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7724" id="3" type="">
   <index type="head" value="CERTIFIER" />
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    <head>CERTIFIER</head>
    <p>
    Certifier , signifie aussi, Répondre d'une caution, après avoir attesté sa solvabilité. <i>Sponsorem vadari.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7724" id="4" type="">
   <index type="head" value="CERTIFIER" />
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    <head>CERTIFIER</head>
    <p>
    Certifié, ée , part. &amp; adj. <i>Consignatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7725" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERTITUDE" />
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    <head>CERTITUDE</head>
    <p>
    CERTITUDE , s. f. Vérité assurée. La <i>certitude</i> est proprement une qualité des jugemens de notre esprit : c'est l'adhésion de notre esprit à la proposition que nous affirmons ; c'est la force avec laquelle nous y adhérons. Quand je dis, L'ame est immortelle ; l'ame n'est que cause occasionnelle des mouvemens du corps, je fais deux jugemens ; mais la <i>certitude</i> du premier est bien au-dessus de la <i>certitude</i> du second. La <i>certitude</i> ne convient qu'aux jugemens ; elle ne se trouve point dans les idées qui ne font simplement que représenter les choses. La <i>certitude</i> est de même nature que l'évidence qui la produit. La <i>certitude</i> est plus ou moins grande, selon que l'évidence est plus ou moins grande. L'évidence est dans les choses que l'esprit voit, qu'il considère, &amp; dans les idées : la <i>certitude</i> est dans les jugemens de l'esprit sur ces choses. <i>Explorata rei notitia, cognitio, certitude.</i> Il faut croire avec <i>certitude</i> tout ce que Dieu a révélé. Nous ne devons prêter notre consentement qu'aux vérités que nous connoissons avec <i>certitude.</i> Maleb. La <i>certitude</i> téméraire de l'ignorance est plus tranquille qu'une science raisonnée &amp; réfléchie. S. Evr. Les démonstrations mathématiques concluent avec une pleine <i>certitude.</i> A l'égard des vérités Chrétiennes &amp; des promesses générales de Dieu, il faut avoir une <i>certitude</i> entière, parfaite, être au moins infailliblement assuré qu'on est dans la voie de salut. Autrement ce ne seroit plus religion &amp; foi divine, mais opinion &amp; connoissance humaine. Peliss.</p><p>Les Scholastiques distinguent deux sortes de <i>certitude</i> : l'une de spéculation, laquelle naît de l'évidence de la chose ; &amp; l'autre d'adhésion, qui naît de l'importance de la chose, qui n'exclut point la <i>certitude</i> de spéculation, qui même la suppose toujours. Ils appliquent aux choses de la foi la <i>certitude</i> d'adhésion, qui n'est point purement arbitraire, mais très-raisonnable, <i>rationaux obsequium</i> ; car la raison démontre que nous devons croire avec <i>certitude</i> les choses de la foi, &amp; que pour quoi que ce soit nous ne devons jamais quitter cette adhésion. Ceci est incontestable dans les principes de toutes les sectes qui partagent la Religion Chrétienne. Il est vrai que les choses de la foi n'ont pas toujours une évidence <i>intrinsèque,</i> qui produise nécessairement une <i>certitude</i> de même espèce que celle avec laquelle on adhère aux propositions de Géométrie : elles en ont toujous une qui lui est équivalente.</p><p>On distingue encore dans l'école trois sortes de <i>certitude,</i> par rapport aux trois degrés d'évidence qui la font naître ; la <i>certitude</i> métaphysique, qui vient de l'évidence métaphysique, telle qu'est celle qu'un Géomètre a de cette proposition, que les trois angles d'un triangle sont égaux à deux angles droits ; la <i>certitude</i> Physique, qui vient de l'évidence physique, telle qu'est celle qu'a un homme qu'il y a du feu sur sa main, quand il le voit &amp; qu'il se sent brûler ; une <i>certitude</i> morale, fondée sur l'évidence morale, telle qu'est celle qu'une personne a, qu'il a gagné ou perdu son procès, quand son Procureur &amp; ses amis le lui mandent, quand on envoie copie de l'arrêt, &amp;c. Sur quoi il faut remarquer que la <i>certitude</i> morale est souvent équivalente à la <i>certitude</i> métaphysique, non-seulement dans les choses que l'on souhaite, comme le gain d'un procès, &amp;c. mais dans celles pour lesquelles on a le plus d'aversion ; ainsi un criminel à qui on a lû la sentence qui le condamne à la mort, ne doute nullement qu'il ne soit en effet condamné à la mort, &amp; qu'il ne doive être exécuté au temps &amp; au lieu marqué ; cependant il n'en a qu'une <i>certitude</i> morale ; car il est visible que ce n'est point une <i>certitude</i> métaphysique : ce n'est pas non plus une <i>certitude</i> physique ; la <i>certitude</i> physique qu'il a ne regarde que la lecture de la sentence &amp; les actions qui se font autour de lui lorsque l'Exécuteur prend possession de sa personne : or toutes ces choses n'ont point une liaison physiquement nécessaire avec la vérité de sa condamnation. Cet exemple, quoique désagréable, a été choisi comme le plus propre à faire connoître la force de la <i>certitude</i> morale. Enfin, il faut ajoûter que dans les choses de pratique la <i>certitude</i> morale doit nous suffire : si trois ou quatre personnes disent à quelqu'un que le feu est à sa maison, la <i>certitude</i> qu'il en a n'est que morale ; mais sans attendre une <i>certitude</i> d'une autre espèce, il doit accourir pour éteindre le feu, &amp; mettre ordre à ses affaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7725" id="2" type="">
   <index type="head" value="CERTITUDE" />
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    <head>CERTITUDE</head>
    <p>
    Certitude , se dit aussi de ce qui est assuré, qui n'est point sujet au changement. Il n'y a point de <i>certitude</i> aux choses qui dépendent de la fortune. <i>Nihil certum, &amp;c.</i> Ce temps est pluvieux, il n'y a point de <i>certitude</i> pour se mettre en chemin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7726" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="CERVAISON" />
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    <head>CERVAISON</head>
    <p>
    CERVAISON , subst. f. Terme de Chasse . C'est la saison où le cerf est gras &amp; bon à chasser. <i>Tempestas figendis, agitandis cervis idonea.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7727" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERVEAU" />
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    <head>CERVEAU</head>
    <p>
    CERVEAU , s. m. C'est cette grosse masse molle enfermée dans le crane de la tête, où aboutissent tous les organes des sens, &amp; où on croit que l'ame réside principalement. <i>Cerebrum.</i> Il est enveloppé de deux membranes qui sont la dure-mère &amp; la pie-mère. Il est situé au lieu le plus élevé du corps, pour la commodité des fonctions animales dont il est le principal organe. Il a la même figure que les os qui le contiennent, étant rond &amp; oblong, aplati par les côtés. Il est plus grand dans l'homme à proportion de son corps que dans tous les autres animaux. Il a un mouvement de systole &amp; de diastole de même que le coeur, c'est-à-dire, qu'il se dilate, &amp; qu'il se resserre. Il est divisé en trois parties ; savoir, le grand cerveau, le cervelet &amp; la moëlle allongée. Le grand cerveau se divise en deux parties, la droite &amp; la gauche, par le moyen d'un repli de la dure-mère, qu'on appelle <i>la faulx,</i> parce qu'il en a la figure. Il est aussi séparé du cervelet par un autre repli de la dure-mère. Sa surface extérieure a plusieurs circonvolutions semblables à celles des intestins grêles. Il est composé de deux substances, qui sont la corticale, ou cendrée, &amp; la médullaire. La substance corticale n'est autre chose qu'un amas de glandes rangées les unes auprès des autres, destinées à la séparation des esprits animaux, laquelle se fait du sang qui a été porté par les artères carotides. Ces glandes ont chacune un conduit particulier, dans lequel sont reçus les esprits qu'elles ont filtré. La substance médullaire est formée de tous ces conduits qui sortent des glandes, &amp; qui se sont réunis : elle est située sous la cendrée, mais elle n'est pas si molle. On trouve dans le <i>cerveau</i> quatre cavités qu'on appelle des ventricules. Il y en a deux dans sa partie moyenne, qu'on nomme <pb n="941" facs="bpt6k8542165/f981/full/1200,/0/native.jpg"/>les <i>ventricules</i> antérieurs, ou supérieurs. Ils ont la figure d'un croissant, &amp; sont séparés par une cloison mince &amp; transparente, qui est une portion du <i>cerveau.</i> On l'appelle <i>septum lucidum.</i> On remarque dans ces ventricules le <i>plexus,</i> ou <i>lacis choroïde,</i> qui est un tissu d'artères &amp; de veines, &amp; quatre éminences ; les premières sont les corps canelés ; &amp; les deux autres les couches des nerfs optiques. On y voit aussi le <i>fornix</i> ou la <i>voûte,</i> qui sépare le troisième ventricule des deux supérieurs. Au-dessous du fornix il y a deux trous, par lesquels le troisième ventricule communique avec les deux autres. Celui de devant s'appelle <i>vulva</i> ; &amp; celui de derrière <i>anus.</i> Le troisième ventricule est une cavité longue en forme de fente qui est dans la moëlle allongée : il a deux ouvertures, l'une est l'orifice de l'entonnoir, qui est un canal qui va à la glande pituitaire : l'autre est un conduit, par lequel le troisième ventricule communique avec le quatrième, qui est aussi dans la moëlle allongée au-dessous du cervelet. Ce quatrième ventricule est fait en forme de plume à écrire, d'où vient qu'on l'appelle <i>calamus.</i> A l'entrée du canal qui va du troisième ventricule au quatrième, est posée la glande pinéale, ainsi appellée parce qu'elle a la figure d'une pomme de pin. C'est dans cette glande que Descartes a mis le siége de l'ame. Derrière la glande pinéale il y a quatre éminences ; deux supérieures &amp; plus grandes qu'on appelle <i>nates, fesses</i> ; &amp; deux autres inférieures &amp; plus petites, qu'on nomme <i>têtes.</i> Ces quatre éminences de même que les corps canelés, &amp; les couches des nerfs optiques, appartiennent à la moëlle allongée. Si on renverse le <i>cerveau,</i> on voit à sa base les dix paires de nerfs qui en sortent, les artères carotides, &amp; les cervicales, la glande pituitaire, la moëlle allongée, les corps pyramidaux, les olivaires, &amp;c. Les animaux farouches, comme la plupart des poissons, ont le <i>cerveau</i> fort petit. On n'en trouva pas plus d'un pouce dans la tête d'un crocodile, qui en avoit dix-huit de longueur, qu'on anatomisa dans l'Académie des Sciences. Les Anciens ne mangeoient jamais de <i>cerveau</i> comme le croyant une chose sacrée. On fait cas de l'Anatomie du <i>cerveau</i> par Willis.</p><p>Boneti croit qu'on peut vivre sans <i>cerveau</i> ; il parle de quelques foetus venus au monde sans <i>cerveau,</i> &amp; de deux enfans, dont l'un vécut quelques heures, &amp; l'autre trois mois entiers, sans <i>cerveau.</i> Il parle encore de plusieurs choses trouvées dans le <i>cerveau</i> ; entre autres d'une pointe de dard de la longueur du doigt, qui y resta l'espace de quatorze ans, &amp; qui fut enfin rejettée par la bouche. Willis, qui a disséqué les têtes de plusieurs espèces d'animaux, a trouvé que le <i>cerveau</i> de l'homme &amp; des bêtes à quatre pieds ont une grande affinité, &amp; que le <i>cerveau</i> des poissons ne diffère guère de celui des oiseaux, qui ont été tous créés en un même jour. Vign. Marv.</p><p>Ce mot de <i>cerveau</i> vient du Latin <i>cerebrum,</i> fait du Grec , <i>tête,</i> comme si on disoit <i>carabrum.</i></p><p>On dit figurément, qu'un homme s'alembique le <i>cerveau,</i> quand il s'applique trop fortement à quelque méditation ; &amp; qu'il a le <i>cerveau</i> creux, ou le <i>cerveau</i> vuide, quand il est un peu fou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7727" id="2" type="fonderie">
   <index type="head" value="CERVEAU" />
   <index type="src_domain" value="fonderie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>CERVEAU</head>
    <p>
    Cerveau , en termes de Fonderie , est la partie supérieure de la cloche, qui se courbe en forme de timbre ou de calotte. <i>Superior campanae pars galeae in morem arcuata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7728" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERVELAS" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
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    <head>CERVELAS</head>
    <p>
    CERVELAS , s. m. Boudin ou saucisson gros &amp; court empli de chair de pourceau, assaisonnée avec beaucoup de sel &amp; d'épices, pour le rendre de haut goût. <i>Botulus suillâ carne fartus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7728" id="2" type="">
   <index type="head" value="CERVELAS" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>CERVELAS</head>
    <p>
    Cervelas , est aussi un instrument de Musique, qui est une espèce de basson, de courtaut ou de fagot racourci, &amp; si petit, qu'on le peut cacher dans la main, car il n'a que cinq pouces de long. Sa partie supérieure a huit trous qui le percent tout du long jusqu'auprès de sa base, qui se communiquent, &amp; ne font qu'un seul canal continu : de sorte que le <i>cervelas</i> harmonique va aussi bas qu'un instrument qui seroit huit fois aussi long, ou qui auroit trois pieds &amp; demi. Il a l'étendue d'une 15e, lorsqu'on embouche tous les trous l'un après l'autre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7729" id="1" type="anatomie">
   <index type="head" value="CERVELET" />
   <index type="src_domain" value="anatomie" />
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    <head>CERVELET</head>
    <p>
    CERVELET , s. m. Terme d'Anatomie . <i>Cerebellum.</i> C'est la partie de derrière du cerveau, à qui il est joint par bas ; mais par enhaut il en est séparé par le repli de la dure-mère. Sa figure est plus large que longue. Il est fait comme une boule plate. Sa substance est plus dure &amp; plus solide que celle du cerveau : elle est pourtant de même nature, étant composée d'une partie corticale ou glanduleuse, &amp; d'une médullaire. Sa surface est sillonée comme le cerveau, mais ces sillons sont réguliers : ils sont disposés dans un certain ordre, comme autant de demi-cercles. Sa partie antérieure &amp; sa postérieure sont terminées par des apophyses qu'on appelle vermiformes, parce qu'elles ont la figure d'un ver. Le <i>cervelet</i> a quelques autres apophyses. On ne peut le blesser, ni la moëlle de l'épine, qu'aussi-tôt l'animal ne meure : ce qui n'arrive pas au cerveau, dont on a souvent retranché une partie sans danger. Willis distingue les fonctions du <i>cerveau</i> &amp; du <i>cervelet,</i> &amp; donne l'un pour principe des actions volontaires, &amp; l'autre des involontaires, comme sont la respiration, le battement du coeur, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7730" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERVELIÈRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CERVELIÈRE</head>
    <p>
    CERVELIÈRE , s. f. Vieux mot, qui se trouve souvent dans les anciens Romans, où on dit que des Chevaliers étoient armés de haubergeons &amp; de <i>cervelières. Cassis, galea.</i> C'étoit une espèce de casque ou arme défensive de la tête. Elle fut inventée par un Michel Scotus, Astrologue, fort aimé de l'Empereur Fréderic II. dont il étoit domestique. C'est celui qui a écrit un livre de la Physionomie, dédié à cet Empereur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7731" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERVELLE" />
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    <head>CERVELLE</head>
    <p>
    CERVELLE , s. f. Substance molle enfermée dans la tête de l'animal. <i>Cerebrum.</i> Un Boucher d'un coup de massue fait sauter la <i>cervelle</i> d'un boeuf. La <i>cervelle</i> d'un veau, d'un agneau, d'un lapin, d'une volaille, est bonne à manger.</p><p>On appelle aussi le cerveau de l'homme, la <i>cervelle.</i> L'homme, à proportion de son corps, a plus de <i>cervelle</i> qu'aucun autre animal ; &amp; on dit même qu'il en a plus que deux boeufs. La <i>cervelle</i> bout à ceux qui vont voyager aux Indes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7731" id="2" type="">
   <index type="head" value="CERVELLE" />
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    <head>CERVELLE</head>
    <p>
    Cervelle , se dit figurément de l'esprit, ou du jugement de l'homme. <i>Ingenium, mens.</i> Ce Conseiller d'Etat est la meilleure <i>cervelle</i> du Conseil. Ce jeune homme est fort étourdi, c'est une tête sans <i>cervelle</i> ; il a la <i>cervelle</i> d'un oison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7731" id="3" type="">
   <index type="head" value="CERVELLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CERVELLE</head>
    <p>
    Cervelle de Palmier . C'est ainsi qu'on appelle une manière de moëlle douce qu'on trouve au haut du palmier. Manger de la <i>cervelle du palmier.</i> Ablanc.</p><p>On dit proverbialement, qu'on a mis quelqu'un en <i>cervelle,</i> qu'on le tient en <i>cervelle</i> ; pour dire, qu'on l'a mis en peine, en inquiétude, quand on lui fait espérer quelque chose dont il attend impatiemment le succès. On appelle aussi un homme qui a une mauvaise mémoire, <i>cervelle</i> de lièvre, qui se perd en courant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7732" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERVICALE" />
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    <head>CERVICALE</head>
    <p>
    CERVICALE , adj. f. Nom que les Médecins donnent à deux artères qui montent par le cou au cerveau, &amp; qui sont des rameaux des artères souclavières. <i>Cervicalis.</i> Il y a aussi deux veines <i>cervicales</i> qui reportent le sang du cerveau, &amp; qui vont s'insérer dans les veines souclavières.</p><p>Ce mot vient de <i>cervix</i>, mot Latin, qui signifie le derrière du cou.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7733" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERVIER, LOUP-CERVIER" />
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    <head>CERVIER, LOUP-CERVIER</head>
    <p>
    CERVIER, LOUP-CERVIER . subst. m. Animal sauvage qui tient du chat &amp; du léopard, qui a de la vîtesse, &amp; qui est ennemi du cerf. Voyez <ref type="search" target="head:Loup">Loup</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7734" id="1" type="">
   <index type="head" value="CERVOISE" />
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    <head>CERVOISE</head>
    <p>
    CERVOISE , s. f. Boisson faite de blé, ou d'orge &amp; de houblon. C'est la même chose que bière. <i>Cerevisia debilis,</i> petite bière ; <i>cerevisia duplex, generosior, meracior, robustior,</i> double bière. Mais les Latins ont pris ce mot de l'ancien Gaulois, comme il paroît par le témoignage de Pline en parlant de la boisson des Gaulois. Elle se fait avec de l'orge macéré, séché, rôti &amp; moulu, qu'on fait tremper &amp; cuire avec du houblon. Isidore tient que ce mot a été fait <i>à Cerere</i> ; Pontanus d'un mot Danois ou Hollandois, <i>guerris,</i> qui signifie <i>écume,</i> ou <i>levain de bière.</i> Goldast dit qu'il vient du Flamand <i>terwe</i>, comme qui diroit <i>cerebibiam quasi frumentum coctum bibatur.</i> Voyez Ménage, qui rapporte ces opinions, pour vous arrêter <pb n="942" facs="bpt6k8542165/f982/full/1200,/0/native.jpg"/>à la plus plausible. Du Cange dérive ce mot de <i>ceria,</i> ou de <i>celia,</i> qui étoit une boisson fort en usage chez les Espagnols, dont parle Pline, &amp; qui est décrite par Paul Orose presque de la même façon que notre <i>cervoise,</i> à la réserve que la <i>bière</i> se fait d'orge, &amp; celle-là se faisoit de froment. Comme elle nourrit plus que le vin, elle est de plus grosse substance, &amp; plus difficile à digérer. Etant mal cuite, ou nouvellement faite, elle cause des obstructions, le mal de tête, la colique, la gravelle &amp; l'ardeur d'urine. Si elle est trop vieille, ou qu'elle tire sur l'aigre, elle offense les parties nerveuses &amp; l'estomac, &amp; engendre un mauvais sûc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7735" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉRUSE" />
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    <head>CÉRUSE</head>
    <p>
    CÉRUSE , s. f. Blanc de plomb. <i>Cerussa.</i> C'est ainsi que la nomment les Chymistes. Elle se fait de lames fort déliées de plomb, auxquelles on fait recevoir la vapeur du vinaigre, qu'on a mis dans quelque vaisseau sur un feu modéré. Ces lames se convertissent par ce moyen en une rouillure blanche, qu'on ramasse, &amp; dont on forme de petits pains. Cardan enseigne le moyen de la faire de l'étain &amp; de l'urine. C'est de celle-ci principalement que les femmes se servent pour se farder ; mais elle gâte l'haleine &amp; les dents, fait des rides, &amp; apporte plusieurs autres incommodités, étant une espèce de poison, quand elle est prise par dedans ; mais c'est un médicament quand on l'applique par dehors.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>cire.</i> La <i>céruse</i> ressemble beaucoup à la cire. En Latin <i>cerussa,</i> en Grec .</p><p>Il y a une <i>céruse minérale,</i> dont parle Fallope ; mais tous les autres la tiennent factice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7735" id="2" type="">
   <index type="head" value="CÉRUSE" />
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    <head>CÉRUSE</head>
    <p>
    Céruse , se dit figurément pour Faux brillant, à cause du mauvais usage que les femmes en font quelquefois. <i>Vultus inanis, fulgor &amp; apparatus.</i> Tu n'éblouis pas tes Lecteurs avec la <i>céruse</i> &amp; le plâtre. Main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7736" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉSAIRE" />
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    <head>CÉSAIRE</head>
    <p>
    CÉSAIRE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Caesarius.</i> Il y a plusieurs Saints <i>Césaires.</i> S. <i>Césaire</i> Diacre &amp; Martyr à Terracine dans le premier siècle de l'Eglise ; S. <i>Césaire</i> frère de S. Grégoire de Nazianze dans le IVe. S. <i>Césaire</i> Archevêque d'Arles dans le VIe. Il y a une lettre de S. Jean Chrysostome au Moine <i>Césaire,</i> où la comparaison qu'il fait du mystère de l'Incarnation avec celui de l'Eucharistie, n'a rien que de très-conforme à la foi de l'Eglise, comme on l'a montré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7737" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉSAR" />
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    <head>CÉSAR</head>
    <p>
    CÉSAR , s. m. C'est un nom propre de la famille Romaine, qui a établi l'Empire Romain. <i>Caesar.</i> Jules <i>César.</i> Auguste <i>César.</i> Les douze <i>Césars,</i> ou les douze premiers Empereurs. Il est venu en usage dans la langue en ces phrases proverbiales. Il est brave comme un <i>César.</i> Il faut rendre à <i>César</i> ce qui appartient à <i>César</i> ; pour dire, il faut rendre à chacun le sien. Le P. Bouhours dit que cette phrase est un barbarisme autorisé par la tyrannie de l'usage. Il veut être <i>César,</i> ou rien ; c'est-à-dire, hazarder tout, pour être tout ou rien : c'étoit la devise de <i>César</i> Borgia, Duc de Valentinois.</p><p>Quelques anciens Grammairiens prétendent que le nom de <i>César</i> vient du mot Latin <i>caesaries, chevelure :</i> ainsi <i>César</i> voudroit dire la même chose que <i>chevelu,</i> &amp; le premier qui ait porté ce nom ne l'auroit eu que parce qu'il avoit de beaux cheveux ; mais la plus commune opinion est que le nom de <i>César</i> vient <i>à caeso matris utero,</i> de ce qu'il fallut ouvrir le ventre de sa mère pour l'en faire sortir. Janus Bircherodius, dans son ouvrage sur l'Ordre de l'Eléphant, prétend que le nom <i>César</i> vient de ce que celui qui le porta le premier, tua un Eléphant en guerre, <i>à caeso elephanto.</i> Il appuie ce sentiment sur une médaille critique, sur laquelle on voit un Eléphant, avec ce mot, Caesar.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7737" id="2" type="">
   <index type="head" value="CÉSAR" />
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    <head>CÉSAR</head>
    <p>
    César , a long-temps signifié l'héritier désigné à l'Empire, comme aujourd'hui le Roi des Romains. Depuis Marc-Aurèle jusqu'à l'Empereur Valens, nul n'a été fait Auguste, qu'il n'eût auparavant été créé <i>César.</i> Spartien dit que Luce-Vère est le premier qui a été appellé <i>César</i> avant que d'être Empereur. Les <i>Césars</i> étoient adjoints à l'Empire ; <i>Erant principes Imperii.</i> Arbogaste tua Victor que Maxime son père avoit laissé dans les Gaules, après l'avoir créé <i>César.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Auguste">Auguste</ref>.</p><p>Le <i>César</i> a été la seconde dignité, la seconde personne de l'Empire, jusqu'à Alexis Comnène. Cet Empereur érigea une nouvelle dignité en faveur de son frère Isaac Comnène, qu'il appella <i>Sébastocrator,</i> auquel il donna le pas sur le <i>César,</i> ainsi que nous l'apprennent Anne Comnène sa fille, <i>Alexiad. Lib. III.</i> &amp; Codin <i>De Off. Constant. cap.</i> 2. Voyez sur cet endroit les Notes du P. Goar. Codin décrit la création du <i>César,</i> ses habits, sa couronne, ses droits, ses priviléges, &amp;c. Pour détruire la pensée de celui qui a dit qu'on ne donnoit la couronne de laurier qu'aux Augustes, &amp; jamais aux <i>Césars,</i> il n'y a qu'à voir le médaillon de Maxime , où il a la couronne de laurier, avec la qualité de <i>César</i> ; sans parler du bas Empire, où Crispus <i>César</i> est couronné de laurier. P. Jobert.</p><p>Le Cardinal Noris, <i>De Lic. C.</i> 1. <i>pag.</i> 43. prétend qu'on marquoit les années des <i>Césars</i> sur les médailles, &amp; que celles de Constance Chlore &amp; de plusieurs autres ensuite, sont marquées sur leurs médailles, quoiqu'ils ne fussent encore que <i>Césars.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7737" id="3" type="">
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    <head>CÉSAR</head>
    <p>
    César , signifie aussi <i>Empereur. Imperator.</i> D'où vous vient cette audace, de parler publiquement pour soulever le peuple contre la Religion des <i>Césars</i> ? Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7738" id="1" type="chirurgie">
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    <head>CÉSARÉE</head>
    <p>
    CÉSARÉE , ou CÉSARIEN, enne, adj. qui n'est en usage qu'au féminin &amp; en termes de Chirurgie . <i>Caesareus, Caesarianus.</i> On dit, Faire l'opération <i>Césarienne,</i> quand l'on tire l'enfant du ventre de la mère par une opération violente &amp; avec incision. L'expérience a fait voir que les plaies des muscles de l'épigastre, du péritoine, &amp; celles de la matrice ne sont pas mortelles, de sorte qu'on peut ouvrir quelquefois le ventre de la mère pour en faire sortir l'enfant. Mais ce n'est point sans un très-grand danger. Aussi ces sortes d'opérations se pratiquent très-rarement. Ceux qui sont venus au monde de cette manière, ont été appellés <i>Caesares</i> &amp; <i>Caesones, à caeso matris utéro,</i> comme ont été César, Scipion l'Africain &amp; Manlius. François Rousset, Médecin du Roi, a fait un beau livre de cette section <i>Césarienne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7739" id="1" type="">
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    <head>CÉSARÉE</head>
    <p>
    CÉSARÉE , s. f. Nom propre de plusieurs Villes qui ont ce nom du mot César, parce qu'elles ont été bâties, rétablies, ou consacrées à l'honneur de quelqu'un des Césars. <i>Caesarea. Césarée,</i> ville maritime de Palestine, appellée autrefois la Tour de Straton, fut bâtie par le grand Hérode, la 17e année de son règne en l'honneur d'Auguste, qui vint cette année-là en Syrie. Elle fut douze ans à bâtir, &amp; le Roi Hérode la dédia par de grandes fêtes &amp; des combats magnifiques la 28e année de son règne 10. ans avant la naissance de J. C. Voyez Josephe <i>Antiq. Jud.</i> Liv. XVI. ch. 9. &amp; <i>De Bello</i> Liv. I. ch. 16. Pour la distinguer des autres, on la nomme <i>Césarée</i> de Palestine. Elle étoit entre Ptolémaïde au Nord, &amp; Joppé au Midi. Quelques-uns disent que c'est la même qu'Apollonie. <i>Césarée</i> de Philippe est une autre ville de la Terre sainte nommée auparavant Panéas, &amp; rétablie par Philippe fils d'Hérode en l'honneur de Caligula. Elle étoit vers les sources du Jourdain aux confins de la Celesyrie. Mr Corneille l'appelle <i>Césarée</i> Philippe, mais le Port-Royal, le P. Bouhours &amp; tous nos Traducteurs, disent <i>Césarée</i> de Philippe ; c'est l'usage. <i>Césarée</i> de Cappadoce, ville Archiépiscopale de Cappadoce, ainsi nommée à l'honneur de Tibère ; elle s'appelloit auparavant Mazaca ; elle fut surnommée la Grande. Il y avoit encore <i>Césarée</i> en Mauritanie qui fut la demeure du Roi Juba. <i>Césarée</i> en Italie proche de Ravenne. <i>Césarée</i> en Pannonie. <i>Césarée</i> est aussi, dans le Patriarche Eutychius, le nom d'une Eglise fameuse d'Alexandrie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7740" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉSARIEN, ENNE" />
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    <head>CÉSARIEN, ENNE</head>
    <p>
    CÉSARIEN, ENNE , adj. Qui appartient à César, qui a quelque rapport à un César. <i>Caesarianus, a.</i> Les troupes <i>Césariennes</i> ; c'est-à-dire, de César. Ce titre a été donné à quelques Provinces, comme la Mauritanie <i>Césarienne.</i> L'opération <i>Césarienne.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Césarée">Césarée</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7740" id="2" type="">
   <index type="head" value="CÉSARIEN, ENNE" />
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    <head>CÉSARIEN, ENNE</head>
    <p>
    Césarien , s. m. Nom d'Office, <i>Caesarianus, Caesariensis.</i> Les <i>Césariens</i> étoient les Officiers ou Ministres des Procureurs des Césars. C'étoit eux qui tenoient les comptes du Fisc, ou des revenus de l'Empereur, &amp; qui prenoient possession en son nom des biens qui lui étoient dévolus, <pb n="943" facs="bpt6k8542165/f983/full/1200,/0/native.jpg"/>ou confisqués. Il y a un titre du Code Théodosien <i>De Caesarianis.</i> Voyez Godefroy sur ce titre, &amp; les Dictionnaires de Calvin &amp; de Du Cange. Cujas croit que c'est de ce mot que s'est formé le nom <i>Sergent.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7741" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESARION" />
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    <head>CESARION</head>
    <p>
    CESARION , subst. m. Nom propre d'homme. <i>Caesarion.</i> C'est le nom que César souffrit que l'on donnat aux fils qu'il eut de Cléopatre, &amp; qu'Auguste fit mourir après la prise d'Alexandrie. Le P. Souciet, Jésuite, a publié une médaille très-singulière de Jules César, qui représente d'un côté la tête d'une Victoire ailée de même qu'on la voit sur d'autres médailles de Jules, à cela près qu'elle est un peu différemment coëffée. L'inscription est, Caesar dict. ter. Au revers il y a une couronne de laurier, dans laquelle est la tête nue d'un jeune homme, tournée à gauche : devant la tête &amp; dans le champ de la médaille se voit une feuille de laurier, qui n'est point de la couronne. A droite est un A, &amp; à gauche au-dessus de la feuille de laurier un autre A. Quelques Médaillistes prétendoient que ce jeune homme étoit <i>Césarion,</i> &amp; que l'époque de la troisième Dictature de César, marquée sur la médaille étoit l'année que cet enfant nâquit ; mais le P. Souciet a montré qu'elle avoit été frappée pour Auguste, &amp; qu'elle marquoit la distinction que César lui fit cette année-là, à son triomphe de l'Afrique, en lui donnant part aux distributions qu'il fit à ceux qui avoient servi dans la guerre d'Afrique. <i>Césarion</i> ressembloit fort à César, à ce que disoient quelques Historiens Grecs. Suétone en parle dans Jules ch. 52. &amp; dans Auguste ch. 17.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7742" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESSANT, ANTE" />
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    <head>CESSANT, ANTE</head>
    <p>
    CESSANT, ANTE , part. &amp; adj. qui se dit en cette phrase absolue. Il faut exécuter cet ordre, toutes affaires <i>cessantes,</i> tous empêchemens <i>cessans. Cessans.</i></p><p>On le dit aussi absolument au gérondif. <i>Cessant</i> quoi ; pour dire, A faute de cela. <i>Quo cessante, quo deficiente.</i> Le nerf de la guerre est l'argent, <i>cessant</i> quoi, les soldats se débandent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7743" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESSATION" />
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    <head>CESSATION</head>
    <p>
    CESSATION , s. f. Discontinuation, interruption de quelque travail, ou de quelque action. <i>Cessatio, intermissio.</i> La trève emporte une <i>cessation</i> d'armes, d'hostilités. Il y a <i>cessation</i> de plaidoiries à la Grand'Chambre le 14. d'Août. Pendant qu'on parle de transiger, il faut faire une <i>cessation</i> de toutes poursuites.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7744" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESSE" />
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    <head>CESSE</head>
    <p>
    CESSE , s. f. Qui se dit toujours avec la négative exprimée par la préposition <i>sans</i> : &amp; signifie alors, Continuation. <i>Sine ulla intermissione, assiduè, continenter.</i> Pour devenir savant il faut étudier sans <i>cesse.</i> L'Evangile nous avertit qu'il faut prier Dieu sans <i>cesse.</i> Son adversaire se répandoit sans <i>cesse</i> en bravades ; &amp; étaloit son éloquence avec beaucoup de faste. P. d'Orl.</p><p>On dit, mais bassement : n'avoir point de <i>cesse,</i> n'avoir aucune <i>cesse</i> ; pour dire, ne cesser point. Il <i>n'aura point de cesse,</i> que vous ne lui ayiez accordé ce qu'il demande, qu'il ne soit parvenu à ses fins.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7745" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESSER" />
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    <head>CESSER</head>
    <p>
    CESSER , v. act. &amp; n. Discontinuer, arrêter le cours de quelque chose. <i>Cessare, desistere, finem facere, intermittere.</i> Il a <i>cessé</i> ses études, son bâtiment. Il a <i>cessé</i> de vivre. Les vents &amp; l'orage n'ont point <i>cessé. Cessez</i> vos plaintes : <i>cessez</i> vos murmures, <i>Cessez, cessez</i> pour moi tous vos chants d'allégresse. Mol. On dit absolument à l'impératif, <i>Cessez, cessez.</i> La cause ôtée, l'effet <i>cesse.</i> Selon Vaugelas le mot de <i>cesser</i> est naturellement neutre, &amp; plus rarement actif. La vertu même <i>cesse</i> de l'être, dès qu'elle va aux extrémités. S. Evr. Le mot <i>cesser</i> précédé du verbe faire, se dit fort bien à l'actif. Faire <i>cesser</i> le travail, on diroit aussi fort bien absolument, faites <i>cesser.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7745" id="2" type="">
   <index type="head" value="CESSER" />
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    <head>CESSER</head>
    <p>
    Cessé, ée , part. &amp; adj. <i>Intermissus, desitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7746" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESSION" />
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    <head>CESSION</head>
    <p>
    CESSION , s. f. Acte par lequel un homme transmet à un autre un droit qui lui appartenoit. <i>Cessio juris sui, vel sue jure.</i> Il a fait <i>cession</i> &amp; transport d'une telle dette. On ne le dit guères que des obligations, rentes, ou dettes mobiliaires, qui consistent en la tradition d'un écrit. A l'égard des meubles, offices, ou des héritages &amp; immeubles, le transport qu'on fait de la propriété s'appelle <i>vente, échange, donation. Cession</i> est un terme générique, dont les espèces sont le transport, l'abandonnement de biens, la subrogation, &amp; la cession en Justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7746" id="2" type="">
   <index type="head" value="CESSION" />
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    <head>CESSION</head>
    <p>
    Cession , est aussi un abandonnement qu'on fait de tous ses biens en Justice, ou volontairement à ses créanciers, pour éviter la contrainte par corps. <i>Bonorum cessio.</i> On ne peut faire <i>cession</i> qu'en vertu des Lettres du Prince, qu'on appelle de <i>bénéfice de cession.</i> La <i>cession</i> est une mort civile. On n'y est point reçu pour dettes de deniers royaux, de mineurs, de dépôts, ou cautionnement en Justice, ni quand il y a stellionat ou crime, ni pour moisson de grains, ni pour vente du poisson salé, &amp;c. Le <i>bénéfice de cession</i> n'est accordé qu'à ceux qui étant tombés en pauvreté, remettent de bonne foi leurs biens à leurs créanciers. Les étrangers non naturalisés ne sont point reçus à <i>cession,</i> ni le fermier contre le propriétaire, ni le principal obligé contre sa caution, ni ceux qui ont obtenu des remises, &amp; fait des contrats d'atermoyement. La <i>cession</i> emporte note d'infamie, &amp; oblige à porter un bonnet verd ; autrement on est déchu de la grace : ce qui a eu lieu d'abord dans la Coutume de Laval, pour signifier que celui qui avoit fait <i>cession</i> de biens étoit devenu pauvre par sa folie. A Luques le cessionnaire porte un chapeau ou un bonnet orangé. Les Docteurs d'Italie disent que celui qui faisoit abandonnement de biens, étoit tenu de frapper trois fois du cul sur une pierre en présence du Juge. Autrefois on faisoit la cérémonie de faire quitter la ceinture &amp; les clefs en Justice à ceux qui faisoient <i>cession,</i> parce que les Anciens portoient à leur ceinture les principaux instrumens qui leur servoient à gagner du bien, comme un homme de robe son écritoire, le Marchand sa gibbecière ou escarcelle, &amp; le Gendarme son épée, &amp;c. Elle doit être faite en personne, tête nue &amp; sans ceinture. La forme des <i>cessions</i> chez les Romains &amp; les vieux Gaulois étoit telle. Celui qui la faisoit ayant amassé dans sa main gauche de la poussière des quatres coins de sa maison, se plantoit sur le seuil de la porte dont il tenoit le poteau avec la main droite, &amp; jettoit la poussière qu'il avoit amassée par-dessus ses épaules : puis se dépouillant tout nud en chemise, ayant quitté sa ceinture &amp; ses houssaux, il sautoit avec un bâton par-dessus une haie, donnant à entendre par là à ses parens &amp; à ses créanciers, qu'il n'avoit plus rien au monde, &amp; que quand il sautoit, tout son bien étoit en l'air. La <i>cession</i> se faisoit ainsi en matière criminelle : mais en matière civile, il mettoit seulement une houssine d'aune, ou bien un fétu, ou une paille rompue sur le seuil de la porte, pour marquer qu'il abandonnoit ses biens : ce que l'on appelloit <i>Chrenecruda per durpillum &amp; festucam, Cession par le seuil &amp; par le fétu.</i> Il en est parlé dans la Loi Salique au titre <i>Chrenecruda.</i> Voyez une autre ancienne formule de <i>cession</i> au mot de Scandale. Le P. Ruinart, dans <i>l'Appendix</i> de Grégoire de Tours p. 1331. a donné trois anciennes formules de <i>Cession.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7747" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESSIONNAIRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CESSIONNAIRE</head>
    <p>
    CESSIONNAIRE , s. m. &amp; fémin. Celui qui accepte, &amp; à qui on fait une cession. <i>Is cui aliqua possessione ceditur.</i> Le <i>cessionnaire</i> n'a pas plus de droit que son cédant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7747" id="2" type="">
   <index type="head" value="CESSIONNAIRE" />
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    <head>CESSIONNAIRE</head>
    <p>
    Cessionnaire , signifie aussi, Celui qui a fait cession de biens en Justice. <i>Is qui cedit alteri possessione sua.</i> On peut remettre en prison le <i>cessionnaire</i> qui ne porte point de bonnet verd. Le <i>cessionnaire</i> soit volontaire ou judiciaire, ne peut être élu dans les charges, non plus que ceux qui ont obtenu des Lettres de répit ; &amp; il ne peut être réhabilité qu'après avoir entièrement satisfait ses créanciers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7748" id="1" type="">
   <index type="head" value="C'EST FAIT, C'EN EST FAIT" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>C'EST FAIT, C'EN EST FAIT</head>
    <p>
    C'EST FAIT, C'EN EST FAIT . Ces deux manières de parler n'ont pas la même construction. <i>C'est fait</i> a un régime, on dit, <i>c'est fait</i> de vous, de lui, &amp;c. <i>C'en est fait</i> n'a point de régime : on dit par exemple, <i>c'en est fait,</i> il n'y faut plus penser, il n'en faut plus parler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7749" id="1" type="">
   <index type="head" value="CESTE" />
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    <head>CESTE</head>
    <p>
    CESTE , s. m. Terme Poëtique. C'est une ceinture que les Poëtes &amp; les Peintres attribuent à Vénus &amp; à Junon. <i>Zona, cingulum, cestus.</i> Quelques-uns disent que c'étoit un <i>corset.</i> Cupidon déroba le <i>ceste</i> à Vénus. Ablanc. Comme ce mot est Latin, &amp; peu commun en François, bien des gens n'ont pas approuvé l'usage qu'en fait Mr Ménage dans ces deux vers.</p><p>Chez les Anciens, <i>ceste</i> étoit proprement la ceinture que le mari délioit à la fille qu'il avoit épousée, quand il la mettoit en sa maison.</p><p>Ce mot vient du Grec , qui signifioit une <i>ceinture,</i> ou autre ouvrage brodé à l'éguille, qui étoit un ornement ordinaire des femmes. Voyez <ref type="search" target="head:Ceinture">Ceinture</ref>. Il faut dire en Latin <i>cestus</i> sans diphtongue, à la différence de <i>caestus,</i> qui suit ; car on ne dit point <i>caestus</i> en ce sens, non plus que <i>cestum,</i> neutre, au moins dans la bonne Latinité, quoi qu'en dise le Moréri. , <i>cestus,</i> ceinture du ventre, vient du Celtique <i>Cest,</i> qui signifie ventre. Pezron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7749" id="2" type="">
   <index type="head" value="CESTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CESTE</head>
    <p>
    Ceste , est aussi un gros gantelet de cuir garni de plomb, dont se servoient les anciens Athlètes, qui combattoient à coups de poing dans les lieux publics. <i>Caestus.</i> Calepin a cru que c'étoit une massue de laquelle pendoient des balles de plomb attachées par des morceaux de cuir. Il se trompe, car c'étoit seulement une longe de cuir garnie de clous, de plomb, ou de fer, dont on entouroit la main en forme de liens croisés, &amp; même le poignet &amp; une partie du bras, pour empêcher qu'ils ne fussent rompus ou démis. On l'appelloit ainsi, <i>à caedendo,</i> signifiant <i>tuer</i> &amp; <i>frapper.</i> Voyez sur le <i>ceste</i> Vigenère dans ses <i>Annotations sur Tite-Live,</i> T. I. p. 972.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7750" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉSURE" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>CÉSURE</head>
    <p>
    CÉSURE , s. f. Terme poëtique. C'est en François un repos qu'on doit trouver au milieu des grands vers. <i>Caesura.</i> Dans les vers Alexandrins de 12. à 13. syllabes, la <i>césure</i> doit être après la sixième, dans ceux de 10. à 11. après la quatrième syllabe. Il ne faut point de <i>césure</i> dans les vers de 8. syllabes. En Latin la <i>césure</i> est une syllabe qui reste après un pied, dont elle semble être détachée pour commencer le pied suivant dans ce vers.</p><p>Les syllabes <i>no</i> &amp; <i>jae</i> sont des <i>césures.</i> Les vers sans <i>césure</i> en François sont tout-à-fait vicieux. L'endroit où le vers doit être coupé, &amp; où il doit y avoir du repos, ne peut être lié avec ce qui suit. Dès qu'on ne sait où s'arrêter, on n'en sent plus la cadence.</p><p>Il seroit assez mal-aisé de bien soutenir sa voix sur dix ou sur douze syllabes de suite sans respirer, sur-tout dans une prononciation grave &amp; majestueuse, comme lorsqu'on récite ou qu'on déclame des vers. C'est pour cette raison qu'on a voulu marquer dans les deux espèces de nos plus grands vers un certain repos qui les partage en deux hémistiches, &amp; c'est à quoi on a donné le nom de <i>césure.</i> Dans les vers de dix syllabes la <i>césure</i> porte toujours sur la quatrième ; &amp; sur la sixième dans ceux de douze. La syllabe qui porte la <i>césure,</i> ne sauroit souffrir l'<i>e</i> muet. La <i>césure</i> doit toujours tomber sur la dernière syllabe du mot, à moins que cette syllabe n'ait un <i>e</i> muet, car alors on rejette la <i>césure</i> sur la penultième, &amp; on élide l'<i>e</i> muet avant l'hémistiche suivant, qui doit commencer par une voyelle ; la <i>césure</i> est fausse toutes les fois qu'en s'y arrêtant on sera obligé de s'éloigner de la manière naturelle de parler ou de lire, qui ne permet pas de se reposer pour reprendre sa respiration, en désunissant certains mots qui sont liés ensemble, &amp; qui doivent être dits tous d'une haleine, comme l'adjectif &amp; le substantif, le nom &amp; son régime, le verbe auxiliaire &amp; le participe qui y est attaché, lorsqu'ils se suivent immédiatement, à moins que ce qu'on réserve pour le second hémistiche, ne le remplisse tout entier, &amp; ainsi des autres. P. Mourgues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7751" id="1" type="">
   <index type="head" value="CET, CETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>CET, CETTE</head>
    <p>
    CET, CETTE . Pronom démonstratif qui répond au Latin <i>hic, haec, hoc.</i> C'est la même chose que <i>Ce.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Ce">Ce</ref>. <i>Cet</i> se met devant une voyelle, <i>cet</i> autre, <i>cet</i> homme ; &amp; <i>ce</i> devant une consonne. <i>Ce</i> livre est beau ; <i>ce</i> café est bon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7752" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉTACÉE" />
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    <head>CÉTACÉE</head>
    <p>
    CÉTACÉE , adj. qui se dit des monstres &amp; gros poissons qui sont dans la mer, qui approchent de la baleine. <i>Cete.</i> Les tiburons sont des poissons <i>cétacées</i> qui engloutissent les hommes. Les orkes, physetères ou souffleurs, pristères, lamies, sont poissons <i>cétacées.</i> Les cornes qu'on a cru jusqu'ici de licorne, sont des dents, ou défenses d'un poisson <i>cétacée</i> qu'on trouve dans la Mer glaciale, nommé <i>Narwal.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7753" id="1" type="">
   <index type="head" value="ET CÉTÉRA" />
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    <head>ET CÉTÉRA</head>
    <p>
    ET CÉTÉRA . Terme emprunté du Latin, qu'on abrége dans l'écriture, &amp; qu'on met avec un <i>&amp;,</i> un <i>c,</i> &amp; un point. Il signifie le reste d'un discours qu'on s'abstient de dire, &amp; qui est sousentendu ; que le Lecteur peut suppléer aisément de lui-même.</p><p>On dit proverbialement, Dieu nous garde d'un <i>&amp; cétéra</i> de Notaire, parce que sous prétexte de ces paroles qu'ils mettent au bout des obligations, promettant, <i>&amp;c.</i> obligeant, <i>&amp;c.</i> renonçant, <i>&amp;c.</i> ils étendent si loin ces clauses en grossoyant les actes, que cela va souvent au-delà de ce que les parties ont cru consentir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7754" id="1" type="botanique">
   <index type="head" value="CÉTERAC" />
   <index type="src_domain" value="botanique" />
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    <head>CÉTERAC</head>
    <p>
    CÉTERAC , s. m. Terme de Botanique . <i>Cetherach,</i> ou <i>Asplenium, s. n.</i> Plante qui porte ses fruits levés au dos de ses feuilles comme la plupart des Fougères. On croit qu'elle a la vertu de consommer la ratte, &amp; que ce nom d'<i>Asplenium</i> lui a été donné à cause de cette vertu. Ses racines sont vivaces, &amp; composées de filamens noirs, du collet desquelles partent des feuilles longues comme le doigt, découpées en pennules obtuses, comme ondées sur leurs bords, charnues, verdâtres en dessus, écailleuses à leurs revers ; &amp; d'entre ces écailles rouilleuses sortent de très-petites capsules sphériques, garnies d'un anneau élastique par lequel elles s'ouvrent en deux pour laisser échaper sa semence aussi menue que la poussière la plus fine.</p><p>Le <i>Cétérac</i> est apéritif, &amp; on s'en sert comme des autres capillaires dans les embarras des viscères, &amp; pour emporter les obstructions du foie &amp; de la rate, pour dissiper la jaunisse, &amp; pour arrêter des flux de sang. Pline &amp; Dioscoride ont écrit que la décoction des feuilles de <i>Cétérac</i> faite dans le vinaigre, &amp; prise en breuvage l'espace de quarante jours, consume la rate.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7755" id="1" type="">
   <index type="head" value="CETES" />
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    <head>CETES</head>
    <p>
    CETES , s. m. Roi d'Egypte, dont les Grecs ont fait leur Protée. Il étoit fort habile dans les arts, &amp; se transformoit en différentes formes. Les différens ornemens que les Rois d'Egypte avoient coutume de prendre &amp; de changer souvent, donnerent occasion à la fable, comme l'a remarqué Diodore de Sicile. Voyez aussi le P. Kirk. <i>Aegypt. T. I. p.</i> 96.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7756" id="1" type="">
   <index type="head" value="CETRA" />
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    <head>CETRA</head>
    <p>
    CETRA . Nom d'une arme des anciens Gaulois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7757" id="1" type="">
   <index type="head" value="CETUI-CI, CETTE-CI" />
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    <head>CETUI-CI, CETTE-CI</head>
    <p>
    CETUI-CI, CETTE-CI . Pronom qui est à présent hors d'usage. <i>Hic, haec. Iste, ista.</i> En sa place on dit <i>celui-ci, celle-ci.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7758" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEVAL, & CEVEL" />
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    <head>CEVAL, & CEVEL</head>
    <p>
    CEVAL, &amp; CEVEL , subst. masc. Vieux mot qui s'est dit pour <i>cheveu,</i> &amp; d'où le mot de <i>cheveu</i> a été formé dans la suite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7759" id="1" type="">
   <index type="head" value="CÉVENNES" />
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    <head>CÉVENNES</head>
    <p>
    CÉVENNES , s. f. &amp; plur. que Maty, &amp; quelques autres en petit nombre écrivent <i>Sevennes,</i> contre l'usage ordinaire, <i>Cemmenius Tractus.</i> Les <i>Cévennes</i> sont un quartier du Languedoc ; elles ont au Midi le bas Languedoc ; le Rouergue au Couchant, l'Auvergne &amp; le Forêt au Nord ; &amp; au Levant le Rhône les sépare du Dauphiné. Les <i>Cévennes</i> renferment le Gevaudan, le Velay, &amp; le Vivarez, dont les villes principales sont Mende, le Puy, &amp; Viviers, trois Evêchés. Les montagnes des <i>Cévennes, Cemennus,</i> ou <i>Cemmenius mons ; Mons Cebenna,</i> ou <i>Gebennicus,</i> sont des montagnes de trente lieues d'étendue, ou environ, <pb n="945" facs="bpt6k8542165/f985/full/1200,/0/native.jpg"/>depuis les sources de la Loire jusques vers Lodève. Les Fanatiques des <i>Cévennes,</i> dans la guerre de 1689. étoient des paysans des <i>Cévennes</i> sortement abusés par des prétendues prophéties du Ministre Jurieu. M. de Bruys a écrit fort exactement &amp; fort agréablement l'histoire de ce Fanatisme des <i>Cévennes.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7760" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEUFREY" />
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    <head>CEUFREY</head>
    <p>
    CEUFREY , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Ceolfridus.</i> S. Ceolfrid, que le vulgaire de France appelle Souffroy, ou S. <i>Ceufrey,</i> étoit du pays des Berniciens, &amp; Disciple de S. Benoît Biscop. Il eut le gouvernement du Monastère de Wermouth, &amp; après s'en être démis, il mourut à Langres l'an 716. en allant à Rome pour finir ses jours au tombeau des Apôtres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7761" id="1" type="">
   <index type="head" value="CEUTA" />
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    <head>CEUTA</head>
    <p>
    CEUTA , s. f. M. Corneille dit <i>Ceute</i> &amp; <i>Ceuta.</i> Le dernier est plus ordinaire, &amp; je ne sai si l'on dit jamais autrement. <i>Septa, Exilissa, Lissa.</i> C'est une ville du Royaume de Fez, dans la Province de Habata, près du détroit de Gibraltar, au pied d'une montagne qui a sept sommets si semblables qu'on les nomme les sept frères, &amp; cette ville quelquefois en Latin <i>Ad septem fratres.</i> C'est un Evêché suffragant de Lisbonne. Elle étoit aux Portugais ; mais toutes les places des Etats de Portugal ayant secoué le joug des Espagnols en 1640. la seule <i>Ceuta,</i> qui avoit un Gouverneur Espagnol, demeura sous la domination Castillanne, &amp; les Portugais la céderent par la paix de 1668. Les Mores en font le siége (en 1721) depuis déja plus d'années que n'en dura la guerre de Troye.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7762" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAA" />
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    <head>CHAA</head>
    <p>
    CHAA , ou TCHA, à ce que disent quelques Auteurs, est une espèce de thé du Japon, ou une feuille faite comme le thé ordinaire, mais plus petite &amp; plus agréable au goût &amp; à l'odorat, de couleur verte plus claire, tirant sur le jaune. Elle croît à un petit arbrisseau de la grandeur du groiselier, qu'on cultive avec soin dans le Japon pour le distribuer. On l'appelle improprement fleur de thé. On met infuser pendant demi-heure au plus une pincée de cette petite feuille dans une livre d'eau chaude en un vaisseau couvert. Elle devient d'un verd jaune, d'une odeur de violette. On ajoûte un peu de sucre, &amp; on la boit la plus chaude qu'on peut. La prise est de quatre ou cinq onces. Elle purifie le sang, abat les vapeurs, éveille les esprits, empêche l'assoupissement. Mais le <i>chaa</i> n'est autre chose que le thé, &amp; c'est le nom Chinois. La différence des noms entre <i>chaa</i> &amp; thé a fait croire à quelques-uns que l'un étoit différent de l'autre ; mais en cela ils se sont trompés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7763" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHABAR" />
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    <head>CHABAR</head>
    <p>
    CHABAR , s. f. Nom d'une fausse Divinité, dont les livres des Arabes font souvent mention. <i>Chabar.</i> Euthymius Zygabenus dit que les Arabes furent idolatres jusqu'au temps d'Héraclius, c'est-à-dire, jusqu'à Mahomet, &amp; qu'ils adoroient entre autres Divinités Lucifer &amp; Vénus, qu'ils appellent, dit-il, dans leur langue <i>Chamar,</i> il a voulu dire <i>Chabar.</i> Le P. Kirker veut que ce soit la Lune ; qu'on l'ait prise pour Vénus, à cause qu'elles produisent à peu-près les mêmes effets. Les Mahométans renoncent à <i>Chabar.</i> Ils ont un acte ou formule de cette renonciation, que le P. Kirker a rapporté. Voyez son <i>Oedip. Aegyp. T. I. Synt. IV. C.</i> 16. §. 3.</p><p>Le P. Kirker écrit <i>Cabar,</i> il est mieux d'écrire <i>Chabar.</i> C'est un <i>kef</i> en Arabe, &amp; non pas un <i>kaf.</i> Ce nom signifie proprement Grand, Puissant, de l'Hébreu , <i>Chabar,</i> qui signifie <i>multiplicare,</i> d'où , <i>Chabir,</i> interprété <i>validus, fort.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7764" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHABLAGE" />
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    <head>CHABLAGE</head>
    <p>
    CHABLAGE , s. m. Peine &amp; travail du Chableur. <i>Labor, opera praefecti fluminum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7765" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHABLAIS" />
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    <head>CHABLAIS</head>
    <p>
    CHABLAIS , s. m. <i>Caballiacensis,</i> ou <i>Caballicus,</i> ou <i>Caballiacus.</i> Le <i>Chablais</i> est une Province de Savoye qui a titre de Duché, &amp; qui est située entre le lac &amp; le territoire de Genève au Nord, le Genevois au Couchant, le Faucigny au Sud, &amp; le Valais au Levant. Tonnon en est le principal bourg. Quelques-uns croient que c'est le pays des anciens Nantuates.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7766" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHABLE" />
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    <head>CHABLE</head>
    <p>
    CHABLE . Voyez <ref type="search" target="head:Cable">Cable</ref>. <i>Funis nauticus, rudens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7767" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHABLEAU" />
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    <head>CHABLEAU</head>
    <p>
    CHABLEAU , s. m. Corde longue de moyenne grosseur, qui sert à tirer &amp; remonter les bateaux sur la rivière. On l'appelle autrement <i>cincenelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHABLER</head>
    <p>
    CHABLER , v. act. Attacher un fardeau à un cable, le haler, l'enlever, comme on fait dans les atteliers. <i>Funem ponderi alligare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHABLER</head>
    <p>
    Chabler les noyers . C'est en quelques Provinces, Faire tomber les noix de dessus les noyers à coups de perches. <i>Nuces decutere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHABLEUR</head>
    <p>
    CHABLEUR , s. m. Officier de la ville commis sur les rivières, qui sert à faire partir les coches &amp; les bateaux, &amp; à les faire passer par les pertuis, sous les ponts &amp; autres passages difficiles. <i>Fluminum ac navicularum praefectus.</i> Les voituriers sont obligés de se servir de <i>Chableurs</i> pour passer les ponts &amp; pertuis, là où ils seront établis. Les <i>Chableurs</i> doivent travailler en personne, &amp; ne peuvent faire commerce sur la rivière, ni tenir cabaret ou hôtellerie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHABLIS</head>
    <p>
    CHABLIS , ou CHABLES, ou CAABLES, s. m. Terme de Forêts . Ce sont des arbres de haute fûtaie, abattus, renversés, brisés, ou arrachés par les vents. <i>Conf. de l'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts. Strages arborum ab tempestate.</i> Les Maîtres des Eaux &amp; Forêts sont obligés après les grands orages de se transporter dans les forêts, &amp; de faire un procès verbal du nombre des <i>chablis</i> ; &amp; en faire la vente ensuite. Les bois de délit sont vendus avec les <i>chablis.</i> Dans les titres Latins on les appelle <i>chablitia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHABLIS</head>
    <p>
    CHABLIS , s. m. Bourg de Champagne aux confins du Duché de Bourgogne, sur la rivière de Serains entre Tonnerre &amp; Auxerre. Le vin de <i>Chablis</i> est estimé. Paradin, dans ses <i>Annales de Bourgogne,</i> L. I. p. 101. dit que <i>Chablis</i> se dit pour <i>Chaplis,</i> &amp; qu'il a été corrompu par le vulgaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHABLOTS</head>
    <p>
    CHABLOTS , s. m. pl. Petits cordages avec quoi les Maçons attachent les pièces de bois qu'ils nomment <i>échasses. Funiculi.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7773" id="1" type="">
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    <head>CHABOT</head>
    <p>
    CHABOT , s. m. Petit poisson qu'on trouve dans les ruisseaux, &amp; dans les rivières coulantes, qui a la tête grande, large, &amp; plate, la bouche fort ouverte &amp; sans dents, &amp; dont le corps va toujours en diminuant depuis la tête jusqu'à la queue. <i>Gobius, gobio capitatus.</i> Rondelet. La maison de <i>Chabot</i> a des <i>chabots</i> dans ses Armes. Regnier, en parlant d'un troc de choses égales, a dit : Si ce n'est un <i>chabot</i> pour avoir un gardon.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>capito</i>, qui lui a été donné à cause de la grosseur de sa tête. On l'appelle aussi <i>cabo</i> &amp; <i>rhombus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHABOUC</head>
    <p>
    CHABOUC , s. m. Terme de Relation . Grand fouet dont les Indiens se servent pour punir les criminels. <i>Flagrum.</i> Il n'a pas tenu à eux que je ne fusse battu cruellement de plusieurs coups de <i>chabouc,</i> &amp; chassé d'une Eglise que j'avois auprès d'une grande ville nommée Tarkolan : Let. cur. et ed. T. X. Un de mes Catéchistes, qui parla alors avec une fermeté vraiment chrétienne, fut rudement maltraité des soldats, qui lui déchargerent sur le corps de grands coups de <i>chaboucs.</i> Ib. T. XI.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7775" id="1" type="">
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    <head>CHACABOUT</head>
    <p>
    CHACABOUT . Nom d'une secte établie dans le Royaume de Siam, dans une partie du Japon &amp; dans le Tonquin, par un solitaire nommé <i>Chacabout,</i> dont les sectateurs ont pris le nom. Tavernier, qui en parle dans son <i>Voyage des Indes,</i> dit que ce <i>Chacabout</i> donna dix préceptes à ses disciples ; que ces préceptes défendent le meurtre, le larcin, les souillures du corps, le mensonge, les outrages, la perfidie, les desirs déréglés, la médisance, la colère ; qu'il recommande l'étude des sciences nécessaires à chacun selon son état ; qu'il établit des Religieux qui renoncent aux délices de la vie, qui s'adonnent à la méditation &amp; au soulagement des malades ; qu'il enseigna la métempsychose ; qu'il promettoit aux fidèles observateurs de sa loi une joie éternelle, dans laquelle ils entreroient immédiament après leur mort ; qu'il menaçoit les transgresseurs d'un supplice éternel, &amp; ceux qui n'y auroient pas entièrement obéi, de passer en divers corps pendant 3000. ans avant que d'entrer dans la joie éternelle des justes. Tout cela a tant de rapport au Christianisme, qu'il est fort probable que ce <i>Chacabout</i> n'a été qu'un Missionnaire Chrétien, qui a prêché la foi dans les Indes, &amp; que cette doctrine est un Christianisme défiguré.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7776" id="1" type="">
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    <head>CHACELAS</head>
    <p>
    CHACELAS , s. m. Espèce de raisin blanc. <i>Albi racemi genus.</i> Le <i>chacelas,</i> le bar-sur-aube, &amp; le morillon, sont les meilleurs des raisins. Il est mieux d'écrire <i>chasselas.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CHASSELAS">CHASSELAS</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7777" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHACEOR, & CHACEOUR" />
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    <head>CHACEOR, & CHACEOUR</head>
    <p>
    CHACEOR, &amp; CHACEOUR , s. m. Cheval de Chasse. Vieux mot hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7778" id="1" type="">
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    <head>CHACONNE</head>
    <p>
    CHACONNE , s. f. Air de Musique, ou danse qui est venue des Mores, dont la base est de quatre notes, qui procèdent par degrés conjoints, sur laquelle on fait plusieurs accords &amp; plusieurs couplets qui ont un même refrain. <i>Cantici vel saltationis genus, cujus partes variae eâdem terminantur clausulâ.</i> On passe souvent dans les <i>chaconnes</i> du mode majeur au mode mineur. De Brossard. On tolère dans les <i>chaconnes</i> bien des choses à cause de la contrainte, qui ne seroient pas régulièrement permises dans une composition plus libre. Id.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>ciacona</i>, formé de <i>cecone,</i> qui signifie gros aveugle, à cause que le mouvement en fut inventé par un aveugle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7778" id="2" type="">
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    <head>CHACONNE</head>
    <p>
    Chaconne , signifie aussi depuis quelque temps, un ruban pendant du cou de la chemise sur la poitrine des jeunes gens, qui sont à demi déboutonnés. <i>Taeniola de collo pendens.</i> Cail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7779" id="1" type="">
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    <head>CHACUN, CHACUNE</head>
    <p>
    CHACUN, CHACUNE . Pronom distributif qui singularise &amp; détermine les choses &amp; les personnes. <i>Quisquis, quaeque. Chacun</i> juge comme il lui plaît. La justice est une volonté ferme &amp; constante de rendre à <i>chacun</i> ce qui lui appartient. Molière dit en parlant des prudes, Hautement d'un <i>chacun</i> elles blâment la vie. Par la loi de la nature, <i>chacun</i> est indépendant, &amp; maître absolu de soi-même. S. Evr. On ne se pousse, &amp; on ne s'aggrandit dans le monde que pour augmenter l'idée que <i>chacun</i> se forme de soi dans son propre esprit. Nicol. Ils se promenoient deux à deux, <i>chacun</i> avoit sa <i>chacune.</i> Un plaideur conte ses procès, un Poëte ses vers à un <i>chacun,</i> à tout <i>chacun.</i> Cette phrase est basse. Marot a pourtant dit :</p><p>On dit aussi, Mettre les choses <i>chacun</i> à sa <i>chacune</i> ; pour dire, les approprier, mettre ensemble celles qui sont de même nature. <i>Singulas singulis aptare, accommodare.</i> Ménage dérive ce mot de <i>quisque unus,</i> &amp; écrit <i>chasqu'un.</i></p><p>On dit proverbialement, A <i>chacun</i> le sien n'est pas trop ; pour dire, qu'il est juste qu'on rende à <i>chacun</i> ce qui lui appartient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7780" id="1" type="">
   <index type="head" value="UN CHACUN" />
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    <head>UN CHACUN</head>
    <p>
    UN CHACUN . Pronom. <i>Unusquisque.</i> Ce pronom n'est guères en usage aujourd'hui, au lieu de dire, Il l'a dit à <i>un chacun,</i> on dit, il l'a dit à tout le monde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7781" id="1" type="">
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    <head>CHACUNIÈRE</head>
    <p>
    &#9758; CHACUNIÈRE , s. f. Vieux mot, qui signifie, Maison, logis, lieu particulier de chacun. Mon père faisoit insérer dans le registre des négoces de son mesnage, toutes les survenances de quelque remarque, &amp; jour par jour les mémoires de l'histoire de sa maison, très-plaisante à voir, quand le temps commence à en effacer la souvenance, &amp; très-à-propos pour nous oster souvent de peine... Usage ancien que je trouve bon à rafraischir chacun en sa <i>chacunière,</i> &amp; me trouve un sot d'y avoir failly. Montaigne. En sa <i>chacunière,</i> c'est-à-dire, chez soi. Ainsi chacun s'en va à sa <i>chacunière,</i> dit Rabelais. Après cette distribution, par laquelle chacun fut mis dans sa <i>chacunière,</i> les images de mon songe n'étant plus si distinctes, ne me laisserent appercevoir que des peintures générales... Cyrano de Bergerac.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHADOUÏN</head>
    <p>
    CHADOUÏN , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Haduïnus, Chadoënus, Chaduindus, Harduïnus, Hadwimus, Clodoënus. S. Chadouïn,</i> que plusieurs appellent S. Hardouïn, &amp; d'autres S. Audouïn, vint selon quelques Auteurs d'Irlande en France au VIIe siècle, &amp; fut élû Evêque du Mans en 623.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAFOUÏN" />
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    <head>CHAFOUÏN</head>
    <p>
    CHAFOUÏN , adj. injurieux. Qui est maigre, ou de mauvaise mine. <i>Quispecie, formâ est macilentâ aut parum liberali, macer, macilentus.</i> Il ne se dit guère que du visage &amp; de la taille. On dit pourtant mine <i>chafouïne,</i> air <i>chafouïn.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7783" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAFOUÏN" />
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    <head>CHAFOUÏN</head>
    <p>
    Chafouïn , Se prend aussi quelquefois substantivement. C'est un petit <i>chafouïn.</i> C'est une petite <i>chafouïne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAFFRE</head>
    <p>
    CHAFFRE , s. m. Nom propre d'homme. <i>Theofredus, Thietfridus.</i> S. <i>Chaffre,</i> fils de Leuffroy Gouverneur d'Orange, &amp; neveu d'Eude 1r Abbé de Cormery en Velay, se fit Moine dans ce Monastère, dont il fut Abbé après Eude son oncle, &amp; dans lequel il mourut en 728. des blessures qu'il reçut des Sarazins, qui y firent une course.</p><p>Le Monstier S. <i>Chaffre,</i> c'est ce Monastère de Cormery en Velay, qui fut fondé depuis par Louïs le Débonnaire, &amp; qui prit le nom de S. <i>Chaffre</i> son second Abbé.</p><p>Ce nom s'est formé du Latin <i>Theofredus</i> par corruption. Quelques-uns disent <i>Thymine,</i> &amp; <i>Thermal.</i> Baillet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAGRIN</head>
    <p>
    CHAGRIN , s. m. &amp; adj. Inquiétude, ennui, melancolie. <i>Moeror, aegritudo, sollicitudo, molestia.</i> Pourquoi témoigner un <i>chagrin</i> bizarre contre les fautes d'autrui qui ne nous regardent point ? Dans la vieillesse nous imputons aux objets les défauts qui viennent purement de notre <i>chagrin.</i> S. Evr. N'affectez point un air austère pour paroître sage : cela ressemble trop au <i>chagrin.</i> Bell. Il y a des esprits <i>chagrins</i> contre toutes les vertus. S. Evr. Un esprit <i>chagrin</i> &amp; mélancolique, se forme d'ordinaire des idées tristes &amp; affreuses de ses devoirs, &amp; se prescrit un genre de vie austère &amp; farouche. Flech. Il est souvent arrivé que l'envie &amp; l'orgueil ont été les principaux ressorts qui ont fait remuer les Auteurs, &amp; ensuite ils ont voulu faire passer leur <i>chagrin</i> pour un zèle nécessaire à la défense de la vérité. Bail. Un esprit né <i>chagrin</i> plaît par son <i>chagrin</i> même. Boil. Les faux dévots se figurent que le zèle de la Religion les autorise à agir avec une ardeur <i>chagrine</i> contre tout ce qui n'est pas conforme à leurs idées. De Vill. On soupçonne d'ordinaire que les airs <i>chagrins</i> d'un censeur, proviennent d'une secrète envie qui ne peut souffrir le mérite des autres. Bell.</p><p>Quelques-uns dérivent ce mot de <i>aigrir,</i> parce qu'il cause quelque aigreur ou amertume dans l'esprit ; &amp; en quelques lieux on dit encore, <i>aigrin,</i> pour dire, <i>chagrin.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAGRIN</head>
    <p>
    Chagrin , ou Chagriner, est aussi un certain cuir fait de peau de cheval, d'âne ou de mulet, dont le meilleur se prépare en la ville de Tauris. <i>Pellis equina, asinaria, moulina grandis sinapi praeparata.</i> Il se fait seulement du derrière de la bête, &amp; celui de l'âne est le plus beau grain. C'est avec des grains de moutarde qu'on presse dessus, qu'on y fait paroître ce beau grain qui le fait estimer. On dit qu'il y a aussi un poisson nommé <i>chagrin,</i> qui a le cuir fort dur, dont on a fait le premier &amp; le vrai <i>chagrin,</i> parce qu'en effet cet animal a la peau toute couverte de petits grains si rudes &amp; si durs, qu'on en peut limer &amp; polir le bois. Borel dit que c'est un chat marin : de sorte qu'il semble que ce soit <i>grain de chat. Pellis squamea.</i> D'autres disent que <i>chagrin</i> est le nom que les Turcs donnent au poisson, dont la peau préparée est ce que nous appellons en France <i>chagrin.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAGRIN</head>
    <p>
    Chagrin , est aussi une sorte d'étoffe légère de soie, dont on se fait des habits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7786" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAGRINANT, ANTE" />
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    <head>CHAGRINANT, ANTE</head>
    <p>
    CHAGRINANT, ANTE , adj. Qui donne du chagrin. <i>Qui, quae, quod moerorem, molestiam, aegritudinem parit.</i> Ce coup de malheur est fort <i>chagrinant.</i> Un sot qui parle toujours, est un homme fort <i>chagrinant.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAGRINEMENT</head>
    <p>
    &#9758; CHAGRINEMENT , adv. avec chagrin. Mr le Fevre, en parlant de la cadence des vers, &amp; du tour vif &amp; brillant de la poësie, répond <i>chagrinement</i> que cette structure artificielle de paroles ne mérite pas tant d'applaudissemens, &amp; qu'après tout elle coûte trop de méditation à l'esprit, &amp; ne vaut pas la peine de l'acheter si cher. <i>Hist. des Ouv. des Sav. Oct. 1697.</i> Je passe la vie à Paris <i>chagrinement</i> quelquefois, &amp; quelquefois en espérances &amp; en amusemens ; car pour de plaisirs je n'en ai plus : J'ai le coeur empoisonné d'une impression mélancolique que ma mauvaise fortune y a faite, &amp; mes plus doux momens ne vont qu'à n'être pas fort triste. Madame de Sevigné.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAGRINER</head>
    <p>
    CHAGRINER , v. act. Donner du chagrin, de la fâcherie, de l'inquiétude. <i>Molestiam, aegritudinem parere, afferre ; molestiâ afficere.</i> Les afflictions secrètes <i>chagrinent</i> plus que les autres. Cet homme a l'esprit bourru, il se <i>chagrine</i> de tout. Les déserts &amp; la solitude <i>chagrinent</i> ceux qui sont vains, parce qu'ils ne leur parlent point d'eux-mêmes. Nicole.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAHUANT</head>
    <p>
    CHAHUANT . Voyez CHAT-HUANT.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIAR</head>
    <p>
    CHAIAR , s. m. Espèce de melon d'Egypte qui ne sent que l'eau, &amp; dont le goût est désagréable. Ses feuilles &amp; ses tiges sont peu différentes des nôtres, mais la semence est bien plus rafraîchissante : le fruit est plus ovale &amp; plus épais au milieu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIE</head>
    <p>
    CHAIE , s. f. Belandre bordée à quin, dont on se sert dans les canaux de Flandres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    CHAÎNE , s. f. Suite de plusieurs anneaux engagés les uns dans les autres. Il y a de grosses <i>chaînes,</i> il y en a de petites, de courtes, de longues : il y en a d'or, d'argent, de cuivre, de laiton : elles sont ordinairement de fer. <i>Catena.</i> Les ports, les rivières, les rues, se ferment avec des <i>chaînes</i> de fer. On tend les <i>chaînes</i> dans les séditions. On punit les villes rebelles, en leur ôtant leurs <i>chaînes,</i> leurs barrières. Les Armes de Navarre sont des <i>Chaînes</i> d'or en champ de gueules. On dit que l'origine de ces armes vient de ce que les Rois d'Espagne ligués contre les Maures, ayant remporté en 1212. une célèbre victoire sur ces Infidèles, dans la distribution du butin, le magnifique pavillon de Miralmumin échut au Roi de Navarre, qui en avoit rompu les <i>chaînes.</i> Le principal ornement des hommes authorisés, &amp; puissans parmi les Gaulois, étoient des <i>chaînes</i> d'or qu'ils portoient en toutes occasions, &amp; même dans les combats, pour être plus facilement discernés d'avec la simple soldatesque. Chorier, <i>Hist. de Dauph. Liv. III. p.</i> 130.</p><p>Ce mot vient de <i>catena</i>. Nicot. Tripault le dérive du Grec , qui signifie <i>juncus,</i> parce qu'on faisoit, dit-il, les <i>chaînes</i> de joncs avant l'usage du fer : ce qui n'a aucune apparence, à cause que le fer est très-ancien. <i>Catena,</i> une <i>chaîne,</i> vient du Celtique <i>chaden.</i> Pezron.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , signifie aussi, les liens de fer avec lesquels on attache les criminels, les captifs, les galériens. <i>Catena, compedes, vincula.</i> On a pris ce scélérat, &amp; on l'a chargé de <i>chaînes.</i> Les Romains ont fait porter leurs <i>chaînes</i> à plusieurs Princes. Ce criminel devoit être pendu, on s'est contenté de le mettre à la <i>chaîne,</i> c'est-à-dire, aux Galères.</p><p>On appelle aussi absolument <i>chaîne,</i> une troupe de Galériens attachés ensemble. <i>Damnati ad triremes.</i> La <i>chaîne</i> va partir pour Marseille.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , se dit aussi des ornemens faits en forme de petites <i>chaînes,</i> soit d'or ou d'argent, ou de pierreries. <i>Catena aurea pretiosis lapillis distincta.</i> Cette Princesse a une belle <i>chaîne</i> de diamans. La <i>chaîne</i> &amp; le crochet d'une montre.</p><p>On appelle <i>Huissier à la chaîne,</i> un Huissier du Conseil privé du Roi qui en porte les ordres ; parce qu'autrefois ils portoient une <i>chaîne</i> d'or au cou pour marque de leur caractère : maintenant ils la portent autour de leur poignet, &amp; ils sont tenus de l'avoir en exploitant. <i>Apparitor torquatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , se dit aussi du présent, de la paraguante, que stipulent les femmes, quand elles vendent quelque Office de leur mari, ou quelque terre au-delà du prix convenu ; ou quand on oblige la femme de consentir à la vente faite par le mari. C'est ce qu'on appelle en d'autres rencontres <i>pot de vin. Pretii accessio, ad pretium accessio, summae corollarium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="5" type="">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , se dit figurément en morale, des engagemens, des liaisons, ou des attachemens de l'esprit ; de la servitude, &amp; de l'esclavage, où l'on est réduit, soit par les passions, soit par une puissance supérieure. <i>Vincula, nexus, compedes.</i> Les amans se plaignent qu'ils languissent dans les <i>chaînes</i> : ils disent qu'ils veulent briser leurs <i>chaînes.</i> Un bienfait est une <i>chaîne</i> délicate, qui lie notre coeur. Abad. Les Anglois n'ont jamais porté de <i>chaînes</i> plus pesantes que celles dont Cromwel les chargea. Abad. On dit qu'un pécheur est dans les <i>chaînes</i> de la mort &amp; du péché, en parlant des engagemens qu'il a dans le vice. L'opinion où étoient les Stoïciens que toutes choses sont gouvernées par une fatalité immuable, faisoit qu'ils se soumettoient comme des esclaves attachés à leur <i>chaîne.</i> Les Ecclésiastiques, aussi-bien que le reste des hommes, tiennent au monde par mille <i>chaînes.</i> Les <i>chaînes</i> du mariage, quelque honorables qu'elles soient, portent avec elles un attachement nécessaire, dont les noeuds semblent ravir la gloire d'aimer. Le peuple se forge d'ordinaire à soi-même ses propres <i>chaînes</i> ; une partie prête les mains à subjuguer l'autre. Ben. Les applaudissemens qu'il reçoit sont autant d'engagemens qui le lient d'une <i>chaîne</i> honorable. Rac. Les hommes sont tous liés entr'eux par une <i>chaîne,</i> qui est le besoin qu'ils ont les uns des autres. Nic. Il faut faire de grands efforts pour rompre cette <i>chaîne</i> de fer qui nous lie au monde &amp; à nos desirs. Port-R. L'homme n'est pas plutôt affranchi d'un vice qui le tyrannisoit, que l'autre le reprend, &amp; le remet à la <i>chaîne.</i> Flech. Il y a plus de constance à user sa <i>chaîne,</i> qu'à la rompre. Mont.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="6" type="">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , se dit aussi des choses qui ont de la suite, &amp; qui en attirent beaucoup d'autres après elles. <i>Series.</i> Ce procès est une grande <i>chaîne</i> d'affaires, qui en attirera plusieurs autres. Cette famille a été affligée par une longue suite, &amp; une <i>chaîne</i> continuelle de malheurs. Dans le même sens on appelle <i>chaîne,</i> une suite &amp; une enchaînure de notes, ou de commentaires abrégés &amp; liés ensemble, sur les Livres de l'Ecriture, principalement des Pères Grecs, comme Origène, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="7" type="laboureur & de charron">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne de charrue, terme de Laboureur &amp; de Charron . C'est ce qui tient le timon de la charrue, avec le paumillon, par le moyen d'un gros anneau de fer, dans lequel on passe ce timon, &amp; qu'on arrête avec un instrument de fer qu'on appelle une chappe, Liger ; ou en quelques endroits une cheville, parce qu'en effet c'est une cheville de fer. J'ai rompu ma <i>chaîne</i> en cassant ma terre. On avance ou on recule la <i>chaîne,</i> on l'arrête avec la cheville, ou la huppe, à un trou plus haut ou plus bas, selon que l'on veut que le soc enfonce plus ou moins dans la terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="8" type="">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne de charrette, est une <i>chaîne</i> longue de dix-huit à vingt pieds, dont les anneaux sont beaucoup plus petits, &amp; plus forts que ceux de la précédente. Les Charretiers s'en servent, au moins dans plusieurs vignobles, pour attacher &amp; tenir ferme les tonneaux de vin, ou les tines de vendanges qu'ils charrient, en la bridant ou la serrant avec un levier. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="9" type="">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , en termes d'Architecture , est une jambe, ou une grande rangée de pierres de taille mises l'une sur l'autre, pour fortifier un mur de moilon, de brique ou de plâtre, pour soutenir des poutres, &amp;c. <i>Secti lapidis pila tignaria,</i> ou <i>moles erecta, orthostata.</i> On a fait marché avec ce Maçon, qu'il mettroit des <i>chaînes</i> sous poutre. Ce mur de clôture a des <i>chaînes</i> de pierre de trois toises en trois toises. On appelle <i>chaîne d'encognure,</i> celle qui est au coin d'un pavillon. On appelle encore <i>chaîne de liaison,</i> certains bossages, ou refends, posés en manière de carreaux d'espace en espace, dans les murs, aux encognures d'un bâtiment pour le cantonner : ils sont en façon de carreaux &amp; de boutisses. Les <i>chaînes</i> ne sont quelquefois que de moilon, de caillou maçonné à chaux &amp; à sable, lorsque les murs sont de matière moins forte &amp; moins solide.</p><p>On appelle aussi <i>chaîne de bronze,</i> ou de <i>fer,</i> une espèce de barrière faite de plusieurs <i>chaînes</i> attachées à des bornes, espacées également, qui sert au-devant des places des Palais pour en empêcher l'entrée. <i>Catena aerea, ferrea.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="10" type="">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne de fer , est un assemblage de plusieurs barres de fer, liées bout-à-bout par clavettes &amp; crochets, qui étant mises dans l'épaisseur des murs des bâtimens neufs, servent à les entretenir. On en met aussi autour des vieux pour les retenir, quand ils menacent ruine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="11" type="">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne de vergues . On appelle ainsi sur mer certaines <i>chaînes</i> de fer qu'on tient dans la hune du vaisseau, &amp; <pb n="948" facs="bpt6k8542165/f988/full/1200,/0/native.jpg"/>dont on se sert dans le combat à tenir les vergues, lorsqu'il arrive que le canon coupe les manoeuvres qui les tiennent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="12" type="geographie">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne de port , est une <i>chaîne</i> qu'on tend devant les ports pour en fermer l'entrée. Quand la bouche en est grande, la <i>chaîne</i> porte sur des piles d'espace.</p><p>Il y a aussi des <i>chaînes</i> dans les villes, pour fermer les rues, &amp; en empêcher le passage, pour se barricader dans des émeutes populaires. C'est en 1356. sous le Roi Jean, dans la révolte des Parisiens contre le Dauphin, que les Bourgeois pour se mettre en sûreté, commencerent à mettre &amp; à tendre des <i>chaînes</i> dans les rues de Paris. P. Daniel, T. I. p. 568.</p><p>En termes de Géographie on appelle <i>chaîne de montagnes,</i> une grande suite de montagnes attachées l'une à l'autre. <i>Continui montes.</i> L'Appennin est une <i>chaîne de montagnes</i> qui divise toute l'Italie. La <i>chaîne</i> des Alpes tient depuis la Mer Méditerranée jusqu'au Pont Euxin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="13" type="arpentage">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , en termes d'Arpentage , se dit aussi d'une certaine mesure composée de plusieurs morceaux de fil de laiton, ou de fer, qui sert à arpenter, &amp; qui a de gros anneaux au bout, où l'Arpenteur fiche ses flèches. Un Arpenteur a toujours un compagnon qui porte sa <i>chaîne.</i> Chez les Auteurs, la <i>chaîne</i> est la même chose que la <i>perche,</i> la <i>verge</i> &amp; la <i>corde,</i> que les Latins ont appellé <i>funis, corda, catena,</i> &amp; <i>decempeda</i> ; mais elle est fort différente selon les lieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="14" type="">
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne , se dit aussi des fils étendus en long sur le métier d'un Tisserant, ou d'un Tissutier, à travers desquels on passe la trame portée par la navette pour faire de la toile, du ruban, &amp; toute sorte d'étoffe. <i>Catella.</i> La <i>chaîne</i> fait la longueur de l'étoffe, &amp; la trame sa largeur. La <i>chaîne</i> est de soie, &amp; la trame de laine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7792" id="15" type="charretier">
   <index type="head" value="CHAÎNE" />
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    <head>CHAÎNE</head>
    <p>
    Chaîne d'avaloire . Terme de Charretier . C'est ainsi qu'on appelle la <i>chaîne</i> qui est accrochée au limon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7793" id="1" type="couvreur & de plombier">
   <index type="head" value="CHAÎNEAU" />
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    <head>CHAÎNEAU</head>
    <p>
    CHAÎNEAU , ou CHÊNEAU, s. m. En termes de Couvreur &amp; de Plombier , est une gouttière ou conduit de plomb, qui porte les eaux qui descendent des toits dans les cuvettes ; &amp; qui est soutenu par des pièces de fer qu'on appelle <i>crochets à chaîneaux. Canalis plumbeus.</i> On le dit encore des rigoles taillées dans la pierre &amp; sur la corniche des grands bâtimens ; qui servent à même usage. Voyez <ref type="search" target="head:CHÊNEAU">CHÊNEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7793" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAÎNEAU" />
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    <head>CHAÎNEAU</head>
    <p>
    L'Inconnue chaîneau , est une espèce de poire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7794" id="1" type="eperonier">
   <index type="head" value="CHAÎNETTE" />
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    <head>CHAÎNETTE</head>
    <p>
    CHAÎNETTE , s. f. Petite chaîne. <i>Catella.</i> On fait des montres avec une <i>chaînette,</i> au lieu de corde. La <i>chaînette</i> d'un mors est une petite chaîne qui est entre les deux branches. C'est un terme d'Eperonier .</p><p>On appelle aussi <i>chaînette,</i> la partie d'un harnois de chevaux de carrosse qui sert à les faire reculer, &amp; qui consiste en des bandes de cuir cousues les unes sur les autres, qui sont passées dans un rond de cuir au bout du timon. C'est un terme de Bourrelier .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7794" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAÎNETTE" />
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    <head>CHAÎNETTE</head>
    <p>
    Chaînette , est aussi un terme de Franger , qui signifie Un petit tissu de soie, qui court sur toute la tête de la frange. <i>Catella bombycina.</i></p><p>CHAÎNETIER, s. m. Ouvrier qui fait &amp; qui vend des agraffes, &amp; de toutes sortes de petites chaînes, pour pendre des clefs, pour attacher des chiens, &amp;c. <i>Catellarum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7795" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAÎNON" />
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    <head>CHAÎNON</head>
    <p>
    CHAÎNON , s. m. L'un des anneaux ou des boucles qui composent une chaîne. <i>Catenae annulus.</i> Il faut racommoder un <i>chaînon</i> rompu à cette chaîne.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7796" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAINS" />
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    <head>CHAINS</head>
    <p>
    CHAINS , adv. Ce mot veut dire <i>ceans.</i> Il est hors d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7797" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="CHAIR" />
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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    CHAIR , s. f. Partie de l'animal molle &amp; rouge, &amp; qui fait la liaison &amp; la composition de la plupart des parties du corps. <i>Caro.</i> Belle <i>chair, chair</i> dure, tendre, molle, grasse, maigre, savoureuse, succulente, insipide, coriasse, blanche, bonne, méchante. Les Médecins anciens distinguoient quatre sortes de <i>chairs</i> : la <i>chair</i> proprement dite, qui est une partie sanguine &amp; chaude, telle que celle des muscles &amp; des gencives : la <i>chair</i> des entrailles, que quelques-uns appellent <i>parenchyme, amas,</i> ou <i>affusion de sang</i> : la <i>chair</i> propre à chaque partie, qui en fait la liaison &amp; la composition : &amp; la <i>chair glanduleuse,</i> comme le pancréas. Les modernes ne donnent le nom de <i>chair</i> qu'aux muscles, qu'ils appellent simplement des <i>chairs</i> après Hippocrate. Ils les donnent aussi quelquefois aux glandes, qu'ils nomment <i>chairs glanduleuses,</i> pour le distinguer des <i>chairs</i> proprement dites, qui sont les muscles. Pour les parenchymes, &amp; les <i>chairs</i> propres à chaque partie, ils ont découvert que c'étoit tout autre chose que ce que les Anciens pensoient. Les poumons ne sont qu'un amas de vésicules membraneuses, dans lesquelles l'air est reçu. Le coeur est un véritable muscle composé des mêmes parties que les autres. Le foie est un assemblage de glandes, où la bile se sépare, &amp; de petits conduits où elle est reçue. La rate est un amas de vésicules remplis de sang, &amp; les reins sont comme le foie, un assemblage de glandes qui séparent l'urine, &amp; de petits tuyaux par où elle est portée dans l'entonnoir, &amp; de là dans la vessie par le moyen des uretères. La langue est un muscle composé de fibres charnues. L'hydropisie qu'on appelle <i>anasarcha</i> se fait des eaux qui sont enfermées entre cuir &amp; <i>chair.</i> Nicot croit que ce mot vient de l'Hébreu <i>scheer</i>, qui signifie la même chose.</p><p>On dit qu'une personne est en <i>chair,</i> qu'elle est bien en <i>chair,</i> quand elle est grasse &amp; en bon point. <i>Caro sana, opima, pinguis.</i> On le dit aussi des chevaux.</p><p>En termes de Fauconnerie on dit, Remettre en chair un oiseau maigre.</p><p>On appelle <i>chair morte,</i> la <i>chair</i> cangrenée, mortifiée, pourrie, ou qui sort des escarres des plaies, laquelle n'a point de sentiment. <i>Caro putrida, vitiata, corrupta. Chair vive,</i> la <i>chair</i> saine &amp; qui a sentiment.</p><p>On dit, qu'un homme a bonne <i>chair,</i> quand étant blessé en quelque endroit, la chair se reprend facilement : mauvaise <i>chair,</i> quand il survient toujours quelque humeur maligne qui empêche qu'elle ne se referme.</p><p>On dit, qu'un homme est encore en <i>chair</i> &amp; en os, pour dire, qu'il est encore plein de vie. Jesus-Christ apparut à ses Disciples en <i>chair</i> &amp; en os, c'est-à-dire, réellement &amp; corporellement, &amp; non point en spectre ni en esprit. On dit aussi des corps des Saints, qui par miracle ont été conservés entiers, qu'on les voit encore tout entiers en <i>chair</i> &amp; en os.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7797" id="2" type="manege">
   <index type="head" value="CHAIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Bouillon de chair , en termes de Manége , est une superfluité ou excroiscence de <i>chair,</i> qui vient à la fourchette des chevaux, ou à côté, qui les fait boiter. <i>Carnis tumor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7797" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , se dit aussi de la liaison charnelle qui est entre deux personnes. <i>Caro, sanguis.</i> Dieu a dit que le mari &amp; la femme seront deux en une même <i>chair.</i> Un père dit de son fils, que c'est son sang, que c'est sa <i>chair.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7797" id="4" type="">
   <index type="head" value="CHAIR" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , signifie aussi la peau &amp; le teint. <i>Cutis.</i> Cette femme a la <i>chair</i> douce, unie, blanche comme un satin. Cette autre a la <i>chair</i> d'oison ; pour dire, rude, épaisse &amp; grenue.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7797" id="5" type="theologie">
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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , se dit aussi en termes de Théologie , en parlant des mystères de l'Incarnation &amp; de l'Eucharistie. Le Verbe s'est fait <i>chair. Verbum caro factum est.</i> Jesus-Christ a pris <i>chair</i> humaine dans les sacrés flancs de la Vierge. Saint Augustin disoit, qu'il auroit bien souhaité d'avoir vû le Sauveur en <i>chair.</i> On mange réellement la <i>chair</i> de Jesus-Christ dans la sainte Communion. C'est un article de foi de croire la résurrection de la <i>chair.</i> Tertullien a fait un beau Traité de la <i>chair</i> de Jesus-Christ.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , se dit aussi de la viande des animaux qui nous sert d'aliment. Il est aujourd'hui jour de <i>chair</i> ; pour dire, jour gras. <i>Chair fraîche,</i> c'est celle qui est nouvellement tuée. <i>Caro recens. Chair salée, chair</i> qu'on sale pour la conserver long-temps, telle que celle dont on charge les vaisseaux dans les voyages de long cours. <i>Caro salsa. Chair de boucherie,</i> est la grosse viande, boeuf, mouton &amp; veau. <i>Caro bubula, vervecina, vitulina.</i> Les Anthropophages se repaissent de <i>chair humaine.</i></p><p>Le Roi Jean, par son Edit du 30 Janvier 1350. ordonna aux Bouchers de ne vendre que des <i>chairs</i> bonnes &amp; loyales, leur défendit de les garder après être tuées plus de deux jours en hyver, &amp; un jour &amp; demi en été, &amp; d'en vendre aucune sursemée. Une Ordonnance du Prévôt de Paris du 24e Septembre 1517. défend que la même personne soit Boucher &amp; Tavernier, &amp; aux Taverniers de tuer des bestiaux chez eux, pour en vendre les <i>chairs</i> ; parce que ne les débitant que cuites, il y a beaucoup de défauts que l'on ne pourroit reconnoître. Un Arrêt du Parlement de Toulouse du 26 Mars 1525. défend aux Bouchers de vendre <pb n="949" facs="bpt6k8542165/f989/full/1200,/0/native.jpg"/>des <i>chairs</i> morveuses &amp; infectées. Le Parlement de Paris par un Arrêt du 29 Mars 1551, porte que les Bouchers seront tenus de fournir les Boucheries chacun jour de <i>chairs</i> saines, nettes, &amp; non corrompues, dûement visitées, selon les Arrêts. Par Sentence du Châtelet du 20 Juillet 1559. après avoir oui les Jurés Bouchers, qui dirent qu'il n'étoit pas bon de vendre de la <i>chair</i> le même jour qu'elle est tuée, mais le lendemain ; il est fait défense aux Bouchers d'exposer en vente les <i>chairs</i> chaudes, à peine de confiscation &amp; d'amende. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de la Mare, <i>Traité de la Police,</i> Liv. IV. Titre V. Ch. I. où il y a encore d'autres Sentences &amp; Arrêts.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair blanche , est celle qui étant cuite est blanche, comme celle des chapons. <i>Caro candida. Chair noire,</i> est celle qui est toujours brune, comme celle de la plupart du sauvagin, lièvres, canards, &amp;c. <i>Caro subnigra.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , se dit aussi des poissons. <i>Caro piscium.</i> Le brochet a la <i>chair</i> plus ferme que le barbeau. Les truites saumonées ont la <i>chair</i> rouge.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , se dit aussi de la substance des fruits. Ce melon a la <i>chair</i> rouge, a une belle <i>chair. Caro peponum.</i> La <i>chair</i> d'une prune, d'une cerise. On dit, Une <i>chair</i> beurrée &amp; fondante, quand la chair se fond aussitôt dans la bouche. <i>Chair</i> cassante, se dit des poires qui sont fermes sans être dures : <i>chair</i> pâteuse, &amp;c. Une <i>chair</i> fine ; une <i>chair</i> mâtine &amp; grossière ; une <i>chair</i> farineuse, une <i>chair</i> tendre. Liger. Une <i>chair</i> coriasse &amp; dure, se dit de certaines poires qui n'ont aucune finesse, ni délicatesse, &amp; qu'on a de la peine à avaler ; telles sont les catillac, les double fleur, les fontarabie, les parmein, &amp;c. La Quint. Une <i>chair</i> gromeleuse &amp; farineuse se dit de certaines poires qui sont mauvaises &amp; désagréables au goût. Id. Une <i>chair</i> aigre. Id. Théophraste donne aussi aux plantes leur propre <i>chair</i> alentour de leurs filamens.</p><p>Mortifier la <i>chair,</i> c'est à l'égard des opérations de Chirurgie, l'Endormir pour empêcher qu'on ne sente point de douleur quand on coupe quelque membre. <i>Carnem sopire.</i> A l'égard des alimens, c'est Garder la <i>chair</i> quelque temps avant que de la manger, pour la faire trouver plus tendre. <i>Carnem teneram facere, reddere.</i> Et à l'égard de la Morale, c'est Affliger son corps par plusieurs austérités, comme jeûnes, haires, disciplines, &amp;c. <i>In corpus, in carnem saevire, inflictis ultrò doloribus carnem, corpus affligere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , en Morale, signifie la concupiscence charnelle, la sensualité. <i>Libido, libidines effrenatae.</i> C'est un commandement de la Loi ; Oeuvre de <i>chair</i> ne desireras qu'en mariage seulement. S. François se plongeoit dans la neige pour domter les rébellions de la <i>chair.</i> Bayl. La virginité est un martyre perpétuel qui combat contre les aiguillons de la <i>chair.</i> Le Catéchisme nous apprend qu'il y a trois ennemis de l'homme, le diable, le monde &amp; la <i>chair.</i> La <i>chair</i> est un cheval fougueux, qu'il faut domter par la tempérance &amp; par le travail. S. Evr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , se dit figurément de l'humanité &amp; des foiblesses qui l'accompagnent ; par opposition à ce qui est spirituel, &amp; détaché des sens ; c'est-à-dire, l'homme en tant que sujet aux passions &amp; aux foiblesses de la nature. <i>Caro.</i> La terreur d'un traitement inhumain ébranle la <i>chair.</i> Patru. Nous portons par tout avec nous un coeur de <i>chair.</i> Id. La constance des Evêques les élevoit au-dessus des infirmités de la <i>chair,</i> &amp; les faisoit triompher de sa foiblesse. Herman. Jesus-Christ dit à S. Pierre, L'esprit est promt, &amp; la <i>chair</i> est infirme. Les gens du monde ne raisonnent que suivant la prudence de la <i>chair.</i> L'esprit nous élève : mais le poids de la <i>chair</i> nous abaisse. Nicol. Il n'y eut point dans son esprit de foiblesse à ménager ; la <i>chair</i> &amp; le sang n'amollirent point son courage. Flech. Il se mêle d'ordinaire quelque chaleur aveugle de la <i>chair</i> &amp; du sang, à l'ardeur du zèle. Id. Pour les esprits de <i>chair</i> &amp; de sang il faut des preuves grossières, parce que rien ne les frappe que ce qui fait impression sur leurs sens. Maleb. Une Religion qui a foulé aux pieds la <i>chair</i> &amp; le sang qui lui résistoient, ne peut s'être établie que par une suite de miracles.</p><p>On appelle <i>Couleur de chair,</i> un blanc mêlé d'un peu de rouge. <i>Color expressam ad vivum carnem referens.</i> Et on dit en Peinture, Voilà de la <i>chair,</i> quand les parties nues de l'homme sont fort bien peintes. Ce bras est bien de <i>chair.</i> Ce dos est bien de <i>chair.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair , se dit proverbialement en ces phrases, Rire entre cuir &amp; <i>chair</i> ; pour dire, Se mocquer intérieurement d'une personne, &amp; sans qu'il en paroisse rien au-dehors. On dit aussi, que la <i>chair</i> nourrit la <i>chair</i> ; pour dire, que les meilleurs alimens sont les viandes. On dit aussi, Jeune <i>chair</i> &amp; vieux poisson ; pour dire, qu'il faut manger les animaux quand ils sont jeunes, &amp; les poissons quand ils sont vieux. On dit que la <i>chair</i> la plus près des os est la plus tendre. On dit au contraire, qu'il n'y a point de belle <i>chair</i> près des os ; pour dire, qu'une personne maigre n'est jamais belle. On dit aussi d'un homme caché, dont on ne connoît ni les moeurs, ni le génie, ni la profession, qu'on ne fait s'il est <i>chair,</i> ou poisson. On dit aussi à ceux qui veulent maltraiter quelqu'un, ou le faire trop travailler, Prenez garde, il est de <i>chair</i> &amp; d'os comme vous. On dit aussi d'un éléphant, ou d'un homme stupide &amp; grossier, que ce n'est qu'une grosse masse de <i>chair.</i> On appelle, Chère de Commissaire, <i>chair</i> &amp; poisson, un repas où il y a des services gras &amp; maigres. On appelle, Vendeurs de <i>chair</i> humaine, certaines gens qui engagent par mauvais artifices de jeunes garçons à s'enrôler, &amp; qui en retirent du profit des Capitaines avec qui ils les engagent. On le dit aussi de ceux qui font commerce de prostituer des femmes. On dit d'un homme assassiné &amp; blessé de plusieurs plaies qu'on l'a haché menu comme <i>chair</i> à pâté.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>caro</i>, du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAIR</head>
    <p>
    Chair-à-Dame , s. f. La <i>Chair-à-Dame</i> est une espèce de poire que La Quintinie dit être des mauvaises, &amp; se manger au mois d'Août.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7798" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAIRCUTIER" />
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    <head>CHAIRCUTIER</head>
    <p>
    CHAIRCUTIER . Voyez <ref type="search" target="head:CHARCUTIER">CHARCUTIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7799" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAIRE" />
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    <head>CHAIRE</head>
    <p>
    CHAIRE , s. f. Siége. Ce mot est d'usage au propre, en parlant du Siége qu'un Evêque a dans son Eglise Cathédrale au haut du Choeur. <i>Sedes Pontificia.</i> L'Evêque étant dans sa <i>Chaire</i> donna la bénédiction au peuple.</p><p>Ce mot vient de , qui vient du Grec , <i>sedeo.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAIRE" />
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    <head>CHAIRE</head>
    <p>
    &#9758; CHAIRE , s. f.Une Chaire de Théologie, c'est une place de Docteur Régent. Ysambert avoit une des Chaires de Theologie de Sorbonne. Le Grand Aumônier pourvoyoit autrefois aux chaires des Professeurs Royaux ; c'est maintenant le Roi qui les donne. Ramus a fondé une chaire de Mathématique. On dispute une chaire de Droit, de Mathématique.<br/>Chaire au figuré, se dit du Siége Apostolique. <i>Sedes Apostolica.</i> On dit en ce sens, La <i>Chaire</i> Apostolique. Le Pape est assis dans la <i>Chaire</i> de S. Pierre.</p><p>La <i>Chaire</i> de S. Pierre à Rome. La <i>Chaire</i> de S. Pierre à Antioche. On appelle ainsi les Fêtes qui se font en l'honneur des translations des Siéges de l'Eglise par S. Pierre. <i>Cathedra sancti Petri.</i> Voyez les Notes de M. Châtelain sur la <i>Chaire</i> de S. Pierre à Rome, <i>Martyr.</i> 18. <i>Janv.</i> Il y remarque que dans l'ancien Rit Gallican, qui dura jusqu'au IXe siècle, cette fête se célébroit en France, &amp; étoit même une fête particulière de France, ce qui peut passer pour une preuve de l'attachement particulier de l'ancienne Eglise de France pour le S. Siége. Voyez aussi les Notes du même Auteur sur la <i>Chaire</i> de S. Pierre à Antioche, où il remarque que les plus anciens Martyrologes ont ces deux fêtes ; celle de Rome le 18. Janvier, qui est le premier jour que puisse arriver la Septuagésime ; &amp; celle d'Antioche le 22. de Février, qui est le plus tard que la Septuagésime puisse se rencontrer. C'est pourquoi quelques Ritualistes ont nommé ces fêtes <i>les Clefs de la Septuagésime.</i> La dernière a été aussi nommée <i>S. Pierre du festin,</i> dit Beleth, parce qu'elle fut établie pour abolir la coutume qu'avoient les Payens d'apporter à manger sur les tombeaux de leurs parens vers la fin de Février, &amp; qu'elle avoit été établie pour honorer le Pontificat de S. Pierre, soit d'Antioche, soit de Rome.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7799" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAIRE" />
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    <head>CHAIRE</head>
    <p>
    Chaire , se dit encore figurément de la prédication, du droit qu'on a d'enseigner dans une <i>chaire,</i> &amp; du talent qu'on a pour y réussir. La profonde érudition a trop de sècheresse pour la <i>chaire,</i> où il faut de la pompe &amp; des figures. Bayl. La facilité de parler est un des principaux talens pour la <i>chaire.</i> Le P. d'Orl. Cet homme a de grandes qualités pour la <i>chaire</i> ; pour la prédication.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7800" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAIRE CURULE" />
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    <head>CHAIRE CURULE</head>
    <p>
    CHAIRE CURULE . Voyez <ref type="search" target="head:Chaise">Chaise</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7801" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Maréchalerie - Manège" />
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    <head>CHAISE</head>
    <p>
    CHAISE , s. f. Siége où on s'assied, &amp; qui a un dossier où on se peut appuyer le dos, quelquefois les bras ; mais alors on l'appelle <i>fauteuil</i> particulièrement. <i>Sella, Cathedra amplior percommodè ornata.</i> Les femmes qui prétendent à la Principauté, croient avoir remporté une grande victoire quand elles n'ont présenté qu'une <i>chaise</i> à dos à une femme de qualité qui les aura visitées, tandis qu'elles ont été assises dans une <i>chaise</i> à bras. Cail.</p><p>Une <i>chaise de commodité,</i> c'est une <i>chaise</i> dont le dossier se hausse &amp; s'abaisse par le moyen d'une cremalière, &amp; sur laquelle on peut dormir commodément. <i>Sella percommoda.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAISE</head>
    <p>
    Chaise percée , est une <i>chaise</i> dont le bas est percé, &amp; rembourré dans laquelle on se décharge le ventre. Chez le Roi on l'appelle la <i>chaise d'affaires. Sella familiarica.</i></p><p>Selon le P. Mabillon on voit encore à Rome la <i>chaise percée</i> sur laquelle on élève le Pape nouvellement élû. Mais il n'en attribue pas l'origine à l'aventure de la Papesse Jeanne, &amp; à la nécessité de prendre des précautions à l'avenir pour s'assurer du sexe ; il y en a une raison mystérieuse : c'est afin d'appliquer au Pape posé sur cette <i>chaise,</i> ces paroles de l'Ecriture : que Dieu tire le pauvre de la poussière &amp; de l'ordure.</p><p>Dans les Choeurs des Eglises il y a des <i>chaises hautes,</i> &amp; des <i>chaises basses,</i> qu'on appelle autrement <i>formes,</i> ou <i>stales</i> ; pour placer les Ecclésiastiques. <i>Majora &amp; minora subsellia.</i> Les <i>hautes chaises</i> sont destinées pour les Prêtres, Religieux profès ; les <i>basses</i> pour les Novices, pour ceux qui sont encore dans les Ordres inférieurs.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAISE" />
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    <head>CHAISE</head>
    <p>
    Chaise de Régent, ou de Prédicateur. Voyez <ref type="search" target="head:CHAIRE">CHAIRE</ref>. Dans cet article on dit plutôt <i>chaire.</i> Vaug. L'usage est pour <i>chaire,</i> on ne dit plus aujourd'hui <i>chaise</i> en ce sens. <i>Cathedra, Pulpitum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAISE" />
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    <head>CHAISE</head>
    <p>
    Chaise curule , étoit un siége d'ivoire qu'on plaçoit sur un char, &amp; sur lequel étoient assis les premiers Magistrats de Rome, &amp; ceux à qui on décernoit les honneurs du triomphe. <i>Sella curulis.</i> Comme les Consuls, les Censeurs, les Préteurs, &amp; les Ediles qu'on appelloit <i>Curules.</i> Sur les médailles, la <i>chaise curule</i> marque la Magistrature à laquelle étoit attaché le privilége de s'y asséoir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7801" id="5" type="">
   <index type="head" value="CHAISE" />
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    <head>CHAISE</head>
    <p>
    Chaise , signifie aussi une voiture pour aller assis &amp; à couvert tant dans la ville qu'à la campagne. <i>Sella gestatoria.</i> Un petit carrosse coupé s'appelle une <i>chaise roulante.</i> Une <i>chaise à porteur,</i> c'est un vaisseau portatif que deux hommes portent avec des bricolles sur leurs épaules. En ce sens on dit toujours <i>chaise,</i> &amp; jamais <i>chaire.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAISE" />
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    <head>CHAISE</head>
    <p>
    Chaise , en termes de Charpenterie , se dit de quatre pièces de bois sur lesquelles est assise la cage d'un moulin à vent, &amp; sur lesquelles elle tourne par le moyen de sa queue. On appelle aussi <i>chaise</i> d'un clocher, l'assemblage de charpenterie sur lequel est assise ou posée la cage d'un clocher.</p><p>On dit aussi <i>chaise de roue.</i> C'est sur quoi la roue des Couteliers est posée.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAISE" />
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    <head>CHAISE</head>
    <p>
    Chaise , en termes de Fiefs , se dit en partage de Fief noble de quatre arpens de terre qui sont autour d'un château hors les fossés, qui appartiennent à l'aîné par préciput : ce qu'on appelle à Paris le <i>vol du chapon. Natalium praerogativus fundus, praerogativum praedium.</i> Voyez la Coutume de Tours.</p><p>On dit proverbialement, quand on voit un ignorant assis dans une <i>chaise,</i> que ce sont les Armoiries de Bourges, un âne dans une <i>chaise.</i> Les <i>Diversités curieuses</i> nous apprennent l'origine de ce proverbe. On y lit que César s'étant rendu maître de Bourges, il y établit Gouverneur un Officier Romain appellé Asinius Pollio : la ville fut ensuite assiégée par les Gaulois, tandis que le Gouverneur étoit malade : comme la ville alloit être emportée dans un assaut que les Gaulois donnerent, Asinius se fit porter en <i>chaise</i> pour animer ses troupes par sa présence, ce qui lui réussit ; le bruit s'étant répandu qu'Asinius s'étoit fait porter en <i>chaise, Asinius in cathedrâ,</i> les Romains reprirent de nouvelles forces, &amp; chasserent les Gaulois : dans la suite d'<i>Asinius in cathedrâ</i> on a fait, <i>asinus in cathedrâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7802" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAISE-DIEU" />
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   <index type="pred_domain" value="Géographie" />
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    <head>CHAISE-DIEU</head>
    <p>
    CHAISE-DIEU , s. f. <i>Casa Dei.</i> La <i>Chaise-Dieu</i> est une petite ville de France dans la basse Auvergne, &amp; du Diocèse de Clermont, sur la Senoire. L'Abbaye de la <i>Chaise-Dieu</i> de l'Ordre de S. Benoît fut fondée au milieu de l'onzième siècle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7803" id="1" type="">
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    <head>CHAISNE</head>
    <p>
    CHAISNE . Voyez <ref type="search" target="head:CHAÎNE">CHAÎNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7804" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAISNEAU" />
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    <head>CHAISNEAU</head>
    <p>
    CHAISNEAU , ou CHESNEAU. Voyez <ref type="search" target="head:CHAÎNEAU">CHAÎNEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7805" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAISNETTE" />
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    <head>CHAISNETTE</head>
    <p>
    CHAISNETTE . Voyez <ref type="search" target="head:CHAÎNETTE">CHAÎNETTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7806" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAISNETIER" />
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    <head>CHAISNETIER</head>
    <p>
    CHAISNETIER . Voyez <ref type="search" target="head:CHAÎNETIER">CHAÎNETIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7807" id="1" type="">
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    <head>CHAISNON</head>
    <p>
    CHAISNON . Voyez <ref type="search" target="head:CHAÎNON">CHAÎNON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7808" id="1" type="">
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    <head>CHAL</head>
    <p>
    CHAL , s. m. Vieux mot, qui veut dire, <i>Chevalier, Eques.</i> De <i>Chal</i> on a formé <i>Sénéchal,</i> comme qui diroit <i>senior Eques</i> ; c'est le sentiment de Borel.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7809" id="1" type="">
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    <head>CHALAND</head>
    <p>
    CHALAND , s. m. Bateau plat de moyenne grandeur, dont on se sert pour amener à Paris les marchandises qui descendent par la rivière. <i>Cymba.</i> On appelle bateaux <i>Marnois,</i> ceux qui sont construits vers la source de Marne ; la forme des <i>Marnois</i> est plus courte, mais plus large. <i>Chaland</i> se dit plus particulièrement des bateaux de la Loire qui sont fort légers, &amp; qui vont à la voile, qui ne sont bâtis que de planches encouturées l'une sur l'autre, jointes à des pièces de liures qui n'ont ni plat-bords, ni matières, pour les tenir fermes. Ce sont ceux qui viennent par le canal de Briare. Il y en a de douze toises de long, de dix pieds de large, quatre pieds de hauteur de bord.</p><p>Ce mot, selon Borel, vient du Grec , qui signifie <i>lignum.</i> Mais selon Du Cange, il vient du Grec , qui étoit une espèce de petite galère qui alloit à rames. Ugutio dit qu'on l'a appellée <i>celandria, quia currit velociter in</i> , c'est-à-dire, <i>aquâ.</i> On l'a appellée dans la basse Latinité, <i>chelandium, chelandrium, chelindrus, &amp; salandra.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7810" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALAND" />
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    <head>CHALAND</head>
    <p>
    CHALAND , s. m. ande, s. f. Celui ou celle qui a coutume d'acheter à une boutique chez un même Marchand. <i>Apud eumdem emptor assiduus. Adventor.</i> Le plus grand secret du commerce, c'est de savoir bien entretenir ses <i>chalands.</i></p><p>Nicot croit que ce mot vient du Grec , <i>voco,</i> parce que les Marchands ont coutume d'appeller leurs <i>chalands.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7810" id="2" type="">
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    <head>CHALAND</head>
    <p>
    Chaland , s. m. se dit aussi au figuré &amp; par raillerie, pour signifier celui, ou celle qui va souvent en de certains lieux, pour se divertir d'une manière qui tient un peu du <pb n="951" facs="bpt6k8542165/f991/full/1200,/0/native.jpg"/>libertinage. Ses soeurs n'étoient pas alors en âge de lui donner des <i>chalands</i> ; toutes maintenant sont grandes, &amp; en la fleur de leur jeunesse. Patru.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7810" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHALAND" />
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    <head>CHALAND</head>
    <p>
    Chaland , se prend encore, dans le même sens, pour celui qui a un commerce libertin &amp; criminel.</p><p>On appelle <i>Pain chaland,</i> le gros pain que les Boulangers de la ville fournissent aux bourgeois leurs <i>chalands,</i> à la différence de celui qu'apportent les Boulangers de dehors pour vendre au premier venu. Ce pain est fait d'une pâte forte, qu'on pétrit avec les pieds. Il est blanc, haut de mie &amp; gros de croûte. Il n'y a guère que les pauvres gens de Paris &amp; des fauxbourgs qui mangent du <i>pain chaland. Panis secundarius.</i> D'autres croient qu'on a appellé ce pain <i>chaland,</i> à cause qu'il venoit par des bateaux nommés <i>chalands,</i> comme il en vient encore de Corbeil, de Villeneuve S. George, &amp;c. En ce sens <i>chaland</i> est adjectif.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7811" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALANDISE" />
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    <head>CHALANDISE</head>
    <p>
    CHALANDISE , s. f. Concours de personnes qui vont acheter dans une même boutique. <i>Assiduorum emptorum conciliatio, concursus.</i> Depuis que ce Marchand m'a trompé, je lui ai ôté ma <i>chalandise.</i> Ce qui lui a attiré tant de <i>chalandise,</i> c'est qu'il vend de bonnes étoffes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7812" id="1" type="">
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    <head>CHALASTIQUES</head>
    <p>
    CHALASTIQUES , s. m. Ce sont des remèdes, qui ont la vertu de ramollir &amp; de relâcher les parties, lorsqu'elles sont tendues jusqu'à causer de la douleur : tels sont la graisse, le beurre, l'oesipe, &amp;c.</p><p>Ce mot vient du Grec , <i>j'amollis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7813" id="1" type="">
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    <head>CHALCÉDOINE</head>
    <p>
    CHALCÉDOINE , s. f. Prononcez <i>Calcédoine</i> : plusieurs même l'écrivent ainsi <i>Chalcedon,</i> Tite-Live dit <i>Chalcedonia.</i> Ancienne ville de Bythinie vis-à-vis de Byzance, ou Constantinople, sur la côte Orientale du Bosphore, <i>Chalcédoine</i> fut bâtie, selon quelques-uns, par les Mégariens, dix-huit ans, dit M. Fleury, après la fondation de Byzance ; mais il se trompe, c'est 17. ans avant Byzance, c'est-à-dire, l'an de Rome 80. &amp;, comme il ajoûte, la 2e année de la 26e Olympiade. D'autres disent que ce ne fut que 148. ans après Rome, &amp; par conséquent 51. an après Byzance ; mais cela ne s'accorde point avec ce que l'on rapporte, que l'Oracle l'appelle la Ville des aveugles, parce que ses fondateurs n'avoient pas choisi la belle situation qui étoit vis-à-vis d'eux, &amp; où depuis fut bâti Byzance. Car si Byzance eût déja été bâti, comment pouvoient-ils choisir cette situation ? <i>Chalcédoine</i> fut dans la suite une ville Archiepiscopale. Le IVe Concile général s'appelle le Concile de <i>Chalcédoine,</i> parce qu'il y fut tenu en 451. Ce Concile, composé de 630. Evêques, auquel présidoient les Légats du Pape S. Léon, Paschasinus, Lucentius &amp; Boniface, condamna Eutychès &amp; Dioscore. Le P. Lucchésini, Jésuite Italien, a écrit l'Histoire de ce Concile.</p><p><i>Chalcédoine</i> s'appella d'abord Proceraste, <i>Procerastis,</i> ensuite Compuse, <i>Compusa,</i> ou, comme lit Pintianus, Colpoesse, <i>Colpoessa.</i> Quelques Modernes l'appellent Caceline, <i>Cacelina</i> ; &amp; d'autres disent que c'est Scutari ; mais ils se trompent. Les Turcs la nomment <i>Caltirieu.</i> Voyez Ortelius, <i>Petr. Gillius De Bosph. Thr. L. III. c.</i> 10. le <i>Voyage de Constantinople</i> de Grelot, &amp; l'<i>Itinéraire</i> de Busbeq.</p><p><i>Chalcédoine,</i> selon Denys le Géographe, étoit située sur une rivière du même nom ; &amp; selon Arrien &amp; Ménippe c'est de ce fleuve qu'elle prit son nom. Le même Arrien dit que le fleuve fut ainsi nommé de Chalcédon fils de Saturne ; &amp; que ce sont les Doriens qui y ayant conduit une colonie donnerent à la ville le nom du fleuve. D'autres disent qu'elle tira son nom d'un fils du devin Chalcas ; &amp; d'autres de Chalcide, ville d'Eubée, qui y envoya une colonie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7814" id="1" type="">
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    <head>CHALCÉDOINE</head>
    <p>
    CHALCÉDOINE , s. f. (Quelques-uns disent <i>Charcédoine</i>) est une espèce d'agathe, d'une couleur tirant sur le jaune, ou sur le bleu, qui est propre à être gravée. <i>Chalcedonius lapis.</i> C'est aussi l'agathe blanche des Anciens. On en trouve aussi des noirâtres ; mais l'azurée est Orientale, &amp; la meilleure de toutes. Belon dit qu'elle est si commune parmi les Turcs, qu'elle leur fert à battre le blé : mais il hable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7815" id="1" type="jouailliers">
   <index type="head" value="CHALCEDOINEUX, EUSE" />
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    <head>CHALCEDOINEUX, EUSE</head>
    <p>
    CHALCEDOINEUX, EUSE , adj. Terme de Jouailliers , qui se dit d'un défaut qui se trouve en plusieurs pierres précieuses, quand en les tournant on aperçoit quelques marques, ou taches blanches, comme celles de la Chalcédoine. <i>Chalcedonius.</i> C'est une épithète qu'on donne particulièrement aux rubis &amp; grenats, quand il s'y trouve quelque couleur de lait mêlée qui diminue beaucoup leur prix. On cheve les grenats &amp; rubis pour leur ôter la chalcédoine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7816" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALCÉDONIEN, ENNE" />
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    <head>CHALCÉDONIEN, ENNE</head>
    <p>
    CHALCÉDONIEN, ENNE , adj. <i>Chalcedonius, â.</i> Qui est de Chalcédoine, Qui appartient à Chalcédoine. Prononcez <i>Calcédonien.</i> L'Océan <i>Chalcédonien.</i> On appelloit ainsi autrefois la partie de la mer qui étoit vis-à-vis &amp; à la hauteur de Chalcédoine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7817" id="1" type="">
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    <head>CHALCIDIQUE</head>
    <p>
    CHALCIDIQUE , s. m. Prononcez <i>Calcidique.</i> Salle grande &amp; superbe. <i>Chalcidicum.</i> Festus l'appelle <i>Chalcedonium</i> ; mais peut-être est-ce une faute. Vitruve Liv. V. chap. 1. Ausone, Hygin à la fable 184. Arnobe Liv. III. &amp; Liv. IV. disent <i>Chalcidicum.</i> Les <i>Chalcidiques</i> étoient de grandes &amp; magnifiques salles, qu'on ajoûtoit aux Palais, comme on l'a fait encore en des siècles postérieurs ; ainsi qu'il paroît par les grandes salles des Palais de Paris, de Vannes &amp; de Bourges. Si le terrain que vous avez pour bâtir est trop long, dit Vitruve, vous bâtirez au bout un <i>Chalcidique.</i> Je voudrois bien, dit Arnobe, voir vos Dieux &amp; vos Déesses pêle &amp; mêle dans vos grands <i>Chalcidiques,</i> &amp; dans ces palais du Ciel. On écrit, dit-il ailleurs, que vos Dieux font leurs festins dans de grandes salles à manger qui sont aux Cieux, &amp; dans des <i>Chalcidiques</i> toutes d'or.</p><p>Festus dit que cette espèce de bâtiment avoit pris son nom de la ville de Chalcis, mais il ne dit point pourquoi. Philandre veut que ce fût un édifice dans lequel la Cour des Monnoies avoit son Tribunal ; &amp; qu'il ait pris son nom de , <i>airain,</i> matière de la monnoie, &amp; de , <i>justice</i> ; mais cela est faux ; il auroit l'accent sur l'antépénultième, &amp; non pas sur la dernière. D'autres le dérivent de deux mots Grecs, , <i>bronze, airain</i> ; &amp; , <i>maison</i> ; &amp; ils disent qu'on frappoit la monnoie dans ces maisons-là, qui étoient ce que nous appellerions <i>Hôtels de la Monnoie.</i> Mais que deviendroit l' de ? Comment l'accent seroit-il sur la dernière ? Comment la pénultième seroit-elle brève ? Pour former un nom de &amp; de , il faut dire , <i>Chalcioecus,</i> &amp; comme on l'a dit effectivement pour Minerve, dont c'est là une des épithètes, .</p><p>Il y a eu une contrée de Macédoine, une de Syrie, &amp; une autre de Perse, qui portoient le nom de <i>Chalcidique.</i> En ce sens il est fémmin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7818" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALCIS" />
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    <head>CHALCIS</head>
    <p>
    CHALCIS , s. f. Nom de lieu. <i>Chalcis.</i> C'est un nom qu'a porté l'Eubée, &amp; qu'elle avoit pris de sa capitale, qui le portoit aussi, de même qu'une ville de Syrie. On dit que la <i>Chalcis</i> d'Eubée fut ainsi appellée, parce que c'est le premier endroit où l'on ait trouvé de l'airain, en Grec.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7819" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALCITIS" />
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    <head>CHALCITIS</head>
    <p>
    CHALCITIS , s. f. Espèce de minéral qui est rouge comme le cuivre, friable &amp; non dur, ayant des veines jaunes &amp; luisantes au-dedans. <i>Chalcitis.</i> Il a le goût du vitriol : il se fond au feu lorsqu'on le met seul dans un creuset, &amp; se dissout aisément dans les liqueurs aqueuses. Il y a deux autres minéraux appellés <i>misy</i> &amp; <i>sory,</i> qui sont fort semblables au <i>Chalcitis.</i> Toute leur différence ne consiste que dans la ténuité ou grossièreté de leur substance. Ils se trouvent tous trois dans les mines de cuivre, &amp; même ils se changent avec le temps l'un en l'autre. Le <i>sory</i> a les parties les plus grossières ; le <i>chalcitis</i> vient après, &amp; ensuite le <i>misy,</i> dont les parties sont les plus tenues. Le <i>misy</i> se forme sur le <i>chalcitis,</i> comme le verdet sur le cuivre ; c'en est proprement la rouillure. Le <i>chalcitis</i> se forme de la même manière sur le <i>sory.</i> On trouve ces trois sortes de minéraux en Allemagne. Le <i>chalcitis</i> est un des ingrédiens de la thériaque : on a de coutume de lui substituer le vitriol calciné. Ces trois minéraux sont caustiques &amp; escarrotiques ; c'est pourquoi on ne les donne point intérieurement. Par la même raison bien des gens voudroient qu'on retranchât le <i>chalcitis</i> de la thériaque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7820" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALDAÏQUE" />
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    <head>CHALDAÏQUE</head>
    <p>
    CHALDAÏQUE , adj. m. &amp; f. La langue <i>Chaldaïque. Chaldaïca lingua.</i> On dit aussi simplement le <i>Chaldaïque</i> en sousentendant le langage. La Paraphrase <i>Chaldaïque,</i> qu'on appelle, en langage de Rabbin, le <i>Targum, Paraphrasis Chaldaïca.</i> Paraphraste <i>Chaldaïque,</i> c'est l'Auteur d'une paraphrase <i>Chaldaïque.</i> Il y a dans la Polyglotte d'Angleterre trois paraphrases <i>Chaldaïques,</i> celle d'Onkelos, une de Jonathan fils d'Uziel, &amp; celle de Jérusalem. On attribue aussi à Jonathan celle qui est sur les livres que les <pb n="952" facs="bpt6k8542165/f992/full/1200,/0/native.jpg"/>Juifs nomment Prophètes. Voyez sur les Paraphrases <i>Chaldaïques</i> Walton dans son XIIe Prolégomene, &amp; l'<i>Histoire critique du vieux Testament.</i> Liv. II. ch. 18.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7821" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALDÉE" />
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    <head>CHALDÉE</head>
    <p>
    CHALDÉE , s. f. <i>Chaldaea.</i> Ancienne Province de l'Asie, qui occupoit la partie de la Mésopotamie la plus basse &amp; la plus proche du confluent du Tigre &amp; de l'Euphrate, &amp; qui s'étendoit encore au Midi jusques au détroit Persique, entre les déserts de l'Arabie au Couchant, &amp; le Tigre à l'Orient. La capitale de la <i>Chaldée</i> étoit Babyloue ; de-là vient que la partie Méridionale de cette Province au-dessous de la Mésopotamie, ou même la <i>Chaldée</i> toute entière, est souvent appellée Babylonie. On l'appelle aujourd'hui Yerak Arabi. Voyez les étymologies du mot Chaldéen. Dans le texte original de l'Ecriture, le pays n'a point d'autre nom que celui du peuple, comme beaucoup d'autres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7822" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHALDÉEN" />
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    <head>CHALDÉEN</head>
    <p>
    CHALDÉEN , s. m. se dit des personnes &amp; du langage. <i>Chaldaeus.</i> Les <i>Chaldéens</i> ; le <i>Chaldéen.</i></p><p>Missel <i>Chaldéen,</i> titre du Missel des Maronites, qui est en langue Chaldaïque, ou Syriaque, &amp; qui a été imprimé <i>in folio</i> à Rome en cette langue l'an 1592. Ce Missel contient douze Messes, ou Liturgies, sous les noms de saint Jacques, de S. Pierre, de S. Jean, des SS. Apôtres, &amp;c. Voyez les remarques sur le chapitre vingt-quatre du <i>Voyage du P. Jérôme Dandini au Mont Liban.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALDÉEN</head>
    <p>
    Chaldéen, enne , s. m. &amp; f. Peuple habitant la Chaldée. <i>Chaldaeus.</i> En Hébreu ou en <i>Chaldéen,</i> les <i>Chaldéens</i> sont appellés <i>Chasdéens,</i> . Philon, dans ses Gloses ou Interprétations des noms Hébreux, interprète ce mot , c'est-à-dire, selon l'interprétation de saint Jérôme, <i>Ut daemones vel feroces,</i> ou plutôt Devins, ou Mages, ou comme Démons. Ce Père suit encore ailleurs le sentiment de Philon, &amp; dit que personne ne doute que <i>Chaldéen</i> signifie <i>Démon.</i> Cela supposé il est clair que Philon &amp; S. Jérôme ont crû que ce nom Hébreu étoit composé d'un , marque de similitude, ou de ressemblance, &amp; de , <i>schedim,</i> qui signifie <i>Démons,</i> &amp; vient de , <i>schadad,</i> ravager, &amp; le ou <i>s,</i> s'est changé en <i>l,</i> comme le <i>d</i> dans Ulysse. Mais il est bien plus probable que ces peuples ont été ainsi appellés de , <i>Cased,</i> ou <i>Chesed,</i> dont il est parlé Gen. XXII. 22. Dans ces premiers temps toutes les nations portoient le nom de leur Fondateur. Saint Jérôme est de ce sentiment dans ses Questions Hébraïques, &amp; Bochart. Dans ce sentiment il faut dire, que, quand l'Ecriture se sert du mot <i>Chaldéen</i> avant le temps de Chesed fils de Nachor, c'est une anticipation, ou prolepse. On pourroit dire aussi que ce nom leur venoit peut-être de quelque autre Chesed, plus ancien que le fils de Nachor. D'autres croient que ce nom vient de celui d'Arphaxad Père des <i>Chaldéens,</i> comme le dit Josephe <i>Antiq. Jud.</i> Liv. I. ch. 7. que ce nom, dis-je, en vient par apocope, c'est-à-dire, en retranchant le commencement alpha, reste en Hébreu , d'où confondant le , ou <i>c,</i> &amp; le , ou <i>s,</i> en un , ou <i>x,</i> les Grecs ont fait , <i>Arphaxad.</i> Ce sentiment est de tous le plus vraisemblable.</p><p>Les <i>Chaldéens</i> passoient dans l'Antiquité pour les inventeurs de l'Astronomie, &amp; ils étoient fort adonnés non-seulement à cette science, mais encore à l'Astrologie, à la Divination, &amp;c. C'est pour cela que <i>Chaldéen,</i> &amp; dans l'Ecriture &amp; dans les Auteurs prophanes, est la même chose que Mathématicien, Astrologue, diseur de bonne avanture, faiseur d'horoscope, magicien, comme on le peut voir dans Daniel II. 2. 4. 5. 10. IV. 7. V. 7. 11. dans Cicéron <i>De Divin. Lib. I. n.</i> 2. 31. <i>&amp; Lib. II. n.</i> 42. 87. <i>&amp; Lib. I. Tuscul. quaest n.</i> 95. Strabon Liv. VI. Aulu-Gelle Liv. I. ch. 9. &amp; Liv. XIV. chap. 1. Suétone, dans Vitellius ch. 14. S. Jérôme sur Daniel ch. 11. Juvénal Sat. X. v. 94.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7822" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHALDÉEN" />
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   <index type="pred_domain" value="Belles-lettres" />
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    <head>CHALDÉEN</head>
    <p>
    Chaldéen , avec l'article défini, signifie la langue Chaldaïque, que parloient les Chaldéens. <i>Chaldaica lingua.</i> Le <i>Chaldéen</i> est un dialecte de l'Hébreu. Un Auteur qui écrivoit il y a quelques années en Hollande une Dissertation sur ces médailles (Samaritaines) s'est imaginé y trouver du <i>Chaldéen.</i> P. Souc. <i>Dissert. sur les médailles Hébr.</i> Il signifie aussi quelquefois le Paraphraste Chaldaique ; c'est-à-dire, Onkelos, quand on parle du Pentateuque ; &amp; Jonathan, quand il s'agit des autres livres de l'Ecriture : car pour Jonathan sur le Pentateuque &amp; le Paraphraste de Jérusalem, il ne faut point les appeller simplement &amp; absolument le <i>Chaldéen.</i> Le <i>Chaldéen</i> paroît à plusieurs Chrétiens &amp; Juifs convertis, fournir des preuves de la distinction des personnes en Dieu, &amp; marquer la seconde par le mot , <i>verbe.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALDÉEN</head>
    <p>
    Chaldéen, enne , est aussi adj. Chaldaïque, qui appartient aux Chaldéens, ou à la Chaldée. <i>Chaldaeus, Chaldaicus.</i> Strabon rapporte qu'il y avoit deux sectes parmi les Philosophes <i>Chaldéens</i> ; les Orchenes, &amp; les Borsippenes. La langue <i>Chaldéenne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALEMEL</head>
    <p>
    CHALEMEL , s. m. <i>Calamus.</i> Ce mot s'est dit autrefois pour <i>chalumeau,</i> comme <i>ormel</i> &amp; <i>mantel</i> pour <i>ormeau,</i> &amp; <i>manteau.</i> De <i>chalemel</i> on a fait <i>chalemer,</i> pour dire, <i>jouer de la flûte,</i> du <i>chalumeau</i> ; ce verbe n'est plus en usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALEMIE</head>
    <p>
    CHALEMIE , s. f. Flûte champêtre, chalumeau, espèce de musette. C'est plus proprement ce qu'on appelle la <i>cornemuse. Pastoritius calamus.</i> La <i>chalemie</i> est différente de la <i>cornemuse,</i> en ce qu'elle n'a point de bourdon. Ce mot n'est en usage que dans le burlesque.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALEUR</head>
    <p>
    CHALEUR , s. f. Sentiment qui résulte de l'action &amp; du mouvement des petits atomes de feu qui agissent sur les corps, &amp; qui entrent dans leurs pores. <i>Calor.</i> Quand nous sentons la <i>chaleur</i> du feu, c'est que nous sentons de petits atomes de feu qui se détachent, &amp; qui viennent frapper nos sens : &amp; elle est d'autant plus violente, que ces corpuscules sont en plus grand nombre, &amp; plus agités. L'Auteur du livre intitulé <i>La Méchanique du feu,</i> &amp;c. enseigne l'art d'augmenter, de diminuer, de tempérer la <i>chaleur</i> dans une chambre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALEUR</head>
    <p>
    Chaleur , est aussi la propre substance du feu, en tant qu'il y en a plusieurs atomes, ou parties ensemble, qui se répandent aux environs pour causer le sentiment de la <i>chaleur.</i> C'est du côté des objets extérieurs ce qui cause en nous le sentiment de <i>chaleur</i> ; lorsque nous touchons ces objets, ou que nous en approchons. L'eau de vie cause de la <i>chaleur,</i> parce qu'elle renferme, &amp; contient plusieurs parties ignées qui se séparent dans sa résolution. On a crû que les grandes <i>chaleurs</i> de la Zone Torride la rendoient inhabitable. <i>Aestus.</i> Les pointes &amp; les imaginations de Sénèque sentent un peu la <i>chaleur</i> d'Afrique. S. Evr. La <i>chaleur</i> du Soleil aux jours les plus froids de l'hiver est égale à celle des jours les plus chauds de l'été : ce qu'on a prouvé avec le miroir de la Bibliothèque Royale ; parce qu'il fait aussi-bien en hiver qu'en été cet effet surprenant, de vitrifier les pierres &amp; les briques en peu de temps.</p><p>En Médecine on distingue deux sortes de <i>chaleur</i> ; la <i>naturelle,</i> qui est le principe de la vie des animaux ; &amp; l'<i>étrangère,</i> qui leur arrive par accident, ou de dehors, comme par les remèdes, par les alimens : &amp; c'est celle qui cause les maladies, &amp; sur-tout la fièvre. Dans l'émotion de la crainte le sang &amp; la <i>chaleur</i> se retirent, &amp; accourent au secours du coeur. Flech. <i>Chaleur</i> vitale, est la même chose que <i>chaleur</i> naturelle. La <i>chaleur</i> vitale se trouve dans les animaux tandis qu'ils sont en vie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALEUR</head>
    <p>
    Chaleur , se dit figurément des choses morales, des passions violentes d'affection, de colère, de haine, &amp;c. <i>Ardens studium.</i> Cet homme sert ses amis avec beaucoup de <i>chaleur.</i> Il va à l'assaut, parle, dispute avec beaucoup de <i>chaleur.</i> La persuasion qui frappe l'esprit dure davantage, parce que la raison dure toujours, &amp; ce qui touche le coeur se perd à mesure que la <i>chaleur</i> de la passion s'éteint. P. Rap. Les Pères ont poussé avec beaucoup de <i>chaleur</i> &amp; de feu les matières qu'ils avoient à manier, quelquefois ils outrent un peu les choses. Le zèle ne doit pas être une <i>chaleur</i> aveugle. Vill. Il y a des gens que la contestation échauffe, &amp; qui tirent de leur esprit plus qu'ils n'y trouveroient sans cette <i>chaleur.</i> Pasc. Quand on propose ses sentimens avec trop de <i>chaleur,</i> on les rend suspects de passion. Nicol. Une heureuse <i>chaleur</i> anime ses discours. Boil. Toute la <i>chaleur</i> que la Religion semble nous inspirer quelquefois, cette <i>chaleur</i> dont nous osons faire un mérite aux yeux de Dieu, c'est à nos <pb n="953" facs="bpt6k8542165/f993/full/1200,/0/native.jpg"/>passions que nous la devons, &amp; ce mérite dont nous sommes si fiers est peut-être un crime. Il avoit tant de <i>chaleur</i> à la guerre, qu'elle l'empêchoit de faire des réflexions. S. Evr. Qui est celui qui dans la <i>chaleur</i> de la victoire considère le nombre ? Vaug.</p><p>On dit figurément, <i>Donner chaleur,</i> pour dire, Animer, donner courage &amp; vigueur. Sa présence <i>donne chaleur</i> à son parti.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALEUR</head>
    <p>
    Chaleur , se dit aussi des passions passagères qui viennent par un promt mouvement, ou qui sont attribuées à l'âge &amp; au tempérament. <i>Aetatis indoles, fervor, impetus, ardor.</i> Il a eu querelle avec son ami, mais ce n'étoit qu'une petite <i>chaleur</i> de foie ; c'est la <i>chaleur</i> de la jeunesse qui lui a fait commettre cette faute. Ce vieillard n'est pas dangereux, toutes ses <i>chaleurs</i> sont passées.</p><p>On appelle aussi de petits boutons qui viennent au visage, des <i>chaleurs de foie,</i> parce qu'elles viennent d'un sang échauffé. <i>Pustula jecoris aestuantis index.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALEUR</head>
    <p>
    Chaleur , se dit aussi de l'ardeur qu'ont les femelles des animaux en certains temps pour rechercher le mâle ; comme des chiennes, des chattes, des cavalles, des éléphans, &amp;c. <i>Aestus veneris.</i></p><p>On dit proverbialement, Couvrez-vous, la <i>chaleur</i> vous est bonne, à ceux qu'on taxe d'incivilité, quand ils mettent leur chapeau à contre-temps.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7826" id="1" type="">
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    <head>CHALEUREUX, EUSE</head>
    <p>
    CHALEUREUX, EUSE , adj. Qui a de la chaleur. <i>Fervidus, praefervidus.</i> Il ne se dit guère qu'en cette phrase. Les vieillards ne sont guère <i>chaleureux.</i> On a dit autrefois <i>chaloureux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7827" id="1" type="">
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    <head>CHALINGUE</head>
    <p>
    CHALINGUE , s. f. Petit vaisseau des Indes qui n'a des membranes que dans le fond, &amp; qui n'est guère plus long que large. <i>Navicula Indica.</i> On ne se sert point de clous à le construire, &amp; les bordages de ses hauts ne sont cousus qu'avec du fil de caret, fait de cocos, ou d'étoupe de noix de palme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7828" id="1" type="">
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    <head>CHALIT</head>
    <p>
    CHALIT , s. m. Bois de lit. <i>Lectus.</i> Nicot croit que ce mot vient de <i>chassis de lit.</i> Il est vieux, en sa place on dit <i>bois de lit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7829" id="1" type="">
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    <head>CHALLER</head>
    <p>
    &#9758; CHALLER , v. act. Vieux mot qui signifie écaler, ôter l'écale ou la coque. Cependant les métayers qui la auprès <i>challoient</i> les noix, accoururent avec leurs grandes gaules, &amp; frapperent sur ces fouaciers comme sur seigle verd. Rabelais.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7830" id="1" type="">
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    <head>CHALLIVOY</head>
    <p>
    CHALLIVOY , s. m. Mouillez les deux <i>ll.</i> Abbaye de l'Ordre de Cîteaux de la filiation de Pontigny, fondée en 1133. par Guifroy de Magny, &amp; d'autres Seigneurs de Berry, dans lequel elle est située proche de Sancerre, faisant une partie de son vignoble. <i>Callovium, Collivetum.</i> M. Furetière, premier Auteur de ce Dictionnaire, étoit Abbé de <i>Challivoy.</i> Voyez sur cette Abbaye La Thaumassière, <i>Hist. de Berry</i> Liv. X. ch. 16.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7831" id="1" type="">
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    <head>CHALOIR</head>
    <p>
    CHALOIR , v. neut. Vieux mot, qui signifioit autrefois <i>importer, avoir soin. Curare, sollicitum esse, sollicitudine teneri.</i> Il n'est guère en usage qu'en cette phrase populaire, Il ne m'en <i>chaut</i> ; pour dire, il ne m'importe. Il ne m'en peut <i>chaloir,</i> Cela ne me peut être important. Marot s'en est servi au subjonctif en disant à son créancier :</p><p>Un Poëte de ce temps a dit aussi dans une épître badine,</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALLULA</head>
    <p>
    CHALLULA , s. m. Sorte de poisson sans écaille, qui se trouve dans les rivières du Pérou. Il a la tête longue &amp; platte, comme celle d'un crapaut, &amp; la gueule fort grande ; il est d'un fort bon goût, &amp; de bonne nourriture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7833" id="1" type="">
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    <head>CHÂLONNOIS</head>
    <p>
    CHÂLONNOIS , s. m. Nom de deux différentes contrées de France, dont l'une est en Champagne, &amp; l'autre en Bourgogne. Le <i>Chalonnois</i> en Champagne, <i>Catalaunensis ager,</i> ainsi nommé de Châlons sur Marne sa capitale, est entre le Remois, le pays d'Argonne, le Bassigny &amp; la Champagne propre. Le <i>Châlonnois</i> de Bourgogne, <i>Cabillonensis ager, tractus,</i> a le Dijonnois au Nord, le Mâconnois &amp; la Bresse au Midi, la Franche-Comté à l'Orient &amp; à l'Occident l'Autunois ; Châlons sur Saone en est la capitale, de laquelle il prend son nom. Ce <i>Châlonnois</i> a eu autrefois ses Comtes particuliers. C'est Louis le Débonnaire qui lui donna le titre de Comté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7833" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHÂLONNOIS" />
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    <head>CHÂLONNOIS</head>
    <p>
    Châlonnois, oise , adj. Qui est de l'un des deux Châlons, ou des deux Châlonnois. On appelle la Bresse <i>Châlonnoise,</i> la partie de Bresse qui touche au Châlonnois. <i>Cabillonensis,</i> ou <i>Catalaunensis,</i> selon qu'on parle de l'un ou de l'autre <i>Châlonnois.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7834" id="1" type="">
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    <head>CHÂLONS</head>
    <p>
    CHÂLONS , s. m. <i>Catalaunum. Noviomagus Vadicassium.</i> Ville de Champagne en France, qu'on appelle souvent <i>Châlons sur Marne,</i> parce qu'elle est sur cette rivière, &amp; pour la distinguer de Châlons sur Saone. L'Evêque de <i>Châlons</i> est un des six Pairs Ecclésiastiques du Royaume, &amp; l'un des trois Comtes &amp; Pairs. <i>Châlons</i> sur la Carte de M. de l'Isle est presque sous le 49e degré de latitude, &amp; au 22e quelques minutes de longitude. L'<i>a</i> est long, &amp; quelques-uns même écrivent ce mot par deux <i>aa, Chaalons</i> ; on ne le fait plus. Voyez Valois, <i>Notit. Gall.</i> au mot <i>Catalauni.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂLONS</head>
    <p>
    Châlons , s. m. Ville de Bourgogne. Quelques-uns écrivent <i>Challon</i> ou <i>Chalon,</i> sans <i>s.</i> D'autres distinguent ce nom du précédent, en écrivant celui-là <i>Châlons,</i> &amp; celui-ci <i>Challon,</i> ou <i>Chalon</i> ; mais mal : l'usage n'y met point de différence, &amp; pour ne les point confondre on dit <i>Châlons sur Saone,</i> parce qu'il est sur cette rivière. <i>Cabillo Aeduorum, Cabillonum, Cabillonia.</i> C'est une ancienne ville dont César <i>Comm. de Bello-Gall.</i> Liv. VII. ch. 42. Strabon Liv. IV. Ammien Marcel. Liv. XV. &amp; l'Itinéraire d'Antonin font mention ; &amp; qui dans la suite fut le séjour des Rois de Bourgogne, &amp; en particulier de Sigismond. S. Donatien, Evêque de <i>Châlons,</i> se trouva en 346. au Concile de Cologne. Julien Balleure a écrit l'Histoire des Evêques &amp; de l'antiquité de cette ville, qu'Hoffman, au mot <i>Catalaunum,</i> appelle mal <i>Catalaunum</i> comme la précédente. Il y a en François une Histoire Civile &amp; Ecclésiastique, ancienne &amp; moderne de la ville &amp; cité de <i>Châlons</i> sur Saone par le P. Claude Perry de la Compagnie de Jesus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7835" id="1" type="peche">
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    <head>CHALONS</head>
    <p>
    CHALONS , s. m. Terme de Pêche . C'est un grand filet, que les Pêcheurs traînent dans les rivières avec deux bateaux auxquels il est attaché. <i>Amplum rete.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALOSSE</head>
    <p>
    CHALOSSE , s. f. Pays de France en Gascogne. <i>Calossia.</i> La <i>Chalosse</i> est renfermée dans la Gascogne propre, près de l'Adour, &amp; S. Sever en est le principal lieu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALOUPE</head>
    <p>
    CHALOUPE , s. f. Petit bâtiment de mer destiné au service des grands vaisseaux, sur lequel on fait aussi de petites traverses. <i>Lembus.</i> On se sauve dans des <i>chaloupes.</i> On a mis la <i>chaloupe</i> en mer. On porte des <i>chaloupes</i> en fagot. Chaque <i>chaloupe</i> est armée ; c'est-à-dire, équipée de trois matelots, pour la nager, savoir du Maître qui la gouverne, du Têtier qui tire la rame devant, &amp; de l'Arrimier qui tire au milieu. Il y a des <i>chaloupes</i> doubles dont les unes sont pontées, &amp; les autres n'ont que des courcives. <i>Chaloupe bonne de nage,</i> est celle qui est facile à manier, &amp; qui passe &amp; marche bien avec les avirons. <i>Chaloupe armée,</i> est celle dans laquelle outre les matelots dont elle a besoin pour la nager, il y a encore des soldats pour quelques expéditions. On dit, Avoir <i>la chaloupe à toue</i> ; pour dire, l'Avoir amarrée à bord, &amp; la faire tirer par le vaisseau lorsqu'il est sous voiles. Les gens de mer se servent de <i>chaloupes</i> pour porter des provisions au vaisseau. P. Hoste, Jés.</p><p>Ce mot vient de <i>chalan,</i> qui est une espèce de bateau de rivière, à l'imitation duquel on fait la <i>chaloupe.</i> Borel croit que l'un &amp; l'autre viennent du Grec , qui signifie <i>lignum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHALUMEAU</head>
    <p>
    CHALUMEAU , s. m. Tuyau de paille, de roseau, &amp;c ou même de métal, qui sert à sucer quelque liqueur en aspirant. <i>Calamus.</i> On boit avec un <i>chalumeau.</i> Les enfans font de petites bouteilles avec du savon en soufflant dans un <i>chalumeau.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>culmus</i>, ou <i>calamus</i> ; Nicot : ou, selon Du Cange, de <i>calamellus,</i> d'où il dérive aussi le mot de <i>chalemie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7838" id="2" type="">
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    <head>CHALUMEAU</head>
    <p>
    <pb n="954" facs="bpt6k8542165/f994/full/1200,/0/native.jpg"/> Chalumeau , se dit aussi d'un instrument de Musique champêtre, composé soit d'un, soit de plusieurs tuyaux de blé, soit de quelque autre matière déliée. <i>Calamus, fistula pastoritia ; Avena.</i> Jouer du <i>chalumeau.</i> Les <i>chalumeaux</i> ont servi de flûtes à nos Anciens, &amp; on en a fait de l'écorce d'un saule levée quand il est en sève. Il étoit ouvert tant en haut qu'en bas. Il s'en fait aussi avec un tuyau de blé bouché par en bas par le noeud du tuyau, avec deux trous &amp; une petite fente au milieu en forme d'une petite languette qui sert à battre l'air. Les Bergers dans leurs Eglogues disent qu'ils chanteront les louanges de leur Bergère sur leurs <i>chalumeaux.</i></p><p>On appelle <i>chalumeau,</i> la flûte qui est attachée sur la peau de la musette. <i>Fistula. Chalumeau</i> de musette, de cornemuse.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHALUMEAU" />
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    <head>CHALUMEAU</head>
    <p>
    Chalumeau , se dit aussi d'un petit tuyau creux qui sert aux Emailleurs, aux Orfèvres pour émailler, pour souder, &amp; faire autre semblable travail. Il y a de certaines personnes qui, en de certains lieux, &amp; de certaines occasions, se servent de ces sortes de <i>chalumeaux</i> pour communier. A S. Denys le Diacre &amp; le Sous-Diacre communient avec un <i>chalumeau</i> d'or, <i>calamus aureus,</i> sous les deux espèces, les Dimanches à la grande Messe. La distribution du sang de Notre Seigneur se faisoit avec un petit tuyau, ou <i>chalumeau</i> d'or. Bouteroue. Voyez <ref type="search" target="head:PIPE">PIPE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7839" id="1" type="">
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    <head>CHALUMER</head>
    <p>
    &#9758; CHALUMER , v. act. Boire.</p><p>Il est évident que <i>chalumer,</i> qui signifie au propre jouer du chalumeau, se prend au figuré pour boire, de même que <i>flûter</i> : avec cette différence néanmoins que ce dernier est plus en usage, ou plutôt que <i>chalumer</i> n'y est point du tout.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7840" id="1" type="">
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    <head>CHAM</head>
    <p>
    CHAM , s. m. <i>Cham, Chamus.</i> Prononcez <i>Cam. Cham</i> est l'un des trois fils de Noé qui repeuplerent la terre après le déluge, &amp; qui fut maudit de son père pour l'avoir insulté d'une manière peu séante, pendant le sommeil que lui causa l'yvresse, dont il est parlé dans la Genèse IX. Il étoit l'aîné des deux autres, Sem &amp; Japhet, parce que Sem est appellé l'aîné de Japhet seul, non pas de Japhet &amp; de Cham, Gen. X. 21. &amp; parce que Noé eut l'un de ses trois fils à 500. ans, ce ne fut point Sem, car il ne nâquit que l'an 502. de son père Noé, puisqu'il n'avoit que 100. ans 2. ans après le déluge, qui arriva la 609. année de Noé, Gen. XI. 10. Ce fut encore moins Japhet, puisqu'il étoit cadet de Sem. Reste donc que <i>Cham</i> fût l'aîné des trois, &amp; qu'il fût né l'an du monde 1556, 100. ans avant le déluge. Sa postérité occupa l'Afrique, l'Egypte, l'Arabie heureuse &amp; la Palestine, ou terre de Chanaan, &amp; régna même à Babylone, comme on le voit par les noms des peuples qui les habiterent, &amp; qui sont les enfans de <i>Cham,</i> Gen. X. 6. 7. 8. L'Egypte même est appellée dans l'Ecriture. Les Tentes de <i>Cham,</i> Ps. LXXVII. 51. &amp; Terre de <i>Cham,</i> Ps. CIV. 23. 27. CV. 22. &amp; dans Plutarque <i>Chemie.</i> De-là encore, selon Bochart, <i>Phaleg,</i> L. IV. c. 1. les noms de <i>Chemmis, Psochemmis, Psittachemmis,</i> donnés à des cantons ou contrées d'Egypte. De-là les noms d'Hammon ; &amp; celui d', dans Etienne de Byzance. Le P. Lubin s'est trompé quand il a cru que la Terre de <i>Cham</i> dans les Pseaumes n'étoit que la Terre de Gessen, petite partie de l'Egypte où habiterent les Israëlites. C'est toute l'Egypte. Voyez de Muis, Piscator, Gejerus &amp; Bochart, à l'endroit cité ; &amp; en effet David, Ps. CIV. 23. prend ces deux mots , <i>Egypte,</i> &amp; , <i>Terre de Cham,</i> comme synonymes. Le prétendu Bérose dit que <i>Cham</i> est le même que Zoroastre, l'inventeur de la Magie. L'Arabe Abenephius dit que c'est aussi l'Osiris des Egyptiens, &amp; le feu, que les Perses adoroient. Voyez le P. Kirker, <i>Oedip. Aegvpt. T. I. p.</i> 84.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAM</head>
    <p>
    CHAM , s. m. est le titre qu'on donne aux Princes souverains de Tartarie. Prononcez <i>Kam.</i> Plusieurs même l'écrivent ainsi, comme les Auteurs des Relations de Krimée qui se voient dans les <i>Nouveaux Mémoires des Missions du Levant,</i> imprimés en 1715. <i>Chamus Scytharum ad Orientem, Scythiae ad ortum Imperator.</i> Le Grand <i>Cham</i> des Tartares. Le <i>Cham</i> des petits Tartares. Cingis a été le plus fameux des Tartares. Il vivoit du temps de S. Louïs, &amp; est l'auteur de la race des Rois de Perse &amp; des Mogols d'aujourd'hui.</p><p>Ce mot en langue Sclavone signifie <i>Empereur,</i> comme témoigne Vincent de Beauvais. M. Sperlingius, dans sa dissertation sur la Majesté du nom Danois <i>Koning,</i> qui signifie Roi, croit qu'on pourroit tirer de là le nom de <i>Cham</i> des Tartares, &amp; qu'on a dit dans le Septentrion <i>Kan, Konnen, Konge, Konning.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAM</head>
    <p>
    Cham , est aussi le nom que l'on donne en Perse aux Grands Seigneurs de la Cour, &amp; aux Gouverneurs de Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7842" id="1" type="guerre">
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    <head>CHAMADE</head>
    <p>
    CHAMADE , s. f. Terme de Guerre . C'est un certain son du tambour, ou de la trompette, que donne un ennemi pour signal qu'il a quelque proposition à faire au Commandant, soit pour capituler, soit pour avoir permission de retirer des morts, faire une trève, &amp;c. <i>Signum buccinae, tympani ad colloquium.</i></p><p>Ménage dérive ce mot de l'Italien <i>chiamada,</i> qui a été fait de <i>clamare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7843" id="1" type="">
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    <head>CHAMAECISSUS</head>
    <p>
    CHAMAECISSUS , s. m. Plante. Voyez LIERRE TERRESTRE. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7844" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMAEDRIS" />
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    <head>CHAMAEDRIS</head>
    <p>
    CHAMAEDRIS , s. m. Plante. Il faut écrire <i>chamaedrys,</i> puisque ce mot vient de , <i>humi,</i> à terre, &amp; , <i>arbre,</i> petit chêne. On prend des feuilles de cette herbe, comme celles du thé, pour les obstructions des viscères. On l'appelle aussi <i>Germandrée.</i> Voyez <ref type="search" target="head:GERMANDRÉE">GERMANDRÉE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7845" id="1" type="">
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    <head>CHAMAELEON BLANC</head>
    <p>
    CHAMAELEON BLANC , s. m. Plante médicinale, qu'on appelle aussi <i>Carline.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CARLINE">CARLINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7846" id="1" type="">
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    <head>CHAMAELEON NOIR</head>
    <p>
    CHAMAELEON NOIR . Plante dont la racine est brune par dehors, de la couleur de l'aristoloche longue en dedans, grosse, charnue, &amp; fort rarement rongée. <i>Chamaeleon niger.</i> Sa tige est de couleur de pourpre, de la hauteur d'environ neuf pouces. Ses feuilles sont semblables à celles de l'artichaut, marquetées de taches de divers couleurs. Ses fleurs sont en ombelle, environnées de quantité de piquans : elles sont de couleur de pourpre, oblongues, blanches par dedans, minces, ressemblant à celles de la jacinte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7847" id="1" type="">
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    <head>CHAMAELEUCÉ</head>
    <p>
    CHAMAELEUCÉ , s. f. C'est une plante, dont les feuilles sont rondes, semblables à celles des violettes de Mars, mais plus grandes, un peu dentelées à l'entour, &amp; d'un verd obscur. Sa tige est rouge &amp; branchue. Ses fleurs naissent à l'extrémité des tiges &amp; des branches : elles sont à cinq feuilles, de couleur jaune. Sa graine, qui est menue &amp; oblongue, est renfermée dans de petites siliques. On l'appelle autrement <i>caltha palustris flore simplici.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7848" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMAEPITIS" />
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    <head>CHAMAEPITIS</head>
    <p>
    CHAMAEPITIS , s. m. Plante. Il faut écrire <i>chamaepitys,</i> parce que ce mot vient de , <i>humi, à terre,</i> &amp; , <i>pin.</i> Cette petite herbe a les feuilles de pin, &amp; elle est bonne pour la goutte. Voyez <ref type="search" target="head:IVETTE">IVETTE</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7849" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMAESYCE" />
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    <head>CHAMAESYCE</head>
    <p>
    CHAMAESYCE , s. m. C'est une plante qui est une espèce de tithymale. <i>Chamaesyssus.</i> Sa racine est fort petite, longue d'environ quatre doigts. Elle a plusieurs branches de la même longueur, rouges, un peu velues, couchées par terre, pleines d'un suc semblable à du lait. Ses feuilles sont un peu rondes, rouges par-dessous, vertes par-dessus. Il y en a quelques-unes au bout des branches, qui sont rouges des deux côtés. Ses fleurs viennent entre les feuilles, &amp; sont de couleur de pourpre.</p><p>Le nom de <i>chamaesyce</i> est Grec, &amp; vient de <i>humi, à terre,</i> &amp; , <i>peplus,</i> qui est une sorte de titymale.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7850" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMAILLER" />
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    <head>CHAMAILLER</head>
    <p>
    CHAMAILLER , v. n. Se battre contre un ennemi armé de toutes pièces ; frapper réciproquement sur les armes les uns des autres. <i>Inter se confligere.</i> Ces deux Chevaliers ont long-temps <i>chamaillé</i> l'un contre l'autre.</p><p>Nicot croit que ce mot vient de <i>maille,</i> à cause que les anciens Chevaliers en se battant frappoient sur des hauberts faits de mailles de fer. Il dit aussi qu'il pourroit venir de <i>malleus,</i> ou de <i>malleare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7850" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAMAILLER" />
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    <head>CHAMAILLER</head>
    <p>
    Chamailler , se dit aussi des autres batteries ; des querelles <pb n="955" facs="bpt6k8542165/f995/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; disputes qui durent long-temps soit à coups de mains, soit de paroles. <i>Inter se confligere verbis, pugnis.</i> Ces écoliers ont long-temps <i>chamaille</i> ensemble à coups de poing. Ces Docteurs ont long-temps <i>chamaillé</i> en disputant sur cette question.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7851" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMAILLIS" />
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    <head>CHAMAILLIS</head>
    <p>
    CHAMAILLIS , s. m. Action par laquelle on chamaille. <i>Conflictus.</i> Ce mot n'est plus guère en usage que dans le style familier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7852" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMANT" />
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    <head>CHAMANT</head>
    <p>
    CHAMANT , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Amantius.</i> Saint Amant, que nous appellons plus communément S. <i>Chamant,</i> étoit Citoyen de la Ville de Rodez, dont il fut premier Evêque. Il mourut vers la fin du Ve siècle. Baillet. Ce nom montre que nous avons ajoûté quelquefois <i>ch</i> au commencement des mots, dont la première lettre est une voyelle, &amp; peut servir à vérifier quelques étymologies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7853" id="1" type="">
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    <head>CHAMARAX</head>
    <p>
    CHAMARAX , s. m. Plante qu'on appelle aussi <i>Germandrée d'eau,</i> ou <i>scordium.</i> Voyez <ref type="search" target="head:SCORDIUM">SCORDIUM</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7854" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMARRÉ" />
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    <head>CHAMARRÉ</head>
    <p>
    CHAMARRÉ , s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois un <i>hoqueton,</i> ou habit de Berger fait de peaux de mouton, ou de chèvre, sur les coutures duquel il y avoit plusieurs bandes en guise de passement. <i>Rheno pastoritius virgatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7855" id="1" type="">
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    <head>CHAMARRER</head>
    <p>
    CHAMARRER , v. act. Mettre du passement, du galon, des boutons sur un habit par plusieurs rangs pour lui servir d'ornement. <i>Vestem transversis segmentis describere, distinguere.</i> Les gens de couleurs ont des habits <i>chamarrés</i> de galons, de bandes de velours, &amp;c. Ce Seigneur fait <i>chamarrer</i> son habit de passemens d'or, de broderie. <i>Chamarrer</i> en quille, <i>chamarrer</i> à bâtons rompus.</p><p>Ce mot vient de l'ancien Gaulois <i>chamarre</i>, qui étoit un habit décrit ci-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7855" id="2" type="">
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    <head>CHAMARRER</head>
    <p>
    Chamarré, ée , part. &amp; adj. <i>Virgatus, segmentatus.</i> Habit <i>chamarré.</i></p><p>CHAMARRURE, s. f. Ornement d'habits fait avec du passement, broderies, galon, &amp;c. <i>Virgata vestis, segmentata.</i> La <i>chamarrure</i> de cet habit a coûté plus que l'étoffe. Il se dit aussi de la manière de chamarrer. <i>Chamarrure</i> à ondes, en bracelets, à bâtons rompus.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7856" id="1" type="coutumes">
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    <head>CHAMBELLAGE</head>
    <p>
    CHAMBELLAGE , ou CHAMBRELLAGE. Terme de Coutumes . C'est un droit que le vassal doit au Seigneur féodal en certaines mutations, qui est différent suivant les lieux. Il y a aussi un droit de <i>chambellage</i> qui est dû au premier Huissier de la Chambre des Comptes par ceux qui y font la foi &amp; hommage : ce qui vient de ce que le Chambellan du Roi avoit un droit sur les vassaux qui relevoient nuement de la Couronne, en considération de ce qu'il les introduisoit dans la chambre du Roi, pour faire la foi &amp; hommage ; il se tenoit à côté du Roi, &amp; disoit à ceux qui se présentoient : <i>Vous devenez homme du Roi, de tel fief, que vous connoissez tenir de sa Couronne.</i> Pour cela on lui faisoit un petit présent, qui a été depuis converti en droit, &amp; en obligation. Les Rois, pour se délivrer de l'importunité de recevoir les hommages de leurs vassaux, ayant renvoyé cette cérémonie à la Chambre des Comptes lorsqu'elle fut établie à Paris, le droit du Chambellan passa en même-temps au premier Huissier de la Chambre, lequel introduit les vassaux du Roi. Il est taxé à un écu par la Coutume de Mante, &amp; à vingt sols par celle de Senlis. C'est ce que devoit donner le moindre vassal par l'Ordonnance du Roi Philippe de l'an 1272. <i>Jus cubicularis magisterii in regis beneficiarios.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7857" id="1" type="">
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    <head>CHAMBELLAN</head>
    <p>
    CHAMBELLAN , s. m. Officier de la Chambre du Roi, de Monsieur, &amp;c. <i>Cubiculo regio praepositus. Cambellanus, Cambalarius, Camerarius, Cubicularius.</i> On dit, le Grand <i>Chambellan</i> ; pour dire, le premier Officier de la Chambre du Roi, ou de Monsieur. On l'a appellé aussi autrefois <i>Grand Chambrier</i> ; &amp; sa charge <i>Grande Chambrerie.</i> C'étoit la seconde dignité du Royaume. Il est d'ordinaire nommé après le Chancelier. On n'expédioit guère de Lettres Patentes qu'en la présence du <i>Grand Chambellan</i> : cela se faisoit encore du temps de Philippe Auguste. Il avoit alors jurisdiction sur la fripperie &amp; sur les marchandises, comme le Grand Pannetier l'avoit sur les Boulangers. Il introduisoit dans la Chambre du Roi les vassaux qui venoient faire hommage, qui lui faisoient un présent qu'on appelloit le droit de Chambellage. Il gardoit le trésor du Roi, faisoit l'office de Maître d'Hôtel, d'Ecuyer tranchant, &amp; de Gentilhomme servant. Geliot, en son <i>Indice Armorial,</i> dit que le Grand <i>Chambellan</i> pour marque de sa charge, met derrière l'Ecu de ses Armes deux clefs d'or passées en sautoir, dont les anneaux sont terminés par une couronne royale, &amp; qu'il reçoit le serment de tous les Officiers de la Chambre du Roi. Il dit aussi, qu'autrefois la dépouille &amp; les habits du Roi lui appartenoient, lequel en devoit avoir neuf par jour. Mais comme il étoit incommode de se déshabiller si souvent, on en faisoit une estimation qui se convertissoit en argent. Le jour du Sacre il tire la botte, &amp; déchausse le Roi ; &amp; il est assis à ses pieds, lorsqu'il tient les Etats, ou son lit de Justice. Voyez aussi du Tillet.</p><p>P. Bardin imprima en 1623. un Livre intitulé, <i>Le Grand Chambellan de France,</i> où il est amplement traité des honneurs, droits, &amp; pouvoirs de cet office. Il prétend au c. 3. p. 6. que l'Office de <i>Grand Chambellan</i> est presque aussi ancien en France que la Monarchie ; car, dit-il, si nous ne voulons pas ajoûter foi à un Historien (Nicolas Gilles en la vie de Clovis) qui dit, qu'Aurélien, député par Clovis vers Gombaut, Roi de Bourgogne, pour aller rechercher sa nièce Clotilde en mariage, étoit <i>Chambellan</i> de ce premier Roi Chrétien, au moins sommes-nous obligés de croire à Guaguinus, Liv. II. à Nicolas Gilles en la vie de Clotaire, &amp; à Fauchet, Liv. III. ch. 8. qui ont assuré que Gautier de Calez, ou de Caux, Seigneur d'Ivetot, l'étoit de son fils Clotaire.</p><p>Il y en a qui croient que le Grand Chambrier, &amp; le <i>Grand Chambellan,</i> sont deux Offices séparés de pouvoir &amp; de dignité, &amp; que le Chambrier étoit proprement celui que l'on appelle Domestique du Roi ; mais ce sont deux noms que le même office a eu en différens temps. L'on trouve néanmoins en la Chambre des Comptes deux titres de ces Officiers ; &amp; nous voyons que sous un même Roi, &amp; en un même-temps, deux sont pourvus des Etats de <i>Chambellan</i> &amp; de Chambrier. Toutefois cela ne s'est fait que dans la dernière race, dit Bardin, quand nos Rois ne voulant point mécontenter les Grands Seigneurs qui demandoient cette Charge, la diviserent ainsi, donnant à l'un le nom de Grand <i>Chambellan,</i> &amp; à l'autre celui de Grand <i>Chambrier</i> ; &amp; peut-être servoient-ils alternativement par semestre ou par quartier. Plusieurs raisons, continue-t-il, m'autorisent en cela, &amp; entre autres que nous voyons les noms de Grands <i>Chambellans</i> &amp; Chambriers souscrits indifféremment aux chartres qui n'étoient signées que par les cinq grands Officiers de la Couronne ; mais l'on ne trouve point que ces deux Officiers aient soussigné mêmes Lettres. Au ch. VI. il fait une liste des <i>Grands Chambellans</i> jusqu'à Charles IX. &amp; au ch. VII. des Officiers &amp; Domestiques établis sous le <i>Grand Chambellan.</i></p><p>Le <i>Grand Chambellan,</i> le jour du Sacre du Roi, a soin de faire tenir la porte fermée, attendant que les Pairs &amp; Seigneurs frappent. Alors il leur demande ce qu'ils cherchent, &amp; eux répondans, Notre Roi, il leur ouvre, afin qu'ils l'aillent querir pour le conduire à l'Eglise. Là le <i>Grand Chambellan</i> reçoit les bottines Royales que l'Abbé de S. Denys lui met en main, pour les chausser au Roi, &amp; à lui seul appartient de lui vêtir la Dalmatique de bleu azuré, &amp; par-dessus le manteau Royal, les oraisons étant achevées.</p><p>Par les Etats des Hôtels des Rois Philippe le Bel, &amp; Philippe le Long, en toutes autres cérémonies Royales il a toujours la préséance. S'il porte la bannière de France, il est entre le Grand Maître, qui tient son bâton, &amp; le Grand Ecuyer, qui porte l'épée. Aux entrées de ville il est à sa main droite, &amp; la tête de son cheval vis-à-vis la jambe droite du Roi. Aux cérémonies à pied il marche un peu derrière, à sa main droite. Quand le Roi tient son lit de Justice en ses Cours de Parlement, par Arrêt de l'an 1451. 22. Avril, il a séance à ses pieds sur un carreau de velours violet couvert de fleurs de lis d'or. Il couchoit anciennement dans la Chambre du Roi, quand la Reine n'y étoit point ; &amp; lorsqu'il couche chez le Roi, tous les matins un Valet de Chambre le doit aller avertir, quand le Roi est éveillé, afin qu'il lui présente la chemise, &amp; sa robe de nuit ; honneur qu'il ne défère qu'aux enfans de France, &amp; au premier Prince du sang. Aux grands hommages que l'on rendoit au Roi le <i>Grand Chambellan</i> parloit pour lui, &amp; faisoit faire aux Seigneurs les protestations de leur fidélité &amp; du devoir de l'hommage. Il avoit l'oeil à ce que <pb n="956" facs="bpt6k8542165/f996/full/1200,/0/native.jpg"/>ceux qui étoient sous sa charge fissent nettoyer &amp; tapisser magnifiquement le Palais Royal, prissent garde aux habillemens du Roi, donnassent ordre que son lit fût honnêtement &amp; richement paré, son linge bien blanc, &amp; ses meubles bien propres ; soin qui lui étoit commun avec la Reine. Il disposoit des présens qu'il falloit donner aux Ambassadeurs Etrangers. Il a pouvoir de commettre un Lecteur pour le Roi, ce qui vient apparemment de ce qu'anciennement, lorsque nos Rois &amp; nos Reines prenoient leurs vêtemens, &amp; pendant leur repas, on avoit coutume de leur lire quelques histoires &amp; faits héroiques des Princes.</p><p>Il avoit anciennement la garde du trésor du Roi. Il a encore celle de ses ornemens royaux, couronne, sceptre, main de justice, anneau, manteau royal, scel de secret ; celle des étallons des poids &amp; mesures. Depuis Philippe I. qui l'ordonna, il a toujours soussigné avec les quatre grands Officiers de la Couronne aux chartres &amp; lettres de conséquence. Il assiste au jugement des Pairs, &amp; y a voix délibérative. Cela fut jugé l'an 1224. sous Louïs VIII. Voyez Pasquier, Liv. IV. <i>des Rech.</i> ch. 9. Philippe le Bel défendit qu'aucun ne prit vivres à Paris au taux du Roi, excepté la Reine, ses enfans, le <i>Grand Chambellan,</i> &amp;c. Il avoit autrefois sa table entretenue chez le Roi. Il étoit exemt de payer aucun sceau. Lorsque le Roi est en campagne, les Maréchaux des Logis doivent marquer pour le <i>Grand Chambellan</i> la première chambre après celle du Roi. Cela fut jugé au voyage de Louis XIII. en Languedoc en faveur de M. le Duc de Chevreuse ; &amp; la raison est qu'anciennement il couchoit dans la chambre du Roi. Enfin, la marque &amp; enseigne de la Charge de <i>Grand Chambellan</i> est la bannière de France. Tout ceci est tiré de Bardin. On peut voir encore Du Tillet, P. I. p. 415. &amp; suivantes.</p><p>Le Prévôt de Paris prend le titre de <i>Chambellan</i> ordinaire du Roi. Cela vient de ce que nos Rois voulant être informés exactement par ce Magistrat de tout ce qui concernoit leur service, ou le bien public, attacherent à son Office celui de leur <i>Chambellan</i> ordinaire, pour avoir accès à toute heure auprès de leur personne. De la Mare, <i>Traité de la Police Liv. I. Titre VII. ch.</i> 3.</p><p>Le Grand <i>Chambellan</i> est à Rome, Celui qui a soin du gouvernement de la ville, qui préside au Patrimoine de l'Eglise &amp; au Fisc, &amp; qui fait les aumônes du revenu de l'Eglise : c'est comme le Préfet du Trésor Romain, ou le Surintendant des Finances. <i>Aerario Romano praefectus, praepositus.</i> Il a aussi le soin des édifices publics, comme les Ediles. Le siége vacant, il loge à l'appartement du Pape ; marche avec sa Garde-Suisse, &amp; ordonne de l'assemblée du Conclave. Il y a aussi à Rome une charge de <i>Chambellan</i> du Sacré Collége, qui s'exerce tour-à-tour pendant un an par les plus anciens Cardinaux. Il a soin du revenu du Sacré Collége, &amp; en sortant de charge il distribue à chacun des Cardinaux ce qui lui appartient. Il est différent du <i>Camerlingue,</i> ou <i>Chambellan du Pape. Aerario sacri Cardinalium Collegii praefectus.</i></p><p><i>Chambellan,</i> se dit aussi, d'une des deux grandes tables que le Roi tient pour les Courtisans, qui étoit autrefois tenue par le Grand <i>Chambellan,</i> &amp; que le premier Maître d'Hôtel tient aujourd'hui. Aller dîner au <i>Chambellan.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBELLANIE</head>
    <p>
    CHAMBELLANIE , s. f. Charge, dignité, office de Chambellan. <i>Camerarii,</i> ou <i>Cubicularis dignitas.</i> Du Tillet se sert de ce mot Part. I. pag. 415. Aujourd'hui il faut dire Charge de Chambellan.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBERLAN</head>
    <p>
    CHAMBERLAN , se disoit autrefois proprement d'un Gentilhomme dormant dans la Chambre du Roi au pied de son lit, en l'absence de la Reine, comme dit Ragueau. <i>Magister thalami regii Regis ad pedes cubans absente Regina. Chamberlanus.</i> Il y avoit aussi de petits <i>Chamberlans</i> qui mettoient la nappe, comme témoigne Borel. Le même rapporte que <i>Chamberlan, Chambrelan,</i> &amp; <i>Chambellan</i> est la même chose. Voyez <ref type="search" target="head:CHAMBRELAN">CHAMBRELAN</ref>.</p><p>Ces mots viennent du Latin <i>camera,</i> chambre, &amp; l'on devroit dire <i>Chambrelan</i> pour <i>Chambellan,</i> dit de S. Julien <i>Antiq. de Chalons</i> p. 384. L'usage l'a adouci en retranchant l'<i>r. Camera, chambre,</i> est formé sur le Celtique <i>Cambr.</i> Pezron. Ce prétendu Celtique n'est-ce point un mot Roman, ou Romanesque, que les Gaulois ont fait du Latin ou du Grec ?</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBÉRY</head>
    <p>
    CHAMBÉRY , s. m. Ville capitale de Savoye. <i>Cameriacum. Chambéry</i> est situé au confluent des deux petites rivières de Laise &amp; d'Albans, ou Albane. Il y a un Parlement que l'on appelle Senat composé de quinze Sénateurs, &amp; quatre Présidents ; &amp; une Chambre des Comptes. Paradin, dans sa <i>Savoye,</i> dit que cette ville est dans le territoire des anciens Antuates, <i>Antuates.</i> Cénalis &amp; quelques autres prétendent que c'est l'ancienne Civaro, ville des Allobroges, que d'autres mettent à Civron, village situé sur l'Isère à trois lieues de <i>Chambéry.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBOR</head>
    <p>
    CHAMBOR , s. m. Nom d'une très-belle Maison Royale, qui est dans le Blaisois, à trois ou quatre lieues de Blois, de l'autre côté de la Loire. <i>Camboritum. Chambor</i> a été bâti par François I. &amp; Henri II.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRANLE</head>
    <p>
    CHAMBRANLE , s. m. Terme d'Architecture , &amp; de Menuiserie. Bordure, ornement de menuiserie, ou de pierre, qu'on met de trois côtés autour des portes des chambres, des croisées, &amp; des cheminées, dans les beaux appartemens, &amp; sur lequel on attache souvent les gonds. <i>Antepagmentum.</i> Il est différent selon les ordres ; &amp; quand il est simple &amp; sans moulure, on le nomme <i>bandeau.</i> Le <i>chambranle</i> a trois parties : les deux côtés qu'on appelle <i>montans, Scapi cardinales</i> ; &amp; le haut, qu'on appelle <i>traverse, Supercilium.</i> Le <i>chambranle</i> à crû, est celui qui porte sur l'aire du pavé, ou sur un appui de croisée sans plinthe. Le <i>chambranle</i> à crossettes, est celui qui a des crossettes, ou oreillons à ses encognures. On se contente maintenant d'un seul <i>chambranle</i> pour faire un manteau de cheminée, avec un tableau au-dessus.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    CHAMBRE , s. f. Membre d'un logis, partie d'un appartement. <i>Conclave.</i> C'est ordinairement le lieu où on couche qui se nomme proprement en Latin <i>cubiculum.</i> C'est aussi le lieu où on reçoit compagnie. <i>Exedra.</i> Un bel appartement doit avoir sale, antichambre, <i>chambre</i> &amp; cabinet. Il a une <i>chambre</i> de parade, &amp; une petite <i>chambre</i> chaude &amp; boisée où il couche. Une <i>chambre</i> en galetas, est celle qui est prise dans une partie du toit &amp; de la charpente.</p><p>Ce mot vient selon Nicot du Latin <i>camera,</i> qui a été dérivé du Grec , signifiant <i>voûte,</i> ou <i>courbe</i> ; parce qu'originairement l'on ne donnoit le nom de <i>chambre</i> qu'aux places qui étoient voûtées en arc de cloître. Les Espagnols disent aussi <i>camara,</i> d'où on a fait <i>camarade.</i> Du Cange. Dans <i>camera</i> l'<i>e</i> devenant muet, ou se retranchant, l'<i>m</i> n'a pû se prononcer immédiatement devant l'<i>r</i> ; il a fallu ajoûter un <i>b</i> entre deux, selon les remarques &amp; les principes de M. l'Abbé Dangeau, dans ses excellens <i>Essais de Grammaire.</i></p><p>On appelle une <i>chambre locande,</i> une <i>chambre</i> qu'on a coutume de louer. <i>Conclave locandum.</i> Une <i>chambre garnie,</i> une <i>chambre</i> où l'hôte fournit les meubles &amp; les ustensiles nécessaires pour vivre. <i>Conclave excipiendis convictoribus instructus.</i> J'ai pris une <i>chambre garnie.</i> Se mettre en <i>chambre garnie.</i> Il est en <i>chambre garnie.</i> Un loueur de <i>chambres garnies.</i> Par un Règlement de Police du 20. Mars 1635. il est défendu aux loueurs de <i>chambres garnies</i> de loger, ni recevoir, ni jour ni nuit, que personnes de bonne vie, &amp; bien famés, ni leur administrer vivres ni alimens à peine de punition exemplaire. Et leur est enjoint de s'enquérir de ceux qui logeront chez eux, de leurs noms, surnoms, qualités, conditions, demeurances, du nombre de leurs serviteurs, chevaux, le sujet de leur arrivée, &amp; le temps de leur séjour ; en faire registre, &amp; le porter le même jour au Commissaire de leur quartier, lui en laisser autant par écrit, &amp; s'il y a aucuns de leurs hôtes soupçonnés de mauvaise vie, en donner avis audit Commissaire, &amp; de bailler caution de leur fidélité au Greffe de la Police. De la Mare. <i>Traité de la Police Liv. I. Tom. VIII. c.</i> 3.</p><p>Dans les Couvents il y a la <i>chambre des hôtes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre de parade . C'est la plus grande <i>chambre</i> d'un appartement, &amp; celle où sont les meubles les plus beaux &amp; les plus précieux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre a coucher , ou chambre du lit, est celle où l'on couche ordinairement ; elle est dans l'appartement d'usage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , s'emploie aussi en parlant des valets qui rendent service à la <i>chambre</i> ; &amp; de quelques ustensiles qui y servent aux nécessités. Un valet de <i>chambre. Cubicularius.</i> Une fille de <i>chambre. Ancilla cubicularis.</i> Une robe de <pb n="957" facs="bpt6k8542165/f997/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>chambre,</i> qu'on met quand on garde la chambre. <i>Vestis domestica.</i> Un bassin, un pot de <i>chambre,</i> vaisseau où on se décharge le ventre &amp; la vessie. <i>Matula, matella.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre close , en termes d'Optique est une <i>chambre</i> ou un vaisseau bien fermé de toutes parts, à la réserve d'une petite ouverture par où on laisse entrer les rayons du Soleil, qui vont peindre sur le mur opposé, sur un papier, les images de tout ce qui est au-dehors : ce qui a démontré la manière dont se fait la vision. <i>Conclave solaribus radiis nisi per angustum foramen undequaque impervium.</i> Daniel Barbaro, Patriarche d'Aquilée, a été le premier qui a écrit de cette invention, ensuite A. Porta, &amp; Cardan dans sa <i>Subtilité.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , signifie quelquefois, un lieu caché &amp; retiré. <i>Secretius conclave.</i> Ce Cordonnier n'est que compagnon, il travaille en <i>chambre,</i> il n'oseroit tenir boutique. <i>Intra privatos parietes opus facere.</i> Cet homme tient une fille en <i>chambre,</i> c'est-à-dire, l'entretient en quelque lieu secret.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , se dit par excellence de la <i>Chambre</i> du Roi, des Officiers qui y servent, &amp; des meubles qui y sont destinés. <i>Cubiculum regium.</i> Les quatre premiers Gentils-hommes de la <i>Chambre</i> ont chez eux les Pages de la <i>Chambre,</i> &amp; servent par année ; les Valets de <i>Chambre,</i> les Huissiers de <i>Chambre</i> par quartiers. La Musique de la <i>Chambre,</i> ou autrement <i>du petit coucher.</i> On appelle aussi la <i>Chambre,</i> le lit &amp; la <i>Chambre</i> du Roi, qui marche toujours quand le Roi va par pays. On appelle aussi la <i>Chambre du Roi,</i> les plus belles <i>chambres</i> des châteaux ou des hôtelleries où le Roi a une fois couché allant par pays. On appelle enfin <i>Chambre</i> du Roi, certains Officiers de la <i>Chambre,</i> ou qui y ont rapport, &amp; quand le Roi Louis XIV. le matin après être levé, pendant qu'on l'habilloit, demandoit sa <i>Chambre,</i> alors les Huissiers de la <i>Chambre</i> prenoient la porte de la <i>Chambre,</i> &amp; avec eux entroient les Valers de <i>Chambre,</i> les Porte-manteaux, les Porte-arquebuses &amp; autres Officiers de la <i>Chambre.</i></p><p>Chez le Roi il y a aussi la <i>Chambre aux deniers. Instituta moderandis regiae domûs sumptibus praefectura :</i> &amp; trois Maitres de cette <i>Chambre</i> servent chacun leur année, &amp; règlent la dépense de la Maison du Roi dans un bureau établi pour cela, où ils président. <i>Regio patrimonio tuendo tribunal.</i></p><p>Autrefois on appelloit <i>Chambre,</i> le lieu où on gardoit le Trésor Royal, comme on voit dans les Capitulaires de Charles le Chauve. On dit encore à Rome, des ducats de la <i>Chambre</i> ; pour dire, du Trésor des Papes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , se dit aussi de plusieurs Jurisdictions où on rend la Justice. En chaque Parlement il y a une Grande <i>Chambre,</i> qu'on appelle autrement la <i>Chambre des Audiences.</i> Et il faut prononcer <i>Gran-Chambre,</i> ou <i>Grand'Chambre,</i> &amp; non pas <i>Grande Chambre,</i> qui ne se dit que lorsque l'on veut exprimer la grandeur, l'étendue de la pièce d'un appartement que l'on appelle <i>Chambre.</i> C'est ainsi que l'on dit <i>Gran,</i> ou <i>Grand'Mère,</i> &amp; non pas <i>Grande-Mère.</i> Voyez le mot Grand.</p><p>Dans la première institution du Parlement il n'y avoit que deux <i>Chambres,</i> &amp; deux sortes de Conseillers : l'une étoit la <i>Grande Chambre</i> pour les Audiences, dont les Conseillers s'appelloient <i>Jugeurs,</i> qui ne faisoient que juger, <i>Primarium centumviralis Senatûs tribunal ;</i> l'autre <i>des Enquêtes,</i> dont les Conseillers s'appelloient <i>Rapporteurs,</i> qui ne faisoient que rapporter les procès par écrit. <i>Inquisitorum curia.</i> Des <i>Chambres des Enquêtes,</i> qui jugent des procès par écrit : il y en a cinq à Paris, ailleurs moins. Une <i>Chambre de la Tournelle,</i> ou <i>Chambre Criminelle,</i> ou se jugent les procès criminels, qui est ainsi appellée, parce que les Conseillers des autres <i>Chambres</i> y vont tour-à-tour. <i>Capitalium judicum tribunal.</i> On a aussi établi depuis peu une <i>Chambre</i> pour la Tournelle civile, ou <i>Chambre civile,</i> où on juge à l'audience les affaires au-dessous de mille écus.</p><p>Il y a aussi des <i>Chambres de Requêtes du Palais. Institutum libellis supplicibus judicandis tribunal,</i> où l'on juge en première instance les affaires des Officiers du Roi, qui sont privilégiés, &amp; qui ont droit de <i>Committimus.</i> Il y en a deux à Paris, &amp; une dans les autres Parlemens.</p><p>On appelle <i>Chambre du Conseil,</i> la <i>Chambre</i> où les Conseillers jugent les procès par écrit. <i>Interius consilii conclave.</i></p><p>La <i>Chambre des Vacations,</i> est celle qu'on établit pour juger les matières provisoires &amp; criminelles pendant que le Parlement vaque. <i>Tribunal dicendi juris per statos vacationum forensium dies.</i></p><p>La <i>Chambre de la question,</i> est celle où on donne la question. <i>Tribunal tormentorum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre de l'Edit , ou Chambre mi-partie, est une <i>Chambre</i> établie en vertu des Edits de pacification en faveur de ceux de la Religion Prétendue Réformée, dans laquelle il y a autant de Juges d'une Religion que de l'autre. <i>Tribunal mixtorum ex Catholicis &amp; Calvinianis judicum.</i> La <i>Chambre de l'Edit</i> du Parlement de Toulouse est à Castres, celle de Bordeaux à Agen. Elles ont été supprimées. Les <i>Chambres de l'Edit</i> jugeoient toutes les affaires auxquelles ceux de la Religion Prétendue Réformée étoient intéressés, ou comme parties principales, ou comme garants, soit en demandant, soit en défendant, tant en matière civile qu'en matière criminelle. On en avoit excepté les causes où il s'agiroit du possessoire des bénéfices, des dîmes non inféodées, du patronage Ecclésiastique, des droits &amp; des devoirs du domaine de l'Eglise. A l'égard des appellations comme d'abus interjettées des Jugemens Ecclésiastiques par ceux de la Religion Prétendue Réformée, si elles étoient fondées sur entreprises faites par des Ecclésiastiques contre la Jurisdiction Royale, contraventions aux Droits &amp; Ordonnances du Roi, &amp; Arrêts des Cours Souveraines, elles étoient traitées &amp; jugées par les <i>Chambres de l'Edit</i> : mais si elles étoient fondées sur une contravention aux saints Decrets, Sanctions &amp; Constitutions Canoniques, les <i>Chambres de l'Edit</i> n'en pouvoient connoître ; cependant le Clergé avoit obtenu plusieurs Déclarations &amp; Edits pour que les appellations comme d'abus des jugemens Ecclésiastiques fussent toutes traitées dans les Parlemens. Voyez Fevret <i>De l'Abus</i> Liv. I. ch. 2.</p><p>La Cour des Aides. <i>Curia tributaria.</i> Elle est aussi divisée en trois <i>Chambres</i> : elle a une grande <i>Chambre</i> d'audience.</p><p>Les <i>Chambres assemblées,</i> se dit de toute la <i>Grand'Chambre,</i> jointe aux autres chambres d'un Parlement, &amp; à la Tournelle. <i>Coactum ex universo Senatu concilium.</i> Les Gentils-hommes, les Officiers Royaux, &amp; les Prêtres ont le droit de faire juger leurs procès criminels les <i>Chambres assemblées</i> ; c'est-à-dire, par les Présidens &amp; les Conseillers de la <i>Grand'Chambre,</i> quoiqu'ils soient de service à la Tournelle &amp; à l'Edit. Et quand on dit, que le Parlement est assemblé, ou qu'on demande l'assemblée des <i>Chambres,</i> les Conseillers des Enquêtes &amp; des Requêtes y sont aussi appellés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre des Comptes , est une Cour Souveraine où se rendent tous les comptes de tous les deniers royaux ; où on enregistre les aveus &amp; dénombremens qu'on donne au Roi, les sermens de fidélité, &amp; les autres choses qui regardent les Finances du Roi, ou son Domaine. <i>Rationum regiarum curia.</i> Cette <i>Chambre</i> fut rendue sédentaire à Paris sous le règne de Philippe le Bel, &amp; fut nommée <i>Chambre,</i> comme le Parlement. Les Avocats, &amp; Procureurs Généraux du Parlement, &amp; de la <i>Chambre des Comptes,</i> furent communs jusqu'à l'an 1454. Elle avoit une plus grande autorité qu'elle n'a aujourd'hui. C'étoit toujours un Archevêque, ou un Evêque qui y présidoit. La charge de second Président fut pendant quelque temps affectée au grand Bouteiller de France. Ce fut Louis XI. qui nomma un Laique pour premier Président : Louis XII. donna cette charge à Jean Nicolaï, dont les descendans en ligne directe ont rempli la même place jusqu'à présent. Elle est composée de Présidens, de Maîtres, Correcteurs &amp; Auditeurs ; d'un Avocat, &amp; d'un Procureur Général. Voyez <ref type="search" target="head:Pasquier">Pasquier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre des Monnoies , érigée en Cour Souveraine sous Henri II. <i>Monetalium judicum curia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre du Trésor , est une Jurisdiction où on juge en première instance les affaires qui regardent le Domaine du Roi, &amp; dont l'appel ressortit au Parlement. <i>Aerarii regii tribunal.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre Ecclésiastique , est une <i>Chambre</i> établie, où on juge par appel les différends qui arrivent sur la levée des décimes. <i>Tribunal Ecclesiasticum.</i> Il y en a de subalternes en chaque Diocèse. On les appelle Bureaux Ecclésiastiques. Voyez <ref type="search" target="head:Bureau">Bureau</ref>.</p><p>Il y a en France neuf <i>Chambres Ecclésiastiques,</i> savoir, Paris, Rouen, Lyon, Tours, Toulouse, Bourdeaux, Aix, Bourges, Pau. Elles sont ordinairement composées de l'Archevêque du lieu où est établie la <i>Chambre,</i> qui en est le Président, des autres Archevêques &amp; Evêques du ressort, d'un Deputé de chacun des Diocèses du ressort, &amp; de trois Conseillers du Parlement ou du Présidial où se tient l'Assemblée. La <i>Chambre</i> les choisit, &amp; prend autant qu'il se peut des Conseillers Clercs : elle choisit aussi un Promoteur. On s'assemble tous les huit jours : quand il ne s'y trouve point d'Evêque pour présider, c'est un des Conseillers qui préside. Pour faire arrêt il faut qu'il y ait au moins sept personnes, &amp; qu'il se trouve un Evêque, ou un Conseiller pour Président. Le Receveur général du Clergé a ses causes commises à la <i>Chambre Ecclésiastique</i> de Paris, qui se tient dans le Palais. Quoique les villes d'Avignon, de Carpentras, de Cavaillon &amp; de Vaison, appartiennent au Pape, leurs ressorts sont compris dans le ressort de la <i>Chambre Ecclésiastique</i> d'Aix, parce qu'il y a quelques Paroisses de ces Diocèses qui étant dans les terres du Roi, sont sujettes aux impositions comme les autres lieux du Royaume. L'Assemblée du Clergé tenue à Melun en 1579. ayant révoqué les Syndics généraux du Clergé, qui jugeoient en dernier ressort avec deux ou trois Conseillers du Parlement de Paris les disputes qui arrivoient à l'égard des impositions sur le Clergé, elle demanda au Roi l'établissement de quelques <i>Chambres,</i> où l'on jugeât sans appel ces matières ; &amp; le Roi l'accorda par le contract du 20. Février 1580. ce qui fut suivi d'un Edit qui érigeoit les <i>Chambres</i> de Paris, Rouen, Lyon, Tours, Toulouse, Bourdeaux, Aix, &amp; qui marquoit l'étendue du ressort de chacune de ces <i>Chambres.</i> Cet établissement a été confirmé de temps en temps par les Rois, ordinairement pour dix ans chaque fois, mais avec quelque changement ; car en 1596. le Roi Henri le Grand ajoûta la <i>Chambre</i> de Bourges à celles qui étoient déja établies, &amp; en 1633. le Roi Louïs le Juste, après avoir rétabli les Ecclésiastiques de Béarn dans leurs biens, créa une <i>Chambre Ecclésiastique</i> à Pau pour les Diocèses de Lescar &amp; d'Oleron, qui jusques là avoient dépendu de la <i>Chambre Ecclésiastique</i> de Bourdeaux. Par l'Edit de 1596. Gap fut ôté du ressort de Lyon, pour être mis en celui d'Aix ; &amp; par un règlement de l'Assemblée fait le 28. Janvier 1606. Nevers fut ôté du ressort de Lyon pour être mis en celui de Paris. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. l'Abbé de Dangeau, les <i>Mémoires du Clergé,</i> les Procès verbaux des Assemblées du Clergé, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , se dit aussi des Jurisdictions extraordinaires établies par des Commissions du Roi pour un certain temps, comme la <i>Chambre de Justice,</i> ou la <i>Chambre ardente,</i> pour la recherche des criminels d'Etat, ou de ceux qui ont malversé dans les Finances. <i>Capitales judices extraordinarii.</i> On appella d'abord <i>Chambre ardente,</i> une <i>Chambre</i> que François II. érigea dans chaque Parlement pour faire le procès aux Luthériens, &amp; aux Calvinistes, parce qu'on les faisoit brûler sans miséricorde dès qu'ils étoient convaincus n'être pas bons Catholiques. Mez. En 1679. on appella aussi <i>Chambre ardente,</i> la <i>Chambre</i> qui fut établie pour la poursuite des empoisonneurs. La <i>Chambre Royale,</i> pour la réformation des Maladreries. La <i>Chambre du Domaine,</i> pour les affaires extraordinaires du Domaine.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , se dit aussi en parlant de Jurisdictions étrangères. La <i>Chambre Apostolique,</i> est celle où on traite les affaires qui regardent le Trésor ou le Domaine de l'Eglise &amp; du Pape, ses parties casuelles. <i>Camera apostolica.</i> Les expéditions qui doivent passer par la <i>Chambre,</i> sont taxées à tant de ducats de la <i>Chambre.</i> La <i>Chambre-haute</i> &amp; la <i>Chambre-basse,</i> sont les deux <i>Chambres</i> qui composent le Parlement d'Angleterre. <i>Tribunal superius ; Tribunal inferius.</i> La <i>Chambre-haute</i> est la <i>Chambre</i> des Seigneurs : le nombre est arbitraire, &amp; dépendant du Roi. L'Etat d'Angleterre imprimé en 1692. en compte 188. La <i>Chambre-basse,</i> est celle des Communes, composée des Députés des Provinces, des Villes &amp; des Bourgs, qui montent à 510. lorsqu'ils sont tous présens. Dans la réunion qui s'est faite ces derniers années de l'Angleterre &amp; de l'Ecosse en un seul Royaume, &amp; en un seul Parlement, le nombre des Députés de la <i>Chambre-haute</i> a augmenté de 16. Pairs d'Ecosse, &amp; celui de la <i>Chambre basse</i> de 45. membres Ecossois.</p><p>La <i>Chambre Impériale,</i> est une Jurisdiction qui se tenoit à Spire : elle a été depuis transférée à Vetzlar. On y juge des différends des Princes &amp; villes de l'Empire d'Allemagne. <i>Tribunal Impériale.</i> Cette <i>Chambre</i> étoit au commencement ambulatoire. Elle fut formée l'an 1473. à Augsbourg, par Frideric IV. Elle y fut continuée l'an 1495. par une nouvelle institution de Maximilien I. du consentement de tous les Ordres de l'Empire, nonobstant laquelle institution cette <i>Chambre</i> fut envoyée à Francfort, &amp; de là à Wormes l'an 1497. Ensuite, après avoir été transportée en divers lieux, comme à Nuremberg, à Ratisbonne, puis encore à Wormes &amp; à Nuremberg, &amp; de cette dernière ville à Eslingen, on la transféra enfin l'an 1527. à Spire, où Charles V. la rendit sédentaire l'an 1530. par une Déclaration qui fut expliquée en 1548. par une autre plus ample avec la clause, que cette <i>Chambre</i> ne pourroit plus être transférée ailleurs sans le consentement des Etats de l'Empire, à moins que ce ne fût en cas de guerre ou de peste. Heiss. Il n'y avoit que 16. Assesseurs dans son institution ; mais à cause du changement de Religion dans une partie de l'Allemagne, le Traité de paix fait à Osnabrug en 1648. en augmenta le nombre : outre cinq Présidens, on y établit 50. Assesseurs, dont il y en a 26. Catholiques, &amp; 24. Protestans : entre les Présidens il y en a aussi deux Protestans, afin de tenir la balance plus égale entre les deux Religions. Cette <i>Chambre</i> a le pouvoir de juger par appel en dernier ressort de toutes les affaires civiles de tous les sujets de l'Empire ; de même que le Conseil Aulique, qui réside à la Cour de l'Empereur. Les procès y sont d'ordinaire immortels, par le nombre presqu'infini de formalités dont on les embarrasse. D'ailleurs la <i>Chambre Impériale</i> n'ôse bien souvent prononcer, de peur d'exposer ses arrêts à quelque disgrace ; parce qu'il arrive quelquefois que les Princes ne permettent pas qu'on exécute les arrêts de la <i>Chambre</i> qui ne leur plaisent pas. Comme les Princes, ou les Cercles de l'Empire, ne remplissent pas toujours exactement les places vacantes, le nombre des Assesseurs est présentement réduit à 15.</p><p><i>Chambre des Assurances,</i> c'est une Cour de Justice, &amp; le lieu où l'on juge en Hollande les affaires que les assurances font naître.</p><p>CHAMBRE ROYALE DE MÉDECINE. C'étoit une espèce de seconde Faculté de Médecine que Théophraste Renaudot, &amp; quelques Médecins des Facultés étrangères avoient voulu établir à Paris vers l'an 1670. S. Germain, qui avoit été Carme Déchaussé, &amp; qui étoit à la tête de cette affaire, obtint de M. le Chancelier d'Aligre des Lettres Patentes ; mais le même Chancelier, par un Arrêt du 17. Juin 1673. ordonna le rapport de ces Lettres Patentes, &amp; défendit à ceux qui les avoient surprises de s'en servir. Enfin, une Déclaration du 3. Mai 1694. cassa cette <i>Chambre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Maître de Chambre , ou <i>Camérier,</i> c'est le premier Officier de la <i>Chambre</i> du Pape, ou d'un Cardinal. <i>Camerarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre noire , Dans les Monastères, est le lieu où on se retire par dévotion, ou bien où on est enfermé pour faire pénitence, &amp; pour se mortifier, ou pour avoir la discipline. <i>Obscurum &amp; piacularibus poenis destinatum conclave.</i> C'est aussi un terme de fumeur . On dit faire <i>chambre noire.</i></p><p>En termes de Fonderie , on appelle <i>Chambre,</i> un vuide ou concavité qui demeure dans un canon, ou une cloche qu'on a fondue, où le métal n'a pas coulé. <i>Interior cavus.</i> Il faut refondre ce canon, car il y a une <i>chambre</i> ; il pourroit bien crever, parce que cet endroit est plus foible. On appelle aussi <i>chambre,</i> un endroit au fond de l'ame de certaines pièces de canon, &amp; certains mortiers de nouvelle invention, qui est concave, &amp; que l'on fait exprès en les fondant pour y mettre la poudre, &amp; où va se terminer la lumière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , Terme de Sellier , qui se dit du vuide qu'on pratique dans une selle de cheval, un bât, un collier, en retirant un peu de la bourre, lorsque le cheval est foulé ou blessé en quelque endroit, pour empêcher que la selle ne porte dessus. <i>Pars ephippii camerata.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    <pb n="959" facs="bpt6k8542165/f999/full/1200,/0/native.jpg"/> Chambre , se dit aussi en termes de Guerre , du lieu où on met la poudre quand on fait une mine. <i>Cavus pulverarius.</i> La <i>chambre</i> d'une mine est un vuide de 5. à 6. pieds cubes, &amp; se charge d'un millier, ou environ, de poudre. On l'appelle autrement <i>fourneau.</i></p><p>En termes de Marine , <i>Chambres des vaisseaux,</i> sont les lieux où couchent les Officiers Majors. <i>Cubicula.</i> On appelle <i>grand'chambre,</i> celle qui est prise sur l'arrière du second pont du vaisseau ; &amp; <i>Chambre de Conseil,</i> celle qui est au gros vaisseau au-dessus de la <i>grand'chambre.</i> La <i>chambre</i> des Canoniers, est l'étage, ou retranchement de l'arrière du vaisseau au-dessus de la soute, &amp; au-dessus de la <i>chambre</i> du Capitaine : les vaisseaux de guerre y ont ordinairement deux sabords. <i>Chambre</i> aux voiles ; c'est le lieu où l'on tient les voiles pour en changer quand il en est besoin.</p><p>On appelle aussi <i>chambre,</i> la partie intérieure &amp; la plus profonde d'un port, qu'on nomme autrement <i>paradis,</i> &amp; <i>darcine,</i> ou <i>bassin,</i> où on retire les vaisseaux désarmés, pour les calfater. <i>Statio.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre d'écluse . C'est l'espace du canal compris entre les deux portes d'une écluse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRE</head>
    <p>
    Chambre , en termes de Tisserand , est une fente de peigne par où deux fils passent.</p><p>Les Vitriers appellent aussi <i>chambre,</i> le creux qui est dans la verge de plomb où ils placent le verre lorsqu'ils font des panneaux de vitres.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a des <i>chambres</i> vuides, qu'il a des <i>chambres</i> à louer dans la tête ; pour dire qu'il est fou, extravagant ; qu'il a peu de cervelle ; qu'il a la tête légère.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRÉE</head>
    <p>
    CHAMBRÉE , s. f. Nom collectif, qui se dit de ceux qui occupent une chambre, qui logent ensemble dans une même chambre. <i>Contubernium.</i> Ces trois soldats sont d'une même <i>chambrée. Contubernales.</i> Toute la <i>chambrée</i> sortit si-tôt qu'on entendit le tumulte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRÉE</head>
    <p>
    Chambrée , se dit aussi de chaque assemblée qui se fait dans une chambre pour donner quelque spectacle au public. <i>Consessus.</i> Ces Joueurs de Marionnettes ont fait aujourd'hui trois ou quatre <i>chambrées.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7864" id="3" type="comedien">
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    <head>CHAMBRÉE</head>
    <p>
    Chambrée , est aussi un terme de Comédien , qui signifie l'argent qu'on reçoit le jour qu'on représente quelque pièce de Théatre, soit Comédie, soit Opéra. Les Comédiens ont eu aujourd'hui une bonne <i>chambrée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7865" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMBRELAN" />
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    <head>CHAMBRELAN</head>
    <p>
    CHAMBRELAN , s. m. Ouvrier qui travaille en chambre, qui n'est pas Maître, qui n'oseroit ouvrir boutique. <i>Qui privatos inter parietes opus exercet.</i></p><p>Il se dit aussi d'un Locataire qui n'occupe qu'une chambre dans une maison. Il est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7866" id="1" type="guerre">
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    <head>CHAMBRER</head>
    <p>
    CHAMBRER , v. n. Terme de Guerre . Loger ensemble sous une même tente, ou une même baraque ou cazerne. <i>Eodem uti contubernio.</i> Les fantassins <i>chambrent</i> six à six, les cavaliers trois à trois ordinairement.</p><p>On dit aussi en termes de Sellier , <i>Chambrer</i> une selle ; pour dire, y faire une chambre, y faire de petits trous &amp; tirer la bourre, quand le cheval est blessé, de peur que la selle, en posant dessus, ne le blesse encore davantage : &amp; alors le mot de <i>chambrer</i> est actif. <i>Camerare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7866" id="2" type="">
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    <head>CHAMBRER</head>
    <p>
    Chambré, ée , adj. Il n'est guère en usage qu'en parlant des armes à feu, où il y a des chambres. <i>Cameratus.</i> On rebute les canons <i>chambrés,</i> parce qu'ils sont sujets à crever. Un fusil dont le canon est <i>chambré</i> se salit &amp; repousse, &amp; crève facilement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7867" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMBRERIE" />
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    <head>CHAMBRERIE</head>
    <p>
    CHAMBRERIE , s. f. Office de Chambrier. Certain Bénéfice qui est un des principaux offices claustraux dans les grandes Abbayes. <i>Praefectura cubicularis apud monachos.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7868" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMBRETTE" />
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    <head>CHAMBRETTE</head>
    <p>
    CHAMBRETTE , s. f. Diminutif. Petite chambre. <i>Angustum cubiculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7869" id="1" type="">
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    <head>CHAMBRETTE</head>
    <p>
    CHAMBRETTE , s. f. Sorte de poire. C'est la poire de Virgoulé qu'on appelle <i>Chambrette</i> en Limousin. La Quint. Voyez <ref type="search" target="head:Virgoulé">Virgoulé</ref>. La Quintinie la compte parmi les mauvaises poires, &amp; dit qu'elle vient en Octobre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7870" id="1" type="">
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    <head>CHAMBRIER</head>
    <p>
    CHAMBRIER , s. m. Grand Officier qui avoit soin de la chambre ou du Tresor chez les Rois &amp; les Empereurs. <i>Regio cubiculo, vel aerario praepositus, supremus Regii cubiculi vel aerarii administer.</i> En France le <i>Chambrier</i> donnoit les ordres dans la Chambre du Roi. Le Gendre. Il signoit autrefois les Lettres patentes en qualité de grand Officier de la Chambre du Roi. Le Grand <i>Chambrier</i> avoit jurisdiction par lui-même &amp; par ses Lieutenans sur tous les Marchands &amp; Artisans du Royaume, mais il ne jugeoit pas en dernier ressort. On appelloit de lui au Grand Conseil. Charles V. dans des Lettres patentes données en 1368. dit que le Chambellan avoit dix sols sur chaque Maîtrise, &amp; le <i>Chambrier</i> six. Quelques-uns prétendent que le premier <i>Chambrier</i> que l'on connoisse est Renaud, qui l'étoit sous Henri I. en 1060. M. Du Chesne remonte jusqu'à Dagobert, sous lequel l'étoit <i>Taltus</i> ; &amp; il en trouve encore sept autres dans la première &amp; la seconde race. L'office de <i>Chambrier</i> fut supprimé en 1545. par François I. après la mort de son fils Charles de France Duc d'Orléans, qu'il en avoit pourvû après la mort de Charles III. Duc de Bourbon. A la place du <i>Chambrier</i> il créa un premier Gentil-homme de sa Chambre. Quelques-uns prétendent qu'autrefois le <i>Chambrier</i> étoit la même chose que le Grand Chambellan. Voyez Chambellan, &amp; Du Tillet, P. I. 46. 79. 315. 395. 410. &amp; suiv.</p><p>On trouve <i>Cambrerius</i> dans la basse Latinité, aussi-bien que <i>cambra,</i> pour <i>camera, chambre.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Chambre">Chambre</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7870" id="2" type="">
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    <head>CHAMBRIER</head>
    <p>
    Chambrier , s. m. Officier claustral qui est pourvû d'une chambrerie ; qui a soin des revenus de la maison, des greniers, du labourage &amp; des provisions, tant pour la bouche que pour le vestiaire. <i>Monasterii provisor.</i> On l'appelle en quelques endroits <i>Proviseur.</i></p><p>On appelle aussi <i>Chambrier</i> chez quelques Religieux qui vivent en communauté, Celui qui préside à une Chambre particulière, ou petit Chapitre, où on règle la dépense &amp; les menues affaires de la maison.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMBRIÈRE</head>
    <p>
    CHAMBRIÈRE , s. f. Servante qui nettoie la chambre. <i>Ancilla.</i> Ce mot n'est plus en usage qu'en parlant des servantes des Prêtres, ou de ceux qui n'ont qu'un petit ménage, ou qui n'ont pour tout domestique qu'une servante. Cependant en Provence, en Languedoc, on use du mot <i>Chambrière</i> pour toutes sortes de servantes. En quelques autres Provinces le peuple conserve aussi le même usage, qui néanmoins commence à se bien abolir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7871" id="2" type="manege">
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    <head>CHAMBRIÈRE</head>
    <p>
    Chambrière , en termes de Manége , est un long fouet fait d'une grande courroie de cuir attachée au bout d'un bâton, qui sert à fouetter les chevaux par derrière pour les faire obéir au cavalier. <i>Flagellum è corrigiâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7871" id="3" type="fileuse">
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    <head>CHAMBRIÈRE</head>
    <p>
    Chambrière . Terme de Fileuse . Petit ruban, ou autre chose pliée &amp; attachée au haut du sein, qui tient la quenouille en état lorsqu'on file. <i>Taeniola ad sustinendum columen comparata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7872" id="1" type="">
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    <head>CHAMBRILLON</head>
    <p>
    CHAMBRILLON , s. f. Petite servante qui gagne peu de gages. <i>Ancillula.</i> Il est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7873" id="1" type="">
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    <head>CHAMEAU</head>
    <p>
    CHAMEAU , s. m. Animal de voiture propre pour la charge, &amp; non point pour tirer. <i>Camelus.</i> Il est fort commun en Orient. Le <i>chameau</i> Arabesque a une grosse bosse sur le dos : le Médois en a deux. Sa charge ordinaire est de mille livres pesant. Quelques Auteurs disent dix mille ; mais c'est peut-être une faute d'impression. Le <i>chameau</i> a cela de particulier, qu'on l'accoutume à se baisser pour recevoir sa charge. Car dès qu'il est né, on lui plie les quatre pieds sous le ventre, on lui met un tapis sur le dos, dont les bords sont chargés de pierres, afin qu'il ne se puisse relever pendant vingt jours. Il a le pied large &amp; solide, &amp; non pas dur : car il est couvert d'une simple peau. Le poil de <i>chameau</i> sert à plusieurs ouvrages &amp; etoffes. Le <i>chameau</i> est dix ou douze jours sans boire ni manger. Quand il est en chaleur, il se retire à part avec sa femelle, &amp; la couvre tout le jour. Elle porte son fruit onze mois. On se sert d'une petite baguette pour le panser, au lieu d'étrille, dont on frappe sur lui comme sur un tapis pour en ôter la poussière. Le maître le suit en chantant &amp; en siflant. Plus il chante fort, &amp; mieux il marche. Il est sujet à s'écarteler. C'est pourquoi lorsque les Caravannes passent dans des terres glissantes, on étend des tapis sous les <i>chameaux,</i> quelquefois jusqu'au nombre de cent. Tavernier. Voyez <ref type="search" target="head:Dromadaire">Dromadaire</ref>.</p><p>Les <i>chameaux</i> gardent de l'eau dans leur estomac fort long-temps pour se rafraîchir, par le moyen d'un grand ventricule qu'ils ont, autour duquel on trouve un nombre considérable de sacs enfermés entre ses tuniques, dans lesquels il y a apparence que ces animaux mettent leur eau en réserve. On prétend même que c'est la dernière ressource des Caravanes, d'ouvrir le ventre de ces animaux pour-se servir de cette eau. Mais par les <i>Observations Phyques,</i> <pb n="960" facs="bpt6k8542165/f1000/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp;c. que les Jésuites ont faites à la Chine, il paroît que ces réservoirs prétendus ne se trouvent point dans les <i>chameaux</i> ; ils ont vérifié le fait par la dissection de divers <i>chameaux.</i> P. Gouye. Le <i>chameau</i> qui porte l'étendart d'or, que la Caravane de Pélerins va offrir tous les ans sur le tombeau de Mahomet à la Mèque, est exemt de porter aucun fardeau pendant le reste de sa vie. La Croix. Ils prétendent même que cet heureux <i>chameau</i> ressuscitera, &amp; jouira des félicités du Paradis. Chevr. Ils ont de l'aversion pour le cheval, le lion, &amp; le thon. Ils vivent, selon quelques-uns, jusqu'à cinquante ans ; &amp; selon quelques autres jusqu'à cent. Le lait de la femelle du <i>chameau</i> est un souverain remède pour guérir l'hydropisie. Il faut en boire tous les jours une pinte pendant trois semaines. Au printemps tout le poil tombe au <i>chameau</i> en moins de trois jours ; la peau lui demeure toute nue, &amp; les mouches l'importunent fort, il n'y a point d'autre remède que de lui gauderonner le corps. Tavernier.</p><p>On dit <i>chameau</i> mâle, <i>chameau</i> femelle.</p><p>Sur les médailles le <i>chameau</i> est le symbole de l'Arabie. P. Jobert. Et s'il se trouve sur les médailles de quelqu'autre peuple, comme sur celles de la famille Plautia, sur laquelle on voit une tête de femme avec une couronne murale, A Plautius aed. cvr. s. c. &amp; au revers dans le champ Ivdaeus &amp; dans l'exergue Bacchius, &amp; pour type un homme à genoux qui tient de la main gauche un <i>chameau</i> par la bride, &amp; qui tend de la gauche une palme ; c'est une marque de société avec l'Arabie. Beger.</p><p>Ce mot vient de l'Hébreu <i>gamal</i>, selon Nicot, d'où l'on a formé en Grec, <i>camelus</i> en Latin, &amp; ensuite <i>chameau</i> en François. Mais selon Iso Magister, il vient du Grec , qui signifie <i>curvum,</i> à cause des bosses qu'il a sur le dos. Charleton dit qu'il peut venir de , <i>je travaille,</i> parce que cet animal porte de grands fardeaux ; mais cette étymologie est forcée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7873" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAMEAU" />
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    <head>CHAMEAU</head>
    <p>
    Chameau mouchete . Autre espèce d'animal ressemblant au vrai <i>chameau</i> par la tête ; mais par le reste du corps, au cheval &amp; au boeuf. <i>Camelopardalis.</i> Pomey.</p><p>On appelle aussi <i>chameau,</i> le poil de <i>chameau</i> filé en forme de laine fort déliée, duquel se servent les Ferrandiniers dans leurs ouvrages. <i>Filus camelinus,</i></p><p>En termes de Blason , on appelle un <i>chameau emmuselé,</i> qui est représenté avec une muselière. <i>camelus os obstrictum habens,</i> ou <i>capistratus.</i></p><p>Il y a une herbe qu'on appelle <i>pâture de chameau,</i> à cause que les <i>chameaux</i> en sont fort friands, qu'on appelle autrement <i>juncus odoratus,</i> ou <i>scoenantum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7873" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAMEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CHAMEAU</head>
    <p>
    Chameau se dit d'un gros &amp; grand bâtiment qu'on voit en Hollande, &amp; qui n'a été inventé que vers la fin du siècle passé. Le <i>chameau</i> sert à enlever un vaisseau d'un lieu où il y a peu d'eau, &amp; à le transporter dans un autre où il y en a davantage, par le moyen des machines dont est rempli le vaisseau qu'on appelle <i>chameau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7874" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMELIER" />
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    <head>CHAMELIER</head>
    <p>
    CHAMELIER , s. m. Celui qui panse &amp; qui conduit des chameaux. <i>Qui camelos curat, Camelarius.</i> On appelle aussi <i>Chameliers,</i> les Marchands qui font trafic de chameaux. Le premier métier de Mahomet fut d'être <i>Chamelier. Chamelier</i> est appellé <i>Camerarius,</i> dans la vie de saint Macaire d'Egypte, &amp; dans celle de saint Alexandre l'Acoemète.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7875" id="1" type="">
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    <head>CHAMES</head>
    <p>
    CHAMES , s. f. Plusieurs espèces de moules. Dioscoride dit que le potage des <i>chames</i> cuites en un peu d'eau, est bon à lâcher le ventre. <i>Chamae.</i> Il y en a de tant de sortes, que Matthiole avoue qu'il est difficile de les distinguer. Elles sont couvertes d'une coquille légère, &amp; on les trouve souvent ouvertes &amp; bâillantes au bord de la mer sur le gravier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7876" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMFRAIN" />
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    <head>CHAMFRAIN</head>
    <p>
    CHAMFRAIN . Voyez <ref type="search" target="head:CHANFREIN">CHANFREIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7877" id="1" type="">
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    <head>CHAMFRAINER</head>
    <p>
    CHAMFRAINER . Voyez <ref type="search" target="head:CHANFREINER">CHANFREINER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7878" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMICO" />
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    <head>CHAMICO</head>
    <p>
    CHAMICO , substantif masculin. Sorte de semence du Perou, semblable à celle des oignons, mais dont la vertu est telle, que si l'on boit l'eau dans laquelle elle aura bouilli seule, ou avec du vin, elle provoque un sommeil de vingt-quatre heures ; &amp; si quelqu'un l'a bue en riant ou en pleurant, il demeure fort long-temps dans ce même état.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7879" id="1" type="">
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    <head>CHAMOIS</head>
    <p>
    CHAMOIS , subst. m. Chèvre fort sauvage qui habite sur le plus haut des rochers &amp; des montagnes. <i>Rupicapra.</i> Le <i>chamois</i> a la queue longue de trois pouces, les oreilles de cinq. Il a de grands yeux avec une paupière interne &amp; rouge. Sa lèvre supérieure est fendue comme au lièvre. Ses cornes sortent au-devant du front fort peu au-dessus des yeux. Elles sont longues de neuf ou dix doigts, &amp; sont noires, rondes, &amp; rayées circulairement : ce qui l'a fait appeller par Oppian , c'est-à-dire, qui a les cornes tournées en arrière. Il a le pied fourché &amp; creusé par dessous, &amp; non rempli de chair comme la gazelle. Il marche sur ses ongles &amp; court fort vîte. Il a trois ventricules pareils à ceux des boeufs. Ses intestins ont quarante pieds de long. Il est plus grand, &amp; a les jambes plus longues que la chèvre, mais le poil plus court, qui est pourtant de deux sortes. Le petit est fin, frisé &amp; ondé, &amp; caché sous le grand. Il y en a une partie de couleur de minime brun. Le reste est un blanc sale &amp; roussâtre. Scaliger veut que le <i>caprea</i> des Anciens soit notre <i>chamois,</i> quoique Jonston veuille que ce soit le chevreuil. Pline dit que les <i>chamois</i> vivent de poisons comme les cailles ; ou qu'ils mangent le <i>doronicum,</i> qui est une espèce d'aconit. On trouve quelquefois dans le ventricule des <i>chamois</i> des pierres qu'on appelle <i>bézoard d'Allemagne.</i> La peau en est fort estimée, parce qu'étant préparée, elle est chaude &amp; douce sur la chair, &amp; se peut savonner &amp; tenir fort nette. Elle sert aussi à purifier le mercure qu'on fait passer par ses pores, qui sont fort étroits.</p><p>Le <i>Chamois</i> est un animal timide. Il y en a beaucoup dans les montagnes de Dauphiné. Leur principale retraite est la montagne de Donoluy, auprès de Rochecourbe, jusques à celle de Montziou, dans le Gapençois. Il en paroît souvent dans ces lieux des troupes de cinquante &amp; plus. Ils marchent sous la conduite de l'un d'entre eux, qui est à leur tête. Les Chasseurs lui font toujours essuyer les premiers coups. Quand ils le tuent les autres paroissent dans un si grand étonnement, qu'il est aisé aux moins adroits d'en abattre plusieurs. Ils aiment le sel, &amp; l'on en répand aux lieux où l'on veut les attirer. C'est un appas auquel ils courent toujours, quoiqu'il les ait déja trompés souvent. Comme ils sont très-peureux ils ne s'amusent pas à paître beaucoup. Ils ne choisissent jamais de pâturage abondant ni fertile, &amp; se contentent de l'herbe qui naît dans le gravier, &amp; parmi les cailloux. Pendant qu'ils paissent l'un d'eux fait le guet à cent pas de là, sur la pointe d'un rocher, &amp; d'abord qu'il apperçoit un homme, il avertit par un siflement aigu les autres de prendre garde à eux. Ainsi c'est une merveille d'en prendre aucun sans le tuer, &amp; plus encore de prendre des petits. Ces petits meurent d'abord qu'ils sont portés ailleurs. Un air plus doux leur est un poison. Ils diffèrent beaucoup des bouquetins : car ils semblent rouges en été, &amp; gris en hiver. De plus ils n'ont que de petites cornes assez larges, &amp; dont le bout est fort crochu. Leur vîtesse &amp; la rapidité avec laquelle ils s'élancent de rocher en rocher ne cède point à celle des bouquetins : mais ils ont cet avantage, que souvent ils s'y attachent par le bout de leurs cornes, &amp; demeurent ainsi longuement suspendus en l'air jusqu'à ce qu'enfin ils s'en arrachent d'une force incroyable, &amp; se jettent au lieu qu'ils ont destiné. Chorier, <i>Hist. de Dauph. Liv. I. p.</i> 64.</p><p>Ménage dérive ce mot de l'Italien, <i>camuccia,</i> ou <i>camoccia ;</i> mais Belon dit que ce nom vient du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7879" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAMOIS" />
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    <head>CHAMOIS</head>
    <p>
    Chamois , est aussi une couleur tirant sur l'isabelle, dont les curieux de tulipes font grand état. <i>Melinus &amp; subalbidus color.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7879" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAMOIS" />
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    <head>CHAMOIS</head>
    <p>
    &#9758; CHAMOIS , subst. m.Chamois, s. m. Terme de Fleuriste . Tulipe bordée d'écarlate. Morin.<br/>Chamois, veut dire dans les troupes un homme qui ne quitte point son Régiment pour venir faire sa cour, &amp; qui est uniquement appliqué à son métier... Ce nom vient de ce que les vieux Officiers de Cavalerie qui ne <pb n="961" facs="bpt6k8542165/f1001/full/1200,/0/native.jpg"/>quittent point les troupes, ont d'ordinaire une veste &amp; des chausses de <i>chamois... Mots</i> à la <i>mode.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7880" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMOS" />
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    <head>CHAMOS</head>
    <p>
    CHAMOS , s. m. Prononcez <i>Camos.</i> Nom d'une fausse divinité des Ammonites &amp; des Moabites, dont il est parlé au troisième Liv. des Rois XI. 7. 33. quatrième Liv. des Rois XXIII. 13. Jérém. XLVIII. 7. 13. <i>Chamos.</i> Saint Jérôme, sur Isaie Liv. V. dit qu'il avoit une Idole sur le mont Nabo ou Nebo ; &amp; il ajoûte que <i>Chamos</i> est le même Dieu que Béelphégor, parce que l'un &amp; l'autre sont un Dieu des Moabites ; mais, dit le P. Kirker, il faudroit montrer que les Moabites n'avoient qu'une Idole. Selden suit néanmoins ce sentiment, <i>de Diis Syriis Synt. I. c.</i> 5. sur la fin. Vatable &amp; Sanctius disent que c'étoit Priape, ce qui revient au même ; car, selon Selden, Béelphégor &amp; Priape sont la même chose. Cornelius à Lapide, Tirin &amp; Sanctius, sur la ressemblance de Chamos &amp; Comus, prennent <i>Chamos</i> pour Comus, le Dieu de la bonne chère &amp; de l'yvresse. Pierre Martyr prétend que parce que , <i>Camas</i> en Hébreu signifie <i>occultare,</i> c'est-à-dire, <i>cacher,</i> il se pourroit bien faire que <i>Chamos</i> fût Pluton le Dieu des enfers. Le P. Kirker croit que <i>Chamos</i> est le même qu'Osiris, ou le Bacchus Egyptien, &amp; qu'il a été appellé <i>Chamos</i> du mot Hébreu , <i>recondere, abscondere,</i> Cacher ; ou bien d'une solemnité que les Egyptiens faisoient tous les ans, en l'honneur de Bacchus, en courant par réjouïssance &amp; en folâtrant de village en village, d'où cette fête avoit été nommée <i>Comasia,</i> de , village. Enfin le P. Kirker ne veut point qu'on méprise le sentiment qui dérive ce mot de , &amp; qui confond <i>Chamos</i> avec Pluton ; parce qu'en effet on confond très-souvent Pluton, Dis, Osiris, Dionysius, Sérapis. Il consent même qu'on dise que c'est Béelphégor, pourvû qu'on tienne que Béelphégor est Priape adoré par les Egyptiens.</p><p>Les Moabites sont appellés Peuples de <i>Chamos</i> Nombr. XXI. 29. Jérém. XLVIII. 46. Vous êtes perdus peuples de <i>Chamos.</i> Voyez Vossius <i>de Idol. L. II. c.</i> 8.</p><p>Ce nom est Hébreu , <i>Chemos.</i> Plusieurs Modernes l'écrivent &amp; le prononcent ainsi selon l'Hébreu. Les Septante &amp; la Vulgate disent <i>Chamos.</i> Prononcez <i>Camos.</i> On ne sait point ce qu'il signifie proprement, ni d'où il vient. Car il n'y a point de diction en Hébreu qui ait ces radicales. Et ce que dit Seldenus qu'il signifie <i>ut contrectatio,</i> comme un attouchement, &amp; qu'il est composé d'un , <i>Caph,</i> de similitude, &amp; de , attoucher, attouchement, n'est point sûr. Ce que dit Martyr ci-dessus l'est aussi peu, ou même moins. Car , <i>occultare,</i> a un <i>Samech,</i> &amp; , un , <i>Schin ;</i> &amp; il n'y a point de preuve que ces lettres soient mises l'une pour l'autre en ce mot, comme elles le sont quelquefois. , en jargon Rabbinique, signifie <i>pâlir,</i> &amp; <i>être,</i> ou <i>devenir lâche, être mou ; flaccidum esse, flaccescere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    CHAMP , s. m. Pièce de terre propre à être labourée, &amp; semée de grains. <i>Ager, seges. Champ</i> cultivé. <i>Cultus ager. Champ</i> en friche. <i>Ager incultus.</i></p><p>Ce mot est synonyme de terre. Car les laboureurs disent indifféremment, J'ai aujourd'hui semé mon <i>champ,</i> ou ma terre. J'irai demain biner ce <i>champ,</i> ou cette terre. Ce <i>champ</i> est tout pierreux, ou cette terre est toute pierreuse. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAMP" />
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , se dit quelquefois d'une place publique, <i>Campus,</i> comme, le <i>Champ</i> de Mars, <i>Campus Martius,</i> le <i>Champ</i> de Flore, <i>Campus Florae.</i></p><p>Le <i>Champ</i> de Mars étoit une place ainsi nommée à cause d'un temple du Dieu Mars qui y étoit : on y tenoit les assemblées appellées <i>Comices.</i> Dans la suite Tarquin le superbe prit cette place pour son usage particulier : mais après qu'il eût été chassé de Rome, les Consuls Brutus &amp; Collatinus firent du <i>Champ</i> de Mars le lieu des Assemblées &amp; des Elections. Le <i>Champ</i> de Mars n'étoit au commencement qu'un pré au bord du Tibre où l'on faisoit paître les chevaux, &amp; où la jeunesse s'exerçoit à la guerre : on en fit depuis une place magnifique qu'on orna d'une grande quantité de statues, &amp; d'une belle horloge enrichie d'or. Voyez Aulu-Gelle, Denys d'Halicarnasse, Strabon, Pline, Barthélemi Marlianus dans sa Topographie de l'ancienne Rome, &amp;c. Le <i>Champ</i> de Flore est une place à Rome où l'on fait la publication des Bulles, des Constitutions, &amp;c.</p><p>Les Poëtes appellent dans un sens figuré, la profession des armes, Le <i>Champ</i> de Mars. Donner des preuves de sa valeur dans le <i>Champ</i> de Mars : expression poëtique, pour dire, à la guerre.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>campus</i>, que quelques-uns tirent du Grec , qui signifie proprement <i>celui qui marche à pied :</i> mais ici il signifie <i>qui n'a pas de grands pieds,</i> des pieds élevés, comme en ont les montagnes. Ce qui prouve cette étymologie, c'est que les Grecs appellent un <i>Champ,</i> . Voyez Martinius, qui appuie abondamment cette étymologie.</p><p>On appelloit anciennement en France, <i>Champ</i> de Mars, les assemblées de toute la nation que le Roi convoquoit tous les ans, ou pour dresser de nouvelles loix, ou pour décider des grandes affaires du Royaume. On les nomma ainsi, soit parce qu'elles se tenoient d'ordinaire au mois de Mars ; soit à l'imitation du <i>Champ</i> de Mars, qui étoit destiné à Rome pour de pareilles assemblées. On le nomma depuis le <i>Champ</i> de Mai, parce qu'on transporta &amp; qu'on tint ces Assemblées au mois de Mai. Dans Grégoire de Tours il est appellé <i>Campus Martius,</i> dans Frédegaire Part. IV. ch. 125. &amp; 130. <i>Campus Madius,</i> &amp; dans les Annales de Mets <i>Campus Magius.</i> C'est Pepin qui le transporta au premier jour de Mai ; ce qui le fit nommer <i>Campus Maius,</i> d'où l'on a fait par erreur, ou par corruption, <i>Madius</i> &amp; <i>Magius.</i></p><p>Le P. Daniel prend le <i>Champ</i> de Mars, non pas pour l'Assemblée, mais pour le lieu où se faisoit la revûe générale des troupes ; &amp; on le nommoit ainsi, dit cet Historien, non pas que ce fût le nom particulier de quelque <i>Champ</i> : ces revûes se faisoient tantôt en un endroit, &amp; tantôt à un autre ; mais ou à cause que Mars, chez les Payens, étoit le Dieu de la guerre, ou plutôt à cause que la revûe se faisoit ordinairement à la fin du mois de Mars ; d'où vient que dans la suite on l'appella le <i>Champ</i> de Mai, parce que la coutume étant venue de se mettre plus tard en campagne, on ne faisoit la revûe qu'au mois de Mai. P. Dan. Tom. I. pag. 7. Voyez aussi M. de Marca <i>Hist. de Béarn.</i> Liv. I. ch. 28. &amp; M. Le Gendre, <i>Moeurs des François</i> pag. 12. Ailleurs Tom. I. pag. 409. il dit comme les autres, que c'est ces Diètes ou Assemblées générales des François, qu'on avoit appellées d'abord le <i>Champ</i> de Mars, &amp; qui s'appellerent depuis le <i>Champ</i> de Mai, parce que Pepin en changea le mois. Pepin tenoit actuellement l'Assemblée ordinaire, ou le <i>Champ</i> de Mai. P. Dan. Sous la troisième Race ces assemblées ont pris le nom d'<i>Etats Généraux. Regni comitia.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , en termes de Guerre , signifie le lieu où on donne quelque bataille, ou combat. <i>Pugnae, praelii locus.</i> Ce Général est demeuré maître du <i>champ</i> de bataille. Dans les combats singuliers il y a souvent quelqu'un qui demeure sur le <i>champ,</i> qui est tué sur le <i>champ.</i> En Poësie les <i>champs</i> de Mars, c'est la guerre, le <i>champ</i> de bataille. Les <i>champs</i> de Neptune, la mer.</p><p>On dit figurément qu'un homme a bien pris son <i>champ</i> de bataille ; pour dire, qu'il a pris ses avantages pour réussir en quelque chose. Et que le <i>champ</i> de bataille lui est demeuré, pour dire, qu'il a été supérieur dans une dispute, &amp; qu'il a réduit son adversaire à céder, ou à ne rien dire.</p><p>On appelloit autrefois <i>champ clos,</i> ou <i>camp clos,</i> l'espace fermé de barrières, où les Chevaliers faisoient des joûtes &amp; tournois, ou des combats à outrance. <i>Septus ad certamen locus, arena.</i> Le <i>champ</i> est demeuré à un tel Chevalier. On disoit, Prendre du <i>champ,</i> pour dire Faire un tour, une caracole pour mieux fournir sa carrière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , en termes de Blason , se dit du fonds de l'Ecu, qui est chargé de diverses pièces, dont se composent les Armoiries. <pb n="962" facs="bpt6k8542165/f1002/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Area scuti.</i> La bannière de France est un <i>champ</i> d'azur fleurdelisé.</p><p>Le <i>champ</i> d'un tableau, d'une tapisserie, c'est le fonds, lequel est d'ordinaire obscur, &amp; où il n'y a rien de peint. <i>Area.</i> Il faut rembrunir le <i>champ</i> de cette tapisserie pour en relever davantage les couleurs ; le <i>champ</i> de ce tableau pour en détacher les figures. Le <i>champ,</i> le <i>fonds</i> &amp; le <i>derrière</i> d'un tableau, signifient la même chose. On appelle aussi le <i>champ</i> d'une médaille, le fond où il n'y a rien de gravé. On dit encore qu'une draperie, ou un morceau de bâtiment sert de <i>champ</i> à une figure, quand la figure est peinte sur la draperie, ou sur le bâtiment.</p><p>On dit <i>mettre des solives de champ</i> ; pour dire, les poser sur la partie la moins large ; <i>Tignum quâ parte angustius est collocare,</i> ensorte qu'une solive qui a 6. pouces d'un sens, &amp; 4. de l'autre, est <i>mise de champ</i> si elle est sur la partie de quatre. Il en est de même de toutes les autres pièces de bois équarries, que l'on doit <i>mettre de champ</i> pour leur donner plus de force, &amp; pour empêcher qu'elles ne plient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="5" type="peignier">
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , est aussi un terme de Peignier . C'est le milieu du peigne d'où sortent les dents de chaque côté.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="6" type="mechanique">
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , en termes de Méchanique , se dit de ce qui est posé horisontalement, <i>situ horisonti ad libellam respondente collocatus.</i> Les sablières se couchent de <i>champ.</i> Les Horlogers appellent la <i>roue de champ,</i> la troisième roue d'une montre, qui fait mouvoir celle de rencontre. Elle est posée horisontalement, &amp; ses dents sont perpendiculaires.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="7" type="">
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , se dit figurément des sujets &amp; des matières où les Auteurs peuvent s'exercer, discourir &amp; combattre. <i>Campus, materies, argumentum.</i> Les Poëtes Payens avoient un beau <i>champ</i> à s'exercer, à cause de la liberté de leurs fictions. Les louanges du Roi sont un beau <i>champ</i> pour exercer les Historiens.</p><p>On dit poëtiquement d'un guerrier, qu'il a montré son courage dans le <i>champ</i> de Mars ; pour dire, à l'armée. On dit en ce sens de ceux à qui on donne permission de dire ou d'écrire quelque chose, Vous le pouvez, le <i>champ</i> vous est libre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="8" type="">
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champs , au plurier, se dit par opposition à ce qui est enfermé dans les villes. <i>Rus.</i> Aller aux <i>champs,</i> à sa maison des <i>champs.</i> Maison des <i>champs</i> n'est pas une façon de parler noble ; il faut dire, maison de <i>campagne.</i> Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="9" type="">
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Sanguin , <i>dans le Recueil de Vers fait par le</i></p><p><i>P. Bouhours</i> 1. <i>Edit. p.</i> 215.</p><p>On dit en termes de Guerre , Battre aux <i>champs ; Signum profectionis indicere,</i> pour dire, Battre la marche pour décamper, pour partir. On dit aussi qu'on bat aux <i>champs,</i> pour dire, que l'armée se met en marche.</p><p>Les Payens ont appellé les <i>Champs Elysées,</i> le lieu des Enfers, où ils croyoient que les ames des gens de bien alloient après leur mort pour y goûter un éternel repos. <i>Campi Elysii.</i> Quelques-uns ont crû qu'ils étoient dans les Isles fortunées, qui sont à présent les Canaries. Virgile fait la description des <i>Champs Elysées</i> dans le sixième de l'Enéïde. On dit aussi <i>Champs Elysiens.</i></p><p>On appelle à Paris <i>Champs Elysiens,</i> un lieu agréable hors de Paris, planté d'arbres qui forment des allées en tout sens. Ce nom a été donné à ce lieu-là par allusion aux <i>Champs Elysiens</i> des Anciens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="10" type="">
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Les Champs Elisées , étoient aussi des cimetières où les Payens enterroient leurs morts séparément, &amp; dans des tombeaux de pierre. On en peut voir quelques restes dans la ville d'Arles. Les Turcs imitent ces sortes de cimetières : &amp; ce grand nombre de tombeaux élevés fait un aspect qui ressemble à une ville.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="11" type="">
   <index type="head" value="CHAMP" />
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , se dit adverbialement en ces phrases. A travers <i>champ</i> ; pour dire, Hors des chemins. <i>Passim, extrà viam.</i> A chaque bout de <i>champ, quocumque tempore, qualibet datâ occasione</i> ; pour dire, A toute heure, à tout propos. Sur le <i>champ</i> ; pour dire, Tout d'abord, présentement, à l'instant. <i>Extemplò, illicò, continuò, statim, ipso temporis articulo.</i></p><p>On dit aussi, Parler sur le <i>champ,</i> discourir sur le <i>champ</i> ; pour dire, parler, discourir sans préparation, <i>ex tempore dicere.</i> Un discours fait sur le <i>champ, extemporalis oratio.</i> Facilité à parler sur le <i>champ, facilitas extemporalis.</i> M. de Harlay, Archevêque de Paris, avoit une facilité merveilleuse à bien parler sur le <i>champ.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7881" id="12" type="jardinage">
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    <head>CHAMP</head>
    <p>
    Champ , se dit en ces phrases proverbiales. Il y a assez de <i>champ</i> pour faire glane ; pour dire, qu'il y a assez de besogne pour tout le monde, ou de quoi se contenter. On dit qu'un homme a un oeil aux <i>champs,</i> &amp; l'autre à la ville ; pour dire, qu'il est fort vigilant, &amp; qu'il sait ce qui se fait auprès &amp; au loin. On dit aussi, qu'un homme court les <i>champs,</i> court les rues ; pour dire, qu'il est fou ; qu'il se met aux <i>champs,</i> quand il s'emporte de colère ; &amp; qu'on lui donne la clef des <i>champs,</i> quand on le met en liberté de s'en aller, de s'enfuir, &amp; de faire tout ce qu'il voudra.</p><p>A champ, Terme de Jardinage . Semer <i>à champ,</i> autrement à volée, se dit proprement des raves, qui, au lieu d'être semées dans des trous d'une couche, sont semées indifféremment, soit sur une couche, soit en pleine terre, tout de même qu'on seme les autres graines en plein champ. La Quint.</p><p>A plein champ. Autre terme de Jardinage , qui est la même chose que <i>à champ.</i> Semer <i>à plein champ,</i> c'est Semer sans rayons, ni aucun autre alignement. <i>Indiscriminatim serere, terrae mandare.</i> Il faut semer ces laitues <i>à plein champ.</i> Semer du persil <i>à plein champ.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7882" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPADA" />
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    <head>CHAMPADA</head>
    <p>
    CHAMPADA , s. m. Arbre qui croît à Malaca. Le <i>Champada</i> est un arbre fort grand &amp; touffu ; ses branches sont de couleur cendrée, noueuses, &amp; jettent une liqueur gluante &amp; acre comme le tithymale, lorsqu'on y fait une incision ; le fruit naît du tronc &amp; des grosses branches. Il sort d'abord un bouton qui s'ouvre en plusieurs feuilies, entre lesquelles naît le fruit : il devient d'une grosseur fort considérable, ayant 12. à 14. pouces de long, &amp; autant de circonférence, de la figure de nos melons : son écorce est verte, toute divisée en petits pentagones, au milieu desquels il y a un petit point noir : le pédicule, qui est gros &amp; ligneux, entrant dans la substance du fruit, se divise en plusieurs gros filamens, qui traversant tout le corps du fruit, vont se rejoindre vers la pointe : il y a plusieurs grosses châtaignes couvertes d'une pulpe blanchâtre qui tiennent toutes à ces filamens en forme de grappe : de sorte que fendant l'écorce &amp; une substance spongieuse qui environne toutes ces châtaignes, elles se dégagent toutes de seurs compartimens, &amp; demeurent attachées à la queue comme une grappe de raisin : on suce cette pulpe qui est autour de la châtaigne : elle est sucrée &amp; d'un assez bon goût, mais d'une odeur un peu forte &amp; indigeste. Les gens du pays aiment fort ce fruit, parce qu'il échauffe &amp; entête, mais moins que le durion. Les châtaignes se mangent cuites dans l'eau ; mais elles sont moins bonnes que les nôtres. Observations Physiques, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7883" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPAGNE" />
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    <head>CHAMPAGNE</head>
    <p>
    CHAMPAGNE , s. f. Province de France, qui est bornée au Septentrion par la Flandre, à l'Orient par la Lorraine, par la Bourgogne au Midi, par l'Isle de France, &amp; une partie de la Picardie au Couchant. <i>Campania.</i> La <i>Champagne</i> se divise en neuf contrées, qui sont la <i>Champagne</i> particulière, le Rhémois, le Châlonnois, le Pertois, le Bassigni, le pays d'Argone, le Rhételois, la Brie &amp; le Sénonois. On la divise encore en haute &amp; basse <i>Champagne</i> ; la haute est sa partie Septentrionale, &amp; la basse est celle qui est au Midi. La <i>Champagne</i> a titre de Comté. Elle a même eu des Ducs sous la première race. <pb n="963" facs="bpt6k8542165/f1003/full/1200,/0/native.jpg"/>Les Comtes de <i>Champagne</i> ont pris le titre des Comtes Palatins, &amp; les Comtes de Joigny, de Rhetel, de Brienne, de Roucy, de Grand Pré, &amp; de Bar-sur-Seine, portoient la qualité de Pairs de <i>Champagne,</i> &amp; y tenoient les grands-jours. La Capitale de <i>Champagne</i> est Rheims.</p><p>La <i>Champagne</i> particulière renferme les Territoires de Troies &amp; de Châlons. Le Gouvernement de <i>Champagne</i> est un des douze grands Gouvernemens de France.</p><p>Ce nom a été donné à cette Province à cause de ses belles campagnes fertiles, sur-tout en grains &amp; en vins. Les vins de <i>Champagne</i> sont renommés dans toute l'Europe. Deux Poëtes (M. Coffin &amp; M. Grenan,) ont fait plusieurs pièces ces dernières années, l'un en faveur du vin de <i>Champagne,</i> &amp; l'autre pour le vin de Bourgogne.</p><p>&#9758; Champagne, se prend souvent pour le vin même de cette Province. L'Ephore Biberius qui noie souvent son jugement dans les flots du Coulange &amp; du <i>Champagne,</i> ne laisse pas d'être un homme de probité. Ecole du Monde.</p><p>La <i>Champagne</i> de Berry est une petite contrée dans la partie Occidentale du Berry.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7884" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPAGNE" />
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    <head>CHAMPAGNE</head>
    <p>
    CHAMPAGNE , s. m. C'est un nom que l'on donne à un valet ou laquais, qui est de <i>Champagne.</i> Où est <i>Champagne</i> ? Qu'on me fasse venir <i>Champagne.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7884" id="2" type="blason">
   <index type="head" value="CHAMPAGNE" />
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    <head>CHAMPAGNE</head>
    <p>
    Champagne . Terme de Blason , espace d'embas, qui occupe le tiers de l'Ecu vers la pointe. <i>Campus.</i> On l'appelle autrement <i>plaine.</i> Cette pièce est rare en Armoiries, selon le Père Ménestrier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7884" id="3" type="coutumes">
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    <head>CHAMPAGNE</head>
    <p>
    Champagne . Terme de Coutumes , de Finances, &amp;c. On appelle <i>droit de champagne,</i> un droit qui appartient aux gens des Comptes, savoir, vingt sols des Fermes de mille livres &amp; au-dessous, &amp; quarante sols des Fermes qui excèdent mille livres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7885" id="1" type="">
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    <head>CHAMPAGNOL</head>
    <p>
    CHAMPAGNOL , s. m. <i>Fungus.</i> Ce mot, qui n'est plus en usage, veut dire <i>Potiron. Champagnol</i> approche fort de <i>Champignon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7886" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPANE" />
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    <head>CHAMPANE</head>
    <p>
    CHAMPANE , subst. fém. Bâtiment des Indes de 60. à 80. tonneaux, qui n'a que des courcives : il est construit sans cloux, les membres étant seulement cousus avec des chevilles de bois, &amp; les bordages emboêtés. <i>Navigium Indicum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7887" id="1" type="coutumes">
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    <head>CHAMPART</head>
    <p>
    CHAMPART , s. m. Terme de Coutumes . Droit qu'a un Seigneur de prendre sur les champs dépendans de sa Seigneurie la dixième, treizième ou quinzième gerbe dans la moisson de ses tenanciers, comme le Curé fait la dîme pour son droit ecclésiastique. <i>Jus agrarii solarii legendi.</i> Il y a des terres qui payent la dîme, d'autres le <i>champart.</i> Favin semble les confondre dans son <i>Histoire de Navarre,</i> L. VII. p. 401. où il dit que ces terres payoient le dixième, &amp; que pour cela elles étoient appellées <i>Agri decumates.</i> Le droit de <i>Champart</i> emporte lods &amp; ventes s'il est seigneurial, &amp; tient lieu de chef-cens ; autrement, &amp; si ce n'est qu'un droit foncier constitué après le cens, il n'emporte point lods &amp; ventes. Lange. On leve aussi le <i>champart</i> sur les legumes.</p><p>Ce mot vient de ce que ce droit est comme une partie du champ que le Seigneur s'est réservée. En ce cas il emporte lods &amp; ventes, aussi-bien que le cens. On l'appelle en quelques endroits <i>terrage,</i> &amp; en Latin <i>Campi pars.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7888" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPARTER" />
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    <head>CHAMPARTER</head>
    <p>
    CHAMPARTER , ou CHAMPARTIR, selon quelques-uns, v. act. Lever le droit de champart. <i>Agri solarium cogere.</i> Un Laboureur ne peut enlever aucune de ses gerbes, que le champ ne soit <i>champarté.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7889" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPARTERESSE" />
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    <head>CHAMPARTERESSE</head>
    <p>
    CHAMPARTERESSE , adj. qui se dit de la grange seigneuriale où se mettent les champarts. <i>Horreum manipulorum decumanornm.</i> Les tenanciers des terres sont obligés de conduire à leurs frais les gerbes prises par le Champarteur dans la grange <i>champarteresse,</i> auparavant que d'enlever aucune de celles qui leur appartiennent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7890" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPARTEUR" />
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    <head>CHAMPARTEUR</head>
    <p>
    CHAMPARTEUR , s. m. Fermier, ou homme commis par le Seigneur pour lever son droit de champart. <i>Coactor agrarii solarii.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7891" id="1" type="blason">
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    <head>CHAMPE</head>
    <p>
    CHAMPE , adj. Terme de Blason , se dit lorsqu'on ne veut expliquer que la qualité du champ. Midelbourg porte un château d'or <i>champé</i> de gueules. <i>Campus minio affectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7892" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPELEURE" />
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    <head>CHAMPELEURE</head>
    <p>
    &#9758; CHAMPELEURE , s. f. C'est ainsi qu'on appelle en Normandie la fontaine ou le robinet d'un muid, ou autre vaisseau qu'on a mis en perce. Guerin, <i>Exercices des aydes de Normandie.</i> On dit aussi <i>chantepleure</i> lorsque le dernier quart de la pièce est entamé, &amp; qu'elle est à peu-près au huitième restant, &amp; sur le point d'être levée : le commis doit la faire lever en sa présence, &amp; après avoir rompu &amp; biffé la rouanne qu'il y a posée, faire un X de deux demi-tours de rouanne près de la <i>champeleure</i> l'un dans l'autre, à droit &amp; à gauche, pour marquer que la pièce est levée, afin qu'on ne la remette pas en son premier état sur le chantier.... Id. <i>ib.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Chantepleure">Chantepleure</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7893" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPENOIS, OISE" />
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    <head>CHAMPENOIS, OISE</head>
    <p>
    CHAMPENOIS, OISE , s. m. &amp; f. Qui est de Champagne. <i>Campanus, Campanensis.</i> Nicolas Perrot d'Ablancourt de l'Académie Françoise, dont nous avons des Traductions d'Auteurs Grecs &amp; Latins, souvent citées dans cet Ouvrage, étoit <i>Champenois.</i> Eudes II. Comte de Blois, fut surnommé le <i>Champenois,</i> parce qu'après la mort d'Etienne de Vermandois son cousin il s'empara de la Champagne, quoique le Roi Robert s'y opposât. Les <i>Champenoises</i> Demoiselles annoblissent leurs maris. Ce fut une suite de la bataille de Fontenay en Champagne entre les enfans de Louïs le Débonnaire. Car dit Gollut, <i>Mém. des Bourgognons,</i> Liv. IV. c. 6. la Noblesse de Champagne y demeura presque toute ; de sorte qu'il fut permis aux Demoiselles d'annoblir leurs maris.</p><p>On dit proverbialement, un <i>Champenois</i> &amp; quatre-vingt-dix-neuf moutons font cent bêtes.</p><p>Les Habitans de Dreux, à qui Mr de Sénecé avoit demandé l'explication du proverbe, <i>à gauche, c'est le chemin de Dreux</i> ; le prierent à leur tour de leur expliquer le sens &amp; l'origine de cet autre proverbe, Quatre-vingt-dix-neuf moutons &amp; un <i>Champenois</i> font cent bêtes. Cette querelle fit naître plusieurs autres Pièces en Prose &amp; en vers. Ceux qui seront curieux de les voir les trouveront dans les Mercures de Janvier, Juin, Septembre &amp; Novembre 1728.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7894" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPÊTRE" />
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    <head>CHAMPÊTRE</head>
    <p>
    CHAMPÊTRE , adj. m. &amp; f. Epithète qu'on applique à ce qui tient quelque chose de la campagne. <i>Rusticus.</i> Cette maison est seule, &amp; en un lieu bien <i>champêtre.</i> Ce Berger jouoit des airs <i>champêtres</i> sur son chalumeau. On appelle aussi un <i>champêtre,</i> un champ en friche, ou fort éloigné des habitations. Rien ne charme davantage les esprits délicats qu'une simplicité rustique, &amp; l'innocence des plaisirs <i>champêtres.</i> S. Evr.</p><p>Les Païens appelloient, Dieux <i>champêtres,</i> &amp; Divinités <i>champêtres,</i> Les faux Dieux qui présidoient aux biens de la terre, &amp; qui étoient particulièrement adorés aux champs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7895" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAMPIGNON" />
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    <head>CHAMPIGNON</head>
    <p>
    CHAMPIGNON , s. m. <i>Fungus.</i> Plante dont la substance est d'une tissure différente de celle de toutes les autres plantes, &amp; dont on n'a pû encore découvrir les fleurs, supposé qu'elles en aient : aussi son caractère ne se tire point de ces parties-là, comme dans les autres plantes, mais seulement du port extérieur de ses espèces. Le vulgaire appelle indifféremment <i>champignon</i> toutes les plantes fungueuses, qu'on distingue cependant en celles qui croissent sur les arbres, &amp; en celles qui croissent sur terre, &amp; qui <pb n="964" facs="bpt6k8542165/f1004/full/1200,/0/native.jpg"/>sont composées d'un pédicule, &amp; d'une tête, ou chapiteau, couvert pour l'ordinaire en dehors, concave par-dessous, &amp; garni de plusieurs lames ou feuillets, ou de petits tuyaux rangés les uns auprès des autres, ce qui rend sa surface interne toute poreuse. On remarque en général que le <i>champignon</i> est toujours suspect dans son usage ; l'expérience l'a fait quelquefois éprouver aux plus friands. Il est vrai cependant qu'il y en a de plus ou moins nuisibles ; ceux qu'on mange plus volontiers sont le Mouceron, <i>Fungus parvus, Mouceron dictus</i> ; on en trouve en plusieurs endroits du Royaume. On mange presque toute l'année à Paris le <i>Fungus campestris albus supernè infernè rubeus.</i> On fait une couche avec du terreau préparé, &amp; il ne manque guère d'en lever lorsque la couche est bien faite. La plupart des autres espèces sont nuisibles, sur-tout les espèces qui ont des feuillets noirs, &amp; qui sentent mauvais.</p><p>On appelle Agaric un <i>champignon</i> qui croît sur le Méleze : on le distingue en mâle &amp; en femelle. Le mâle sert aux Teinturiers en noir ; la femelle au contraire est un purgatif hydragogue. <i>Agaricus, sive fungus laricis</i> ; le mâle croît sur les noyers, &amp; se nomme <i>Agaricus pedis equini formâ.</i> Le Fungoide ne diffère du <i>champignon</i> que par sa figure extérieure. En effet, ce <i>champignon</i> est ordinairement formé en coupe. La Morille, <i>Bolatus,</i> est même une sorte de <i>champignon</i> ; elle est à présent en usage comme le Mouceron &amp; les <i>champignons</i> bons à manger. Ce dernier <i>Fungus</i> est criblé comme les rayons d'une ruche. La vesse de loup est une autre sorte de <i>champignon,</i> qui en se séchant se réduit tout en poudre : cette poudre est bonne pour arrêter les hémorragies des hémorrhoides, <i>Fungus sive crepitus lupi, lycoperdon vulgare.</i> Les Corralloides ont été ainsi appellés à cause que cette plante quoique fungueuse est branchue comme le corail ; on mange quelques-unes de leurs espèces. Le <i>champignon</i> de sureau est estimé pour la squinancie, <i>Fungus sambucinus, sive auricula judae.</i> On met enfin la truffe, <i>Tuber,</i> parmi les plantes fungueuses. Il y a quelques espèces de <i>champignons</i> dont on a vû tomber une semence noire en forme de poussière. L'Empereur Claude fut empoisonné en mangeant des <i>champignons.</i> Et parce qu'il fut mis à sa mort au nombre des Dieux, on les appella <i>la viande des Dieux.</i></p><p>Il y a des <i>champignons</i> qu'on appelle <i>porcini,</i> ou <i>champignons de pourceaux,</i> qu'on fricasse à l'huile &amp; au beurre, parmi lesquels il y en a de venimeux. Rhasis fait mention d'un <i>champignon,</i> dont la poudre mise sur un bouquet, empoisonne quand on le flaire. Matthiole dit qu'il a vû des <i>champignons</i> qui pesoient trente livres, qui étoient jaunes comme fin or ; &amp; qu'il y en a à Rome &amp; à Naples qui viennent sur des pierres qu'on arrose. Il observe aussi que les meilleurs <i>champignons</i> ne valent rien quand on en mange trop ; qu'ils surmontent &amp; éteignent la chaleur naturelle : &amp; il nomme le <i>champignon,</i> la vraie enseigne du logis de la mort. Ferrantes Impératus dit avoir vû des <i>champignons</i> qui pesoient plus de cent livres. Clusius parle d'un qui étoit assez gros pour nourrir plus d'un jour toute une famille : &amp; on dit que dans les confins de la Hongrie &amp; de la Croatie il en croît de si gros, qu'un seul peut remplir &amp; faire la charge d'un chariot. XV. Journ. des Savans 1678. On a vû un homme en Allemagne, dont les reins à ce que l'on jugeoit, étoient d'une substance de <i>champignon,</i> parce qu'après d'épouvantables douleurs qu'on avoit toujours cru être de la pierre, il jetta de temps en temps de petits <i>champignons,</i> comme les autres font des pierres. Ib. 1679. p. 35.</p><p>Ménage tient que ce mot vient du Latin <i>campinio</i>, à cause qu'il naît dans les champs sans être semé.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui s'est élevé, qui a fait fortune en peu de temps, qu'il est venu en une nuit comme un <i>champignon.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMPIGNON</head>
    <p>
    Champignon de lampe , est le bout de la mèche quand elle est consumée, qui paroît sur-tout en temps humide ; &amp; c'est un signe de pluie. <i>Lucernae fungus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMPIGNON</head>
    <p>
    Champignon , en Médecine, est aussi une tumeur, ou une excrescence de chairs qui naissent en plusieurs parties du corps, comme aux paupières, aux parties honteuses, ou à la tête, quand le crane a été trépané ou rompu, &amp; que les membranes du cerveau ont été blessées. <i>Fungosae carnis tumor.</i> Il y en a qui sortent hors des fractures des os, &amp; qui sont faites effectivement comme des <i>champignons</i> ; ce qui leur en a fait donner le nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMPIGNON</head>
    <p>
    Champignon , en Architecture. Espèce de coupe renversée, taillée en écailles par-dessus, qui sert aux fontaines jaillissantes à faire bouillonner l'eau d'un jet, ou d'une gerbe en tombant. <i>Fungus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMPION</head>
    <p>
    CHAMPION , s. m. Homme de guerre, brave &amp; généreux, qui soutient une querelle, un parti, par les voies d'honneur, contre ceux qui l'attaquent. <i>Pugnator.</i> Les injures faites à l'honneur des Dames se vengeoient autrefois par le combat de deux <i>champions.</i> Ce Prince avoit plusieurs braves <i>champions</i> dans son armée.</p><p>Ménage dérive ce mot de <i>campio,</i> suivant les Gloses d'Isidore, <i>qui campo decertant.</i> En ce cas le mot de <i>camp</i> étoit pris pour le duel qui se faisoit dans un camp clos. <i>Campion</i> signifie aussi en Allemand un homme qui se bat en duel ; &amp; <i>camp</i> un duel, &amp; <i>campen,</i> se battre en duel, tout cela de <i>camp,</i> qui signifie <i>champ,</i> le lieu où l'on se bat, du Latin <i>campus.</i> C'est la remarque des Bollandistes, <i>Mart. T. II. p.</i> 494. <i>D.</i> Ce mot <i>campio</i> est très-ancien, quoiqu'il ne soit pas de la bonne Latinité. Il se trouve dans Grégoire de Tours. Du Cange dérive <i>champion</i> de l'Allemand <i>kampff,</i> qui signifie <i>combat</i> : &amp; il remarque qu'on appelloit proprement <i>champions,</i> ceux qui se battoient pour ceux qui étant obligés selon la coutume d'accepter le duel, avoient pourtant une juste excuse pour s'en dispenser, comme pour être trop vieux, trop jeunes, ou infirmes, ou Ecclésiastiques, &amp; en autres cas où ils étoient obligés de donner des <i>champions,</i> qu'on appelloit aussi <i>avoués.</i> Il ajoûte que c'étoit le plus souvent des mercenaires qu'on louoit pour de l'argent, &amp; qui passoient pour infames. Il y avoit aussi des vassaux, qui par leur foi &amp; hommage étoient obligés envers leurs Seigneurs de se battre pour eux en cas de besoin. C'étoient seulement des combattans à pied armés d'un bâton &amp; d'un bouclier. Il rapporte amplement les cérémonies de ces combats, &amp; les peines des vaincus.</p><p>Cette coutume de décider les différends qu'on avoit, par le combat, vint autrefois du Nord en Allemagne, en France, en Bourgogne, &amp; passa insensiblement dans tout le reste de l'Europe. On choisissoit deux <i>champions</i> pour soutenir le pour &amp; le contre. Avant que d'en venir aux mains il falloit qu'il y eût sentence qui autorisât le combat. Quand le Juge avoit prononcé, l'accusé jettoit un gage. (d'ordinaire c'étoit un gant) Ce gage de bataille étoit relevé par le Juge, &amp; quelquefois par l'accusé avec la permission du Juge ; ensuite les deux combattans étoient envoyés en prison, ou mis à la garde de gens qui en répondoient. Celui des deux qui s'enfuyoit étoit déclaré infame, &amp; convaincu d'avoir commis le crime qu'on lui imputoit. Les gages reçus, l'accusé &amp; l'accusateur ne pouvoient plus s'accommoder que du consentement du Juge. Ils ne l'obtenoient qu'avec peine, &amp; jamais sans payer l'amende que le Seigneur avoit droit de prendre sur la succession du vaincu. C'étoit le Juge ou le Seigneur qui fixoit le jour du combat. C'étoient eux qui étoient tenus de préparer le champ, &amp; de fournir aux combattans des armes sortables. Si le combat se faisoit à pied, les <i>champions</i> ne pouvoient avoir qu'une épée &amp; un bouclier ; s'il se faisoit à cheval, on les armoit de toutes pièces. Ces armes étoient portées au son des fiffres &amp; des trompettes par le Juge au milieu du champ, &amp; là benites par un Prêtre avec de grandes cérémonies. Avant que de s'approcher, les combattans juroient qu'ils n'avoient sur eux aucun charme, &amp; qu'ils se comporteroient en loyaux &amp; preux Chevaliers. Ensuite les parreins leur ceignoient l'épée, &amp; d'autres gens leur présentoient, l'un le cheval, l'autre la lance. Enfin par un cri public les Hérauts défendoient au peuple de faire ni signe ni bruit, ni de favoriser en quelque manière que ce fût l'un ou l'autre des combattans.</p><p>L'action commençoit par force démentis que se donnoient les <i>champions</i> ; puis les trompettes ayant sonné ils en venoient aux mains. Après qu'ils s'étoient donné le nombre de coups de lance, d'épée ou de dague qui étoient marqués dans le cartel, les Juges du combat jettoient en l'air une baguette pour avertir les <i>champions</i> que le combat étoit fini. S'il duroit jusqu'à la nuit avec un succès égal, l'accusé étoit réputé vainqueur : la peine du vaincu étoit celle qu'eût mérité le crime dont on l'accusoit. Si le crime méritoit la mort, le vaincu étoit désarmé, traîné hors du champ, &amp; exécuté aussitôt. Il n'y avoit que les <pb n="965" facs="bpt6k8542165/f1005/full/1200,/0/native.jpg"/>Ecclésiastiques, les malades, les estropiés, les jeunes gens au-dessous de 20. ans, &amp; les hommes au-dessus de 60. qui fussent dispensés du combat. Tous étoient obligés de combattre en personne, ou de mettre un homme en leur place. On nommoit proprement <i>champions</i> ces braves de profession, qui moyennant bien de l'argent entroient en lice pour un autre. Si le crime dont il s'agissoit méritoit une peine capitale, le <i>champion</i> qui succomboit étoit sans forme de procés mis à mort le moment d'après avec l'accusateur, ou l'accusé qui l'employoit. Le Gendre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMPION</head>
    <p>
    Champion du Roi , en Angleterre, est un Héraut, qui après le couronnement du Roi entre à cheval &amp; armé de toutes pièces dans la salle du festin, jette le gant par terre, &amp; présente un cartel à quiconque oseroit nier, que le nouveau Prince fût légitime Roi d'Angleterre.</p><p>On dit figurément, que les Martyrs ont été de braves <i>champions</i> de la Foi, parce qu'ils l'ont défendue au péril de leur vie. Et en général, il se dit de toutes sortes d'assaillans braves, généreux, illustrès. Martin, Secrétaire du Pape Félix V. a fait un Poëme en faveur des Dames, qu'il a intitulé, le <i>Champion des Dames.</i></p><p><i>Champion</i> ne se dit guère aujourd'hui que dans le style familier, ou le style burlesque, &amp; en riant. Tandis que les coups de poing alloient, &amp; que nos <i>champions</i> songeoient à se défendre. La Fontaine.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAMPION</head>
    <p>
    Eau de deux champions . Voyez <ref type="search" target="head:EAU">EAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7897" id="1" type="">
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    <head>CHAMPISTEAUX</head>
    <p>
    CHAMPISTEAUX , adj. On l'a dit autrefois pour <i>dépiteux. Morosus, fastidiosus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAN" />
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    <head>CHAN</head>
    <p>
    CHAN . Voyez CHAM, &amp; prononcez <i>Kan.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAN" />
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    <head>CHAN</head>
    <p>
    Chan , s. m. C'est une Hôtellerie chez les Turcs, &amp; la même chose que <i>Caravenseras.</i> Voyez ce mot. Les <i>Chans</i> servent de retraite aux Voyageurs, soit dans les campagnes, où il n'y a point d'habitations, soit dans les villes mêmes ; &amp; l'on y loge <i>gratis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANAAN</head>
    <p>
    CHANAAN , s. m. C'est le nom propre d'un fils de Cham ; qui donna son nom à la terre que sa postérité eut en partage, &amp; dont nous allons parler. Les enfans ou la postérité de <i>Chanaan</i> fut maudite par Noé. <i>Chanaan</i> est quelquefois la même chose que les Chananéens, la postérité de <i>Chanaan</i> ; de même qu'Israël signifie souvent les Israëlites. Les Sidoniens, Amalec &amp; <i>Chanaan</i> vous ont opprimé. <i>Jud. X.</i> 12. <i>Chanaan</i> signifie aussi quelquefois le pays qu'on appelle plus communément la terre de <i>Chanaan.</i> Ainsi l'on trouve dans l'Ecriture les bornes, les confins de <i>Chanaan,</i> les Rois de <i>Chanaan.</i> La langue de <i>Chanaan</i> ; c'est-à-dire, Chananéenne, ou des Chananéens, est celle que nous nommons plus ordinairement la langue Phénicienne. C'étoit la même langue que l'Hébreu ; ou du moins elle en différoit très-peu, comme nous le voyons par tous les noms de cette langue qui sont dans l'Ecriture, &amp; par les mots Puniques que S. Augustin &amp; les autres Anciens nous ont conservés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANAAN</head>
    <p>
    Chanaan . La terre de <i>Chanaan. Terra Chanaan, Chanaanitis.</i> C'est la terre qu'occuperent les Chananéens, promise ensuite à Abraham, &amp; donnée à sa postérité, &amp; appellée la Terre promise, la Terre de promission, la Terre-Sainte. Elle comprenoit en général ce qui est enfermé entre l'Arabie déserte au Midi, la Mer morte &amp; le Jourdain au Levant, la Phénicie &amp; l'Antiliban au Nord, la Méditerranée &amp; les Philistins au Couchant, &amp; outre cela les Royaumes d'Og &amp; de Basan à l'Orient du Jourdain. Cependant quoique les Rois &amp; les peuples de ces deux Royaumes fussent des Chananéens, on ne les comprend point communément dans ce qu'on appelle la <i>Terre de Chanaan.</i> Elle étoit divisée en plusieurs Royaumes, dont il est parlé dans les Livres de Moise, &amp; sur-tout dans celui de Josué. De la Rue a fait une carte de la <i>Terre de Chanaan.</i> Depuis que les Israëlites en furent les maîtres elle fut autrement divisée, comme nous le dirons au mot Terre-Sainte.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANCE" />
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    <head>CHANCE</head>
    <p>
    CHANCE , s. m. Premier coup de dez qu'on jette pour en faire jouer un autre. <i>Primi tesserarum jactus, fortuita puncta.</i> Ainsi on dit, Livrer <i>chance</i> à quelqu'un, pour lui donner lieu de jouer un coup ensuite.</p><p>On dit figurément, Livrer <i>chance</i> à quelqu'un ; pour dire, Défier, provoquer quelqu'un à la dispute.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>cadentia</i>, selon quelques-uns. Mais il y a plus d'apparence qu'il vient de <i>chance,</i> vieux mot Celtique, ou Bas-Breton, qui signifie <i>cas fortuit.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCE</head>
    <p>
    Chance , est aussi un jeu particulier de dez qui se joue avec certaines règles, &amp; qui ne tombe que sur certains points. <i>Certus tesserarum jactus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCE</head>
    <p>
    Chance , signifie aussi coup heureux, rencontre avantageuse, fortuite. <i>Felix ac fortuitus tesserarum jactus.</i> Votre arrivée m'a porté <i>chance.</i> On dit que la <i>chance</i> a tourné, lorsque d'heureux au jeu qu'on étoit, on devient malheureux. <i>Fortuna vertit.</i> J'ai gagné au commencement ; mais la <i>chance</i> a tourné.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme a conté sa <i>chance</i> ; pour dire, son histoire, sa bonne ou mauvaise fortune.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANCEL" />
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    <head>CHANCEL</head>
    <p>
    CHANCEL , ou CHANCEAU, ou plutôt CANCEL, s. m. est une partie du choeur d'une Eglise, qui est entre le maître autel, &amp; la balustrade qui le ferme : c'est où se mettent les Ministres servans la Messe. <i>Cancelli.</i> C'est un droit honorifique, d'avoir droit de banc &amp; de sépulture dans le <i>chancel</i> d'une Eglise. <i>Chanceau</i> s'est dit aussi autrefois pour <i>chassis.</i></p><p>Ce mot vient de <i>cancellum</i>, Latin, qui se trouve dans les Capitulaires de Charlemagne en cette signification. Mén. Et ce mot a signifié toute sorte de treilles ou de barres croisées, soit de bois, ou de fer, ou même des traits de plume.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANCELADE" />
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    <head>CHANCELADE</head>
    <p>
    CHANCELADE . Voyez <ref type="search" target="head:CHANCELLADE">CHANCELLADE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7903" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANCELANT, ANTE" />
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    <head>CHANCELANT, ANTE</head>
    <p>
    CHANCELANT, ANTE . adj. verbal. Qui chancelle, qui n'est pas ferme, stable, assuré. <i>Titubans, vacillans.</i> Aller d'un pas <i>chancelant</i> : Démarche <i>chancelante.</i></p><p>On le dit aussi au figuré. La fortune est fort <i>chancelante,</i> &amp; n'est jamais assurée. Les esprits foibles sont <i>chancelans</i> dans leurs opinions. Etre <i>chancelant</i> dans son devoir Ablanc. La multitude étoit déja toute ébranlée. &amp; <i>chancelante.</i> Vaug. Combien de familles <i>chancelantes</i> ont été soutenues par son secours. Flech.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANCELER" />
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    <head>CHANCELER</head>
    <p>
    CHANCELER , v. n. Branler, n'être pas ferme &amp; assuré sur ses pieds ; vaciller, être toujours sur le point de tomber. <i>Titubare, vacillare.</i> La marque d'un homme qui a trop bû, c'est qu'il <i>chancèle,</i> qu'il marche en penchant le corps tantôt d'un côté, &amp; tantôt de l'autre. <i>Vacillare ex vino.</i> Il s'apperçut que le Roi <i>chanceloit</i> &amp; laissoit aller ses armes de foiblesse. Vaug. On ne voit point mes pas sous l'âge <i>chanceler.</i> Boil.</p><p>Il se dit aussi des choses qui sont sujettes à varier, à manquer, à changer, à trébucher. Alexandre vit ce jour là <i>chanceler</i> sa fortune. Vaug. Sa mémoire <i>chancela</i> dès le commencement de sa harangue. Ces gens ne seront pas long-temps amis, leur amitié <i>chancèle</i> déja.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELER</head>
    <p>
    Chanceler , se dit figurément de ceux qui sont incertains dans leurs opinions, dans leurs décisions. <i>Animo titubare, vacillare.</i> Il ne faut pas qu'un Auteur grave <i>chancèle</i> dans ses opinions, il faut qu'il décide nettement. Il est encore irrésolu, il <i>chancèle.</i></p><p>Quelques-uns dérivent ce mot de <i>cancellare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7905" id="1" type="">
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    <head>CHANCELIER</head>
    <p>
    CHANCELIER , s. m. Premier Officier de la Couronne en ce qui regarde la Justice, &amp; qui est le Chef de tous le Conseils du Roi. <i>Franciae Cancellarius.</i> La principale fonction du <i>Chancelier,</i> c'est de garder le Sceau Royal. On ne dépossède point un <i>Chancelier</i> ; mais on lui donne quelquefois un Garde des Sceaux. Le <i>Chancelier</i> de France est Président né du grand Conseil. Les Cours Souveraines lui rendent les premiers honneurs après le Roi ; il a seul le droit d'y présider. Il ne prête le serment qu'entre les mains du Roi. Il ne porte jamais le deuil pour quelque raison que ce soit. La raison de ce privilége est qu'il se détache de lui-même, pour ne plus représenter que la Justice, dont il est le Chef. Le Mait. Les Rois ont rassemblé <pb n="966" facs="bpt6k8542165/f1006/full/1200,/0/native.jpg"/>dans le <i>Chancelier</i> l'autorité de toutes les Magistratures : c'est pourquoi ses Lettres sont représentées dans toutes les Cours souveraines. Il a chez lui les marques de la Majesté Royale ; sa maison est ornée de fleurs de lis. Id. Le <i>Chancelier</i> a séance, &amp; opine le premier après les Princes du Sang ; &amp; au Parlement il précède le Connétable. Le P. Anselme. Le <i>Chancelier</i> est la bouche du Prince, &amp; l'interprète de ses volontés. Le Mait. Le <i>Chancelier</i> fut du temps du Roi Dagobert appellé <i>Grand Référendaire,</i> comme on recueille d'un passage d'Aimoin. Sous Hugues Capet il apposoit seulement son seing aux Lettres patentes après la signature du Grand Maître, du Grand Chambellan, du Grand Echanson, &amp; du Connétable.</p><p>On ne peut pas douter que Pharamond, &amp; Clodion &amp; Mérouée, ses successeurs, n'aient eu des <i>Chanceliers</i> &amp; des Secrétaires, quoique l'histoire ne rapporte point leurs noms. Quelques Auteurs modernes font Widiomare <i>Chancelier,</i> ou Référendaire du Roi Childeric, mais sans aucun fondement. Gregoire de Tours ne lui donne point cette qualité. Le premier Référendaire (car c'est le nom dont les <i>Chanceliers</i> de France ont été appellés sous la première race de nos Rois) se nommoit Aurélien. Il exerça cette charge sous Clovis cinquième Roi des François. Hincmar dit qu'il portoit l'anneau ou le sceau de ce Prince. Tessereau. D'autres font Aurelien Grand Chambellan, &amp; non pas Référendaire. Voyez Bardin, &amp; ci-dessus au mot Chambellan. Valentinien est le premier qu'on trouve qui ait signé les Chartes de nos Rois en qualité de Notaire, ou Secrétaire, <i>Amanuensis.</i> Il fit cette fonction sous Childebert Roi de Paris, &amp; fils de Clovis. Tessereau, qui donne une suite Chronologique des Référendaires &amp; <i>Chanceliers</i> de France au commencement de son <i>Hist. Chronolog. de la Chancel.</i> Gregoire de Tours, ch. 28. des miracles de S. Martin, donne à entendre que le Référendaire avoit sous lui plusieurs <i>Chanceliers.</i> Ainsi ce mot en ce temps-là se prenoit pour Notaire, ou Secrétaire. Ces <i>Chanceliers,</i> comme dit M. de Cordemoy, ne servoient qu'à écrire ou à signer les actes, que les Référendaires devoient sceller ; &amp; par succession de temps, le nom de ces petits Officiers a été donné à celui qui non-seulement garde le sceau du Prince, comme faisoient les Référendaires, mais qui préside encore à tous les Conseils, comme le Chef de la Justice, &amp; le premier des Magistrats. Sous la seconde race de nos Rois, les <i>Chanceliers</i> ne sont plus appellés Référendaires, mais Apocrisiaires, Archichanceliers, Archinotaires, Archichapelains, &amp; souverains &amp; suprèmes <i>Chanceliers.</i> Cette dignité augmenta beaucoup sous la troisième race, sous laquelle le seul nom de <i>Chancelier</i> est resté à celui qui en est pourvû. C'est Louïs le Jeune qui donna aux <i>Chanceliers</i> le droit d'assister avec les Pairs aux jugemens des Pairs. Philippe le Bel leur donna, dans le Parlement qu'il établit à Paris l'an 1302. rang immédiatement après un Evêque, un Prince du Sang, &amp; avant tous les autres Juges. Voyez sur tout cela, &amp; tout ce qui regarde le <i>Chancelier,</i> Tessereau déja cité.</p><p>La charge de <i>Chancelier</i> ne se vend point. Elle n'étoit autrefois que la cinquième charge de la Couronne. Il y avoit devant lui le Sénéchal, le Chambrier, le Grand Maître &amp; le Connétable. Le <i>Chancelier</i> ne se mêloit que de l'expédition des Lettres. On l'a appellé Référendaire, comme on l'a dit, puis <i>Chancelier</i> ; Référendaire, parce que c'étoit lui qui rapportoit toutes les lettres devant le Roi ; <i>Chancelier,</i> parce qu'il les barroit quand elles n'étoient pas bien dressées, ou plutôt parce qu'il les scelloit dans un endroit fermé de grilles, autrefois appellées <i>chanceaux,</i> en Latin <i>cancelli.</i> Son pouvoir s'accrut fort dans la 3e race, par la suppression de quelques-unes de ces grandes charges qui avoient rang avec la sienne. Le Gendre. Il y a dans le procès de Mr Fouquet de grandes Dissertations, savoir, si le <i>Chancelier</i> peut être récusé.</p><p>Il y a apparence que ce mot vient du Latin <i>cancellum</i>, qui signifie un <i>chassis,</i> à cause de sa ressemblance avec le paraphe du Roi qui est fait en grille, auprès duquel le <i>Chancelier</i> appose le sceau. D'autres croient que ce mot vient de <i>canceller,</i> à cause qu'il faisoit plusieurs traits de plume, sur les Lettres qu'il refusoit, comme prétend Nicot, &amp; quand il les trouvoit inciviles ; &amp; aussi parce qu'il casse les arrêts des Cours supérieures, lorsqu'il préside au Conseil. <i>Cancellare</i> en Latin c'est biffer, rayer, passer une ligne sur quelque chose. Sarisber. <i>in Euthetico,</i> parlant d'un <i>Chancelier,</i> dit,</p><p>C'est aussi le sentiment de Turnèbe, que favorise le vers Synonyme de Briton,</p><p>Comme Naudé le remarque dans son Mascurat. Mais Ménage dit qu'il vient à <i>cancellis,</i> c'est-à-dire, du <i>chancel</i> ou <i>treillis</i> où étoit l'Empereur quand il rendoit justice ; parce que le <i>Chancelier</i> étoit à la porte de la clôture qui séparoit le Prince du peuple. Naudé préfère cette opinion qui est, comme il dit dans son Mascurat, de Pithou, de Casaubon, &amp; de tous les bons Auteurs, &amp; qui se prouve par Cassiodore, &amp; par le Moine Erricus en la vie de S. Germain, où il appelle un <i>Chancelier,</i></p><p>Du Cange, après Joannes de Janua, dit que ce mot vient de la Palestine, où les toits étoient plats &amp; faits en terrasse, avec des parapets ou garde-fous grillés qui s'appelloient <i>cancelli</i> ; &amp; que ceux qui montoient sur ces toits pour réciter quelque harangue, s'appelloient <i>cancellarii</i> ; &amp; qu'on a étendu ce nom à ceux qui plaidoient dans les barreaux, qu'il appelle <i>cancelli forenses</i> : &amp; depuis on a appellé <i>Chanceliers,</i> ceux qui étoient les premiers assis en ces barreaux : &amp; enfin ce nom est passé à ceux qui étoient les Secrétaires des Rois, qui gardoient leurs cachets &amp; leur sceau.</p><p>On trouve aussi des <i>Chanceliers</i> dans l'Empire Grec, ; mais ce ne sont que des Trésoriers, <i>Quaestores,</i> ou des Logothètes, c'est-à-dire, des Officiers qui faisoient rendre les comptes. Voyez Cujas <i>ad l.</i> 2. <i>Cod. de petition. bonor. sublat. &amp; ad l. ult. de discuss. l.</i> 10. <i>C. &amp; Paratit. in L. I. Cod. tit.</i> 30.</p><p>On trouve encore des <i>Chanceliers</i> des Eglises. Tel est dans le VIe Concile, Act. VIIIe. Etienne Diacre &amp; <i>Chancelier,</i> &amp; dans Sigebert, Jean <i>Chancelier</i> de l'Eglise Romaine, qui succéda au Pape Paschal. On croit que ces <i>Chanceliers</i> étoient les Chefs des Notaires, ou Scribes. Voyez le Glossaire de Fabrot sur Nicétas Choniates, au mot .</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELIER</head>
    <p>
    Chancelier , signifie aussi, Celui qui garde les Sceaux des Princes de la Maison Royale, ou de quelques Communautés. Le <i>Chancelier</i> de la Reine, de Monsieur. <i>Cancellarius Reginae, unici Regis fratris Cancellarius, &amp;c.</i></p><p>Le <i>Chancelier</i> de l'Université, est celui qui scelle les Lettres des grades &amp; des provisions qu'on donne dans l'Université. <i>Academiae Cancellarius.</i> Toutes les Commissions de la Cour de Rome pour l'Université, sont adressées au <i>Chancelier.</i> Il y a deux <i>Canceliers</i> dans l'Université de Paris : l'un qui est établi dans la Cathédrale, d'où vient que les bonnets &amp; les degrés de Docteurs en Théologie sont pris au logis de l'Evêque ; &amp; ce <i>Chancelier</i> est du Corps du Chapitre. Il y en a un autre pour les actes, qui est un Religieux de Sainte Geneviève, parce que cette Maison a été tirée de S. Victor, où se tinrent autrefois les premières Ecoles, après celles de la Cathédrale. Ils ont tous deux un pouvoir égal, &amp; sont établis il y a plus de huit cents ans. Du Chêne, Belleforêt, &amp; autres Historiens François, donnent le droit d'ancienneté au <i>Chancelier</i> de Sainte Geneviève.</p><p>Il y a des <i>Chanceliers</i> dans les Ordres de Chevalerie du Saint Esprit, de S. Lazare. Il y a aussi un <i>Chancelier</i> du Grand Prieuré de France. C'est lui qui scelle les Commissions &amp; les Mandemens du Chapitre de l'Assemblée des Chevaliers ; qui tient le Registre des Délibérations, &amp; qui en délivre les actes sous le sceau de l'Ordre.</p><p>L'Académie Françoise a aussi son <i>Chancelier,</i> qui préside en l'absence du Directeur.</p><p>Dans les Académies de l'Empire, le <i>Chancelier</i> occupe la première place après le Recteur. Sa charge est perpétuelle. Il est l'Inspecteur, &amp; le Censeur commis pour empêcher <pb n="967" facs="bpt6k8542165/f1007/full/1200,/0/native.jpg"/>qu'on ne viole les loix &amp; les statuts de l'Académie ; qu'on ne remplisse les emplois de personnes incapables, &amp; qu'on ne confère les degrés de Bachelier, ou de Docteur, à ceux qui en sont indignes, ou par leur ignorance, ou par leurs mauvaises moeurs.</p><p>On appelle aussi <i>Chancelier,</i> le Greffier qui a le sceau du Consulat dans les Echelles du Levant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELIER</head>
    <p>
    Chancelier , dans les Universités d'Angleterre. Dans celle d'Oxford le <i>Chancelier</i> est le premier Magistrat. Il est élû par les écoliers mêmes : sa charge consiste à gouverner l'Université, à en conserver les priviléges &amp; les libertés, à convoquer les assemblées, &amp; à rendre justice entre les membres de l'Université, qui sont tous soumis à sa Jurisdiction. Le <i>Chancelier</i> de l'Université de Cambridge a aussi une Cour de Justice, &amp; jouït des mêmes prérogatives que celui d'Oxford ; excepté qu'il n'est pas élu à vie comme celui d'Oxford. On le peut changer, ou le continuer tous les trois ans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELIER</head>
    <p>
    Chancelier , dans quelques Congrégations de l'Ordre de saint Benoît, est un Religieux qui registre &amp; conserve les actes &amp; les papiers qui concernent le gouvernement du Monastère.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELIÈRE</head>
    <p>
    CHANCELIÈRE , s. f. Femme du Chancelier. La <i>Chancelière</i> n'a point en France les honneurs du Louvre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELIÈRE</head>
    <p>
    Chancelière . Terme de Fleuriste . Tulipe violet &amp; blanc. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELLADE</head>
    <p>
    CHANCELLADE . Chanoines Réguliers de la réforme de la <i>Chancellade.</i> C'est une Congrégation de Chanoines Réguliers de S. Augustin en France. <i>Canonici Regulares de fonte cancellato.</i> Au commencement du XIIe siècle, quelques Saints Ecclésiastiques s'étant retirés dans une solitude à une lieue de Perigueux, auprès d'une fontaine appellée <i>Chancellade, fons Cancellatus,</i> y menerent la vie érémitique sous la conduite de Foucauld, Abbé de Cellefrouïn, Ordre de S. Augustin. Ils y bâtirent un Oratoire, puis une Eglise en 1128. qui fut appellée N. Dame de la <i>Chancellade</i> ; &amp; l'an 1133. ils firent profession de la Règle de saint Augustin, &amp; prirent l'habit de Chanoines Réguliers. Dans le XVe siècle cette Abbaye fut ruinée par les Calvinistes. Alain de Solminiac, Abbé de la <i>Chancellade,</i> &amp; dans la suite Evêque de Cahors, y commença la réforme en 1623. qui s'étendit les années suivantes ; plusieurs Abbés ayant demandé des Chanoines Réguliers de la <i>Chancellade,</i> pour réformer d'autres maisons. En considération de cette réforme Louïs XIII. en 1620. leur accorda le droit de nommer en cas de vacance trois Religieux Réformés, dont il choisiroit un pour Abbé, &amp; cela pour tout le temps que dureroit la Réforme.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELLEMENT</head>
    <p>
    CHANCELLEMENT , s. m. Démarche qui n'est pas ferme, qui n'est pas assurée. <i>Titubatio, vacillatio.</i> Danet. Tachard.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELLERIE</head>
    <p>
    CHANCELLERIE , s. f. Quelques-uns écrivent avec une seule <i>l Chancelerie</i> Espèce de Tribunal où l'on scelle les Lettres avec le sceau du Prince. <i>Cancellarii judiciale praetorium.</i> La <i>grande Chancellerie</i> est celle où on scelle avec le grand sceau du Roi gardé par Monsieur le Chancelier, &amp; qui a autorité par toute la France, &amp; en tous les Parlemens. <i>Superius majoris sigilli praetorium.</i> Il y a aussi des <i>Chancelleries</i> établies près les Cours de Parlement &amp; autres Cours. Ainsi il y a les <i>Chancelleries</i> de Paris, de Toulouse, de Bourdeaux, de Dijon, de Bretagne, de Dauphiné, de Rouen, &amp;c. On dit aussi Echiquier de Normandie. Voyez l'Edit de Charles VIII. donné à Amboise le onzième Décembre 1493. rapporté par Tessereau, <i>Hist. de la Chanc. T. I. p.</i> 65. Le commencement de la <i>Chancellerie</i> de France a cela de commun avec toutes les choses qui sont fort éloignées de nous, que le temps empêche qu'on n'en puisse aisément découvrir la vérité. Tessereau. Il y a de grands &amp; de petits Officiers de la <i>Chancellerie.</i> Les grands sont le Chancelier, le Garde des Sceaux, les Secrétaires du Roi, &amp;c. Les petits sont l'Aumônier, les Huissiers, Fourrier, Ciriers, Valet-Chauf</p><p>fecire, &amp; Porte-coffres. Le <i>Sciendum</i> de la <i>Chancellerie</i> est une de ses plus authentiques pièces. Tessereau, <i>T. I. p.</i> 39. Nous en parlerons au mot Sciendum. On dit grosse <i>Chancellerie</i> de cire verte. Id. <i>T. I. p.</i> 14. Cet Auteur appelle <i>Petites Chancelleries</i> celles qui sont établies près les Cours du Royaume, tant des Parlemens que Présidiales. Il y a aussi des <i>Chancelleries</i> près les Chambres des Comptes, &amp; les Cours des Aides. <i>Chancelleries</i> Présidiales, sont celles qui sont près les Présidiaux. <i>Inferius minoris sigilli praetorium.</i> Un Maître des Requêtes, ou autre Officier commis pour cette fonction, scelle les Lettres avec le petit sceau, dans les petites <i>Chancelleries.</i> Voyez l'<i>Histoire Chronol. de la Chancellerie</i> par Tessereau.</p><p>Le lieu où l'on scelle les Lettres avec le petit sceau, près les Parlements, Chambres des Comptes, Cours des Aides &amp; Présidiaux, se nomme aussi <i>Chancellerie.</i></p><p>On appelle aussi la <i>Chancellerie,</i> les maisons où loge le Chancelier qui lui sont affectées auprès des Maisons Royales, comme à Paris, à S. Germain, à Fontainebleau, à Versailles, &amp;c. <i>Assignatum in regalibus domibus Cancellario Franciae hospitium.</i></p><p>On se sert encore de ce terme en parlant des expéditions qui se font en <i>Chancellerie,</i> quand même elles ne seroient pas scellées : comme les signatures de Cour de Rome pour les provisions des Bénéfices viennent en papier de la <i>Chancellerie</i> Romaine. On y fait différence entre la Pénitencerie, &amp; la <i>Chancellerie.</i> Les règles de la <i>Chancellerie</i> Romaine ne sont reçues en France qu'en peu de rencontres. On les trouve à la fin de la pratique de Rebuffe.</p><p>Le Style de la <i>Chancellerie,</i> le Trésor de la <i>Chancellerie,</i> sont des livres qui contiennent des formules de toutes les Lettres de <i>Chancellerie,</i> soit de grace, soit de justice.</p><p>On appelle encore <i>Chancellerie,</i> le corps des Officiers qui sont nécessaires pour le sceau, les Grands Audienciers, les Secrétaires du Roi, les Trésoriers, Contrôleurs, Référendaires &amp; Chauffecires. La <i>Chancellerie</i> a été au devant du Roi à son entrée. <i>Collegium Magistratuum ad Cancellarii munus pertinentium.</i></p><p>On appelle aussi <i>Chancellerie</i> de l'Université, Le lieu où l'on scelle des Lettres de Maître-ès-Arts, de Docteur, &amp;c.</p><p>On appelle aussi <i>Chancellerie,</i> le Greffe d'un Consulat de Marine où l'on délivre des expéditions authentiques, comme celles des Notaires &amp; des Greffiers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCELLERIE</head>
    <p>
    Chancellerie , en Angleterre, c'est la Cour Souveraine du Royaume pour les affaires civiles. <i>Supremus totius Angliae civilibus in rebus magistratus.</i> Le Grand Chancelier, ou le Garde du Grand sceau, est le seul Juge de cette Cour : seulement dans les cas difficiles il prend conseil, &amp; cependant il n'est pas obligé de s'y conformer. Il doit juger selon les loix &amp; les statuts du Royaume ; mais il peut aussi juger selon l'équité, &amp; modérer la rigueur de la Loi, selon laquelle les autres Juges sont obligés de prononcer. La Cour de la <i>Chancellerie</i> est au-dessus de toutes les autres, dont elle peut corriger &amp; réformer les jugemens. On la divise en deux Cours : l'une où l'on juge à la rigueur ; &amp; là les procédures &amp; tous les actes se font en Latin. Il y a vingt-quatre Clercs établis pour cela. L'autre est celle de l'équité ; &amp; là les procedures se font en Anglois : six Clercs sont ordonnés pour ces sortes d'actes. Comme la dernière est une Cour de conscience &amp; de miséricorde, il y a moins de chicane, &amp; l'on y abrége fort les procédures. Le Chancelier a douze assistans, qu'on appelloit autrefois <i>Coadjuteurs.</i> Ils ont des appointemens du Roi, &amp; doivent être Docteurs en Droit civil. Le Chancelier les consulte dans les cas importans &amp; douteux, sans être obligé absolument de déférer à leur avis. Le premier de ces assistans est le <i>Maître des Rôles</i> ; il juge en l'absence du Chancelier. Il a séance dans la Chambre haute à côté du Chancelier. C'est aussi la Cour de la <i>Chancellerie</i> qui dresse les Lettres circulaires du Roi, pour convoquer le Parlement, les Edits, les Proclamations, les Pardons, &amp;c. Chamberlain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7910" id="1" type="">
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    <head>CHANCEUX, EUSE</head>
    <p>
    CHANCEUX, EUSE , adj. Qui est heureux, qui a de la bonne fortune. <i>Felix, fortunatus.</i> Cet homme est si <i>chanceux,</i> qu'il a eu deux billets noirs à la lotterie. C'est une façon de parler basse &amp; familière.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCEUX, EUSE</head>
    <p>
    Chanceux , se dit aussi en mauvaise part. <i>Hoc frequenter &amp; incommodè accidit, &amp;c.</i> Il est <i>chanceux</i> à se blesser, à avoir des rhumes.</p><p>On dit proverbialement &amp; ironiquement, C'est un homme bien <i>chanceux</i> ; pour dire, C'est un pauvre homme que je ne crains guère ; ou, C'est un homme entre les mains duquel rien ne réussit. Voilà un jeu bien <i>chanceux,</i> qui n'est pas de grande importance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCIL</head>
    <p>
    CHANCIL . On appelloit ainsi autrefois une sorte de toile.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCIR</head>
    <p>
    CHANCIR , v. n. se corrompre par trop d'humidité. <i>Mucidum fieri.</i> Il se dit particulièrement des confitures sur lesquelles il vient une certaine peau ou barbe, quand elles n'ont pas été assez cuites. On le dit aussi quelquefois du pain, du fromage, quoiqu'on dise plus proprement <i>moisi.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCIR</head>
    <p>
    Chancir , se dit en termes de Jardinage , du fumier qui étant dans un tas, ou sur une couche fort sèche, commence à blanchir, &amp; à faire une espèce de filamens. La Quint. &amp; Lig. Le fumier ne produit des champignons que lorsqu'il est <i>chanci.</i> Liger.</p><p>On le joint au pronom personnel. Le pain se <i>chancit.</i> Pour employer les fumiers nous n'avons que les cinq mois de l'année qui sont les plus humides ; savoir, depuis le commencement de Novembre jusques vers la fin de Mars. Les fumiers qu'on emploie dans les autres temps n'y font que sécher, <i>se chancir</i> ; &amp; ainsi bien loin d'être favorables aux végétaux, ils leur sont pernicieux &amp; funestes. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCIR</head>
    <p>
    Chanci, ie , part. &amp; adj. <i>Mucidus, rancidus.</i> Cotignac <i>chanci,</i> fumier <i>chanci.</i></p><p>Ce mot vient apparemment de <i>canus,</i> blanc, <i>canescere,</i> blanchir ; de <i>Canescere</i> on a fait <i>cancir, chancir.</i> Ce qui <i>chancit</i> devient blanc, la chancissure est blanche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCISSURE</head>
    <p>
    CHANCISSURE , s. f. Corruption qui vient sur la surface des choses humides qui se corrompent, laquelle paroît en façon de barbe. <i>Situs, mucor.</i> Quand on regarde un morceau de <i>chancissure</i> avec un microscope, elle paroît comme un jardin où il y a plusieurs fleurs, les unes en bouton, les autres épanouïes. On en voit la figure dans la Micrographie de M. Hook.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANCRE</head>
    <p>
    CHANCRE , subst. m. Ulcère malin qui ronge les chairs, &amp; qui est causé souvent par un mal vénérien. <i>Cancer, carcinoma, carcinodes.</i> Quelques-uns donnent aussi ce nom à la maladie qui est plus connue sous le nom de <i>cancer.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CANCER">CANCER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7914" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANCRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>CHANCRE</head>
    <p>
    Chancre , se dit aussi d'une onctuosité épaisse qui vient sur la langue après quelque maladie, ou durant la fièvre, ou autour des dents quand on n'a pas soin de les nettoyer.</p><p>Le <i>chancre</i> vient aussi aux oiseaux ; &amp; en Fauconnerie on dit ôter le <i>chancre</i> à l'oiseau. Pour ôter le <i>chancre</i> à l'oiseau, il faut prendre du miel &amp; du vin blanc, faire bouillir le tout ensemble, lui en laver la bouche, après l'essuyer, &amp; mettre au-dessus de la poudre de cerfeuil.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7914" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHANCRE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CHANCRE</head>
    <p>
    Chancre , en termes de Jardinage , est une maladie qui survient à l'arbre, qui fait mourir sa peau : elle est semblable à la dartre, ou à la galle, qui vient sur le corps humain. On fait des incisions tout à l'entour avec la pointe d'un couteau jusqu'au bois pour arrêter cette maladie. Nos Bergamottes ont le <i>chancre.</i> Liger. On a donné à cette maladie le nom de <i>chancre,</i> parce que c'est une certaine pourriture qui leur survient, &amp; qui les pénètre tous jusqu'au vif, ainsi que le <i>chancre</i> ronge les chairs. Id.</p><p>On dit proverbialement d'un goulu, d'un grand mangeur, qu'il mange comme un <i>chancre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7915" id="1" type="jardinage">
   <index type="head" value="CHANCREUX, EUSE" />
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    <head>CHANCREUX, EUSE</head>
    <p>
    CHANCREUX, EUSE , adj. Qui tient de la nature du chancre. <i>Cancro affectus, carcinode tentatus.</i> Ulcère <i>chancreux.</i> Bosse <i>chancreuse.</i></p><p>Il se dit aussi en termes de jardinage par rapport au bois de quelque arbre fruitier sujet au <i>chancre.</i> Le bois de cet arbre est tout <i>chancreux.</i> Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7916" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANDELEUR" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CHANDELEUR</head>
    <p>
    CHANDELEUR , s. f. est une Fête qu'on célèbre dans l'Eglise le deux de Février en l'honneur de la Purification de la Sainte Vierge, où on fait des Processions avec des chandelles allumées. <i>Lustrantis se Virginis Deiparae festivitas.</i> Bede dit que l'Eglise a changé heureusement les lustrations des Payens qui se faisoient au mois de Février autour des champs, en la Fête de la Purification, où on fait des Processions avec des chandelles ardentes, pour marquer que Jesus-Christ est la lumière du monde : ce qui fut établi par le Pape Gélase, qui abrogea les Lupercales. Ce sont ces chandelles qui ont donné le nom à la <i>Chandeleur,</i> qu'en quelques lieux on appelle <i>Chandeleuse. Festum purificatae Virginis ; Christi in Templo oblati solemnitas.</i></p><p>On dit proverbialement, A la <i>Chandeleur</i> la grande douleur, pour dire qu'en ce temps-là il fait quelquefois un froid excessif. La rime a plutôt fait ce proverbe que la raison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7917" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANDELIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>CHANDELIER</head>
    <p>
    CHANDELIER , s. m. Ouvrier, ou Marchand, qui fait, ou qui vend des chandelles. <i>Candelarum concinnator, opifex.</i> On dit aussi, une <i>Chandelière</i> au féminin. La Police défend aux <i>Chandeliers</i> de vendre des grains. De la Mare, <i>Tr. de la Police Liv. V. Titre XIV. ch.</i> 14. <i>pag.</i> 1019.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>Candelabrum</i>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7917" id="2" type="jardinage">
   <index type="head" value="CHANDELIER" />
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    <head>CHANDELIER</head>
    <p>
    Chandelier , signifie aussi, un ustensile de ménage qui sert à mettre des chandelles pour éclairer. <i>Candelabrum.</i> Il y a des <i>chandeliers</i> d'Eglise où l'on met des cierges qui brûlent pendant le service divin. Les Orfèvres les nomment à <i>pied triangle,</i> ou <i>à pied ovale.</i> Les <i>chandeliers</i> de cuivre, de cristal. Des <i>chandeliers</i> à plaques. Des <i>bras de chandeliers.</i> Le grand <i>chandelier</i> que fit Moise dans le Tabernacle étoit d'or, &amp; pesoit cent mines. Il avoit sept branches, &amp; soixante &amp; dix lampes. Joséphe.</p><p>On dit en termes de Jardinage , Faire le <i>chandelier,</i> lorsqu'on nettoie avec la serpette, ou couteau de Jardinier toutes les petites branches qui sont sur une plus grande, pour la laisser dégarnie. <i>Arborem ad candelabri similitudinem tondere, rescindere, amputare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7917" id="3" type="fortification">
   <index type="head" value="CHANDELIER" />
   <index type="src_domain" value="fortification" />
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    <head>CHANDELIER</head>
    <p>
    Chandeliers , en termes de Fortification , sont des pieux fichés à plomb dans des longues pièces de bois, entre lesquelles on met des fascines pour couvrir les travailleurs. <i>Pali.</i> On y met aussi des planches pour empêcher de voir ce qui se fait derrière. Ces pièces de bois sont éloignées de six à sept pieds. Les <i>chandeliers</i> sont propres pour faire une blinde à l'épreuve du canon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7917" id="4" type="chasse">
   <index type="head" value="CHANDELIER" />
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    <head>CHANDELIER</head>
    <p>
    Chandelier , se peut dire en parlant de cerfs, mais non pas en véritables termes de Chasse . C'est quand le haut de la tête d'un vieux cerf est large &amp; creux. Salnove V. R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7917" id="5" type="">
   <index type="head" value="CHANDELIER" />
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    <head>CHANDELIER</head>
    <p>
    Chandelier d'eau , c'est une fontaine dont le jet est élevé sur un pied en manière de gros balustre, qui porte un petit bassin comme un plateau de guéridon, dont l'eau retombe dans un autre bassin plus grand au niveau des allées, ou avec un bord de marbre, ou de pierre au-dessus du sable.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7917" id="6" type="">
   <index type="head" value="CHANDELIER" />
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    <head>CHANDELIER</head>
    <p>
    Chandeliers de Perriers ou de Pieriers, se dit sur mer, de certaines pièces de bois reliées de fer, qui sont percées en long, sur lesquelles on pose le pivot de fer, sur quoi tourne le perrier. <i>chandelier de fer de perrier,</i> est une fourche de fer avec deux anneaux qui soutiennent les deux tourillons de perriers, &amp; qui tourne sur un pivot dans un <i>chandelier</i> de bois. Le pivot sur lequel tourne le perrier s'appelle aussi <i>chandelier de fer de perrier. Chandeliers de chaloupe,</i> sont deux fourches de fer qui soutiennent le mât, la voile, &amp; ce qui est de la chaloupe lorsqu'on la nage avec les avirons. <i>Chandelier de fanal,</i> est un fer où il y a un pivot, sur lequel est posé le canal de pouppe. <i>Chandeliers de lisse,</i> sont ceux que l'on met dans les lisses, sur le haut des vaisseaux, &amp; autour de l'ouverture qui est faite pour passer la manivelle du gouvernail. <i>Chandeliers d'échelle,</i> sont des <i>chandeliers</i> de fer à tête ronde, que l'on met des deux côtés de chaque échelle, où l'on amarre des cordes qui traînent jusqu'à l'eau pour la commodité de ceux qui montent au vaisseau, ou qui en descendent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7917" id="7" type="">
   <index type="head" value="CHANDELIER" />
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    <head>CHANDELIER</head>
    <p>
    Chandelier , se prend aussi figurément pour un instrument, ou un organe, qui sert à éclairer spirituellement les hommes. Saint Athanase fut comme un flambeau que Dieu alluma sur le <i>chandelier</i> de son Eglise. Herman.</p><p>Toutes ces différentes significations du mot de <i>chandelier,</i> se peuvent rendre par le mot Latin <i>candelabrum,</i> en expliquant l'usage qu'on en fait.</p><p>On dit proverbialement, qu'il ne faut pas mettre le <i>chandelier</i> sous le boisseau ; pour dire, qu'il ne faut point cacher ses bonnes qualités, &amp; que les vertus éclatantes doivent servir d'édification au peuple. C'est un proverbe sacré tiré de l'Evangile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7918" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANDELIÈRE" />
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    <head>CHANDELIÈRE</head>
    <p>
    CHANDELIÈRE , s. f. Femme de <i>Chandelier,</i> ou d'ouvrier qui fait des chandelles, ou de Marchand qui en vend.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7919" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANDELLE" />
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    <head>CHANDELLE</head>
    <p>
    CHANDELLE , s. f. Quelques-uns écrivent <i>chandèle.</i> Composition de suif fondu, ou de cire qu'on fait prendre autour d'une mèche, &amp; qui sert à éclairer. <i>Candela.</i> Celles dont on use dans les maisons bourgeoises s'appellent simplement <i>chandelles.</i> Elles se font de suif de boeuf en dedans, &amp; de mouton en dehors. <i>Candela è sebo,</i> ou <i>sevo, candela sebacea.</i> On en fait aussi de suif de boeuf, &amp; de suif de mouton mêlés ensemble, ou de suif de mouton <pb n="969" facs="bpt6k8542165/f1009/full/1200,/0/native.jpg"/>seul, parce qu'il est plus blanc, &amp; a plus de consistance que celui de boeuf. De la Mare, <i>Traité de la Police Liv. V. Tom. XX. c.</i> 9. Il est défendu par la Police d'en faire de suif de porc. Celles qu'on brûle dans les Eglises sont de pure cire, &amp; s'appellent <i>cierges.</i> Les <i>chandelles</i> de cire qu'on brûle chez les Grands Seigneurs s'appellent <i>bougies. Candela cerea.</i> Les <i>chandelles de veille,</i> sont des grosses <i>chandelles</i> qu'on laisse brûler toute la nuit.</p><p>Ce mot vient de <i>candor</i>, ou du verbe <i>candeo. , candele,</i> chandelle, vient du Celtique <i>Cantol.</i> Pezron. , est un mot Grec pris du Latin depuis la translation de l'Empire à Constantinople.</p><p>Moucher la <i>chandelle,</i> c'est, Couper le haut de la mèche qui est brûlée, qui empêche qu'on ne voie toute la lumière. <i>Candelam emungere.</i> C'est une charge fort considérable en Espagne que celle de grand Moucheur de <i>chandelles.</i> On le nomme <i>Espavildlador major.</i></p><p>C'est une formule dans les adjudications des Fermes du Roi, de les donner à <i>chandelle éteinte.</i> On allume une <i>chandelle,</i> &amp; tandis qu'elle brûle, tout le monde est reçu à enchérir, &amp; après qu'elle est éteinte, on n'y est plus reçu. <i>Licitari ad extremam lucentis candelae micam.</i> On fait aussi des excommunications à <i>chandelle éteinte,</i> c'est-à-dire, qu'on donne encore le temps de la durée d'une <i>chandelle</i> aux pécheurs pour venir à résipiscence, après quoi ils demeurent tout-à-fait excommuniés. Ces <i>chandelles</i> sont de petits bouts de bougie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7919" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANDELLE" />
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    <head>CHANDELLE</head>
    <p>
    Chandelle , se dit proverbialement en ces phrases. Cette femme est belle à la <i>chandelle,</i> mais le jour gâte tout ; pour dire, que la grande lumière fait aisément découvrir ses défauts. On dit aussi des matières fort peu importantes ; que le jeu ne vaut pas la <i>chandelle.</i> On dit aussi de celui qui est échappé d'un grand péril, qu'il doit une belle <i>chandelle</i> à Dieu ; pour dire, qu'il lui doit un grand remerciment. On dit aussi d'un ménage où le mari dépense d'un côté, &amp; la femme de l'autre, qu'on y brûle la <i>chandelle</i> par les deux bouts. Et d'un homme qui fait en même temps plusieurs dépenses mal-à-propos, qu'Il brûle sa <i>chandelle</i> par les deux bouts. On dit encore de celui qui a de la peine à s'expliquer, Apportez lui un bout de <i>chandelle</i> pour trouver ce qu'il veut dire. On dit qu'un homme s'est venu brûler à la <i>chandelle,</i> quand il a quitté un asyle où il étoit en sûreté, pour venir en un autre lieu se faire prendre. On dit aussi, A chaque Saint sa <i>chandelle,</i> pour dire, qu'il faut faire des présens à tous ceux dont on a besoin, pour faire réussir une affaire. On dit encore, qu'on donne une <i>chandelle</i> à Dieu, &amp; une autre au Diable, quand on est d'intelligence avec les deux parris pour subsister, quelque chose qu'il arrive. On dit aussi des choses fort bigarrées, qu'elles sont bariolées comme la <i>chandelle</i> des Rois, parce que c'étoit autrefois une cérémonie de brûler une <i>chandelle</i> peinte de diverses couleurs la veille des Rois. On dit aussi des yeux fort vifs &amp; brillans, qu'ils brillent comme des <i>chandelles</i> ; &amp; de ceux qui ont reçu quelque grand coup proche des yeux, qu'on leur a fait voir mille <i>chandelles.</i> On dit encore, que la <i>chandelle</i> se brûle, quand on perd le temps inutilement ; &amp; sur-tout dans les voyages, quand on veut dire que le soir approche, &amp; qu'on n'aura pas assez de temps pour arriver au gîte. On dit aussi d'un homme qui meurt insensiblement &amp; de vieillesse, qu'il s'en va comme une <i>chandelle,</i> que c'est une <i>chandelle</i> qui s'éteint : &amp; de celui qui est à l'agonie, qu'il est réduit à la <i>chandelle</i> benite. On dit aussi, pour se moquer de ceux qui attendent à faire des libéralités pieuses dans leurs testamens, que la <i>chandelle</i> qui va devant éclaire mieux que celle qui va derrière.</p><p>On appelle figurément <i>chandelle de glace,</i> Ces eaux glacées qu'on voit pendre des toits des maisons, des gouttières, des arbres, &amp; qui sont des neiges fondues qui se convertissent en glace avant que de tomber. <i>Gelata tectorum stilla, concretum gelu stillicidium.</i> C'est ainsi que se forment dans les grottes les cristaux de roche. On le dit aussi des roupies glacées qui pendent ou distillent en hiver du nez des gens enrhumés &amp; mal-propres. <i>Turpis stiria è naso pensilis ; nasi mucosi stiria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7920" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANEL" />
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    <head>CHANEL</head>
    <p>
    CHANEL , s. m. Vieux mot qui s'est dit pour <i>canal, lit</i> d'une rivière. <i>Alveus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7921" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANFREIN" />
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    <head>CHANFREIN</head>
    <p>
    CHANFREIN , s. m. C'est la partie du devant de la tête du cheval depuis le dessous des oreilles jusqu'à sa bouche, en descendant par l'intervalle des deux sourcils. <i>Frons equina.</i></p><p>Ce mot vient de <i>camus</i> &amp; de <i>frenum</i>. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7921" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANFREIN" />
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    <head>CHANFREIN</head>
    <p>
    Chanfrein blanc , autrement <i>Belle face,</i> est une marque blanche qui règne le long du <i>chanfrein</i> du cheval ; c'est-à-dire, depuis son front jusqu'à son nez. <i>Frons equina albâ maculâ signata.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7921" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHANFREIN" />
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    <head>CHANFREIN</head>
    <p>
    Chanfrein , est aussi l'armure du cheval qui couvre cette partie, quand il est sous un Cavalier armé de toutes pièces. <i>Equinae frontis argumentum.</i> Les Plumassiers le disent pareillement du bouquet de plumes qu'on met sur la tête des chevaux ; &amp; les Selliers, des pièces de cuir ou d'étoffe qui couvrent cette partie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7921" id="4" type="architecture">
   <index type="head" value="CHANFREIN" />
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   <index type="macro_domain" value="Architecture" />
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    <head>CHANFREIN</head>
    <p>
    Chanfrein , en termes d'Architecture , est un ornement, ou demi-creux, qui est moitié moindre que la scotie. <i>Stria, sulcus columnae.</i> On l'appelle autrement <i>escape,</i> ou <i>nasselle.</i> C'est aussi le pan qui se fait par l'arête rabattue d'une pierre, ou d'une pièce de bois : on le nomme autrement <i>biseau. Obliquè angulata lapidis extremitas.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7922" id="1" type="menuisier">
   <index type="head" value="CHANFREINER" />
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    <head>CHANFREINER</head>
    <p>
    CHANFREINER , v. act. Terme de Menuisier . Couper le bout d'une planche de biais. Rabattre une des arêtes. <i>Asserem obliquè angulare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7922" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANFREINER" />
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    <head>CHANFREINER</head>
    <p>
    Chanfreine, ée , adj. &amp; part. <i>Obliquè angulatus.</i> On trouve ce mot dans l'<i>Art de Tourner</i> &amp;c. par le Père Plumier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7923" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANGE" />
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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    CHANGE , s. m. Convention par laquelle on donne une chose pour une autre. <i>Permutatio. Change</i> se dit proprement d'un troc de meubles ; <i>échange</i> en matière d'héritages ; <i>permutation</i> en matière spirituelle, ou de bénéfices. Il a fait un bon, ou mauvais <i>change.</i> On s'est souvent trompé au <i>change.</i> Gagner au <i>change.</i> Perdre au <i>change.</i> Il ne se dit guère en ce sens que dans les deux dernières phrases.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>cambitio, cambium</i> &amp; <i>cambitus,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité dans le même sens, aussi-bien que <i>concambio</i> &amp; <i>contracambium</i> ; pour dire, <i>contre change.</i> Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Change , se dit aussi en Morale, &amp; signifie, Changement. <i>Mutatio.</i> Un inconstant aime le <i>change.</i> Ce mot est plus usité en Poësie, qu'en Prose : &amp; même en Poësie on ne s'en doit servir que rarement, à moins qu'il ne soit employé dans quelque jolie façon de parler :</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Change , signifie quelquefois la menue monnoie qu'on donne pour de la grosse. <i>Pecuniae permutatio, commutatio.</i> Il m'est venu demander le <i>change</i> d'une quadruple. On ne le dit plus en ce sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7923" id="4" type="">
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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Change , signifie aussi, le commerce d'argent qu'on fait en donnant de l'argent dans un lieu pour le remettre ou le faire tenir en un lieu éloigné. <i>Publica pecuniae commutatio.</i> Ce Banquier exerce le <i>change</i> avec honneur, il entend bien le <i>change.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Change , est aussi un profit qu'un Banquier ou un Négociant a droit de prendre d'une somme de deniers par lui reçue, pour laquelle il tire une lettre de <i>change</i> payable en quelque lieu, &amp; par une autre personne, tant pour le salaire de sa négociation, que pour l'intérêt de son argent, <i>permutatae pecuniae usura.</i> Ce profit n'est jamais égal, &amp; est quelquefois de deux, trois, quatre, ou de dix ou quinze pour cent, suivant que l'argent est rare, ou que l'aloi des espèces est différent. Le <i>change</i> se règle suivant l'usage de la place, du lieu où les lettres sont payables.</p><p>Ce mot vient de ce que ce profit ou intérêt <i>change</i> toujours, &amp; n'est jamais égal, ou de ce qu'il est tantôt haut &amp; tantôt bas ; ou bien de ce qu'on change son argent contre une lettre, ou qu'on change de débiteur.</p><p>Le <i>change</i> menu, qu'on appelle quelquefois pur, ou naturel, ou commun, ou manuel, est le <i>change</i> qui se fait tous les jours, &amp; à tous momens en faveur des Marchands &amp; des voyageurs, qui voulant avoir de la monnoie pour de grosses pièces d'or &amp; d'argent, ou certaines espèces pour d'autres, donnent quelque petit profit à ceux qui leur font ce <i>change.</i></p><p>Le <i>change</i> réel, que quelques-uns appellent mercantile, ou mixte, est celui qui se fait par lettres de <i>change,</i> &amp; négociation d'argent de place en place.</p><p>Le <i>change</i> sec. <i>Cambium siccum,</i> qu'on nomme feint, ou impur, est celui qui n'a que le nom &amp; l'apparence du <i>change :</i> &amp; c'est pour cela qu'il est appellé sec, c'est-à-dire, qu'il ne donne aucun titre &amp; fondement légitime pour prendre quelque profit, &amp; n'est qu'un pur prêt, &amp; usure palliée. Ainsi quand sous le nom de <i>change</i> on prête de l'argent, &amp; qu'on prend quelque chose au-delà du capital, à cause du seul délai du payement, c'est un <i>change</i> sec. Confer. Ecclés. du Dioc. de Condom.</p><p>Le <i>change du pair,</i> se dit, quand il n'y a rien à perdre ou à gagner entre les Cambistes, &amp; quand pour un louis d'or qu'on donne en un lieu, on en reçoit un autre en la même espèce dans une autre place. <i>Gratuita pecuniae commutatio.</i> Les Auteurs qui ont traité du <i>change,</i> sont Boyer dans son <i>Arithmétique des Marchands,</i> Le Gendre dans son <i>Arithmétique en perfection,</i> Barrême dans son livre du <i>Grand commerce,</i> Savari dans son <i>Parfait Négociant,</i> Samuel Ricard dans son <i>Traité du Commerce</i> &amp;c. Le <i>change</i> est gros d'ici à Rome, à cause de la diversité des monnoies.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Lettre de change , est une rescription que donne un Banquier, ou un Marchand pour faire payer à celui qui en sera le porteur, en un lieu éloigné, l'argent qu'on lui compte au lieu de sa demeure. <i>Publica pecuniae permutatio, Mensarii chirographum ad pecuniam ab alio mensario alio in loco accipiendam.</i> Quelques-uns appellent <i>change sec,</i> les <i>lettres de change</i> qui se donnent sans faire aucun transport de deniers. Il y a quatre sortes de <i>lettres de change :</i> la première, pour valeur reçue ; la seconde, pour valeur en marchandises, la troisième, pour valeur de moi-même ; &amp; la quatrième, pour valeur entendue. Les <i>lettres de change</i> sont payables, ou à lettre vûe, ou à tant de jours de vûe, ou à certain jour nommé &amp; précis ; ou à usance, qui est un mois, ou à double usance, qui est de deux mois. Elles sont aussi payables au porteur, ou à son ordre. L'origine des <i>lettres de change</i> est venue des Juifs, lorsqu'ils furent chassés de France sous Philippe Auguste en 1181. &amp; Philippe le Long en 1316. Elles furent mises d'abord en crédit à Lyon. D'autres en font remonter l'origine jusques sous Dagobert l'an 640. qu'il chassa les Juifs de France. Les <i>billets de change</i> sont différens des <i>lettres de change,</i> en ce que les <i>lettres de change</i> se font pour argent fourni &amp; reçu effectivement ; au lieu que le <i>billet de change</i> est causé pour valeur reçue en une autre <i>lettre de change</i> qui est fournie en même temps &amp; en certains lieux sur certains Marchands. Ces billets sont sujets aux mêmes diligences que les <i>lettres de change,</i> &amp; doivent être demandés dans les dix jours de l'échéance, &amp; de l'acceptation, après lequel temps il n'y a plus de recours sur le tireur, à la réserve qu'il suffit de faire pour ceux-ci de simples sommations, au lieu d'un protest en forme. Tous les tireurs de <i>lettres,</i> ou <i>billets de change,</i> donneurs d'ordres ou d'aval, accepteurs, ou souscripteurs, peuvent être contraints par corps.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Place du Change , est un lieu public dans les villes de commerce, où les Marchands &amp; Banquiers s'assemblent pour exercer leur commerce d'argent. <i>Forum argentarium.</i> A Lyon on l'appelle absolument le <i>Change,</i> la loge du <i>Change</i> ; à Amsterdam &amp; autres lieux, <i>la Bourse.</i> A Paris on l'appelle simplement <i>la Place.</i> On ne souffre pas qu'un Marchand qui a fait faillite entre dans la loge du <i>Change.</i> On appelle aussi le <i>pont au Change</i> à Paris, le pont où demeuroient autrefois les Changeurs. <i>Pons argentarius.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Change , signifie encore la banque, ou le lieu où se fait précisement le <i>Change. Mensa.</i> Aller au <i>Change.</i> Le <i>Change</i> est ouvert, est fermé, est plein de monde.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Change , en termes de Venerie , se dit quand des chiens qui poursuivoient un cerf, ou quelque gibier, le quittent pour courre après un autre qui se présente devant eux. <i>Erratio seu canum, seu venatorum in persequendo cervo adventitio pro eo quem jam aliquandiù persecuti fuerant ; aberratio.</i> Cette meute ne prend point le <i>change.</i> Il est opposé à <i>droit,</i> qui est le premier gibier qu'on a poursuivi. Garder le <i>change,</i> c'est suivre toujours le même gibier. Prendre le <i>change,</i> c'est en suivre un nouveau. Un vieux cerf donne le <i>change,</i> &amp; laisse son écuyer à sa place. On le dit aussi d'un lièvre lorsqu'il se dérobe des chiens, &amp; leur donne à courre quelqu'autre lièvre que lui.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGE</head>
    <p>
    Change , se dit aussi en termes de Fauconnerie , lorsque l'oiseau quitte son entreprise pour une nouvelle, ou lorsqu'il prend des pigeons, ou d'autre gibier qu'il ne doit pas voler. <i>Erratio accipitris.</i></p><p>En ce sens on dit figurément qu'un homme a pris le <i>change,</i> qu'on lui a donné le <i>change,</i> quand on lui a fait quitter quelque bonne affaire pour en poursuivre une autre qui lui est moins avantageuse. <i>Aberrare, falli, hallucinari, alio abduci.</i> Il est aisé de faire prendre le <i>change</i> à son adversaire, quand il n'est pas ferme sur ses principes. On a donné le <i>change</i> aux ennemis, on a fait semblant de marcher à droit, &amp; on a pris à gauche.</p><p>On dit proverbialement, Rendre le <i>change</i> à quelqu'un, lui donner son <i>change</i> ; pour dire, lui repliquer fortement, lui rendre la pareille. <i>Par pari referre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGEANT, ANTE</head>
    <p>
    CHANGEANT, ANTE , adj. Qui change souvent. On le dit proprement de ce qui est inconstant, variable. <i>Levis, mobilis, inconstans.</i> Les femmes sont d'humeur <i>changeante.</i> Voilà un temps bien <i>changeant,</i> fort inconstant. On ne sauroit nier que la langue Françoise ne soit fort <i>changeante,</i> nous changeons de langage presque aussi souvent que de mode. La langue Espagnole se sent en quelque manière de la constance, &amp; du phlegme de la nation : elle ne sait ce que c'est que de changer. Bouh. Ce qui nous rend si <i>changeans</i> dans nos amitiés, c'est qu'il est trop mal aisé de connoître ceux que nous aimons. Rochef. La fortune est <i>changeante,</i> &amp; je ne suis moi-même (Darius) qu'un trop illustre exemple de son inconstance. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGEANT, ANTE</head>
    <p>
    Couleur changeante , est une couleur qui change suivant la différente lumière qui lui est opposée. <i>Color varius.</i> Les couleurs de l'Iris, de la gorge de pigeon, sont <i>changeantes.</i> Taffetas <i>changeant,</i> est celui qui paroît de différentes couleurs, parce que la trame est d'une couleur, &amp; la chaîne d'une autre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGEMENT</head>
    <p>
    CHANGEMENT , s. m. Transformation, altération d'un corps qui se convertit en un autre. <i>Mutatio, immutatio, permutatio.</i> Le <i>changement</i> de la femme de Lot en statue de sel, fut une punition divine. Toutes les choses de la nature se corrompent, il s'y fait de perpétuels <i>changemens.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGEMENT</head>
    <p>
    Changement , se dit aussi des choses accidentelles, des révolutions, de la vicissitude, &amp; de l'inconstance des personnes, ou des choses. Les <i>changemens</i> de temps sont ordinaires en ces climats. Les <i>changemens</i> de mode sont communs en France. Le <i>changement</i> de vie. Le <i>changement</i> d'opinions. Envisagez cette suite continuelle de <i>changemens,</i> qui arrivent &amp; dans nos corps par la défaillance de la nature, &amp; dans nos ames par l'instabilité de nos desirs. Flech. L'homme est avide de choses nouvelles : il aime le remuement &amp; le <i>changement.</i> Mont. Le <i>changement</i> d'un Amant ne doit pas s'attribuer au dessein d'une infidélité méditée : c'est qu'on se dégoûte avec le temps. S. Evr. Je regarderai votre <i>changement</i> avec autant de mépris que de tranquillité. Vill.</p><p>On dit proverbialement, <i>changement</i> de propos réjouït l'homme ; pour dire, qu'il ne faut pas toujours parler de la même chose. <i>Changement</i> de corbillon fait appétit de pain benit ; pour dire, que la nouveauté est une espèce de ragoût. On dit aussi, <i>Changement</i> de temps entretien de sot, qui est un proverbe Espagnol : <i>Mudança de tiempos bordon de necios.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    CHANGER , v. act. &amp; n. Transformer, transfigurer, faire passer d'une nature à une autre. <i>Mutare, immutare.</i> En l'Eucharistie le pain &amp; le vin se <i>changent</i> au corps &amp; au <pb n="971" facs="bpt6k8542165/f1011/full/1200,/0/native.jpg"/>sang de Jesus-Christ. Toutes les choses sublunaires <i>changent</i> de forme par la génération &amp; la corruption. C'est une folie de vouloir <i>changer</i> les métaux imparfaits en or pur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Change r, se dit aussi des choses accidentelles &amp; passagères, qui prennent une nouvelle forme, ou une autre situation, ou des personnes qui prennent de nouveaux sentimens. Platon ne trouvoit rien plus dommageable à la société, que d'accoutumer les jeunes gens à <i>changer</i> même dans leurs amusemens ; parce qu'ils viennent ensuite à mépriser les anciennes constitutions. Mont. Le temps qui <i>change</i> tout, <i>change</i> aussi les humeurs. Boil.</p><p>Ce mot vient de <i>cambiare</i>, qui se trouve dans Columelle en cette signification. Menage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Changer , signifie aussi, Prendre une chose au lieu d'une autre. <i>Permutare.</i> Ce valet a <i>changé</i> de maître. Ce prodigue <i>change</i> d'habit tous les jours. Ce Comédien <i>change</i> de visage selon les divers rôles qu'il joue. Cette maison a <i>changé</i> de maître, appartient à un autre. <i>Changer</i> de quartier, de maison.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Changer , signifie aussi, Troquer. <i>Permutare.</i> Voulez-vous <i>changer</i> contre moi votre lot, <i>changer</i> votre cheval contre le mien ? Il voudroit bien avoir <i>changé</i> de femme.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Changer , signifie aussi, Mettre dans un autre ordre, ranger d'une autre manière. <i>Immutare, mutare.</i> Ce Ministre a <i>changé</i> tout l'ordre des finances. Cette mort a <i>changé</i> les affaires. Depuis trente ans la face de l'Etat est bien <i>changée.</i> Le théatre <i>change</i> plusieurs fois durant cet Opéra. On dit aussi au Manége, <i>Changer</i> de main, quand on porte la tête d'un cheval d'une main à l'autre pour le faire aller à droit, ou à gauche.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Changer , se dit figurément en choses morales &amp; spirituelles. Cet homme a bien <i>changé</i> toute l'oeconomie de son livre. <i>Changer</i> de vie, de profession, c'est, Mener une vie contraire à celle qu'on a menée, prendre une autre profession. La grace a été ajoûtée pour réparer la nature, &amp; non pour la <i>changer.</i> Maleb. On ne doit rien <i>changer</i> en matière de Religion.</p><p>On dit aussi absolument <i>changer,</i> pour <i>changer</i> de conduite. Vous devez <i>changer.</i> Un jour vous <i>changerez.</i> Voit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Se changer . Prendre un air, une conduite nouvelle, des manières différentes, se convertir. Au temps du Jubilé tout le monde se <i>change.</i> On ne se sert plus de cette façon de parler.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Changer , se dit particulièrement des monnoies. <i>Permutare.</i> C'est un trafic de <i>changer</i> de l'or en monnoie, &amp; de la monnoie en or ou argent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Changer , en termes de Marine , a plusieurs significations. <i>Changer</i> les voiles, c'est mettre un côté de la voile au vent, au lieu que l'autre côté y étoit avant ce changement. <i>Changer</i> les voiles de l'avant &amp; les mettre sur le mât, c'est Brasser tout-à-fait les voiles du mât de misaine du côté du vent ; ce qui se fait afin qu'il donne dessus, &amp; que le vaisseau étant abattu par-là, ou puisse le mettre en route. <i>Changer</i> de bord, ou virer de bord, c'est Mettre un côté du vaisseau au vent pour l'autre, afin de <i>changer</i> de route. <i>Changer</i> l'artimon, c'est faire passer la voile d'artimon avec sa vergue d'un côté du mât à l'autre. <i>Changer</i> le quart, c'est faire entrer une partie de l'Equipage en service en la place de celle qui étoit de garde, &amp; qu'on relève. <i>Changer</i> la barre, c'est Mettre la barre du gouvernail du côté opposé à celui où elle est.</p><p>On dit proverbialement, Il a <i>changé</i> son cheval borgne contre un aveugle ; pour dire, Il a perdu en cet échange. On dit aussi, Il <i>change</i> comme un caméleon, à cause d'une vieille opinion, qui faisoit croire que le caméleon <i>changeoit</i> souvent de couleur. On dit aussi d'un enfant qui ne ressemble point à ses père ou mère, qu'il a été <i>changé</i> en nourrice. On dit aussi, que le temps <i>changera,</i> quand on voit quelqu'un faire une chose fort contraire à son genre de vie ordinaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGER</head>
    <p>
    Changé, ée , part. <i>Mutatus, immutatus, commutatus, permutatus.</i> Selon les diverses significations de leur verbes.</p><p>On dit qu'un homme est bien <i>changé,</i> qu'il n'est pas reconnoissable ; pour dire, qu'il a été fort malade, qu'il est fort défiguré. On le dit aussi en Morale, de celui qui a <i>changé</i> de genre de vie, soit en bien, soit en mal.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANGEOTTER</head>
    <p>
    CHANGEOTTER , v. act. Fréquentatif de <i>changer.</i> Changer souvent, à tous momens. <i>Frequenter mutare, permutare, &amp;c.</i> Il est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7928" id="1" type="">
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    <head>CHANGEUR</head>
    <p>
    CHANGEUR , s. m. Homme qui fait trafic de changer les espèces des monnoies, de changer l'or &amp; l'argent en menue monnoie, &amp; la menue monnoie en or ; de donner le prix de la monnoie légère, ou de celle qui est altérée. <i>Mensarius, nummularius.</i> Comme le change de l'argent est une chose qui regarde le public, &amp; d'une grande conséquence pour le bien de l'Etat, nos Rois se sont appliqués dans tous les temps à régler le nombre des <i>Changeurs,</i> &amp; l'exercice de leur charge. Voyez l'Edit d'Henri III. en 1580. les Lettres patentes du 20. Août 1581. la Déclaration du 17. Octobre de la même année, l'Edit du 29. Décembre 1581. l'Edit d'Henri IV. de 1601. &amp; de 1607. Chez les Romains c'étoit par le ministère des <i>Changeurs</i> que se faisoient les changes, les dépôts, les achats, les ventes, les prêts : les <i>Changeurs</i> faisoient presque toutes les fonctions de nos <i>Changeurs,</i> de nos Banquiers, &amp; de nos Notaires.</p><p>On a appellé autrefois le Trésorier du Domaine, <i>Changeur du Trésor,</i> jusqu'à ce que François I. en sa place créa en 1543. seize Recettes générales de toutes sortes de deniers.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui paye bien, qu'il paye comme un <i>Changeur,</i> pace que les <i>Changeurs</i> payent comptant, &amp; qu'un homme est riche comme un <i>Changeur,</i> quand on lui voit beaucoup d'argent comptant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7929" id="1" type="couvreur">
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    <head>CHANLATE</head>
    <p>
    CHANLATE , s. f. Terme de Couvreur . C'est une pièce de bois qu'on attache vers le bout des chevrons, &amp; qui avance hors le mur pour soutenir deux ou trois rangs de tuile, qu'on met ainsi en dehors, pour empêcher que les eaux pluviales ne tombent le long du mur, &amp; ne le gâtent ; en relevant les tuiles par le bout, en sorte qu'elles jettent l'eau du mur plus loin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7930" id="1" type="">
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    <head>CHANNE</head>
    <p>
    CHANNE , , <i>Jonston,</i> est un poisson de mer qui ressemble beaucoup à la perche ; sa tête est grêle, son museau pointu, toujours entrouvert. On trouve des petites pierres dans sa tête. Son corps est couvert d'écailles minces. On l'appelle <i>hiatula,</i> parce qu'il a toujours le museau ouvert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7931" id="1" type="">
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    <head>CHANOINE</head>
    <p>
    CHANOINE , s. m. Celui qui possède une Prébende dans une Eglise Cathédrale, ou Collégiale ; c'est-à-dire, un certain revenu affecté à ceux qui y doivent faire le Service Divin. <i>Canonicus.</i> Les <i>Chanoines</i> de Notre-Dame, de la Sainte-Chapelle, de sainte Oportune. Les <i>Chanoines</i> des Eglises Cathédrales ont quelque préeminence sur les autres : ils sont obligés (en quelques lieux) à se faire Prêtres lorsqu'ils ont atteint l'âge requis ; autrement ils peuvent être privés des distributions quotidiennes. Selon Pasquier on ne connoissoit point le nom de <i>Chanoine</i> avant Charlemagne : du moins la plus ancienne origine des <i>Chanoines,</i> se trouve dans Grégoire de Tours, qui dit que Baudin, seizième Archevêque de cette ville, en institua le premier un Collége dans son Eglise du temps du Roi Clotaire I. Car les <i>Chanoines</i> n'étoient autrefois que des Prêtres ou autres Ecclésiastiques inférieurs, qui vivoient en commun, &amp; qui résidoient auprès de l'Eglise Cathédrale, pour aider à l'Evêque à la desservir. Ils dépendoient de sa volonté en toutes choses. Ils étoient nourris du revenu de l'Evêché, &amp; demeuroient sous le même toit, comme étant la vraie famille, ou même le Conseil &amp; le Sénat de l'Evêque. Ils furent même héritiers de ses meubles jusqu'en l'an 816. que cela leur fut défendu par un Concile tenu à Aix-la-Chapelle sous Louïs le Débonnaire. Ce Concile fit beaucoup de Règlemens à leur égard. Insensiblement ces Communautés de Clercs formerent un corps à part, dont l'Evêque étoit pourtant le chef. Il arriva même au Xe siècle que dans les villes où il n'y avoit point d'Evêque, l'on <pb n="972" facs="bpt6k8542165/f1012/full/1200,/0/native.jpg"/>établit de pareilles Communautés, ou Congrégations. On les appella <i>Collégiales,</i> parce qu'on se servoit indifféremment du mot de Congrégation, ou de Collége ; celui de <i>Chapitre</i> qu'on donne à leur corps, est le plus nouveau. La vie commune fut établie dans toutes les Cathédrales sous la IIe Race, &amp; chaque Cathédrale avoit un Chapitre distingué du reste du Clergé, avec des Supérieurs particuliers. Mais ils n'étoient pas destinés à une vie aussi peu active que celle qu'ils menent aujourd'hui. On les appella <i>Chanoines,</i> non-seulement à cause de la pension qui leur étoit alors assignée, qu'on appelloit <i>Canon,</i> ce qu'en vieux François on appelloit aussi <i>Provende,</i> &amp; en Latin <i>Praebenda,</i> d'où vient que quelques-uns les ont appellés <i>Sportulantes Fratres</i> ; mais aussi parce qu'on leur donna des règles, &amp; institutions canoniques, selon lesquelles ils étoient obligés de vivre. Ainsi Yves de Chartres dit qu'on les appella <i>Chanoines, eò quod canonicas regulas arctiùs observare tenebantur.</i> Mr de Marca, en son <i>Histoire de Béarn,</i> dit qu'ils ont été ainsi nommés, <i>quòd in canonem, seu matriculam Ecclesiae relati essent.</i> Dans la suite les <i>Chanoines,</i> s'affranchirent de leur règles ; l'observance se relâcha, &amp; la vie commune ayant cessé, les <i>Chanoines</i> ne laisserent pas de faire corps. Ils prétendirent n'avoir d'autre fonction que la célébration de l'Office, &amp; cependant ils s'attribuerent les droits de tout le Clergé ; d'être le Conseil nécessaire de l'Evêque ; de gouverner pendant la vacance du Siége, &amp; de faire seuls l'élection. Il y a même des Chapitres qui se sont soustraits de la Jurisdiction de l'Evêque, &amp; qui ne reconnoissent que le Pape au-dessus de leur Doyen. A l'exemple des Cathédrales, les Chapitres des Collégiales ont continué à faire corps, après avoir abandonné la vie commune. Autrefois le Pape faisoit des <i>Chanoines</i> sans prébende, <i>sub expectatione praebendae,</i> pour s'assurer de la première prébende vacante.</p><p>Du Latin <i>Canonicus</i> nous avons fait premièrement <i>Canoine,</i> comme l'on prononce encore en Picardie, &amp; ensuite <i>Chanoine.</i> Ménage. Et <i>Canonicus</i> vient du Grec ; car tous généralement tirent ce nom de là ; mais ce mot signifie trois choses. 1°, Règle. 2°, Une certaine pension, une assignation de quelque revenu fixe pour vivre. 3°, Catalogue, matricule. Les uns donc prétendent que les <i>Chanoines</i> ont été nommés <i>Canonici,</i> à cause de la règle qu'ils doivent suivre, de la vie régulière qu'ils devoient mener ; d'autres disent que c'est à cause de la pension qui leur étoit assignée ; d'autres prétendent que le nom de <i>Chanoines</i> ou Canoniques, se donnoit au commencement à tous les Clercs ; soit parce qu'ils étoient écrits dans le Canon, ou Catalogue de l'Eglise, soit parce qu'ils vivoient selon les Canons ; mais depuis on le prit particulièrement pour ceux qui vivoient en commun, à l'exemple du Clergé de saint Augustin, &amp; avant lui de saint Eusèbe de Verceil. Voyez l'<i>Histoire des Ordres Monastiques,</i> P. II. Ch. 2. p. 15.</p><p>Il y a encore différentes espèces de <i>Chanoines.</i> Les <i>Chanoines</i> Cardinaux, sont des <i>Chanoines</i> attachés, &amp;, comme on dit en Latin, <i>incardinati,</i> à une Eglise, de même que les prêtres l'étoient à une Paroisse. Léon IX. en créa l'an 1051. à S. Etienne de Besançon, &amp; Alexandre III. dans l'Eglise de Cologne. Il y en a eu encore à Magdebourg, à Compostelle, à Bénevent, à Aquilée, à Ravenne, à Milan, à Pise, à Naples &amp; ailleurs. Les <i>Chanoines</i> demoiseaux, <i>Canonici domicellares,</i> étoient autrefois les jeunes <i>Chanoines,</i> qui n'étant point encore dans les Ordres, n'avoient point droit de Chapitre. Les <i>Chanoines</i> attendans étoient ceux qui, en attendant une prébende, avoient le titre &amp; la dignité de <i>Chanoines,</i> voix en Chapitre, &amp; une forme ou place au Choeur. <i>Chanoine forains, forenses,</i> sont ceux qui ne desservent pas la Chanoinie dont ils sont pourvus. <i>Chanoines</i> honoraires, sont les mêmes que les Laïques. <i>Chanoines</i> Mansionnaires, sont opposés aux Forains. Voyez <ref type="search" target="head:Mansionnaire">Mansionnaire</ref>. Il est parlé dans un Ordinaire manuscrit de l'Eglise de Rouen de <i>Chanoines</i> de treize marcs. Peut-être étoit-ce le revenu annuel de leurs Canonicats. Il y avoit dans l'Eglise de Londres des <i>Chanoines</i> mineurs, ou Petits <i>Chanoines,</i> qui faisoient les fonctions des Grands <i>Chanoines.</i> Il y a à Lucques des <i>Chanoines</i> mitrés, qui, par un privilége qui leur a été donné par plusieurs Papes, &amp; confirmé par Gregoire IX. portent une mitre. Les <i>Chanoines</i> de la pauvreté, <i>Canonici paupertatis.</i> Il en est fait mention dans l'<i>Histoire d'Aneci</i> d'Odon Gellejus, Liv. I. ch. 24. <i>Chanoines</i> Résidents, <i>Residentes,</i> sont les mêmes que les Mansionnaires. Il y a eu aussi des <i>Chanoines</i> qu'on appelloit <i>Canonici ad succurrendum.</i> C'étoient des gens qui se faisoient <i>Chanoines</i> à l'article de la mort, pour participer aux prières du Chapitre. Les <i>Chanoines</i> Tertiaires, <i>Tertiarii,</i> étoient ceux qui ne touchoient que la troisième partie des fruits d'un Canonicat.</p><p>Charlemagne ordonne dans les Capitulaires, que ceux qui se feroient Clercs, seroient obligés de vivre canoniquement, &amp; selon la règle qui leur avoit été prescrite, obéissant à leur Evêque, comme les Moines obéissent à leur Abbé. <i>Qui ad Clericatum accedunt, quod nos vocamus Canonicam vitam, volumus ut illi canonicè secundùm regulam suam omnimodè vivant, &amp; Episcopus eorum regat vitam, sicut Abbas monachorum.</i> Ce fut par cette voie que l'esprit du Monachisme s'introduisit dans des Eglises Cathédrales. Les Clercs s'étant soumis à certaines règles, devinrent demi-Moines, &amp; au lieu de s'appliquer à des fonctions purement Ecclésiastiques, la plupart étoient enfermés dans des cloîtres comme des Moines : on appella même le nom de leurs demeures, <i>Monasterium</i> ; &amp; il étoit fermé, comme il paroît par les Statuts synodaux d'Hincmar faits en 874 ; en sorte qu'il y avoit deux sortes de Monastères ; les uns étoient pour les <i>Chanoines,</i> &amp; les autres pour les Moines. Le chant devint peu-à-peu leur principal emploi. Ils ne conservent encore aujourd'hui presque que le chant, &amp; les Evêques ne les regardent que comme des Chapelains.</p><p>Saint Chrodegand fit au VIIIe siècle une règle pour les <i>Chanoines.</i> Nous l'avons encore en 34 articles, sans la préface. Elle est tirée de celle de S. Benoît, qu'il accommode, autant qu'il peut, à la vie des Clercs, qui servent l'Eglise. Elle fut reçue par tous les <i>Chanoines.</i> Il y règle la clôture, les vêtemens, les pénitences, les domestiques ou serviteurs des <i>Chanoines.</i> En 816. au mois de Septembre, la dixième indiction étant commencée, l'Empereur Charlemagne exhorta les Evêques assemblés à Aix-la-Chapelle à dresser une règle pour les <i>Chanoines,</i> composée d'extraits des Pères &amp; des Canons. Cette règle des <i>Chanoines,</i> contient 145 chapitres, dont les 113 premiers ne sont que des extraits des Pères &amp; des Conciles touchant les devoirs des Evêques &amp; des Clercs, après quoi les règlemens du Concile même par rapport aux <i>Chanoines</i> commencent. On trouve cette règle dans les Conciles de l'édition du P. Labbe, tom. VII. p. 1314. C'est le premier livre du Concile d'Aix.</p><p>
    </p>
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    <head>CHANOINE</head>
    <p>
    Chanoine Régulier . <i>Canonicus Regularis.</i> Les <i>Chanoines Réguliers</i> sont des <i>Chanoines</i> qui vivent en communauté, &amp; qui, comme les Religieux, ont ajoûté dans la suite à la pratique de plusieurs observances régulières la profession solemnelle des voeux. On les appelle <i>Réguliers,</i> pour les distinguer des <i>Chanoines</i> qui abandonnerent avec la vie commune la pratique des saints Canons faits pour servir de règle au Clergé, &amp; en maintenir l'ancienne discipline. Les Clercs <i>Chanoines</i> subsisterent jusqu'à l'onzième siècle. En ce temps, quelques-uns s'en étant séparés, on les appella simplement <i>Chanoines,</i> &amp; ceux qui la retinres <i>Chanoines Réguliers,</i> comme on a fait depuis ce temps-là, c'est-à-dire, depuis 5 ou 6 cents ans. Quelques-uns en rapportent l'origine au quatrième Canon du Concile de Rome tenu sous Nicolas II. en 1059. qui ordonne que les Prêtres, Diacres, ou Soudiacres, qui auront gardé la continence, suivant la Constitution du Pape Léon IX. mangeront &amp; logeront ensemble près des Eglises pour lesquelles ils sont ordonnés, mettront en commun tout ce qui leur vient de l'Eglise, &amp; s'étudieront à pratiquer la vie commune &amp; Apostolique. Selon d'autres, dès le sixième siècle, plusieurs Clercs ayant quitté cette manière de vivre en commun &amp; régulièrement, ceux qui la retinrent furent nommés Clercs <i>Chanoines,</i> c'est-à-dire, Clercs Réguliers, vivans selon les Canons &amp; les règles de l'Eglise, &amp; les autres furent nommés Clercs Acephales, c'est-à-dire, sans Chef, parce qu'ils ne vivoient plus en communauté avec l'Evêque.</p><p>Les <i>Chanoines Réguliers</i> font presque tous profession de suivre la Règle de S. Augustin, adoptée par beaucoup de sociétés de l'un &amp; de l'autre sexe. Quoiqu'ils réunissent en eux les différentes fins de l'état Clérical &amp; de l'état Régulier, <pb n="973" facs="bpt6k8542165/f1013/full/1200,/0/native.jpg"/>on doit les regarder comme faisant partie du corps du Clergé. D'autres croient que ces <i>Chanoines Réguliers</i> sont inferieurs aux <i>Chanoines</i> séculiers, à cause des voeux auxquels S. Augustin les a assujettis : ensorte qu'ils doivent plutôt être comme des Religieux, que comme faisant partie du corps du Clergé. On met pourtant quelque différence entre les <i>Chanoines Réguliers</i> &amp; les Moines. La principale est que les premiers par leur état sont appellés au soin des ames ; &amp; les autres seulement à leur propre sanctification. Ils ont cela de commun qu'ils ne peuvent ni hériter, ni tester ; mais que leur Communauté est leur héritière naturelle. Les Chapitres d'Usez &amp; de Pamiers sont encore à présent composés de <i>Chanoines Réguliers,</i> comme l'étoient autrefois ceux de la plupart des Cathédrales.</p><p>S. Bernard fut très-favorable aux <i>Chanoines Réguliers,</i> dont il fait souvent l'éloge. Il les préféra aux autres <i>Chanoines</i> pour ce qui étoit des fonctions Ecclésiastiques. Aussi, nonobstant différentes observances régulières auxquelles ils se sont assujettis, &amp; quoique, en vertu de leurs voeux, ils soient véritablement Religieux ; que plusieurs d'entr'eux vivent en Congrégation ; ils se sont pourtant maintenus dans la possession des bénéfices à charge d'ames. Tout le Droit Canonique leur est favorable en cela, parce qu'étant Clercs par leur origine &amp; par leur état, ils jouïssent des droits essentiels attachés à la Cléricature : lorsque les Conciles ont exclu les Moines Bénédictins de leurs Cures, comme étant incapables par leur profession du gouvernement des ames, ils y ont conservé les <i>Chanoines Réguliers,</i> qui depuis environ 200. ans sont devenus presque par-tout titulaires de leurs Bénéfices comme les séculiers.</p><p>Il parut en 1699. à Paris une Histoire des <i>Chanoines,</i> ou <i>Recherches Historiques sur l'Ordre Canonique,</i> par le P. Chaponel Chanoine Régulier. Il y a un Livre intitulé, <i>De Canonicorum Ordine Disquisitiones,</i> dont le but principal est de montrer la différence que l'on a toujours mise dans l'Eglise entre les Moines &amp; les Clercs, ou les <i>Chanoines Réguliers,</i> dont il établit d'abord l'antiquité ; sur quoi il distingue quatre sentimens. Le premier qui est nouveau, selon cet Auteur, &amp; que notre siècle a produit, veut que l'Ordre des <i>Chanoines Réguliers</i> n'ait commencé que dans l'onzième siècle. Le second le fait remonter jusqu'au temps de Louïs le Débonnaire &amp; au Concile d'Aix-la-Chapelle tenu sous cet Empereur. Le troisième en attribue l'institution à S. Augustin. Le quatrième suppose qu'ils sont quant à leur manière de vie les successeurs des Apôtres &amp; des premiers Clercs de l'Eglise. C'est ce dernier sentiment que l'Auteur de cet Ouvrage embrasse, après avoir réfuté les autres, &amp; montré en particulier, que S. Augustin n'est pas le premier qui ait institué des <i>Chanoines Réguliers,</i> pas même en Afrique ; &amp; il prétend qu'à considérer les trois états différens dans lesquels vivent les <i>Chanoines Réguliers</i> en Communauté, en particulier dans des Paroisses, ou bien attachés à des Eglises séculières, dans lesquelles ils ont des prébendes, leur vie ne peut passer que pour une institution Apostolique, &amp; une suite, une imitation de la manière de vie des premiers Clercs établis par les Apôtres. L'Auteur de l'Histoire des <i>Chanoines</i> est dans la même opinion, &amp; tâche de montrer cette descendance.</p><p>Les <i>Chanoines Réguliers</i> ont eu de tout temps des contestations au sujet de la préséance au-dessus des Moines, qu'ils prétendent, comme fondés par les Apôtres, &amp; faisant partie du Clergé. Pie V. par une Bulle de l'an 1564. ordonna que les <i>Chanoines Réguliers</i> de Latran précéderoient les Moines du Mont-Cassin ; mais les autres <i>Chanoines Réguliers</i> sont précédés à Rome dans les Cérémonies par les Bénédictins, les Camaldules, les Religieux de Cîteaux, ceux de Vallombreuse, les Feuillants, &amp;c.</p><p>L'habit des <i>Chanoines Réguliers</i> dans le XIIe siècle étoit une Aube, qui a depuis été changée en rochet, ou en surplis, &amp; en tout temps une chape fermée, à laquelle a succédé l'aumusse pour l'été, &amp; la chape ouverte en hiver. L'usage des bonnets est moderne ; &amp; ce n'étoit d'abord qu'une espèce de calotte.</p><p>Ceux qui ont traité des <i>Chanoines Réguliers,</i> outre les Auteurs déja cités, sont Gabriel Pennotus <i>Chanoine Régulier, Historia Canonicorum Regularium,</i> à Rome 1624. <i>in-fol.</i> Jean Bapt. Malegarus, <i>Chanoine Régulier</i> aussi, <i>Instituta &amp; progressus Clericalis Canonicorum Ordinis</i> contre le P. Cellot, à Venise en 1648. Jean-Bapt. Signius autre <i>Chanoine Régulier, De Ordine &amp; statu Canonico,</i> à Boulogne en 1601. Le P. Du Moulinet a donné les <i>figures de différens habits des Chanoines Réguliers,</i> à Paris en 1666. Tout le second Tome de la nouvelle <i>Histoire des Ordres Monastiques</i> est employé à celle des <i>Chanoines Réguliers,</i> de leurs différentes Congrégations, tant d'hommes que de filles &amp; des Ordres Militaires qui y ont rapport. Voici les noms de ces différentes Congrégations. Les <i>Chanoines Réguliers</i> de S. Albée, ou Ailbe ; des deux Amans ; de S. Antoine de Viennois ; d'Arouaise proche de Bapaume ; <i>Chanoines Réguliers</i> à la Banderolle, en Allemagne ; de S. Brendan ; de sainte Brigitte ; de la Réforme de Bourgachard, communément Boucachard ; de S. Cartage ; de la Réforme de Chancellade ; de S. Chrodegand ; de Closterneubourg en Allemagne ; de S. Colomb ; de S. Colomban ; les Clercs de la vie Commune ; de S. Congall ; de S. Cosme lez Tours ; de Monte Corbulo ; de Cracovie ; de Crescenzago ; les Croisiers ; les <i>Chanoines Réguliers</i> de Sainte Croix de Conimbre ; de Czerkeneur ; de S. Déclan ; de S. Denys à Rheims, des Ecoliers de Boulogne ; du Mont S. Eloy d'Arras ; de l'Ordre du S. Esprit ; du S. Esprit à Venise ; les Associés de l'Ordre du S. Esprit ; de S. Finien ou Finnen ; de la Fontaine jaillissante ; de S. Fridgien de Lucques ; la Congrégation Frigdonienne ou de Ste Marie Frisonnaire ; les <i>Chanoines</i> Frisonnaires ; de Ste Geneviève ; de S. Georges in Algha à Venise ; les Hospitaliers de S. Gervais à Paris ; de S. Gilbert de Simpringhan ; de S. Kiaran ; de S. Jacques de Celle-Vellane ; de S. Jacques de l'épée en Espagne ; de S. Jacques du Haut pas ; de S. Jean de Chartres ; de S. Jean des Vîgnes à Soissons ; de l'Hôtel-Dieu de S. Jean-Baptiste de Beauvais ; de S. Jean-Baptiste de Coventry ; de S. Jean l'Evangéliste en Portugal ; <i>Chanoines Réguliers</i> de S. Jean de Latran, ou de S. Sauveur de Latran, ou simplement de Latran ; de S. Laurent d'Oulx ; de S. Lo de Rouen ; de S. Luan ou Malua, de Marbach ; de S. Marc de Mantoue ; de Ste Marie du Port Adriatique près de Ravenne ; de S. Martin d'Epernay ; de S. Maurice d'Agaune ; de Notre-Dame de Metro, de la Pénitence des Martyrs ; de S. Moctée ; de Mortare ; de la Congrégation de Nuys ; du Mont des Olives ; d'Olmutz en Moravie ; de la Cathédrale de Pampélune ; de S. Patrice ; les Pontifes, ou faiseurs de ponts ; les Prémontrés ; de S. Ruf à Avignon ; de la Congrégation de Notre-Sauveur en Lorraine ; de S. Sauveur de Bologne en Italie ; de Tremesse en Pologne ; les Trinitaires, ou Mathurins ; de l'ancienne Congrégation du Val des Ecoliers ; de l'ancienne Congrégation de Val-Vert ; de S. Victor à Paris ; <i>Chanoines Réguliers</i> de la Congrégation de Windesem de l'Ordre de S. Urbain, de la Cathédrale d'Usez. Voyez l'Auteur de l'<i>Histoire des Ordres Monastiques,</i> T. II. où il rapporte l'établissement, les fondateurs, les habits, &amp;c. de toutes ces différentes Congrégations, dont au reste plusieurs ne subsistent plus, mais ont été ou abolies, ou unies à d'autres, comme nous le pourrons dire en leur place.</p><p>
    </p>
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    <head>CHANOINE</head>
    <p>
    Chanoine-Moine , s. m. <i>Canonicus Monachus.</i> On croit &amp; il est bien vrai-semblable, que les <i>Chanoines-Moines</i> n'étoient point différens des <i>Chanoines Réguliers,</i> &amp; que les <i>Chanoines</i> ont été appellés <i>Moines.</i> Anastase le Bibliothécaire, dans la vie de Grégoire IV. dit que ce Pontife ayant fait rétablir la Basilique de Sainte Marie au-delà du Tibre, y mit des <i>Chanoines-Moines</i> ; &amp; on lit dans un vieux Pontifical de S. Prudence, Evêque de Troies, que dans le premier <i>Memento</i> de la Messe on y faisoit mention des <i>Chanoines-Moines</i> de cette Eglise. <i>Hist. des Ordres Monast. &amp; Rel. P. II. C.</i> 28.</p><p>Il y a aussi des <i>Chanoines Laïques,</i> ou <i>Séculiers,</i> qui ont été reçus par honneur &amp; par privilége dans quelques Chapitres de <i>Chanoines. Canonici Saeculares,</i> ou <i>Laici.</i> Et ainsi dans le Cérémonial Romain l'Empereur est reçu <i>Chanoine</i> de S. Pierre ; les Comtes d'Anjou dans l'Eglise de S. Martin de Tours, aussi-bien que ceux de Nevers. Les Rois de France, par le seul titre de leur Couronne, sont <i>Chanoines</i> de l'Eglise de S. Hilaire de Poitiers, de S. Julien du Mans, de Tours, d'Angers &amp; de Châlons ; les Ducs de Berry <i>Chanoines</i> de Lyon. Humbert, Dauphin de Vienne, étoit <i>Chanoine</i> de la grande Eglise Du Cange.</p><p>On dit proverbialement, vivre comme un <i>Chanoine</i> ; c'est-à-dire, paisiblement, dans l'abondance &amp; dans l'oisiveté. <pb n="974" facs="bpt6k8542165/f1014/full/1200,/0/native.jpg"/>C'est là-dessus que roulent ces vers de Boileau :</p><p>
    </p>
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    <head>CHANOINESSE</head>
    <p>
    CHANOINESSE , s. f. Fille qui possède une prébende affectée à des filles par la fondation, sans qu'elles soient obligées de renoncer à leur bien, ni de faire aucun voeu. <i>Canonica, virgo Canonica.</i> On n'en voit guère qu'en Flandres, en Allemagne &amp; en Lorraine. Les <i>Chanoinesses</i> de Remiremont. C'est plutôt un Séminaire, &amp; une retraite honnête des filles à marier, qu'un engagement pour le Service de Dieu. Le Concile d'Aix-la-Chapelle en 816. fit une règle pour les <i>Chanoinesses</i> comprise en 28. articles. Elle est dans l'édition des Conciles du P. Labbe, T. VII. p. 1406. C'est le 2. L. du Concile d'Aix. Le premier est la règle des Chanoines.</p><p>
    </p>
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    <head>CHANOINESSE</head>
    <p>
    Chanoinesse de S. Augustin , est une sorte de Religieuses qui suit la Règle de S. Augustin, &amp; qui est habillée de serge blanche, avec un surplis de toile fine sur sa robe, un voile noir sur sa tête, &amp; une aumusse fut le bras. <i>Canonica sancti Augustini regulae addicta, mancipata.</i> Les <i>Chanoinesses de saint Augustin</i> sont bien fondées ; elles ont des Abbesses que le Roi nomme. Quand on parle à ces <i>Chanoinesses,</i> on les appelle <i>Madame.</i></p><p>Quant à l'origine des <i>Chanoinesses</i> Régulières, on ne peut dire que S. Augustin soit leur Instituteur. A la vérité il établit des Religieuses à Hippone ; &amp; elles purent s'appeller <i>Chanoinesses, Canonicae</i> ; parce que c'étoit alors la coutume tant en Orient qu'en Occident, d'appeller Chanoines &amp; <i>Chanoinesses</i> tous les Ecclésiastiques, Moines, Religieuses, Vierges, bas Officiers de l'Eglise, domestiques des Monastères, &amp; généralement tous ceux qui étoient compris dans la matricule ou catalogue appellé <i>Canon.</i> Le P. Le Large, Chanoine Régulier de France, avoue cet usage : mais il soutient que depuis le VIe siècle il y a eu en Occident des <i>Chanoinesses</i> différentes des Moniales, fondé sur la fondation d'un Monastère faite par S. Fridolin à Seking, où il mit des <i>Chanoinesses.</i> Mais Balter, Moine de Seking, du Xe siècle, qui seul rapporte ce fait, ne semble pas à d'autres en devoir être cru. Les <i>Chanoinesses,</i> disent-ils, étoient inconnues au commencement du VIIIe siècle. Le Concile tenu en Allemagne l'an 742. ordonna que tous les Religieux &amp; les Religieuses suivroient la règle de S. Benoît. Le Capitulaire de Charlemagne de l'an 779. fit la même chose, sans faire aucune mention de <i>Chanoinesses.</i> Ce n'est qu'à la fin du même siècle qu'on en trouve quelques vestiges. Voyez le Concile de Francfort de l'an 794. can. 47. &amp; l'Assemblée d'Aix-la-Chapelle en 802. Le Concile de Châlon-sur-Saône l'an 813. fit des règles pour les Chanoines &amp; pour les <i>Chanoinesses,</i> aussi-bien que celui d'Aix-la-Chapelle en 816. Par ces règles il ne paroît point que ni les uns ni les autres passassent pour enfans de S. Augustin. Au contraire, celle des <i>Chanoinesses</i> est tirée de S. Jérôme, de S. Cyprien, de S. Athanase &amp; de S. Césaire. Il n'y est point parlé de la règle de S. Augustin. Le Concile de Rome tenu en 1060. par Nicolas II. nous apprend que jusqu'à cette année l'Institut de ces sortes de <i>Chanoinesses</i> n'avoit été reçu dans aucun endroit d'Asie, d'Afrique, ni même d'Europe, excepté dans un petit coin de l'Allemagne ; &amp; qu'avant Louïs le Débonnaire toutes les Religieuses, quelque part qu'elles fussent, suivoient la Règle de S. Benoît. Ainsi l'on voit &amp; le temps &amp; le lieu de leur institution.</p><p>Il y a plusieurs Congrégations de <i>Chanoinesses Régulières</i> de S. Augustin, dont voici les noms, de l'Ordre de sainte Brigide en Irlande, de l'Hôpital de sainte Catherine à Paris ; <i>Chanoinesses Régulières</i> de l'Abbaye de Chaillot près Paris ; de l'Ordre du S. Esprit ; Hospitalières de l'Ordre du S. Esprit, dites Filles-Dieu à Rouen ; de S. Gilbert de Simpringham en Angleterre ; Chevalières de l'Ordre de S. Jacques de l'épée ; de l'Hôtel-Dieu de S. Jean-Baptiste de Beauvais ; <i>Chanoinesses Régulières</i> de Latran ; de l'Ordre de la Congrégation de N. D. de l'Ordre des Prémontrés ; de l'Ordre du S. Sépulcre ; Religieuses Trinitaires ; de l'ancienne Congrégation de S. Victor.</p><p>
    </p>
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    <head>CHANOINIE</head>
    <p>
    CHANOINIE , s. f. Titre du Bénéfice de celui qui est Chanoine. <i>Canonici munus, dignitas.</i> On l'appelle aussi un <i>Canonicat,</i> une <i>Prébende résignée.</i> On distingue la <i>Chanoinie</i> d'avec la Prébende : la prébende peut subsister sans le <i>Canonicat</i> ; au lieu que la <i>Chanoinie</i> est inséparable de la prébende. C'est à la <i>Chanoinie,</i> &amp; non pas à la prébende, que le droit de suffrage, &amp; les autres droits sont annexés. Permuter une <i>Chanoinie.</i> Cette <i>Chanoinie</i> est vacante en Régale.</p><p>Ce mot vient de <i>canonia</i>, qui se trouve en quelques Auteurs Latins pour signifier la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7934" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANSIR" />
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    <head>CHANSIR</head>
    <p>
    CHANSIR . Voyez <ref type="search" target="head:CHANCIR">CHANCIR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7935" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANSISSURE" />
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    <head>CHANSISSURE</head>
    <p>
    CHANSISSURE . Voyez <ref type="search" target="head:CHANCISSURE">CHANCISSURE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7936" id="1" type="">
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    <head>CHANSON</head>
    <p>
    CHANSON , s. f. Petite pièce de vers aisés, simples &amp; naturels, qu'on met en air pour les chanter, &amp; dont chaque stance s'appelle un couplet. <i>Cantilena, canticum ; cantio.</i> C'est proprement une composition de Musique où il n'y a que le dessus qui parle, qu'on appelle le <i>sujet</i> ; ou tout ce qu'on met en chant. Le refrain d'une <i>chanson,</i> c'est la partie qui se répète à la fin de chaque couplet. <i>Pars cantilenae intercalaria.</i> Nous avons une prodigieuse quantité de <i>chansons</i> toutes pleines de feu &amp; d'esprit ; &amp; si Anacréon les avoit sues, il les auroit plutôt chantées que les siennes. Fonten. Il faut même en <i>chansons</i> de l'esprit &amp; de l'art. Boil.</p><p>La <i>chanson</i> ressemble assez au Madrigal : elle a ordinairement pour objet l'amour, ou le vin, si l'on en croit M. le Brun, qui prétend que la <i>chanson</i> n'est aujourd'hui qu'une pensée tendre &amp; bachique exprimée en peu de mots. C'est la renfermer en des bornes trop étroites ; on en fait de dévotes, qui sont très-belles ; il y en a qui contiennent des éloges ; il y en a sur-tout un grand nombre de satyriques. Quelle que soit la <i>chanson,</i> ses vers doivent être aisés, coulans, naturels, &amp; avoir une certaine harmonie qui ne choque, ni les oreilles, ni la raison, &amp; qui marie agréablement la Poësie avec la Musique. On ne conservoit autrefois la mémoire des belles choses, &amp; de l'antiquité, que dans des <i>chansons.</i> Il y a encore dans le Nord &amp; en Amérique des peuples qui conservent dans des <i>chansons</i> leur ancienne histoire.</p><p>Le mot <i>chanson</i> vient de l'Italien <i>canzone,</i> qui veut dire la même chose, ou de <i>ciancione,</i> qui approche encore plus, par la manière dont on le prononce, du mot de <i>chanson.</i></p><p>On appelle <i>chansons spirituelles,</i> celles qui se font sur des matières pieuses. <i>Pia cantica. Chansons à boire,</i> ou <i>Chansons Bachiques,</i> celles qui se font pour se réjouïr à table, &amp; se provoquer à boire. <i>Bacchica cantilena. Chansons à danser,</i> celles qu'on chante quand plusieurs personnes dansent en rond. <i>Cantilena saltatoria. Vaudevilles,</i> ou <i>chansons du Pont-neuf,</i> les <i>chansons</i> communes qui se chantent parmi le peuple avec grande facilité, &amp; sans art. <i>Trivialis cantilena.</i> Les vieux Musiciens ont divisé les <i>chansons</i> en trois genres. L'un est le <i>vaudeville,</i> ou la <i>simple chanson.</i> L'autre est le <i>motet,</i> ou la <i>fantaisie.</i> Et le troisième comprend tous les airs propres aux danses. Les faiseurs de <i>chansons</i> injurieuses sont punis comme les Auteurs des libelles diffamatoires.</p><p>On appelle poëtiquement <i>chansons,</i> toute sorte de Poësie : &amp; en parlant des Muses, on dit les doctes <i>chansons</i> de vos nourriçons ; pour dire, les Ouvrages des Poëtes. <i>Carmina, cantica.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7936" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANSON" />
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   <index type="pred_domain" value="Musique" />
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    <head>CHANSON</head>
    <p>
    Chanson , se dit aussi de toutes sortes de vains propos, des raisons frivoles, des propositions qui n'ont point d'effet. <i>Cantilena.</i> Je ne me paye point en <i>chansons.</i> Tout ce que vous me dites n'a rien de solide ; ce sont des <i>chansons.</i></p><p>On le dit aussi de ce qu'on répète plusieurs fois. <i>Eandem cantilenam, canere, eandem obgannire.</i> Vous me rebattez toujours la même <i>chanson.</i> Cet Auteur ne dit rien de nouveau, c'est toujours la même <i>chanson.</i></p><p>On dit proverbialement d'un homme qui recommence toujours à dire, ou à faire la même chose, que c'est la <i>chanson</i> du Ricochet, dont on ne voit point la fin. On dit aussi, Il n'aura qu'un double, il ne sait qu'une <i>chanson.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7937" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANSONNER" />
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    <head>CHANSONNER</head>
    <p>
    &#9758; CHANSONNER , v. act. Faire des chansons contre quelqu'un. Ce Poëte se mit en tête de <i>chansonner</i> tous ceux qu'il crut n'avoir pas pris son parti avec assez de chaleur... Anti-Rousseau.</p><p>&#9758; Chansonné, ée, participe. Il a été bien <i>chansonné.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7938" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANSONNETTE" />
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    <head>CHANSONNETTE</head>
    <p>
    CHANSONNETTE , s. f. Petite chanson ; chanson jolie, tendre, amoureuse, pastorale. <i>Cantiuncula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7939" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANSONNIER" />
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    <head>CHANSONNIER</head>
    <p>
    CHANSONNIER , s. m. Faiseur de chansons. <i>Cantilenarum scriptor,</i> ou <i>cantûs modulator.</i> Il y a de deux sortes de <i>Chansonniers.</i> Les uns composent les vers, &amp; les airs de leurs chansons ; &amp; les autres se contentent de composer des vers sur les airs que les Musiciens leur donnent. Dans une lettre sur l'arrivée de Lulli aux champs Elysiens, le sieur Perrin est appellé le <i>Grand Chansonnier</i> de France.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7940" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANT" />
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    <head>CHANT</head>
    <p>
    CHANT , s. m. Le <i>chant</i> en général, est L'élévation, &amp; l'inflexion de la voix sur différens tons, avec modulation. <i>Cantus. Chant</i> harmonieux, mélodieux. <i>Chant</i> triste, lugubre. <i>Chant</i> d'allégresse. <i>Chant</i> de triomphe. <i>Chant</i> nuptial. <i>Chant</i> pastoral. On dit <i>chant</i> Ambrosien, <i>chant</i> Grégorien, ou <i>plain-chant, chant</i> simple, figuré, naturel, noté, beau, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7940" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANT" />
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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant Ambrosien . <i>Cantus Ambrosianus.</i> C'est un <i>chant</i> composé des quatre tons authentiques des Anciens, le Dorien, le Phrygien, le Lydien &amp; le Missolydien, que S. Miroclet Evêque de Milan, ou selon d'autres, S. Ambroise choisit pour en composer &amp; en former le <i>chant</i> de l'Eglise de Milan. On croit que ces quatre tons furent appellés authentiques, parce qu'ils furent approuvés, autorisés, &amp; choisis pour le <i>chant.</i> Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. de Brossart.</p><p>En Musique le <i>chant</i> est proprement un air, qui est composé de tons, de temps, ou mesures. C'est une modulation de voix qui élève, ou qui baisse les tons de la prononciation des paroles, ensorte qu'elles rendent un son agréable à l'oreille. Arétin &amp; les Anciens divisoient le <i>chant</i> en trois sortes, le <i>chant dural,</i> c'est-à-dire, dur &amp; rude, <i>durus, asper ;</i> le <i>chant naturel</i> qui est entre les deux autres, &amp; qui n'en a point les caractères, <i>naturalis, medius ;</i> &amp; le <i>chant mol,</i> qui est doux, <i>mollis.</i></p><p><i>Plain-chant,</i> ou <i>chant Grégorien,</i> est le <i>chant</i> dont on se sert à l'Eglise, quand le Choeur &amp; le peuple chantent à l'unisson, ou tous ensemble d'une même manière. <i>Planus &amp; simplex canendi modus.</i> La différence qu'il y a du <i>plain-chant</i> avec les autres <i>chants,</i> c'est d'être divisé en parties égales. Dans les vieux livres d'Eglise on ne faisoit point de notes plus longues les unes que les autres. Depuis quelque temps on y a mis des notes longues &amp; brèves, mais c'est seulement pour marquer les accens. Saint Grégoire le Grand a établi dans l'Eglise Latine cette sorte de <i>plain-chant</i> qu'on appelle de son nom <i>chant</i> Grégorien. Franchin a marqué tous les caractères différens du <i>chant</i> Grégorien. Dans les répons, dit-il, le <i>chant</i> est véhément, &amp; semble réveiller par des sons rompus ceux qui sont assoupis. Dans les Antiennes le <i>chant</i> est uni &amp; doux ; dans les Introites il est élevé pour exciter à chanter les louanges de Dieu. Dans les Alléluia &amp; les Versets, il est doux &amp; inspire de la joie ; dans les Traits &amp; dans les Graduels il est allongé, traînant, modeste, humble ; dans les Offertoires &amp; les Communions il tient un certain milieu. Jean Diacre se plaint dans la vie de S. Grégoire de ce que les Germains &amp; les peuples de Gaule avoient changé quelque chose au <i>chant</i> Grégorien, &amp; qu'ils en avoient altéré la douceur : la raison qu'il en apporte, c'est que les voix de tonnerre de ces grands corps sortant de leurs gosiers toujours arrosés de vin avec grand bruit, &amp; par des tons élevés, au lieu de former des sons doux &amp; agréables, représentent l'horrible fracas que font des charrettes qui roulent confusément ensemble dans les lieux raboteux comme des degrés. M. Nivers, dans sa dissertation sur le <i>chant Grégorien,</i> fait voir qu'il a été souvent altéré &amp; corrompu, &amp; qu'on a souvent tâché de lui rendre sa première beauté ; mais qu'on ne pouvoit empêcher qu'il n'y arrivât des changemens avant l'invention des notes, lesquelles, avant Aretin, ne consistoient que dans des points, des virgules, des accens, en quoi il est aisé de se tromper. Il ajoûte qu'ayant examiné &amp; comparé les Antiphonaires &amp; les Graduels manuscrits de la Bibliothèque du Roi, de celle de S. Germain des Prez, &amp; de plusieurs autres, &amp; fait consulter les manuscrits de celle du Vatican, il y a trouvé de grandes différences, &amp; même des contradictions. On imprima à Paris en 1713. ou 1714. un livre intitulé, Moyens certains de perfectionner toutes les méthodes de <i>plain-chant,</i> &amp;c.</p><p>Jean Bona, Abbé de l'Ordre de S. Bernard, &amp; connu sous le nom de Cardinal Bona, a fait un Traité de la divine Psalmodie, où il comprend tout ce qui regarde le <i>chant</i> de l'Eglise. Il est certain par les exemples de l'ancien Testament qu'on a dès les premiers temps employé le <i>chant</i> pour célébrer les louanges de Dieu, &amp; l'on a toujours conservé cette coutume jusques à nos jours, quoique le <i>chant</i> n'ait pas toujours été réglé comme il est aujourd'hui, &amp; que les persécutions n'aient pas toujours permis de l'employer. L'usage du <i>chant</i> est très-ancien en France. Amalarius dit que Pepin obtint du Pape Etienne que le <i>chant</i> fût remis dans sa perfection dans les Eglises du Royaume ; puis il ajoûte que Charlemagne étant choqué de la dissonance du <i>chant</i> Ecclésiastique entre les Romains &amp; les Gaulois, envoya deux Clercs à Rome qui apprirent à chanter, &amp; établirent ensuite le <i>chant</i> Romain dans l'Eglise de Mets, &amp; dans toutes les autres du Royaume. Voyez encore ci-après Chant musical.</p><p><i>Chant, cantus,</i> vient des Celtes, qui disent <i>cân.</i> De même <i>canere,</i> chanter, est pris de <i>cana</i> ; &amp; <i>cantare,</i> de <i>chanta,</i> qui est la même chose. Pezron. <i>Chant</i> vient de <i>cantus,</i> en changeant le <i>c</i> en <i>ch,</i> comme en bien d'autres. Tout le reste est incertain.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7940" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHANT" />
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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant musical , est celui où les gens qui chantent font des accords &amp; diverses parties. <i>Concentus Musicus, harmonia.</i> Dans l'Histoire Ecclésiastique il est fait mention de plusieurs sortes de <i>Chants.</i> Le premier est l'<i>Ambrosien,</i> établi par S. Ambroise. Le second est le <i>Grégorien,</i> du Pape Grégoire le Grand, qui établit des Ecoles de Chantres, &amp; corrigea le <i>Chant</i> de l'Eglise. C'est celui qu'on appelle aujourd'hui, le <i>Plain-Chant.</i> On l'appella alors le <i>Chant Romain.</i> Et du temps de Charlemagne il s'introduisit à Mets une nouvelle façon de psalmodier, qu'on appella <i>Chant de Mets.</i> Voyez Du Cange.</p><p>L'usage du <i>Chant</i> à deux Choeurs, le peuple mêlant sa voix à celle du Clergé, est ancien : Grégoire de Tours en parle, <i>Lib. de Glor. Conf. Ch.</i> 47. quoiqu'à parler exactement, ce fût bien moins un <i>chant</i> les trois ou quatre premiers siècles, qu'une prononciation plus pathétique &amp; plus ferme. S. Grégoire Pape, qui savoit la Musique, corrigea le <i>chant</i> ancien ; le <i>chant</i> réformé s'établit aussi-tôt dans les Eglises d'Italie. Le Gendre. Pepin, pour mettre de l'uniformité dans les Eglises de France, &amp; en signe de l'union &amp; de la concorde qu'il vouloit que ces Eglises eussent avec l'Eglise de Rome, avoit ordonné qu'on établît dans tous les Monastères &amp; dans toutes les Eglises le <i>chant Grégorien,</i> c'est-à dire, le <i>chant</i> Romain, réformé selon la méthode du Pape S. Grégoire le Grand. Le Clergé avoit eu peine à obéir à cet ordre, &amp; on ne l'observoit pas dans quantité d'Eglises ; on y étoit jaloux des anciennes coutumes, &amp; on s'y piquoit de chanter aussi-bien qu'à Rome. Dans le voyage que Charlemagne fit à Rome en 789. il fut témoin de cette jalousie ; car pendant les fêtes de Pâques, les Chantres de sa Chapelle ayant assisté au service de l'Eglise de Rome, se mocquerent des Chantres Romains ; &amp; ceux-ci ayant entendu chanter ceux du Roi, en raillerent à leur tour. Charlemagne prit cette occasion pour les engager à un défi, &amp; s'étant fait le Juge du combat, il prononça en faveur des Romains. Il obtint du Pape des Antiphonaires notés à la manière Grégorienne, &amp; deux Maîtres de <i>chant</i> : il en <pb n="976" facs="bpt6k8542165/f1016/full/1200,/0/native.jpg"/>établit un à Mets, &amp; l'autre à Soissons, pour y tenir des Ecoles, où l'on apprît à chanter, &amp; où l'on corrigeât tous les livres d'Eglise. P. Dan. <i>Tom. I. p.</i> 472. Quelques Eglises ne prirent qu'une partie de ce <i>chant</i> Grégorien, &amp; le mêlerent avec le leur. Ce <i>chant</i> mi-parti de Grégorien &amp; de François demeura en beaucoup d'Eglises, &amp; on continua de s'en servir pour les pseaumes &amp; pour les antiennes, depuis même qu'il y eut musique. Le Gendre. Voyez <ref type="search" target="head:Chanter">Chanter</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7940" id="4" type="">
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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant , est aussi l'air, le récit, le dessus de la Musique, le sujet sur lequel on compose les autres parties. <i>Cantilena, modus, modulatio.</i> Les beaux <i>chants</i> se font moins par art, que par génie. Cela est fait sur le <i>chant</i> d'un tel endroit de l'Opéra. Vous ne mettez pas cela en <i>chant.</i></p><p>On dit, qu'Une pièce n'a point de <i>chant,</i> pour dire qu'Elle n'a rien d'agréable ni de gracieux, quoiqu'elle soit selon les règles de la Musique.</p><p>Quelques-uns des vieux Musiciens ont divisé tous les <i>chants</i> en douze ; savoir, les <i>motets,</i> les <i>chansons</i> ou les <i>airs,</i> les <i>passemezes,</i> les <i>pavanes,</i> les <i>allemandes,</i> les <i>gaillardes,</i> les <i>voltes,</i> les <i>courantes,</i> les <i>sarabandes,</i> les <i>canaries,</i> les <i>branles</i> &amp; les <i>ballets.</i> Il y a autant d'espèces de <i>chants,</i> que de modes différens. Maintenant on en a inventé une infinité d'autres.</p><p>On appelle aussi <i>chant</i> des oiseaux, les différens sons &amp; inflexions de voix que font les oiseaux, dont les uns sont agréables, &amp; les autres odieux. <i>Avium cantus, concentus.</i> Le <i>chant</i> du rossignol, du serin de Canarie, de la fauvette, est fort charmant. Le <i>chant</i> de l'orfraie, du hibou, est effroyable &amp; de mauvais augure. On dit aussi le <i>chant</i> de la cigale. C'est le seul insecte auquel on applique le nom de <i>chant.</i></p><p>Le <i>chant du coq,</i> se dit pour signifier le grand matin, à cause que le coq chante dès le point du jour. <i>Galli cantus.</i> Horace dit que l'Avocat, doit être éveillé dès le premier <i>chant du coq,</i> pour dire, que le Client vient bien matin frapper à sa porte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant , signifie aussi la même chose que <i>cantique</i> &amp; <i>chanson,</i> ou une pièce de Poësie qui se peut chanter. <i>Cantilena, canticum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant , se prend quelquefois pour air ; mais en ce sens il est moins usité &amp; moins bon qu'<i>air. Modus, modulatio.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant nuptial , est une pièce de vers composée à l'honneur du mariage de quelques personnes illustres. <i>Carmen nuptiale, epithalamium,</i> du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant de victoire , <i>Chant triomphal.</i> Vers composés ou chantés sur la victoire, ou le succès des armes de quelque Prince. <i>Epinicium.</i> .</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANT" />
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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant funèbre . <i>Chant</i> composé sur le trépas de quelque personne illustre. <i>Epicedium,</i> du Grec .</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant pastoral , est un ouvrage de Poësie où l'on introduit des Bergers qui chantent. <i>Cantus pastoralis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANT" />
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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant Royal , est en général une espèce de Poësie Françoise qui a la même construction que la ballade. <i>Carmen regium de argumento pio aut serio scriptum.</i> Le <i>Chant Royal</i> est à l'égard de la ballade, ce que le rondeau est à l'égard du triolet. Le <i>Chant-Royal</i> a été ainsi nommé, à cause que le sujet étoit donné par le Roi de l'année courante. Or on appelloit <i>Roi</i> ou <i>Prince,</i> celui qui avoit emporté le prix l'année précédente. C'étoit à lui que s'adressoit l'envoi de la ballade. Le <i>Chant Royal</i> se faisoit à l'honneur de Dieu, ou de la Vierge, ou sur quelque autre grand argument. Il ne se fait qu'en matière grave &amp; sérieuse. Voyez <ref type="search" target="head:Pasquier">Pasquier</ref>. Quand on dispute des prix à Rouen, il faut faire un <i>Chant Royal.</i></p><p>Le <i>Chant Royal</i> est un fort beau reste d'ancienne poësie, qui a été retenu en quelques endroits seulement, comme à Toulouse dans l'Académie des jeux floraux. Le <i>Chant Royal</i> est composé de cinq couplets d'onze vers chacun, &amp; est terminé par l'envoi, ou explication de l'allégorie, qui est de cinq vers, ou tout au plus de sept. Dans le <i>Chant-Royal</i> les rimes du premier couplet règlent celles des couplets suivans, lesquelles y doivent être les mêmes &amp; dans le même ordre, de sorte que toute la pièce composée de soixante deux vers, roule sur cinq rimes ou terminaisons différentes, dont les deux premières reviennent dix fois, la troisième &amp; la dernière douze fois, &amp; la quatrième jusqu'à dix-huit fois. Un <i>Chant-Royal</i> sans défaut devroit être regardé encore aujourd'hui comme un chef-d'oeuvre d'application &amp; d'esprit. Mais ce qui rebute de travailler en <i>Chants-Royaux,</i> c'est que l'Auteur n'est pas sûr que ses lecteurs lui tiennent compte de toute la gêne qu'il s'est donnée. En effet rien n'est plus gênant que les règles du <i>Chant-Royal.</i> 1°, Il faut que le dernier vers du premier couplet serve de refrain ou d'intercalaire pour les suivans qui doivent finir de la même sorte. 2°, Les vers de l'envoi doivent être <i>unisones</i> ; c'est-à-dire, semblables en rimes à autant de vers pris sur la fin des couplets précédens. 3°, On garde dans toute la rigueur les règles de la rime Françoise, ensorte qu'il n'est pas permis de mettre le simple dans une rime, &amp; le composé ou le dérivé dans une autre, quelque éloignées qu'elles soient. 4°, Enfin, tout ce qui sent la licence en est absolument banni. On faisoit autrefois les <i>Chants-Royaux</i> en vers de dix syllabes : on les fait maintenant en vers Alexandrins, ou de douze syllabes. Il seroit bon aussi de couper exactement les couplets du <i>Chant-Royal</i> après le quatrième vers &amp; le septième, comme on fait dans les dizains. P. Mourcues.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7940" id="12" type="">
   <index type="head" value="CHANT" />
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    <head>CHANT</head>
    <p>
    Chant , est aussi un titre de livre de Poësie, ce qu'on a tiré des Italiens, qui les divisent ainsi. <i>Cantus.</i> Scarron a divisé sa Gigantomachie en <i>Chants.</i> Le Tasse, l'Arioste, ont divisé leurs Poësies en plusieurs <i>Chants.</i> Les Auteurs du Lutrin, de l'Art de prêcher, &amp; du Poëme de l'Amitié, ont aussi divisé ces pièces en plusieurs <i>Chants.</i></p><p>On appelle un langage trompeur, un <i>chant de Sirènes, Sirenum cantus.</i> Et cela se dit sur-tout des femmes, qui emploient divers artifices pour mieux engager leurs Amans.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTANT, ANTE</head>
    <p>
    CHANTANT, ANTE , adj. &amp; part. Ce mot, qui a la terminaison active, a quelquefois une signification active, comme les autres participes &amp; adjectifs semblables, &amp; quelquefois aussi une signification passive, comme quand on dit, Cela n'est pas <i>chantant,</i> c'est-à-dire, cela n'est pas bon pour être chanté. Des vers <i>chantans,</i> sont des vers propres à être chantés. Les vers des <i>Opéra</i> doivent être des vers <i>chantans. Versus ad cantum idonei, accommodati.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7942" id="1" type="">
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    <head>CHANTEAU</head>
    <p>
    CHANTEAU , s. m. Partie retranchée d'un des côtés d'un corps de figure ronde. <i>Angulata rei ora, angulatum rei extremum.</i> C'est ce qu'on appelle en Géométrie <i>segment de cercle,</i> ou la partie d'un cercle comprise entre l'arc &amp; la corde. Ainsi on appelle <i>chanteau,</i> une pièce ronde d'un côté, &amp; en droite ligne de l'autre, qu'on applique à un manteau, ou à une autre chose qu'on veut faire ronde. <i>Vestis angulus.</i> Quand les étoffes ne sont pas assez larges, on ne peut faire un manteau sans y ajoûter des <i>chanteaux.</i> Ces meules de moulins sont si grosses, qu'il y faut appliquer des <i>chanteaux.</i></p><p>Ce mot vient de <i>cantellum</i>, diminutif de <i>cantum.</i> Ménagi. On disoit autrefois <i>chantel.</i></p><p>On appelle aussi Le <i>chanteau</i> du pain benit, ou absolument <i>chanteau,</i> cette partie qu'on coupe en entamant le pain benit, ou en le coupant par un de ses bords, pour envoyer à celui qui le doit rendre au premier jour. <i>Angulatum lustralis panis frustum, segmentum.</i></p><p>On appelle aussi <i>chanteau,</i> l'entamure d'un pain domestique, ou un gros quartier qu'on en retranche. <i>Angulatum panis frustum, segmentum.</i></p><p>On appelle aussi <i>chanteau,</i> une grosse pièce de Pâtisserie formée en long, &amp; de même que la bordure de pain benit, qu'on fait faire pour envoyer à ses parens &amp; à ses amis, à cause que celui qu'on a renvoyé de l'Eglise n'y peut pas suffire ; &amp; parce qu'on le fait de pâte plus fine, on l'appelle autrement <i>cousia,</i> à cause qu'on l'envoie à ceux qui touchent de plus près, ou qu'on aime le mieux. Mais il est plus honnête d'envoyer des brioches.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANTEAU" />
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    <head>CHANTEAU</head>
    <p>
    Chanteau , est aussi un terme de Tonnelier , qui signifie la dernière pièce du fonds d'un muid, qui est faite en portion de cercle. <i>Assis doliarii segmentum angulatum.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'on a donné le <i>chanteau</i> à quelqu'un ; pour dire, que c'est à lui à faire au premier jour &amp; à son tour ce que les autres ont fait devant lui. On dit <pb n="977" facs="bpt6k8542165/f1017/full/1200,/0/native.jpg"/>depuis quelque temps, qu'on lui a donné le <i>bouquet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7943" id="1" type="">
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    <head>CHANTELAGE</head>
    <p>
    CHANTELAGE , s. m. Droit qu'on paye au Seigneur pour le vin vendu en gros ou à broche sur le chantier de la cave &amp; du sellier. <i>Canteriarium vectigal, tributum, canteriarii vini vectigal.</i> Dans les vieux titres <i>chantelagium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7944" id="1" type="">
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    <head>CHANTEPLEURE</head>
    <p>
    CHANTEPLEURE , s. f. Arrosoir de Jardinier, ou entonnoir à longue &amp; étroite queue percée au fond par plusieurs petits trous, pour faire couler quelque chose dans un muid de vin sans le troubler. <i>Candatum infundibulum, clepsydra doliaria.</i></p><p>En Normandie &amp; ailleurs, on appelle <i>chantepleure,</i> le robinet d'un tonneau de vin, ou de cidre. Une <i>Chantepleure,</i> avec ce mot, <i>Rien ne m'est plus,</i> étoit la devise de Valentine, veuve de Louïs Duc d'Orléans. Elle se voit par-tout dans le Château qu'elle fit bâtir à Châteauneuf à cinq lieues d'Orléans. Voyez <ref type="search" target="head:Champeleure">Champeleure</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7944" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANTEPLEURE" />
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    <head>CHANTEPLEURE</head>
    <p>
    Chantepleure , est aussi une fente qu'on laisse dans les murailles qui sont proche des rivières, ou qui soutiennent des terrasses, pour y laisser entrer &amp; écouler les eaux. <i>Rima, apertura.</i> Les <i>chantepleures,</i> ventouses, &amp; autres ouvertures pour l'écoulement des eaux, sont permises par l'Ordonnance.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7945" id="1" type="">
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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    CHANTER , v. act. Faire par art diverses inflexions de voix agréables à l'oreille. <i>Canere, cantare.</i> Cet homme <i>chante</i> bien. N'as-tu point de honte de <i>chanter</i> si bien ? disoit Philippe à Alexandre le Grand, comme étant une des choses qu'un Prince doit ignorer. Ablanc. Les paysans <i>chantent</i> au lutrin. Le Diacre <i>chante</i> l'Evangile. Le Soudiacre <i>chante</i> l'Epître. Cette Antienne se <i>chante</i> à deux choeurs. <i>Chanter</i> un <i>Te Deum. Solemnem hymnum concinere</i> ; on peut ajoûter <i>pro victoriâ,</i> ou quelque autre mot qui marque le sujet de la joie. <i>Chanter</i> en plain chant. <i>Planis ac simplicibus modulis canere.</i> En Musique, <i>ad harmoniam canere ; musicis modis concinere.</i> En faux-bourdon. <i>Planus simplexque cantus modulis musicis mixtus. Chanter</i> sa partie. <i>Chanter</i> Vêpres. <i>Chanter</i> Matines. <i>Matutinas, Vespertinas horas canere. Chanter</i> un Salvé. <i>Salutationem virgini deiparae decantare. Chanter</i> des Noëls, <i>Nascenti Christo genetaliacon canere,</i> des chansons. Le Peuple <i>chante</i> dans les Eglises avec le Clergé. L'Auteur de la vie de S. Césaire d'Arles, Liv. I. n. 11. dit que ce fut ce Saint qui commença à faire <i>chanter</i> les Laïques dans l'Eglise, &amp; que même il les y obligea, pour les empêcher de causer dans l'Eglise.</p><p>On dit qu'un homme <i>chante</i> Messe ; pour dire, qu'il est Prêtre. <i>Sacra facere, rem divinam facere.</i> M. Lancelot a fait un traité de l'art de <i>chanter.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter sur le livre , se dit lorsque les Chantres chantent le plain chant, &amp; qu'il y a plusieurs dessus ou autres parties qui font des accords sur le champ, &amp; forment une espèce de concert ou de musique. <i>Planum simplicemque cantum frequentamentis quibusdam ac modulis variare, ornare.</i> On dit aussi, Il <i>chante</i> sa partie à livre ouvert ; pour dire, qu'il sait si bien la Musique, qu'il n'a pas besoin d'étudier la note. <i>Canendi peritus.</i></p><p>On appelle <i>Pain à chanter,</i> le pain sans levain préparé pour les hosties avant la consécration, quoiqu'il serve à d'autres choses. <i>Panis azymus, panis sacro celebrando idoneus.</i> On cachette les lettres avec du <i>pain à chanter.</i> On enveloppe les pillules, les bols de casse avec du <i>pain à chanter.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter , se dit aussi de ce qui est simplement contenu en quelque écrit. Voyons ce que <i>chante</i> ce livre-là, <i>quid canat, quid ferat ;</i> pour dire, Voyons ce qu'il contient. Voyons ce que <i>chante</i> cet exploit. Cela est du style bas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Maître a chanter , est un Musicien qui enseigne à chanter, qui montre la Musique. <i>Musicus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter , se dit aussi des Poëtes, quand ils font des Poëmes &amp; des vers à l'honneur d'un Héros, d'une Dame, ou de quelqu'autre chose ; parce que la Musique est une espèce de Poësie. <i>Canere, praedicare, celebrare.</i> Ainsi Virgile a dit, qu'il <i>chantoit</i> Enée &amp; ses Armes ; Chapelain a dit :</p><p><i>Je</i> chante <i>la Pucelle &amp; la sainte vaillance, &amp;c.</i></p><p>Scuderi a dit :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7945" id="6" type="blason">
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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter , se dit pareillement d'un Orateur, d'un Déclamateur, d'un Comédien, lorsqu'ils ne varient pas assez leurs voix, qu'ils ont une monotonie, ou qu'ils retombent toujours dans une même cadence. <i>Uno quodam spiritu ac sono vocem intendere.</i> Quelqu'un disoit à un mauvais lecteur : si tu veux lire, tu <i>chantes,</i> &amp; si tu veux <i>chanter,</i> tu <i>chantes</i> mal. Ablanc.</p><p>On dit en termes de Blason , des Armes parlantes, qu'elles <i>chantent.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter , se dit aussi des oiseaux. <i>Cantare.</i> Jesus-Christ dit à saint Pierre, avant que le coq <i>chante,</i> tu me renieras trois fois. Le rossignol ne <i>chante</i> qu'au printemps. Il se dit aussi de quelques insectes, comme de la cigale.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter , signifie aussi, Avertir, remontrer, instruire. <i>Monere, commonere.</i> On ne lui <i>chante</i> tous les jours autre chose que de changer de vie. On ne parle ainsi que dans le style bas &amp; comique.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter , signifie encore, Louer quelqu'un, en parler avantageusement, quoique ce ne soit ni en musique, ni en vers, ni même en paroles. <i>Canere, praedicare, celebrare.</i> Toutes les créatures <i>chantent</i> les louanges du Seigneur. On <i>chante</i> par-tout les louanges, le mérite d'un tel Prince.</p><p>On dit figurément d'un homme à qui on veut faire faire quelque chose par force, qu'on le fera bien <i>chanter,</i> qu'on l'obligera à payer, à faire ce qu'il doit. <i>Adigere aliquem ad solvendum.</i> On dit qu'un criminel a <i>chanté</i> à la question ; pour dire, qu'il a trop parlé, qu'il a découvert la vérité. <i>Adigere vi tormentorum ad aperiendam veritatem.</i> On dit de ceux qui ont découvert quelque secret, Il faut que quelqu'un ait <i>chanté,</i> puisqu'on a découvert cette entreprise. <i>Aperire, detegere.</i> On dit aussi d'un homme qu'on a mis prisonnier pour avoir été trop libre en paroles, qu'on l'a mis en cage pour lui apprendre à <i>chanter. Ut prudenter loqui discat.</i> Lorsqu'on est une fois marié, il faut <i>chanter,</i> pour dire, il faut changer de train de vie. <i>Mutanda vitae ratio.</i> Tout cela est bas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTER</head>
    <p>
    Chanter , se dit proverbialement en ces phrases, Quand un importun fait plusieurs redites, on dit qu'il <i>chante</i> toujours la même chanson. On dit d'une personne qui dit quelque méchante raison, qui ne satisfait pas, Voilà bien <i>chanté.</i> On dit, <i>Chanter</i> la palinodie ; pour dire, Se rétracter, dire le contraire de ce qu'on avoit dit. <i>Chanter</i> la gamme, reprendre, corriger quelqu'un, le quereller sur quelque action qu'il aura faite. On dit aussi, Il faut bien <i>chanter</i> plus haut ; pour dire, il faut enchérir, il en faut offrir davantage. On dit encore, <i>Chanter</i> pouille, <i>chanter</i> goguette, <i>chanter</i> des injures à quelqu'un, pour dire, le quereller en face, lui faire des reproches, l'injurier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7946" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANTERELLE" />
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    <head>CHANTERELLE</head>
    <p>
    CHANTERELLE , s. f. La corde la plus déliée d'un luth, d'un théorbe, d'un violon &amp; autres semblables instrumens ; celle qui a le son le plus clair &amp; le plus aigu. <i>Chorda omnium acutissima, tenuissimus idemque acutissimi soni nervus.</i> Il faut lâcher la <i>chanterelle</i> quand on quitte son instrument, de peur qu'elle ne se rompe.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHANTERELLE" />
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    <head>CHANTERELLE</head>
    <p>
    Chanterelle , se dit aussi des oiseaux que le Chasseur ou l'Oiseleur ont dans une cage pour servir d'appeau, &amp; attirer les oiseaux dans les piéges qui leur sont préparés. <i>Avis illex.</i> On appelle sur-tout <i>chanterelle</i> une femelle de perdrix, que l'on pose au bout des sillons où on a tendu des passées &amp; des filets, dans lesquels elle fait donner le mâle qu'elle appelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7947" id="1" type="">
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    <head>CHANTERES</head>
    <p>
    CHANTERES . Vieux mot, qui s'est dit des anciens Ménétriers ou Chantres qui alloient dans les maisons des Grands chanter avec la viole ou la harpe des compositions des Trouvères, qui étoient les Poëtes Provençaux de ce temps-là. <i>Auloedus.</i> On tient qu'Homère alloit ainsi chantant, &amp; récitant de ville en ville son Iliade.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7948" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANTEUR, EUSE" />
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    <head>CHANTEUR, EUSE</head>
    <p>
    CHANTEUR, EUSE . subst. Musicien, celui ou celle qui fait métier de chanter des airs, des chansons. <i>Cantator, cantatrix.</i> Les <i>Chanteurs</i> de l'Opera. Les <i>Chanteurs</i> du Pont-neuf, de la Samaritaine. C'est une excellente <i>Chanteuse.</i></p><p><i>Chanteur</i> ne se dit que des <i>Chanteurs</i> profanes. Quand on parle de ceux qui chantent dans l'Eglise, dans l'Office divin, principalement s'ils sont Ecclésiastiques, il faut dire <i>Chantre.</i> Les <i>Chantres</i> de Notre-Dame de Paris, de la sainte Chapelle, &amp;c. &amp; non point les <i>Chanteurs.</i> Et au contraire les <i>Chanteurs</i> de l'Opéra &amp; du Pont-neuf. Mais si des gens de l'Opéra chantoient dans une Eglise à quelque office, alors on pourroit se servir du mot de <i>Chanteur,</i> &amp; dire, il y aura quatre <i>Chanteurs</i> de l'Opéra à ce salut : mais le mieux &amp; le plus selon l'usage, est d'éviter ce mot, même en ce cas, &amp; de dire, Il y aura quatre voix de l'Opéra à ce salut.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7948" id="2" type="">
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    <head>CHANTEUR, EUSE</head>
    <p>
    Chanteur , s. m. <i>Asilus.</i> C'est un oiseau qui a le plumage diversifié de belles couleurs, &amp; qui chante à-peu-près de la manière du Pinçon. Il est bon pour les volières, mais il n'est pas bon en cage. Excepté le roitelet &amp; le poul ; il n'y a pas d'oiseau qui soit plus petit. Il chante presque incessamment ; c'est ce qui lui a fait donner le nom de <i>chanteur.</i> Les Lorrains le nomment <i>Chofti,</i> qui signifie la même chose. Les Italiens l'appellent <i>Ziolo,</i> &amp; les Grecs . Il a le pli &amp; les extrémités des ailes jaunâtres, ainsi que la queue &amp; le derrière. Ses jambes, ses pieds, ses ongles &amp; son bec, sont noirâtres ; les bords de son bec ont aussi quelque chose de jaune. Il est foible &amp; longuet, très-propre à prendre des vermisseaux. Il se retire dans les hautes fûtaies &amp; dans les lieux les plus couverts &amp; les plus ombragés.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7949" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANTIER" />
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    <head>CHANTIER</head>
    <p>
    CHANTIER , subst. masc. Grosse pièce de bois qui sert de chevalet à un Charpentier pour en élever un autre qu'il coupe, ou qu'il façonne. <i>Canterius.</i> On travaille à faire votre charpente, elle est sur le <i>chantier.</i> Ce vaisseau n'est pas achevé, il est encore sur le <i>chantier</i> ; c'est-à-dire, sur de grosses pièces de bois qui en soutiennent la quille ou la sole. <i>Chantier</i> se dit plus particulièrement en Charpenterie des longues pièces de bois qui servent à entretenir les plat-bords d'un bateau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7949" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANTIER" />
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    <head>CHANTIER</head>
    <p>
    Chantier , se dit aussi des pièces de bois de pareille nature, sur lesquelles ou pose les tonneaux de vin, afin qu'ils ne se pourrissent point à terre. <i>Tignum.</i> Ce Marchand a cent muids de vin sur l'étape qui sont sur le <i>chantier.</i> Ce Tavernier est riche, il a toujours dans sa cave cent pièces de vin sur le <i>chantier.</i> On le dit aussi des pièces de bois sur lesquelles posent les sacs de blé qui sont dans les ports de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7949" id="3" type="">
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    <head>CHANTIER</head>
    <p>
    Chantier , se dit aussi parmi les Loueurs de carrosse, d'une espèce de grande remise où ils rangent leurs carrosses. <i>Rhedarum receptaculum.</i> Vous pouvez choisir de tous les carrosses de mon <i>chantier</i> celui qui vous accommodera le mieux.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTIER</head>
    <p>
    Chantier , signifie aussi, l'attelier d'un Charron, d'un Charpentier, le lieu où ils coupent, façonnent &amp; gardent leur bois. <i>Fabri curruum, plaustorum, carrorum officina.</i> On dit aussi, que les pierres sont en <i>chantier,</i> quand elles sont dans le lieu où on les a taillées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHANTIER</head>
    <p>
    Chantier , se dit aussi d'un magazin, ou des lieux où les Marchands de bois empilent, ou serrent leur bois, en attendant qu'il soit sec, ou vendu. <i>Strues lignorum, apotheca lignaria, materiaria.</i> Il y a des <i>chanteiers</i> de bois de chauffage, d'autres de bois de menuiserie &amp; de charpenterie.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7950" id="1" type="">
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    <head>CHANTIGNOLE</head>
    <p>
    CHANTIGNOLE , s. f. Espèce de brique qui doit avoir huit pouces de long sur quatre de large, qu'on appelle autrement <i>demi-brique,</i> en ce qu'elle n'a que la moitié de l'épaisseur des autres. <i>Laterculus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7950" id="2" type="charpenterie">
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    <head>CHANTIGNOLE</head>
    <p>
    Chantignoles , en termes de Charpenterie , se dit des petites pièces de bois qui sont dessous des tasseaux, qui soutiennent les pannes de charpenterie, &amp; autres pièces semblables. Elles ont autant en hauteur que les pannes sont grosses, &amp; sont de la grosseur des jambes de force. Les <i>chantignoles</i> sont encastrées d'un pouce dans le corps de la force, &amp; viennent à mourir à rien, c'est-à-dire, sont coupées &amp; échancrées. On appelle aussi, <i>chantignoles,</i> les pièces de bois qui servent à porter les poaliers sur lesquels roulent les tourillons des cloches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7951" id="1" type="">
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    <head>CHANTILLY</head>
    <p>
    CHANTILLY , subst. m. Bourg de l'Isle de France, à sept lieues de Paris, &amp; à une lieue de Senlis. <i>Cantiliacum.</i> Il y a une maison magnifique qui appartient à M. le Prince de Condé, &amp; qu'on appelle aussi du nom du bourg, <i>Chantilly.</i> Le Prince de Condé, Louïs de Bourbon, parut aussi grand retiré à <i>Chantilly</i> les dernières années de sa vie, qu'il avoit paru à la tête de nos armées &amp; dans les batailles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7952" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANTOURNÉ" />
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    <head>CHANTOURNÉ</head>
    <p>
    &#9758; CHANTOURNÉ , s. m. Pièce d'un lit, qui est de bois bien travaillé, ou couvert d'étoffe, &amp; qui se met entre le dossier &amp; le chevet.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7953" id="1" type="architecture">
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    <head>CHANTOURNER</head>
    <p>
    CHANTOURNER , v. act. Terme d'Architecture . Couper en dehors une pièce de bois, de fer, ou de plomb, suivant un profil, ou dessein, ou l'évider au dedans. <i>Extrorsum vel introrsum incidere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7954" id="1" type="">
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    <head>CHANTRE</head>
    <p>
    CHANTRE , subst. m. Celui qui chante dans un Choeur d'Eglise. <i>Cantor.</i> Tous les grands Chapitres ont des <i>Chantres</i> &amp; des Chapelains pour soulager les Chanoines, &amp; faire l'Office en leur absence. C'est S. Grégoire, qui a institué les <i>Chantres,</i> &amp; qui en fit un Corps qu'on appella l'Ecole des <i>Chantres, Schola Cantorum.</i> Anastase le Bibliothécaire semble cependant l'attribuer au Pape Hilaire, qui vivoit plus de cent ans avant S. Grégoire. Dans le Concile de Rome tenu en 595. ce Saint se plaint comme d'une mauvaise coutume, de ce qu'on choisissoit des <i>Chantres</i> parmi les Ministres du saint Autel, &amp; de ce qu'étant Diacres, ils continuoient de chanter ; au lieu de vaquer à la prédication &amp; à la distribution des aumônes. Il le défend, &amp; ordonne qu'il n'y ait point d'autres <i>Chantres</i> que des Soudiacres, ou s'il est besoin, de moindres Clercs, &amp; que les Diacres ne feront que lire l'Evangile à la Messe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7954" id="2" type="">
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    <head>CHANTRE</head>
    <p>
    Chantre , se dit par excellence du Maître du Choeur, qui est une des premières dignités d'un Chapitre. <i>Chori, cantorum praefectus.</i> Il porte la chape &amp; le bâton dans les Fêtes solemnelles, &amp; donne le ton aux autres en commençant les Pseaumes &amp; les Antiennes. Le <i>Chantre</i> porte dans ses armoiries un bâton de choeur derrière l'Ecu, pour marque de sa dignité. On l'appelloit <i>Primicerius</i> ; c'étoit lui anciennement qui dirigeoit les Diacres, &amp; les autres Ministres inférieurs, pour le chant &amp; les autres fonctions de leurs emplois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7954" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHANTRE" />
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    <head>CHANTRE</head>
    <p>
    Chantre , en Poësie, se dit de ceux qui ont excellé dans la Musique &amp; dans la Poësie. On le dit d'Orphée, d'Amphion, d'Homère, de Pindare, &amp;c. <i>Chantre</i> de la Thrace, c'est Orphée.</p><p>On appelle les Poëtes <i>Chantres, Chantres</i> d'Apollon, <i>Chantres</i> du Parnasse. Divins <i>Chantres</i> des Muses.</p><p>On appelle aussi figurément &amp; poëtiquement les Rossignols, &amp; les autres oiseaux, Les <i>chantres</i> des bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7954" id="4" type="">
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    <head>CHANTRE</head>
    <p>
    Chantre , est aussi un méchant Musicien. <i>Cantor.</i> Les <i>Chantres</i> du Pont-neuf, de la Samaritaine. Chanteur est mieux. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7954" id="5" type="">
   <index type="head" value="CHANTRE" />
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    <head>CHANTRE</head>
    <p>
    Chantre , est aussi un substantif féminin. Il se dit d'une Religieuse qui a bonne voix, qui sait le chant &amp; les rubriques de l'Office, afin de redresser les manquemens qui se font au Choeur. <i>Cantatrix.</i> La <i>Chantre</i> dira tout haut ce qui regarde l'Office du lendemain. Const. de Port-R.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7955" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANTRERIE" />
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    <head>CHANTRERIE</head>
    <p>
    CHANTRERIE , s. f. est la dignité, l'office ou le bénéfice de chantre. <i>Chori, cantorum praefectura.</i> La <i>Chantrerie</i> d'une telle Eglise vaut tant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7956" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANVRE" />
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    <head>CHANVRE</head>
    <p>
    CHANVRE , s. m. <i>Cannabis sativa.</i> Plante d'un grand usage pour les arts. Elle est annuelle, &amp; on en sème des champs entiers dans plusieurs endroits du Royaume. La récolte du <i>chanvre</i> est d'un grand profit pour certaines Provinces, &amp; sa culture est beaucoup plus utile que celle du lin. Sa racine est longue d'un demi pied, blanchâtre, ligneuse, fibreuse, épaisse de demi-pouce au plus à son collet, d'où part une tige carrée, velue, rude au toucher, creuse, ligneuse &amp; tendre, couverte d'une écorce verdâtre &amp; filamenteuse. Cette tige est rarement branchue, si ce n'est à son extrémité : elle est haute ordinairement de 3 à 4 pieds : dans les bonnes terres elle devient plus grande : elle est chargée de feuilles coupées en quatre ou cinq segmens longs de deux à trois pouces sur un demi-pouce de largeur, disposées en main ouverte, rudes, d'un verd brun, relevé de quelques veines sur la surface, dentelées à leurs bords, &amp; d'une odeur forte, &amp; qui entête. Ses fleurs naissent sur des pieds séparés de ceux qui portent les semences. Elles sont disposées en manière de grappe, &amp; opposées en manière de croix de S. André. Chaque fleur est penchée en bas, &amp; composée de cinq étamines jaunâtres, entourées de cinq feuilles longues de deux à trois lignes sur moins d'une ligne de largeur, purpurines en dehors &amp; blanches en dedans. Ces fleurs ne sont suivies d'aucun fruit. Ce n'est que sur les individus femelles, appellés mâles improprement, qu'on trouve les fruits qui naissent par paquets le long des tiges. Ce fruit est terminé d'un style fourchu lorsqu'il n'est qu'embryon, &amp; il est enveloppé d'une membrane qui le garantit jusqu'à ce qu'il ait acquis sa maturité. Pour lors il est arrondi, un peu comprimé, lisse &amp; glabre, &amp; composé d'une coque grisâtre qui renferme une semence tendre, douce &amp; d'un goût d'amande. La même semence donne les deux individus mâles &amp; femelles.</p><p>On se sert en Médecine principalement de la semence, dont la décoction faite dans du lait est très-bonne contre la toux, &amp; contre la jaunisse. Les feuilles sont aussi bonnes contre la brûlure : on en tire un suc qui est propre pour la surdité.</p><p>L'huile de <i>chanvre</i> est recommandée pour les pommades dans les petites véroles. Sa graine, qu'on nomme <i>chenevi,</i> sert à nourrir les oiseaux. Les feuilles de <i>chanvre</i> sèches, ou sa farine mêlée dans la boisson, rendroit ceux qui en useroient yvres, stupides &amp; hébétés. Les Arabes néanmoins s'en servent ; ils en font une espèce de vin qui enyvre. De la Mare. <i>T. de la Pol. L. V. T. XV. c.</i> 3. où il cite Simeon Sethi <i>de aliment. facult.</i> Coelius Apitius <i>de re culinar.</i> L'Auteur du <i>Traité de la Police</i> appelle <i>chenevi</i> la plante d'où l'on tire le <i>chanvre</i> : mais cela est contre l'usage constant &amp; universel. Il n'y a que la semence de cette plante qui s'appelle <i>chenevi,</i> la plante se nomme <i>Chanvre. Chanvre</i> mâle, <i>Cannabis Sativa mas. Chanvre</i> femelle, <i>Cannabis Sativa foemina.</i></p><p>Broyer le <i>chanvre,</i> tailler ou tiller le <i>chanvre,</i> c'est séparer, tirer la filace de l'écorce. <i>Cannabis corticem eximere.</i> Rouïr le <i>chanvre,</i> c'est le faire tremper quelque temps dans l'eau pour le faire ensuite sécher &amp; tiller plus facilement. <i>Cannabem rivo macerare, aquâ subigere.</i> Il est défendu de faire rouïr le <i>chanvre</i> dans des eaux vives où il y a du poisson. L'eau où a croupi le <i>chanvre</i> pour le rouir, est très-pernicieuse pour la santé ; &amp; l'on remarque que les fièvres en Automne sont fort fréquentes dans les pays où le <i>chanvre</i> est commun. Aussi l'on y défend de mettre tremper les <i>chanvres</i> dans les rivières &amp; les eaux courantes qui sont bonnes à boire. On fait avec le <i>chanvre</i> de la toile &amp; des cordes. Le plus gros <i>chanvre,</i> dont l'écorce est plus rude, est employé aux cordes ; &amp; celui qui est plus fin fait du linge fin. On taille, ou tille le <i>chanvre</i> pendant l'hiver à la campagne. On le file ensuite après l'avoir bien battu &amp; bien peigné.</p><p>On nomme <i>chenevotte</i> les fragmens des tiges du <i>chanvre</i> dépouillées de leur écorce. On dit, J'en fais autant de cas que de <i>chenevottes</i> ; pour dire, j'en fais peu de cas : il n'est bon qu'à brûler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7956" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHANVRE" />
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    <head>CHANVRE</head>
    <p>
    Chanvre , subst. m. se prend souvent en François pour la filasse qu'on tire des tiges de la plante du <i>chanvre</i> après qu'elles ont été rouïes. On dit, voilà du <i>chanvre,</i> du <i>chanvre</i> peigné, du <i>chanvre</i> fin &amp; prêt à filer. <i>Cannabini corticis filamenta.</i> Des cordes de <i>chanvre, funes cannabini.</i> Il a vendu tant de <i>chanvre.</i> De la toile de <i>chanvre. Tela cannabina.</i></p><p>Chez les Romains, le <i>chanvre</i> nécessaire aux emplois de la guerre, s'amassoit par les ordres des Empereurs, seulement en deux villes de l'Empire d'Occident, à Ravenne en Italie, &amp; à Vienne dans les Gaules. Celui qui en avoit l'Intendance au deçà des Alpes, étoit appellé le Procureur du Linifice des Gaules, &amp; avoit son établissement à Vienne.</p><p>, <i>cannabis, chanvre,</i> vient du Celtique <i>Canab.</i> Pezron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7957" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHANVRIER" />
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    <head>CHANVRIER</head>
    <p>
    CHANVRIER , s. m. Ouvrier qui habille le chanvre en le passant par les serans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7958" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAOS" />
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    <head>CHAOS</head>
    <p>
    CHAOS . On prononce CAOS, s. m. Masse informe, &amp; grossière ; mélange confus de tous les élémens. <i>Chaos.</i> Les Poëtes ont feint qu'il a servi de matière première à la production du monde, &amp; qu'il subsistoit avant que toutes les choses fussent rangées dans l'ordre où elles sont. Comment la matière s'est-elle trouvée dans le degré de mouvement nécessaire pour former un monde, plutôt qu'un <i>chaos</i> ? Vall. La terre est sortie d'un <i>chaos</i> noir, ténébreux &amp; indigeste ; &amp; le monde s'est développé de cette masse informe &amp; confuse. S. Evr.</p><p><i>Chaos,</i> dans l'Ecriture, est appellé un espace immense &amp; impénétrable, tel que celui qui est entre le lieu des bienheureux, &amp; l'enfer. Luc XVI. 26. Le Port Royal a traduit <i>un grand abyme.</i> Le P. Bouhours <i>un gouffre très-vaste.</i> Il y a un gouffre très-vaste entre vous &amp; nous. Simon l'a suivi. Il y a de plus un grand gouffre entre vous &amp; nous. Les Grecs anciens entendoient l'air par le <i>chaos.</i> Vossius <i>de Idol. L. II. c.</i> 25.</p><p>Ce mot est purement Grec, , qui vient de , <i>dehisco.</i></p><p>Le <i>chaos</i> des Poëtes n'est autre chose que l'état ou Dieu créa le ciel &amp; la terre, tels que Moïse nous les représente dans les deux premiers versets du premier Chapitre de la Genèse. Voyez les notes de Grotius sur son premier Livre de la <i>Vérité de la Réligion Chrétienne.</i> Hésiode, dans sa <i>Theogonie,</i> v. 116. &amp; suiv. &amp; Ovide au commencement de ses <i>Métamorphoses,</i> ont décrit le <i>chaos.</i> Jean André d'Anguillara a traduit la description d'Ovide en vers Italiens. Gasparo Murtola le décrit dans le premier chant de son Poëme <i>della Creatione del Mondo,</i> n. 23. &amp; suiv. De Bartas l'a aussi décrit dans le premier jour de sa première semaine, &amp; il commence ainsi,</p><p>Dassouci décrit ainsi le <i>chaos</i> en vers burlesques,</p><p>Les Poëtes firent un Dieu du <i>Chaos</i> qui fut le premier, le plus ancien, &amp; le père de tous les autres. Voyez Hésiode cité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7958" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAOS" />
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    <head>CHAOS</head>
    <p>
    Chaos , se dit figurément de ce qui est confus &amp; brouillé. <i>Rerum confusio.</i> Les affaires de cette maison sont si brouillées, <pb n="980" facs="bpt6k8542165/f1020/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; il y a tant de procès, que c'est un <i>chaos,</i> on n'y voit goutte. Qui peut débrouiller cette confusion &amp; ce <i>chaos</i> ? Arn. Son discours est pour moi un <i>chaos</i> impénétrable. S. Evr. La Comédie demeura dans son premier <i>chaos,</i> pendant que la Tragédie fit de grands progrès. Dac.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7959" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAPE" />
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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    CHAPE , s. f. Ornement d'Eglise que portent ordinairement les Chantres &amp; Souchantres, quand on officie solemnellement. Les Evêques &amp; les autres Officians en portent aussi. Elle s'étend depuis les épaules jusqu'aux talons, &amp; s'agraffe par-devant. <i>Sacra trabea, vestis pluvialis.</i> Les Anciens l'appelloient <i>pluvial.</i> A la Procession du Saint-Sacrement tout le Choeur est en <i>chapes.</i> Les Officians avoient des <i>chapes</i> en broderie d'or &amp; de perles. La <i>chape rouge</i> n'appartenoit autrefois qu'aux Papes. La <i>chape de S. Martin</i> étoit autrefois une précieuse relique que nos Rois portoient à la guerre. Quelques-uns ont cru que la <i>chape de S. Martin</i> étoit l'oriflame ; mais Borel prétend que c'étoit l'étendart de France, dont les Ducs d'Anjou étoient Gardiens, comme Grands Sénéchaux de France : c'étoit une espèce de rochet assez court, sans manches. On prêtoit autrefois le serment sur la <i>chape de S. Martin.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>capa</i>.</p><p>&#9758; Chape, se dit aussi de l'habit que portent les Cardinaux, qui a un capuce doublé d'hermine. <i>Chape</i> rouge. <i>Chape</i> violette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7959" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAPE" />
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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    Chape , est aussi le vêtement de dessus que portent les Chanoines &amp; quelques Religieux, &amp; particulièrement les Réguliers de S. Augustin. C'étoit le vrai usage du pluvial, parce qu'ils s'en servoient en hiver pour se défendre contre la pluie, &amp; conserver leur linge ou rochet.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    Chape , se disoit autrefois de toutes sortes de robes ou capes, ou de manteaux dont on se couvroit la tête &amp; le corps pour se défendre des injures du temps. <i>Trabea regia.</i> Et on appelloit <i>Portechape</i> chez le Roi, Celui qu'on appelle maintenant <i>Porte-manteau.</i> Quelques-uns font venir ce mot de <i>capella,</i> ou <i>capra,</i> parce qu'anciennement les étoffes étoient de poil de chèvres. De <i>chape,</i> pris en ce sens, on a formé <i>chapeau</i> &amp; <i>chaperon.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    Chape , se dit aussi de plusieurs choses qui servent à couvrir, ou à mettre sur une autre. <i>Operculum.</i> Ainsi on appelle la <i>chape</i> d'un alembic, sa couverture, &amp; autrement <i>chapelle</i> ; &amp; on appelle <i>chape aveugle,</i> celle qui n'a point d'autre ouverture que le trou par où elle reçoit la vapeur. Le mouffle d'une poulie s'appelle aussi <i>chape.</i> Le chapiteau creux fait en forme de cone concave, &amp; qui couvre le pivot sur lequel roule l'aiguille aimantée, se nomme de même <i>chape.</i> Les Maîtres Cuisiniers prennent la qualité de <i>Porte-chapes</i> de la ville, fauxbourgs &amp; banlieue de Paris, parce qu'ils appellent <i>chape</i> ce qu'ils mettent dessus leurs plats pour les couvrir.</p><p>On nomme aussi <i>chapes,</i> les planches dans lesquelles se fichent les tuyaux d'orgues, qui servent en effet de couverture au sommier, où se fait la distribution du vent. <i>Operculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7959" id="5" type="">
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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    Chape , en Architecture, est l'enduit sur l'extrados d'une voûte, ou lunette Gothique, fait de bon mortier, &amp; quelquefois de ciment. <i>Inducta arenato extima camerae superficies.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7959" id="6" type="fondeurs">
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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    Chape , en termes de Fondeurs , se dit aussi des creux de plâtres qui enferment les plus petites pièces d'un moule dont on forme quelque figure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7959" id="7" type="orfevre">
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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    Chape , en termes d'Orfèvre , est la partie de la boucle où est le bouton, &amp; qui est un peu plate &amp; large. On fait aujourd'hui plusieurs sortes de boucles, dont les <i>chapes</i> n'ont point de bouton. <i>Extrema pars quâ fibula inseritur &amp; adhaerescit.</i> Ce sont les <i>chapes</i> mêmes qui étant par le bout en forme de deux petits crochets, entrent dans la fente de l'oreille du soulier où la boucle est attachée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7959" id="8" type="">
   <index type="head" value="CHAPE" />
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    <head>CHAPE</head>
    <p>
    Chape . Terme de Ceinturier . Morceau de cuir qui tient les boucles de devant &amp; celles du remontant d'un baudrier.</p><p>On dit proverbialement, Se débattre de la <i>chape</i> à l'Evêque ; pour dire, Contester sur une chose où on n'a, ni on ne peut avoir d'intérêt. Ce proverbe est fort ancien, &amp; on dit en Latin <i>de capâ Episcopi.</i> Du Cange. Il signifie, Se débattre de quelque chose, contester pour en tirer chacun ce que l'on pourra. Ce proverbe est très-ordinaire en Berry, où subsiste encore l'ancienne coutume, qui apparemment lui a donné commencement ; car lorsque l'Archevêque de Bourges met pour la première fois le pied dans sa Cathédrale, pour en prendre possession, le peuple qui est à la porte se jette sur la <i>chape</i> dont le Prélat est revêtu, &amp; qui ne tient qu'à un fil de soie ; &amp; on la met en pièces, chacun se battant à qui en aura un morceau, &amp; à qui en emportera davantage. Voyez <ref type="search" target="head:Chappe">Chappe</ref>. On dit aussi, qu'un homme cherche <i>chape-chute,</i> qu'il a trouvé <i>chape-chute</i> ; pour dire, qu'il cherche, ou qu'il trouve quelque occasion, quelque hasard, quelque rencontre avantageuse, ou quelquefois mauvaise.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7960" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="CHAPÉ" />
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    <head>CHAPÉ</head>
    <p>
    CHAPÉ , adj. en termes de Blason , se dit d'une pièce faite en figure de chevron, mais qui est pleine au-dedans &amp; massive, ensorte que le champ de dehors qui est dans l'Ecu lui semble servir de <i>chape,</i> ou de manteau : &amp; en ce cas on l'appelle un Ecu <i>chapé</i> ; parce qu'ils s'ouvre en <i>chape</i> ou en pavillon, depuis le milieu du chef jusqu'au milieu des flancs. <i>Trabeatus.</i> Telles sont les armoiries des Dominicains &amp; des Carmes, &amp; c'est l'image de leurs robes &amp; de leurs <i>chapes.</i> Il s'en trouve de plusieurs sortes, un Ecu <i>chapé losengé,</i> un Ecu <i>chapé enté,</i> un Ecu <i>chapé crénelé,</i> un Ecu <i>chapé écartelé,</i> suivant les figures ou les ornemens qu'on met en ces chapes. Son opposé est <i>chaussé.</i></p><p>&#9758; Chapé, adj. m. Revêtu d'une <i>chape.</i> L'Evêque va se revêtir de ses ornemens Pontificaux dans la Chapelle Paroissiale qui est au bas de la nef, où le Choeur tout <i>chapé</i> le va querir. <i>Voyages Liturgiques de France.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAPEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    CHAPEAU , s. masc Habillement, ou couverture de tête dont se servent les hommes, par toute l'Europe Occidentale. <i>Petasus, causia.</i> Il est fait de poil foulé, ou feutre, selon la figure de la tête, &amp; il a de grands bords pour garantir le haut du corps de la pluie. Un <i>chapeau</i> de laine. <i>Petasus laneus.</i> Un <i>chapeau</i> de castor, de vigogne. <i>Fibrinus.</i> Un <i>chapeau</i> des sept sortes. Un <i>chapeau</i> de paille. <i>Stramineus.</i> La forme, les bords d'un <i>chapeau. Testudo, cavum pilei, pilei margines.</i> On a dit autrefois, un <i>chapel ogfroisié de bisette d'or &amp; de grosses perles,</i> c'est-à-dire, bordé de passemens &amp; de perles. On a appellé aussi un heaume, <i>chapel de fer à visière.</i> Naudé appelle, dans son Mascurat, les anciens <i>chapeaux</i> des Espagnols des <i>chapeaux</i> en pot à beurre.</p><p>On ne voit point de <i>chapeau</i> avant le règne de Charles VI. On commença de son temps à en porter à la campagne : on en porta sous Charles VII. dans les villes en temps de pluie, &amp; sous Louïs XI. en tout temps. Louïs XII. reprit le mortier. François I. s'en dégoûta, &amp; porta toujours un <i>chapeau.</i> Le Gendre. Quand Charles VII. fit son entrée dans Rouen le 10e Novembre 1449. il avoit un <i>chapeau</i> de castor doublé de velours rouge &amp; surmonté d'une houpe de fil d'or. C'est dans cette entrée, ou du moins sous ce règne, qu'on commence à voir en France l'usage des <i>chapeaux</i> &amp; des bonnets, qui s'introduisit depuis peu-à-peu à la place des chaperons, desquels on s'étoit servi de tout temps. P. Daniel. T. II. p. 1204.</p><p>On regardoit comme un très-grand désordre en 1495. que les Ecclésiastiques commençassent, à la manière des séculiers, de porter des <i>chapeaux</i> sans cornettes. Il fut ordonné qu'il auroient des chaperons de drap noir avec des cornettes honnêtes ; &amp; que s'ils étoient pauvres ils auroient du moins des cornettes attachées à leurs <i>chapeaux,</i> &amp; cela sous peine de suspension, d'excommunication, &amp; de payer cent sols d'amende. L'usage des <i>chapeaux</i> étoit plus ancien en Bretagne de plus de deux cents ans parmi les Ecclésiastiques principalement parmi les Chanoines ; mais ces <i>chapeaux</i> étoient comme des bonnets, &amp; c'est d'où sont venus les bonnets carrés des Ecclésiastiques. Un Evêque de Dol du XIIe siècle, zélé pour le bon ordre, permit aux Chanoines seulement de porter de ces sortes de <i>chapeaux,</i> &amp; voulut que si d'autres en portoient dans l'Eglise, l'Office divin cessât aussi-tôt. Lobineau, <i>T. I. p.</i> 845.</p><p>Ce mot vient de <i>cape</i> &amp; de <i>capellum</i>, selon Ménage, ou de <i>capellus,</i> que l'on trouve dans la basse Latinité, sinonyme de <i>caputium,</i> capuce, habillement de tête. Voyez <i>Act. SS. April. T. II. p.</i> 51. On a dit autrefois <i>capel,</i> que l'on dit même quelquefois encore en badinant, &amp; dans le style burlesque,</p><p>D'autres le dérivent de l'Allemand, <i>schapel</i>, signifiant un <i>chapeau de fleurs.</i> Joannes de Janua dit que c'est <i>parva capa, eo quod capillos tegat, &amp; est quasi capitis pellis.</i></p><p>On dit, Mettre la main au <i>chapeau.</i> Pasquier remarque, en ses <i>Recherches,</i> qu'en beaucoup d'Universités d'Allemagne, lorsque les Professeurs nomment Turnèbe, ou Cujas, tous leurs Auditeurs ne manquent jamais de mettre la main au <i>chapeau</i> ; tant est grand l'honneur &amp; le respect qu'ils portent à leur mémoire. J'ai oui dire que dans l'Université de Bourges on fait la même chose pour Cujas. Donner un coup de <i>chapeau,</i> ôter le <i>chapeau</i> à quelqu'un, être devant lui <i>chapeau</i> bas ; <i>Caput aperire, petasum ponere</i> ; pour dire, Se découvrir, être tête nue devant lui pour le saluer, ou lui témoigner du respect. <i>Esse aperto capite.</i></p><p>On dit familièrement &amp; populairement que le père d'un enfant nouveau né va tourner son <i>chapeau</i> pour prier un parrain &amp; une marraine.</p><p>Les Chapeliers appellent <i>chapeau en blanc,</i> un <i>chapeau</i> qui n'est point encore teint. <i>Petasus nullo colore imbutus, tinctus.</i></p><p>Les Armuriers appellent <i>chapeau à l'épreuve du mousquet,</i> une manière de coëffe de fer que les soldats mettent dans la coëffe de leur <i>chapeau. Cassis ferrea plumbo missili impervia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAPEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    Chapeau , signifie quelquefois un homme. Il y avoit plusieurs femmes à cette assemblée, mais il n'y avoit pas un <i>chapeau.</i> Cela est du style populaire.</p><p>On appelle aussi <i>chapeau de fleurs,</i> une couronne de fleurs qu'on met sur la tête des filles lorsqu'on les épouse. <i>Florea corolla.</i> Dans la vieille Coutume de Normandie il est dit qu'un père peut marier sa fille avec un <i>chapeau</i> de roses, c'est-à-dire, ne lui donner rien en mariage que le <i>chapeau</i> qu'on lui met sur la tête au temps de la célébration. <i>Chapeau de fleurs</i> s'est dit aussi pour la couronne de fleurs que le Clergé porte sur la tête aux Processions du Saint-Sacrement, ou dans d'autres cérémonies.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="3" type="">
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    Chapeau , se dit de la dignité de Cardinal, &amp; de la promotion à cette dignité. Prétendre au <i>chapeau,</i> attendre, recevoir le <i>chapeau.</i> Les Cardinaux portent le <i>chapeau</i> rouge à Rome dans les Cérémonies. C'est Innocent IV. qui l'institua ainsi l'an 1245. pour leur apprendre qu'ils doivent être prêts à répandre leur sang pour Jesus-Christ. Mr de Chiverny rapporte en ses Mémoires que Philippe II. eut quelquefois envie de changer sa couronne en un <i>chapeau</i> rouge, &amp; celui-là à une tiare. Mascur.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="4" type="">
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    Chapeau , en termes de Blason , se dit d'une marque de Dignité Ecclésiastique, <i>Petasus,</i> &amp; principalement de celui des Cardinaux, qu'on appelle absolument <i>chapeau rouge. Petasus purpureus.</i> Il est plat, &amp; fort étroit par le haut en sa têtière, mais fort large de bords. Il est garni de longs cordons de soie entrelacés qui pendent du dedans &amp; aux côtés avec cinq rangs de houppes, que les Italiens appellent <i>fiocchi,</i> qui croissent en nombre à mesure qu'elles descendent, &amp; font jusques à 15. houppes dans cet ordre, 1. 2. 3. 4. &amp; 5. Ce <i>chapeau</i> leur fut donné par Innocent IV. l'an 1250. comme disent Volaterran, &amp; Polydore Virgile. D'autres disent que ce fut l'an 1246. au Concile de Lyon ; mais on ne les a mis sur le timbre des Armoiries que depuis l'an 1300. Auparavant les Cardinaux étoient représentés avec des mitres. Les Patriarches &amp; les Archevêques ont le <i>chapeau</i> verd avec quatre tre rangs de houppes qui font le nombre de dix, savoir, 1. 2. 3. 4. Les Evêques l'ont de même couleur avec trois rangs de houppes seulement : 1. 2. 3. Les Abbés &amp; les Protonotaires le portent noir avec deux rangs de houppes : 1. 2. Ces <i>chapeaux</i> se mettent par ornement au-dessus de l'Ecu, comme les mitres &amp; les couronnes. Le P. Menestrier, dans l'<i>Origine des ornemens des Armoiries,</i> dit que l'usage du <i>chapeau</i> pour tous les Prélats vient d'Espagne, où on le voit dès l'an 1400. &amp; que Tristan de Salazar Espagnol de nation, Archevêque de Sens, semble être le premier qui l'a introduit en France pour les Archevêques.</p><p>Il y a des Ecus qui portent aussi des <i>chapeaux</i> de divers émaux. Dans un des bas reliefs de la Tour située au côté Méridional de l'Eglise Cathédrale de Nantes, il y a une écusson d'hermines, ou de Bretagne moderne, couché &amp; timbré d'un casque fermé, couvert d'un lambrequin d'hermines, &amp; d'un <i>chapeau</i> fourré &amp; rebrassé de même. On croit qu'il est de Jean V. Duc de Bretagne, qui fit construire la façade de cette Eglise, où il posa la première pierre au mois d'Avril 1434.</p><p>Les Anciens ont pris le <i>chapeau</i> pour un symbole de liberté, comme on voit dans plusieurs médailles, avec cette Légende, <i>Libertas publica</i> : la raison est que les Romains en affranchissant leurs esclaves, leur donnoient le <i>chapeau.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="5" type="charpenterie">
   <index type="head" value="CHAPEAU" />
   <index type="src_domain" value="charpenterie" />
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    Chapeau , en termes de Charpenterie , se dit d'une espèce de petit fronton qui fait la couverture d'une lucarne sur un pan de bois. On le dit aussi de la plus haute pièce de charpente qui assemble des poteaux corniers dans un clocher, ou un pan de bois, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="6" type="">
   <index type="head" value="CHAPEAU" />
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    Chapeau , se dit aussi de la pièce de bois qu'on met au-dessus des étaies pour soutenir des poutres &amp; des solives. On l'appelle <i>chapeau d'étaie.</i></p><p>On appelle encore <i>chapeau,</i> la pièce de bois qui sert d'appui tout au haut d'un escalier de charpente.</p><p>En Maçonnerie l'on appelle <i>chapeau,</i> le couronnement, le chaperon, ou le haut d'une muraille en talut, pour donner l'égout aux eaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="7" type="">
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    Chapeau de fil de pieux . C'est une pièce de bois que des chevilles de fer tiennent attachées sur les couronnes d'un fil de pieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7961" id="8" type="">
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    <head>CHAPEAU</head>
    <p>
    Chapeau de rose . Terme de Pharmacie , qui se dit des roses amassées en forme de gâteau au fond d'un alembic, après en avoir fait distiller l'eau. On s'en sert en fomentation, en le faisant bouillir dans du vin pour fortifier.</p><p>On dit proverbialement, d'une personne à qui il est arrivé quelque sujet de honte, ou de qui on a fait quelque médisance, Voilà un beau <i>chapeau</i> que vous lui mettez sur la tête. On dit aussi, qu'elle a perdu la plus belle rose de son <i>chapeau</i> ; pour dire, qu'elle a fait quelque perte considérable, sur-tout en ce qui regarde l'appui, la protection.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7962" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAPEL" />
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    <head>CHAPEL</head>
    <p>
    CHAPEL , s. m. On a dit autrefois ce mot pour <i>chapeau.</i> Un <i>Chapel</i> de roses, c'est un chapeau ou une couronne de roses. <i>Capellus, capellum, capitellum, pileus.</i> Froissard, Joinville, de Villehardouin, &amp;c. appellent <i>chapel de fer,</i> une espèce de casque fait en forme de chapeau à petits bords, duquel les Chevaliers se servoient hors le combat pour prendre haleine, à cause de la trop grande pesanteur des heaumes qui leur accabloit la tête, &amp; que Nicétas dit avoir été à guise de tours. Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7963" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAPELAIN" />
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    <head>CHAPELAIN</head>
    <p>
    CHAPELAIN , s. m. Celui qui est pourvû d'une Chapelle, ou Chapellenie, ou qui la dessert. <i>Sacrario praefectus, Capellanus.</i></p><p>On appelle aussi <i>Chapelain,</i> un Prêtre qui vient dire ordinairement la Messe dans les maisons particulières.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7963" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAPELAIN" />
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    <head>CHAPELAIN</head>
    <p>
    Chapelain , dans l'Ordre de Malte, autrement Diaco, &amp; Clerc Conventuel. C'est le nom qu'on donne au second Ordre de l'Ordre de Malte. Les Chevaliers font le premier, &amp; les Servans d'Armes le troisième.</p><p>On appelle aussi <i>Chapelains</i> les Officiers Ecclésiastiques de la Maison du Roi, &amp; des Princes, qui servent à leurs Chapelles. Il y a huit <i>Chapelains</i> de l'Oratoire du Roi servans par quartier. Les premiers <i>Chapelains</i> ont été ceux qui gardoient la Chape de S. Martin, &amp; les autres reliques que les Rois avoient dans leurs Palais, &amp; qu'ils portoient à l'armée, comme témoigne Walafridus Strabo. Les Aumôniers du Roi s'appelloient autrefois <i>Chapelains.</i> Guillaume de Mesmes étoit premier <i>Chapelain</i> de S. Louis : ce Prince lui donna son Livre de prières : c'est un <i>in-folio</i> écrit à la main en caractères Gothiques, &amp; orné de miniatures, qui étoient fort belles en ce temps-là, &amp; qu'on estime encore aujourd'hui, à cause de la beauté des couleurs, &amp; sur-tout de l'or qui ne s'écaille point. Guillaume de Mesmes laissa en mourant ce Livre aux Cordeliers de Paris, d'où il passa entre les mains du Chambellan du Duc de Bourgogne, de qui ce Prince l'eut : ensuite les Rois d'Espagne l'ont eu par Marie fille unique &amp; héritière de Charles dernier Duc de Bourgogne : Philippe second Roi d'Espagne le porta en Angleterre, &amp; le laissa à Marie fille d'Henri VIII. &amp; de Cathérine d'Arragon. Ce Livre après avoir appartenu aux plus grands Princes de l'Europe fut rapporté d'Angleterre en France par Monsieur de Bellièvre, qui le rendit à Messieurs de Mesmes ses premiers maîtres : il est dans la Bibliothèque de Monsieur de Mesmes, <pb n="982" facs="bpt6k8542165/f1022/full/1200,/0/native.jpg"/>ci-devant premier Président du Parlement de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7963" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAPELAIN" />
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    <head>CHAPELAIN</head>
    <p>
    Chapelains du Pape , sont les Auditeurs, ou Juges des causes du sacré Palais. <i>Controversiarum sacri Palatii Judices.</i> Ils ont été ainsi nommés, parce que le Pape donnoit autrefois audience dans sa Chapelle, pour juger les questions sur lesquelles il étoit consulté de tous les endroits de la Chrétienté. Il y appelloit pour Assesseurs les plus savans Légistes du temps, qui pour cela étoient appellés ses <i>Chapelains</i> : &amp; c'est des decrets qu'ils ont donnés autrefois qu'est composé le Corps des Decrétales. Ils ont été réduits au nombre de douze par Sixte IV.</p><p>S'il étoit vrai que ce mot <i>Chapelain,</i> comme on l'a remarqué ci-dessus, eût été dit d'abord de ceux qui gardoient la Chape de S. Martin, il se seroit formé de <i>Capa,</i> chape, &amp; non pas de <i>capella,</i> fait de <i>capsula,</i> ou <i>capsa,</i> &amp; signifiant une châsse, comme d'autres le pensent ; mais ni au siècle de S. Martin, ni dans le siècle suivant, les noms de <i>Capella</i> &amp; <i>Capellanus,</i> ne sont point connus. Quelques Auteurs disent que les châsses des Reliques étoient couvertes d'une espèce de tente, ou cape, ou capelle, c'est-à-dire, petite cape, &amp; que c'est de là que les Prêtres qui en avoient soin furent nommés <i>Chapelains.</i> Dans la suite ces reliques furent mises dans une petite Eglise, ou attenante à une grande, ou séparée, à laquelle on donna le même nom de Chapelle que l'on donnoit à ce qui couvroit la châsse, &amp; les Prêtres qui avoient soin de ces Chapelles s'appellerent de même <i>Chapelains</i> ; &amp; de-là tout Prêtre, tout Clerc desservant une Eglise, fut appellé de ce nom. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Du Cange dans son Glossaire. On trouve dans quelques anciens titres <i>Cabellanarius,</i> pour dire <i>Chapelain.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7964" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAPELER" />
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    <head>CHAPELER</head>
    <p>
    CHAPELER , v. act. Couper, retrancher du pain la plus grosse partie de la croûte pour la rendre plus mince &amp; plus aisée à mâcher. <i>Summas panis crustas clavulâ decutere ; Crustas panis distringere.</i> Ce vieillard fait <i>chapeler</i> son pain à cause de ses mauvaises dents.</p><p>Ménage prouve que ce mot vient du Latin <i>capellare</i> ; d'autres de <i>capulare.</i> Borel dit qu'il vient de <i>capo, chapon,</i> parce que c'est un animal à qui on a ôté une partie en le châtrant.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7964" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAPELER" />
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    <head>CHAPELER</head>
    <p>
    Chapelé, ée , part. &amp; adj. Du pain <i>chapelé. Panis summis crustis exutus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7965" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAPELET" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>CHAPELET</head>
    <p>
    CHAPELET , s. m. Plusieurs grains enfilés qui servent à compter le nombre des <i>Pater noster</i> &amp; des <i>Ave Maria</i> qu'on veut dire en l'honneur de Dieu &amp; de la sainte Vierge. <i>Globulorum sacrorum series ; Beatae Virginis corona.</i> On les appelle autrement <i>Patenôtres.</i> Un Rosaire est un <i>chapelet</i> de 15. dixaines d'<i>Ave Maria. Beatae Virginis Rosarium.</i> Il y a des <i>chapelets</i> de corail, de diamans, de calembouc, de bois de sainte Lucie, &amp;c.</p><p>Ménage tient que ce mot vient de la ressemblance qu'il a avec un chapeau de roses, dont on a fait <i>Rosaire.</i> Les Italiens disent <i>corona.</i> On l'a appellé aussi en Italien &amp; dans la basse Latinité <i>capellina.</i> On trouve dans un Procès de la vie d'Urbain V. fait au XIVe siècle, &amp; rapporté par le P. Janning, <i>Acta SS. Jun. T. V. p.</i> 443. <i>E. capellatum reginale cum gemmis &amp; lapidibus pretiosis,</i> pour signifier une couronne ornée de perles &amp; de pierres précieuses. Larrey, dans Edouard VI. p. 630. &amp; Pierre Viret, disent que l'usage en fut inventé dans le XIIe siècle par Pierre l'Hermite, si connu dans l'<i>Histoire des Croisades.</i></p><p>Il y a un <i>chapelet,</i> ou couronne de Notre Seigneur, de 33. grains, en l'honneur des trente-trois années de sa vie humaine &amp; mortelle. Le P. Michel de Camaldule en est l'instituteur. Chatelain, <i>Martyrol.</i> 21. <i>de Janv. p.</i> 372. 373.</p><p>Enfiler des <i>chapelets,</i> c'est passer des grains dans un fil ou un cordon pour en faire des <i>chapelets.</i> Défiler un <i>chapelet,</i> c'est en tirer les grains du fil ou du cordon où ils étoient enfilés. Un <i>chapelet</i> se défile lorsque le cordon s'est rompu &amp; que les grains tombent.</p><p>On dit figurément, Enfiler &amp; défiler des <i>chapelets,</i> pour, Faire &amp; défaire des affaires, les gâter, les troubler. Le Cardinal de Richelieu ne disoit-il pas, que six pieds de terre, voulant parler des intrigues du Cabinet, lui donnoient plus de peine, que tout le reste de l'Europe ? Pourquoi cela ? Sinon à cause des <i>chapelets</i> que l'on y enfile &amp; défile continuellement. Masc. En cet endroit il est dit figurément, &amp; signifie les affaires que l'on fait &amp; défait, les résolutions que l'on prend &amp; que l'on change continuellement. Et en sens cette expression est basse.</p><p>Les Orientaux ont aussi des espèces de <i>chapelets</i> qu'ils appellent <i>chaînes,</i> pour faire leurs prières, en disant quelqu'une des perfections de Dieu sur chaque grain. Le Mogol a jusqu'à huit de ces chaînes, les unes de perles, les autres de rubis, de diamans, de corail, &amp;c.</p><p>Les Turcs ont aussi des <i>chapelets</i> sur lesquels ils récitent des prières. Le P. Jérôme Dandini, Jésuite, en parle de cette manière dans son <i>Voyage du Mont-Liban,</i> c. XI. Les Turcs ont des <i>chapelets</i> qu'ils portent à leur main, ou pendus à leurs ceintures ; mais ils diffèrent beaucoup des nôtres : car les grains y sont tous d'une même grosseur, &amp; ils n'ont point cette distinction que nous avons de dix en dix grains, quoiqu'ils les composent de six dixaines. Ils ont aussi une autre forme de <i>chapelet</i> qu'ils divisent en trois parties avec de petits fils, parce qu'il est plus grand que l'autre, contenant cent grains : ils n'emploient pas néanmoins plus de temps que nous à le réciter ; au contraire ils ont plutôt fait, parce qu'ils ne disent à chaque grain pour toute prière, que ces paroles, <i>Louange à Dieu,</i> ou celle-ci, <i>Gloire à Dieu.</i></p><p>Comme ce Jésuite n'est pas tout-à-fait exact dans la description des <i>chapelets</i> des Turcs, M. Simon, qui a traduit ce <i>Voyage</i> d'Italien en François, a ajoûté cette remarque. Il est vrai que les grains de leurs <i>chapelets</i> ne sont pas inégaux à la façon des nôtres ; aussi ne récitent-ils pas dessus deux différentes prières. Ils ont néanmoins quelque distinction dans leurs <i>chapelets</i> de cent grains : ils les divisent en trois parties, &amp; ils disent sur une de ces parties trente-troisfois <i>soubhan lallah,</i> c'est-à-dire, Que Dieu est louable ! sur la seconde <i>Ellamd lallah,</i> gloire à Dieu ; &amp; sur la troisième, <i>Alla echer,</i> Dieu est grand. Ces trois fois trente-trois fois ne faisant que quatre-vingt-dix-neuf, ils ont ajoûté une autre prière sur la tête du <i>chapelet</i> pour faire le nombre de cent ; &amp; c'est en quoi leurs <i>chapelets</i> sont semblables aux nôtres, parce qu'outre la couronne, &amp; le rond de leur <i>chapelet,</i> il y a encore au bout quelque chose qui tient la place de ce que nous appellons la croix du <i>chapelet.</i></p><p>M. Simon croit que ce <i>chapelet</i> des Mahométans tire son origine de <i>Mea beracoth,</i> ou <i>cent bénédictions,</i> que les Juifs sont obligés de réciter tous les jours, &amp; qu'on trouve dans leurs Livres de prières. Les Juifs &amp; les Mahométans, dit-il, dans cette même note, ont cela de commun, qu'ils ne font presque rien sans prononcer quelque louange ou bénédiction ; mais comme les Mahométans ont réduit ces cent bénédictions à trois sortes d'actions de graces, cela les a obligés d'inventer ce <i>chapelet,</i> divisé en trois, comme nous avons divisé les nôtres en dixaines, pour marquer le nombre des <i>Pater</i> &amp; des <i>Ave</i> : outre qu'ils récitent le <i>chapelet</i> en particulier, ils ont des chantres qui le récitent tout haut dans leurs mosquées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELET</head>
    <p>
    Chapelet de Chevalerie , étoit autrefoit une Guirlande de roses, qui arrêtoit les cheveux, &amp; qui étoit fort usitée, &amp; connue dans les vieux Romans sous le nom de <i>chapelet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELET</head>
    <p>
    Chapelet , en termes de Méchanique , est une enchaînure de planches, ou de pots qu'on fait mouvoir pour élever des eaux, sécher des marais, &amp; vuider des bâtardeaux. Durant l'été on voit (à la Chine) tous les Paysans avec leurs <i>chapelets,</i> occupés à élever cette eau dans une infinité de petites rigoles, qu'ils pratiquent au travers des champs. P. Le Comte.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELET</head>
    <p>
    Chapelet , en termes de Fonderie , Morceau de fer rond &amp; plat, avec trois tenons, qui se met à l'extrémité de l'ame d'une pièce de canon, lorsqu'on en fait le moule, pour assembler la pièce avec la culasse.</p><p>En termes de Chirurgie , <i>chapelet</i> est un rang de certaines pustules malignes qui viennent au front. <i>Pustularum in fronte series.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELET</head>
    <p>
    Chapelet , en termes de Manége , est une paire d'étrivières garnies de leurs étriers, &amp; ajustées au point du cavalier, qu'il attache au pommeau de la selle par une manière de boucle de cuir qui les joint en haut. Cela lui épargne la peine de les allonger ou de les accourcir, quand il veut monter à cheval, ou en changer. <i>Lora subicibus pedaneis instructa ad commodum equitantis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELET</head>
    <p>
    Chapelet , en termes d'Architecture , est un petit ornement taillé en grains ronds, ainsi qu'on taille plusieurs baguettes. <i>Teniola globulis incisa.</i> Il y en a de plusieurs sortes, de <pb n="983" facs="bpt6k8542165/f1023/full/1200,/0/native.jpg"/>fleurons, de grelots, d'olives, de patenôtres. On dit aussi un <i>chapelet</i> de marrons, lorsque plusieurs sont enfilés ensemble, comme sont les grains d'un <i>chapelet. Inserto filo castaneae.</i></p><p>On dit en proverbe, lorsqu'il meurt coup sur coup plusieurs personnes d'une même famille, ou qu'elles se détachent d'une cabale, que le <i>chapelet</i> se défile. On dit quand quelqu'un est puni de quelque faute, qu'il n'a pas gagné cela en disant son <i>chapelet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7966" id="1" type="">
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    <head>CHAPELEURE DE PAIN</head>
    <p>
    CHAPELEURE DE PAIN . Voyez <ref type="search" target="head:CHAPELURE">CHAPELURE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7967" id="1" type="">
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    <head>CHAPELIER</head>
    <p>
    CHAPELIER , s. m. Marchand qui vend des chapeaux, ou l'Artisan qui les fabrique. <i>Petasorum mercator, vel opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7968" id="1" type="">
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    <head>CHAPELIÈRE</head>
    <p>
    &#9758; CHAPELIÈRE , s. f. Celle qui vend des chapeaux, ou la femme du Chapelier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7969" id="1" type="">
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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    CHAPELLE , s. f. Petite Eglise distincte &amp; séparée, qui n'est ni Paroisse, ni Cathédrale, ni Prieuré, qui subsiste d'elle-même, &amp; que les Canonistes appellent <i>sub dio. Sacrarium, Sacellum.</i> Une <i>chapelle</i> est proprement un Oratoire où il n'y a qu'un Autel. Bâtir, fonder une <i>chapelle.</i> On distingue deux sortes de <i>chapelles.</i> Les unes sont spiritualisées, &amp; passent pour des Bénéfices : les autres sont séculières, &amp; ne sont que des Oratoires privés. Le Canon 21e du Concile d'Agde tenu en 506. permet aux particuliers d'avoir des <i>chapelles</i> dans leurs maisons : avec défense aux Clercs d'y célébrer sans la permission de l'Evêque.</p><p>Il y a plusieurs Eglises Collégiales qu'on appelle saintes <i>Chapelles,</i> comme celles de Paris, de Dijon, de Bourges, de Bourbon, de Vincennes, à cause qu'on y gardoit les reliques, &amp;c. Celles de Bourges est appellée sainte <i>Chapelle</i> dans la Pragmatique sanction ; mais celle de Dijon fut d'abord nommée <i>Chapelle</i> Palatine, ou du Palais, par Hugues III. Duc de Bourgogne, qui la fonda en 1172. L'an 1275. Philippe le Hardi ayant fait couronner la Reine Marie, soeur de Jean Duc de Brabant qu'il avoit épousée en secondes nôces l'année précédente, &amp; la cérémonie s'étant faite par l'Archevêque de Rheims dans la Sainte <i>Chapelle</i> de Paris, l'Archevêque de Sens, en qualité de Métropolitain de Paris, en fit grand bruit, &amp; en porta ses plaintes au Légat ; mais le Roi fit cesser ses murmures, en lui déclarant que sa <i>Chapelle</i> étoit un lieu exemt, sur lequel il ne pouvoit prétendre de Jurisdiction.</p><p>Ce mot vient, selon quelques-uns, du Grec , qui signifioit de <i>petites tentes,</i> que dressoient les Marchands dans les Foires pour se mettre à couvert. Papias le fait venir du mot Grec &amp; du Latin <i>capio quasi capiens</i> , ou <i>populum vel laudem ;</i> ce qui est une étymologie de Jurisconsulte impertinente. D'autres le dérivent de <i>cape</i> &amp; <i>chape,</i> qui servoit à se couvrir le corps, comme si la <i>chapelle</i> n'étoit autre chose qu'un lieu couvert : &amp; c'est ainsi qu'on disoit la <i>chape</i> de saint Martin, qui étoit une espèce de manteau, ou d'étendart, dont les Ducs d'Anjou étoient gardiens, comme Grands Sénéchaux de France, &amp; qu'on portoit à l'armée comme un étendart. D'autres le tirent <i>a pellibus caprarum,</i> parce que ces lieux se couvroient de peaux de chèvres. On a aussi appellé autrefois <i>chapelles,</i> les châsses où on gardoit les reliques des Saints. Peut-être vient-il de ce que les Rois, dans les voyages &amp; expéditions militaires, ne pouvant pas entendre la Messe dans les Eglises, qu'ils trouvoient souvent brûlées, la faisoient dire sur une pierre consacrée &amp; portative ; &amp; le lieu couvert où on la disoit s'appelloit <i>chapelle.</i></p><p>Rebuffe, dans son Traité <i>de pacificis possessoribus,</i> dit que le mot <i>capella</i> vient de <i>cappa Sancti Martini,</i> qui étoit une chape ou manteau que nos Rois de France avoient coutume de faire porter avec eux, lorsqu'ils alloient à la guerre. Comme ils faisoient garder très-soigneusement cette chape dans des tentes particulières, on appella ces tentes <i>chapelles.</i> On donna le nom de Chapelains à ceux qui en avoient le soin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chevaliers de la Chapelle . Ce sont des Chevaliers fondés par Henri VIII. Roi d'Angleterre, dans son testament, au nombre de treize. Ce nombre a été augmenté depuis de la moitié, &amp; ils sont 26. Ce ne sont point des Chevaliers de l'Ordre de la Jarretière ; mais ils doivent en remplir tous les devoirs dans les services funèbres des Rois d'Angleterre. Ils sont assujettis à l'Office des Chanoines de Vindsor, &amp; vivent des pensions que l'Ordre leur assigne ; ils en portent aussi le manteau bleu ou rouge, avec les armes de S. Georges sur l'épaule gauche ; mais ce manteau n'est que de drap, &amp; ils ne portent pas la Jarretière comme les Chevaliers de cet Ordre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle , est aussi une partie d'une grande Eglise où il y a un Autel où on dit la Messe, &amp; que les Canonistes appellent <i>sub tecto.</i> Les <i>chapelles</i> sont d'ordinaire aux arcades qui sont aux côtés des Eglises, ou au-devant des piliers. La <i>chapelle</i> Notre-Dame, de S. Roch, &amp;c. mais celle-ci s'appelle proprement une <i>chapellenie.</i> Les Anciens les ont appellées <i>cubicula.</i> Du Cange. Il y a aussi des <i>chapelles</i> dans les maisons particulières, où on a permission de dire la Messe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle ardente , est une herse chargée de plusieurs cierges allumés dans les cérémonies des obsèques d'une personne de qualité. <i>Pyra ardentibus cereis.</i> Chifflet prétend que les <i>Chapelles ardentes</i> ont été introduites sur la ressemblance des buchers, sur lesquels les Gentils brûloient les corps morts.</p><p>On dit de quelques Princes, comme le Pape, ou le Roi d'Espagne, qu'ils tiennent <i>chapelle,</i> quand ils assistent à l'Office avec de grandes cérémonies aux jours solemnels. <i>Sacrae supplicationes à principibus viris obiri solitae in templis ex solemni formula.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle , est aussi le Bénéfice fondé ou attaché à la <i>chapelle. Annuus ex sacello reditus.</i> On lui a conféré une <i>chapelle</i> qui vaut cent écus. Cette <i>chapelle</i> est un Bénéfice simple. Une <i>chapelle</i> Presbytérale oblige à être Prêtre.</p><p>La <i>Chapelle du Roi,</i> est le corps de tous les Officiers qui servent à sa <i>chapelle,</i> &amp; particulièrement ceux de la Musique. <i>Simphoniacorum musicorum chorus.</i> Cette manière de parler vient des Italiens, qui appellent <i>chapelle, capella,</i> une assemblée, un corps de Musiciens ; &amp; <i>Maître de chapelle, Maestro di capella,</i> celui que nous appellons Maître de Musique. Les Maîtres de la <i>Chapelle du Roi</i> ont été autrefois appellés <i>Abbés, Archi-chapelains, Secrétaires</i> &amp; <i>Chanceliers,</i> car ils gardoient le cachet du Roi. Du Cange.</p><p>On appelle encore <i>chapelle,</i> l'argenterie que les Rois, les Prélats &amp; les Grands Seigneurs ont pour servir à leur <i>chapelle,</i> consistant en la croix, les chandeliers, le calice, les burettes, le bassin, &amp;c. <i>Sacra sacelli suppellex.</i> Cet Evêque a acheté la <i>chapelle</i> de son Prédécesseur.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle , en Chymie, est le couvercle d'une alembic, pour distiller. <i>Aquae stillatitiae apex clibanarius.</i> Il se prend aussi pour l'alembic même.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle , en termes de Marine , est un revirement de navire inopiné, &amp; qu'on fait malgré soi. <i>Circumactio navis inopina.</i> Faire <i>chapelle,</i> c'est, lorsqu'on vire malgré soi ; lorsque le Timonier gouverne mal, &amp; que par son imprudence le vaisseau est venu trop au vent. On fait aussi <i>chapelle,</i> ou par la force des courans, ou lorsque pendant un calme on n'a pû reconnoître le peu de vent qui règne : quand cela est arrivé, il faut prendre le vent, &amp; remettre le vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle , est aussi un petit chapiteau de cuivre qui couvre le pivot de l'aiguille aimantée dans la boussole. <i>Operculum aereum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7969" id="9" type="lutier">
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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle de viole . C'est en termes de Lutier , la partie de la viole qui couvre la roue. <i>Operculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7969" id="10" type="">
   <index type="head" value="CHAPELLE" />
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    <head>CHAPELLE</head>
    <p>
    Chapelle , se dit aussi parmi les Boulangers &amp; les Pâtissiers, du dedans &amp; du dehors du four qui est fait en arc. <i>Fornix, camera.</i> La <i>chapelle</i> de ce four est trop ardente.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7970" id="1" type="">
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    <head>CHAPELLENIE</head>
    <p>
    CHAPELLENIE , s. f. est, selon Rebuffe, la même chose que la <i>chapelle</i> au second sens ci-dessus expliqué ; c'est-à-dire, un Autel renfermé sous le toit d'un autre Eglise. <i>Sacellum reditibus annuis instructum.</i> Cependant Panorme est d'un avis tout contraire. D'autres, avec plus de raison, appellent <i>chapellenie,</i> le titre du Bénéfice ; &amp; <i>chapelle,</i> l'Autel où il est desservi. Loiseau appelle <i>chapellenie,</i> tout Bénéfice à simple tonsure. La différence la plus juste entre <i>chapelle</i> &amp; <i>chapellenie,</i> est que la <i>chapelle</i> est <i>corpus per se existens, &amp; sub dio</i> ; &amp; la <i>chapellenie</i> est <i>sub tecto,</i> &amp; se qualifie <i>sub invocatione,</i> ou <i>ad altare talis Sancti,</i> ou <i>Sanctae,</i> &amp;c. c'est-à-dire, que la <i>chapelle</i> est proprement une petite Eglise séparée de toute autre Eglise, &amp; la <i>chapellenie</i> une partie d'une grande Eglise, dans laquelle il y a un Autel. M. Chastelain, dans l'explication des noms anciens <pb n="984" facs="bpt6k8542165/f1024/full/1200,/0/native.jpg"/>ou peu connus, définit la <i>chapellenie,</i> Un Bénéfice qui doit être desservi à l'Autel d'une <i>chapelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7971" id="1" type="">
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    <head>CHAPELURE</head>
    <p>
    CHAPELURE , s. f. Particule qu'on retranche des croûtes du pain quand on le chapèle. <i>Crustae panis clavâ decussae ; crustae decisae.</i> Les Boulangers vendent aux pauvres gens les <i>chapelures</i> de pain pour faire du potage. On s'en sert aussi fort souvent à épaissir de certaines sauces, à nourrir des volailles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7972" id="1" type="">
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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    CHAPERON , s. m. Ancien habillement, ou couverture de tête, tant pour les hommes que pour les femmes. <i>Tegmen capitis quo veteres Franci utebantur, vulgò capero.</i> Le <i>chaperon</i> à l'égard des hommes étoit une coëffure de drap bordée de fourrures par devant, qui avoit une longue queue pendante par derrière. Les Magistrats en avoient de rouges fourrés de peaux blanches, &amp; les Avocats de noirs fourrés de mêmes peaux. L'aumusse des Chanoines étoit aussi une espèce de <i>chaperon</i> qu'ils portoient en tête, qu'on appelloit <i>capulare.</i> Depuis, les gens de robe l'ont mis sur l'épaule, &amp; les Chanoines sur le bras. <i>Amiculum quod altero gestant humero Magistratus, brachio Canonici ; epomis.</i> Borel remarque que ce fut un nommé Patrouillet qui changea l'usage des <i>chaperons,</i> &amp; qui amena la mode des bonnets quarrés. Ménage dit que les gens d'Eglise portoient un <i>chaperon</i> de diverses couleurs. Borel dit de deux couleurs seulement.</p><p>En général les <i>chaperons</i> étoient portés tant par les grands Seigneurs que par le peuple ; &amp; on saluoit en le reculant un peu, comme font maintenant les Moines. Cette mode a duré en France pendant la Ire, IIe &amp; IIIe Race jusqu'à Charles V. VI. &amp; VII. sous le règne desquels on portoit encore ces <i>chaperons</i> à longue queue, que les Docteurs &amp; Licenciés ont retenu pour marque de leurs degrés, &amp; qu'ils ont fait descendre de leur tête sur l'épaule : ce qui se prouve par plusieurs anciennes médailles, monnoies &amp; figures. Alain Chartier dit qu'<i>en</i> 1447. <i>Charles VII. fit commandement à tous hommes de porter une croix sur leur robe, ou chaperon,</i> ce qui prouve que tout le monde en portoit alors. Et Monstrelet dit dans son premier Tome, que <i>la Reine Isabelle haïssoit Jean Torel, de ce que lui parlant il ne levoit son chaperon</i> ; ce qui faisoit connoître qu'on le levoit en parlant. Mais cela ne se faisoit que par les hommes, &amp; non par les femmes. Pasq. Plus de mille ans durant on ne s'est couvert la tête en France que d'aumusses &amp; de <i>chaperons.</i> Le <i>chaperon</i> étoit à la mode dès le temps des Mérovingiens : on le fourra sous Charlemagne d'hermine, ou de menu vair. Le siècle d'après on en fit tout-à-fait de peaux. Ces derniers s'appelloient aumusses ; ceux qui étoient d'étoffes retinrent le nom de <i>chaperons.</i> Tout le monde portoit le <i>chaperon</i> : les aumusses étoient moins communes. On commença sous Charles V. à abattre sur les épaules l'aumusse &amp; le <i>chaperon,</i> &amp; à se couvrir d'un bonnet. Le Gendre.</p><p>A l'égard des femmes, le <i>chaperon</i> étoit une bande de velours qu'elles portoient sur leurs bonnets ; &amp; c'étoit une marque de bourgeoisie. <i>Tegmen capitis muliebre.</i></p><p>Ce mot vient de <i>capperone</i>, qui a été fait de <i>cappa.</i> Mén.</p><p>On appelle aussi une vieille, un <i>grand chaperon,</i> sous la conduite de laquelle on met les jeunes filles. <i>Foemina aetate provectior.</i> Il n'est pas honnête à des filles de s'aller promener, si elles n'ont quelqu'un qui leur serve de <i>grand chaperon.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    Chaperon , est une marque de Docteur ou de Licencié aux Arts, en Theologie, Jurisprudence &amp; Médecine, laquelle se porte sur l'épaule gauche, &amp; qui est de même forme que ce que les Anciens mettoient sur leur tête pour la couvrir. <i>Amiculum quod sinistro humero gestare solent Doctores, humerale.</i> Ceux qui portent le deuil mettent une grande pièce d'étoffe quarrée au haut de leur robe, qui traverse d'une épaule à l'autre, qui s'appelle aussi <i>chaperon,</i> parce qu'elle servoit autrefois à mettre autour de la tête. Les Docteurs &amp; Bacheliers portent le <i>chaperon</i> pour marque de leurs degrés. Il est différent selon leur Ordre, &amp; de différente couleur selon les différentes Facultés. Les Docteurs en Théologie le portent noir ou violet, &amp; les Docteurs en Droit &amp; en Médecine le portent rouge.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    Chaperon , est aussi le devant d'une robe de deuil, dont on ne se sert plus que dans les grandes cérémonies, lequel pend presque sur les genoux, &amp; qui cache entièrement le visage. <i>Pars togae pullatae anterior totum hominem à capite ad calcem operiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    Chaperon , est encore une espèce de camail qui couvre la tête, les épaules &amp; l'estomac de certains Religieux, comme Mathurins, Bernardins, Augustins, &amp;c. Il se termine en pointe, &amp; descend fort bas par derrière. <i>Humerale.</i> Voyez Thiers, <i>Histoire des perruques.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    Chaperon , s. m. Nom de faction. Il y a eu deux factions en France, dont les Partisans ont été appellés <i>Chaperons,</i> à raison des chaperons qu'ils portoient. Les premiers <i>Chaperons</i> s'élevèrent sous le Roi Jean en 1358. &amp; les seconds en 1413. sous Charles VI. Ceux-ci portoient un chaperon blanc, &amp; ceux-là un chaperon mi-parti de rouge &amp; de bleu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    Chaperon , en termes de Fauconnerie , est le morceau de cuir, dont on couvre la tête des oiseaux de leurre. <i>Accipitris cucullus.</i> Les <i>chaperons</i> sont marqués par points depuis un jusqu'à quatre. Le premier d'un point est propre au tiercelet du faucon. <i>Chaperon</i> est aussi le dessus de la tête de certains oiseaux.</p><p>On appelle aussi <i>chaperon,</i> cette partie du fourreau des pistolets qui sert à les couvrir quand il pleut.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    Chaperon , en termes de Maçonnerie , est la couverture d'un mur qui a deux égouts, ou un petit rebord de deux ou trois doigts qu'on fait aux faîtes des murs de clôture, &amp; qui fait connoître à qui appartient le mur. <i>Muri fastigium utrinque inclinatum.</i> Ainsi quand le <i>chaperon</i> n'a d'égout, ou de larmier que d'un côté, le mur appartient à celui dont il ferme l'héritage. Quand il est des deux côtés, c'est une marque que le mur est mitoyen. On appelle <i>chaperon en bahu,</i> celui dont le contour est bombé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERON</head>
    <p>
    Chaperon , en terme d'Eperonnier , est ce qui termine une embouchure à écache, &amp; par où on l'assemble avec la branche.</p><p>On appelle aussi <i>chaperon,</i> un ornement en broderie, qui est au derrière d'une chape d'Eglise. <i>Aureum textile posticam trabeae sacrae partem adornans, pluvialis humerale.</i> On peut l'appeller <i>humerale.</i></p><p>Le dessus d'une potence s'appelle <i>chaperon</i> de potence ; &amp; celui d'une presse à imprimer des estampes, s'appelle <i>chaperon</i> de presse.</p><p>On disoit autrefois proverbialement, Qui n'a point de tête, n'a que faire de <i>chaperon.</i> Deux têtes en un <i>chaperon,</i> dans le même sens qu'on dit aujourd'hui, Deux têtes dans un bonnet ; pour signifier deux personnes dans les mêmes intérêts, ou dans les mêmes sentimens. Pasq.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7973" id="1" type="">
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    <head>CHAPERONNER</head>
    <p>
    CHAPERONNER , v. act. Bonneter quelqu'un, lui faire bien des révérences, &amp; des sollicitations. <i>Nudato capite sistere se alicui supplicem.</i> Les Juges veulent être bonnetés &amp; <i>chaperonnés.</i> Ce terme est bas &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERONNER</head>
    <p>
    Chaperonner , en termes de Fauconnerie , c'est couvrir la tête d'un oiseau de proie de son chaperon. <i>Accipitris caput cucullo instruere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERONNER</head>
    <p>
    Chaperonner , signifie aussi, Poser un chaperon au haut d'une muraille de clôture. <i>Murum fastigio suo coronare.</i> Je veux qu'on ne <i>chaperonne</i> cette muraille que de mon côté, car elle est bâtie sur mon fond &amp; à mes dépens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERONNER</head>
    <p>
    Chaperonné, ée , part. en termes de Blason , se dit d'un épervier, ou d'un autre oiseau de proie qui est armé de son chaperon. <i>Cucullo instructus, tectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPERONNIER</head>
    <p>
    CHAPERONNIER . Terme de Fauconnerie , qui se dit d'un oiseau de proie. Ce faucon est bon <i>chaperonnier,</i> il porte patiemment le chaperon. <i>Accipiter cuculli patiens.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPIER</head>
    <p>
    CHAPIER , s. m. Chantre, ou celui qui porte ordinairement la chape dans une Eglise, pendant qu'on y fait l'Office divin en cérémonie. <i>Sacerdos sacra trabea instructus.</i> A la campagne on se sert quelquefois des paysans pour être <i>Chapiers.</i></p><p>On appelle encore <i>Chapier,</i> une grande armoire où l'on garde dans les Sacristies les chapes tendues ou pliées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITEAU</head>
    <p>
    CHAPITEAU , s. m. Ornement d'Architecture : partie supérieure d'une colonne, &amp; qui est posée immédiatement sur son fût. <i>Capitulum, capitellum. Chapiteau Toscan, Etruscum.</i> C'est le plus simple. Son tailloir est quarré, <pb n="985" facs="bpt6k8542165/f1025/full/1200,/0/native.jpg"/>&amp; sans moulure. <i>Chapiteau Dorique, Doricum,</i> son tailloir est couronné d'un talon ; il a trois annelets sous l'ove. <i>Chapiteau Composite,</i> a deux rangs de feuilles du Corinthien, &amp; les volutes de l'Ionique ; <i>Compositum. Chapiteau Attique,</i> a des feuilles de refend dans le Gorgerin ; <i>Atticum. Chapiteau Symbolique</i> ; il est orné d'attributs de Divinités, comme les <i>chapiteaux</i> antiques, qui ont des foudres, &amp; des aigles pour Jupiter, des trophées pour Mars ; <i>Symbolicum.</i> Les Modernes portent la devise, ou les armes d'une nation. Le <i>chapiteau</i> Corinthien est le plus riche de tous ; <i>Corinthiacum.</i> Il est orné de petites volutes, &amp; de feuilles d'acanthe. Le <i>chapiteau</i> Ionique est orné de volutes &amp; d'oves ; <i>Ionicum.</i></p><p><i>Chapiteau pilastre,</i> est un <i>chapiteau</i> quarré par son plan, ou sur une ligne droite. <i>Capitellum quadratum, seu rectâ lineâ descriptum. Chapiteau angulaire,</i> est un <i>chapiteau</i> qui porte un retour d'entablement à l'encognure d'un avant-corps ou d'une façade. <i>Angulare, angulo extrorsum saliente. Chapiteau plié,</i> est le <i>chapiteau</i> d'un pilastre, qui est dans un angle rentrant droit, ou obtus. <i>Plicatum angulo introrsum recedente,</i> ou <i>extrorsum prominente,</i> ou <i>protenso,</i> ou <i>eminente. Chapiteau galbé,</i> est un <i>chapiteau</i> dont les feuilles ne sont qu'ébauchées. <i>Capitellum foliis rudibus &amp; imperfectis,</i> ou <i>rude. Chapiteau refendu,</i> est un <i>chapiteau</i> dont la sculpture de feuilles est terminée. <i>Capitellum foliis elaboratis ac perpolitis absolutum. Chapiteau écrasé,</i> est un <i>chapiteau</i> trop bas, parce qu'il est hors de la proportion antique. <i>Capitellum depressius. Chapiteau mutilé,</i> est un <i>chapiteau</i> qui a moins de saillie d'un côté que de l'autre. <i>Capitellum alterâ parte mutilum. Chapiteau de balustre,</i> est un <i>chapiteau</i> qui couronne un balustre. <i>Capitellum collumellae impositum. Chapiteau de moulin,</i> est la couverture en forme de cone, qui tourne verticalement sur la tour ronde d'un moulin, pour exposer les volans au vent. <i>Moletrinae fastigium coni in morem &amp; versatile. Chapiteau de triglyphe,</i> est une plate bande sur le triglyphe, <i>Taenia</i> ; c'est aussi quelquefois un triglyphe qui fait l'office de <i>chapiteau</i> à un pilastre Dorique. <i>Chapiteau de niche,</i> est une espèce de petit dais à une niche peu profonde, qui couvre une statue portée sur un cul de lampe en encorbellement. <i>Capitellum statuae loculamento in umbellae morem impositum.</i></p><p>On appelle <i>chapiteaux de moulure</i> le Toscan, &amp; le Dorique, qui n'ont point d'ornement. <i>Capitellum simplicibus toris ornatum.</i> Et <i>chapiteaux de Sculpture,</i> tous ceux où il y a des feuilles, &amp; des ornemens taillés. <i>Capitellum variis incisum ornatumque foliis. Chapiteau colonne,</i> est celui qui est rond par son plan. <i>Capitellum cylindraceum. Chapiteau de lanterne,</i> est la couverture qui termine une lanterne de dome. <i>Concamerati fastigii ornamentum, tectum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITEAU</head>
    <p>
    Chapiteau , se dit aussi de la corniche d'un buffet, ou du petit fronton, ou ornement qu'on met dessus, &amp; même de ce qui sert à couvrir quelque chose. <i>Abaci corona, fastigium.</i> On a brisé en déménageant le <i>chapiteau</i> de cet armoire. Le <i>chapiteau</i> d'un pâté couvert en pointe.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITEAU</head>
    <p>
    Chapiteau , en termes d'Artillerie , ce sont deux ais joints ensemble que l'on met sur la lumière d'un canon, pour empêcher le vent d'un emporter l'amorce, ou la pluie de la mouiller.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITEAU</head>
    <p>
    Chapiteau , est aussi un morceau de carte qu'on met au milieu des torches pour recevoir la cire qui en dégoutte dans les Processions. <i>Cucullus cartaceus.</i> Il est taillé en forme de cone renversé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    CHAPITRE , s. m. La Communauté des Ecclésiastiques qui desservent une Eglise Cathédrale, ou Collégiale. <i>Canonicorum Collegium.</i> Le <i>Chapitre</i> n'a plus de part dans l'administration du Diocèse, pendant la vie de l'Evêque ; mais il succède à toute la jurisdiction Episcopale pendant la vacance du Siége. Chaque <i>Cbapitre</i> a ses droits &amp; ses priviléges particuliers : cela dépend de la possession. Le <i>Chapitre</i> peut conférer, pendant la vacance du Siége, les Bénéfices auxquels l'Evêque &amp; le <i>Chapitre</i> avoient droit de pourvoir conjointement ; mais il ne peut pourvoir à ceux qui sont à la nomination de l'Evêque seul ; il faut les réserver à l'Evêque futur. Pour les collations forcées, comme celles qui se font à la nomination des Patrons laïques, ou en vertu des indults, elles appartiennent au <i>Chapitre, sede vacante.</i> Fevret. Les Doyen, Chanoines &amp; <i>Chapitres</i> d'un tel lieu, sont les qualités qu'on donne dans les procès à ces Communautés. L'Archevêque a reçu le Roi à la tête de son <i>Chapitre.</i> Ce Bénéfice est à la collation d'un tel <i>Chapitre.</i> La plupart des <i>Chapitres</i> d'Allemagne se sont rendus fameux, parce qu'on n'y reçoit que des Nobles de quatre races. Il n'y en a en France que trois de cette nature, celui de S. Jean de Lyon, de S. Pierre de Mâcon &amp; de S. Julien de Brioude. Dans celui de Lyon il s'est trouvé en même temps un fils d'Empereur, neuf fils de Rois, &amp; quatorze fils de Ducs, comme témoigne le Père Jean de S. Aubin dans l'<i>Histoire de la ville de Lyon.</i> Les noms de <i>Chapitre</i> &amp; de <i>Chanoine</i> n'ont commencé à être en usage que vers le temps de Charlemagne, comme le prouve Marcellus Ancyranus dans le Traité qu'il a fait sur la Decrétale d'Honoré III. <i>super speculà de magistris.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Chapitre , est aussi l'assemblée que tiennent les Chanoines, les Religieux &amp; les Ordres Militaires pour délibérer de leurs affaires, &amp; régler leur discipline. <i>Canonicorum, Religiosorum, Ordinum Militarium conventus</i> Les <i>Chapitres</i> généraux de Cluni, de Cîteaux. Le <i>Chapitre</i> s'assemble au son de la cloche. Le <i>Chapitre</i> général de l'Ordre. <i>Generalis totius Ordinis conventus.</i> Ce Religieux a été blâmé, châtié en plein <i>Chapitre.</i> Les Chevaliers du S. Esprit ont tenu leur <i>Chapitre</i> un tel jour. Papias dit qu'on les a appellés <i>Chapitres, quòd capitula ibi legantur.</i> Le nom de <i>Chapitres</i> autrefois ne convenoit proprement qu'aux Eglises Cathédrales.</p><p>C'est l'Orde de Cîteaux qui a le premier établi des <i>Chapitres généraux,</i> que les autres ensuite ont imité. La fameuse Constitution qu'on nomme dans cet Ordre la Carte de Charité, qui fut faite en 1119. ordonne que tous les Abbés viendront au <i>Chapitre général</i> qui se tiendra tous les ans. Ce n'est pas cependant par cette carte de charité qu'ils ont été établis, car elle ne fut publiée qu'en 1119. dans le <i>Chapitre général,</i> &amp; le premier s'étoit tenu en 1116. ainsi que nous l'apprend l'Histoire Latine de Cîteaux par D. Manrique à l'an 1116. ch. 1.</p><p>On appelle <i>Pain de Chapitre,</i> le pain blanc &amp; broyé qu'on distribue chaque jour aux Chanoines. <i>Panis triticeus Canonicis distribui singulis diebus solitus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Chapitre , se dit aussi de la sale ou du lieu où se tient cette assemblée de Chanoines, Religieux, ou Chevaliers. <i>Locus conventibus habendis destinatus.</i> Chez les Moines le <i>Chapitre</i> est ordinairement au milieu du Cloître. Le <i>Chapitre</i> fait partie des lieux Réguliers. Le <i>Chapitre</i> de Saint Lazare se tenoit aux Billettes, &amp; se tient présentement à S. Jacques de l'Hôpital.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Chapitre , est aussi une division d'un ouvrage, ou d'un livre, afin que les matières soient plus distinguées &amp; moins confuses. <i>Caput.</i> Les Anciens ne distinguoient point leurs livres par <i>chapitres</i> &amp; par articles. C'est une grande commodité pour les Lecteurs de faire une Table des <i>chapitres.</i> Cette autorité est tirée d'un tel <i>chapitre</i> de la Genèse. Papias dit que ce nom lui a été donné <i>ex eo quòd sit alterius sententiae caput, vel quòd capiat totam summam.</i> S. Augustin a dit que les <i>chapitres,</i> qui font le juste partage d'un Livre, soulagent les Lecteurs, comme les hôtelleries soulagent les voyageurs.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Les trois Chapitres . Cette expression est si fameuse dans toutes nos histoires Ecclésiastiques, &amp; l'on en parle si souvent dans les disputes de ce temps, qu'il est à propos de l'expliquer. En 436. Théodoret, ami de Nestorius, condamné en 431. au Concile d'Ephèse, crut qu'un moyen sûr de soutenir la doctrine &amp; le parti de son ami, &amp; d'accabler S. Cyrille, étoit de lui opposer Diodore de Tarse &amp; Théodore de Mopsueste, qui étoient dans une très-grande réputation parmi les peuples. Dans ce dessein, il fit des extraits des ouvrages de ces deux Auteurs, dans lesquels ils disoient la même chose que Nestorius, &amp; presque dans les mêmes termes. On fit un volume de ces extraits, dans lequel à chaque proposition de la formule des douze anathèmes de S. Cyrille, on opposoit un ou plusieurs <i>Chapitres</i> des deux SS. Pères, c'est <pb n="986" facs="bpt6k8542165/f1026/full/1200,/0/native.jpg"/>ainsi qu'on appelloit Diodore &amp; Théodore. En même temps Ibas, Prêtre d'Edesse, grand Nestorien &amp; ami de Théodoret, écrivit à Maris Evêque en Perse, dont il étoit ami, &amp; avec lequel il entretenoit un commerce de lettres, il lui écrivit, dis-je, une lettre par laquelle, après lui avoir dit que l'affaire de Nestorius étoit finie, &amp; la paix rendue à l'Eglise, il lui faisoit entendre que c'étoit une intrigue de la Cour, qu'il avoit fallu céder au temps, &amp; sacrifier Nestorius à la haine des grands, que la sévérité de sa morale avoit irrités contre lui ; que d'ailleurs, il avoit eu tort de n'éviter pas dans ses Sermons quelques termes nouveaux, dont il avoit usé. On mit cette lettre à la tête des extraits dont j'ai parlé, pour y servir comme de préface ; &amp; après ces mêmes extraits Théodoret ajoûta deux écrits qu'il avoit composés, l'un devant le Concile d'Ephèse, &amp; l'autre après, contre les anathèmes de S. Cyrille. Ce sont ces trois choses, la lettre d'Ibas, les ouvrages ou plutôt les extraits de Diodore &amp; de Théodore, &amp; les écrits de Théodoret contre les anathèmes de S. Cyrille, qu'on appella, &amp; qu'on appelle encore aujourd'hui, <i>Les trois Chapitres.</i> Le P. Doucin prétend, dans son <i>Histoire du Nestorianisme</i> Liv. III. p. 281. que pour parler plus exactement, il faut dire, <i>Les trois Articles,</i> au lieu des <i>trois Chapitres</i> ; mais outre qu'on ne voit pas trop la différence, ni à quel égard il importe de dire <i>Articles</i> plutôt que <i>Chapitres,</i> l'usage est de dire, <i>Les trois Chapitres</i> ; &amp; en fait de langues c'est à l'usage qu'il s'en faut tenir.</p><p>En 553. le Ve Concile général, qui est le IIe de Constantinople, condamna dans sa VIIIe Conférence <i>les trois Chapitres.</i> Le Pape Vigile les condamna aussi. La dispute que le Pape Vigile eut avec l'Empereur Justinien pour <i>les trois Chapitres,</i> c'est-à-dire, pour les trois personnes, de Théodore, d'Ibas, &amp; de Théodoret, &amp; non pas pour la doctrine de la foi, dont il ne s'agissoit point, fut plus importante &amp; plus aigre. Godeau. Il parle plus exactement encore un peu après, où il dit que dans cette question il ne s'agissoit pas de la doctrine de l'Eglise, mais seulement des personnes de Théodore de Mopsueste, d'Ibas d'Edesse, &amp; de Théodoret de Cyr, &amp; du fait de leurs écrits. Ce qui montre que la question étoit de savoir si ces trois écrits étoient hérétiques, ou non, &amp; qu'on croyoit alors l'Eglise Juge infaillible de ces sortes de faits.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Chapitre , en Termes de Palais , se dit seulement des affaires de compte. Le <i>chapitre</i> de recette, de dépense, de reprise.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Chapitre , ou <i>Capitule,</i> en termes de Bréviaire , est une brève leçon extraite de l'Ecriture, qui se dit par l'Officiant en toutes les heures avant l'Hymne, ou avant les Répons des petites Heures. <i>Capitulum, lectio Breviarii.</i> S. Benoît appelle le <i>chapitre</i> de l'Office, leçon, <i>lectio</i> ; quelques autres anciens Auteurs Ecclésiastiques l'appellent <i>collection, collectio,</i> ou <i>petite leçon, lectiuncula,</i> ou <i>verset, petit verset, versiculus.</i> Le Vénerable Bede prétend que la coutume de réciter plusieurs fois le jour, c'est-à-dire, à toutes les parties de l'Office divin, de petits <i>chapitres</i> de la sainte Ecriture, a été établie pour imiter les Israëlites, qui du temps d'Esdras lisoient quatre fois le jour quelque chose des livres de la Loi. Voyez le Cardinal Bona. Les capitules, ou <i>chapitres,</i> se doivent chanter tout droit, avec une seule inflexion de la tierce mineure à la fin, conformément &amp; selon l'usage universel de toutes les Eglises Cathédrales, Collégiales &amp; considérables. Nivers.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Chapitre , signifie encore réprimande publique dans une maison Religieuse. <i>Reprehensio publica.</i> On a fait à ce Religieux un terrible <i>chapitre</i> sur son peu d'exactitude.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRE</head>
    <p>
    Chapitre , se prend aussi pour <i>sujet,</i> matière. <i>Argumentum.</i> Cette manière de parler &amp; d'user du mot de <i>chapitre</i> est figurée, mais elle est fort en usage. <i>Chapitre</i> en ce sens s'exprime quelquefois par la préposition <i>de</i> avec l'ablatif, comme dans les deux premiers exemples suivans. Quand cet homme est sur le <i>chapitre</i> des cagots, il ne se peut taire. N'attaquez pas cet homme sur le Droit, il est plus fort que vous sur ce <i>chapitre</i>-là. D'autresfois on le supprime dans le Latin, comme dans les exemples suivans. Ce goinfre entend bien le <i>chapitre</i> des sauces ; c'est-à-dire, Il entend bien les sauces. Après qu'on eut parlé de plusieurs choses, enfin on vint sur son <i>chapitre,</i> c'est-à-dire, à parler de lui, à l'examiner.</p><p>On dit proverbialement, qu'un homme n'a point de voix en <i>Chapitre</i> ; pour dire, qu'il n'est d'aucune considération dans sa compagnie, dans sa famille. Quand la femme gouverne la maison, on dit, le mari n'a point de voix en <i>Chapitre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRER</head>
    <p>
    CHAPITRER , v. act. Corriger, châtier un Moine, un Chanoine en plein Chapitre. <i>Aliquem reprehendere.</i> Il n'a guère d'usage au propre.</p><p>Ce mot vient de <i>capitulare</i>, qu'on à dit dans la basse Latinité dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRER</head>
    <p>
    Chapitrer , au figuré, se dit aussi généralement de toute sorte de réprimande dont on menace qui que ce soit. Vous faites cela sans en parler à votre femme, vous serez tantôt <i>chapitré.</i> Ce mot figuré est venu du propre ; mais il est du style bas &amp; comique. Je l'ai <i>chapitré</i> sur le peu de respect qu'il portoit à son père. Mol.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPITRER</head>
    <p>
    Chapitre, ée , part. &amp; adj. <i>Reprehensus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7979" id="1" type="">
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    <head>CHAPLIS</head>
    <p>
    CHAPLIS . Vieux mot François qui signifie, bruit des coups d'épée donnés sans cesse &amp; fort redoublés, particulièrement sur les armes. <i>Armorum ex frequenti collisu crepitus.</i> Il étoit fort en usage dans les Romans, aussi-bien que <i>chaple,</i> qui signifie <i>combat,</i> &amp; venoit de <i>chapla,</i> mot de Languedoc qui signifie <i>frapper.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPON</head>
    <p>
    CHAPON , s. m. Coq qu'on fait engraisser, &amp; qu'on a châtré à ce dessein. <i>Capo, capus.</i> Les <i>chapons</i> de paillier sont meilleurs que ceux du Mans. Voilà du boudin fait avec du blanc de <i>chapon.</i></p><p>Ce mot vient de <i>capus</i> ou <i>capo</i>, qui en Latin signifie la même chose, &amp; qui vient du Grec , qui signifie la même chose qu', <i>manger,</i> comme il paroît par ses dérivés, , <i>praesepe,</i> une auge, , <i>caupo,</i> un homme qui donne à manger, un Hôtelier, un Cabaretier. On a donc ainsi nommé ces animaux parce qu'on les engraisse. Vossius, <i>De Idolol. Lib. III. C.</i> 91. Le Père Pezron dit que le Grec , d'où sont dérivés le Latin <i>capo,</i> &amp; le François <i>chapon,</i> vient du Celtique <i>cabon,</i> qui a le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPON</head>
    <p>
    Chapon , se dit aussi figurément d'un morceau de pain qu'on met tremper au derrière du pot, &amp; qu'on donne à manger aux enfans à leur déjeûner. <i>Immersum ollae panis frustulum.</i></p><p>On appelle en termes de Palais , le <i>vol du chapon,</i> une pièce de terre qui est autour d'une maison noble, d'aussi grande étendue que pourroit avoir le vol d'un <i>chapon. Praerogativi juris praedium.</i> L'aîné dans le partage d'une maison noble a le principal manoir, ou le <i>vol du chapon.</i> Suivant la Coutume de Paris, ce <i>vol du chapon</i> est estimé à un arpent de 72. verges, ou 1580. pieds, ou 316. pas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPON</head>
    <p>
    Chapon , se dit proverbialement en ces phrases. Qui <i>chapon</i> mange, <i>chapon</i> lui vient, pour dire, que le bien vient plutôt dans la maison de ceux qui en ont déja, que chez ceux qui n'en ont point. On appelle aussi <i>deux chapons de rente,</i> deux choses, ou deux personnes d'inégale valeur, de taille différente, parce que de ces <i>chapons</i> il y en a d'ordinaire un gras, &amp; l'autre maigre. On dit aussi d'une terre usurpée par quelqu'un, que ce n'est pas celui à qui elle appartient qui en mange les <i>chapons.</i> On dit aussi d'un homme qui est sujet à dérober, qu'il a les mains faites en <i>chapon</i> rôti. On appelle aussi quelquefois ironiquement un châtré, un <i>chapon,</i> &amp; on dit qu'il a été <i>chaponné.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPON</head>
    <p>
    Chapon , se dit parmi les Vignerons de certaines branches de sarment, qu'on coupe de dessus le sep à dessein de s'en servir pour planter. Ces branches ont le nom de <i>chapon,</i> à cause qu'à leur extrémité d'enbas il y a ordinairement de vieux bois, qui fait comme un cul de chapon. On se sert de ce mot en Bourgogne, &amp; sur-tout aux environs d'Auxerre, au lieu qu'ailleurs on appelle ce plan des crossettes. Ainsi on dit, voilà de beaux <i>chapons.</i> Ces <i>chapons</i> sont tout altérés. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPONNEAU</head>
    <p>
    CHAPONNEAU , s. m. diminutif de <i>chapon.</i> Coq nouvellement châtré. <i>Junior capo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7982" id="1" type="">
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    <head>CHAPONNER</head>
    <p>
    CHAPONNER , v. act. Châtrer un coq pour le faire engraisser. <i>Pullum gallinaceum castrare.</i> Les Coquetiers de Délos sont les premiers qui aient <i>chaponé</i> les coqs, comme l'a remarqué Vossius sur un passage de Pétrone. Voyez <i>De Idol. Lib. III. c.</i> 91.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPONNER</head>
    <p>
    Chaponné, ée , part. &amp; adj. <i>Castratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7983" id="1" type="">
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    <head>CHAPONNIÈRE</head>
    <p>
    CHAPONNIÈRE , substantif féminin. Vaisseau d'argent ou de cuivre étamé, pour mettre un chapon en ragoût. <pb n="987" facs="bpt6k8542165/f1027/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Vas coquinarium coquendis caponibus idoneum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7984" id="1" type="">
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    <head>CHAPPAR</head>
    <p>
    CHAPPAR , s. m. Courier du Roi de Perse portant les dépêches de la Cour dans les Provinces, &amp; les lettres des Gouverneurs à la Cour. <i>Cursor.</i> Les Postes ne sont point établies ni réglées en Perse comme nous les voyons en France ; mais, si l'on en croit M. Tavernier, quand la Cour y fait partir un <i>Chappar,</i> on ne lui fournit qu'un cheval, quelque long que soit son voyage. C'est l'Ecuyer du Sophi qui le lui donne. Il y joint un homme qui court après lui. Quand son cheval est las, il prend celui du premier Cavalier qu'il rencontre, &amp; qui n'oseroit le lui refuser ; &amp; il renvoie le sien à l'Ecuyer qui le lui a fourni, par l'homme qui le suivoit. Pour le maître du cheval nouveau qu'il a pris, il faut qu'il coure après le <i>Chappar,</i> ou qu'il envoie quelqu'un courir après lui pour r'avoir son cheval, quand le <i>Chappar</i> demontera quelqu'autre Cavalier pour en changer.</p><p>Ce mot est Persan, &amp; signifie Courier, Voyageur. en cette langue signifie <i>Merces, honorarium quod datur itineris comiti.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPPE</head>
    <p>
    CHAPPE , s. f. <i>Cappa.</i> Plusieurs écrivent ainsi, &amp; mettent deux <i>pp</i> à ce mot, &amp; à Chappeau, Chapperon, que nous n'avons écrit que par un <i>p, Chape,</i> Chapeau, Chaperon, selon l'usage le plus ordinaire &amp; le meilleur : cette orthographe seroit tolérable en <i>chappe</i> qui vient de <i>cappa</i> ; mais elle ne l'est pas en <i>chappeau,</i> ni en <i>chapperon.</i> Les Bollandistes ont donné la forme des anciennes <i>Chappes, Acta SS. Maii,</i> à la fin du T. VII p. 96. Depuis Honorius IV. les Papes sont toujours représentés en <i>chappes</i> sur les médailles. Les mêmes Auteurs en rapportent la raison, p. 106. C'est que ces médailles étoient faites pour jetter au peuple lorsque le nouveau Pape, après son ordination, étoit conduit du Vatican à S. Jean de Latran, &amp; qu'on le représentoit dans l'habit qu'il portoit alors. Les anciens Chanoines Réguliers portoient l'hiver une <i>chappe,</i> sans aucune ouverture pour passer les mains, ce qui étoit très-incommode. Les Chanoines Réguliers de S. Denys de Reims sont les derniers qui aient gardé ces sortes de <i>chappes</i> avec le reste de l'ancien habillement des Chanoines Réguliers. Ils ne le quitterent qu'à leur réunion à la Congrégation de France, ou de sainte Geneviève, en 1633.</p><p>Les François portoient autrefois la <i>chappe</i> de S. Martin à la guerre, avec la bannière de France. C'étoit un voile de taffetas, sur lequel le Saint étoit peint, &amp; qui avoit posé un jour ou deux sur son tombeau. Ce voile étoit gardé avec respect sous une tente. Avant que d'en venir aux mains, on le portoit comme en triomphe autour du camp. Il n'est mention dans nos Histoires de la première &amp; seconde race que de la <i>chappe</i> de S. Martin. Le Gendre. A la <i>chappe</i> de S. Martin qui fut en vogue six cents ans, succéda au XIIe siècle une autre bannière non moins fameuse, que l'on appella l'Oriflame. Id.</p><p>&#9758; On dit proverbialement, Disputer de la <i>chappe</i> à l'Evêque, en parlant d'une dispute si opiniâtre &amp; si embrouillée, qu'il n'est pas possible de la terminer ; &amp; j'ai lû dans le IXe Tome du nouveau <i>Gallia Christiana,</i> qui n'est pas encore imprimé, à l'article de Richard Pique, Archevêque de Reims, un trait d'Histoire, qui me paroît être la véritable origine de ce proverbe. Voyez <ref type="search" target="head:Chape">Chape</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAPTEL</head>
    <p>
    CHAPTEL . Voyez <ref type="search" target="head:Chepteil">Chepteil</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7987" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAPUIS" />
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    <head>CHAPUIS</head>
    <p>
    CHAPUIS , substantif masculin. Charpentier. <i>Carpentarius.</i> Ce mot se disoit autrefois, il est aujourd'hui hors d'usage. De <i>chapuis,</i> on avoit fait <i>chapuiser</i> ; pour dire, travailler du métier de Charpentier. Ce verbe étoit actif, ou disoit <i>chapuiser des engins</i> ; pour dire, <i>faire des machines.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAQUE</head>
    <p>
    CHAQUE . Pronom m. &amp; f. qui sert à singulariser les choses &amp; les personnes. <i>Quisque, quaeque, quodque, quidque.</i> A <i>chaque</i> Saint sa chandelle. Il mandie à <i>chaque</i> porte. Il étudie dix heures <i>chaque</i> jour. C'est la même chose que <i>chacun</i> ; mais ils ne s'emploient pas indifféremment. Par exemple, on dit <i>chaque</i> langue a ses propriétés, &amp; non pas <i>chacune</i> langue. Vaug. N. Rem. On dit au contraire <i>chacun</i> en parle, <i>chacun</i> en cause, &amp; non pas <i>chaque</i> en parle, <i>chaque</i> en cause. En général <i>chaque</i> se met avec un substantif, c'est-à-dire, avec le nom de la chose dont on parle, &amp; <i>chacun</i> se met absolument, &amp; sans substantif.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAR" />
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    <head>CHAR</head>
    <p>
    CHAR , s. m. Espèce de trône roulant &amp; magnifique, qui sert aux triomphes &amp; aux entrées des Princes. <i>Currus.</i> Le Soleil brille sur son <i>char</i> lumineux. Plutarque a observé que Camille étant entré triomphant dans Rome, monté sur un <i>char</i> traîné par quatre chevaux blancs, cela fut regardé comme une innovation trop superbe. Pontanus, <i>L. III. De stellis</i> dit qu'Erichthonius fut le premier qui attela les chevaux &amp; les joignit à un <i>char.</i> L'usage des <i>chars</i> à la guerre étoit très-commun dès le temps de Moise ; les Egyptiens &amp; les Chananéens en avoient grand nombre. Cyrus est le premier qui les a armés de faux.</p><p>Ce mot est ancien Gaulois, &amp; vient de <i>carr,</i> vieux mot Celtique, dont il est fait mention dans les Commentaires de Célar. <i>Carrus.</i></p><p>Sur les médailles un <i>char</i> traîné, soit par des chevaux, soit par des lions, soit par des éléphans, signifie ou bien le triomphe, ou l'apothéose des Princes. Pour le <i>char</i> couvert traîné par des mules, il ne marque que leur consécration, &amp; l'honneur qu'on leur faisoit de porter leur images aux jeux du Cirque. P. Jobert. Ce <i>char</i> des femmes se nommoit <i>Pilentum, Carpentum,</i> ou <i>Basterna.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Basterne">Basterne</ref>. Le <i>char</i> attelé de deux, de quatre, ou de six chevaux, ne marque pas toujours la victoire, ou le triomphe. Il y a d'autres cérémonies où l'on se servoit de <i>chars</i> ; l'on y portoit les images des Dieux dans les supplications ; l'on y mettoit les images des familles illustres aux funérailles, &amp; de ceux dont on faisoit l'apothéose. Enfin, l'on y conduisoit les Consuls qui entroient en charge, comme nous l'apprenons par les médailles de Maxence &amp; de Constantin. L'une &amp; l'autre porte, <i>Felix processus Consulis Augusti nostri.</i> P. Jobert.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAR</head>
    <p>
    Char , se dit de semblables voitures dont on orne les carrousels, dont on se sert aux courses de prix, &amp; autres semblables fêtes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7989" id="3" type="">
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    <head>CHAR</head>
    <p>
    Char , se dit aussi d'une grande charrette à quatre roues qui porte quantité de marchandises tout à la fois. <i>Carrus, plaustrum.</i> Ce <i>char</i> porte tout d'un coup 400 de foin. Il est de peu d'usage en ce sens. On appelle en Flandre <i>Carton,</i> celui qui conduit un <i>char,</i> ou <i>chariot. Auriga.</i> Ce mot vient de <i>char,</i> qui se prononce <i>car</i> en ce pays-là.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAR</head>
    <p>
    Char pour Chair, étoit, il y a 250 ans, le mot d'usage. <i>Glossaire Bourguignon.</i> Ce mot, ainsi que beaucoup d'autres, s'est conservé parmi le menu peuple de Bourgogne &amp; de Champagne, qui sont deux Provinces contigues. L'Auteur du Glossaire du Roman de la Rose, dit qu'il se prononce encore ainsi en quelques Provinces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7990" id="1" type="">
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    <head>CHARADRIOS</head>
    <p>
    CHARADRIOS , s. m. Nom d'oiseau, que je trouve employé par quelques habiles Fauconniers. On l'appelle aussi <i>Hiaticula,</i> &amp; oiseau de Roche. Voyez ce dernier mot, qui est François, dans l'article de Roche.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7991" id="1" type="relation">
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    <head>CHARAG</head>
    <p>
    CHARAG , s. m. Terme de Relation . C'est le nom du tribut que les Chrétiens &amp; les Juifs payent au Grand-Seigneur. <i>Vectigal à Christianis Judaeisve Turcarum Imperatori pendi solitum.</i> Les femmes en sont exemptes. Les Prêtres, les Religieux Chrétiens, &amp; les Rabbins des Juifs, sont dispensés de le payer. Les hommes commencent à le payer à 9, ou à 16 ans. Il est de 10, de 12, de 15 francs, selon la richesse de l'ordonnance des lieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7992" id="1" type="">
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    <head>CHARANSON</head>
    <p>
    &#9758; CHARANSON , s. m. Espèce de petit ver qui ronge les blez dans les greniers. <i>Curculio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7993" id="1" type="">
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    <head>CHARANTE</head>
    <p>
    CHARANTE , s. f. Quelques-uns écrivent <i>Charente.</i> Rivière de France. <i>Carantonus, Caranthonus.</i> La penultiéme est brève dans ce mot Latin. La <i>Charante</i> prend sa source aux confins de la Marche &amp; du Limosin, traverse <pb n="988" facs="bpt6k8542165/f1028/full/1200,/0/native.jpg"/>une petite partie du Poitou, l'Angoumois &amp; la Saintonge, &amp; se jette dans la mer de Gascogne, vis-à-vis de l'Isle d'Oleron.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7994" id="1" type="">
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    <head>CHARBON</head>
    <p>
    CHARBON , s. m. Bois à demi brûlé, braise. <i>Carbo.</i> Saint Laurent fut rôti sur les <i>charbons</i> ardens. Ce bois ne fait point de <i>charbon,</i> il ne fait que de la cendre. On se sert de <i>charbon</i> dans les cuisines, &amp; par-tout où l'on ne veut point de feu clair qui fasse de la fumée. Les Physiciens disent que le <i>charbon</i> est noir, parce qu'il ne renvoie presque point de lumière, ce qui vient de la quantité prodigieuse de pores qu'il a, &amp; qu'on y remarque avec le microscope. Le <i>charbon</i> ne fait presque point de fumée, parce que la plus grande partie de l'humidité du bois a été dissipée par le feu quand on a fait le <i>charbon.</i></p><p>C'est une chose surprenante de voir la quantité de petits pores que le microscope découvre dans le <i>charbon.</i> Ils sont disposés par ordre, &amp; traversent toute sa longueur, de manière qu'il n'y a point de <i>charbon,</i> quelque long qu'il soit, au travers duquel on ne puisse aisément souffler ; &amp; si l'on en rompt un morceau un peu court, on voit le jour au travers avec le microscope. Dans un rang long de la dix-huitième partie d'un pouce, Mr Hook a compté jusqu'à 150 pores, d'où il conclut que dans un <i>charbon</i> d'un pouce de diamètre, il n'y en doit pas avoir moins de cinq millions sept cents vingt-quatre mille. C'est à cette grande quantité de pores qu'il attribue la noirceur du <i>char</i>bon ; car il dit que quand un corps a beaucoup de pores, dans lesquels la lumière n'est point réfléchie, il paroît nécessairement noir ; la noirceur n'étant autre chose qu'une privation de lumière, ou un défaut de réfléxion. Voyez la Micrographie de cet Auteur. Les <i>charbons</i> servoient autrefois de bornes pour les jurisdictions &amp; héritages, à cause qu'ils sont incorruptibles : on les mettoit bien avant dans la terre. De Rochef. Ils se conservent en effet si long-temps, qu'on en trouve de tout entiers dans les anciens tombeaux des peuples du Septentrion.</p><p>Il y a aussi un <i>charbon</i> artificiel, qu'on fait exprès dans les forêts de plusieurs moyennes branches d'arbres qu'on arrange en pyramide dans une grande fosse faite exprès, où on ne laisse qu'une petite ouverture par où on met le feu, &amp; qu'on bouche quand le bois est assez consumé. Les forges ne se servent que de ce <i>charbon.</i> Le feu de <i>charbon</i> est très-violent. M. Dodard dit qu'il a du <i>charbon</i> de blé, qui est probablement du temps de César, qui s'est si bien conservé, qu'on distingue le froment d'avec le seigle, ce qui fait qu'il le croit incorruptible.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7994" id="2" type="">
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    <head>CHARBON</head>
    <p>
    Charbon , est aussi une espèce de terre minérale, fossile &amp; fort noire, qui sert aux forges des ouvriers qui travaillent en fer ; &amp; on l'appelle <i>charbon de terre. Carbo fossilis.</i> Il y a des mines de <i>charbon de terre</i> à S. Etienne en Forêt, en Nivernois, en Bourgogne. Presque toute l'Angleterre est pleine de cette sorte de <i>charbon.</i> Voyez l'<i>Histoire naturelle du Northampton</i> par M. Morthon.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARBON</head>
    <p>
    Charbon de saule , est celui dont les Peintres &amp; les Graveurs se servent pour faire des esquisses de leurs desseins. <i>Pictoris carbo linearis.</i> On le fait dans un canon de pistolet qu'on met au feu pour faire bruler du bois de saule, &amp; le convertir en <i>charbon.</i> Le <i>charbon</i> dont on se sert pour faire la poudre à canon, est de bois de bourdaine, autrement pevine, ou noir-prun.</p><p>Les Chymistes appellent <i>charbon,</i> ce qui reste des plantes dans le vaisseau distillatoire, lorsque le feu ne peut plus rien pousser dans le récipient.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHARBON" />
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    <head>CHARBON</head>
    <p>
    Charbon , est aussi une tumeur maligne qui vient tantôt à une partie, &amp; tantôt à une autre. <i>Carbunculus.</i> Elle est accompagnée d'une chaleur très-douloureuse, de mortification, de lividité, &amp; enfin de noirceur : elle commence par une ou plusieurs pustules, sous lesquelles on trouve un ulcère putride couvert d'une croûte noire : elle commence aussi quelquefois par une croûte sans aucune pustule, &amp; l'ulcère se forme sous cette croûte. Autour de cette tumeur il y a un cerne fort douloureux, quelquefois rouge, &amp; quelquefois livide ou noirâtre. Le <i>charbon</i> est causé par un sel extrêmement acre, caustique &amp; malin, qui ronge &amp; corrompt en peu de temps la partie sur laquelle il se décharge. Il est ainsi appellé de cette croûte noire qui ressemble à un <i>charbon</i> ; les Grecs l'appellent . Le <i>charbon</i> est quelquefois pestilentiel, &amp; quelquefois il ne l'est pas. Lorsqu'il vient sans pustules, on le nomme <i>pruna,</i> ou <i>charbon</i> ; lorsqu'il a des pustules, on le nomme <i>feu persan, ignis persicus.</i></p><p>On dit proverbialement, Il y a bien du <i>charbon</i> de rabais ; pour dire, que quelque chose a bien diminué de prix. On dit d'un homme qui a une fièvre ardente, qu'il brûle comme un <i>charbon.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7995" id="1" type="">
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    <head>CHARBONNÉE</head>
    <p>
    CHARBONNÉE , s. f. Petit morceau de chair de porc ou de boeuf, sans graisse, qu'on fait ordinairement griller. <i>Tostae carnis ofella, frustulum.</i> Il signifie encore un petit aloyau, ou une côte de boeuf.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7996" id="1" type="">
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    <head>CHARBONNER</head>
    <p>
    CHARBONNER , v. act. Gâter, salir avec du charbon. <i>Carbone denigrare.</i> On le dit aussi de ceux qui dessinent avec du charbon. <i>Carbone describere, delineare.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7996" id="2" type="">
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    <head>CHARBONNER</head>
    <p>
    Charbonner , se dit aussi au figuré, pour, Noircir la réputation d'une personne, la déchirer par quelque sanglante raillerie ; mais ce n'est que dans le style bas &amp; comique. <i>Aliqui infamiam inferre, aliquem infamem facere.</i> Il me sollicite de la <i>charbonner</i> dans mes vers. Main.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7997" id="1" type="">
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    <head>CHARBONNIER</head>
    <p>
    CHARBONNIER , s. m. Celui qui fait ou qui vend le charbon. <i>Carbonarius.</i> On le dit aussi de ceux qui portent le charbon, dont les uns sont Maîtres créés en titre d'Office, &amp; ainsi Officiers de Ville : les autres sont valets, &amp; servent sous eux ; &amp; ils les appellent <i>Plumets,</i> &amp; <i>Garçons de la pelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARBONNIER</head>
    <p>
    Charbonnier , est aussi un petit lieu où on serre le charbon dans les maisons. <i>Conclave carbonarium.</i></p><p>On dit proverbialement, La foi du <i>Charbonnier,</i> quand on parle d'une foi implicite, qui fait croire à un Chrétien en général tout ce que l'Eglise croit. Ce qui tire son origine de ce qu'on dit que le Diable tenant un <i>Charbonnier,</i> lui demanda quelle étoit sa croyance. Il répondit, Je crois ce que l'Eglise croit. Et étant pressé par le même Esprit de lui dire ce que croyoit l'Eglise, il repliqua, Elle croit ce que je crois. Et ayant toujours persévéré dans les mêmes réponses, il rendit le Diable confus. M. Drelincourt a dit là-dessus que c'étoit quelque pauvre jeune Diable qui n'étoit pas des plus fins ; parce qu'autrement il auroit demandé au <i>Charbonnier,</i> Qu'est-ce que toi &amp; l'Eglise croyez ? &amp; alors le <i>Charbonnier</i> n'auroit su que répondre. La raillerie de ce Ministre Calviniste est fade ; car en supposant que l'histoire qui a fondé le proverbe est véritable, le <i>Charbonnier</i> étoit très-sage de ne répondre qu'en général au Diable qui vouloit l'embarrasser, &amp; lui faire perdre la foi : &amp; M. Drelincourt, qui blâme la réponse du <i>Charbonnier,</i> &amp; qui rit de la prétendue simplicité du Diable, ne blâmeroit pas apparemment la conduite d'une Dame de qualité, qui étoit Huguenote, &amp; qui répondoit à Rouen à peu-près la même chose à un Catholique, il auroit appréhendé qu'en venant au détail elle n'eût reconnu la vérité. De plus, le <i>Charbonnier</i> eut répondu à la question du Diable de Drelincourt, s'il la lui avoit faite : Je ne suis pas obligé de savoir en détail tout ce que l'Eglise croit. J'en sai ce que j'en dois savoir, &amp; pour le reste je le crois dans la foi de l'Eglise, disposé à faire un acte de foi sur chaque article en particulier, quand il me sera proposé à croire ; &amp; le Diable de Drelincourt, quelque fin qu'il eût été, n'eût pas eu mot à repliquer.</p><p>On dit aussi proverbialement que le <i>Charbonnier</i> est maître en sa maison. Ce proverbe vient de ce que le Roi François I. s'étant égaré à la chasse, fut contraint de loger en la loge d'un <i>Charbonnier,</i> comme un Chasseur inconnu. Le <i>Charbonnier</i> s'assit le premier à la table, en disant que chacun étoit maître en sa maison. Cependant il servit le Roi d'un morceau de venaison, en le priant de n'en rien dire au grand nez : c'est ainsi que le peuple nommoit le Roi. Le lendemain pour récompenser son hôte, le Roi octroya à sa considération que le trafic du charbon seroit exemt de tous impôts, tant par eau que par terre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7998" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARBONNIÈRE" />
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    <head>CHARBONNIÈRE</head>
    <p>
    CHARBONNIÈRE , s. f. est une place qu'on marque dans les bois pour faire le charbon. <i>Carbonarii fornax.</i> L'Ordonnance ne permet en coupant les bois qu'un certain nombre de <i>charbonnières.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7998" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARBONNIÈRE" />
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    <head>CHARBONNIÈRE</head>
    <p>
    Charbonnière est aussi, Celle qui fait ou vend du charbon, ou la femme d'un Charbonnier.</p><p>Le mot de <i>charbon</i> &amp; ses dérivés viennent du Latin <i>carbo,</i> qui vient du Grec , <i>siccare, arefacere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="7999" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARCUTER" />
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    <head>CHARCUTER</head>
    <p>
    CHARCUTER , v. act. Hacher, ou tailler de la viande, comme font les Charcutiers ; parce qu'on disoit autrefois <pb n="989" facs="bpt6k8542165/f1029/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>char</i> pour <i>chair. Concidere minutim, minutatim concidere.</i> On applique particulièrement ce mot à ceux qui ne savent pas couper les viandes avec dextérité.</p><p>On le dit aussi figurément des autres choses taillées mal-proprement, ou défigurées. <i>Malè, imperitè concidere.</i> C'est un mauvais Tailleur, il a tout <i>charcuté</i> cette étoffe. Ce Menuisier a <i>charcuté,</i> a gâté cette pièce de bois. Ces assassins ont <i>charcuté</i> ce corps mort. Les Chirurgiens lui ont <i>charcuté</i> le bras.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8000" id="1" type="">
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    <head>CHARCUTERIE</head>
    <p>
    CHARCUTERIE , s. f. Ce mot se trouve dans Pomey, pour signifier le peu d'adresse avec laquelle on taille, on fait quelque chose. <i>Faciendi tractandique operis inscitia.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8001" id="1" type="">
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    <head>CHARCUTIER</head>
    <p>
    CHARCUTIER , s. m. On écrivoit &amp; on disoit autrefois <i>Chaircutier,</i> ou plutôt <i>Chaircuitier,</i> comme fait M. de La Mare dans son <i>Traité de la Police.</i> Dans les Statuts qui leur furent donnés en 1475. on écrit <i>Charcutier.</i> On devroit dire &amp; écrire <i>Chaircuitier</i> ; car ce mot est composé de chair, &amp; de cuire, &amp; signifie un <i>Cuitier de chair,</i> c'est-à-dire, un homme qui <i>cuit</i> de la <i>chair,</i> qui vend de la chair cuite &amp; non pas crue, comme les Bouchers. Mais l'usage y est contraire. <i>Carnium coctarum propola.</i> C'est un Marchand de chair de pourceau. C'est aussi celui qui la sale, qui la hache, qui l'assaisonne, &amp; qui en fait divers ragoûts, comme saucisses, saucissons, cervelas, boudins, andouilles, &amp;c. Il est ainsi nommé, parce qu'il fait cuire les chairs, &amp; qu'il vend non-seulement de la chair de pourceau cuite, mais aussi des langues de boeuf, &amp; autres. Les Bouchers faisoient autrefois le débit de la chair de porc. Les <i>Charcutiers</i> ont depuis été dispensés d'acheter des porcs chez les Bouchers. Ils ont eu la permission d'en débiter eux-mêmes la chair crue ; mais sous les mêmes conditions que les Bouchers, c'est-à-dire, de passer par l'examen des Languayeurs, des Tueurs &amp; des Courtiers ou Visiteurs de chairs. De La Mare, <i>Traité de la Police, L. IV. T. V. c.</i> 2. Les <i>Charcutiers</i> ont défense de vendre les chairs d'aucun porc ladre. Id.</p><p>Ce qu'on appelle aujourd'hui <i>Charcutier,</i> ne faisoit autrefois qu'un même métier en un même corps avec ceux que l'on nomme Rôtisseurs, &amp; les mêmes gens apprêtoient &amp; vendoient la chair de porc avec toutes sortes d'autres viandes cuites, &amp; on les nommoit Oyers. Il y a beaucoup d'apparence que ces Oyers retrancherent de leur profession le débit des chairs de porc, &amp; de toutes les chairs bouillies ou assaisonnées, &amp; celui du poisson &amp; des légumes. D'autres particuliers prirent ce qui avoit été retranché de la profession des Oyers, ou ce qu'ils en avoient eux-mêmes abandonné, &amp; l'on en forma ensuite une autre Communauté, sous le nom de <i>Charcutier</i> par Lettres patentes du 17. Janvier 1475. Ces Lettres qui sont du Prévôt de Paris contiennent les premiers statuts qui aient été donnés aux <i>Charcutiers</i> en dix-sept articles. On en ajoûta 8. ou 9. en 1477. en donnant entrée dans ce métier à un plus grand nombre de gens qu'on n'avoit fait deux ans auparavant : &amp; ainsi se forma la Communauté des <i>Charcutiers</i> à Paris. Ces règlemens &amp; ces statuts se trouvent dans le <i>Traité de la Police</i> de M. de La Mare, L. V. T. XXI. c. 5. où il traite des <i>Charcutiers,</i> &amp; ils y sont appellés <i>Chaircuitiers &amp; Saucissiers.</i> Ces statuts reçoivent sans apprentissage &amp; sans chef-d'oeuvre ceux qui exerçoient actuellement ce métier dans Paris ; mais ils demandent pour la suite quatre ans d'apprentissage &amp; chef-d'oeuvre. D'autres règlemens leur permettent d'ouvrir les Dimanches, &amp; les obligent à remplir chacun à leur tour les quarante places de la Halle le Mercredi &amp; le Samedi. Voyez tous ces Règlemens de Police dans l'endroit cité, &amp; ch. 6.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8002" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARCUTIÈRE" />
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    <head>CHARCUTIÈRE</head>
    <p>
    CHARCUTIÈRE , s. f. Femme de Charcutier, ou femme qui fait le métier de charcuter. <i>Propola coctivae carnis, coquela carnaria.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARCUTIS</head>
    <p>
    CHARCUTIS . Vieux mot qui s'employoit autrefois en parlant d'un grand massacre, d'une grande défaite. En cette journée il se fit un horrible <i>charcutis. Caedes.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    CHARDON , s. m. s'attribue par le Vulgaire à toute sorte d'herbe épineuse &amp; piquante. Quelques ouvriers en laines appellent <i>chardon</i> une plante dont les têtes servent à cardonner les étoffes ; d'où vient aussi le mot de chardonner, <i>pectere.</i> On dit aussi d'une plante qu'elle a les feuilles de <i>chardon,</i> lorsqu'elles sont découpées sur leurs bords en quelques segmens qui sont armés de piquans de la même manière que les <i>chardons</i> ordinaires en sont fournis.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon , s. m. <i>Carduus.</i> est parmi les Botanistes le nom propre d'un genre de plantes, dont les fleurs sont à fleurons posés sur des embryons qui deviennent des graines chargées d'une aigrette. Ces fleurons sont renfermés dans un calice qui est d'abord arrondi, &amp; qui s'évase ensuite dans sa maturité. Il est formé par plusieurs écailles appliquées les unes sur les autres, &amp; terminées toujours par un piquant. Cette pointe des écailles du calice sert à distinguer le <i>chardon</i> d'avec les cirsium &amp; les jacées. Il y a plusieurs espèces de <i>chardons.</i> Les unes sont épineuses de tout côté, &amp; par leurs feuilles, &amp; par leurs tiges, &amp; par leur tête ; d'autres ne le sont que par leurs feuilles &amp; leur tête ; d'autres enfin n'ont que la tête armée de piquans ; &amp; dans quelques-unes de ces dernières espèces, presque toute la marge des écailles qui forment le calice, est armée de ces sortes de piquans. Les feuilles de <i>chardon</i> ne sont pas pareilles dans toutes les espèces : les unes les portent entières comme le <i>chardon</i> étoilé à feuilles de giroflée jaune. Dans d'autres elles sont larges, plissées &amp; coupées en segmens larges ou étroits, semblables aux feuilles d'Acante, ou du coquelicot, de la chicorée &amp; de la corne de cerf. Le <i>chardon</i> Notre-Dame, <i>Carduus marianus, sive lacteis maculis notatus,</i> les a larges, &amp; marquées par des veines &amp; des taches blanches. Voyez les <i>Instituts de Botanique</i> de M. de Tournefort pour le dénombrement des espèces.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon a Bonnetier , ou a Foulon, ou chardon a cadrer. <i>Carduus Fullonum, Dipsacus.</i> Plante dont les Bonnetiers &amp; les Foulons de laine se servent pour carder la laine, &amp; pour tirer les poils des draps. Sa racine est simple, blanchâtre, chargée de quelques grosses fibres, &amp; qui donne des feuilles longues d'un pied &amp; d'un pied &amp; demi sur quatre pouces de large, verd clair, ridées, un peu velues, dentelées sur leurs bords, relevées en-dessous d'une grosse côte épineuse &amp; plus tendre que dans les feuilles des tiges : sa tige sort seule de la même racine, &amp; s'élève à la hauteur de quatre à cinq, &amp; même de six pieds quelquefois, grosse comme le doigt, droite, canelée &amp; épineuse, garnie de feuilles opposées &amp; tellement jointes à leur base qu'elles embrassent la tige qui les enfile. Ces feuilles se terminent en pointe, &amp; sont plus petites &amp; plus étroites que celles du bas, mais plus fermes &amp; plus épineuses. De leurs aisselles sortent des branches opposées &amp; divisées en deux autres branches, qui portent à leurs extrémités une tête longue de deux à trois pouces, quelquefois plus, composée de plusieurs écailles fermes &amp; terminées en pointe, lesquelles forment comme des alvéoles aux fleurs qui sortent d'entre elles, &amp; qui sont des fleurons pâles légèrement lavés de pourpre ; découpées à leurs bords en quatre segmens obtus. Elles portent sur des embryons qui deviennent autant de semences oblongues, canelées, &amp; à quatre pans. On distingue le <i>chardon à Bonnetier</i> en cultivé, &amp; qui a les écailles de sa tête terminées par une pointe crochue, &amp; en sauvage, qui les a toutes droites. Les Cardeurs ne se servent que du cultivé. Il se rencontre quelquefois des vers dans les têtes de cette plante ; &amp; on prétend que si on les porte sur soi elles éloignent les maux de dents &amp; la fièvre. L'eau qui se ramasse à la base de ses feuilles est recommandée pour les maladies des yeux.</p><p>
    </p>
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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon benit . <i>Cnicus silvestris birsutior, sive carduus benedictus C. B.</i> Plante sudorifique fort employée en Médecine. Elle se trouve en plusieurs endroits du Royaume ; mais comme elle n'est pas bien commune, on la cultive dans les jardins. Sa racine est blanchâtre, charnue, &amp; divisée en quelques branches. Elle donne des feuilles découpées comme celles du laitron, gluantes &amp; épineuses au toucher, velues, &amp; d'entre lesquelles s'élève une tige branchue presque dès sa naissance, droite en partie, &amp; en partie couchée sur terre, garnies de feuilles alternes, des aisselles desquelles sortent de petites branches, terminées par une tête écailleuse &amp; épineuse remplie de fleurons jaunes découpés en cinq. Ces têtes sont grossies par quatre à cinq feuilles vertes, dentelées, &amp; armées de piquans sur leurs bords &amp; à leurs extrémités. Ces feuilles forment une espèce de chapiteau qui distingue ce genre de ses semblables. Lorsque la fleur est passée, chaque <pb n="990" facs="bpt6k8542165/f1030/full/1200,/0/native.jpg"/>embryon de graine, qui soutenoit un fleuron, devient une semence oblongue, étroite, grisâtre, &amp; garnie d'une aigrette blanche. L'eau du <i>chardon benit</i> entre dans les potions cordiales &amp; dans les potions sudorifiques. Son sel a à peu près les mêmes usages. La décoction de toute la plante est quelquefois purgative, &amp; fait vomir, sur-tout lorsqu'elle est trop chargée. Le <i>chardon benit</i> mêlé avec des diurétiques, pousse par les urines au lieu de faire suer. A l'absence du <i>chardon benit</i> on peut se servir de l'espèce nommée <i>Cnicus attractilis lutea dictus.</i> On a remarqué qu'elle avoit les mêmes propriétés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon étoilé , ou chausse trape. <i>Carduus stellatus, sive Calcitrapa.</i> Espèce de <i>chardon</i> dont la racine est grosse &amp; longue comme celle des petits raiforts qu'on appelle raves à Paris, longue d'un pied au plus, de la grosseur du doigt vers son collet, blanchâtre, chargée de quelques fibres branchues, &amp; qui donne plusieurs feuilles velues, couchées sur terre, longues de trois à quatre pouces, découpées comme celle du Bluet ou du coquelicot, mais d'un verd gai. De leur milieu part une tige branchue, arrondie, blanchâtre, haute d'un pied, ou deux, chargée de feuilles pareille à celles du bas, mais plus découpées ; les extrémités de ces tiges &amp; branches portent des têtes écailleuses, épineuses, grosses comme des noisettes, &amp; dont les épines sont longues de plus de demi pouce, blondes, &amp; disposées en manière d'étoile, lorsque la tête ne s'est point évasée, &amp; que les fleurons qui sont pourpres ne paroissent point. Sa semence est oblongue, lisse, polie, plus petite que la graine de perroquet, autrement <i>Carthama.</i></p><p>Cette plante croît communément à la campagne sur le bord des chemins, &amp; dans des lieux &amp; terres incultes. Sa racine est tres-apéritive &amp; diurétique. On l'emploie avec succès pour les coliques néphrétiques. M. de Basville, Intendant du Languedoc, se trouvant bien de l'usage de cette racine, fit imprimer la manière dont il s'en étoit servi. Depuis ce temps-là on fait prendre la poudre de son écorce délayée dans du vin ; &amp; plusieurs personnes se sont apperçues qu'elle charrioit le sable &amp; le gravier, &amp; qu'en en prenant de temps en temps avec précaution, leurs accès de colique néphrétique n'étoient plus si fréquens. Dans le mémoire de M. de Basville on ne prend l'infusion de l'écorce de cette racine que le 28e jour de la lune de chaque mois, &amp; il faut que la racine ait été cueillie vers la fin du mois de Septembre ; deux circonstances assez inutiles, puisque ce remède agit tout aussi-bien les autres jours de la lune que le 28. &amp; qu'on peut presque en tout temps cueillir ces racines, parce que cette plante ne porte point de tige la première année, &amp; qu'elle paroît dès qu'elle a donné ses semences, de même que les autres <i>chardons.</i> On a soin de prendre les racines de celles qui ne sont pas montées ; leurs racines n'étant pas si ligneuses, comme il arrive à toutes les autres plantes, dont la racine n'a presque point d'écorce, lorsqu'elles sont prêtes à donner leurs fruits. Leurs racines sont cordées, comme on dit communément.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon Hémorroïdial . <i>Cirsium arvense, sonchi folio radice repente, caule tuberoso, Inst. R. Herb.</i> On mettoit autrefois cette plante parmi les <i>chardons</i> à cause qu'elle est remplie de piquans. On l'a appellé <i>Chardon hémorroidal,</i> parce qu'il se forme quelquefois des noeuds à sa tige à l'occasion des piquures d'insectes ; &amp; on prétend que ces noeuds portés dans la poche garantissent des douleurs des hémorroïdes. Cette plante a sa racine blanchâtre &amp; rampante. Elle donne dans sa longueur des tiges hautes d'un pied &amp; demi, ou de deux pieds, plus menues que le petit doigt, canelées, moëlleuses, &amp; longues de quatre à cinq pouces sur moins d'un pouce de largeur, découpées &amp; plissées sur leurs bords, armées de piquans très-fins ; vertes en-dessus, &amp; pâles ou blanchâtres en-dessous. Lorsque cette tige n'est point piquée, &amp; qu'elle ne forme pas un noeud vers son extrémité, elle se divise en quelques branches qui portent des têtes allongées, à écailles, dont les piquans sont foibles, &amp; à fleuron d'un pourpre pâle, portés sur des embryons qui deviennent des semences couleur d'alun &amp; chargées d'aigrettes. Cette plante vient communément dans les champs &amp; dans les vignes ; mais on ne trouve ces sortes de noeuds, que lorsqu'elle naît dans des lieux humides à l'abri de quelques arbres.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon notre-dame , ou chardon laité. <i>Carduus albis maculis notatus, vulgaris C. B. Pin.</i> Il est ainsi appellé à cause des taches blanches qui sont répandues sur ses feuilles. Les racines de cette plante sont grosses, longues, &amp; poussent plusieurs feuilles longues d'un pied &amp; demi, larges de demi-pied environ, découpées sur leurs bords, comme ondées, armées de piquans affilés, verd gai en-dessus, &amp; comme vénées par des taches d'un blanc de lait dans les endroits de leurs principales nervures. Ses tiges sont droites, chargées de quelques feuilles pareilles à celles du bas, mais moins amples ; elles sont terminées par quelques branches qui portent des têtes écailleuses, fort épineuses. Ses fleurs sont purpurines ; ses semences sont grosses comme celles du Carthame, noirâtres, &amp; fort adoucissantes. On les emploie en émulsion dans les ardeurs d'urine. On mange les jeunes pousses de cette plante de même que celles de quelques autres <i>chardons.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon rolland . <i>Eryngium vulgare,</i> ou le <i>Panicaut,</i> le <i>Chardon à cent têtes.</i> Plante qui n'est point du genre des <i>Chardons.</i> Sa racine est longue de plus d'un pied, grosse comme le doigt, brune en dehors, blanche en dedans, douceâtre, composée d'une écorce épaisse, tendre, &amp; d'un nerf ou coeur ligneux. Elle donne quelques feuilles fermes, sèches, piquantes, découpées en trois ou quatre segmens longs d'un pouce &amp; demi, ou de deux pouces sur moins d'un pouce de largeur, dentelées sur leurs bords &amp; d'un verd pâle. La tige, qui sort d'entre ces feuilles, est haute d'un ou deux pieds, plus mince que le petit doigt, canelées, &amp; chargées des feuilles pareilles à celles du bas, mais plus arrondies &amp; plus découpées. Cette tige se divise ensuite en plusieurs branches qui portent chacune une tête grosse comme le pouce, longue d'un demi pouce, garnie à sa base de quelques petites feuilles qui forment une espèce de fraise. Chaque fleur est composée de cinq petites pétales blanchâtres, &amp; soutenues par un calice qui devient ensuite un fruit à deux semences jointes ensemble. Le Panicaut marin se distingue du vulgaire par ses feuilles plus arrondies, moins découpées &amp; plus plissées, &amp; par leur couleur. La racine du Panicaut est apéritive, diurétique ; on l'emploie dans les bouillons, les tisanes &amp; les aposèmes. On recommande les racines confites du Panicaut marin pour la phthisie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    CHARDON . Terme de Fleuriste . C'est une anémone dont les béquillons sont fort étroits. Morin. Quelque grosseur &amp; quelque coloris qu'elle ait, elle est détestable. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon , chez les Serruriers, se dit des pointes &amp; crochets de fer qui se mettent sur des barreaux, sur une grille de fer, ou sur le chaperon d'un mur, pour empêcher qu'on ne passe par-dessus. <i>Carduus ferreus.</i></p><p>On dit proverbialement qu'un homme est amoureux, gracieux comme un <i>Chardon</i> ; pour dire, qu'il est mal gracieux, rebarbatif.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDON</head>
    <p>
    Chardon . Notre-Dame du <i>Chardon.</i> Ordre militaire projetté en 1369. &amp; institué en 1370. le jour de la Purification de la sainte Vierge à Moulins par Louïs II. Duc de Bourbon. Cet Ordre étoit composé de 26. Chevaliers. Le Prince &amp; ses successeurs devoient être les Chefs de l'Ordre. Les Chevaliers portoient toujours la ceinture de couleur bleue céleste, doublée de satin rouge, brodée d'or, &amp; sur laquelle on lisoit ce mot <i>Espérance,</i> en broderie d'or aussi. Aux grandes fêtes, &amp; principalement à celle de la Purification, que le Prince tenoit table ouverte aux Chevaliers, ils étoient vêtus de soutanes de damas incarnat, à manches larges, &amp; ceintes de leurs ceintures bleues. Le grand manteau de cet Ordre étoit de bleu céleste, doublé de satin rouge : &amp; le grand collier de fin or, du poids de dix marcs, fermant à boucle &amp; ardillons d'or par derrière. Il étoit composé de lozanges &amp; de demies lozanges à double orle, émaillées de verd, percées à jour, remplies de fleurs de lys d'or, &amp; du mot <i>Espérance,</i> écrit dans les lozanges en lettres capitales à l'antique. De ce collier pendoit sur l'estomac un ovale, dans laquelle étoit l'image de la sainte Vierge, entourée d'un soleil d'or, couronnée de douze étoiles d'argent avec un croissant de même sous ses pieds &amp; au bout une tête de <i>chardon</i> émaillé de verd. Leurs chapeaux étoient de velours verdrebrassés de palmes de soie cramoisie, sur lequel étoit l'écu d'or à la devise <i>Allen, Allen,</i> qui veut dire, <i>Allons ensemble,</i> pour marquer l'union qui devoit être entre eux.</p><p>Le nom de Notre-Dame du <i>Chardon</i> vient de <i>chardon</i> qui étoit au bout de l'ovale qui pendoit du collier, &amp; de ce que la ceinture de l'Ordre fermoit à boucle &amp; ardillons de fin or ébarbillonnés &amp; dechiquetés avec l'émail verd comme la tête d'un <i>chardon.</i> L'Abbé Justiniani traite de cet Ordre dans son T. II. Ch. 60. p. 688.</p><p>Il y a aussi en Ecosse un Ordre du <i>Chardon,</i> autrement du bouquet de Rue, ou de S. André, &amp; de S. André du <i>Chardon.</i> Nous en avons parlé au mot André. L'Abbé Justiniani en traite fort au long dans son <i>Historia di tutti gl'Ordini militari &amp; Cavallereschi. Tom. I. Ch.</i> 16.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8006" id="1" type="">
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    <head>CHARDONAL</head>
    <p>
    CHARDONAL , ou CHARDOUNAL, subst. masc. Vieux mot. Cardinal. <i>Cardinalis.</i> Le Reclus de Moines manuscrit dit :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8007" id="1" type="detacheur">
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    <head>CHARDONNER</head>
    <p>
    CHARDONNER , v. act. Terme de Détacheur . C'est tirer le poil d'un habit avec des chardons. <i>Pilos carduis erigere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8008" id="1" type="">
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    <head>CHARDONNERET</head>
    <p>
    CHARDONNERET , s. m. Petit oiseau recommandable pour la beauté de son plumage, &amp; celle de son chant. Le <i>Chardonneret</i> est plus petit que le Pinson : c'est le plus beau des oiseaux qui se voie en France. Il a sur le devant de la tête &amp; à la gorge des marques rouges ; le haut de sa tête est noir ; les tempes sont blanches ; les ailes sont noires, &amp; diversifiées de blanc : dans leurs grandes pennes on voit une bande jaune de part &amp; d'autre. Le jeune <i>Chardonneret</i> n'a aucune rougeur à la tête ; mais il est d'une couleur cendrée qui tire sur le roux. Les Oiseleurs les appellent <i>Grisets,</i> &amp; les vont prendre dans les prez aux foins pendant le mois de Juillet. Le <i>Chardonneret</i> mâle a la tête, la gorge &amp; le dos plus noirs. Sa tête est aussi plus longue &amp; plus plate que celle de la femelle : celle-ci a les ailes cendrées, la gorge blanche, &amp; la tête rouge. Il y a d'autres <i>Chardonnerets</i> qui ont le tour du bec noir, &amp; le tour des yeux, qui a coutume d'être rouge aux autres, leur paroît blanc. L'on en trouve aussi en Italie qui ont tout le corps diversifié de couleurs différentes des autres, si l'on en croît quelques Auteurs. Enfin il y en a qui sont blanchâtres, &amp; d'autres qui sont blancs, &amp; ont la tête rouge.</p><p>Le <i>Chardonneret</i> fait son nid dans les épines, &amp; dans les arbrisseaux. Il fait trois fois l'an des petits ; savoir au mois de Mai, de Juin &amp; d'Août. Ceux du mois d'Août sont les meilleurs, Ils font sept ou huit oeufs pour l'ordinaire. Ceux qui font leur nid dans les épines, ont quelques plumes orangées, &amp; sont plus estimés que les autres, parce qu'ils sont plus forts &amp; plus robustes, &amp; qu'ils chantent mieux. Ils sont différens des autres en ce que leur pennage est plus gris &amp; plus obscur. Les noirs sont communément bons. Les <i>Chardonerets</i> vivent jusqu'à vingt ans &amp; plus.</p><p>Le <i>Chardonneret</i> niais est beaucoup meilleur que les autres à tenir en cage. Il faut le mettre auprès d'une linotte, d'un serin de Canarie, ou d'une fauvette ; &amp; son champ sera composé de quelque partie des leurs ; &amp; la diversité en sera plus agréable. Il faut prendre garde qu'il n'entende point d'autre <i>Chardonneret,</i> afin qu'il ne s'arrête point à son chant. Willoughby parle dans son Ornithologie d'un <i>Chardonneret</i> qu'on nourrissoit dans une cage depuis 23. ans, &amp; auquel on étoit obligé de couper tous les huit jours le bec &amp; les ongles, afin qu'il pût manger &amp; se soutenir.</p><p>On appelle cet oiseau <i>Chardonneret,</i> parce qu'on le voit ordinairement sur les chardons &amp; les épines. Il vit environ 15. ans, &amp; est sujet à des vertiges. Olina. Les Grecs l'appellent , d', <i>spina</i> ; les Latins <i>carduelis,</i> de <i>carduus.</i> Les Italiens le nomment <i>cardello,</i> ou <i>cardellino</i> ; les Espagnols <i>sirguerito.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARDONNET</head>
    <p>
    CHARDONNET , s. m. Ce mot est un diminutif de chardon, &amp; signifie <i>petit chardon,</i> mais il ne se dit qu'en parlant d'une Eglise de Paris qu'on appelle S. Nicolas du <i>Chardonnet.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHARDONNETTE" />
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    <head>CHARDONNETTE</head>
    <p>
    CHARDONNETTE , s. f. Quelques-uns disent <i>Chardonnerette.</i> Plante qui est une espèce d'artichaut sauvage. Elle est semblable à l'artichaut des jardins. Sa tige est fort haute. ses feuilles sont grandes, garnies de piquans tout à l'entour, de même que ses têtes. Ses fleurs sont de couleur de pourpre. <i>Cinara silvestris latifolia,</i> ou <i>scolymus Dioscoridis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHARDONNETTE" />
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    <head>CHARDONNETTE</head>
    <p>
    Chardonnette , se dit aussi des fleurs de la plante qu'on appelle <i>chardonnette.</i> Les Paysans s'en servent au lieu de presure pour cailler le lait.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHARDONNIÈRE" />
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    <head>CHARDONNIÈRE</head>
    <p>
    CHARDONNIÈRE , s. f. Terre pleine de chardons. <i>Carduetum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHARDOUSSE" />
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    <head>CHARDOUSSE</head>
    <p>
    CHARDOUSSE , s. f. Nom qu'on donne en quelques endroits à la carline. Voyez <ref type="search" target="head:CARLINE">CARLINE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8013" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARENÇON" />
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    <head>CHARENÇON</head>
    <p>
    CHARENÇON , ou plutôt CHARANSON, s. m. Petit insecte fait comme une punaise, qui s'engendre &amp; se nourrit dans le grain de bled. <i>Curculio.</i> Il mange toute la farine, &amp; il n'y laisse que le son. Quand il y a des <i>charençons</i> dans un grenier, il faut vendre le blé au plutôt, car ils multiplient horriblement.</p><p>Ce mot vient du participe Grec , qui signifie <i>rongeant le blé.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARENTE</head>
    <p>
    CHARENTE , s. f. est le nom que nos Historiens donnent à un fameux vaisseau de la flotte que Louis XI. fit partir de Provence en 1500. pour la conquête de Naples sous les ordres du Seigneur de Ravestein, Gouverneur de Gènes. Ce vaisseau, dit un Auteur contemporain, portoit douze cents soldats sans les matelots ; &amp; deux cents pièces d'artillerie, dont il n'y en avoit que quatorze grosses, les autres n'étoient que des fauconneaux &amp; d'autres semblables petites pièces. P. Daniel, T. II. p. 1687. 1788.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARENTE</head>
    <p>
    Charente . Rivière. Voyez <ref type="search" target="head:CHARANTE">CHARANTE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARENTON</head>
    <p>
    CHARENTON , s. m. Bourg de France sur la Marne, un peu au-dessus de l'endroit où elle se décharge dans la Seine. <i>Carentonium.</i> Un Temple que les Huguenots y avoient avant la révocation de l'Edit de Nantes, &amp; où ceux de Paris faisoient leurs assemblées, a fait souvent parler de ce lieu. Daillé, Alix, Claude, ont été Ministres de <i>Charenton.</i> On a dit par une espèce de proverbe, Aller à <i>Charenton.</i> Aller à la Messe à <i>Charenton,</i> pour se faire Huguenot.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    CHARGE , subst. fém. Poids d'un corps qui pèse sur un autre. <i>Onus, pondus.</i> On admire le frontispice du Louvre, parce que ses colonnes supportent une épouvantable <i>charge.</i></p><p>Ce mot vient de <i>carg</i>, qui en vieux langage Armorique ou Bas-Breton signifioit la même chose.</p><p>
    </p>
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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , en termes de Maçonnerie , se dit de ce qui pèse sur un mur, poutre, ou autre corps. On donne de la <i>charge</i> à une voûte à proportion que les arcboutans sont forts. Il faut étayer cette poutre, parce qu'elle succombe sous la <i>charge.</i> Les Maçons appellent aussi <i>charge,</i> une certaine épaisseur que l'on met sur les solives &amp; ais d'entre-voûte, ou sur le hourdi d'un plancher, pour recevoir le carreau, ou aire de plâtre, qu'on y doit mettre.</p><p>On dit particulièrement, qu'il faut payer les <i>charges</i> d'un mur, quand un voisin élève un mur mitoyen pour bâtir dessus : ce qui s'estime à raison de six toises l'une. Voyez l'art. 197. de la Coutume de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , est aussi une certaine mesure d'un poids proportionné à la force de ce qui le supporte. Ainsi on dit, une <i>charge</i> de cotrets, de fagots ; pour dire, 18. ou 20. cotrets, ou fagots, que peut porter un Crocheteur. Cet homme a fait tant de livres, qu'il y en auroit bien la <i>charge</i> d'un Crocheteur. Une <i>charge</i> de charbon contient deux mines. Une <i>charge</i> de blé. La <i>charge</i> d'un mulet c'est 400 livres ; d'un chameau, c'est mille livres. Ce vaisseau a sa <i>charge</i> ; pour dire, il en a autant qu'il en peut porter. La <i>charge</i> des carraques de Portugal est de deux mille tonneaux, c'est-à-dire, qu'elles portent quatre millions de livres pesant. Ce vaisseau n'a pas trouvé en ce port des marchandises pour sa <i>charge,</i> il en est sorti avec demi-<i>charge.</i> On appelle <i>vaisseaux de charge,</i> ceux qui suivent une armée navale pour porter les munitions &amp; les provisions. Brébeuf fait dire par César au Nautonnier qui le conduisoit.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , se prend encore pour une certaine mesure ou quantité de choses qui sont dans le commerce. La <i>charge</i> <pb n="992" facs="bpt6k8542165/f1032/full/1200,/0/native.jpg"/>de Marseille est composée du poids de trois cents livres. Celle d'Arles est du même poids. La <i>charge</i> de S. Gilles est de dix-huit à vingt pour cent plus grande que celle d'Arles. La <i>charge</i> de Tarascon est de deux pour cent plus foible que celle d'Arles. La <i>charge</i> de Toulon est composée de trois setiers du pays ; chaque setier contient une hémine &amp; demie, &amp; est égal à celui de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , signifie aussi, l'action de charger. <i>Impositio oneris.</i> En la navigation des rivières il y a trois jours de <i>charge,</i> ou de planche, &amp; autant pour la décharge ; c'est-à-dire, pour donner le loisir aux Marchands de charger, &amp; décharger.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , signifie encore, les coups qu'on donne à quelqu'un, qui effectivement lui pèsent sur le corps. Il lui a donné une <i>charge</i> de bois, une <i>charge</i> de coups de bâton. <i>Impositio verberum.</i> Cela ne se peut dire, que dans le style bas &amp; comique.</p><p>On dit pareillement des armées qui se battent, Ces deux corps se sont choqués furieusement, &amp; ont retourné plusieurs fois à la <i>charge. Pugna.</i> Les Trompettes sonnoient la <i>charge.</i> Les Tambours battoient la <i>charge. Pugnae signum. Charge</i> dans ces phrases signifie &amp; l'action des soldats qu'on avertit par le son des trompettes &amp; des tambours de charger, d'attaquer l'ennemi, &amp; ce sont même des trompettes &amp; des tambours. Dans le premier sens <i>charge</i> signifie <i>combat</i> ; dans le second sens, <i>charge</i> signifie certain signal qui se donne avec les instrumens militaires, trompettes, timbales, tambours, &amp;c. pour aller au combat.</p><p>En ce sens on dit figurément, qu'on retourne à la <i>charge,</i> quand on vient demander une seconde fois une chose dont on a été déja refusé, quand on réitère ses sollicitations, ses importunités. <i>Rem eamdem post repulsam denuò petere.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , est aussi une certaine mesure de poudre qu'on met dans les armes à feu pour leur faire faire leur effet. <i>Pulveris ac globi tormento displodendo modus.</i> La <i>charge</i> de canon est environ la troisième partie du poids de son boulet. La <i>charge</i> d'une mine est ordinairement un millier de poudre ; mais on la proportionne à la nature &amp; au poids du terrain qu'il faut qu'elle enlève. On donne double <i>charge</i> aux canons pour les essayer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , se dit aussi des fournimens qui sont attachés aux bandouillières des Mousquetaires, qui servent à donner la <i>charge</i> à un mousquet. <i>Pulveris ac plumbi aereae fistulae displodendae modus, pulveris pyrii theca.</i> Ces fournimens ne sont autre chose que plusieurs petits étuits couverts de veau, dans chacun desquels les soldats renferment ce qu'il faut de poudre pour charger leurs armes à feu. Ouvrir la <i>charge</i> avec ses dents.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , se dit figurément de tout ce qui est accablant ou onéreux. <i>Onus.</i> L'action de l'esprit s'étouffe par trop d'étude ; c'est une <i>charge</i> qui l'accable. Moht. Il est mal-aisé de bien aimer ceux qui nous sont à <i>charge.</i> Vau. Une vieille fille est à <i>charge</i> aux autres, &amp; à elle-même. Le Grand Théodose refusa l'Empire, &amp; l'on remarqua que ce n'étoit point par une vaine cérémonie, mais par une véritable sagesse, qui lui faisoit regarder cet honneur comme une <i>charge</i> difficile. Flech.</p><p>Une tutelle est une <i>charge,</i> &amp; non pas un avantage. Cette veuve a cinq enfans à sa <i>charge</i> ; c'est-à-dire, qu'elle est obligée de les nourrir, entretenir &amp; avancer. Cet importun est à la <i>charge</i> de ses amis ; c'est-à-dire, qu'il leur emprunte, &amp; qu'il vit à leurs dépens. Une Abbaye régulière est un bénéfice à <i>charge</i> d'ames. Les secrets, soit les nôtres, soit ceux que l'on nous confie, peuvent encore porter le nom de <i>charge,</i> à cause de la peine que les indiscrets ont à les garder.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , se dit en ce sens des clauses &amp; conditions qui sont stipulées par un acte ou contrat, ou qui sont naturellement attachées à la chose dont on traitte. <i>Lex, conditio.</i> Il a vendu cette terre à la <i>charge</i> d'une telle servitude, à la <i>charge</i> de payer tels &amp; tels créanciers, à la <i>charge</i> du reméré, <i>eâ lege, eâ conditione.</i> On donne tous les baux à la <i>charge</i> de cultiver &amp; entretenir les lieux en bon père de famille. Il lui a fait ce plaisir à <i>charge</i> d'autant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , signifie aussi, Pension, rente, redevance dont une chose est tenue envers une autre. <i>Onus, Impensa.</i> Il a quitté le Bénéfice à cause de ses <i>charges.</i> Il doit une rente de cent septiers de blé, c'est une grosse <i>charge.</i> Il ne vaut pas cent écus, toutes <i>charges</i> faites. Cette redevance est une <i>charge</i> foncière. Les <i>charges foncières</i> sont les redevances qu'on a imposées après le cens, sur les héritages lorsqu'ils ont été aliénés. <i>Census secundarius, census.</i> Les <i>charges foncières</i> doivent être payées &amp; supportées par celui qui possède l'héritage, qui a été aliéné ; sinon il le doit abandonner. Loiseau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , est encore un impôt, une levée de deniers pour fournir aux dépenses &amp; aux nécessités de l'Etat, d'une Communauté. <i>Tributum, vectigal.</i> C'est au peuple à supporter les <i>charges</i> de l'Etat. Durant la guerre on est obligé à mettre de nouvelles <i>charges,</i> de nouvelles impositions. Les propriétaires des maisons sont obligés aux <i>charges</i> de ville, qui sont boues, lanternes, pauvres, logement de soldats, fortifications, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , signifie encore une accusation, une imposition de crime, soit par la plainte de l'accusateur, soit par la déposition des témoins. <i>Accusatio, criminatio.</i> Il y a beaucoup de <i>charges</i> contre cet homme, on l'accuse en plusieurs choses. Les <i>charges</i> &amp; informations ont été apportées ; c'est-à-dire, les actes du Greffe, qui contiennent la plainte de la partie, &amp; les dépositions des témoins. On dit, qu'un accusé prend droit par les <i>charges,</i> lorsqu'il est sûr de son innocence ; qu'il n'y a point de preuve contre lui ; &amp; qu'il s'en rapporte au dire des témoins, qu'il n'est point besoin de lui confronter. L'Ordonnance veut qu'on entende les témoins à <i>charge,</i> &amp; décharge.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , signifie souvent une dignité, un office qui donne pouvoir &amp; autorité à quelqu'un sur un autre. <i>Munus, dignitas, magistratus.</i> Il y a des <i>charges</i> seulement utiles par les revenus, les émolumens qui y sont attachés ; &amp; d'autres qui sont honorables par les fonctions, &amp; par le rang qu'elles donnent. La <i>charge</i> de Chancelier, de Premier Président, sont les premières <i>charges</i> du Royaume. Il y a quatre principales sortes de <i>charges :</i> celles de la Maison du Roi ou des Princes, comme Grand-Chambellan, Grand-Maître de la Garderobe, des Cérémonies : celles de l'Armée, comme de Maréchal de Camp, Mestre de Camp, de Capitaine, d'Enseigne : celles de Robe, ou de Judicature, comme de Conseiller, de Greffier : &amp; celles de Finances, comme Intendant, Contrôleur, Trésorier, Receveur &amp; Payeur. On dit qu'un homme est <i>en charge,</i> Pour signifier qu'il exerce une <i>charge,</i> qu'il en fait actuellement les fonctions. <i>Magistratum munus exercere :</i> qu'il est <i>hors de charge,</i> quand le temps de son exercice est expiré ; &amp; cela se dit particulièrement des magistratures, &amp; des dignités électives, &amp; non perpétuelles. <i>Defunctus magistratu.</i> On dit, Exercer une <i>charge en titre,</i> quand on en a des provisions ; <i>Exercere magistratum cum jure obtentisque ad eam rem tabulis</i> ; &amp; <i>par commission,</i> lorsque la <i>charge</i> n'a point de titulaire, ou qu'il est interdit ou absent. <i>Cum delegatâ potestate aliquo munere defungi,</i> ou <i>absentis aut mortui partes implere.</i> On dit, Etre pourvû d'une <i>charge en survivance,</i> quand on a droit de l'exercer après la mort ou en l'absence du titulaire. <i>Designari successorem alterius muneris.</i> Il y a aussi des <i>charges municipales,</i> ou des <i>charges de ville</i> qu'on obtient par élection ; &amp; des <i>charges de Communautés.</i></p><p>La vénalité des <i>charges,</i> qui se pratique en France, n'a été en usage dans aucune République, &amp; ne trouve point d'exemple ailleurs. Il semble que les <i>charges</i> doivent être la récompense du mérite, &amp; qu'on les doit proposer comme un prix qui serve d'aiguillon à la vertu, &amp; qui anime <pb n="993" facs="bpt6k8542165/f1033/full/1200,/0/native.jpg"/>au travail. On hasarde à remplir les <i>charges</i> de personnes incapables, en n'y admettant que ceux qui ont de quoi les acheter. C'est la réflexion que le Sieur Basnage, ou ceux qui lui ont aidé à la nouvelle impression du Dictionnaire, ont ajoûtée aux remarques de M. de Furetière. Mais l'on peut dire avec beaucoup plus de raison, que si la vénalité des <i>charges</i> est sujette à quelque inconvénient, c'est un mal nécessaire pour garantir d'une infinité d'autres beaucoup plus préjudiciables à l'Etat. Les brigues, les partis, les cabales, les divisions, sont les suites funestes &amp; ordinaires des <i>charges</i> purement électives. L'on peut encore ajoûter que la vénalité des <i>charges</i> fait qu'elles se trouvent remplies par un plus grand nombre de Noblesse que la Providence a fait naître pour commander aux autres. D'ailleurs on prend les précautions nécessaires pour qu'il n'entre dans les <i>charges</i> que des gens capables de les remplir : ceux qui s'en acquittent mal, on les interdit, ou même on les oblige à s'en défaire, &amp; à les vendre à d'autres. Dans le temps de la République Romaine les <i>charges</i> étoient conférées par l'élection du peuple. Les Empereurs s'étant emparés du droit du peuple, nommoient seulement les Grands Officiers ; &amp; ces Grands Officiers nommoient seulement les Officiers inférieurs, qui dépendoient de leur <i>charge.</i> Le même ordre fut observé en France. Le Roi par l'avis de son Conseil nommoit les premiers Officiers de la Chambre des Comptes &amp; des Finances. Les Baillifs &amp; les Sénéchaux étoient aussi pourvûs directement par le Roi. Mais les Officiers inférieurs étoient choisis par les Comtes, ou par les Ducs, &amp; par les Officiers supérieurs Jusqu'à François I. le Chancelier avoit droit de pourvoir à toutes les <i>charges</i> sans gages, ou dont les gages n'excédoient point 25. livres. Par une Ordonnance de Charles VI. de l'an 1440. il fut réglé que les Officiers du Parlement, &amp; autres de Justice, seroient nommés par le Parlement même, en présence du Chancelier ; &amp; ceux des Finances par la Chambre des Comptes. Pendant que les Anglois occupoient la France, ils in traduisirent la collation, la nomination arbitraire du Roi. Après qu'ils furent expulsés, l'on inventa sous Charles VIII. un expédient entre la nomination absolue du Roi, &amp; l'élection ; c'est que le Parlement &amp; la Chambre des Comptes nommeroient trois personnes, &amp; que le Roi choisiroit celui qu'il lui plairoit de préférer. Ce partage équitable entre le Roi &amp; ses sujets, a subsisté jusqu'à la vénalité des <i>charges.</i> Elle commença du temps de Louis XI. par le besoin d'aquitter les dettes de Charles VIII. son prédécesseur.</p><p>Au XIVe siècle, toutes les <i>Charges</i> de judicature étoient censées vacantes par la mort du Roi. Louis XI. pour se concilier l'amitié des Officiers du Royaume, fit en leur faveur une Ordonnance, par laquelle il leur assuroit leurs <i>Charges</i> pour toute leur vie, déclarant qu'elles ne seroient jamais vacantes que par leur mort, ou en cas de forfaiture, ou par leur démission volontaire. P. Daniel, <i>T. II. p.</i> 1455. Louïs XII. rendit vénales les <i>charges</i> qu'on appelloit Offices Royaux, qui n'étoient point de Judicature. Id. <i>Tom. II. p.</i> 1671. <i>&amp;</i> 1672. Ce fut en 1515. à l'occasion de la guerre d'Italie que François I. entreprenoit, que les <i>charges</i> de judicature commencerent à devenir vénales en France. A la vérité Louïs XII. pressé par les nécessités de l'Etat, avoit déja vendu quelques Offices ; mais c'étoit dans le dessein de remettre les choses sur l'ancien pied, dès qu'il auroit la paix ; &amp; il avoit excepté de ce nombre les Magistratures de Justice : le Chancelier Du Prat fut Auteur de cette innovation. Voyez le P. Daniel dans François I. Tom. III. p. 8.</p><p>Je pourrois vous faire voir S. Augustin dans une sainte horreur des <i>charges,</i> &amp; regardant comme un fardeau redoutable ces dignités qu'on recherche avec une ambition séculière, Flech. Une téméraire jeunesse se jette d'ordinaire sans étude &amp; sans connoissance dans les <i>charges</i> de la Robe. Id. La principale chose qui soutient les hommes dans les grandes <i>charges,</i> d'ailleurs si pénibles, c'est qu'ils sont sans cesse détournés de penser à eux. Pasc. Combien d'ames oisives qui n'apportent d'autres préparations à leurs <i>charges,</i> que celle de les avoir desirées, pour satisfaire leur orgueil &amp; honorer leur paresse ? Flech.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , se dit quelquefois d'une commission verbale, ou sans titre, ou passagère, quand on donne à quelqu'un le soin ou la garde de quelque chose. <i>Provincia, negotium.</i> On lui a donné la <i>charge</i> d'un tel recouvrement. On a mis ce prisonnier à la garde d'un tel, il l'a en sa <i>charge.</i> Il a la <i>charge</i> de fournir des vivres, des logemens à ces troupes. Il n'est pas responsable du vol qui a été fait en cette maison, les meubles n'étoient point en sa <i>charge.</i> En ce sens on appelle une <i>femme de charge,</i> celle qui a le soin de la vaisselle d'argent, &amp; des provisions d'un logis ; &amp; dans les Communautés, un tel a la <i>charge</i> de la Sacristie, du Cellier, de l'Infirmerie, &amp;c. C'est aussi en ce sens que l'on dit, Un bénéfice <i>à charge</i> d'ames, tel qu'une cure, parce que les ames des fidèles sont confiées au soin du Curé.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , signifie encore, Mandement, procuration. <i>Praescripta negotii gerendi auctoritas.</i> Il a donné <i>charge</i> à son Commis de faire votre expédition. Un Procureur est sujet à désaveu, quand il a occupé, quand il a fait des offres sans <i>charge,</i> sans mandement spécial. Ce Banquier a donné <i>charge</i> à son correspondant d'acquitter une telle lettre de change.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , se dit aussi du soin qu'on prend des affaires d'un Etat, d'une maison, en vertu d'une commission particulière. Ce Ministre prend sur lui toute la <i>charge,</i> tout le faix des affaires du Royaume. Cet Intendant, ce Solliciteur, a la <i>charge</i> des affaires &amp; procès de cette famille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8016" id="18" type="manege">
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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , en termes de Manége , c'est un cataplasme, un appareil ou onguent fait de miel, de graisse, de térébentine, &amp; quelquefois de lie de vin, &amp; autres drogues, qui sert à guérir les foulures, les enflures, ou autres maladies des chevaux, procédantes de quelque travail ou effort violent, lorsqu'on l'applique sur les parties offensées, ou qu'on les en frotte. <i>Cataplasma.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , en termes de Peinture , c'est une représentation exagérée de quelque personne, que le Peintre fait pour se réjouir, &amp; à laquelle il conserve de la ressemblance en ridicule. Il n'est pas nécessaire que le Peintre ait toujours intention de se divertir pour qu'on puisse dire qu'une chose est chargée. <i>Res aliqua per picturam exaggerata.</i> Ceux qui ont une véritable idée de la correction, de la simplicité régulière, &amp; de l'élégance de la nature, traiteront de superflu ces <i>charges</i> qui altèrent toujours la vérité. De Piles. Peu de Peintres ont le génie de bien faire des <i>charges.</i> Ces sortes de <i>charges</i> se font en outrant ce qu'il y a de vrai dans la personne que l'on peint, soit dans l'excès, soit dans le défaut. Ainsi, quand d'un nez un peu plus long que la nature ne le donne au commun des hommes, on en fait un nez excessivement long ; ou que d'un nez un peu plus court qu'il ne devroit être, on en fait un nez tout-à-fait camus, cela s'appelle la <i>charge</i> de celui qu'on a voulu représenter. Il en est de même de toutes les autres parties du corps, dont les excès &amp; les défauts sont outrés par le Peintre.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , en termes de Jardinage , est une bourse ou oeil de fleur, <i>oculus,</i> d'où vient qu'on dit, que les arbres chargent beaucoup, quand ils ont beaucoup de ces <i>charges,</i> &amp; qu'ils apportent beaucoup de fruit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8016" id="21" type="">
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   <index type="pred_domain" value="Superstition" />
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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , en termes de Magie noire &amp; de Sortilége , signifie le charme &amp; le sort que les Sorciers mettent en quelque lieu pour y faire leurs malefices &amp; empoisonnemens. <i>Incantamentum, cantio, fascinatio.</i> C'est un pot de terre neuf, vernissé, non acheté, ni marchandé, dans lequel ils mettent du sang de mouton, de sa laine, du poil de plusieurs bêtes, avec quantité d'herbes &amp; de poisons qu'ils bouillent avec plusieurs grimaces &amp; cérémonies superstieuses &amp; sacriléges, en proférant plusieurs paroles &amp; invocations de Démons. Ils mettent ce pot dans un lieu secret de la bergerie, ou autre endroit où ils veulent faire quelque maléfice ; &amp; alors ils l'arrosent avec un peu de vinaigre, selon l'effet qu'ils veulent qu'il produise. Ce sort dure certain temps, &amp; ne sauroit être levé que par celui qui l'a mis, ou par quelque supérieur qui causera la mort du premier. L'histoire de cette espèce de sortilége est amplement décrite dans les procès d'un nommé <i>Bras de fer,</i> fameux Sorcier, qui est à présent au mois de Mars 1688. dans les prisons du Parlement appellant d'une sentence, par laquelle lui &amp; ses complices sont condamnés à être pendus &amp; brûlés. Dans ce procès il y a des choses si extraordinaires, qu'elles poussent à bout l'incrédulité de ceux qui nient les sortiléges.</p><p>A la charge, adv. A condition. <i>Eâ lege, eâ conditione. A la charge</i> de reprise. <i>A la charge</i> d'autant, c'est-à-dire, <i>à la charge</i> de faire le réciproque, ou de rendre la pareille.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8016" id="22" type="">
   <index type="head" value="CHARGE" />
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    <head>CHARGE</head>
    <p>
    Charge , se dit proverbialement en ces phrases, Il faut prendre le Bénéfice avec ses <i>charges, onera</i> ; pour dire, qu'il faut souffrir les incommodités d'une chose, dont on tire d'ailleurs des avantages. On dit aussi, qu'une <i>charge</i> est le chausse-pied du mariage ; pour dire, qu'un homme en France trouve plutôt à se marier quand il est revêtu d'une <i>charge.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8017" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARGEANT, ANTE" />
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    <head>CHARGEANT, ANTE</head>
    <p>
    CHARGEANT, ANTE , adj. Ce qui pèse, ce qui charge, ce qui incommode. <i>Gravis, onerosus.</i> Cette viande est bien <i>chargeante,</i> elle est difficile à digérer. Il ne faut pas mettre de si gros bois à la charpente de ce toit, il seroit trop <i>chargeant</i> sur ses murs. On ne s'en sert que rarement au propre. On ne dit point fardeau <i>chargeant,</i> pour pesant. On l'emploie au figuré en parlant des emplois, des charges ou dignités, des affaires. Il disoit que cette dignité étoit trop <i>chargeante</i> pendant les troubles de ce siècle. Flech.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8018" id="1" type="marine & de commerce">
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    <head>CHARGEMENT</head>
    <p>
    CHARGEMENT , s. m. Terme de Marine &amp; de Commerce . C'est la charge d'un vaisseau : on le dit aussi de toutes les marchandises chargées sur un vaisseau. <i>Navis onus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8019" id="1" type="canonier">
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    <head>CHARGEOIR</head>
    <p>
    CHARGEOIR , s. m. Terme de Canonier . Instrument avec quoi on charge le canon. <i>Instrumentum quo pulvis sulfuratus &amp; globus tormento induntur.</i> Cet instrument est garni de sa lanterne, de sa hampe, &amp; de deux boëtes pour charger la poudre à canon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="1" type="marine">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    CHARGER , v. act. Mettre un fardeau sur quelque chose. <i>Gravare, onerare.</i> Il faut un homme pour <i>charger</i> ces manoeuvres. Les chameaux sont dressés à se baisser quand on les <i>charge.</i> Le blé <i>charge</i> bien ces planchers, il les faut étayer. Il est allé <i>charger</i> des vins en un tel port. Cet arbre est fort <i>chargé</i> de fruits.</p><p>On dit en termes de Marine , <i>Charger</i> un vaisseau ; pour dire, lui donner sa charge ; le <i>charger</i> à cueillette, ou au quintal ; le <i>charger</i> en grenier ; c'est-à-dire, le <i>charger</i> de marchandises sans être emballées ni entonnées. <i>Charger</i> la pompe d'un vaisseau, c'est y jetter de l'eau par en haut pour la faire prendre, quand elle est déchargée, &amp; qu'il n'y reste plus d'eau au fond. <i>Charger</i> un vaisseau à cueillette, c'est le <i>charger</i> de marchandises reçues de différens particuliers : ce terme est usité en ce sens sur l'Océan ; mais sur la Méditerranée, pour exprimer la même chose, on dit <i>charger</i> au quintal. <i>Charge</i> à la côte, se dit sur mer d'un gros vent qui force un vaisseau à se tenir près de terre.</p><p>Ce mot vient de <i>carricare</i>, formé de <i>carricus,</i> diminutif de <i>carrus.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="2" type="">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , signifie aussi, Incommoder l'estomac. Les écrevisses <i>chargent</i> l'estomac, on a de la peine à les digérer. Vous me <i>chargez</i> trop en me voulant faire boire des rasades. L'usage de ce mot en ces phrases est fondé sur ce qu'on sent un poids dans l'estomac après avoit beaucoup mangé &amp; beaucoup bû, ou après avoir mangé de certaines choses.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="3" type="horloger">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , se dit encore en termes d'Horloger . <i>Charger</i> un balancier, c'est, Rendre une montre, une horloge plus tardive, en rendant le balancier plus lourd. <i>Tardare Horologium addito ad libramentum pondere.</i> Les balanciers des monnoies sont fort <i>chargés</i> de plomb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="4" type="guerre">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , en termes de Guerre , signifie, Attaquer l'ennemi, le battre. <i>In aciem hostium irruere.</i> Les ennemis nous <i>chargerent</i> d'abord en telle occasion, mais nous les <i>chargeâmes</i> à notre tour. Ils avoient ordre de ne se point découvrir que l'ennemi ne fût passé, pour le <i>charger</i> en queue. Ablanc.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="5" type="miroitier">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , en termes de Miroitier , c'est Mettre le mercure derrière la glace. <i>Infundere, diffundere, Oblinire mercurio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="6" type="">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , se dit aussi des querelles particulières. <i>Verberibus impetere, impugnare.</i> Il souffrit quelque temps les reproches de son adversaire, mais il le <i>chargea</i> de coups ; il le <i>chargea</i> de bois ; pour dire, qu'il lui donna des coups de bâton. Cette dernière façon de parler n'est bonne que dans le style bas &amp; comique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="7" type="">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , se dit aussi des armes à feu. <i>Tormento,</i> ou <i>fistulae ferreae, sulphuratum pulverem ac globum indere.</i> C'est mettre dans une arme à feu, ou dans une pièce d'artillerie la quantité de poudre suffisante &amp; les balles, le boulet, ou autres choses nécessaires pour l'effet qu'on se propose. Un canon se <i>charge</i> avec des boulets, des cartouches, des balles ramées. Les ennemis ont éventé la mine depuis qu'elle a été <i>chargée,</i> ils en ont tiré la poudre. Il a <i>chargé</i> ses pistolets.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , se dit figurément en choses spirituelles &amp; morales : il signifie, Accabler, remplir, rejetter sur quelqu'un. <i>Onerare.</i> Il ne faut <i>charger</i> sa mémoire que de bonnes choses. Sa lettre étoit <i>chargée</i> de mille reproches &amp; de mille injures. On reprochoit à Cicéron que son éloquence étoit <i>chargée</i> de paroles &amp; de pensées superflues. Nicol. Les vieillards louent le passé, &amp; blâment le présent : <i>chargeant</i> ainsi le monde du chagrin de leur âge. Mont. Le Calvinisme a été <i>chargé</i> des plus noirs attentats. S. Evr. Les Commentateurs sont d'ordinaire <i>chargés</i> d'une vaine &amp; fastueuse érudition. La Bruy. Il ne faut rien faire qui puisse <i>charger</i> notre mémoire.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , signifie aussi, Imposer quelque condition onéreuse. <i>Onus imponere.</i> Un héritier est <i>chargé</i> d'acquitter les dettes &amp; les legs d'un testateur. Un usufruitier est <i>chargé</i> d'acquitter les rentes annuelles dont le bien qu'il possède est tenu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , signifie aussi, Mettre des impositions. <i>Tributum vectigal imponere.</i> On a trop <i>chargé</i> de tailles ce pauvre homme sur le rôlle. Cette marchandise est trop <i>chargée</i> de douanes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="11" type="">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , signifie quelquefois, Mettre, poser, graver sur quelque chose. Cet Ecu est <i>chargé</i> de trois fleurs de lis. Un habit <i>chargé</i> de broderie, de passemens. On dit en parlant des éloges du Roi :</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="12" type="">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , se dit aussi de ce qui est de mauvais débit, qui nous est à charge. <i>Onerare, gravare.</i> Un bon Marchand ne se doit point <i>charger</i> de mauvaise marchandise. C'est un malheur, quand on a de parens pauvres dont on est obligé de se <i>charger.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , signifie encore, Donner une charge, une commission à quelqu'un de faire quelque chose. <i>Dare alicui rei alicujus provinciam, negotium.</i> Cet homme a été <i>chargé</i> d'une négociation où il a bien réussi. Il ne devoit pas se <i>charger</i> de faire une telle harangue, puisqu'il n'étoit pas en état de parler. Cet Ambassadeur étoit expressément <i>chargé</i> par ses instructions, de faire instance sur la restitution d'une telle place. C'est un tel Avocat qui est <i>chargé</i> de ma cause, de mon sac, de mes mémoires.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , d'ordinaire avec le pronom personnel, signifie, Prendre sur soi, se rendre responsable. <i>Recipere.</i> Jesus-Christ s'est <i>chargé</i> de tous nos péchés, &amp; de toutes nos misères. Confiez-moi votre affaire, je me <i>charge</i> du succès. Cet Entrepreneur s'est <i>chargé</i> de venir à bout d'un tel dessein. Le courier se <i>charge</i> de rendre ma lettre en main propre. Je ne suis <i>chargé</i> que de ma propre conduite, &amp; je ne réponds qu'à moi-même de mes études &amp; de mon loisir. Flech. Les Rois <i>chargés</i> du gouvernement n'en auront-ils que les inquiétudes &amp; les fatigues ? &amp; veut-on qu'ils tremblent devant la loi, qui est leur propre ouvrage ? Tourr.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Se charger , se dit aussi dans un sens propre, pour Mettre quelque fardeau sur sa tête, sur ses épaules, sur soi, sur son corps, de quelque manière que ce soit. Il n'a que faire d'aide, il se <i>charge</i> bien lui-même.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , signifie aussi, Enregistrer. <i>Aliquam pecuniae summam in rationem inducere, rationibus inferre.</i> Il faut qu'un Marchand <i>charge</i> son registre des payemens qu'on lui fait. Le registre de ce Banquier est <i>chargé</i> de l'envoi d'une telle commission en Cour de Rome. Le Greffier est <i>chargé</i> de ce procès.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    <pb n="995" facs="bpt6k8542165/f1035/full/1200,/0/native.jpg"/> Charger , signifie aussi, Accuser quelqu'un en Justice, ou déposer contre lui. <i>Accusare, criminari.</i> Ce prisonnier est <i>charge,</i> est prévenu de plusieurs crimes, il y a divers témoins qui le <i>chargent.</i> Ils ne cessoient de le <i>charger</i> tantôt d'avarice, &amp; tantôt de trahison. Vaug.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="18" type="">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    &#9758; CHARGER , v. act.Charger , en termes de Peinture , signifie, Outrer, Défigurer une chose, ajoûter à la vérité, faire une exagération burlesque des principaux traits qui contribuent à la ressemblance. Rem aliquam pingendo exaggerare. Ce Peintre a charge ce portrait ; pour dire, Il a bien fait un portrait qui ressemble en quelque chose, mais il l'a défiguré, il l'a rendu ridicule. On le dit aussi au figuré. Ce médisant a chargé l'histoire qu'il nous raconte, il y a ajoûté beaucoup de choses de son cru.<br/>Charger un mot. Cette expression se dit des écritures sur lesquelles on met d'autres écritures, pour les corriger. Ainsi un mot <i>charge</i> est un mot qu'il faudroit corriger, &amp; au lieu de l'effacer, on écrit sur ce même mot un autre mot : ce qui fait bien souvent qu'on ne peut lire ni l'un ni l'autre. Cela est défendu ; &amp; dans des procédures criminelles, il ne faut point <i>charger</i> les mots, mais raturer &amp; remettre le véritable mot à la marge avec renvoi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="19" type="jardinage">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , en termes de Jardinage , est aussi verbe neutre. L'orange <i>charge</i> beaucoup. Le petit rousselet <i>charge</i> peu, c'est-à-dire, prend peu de boutons à fruit. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="20" type="monnoie">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , en termes de Monnoie on dit, <i>charger</i> la coupelle d'affinage ; c'est après que le plomb y a bouilli quelque temps, y jetter les matières, c'est-à-dire, l'or ou l'argent qu'on veut affiner. <i>Charger</i> les creusets, <i>charger</i> le creuset de matières ; c'est y jetter les matières, c'est-à-dire, l'or ou l'argent pour les fondre. <i>Charger</i> le fourneau de charbon, c'est y jetter du charbon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="21" type="vinaigrier">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , est aussi un terme de Vinaigrier , qui signifie, Emplir. <i>Implere. Charger</i> les vaisseaux. Pot à <i>charger.</i> Entonnoir à <i>charger.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="22" type="fileuse">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , est aussi un terme de Fileuse . Il signifie, Mettre du chanvre, du lin autour de la quenouille pour le filer. <i>Circumdare.</i> Je vais <i>charger</i> ma quenouille. Ma quenouille est bien <i>chargée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8020" id="23" type="">
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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charger , se dit proverbialement en ces phrases. Il a été bien <i>chargé</i> d'appointement ; pour dire, Il a été bien battu à coups de poing. Il est revenu <i>chargé</i> comme un mulet ; pour dire, Il en avoit autant qu'il en pouvoit porter. On dit d'un homme qui n'a point d'argent, qu'il est <i>chargé</i> d'argent comme un crapaud de plumes. Cela est bien bas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Chargé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Oneratus, onustus.</i></p><p>On dit au figuré, un homme <i>chargé</i> de famille, d'enfans, de dettes, de crimes. Un Héros <i>chargé</i> de gloire. Ces deux premiers Ministres <i>chargés</i> des interêts &amp; du destin des deux nations, faisoient valoir leur habileté à disputer les droits des Couronnes. Flech.</p><p>On appelle aussi une couleur <i>chargée,</i> lorsqu'elle est forte, &amp; tire vers le plus obscur de la même nuance. <i>Color adstrictus, nubilus &amp; pressus, austerus, satur.</i> On dit aussi, une écriture trop <i>chargée,</i> quand il y a trop d'encre. Une feuille d'impression trop <i>chargée,</i> lorsquelle est trop pleine &amp; trop grande.</p><p>On dit aussi d'un homme gras, qu'il est <i>chargé</i> de cuisine ; qu'il est <i>chargé</i> de ganache, quand il a les joues grosses ; <i>chargé</i> d'années, quand il est fort vieux. <i>Gravis pinguedine, annis.</i> Un cheval <i>chargé</i> d'encolure, <i>chargé</i> de tête, c'est-à-dire, qu'il y a quelque chose de trop dans les parties du cheval que l'on nomme, la tête ; l'encolure.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charge , en termes de Blason , se dit quand sur le chef, la croix, le pal, &amp; sur toutes les autres pièces honorables de l'Ecu, il y a quelque autre figure : &amp; quand sur cette dernière on y en a mis quelque autre, on dit <i>surcharge. Onustus.</i> Il porte d'or à la croix de gueules <i>chargée</i> de cinq coquilles d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGER</head>
    <p>
    Charge, ée , adj. se dit aussi en Peinture de ce qui est trop marqué, &amp; qui fait une ressemblance satyrique d'une personne. <i>Exaggeratus.</i> Annibal Carache se plaisoit à faire des portraits <i>chargés,</i> &amp; y réussissoit fort bien. Pour qu'une chose soit <i>chargée</i> il n'est pas nécessaire que le Peintre ait eu intention de la rendre ridicule, il suffit qu'elle soit outrée. Tout ce qui est <i>chargé</i> est hors du vrai.... cependant il y a des contours <i>chargés</i> qui plaisent, parce qu'ils sont éloignés de la bassesse du naturel ordinaire. De Piles. On ne peut s'empêcher de louer dans quelques grands ouvrages les choses <i>chargées,</i> quand une raisonnable distance d'où on les voit les adoucit à nos yeux. Id. Les Peintres appellent un portrait <i>chargé,</i> lorsqu'on représente un visage avec des traits marqués avec excès, &amp; de telle manière qu'avec trois ou quatre coups de crayon ou autrement on connoît une personne, quoique ce ne soit pas un véritable portrait, mais plutôt des défauts marqués. Félibien.</p><p>On dit que le temps est <i>chargé,</i> quand il est couvert de nuages &amp; disposé à la pluie.</p><p>On dit qu'un homme a les yeux <i>chargés,</i> pour dire, qu'ils sont enflés, remplis d'humeurs.</p><p>On appelle des dez <i>chargés,</i> De faux dez, des dez pipés, dont se servent ceux qui veulent tromper au jeu.</p><p>On appelle une <i>pistole chargée,</i> une pistole à laquelle on a ajoûté de l'or, ou quelqu'autre morceau de métal, pour la rendre de poids. <i>Nummus aureus cui pars metalli alicujus adjecta est, ad compensandam ejusdem levitatem ;</i> ou <i>addito pondere factus legitimus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGEUR</head>
    <p>
    CHARGEUR , s. m. Officier de ville qui est établi pour charger &amp; arranger les bois dans les membrures sur les ports, afin que le bourgeois ne soit point trompé. <i>Qui onus imponit.</i> On les appelle aussi <i>Gagne deniers.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGEUR</head>
    <p>
    Chargeur , est aussi un manoeuvre qui sert dans les atteliers à charger les autres. Il y avoit tant de hotteurs, &amp; tant de <i>chargeurs</i> à faire cette terrasse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARGEUR</head>
    <p>
    Chargeur , est aussi un Officier d'Artillerie commis pour charger le canon. <i>Praefectus instruendis pulvere ac globo tormentis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8022" id="1" type="blason">
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    <head>CHARGEURE</head>
    <p>
    CHARGEURE , s. f. se dit en terme de Blason , quand on parle des pièces qui en chargent d'autres. <i>Partes scutionustae.</i> La <i>chargeure</i> ne diminue pas la noblesse des Armes ; comme fait la brisure.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8023" id="1" type="">
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    <head>CHARIAGE</head>
    <p>
    CHARIAGE , s. m. Charroi, l'action de Charier, <i>Vectura.</i> Peine ou salaire qu'on paye pour une voiture. <i>Vecturae pretium ac merces,</i> ou <i>labor.</i> Le <i>chariage</i> est fort difficile en cette saison. Il coûte tant pour le <i>chariage</i> depuis là jusques ici.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8024" id="1" type="">
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    <head>CHARIER</head>
    <p>
    CHARIER , v. act. Voiturer par charrette. <i>Carro, plaustro aliquid vehere, exportare.</i> Pendant qu'on <i>charie</i> les foins &amp; les vins, les autres voitures enchérissent.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>carrucare</i>.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHARIER" />
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    <head>CHARIER</head>
    <p>
    Charier , se dit des choses liquides qui dans leur cours en emportent d'autres plus solides avec elles. <i>Vehere.</i> La rivière <i>charie,</i> quand les glaces se forment ou se détachent. Il y a des rivières qui <i>charient</i> bien des sables, qui changent de lit. Le sang <i>charie</i> des mauvaises humeurs qui s'évacuent par la saignée. On le dit aussi de l'urine, quand elle entraîne quelqu'autre matière avec elle. Urine qui <i>charie</i> une quantité de matières épaisses &amp; grossières. Degori.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8024" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHARIER" />
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    <head>CHARIER</head>
    <p>
    Charier , en termes de Fauconnerie , se dit quand l'oiseau emporte sa proie, &amp; ne revient point lorsqu'on le reclame. <i>Avolare cum praeda.</i> On dit aussi, qu'on oiseau de proie <i>charie</i> un perdreau, quand il le poursuit &amp; le pourchasse. <i>Persequi, insequi.</i></p><p>On dit proverbialement quand on menace un homme, qu'il faut qu'il <i>charie</i> droit ; pour dire, qu'il prenne bien garde de faire des fautes, parce qu'on lui en doit déja d'ailleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8025" id="1" type="">
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    <head>CHARIOT</head>
    <p>
    CHARIOT , s. m. Voiture à quatre roues, qui n'a qu'un timon, &amp; des chevaux attachés aux côtés les uns des autres. <i>Carrus, currus.</i> Il a amené deux <i>chariots</i> de bagage. On envoie chercher des provisions avec un <i>chariot.</i> Les enfans ont aussi de petits <i>chariots</i> pour se divertir, ils sont fait d'osier ; on s'en sert pour divertir &amp; pour promener les enfans qu'on fait asseoir dedans.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8025" id="2" type="">
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    <head>CHARIOT</head>
    <p>
    Chariot , a signifié autrefois la même chose que <i>char</i> : &amp; ainsi on a dit, le <i>chariot</i> du Soleil. Il y avoit des <i>chariots</i> de triomphe à ce carrousel. On couroit aux Jeux Olympiques avec des <i>chariots.</i> On combattoit sur des <i>chariots</i> armés de faulx chez les Anciens.</p><p>On appelloit autrefois dans les armées le <i>Chariot,</i> &amp; en Italien, <pb n="996" facs="bpt6k8542165/f1036/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>Il Caroccio,</i> un grand <i>chariot,</i> couvert d'ais, &amp; tapissé de fins draps mi-partis de blanc &amp; de rouge, ou bien d'autres livrées, suivant le caprice du peuple qui s'en servoit. Au milieu de ce <i>chariot</i> il y avoit comme un mât de navire élevé, du haut duquel la bannière de la ville ou du peuple voltigeoit çà &amp; là avec plusieurs cordons de soie, qui étoient gouvernés &amp; tenus en état par autant de jeunes hommes forts &amp; robustes, qui avoient aussi le soin de sonner les allarmes &amp; les diverses factions de guerre, avec une cloche, qui étoit attachée au sommet, ou à côté de l'arbre. Toute cette machine étoit ordinairement traînée par trois paires de boeufs houssés &amp; caparaçonnés des mêmes couleurs que le <i>chariot :</i> huit trompettes la suivoient, comme aussi tous les Prêtres &amp; Religieux de l'armée ; &amp; celui qui avoit charge de la conduire, étoit accompagné de grand nombre de soldats pour la défendre. Antonio Campo &amp; Collenucio décrivent à peu près de cette façon <i>il carrocio</i> dont les habitans de Milan &amp; de Crémone se servoient pendant les guerres de l'Empereur Frédéric II. Chaque ville y ajoûtoit ou diminuoit quelque chose. Celui des Florentins, au rapport de Giovan Villani, avoit deux arbres, étoit couvert de rouge, n'étoit tiré que par deux boeufs, &amp; pour la cloche nommée par eux <i>martinella,</i> elle étoit portée sur un autre <i>chariot.</i> Les villes de Parme &amp; de Boulogne avoient aussi chacune le leur, aux environs duquel on tenoit le Conseil de guerre, on rallioit les troupes, on retiroit les blessés, on gardoit les prisonniers, &amp; l'on s'obstinoit furieusement au combat ; car de perdre cette machine c'étoit une honte &amp; une infamie nompareille ; &amp; de la sauver en cas d'une déroute, il étoit impossible, à cause de sa pesanteur, &amp; de l'embarras qu'il y avoit tout à l'entour : aussi n'étoit-il non plus permis aux Lombards d'abandonner cette machine, que l'Aigle aux Romains, l'Oriflamme aux François, &amp; le grand Etendart à ceux de Gand. Mascur. Nous avions aussi dans nos armées un <i>chariot</i> semblable, sur lequel étoit portée la bannière de France. Voyez <ref type="search" target="head:Bannière">Bannière</ref>. Cette machine a duré jusqu'à l'invention de l'artillerie. Mascur.</p><p>Les Cordiers appellent <i>chariot,</i> une planche montée sur deux petites roues qui leur sert à assembler du cordage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8025" id="3" type="">
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    <head>CHARIOT</head>
    <p>
    Chariot , est aussi une Constellation céleste, ainsi nommée par le peuple, à cause qu'elle ressemble en quelque façon à un <i>chariot. Plaustrum.</i> C'est celle qu'en Astronomie on appelle la <i>Petite Ourse,</i> qui a sept étoiles, dont quatre font la ressemblance des quatre roues, &amp; les trois autres en droite ligne paroissent en être l'attelage, ou le timon. C'est la dernière &amp; la plus voisine de notre pole. Il y a le grand &amp; le petit <i>Chariot.</i> La grande Ourse est le grand <i>Chariot,</i> ou le <i>Chariot de David.</i> On appelle aussi <i>Chariot de mer,</i> l'une des constellations Méridionales, autrement nommée le <i>Navire d'Argos.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8026" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARISTICAIRE" />
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    <head>CHARISTICAIRE</head>
    <p>
    CHARISTICAIRE , s. m. Commendataire, Donataire. Ce lui à qui l'on a donné la jouissance des revenus d'un Monastère, Hôpital, ou Bénéfice. <i>Charisticarius, Commendatarius ; bonorum sacrorum,</i> ou <i>Ecclesiasticorum usufructuarius.</i> Les <i>Charisticaires</i> étoient parmi les Grecs des espèces de Donataires ou Commendataires, qui jouissoient de tous les revenus des Monastères, ou des Hôpitaux, sans en rendre compte à personne. On rapporte le commencement de cet abus aux Iconoclastes, &amp; particulièrement à Constantin Copronyme, le mortel ennemi des Moines, dont il donnoit les Monastères à des étrangers. Après l'extinction de cette hérésie, leurs biens leur furent rendus ; mais dans la suite les Empereurs &amp; les Patriarches confierent des Monastères &amp; des Hôpitaux à des gens de qualité, non par manière de don &amp; pour en retirer aucun profit temporel, mais pour les réparer, ou les orner, &amp; en être les protecteurs. Ensuite on alla plus loin ; l'avarice s'y mêla ; on donna les Monastères &amp; les Hôpitaux même qui étoient en bon état, &amp; puis même les plus riches ; Sisinnius, Patriache de Constantinople, s'y opposa, mais en vain. Après lui le mal crut encore : on donna toutes ces maisons grandes &amp; petites, riches &amp; pauvres ; celles des femmes comme celle des hommes, &amp; on les donna même à des Laïques, &amp; à des gens mariés ; que dis-je ? à des Gentils, &amp; quelquefois deux à une seule personne. Jean d'Antioche, qui rapporte tout ceci dans un traité qu'il a fait contre cet abus, &amp; que M. Coutelier a publié dans ses <i>Ecclesiae Graecae Monumenta,</i> Tom. I. pag. 159. rapporte la formule de ces donations, par laquelle il paroît qu'on donnoit ces maisons à vie, &amp; quelquefois pour deux personnes ; c'est-à-dire, ce semble, qu'on donnoit aussi quelquefois la survivance à l'héritier, . Voyez ce discours de Jean ch. VIII. IX. X.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8027" id="1" type="">
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    <head>CHARISTIES</head>
    <p>
    CHARISTIES , s. f. &amp; plur. Fête que les Romains célébroient le 11e des Kalendes de Mars ; c'est-à-dire, le 19e Février. En ce jour on faisoit dans chaque famille un festin, où l'on n'admettoit que les personnes de la famille, les parens. C'étoit afin de terminer les différends, s'il y en avoir quelqu'un entre les proches. Ovid. <i>Fast. Lib. II. v.</i> 617. &amp; Valère Maxime, Liv. II. ch. 1. &amp; 8. parlent des <i>Charisties.</i></p><p>Ce mot vient de , <i>Charis,</i> mot Grec, qui signifie <i>grace.</i> Et ce nom marquoit que c'étoit le jour que l'on revenoit en grace, que l'on se réconcilioit. On l'appelloit aussi <i>Dies carae cognationis,</i> le jour de la chère parenté, ou du cher parentage. Vigenère, sur Tite-Live, Tom. I. pag. 916. appelle cette Fête <i>les bonnes chères.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8028" id="1" type="">
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    <head>CHARITABLE</head>
    <p>
    CHARITABLE , adj. m. &amp; f. Qui est promt à assister, à secourir son prochain, soit par ses aumônes, soit en lui fournissant ses autres nécessités : &amp;, en parlant des choses, Qui part d'un principe de charité. <i>Ergainopes liberalis, benignus, beneficus.</i> On ne peut être bon Chretien si on n'est fort <i>charitable.</i> Les hommes appellent <i>charitables</i> ceux qui flattent leurs défauts, parce qu'ils ne sauroient convenir qu'on les puisse découvrir avec justice. Port-R. On se fait un devoir extérieur de l'aumône, on la donne comme riche, &amp; non pas comme <i>charitable.</i> Flech. Il ne faut pas s'autoriser dans l'indiscrétion d'un faux zèle, ou dans le plaisir malicieux de censurer son prochain, sous prétexte de donner un avis <i>charitable</i> &amp; fraternel. De Vill. Je suppose qu'un Moine est toujours <i>charitable.</i> La Font. Il y a un livre du Médecin &amp; de l'Apothicaire <i>charitable,</i> qui enseigne à faire les remèdes à la maison, en faveur des pauvres : il est du Sieur Guibert.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8029" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARITABLEMENT" />
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    <head>CHARITABLEMENT</head>
    <p>
    CHARITABLEMENT , adverbe. D'une manière charitable. <i>Amicè, benevolè, amanter, studiosè.</i> Dans cette Abbaye, en cet Hôpital, on reçoit <i>charitablement</i> tous les passans. Il faut corriger <i>charitablement</i> son prochain. Arn.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8030" id="1" type="droit canonique">
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    <head>CHARITATIF</head>
    <p>
    CHARITATIF , adj. m. Terme du Droit Canonique . On appelle <i>subside charitatif,</i> un secours modéré que le Concile accorde à l'Evêque lorsqu'il se trouve dans quelque urgente nécessité. <i>Impensum Episcopo egenti subsidium.</i> Par exemple, quand ses revenus ne suffisent pas pour se trouver à un Concile, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8031" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARITÉ" />
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    <head>CHARITÉ</head>
    <p>
    CHARITÉ , s. f. L'une des trois vertus théologales, &amp; celle qui est principalement recommandée aux Chrétiens. <i>Charitas.</i> Elle consiste à aimer Dieu de tout son coeur, &amp; son prochain comme soi-même. Ainsi la <i>charité</i> a deux objets matériels, comme on parle dans l'école, sur lesquels elle s'exerce, Dieu, &amp; le prochain. On doit aimer Dieu par-dessus toutes choses ; on doit tout faire, tout sacrifier, tout entreprendre, tout souffrir pour Dieu, &amp; être prêt à cela. La <i>charité</i> nous met habituellement dans cette disposition. La <i>charité</i> nous fait aimer Dieu pour lui-même, &amp; le prochain pour Dieu. La <i>charité</i> nous fait aimer le prochain comme nous-mêmes, c'est-à-dire, qu'elle nous le fait aimer véritablement &amp; sincèrement comme nous nous aimons nous-mêmes, mais ce n'est pas à dire qu'on soit toujours obligé à faire pour le prochain tout ce qu'on fait pour soi-même : ainsi dans un naufrage on n'est point obligé de donner une planche sur laquelle on se sauve à un autre qui périra infailliblement si on ne la lui donne. Mais elle nous oblige à faire pour le prochain tout ce que nous voudrions raisonnablement qu'on fît pour nous ; &amp; à ne lui point faire ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît. La <i>charité</i> est la plus excellente de toutes les vertus, elle n'est pas la première ; c'est la foi qui est le principe &amp; le fondement de notre justification, mais la <i>charité</i> est plus parfaite, elle subsistera toujours. Dans le ciel la foi cessera par la claire vision de Dieu, l'espérance par la possession des biens que Dieu nous promet ; mais la <i>charité</i> sera encore plus parfaite qu'elle n'étoit sur la terre.</p><p>Il y a beaucoup d'endroits dans S. Augustin qui semblent demander la <i>charité</i> actuelle dans toutes nos oeuvres. Voici ce que le Père Amelote a remarqué sur cette question dans son <i>Abrege de Théologie,</i> pag. 547. Les plus éclairés d'entre les Docteurs &amp; les plus ardens pour la Doctrine de S. Augustin, comme Estius, Sylvius, Sinnichius, Bannès &amp; tous les Disciples de S. Thomas, ne croient pas que l'amour actuel de Dieu soit toujours commandé ; &amp; quelque zélés qu'ils soient pour la <i>charité,</i> ils se règlent par S. Thomas, qui n'a pas craint de dire dans sa Somme, que nous ne péchions point contre le précepte qui nous oblige de rapporter toutes nos oeuvres à la gloire de Dieu, en ne les y rapportant pas actuellement, &amp; qu'il suffit de rapporter habituellement à Dieu notre personne, &amp; ce qui en dépend. <i>Non facit contra hoc praeceptum quicumque non actu resert in gloriam Dei omne quod facit, sufficit ut habitualiter referat se &amp; omnia sua in Deum, Tom. II. q.</i> 88. <i>a.</i> 1. <i>ad</i> 2. Le même S. Docteur s'étoit contenté de dire que le rapport de tout ce qui est en nous à la gloire de Dieu se devoit entendre, ou du rapport actuel, ou de l'aptitude à y être rapporté, <i>vel in actu, vel in aptitudine referendi,</i> ce qu'Estius dit sans le reprendre, que le Cardinal Cajétan a étendu aux oeuvres des Infidèles, que l'on appelle moralement bonnes, parce qu'en ce qu'elles sont bonnes, elles sont capables d'être rapportées à la gloire de Dieu, &amp; qu'elles ne sont donc pas des péchés. Le sentiment de S. Thomas &amp; des Théologiens Catholiques n'est pas que ces sortes d'actions méritent le Ciel, ce seroit une hérésie de le penser ; mais ils veulent dire que ces actions non-seulement ne sont pas des péchés, mais même qu'elles sont bonnes moralement ; c'est-à-dire, qu'elles ont une bonté morale d'un ordre naturel, &amp; qui pourroit par la grace &amp; un motif surnaturel être élevée à l'ordre surnaturel. Tel est par exemple le secours qu'un Paien donne à un pauvre dans sa nécessité.</p><p>Il vaudroit mieux ennuyer le Lecteur, que de le divertir aux dépens de la <i>charité.</i> De Vill. Le mot de <i>charité</i> n'a point de pluriel en ce sens. Les hommes se font une idée de la <i>charité,</i> en prenant pour contraire à cette vertu, tout ce qui incommode l'amour propre. Port-R. Les gens du monde conçoivent la <i>charité</i> comme une vertu toujours flatteuse &amp; agréable, &amp; qui ne choque jamais personne. Ibid.</p><p>Charité, est aussi l'effet d'une vertu morale, qui consiste à secourir son prochain de son bien, de ses conseils &amp; de ses assistances en toutes ses nécessités. En ce sens ce mot de <i>charité</i> a un pluriel. <i>Inopiae, egestatis subsidium, levamen.</i> Pendant les guerres les <i>charités</i> sont bien refroidies. L'Hôpital de la <i>Charité. Charité</i> des pauvres. Cet homme, qui s'est engraissé de la substance du peuple, tire du fond même de ses concussions, une bizarre <i>charité,</i> &amp; des aumônes irrégulières. Flech. Une <i>charité</i> aussi vive, &amp; aussi agissante que la vôtre, n'a pas besoin d'être excitée par l'artifice &amp; par le mensonge. La <i>charité</i> bienfaisante &amp; libérale, a toujours les mains ouvertes pour soulager la misère d'autrui. Le Mait. La Providence a voulu entretenir la <i>charité</i> parmi les hommes, par le commerce des secours &amp; des assistances mutuelles qu'ils se rendent. Flech. Dans ce siècle la <i>charité</i> est non-seulement refroidie, mais presque éteinte, &amp; l'on croit perdre le bien qu'on distribue en aumônes. Flech. La <i>charité</i> prise en ce sens ne doit point être pratiquée au préjudice de la justice. Il faut payer ses dettes, le salaire des artisans, les gages des domestiques, devant que de faire des <i>charités.</i></p><p>Quand on veut corriger un Moine en Chapitre, le Supérieur dit à un des Religieux, Mon frère, faites-lui la <i>charité</i> ; pour dire, avertissez-le de ses fautes, déclarez celles que vous avez remarquées, donnez-lui la discipline, la correction fraternelle. <i>Reprehensio, correctio.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARITÉ</head>
    <p>
    Charite chretienne . Ordre Militaire établi par Henri III. en faveur des soldats estropiés au service de l'Etat. <i>Ordo Militaris à charistiana charitate nuncupatus.</i> Il assigna quelque revenus pour cette charitable fondation. Ceux qui étoient reçus dans l'Ordre portoient une croix sur le manteau au côté gauche, &amp; autour de la croix ces mots en broderie d'or, <i>pour avoir fidèlement servi.</i> Un établissement si louable n'eut point de succès. Le P. Anselme.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARITÉ</head>
    <p>
    Charité . Ordre Religieux institué par S. Jean de Dieu pour secourir les malades. <i>Ordo religiosus à charitate nuncupatus.</i> Son institut fut approuvé en 1520. par Léon X. &amp; confirmé par Paul V. en 1617. Les Religieux de cet Ordre s'appliquent uniquement au service des malades.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARITÉ</head>
    <p>
    Charite de la Sainte Vierge . Ordre Religieux établi dans le Diocèse de Châlons-sur-Marne par Guy, Seigneur de Joinville &amp; du Bourg S. George, sur la fin du XIIIe siècle. Cet institut fut approuvé sous la Règle de S. Augustin par les Papes Boniface VIIIe &amp; Clement VI. Sponde a parlé de cette institution à l'an 1290.</p><p>Il y a à Paris dans chaque Paroisse une société de Dames vertueuses qui s'appliquent à connoître &amp; à soulager les besoins des pauvres de la Paroisse, &amp; qu'on appelle pour cela, Les Dames de la <i>charité.</i> Il faut que l'Evêque autorise ces sortes de sociétés pieuses. Quand il y a dans ces sociétés quelque Dame d'un grand rang, ou d'une éminente vertu, elle est supérieure ; pour l'ordinaire les Dames sont supérieures tour à tour. Chaque société a sa Trésorière qui ramasse les aumônes : &amp; ces soeurs qu'on appelle <i>soeurs de la Charité,</i> ce sont des filles vertueuses habillées d'une grosse étoffe grise, qui ont soin de préparer les alimens &amp; les remèdes, &amp; de les porter aux malades.</p><p>Le mot de <i>charité</i> signifie aussi tout seul ces sortes de sociétés. Il a été entetré aux dépens de la <i>Charité</i> de la Paroisse. Chaque <i>Charité</i> n'entretient un malade qu'environ trois semaines, s'il n'y a point d'espérance de le guérir, on le fait porter à l'Hôtel-Dieu. <i>Charité</i> signifie aussi le fonds des aumônes de ces sociétés. La <i>charite</i> de telle Paroisse est bonne, riche, bien réglée, &amp;c. Il est à la <i>Charité</i> de la Paroisse, c'est-à-dire, il est entretenu des fonds de la <i>Charité.</i></p><p>Il y a aussi à Paris des <i>charités des pauvres honteux :</i> ce sont des sociétés composées du Curé &amp; des Marguilliers de la Paroisse : ces Messieurs font subsister les pauvres honteux du fonds des aumônes qu'on ramasse pour cela, &amp; des legs qu'on fait à cette intention, en leur envoyant de temps en temps quelque somme d'argent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARITÉ</head>
    <p>
    Charité , se prend quelquefois pour l'Hôpital ou le lieu où l'on entretient les malades. Il y a à Paris trois <i>Charités</i> de femmes, &amp; une d'hommes, c'est-à-dire, trois Hôpitaux pour les femmes malades, &amp; un pour les hommes. On ne donne le plus communément ce nom qu'aux maisons ou Hôpitaux des Frères de la <i>Charité.</i> On l'a porté à la <i>Charité.</i> Il a été trois mois malade à la <i>Charité.</i></p><p>On dit proverbialement, <i>Charité</i> bien ordonnée commence par soi-même. On dit figurément &amp; proverbialement par contre-vérité, Prêter une <i>charité,</i> des <i>charités</i> à quelqu'un ; pour dire, Vouloir faire croire, qu'il a dit ou fait quelque chose qu'il n'a ni dit ni fait. La Cour est un pays où l'on prête souvent des <i>charités.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARITÉ</head>
    <p>
    CHARITÉ , s. f. Nom d'une Ville de France sur la Loire dans le Nivernois. Il ne se dit point sans l'article, la <i>Charité,</i> de la <i>Charité,</i> à la <i>Charité. Caritas.</i> Le Prieuré de la <i>Charité</i> est un bénéfice simple de plus de 20000. liv. de rente à la nomination de l'Abbé de Clugny. Le Prieur de la <i>Charité</i> est Seigneur temporel &amp; spirituel de la ville. C'est de tous les Bénéfices de France celui qui a de plus belles nominations.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARIVARI</head>
    <p>
    CHARIVARI , s. m. Bruit confus que font des gens du peuple avec des poëles, des bassins &amp; des chaudrons pour faire injure à quelqu'un. <i>Nocturnae vociserationes &amp; vasorum aeneorum pulsationes.</i> On fait les <i>charivaris</i> en dérision des gens d'un âge fort inégal qui se marient. On les faisoit aussi à ceux qui passoient a de secondes &amp; à de troisièmes nôces. Ces tumultes furent défendus par le Concile de Tours sous peine d'excommunication. <i>Charivaris</i> fâcheux, chagrinant, ennuyeux, plaisant, divertissant. Voyez Thiers, <i>Traité des jeux.</i></p><p>Nicot dérive ce mot du Grec , qui signifie <i>pesanteur de tête,</i> provenant de trop boire, ou d'entendre trop de bruit, ou d'autre cause ; Borel, du verbe Grec , c'est-à-dire, <i>je romps la tête.</i> Du Cange le dérive de <i>cari</i>, qui est un cri que font les Picards de Boulogne ou de Calais pour soulever le peuple contre les injustes exactions qu'on veut faire sur eux : &amp; comme le bruit est grand &amp; tumultueux, &amp; que les Picards prononcent <i>ca,</i> ce qu'ailleurs on prononce <i>cha,</i> on a appellé <i>charivari</i> le grand bruit que faisoient des masques ou des personnes déguisées, pour faire insulte à quelqu'un. Scaliger le dérive de <i>chalybarium,</i> à cause que ce bruit se fait en frappant des vaisseaux d'airain. Voyez Eveillon, <i>Traité des excommunications.</i> Voyez encore les Arrêts rapportés par Guy Basset, <i>Titre des injures</i> 6. <i>l.</i> 10. Le P. Lobineau dit <i>charivari,</i> ou <i>chevalet,</i> apparemment qu'on dit indifféremment l'un &amp; l'autre en Bretagne, <i>Hist. de Bret. T. I. L. XXII. p.</i> 847.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARIVARI</head>
    <p>
    Charivari , se dit aussi d'un bruit confus fait en débauche ou dans des querelles domestiques. <i>Turbae, tumultus.</i> Le mari &amp; la femme se battent souvent, c'est un étrange <i>charivari.</i> Quand ces débauchés sont yvres, ils font de grands <i>charivaris.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARIVARI</head>
    <p>
    Charivari , se dit aussi ironiquement d'une mauvaise Musique. <i>Insulsa musica.</i> Ce Musicien a fait un concert, qui étoit plutôt un <i>charivari.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLATAN, ANNE</head>
    <p>
    CHARLATAN, ANNE , adj. &amp; subst. Empyrique, faux Médecin, qui monte sur le théatre en place publique, pour vendre de la thériaque, ou d'autres drogues, &amp; qui amasse le peuple par des tours de passe-passe &amp; des bouffonneries, pour en avoir plus facilement le débit. <i>Circumphoraneus pharmacocola, circulator.</i></p><p>Il se dit aussi d'un Médecin qui est hableur, qui se vante de guérit toutes sortes de maladies.</p><p>Ce mot vient de l'Italien <i>ceretano</i>, qui a été fait de <i>Caeretum,</i> qui est un bourg proche de Spolète en Italie, d'où sont venus premièrement ces imposteurs qui courent de ville en ville, comme témoigne Calepin. Ménage le dérive de <i>circulatanus</i>, qu'il croit qu'on a dit pour <i>circulator.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLATAN, ANNE</head>
    <p>
    Charlatan , signifie aussi, Trompeur, engeoleur ; celui qui veut persuader quelqu'un par des flatteries &amp; des fanfaronnades, pour en tirer avantage. <i>Praestigiator, callidus assentator.</i> Il se dit aussi d'un hypocrite, d'un faux dévot. <i>Probitatis ac pietatis simulator.</i> Mais en tous ces sens figurés il est du style simple, familier &amp; comique. Il en est de même de <i>charlataner,</i> &amp; de <i>charlatanerie</i> qui suivent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLATANE</head>
    <p>
    CHARLATANE , s. f. &amp; adj. se dit des femmes qui causent beaucoup, qui cajolent les gens pour les engager à acheter &amp; les attraper : une Marchande de ce caractère est une <i>charlatane.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8036" id="1" type="">
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    <head>CHARLATANER</head>
    <p>
    CHARLATANER , v. act. Cajoler quelqu'un pour le tromper. Ce jeune homme a tant <i>charlatané</i> ce vieillard qu'il a trouvé le moyen de lui attraper sa bourse.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLATANERIE</head>
    <p>
    CHARLATANERIE , s. f. Persuasion subtile &amp; artificieuse de quelque chose qui est préjudiciable à celui qui l'écoute. <i>Callida assentatio, praestigiae ; artificiosa oratio.</i> C'est une pure <i>charlatanerie</i> que tous les secrets qu'on débite pour guérir les maladies, quand on ne veut pas suivre les règles de l'art. Un Alleman nommé Mencken a imprimé deux discours sur la <i>Charlatanerie</i> des Savans. <i>De Charlataneria Eruditorum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8038" id="1" type="">
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    <head>CHARLATANESQUE</head>
    <p>
    &#9758; CHARLATANESQUE , adj. de Charlatan. Amuser les malades pour l'usage des eaux inutiles, &amp; d'autres remèdes <i>charlatanesques.</i> Merc. Sept. 1718.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8039" id="1" type="">
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    <head>CHARLEMAGNE</head>
    <p>
    CHARLEMAGNE , s. m. <i>Carolus magnus.</i> C'est le nom du premier Empereur d'Occident, &amp; d'un des plus grands Rois que la France ait eu. <i>Charlemagne</i> étoit maître de toutes les Gaules, d'une partie de l'Espagne, de la plus grande partie de l'Italie, il étendit sa domination jusqu'en Saxe, &amp; aux frontières d'Hongrie. <i>Charlemagne</i> étoit grand &amp; bienfait, pieux &amp; zélé pour la Religion, sage &amp; vaillant. Il étoit fils de Pepin, il s'appelloit Charles, qui s'écrit <i>Carl,</i> ou <i>Karl,</i> dans la langue Tudesque ; ses actions héroiques lui firent donner le nom de <i>Grand, Magnus,</i> d'où l'on a formé le nom de <i>Charlemagne,</i> qui est composé d'un mot Tudesque &amp; d'un mot Latin auxquels on a donné la terminaison Françoise. Le P. Mabillon a observé que <i>Charlemagne</i> écrivoit toujours son nom de <i>Charles</i> par un <i>C,</i> &amp; que quelque temps après les Princes qui le suivirent écrivirent leur nom de <i>Charles</i> par un <i>K. Karolus,</i> au lieu de <i>Carolus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8040" id="1" type="">
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    <head>CHARLEMONT</head>
    <p>
    CHARLEMONT , s. m. Nom de ville. <i>Carolomontium.</i> Il y en a deux de ce nom ; l'une en Irlande dans l'Ultonie, sur la rivière de Blackwater dans le Comté d'Armach, &amp; l'autre aux Pays-Bas dans le Comté de Namur, sur une montagne dont la Meuse baigne le pied. <i>Charlemont</i> est aujourd'hui à la France. Il fut bâti par les Impériaux vers l'an 1555. &amp; nommé ainsi de Charles-Quint. Larrey.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLEROY</head>
    <p>
    CHARLEROY , s. m. <i>Caroloregium.</i> Ville &amp; forteresse des Pays-Bas dans le Comté de Namur, sur la Sambre <i>Charleroy</i> n'étoit qu'un village nommé Charnoy. En 1666. les Espagnols la fortifierent, &amp; lui donnerent le nom de leur Roi Charles II.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLES</head>
    <p>
    CHARLES , s. m. Nom propre d'homme. <i>Carolus.</i> Ce mot est de la langue des Francs, ou François, &amp; il paroît que c'est eux qui l'ont apporté dans les Gaules ; mais on ne sait ce qu'il signifioit en leur langue. Depuis <i>Charles</i> Martel, &amp; Charlemagne son petit-fils, ce nom est devenu commun, non-seulement en France, mais dans les autres pays de l'Europe. Il ne paroît pas qu'il le fût tant avant ce temps-là. Il ne faut jamais prononcer l'<i>s</i> que l'on met à la fin, même quand il suit une voyelle. Ainsi l'on dit <i>Charle animoit ses troupes,</i> &amp; non pas <i>Charle-z-animoit ses troupes. Charles</i> s'est formé de <i>Carolus,</i> que l'on écrivoit par un <i>K</i> sous la seconde race après Charlemagne, <i>Karolus.</i> Il y a sept Empereurs, neuf Rois de France, quatre de Naples, trois d'Hongrie, autant de Navarre, deux d'Espagne, deux d'Angleterre, &amp; douze Rois de Suède qui ont porté le nom de <i>Charles.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLEVAL</head>
    <p>
    &#9758; CHARLEVAL , subst. m. Bourg &amp; Prieuré du Vexin. Voyez Noyon-<i>sur-Andele.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLEVILLE</head>
    <p>
    CHARLEVILLE , s. m. Petite Ville de France dans le Rhételois, située sur la Meuse. <i>Carolopolis.</i> C'étoit un village qui portoit le nom d'Arches. Charles de Gonzague, Duc de Nevers &amp; de Mantoue, y fit bâtir une ville en 1609. &amp; lui donna son nom. Les Ducs de Mantoue en étoient souverains.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARLIEN</head>
    <p>
    CHARLIEN , pour Carlovingien. Du Tillet, P. I. p. 38. &amp; Bardin dans son <i>Grand-Chambellan de France,</i> disent <i>Charliens</i> pour Carlovingiens. La lignée des <i>Charliens,</i> la race des <i>Charliens.</i> Aujourd'hui il faut dire. Carlovingiens. Voyez ce mot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8046" id="1" type="">
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    <head>CHARLOT</head>
    <p>
    CHARLOT , s. m. Nom propre d'homme. Ce mot est bas &amp; populaire, c'est un diminutif de Charles. On appelle <i>Charlot</i> un petit garçon qui s'appelle Charles. On prononce <i>Charlo. Carolus, Carolettus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8047" id="1" type="">
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    <head>CHARLOTTE</head>
    <p>
    CHARLOTTE , s. f. Nom de femme. <i>Carola.</i> Ce nom se donne aux femmes qui ont eu au baptême le nom de saint Charles. Car il n'y a point, que l'on sache, de sainte <i>Charlotte.</i> Ce terme n'est pas bas &amp; populaire comme celui de Charlot, on le donne non-seulement parmi le peuple &amp; aux jeunes filles, mais toujours &amp; à toutes les femmes qui ont S. Charles pour patron, de quelque âge &amp; de quelque condition qu'elles soient. <i>Charlotte</i> de Bourbon, Reine de Chypre, fille de Jean de Bourbon, épousa Jean II. Roi de Chypre, dont elle eut Jean III. père d'une autre <i>Charlotte,</i> qui, chassée de ses Etats de Chypre par son frère bâtard, en fit donation à Charles Duc de Savoye, son neveu. Il y a aussi des <i>Charlottes</i> de Savoye, de Bourbon, Montpensier, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8048" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARMANT, ANTE" />
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    <head>CHARMANT, ANTE</head>
    <p>
    CHARMANT, ANTE , adj. Qui plaît extraordinairement, qui ravit en admiration. <i>Jucundus, eximius, admirabilis, suavis.</i> Cette femme a toutes les manières <i>charmantes.</i> Cette maison de plaisance est un séjour <i>charmant.</i> Il y a une éloquence mâle &amp; vigoureuse, comme il y en a une agréable &amp; <i>charmante.</i> P. Rap.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8049" id="1" type="">
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    <head>CHARME</head>
    <p>
    CHARME , s. m. Puissance magique par laquelle, avec l'aide du Démon, les Sorciers font des choses merveilleuses, au-dessus des forces, ou contre l'ordre de la nature. <i>Cantio, carmen, incantamentum, fascinatio.</i> Les Poëtes tant anciens que modernes, ont fondé la plupart de leurs fictions sur les <i>charmes</i> &amp; enchantemens. Arioste, Amadis, sont pleins de <i>charmes.</i></p><p>Ce mot vient de <i>carmina</i>. Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARME</head>
    <p>
    Charme , se dit figurément, des agrémens ; de ce qui nous plaît extraordinairement, qui nous ravit en admiration. <i>Illecebra, lenocinium.</i> On aperçoit la foiblesse de vos raisonnemens dès qu'on les a dépouillés des <i>charmes</i> extérieurs dont vous les avez parés. Pelis. La Poësie a des <i>charmes</i> qui transportent les esprits. Cette beauté a des <i>charmes</i> &amp; des attraits qui asservissent tous les coeurs. On dit d'un jeune homme qui revient d'une folle passion, que le <i>charme</i> s'est enfin dissipé. Il n'est pas aisé de se défendre contre la surprise des sens, &amp; le <i>charme</i> inévitable des objets. S. Evr. Les <i>charmes</i> de son esprit ont entretenu dans mon coeur les ardeurs que l'hymen a coutume d'éteindre. Vill. Un <i>charme</i> invisible assaisonne tes actions &amp; tes discours. Les <i>charmes</i> de la vérité ont été les seules armes qui ont subjugué toutes les nations à Jesus-Christ. P. Thomas. Pour être sage, il n'est pas besoin d'ensevelir ses <i>charmes,</i> ni de se gendarmer parce qu'on nous trouve belles. M. Scud. Une femme qui a mille <i>charmes</i> est-elle obligée de se séquestrer du monde, par le scrupule d'allumer des desirs criminels, &amp; d'être un objet de tentation ? S. Evr. La raison elle-même éblouïe par l'éclat du discours, cède quelquefois, &amp; se rend aux <i>charmes</i> de l'illusion. Vall. La nouveauté a un <i>charme</i> dont on se défend mal-aisément. S. Evr. Il avoit un <i>charme</i> pour se faire aimer ; ce <i>charme</i> étoit sa bonne mine, sa jeunesse, sa vivacité. Le Gendre.</p><p>Charme, s. m. <i>Carpinus.</i> Arbre dont on fait des pallissades, qui s'élève fort haut, &amp; dont on forme des berceaux &amp; des allées dans les jardins. On en voit de fort hauts &amp; bien taillés à Versailles &amp; à Marli. Son tronc est médiocrement gros, parce qu'on lui laisse jetter beaucoup de branches. Son écorce est lisse, égale ; son bois est dur, compacte &amp; blanchâtre. Ses branches donnent beaucoup de petits rameaux garnis de feuilles assez semblables à celles de l'orme ordinaire, mais un peu plus étroites, lisses des deux côtés, de couleur verd gai en dessus, dentelées sur leurs bords &amp; comme épineuses. Ses branches, &amp; ses rameaux sont chargés au printemps de chatons longs de deux pouces environ, composés de plusieurs écailles rangées autour d'un poinçon, &amp; chargées en dessous de quelques étamines jaunes. Ses fleurs sont stériles, &amp; les fruits viennent dans des épis séparés, qui naissent cependant sur la même branche. Ces épis sont des festons longs comme le doigt, formés par des feuilles longues d'un pouce sur quatre lignes de largeur, roussâtres, ou d'un verd brun, entre lesquels sont contenus des fruits pyramidaux, de quatre à cinq lignes de hauteur, sur deux lignes de largeur à leur base, canelés dans toute leur longueur, aplatis, ligneux, garnis d'une petite couronne. Ils renferment chacun une semence ou amande oblongue. Il coule quelquefois des vieux pieds de <i>charmes</i> une gomme transparente, &amp; de couleur de la gomme lacque ; elle se dissout de même dans l'esprit de vin. Les Jardiniers se servent du mot de <i>charmille,</i> pour le <i>charme</i> mis en pallissades. Il ressemble en quelque sorte à l'érable, <i>carpinus,</i> d'où le mot François a été fait par corruption. On disoit <i>charne.</i> Le <i>charme</i> sert à faire des aissieux &amp; des formes.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARMER</head>
    <p>
    CHARMER , v. act. Faire quelque effet merveilleux par la puissance des charmes ou du Démon. <i>Fascinare, incantamentis, fascinationibus alligare.</i> On tient que les Sorciers <i>charment</i> les armes, les empêchent de tirer ; mais il n'est pas trop sûr de s'y fier. Pouvoit-il <i>charmer</i> la balle qui l'a tué ? Voit. L'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts défend de <i>charmer</i> les arbres, c'est-à-dire, de les faire mourir malicieusement.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARMER</head>
    <p>
    Charmer , signifie aussi, Dire ou faire quelque chose d'agréable, de merveilleux, de surprenant ; plaire extraordinairement. <i>Illecebris aliquem delinire, irretire ; suavibus verbis alicujus animum permulcere.</i> Cet homme <i>charme</i> par l'agrément de sa conversation.</p><p>Vous êtes fâché de ce que j'ai dissipé l'enchantement qui vous <i>charmoit.</i> Maleb. Cette femme <i>charme</i> tout le monde par sa beauté, par sa modestie. Une politesse extérieure suffit pour faire donner le titre de bel esprit, parce qu'on n'examine pas de fort près ce qui éblouït, &amp; ce qui <i>charme.</i> Vall. L'agrément &amp; la modestie d'Abigaïl <i>charmerent</i> si fort le coeur de David, qu'il fut obligé de céder, &amp; de se laisser fléchir. Souvenez-vous que mon coeur <i>charmé</i> de vos grandes actions se désabuseroit ; s'il vous en échappoit quelqu'une indigne de vous, &amp; de moi. Vill. L'éloquence de Cicéron <i>charme,</i> &amp; se fait aimer ; celle de Démosthène frappe, étonne, &amp; se fait obéir. P. Rap. <i>Charmé</i> de ses vertus éminentes, je m'affectionnai sans y penser à sa réputation &amp; à sa gloire. Flech. La vraie éloquence n'éclate jamais par des couleurs empruntées ; c'est par les traits de sa beauté naturelle qu'elle <i>charme,</i> &amp; qu'elle persuade. S. Evr.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>carminare</i>, ou <i>carminibus incantare.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARMER</head>
    <p>
    Charmer , signifie aussi, Adoucir la douleur, ou en suspendre le sentiment. <i>Lenire, mollire, placare, sedare dolorem, tristitiam.</i> Sa voix peut <i>charmer</i> les douleurs. Voit. Il faut se faire des plaisirs par lesquels on puisse <i>charmer</i> les ennuis de la solitude. La Poësie en délassant l'esprit, <i>charme</i> les chagrins de l'ame par son harmonie, &amp; par toutes les graces de l'expression. P. Rap.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARMER</head>
    <p>
    Charmé, ée , adj. <i>Illecebris delinitus, devinctus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARMER</head>
    <p>
    Charmé . Terme de forêts , qui se dit des arbres auxquels on a fait malicieusement quelque chose pour les faire mourir.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARMER</head>
    <p>
    Être charmé , c'est être touché avec plaisir. Je suis charmé de cette musique, de ces vers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8051" id="1" type="">
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    <head>CHARMEUR</head>
    <p>
    CHARMEUR , s. m. Sorcier qui a la vertu, ou la réputation de charmer. <i>Magus, veneficus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARMEUSE</head>
    <p>
    CHARMEUSE , se dit aussi en burlesque d'une femme qui se fait aimer. <i>Mulier illecebrosa.</i> Corneille s'en est servi dans l'Illusion Comique. Juge alors quel désordre aux yeux de ma <i>charmeuse,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8053" id="1" type="">
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    <head>CHARMIE</head>
    <p>
    CHARMIE , s. f. Ce mot, qui n'est plus en usage, veut dire <i>chemise. Indusium, tunica interior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8054" id="1" type="">
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    <head>CHARMILLE</head>
    <p>
    CHARMILLE , s. f. C'est du plant de charme qu'on élève, pour vendre à ceux qui veulent faire des pallissades, ou même déja mis en pallissade. <i>Carpinea virgulta.</i> Il a acheté un milier de <i>charmille.</i> Votre <i>charmille</i> borde agréablement ces allées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8055" id="1" type="">
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    <head>CHARMOYE</head>
    <p>
    CHARMOYE , s. f. Ce mot se trouve dans Danet, pour signifier un lieu planté de charmes. <i>Carpinetum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8056" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARNAGE" />
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    <head>CHARNAGE</head>
    <p>
    CHARNAGE , s. m. Temps où il est permis de manger de la chair, temps opposé au Carême, qui comprend toute l'année, à la reserve des 40. jours de suite où on jeûne, &amp; où il est défendu de manger de la chair &amp; des oeufs. <i>Tempus quo vesci carnibus licitum est.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8056" id="2" type="">
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    <head>CHARNAGE</head>
    <p>
    Charnage , se dit aussi en fait de dîmes. <i>Decumanus carnium.</i> Cet Abbé en toutes ses terres a les dîmes des lainages &amp; <i>charnages</i> ; c'est-à-dire, des toisons, des moutons, des agneaux, des cochons, &amp;c. On a appellé en Latin <i>carnarium de porcis,</i> la dîme des cochons.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8057" id="1" type="chasse">
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    <head>CHARNAIGRES</head>
    <p>
    CHARNAIGRES , en termes de Chasse , est une espèce de chiens métifs, ou chiens courans, qui chassent de gueule, qui rident, qui forcent les lapins dans les broussailles. Voyez <ref type="search" target="head:Levrier">Levrier</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8058" id="1" type="pratique">
   <index type="head" value="CHARNEL, ELLE" />
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    <head>CHARNEL, ELLE</head>
    <p>
    CHARNEL, ELLE , adj. Celui qui est attaché à un autre par les liens de la chair. <i>Propinquitate, communione sanguinis alicui devinctus.</i> C'est son propre frère <i>charnel :</i> cela ne se dit qu'en termes de pratique . On a dit autrefois, un ami <i>charnel</i> ; pour dire, un fort grand ami.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8058" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARNEL, ELLE" />
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    <head>CHARNEL, ELLE</head>
    <p>
    Charnel , se dit aussi par opposition à <i>spirituel,</i> de celui qui est plus attaché aux choses mondaines &amp; terrestres, ou aux plaisirs du corps, qu'à ceux de l'esprit. <i>Voluptarius, rebus quae sensibus percipiuntur, quae sub sensus cadunt, serviens, deditus, voluptatibus deditus.</i> Les hommes <i>charnels</i> &amp; sensuels ne goûtent point les choses de la Religion. Les Juifs <i>charnels</i> n'avoient qu'un amour servile &amp; mercenaire ; ils n'aimoient Dieu que pour la fertilité de la terre de Chanaan. Fenel. S. François se rouloit dans la neige pendant les accès de la convoitise, pour résister aux tentations de la volupté <i>charnelle.</i> Bay. Parmi cette multitude d'hommes <i>charnels</i> qui remplissent l'Eglise visible, il est impossible qu'on n'y voie des exemples de tous les dérèglemens des hommes. Port-R. Le joug des cérémonies de la Loi Mosaïque contribuoit à détacher les Israëlites du culte <i>charnel</i> de la Loi. Cl.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8059" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARNELLEMENT" />
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    <head>CHARNELLEMENT</head>
    <p>
    CHARNELLEMENT , adv. D'une manière charnelle. <i>Impurè, Libidinosè.</i> Il a eu affaire <i>charnellement</i> avec cette fille. Cela est du style du Barreau. On dit figurément, Vous ne considérez les choses que <i>charnellement</i> ; c'est-à-dire, selon que les sens les représentent ; ou par rapport à des vûes mondaines &amp; temporelles. <i>Quantùm sub sensus res cadunt, sensibus percipiuntur ; pro sensuum judicio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8060" id="1" type="medecine">
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    <head>CHARNEUX, EUSE</head>
    <p>
    CHARNEUX, EUSE , adj. Terme de Médecine , qui se dit des parties qui sont composées principalement de chair, comme les joues, les fesses, &amp; en général tous les muscles. <i>Carnosus.</i> &amp;c. qui sont opposées à celles qui sont <i>osseuses.</i> Le pannicule <i>charneux,</i> ou <i>charnu.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8061" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARNIER" />
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    <head>CHARNIER</head>
    <p>
    CHARNIER , s. m. Portique ; galerie qui est ordinairement autour des cimetières, au-dessus de laquelle on mettoit autrefois les os décharnés des morts, comme il y en a encore des vestiges aux <i>Charniers</i> de S. Innocent à Paris. <i>Ossium conditorium, ossarium.</i> Maintenant les <i>Charniers</i> ne servent qu'à donner la communion aux Paroissiens aux grandes Fêtes ; &amp; ils sont ordinairement attachés aux Eglises.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8061" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARNIER" />
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    <head>CHARNIER</head>
    <p>
    Charnier , signifie encore le lieu dans une maison destiné à garder les chairs salées. <i>Carnarium.</i> C'est de ce mot, qui est dans Plaute en la même signification, que vient celui d'<i>acharner.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8061" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHARNIER" />
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    <head>CHARNIER</head>
    <p>
    Charnier , signifie aussi, des bottes d'échalas pour mettre dans les vignes. <i>Pedaminum fasciculus.</i> Le bon <i>charnier</i> doit être fait de coeur de chêne.</p><p>Ce mot vient de <i>carnarium</i>, comme chair de <i>caro.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8062" id="1" type="geometrie">
   <index type="head" value="CHARNIÈRE" />
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    <head>CHARNIÈRE</head>
    <p>
    CHARNIÈRE , s. f. Terme de Géométrie . C'est une fente simple, ou double, qu'on fait aux extrémités supérieures des jambes d'un compas, d'une fausse équerre &amp; autres instrumens, pour les enclaver, &amp; les assembler l'une avec l'autre par le moyen d'un clou rivé, sur lequel elles sont mobiles. <i>Commissura, verticulus.</i> La justesse des instrumens de Mathématique dépend d'avoir des <i>charnières</i> bien faites. En général on appelle <i>charnière</i> deux pièces de fer de laiton, ou d'autre métal, qui s'enclavent &amp; entrent l'une dans l'autre, &amp; qui étant percées se joignent ensemble avec une rivure qui les traverse ; ensorte qu'elles peuvent se mouvoir en rond, sans se séparer, tournant sur un même centre, en ce sens on le dit en parlant des tabatières &amp; d'étuis, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8062" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARNIÈRE" />
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    <head>CHARNIÈRE</head>
    <p>
    Charnière , est aussi un outil servant à ceux qui gravent sur des pierres dures. <i>Caelum.</i> Il est fait en manière de virole, &amp; sert à enlever les pièces.</p><p>On a appellé quelquefois <i>charnière,</i> une fauconnière où le Fauconnier porte son leurre, &amp; la chair dont il l'acharne. L'Empereur Frédéric II. en son livre de Vénerie l'appelle <i>Carnaria.</i></p><p>Il se dit aussi d'une poche de gros rezeau où les Chasseurs mettent leur gibier. Il est revenu de la chasse avec quatre bonnes pièces de gibier dans sa <i>charnière.</i></p><p>En ce sens ce mot vient de <i>chair</i> ; &amp; cette poche s'appelle aussi <i>carnassière.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8063" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARNU, UE" />
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    <head>CHARNU, UE</head>
    <p>
    CHARNU, UE , adj. Plein de chair, qui a la chair grasse &amp; ferme. <i>Corpulentus, carnosus.</i> On le dit des animaux aussi-bien que des hommes, &amp; même des fruits, à la pulpe desquels on donne le nom de <i>chair.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8063" id="2" type="herboristes">
   <index type="head" value="CHARNU, UE" />
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    <head>CHARNU, UE</head>
    <p>
    Charnu , Terme d'Herboristes . Une plante <i>charnue,</i> est une plante dont la racine est grosse, &amp; d'une substance moëlleuse, d'où il sort peu de fibres qui l'attachent à la terre ; comme les raves, les bettes, &amp;c. <i>Carnosus.</i> Ce mot se dit encore des feuilles de quelques plantes, comme de celles de plusieurs sortes de joubarbe.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8064" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARNURE" />
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    <head>CHARNURE</head>
    <p>
    CHARNURE , s. f. Qualité de la chair. <i>Caro.</i> Il se prend le plus souvent pour la peau. Il a une belle, une vilaine <i>charnure,</i> la <i>charnure</i> noire, mollasse. Il avoit le corps robuste ramassé, &amp; d'une belle <i>charnure.</i> Vaug. Le tempéramment fait la couleur, la qualité du cuir &amp; la <i>charnure.</i> De La Chamb.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8065" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAROGNE" />
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    <head>CHAROGNE</head>
    <p>
    CHAROGNE , s. f. Corps d'un animal mort infect &amp; corrompu. <i>Cadaver.</i> Les Chefs des Stoïciens ont cru qu'il n'y avoit point de mal à se servir de notre <i>charogne,</i> &amp; de s'en nourrir. Mont. On dit d'une chose bien infectée, qu'elle est puante comme une <i>charogne.</i></p><p>Ce mot vient du Grec , qui se dit des lieux qui exhalent de mauvaises odeurs, comme font les bêtes mortes. Ménage.</p><p>On dit figurément du corps humain pour le ravaler au-dessous de l'esprit, qu'il ne faut pas le traiter délicatement ; que ce n'est qu'une <i>charogne.</i> On dit aussi que l'ame noircie de péchés, &amp; qui croupit dans l'ordure, n'est qu'une puante <i>charogne.</i> On dit aussi communément d'une personne, dont il s'exhale une mauvaise odeur, que c'est une <i>charogne</i> ; ou proverbialement, qu'il put comme <i>charogne.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAROLLES</head>
    <p>
    CHAROLLES , s. Ville de France, capitale du Comté de Chârolois en Bourgogne. <i>Caroliae.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAROLOIS" />
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    <head>CHAROLOIS</head>
    <p>
    CHAROLOIS , s. m. <i>Carolesium,</i> &amp; dans Vigenère, <i>Ambarri.</i> Pays du Duché de Bourgogne, qui a pour bornes le Mâconnois au Levant, &amp; au Midi ; au Couchant le Bourbonnois, dont il est séparé par la Loire ; &amp; le Châlonnois au Septentrion. Charolles, qui en est la capitale, lui a donné son nom. Le <i>Charolois</i> étoit possédé par les Rois d'Espagne sous la Souveraineté des Rois de France ; à la paix des Pyrenées ils le cédèrent au Prince de Condé, en payement des sommes qu'ils lui devoient ; &amp; aujourd'hui le Prince cadet de M. le Duc de Bourdon porte le titre de Comte de <i>Charolois.</i></p><p>Quelques-uns ont dit <i>Charolois, oise,</i> pour habitant du <i>Charolois. Carolesius.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARON</head>
    <p>
    CHARON , s. m. Prononcez <i>Caron.</i> C'est dans la Fable le nom du Nautonnier d'enfer. <i>Charon.</i> Quelques-uns en font un Dieu fils de l'Erèbe &amp; de la Nuit : Hesiode n'en parle point dans la <i>Théogonie,</i> dans laquelle v. 124. il ne donne que deux enfans à l'Erèbe &amp; à la Nuit, qui font l'Aether, &amp; le Jour. Les Poëtes feignoient que les ames des hommes morts alloient se rendre sur les bords du Styx ; que là <i>Charon</i> passoit celles qui le payoient, &amp; qui avoient eu les honneurs de la sépulture, &amp; laissoit les autres errer cent ans sur les bords du lac, après quoi il les passoit aussi. On le dépeint comme un vieillard mal-propre, fort grossier &amp; fort rude. Voyez les élégantes descriptions qu'en ont fait Virgile, Enéide Liv. VI. v. 298. Senéque dans son Hercule furieux, Act. III. Sc. II. v. 763. Euripide en <pb n="1001" facs="bpt6k8542165/f1041/full/1200,/0/native.jpg"/>parle aussi dans son Alceste, mais il ne le décrit point. Diodore de Sicile, Liv. I. ch. 92. dit qu'Orphée ayant remarqué qu'en Egypte il y avoit une ville où l'on passoit les corps morts dans une barque sur un grand lac pour les aller enterrer de l'autre côté du lac, il fit de cela la fable de <i>Charon,</i> qu'il débita en Grèce. Peut-être que cette fable ne vient que de Memphis, où l'on passoit les corps morts sur le Nil, pour aller les enterrer du côté où sont encore les Pyramides. Diodore ajoûte que <i>Charon</i> signifioit en Egyptien Nautonnier, ou Batelier. D'autres disent qu'il fut appellé <i>Charon</i> par antiphrase, pour , <i>fàcheux, désagréable, triste.</i> Vigenère traite de cette fable sur Tite-Live, Tom. I. pag. 850. &amp; 851. Dans le 4e, le 10e, le 23e dialogue des Morts de Lucien, &amp; dans celui qui est intitulé <i>Charon, sive Contemplantes, Charon</i> joue de plaisans rôles. La scène de <i>Charon</i> dans le IVe Acte de l'Alceste de Quinault est fort belle.</p><p>Vossius <i>De Idolol. Lib. II. cap.</i> 57. à la fin croit que <i>Charon</i> est le même Dieu que le Mercure infernal ; &amp; que ce nom <i>Charon,</i> vient de l'Hébreu , <i>colère</i> ; qu'il lui fut donné parce qu'il étoit le ministre de la colère divine ; de sorte que <i>Charon</i> signifie proprement un mauvais Ange, dont l'office est de conduire les ames criminelles au lieu du supplice.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHARON" />
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    <head>CHARON</head>
    <p>
    Charon , est aussi un nom d'homme que deux anciens Historiens ont porté, l'un de Lampsaque &amp; l'autre de Carthage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8069" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARPENTE" />
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    <head>CHARPENTE</head>
    <p>
    CHARPENTE . On dit aussi CHARPENTERIE, dans le même sens, mais le premier vaut mieux. s. f. Gros bois propre aux grandes constructions de maisons, de bateaux, de navires. <i>Materiaria structura, materiatio.</i> Ce Marchand ne fait trafic que de bois de <i>charpente.</i> On le dit aussi du gros bois taillé &amp; assemblé. La <i>charpente</i> de cette maison a tant coûté. Le bois de <i>charpente</i> se vend au cent de pièces.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8069" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARPENTE" />
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    <head>CHARPENTE</head>
    <p>
    Charpente , se dit aussi de tout le bois assemblé qui soutient la couverture d'un édifice. La <i>charpente</i> de plusieurs Eglises de France est de bois de chataignier. On le dit aussi de l'art d'assembler le bois pour faire un ouvrage de <i>charpente.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8070" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARPENTER" />
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    <head>CHARPENTER</head>
    <p>
    CHARPENTER , v. act. Tailler du bois de charpente pour le mettre en état d'être assemblé. <i>Materiarium opus facere.</i></p><p>On le dit aussi au figuré, de ce qui est mal coupé. <i>Imperitè secare, incidere.</i> Ce Tailleur ne sait pas son métier, il a tout <i>charpenté</i> cette étoffe. Ce Chirurgien est ignorant, il a <i>charpenté</i> le bras de cet homme en le voulant panser.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8071" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARPENTERIE" />
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    <head>CHARPENTERIE</head>
    <p>
    CHARPENTERIE , s. f. Art qui enseigne à tailler &amp; à assembler de grosses pièces de bois pour bâtir des maisons, &amp; les couvrir pour construire des bateaux, des navires, faire des machines, des clochers, &amp;c. <i>Materiatura, materiaria fabrica.</i> Comme les maisons ne furent d'abord construites que de bois, l'art de <i>Charpenterie</i> est plus ancien que celui de Maçonnerie. François Pyrard dit qu'aux Maldives la <i>charpenterie</i> est si ingénieusement travaillée, qu'elle tient sans clous &amp; sans chevilles, &amp; qu'elle est si ferme, qu'on ne la peut désassembler sans en savoir l'artifice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8072" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARPENTIER" />
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    <head>CHARPENTIER</head>
    <p>
    CHARPENTIER , s. m. Ouvrier qui taille &amp; qui assemble la charpente. <i>Materiarius, tignarius faber. Charpentier</i> de maisons. <i>Charpentier</i> de vaisseaux. On l'a nommé autrefois <i>Chapuis.</i> On appelle aussi <i>Charpentier</i> le maître qui entreprend &amp; conduit un ouvrage de charpente.</p><p>Ce mot vient de <i>Carpentarius</i>, qui a été fait de <i>carpentum,</i> qui signifie un <i>char</i> ; bien que ceux que nous nommons aujourd'hui <i>Charpentiers</i> fassent tout autre chose que les voitures appellées <i>carpenta.</i> Bollandistes, <i>Act. SS. Mart. T. I. p.</i> 589. <i>B. &amp;</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8072" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="CHARPENTIER" />
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    <head>CHARPENTIER</head>
    <p>
    Charpentier , en terme de Marine , s'appelle <i>Maître de hache.</i> Les métiers de <i>Charpentier,</i> Calfateur &amp; Perceur de navire, peuvent être exercés par une même personne, suivant le titre 9. du liv. 2. de l'Ordonnance de la Marine. Le <i>Charpentier</i> du Roi portoit autrefois pour Armoiries deux haches adossées dans un Ecu.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8072" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHARPENTIER" />
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    <head>CHARPENTIER</head>
    <p>
    Charpentier . Oiseau qui n'est pas plus gros qu'une alouette, qui se trouve dans l'Isle de S. Domingue. On l'appelle ainsi à cause de la force qu'il a de percer un palmiste jusqu'au coeur, pour en tirer la moëlle, dont il est plein. Quoique le bois de cet arbre soit si dur que les meilleurs instrumens rebroussent dessus, il ne lui faut qu'un jour pour cela. Son bec est pointu, &amp; long d'un bon pouce.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8073" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARPIE" />
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    <head>CHARPIE</head>
    <p>
    CHARPIE , s. f. Quelques-uns disent <i>charpi,</i> d'autres <i>charpis,</i> au masculin. Filets de vieille toile qui servent à faire des tentes pour panser les plaies. <i>Linamentum.</i> On a fait faire pour l'armée douze tonnes de <i>charpie.</i></p><p>Ce mot vient de <i>carpia</i>, ou <i>carpita</i>, qui se trouve dans les Gloses, qui a été dit <i>à carpendo.</i> Menage.</p><p>On dit aussi d'une étoffe usée, d'une viande trop bouillie, qu'elle est toute en <i>charpie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8074" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARPIR" />
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    <head>CHARPIR</head>
    <p>
    CHARPIR , v. n. Vieux mot, qui signifioit autrefois, Faire de la charpie, effiler ou carder la vieille toile. <i>Telam filatim dissolvere.</i> D'où on a fait son composé <i>décharpir,</i> qui se dit encore en parlant des gens qui se battent, qu'on a de la peine à séparer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8075" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRÉE" />
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    <head>CHARRÉE</head>
    <p>
    CHARRÉE , s. f. Cendre qui reste sur le cuvier quand on a coulé la lescive. <i>Lixivius cinis,</i> prononcez <i>charée.</i> La <i>charrée</i> est bonne au pied des arbres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8076" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRETÉE" />
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    <head>CHARRETÉE</head>
    <p>
    CHARRETÉE , s. f. Ce que peut contenir, ou ce que peut porter une charrette. <i>Vehes, vehis, plaustri onus.</i> La corde de bois contient deux <i>charretées</i> ou voies de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8077" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRETIER" />
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    <head>CHARRETIER</head>
    <p>
    CHARRETIER , ou CHARTIER, ière, s. Ce mot est plus ordinairement de trois syllabes que de deux ; ainsi il est plus ordinaire d'écrire <i>Charetier</i> que <i>Chartier.</i> Il signifie celui qui mène une charrette, un chariot, ou une charrue. <i>Carri, plaustri ductor.</i> Ce <i>Charretier</i> fait claquer son fouet. La Police défend aux <i>Charretiers</i> d'être montés sur leurs chevaux, ils doivent conduire à pied leurs harnois, &amp; ne point faire courir leurs chevaux dans les rues.</p><p>On dit proverbialement, Il n'est si bon <i>Charretier</i> qui ne verse ; pour dire, il n'y a point d'homme si habile qui ne fasse quelque faute. On dit aussi d'un grand Jureur, il jure comme un <i>Charretier</i> embourbé. <i>Charretier</i> vient de <i>carretiero,</i> comme <i>charrette</i> de <i>carretta.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8078" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRETIN" />
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    <head>CHARRETIN</head>
    <p>
    CHARRETIN , ou CHARRETEIN, comme écrit Liger. Espèce de charrette sans ridelles, &amp; dons les Bourguignons se servent, sur-tout pour charrier du vin. Liger. Il paroît que ce mot n'est en usage qu'en Bourgogne ; ailleurs on dit simplement charrette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8079" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRETTE" />
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    <head>CHARRETTE</head>
    <p>
    CHARRETTE , s. f. Vaisseau qui est monté sur deux roues, qui sert à voiturer les denrées &amp; choses pesantes. <i>Carrus, plaustrum.</i> Une <i>charrette</i> à mener du bois, du vin, de la pierre, &amp;c. On mène exécuter les criminels dans une <i>charrette.</i> On fouette les coupeurs de bourses au cul d'une <i>charrette.</i> Les limons, les ridelles d'une <i>charrette.</i> Une <i>charrette</i> à gerbes est une grande <i>charrette. Charrette</i> à ridelles. Liger.</p><p>Ce mot vient de <i>carrecta</i> diminutif de <i>carrus,</i> comme <i>charrue</i> de <i>carruca.</i> Men. On l'a appellée aussi <i>carrecta,</i> &amp; <i>carrectarius, charretier,</i> &amp; <i>carrecta, charretée.</i> Du Cange. On trouve dans la basse Latinité <i>carrata</i> au même sens.</p><p>On appelle proverbialement un <i>avaleur de charrettes ferrées,</i> un Thrason, un Capitan. C'est une phrase Grecque qui se trouve dans Athénée &amp; Xénophon.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8080" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRIER" />
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    <head>CHARRIER</head>
    <p>
    CHARRIER . Voyez <ref type="search" target="head:CHARIER">CHARIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8081" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARROI" />
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    <head>CHARROI</head>
    <p>
    CHARROI , s. m. Conduite de voitures sur des roues, soit charrette, charriot, coche ou carrosse. <i>Vectio quae carris, plaustris fit ; exportatio in carro.</i> Les passages des montagnes sont difficiles, on n'y sauroit aller par <i>charroi</i> ; on n'y peut mener le <i>charroi</i> ; on travaille à y faire un chemin de <i>charroi.</i> Voilà un bon <i>charroi</i> de grain. Payez-moi mes <i>charrois</i> ; c'est-à-dire, ce que je vous ai charié. Liger, ou plutôt ce que vous me devez pour l'avoir charié. Il y a à la Cour des charges de Capitaine de <i>charroi.</i> On dit aussi <i>charriage</i> dans le même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8081" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARROI" />
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    <head>CHARROI</head>
    <p>
    Charroi , se dit sur mer, d'une grande chaloupe relevée de deux fargues de toile, pour porter la morue en Terre-neuve. <i>Exportatio in navigio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8082" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRON, ONNE" />
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    <head>CHARRON, ONNE</head>
    <p>
    CHARRON, ONNE , subst. Artisan qui fait les trains d'artillerie, de charrettes, de chariots, de carrosses. <i>Plaustrorum carrorum, curruum faber.</i> On fait marcher force <i>Charrons</i> avec l'équipage de l'armée.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8083" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRONNAGE" />
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    <head>CHARRONNAGE</head>
    <p>
    CHARRONNAGE , s. m. Travail &amp; ouvrage de Charron. <i>Plaustrorum, carrorum fabrile opus.</i> Il y a un tel fonds pour le <i>charronnage</i> de tant de chariots.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8083" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARRONNAGE" />
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    <head>CHARRONNAGE</head>
    <p>
    Bois de charronnage , est celui qu'emploient les Charrons, &amp; particulièrement l'orme, qui sert à faire les moyeux des roues ; le chêne dont on fait les raits, &amp;c. <i>Lignum fabricandis curris ac plaustris idoneum.</i> La plupart du <i>bois de charronnage</i> se vend en grume.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8084" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARRÔTS" />
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    <head>CHARRÔTS</head>
    <p>
    CHARRÔTS , s. m. Ville de France dans le Berry, sur la rivière d'Arnon, entre Bourges &amp; Issoudun. <i>Charrottium, Carophium. Charrôts</i> est un Duché qui appartient à la Branche de Béthune <i>Charrôts,</i> &amp; que le Roi érigea en Pairie l'an 1690. Voyez sur la Ville, Comté &amp; Duché de <i>Charrôts,</i> &amp; sur l'ancienne Maison de <i>Charôts, l'Hist. de Berry</i> par la Thaumassière, Liv. IX. Ch. 38. &amp; 39. Aimon de <i>Charrôts</i> est nommé en une Chartre de Chezal Benoît de l'an 1093. c'est le premier de cette maison qui soit connu. Elle finit vers la fin du XIVe siècle en Isabel de <i>Charrôts,</i> mariée à Eudes Baron de Culant, qui n'eurent qu'un fils qui mourut jeune.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8085" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CHARRUAGE" />
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    <head>CHARRUAGE</head>
    <p>
    CHARRUAGE , s. m. Terme de Coutumes . On appelle en quelques endroits les terres labourables. <i>charruages. Arva.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8086" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CHARRUE" />
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    <head>CHARRUE</head>
    <p>
    CHARRUE , s. m. Instrument de Laboureur composé d'un train monté sur deux roues, qui a un gros fer pointu, &amp; un autre tranchant, pour ouvrir &amp; couper la terre, &amp; y faire des sillons. <i>Aratrum.</i> Dans la basse Latinité on a dit <i>caruca,</i> &amp; <i>carrucata.</i> On y attèle des boeufs, des chevaux &amp; des ânes, pour la tirer. Il étoit défendu par la Loi de Moïse d'atteler un boeuf &amp; un âne à la <i>charrue.</i> On a été prendre des Consuls Romains à la <i>charrue.</i> Les Dictateurs de Rome se tiroient quelquefois de la <i>charrue,</i> &amp; la reprenoient quand l'expédition étoit achevée ; moins par choix d'une condition tranquile &amp; innocente, que pour être accoutumés à une sorte de vie si inculte. S. Evr.</p><p>Etre à la <i>charrue,</i> c'est être actuellement, ou habituellement occupé à labourer avec une <i>charrue.</i> Ainsi l'on dit en deux sens, il est à la <i>charrue.</i> Que fait ce valet chez vous ? Il est à la <i>charrue</i> ; c'est-à-dire, c'est celui qui conduit la <i>charrue</i> dans la saison. Et Mathurin est à la <i>charrue,</i> c'est-à-dire, est actuellement dans un champ, qu'il laboure.</p><p>Ce mot vient de <i>carruca</i>, Latin. Nicot. Quelques-uns le dérivent de <i>aratellum</i>, comme qui diroit <i>char propre pour arer.</i> Ce mot <i>arer</i> se dit encore en termes de Marine , lorsque l'ancre ne tient pas ferme dans le sable, &amp; qu'elle y fait des sillons.</p><p>On appelle une terre à une, deux ou trois <i>charrues,</i> quand elle a assez de terre pour occuper le labour de tant de <i>charrues. Solum quo in arando vel duo vel tria aratra occupari possunt.</i> Il est défendu aux Nobles de faire valoir par leurs mains des terres à plus de deux <i>charrues.</i> On l'appelloit autrefois <i>carruée,</i> ou <i>charruée.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8086" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARRUE" />
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    <head>CHARRUE</head>
    <p>
    Charrue de Jardin , est une machine composée de trois morceaux de bois enchassés l'un dans l'autre, &amp; d'un fer tranchant un peu panché, pour mordre un pouce sur la superficie des allées. Cette machine est ordinairement traînée par un cheval, &amp; sert à nettoyer les allées, &amp; à couper &amp; déraciner les herbes qui y naissent.</p><p>On dit proverbialement, Mettre la <i>charrue</i> devant les boeufs ; pour dire, Changer l'ordre naturel des choses, &amp; mettre au commencement ce qui devoit être à la fin. On appelle un cheval de <i>charrue,</i> un homme grossier &amp; stupide. On dit aussi, J'aimerois autant être à la <i>charrue,</i> tirer la <i>charrue,</i> en parlant d'un emploi fort pénible, fort laborieux, On appelle aussi, une <i>charrue mal attelée,</i> des gens qui sont liés par quelque société, &amp; qui s'accordent mal ensemble.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8087" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARS" />
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    <head>CHARS</head>
    <p>
    &#9758; CHARS , s. m. Nom d'un petit Canton du Vexin François. Voyez la <i>Descrip. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 2. <i>p.</i> 240.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8088" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTE" />
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    <head>CHARTE</head>
    <p>
    CHARTE . Voyez <ref type="search" target="head:CHARTRE">CHARTRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8089" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CHARTEPARTIE" />
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    <head>CHARTEPARTIE</head>
    <p>
    CHARTEPARTIE , s. f. Terme de Marine . C'est l'acte d'affrétement sur l'Océan, ou de nollissement sur la Méditerranée. C'est un écrit contenant la convention pour le louage d'un vaisseau, ou la lettre de facture, &amp; le contrat de cargaison du vaisseau. <i>Nauticae rationis dividuum folium.</i> Elle doit être rédigée par écrit, &amp; passée entre les Marchands &amp; le Maître, ou les propriétaires du bâtiment. Elle doit contenir le nom &amp; le port du vaisseau, celui du maître &amp; de l'Affréteur, le prix du fret, &amp; les autres conditions dont les parties seront convenues, comme il est porté au Livre IIIe de l'Ordonnance de la Marine. Dans cet acte les Capitaines &amp; les Officiers confessent avoir reçu un tel navire bien &amp; dûement calfaté, étanché victuaillé, munitionné &amp; agréé pour un tel voyage. La <i>chartepartie</i> est distinguée d'avec le <i>connoissement,</i> parce que celle-là se fait pour l'entier affrétement du navire, &amp; pour l'aller &amp; pour le retour ; au lieu que le <i>connoissement</i> n'est fait que pour une partie de la charge, &amp; se fait par une promesse particulière pour l'aller ou pour le retour seulement. Le Président Boyer dit que ce mot vient de ce que <i>per medium carta incidebatur, &amp; sic fiebat carta partita</i> ; parce qu'au temps que les Notaires étoient moins communs, on n'expédioit qu'un acte de la convention qui servoit aux deux parties. On le coupoit en deux, pour en donner à chacune sa portion. Elles les rassembloient au retour pour connoître si elles avoient satisfait à leurs obligations. Ce qu'il atteste avoir vû encore pratiquer deson temps de même qu'en usoient les Romains dans leurs stipulations, au rapport d'Isidore, qui rompoient un bâton, dont chacun gardoit un morceau pour en conserver la marque.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8090" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTIER" />
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    <head>CHARTIER</head>
    <p>
    CHARTIER . Voyez <ref type="search" target="head:CHARRETIER">CHARRETIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8091" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTIL" />
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    <head>CHARTIL</head>
    <p>
    CHARTIL , s. m. Grande charrette &amp; longue, dont les paysans se servent pour transporter leurs gerbes en la grange. <i>Carrus longior.</i> Il vaut mieux dire avec Richelet, <i>charti,</i> &amp; ce mot signifie proprement le corps de la charrette.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8091" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARTIL" />
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    <head>CHARTIL</head>
    <p>
    Chartil , est aussi un lieu couvert dans une basse-cour où l'on serre les charrettes, charrues, herses, &amp; autres choses servant au labour, qui se pourroient gâter étant exposées à la pluie. <i>Carrorum, plaustrorum receptaculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8092" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTON" />
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    <head>CHARTON</head>
    <p>
    CHARTON , s. m. Vieux mot, qui signifioit autrefois un <i>Cocher,</i> ou celui qui menoit un char, ou une charrette. <i>Plaustri, vel currus ductor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8093" id="1" type="">
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    <head>CHARTOPHYLAX</head>
    <p>
    CHARTOPHYLAX , s. m. Nom d'Office dans l'Eglise de Constantinople. <i>Chartophylax.</i> Codin appelle le grand <i>Chartophylax,</i> le Juge de toutes les causes, &amp; le bras droit du Patriarche, &amp; Balsamon la bouche &amp; les lèvres du Patriarche. Codin dit aussi qu'il étoit le dépositaire &amp; le garde de toutes les Chartres qui regardoient les droits Ecclésiastiques ; qu'il présidoit à la décision des causes matrimoniales, &amp; qu'il étoit Juge des Clercs. Théodore Balsamon dédia son Commentaire sur les Canons à George Xiphilon ... Théodore étoit né à Constantinople, &amp; dès-lors Nomophylax &amp; <i>chartophylax,</i> c'est-à-dire, Garde des Loix &amp; des Chartes de sainte Sophie, &amp; premier Prêtre des Blaquernes ; mais il n'étoit pas encore Patriarche d'Antioche. Fleury. Leunclavius &amp; d'autres se sont trompés, quand ils le confondent avec le Chartulaire. C'étoient deux Offices fort différens, &amp; le Chartulaire étoit bien au-dessous du <i>Chartophylax.</i> C'étoit le <i>Chartophylax</i> qui rédigeoit les sentences &amp; les décisions du Patriarche, qui les signoit, &amp; y apposoit le sceau. Il présidoit au grand Conseil du Patriarche, &amp; connoissoit de toutes les causes &amp; matières Ecclésiastiques, tant du peuple que du Clergé &amp; des Moines ; il avoit séance avant les Evêques. Dans certaines cérémonies il montoit le cheval du Patriarche : il avoit sous lui douze Notaires à son service. Enfin, nulle autre dignité n'avoit tant de prérogatives &amp; de si beaux droits. Le Garde-Charte, ou <i>Chartophylax,</i> étoit à Constantinople ce que le Bibliothécaire étoit à Rome. Il portoit les mêmes ornemens que les Ministres Ecclésiastiques, &amp; en faisoit les fonctions. C'étoit lui qui présentoit au Patriarche tous les Evêques &amp; les Clercs étrangers, toutes les lettres, tous ceux qui devoient être pourvûs d'Evêchés, d'Abbayes, ou promus aux Ordres : tous devoient avoir son approbation. Fleury, qui a pris cela de Du Cange, qui l'a rapporté d'après Anastase <i>ad VIII. Synod. Act.</i> 2.</p><p>Quelques-uns écrivent <i>Cartophylax.</i> Ce mot moitié Latin &amp; moitié Grec, s'est formé à Constantinople depuis que <pb n="1003" facs="bpt6k8542165/f1043/full/1200,/0/native.jpg"/>l'Empire y eut été transporté, de , fait du Latin <i>charta,</i> &amp; de , <i>custodio,</i> &amp; signifie <i>Garde-Chartes.</i> C'étoit un Officier préposé à la garde des Chartes &amp; des actes. Il y en avoit un pour le Palais de l'Empereur, &amp; un pour le Patriarche &amp; pour l'Eglise, qui avoient encore chacun un nom particulier, comme il paroît dans Codin. Le <i>Cartophylax</i> du Palais s'appelloit <i>Registrator,</i> celui qui tient les Registres ; &amp; celui de l'Eglise, <i>Scrinarius,</i> celui qui a soin des papiers, des actes. Cependant on les confond souvent. Le <i>Cartophylax</i> de l'Eglise de Constantinople gardoit le sceau du Patriarche, &amp; le portoit sur sa poitrine. Le <i>Cartophylax</i> avoit encore la garde des Livres de l'Eglise, comme on le voit dans le VIe Concile, act. 1. &amp; 13. Pachymère ajoûte, L. III. ch. 24. que l'on ne donnoit point de bénédiction nuptiale sans sa permission. Voyez Codin, les Notes du P. Goar, &amp; Meursius. Voyez aussi les Observations du P. Gretser Jésuite, sur Codin, L. I. c. 4. Comme ce Père a crû devoir retenir le mot Grec en Latin, &amp; que ceux qui l'ont tourné, n'ont rien trouvé qui y réponde, il semble qu'on doit aussi le garder dans notre langue, parce que nous n'avons point de mot François qui exprimât assez bien cette dignité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8094" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTRAIN, AINE" />
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    <head>CHARTRAIN, AINE</head>
    <p>
    CHARTRAIN, AINE , s. m. &amp; f. &amp; adj. Qui est de Chartres, ou du pays qui en dépend. <i>Carnutensis, Carnotensis.</i> César ayant envoyé C. Fabius avec ses troupes vers Chartres, les <i>Chartrains</i> lui donnerent des ôtages, &amp; se rendirent. Aujourd'hui on ne se sert guère de ce mot que dans cette phrase. Le pays <i>Chartrain, Carnuteus, Carnotensis ager.</i> C'est le territoire de Chartres. Quelques-uns le prennent pour toute la Beauce propre.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8095" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTRE" />
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    <head>CHARTRE</head>
    <p>
    CHARTRE , ou CHARTE, s. f. Titre expédié sous le scel d'un Prince, d'un Seigneur, d'une Eglise, d'un Chapitre, d'une Communauté. Vieux titre ou enseignement qu'on garde soigneusement pour la conservation, &amp; la défense des droits d'un Etat, d'une Communauté, d'une Seigneurie. <i>Veteres chartae, membranae.</i> Le Trésor des <i>Chartres</i> du Roi est à la garde de son Procureur Général. <i>Tabularium.</i> On a fait l'inventaire du Trésor des <i>Chartres</i> en huit volumes. Mr le Maître dit <i>Charte.</i> Mr Mézerai l'a aussi fait dans son Histoire <i>in-folio.</i> Mr d'Eperon n'a jamais dit autrement dans son Livre de la véritable origine de la première Race des Rois de France. La raison veut aussi qu'on dise <i>Charte</i> ; mais l'usage plus forte que la raison, veut qu'on dise &amp; qu'on écrive <i>Chartre.</i> L'usage aujourd'hui est partagé, on lit l'un &amp; l'autre mot dans les Edits &amp; Ordonnances du Roi. Nonobstant <i>Charte</i>-Normande, ou <i>Chartre</i>-Normande. Il est parlé de ce Saint dans une <i>Chartre,</i> dit Mr Patru. Vous pourrez vous détromper si vous prenez la peine de consulter les anciennes <i>Chartres,</i> dit Mr Froimond. Plusieurs, comme Bardin, dans son <i>Grand-Chambellan de France,</i> &amp; Tessereau dans son <i>Hist. Chronol. de la Chancellerie,</i> écrivent <i>Charte.</i></p><p>Le mot de <i>Chartre,</i> dit M. Ménage, dans les <i>Observations sur la langue Françoise,</i> vient de <i>charta,</i> &amp; ainsi selon l'étymologie il faudroit dire <i>Charte.</i> Cependant on dit <i>Chartre,</i> &amp; le Barreau ne parle point autrement. Nicot croit qu'il vient du Grec , qui signifie <i>gros papier,</i> ou plusieurs feuilles colées ensemble, sur quoi on écrivoit autrefois tous les actes d'importance. vient du Latin <i>charta,</i> qui se trouve dans la basse Latinité pour un acte public &amp; authentique, une donation, un contrat. Voyez Bollandus, <i>Janv. T. I. p.</i> 73. <i>&amp;</i> 131.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8095" id="2" type="">
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    <head>CHARTRE</head>
    <p>
    Chartre-Normande , ou la <i>Charte aux Normands,</i> est un titre fort ancien contenant plusieurs priviléges &amp; concessions accordées aux habitans de Normandie, &amp; confirmées par les Rois Jean, Philippe VI. Charles VI. &amp; VII. Louis XI. les confirma en l'année 1461. mais le titre originaire &amp; primitif est du 19. Mars 1315. qui a été accordé par le Roi Louïs X. dit Hutin. <i>Veteres chartae quibus concessa Normannis privilegia continentur.</i> Il y en a une autre confirmation par le Roi Henri III. au mois d'Avril 1579. Les <i>vidimus</i> en sont contenus à la fin du Coutumier de Normandie. On met dans la plupart des Lettres de la grande Chancellerie, Nonobstant clameur de haro, <i>Chartre-Normande,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARTRE</head>
    <p>
    Chartre , en termes de Palais , est un vieux mot qui signifioit autrefois une prison. <i>Carcer.</i> Il faut toujours écrire <i>Chartre</i> en ce sens. Il est encore en usage en cette phrase, Il est défendu de tenir une personne en prison, en <i>chartre</i> privée, c'est-à-dire, hors d'une prison publique. C'est de-là aussi qu'est nommé le Prieuré de S. Denys de la <i>Chartre</i> à Paris. S. Pierre de Luxembourg, au Livre manuscrit qu'il écrivoit à sa soeur pour la retirer du monde, &amp; lui persuader la retraite, dit, Le monde est comme une <i>chratre</i> où nous sommes enchartrés par nos péchés. Froissart IV. vol. c. 39. Monstrelet, I. vol. c. 41. 46. 57. 103. <i>La Chronique de Flandre, c.</i> 86. Alain Chartier au Poëme intitulé, <i>Le Régime de la fortune</i> ; &amp; autres. Du Cange. <i>Gloss. sur VilleHardouin.</i></p><p>Ce mot s'étoit formé du Latin <i>carcer, carceris,</i> dont on avoit fait Carcere, Carcre, Charcre, <i>chartre.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARTRE</head>
    <p>
    Chartre , se dit aussi d'une maladie qui fait tomber en langueur, &amp; maigrir insensiblement, qu'on appelle aussi <i>phthisie. Tabes, tabificus morbus.</i> On voue à saint Mandé les enfans qui tombent en <i>chartre.</i> On a été obligé de donner une nourrice à ce malade, parce qu'il tomboit en <i>chartre.</i></p><p>Ce mot apparemment vient du précédent, parce que la prison cause de la tristesse &amp; de la maigreur. Du Cange dit qu'on appelloit anciennement les malades <i>chartriers,</i> &amp; en Latin <i>carcerarii.</i></p><p>Les Auteurs du Journal de Lypsick 1682. p. 316. parlent d'une espèce de <i>Chartre,</i> ou maladie inconnue aux Anciens, &amp; dont les Médecins parlent beaucoup depuis deux siècles. Elle fait maigrir les enfans, leur cause des insomnies, les rend inquiets, &amp; semble leur causer une extrême démangeaison. Le bain donné à propos leur fait sortir par les pores des corpuscules semblables à de gros poils épais &amp; denses, ce qui fait qu'on les appelle <i>Crinones,</i> comme qui diroit de gros cheveux : &amp; la maladie <i>pilaris morbus.</i> Quelques Médecins qui sont persuadés que ces espèces de poils sont de petits animaux, les appellent <i>Comedones, de comedere,</i> manger. On a fort disputé si c'étoient des excrémens épaissis de la troisième coction, ou si c'étoient des insectes. Quoi qu'il en soit, quand on les a fait sortir une ou deux fois les enfans se portent mieux. Les microscopes démontrent que ce sont en effet des animaux vivans. Ils sont grisâtres, tirant tantôt plus, &amp; tantôt moins sur le noir : ils ont deux espèces de cornes fort longues, deux yeux ronds &amp; fort gros, &amp; une queue longue &amp; velue au bout. Ils viennent plus ordinairement aux enfans, &amp; sur-tout aux cuisses, aux bras &amp; aux épaules. Georg. Jérôme Velschius a fait une Exercitation, <i>De Vermiculis Capillaribus Infantum,</i> dans laquelle on trouve tout ce que différens Auteurs ont écrit sur ce sujet, &amp; tout ce qu'on en peut savoir tant pour la théorie que pour la pratique.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8095" id="5" type="">
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    <head>CHARTRE</head>
    <p>
    Chartre . Cri d'armes de Thibaut Comte de Champagne</p><p>dit, dans son <i>Roman de Normandie,</i> Maistre Vace, natif de l'Isle de Gersay, Chanoine de Baieux surnommé le Clerc de Caën. Ménage, <i>Hist. de Sablé, L. I. C.</i> 2. <i>pag.</i> 4.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8096" id="1" type="">
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    <head>CHARTRES</head>
    <p>
    CHARTRES , s. m. <i>Carnutum. Autricum Carnutum.</i> C'est le nom d'une ville très-ancienne, Capitale de la Beauce, Province de France. Quelques Auteurs prétendent qu'elle fut bâtie par les Gomérites, ou enfans de Gomer, peu de temps après Noé. D'autres disent que ce furent les Saronides &amp; les Druïdes ;, qui y jetterent les fondemens d'une ville ; qu'ils y érigerent un autel à la Vierge qui devoit enfanter, <i>Virgini Pariturae.</i> D'autres soutiennent seulement qu'un certain Priscus, ayant appris de la doctrine des Druides, qu'il y auroit une Vierge qui enfanteroit, ce Seigneur ou Gouverneur, lui fit ériger un autel &amp; bâtir un temple. <i>Chartres</i> est situé sur la rivière d'Eure. Jusqu'à François I. cette ville n'a eu que le titre de Comté. Ce Prince l'érigea en Duché en faveur de Renée, Duchesse de Ferrare. La Cathédrale de <i>Chartres</i> est une des plus belles Eglises du Royaume. Il y a un Vidame de <i>Chartres.</i> Les fils des Ducs d'Orléans portent le titre de Duc de <i>Chartres.</i> La latitude de <i>Chartres</i> est 48d. 30'. &amp; sa longitude 19d. 15'. selon l'Académie des Sciences. Les habitans de <i>Chartres</i> &amp; de son territoire s'appelloient autrefois <i>Carnutes,</i> aujourd'hui <i>Chartrains.</i></p><p>Quelques Auteurs, au rapport de Du Chesne dans ses <i>Antiquités des Villes de France,</i> croient que le nom de cette ville vient du mot Grec , ou plutôt , ou , <i>nux juglans,</i> une noix, de même que celui de Druïde vient de , un <i>Chêne,</i> parce que ces arbres venoient en abondance dans les forêts de ce pays-là.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8097" id="1" type="">
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    <head>CHARTREUSE</head>
    <p>
    CHARTREUSE , s. f. Lieu de Dauphiné dans les montagnes à quatre ou cinq lieues de Grenoble du côté du Nord. <i>Carthusia.</i> S. Bruno, quand il quitta le monde pour vivre dans la solitude, choisit pour sa demeure ce lieu des montagnes de Dauphiné nommé <i>Chartreuse,</i> &amp; c'est de-là que les Monastères &amp; les Religieux de son Ordre ont pris leur nom.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARTREUSE</head>
    <p>
    CHARTREUSE , s. f. Maison de Chartreux. <i>Monasterium Carthusianorum, Carthusia.</i> M. Ménage, qui étoit d'Anjou, &amp; qui devoit connoître le caractère de ceux de son pays, dit qu'il n'y a point de <i>Chartreuse</i> en Anjou, parce que les habitans y aiment trop à parler : on dit la même chose de Beauvais. La grande <i>Chartreuse</i> est bâtie sur un rocher dans une solitude affreuse, à cinq lieues de Grenoble. On y arrive par des chemins pratiqués dans le roc d'où l'on voit d'un côté des précipices affreux, ce qui oblige quelquefois les voyageurs de descendre de cheval. Ce fut en 1086. que saint Bruno se retira à la <i>Chartreuse,</i> qui depuis a été appellée la grande <i>Chartreuse,</i> parce que c'est la première maison de l'Ordre : les autres Monastères s'appellent du nom de <i>Chartreuse,</i> en y ajoûtant le nom du lieu où ils sont situés ; La <i>Chartreuse</i> de Paris, La <i>Chartreuse</i> de Rouen, de Gaillon, du Val-Dieu, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHARTREUSE</head>
    <p>
    Chartreuse , s. f. Religieuse de l'Ordre de S. Bruno.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8098" id="3" type="fleuriste">
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    <head>CHARTREUSE</head>
    <p>
    Chartreuse . Terme de Fleuriste . Tulipe gris de lin, qui a peu de pourpre &amp; de blanc de lait d'entrée. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8099" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTREUX" />
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    <head>CHARTREUX</head>
    <p>
    CHARTREUX , s. m. Religieux de l'Ordre de S. Bruno, qui vit fort austèrement, &amp; dans une clôture &amp; une solitude fort étroite. <i>Carthusianus, Carthusiensis.</i> Ce nom vient du village de la <i>Chartreuse</i> en Dauphiné, où S. Bruno se retira lorsqu'il commença à fonder cet Ordre en 1086. &amp; l'on a donné ce nom aux autres Maisons des <i>Chartreux.</i></p><p>On fait dire à M. Valois dans le Valésiana que les <i>Chartreux</i> ne devroient pas s'appeller en Latin <i>Cartusienses,</i> mais <i>Caturcienses,</i> du nom du Village qui est proche du lieu où ils s'établirent la première fois, qui s'appelle en Latin <i>Catorissium,</i> ou <i>Caturissium,</i> &amp; en François Chatrouse. Mais dans la Lettre de fondation du Monastère de Chartreuse signée du Curé &amp; des habitans du Village dont il s'agit, les Religieux de ce Monastère sont appellés <i>Cartusienses,</i> &amp; non pas <i>Caturcienses.</i> Pierre de Clugni, saint Bernard, &amp; les autres Ecrivains qui les ont vû naître, ne les ont point appellés autrement que <i>Cartusienses</i> ; &amp; il ne faut point alléguer la Chronique de saint Médard de Soissons, où M. Valois a lû <i>Ordo Caturciensis,</i> puisque cette <i>Chronique</i> qui finit en 1261. est postérieure de près de deux cents ans à la fondation des <i>Chartreux</i> qui est de l'année 1086. Vign. Marv. <i>Cet Auteur étoit Chartreux.</i></p><p>Les constitutions des <i>Chartreux</i> se trouvent dans un Livre imprimé à Basle en 1510. Il contient tous les Statuts de leur Ordre, &amp; il n'y a point d'impression de ces Constitutions plus ancienne, ni plus authentique ; car elle a été reçue, approuvée &amp; autorisée de tout l'Ordre, comme on le voit par le témoignage de François Dupuis, leur Général, qui se lit à la fin de cette compilation. Les Statuts de Guigues y sont les premiers sous le titre de <i>Statuta &amp; consuetudines D. Guigonis prioris Carthusiae.</i> M. l'Abbé de la Trappe, dans son Ouvrage de la <i>Vie Monastique,</i> s'est servi de ce Livre pour prouver que les <i>Chartreux</i> ne vivoient plus dans cette grande austérité à laquelle ils étoient obligés par les constitutions de Guigues leur cinquième Général. Don Innocent Masson, leur Général, a fait une réponse à l'Abbé de la Trappe, sous le titre d'<i>Explication de quelques endroits des anciens Statuts de l'Ordre des Chartreux.</i> Dans ce petit Ouvrage, qui n'a été communiqué qu'à très-peu de personnes, il prétend que ce que le Père Guigues a écrit, n'étoit que des Coutumes dans le temps qu'il l'a écrit, comme il s'en explique lui-même dans son Prologue, &amp; qu'il est demeuré sous le titre &amp; les qualités de Coutumes jusqu'à ce que l'Ordre les a converties en Statuts quelque temps après, en leur donnant la force de loi par l'usage, &amp; en les rédigeant enfin en forme de constitutions.</p><p>Dans l'année 1250. C'est-à-dire, environ deux siècles après la fondation de l'Ordre des <i>Chartreux,</i> un de leurs Généraux, nommé Riffier, fit une compilation des Coutumes de Guigues qui étoient devenues Statuts par l'usage &amp; par l'approbation des Chapitres Généraux de l'Ordre. Dom Masson prétend que l'Abbé de la Trappe a donné mal-à-propos le nom de <i>Constitutions</i> aux Statuts de Guigues, qui n'ont été dans les commencemens que des usages, &amp; non pas des loix. Un <i>Chartreux,</i> nommé Raynaud, fit en 1369. une nouvelle compilation des Statuts de son Ordre : comme il se trouvoit une multiplicité d'Ordonnances faites depuis les anciens Statuts, il ôta cette multiplicité, en les réduisant à un plus petit nombre, sans rien diminuer cependant de l'ancienne austérité. La piété claustrale est encore aujourd'hui plus en vigueur chez les <i>Chartreux</i> que dans aucune autre Maison Religieuse.</p><p>Borel dit qu'autrefois on appelloit les <i>Chartreux, Chartrussins,</i> &amp; que ces mots viennent de <i>chartre,</i> qui veut dire <i>prison,</i> comme si les <i>Chartreux</i> étoient ainsi nommés, c'est-à-dire, <i>prisonniers,</i> à cause de la grande retraite dont ils font profession. Il est visible que le nom de <i>Chartreux</i> vient de <i>Chartreuse,</i> où leur premier Monastère fut bâti.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8099" id="2" type="">
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    <head>CHARTREUX</head>
    <p>
    Chartreux , se dit aussi d'un Monastère de <i>Chartreux.</i> Saint Louis a fait bâtir les <i>Chartreux</i> de Paris.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8100" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTRIER" />
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    <head>CHARTRIER</head>
    <p>
    CHARTRIER , s. m. Trésor, lieu où on garde les Chartres d'une Abbaye, d'une Communauté, d'une Seigneurie. <i>Tabularium.</i> Richard, Roi d'Angleterre, ayant défait l'arrière garde de Philippe Auguste entre Châteaudun &amp; Vendôme l'an 1194. lui enleva tout son bagage, l'argent destiné au payement de l'armée, &amp; sur-tout le <i>Chartrier</i> de France. Ainsi il ne faut pas s'étonner si les Trésors des Chartres &amp; des Registres publics ne montent plus au-delà de Philippe-Auguste ; car jamais le Roi d'Angleterre ne voulut se dessaisir de ces papiers.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8100" id="2" type="">
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    <head>CHARTRIER</head>
    <p>
    Chartrier , se dit aussi du Garde de ce Trésor. <i>Custos tabularii.</i> Dans les Couvents il y a un Religieux <i>Chartrier, Cartularius.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CHARTULAIRE">CHARTULAIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8101" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARTULAIRE" />
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    <head>CHARTULAIRE</head>
    <p>
    CHARTULAIRE , s. m. On prononce <i>Cartulaire.</i> Volume où on a recueilli ou transcrit les principales Chartres d'une Abbaye, d'une Seigneurie. <i>Veterum chartarum volumen, codex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8101" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHARTULAIRE" />
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    <head>CHARTULAIRE</head>
    <p>
    Chartulaire , est aussi le nom de différens Officiers qui étoient chargés de chartres, de papiers qui concernoient le public. <i>Chartularius.</i> Le <i>Chartulaire</i> présidoit aux jugemens Ecclésiastiques au lieu du Pape, &amp; gardoit les chartres de l'Eglise. Dans l'Eglise Grecque on appelloit <i>Chartophylax,</i> celui que les Latins appelloient <i>Chartularius, Chartulaire</i> ; mais sa charge étoit bien plus considérable ; &amp; plusieurs distinguent même dans l'Eglise Grecque le <i>Chartulaire</i> du <i>Cartophylax.</i> Voyez ce dernier mot. Le <i>Chartulaire</i> de Constantinople présidoit aux jugemens civils ou criminels au nom du Patriarche : on l'appelloit à cause de cela, la <i>bouche &amp; la main du Patriarche</i> : il portoit un anneau d'or &amp; une tiare ornée d'or, &amp; sur sa poitrine une espèce de bulle, comme les Evêques portent en France une croix. Il avoit droit comme le Patriarche de catéchiser le peuple dans l'Eglise. Quand le Patriarche établissoit un <i>Chartulaire,</i> il lui donnoit des clefs, pour marquer l'étendue de son autorité. Quoique le <i>Chartulaire</i> de Constantinople ne fût que Diacre, il précédoit les Evêques, malgré leurs fréquentes Protestations ; mais il n'avoit point séance aux Conciles Oecuméniques, quand on en tenoit. Il avoit soin de tirer des archives dont il avoit les clefs, les papiers que les Pères du Conciles demandoient, &amp; de les retirer ensuite. Voyez Balsamon, L. VII. du Droit des Grecs, l'Action 13. &amp; 14. du sixième Concile.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8101" id="3" type="">
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    <head>CHARTULAIRE</head>
    <p>
    Chartulaire , dans l'Empire, étoit un Officier de l'Empereur à Constantinople. Il y avoit plusieurs <i>Chartulaires,</i> &amp; l'un d'eux étoit le Chef des autres, auquel ils étoient subordonnés : on l'appelloit <i>Grand Chartulaire.</i> Quand l'Empereur montoit à cheval c'étoit le <i>Chartulaire</i> qui tenoit son cheval &amp; qui le menoit. <i>Chartularius.</i> Le P. Goar l'appelle aussi <i>Scrinarius.</i> C'étoit un Commis, celui qui tenoit le Registre public, qui y écrivoit les actes &amp; les comptes. S. Pierre de Maiuma, Martyr, étoit <i>Chartulaire</i> des impôts publics, <i>Chartularius vectigalium publicorum.</i> Voyez Bollandus, <i>Act. SS. Febr. T. III. p.</i> 266. 267. Au reste, il paroît par le Diacre Jean dans la vie de S. Grégoire, <pb n="1005" facs="bpt6k8542165/f1045/full/1200,/0/native.jpg"/>c. 6. que l'Office de <i>Chartulaire</i> étoit considérable ; car il lui donne les titres de <i>Magnifique</i> &amp; de <i>Seigneur, Veniente autem viro magnifico domino Maurencio Chartulario.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8101" id="4" type="">
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    <head>CHARTULAIRE</head>
    <p>
    Chartulaire , étoit aussi un Copiste, un Clerc, un Scribe d'un ordre inférieur. P. Goar, <i>sur Codin, pag.</i> 10. <i>Note</i> 7.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8101" id="5" type="">
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    <head>CHARTULAIRE</head>
    <p>
    Chartulaire , dans le Clergé, étoit encore celui qui avoit soin des Chartres, des Codicilles, des Livres de compte. Il avoit aussi soin de tous les Livres qui concernoient les Lecteurs &amp; les Chantres. Goar, <i>Note</i> 56. <i>sur Codin, p.</i> 16. de l'<i>éd. du Louvre.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8102" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHARYBDE" />
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    <head>CHARYBDE</head>
    <p>
    CHARYBDE , s. m. Gouffre horrible vers le rivage de la Sicile. <i>Charybdis.</i> Il n'est pas éloigné d'un autre gouffre appellé <i>Scylla</i> : &amp; de-là est venu le proverbe, qu'il faut prendre garde de tomber en Scylla, en voulant éviter <i>Charybde,</i> c'est-à-dire, qu'en fuyant un péril on ne se précipite dans une autre opposé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8103" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAS" />
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    <head>CHAS</head>
    <p>
    CHAS , ou CHAAS. Vieux mot qui signifioit autrefois l'intervalle qui est entre deux poutres d'un bâtiment : ce qu'on appelle maintenant <i>travée. Intertignium ; inter proxima duo tigna tabulati intervallum.</i> On le dit encore des granges, bergeries, &amp; autres bâtimens de campagne. Les experts ont fait leur rapport d'avoir visité cette grange consistant en trois <i>chas.</i></p><p>On dit aussi à la campagne, qu'une vache est en <i>chas</i> ; pour dire, qu'elle est en chaleur. <i>Appetens mahis vacca.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8103" id="2" type="macon">
   <index type="head" value="CHAS" />
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    <head>CHAS</head>
    <p>
    Chas , est aussi un terme de Maçon , qui signifie une pièce de cuivre quarrée qui a diamétralement une pièce de métal ronde qu'on appelle <i>plomb. Perpendiculum ex astragalo pensile.</i> Cette piéce ronde pend d'une ligne qui passe au travers du <i>chas,</i> &amp; sert aux Maçons pour plomber les murs, &amp; voir s'ils sont droits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8103" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAS" />
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    <head>CHAS</head>
    <p>
    Chas , signifie encore une certaine colle, dont les Tisserands frottent la chaîne du fil tendue sur leur métier. Pomey. <i>Textorium glutinum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8104" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASERET" />
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    <head>CHASERET</head>
    <p>
    CHASERET , s. m. On prononce Chazeret. C'est un petit chassis de bois large de trois bons doigts, qui a un fond d'osier, &amp; dont on se sert pour faire des fromages. Un <i>chaseret</i> fort propre. Ce sont les boiseliers qui font les <i>chaserets.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8105" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASNAËMIN" />
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    <head>CHASNAËMIN</head>
    <p>
    CHASNAËMIN , s. m. Officier de la Maison du Grand-Seigneur, Chef de dix Commis, ou petits Trésoriers qui sont sous le Casnatarbassi, lequel a outre cela sous lui soixante ou quatre-vingts jeunes garçons, de ceux qui sont nourris au Serrail. Vigen. dans ses <i>Illustr. sur l'Hist. de Chalcondyle,</i> p. 331.</p><p>Ce mot est Turc, composé de , <i>Chasna,</i> bourse, &amp; , <i>Emin,</i> proprement Fidèle, comme en Hébreu &amp; en Arabe, &amp; de-là <i>Commis, Garde, Préposé à quelque office.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8106" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASNATARBASSI" />
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    <head>CHASNATARBASSI</head>
    <p>
    CHASNATARBASSI , s. m. Nom d'un Officier du Serrail du Grand-Seigneur ; Grand-Trésorier du Serrail. C'est lui qui donne aux Pages l'argent qu'il faut pour les menus plaisirs du Grand-Seigneur ; savoir, quarante ducats par jour, tant en aspres qu'en sultanins, qu'on lui met dans les poches de son doliman. Vigen.</p><p>Ce mot vient de <i>Chasna</i>, qui en Turc signifie, <i>Trésor, barsa,</i> dit Meninski au mot ; &amp; de <i>besca, chef.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8107" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CHASSAKI" />
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    <head>CHASSAKI</head>
    <p>
    CHASSAKI , s. m. &amp; f. Terme de Relation . Nom qu'on donne à un Officier de l'Empereur Turc, &amp; à une fille du Serrail, que le Grand-Seigneur a honorée de sa tendresse &amp; de ses amours. <i>Amica.</i></p><p>Ce nom qui est en usage chez les Turcs, est composé du mot Arabe <i>Chassah,</i> &amp; du nom Persan <i>Ki,</i> Roi : &amp; quand il se dit d'un homme, il signifie un des premiers Officiers du Roi ; quand il se dit d'une femme, il se prend pour une concubine de l'Empereur, une fille du Serrail.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8108" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂSSE" />
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    <head>CHÂSSE</head>
    <p>
    CHÂSSE , s. f. Ce mot a la pénultième longue. Vaisseau où est enfermé le corps ou les reliques d'un Saint ou d'une Sainte. <i>Sacrarum reliquiarum theca, capsa.</i> On descend la <i>châsse</i> de sainte Geneviéve avec de grandes cérémonies, &amp; dans les grandes nécessités publiques. Les <i>chasses</i> anciennes sont faites en formes d'Eglises Gothiques.</p><p>Ce mot vient de <i>cacia</i>, ou <i>capsa</i>, que Papias dit avoir été ainsi nommé, <i>quòd in se aliquid capiat</i> ; &amp; est dérivé du Grec .</p><p>On dit proverbialement d'une personne fort parée, qu'elle est décorée comme une <i>châsse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8108" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHÂSSE" />
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    <head>CHÂSSE</head>
    <p>
    Châsse , se dit aussi chez plusieurs Artisans, de la partie qui sert à tenir quelque chose enchâssée, comme la corne des lunettes ordinaires. <i>Margo interiore sinu crenatus. Châsse</i> ou manche de rasoir, &amp;c. <i>Manubrium.</i> La <i>châsse</i> d'une boucle est la partie où est le bouton.</p><p>Ce mot vient de <i>capsa</i>, selon Nicot.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8108" id="3" type="">
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    <head>CHÂSSE</head>
    <p>
    Châsse , signifie aussi cette partie de la balance qui sert à la tenir suspendue par le moyen des pivots du fleau. <i>Ansa.</i> La languette marque l'équilibre, quand elle est toute droite, &amp; de niveau avec les deux côtés de la <i>châsse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8108" id="4" type="orfevre">
   <index type="head" value="CHÂSSE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHÂSSE</head>
    <p>
    Châsse , est aussi un terme d'Orfèvre , &amp; de Faiseurs de boucles, &amp; signifie la même chose que <i>chape.</i> Voyez <ref type="search" target="head:CHAPE">CHAPE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8109" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASSE" />
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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    CHASSE , s. f. Ce mot a la pénultième breve. Expulsion faite avec violence, poursuite qui oblige à fuir, course pour attraper quelqu'un. Cet escadron étoit plus fort que celui des ennemis, il lui a donné la <i>chasse. Hostes fugare, hostes in fugam conjicere, vertere, dejicere.</i> Ce Prévôt donne bien la <i>chasse</i> aux voleurs.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8109" id="2" type="marine">
   <index type="head" value="CHASSE" />
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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse , en terme de Marine , se dit en général de la fuite. Donner la <i>chasse,</i> c'est, Obliger les vaisseaux ennemis à s'enfuir. Prendre <i>chasse,</i> c'est, S'enfuir soi-même. <i>Fugére, fugam capere.</i> Soutenir <i>chasse,</i> c'est, Se battre en retraite. <i>Cedendo pugnare.</i> On appelle pièce de <i>chasse,</i> ou <i>chasse de proue,</i> les canons qui sont logés sur l'avant du vaisseau, pour tirer sur les vaisseaux qui prennent <i>chasse,</i> &amp; à qui on donne la <i>casse.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8109" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHASSE" />
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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse , se dit aussi de la poursuite qu'on fait du gibier gros &amp; menu, à poil ou à plume. <i>Venatus, venatio.</i> La <i>chasse</i> est le plus ancien moyen d'acquérir, &amp; le premier art que la nature ait enseigné aux hommes pour se nourrir. Delaunay. Les <i>chasses</i> sur terres sont de plusieurs sortes. La <i>chasse royale</i> est aux chiens courans avec meute &amp; équipages, où l'on force le gibier, tant les cerfs, daims, chevreuils &amp; sangliers, que des lièvres &amp; renards : &amp; on appelle cela <i>chasser à bruit. Venatio clamosa.</i> Il n'y a que les François, Anglois &amp; Polonois qui usent de cette <i>chasse.</i> La <i>chasse</i> des Gentilshommes se fait avec des lévriers, avec des chiens courans, pour prendre &amp; forcer des lièvres. La <i>chasse</i> aux filets est défendue par l'Ordonnance d'Henri IV. du mois de Juin 1601, &amp; de Louïs le Grand du mois d'Août 1669.</p><p>Un Poëte dit dans une ode élégante sur la <i>chasse,</i></p><p>Il y a un Traité du droit de la <i>chasse</i> par F. De Launay Professeur du Droit François. Sur les paroles de Dieu à Adam Gen. I. 26. &amp; 28. &amp; à Noé Gen. IX. 2. 3. on a considéré la <i>chasse</i> comme un droit acquis à l'homme. On a eu la même pensée dans les siècles suivans ; aussi les peuples les plus civilisés, comme les Perses, les Grecs &amp; les Romains, ont fait de la <i>chasse</i> un de leurs plus honnêtes divertissemens ; &amp; elle a fourni aux plus sauvages ce qui étoit nécessaire à leur entretien &amp; à leur nourriture. La Jurisprudence Romaine, formée sur les moeurs des premiers peuples, en a fait une loi, &amp; établit pour maxime que de droit naturel les choses qui n'ont point de maîtres, appartenant au premier occupant, les bêtes sauvages, les oiseaux &amp; les poissons, sont à celui qui les prend le premier. Dans le Droit François, la <i>chasse</i> est un droit Royal, &amp; personne n'en peut jouir que par la permission du Roi. De Launay prétend même dans son Traité du droit de la <i>chasse</i> que c'est un droit divin, fondé sur ce que Daniel dit à Nabuchodonosor C. II. v. 38. que Dieu a mis entre <pb n="1006" facs="bpt6k8542165/f1046/full/1200,/0/native.jpg"/>ses mains les animaux de la terre, les oiseaux du ciel, &amp; les poissons de la mer, &amp; l'a établi Seigneur de toutes choses. Il est assez difficile de décider de l'antiquité de ce droit. On rapporte sur cela des Ordonnances du Roi Jean, de Charles, Duc de Normandie, &amp; Dauphin de Viennois, de Charles le Bel, un Decret du Concile de Tours de l'an 813. la Constitution de Frédéric I. appellé à l'Empire l'an 1152. Mais tout cela, selon De Launay, ne prouve rien moins que ce que l'on prétend. Il n'est pas non plus de l'opinion de ceux qui regardent Charles VI. comme le prémier Législateur de cette défense. Il prétend que dès nos premiers Rois le fait de <i>Chasse</i> étoit au nombre des crimes capitaux, &amp; le prouve par Grégoire de Tours, qui rapporte que Gontran fit lapider Chondo, ou Chandou, pour avoir tué un Bufle dans sa forêt.</p><p>Ce mot vient en ce sens de <i>chacea, chasea,</i> ou <i>chachia,</i> ou <i>cassa</i> qu'on a dit dans la basse Latinité au lieu de <i>venatio.</i> On dit aussi <i>caciare</i> &amp; <i>chaciare</i> ; pour dire, <i>chasser.</i> Du Cange. On a dit aussi <i>fuga</i> &amp; <i>fugare</i> ; pour dire, <i>chasser.</i></p><p>La <i>chasse</i> du sanglier se fait à force, aux accours, aux chiens courans, lévriers, &amp; avec des limiers &amp; abboyeurs, en routillant avec des amorces, des arquebuses &amp; des toiles. Le <i>vautrait</i> est un équipage entretenu pour courre le sanglier.</p><p>La <i>chasse</i> au loup se fait par le trictrac ou battues, quand on assemble plusieurs Paysans qui font du bruit pour effaroucher le gibier, &amp; le faire passer devant des arquebusiers qui le tirent. On la fait aussi avec des piéges &amp; des amorces.</p><p>Les <i>chasses meurtrières,</i> sont les <i>chasses</i> qu'on fait en Allemagne &amp; en Italie, où on abat grande quantité de gibier, qu'on ne force point à la course, mais qu'on enferme dans des toiles ou filets, &amp; qu'on tue avec des épieux ou des arquebuses.</p><p>La <i>chasse</i> aux lapins se fait avec des bassets &amp; des furets qui les font sortir de leurs terriers, où l'on tend quelquefois des bourses, panneaux &amp; alliers. On chasse aussi de même les bêtes puantes, les renards, chats-harets, fouïnes, pitois, blereaux, &amp; les porc-épics.</p><p>La <i>chasse</i> qui se fait de nuit au feu s'appelle <i>fouée,</i> ou <i>à la foie,</i> quand la nuit en hiver on va avec un feu de paille battre les haies, tandis que de l'autre côté il y a des hommes qui avec des ravaux abattent tout le gibier qui se lève. On appelle aussi la <i>chasse du rabat,</i> celle où on va la nuit avec des filets, pour rabattre sur le gibier qu'on pousse dedans par le moyen des chiens secrets.</p><p>On fait aussi des <i>chasses</i> aux chiens couchans, braques, épagneuls, bassets &amp; barbets, ou avec des traîneaux, alliers, panneaux, rets saillans, bricoles, tentes, éraingues, collets, piéges, amorces, broyons, &amp;c. On en fait aussi à l'affût, qui sont en usage chez les roturiers, qui y vont clandestinement ; car elles sont défendues par l'Ordonnance.</p><p>On appelle <i>équipage de chasse,</i> des chiens, des chevaux, des Piqueurs, &amp; tout ce qui sert à la <i>chasse. Venatoria suppellex.</i> L'Ordonnance des <i>Chasses</i> veut que l'on condamne au fouet tous tendeurs de lacs, tirasses, tonnelles, traîneaux, bricoles, pans de rets, colliers ou alliers, &amp;c. On fait des <i>chasses</i> générales aux loups, aux renards &amp; autres bêtes nuisibles. On dit aussi, en termes de <i>chasse,</i> des bottes de <i>chasse,</i> de demi-<i>chasse,</i> c'est-à-dire, de grosses bottes.</p><p>La <i>chasse</i> &amp; <i>l'agriculture</i> sont appellées des exercices serviles chez Salluste. Le Concile de Tours défend aux Ecclésiastiques d'aller à la <i>chasse,</i> aussi-bien qu'au Bal &amp; à la Comédie. Fouillons, Salnove, Selincourt, ont écrit de la <i>Chasse,</i> ou Vénerie. On donne à Pollux la gloire d'être le premier qui a dressé des chiens à la <i>chasse</i> ; &amp; à Castor, d'être le premier qui a dressé des chevaux pour courre le cerf.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse , se dit aussi de la troupe des Chasseurs. <i>Venatores.</i> La <i>chasse</i> est à une lieue d'ici. Ce cerf a mené la <i>chasse</i> bien loin.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse , se dit aussi du gibier qu'on a pris ou tué. <i>Praeda venatica.</i> Il lui a envoyé un présent de sa <i>chasse.</i> Voulez-vous venir manger de ma <i>chasse ?</i> Ce petit Hobereau vit de <i>chasse.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Chasse , signifie aussi, le lieu où est le gibier, où l'on <i>chasse. Regio, tractus, solum praedae venaticae ferax.</i> Cette terre est dans un beau pays de <i>chasse.</i> Un Capitaine des <i>Chasses</i> a une certaine étendue de pays dans sa Capitainerie.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Garde-Chasse , est un Garde qui court les plaines &amp; les bois pour conserver le gibier qui est dans le pays. <i>Silvarum custos &amp; agrorum.</i></p><p>On appelle <i>huîtres de chasse,</i> les huîtres qui viennent sur des chevaux de chasse-marée en plus grande diligence que celles qui viennent par bateau ; &amp; qui sont par conséquent plus fraîches. <i>Ostrea celeriter terrestri itinere vecta.</i></p><p>En termes de Chymie , on appelle feu de <i>chasse,</i> un feu violent, quand on a ouvert tous les registres d'un fourneau. <i>Ignis ardentior.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse , en termes de Méchanique , se dit du mouvement de vibration qui fait agir. Par exemple, une scie pour scier du marbre, ou de la pierre, doit avoir depuis un pied jusqu'à 18 pouces de <i>chasse</i> ; c'est-à-dire, plus de longueur au-delà du bloc qui est à scier.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Chasse , est aussi une espèce de niveau dont se servent les Maçons, qui consiste en une planche par le bas, pour recevoir un plomb au bout d'une corde attachée en haut, qui est conduit par une ligne tracée dans le milieu. <i>Libella.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Chasse quarrée, Chasse ronde, et demi-ronde , sont des outils d'Artisans, &amp; sur-tout de ceux qui travaillent en fer, qui servent à percer &amp; à enlever les pièces en quarré, rond, ou demi-rond. Ce sont des marteaux ou poinçons de fer fort acérés.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Chasse , en termes de Joueurs de Paume , est une chûte de balle à un certain endroit du jeu, qu'on marque, au-delà duquel il faut que l'autre Joueur pousse la balle pour gagner le coup : ce qui se fait tant à la longue, qu'à la courte Paume. <i>Institio.</i> On passe sous la corde quand il y a deux <i>chasses.</i> Les Marqueurs sont faits pour marquer les <i>chasses.</i></p><p>On dit proverbialement, Marquez cette <i>chasse</i> ; pour dire, Remarquez bien cette action que vous avez faite, je m'en ressentirai en temps &amp; lieu. On appelle <i>chasse-morte,</i> un coup perdu, une action qui n'a aucune suite, dont on ne se ressentira point.</p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Chasse-avant , s. m. C'est un homme préposé dans les grands atteliers pour hâter d'aller les manoeuvres, hotteurs &amp; autres gens de journée. <i>Exactor operarum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Chasse-coquin , ou Chasse-chien, s. m. est un Suisse ou Bedeau qui a soin de chasser les gueux mendians des Eglises, &amp; les chiens. <i>Abactor petulantium mendicorum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <p>
    Chasse-cousin , On appelle ainsi le méchant vin, qui fait que les cousins, parens &amp; amis ne fréquentent pas en une maison, de peur d'y faire un mauvais repas. <i>Deterius vinum appositum rospitibus ad eosdem abigendos.</i> Il est du style bas &amp; populaire.</p><p>On appelle aussi <i>chasse-cousin,</i> chez les Maîtres d'armes, un fleuret ferme, &amp; qui n'obéit pas, propre à bourrer de certaines gens qui viennent faire assaut. Il est du style bas aussi-bien que le précédent.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse-ennui , Ce qui ôte le chagrin, l'inquiétude de l'esprit. <i>Oblectamentum.</i> Le vin est un bon <i>chasse-ennui.</i> Ce livre facétieux est un bon <i>chasse-ennui.</i> Il est bas.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse-mare , s. f. Vieux mot qui veut dire Sorcière. <i>Saga.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse-marée , s. m. est un Marchand ou Voiturier qui apporte en diligence le poisson de mer dans les villes. <i>Qui marinos pisces aliquò celeriùs vehit.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse-morte , Coup perdu, action qui n'a aucune suite. <i>Irritus conatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse-mulet , Valet de Meunier des environs de Paris, qui rapporte sur ses mulets les sacs de farine aux Boulangers, &amp; qui va quérir le blé des Boulangers, &amp; le porte sur ses mulets au moulin. <i>Mulorum ductor &amp; abactor.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse-partie , s. f. Terme d'Avanturier . C'est un accord, par lequel les Avanturiers règlent entre eux ce qui doit revenir à chacun d'eux pour sa part, lorsqu'ils ont fait quelque entreprise. <i>Pactum conventum inter Piratas de partienda inter se praedâ.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSE</head>
    <p>
    Chasse-rage , s. f. Plante. Voyez Passe-rage, c'est la même chose. En Latin <i>lepidium,</i> ou <i>iberis.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSELAS</head>
    <p>
    CHASSELAS , s. m. Sorte de raisin qui est bon à faire du vin &amp; à manger. Voyez <ref type="search" target="head:Chacelas">Chacelas</ref>. Il faut cependant écrire <i>Chasselas,</i> c'est l'usage. Je fais grand cas du <i>Chasselas</i> en ce pays-ci, par la beauté de la grappe &amp; du grain, par la douceur de l'eau fort sucrée, &amp; sur-tout par la facilité du rapport &amp; de la maturité qui nous est presque infaillible. La Quint. Le <i>Chasselas,</i> autrement <pb n="1007" facs="bpt6k8542165/f1047/full/1200,/0/native.jpg"/>Bar-sur-Aube, est un raisin fort doux, qui fait de belles grappes, &amp; a le grain gros &amp; croquant. Il se garde plus long temps qu'aucun autre raisin. Il en est de rouge &amp; de noir, que je n'aime pas tant que le blanc. Id.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSER</head>
    <p>
    CHASSER , v. act. Eloigner, pousser quelque chose avec violence, l'obliger à se retirer, lui donner la chasse. On le dit dans le sens propre &amp; dans le figuré. <i>Pellere, depellere, abigere, exigere, ejicere, fugare.</i> Ce Général a <i>chassé</i> les ennemis hors du Royaume. Pourquoi êtes-vous si promt à sortir, quand le dépit vous en <i>chasse</i> ; &amp; si lent à y revenir quand l'amour vous y rappelle ? Très-souvent la raison ne vient au secours d'un Amant, que lorsque quelque grand dépit a presque <i>chassé</i> l'amour de son coeur. M. Scud. L'homme doit être dégoûté &amp; <i>chassé</i> de la vie par les douleurs &amp; par les afflictions. Abad.</p><p>On dit aussi, La nuit vous <i>chasse,</i> vous oblige à partir ; &amp; par civilité, Je vous <i>chasse</i> ; pour dire, Je vous conseille de vous en aller. On dit qu'un homme a été <i>chassé</i> de la Cour ; pour dire, qu'il a été exilé. On dit encore, <i>Chasser</i> le mauvais air, quand on airie une maison. On dit au Manége, <i>Chasser</i> un cheval en avant ; pour dire, le porter ou le faire aller en avant.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSER</head>
    <p>
    Chasser , signifie encore, Pousser, frapper avec violence sur une chose, pour la faire entrer dans une autre. <i>Trudgeon, pulsare fortiter.</i> Les Menuisiers <i>chassent</i> à force une cheville dans un trou. Les Tonneliers <i>chassent</i> à force les cerceaux pour bien serrer les douves d'un tonneau.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSER</head>
    <p>
    Chasser , signifie aussi, Poursuivre du gibier. <i>Venari. Chasser</i> à bruit, <i>chasser</i> à cor &amp; à cri, c'est <i>Chasser</i> en grand Seigneur avec une meute de chiens courans, Picqueurs &amp; Veneurs. <i>Chasser</i> au sanglier, au cerf, au menu gibier. Il y a différentes manières de <i>chasser</i> aux petits oiseaux pendant tous les temps de l'année. Pendant l'Eté on <i>chasse</i> à la rets avec quelques jeunes appellans, ou bons oiseaux mués. On <i>chasse</i> à la tête saillante. On <i>chasse</i> aux moineaux à la nasse. On <i>chasse</i> avec la passée, ou avec une araigne, On <i>chasse</i> avec la chouette, ou à la pipée.</p><p>Ménage dérive ce mot de l'Italien <i>cacciare,</i> &amp; de <i>caccia,</i> qui a été fait de <i>captare,</i> dont les Latins se sont servis en la même signification.</p><p><i>Chasser</i> sur les terres de quelqu'un, signifie figurément, Entreprendre sur sa jurisdiction, sur ses droits.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSER</head>
    <p>
    Chasser , se dit aussi des Meuniers qui n'ont pas un moulin bannal, &amp; qui vont chercher deçà &amp; delà leurs mounées.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSER</head>
    <p>
    Chasser , se dit aussi en parlant de ce qui s'étend plus loin, qui occupe plus d'espace. <i>Pellere longius.</i> La poudre à canon, qui est fine, <i>chasse</i> plus loin son plomb, que celle qui est plus grossière.</p><p>On dit en Imprimerie, que le Parangon <i>chasse</i> plus loin que le S. Augustin ; pour dire, que ce caractère occupe plus d'espace que l'autre. <i>Amplius spatium occupat.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHASSER</head>
    <p>
    Chasser , en termes de Marine , signifie aussi, Poursuivre ou donner la <i>chasse</i> à des vaisseaux ennemis. <i>Fugare, in fugam conjicere, vertere.</i> Nos vaisseaux <i>chasserent</i> deux jours sur ces Corsaires, les poursuivirent jusques dans leurs ports.</p><p>On dit aussi, qu'un navire <i>chasse</i> sur son ancre, lorsque le fond est de mauvaise tenue, &amp; que le vent &amp; les marées entraînent le vaisseau, ou le font arer, parce que l'ancre n'a pas mordu assez avant, &amp; qu'elle laboure le sable. <i>Navis jactâ nequicquam anchorâ vi tempestatis abripitur.</i> Quelques-uns disent <i>chasser</i> au Sud, <i>chasser</i> à l'Est, pour dire, courir au Sud, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSER</head>
    <p>
    Chasser , se dit proverbialement en ces phrases, On dit qu'un clou <i>chasse</i> l'autre ; pour dire, que le plus fort <i>chasse</i> le plus foible, qu'un grand mal en fait oublier un petit. On dit aussi, qu'un bon chien <i>chasse</i> de race ; pour dire, qu'on tient toujours quelque chose de la naissance, &amp; qu'elle vaut mieux que l'éducation. On dit aussi qu'un garçon, qu'une fille <i>chassent</i> de race, quand ils ont les mêmes inclinations que leur père ou leur mère. On dit qu'un homme <i>chasse</i> bien au plat ; pour dire, qu'Il a bon appétit, qu'il aime à manger le gibier que les autres tuent. On dit aussi, que la faim <i>chasse</i> le loup hors du bois ; pour dire, que la nécessité oblige les gens à travailler.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8111" id="8" type="">
   <index type="head" value="CHASSER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSER</head>
    <p>
    Chassé, ée , part. pass. &amp; adj. <i>Fugatus, pulsus, ejectus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8112" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="CHASSERANDERIE" />
   <index type="src_domain" value="coutume" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CHASSERANDERIE</head>
    <p>
    CHASSERANDERIE , s. f. Terme de Coutume . C'est le droit que des Meuniers payent en certains pays à un Seigneur qui a droit de moulin bannal, pour avoir permission de chasser dans l'étendue de sa terre. <i>Jus venationis, tributum pro venatione exercenda.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8113" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASSERESSE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSERESSE</head>
    <p>
    CHASSERESSE , Voyez <ref type="search" target="head:CHASSEUR">CHASSEUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8114" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASSEUR" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>CHASSEUR</head>
    <p>
    CHASSEUR , s. m. CHASSERESSE, ou CHASSEUSE, s. f. Qui aime la chasse. <i>Venator, venatrix.</i> Un homme de campagne qui ne sera que <i>chasseur,</i> a pour l'ordinaire un air grossier &amp; rustique, &amp; saura mieux prendre des cerfs, que gagner des coeurs. Scud. S. Hubert est le Patron des <i>Chasseurs.</i> On dit un repas de <i>Chasseur</i> ; pour dire, un repas promt &amp; léger. Une Messe de <i>Chasseur,</i> est une Messe dite à la hâte. En tout gibier on remarque toujours le morceau du <i>Chasseur.</i> Ces Dames étoient habillées en <i>chasseuses.</i> Diane chez les Payens étoit une Divinité <i>Chasseresse.</i></p><p>On appelle, <i>Chasseur,</i> un Domestique dans une terre, occupé à chasser pour son Maître.</p><p>On dit proverbialement d'un homme qui a grand appétit, qu'il est affamé comme un <i>Chasseur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8115" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASSIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSIE</head>
    <p>
    CHASSIE , s. f. Certaine humidité visqueuse qui sort des yeux, &amp; qui colle les paupières. <i>Grama, lema.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8116" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASSIEUX, EUSE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSIEUX, EUSE</head>
    <p>
    CHASSIEUX, EUSE , adj. Qui a les yeux pleins de chassie, On le dit aussi des yeux qui ont de la chassie. <i>Lippus, lippiens.</i> Les vieilles sont ordinairement <i>chassieuses.</i> Les fluxions rendent les yeux <i>chassieux.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8117" id="1" type="coutumes">
   <index type="head" value="CHASSIPOLERIE" />
   <index type="src_domain" value="coutumes" />
   <index type="macro_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CHASSIPOLERIE</head>
    <p>
    CHASSIPOLERIE , s. f. Terme de Coutumes . Droit que les sujets doivent à un Seigneur pour avoir droit de se retirer dans son château avec leurs effets en temps de guerre. <i>Jus azyli, tributum pro azylo.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="1" type="menuiserie">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
   <index type="src_domain" value="menuiserie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    CHASSIS , s. m. Partie mobile de la croisée qui porte le verre ; ouvrage de menuiserie divisé en plusieurs carreaux qu'on garnit de verre, ou de papier, pour empêcher que le vent n'entre par les fenêtres de quelque appartement. <i>Cancelli vitro instructi, vel charta obducti.</i> Cette chambre a double <i>chassis,</i> ou un <i>contre chassis,</i> l'un de verre, l'autre de papier. On appelle <i>chassis a panneaux,</i> celui qui est rempli de carreaux, ou de panneaux de bornes en plomb. <i>Chassis à carreaux,</i> celui qui est partagé de croisillons de petits bois, &amp; garni de grands carreaux de verre. <i>Chassis à coulisse,</i> celui dont la moitié se double en l'haussant sur l'autre. <i>Chassis à pointe de diamant,</i> est celui dont les petits bois se croisent à onglet. <i>Chassis à fiches,</i> est celui qui s'ouvre comme les volets. <i>Chassis dormant,</i> est celui qui ne s'ouvre point : <i>Chassis dormant,</i> est aussi, en termes de menuiserie , le bâti dans lequel est ferrée à demeure la fermeture mobile d'une baie, &amp; qui est retenu avec des pattes dans la feuillure.</p><p><i>Chassis de jardin,</i> est un bâti de bois de chêne peint à l'huile, &amp; garni de panneaux de vître, pour servir dans les jardins en disposant deux ou plusieurs de ces chassis en manière de comble à deux égouts, qu'on bouche par les extrémités <pb n="1008" facs="bpt6k8542165/f1048/full/1200,/0/native.jpg"/>d'un panneau triangulaire sur les couches, les plate-bandes de fleurs, &amp; les pepinières, pour garantir les plantes du froid, &amp; faire avancer les fleurs &amp; les fruits, en les échauffant par un feu modéré qu'on fait dessous durant l'hiver. Voyez La Quintime &amp; Liger au mot Chassis.</p><p><i>Chassis</i> d'osier, est une clisse, une clôture d'osier que l'on met devant les fenêtres. On fait aussi à la campagne des <i>chassis</i> de toile On fait encore des <i>chassis</i> à claires voies d'osier, de fil de fer, pour conserver les vitres.</p><p>Ce mot a été fait de <i>capsilium,</i> diminutif de <i>capsum,</i> qu'on a dit pour <i>capsa.</i> Menage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
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    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    Chassis , se dit aussi d'un ouvrage de Menuisier, qui enferme, qui enchasse, qui entoure, qui supporte quelque chose. <i>Lignearum regularum compages.</i> Ainsi on dit, le <i>chassis</i> d'une porte, d'une fenêtre. Mettre une table sur son <i>chassis. Chassis de fer,</i> est le pourtour dormant qui reçoit le battement d'une porte de fer. C'est aussi ce qui en retient les barres, &amp; traverses des vanteaux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [tissu, habit]" />
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    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    Chassis , se dit encore d'un métier sur lequel on étend de la toile ou de l'étoffe pour broder, ou des réseaux pour y faire des dentelles, ou autres ouvrages, ou des matelas pour les piquer, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="4" type="">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    Chassis de Pierre , est une dale de pierre qui en reçoit une autre en feuillure. <i>Lapis incisus in medio, &amp; insertum sibi lapidem alterum excipiens.</i> Elle sert aux aqueducs, aux regards, &amp; aux cloaques pour y travailler, aux fosses d'aisances pour les vuider.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="5" type="peinture">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
   <index type="src_domain" value="peinture" />
   <index type="macro_domain" value="Beaux-arts" />
   <index type="pred_domain" value="Beaux-arts" />
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    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    Chassis , se dit encore en termes de Peinture , ou de Perspective d'un carré, composé de quatre règles de bois assemblées, dont le vuide est divisé par plusieurs filets &amp; petits carreaux : ce qui sert à réduire les figures du petit au grand, &amp; du grand au petit. <i>Lignearum regularum compages cujus vacuum in medio spatium partita in quadrum fila occupant.</i> On appelle aussi <i>chassis,</i> le bois sur lequel est tendue la toile où on applique la peinture.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="6" type="imprimerie">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
   <index type="src_domain" value="imprimerie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    Chassis , en termes d'Imprimerie , est un grand carré composé de quatre bandes de fer, dans le vuide duquel on enferme les formes de plomb, ou caractères arrangés qu'on serre de tous côtés avec des coins. <i>Ferrearum regularum compages.</i> Le <i>chassis</i> se dit proprement, quand il y a une barre dans le milieu ; car lorsqu'il n'y en a point, on l'appelle <i>ramette.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="7" type="">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    Chassis , se dit en général de tout ce qui enferme &amp; enchasse quelque chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="8" type="">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    Chassis de laiton, de fil d'archal, est composé de petits filets de laiton travailles par mailles, &amp; cloués sur un <i>chassis</i> de bois.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8118" id="9" type="">
   <index type="head" value="CHASSIS" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [papier]" />
   <index type="manicule" value="true" />
    <head>CHASSIS</head>
    <p>
    &#9758; CHASSIS , s. m.Chassis de paravant , ou paravant. C'est le bois d'un paravent.<br/>Chassis, Papier coupé de certaine manière, dont on se sert pour écrire en chiffre. Dépêche écrite avec un <i>chassis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8119" id="1" type="tonnelier">
   <index type="head" value="CHASSOIRE" />
   <index type="src_domain" value="tonnelier" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSOIRE</head>
    <p>
    CHASSOIRE , subst. masc. Terme de Tonnelier . C'est un morceau de bois qu'on frappe avec le maillet, pour chasser le cerceau, quand on lie des fûtailles. <i>Cuneus ligneus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8120" id="1" type="autourserie">
   <index type="head" value="CHASSOIRE" />
   <index type="src_domain" value="autourserie" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [bois]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASSOIRE</head>
    <p>
    CHASSOIRE , s. f. Terme d'Autourserie . Baguette que portent les Autoursiers. <i>Virgula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8121" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTAIGNE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTAIGNE</head>
    <p>
    CHASTAIGNE . Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTAIGNE">CHÂTAIGNE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8122" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTAIGNERAIE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTAIGNERAIE</head>
    <p>
    CHASTAIGNERAIE . Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTAIGNERAIE">CHÂTAIGNERAIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8123" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTAIGNIER" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTAIGNIER</head>
    <p>
    CHASTAIGNIER . Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTAIGNIER">CHÂTAIGNIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8124" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTAIN" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTAIN</head>
    <p>
    CHASTAIN . Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTAIN">CHÂTAIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8125" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTE</head>
    <p>
    CHASTE , adj. m. &amp; f. Prononcez l'<i>s.</i> Qui n'est point adonné à l'impureté, au péché de la chair. <i>Castus, pudicus, purus.</i> Il ne faut point scandaliser les oreilles <i>chastes.</i> Dieu a pris chair humaine dans les <i>chastes</i> entrailles de la sainte Vierge. On peut être <i>chaste</i> dans le mariage. J'ai toujours été aussi <i>chaste</i> qu'une Demoiselle que vous savez. Voit. On a dit de Lucrèce, que son corps avoit reçu l'injure, tandis que son ame étoit demeurée <i>chaste.</i> Le Mait. C'est peu pour Pompée que son épouse soit demeurée <i>chaste,</i> si elle a seulement pû concevoir la pensée de ne l'être plus. Vill.</p><p>Isidore, <i>L. X. Orig.</i> dit que ce nom vient <i>à castratione, sive reali, sive mentali.</i></p><p>On le dit aussi du style, quand il est honnête &amp; éloigné de toute impureté. On a loué Virgile de ce qu'il étoit un Poëte <i>chaste.</i> La Langue Françoise est si <i>chaste,</i> qu'elle rejette non-seulement toutes les expressions qui blessent la pudeur, &amp; qui salissent tant soit peu l'imagination : mais encore celles qui peuvent être mal interprétées. Sa sévérité va jusqu'au scrupule, comme celles des personnes qui ont la conscience tendre, &amp; auxquelles l'ombre même du mal fait horreur. Bouh. La <i>chaste</i> éloquence ne met point de fard sur son visage pour paroître agréable. S. Evr. On le dit encore pour marquer la pureté Grammaticale, &amp; il se joint d'ordinaire avec un autre mot qui l'explique, &amp; qui le détermine : comme, on ne peut pas voir une diction plus <i>chaste,</i> ni plus correcte. Bouh.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8126" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTEMENT" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTEMENT</head>
    <p>
    CHASTEMENT , adv. D'une manière chaste. <i>Castè, purè, pudicè.</i> Les Prêtres &amp; les Religieux sont obligés de vivre <i>chastement,</i> de s'abstenir de tout commerce de femmes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8127" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTEAU" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTEAU</head>
    <p>
    CHASTEAU , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTEAU">CHÂTEAU</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8128" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTEL" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTEL</head>
    <p>
    CHASTEL , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTEL">CHÂTEL</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8129" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTELAIN" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTELAIN</head>
    <p>
    CHASTELAIN , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTELAIN">CHÂTELAIN</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8130" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTELÉ" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTELÉ</head>
    <p>
    CHASTELÉ , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTELÉ">CHÂTELÉ</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8131" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTELLENIE" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTELLENIE</head>
    <p>
    CHASTELLENIE , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTELLENIE">CHÂTELLENIE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8132" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTELET" />
   <index type="src_domain" value="" />
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   <index type="pred_domain" value="" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTELET</head>
    <p>
    CHASTELET , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTELET">CHÂTELET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8133" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTELLERAUD" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTELLERAUD</head>
    <p>
    CHASTELLERAUD , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTELLERAUD">CHÂTELLERAUD</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8134" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTETÉ" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Philosophie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHASTETÉ</head>
    <p>
    CHASTETÉ , s. f. Vertu Chrétienne &amp; morale, par laquelle on s'abstient des plaisirs illicites de la chair, &amp; on use moderément des légitimes. <i>Castimonia, pudicitia, pudor.</i> La <i>chasteté</i> se peut garder dans le mariage. Si les hommes n'avoient pas attaché l'honneur &amp; la gloire des femmes à la <i>chasteté,</i> elles porteroient peut-être la licence plus loin qu'eux. Bay. Ce n'est pas toujours par <i>chasteté</i> que les femmes sont chastes. Rochef. On peut douter de la <i>chasteté</i> d'une femme qui n'a point été attaquée. S. Evr. Anciennement à la Chine on poussoit si loin les loix de la <i>chasteté,</i> que les femmes ne passoient jamais à de secondes nôces. Le P. Couplet. La <i>chasteté</i> est la gloire &amp; le partage des femmes. Le Mait. Si les hommes se sont dispensés du soin exact &amp; scrupuleux de leur <i>chasteté,</i> c'est qu'ils ont crû que l'éminence de leur sexe consiste en la liberté de faillir. Id. Un honnête homme ne se rebute jamais d'un refus de <i>chasteté,</i> &amp; non de choix. Mont. Il se prend quelquefois pour une entière abstinence des plaisirs de la chair. Les Prêtres sont obligés à la <i>chasteté.</i> Les Religieux &amp; les Religieuses font voeu de <i>chasteté,</i> &amp; de continence perpétuelle.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8135" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTIER" />
   <index type="src_domain" value="" />
   <index type="macro_domain" value="" />
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    <head>CHASTIER</head>
    <p>
    CHASTIER , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTIER">CHÂTIER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8136" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTILLON" />
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    <head>CHASTILLON</head>
    <p>
    CHASTILLON , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTILLON">CHÂTILLON</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8137" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTILLONET" />
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    <head>CHASTILLONET</head>
    <p>
    CHASTILLONET , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTILLONNET">CHÂTILLONNET</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8138" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTIMENT" />
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    <head>CHASTIMENT</head>
    <p>
    CHASTIMENT , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTIMENT">CHÂTIMENT</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8139" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTOIS" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CHASTOIS</head>
    <p>
    CHASTOIS , s. m. <i>Poena.</i> Vieux mot qu'on trouve dans quelques Coutumes &amp; Ordonnances : il veut dire <i>punition, châtiment, supplice. Chastois corporel,</i> c'est ce que nous appellons <i>punition corporelle.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8140" id="1" type="">
   <index type="head" value="LA CHASTRE" />
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    <head>LA CHASTRE</head>
    <p>
    LA CHASTRE , Voyez LA CHÂTRE.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8141" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTRE" />
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    <head>CHASTRE</head>
    <p>
    CHASTRE , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTRE">CHÂTRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8142" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTRER" />
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    <head>CHASTRER</head>
    <p>
    CHASTRER , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTRER">CHÂTRER</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8143" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASTREUR" />
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    <head>CHASTREUR</head>
    <p>
    CHASTREUR , Voyez <ref type="search" target="head:CHÂTREUR">CHÂTREUR</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8144" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASUBLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Religion" />
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    <head>CHASUBLE</head>
    <p>
    CHASUBLE , s. f. Ornement d'Eglise. C'est celui que le Prêtre met par-dessus son aube, quand il va dire la Messe. <i>Casula, planeta.</i> Les <i>chasubles</i> des Anciens étoient toutes rondes, &amp; se retroussoient sur l'épaule ; au lieu que maintenant elles sont fendues par les côtés. Un Concile tenu en Germanie par S. Boniface l'an 742. ordonne que les Prêtres &amp; les Diacres ne porteront point des manteaux semblables à ceux des Laiques, mais des <i>chasubles</i> ; d'où quelques-uns concluent que c'étoit donc encore au VIIIe siècle l'habit ordinaire des Ecclésiastiques. Les premières <i>chasubles</i> étoient rondes, &amp; fermées de tous côtés, excepté à l'endroit par où l'on passoit la tête pour les vêtir ; ainsi elles enfermoient les bras comme tout le reste du corps ; &amp; pour agir des bras on relevoit la <i>chasuble</i> des deux côtés sur chaque bras ; ce que l'on faisoit au temps du sacrifice. C'est la forme qu'elles ont sur tous les anciens monumens. Tous les Papes des XII. premiers siècles sont vêtus de ces sortes de <i>chasubles.</i> Honorius IV. est le premier que l'on voie orné d'une chape. Voyez les Bollandistes, à la fin du VIIe Tome des <i>Acta SS. Maii</i> pag. 96. 97.</p><p>Les Orientaux, lorsqu'ils célèbrent la Messe dans nos Eglises, <pb n="1009" facs="bpt6k8542165/f1049/full/1200,/0/native.jpg"/>se servent plutôt de chapes, que de <i>chasubles.</i> Et en effet on disoit autrefois la Messe avec des chapes ; mais comme on les trouva embarrassantes, on les coupa par le bas, &amp; on les fendit par les côtés ; ce qui est beaucoup plus commode. A l'égard des chapes, elles viennent originairement des manteaux, ou des robes qu'on portoit ; car dans les commencemens les Prêtres ne se servoient ni de chapes ni de <i>chasubles.</i> Walafride Strabon a eu raison de dire, que <i>dans la primitive Eglise on disoit la Messe en habit ordinaire.</i> Il est surprenant que le Cardinal Bona se soit si fort emporté contre Nicolas Alémannius, qui a prétendu que les Apôtres n'ont point eu l'usage des habits sacrés : les premiers Chrétiens célébroient les mystères avec les mêmes habits qu'ils avoient accoutumé de porter. Il n'y avoit en ce temps-là aucune différence entre les vêtemens de cérémonie, &amp; ceux dont on se servoit d'ordinaire, si ce n'est qu'on gardoit les plus propres pour la célébration des mystères. Consultez la préface qui est à la tête des <i>Cérémonies &amp; Coûtumes des Juifs</i> imprimées à Paris en 1681. Lindanus, liv. 47. de sa Panoplie, ch. 56. parlant des <i>Chasubles</i> dont on se sert présentement dans l'Eglise, dit qu'elles diffèrent entièrement des anciennes, qui couvroient tout le corps, étant de véritables robes. Voyez Grimault dans sa <i>Liturgie sacrée.</i></p><p>Ce mot a été fait de <i>capsa,</i> ou <i>capsula,</i> qui est dans le cérémonial. Mén. D'autres le dérivent de <i>capitulum</i>, ou <i>capitis fibulum,</i> &amp; prétendent qu'on disoit autrefois <i>chaffuble,</i> &amp; qu'on s'en affubloit la tête : Rabanus, Ugutio, Isidore, &amp; Joannes de Janua, <i>quia-instar parvae casae totum hominem tegebat.</i> On trouve <i>Casubula</i> dans la basse Latinité. Voyez <i>Acta SS. Januar. Tom. II. p.</i> 650.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8145" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHASUBLIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>CHASUBLIER</head>
    <p>
    CHASUBLIER , s. m. Marchand qui vend des chasubles, &amp; qui fait les autres ornemens d'Eglise. <i>Casularum opifex.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8146" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="CHAT, CHATTE" />
   <index type="src_domain" value="chasse" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CHAT, CHATTE</head>
    <p>
    CHAT, CHATTE , s. m. &amp; f. Petit animal domestique qui miaule, &amp; qui est ennemi des souris, des rats, des chiens, des aigles, des serpens, &amp; de l'herbe qu'on appelle la <i>rue. Feles mascula, mas : feles. Chat</i> privé, <i>chat</i> sauvage, <i>chat</i> domestique, <i>chat</i> d'Espagne. Le <i>chat</i> a les pattes, les dents, les yeux &amp; la langue semblables au lion. Ces animaux ont tant de conformité ensemble, que les Turcs sont persuadés qu'il y a quelque fondement à ce que dit l'Alcoran, que le <i>chat</i> nâquit dans l'Arche de l'éternuement du lion. Par les loix d'Arragon on punissoit les larrons, en les fouettant avec un <i>chat</i> attaché au cou. Ambroise Paré soutient que le <i>chat</i> est un animal venimeux qui infecte par son poil, par son haleine, &amp; par sa cervelle. Son poil est dangereux à avaler par-dessus tous les autres, comme on voit en l'exemple de ce Romain, qui mourut pour en avoir avalé un dans du lait. Son haleine infecte d'un poison tabifique qui donne la phthisie, dont Marthiole rapporte plusieurs exemples : &amp; si on mange de la cervelle de <i>chat,</i> elle cause une grande douleur de tête, &amp; rend quelquefois insensé, ou cause de continuel les vertiginosités. On dit même que l'Amiral Tromp fur empoisonné avec de la cervelle de <i>chat.</i> Il ajoûte que leur souffle &amp; leur regard est notoirement contagieux, &amp; il dit avoir vû des gens qui pour avoir toujours couche avec un <i>chat,</i> sont devenus phthisiques &amp; élancés, &amp; enfin en sont morts.</p><p>On estime fort en France les <i>chats</i> d'Espagne. Henri III. Roi de France, avoit tant d'avertion pour les <i>chats,</i> qu'il changeoit de couleur, &amp; tomboit en syncope, lorsqu'il en voyoit. Prade, <i>Histoire de France.</i> Molinetti, Médecin Vénitien, prétend que les <i>chats</i> &amp; les chiens ne suen jamais, quelque fatigue qu'ils aient ; ce qu'il attribue à la conformation de leur cuticule, qui n'a point de pores. Le Tasse fut réduit à une si grande pauvreté, qu'il fut contraint de prier sa <i>chatte</i> par un joli sonnet de lui prêter durant la nuit la lumière de ses yeux, n'ayant pas de chandelle pour écrire ses vers. Les Alains, les Vandales &amp; les Suèves, portoient d'argent au <i>chat</i> de sable, symbole de liberté, dit Méthodius. Favyn, <i>Hist. de Nav. Liv. I. p.</i> 34.</p><p>Ce mot vient de <i>catus</i>, ou <i>cattus,</i> comme celui de <i>chatte</i> de <i>catta,</i> qui se trouvent dans les anciennes Gloses. Il est dérivé du Grec , signifiant la même chose. Mén. , <i>Catus,</i> un <i>chat,</i> vient du Celtique <i>cat,</i> ou <i>caz,</i> Pezron. Les Italiens disent <i>gatto.</i> Isidore veut qu'il vienne <i>ex eo quòd cattet, id est, videat.</i> D'autres l'appellent <i>cattus à capturâ.</i> Ugutio croit qu'on a dit <i>catus, quasi cautus, unde Deus Catius, qui cautos, acutos efficiebat,</i> dit S. Augustin. On a appellé aussi le <i>chat, murilegus, musio, musicula,</i> &amp; <i>pilax,</i> parce qu'il prend des souris. Du Cange.</p><p>En termes de Chasse , on appelle <i>chats-harets,</i> les <i>chats</i> sauvages qui sont retirés dans les bois &amp; garennes, &amp; font un grand dégât de lapins. <i>Feles silvestris.</i></p><p>Il y a une espèce de <i>chats</i> dans les Indes Occidentales, qui ont une poche à leur côté où ils mettent leurs petits, qu'ils portent toujours avec eux, sans que cela les empêche de courir &amp; de sauter, &amp; sans qu'on s'apperçoive qu'ils aient autre chose que leur corps. Il y a des <i>chats</i> sauvages dans les Indes qui volent par le moyen d'une membrane fort large, laquelle s'étend le long des côtés du pied de derrière au pied de devant. Elle est plissée &amp; retroussée quand ils marchent, &amp; se déplie quand ils volent. On en a apporté des peaux en Europe qui en sont une bonne preuve. M. Boile a écrit qu'en l'année 1684. à Londres un gros rat s'étoit accouplé avec une <i>chatte,</i> qui a fait des petits qui tiennent du <i>chat</i> &amp; du rat, &amp; qu'on en a mis un au parc des animaux que le Roi d'Angleterre fait nourrir.</p><p>Le <i>chat,</i> en termes de Blason , se dit <i>effarouché,</i> lorsqu'il est rampant, <i>feles efferata</i> ; mais lorsqu'il lève le train de derrière plus haut que la tête, on l'appelle <i>hérissonné. Arrecta.</i></p><p>On dit en termes de Jardinage . Couper les branches d'un arbre en dos de <i>chat</i> ; pour dire, Leur faire faire un coude, comme on fait en palissant, ou aux espaliers, lorsqu'on est contraint d'attacher ainsi une branche ; car en tout autre cas c'est un défaut qu'il faut éviter. Cette branche aura meilleure grace étant courbée en dos de <i>chat,</i> que d'y voir ce vuide. Liger.</p><p>On appelle figurément une personne friande, <i>chat,</i> ou <i>chatte.</i></p><p>On appelle du <i>sirop de pied de chat,</i> celui qui est fait avec les feuilles &amp; les fleurs d'une petite plante qui est nommée <i>pied de chat, gnaphalium montanum folio rotundiore,</i> ou <i>hispidula.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8146" id="2" type="artillerie">
   <index type="head" value="CHAT, CHATTE" />
   <index type="src_domain" value="artillerie" />
   <index type="macro_domain" value="Militaire" />
   <index type="pred_domain" value="Militaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAT, CHATTE</head>
    <p>
    Chat , en termes d'Artillerie , est un morceau de fer portant une, deux, ou trois griffes fort aiguës, disposées en triangle, monté sur une hampe de bois. Ce <i>chat</i> sert à gratter &amp; visiter le dedans des pièces de canon, pour voir s'il ne s'y trouve point de chambre : c'est pourquoi les Fondeurs l'appellent aussi <i>Diable. Uncus ferreus trifidus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8146" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAT, CHATTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CHAT, CHATTE</head>
    <p>
    Chat , est un gros vaisseau du Nord, à cul rond, qui n'a pour l'ordinaire qu'un pont, qui porte des mâts de hune, sans avoir de hune, ni de barres de hune. Ce bâtiment dans sa construction a quelque chose de la Flûte, &amp; de la Pinasse.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8146" id="4" type="">
   <index type="head" value="CHAT, CHATTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAT, CHATTE</head>
    <p>
    Chat . On se sert aussi de ce mot au pluriel, pour signifier certaines fleurs folles, qui viennent à de certains arbres, comme aux noyers, aux coudriers, aux saules, &amp;c. Ces sortes de fleurs s'appellent des <i>chats</i> ; on les appelle aussi des <i>chattons.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8146" id="5" type="">
   <index type="head" value="CHAT, CHATTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
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    <head>CHAT, CHATTE</head>
    <p>
    Chat , se dit proverbialement en ces phrases. On dit d'un homme qui s'en va d'une maison sans dire adieu, qu'il a emporté le <i>chat.</i> On dit de celui qui prend garde soigneusement aux actions d'un autre, qu'il le guette comme le <i>chat</i> fait la souris. On dit aussi qu'un <i>chat</i> échaudé craint l'eau froide ; pour dire, que celui qui est échapé d'un péril, craint tout ce qui est de même nature. On dit aussi de deux personnes ennemies, qu'elles s'aiment comme chiens &amp; <i>chats.</i> On dit aussi, Jetter le <i>chat</i> aux jambes à quelqu'un ; pour dire, le rendre coupable d'une faute qu'un autre a faite. On dit qu'une fille a laissé aller le <i>chat</i> au fromage ; pour dire, qu'elle a succombé à quelque tentation amoureuse. On dit, qu'une personne s'est servie de la patte du <i>chat</i> pour tirer les marrons du feu ; pour dire, qu'elle a mis quelqu'un au hasard, pour profiter de sa simplicité, ou de sa témérité. On dit de deux antagonistes qui savent bien attaquer &amp; se défendre, A bon <i>chat</i> bon rat. On dit encore d'un homme habile, &amp; qui entend à demi-mot, qu'il entend bien <i>chat</i> sans qu'on dise minon. On dit d'un méchant payeur, &amp; qui ne paye pas en argent comptant, qu'il a payé en <i>chats</i> &amp; en rats. Ce proverbe est ancien, &amp; seroit ridicule au pied de la lettre à ceux qui n'en sauroient pas l'origine. Je crois qu'il vient du mot de <pb n="1010" facs="bpt6k8542165/f1050/full/1200,/0/native.jpg"/> <i>chas,</i> qui signifioit autrefois une <i>maison</i> ; &amp; on dit encore en Lyonnois &amp; en Berry, qu'une maison consiste en trois <i>chas</i> ; pour dire en trois chambres ou en trois étages. Le mot de <i>ras</i> a signifié aussi un <i>champ,</i> ou <i>héritage</i> uni, où il n'y a point de bâtiment : d'où vient qu'on dit encore <i>rase</i> campagne, <i>rez</i>-de-chaussée, <i>rez</i>-pieds, <i>rez</i>-terre. Ainsi on a dit qu'un homme payoit en <i>chats</i> &amp; en <i>rats,</i> lors qu'au lieu d'argent comptant qui a un prix certain, il payoit ses créanciers en héritages bâtis &amp; non bâtis, qu'il obligeoit de prendre au prix qu'il vouloit. On dit encore que la nuit tous <i>chats</i> sont gris ; pour dire, que toutes les femmes ont assez de beauté la nuit, &amp; pour signifier que la nuit on ne distingue point la différence qu'il y a entre les objets ; qu'ils paroissent à peu-près tous semblables. On dit encore que le mou est pour les <i>chats,</i> parce qu'on les nourrit avec du mou, qui est le poumon de boeuf. On dit encore d'un homme qui a quelques égratigneures au visage, qu'il s'est joué avec les <i>chats.</i> Regnier a dit aussi dans ses Satyres, Je devins aussi fier qu'un <i>chat</i> amadoué. On dit aussi, Dès que les <i>chats</i> seront chaussés ; pour dire, de bon matin. On dit d'un homme mal-propre, qu'il est propre comme une écuelle à <i>chat.</i> On dit encore, Il ne faut pas réveiller le <i>chat</i> qui dort ; pour dire, qu'il faut laisser en repos ceux qui nous peuvent faire du mal. On dit acheter <i>chat</i> en poche ; pour dire, acheter quelque chose sans la voir. On dit encore d'un homme qui parle franchement, &amp; sans rien déguiser, qui nomme les choses par leur nom, qu'il appelle un <i>chat,</i> un <i>chat.</i></p><p>On dit, Il n'y a pas là dequoi fouetter un <i>chat</i> ; pour dire, que l'affaire dont il s'agit n'est qu'une bagatelle. On dit aussi, Bailler le <i>chat</i> par les pattes ; pour dire, Présenter une chose par l'endroit le plus difficile. On appelle, Musique de <i>chats,</i> Une musique dont les voix sont aigres &amp; discordantes.</p><p>On appelle, selon Nicot, herbe aux <i>chats,</i> ce que les Latins appellent <i>nepeta,</i> ou <i>calamintha.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8147" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAT-BRÛLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAT-BRÛLE</head>
    <p>
    CHAT-BRÛLE , s. m. Espèce de poire qui vient en Octobre &amp; en Novembre. La Quint. Il la met au rang des poires médiocres.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8148" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAT, POIRE-CHAT" />
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    <head>CHAT, POIRE-CHAT</head>
    <p>
    CHAT, POIRE-CHAT . Voyez <ref type="search" target="head:POIRE">POIRE</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8149" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTAIGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CHÂTAIGNE</head>
    <p>
    CHÂTAIGNE , s. f. Il y en a qui écrivent <i>Chateigne.</i> Fruit d'un grand arbre qu'on appelle châtaignier, &amp; qui est assez connu. <i>Castanea.</i> Ce fruit est renfermé dans trois enveloppes. L'extérieure est semblable à un hérisson, garnie de piquans. Celle du milieu est comme du cuir délie, brune &amp; polie. La troisième est plus mince &amp; ridée. Au-dessous on trouve la <i>chataigne</i> qui est blanche, assez dure, d'un goût agréable, &amp; fort bonne à manger. On en fait de la bouillie en quelques endroits. Les <i>châtaignes</i> sont fort venteuses. Les écoliers sont friands de <i>chataignes</i> bouillies. Le peuple à Paris dit <i>châtaignes</i> boulues, pour <i>châtaignes</i> bouillies. On engraisse les pourceaux avec des <i>châtaignes</i> en Limosin. Les montagnards vivent tout l'hiver de <i>châtaignes</i> qu'ils font sécher sur des claies, puis ils les font moudre après les avoir pelées, pour en faire du pain. Ce fruit est astringent, &amp; sur-tout sa pelure du milieu. Du Latin <i>castanea</i> on a fait <i>castanaretum, châtaigneraie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8149" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHÂTAIGNE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CHÂTAIGNE</head>
    <p>
    Châtaigne de cheval , ou Chevaline. Arbre qui nous a été apporté de Constantinople &amp; de l'Isle de Candie, à qui ceux du pays ont donné ce nom, parce que son fruit, qui est semblable à nos <i>châtaignes,</i> est bon à guérir les chevaux poussifs lorsqu'on leur en donne à manger. On l'appelle autrement <i>marronier d'Inde. Hippocastanum,</i> ou <i>castanea equina.</i> Voyez Marronier d'Inde.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8149" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHÂTAIGNE" />
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    <head>CHÂTAIGNE</head>
    <p>
    Châtaigne d'eau , est une autre sorte de plante, qui est ainsi appellée, parce que son fruit est semblable à nos <i>châtaignes,</i> &amp; qu'elle croît dans l'eau. On la nomme autrement <i>tribule aquatique. Tribulus aquaticus.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Macre">Macre</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8150" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTAIGNÉ" />
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    <head>CHÂTAIGNÉ</head>
    <p>
    CHÂTAIGNÉ , adj. Qui est de couleur de châtaigne. <i>Ex rutilo nigrescens.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8151" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTAIGNERAIE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHÂTAIGNERAIE</head>
    <p>
    CHÂTAIGNERAIE , s. f. Lieu ou terre plantée de châtaigniers. <i>Castanetum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8152" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTAIGNIER" />
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   <index type="pred_domain" value="Histoire naturelle" />
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    <head>CHÂTAIGNIER</head>
    <p>
    CHÂTAIGNIER , s. m. Prononcez <i>châtaigner</i> sans faire sentir l'<i>r. Castanea sativa.</i> Arbre qui a pris son nom du pays d'où il a été apporté. <i>Castanea à Castanide terrâ.</i> Les vieux pieds de <i>Châtaigniers</i> sont fort gros : on en a vû en France de si gros, que quatre personnes auroient eu peine à les embrasser. Ce tronc jette plusieurs grosses branches, qui sont divisées en une infinité d'autres plus petites. Elles sont toutes ordinairement un peu longues, couvertes d'une écorce lisse, brune &amp; tachée. Son bois est un peu dur &amp; blanc. Ses feuilles sont longues de quatre à cinq pouces sur deux pouces environ de largeur, dentelées en manière de scie sur leurs bords, ridées, d'un verd gai, &amp; relevées en dessous d'une côte qui partage en deux toute sa surface, &amp; qui jette par ses côtés plusieurs nervures transversales, qui vont aboutir à la marge. Ses fleurs sont très-petites, à cinq pétales, jaunâtres, &amp; à cinq étamines un peu plus jaunes ; ces fleurs sont stériles, &amp; sont attachées en forme de chaton à un filet long de trois pouces. Ses fruits naissent sur le même pied, mais dans des endroits séparés de ses fleurs. Ces fruits sont des hérissons gros comme de petites pommes, divisés en trois loges, ce qui ne s'observe que dans les jeunes fruits, parce que la châtaigne ou semence d'une ou de deux de ces loges avorte quelquefois. L'écorce de ces fruits est d'un verd clair d'abord, &amp; charnu ; mais dans sa maturité, elle ressemble à du cuir par sa tissure &amp; par sa couleur. Elle est toujours chargée de piquans pointus &amp; bruns.</p><p>La châtaigne qu'elle renferme, est couverte de deux peaux, dont l'extérieure est lisse en dehors, velue en dedans, de couleur châtain, comme on dit communément ; l'intérieure est plus mince, rougeâtre, &amp; est très-âpre au goût. La substance de la châtaigne est douce, farineuse, bonne à manger lorsqu'elle est cuite. On fait deux à trois différences de châtaigne par rapport à leur grosseur. Celles qui sont quarrées &amp; grosses comme le pouce se nomment marrons. Elles viennent dans le Vivarais, d'où l'on les transporte à Lyon. A Paris on dit marrons de Lyon, parce qu'on les reçoit de Lyon. Celles qui sont au-dessous de cette grosseur sont proprement les châtaignes ordinaires ; &amp; les plus petites viennent des sauvageons. Les Sevennes &amp; le Vivarais fournissent beaucoup de châtaignes. Le peuple vit en ce pays-là une partie de l'année de ce seul fruit. On fait cuire les châtaignes tantôt dans l'eau simplement, tantôt sous les cendres chaudes ; ou l'on les fait rissoler à la poële percée. Les châtaignes sont fort incrassantes. On laisse des <i>Chataigniers</i> en taillis ; le bois en est bon pour des perches, &amp; pour différens ouvrages. Le charbon du <i>Chataignier</i> pétille trop au feu, &amp; ne peut être employé qu'à la forge. Il n'y a guère de Province dans le Royaume qui n'ait des bois &amp; taillis de <i>Chataigniers.</i> On se sert quelquefois des châtaignes en Médecine pour faire un look pour la toux. Le marronnier d'Inde, quoique son fruit donne des châtaignes, n'est point du genre de cet arbre. Voyez <ref type="search" target="head:Marronnier">Marronnier</ref>. Les plus belles charpentes, celles de la plupart des anciennes Eglises, sont de <i>chataignier.</i> Il sert aussi à faire des cercles de cuves &amp; fûtailles, ou des perches pour les treilles &amp; espaliers. Il y a une Ordonnance de Henri III. de 1580. qui veut qu'on les coupe de six à sept ans.</p><p><i>Kastanie,</i> &amp; <i>Kesten</i> en Allemand, <i>châtaigne</i> en François, est tiré du Celtique <i>Kesten.</i> Pezron. <i>Kastanie</i> vient évidemment du Latin <i>Castaneae,</i> &amp; <i>Kesten</i> en vient aussi.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTAIGNIER</head>
    <p>
    Châtaignier , est aussi le nom d'une espèce de pommes. Les <i>Châtaigniers,</i> qu'on appelle Martange en Anjou, sont blanches, rousses, avec un coloris assez sale &amp; obscur. La Quint.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTAIN</head>
    <p>
    CHÂTAIN , adj. m. &amp; s. Ce mot ne se dit que du poil qui est entre le blond &amp; le noir, qui est la couleur de la seconde enveloppe des châtaignes. <i>Ex rutilo nigrescens, castaninus color.</i> Cet enfant étoit blond en sa jeunesse, il est maintenant <i>châtain.</i> Les <i>châtains</i> sont plus communs que les blonds. On dit <i>châtain-clair, châtain-cendré.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTEAU</head>
    <p>
    CHÂTEAU , s. m. Place fortifiée par art, ou par nature, soit dans la campagne, soit dans une ville, pour tenir les peuples dans le devoir : Espèce de petite citadelle. <i>Castrum, castellum.</i> La Flandre a plusieurs <i>châteaux</i> qui peuvent se défendre. Ce <i>château</i> commande à la ville.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTEAU</head>
    <p>
    Château , se dit aussi simplement du logis d'un Seigneur, d'un Hôtel où il demeure, &amp; où on lui vient rendre hommage, bâti en manière de forteresse, avec fossé &amp; pont-levis. On appelle aussi <i>château,</i> une maison sans défense, <pb n="1011" facs="bpt6k8542165/f1051/full/1200,/0/native.jpg"/>où les fossés ne servent que d'ornement. Le <i>Château</i> du Louvre. Le <i>Château</i> de Vincennes. Le <i>Château</i> S. Ange à Rome.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTEAU</head>
    <p>
    Château , se dit aussi d'une maison de plaisance, quand elle est bâtie magnifiquement. Ce n'est pas là une maison de bourgeois ; c'est un <i>château.</i> En général les maisons où loge le Roi, &amp; qui lui appartiennent, s'appellent <i>châteaux.</i> Le <i>château</i> de Saint Germain, le <i>château</i> neuf, le vieux <i>château,</i> le <i>château</i> de Versailles, le <i>château</i> de Chambort, &amp;c. Et quand on parle des villes ou des bourgs où ces maisons sont situées, par le mot de <i>château</i> on entend le logis du Roi. Il y a tant de la machine de Marli au <i>château.</i> Ce Seigneur n'a point d'Hôtel à Versailles, il loge au <i>château.</i></p><p>On appelle <i>château de carte,</i> une maison fort enjolivée, qui paroît beaucoup, &amp; qui est en effet peu de chose. On appelle aussi <i>château branlant,</i> une chose qui n'est pas appuyée sur de bons fondemens, qui n'est pas ferme, qui menace ruine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8154" id="4" type="marine">
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    <head>CHÂTEAU</head>
    <p>
    Château , en termes de Marine , se dit dans les grands bâtimens de mer. Le <i>château de proue,</i> ou <i>château d'avant,</i> le <i>gaillard d'avant,</i> ou le <i>théatre,</i> est l'exhaussement qui est à la proue des grands vaisseaux au-dessus du dernier pont vers la misaine : c'est le lieu où sont les cuisines. Le <i>chateau de pouppe,</i> ou le <i>château d'arrière,</i> ou le <i>gaillard d'arrière,</i> est toute l'élévation qui règne sur la pouppe au-dessus du dernier pont, où sont les Chambres du Conseil &amp; du Capitaine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8154" id="5" type="blason">
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    <head>CHÂTEAU</head>
    <p>
    Château d'eau , c'est un pavillon différent du regard, en ce qu'il a de plus un réservoir, &amp; quelque façade d'architecture enrichie de nappes d'eau, de cascades, &amp;c. C'est quelquefois un corps de bâtiment avec une simple décoration de croisées feintes, parce qu'il ne renferme que des réservoirs, comme le <i>chateau d'eau</i> de Versailles. Les Architectes Latins appellent aussi <i>Castellum,</i> une cave, ou voûte, en laquelle toutes les eaux s'assemblent, &amp; d'où elles sont conduites dans l'aqueduc. C'est une remarque de Catel, dans son <i>Hist. de Lang.</i> L. II. c. 2. p. 127.</p><p>On appelle, en termes de Blason , un <i>château fondu,</i> celui qui est représenté en sa partie d'enhaut seulement, &amp; lorsque celle d'embas semble coupée. <i>Castellum infimâ sui recisum parte.</i> Il doit du moins avoir deux tours, &amp; un logement au milieu.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTEAU</head>
    <p>
    Château , se dit proverbialement en ces phrases. Ville prise, <i>château</i> rendu ; pour dire, qu'on ne peut plus guère tenir dans un <i>château,</i> quand la ville est prise. On dit aussi, Faire des <i>châteaux</i> en Espagne ; pour dire, se repaître de chimères, de vaines imaginations, parce qu'en Espagne les Grands Seigneurs demeurent dans les villes, &amp; ne font pas bâtir des <i>châteaux</i> à la campagne, comme on fait en France. D'autres font venir la chose de plus loin, &amp; disent que Cécilius Métellus ayant bloqué la ville de Trebie au Royaume d'Arragon, fut obligé de lever le siége ; mais par toute la Province il fit bâtir des forts, des redoutes &amp; des <i>châteaux,</i> sans qu'on sût à quel dessein ; car il les abandonnoit en changeant de quartier : ce qui étonna ses Capitaines, qui lui en demanderent la cause ; auxquels il repartit, que s'il croyoit que sa chemise en eût eu la connoissance, qu'il l'auroit brûlée sur le champ. Mais ayant beaucoup rodé, il revint sur les Trébiens, qui avoient négligé de se tenir sur leurs gardes, &amp; les força. De sorte qu'en ce sens, Faire des <i>châteaux</i> en Espagne, c'est méditer profondément sur un dessein, &amp; avoir des pensées qui paroissent inutiles, mais qui dans la suite peuvent servir ; faire des projets chimériques, ou dont l'exécution est impossible. D'autres disent qu'en l'an 700. les Maures ayant passé en Espagne pour s'y maintenir, bâtirent à chaque pas des <i>châteaux,</i> dont on y voit encore une infinité. De sorte que quand on dit, Bâtir des <i>châteaux</i> en Espagne, où il y en a déja trop, on veut dire, Faire une chose ridicule &amp; inutile, comme de porter de l'eau à la rivière. En quelques vieux Auteurs on trouve, Faire des <i>châteaux</i> en Asie, dans le même sens qu'on dit à présent en Espagne.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTEAU</head>
    <p>
    Château . Ce nom entre dans la composition de plusieurs noms de lieux auxquels on l'a donné, parce qu'il y avoit des <i>Châteaux.</i> Tels sont <i>Château-Briant. Castrum Brientii,</i> en Bretagne sur les confins de l'Anjou ; où Merlian, &amp;, comme parle Du Chesne en ses <i>Antiquites des villes de France,</i> l'interprétation commune place les <i>Cadetes</i> de César.</p><p><i>Château-Chinon.</i> Ville du Nivernois. <i>Castrum Caninum.</i> C'est la capitale du Morvan, située sur une montagne à la source de l'Ione.</p><p><i>Château-Cornet.</i> Bourg de l'Isle de Garnesey. <i>Castrum Buccinae.</i></p><p><i>Château-Dauphin,</i> dans le Dauphiné, entre Ambrun &amp; Salusses. <i>Castrum Delphini.</i></p><p><i>Château de Loir,</i> ou <i>du Loir.</i> Petite ville du Maine, qui a titre de Baronie. <i>Castrum ad Laedum,</i> ou <i>Lidium.</i> Elle est sur le Loir vers les confins de la Touraine &amp; du Vendômois. C'étoit la patrie de Coeffeteau.</p><p><i>Château d'If.</i> Forteresse de l'Isle d'If à une lieue de Marseille. <i>Castrum Ifium,</i> ou <i>Taxianum.</i></p><p><i>Château-Dun.</i> Ville de France dans le Blaisois, &amp; capitale du Dunois. <i>Castellodunum.</i> Du Chesne dit qu'on l'appelloit autrefois <i>Rubeclaire,</i> comme qui diroit <i>Urbs clara,</i> par transposition de lettres, à cause qu'on la pouvoit voir clairement de loin. Elle est sur une montagne de difficile accès ; c'est de-là que lui vient son nom, car <i>dun</i> en Gaulois signifioit <i>hauteur, montagne.</i> Cette ville a été si considérable, qu'il y a eu autrefois un Evêché. M. de Valois dans sa <i>Notice des Gaules,</i> soutient le contraire, mais M. Ménage le réfute dans son <i>Hist. de Sablé,</i> p. 205. 206.</p><p><i>Château-Fort.</i> Petit Pays dans la Marche.</p><p><i>Château-Gontier.</i> Ville d'Anjou. <i>Castrum Gontâerii.</i> Elle est située sur la Maïenne.</p><p><i>Château-Laudon.</i> Ville du Gâtinois, assez ancienne, si nous en croyons Vigenère, qui la prend pour le <i>Vellaudunum</i> de César, d'où il croit que s'est fait Laudon, en mangeant la première syllabe <i>ve.</i> Voyez aussi Du Chesne, <i>Antiq. des villes de Fr. Liv. I. c.</i> 65.</p><p><i>Château-Lin.</i> Bourg de Basse-Bretagne dans le Diocèse de Quimper, considérable par ses carrières d'ardoises. <i>Castrolinum.</i></p><p><i>Château-Meillant.</i> Ville de France dans le Berri, <i>Castrum Meilliani,</i> que Louïs XIII. érigea en Comté. Voyez La Thaumassière, <i>Hist. de Berri,</i> Liv. VIII. c. 1.</p><p><i>Château-neuf.</i> Nom de différentes villes. <i>Castrum novum.</i> L'une est dans l'Angoumois sur la Charente. C'est proche de cette ville que le Prince de Condé fut tué, dans le combat qui se donna l'an 1569. Une autre en Berri sur le Cher qui a titre de Baronie. Voyez La Thaumassière, <i>Hist. de Berri,</i> Liv. IX. c. 28. Une troisième dans l'Orléanois, qui a un <i>château</i> situé sur une montagne, &amp; bâti par Valentine, veuve de Louïs Duc d'Orléans. Une quatrième est capitale du Valromey. Une cinquième nommée <i>Château-neuf</i> en Timerais, petit pays dont elle est la ville principale, appartient à l'Isle de France. Je ne parle point des deux bourgs de même nom, l'un en Anjou sur la Sarte, &amp; l'autre en Bretagne. Il y a encore <i>Château-neuf</i> de Randon, ville de France dans le Gevaudan, qui appartient au Vicomte de Polignac. Voyez Valois, <i>Not. Gall. p.</i> 135.</p><p><i>Château-Porcien.</i> Petite ville &amp; Principauté en Champagne, sur l'Aine, à une ou deux lieues au-dessus de Retel. <i>Castrum Porciani.</i></p><p><i>Château-Regnaud.</i> Autre Principauté &amp; petite ville du Rételois sur la Meuse. <i>Castrum Reginaldi.</i></p><p><i>Château-Renard,</i> ou <i>Regnard,</i> dans le Gâtinois. <i>Castrum Vulpium,</i> ou <i>Castrum Raynaldi.</i></p><p><i>Châteauroux.</i> Ville de Berri. <i>Castrum Rodulphium,</i> ou <i>Radulphi.</i> Elle est sur l'Indre. Louïs XIII. l'érigea en Duché-Pairie, elle est à la maison de Condé. On y fait beaucoup de draps de Berry. Ce nom s'est fait par corruption de <i>Château-Raoul.</i> Voyez La Thaumassière, <i>Histoire de Berry,</i> Liv. VII. c. 2. &amp; suiv. <i>Châteauroux,</i> est aussi une ville Episcopale de l'Isle de Nègrepont. <i>Castal'rosso</i> en Italien, <i>Castrum rufum.</i></p><p><i>Château-Salins.</i> Bourg de Lorraine. <i>Castrum Salinarum,</i> près de la rivière de Seille. Son nom lui vient de ses bonnes salines.</p><p><i>Château-sur-Epte.</i> Paroisse du Vexin Normand, ainsi appellé à cause de son <i>château,</i> qui défendoit le passage de la rivière. <i>Castrum ad Eptam.</i> Voyez la <i>Description <pb n="1012" facs="bpt6k8542165/f1052/full/1200,/0/native.jpg"/>Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Normandie, Tom. II. p.</i> 323.</p><p><i>Château-Thierry.</i> Ville de la Brie Pouilleuse. <i>Castrum Theodorici.</i> Elle est sur la Marne.</p><p><i>Château-Vilain.</i> Bourg de Champagne vers la source de la rivière d'Aube. <i>Castrum Villanum.</i></p><p>Tous ces noms sont masculins, comme celui de <i>Château.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8155" id="1" type="">
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    <head>CHATÉE</head>
    <p>
    CHATÉE , s. f. La portée d'une <i>chatte,</i> tous les petits de la portée d'une <i>chatte.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTEL</head>
    <p>
    CHÂTEL , f. m. Petit Château. <i>Castellum.</i> C'est un vieux mot François formé de ce mot Latin, &amp; qui n'est resté que dans quelques noms propres de lieux, &amp; quelques noms de famille. Ainsi l'on appelloit <i>Chatel-Aillon</i> une ancienne ville du pays d'Aunis, qui est détruite, <i>Castrum</i> ou <i>Castellum sulii.</i> La Rochelle a été bâtie de ses ruines. <i>Châtel</i> sur Moselle est une Seigneurie de Lorraine.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8157" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTELAIN" />
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    <head>CHÂTELAIN</head>
    <p>
    CHÂTELAIN , s. m. C'étoit autrefois le Gouverneur d'un château, établi par les Ducs ou Comtes, dans les principales bourgades, tant pour les tenir dans l'obéissance, que pour y rendre la justice. <i>Castellanus dinasta.</i> Il semble que la principale fonction de cet Officier étoit la garde du château, d'où lui est venu le nom de <i>Chatelain.</i> Il étoit tenu par conséquent de le pourvoir de toutes sortes de munitions de guerre &amp; de bouche, &amp; d'y entretenir un certain nombre d'hommes, tel que le Seigneur ou son Bailli l'avoit réglé. Suivant quelques Ordonnances il étoit obligé d'y faire sa résidence : quand les milices de la Châtellenie marchoient pour quelque expédition, c'étoit à lui de les commander, sous les ordres toutefois du Bailly. Il étoit aussi de son emploi de fournir des vivres à ceux que le Dauphin étoit tenu de défrayer en campagne. L'emploi du <i>Chatelain</i> exigeoit sur-tout de veiller à la conservation des biens du Seigneur, &amp; de faire recueillir les fruits qui provenoient dans ses fonds pour les vendre à son profit, après en avoir réservé la quantité nécessaire pour la provision du Château. Le même étoit chargé de la recette générale des Droits Seigneuriaux, pour lesquels il avoit un receveur, ou qu'il donnoit à ferme pour s'épargner l'embarras du détail. Il jouissoit, au moins en quelques lieux, du privilége qu'avoit le Bailli, de pouvoir en certains cas aliéner les fonds domaniaux, les échanger, ou les donner en emphithéose. Il pouvoit aussi donner l'investiture des fonds qu'il avoit inféodés, &amp; en recevoir l'hommage au nom du Seigneur. Pr. de Valbonnet, <i>Mem. pour l'Hist. du Dauph. Disc. V</i>e <i>C.</i> 3. Les fonctions militaires attachées à ces offices les faisoient rechercher des principaux de la Noblesse qui s'en trouvoient honorés. Id. Dans la suite les <i>Châtelains</i> usurpèrent la propriété &amp; la Seigneurie de leur Jurisdiction. Maintenant il ne signifie plus que le Seigneur d'une terre, qui a un degré d'élévation au-dessus d'une Seigneurie ordinaire. Le Seigneur <i>Châtelain</i> ne peut porter ses Armoiries qu'en écusson, &amp; non en quarré, ou bannière, comme font les Comtes, Vicomtes &amp; Barons, qui ont droit de bannière, de haute Justice, de fourches patibulaires à quatre pilliers. Lë <i>Châtelain</i> a droit d'avoir maison forte ; c'est-à-dire, munie de fossés &amp; pont-levis, sans permission du Roi : il peut même empêcher que l'on ne bâtisse une maison forte dans l'étendue de sa Châtellenie. Autrefois pour être <i>Châtelain</i> il falloit avoir un château &amp; forteresse, Seigneurie &amp; Jurisdiction, &amp; pour faire la Châtellenie, il falloit qu'il y eût une Abbaye, ou Prieuré conventuel, four bannal, &amp;c.</p><p>De <i>Châtelain,</i> pris pour Seigneur d'un château, on disoit autrefois <i>Châtelaine,</i> pour <i>Dame d'un Château.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8157" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHÂTELAIN" />
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    <head>CHÂTELAIN</head>
    <p>
    Châtelain , est aussi un Juge, ou Officier, qui rend la Justice dans l'étendue de la terre d'un Seigneur <i>Châtelain. Castellanus judex.</i> En Auvergne, en Dauphiné, en Poitou, les <i>Châtelains</i> des villes sont aussi des Officiers exerçans la justice.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8158" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="CHÂTELÉ, ÉE" />
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    <head>CHÂTELÉ, ÉE</head>
    <p>
    CHÂTELÉ, ÉE , adj. Terme de Blason , qui se dit des pièces d'un Ecu chargées de figures de châteaux. <i>Castellis instructus.</i> La bordure de Portugal, le lambel d'Artois, sont <i>châtelés.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8159" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTELET" />
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    <head>CHÂTELET</head>
    <p>
    CHÂTELET , s. m. C'est ainsi qu'on appelloit autrefois de petits châteaux, ou forteresses, où les Seigneurs Châtelains logeoient. <i>Castella.</i> Mais présentement on appelle à Paris le Grand <i>Chatelet,</i> le lieu où se tient le Présidial, ou la Justice ordinaire du Prévot de Paris, qui est composé d'un Présidial, d'une Chambre civile, d'une Chambre criminelle, &amp; d'une Chambre de Police. <i>Castellana Parisiorum curia.</i> On appelle de même à Orléans, à Monpellier, &amp;c. les lieux où l'on rend la Justice. Les sentences &amp; le sceau du <i>Châtelet</i> de Paris sont exécutoires par toute la France. Les Notaires du <i>Châtelet</i> dépendent de cette Jurisdiction. On prétend que le sceau du <i>Châtelet</i> est attributif de Jurisdiction, en sorte que quiconque est obligé en vertu d'un contrat passé au <i>Châtelet,</i> y peut être assigné pour l'exécution du même contrat, en quelque lieu du Royaume qu'il soit domicilié. Le petit <i>Châtelet</i> est un ancien Fort qui sert aujourd'hui à mettre des prisonniers. Le grand <i>Châtelet</i> fut bâti du temps de Julien l'Apostat, &amp; rebâti sous Philippe le Bel, tel qu'on le voit aujourd'hui, excepté l'arcade sous laquelle on passe, qui fut faite sous Louis XII. Favyn. <i>Hist. de Nav. L. V.</i> C'est Charles V. qui fit bâtir la Bastille &amp; le grand <i>Châtelet.</i> L'ancien, le nouveau <i>Châtelet,</i> sont deux corps de Jurisdiction, qui forment maintenant le Présidial. En Latin <i>Casteletum.</i></p><p>Ce mot, <i>Châtelet,</i> est un diminutif de château, &amp; s'est formé de <i>castellum,</i> diminutif de <i>castrum,</i> château, ou de <i>castelletum,</i> diminutif de <i>castellum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8159" id="2" type="">
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    <head>CHÂTELET</head>
    <p>
    Châtelet , est aussi le corps des Juges du <i>Châtelet,</i> &amp; leur jurisdiction. Une sentence du <i>Châtelet,</i> Conseiller au <i>Châtelet.</i> Procureur au <i>Châtelet.</i> Les audiences du <i>Châtelet</i> sont divisées en celles de la Prévôté, auxquelles préside le Lieutenant Civil, &amp; celles du Présidial, auxquelles président les deux Lieutenans Particuliers par tour, de mois en mois. Le <i>Châtelet</i> est aujourd'hui la seule Jurisdiction ordinaire de la ville de Paris ; toutes les autres Jurisdictions y ont été réunies pour éviter les conflits de Jurisdiction. Voyez Lange dans la <i>Nouvelle Pratique,</i> &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8159" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHÂTELET" />
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    <head>CHÂTELET</head>
    <p>
    Châtelet , est aussi le nom propre de quelques lieux, comme le <i>Châtelet</i> en Berry. <i>Castelletum.</i> C'est un second diminutif de <i>castrum,</i> château, qui signifie un fort petit <i>château.</i> Un autre en Franche-Comté s'appelle <i>Châtelot.</i> Il est sur le Doux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8159" id="4" type="rubanier">
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    <head>CHÂTELET</head>
    <p>
    Châtelet . Terme de Rubanier . C'est la partie du métier du Rubanier, qui soutient les ardoises &amp; les hautes lices.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8160" id="1" type="coutume">
   <index type="head" value="CHATE-LEVANT, CHATE-PRENANT" />
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    <head>CHATE-LEVANT, CHATE-PRENANT</head>
    <p>
    CHATE-LEVANT, CHATE-PRENANT . Terme de Coutume . Ces mots signifient une clause qu'on mettoit autrefois dans les contrats au pays Messin. Par cette clause on donnoit pouvoir à ceux qui prenoient des fonds à gagière, ou à mort gage, d'en prendre, d'en percevoir les fruits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8161" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTELLENIE" />
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    <head>CHÂTELLENIE</head>
    <p>
    CHÂTELLENIE , s. f. Seigneurie d'un Seigneur Châtelain, &amp; l'étendue de sa Terre, &amp; de sa Justice. <i>Ditio Castellani dynastae.</i> C'étoit anciennement un nom d'Office, &amp; non de Seigneurie. La Cour de la <i>Châtellenie</i> étoit composée, outre le Châtelain, d'un Procureur Fiscal, d'un Notaire, ou Greffier, &amp; de quelques Sergens. Valbonnet. Dans l'ancienne Pratique, <i>Châtellenie</i> signifie le ressort, l'enclave d'une haute-Justice. Il y a tant de <i>Châtellenies</i> qui ressortissent à ce Présidial. Cette Province est divisée en tant de <i>Châtellenies.</i></p><p>On donne ce nom en Flandre aux diverses parties ou contrées dont cette Province est composée, &amp; chacune de ces <i>Châtellenies</i> porte le nom de sa Capitale, <i>Châtellenie</i> de Lille, d'Ipres, de Gand, &amp;c. On le donne aussi en Pologne aux petits Gouvernemens qui dépendent des Castellans, ou Châtelains des villes, &amp; qui sont soumis aux Palatins, dont les Gouvernemens ou Palatinats renferment plusieurs <i>Châtellenies.</i> Et en François nous nous servons de ce mot en parlant de ces lieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8162" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTELLERAUD" />
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    <head>CHÂTELLERAUD</head>
    <p>
    CHÂTELLERAUD , ou plutôt CHATELRAUD, s. m. Ville de France dans le Poitou. <i>Castrum Heraldi.</i> C'est de ce nom Latin que le François s'est formé. <i>Chatelleraud</i> est situé sur la Vienne. François I. l'érigea en Duché, en faveur de François de Bourbon, fils de Gilbert de Bourbon, Comte de Montpensier. Il ne faut point écrire <i>Châtel Herault,</i> comme a fait M. Corneille, p. 616. après avoir fort bien mis <i>Châtelleraud</i> à la page précédente, ni distinguer ces deux villes, comme il semble le vouloir faire. Et la contrée à laquelle cette ville donne son nom, il faut l'appeller <i>Châtelleraudois,</i> ou plutôt <i>Châtelraudois,</i> comme écrit Naudé dans son Mascurat, p. 256. &amp; non pas <i>Châtel-Héraudois,</i> comme a fait Corneille, après l'Atlas qu'il a copié.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8163" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHATEPELEUSE" />
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    <head>CHATEPELEUSE</head>
    <p>
    CHATEPELEUSE , s. f. Petit insecte ou vermine qui ronge le blé. On l'appelle aussi <i>Calendre,</i> ou Charençon. <i>Curculio.</i> C'est aussi un terme bas &amp; populaire, qui signifie une chenille qui est couverte de poil comme un chat.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8164" id="1" type="relations">
   <index type="head" value="CHATER" />
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    <head>CHATER</head>
    <p>
    CHATER , s. m. Terme de Relations . <i>Cursor.</i> Les <i>Chaters</i> sont en Perse des valets de pied qui courent dans les rues devant leur maître pour faire faire place, parce que les hommes vont à cheval &amp; très-vîte. En Perse les <i>Chaters</i> font un corps comme les artisans, il faut être passé maître à la course pour être <i>Chater.</i> Tavernier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8165" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CHATHIB" />
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    <head>CHATHIB</head>
    <p>
    CHATHIB , ou CHATHEB, s. m. Terme de Relation . Mot Turc qui signifie Prédicateur, harangueur ; qui parle en public. <i>Concionator, Ecclesiastes.</i> C'est aussi parmi les Mahométans celui qui tient dans les Mosquées la place que les Curés tiennent dans les Paroisses parmi les Chrétiens ; parce qu'outre qu'il fait la prière à leur tête, il leur fait encore des sermons &amp; des prônes, en les avertissant de leurs devoirs, &amp; souvent en leur annonçant les ordres du Prince. Les Chefs des Mosquées Royales, ou principales de chaque ville, portent ordinairement ce nom, à la distinction des Chefs des autres Mosquées, qui s'appellent simplement Imans. D'Herbel.</p><p>Ce mot vient de , <i>Chathab,</i> qui en Hébreu, Chaldéen, Syriaque, Arabe, signifie <i>écrire.</i> Ainsi <i>Chathib</i> proprement en Arabe signifie un <i>Ecrivain,</i> un Savant, un Docteur de la Loi. Il faut prononcer <i>Catib,</i> ou <i>Cateb.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8166" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAT-HUANT" />
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    <head>CHAT-HUANT</head>
    <p>
    CHAT-HUANT , s. m. Le <i>t</i> ne se prononce pas, &amp; l'<i>h</i> est aspirée. Il faut donc prononcer <i>chahuant.</i> C'est un oiseau nocturne &amp; de mauvais augure. C'est la même chose que le <i>hibou</i> &amp; le <i>duc. Bubo, noctua.</i> Il est de la figure d'une chouette, &amp; de la grandeur d'une petite aigle, tanné &amp; roux, &amp; tacheté de noir, ayant la tête &amp; les griffes de chat. Il y en a de différente espèce, plumage &amp; grosseur. Les <i>chat-huants</i> &amp; les chouettes ont été adorés au Perou, à cause de la beauté &amp; subtilité de leurs yeux, qui voient dans les ténèbres.</p><p>Il y a dans les Isles de l'Amérique une espèce de <i>chat-huant</i> que l'on nomme Canot, parce qu'il jette un cri lugubre, comme qui crieroit <i>au canot.</i> Il n'est pas plus gros qu'une tourterelle, mais tout semblable par son plumage aux hiboux de France. Il a deux ou trois petites plumes aux deux côtés de la tête qui semblent être deux oreilles.</p><p>Il y a un <i>chat-huant</i> cornu, nommé autrement hibou cornu, ou moyen Duc. Il y en a même de deux espèces. Voyez HIBOU CORNU.</p><p>On donne ordinairement à Minerve le <i>chat-huant</i> &amp; le serpent, tous deux symboles de la sagesse : l'un parce qu'il voit clair au milieu des ténèbres, l'autre, &amp;c. P. Jobert. Il est mis quelquefois sur son casque, &amp; quelquefois à ses pieds. Dans une médaille de Néron, on le voit sur un autel : il marque que ce Prince avoit célébré les jeux de Minerve appellés <i>Quinquatria.</i> Id. Il est aussi le symbole d'Athènes, sur les monnoies de laquelle on le trouve toujours, ou presque toujours. Voyez Nonius <i>Graeciae Univers. Tab. XIII.</i></p><p>Ce mot vient de <i>catus ululans</i>, parce que cet oiseau a une tête de chat, prend les souris comme un chat, &amp; crie fort haut la nuit : ce qu'on appelloit autrefois <i>huer.</i> Ménage. Du Cange le dérive de <i>cavanna</i>, ou <i>cavannus,</i> qu'on a dit dans la basse Latinité au même sens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8167" id="1" type="fauconnerie">
   <index type="head" value="CHAT-HUANE, ÉE" />
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    <head>CHAT-HUANE, ÉE</head>
    <p>
    CHAT-HUANE, ÉE , adj. Terme de Fauconnerie . Qui a le pennage de chat-huant. <i>Pennis noctuae similis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8168" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTIER" />
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    <head>CHÂTIER</head>
    <p>
    CHÂTIER , v. act. Corriger, punir ceux qui ont failli. <i>Castigare, punire, plectere, emendare.</i> La Justice <i>châtie</i> les coupables. Un père doit <i>châtier</i> ses enfans. C'est une vérité qui paroît un peu austère, que Dieu nous aime quand il nous <i>châtie.</i> Flech. Dieu ne <i>châtie</i> point l'iniquité des pères sur l'innocence des enfans, cette conduite est incompatible avec sa justice. S. Evr. Celui qui <i>châtie</i> dans la colère, ne corrige pas, il se venge. Mont. Le grand Constantin ne se portoit à <i>châtier</i> que pour le gouvernement, &amp; non pour assouvir sa vengeance. Herman. Dieu pourroit-il nous <i>châtier</i> de nos infidélités, si nous ne péchions que par l'absence d'une grace qu'il nous refusât lui-même ? On dit aussi au Manége, <i>Châtier</i> un cheval.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8168" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHÂTIER" />
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    <head>CHÂTIER</head>
    <p>
    Châtier , se dit aussi des malheurs ou déplaisirs qui nous arrivent, en conséquence de quelque faute que nous avons faite. Cet homme a été bien <i>châtié</i> de la faute qu'il a faite, toute sa fortune a été depuis en décadence. La goutte <i>châtie</i> les vieilles gens des péchés de leur jeunesse. Un homme est assez <i>châtié</i> quand il est obligé de se repentir. Claud.</p><p>On disoit autrefois <i>chastoyer,</i> pour <i>châtier.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8168" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHÂTIER" />
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    <head>CHÂTIER</head>
    <p>
    Châtier , signifie aussi, Corriger, polir un ouvrage, le purger de ses fautes. <i>Corrigere, emendare, mutare.</i> Le style de cet Orateur est fort <i>chatié.</i> Cet homme écrit de bon sens, mais il ne <i>châtie</i> pas assez sa diction. Voiture a plus <i>châtié</i> sa prose que ses vers. Pelis. Euripide, le plus tragique de tous les Poëtes, est d'ailleurs peu exact, peu <i>châ</i>tié dans la conduite &amp; la disposition de ses sujets. Dac. Quoique le style de Voiture ne soit pas fort <i>châtié,</i> parce qu'il n'a jamais revû ses ouvrages, on y trouve une naïveté, &amp; une délicatesse, qui ne se rencontrent point par tout ailleurs. Bouh.</p><p>On dit proverbialement, Qui bien aime, bien <i>châtie</i> ; en parlant de l'amour d'un père envers ses enfans. On dit aussi, <i>Châtier</i> bien, &amp; récompenser de même. L'Auteur de ce mot est le Duc d'Albe, qui étoit fort exact à payer ses troupes, &amp; fort sévère à les punir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8168" id="4" type="">
   <index type="head" value="CHÂTIER" />
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    <head>CHÂTIER</head>
    <p>
    Châtié, ée . part. &amp; adj. <i>Castigatus, correctus, emendatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8169" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHATIÈRE" />
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    <head>CHATIÈRE</head>
    <p>
    CHATIÈRE , s. f. Ouverture ou trou qu'on laisse à une porte, ou à une cloison pour donner entrée aux chats dans des chambres &amp; des greniers, afin qu'ils y aillent faire la guerre aux souris. <i>Foramen per quod subire felis possit.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8170" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTILLON" />
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    <head>CHÂTILLON</head>
    <p>
    CHÂTILLON , s. m. Nom de lieu &amp; de famille. <i>Castellio.</i> Les lieux qui portent ce nom, se distinguent en y ajoûtant ou le nom de la contrée dans laquelle ils se trouvent renfermés, comme <i>Châtillon</i> de Médoc, bourg sur la Garonne dans le pays de Médoc en Guienne, <i>Castellio Medulci :</i> &amp; <i>Châtillon</i> de Michaille, petite ville située dans une petite Contrée du Bugey appellée Michaille, vers le Rhône. <i>Castellio de Michalia.</i> Ou bien plus communément par le nom des rivières qui les arrosent. Ainsi <i>Châtillon sur Cher,</i> est une ville de Berry située sur le Cher, au confluent de la Saudre. <i>Châtillon sur Indre,</i> est en Touraine aux confins du Berry sur la rivière d'Indre. Voyez la Thaumass. <i>Hist. de Berry,</i> L. IX. c. 37. <i>Castellio ad Ingerem. Châtillon sur Loin,</i> est une petite ville du Gâtinois sur le bord du Loin, <i>Castellio ad Lupiam. Châtillon sur Loire,</i> ville de Berry, <i>Castellio ad Ligerim.</i> Elle est au-dessus de Cône, de l'autre côté de la Loire. <i>Châtillon sur Marne,</i> en Champagne, <i>Castellio ad Matronam,</i> est sur la Marne, entre Epernay &amp; Château-Thierry ; c'est la patrie du Pape Urbain II. <i>Châtillon sur Saone,</i> petite ville de Lorraine dans le Barrois, <i>Castellio ad Ararim. Châtillon sur Seine, Castellio ad Sequanam,</i> est une ville de Bourgogne séparée par la Seine en deux parties, dont l'une s'appelle le Bourg, &amp; l'autre Chaumont, qui font comme deux villes qui ont chacune leur Maire &amp; leurs Magistrats à part.</p><p>CHÂTILLONET, s. m. Diminutif de Châtillon, <i>Castelginest.</i> Bourg de la Bresse sur la rivière d'Ains.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8171" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTIMENT" />
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    <head>CHÂTIMENT</head>
    <p>
    CHÂTIMENT , s. m. Supplice, peine qu'on fait souffrir pour quelque faute commise. <i>Castigatio, animadversio, poena.</i> Toute faute mérite un <i>châtiment.</i> Les guerres, les maladies sont des <i>châtimens</i> que Dieu fait souffrir aux hommes à cause de leurs péchés. La loi outragée, &amp; l'ordre public, demandent le <i>châtiment</i> du coupable. Ceux que la crainte des <i>châtimens</i> ne retient pas dans le devoir, y sont retenus par l'espérance des honneurs. Gomb. Les <i>châtimens</i> que la Justice impose ne sont que pour l'avertissement des autres : on ne corrige pas celui qu'on pend ; on corrige les autres par lui. Mont. Dieu fit périr les Egyptiens par les plus sévères <i>châtimens</i> dont il punit les hommes dans son courroux. Arn.</p><p>On appelle au Manége les <i>châtimens</i> du cheval, lorsqu'on le pique, qu'on le fouette, ou qu'on se sert des aides avec rudesse quand il ne veut pas obéir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8172" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHATON" />
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    <head>CHATON</head>
    <p>
    CHATON , s. m. Petit chat. <i>Felis catulus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8172" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHATON" />
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    <head>CHATON</head>
    <p>
    Chaton , signifie aussi l'endroit où on enchâsse une pierre précieuse dans un anneau, un poinçon, un cachet, &amp;c. <i>Pala, Funda.</i> Ménage prétend que ce mot vient de <i>castrum</i>, &amp; qu'on a dit autrefois <i>carton.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8172" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHATON" />
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    <head>CHATON</head>
    <p>
    Chaton , se dit aussi en termes de Botanique , de certaines fleurs qui ne laissent aucune graine après elles. <i>Paniculée, nucamenta.</i> Telles sont les fleurs de noyer, de saule. Celles de Coudrier s'appellent en Latin <i>iuli.</i> Ces fleurs s'appellent aussi chats.</p><p>On appelle aussi <i>chaton,</i> le verd qui couvre la coquille de la noisette, lorsqu'elle est encore sur le noisetier. On le dit aussi de la partie qui enferme la graine de la tulipe. Liger.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8173" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHATOUILLEMENT" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>CHATOUILLEMENT</head>
    <p>
    CHATOUILLEMENT , s. m. Action par laquelle on chatouille. C'est aussi le sentiment qui naît de cette action. <i>Titillatio.</i> Il y a bien de gens qui craignent le <i>chatouillement.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8173" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHATOUILLEMENT" />
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    <head>CHATOUILLEMENT</head>
    <p>
    Chatouillement , se dit aussi au figuré, du plaisir que l'on a de s'entendre louer. Quel agréable <i>chatouillement</i> cause l'approbation du monde, dans les esprits vains, lorsqu'ils s'entendent nommer parmi les Docteurs célèbres. Bens.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8174" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHATOUILLER" />
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    <head>CHATOUILLER</head>
    <p>
    CHATOUILLER , v. act. Toucher légèrement quelque personne en quelque partie délicate, ensorte que cela lui cause du plaisir ou de l'émotion, &amp; la provoque ordinairement à rire. <i>Titillare.</i> On <i>chatouille</i> les personnes aux hanches, à la plante des pieds. Malherbe a dit <i>chatouiller</i> son ame ; pour dire, se flatter de quelque espérance, s'entretenir agréablement dans quelque douce pensée.</p><p>Ce mot vient de <i>catullare</i>, qu'on a dit pour <i>catullire.</i> Les Picards disent encore <i>catouiller.</i> Ménage.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8174" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHATOUILLER" />
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    <head>CHATOUILLER</head>
    <p>
    Chatouiller , se dit aussi du sentiment qui donne du plaisir au corps. La Musique <i>chatouille</i> l'oreille. Les bonnes odeurs <i>chatouillent</i> le nez. Les bonnes saveurs <i>chatouillent</i> le goût.</p><p>On le dit figurément en choses spirituelles, Les applaudissemens <i>chatouillent</i> l'esprit. Ce discours <i>chatouille</i> bien sa vanité. La louange <i>chatouille,</i> &amp; gagne les esprits. La Font. <i>pertentare.</i></p><p>On dit en termes de Manége , <i>Chatouiller</i> de l'éperon. <i>Stimulos leviter admovere, stimulo perstringere.</i></p><p>On dit proverbialement, qu'un homme se <i>chatouille</i> pour se faire rire, quand il rit sans sujet apparent, ou par quelque imagination agréable qui lui passe dans l'esprit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8174" id="3" type="monnoie">
   <index type="head" value="CHATOUILLER" />
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    <head>CHATOUILLER</head>
    <p>
    Chatouiller le remède . C'est un terme de Monnoie , qui se dit quand le Maître approche extrêmement du remède tout entier, sans néanmoins l'excéder.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8174" id="4" type="">
   <index type="head" value="CHATOUILLER" />
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    <head>CHATOUILLER</head>
    <p>
    Chatouillé, ee , participe &amp; adjectif. <i>Titillatus, pertentatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8175" id="1" type="">
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    <head>CHATOUILLEUX, EUSE</head>
    <p>
    CHATOUILLEUX, EUSE , adj. Qui est délicat, sensible au chatouillement. <i>Titillationis impatiens.</i> Les jeunes gens sont plus <i>chatouilleux</i> que les vieillards. On appelle un cheval <i>chatouilleux,</i> lorsqu'il est trop sensible à l'éperon, qu'il le fuit, &amp; qu'il n'y obéit pas d'abord.</p><p>On dit figurément, qu'une affaire est <i>chatouilleuse,</i> quand elle est délicate, douteuse, problématique. <i>Res difficilis, lubrica, periculosa, dubia, anceps, ambigua.</i></p><p>On le dit aussi de celles qui sont dangereuses, difficiles à manier. Les affaires d'Etat sont bien <i>chatouilleuses.</i> Le maniement des deniers publics est un emploi fort <i>chatouilleux.</i></p><p>On dit aussi, qu'un homme est fort <i>chatouilleux</i> sur le point d'honneur, sur la conscience ; pour dire, qu'il y est fort sensible, fort délicat, fort aise à blesser &amp; à offenser. <i>Quem honoris aut religionis ratio vel levissimae commovet.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8176" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAT-PARD" />
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    <head>CHAT-PARD</head>
    <p>
    CHAT-PARD , est un animal féroce qu'on croit être engendré de deux espèces. On en a disséqué un à l'Académie Royale des Sciences. Sa hauteur étoit d'un pied &amp; demi, &amp; sa longueur depuis le bout du museau jusqu'au commencement de la queue de deux pieds &amp; demi. Il étoit du reste semblable au chat, excepté qu'il avoit le cou &amp; les barbes un peu plus courts, &amp; qu'il étoit bien plus grand que les chats, mais aussi bien plus petit que le léopard. Son poil étoit roux, &amp; le ventre isabelle. La gorge &amp; le dessous de la mâchoire étoient blancs, &amp; par-tout il y avoit des taches noires qui étoient longues sur le dos, &amp; rondes sur le ventre &amp; les pattes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8177" id="1" type="">
   <index type="head" value="LA CHÂTRE" />
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    <head>LA CHÂTRE</head>
    <p>
    LA CHÂTRE , s. m. Ville de Fiance dans le Berry. Nos Modernes l'appellent <i>Chastra.</i> Elle est située sur l'Indre vers les confins de la Marche. C'est de cette ville que l'illustre famille de la Châtre tire son nom. Ce nom ne se dit jamais sans l'article. Il est de <i>la Châtre,</i> c'est l'usage constant en Berry. Du Chesne y a manqué quelquefois dans ses <i>Antiquités des Villes de France,</i> &amp; les autres semblent l'avoir ignoré. Voyez Chaumeau, <i>Hist. de Berry,</i> L. VI. C. 27. de la ville &amp; Châtellenie de <i>la Châtre</i> &amp; La Thaumassière, L. VII. c. 53.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8178" id="1" type="">
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    <head>CHÂTRE</head>
    <p>
    CHÂTRE , ou CHÂTRES, s. m. Petite ville de France dans le Hurepoix. <i>Castrum,</i> ou <i>Castra.</i> Elle est située sur la rivière d'Orge, à sept ou huit lieues de Paris, du côté du Midi.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8179" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTRER" />
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    <head>CHÂTRER</head>
    <p>
    CHÂTRER , v. act. Couper, retrancher les testicules à quelque animal. <i>Castrare.</i> On <i>châtre</i> les boeufs, les moutons, les chapons, &amp;c. pour les engraisser, ou pour les rendre plus dociles. Les Orientaux <i>châtrent</i> les hommes pour avoir des gardiens fidèles de leurs femmes. Leur jalousie quelquefois ne se contente pas de cette barbare précaution : ils retranchent absolument toutes les parties suspectes, &amp; tout ce qui distingue l'homme, &amp; le sexe. Abélard dit, pour exprimer un pareil accident qui lui étoit arrivé ; Je cessai d'être homme, sans cesser de vivre.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>Castrare</i>. On a appellé un mouton <i>châtré, castor.</i> Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8179" id="2" type="">
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    <head>CHÂTRER</head>
    <p>
    Châtrer , se dit quelquefois des femmes. Athénée rapporte que le Roi Andramiris fut le premier qui fit <i>châtrer</i> des femmes. Hésychius &amp; Suidas disent que Gyges fit la même chose. Galien dit qu'on ne les peut <i>châtrer</i> sans les mettre en danger de la vie. Daléchamp dit sur ce passage d'Athénée, que c'étoit simplement les boucler.</p><p>On dit aussi, <i>Châtrer</i> une truie. <i>Châtrer</i> une chienne ; pour dire, Leur faire une opération qui les mette hors d'état d'avoir des petits.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8179" id="3" type="">
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    <head>CHÂTRER</head>
    <p>
    Châtrer , se dit aussi figurément des choses dont on a retranché quelque partie. Ce Libraire m'a vendu un livre <i>châtré.</i> Ce Crocheteur a <i>châtré</i> ces cotrets, ces fagots. On dit aussi, <i>Châtrer</i> les ruches, en ôter les gauffres de miel. <i>Alveos castrare, favos succidere, eximere. Châtrer,</i> les arbres, en ôter les branches, ou en faire sortir les humeurs nuisibles. <i>Châtrer</i> un cep de vigne, en couder les rejettons qui poussent vers le pied. <i>Amputare, demetere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8179" id="4" type="jardinage">
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    <head>CHÂTRER</head>
    <p>
    Châtrer , en terme de Jardinage , ne se dit que des melons &amp; des concombres, &amp; il signifie ce que Tailler ou pincer signifient au regard des autres plantes. Ce terme est fort en usage parmi ceux qui gouvernent des melons, ou, comme parle La Quintinie, parmi les faiseurs de melons ou de concombres. Voici bien-tôt le temps de <i>châtrer</i> nos melons. Voilà des concombres bien <i>châtrés,</i> c'est-à-dire, bien déchargés de leurs branches inutiles.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8179" id="5" type="jardinier fleuriste">
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    <head>CHÂTRER</head>
    <p>
    Châtrer , en termes de Jardinier Fleuriste , c'est couper des rejettons qui croissent vers le pied. <i>Châtrer</i> un oeillet, c'est couper les marcottes, lorsqu'elles montent à dard, dans le second noeud le plus voisin du pied de l'oeillet. Morin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8179" id="6" type="">
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    <head>CHÂTRER</head>
    <p>
    Châtré, ée . part. &amp; adj. <i>Castratus.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHÂTRER</head>
    <p>
    Châtré , s. m. est un homme qu'on a fait Ennuque. <i>Castratus, exsectus.</i> Les <i>châtrés</i> n'ont point de barbe. Les <i>châtrés</i> ont la voix claire &amp; féminine. On appelle une <i>mine de châtré</i> un visage désagréable, pâle, &amp; tout efféminé.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8180" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHÂTREUR" />
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    <head>CHÂTREUR</head>
    <p>
    CHÂTREUR , s. m. Celui qui châtre les hommes, les animaux, ou les fagots, <i>sector, putator.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8181" id="1" type="marine">
   <index type="head" value="CHATTE" />
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    <head>CHATTE</head>
    <p>
    CHATTE , en termes de Marine , est une barque d'environ 60. tonneaux, ronde de hanches &amp; d'épaules, qui est rase &amp; sans aucun acastillage, qui n'a que deux mâts, dont les voiles portent des bonnettes maillées. On se sert de <i>chattes</i> pour transporter le canon &amp; les provisions d'un vaisseau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8181" id="2" type="">
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    <head>CHATTE</head>
    <p>
    Chatte , est aussi le nom qu'on donne à une espèce de concombre qui se trouve en différens endroits de l'Egypte, &amp; qui est très-agréable au goût, &amp; facile à digérer. Il est différent des nôtres en grandeur &amp; en couleur. Il est plus long &amp; plus verd, &amp; son écorce est plus unie &amp; plus ronde. Il est bon contre les fièvres chaudes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8182" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHATTEMITE" />
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    <head>CHATTEMITE</head>
    <p>
    CHATTEMITE , s. f. Prononcez <i>chatemite.</i> Qui fait l'humble, le dévot, l'hypocrite, pour tromper les autres. <i>Pietatis, probitatis simulator.</i> Il est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8183" id="1" type="">
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    <head>CHATTER, CHATONNER</head>
    <p>
    CHATTER, CHATONNER , v. n. Faire des petits chats. <i>Catulos edere, parere. Chatonner</i> n'est pas si usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8184" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAT-VOLANT" />
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    <head>CHAT-VOLANT</head>
    <p>
    CHAT-VOLANT . <i>Felis volans.</i> Il y a dans le cabinet de la Société Royale de Londres un animal que Grew appelle <i>Sciurus volans</i> ; Ecureuil volant, qui est, à ce qu'il croit, le même que celui que Scaliger appelle <i>felis volans, chat volant.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8185" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHATZINTZARIEN, ENNE" />
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    <head>CHATZINTZARIEN, ENNE</head>
    <p>
    CHATZINTZARIEN, ENNE , s. m. &amp; f. Nom de Secte. <i>Chatzintzarius, a.</i> Prononcez <i>Catzintzarien.</i> Codin, des Origines de Constantinople, nombre 25. &amp; 26. parle de deux sortes de gens qui dans un tremblement de terre, qui arriva sous Theodose le Jeune, la cinquième année de son Empire, se mocquoient du trisagion ; les Amalécites, ou Amalicites, &amp; les <i>Chatzintzariens.</i> Cependant Dieu ayant approuvé par un miracle les prières &amp; les processions publiques que l'Empereur &amp; le Patriarche Proclus firent faire &amp; instituerent ; &amp; le tremblement de terre ayant cessé, l'Empereur, dit Codin, chassa de Constantinople tous les Hérétiques. Ce qui fait juger que ces <i>Chatzintzariens</i> &amp; ces Amalécites étoient des Hérétiques.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8186" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAVARIGTE" />
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    <head>CHAVARIGTE</head>
    <p>
    CHAVARIGTE , s. m. Nom de Secte Musulmane. La Secte des <i>Chavarigtes</i> est opposée à celle des Schiites. Ils soutiennent que Dieu n'a jamais envoyé de Prophèt, qui fût infaillible, &amp; qui eût le pouvoir d'établir une nouvelle loi parmi les hommes ; que si jamais il est nécessaire qu'il en envoie, ils ne seront point d'une même race ; que tout homme juste est capable de l'être. Les <i>Chavarigtes</i> sont regardés par les Mahométans comme des Hérétiques. Aussi en portent-ils le nom ; car <i>hharagi,</i> ou <i>Charagi,</i> signifie en Arabe un Apostat, un Hérétique. Il a au pluriel , <i>Chavarg,</i> d'où Ricaut a fait <i>Chavarigte.</i> Voyez cet Auteur dans son Livre de l'<i>Empire Ottoman.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8187" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUD, CHAUDE" />
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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    CHAUD, CHAUDE , adj. &amp; subst. Corps qui contient en soi quelques parties ignées, quelques atomes de feu. <i>Calor</i> pour le substantif ; pour l'adjectif <i>calidus.</i> Le <i>chaud</i> excessif qu'il fait au milieu de l'Afrique la rend déserte. Le feu est <i>chaud</i> au suprème degré. Le <i>chaud</i> du jour est vers le midi.</p><p>Ce mot vient du Latin <i>caldum :</i> on disoit autrefois <i>cald.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Ménage">Ménage</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8187" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUD, CHAUDE" />
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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    Chaud , grande chaleur. <i>Aestus.</i> On a vu en 1653. en Pologne &amp; en Lithuanie des hommes mourir de <i>chaud,</i> quoique ce soit un pays froid ; &amp; on tient que le froid y est moins dangereux.</p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAUD, CHAUDE" />
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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    Chaud , se dit aussi de ce qui a la vertu d'exciter de la chaleur, ou de la conserver. <i>Calidus.</i> Le poivre est <i>chaud.</i> La chaux est <i>chaude.</i> L'esprit de vin est <i>chaud.</i> Ce manteau est <i>chaud.</i> Cette chambre est <i>chaude,</i> bien fermée.</p><p>On appelle <i>fièvre chaude,</i> celle qui cause le délire &amp; le transport au cerveau. <i>Febris ardens.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    Chaud , se dit encore des femelles qui sont en rut. Une chienne <i>chaude. Maris appetens.</i></p><p>
    </p>
</div>

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   <index type="head" value="CHAUD, CHAUDE" />
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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    Chaudes larmes , sont celles qui coulent avec impétuosité, quand on a le coeur serré de quelque douleur violente, à la différence de celles qui viennent goutte à goutte, par quelque mouvement des muscles, ou blessure de l'oeil, ou qui viennent de joie &amp; de tendresse. <i>Fervidae lacrymae, magna vis lacrymarum.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    Chaud , se dit aussi en Morale, des promts &amp; violens mouvemens que causent les passions dans l'esprit, ou le coeur des hommes. <i>Fervidus, ardens, promptus.</i> Ainsi on appelle un <i>chaud</i> ami, un homme promt à rendre service. Il est bien heureux d'avoir un si <i>chaud</i> protecteur que vous. Mol.</p><p>On dit qu'un homme a le sang <i>chaud</i> ; pour dire, qu'il est colère &amp; emporté, <i>Calidus, fervens, fervidus ;</i> que les Picards ont la tête <i>chaude</i> ; qu'un homme est <i>chaud</i> de reins ; pour dire, qu'il est adonné au vice ; qu'il a les pieds <i>chauds</i> ; pour dire, qu'il est à son aise.</p><p>On dit en ce sens, une <i>chaude</i> alarme ; pour dire, une émotion causée subitement par la nouvelle de quelque danger prochain. Une <i>chaude</i> attaque ; pour dire, une attaque violente, impétueuse. Il faisoit <i>chaud</i> en cette occasion ; pour dire, il y faisoit dangereux, on s'y battoit avec chaleur. Nous nous sommes vûs dans un endroit où il faisoit <i>chaud.</i> Mol. On dit aussi d'une bourde, Il me l'a donnée toute <i>chaude</i> ; pour dire, il venoit de l'inventer, de la fabriquer. Pour marquer, qu'on se vengera de quelqu'un, on dit, qu'on lui rendra <i>chaud</i> comme braise.</p><p>On dit aussi parmi les Joueurs, qu'un homme a la main <i>chaude</i> ; pour dire, qu'il est heureux, qu'il a fait plusieurs mains, qu'il a gagné plusieurs coups de suite.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    Fer chaud , se dit aussi d'un serment qu'on faisoit autrefois en Justice par l'attouchement du fer ardent. <i>Ferrum calens.</i> Voyez <ref type="search" target="head:Preuve">Preuve</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    Chaud , est aussi une manière d'adverbe. Boire <i>chaud</i> ; c'est-à-dire, boire une liqueur qui est chaude. <i>Aquam potare calidam.</i></p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAUD, CHAUDE</head>
    <p>
    A la chaude , adv. D'une manière promte, chaude &amp; violente. <i>Praeproperè, nimium festinanter.</i> Il lui a dit des injures <i>à la chaude,</i> dans les premiers mouvemens de la colère. Il fut tué bien des gens <i>a la chaude,</i> lorsqu'on força cette ville.</p><p>On dit proverbialement, Tomber de fièvre en <i>chaud</i> mal ; pour dire, d'un petit malheur entrer en un plus grand. On dit, qu'un homme ne trouve rien de trop froid, ni de trop <i>chaud</i> ; pour dire, qu'il n'est point dégoûté, que tout lui est bon, qu'il prend par-tout. On dit, qu'un homme souffle le froid &amp; le <i>chaud</i> ; pour dire, qu'il n'est d'aucun parti assuré, qu'il soutient le pour &amp; le contre, qu'il dit du bien &amp; du mal des mêmes gens. On dit aussi, qu'il faut battre le fer tandis qu'il est <i>chaud</i> ; pour dire, qu'il ne faut pas laisser échapper l'occasion. Et on dit ironiquement à ceux qu'on veut taxer de froideur, Vous êtes un <i>chaud</i> lambin, un <i>chaud</i> lancier. On dit aussi pour exagérer la chaleur d'une chambre, qu'il y fait <i>chaud</i> comme dans un four. On dit encore, si vous n'avez rien de plus <i>chaud,</i> vous n'avez que faire de souffler ; pour donner à entendre à quelqu'un, qu'il se flatte vainement de quelque espérance.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAUDE</head>
    <p>
    CHAUDE , s. f. Feu violent que donnent les ouvriers qui travaillent aux forges &amp; aux verreries. Chez les Verriers on le dit de la cuisson de la matière propre à faire le verre. On a fait tant de cents de verre d'une telle <i>chaude,</i> d'une telle quantité de matière cuite. Dans les forges on appelle <i>chaude suante,</i> le feu qu'on donne au fer, quand il est si violent, qu'il commence à tomber par gouttes &amp; à se fondre. Dans les Monnoies, on dit, Battre la <i>chaude,</i> lorsqu'on bat des lingots d'or sur l'enclume à coups de marteau, après qu'ils ont été tirés du moule, avant que de <pb n="1016" facs="bpt6k8542165/f1056/full/1200,/0/native.jpg"/>les donner aux ouvriers. Ces termes s'expriment en Latin par les adjectifs <i>calidus, calens, fervens,</i> que l'on joint aux différens substantifs auxquels le mot de <i>chaude</i> convient.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8189" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDEAU" />
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   <index type="pred_domain" value="Agriculture - Économie rustique" />
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    <head>CHAUDEAU</head>
    <p>
    CHAUDEAU , s. m. Bouillon qu'on porte aux mariés le lendemain de leurs nôces. <i>Calens jusculum.</i> Il est vieux. Il s'entend souvent de lait bouilli avec du sucre, des jaunes d'oeufs &amp; de la canelle, qu'on donne aux femmes nouvellement accouchées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8190" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDE-CHASSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>CHAUDE-CHASSE</head>
    <p>
    CHAUDE-CHASSE , s. f. Poursuite d'un prisonnier. Ce mot est composé de deux autres, <i>chasse,</i> qui veut dire <i>poursuite,</i> &amp; <i>chaude,</i> qui marque que la poursuite est vive.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8191" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDE-COLE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
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    <head>CHAUDE-COLE</head>
    <p>
    CHAUDE-COLE , s. f. On trouve ce mot dans quelques anciennes Loix &amp; Ordonnances, il signifie <i>chaude colère,</i> &amp; il est formé de ces deux mots par abbréviation. On trouve dans les Auteurs Latins des siècles du bas Empire, &amp; dans ceux qui ont écrit encore depuis, <i>calida colera,</i> pour dire <i>chaude cole.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8192" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDEMENT" />
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    <head>CHAUDEMENT</head>
    <p>
    CHAUDEMENT , adv. D'une manière chaude, promte, violente. <i>Ardenter, ferventer.</i> Quand on est enrhumé, il faut se tenir <i>chaudement.</i> Les procès criminels se doivent poursuivre <i>chaudement.</i> Cet homme prend les choses bien <i>chaudement.</i> Vous y êtes allé un peu trop <i>chaudement</i> de le battre de la sorte.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8193" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDE-PISSE" />
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   <index type="pred_domain" value="Médecine" />
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    <head>CHAUDE-PISSE</head>
    <p>
    CHAUDE-PISSE , s. f. Espèce de maladie qu'on appelle autrement gonorrhée. Le mot de <i>chaude-pisse</i> a quelque chose d'obscène. Voyez <ref type="search" target="head:Gonorrhée">Gonorrhée</ref>.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8194" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDERON" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>CHAUDERON</head>
    <p>
    CHAUDERON , s. m. Quelques-uns l'écrivent sans <i>e,</i> après le <i>d,</i> aussi-bien que les mots qui en sont dérivés. Mais l'Académie préfère <i>chauderon.</i></p><p>C'est un ustensile de cuisine fait de cuivre, ou de fer de fonte, qui a une anse mobile, par laquelle on l'accroche à la crémalière. Il sert à faire cuire, ou à faire chauffer quelque chose sur le feu. <i>Lebes.</i> Les Orfèvres appellent aussi le <i>chauderon</i> d'une cassolette, la partie où on met les odeurs, &amp; sous laquelle on met le feu. On dit aussi, pour blâmer le son d'une cloche, que ce n'est qu'un <i>chauderon.</i></p><p>Ce mot vient du Latin <i>caldarium</i>, de <i>caldus,</i> pour <i>calidus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8194" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUDERON" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>CHAUDERON</head>
    <p>
    Chauderon de pompe , est une pièce de plomb, ou de cuivre, faite en façon de <i>chauderon,</i> &amp; percée en divers endroits, laquelle embrasse le bas de la pompe, pour empêcher qu'aucune ordure n'entre dans la pompe. <i>Operculum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8195" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDERONNÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
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    <head>CHAUDERONNÉE</head>
    <p>
    &#9758; CHAUDERONNÉE , s. f. Plein un chauderon. Si l'on veut donner la couleur de vin rouge à la genévrette, il faut mettre des beteraves coupées en tranche, infuser pendant un demi jour dans une <i>chauderonnée</i> d'eau chaude, &amp; puis jetter cette eau dans le tonneau de genévrette. <i>Journ. Hist. Avril</i> 1710.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8196" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDERONNERIE" />
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   <index type="pred_domain" value="Commerce" />
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    <head>CHAUDERONNERIE</head>
    <p>
    CHAUDERONNERIE , s. f. Marchandise de chauderons, &amp; autres ustensiles de cuivre. <i>Lebetum officina.</i> A la foire S. Germain il y a une rue de la <i>Chauderonnerie.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8197" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUDERONNIER, IÈRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>CHAUDERONNIER, IÈRE</head>
    <p>
    CHAUDERONNIER, IÈRE , subst. Artisan qui fait, ou qui vend des chauderons, des réchauts, &amp; autres ustensiles de cuisine. <i>Lebetum faber.</i> Un siflet de <i>Chauderonnier</i> est un siflet composé de plusieurs petits tuyaux de fer blanc, ou de bois, qui leur sert à se faire connoître en criant par les rues. On reproche aux <i>Chauderonniers,</i> qu'ils sont sujets à mettre la pièce auprès du trou : ce qui se dit figurément de ceux qui raccommodent mal quelque besogne que ce soit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8198" id="1" type="chasse">
   <index type="head" value="CHAUDIER" />
   <index type="src_domain" value="chasse" />
   <index type="macro_domain" value="Chasse-pêche" />
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    <head>CHAUDIER</head>
    <p>
    CHAUDIER , v. neut. Terme de Chasse , qui se dit des levrettes ou lices qui entrent en chaleur. <i>Aestu venereo percitus.</i> On fait <i>chaudier</i> les lices en leur donnant des aumelettes avec du poivre &amp; de la muscade, &amp; par autres artifices. Les mâtines <i>chaudient</i> en Janvier.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8199" id="1" type="blason">
   <index type="head" value="CHAUDIÈRE" />
   <index type="src_domain" value="blason" />
   <index type="macro_domain" value="Blason" />
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    <head>CHAUDIÈRE</head>
    <p>
    CHAUDIÈRE , s. f. Grand vaisseau de cuivre ou de fer sous lequel on met du feu pour faire cuire, bouillir, ou affiner quelque chose. <i>Cortina, ahenum, caldarium. Chaudière</i> de Brasseur de bière, de Chapelier, de Teinturier, d'Affineur de sucre, &amp;c. Les Payens ont fait souffrir le martyre dans des <i>chaudières</i> d'huile bouillante. <i>Chaudière</i> de Saulnerie faite de platines de fer batu. Gollut, <i>Mém. de Bourg. Liv. II. c.</i> 27.</p><p>Ce mot vient de <i>Caldarium</i>, qui se trouve dans des bons Auteurs, &amp; de <i>caldaria,</i> qui s'est dit dans la basse Latinité pour signifier ce que nous appellons <i>chaudière.</i></p><p>La <i>chaudière,</i> en termes de Blason , est une marque de grande noblesse, sur-tout en Espagne &amp; en Portugal, parce qu'elle n'étoit portée sur les Ecus que par de grands Seigneurs, qu'ils appelloient <i>ricos hombres,</i> ou <i>de caldera y dependon :</i> ce qui répondoit à nos Seigneurs Bannerets de France, parce qu'ils pouvoient non seulement lever des soldats, mais de plus ils étoient obligés de les nourrir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8199" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUDIÈRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Marine" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUDIÈRE</head>
    <p>
    Chaudière , en termes de Marine , signifie, Cuisine, bonne chère. <i>Epulum.</i> Les Mariniers qui ont pris à la ligne ou au harpon de gros poissons, en font <i>chaudière,</i> c'est-à-dire, en font un festin entre eux.</p><p>Il y a en Canada un grand lac qui a de diamètre environ douze lieues, que l'on appelle le lac de la <i>Chaudière,</i> à cause de sa forme ronde, &amp; par allusion aux <i>chaudières</i> des sauvages. Il est vers l'Occident, &amp; se nomme aussi le lac des eaux salées, ou de mer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8200" id="1" type="relation">
   <index type="head" value="CHAVERI" />
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   <index type="macro_domain" value="Voyage" />
   <index type="pred_domain" value="Voyage" />
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    <head>CHAVERI</head>
    <p>
    CHAVERI , s. m. Terme de Relation . C'est aux Indes une espèce de halle quarrée, &amp; ouverte seulement d'un côté. C'est un lieu public où il est permis à tout le monde d'entrer. <i>Forum, porticus, atrium.</i> On me conduisit au milieu des clameurs de la ville dans un <i>Chaveri</i> public. Let. Edif. et cur. Tom. XI. Au sortir du <i>Chaveri</i> on me fit traverser une grande rue, au bout de laquelle est la forteresse, où par la grace de Dieu j'entrai avec un visage tranquile &amp; serein. Ib. En arrivant au <i>Chaveri</i> je trouvai mes Catéchistes étendus par terre : ils avoient les pieds violemment pressés entre de grosses pièces de bois attachées avec des cordes, &amp; ils ne pouvoient remuer les mains, quoiqu'on les eût un peu desserrées.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8201" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFAGE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFAGE</head>
    <p>
    CHAUFFAGE , s. m. On ne prononce qu'une <i>f</i> dans ce mot, &amp; dans les suivans, qui ont une même origine. Provision de bois à brûler qu'on fait dans une maison pour se chauffer. <i>Lignatio.</i> Il faut tant de cordes de bois par an pour le <i>chauffage</i> de cette maison.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8201" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Droit Jurisprudence" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFAGE</head>
    <p>
    Chauffage , est aussi un droit qu'ont plusieurs Seigneurs, Communautés &amp; Officiers, de couper du bois pour leur provision dans les forêts du Roi. <i>Jus lignationis in aliqua silva habere.</i> Les Maîtres des Eaux &amp; Forêts ont parmi leurs droits celui de <i>chauffage,</i> ils prennent souvent leur <i>chauffage</i> en argent.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8201" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFAGE" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CHAUFFAGE</head>
    <p>
    Chauffage , se dit en particulier du menu bois que l'on emploie à chauffer le fond du vaisseau pendant qu'on lui donne la carenne. <i>Calfactio.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8202" id="1" type="fonderie">
   <index type="head" value="CHAUFFE" />
   <index type="src_domain" value="fonderie" />
   <index type="macro_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="pred_domain" value="Métiers [métal, minéral, dérivés]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFE</head>
    <p>
    CHAUFFE , s. f. Terme de Fonderie . Lieu où se jette &amp; se brûle le bois que l'on emploie à la fonte des pièces. <i>Focus, fornax.</i> La <i>chauffe</i> est située à côté, &amp; à trois pieds plus bas que le fourneau où est le métal, &amp; la flamme sortant de la <i>chauffe</i> se répand par ondes tout du long de la voûte du fourneau, &amp; par son excessive ardeur fond le métal.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8203" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFE-CHEMISE" />
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   <index type="pred_domain" value="Arts mécaniques - Manufactures" />
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    <head>CHAUFFE-CHEMISE</head>
    <p>
    CHAUFFE-CHEMISE , s. m. Certaine machine propre à faire chauffer une chemise, ou quelque autre linge. <i>Machina linteorum excalfactoria.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8204" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFE-CIRE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Histoire" />
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    <head>CHAUFFE-CIRE</head>
    <p>
    CHAUFFE-CIRE , s. m. Officier du corps de la Chancellerie, qui amollit, &amp; prépare la cire pour la rendre propre à sceller, &amp; qui appose le sceau aux Lettres. <i>Cerarii praefectus.</i> Il y a quatre <i>Chauffe-cires</i> en la Grande Chancellerie établis anciennement, &amp; qui sont héréditaires. Ils servent par quartier. Ils sont appellés <i>Chauffe-cires</i> Scelleurs héréditaires de la Chancellerie de France. Il y a aussi des <i>Chauffe cires</i> des Chancelleries près les Cours de Parlement &amp; autres. Il y a dans la Chancellerie de France un Valet <i>Chauffe-cire</i> ; &amp; dès l'an 1285. dans l'état de la Maison du Roi Philippe le Bel, il est parlé du <i>Chauffe-cire</i> de la Chancellerie &amp; du Valet <i>Chauffe-cire.</i> Voyez dans l'<i>Histoire de la Chancellerie</i> par Tessereau tous les Règlemens, priviléges, &amp;c. de ces Officiers.</p><p>Dans le premier Tome de l'<i>Hist. Chronolog. de la Chancellerie,</i> ou écrit toujours au plurier <i>Chauffe-cires,</i> ajoûtant l'<i>s</i> à la fin ; &amp; dans le IIe Tome dans les Tables toujours <i>Chauffes-cire</i> avec l'<i>s</i> du pluriel après <i>chauffe,</i> &amp; dans le corps de l'ouvrage quelquefois <i>Chauffe-cires</i> comme dans le I. Tome, quelquefois <i>Chauffes-cire</i> comme dans les Tables, &amp; quelquefois même <i>Chauffes-cires</i> avec deux <i>s,</i> l'une au milieu &amp; l'autre à la fin.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8205" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFE-LIT" />
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   <index type="pred_domain" value="Grammaire" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFE-LIT</head>
    <p>
    CHAUFFE-LIT , s. m. Ce qui sert à chauffer un lit, soit <pb n="1017" facs="bpt6k8542165/f1057/full/1200,/0/native.jpg"/>une bassinoire, un moine, ou autres ustensiles de cette nature. <i>Vas excalfactorium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8206" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFE-PANCE" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFE-PANCE</head>
    <p>
    CHAUFFE-PANCE , s. m. Ce mot se trouve dans Pomey, pour signifier une cheminée basse. <i>Caminus depressior.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8207" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFE-PIED" />
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   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFE-PIED</head>
    <p>
    CHAUFFE-PIED . Voyez <ref type="search" target="head:Chaufferette">Chaufferette</ref>. C'est la même chose.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8208" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFER" />
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    <head>CHAUFFER</head>
    <p>
    CHAUFFER , v. act. Rendre chaud quelque chose, en y appliquant l'action du feu. <i>Calfacere ; calefacere.</i> Quand on a <i>chauffé</i> une poële, on se passe aisément de feu. On <i>chauffe</i> le four avant que d'y mettre du pain.</p><p>On le dit aussi de ce qui devient chaud par l'action du soleil. Un gueux qui se met au soleil, se <i>chauffe</i> aux dépens de Dieu. Cela est tout-à-fait bas, &amp; populaire.</p><p>On dit aussi dans les grandes ardeurs de l'Eté, quand on voit un temps qui menace de quelque orage, que c'est un bain qui <i>chauffe.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8208" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFER" />
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   <index type="pred_domain" value="Marine" />
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    <head>CHAUFFER</head>
    <p>
    Chauffer un vaisseau, c'est <i>chauffer</i> le fond d'un vaisseau quand il est hors de l'eau, pour le nettoyer, &amp; en découvrir les défectuosités. On dit aussi <i>chauffer un bordage</i> ; pour dire, le <i>chauffer</i> avec quelque menu bois, afin qu'il prenne la forme qu'on lui veut donner. On dit aussi <i>chauffer les soutes</i> ; pour dire, les sécher ; afin que le pain s'y conserve mieux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8208" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFER" />
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    <head>CHAUFFER</head>
    <p>
    Chauffer les pieds à quelqu'un, signifie Lui donner la question par le moyen du feu. <i>Aliquem tormento ignis cogere verum confiteri.</i> On met le patient sur une roulette, &amp; on approche ses pieds nuds bien près du feu.</p><p>On dit proverbialement, Ce n'est pas pour vous que le four <i>chauffe,</i> à ceux qui prétendent avoir part en quelque affaire, à quelque fête, &amp; qu'on en veut exclurre. On dit aussi à un méchant homme, Tu seras bien <i>chauffé</i> en l'autre monde, pour le menacer qu'il sera damné. On dit aussi, Il verra de quel bois je me <i>chauffe</i> ; pour dire, quel homme je suis. On dit encore, Allez lui dire cela, &amp; vous allez <i>chauffer</i> au coin de son feu, pour défier quelqu'un d'aller dire en face à quelque autre une chose qui le doit choquer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8208" id="4" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFER" />
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    <head>CHAUFFER</head>
    <p>
    Chauffé, ée , part. &amp; adj. <i>Calfactus, calefactus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8209" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFERETTE" />
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   <index type="macro_domain" value="" />
   <index type="pred_domain" value="Chimie" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFERETTE</head>
    <p>
    CHAUFFERETTE , s. f. Petit coffret qu'on met sous les pieds pour les tenir chauds. Il est garni de lames de fer, entre lesquelles on met le feu. Le dessus est percé de plusieurs petits trous pour lui donner de l'air, en laissant sortir la chaleur. <i>Foculus calefaciendis pedibus comparatus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8209" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFERETTE" />
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   <index type="pred_domain" value="Métiers [alimentation]" />
   <index type="manicule" value="false" />
    <head>CHAUFFERETTE</head>
    <p>
    Chaufferette , est aussi un petit réchaud qu'on met sur la table pour empêcher les viandes de se refroidir, ou pour les tenir chaudes pendant le repas. On ne prononce qu'une <i>f</i> dans le mot <i>chaufferette,</i> quelques-uns écrivent <i>chauffrette</i> ; il y en a qui disent <i>chaufette</i> ; mais mal. <i>Pyranon, pyroforum.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8210" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFEUR" />
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    <head>CHAUFFEUR</head>
    <p>
    CHAUFFEUR , s. m. Celui qui tire la branloire, &amp; fait aller les soufflets d'une forge pour faire rougir le métal. <i>Incensor.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8211" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFOIR" />
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    <head>CHAUFFOIR</head>
    <p>
    CHAUFFOIR , s. m. Linge qu'on chauffe pour tenir chaudement quelques parties du corps. <i>Linteum excalfactorium.</i> Cette femme a préparé deux douzaines de <i>chauffoirs</i> pour ses couches.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8211" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUFFOIR" />
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    <head>CHAUFFOIR</head>
    <p>
    Chauffoir , est aussi une chambre commune où on se va chauffer dans les Couvents, dans les Hôpitaux, &amp; au spectacle derrière le théatre. <i>Focus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8212" id="1" type="forges">
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    <head>CHAUFFURE</head>
    <p>
    &#9758; CHAUFFURE , s. f. Terme de forges . Quand le fer ou le cuivre a eu trop de feu, il est sujet à s'écailler &amp; à faire des pailles, &amp; c'est ce défaut qu'on appelle <i>chauffure.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8213" id="1" type="">
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    <head>CHAUFOUR</head>
    <p>
    CHAUFOUR , s. m. Grand fourneau dans lequel on cuit la chaux. <i>Fornax calcaria, calcaria.</i> C'est aussi le lieu où l'on serre le bois, la pierre à chaux, &amp; la chaux quand elle est faite.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8214" id="1" type="">
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    <head>CHAUFOURNIER</head>
    <p>
    CHAUFOURNIER , s. m. Ouvrier qui fait la chaux, qui la fait cuire dans le fourneau. <i>Calcarius, coctor calcarius.</i> C'est aussi le Marchand qui vend la chaux. Philibert de Lorme déclame fort contre les <i>Chaufourniers</i> d'Italie, auxquels il voyoit faire de la chaux des plus beaux chapiteaux &amp; corniches de l'antiquité. On l'a appellé en Latin <i>califurnium.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8215" id="1" type="marine">
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    <head>CHAVIRER</head>
    <p>
    CHAVIRER , ou TREVIRER, v. act. Terme de Marine . <i>Chavirer</i> une manoeuvre, c'est mettre dessus ce qui étoit dessous. <i>Invertere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8216" id="1" type="">
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    <head>CHAUME</head>
    <p>
    CHAUME , s. m. Partie du tuyau du blé qui reste attaché à la terre quand on l'a scié. <i>Culmus.</i> On brûle les <i>chaumes</i> en beaucoup d'endroits pour engraisser la terre. Des terres en <i>chaume.</i> Liger, dans son <i>Dictionnaire d'Agriculture,</i> donne deux sens à cette phrase ; car, dit-il, selon beaucoup de gens, ce sont des terres, qui depuis long-temps n'ont point été cultivées ; &amp; suivant le sentiment de quelques autres, des terres où le tuyau de blé reste attaché à la terre, quand on l'a scié ; car c'est un tuyau qu'on appelle <i>chaume.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8216" id="2" type="">
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    <head>CHAUME</head>
    <p>
    Chaume , se prend aussi fort souvent pour le tuyau tout entier du blé ; pour la paille dont ou couvre les maisons des Paysans. <i>Stipula.</i> On couvre les maisons de <i>chaume.</i></p><p>Ce mot vient de <i>culmus</i>, Nicot, ou plutôt de <i>calamus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8216" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAUME" />
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    <head>CHAUME</head>
    <p>
    Chaume , est aussi le nom de plusieurs petits lieux, comme bourgs, hameaux, villages. <i>Calmaria.</i> Le plus considérable est la ville de <i>Chaume</i> dans la Brie, Diocèse de Sens. <i>Calami.</i> Il y a une Abbaye de Bénédictins nommée S. Pierre de <i>Chaume, S. Petrus de Calamis.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8217" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUMER" />
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    <head>CHAUMER</head>
    <p>
    CHAUMER , v. act. Couper ou arracher le chaume, &amp; le mettre en botte pour servir à couvrir des maisons, des murailles de bauge. <i>Stipulas colligere, secare.</i></p><p>&#9758; On appelle <i>chaumer</i> les arbres, quand on y met du feu au pied par malice pour les faire tomber, ou qu'on y fait quelque autre maléfice. <i>Confer. de l'Ordonnance des Eaux &amp; Forêts.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8218" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUMIÈRE" />
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    <head>CHAUMIÈRE</head>
    <p>
    CHAUMIÈRE , s. f. On disoit autrefois <i>Chaumine.</i> Petite maison couverte de chaume, telles que sont celles des pauvres Paysans. <i>Casa, tugurium.</i></p><p>On le dit figurément, &amp; par exagération, quand on veut parler modestement de quelque maison de campagne qui n'est pas fort superbe. J'ai en cette Province une petite <i>chaumière</i> à votre service.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8219" id="1" type="">
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    <head>CHAUMINE</head>
    <p>
    CHAUMINE , s. f. Petite chaumière.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8220" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUMOND" />
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    <head>CHAUMOND</head>
    <p>
    CHAUMOND , s. m. &amp; nom propre d'homme. <i>Anemundus, Ennemundus, Chanemundus</i> ; Annemond, que nous appellons communément S. <i>Chaumond,</i> étoit fils de Sigon, ou Sigues, Gouverneur de Lyon du temps de Dagobert. I. &amp; de Clovis II. Il fut nommé encore Dalfin, ou Daufin, <i>Dalfinus</i> &amp; <i>Dalvinus,</i> du nom que portoit déja un de ses frères, qui eut le Gouvernement de Lyon après la mort de leur père. Baillet. Il fut élû Evêque de Lyon vers le milieu du VIIe siècle, &amp; fut assassiné vers l'an 660. lorsqu'il venoit à la Cour de sainte Bathilde, pour se justifier d'une calomnie dont on ne l'avoit accusé que pour le tirer de son Eglise &amp; le tuer.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8221" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUMONT" />
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    <head>CHAUMONT</head>
    <p>
    CHAUMONT , s. m. Nom de plusieurs lieux. <i>Calvus mons. Chaumont</i> en Bassigni, sur la Marne. <i>Chaumont</i> dans le Vexin François proche de Gisors. <i>Chaumont</i> en Touraine, autrefois à la Maison d'Amboise. <i>Chaumont</i> en Sologne sur la Calne entre Orléans &amp; Remorentin. <i>Chaumont</i> dans le Rételois en Champagne. <i>Chaumont</i> dans le Charolois. Le Prieuré de <i>Chaumont</i> en Auvergne. <i>Chaumont</i> dans le Génevois ; c'est un des douze Mandemens qui divisent cette contrée. <i>Chaumont</i> est aussi une partie de Châtillon sur Seine. Sur <i>Chaumont</i> en Vexin, voyez la <i>Descript. Geogr. &amp; Hist. de la Haute-Norm. tom.</i> 2. <i>pag.</i> 283. <i>&amp; suiv.</i></p><p>Ce nom vient du Latin <i>Calvus mons,</i> c'est-à-dire, <i>montagne chauve,</i> ou <i>pelée</i> ; &amp; il a été donné à ces lieux, parce qu'ils sont situés sur des hauteurs stériles, qui ne produisent rien, ou presque rien.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8222" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUNES" />
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    <head>CHAUNES</head>
    <p>
    CHAUNES . <i>Calnia.</i> Bourg de France dans la partie de Picardie, qui s'appelle le Santerre. Il a titre de Duché.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8223" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSAGE" />
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    <head>CHAUSSAGE</head>
    <p>
    CHAUSSAGE , s. m. Ce qui est nécessaire pour entretenir quelqu'un de souliers. <i>Calcearium.</i> A peine ce valet gagne-il son <i>chaussage.</i> Pomey.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8224" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSANT, ANTE" />
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    <head>CHAUSSANT, ANTE</head>
    <p>
    CHAUSSANT, ANTE , adj. Qu'on chausse aisément, qui s'étend uniment sur la jambe. <i>Quod pedi crurique facile inducitur.</i> Les bas de soie sont plus <i>chaussans</i> que ceux <pb n="1018" facs="bpt6k8542165/f1058/full/1200,/0/native.jpg"/>de drap. On dit aussi au figuré, qu'un homme n'est point <i>chaussant</i> ; qu'il n'a pas l'esprit <i>chaussant,</i> l'humeur <i>chaussante</i> ; pour dire, qu'il n'est guère commode, ni facile dans les affaires, qu'on a de la peine à le gouverner. Cette façon de parler est bien basse &amp; bien rare.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSE" />
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    CHAUSSE , s. f. Un bas, ce qu'on met sur la jambe pour couvrir sa nudité, ou pour la tenir chaudement. <i>Tibiale.</i> En ce sens il n'est plus guère en usage.</p><p>Ce mot vient de <i>calga</i> (comme <i>fraise</i> de <i>fraga</i>) qui avoit été fait de <i>caliga,</i> d'où vient aussi le mot de <i>chausson</i> &amp; de <i>calçon.</i> Ménage. Du Cange le dérive de <i>calcia</i>, mot de la basse Latinité qu'on a dit dans le même sens, <i>quòd interdum cum calceis conjungeretur &amp; unà calcearetur.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSE" />
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    Chausse , est aussi une pièce de drap ou d'étamine, ou même de papier gris sans colle, qui aboutit en pointe comme un capuchon, qui sert aux Chymistes, aux Apothicaires &amp; autres, pour filtrer &amp; clarifier les liqueurs. <i>Saccus quo vinum aromatites, aut liquores alii liquantur, purgantur, expurgantur.</i> On passe l'hypocras, l'eau de blanc d'oeuf par la <i>chausse.</i></p><p>On appelle aussi, <i>Chausse,</i> une pièce d'étoffe que les Suppôts des Universités portent sur l'épaule dans les fonctions publiques. <i>Chausse</i> de Docteur en Théologie. <i>Chausse</i> de Docteur en Droit.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSE" />
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    Chausses , au plur. ou <i>Haut-de-chausses,</i> signifie la partie inférieure de l'habit d'un homme qui lui couvre les fesses, le ventre &amp; les cuisses, qui le couvre depuis les hanches jusqu'aux genoux. <i>Braccae, femoralia, feminalia, subligar, subligaculum.</i> Les canons des <i>chausses</i> sont les deux côtés par où l'on passe les jambes. <i>Chausses à tuyaux d'orgues,</i> ce sont des <i>chausses</i> qui sont si amples que les plis qu'elles font naturellement imitent les tuyaux d'orgues. <i>Femoralia ampliora.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="4" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSE" />
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    Chausses , signifie aussi des trousses, ou grègues, ou culottes d'un Page. <i>Braccae.</i> Ce Gentilhomme a quitté les <i>chausses</i> depuis peu ; pour dire, il est sorti de Page. Prendre les <i>chausses,</i> c'est se faire Page.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="5" type="marine">
   <index type="head" value="CHAUSSE" />
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    Chausses , en termes de Marine , se dit par quelques-uns du présent ou pot de vin que le Marchand Chargeur donne au Maître, tant pour lui, que pour distribuer dans l'occasion. <i>Pretium, merces.</i> Ce qu'on lui donne pour lui en particulier, &amp; qu'il ne partage point, est d'ordinaire autant que le frêt d'un tonneau.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="6" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSE" />
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    Chausses d'aisance . Tuyau de plomb, ou de pierre percé en rond, ou en carré ; elle est plus communément de boisseaux de poterie. <i>Latrinae meatus.</i> La <i>chausse d'aisance</i> doit avoir trois pouces d'isolement contre un mur mitoyen.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="7" type="">
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    Chausses , se dit proverbialement en ces phrases. On dit à celui qu'on veut chasser d'auprès de soi, Va te promener, tu auras des <i>chausses,</i> ou simplement, Va-t-en, tire tes <i>chausses.</i> On dit aussi de ceux qui se sont mis en sûreté par la fuite, qu'ils ont bien fait de tirer leurs <i>chausses.</i> On dit pour se mocquer de la pauvre Noblesse, C'est un Gentil-homme de Beauce, qui se tient au lit quand on raccoutre ses <i>chausses.</i> On dit aussi, Il est si pauvre qu'il n'a pas de <i>chausses.</i> On dit d'un jeune homme qu'il a la clef de ses <i>chausses,</i> quand il est hors d'âge d'avoir le fouet. On dit des Sergens qui menent un homme prisonnier, qu'ils le tiennent au cul &amp; aux <i>chausses.</i> On le dit aussi des parties adverses qu'on a réduit à l'extrémité, qui ne peuvent plus fuir leur condamnation, ou de qui on juge le procès ; qu'on les tient au cul &amp; aux <i>chausses.</i> On dit d'une femme qui gourmande son mari, qui fait les affaires de la maison, qu'elle porte le haut-de-<i>chausses.</i> On dit à celui à qui on voit des bas dépareillés, qu'il a des chausses de deux paroisses.</p><p>Tirer ses <i>chausses,</i> dans le sens propre, c'est se déchausser ; dans le figuré, c'est une expression basse &amp; populaire, qui veut dire, quitter promptement un lieu, en sortir ; s'enfuir.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8225" id="8" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSE" />
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    <head>CHAUSSE</head>
    <p>
    L'Ordre , ou la Compagnie de la chausse. C'est une espèce d'Ordre militaire ou de Compagnie instituée à Venise vers l'an 1562. à l'imitation de l'Ordre de la Bande établi en Espagne par Alphonse XIe l'an 1332. Cette Compagnie, qui s'appelle de la <i>Chausse</i> de S. Marc, n'a point de règle ni de constitutions, &amp; les Chevaliers ne font point de voeux. Elle est composée de jeunes Nobles Vénitiens des meilleures maisons ; &amp; sa fin est de combattre pour la Foi, &amp; pour le service de la République. Cet Ordre fut renouvellé &amp; orné de nouveaux priviléges l'an 1562. Leur nom leur vint de leurs armes. C'étoit une <i>Chausse</i> longue comme on les portoit autrefois, qui montoit jusqu'au haut de la cuisse : elle étoit diversifiée de couleurs différentes, les unes en long, &amp; les autres en travers. On appelle aussi ces Chevaliers de la <i>Chausse, Floridi &amp; Sempiterni.</i> Voyez l'Abbé Justiniani, <i>Hist. di tutti gl'Ord. Milit. T. I. C.</i> 11.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8226" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSÉE" />
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   <index type="pred_domain" value="Architecture" />
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    <head>CHAUSSÉE</head>
    <p>
    CHAUSSÉE , s. f. Construction de pierre, de pieux, de fascines ; ou élévation de terre grasse &amp; bien battue, pour retenir les eaux d'un étang, ou empêcher que des rivières ne se débordent dans les lieux plus bas. <i>Moles.</i> On fait une <i>chaussée</i> le long de cette vallée pour empêcher les inondations. On écrivoit autrefois <i>chaulcée.</i></p><p>Ce mot vient de <i>calcea</i>. Nicot. Pasquier croit que ce mot a été dit par corruption de <i>haussée.</i> Spelman &amp; Sommérus le dérivent <i>à calceando, aut à calce, quia hujusmodi viae calce muniuntur.</i> Bergier, dans son <i>Histoire des grands chemins de l'Empire,</i> dit qu'il vient <i>à peditum calceis quibus teruntur.</i> On l'a appellée dans la basse Latinité <i>calcea, calceia, calceata,</i> &amp; <i>calceium.</i> Du Cange.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8226" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSÉE" />
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    <head>CHAUSSÉE</head>
    <p>
    Chaussée , se dit des chemins de pierre, des jettées de terre qu'on fait dans les lieux bas &amp; marécageux, pour y faire un passage sûr &amp; commode. <i>Agger.</i> La ville de Mexique est bâtie au milieu d'un lac, &amp; on n'y arrive que par de longues <i>chaussées. Chaussée</i> a signifié aussi autrefois <i>écluse.</i></p><p>On appelle le <i>rez de chaussée,</i> le haut de la <i>chaussée,</i> qui est d'ordinaire au niveau de la campagne, parce qu'on ne les bâtit ordinairement que dans les lieux bas où s'écoulent les eaux, pour les tenir au niveau des terres. <i>Summa soli facies.</i> Ainsi on dit, que des fondemens sont élevés jusqu'au <i>rez de chaussée,</i> pour dire, au niveau du terrain où on bâtit, &amp; jusqu'où on éleveroit une <i>chaussée,</i> si on y en vouloit bâtir une effectivement.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8227" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSEMENT" />
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    <head>CHAUSSEMENT</head>
    <p>
    CHAUSSEMENT , s. m. Pomey emploie ce mot pour signifier l'action de chausser, &amp; aussi la provision de chaussure. <i>Calceatus.</i> Mais il n'est point usité.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8228" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSE-PIED" />
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    <head>CHAUSSE-PIED</head>
    <p>
    CHAUSSE-PIED , s. m. Ce qui sert à chausser aisément des souliers, &amp; à en relever les quartiers sur le talon. <i>Calcearium, talaris assula induendis calceis.</i> C'est ordinairement une large lanière de cuir velu, &amp; non corroyé, fait d'une peau de veau mortné. On en faisoit autrefois de corne, même de fer.</p><p>
    </p>
</div>

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    <head>CHAUSSE-PIED</head>
    <p>
    Chausse-pied ; se dit figurément des choses qui donnent de la facilité à en faire une autre. <i>Praesidium ad rem aliquam.</i> Une charge qu'achette un jeune-homme est un <i>chausse-pied</i> de mariage. Cela est du style simple &amp; bas, &amp; ne se dit nulle part ailleurs.</p><p>On dit, quand on a réussi en quelque affaire sans le secours d'autrui, Nous voilà dedans sans <i>chausse-pied.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8229" id="1" type="">
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    <head>CHAUSSER</head>
    <p>
    CHAUSSER , v. act. &amp; n. Mettre des bas, des souliers, des bottes, &amp; autres couvertures de jambes. <i>Calceare, tibialia alicui inducere.</i> Ces bas de soie <i>chaussent</i> bien. Qui est le Cordonnier qui vous <i>chausse</i> ? Dans cette phrase. <i>chausser</i> signifie faire des souliers pour quelqu'un, &amp; non pas les lui mettre. On disoit autrefois d'un certain homme à Paris, qu'il se <i>chaussoit</i> comme les autres se <i>coiffent,</i> &amp; qu'il se <i>coiffoit</i> comme les autres se <i>chaussent,</i> parce qu'il portoit des souliers de castor, &amp; des calotes de marroquin. Vign. Marv.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8229" id="2" type="">
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    <head>CHAUSSER</head>
    <p>
    Chausser les épérons, se dit d'une cérémonie qui se fait en recevant un Chevalier, quand le Roi ou le Grand Maître de l'Ordre lui ceint lui-même l'épée au côté, &amp; lui met aux pieds les éperons. <i>Astringere calcaria ; adnectere.</i></p><p>On dit figurément, <i>Chausser</i> les épérons aux ennemis ; pour dire, les poursuivre vivement après qu'on les a défaits, les obliger à se servir de leurs éperons. <i>Persequi viriliter, acriter, celeriter.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8229" id="3" type="fauconnerie">
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    <head>CHAUSSER</head>
    <p>
    Chausser des arbres, terme de Jardinage . C'est, Mettre aux pieds des arbres de la terre nouvelle, du terreau, du fumier, pour les faire porter davantage. <i>Arborem stercorare.</i></p><p>On dit en termes de Fauconnerie , <i>Chausser</i> la grande serre de l'oiseau, lorsqu'on entrave l'ongle du gros doigt d'un petit morceau de peau. <i>Unguem accipitris maximum induere.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8229" id="4" type="">
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    <head>CHAUSSER</head>
    <p>
    <pb n="1019" facs="bpt6k8542165/f1059/full/1200,/0/native.jpg"/> Chausser les voix à leur point. Terme de Musique . C'est proportionner l'étendue des chants, tant dans le haut que dans le bas, à l'étendue des voix qui les doivent chanter.</p><p>On dit figurément, <i>Chausser</i> le cothurne ; pour dire, s'appliquer à composer, ou à représenter des pièces de théatre. <i>Cothurnum induere.</i></p><p>On dit encore figurément &amp; bassement, que deux hommes se <i>chaussent</i> à même point ; pour dire, que ce qui convient à l'un est propre à l'autre ; qu'ils sont de même humeur, de même génie. On dit aussi, <i>Chaussez</i> vos lunettes, pour dire, Regardez la chose plus exactement, de plus près. Se <i>chausser</i> une opinion dans la tête ; pour dire, se la mettre fortement dans l'esprit. Cet homme n'est pas aisé à <i>chausser</i> ; pour dire, n'est pas aisé à persuader, à gouverner. Quand il a son bonnet <i>chaussé,</i> sa tête <i>chaussée</i> ; pour dire, quand il est aheurté à une opinion, il y est ferme.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8229" id="5" type="">
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    <head>CHAUSSER</head>
    <p>
    Chaussé, ée , part. &amp; adj. <i>Calceatus.</i></p><p>On dit au Manége, qu'un cheval est <i>chaussé</i> trop haut, quand ses balsanes &amp; marques blanches montent trop haut sur ses jambes.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8229" id="6" type="blason">
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    <head>CHAUSSER</head>
    <p>
    Chausse , en termes de Blason , est le contraire de <i>chapé,</i> &amp; se dit lorsqu'une espèce de chevron plein &amp; massif est renversé, &amp; touche de sa pointe celle de l'Ecu, en sorte que le champ de l'Ecu lui sert comme de <i>chausse</i> ou de vêtement qui l'entoure de bas en haut. <i>Insertus, immissus</i> ; au lieu que quand il est droit, il lui sert de chape ou de manteau. L'un &amp; l'autre se forment sur un triangle sur le champ de l'Ecu. De gueules, à trois pals d'argent, <i>chaussé</i> d'or.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8229" id="7" type="">
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    <head>CHAUSSER</head>
    <p>
    Chaussé , ou chauchié, signifioit autrefois, Chemin ferré, <i>Via ferrata,</i> d'où est venu le mot de <i>chaussée,</i> selon Borel.</p><p>On dit proverbialement &amp; figurément, Les Cordonniers sont le plus mal <i>chaussés,</i> pour donner à entendre que ceux qui en savent plus que les autres, &amp; qui par conséquent devroient mieux faire, font le plus souvent beaucoup plus mal.</p><p>On dit d'une jolie femme de qualité qu'Elle est toute des mieux <i>chaussées.</i></p><p>On dit d'un homme qui se sauve à la hâte, qu'il est sorti un pied <i>chaussé</i> &amp; l'autre nud. On dit aussi, Le Diable l'a emporté tout <i>chaussé</i> &amp; tout vêtu. On dit aussi, dès que les chats sont <i>chaussés</i> ; pour dire, de bon matin. Tout cela est bas &amp; populaire.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8230" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSETIER" />
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    <head>CHAUSSETIER</head>
    <p>
    CHAUSSETIER , s. m. Ce mot se joint ordinairement avec Drapier. <i>Tibialium sarcinator.</i> C'est un Marchand de draps de laine, qui fait un des six Corps des Marchands de Paris. On les a appellés <i>Drapiers-Chaussetiers,</i> parce que dans le siècle passé il falloit avoir à faire à deux Marchands pour se faire un habit. Les Pourpointiers faisoient des pourpoints qui étoient de satin, de velours, ou de peaux de senteur. Les Drapiers faisoient les chausses, qui étoient toujours de drap, &amp; différentes des pourpoints. Les Tailleurs n'étoient appellés que pour les façons, &amp; ne pouvoient rien fournir, à cause qu'ils n'étoient pas Marchands. Ou n'a fait la réunion de ces deux Corps de Pourpointiers &amp; de Tailleurs qu'en l'année 1656.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8231" id="1" type="chasse">
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    <head>CHAUSSETRAPE</head>
    <p>
    CHAUSSETRAPE , s. f. Instrument garni de quatre pointes de fer ; ou morceau de fer à quatre pointes disposées en triangle, de telle sorte qu'il y en a toujours trois qui portent à terre, &amp; une demeure dressée débout. <i>Murex ferreus.</i> Budée les appelle <i>calciatrappae.</i> Les plus petites ont des pointes de trois pouces, &amp; les plus grandes de cinq. On en seme plusieurs dans un champ où la cavalerie doit passer, afin qu'elles se fichent dans les pieds de chevaux, &amp; les enclouent. Quelques-uns les nomment <i>clouds d'atrape.</i></p><p>On appelle, en termes de Chasse , <i>chaussetrapes,</i> des piéges à prendre des loups &amp; autres bêtes. <i>Laqueus.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8231" id="2" type="botanique">
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    <head>CHAUSSETRAPE</head>
    <p>
    Chaussetrape , s. f. Terme de Botanique . C'est une espèce de chardon dont les feuilles sont assez molles, longues quelquefois d'un pied, &amp; profondément découpées. Au bout de ses branches il y a des têtes, dont les écailles sont terminées par des piquans longs, roides &amp; droits, disposés en forme d'étoiles. Ses fleurs sont purpurées, &amp; quelquefois blanches. <i>Carduus stellatus.</i> On l'appelle ainsi parce que sa tête &amp; ses piquans ressemblent aux chaussetrapes de fer, dont on se sert à l'armée. Cette herbe s'appelle <i>calcitrapa.</i> Sa racine &amp; sa graine sont bonnes pour faire uriner &amp; rendre des sables.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8231" id="3" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSETRAPE" />
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    <head>CHAUSSETRAPE</head>
    <p>
    Chaussetrape . C'est aussi une pièce de blason, &amp; d'armoiries.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8232" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSETTE" />
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    <head>CHAUSSETTE</head>
    <p>
    CHAUSSETTE , s. f. Bas de toile qu'on met par-dessous la chausse, ou le bas de soie, de laine, ou de drap. <i>Linteum tibiale.</i></p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8233" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSON" />
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    <head>CHAUSSON</head>
    <p>
    CHAUSSON , s. m. Ce qui sert à couvrir le bas du pied, &amp; qu'on met dans les souliers sous les chausses. <i>Udo.</i> On fait de <i>chaussons</i> de toile, de laine, de coton, de chamois, d'ouate.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8233" id="2" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSON" />
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    <head>CHAUSSON</head>
    <p>
    Chausson , est aussi une espèce de souliers légers, plats, sans talon, dont la semelle est de feutre, ou de drap, &amp; dont on se sert pour jouer partie à la paume, pour apprendre à danser, à faire des armes, &amp; autres exercices où il faut avoir le pied ferme &amp; léger. <i>Leviores calcei.</i></p><p>On dit par raillerie d'un homme qui n'a guère de linge, guère de hardes, que tout son équipage tiendroit dans un <i>chausson.</i> Saint Amant a dit de la toilette d'un débauché,</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8234" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUSSURE" />
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    <head>CHAUSSURE</head>
    <p>
    CHAUSSURE , s. f. Couverture du pied, ou de la jambe. <i>Calceamentum, calceamen.</i> Les chausses, souliers, bottes, pantoufles, brodequins, sont compris sous le nom de <i>chaussure.</i> Les gens qui font profession de galanterie, ont toujours grand soin que leur <i>chaussure</i> soit propre, mignone, &amp;c. Les noms François des <i>chaussures</i> sont, chausse, chaussette, chausson, bas, botte, bottine, brodequin, cothurne, escarpin, pantoufle, soulier, sandale, galoche, soque, sabot.</p><p>Les <i>chaussures</i> des anciens Romains furent d'abord de cuir crud, &amp; même avec le poil. Encore aujourd'hui le peuple d'Espagne, au moins en bien des endroits, n'a point d'autre <i>chaussure</i> qu'un morceau de peau ou de cuir, qui s'enveloppe autour du pied &amp; du bas de la jambe. Cela s'appelloit chez les Romains <i>Carbatinae crepidae.</i> Voyez Catulle, ép. 99. Ils faisoient aussi des <i>chaussures</i> de genêt, ou de jonc, <i>Spartei, &amp; juncei calcei</i> ; de même qu'on fait quelquefois en France de grosses pantoufles de paille ou de nattes, pout tenir les pieds chauds pendant l'hiver. On en faisoit aussi de toile de lin : le fer même &amp; l'airain, l'argent &amp; l'or y étoient employés. Ils avoient aussi l'usage des sabots de bois. On se servoit aussi de liége pour mettre sous les souliers, &amp; rendre la <i>chaussure</i> plus haute. C'étoit l'usage des Perses ; &amp; Auguste, dit-on, en usoit aussi.</p><p>Benoît Baudouïn, natif d'Amiens, fils d'un Cordonnier, &amp; Cordonnier lui-même dans la boutique de son père, a fait un Traité de la <i>chaussure</i> des Anciens, <i>De Calceo antiquo,</i> &amp; Nigronius <i>De Caliga Veterum,</i> &amp; Ant. Bynaeus <i>de Caleeis Hebraeorum, Lib. II. Dordraci</i> 1682. Voyez aussi la Dissertation de Dodwel <i>De Parma equestri Wordwardiana</i> à la fin. Le petit Traité de Nigronius est fort estimé ; il le divise en quatre chapitres, où il montre qu'elle étoit particulière aux Soldats, &amp; que ce n'étoit autre chose que ce que nous nommerions des sandales, garnies de clous par-dessous, &amp; attachées avec deux ou trois courroies au dessus de la cheville du pied. M. Nilant le fit imprimer il y a quelques années pour la cinquième fois à Leyde. Albert Rubens a fait un Traité <i>De Calceo Senatorio,</i> De la <i>chaussure</i> des Sénateurs.</p><p>Nos anciens François, dit le Moine S. Gal, avoient des <i>chaussures</i> dorées par dehors, &amp; ornées de courroies ou lanières longues de trois coudées. Telle étoit la <i>chaussure</i> de Charlemagne, &amp; de Louïs le Débonnaire, comme il paroît par les Notes de M. Baluze sur les Capitulaires de nos Rois, p. 1280. Jean Pierre Puricelli, dans ses <i>Monumens de la Basilique Ambrosienne,</i> décrit la <i>chaussure</i> de Bernard Roi d'Italie &amp; fils de Pepin, dont le corps y fut trouvé, &amp; levé de terre. Ses souliers, dit-il, étoient encore entiers. Ils étoient de cuir rouge, &amp; la semelle étoit de bois. Ils étoient si justes, si bien faits à chaque pied, &amp; aux doigts de chaque pied, que le soulier gauche ne pouvoit servir au pied droit, ni le droit au pied gauche ; finissant en pointe du côté du gros doigt. Voyez <ref type="search" target="head:M">M</ref>. Du <pb n="1020" facs="bpt6k8542165/f1060/full/1200,/0/native.jpg"/>Cange au mot <i>Armiger,</i> &amp; au mot <i>Fasciola.</i> Nous remarquons la même figure dans les anciens tombeaux.</p><p>M. Nilant, dans ses Notes sur Baudouïn <i>De calceo,</i> dit que les Dames Vénitiennes se donnent une <i>chaussure</i> fort élevée, &amp; qu'il en a vû montées sur des souliers hauts de trois pieds.</p><p>Pline rapporte, Liv. VII. c. 56. qu'un Tibus de Boeotie fut le premier qui se chaussa. Baudouïn prétend que Dieu donna des souliers de peau à Adam &amp; à Eve. Bynaeus rejette cette conjecture.</p><p>On dit, qu'un homme a trouvé <i>chaussure</i> à son pied ; pour dire, qu'il a trouvé une chose qui lui convient, une personne qui est de même humeur, de même génie. Cet homme est pacifique, il a épousé une femme fort douce, il a trouvé <i>chaussure</i> à son pied. On le dit aussi d'un ennemi, quand on l'a trouvé d'égale force. Cet homme est un grand chicaneur, mais il a trouvé <i>chaussure</i> à son pied. Il a affaire à un homme qui en sait autant que lui. Tout cela est bas.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8235" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUVE" />
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    <head>CHAUVE</head>
    <p>
    CHAUVE , adj. m. &amp; f. Qui a toute la tête ou sa plus grande partie sans cheveux. <i>Calvus.</i> Charles le <i>Chauve</i> étoit savant, mais foible. Mez. La mode des perruques a été favorable aux <i>chauves.</i> Effacez vos défauts par vos vertus : &amp; imitez César, qui couvrit de laurier sa tête <i>chauve.</i> Amelot. Les gens <i>chauves</i> passoient autrefois pour trompeurs, d'où vient le proverbe Latin.</p><p><i>Si non vis falli, fugias consortia calvi.</i></p><p>On dit figurément que l'occasion est <i>chauve</i> par derrière ; pour dire, qu'il la faut prendre dès qu'elle se présente, &amp; ne la pas laisser échaper.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8236" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUVE-SOURIS" />
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    <head>CHAUVE-SOURIS</head>
    <p>
    CHAUVE-SOURIS , s. f. Petit oiseau nocturne, dont les ailes, au lieu de plume, sont de peau &amp; de cartilage. Il ressemble à une souris. Il n'a ni bec, ni plume. <i>Vespertilio.</i> La <i>chauve-souris</i> se sert des deux pieds de devant pour voler ; c'est-à-dire, pour étendre ses ailes qui y sont attachées. Elle ne s'apprivoise jamais. Elle vit de mouches &amp; de choses grasses, comme de chandelle, de graisse &amp; de chair. Elle a été ainsi appellée du mot <i>chauve,</i> à cause qu'elle n'a ni poil, ni plume ; &amp; pour cela on l'a appellée en plusieurs endroits, <i>rat pennad.</i> La <i>chauve-souris</i> n'a ni plumes, ni pattes ; elle a seulement deux petites griffes attachées au bas de ses ailes, lesquelles sont composées d'une pellicule ou membrane fort déliée. Elle a la tête comme une souris, &amp; du poil de même. Il y a les deux sexes. Elles portent leurs petits ainsi que les bêtes à quatre pieds, &amp; les nourrissent à la mammelle. Les <i>chauves-souris</i> ne paroissent que la nuit, encore n'est-ce que quand il fait beau, &amp; que le temps est chaud. Elles ne vivent que de mouches &amp; d'autres insectes. On dit que son sang est bon pour la guérison des blessures. Elles ont beaucoup de diversité dans leurs figures. Les unes ont la tête de souris, les autres d'un chien. Les unes sont sans queue, ou n'ont du moins qu'une petite membrane entortillée de part &amp; d'autre, comme l'ont presque toutes celles de l'Europe. Celles d'Afrique &amp; d'Egypte ont une queue longue, &amp; semblable à celles des souris, qui s'étend par delà leur membrane. Il s'en trouve qui ont quatre oreilles ; d'autres deux seulement, c'est le plus commun. Quelques-unes sont noires, les autres fauves, les autres blanchâtres, d'autres cendrées. Quelques-unes ont vingt-quatre dents, douze à chaque mâchoire. Bellon rapporte qu'il y en a qui en ont trente-quatre ; savoir, dix-huit à la mâchoire d'en-bas, &amp; seize à celle d'en-haut.</p><p>Les <i>chauve-souris</i> ne bâtissent point de nid ; elles font leurs petits dans toutes sortes de fentes &amp; de trous indifféremment, plus particulièrement toutefois dans les ouvertures qu'elles rencontrent aux toits &amp; aux ouvertures des maisons. Elles allaitent leurs petits suspendus à leurs mammelles, ou attachés contre les murs, dont ils ne se séparent jamais quand ils y sont une fois attachés. Un jour ou deux après que la mère a mis bas ses petits, lorsqu'elle est contrainte d'aller chercher sa nourriture, elle les détache de ses mammelles, &amp; les suspend ainsi à la muraille.</p><p>Bellon rapporte qu'en l'Isle de Corse il y a une carrière qui en est toute remplie, &amp; qu'il y en a quelques-unes qui ont deux dents en haut &amp; deux en bas, qui sont longues à la manière des canines, ce qui ne se rencontre point aux rats, ni aux souris.</p><p>Les ailes de <i>chauve-souris,</i> qui ne sont, comme on l'a dit, que des membranes, n'ont point de sang. Elles commencent depuis l'épaule, leur prenant tout le long des ailes, &amp; environnant leurs jambes, qui ont quatre articulations dont elles se servent au lieu de pieds, tant de celles de devant que de celles de derrière. Elles ont cinq doigts à chaque pied, assez bien munis d'ongles crochus ; &amp; une paume ouverte aux pieds de derrière, qui ressemble à une main. Il y a à Madagascar, au Brésil &amp; aux Maldives des <i>chauve-souris</i> grosses comme des corbeaux, qui ont la tête comme celle d'un renard. Elles se pendent aux arbres pour se reposer par de petites agraffes qui sont aux noeuds de leurs ailes. Elles sucent le sang des hommes la nuit, s'attachant au premier membre qu'elles trouvent découvert. Hist. des Ind. Les <i>chauve-souris</i> des Isles de l'Amérique sont plus grosses que celles de France. Celles du Brésil impriment une petite morsure à l'oreille dont on a bien de la peine à étancher le sang. P. Du Tert. A la côte de Darien aux Indes Occidentales il y a des <i>chauve-souris</i> dont la piqueure est venimeuse, &amp; quelquefois mortelle. Elles ont cela de remarquable que quand elles ont piqué un homme, les jours suivans elles le choisiront entre cent personnes pour le piquer encore dans le même endroit. Herrera. On les honore fort chez les Caraïbes. Ils les tiennent pour de bons Anges qui gardent leurs maisons pendant la nuit, &amp; appellent sacriléges ceux qui les tuent. Il y en a d'autres à la Chine qui sont aussi grosses que des poules, &amp; dont les Chinois mangent la chair, qu'ils ne trouvent pas moins délicate. Voyage de la Chine.</p><p>On dit des masques, qu'ils ont couru le bal la nuit en <i>chauve-souris,</i> quand ils se sont déguisés à la hâte &amp; sans ornemens, en mettant une jupe de femme attachée à leur cou, &amp; pendante jusqu'aux genoux.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8237" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUVETÉ" />
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    <head>CHAUVETÉ</head>
    <p>
    CHAUVETÉ , s. f. Etat d'une tête chauve dont le poil est tombé, ou la plus grande partie. <i>Calvities.</i> Les Médecins disent plus ordinairement <i>calvitie.</i> La <i>chauveté</i> est une dépilation de cheveux, commençant ordinairement au haut de la tête, &amp; continuant jusqu'au derrière, provenant du défaut d'aliment. Degori.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8238" id="1" type="">
   <index type="head" value="CHAUVIR" />
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    <head>CHAUVIR</head>
    <p>
    CHAUVIR , v. n. Dresser les oreilles. <i>Aures subrigere.</i> Il ne se dit que des animaux qui ont les oreilles longues &amp; pointues, comme les ânes &amp; mulets, &amp;c.</p><p>
    </p>
</div>

<div vol="1" n="8239" id="1" type="">
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    <head>CHAUX</head>
    <p>
    CHAUX , s. f. Pierre calcinée, marne, marbre ou autre matière semblable qu'on brûle, &amp; qu'on fait cuire à grand feu dans un four bâti exprès, dont ensuite on fait du mortier pour bâtir. <i>Calx.</i> Le feu en dessèche toute l'humidité, &amp; en ouvre tous les pores, ce qui fait qu'elle se réduit si facilement en poudre. La <i>chaux vive, Calx viva,</i> est celle qui sort du fourneau. <i>Chaux éteinte,</i> fusée, ou amortie, est celle qu'on délaye &amp; qu'on détrempe dans un bassin avec de l'eau, &amp; qu'on réserve pour faire à quelque temps de-là du mortier. <i>Restincta, extincta. Chaux fusée,</i> est celle qu'on a laissé long-temps à l'air sans l'éteindre, dont toutes les parties ignées se sont évaporées peu-à-peu, qui s'est réduite en poudre très-menue, &amp; qui n'est plus bonne à rien. <i>Macerata.</i> On blanchit les murailles avec de la <i>chaux.</i> Du lait de <i>chaux.</i> La meilleure <i>chaux</i> est celle qui se fait de marbre &amp; de la pierre la plus dure, &amp; qui est éteinte au sortir du fourneau. Pour connoître si la <i>chaux</i> est bonne, il faut qu'elle soit pesante, qu'elle sonne comme un pot de terre cuite, que sa fumée soit épaisse &amp; s'élève incontinent en haut ; lorsque la <i>chaux</i> est mouillée elle se lie au rabot, quand on la détrempe. Les murs des fondemens se font à <i>chaux</i> &amp; à sable. Les Siamois font une <i>chaux</i> qui dure des cent &amp; deux cents ans, avec laquelle ils font des statues &amp; des mausolées. Il se trouve beaucoup de pierres de <i>chaux</i> près de Malmoé en Suède. Il y en a de deux espèces, l'une qui se tire de terre, &amp; l'autre qui se prend sur le rivage, ou au bord de la mer ; la dernière espèce est meilleure. On en tire beaucoup plus de <i>chaux.</i> En mêlant ces deux <i>chaux</i> on en fait une troisième espèce beaucoup meilleure encore, &amp; qui épargne beaucoup parce qu'elle soutient les trois quarts de sable. Aux Indes la <i>chaux</i> se fait d'ordinaire avec des coquillages de mer ; <pb n="1021" facs="bpt6k8542165/f1061/full/1200,/0/native.jpg"/>celle qui se fait de coquilles de limaçon sert à blanchir les maisons, &amp; celle de pierre à mâcher avec des feuilles de bétel. On en voit qui en prennent par jour gros comme un oeuf. Lett. édif. T. IX.</p><p>
    </p>
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    <head>CHAUX</head>
    <p>
    Chaux , se dit en Chymie de cette espèce de cendre, ou poudre très-menue qui reste des métaux, ou des minéraux, qui ont été long-temps en un feu très-violent. L'or &amp; l'argent qu'on a réduit en <i>chaux</i> se remettent par l'art dans leur première nature. La <i>chaux</i> d'étain s'appelle de la <i>potée,</i> qui sert à polir les miroirs d'acier. La <i>chaux</i> d'airain s'appelle <i>aes ustum</i> chez les Droguistes.</p><p>On dit proverbialement, qu'une affaire est faite à <i>chaux</i> &amp; à ciment ; pour dire, qu'elle subsistera, quelque dessein qu'on ait de la ruiner.</p><p>Ce mot de <i>chaux</i> vient du Latin <i>caleo. Calx fit ex lapidibus calefactis &amp; adustis.</i> Le François <i>chaux,</i> &amp; le Teuton <i>Kalck,</i> est tiré du Celtique <i>Calch.</i> Pezron.</p><p>
    </p>
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    <head>CHAYERE</head>
    <p>
    &#9758; CHAYERE , s. f. Vieux mot qui signifie <i>Chaire.</i> On le trouve dans le Roman de la Rose, &amp; il est encore en usage dans quelques Provinces.</p><p>
    </p>
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    <head>CHAYET</head>
    <p>
    CHAYET , s. m. C'est le nom d'une monnoie de Perse. Le <i>chayet</i> vaut cinquante deniers &amp; dix mailles de notre monnoie. Tavernier.</p><p>
    </p>
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    <head>CHAZINZARIEN, ENNE</head>
    <p>
    CHAZINZARIEN, ENNE . s. m. &amp; f. Nom de secte. <i>Chazinzarius, a ; Staurolatra.</i> Les <i>Chazinzariens</i> sont des Hérétiques qui s'éleverent en Arménie au VIIe siècle. On les nomma autrement Staurolatres, nom qui signifie en Grec ce que <i>Chazinzarien</i> signifie en Arménien, c'est-à-dire, <i>Adorateur de la Croix</i> ; car <i>chazus</i> en cette langue signifie Croix, dit Nicéphore, Liv. XVIII. c. 5. &amp; on les nommoit ainsi, continue-t-il, parce qu'ils passoient pour n'adorer que la Croix. Ils faisoient une grande secte, &amp; étoient Nestoriens, admettant deux personnes en Jesus-Christ. Ils avoient beaucoup d'autres erreurs, qu'ils disoient tenir par tradition d'un Grégoire, Evêque de la grande Arménie. Nicéphore les accuse encore d'offrir des azymes, de ne mettre point d'eau dans le calice, &amp; d'observer un jeûne annuel au jour de la mort du chien de Sergius, leur faux Docteur, qu'ils nommoient <i>Artziburtzes.</i> Le Texte Grec de Nicéphore les appelle <i>Chatzinzariens.</i> .</p><p>
    </p>
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    <head>CHAZNADAR-BACHI</head>
    <p>
    CHAZNADAR-BACHI , s. m. Terme de Relation . <i>Magnus Aulae Turcicae Quaestor,</i> Grand Trésorier du Serrail. Le <i>Chaznadar-Bachi</i> du Trésor particulier des Grands-Seigneurs, de leur épargne, qui se garde en plusieurs endroits du Serrail, au-dessus de la porte desquels on écrit en lettres d'or le nom du Sultan qui l'a amassé.</p><p>Ce nom est Turc, composé de <i>Chasnah,</i> qui signifie <i>trésor ;</i> de <i>dar,</i> qui signifie, qui a, qui tient ; &amp; du nom <i>Bacha</i> ; que nous avons expliqué en sa place. Voyez Ricaut, <i>de l'Emp. Ottom.</i></p><p>
    </p>
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    <head>CHASNAH-AGASI</head>
    <p>
    CHASNAH-AGASI , s. m. Terme de Relation . Eunuque préposé à la garde du trésor de la Sultane Mère, &amp; qui a l'intendance sur toute les filles de sa Chambre. <i>Senioris Turcarum Imperatricis Quaestor.</i></p><p>Ce nom est Turc, &amp; composé de <i>Chasnah,</i> trésor, &amp; <i>Aga,</i> dont nous avons parlé en son lieu.</p><p>
    </p>
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